available by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica74 ,,les ,,bases ,,de ,,la ,,morale ,,volutionni/e ,,p> ,,h]b]t ,,sp5c] ,,huiti,,me ,,dition ,,p>is ,f,,lix ,,alcan1 ,,diteur ,,anci5ne ,,librairie ,,g]m] ,,bailli,,re ,,et ,cie #ajh1 ,,b\lev>d ,,sa9t-,,g]ma9 #ajh #aije ,t\s droits rs]vs4 ,,biblio?,,que ,,sci5tifique ,,int]nationale ,,publi,e ,,s\s ,,la ,,direction ,,de ,m4 ,m4 ,,alglave ,,xxxv ,f,,lix ,,alcan1 ,,diteur ,successeur de ,,g]m] ,,bailli,,re et ,cie ,,p>is4--#ajh1 ,,b\lev>d ,,sa9t-,,g]ma94--,,p>is4 ,,biblio?,,que ,,sci5tifique ,,int]nationale ,publie s\s la direction de ,m4 mile ,,alglave ,beaux volumes 9-#h1 la plup>t illu/rs1 c>t4 l'angl41 *aque volume4 #f fr4 ou #i fr4 ,,c5t ,,deux ,,volumes ,,p>us ,,d]ni]s ,,volumes ,,publi,s3 ,,grosse 7,e474 ,les dbuts de l'art4 ,introduction de ,l4 ,,m>illi]4 #a vol4 9-#h1 avec #cb gravures dans le texte et #c pl4 hors texte4 #f fr4 ,,grasset 7,j474 ,les maladies de l'ori5tation et de l'quilibre4 #a vol4 9-#h1 avec gravures4 #f fr4 ,,dem5y 7,g474 ,les bases sci5tifiques de l'ducation physique4 #a vol4 9-#h1 avec #aih gravures4 #b;e dit4 #f fr4 ,,malm,,jac 7,f474 ,l'eau dans l'alim5tation4 #a vol4 9-#h1 avec grav4 #f fr4 ,,meuni] 7,/an474 ,la gologie gnrale4 #a vol4 9-#h1 avec gravures4 #f fr4 ,,dem5y 7,g474 ,mcanisme et ducation des m\vem5ts4 #a vol4 9-#h1 avec #efe gravures4 #b;e dit4 #i fr4 ,,b\rdeau 7,l474 ,hi/oire de l'habillem5t et de la p>ure4 #a vol4 9-#h4 #f fr4 ,,mosso 7,a474 ,les ex]cices physiques et le dveloppem5t intellectuel4 #a vol4 9-#h4 #f fr4 ,,le ,,dantec4 ,les lois naturelles4 #a vol4 9-#h1 avec gravures4 #f fr4 ,a ,,la ,m,,me ,,librairie ,,autres ,,ouvrages ,,de ,,h]b]t ,,sp5c] ,,traduits ,,en ,,fran,,ais ,introduction la sci5ce sociale4 #ac;e dit41 #a vol4 9-#h de la ,biblio?que sci5tifique int]nationale1 c>tonn4 #f fr4 ,les premi]s pr9cipes1 traduits p> ,m4 ,e4 ,cazelles4 #i;e dit41 #a vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #aj fr4 ,classification des sci5ces1 traduit de l'anglais p> ,m4 ,f4 ,rhtor4 #a vol4 9-#ah de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #h;e dit4 #b fr4 #ej ,pr9cipes de psy*ologie1 traduits sur la n\velle dition anglaise p> ,?4 ,ribot et ,a4 ,esp9as4 #b =ts vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #bj fr4 ,pr9cipes de biologie1 traduits p> ,m4 ,cazelles4 #d;e dit41 #b vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #bj fr4 ,pr9cipes de sociologie1 traduits p> ,cazelles et ,g]s*ell4 #d vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #cf fr4 #be ,,on ,,v5d ,s,,p>,,m5t3 ,tome ,i3 ,donnes de la ,sociologie4 #f;e d4 #aj fr4 ,tome ,,ii3 ,inductions de la ,sociologie4--,relations dome/iques4 #e;e d4 #g fr4 #ej ,tome ,,iii3 ,in/itutions crmonielles4--,in/itutions politiques4 #d;e d4 #ae fr4 ,tome ,,iv3 ,in/itutions ecclsia/iques4 #b;e d4 #c fr4 #ge ,essais sur le progrs1 traduits p> ,m4 ,burdeau4 #a vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #e;e dit4 #g fr4 #ej ,essais de politique1 traduits p> ,m4 ,burdeau4 #a vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #d;e dit4 #g fr4 #ej ,essais sci5tifiques1 traduits p> ,m4 ,burdeau4 #a vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #c;e dit4 #g fr4 #ej ,de l'ducation physique1 intellectuelle et morale4 #a vol4 9-#h de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #aa;e dit4 #e fr4 ,le mme1 dition populaire de la ,biblio?que utile1 #aj;e d41 br41 #fj c42 c>t4 l'angl4 #a fr4 ,l'individu contre l'tat1 traduit p> ,m4 ,g]s*ell4 #a vol4 9-#ah de la ,biblio?que de philosophie contempora9e4 #f;e dit4 #b fr4 #ej ,,coll9s 7,h[>d74 ,la philosophie sy/matique de ,h]b]t ,sp5c]4 #a vol4 9-#h1 traduit de l'anglais p> ,h4 ,,de ,,v>igny2 #d;e dition prcde d'une prface de ,h]b]t ,sp5c] et mise au c\rant de ses d]ni]s travaux4 #aijd4 #aj fr4 #hii-jd4--;,c\lommi]s4 ,imp4 ,,paul ,,brod>d4--#i-jd4 ,,pr,,face ,si l'on se reporte au programme du ,sy/me de philosophie syn?tique1 on v]ra que les *apitres dta*s de l'ensemble p\r =m] le volume actuel#a con/itu5t la premire p>tie des ,pr9cipes de morale qui doiv5t t]m9] le sy/me4 ,comme le second et le troisime volume des ,pr9cipes de sociologie ne sont pas encore publis1 l'app>ition de l'ouvrage qui en =me la suite logique sembl]a peut-tre prmature4 ,note #a3 ,ce volume e/ intitul en anglais ,! data ( e?ics4 ,j'ai t am5 m'c>t] de l'ordre fix1 p> la cra9te de ne p\voir1 si je cont9uais suivre cet ordre1 excut] l'oeuvre qui e/ le t]me de la srie4 ,des av]tissem5ts1 rpts dans ces d]nires annes des int]valles plus rappro*s et avec plus de cl>t1 m'ont appris que je p\vais tre df9itivem5t priv de mes =ces1--en supposant mme que ma vie se prolonge1--avant d'avoir a*ev la t*e que je m'tais m>que moi-mme4 ,cette d]nire p>tie de la t*e e/ celle p\r laquelle t\tes les p>ties prcd5tes ne sont1 mon avis1 qu'une prp>ation4 ,remontant l'anne #ahdb1 mon premi] essai1--des lettres sur ,la sphre propre du g\v]nem5t1--indiquait vaguem5t que je concevais l'exi/5ce de c]ta9s pr9cipes gnraux de bi5 et de mal dans la conduite politique2 depuis cette poque1 mon b f9al1 p\rsuivi trav]s t\s les buts pro*a9s que je me suis proposs1 a t\j\rs t de dc\vrir une base sci5tifique p\r les pr9cipes du bi5 et du mal dans la conduite en gnral4 ,manqu] ce b1 aprs avoir fait p\r y arriv] des travaux si considrables1 s]ait un malheur dont je n'aime pas envisag] la possibilit1 et j'ai coeur de le prv5ir1 s9on compltem5t1 du mo9s en p>tie4 ,de l l'avance que je pr5ds4 ,bi5 que cette premire division de l'ouvrage qui t]m9e la ,philosophie syn?tique ne puisse1 naturellem5t1 cont5ir les conclusions p>ticulires tablir dans l'ouvrage enti]1 elle les implique cep5dant1 de sorte que p\r les =mul] avec rigueur il suffit de rec\rir une dduction logique4 ,j'ai surt\t coeur d'esquiss] cet ouvrage f9al1 si je ne puis l'a*ev] entirem5t1 p>ce qu'il y a un pressant beso9 d'tablir sur une base sci5tifique les rgles de la conduite droite4 ,auj\rd'hui que les prescriptions morales p]d5t l'autorit qu'elles devai5t leur prt5due orig9e sacre1 la scul>isation de la morale s'impose4 ,il e/ peu de dsa/res plus r$\tables que la dcad5ce et la mort d'un sy/me rgulateur dev5u insuffisant dsormais1 alors qu'un autre sy/me plus propre rgl] les moeurs n'e/ pas encore prt le remplac]4 ,la plup>t de ceux qui rejett5t la croyance commune p>aiss5t admettre que l'on peut impunm5t se pass] de l'action directrice qu'elle ex]ait et laiss] vacant le rle qu'elle j\ait4 ,en mme temps1 ceux qui df5d5t la croyance commune s\ti5n5t que1 faute de la direction qu'elle donne1 il n'y a plus de direction possible3 les comm&em5ts div9s1 leur avis1 sont les seules rgles que l'on puisse connatre4 ,a9si1 entre les p>tisans de ces deux doctr9es opposes1 il y a une ide commune4 ,les uns prt5d5t que le vide laiss p> la disp>ition du code de morale surnaturelle n'a pas beso9 d'tre combl p> un code de morale naturelle1 et les autres prt5d5t qu'il ne s]ait pas possible de le combl] a9si4 ,les uns et les autres reconnaiss5t le vide2 les uns le dsir5t1 les autres le r$\t5t4 ,le *angem5t que promet ou m5ace de produire p>mi n\s cet tat1 dsir ou cra9t1 fait de rapides progrs3 ceux qui croi5t possible et ncessaire de remplir le vide sont donc appels faire quelque *ose en con=mit avec leur foi4 ,a cette raison spciale je puis en aj\t] une autre plus gnrale4 ,il e/ rsult un gr& dommage de l'aspect rep\ssant ord9airem5t donn la rgle morale p> ceux qui l'expos5t1 et l'on peut espr] d'imm5ses avantages si on la prs5te s\s l'aspect attrayant qu'elle a lorsqu'elle n'e/ pas d=me p> la sup]/ition et l'asctisme4 ,si un pre1 donnant avec svrit de nombreux ordres1 les uns ncessaires1 les autres inutiles1 aggrave son au/re surveillance p> une manire d'tre t\t fait antipa?ique2 si ses enfants sont obligs de s'amus] en ca*ette2 si1 en se dt\rnant timidem5t de leurs jeux1 ils ne r5contr5t qu'un reg>d froid ou mme un froncem5t de s\rcils1 fatalem5t l'autorit de ce pre ne s]a pas aime1 s]a peut-tre hae1 et l'on ne *]*]a qu' s'y s\/raire le plus possible4 ,au contraire1 un pre qui1 t\t en ma9t5ant avec f]met les df5ses ncessaires p\r le bi5-tre de ses enfants ou celui d'autres p]sonnes1 non seulem5t s'ab/i5t de df5ses inutiles1 mais encore donne sa sanction t\s leurs plaisirs lgitimes1 p\rvoit aux moy5s de les leur procur] et reg>de avec un s\rire d'approbation leurs bats1 un tel pre e/ presque sr de gagn] une influ5ce qui ne s]a pas mo9s efficace dans le temps prs5t et le s]a en outre d'une manire durable4 ,l'autorit de *acun de ces deux pres e/ le symbole de l'autorit de la morale comme on l'a faite et de la morale comme elle devrait tre4 ,le dommage ne rsulte pas seulem5t de cette svrit excessive de la doctr9e morale lgue p> un pass trop dur4 ,il vi5t aussi de l'impossibilit d'atte9dre son idal4 ,dans une raction viol5te contre le pr(ond gsme de la vie telle qu'elle se prs5te dans des socits b>b>es1 on a insi/ sur le devoir de vivre d'une manire t\te ds9tresse4 ,mais comme l'gsme rampant d'une milice brutale ne p\vait pas tre corrig p> la t5tative d'impos] au moi une sujtion absolue dans les c\v5ts et les mona/res1 de mme il ne fallait pas *]*] corrig] l'inconduite de la commune humanit1 telle qu'elle e/ auj\rd'hui1 en proclamant le pr9cipe d'une abngation laquelle l'homme ne peut arriv]4 ,l'effet e/ plutt de produire un r5oncem5t dsespr t\te t5tative de r5dre la vie meilleure4 ,on cesse t\t ef=t p\r atte9dre l'impossible et le possible e/ discrdit en mme temps4 ,p> une association avec des rgles qui ne peuv5t tre obies1 les rgles qui p\rrai5t l'tre p]d5t leur autorit4 ,on f]a1 je n'en d\te pas1 plus d'une objection la ?orie de la conduite droite esquisse dans les pages suivantes4 ,des critiques d'une c]ta9e classe1 lo9 de se rj\ir de voir les pr9cipes moraux qu'ils ju/ifi5t autrem5t concid] avec des pr9cipes moraux sci5tifiquem5t dduits1 s]ont *oqus de cette concid5ce4 ,au lieu d'av\] une ressemblance ess5tielle1 ils exagr5t des diffr5ces sup]ficielles4 ,depuis les temps de p]scution1 un curieux *angem5t s'e/ produit dans les dispositions de la prt5due or?odoxie l'g>d de la prt5due htrodoxie4 ,autrefois un hrtique1 =c p> la torture se rtract]1 satisfaisait l'autorit p> une docilit extrieure2 un accord app>5t suffisait1 quelle que ft en ralit la pr(ondeur du dsaccord4 ,ma9t5ant qu'un hrtique ne peut plus tre contra9t p> la =ce pr(ess] la foi ord9aire1 on fait ce que l'on peut p\r que sa foi p>aisse le plus loigne possible de la foi commune4 ,se sp>e-t-il du dogme ?ologique tabli8 ,on le trait]a d'a?e1 quelle que soit ses yeux l'improprit de ce t]me4 ,p5se-t-il que l'explication spirituali/e des phnomnes n'e/ pas fonde8 ,on le rang]a p>mi les matriali/es1 bi5 qu'il rep\sse ce nom avec indignation4 ,de mme1 quelle que petite que soit la diffr5ce entre la morale naturelle et la morale surnaturelle1 c'e/ une mode de l'exagr] au po9t d'y voir un antagonisme fondam5tal4 ,p> l'effet de cette mode1 on isol]a probablem5t de ce volume1 p\r les condamn]1 des ?ories qui1 prises en elles-mmes1 peuv5t facilem5t tre prs5tes comme pr(ondm5t mauvaises4 ,p\r tre plus clair1 j'ai trait sp>m5t quelques aspects corrlatifs de la conduite et donn des conclusions dont *acune e/ fausse ds qu'on la sp>e des autres2 j'ai a9si f\rni de nombreuses occasions d'tre mal compris4 ,les relations de cet ouvrage avec ceux qui le prcd5t dans la srie sont de nature r5dre ncessaires de frqu5ts r5vois4 ,comme il conti5t en ralit les consqu5ces de pr9cipes dj tablis dans *acun d'eux1 il m'a p>u impossible de me disp5s] de rtablir ces pr9cipes4 ,en outre1 les prs5tant dans leurs rapports avec diffr5tes ?ories morales1 j'ai t oblig *aque fois de rappel] brivem5t au lecteur quels ils sont et comm5t ils sont dduits4 ,de l une f\le de rptitions qui p>atront peut-tre fa/idieuses quelques-uns4 ,je ne puis cep5dant regrett] beauc\p ce rsultat presque 9vitable2 c> c'e/ seulem5t p> des xrations multiplies que des conceptions trangres peuv5t s'impos] des esprits prv5us4 ,,les ,,bases ,,de ,,la ,,morale ,,volutionni/e ,,*apitre ,,premi] ,,de ,,la ,,conduite ,,en ,g,n,,ral #a4 ,les t]mes corrlatifs s'impliqu5t l'un l'autre2 a9si l'on ne peut p5s] un pre sans p5s] un enfant1 un suprieur sans p5s] un infrieur4 ,un des exemples les plus communs donns l'appui de cette doctr9e1 c'e/ le li5 ncessaire qui unit la conception d'un t\t celle d'une p>tie4 ,il e/ impossible de concevoir l'ide d'un t\t sans faire natre aussitt l'ide des p>ties qui le con/itu5t1 et l'on ne peut pas davantage concevoir l'ide d'une p>tie sans provoqu] aussitt l'ide de quelque t\t auquel elle app>ti5t4 ,mais il faut aj\t] que l'on ne saurait avoir une ide correcte d'une p>tie sans avoir aussi une ide correcte du t\t correspondant4 ,la connaissance inadquate de l'un de ces t]mes entrane1 de plusieurs manires1 la connaissance inadquate de l'autre4 ,si l'on p5se une p>tie sans la rapport] au t\t1 elle devi5t elle-mme un t\t1 une entit indp5dante1 et l'on se fait une ide fausse de ses relations l'exi/5ce en gnral4 ,en outre1 on doit apprci] mal la gr&eur de la p>tie p> rapport la gr&eur du t\t1 si l'on se borne reconnatre que celui-ci conti5t celle-l1 si l'on ne se le reprs5te pas exactem5t dans t\te son t5due4 ,enf9 on ne peut pas connatre avec prcision la position relative de cette p>tie et des autres1 mo9s de connatre le t\t dans la di/ribution de ses p>ties aussi bi5 que dans son ensemble4 ,si la p>tie et le t\t1 au lieu de simples relations /atiques1 ont des relations dynamiques1 il faut possd] une intellig5ce gnrale du t\t p\r compr5dre la p>tie4 ,un sauvage qui n'a jamais vu de voiture s]a incapable de concevoir l'usage et l'action d'une r\e4 ,le disque d'un exc5trique1 p]c d'une ouv]ture irrgulire1 n'a1 p\r le paysan qui ne sait pas la mcanique1 ni place ni usage dt]m9s4 ,un mcanici5 mme1 s'il n'a jamais vu de piano1 ne compr5dra pas1 l'aspect d'une pdale1 quelle en e/ la fonction ou la valeur relative4 ,c'e/ surt\t lorsqu'il s'agit d'un ensemble organis que la comprh5sion complte d'une p>tie implique une gr&e comprh5sion du t\t4 ,supposez un tre1 qui ne connatrait pas le corps huma91 plac en prs5ce d'un bras dta*4 ,en admettant mme qu'il ne commt pas l'erreur de le pr5dre p\r un t\t au lieu de le reg>d] comme une p>tie d'un t\t1 il ne p\rrait cep5dant expliqu] ni ses rapports avec les autres p>ties de ce t\t1 ni sa /ructure4 ,il dev9]ait la rigueur la coopration des os et des muscles2 mais il n'aurait absolum5t aucune ide de la manire dont le bras contribue aux actions du t\t auquel il app>ti5t1 et il ne saurait en aucune faon int]prt] le rle des n]fs1 ni des vaisseaux qui se ramifi5t dans ce membre et se ratta*5t sp>m5t c]ta9s organes du tronc4 ,une ?orie de la /ructure du bras implique une ?orie de la /ructure du corps t\t enti]4 ,cette vrit vaut non seulem5t p\r les agrgats matriels1 mais encore p\r les agrgats immatriels1 les ensembles de m\vem5ts1 de faits1 de p5ses1 de mots4 ,les m\vem5ts de la lune ne sont bi5 compris que si l'on ti5t compte des m\vem5ts du sy/me solaire t\t enti]4 ,p\r arriv] bi5 *>g] une arme feu1 il faut connatre les effets qu'elle doit s]vir produire4 ,un fragm5t de phrase1 s'il n'e/ pas in9telligible1 s]a mal int]prt en l'abs5ce de ce qui manque4 ,retran*ez le comm5cem5t et la f91 et le re/e d'une dmon/ration ne pr\ve ri54 ,les explications f\rnies p> le dem&eur sont s\v5t trompeuses tant que l'on n'en a pas rappro* celles du df5deur4 #b4 ,la conduite e/ un ensemble1 et1 en un s5s1 un ensemble organique1 un agrgat d'actions mutuellem5t lies accomplies p> un organisme4 ,la division ou l'aspect de la conduite dont traite la morale e/ une p>tie de ce t\t organique1 et une p>tie dont les composantes sont indissolublem5t unies avec le re/e4 ,si l'on s'en rapporte l'op9ion commune1 tisonn] le feu1 lire un j\rnal1 pr5dre un repas1 sont des actes o la moralit n'a ri5 voir4 ,ouvrir la f5tre p\r ar] une *ambre1 pr5dre un manteau qu& l'air e/ froid ne pass5t pas p\r des faits qui ai5t aucune valeur morale4 ,ce sont l cep5dant autant de p>ties de la conduite4 ,la manire de vivre que n\s appelons bonne1 celle que n\s appelons mauvaise sont comprises dans la manire de vivre en gnral1 avec celle que n\s reg>dons comme indiffr5te4 ,le t\t dont la morale e/ une p>tie e/ le t\t con/itu p> la ?orie de la conduite prise dans son ensemble1 et il faut compr5dre ce t\t avant d'en compr5dre une p>tie4 ,exam9ons de plus prs cette proposition4 ,d'abord1 comm5t df9irons-n\s la conduite8 ,il n'y a pas id5tit absolue entre les actes qui la compos5t et l'agrgat des actions1 bi5 que la diffr5ce soit faible4 ,des actions comme celles d'un pileptique p5dant un accs n'entr5t pas dans notre conception de la conduite3 cette conception exclut les actes qui ne t5d5t aucune f94 ,en reconnaissant ce qui e/ a9si exclu de cette conception1 n\s reconnaissons en mme temps t\t ce qu'elle conti5t1 et la df9ition de la conduite laquelle n\s ab\tissons e/ celle-ci3 ou l'ensemble des actes adapts une f91 ou l'adaptation des actes des f9s1 suivant que n\s considrons la somme des actes t\te =me1 ou que n\s p5sons seulem5t sa =mation4 ,la conduite1 dans la ple9e acception du mot1 doit tre prise comme embrassant t\tes les adaptations d'actes des f9s1 depuis les plus simples jusqu'aux plus complexes1 quelle que soit leur nature spciale1 qu'on les considre d'ailleurs sp>m5t ou dans leur totalit4 ,la conduite en gnral a9si di/+ue de n'importe quel t\t plus l>ge con/itu p> des actions en gnral1 voyons ma9t5ant comm5t on di/+ue habituellem5t du re/e de la conduite la conduite sur laquelle on porte des jugem5ts moraux4 ,comme n\s l'avons dj dit1 une gr&e p>tie de la conduite ord9aire e/ indiffr5te4 ,irai-je me prom5] la cascade auj\rd'hui1 ou bi5 suivrai-je le bord de la m]8 ,les f9s sont ici moralem5t indiffr5tes4 ,si je vais la cascade1 pass]ai-je p> le m>ais ou p> le bois8 ,les moy5s sont encore moralem5t indiffr5ts4 ,a *aque in/ant1 la plup>t de nos actions ne peuv5t a9si tre juges bonnes ou mauvaises p> rapport aux f9s ou aux moy5s4 ,il n'e/ pas mo9s clair que la transition des actes indiffr5ts aux actes bons ou mauvais se fait p> degrs4 ,si je suis avec un ami qui connaisse dj le bord de la m] et qui n'ait pas vu la cascade1 le *oix entre l'un et l'autre b de prom5ade n'e/ dj plus moralem5t indiffr5t2 si1 la cascade *oisie comme b de notre excursion1 le *em9 trav]s le m>ais e/ trop long p\r ses =ces1 alors que la r\te p> le bois e/ plus c\rte et plus facile1 le *oix des moy5s cesse aussi d'tre indiffr5t4 ,en outre1 si1 en faisant une de ces excursions plutt que l'autre1 je m'expose n'tre pas r5tr assez tt p\r me tr\v] un r5dez-v\s1 si le *oix du *em9 le plus long a le mme rsultat1 alors que je p\rrais rev5ir temps en pr5ant la r\te la plus c\rte1 la dcision en faveur de l'un ou de l'autre b1 de l'un ou de l'autre moy5 acqui]t d'une autre manire une valeur morale1 et cette valeur morale enf9 s]a de plus en plus gr&e suivant que ce r5dez-v\s aura ou quelque importance ou une gr&e importance1 ou une importance capitale p\r moi ou p\r les autres4 ,ces exemples font ressortir cette vrit qu'une conduite o la moralit n'int]vi5t pas se trans=me p> des degrs ins5sibles et de mille manires en une conduite morale ou immorale4 ,mais la conduite que n\s devons concevoir sci5tifiquem5t avant de p\voir n\s faire une ide sci5tifique de ces modes de conduite qui sont les objets des jugem5ts moraux1 e/ imm5sm5t plus t5due que celle laquelle n\s avons fait allusion4 ,n\s n'aurons pas une comprh5sion complte de la conduite en considrant seulem5t la conduite des hommes3 n\s devons en effet la reg>d] comme une simple p>tie de la conduite univ]selle1 de la conduite telle qu'elle se manife/e *ez t\s les tres vivants4 ,c> celle-ci r5tre dans la df9ition que n\s avons donne3 des actes adapts des f9s4 ,la conduite des animaux suprieurs comp>e celle de l'homme1 celle des animaux infrieurs comp>e celle des animaux suprieurs diffr5t surt\t en ce que l'adaptation des actes aux f9s e/ plus ou mo9s simple et incomplte4 ,ici comme p>t\t1 n\s devons int]prt] le plus dvelopp p> le mo9s dvelopp4 ,de mme que1 p\r bi5 compr5dre la p>tie de la conduite dont traite la morale1 n\s devons tudi] la conduite huma9e dans son ensemble1 de mme aussi1 p\r bi5 compr5dre la conduite huma9e dans son ensemble1 il faut l'tudi] comme une p>tie du t\t plus va/e que con/itue la conduite des tres anims en gnral4 ,et n\s ne connatrons mme pas ce t\t assez compltem5t si n\s n\s bornons considr] la conduite telle qu'elle se manife/e actuellem5t aut\r de n\s4 ,n\s devons faire entr] dans notre conception la conduite mo9s dveloppe dont cette conduite actuelle e/ sortie dans la suite des temps4 ,n\s devons considr] la conduite obs]ve auj\rd'hui *ez les cratures de t\t ordre comme le dveloppem5t de la conduite qui a p]mis la vie d'arriv] dans t\s les g5res la hauteur o n\s la voyons4 ,cela revi5t dire que n\s avons d'abord1 p\r prp>] le t]ra91 tudi] l'volution de la conduite4 ,,*apitre ,,ii ,l',,volution ,,de ,,la ,,conduite #c4 ,n\s sommes trs famili>iss auj\rd'hui avec l'ide d'une volution de /ructures trav]s les types asc5dants de l'animalit4 ,n\s n\s sommes aussi famili>iss un haut degr avec cette p5se qu'une volution de fonctions s'e/ produite p>i passu en mme temps que l'volution des /ructures4 ,faisant un pas de plus1 il n\s re/e concevoir que l'volution de la conduite e/ corrlative cette volution de /ructures et de fonctions4 ,il faut di/+u] avec prcision ces trois cas4 ,il e/ clair que les faits tablis p> la morphologie comp>e =m5t un t\t ess5tiellem5t indp5dant1 bi5 qu'on ne puisse l'tudi] en gnral ou en dtail sans t5ir compte des faits qui app>ti5n5t la physiologie comp>e4 ,il n'e/ pas mo9s clair que n\s p\vons appliqu] exclusivem5t notre att5tion cette diffr5ciation progressive de fonctions et cette comb9aison de fonctions1 qui accompagn5t le dveloppem5t des /ructures1--que n\s p\vons dire des c>actres et des connexions des organes seulem5t ce qu'il faut p\r p>l] de leurs actions sp>es ou comb9es4 ,la conduite =me elle-mme un sujet di/9ct du sujet des fonctions1 mo9s que celui-ci ne l'e/ du sujet des /ructures1 mais assez cep5dant p\r con/itu] un sujet ess5tiellem5t sp>4 ,ces fonctions en effet1 qui se comb95t dj de div]ses manires p\r =m] ce que n\s reg>dons comme des actes corporels p>ticuli]s1 sont recomb9es encore d'un nombre indf9i de faons p\r =m] cette coord9ation d'actes corporels dsigne s\s le nom de conduite4 ,n\s avons affaire aux fonctions dans le vrai s5s du mot1 qu& n\s les considrons comme des processus qui se dvelopp5t dans le corps2 et1 sans dpass] les limites de la physiologie1 n\s p\vons trait] de leurs comb9aisons1 tant que n\s les reg>dons comme des lm5ts du cons5sus vital4 ,si n\s obs]vons comm5t les p\mons ar5t le sang que le coeur leur envoie1 comm5t le coeur et les p\mons ensemble f\rniss5t du sang ar l'e/omac et le r5d5t a9si capable de remplir sa t*e2 comm5t ces organes collabor5t avec div]ses gl&es de scrtion ou d'excrtion p\r a*ev] la dige/ion et p\r lim9] la matire qui a dj s]vi2 comm5t enf9 t\t ce travail a p\r effet de ma9t5ir le c]veau en tat de dirig] ces actes qui contribu5t indirectem5t la cons]vation de la vie1 n\s ne traitons a9si que des fonctions4 ,alors mme que n\s tudions la manire dont les p>ties qui agiss5t directem5t aut\r du tronc1--les jambes1 les bras1 les ailes1--font ce qu'elles doiv5t faire1 n\s n\s occupons encore des fonctions1 en tant qu'elles sont physiologiques1 aussi longtemps que n\s limitons notre exam5 leurs processus int]nes1 leurs comb9aisons int]nes4 ,mais n\s abordons le sujet de la conduite ds que n\s tudions les comb9aisons d'actions des organes s5soriels ou moteurs en tant qu'elles se manife/5t au dehors4 ,supposons qu'au lieu d'obs]v] les contractions musculaires p> lesquelles conv]g5t les axes optiques et s'adapt5t les foy]s oculaires 7ce qui e/ du doma9e de la physiologie71 qu'au lieu d'obs]v] la coopration des n]fs1 des muscles1 des os1 qui p]met de port] la ma9 telle place et de f]m] les doigts 7c'e/ encore du doma9e de la physiologie71 n\s obs]vions ce fait qu'une arme e/ saisie p> une ma9 que les yeux ont guide4 ,n\s passons alors de la p5se d'une comb9aison de fonctions int]nes la p5se d'une comb9aison de m\vem5ts ext]nes4 ,sans d\te1 si n\s p\vions suivre les processus crbraux qui accompagn5t ces m\vem5ts1 n\s tr\v]ions une coord9ation physiologique int]ne correspondante cette coord9ation extrieure d'actions4 ,mais cette hypo?se s'accorde avec cette affirmation que1 lorsque n\s ignorons la comb9aison int]ne et faisons att5tion seulem5t la comb9aison ext]ne1 n\s passons d'une p>tie de la physiologie une p>tie de la conduite4 ,on p\rrait object]1 il e/ vrai1 que la comb9aison ext]ne donne comme exemple e/ trop simple p\r tre lgitimem5t dsigne p> le nom de conduite2 mais il suffit de rfl*ir un mom5t p\r voir qu'elle se lie p> d'ins5sibles gradations ce que n\s appelons la conduite4 ,supposons que cette arme soit prise p\r p>] un c\p1 qu'elle s]ve faire une blessure1 que l'agresseur soit mis en fuite1 que l'affaire fasse du bruit1 arrive la police1 et qu'il s'ensuive t\s ces actes v>is qui con/itu5t une p\rsuite judiciaire4 ,evidemm5t l'adaptation initiale d'un acte une f91 insp>able de t\t le re/e1 doit tre comprise avec ce re/e s\s un mme nom gnral1 et n\s passons videmm5t p> degrs de cette simple adaptation initiale1 qui n'a pas encore de c>actre moral intr9sque1 aux adaptations les plus complexes et celles qui donn5t lieu des jugem5ts moraux4 ,ngligeant t\te coord9ation int]ne1 n\s avons donc ici p\r sujet l'agrgat de t\tes les coord9ations ext]nes1 et cet agrgat embrasse non seulem5t t\tes les coord9ations =mes p> des hommes1 les plus simples comme les plus complexes1 mais encore t\tes celles que produis5t t\s les tres infrieurs plus ou mo9s dvelopps4 #d4 ,n\s avons dj implicitem5t rsolu cette "q3 en quoi consi/e le progrs dans l'volution de la conduite1 et comm5t p\rrons-n\s le suivre depuis les types les plus humbles des cratures vivantes jusqu'aux plus levs8 ,quelques exemples suffiront p\r mettre la rponse dans t\t son j\r4 ,n\s avons vu que la conduite se di/+ue de la totalit des actions en ce qu'elle exclut les actions qui ne t5d5t pas une f93 mais dans le c\rs de l'volution cette di/9ction se manife/e p> degrs4 ,*ez les cratures les plus humbles1 la plup>t des m\vem5ts accomplis *aque in/ant ne p>aiss5t pas plus dirigs v]s un b dt]m9 que les m\vem5ts dsordonns d'un pileptique4 ,un infusoire nage au has>d et l1 sans que sa c\rse soit dt]m9e p> la vue d'aucun objet p\rsuivre ou vit]1 et seulem5t1 selon t\te app>5ce1 s\s l'impulsion de div]ses actions du milieu o il e/ plong2 ses actes1 qui ne p>aiss5t aucun degr adapts des f9s1 le conduis5t tantt au contact de quelque sub/ance nutritive qu'il absorbe1 tantt au contraire dans le vois9age de quelque animal p> lequel il e/ lui-mme absorb et digr4 ,privs des s5s dvelopps et de la puissance motrice qui app>ti5n5t aux animaux suprieurs1 quatre-v+t-dix-neuf p\r c5t de ces animalcules1 qui viv5t isolm5t quelques heures1 disp>aiss5t en s]vant la nutrition d'autres tres ou sont dtruits p> quelque autre cause4 ,leur conduite se compose d'actions si peu adaptes des f9s que leur vie cont9ue seulem5t tant que les accid5ts du milieu leur sont favorables4 ,mais si1 p>mi les cratures aquatiques1 n\s en obs]vons une d'un type encore peu lev1 suprieure cep5dant l'infusoire1 un rotifre p> exemple1 n\s voyons en mme temps que la taille s'accrot1 que la /ructure se dveloppe et que le p\voir de comb9] des fonctions s'augm5te1 comm5t il se fait aussi un progrs dans la conduite4 ,n\s voyons le rotifre agit] circulairem5t ses cils1 et attir] p\r s'en n\rrir les petits animaux qui se meuv5t aut\r de lui2 avec sa queue prh5sive1 il se fixe quelque objet appropri2 en repliant ses organes extrieurs et en contractant son corps1 il se s\/rait aux dang]s qui peuv5t de temps autre le m5ac]4 ,en adaptant mieux ses actions des f9s1 il se r5d a9si plus indp5dant des faits extrieurs et assure sa cons]vation p\r une plus longue priode4 ,un type suprieur1 comme celui des mollusques1 p]met de m>qu] encore mieux ce contra/e4 ,lorsque n\s comp>ons un mollusque infrieur1 comme l'ascidie flottante1 avec un mollusque d'une espce leve1 comme un cphalopode1 n\s tr\vons encore qu'un plus haut degr de l'volution organique e/ accompagn d'une conduite plus dveloppe4 ,a la m]ci de t\t animal m>9 assez gros p\r l'aval]1 entrane p> les c\rants qui peuv5t au has>d la ret5ir en ple9e m] ou la laiss] sec sur le rivage1 l'ascidie n'adapte que =t peu d'actes des f9s dt]m9es1 en comp>aison du cphalopode4 ,celui-ci1 au contraire1 tantt rampe sur le rivage1 tantt explore les crevasses des ro*]s1 tantt nage dans la m]1 tantt attaque un poisson1 tantt se drobe lui-mme dans un nuage de liqueur noire la p\rsuite d'un animal plus gros et se s]t de ses t5tacules soit p\r se fix] au sol1 soit p\r t5ir sa proie plus s]re2 il *oisit1 il comb9e1 il proportionne ses m\vem5ts de m9ute en m9ute1 aussi bi5 p\r *app] aux dang]s qui le m5ac5t que p\r tir] p>ti des has>ds heureux2 il n\s montre enf9 t\te une v>it d'actions qui1 en s]vant des f9s p>ticulires1 s]v5t cette f9 gnrale3 assur] la cont9uit de l'activit4 ,*ez les animaux v]tbrs1 n\s suivons galem5t ce progrs de la conduite p>alllem5t au progrs des /ructures et des fonctions4 ,un poisson errant et l la re*]*e de quelque *ose mang]1 capable de dc\vrir sa proie p> l'odorat ou la vue1 mais seulem5t une faible di/ance1 et *aque in/ant =c de fuir l'appro*e r$\table de quelque poisson plus gros1 ce poisson adapte des f9s des actes relativem5t peu nombreux et trs simples2 p> une consqu5ce naturelle1 la dure de sa vie e/ =t c\rte4 ,il y en a si peu qui surviv5t la maturit1 que1 p\r comp5s] la de/ruction des petits non encore clos1 du m5u fret9 et des individus demi dvelopps1 une morue doit fray] un million d'oeufs1 et1 sur ce gr& nombre d'oeufs1 deux autres morues peuv5t p>v5ir l'ge de fray] leur t\r4 ,au contraire1 un mammifre d'un degr lev dans l'*elle de l'volution1 comme un lphant1 adapte beauc\p mieux leurs f9s mme ces actes gnraux qui lui sont communs avec ce poisson4 ,p> la vue1 aussi bi51 probablem5t1 que p> l'odorat1 il dc\vre sa n\rriture une di/ance relativem5t =t gr&e2 et si1 de temps autre1 il lui faut fuir1 il le fait avec beauc\p plus de rapidit que le poisson4 ,mais la pr9cipale diffr5ce consi/e en ce qu'il y a encore ici d'autres gr\pes d'adaptations4 ,a9si c]ta9s actes se comb95t p\r facilit] la nutrition3 p> exemple1 il brise des bran*es *>ges de fruits p\r s'en n\rrir1 il fait un *oix de tiges come/ibles p>mi le gr& nombre de celles qui s'(fr5t lui2 en cas de dang]1 il peut non seulem5t fuir1 mais encore1 s'il le faut1 se df5dre ou mme attaqu] le premi]1 et il se s]t alors simultanm5t de ses df5ses1 de sa trompe et de ses pi$s pesants4 ,en outre1 n\s voyons des actes secondaires et v>is s'adapt] des f9s secondaires2 a9si il va *]*] la fra*eur dans une rivire et se s]t de sa trompe p\r s'arros]1 ou bi5 il emploie une baguette p\r *ass] les m\*es qui s'atta*5t son dos1 ou encore il sait faire ent5dre des sortes de cris d'al>me p\r av]tir le tr\peau1 et con=m] lui-mme ses actes ces cris s'ils sont p\sss p> d'autres lphants4 ,evidemm5t1 l'effet d'une conduite si dveloppe e/ d'assur] l'quilibre des actions organiques p5dant des priodes beauc\p plus longues4 ,si n\s tudions ma9t5ant la manire d'agir du plus lev p>mi les mammifres1 de l'homme1 n\s ne tr\vons pas seulem5t des adaptations de moy5s f9s plus nombreuses et plus exactes que *ez les mammifres ord9aires1 n\s faisons encore la mme rem>que en comp>ant les races huma9es suprieures aux races huma9es infrieures4 ,pr5ons une des f9s les plus importantes1 n\s la v]rons bi5 plus compltem5t atte9te p> l'homme civilis que p> le sauvage1 et n\s y v]rons conc\rir un nombre relativem5t plus gr& d'actes secondaires4 ,s'agit-il de la nutrition8 ,la n\rriture e/ obt5ue plus rgulirem5t p> rapport l'apptit2 elle e/ de meilleure qualit1 plus propre1 plus v>ie1 mieux prp>e4 ,s'agit-il du vtem5t8 ,les c>actres de la fabrication et de la =me des articles qui s]v5t l'habillem5t1 et leur adaptation aux beso9s sont de j\r en j\r1 d'heure en heure1 amliors4 ,s'agit-il des habitations8 ,entre les huttes de t]re et de bran*ages habites p> les sauvages les plus arrirs et la maison de l'homme civilis1 il y a autant de diffr5ce extrieure que dans le nombre et la valeur des adaptations de moy5s f9s que suppos5t respectivem5t ces deux g5res de con/ructions4 ,si n\s comp>ons les occupations ord9aires du sauvage avec les occupations ord9aires de l'homme civilis1--p> exemple les affaires du comm]ant qui suppos5t des transactions multiples et complexes s't5dant de longues priodes1 les pr(essions librales1 prp>es p> des tudes laborieuses et *aque j\r assujetties aux s\cis les plus v>is1 ou les discussions1 les agitations politiques employes tantt s\t5ir telle mesure et tantt combattre telle autre1--n\s r5controns non seulem5t des sries d'adaptations de moy5s f9s qui dpass5t inf9im5t en v>it et en complexit celles des races infrieures1 mais des sries qui n'ont pas d'analogues dans ces races4 ,la dure de la vie1 qui con/itue la f9 suprme1 s'accrot p>alllem5t cette plus gr&e laboration de la vie produite p> la p\rsuite de f9s plus nombreuses4 ,mais il e/ ncessaire de complt] cette conception d'une volution de la conduite4 ,n\s avons montr qu'elle consi/e en une adaptation des actes aux f9s1 telle que la vie se tr\ve prolonge4 ,cette adaptation augm5te encore le total de la vie4 ,en repassant en effet les exemples donns plus haut1 on v]ra que la longueur de la vie n'e/ po9t1 p> elle-mme1 la mesure de l'volution de la conduite3 il faut encore t5ir compte de la quantit de vie4 ,p> sa con/itution1 une hutre peut se cont5t] de la n\rriture diffuse cont5ue dans l'eau de m] qu'elle absorbe2 protge p> son caille peu prs contre t\s les dang]s1 elle e/ capable de vivre plus longtemps qu'une s*e1 expose malgr ses facults suprieures de nombreux has>ds2 mais aussi la somme d'activits vitales dans un int]valle donn e/ bi5 mo9dre p\r l'hutre que p\r la s*e4 ,de mme un v]1 ord9airem5t ca* la plup>t de ses ennemis p> la t]re s\s laquelle il se fait un *em9 et qui lui f\rnit assez p\r sa pauvre subsi/ance1 peut arriv] vivre plus longtemps que ses p>5ts annels1 les insectes2 mais l'un de ceux-ci1 durant son exi/5ce de l>ve ou d'insecte p>fait1 exprim5te un plus gr& nombre de ces *angem5ts qui con/itu5t la vie4 ,il n'en e/ pas autrem5t qu& n\s comp>ons dans le g5re huma9 les races les plus dveloppes aux mo9s dveloppes4 ,la diffr5ce entre les annes que peuv5t vivre un sauvage et un homme civilis ne p]met pas d'apprci] exactem5t combi5 la vie diffre *ez l'un et *ez l'autre1 si l'on considre le total de la vie comme un agrgat de p5ses1 de s5sations et d'actes4 ,aussi1 p\r e/im] la vie1 n\s en multipli]ons la longueur p> la l>geur1 et n\s dirons que l'augm5tation vitale qui accompagne l'volution de la conduite rsulte de l'accroissem5t de ces deux facteurs4 ,les adaptations plus multiples et plus v>ies de moy5s f9s1 p> lesquelles les cratures plus dveloppes satisfont des beso9s plus nombreux1 aj\t5t t\tes quelque *ose aux activits ex]ces dans le mme temps1 et contribu5t *acune r5dre plus longue la priode p5dant laquelle se cont9u5t ces activits simultanes4 ,t\te volution ultrieure de la conduite augm5te l'agrgat des actions1 en mme temps qu'elle contribue l't5dre dans la dure4 #e4 ,passons ma9t5ant un autre aspect des phnomnes1 un aspect di/9ct de celui que n\s avons tudi1 mais ncessairem5t associ avec lui4 ,n\s n'avons considr jusqu' prs5t que les adaptations de moy5s f9s qui ont p\r d]ni] rsultat de complt] la vie individuelle4 ,considrons les adaptations qui ont p\r f9 la vie de l'espce4 ,si *aque gnration subsi/e1 c'e/ p>ce que des gnrations antrieures ont veill la cons]vation des jeunes4 ,plus l'volution de la conduite qui s]t la df5se de la vie individuelle e/ dveloppe et suppose une haute organisation1 plus la conduite relative l'levage des petits doit tre elle-mme dveloppe4 ,a trav]s les degrs asc5dants du rgne animal1 ce second g5re de conduite prs5te des progrs successifs gaux ceux que n\s avons obs]vs dans le premi]4 ,en bas1 o les /ructures et les fonctions sont peu dveloppes et le p\voir d'adapt] des actes des f9s encore faible1 il n'y a pas1 proprem5t p>l]1 de conduite p\r assur] la cons]vation de l'espce4 ,la conduite p\r le ma9ti5 de la race1 comme la conduite p\r le ma9ti5 de l'individu1 sort p> degrs de ce qui ne peut tre appel une conduite4 ,les actions adaptes une f9 sont prcdes d'actions qui ne t5d5t aucune f94 ,les protozoaires se divis5t et se subdivis5t1 p> suite de *angem5ts physiques sur lesquels ils n'ont aucun contrle1 ou1 d'autres fois1 aprs un int]valle de repos1 se bris5t en petites p>ties qui se dvelopp5t sp>m5t p\r =m] autant d'individus n\veaux4 ,dans ce cas1 pas plus que dans le prcd5t1 il n'y a pas de conduite4 ,un peu plus haut1 le progrs consi/e en ce qu'il se =me1 c]ta9s mom5ts1 dans le corps de l'animal1 des cellules g]mes et des cellules de sp]me qui sont projetes l'occasion dans l'eau environnante et ab&onnes leur sort3 une sur c5t mille peut-tre arrive maturit4 ,ici encore1 n\s voyons le dveloppem5t et la disp]sion des n\veaux tres se faire sans que les p>5ts s'en occup5t4 ,les espces immdiatem5t suprieures1 comme les poissons1 qui *oisiss5t les endroits favorables p\r y dpos] leurs oeufs1 les cru/acs d'un g5re lev1 qui *>ri5t des masses d'oeufs jusqu' ce qu'ils soi5t clos1 font voir des adaptations de moy5s f9s que n\s p\vons dsign] du nom de conduite2 mais c'e/ encore une conduite du g5re le plus simple4 ,lorsque1 comme dans une c]ta9e espce de poissons1 le mle veille sur les oeufs et en loigne les intrus1 c'e/ une n\velle adaptation de moy5s f9s1 et l'on peut employ] plus rsolum5t dans ce cas le mot de conduite4 ,si n\s passons des cratures bi5 suprieures1 comme les oiseaux1 qui btiss5t des nids1 c\v5t leurs oeufs1 n\rriss5t leurs petits p5dant de longues priodes et les assi/5t encore qu& ils sont capables de vol]2 ou comme les mammifres1 qui allait5t un c]ta9 temps leurs petits1 et cont9u5t ensuite leur apport] de la n\rriture ou les protg] p5dant qu'ils pr5n5t eux-mmes leur n\rriture1 jusqu' ce qu'ils soi5t capables de se suffire eux-mmes1 n\s voyons comm5t la conduite qui a p\r b la cons]vation de l'espce se dveloppe pas pas avec celle qui s]t la cons]vation de l'individu4 ,cette organisation suprieure qui r5d celle-ci possible r5d galem5t possible celle-l4 ,l'humanit m>que dans ce g5re un gr& progrs4 ,comp> avec les animaux1 le sauvage1 suprieur dj dans la conduite qui se rapporte sa propre cons]vation1 e/ suprieur aussi dans la conduite qui a p\r f9 la cons]vation de sa race4 ,il p\rvoit en effet un plus gr& nombre de beso9s de l'enfant2 les so9s des p>5ts dur5t plus longtemps et s't5d5t appr5dre aux enfants les arts1 leur donn] les habitudes qui les prp>5t l'exi/5ce qu'ils doiv5t m5]4 ,la conduite de cet ordre1 aussi bi5 que celle de l'autre1 se dveloppe encore davantage s\s nos yeux1 qu& n\s n\s levons du sauvage l'homme civilis4 ,l'adaptation des moy5s des f9s dans l'ducation des enfants e/ plus complte2 les f9s atte9dre sont plus nombreuses1 les moy5s plus v>is1 et l'emploi en e/ plus efficace2 la protection1 la surveillance se cont9u5t aussi p5dant une bi5 plus gr&e p>tie de la vie4 ,en suivant l'volution de la conduite1 de manire n\s faire une ide exacte de la conduite en gnral1 n\s devons donc reconnatre la dp5dance mutuelle de ces deux g5res4 ,a p>l] gnralem5t1 l'un ne peut se dvelopp] sans que l'autre se dveloppe1 et ils doiv5t p>v5ir simultanm5t l'un et l'autre au plus haut degr de leur volution4 #f4 ,cep5dant1 on se tromp]ait en affirmant que l'volution de la conduite devi5t complte1 lorsqu'elle atte9t une adaptation p>faite de moy5s f9s p\r cons]v] la vie individuelle et lev] les enfants1 ou plutt je dirais que ces deux premi]s g5res de conduite ne peuv5t pas arriv] leur =me la plus haute1 sans qu'un troisime g5re de conduite1 qu'il n\s re/e nomm]1 atteigne lui-mme sa =me la plus leve4 ,les cratures innombrables et de t\te espce qui rempliss5t la t]re ne peuv5t vivre entirem5t trangres les unes aux autres2 elles sont plus ou mo9s en prs5ce les unes des autres1 se heurt5t les unes contre les autres4 ,dans une gr&e proportion1 les adaptations de moy5s f9s dont n\s avons p>l sont les composantes de cette lutte p\r l'exi/5ce engage la fois entre les membres d'une mme espce et les membres d'espces diffr5tes2 et1 le plus s\v5t1 une heureuse adaptation faite p> une crature implique une adaptation manque p> un tre de la mme espce ou d'une espce diffr5te4 ,p\r que le c>nivore vive1 il faut que des h]bivores meur5t1 et1 p\r lev] ses petits1 il doit priv] de leurs p>5ts les petits d'animaux plus faibles4 ,le faucon et sa c\ve ne subsi/5t que p> le meurtre de beauc\p de petits oiseaux2 ces petits oiseaux leur t\r ne peuv5t multipli]1 et leur progniture ne peut se n\rrir que p> le sacrifice de v]s et de l>ves innombrables4 ,la comptition entre membres de la mme espce a des rsultats analogues1 bi5 que mo9s frappants4 ,le plus =t s'emp>e s\v5t p> la viol5ce de la proie qu'un plus faible a attrape4 ,usurpant leur pr(it exclusif c]ta9s t]ritoires de *asse1 les plus froces relgu5t les autres animaux de leur espce en des lieux mo9s favorables4 ,*ez les h]bivores1 les *oses se pass5t de la mme manire2 les plus =ts s'assur5t la meilleure n\rriture1 t&is que les plus faibles1 mo9s bi5 n\rris1 succomb5t directem5t d'inanition ou indirectem5t p> l'inhabilet fuir leurs ennemis qui rsulte de ce dfaut mme d'alim5tation4 ,cela revi5t dire que1 *ez ceux dont la vie se passe lutt]1 aucun des deux g5res de conduite dt]m9s plus haut ne peut arriv] un complet dveloppem5t4 ,mme *ez les animaux qui ont peu cra9dre de la "p d'ennemis ou de comptiteurs1 comme les lions ou les tigres1 il y a fatalem5t encore quelques dfauts d'adaptation des moy5s aux f9s dans la d]nire p>tie de leur vie4 ,la mort p> la faim qui rsulte de l'impuissance saisir sa proie e/ une preuve que la conduite n'atte9t pas son idal4 ,de cette conduite imp>faitem5t dveloppe1 n\s passons p> anti?se la conduite p>v5ue la p]fection4 ,en considrant ces adaptations d'actes des f9s1 qui re/5t t\j\rs incompltes1 p>ce qu'elles ne peuv5t tre faites p> une crature sans qu'une autre crature soit emp*e de les faire1 n\s n\s levons la p5se d'adaptations telles que t\tes les cratures p\rrai5t les faire sans emp*] les autres cratures de les faire galem5t4 ,voil ncessairem5t le c>actre di/9ctif de la conduite la plus dveloppe4 ,aussi longtemps en effet que la conduite se compos]a d'adaptations d'actes f9s1 possibles p\r les uns la condition seulem5t que les autres ne puiss5t faire les mmes adaptations1 il y aura t\j\rs place p\r des modifications p> lesquelles la conduite atte9drait une phase o cette ncessit s]ait vite et qui augm5t]ait la somme de la vie4 ,de l'ab/rait passons au concret4 ,n\s reconnaissons que l'homme e/ l'tre dont la conduite e/ le plus dveloppe2 re*]*ons quelles conditions sa conduite1 s\s les trois aspects de son volution1 atte9t sa limite4 ,d'abord1 tant que la vie n'e/ entret5ue que p> le pillage1 comme celle de c]ta9s sauvages1 les adaptations de moy5s f9s ne peuv5t atte9dre en aucun g5re le plus haut degr de la conduite4 ,la vie individuelle1 mal df5due d'heure en heure1 e/ prmaturm5t int]rompue2 l'ducation des enfants fait s\v5t t\t fait dfaut1 ou elle e/ incomplte si elle ne manque pas entirem5t2 de plus1 la cons]vation de l'individu et celle de la race ne sont assures1 dans la mesure o elles le sont1 que p> la de/ruction d'autres tres1 d'une autre espce ou de la mme4 ,dans les socits =mes p> la composition et la recomposition des hordes primitives1 la conduite re/e imp>faitem5t dveloppe dans la mesure o se p]ptu5t les luttes entre les gr\pes et les luttes entre les membres des mmes gr\pes2 or ces deux traits sont ncessairem5t associs1 c> la nature1 qui p\sse aux gu]res int]nationales1 porte galem5t aux attaques d'individu individu4 ,la limite de l'volution ne peut donc tre atte9te p> la conduite que dans les socits t\t fait paisibles4 ,cette adaptation p>faite de moy5s f9s p\r la cons]vation de la vie individuelle et l'ducation de n\veaux individus1 laquelle *acun peut atte9dre sans emp*] les autres d'en faire autant1 con/itue1 dans sa vritable df9ition1 un g5re de conduite dont on ne peut appro*] que si les gu]res dim9u5t ou cess5t t\t fait4 ,mais n\s avons encore une lacune combl]1 c> il y a un d]ni] progrs dont n\s n'avons pas encore p>l4 ,outre que *acun peut agir de telle sorte qu'il p>vi5ne ses f9s sans emp*] les autres de p>v5ir aux leurs1 les membres d'une socit peuv5t s'entr'aid] atte9dre leur b4 ,si des citoy5s unis se r5d5t plus facile les uns aux autres l'adaptation des moy5s aux f9s1--soit indirectem5t p> une coopration indu/rielle1 soit directem5t p> une assi/ance volontaire1--leur conduite s'lve un degr plus haut encore d'volution1 puisque t\t ce qui facilite p\r *acun l'adaptation des actes aux f9s augm5te la somme des adaptations faites et s]t r5dre plus complte la vie de t\s4 #g4 ,le lecteur qui se rappell]a c]ta9s passages des ,premi]s pr9cipes1 des ,pr9cipes de biologie et des ,pr9cipes de psy*ologie reconnatra dans les passages qui prcd5t1 s\s une autre =me1 le mode de gnralisation dj adopt dans ces ouvrages4 ,on se s\vi5dra p>ticulirem5t de cette proposition que la vie e/ la comb9aison df9ie de *angem5ts htrognes1 la fois simultans et successifs1 en correspondance avec des coexi/5ces et des squ5ces extrieures2 et surt\t de cette =mule abrge et plus nette d'aprs laquelle la vie e/ l'adaptation cont9uelle de relations int]nes des relations ext]nes4 ,la diffr5ce dans la manire de prs5t] ici les faits p> rapport la manire dont n\s les prs5tions autrefois consi/e surt\t en ceci que n\s ignorons la p>tie intrieure de la correspondance p\r n\s atta*] exclusivem5t cette p>tie extrieure con/itue p> les actions visibles4 ,mais l'une et l'autre p>tie sont en h>monie1 et le lecteur qui dsir]ait se prp>] lui-mme bi5 compr5dre le sujet de ce livre au po9t de vue de l'volution f]ait bi5 d'aj\t]1 l'aspect plus spcial que n\s allons considr]1 les aspects que n\s avons dj dcrits4 ,cette rem>que faite en passant1 je revi5s l'importante proposition tablie dans les deux *apitres prcd5ts et qui a t1 je p5se1 ple9em5t ju/ifie4 ,guids p> cette vrit que la conduite dont traite la morale e/ une p>tie de la conduite en gnral1 et qu'il faut bi5 compr5dre ce que c'e/ que la conduite en gnral p\r compr5dre spcialem5t ce que c'e/ que cette p>tie2 guids aussi p> cette autre vrit que1 p\r compr5dre la conduite en gnral1 n\s devions compr5dre l'volution de la conduite1 n\s avons t am5s reconnatre que la morale a p\r sujet propre la =me que revt la conduite univ]selle dans les d]nires tapes de son volution4 ,n\s avons aussi conclu que ces d]nires tapes dans l'volution de la conduite sont celles que p>c\rt le type le plus lev de l'tre1 lorsqu'il e/ =c1 p> l'accroissem5t du nombre1 vivre de plus en plus en prs5ce de ses semblables4 ,n\s sommes a9si arrivs ce corollaire que la conduite obti5t une sanction morale mesure que les activits1 dev5ant de mo9s en mo9s militantes et de plus en plus indu/rielles1 sont telles qu'elles ne ncessit5t plus ni inju/ice ni opposition mutuelles1 mais consi/5t en cooprations1 en aides rciproques1 et se dvelopp5t p> cela mme4 ,ces consqu5ces de l'hypo?se de l'volution1 il n\s re/e voir qu'elles s'accord5t avec les ides morales directrices auxquelles les hommes se sont levs p> d'autres voies4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,bonne ,,et ,,la ,,mauvaise ,,conduite #h4 ,en comp>ant les s5s qu'il a dans diffr5ts cas et en obs]vant ce que ces s5s ont de commun1 n\s p>v5ons dt]m9] la signification ess5tielle d'un mot4 ,cette signification1 p\r un mot qui e/ div]sem5t appliqu1 peut aussi tre connue en comp>ant l'une avec l'autre celles de ses applications qui diffr5t le plus entre elles4 ,*]*ons de cette manire ce que signifi5t les mots bon et mauvais4 ,dans quel cas donnons-n\s l'pi?te de bon un c\teau1 un fusil1 une maison8 ,quelles circon/ances d'autre "p n\s conduis5t trait] de mauvais un p>apluie ou une paire de bottes8 ,les c>actres attribus ici p> les mots bon et mauvais ne sont pas des c>actres intr9sques2 c>1 en dehors des beso9s de l'homme1 ces objets n'ont ni mrites ni dmrites4 ,n\s les appelons bons ou mauvais suivant qu'ils sont plus ou mo9s propres n\s p]mettre d'atte9dre des f9s dt]m9es4 ,le bon c\teau e/ un c\teau qui c\pe2 le bon fusil1 un fusil qui porte lo9 et ju/e2 la bonne maison1 une maison qui procure conv5ablem5t l'abri1 le con=t1 les commodits qu'on y *]*e4 ,rciproquem5t1 le mal que l'on tr\ve dans le p>apluie ou la paire de bottes se rapporte l'insuffisance au mo9s app>5te de ces objets p\r atte9dre c]ta9es f9s1 comme de n\s protg] de la pluie ou de g>antir efficacem5t nos pi$s4 ,il en e/ de mme si n\s passons des objets inanims aux actions inanimes4 ,n\s appelons mauvaise la j\rne o une tempte n\s emp*e de satisfaire quelque dsir4 ,une bonne saison e/ l'expression employe lorsque le temps a favoris la production de ri*es moissons4 ,si1 des *oses et des actions o la vie ne se manife/e pas1 n\s passons aux tres vivants1 n\s voyons encore que ces mots1 dans leur application c\rante1 se rapport5t l'utilit4 ,dire d'un *i5 d'arrt ou d'un *i5 c\rant1 d'un m\ton ou d'un boeuf1 qu'ils sont bons ou mauvais1 s'ent5d1 dans c]ta9s cas1 de leur aptitude atte9dre c]ta9es f9s p\r lesquelles les hommes les emploi5t1 et1 dans d'autres cas1 de la qualit de leur *air en tant qu'elle s]t s\t5ir la vie huma9e4 ,les actions des hommes considres comme moralem5t indiffr5tes1 n\s les classons aussi en bonnes ou mauvaises suivant qu'elles russiss5t ou qu'elles *\5t4 ,un saut e/ bon1 ab/raction faite d'une f9 plus loigne1 lorsqu'il atte9t exactem5t le b immdiat que l'on se propose en sautant2 et au bill>d1 un c\p e/ bon1 suivant le langage ord9aire1 lorsque les m\vem5ts sont t\t fait ce qu'ils doiv5t tre p\r le succs d'une p>tie4 ,au contraire1 une prom5ade o l'on s'g>e1 une prononciation qui n'e/ pas di/9cte sont mauvaises1 p>ce que les actes ne sont pas adapts aux f9s comme ils doiv5t l'tre4 ,en con/atant a9si le s5s des mots bon et mauvais qu& on les emploie dans d'autres cas1 n\s compr5drons plus facilem5t leur signification qu& on s'en s]t p\r c>actris] la conduite s\s son aspect moral4 ,ici encore1 l'obs]vation n\s appr5d qu'on les applique suivant que les adaptations de moy5s f9s sont ou ne sont pas efficaces4 ,cette vrit e/ quelque peu dguise4 ,les relations sociales sont en effet si en*evtres que les actions huma9es affect5t s\v5t simultanm5t le bi5-tre de l'individu1 de ses desc5dants et de ses concitoy5s4 ,il en rsulte de la confusion dans le jugem5t des actions comme bonnes ou mauvaises2 c> des actions propres faire atte9dre des f9s d'un c]ta9 ordre peuv5t emp*] des f9s d'un autre ordre d'tre atte9tes4 ,nanmo9s1 qu& n\s dmlons les trois ordres de f9s et considrons *acune d'elles sp>m5t1 n\s reconnaissons clairem5t que la conduite p> laquelle on atte9t *aque g5re de f9 e/ bonne et que celle qui n\s emp*e de l'atte9dre e/ relativem5t mauvaise4 ,pr5ons d'abord le premi] gr\pe d'adaptations1 celles qui s]v5t la cons]vation de la vie individuelle4 ,en rs]vant l'approbation ou la dsapprobation relativem5t au b qu'il se propose ultrieurem5t1 on dit qu'un homme qui se bat fait une bonne df5se1 si sa df5se e/ en effet de nature assur] son salut2 les jugem5ts t\*ant les autres aspects de sa conduite re/ant les mmes1 le mme homme s'attire un v]dict dfavorable si1 en ne considrant que ses actes immdiats1 on les juge inefficaces4 ,la bont attribue un homme d'affaires1 comme tel1 se mesure l'activit et la capacit avec lesquelles il sait a*et] et v5dre son avantage1 et ces qualits n'emp*5t pas la duret avec les subalt]nes1 une duret que l'on condamne4 ,un homme qui prte frquemm5t de l'arg5t un ami1 lequel gaspille *aque fois ce qu'on lui a prt1 se conduit d'une manire l\able la considr] en elle-mme2 cep5dant1 s'il va jusqu' s'expos] la ru9e1 il e/ blmable p\r avoir port si lo9 le dv\em5t4 ,il en e/ de mme des jugem5ts exprims *aque in/ant sur les actes des p]sonnes de notre connaissance1 qu& leur sant1 leur bi5-tre e/ en jeu4 ,v\s n'auriez pas d faire cela1 dit-on celui qui trav]se une rue encombre de voitures4 ,v\s auriez d *ang] d'habits1 celui qui a pris froid la pluie4 ,v\s avez bi5 fait de pr5dre un reu4--,v\s avez eu tort de plac] votre arg5t sans pr5dre conseil4 ,ce sont l des apprciations trs ord9aires4 ,t\tes ces expressions d'approbation ou de dsapprobation impliqu5t cette affirmation tacite que1 t\tes *oses gales d'ailleurs1 la conduite e/ bonne ou mauvaise suivant que les actes spciaux qui la compos5t1 bi5 ou mal appropris des f9s spciales1 peuv5t conduire ou non la f9 gnrale de la cons]vation de l'individu4 ,ces jugem5ts moraux que n\s portons sur les actes qui conc]n5t l'individu sont ord9airem5t exprims sans beauc\p de =ce1 en p>tie p>ce que les inspirations de nos incl9ations p]sonnelles1 gnralem5t assez =tes1 n'ont pas beso9 d'tre =tifies p> des considrations morales1 en p>tie p>ce que les inspirations de nos incl9ations sociales1 mo9s =tes et s\v5t peu c\tes1 en ont beso92 de l un contra/e4 ,en passant cette seconde classe d'adaptations d'actes des f9s qui s]v5t l'levage des enfants1 n\s ne tr\vons plus aucune obscurit dans l'application qu'on leur fait des mots bon et mauvais1 suivant qu'elles sont efficaces ou non4 ,les expressions3 bi5 lev] ou mal lev]1 qu'elles se rapport5t la n\rriture1 ou la qualit et la quantit des vtem5ts1 ou aux so9s que les enfants rclam5t *aque in/ant1 indiqu5t implicitem5t que l'on reconnat1 comme des f9s spciales que l'on doit atte9dre1 le dveloppem5t des fonctions vitales1 en vue d'une f9 gnrale1 la cont9uation de la vie et de la croissance4 ,une bonne mre1 dira-t-on1 e/ celle qui1 t\t en veillant t\s les beso9s physiques de ses enfants1 leur donne aussi une direction propre leur assur] la sant m5tale2 un mauvais pre e/ celui qui ne p\rvoit pas aux ncessits de la vie p\r sa famille1 ou qui1 de quelque autre manire1 nuit au dveloppem5t physique et m5tal de ses enfants4 ,de mme p\r l'ducation qui leur e/ donne ou prp>e4 ,on affirme qu'elle e/ bonne ou mauvaise 7s\v5t il e/ vrai la lgre7 suivant que les m?odes en sont appropries aux beso9s physiques et psy*iques1 de manire assur] la vie des enfants p\r le prs5t t\t en les prp>ant vivre compltem5t et longtemps qu& ils auront gr&i4 ,mais l'application des mots bon et mauvais e/ plus n]gique qu& il s'agit de cette troisime division de la conduite compr5ant les actes p> lesquels les hommes influ5t les uns sur les autres4 ,dans la df5se de leur propre vie et l'ducation de leurs enfants1 les hommes1 en adaptant leurs actes des f9s1 peuv5t si bi5 s'oppos] des adaptations p>eilles *ez les autres hommes qu'il faudra t\j\rs impos] des bornes aux empitem5ts possibles2 les dommages causs p> ces conflits entre actions s]vant de "p et d'autre la cons]vation de l'individu sont si graves1 qu'il faut ici des df5ses premptoires4 ,de l ce fait que les qualifications de bon et mauvais sont plus spcialem5t appliques *ez n\s aux actes qui favoris5t la vie complte des autres ou qui lui font ob/acle4 ,le mot bont1 pris sp>m5t1 suggre avant t\t l'ide de la conduite d'un homme qui aide un malade rec\vr] la sant1 qui f\rnit des malheureux les moy5s de subsi/]1 qui df5d ceux qui sont inju/em5t attaqus dans leur p]sonne1 leur proprit1 ou leur rputation1 ou qui assure son conc\rs quiconque promet d'amlior] la condition de ses semblables4 ,au contraire1 le mot m*ancet fait p5s] la conduite d'un homme qui passe sa vie entrav] la vie des autres1 soit en les maltraitant1 soit en dtruisant ce qui leur app>ti5t1 soit en les trompant1 ou en les calomniant4 ,a9si les actes sont t\j\rs appels bons ou mauvais1 suivant qu'ils sont bi5 ou mal appropris des f9s1 et t\tes les inconsqu5ces qui peuv5t se r5contr] dans l'usage que n\s faisons des mots vi5n5t de l'inconsqu5ce des f9s4 ,mais l'tude de la conduite en gnral et de l'volution de la conduite n\s a prp>s concd] ces int]prtations4 ,les raisonnem5ts exposs plus haut font voir que la conduite laquelle convi5t la qualification de bonne e/ la conduite relativem5t la plus dveloppe1 et que la qualification de mauvaise s'applique celle qui e/ relativem5t la mo9s dveloppe4 ,n\s avons dit que l'volution1 t5dant t\j\rs la cons]vation de l'individu1 atte9t sa limite lorsque la vie individuelle e/ la plus gr&e possible1 en longueur et en l>geur2 n\s voyons ma9t5ant1 en laissant de ct les autres f9s1 qu'on appelle bonne la conduite p> laquelle cette cons]vation de soi e/ favorise1 et mauvaise la conduite qui t5d la de/ruction de l'individu4 ,n\s avons montr aussi qu' l'accroissem5t du p\voir de cons]v] la vie individuelle1--qui e/ le fruit de l'volution1--correspond un accroissem5t du p\voir de p]ptu] l'espce p> l'levage des enfants1 et que1 dans cette direction1 l'volution atte9t sa limite lorsque le nombre ncessaire d'enfants am5s l'ge mr e/ capable d'une vie complte en plnitude et en dure4 ,a ce second po9t de vue1 on dit que la conduite des p>5ts e/ bonne ou mauvaise suivant qu'elle se rappro*e ou s'c>te de ce rsultat idal4 ,le raisonnem5t montre encore que l'tablissem5t d'un tat social r5d possible et rclame une =me de conduite telle que la vie soit complte p\r *acun et les enfants de *acun1 non seulem5t sans priv] les autres du mme avantage1 mais encore en favorisant leur dveloppem5t4 ,n\s avons tr\v enf9 que c'e/ l la =me de conduite que l'on reg>de ess5tiellem5t comme bonne4 ,en outre1 de mme que l'volution n\s a p>u dev5ir la plus haute possible lorsque la conduite assure simultanm5t la plus gr&e somme de vie l'individu1 ses enfants et aux autres hommes1 n\s voyons ici que la conduite appele bonne se p]fectionne et devi5t la conduite considre comme la meilleure qu& elle p]met d'atte9dre ces trois classes de f9s dans le mme temps4 #i4 ,ces jugem5ts sur la conduite impliqu5t-ils quelque po/ulat8 ,avons-n\s beso9 d'une hypo?se p\r appel] bons les actes qui favoris5t la vie de l'individu ou de ses semblables1 et mauvais ceux qui t5d5t directem5t ou indirectem5t la mort de celui qui les accomplit ou des autres8 ,oui1 n\s avons fait une hypo?se d'une extrme importance2 une hypo?se qui e/ ncessaire p\r t\te apprciation morale4 ,la "q pos] nettem5t et rs\dre avant d'abord] une discussion morale quelconque e/ une "q trs controv]se de notre temps3 ,la vie vaut-elle la pe9e de vivre8 ,adopt]ons-n\s la ?orie pessimi/e8 ,adopt]ons-n\s la ?orie optimi/e8 ,ou1 aprs avoir pes les argum5ts des pessimi/es et ceux des optimi/es1 conclurons-n\s que la balance e/ en faveur d'un optimisme mitig8 ,de la rponse cette "q dp5d absolum5t t\te dcision relativem5t la bont ou la m*ancet de la conduite4 ,p\r ceux qui reg>d5t la vie non comme un avantage1 mais comme un malheur1 il faut blm] plutt que l\] la conduite qui la prolonge2 si la f9 d'une exi/5ce odieuse e/ dsirable1 on doit applaudir ce qui ht]a cette f9 et condamn] les actions qui favoris]ai5t sa dure p\r l'individu ou p\r les autres4 ,d'un autre ct1 ceux qui embrass5t l'optimisme1 ou qui1 sans tre t\t fait optimi/es1 s\ti5n5t cep5dant que le bi5 dans cette vie l'emporte sur le mal1 port]ont des jugem5ts t\t opposs2 d'aprs eux1 on doit appr\v] une conduite qui favorise la vie de l'individu et des autres et dsappr\v] celle qui lui nuit ou la met en dang]4 ,la d]nire "q e/ donc de savoir si l'volution a t une faute1 et surt\t l'volution qui p]fectionne l'adaptation des actes des f9s dans les degrs asc5dants de l'organisation4 ,si l'on s\ti5t qu'il aurait mieux valu qu'il n'y et pas d'tres anims quelconques1 et que plus tt ils cess]ont d'exi/] mieux cela vaudra1 on aura un ordre dt]m9 de conclusions relativem5t la conduite4 ,si l'on s\ti5t1 au contraire1 que la balance e/ en faveur des tres anims1 bi5 plus1 si l'on prt5d que cette balance leur s]a de plus en plus favorable dans l'av5ir1 les conclusions tir] s]ont d'un ordre t\t diffr5t4 ,si mme on allguait que la valeur de la vie ne doit pas tre apprcie p> son c>actre intr9sque1 mais bi5 p> ses consqu5ces extr9sques1--p> c]ta9s rsultats supposs au del de cette vie1--n\s arriv]ions des conclusions du mme ordre que dans le cas prcd5t1 mais s\s une autre =me4 ,en effet la foi dans cette d]nire hypo?se peut bi5 condamn] un att5tat volontaire une vie misrable1 mais elle ne peut pas appr\v] une prolongation gratuite d'une telle vie4 ,la ?orie pessimi/e fait blm] une lgislation qui t5d accrotre la longvit1 t&is que la ?orie optimi/e la fait hautem5t apprci]4 ,eh bi51 ces op9ions irrconciliables ont-elles quelque *ose de commun8 ,les hommes p\vant tre diviss en deux coles adv]ses sur cette "q ess5tielle1 il faut re*]*] s'il n'y a ri5 que les deux ?ories radicalem5t opposes accord5t l'une et l'autre4 ,dans la proposition optimi/e1 que l'on affirme tacitem5t lorsque l'on emploie les mots bon et mauvais avec leur s5s ord9aire1 et dans la proposition pessimi/e qui1 si elle e/ faite ouv]tem5t1 implique l'emploi des mmes mots avec un s5s inv]se du s5s ord9aire1 un exam5 att5tif ne dc\vre-t-il pas une autre proposition ca*e s\s celles-l1 une proposition qu'elles r5f]m5t l'une et l'autre1 et qui peut tre affirme avec plus de c]titude1 une proposition univ]sellem5t reconnue8 #aj4 ,oui1 il y a un po/ulat que les pessimi/es et les optimi/es admett5t galem5t4 ,leurs argum5ts de "p et d'autre suppos5t comme vid5t de soi-mme que la vie e/ bonne ou mauvaise suivant qu'elle apporte ou n'apporte pas un surplus de s5sations agrables4 ,le pessimi/e dcl>e qu'il condamne la vie p>ce qu'elle ab\tit plus de pe9e que de plaisir4 ,l'optimi/e df5d la vie dans cette croyance qu'elle apporte plus de plaisir que de pe9e4 ,l'un et l'autre pr5n5t p\r critrium la nature de la vie au po9t de vue de la s5sibilit4 ,ils accord5t que la "q de savoir si la vie e/ une manire d'tre bonne ou mauvaise revi5t celle-ci3 ,la consci5ce1 dans ses oscillations1 se ma9ti5t-elle au-dessus du po9t d'indiffr5ce dans une s5sation de plaisir ou tombe-t-elle au-dess\s1 dans la pe9e8 ,leurs ?ories opposes suppos5t galem5t que la conduite doit t5dre la prs]vation de l'individu1 de la famille et de la socit1 dans l'hypo?se seulem5t o la vie apport]ait plus de bonheur que de misre4 ,la diffr5ce du po9t de vue ne peut *ang] ce v]dict4 ,le pessimi/e s\ti5t que les maux prdom95t dans la vie et l'optimi/e prt5d que ce sont les plaisirs2 mais l'un et l'autre admett5t que les pe9es actuelles doiv5t tre comp5ses p> des plaisirs futurs et qu'a9si la vie1 ju/ifie ou non dans ses rsultats immdiats1 e/ ju/ifie p> ces d]ni]s rsultats4 ,l'hypo?se implique dans ces deux jugem5ts re/e donc la mme4 ,on se dcide encore en comp>ant la somme des plaisirs celle des pe9es4 ,les uns et les autres jug5t qu'il faut maudire l'exi/5ce1 si1 au surplus de misres actuelles1 doit s'aj\t] un surplus de misres dans l'av5ir1 et qu'il faut la bnir au contraire si1 en admettant que le mal surpasse le bi5 auj\rd'hui1 on suppose que le bi5 l'emport]a un j\r sur le mal4 ,il faut donc reconnatre qu'en appelant bonne la conduite qui s]t la cons]vation de la vie1 mauvaise celle qui l'arrte ou la dtruit1 en supposant a9si qu'on doit bnir la vie et non la maudire1 n\s affirmons ncessairem5t que la conduite e/ bonne ou mauvaise selon que la somme de ses effets e/ agrable ou pnible4 ,p\r expliqu] autrem5t le s5s des mots bon et mauvais1 il n'y a qu'une seule ?orie possible1 celle d'aprs laquelle les hommes aurai5t t crs af9 d'tre p\r eux-mmes des s\rces de misres1 et s]ai5t t5us de cont9u] vivre p\r que leur crateur ait la satisfaction de contempl] leurs s\ffrances4 ,c'e/ l une ?orie que p]sonne ne s\ti5t ouv]tem5t1 et qui n'e/ clairem5t =mule nulle "p2 cep5dant il y a beauc\p d'hommes qui l'accept5t s\s une =me dguise4 ,les religions infrieures sont t\tes pntres de cette croyance qu'une vie de d\leur e/ agrable aux dieux4 ,ces dieux sont des anctres sangu9aires div9iss1 et il e/ naturel de croire qu'ils aim5t les supplices2 de leur vivant1 ils tr\vai5t leurs dlices tortur] les autres tres1 et l'on suppose que c'e/ leur procur] les mmes dlices que les faire assi/] des tortures4 ,ces conceptions subsi/5t longtemps4 ,il n'e/ pas ncessaire de rappel] les fakirs indi5s qui se susp5d5t des cro*ets de f]1 ou les d]vi*es ori5taux qui se font eux-mmes des blessures1 p\r montr] que1 dans des socits dj =t dveloppes1 on peut encore tr\v] des hommes reg>dant la d\leur volontaire comme un moy5 de s'assur] la faveur div9e4 ,sans n\s t5dre sur les jenes et les mortifications1 n\s savons bi5 qu'il y a eu1 et qu'il y a encore *ez les *rti5s1 cette croyance que le ,dieu auquel ,jepht1 p\r se le r5dre propice1 sacrifie sa fille1 peut tre r5du propice en effet p> les pe9es que l'on s'inflige soi-mme4 ,cette autre ide1--consqu5ce de la premire1--qu'on (f5se ,dieu en se procurant du plaisir1 a subsi/ longtemps et cons]ve encore auj\rd'hui beauc\p de p>tisans2 si elle n'e/ pas un dogme =mel1 elle con/itue cep5dant une croyance dont les effets sont assez visibles4 ,sans d\te1 de p>eilles croyances se sont affaiblies de nos j\rs4 ,le plaisir que des dieux froces tai5t supposs pr5dre la vue des tortures s'e/1 dans une gr&e mesure1 trans=m2 c'e/ auj\rd'hui la satisfaction d'une div9it qui aim]ait voir les hommes se mortifi] eux-mmes p\r assur] leur bonheur futur4 ,il e/ clair que les adeptes d'une ?orie si pr(ondm5t modifie ne r5tr5t pas dans la classe des hommes dont n\s n\s occupons ma9t5ant4 ,bornons-n\s cette classe3 supposons que le sauvage immolant des victimes un dieu cannibale ait p>mi les hommes civiliss des desc5dants conva9cus que le g5re huma9 e/ n p\r s\ffrir et qu'il e/ de son devoir de cont9u] vivre dans la misre p\r le plus gr& plaisir de son crateur3 n\s s]ons bi5 =cs de reconnatre que la race des adorateurs du diable n'e/ pas encore te9te4 ,laissons de ct les g5s de cette sorte1 s'il y en a2 leur croyance e/ au-dessus ou au-dess\s de t\t raisonnem5t4 ,t\s les autres doiv5t s\t5ir1 ouv]tem5t ou tacitem5t1 que la raison d]nire p\r cont9u] de vivre e/ uniquem5t de gt] plus de s5sations agrables que de s5sations pnibles1 et que cette supposition seule p]met d'appel] bons ou mauvais les actes qui favoris5t ou contr>i5t le dveloppem5t de la vie4 ,n\s sommes ici ram5s ces premires significations des mots bon et mauvais1 que n\s avions laisses p\r considr] les secondes4 ,c>1 en n\s rappelant que n\s appelons bonnes et mauvaises les *oses qui produis5t immdiatem5t des s5sations agrables et dsagrables1 et aussi ces s5sations elles-mmes1--un bon v91 un bon apptit1 une mauvaise odeur1 un mauvais mal de tte1--n\s voyons que ces s5s directem5t relatifs aux plaisirs et aux pe9es s'accord5t avec les s5s qui se rapport5t indirectem5t aux plaisirs et aux pe9es4 ,si n\s appelons bon l'tat de plaisir lui-mme1 comme un bon rire2 si n\s appelons bonne la cause pro*a9e d'un tat de plaisir1 comme une bonne musique2 si n\s appelons bon t\t ag5t qui de prs ou de lo9 n\s conduit un tat agrable1 comme un bon magas91 un bon matre2 si n\s appelons bon1 en le considrant en lui-mme1 t\t acte si bi5 adapt sa f9 qu'il favorise la cons]vation de l'individu et assure ce surplus de plaisir qui r5d la cons]vation de soi dsirable2 si n\s appelons bon t\t g5re de conduite qui aide les autres vivre1 et cela dans la croyance que la vie comporte plus de bonheur que de misre3 il e/ alors impossible de ni] que1--en t5ant compte de ces effets immdiats ou loigns p\r une p]sonne quelconque1--ce qui e/ bon ne se confonde univ]sellem5t avec ce qui procure du plaisir4 #aa4 ,div]ses influ5ces morales1 ?ologiques et politiques conduis5t les hommes se dguis] eux-mmes cette vrit4 ,dans ce cas le plus gnral de t\s1 comme en c]ta9s cas plus p>ticuli]s1 les hommes sont bi5tt si proccups des moy5s d'atte9dre une f91 qu'ils en vi5n5t pr5dre ces moy5s p\r la f9 elle-mme4 ,l'arg5t1 p> exemple1 qui e/ un moy5 de p\rvoir ses beso9s1 un malheureux le reg>de comme la seule *ose que l'on doive s'ef=c] de se procur]1 et il ne songe pas satisfaire ses beso9s4 ,exactem5t de la mme manire1 la conduite juge prfrable1 p>ce qu'elle conduit le mieux au bonheur1 a f9i p> tre reg>de comme prfrable en elle-mme1--non seulem5t en tant que f9 pro*a9e 7ce qu'elle doit tre71 mais aussi en tant que f9 d]nire1-- l'exclusion de la f9 d]nire vritable4 ,cep5dant un exam5 att5tif amne bi5 vite reconnatre la vraie f9 d]nire4 ,le malheureux dont n\s p>lions1 si n\s le =ons s'expliqu]1 e/ oblig de reconnatre la valeur de l'arg5t p\r obt5ir les *oses dsirables4 ,de mme1 p\r le morali/e qui reg>de telle conduite comme bonne en elle-mme et telle autre comme mauvaise3 une fois p\ss dans ses d]ni]s retran*em5ts1 il e/ oblig de se rabattre sur les effets agrables ou pnibles de ces deux g5res de conduite4--,p\r le pr\v]1 il suffit de rem>qu] qu'il n\s s]ait impossible de les jug] comme n\s le faisons1 si leurs effets tai5t inv]ses4 ,supposons qu'une blessure ou un c\p produise une s5sation agrable et entrane sa suite un accroissem5t de nos facults d'agir ou de j\ir3 n\s f]ions-n\s d'une attaque l'ide que n\s en avons ma9t5ant8 ,ou bi5 supposez qu'une mutilation volontaire1 comme une amputation de la ma91 soit la fois agrable en elle-mme et favorable au progrs p> lequel on assure son propre bi5-tre et celui des si5s3 e/im]ions-n\s1 comme prs5t1 qu'il faut condamn] ce dommage qu'un homme peut se faire subir lui-mme8 ,supposez encore qu'en vidant la po*e d'un homme on lui procure des motions agrables1 on aille au-devant de ses dsirs3 le vol s]ait-il mis au nombre des crimes1 comme le veul5t t\tes les lois et le code moral8 ,dans ces cas extrmes1 p]sonne ne peut ni] que n\s appelons c]ta9es actions mauvaises uniquem5t p>ce qu'elles sont des causes de pe9e1 immdiate ou loigne1 et qu'elles ne s]ai5t pas a9si qualifies si elles procurai5t du plaisir4 ,en exam9ant nos conceptions s\s leur aspect oppos1 ce fait gnral =ce lui-mme notre att5tion avec une gale cl>t4 ,imag9ez qu'en soignant un malade on ne fasse qu'augm5t] ses s\ffrances1 que l'adoption d'un orphel9 soit ncessairem5t p\r lui une s\rce de misres1 que l'assi/ance donne dans un emb>ras d'arg5t un homme qui s'adresse v\s t\rne son dsavantage1 que ce soit enf9 le moy5 d'emp*] un homme de faire son *em9 dans le monde que de lui inspir] un noble c>actre3 que dirions-n\s de ces actes classs ma9t5ant p>mi les actes dignes d'loges8 ,ne devrions-n\s pas au contraire les rang] p>mi ceux qu'il faut blm]8 ,en employant comme pi]res de t\*e ces =mes les plus accuses de la bonne et de la mauvaise conduite1 on met facilem5t ce po9t hors de d\te3 que nos ides de la bont et de la m*ancet des actes vi5n5t de la c]titude ou de la probabilit avec laquelle n\s les croyons capables de produire1 ici ou l1 des plaisirs ou des pe9es4 ,cette vrit n\s app>at avec la mme cl>t si n\s exam9ons les rgles des diffr5tes coles morales1 c> l'analyse n\s montre que *acune de ces rgles tire son autorit de cette rgle suprme4 ,les sy/mes de morale peuv5t tre di/+us en gros suivant qu'ils pr5n5t p\r ides c>d9ales3 #a le c>actre de l'ag5t2 #b la nature de ses motifs2 #c la qualit de ses actes2 et #d leurs rsultats4 ,*acun de ces faits peut tre c>actris comme bon ou mauvais2 ceux qui n'apprci5t pas un mode de conduite d'aprs ses effets sur le bonheur l'apprci5t p> la bont ou la m*ancet suppose de l'ag5t1 de ses motifs ou de ses actes4 ,la p]fection de l'ag5t e/ prise comme pi]re de t\*e p\r jug] sa conduite4 ,en dehors de l'ag5t1 n\s pr5ons son s5tim5t considr comme moral1 et1 en dehors du s5tim5t1 n\s avons l'action considre comme v]tueuse4 ,les di/9ctions a9si indiques sont aussi peu df9ies que les mots qui les exprim5t sont d'un usage inv>iable2 mais elles correspond5t cep5dant des doctr9es en p>tie diffr5tes les unes des autres4 ,n\s p\vons les exam9] avec so91 et sp>m5t1 p\r montr] que leurs critriums de la bont sont drivs4 #ab4 ,il e/ trange qu'une notion aussi ab/raite que celle de p]fection ou d'un c]ta9 a*vem5t idal de la nature ait jamais pu tre *oisie comme po9t de d"p p\r le dveloppem5t d'un sy/me de morale4 ,elle a t accepte cep5dant d'une manire gnrale p> ,platon et avec plus de prcision p> ,jona?an ,edw>ds4 ,p]fection e/ synonyme de bont au plus haut degr4 ,df9ir la bonne conduite p> le mot de p]fection1 c'e/ donc indirectem5t la df9ir p> elle-mme4 ,il en rsulte naturellem5t que l'ide de p]fection1 comme celle de bont1 ne peut tre =me que p> la considration des f9s4 ,n\s disons d'un objet inanim1 d'un outil p> exemple1 qu'il e/ imp>fait qu& il manque d'une p>tie ncessaire p\r ex]c] une action efficace1 ou lorsque quelqu'une de ses p>ties e/ con=me de manire l'emp*] de s]vir de la faon la plus conv5able l'usage auquel il e/ de/94 ,on p>le de la p]fection d'une montre qu& elle m>que exactem5t les heures1 quelque simple qu'elle soit2 et on la dcl>e imp>faite1 quelle que soit d'ailleurs la ri*esse de ses ornem5ts1 si elle ne m>que pas bi5 les heures4 ,n\s disons bi5 que les *oses sont imp>faites qu& n\s y dc\vrons quelque dfaut1 mme s'il ne les emp*e pas de r5dre de bons s]vices2 mais n\s le faisons p>ce que ce dfaut implique une fabrication infrieure1 ou une usure1 et p> suite cette dgradation qui dcl5t ord9airem5t dans la pratique l'impossibilit d'tre vraim5t utile2 le plus s\v5t en effet l'abs5ce d'imp]fections m9imes s'associe avec l'abs5ce d'imp]fections plus graves4 ,appliqu aux tres vivants1 le mot p]fection a le mme s5s4 ,l'ide d'une =me p>faite1 s'il s'agit d'un *eval de race1 e/ drive p> gnralisation des traits qui *ez les *evaux de race accompagn5t habituellem5t la facult d'atte9dre la plus gr&e vitesse2 l'ide de con/itution p>faite p\r un *eval de race se rapporte aussi la =ce qui lui p]met de cons]v] cette vitesse le plus longtemps possible4 ,il en e/ de mme des hommes1 les considr] comme tres physiques3 n\s n'avons d'autre critrium de la p]fection que la facult complte p\r *aque organe de remplir ses fonctions p>ticulires4 ,notre conception d'un quilibre p>fait des p>ties int]nes et d'une p>faite proportion des p>ties ext]nes se =me de cette manire2 il e/ facile de s'en conva9cre3 p> exemple n\s reconnaissons l'imp]fection d'un viscre1 comme les p\mons1 le coeur ou le foie1 ce seul c>actre qu'il e/ incapable de rpondre entirem5t aux exig5ces des activits organiques2 de mme l'ide de la gr&eur insuffisante ou de la gr&eur excessive d'un membre drive d'expri5ces accumules relativem5t cette proportion des membres qui favorise au plus haut degr l'accomplissem5t des actions ncessaires4 ,n\s n'avons pas d'autre moy5 de mesur] la p]fection qu& il s'agit de la nature m5tale4 ,si l'on p>le d'une imp]fection de la mmoire1 du jugem5t1 du c>actre1 on ent5d p> l une inaptitude satisfaire aux beso9s de la vie4 ,imag9] un p>fait quilibre des facults intellectuelles et des motions1 c'e/ imag9] entre elles cette h>monie qui assure l'enti] accomplissem5t de t\s les devoirs suivant les exig5ces de *aque cas4 ,aussi la p]fection d'un homme considr comme ag5t veut dire qu'il e/ con/itu de manire effectu] une complte adaptation des actes aux f9s de t\t g5re4 ,or1 comme n\s l'avons montr plus haut1 la complte adaptation des actes aux f9s e/ la fois ce qui assure et ce qui con/itue la vie son plus haut degr de dveloppem5t1 aussi bi5 en l>geur qu'en longueur4 ,d'un autre ct1 ce qui ju/ifie t\t acte de/9 accrotre la vie1 c'e/ que n\s recueillons de la vie plus de bonheur que de misre4 ,il rsulte de ces deux propositions que l'aptitude procur] le bonheur e/ le d]ni] critrium de la p]fection dans la nature huma9e4 ,p\r en tre ple9em5t conva9cu1 il suffit de considr] combi5 s]ait trange la proposition contraire4 ,supposez un in/ant que t\t progrs v]s la p]fection implique un accroissem5t de misre p\r l'individu1 ou p\r les autres1 ou p\r l'un et les autres la fois2 puis essayez de mettre en reg>d cette affirmation que le progrs v]s la p]fection signifie vritablem5t un progrs v]s ce qui assure un plus gr& bonheur6 #ac4 ,passons ma9t5ant1 de la ?orie de ceux qui font de l'excell5ce de l'tre leur pr9cipe1 la ?orie de ceux qui pr5n5t p\r rgle le c>actre v]tueux de l'action4 ,je ne fais pas allusion ici aux morali/es qui1 aprs avoir dcid exprim5talem5t ou rationnellem5t1 p> induction ou p> dduction1 que des actes d'un c]ta9 g5re ont le c>actre que n\s dsignons p> le mot v]tueux1 s\ti5n5t que de p>eils actes doiv5t tre accomplis sans g>d p\r leurs consqu5ces immdiates3 ceux-l sont amplem5t ju/ifis4 ,je p>le de ceux qui s'imag95t concevoir la v]tu comme une f9 non drive d'une autre f91 et qui s\ti5n5t que l'ide de v]tu ne peut se ram5] des ides plus simples4 ,il semble que telle soit la doctr9e propose p> ,ari/ote4 ,je dis3 semble1 c> il s'en faut que les diffr5ts traits de cette doctr9e s'accord5t les uns avec les autres4 ,ari/ote reconnaissait que le bonheur e/ la f9 suprme des ef=ts de l'homme1 et on p\rrait croire premire vue qu'il ne doit po9t pass] p\r le type de ceux qui font de la v]tu la f9 suprme4 ,cep5dant il se range lui-mme dans cette catgorie1 en *]*ant df9ir le bonheur p> la v]tu1 au lieu de df9ir la v]tu p> le bonheur4 ,l'imp>faite di/9ction des mots et des *oses1 qui c>actrise gnralem5t la philosophie grecque1 en e/ peut-tre la cause4 ,dans les esprits primitifs1 le nom et l'objet nomm sont associs de telle sorte que l'un e/ reg>d comme une p>tie de l'autre4 ,c'e/ au po9t que le seul fait de connatre le nom d'un sauvage p>at ce sauvage entran] la possession d'une p>tie de son tre et donn] p> suite le p\voir de lui faire du mal volont4 ,cette croyance une connexion relle entre le mot et la *ose se cont9ue aux degrs infrieurs du progrs1 et p]si/e longtemps dans cette hypo?se tacite que le s5s des mots e/ intr9sque4 ,elle pntre dans les dialogues de ,platon1 et l'on peut en suivre la trace mme dans les oeuvres d',ari/ote3 il ne s]ait pas facile de compr5dre autrem5t p\rquoi il aurait si imp>faitem5t sp> l'ide ab/raite de bonheur des =mes p>ticulires du bonheur4 ,tant que le divorce des mots comme symboles et des *oses comme symbolises n'e/ pas complet1 il doit naturellem5t tre difficile de donn] aux mots ab/raits une signification assez ab/raite4 ,a l'poque des premi]s dveloppem5ts du langage1 un nom ne peut tre sp>1 dans la p5se1 de l'objet concret auquel il s'applique3 cela donne prsum] que1 p5dant la =mation successive de plus hauts degrs de noms ab/raits1 il a fallu rsi/] contre la t5dance d'int]prt] *aque mot plus ab/rait au moy5 de quelques-uns des noms mo9s ab/raits auxquels on le sub/ituait4 ,de l1 je p5se1 ce fait qu',ari/ote reg>de le bonheur comme associ un c]ta9 ordre d'activits huma9es1 plutt qu' t\s les ordres runis de ces activits4 ,au lieu d'enf]m] dans le bonheur la s5sation agrable lie des actions qui con/itu5t surt\t l'tre vivant1 actions communes1 dit-il1 l'homme et au vgtal2 au lieu d'y compr5dre ces tats m5taux que produit l'ex]cice de la p]ception ext]ne1 et qui1 d'aprs lui1 sont communs l'homme et l'animal en gnral1 il les exclut de l'ide qu'il se fait du bonheur1 p\r y compr5dre seulem5t les modes de consci5ce qui accompagn5t la vie rationnelle4 ,il affirme que la t*e propre de l'homme consi/e dans l'ex]cice actif des facults m5tales con=mm5t la raison2 et il conclut que le suprme bi5 de l'homme consi/e remplir cette t*e avec excell5ce ou avec v]tu3 p> l1 il arriv]a au bonheur4 ,il tr\ve une confirmation de sa ?orie dans le fait qu'elle concorde avec des ?ories prcdemm5t exposes4 ,notre doctr9e1 dit-il1 s'accorde exactem5t avec celles qui font consi/] le bonheur dans la v]tu2 c> selon n\s il consi/e dans l'action de la v]tu1 c'e/--dire non seulem5t dans la possession1 mais encore dans la pratique4 ,la croyance a9si exprime que la v]tu peut tre df9ie d'une autre manire que p> le bonheur--autrem5t cela revi5drait dire que le bonheur doit tre obt5u p> des actions conduisant au bonheur--se ramne la ?orie platonici5ne d'un bi5 idal ou absolu d'o les bi5s p>ticuli]s et relatifs emprunt5t leur c>actre de bont4 ,un argum5t analogue celui qu',ari/ote emploie contre la conception du bi5 propose p> ,platon peut s]vir galem5t contre sa propre conception de la v]tu4 ,qu'il s'agisse du bi5 ou de la v]tu1 il ne faut pas employ] le s+uli]1 mais le pluriel3 dans la classification mme d',ari/ote1 la v]tu1 au s+uli] qu& il en p>lait en gnral1 se trans=me en v]tus4 ,les v]tus qu'il di/+ue alors doiv5t tre a9si nommes1 grce quelque c>actre commun1 intr9sque ou extr9sque4 ,n\s p\vons class] ensemble c]ta9es *oses1 p\r deux motifs3 #a p>ce qu'elles sont t\tes faites de la mme manire *ez des tres qui prs5t5t d'ailleurs en eux quelque p>ticul>it1 p> exemple lorsque n\s runissons les animaux v]tbrs p>ce qu'ils ont t\s une colonne v]tbrale2--#b cause de quelque trait commun dans leurs relations extrieures1 p> exemple lorsque n\s gr\pons1 s\s le nom commun d'outils1 les scies1 les c\teaux1 les m>teaux1 les h]ses1 etc4 ,les v]tus sont-elles classes comme telles cause de quelque communaut de nature intr9sque8 ,il doit alors y avoir un trait commun retr\v] dans t\tes les v]tus c>d9ales di/+ues p> ,ari/ote3 le c\rage1 la temprance1 la libralit1 la magnanimit1 la magnific5ce1 la d\ceur1 l'amabilit ou l'amiti1 la fran*ise1 la ju/ice4 ,quel e/ donc le trait commun la magnific5ce et la d\ceur8 et1 si l'on peut dml] un p>eil trait commun1 e/-ce aussi le trait qui con/itue ess5tiellem5t la fran*ise8 ,notre rponse doit tre ngative4 ,les v]tus ne sont donc pas classes comme telles cause d'une communaut intr9sque de c>actre4 ,il faut donc qu'elles le soi5t cause de quelque *ose d'extr9sque1 et ce quelque *ose ne peut tre que le bonheur1 lequel consi/e1 suivant ,ari/ote1 dans la pratique de ces v]tus4 ,elles sont unies p> leur relation commune ce rsultat2 mais elles ne le sont po9t dans leur nature intrieure4 ,peut-tre r5drons-n\s cette induction plus claire en la prs5tant en ces t]mes3 ,si la v]tu e/ primordiale et indp5dante1 on ne peut donn] aucune raison p\r expliqu] la correspondance qui doit exi/] entre la conduite v]tueuse et la conduite procurant le plaisir1 ple9em5t et dans t\s ses effets1 l'auteur ou aux autres1 ou l'un et aux autres la fois4 ,or1 s'il n'y a pas l une correspondance ncessaire1 on p\rra concevoir que la conduite classe comme v]tueuse soit capable de caus] de la pe9e dans ses rsultats df9itifs4 ,p\r montr] la consqu5ce d'une p>eille conception1 pr5ons deux v]tus considres comme des v]tus p> excell5ce *ez les anci5s et *ez les mod]nes3 le c\rage et la *a/et4 ,p> hypo?se1 n\s devons donc concevoir le c\rage1 dploy p\r la df5se de l'individu aussi bi5 que p\r la df5se du pays1 non seulem5t comme entranant des maux accid5tels1 mais encore comme tant une cause ncessaire de misres p\r l'individu et p\r l',etat2 l'abs5ce de c\rage au contraire1 p> une consqu5ce lgitime1 amn]ait le bi5-tre de l'individu et de la socit4 ,de mme1 p> hypo?se1 n\s devons concevoir les relations sexuelles irrgulires comme directem5t et indirectem5t avantageuses3 l'adultre amn]ait avec lui l'h>monie dome/ique et l'ducation att5tive des enfants2 les relations conjugales1 au contraire1 produirai5t le dsaccord entre le m>i et la femme en proportion de leur dure1 et aurai5t p\r rsultats les s\ffrances1 les maladies1 la mort des enfants4 ,a mo9s d'affirm] que le c\rage et la *a/et p\rrai5t encore tre reg>ds comme des v]tus malgr cette suite de maux1 il faut bi5 admettre que la conception de la v]tu ne peut tre sp>e de la conception d'une conduite procurant le bonheur4 ,si cela e/ vrai de t\tes les v]tus1 quelles que soi5t d'ailleurs leurs diffr5ces1 c'e/ qu'elles doiv5t d'tre classes comme des v]tus leur proprit de donn] le bonheur4 #ad4 ,en passant de ces doctr9es morales1 p\r lesquelles la p]fection de nature ou le c>actre v]tueux de l'action f\rniss5t le pr9cipe de jugem5t1 celles qui pr5n5t p\r critrium la rectitude de l'int5tion1 n\s n\s rappro*ons de la ?orie de l'intuition morale1 et n\s p\vons lgitimem5t trait] de ces doctr9es en critiquant cette ?orie4 ,p> ?orie de l'intuition1 j'ent5ds ici non pas celle qui reg>de comme produits p> l'hrdit ou des expri5ces prolonges les s5tim5ts d'am\r ou d'av]sion que n\s inspir5t c]ta9s g5res d'actes1 mais bi5 la ?orie d'aprs laquelle ces s5tim5ts n\s vi5n5t de ,dieu lui-mme1 indp5damm5t des rsultats exprim5ts p> n\s ou p> nos anctres4 ,il y a donc1 dit ,hut*eson1 comme *acun peut s'en conva9cre p> une srieuse att5tion et p> la rflexion1 un p5*ant naturel et immdiat appr\v] c]ta9es affections et c]ta9s actes qui leur rpond5t2 ,hut*eson admettait1 avec ses contempora9s1 la cration spciale de l'homme et de t\s les autres tres2 il considrait donc ce s5s naturel d'une excell5ce immdiate comme un guide d'orig9e surnaturelle4 ,il dit bi5 que les s5tim5ts et les actions dont n\s reconnaissons a9si intuitivem5t la bont s'accord5t t\s en un c>actre gnral1 celui de t5dre au bonheur des autres2 mais il e/ oblig d'y voir l'effet d'une h>monie prtablie4 ,nanmo9s on peut tablir que l'aptitude procur] le bonheur1 reprs5te ici comme un trait accid5tel des actes qui obti5n5t cette approbation morale inne1 e/ rellem5t la pi]re de t\*e qui rvle le c>actre moral de cette approbation4 ,les intuitionni/es mett5t leur confiance dans ces v]dicts de la consci5ce1 uniquem5t p>ce qu'ils ap]oiv5t1 d'une manire au mo9s confuse1 s9on di/9cte1 que ces v]dicts s'accord5t avec les indications de ce critrium suprme4 ,en voici la preuve4 ,p> hypo?se1 on apprcie donc la gravit d'un meurtre grce une intuition morale que l'esprit huma9 doit sa con/itution orig9elle4 ,d'aprs cette hypo?se1 il ne faudrait pas admettre que ce s5tim5t de la culpabilit naisse1 de prs ni de lo91 de la consci5ce que le meurtre implique1 directem5t ou indirectem5t1 une dim9ution du bonheur4 ,si v\s dem&ez un p>tisan de cette doctr9e d'oppos] son intuition celle d'un ,figi5 qui reg>de le meurtre comme un acte honorable et n'a pas de repos avant d'avoir massacr quelques individus2 si v\s lui dem&ez comm5t on ju/ifi]a l'intuition de l'homme civilis p> opposition celle du sauvage1 il n'aura qu'un seul moy5 de le faire1 c'e/ de montr] comm5t1 en se con=mant l'une1 on arrive au bi5-tre1 t&is que l'autre produit seulem5t des s\ffrances p>ticulires ou gnrales4 ,dem&ez-lui p\rquoi son s5s moral1 lui enseignant qu'il e/ mal de drob] le bi5 d'autrui1 doit tre obi plutt que le s5s moral d'un ,turcoman qui pr\ve combi5 le vol lui p>at mritoire en faisant des pl]9ages et en portant des (fr&es aux tombeaux de voleurs fameux3 l'intuitionni/e e/ rduit reconnatre que1--du mo9s dans des conditions comme celles o n\s vivons1 s9on dans celles o le ,turcoman e/ plac1--le mpris du droit de proprit *ez les autres non seulem5t cause une misre immdiate1 mais encore implique un tat social qui ne saurait comport] aucun bonheur4 ,dem&ez-lui encore de ju/ifi] le s5tim5t de rpugnance que le m5songe lui inspire1 en opposition avec le s5tim5t d'un gypti5 qui s'e/ime p\r son adresse m5tir1 qui croit mme trs beau de tromp] sans autre b que le plaisir de tromp]3 l'intuitionni/e ne le f]a qu'en montrant la prosprit sociale favorise p> une entire confiance mutuelle et la dsorganisation sociale lie la dfiance univ]selle2 or ces consqu5ces conduis5t respectivem5t1 de t\te ncessit1 des s5tim5ts agrables ou des s5tim5ts dsagrables4 ,il faut donc bi5 conclure que l'intuitionni/e n'ignore pas1 ne peut pas ignor] que le bi5 et le mal driv5t en d]nire analyse du plaisir et de la pe9e4 ,admettons qu'il soit guid1 et bi5 guid1 p> les dcisions de sa consci5ce sur le c>actre des actes huma9s3 s'il a ple9e confiance dans ces dcisions1 c'e/ p>ce qu'il ap]oit1 d'une manire vague1 mais positive1 qu'en s'y con=mant il assure son propre bi5-tre et celui des autres1 et qu'en les mprisant il s'expose1 lui et les autres1 t\tes sortes de maux4 ,dem&ez-lui d'indiqu] un jugem5t du s5s moral dcl>ant bon un g5re d'actes qui doit entran] un excs de pe9e1 en t5ant compte de t\s ses effets1 soit dans cette vie1 soit1 p> hypo?se1 dans la vie future3 v\s v]rez qu'il e/ incapable d'en cit] un seul4 ,voil bi5 la preuve qu'au fond de t\tes ces intuitions sur la bont et la m*ancet des actes se ca*e cette hypo?se fondam5tale3 les actes sont bons ou mauvais suivant que la somme de leurs effets augm5te le bonheur des hommes ou augm5te leur misre4 #ae4 ,il e/ curieux de voir combi5 le culte r5du p> les sauvages aux dmons a survcu1 s\s div]s dguisem5ts1 *ez les hommes civiliss4 ,ce culte dmoniaque a eng5dr l'asctisme qui1 s\s diffr5tes =mes et diffr5ts degrs1 j\it d'une si gr&e faveur auj\rd'hui encore1 et ex]ce une influ5ce si m>que sur des hommes1 affran*is en app>5ce1 non-seulem5t des sup]/itions primitives1 mais encore des sup]/itions plus dveloppes4 ,ces manires de compr5dre la vie et la conduite1 inv5tes p> des hommes qui *]*ai5t1 en se torturant eux-mmes1 se r5dre favorables leurs anctres div9iss1 inspir5t encore de notre temps les ?ories morales de beauc\p de p]sonnes1 mme de p]sonnes qui ont rompu depuis bi5 des annes avec la ?ologie du pass et se croi5t entirem5t s\/raites son influ5ce4 ,dans les crits d'un auteur qui rejette les dogmes *rti5s aussi bi5 que la religion juive d'o ces dogmes procd5t1 v\s tr\v]ez le rcit d'une conqute1 qui a cot la vie dix mille hommes1 fait avec une sympa?ie t\te semblable la joie dont les livres hbraques salu5t la de/ruction des ennemis accomplie au nom de ,dieu4 ,d'autres fois l'loge du despotisme se jo9t des considrations sur la =ce d'un ,etat o les volonts des esclaves ou des citoy5s sont s\mises aux volonts de matres ou de tribuns1 et ce s5tim5t n\s rappelle la vie ori5tale dpe9te dans les rcits de la ,bible4 ,avec ce culte de l'homme =t1 avec cette facilit ju/ifi] t\t ce que la =ce entrepr5d p\r satisfaire son ambition1 avec cette sympa?ie p\r une =me de socit o la suprmatie d'une m9orit e/ sans limite1 o la v]tu du gr& nombre consi/e dans l'obissance1 il e/ t\t naturel de rpudi] la ?orie morale d'aprs laquelle la plus gr&e somme de bonheur1 s\s une =me ou s\s une autre1 e/ la f9 de la conduite huma9e2 il e/ t\t naturel d'adopt] cette philosophie utilitaire dsigne s\s le nom mprisant de philosophie de porc4 ,alors1 p\r montr] comm5t doit s'ent5dre la philosophie a9si surnomme1 on n\s dit que ce n'e/ pas le bonheur1 mais la batitude qui e/ la vritable f9 de l'homme4 ,evidemm5t on suppose a9si que la batitude n'e/ pas un g5re de bonheur4 ,mais cette hypo?se provoque une "q3 ,quel mode de s5tim5t e/-elle donc8 ,si c'e/ un tat de consci5ce quelconque1 il faut ncessairem5t qu'il soit pnible1 indiffr5t ou agrable4 ,si la batitude ne fait pr\v] aucune motion d'aucun g5re celui qui l'a acquise1 c'e/ exactem5t comme s'il ne l'avait po9t acquise2 et1 si elle lui fait pr\v] une motion1 cette motion doit tre pnible ou agrable4 ,*acune de ces possibilits peut tre conue de deux manires4 ,le mot batitude peut d'abord dsign] un tat p>ticuli] de consci5ce1 p>mi t\s ceux qui se succd5t en n\s3 n\s avons alors *]*] si cet tat e/ agrable1 indiffr5t ou pnible4 ,dans un second s5s1 le mot batitude ne s'appliqu]ait pas un tat p>ticuli] de la consci5ce1 mais c>actris]ait l'agrgat de ses tats2 p> hypo?se1 cet agrgat peut tre con/itu de telle sorte ou que le plaisir y prdom9e1 ou que la pe9e l'emporte1 ou que les plaisirs et les pe9es s'y comp5s5t exactem5t4 ,n\s allons exam9] successivem5t ces deux int]prtations possibles du mot batitude4 ,bi5heureux les misricordieux6--,bi5heureux les pacifiques6--,bi5heureux celui qui a piti du pauvre6 ,ce sont l autant d'expressions que n\s p\vons pr5dre bon droit comme propres faire connatre le s5s du mot batitude4 ,que devons-n\s donc p5s] de celui qui e/ bi5heureux en accomplissant un acte de misricorde8 ,son tat m5tal e/-il agrable8 ,alors il faut ab&onn] l'hypo?se1 c> la batitude devi5t une =me du bonheur4 ,son tat e/-il indiffr5t ou pnible8 ,il faut alors que l'homme bi5heureux dont on p>le soit assez exempt de sympa?ie p\r que le fait de s\lag] la pe9e d'un autre1 ou de l'affran*ir de la cra9te de la pe9e1 le laisse absolum5t froid ou mme lui cause une motion dsagrable4 ,de mme1 si un homme1 bi5heureux p\r avoir rtabli la paix1 n'en ress5t aucune joie comme rcomp5se1 c'e/ que la vue des hommes s'attaquant inju/em5t les uns les autres ne l'afflige pas du t\t1 ou lui cause mme un plaisir qui se *ange en pe9e lorsqu'il prvi5t ces inju/ices4 ,de mme encore1 appel] bi5heureux celui qui a compassion du pauvre1 si ce n'e/ pas lui attribu] un s5tim5t agrable1 c'e/ dire que sa compassion p\r le pauvre ne lui procure aucun s5tim5t ou lui fait pr\v] un s5tim5t dsagrable4 ,si donc la batitude e/ un mode p>ticuli] de consci5ce d'une dure dt]m9e produit la suite de t\t g5re d'actions bi5faisantes1 ceux qui refus5t d'y voir un plaisir ou un lm5t de bonheur av\5t eux-mmes que le bi5-tre des autres ou ne les meut en aucune manire1 ou leur dplat4 ,dans un autre s5s1 la batitude1 comme n\s l'avons dit1 consi/e dans la totalit des s5tim5ts pr\vs durant sa vie p> l'homme occup des actes que ce mot dsigne4 ,on peut faire alors trois hypo?ses3 excs de plaisir1 excs de pe9e1 ou galit de l'un et de l'autre4 ,si les tats agrables l'emport5t1 la vie bi5heureuse ne se di/+ue plus d'une autre vie agrable que p> la quantit relative ou la qualit des plaisirs2 c'e/ une vie qui a p\r f9 un bonheur d'un c]ta9 g5re et d'un c]ta9 degr3 il faut alors r5onc] s\t5ir que la batitude n'e/ pas une =me du bonheur4 ,si au contraire1 dans la vie bi5heureuse1 les plaisirs et les pe9es s'quilibr5t exactem5t et produis5t a9si comme rsultante un tat d'indiffr5ce1 ou si la somme des pe9es l'emporte sur celle des plaisirs1 cette vie possde le c>actre que les pessimi/es attribu5t la vie en gnral et p\r lequel ils la maudiss5t4 ,l'anantissem5t1 dis5t-ils1 e/ prfrable4 ,en effet1 si l'indiffr5ce e/ le t]me de la vie bi5heureuse1 l'anantissem5t fait atte9dre ce b une fois p\r t\tes2 et1 si un excs de maux e/ le seul rsultat de cette =me la plus haute de la vie1 de la vie bnie1 c'e/ assurm5t une raison de plus p\r s\hait] la f9 de t\te exi/5ce en gnral4 ,on n\s oppos]a peut-tre cette rponse3 ,supposez agrable l'tat p>ticuli] de consci5ce accompagnant la conduite appele bi5heureuse2 on peut s\t5ir que la pratique de cette conduite et la re*]*e du plaisir qui s'y atta*e entran5t cep5dant1 p> l'abngation de soi-mme1 p> la p]si/ance de l'ef=t et peut-tre p> quelque d\leur physique qui en e/ la suite1 une s\ffrance suprieure ce plaisir mme4 ,on affirm]ait1 malgr cela1 que la batitude1 a9si c>actrise p> l'excs d'un ensemble de pe9es sur un ensemble de plaisirs1 doit tre p\rsuivie comme une f9 prfrable au bonheur qui consi/e dans un excs des plaisirs sur les pe9es4 ,cette conception de la batitude peut se df5dre1 s'il s'agit d'un seul individu ou de quelques-uns2 mais elle devi5t ins\t5able ds qu'on l't5d t\s les hommes4 ,p\r le compr5dre1 il suffit de *]*] la raison qui fait support] ces pe9es suprieures aux plaisirs4 ,si la batitude e/ un tat idal (f]t galem5t t\s les hommes1 si les sacrifices que *acun s'impose dans la p\rsuite de cet idal ont p\r b d'aid] les autres atte9dre le mme idal1 il en rsulte que *acun doit p>v5ir cet tat de batitude1 rempli d'ailleurs de pe9es1 p\r p]mettre aux autres d'arriv] aussi cet tat la fois bi5heureux et pnible3 la consci5ce bi5heureuse se =m]ait donc p> la contemplation de la consci5ce de t\s dans une condition de s\ffrance4 ,peut-on admettre cette consqu5ce8 videmm5t non4 ,mais1 en rejetant une p>eille ?orie1 on accorde implicitem5t que si l'homme accepte la s\ffrance dans l'accomplissem5t des actes con/ituant la vie appele bi5heureuse1 ce n'e/ pas avec l'int5tion d'impos] aux autres les pe9es de la batitude1 mais bi5 p\r leur procur] des plaisirs4 ,p> suite le plaisir1 s\s une =me ou une autre1 e/ tacitem5t reconnu comme la f9 suprme4 ,en rsum1 la condition ncessaire l'exi/5ce de la batitude e/ un accroissem5t de bonheur1 positif ou ngatif1 dans une consci5ce ou dans une autre4 ,elle n'a plus aucun s5s si les actions dites bnies peuv5t tre prs5tes comme une cause de dim9ution de bonheur aussi bi5 p\r les autres que p\r celui qui les accomplit4 #af4 ,p\r a*ev] de r5dre claire l'argum5tation expose dans ce *apitre1 n\s allons en rappel] les diffr5tes p>ties4 ,ce qu'on a tudi1 dans le *apitre prcd5t1 comme la conduite p>v5ue au d]ni] degr de l'volution1 rep>at dans celui-ci s\s le nom de bonne conduite4 ,le b idal que n\s avons d'abord d assign] l'volution naturelle de la conduite n\s donne ma9t5ant la rgle idale de la conduite considre au po9t de vue moral4 ,les actes adapts des f9s1 qui con/itu5t t\s les in/ants la vie manife/e au dehors sont de mieux en mieux adapts leurs f9s1 mesure que l'volution fait des progrs2 ils f9iss5t p> r5dre complte1 en longueur et en l>geur1 la vie de *aque individu1 en mme temps qu'ils contribu5t efficacem5t l'levage des jeunes4 ,puis1 ce d\ble rsultat e/ atte9t sans emp*] les autres individus d'y p>v5ir aussi1 et mme de manire les y aid]4 ,ici1 on affirme s\s ces trois aspects la bont de cette conduite4 ,t\tes *oses gales d'ailleurs1 n\s appelons bons les actes bi5 appropris notre cons]vation2 bons1 les actes bi5 appropris l'ducation d'enfants capables d'une vie complte2 bons1 les actes qui favoris5t le dveloppem5t de la vie de nos semblables4 ,jug] bonne la conduite qui favorise p\r l'individu et p\r ses semblables le dveloppem5t de la vie1 c'e/ admettre que l'exi/5ce de l'tre anim e/ dsirable4 ,un pessimi/e ne peut1 sans se contr$ire1 appel] bonne une conduite qui s]t assur] la vie3 p\r l'appel] a9si1 il devrait en effet1 s\s une =me ou s\s une autre1 adopt] l'optimisme4 ,n\s avons vu t\tefois que les pessimi/es et les optimi/es s'accord5t au mo9s sur ce po/ulat3 que la vie e/ digne d'tre bnie ou maudite suivant que la rsultante en e/ agrable ou pnible p\r la consci5ce4 ,puisque les pessimi/es1 dcl>s ou secrets1 et les optimi/es de t\tes sortes con/itu5t1 pris ensemble1 l'humanit t\t entire1 il en rsulte que ce po/ulat e/ univ]sellem5t accept4 ,d'o il suit que1 si n\s p\vons appel] bonne la conduite favorable au dveloppem5t de la vie1 n\s le p\vons la condition seulem5t de s\s-ent5dre qu'elle procure en df9itive plus de plaisirs que de pe9es4 ,cette vrit--que la conduite e/ juge bonne ou mauvaise suivant que la somme de ses effets1 p\r l'individu1 p\r les autres1 ou p\r l'un et les autres la fois1 e/ agrable ou pnible1--un exam5 att5tif n\s a montr qu'elle tait implique dans t\s les jugem5ts ord9aires sur la conduite3 la preuve en e/ qu'en r5v]sant l'emploi des mots on arrive des absurdits4 ,n\s avons con/at en outre que t\tes les autres rgles de conduite que l'on a pu imag9] tir5t leur autorit de ce pr9cipe4 ,qu'on pr5ne comme t]me de nos ef=ts la p]fection1 la v]tu des actes1 ou la droiture du motif1 peu importe3 p\r df9ir la p]fection1 la v]tu ou la droiture1 il faut t\j\rs rev5ir1 comme ide fondam5tale1 au bonheur pr\v s\s une =me ou s\s une autre1 un mom5t ou un autre1 p> une p]sonne ou p> une autre4 ,on ne peut pas davantage se faire de la batitude une ide intelligible1 sans la concevoir comme impliquant une t5dance de la consci5ce1 individuelle ou gnrale1 un plus haut degr de bonheur1 soit p> la dim9ution des pe9es1 soit p> l'accroissem5t des plaisirs4 ,ceux mmes qui jug5t la conduite au po9t de vue religieux plutt qu'au po9t de vue moral ne p5s5t pas autrem5t4 ,les hommes qui *]*5t se r5dre ,dieu propice1 soit en s'infligeant des pe9es eux-mmes1 soit en se privant de plaisirs p\r vit] de l'(f5s]1 agiss5t a9si p\r *app] des pe9es futures plus gr&es1 ou obt5ir la f9 de plus gr&s plaisirs4 ,si1 p> des s\ffrances positives ou ngatives en cette vie1 ils s'att5dai5t augm5t] plus t>d leurs s\ffrances1 ils ne se conduirai5t pas comme ils le font4 ,ce qu'ils appell5t leur devoir1 ils cess]ai5t de le reg>d] comme tel si son accomplissem5t leur promettait un malheur t]nel au lieu d'un t]nel bonheur4 ,bi5 plus1 s'il y a des g5s capables de croire les hommes crs p\r tre malheureux1 et obligs de cont9u] une vie misrable p\r la seule satisfaction de celui qui les a crs1 de p>eils croyants sont obligs eux-mmes de suivre la mme rgle dans leurs jugem5ts2 c> le plaisir de leur dieu diabolique e/ la f9 qu'ils doiv5t se propos]4 ,aucune cole ne peut donc vit] de pr5dre p\r d]ni] t]me de l'ef=t moral un tat dsirable de s5tim5t1 quelque nom d'ailleurs qu'on lui donne3 rcomp5se1 j\issance ou bonheur4 ,le plaisir1 de quelque nature qu'il soit1 quelque mom5t que ce soit1 et p\r n'importe quel tre ou quels tres1 voil l'lm5t ess5tiel de t\te conception de moralit4 ,c'e/ une =me aussi ncessaire de l'intuition morale que l'espace e/ une =me ncessaire de l'intuition intellectuelle4 ,,*apitre ,,iv ,,des ,,mani,,res ,,de ,,jug] ,,la ,,conduite #ag4 ,le dveloppem5t de l'ide de causation suppose le dveloppem5t d'un si gr& nombre d'autres ides qu'il e/ la mesure la plus exacte du progrs intellectuel4 ,avant de se fray] une r\te1 il faut que la p5se et le langage soi5t assez avancs dj p\r concevoir et exprim] les proprits ou les attributs des objets1 indp5damm5t des objets eux-mmes3 il n'en e/ pas encore a9si aux degrs infrieurs de l'intellig5ce huma9e4 ,de plus1 p\r acqurir mme la plus simple notion de cause1 il faut d'abord avoir gr\p un gr& nombre de cas semblables dans une gnralisation unique2 et1 mesure que n\s n\s levons1 des ides de causes de plus en plus hautes suppos5t des ides gnrales de plus en plus l>ges4 ,ensuite1 comme il faut avoir runi dans son esprit des causes concrtes de div]s g5res avant de p\voir en faire sortir la notion gnrale de cause conue comme di/9cte des causes p>ticulires1 cette opration suppose un n\veau progrs de la facult d'ab/raire4 ,t\t ce travail implique en mme temps la reconnaissance de relations con/antes entre les phnomnes1 et cette reconnaissance fait natre des ides d'uni=mit de squ5ce et de coexi/5ce1 l'ide d'une loi naturelle4 ,p\r que ces progrs soi5t possibles et srs1 il faut que l'usage des mesures donne une =me nettem5t df9ie aux p]ceptions et aux p5ses qui en rsult5t2 cet usage famili>ise l'esprit avec les notions d'exacte correspondance1 de vrit1 de c]titude4 ,enf9 la causation n'e/ conue comme ncessaire et univ]selle que lorsque la sci5ce1 en se dveloppant1 a rassembl des exemples de relations quantitatives1 prvues et vrifies1 entre une f\le t\j\rs plus gr&e de phnomnes4 ,aussi1 bi5 que t\tes ces conceptions c>d9ales s'aid5t l'une l'autre dans leurs progrs respectifs1 le dveloppem5t de l'ide de causation dp5d d'une manire plus spciale du dveloppem5t de t\tes les autres3 il e/ donc la meilleure mesure du dveloppem5t intellectuel en gnral4 ,cette ide de la causation1 p> suite de sa dp5dance mme1 se dveloppe avec une extrme l5teur3 un exemple suffit p\r le r5dre vid5t4 ,on s'tonne d'ent5dre un sauvage1 tomb dans un prcipice1 attribu] sa *ute la m*ancet de quelque diable2 on s\rit de l'ide t\te semblable de cet anci5 ,grec1 dont une desse1 disait-il1 avait sauv la vie en dlaant la c\rroie du casque p> lequel son ennemi le tranait dj4 ,mais t\s les j\rs1 sans manife/] d'tonnem5t1 n\s ent5dons dire1 aux uns qu'ils ont t sauvs d'un naufrage p> une int]v5tion div9e1 aux autres qu'ils ont provid5tiellem5t manqu un tra9 qui a draill un peu plus lo91 ou qu'ils ont *app p> miracle la *ute d'une *em9e4 ,ces g5s-l ne reconnaiss5t pas plus1 en p>eils cas1 la causation physique que les sauvages ou les hommes demi civiliss4 ,le ,v$dah1 qui se repro*e1 qu& sa fl*e a manqu un gibi]1 d'avoir mal fait son invocation l'esprit d'un anctre1 et le prtre *rti51 qui prie p\r un malade dans l'esprance de voir le c\rs de la maladie susp5du1 ces deux hommes ne diffr5t qu'au po9t de vue de l'ag5t dont ils att5d5t une assi/ance surnaturelle1 auquel ils dem&5t de *ang] l'ordre des phnomnes2 mais1 l'un et l'autre1 ils mconnaiss5t galem5t les relations ncessaires des causes et des effets4 ,on tr\ve des exemples de ce manque de foi dans la causation mme *ez ceux dont l'ducation a t le plus propre dvelopp] cette foi1 mme *ez des hommes de sci5ce4 ,alors que1 depuis une gnration dj1 les savants admett5t t\s la ?orie des actions l5tes en gologie1 ils sont re/s en biologie p>tisans de la ?orie des cataclysmes2 dans la g5se de la crote t]re/re1 ils n'admett5t que des actions naturelles1 et ils attribu5t des actions surnaturelles la g5se des organismes la surface de la t]re4 ,bi5 plus1 p>mi les naturali/es conva9cus que les tres vivants en gnral se sont dvelopps s\s l'action et la raction de =ces p>t\t agissantes1 il en e/ qui font une exception p\r l'homme2 ou bi51 s'ils admett5t que le corps huma9 a t s\mis l'volution comme celui des autres animaux1 ils s\ti5n5t que son esprit n'e/ pas le rsultat de cette volution et qu'il a t l'objet d'une cration spciale4 ,si la causation univ]selle et ncessaire comm5ce auj\rd'hui seulem5t tre ple9em5t accepte p> ceux dont les travaux la r5d5t *aque j\r plus claire1 il faut s'att5dre la voir en gnral trs imp>faitem5t reconnue p> les autres hommes1 p> ceux dont la culture n'a pas t dirige de manire imprim] cette notion dans leur esprit2 il faut surt\t s'att5dre la leur voir reconnatre bi5 mo9s encore dans ces classes de phnomnes o la complexit des faits r5d la causation bi5 plus difficile suivre qu'autre "p3 les phnomnes psy*iques1 sociaux et moraux4 ,p\rquoi ces rflexions1 qui sembl5t si peu leur place dans ce livre8 ,le voici4 ,en tudiant les div]s sy/mes de morale1 je suis trs frapp de reconnatre qu'ils se c>actris5t t\s1 soit p> l'abs5ce complte de l'ide de causation1 soit p> une application insuffisante de cette ide4 ,?ologiques1 politiques1 intuitionni/es ou utilitaires1 ils ont t\s1 s9on au mme degr1 *acun du mo9s dans une l>ge mesure1 les dfauts qui rsult5t de cette lacune4--,n\s allons les tudi] dans l'ordre o n\s v5ons de les numr]4 #ah4 ,l'cole morale que l'on doit considr] comme reprs5tant auj\rd'hui encore la doctr9e la plus anci5ne1 c'e/ l'cole qui ne reconnat d'autre rgle de conduite que la prt5due volont de ,dieu4 ,elle pr5d naissance *ez les sauvages1 dont le seul fre91 aprs la peur de leurs semblables1 e/ la cra9te que leur inspire l'esprit de quelque anctre3 p\r eux la notion d'un devoir moral1 di/9cte de la notion de prud5ce sociale1 e/ l'effet de cette cra9te4 ,la doctr9e morale et la doctr9e religieuse sont encore runies et ne diffr5t aucun degr4 ,cette =me primitive de la doctr9e morale1--modifie seulem5t p> la suppression d'une inf9it d'ag5ts surnaturels de second ordre et le dveloppem5t d'un ag5t surnaturel unique1--subsi/e avec beauc\p de =ce mme de notre temps4 ,les symboles religieux1 or?odoxes ou non1 donn5t t\s un corps cette croyance que le bi5 et le mal sont dt]m9s exclusivem5t p> un ordre de ,dieu4 ,cette supposition tacite a pass des sy/mes ?ologiques aux sy/mes de morale2 ou plutt disons que les sy/mes de morale1 encore peu di/9cts des sy/mes ?ologiques qui les accompagnai5t aux premires phases de leur dveloppem5t1 ont p>ticip cette hypo?se4 ,n\s la tr\vons dans les oeuvres des /oci5s comme dans les livres de c]ta9s morali/es *rti5s4 ,p>mi les d]ni]s1 je cit]ai les ,essais sur les pr9cipes de la moralit de ,jona?an ,dymond1 un quak] qui fait de l'autorit div9e le seul fondem5t du devoir1 et de sa volont rvle le seul pr9cipe suprme de la di/9ction du bi5 et du mal4 ,cette ?orie n'e/ pas admise seulem5t p> des criva9s d'une secte aussi peu philosophique4 ,elle l'e/ aussi p> des criva9s de sectes t\tes diffr5tes4 ,ils affirm5t que1 si l'on ne croit pas en ,dieu1 l'on n'a plus de guide moral3 cela revi5t dire que les vrits de l'ordre moral n'ont d'autre orig9e que la volont de ,dieu1 qu'elle soit d'ailleurs rvle dans des livres sacrs ou dans la consci5ce4 ,qu& on l'exam9e de prs1 on voit bi5tt que cette doctr9e conduit la ngation de la morale4 ,en effet1 dans l'hypo?se o la di/9ction du bi5 et du mal n'aurait d'autre fondem5t que la volont de ,dieu1 rvle ou connue intuitivem5t1 les actes que n\s jugeons mauvais ne p\rrai5t tre jugs tels1 si n\s ne connaissions pas cette volont de ,dieu dont on p>le4 ,or1 si les hommes ne savai5t pas que de tels actes sont mauvais comme contraires la volont de ,dieu1 ils ne se r5drai5t pas c\pables de dsobissance en les commettant2 et1 s'ils n'avai5t pas d'autre raison de les tr\v] mauvais1 ils p\rrai5t alors les commettre indiffremm5t comme les actes que n\s jugeons auj\rd'hui v]tueux3 le rsultat1 en pratique1 s]ait le mme de t\tes manires4 ,tant qu'il s'agit de que/ions temporelles1 il n'y aurait aucune diffr5ce entre ces deux sortes d'actes4 ,en effet1 dire que1 dans les affaires de la vie1 on s'expose quelque mal en cont9uant de faire les actes appels mauvais1 en cessant d'accomplir les actes appels bons1 ce s]ait av\] que ces actes produis5t p> eux-mmes c]ta9es consqu5ces f*euses ou utiles1 c'e/--dire reconnatre une autre s\rce des rgles morales que la volont div9e rvle ou suppose1 et admettre qu'elles peuv5t tre tablies p> une induction fonde sur l'obs]vation des consqu5ces de ces actes4 ,je ne vois aucun moy5 d'*app] cette conclusion4 ,il faut admettre ou ni] que les actes appels bons et les actes appels mauvais conduis5t naturellem5t1 les uns au bi5-tre1 les autres au malheur4 ,l'admet-on8 ,on reconnat alors que l'expri5ce suffit p\r apprci] la valeur de la conduite1 et l'on doit1 p> suite1 r5onc] la doctr9e qui place l'orig9e des jugem5ts moraux dans les seuls ordres de ,dieu4 ,nie-t-on1 au contraire1 que les actes classs comme bons ou mauvais diffr5t p> leurs effets8 ,on affirme alors tacitem5t que les affaires huma9es irai5t t\t aussi bi5 si l'on ignorait cette di/9ction1 et la prt5due ncessit des comm&em5ts de ,dieu s'van\it4 ,n\s s5tons ici combi5 manque la notion de cause4 ,admettre que telles ou telles actions sont r5dues respectivem5t bonnes ou mauvaises p> une simple injonction de la div9it cela revi5t croire que telles ou telles actions n'ont pas dans la nature des *oses tels ou tels g5res d'effets4 ,c'e/ la preuve que l'on n'a pas consci5ce de la causation ou qu'on l'ignore entirem5t4 #ai4 ,a la suite de ,platon et d',ari/ote1 qui font des lois de l',etat les s\rces du bi5 et du mal1 la suite de ,hobbes1 d'aprs lequel il n'y a ni ju/ice ni inju/ice jusqu' ce qu'un p\voir co]citif soit rgulirem5t con/itu p\r dict] et sanctionn] des comm&em5ts1 un gr& nombre de p5seurs mod]nes s\ti5n5t que la loi seule e/ le pr9cipe de la di/9ction du bi5 et du mal dans la conduite4 ,cette doctr9e implique que l'obligation morale a sa s\rce dans les actes d'un ,p>lem5t et peut tre *ange dans un s5s ou dans l'autre p> les majorits4 ,ses p>tisans t\rn5t en ridicule l'hypo?se des droits naturels de l'homme et prt5d5t que les droits sont exclusivem5t le rsultat d'une conv5tion3 p> une consqu5ce rig\reuse1 les devoirs eux-mmes ne peuv5t pas tre autre *ose4 ,avant de re*]*] si cette ?orie s'accorde avec des vrits tablies ailleurs1 voyons jusqu' quel po9t elle e/ consqu5te avec elle-mme4 ,aprs avoir s\t5u que les droits et les devoirs driv5t d'arrangem5ts sociaux1 ,hobbes cont9ue en ces t]mes3 ,si aucun contrat n'a prcd1 aucun droit n'a t transfr1 et t\t homme a droit t\te *ose2 p> consqu5t1 aucune action ne peut tre inju/e4 ,mais1 s'il y a un contrat1 alors il e/ inju/e de le rompre1 et la seule df9ition de l',,inju/ice e/ de dire qu'elle e/ le fait de ne pas se con=m] au contrat4 ,t\t ce qui n'e/ pas inju/e e/ ju/e4444 ,il faut donc1 avant de p\voir employ] les mots de ju/e et d'inju/e1 qu'il y ait une puissance co]citive1 p\r contra9dre galem5t t\s les hommes obs]v] leurs contrats1 p> la cra9te de quelque *tim5t plus s5sible que le pr(it espr] de la violation de ces contrats#b4 ,note #b3 ,lvia?an1 *4 ,,xv4 ,dans ce passage1 les propositions ess5tielles sont celles-ci3 la ju/ice consi/e dans l'obs]vation d'un contrat2 l'obs]vation d'un contrat implique un p\voir qui l'impose3 il ne peut y avoir de place p\r le ju/e et l'inju/e1 mo9s que les hommes ne soi5t contra9ts obs]v] leurs contrats4 ,mais cela revi5t dire que les hommes ne peuv5t obs]v] leurs contrats sans y tre =cs4 ,accordons que la ju/ice consi/e dans l'obs]vation d'un contrat4 ,supposons ma9t5ant qu'il soit obs]v volontairem5t3 c'e/ un acte de ju/ice4 ,en p>eil cas1 cep5dant1 c'e/ un acte de ju/ice accompli sans aucune contra9te3 ce qui e/ contraire l'hypo?se4 ,on ne conoit qu'une seule rplique1 c'e/ que l'obs]vation volontaire d'un contrat e/ impossible3 n'e/-ce pas une absurdit8 ,faites cette rplique et v\s p\rrez alors df5dre la doctr9e qui fonde la di/9ction du bi5 et du mal sur l'tablissem5t d'une s\v]a9et4 ,refusez de la faire1 et cette doctr9e e/ r5v]se4 ,des inconsqu5ces du sy/me considr en lui-mme1 passons ses inconsqu5ces extrieures4 ,hobbes *]*e ju/ifi] sa ?orie d'une autorit civile absolue1 prise comme s\rce des rgles de conduite1 p> les maux rsultant de la gu]re *ronique d'homme homme qui devait exi/] en l'abs5ce de t\te socit2 suivant lui1 la vie e/ meilleure s\s n'importe quel g\v]nem5t que dans l'tat de nature4 ,admettez1 si v\s v\lez1 avec cette ?orie t\te gratuite1 que les hommes ont sacrifi leurs lib]ts un p\voir absolu quelconque1 dans l'espoir de voir leur bi5-tre s'accrotre2 ou croyez1 avec la ?orie rationnelle1 fonde sur une induction1 qu'un tat de subord9ation politique s'e/ tabli p> degrs1 grce l'expri5ce de l'accroissem5t de bi5-tre qui en rsultait3 dans un sy/me comme dans l'autre1 il e/ galem5t vid5t que les actes de p\voir absolu n'ont de valeur et d'autorit qu'autant qu'ils s]v5t la f9 p\r laquelle on l'a tabli4 ,les ncessits qui ont fait crer le g\v]nem5t lui prescriv5t elles-mmes ce qu'il doit faire4 ,si ses actes ne rpond5t pas ces ncessits1 ils p]d5t t\te valeur4 ,en v]tu de l'hypo?se mme1 l'autorit de la loi e/ une autorit drive1 et ne peut jamais s'lev] au-dessus des pr9cipes dont elle drive4 ,si la f9 suprme e/ le bi5 gnral1 ou le bi5-tre1 ou l'utilit1 et si les ordres du g\v]nem5t se ju/ifi5t comme autant de moy5s d'arriv] cette f9 suprme1 alors ces ordres tir5t t\te leur autorit de la valeur qu'ils ont p> rapport cette f94 ,s'ils sont ju/es1 c'e/ uniquem5t comme expression de l'autorit primordiale1 et ils sont mauvais qu& ils ne la reprs5t5t pas4 ,c'e/ dire que la loi ne peut r5dre la conduite bonne ou mauvaise2 ces c>actres sont dt]m9s en df9itive p> ses effets1 suivant qu'elle favorise ou ne favorise pas le dveloppem5t des citoy5s4 ,les inconsqu5ces des ?ories de ,hobbes et de ses disciples devi5n5t encore plus manife/es1 qu& on passe des ab/ractions la ralit concrte4 ,ces philosophes reconnaiss5t1 comme t\t le monde1 que1 si la scurit n'e/ pas suffisante p\r que *acun se livre sans cra9te ses affaires1 il n'y a ni bonheur1 ni prosprit1 soit p\r l'individu soit p\r l'ensemble des citoy5s2 ils admett5t qu'il faut pr5dre des mesures p\r prv5ir les meurtres1 les agressions de t\tes sortes1 etc41 et ils prt5d5t que tel ou tel sy/me pnal e/ le meilleur moy5 d'arriv] ce rsultat4 ,ils s\ti5n5t a9si1 p\r les maux comme p\r les remdes1 que telles et telles causes1 en v]tu de la nature des *oses1 produis5t tels ou tels effets4 ,ils dcl>5t c]ta9e priori cette vrit que les hommes ne *]*]ont pas amass] du bi5 s'ils ne peuv5t compt] avec beauc\p de vraisemblance en retir] des avantages2 que1 p> suite1--dans un pays o le vol ne s]ait pas puni ou dans lequel un matre rapace s'emp>]ait de t\t ce que ses sujets ne p\rrai5t ca*]1--la production dpass]ait pe9e le niveau des consommations immdiates1 et qu'il n'y aurait ncessairem5t aucune accumulation de capitaux1 comme il en faut p\r t\t dveloppem5t social et p\r l'accroissem5t du bi5-tre4 ,comm5t n'ap]oiv5t-ils pas1 en raisonnant a9si1 l'affirmation qu'ils accept5t implicitem5t8 ,a savoir qu'il e/ indisp5sable de dduire les rgles relatives la conduite des conditions ncessaires au complet dveloppem5t de la vie dans l'tat social4 ,ils dcl>5t donc1 sans s'en d\t]1 que l'autorit de la loi e/ drive et non primitive4 ,un p>tisan de cette doctr9e dira peut-tre qu'il faut di/+u] un c]ta9 nombre d'obligations morales comme autant de rgles c>d9ales ayant une base plus pr(onde que la lgislation1 et que celle-ci ne cre pas1 mais se borne confirm]4 ,si1 aprs un tel aveu1 il cont9uait rclam]1 p\r de mo9dres droits seulem5t et de mo9dres devoirs1 une orig9e lgislative1 n\s devrions en conclure que c]ta9es manires d'agir t5d5t1 d'aprs la nature des *oses1 produire c]ta9s g5res d'effets1 mais qu'en mme temps c]ta9es autres manires d'agir ne t5d5t pas1 d'aprs la nature des *oses1 produire c]ta9s g5res d'effets4 ,les premires aurai5t naturellem5t de bonnes ou de mauvaises consqu5ces2 mais on p\rrait le ni] des secondes4 ,il faut accept] cette di/9ction1 p\r avoir le droit de prt5dre que les actes de la d]nire classe doiv5t la loi leur c>actre moral2 en effet1 si ces actes ont quelque t5dance intr9sque produire des effets f*eux ou avantageux1 c'e/ cette t5dance qui les fait comm&] ou int]dire p> la loi4 ,dire que c'e/ ce comm&em5t ou cette int]diction qui les r5d bons ou mauvais1 c'e/ dcl>] qu'ils n'ont en eux-mmes aucune t5dance produire des effets avantageux ou fune/es4 ,ici encore1 n\s sommes donc en face d'une doctr9e o la consci5ce de la causation fait dfaut4 ,une consci5ce p>faite de la causation oblige croire que dans la socit1 t\s les actes1 du plus srieux au plus simple1 produis5t des consqu5ces qui1 en dehors de l'action lgale1 contribu5t diffr5ts degrs au bi5-tre ou au malaise gnral4 ,si les meurtres caus5t un dommage la socit1 que la loi d'ailleurs les df5de ou non2 si l'appropriation viol5te de ce qu'un autre a gagn e/ une s\rce de maux privs et publics1 qu'elle soit du re/e contraire ou non aux dits d'un matre2 si la violation d'un contrat1 si la fraude et la falsification sont des maux p\r une communaut en proportion de leur frqu5ce1 lors mme qu'elles ne s]ai5t pas frappes de prohibitions lgales1 n'e/-il pas manife/e qu'il en e/ de mme p\r t\s les dtails de la conduite huma9e8 ,n'e/-il pas vrai que1 si la lgislation prescrit c]ta9s actes qui ont naturellem5t de bons effets et en df5d d'autres qui ont naturellem5t des effets fune/es1 ces actes ne ti5n5t pas de la lgislation leurs c>actres1 mais que la lgislation emprunte au contraire son autorit aux effets naturels de ces actes8 ,ne pas le reconnatre1 c'e/ ni] la causation naturelle4 #bj4 ,il n'en e/ pas autrem5t des purs intuitionni/es qui dcl>5t les p]ceptions morales innes dans l'intellig5ce primitive4 ,d'aprs eux1 c'e/ ,dieu qui a d\ les hommes de facults morales1 et ils refus5t d'admettre qu'elles rsult5t de modifications hrditaires produites p> des expri5ces accumules4 ,affirm] que l'homme reconnat c]ta9es *oses comme moralem5t bonnes1 d'autres comme moralem5t mauvaises1 en v]tu d'une consci5ce qui lui vi5t d'en haut1 et p> suite affirm] implicitem5t qu'il ne p\rrait disc]n] autrem5t le bi5 du mal1 c'e/ ni] tacitem5t t\te relation naturelle entre les actes et leurs rsultats4 ,en effet1 s'il y a des relations de ce g5re1 on peut les dc\vrir1 p> induction ou p> dduction1 ou des deux manires la fois4 ,s'il tait admis que1 grce ces relations naturelles1 le bonheur e/ produit p> un g5re de conduite qui doit tre appr\v p\r cette raison1 t&is que le malheur e/ produit p> un autre g5re de conduite qui doit tre p\r cette raison condamn1 on admettrait en mme temps que la bont ou la culpabilit des actions peut tre dt]m9e1 et doit tre f9alem5t dt]m9e1 p> le c>actre des effets bons ou mauvais qui en dc\l5t3 ce qui e/ contraire l'hypo?se4 ,on p\rrait rpondre1 il e/ vrai1 que cette cole ignore de p>ti pris les rsultats2 elle enseigne que les actes reconnus bons p> l'intuition morale doiv5t tre accomplis sans s'inquit] de leurs consqu5ces4 ,mais il e/ facile de voir qu'il s'agit seulem5t des consqu5ces p>ticulires et non des consqu5ces gnrales4 ,p> exemple1 lorsqu'on dit qu'un objet p]du doit tre re/itu p> celui qui l'a tr\v sans considr] le mal qui en rsulte p\r lui1--en faisant cette re/itution1 il s'enlve peut-tre le moy5 de ne pas prir de faim1--on ent5d que1 dans l'obs]vation du pr9cipe1 il ne faut pas considr] les consqu5ces immdiates et spciales2 on ne p>le pas des consqu5ces gnrales et loignes4 ,cette ?orie1 t\t en s'int]disant de reconnatre ouv]tem5t une causation1 la reconnat donc sans l'av\]4 ,de l un trait sur lequel j'attire l'att5tion du lecteur4 ,l'ide d'une causation naturelle e/ si imp>faitem5t dveloppe que n\s avons seulem5t une consci5ce indi/9cte de ce fait que les relations de causes et d'effets g\v]n5t l'ensemble de la conduite huma9e1 et que t\tes les rgles morales driv5t d'elles en df9itive1 bi5 que beauc\p de ces rgles puiss5t tre immdiatem5t drives d'intuitions morales4 #ba4 ,*ose trange1 l'cole utilitaire1 qui1 premire vue1 p>at se di/+u] des autres p> la croyance la causation naturelle1 e/ elle-mme1 s9on aussi lo91 du mo9s trs lo9 encore de la reconnatre compltem5t4 ,suivant sa ?orie1 la conduite doit tre e/ime d'aprs les rsultats obs]vs4 ,lorsque1 dans des cas assez nombreux1 on a con/at que telle manire d'agir produisait le bi51 t&is que telle autre produisait le mal1 on doit respectivem5t jug] bonne ou mauvaise l'une et l'autre de ces deux manires d'agir4 ,eh bi51 si l'affirmation de cette vrit1 que les rgles morales ont p\r orig9e des causes naturelles1 p>at cont5ue dans cette ?orie1 cette affirmation n'e/ encore que p>tielle4 ,ce qu'on y tr\ve en effet1 c'e/ que n\s avons tablir p> induction que tels dommages ou tels avantages suiv5t tels ou tels actes et induire que de p>eilles relations subsi/]ont dans l'av5ir4 ,mais accept] ces gnralisations et les conclusions qu'on en tire1 cela n'quivaut pas la reconnaissance de la causation dans t\te la =ce du t]me4 ,tant que l'on se cont5te de reconnatre quelque relation entre une cause et un effet dans la conduite1 au lieu de reconnatre la relation1 on n'a pas encore donn la connaissance sa =me df9itivem5t sci5tifique4 ,jusqu' prs5t1 les utilitaires ne ti5n5t pas compte de cette di/9ction1 mme lorsqu'elle leur e/ signale2 ils ne compr5n5t pas que l'utilit>isme empirique e/ seulem5t une =me de transition qu'il faut dpass] p\r arriv] l'utilit>isme rationnel4 ,dans une lettre adresse1 il y a seize ans environ1 ,m4 ,mill1 et o je rep\ssais le nom d'anti-utilitaire qu'il m'avait appliqu 7cette lettre a t publie depuis dans le livre de ,m4 ,ba9 m5tal & moral ,sci5ce71 j'ai essay d'claircir la diffr5ce que je vi5s de signal]4 ,voici quelques passages de cette lettre3 ,l'ide que je df5ds c'e/ que la morale proprem5t dite--la sci5ce de la conduite droite--a p\r objet de dt]m9] comm5t et p\rquoi c]ta9s modes de conduite sont nuisibles1 c]ta9s autres avantageux4 ,ces rsultats bons et mauvais ne peuv5t tre accid5tels1 ils doiv5t tre des consqu5ces ncessaires de la con/itution des *oses4 ,a mon avis1 l'objet de la sci5ce morale doit tre de dduire des lois de la vie et des conditions de l'exi/5ce quelles sortes d'actions t5d5t ncessairem5t produire le bonheur1 quelles autres produire le malheur4 ,cela fait1 ces dductions doiv5t tre reconnues comme les lois de la conduite2 elles doiv5t tre obies indp5damm5t de t\te considration directe et immdiate de bonheur ou de misre4 ,un exemple f]a peut-tre mieux compr5dre ce que je veux dire4 ,dans les premi]s temps1 l'a/ronomie plantaire ne possdait que des obs]vations accumules relativem5t aux positions et aux m\vem5ts du soleil et des plantes2 de lo9 en lo9 ces obs]vations p]mettai5t de prdire1 approximativem5t1 que c]ta9s corps cle/es occup]ai5t c]ta9es positions telles poques4 ,la sci5ce mod]ne de l'a/ronomie plantaire consi/e en dductions de la loi de la gravitation1 dductions qui font connatre1 p\rquoi les corps cle/es occup5t ncessairem5t c]ta9es places c]ta9es poques4 ,le rapport qui exi/e entre l'anci5ne a/ronomie et l'a/ronomie mod]ne e/ analogue celui qui exi/e aussi1 selon moi1 entre la morale de l'utile et la sci5ce morale proprem5t dite4 ,l'objection que je fais l'utilit>isme c\rant1 c'e/ qu'il ne reconnat pas la =me dveloppe de la morale3 il ne s'ap]oit pas qu'il n'a pas encore dpass la priode primitive de la sci5ce morale4 ,sans d\te1 si l'on dem&ait aux utilitaires si c'e/ p> has>d que cette sorte d'actions produit du mal et cette autre du bi51 ils rpondrai5t ngativem5t3 ils admettrai5t que de p>eilles squ5ces sont des p>ties d'un ordre ncessaire auquel les phnomnes sont s\mis4 ,cette vrit e/ au-dessus de t\te discussion1 et s'il y a des relations causales entre les actes et leurs rsultats1 les rgles de la conduite ne peuv5t dev5ir sci5tifiques que le j\r o elles s]ont dduites de ces relations3 on cont9ue se cont5t] de cette =me de l'utilit>isme dans laquelle ces relations causales re/5t ignores en pratique4 ,on suppose qu' l'av5ir1 comme auj\rd'hui1 l'utilit doit tre dt]m9e uniquem5t p> l'obs]vation des rsultats1 et qu'il n'e/ pas possible de connatre p> dduction de pr9cipes fondam5taux quelle conduite doit tre nuisible1 quelle autre doit tre avantageuse4 #bb4 ,p\r r5dre plus prcise cette ide de la sci5ce morale que j'indique ici1 je vais la prs5t] s\s un aspect concret4 ,je comm5c]ai p> un exemple =t simple1 et1 p> degrs1 je r5drai cet exemple de plus en plus complexe4 ,si n\s arrtons la plus gr&e p>tie du sang qui circule dans un membre1 en liant sa pr9cipale artre1 aussi longtemps que ce membre fonctionn]a les p>ties appeles travaill] p]dront plus qu'elles ne recevront1 et il en rsult]a un c]ta9 affaiblissem5t4 ,le rapport entre l'arrive rgulire des matires nutritives dans ce membre1 p> des artres1 et l'accomplissem5t rguli] de ses fonctions1 =me une p>tie de l'ordre physique4 ,si1 au lieu d'arrt] la nutrition d'un membre en p>ticuli]1 n\s faisons p]dre au pati5t une gr&e quantit de sang1 n\s supprimons a9si les matriaux ncessaires la rp>ation non d'un seul membre mais de t\s les membres1 et non seulem5t des membres mais aussi des viscres3 n\s dt]m9ons la fois une dim9ution des =ces musculaires et un amo9drissem5t des fonctions vitales4 ,ici encore1 la cause et l'effet ont des rapports ncessaires4 ,le dommage qui rsulte d'une gr&e p]te de sang en rsulte sans qu'il soit utile de faire int]v5ir un comm&em5t div91 ou un ordre politique1 ou une intuition morale4 ,faisons un pas de plus4 ,supposons un homme dans l'impossibilit de pr5dre assez de cette n\rriture1 solide ou liquide1 cont5ant les sub/ances que le sang doit f\rnir p\r la rp>ation des tissus2 supposons qu'il ait un canc] de l'oesophage et qu'il ne puisse aval]3 qu'arrive-t-il8 ,p> cette p]te indirecte1 comme p> la p]te directe1 il e/ fatalem5t rduit l'impuissance d'accomplir les actes d'un homme en bonne sant4 ,dans ce cas1 comme dans les autres1 la connexion entre la cause et l'effet e/ une connexion qui ne peut tre tablie ou dtruite p> aucune autorit extrieure aux phnomnes eux-mmes4 ,supposons encore que1 au lieu d'tre arrts aprs avoir pass la b\*e1 les alim5ts n'y arriv5t mme pas1 de telle sorte que1 *aque j\r1 cet homme soit =c d'us] ses tissus en *]*ant de quoi se n\rrir1 et que1 *aque j\r aussi1 il ne puisse mang] ces alim5ts qu'il s'e/ puis *]*]3 comme plus haut1 le progrs v]s la mort p> inanition e/ 9vitable2 la connexion entre les actes et les effets e/ indp5dante de t\te autorit1 quelle qu'elle soit1 ?ologique ou politique4 ,de mme1 si on le =ce c\ps de f\et travaill]1 et si on ne lui donne pas en ret\r une n\rriture proportionne son travail1 les maux qui s'ensuivront sont galem5t c]ta9s2 les ordres d'un p\voir sacr ou pr(ane n'y peuv5t ri54 ,passons ma9t5ant aux actes qu'on reg>de d'ord9aire comme s\mis des rgles de conduite4 ,voici un homme auquel on drobe cont9uellem5t le produit de son travail1 qui devait s]vir rp>] sa dp5se d'n]gie n]voso-musculaire1 r5\vel] ses =ces4 ,ici encore1 la relation qui exi/e entre la conduite et ses consqu5ces pr5d rac9e dans la nature des *oses2 une loi de l',etat ne p\rrait pas la *ang]1 et n\s n'avons pas beso9 p\r l'tablir d'une gnralisation empirique4 ,si l'action qui atte9t cet homme ne produit pas de rsultats aussi immdiats ou aussi dcisifs1 n\s tr\vons t\t de mme dans l'ordre physique le fondem5t de la moralit4 ,p> exemple1 on lui paye ses s]vices en fausse monnaie1 ou bi5 on lui fait att5dre ce payem5t au del de l'poque m>que1 ou bi5 les alim5ts qu'il a*te sont falsifis4 ,evidemm5t t\s ces actes1 que n\s condamnons comme inju/es et que la loi punit1 emp*5t1 comme les faits cits plus haut1 l'tablissem5t d'un quilibre physiologique rguli] entre la consommation et la rp>ation4 ,il en e/ de mme p\r les actes dont les effets sont encore beauc\p plus loigns4 ,si l'on emp*e cet homme de df5dre son droit1 si la prdom9ance d'une classe lui int]dit t\t progrs1 si un juge corrompu r5d un jugem5t contraire l'vid5ce1 si un tmo9 dpose contre la vrit3 ces diffr5ts actes l'affect5t sans d\te mo9s directem5t1 mais leur culpabilit ne ti5t-elle pas la mme raison orig9elle8 ,on peut en dire autant des actions qui produis5t un dommage diffus1 indf9i4 ,que notre homme1 au lieu d'tre tromp1 soit calomni3 ici1 comme dans les cas prcd5ts1 on entrave l'ex]cice des activits qui s]v5t au s\ti5 de sa vie1 c> la p]te de sa rputation e/ fune/e ses affaires4 ,ce n'e/ pas t\t4 ,la dpression m5tale qui en rsulte le r5d1 dans une c]ta9e mesure1 incapable d'ef=ts n]giques et peut le faire tomb] malade4 ,a9si le colportage crim9el de faux jugem5ts t5d la fois dim9u] sa vie et dim9u] son aptitude cons]v] sa vie4 ,de l vi5t la gravit morale de la calomnie4 ,allons plus lo92 suivons jusqu' leurs ramifications d]nires les effets produits p> quelques-uns des actes que condamne la morale dite intuitive1 et dem&ons-n\s quels en sont les rsultats1 non seulem5t p\r l'individu lui-mme1 mais encore p\r ceux qui lui ti5n5t de prs4 ,l'appauvrissem5t entrave l'ducation des enfants1 en ne p]mettant de leur donn] qu'une n\rriture et des vtem5ts insuffisants1 ce qui peut ab\tir la mort des uns1 l'affaiblissem5t de la con/itution des autres3 n\s voyons donc que1 p> suite des connexions ncessaires des *oses1 ces actes ne t5d5t pas seulem5t amo9drir la vie *ez l'individu qui en e/ la victime1 ils t5d5t en second lieu l'amo9drir aussi *ez les membres de sa famille1 et1 en troisime lieu1 dim9u] le dveloppem5t de la socit en gnral2 celle-ci en effet doit s\ffrir de t\t ce que s\ffr5t ses membres4 ,on compr5dra mieux ma9t5ant p\rquoi l'utilit>isme1 qui admet seulem5t comme pr9cipes de conduite les pr9cipes f\rnis p> l'induction1 n'e/ qu'une prp>ation un autre utilit>isme qui dduit ces pr9cipes des progrs de la vie con=mm5t aux conditions relles de l'exi/5ce4 #bc4 ,voil ju/ifie1 je crois1 l'affirmation =mule au db1 savoir que t\tes les m?odes ord9aires de morale ont un dfaut commun1 indp5damm5t de leurs c>actres di/9ctifs et de leurs t5dances spciales3 elles nglig5t les d]nires relations causales4 ,sans d\te1 elles n'ignor5t pas entirem5t les consqu5ces naturelles des actions2 mais elles ne les reconnaiss5t que d'une manire incid5te4 ,elles n'rig5t pas en m?ode l'affirmation de relations ncessaires entre les causes et les effets1 et la dduction des rgles de la conduite de la connaissance de ces relations4 ,t\te sci5ce comm5ce p> accumul] des obs]vations et elle les gnralise aussitt d'une manire empirique2 mais il faut qu'elle p>vi5ne englob] ces gnralisations empiriques dans une gnralisation rationnelle p\r dev5ir une sci5ce con/itue4 ,l'a/ronomie a dj pass p> ces degrs successifs3 d'abord1 collection de faits2 ensuite1 inductions fondes sur ces faits2 enf91 int]prtations dductives de ces mmes faits1 considrs comme corollaires d'un pr9cipe univ]sel d'action g\v]nant les masses dans l'espace4 ,en gr\pant et comp>ant t\tes les obs]vations faites sur la /ructure et la disposition des c\*es de t]ra9s1 on a t graduellem5t conduit expliqu] les diffr5tes classes de phnomnes gologiques p> l'action de l'eau ou p> celle du feu4 ,si la gologie =me auj\rd'hui une vritable sci5ce c'e/ p>ce que ces phnomnes sont considrs ma9t5ant comme les consqu5ces des processus naturels qui se sont succd p5dant le refroidissem5t et la solidification de la t]re1 place s\s l'influ5ce de la *aleur solaire et l'action que la lune ex]ce sur son ,ocan4 ,la sci5ce de la vie a p>c\ru et p>c\rt encore une srie de phases analogues3 l'volution des =mes organiques en gnral e/ ratta*e aux actions physiques qui agissai5t ds l'orig9e2 quant aux phnomnes vitaux prs5ts p> *aque organisme1 on comm5ce les considr] comme des sries de *angem5ts s'accomplissant dans des p>ticules matrielles s\mises c]ta9es =ces et produisant d'autres =ces4 ,les premires ?ories relatives la p5se et au s5tim5t excluai5t t\te ide de cause1 si ce n'e/ p\r c]ta9s effets de l'habitude qui avai5t =c l'att5tion et tai5t passs en prov]be4 ,mais on en vi5t ratta*] la p5se et le s5tim5t aux actions et aux ractions d'une /ructure n]veuse qui e/ influ5ce p> les *angem5ts extrieurs et produit dans le corps des *angem5ts appropris4 ,il en rsulte que la psy*ologie t5d auj\rd'hui dev5ir une sci5ce1 dans la mesure o ces relations de phnomnes sont expliques comme des consqu5ces de pr9cipes suprmes4 ,la sociologie1 reprs5te jusqu' ces d]ni]s temps p> des ides p>ses sur l'organisation sociale1 p]dues dans une f\le de considrations sans valeur que n\s ont laisses les hi/ori5s1 comm5ce elle-mme tre reg>de comme une sci5ce p> quelques savants4 ,les premi]s traits1 qui n\s en ont t f\rnis de temps autre s\s =me de gnralisations empiriques1 comm5c5t pr5dre le c>actre de gnralisations cohr5tes en se ratta*ant aux causes qui agiss5t dans la nature huma9e place au milieu de conditions donnes4 ,il e/ donc clair que la morale1 c'e/--dire la sci5ce de la conduite des hommes vivant en socit1 doit subir une trans=mation semblable3 non dveloppe encore jusqu' prs5t1 elle p\rra1 qu& elle aura subi cette trans=mation1 tre considre comme une sci5ce con/itue4 ,il faut cep5dant que des sci5ces plus simples lui ai5t d'abord prp> la voie4 ,la morale a un ct physique1 puisqu'elle traite des activits huma9es s\mises1 comme t\tes les manife/ations de l'n]gie1 la loi de la cons]vation de la =ce3 les pr9cipes moraux doiv5t donc tre con=mes aux ncessits physiques4 ,elle a aussi un ct biologique1 c> elle conc]ne c]ta9s effets1 int]nes ou ext]nes1 individuels ou sociaux1 des *angem5ts vitaux qui se produis5t dans le type le plus lev de l'animalit4 ,elle prs5te galem5t un ct psy*ologique2 c> elle s'occupe d'un ensemble d'actions inspires p> les s5tim5ts et guides p> l'intellig5ce4 ,enf91 elle a encore un ct sociologique1 c> ces actions1--quelques-unes directem5t et t\tes indirectem5t--affect5t des tres runis en socit4 ,quelle e/ la conclusion8 ,app>t5ant1 p> l'un de ces cts1 des sci5ces div]ses1 physique1 biologie1 psy*ologie et sociologie1 la morale ne peut tre df9itivem5t comprise qu'au moy5 des vrits fondam5tales communes t\tes ces sci5ces4 ,n\s avons tabli dj1 p> une autre m?ode1 que la conduite en gnral1--qui r5f]me la conduite dont s'occupe la morale1--doit1 p\r tre bi5 comprise1 tre reg>de comme une face de l'volution de la vie2 une m?ode plus spciale conduit au mme rsultat4 ,il faut donc abord] ma9t5ant l'tude des phnomnes moraux considrs comme phnomnes de l'volution2 n\s sommes =cs de le faire1 p>ce que n\s dc\vrons en eux une p>tie de l'agrgat des phnomnes que l'volution a produits4 ,si l'univ]s visible t\t enti] e/ s\mis l'volution1 si le sy/me solaire1 considr comme =mant un t\t1 si la t]re1 comme p>tie de ce t\t1 si la vie en gnral qui se dveloppe la surface de la t]re1 aussi bi5 que celle de *aque organisme individuel1 si les phnomnes psy*iques manife/s p> t\tes les cratures1 jusqu'aux plus leves1 comme les phnomnes rsultant de la runion de ces cratures les plus p>faites1 si t\t enf9 e/ s\mis aux lois de l'volution1 il faut bi5 admettre que les phnomnes de conduite produits p> ces cratures de l'ordre le plus lev1 et qui font l'objet de la morale1 sont aussi s\mis ces lois4 ,les ouvrages prcd5ts#c ont prp> la voie p\r l'tude de la morale a9si comprise4 ,n\s tir]ons p>ti des conclusions qu'ils conti5n5t1 et n\s v]rons quelles donnes elles n\s f\rniss5t4 ,n\s trait]ons successivem5t du po9t de vue physique1 du po9t de vue biologique1 du po9t de vue psy*ologique et du po9t de vue sociologique de la morale4 ,note #c3 ,premi]s pr9cipes1 ,pr9cipes de biologie1 ,pr9cipes de psy*ologie et ,pr9cipes de sociologie4--,voir aussi l',introduction la ,sci5ce sociale dans la ,biblio?que sci5tifique int]nationale1 c9quime dition4 ,,*apitre ,v ,,le ,,po9t ,,de ,,vue ,,physique #bd4 ,a *aque mom5t1 n\s passons in/antanm5t des actions huma9es que n\s p]cevons aux motifs qu'elles impliqu5t1 et n\s sommes a9si conduits =mul] ces actions en t]mes se rapportant l'esprit plutt qu'en t]mes se rapportant au corps4 ,c'e/ aux p5ses et aux s5tim5ts qu'on applique son jugem5t lorsqu'on l\e ou qu'on blme les actes d'un homme1 et non ces manife/ations extrieures qui rvl5t les p5ses et les s5tim5ts4 ,on arrive a9si peu peu oubli] que la conduite1 telle que l'expri5ce n\s la fait connatre1 consi/e en *angem5ts p]u p> le t\*]1 la vue et l'oue4 ,l'habitude de considr] seulem5t l'aspect psy*ique de la conduite e/ si t5ace qu'il faut un vritable ef=t p\r exam9] aussi son aspect physique4 ,on ne peut ni] que1 p> rapport n\s1 la manire d'tre d'un autre homme e/ faite des m\vem5ts de son corps et de ses membres1 de ses muscles faciaux et de son app>eil vocal3 cep5dant il semble p>adoxal de dire que ce sont l les seuls lm5ts de conduite rellem5t connus1 t&is que les lm5ts de la conduite exclusivem5t reg>ds comme ses lm5ts con/itutifs ne sont pas directem5t connus1 mais induits p> raisonnem5ts4 ,eh bi51 laissant de ct p\r le mom5t les lm5ts induits de la conduite1 occupons-n\s ici des lm5ts p]u3 n\s avons obs]v] les c>actres de la conduite considrs comme une suite de m\vem5ts comb9s4 ,en se plaant au po9t de vue de l'volution1 en se rappelant que1 p5dant qu'un agrgat se dveloppe1 non seulem5t la matire qui le compose1 mais aussi le m\vem5t de cette matire1 passe d'une homognx indf9ie incohr5te une htrognx df9ie cohr5te1 n\s avons ma9t5ant re*]*] si la conduite1 p5dant qu'elle s'lve v]s ses =mes les plus leves1 manife/e ces c>actres dans son progrs1 et si elle les manife/e au plus haut degr lorsqu'elle atte9t la =me la plus leve de t\tes que n\s appelons la =me morale4 #be4 ,il faut s'occup] d'abord du c>actre de cohr5ce croissante4 ,la conduite des tres dont l'organisation e/ simple contra/e beauc\p avec la conduite des tres dont l'organisation e/ dveloppe1 en ce s5s que les p>ties successives n'ont qu'une faible liaison4 ,les m\vem5ts qu'un animalcule fait au has>d n'ont aucun rapport avec les m\vem5ts qu'il a faits un mom5t aup>avant et n'ont aucune influ5ce dt]m9e sur les m\vem5ts produits aussitt aprs4 ,les t\rs et dt\rs que fait auj\rd'hui un poisson la re*]*e de la n\rriture1 bi5 qu'ils (fr5t peut-tre p> leur adaptation la capture de diffr5ts g5res de proies aux diffr5tes heures un ordre lgrem5t dt]m91 n'ont aucune relation avec ses t\rs d'hi] et ceux de dema94 ,mais des tres dj plus dvelopps1 comme les oiseaux1 n\s montr5t1--dans la con/ruction de leurs nids1 la disposition des oeufs1 l'ducation des jeunes et l'assi/ance qu'ils leur donn5t qu& ils comm5c5t vol]1--des suites de m\vem5ts =mant une srie lie qui s't5d une priode considrable4 ,en obs]vant la complexit des actes accomplis p\r se procur] et fix] les fibres du nid1 ou p\r captur] et apport] aux petits *aque portion de leur n\rriture1 n\s dc\vrons dans les m\vem5ts comb9s une cohsion latrale aussi bi5 qu'une cohsion longitud9ale4 ,l'homme1 mme son tat le plus infrieur1 dploie dans sa conduite des comb9aisons beauc\p plus cohr5tes de m\vem5ts4 ,p> les manipulations laborieuses ncessaires p\r la fabrication d'armes qui s]viront la *asse l'anne pro*a9e1 ou p\r la con/ruction de canots ou de wigwams d'un usage p]man5t1 p> les actes d'agression ou de df5se qui se reli5t des inju/ices depuis longtemps subies ou commises1 le sauvage produit un ensemble de m\vem5ts qui1 dans quelques-unes de ses p>ties1 subsi/e p5dant de longues priodes4 ,bi5 plus1 si on considre les div]s m\vem5ts impliqus p> les transactions de *aque j\r1 dans le bois1 sur l'eau1 dans le camp1 dans la famille1 on voit que cet agrgat cohr5t de m\vem5ts se compose lui-mme de div]s agrgats plus petits1 qui ont leur cohsion p>ticulire et s'uniss5t leurs vois9s4 ,*ez l'homme civilis1 ce trait du dveloppem5t de la conduite devi5t bi5 plus rem>quable encore4 ,quelle que soit l'affaire dont il s'occupe1 son action enveloppe un nombre relativem5t considrable de m\vem5ts dp5dants2 j\r p> j\r1 la conduite se cont9ue de manire montr] une connexion entre des m\vem5ts actuels et des m\vem5ts accomplis depuis longtemps1 aussi bi5 que des m\vem5ts de/9s se produire dans un av5ir loign4 ,outre les div]ses actions1 lies les unes aux autres1 p> lesquelles le f]mi] s'occupe de son btail1 dirige ses lab\reurs1 surveille sa lait]ie1 a*te ses in/rum5ts1 v5d ses produits1 etc41 le fait d'obt5ir et de rgl] son bail implique une comb9aison de m\vem5ts nombreux dont dp5d5t les m\vem5ts des annes suivantes4 ,en fumant ses t]res p\r en augm5t] le r5dem5t1 ou en tablissant des dra9ages p\r la mme raison1 il accomplit des actes qui font p>tie d'une comb9aison cohr5te relativem5t t5due4 ,il en e/ videmm5t de mme du m>*&1 du manufacturi]1 du banqui]4 ,cette cohr5ce a9si accrue de la conduite *ez les hommes civiliss n\s frapp]a bi5 davantage si n\s n\s rappelons que ses lm5ts sont s\v5t ma9t5us dans un arrangem5t sy/matique p5dant t\te la vie1 avec l'int5tion de faire =tune1 de fond] une famille1 de gagn] un sige au ,p>lem5t4 ,rem>quez ma9t5ant qu'une cohr5ce plus gr&e entre les m\vem5ts composants di/+ue pr(ondm5t la conduite appele morale de celle que n\s appelons immorale4 ,l'application du mot dissolue la seconde1 et du mot ret5ue la premire1 implique que la conduite du g5re le plus bas1 compose d'actes dsordonns1 a ses p>ties relativem5t mal relies les unes avec les autres2 au contraire1 la conduite du g5re le plus lev se suivant ord9airem5t d'aprs un ordre assur1 y gagne une unit et une cohr5ce c>actri/iques4 ,plus la conduite e/ ce que n\s appelons une conduite morale1 plus elle prs5te de ces connexions comp>ativem5t f]mes entre les antcd5ts et les consqu5ts1 c> la droiture des actions implique que1 dans c]ta9es conditions donnes1 les m\vem5ts comb9s con/ituant la conduite se suiv5t dans une voie qui peut tre spcifie4 ,p> contre1 dans la conduite d'un homme dont les pr9cipes ne sont pas levs1 les squ5ces des m\vem5ts sont d\teuses4 ,il peut pay] ses dettes ou il peut ne pas le faire2 il peut obs]v] ses engagem5ts ou y manqu]2 il peut dire la vrit ou m5tir4 ,les mots3 digne de confiance et indigne de confiance1 employs p\r c>actris] respectivem5t ces deux conduites1 montr5t bi5 que les actions de l'une peuv5t tre prvues1 t&is que celles de l'autre ne le peuv5t pas4 ,cela implique que les m\vem5ts successifs dont la conduite morale e/ compose ont les uns avec les autres des relations plus con/antes que ceux dont l'autre conduite se compose1 sont plus cohr5ts que cette conduite4 #bf4 ,outre qu'elle e/ incohr5te1 la conduite encore peu dveloppe a aussi p\r c>actre d'tre non df9ie4 ,en montant les degrs asc5dants de l'volution de la conduite1 on con/ate une coord9ation de plus en plus df9ie des m\vem5ts qui la con/itu5t4 ,les *angem5ts de =me que prs5t5t les protozoaires les plus grossi]s sont ess5tiellem5t vagues1 et ne peuv5t tre dcrits avec la mo9dre prcision4 ,*ez les animaux un peu plus levs1 les m\vem5ts des p>ties sont plus faciles df9ir2 mais le m\vem5t du t\t p> rapport une direction e/ encore indt]m93 il ne semble en aucune manire adapt p\r atte9dre tel ou tel po9t dans l'espace4 ,*ez les coel5trs comme *ez les polypes1 les p>ties du corps se meuv5t sans prcision3 *ez ceux de ces tres capables de *ang] de place1 comme la mduse1 qu& le dplacem5t ne se fait pas au has>d1 il a simplem5t p\r b de se rappro*] de la lumire1 dans les endroits o l'on di/+ue des degrs de lumire et d'obscurit4 ,p>mi les annels1 le mme contra/e exi/e entre la trace d'un v]1 qui t\rne et l au has>d1 et la c\rse df9ie d'une abeille volant de fleur en fleur ou rev5ant la ru*e3 les actes de l'abeille con/ruisant ses cellules et n\rrissant les l>ves montr5t plus de prcision dans les m\vem5ts simultans en mme temps que dans les m\vem5ts successifs4 ,quoique les m\vem5ts faits p> un poisson la p\rsuite de sa proie soi5t bi5 df9is1 leur c>actre e/ encore simple2 ils =m5t ce po9t de vue un contra/e complet avec les div]s m\vem5ts df9is du corps1 de la tte et des membres d'un mammifre c>nassi] qui pie un h]bivore1 fond sur lui et le saisit2 en outre1 le poisson ne produit aucune de ces sries de m\vem5t si exactem5t appropris p> lesquels le mammifre p\rvoit l'levage des jeunes4 ,mme ses degrs les plus bas1 la conduite huma9e se c>actrise p> ce fait qu'elle e/ beauc\p mieux df9ie1 s9on dans les m\vem5ts comb9s =mant des actes p>ticuli]s1 du mo9s dans les adaptations de plusieurs actes comb9s p\r atte9dre des f9s div]ses4 ,dans la fabrication et l'usage des armes1 dans les manoeuvres de gu]re des sauvages1 de nombreux m\vem5ts1 c>actriss p> leur adaptation des f9s pro*a9es1 sont disposs en outre p\r atte9dre des f9s loignes avec une prcision qui ne se r5contre po9t *ez les cratures infrieures4 ,la vie des hommes civiliss prs5te ce trait d'une faon bi5 plus rem>quable encore4 ,*aque art indu/riel f\rnit l'exemple de m\vem5ts df9is sp>m5t et arrangs aussi d'une manire df9ie dans un ordre simultan et successif4 ,les affaires et transactions de t\t g5re sont c>actrises p> des relations rig\reuses1 au po9t de vue du temps1 du lieu et de la quantit1 entre les f9s atte9dre et les sries de m\vem5ts con/ituant les actes4 ,en outre1 le tra9 de vie j\rnali] de *aque p]sonne n\s montre1 dans ses priodes rgulires d'activit1 de repos1 de dlassem5t1 un arrangem5t mesur que n\s ne tr\vons pas dans les actes du sauvage errant3 celui-ci n'a pas d'heures fixes p\r *ass]1 dormir1 se n\rrir1 ni p\r aucun g5re d'action4 ,la conduite morale diffre de la conduite immorale de la mme manire et au mme degr4 ,l'homme consci5cieux e/ exact dans t\tes ses transactions4 ,il donne un poids prcis p\r une somme spcifie2 il f\rnit une qualit df9ie1 comme on la lui dem&e2 il paye t\t ce qu'il s'e/ engag pay]4 ,au po9t de vue des dates comme au po9t de vue des quantits1 ses actes rpond5t compltem5t aux prvisions4 ,s'il a fait un contrat1 il e/ exact au j\r dit2 s'il s'agit d'un r5dez-v\s1 il y va la m9ute4 ,il en e/ de mme p\r la vrit3 ce qu'il dit s'accorde de po9t en po9t avec les faits4 ,dans la vie de famille1 il se comporte de la mme manire4 ,il ma9ti5t dans leur intgrit les relations conjugales telles qu'elles sont df9ies p> opposition celles qui rsult5t de la rupture de l'union conjugale2 comme pre1 il con=me sa conduite ce que dem&e la nature de *acun de ses enfants1 et modifie suivant les occasions les so9s qu'il leur donne1 vitant t\t excs dans l'loge ou le blme1 les rcomp5ses ou les punitions4 ,il ne se dm5t pas dans les actes les plus div]s4 ,dire qu'il traite quitablem5t ceux qu'il emploie1 suivant qu'ils agiss5t bi5 ou mal1 c'e/ dire qu'il agit avec eux selon leurs mrites2 dire qu'il e/ judicieux dans ses *>its1 c'e/ dire qu'il di/ribue ses sec\rs avec disc]nem5t1 au lieu de les accord] indiffremm5t aux bons et aux m*ants1 comme le font ceux qui n'ont pas un ju/e s5tim5t de leur responsabilit sociale4 ,le progrs v]s la rectitude de la conduite e/ un progrs v]s la conduite bi5 pondre et relativem5t df9ie2 n\s p\vons le voir un autre po9t de vue4 ,un des traits de la conduite que n\s appelons immorale c'e/ l'exagration1 t&is que la modration c>actrise ord9airem5t la conduite morale4 ,les excs impliqu5t une extrme div]g5ce entre les actions et le milieu dt]m9 o elles se produis5t1 t&is que le fait de s'accommod] ce milieu c>actrise la modration3 d'o il suit que les actions de ce d]ni] g5re peuv5t tre df9ies avec plus d'exactitude que celles du premi]4 videmm5t la conduite qui manque de ret5ue1 prs5te de gr&es oscillations impossibles calcul] d'avance1 et diffre en cela de la conduite ret5ue1 dont les oscillations sont r5f]mes1 p> hypo?se1 dans de plus troites limites3 or ce fait d'tre a9si r5f]mes dans de plus troites limites implique une rgle df9ie des m\vem5ts4 #bg4 ,il e/ sup]flu de montr] dans le dtail qu'en mme temps que l'htrognx de /ructure et de fonction s'accrot trav]s les =mes asc5dantes de la vie1 l'htrognx de conduite et la div]sit dans les sries de m\vem5ts ext]nes ou les sries comb9es de ces m\vem5ts s'accroiss5t aussi d'une faon p>allle4 ,il n'e/ pas plus ncessaire de montr] que1 dev5ue dj relativem5t gr&e dans les m\vem5ts con/ituant la conduite de l'homme non civilis1 cette htrognx s'accrot encore dans ceux que l'homme civilis accomplit4 ,on peut pass] sans transition ce degr plus lev o n\s tr\vons un contra/e semblable en montant de la conduite de l'homme immoral celle de l'homme moral4 ,au lieu de reconnatre ce contra/e1 la plup>t des lecteurs s]ont ports id5tifi] la vie morale avec une vie peu v>ie dans son activit4 ,n\s t\*ons ici un dfaut de la conception c\rante de la moralit4 ,cette uni=mit relative dans l'agrgat de m\vem5ts accompagnant la moralit telle qu'on la conoit d'ord9aire1 cette uni=mit non seulem5t n'e/ pas morale1 mais e/ plutt l'oppos de la morale4 ,mieux un homme se con=me t\tes les exig5ces de la vie1--aussi bi5 p\r son propre corps et son esprit que p\r le corps ou l'esprit de ceux qui dp5d5t de lui1 et mme p\r le corps et l'esprit de ses concitoy5s1--plus aussi son activit devi5t v>ie4 ,plus il met de so9 accomplir t\tes ces actions1 plus ses m\vem5ts doiv5t tre htrognes4 ,t\tes *oses gales d'ailleurs1 celui qui satisfait seulem5t ses beso9s p]sonnels emploie des procds mo9s v>is que celui qui p\rvoit aussi aux beso9s de sa femme et de ses enfants4 ,en supposant qu'il n'y ait pas d'autres diffr5ces1 l'addition des rapports de famille r5d ncessairem5t les actions de l'homme1 qui remplit les devoirs de m>i et de p>5t1 plus htrognes que celles de l'homme qui n'a pas de semblables devoirs remplir1 ou qui1 s'il les a1 ne les remplit pas4 ,dcl>] ses actions plus htrognes1 c'e/ dire qu'il y a une plus gr&e htrognx dans les m\vem5ts comb9s excut]4 ,il en e/ de mme des obligations sociales4 ,dans la proportion o un citoy5 s'y s\met comme il le doit1 ces obligations compliqu5t beauc\p ses m\vem5ts4 ,s'il e/ utile ses infrieurs1 ceux qui dp5d5t de lui1 s'il pr5d "p au m\vem5t politique1 s'il r5d des s]vices en rp&ant la sci5ce1 dans ces diffr5tes voies1 il aj\te ses g5res antrieurs d'activit1 il r5d les sries de ses m\vem5ts plus v>is2 il diffre a9si de l'homme qui e/ l'esclave d'une seule passion ou d'un gr\pe de passions4 ,sans d\te1 il n'e/ pas con=me l'usage d'attribu] un c>actre moral ces activits que dveloppe la culture4 ,mais1 p\r le petit nombre de ceux aux yeux de qui cet ex]cice lgitime de t\tes les facults les plus hautes1 intellectuelles et e/htiques1 doit tre compris dans la conception d'une vie complte1 id5tifie ici avec la vie morale idale1 il e/ clair que le dveloppem5t de ces activits suppose une htrognx plus gr&e encore4 ,*acune d'elles en effet1 con/itue p> le jeu spcial de ces facults v5tuellem5t aj\t leur usage ord9aire p\r la cons]vation de la vie1 augm5te aussi la v>it des gr\pes de m\vem5ts4 ,en rsum1 si la conduite e/ en t\te occasion la meilleure possible1 comme les occasions sont inf9im5t v>ies1 les actes s]ont aussi inf9im5t v>is1 l'htrognx dans les comb9aisons de m\vem5ts s]a extrme4 #bh4 ,l'volution de la conduite considre s\s son aspect moral t5d1 comme t\te autre volution1 un quilibre4 ,je n'ent5ds pas p>l] ici de l'quilibre atte9t la mort1 bi5 que celui-ci soit ncessairem5t l'tat f9al commun l'volution de l'homme le plus lev et t\te autre volution infrieure2 je p>le d'un quilibre mobile4 ,on a vu que l'action de cont9u] vivre1 exprime en t]mes physiques1 c'e/ l'action de ma9t5ir une c]ta9e comb9aison balance d'actions int]nes en face de =ces ext]nes t5dant dtruire cette comb9aison4 ,progress] v]s une vie plus haute1 c'e/ dev5ir capable de ma9t5ir la balance p\r une priode plus longue1 grce des additions successives de =ces organiques dont l'action annihile de plus en plus compltem5t les =ces p]turbatrices4 ,n\s sommes conduits a9si conclure que la vie appele morale e/ une vie dans laquelle le ma9ti5 de l'quilibre mobile devi5t complet1 ou s'appro*e le plus possible de cet tat4 ,cette vrit clate dans t\t son j\r qu& on obs]ve comm5t les ry?mes physiologiques1 vaguem5t esquisss lorsque l'organisation comm5ce1 devi5n5t plus rguli]s1 en mme temps que plus v>is dans leurs g5res1 mesure que l'organisation se dveloppe4 ,la priodicit e/ trs faiblem5t m>que dans les actions1 intrieures ou extrieures1 des types les plus grossi]s4 ,l o la vie e/ infrieure1 elle dp5d de t\s les accid5ts du milieu1 et il en rsulte de gr&es irrgul>its dans les processus vitaux4 ,un polype pr5d de la n\rriture des int]valles tantt rappro*s1 tantt loigns1 suivant que les circon/ances le dt]m95t2 l'utilisation de cette n\rriture s'opre p> une l5te disp]sion dans les tissus1 aide seulem5t p> les m\vem5ts irrguli]s du corps2 la respiration s'effectue d'une manire qui ne prs5te galem5t aucune trace de ry?me4 ,beauc\p plus haut1 p> exemple *ez les mollusques infrieurs1 n\s tr\vons encore des priodicits trs imp>faites3 bi5 que p\rvus d'un sy/me vasculaire1 ces mollusques n'ont pas de circulation proprem5t dite1 mais un m\vem5t l5t d'un sang grossi] trav]s les vaisseaux1 tantt dans un s5s1 tantt1 aprs une pause1 dans le s5s oppos4 ,c'e/ avec les /ructures bi5 dveloppes qu'app>at un ry?me des actions respiratoire et circulatoire1 *ez les oiseaux et les mammifres4 ,en mme temps qu'une gr&e rapidit et une gr&e rgul>it de ces ry?mes ess5tiels1 en mme temps qu'une gr&e activit vitale qui en e/ la suite a9si qu'une gr&e dp5se d'n]gie1 il s'tablit alors une rgul>it relative dans le ry?me des actions lm5taires et aussi dans le ry?me de l'activit et du repos2 en effet1 la dp]dition rapide dont une circulation et une respiration rapides sont les in/rum5ts1 exige des apports rguli]s de nutrition1 aussi bi5 que des int]valles rguli]s de sommeil durant lesquels la rp>ation puisse comp5s] la dp]dition4 ,l'quilibre mobile c>actris p> ces ry?mes1 qui dp5d5t mutuellem5t les uns des autres1 les p]fectionne sans cesse en ragissant de plus en plus contre les actions qui t5d5t le tr\bl]4 ,il en e/ a9si mesure que n\s n\s levons du sauvage l'homme civilis et du plus humble p>mi les civiliss celui qui e/ plac le plus haut4 ,le ry?me des actions extrieures1 ncessaire p\r le ma9ti5 du ry?me des actions int]nes1 devi5t la fois plus compliqu et plus complet1 et leur donne un meilleur quilibre mobile4 ,les irrgul>its que leurs conditions d'exi/5ce impos5t aux hommes primitifs produis5t t\j\rs de gr&es dviations de ce bon tat d'quilibre mobile1 de gr&es oscillations2 elles caus5t l'imp]fection de cet quilibre p\r le prs5t et dt]m95t sa de/ruction prmature4 ,*ez les hommes civiliss dont n\s disons qu'ils se conduis5t mal1 de frqu5tes p]turbations de l'quilibre mobile sont produites p> les excs c>actrisant une c>rire dans laquelle les priodicits sont s\v5t rompues2 le rsultat ord9aire e/ que1 le ry?me des actions int]nes tant s\v5t drang1 l'quilibre mobile1 r5du imp>fait proportion1 a s\v5t une mo9dre dure4 ,au contraire1 un homme dont les ry?mes int]nes sont le mieux cons]vs e/ un homme qui accomplit sp>m5t1 mesure que l'occasion le dem&e1 t\tes les actions ext]nes ncessaires p\r satisfaire ses beso9s ou ses obligations1 et qui arrive a9si un quilibre mobile la fois consolid et prolong p> cette manire d'agir4 ,il faut ncessairem5t suppos] que l'homme atteignant a9si la limite de l'volution vit dans une socit qui s'accorde avec sa nature1 c'e/--dire vit p>mi des hommes con/itus comme lui1 et sp>m5t en h>monie avec ce milieu social qu'ils ont =m4 ,c'e/ la seule hypo?se possible3 la production du type le plus lev de l'homme suit seulem5t p>i passu la production du type le plus lev de la socit4 ,les conditions requises sont celles que n\s avons indiques plus haut comme accompagnant la conduite la plus dveloppe1 conditions s\s lesquelles *acun peut satisfaire t\s ses beso9s et lev] un nombre conv5able d'enfants1 non seulem5t sans emp*] les autres d'en faire autant1 mais au contraire en les y aidant4 ,considre s\s son aspect physique1 la conduite de l'individu a9si con/itu et a9si associ des individus semblables e/ videmm5t une conduite dans laquelle t\tes les actions1 c'e/--dire les m\vem5ts comb9s de t\s g5res1 sont dev5ues telles qu'elles rpond5t conv5ablem5t aux exig5ces de la vie quotidi5ne1 t\te occurr5ce ord9aire1 t\te cont+5ce du milieu4 ,une vie complte dans une socit complte n'e/ qu'un autre nom p\r dsign] l'quilibre complet entre les activits coordonnes de *aque unit sociale et celles de l'agrgat des units4 #bi4 ,mme p\r ceux qui ont lu mes ouvrages prcd5ts1 et plus =te raison p\r ceux qui ne les ont pas lus1 il sembl]a trange1 ou mme absurde1 de prs5t] a9si la conduite morale en t]mes physiques4 ,cep5dant il a t ncessaire de le faire4 ,si cette r$i/ribution de matire et de m\vem5t qui con/itue l'volution s't5d t\s les agrgats1 ses lois doiv5t tre obs]ves dans l'tre le plus dvelopp comme en t\te autre *ose1 et les actions de cet tre1 lorsqu'on les dcompose en m\vem5ts1 doiv5t f\rnir des exemples de ces lois4 ,c'e/ ce qui arrive effectivem5t3 il y a une entire correspondance entre l'volution morale et l'volution comme n\s l'avons df9ie en physique4 ,la conduite1--telle que nos s5s n\s la font directem5t connatre et non telle qu'elle e/ int]prte ensuite et ram5e aux s5tim5ts et aux ides qui l'accompagn5t1--consi/e en m\vem5ts comb9s4 ,en remontant les diffr5ts degrs des cratures animes1 n\s tr\vons ces m\vem5ts comb9s c>actriss p> une cohr5ce croissante1 p> une df9ition croissante1 qu'on les considre isolm5t ou dans leurs gr\pes coordonns1 et p> une croissante htrognx2 en avanant des types infrieurs aux types les plus levs de l'humanit1 aussi bi5 qu'en passant du type le mo9s moral au type le plus moral1 ces traits de la conduite en volution devi5n5t plus m>qus encore4 ,en outre1 n\s voyons que la cohr5ce1 la df9ition et l'htrognx croissantes des m\vem5ts comb9s s]v5t mieux ma9t5ir un quilibre mobile4 ,l o l'volution e/ faible1 cet quilibre e/ trs imp>fait et bi5tt dtruit2 mesure que l'volution se dveloppe et augm5te la =ce et l'intellig5ce1 il devi5t plus f]me et se cons]ve plus longtemps en face d'actions contraires2 dans l'espce huma9e en gnral1 il e/ comp>ativem5t rguli] et durable1 et sa rgul>it1 sa dure atteign5t le plus haut degr dans la race la plus leve4 ,,*apitre ,,vi ,,le ,,po9t ,,de ,,vue ,,biologique #cj4 ,le pr9cipe que l'homme moral idal e/ celui *ez lequel l'quilibre mobile e/ p>fait ou appro*e le plus de la p]fection1 devi5t1 lorsqu'on le traduit en langage physiologique1 cette vrit qu'il e/ celui *ez lequel les fonctions de t\s g5res sont conv5ablem5t remplies4 ,*aque fonction a quelque rapport1 direct ou indirect1 avec les beso9s de la vie3 son exi/5ce mme e/ un rsultat de l'volution1 c> elle e/ elle-mme une preuve qu'elle a t produite1 immdiatem5t ou de lo91 p> l'adaptation des actions intrieures aux actions extrieures4 ,le non-accomplissem5t d'une fonction dans ses proportions normales e/ donc le non-accomplissem5t de quelque *ose de ncessaire une vie complte4 ,si une fonction m>*e d'une manire incomplte1 l'organisme pr\ve c]ta9s dommages p> suite de cette insuffisance4 ,s'il y a excs1 il se produit une raction sur les autres fonctions1 qui dim9ue d'une manire ou d'une autre leur efficacit4 ,sans d\te1 l'poque de la ple9e vigueur1 lorsque les actions organiques ont beauc\p de =ce1 le dsordre caus p> un excs ou une dfaillance lgre de quelque fonction disp>at bi5tt2 la balance se rtablit4 ,mais il n'en e/ pas mo9s vrai qu'il rsulte c]ta9s dsordres de l'excs ou du dfaut1 que cet excs ou ce dfaut ex]ce une c]ta9e influ5ce sur *aque fonction du corps et de l'esprit1 et qu'il con/itue un abaissem5t de la vie4 ,outre l'altration temporaire de la vie complte p> l'effet de l'ex]cice peu conv5able ou inadquat d'une fonction1 il en rsulte aussi1 comme d]ni] rsultat1 une dim9ution de la longueur de la vie4 ,si telle fonction e/ ord9airem5t remplie plus ou mo9s qu'il ne faut1 et si1 p> suite1 il se produit une p]turbation rpte des fonctions en gnral1 il en rsulte un drangem5t *ronique dans la balance des fonctions4 ,en ragissant ncessairem5t sur la /ructure et en imprimant en elle ses effets accumuls1 ce drangem5t produit une dtrioration gnrale1 et1 si les n]gies vitales comm5c5t alors dcl9]1 l'quilibre mobile1 plus loign de la p]fection qu'il ne l'aurait t autrem5t1 e/ bi5tt dtruit3 la mort e/ plus ou mo9s prmature4 ,il s'ensuit que l'homme moral e/ un homme dont les fonctions nombreuses et v>ies dans leurs g5res1 comme n\s l'avons vu1 sont t\tes accomplies des degrs conv5ablem5t proportionns aux conditions d'exi/5ce4 #ca4 ,quelque trange que la conclusion p>aisse1 c'e/ cep5dant une conclusion qu'il faut tir] ici3 l'accomplissem5t de t\tes les fonctions e/1 en un s5s1 une obligation morale4 ,on p5se d'ord9aire que la morale n\s comm&e seulem5t de re/re9dre c]ta9es activits vitales qui1 dans notre tat actuel1 se dvelopp5t s\v5t l'excs1 ou qui sont en opposition avec le bi5-tre spcial ou gnral2 mais elle n\s comm&e aussi de dvelopp] ces activits jusqu' leurs limites normales4 ,si on les compr5d a9si1 t\tes les fonctions animales1 aussi bi5 que les fonctions plus leves1 ont leur c>actre obligatoire4 ,sans d\te1 dans notre tat actuel de transition1 c>actris p> une adaptation trs imp>faite de notre con/itution aux conditions d'exi/5ce1 des obligations morales d'ordre suprme r5d5t s\v5t ncessaire une conduite prjudiciable au po9t de vue physique2 mais n\s devons reconnatre aussi que1 laissant de ct les autres effets1 il e/ immoral de trait] le corps de manire dim9u] la plnitude ou la vigueur de sa vitalit4 ,de l rsulte un critrium des actions4 ,n\s p\vons dans *aque cas n\s dem&]3 ,l'action t5d-elle p\r le prs5t ma9t5ir la vie complte8 ,t5d-elle la prolongation de la vie jusqu' sa ple9e dure8 ,rpondre oui ou non l'une ou l'autre de ces que/ions1 c'e/ implicitem5t class] l'action comme bonne ou mauvaise p> rapport ses effets immdiats1 quelle qu'elle puisse tre p> rapport ses effets loigns4 ,l'app>5ce p>adoxale de cette proposition vi5t de notre t5dance presque incorrigible jug] une conclusion prsupposant une humanit idale1 p> le degr o cette conclusion e/ applicable l'humanit telle qu'elle exi/e actuellem5t4 ,la conclusion prcd5te se rapporte la conduite la plus leve o ab\tit1 comme n\s l'avons vu1 l'volution huma9e1 cette conduite dans laquelle le fait d'adapt] les actes des f9s qui contribu5t r5dre complte la vie individuelle1 en mme temps qu'elles s]v5t assur] le dveloppem5t des enfants et leur croissance jusqu' la maturit1 non seulem5t se concilie avec le fait de p>eilles adaptations de la "p des autres1 mais encore les favorise4 ,cette conception d'une conduite dans sa =me ultime implique la conception d'une nature se manife/ant spontanm5t p> une p>eille conduite1 ayant en elle le produit de ses activits normales4 ,si l'on ent5d a9si les *oses1 il devi5t manife/e que1 dans de semblables conditions1 l'insuffisance d'une fonction1 aussi bi5 que son excs1 implique une dviation de la conduite la meilleure ou de la conduite p>faitem5t morale4 #cb4 ,jusqu'ici1 en traitant de la conduite au po9t de vue biologique1 n\s avons considr les actions qui la con/itu5t s\s leurs aspects physiologiques seulem5t1 et laiss de ct leurs aspects psy*ologiques4 ,n\s avons con/at les *angem5ts corporels et nglig les *angem5ts psy*iques qui les accompagn5t4 ,au premi] abord1 il p>aissait ncessaire d'agir a9si2 c> t5ir compte ici des tats de consci5ce n'tait-ce pas admettre implicitem5t que le po9t de vue psy*ologique e/ compris dans le po9t de vue biologique8 ,il n'en e/ pas a9si cep5dant4 ,comme n\s l'avons montr dans les ,pr9cipes de psy*ologie 7 #eb1 #ec71 on n'entre dans le doma9e de la psy*ologie proprem5t dite que lorsqu'on comm5ce tudi] les tats psy*iques et leurs relations considrs comme se rapportant des ag5ts ext]nes et leurs relations4 ,tant que n\s n\s occupons exclusivem5t de n\s-mmes et des modes de l'esprit comme corrlatifs des *angem5ts n]veux1 n\s traitons de ce que j'ai appel ailleurs l'/o-physiologie4 ,on n'arrive la psy*ologie qu'au mom5t o on *]*e la correspondance entre les connexions des tats subjectifs et les connexions des actions objectives4 ,n\s p\vons donc trait] ici1 sans dpass] les limites de notre sujet immdiat1 des s5tim5ts et des fonctions dans leurs mutuelles dp5dances4 ,il tait impossible de pass] ce po9t s\s sil5ce1 p>ce que les *angem5ts psy*iques qui accompagn5t un gr& nombre de *angem5ts physiques dans l'organisme sont eux-mmes1 de deux manires1 des facteurs biologiques4 ,les s5tim5ts classs comme s5sations1 qui naiss5t directem5t dans telle ou telle p>tie du corps1 se produis5t la suite de c]ta9s tats des organes vitaux et surt\t la suite de c]ta9s tats des organes ext]nes3 tantt ils s]v5t ess5tiellem5t de guides p\r l'accomplissem5t des fonctions1 et p>tiellem5t de /imulants1 tantt au contraire ils s]v5t pr9cipalem5t de /imulants1 mais aussi de guides un mo9dre degr4 ,en tant qu'elles sont coordonnes1 les s5sations visuelles n\s p]mett5t de dirig] nos m\vem5ts2 et1 si elles sont vives1 elles acclr5t en outre la respiration2 au contraire les s5sations de *aud et de froid1 qui accroiss5t aussi ou dim9u5t dans une gr&e proportion les actions vitales1 s]v5t encore n\s p]mettre de port] des jugem5ts4 ,les s5tim5ts rangs s\s le nom d'motions1 qui ne peuv5t tre localiss dans une p>tie quelconque du corps1 agiss5t d'une manire plus gnrale comme guides et comme /imulants1 ex]c5t plus d'influ5ce sur l'ex]cice des fonctions que la plup>t des s5sations4 ,la peur1 en mme temps qu'elle p\sse la fuite et dveloppe les =ces ncessaires p\r fuir1 affecte aussi le coeur et le canal alim5taire2 t&is que la joie1 en n\s portant faire dur] les causes qui l'ont produite1 exalte en mme temps les processus des viscres4 ,en traitant de la conduite s\s son aspect biologique1 n\s sommes donc am5s tudi] cette raction mutuelle des s5tim5ts et des fonctions1 qui e/ ess5tielle la vie animale s\s ses =mes les plus dveloppes4 #cc4 ,dans les ,pr9cipes de psy*ologie1 #abd1 j'ai montr que1 dans le monde animal t\t enti]1 les d\leurs sont ncessairem5t corrlatives des actions nuisibles p\r l'organisme1 t&is que les plaisirs sont corrlatifs des actions contribuant au bi5-tre4 ,en effet1 c'e/ une dduction 9vitable de l'hypo?se de l'volution que des races d'tres s5tants n'ont pu v5ir l'exi/5ce dans d'autres conditions4 ,voici 7 #abe7 quel tait le raisonnem5t3 ,si n\s sub/ituons au mot plaisir la priphrase quival5te3 un s5tim5t que n\s *]*ons produire dans la consci5ce et y ret5ir1 et au mot d\leur la priphrase quival5te3 un s5tim5t que n\s *]*ons faire sortir de la consci5ce ou en t5ir loign1 n\s voyons aussitt que si les tats de consci5ce qu'un tre s'ef=ce de cons]v] sont les corrlatifs d'actions nuisibles1 et que si les tats de consci5ce qu'il s'ef=ce de *ass] sont les corrlatifs d'actions pr(itables1 cet tre doit promptem5t disp>atre en p]si/ant dans ce qui e/ nuisible1 en fuyant ce qui e/ pr(itable4 ,en d'autres t]mes1 ces races d'tres seules ont survcu1 *ez lesquelles1 en moy5ne1 les tats de consci5ce agrables ou dsirs ont accompagn les activits utiles la cons]vation de la vie1 t&is que des s5tim5ts dsagrables ou habituellem5t vits ont accompagn les activits directem5t ou indirectem5t de/ructives de la vie4 ,p> suite1 t\tes *oses gales d'ailleurs1 p>mi les div]ses races1 celles-l ont d se multipli] et survivre1 qui ont eu les meilleurs aju/em5ts des s5tim5ts aux actions et ont t\j\rs t5du r5dre cet aju/em5t p>fait4 ,des connexions conv5ables entre les actes et les rsultats peuv5t s'tablir dans les tres vivants1 avant mme que la consci5ce n'app>aisse4 ,aprs l'app>ition de la consci5ce1 ces connexions ne peuv5t *ang] autrem5t qu'en dev5ant mieux tablies4 ,t\t fait l'orig9e1 la vie se ma9ti5t p> la p]si/ance dans des actions qui ont la vie p\r effet1 et p> la cessation des actes qui l'entrav5t2 lorsque la s5sibilit app>at comme accompagnem5t1 sa nature doit tre telle que1 dans le premi] cas1 le s5tim5t produit soit d'un g5re qui s]a re*]*1 un plaisir1 et1 dans le second cas1 d'un g5re qui s]a vit1 une d\leur4 ,mettons en vid5ce la ncessit de ces relations au moy5 de quelques exemples concrets4 ,une plante qui enveloppe d'un plexus de radicelles un os ent]r1 ou une pomme de t]re qui dirige les tiges blan*es sortant de ses b\rgeons v]s le s\pirail p> lequel la lumire pntre dans le celli]1 montr5t bi5 que les *angem5ts produits dans leurs tissus p> les ag5ts extrieurs eux-mmes sont des *angem5ts qui s]v5t l'utilisation de ces ag5ts4 ,qu'arriv]ait-il si une plante1 au lieu de p\ss] ses rac9es du ct o se r5contre de l'humidit1 les en loignait1 ou si ses feuilles1 que la lumire r5d capables d'assimilation1 se dirigeai5t cep5dant v]s l'obscurit8 ,la mort s]ait videmm5t le rsultat de l'abs5ce des adaptations ncessaires4 ,cette relation gnrale e/ encore mieux m>que dans une plante insectivore1 la ,diona muscipula1 qui ti5t son pige f]m sur une matire animale et non sur une autre4 ,dans ce cas-l1 il e/ manife/e que le /imulus produit p> la sup]ficie mme de la sub/ance absorbe suscite des actions grce auxquelles la masse de la sub/ance e/ utilise au pr(it de la plante4 ,en passant des organismes vgtaux aux organismes animaux inconsci5ts1 on con/ate une connexion aussi troite entre le p5*ant et l'avantage4 ,obs]vez comm5t les t5tacules d'un polype s'atta*5t d'elles-mmes un tre vivant ou quelque sub/ance animale1 et comm5c5t l'englob]1 t&is qu'elles sont indiffr5tes au contact de t\te autre sub/ance3 v\s compr5drez que la diffusion de quelques-uns des sacs nutritifs dans les t5tacules1--qui e/ un comm5cem5t d'assimilation1--cause les m\vem5ts d'o rsulte la prh5sion4 ,la vie cess]ait si ces relations tai5t r5v]ses4 ,il n'en e/ pas autrem5t de la connexion fondam5tale entre le fait de t\*] et le fait de pr5dre la n\rriture1 obs]ve *ez les tres consci5ts1 jusqu'au plus lev4 ,le fait de gt] une sub/ance implique le passage de ses molcules trav]s la muqueuse de la langue et du palais2 cette absorption1 lorsqu'il s'agit d'une sub/ance nutritive1 n'e/ que le comm5cem5t de l'absorption opre trav]s le canal alim5taire4 ,en outre1 la s5sation qui accompagne cette absorption1 lorsqu'elle e/ du g5re de celles que produit la n\rriture1 dt]m9e la place o elle e/ la plus =te1 au front du ph>ynx1 le comm5cem5t d'un acte automatique p\r aval]4 ,en un mot les *oses se pass5t peu prs comme lorsque le /imulus d'absorption dans les t5tacules d'un polype provoque la prh5sion4 ,si n\s passons1 de ces processus et de ces relations supposant un contact entre la surface d'un tre et la sub/ance dont il se n\rrit1 aux processus et aux relations que font natre les p>ticules diffuses de la sub/ance1 celles qui con/itu5t p\r un tre consci5t son odeur1 n\s r5controns une vrit gnrale analogue4 ,exactem5t comme c]ta9es molcules d'une masse de n\rriture sont absorbes1 la suite d'un contact1 p> la p>tie t\*e1 et excit5t l'acte de la prh5sion1 de mme sont absorbes telles de ses molcules qui atteign5t l'organisme en se rp&ant trav]s l'eau1 et qui1 une fois absorbes1 excit5t les actes propres effectu] le contact avec la masse4 ,qu& la /imulation physique a9si cause p> les p>ticules disp]ses n'e/ pas accompagne de consci5ce1 les *angem5ts moteurs excits doiv5t avoir p\r effet la dure de l'organisme1 s'ils sont tels qu'ils dt]m95t le contact2 il doit y avoir au contraire dfaut relatif de nutrition et mortalit des organismes dans lesquels les contractions produites n'ont pas ce rsultat4 ,il n'e/ pas d\teux non plus que1 dans t\s les cas1 p>t\t o la /imulation physique s'accompagne d'une s5sation1 celle-ci consi/e en m\vem5ts p\r se rappro*] de l'objet nutritif1 ou conduit ces m\vem5ts3 elle doit tre non une s5sation rpulsive1 mais une s5sation attractive4 ,ce qui e/ vrai de la consci5ce la plus humble e/ vrai t\s les degrs1 et n\s le con/atons dans les tres suprieurs qui sont attirs v]s leur n\rriture p> l'odeur4 ,comme les m\vem5ts qui dt]m95t la locomotion1 ceux qui ont p\r effet la prh5sion doiv5t aussi ncessairem5t s'aju/] de la mme manire4 ,les *angem5ts molculaires causs p> l'absorption d'une matire nutritive dans la sub/ance organique en contact avec elle1 ou dans une sub/ance organique adjac5te1 comm5c5t des m\vem5ts qui sont encore indf9is qu& l'organisation e/ imp>faite1 et qui devi5n5t de plus en plus df9is mesure que l'organisation se dveloppe4 ,a l'orig9e1 alors que le protoplasma encore indiffr5ci e/ la fois absorbant et contractile sur t\s les po9ts1 les *angem5ts de =me comm5cs p> la /imulation physique de la matire nutritive adjac5te sont vagues et adapts d'une faon peu efficace l'utilisation de cette matire4 ,mais1 mesure que la spcialisation des p>ties absorbantes et des p>ties contractiles se manife/e davantage1 ces m\vem5ts devi5n5t mieux adapts2 c> il arrive ncessairem5t que les individus *ez lesquels ils sont le mo9s bi5 adapts disp>aiss5t plus vite que ceux *ez lesquels ils sont le mieux adapts4 ,en reconnaissant cette ncessit1 n\s avons ici en dduire une autre4 ,la relation entre ces /imulations et ces contractions comb9es doit tre telle qu'un accroissem5t des unes cause celui des autres4 ,en effet1 les directions des d*>ges tant une fois tablies1 une plus =te /imulation cause une plus =te contraction2 la contraction plus n]gique1 am5ant un contact plus intime avec l'ag5t /imulant1 produit son t\r un accroissem5t de /imulus et p> cela mme s'accrot elle aussi davantage4 ,on arrive alors un corollaire qui n\s intresse plus p>ticulirem5t4 ,ds qu'une s5sation se produit la suite de ces phnomnes1 elle ne peut tre une s5sation dsagrable qui aurait p\r effet la cessation des actes1 mais bi5 une s5sation agrable qui en assure la cont9uation4 ,la s5sation de plaisir doit tre elle-mme le /imulus de la contraction p> lequel cette s5sation e/ ma9t5ue et augm5te1 ou elle doit tre lie avec le /imulus de telle sorte que l'une et l'autre croiss5t ensemble4 ,la relation1 directem5t tablie1 on l'a vu1 dans le cas d'une fonction fondam5tale1 doit l'tre aussi1 indirectem5t1 p\r les autres fonctions1 c>1 si elle ne l'tait pas dans un cas p>ticuli]1 il en rsult]ait que1 p\r ce cas1 les conditions d'exi/5ce ne s]ai5t pas remplies4 ,on peut donc dmontr] de deux manires qu'il y a une connexion primordiale entre les actes donnant du plaisir et la cont9uation ou l'accroissem5t de la vie1 et1 p> consqu5t1 entre les actes donnant de la pe9e et la dcroissance ou la p]te de la vie4 ,d'une "p1 en p>tant des tres vivants les plus humbles1 n\s voyons que l'acte utile et l'acte que l'on a une t5dance accomplir sont orig9ellem5t deux cts d'un seul et mme acte et ne peuv5t tre sp>s sans un rsultat fatal4 ,d'autre "p1 si n\s considrons des cratures dveloppes comme elles exi/5t actuellem5t1 n\s voyons que *aque individu et *aque espce se cons]v5t de j\r en j\r p> la p\rsuite de l'agrable et la fuite de la pe9e4 ,en abordant a9si les faits de deux cts diffr5ts1 l'analyse n\s conduit une autre face de cette vrit suprme qui avait dj t mise en vid5ce dans un prcd5t *apitre4 ,n\s avons tr\v alors que la =mation des conceptions morales1 en excluant la notion d'un plaisir de quelque g5re1 en quelque temps et p> rapport quelque tre que ce ft1 tait aussi impossible que la conception d'un objet sans la notion de l'espace4 ,n\s voyons ma9t5ant que cette ncessit logique a son orig9e dans la nature mme de l'exi/5ce s5sible3 la condition ess5tielle de dveloppem5t de cette exi/5ce1 c'e/ que les actes agrables soi5t en mme temps des actes favorables au dveloppem5t de la vie4 #cd4 ,malgr les obs]vations dj faites1 l'nonciation pure et simple de cette vrit1 comme vrit suprme s]vant de fondem5t t\te apprciation du bi5 et du mal1 caus]a plusieurs p]sonnes1 s9on au plus gr& nombre1 quelque tonnem5t4 ,frapps1 d'un ct1 de c]ta9s rsultats avantageux qui sont prcds p> des tats de consci5ce dsagrables1 p> exemple ceux qui accompagn5t ord9airem5t le travail2 songeant1 d'un autre ct1 aux rsultats prjudiciables qui suiv5t c]ta9s plaisirs1 comme ceux que produit l'excs de boisson1 la plup>t des hommes croi5t qu'en gnral il e/ bon de s\ffrir1 et mauvais de se procur] du plaisir4 ,ils sont proccups des exceptions au po9t de mconnatre la rgle4 ,qu& on les int]roge1 ils sont obligs d'admettre que les s\ffrances accompagnant les blessures1 les contusions1 ou les entorses1 sont des maux p\r le pati5t aussi bi5 que p\r ceux qui l'ent\r5t1 et que la prvision de ces s\ffrances s]t dt\rn] des actes de nglig5ce ou des actions dang]euses4 ,ils ne peuv5t ni] que les tortures div]ses produites p> le feu1 ou les d\leurs d'un froid int5se1 de la faim et de la soif1 sont indissolublem5t lies des dommages p]man5ts ou temporaires r5dant celui qui les supporte incapable de faire ce qu'il devrait p\r son bi5 ou celui des autres4 ,ils sont contra9ts de reconnatre que l'angoisse cause p> un comm5cem5t de suffocation s]t prs]v] la vie1 et qu'en t*ant de s'y s\/raire on se met en tat de se sauv] et de favoris] le dveloppem5t de l'tre4 ,ils ne refus]ont pas non plus d'av\] qu'un homme en*an dans un ca*ot froid et humide1 dans l'obscurit et le sil5ce1 subit une dim9ution de sant et de vigueur1 aussi bi5 p> les s\ffrances positives qui lui sont infliges que p> les pe9es ngatives rsultant de l'abs5ce de la lumire et de la privation de t\te socit4 ,p> contre1 ils ne d\t5t pas que le plaisir de mang]1 en dpit des excs dont il e/ l'occasion1 n'ait des avantages physiques1 et que ces avantages soi5t d'autant plus gr&s que la satisfaction de l'apptit e/ plus complte4 ,il leur faut bi5 reconnatre que les in/9cts et les s5tim5ts si puissants qui entran5t les hommes au m>iage1 ou ceux qui ont p\r f9 l'ducation des enfants1 produis5t1 dduction faite de t\s les maux1 un imm5se surplus de bonheur4 ,ils n'os5t pas mettre en d\te que le plaisir d'accumul] des bi5s laisse1 t\t compte fait1 une l>ge balance d'avantages privs et publics4 ,quels que soi5t cep5dant le nombre et l'importance des cas o les plaisirs et les pe9es1 les s5sations et les motions1 enc\rag5t des actes conv5ables et dt\rn5t d'actions inopportunes1 on n'en ti5t pas compte1 et l'on considre seulem5t les cas o les hommes sont1 directem5t ou indirectem5t1 mal dirigs p> ces s5tim5ts4 ,on oublie leurs bons effets dans des matires ess5tielles p\r proclam] exclusivem5t leurs mauvais effets en des matires qui ne sont pas ess5tielles4 ,dira-t-on que les pe9es et les plaisirs les plus int5ses1 ayant un rapport immdiat aux beso9s du corps1 n\s dirig5t bi51 t&is que les pe9es et les plaisirs plus faibles1 qui n'ont pas une connexion immdiate avec la cons]vation de la vie1 n\s conduis5t mal8 ,autant dire que le sy/me de conduite p> les plaisirs ou les pe9es1 qui convi5t t\s les tres au-dess\s de l'homme1 n'a plus de valeur qu& il s'agit du g5re huma92 ou plutt1 en admettant qu'il soit bon p\r l'humanit tant qu'il s'agit de satisfaire c]ta9s beso9s imprieux1 on suppos]ait qu'il p*e lorsqu'il s'agit de beso9s non imprieux4 ,ceux qui admett5t cela sont t5us d'abord de n\s montr] comm5t on peut trac] une ligne de dm>cation entre les animaux et les hommes1 et ensuite de n\s faire voir p\rquoi le sy/me qui donne de bons rsultats en bas ne les donne plus en haut4 #ce4 ,il e/ vid5t t\tefois1 d'aprs les antcd5ts1 que l'on s\lv]a de n\veau la mme difficult3 on p>l]a des plaisirs nuisibles et des pe9es avantageuses4 ,on cit]a le buveur1 le j\eur1 le voleur1 qui p\rsuiv5t *acun c]ta9s plaisirs1 p\r pr\v] que la re*]*e du plaisir e/ mauvaise conseillre4 ,d'autre "p1 on numr]a le pre qui se sacrifie1 le travailleur qui p]si/e malgr la fatigue1 l'honnte homme qui se prive p\r pay] ses dettes1 af9 d'tablir que des modes dsagrables de consci5ce accompagn5t des actes qui sont rellem5t avantageux4 ,mais1--aprs avoir rappel le fait dmontr dans le #bj1 savoir que cette objection ne vaut pas contre l'influ5ce du plaisir et de la pe9e sur la conduite en gnral1 puisqu'elle signifie simplem5t que l'on doit ne pas t5ir compte de j\issances ou de pe9es spciales et pro*a9es en vue de j\issances ou de pe9es loignes et gnrales1--je reconnais que1 dans l'tat actuel de l'humanit1 la direction donne p> les pe9es et les plaisirs immdiats e/ mauvaise dans un gr& nombre de cas4 ,on va voir comm5t la biologie int]prte ces anomalies1 qui ne sont ni ncessaires ni p]man5tes1 mais accid5telles ou temporaires4 ,dj1 en dmontrant que1 *ez les cratures infrieures1 les plaisirs et les pe9es ont de t\t temps guid la conduite p> laquelle la vie s'e/ dveloppe et cons]ve1 j'ai tabli qu' p>tir du mom5t o les conditions d'exi/5ce d'une espce ont *ang p> suite de c]ta9es circon/ances1 il en e/ rsult p>alllem5t un drangem5t p>tiel dans l'adaptation des s5sations aux beso9s1 drangem5t qui ncessitait une adaptation n\velle4 ,cette cause gnrale de drangem5t1 qui agit sur t\s les tres s5sibles1 a ex]c sur les hommes une influ5ce p>ticulirem5t m>que1 p]si/ante et pr(onde4 ,il suffit d'oppos] le g5re de vie suivi p> les hommes primitifs1 errant dans les =ts et vivant d'une n\rriture grossire1 au g5re de vie suivi p> les paysans1 les artisans1 les comm]ants et les hommes qui ont une pr(ession quelconque dans une communaut civilise1 p\r voir que la con/itution physique et m5tale bi5 aju/e p\r les uns1 e/ mal aju/e p\r les autres4 ,il suffit d'obs]v] d'un ct les motions provoques dans *aque tribu sauvage1 priodiquem5t ho/ile aux tribus vois9es1 et de l'autre les motions que la production et l'*ange pacifique mett5t en jeu1 p\r voir que ces motions sont non seulem5t dissemblables1 mais opposes4 ,il suffit enf9 de con/at] comm5t1 p5dant l'volution sociale1 les ides et les s5tim5ts appropris aux activits militantes dveloppes p> une coopration impose se sont *angs en ides et s5tim5ts appropris des activits indu/rielles1 s'ex]ant p> une coopration volontaire1 p\r voir qu'il y a t\j\rs eu au se9 de *aque socit1 et qu'il y a encore auj\rd'hui1 un conflit entre les deux natures morales adaptes ces deux g5res de vie diffr5ts4 ,la radaptation con/itutionnelle aux circon/ances n\velles1 impliquant un aju/em5t n\veau de plaisirs et de pe9es comme guides moraux1 telle que l'ont subie de temps autre t\tes les cratures1 a donc t p\r la race huma9e spcialem5t difficile p5dant son volution civilisatrice4 ,la difficult vi5t non seulem5t de l'importance de la trans=mation de petits gr\pes nomades en va/es socits bi5 assises1 et d'habitudes belliqueuses en habitudes pacifiques1 mais aussi de ce que l'anci5ne vie d'ho/ilits a t cons]ve entre les socits en mme temps que se dveloppait une vie paisible l'intrieur de *aque socit4 ,tant que coexi/5t deux g5res de vie si radicalem5t opposs que la vie militaire et la vie indu/rielle1 la nature huma9e ne peut pas s'adapt] exactem5t l'une ni l'autre4 ,c'e/ de l que vi5n5t1 dans la direction donne p> les plaisirs ou les pe9es1 les dfauts qui se manife/5t t\s les j\rs2 on s'en r5d compte en rem>quant dans quelle p>tie de la conduite ces dfauts se font surt\t s5tir4 ,comme on l'a montr plus haut1 les s5sations agrables et pnibles sont p>faitem5t adaptes aux exig5ces physiques rig\reuses3 les avantages qu'on tr\ve obir aux s5sations en ce qui conc]ne la nutrition1 la respiration1 la cons]vation d'une c]ta9e temprature1 etc41 l'emport5t imm5sm5t sur les maux accid5tels1 et les mauvaises adaptations qui se produis5t peuv5t s'expliqu] p> le passage de la vie extrieure de l'homme primitif la vie sd5taire que l'homme civilis e/ s\v5t =c de m5]4 ,ce sont les plaisirs et les pe9es de l'ordre motionnel qui cess5t de s'accord] avec les beso9s de la vie dans la socit n\velle1 et ce sont ces motions qui dem&5t un temps si long1 p\r tre adaptes de n\veau1 p>ce que cette n\velle adaptation e/ difficile4 ,a9si1 au po9t de vue biologique1 les connexions entre un plaisir et une action avantageuse1 entre une pe9e et une action nuisible1 qui ont app>u au db mme de l'exi/5ce s5sible et se sont cont9ues trav]s la suite des tres anims jusqu' l'homme1 ces connexions se manife/5t gnralem5t dans le g5re huma9 du plus bas au plus haut degr1 jusqu'au po9t o sa nature atte9t l'organisation la plus complte1 et doiv5t se manife/] de plus en plus1 au degr le plus lev de la nature huma9e1 mesure que se dveloppe son adaptation aux conditions de la vie sociale4 #cf4 ,la biologie a encore un autre jugem5t port] sur les relations qui exi/5t entre les plaisirs ou les pe9es et le bi5-tre4 ,outre les connexions entre les actes avantageux l'organisme et les plaisirs qui accompagn5t l'accomplissem5t de ces actes1 entre les actes nuisibles l'organisme et les pe9es qui dt\rn5t de les accomplir1 il y a des connexions entre le plaisir en gnral et une c]ta9e exaltation physiologique1 entre la pe9e en gnral et une c]ta9e dpression physiologique4 ,t\t plaisir accrot la vitalit2 t\te pe9e dim9ue la vitalit4 ,t\t plaisir lve le c\rs de la vie2 t\te pe9e abaisse le c\rs de la vie4 ,considrons d'abord les pe9es4 ,p> les dommages gnraux rsultant du fait de s\ffrir1 je n'ent5ds pas ceux qui naiss5t des effets diffus de lsions organiques locales1 p> exemple les accid5ts conscutifs d'un anvrisme produit p> un ef=t excessif en dpit de la prote/ation des s5sations1 ou les tr\bles qu'entran5t les v>ices prov5ant de ce qu'on a mpris trop longtemps la fatigue des jambes1 ou les dsordres qui suiv5t l'atrophie des muscles que l'on cont9ue ex]c] malgr une extrme lassitude4 ,j'ent5ds les dommages gnraux causs p> le tr\ble con/itutionnel que la pe9e dt]m9e immdiatem5t4 ,ces dommages s'ap]oiv5t aism5t qu& les pe9es devi5n5t vives1 qu'elles soi5t s5sationnelles ou motionnelles4 ,la fatigue corporelle longtemps supporte amne la mort p> puisem5t4 ,plus s\v5t1 en susp5dant les m\vem5ts du coeur1 elle cause cette mort temporaire que n\s appelons l'van\issem5t4 ,dans d'autres cas1 elle a p\r effet des vomissem5ts4 ,qu& il n'en rsulte pas des drangem5ts aussi manife/es1 n\s p\vons encore con/at]1 p> la pleur et le tremblem5t du sujet1 une pro/ration gnrale4 ,outre la p]te immdiate de la vie qui peut surv5ir s\s l'influ5ce d'un froid int5se1 il y a des dpressions de vitalit mo9s m>ques causes p> un froid mo9s extrme3 l'affaiblissem5t temporaire suivant une imm]sion trop prolonge dans une eau glace1 l'n]vation et la langueur rsultant de l'insuffisance du vtem5t1 etc4 ,les mmes effets app>aiss5t qu& on e/ expos une temprature trop leve3 on pr\ve alors une lassitude qui ab\tit l'puisem5t2 les p]sonnes faibles s'van\iss5t et re/5t quelque temps dbilites2 en voyageant dans les jungles des tropiques1 les ,europens contract5t des fivres qui1 lorsqu'elles ne sont pas mortelles1 ont s\v5t des suites f*euses p\r le re/e de la vie4 ,considrez ma9t5ant les maux qui rsult5t d'un ex]cice viol5t cont9u en dpit des s5sations pnibles3 tantt c'e/ une fatigue qui dtruit l'apptit ou1 si c'e/ aprs un repas1 arrte la dige/ion1 supprimant les processus rp>ateurs alors qu'ils sont le plus ncessaires2 tantt une pro/ration du coeur1 ici durant quelque temps seulem5t1 et l1 si la faute a t commise *aque j\r1 dev5ue p]man5te1 et rduisant le re/e de la vie un m9imum4 ,les effets dprimants des pe9es motionnelles ne sont pas mo9s rem>quables4 ,dans c]ta9s cas1 la mort en rsulte2 dans d'autres cas1 les d\leurs m5tales causes p> un malheur se manife/5t1 comme les s\ffrances corporelles1 p> une syncope4 ,s\v5t1 de mauvaises n\velles dt]m95t une maladie2 l'anxit1 qu& elle e/ *ronique1 entrane la p]te de l'apptit1 une p]ptuelle incapacit de digr]1 la dim9ution des =ces4 ,une peur excessive1 qu'elle soit l'effet d'un dang] physique ou moral1 arrt]a p\r un temps1 de la mme manire1 les fonctions de nutrition2 bi5 s\v5t elle fait avort] les femmes ence9tes4 ,dans des cas mo9s graves1 la sueur froide et le tremblem5t des ma9s m>qu5t un abaissem5t gnral des activits vitales1 produisant une incapacit p>tielle du corps ou de l'esprit1 ou des deux la fois4 ,on voit quel po9t les pe9es motionnelles tr\bl5t les fonctions des viscres1 p> ce fait qu'une proccupation incessante dt]m9e assez s\v5t la jaunisse4 ,bi5 plus1 il se tr\ve que1 dans ce cas1 la relation entre la cause et l'effet a t dmontre p> une expri5ce directe4 ,en disposant les *oses de telle sorte que le canal biliaire d'un *i5 se dv]st hors du corps1 ,claude ,b]n>d a obs]v que1 tant qu'il gtait ce *i5 et le ma9t5ait en bonne humeur1 la scrtion se produisait dans la mesure normale2 mais1 s'il lui p>lait svrem5t ou le traitait p5dant quelque temps de manire produire une dpression morale1 le c\rs de la bile tait arrt4 ,object]a-t-on que les mauvais rsultats de ce g5re se prs5t5t seulem5t lorsque les pe9es1 corporelles ou m5tales1 sont gr&es8 je rpondrais que1 *ez les p]sonnes bi5 portantes1 les p]turbations f*euses produites p> de petites pe9es1 n'en sont pas mo9s relles1 bi5 que difficiles obs]v]1 et que1 *ez les p]sonnes dont la maladie a beauc\p affaibli les =ces vitales1 de lgres irritations physiques et de faibles ennuis moraux occasionn5t s\v5t des re*utes4 ,les effets con/itutionnels du plaisir sont t\t fait opposs4 ,il arrive p>fois1--mais le fait e/ r>e1--qu'un plaisir extrme1 un plaisir dev5u presque une pe9e1 donne aux p]sonnes faibles une sec\sse n]veuse nuisible2 mais il ne produit pas cet effet *ez les hommes qui ne se sont pas affaiblis en se s\mettant volontairem5t ou p> =ce des actions fune/es p\r l'organisme4 ,dans l'ordre normal1 les plaisirs1 gr&s ou petits1 sont des /imulants p\r les processus qui s]v5t la cons]vation de la vie4 ,p>mi les s5sations1 on peut donn] comme exemple celles qui rsult5t d'une vive lumire4 ,la cl>t du soleil e/ vivifiante en comp>aison du br\ill>d2 le mo9dre rayon excite une vague de plaisir2 des expri5ces ont montr que la cl>t du soleil lve le niveau de la respiration2 or cet accroissem5t de la respiration e/ un signe de l'accroissem5t des activits vitales en gnral4 ,un degr de *aleur agrable favorise l'action du coeur et dveloppe les diffr5tes fonctions dont il e/ l'in/rum5t4 ,les hommes en ple9e vigueur et qui sont conv5ablem5t vtus peuv5t ma9t5ir leur temprature en hiv] et digr] un supplm5t de n\rriture p\r comp5s] leurs p]tes de *aleur2 mais il en e/ autrem5t des p]sonnes faibles1 et1 mesure que la =ce dcl9e1 l'avantage d'un bon feu devi5t plus facile con/at]4 ,les bi5faits qui accompagn5t les s5sations agrables produites p> un air frais1 les s5sations agrables qui accompagn5t l'action musculaire aprs un repos lgitime1 et celles que cause son t\r le repos aprs l'ex]cice1 sont au-dessus de t\te conte/ation2 j\ir de ces plaisirs conduit cons]v] le corps dans de bonnes conditions p\r t\tes les entreprises de la vie4 ,les avantages physiologiques des plaisirs motionnels sont encore plus manife/es4 ,t\t p\voir1 corporel ou m5tal1 e/ accru p> la bonne humeur2 n\s dsignons p> l une satisfaction motionnelle gnrale4 ,les actions vitales fondam5tales1 celles de la nutrition p> exemple1 sont favorises p> une conv]sation portant la gaiet1 le fait e/ depuis longtemps reconnu2 t\t homme atte9t de dyspepsie sait que1 dans une joyeuse compagnie1 il peut faire impunm5t et mme avec pr(it un repas ample et v>i o n'entre ri5 de trs facile digr]1 t&is qu'un petit repas de mets simples et soigneusem5t *oisis1 lui donn]a une indige/ion1 s'il le pr5d dans la solitude4 ,cet effet frappant sur le sy/me alim5taire e/ accompagn d'effets t\t aussi c]ta9s1 quoique mo9s manife/es1 sur la circulation et la respiration4 ,de mme1 un homme qui1 p\r se repos] des travaux et des s\cis du j\r1 se laisse *>m] p> un beau spectacle ou se revivifie p> t\tes les n\veauts qu'il peut obs]v] aut\r de lui1 fait bi5 voir en r5trant1 p> sa bonne m9e et ses vives manires1 l'accroissem5t d'n]gie avec lequel il e/ prp> p\rsuivre sa t*e4 ,les invalides1 sur la vitalit affaiblie desquels l'influ5ce des conditions e/ trs visible1 montr5t presque t\j\rs =t bi5 les avantages qui driv5t des tats agrables de s5tim5t4 ,un c]cle vivant aut\r d'eux1 la visite d'un anci5 ami1 ou mme leur tablissem5t dans une *ambre plus va/e1 t\tes ces causes de di/raction contribu5t amlior] leur tat4 ,en un mot1 comme le sav5t bi5 t\s ceux qui s'occup5t de mdec9e1 il n'y a pas de =tifiant meilleur que le bonheur4 ,ces effets physiologiques gnraux des plaisirs et des pe9es1 qui s'aj\t5t aux effets physiologiques locaux et spciaux1 sont videmm5t 9vitables4 ,j'ai montr dans les ,pr9cipes de psy*ologie 7 #abc-abe7 que le beso91 ou une d\leur ngative1 accompagne l'inaction d'un organe1 et qu'une d\leur positive accompagne l'excs d'activit de cet organe1 mais le plaisir au contraire accompagne son activit normale4 ,n\s avons vu qu'aucune autre relation ne p\vait tre tablie p> l'volution2 en effet1 *ez t\s les types d'tres infrieurs1 si le dfaut ou l'excs d'une fonction ne produisait pas de s5sation pnible1 si une fonction moy5ne ne produisait pas une s5sation agrable1 il n'y aurait ri5 p\r assur] l'ex]cice bi5 proportionn d'une fonction4 ,comme c'e/ une des lois de l'action n]veuse que *aque /imulus1 outre une d*>ge directe dans l'organe p>ticulirem5t intress1 cause indirectem5t une d*>ge trav]s le sy/me n]veux 7,pr9c4 de psy*41 #ba1 #ci71 il en rsulte que les autres organes1 t\s influ5cs comme ils le sont p> le sy/me n]veux1 p>ticip5t l'excitation4 ,outre le sec\rs1 assez l5tem5t manife/1 que les organes se prt5t l'un l'autre p> la division physiologique du travail1 il y a donc un autre sec\rs1 plus promptem5t manife/1 que f\rnit leur excitation mutuelle4 ,en mme temps que l'organisme t\t enti] tire un avantage prs5t de l'ex]cice conv5able de *aque fonction1 il obti5t encore un autre avantage immdiat p> suite de l'exaltation de ses fonctions en gnral caus p> le plaisir qui les accompagne4 ,les d\leurs aussi1 qu'elles soi5t produites p> excs ou p> dfaut1 sont suivies d'un d\ble effet1 immdiat et loign4 #cg4 ,le refus de reconnatre ces vrits gnrales vicie t\te spculation morale dans son ensemble4 ,a la manire dont on juge ord9airem5t du bi5 et du mal1 on nglige entirem5t les effets physiologiques produits sur l'ag5t p> ses s5tim5ts4 ,on suppose tacitem5t que les plaisirs et les pe9es n'ont aucune raction sur le corps de celui qui les pr\ve et ne sont pas capables d'affect] son aptitude remplir les devoirs de la vie4 ,les ractions sur le c>actre sont seules reconnues1 et1 p> rapport celles-ci1 on suppose le plus s\v5t que le fait d'pr\v] du plaisir e/ nuisible1 et le fait de subir des pe9es avantageux4 ,l'ide que l'esprit et le corps sont indp5dants1 cette ide drive trav]s les sicles de la ?orie des sauvages sur les esprits1 implique entre autres *oses cette croyance que les tats de consci5ce n'ont absolum5t aucune relation avec les tats du corps4 ,v\s avez eu votre plaisir1 il e/ pass1 et v\s tes dans l'tat o v\s tiez aup>avant1 dit le morali/e un homme4 ,il dit un autre3 ,v\s avez subi une s\ffrance1 elle a disp>u2 c'e/ f9i p> l4 ,les deux affirmations sont fausses4 ,en laissant de ct les rsultats indirects1 les rsultats directs sont que l'un a fait un pas p\r s'loign] de la mort et que l'autre s'en e/ rappro* d'un pas4 ,n\s laissons de ct1 ai-je dit1 les rsultats indirects4 ,ce sont ces rsultats indirects1 laisss ici de ct p\r un mom5t1 que les morali/es ont exclusivem5t en vue3 a9si occups de ceux-l1 ils ignor5t les rsultats directs4 ,le plaisir1 re*]* peut-tre un trop haut prix1 gt peut-tre alors qu'on aurait d travaill]1 ravi peut-tre inju/em5t celui qui devait en j\ir1 on le considre seulem5t p> rapport ses effets loigns et fune/es1 et l'on ne ti5t aucun compte de ses effets avantageux immdiats4 ,rciproquem5t1 p\r les pe9es positives ou ngatives que l'on supporte1 tantt p\r se procur] un avantage futur1 tantt p\r s'acquitt] d'un devoir1 tantt en accomplissant un acte gnreux1 on insi/e seulem5t sur le bi5 loign1 et l'on ignore le mal pro*a94 ,les consqu5ces1 agrables ou pnibles1 pr\ves au mom5t mme p> l'ag5t1 n'ont aucune importance2 elles ne devi5n5t importantes que lorsqu'elles sont prvues comme devant surv5ir dans la suite p\r l'ag5t ou les autres p]sonnes4 ,en outre1 les maux futurs subis p> l'ag5t ne doiv5t pas1 dit-on1 entr] en ligne de compte1 s'ils rsult5t de quelque privation que l'on s'impose soi-mme2 on n'en p>le que lorsqu'ils rsult5t des plaisirs que l'on s'e/ donns4 ,de p>eilles apprciations sont videmm5t fausses1 et il e/ vid5t que les jugem5ts ord9aires sur la conduite fonds sur de telles apprciations doiv5t tre inexacts4 ,voyons les anomalies d'op9ion qui en rsult5t4 ,si1 p> suite d'une maladie contracte la p\rsuite d'un plaisir illgitime1 l'iris e/ attaqu et la vision altre1 on range ce dommage p>mi ceux que cause la mauvaise conduite2 mais si1 malgr des s5sations d\l\reuses1 on use ses yeux en se livrant trop tt l'tude aprs une ophtalmie1 et si l'on en vi5t p> l p]dre la vue p\r des annes ou p\r t\te la vie1 entranant a9si son propre malheur et celui d'autres p]sonnes1 les morali/es se tais5t4 ,une jambe casse1 si l'accid5t e/ une suite de l'ivresse1 compte p>mi ces maux que l'intemprance attire celui qui s'y livre et sa famille1 et c'e/ une raison p\r la condamn]2 mais si le zle remplir ses devoirs p\sse un homme m>*]1 sans se repos] et en dpit de la d\leur1 qu& il a un g5\ f\l1 et s'il en rsulte une infirmit *ronique entranant la cessation de t\t ex]cice1 p> suite l'altration de la sant1 l'incapacit d'agir1 le *agr9 et le malheur1 on suppose que la morale n'a aucun v]dict prononc] en cette affaire4 ,un tudiant qui *\e1 p>ce qu'il a dp5s en amusem5ts le temps et l'arg5t qu'il devait employ] travaill]1 e/ blm de r5dre a9si ses p>5ts malheureux et de se prp>] lui-mme un av5ir misrable2 mais celui qui1 en songeant exclusivem5t ce que l'on att5d de lui1 passe la nuit lire et pr5d un transport au c]veau qui le =ce int]rompre ses tudes1 manqu] ses exam5s et ret\rn] *ez lui la sant p]due1 incapable mme de se s\t5ir1 celui-l n'e/ nomm qu'avec compassion1 comme s'il ne devait tre s\mis aucun jugem5t moral2 ou plutt le jugem5t moral port sur son compte lui e/ t\t fait favorable4 ,a9si1 en signalant les maux produits p> c]ta9s g5res de conduite seulem5t1 les hommes en gnral1 et les morali/es en tant qu'ils expos5t les croyances du g5re huma91 mconnaiss5t que la s\ffrance et la mort sont *aque j\r causes aut\r d'eux p> le mpris de cette direction qui s'e/ tablie d'elle-mme dans le c\rs de l'volution4 ,dom9s p> cette hypo?se tacite1 commune aux /oci5s du paganisme et aux asctes *rti5s1 que n\s sommes organiss d'une manire si diabolique que les plaisirs sont nuisibles et les d\leurs avantageuses1 les hommes n\s donn5t de t\s cts l'exemple de vies ru9es p> la p]si/ance accomplir des actes contre lesquels leurs s5sations se rvolt5t4 ,l'un1 t\t m\ill de sueur1 s'arrte dans un c\rant d'air1 fait fi des frissons qui le pr5n5t1 gagne une fivre rhumatismale avec des dfaillances subsqu5tes1 et le voil incapable de ri5 faire p\r le peu de temps qu'il lui re/e vivre4 ,un autre1 mprisant la fatigue1 se met trop tt au travail aprs une maladie qui l'a affaibli1 et il devi5t p\r le re/e de ses j\rs maladif et inutile lui-mme et aux autres4 ,ou bi5 l'on ent5d p>l] d'un jeune homme qui1 en p]si/ant faire des t\rs de gymna/ique d'une viol5ce excessive1 se brise un vaisseau1 tombe sur le sol et re/e abm p\r t\te sa vie2 une autre fois1 c'e/ un homme arriv l'ge mr1 qui1 en faisant un ef=t jusqu' l'excs de la d\leur1 se donne une h]nie4 ,dans telle famille1 on obs]ve un cas d'aphasie1 un comm5cem5t de p>alysie1 bi5tt suivi de mort1 p>ce que la victime mangeait trop peu et travaillait trop2 dans une autre1 un ramollissem5t du c]veau e/ la consqu5ce d'ef=ts intellectuels in9t]rompus malgr la prote/ation cont9uelle des s5sations2 ailleurs1 des affections crbrales mo9s graves ont t causes p> l'excs du travail en dpit du malaise et du beso9 de gr& air et d'ex]cice#d4 ,note #d3 ,je puis compt] plus d'une d\za9e de cas p>mi ceux que je connais p]sonnellem5t4 ,mme sans accumul] des exemples spciaux1 la vrit s'impose n\s en ne considrant que des classes4 ,l'homme d'affaires u =ce de re/] dans son cab9et1 l'avocat la face cadavreuse qui passe la moiti de ses nuits tudi] des dossi]s1 les ouvrires affaiblies des manufactures1 les c\turires qui viv5t de longues heures dans un mauvais air1 les colires anmiques1 la poitr9e enfonce1 qui s'appliqu5t t\te la j\rne au travail et auxquelles on int]dit les jeux imptueux de leur ge1 non mo9s que les m\leurs de ,%effield qui meur5t suffoqus p> la p\ssire1 et les paysans t\t p]clus de rhumatismes dus l'action p]ptuelle des intempries1 t\s ces g5s n\s montr5t les innombrables misres causes p> des actes qui rpugn5t aux s5sations et p> la nglig5ce ob/9e des actes auxquels nos s5sations n\s port5t4 ,mais n\s en avons des preuves encore plus nombreuses et plus frappantes4 ,que sont les enfants mal+res et mal con=ms des di/ricts les plus pauvres1 s9on des enfants dont le beso9 de n\rriture1 le beso9 de *aleur n'ont jamais t conv5ablem5t satisfaits8 ,que sont les populations arrtes dans leur dveloppem5t et vieillies avant l'ge1 comme on voit dans c]ta9es p>ties de la ,france1 s9on des populations puises p> un travail excessif et une alim5tation insuffisante1 l'un impliquant une d\leur positive1 l'autre une d\leur ngative8 ,que conclure de la gr&e mortalit con/ate *ez les g5s affaiblis p> les privations1 s9on que les s\ffrances physiques conduis5t des maladies mortelles8 ,que devons-n\s encore infr] du nombre effroyable de maladies et de morts qui s'abatt5t sur les armes en campagne1 n\rries de provisions insuffisantes et mauvaises1 c\*ant sur le sol humide1 exposes t\tes les extrmits de la *aleur et du froid1 imp>faitem5t protges contre la pluie et condamnes aux ef=ts les plus pnibles1 que devons-n\s en infr]1 s9on les maux t]ribles que l'on s'attire en exposant cont9uellem5t le corps un traitem5t contre lequel les s5sations prote/5t8 ,peu importe notre ?se que les actions suivies de tels effets soi5t volontaires ou involontaires2 peu importe1 au po9t de vue biologique1 que les motifs qui les dt]m95t soi5t levs ou bas4 ,les exig5ces des fonctions vitales sont absolues1 et il ne suffit pas1 p\r y *app]1 de dire qu'on a t =c de nglig] ces fonctions ou1 qu'en le faisant1 on a obi un motif lev4 ,les s\ffrances directes et indirectes causes p> la dsobissance aux lois de la vie re/5t les mmes1 quel que soit le motif de cette dsobissance1 et l'on ne doit pas les omettre dans une apprciation rationnelle de la conduite4 ,si le b de l'tude de la morale e/ d'tablir des rgles p\r bi5 vivre1 et si les rgles p\r bi5 vivre sont celles dont les rsultats complets1 individuels ou gnraux1 directs ou indirects1 sont le plus propres produire le bonheur de l'homme1 il e/ absurde d'c>t] les rsultats immdiats p\r se proccup] seulem5t des rsultats loigns4 #ch4 ,on p\rrait insi/] ici sur la ncessit de prlud] l'tude de la sci5ce morale p> l'tude de la sci5ce biologique4 ,on p\rrait insi/] sur l'erreur des hommes qui se croi5t capables de compr5dre les phnomnes spciaux de la vie huma9e dont traite la morale1 t\t en prtant peu d'att5tion ou mme en n'en prtant aucune aux phnomnes gnraux de la vie huma9e1 t\t en ne t5ant aucun compte des phnomnes de la vie gnrale4 ,et il e/ assurm5t p]mis de p5s] qu'une connaissance du monde des tres vivants qui n\s rvl]ait le rle j\ dans l'volution organique p> les plaisirs et les s\ffrances1 conduirait rectifi] les conceptions imp>faites des morali/es4 ,mais comm5t croire que l'abs5ce de cette connaissance soit la seule ou mme la pr9cipale cause de leur imp]fection8 ,les faits dont n\s avons donn des exemples--et qui1 si l'on y prtait une att5tion suffisante1 prvi5drai5t les d=mations de la ?orie morale1--sont des faits qu'on n'a pas beso9 d'appr5dre p> des re*]*es biologiques1 mais qui abond5t *aque j\r s\s les yeux de t\t le monde4 ,la vrit e/ plutt que la consci5ce gnrale e/ tellem5t obsde de s5tim5ts et d'ides en opposition avec les conclusions fondes sur les tmoignages les plus famili]s1 que ces tmoignages n'obti5n5t aucune att5tion4 ,ces s5tim5ts et ces ides contraires ont plusieurs s\rces4 ,il y a la s\rce ?ologique4 ,comme n\s l'avons montr plus haut1 le culte p\r les anctres cannibales1 qui tr\vai5t leurs dlices dans le spectacle des tortures1 a produit la premire conception de div9its que l'on r5dait propices en supportant la d\leur1 et1 p> suite1 que l'on irritait en gtant quelque plaisir4 ,cons]ve p> les religions des peuples demi civiliss1 dans lesquelles elle s'e/ transmise1 cette conception de la nature div9e e/ p>v5ue en se modifiant peu peu1 jusqu' notre poque1 et elle inspire la fois les croyances de ceux qui adhr5t la religion communm5t admise et de ceux qui font pr(ession de la rejet]4 ,il y a une autre s\rce dans l'tat de gu]re primitif qui subsi/e encore auj\rd'hui4 ,tant que les antagonismes sociaux cont9u]ont produire la gu]re1 qui consi/e en ef=ts p\r inflig] aux autres des s\ffrances ou la mort1 en s'exposant soi-mme au dang] de subir les mmes maux1 et qui implique ncessairem5t de gr&es privations1 il faudra que la s\ffrance physique1 considre en elle-mme ou dans les maux qu'elle entrane1 soit considre comme peu de *ose1 et que p>mi les plaisirs reg>ds comme les plus dignes de re*]*e on range ceux que la victoire apporte avec elle4 ,l'indu/rialisme1 p>tiellem5t dvelopp1 f\rnit lui aussi l'une de ces s\rces4 ,l'volution sociale1 qui implique le passage de la vie de *asseurs errants celle de peuples sd5taires livrs au travail1 donne p> suite naissance des activits s+ulirem5t diffr5tes de celles auxquelles e/ adapte la con/itution primitive3 elle produit donc une inaction des facults auxquelles l'tat social n\veau n'(fre pas d'emploi1 et une surexcitation des facults exiges p> cet tat social2 il en rsulte d'un ct la privation de c]ta9s plaisirs1 de l'autre la s\mission c]ta9es d\leurs4 ,p> suite1 mesure que se manife/e l'accroissem5t de population qui r5d plus int5se la lutte p\r l'exi/5ce1 il devi5t ncessaire de support] t\s les j\rs des s\ffrances1 et de sacrifi] des plaisirs4 ,or1 t\j\rs et p>t\t1 il se =me p>mi les hommes une ?orie con=me leur pratique4 ,la nature sauvage1 donnant naissance la conception d'une div9it sauvage1 dveloppe la ?orie d'un contrle surnaturel assez rig\reux et assez cruel p\r influ] sur la conduite des hommes4 ,avec la s\mission un g\v]nem5t despotique assez svre dans la rpression p\r discipl9] des natures b>b>es1 se produit la ?orie d'un g\v]nem5t de droit div9 et la croyance au devoir d'une s\mission absolue4 ,l o l'exi/5ce de vois9s belliqueux fait reg>d] la gu]re comme la pr9cipale affaire de la vie1 les v]tus requises p\r la gu]re sont bi5tt considres comme les v]tus suprmes2 au contraire1 lorsque l'indu/rie e/ dev5ue dom9ante1 la viol5ce et les actes de pillage dont les g5s de gu]re se glorifi5t ne t>d5t pas pass] p\r des crimes4 ,c'e/ a9si que la ?orie du devoir rellem5t accepte 7et non celle qui l'e/ nom9alem5t7 s'accommode au g5re de vie que l'on mne *aque j\r4 ,si cette vie r5d ncessaires la privation habituelle de plaisirs et l'acceptation frqu5te de s\ffrances1 il se =me bi5tt un sy/me moral d'aprs lequel la re*]*e du plaisir e/ tacitem5t dsappr\ve et la s\ffrance ouv]tem5t appr\ve4 ,on insi/e sur les mauvais effets des plaisirs excessifs1 et l'on passe s\s sil5ce les avantages que procur5t des plaisirs modrs2 on fait valoir avec =ce les bons rsultats obt5us en se s\mettant la d\leur1 et l'on nglige les maux qui la suiv5t4 ,t\t en reconnaissant la valeur et mme la ncessit de sy/mes moraux adapts1 comme les sy/mes religieux et politiques1 aux temps et aux pays dans lesquels ils se dvelopp5t1 n\s devons reg>d] les premi]s1 aussi bi5 que les seconds1 comme transitoires4 ,n\s devons admettre qu'un tat social plus avanc comporte une morale plus vraie1 comme un dogme plus pur et un meilleur g\v]nem5t4 ,conduits1 priori1 prvoir l'exi/5ce de dfauts1 n\s sommes en tat de dcl>] tels ceux que n\s r5controns en effet1 et dont la nature ju/ifie nos prvisions4 ,il faut donc proclam] comme vrit c]ta9e1 que la moralit sci5tifique comm5ce seulem5t lorsque les conceptions imp>faites adaptes des conditions transitoires se sont dveloppes assez p\r dev5ir p>faites4 ,la sci5ce du bi5 vivre doit t5ir compte de t\tes les consqu5ces qui affect5t le bonheur de l'individu ou de la socit1 directem5t ou indirectem5t1 et autant elle nglige une classe quelconque de consqu5ces1 autant elle e/ loigne de l'tat de sci5ce4 #ci4 ,a9si le po9t de vue biologique1 comme le po9t de vue physique1 e/ d'accord avec les rsultats que n\s avons obt5us en pr5ant le pr9cipe de l'volution p\r po9t de d"p de l'tude de la conduite en gnral4 ,ce qui tait df9i en t]mes physiques comme un quilibre mobile1 n\s le df9issons en t]mes biologiques comme une balance de fonctions4 ,ce que suppose une p>eille balance1 c'e/ que1 p> leur g5re1 leur n]gie et leurs comb9aisons1 les div]ses fonctions s'aju/5t aux div]ses activits qui con/itu5t et cons]v5t une vie complte3 p\r elles1 tre a9si aju/es1 c'e/ tre arrives au t]me v]s lequel t5d cont9uellem5t l'volution de la conduite4 ,passant aux s5tim5ts qui accompagn5t l'accomplissem5t des fonctions1 n\s voyons que1 de t\te ncessit1 les plaisirs p5dant l'volution de la vie organique1 ont concid avec l'tat normal des fonctions1 t&is que les s\ffrances positives ou ngatives ont concid avec l'excs ou l'insuffisance des fonctions4 ,bi5 que1 dans *aque espce1 ces relations soi5t s\v5t tr\bles p> des *angem5ts de conditions1 elles se rtabliss5t t\j\rs d'elles-mmes1 s\s pe9e1 p\r l'espce1 de disp>atre4 ,le g5re huma9 qui a reu p> hritage1 des tres infrieurs1 cette adaptation des s5tim5ts et des fonctions dans leurs rapports avec les beso9s ess5tiels du corps1 et qui e/ =c *aque j\r p> des s5sations imprieuses faire les actes qui cons]v5t la vie1 et vit] ceux qui entran]ai5t une mort immdiate1 le g5re huma9 a subi un *angem5t de conditions d'une gr&eur et d'une complexit inusites4 ,ce *angem5t a beauc\p drang la direction de la conduite p> les s5sations1 et drang plus encore celle que n\s devrions recevoir des motions4 ,il en rsulte que1 dans un gr& nombre de cas1 ni les plaisirs ne sont en connexion avec les actions qui doiv5t tre faites1 ni les pe9es avec celles qui doiv5t tre vites2 c'e/ le contraire qui se produit4 ,plusieurs influ5ces ont contribu dissimul] aux hommes les bons effets de cette relation entre les s5tim5ts et les fonctions1 p\r leur faire rem>qu] plutt t\s les inconvni5ts que l'on peut y tr\v]4 ,aussi exagre-t-on les maux qui peuv5t tre causs p> c]ta9s plaisirs1 t&is qu'on oublie les avantages atta*s d'ord9aire la j\issance des plaisirs2 en mme temps1 on exalte les avantages obt5us au prix de c]ta9es s\ffrances1 et on attnue les imm5ses dommages que les s\ffrances apport5t avec elles4 ,les ?ories morales c>actrises p> ces erreurs de jugem5t sont produites p> des =mes de vie sociale correspondant une con/itution huma9e imp>faitem5t adapte1 et sont appropries ces =mes4 ,mais avec le progrs de l'adaptation1 qui tablit l'h>monie entre les facults et les beso9s1 t\s ces dsordres1 et les fautes de ?orie qui en sont la consqu5ce1 doiv5t dim9u]1 jusqu' ce que1 grce un complet aju/em5t de l'humanit l'tat social1 on reconnaisse que les actions1 p\r tre compltem5t bonnes1 ne doiv5t pas seulem5t conduire un bonheur futur1 spcial et gnral1 mais en outre tre immdiatem5t agrables1 et que la s\ffrance1 non seulem5t loigne mais pro*a9e1 c>actrise des actions mauvaises4 ,a9si1 au po9t de vue biologique1 la sci5ce morale devi5t une dt]m9ation de la conduite d'hommes associs con/itus *acun en p>ticuli] de telle sorte que les div]ses activits requises p\r l'ducation des enfants et celles qu'exige le bi5-tre social s'ex]c5t p> la mise en jeu spontane de facults conv5ablem5t proportionnes et produisant *acune1 en agissant1 sa "p de plaisir2 p> une consqu5ce naturelle1 l'excs ou le dfaut dans l'une quelconque de ces activits apporte sa "p de s\ffrance immdiate4 ,,note ,,au ,n #cc4--;,dans sa ,morale physique1 ,m4 ,alfr$ ,b>ratt a exprim une op9ion que n\s devons signal] ici4 ,supposant l'volution et ses lois gnrales1 il cite quelques passages des ,pr9cipes de psy*ologie 7#are dit41 ,i,i,ie "p41 *4 ,,viii1 pp4 #cie1 sqq42 ,cf4 ,i,ve "p41 *4 ,,iv71 dans lesquels j'ai trait de la relation entre l'irritation et la contraction qui m>que le comm5cem5t de la vie s5sitive4 ,j'ai dit que le tissu primordial doit tre diffremm5t affect p> un contact avec des matires nutritives ou avec des matires non nutritives1 ces deux g5res de matires tant reprs5ts p\r les tres aquatiques p> les sub/ances solubles et les sub/ances insolubles1 et j'ai s\t5u que la contraction p> laquelle la p>tie t\*e d'un rhizopode absorbe un fragm5t de matire assimilable e/ cause p> un comm5cem5t d'absorption de cette matire assimilable4 ,m4 ,b>ratt1 affirmant que la consci5ce doit tre considre comme une proprit inv>iable de la vie animale1 et en df9itive1 dans ses lm5ts1 de l'univ]s matriel 7p4 #dc71 reg>de ces ractions du tissu animal s\s l'influ5ce des /imulants comme impliquant une c]ta9e s5sation4 ,l'action de c]ta9es =ces1 dit-il1 e/ suivie de m\vem5ts de retraite1 ou encore de m\vem5ts propres assur] la cont9uation de l'impression4 ,ces deux g5res de contraction sont respectivem5t les phnomnes et les m>ques extrieures de la pe9e et du plaisir4 ,le tissu agit donc de manire assur] le plaisir et vit] la pe9e p> une loi aussi vritablem5t physique et naturelle que celle p> laquelle une aiguille aimante se dirige v]s le ple1 un arbre v]s la lumire 7p4 #eb74 ,eh bi51 sans mettre en d\te que l'lm5t primitif de la consci5ce ne soit prs5t mme dans le protoplasma indiffr5ci1 et n'exi/e p>t\t en puissance dans ce p\voir inconnaissable qui1 s\s d'autres conditions1 se manife/e dans l'action physique 7,pr9cipes de psy*ologie1 #bgb-c71 j'hsite conclure qu'il exi/e d'abord s\s la =me de plaisir et de pe9e4 ,ceux-ci naiss5t1 je crois1 comme le font les s5tim5ts plus spciaux1 p> suite d'une comb9aison des lm5ts ultimes de la consci5ce 7,pr9c4 de psy41 #fj1 #fa72 c> ils sont1 en ralit1 des aspects gnraux de ces s5tim5ts plus spciaux levs un c]ta9 degr d'int5sit4 ,considrant que1 dans les cratures mmes qui ont des sy/mes n]veux dvelopps1 une gr&e p>tie des processus vitaux rsult5t d'actions rflexes inconsci5tes1 je ne tr\ve pas conv5able de suppos] l'exi/5ce de ce que n\s appelons consci5ce *ez des cratures dp\rvues non seulem5t de sy/mes n]veux1 mais mme de t\te /ructure4 ,,note ,,au ,n #cf4--,plusieurs fois1 dans ,les motions et la volont1 ,m4 ,alex4 ,ba9 insi/e sur la connexion entre le plaisir et l'exaltation de la vitalit1 entre la pe9e et la dpression de la vitalit4 ,comme on l'a vu plus haut1 je m'accorde avec lui sur ce po9t2 il e/ en effet au-dessus de t\te discussion1 grce l'expri5ce gnrale de t\t le monde et l'expri5ce plus spciale des mdec9s4 ,t\tefois lorsque1 des effets respectivem5t =tifiants ou dbilitants du plaisir et de la pe9e1 ,m4 ,a4 ,ba9 fait driv] les t5dances orig9ales p]si/] dans les actes qui donn5t du plaisir et cess] ceux qui procur5t de la pe9e1 je ne puis le suivre4 ,il dit3 ,n\s supposons des m\vem5ts comm5cs spontanm5t et qui caus5t accid5tellem5t du plaisir2 n\s admettons alors qu'il se produira avec le plaisir un accroissem5t de l'n]gie vitale2 les m\vem5ts agrables pr5dront leur "p de cet accroissem5t1 et le plaisir s]a augm5t p> l4 ,ou bi51 d'un autre ct1 n\s supposons que la pe9e rsulte de m\vem5ts spontans2 il faut alors qu'il y ait avec la pe9e une dim9ution d'n]gie1 qui s't5d aux m\vem5ts d'o vi5t le mal1 et qui apporte p> cela mme un remde4 7#c;e dit41 p4 #cae47 ,cette int]prtation1 d'aprs laquelle les m\vem5ts agrables p>ticip5t seulem5t de l'augm5tation de l'n]gie vitale cause p> le plaisir1 ne me semble pas s'accord] avec l'obs]vation4 ,la vrit p>at plutt ceci3 bi5 qu'il se produise en mme temps un accroissem5t gnral de la vigueur musculaire1 les muscles spcialem5t excits sont ceux qui1 p> l'accroissem5t de leur contraction1 conduis5t un accroissem5t de plaisir4 ,rciproquem5t1 admettre que la cessation des m\vem5ts spontans causant la d\leur e/ due un rel*em5t musculaire gnral1 auquel p>ticip5t les muscles qui produis5t ces m\vem5ts p>ticuli]s1 c'e/1 il me semble1 oubli] que la rtraction pr5d communm5t la =me non d'une *ute passive1 mais d'un retrait actif4 ,on peut rem>qu] aussi que1 la pe9e dprimant1 comme elle f9it p> le faire1 le sy/me en gnral1 n\s ne p\vons pas dire qu'elle dprime en mme temps les n]gies musculaires4 ,ce n'e/ pas seulem5t1 comme l'admet ,m4 ,a4 ,ba91 une vive d\leur qui produit des m\vem5ts spasmodiques2 les pe9es de t\t g5re1 qu'elles soi5t s5sationnelles ou motionnelles1 /imul5t aussi les muscles 7,essais1 #are srie1 p4 #cfj1 ,i1 ou #b;e dit41 vol4 ,i1 p4 #baa1 #ab74 ,cep5dant la d\leur 7et aussi le plaisir lorsqu'il e/ trs int5se7 a p\r effet d'arrt] t\tes les actions rflexes2 et comme les fonctions vitales en gnral s'ex]c5t p> des actions rflexes1 cette susp5sion1 croissant avec l'int5sit de la d\leur1 dprime en proportion les fonctions vitales4 ,l'arrt de l'action du coeur et l'van\issem5t sont un rsultat extrme de cet emp*em5t1 et les viscres1 dans leur ensemble1 s5t5t son effet des degrs proportionns aux degrs de la d\leur4 ,a9si la d\leur1 t\t en causant directem5t1 comme le fait le plaisir une d*>ge de l'n]gie musculaire1 f9it p> dim9u] le p\voir musculaire en affaiblissant les processus vitaux d'o dp5d la production de l'n]gie4 ,p> suite1 n\s ne p\vons pas1 je crois1 attribu] la prompte cessation des m\vem5ts musculaires causant de la d\leur au dcroissem5t du flot de l'n]gie1 c> ce dcroissem5t ne se fait s5tir qu'aprs un int]valle4 ,rciproquem5t1 n\s ne p\vons pas attribu] la p]si/ance dans l'action musculaire qui donne du plaisir l'exaltation d'n]gie qui en rsulte2 mais n\s devons1 comme je l'ai indiqu au n #cc1 l'attribu] l'tablissem5t de lignes de d*>ge1 entre le po9t o se fait s5tir l'excitation agrable et ces /ructures contractiles qui cons]v5t et accroiss5t l'acte causant l'excitation1 connexions vois9es de l'action rflexe1 en laquelle elles se trans=m5t p> d'ins5sibles gradations4 ,,*apitre ,,vii ,,le ,,po9t ,,de ,,vue ,,psy*ologique #dj4 ,dans le *apitre prcd5t1 n\s avons dj trait des s5tim5ts dans leurs rapports avec la conduite1 mais en ne considrant que leur aspect physiologique4 ,dans ce *apitre1 au contraire1 n\s n'avons pas n\s occup] des connexions con/itutionnelles entre les s5tim5ts1--considrs comme n\s portant agir ou comme n\s en dt\rnant1--et les avantages physiques atte9dre ou les dommages vit]2 n\s ne p>l]ons pas non plus de la raction des s5tim5ts sur l'organisme1 comme n\s mettant1 ou non1 en tat d'agir l'av5ir4 ,n\s avons tudi] les plaisirs et les pe9es1 s5sationnels ou motionnels1 considrs comme motifs rfl*is1 comme eng5drant une adaptation consci5te de c]ta9s actes c]ta9es f9s4 #da4 ,l'acte psy*ique rudim5taire1 non encore di/9ct de l'acte physique1 implique une excitation et un m\vem5t4 ,dans un tre d'un type infrieur1 le contact de la n\rriture excite la prh5sion4 ,*ez un tre d'un ordre un peu plus lev1 l'odeur d'une sub/ance nutritive dt]m9e un m\vem5t du corps v]s cette sub/ance4 ,l o exi/e une vision rudim5taire1 une dim9ution s\da9e de lumire1 impliquant le passage d'un gr& objet1 cause des m\vem5ts musculaires convulsifs qui loign5t ord9airem5t le corps de la s\rce du dang]4 ,dans *acun de ces cas1 n\s p\vons di/+u] quatre facteurs4 ,il y a 7a7 la proprit de l'objet extrieur qui affecte primitivem5t l'organisme1 la saveur1 l'odeur ou l'opacit4 ,li avec cette proprit1 il y a dans l'objet extrieur le c>actre 7b7 qui r5d avantageuse ou la prise de cet objet ou la fuite p\r s'en loign]4 ,dans l'organisme1 il y a 7c7 l'impression ou la s5sation que la proprit 7a7 produit1 en agissant comme /imulus4 ,enf91 il y a1 li avec ce /imulus1 le *angem5t moteur 7d7 p> lequel e/ effectue ou la prise ou la fuite4 ,la psy*ologie doit surt\t s'occup] de la connexion qui s'tablit entre le rapport ab et le rapport cd1 s\s t\tes les =mes que pr5n5t ces rapports dans le c\rs de l'volution4 ,*acun des facteurs1 et *acun des rapports1 se dveloppe davantage mesure que l'organisation fait des progrs4 ,au lieu d'tre simple1 ce qui reprs5te l'attribut a devi5t s\v5t1 dans le milieu d'un animal suprieur1 un gr\pe d'attributs1 tels que la gr&eur1 la =me1 les c\leurs1 les m\vem5ts d'un tre loign qui e/ dang]eux4 ,le facteur b1 avec lequel e/ associe cette comb9aison d'attributs1 devi5t l'ensemble de c>actres1 de p\voirs1 d'habitudes1 qui en font un ennemi4 ,le facteur c devi5t une collection de s5sations visuelles coordonnes les unes avec les autres et avec les ides et les s5tim5ts qu'a fait natre l'expri5ce d'ennemis de ce g5re1 et con/ituant un motif de fuite2 t&is que d devi5t la srie complique1 et s\v5t prolonge1 de c\rses1 de sauts1 de dt\rs1 de plongeons1 etc41 ncessaires p\r *app] un ennemi4 ,dans la vie huma9e1 n\s tr\vons les mmes quatre facteurs extrieurs et intrieurs1 plus multi=mes encore et complexes dans leur composition et leurs connexions4 ,l'assemblage enti] des attributs physiques a1 prs5ts p> un doma9e mis en v5te1 dfie t\te numration1 et l'assemblage des avantages div]s b1 qui rsult5t de ces attributs1 ne peut pas non plus tre brivem5t spcifi4 ,les p]ceptions et les ides1 suivant que cette proprit plat ou ne plat pas1 c1 qui sont causes p> son aspect1 et qui1 en se comb9ant et se recomb9ant1 f9iss5t p> =m] une raison p\r l'a*et]1 font un t\t trop considrable et trop complexe p\r qu'on puisse le dcrire2 enf9 les =malits lgales1 pcuniaires ou autres qu'il faut remplir p\r acqurir ce doma9e et en pr5dre possession1 sont pe9e mo9s nombreuses et mo9s compliques4 ,n\s ne devons pas non plus oubli] que non seulem5t les facteurs1 mais encore les rapports entre ces facteurs1 devi5n5t plus complexes en proportion des progrs de l'volution4 ,primitivem5t1 a e/ directem5t et simplem5t en rapport avec b1 t&is que c e/ directem5t et simplem5t en rapport avec a4 ,mais la f91 les connexions entre a et b1 et entre c et d1 devi5n5t trs indirectes et trs compliques4 ,d'un ct1--notre premi] exemple le pr\ve1--la saveur et la proprit nutritive sont troitem5t lies ensemble1 comme le sont aussi la /imulation cause p> l'une et la contraction qui utilise l'autre4 ,mais1 on peut s'en r5dre compte dans le d]ni] exemple1 la connexion entre les traits visibles d'une proprit et les c>actres qui en con/itu5t la valeur e/ la fois loigne et complique1 t&is que le passage du motif trs complexe de l'acqureur aux nombreuses actions des organes s5sitifs et moteurs1 actions complexes elles-mmes1 p> lesquelles s'effectue l'acquisition1 se fait au moy5 d'un plexus compliqu de p5ses et de s5tim5ts qui con/itue sa dcision4 ,cette explication p]mettra de saisir une vrit prs5te autrem5t dans les ,pr9cipes de psy*ologie4 ,l'esprit se compose de s5tim5ts et de relations entre les s5tim5ts4 ,p> une comb9aison des relations1 et des ides de relations1 nat l'intellig5ce4 ,p> une comb9aison des s5tim5ts1 et des ides de s5tim5ts1 nat l'motion4 ,t\tes *oses gales d'ailleurs1 la gr&eur de l'volution de l'intellig5ce ou de l'motion e/ proportionnelle la gr&eur de la comb9aison4 ,une des propositions ncessaires qui en rsult5t1 c'e/ que la connaissance e/ d'autant plus leve qu'elle e/ plus loigne de l'action rflexe1 et l'motion d'autant plus leve qu'elle e/ plus loigne de la s5sation4 ,ma9t5ant1 p>mi les div]s corollaires de cette l>ge vue de l'volution psy*ologique1 *]*ons ceux qui conc]n5t les motifs et les actes classs comme moraux ou immoraux4 #db4 ,le processus m5tal p> lequel1 dans un cas quelconque1 l'adaptation des actes aux f9s s'effectue1 et qui1 s\s ses =mes les plus leves1 devi5t le sujet des jugem5ts moraux1 ce processus peut se divis] en deux3 d'abord l'app>ition du s5tim5t ou des s5tim5ts qui con/itu5t le motif1 ensuite celle de la p5se ou des p5ses p> lesquelles le motif pr5d un corps et ab\tit l'action4 ,le premi] de ces lm5ts1 une excitation l'orig9e1 devi5t une s5sation simple2 ensuite une s5sation compose2 ensuite un gr\pe de s5sations p>tiellem5t prs5tatives et p>tiellem5t reprs5tatives1 =mant une motion naissante2 ensuite un gr\pe de s5sations exclusivem5t idales ou reprs5tatives1 =mant une motion proprem5t dite2 ensuite un gr\pe de gr\pes p>eils1 =mant une motion compose2 puis il devi5t enf9 une motion encore plus dveloppe1 compose des =mes idales de ces motions composes4 ,l'autre lm5t1 comm5ant au passage immdiat d'un simple /imulus un simple m\vem5t appel action rflexe1 arrive bi5tt compr5dre un ensemble de d*>ges associes de /imulations produisant des m\vem5ts associs1 con/ituant un in/9ct4 ,p> degrs naiss5t des comb9aisons plus complexes de /imulus1 v>iables dans une c]ta9e mesure en leurs modes d'union1 conduisant des m\vem5ts complexes p>eillem5t v>iables dans leurs adaptations2 de l de temps en temps1 des hsitations dans les processus s5sori-moteurs4 ,bi5tt vi5t une phase dans laquelle les gr\pes comb9s d'impressions1 non prs5ts t\s ensemble1 ab\tiss5t des actions qui ne sont pas t\tes simultanes2 elles impliqu5t une reprs5tation des rsultats1 ou la p5se4 ,ensuite arriv5t d'autres phases o des p5ses div]ses ont le temps de pass] avant que les motifs composites produis5t les actions appropries4 ,a la f9 app>aiss5t ces longues dlibrations p5dant lesquelles on pse les probabilits de div]ses consqu5ces1 et l'on balance les incitations des s5tim5ts corrlatifs2 ces oprations con/itu5t un jugem5t calme4 ,il s]a facile de voir que1 s\s l'un ou l'autre de leurs aspects1 les d]nires =mes du processus m5tal sont les plus hautes1 au po9t de vue moral et t\s les po9ts de vue4 ,depuis le db en effet1 une complication de la s5sibilit a accompagn de meilleurs et de plus nombreux aju/em5ts d'actes leurs f9s1 comme l'a fait aussi une complication du m\vem5t1 et une complication du processus coord9ateur ou intellectuel qui unit les deux4 ,d'o il suit que les actes c>actriss p> les motifs les plus complexes et les p5ses les plus dveloppes1 sont ceux qui ont t\j\rs eu le plus d'autorit p\r la direction de la conduite4 ,quelques exemples clairciront cela4 ,voici un animal aquatique guid p> l'odeur d'une matire organique v]s des *oses qui s]v5t sa n\rriture2 mais le mme animal1 dp\rvu de t\t autre guide1 e/ la m]ci d'animaux plus gros qui rd5t aux environs4 ,en voici un autre1 guid aussi p> l'odeur v]s sa n\rriture1 mais qui possde une vision rudim5taire et qui e/ a9si r5du capable de s'loign] vivem5t d'un corps mobile rp&ant cette odeur1 dans les cas o ce corps e/ assez gros p\r produire un obscurcissem5t s\da9 de la lumire3 c> c'e/ ord9airem5t alors un ennemi4 ,evidemm5t il sauv]a s\v5t sa vie en obissant au d]ni] /imulus1 qui e/ aussi le plus lev1 au lieu de suivre le premi] et le mo9s lev4 ,obs]vons un tage plus lev un conflit p>allle4 ,voici un animal qui en p\rsuit d'autres p\r en faire sa proie1 et qui1 faute d'expri5ce1 ou p>ce qu'il e/ p\ss p> l'excs de la faim1 s'attaque un ennemi plus =t que lui et se fait tu]4 ,en voici un autre1 au contraire1 qui e/ p\ss p> une faim aussi viol5te1 mais1 soit p> son expri5ce individuelle1 soit p> les effets d'une expri5ce hrditaire1 ayant consci5ce du dang] la vue d'un animal plus =t que lui1 il e/ dt\rn p> l de l'attaqu] et sauve sa vie en subordonnant le premi] motif1 consi/ant en s5sations nes du beso91 au second motif1 consi/ant en s5tim5ts idaux1 di/9cts ou vagues4 ,en n\s levant immdiatem5t de ces exemples de conduite *ez les animaux des exemples de conduite huma9e1 n\s v]rons que les contra/es entre l'infrieur et le suprieur ont habituellem5t les mmes traits4 ,le sauvage du type le plus bas dvore t\te la n\rriture que lui procure la *asse de *aque j\r3 affam le l5dema91 il devra peut-tre support] p5dant plusieurs j\rs les tortures de la faim4 ,le sauvage suprieur1 concevant avec plus de vivacit les s\ffrances qui l'att5d5t s'il ne tr\ve pas de gibi]1 e/ dt\rn p> ce s5tim5t complexe de donn] une entire satisfaction son s5tim5t simple4 ,l'in]tie rsultant du dfaut de prvoyance et l'activit produite p> une lgitime prvoyance s'oppos5t de la mme manire4 ,l'homme primitif1 mal quilibr et g\v]n p> les s5sations du mom5t1 ne f]a ri5 tant qu'il ne lui faudra pas *app] des s\ffrances actuelles2 mais l'homme un peu avanc1 capable d'imag9] plus di/9ctem5t les plaisirs et les s\ffrances v5ir1 e/ p\ss p> la p5se de ces bi5s et de ces maux surmont] son am\r du bi5-tre2 la dcroissance de la misre et de la mortalit rsulte de cette prdom9ance des s5tim5ts reprs5tatifs sur les s5tim5ts prs5tatifs4 ,sans insi/] sur le fait que1 p>mi les hommes civiliss1 le mme contra/e exi/e entre ceux qui mn5t la vie des s5s et ceux dont la vie e/ l>gem5t remplie de plaisirs qui ne sont pas du g5re s5suel1 je veux m>qu] seulem5t qu'il y a des contra/es analogues entre la direction donne p> les s5tim5ts reprs5tatifs les mo9s complexes ou les motions de l'ordre le plus bas1 et la direction donne p> les s5tim5ts reprs5tatifs les plus complexes ou les motions de l'ordre le plus lev4 ,lorsque1 s\s l'influ5ce de l'am\r de la proprit1--s5tim5t reprs5tatif qui1 agissant dans de ju/es bornes1 conduit au bi5-tre1--le voleur pr5d le bi5 d'un autre homme1 son action e/ dt]m9e p> l'imag9ation de c]ta9s plaisirs immdiats de g5res relativem5t simples1 plutt que p> l'imag9ation mo9s nette de pe9es possibles qui sont plus loignes et de g5res relativem5t complexes4 ,mais1 *ez l'homme consci5cieux1 il y a un motif adquat de ret5ue1 encore plus reprs5tatif dans sa nature1 r5f]mant non seulem5t les ides de *tim5t1 de d%onneur et de ru9e1 mais aussi l'ide des droits de la p]sonne qui a la proprit1 et des s\ffrances que lui caus]ait la p]te de son bi53 le t\t e/ jo9t une av]sion gnrale p\r les actes nuisibles aux autres1 av]sion qui nat des effets hrditaires de l'expri5ce4 ,n\s voyons ici la f91 comme n\s l'avons vu en comm5ant1 que1 t\t compte fait1 la direction donne p> le s5tim5t le plus complexe conduit mieux au bi5-tre que la direction donne p> le s5tim5t le plus simple4 ,il en e/ de mme des coord9ations intellectuelles p> lesquelles les /imulus ab\tiss5t aux m\vem5ts4 ,les actes du g5re le plus bas1 appels rflexes1--dans lesquels une impression faite sur un n]f affr5t produit trav]s un n]f effr5t une d*>ge qui eng5dre la contraction1--rvl5t un aju/em5t trs limit d'actes leurs f9s3 l'impression tant simple1 et simple aussi le m\vem5t qui en rsulte1 la coord9ation int]ne e/ simple elle-mme4 ,il e/ vid5t que si plusieurs s5s peuv5t tre affects en mme temps p> un objet extrieur1 et si les m\vem5ts provoqus p> lui sont comb9s d'une manire diffr5te selon que cet objet app>ti5t un g5re ou un autre1 les coord9ations int]mdiaires devi5n5t ncessairem5t plus compliques4 ,il e/ vid5t aussi que t\t progrs dans l'volution de l'intellig5ce1 s]vant t\j\rs mieux assur] la cons]vation de l'tre1 prs5te le mme trait gnral4 ,les adaptations p> lesquelles les actions plus compliques s'appropri5t des circon/ances plus compliques impliqu5t des coord9ations plus complexes1 p> suite plus dlibres et plus consci5tes4 ,lorsque n\s arrivons aux hommes civiliss1 qui1 dans leurs affaires j\rnalires1 ps5t un gr& nombre de donnes ou de conditions1 et adapt5t leurs procds des consqu5ces v>ies1 n\s voyons que les actions intellectuelles1 dev5ues ce que n\s appelons des jugem5ts1 sont la fois trs labores et trs dlibres4 ,voyons ma9t5ant ce qui t\*e l'autorit relative des motifs4 ,en montant des cratures les plus basses jusqu' l'homme1 et des types les plus grossi]s de l'humanit jusqu'aux plus levs1 la =ce de cons]vation s'e/ accrue p> la subord9ation d'excitations simples des excitations composes1 p> la subord9ation de s5sations actuelles des ides de s5sations v5ir1 p> le fait de s\mettre les s5tim5ts prs5tatifs aux s5tim5ts reprs5tatifs1 et les s5tim5ts reprs5tatifs aux s5tim5ts re-reprs5tatifs4 ,a mesure que la vie s'e/ dveloppe1 la s5sibilit concomitante e/ dev5ue de plus en plus idale2 p>mi les s5tim5ts produits p> la comb9aison des ides1 les plus levs1 ceux qui se sont dvelopps les d]ni]s1 sont les s5tim5ts recomposs ou d\blem5t idaux4 ,considrs comme guides1 les s5tim5ts ont donc une autorit d'autant plus gr&e que1 p> leur complexit et leur idalit1 ils s'loign5t davantage de simples s5sations et de simples apptits4 ,on dc\vre une autre consqu5ce en tudiant le ct intellectuel des processus psy*iques p> lesquels des actes sont adapts des f9s4 ,qu& ils sont peu levs et simples1 ils ne compr5n5t que la direction d'actes immdiats p> des /imulus immdiats2 le t\t dans les cas de ce g5re ne dure qu'un mom5t1 et ne se rapporte qu' un rsultat pro*a94 ,mais1 avec le dveloppem5t de l'intellig5ce et l'accroissem5t de l'idalit des motifs1 les f9s auxquelles les actes sont adapts cess5t d'tre exclusivem5t immdiates4 ,les motifs1 plus idaux1 se rapport5t des f9s plus loignes2 mesure qu'on s'appro*e des types les plus levs1 les f9s actuelles se subordonn5t d'une manire croissante ces f9s futures que les motifs idaux ont p\r objet4 ,il en rsulte une c]ta9e prsomption en faveur d'un motif qui se rapporte un bi5 loign1 en comp>aison d'un motif qui se rapporte un bi5 pro*a94 #dc4 ,outre les div]ses influ5ces favorisant la croyance asctique qu'il e/ nuisible de faire des *oses agrables1 et avantageux de support] des *oses dsagrables1 j'ai donn ent5dre dans le *apitre prcd5t1 qu'il re/ait dt]m9] une influ5ce dont la s\rce e/ plus pr(onde4 ,cette influ5ce a t indique dans les p>agraphes prcd5ts4 ,en effet1 la vrit gnrale que la direction donne p> des plaisirs simples et des pe9es simples1 comme il s'en produit suivant qu'on satisfait ou non aux beso9s du corps1 ne vaut pas1 c]ta9s po9ts de vue1 la direction donne p> les pe9es et les plaisirs ns des s5tim5ts complexes idaux1 cette vrit a conduit p5s] qu'il fallait mpris] les incl9ations prov5ant des beso9s du corps4 ,en outre1 la vrit gnrale que la p\rsuite de satisfactions pro*a9es e/1 s\s un rapport1 infrieure la p\rsuite de satisfactions loignes1 a conduit croire que les satisfactions pro*a9es doiv5t tre reg>des comme de peu de prix4 ,dans les premires phases de *aque sci5ce1 les gnralisations auxquelles on arrive ne sont pas assez dt]m9es4 ,les =mules di/9ctes p\r exprim] les vrits reconnues ne s'tabliss5t qu'ensuite p> la limitation des =mules indi/9ctes4 ,la vision physique apprcie seulem5t d'abord les traits les plus m>qus des objets et conduit a9si de grossires classifications que la vision p]fectionne1 impressionnable p> de plus petites diffr5ces1 doit ensuite corrig]2 il en e/ de mme p\r la vision m5tale en ce qui conc]ne les vrits gnrales3 des inductions1 =mules d'abord avec beauc\p trop de gnralit1 ont compt] plus t>d avec le scepticisme et l'obs]vation critique qui les re/reign5t1 en s'appuyant sur des diffr5ces non encore rem>ques4 ,p> suite1 n\s p\vons n\s att5dre tr\v] que les conclusions c\rantes en morale vont trop lo94 ,ces croyances dom9antes en morale1 admises galem5t p> les morali/es de pr(ession et p> t\t le monde en gnral1 sont dev5ues errones1 p> trois procds diffr5ts1 faute de dt]m9ation suffisante4 ,d'abord1 il n'e/ pas exact que l'autorit des s5tim5ts les plus bas comme guides soit t\j\rs infrieure l'autorit des s5tim5ts les plus levs2 elle e/ au contraire s\v5t suprieure4 ,il se prs5te t\s les j\rs des occasions o il faut obir aux s5sations plutt qu'aux s5tim5ts4 ,que quelqu'un s'avise de re/] une nuit entire expos t\t nu une tempte de neige1 ou de pass] une sema9e sans mang]1 ou de t5ir la tte dix m9utes s\s l'eau1 et il v]ra que les plaisirs et les s\ffrances ayant un rapport direct avec la cons]vation de la vie ne peuv5t se subordonn] entirem5t aux plaisirs et aux s\ffrances qui ont avec la cons]vation de la vie un rapport indirect4 ,bi5 que dans plusieurs cas la direction donne p> les s5tim5ts simples soit plus nuisible que la direction donne p> les s5tim5ts complexes1 dans d'autres cas la direction des s5tim5ts complexes e/ plus fatale que celle des s5tim5ts simples2 et dans un gr& nombre de cas leur autorit relative sur la conduite e/ indt]m9e4 ,admettons que1 *ez un homme p\rsuivi1 les s5tim5ts de prote/ation qui accompagn5t un ef=t int5se et prolong doiv5t1 p\r la cons]vation de la vie1 tre subordonns la cra9te inspire p> ceux qui le p\rsuiv5t2 cep5dant1 s'il p]si/e jusqu' ce qu'il tombe1 l'puisem5t qui en rsulte caus]a peut-tre la mort1 t&is qu'autrem5t1 si la p\rsuite avait cess1 la mort ne s]ait peut-tre pas surv5ue4 ,supposons qu'une veuve laisse dans la pauvret doive se refus] elle-mme ce qu'il lui faut donn] ses enfants p\r sauv] leur vie2 cep5dant1 si ce dv\em5t va trop lo91 il peut en rsult] que les enfants s]ont entirem5t privs non seulem5t de t\te n\rriture1 mais encore de t\te protection4 ,supposons que1 en ex]ant son c]veau du mat9 au soir1 un homme qui a des emb>ras d'arg5t doive mpris] la rvolte de ses s5sations corporelles p\r obir au dsir que sa consci5ce lui impose de pay] t\tes ses dettes2 cep5dant il peut p\ss] la sujtion des s5tim5ts simples vis--vis des s5tim5ts complexes au po9t d'altr] sa sant et de faillir a9si malgr lui cette t*e qu'il aurait remplie en dim9uant un peu cette sujtion4 ,il e/ donc clair que la subord9ation des s5tim5ts les plus bas doit tre une subord9ation conditionnelle4 ,la suprmatie des s5tim5ts les plus levs doit tre une suprmatie limite4 ,la gnralisation ord9aire p*e p> excs un autre po9t de vue4 ,la vie1 on l'a vu1 e/ d'autant plus leve que les s5tim5ts simples prs5tatifs sont plus s\s le contrle des s5tim5ts composs reprs5tatifs2 cette vrit1 on jo9t1 comme des corollaires lgitimes1 des propositions qui n'en dc\l5t po9t4 ,la conception c\rante c'e/1 non pas seulem5t que l'infrieur doit tre subordonn au suprieur qu& ils sont en conflit1 mais que l'infrieur doit tre mpris mme lorsqu'il n'y a pas conflit4 ,la t5dance produite p> le progrs des ides morales1 condamn] l'obissance aux s5tim5ts infrieurs qu& les s5tim5ts suprieurs prote/5t1 a fait natre une t5dance condamn] les s5tim5ts infrieurs pris en eux-mmes4 ,je crois rellem5t qu'elle fait ce qu'elle fait p>ce qu'elle aime le faire1 me disait un j\r une dame en p>lant d'une autre1 et la =me de l'expression1 comme le ton1 dnotait la croyance non seulem5t qu'une telle manire d'agir e/ mauvaise1 mais encore qu'elle devait p>atre mauvaise t\t le monde4 ,il y a l une ide trs rp&ue1 bi5 qu'en pratique elle re/e ord9airem5t sans effet1 et produise seulem5t diffr5tes =mes accid5telles d'asctisme3 tel e/ p> exemple le cas de ceux qui reg>d5t comme t\t fait c\rageux et salutaire de se pass] de p>dessus p5dant l'hiv] ou de cont9u] se baign] en ple9 air4 ,en gnral1 les s5tim5ts agrables qui accompagn5t la satisfaction lgitime des beso9s du corps sont accepts3 il e/ assez ncessaire1 il e/ vrai1 de les accept]4 ,mais1 oubliant ces contradictions dans la pratique1 les hommes laiss5t p>atre une vague ide qu'il y aurait quelque *ose de dgradant1 ou de nuisible1 ou t\s les deux la fois1 faire ce qui e/ agrable1 vit] ce qui e/ dsagrable4 ,agrable1 mais mauvais1 c'e/ une expression frquemm5t employe p\r faire ent5dre que ces deux t]mes ont une connexion naturelle4 ,comme n\s l'avons indiqu plus haut1 de p>eilles croyances suppos5t une intellig5ce confuse de la vrit gnrale que les s5tim5ts composs et reprs5tatifs ont1 t\t compte fait1 une autorit plus haute que les s5tim5ts simples et prs5tatifs4 ,comprise avec disc]nem5t1 cette vrit implique que l'autorit des s5tim5ts simples1 ord9airem5t mo9dre que celle des s5tim5ts composs1 mais quelquefois plus gr&e1 doit tre habituellem5t accepte qu& les s5tim5ts composs ne s'y oppos5t pas4 ,ce pr9cipe de subord9ation e/ mal compris encore d'une troisime manire4 ,un des contra/es entre les s5tim5ts dvelopps les premi]s et les s5tim5ts dvelopps en d]ni] lieu1 consi/e en ce qu'ils se rapport5t respectivem5t aux effets les plus immdiats des actions ou leurs effets les plus loigns2 en pr9cipe gnral1 la direction donne p> ce qui e/ pro*e e/ infrieure la direction donne p> ce qui e/ loign4 ,il en e/ rsult la croyance que les plaisirs du prs5t doiv5t tre sacrifis ceux de l'av5ir1 indp5damm5t du g5re de ces plaisirs4 ,n\s en voyons une preuve dans la maxime s\v5t rpte aux enfants1 qu& ils pr5n5t leurs repas1 savoir qu'ils devrai5t en g>d] le meilleur morceau p\r la f92 on gronde l'imprvoyant qui cde la premire impulsion1 et l'on donne ent5dre p> l1 sans l'enseign] expressm5t1 que le mme plaisir a plus de prix qu& on le rs]ve4 ,on peut suivre cette manire de p5s] trav]s les actes de *aque j\r1 non pas assurm5t *ez t\s les hommes1 mais *ez ceux que l'on di/+ue comme prud5ts et bi5 rgls dans leur conduite4 ,l'homme d'affaires1 qui dvore son djeun] p\r ne pas manqu] le tra91 qui avale une s&wi* v]s le milieu de la j\rne et pr5d un d]ni] repas qu& il e/ trop fatigu p\r j\ir du repos du soir1 mne une vie o non seulem5t les beso9s du corps1 mais aussi les beso9s ns de gts et de s5tim5ts plus levs sont mpriss autant qu'ils peuv5t l'tre1 et t\t cela p\r atte9dre des f9s loignes6 encore tr\v]ez-v\s1 si v\s dem&ez quelles sont ces f9s loignes1 dans le cas o il n'y a pas d'enfants tablir1 qu'elles consi/5t simplem5t dans la conception d'une vie plus con=table p\r un temps v5ir4 ,l'ide qu'il e/ mal de *]*] des j\issances immdiates1 et qu'il e/ bi5 d'en *]*] quelques-unes seulem5t si elles sont loignes1 cette ide e/ tellem5t enrac9e qu'un homme d'affaires aprs avoir pris "p une p>tie de plaisir1 essaye p>fois de df5dre sa conduite4 ,il veut prv5ir les jugem5ts dfavorables de ses amis en expliquant que l'tat de sa sant l'a =c se donn] un j\r de cong4 ,nanmo9s1 si v\s l'int]rogez sur son av5ir1 v\s tr\vez que son ambition e/ de se retir] le plus tt possible et de se donn] t\t enti] aux plaisirs qu'il a ma9t5ant presque honte de se p]mettre4 ,la vrit gnrale dc\v]te p> l'tude de l'volution de la conduite1 au-dess\s de l'homme et dans l'homme1 savoir que1 p\r la cons]vation de la vie1 les s5tim5ts primitifs1 simples1 prs5tatifs doiv5t tre contrls p> les s5tim5ts dvelopps les d]ni]s1 composs et reprs5tatifs1 cette vrit a donc t reconnue p> les hommes1 dans le c\rs de la civilisation2 mais ncessairem5t elle l'a t d'abord d'une manire trop confuse4 ,la conception commune1 qui se trompe en supposant illimite l'autorit du s5tim5t suprieur sur l'infrieur1 p*e aussi en admettant que l'on doit rsi/] la loi de l'infrieur mme qu& elle n'e/ pas en opposition avec la loi du suprieur1 et elle p*e encore p> la supposition qu'un plaisir donnant lieu une t5dance conv5able1 qu& il e/ loign1 ne donne pas lieu une t5dance semblable s'il e/ pro*a94 #dd4 ,sans le dire explicitem5t1 n\s avons a9si suivi la g5se de la consci5ce morale4 ,c> le trait inconte/ablem5t ess5tiel de la consci5ce morale c'e/ le contrle de c]ta9 s5tim5t ou de c]ta9s s5tim5ts p> un autre s5tim5t ou p> plusieurs4 ,*ez les animaux suprieurs1 n\s p\vons voir assez di/9ctem5t le conflit des s5tim5ts et la sujtion des plus simples aux plus composs3 a9si lorsqu'un *i5 rsi/e la t5tation de dvor] quelque alim5t p> la cra9te des *tim5ts qui p\rrai5t suivre s'il cdait son apptit1 ou lorsqu'il ne cont9ue pas creus] un tr\ de peur de p]dre son matre qui s'loigne4 ,ici1 cep5dant1 bi5 qu'il y ait subord9ation1 il n'y a pas subord9ation consci5te2 il n'y a pas la rflexion qui rvle qu'un s5tim5t a cd un autre4 ,il en e/ a9si1 mme *ez les hommes dont l'intellig5ce e/ peu dveloppe4 ,l'homme pr-social1 errant p> familles et g\v]n p> des s5sations et des motions comme celles que caus5t les circon/ances du mom5t1 bi5 que sujet de temps en temps des conflits de motifs1 r5contre relativem5t peu de cas o l'avantage de subordonn] un plaisir immdiat un plaisir loign s'impose son att5tion2 il n'a pas non plus l'intellig5ce requise p\r analys] et gnralis] ces cas lorsqu'ils se prs5t5t4 ,c'e/ seulem5t lorsque l'volution sociale r5d la vie plus complexe1 les causes de ret5ue nombreuses et =tes1 les maux d'une conduite spontane manife/es1 et les avantages retir] de la prvoyance suffisamm5t c]ta9s1 qu'il peut y avoir des expri5ces assez frqu5tes p\r r5dre famili]s les bons effets de la subord9ation des s5tim5ts simples d'autres plus complexes4 ,c'e/ aussi seulem5t alors qu'app>at une puissance intellectuelle suffisante p\r fond] une induction sur ces expri5ces2 ensuite les inductions individuelles sont en assez gr& nombre p\r =m] une induction publique et traditionnelle qui s'imprime en *aque gnration mesure qu'elle s'accrot4 ,n\s sommes am5s ici c]ta9s faits d'une pr(onde signification4 ,cet ab&on rfl*i d'un bi5 immdiat et spcial p\r obt5ir un bi5 loign et gnral1 en mme temps qu'il e/ le trait c>d9al de la ret5ue appele morale1 e/ aussi un trait c>d9al d'autres actes de ret5ue que celui que n\s appelons moral--de ceux qui ont leur orig9e dans la cra9te du lgislateur visible1 ou du lgislateur invisible1 ou de la socit en gnral4 ,t\tes les fois que l'individu s'ab/i5t de faire ce quoi le porte un dsir passag]1 de peur de s'expos] ensuite une punition lgale1 ou la v5geance div9e1 ou la rprobation publique1 ou t\s ces dang]s la fois1 il r5once au plaisir pro*a9 et df9i plutt que de s'attir] des pe9es loignes et plus graves1 quoique mo9s df9ies1 en gtant ce plaisir2 et1 rciproquem5t1 lorsqu'il se s\met quelques maux prs5ts1 c'e/ qu'il peut en recueillir quelque plaisir probable futur1 politique1 religieux ou social4 ,mais1 bi5 que ces quatre sortes de contrle intrieur ai5t le c>actre commun que les s5tim5ts les plus simples et les mo9s idaux sont s\mis dans la consci5ce des s5tim5ts plus complexes et plus idaux1 et bi5 que1 d'abord1 elles soi5t en pratique coext5sives et indisc]nables1 cep5dant elles diffr5t dans le c\rs de l'volution sociale1 et il arrive que le contrle moral1 avec les conceptions et les s5tim5ts qui l'accompagn5t1 devi5t indp5dant4 ,jetons un c\p d'oeil sur les aspects ess5tiels du processus4 ,lorsque1 comme dans les socits les plus grossires1 il n'exi/e encore ni rgle politique ni rgle religieuse1 la pr9cipale cause qui emp*e de satisfaire *aque dsir mesure qu'il se manife/e e/ la consci5ce des maux qui rsult]ont de la colre des autres sauvages1 si la satisfaction du dsir e/ obt5ue leurs dp5s4 ,a ce premi] degr1 les pe9es imag9es qui con/itu5t le motif directeur sont celles qui p\rrai5t tre infliges p> des tres de mme nature1 qui ne se di/+u5t pas1 au po9t de vue du p\voir1 les uns des autres3 les causes de ret5ue politique1 religieuse et sociale sont donc jusqu'alors reprs5tes uniquem5t p> cette cra9te mutuelle de la v5geance4 ,lorsqu'une vigueur1 une habilet ou un c\rage rem>quables font d'un homme un *ef de gu]re1 il inspire ncessairem5t plus de cra9te qu'aucun autre1 et p> suite t\s s'ab/i5n5t surt\t de satisfaire les incl9ations qui p\rrai5t lui nuire ou l'(f5s]4 ,peu peu1 comme p> l'habitude de la gu]re l'ex]cice du comm&em5t s'tablit d'une manire durable1 on en vi5t di/+u] la fois les maux qui rsult]ai5t probablem5t de la colre du *ef1 non seulem5t dans le cas o on l'attaqu]ait mais aussi dans celui o on lui dsobirait1 des maux plus petits causs p> l'antagonisme d'autres p]sonnes et des maux plus vagues qui naiss5t de la rprobation sociale4 ,en d'autres t]mes1 le contrle politique comm5ce se diffr5ci] du contrle plus indf9i d'une cra9te mutuelle4 ,en mme temps s'e/ dveloppe la ?orie des esprits4 ,p>t\t1 except dans les gr\pes les plus grossi]s1 l'ombre d'un mort1 que l'on *]*e apais] au mom5t de la mort et dans la suite1 e/ reg>de comme capable de nuire ceux qui surviv5t4 ,p> suite1 mesure que s'tablit et se prcise la ?orie des esprits1 il se =me un autre g5re d'ob/acle la satisfaction immdiate des dsirs1 ob/acle qui consi/e dans l'ide des maux que les esprits peuv5t inflig] qu& on les a (f5ss3 lorsque le p\voir politique e/ dev5u /able1 et que les esprits des *efs dfunts1 considrs comme plus puissants et plus impitoyables que les autres esprits1 sont l'objet d'une cra9te spciale1 alors comm5ce se dess9] la =me de ret5ue que l'on nomme religieuse4 ,p5dant longtemps1 ces trois sortes de fre9s1 avec leurs sanctions corrlatives1 bi5 qu'elles soi5t sp>es dans la consci5ce1 re/5t coext5sives1 et il en e/ a9si p>ce qu'elles se rapport5t le plus s\v5t une seule f91 le succs la gu]re4 ,le devoir de v5g] le sang p> le sang e/ proclam alors mme qu'il n'exi/e ri5 encore de ce qu'on p\rrait appel] une organisation sociale4 ,a mesure que s'accrot le p\voir du *ef1 le meurtre des ennemis devi5t un devoir politique1 et il devi5t un devoir religieux lorsque l'on cra9t la colre du *ef dfunt4 ,la fidlit au *ef p5dant sa vie et aprs sa mort se manife/e plus hautem5t p> le fait de mettre sa propre vie sa disposition p\r des entreprises gu]rires4 ,les premi]s *tim5ts rgulirem5t tablis le sont p\r des actes d'insubord9ation ou p\r des manquem5ts des pratiques p> lesquelles s'affirme la subord9ation2 ils sont t\s militaires l'orig9e4 ,les injonctions div9es1 de leur ct1 qui sont primitivem5t des traditions de la volont du roi dfunt1 ont le plus s\v5t p\r objet la de/ruction des peuples avec lesquels il tait en gu]re2 la colre et l'approbation div9es sont conues comme dt]m9es p> les degrs de la s\mission que l'on tmoigne cette volont1 directem5t p> le culte et indirectem5t p> l'obissance ses injonctions4 ,le ,fidji51 qui dit-on1 se recomm&e lui-mme son entre dans l'autre monde p> le rcit de ses exploits la gu]re1 et qui1 durant sa vie1 se dsole quelquefois en songeant qu'il n'a pas massacr assez d'ennemis p\r plaire ses dieux1 n\s p]met de voir quels sont les ides et les s5tim5ts qui rsult5t de cette ?orie et n\s rappelle les ides et les s5tim5ts analogues manife/s p> les races anci5nes4 ,aj\tez cela que le contrle de l'op9ion publique1 outre qu'il s'ex]ce directem5t1 comme au premi] degr du dveloppem5t1 p> l'e/ime p\r le brave et le blme p\r le l*e1 en vi5t s'ex]c] indirectem5t avec un effet gnral analogue p> l'approbation donne la fidlit env]s le *ef et la pit env]s le ,dieu4 ,de telle sorte que les trois =mes diffr5cies de contrle qui se dvelopp5t p>alllem5t avec l'organisation et l'action militaires1 t\t en =tifiant des causes de ret5ue et des enc\ragem5ts analogues1 se =tifi5t aussi mutuellem5t1 et ces discipl9es sp>es et unies ont p\r c>actre commun d'impos] le sacrifice d'avantages spciaux et immdiats p\r faire obt5ir des avantages plus gnraux et plus loigns4 ,en mme temps se sont dvelopps s\s les trois mmes sanctions d'autres motifs de ret5ue ou d'excitation d'un autre ordre1 galem5t c>actriss p> la subord9ation d'un bi5 pro*a9 un bi5 loign4 ,les agressions diriges contre des hommes trang]s la socit ne peuv5t russir si les agressions entre les membres de la mme socit sont frqu5tes4 ,la gu]re implique une coopration1 et t\te coopration e/ r5due impossible p> des antagonismes entre ceux qui ont coopr]4 ,n\s avons vu que1 dans le gr\pe primitif encore dp\rvu de g\v]nem5t1 la pr9cipale raison qui emp*e *aque individu de satisfaire immdiatem5t ses dsirs e/ la cra9te de la v5geance des autres hommes dans le cas o cette satisfaction leur caus]ait un dommage1 et1 p5dant les premires phases du dveloppem5t social1 cette cra9te des reprsailles cont9ue tre le pr9cipal motif du r5oncem5t tel qu'il exi/e4 ,mais1 bi5 que longtemps aprs qu'une autorit politique s'e/ tablie on cont9ue se satisfaire au dtrim5t d'autrui1 l'accroissem5t de l'autorit politique rprime peu peu cette manire d'agir4 ,le fait que le succs des gu]res e/ compromis si ses soldats se batt5t entre eux1 s'impose l'att5tion du *ef4 ,il a un puissant motif p\r emp*] les qu]elles et p> suite p\r prv5ir les agressions qui caus5t les qu]elles2 mesure que son p\voir gr&it1 il df5d les agressions et inflige des punitions ceux qui dsobiss5t4 ,bi5tt1 les fre9s politiques de ce g5re1 comme ceux du g5re prcd5t1 sont r5=cs p> des fre9s religieux4 ,le *ef habile1 qui russit la gu]re en p>tie p>ce qu'il ma9ti5t a9si le bon ordre p>mi ceux qui le suiv5t1 laisse d]rire lui la tradition des comm&em5ts qu'il donnait ord9airem5t4 ,la cra9te de son fantme t5d faire natre le respect p\r ces comm&em5ts1 et ils f9iss5t p> acqurir un c>actre sacr4 ,avec un n\veau progrs de l'volution morale1 de la mme manire se produis5t de n\velles int]dictions relatives des agressions de nature mo9s grave1 jusqu' ce que p> degrs se =me un corps de lois civiles4 ,et alors1 de la manire que n\s avons vue1 se dveloppe la croyance une dsapprobation div9e de ces dlits civils sans importance aussi bi5 que des plus graves2 elle ab\tit1 l'occasion1 une srie d'injonctions religieuses qui s'h>monis5t avec les injonctions politiques et les =tifi5t4 ,en mme temps se dveloppe1 comme aup>avant1 une sanction sociale p\r ces rgles de g\v]nem5t intrieur1 donnant de la =ce la sanction politique et la sanction religieuse4 ,mais il faut obs]v] ma9t5ant que si ces trois contrles1 politique1 religieux et social1 conduis5t sp>m5t les hommes subordonn] les satisfactions pro*a9es aux satisfactions loignes1 et s'ils sont ce po9t de vue semblables au contrle moral qui exige habituellem5t que l'on fasse pass] les s5tim5ts simples1 prs5tatifs1 aprs les s5tim5ts complexes1 reprs5tatifs1 et que l'on subordonne le prs5t l'av5ir1 ils ne con/itu5t cep5dant pas le contrle moral1 mais y prp>5t seulem5t2 ce sont des contrles l'abri desquels se dveloppe le contrle moral4 ,on obx d'abord au comm&em5t du lgislateur politique1 non pas p>ce que l'on en p]oit la rectitude1 mais simplem5t p>ce que c'e/ son comm&em5t1 et que l'on s]a puni si l'on y dsobx4 ,ce qui reti5t1 ce n'e/ pas une reprs5tation m5tale des consqu5ces mauvaises que l'acte df5du doit1 dans la nature des *oses1 entran]2 mais c'e/ une reprs5tation m5tale de consqu5ces mauvaises t\t artificielles4 ,de nos j\rs encore on retr\ve dans c]ta9es =mules lgales la doctr9e primitive d'aprs laquelle l'agression dirige p> un citoy5 contre un autre e/ c\pable et doit tre punie1 non pas tant cause du dommage qui e/ caus1 qu' cause du mpris a9si tmoign p\r la volont du roi4 ,de mme1 le crime de viol] un comm&em5t de ,dieu consi/ait1 ce que l'on croyait autrefois et comme beauc\p le croi5t encore auj\rd'hui1 dans le fait de dsobir ,dieu plutt que dans celui de caus] volontairem5t un dommage2 ma9t5ant encore1 c'e/ une croyance commune que les actes sont bons seulem5t lorsqu'on les accomplit p\r se con=m] consci5cieusem5t la volont div9e3 bi5 plus1 ils sont mme mauvais ds qu'on les accomplit autrem5t4 ,c'e/ encore la mme *ose p\r le contrle qu'ex]ce en outre l'op9ion publique4 ,si l'on c\te les rem>ques faites relativem5t l'obs]vation des rgles sociales1 on v]ra que la violation de ces rgles e/ condamne non pas tant cause d'un vice ess5tiel que p>ce qu'elle tmoigne d'un c]ta9 mpris p\r l'autorit du monde4 ,le contrle vraim5t moral e/ encore auj\rd'hui bi5 imp>faitem5t diffr5ci de ces contrles l'abri desquels il s'e/ dvelopp2 n\s le voyons dans le fait que les sy/mes de morale dont n\s avons fait plus haut la critique confond5t t\s le contrle moral avec l'un ou l'autre de ceux-l4 ,p\r les morali/es d'une c]ta9e classe1 les rgles morales driv5t des ordres d'un p\voir politique suprme4 ,ceux d'une autre classe ne leur attribu5t pas d'autre orig9e que la volont div9e rvle4 ,et1 bi5 que les hommes qui pr5n5t p\r guide l'op9ion publique ne =mul5t pas leur doctr9e1 cep5dant la croyance1 s\v5t manife/e1 qu'une conduite autorise p> la socit n'e/ pas blmable1 indique que p\r c]ta9s hommes le bi5 et le mal ne dp5d5t que de l'op9ion publique4 ,avant d'all] plus lo91 n\s devons rsum] les rsultats de cette analyse4 ,les vrits ess5tielles ret5ir relatives ces trois =mes de contrle extrieur auxquelles e/ s\mise l'unit sociale1 sont celles-ci3 ,d'abord1 elles ont fait leur volution en mme temps que la socit a fait la si5ne1 comme moy5s de prs]vation sociale r5dus ncessaires p> les circon/ances mmes2 il en rsulte qu'en gnral elles s'accord5t l'une avec l'autre4 ,en second lieu1 les fre9s corrlatifs int]nes eng5drs dans l'unit sociale sont les reprs5tations de rsultats loigns qui sont plutt accid5tels que ncessaires1--pnalit lgale1 punition surnaturelle1 rprobation sociale4 ,en troisime lieu1 ces rsultats1 plus simples et plus directem5t produits p> des activits p]sonnelles1 peuv5t tre plus vivem5t conu que ne le peuv5t tre les rsultats que font naturellem5t natre les actions dans le c\rs des *oses1 et p> suite ces conceptions ont plus de puissance sur des esprits peu dvelopps4 ,quatrimem5t1 comme aux fre9s a9si eng5drs e/ t\j\rs jo9te l'ide d'une co]cition ext]ne1 la notion d'obligation app>at2 elle e/ a9si habituellem5t associe celle du sacrifice d'avantages immdiats et spciaux des avantages loigns et gnraux4 ,enf91 c9quimem5t1 le contrle moral s'accorde dans une l>ge mesure1 au po9t de vue de ses prescriptions1 avec les trois contrles a9si =ms1 et s'accorde aussi avec eux p> la nature gnrale des processus de l'esprit qui produis5t la con=mit ces injonctions2 mais il en diffre p> la nature spciale de ces processus4 #de4 ,n\s voil prp>s voir que les fre9s considrs proprem5t comme moraux sont diffr5ts des fre9s dont l'volution les fait sortir et avec lesquels ils sont longtemps confondus1 en ce qu'ils ne se rapport5t pas aux effets extr9sques des actions1 mais leurs effets intr9sques4 ,le motif vritablem5t moral qui dt\rne du meurtre1 ne consi/e pas dans une reprs5tation de la p5daison qu'il aura p\r consqu5ce1 ou dans une reprs5tation des tortures qui en rsult]ont dans un autre monde1 ou dans une reprs5tation de l'horreur et de la ha9e qu'il excit]a *ez nos concitoy5s1 mais bi5 dans une reprs5tation des rsultats ncessaires et naturels3 la mort cruelle inflige la victime1 la de/ruction de t\tes ses *ances de bonheur1 les s\ffrances causes t\s les si5s4 ,ni la p5se de l'emprisonnem5t1 ni celle d'une punition div9e1 ni celle de la dfaveur publique1 ne con/itu5t la vritable raison morale p\r ne pas vol]1 mais bi5 la p5se du dommage fait la p]sonne dp\ille1 avec une vague consci5ce des maux gnraux produits p> le mpris du droit de proprit4 ,ceux qui condamn5t l'adultre p> des considrations morales1 ne song5t ni une action en dommages et intrts1 ni une punition future qui doit suivre la violation d'un comm&em5t1 ni la p]te de la rputation2 ils p5s5t au malheur caus ou la femme ou au m>i dont les droits sont mconnus1 l'atte9te porte aux enfants et aux fune/es consqu5ces gnrales qui accompagn5t le mpris du li5 du m>iage4 ,rciproquem5t1 celui qui e/ p\ss p> un s5tim5t moral assi/] un de ses semblables dans l'emb>ras1 ne se reprs5te pas une rcomp5se actuelle ou future2 il se reprs5te seulem5t la condition meilleure qu'il s'ef=ce de procur] celui qu'il oblige4 ,un homme qui e/ moralem5t dispos lutt] contre un mal social1 ne songe ni quelque avantage matriel ni aux applaudissem5ts populaires1 mais seulem5t aux misres qu'il *]*e faire disp>atre1 l'accroissem5t de bi5-tre qui en rsult]a4 ,a9si le motif moral diffre p>t\t des motifs auxquels il e/ associ1 en ce que1 au lieu d'tre con/itu p> des reprs5tations de consqu5ces accid5telles1 collatrales et non ncessaires de nos actes1 il e/ con/itu p> des reprs5tations de consqu5ces que ces actes produis5t naturellem5t4 ,ces reprs5tations ne sont pas t\tes di/9ctes1 bi5 que quelques-unes d'entre elles soi5t habituellem5t prs5tes2 mais elles =m5t un assemblage de reprs5tations indi/9ctes accumules p> l'expri5ce des rsultats d'actes semblables dans la vie de l'individu1 sup]pos une consci5ce encore plus indi/9cte mais considrable1 due aux effets transmis p> l'hrdit de semblables expri5ces faites p> les devanci]s3 le t\t =me un s5tim5t la fois solide et vague4 ,n\s voyons ma9t5ant p\rquoi les s5tim5ts moraux et les fre9s corrlatifs ont app>u plus t>d que les s5tim5ts et les fre9s dont l'orig9e se tr\ve dans l'autorit politique1 religieuse et sociale1 et comm5t ils s'en sont dgags l5tem5t et encore si incompltem5t auj\rd'hui4 ,c'e/ seulem5t en effet p> ces s5tim5ts et ces fre9s d'un ordre infrieur que p\vai5t tre ma9t5ues les conditions dans lesquelles les s5tim5ts et les fre9s plus levs se dvelopp5t4 ,cela e/ vrai aussi bi5 p\r les s5tim5ts qui reg>d5t l'individu que p\r les s5tim5ts dont les autres sont l'objet4 ,les pe9es qui rsult]ont de l'imprvoyance et les plaisirs que l'on s'assure en p>gnant ce dont on aura beso9 dans l'av5ir1 et en travaillant p\r se le procur]1 peuv5t tre habituellem5t opposs dans la p5se1 mais seulem5t autant que des arrangem5ts sociaux bi5 tablis r5d5t l'accumulation possible1 et1 p\r que de p>eils arrangem5ts puiss5t s'tablir1 il faut que la cra9te du lgislateur visible1 ou du lgislateur invisible1 ou de l'op9ion publique entre en jeu4 ,c'e/ seulem5t aprs que des fre9s politiques1 religieux et sociaux ont produit une communaut /able1 qu'il peut y avoir une expri5ce assez gr&e des pe9es1 positives et ngatives1 s5sationnelles et motionnelles1 que caus5t les agressions crim9elles1 p\r eng5dr] contre elles l'av]sion morale con/itue p> la consci5ce de leurs mauvais rsultats intr9sques4 ,il e/ encore plus manife/e qu'un s5tim5t moral comme celui de l'quit ab/raite1 que ne bless5t pas seulem5t les inju/ices commises contre des hommes1 mais encore les in/itutions politiques qui leur caus5t quelque dsavantage1 peut se dvelopp] seulem5t lorsque le dveloppem5t social auquel on e/ p>v5u donne une expri5ce familire la fois des maux qui rsult5t directem5t des inju/ices1 et aussi de ceux qui dc\l5t indirectem5t des privilges de c]ta9es classes p> lesquels l'inju/ice e/ r5due facile4 ,que les s5tim5ts appels moraux ai5t la nature et l'orig9e que n\s indiquons1 on le voit encore p> le fait que n\s leur donnons ce nom en proportion du degr o ils ont p\r c>actres1 d'abord d'tre re-reprs5tatifs1 ensuite de se rapport] des effets indirects plutt qu' des effets directs1 et gnralem5t des effets loigns plutt qu' des effets pro*a9s1 et enf9 de t5dre des effets qui sont ord9airem5t gnraux plutt que spciaux4 ,a9si1 bi5 que n\s condamnions un homme p\r ses folies et que n\s appr\vions l'conomie dont un autre fait preuve1 n\s ne classons pas leurs actes respectivem5t comme vicieux et v]tueux3 ces mots sont trop =ts2 les rsultats prs5ts et futurs diffr5t trop peu ici1 au po9t de vue de leur valeur concrte et de leur idalit1 p\r r5dre ces mots ple9em5t applicables4 ,supposons cep5dant que les folies dont n\s p>lons entran5t ncessairem5t la misre p\r la femme et les enfants de celui qui les commet1 entran5t des suites f*euses atteignant aussi bi5 l'exi/5ce des autres que celle de leur auteur1 la culpabilit de ces folies devi5t alors vid5te4 ,supposons encore que1 p\ss p> le dsir de retir] sa famille de la misre laquelle il l'a rduite1 le dissipateur fasse un faux ou commette quelque autre fraude4 ,bi5 qu'en le considrant "p1 n\s c>actrisions comme moral le s5tim5t auquel il obx1 et que n\s soyons p> suite disposs l'indulg5ce1 cep5dant n\s condamnons comme immorale son action prise comme un t\t2 n\s reg>dons comme ayant une autorit suprieure les s5tim5ts qui rpond5t aux droits de proprit1 s5tim5ts qui sont re-reprs5tatifs un plus haut degr1 et se rapport5t des consqu5ces gnrales plus loignes4 ,la diffr5ce1 habituellem5t reconnue1 entre la valeur relative de la ju/ice et de la gnrosit1 s]t bi5 faire compr5dre cette vrit4 ,le motif qui prside une action gnreuse se rapporte des effets d'un g5re plus concret1 plus spcial et plus pro*a91 que le motif qui prside la ju/ice2 celui-ci1 p> del les effets pro*a9s1 mo9s concrets ord9airem5t eux-mmes1 que ceux que considre la gnrosit1 implique une consci5ce des effets loigns1 complexes et gnraux1 du fait de ma9t5ir d'quitables relations4 ,aussi affirmons-n\s que la ju/ice l'emporte sur la gnrosit4 ,je r5drai plus facile l'intellig5ce de cette longue argum5tation en citant ici encore un passage de la lettre ,m4 ,mill dont j'ai dj p>l1 la suite du passage reproduit plus haut4 ,p\r faire compr5dre entirem5t ce que je veux dire1 il me semble ncessaire d'aj\t] que1 en correspondance avec les propositions fondam5tales d'une sci5ce morale dveloppe1 c]ta9es intuitions morales fondam5tales ont t et sont encore dveloppes dans la race1 et que1 bi5 que ces intuitions morales soi5t le rsultat d'expri5ces accumules d'utilit1 dev5ues graduellem5t organiques et hrditaires1 elles sont dev5ues compltem5t indp5dantes de l'expri5ce consci5te4 ,absolum5t comme je crois que l'intuition de l'espace1 qui exi/e *ez t\t individu vivant1 drive des expri5ces organises et consolides de t\s les individus1 ses anctres1 qui lui ont transmis leur organisation n]veuse l5tem5t dveloppe2 comme je crois que cette intuition1 qui n'a beso9 p\r tre r5due df9itive et complte que d'expri5ces p]sonnelles1 e/ dev5ue pratiquem5t une =me de p5se entirem5t indp5dante en app>5ce de l'expri5ce2 je crois aussi que les expri5ces d'utilit organises et consolides trav]s t\tes les gnrations passes de la race huma9e1 ont produit des modifications n]veuses correspondantes1 qui1 p> une transmission et une accumulation cont9ues1 sont dev5ues en n\s c]ta9es facults d'intuition morale1 c]ta9es motions correspondant la conduite bonne ou mauvaise1 qui n'ont aucune base app>5te dans les expri5ces individuelles d'utilit4 ,je s\ti5s aussi que de mme que l'intuition de l'espace rpond aux dmon/rations exactes de la gomtrie1 qui en vrifie et en int]prte les grossires conclusions1 de mme les intuitions morales rpondront aux dmon/rations de la sci5ce morale1 qui en int]prt]ont et vrifi]ont les grossires conclusions4 ,a cela1 en passant1 j'aj\t]ai seulem5t que l'hypo?se de l'volution n\s r5d a9si capables de concili] les ?ories morales opposes1 comme elle n\s p]met de concili] les ?ories opposes de la connaissance4 ,en effet1 de mme que la doctr9e des =mes innes de l'intuition intellectuelle s'accorde avec la doctr9e exprim5tale1 du mom5t o n\s reconnaissons la production de facults intellectuelles p> l'hrdit des effets de l'expri5ce1 la doctr9e des facults innes de p]ception morale s'accorde avec celle de l'utilit>isme ds que l'on voit que les prfr5ces et les av]sions sont r5dues organiques p> l'hrdit des effets des expri5ces agrables ou pnibles faites p> nos anctres4 #df4 ,il n\s faut rpondre encore une autre "q4 ,comm5t se produit le s5tim5t d'obligation morale en gnral8 ,d'o vi5t le s5tim5t du devoir considr comme di/9ct des s5tim5ts p>ticuli]s qui n\s port5t la temprance1 la prud5ce1 la bi5faisance1 la ju/ice1 la bonne foi1 etc48 ,la rponse e/ que c'e/ un s5tim5t ab/rait eng5dr d'une manire analogue celle dont se =m5t les ides ab/raites4 ,l'ide de la c\leur a primitivem5t un c>actre entirem5t concret qui lui e/ donn p> un objet qui a une c\leur1 comme n\s le montr5t c]ta9s noms qui n'ont subi aucune modification1 tels que orange et violet 7violette74 ,la dissociation de *aque c\leur de l'objet dont l'ide tait spcialem5t associe avec elle au db s'e/ faite mesure que la c\leur a t associe p> la p5se des objets diffr5ts du premi] et diffr5ts entre eux4 ,l'ide d'orange a t conue d'une manire de plus en plus ab/raite mesure qu'en se rappelant diffr5ts objets qui prs5tai5t cette c\leur orange on a nglig leurs attributs div]s p\r ne p5s] qu' leur attribut commun4 ,il en e/ de mme si n\s montons d'un degr et obs]vons comm5t se =me l'ide ab/raite de c\leur sp>e de celle des c\leurs p>ticulires4 ,si t\s les corps tai5t r\ges1 la conception ab/raite de c\leur n'exi/]ait pas4 ,supposez que t\s les corps soi5t r\ges ou gris2 il e/ vid5t que l'on pr5drait l'habitude m5tale de p5s] l'une ou l'autre de ces c\leurs en connexion avec n'importe quel objet dont on saurait le nom4 ,mais multipliez les c\leurs de telle sorte que la p5se erre inc]ta9e trav]s les ides de t\tes ces c\leurs mesure que l'on nomme un objet1 et il en rsulte la notion de c\leur indt]m9e1 de la proprit commune que les objets possd5t de n\s affect] p> la lumire rfl*ie leur surface1 aussi bi5 que p> leurs =mes4 ,en effet1 la notion de cette proprit commune e/ celle qui re/e con/ante1 t&is que l'imag9ation se reprs5te t\te la v>it possible des c\leurs4 ,elle e/ dans t\tes les *oses colores le trait uni=me1 c'e/--dire la c\leur ab/raite4 ,les t]mes qui se rapport5t la quantit f\rniss5t des exemples d'une dissociation plus m>que de l'ab/rait et du concret4 ,en gr\pant diffr5tes *oses comme petites en comp>aison de celles du g5re auquel elles app>ti5n5t ou de celles d'autres g5res1 et de mme en gr\pant quelques objets comme relativem5t gr&s1 n\s obt5ons les notions ab/raites de petitesse et de gr&eur4 ,appliques comme elles le sont d'innombrables *oses trs div]ses1 non seulem5t des objets1 mais des =ces1 des dures1 des nombres1 des valeurs1 ces notions sont ma9t5ant si peu lies au concret1 que leurs significations ab/raites sont extrmem5t vagues4 ,n\s devons not] en outre qu'une ide ab/raite a9si =me acqui]t s\v5t une indp5dance illusoire2 n\s le voyons dans le cas du m\vem5t qui1 dissoci p> la p5se de t\t corps p>ticuli]1 de t\te vitesse et de t\te direction1 e/ quelquefois m5tionn comme s'il p\vait tre conu indp5damm5t de t\t mobile4 ,t\t cela e/ vrai du subjectif aussi bi5 que de l'objectif1 et1 p>mi les autres tats de consci5ce1 c'e/ vrai des motions telles que la rflexion n\s les fait connatre4 ,en gr\pant les s5tim5ts re-reprs5tatifs dcrits plus haut1 qui1 diffr5ts entre eux d'autres g>ds1 ont un lm5t commun1 et en effaant p> suite leurs lm5ts dissemblables1 on r5d cet lm5t commun relativem5t apprciable et l'on en fait un s5tim5t ab/rait4 ,a9si se produit le s5tim5t de l'obligation morale ou du devoir4 ,etudions-en la g5se4 ,n\s avons vu que1 p5dant le progrs de l'exi/5ce anime1 les s5tim5ts les d]ni]s dvelopps1 plus composs et plus reprs5tatifs1 s]vant aju/] la conduite des beso9s plus loigns et plus gnraux1 ont t\j\rs l'autorit de guides suprieurs relativem5t aux s5tim5ts primitifs et plus simples1 sauf les cas o ces d]ni]s sont int5ses4 ,cette autorit suprieure1 *appant aux types d'tres infrieurs qui ne peuv5t gnralis]1 et peu apprcie des hommes primitifs qui n'ont que de faibles p\voirs de gnralisation1 a t di/9ctem5t reconnue mesure que la civilisation et le dveloppem5t m5tal qui la suit ont augm5t4 ,des expri5ces accumules ont produit la consci5ce que la direction donne p> des s5tim5ts qui se rapport5t des rsultats loigns et gnraux fait mieux p>v5ir ord9airem5t au bi5-tre que la direction donne p> des s5tim5ts dont la satisfaction e/ immdiate4 ,quel e/ en effet le c>actre commun des s5tim5ts qui n\s port5t l'honntet1 la bonne foi1 l'activit1 la prud5ce1 etc41 s5tim5ts que les hommes reg>d5t habituellem5t comme de meilleurs guides que les apptits ou de simples impulsions8 ,ce sont t\s des s5tim5ts complexes1 re-reprs5tatifs1 qui se rapport5t plutt l'av5ir qu'au prs5t4 ,l'ide d'une valeur p\r la direction de la conduite s'e/ donc associe celle des s5tim5ts qui ont ces c>actres2 il en rsulte que les s5tim5ts infrieurs et plus simples sont sans autorit4 ,cette ide de valeur p\r la direction de la conduite e/ un lm5t de la consci5ce ab/raite du devoir4 ,mais il y a un autre lm5t1 l'lm5t de co]civit4 ,celle-ci tire son orig9e de l'expri5ce des =mes p>ticulires de fre9s qui1 a9si que n\s l'avons montr plus haut1 se sont tablies dans le c\rs de la civilisation--fre9 politique1 religieux et social4 ,le ,dr ,ba9 attribue le s5tim5t de l'obligation morale aux effets des *tim5ts infligs p> la loi et l'op9ion publique aux actes d'un c]ta9 g5re4 ,je suis d'accord avec lui p\r croire que ces *tim5ts ont produit le s5tim5t d'incitation agir qu'enf]me la consci5ce du devoir1 et qu'exprime le mot d'obligation4 ,l'exi/5ce d'un lm5t plus anci5 et plus pr(ond1 produit comme n\s l'avons montr plus haut1 e/ cep5dant implique1 je crois1 p> le fait que quelques-uns des s5tim5ts les plus levs conc]nant l'individu lui-mme1 ceux qui n\s port5t la prud5ce et l'conomie1 ont une autorit morale p> opposition aux s5tim5ts plus simples qui conc]n5t aussi l'individu3 cela pr\ve que1 en dehors de t\te p5se de pe9es factices infliges l'imprvoyance1 le s5tim5t con/itu p> une reprs5tation des pe9es naturelles a acquis une supriorit reconnue4 ,mais1 en acceptant en gnral cette ?orie que la cra9te des *tim5ts politiques et sociaux 7auxquels il faut1 je p5se1 aj\t] les *tim5ts religieux7 ait enfant ce s5tim5t de co]civit qui se dveloppe avec la p5se de faire pass] le prs5t aprs l'av5ir et nos dsirs p]sonnels aprs les droits des autres1 il n\s importe beauc\p de rem>qu] ici que ce s5tim5t de co]civit s'e/ indirectem5t associ avec les s5tim5ts reg>ds comme moraux4 ,en effet1 puisque les motifs politique1 religieux et social de ret5ue1 sont pr9cipalem5t =ms de la reprs5tation des rsultats futurs1 et puisque le motif moral de ret5ue e/ pr9cipalem5t =m de la reprs5tation des rsultats futurs1 il arrive que les reprs5tations1 ayant beauc\p de po9ts communs et ayant t s\v5t excites ensemble1 la cra9te jo9te trois d'entre elles se jo9t1 p> association1 la quatrime4 ,la p5se des effets extr9sques d'un acte df5du excite une cra9te qui p]si/e lorsque l'on p5se aux effets intr9sques de cet acte1 et la cra9te a9si lie ces effets intr9sques produit un vague s5tim5t d'incitation morale4 ,le motif moral1 m]geant comme il le fait1 mais l5tem5t1 du milieu des motifs politique1 religieux et social1 a p5dant longtemps sa "p de la consci5ce qui e/ inhr5te ces motifs1 d'une subord9ation quelque activit extrieure1 et c'e/ seulem5t lorsqu'il devi5t di/9ct et prdom9ant qu'il p]d cette consci5ce associe3 le s5tim5t de l'obligation s'affaiblit seulem5t alors4 ,cette rem>que implique la conclusion tacite1 qui ne manqu]a pas de surpr5dre1 que le s5tim5t du devoir ou de l'obligation morale e/ transitoire et doit dim9u] mesure que la moralisation s'accrot4 ,quelque surpr5ante qu'elle soit1 cette conclusion peut tre df5due d'une manire satisfaisante4 ,ds ma9t5ant1 l'on peut suivre le progrs v]s ce d]ni] tat que n\s supposons4 ,il n'e/ pas r>e d'obs]v] que la p]si/ance accomplir un devoir f9it p> en faire un plaisir1 et l'on e/ am5 p> l admettre que1 t&is que le motif conti5t d'abord un lm5t de co]cition1 cet lm5t disp>at la f91 et l'acte s'accomplit sans que l'on ait aucune consci5ce d'tre oblig l'accomplir4 ,le contra/e entre le jeune homme auquel on comm&e d'tre actif1 et l'homme d'affaires si absorb p> ses occupations qu'on ne peut le dcid] pr5dre du repos1 n\s fait voir comm5t le travail1 qui e/ l'orig9e conu comme devant tre accompli1 peut f9ir p> cess] d'tre accompagn de cette ide4 ,il arrive quelquefois1 il e/ vrai1 que cette relation e/ r5v]se3 l'homme d'affaires p]si/e travaill] p> le seul am\r du travail1 alors qu'il ne devrait pas le faire4 ,il n'en e/ pas a9si uniquem5t des s5tim5ts qui conc]n5t l'individu lui-mme4 ,que le so9 et la protection de la femme p> le m>i rsult5t s\v5t uniquem5t de s5tim5ts qui tr\v5t leur rcomp5se directe dans les actes qu'ils inspir5t1 sans qu'il soit "q de devoir2 que l'ducation des enfants devi5ne s\v5t une occupation absorbante sans qu'il s'y joigne aucun s5tim5t co]citif d'obligation1 ce sont l des vrits vid5tes qui n\s pr\v5t que1 ds ma9t5ant1 p\r quelques-uns de nos devoirs ess5tiels env]s les autres1 le s5tim5t de l'obligation s'e/ comme retir t\t au fond de l'esprit4 ,il en e/ de mme jusqu' un c]ta9 po9t p\r les devoirs env]s les autres d'un g5re plus lev4 ,la consci5ce1 *ez beauc\p d'hommes1 a fran*i ce degr o le s5tim5t d'un p\voir qui comm&e se jo9t au jugem5t de la rectitude d'un acte4 ,le vritable honnte homme1 que l'on r5contre quelquefois1 non seulem5t ne songe pas une contra9te lgale1 religieuse ou politique1 lorsqu'il s'acquitte d'une dette2 il ne p5se mme pas une obligation qu'il s'impos]ait lui-mme4 ,il fait le bi5 avec un simple s5tim5t de plaisir le faire1 et en vrit il s\ffrirait avec pe9e que quoique ce ft l'emp*t de le faire4 ,il e/ donc vid5t qu'avec une adaptation complte l'tat social1 cet lm5t de la consci5ce sociale exprim p> le mot d'obligation disp>atra4 ,les actions d'ordre lev ncessaires p\r le dveloppem5t h>monieux de la vie s]ont aussi ord9aires et faciles que les actes infrieurs auxquels n\s port5t de simples dsirs4 ,dans le temps1 la place et la proportion qui leur sont propres1 les s5tim5ts moraux guid]ont les hommes d'une manire t\t aussi spontane et exacte que le font ma9t5ant les s5sations4 ,bi5 qu'il doive encore exi/] des ides lat5tes des maux qui rsult]ai5t de la non-con=mit au bi51 jo9tes l'influ5ce rgulatrice de ces s5tim5ts alors qu'elle s'ex]c]a1 ces ides n'occup]ont pas plus l'esprit que ne le font les ides des maux de la faim au mom5t mme o un homme en bonne sant satisfait son apptit4 #dg4 ,cette exposition laborieuse que l'extrme complexit du sujet a r5due ncessaire1 conti5t des ides ess5tielles que n\s allons mettre en relief4 ,en symbolisant p> a et p> b les phnomnes extrieurs associs1 qui ont un rapport quelconque avec le bi5-tre de l'organisme1 et en symbolisant p> c et p> d les impressions simples ou composes que l'organisme reoit du premi]1 et les m\vem5ts simples et comb9s p> lesquels ses actes sont adapts p\r s'appropri] le second1 n\s avons vu que la psy*ologie en gnral a s'occup] de la connexion entre la relation ab et la relation cd4 ,en outre1 n\s avons vu que p> voie de consqu5ce l'aspect psy*ologique de la morale e/ l'aspect s\s lequel l'aju/em5t de cd ab app>at non pas simplem5t comme une coord9ation intellectuelle1 mais comme une coord9ation dans laquelle les plaisirs et les pe9es sont galem5t des facteurs et des rsultats4 ,on a montr que dans le c\rs de l'volution le motif et l'acte devi5n5t plus complexes1 mesure que l'adaptation des actions intrieures associes1 aux actions extrieures associes1 s'accrot en t5due et en v>it4 ,d'o a dc\l le corollaire que les s5tim5ts les d]ni]s dvelopps1 plus reprs5tatifs et re-reprs5tatifs dans leur con/itution1 et se rapportant des beso9s plus loigns et plus gr&s1 ont en p>tage comme guides une autorit plus m>que que les s5tim5ts antrieurem5t dvelopps et plus simples4 ,aprs avoir a9si obs]v qu'un tre mme infrieur e/ g\v]n p> une hir>*ie de s5tim5ts con/itus de telle sorte que le bi5-tre gnral dp5d d'une c]ta9e subord9ation de l'infrieur au suprieur1 n\s avons vu que dans l'homme1 mesure qu'il arrive l'tat social1 nat le beso9 de div]ses subord9ations additionnelles de l'infrieur au suprieur1 la coopration n'tant r5due possible que p> elles4 ,aux fre9s con/itus p> les reprs5tations m5tales des effets intr9sques des actions1 qui1 s\s leur =me la plus simple1 se sont dveloppes depuis le comm5cem5t1 s'aj\t5t les fre9s rsultant des reprs5tations m5tales d'effets extr9sques1 s\s la =me de pnalits politiques1 religieuses et sociales4 ,avec l'volution de la socit1 r5due possible p> des in/itutions qui ma9ti5n5t l'ordre et qui associ5t dans l'esprit des hommes le s5tim5t de l'obligation avec l'ide des actes prescrits et avec celle de la cessation des actes df5dus1 sont nes des occasions de voir les consqu5ces mauvaises qui dc\l5t naturellem5t d'une conduite int]dite et les bonnes consqu5ces qui suiv5t une conduite comm&e4 ,de l ont f9i p> se dvelopp] les av]sions et les approbations morales1 l'expri5ce des effets intr9sques v5ant ncessairem5t ici plus t>d que l'expri5ce des effets extr9sques1 et p> suite produisant plus t>d ses rsultats4 ,les p5ses et les s5tim5ts qui con/itu5t ces av]sions et ces approbations morales sont t\j\rs dans une troite connexion avec les p5ses et les s5tim5ts qui con/itu5t la cra9te des pnalits politiques1 religieuses et morales1 et p> suite ont t accompagns aussi du s5tim5t d'obligation4 ,l'lm5t co]citif dans la consci5ce des devoirs en gnral1 dvelopp p> un comm]ce avec les influ5ces ext]nes qui r5=c5t le devoir1 s'e/ lui-mme rp&u p> association trav]s cette consci5ce du devoir1 proprem5t appele morale1 qui considre les rsultats intr9sques au lieu des rsultats extr9sques4 ,mais cette contra9te de soi-mme qui1 dans une phase relativem5t leve1 se sub/itue de plus en plus la contra9te v5ue du dehors1 doit elle-mme1 dans une phase encore plus leve1 disp>atre dans la pratique4 ,si quelque action p\r laquelle le motif spcial e/ insuffisant e/ accomplie p> obissance au s5tim5t de l'obligation morale1 le fait pr\ve que la facult spciale dont il s'agit n'e/ pas encore gale sa fonction1 n'a pas acquis assez de =ce p\r que l'activit requise soit dev5ue son activit normale1 lui f\rnissant la somme de plaisir qu'elle doit f\rnir4 ,a9si1 avec une volution complte1 le s5tim5t de l'obligation1 n'tant pas ord9airem5t prs5t1 ne s'veill]a que dans ces occasions extraord9aires qui port5t viol] les lois auxquelles autrem5t on se con=me d'une manire t\te spontane4 ,n\s sommes a9si am5s l'aspect psy*ologique de la conclusion que n\s avons donne dans le d]ni] *apitre s\s son aspect biologique4 ,les plaisirs et les pe9es qui ont leur orig9e dans le s5tim5t moral1 devi5dront1 comme les plaisirs et les pe9es physiques1 des causes d'agir ou de ne pas agir si bi5 adaptes1 dans leurs =ces1 aux beso9s1 que la conduite morale s]a la conduite naturelle4 ,,*apitre ,,viii ,,le ,,po9t ,,de ,,vue ,,sociologique #dh4 ,ce n'e/ pas p\r la race huma9e seulem5t1 mais p\r t\tes les races1 qu'il y a des lois du bi5 vivre4 tant donns son milieu et sa /ructure1 il y a p\r *aque g5re de cratures une srie d'actions de/9es p> leurs g5res1 leurs degrs et leurs comb9aisons1 assur] la plus haute cons]vation que p]mette la nature de l'tre4 ,l'animal1 comme l'homme1 a beso9 de n\rriture1 de *aleur1 d'activit1 de repos1 etc42 ces beso9s doiv5t tre satisfaits c]ta9s degrs relatifs p\r r5dre sa vie complte4 ,la cons]vation de sa race implique la satisfaction d'apptits spciaux1 sexuels et philoprognitifs1 dans des proportions lgitimes4 ,p> suite1 on peut suppos] p\r les activits de *aque espce1 une =mule qui 7on p\rrait dvelopp] cette ide7 con/itu]ait p\r cette espce un sy/me de moralit4 ,mais un tel sy/me de moralit aurait peu ou po9t de rapports avec le bi5-tre d'autres tres que l'individu lui-mme ou sa race4 ,un tre infrieur tant1 comme il l'e/1 indiffr5t aux individus de sa propre espce1 et ord9airem5t ho/ile aux individus des autres espces1 la =mule de sa vie ne ti5drait aucun compte de l'exi/5ce de ceux avec lesquels il se r5contre1 ou plutt une telle =mule impliqu]ait que la cons]vation de sa vie e/ en opposition avec la cons]vation de celle des autres4 ,mais en s'levant des espces infrieures l'tre de l'espce la plus leve1 l'homme1 ou1 plus /rictem5t1 en s'levant de l'homme de la phase pr-sociale l'homme de la phase sociale1 la =mule doit cont5ir un facteur additionnel4 ,bi5 qu'il ne soit pas p>ticuli] la vie huma9e s\s sa =me dveloppe1 la prs5ce de ce facteur e/ cep5dant1 au plus haut degr1 c>actri/ique de cette vie4 ,bi5 qu'il y ait des espces infrieures qui montr5t de la sociabilit dans une trs l>ge mesure1 et bi5 que1 dans la =mule de leurs exi/5ces compltes1 on ait t5ir compte des relations qui naiss5t de l'union1 cep5dant notre propre espce doit1 t\t pr5dre1 tre di/+ue comme ayant p\r la vie complte une =mule qui reconnat spcialem5t les relations de *aque individu avec les autres en prs5ce desquels et en coopration avec lesquels il lui faut vivre4 ,ce facteur additionnel1 dans le problme de la vie complte1 e/1 en vrit1 si important que les modifications de conduite qu'il a r5dues ncessaires en sont v5ues =m] une p>tie capitale du code de la conduite4 ,comme les incl9ations hrditaires1 qui se rapport5t directem5t la cons]vation de la vie individuelle1 sont trs exactem5t aju/es aux beso9s1 il n'a pas t ncessaire d'insi/] sur le fait qu'il e/ bon p\r la cons]vation de soi-mme de se con=m] ces incl9ations4 ,rciproquem5t1 comme ces incl9ations dvelopp5t des activits qui sont s\v5t en conflit avec les activits des autres1 et comme les s5tim5ts qui correspond5t aux droits d'autrui sont relativem5t faibles1 les codes de morale insi/5t avec =ce sur les emp*em5ts d'agir qui rsult5t de la prs5ce de nos semblables4 ,a9si1 au po9t de vue sociologique1 la morale n'e/ ri5 autre qu'une explication df9ie des =mes de conduite qui convi5n5t l'tat de socit1 de telle sorte que la vie de *acun et de t\s puisse tre la plus complte possible1 la fois en longueur et en l>geur4 #di4 ,mais ici1 n\s r5controns un fait qui n\s emp*e de plac] a9si en premire ligne le bi5-tre des citoy5s considrs individuellem5t1 et n\s oblige de mettre en premire ligne le bi5-tre de la socit considre comme un t\t4 ,la vie de l'organisme social doit1 en tant que f91 pr5dre rang au-dessus des exi/5ces de ses units4 ,ces deux f9s ne sont pas en h>monie l'orig9e1 et1 malgr la t5dance les mettre en h>monie1 elles sont encore p>tiellem5t en conflit4 ,a mesure que l'tat social se consolide1 la cons]vation de la socit devi5t un moy5 de cons]v] ses units4 ,la vie en commun s'e/ tablie p>ce que1 en somme1 on a reconnu qu'elle tait plus avantageuse p\r t\s que la vie dans l'isolem5t1 et cela implique que ma9t5ir cette comb9aison c'e/ ma9t5ir les conditions d'une exi/5ce plus satisfaisante que celle que les p]sonnes unies dans cette comb9aison aurai5t de t\te autre manire4 ,p> suite1 la cons]vation de la socit p> elle-mme devi5t un b pro*a9 qui pr5d le pas sur le b d]ni]1 la cons]vation de l'individu4 ,cette subord9ation du bi5-tre p]sonnel celui de la socit e/ cep5dant cont+5te3 elle dp5d de la prs5ce de socits antagoni/es4 ,tant que l'exi/5ce d'une socit e/ mise en pril p> les actes de communauts vois9es1 il re/e vrai que les intrts des individus doiv5t tre sacrifis ceux de la communaut1 autant que cela e/ ncessaire au salut de la communaut4 ,si cette vrit e/ manife/e1 il e/ manife/e aussi1 p> voie de consqu5ce1 que1 lorsque cesse l'antagonisme social1 cette ncessit de sacrifi] les droits privs aux droits publics cesse aussi2 ou plutt les droits publics cess5t d'tre en opposition avec les droits privs4 ,le b d]ni] a t\j\rs t de favoris] les exi/5ces individuelles1 et1 si ce b d]ni] a t subordonn la f9 pro*a9e de sauv] l'exi/5ce de la communaut1 la seule raison en a t que cette f9 pro*a9e tait une condition p\r atte9dre la f9 d]nire4 ,lorsque l'agrgat n'e/ plus en dang]1 l'objet f9al p\rsuivi1 le bi5-tre des units1 n'ayant plus beso9 d'tre subordonn1 devi5t l'objet immdiat de la p\rsuite4 ,a9si1 n\s avons donn] des conclusions diffr5tes t\*ant la conduite huma9e1 suivant que n\s avons affaire un tat de gu]re habituel ou v5tuel1 ou un tat de paix p]man5t et gnral4 ,exam9ons ces deux tats et ces deux sortes de consqu5ces4 #ej4 ,actuellem5t1 l'homme individuel doit t5ir compte1 comme il convi5t1 dans la conduite de sa vie1 des exi/5ces d'autres tres qui app>ti5n5t la mme socit1 et en mme temps il e/ quelquefois appel mpris] l'exi/5ce de ceux qui app>ti5n5t d'autres socits4 ,la mme con/itution m5tale ayant satisfaire ces deux ncessits e/ fatalem5t en dsaccord avec elle-mme1 et la conduite corrlative1 aju/e d'abord un beso91 ensuite l'autre1 ne peut pas tre s\mise un sy/me moral qui soit bi5 consqu5t4 ,tantt n\s devons har et dtruire nos semblables1 tantt les aim] et les assi/]4 ,employez t\s les moy5s p\r tromp]1 n\s dit l'un des deux codes de conduite1 et l'autre n\s dit en mme temps d'tre de bonne foi dans nos p>oles et dans nos actes4 ,saisissez-v\s de t\t ce qui app>ti5t aux autres1 et brlez ce que v\s ne p\vez emport] e/ une des injonctions de la religion de la gu]re1 t&is que la religion de l'amiti condamne comme des crimes le vol et l'inc5die4 ,tant que la conduite se compose a9si de deux p>ts opposes l'une l'autre1 la ?orie de la conduite re/e confuse4 ,il coexi/e une incompatibilit analogue entre les s5tim5ts qui correspond5t respectivem5t aux =mes de cooprations requises p\r la vie militaire et p\r la vie indu/rielle4 ,tant que les antagonismes sociaux sont habituels1 et tant que1 p\r r5dre efficace l'action contre d'autres socits1 une gr&e s\mission ceux qui comm&5t e/ ncessaire1 il faut pratiqu] surt\t la v]tu de la fidlit et le devoir d'une obissance implicite3 le mpris de la volont du *ef e/ puni de mort4 ,mais lorsque la gu]re cesse d'tre *ronique1 et lorsque les progrs de l'indu/rie habitu5t les hommes df5dre leurs propres droits t\t en respectant les droits d'autrui1 la fidlit devi5t mo9s pr(onde1 l'autorit du *ef e/ mise en "q ou mme nie p> rapport div]ses actions1 div]ses croyances prives4 ,les lois de l',etat sont braves avec succs dans plusieurs directions1 et l'indp5dance politique des citoy5s e/ bi5tt reg>de comme un droit qu'il e/ v]tueux de df5dre et honteux d'ab&onn]4 ,il arrive ncessairem5t que1 dans la transition1 ces s5tim5ts opposs se ml5t d'une manire peu h>monieuse4 ,il en e/ encore de mme p\r les in/itutions dome/iques s\s les deux rgimes4 ,tant que le premi] dom9e1 il e/ honorable de possd] un esclave1 et *ez un esclave la s\mission e/ digne d'loges2 mais1 mesure que le second se dveloppe1 c'e/ un crime d'avoir des esclaves1 et l'obissance s]vile excite le mpris4 ,il n'en e/ pas autrem5t dans la famille4 ,la sujtion des femmes p> rapport aux hommes1 complte tant que la gu]re e/ habituelle1 mais ad\cie mesure que les occupations pacifiques en pr5n5t la place1 en vi5t peu peu tre reg>de comme inju/e1 et l'on proclame enf9 l'galit des sexes devant la loi4 ,en mme temps se modifie l'op9ion t\*ant le p\voir pat]nel4 ,le droit autrefois inconte/ du pre sur la vie de ses enfants e/ ni1 et le devoir d'une s\mission absolue la volont pat]nelle1 longtemps affirm sans rs]ve1 se *ange en celui d'une obissance r5f]me dans des limites raisonnables4 ,si la relation entre la vie d'antagonisme avec des socits trangres et la vie de coopration pacifique au d$ans de *aque socit tait une relation con/ante1 on p\rrait tr\v] quelque compromis p]man5t entre les rgles opposes de la conduite approprie aux deux manires de vivre4 ,mais1 comme cette relation e/ v>iable1 le compromis ne peut jamais tre que temporaire4 ,on t5d t\j\rs une h>monie entre les croyances et les beso9s4 ,ou bi5 les arrangem5ts sociaux sont graduellem5t *angs1 jusqu' ce qu'ils arriv5t tre en h>monie avec les ides et les s5tim5ts dom9ants2 ou bi51 si les conditions du milieu s'oppos5t un *angem5t des arrangem5ts sociaux1 les habitudes de vie qu'elles r5d5t ncessaires modifi5t les ides dom9antes et les s5tim5ts dans la mesure qu'il faut4 ,de l1 p\r *aque g5re et *aque degr d'volution sociale dt]m9 p> un conflit au dehors et l'union au d$ans1 il y a un compromis appropri entre le code moral de l'ho/ilit et le code moral de l'amiti3 non pas1 la vrit1 un compromis df9itif1 durable1 mais un compromis de bonne foi4 ,ce compromis1 bi5 qu'il puisse tre vague1 ambigu1 illogique1 fait cep5dant autorit p\r un temps4 ,c> si1 comme on l'a montr plus haut1 le bi5-tre de la socit doit pr5dre le pas sur le bi5-tre des individus qui la compos5t1 p5dant ces phases o les individus p\r se sauv] eux-mmes doiv5t sauv] leur socit1 un tel compromis temporaire entre les deux codes de conduite1 p> cela mme qu'il p\rvoit comme il convi5t la df5se extrieure en mme temps qu'il favorise le plus qu'il e/ possible en pratique la coopration int]ne1 contribue la cons]vation de la vie au plus haut degr et obti5t a9si la sanction d]nire4 ,p> suite1 les morales p]plexes et inconsqu5tes dont *aque socit et *aque poque n\s montr5t des exemples plus ou mo9s dissemblables1 sont ju/ifies *acune en p>ticuli] comme tant approximativem5t les meilleures possibles dans les circon/ances donnes4 ,mais1 p> leurs df9itions mmes1 de telles moralits app>ti5n5t une conduite incomplte1 et non la conduite entirem5t dveloppe4 ,n\s avons vu que les aju/em5ts d'actes leurs f9s qui1 t\t en con/ituant les manife/ations extrieures de la vie1 favoris5t la cont9uation de la vie1 t5d5t v]s une c]ta9e =me idale dont s'appro*e ma9t5ant l'homme civilis4 ,mais cette =me n'e/ pas atte9te tant que cont9u5t les agressions d'une socit contre une autre4 ,il importe peu que l'ob/acle au dveloppem5t complet de la vie provi5ne de crimes de compatriotes ou de crimes d'trang]s2 si ces crimes se produis5t1 l'tat que n\s avons df9i n'exi/e pas encore4 ,on arrive la limite de l'volution de la conduite p\r les membres de *aque socit1 seulem5t lorsque1 cette limite ayant t atte9te aussi p> les membres d'autres socits1 les causes d'antagonisme int]national pr5n5t f9 en mme temps que les causes d'antagonisme entre individus4 ,ayant reconnu a9si1 du po9t de vue sociologique1 le beso9 et l'autorit de ces sy/mes de morale qui *ang5t en mme temps que les rapports entre les activits gu]rires et les activits pacifiques1 n\s avons considr]1 du mme po9t de vue1 le sy/me de morale propre l'tat o les activits pacifiques ne sont plus tr\bles4 #ea4 ,si1 excluant t\te ide de dang]s ou d'ob/acles prov5ant de causes extrieures une socit1 n\s n\s appliquons spcifi] les conditions dans lesquelles la vie de *aque p]sonne1 et p> suite de l'agrgat1 peut tre la plus gr&e possible1 n\s arrivons c]ta9es propositions simples qui1 telles qu'elles sont ici poses1 pr5n5t la =me de truismes4 ,en effet1 comme n\s l'avons vu1 la df9ition de cette vie1 la plus haute qui accompagne la conduite compltem5t dveloppe1 exclut elle-mme t\t acte d'agression1 non seulem5t le meurtre1 l'attaque ma9 arme1 le vol et gnralem5t les (f5ses les plus graves1 mais les mo9dres (f5ses1 telles que la diffamation1 t\t dommage caus la proprit et a9si de suite4 ,en portant directem5t atte9te l'exi/5ce individuelle1 ces actes caus5t indirectem5t une p]turbation de la vie sociale4 ,les crimes contre les autres provoqu5t un antagonisme en ret\r1 et1 s'ils sont nombreux1 l'association p]d t\te cohsion4 ,p> suite1 que l'on considre l'intgrit du gr\pe lui-mme comme f91 ou que la f9 considre soit l'avantage df9itivem5t assur aux units du gr\pe p> la cons]vation de son intgrit1 ou encore que l'avantage immdiat de ses units prises sp>m5t soit la f9 considre1 la consqu5ce e/ la mme3 de p>eils actes sont en opposition avec l'a*vem5t de la f94 ,que ces infr5ces soi5t vid5tes d'elles-mmes et familires t\s 7comme le sont la vrit les premires infr5ces tires des donnes de t\te sci5ce qui arrive la priode dductive71 ce n'e/ pas une raison p\r n\s de pass] lgrem5t sur ce fait extrmem5t important que1 du po9t de vue sociologique1 l'on voit les lois morales ess5tielles dc\l] comme corollaires de la df9ition d'une vie complte se dveloppant dans des conditions sociales4 ,ce n'e/ cep5dant pas assez de respect] ces lois fondam5tales de la morale4 ,des hommes associs qui vivrai5t sp>m5t sans se faire tort les uns aux autres1 mais sans s'assi/] non plus1 ne recueill]ai5t de leur association aucun autre avantage que de vivre en socit4 ,si1 alors qu'il n'y a pas coopration p\r des projets df5sifs 7ce qui e/ ici exclu p> hypo?se71 il n'y a pas non plus coopration p\r la satisfaction des beso9s1 l'tat social p]d presque1 s9on entirem5t1 sa raison d'tre4 ,il y a des peuples1 il e/ vrai1 qui viv5t dans une condition peu loigne de celle-l1 tels que les ,esquimaux4 ,mais bi5 que ces hommes1 n'ayant pas beso9 de s'unir p\r la gu]re qui leur e/ inconnue1 viv5t de telle sorte que *aque famille soit ess5tiellem5t indp5dante des autres1 il se prs5te cep5dant des occasions d'agir en commun4 ,en ralit1 il e/ pe9e possible de concevoir que des familles puiss5t vivre les unes ct des autres sans jamais se donn] un mutuel sec\rs4 ,nanmo9s1 que cet tat exi/e rellem5t ou qu'on s'en rappro*e seulem5t dans c]ta9s pays1 n\s devons ici reconnatre comme hypo?tiquem5t possible un tat dans lequel ces seules lois morales fondam5tales soi5t suivies1 p\r obs]v]1 s\s leurs =mes simples1 quelles sont les conditions ngatives d'une vie sociale h>monique4 ,que les membres d'un gr\pe social coopr5t ou non1 c]ta9es limitations leurs activits individuelles sont r5dues ncessaires p> leur association1 et1 aprs les avoir reconnues comme se produisant en l'abs5ce de t\te coopration1 n\s s]ons mieux prp>s compr5dre comm5t on s'y con=me lorsque la coopration comm5ce4 #eb4 ,en effet1 que les hommes viv5t ensemble d'une manire t\t fait indp5dante1 en vitant seulem5t avec so9 de s'attaqu]1 ou que1 passant de l'association passive l'association active1 ils runiss5t leurs ef=ts1 leur conduite doit tre telle que l'a*vem5t des f9s p> *acun ne soit au mo9s pas emp*4 ,il devi5t vid5t que1 lorsqu'ils agiss5t en commun1 non seulem5t il ne doit pas en rsult] plus de difficult1 mais au contraire plus de facilit1 puisque1 en l'abs5ce de ce rsultat1 savoir de r5dre une f9 plus facile atte9dre1 il ne peut y avoir aucune raison d'agir en commun4 ,quelle =me doiv5t donc pr5dre les emp*em5ts mutuels qu& la coopration comm5ce8 ou plutt quels sont1 outre les emp*em5ts mutuels primitifs et dj spcifis1 ces emp*em5ts mutuels secondaires ncessaires p\r r5dre la coopration possible8 ,un homme qui1 vivant dans l'isolem5t1 emploie ses ef=ts la p\rsuite d'une f91 e/ ddommag de cet ef=t en atteignant cette f91 et arrive a9si avoir satisfaction4 ,s'il dp5se ses ef=ts sans arriv] la f9 v\lue1 il en rsulte qu'il n'e/ pas satisfait4 ,etre satisfait1 ne pas l'tre sont la mesure du succs et de l'insuccs dans les actes p> lesquels on s\ti5t sa vie1 puisque ce que l'on atte9t au prix d'un ef=t e/ quelque *ose qui directem5t ou indirectem5t favorise le dveloppem5t de la vie1 et p> l comp5se l'ef=t2 t&is que si l'ef=t n'ab\tit pas1 ri5 ne paye la dp5se que l'on a faite1 et la vie doit en s\ffrir en proportion4 ,que doit-il en rsult] lorsque les hommes uniss5t leurs ef=ts8 ,la rponse s]a plus claire si n\s pr5ons les =mes successives de coopration dans l'ordre de leur complexit croissante4 ,n\s p\vons di/+u] comme coopration homogne3 #a celle dans laquelle des ef=ts gaux sont unis p\r obt5ir des f9s semblables dont on j\ira simultanm5t4 ,comme coopration non compltem5t homogne1 n\s p\vons di/+u]3 #b celle dans laquelle des ef=ts gaux sont unis p\r obt5ir des f9s semblables dont on ne j\ira pas simultanm5t4 ,une coopration dont l'htrognx e/ plus m>que e/3 #c celle dans laquelle des ef=ts 9gaux sont unis p\r obt5ir des f9s semblables4 ,enf9 arrive la coopration qui e/ dcidm5t htrogne3 #d celle dans laquelle des ef=ts diffr5ts sont unis p\r obt5ir des f9s diffr5tes4 ,la plus simple et la premire de ces =mes1 dans laquelle des facults huma9es1 de mme nature et de mme degr1 sont unies p\r la p\rsuite d'un bi5 auquel1 lorsqu'il e/ obt5u1 t\s p>ticip5t1 e/ reprs5te p> un exemple trs famili] dans la p\rsuite d'une proie p> les hommes primitifs2 cette =me la plus simple et la plus anci5ne d'une coopration indu/rielle e/ aussi celle qui diffre le mo9s de la coopration gu]rire2 c> les cooprateurs sont les mmes1 et les procds1 galem5t de/ructifs de la vie1 sont analogues de "p et d'autre4 ,la condition p\r qu'une telle coopration puisse tre cont9ue avec succs e/ que les cooprateurs p>tag5t galem5t les produits4 ,*acun p\vant a9si se pay] lui-mme en n\rriture p\r l'ef=t dp5s1 et en outre atte9dre c]ta9es f9s dsires1 comme d'entret5ir sa famille1 se tr\ve satisfait2 il n'y a pas l d'agression de l'un contre l'autre1 et la coopration e/ h>monique4 ,naturellem5t1 le produit p>tag ne peut tre grossirem5t proportionn aux ef=ts p>ticuli]s unis p\r l'obt5ir2 mais les sauvages1 comme cela doit tre p\r que la coopration soit h>monique1 reconnaiss5t en pr9cipe que les ef=ts comb9s doiv5t sp>m5t rapport] des avantages quival5ts1 comme ils l'aurai5t fait s'ils avai5t t sp>s4 ,bi5 plus1 au del du fait de recevoir des p>ts gales en ret\r de travaux qui sont approximativem5t gaux1 on s'ef=ce ord9airem5t de proportionn] l'avantage au mrite1 en assignant quelque *ose de plus1 s\s la =me de la meilleure "p ou du trophe1 celui qui a tu le gibi]4 ,evidemm5t1 si l'on s'loigne trop de ce sy/me de p>tag] les avantages qu& il y a eu p>tage d'ef=ts1 la coopration cesse4 ,*aque *asseur prfr]a faire le mieux qu'il p\rra p\r son propre compte4 ,passant de ce cas le plus simple de coopration un cas qui n'e/ pas t\t fait aussi simple1--cas dans lequel l'homognx e/ incomplte--dem&ons-n\s comm5t un membre d'un gr\pe peut tre conduit1 sans cess] d'tre satisfait1 pr5dre de la pe9e p\r atte9dre un avantage dont1 lorsqu'il s]a atte9t1 un autre pr(it]a seul8 ,il e/ clair qu'il peut le faire1 la condition que l'autre pr5dra dans la suite t\t autant de pe9e p\r qu'il puisse de mme son t\r pr(it] de l'avantage qui en rsult]a4 ,cet *ange d'ef=ts quival5ts e/ la =me que pr5d la coopration sociale qu& il n'y a encore que peu ou po9t de division du travail1 except entre les deux sexes4 ,p> exemple1 les ,bodos et les ,dhimals s'assi/5t mutuellem5t l'un l'autre1 l'occasion1 soit p\r con/ruire leurs maisons1 soit p\r cultiv] leurs *amps4 ,ce pr9cipe3 ,je v\s aid]ai si v\s m'aidez1 ord9aire dans les peuplades simples o les occupations sont de g5re semblable et dont on se s]t aussi l'occasion dans des peuples plus avancs1 e/ un pr9cipe p> lequel le rapport entre l'ef=t et l'avantage n'e/ pas ma9t5u directem5t1 mais bi5 indirectem5t4 ,c>1 t&is que les activits huma9es1 lorsqu'elles s'ex]c5t sp>m5t1 ou s'uniss5t comme dans l'exemple donn plus haut1 sont immdiatem5t payes de leur ef=t p> un avantage1 dans cette d]nire =me de coopration1 l'avantage obt5u p> un ef=t s'*ange contre un avantage semblable que l'on recevra plus t>d1 lorsqu'on le dem&]a4 ,dans ce cas comme dans le prcd5t1 la coopration ne peut tre ma9t5ue que si les conv5tions que l'on a tacitem5t faites sont obs]ves4 ,c> si elles n'tai5t pas habituellem5t obs]ves1 on refus]ait ord9airem5t de r5dre le s]vice dem&1 et *acun s'arrang]ait de manire agir p\r son compte le mieux possible4 ,t\s les avantages que peut donn] l'union des ef=ts p\r faire ce qui dpasse le p\voir d'individus isols1 ne p\rrai5t tre obt5us4 ,a9si1 l'orig9e1 l'obs]vation des contrats qui sont implicitem5t s9on expressm5t conclus devi5t une condition de la coopration sociale1 et p> suite du dveloppem5t social4 ,de ces =mes simples de coopration dans lesquelles les travaux que les hommes entrepr5n5t sont du mme g5re1 passons aux =mes plus complexes dans lesquelles ces travaux sont de g5res diffr5ts4 ,lorsque des hommes s'entr'aid5t p\r btir des huttes ou p\r abattre des arbres1 le nombre des j\rs de travail donns ma9t5ant p> l'un l'autre e/ facilem5t balanc p> un gal nombre de j\rs de travail donns p> l'autre au premi]4 ,mais lorsque la division du travail comm5ce1 lorsqu'il vi5t se faire des transactions entre l'un qui fabrique des armes et l'autre qui prp>e des peaux p\r s]vir de vtem5ts1 ou entre celui qui cultive et celui qui p*e du poisson1 il n'e/ facile de mesur] leurs travaux ni au po9t de vue de leurs quantits ni au po9t de vue de leurs qualits relatives2 avec la multiplication des occupations qui implique les v>its nombreuses d'habilet et de puissance1 il cesse d'y avoir quoi que ce soit qui ressemble une quival5ce manife/e entre des ef=ts intellectuels et des ef=ts physiques comp>s les uns aux autres1 ou entre leurs produits4 ,il en rsulte que la conv5tion ne peut pas tre considre comme t\te faite1 comme lorsqu'il s'agit d'*ang] des *oses de mme g5re3 il faut l'tablir expressm5t4 ,si ,a cons5t ce que ,b s'approprie un produit de son habilet spciale1 la condition qu'il lui soit p]mis de s'appropri] un produit diffr5t de l'habilet spciale de ,b1 il en rsulte que1 comme l'quival5ce des deux produits ne peut pas tre dt]m9e p> une comp>aison directe de leurs quantits et de leurs qualits1 on doit bi5 s'ent5dre sur la quantit de l'un de ces produits1 qui peut tre prise en *ange d'une c]ta9e quantit de l'autre4 ,c'e/ donc p> suite d'une conv5tion volontaire1 non plus tacite et vague1 mais dcl>e et df9ie1 que la coopration peut se cont9u] h>monieusem5t1 lorsque la division du travail s'e/ tablie4 ,comme dans la coopration la plus simple1 o des ef=ts semblables tai5t unis p\r assur] un bi5 commun1 le mcont5tem5t caus *ez ceux qui1 aprs avoir dp5s leurs pe9es1 n'obti5n5t pas leur "p du bi51 les porte cess] t\te coopration2 comme dans une coopration plus avance1 qui consi/e dans l'*ange de travaux gaux de mme g5re f\rnis en diffr5ts temps1 on se dgte de coopr] si l'on n'obti5t pas l'quival5t de travail que l'on tait en droit d'att5dre2 de mme1 dans cette coopration dveloppe1 si l'un manque de f\rnir l'autre ce qui avait t ouv]tem5t reconnu comme tant d'une valeur gale au travail ou au produit f\rni1 il en rsulte que la coopration e/ entrave p> le mcont5tem5t4 ,evidemm5t1 lorsque les antagonismes a9si causs emp*5t le dveloppem5t des units1 la vie de l'agrgat e/ mise en dang] p> l'amo9drissem5t de la cohsion4 #ec4 ,outre ces dommages relativem5t directs1 spciaux et gnraux1 il faut not] des dommages indirects4 ,comme cela rsulte dj du raisonnem5t du prcd5t p>agraphe1 non seulem5t l'intgration sociale1 mais encore la diffr5ciation sociale e/ emp*e p> la rupture du contrat4 ,dans la deuxime p>tie des ,pr9cipes de sociologie1 on a montr que les pr9cipes fondam5taux de l'organisation sont les mmes p\r un organisme individuel et p\r un organisme social1 p>ce qu'ils sont composs l'un et l'autre de p>ties mutuellem5t dp5dantes4 ,dans un cas comme dans l'autre1 l'hypo?se d'activits diffr5tes ex]ces p> les membres composants e/ possible1 la condition seulem5t qu'ils pr(it5t sp>m5t des degrs conv5ables des activits les uns des autres4 ,p\r mieux voir ce qui en rsulte p> rapport aux /ructures sociales1 notons d'abord ce qui en rsulte p> rapport aux /ructures individuelles4 ,le bi5-tre d'un corps vivant implique un quilibre approximatif entre la p]te et la rp>ation4 ,si les activits entran5t une dp5se qui n'e/ pas comp5se p> la nutrition1 le dprissem5t s'ensuit4 ,si les tissus peuv5t emprunt] au sang enri*i p> la n\rriture des sub/ances suffisantes p\r remplac] celles que le travail a ues1 la vigueur peut se ma9t5ir1 et1 si le ga9 excde la p]te1 il en rsulte un accroissem5t4 ,ce qui e/ vrai du t\t dans ses relations avec le monde extrieur n'e/ pas mo9s vrai des p>ties dans leurs relations entre elles4 ,*aque organe1 comme l'organisme enti]1 se dtriore p> l'accomplissem5t de sa fonction1 et doit se re/aur] avec les matriaux qui lui sont apports4 ,si la quantit des matriaux qui lui sont f\rnis p> le conc\rs des autres organes e/ insuffisante1 cet organe p>ticuli] dprit4 ,s'ils sont en assez gr&e quantit1 il peut cons]v] son intgrit4 ,s'ils sont en excs1 il peut s'accrotre4 ,dire que cet arrangem5t con/itue le contrat physiologique1 c'e/ us] d'une mtaphore qui ne semble pas ju/e et qui e/ ess5tiellem5t exacte4 ,c> les relations de /ructure sont rellem5t telles que1 grce un sy/me rgulateur c5tral1 *aque organe e/ approvisionn de sang en proportion du travail qu'il fait4 ,comme on l'a m>qu 7,pr9cipes de sociologie1 #bed71 les animaux bi5 dvelopps sont con/itus de telle sorte que *aque muscle ou *aque viscre1 qu& il e/ appel agir1 envoie aux c5tres vaso-moteurs1 trav]s c]ta9es fibres n]veuses1 une impulsion cause p> son action2 et alors1 p> d'autres fibres n]veuses1 se produit une impulsion qui cause une dilatation de ses vaisseaux sangu9s4 ,c'e/ dire que t\tes les autres p>ties de l'organisme1 lorsqu'elles exig5t conjo9tem5t un travail d'un organe1 comm5c5t aussitt p> le pay] en sang4 ,dans l'tat ord9aire d'quilibre physiologique1 la p]te et le ga9 se balanc5t1 et l'organe ne *ange pas s5siblem5t4 ,si la somme de sa fonction e/ accrue dans des limites assez modres p\r que les vaisseaux sangu9s de cette rgion puiss5t apport] une quantit de sang accrue dans la mme proportion1 l'organe se dveloppe2 outre qu'il rp>e sa p]te p> son ga91 il fait un pr(it p> le surplus de son activit2 il e/ a9si en tat1 grce au dveloppem5t de sa /ructure1 de faire face des dem&es supplm5taires4 ,mais1 si les dem&es qui lui sont faites devi5n5t si gr&es que les matriaux f\rnis ne puiss5t suffire la dp5se1 soit p>ce que les vaisseaux sangu9s de la rgion ne sont pas assez l>ges1 soit p\r une autre cause1 l'organe comm5ce dcrotre p> suite de l'excs de la p]te p> rapport la rp>ation3 il se produit alors ce que l'on appelle une atrophie4 ,or1 puisque *acun des organes doit a9si tre pay en n\rriture p\r ses s]vices p> les autres1 il s'ensuit que le balancem5t d'un quilibre conv5able entre leurs dem&es et leurs recettes respectives e/ requis1 directem5t p\r le bi5-tre de *aque organe et indirectem5t p\r le bi5-tre de l'organisme4 ,c>1 dans un t\t =m de p>ties mutuellem5t dp5dantes1 ce qui emp*e l'accomplissem5t lgitime du devoir d'une p>tie ragit d'une manire fune/e sur t\tes les p>ties4 ,avec un *angem5t conv5able des t]mes1 ces propositions et ces infr5ces sont vraies p\r une socit4 ,la division sociale du travail1 qui e/ p>allle tant d'autres g>ds la division physiologique du travail1 lui e/ p>allle aussi cet g>d4 ,comme on l'a montr t\t au long dans les ,pr9cipes de sociologie 7deuxime p>tie7 *aque ordre de fonctionnaires et *aque ordre de producteurs1 accomplissant sp>m5t quelque action ou fabriquant quelque article non p\r satisfaire directem5t leurs beso9s1 mais p\r satisfaire ceux de leurs concitoy5s en gnral qui sont occups autrem5t1 ne peuv5t cont9u] le faire qu'autant que les ef=ts dp5ss et le pr(it qu'ils en retir5t sont approximativem5t quival5ts4 ,les organes sociaux1 comme les organes individuels1 re/5t /ationnaires s'ils j\iss5t en des proportions normales des avantages produits p> la socit considre comme un t\t4 ,si les dem&es faites une indu/rie ou une pr(ession s'accroiss5t d'une manire inusite1 et si ceux qui y sont engags font des pr(its excessifs1 un plus gr& nombre de citoy5s s'adonn5t cette indu/rie ou cette pr(ession1 et la /ructure sociale que leurs membres con/itu5t se dveloppe2 au contraire1 la dim9ution des dem&es1 et p> suite des pr(its1 ou conduit leurs membres *]*] d'autres c>rires1 ou arrte les accessions ncessaires p\r remplac] ceux qui meur5t1 et la /ructure dprit4 ,a9si se ma9ti5t entre les =ces des p>ties composantes la proportion qui peut le mieux produire le bi5-tre du t\t4 ,rem>quez ma9t5ant que la condition premire p\r arriv] ce rsultat e/ d'obs]v] le contrat4 ,si les membres d'une p>tie manqu5t s\v5t de pay] ou ne pay5t pas la somme conv5ue1 alors1 comme les uns sont ru9s et que les autres r5onc5t leur occupation1 la p>tie dim9ue1 et1 si aup>avant elle tait simplem5t capable de remplir son devoir1 elle en e/ incapable ma9t5ant1 et la socit s\ffre4 ,ou bi5 si les beso9s sociaux donn5t un gr& accroissem5t une fonction1 et que les membres qui la rempliss5t soi5t mis en tat d'obt5ir p\r leurs s]vices des prix extraord9airem5t levs1 la fidlit aux engagem5ts pris de leur pay] ces prix levs e/ le seul moy5 d'attir] cette p>tie un nombre de membres supplm5taires assez considrable p\r la r5dre capable de suffire l'augm5tation des dem&es4 ,c> les citoy5s ne vi5dront pas cette p>tie s'ils s'ap]oiv5t que les hauts prix dont on e/ conv5u ne sont pas pays4 ,a9si1 en un mot1 la base de t\te coopration e/ la proportion tablie entre les bnfices reu et les s]vices r5dus4 ,sans cela1 il ne peut y avoir de division physiologique du travail2 sans cela1 il ne peut y avoir de division sociologique du travail4 ,et puisque la division du travail1 physiologique ou sociologique1 pr(ite au t\t et *aque p>tie1 il en rsulte que le bi5-tre la fois spcial et gnral dp5d du ma9ti5 des arrangem5ts qui lui sont ncessaires4 ,dans une socit1 de p>eils arrangem5ts sont ma9t5us seulem5t si les m>*s1 exprs ou tacites1 sont obs]vs4 ,de telle sorte qu'outre cette premire condition p\r la coexi/5ce h>monique des membres d'une socit1 savoir que les units qui la compos5t ne doiv5t pas s'attaqu] directem5t les unes les autres1 il y a cette seconde condition qu'elles ne doiv5t pas s'attaqu] indirectem5t en violant les conv5tions4 #ed4 ,mais n\s avons ma9t5ant reconnatre que l'obs]vation complte de ces conditions1 primitives et drives1 ne suffit pas4 ,la coopration sociale peut tre telle que p]sonne ne soit emp* d'obt5ir la rcomp5se normale de ses ef=ts1 que *acun1 au contraire1 soit aid p> un *ange quitable de s]vices1 et cep5dant il peut encore re/] beauc\p faire4 ,il y a une =me ?oriquem5t possible de socit1 purem5t indu/rielle dans ses activits1 qui1 t\t en s'appro*ant de l'idal moral dans son code de conduite plus qu'aucune autre socit non purem5t indu/rielle1 n'atte9t pas ple9em5t cet idal4 ,c> si l'indu/rialisme veut que la vie de *aque citoy5 soit telle qu'elle puisse se pass] sans agressions directes ou indirectes contre les autres citoy5s1 il n'exige pas que la vie de *acun soit telle qu'elle favorise directem5t le dveloppem5t de celle des autres4 ,ce n'e/ pas une consqu5ce ncessaire de l'indu/rialisme1 en tant qu'il e/ a9si df9i1 que *acun1 outre les avantages procurs et reu p> l'*ange des s]vices1 procure ou reoive d'autres avantages4 ,on peut concevoir une socit =me d'hommes dont la vie soit p>faitem5t in(f5sive1 qui obs]v5t scrupuleusem5t leurs contrats1 qui lv5t avec so9 leurs enfants1 et qui cep5dant1 en ne se procurant aucun avantage au del de ceux dont ils sont conv5us1 n'atteign5t pas ce degr le plus lev de la vie qui n'e/ possible qu'autant que l'on r5d des s]vices gratuits4 ,des expri5ces j\rnalires pr\v5t que *acun de n\s s'expos]ait des maux nombreux et p]drait beauc\p de bi5s1 si p]sonne ne n\s donnait une assi/ance sans ret\r4 ,la vie de *acun de n\s s]ait plus ou mo9s compromise s'il n\s fallait sans sec\rs et p> n\s seuls affront] t\s les has>ds4 ,en outre1 si p]sonne ne faisait ri5 de plus p\r ses concitoy5s que ce qui e/ exig p\r la /ricte obs]vation d'un contrat1 les intrts privs s\ffrirai5t de cette abs5ce de t\t s\ci p\r les intrts publics4 ,la limite de l'volution de la conduite n'e/ donc pas atte9te1 jusqu' ce que1 non cont5t d'vit] t\te inju/ice directe ou indirecte l'g>d des autres1 on soit capable d'ef=ts spontans p\r contribu] au bi5-tre des autres4 ,on peut montr] que la =me de nature qui aj\te a9si la bi5faisance la ju/ice e/ une =me que produit l'adaptation l'tat social4 ,l'homme social n'a pas encore mis sa con/itution en h>monie avec les conditions qui =m5t la limite de l'volution1 tant qu'il re/e de la place p\r l'accroissem5t de facults qui1 p> leur ex]cice1 caus5t aux autres un avantage positif et l'individu lui-mme une satisfaction4 ,si la prs5ce d'autres hommes1 en mettant c]ta9es limites la sphre d'activit de *acun1 ouvre c]ta9es autres sphres d'activit dans lesquelles les s5tim5ts1 t\t en arrivant leur propre f91 n't5t ri51 mais aj\t5t aux f9s des autres1 de semblables sphres s]ont fatalem5t occupes4 ,la reconnaissance de cette vrit cep5dant ne n\s oblige pas modifi] beauc\p la conception de l'tat indu/riel expose plus haut1 puisque la sympa?ie e/ la rac9e la fois de la ju/ice et de la bi5faisance4 #ee4 ,a9si le po9t de vue sociologique de la morale complte les po9ts de vue physique1 biologique et psy*ologique1 en p]mettant de dc\vrir les seules conditions dans lesquelles des activits associes peuv5t s'ex]c] de telle sorte que la vie complte de *acun s'accorde avec la vie complte de t\s et la favorise4 ,a l'orig9e1 le bi5-tre de gr\pes sociaux1 ord9airem5t en antagonisme avec d'autres gr\pes semblables1 pr5d le pas sur le bi5-tre individuel1 et les rgles de conduite1 auxquelles on doit alors se con=m]1 emp*5t le complet dveloppem5t de la vie individuelle1 p\r que la vie gnrale puisse tre cons]ve4 ,en mme temps1 les rgles doiv5t satisfaire autant que possible aux droits de la vie individuelle1 puisque le bi5-tre de l'agrgat dp5d1 dans une l>ge proportion1 du bi5-tre des units4 ,a mesure que les socits devi5n5t mo9s dang]euses les unes p\r les autres1 le beso9 de subordonn] les exi/5ces individuelles la vie gnrale dcrot1 et1 qu& on appro*e d'un tat pacifique1 la vie gnrale1 dont le b loign a t ds le comm5cem5t de favoris] les exi/5ces individuelles1 fait de ce b son b pro*a94 ,p5dant la transition1 des compromis successifs sont r5dus ncessaires entre le code moral qui affirme les droits de la socit contre ceux des individus et le code moral qui affirme les droits de l'individu contre ceux de la socit4 ,evidemm5t1 aucun de ces compromis1 bi5 qu'ils ai5t de l'autorit p\r un temps1 n'a d'expression durable ou df9itive4 ,p> degrs1 mesure que la gu]re dim9ue2 p> degrs1 mesure que la coopration impose p> la =ce1 indisp5sable p\r lutt] avec les ennemis du dehors1 p]d de sa ncessit et fait place la coopration volontaire qui contribue efficacem5t assur] la cons]vation intrieure1 le code de conduite qui implique une coopration volontaire devi5t de plus en plus clair4 ,et ce code f9al1 p]man5t1 peut seul tre =mul en t]mes df9itifs2 il con/itue a9si la sci5ce de la morale1 p> opposition la morale empirique4 ,les traits ess5tiels d'un code s\s lequel le dveloppem5t complet de la vie e/ assur p> une coopration volontaire1 peuv5t tre indiqus simplem5t4 ,ce qui e/ ess5tiellem5t exig1 c'e/ que les actes utiles la vie que *acun peut accomplir lui rapport5t sp>m5t les sommes et les sortes d'avantages auxquels ils t5d5t naturellem5t2 cela suppose d'abord qu'il ne s\ffrira dans sa p]sonne ou sa proprit aucune agression directe1 et1 en second lieu1 qu'il ne s\ffrira aucune agression indirecte p> violation de contrat4 ,l'obs]vation de ces conditions ngatives de t\te coopration volontaire ayant facilit la vie au plus haut degr p> l'*ange de s]vices dont on e/ conv5u1 la vie doit tre en outre favorise p> l'*ange de s]vices qui n'ont t l'objet d'aucune conv5tion1 le plus haut dveloppem5t de la vie tant atte9t seulem5t lorsque1 non cont5ts de s'aid] mutuellem5t r5dre leur vie complte p> une assi/ance rciproque spcifie1 les hommes s'aid5t encore autrem5t r5dre mutuellem5t leur vie complte4 ,,*apitre ,,ix ,,critiques ,,et ,,obs]vations #ef4 ,la comp>aison des *apitres prcd5ts les uns avec les autres suggre div]ses que/ions auxquelles il faut rpondre en p>tie1 s9on compltem5t1 avant d'entrepr5dre de ram5] les pr9cipes moraux de leurs =mes ab/raites des =mes concrtes4 ,n\s avons vu qu'admettre que la vie consci5te e/ dsirable1 c'e/ admettre que la conduite doit tre telle qu'elle produise une consci5ce qui soit dsirable1 une consci5ce aussi agrable1 aussi peu pnible que possible4 ,n\s avons vu galem5t que cette supposition ncessaire correspond cette infr5ce priori1 que l'volution de la vie a t r5due possible seulem5t p> l'tablissem5t de connexions entre les plaisirs et les actions avantageuses1 entre les pe9es et les actions nuisibles4 ,mais la conclusion gnrale atte9te p> ces deux voies1 bi5 qu'elle c\vre le t]ra9 de nos conclusions spciales1 ne n\s aide pas atte9dre ces conclusions spciales4 ,si les plaisirs tai5t t\s d'un seul g5re et diffrai5t seulem5t en degr2 si les pe9es tai5t t\tes du mme g5re et ne diffrai5t que p> leur degr2 si la comp>aison des plaisirs aux pe9es p\vait donn] des rsultats prcis1 les problmes de la conduite s]ai5t gr&em5t simplifis4 ,si les plaisirs et les pe9es1 qui n\s port5t c]ta9es actions ou n\s en dt\rn5t1 tai5t simultanm5t prs5ts la consci5ce avec la mme vivacit1 ou s'ils tai5t t\s galem5t imm95ts ou galem5t loigns dans le temps1 les problmes s]ai5t encore simplifis p> l4 ,ils le s]ai5t plus encore1 si les plaisirs et les pe9es tai5t exclusivem5t ceux de l'ag5t4 ,mais les s5tim5ts dsirables et ceux qui ne le sont pas sont de diffr5ts g5res2 la comp>aison quantitative e/ p> l r5due difficile2 quelques-uns sont prs5ts et d'autres futurs2 la difficult de la comp>aison quantitative s'accrot d'autant2 elle s'augm5te encore de ce que les uns conc]n5t l'individu lui-mme et les autres d'autres p]sonnes4 ,il en rsulte que la direction donne p> le pr9cipe auquel n\s arrivons d'abord e/ peu utile1 mo9s qu'on ne la complte p> la direction de pr9cipes secondaires4 ,dj1 en reconnaissant la subord9ation ncessaire des s5tim5ts prs5tatifs aux s5tim5ts reprs5tatifs1 et la ncessit qui en rsulte de sacrifi] dans un gr& nombre de cas le prs5t l'av5ir1 n\s n\s sommes appro*s d'un pr9cipe secondaire propre dirig] la conduite4 ,dj aussi1 en reconnaissant les limitations que l'tat d'association impose aux actions huma9es1 avec le beso9 qui en rsulte de re/re9dre des s5tim5ts de c]ta9s g5res p> des s5tim5ts d'autres g5res1 n\s avons ap]u un autre pr9cipe secondaire4 ,il re/e encore beauc\p dcid] t\*ant les droits relatifs de ces pr9cipes de conduite1 gnraux et spciaux4 ,on obti5dra quelque claircissem5t des que/ions s\leves1 en discutant ici c]ta9es vues et c]ta9s argum5ts proposs p> les morali/es passs et contempora9s4 #eg4 ,en se s]vant du nom d'hdonisme p\r dsign] la ?orie morale qui fait du bonheur la f9 de t\te action1 et en di/+uant deux =mes d'hdonisme1 g/e et gnral suivant que le bonheur *]* e/ celui de l'auteur lui-mme ou celui de t\s1 ,m4 ,sidgwick fait obs]v] que p\r les p>tisans de cette ?orie les plaisirs et les pe9es sont comm5surables4 ,dans sa critique de l'hdonisme g/e empirique1 il dit3 ,l'hypo?se fondam5tale de l'hdonisme1 clairem5t tablie1 e/ que t\s les s5tim5ts1 considrs purem5t comme s5tim5ts1 peuv5t tre disposs de manire =m] une c]ta9e *elle de s5tim5ts dsirables1 de telle sorte que la mesure dans laquelle *acun e/ dsirable ou agrable soit dans un rapport df9i avec celle o t\s les autres le sont4 7,m?odes de morale1 #b;e dit41 p4 #aae47 ,en affirmant que c'e/ l l'hypo?se de l'hdonisme1 il entrepr5d de montr] t\tes les difficults auxquelles ce calcul donne lieu1 app>emm5t p\r en conclure que ces difficults sont autant d'argum5ts contre la ?orie hdoni/ique4 ,mais1 bi5 qu'on puisse montr] qu'en dsignant l'int5sit1 la dure la c]titude et la proximit d'un plaisir ou d'une pe9e comme autant de traits dont on doit t5ir compte p\r en apprci] la valeur relative1 ,b5?am a lui-mme fait l'hypo?se dont il s'agit1 et bi5 qu'on puisse peut-tre avec assez de raison pr5dre p\r accord que l'hdonisme tel qu'il le reprs5te e/ id5tique l'hdonisme en gnral1 il ne me semble pas cep5dant que l'hdoni/e1 empirique ou autre1 doive ncessairem5t admettre cette hypo?se4 ,que le plus gr& excs possible des plaisirs sur les pe9es doive tre la f9 de l'action1 c'e/ une croyance qu'il peut encore s\t5ir sans contradiction aprs avoir reconnu que les valuations des plaisirs et des pe9es sont communm5t vagues et s\v5t errones4 ,il peut dire que1 bi5 que des *oses indf9ies ne soi5t pas susceptibles de mesures df9ies1 on peut cep5dant apprci] avec assez de vrit leurs valeurs relatives1 lorsqu'elles diffr5t considrablem5t2 il peut dire en outre que1 mme si leurs valeurs relatives sont impossibles dt]m9]1 il e/ encore vrai que celle dont la valeur e/ plus gr&e doit tre *oisie4 ,ec\tons-le4 ,un dbiteur qui ne peut me pay] m'(fre de ra*et] sa dette en mettant ma disposition l'un des diffr5ts objets qu'il possde1 une p>ure de diamants1 un vase d'arg5t1 un tableau1 une voiture4 ,t\te autre "q c>te1 j'affirme que c'e/ mon intrt pcuniaire de *oisir p>mi ces objets celui qui a le plus de valeur1 mais je ne puis dire quel e/ celui qui a la valeur la plus gr&e4 ,cette proposition1 que c'e/ mon intrt pcuniaire de *oisir l'objet le plus prcieux1 devi5t-elle d\teuse p> l8 ,ne dois-je pas faire mon *oix le mieux possible1 et1 si je *oisis mal1 dois-je r5onc] p\r cela mon pr9cipe8 ,dois-je infr] qu'en affaires je ne puis agir selon cette rgle que1 t\tes *oses gales1 la transaction la plus pr(itable e/ celle qu'il faut prfr]1 p>ce que dans plusieurs cas je ne puis dire quelle e/ la plus pr(itable et que j'ai s\v5t *oisi celle qui l'e/ le mo9s8 ,p>ce que je crois que de plusieurs manires d'agir diffr5tes je dois pr5dre la mo9s dang]euse1 e/-ce que je fais l'hypo?se fondam5tale que les manires d'agir peuv5t tre classes au po9t de vue du dang] qu'elles (fr5t1 et dois-je ab&onn] ma croyance si je ne puis les class] a9si8 ,si je puis sans contradiction ne pas faire cette classification1 je puis galem5t sans contradiction ne pas rejet] le pr9cipe que le plus gr& excs possible des plaisirs sur les pe9es doit tre la f9 de la conduite1 s\s prtexte que l'on ne peut affirm] que les plaisirs et les pe9es soi5t comm5surables4 ,a la f9 de ses *apitres sur l'hdonisme empirique1 ,m4 ,sidgwick lui-mme dit qu'il ne p5se pas que l'expri5ce commune du g5re huma91 exam9e imp>tialem5t1 pr\ve rellem5t que la ?orie de l'hdonisme g/e se dtruise ncessairem5t elle-mme2 il aj\te cep5dant que l'inc]titude du calcul hdoni/ique1 on ne peut le ni]1 a un gr& poids4 ,mais1 ici encore1 l'hypo?se fondam5tale de l'hdonisme1 savoir que le bonheur e/ la f9 de l'action1 e/ suppose envelopp] l'hypo?se que les s5tim5ts peuv5t tre disposs de manire =m] une *elle en proportion de leur valeur dsirable4 ,n\s avons vu qu'il n'en e/ ri53 l'hypo?se fondam5tale de cette doctr9e n'e/ en aucune faon invalide p> ce fait que les s5tim5ts ne peuv5t tre a9si classs4 ,il y a encore contre l'argum5t de ,m4 ,sidgwick1 une objection non mo9s srieuse1 savoir que t\t ce qu'il dit contre l'hdonisme g/e vaut1 et plus =te raison1 contre l'hdonisme gnral1 ou l'utilit>isme4 ,il admet que la valeur de cet argum5t e/ la mme dans les deux cas2 t\t le poids1 dit-il1 que l'on donn]a l'objection faite contre cette hypo?se 7que les plaisirs et les pe9es sont comm5surables71 retomb]a ncessairem5t sur la prs5te m?ode4 ,non seulem5t il en s]a a9si1 mais l'objection aura une d\ble valeur4 ,je n'ent5ds pas seulem5t p> l que1 comme il le fait rem>qu]1 l'hypo?se devi5t s+ulirem5t complique si n\s t5ons compte de t\s les tres s5sibles1 et si n\s considrons la po/rit en mme temps que la gnration actuelle4 ,j'ent5ds que1 si l'on pr5d p\r f9 atte9dre le plus gr& bonheur des individus =mant actuellem5t une seule nation1 la srie des difficults que l'on r5contre sur la r\te de l'hdonisme g/e se complique d'une autre srie de difficults non mo9dres1 qu& n\s passons l'hdonisme gnral4 ,c>1 s'il faut remplir les prescriptions de l'hdonisme gnral1 ce s]a s\s la direction des jugem5ts individuels1 ou des jugem5ts ports p> des gr\pes1 ou des uns et des autres la fois4 ,or1 l'un quelconque de ces jugem5ts1 issus d'un seul esprit ou d'un agrgat d'esprits1 conti5t ncessairem5t des conclusions relatives au bonheur d'autres p]sonnes3 de celles-ci1 peu sont connues1 et l'on n'en a jamais vu le plus gr& nombre4 ,t\tes ces p]sonnes ont des natures qui diffr5t de mille manires et mille degrs des natures de celles qui =m5t les jugem5ts1 et le bonheur dont elles sont capables individuellem5t diffre de l'une l'autre1 et diffre du bonheur de celles qui =m5t les jugem5ts4 ,p> consqu5t1 si la m?ode de l'hdonisme g/e on peut object] que les plaisirs et les pe9es d'un homme en p>ticuli]1 dissemblables au po9t de vue du g5re1 de l'int5sit1 des circon/ances1 sont incomm5surables1 on peut faire valoir contre la m?ode de l'hdonisme gnral qu' l'impossibilit de mesur] ensemble les plaisirs et les pe9es de *aque juge en p>ticuli] 7plaisirs et pe9es dont il doit se s]vir comme d'talons71 il faut aj\t] ma9t5ant l'impossibilit bi5 plus manife/e encore de mesur] ensemble les plaisirs et les pe9es qu'il conoit comme pr\vs p> la f\le imm5se des autres hommes1 t\s con/itus autrem5t que lui et diffremm5t les uns des autres4 ,bi5 plus1 il y a une triple srie de difficults dans la m?ode de l'hdonisme gnral4 ,a la d\ble impossibilit de dt]m9] la f9 s'aj\te celle de dt]m9] les moy5s4 ,si l'hdonisme1 g/e ou gnral1 doit pass] de la ?orie morte la pratique vivante1 des actes d'un g5re ou d'un autre doiv5t tre rsolus p\r atte9dre les objets qu'on se propose2 p\r apprci] les deux m?odes1 n\s avons considr] jusqu' quel po9t peut tre juge l'efficacit des actes respectivem5t requis4 ,si1 en p\rsuivant ses propres f9s1 l'individu e/ expos tre conduit p> des op9ions errones mal aju/] ses actes1 il e/ bi5 plus expos encore tre conduit p> des op9ions errones mal aju/] des actes plus complexes aux f9s plus complexes1 qui consi/5t dans le bi5-tre d'autres hommes4 ,il en e/ a9si s'il agit isolm5t p\r le bi5 d'un petit nombre d'autres p]sonnes2 et c'e/ bi5 pire s'il coopre avec plusieurs p\r le bi5 de t\s4 ,faire du bonheur gnral l'objet immdiat de ses ef=ts1 implique des in/rum5talits g\v]nes p> des milli]s de p]sonnes invisibles et dissemblables1 agissant sur des millions d'autres p]sonnes que l'on ne voit pas non plus et qui diffr5t entre elles4 ,mme les facteurs peu nombreux qui sont connus dans cet imm5se agrgat d'applications et de processus1 le sont trs imp>faitem5t2 mais la gr&e majorit e/ inconnue4 ,de telle sorte que mme en supposant l'valuation des plaisirs et des pe9es p\r la communaut en gnral plus praticable1 ou mme aussi praticable que l'valuation de ses plaisirs ou de ses pe9es p> l'individu1 cep5dant le g\v]nem5t de la conduite1 en se proposant la premire de ces f9s1 e/ bi5 plus difficile que le g\v]nem5t de la conduite en se proposant l'autre4 ,p> suite1 si la m?ode de l'hdonisme g/e n'e/ pas satisfaisante1 bi5 mo9s satisfaisante encore p\r les mmes raisons et p\r des raisons analogues e/ la m?ode de l'hdonisme gnral1 ou de l'utilit>isme4 ,n\s dc\vrons ici la conclusion laquelle n\s n\s proposions d'ab\tir dans la critique prcd5te4 ,l'objection faite la m?ode hdoni/ique conti5t une vrit2 mais elle conti5t aussi une erreur4 ,c>1 t&is que cette proposition1 savoir que le bonheur1 individuel ou gnral1 e/ la f9 de l'action1 n'e/ pas affaiblie si l'on dmontre que l'on ne peut s\s aucune de ces deux =mes l'apprci] en mesurant les lm5ts qui le compos5t1 cep5dant on peut admettre que la direction dans la p\rsuite du bonheur donne p> une pure balance des plaisirs et des pe9es e/1 si elle e/ p>tiellem5t praticable dans c]ta9s cas1 futile dans un nombre de cas beauc\p plus considrable4 ,on ne se contr$it en aucune manire en affirmant que le bonheur e/ la f9 d]nire des actes et en niant1 en mme temps1 qu'on puisse y arriv] en faisant du bonheur son b immdiat4 ,je m'accorde avec ,m4 ,sidgwick dans cette conclusion que n\s devons admettre qu'il e/ dsirable de confirm] ou de corrig] les rsultats de telles comp>aisons 7des plaisirs et des pe9es7 p> une autre m?ode laquelle n\s puissions tr\v] une raison de n\s fi]2 et je vais plus lo93 je dis que dans un gr& nombre de cas la direction de la conduite p> de semblables comp>aisons doit tre entirem5t mise de ct et remplace p> une autre direction4 #eh4 ,l'opposition sur laquelle n\s insi/ons ici entre la f9 hdoni/ique considre d'une manire ab/raite1 et la m?ode que l'hdonisme c\rant1 g/e ou gnral1 associe cette f92 l'acceptation de l'une1 le rejet de l'autre1 n\s amn5t une fran*e discussion de ces deux lm5ts c>d9aux d'une ?orie morale4 ,je puis =t bi5 comm5c] cette discussion en critiquant une autre des critiques de ,m4 ,sidgwick sur la m?ode de l'hdonisme4 ,bi5 que n\s ne puissions donn] aucune explication des plaisirs simples que les s5s n\s procur5t1 p>ce qu'ils sont indcomposables1 n\s connaissons di/9ctem5t leurs c>actres comme tats de consci5ce4 ,d'autre "p1 les plaisirs complexes1 =ms p> la composition et la recomposition des ides de plaisirs simples1 bi5 qu'on puisse ?oriquem5t les rs\dre en leurs lm5ts1 ne sont pas faciles rs\dre1 et la difficult de s'en =m] des conceptions intelligibles s'accrot en proportion de l'htrognx de leur composition4 ,tel e/ spcialem5t le cas p\r les plaisirs qui accompagn5t nos jeux4 ,en traitant de ces plaisirs1 en mme temps que de ceux de la p\rsuite en gnral1 p\r montr] que p\r se les procur] il ne faut pas y p5s]1 ,m4 ,sidgwick s'exprime a9si3 ,un homme qui met t\j\rs en pratique la doctr9e picuri5ne1 ne s'appliquant qu' re*]*] son propre plaisir1 n'e/ pas dans les vritables dispositions d'esprit que dem&e cette sorte de *asse2 son ardeur n'atte9t jamais prcism5t cette pret1 ce tran*ant qui donne au plaisir t\t son gt1 t\te sa saveur4 ,ici app>at ce que n\s p\vons appel] le p>adoxe fondam5tal de l'hdonisme1 savoir que l'incl9ation au plaisir1 qu& elle e/ trop prdom9ante1 dtruit elle-mme son objet4 ,cet effet n'e/ pas visible1 ou il l'e/ pe9e1 dans le cas des plaisirs s5suels passifs4 ,mais ds qu'il s'agit de nos j\issances actives en gnral1 que les activits auxquelles elles se rapport5t soi5t classes comme corporelles ou comme intellectuelles 7et il en e/ de mme d'un gr& nombre de plaisirs motionnels71 il e/ c]ta9 que n\s ne p\vons n\s les procur]1 du mo9s s\s leur =me la meilleure1 tant que n\s conc5trons sur elles t\s nos ef=ts4 7,m?odes de morale1 #b;e dition1 p4 #da47 ,eh bi51 je ne crois pas que n\s devions reg>d] cette vrit comme p>adoxale aprs avoir analys comme il faut le plaisir de la p\rsuite4 ,les pr9cipaux lm5ts de ce plaisir sont3 premirem5t1 une consci5ce r5\vele du p\voir p]sonnel 7r5due vive p> un succs actuel et p>tiellem5t excite p> un succs imm95t71 laquelle consci5ce du p\voir p]sonnel1 lie dans l'expri5ce avec des rsultats obt5us de *aque g5re1 veille une vague1 mais solide consci5ce d'avantages obt5ir2 et1 secondem5t1 une reprs5tation des applaudissem5ts que la reconnaissance de ce p\voir p> les autres n\s a valus aup>avant1 et n\s vaudra encore4 ,les jeux d'adresse n\s le pr\v5t clairem5t4 ,considr comme une f9 en lui-mme1 le beau c>ambolage que fait un j\eur de bill>d ne procure aucun plaisir4 ,d'o vi5t donc le plaisir que l'on a le faire8 ,en p>tie de la preuve d'habilet que le j\eur se donne lui-mme1 en p>tie de l'admiration suppose *ez ceux qui sont tmo9s de cette dmon/ration d'habilet2 et cette d]nire cause e/ la pr9cipale1 c> on se fatigue bi5tt de faire des c>ambolages s'il n'y a p]sonne p\r les reg>d]4 ,si des jeux qui1 t\t en procurant les plaisirs du succs1 ne procur5t aucun plaisir qui drive de la f9 considre en elle-mme1 n\s passons aux ex]cices dans lesquels la f91 comme s\rce de plaisir1 a une valeur intr9sque1 n\s voyons en sub/ance la mme *ose4 ,bi5 que l'oiseau qu'un *asseur rapporte soit bon mang]1 cep5dant sa satisfaction vi5t pr9cipalem5t de ce qu'il a bi5 tir et de ce qu'il a aj\t aux tmoignages qu'il p\rra donn] de son adresse4 ,il pr\ve immdiatem5t le plaisir de l'am\r-propre1 et il pr\ve aussi le plaisir des loges1 s9on immdiatem5t et ple9em5t1 du mo9s p> reprs5tation2 c> le plaisir idal n'e/ pas autre *ose qu'un r5\vellem5t affaibli du plaisir rel4 ,ces deux sortes de /imulants agrables prs5ts l'esprit du *asseur p5dant la *asse1 con/itu5t la masse des dsirs qui l'excit5t la cont9u]3 c> t\s les dsirs sont des =mes naissantes de s5tim5ts acqurir p> les ef=ts qu'ils provoqu5t4 ,et1 bi5 que p5dant la re*]*e d'un plus gr& nombre d'oiseaux ces s5tim5ts reprs5tatifs ne soi5t pas aussi vivem5t excits que p> le succs rcemm5t obt5u1 ils le sont encore p> l'imag9ation de n\veaux succs1 et ils font a9si une j\issance des activits qui con/itu5t la p\rsuite4 ,a9si1 en reconnaissant comme vrai que les plaisirs de la p\rsuite sont beauc\p plus des plaisirs drivs de l'emploi efficace des moy5s que des plaisirs drivs de la f9 elle-mme1 n\s voyons disp>atre le p>adoxe fondam5tal de l'hdonisme4 ,ces rem>ques conc]nant la f9 et les moy5s1 et les plaisirs qui accompagn5t l'usage des moy5s comme aj\ts aux plaisirs drivs de la f91 je les ai faites p\r attir] l'att5tion sur un fait d'une pr(onde importance4 ,p5dant l'volution1 il y a eu une sup]position de sries n\velles et plus complexes de moy5s sur des sries de moy5s plus anci5nes et plus simples1 et une sup]position des plaisirs qui accompagn5t l'emploi de ces sries successives de moy5s1 avec le rsultat que *acun de ces plaisirs a f9i p> dev5ir lui-mme une f94 ,n\s avons affaire au comm5cem5t un simple animal qui avale t\t simplem5t p\r se n\rrir ce que le has>d met sur sa r\te2 et a9si1 comme n\s p\vons le suppos]1 il apaise un c]ta9 g5re de faim4 ,n\s avons ici la f9 primitive de la nutrition avec la satisfaction qui l'accompagne1 s\s leur =me la plus simple4 ,n\s passons des types plus levs qui ont des m*oires p\r saisir et d*ir] une proie2 des m*oires qui1 p> leur action1 facilit5t l'a*vem5t de la f9 primitive4 ,en obs]vant les animaux p\rvus de ces organes1 n\s arrivons n\s conva9cre que l'usage que ces animaux en font devi5t agrable p> lui-mme indp5damm5t de la f92 p> exemple1 un cureuil1 t\te proccupation de n\rriture mise "p1 pr5d plaisir rong] t\t ce qu'il peut attrap]4 ,passant des m*oires aux membres1 n\s voyons que ceux-ci1 s]vant quelques tres p\r la p\rsuite1 d'autres p\r la fuite1 sont galem5t une cause de plaisir p> le seul ex]cice2 c'e/ a9si que bondiss5t les agneaux et que les *evaux se cabr5t4 ,comm5t l'usage comb9 des membres et des m*oires1 primitivem5t de/9 la satisfaction de l'apptit1 devi5t graduellem5t agrable p> lui-mme1 n\s le dc\vrons t\s les j\rs si n\s rem>quons les jeux des *i5s4 ,en effet1 dans leurs simulacres de combats1 ils s'amus5t jet] p> t]re et d*ir] leur proie1 qu& ils l'ont saisie1 avant de la dvor]4 ,si n\s en v5ons des moy5s encore plus loigns de la f91 en p>ticuli] ceux p> lesquels on capture les animaux auxquels on fait la *asse1 n\s reconnaissons encore p> l'obs]vation des *i5s que1 mme lorsqu'il n'y a aucun animal pr5dre1 c'e/ encore un plaisir que de pr5dre n'importe quoi4 ,l'ardeur avec laquelle un *i5 se prcipite sur les pi]res qu'on jette devant lui1 ou avec laquelle il saute et aboie avant de se jet] l'eau p\r y saisir le bton que l'on ti5t encore la ma91 fait bi5 voir que1 ab/raction faite de la satisfaction de saisir une proie1 il tr\ve un plaisir p\rsuivre avec succs un objet qui se meut4 ,n\s voyons donc1 p> t\s ces exemples1 que le plaisir relatif l'emploi des moy5s p\r arriv] une f9 devi5t lui-mme une f94 ,si ma9t5ant n\s considrons ces moy5s comme des phnomnes de conduite en gnral1 n\s p\vons discut] quelques faits dignes de rem>que1 faits qui1 si n\s en apprcions l'importance1 n\s aid]ont dvelopp] nos conceptions morales4 ,l'un d'eux e/ que1 p>mi les sries successives de moy5s1 les d]nires sont les plus loignes de la f9 primitive1 sont1 comme coordonnant des moy5s antrieurs et plus simples1 les plus complexes1 et sont accompagnes de s5tim5ts qui sont plus reprs5tatifs4 ,un autre fait e/ que *aque srie de moy5s1 avec les satisfactions qui l'accompagn5t1 f9it p> dev5ir son t\r dp5dante d'une srie qui se produit plus t>d4 ,avant que le gosi] avale une proie1 il faut que les m*oires la saisiss5t2 avant que les m*oires d*ir5t et mett5t la porte du gosi] un morceau propre tre aval1 il faut la coopration des membres et des s5s ncessaire p\r tu] la proie2 avant que cette coopration ait s'ex]c]1 il faut la coopration bi5 plus longue qui con/itue la *asse1 et mme avant celle-ci1 il faut des activits p]si/antes des membres1 des yeux et du nez p\r *]*] la proie4 ,le plaisir qui se rapporte *aque srie d'actes1 en r5dant possible le plaisir qui se ratta*e la srie d'actes qui suit1 e/ jo9t une reprs5tation de cette srie subsqu5te d'actes et du plaisir qu'elle procure1 et des autres aussi dans l'ordre de leur succession2 de telle sorte que1 p>alllem5t aux s5tim5ts qui accompagn5t la re*]*e de la proie1 se dvelopp5t p>tiellem5t les s5tim5ts qui accompagn5t la *asse relle1 la de/ruction relle1 l'acte de dvor] et enf9 la satisfaction de l'apptit4 ,un troisime fait e/ que l'usage de *aque srie de moy5s dans un ordre conv5able con/itue une obligation4 ,la cons]vation de sa vie tant reg>de comme la f9 de sa conduite1 l'tre vivant e/ oblig d'employ] successivem5t les moy5s de tr\v] une proie1 les moy5s de pr5dre une proie1 les moy5s de tu] une proie1 les moy5s de dvor] une proie4 ,en d]ni] lieu1 il suit que bi5 que l'apaisem5t de la faim1 directem5t associ au s\ti5 de la vie1 re/e au b\t du compte la d]nire f91 cep5dant l'emploi heureux de *aque srie de moy5s e/ son t\r la f9 pro*a9e1 la f9 qui pr5d temporairem5t le plus d'autorit4 #ei4 ,les rapports entre moy5s et f9s a9si suivis trav]s les premires phases de l'volution de la conduite peuv5t tre suivis trav]s les d]nires1 et ils re/5t vrais de la conduite huma9e1 mme jusque dans ses =mes les plus leves4 ,a mesure que1 p\r mieux assur] la cons]vation de la vie1 les sries les plus simples de moy5s1 et les plaisirs qui en accompagn5t l'usage1 vi5n5t tre compltes p> les sries plus complexes de moy5s et leurs plaisirs1 celles-ci comm5c5t avoir le premi] rang dans le temps et au po9t de vue de l'autorit4 ,employ] efficacem5t *aque srie plus complexe de moy5s devi5t la f9 pro*a9e1 et le s5tim5t qui s'ensuit devi5t l'avantage immdiatem5t *]*1 bi5 qu'il puisse y avoir et qu'il y ait habituellem5t une consci5ce associe des f9s loignes et des avantages loigns obt5ir4 ,un exemple r5dra ce p>alllisme vid5t4 ,absorb p> ses affaires1 le ngociant qui l'on dem&e quel e/ son b pr9cipal dira3 ,c'e/ de gagn] de l'arg5t4 ,il convi5t volonti]s qu'il dsire l'a*vem5t de cette f9 p\r r5dre plus facile l'accomplissem5t de f9s ultrieures4 ,il sait qu'en *]*ant directem5t gagn] de l'arg5t1 il *]*e indirectem5t se procur] des alim5ts1 des habits1 un logem5t et t\s les avantages de la vie p\r lui et p\r sa famille4 ,mais1 en admettant que l'arg5t n'e/ qu'un moy5 p\r arriv] ces f9s1 il s\ti5t que les actions qui rapport5t de l'arg5t prcd5t dans l'ordre du temps et de l'obligation les actions div]ses et les plaisirs concomitants auxquels les premires peuv5t s]vir1 et il atte/e ce fait que gagn] de l'arg5t e/ dev5u une f9 en soi1 et que le succs de cette opration e/ une s\rce de plaisir1 indp5damm5t de ces f9s plus loignes4 ,d'un autre ct1 en obs]vant avec plus d'att5tion les procds du ngociant1 n\s tr\vons que1 bi5 qu'il *]*e gagn] de l'arg5t p\r arriv] vivre con=tablem5t1 bi5 que1 p\r gagn] de l'arg5t1 il a*te et v5de avec des bnfices qui devi5n5t a9si un moy5 plus immdiatem5t p\rsuivi1 cep5dant il e/ pr9cipalem5t occup de moy5s encore plus loigns des f9s ultimes1 et p> rapport auxquels mme la v5te pr(it devi5t une f94 ,c>1 laissant des subordonns le so9 de v5dre et de recevoir les produits1 il e/ occup lui-mme de ses affaires gnrales1 de re*]*es conc]nant les m>*s1 d'apprciations sur les prix futurs1 de calculs1 de ngociations1 de correspondances3 il n'a d'autre s\ci *aque in/ant que de bi5 faire *acune de ces *oses1 qui s]v5t indirectem5t assur] des pr(its4 ,ces f9s prcd5t au po9t de vue du temps et de l'obligation l'excution de v5tes pr(itables1 t\t comme l'excution de v5tes pr(itables prcde le b qui e/ de gagn] de l'arg5t1 t\t comme ce ga9 prcde la f9 qui e/ de vivre agrablem5t4 ,sa comptabilit e/ encore le meilleur exemple du pr9cipe en gnral4 ,les inscriptions au compte dbiteur et au compte crditeur sont faites j\r p> j\r2 les articles sont classs et disposs de telle sorte que l'tat de *aque compte puisse tre relev et vrifi en un mom5t2 ensuite1 de temps en temps1 la balance des livres e/ faite1 et il faut que le rsultat soit ju/e un p5ny prs3 on e/ cont5t si l'exactitude e/ pr\ve1 et une erreur e/ une cause d'ennuis4 ,si v\s dem&ez p\rquoi ces procds si m9utieux1 si loigns du fait de gagn] rellem5t de l'arg5t1 et encore plus loigns des j\issances de la vie1 on v\s rpondra que cette manire de t5ir correctem5t les comptes e/ une condition remplir p\r arriv] gagn] de l'arg5t1 et devi5t en elle-mme une f9 pro*a9e1 un devoir accomplir p\r que l'on puisse accomplir le devoir de gagn] des rev5us1 p\r que l'on puisse accomplir le devoir de p\rvoir son entreti51 celui de sa femme et de ses enfants4 ,en n\s appro*ant1 comme n\s le faisons ici1 de l'obligation morale1 n'avons-n\s pas montr ses rapports avec la conduite en gnral8 ,n'e/-il pas clair que l'obs]vation des pr9cipes moraux e/ l'accomplissem5t de c]ta9es conditions gnrales p\r que des activits spciales puiss5t s'ex]c] avec succs8 ,p\r que le ngociant puisse prospr]1 il doit non seulem5t t5ir ses livres avec exactitude1 mais encore pay] ceux qu'il emploie selon les conv5tions faites1 et t5ir ses engagem5ts avec ses cranci]s4 ,ne p\vons-n\s pas dire1 p> consqu5t1 que la con=mit la seconde et la troisime de ces obligations e/1 comme la con=mit la premire1 un moy5 indirect d'employ] le moy5 plus direct d'arriv] au bi5-tre8 ,ne p\vons-n\s pas dire1 aussi1 que comme l'emploi de *aque moy5 plus indirect dans un ordre conv5able devi5t lui-mme une f9 et une s\rce d'avantages1 il f9it p> en tre de mme de l'emploi de ce moy5 le plus indirect8 ,et ne p\vons-n\s pas infr] que1 bi5 que la con=mit aux obligations morales l'emporte en autorit sur la con=mit aux autres obligations1 cep5dant cette autorit nat du fait que l'accomplissem5t des autres obligations1 p> soi-mme1 p> les autres1 ou p> soi-mme et les autres la fois1 e/ a9si favoris8 #fj4 ,cette "q n\s ramne un autre aspect de la "q dj s\leve4 ,en disant que l'utilit>isme empirique n'e/ qu'une introduction l'utilit>isme rationnel1 je v\lais faire ent5dre que le d]ni] ne pr5d pas le bi5-tre p\r l'objet immdiat p\rsuivre1 mais considre comme son objet immdiat la con=mit c]ta9s pr9cipes qui1 dans la nature des *oses1 dt]m95t d'une manire causale le bi5-tre4 ,n\s voyons ma9t5ant que cela revi5t reconnatre cette loi que l'on peut suivre trav]s l'volution de la conduite en gnral1 savoir que t\t ordre plus n\veau et plus lev de moy5s pr5d le pas dans le temps et au po9t de vue de l'autorit sur t\t autre ordre de moy5s plus anci5 et plus simple4 ,le contra/e entre les m?odes morales1 a9si di/+u et r5du suffisamm5t clair p> les dveloppem5ts qui prcd5t1 s]a r5du plus clair encore si l'on considre comm5t ces deux m?odes ont t mises en opposition p> le pr9cipal reprs5tant de l'utilit>isme empirique4 ,traitant du b de la lgislation1 ,b5?am crit3 ,mais que devons-n\s ent5dre p> le mot ju/ice8 et p\rquoi pas bonheur au lieu de ju/ice8 ,ce que c'e/ que le bonheur1 t\t le monde le sait1 p>ce que t\t le monde sait ce que c'e/ que le plaisir et ce que c'e/ que la d\leur4 ,mais ce que c'e/ que la ju/ice1 c'e/ *aque in/ant un sujet de discussion4 ,que l'on ent5de ce que l'on v\dra p> ce mot1 quelle considration a-t-il droit autrem5t que comme moy5 d'arriv] au bonheur#e4 ,note #e3 ,code con/itutionnel1 *ap4 ,,xvi1 ,lgislation suprme2 section ,,vi1 ,omni-compt5ce4 ,considrons d'abord l'affirmation de ,b5?am sur l'intelligibilit relative de ces deux f9s2 n\s exam9]ons ensuite ce qui rsulte de la prfr5ce donne au bonheur sur la ju/ice4 ,l'affirmation positive de ,b5?am que t\t le monde sait ce que c'e/ que le bonheur1 p>ce que t\t le monde sait ce que c'e/ que le plaisir1 e/ contr$ite p> des affirmations galem5t positives4 ,qui peut dire1 dem&e ,platon1 ce que c'e/ rellem5t que le plaisir1 ou le connatre dans son ess5ce1 except le philosophe1 qui seul e/ en relation avec les ralits#f8 ,ari/ote1 aussi1 aprs avoir comm5t les diffr5tes op9ions s\t5ues p> le vulgaire1 p> le politique1 p> le contemplatif1 dit du bonheur que aux uns il p>at tre la v]tu1 d'autres la prud5ce1 et d'autres encore un c]ta9 g5re de sagesse2 ceux-ci joign5t ces conditions ou quelqu'une d'elles la volupt1 ou du mo9s exig5t qu'elle ne soit pas exclue2 ceux-l y compr5n5t aussi l'abondance des bi5s extrieurs#g4 ,ari/ote1 comme ,platon1 arrive cette rem>quable conclusion que les plaisirs de l'intellig5ce1 auxquels on p>vi5t p> la vie contemplative1 con/itu5t le plus haut degr du bonheur#h6 ,note #f3 ,rpubl41 liv4 ,,ix4 ,note #g3 ,mor4 ,nicomaque1 liv4 ,i1 *ap4 ,,viii4 ,note #h3 ,liv4 ,x1 *ap4 #g4 ,combi5 les dsaccords sur la nature du bonheur et les valeurs relatives des plaisirs1 a9si manife/s dans l'antiquit1 se p]ptu5t dans les temps mod]nes1 on le voit p> la discussion de ,m4 ,sidgwick sur l'hdonisme g/e1 dont n\s avons cit plus haut un passage4 ,en outre1 comme n\s l'avons dj fait rem>qu]1 le dfaut de prcision dans l'apprciation des plaisirs et des pe9es1 dj m>qu dans la m?ode de l'hdonisme g/e1 tel qu'il e/ conu d'ord9aire1 e/ imm5sm5t accru qu& on passe l'hdonisme univ]sel comme on le conoit ord9airem5t2 cette d]nire ?orie implique en effet que les plaisirs et les pe9es que l'imag9ation fait attribu] aux autres doiv5t tre apprcis l'aide de ces mmes plaisirs et de ces mmes pe9es comme on les pr\ve soi-mme1 et qui sont dj si difficiles apprci]4 ,il e/ surpr5ant qu'aprs avoir obs]v les diffr5tes entreprises o c]ta9s hommes s'engag5t avec passion et que d'autres vit5t1 aprs avoir considr les diffr5tes op9ions t\*ant la valeur de telle ou telle occupation1 de tel ou tel amusem5t1 exprimes t\tes les tables1 on affirme que l'on peut s'accord] entirem5t sur la nature du bonheur1 au po9t d'en faire utilem5t la f9 directe d'une action lgislative4 ,la seconde affirmation de ,b5?am1 que la ju/ice e/ in9telligible comme f91 n'e/ pas mo9s surpr5ante4 ,bi5 que les hommes primitifs n'ai5t pas de mots p\r le bonheur ou la ju/ice1 cep5dant on peut dc\vrir mme *ez eux un comm5cem5t de conception de la ju/ice4 ,la loi du talion1 d'aprs laquelle le meurtre commis p> le membre d'une tribu sur un membre d'une autre tribu doit tre comp5s p> la mort du meurtri] ou celle d'un membre quelconque de sa tribu1 n\s fait voir s\s une =me vague cette notion de l'galit de traitem5t qui =me un lm5t ess5tiel de l'ide de ju/ice4 ,qu& n\s arrivons ces races encore primitives qui ont donn leurs p5ses et leurs s5tim5ts une =me littraire1 n\s tr\vons que cette conception de la ju/ice1 en tant qu'elle implique l'galit d'action1 devi5t di/9cte4 ,*ez les ,juifs1 ,david exprimait cette association d'ides1 lorsque1 priant ,dieu d'ent5dre le droit1 il disait3 ,que ma s5t5ce sorte de ta prs5ce1 que tes yeux s'abaiss5t sur les *oses qui sont gales2 et aussi1 p>mi les premi]s *rti5s1 ,paul crivait dans le mme s5s aux ,colossi5s3 ,matres1 donnez vos s]viteurs ce qui e/ ju/e et gal4 ,expliquant les diffr5ts s5s du mot ju/ice1 ,ari/ote conclut en disant3 ,le ju/e s]a donc ce qui e/ lgitime et gal2 l'inju/e1 ce qui e/ illgitime et 9gal4 ,mais puisqu'un homme inju/e e/ aussi un homme qui pr5d plus que sa "p1 etc4 ,les ,roma9s ont pr\v qu'ils concevai5t la ju/ice de la mme manire en donnant au mot ju/e le s5s d'exact1 de proportionn1 d'imp>tial1 *acun de ces mots impliquant l'exactitude d'un p>tage1 et encore mieux en id5tifiant le t]me de ju/ice avec celui d'quit1 qui drive d'quus1 le mot quus ayant lui-mme1 entre autres significations1 celle de ju/e ou d'imp>tial4 ,cette concid5ce de vues *ez les peuples anci5s sur la nature de la ju/ice s'e/ t5due aux peuples mod]nes2 ceux-ci1 p> un accord gnral sur c]ta9s pr9cipes fondam5taux auxquels leurs sy/mes de lois donn5t un corps1 en df5dant les agressions directes1 lesquelles sont des =mes d'actions 9gales1 et en df5dant les agressions indirectes p> violation de contrats1 autres =mes d'actions 9gales1 n\s font voir que la ju/ice e/ id5tifie l'galit4 ,b5?am a donc tort de dire3 ,mais qu'e/-ce que la ju/ice8 ,c'e/ un sujet de dispute en t\te occasion4 ,il a mme plus tort qu'il ne le semble jusqu'ici4 ,c>1 en premi] lieu1 il a gr& tort de ne pas reconnatre que1 dans quatre-v+t-dix-neuf transactions sur c5t qui se font *aque j\r entre les hommes1 il ne s'lve aucune dispute sur la ju/ice2 l'affaire faite e/ reconnue de "p et d'autre comme faite con=mm5t la ju/ice4 ,en second lieu1 si p> rapport la c5time transaction il y a une dispute1 ce n'e/ pas sur la "q de savoir ce que c'e/ que la ju/ice1 c> on admet que c'e/ l'quit ou l'galit2 mais l'objet de la discussion e/ t\j\rs de savoir ce qui1 dans telles circon/ances p>ticulires1 con/itue l'galit--"q t\t fait diffr5te4 ,il n'e/ donc pas vid5t de soi-mme1 comme le prt5d ,b5?am1 que le bonheur e/ une f9 intelligible1 t&is qu'il n'en e/ pas a9si de la ju/ice2 au contraire1 l'exam5 que n\s v5ons de faire montre videmm5t que la ju/ice e/ bi5 plus intelligible comme f94 ,l'analyse fait voir p\rquoi elle e/ plus intelligible4 ,c> la ju/ice1 ou l'quit1 ou l'galit1 se rapporte exclusivem5t la quantit dans des conditions dt]m9es2 t&is que le bonheur se rapporte la fois la quantit et la qualit dans des conditions non dt]m9es4 ,lorsque1 comme dans le cas d'un vol1 un bi5 e/ pris1 sans qu'aucun bi5 quival5t soit pr\v2 lorsque1 comme dans le cas o l'on a*te des m>*&ises falsifies1 o l'on e/ pay en fausse monnaie1 ce qu'il tait conv5u de donn] en *ange comme ayant une valeur gale n'e/ pas donn1 mais bi5 quelque *ose de mo9dre valeur2 lorsque1 comme dans le cas de la violation d'un contrat1 l'obligation a t remplie d'un ct1 t&is qu'elle ne l'a pas t de l'autre1 ou du mo9s l'a t d'une manire incomplte2 n\s voyons que1 les circon/ances tant spcifies1 l'inju/ice dont on se pla9t se rapporte des sommes relatives d'actions1 ou de produits1 ou d'avantages1 dont les natures ne sont reconnues qu'autant qu'il e/ ncessaire p\r dire s'il a t donn1 ou fait1 ou attribu autant1 p> *acun de ceux que cela reg>de1 qu'il tait tacitem5t ou ouv]tem5t ent5du p\r que ce ft un quival5t4 ,mais qu& la f9 propose e/ le bonheur1 les circon/ances re/ant non spcifies1 le problme e/ d'e/im] la fois des quantits et des qualits1 sans avoir le sec\rs de mesures df9ies comme en suppos5t les actes d'*ange1 ou les contrats1 ou la diffr5ce des actions d'un homme qui attaque et d'un homme qui se df5d4 ,le simple fait que ,b5?am compr5d comme lm5ts d'apprciation de *aque plaisir ou *aque pe9e1 son int5sit1 sa dure1 sa c]titude et sa proximit1 suffit p\r montr] combi5 le problme e/ difficile4 ,si l'on se rappelle que t\s les plaisirs et t\tes les pe9es1 non pas s5tis en des cas p>ticuli]s seulem5t1 mais dans l'ensemble des cas1 et considrs sp>m5t s\s ces quatre aspects1 doiv5t encore tre comp>s l'un avec l'autre1 de telle sorte que l'on puisse dt]m9] leurs valeurs relatives simplem5t p> introspection1 il s]a manife/e la fois que le problme se complique p> l'addition de jugem5ts indf9is de qualits des mesures indf9ies de quantits1 et se complique en outre p> la multitude de ces e/imations vagues qu'il faut faire et additionn] entre elles4 ,mais1 en laissant ma9t5ant de ct cette ass]tion de ,b5?am que le bonheur e/ une f9 plus intelligible que la ju/ice1 ce qui e/1 comme n\s l'avons montr1 le contraire de la vrit1 voyons les consqu5ces p>ticulires de la doctr9e d'aprs laquelle le corps lgislatif suprme doit se propos] immdiatem5t comme b le plus gr& bonheur du plus gr& nombre4 ,elle implique1 en premi] lieu1 que le bonheur peut tre atte9t p> des m?odes faites t\t exprs p\r arriv] ce b1 sans aucune re*]*e pralable relativem5t aux conditions remplir1 et cela prsuppose une croyance qu'il n'y a pas de conditions4 ,c>1 s'il y a des conditions sans l'obs]vation desquelles on ne peut p>v5ir au bonheur1 la premire dm>*e doit tre de s'assur] de ces conditions p\r se mettre en mesure de les remplir2 admettre cela1 c'e/ admettre que le bonheur ne doit pas tre lui-mme la f9 immdiate1 et que l'on doit avant t\t remplir les conditions ncessaires p\r l'atte9dre4 ,le dilemme e/ simple3 ou bi5 l'a*vem5t du bonheur n'e/ pas conditionnel1 et dans ce cas un mode d'action e/ aussi bon qu'un autre2 ou bi5 il e/ conditionnel1 et dans ce cas l'on doit re*]*] directem5t le mode d'action requis p\r y atte9dre1 et non le bonheur auquel il conduit4 ,supposant accord1 comme cela doit tre1 qu'il y a des conditions remplir avant de p\voir arriv] au bonheur1 dem&ons ma9t5ant ce qui e/ impliqu p> le fait de propos] des modes de contrl] la conduite p\r favoris] le bonheur1 sans re*]*] d'abord si ces modes sont dj connus4 ,ce qui e/ impliqu1 c'e/ que l'intellig5ce huma9e1 dans le pass1 oprant sur des expri5ces1 n'a pas russie dc\vrir ces modes1 t&is que l'intellig5ce huma9e peut s'att5dre auj\rd'hui les dc\vrir4 ,a mo9s d'affirm] cela1 il faut admettre que c]ta9es conditions p\r arriv] au bonheur ont dj t p>tiellem5t1 s9on entirem5t1 reconnues1 et s'il en e/ a9si1 notre premi] s\ci doit tre de les *]*]4 ,qu& n\s les aurons tr\ves1 la m?ode rationnelle que n\s avons suivre e/ d'appliqu] l'intellig5ce actuelle ces produits de l'intellig5ce passe1 dans l'att5te qu'elle vrifi]a ce qu'ils ont d'ess5tiel en en corrigeant peut-tre la =me4 ,mais suppos] que l'on n'a encore tabli aucun pr9cipe rgulateur p\r la conduite des hommes associs1 et qu'il faut les tablir ma9t5ant de novo1 c'e/ suppos] que l'homme tel qu'il e/ diffre un degr incroyable de l'homme tel qu'il tait4 ,outre qu'il n'admet pas qu'il e/ probable1 ou plutt c]ta9 que l'expri5ce passe gnralise p> l'intellig5ce passe doit avoir en ce temps-ci dc\v]t p>tiellem5t1 s9on entirem5t1 quelques-unes des conditions ess5tielles du bonheur1 ,b5?am fait voir p> sa proposition qu'il ne ti5t pas compte des =mules qui les reprs5t5t auj\rd'hui4 ,d'o vi5n5t en effet la conception de la ju/ice et le s5tim5t qui lui correspond8 ,il n'os]a pas dire que cette conception et ce s5tim5t ne signifi5t ri51 bi5 que ce soit le s5s de sa proposition1 et s'il admet qu'ils signifi5t quelque *ose1 il doit *oisir entre deux alt]natives1 fatales l'une et l'autre son hypo?se4 ,sont-ce des modes de p5s] et de s5tir produits d'une manire surnaturelle et t5dant faire remplir p> les hommes les conditions du bonheur8 ,s'il en e/ a9si1 leur autorit e/ premptoire4 ,sont-ce des modes de p5s] et de s5tir naturellem5t produits en l'homme p> l'expri5ce de ces conditions8 ,s'il en e/ a9si1 leur autorit n'e/ pas mo9s premptoire4 ,a9si non seulem5t ,b5?am a le tort de ne pas infr] que c]ta9s pr9cipes de conduite doiv5t tre dj tablis1 mais il refuse de reconnatre ces pr9cipes comme rellem5t obt5us et prs5ts devant lui4 ,cep5dant il admet tacitem5t ce qu'il nie ouv]tem5t1 en disant3 ,que le mot ju/ice signifie ce qu'il v\dra1 quel titre mrite-t-il d'tre considr1 si ce n'e/ comme moy5 d'arriv] au bonheur8 ,en effet1 si la ju/ice e/ un moy5 dont le bonheur e/ la f91 la ju/ice doit pr5dre le pas sur le bonheur comme t\t autre moy5 prcde t\te autre f94 ,le sy/me si labor de ,b5?am e/ un moy5 qui a le bonheur p\r f91 comme la ju/ice1 de son propre aveu1 e/ un moy5 de t5dre au bonheur4 ,si donc n\s p\vons vritablem5t nglig] la ju/ice et all] directem5t la f91 au bonheur1 n\s p\vons aussi bi5 ne pas t5ir compte du sy/me de ,b5?am et all] directem5t la f91 au bonheur4 ,en un mot1 n\s sommes conduits cette conclusion rem>quable que dans t\s les cas n\s devons considr] exclusivem5t la f9 et ne pas n\s proccup] des moy5s4 #fa4 ,ce rapport entre les f9s et les moy5s1 qui e/ la base de t\te spculation morale1 s]a r5du plus clair encore si n\s joignons quelques-unes des conclusions exposes ci-dessus c]ta9es conclusions obt5ues dans le d]ni] *apitre4 ,n\s v]rons que1 t&is que le plus gr& bonheur peut v>i] beauc\p dans des socits qui1 bi5 qu'idalem5t con/itues1 sont s\mises des circon/ances physiques diffr5tes1 c]ta9es conditions fondam5tales1 p\r atte9dre ce plus gr& bonheur1 sont communes t\tes ces socits4 ,etant donn un peuple habitant un pays qui r5d ncessaires des habitudes nomades1 le bonheur de *aque individu s]a le plus gr& lorsque sa nature s]a si bi5 faonne aux exig5ces de sa vie1 que t\tes ses facults tr\v5t leur ex]cice conv5able dans les occupations j\rnalires que donn5t la conduite et le so9 des tr\peaux1 les migrations1 et a9si de suite4 ,les membres d'une semblable peuplade1 mais s\s d'autres rapports sd5taire1 atte9dront *acun leur plus gr& bonheur1 lorsque leur nature s]a dev5ue telle qu'une rsid5ce fixe et les occupations qu'elle r5d ncessaires f\rniss5t les sphres dans lesquelles *aque in/9ct1 *aque motion peut s'ex]c] et produire le plaisir qui accompagne cet ex]cice4 ,les citoy5s d'une gr&e nation1 dont l'organisation e/ indu/rielle1 ont atte9t l'idal de bonheur possible1 lorsque la production1 la di/ribution et les autres activits sont telles1 dans leurs g5res et leurs quantits1 que *aque citoy5 y tr\ve une place p\r ses =ces et ses aptitudes1 en mme temps qu'il obti5t les moy5s de satisfaire t\s ses dsirs4 ,n\s p\vons encore reconnatre non seulem5t comme possible1 mais comme probable l'exi/5ce v5tuelle d'une socit1 indu/rielle galem5t1 dont les membres1 ayant des natures qui rpond5t de la mme manire ces exig5ces1 sont aussi c>actriss p> des facults e/htiques dom9antes et n'arriv5t au bonheur complet que si une gr&e p>tie de leur vie e/ consacre des occupations arti/iques4 videmm5t ces diffr5ts types d'hommes1 avec leurs diffr5tes ides du bonheur1 tr\vant *acun le moy5 d'arriv] ce bonheur dans leur propre socit1 ne le tr\v]ai5t plus s'ils tai5t transports dans une autre4 ,evidemm5t1 bi5 qu'ils puiss5t avoir en commun les g5res de bonheur qui accompagn5t la satisfaction des beso9s vitaux1 ils n'aurai5t pas en commun d'autres g5res p>ticuli]s de bonheur4 ,mais rem>quez ma9t5ant que si1 p\r arriv] au plus gr& bonheur dans *acune de ces socits1 les conditions spciales remplir diffr5t de celles qui doiv5t tre remplies dans les autres socits1 cep5dant c]ta9es conditions gnrales doiv5t tre remplies dans t\tes les socits4 ,une coopration h>monieuse1 p> laquelle seule on peut arriv] dans n'importe laquelle d'entre elles au plus gr& bonheur1 e/1 n\s l'avons vu1 r5due possible uniquem5t p> le respect des droits des uns p> les autres2 il ne doit y avoir ni ces agressions directes que n\s considrons comme des crimes contre les p]sonnes et les proprits1 ni ces agressions indirectes qui consi/5t dans la violation des contrats4 ,de telle sorte que le ma9ti5 de relations quitables entre les hommes e/ la condition p\r p>v5ir au plus gr& bonheur dans t\tes les socits1 bi5 que le plus gr& bonheur ralisable dans *acune d'elles puisse tre trs diffr5t de l'une l'autre en nature ou en quantit1 ou ces deux po9ts de vue la fois4 ,on peut =t bi5 emprunt] la physique une comp>aison p\r donn] la plus gr&e nettet cette vrit c>d9ale4 ,une masse de matire de n'importe quelle espce cons]ve son tat d'quilibre int]ne aussi longtemps que les p>ticules dont elle e/ compose se ti5n5t sp>m5t vis--vis de leurs vois9es dans des positions quidi/antes4 ,si n\s acceptons les conclusions des physici5s mod]nes d'aprs lesquels *aque molcule a un m\vem5t ry?mique1 un tat d'quilibre implique que *acune d'elles excute son m\vem5t dans un espace born p> les espaces semblables ncessaires aux m\vem5ts de celles qui l'ent\r5t4 ,si les molcules sont agrges de telle sorte que les oscillations de quelques-unes soi5t plus re/re9tes que les oscillations des autres1 il y a une in/abilit proportionne4 ,si le nombre de celles qui sont a9si gnes e/ considrable1 l'in/abilit e/ telle que la cohsion d'une c]ta9e p>tie e/ expose disp>atre1 et il en rsulte une flure4 ,si les excs de ral5tissem5t sont gr&s et nombreux1 la mo9dre p]turbation fait que la masse se brise en petits fragm5ts4 ,aj\tez cela que le moy5 reconnu de remdi] cet tat in/able e/ de s\mettre la masse de telles conditions physiques 7ord9airem5t une haute temprature7 que les molcules puiss5t *ang] leurs positions relatives et r5dre leurs m\vem5ts gaux de t\s cts4 ,rem>quez ma9t5ant que cela e/ vrai quelle que soit la nature des molcules4 ,elles peuv5t tre simples1 elles peuv5t tre composes1 elles peuv5t tre composes de telle ou telle matire1 de telle ou telle manire4 ,en d'autres t]mes1 les activits spciales de *aque molcule1 con/itues p> les m\vem5ts relatifs de ses units1 peuv5t tre de g5res et de degrs diffr5ts2 et cep5dant1 quelles qu'elles soi5t1 re/e vrai que1 p\r ma9t5ir l'quilibre int]ne de la masse de molcules1 les limitations mutuelles de leurs activits doiv5t tre p>t\t semblables4 ,c'e/ l aussi1 comme n\s l'avons montr1 la condition ncessaire l'quilibre social1 quelles que soi5t les natures spciales des p]sonnes associes4 ,en supposant qu' l'intrieur de *aque socit les p]sonnes soi5t du mme type et ai5t beso9 p\r remplir leur vie de dploy] *acune en p>ticuli] des activits analogues1 bi5 que ces activits puiss5t tre d'une sorte dans une socit et d'une autre sorte dans une autre1 et cela avec une v>it indf9ie1 du mo9s cette condition de l'quilibre social n'admet pas de v>iation4 ,elle doit tre remplie p\r que la vie complte1 c'e/--dire le plus gr& bonheur1 puisse tre atte9te dans t\te socit1 quelle que puisse tre la qualit de cette vie ou de ce bonheur#i4 ,note #i3 ,c'e/ cette ncessit univ]selle que j'avais en vue1 qu& j'ai *oisi p\r mon premi] ouvrage1 publi en #ahej1 le titre de ,/atique sociale4 #fb4 ,aprs avoir a9si obs]v comm5t les moy5s et les f9s dans la conduite sont en rapport les uns avec les autres1 et comm5t il en sort c]ta9es conclusions p> rapport leur valeur relative1 n\s p\vons dc\vrir un moy5 de rconcili] c]ta9es ?ories morales qui sont opposes entre elles4 ,elles exprim5t sp>m5t des portions de la vrit1 et il faut simplem5t les comb9] dans un ordre conv5able p\r avoir la vrit t\t entire4 ,la ?orie ?ologique conti5t une "p de la vrit4 ,si la volont div9e que l'on suppose rvle d'une manire surnaturelle1 n\s sub/ituons la f9 rvle d'une manire naturelle v]s laquelle t5d la puissance qui se manife/e p> l'volution1 alors1 puisque l'volution a t5du et t5d encore v]s la vie la plus leve1 il s'ensuit que se con=m] aux pr9cipes p> lesquels s'a*ve la vie la plus leve1 c'e/ favoris] l'accomplissem5t de cette f94 ,la doctr9e d'aprs laquelle la p]fection ou l'excell5ce de nature devrait tre l'objet de notre p\rsuite e/ vraie en un s5s1 c> elle reconnat tacitem5t la =me idale d'exi/5ce que la vie la plus haute implique et laquelle t5d l'volution4 ,il y a une vrit aussi dans la doctr9e que la v]tu doit tre le b de nos ef=ts1 c> cette doctr9e e/ une autre =me de la doctr9e d'aprs laquelle n\s devons n\s ef=c] de remplir les conditions p\r arriv] la vie la plus haute4 ,que les intuitions d'une facult morale doiv5t guid] notre conduite1 c'e/ une proposition qui conti5t une vrit2 c> ces intuitions sont les rsultats l5tem5t organiss des expri5ces reues p> la race vivant en prs5ce de ces conditions4 ,et il e/ inconte/ablem5t vrai que le bonheur e/ la f9 suprme1 il doit accompagn] la vie la plus leve que *aque ?orie de direction morale a di/9ctem5t ou vaguem5t en vue4 ,si l'on compr5d a9si leurs positions relatives1 les sy/mes de morale qui font de la v]tu1 du bi51 du devoir le b pr9cipal de nos ef=ts sont1 on le voit1 complm5taires des sy/mes de morale qui font du bi5-tre1 du plaisir1 du bonheur le b pr9cipal de nos ef=ts4 ,bi5 que les s5tim5ts moraux produits *ez les hommes civiliss p> un contact j\rnali] avec les conditions sociales et une adaptation graduelle ces conditions1 soi5t indisp5sables p\r les port] agir ou les en dt\rn]1 et bi5 que les intuitions correspondant ces s5tim5ts ai5t1 en v]tu de leur orig9e1 une autorit gnrale qu'il faut reconnatre avec respect1 cep5dant les sympa?ies et les antipa?ies qui en sont sorties1 en mme temps que leurs expressions intellectuelles1 sont1 s\s leurs =mes primitives1 ncessairem5t vagues4 ,p\r r5dre la direction qu'elles donn5t adquate t\s les beso9s1 leurs prescriptions ont beso9 d'tre int]prtes et mieux df9ies p> la sci5ce2 p\r arriv] ce rsultat1 il faut analys] les conditions de vie complte auxquelles elles rpond5t et dont l'influ5ce p]si/ante les a fait natre4 ,une telle analyse ncessite la reconnaissance du bonheur p\r *acun et p\r t\s comme la f9 atte9dre en remplissant ces conditions4 ,p> suite1 en accordant aux div]ses ?ories morales l'importance qu'elles mrit5t1 la conduite s\s sa =me la plus leve pr5dra comme guides les p]ceptions innes du bi5 conv5ablem5t claires et r5dues prcises p> une intellig5ce analytique2 cette intellig5ce aura consci5ce1 en mme temps1 que ces guides sont approximativem5t suprmes seulem5t p>ce qu'ils conduis5t la f9 suprme p> excell5ce1 le bonheur spcial et gnral4 ,,*apitre ,x ,,la ,,relativit ,,des ,,pe9es ,,et ,,des ,,plaisirs #fc4 ,n\s devons ma9t5ant expos] avec t\s les dveloppem5ts qu'elle comporte une vrit d'importance capitale comme donne de l'?ique1 laquelle n\s avons fait allusion incidemm5t dans le p>agraphe prcd5t4 ,je p>le de cette vrit que non seulem5t les hommes de diffr5tes races1 mais encore les diffr5ts hommes de mme race1 et mme les mmes hommes aux diffr5tes priodes de la vie1 se font du bonheur des ides diffr5tes4 ,bi5 qu'il y ait quelque reconnaissance de ce fait *ez les morali/es1 cep5dant cette reconnaissance e/ insuffisante1 et c'e/ pe9e s'ils ont s\ponn les conclusions tir] de cette relativit du bonheur1 lorsqu'on l'a ple9em5t reconnue4 ,c'e/ une croyance univ]selle dans l'enfance1 une croyance qui ne se corrige que p>tiellem5t plus t>d *ez beauc\p de g5s1 et ne disp>at compltem5t que *ez bi5 peu d'hommes1 qu'il y a quelque *ose d'intr9sque dans le c>actre agrable de c]ta9es *oses1 t&is que c]ta9es autres sont dsagrables d'une manire intr9sque4 ,cette erreur ressemble et ti5t de prs celle que cause un grossi] ralisme4 ,p\r un esprit qui n'e/ pas cultiv1 il semble vid5t de soi que la d\ceur du sucre e/ inhr5te au sucre1 que le son tel que n\s le p]cevons e/ le son tel qu'il exi/e dans le monde extrieur1 et que la *aleur qui vi5t d'un feu e/ en elle-mme ce qu'elle p>at2 de mme1 il p>at vid5t de soi que la d\ceur du sucre e/ ncessairem5t agrable1 qu'il y a dans la beaut des sons quelque *ose qui doit tre beau p\r t\s les tres1 et que la s5sation agrable produite p> la *aleur e/ une s5sation que t\te autre consci5ce doit tr\v] agrable4 ,mais1 comme la critique pr\ve la fausset d'une srie de ces conclusions1 elle doit pr\v] aussi la fausset des autres4 ,non seulem5t les qualits des *oses extrieures telles que les p]oit l'intellig5ce sont relatives notre propre organisme1 mais les c>actres agrables ou dsagrables des s5sations que n\s associons avec ces qualits sont galem5t relatifs notre propre organisme4 ,ils le sont en un d\ble s5s3 ils sont relatifs ses tissus1 et ils sont relatifs aux tats de ses tissus4 ,n\s ne devons pas n\s born] accept] purem5t et simplem5t en p>oles ces vrits gnrales2 p\r les apprci] de manire en voir t\te la porte en morale1 n\s allons voir comm5t elles s'appliqu5t aux tres vivants en gnral4 ,qu& n\s aurons considr en effet la gr&e diffr5ce de s5sibilit qui accompagne la gr&e div]sit d'organisations produites p> l'volution1 n\s s]ons plus capables de voir les div]g5ces de s5sibilit qu'il faut att5dre des progrs de l'volution dans l'humanit4 #fd4 ,comme n\s p\vons tre plus brefs sur les pe9es1 comm5ons p> elles2 une autre raison p\r n\s en occup] d'abord e/ que n\s p\vons a9si reconnatre t\t de suite1 et ensuite laiss] de ct1 les tats de s5sibilit dont les qualits peuv5t tre reg>des comme absolues plutt que comme relatives4 ,les s5sations d\l\reuses produites p> des =ces qui t5d5t dtruire les tissus organiques1 t\t entires ou en p>tie1 sont ncessairem5t communes t\s les tres capables de s5tir4 ,il e/ 9vitable1 comme n\s l'avons vu1 que1 durant l'volution1 il y ait p>t\t de telles connexions entre les actions ext]nes et les modes de consci5ce qui en rsult5t1 que les actions nuisibles soi5t accompagnes de s5sations dsagrables1 et les actions avantageuses de s5sations agrables4 ,p> consqu5t1 les pressions1 les viol5ces qui meurtriss5t ou d*ir5t1 les *aleurs qui brl5t ou *aud5t1 tant dans t\s les cas p>tiellem5t ou totalem5t de/ructives1 sont dans t\s les cas d\l\reuses4 ,mais1 mme ici1 n\s p\vons en un s5s affirm] la relativit des s5sations4 ,c> l'effet d'une =ce de quantit et d'int5sit donnes v>ie en p>tie avec la gr&eur et en p>tie avec la /ructure de l'tre s\mis cette =ce4 ,le poids qui e/ pe9e s5ti p> un animal de gr&e taille crase un petit animal2 le c\p qui cass]a la patte d'une s\ris produit peu d'effet sur un *eval2 l'arme qui blesse un *eval ne cause aucun dommage un rh9ocros4 ,avec ces diffr5ces de nocuit se produis5t videmm5t des diffr5ces de s5sibilit4 ,aprs ce simple c\p d'oeil jet sur les exemples de cette vrit f\rnis p> les tres s5tants en gnral1 considrons les exemples f\rnis p> l'humanit4 ,comp>ons les hommes robu/es qui se livr5t aux travaux manuels1 avec les femmes et les enfants2 n\s v]rons que des degrs d'ef=ts mcaniques que les premi]s support5t impunm5t produis5t *ez les autres des dommages et les d\leurs qui les accompagn5t4 ,on produira des amp\les sur une peau t5dre p> des frictions dont le mme nombre ne f]ait pas seulem5t r\gir une peau grossire2 un c\p qui bris]a les vaisseaux sangu9s sup]ficiels1 et amn]a p> suite une dcoloration *ez une p]sonne aux tissus l*es1 ne laiss]a mme pas de traces sur des tissus f]mes et bi5 portants3 ce sont l des exemples suffisants de ce contra/e4 ,cep5dant les pe9es dues l'action viol5te de =ces extrieures ne sont pas seulem5t relatives aux c>actres ou aux qualits con/itutionnelles des p>ties directem5t affectes2 elles sont relatives1 d'une manire t\t aussi m>que ou mme plus m>que1 aux c>actres des /ructures n]veuses4 ,on croit communm5t que des dommages corporels gaux produis5t des d\leurs gales4 ,c'e/ une mprise4 ,l'extraction d'une d5t ou l'amputation d'un membre cause aux diffr5tes p]sonnes des s\ffrances d'int5sit trs diffr5te2 ce n'e/ pas la =ce support] la d\leur1 mais encore la s5sation support]1 qui v>ie gr&em5t1 et cette v>iation dp5d surt\t du dveloppem5t n]veux4 ,on le voit clairem5t p> la gr&e ins5sibilit des idiots1 qui support5t avec indiffr5ce les c\ps1 les c\pures et les plus hauts degrs du *aud ou du froid#aj4 ,la relation1 a9si montre de la manire la plus m>que lorsque le dveloppem5t du sy/me n]veux c5tral e/ faible d'une manire anormale1 se montre un mo9dre degr lorsque le dveloppem5t e/ normalem5t faible1 p> exemple *ez les races huma9es infrieures4 ,beauc\p de voyageurs ont p>l de l'trange ins5sibilit qu'ils ont obs]ve *ez les sauvages mutils la gu]re ou p> accid5t1 et les *irurgi5s de l',inde dis5t que les blessures et les oprations sont mieux supportes p> les indignes que p> les ,europens4 ,et il arrive rciproquem5t que1 p>mi les types huma9s plus levs1 o le c]veau e/ plus dvelopp et la s5sibilit la d\leur plus gr&e que dans les types infrieurs1 les plus s5sibles sont ceux dont le dveloppem5t n]veux1 comme on le voit p> leurs facults m5tales1 e/ le plus lev3 on en tr\ve une preuve ,dans l'impossibilit relative o sont la plup>t des hommes de gnie de support] des s5sations dsagrables#aa et l'irritabilit gnrale qui les c>actrise4 ,note #aj3 ,de l'idiotie et de l'imbcillit1 p> ,william ,w4 ,irel&1 ,m4 ,d41 p4 #bee-f4 ,note #aa3 ,p\r des exemples1 voir la ,=tnightly ,review1 vol4 #bd 7n\velle srie71 p4 #gab4 ,la d\leur e/ relative non aux /ructures seulem5t1 mais leurs tats2 c'e/ galem5t manife/e1 plus manife/e encore en ralit4 ,la s5sibilit d'une p>tie ext]ne dp5d de sa temprature4 ,si elle se refroidit au-dess\s d'un c]ta9 degr1 elle s'eng\rdit1 comme n\s disons1 et1 si elle e/ r5due trs froide p> l'vaporation de l'!r1 on peut la c\p] sans faire pr\v] aucune s5sation4 ,rciproquem5t1 si l'on *auffe assez cette p>tie p\r dilat] les vaisseaux sangu9s1 la s\ffrance cause p> un dommage ou une irritation e/ plus gr&e qu' l'tat ord9aire4 ,jusqu' quel po9t la production de la d\leur dp5d de la condition de la p>tie affecte1 n\s le voyons dans l'extrme s5sibilit d'une surface o s'e/ dcl>e une inflammation1 s5sibilit telle qu'un lg] att\*em5t cause une contraction1 telle que le rayonnem5t du feu1 qui s]ait ord9airem5t indiffr5t1 devi5t intolrable4 ,il en e/ de mme p\r les s5s spciaux4 ,une cl>t que des yeux en bon tat support5t sans aucune s5sation de pe9e1 ne peut tre supporte p> des yeux atte9ts d'inflammation4 ,outre l'tat local1 l'tat du sy/me dans son ensemble et l'tat des c5tres n]veux sont deux facteurs considr]4 ,les hommes affaiblis p> une maladie1 sont tr\bls p> des bruits qu'ils support]ai5t avec indiffr5ce dans l'tat de sant2 ceux dont le c]veau e/ fatigu sont irrits d'une faon t\t fait inacc\tume p> les ennuis physiques et moraux4 ,en outre1 la condition temporaire dsigne p> le nom d'puisem5t contribue cet tat de *oses4 ,les membres surm5s p> un ex]cice prolong ne peuv5t sans s\ffrance accomplir des actes qui1 en un autre temps1 n'aurai5t caus aucune s5sation apprciable4 ,aprs avoir lu plusieurs heures de suite1 des yeux mme puissants comm5c5t s\ffrir4 ,des bruits auxquels on ne f]ait pas att5tion s'ils ne durai5t qu'un mom5t1 devi5n5t1 s'ils ne cess5t pas1 une cause de fatigue d\l\reuse4 ,de telle sorte que bi5 que la relation entre les pe9es positives et les actes positivem5t nuisibles soit absolue1 en ce s5s qu'elle se r5contre p>t\t o il y a s5sibilit1 cep5dant on peut affirm] qu'il y a mme l une relativit p>tielle4 ,c> il n'y a pas de rapport fixe entre la =ce agissante et la s5sation produite4 ,le degr de la s5sation v>ie avec la gr&eur de l'organisme1 avec le c>actre de ses tissus extrieurs1 avec le c>actre de son sy/me n]veux1 et aussi avec les tats temporaires de la p>tie affecte1 du corps en gnral et des c5tres n]veux4 #fe4 ,la relativit des plaisirs e/ bi5 plus rem>quable1 et les exemples qu'on en tr\ve dans le monde des tres s5tants sont innombrables4 ,il suffit de reg>d] aut\r de n\s la v>it des *oses que les diffr5ts tres sont ports p> leurs apptits mang]1 et mang5t avec plaisir1--la *air p\r les animaux de proie1 l'h]be p\r les h]bivores1 les v]s p\r la taupe1 les m\*es p\r l'hirondelle1 les gra9s p\r le b\vreuil1 le miel p\r l'abeille1 les corps en dcomposition p\r les v]s1--p\r s'ap]cevoir que les gts en matire d'alim5ts sont relatifs la /ructure des tres4 ,cette vrit1 r5due vid5te p> un c\p d'oeil sur les animaux en gnral1 s'impose aussi notre att5tion si n\s jetons un c\p d'oeil sur les diffr5tes races d'hommes4 ,ici la *air huma9e e/ un objet d'horreur1 et l elle e/ reg>de comme le mets le plus dlicat2 dans ce pays1 l'on prt5d qu'il faut laiss] p\rrir les rac9es avant de les mang]1 et l t\te app>5ce de dcomposition produit le dgt2 la graisse de bale9e1 que c]ta9e race dvore avec avidit1 donn]a une autre des nauses p> sa seule odeur4 ,c]tes1 sans reg>d] bi5 lo91 n\s voyons1 p> le prov]be3 ,ce qu'un homme mange e/ un poison p\r un autre1 qu'il e/ admis gnralem5t que les hommes d'une mme socit diffr5t au po9t que ce qui plat au gt de l'un dplat celui de l'autre4 ,il en e/ de mme p\r les autres s5s4 ,l'odeur de l'assa foetida1 qui e/ p\r n\s le type des odeurs dgtantes1 e/ un p>fum favori *ez les ,e/honi5s2 ceux mme qui n\s ent\r5t ont des prfr5ces si dissemblables que les s5teurs des fleurs qui plais5t quelques-uns rpugn5t aux autres4 ,n\s ent5dons t\s les j\rs exprim] des diss5tim5ts analogues sur les c\leurs qui plais5t ou dplais5t4 ,il en e/ de mme1 un degr plus ou mo9s lev1 p\r t\tes les s5sations1 mme p\r celles du t\*]3 la s5sation produite sur le t\*] p> le vel\rs1 qui e/ agrable la plup>t des hommes1 agace les d5ts de c]ta9es p]sonnes4 ,il suffit de nomm] l'apptit et la satit p\r suggr] l'ide de faits innombrables qui pr\v5t que les plaisirs sont relatifs non seulem5t aux /ructures organiques1 mais encore leurs tats4 ,la n\rriture1 qui procure une ple9e satisfaction lorsque la faim e/ vive1 cesse d'tre agrable lorsque la faim e/ apaise1 et1 si l'on e/ alors contra9t de mang] encore1 on la rejette avec dgt4 ,de mme1 une sorte p>ticulire de n\rriture1 qui semble1 lorsqu'on en gte p\r la premire fois1 si dlicieuse qu'on entrevoit dans une rptition j\rnalire la s\rce de j\issances inf9ies1 devi5t en peu de j\rs non seulem5t dp\rvue de *>mes1 mais encore rpugnante4 ,des c\leurs brillantes1 qui raviss5t lorsque les yeux n'y sont pas encore acc\tums1 fatigu5t la vue si elle s'y atta*e longtemps1 et l'on pr\ve un s\lagem5t en faisant cess] les impressions qu'elles produis5t4 ,des sons d\x en eux-mmes et d\x dans leurs comb9aisons1 qui procur5t un plaisir int5se des oreilles reposes1 devi5n5t1 la f9 d'un long conc]t1 non seulem5t ennuyeux1 mais mme irritants1 si l'on ne peut s'y s\/raire4 ,on peut dire la mme *ose de simples s5sations comme celles du froid et du *aud4 ,le feu1 si agrable un j\r d'hiv]1 e/ accablant dans la saison *aude1 et l'on pr5d alors plaisir se plong] dans l'eau froide qui f]ait frissonn] en hiv]4 ,en vrit1 de c\rtes expri5ces suffis5t p\r montr] combi5 sont relatives aux tats des /ructures les s5sations agrables de ces diffr5ts g5res2 c> on peut obs]v] que1 si l'on met la ma9 froide dans de l'eau tide1 la s5sation agrable dim9ue graduellem5t1 mesure que la ma9 s'*auffe4 ,ce petit nombre d'exemples suffit p\r tablir =mellem5t cette vrit1 assez manife/e p\r t\s ceux qui obs]v5t1 que1 p\r pr\v] t\te s5sation agrable1 il faut d'abord un organe qui entre en ex]cice1 et en second lieu c]ta9es conditions d'activit de cet organe4 #ff4 ,la vrit que les plaisirs motionnels sont r5dus possibles en p>tie p> l'exi/5ce de /ructures corrlatives et en p>tie p> les tats de ces /ructures e/ galem5t indniable4 ,obs]vez un animal dont l'exi/5ce exige des habitudes solitaires et qui a une organisation adapte2 il ne tmoigne aucun beso9 de la prs5ce de son semblable4 ,obs]vez au contraire les animaux qui viv5t p> tr\pes2 si l'un d'eux e/ sp> des autres1 v\s v]rez qu'il e/ malheureux tant que cette sp>ation cont9ue1 t&is qu'il donne des signes de joie ds qu'il a rejo9t ses compagnons4 ,dans le premi] cas1 il n'y a pas de /ructure n]veuse qui tr\ve dans un tat de socit sa sphre d'action2 dans le second cas1 il y a une /ructure de ce g5re4 ,comme cela rsultait des exemples donns dans le d]ni] *apitre sur un autre sujet1 les animaux dont l'exi/5ce comporte c]ta9s g5res d'activits sont con/itus ma9t5ant de telle sorte que le dploiem5t de ces activits1 ex]ant les /ructures corrlatives1 leur procure les plaisirs associs cet ex]cice4 ,les c>nassi]s1 que l'on enf]me dans des cages1 n\s font voir p> leurs m\vem5ts droite et gau*e qu'ils s'ef=c5t d'obt5ir1 comme ils le peuv5t1 les plaisirs qu'ils pr\v5t rd] dans leurs habitats naturels2 et le plaisir de dp5s] a9si leurs n]gies locomotrices que les m>s\9s tmoign5t en j\ant aut\r d'un navire1 un m>s\9 captur le tmoigne aussi en allant sans f9 d'un b\t l'autre du bass9 o il e/ enf]m4 ,les sautillem5ts p]ptuels d'un can>i d'un b>reau l'autre de sa cage1 la gymna/ique incessante d'un p]roquet aut\r de son p]*oir en se s]vant de ses griffes et de son bec1 sont d'autres activits qui1 rapportes sp>m5t aux beso9s de l'espce1 sont dev5ues sp>m5t elles-mmes les s\rces de s5sations agrables4 ,n\s voyons plus clairem5t encore1 p> les ef=ts qu'un ca/or mis dans une cage fait p\r con/ruire avec les baguettes et les morceaux de bois qui sont sa porte1 combi5 l'in/9ct de btir e/ dev5u dom9ant dans sa nature1 et combi51 t\te utilit mise "p1 il pr5d plaisir rpt] le mieux qu'il peut les procds de con/ruction que son organisation le r5d capable de mettre en oeuvre4 ,le *at qui1 n'ayant ri5 d*ir] avec ses griffes1 les ex]ce sur une natte1 la girafe enf]me qui1 dfaut de bran*es atte9dre1 use les angles suprieurs des portes de sa cabane =ce de les saisir avec sa langue prh5sive1 le rh9ocros qui1 n'ayant pas d'ennemi combattre1 lab\re la t]re avec sa corne1 n\s donn5t t\s des preuves analogues4 ,il e/ clair que ces div]ses actions accomplies p> des tres diffr5ts ne sont pas agrables p> elles-mmes1 c> elles diffr5t plus ou mo9s p\r *aque espce1 et sont s\v5t pr(ondm5t dissemblables4 ,elles font plaisir simplem5t cause de l'ex]cice de /ructures n]vo-musculaires adaptes l'accomplissem5t de ces actes4 ,bi5 qu'il y ait entre les races huma9es beauc\p mo9s d'opposition qu'entre les g5res et les ordres d'animaux1 cep5dant1 comme n\s l'avons vu dans le *apitre prcd5t1 en mme temps que les diffr5ces visibles1 se produis5t des diffr5ces invisibles accompagnes de gts p\r diffr5ts modes de vie4 ,*ez quelques-uns1 comme les ,mantras1 l'am\r de la lib]t et le mpris de t\te association sont tels qu' la mo9dre qu]elle ils se sp>5t et viv5t dsormais disp]ss2 t&is que *ez d'autres1 comme les ,dam>as1 il y a =t peu de gt p\r la lutte1 mais1 en revan*e1 une gr&e admiration p\r quiconque entrepr5d de les s\mettre son p\voir4 ,dj1 en montrant p> des exemples combi5 le bonheur e/ indf9i considr comme f9 de l'action1 j'ai fait voir combi5 diffr5t l'idal de vie les peuples nomades et celui des peuples sd5taires1 des peuples gu]ri]s et des peuples pacifiques1 div]sit d'idal qui implique une div]sit de /ructures n]veuses produite p> les effets hrditaires d'habitudes diffr5tes accumules p5dant des gnrations4 ,ces contra/es1 div]s en g5res et en degrs dans les diffr5ts types du g5re huma91 *acun peut les obs]v] p>mi ceux qui l'ent\r5t4 ,les occupations dans lesquelles quelques-uns tr\v5t leur plaisir sont intolrables p\r d'autres qui sont autrem5t con/itus1 et les manies des hommes1 qui leur p>aiss5t eux-mmes sp>m5t =t naturelles1 sembl5t s\v5t leurs amis ridicules ou ins5ses3 ces faits seuls n\s p]mett5t de voir que l'agrm5t des actions de tel ou tel g5re e/ d non pas quelque c>actre de la nature des actions1 mais l'exi/5ce de facults dont elles sont l'ex]cice4 ,on doit aj\t] que *aque motion agrable1 comme *aque s5sation agrable1 e/ relative non seulem5t une c]ta9e /ructure1 mais aussi l'tat de cette /ructure4 ,les p>ties appeles agir doiv5t avoir t reposes1 doiv5t tre dans une condition qui leur p]mette d'agir1 et non dans la condition que produit une action prolonge4 ,quel que soit l'ordre d'motion dont on p>le1 si elle se cont9ue sans int]ruption1 elle doit am5] la satit4 ,la consci5ce du plaisir devi5t de mo9s en mo9s vive1 et le beso9 se fait s5tir d'une cessation temporaire p5dant laquelle les p>ties qui se sont ex]ces rec\vr5t leur capacit d'agir de n\veau1 et p5dant laquelle aussi les activits des autres p>ties et les motions qui en sont la suite tr\v5t se dvelopp] comme il convi5t4 #fg4 ,j'ai insi/ sur ces vrits gnrales avec plus de dveloppem5ts qu'il ne fallait peut-tre1 p\r prp>] le lecteur adopt] ple9em5t un corollaire que l'on mconnat dans la pratique4 ,quelle que soit ici l'abondance1 la cl>t des preuves1 et bi5 que *acun soit =c *aque j\r d'y faire att5tion1 les conclusions que l'on devrait en dduire relativem5t la conduite de la vie ne sont pas dduites1 et ces conclusions sont tellem5t opposes aux croyances communes qu'il suffit de les nonc] p\r provoqu] un m\vem5t de surprise et d'incrdulit4 ,les p5seurs passs1 et mme encore la plup>t des p5seurs contempora9s1 sont tellem5t pntrs de l'op9ion que la nature de *aque tre a t spcialem5t cre p\r lui1 et que la nature huma9e1 spcialem5t cre elle aussi1 e/1 comme les autres1 immuable2 ces p5seurs sont aussi1 mme encore auj\rd'hui1 tellem5t p]suads que l'agrm5t de c]ta9es actions dp5d de leurs qualits ess5tielles1 t&is que leurs qualits ess5tielles r5d5t d'autres actions dsagrables1 qu'il e/ difficile mme de se faire c\t] qu& on s\ti5t que les g5res d'actions qui sont ma9t5ant agrables cess]ont de l'tre dans des conditions qui r5d5t ce *angem5t ncessaire1 t&is que d'autres g5res d'actions devi5dront agrables4 ,ceux mme qui adopt5t la doctr9e de l'volution n'admett5t qu'avec scepticisme1 ou t\t au plus avec une foi nom9ale1 les infr5ces qu'il faut en tir] conc]nant l'humanit de l'av5ir4 ,et cep5dant1 comme le pr\v5t des myriades d'exemples indiqus p> le petit nombre de ceux que n\s avons donns plus haut1 les actions naturelles1 qui ont produit des =mes innombrables de /ructures adaptes des =mes innombrables d'activit1 ont en mme temps r5du ces =mes d'activit agrables4 ,l'9vitable consqu5ce en tir] e/ que1 dans les limites imposes p> les lois physiques1 il se dvelopp]a1 p> adaptation telles n\velles sries de conditions qui peuv5t s'tablir1 des /ructures appropries dont les fonctions apport]ont avec elles leurs plaisirs spciaux4 ,qu& n\s n\s s]ons db>rasss de la t5dance croire que c]ta9s modes d'activit sont ncessairem5t agrables p>ce qu'ils n\s procur5t du plaisir1 et que d'autres modes qui ne n\s plais5t pas sont ncessairem5t dplaisants1 n\s v]rons que la nature huma9e1 en se trans=mant p\r s'accommod] t\tes les exig5ces de la vie sociale1 doit fatalem5t r5dre agrables t\tes les actions ncessaires1 et dsagrables au contraire t\tes les actions opposes ces exig5ces4 ,qu& n\s en s]ons v5us compr5dre ple9em5t cette vrit qu'il n'y a ri5 de plus satisfaisant1 d'une manire intr9sque1 dans les ef=ts p> lesquels on s'emp>e des animaux sauvages1 que dans les ef=ts dp5ss p\r lev] des plantes1 et que les actions comb9es des muscles et des s5s ncessaires p\r conduire un bateau la rame ne sont pas p> leurs natures ess5tielles plus productives de s5sations agrables que celles qui sont ncessaires la rcolte des moissons1 mais que *aque *ose dp5d des motions coopratives qui prs5t s'accord5t mieux avec l'une qu'avec l'autre1 n\s devrons infr] qu' mesure que dim9u]ont ces motions auxquelles l'tat social ne donne que peu ou pas de raison d'tre1 et mesure que crotront ces motions que ce mme tat dveloppe cont9uellem5t1 les *oses faites ma9t5ant avec dplaisir et seulem5t p>ce qu'on y e/ oblig se f]ont avec un plaisir immdiat1 et les *oses dont on s'ab/i5t p> devoir s]ont ab&onnes1 p>ce qu'elles rpugn]ont4 ,cette conclusion1 contraire aux croyances populaires et ord9airem5t mconnue dans la spculation morale1 ou t\t au plus reconnue p>tiellem5t et de temps en temps1 s]a reg>de comme si improbable p> la majorit1 que je dois en donn] une ju/ification plus dveloppe1 =tifi] l'argum5t priori p> un argum5t po/]iori4 ,quelque petite que soit l'att5tion donne ce fait1 cep5dant c'e/ un fait rem>quable que le corollaire dduit ci-dessus de la doctr9e de l'volution en gnral concide avec le corollaire que n\s impos5t les *angem5ts passs et prs5ts de la nature huma9e4 ,les pr9cipaux contra/es de c>actre con/ats entre le sauvage et l'homme civilis sont prcism5t ceux que le procd d'adaptation doit donn]4 ,la vie de l'homme primitif e/ consacre presque t\t entire la p\rsuite des btes1 des oiseaux1 des poissons1 qui lui procure une excitation agrable2 mais1 bi5 que la *asse procure du plaisir l'homme civilis1 il n'e/ ni si p]si/ant ni si gnral4 ,n\s avons *ez n\s des sportsm5 ple9s d'ardeur2 mais il y a beauc\p d'hommes que la *asse et la p*e ennui5t bi5tt1 et il y en a assez qui l'une et l'autre sont t\t fait indiffr5tes ou mme rpugnantes4 ,au contraire1 le p\voir d'appliqu] d'une manire cont9ue son att5tion1 qui e/ trs faible *ez l'homme primitif1 e/ dev5u *ez n\s trs considrable4 ,il e/ vrai que le plus gr& nombre e/ =c de travaill] p> la ncessit2 mais il y a et l dans la socit des hommes p\r lesquels une occupation active e/ un beso91 des hommes qui sont inquiets qu& ils n'ont ri5 faire et sont malheureux si p> has>d ils doiv5t r5onc] au travail2 des hommes p\r lesquels tel ou tel sujet d'inve/igation e/ si ple9 d'attrait1 qu'ils s'y adonn5t t\t enti]s p5dant des j\rs et des annes2 des hommes qui s'intress5t si pr(ondm5t aux affaires publiques qu'ils emploi5t t\te leur vie p\rsuivre ce qui leur p>at le plus utile leur pays1 presque sans pr5dre le repos ncessaire leur sant4 ,le *angem5t e/ encore plus manife/e qu& n\s comp>ons l'humanit non dveloppe l'humanit dveloppe p> rapport la conduite inspire p> les incl9ations sociales4 ,la cruaut plutt que la t5dresse c>actrise le sauvage1 et devi5t dans beauc\p de cas p\r lui la s\rce d'un plaisir m>qu2 mais1 bi5 qu'il y ait p>mi les hommes civiliss des individus *ez lesquels ce trait du c>actre sauvage a survcu1 cep5dant l'am\r de faire s\ffrir n'e/ pas gnral1 et1 outre le gr& nombre de ceux qui montr5t de la bi5veillance1 il y a ceux qui emploi5t t\t leur temps et une gr&e p>tie de leur =tune des oeuvres de philan?ropie sans p5s] une rcomp5se actuelle ou future4 ,evidemm5t1 ces *angem5ts importants1 avec beauc\p d'autres mo9dres1 sont con=mes la loi expose plus haut4 ,des activits appropries leurs beso9s et qui donn5t du plaisir aux sauvages ont cess d'tre agrables la plup>t des hommes civiliss1 t&is que ceux-ci sont dev5us capables d'autres activits appropries et des plaisirs qui les suiv5t1 qui manquai5t aux sauvages4 ,or1 non seulem5t il e/ rationnel d'infr] que des *angem5ts comme ceux qui se sont produits p5dant la civilisation cont9u]ont se produire1 mais il e/ irrationnel de faire autrem5t4 ,ce n'e/ pas celui qui croit que l'adaptation s'augm5t]a qui se trompe1 mais celui qui d\te de cette augm5tation4 ,manqu] de foi dans une volution cont9ue de l'humanit d'o sorte l'h>monie f9ale de sa nature et de ses conditions1 c'e/ donn] une preuve de plus1 entre mille autres1 d'une consci5ce inadquate de la causation4 ,celui qui1 en ab&onnant la fois les dogmes primitifs et l'anci5ne manire d'envisag] les faits1 a1 en acceptant les conclusions sci5tifiques1 acquis les habitudes de p5s] que la sci5ce donne1 reg>d]a comme 9vitable la conclusion que n\s v5ons de dduire4 ,il lui s]a impossible de croire que les processus qui ont jusqu' prs5t si bi5 model t\s les tres d'aprs les exig5ces de leurs vies qu'ils tr\v5t plaisir s'y con=m]1 ne doiv5t pas cont9u] les model] de la mme manire2 il infr]a que le type de nature auquel la plus haute vie sociale apporte une sphre telle que *aque facult ait son compte lgitime1 et pas plus que son compte lgitime1 de fonction et de plaisir la suite1 e/ le type de nature v]s lequel le progrs doit t5dre sans rel*e jusqu' ce qu'il soit atte9t4 ,le plaisir naissant de l'adaptation d'une /ructure sa f9 spciale1 il v]ra qu'il en rsulte ncessairem5t que1 en supposant qu'il s'accorde avec la cons]vation de la vie1 il n'y a aucun g5re d'activit qui ne puisse dev5ir la longue une s\rce de plaisir1 et que p> suite le plaisir accompagn]a fatalem5t t\t mode d'action rclam p> les conditions sociales4 ,j'insi/e ici sur ce corollaire1 p>ce qu'il j\]a bi5tt un rle important dans ma dmon/ration4 ,,*apitre ,,xi ,l',,g,,sme ,,oppos ,l',,altruisme #fh4 ,si l'insi/ance sur les vrits vid5tes p> elles-mmes t5d branl] les sy/mes de croyance tablis1 elles sont alors passes s\s sil5ce p> la plup>t des hommes1 ou t\t au mo9s il y a refus tacite d'en tir] les infr5ces les plus claires4 ,p>mi les vrits vid5tes p> elles-mmes a9si traites1 il en e/ une qui se rapporte au sujet qui n\s occupe1 savoir qu'il faut qu'un tre vive avant d'agir4 ,c'e/ un corollaire de cette vrit que les actes p> lesquels *acun travaille cons]v] sa propre vie doiv5t1 d'une manire gnrale1 s'impos] avant t\s les autres4 ,c> si l'on affirmait que ces autres actes doiv5t s'impos] avant ceux qui s]v5t au ma9ti5 de la vie1 et si t\t le monde se con=mait cette loi comme une loi gnrale de conduite1 alors1 en subordonnant les actes qui s]v5t au ma9ti5 de la vie ceux que la vie r5d possibles1 t\t le monde devrait p]dre la vie4 ,cela revi5t dire que la morale doit reconnatre cette vrit1 reconnue indp5damm5t de t\te considration morale1 savoir que l'gsme passe avant l'altruisme4 ,les actes requis p\r assur] la cons]vation1 entranant la j\issance des avantages produits p> de tels actes1 sont les conditions premires du bi5-tre univ]sel4 ,si *acun ne pr5d pas conv5ablem5t so9 de lui-mme1 la mort l'emp*e de pr5dre so9 de t\s les autres1 et1 si t\t le monde meurt a9si1 il ne re/e p]sonne dont on ait pr5dre so94 ,cette suprmatie p]man5te de l'gsme sur l'altruisme1 r5due manife/e si l'on considre la vie actuelle1 e/ r5due plus manife/e encore si l'on considre la vie dans le c\rs de l'volution4 #fi4 ,ceux qui ont suivi avec faveur le m\vem5t de p5se qui s'e/ rcemm5t produit sav5t que1 trav]s les ges passs1 la vie1 si abondante et si v>ie dans ses =mes1 qui s'e/ rp&ue sur la t]re1 s'e/ dveloppe en v]tu de la loi que *aque individu doit gagn] en proportion de l'aptitude qu'il a remplir les conditions de son exi/5ce4 ,le pr9cipe uni=me a t qu'une meilleure adaptation doit procur] un plus gr& avantage2 ce plus gr& avantage1 t\t en augm5tant la prosprit de l'tre le mieux adapt1 doit accrotre aussi son aptitude laiss] des desc5dants qui hrit5t plus ou mo9s de sa meilleure adaptation4 ,d'o il suit que1 en v]tu galem5t d'un pr9cipe uni=me1 celui qui e/ mal adapt1 mal p>tag dans la lutte p\r l'exi/5ce1 en support]a les mauvais effets1 ou en disp>aissant qu& ses imp]fections sont extrmes1 ou en levant mo9s de desc5dants qui1 hritant de ses imp]fections1 t5d5t avoir une po/rit mo9s nombreuse encore4 ,il en a t a9si des supriorits innes2 il en a t a9si galem5t de quelques-unes qui tai5t acquises4 ,de t\t temps1 la loi a t qu'une fonction accrue apporte un accroissem5t de p\voir1 et que1 p> suite1 des activits supplm5taires propres favoris] le bi5-tre d'un membre d'une race produis5t dans sa /ructure une plus gr&e aptitude ex]c] ces activits supplm5taires1 les avantages qui en driv5t s]vant lev] et prolong] sa vie4 ,rciproquem5t1 comme une dim9ution de fonction ab\tit une dim9ution de /ructure1 l'affaiblissem5t des facults non ex]ces a t\j\rs produit une p]te du p\voir d'atte9dre les f9s corrlatives2 or1 si les f9s ne sont atte9tes qu'imp>faitem5t1 il en rsulte une dim9ution de l'aptitude cons]v] la vie4 ,et p> l'hrdit1 ces modifications fonctionnelles ont respectivem5t favoris ou emp* la p]ptuit de l'espce4 ,comme n\s l'avons dj dit1 la loi d'aprs laquelle *aque tre doit recueillir les avantages ou les inconvni5ts de sa propre nature1 qu'ils soi5t hrits des anctres ou qu'ils soi5t dus des modifications spontanes1 e/ la loi s\s laquelle la vie s'e/ dveloppe jusqu' ce j\r1 et elle doit subsi/]1 quel que doive tre le t]me de l'volution de la vie4 ,quelques modifications que ce c\rs naturel d'action puisse subir ma9t5ant ou dans la suite1 ce sont des modifications qui ne peuv5t1 s\s pe9e d'un rsultat fatal1 le *ang] beauc\p4 ,t\s les arrangem5ts qui emp*5t un haut degr la supriorit de pr(it] des avantages de la supriorit1 ou qui protg5t l'infriorit contre les maux qu'elle produit2 t\s les arrangem5ts qui t5d5t supprim] t\te diffr5ce entre le suprieur et l'infrieur1 sont des arrangem5ts diamtralem5t opposs au progrs de l'organisation et l'avnem5t d'une vie plus haute4 ,mais dire que *aque individu doit recueillir les avantages que lui procur5t ses propres facults hrites ou acquises1 c'e/ proclam] l'gsme comme pr9cipe suprme de conduite4 ,c'e/ dire que les prt5tions g/es doiv5t pr5dre le pas sur les prt5tions altrui/es4 #gj4 ,s\s son aspect biologique cette proposition ne peut tre conte/e p> ceux qui admett5t la doctr9e de l'volution2 mais il e/ d\teux qu'ils reconnaiss5t en mme temps la ncessit de l'admettre s\s son aspect moral4 ,si1 p\r ce qui conc]ne le dveloppem5t de la vie1 l'efficacit du pr9cipe univ]sel dont il s'agit e/ assez manife/e1 son efficacit p> rapport l'accroissem5t du bonheur peut bi5 n'tre pas ap]ue en mme temps4 ,mais ces deux *oses ne peuv5t se sp>]4 ,une incapacit de t\t g5re et de t\t degr e/ une cause de malheur directem5t et indirectem5t3 directem5t1 p> la pe9e qui rsulte de la sur*>ge d'une facult insuffisante2 indirectem5t1 p> le non-accomplissem5t ou l'accomplissem5t imp>fait de c]ta9es conditions du bi5-tre4 ,au contraire1 une capacit de t\t g5re qui suffit au beso9 conduit au bonheur immdiatem5t et dans la suite3 immdiatem5t1 p> le plaisir qui accompagne t\j\rs l'ex]cice normal de t\te facult qui vi5t b\t de son oeuvre1 et1 dans la suite1 p> les plaisirs qui sont facilits p> les f9s atte9tes4 ,un animal qui e/ faible ou l5t dans sa m>*e1 et qui ne peut a9si se n\rrir qu'au prix d'ef=ts qui l'puis5t1 ou qui n'*appe qu'avec pe9e ses ennemis1 s\ffre t\tes les pe9es que caus5t des facults surm5es1 des apptits non satisfaits et des motions d\l\reuses2 t&is qu'un animal de la mme espce1 =t et rapide la c\rse1 j\it de l'efficacit de ses actes1 gte plus compltem5t les satisfactions que donne la n\rriture aussi bi5 que le r5\vellem5t de =ces qu'elle procure1 et a bi5 mo9s de pe9es et des pe9es mo9s gr&es cra9dre en se df5dant contre ses ennemis ou en leur *appant4 ,il en e/ de mme selon que les s5s sont plus faibles ou plus dvelopps1 selon que la sagacit e/ plus ou mo9s gr&e4 ,l'individu intellectuellem5t infrieur de n'importe quelle race a subir des misres ngatives et positives2 celui qui e/ intellectuellem5t suprieur au contraire en retire des avantages ngatifs et positifs4 ,ncessairem5t1 cette loi en v]tu de laquelle *aque membre d'une espce recueille les consqu5ces de sa propre nature2 en v]tu de laquelle la progniture de *aque membre1 p>ticipant sa nature1 recueille aussi de p>eilles consqu5ces1 e/ une loi qui t5d t\j\rs accrotre le bonheur gnral de l'espce1 en favorisant la multiplication des plus heureux1 en emp*ant celle des mo9s heureux4 ,t\t cela e/ vrai des tres huma9s comme des autres tres4 ,la conclusion qui s'impose n\s e/ que la p\rsuite du bonheur individuel dans les limites prescrites p> les conditions sociales e/ ce qui e/ d'abord exig p\r que l'on p>vi5ne au bonheur gnral le plus gr&4 ,p\r le voir1 il suffit de comp>] un homme qui p> ses so9s p\r lui-mme s'e/ ma9t5u dans un bon tat physique1 avec un autre homme qui p> sa nglig5ce de t\t so9 p]sonnel subit les rsultats ord9aires de cette nglig5ce1 et de se dem&] quel doit tre le contra/e de deux socits =mes de ces deux sortes d'individus4 ,sautant hors du lit aprs un sommeil in9t]rompu1 *antant ou sifflant en s'habillant1 desc5dant de *ez lui la face rayonnante1 t\t prt rire la premire occasion1 l'homme bi5 portant1 dont les facults sont puissantes1 consci5t de ses succs passs1 et1 p> son n]gie1 sa sagacit1 ses ress\rces1 confiant dans l'av5ir1 aborde le travail du j\r sans rpugnance1 avec gaiet au contraire2 d'heure en heure1 son travail facile et heureux lui apporte de n\velles satisfactions1 et il r5tre *ez lui avec un surplus abondant d'n]gie dp5s] p5dant les heures de loisir4 ,il en e/ t\t autrem5t de celui qui s'e/ laiss affaiblir en se ngligeant4 ,dj insuffisantes1 ses =ces1 sont r5dues plus insuffisantes encore p> les ef=ts con/ants ncessaires p\r excut] une t*e trop l\rde et p> le dc\ragem5t qui en rsulte4 ,outre la consci5ce dbilitante de l'av5ir immdiat1 il a aussi la consci5ce dbilitante de l'av5ir plus lo9ta9 avec ses probabilits de difficults accumules et d'une mo9dre capacit d'y faire face4 ,les heures de loisir qui apport5t1 lorsqu'on les emploie rgulirem5t1 des plaisirs propres /imul] le c\rs de la vie et r5\vel] la puissance d'agir1 ne peuv5t tre utilises2 il n'y a plus assez de vigueur p\r des di/ractions qui dem&5t de l'action1 et le manque de bonne humeur emp*e de se livr] avec gt aux di/ractions passives4 ,en un mot1 la vie devi5t une *>ge4 ,ma9t5ant si1 comme on doit l'admettre1 dans une socit compose d'individus semblables au premi]1 le bonheur e/ relativem5t gr&1 t&is que dans une socit compose d'individus semblables au second il doit y avoir relativem5t peu de bonheur1 ou plutt beauc\p de misres1 on doit admettre que la conduite qui donne le premi] rsultat e/ bonne1 et que la conduite qui donne l'autre e/ mauvaise4 ,mais les dim9utions du bonheur gnral sont produites de plusieurs autres manires p>ticulires p> un gsme suffisant4 ,n\s allons les pass] successivem5t en revue4 #ga4 ,s'il n'y avait aucune preuve de l'hrdit1 s'il tait de rgle que le =t ft habituellem5t eng5dr p> le faible1 t&is que le faible desc5drait ord9airem5t du =t1 que des p>5ts mlancoliques euss5t des enfants ple9s de vie et de sant1 t&is que des pres et des mres d'une vigueur exubrante aurai5t le plus s\v5t des enfants *tifs1 que de paysans grossi]s naquiss5t des fils d'une haute intellig5ce alors que les fils d'hommes cultivs ne s]ai5t bons ri51 si ce n'e/ suivre la *>rue2 si la g\tte1 les scr(ules1 la folie ne se transmettai5t pas1 si les p]sonnes maladives procrai5t d'habitude des enfants bi5 portants et les p]sonnes bi5 portantes des enfants maladifs1 les auteurs qui s'occup5t de morale s]ai5t excusables de ne pas t5ir compte des effets de conduite qui se manife/5t dans les desc5dants p> les tempram5ts dont ils hrit5t4 ,en fait1 cep5dant1 les ides c\rantes conc]nant les prt5tions relatives de l'gsme et de l'altruisme sont vicies p> l'omission de ce facteur d'une extrme importance4 ,c> si la sant1 la =ce et la capacit sont habituellem5t transmises1 si la maladie1 la faiblesse et la /upidit rep>aiss5t gnralem5t *ez les desc5dants1 alors un altruisme rationnel exige que l'on s'applique cet gsme qui consi/e se procur] les satisfactions dont la cons]vation du corps et de l'esprit dans le meilleur tat possible e/ accompagne4 ,la consqu5ce ncessaire e/ que le bonheur de nos desc5dants s]a le fruit du so9 que *acun pr5dra de sa p]sonne dans des limites lgitimes1 t&is que l'oubli de ce so9 p\ss trop lo9 s]a une s\rce de maux4 ,lorsque n\s songeons combi5 il e/ ord9aire de rem>qu] qu'une bonne sant r5d tolrable n'importe quelle condition1 t&is que des indispositions *roniques r5d5t la vie pnible dans les positions les plus favorables1 il e/ surpr5ant en vrit que t\t le monde et mme les auteurs qui tudi5t la conduite ignor5t les suites t]ribles p\r ceux qui ne sont pas encore ns du mpris que l'on a p\r le so9 de sa propre p]sonne1 et les bi5s incalculables qui rsult]ont1 p\r ceux qui natront un j\r1 de l'att5tion que l'on donne ces so9s4 ,de t\s les avantages que les p>5ts peuv5t lgu] leurs enfants1 le plus prcieux e/ celui d'une bonne con/itution4 ,bi5 que le corps d'un homme ne soit pas une proprit dont on puisse hrit]1 cep5dant sa con/itution peut trs exactem5t se comp>] un bi5 sub/itu1 et1 s'il compr5d comme il le doit son devoir env]s la po/rit1 il v]ra qu'il e/ t5u de la transmettre sans l'avoir laiss altr] s9on sans l'avoir amliore4 ,c'e/ dire qu'il doit tre g/e dans la mesure qu'il faut p\r satisfaire t\s les dsirs qui sont associs au bon ex]cice des fonctions4 ,c'e/ mme dire plus encore4 ,c'e/ dire qu'il doit re*]*] dans une mesure conv5able les div]s plaisirs que la vie n\s (fre4 ,c>1 outre l'effet qu'ils ont d'lev] le c\rs de la vie et de ma9t5ir la vigueur con/itutive1 ils ont p\r effet de cons]v] et de dvelopp] la capacit d'pr\v] des j\issances4 ,d\s d'n]gies abondantes et de gts div]s1 quelques-uns peuv5t se procur] des satisfactions de diffr5tes sortes en t\te occasion2 t&is que d'autres sont si indol5ts et si ds9tresss des *oses qui les ent\r5t1 qu'ils ne peuv5t mme se donn] la pe9e de s'amus]4 ,a mo9s de ni] l'hrdit1 on doit infr] qu'en acceptant comme il convi5t les plaisirs v>is que la vie n\s (fre1 n\s dveloppons l'aptitude de nos desc5dants gt] les j\issances2 si les p>5ts au contraire p]si/5t dans une manire de vivre pesante et monotone1 ils dim9u5t l'aptitude de leurs enfants pr(it] le mieux possible des plaisirs qui peuv5t leur arriv]4 #gb4 ,outre la dcroissance du bonheur gnral qui rsulte1 de cette manire indirecte1 d'une subord9ation illgitime de l'gsme1 il y a une dcroissance du bonheur gnral qui en rsulte directem5t4 ,celui qui pr5d assez de so9 de lui-mme p\r se ma9t5ir en bonne sant et en belle humeur1 devi5t d'abord p> l une cause immdiate de bonheur p\r ceux qui l'ent\r5t1 et en second lieu il cons]ve la capacit d'accrotre leur bonheur p> des actions altrui/es4 ,mais celui dont la vigueur corporelle et la sant m5tale sont m9es p> le sacrifice exagr de soi-mme1 d'abord1 devi5t p\r ceux qui l'ent\r5t une cause de dpression1 et en second lieu se r5d lui-mme incapable ou mo9s capable de travaill] leur bi5-tre4 ,en apprciant la conduite1 n\s devons n\s rappel] qu'il y a ceux qui p> leur gaiet rp&5t la joie aut\r d'eux1 et ceux qui p> leur mlancolie assombriss5t t\s ceux qu'ils frqu5t5t4 ,n\s devons n\s rappel] aussi qu'en faisant rayonn] son bonheur aut\r de lui1 un homme de la premire espce peut aj\t] au bonheur des autres plus que p> des ef=ts positifs p\r leur faire du bi51 et qu'un homme de la seconde espce peut nuire leur bonheur p> sa seule prs5ce plus qu'il ne l'accrot p> ses actes4 ,ple9 de vivacit1 l'un e/ t\j\rs le bi5v5u4 ,p\r sa femme1 il n'a que des s\rires et de joyeux propos2 p\r ses enfants1 des hi/oires amusantes2 p\r ses amis1 une conv]sation plaisante t\te mle de saillies spirituelles1 lgrem5t am5es4 ,au contraire1 on fuit l'autre4 ,l'irritabilit qui rsulte tantt de ses indispositions1 tantt des *ecs causs p> sa faiblesse1 fait *aque j\r s\ffrir sa famille4 ,manquant d'une n]gie suffisante p\r se ml] aux jeux de ses enfants1 il n'y porte t\t au plus qu'un mdiocre intrt1 et ses amis le trait5t de rabat-joie4 ,dans nos raisonnem5ts sur la morale1 n\s t5ons peu de compte de cela2 il e/ vid5t cep5dant que1 puisque le bonheur et le malheur sont contagieux1 le so9 de soi-mme1 en tant qu'il contribue la sant et la bonne humeur1 e/ un bi5fait p\r les autres1 t&is que la nglig5ce qui a p\r effet la s\ffrance1 corporelle ou m5tale1 e/ un bi5 mauvais s]vice r5dre autrui4 ,le devoir de se r5dre agrable en p>aissant avoir du plaisir e/ en vrit s\v5t recomm&1 et l'on applaudit ceux qui procur5t a9si quelque agrm5t leurs amis1 autant que cela suppose un sacrifice de la "p de ceux qui le font4 ,mais1 bi5 que l'on contribue beauc\p plus au plaisir de ses amis en montrant un rel bonheur qu'en faisant semblant d'tre heureux1 et bi5 qu'alors on vite la fois t\te hypocrisie et t\te viol5ce1 on ne reg>de cep5dant pas comme un devoir de remplir les conditions qui p]mett5t de montr] un bonheur rel4 ,nanmo9s1 si la quantit de bonheur produite doit tre la mesure de l'obligation1 le bonheur rel e/ plus obligatoire que le bonheur app>5t4 ,alors1 comme n\s l'avons indiqu plus haut1 outre cette premire srie d'effets produits sur les autres1 il y en a une seconde4 ,l'individu qui a le degr d'gsme v\lu1 g>de les facults qui r5d5t possibles les activits altrui/es4 ,l'individu qui n'a pas ce degr d'gsme p]d plus ou mo9s de son aptitude tre altrui/e4 ,la vrit de la premire proposition e/ vid5te d'elle-mme2 des exemples j\rnali]s n\s =c5t admettre la vrit de l'autre4 ,en voici quelques-uns4 ,voici une mre qui1 leve d'aprs les modes ins5ses qui sont adoptes p> les g5s cultivs1 n'a pas une con/itution assez =te p\r n\rrir elle-mme son enfant1 mais qui1 sa*ant que la n\rriture naturelle e/ la meilleure1 dans sa sollicitude p\r le bi5-tre de cet enfant1 p]si/e lui donn] son lait au del du temps o sa sant le lui p]met4 ,il se produit fatalem5t une raction4 ,alors survi5t une fatigue qui peut dgnr] en un puisem5t maladif1 dont la suite e/ ou la mort ou une faiblesse *ronique4 ,elle devi5t incapable1 p\r un temps ou p\r t\j\rs1 de s'occup] des affaires de son mnage2 ses autres enfants s\ffr5t de n'tre plus l'objet des so9s mat]nels1 et1 si la =tune e/ mdiocre1 les dp5ses faire p\r la g>de-malade et le mdec9 ps5t l\rdem5t sur t\te la famille4 ,voici ma9t5ant un exemple qu'un pre n\s donne assez s\v5t4 ,egalem5t p\ss p> un s5tim5t lev du devoir1 et tromp p> les ?ories morales c\rantes d'aprs lesquelles il e/ beau de se sacrifi] sans rs]ve1 il p]si/e t\s les j\rs de longues heures dans son travail sans s'inquit] d'avoir la tte en feu et les pi$s froids2 il se prive de t\s les plaisirs de la socit p\r lesquels il croit n'avoir ni temps ni arg5t4 ,que rsulte-t-il d'une manire d'agir si peu g/e8 ,ncessairem5t un affaissem5t subit1 des insomnies1 l'incapacit de travaill]4 ,ce repos qu'il ne v\lait pas se donn] alors que ses s5sations le lui dem&ai5t1 il lui faut ma9t5ant le pr5dre p5dant bi5 plus longtemps4 ,les ga9s supplm5taires qu'il avait mis de ct dans l'intrt de sa famille sont compltem5t employs en coteux voyages p\r le rtablissem5t de sa sant1 et p> t\tes les dp5ses que fait faire une maladie4 ,au lieu d'tre plus capable de remplir son devoir env]s ses enfants1 il en e/ dev5u plus incapable1 et p5dant t\te la dure de sa vie les maux remplac5t les bi5s qu'il avait esprs4 ,il en e/ de mme des effets sociaux d'un manque d'gsme4 ,a *aque pas1 n\s tr\vons des exemples des dommages1 positifs et ngatifs1 causs la socit p> une nglig5ce excessive de soi-mme4 ,tantt c'e/ un lab\reur qui1 en cont9uant consci5cieusem5t sa t*e s\s un soleil brlant1 en dpit des viol5tes prote/ations de sa s5sibilit1 meurt d'insolation et laisse sa famille la *>ge de la p>oisse4 ,tantt c'e/ un commis dont les yeux surm5s se p]d5t1 ou qui1 crivant t\s les j\rs de longues heures malgr la crampe d\l\reuse de ses doigts1 e/ atte9t de la p>alysie des criva9s1 devi5t absolum5t incapable d'crire1 et se tr\ve avec des p>5ts gs dans une pauvret laquelle ses amis doiv5t subv5ir4 ,tantt c'e/ un homme dv\ aux intrts publics qui1 en puisant sa sant p> une application incessante1 se met dans l'impossibilit de faire t\t ce qu'il aurait pu m5] bi5 en p>tageant mieux son temps entre des travaux entrepris p\r le bonheur des autres et la satisfaction de ses propres beso9s4 #gc4 ,la subord9ation exagre de l'gsme l'altruisme e/ encore prjudiciable d'une autre manire4 ,a la fois directem5t et indirectem5t1 le ds9tressem5t p\ss l'excs eng5dre l'gsme c\pable4 ,voyons-en d'abord les effets immdiats4 ,p\r qu'un homme puisse cd] un avantage un autre1 il e/ ncessaire que cet autre l'accepte1 et1 qu& il s'agit d'un avantage tel qu'ils puiss5t y prt5dre galem5t t\s les deux ou qui n'e/ pas plus ncessaire l'un qu' l'autre1 l'acceptation implique une c]ta9e facilit se procur] un avantage aux dp5s d'un autre4 ,les circon/ances et les beso9s tant les mmes p\r t\s les deux1 le fait en "q implique autant une culture de l'gsme *ez le d]ni] qu'une culture de l'altruisme *ez le premi]4 ,il e/ vrai qu'assez s\v5t la diffr5ce de leurs moy5s1 ou la diffr5ce de leurs apptits p\r un plaisir que l'un a pr\v s\v5t et l'autre r>em5t1 dp\ille l'acceptation de ce c>actre1 et il e/ clair que dans d'autres cas le bi5faiteur pr5d manife/em5t tant de plaisir procur] un plaisir que le sacrifice e/ p>tiel et que l'acceptation n'en e/ pas entirem5t intresse4 ,mais1 p\r voir l'effet indiqu ci-dessus1 n\s devons exclure de telles 9galits1 et considr] ce qui arrive lorsque les beso9s sont approximativem5t les mmes1 et que les sacrifices1 non pays de ret\r c]ta9s int]valles1 sont t\j\rs du mme ct4 ,en circonscrivant a9si la re*]*e1 t\t le monde peut donn] des exemples propres vrifi] le rsultat allgu4 ,*acun peut se rappel] que1 dans c]ta9es runions1 un homme gnreux en r5dant t\s les j\rs s]vice un homme avide1 n'a fait qu'augm5t] cette avidit1 jusqu' ce qu'elle se soit *ange en gsme dp\rvu de t\t scrupule et intolrable t\t le monde4 ,il y a des effets sociaux vid5ts de mme nature4 ,la plup>t des p]sonnes qui rfl*iss5t sav5t trs bi5 ma9t5ant que la *>it1 si elle s'ex]ce sans disc]nem5t1 e/ une cause de dmoralisation4 ,ils voi5t comm5t *ez le m5diant1 outre la de/ruction de t\te relation normale entre le travail f\rni et l'avantage obt5u1 se dveloppe l'att5te d'tre sec\ru p> d'autres qui subvi5dront ses beso9s2 cette att5te se manife/e mme quelquefois p> des imprcations contre ceux qui refus5t d'y rpondre4 ,considrez ma9t5ant les rsultats loigns4 ,lorsque les prt5tions g/es sont subordonnes aux prt5tions altrui/es au po9t de produire un dommage physique1 il se manife/e une t5dance dim9u] le nombre des altrui/es et faire prdom9] les g/es4 ,p\ss l'extrme1 le sacrifice de soi-mme au pr(it des autres peut faire que l'on meure avant l'poque ord9aire du m>iage2 il peut quelquefois aussi dt\rn] du m>iage1 comme cela arrive p\r les soeurs de *>it2 il a p\r rsultat1 d'autres fois1 une mauvaise sant ou la p]te de l'attrait qui porte au m>iage1 ou emp*e de se procur] les moy5s pcuniaires de se m>i]1 et1 dans ces diffr5ts cas1 celui qui s'e/ montr altrui/e de cette manire excessive ne laisse pas de desc5dants4 ,lorsque la subord9ation du bi5-tre p]sonnel au bi5-tre des autres n'a pas t porte au po9t d'emp*] le m>iage1 il arrive encore assez ord9airem5t que l'altration physique rsultant de plusieurs annes de nglig5ce amne la /rilit2 d'o suit que l'homme du naturel le plus altrui/e ne laisse pas de po/rit d\e du mme naturel4 ,dans des cas mo9s frappants et plus nombreux1 l'affaiblissem5t a9si produit se manife/e p> la procration d'enfants relativem5t faibles2 les uns meur5t de bonne heure2 les autres sont mo9s capables que ce n'e/ l'usage1 de transmettre aux gnrations futures le type pat]nel4 ,il en rsulte 9vitablem5t que l'ad\cissem5t de l'gsme1 qui se s]ait sans cela produit dans la nature huma9e1 e/ emp*4 ,ce mpris de soi-mme1 en mme temps qu'il affaiblit la vigueur corporelle et abaisse le niveau normal1 cause ncessairem5t dans la socit un excs du so9 de soi-mme qui le contrebalance4 #gd4 ,n\s avons a9si montr clairem5t que l'gsme a sur l'altruisme le pas au po9t de vue de la valeur obligatoire4 ,les actes qui r5d5t possible la cont9uation de la vie doiv5t1 t\t compte fait1 s'impos] avant les autres actes que la vie r5d possibles1 y compris les actes qui sont l'avantage des autres4 ,n\s voyons la mme *ose1 si de la vie telle qu'elle e/ n\s passons la vie en voie d'volution4 ,les tres s5tants ont progress des types infrieurs aux types suprieurs1 s\s cette loi que le suprieur doit pr(it] de sa supriorit et l'infrieur s\ffrir de son infriorit4 ,la con=mit cette loi a t et e/ encore ncessaire1 non seulem5t p\r la cont9uation de la vie1 mais encore p\r l'accroissem5t du bonheur1 puisque les suprieurs sont ceux qui ont des facults mieux adaptes leurs beso9s--facults dont l'ex]cice procure p> suite un plus gr& plaisir et une mo9dre pe9e4 ,des considrations plus spciales s'aj\t5t ces considrations gnrales p\r n\s pr\v] cette vrit4 ,un gsme qui s]t cons]v] un esprit vivace dans un corps vig\reux e/ favorable au bonheur des desc5dants1 qui1 grce la con/itution dont ils hrit5t1 support5t mieux les travaux de la vie et ont des plaisirs plus vifs2 t&is que1 rciproquem5t1 ceux qui se nglig5t eux-mmes et lgu5t leur po/rit une con/itution affaiblie assur5t p> cela mme son malheur4 ,en outre1 l'individu dont la vie bi5 cons]ve se manife/e p> la bonne humeur devi5t1 p> le fait mme qu'il exi/e1 une s\rce de plaisir p\r t\s ceux qui l'ent\r5t2 t&is que l'affaissem5t qui rsulte en gnral de la mauvaise sant se communique la famille de celui qui en s\ffre et ses amis4 ,un autre contra/e encore e/ que1 t&is que celui qui a pris so9 de lui comme il le devait g>de le p\voir d'assi/] les autres1 il rsulte d'une abngation excessive non seulem5t qu'on e/ incapable d'aid] les autres1 mais encore qu'on f9it p> tre positivem5t un f>deau p\r eux4 ,enf91 n\s tablissons cette vrit qu'un altruisme qui ne se r5f]me pas dans des limites conv5ables accrot l'gsme1 la fois directem5t *ez les contempora9s et indirectem5t dans la po/rit4 ,rem>quez ma9t5ant que1 si la conclusion gnrale appuye sur ces conclusions spciales e/ en opposition avec les croyances acceptes en p>oles1 elle ne l'e/ pas avec les croyances acceptes en fait4 ,si elle e/ oppose la doctr9e d'aprs laquelle on dit aux hommes qu'ils devrai5t agir1 elle e/ en h>monie avec celle d'aprs laquelle ils agiss5t et d'aprs laquelle ils voi5t confusm5t que l'on doit agir4 ,en laissant de ct les anomalies de conduite que n\s avons signales plus haut1 *acun agit et p>le la fois comme si dans les affaires de la vie on devait d'abord t5ir compte du bi5-tre p]sonnel4 ,l'ouvri] qui att5d un salaire en ret\r du travail qu'il fait1 le m>*& qui v5d avec pr(it1 le mdec9 qui reoit des honoraires p\r sa consultation1 le prtre qui appelle bnfice le sige de son m9i/re1 reconnaiss5t galem5t comme tant au-dessus de t\te discussion cette vrit que l'intrt1 dans la mesure o il rpond aux droits et procure la rcomp5se des ef=ts accomplis1 e/ non seulem5t lgitime1 mais ess5tiel4 ,les p]sonnes mmes qui pr(ess5t une conviction contraire pr\v5t p> leurs actes combi5 cette conviction a peu d'effet4 ,ceux qui rpt5t avec emphase cette phrase3 ,aimez vos semblables comme v\s-mme1 se g>d5t bi5 d'employ] leurs bi5s satisfaire les dsirs des autres comme satisfaire leurs propres dsirs4 ,ceux enf9 dont la maxime suprme e/ vivre p\r les autres1 ne diffr5t pas d'une manire apprciable de ceux qui les ent\r5t1 en ce qui conc]ne la re*]*e du bi5-tre p]sonnel1 et ne manqu5t pas de s'assur] leur "p de plaisirs p]sonnels4 ,en un mot1 ce qui a t tabli plus haut comme la croyance laquelle n\s conduit la morale sci5tifique1 e/ celle que les hommes pr(ess5t rellem5t en opposition celle qu'ils croi5t pr(ess]4 ,enf9 on peut rem>qu] qu'un gsme rationnel1 bi5 lo9 d'impliqu] une nature huma9e plus g/e1 s'accorde au contraire avec une nature huma9e mo9s g/e4 ,c> les excs en un s5s n'emp*5t pas les excs dans le s5s oppos1 mais plutt d'extrmes dviations d'un ct conduis5t des dviations extrmes de l'autre ct4 ,une socit dans laquelle on proclame les pr9cipes les plus exalts de dv\em5t aux intrts d'autrui1 peut tre une socit dans laquelle non seulem5t on tolre1 mais encore on l\e sans scrupule le sacrifice d'trang]s4 ,avec l'ambition dcl>e de rp&re ces pr9cipes exalts *ez les infidles1 on e/ port leur *]*] qu]elle de p>ti pris p\r annex] leur t]ritoire4 ,des hommes qui1 *aque diman*e1 c\t5t en les appr\vant les conseils de dvelopp] au del de t\te mesure praticable l'am\r p\r les autres1 sont capables de s'engag] tu] au premi] comm&em5t1 dans n'importe quelle p>tie du monde1 n'importe quelles g5s1 en re/ant p>faitem5t indiffr5ts la "q de savoir si le sujet de la gu]re e/ ju/e ou non4 ,de mme qu'en p>eil cas un altruisme transc5dant en ?orie coexi/e avec un gsme brutal en pratique1 rciproquem5t un altruisme mieux dt]m9 peut avoir p\r concomitant un gsme t\t fait modr4 ,c> affirm] dans son intrt de lgitimes prt5tions1 c'e/ trac] une limite au del de laquelle les prt5tions sont illgitimes1 et c'e/1 p> suite1 mettre en plus gr&e lumire les droits d'autrui4 ,,*apitre ,,xii ,l',,altruisme ,,oppos ,a ,l',,g,,sme #ge4 ,si n\s df9issons l'altruisme t\te action qui1 dans le c\rs rguli] des *oses1 pr(ite aux autres au lieu de pr(it] celui qui l'accomplit1 alors1 depuis le comm5cem5t de la vie1 l'altruisme n'a pas t mo9s ess5tiel que l'gsme4 ,bi5 que primitivem5t il dp5de de l'gsme1 secondairem5t l'gsme dp5d de lui4 ,dans l'altruisme pris dans ce s5s l>ge1 je fais r5tr] les actes p> lesquels les enfants sont levs et l'espce cons]ve4 ,bi5 plus1 p>mi ces actes1 n\s devons rang] non seulem5t ceux qui sont accompagns de consci5ce1 mais encore ceux qui contribu5t au bi5-tre des enfants sans reprs5tation m5tale de ce bi5-tre1 actes d'altruisme automatique1 comme n\s p\vons les appel]4 ,n\s ne devons pas non plus laiss] en dehors de notre classification ces actes altrui/es encore infrieurs qui s]v5t la cons]vation de la race sans suppos] mme des processus n]veux automatiques1 actes qui ne sont pas psy*iques dans le s5s le plus loign du mot1 mais physiques en un s5s littral4 ,t\te action1 inconsci5te ou consci5te1 qui entrane une dp5se de la vie individuelle au pr(it du dveloppem5t de la vie *ez les autres individus1 e/ inconte/ablem5t altrui/e en un s5s1 s9on dans le s5s ord9aire du mot1 et n\s devons ici l'ent5dre en ce s5s p\r voir comm5t l'altruisme consci5t procde de l'altruisme inconsci5t4 ,les tres les plus simples se multipli5t habituellem5t p> division spontane4 ,l'altruisme physique du g5re le plus bas1 di/9ct de l'gsme physique1 peut tre considr dans ce cas-l comme n'en tant pas encore indp5dant4 ,en effet1 puisque les deux moitis qui avant la division con/ituai5t l'individu ne disp>aiss5t pas en se divisant1 n\s devons dire que1 bi5 que l'individualit de l'infusoire ou d'un autre protozoaire qui e/ comme le p>5t se p]de p> la cessation de l'unit1 cep5dant l'anci5 individu cont9ue d'exi/] en *acun des n\veaux individus4 ,t\tefois lorsque1 comme il arrive gnralem5t p\r les animaux les plus petits1 un int]valle de repos ab\tit une rupture du corps enti] en un gr& nombre de p>ties m9uscules dont *acune e/ le g]me d'un jeune1 n\s voyons que le p>5t se sacrifie entirem5t la =mation de sa progniture4 ,on p\rrait racont] ici comm5t *ez des tres d'un rang plus lev1 p> division ou p> b\rgeonnem5t1 les p>5ts lgu5t des p>ties de leurs corps1 plus ou mo9s organises1 p\r =m] des desc5dants1 au prix de leur propre individualit4 ,on p\rrait donn] aussi de nombreux exemples des manires dont les oeufs se dvelopp5t au po9t que le corps de la mre devi5t p\r eux un simple rcipi5t3 il faut en conclure que t\te la n\rriture qu'elle absorbe e/ employe au pr(it de sa po/rit4 ,on p\rrait enf9 p>l] des cas nombreux o1 comme il arrive gnralem5t dans le monde des insectes1 la vie f9it ds que la maturit e/ atte9te et le sort d'une n\velle gnration assur3 la mort suit les sacrifices faits p\r la race4 ,mais1 laissant ces types infrieurs1 dans lesquels l'altruisme e/ purem5t physique1 ou dans lesquels il e/ seulem5t physique et automatiquem5t psy*ique1 levons-n\s l'tude de ceux dans lesquels il e/ aussi consci5t un haut degr4 ,bi5 que *ez les oiseaux et les mammifres1 de telles activits des p>5ts1 guides comme elles le sont p> l'in/9ct1 ne soi5t accompagnes d'aucune reprs5tation1 ou seulem5t d'une reprs5tation vague des avantages qui en rsult5t p\r les jeunes1 elles comport5t cep5dant des actions que n\s p\vons reg>d] comme altrui/es dans le s5s le plus lev du mot4 ,l'agitation que ces tres manife/5t lorsque leurs petits sont en dang]1 jo9te s\v5t des ef=ts p\r leur v5ir en aide1 aussi bi5 que la d\leur qu'ils laiss5t p>atre s'ils les ont p]dus1 pr\ve bi5 qu'en eux l'altruisme pat]nel a p\r concomitant une motion4 ,ceux qui ent5d5t p> altruisme seulem5t le sacrifice consci5t de soi-mme dans l'intrt des autres1 tel qu'il se produit p>mi les hommes1 tr\v]ont trange et mme absurde d't5dre autant que n\s le faisons le s5s de ce mot4 ,mais n\s avons p\r agir a9si des raisons plus =tes que celles dont on a pu jug] dj4 ,je ne prt5ds pas simplem5t que dans le c\rs de l'volution il y a eu un progrs p> gradations inf9itsimales1 depuis les sacrifices purem5t physiques et inconsci5ts de l'individu p\r le bi5-tre de l'espce jusqu'aux sacrifices accomplis d'une manire consci5te4 ,j'ent5ds que1 du comm5cem5t la f91 les sacrifices1 lorsqu'on les ramne leurs t]mes les plus humbles1 ont la mme nature ess5tielle3 la f9 comme au comm5cem5t1 ils impliqu5t une p]te de la sub/ance corporelle4 ,lorsqu'une p>tie du corps mat]nel se dta*e s\s =me de b\rgeon1 ou d'oeuf1 ou de foetus1 le sacrifice matriel e/ manife/e1 et lorsque la mre f\rnit le lait dont l'absorption assure la croissance du jeune1 il e/ hors de d\te qu'il y a l aussi un sacrifice matriel4 ,mais1 bi5 qu'un sacrifice matriel ne soit pas app>5t lorsque les jeunes pr(it5t des activits dployes en leur faveur1 comme il ne peut se produire aucun ef=t sans une usure quival5te de quelque tissu1 et comme la p]te corporelle e/ en proportion de la dp5se qui se fait sans comp5sation de n\rriture consomme1 il s'ensuit que les ef=ts au bnfice de la race reprs5t5t rellem5t une p>tie de la sub/ance des p>5ts2 elle e/ seulem5t donne indirectem5t cette fois1 au lieu de l'tre directem5t4 ,le sacrifice de soi n'e/ donc pas mo9s primordial que la cons]vation de soi4 ,absolum5t ncessaire en sa =me simple1 physique1 p\r la cont9uation de la vie depuis l'orig9e2 t5du s\s sa =me automatique1 comme indisp5sable1 la cons]vation de la race dans les types considrablem5t avancs2 se dveloppant jusqu' pr5dre une =me semi-consci5te et une =me consci5te1 mesure que se cont9u5t et se compliqu5t les so9s p> lesquels la progniture des tres suprieurs e/ conduite la maturit1 l'altruisme a eu son volution p>allle celle de l'gsme4 ,comme n\s l'avons m>qu dans un *apitre prcd5t1 les mmes supriorits qui ont r5du l'individu capable de mieux se prs]v] lui-mme1 l'ont r5du capable de mieux prs]v] les individus drivs de lui1 et *acune des espces les plus leves1 usant de ses facults excell5tes d'abord p\r son avantage g/e1 s'e/ t5due en proportion de l'usage qu'elle en a fait secondairem5t p\r un avantage altrui/e4 ,la manire dont s'impose l'altruisme tel qu'il e/ a9si compris1 n'e/ pas autre1 en ralit1 que la manire dont s'impose l'gsme comme n\s l'avons montr dans le d]ni] *apitre4 ,c> t&is que1 d'un ct1 en manquant accomplir des actes d'gsme normal1 on s'expose l'affaiblissem5t ou la p]te de la vie1 et p> suite l'incapacit d'accomplir des actes altrui/es1 d'un autre ct1 un p>eil dfaut d'actes altrui/es1 de mme qu'il cause la mort des desc5dants ou leur dveloppem5t incomplet1 implique dans les gnrations futures la disp>ition de la nature qui n'e/ pas assez altrui/e1 p> suite la dim9ution de la moy5ne de l'gsme4 ,en un mot1 *aque espce se db>rasse cont9uellem5t des individus qui ne sont pas g/es comme il convi5t1 t&is que les individus qui ne sont pas conv5ablem5t altrui/es sont p]dus p\r elle4 #gf4 ,de mme qu'il y a eu un progrs graduel de l'altruisme inconsci5t des p>5ts l'altruisme consci5t du g5re le plus lev1 il y a eu un progrs graduel de l'altruisme dans la famille l'altruisme social4 ,un fait not] d'abord e/ que l seulem5t o les relations altrui/es dans le gr\pe dome/ique ont atte9t des =mes trs dveloppes1 naiss5t les conditions qui r5d5t possible un ple9 dveloppem5t des relations altrui/es dans le gr\pe politique4 ,les tribus dans lesquelles rgne la promiscuit ou dans lesquelles les relations conjugales sont transitoires1 et les tribus o la poly&rie amne d'une autre manire les relations mal df9ies1 ne sont pas capables d'une vritable organisation4 ,les peuples qui admett5t habituellem5t la polygamie ne se montr5t pas non plus capables eux-mmes d'atte9dre ces =mes leves de coopration sociale qui dem&5t une lgitime subord9ation de soi-mme aux autres4 ,l seulem5t o le m>iage monogamique e/ dev5u gnral et v5tuellem5t univ]sel1 l seulem5t o se sont p> suite tablis le plus troitem5t les li5s du sang1 o l'altruisme familial s'e/ le plus dvelopp1 l'altruisme social e/ dev5u le plus manife/e4 ,il suffit de se rappel] les =mes composes de la famille ary5ne1 comme les a dcrites ,m4 ,h5ry ,ma9e avec d'autres auteurs1 p\r voir que le s5tim5t de la famille1 s't5dant d'abord la g5s et la tribu1 et ensuite la socit =me p> des tribus unies p> des li5s de p>5t1 a prp> la voie au s5tim5t qui unit des citoy5s de familles diffr5tes4 ,en reconnaissant cette transition naturelle1 n\s avons surt\t considr] ici que dans les d]nires phases du progrs1 comme dans les premires1 l'accroissem5t des satisfactions g/es a dp5du surt\t du progrs des g>ds p\r les satisfactions des autres4 ,si n\s considrons une srie de p>5ts et de desc5dants1 n\s voyons que *acun d'eux1 aprs avoir d la vie p5dant sa jeunesse aux sacrifices accomplis p> ses prdcesseurs1 fait son t\r1 lorsqu'il e/ adulte1 des sacrifices quival5ts dans l'intrt de ses successeurs1 et que1 sans cette balance d'avantages reu et d'avantages procurs1 la srie dont n\s p>lons pr5drait f94 ,de mme1 il e/ manife/e que dans une socit *aque gnration1 r$evable aux gnrations prcd5tes des avantages d'une organisation sociale qui e/ le fruit de leurs travaux et de leurs sacrifices1 doit faire p\r les gnrations suivantes des sacrifices analogues1 t\t au mo9s p\r cons]v] cette organisation si elle ne peut la p]fectionn]2 l'autre alt]native amn]ait la dcad5ce et peut-tre la dissolution de la socit1 en impliquant une dim9ution graduelle des satisfactions g/es de ses membres4 ,n\s sommes a9si prp>s tudi] les div]ses manires dont le bi5-tre p]sonnel1 dans les conditions sociales1 dp5d d'une att5tion conv5able au bi5-tre des autres4 ,les conclusions tir] ont t dj indiques d'avance4 ,de mme que dans le *apitre sur le po9t de vue biologique tai5t esquisses les infr5ces df9itivem5t tablies dans le d]ni] *apitre1 de mme dans le *apitre sur le po9t de vue sociologique ont t esquisses les infr5ces que n\s avons tablir ici df9itivem5t4 ,plusieurs d'entre elles sont assez connues1 mais il faut cep5dant les spcifi]2 notre dmon/ration s]ait sans cela incomplte4 #gg4 ,il faut d'abord p>l] de l'altruisme ngatif que suppose la rpression des impulsions g/es qui s]t prv5ir t\te agression directe4 ,comme n\s l'avons montr plus haut1 si les hommes1 au lieu de vivre sp>m5t1 s'uniss5t p\r la df5se ou p\r d'autres entreprises1 ils doiv5t individuellem5t recueillir plus de bi5 que de mal de leur union4 ,en moy5ne1 *acun doit p]dre mo9s p> suite des antagonismes de ceux avec qui il e/ associ qu'il ne gagne p> l'association4 ,a9si1 l'orig9e1 l'accroissem5t de satisfactions g/es que produit l'tat social ne peut tre obt5u que p> un altruisme suffisant p\r caus] une reconnaissance des droits d'autrui1 s9on volontaire1 du mo9s =ce4 ,tant que la reconnaissance de ces droits e/ seulem5t du g5re infrieur d la cra9te des reprsailles ou d'un *tim5t dt]m9 p> la loi1 le ga9 qui rsulte de l'association e/ petit1 et il devi5t considrable seulem5t mesure que la reconnaissance devi5t volontaire1 c'e/--dire plus altrui/e4 ,lorsque1 comme *ez c]ta9s sauvages d',au/ralie1 il n'y a pas de limite au droit du plus =t1 et que les hommes se batt5t p\r s'emp>] des femmes1 t&is que les femmes d'un mme homme se le disput5t elles-mmes en se battant1 la p\rsuite des satisfactions g/es e/ =t emp*e4 ,outre la pe9e physique qui p\r *acun peut rsult] de la lutte1 et le plus ou mo9s d'inaptitude atte9dre les f9s p]sonnelles qui en e/ la consqu5ce1 il y a encore compt] la p]te d'n]gie produite p> la ncessit d'tre t\j\rs prt se df5dre1 et les motions ord9airem5t pnibles qui en sont la suite4 ,bi5 plus1 la f9 la plus importante1 savoir la sret en prs5ce des ennemis du dehors1 e/ d'autant mo9s atte9te qu'il y a des animosits au d$ans2 il n'y a ri5 qui favorise les satisfactions dont une coopration indu/rielle s]ait la s\rce1 et il y a peu de raisons p\r dem&] au travail un supplm5t d'avantage1 lorsque les produits du travail ne sont pas assurs4 ,de ce premi] degr aux degrs relativem5t rc5ts du progrs1 n\s p\vons suivre1 dans le fait de port] des armes1 dans la p]ptuation des qu]elles de familles1 dans le fait de pr5dre *aque j\r des prcautions p\r sa sret1 les manires dont les satisfactions g/es de *acun sont dim9ues p> le dfaut de cet altruisme qui rfrne les attaques ouv]tes des autres4 ,les intrts privs de l'individu sont en moy5ne mieux df5dus1 non seulem5t dans la mesure o il s'ab/i5t lui-mme d'attaques directes1 mais aussi1 en moy5ne1 dans la mesure o il russit dim9u] les agressions de ses semblables les uns contre les autres4 ,la prdom9ance des antagonismes p>mi ceux qui n\s ent\r5t entrave les activits que *acun dveloppe p\r se procur] quelque bi51 et le dsordre qui en rsulte r5d plus d\teux l'heureux effet de ces activits4 ,p> suite1 *acun pr(ite d'une manire g/e de l'accroissem5t d'un altruisme qui conduit *acun prv5ir ou dim9u] p\r sa "p la viol5ce des autres4 ,il en e/ de mme qu& n\s passons cet altruisme qui rprime l'gsme illgitime manife/ dans la violation des contrats4 ,l'acceptation gnrale de la maxime que l'honntet e/ la meilleure politique implique l'expri5ce gnrale que la satisfaction des incl9ations p]sonnelles e/ en df9itive favorise p> le fait de les rprim] de manire assur] l'quit dans les relations comm]ciales4 ,ici1 comme plus haut1 *acun e/ intress p]sonnellem5t faire rgn] de bonnes relations p>mi ceux qui l'ent\r5t4 ,c> il ne peut rsult] que des maux et de mille manires d'un excs de transactions frauduleuses4 ,comme t\t le monde le sait1 plus un m>*& a de comptes en s\ffrance1 plus il e/ oblig de faire pay] *] aux autres pratiques4 ,plus un fabricant p]d sur la qualit de la matire premire ou p> la maladresse des ouvri]s1 plus il doit faire pay] aux a*eteurs4 ,mo9s les g5s sont dignes de confiance1 plus s'lve le taux de l'intrt1 plus s'accrot la somme des capitaux accumuls1 plus l'indu/rie e/ entrave4 ,enf9 si les ngociants1 et t\t le monde en gnral1 dpass5t leurs moy5s et hypo?qu5t p> spculation la proprit d'autrui1 ces paniques comm]ciales1 qui sont un dsa/re p\r une f\le de g5s et entran5t une ru9e univ]selle1 sont d'autant plus srieuses en proportion4 ,cela n\s amne rem>qu] une troisime manire dont le bi5-tre p]sonnel1 tel qu'il rsulte de la proportion des avantages obt5us au travail accompli1 dp5d de c]ta9s sacrifices faits au bi5-tre social4 ,celui qui consacr]ait uniquem5t son n]gie ses propres affaires1 et refus]ait de s'inquit] des affaires publiques1 confiant dans sa sagesse comb9] ce qui le conc]ne1 ne voit pas que ses propres affaires ne peuv5t russir qu'autant que l'tat social e/ prospre1 et qu'il a t\t p]dre si le g\v]nem5t e/ dfectueux4 ,que la majorit p5se comme lui1 que les fonctions publiques1 p> suite1 soi5t remplies p> des av5turi]s politiques et l'op9ion g\v]ne p> des dmagogues2 que la corruption s't5de l'adm9i/ration de la loi1 et r5de habituelles des transactions politiques frauduleuses2 la nation en gnral1 et1 entre t\s1 ceux-l surt\t qui n'ont song qu' eux sans jamais ri5 faire p\r la socit1 en subiss5t l\rdem5t la pe9e4 ,p\r ces d]ni]s1 le rec\vrem5t des dettes e/ difficile1 les oprations comm]ciales sont inc]ta9es1 et la vie mme e/ mo9s sre qu'elle ne l'aurait t dans d'autres conditions4 ,a9si1 des actions altrui/es qui consi/5t d'abord pratiqu] la ju/ice1 en second lieu faire rgn] la ju/ice p>mi les autres1 et troisimem5t favoris] et dvelopp] t\t ce qui contribue l'adm9i/ration de la ju/ice1 dp5d5t dans une l>ge mesure les satisfactions g/es de *acun4 #gh4 ,mais l'id5tification de notre avantage p]sonnel avec l'avantage de nos concitoy5s e/ encore bi5 plus complte4 ,il y a bi5 d'autres manires dont le bi5-tre de *acun nat et disp>at avec le bi5-tre de t\s4 ,un homme faible qu'on laisse p\rvoir seul ses beso9s s\ffre de ce qu'il ne peut se procur] ou la n\rriture ou les autres *oses ncessaires la vie comme il le f]ait s'il tait plus =t4 ,dans une peuplade =me d'hommes faibles1 qui se p>tag5t leurs travaux et en *ang5t les produits1 t\s ont s\ffrir de la faiblesse de leurs compagnons4 ,la quantit de *aque g5re de produit e/ r5due insuffisante p> l'insuffisance des =ces1 et la "p que *acun retire en ret\r de la "p de produit qu'il peut donn] e/ relativem5t petite4 ,de mme que l'entreti5 des pauvres1 des malades dans un hpital1 des malheureux que l'on recueille dans les asiles1 de t\s ceux enf9 qui consomm5t sans produire1 dim9ue la quantit des *oses utiles p>tag] entre les producteurs1 et la r5d mo9dre qu'elle ne s]ait s'il n'y avait pas d'incapables1 plus e/ gr& le nombre des producteurs insuffisants ou plus les =ces en moy5ne laiss5t dsir]1 mo9s il y a d'avantages se p>tag]4 ,p> suite1 t\t ce qui dim9ue la =ce des hommes en gnral re/re9t les plaisirs de *acun en augm5tant le prix de t\te *ose4 ,un homme e/ encore plus directem5t et plus videmm5t intress au bi5-tre corporel1 la sant de ses concitoy5s2 c> leurs maladies1 qu& elles pr5n5t c]ta9es =mes1 peuv5t lui tre communiques4 ,s'il n'e/ pas lui-mme atte9t du *olra1 ou de la petite vrole1 ou du typhus1 alors que ces maux attaqu5t ses vois9s1 il e/ s\v5t expos voir frapps ceux qui lui ti5n5t de prs4 ,dans ces conditions1 sa femme peut tre malade d'une diph?rie1 son dome/ique d'une fivre sc>lat9e1 ses enfants sont atte9ts p> telle ou telle pidmie4 ,aj\tez t\s les maux immdiats ou loigns qui rsult5t p\r lui de ces flaux d'anne en anne1 et v\s v]rez manife/em5t que ses satisfactions g/es s]ont gr&em5t favorises s'il se montre altrui/e1 de manire r5dre ces flaux plus r>es4 ,ses propres plaisirs dp5d5t en mille manires des tats m5tals aussi bi5 que des tats corporels de ses compatriotes4 ,la sottise1 comme la faiblesse1 fait augm5t] le prix des *oses utiles la vie4 ,si l'on ne fait pas faire de progrs l'agriculture1 les prix des vivres sont plus levs qu'ils ne le s]ai5t autrem5t2 si l'on suit dans le comm]ce l'anci5ne r\t9e1 t\t le monde s\ffre de dp5ses inutiles2 s'il n'y a pas d'inv5tions1 t\t le monde p]d le bnfice des n\velles applications de la sci5ce4 ,ce ne sont pas seulem5t des maux conomiques qui rsult5t de l'in9tellig5ce moy5ne1 priodiquem5t1 dans ces folies et ces paniques o l'on voit t\s les ngociants comme un tr\peau a*et] ou v5dre t\s ensemble1 et1 habituellem5t1 dans la mauvaise adm9i/ration de la ju/ice1 p\r laquelle le peuple et les lgislateurs montr5t un gal mpris en p\rsuivant leurs caprices4 ,le rapport de notre propre bi5 avec les tats m5tals des autres e/ plus troit et plus visible2 *acun peut en faire l'expri5ce p\r son compte4 ,le dfaut d'exactitude1 de rgul>it e/ une cause p]ptuelle d'ennuis4 ,l'ignorance du cuis9i] produit s\v5t des malaises et quelquefois une indige/ion4 ,le manque de prvoyance de la s]vante peut1 dans un passage obscur1 n\s faire tomb] sur un seau4 ,si l'on ne r5d pas bi5 compte d'un message1 ou qu'on oublie de le transmettre1 il en rsulte qu'une importante affaire e/ manque4 ,a9si t\t le monde a gagn]1 au po9t de vue g/e1 un altruisme qui contribue lev] le niveau moy5 de l'intellig5ce4 ,je ne veux pas p>l] de cet altruisme qui consi/]ait remplir l'esprit des enfants de dates1 de noms1 de dtails sur l'hi/oire des rois1 de rcits de batailles et d'autres sujets inutiles dont t\t l'entassem5t ne f]a pas d'eux des travailleurs utiles ou de bons citoy5s1 mais bi5 d'un altruisme qui contribue rp&re une connaissance exacte de la nature des *oses et dvelopp] le p\voir d'appliqu] cette connaissance4 ,en outre1 *acun de n\s a un intrt p>ticuli] l'exi/5ce d'une morale publique1 et gagne ce qu'elle se p]fectionne4 ,ce n'e/ pas seulem5t dans les cas importants1 p> suite des agressions1 des violations de contrats1 des fraudes et de l'emploi de faux poids1 que *acun s\ffre d'un dfaut gnral de moralit2 c'e/ aussi de mille autres manires mo9s graves4 ,c'e/ tantt p> l'indlicatesse d'un homme qui donne un bon c]tificat un mauvais s]viteur2 tantt p> l'ins\ciance d'une blan*isseuse qui se s]t d'ag5ts *imiques p\r s'p>gn] de la pe9e1 et dtruit a9si son l+e2 tantt p> le m5songe d'un voyageur de *em9 de f]1 qui disp]se ses bagages aut\r de lui p\r faire croire que t\tes les places du comp>tim5t sont prises qu& elles ne le sont pas4 ,hi]1 l'indisposition d'un enfant due des gaz dltres a fait dc\vrir qu'un tuyau de dgagem5t s'tait b\* p>ce qu'il avait t mal fait p> un maon peu scrupuleux1 s\s la direction d'un entrepr5eur nglig5t ou corrompu4 ,auj\rd'hui1 les ouvri]s employs le rp>] caus5t de la dp5se et des ennuis1 p> leur l5teur2 ils ne se propos5t pas de dpass] le modle1 c> l'esprit de corps df5d aux meilleurs ouvri]s de discrdit] les pires en faisant mieux1 et ils p>tag5t cette croyance immorale que le mo9s digne doit tre aussi bi5 trait que le meilleur4 ,dema91 on v]ra que les dgts causs p> les maons ont prp> de la besogne au plombi]4 ,a9si le p]fectionnem5t des autres1 au po9t de vue physique1 au po9t de vue intellectuel et au po9t de vue moral1 importe p]sonnellem5t *acun3 en effet1 leurs imp]fections se traduis5t p> une lvation du prix de t\tes les *oses utiles que n\s avons a*et]1 p> un accroissem5t des taxes et des impts que n\s avons pay]1 ou p> les p]tes de temps et d'arg5t qui rsult5t j\rnellem5t p\r n\s de la nglig5ce1 de la sottise ou de l'immoralit de nos semblables4 #gi4 ,c]ta9es connexions plus immdiates entre le bi5-tre p]sonnel et le s\ci du bi5-tre d'autrui sont t\t fait vid5tes4 ,on les reconnat en considrant ce qu'ont s\ffrir ceux qui ne sav5t inspir] aucune sympa?ie1 et les avantages qu'obti5n5t ceux qui agiss5t d'une manire ds9tresse4 ,qu'un homme ait =mul son expri5ce en disant que les conditions du succs sont un coeur dur et un bon e/omac1 on a de la pe9e le compr5dre si l'on considre combi5 de faits dmontr5t que le succs1 mme d'un g5re matriel1 dp5dant en gr&e p>tie comme il le fait des bons (fices des autres1 e/ r5du facile p> t\t ce qui provoque la bonne volont de nos semblables4 ,le contra/e entre la prosprit de ceux qui joign5t des aptitudes seulem5t mdiocres une nature qui leur gagne des amis p> sa d\ceur1 et l'insuccs de ceux qui1 malgr des facults suprieures et de plus gr&es connaissances1 se font har p\r leur duret ou leur indiffr5ce1 =c]ait avant t\t reconnatre cette vrit que les j\issances g/es sont facilites p> des actions altrui/es4 ,cet accroissem5t d'avantages p]sonnels obt5us p> des s]vices r5dus autrui ne se produit que p>tiellem5t1 lorsqu'un motif intress n\s p\sse accomplir une action ds9tresse en app>5ce2 il se produit compltem5t dans le cas seulem5t o l'acte e/ rellem5t ds9tress4 ,bi5 que les s]vices r5dus avec l'int5tion de pr(it] un j\r de s]vices rciproques soi5t utiles dans une c]ta9e mesure1 ils ne le sont cep5dant1 d'ord9aire1 que dans la mesure o ils sont la cause de s]vices rciproques quival5ts4 ,ceux qui rapport5t plus que l'quival5t sont ceux qui ne sont inspirs p> aucune p5se d'quival5ce4 ,c'e/ videmm5t en effet la manife/ation spontane d'une bonne nature1 non seulem5t dans les pr9cipaux actes de la vie1 mais dans t\s ses dtails1 qui provoque *ez t\s ceux qui n\s ent\r5t les atta*em5ts d'o nat une bi5veillance illimite4 ,outre qu'elles favoris5t le dveloppem5t de la prosprit1 les actions accomplies dans l'intrt d'autrui n\s procur5t des plaisirs p]sonnels p> cette raison encore qu'elles font rgn] la joie aut\r de n\s4 ,avec une p]sonne sympa?ique1 *acun pr\ve plus de sympa?ie qu'avec les autres4 ,t\s montr5t plus d'amabilit qu'ils n'ont l'habitude de le faire1 celui qui laisse p>atre *aque in/ant un naturel aimable4 ,ce d]ni] e/ en ralit ent\r de g5s meilleurs que celui qui a mo9s de qualits attrayantes4 ,si n\s opposons l'tat d'un homme qui a t\s les moy5s matriels d'tre heureux1 mais qui e/ isol p> son gsme absolu1 avec l'tat d'un homme altrui/e1 relativem5t pauvre d'arg5t1 mais ri*e d'amis1 n\s voyons que les div]s plaisirs que l'arg5t ne peut donn] vi5n5t en abondance celui-ci et sont inaccessibles au premi]4 ,a9si1 t&is qu'il y a un g5re d'actions conc]nant l'intrt des autres1 favorables la prosprit de nos concitoy5s en gnral1 et qu'il faut dlibrm5t accomplir en v]tu de motifs tirs indirectem5t de notre propre intrt1 c> n\s sommes conva9cus que notre propre bi5-tre dp5d dans une l>ge mesure du bi5-tre de la socit1 il y a un autre g5re d'actions conc]nant l'intrt des autres1 auxquelles ne se mle aucune consci5ce de notre propre intrt1 et qui contribu5t gr&em5t nanmo9s n\s procur] des satisfactions g/es4 #hj4 ,il y a d'autres manires encore de montr] que l'gsme p*e habituellem5t qu& il n'e/ pas modr p> l'altruisme4 ,il dim9ue la totalit du plaisir g/e en dim9uant dans plusieurs directions la capacit d'pr\v] le plaisir4 ,les plaisirs p]sonnels1 considrs ensemble ou sp>m5t1 p]d5t de leur int5sit si l'on y insi/e trop1 c'e/--dire si l'on en fait l'objet exclusif de ses re*]*es4 ,la loi que la fonction entrane une dp]dition1 et que les facults dont l'ex]cice e/ une cause de plaisir ne peuv5t agir cont9uellem5t sans qu'il s'ensuive un puisem5t et la satit1 a p\r consqu5ce que les int]valles p5dant lesquels les actions altrui/es absorb5t les n]gies sont des int]valles p5dant lesquels la capacit d'pr\v] des plaisirs g/es rec\vre t\te sa vigueur4 ,la s5sibilit p\r les j\issances purem5t p]sonnelles se cons]ve un plus haut degr *ez ceux qui s'emploi5t aux plaisirs des autres1 que *ez ceux qui se dv\5t entirem5t leurs propres plaisirs4 ,cette vrit1 manife/e mme lorsque le niveau de la vie e/ lev1 e/ encore plus frappante lorsqu'il s'abaisse4 ,c'e/ dans la maturit et dans la vieillesse que n\s voyons d'une manire spciale comm5t1 mesure que les plaisirs g/es devi5n5t plus faibles1 les actions altrui/es s]v5t les reproduire en leur donnant des =mes n\velles4 ,le contra/e entre le plaisir qu'un enfant pr5d aux n\veauts qui lui sont *aque j\r rvles1 et l'indiffr5ce qui s'accrot mesure que le monde n\s e/ plus connu1 jusqu' ce que dans l'ge adulte il re/e relativem5t peu de *oses dont n\s j\issions vritablem5t1 fait compr5dre t\t le monde que les plaisirs dim9u5t mesure que les annes pass5t4 ,p\r ceux qui rfl*iss5t1 il e/ clair que la sympa?ie seule n\s fait tr\v] indirectem5t du plaisir dans les *oses qui ont cess de n\s en procur] directem5t4 ,on le voit avec vid5ce p\r les plaisirs que les p>5ts retir5t des plaisirs de leurs enfants4 ,quelle que soit la banalit de cette rem>que que les hommes reviv5t dans leurs enfants1 n\s avons beso9 de la rpt] ici p\r n\s rappel] la manire dont l'altruisme1 alors que les satisfactions g/es s'affaibliss5t dans le c\rs de la vie1 r5\velle ces satisfactions en les transfigurant4 ,n\s sommes am5s a9si une considration plus gnrale1 celle de l'aspect g/e du plaisir altrui/e4 ,ce n'e/ pas que ce soit le mom5t de discut] la "q de savoir si l'lm5t g/e peut tre exclu de l'altruisme1 ou de di/+u] entre l'altruisme que l'on p\rsuit avec la prvision d'un plaisir en retir]1 et l'altruisme qui1 t\t en procurant ce plaisir1 n'en fait pas son objet4 ,n\s considrons seulem5t le fait que l'tat qui accompagne une action altrui/e tant un tat agrable1 qu'on y p>vi5ne sciemm5t ou non1 doit tre compt dans la somme des plaisirs que l'individu peut recevoir1 et1 en ce s5s1 ne peut pas ne pas tre un plaisir g/e4 ,n\s devons videmm5t le considr] a9si1 c> ce plaisir1 comme les plaisirs en gnral1 a p\r rsultat la prosprit physique du moi4 ,comme t\te autre motion agrable lve le niveau de la vie1 a9si fait l'motion agrable qui accompagne un acte de bi5veillance4 ,on ne peut ni] que la pe9e cause p> la vue d'une s\ffrance dprime les fonctions vitales1 quelquefois mme au po9t de susp5dre l'action du coeur1 comme *ez ceux qui s'van\iss5t en assi/ant une opration *irurgicale2 de mme1 on ne peut ni] que la joie ress5tie en prs5ce de la joie d'autrui n'exalte les fonctions vitales4 ,p> suite1 bi5 que n\s devions hsit] class] le plaisir altrui/e comme une espce plus leve de plaisir g/e1 n\s sommes obligs de reconnatre le fait que ses effets immdiats1 en augm5tant la vie et en favorisant a9si le bi5-tre p]sonnel1 ressembl5t ceux des plaisirs qui sont directem5t g/es4 ,le corollaire en dduire e/ que le pur gsme1 mme dans ses rsultats immdiats1 e/ mo9s avantageusem5t g/e que ne l'e/ l'gsme conv5ablem5t tempr p> l'altruisme1 lequel1 outre les plaisirs additionnels qu'il n\s procure1 n\s donne aussi1 p> l'accroissem5t de la vitalit1 une plus gr&e capacit p\r pr\v] des plaisirs en gnral4 ,c'e/ aussi une vrit ne pas nglig] que la somme des plaisirs e/htiques e/ plus considrable p\r une nature altrui/e que p\r une nature g/e4 ,les joies et les d\leurs huma9es =m5t un lm5t pr9cipal de la matire de l'art1 et il e/ vid5t que les plaisirs dont l'art e/ la s\rce s'accroiss5t mesure que se dveloppe la sympa?ie p\r ces joies et ces d\leurs4 ,si n\s opposons la posie primitive1 pr9cipalem5t occupe de la gu]re et se prtant aux in/9cts sauvages p> des descriptions de victoires sanglantes1 la posie des temps mod]nes1 dans laquelle les apptits cruels ne ti5n5t qu'une petite place1 t&is qu'elle e/ inspire le plus s\v5t p> des s5tim5ts plus d\x1 et consacre excit] *ez les lecteurs la compassion p\r les faibles1 n\s voyons qu'avec le dveloppem5t d'une nature plus altrui/e s'e/ ouv]te une sphre de j\issances inaccessible l'gsme f>\*e des temps b>b>es4 ,il y a de mme une diffr5ce entre les fictions du pass et celles du prs5t4 ,dans les premires1 on s'occupait exclusivem5t des actions des classes dirigeantes1 dont les antagonismes et les crimes f\rnissai5t le sujet et l'intrigue2 les autres1 pr5ant de prfr5ce p\r sujets des hi/oires pacifiques1 et le plus s\v5t la vie des classes les plus humbles1 dc\vr5t un monde n\veau de faits intressants dans les joies et les d\leurs j\rnalires de la f\le4 ,on r5contre un contra/e p>eil entre les =mes anci5nes et les =mes mod]nes de l'art pla/ique4 ,lorsqu'ils ne reprs5t5t pas des crmonies du culte1 les bas-reliefs et les pe9tures murales des ,assyri5s et des gypti5s1 ou les dcorations des temples *ez les ,grecs rappell5t les exploits des conqurants2 dans les temples mod]nes1 au contraire1 les oeuvres de/9es glorifi] des actes de de/ruction sont mo9s nombreuses1 et les oeuvres qui rpond5t aux s5tim5ts les plus d\x des spectateurs sont plus nombreuses4 ,p\r voir que ceux qui ne s'inquit5t en aucune faon des s5tim5ts de leurs semblables se priv5t p> l d'un gr& nombre de plaisirs e/htiques1 il suffit de se dem&] si les hommes qui se plais5t aux combats de *i5s sont capables d'apprci] l',adlade de ,bee?ov51 ou si le pome de ,t5nyson ,9 memoriam p\rrait beauc\p m\voir une tr\pe de galri5s4 #ha4 ,a9si1 depuis l'orig9e de la vie1 l'gsme a dp5du de l'altruisme1 comme l'altruisme a dp5du de l'gsme1 et dans le c\rs de l'volution les s]vices rciproques de l'un et de l'autre se sont accrus4 ,le sacrifice physique et inconsci5t des p>5ts p\r donn] naissance des desc5dants1 sacrifice que les tres vivants les plus humbles accompliss5t sans cesse1 n\s montre dans sa =me primitive l'altruisme qui r5d possible l'gsme de la vie et de la croissance individuelles4 ,a mesure que n\s montons des degrs suprieurs dans l'*elle des tres1 cet altruisme des p>5ts se manife/e p> la cession directe seulem5t d'une p>tie du corps1 alors que le re/e du corps contribue p> une usure plus active des tissus au dveloppem5t de la progniture4 ,ce sacrifice indirect de sub/ance1 remplaant de plus en plus le sacrifice direct mesure que l'altruisme des p>5ts devi5t plus lev1 cont9ue jusqu' la f9 reprs5t] aussi un autre altruisme que celui des p>5ts1 puisque cet autre altruisme se traduit galem5t en une p]te de sub/ance p\r des ef=ts qui n'ab\tiss5t pas un agr&issem5t p]sonnel4 ,aprs avoir obs]v comm5t dans le g5re huma9 l'altruisme des p>5ts et celui de la famille se trans=m5t en un altruisme social1 n\s avons fait rem>qu] qu'une socit1 comme une espce1 subsi/e la condition seulem5t que *aque gnration de ses membres transmette la suivante des avantages quival5ts ceux qu'elle a reu de la prcd5te4 ,cela suppose que le so9 de la famille doit tre complt p> le so9 de la socit4 ,la plnitude des satisfactions g/es dans un tat social dp5dant d'abord du ma9ti5 d'une relation normale entre les ef=ts dp5ss et les bnfices obt5us1 qui e/ le fondem5t de t\te vie1 implique un altruisme qui la fois inspire une conduite quitable et impose l'obligation de l'quit4 ,le bi5-tre de *acun e/ envelopp dans le bi5-tre de t\s de plusieurs autres manires4 ,t\t ce qui contribue augm5t] la vigueur des autres n\s intresse1 c> celle-ci dim9ue le prix de t\t ce que n\s a*etons4 ,t\t ce qui contribue les affran*ir des maladies n\s intresse1 c> n\s sommes p> l mo9s exposs n\s-mmes aux maladies4 ,t\t ce qui lve leur intellig5ce n\s intresse1 c> n\s sommes exposs *aque j\r mille inconvni5ts p> suite de leur ignorance ou de leur folie4 ,t\t ce qui lve leur c>actre moral n\s intresse1 c> en t\te occasion n\s avons s\ffrir du dfaut de consci5ce dans la socit en gnral4 ,les satisfactions g/es dp5d5t bi5 plus directem5t encore des activits altrui/es qui n\s gagn5t les sympa?ies d'autrui4 ,en s'alinant ceux qui l'ent\r5t1 l'homme intress p]d les s]vices gratuits qu'ils peuv5t lui r5dre2 il se prive d'un gr& nombre de j\issances sociales1 et il manque de ces accroissem5ts du plaisir et de ces ad\cissem5ts de la d\leur que n\s procur5t ceux qui n\s aim5t en p>tageant nos s5tim5ts4 ,enf9 un gsme illgitime se nuit lui-mme en produisant une incapacit d'pr\v] le bonheur4 ,les plaisirs purem5t g/es sont r5dus mo9s vifs p> la satit1 mme dans la premire p>tie de la vie1 et dans la seconde ils disp>aiss5t presque entirem5t2 les plaisirs de l'altruisme1 dont on se lasse mo9s vite1 manqu5t la vie1 et surt\t cette d]nire p>tie de la vie o ils remplac]ai5t l>gem5t les plaisirs g/es2 p> suite1 on e/ incapable de ress5tir les plaisirs e/htiques de l'ordre le plus lev4 ,n\s devons indiqu] en outre une vrit pe9e reconnue1 savoir que cette dp5dance de l'gsme p> rapport l'altruisme s't5d au del des limites de *aque socit et t5d t\j\rs l'univ]salit4 ,il n'e/ pas ncessaire de montr] qu'au d$ans de *aque socit elle s'accrot avec l'volution sociale1 celle-ci impliquant une augm5tation de dp5dance mutuelle1 et il en rsulte que1 si la dp5dance des socits entre elles devi5t plus gr&e grce des relations comm]ciales1 la prosprit intrieure de *acune intresse t\tes les autres4 ,c'e/ un lieu commun d'conomie politique que l'appauvrissem5t d'un pays1 la dim9ution de ses =ces de production et de consommation1 e/ nuisible aux pays qui sont en rapports avec lui4 ,bi5 plus1 n\s avons pr\v s\v5t dans ces d]nires annes des crises indu/rielles entranant de gr&es s\ffrances p\r des nations qui n'tai5t pas directem5t en jeu1 p> suite de gu]res entre d'autres nations4 ,si *aque peuple voit les satisfactions g/es de ses membres dim9ues p> les luttes entre les peuples vois9s1 plus =te raison doit-il les voir dim9ues p> les luttes o il int]vi5t lui-mme4 ,on peut rem>qu] combi51 dans diffr5tes p>ties du monde1 l'esprit de conqute1 dp\rvu de t\t scrupule et inspir p> la prt5tion spcieuse de rp&re les bi5faits du g\v]nem5t et de la religion britanniques1 produit de maux en ret\r aux classes indu/rielles de l',anglet]re et en augm5tant les *>ges publiques et en p>alysant le comm]ce1 et l'on v]ra que ces classes indu/rielles1 absorbes p> des que/ions de capital et de salaire1 et se croyant elles-mmes ds9tresses de nos affaires extrieures1 s\ffr5t du dfaut de cet altruisme univ]sel1 qui aurait p\r effet de n\s inspir] la ju/ice dans nos rapports avec t\s les peuples1 civiliss ou sauvages4 ,on compr5dra aussi qu'en dehors de ces maux immdiats1 elles auront s\ffrir1 p5dant t\te une gnration1 des maux qui dc\l5t d'une rsurrection du type d'organisation sociale produit p> les activits agressives1 et de l'abaissem5t du niveau moral qui l'accompagne4 ,,*apitre ,,xiii ,,jugem5t ,,et ,,compromis #hb4 ,dans les deux prcd5ts *apitres1 n\s avons plaid successivem5t p\r l'gsme et p\r l'altruisme4 ,ils sont en conflit2 n\s avons ma9t5ant considr] quel v]dict il faut prononc]4 ,si les plaidoy]s opposs sont vrais sp>m5t ou mme si *acun d'eux e/ vrai en p>tie1 n\s devons en conclure que le pur gsme et le pur altruisme sont l'un et l'autre illgitimes4 ,si la maxime3 ,vivre p\r soi1 e/ fausse1 la maxime3 ,vivre p\r les autres1 l'e/ aussi4 ,p> suite1 un compromis e/ seul possible4 ,je ne donne pas comme pr\ve cette conclusion1 bi5 qu'elle p>aisse 9vitable4 ,l'objet de ce *apitre e/ de la ju/ifi] ple9em5t1 et je la =mule ds le comm5cem5t1 p>ce que les argum5ts employs s]ont mieux compris si le lecteur a s\s les yeux la conclusion v]s laquelle ils conv]g5t4 ,comm5t conduire la discussion p\r faire ressortir plus clairem5t cette ncessit d'un compromis8 ,le meilleur moy5 s]a peut-tre de donn] l'une des deux ?ses sa =me extrme1 et d'obs]v] les absurdits qui en s]ont la consqu5ce4 ,trait] a9si le pr9cipe du pur gsme1 ce s]ait p]dre son temps4 ,t\t le monde voit que si *acun p\rsuivait sans contra9te *aque in/ant son propre intrt1 sans s'occup] le mo9s du monde des autres hommes1 il en rsult]ait une gu]re univ]selle et la dissolution de la socit4 ,n\s *oisirons donc de prfr5ce le pr9cipe du pur ds9tressem5t1 dont les mauvais effets sont mo9s vid5ts4 ,il y a deux aspects s\s lesquels se prs5te la doctr9e qui fait du bonheur des autres le b moral4 ,les autres peuv5t tre conu p]sonnellem5t1 comme des individus avec lesquels n\s avons des relations directes2 ou bi5 ils peuv5t tre conu imp]sonnellem5t1 comme con/ituant la communaut4 ,tant qu'il s'agit de l'abngation de soi-mme implique p> un pur altruisme1 il importe peu de savoir dans quel s5s on emploie ce mot les autres4 ,mais la critique s]a r5due plus facile p> la di/9ction de ces deux significations4 ,n\s considr]ons d'abord la seconde4 #hc4 ,n\s avons donc exam9] le pr9cipe du plus gr& bonheur1 tel qu'il a t =mul p> ,b5?am et ses disciples4 ,la doctr9e que le bonheur gnral doit tre l'objet de nos re*]*es n'e/ pas1 la vrit1 prs5te comme id5tique avec le pur altruisme4 ,mais comme1 si le bonheur gnral e/ la f9 propre de l'action1 l'ag5t individuel doit reg>d] sa propre "p de ce bonheur comme une unit du t\t1 laquelle il ne doit pas attribu] plus de valeur qu' aucune autre1 il en rsulte que1 puisque cette unit e/ en quelque sorte inf9itsimale en comp>aison du t\t1 son action1 si elle a exclusivem5t p\r b l'a*vem5t du bonheur gnral1 e/1 s9on absolum5t1 du mo9s aussi compltem5t altrui/e que possible4 ,p> suite1 la ?orie qui fait du bonheur gnral l'objet immdiat de la p\rsuite peut bon droit tre prise comme une =me du pur altruisme que n\s avons critiqu] ici4 ,p\r ju/ifi] cette int]prtation et la fois p\r donn] une proposition df9ie que n\s puissions discut]1 voici un passage de l',utilit>ianisme de ,m4 ,mill3 ,le pr9cipe du plus gr& bonheur1 dit-il1 e/ une simple expression sans signification rationnelle1 mo9s que le bonheur d'une p]sonne1 suppos gal en degr 7avec la rs]ve spciale faire sur son espce71 ne soit compt comme ayant exactem5t la mme valeur que celui d'une autre p]sonne4 ,ces conditions remplies1 le mot de ,b5?am3 compt] *acun p\r un1 ne compt] p]sonne p\r plus qu'un1 peut tre crit au dess\s du pr9cipe de l'utilit1 comme comm5taire explicatif4 7,p4 #ia47 ,t\tefois1 bi5 que le s5s du plus gr& bonheur1 comme f91 soit p> l df9i jusqu' un c]ta9 po9t1 n\s pr\vons cep5dant le beso9 d'une df9ition plus complte1 du mom5t o n\s v\lons dcid] de quelle manire il faut rgl] sa conduite p\r atte9dre cette f94 ,la premire "q qui se prs5te e/3 ,devons-n\s reg>d] ce pr9cipe du plus gr& bonheur comme un pr9cipe de direction p\r la communaut considre dans sa capacit collective1 ou comme un pr9cipe de direction p\r ses membres considrs sp>m5t1 ou p\r la communaut et ses membres la fois8 ,si l'on rpond que le pr9cipe doit tre pris comme guide p\r l'action g\v]nem5tale plutt que p\r l'action individuelle1 n\s avons alors dem&]3 ,quel s]a le guide de l'action individuelle8 ,si l'action individuelle ne doit pas tre rgle seulem5t p\r procur] le plus gr& bonheur du plus gr& nombre1 il faut quelque autre pr9cipe p\r rgl] l'action individuelle2 et le pr9cipe du plus gr& bonheur ne donne pas la rgle morale dont n\s avons beso94 ,rplique-t-on que l'individu dans sa capacit d'unit politique doit pr5dre p\r f9 de favoris] le dveloppem5t du bonheur gnral1 en votant ou en agissant de quelque autre manire sur la lgislature avec cette f9 en vue1 et qu'en cela il a une rgle de conduite1 n\s avons encore dem&]3 ,d'o vi5dra une direction p\r le re/e de la conduite individuelle1 re/e qui en con/itue de beauc\p la plus gr&e p>tie8 ,si cette p>tie prive de la conduite individuelle ne doit pas avoir directem5t p\r b le bonheur gnral1 il n\s faut encore tr\v] une autre rgle morale que celle qu'on n\s (fre4 ,a9si1 mo9s que le pur altruisme1 comme on l'a =mul1 ne confesse son insuffisance1 il e/ t5u de se ju/ifi]1 comme donnant une rgle satisfaisante p\r t\te conduite1 individuelle et sociale4 ,n\s allons d'abord le discut] en tant que prt5du pr9cipe lgitime de la politique2 n\s le discut]ons ensuite comme prt5du pr9cipe lgitime des actions prives4 #hd4 ,si l'on s'ef=ce de compr5dre d'une manire exacte que1 en pr5ant p\r f9 le bonheur gnral1 la rgle doit tre de compt] *acun p\r un et de ne compt] p]sonne p\r plus qu'un1 l'ide de di/ribution se prs5te l'esprit4 ,n\s ne p\vons =m] l'ide de di/ribution sans p5s] quelque *ose di/ribu] et des p]sonnes p\r recevoir ce quelque *ose4 ,p\r p\voir clairem5t concevoir la proposition1 n\s devons clairem5t en concevoir ces deux lm5ts4 ,considrons d'abord les p]sonnes qui reoiv5t4 ,compt] *acun p\r un1 ne compt] p]sonne p\r plus qu'un4 ,veut-on dire p> l que1 p> rapport t\t ce qui e/ p>tag1 *acun doit en recevoir la mme "p1 quel que soit son c>actre1 quelle que soit sa conduite8 ,s'il e/ passif1 doit-il avoir autant que s'il e/ actif8 s'il e/ inutile1 autant que s'il e/ utile8 s'il e/ crim9el1 autant que s'il e/ v]tueux8 ,si la di/ribution doit se faire sans g>d aux natures et aux actes de ceux qui reoiv5t1 il faut alors montr] qu'un sy/me qui galise1 autant que possible1 le traitem5t du bon et du m*ant1 e/ avantageux4 ,si la di/ribution ne doit pas tre aveugle1 alors le pr9cipe disp>at4 ,le quelque *ose di/ribu] doit tre p>tag autrem5t que p> une gale division4 ,il doit y avoir proportion des p>ts aux mrites1 et l'on n\s laisse dans l'inc]titude quant la manire d'tablir cette proportion2 n\s avons tr\v] une autre rgle4 ,voyons ma9t5ant quel e/ ce quelque *ose di/ribu]4 ,la premire ide qui se prs5te e/ que le bonheur lui-mme doit tre p>tag entre t\s4 ,prises littralem5t1 les ides que le plus gr& bonheur doit tre la f9 p\rsuivre1 et qu'en le p>tageant il faut compt] *acun p\r un et ne compt] p]sonne p\r plus qu'un1 impliqu5t que le bonheur e/ quelque *ose qui peut tre divis en p>ties et di/ribu la ronde4 ,c'e/ l cep5dant une int]prtation impossible4 ,mais1 aprs en avoir reconnu l'impossibilit1 n\s avons encore rs\dre la "q3 ,p> rapport quoi faut-il compt] *acun p\r un et ne compt] p]sonne p\r plus qu'un8 ,faut-il ent5dre que les moy5s concrets d'tre heureux doiv5t tre galem5t rp>tis8 ,veut-on dire qu'il faut di/ribu] t\s en p>ties gales les *oses ncessaires la vie1 ce qui s]t au bi5-tre1 ce qui r5d l'exi/5ce agrable8 ,comme conception simplem5t1 on peut un peu mieux le s\t5ir4 ,mais en laissant de ct la "q de politique1 en laissant la "q de savoir si le plus gr& bonheur s]ait en df9itive assur p> ce procd 7ce qui videmm5t n'arriv]ait pas71 il e/ facile de voir1 si l'on y rfl*it1 que le plus gr& bonheur ne s]ait pas mme immdiatem5t assur de cette manire4 ,les diffr5ces d'ge1 de croissance1 de con/itution1 les diffr5ces d'activit et les diffr5ces de consommation qui en rsult5t1 les diffr5ces de dsirs et de gts1 amn]ai5t ce rsultat 9vitable que les sec\rs matriels que *acun recevrait p\r tre heureux rpondrai5t plus ou mo9s aux beso9s4 ,en admettant mme que le p\voir d'acqurir ft galem5t rp>ti1 le plus gr& bonheur ne s]ait pas encore atte9t en comptant *acun p\r un et en ne comptant p]sonne p\r plus qu'un2 en effet1 comme les capacits p\r utilis] les moy5s acquis de bonheur v>i]ai5t la fois avec la con/itution et avec l'ge1 les moy5s qui suffirai5t approximativem5t p\r satisfaire les beso9s de l'un s]ai5t extrmem5t insuffisants p\r satisfaire les beso9s de l'autre1 et a9si l'on n'obti5drait pas la plus gr&e somme de bonheur2 les moy5s p\rrai5t tre 9galem5t p>tags de manire en produire une somme plus gr&e4 ,mais si le bonheur lui-mme ne peut tre p>tag et di/ribu galem5t1 si un gal p>tage des lm5ts matriels du bonheur ne produit pas le plus gr& bonheur1 quelle e/ donc la *ose qu'il faut a9si p>tag]8 ,p> rapport quoi faut-il compt] *acun p\r un et ne compt] p]sonne p\r plus qu'un8 ,il semble qu'il n'y ait plus qu'une hypo?se possible4 ,il ne re/e ri5 di/ribu] galem5t1 si ce n'e/ les conditions dans lesquelles *acun peut p\rsuivre le bonheur4 ,les limitations de l'action1 les degrs de lib]t et de contra9te1 doiv5t tre les mmes p\r t\s4 ,*acun aura autant de lib]t p\r *]*] sa f9 qu'il se p\rra en sauveg>dant de semblables lib]ts *ez les autres p\r *]*] leurs f9s1 et *acun aura autant qu'un autre la j\issance de ce que ses ef=ts1 dans ces limites1 auront obt5u4 ,mais dire que p> rapport ces conditions il faut compt] *acun p\r un et ne compt] p]sonne p\r plus qu'un1 c'e/ dire t\t simplem5t qu'il faut assur] l'quit4 ,a9si1 considr comme pr9cipe de politique1 le pr9cipe de ,b5?am se trans=me p> l'analyse en le pr9cipe mme que ce morali/e prt5d r5v]s]4 ,ce n'e/ pas le bonheur gnral qui donne la rgle morale p> laquelle l'action lgislative doit se laiss] guid]1 mais bi5 la ju/ice univ]selle4 ,a9si s'cr\le la doctr9e altrui/e prs5te s\s cette =me4 #he4 ,aprs avoir exam9 la doctr9e d'aprs laquelle le bonheur gnral devrait tre la f9 de la conduite publique1 n\s passons l'exam5 de la doctr9e d'aprs laquelle elle devrait tre la f9 de la conduite prive4 ,on s\ti5t qu'au po9t de vue de la raison pure le bonheur des autres ne doit pas tre un objet mo9s lgitime de notre p\rsuite *acun que notre propre bonheur4 ,considrs comme p>ties d'un t\t1 un bonheur pr\v p> n\s-mmes et un bonheur semblable pr\v p> un autre ont des valeurs gales2 on en infre que1 l'e/im] rationnellem5t1 l'obligation de travaill] dans l'intrt d'autrui e/ aussi gr&e que l'obligation de travaill] dans notre propre intrt4 ,en affirmant que le sy/me de morale utilitaire1 bi5 compris1 s'accorde avec la maxime *rti5ne3 ,aimez votre pro*a9 comme v\s-mme1 ,m4 ,mill dit que l'utilit>isme lui comm&e d'tre aussi /rictem5t imp>tial qu'un spectateur ds9tress et bi5veillant1 entre son propre bonheur et celui des autres4 7,p4 #bd47 ,considrons les deux int]prtations que l'on peut donn] de cette proposition4 ,supposons d'abord qu'un c]ta9 quantum de bonheur puisse se ralis] de quelque manire sans la p>ticipation spciale de ,a1 ,b1 ,c ou ,d1 qui =m5t le gr\pe dont il s'agit4 ,alors la proposition veut dire que *acun doit tre prt voir ce quantum de bonheur pr\v autant p> un ou plusieurs des autres que p> lui-mme4 ,le spectateur ds9tress et bi5veillant dcid]ait clairem5t1 en p>eil cas1 que p]sonne ne doit avoir plus de bonheur qu'un autre4 ,mais ici1 si l'on suppose comme n\s le faisons que le quantum de bonheur e/ ralisable sans qu'aucune des p]sonnes du gr\pe ait ri5 faire1 la simple quit porte le mme jugem5t4 ,p]sonne n'ayant en aucune manire plus de droit que les autres1 les droits sont gaux1 et le respect que l'on doit la ju/ice ne p]met aucun de nos p]sonnages de monopolis] le bonheur son pr(it4 ,supposons ma9t5ant un cas diffr5t4 ,supposons que le quantum de bonheur ait t r5du possible p> les ef=ts d'un des membres du gr\pe4 ,supposons que ,a ait acquis p> son travail quelque objet matriel capable de donn] du bonheur4 ,il veut agir comme le prescrirait le spectateur ds9tress et bi5veillant4 ,que dcid]a-t-il8 ,que prescrirait le spectateur8 ,considrons t\tes les suppositions possibles1 en comm5ant p> la mo9s raisonnable4 ,on peut concevoir le spectateur comme prescrivant que le travail fait p> ,a p\r acqurir ce qui peut s]vir au bonheur ne lui donne aucun droit l'usage spcial de ce qu'il a acquis1 qu'il faut le donn] ,b1 ,c ou ,d1 ou qu'il faut le p>tag] galem5t entre ,b1 ,c et ,d1 ou le p>tag] galem5t entre t\s les membres du gr\pe1 y compris ,a1 qui a travaill p\r l'acqurir4 ,si le spectateur e/ conu comme pr5ant cette dcision auj\rd'hui1 on doit le concevoir comme la pr5ant t\s les j\rs1 avec ce rsultat que l'un des membres d'un gr\pe fait t\t le travail1 sans obt5ir aucun avantage en ret\r1 ou en obt5ant seulem5t sa "p numrique1 t&is que les autres ont leur "p de bnfice sans ri5 faire4 ,que ,a puisse concevoir une semblable dcision du spectateur ds9tress et bi5veillant1 et se s5tir t5u de se con=m] cette dcision imag9aire1 c'e/ une supposition un peu =te1 et probablem5t on convi5dra qu'une p>eille sorte d'imp>tialit1 bi5 lo9 de conduire au bonheur gnral1 s]ait bi5tt fatale t\s4 ,mais ce n'e/ pas t\t4 ,le pr9cipe dont il s'agit s'oppose lui-mme en ralit ce que l'on obisse une telle dcision4 ,c> non seulem5t ,a1 mais encore ,b1 ,c et ,d doiv5t agir d'aprs ce pr9cipe4 ,*acun d'eux doit se comport] selon la dcision qu'il attribue un spectateur imp>tial4 ,b conoit-il le spectateur imp>tial comme lui assignant lui1 ,b1 le produit du travail de ,a8 ,il faut alors admettre que ,b conoit le spectateur imp>tial comme le favorisant lui-mme1 ,b1 plus que ,a ne conoit le mme spectateur comme le favorisant lui-mme1 ,a2 ce qui ne s'accorde pas avec l'hypo?se4 ,b1 en concevant le spectateur imp>tial1 fait-il ab/raction de ses propres intrts aussi compltem5t que le fait ,a8 ,alors comm5t peut-il prononc] d'une manire si con=me ses intrts1 si p>tiale1 qu'il se p]mette de pr5dre une "p gale des bnfices du travail de ,a1 alors que ni lui ni les autres n'ont ri5 fait p\r les acqurir8 ,n\s avons signal cette dcision concevable1 quoique peu croyable1 du spectateur1 p\r faire rem>qu] qu'il s]ait impossible de s'y con=m] habituellem5t4 ,il re/e considr] la dcision que pr5drait un spectateur rellem5t imp>tial4 ,il dirait que le bonheur1 ou l'objet matriel qui s]t au bonheur1 acquis p> le travail de ,a1 doit tre pris p> ,a4 ,il dirait que ,b1 ,c et ,d n'y ont aucun droit1 mais ont droit seulem5t au bonheur ou aux objets utiles au bonheur1 que leurs travaux respectifs leur ont procurs4 ,en consqu5ce1 ,a1 agissant comme le spectateur imp>tial imag9aire le prescrirait1 e/ ju/ifi1 d'aprs ce tmoignage1 s'il s'approprie tel bonheur ou tel moy5 de bonheur qu'il a gagn p> ses ef=ts4 ,a9si1 s\s sa =me spciale comme s\s sa =me gnrale1 le pr9cipe e/ vrai seulem5t en tant qu'il reprs5te une ju/ice dguise4 ,l'analyse n\s conduit encore ce rsultat que faire du bonheur gnral la f9 de l'action1 signifie en ralit ma9t5ir ce que n\s appelons des relations quitables entre les individus4 ,refusez d'accept] s\s sa =me vague le pr9cipe du plus gr& bonheur1 et insi/ez p\r savoir quelle e/ la conduite publique ou prive qu'il implique1 et v\s v]rez videmm5t que ce pr9cipe n'a aucun s5s1 mo9s qu'il ne s]ve indirectem5t affirm] que les droits de *acun doiv5t scrupuleusem5t tre respects p> t\t le monde4 ,l'altruisme utilitaire devi5t un gsme mitig comme il convi5t4 #hf4 ,n\s p\vons ma9t5ant n\s plac] un autre po9t de vue p\r jug] la ?orie altrui/e4 ,si1 en supposant que l'objet propre de notre p\rsuite soit le bonheur gnral1 n\s procdons rationnellem5t1 n\s devons n\s dem&] de quelles manires l'agrgat1 le bonheur gnral1 peut tre compos2 n\s devons n\s dem&] aussi quelle composition de cet agrgat donn]a la somme la plus gr&e4 ,supposons que *aque citoy5 p\rsuive son propre bonheur isolm5t1 non pas de manire nuire aux autres1 mais sans s'intress] aux autres activem5t2 alors la runion de leurs bonheurs con/itue une c]ta9e somme1 un c]ta9 bonheur gnral4 ,supposons ma9t5ant que *acun1 au lieu de faire de son propre bonheur l'objet de sa p\rsuite1 p\rsuive le bonheur des autres2 alors encore il en rsult]a une c]ta9e somme de bonheur4 ,cette somme doit tre mo9dre1 ou aussi gr&e1 ou plus gr&e que la premire4 ,si l'on admet qu'elle soit mo9dre ou seulem5t aussi gr&e1 la m?ode altrui/e e/ videmm5t pire1 ou elle n'e/ pas meilleure que la m?ode g/e4 ,il faut suppos] que la somme de bonheur obt5ue e/ plus gr&e4 ,considrons ce que conti5t cette hypo?se4 ,si *acun p\rsuit exclusivem5t le bonheur des autres1 et si *acun reoit aussi du bonheur 7ce qui doit tre1 c> il ne peut se =m] un agrgat de bonheur en dehors des bonheurs individuels71 il faut alors conclure que *acun doit exclusivem5t une action altrui/e le bonheur dont il j\it1 et que p\r *acun ce bonheur e/ plus gr& en somme que le bonheur g/e qu'il p\rrait se procur] lui-mme1 s'il s'appliquait lui-mme le p\rsuivre4 ,laissant de ct p\r un mom5t ces sommes relatives des deux espces de bonheur1 notons les conditions ncessaires p\r que *acun gte le bonheur altrui/e4 ,les natures sympa?iques pr\v5t du plaisir faire plaisir1 et1 si le bonheur gnral e/ l'objet de la p\rsuite1 on dira que *acun s]a heureux en prs5ce du bonheur des autres4 ,mais dans ce cas en quoi consi/e le bonheur des autres8 ,ces autres sont aussi1 p> hypo?se1 des p]sonnes qui p\rsuiv5t et pr\v5t le plaisir altrui/e4 ,la g5se du plaisir altrui/e p\r *acun dp5d du plaisir que tmoign5t les autres1 et ceux-ci leur t\r n'en tmoign]ont qu'autant que les autres en tmoign]ont1 et a9si de suite indf9im5t4 ,o comm5ce donc le plaisir8 ,evidemm5t il doit y avoir quelque "p un plaisir g/e1 avant que la sympa?ie qu'il fait pr\v] produise un plaisir altrui/e4 ,evidemm5t1 p> suite1 *acun doit tre g/e un degr conv5able1 mme si c'e/ seulem5t dans l'int5tion de donn] aux autres le moy5 d'tre altrui/es4 ,a9si1 bi5 lo9 de dev5ir plus gr&e1 si t\s font du bonheur le plus gr& leur unique f91 la somme du bonheur disp>at entirem5t4 ,une comp>aison emprunte l'ordre physique n\s f]a mieux voir encore combi5 e/ absurde la supposition que l'on puisse arriv] au bonheur univ]sel sans que *acun songe son propre bonheur4 ,supposez un amas de corps dont *acun eng5dre de la *aleur et dont *acun reoit aussi des autres de la *aleur1 p>ce que *acun d'eux la rayonne sur ceux qui l'ent\r5t4 ,il e/ manife/e que *acun aura une c]ta9e *aleur propre indp5damm5t de celle qui lui vi5t du dehors1 et aussi une c]ta9e *aleur qui lui vi5t des autres corps indp5damm5t de celle qu'il a p> lui-mme4 ,qu'arriv]a-t-il8 ,tant que *acun de ces corps cont9u]a tre un gnrateur de *aleur1 ils cont9u]ont cons]v] une c]ta9e temprature drive en p>tie d'eux-mmes et en p>tie des autres4 ,mais si *acun d'eux cesse de f\rnir de la *aleur1 et en e/ rduit celle qui rayonne des autres corps1 l'amas t\t enti] se refroidira4 ,eh bi51 la *aleur directem5t produite reprs5te le plaisir g/e1 et la disp>ition de t\te *aleur1 si *acun cesse d'en donn]1 correspond la disp>ition de t\t plaisir si *acun cesse d'en crer d'une manire g/e4 ,n\s p\vons tir] une autre conclusion4 ,outre la consqu5ce qu'avant l'exi/5ce du plaisir altrui/e il faut qu'il y ait un plaisir g/e1 et que1 si la rgle de conduite e/ la mme p\r t\s1 il faut que *acun soit g/e un degr conv5able1 il y a cette consqu5ce que1 p\r arriv] la plus gr&e somme de bonheur1 *acun doit tre plus g/e qu'altrui/e4 ,c>1 p\r p>l] en gnral1 les plaisirs sympa?iques s]ont t\j\rs mo9s int5ses que les plaisirs avec lesquels on sympa?ise4 ,t\tes *oses gales d'ailleurs1 les s5tim5ts idaux ne peuv5t tre aussi vifs que les s5tim5ts rels4 ,il e/ vrai que ceux qui ont une =te imag9ation peuv5t1 surt\t dans les cas o les affections sont engages1 s5tir la d\leur morale s9on la d\leur physique d'un autre1 aussi compltem5t que celui mme qui en s\ffre en ralit1 et peuv5t pr5dre avec une gale int5sit leur "p du plaisir d'autrui2 quelquefois mme1 on se reprs5te m5talem5t le plaisir pr\v comme plus gr& qu'il ne l'e/ en vrit1 et l'on j\it alors d'un plaisir rflexe plus vif que le plaisir direct de celui qui e/ en cause4 ,de p>eils cas1 cep5dant1 et les cas dans lesquels1 mme "p l'exaltation de sympa?ie cause p> l'atta*em5t1 il y a un ensemble de s5tim5ts produits sympa?iquem5t gal en somme aux s5tim5ts orig9aux1 s9on plus vif1 sont ncessairem5t exceptionnels4 ,c>1 en de p>eils cas1 la consci5ce totale enf]me d'autres lm5ts que la reprs5tation m5tale du plaisir ou de la pe9e1 notamm5t l'excs de piti ou l'excs de bont1 et ces lm5ts ne se prs5t5t que dans de r>es occasions3 ils ne saurai5t tre les concomitants habituels des plaisirs sympa?iques si t\s les re*]*ai5t *aque mom5t4 ,en apprciant la totalit possible des plaisirs sympa?iques1 n\s ne devons ri5 y faire entr] en dehors de la reprs5tation des plaisirs que les autres pr\v5t4 ,a mo9s d'affirm] que les tats de consci5ce de nos semblables se reproduis5t t\j\rs en n\s plus vivem5t que les tats analogues ne se =m5t en n\s s\s l'influ5ce de leurs propres causes p]sonnelles1 il faut admettre que la totalit des plaisirs altrui/es ne peut pas gal] la totalit des plaisirs g/es4 ,p> suite1 outre la vrit qu'avant qu'il exi/e des plaisirs altrui/es il doit y avoir des plaisirs g/es1 de telle sorte que ceux-l naiss5t de la sympa?ie p\r ceux-ci1 il e/ encore vrai que1 p\r obt5ir la plus gr&e somme de plaisirs altrui/es1 il doit y avoir une plus gr&e somme de plaisirs g/es4 #hg4 ,on peut dmontr] encore d'une autre manire que le pur altruisme se dtruit lui-mme4 ,une loi p>faitem5t morale doit tre une loi qui devi5t p>faitem5t praticable mesure que la nature huma9e fait des progrs1 et1 si elle e/ ncessairem5t impraticable p\r une nature huma9e idale1 elle ne peut tre la loi morale *]*e4 ,or les occasions de pratiqu] l'altruisme sont nombreuses et gr&es en proportion de la faiblesse1 de l'incapacit ou de l'imp]fection huma9e4 ,si n\s dpassons les limites de la famille1 dans laquelle il faut laiss] subsi/] une sphre d'activits impliquant le sacrifice de soi-mme tant qu'il s'agit d'lev] ses enfants1 et si n\s n\s dem&ons comm5t il peut y avoir encore une sphre d'activits impliquant le sacrifice de soi-mme1 il e/ vid5t que cela ti5t ce qu'il y a t\j\rs des maux srieux1 causs p> un excs de dfauts naturels4 ,autant les hommes s'appliqu]ont eux-mmes faire t\t ce que dem&5t les beso9s de la vie sociale1 autant dim9u]ont les dem&es de sec\rs en leur faveur4 ,si l'on arrive s'adapt] entirem5t ces beso9s1 si t\t le monde e/ un j\r capable de se cons]v] soi-mme et de remplir compltem5t les obligations imposes p> la socit1 les occasions de faire pass] ses intrts aprs ceux des autres1 auxquelles s'applique le pur altruisme1 disp>atront4 ,de p>eils sacrifices de soi-mme devi5n5t1 en effet1 d\blem5t impraticables4 ,vivant avec succs individuellem5t1 les hommes non seulem5t ne f\rniss5t pas ceux qui les ent\r5t des occasions de leur v5ir en aide1 mais cette aide ne peut leur tre donne ord9airem5t sans contr>i] leurs activits normales1 et p> suite sans dim9u] leurs plaisirs4 ,comme t\te crature infrieure1 conduite p> ses in/9cts inns faire spontanm5t t\t ce que sa vie dem&e1 l'homme1 lorsqu'il e/ compltem5t =m la vie sociale1 doit avoir des in/9cts si bi5 aju/s ses beso9s qu'il satisfait ses beso9s en satisfaisant ses in/9cts4 ,si ses in/9cts sont sp>m5t satisfaits p> l'accomplissem5t des actes requis1 aucun de ces actes ne peut tre accompli p\r lui sans que ses in/9cts soi5t fru/rs4 ,on ne peut accept] des autres les rsultats de leurs activits qu' la condition de r5onc] aux plaisirs qui driv5t de sa propre activit4 ,il s'ensuivrait donc une dim9ution plutt qu'un accroissem5t de bonheur1 si l'action altrui/e p\vait tre ex]ce en p>eil cas4 ,n\s arrivons ici une autre supposition sans fondem5t faite p> la mme ?orie4 #hh4 ,le po/ulatum de l'utilit>isme tel qu'il e/ =mul dans les passages cits plus haut1 et du pur altruisme p\r employ] une autre expression1 implique la croyance qu'il e/ possible de transport] de l'un l'autre le bonheur1 ou les moy5s d'tre heureux1 ou les conditions du bonheur4 ,sans aucune limitation spcifique1 la proposition a9si admise e/ que le bonheur en gnral peut tre dta* de l'un et ratta* l'autre1 que l'un peut le cd] dans une mesure quelconque1 et l'autre se l'appropri] de mme4 ,mais il suffit de rfl*ir un mom5t p\r voir combi5 cette proposition e/ lo9 de la vrit4 ,d'un ct1 cette cession jusqu' un c]ta9 po9t e/ extrmem5t nuisible et1 au del1 elle e/ fatale1 et1 de l'autre1 la plus gr&e p>tie du bonheur dont *acun j\it vi5t de lui-mme et ne peut tre ni donne ni reue4 ,suppos] que les plaisirs g/es peuv5t tre ab&onns jusqu' un c]ta9 po9t1 c'e/ tomb] dans une de ces nombreuses erreurs de spculation morale qui rsult5t de l'ignorance des vrits de la biologie4 ,en n\s plaant au po9t de vue biologique1 n\s avons vu que les plaisirs accompagn5t des sommes normales de fonctions1 t&is que les pe9es accompagn5t des dfauts ou des excs de fonctions1 et1 en outre1 que la vie complte dp5d de l'ex]cice complet des fonctions1 et p> suite de la j\issance des plaisirs corrlatifs4 ,p> suite1 r5onc] des plaisirs normaux1 c'e/ r5onc] la vie en proportion1 et alors se prs5te la "q3 ,jusqu' quel po9t peut-on le faire8 ,s'il veut cont9u] vivre1 l'individu doit gt] dans une c]ta9e mesure les plaisirs qui accompagn5t l'accomplissem5t des fonctions corporelles1 et doit vit] les pe9es qui rsult5t de leur non-accomplissem5t4 ,une complte abngation amne la mort2 une abngation excessive1 la maladie2 une abngation mo9dre1 une dgradation physique1 et p> suite une dim9ution de la capacit de remplir ses obligations env]s soi-mme et env]s les autres4 ,aussi1 lorsque n\s t5tons de mettre en pratique cette rgle de vivre non p\r notre propre satisfaction1 mais p\r celle des autres1 n\s r5controns cette difficult qu'au del de c]ta9es limites c'e/ impossible4 ,et lorsque n\s avons dcid dans quelle mesure l'individu peut p]dre de son bi5-tre physique1 en r5onant aux plaisirs et en acceptant les pe9es1 ce fait s'impose n\s que la portion de bonheur ou de moy5s d'tre heureux1 qu'il lui e/ possible d'ab&onn] p\r cette r$i/ribution1 e/ une portion limite4 ,la re/riction oppose au transf]t du bonheur1 ou des moy5s d'tre heureux1 e/ encore plus rig\reuse d'un autre ct4 ,le plaisir obt5u p> un ef=t efficace1 p> une p\rsuite heureuse des f9s1 ne peut p> aucun procd tre cd un autre1 et ne peut d'aucune manire tre appropri p> un autre4 ,l'habitude de raisonn] du bonheur gnral tantt comme s'il tait un produit concret p>tag]1 et tantt comme s'il tait coext5sif avec l'usage des *oses matrielles qui s]v5t au plaisir et peuv5t tre donnes et reues1 a emp* de rem>qu] cette vrit1 que les plaisirs d'action ne sont pas transfrables4 ,l'enfant qui a gagn une p>tie de billes1 l'a?lte qui a accompli un t\r de =ce1 l'homme d',etat qui a fait triomph] son p>ti1 l'inv5teur qui a donn le devis d'une n\velle ma*9e1 le savant qui a dc\v]t une vrit1 le romanci] qui a trac un c>actre1 le pote qui a bi5 r5du une motion1 pr\v5t t\s galem5t des plaisirs qui doiv5t tre1 dans la nature des *oses1 exclusivem5t pr\vs p> ceux qui ils arriv5t4 ,si n\s considrons t\tes les occupations que la ncessit n'impose pas aux hommes1 si n\s considrons les ambitions div]ses qui j\5t un si gr& rle dans la vie1 n\s devons p5s] que tant que la consci5ce du p\voir et du succs re/]a un plaisir dom9ant1 il re/]a un plaisir dom9ant qui ne p\rra tre p\rsuivi au po9t de vue altrui/e et devra l'tre d'une manire g/e4 ,si ma9t5ant n\s retran*ons d'un ct les plaisirs qui sont insp>ables de la cons]vation du physique dans son tat de sant1 et si n\s retran*ons de l'autre les plaisirs dus au succs1 ce qui re/e e/ si re/re9t qu'on ne peut df5dre cette ass]tion que le bonheur en gnral comporte une di/ribution la faon dont l'ent5d l'utilit>isme4 #hi4 ,il y a encore une autre manire de montr] l'inconsqu5ce de cet utilit>isme transfigur qui reg>de sa doctr9e comme le dveloppem5t de la maxime *rti5ne3 ,aimez votre pro*a9 comme v\s-mme1 et de cet altruisme qui1 allant plus lo91 =mule cette maxime3 ,vivez p\r les autres4 ,une bonne rgle de conduite doit p\voir tre adopte p> t\t le monde avec avantage4 ,agissez seulem5t d'aprs une maxime dont v\s puissiez s\hait]1 en mme temps1 qu'elle devi5ne une loi univ]selle1 dit ,kant4 ,evidemm5t1 sans insi/] sur les re/rictions qu'il faut apport] cette maxime1 n\s p\vons l'accept] dans la mesure o n\s admettons qu'un mode d'action qui devi5t impraticable mesure qu'il s'appro*e de l'univ]salit1 doit tre mauvais4 ,p> suite1 si la ?orie du pur altruisme1 impliquant que l'on doit travaill] dans l'intrt des autres et non dans son propre intrt1 e/ s\t5able1 il faut montr] qu'elle produira de bons rsultats lorsque t\t le monde la mettra en pratique4 ,voyons les consqu5ces si t\s sont altrui/es4 ,d'abord cela suppose une comb9aison impossible d'attributs moraux4 ,on imag9e que *acun fait assez peu de cas de soi-mme et assez de cas des autres p\r sacrifi] volontairem5t ses propres plaisirs1 af9 de procur] du plaisir aux autres4 ,mais si c'e/ l un trait univ]sel1 et si les actions s'en ress5t5t univ]sellem5t1 n\s devons concevoir *acun non seulem5t comme faisant des sacrifices1 mais encore comme en acceptant4 ,t&is qu'il e/ assez ds9tress p\r r5onc] volontairem5t l'avantage en vue duquel il a travaill1 il e/ assez intress p\r laiss] les autres r5onc] son pr(it aux avantages en vue desquels ils ont travaill4 ,p\r r5dre le pur altruisme possible t\s1 *acun doit tre la fois extrmem5t gnreux et extrmem5t g/e4 ,comme donnant1 il ne doit pas p5s] lui2 comme recevant1 il ne doit pas p5s] aux autres4 ,evidemm5t1 cela implique une con/itution m5tale inconcevable4 ,la sympa?ie qui e/ assez ple9e de sollicitude l'g>d des autres p\r se faire volontairem5t tort elle-mme dans l'intrt d'autrui ne peut pas1 en mme temps1 mpris] les autres au po9t d'accept] des avantages qu'ils ne donn5t pas sans se faire tort eux-mmes4 ,les contradictions qui app>aiss5t1 si n\s supposons une pratique univ]selle de l'altruisme1 peuv5t encore tre mises en vid5ce de cette manire4 ,supposons que *acun1 au lieu de j\ir des plaisirs mesure qu'il les r5contre1 ou des *oses utiles au plaisir qu'il s'e/ procures p> son travail1 ou des occasions de plaisir p\r se repos] de ce travail1 les laisse un autre1 ou les aj\te une masse commune dont t\s les autres pr(it5t1 qu'en rsult]a-t-il8 ,n\s avons plusieurs rponses faire1 suivant que n\s admettrons qu'il y a ou qu'il n'y a pas en jeu des influ5ces additionnelles4 ,supposons qu'il n'y ait pas d'influ5ces additionnelles4 ,alors1 si *acun transfre un autre son bonheur1 ou les moy5s1 ou les occasions d'tre heureux1 t&is que quelque autre fait la mme *ose son g>d1 la di/ribution du bonheur1 en moy5ne1 n'e/ pas *ange2 ou si *acun aj\te une masse commune son bonheur1 ou les moy5s1 ou les occasions d'tre heureux1 et que de cette masse *acun retire sa "p1 l'tat moy5 n'e/ pas plus *ang qu'aup>avant4 ,le seul effet vid5t e/ qu'il doit y avoir des transactions p5dant la r$i/ribution2 il s'ensuit une p]te de temps et de pe9e4 ,supposons ma9t5ant quelque influ5ce additionnelle qui r5de ce procd avantageux2 quelle doit-elle tre8 ,la totalit peut tre accrue seulem5t si les actes de transf]t accroiss5t la quantit de ce qui e/ transfr4 ,le bonheur1 ou ce qui le produit1 doit tre plus gr& p\r celui qui le fait sortir du travail d'un autre1 qu'il ne l'aurait t s'il se l'tait procur p> ses propres ef=ts2 ou autrem5t1 en supposant qu'un fonds de bonheur1 ou de ce qui le produit1 ait t =m p> les contributions de *acun1 alors *acun1 en s'appropriant sa "p1 doit la tr\v] plus gr&e qu'elle ne l'aurait t s'il ne s'tait fait cette agglomration et cette di/ribution4 ,p\r ju/ifi] la croyance cette augm5tation1 on peut faire deux suppositions4 ,l'une e/ que bi5 que la somme des plaisirs1 ou des *oses propres les procur]1 re/e la mme1 cep5dant le g5re des plaisirs1 ou des *oses propres les procur] que *acun reoit en *ange de la "p d'un autre ou de la runion des autres1 e/ un g5re qu'il prfre celui en vue duquel il a travaill4 ,mais suppos] cela1 c'e/ suppos] que *acun travaille directem5t en vue de ce qui lui procure le mo9s de plaisir1 et c'e/ absurde4 ,l'autre supposition e/ que1 si le plaisir du g5re g/e *ang ou r$i/ribu re/e le mme en somme p\r *acun1 il s'y aj\te le plaisir altrui/e qui accompagne l'*ange4 ,mais cette hypo?se e/ clairem5t inadmissible si1 comme elle l'implique1 la transaction e/ univ]selle1 si cette transaction e/ telle que *acun donne et reoive dans la mme mesure4 ,c> si le transf]t des plaisirs1 ou des *oses qui le procur5t1 de l'un l'autre ou aux autres1 e/ t\j\rs accompagn p\r *acun de la consci5ce qu'il y aura un quival5t recevoir de lui ou d'eux1 il en rsulte purem5t et simplem5t un *ange tacite1 ou direct ou circulaire4 ,*acun devi5t altrui/e dans la mesure seulem5t qu'il faut p\r tre quitable et pas davantage1 et p]sonne n'ayant de quoi augm5t] son bonheur1 p> sympa?ie ou autrem5t1 p]sonne ne s]a p\r les autres une cause de bonheur sympa?ique4 #ij4 ,a9si1 lorsque l'on re*]*e le vrai s5s des expressions qu'il emploie1 ou lorsqu'on exam9e les consqu5ces ncessaires de sa ?orie1 le pur altruisme1 quelle que soit la =me s\s laquelle il se prs5te1 condamne ses p>tisans des absurdits de plusieurs sortes4 ,si le plus gr& bonheur du plus gr& nombre1 ou1 en d'autres t]mes1 le bonheur gnral1 e/ la vritable f9 de l'action1 alors il doit tre la f9 non seulem5t de t\te action publique1 mais aussi de t\te action prive2 autrem5t1 la plus gr&e p>tie des actions manqu]ait de rgle4 ,voyons la ju/esse de ce pr9cipe dans les deux cas4 ,si l'action de la communaut doit tre guide p> le pr9cipe en "q1 avec le comm5taire qui s]t l'expliqu]3 compt] *acun p\r un1 ne compt] p]sonne p\r plus qu'un1 il faut nglig] t\tes les diffr5ces de c>actre et de conduite1 de mrite et de dmrite1 *ez les citoy5s1 puisque le pr9cipe ne fait aucune di/9ction cet g>d2 bi5 plus1 puisque ce n'e/ pas p> rapport au bonheur1 que l'on ne saurait di/ribu]1 qu'il faut compt] galem5t t\s les hommes1 et puisqu'un p>tage gal des moy5s concrets d'arriv] au bonheur1 outre qu'il ne s]virait pas en df9itive1 ne s]t pas immdiatem5t produire le plus gr& bonheur2 il en rsulte que la seule manire d'ent5dre le pr9cipe e/ de dire que l'on doit rp>tir galem5t les conditions ncessaires la p\rsuite du bonheur3 n\s n'y dc\vrons alors ri5 de plus que le prcepte de faire rgn] p>t\t l'quit4 ,si1 pr5ant le bonheur en gnral comme le b de l'action prive1 l'individu e/ requis de jug] entre son propre bonheur et celui des autres comme le f]ait un spectateur imp>tial1 n\s voyons qu'aucune supposition conc]nant le spectateur1 except une qui e/ contradictoire1 c> elle lui attribue de la p>tialit1 ne peut donn] un autre rsultat que de prescrire *acun de j\ir du bonheur1 ou des moy5s de p>v5ir au bonheur1 comme ses ef=ts le lui p]mett5t2 l'quit e/ encore le seul cont5u du pr9cipe4 ,si1 adoptant une autre m?ode1 n\s re*]*ons comm5t peut tre compose la plus gr&e somme de bonheur1 et1 reconnaissant le fait qu'un gsme quitable produit une c]ta9e somme1 si n\s dem&ons comm5t le pur altruisme en produirait une plus gr&e1 n\s avons vu que si t\s1 p\rsuivant exclusivem5t les plaisirs altrui/es1 doiv5t produire a9si une plus gr&e somme de plaisirs1 il faut alors admettre que les plaisirs altrui/es1 qui naiss5t de la sympa?ie1 peuv5t exi/] en l'abs5ce de plaisirs g/es avec lesquels on puisse sympa?is]--*ose impossible2 il faut encore admettre que si1 la ncessit des plaisirs g/es tant reconnue1 on dit que la plus gr&e somme de bonheur s]a atte9te si t\s les individus sont plus altrui/es qu'g/es1 c'e/ dire indirectem5t1 s\s =me de vrit gnrale1 que les s5tim5ts reprs5tatifs sont plus =ts que les s5tim5ts prs5tatifs--autre impossibilit4 ,en outre1 la doctr9e du pur altruisme suppose que le bonheur peut dans une c]ta9e mesure tre transfr et r$i/ribu2 t&is que1 en ralit1 les plaisirs d'un c]ta9 ordre ne peuv5t tre transmis dans une mesure un peu considrable sans qu'il en rsulte des effets fatals ou extrmem5t fune/es1 et que les plaisirs d'un autre ordre ne peuv5t tre transmis aucun degr4 ,de plus1 le pur altruisme prs5te cette anomalie f*euse que1 t&is qu'un vrai pr9cipe d'action doit tre de plus en plus pratiqu mesure que les hommes font plus de progrs1 le pr9cipe altrui/e devi5t de mo9s en mo9s praticable mesure que l'humanit se rappro*e de l'idal1 p>ce que la sphre dans laquelle il doit s'appliqu] dim9ue de plus en plus4 ,enf91 on voit videmm5t que cette doctr9e se dtruit elle-mme1 en obs]vant que p\r l'adopt] comme pr9cipe d'action1 ce que l'on doit faire si elle e/ bonne1 il faut tre la fois extrmem5t gnreux et extrmem5t g/e1 tre prt se faire tort soi-mme dans l'intrt d'autrui1 et prt accept] des avantages au prix du malheur des autres3 ces deux traits sont inconciliables4 ,il e/ a9si manife/e qu'un compromis e/ ncessaire entre l'gsme et l'altruisme4 ,n\s sommes =cs de reconnatre combi5 *acun a raison de s'inquit] de son propre bi5-tre1 c>1 en le mconnaissant1 n\s arrivons d'un ct une impasse1 de l'autre des contradictions1 de l'autre enf9 des rsultats dsa/reux4 ,rciproquem5t1 il e/ impossible de ni] que l'indiffr5ce de *acun p\r t\s1 qu& elle arrive un c]ta9 degr1 e/ fatale la socit1 qu& elle e/ encore plus gr&e1 fatale la famille et enf9 la race4 ,l'gsme et l'altruisme sont donc co-ess5tiels4 #ia4 ,quelle =me donn] au compromis entre l'gsme et l'altruisme8 ,comm5t satisfaire des degrs conv5ables leurs prt5tions lgitimes8 ,c'e/ une vrit la fois affirme p> les morali/es et reconnue dans la vie ord9aire1 que la ralisation du bonheur individuel n'e/ pas proportionne au degr auquel on fait de ce bonheur individuel l'objet d'une p\rsuite directe2 mais on ne croit pas aussi gnralem5t jusqu' prs5t que1 de la mme manire1 la ralisation du bonheur gnral n'e/ pas proportionne au degr auquel on fait de ce bonheur gnral l'objet d'une p\rsuite directe4 ,cep5dant il e/ plus raisonnable dans ce d]ni] cas que dans le premi] de s'att5dre ce que la p\rsuite directe n'ab\tisse pas un bon rsultat4 ,qu& n\s avons discut les rapports entre les moy5s et les f9s1 n\s avons vu qu' mesure que la conduite individuelle se dveloppe1 elle doit pr5dre de plus en plus p\r pr9cipe de faire de l'obt5tion des moy5s sa f9 pro*a9e1 et de laiss] la f9 d]nire1 le bi5-tre ou le bonheur1 v5ir comme rsultat4 ,n\s avons vu que lorsque le bi5-tre de t\s ou le bonheur gnral e/ la f9 d]nire1 le mme pr9cipe e/ encore plus rig\reusem5t vrai2 c> la f9 d]nire s\s sa =me imp]sonnelle e/ mo9s dt]m9e que s\s sa =me p]sonnelle1 et les difficults p\r y atte9dre p> une p\rsuite directe sont encore plus gr&es4 ,reconnaissant donc le fait que le bonheur de la communaut1 plus encore que le bonheur individuel1 ne doit pas tre p\rsuivi directem5t1 mais bi5 indirectem5t1 n\s avons d'abord rs\dre cette "q3 ,quelle doit tre en gnral la nature des moy5s p> lesquels n\s y p>vi5drons8 ,on admet que le bonheur individuel s'obti5t1 dans une c]ta9e mesure1 si l'on travaille au bonheur d'autrui4 ,ne s]ait-il pas vrai1 rciproquem5t1 que l'on obti5dra le bonheur gnral en travaillant son propre bonheur8 ,si *aque unit assure en p>tie son bonheur en s'intressant au bi5-tre de l'ensemble1 le bi5-tre de l'ensemble ne s]a-t-il pas en p>tie assur p> l'intrt que *aque unit pr5dra son propre bonheur8 ,evidemm5t n\s devons conclure que l'on ralis]a le bonheur gnral pr9cipalem5t si les individus re*]*5t d'une manire conv5able leur propre bonheur1 et rciproquem5t1 que le bonheur des individus s]a ralis en p>tie s'ils travaill5t au bonheur gnral4 ,cette conclusion pr5d un corps dans les ides progressives et les usages du g5re huma94 ,ce compromis entre l'gsme et l'altruisme s'e/ l5tem5t tabli de lui-mme1 et les croyances relles des hommes1 di/9ctes de leurs croyances nom9ales1 en ont graduellem5t reconnu de mieux en mieux la valeur4 ,l'volution sociale a am5 un tat dans lequel les droits de l'individu aux produits de ses activits et aux plaisirs qui en rsult5t sont de plus en plus positivem5t affirms2 en mme temps la reconnaissance des droits d'autrui et le respect habituel de ces droits se sont accrus4 ,*ez les sauvages les plus grossi]s les intrts p]sonnels ne se di/+u5t que trs vaguem5t des intrts des autres4 ,dans les premires phases de la civilisation1 les avantages sont encore trs mal proportionns au travail3 les esclaves et les s]fs n'ont p\r leurs pe9es que dans une mesure t\t arbitraire le vivre et le c\v]t3 les *anges tant r>es1 l'ide d'quival5ce ne se dveloppe pas beauc\p4 ,mais avec le dveloppem5t de la civilisation on a t\s les j\rs faire l'expri5ce de la relation entre les avantages recueillir et le travail fait2 le sy/me indu/riel ma9ti5t1 grce l'(fre et la dem&e1 une ju/e adaptation de l'une l'autre4 ,ce progrs d'une coopration volontaire1 cet *ange de s]vices conv5us1 a t ncessairem5t suivi d'une dim9ution des attaques individuelles1 d'un accroissem5t de la sympa?ie3 le t]me o n\s sommes a9si conduits e/ un *ange de s]vices indp5damm5t de t\te conv5tion1 de s]vices gratuits4 ,c'e/ dire que les droits des individus sont plus di/9ctem5t affirms et que les j\issances p]sonnelles sont mieux rp>ties en proportion des ef=ts dp5ss1 mesure que se dvelopp5t l'altruisme ngatif qui se manife/e dans une conduite quitable1 et l'altruisme positif qui se manife/e dans une assi/ance ds9tresse4 ,une phase plus leve de ce d\ble *angem5t se rem>que de notre temps4 ,si1 d'une "p1 n\s obs]vons les luttes p\r la lib]t politique1 les conflits entre le travail et le capital1 les r=mes judiciaires accomplies p\r mieux g>antir les droits1 n\s voyons que l'on t5d encore assur] *acun la possession des avantages1 quels qu'ils soi5t1 qui lui sont dus1 et p> suite exclure ses concitoy5s de ces avantages4 ,d'un autre ct1 si n\s considrons ce que signifi5t l'ab&on du p\voir aux masses1 l'abolition des privilges de ca/es1 les ef=ts p\r rp&re l'in/ruction1 les agitations en faveur de la temprance1 l'tablissem5t de nombreuses socits philan?ropiques1 il n\s p>atra clair que le s\ci du bi5-tre d'autrui s'accrot p>i passu avec le s\ci du bi5-tre p]sonnel et les mesures prises p\r l'assur]4 ,ce qui e/ vrai des relations au d$ans de *aque socit e/ vrai1 dans une c]ta9e mesure1 des relations entre les div]ses socits4 ,bi5 que p\r ma9t5ir des droits nationaux1 rels ou imag9aires1 s\v5t assez insignifiants1 les peuples civiliss se fass5t encore la gu]re1 cep5dant leur indp5dance nationale e/ plus respecte que p> le pass4 ,bi5 que les va9queurs s'attribu5t des portions de t]ritoire et exig5t des indemnits de gu]re1 cep5dant la conqute n'e/ plus suivie comme autrefois de l'expropriation du t]ritoire enti]1 et les peuples ne sont plus rduits en esclavage4 ,l'individualit des socits e/ sauveg>de dans une plus gr&e mesure4 ,en mme temps les relations altrui/es se multipli5t2 les nations se donn5t assi/ance les unes aux autres dans les cas de dsa/res1 qu'il s'agisse d'inondations1 d'inc5dies1 de fam9es ou de quelque autre flau4 ,dans les cas d'arbitrage int]national1 comme n\s en avons eu rcemm5t un exemple1 qui impliqu5t la reconnaissance des ju/es rclamations d'une nation contre une autre1 n\s con/atons un n\veau progrs de cet altruisme plus t5du4 ,sans d\te1 il y a encore beauc\p faire2 c> dans les rapports de peuples civiliss peuples sauvages1 il y a peu de progrs not]4 ,on peut dire que la loi primitive3 ,vie p\r vie1 a t *ange p> n\s en cette loi3 ,p\r une seule vie plusieurs vies1 comme dans les cas de l'vque ,patteson et de ,m4 ,bir*2 mais il faut au mo9s reconnatre que n\s n'infligeons nos prisonni]s ni tortures1 ni mutilations4 ,si l'on dit qu' la manire des ,hbreux qui se croyai5t autoriss s'emp>] des t]res que ,dieu leur avai5t promises1 et dans c]ta9s cas en ext]m9] les habitants1 n\s aussi1 p\r rpondre l'int5tion manife/e de la ,provid5ce1 n\s dpossdons les races infrieures t\tes les fois que n\s avons beso9 de leurs t]ritoires1 on peut rpondre que du mo9s n\s ne massacrons que ceux qu'il e/ ncessaire de massacr]1 et laissons vivre ceux qui se s\mett5t4 ,si l'on prt5d qu' la faon d',attila1 qui en conqurant et en dtruisant les peuples et les nations1 se reg>dait lui-mme comme le flau de ,dieu1 punissant les hommes de leurs crimes1 n\s aussi1 comme le prt5d un m9i/re la suite d'un prtre qu'il cite1 n\s n\s croyons appels *ti] c\ps de fusil et de canon les paens qui pratiqu5t la polygamie2 on rpondra que le plus froce disciple du matre de misricorde ne v\drait pas lui-mme p\ss] la v5geance au po9t de dpeupl] des t]ritoires enti]s et de ras] t\tes les cits4 ,et lorsque n\s n\s rappelons1 d'autre "p1 qu'il y a une ,socit protectrice des ,aborignes1 et que dans c]ta9es colonies il y a des commissaires appo9ts p\r protg] les intrts des naturels1 et que dans c]ta9s cas les t]res des naturels ont t acquises d'une manire qui1 t\t inju/e qu'elle soit1 implique cep5dant une c]ta9e reconnaissance de leurs droits1 n\s p\vons dire que si le compromis entre l'gsme et l'altruisme a fait encore bi5 peu de progrs dans les affaires int]nationales1 il en a fait t\tefois dans la direction indique4 ,,*apitre ,,xiv ,,conciliation #ib4 ,tel qu'il a t prs5t dans le prcd5t *apitre1 le compromis entre les droits p]sonnels et les droits d'autrui semble impliqu] un antagonisme p]man5t entre les uns et les autres4 ,si *acun doit re*]*] son propre bonheur et en mme temps pr5dre au bonheur de ses semblables un intrt conv5able1 n\s voyons rep>atre cette "q3 ,jusqu' quel po9t faut-il se propos] l'une de ces f9s1 et jusqu' quel po9t faut-il se propos] l'autre8 ,n\s supposons a9si1 non un dsaccord dans la vie de *acun1 mais t\tefois l'abs5ce d'une h>monie complte4 ,cep5dant ce n'e/ pas l une induction 9vitable4 ,lorsque1 dans les ,pr9cipes de sociologie1 ,i,i,ie p>tie1 n\s avons discut les phnomnes relatifs la cons]vation de la race *ez les tres vivants en gnral1 p\r mieux faire compr5dre le dveloppem5t des relations dome/iques1 n\s avons dmontr que dans le c\rs de l'volution il s'e/ produit une conciliation entre les intrts de l'espce1 les intrts des p>5ts1 et les intrts des desc5dants4 ,n\s l'avons pr\v en faisant voir qu' mesure que n\s montons des =mes les plus humbles de la vie aux plus leves1 la cons]vation de la race e/ assure avec un mo9dre sacrifice d'exi/5ces1 soit p\r les jeunes individus1 soit p\r les individus adultes1 et aussi avec un mo9dre sacrifice d'exi/5ces de p>5ts au pr(it de la vie des desc5dants4 ,n\s avons vu qu'avec le progrs de la civilisation1 on con/ate de semblables *angem5ts dans le g5re huma91 et que les relations dome/iques les plus leves sont celles dans lesquelles la conciliation du bi5-tre des membres de la famille e/ la plus complte1 en mme temps que le bi5-tre de la socit e/ mieux sauveg>d4 ,il re/e montr] ici qu'une conciliation p>eille s'e/ tablie et cont9ue s'tablir entre les intrts de *aque citoy5 et les intrts des citoy5s en gnral1 t5dant t\j\rs un tat dans lequel ces deux sortes d'intrts se fondrai5t en un seul1 et dans lequel les s5tim5ts qui leur correspond5t respectivem5t s]ai5t en complet accord4 ,dans le gr\pe de la famille1 mme tel que n\s l'obs]vons *ez plusieurs v]tbrs infrieurs1 n\s voyons que le sacrifice des p>5ts1 dev5u ma9t5ant assez modr en somme p\r ne pas les emp*] de vivre longtemps1 n'e/ pas accompagn de la consci5ce du sacrifice2 au contraire il rsulte d'un dsir de l'accomplir3 les ef=ts altrui/es en faveur des jeunes s]v5t en mme temps satisfaire les in/9cts des p>5ts4 ,si n\s suivons ces relations trav]s les div]s degrs de la race huma9e1 et si n\s obs]vons combi5 l'am\r plus s\v5t que le devoir porte pr5dre so9 des enfants1 n\s voyons la conciliation des intrts se faire de telle sorte que les p>5ts ne sont heureux en ralit que si le bonheur de leurs enfants e/ assur3 le dsir d'avoir des enfants1 *ez ceux qui n'en ont pas1 et l'adoption d'enfants1 dans c]ta9s cas1 montr5t combi5 ces activits altrui/es sont ncessaires p\r procur] c]ta9es satisfactions g/es4 ,on peut s'att5dre ce qu'un n\veau progrs de l'volution produisant1 mesure que la nature huma9e se dvelopp]a1 une dim9ution de la fcondit1 et p> suite des *>ges des p>5ts1 amne un tat dans lequel1 beauc\p plus encore qu'auj\rd'hui1 les plaisirs de la vie adulte consi/]ont p]fectionn] la n\velle gnration en mme temps qu'on assur]a son bonheur immdiat4 ,or1 bi5 qu'un altruisme d'un g5re social1 manquant de c]ta9s lm5ts de l'altruisme des p>5ts1 ne puisse jamais atte9dre au mme niveau1 on peut croire cep5dant qu'il arriv]a un niveau o il s]a comme celui des p>5ts un altruisme spontan1 un niveau o le s\ci du bonheur d'autrui s]a un beso9 j\rnali]1 un niveau tel que les satisfactions g/es infrieures s]ont cont9uellem5t subordonnes cette satisfaction g/e suprieure1 sans aucun ef=t1 mais p> une prfr5ce p\r cette satisfaction g/e suprieure t\tes les fois qu'on p\rra se la procur]4 ,considrons comm5t le dveloppem5t de la sympa?ie qui doit progress] aussi vite que les circon/ances le p]mettront1 amn]a cet tat4 #ic4 ,n\s avons vu que dans le c\rs de l'volution de la vie1 les plaisirs ont naturellem5t port les tres aux actions que les conditions de la vie dem&ai5t1 que les pe9es les ont dt\rns de celles qui tai5t opposes ces conditions4 ,il faut signal] ici la vrit qui en e/ la consqu5ce1 savoir que les facults dont l'ex]cice1 s\s c]ta9es conditions1 procure en p>tie de la pe9e et en p>tie du plaisir1 ne peuv5t se dvelopp] au del de la limite laquelle elles donn5t un surplus de plaisir3 si1 au del de cette limite1 leur ex]cice cause plus de pe9e que de plaisir1 leur dveloppem5t doit s'arrt]4 ,la sympa?ie excite ces deux =mes de s5tim5ts4 ,tantt la vue du plaisir fait natre en n\s un tat de consci5ce agrable2 tantt n\s pr\vons de la d\leur la vue de la d\leur4 ,p> suite1 si les tres qui n\s ent\r5t manife/5t habituellem5t du plaisir et r>em5t de la pe9e1 la sympa?ie donne un surplus de plaisir4 ,si au contraire on a r>em5t le spectacle du plaisir et s\v5t celui de la pe9e1 la sympa?ie donne un excs de pe9e4 ,le dveloppem5t moy5 de la sympa?ie doit donc tre rgl p> la moy5ne des manife/ations de la pe9e ou du plaisir *ez les autres4 ,si dans des conditions sociales donnes1 ceux qui app>ti5n5t la mme socit n\s font s\ffrir t\s les j\rs ou tal5t t\s les j\rs s\s nos yeux le spectacle de la s\ffrance1 la sympa?ie ne peut se dvelopp]3 suppos] qu'elle se dvelopp]a1 ce s]ait suppos] que notre con/itution se modifi]ait elle-mme de manire accrotre ses pe9es et p> suite dprim] ses n]gies2 ce s]ait mconnatre cette vrit que le fait de s\ffrir un g5re quelconque de pe9e r5d graduellem5t ins5sible cette pe9e4 ,d'un autre ct1 si l'tat social e/ tel que les manife/ations du plaisir prdom95t1 la sympa?ie augm5t]a2 en effet les plaisirs sympa?iques1 aj\tant la totalit des plaisirs qui accroiss5t la vitalit1 ont p\r rsultat de faire prospr] ceux qui sont le plus d\s de sympa?ie1 et les plaisirs de la sympa?ie excdant p>t\t les pe9es qu'elle peut caus]1 ont p\r effet de l'ex]c] et p> l de la =tifi]4 ,la premire consqu5ce en tir] a t dj indique plus d'une fois4 ,n\s avons vu que lorsque l'tat de gu]re e/ habituel1 avec la =me d'organisation sociale qui correspond cet tat1 la sympa?ie ne peut pr5dre un gr& dveloppem5t4 ,les activits de/ructives diriges contre les ennemis du dehors la dess*5t2 la nature des s5tim5ts gnralem5t pr\vs cause dans la socit elle-mme des actes frqu5ts d'agression et de cruaut1 et en outre la coopration =ce qui c>actrise le rgime militaire1 rprime ncessairem5t la sympa?ie1 exi/e seulem5t la condition d'un traitem5t non sympa?ique de quelques-uns p> les autres4 ,en supposant mme la f9 du rgime militaire1 il y a encore de gr&s ob/acles au dveloppem5t de la sympa?ie4 ,bi5 que la cessation de la gu]re implique une plus complte adaptation de l'homme aux conditions de la vie sociale1 et la dim9ution de c]ta9s maux1 cette adaptation ne s]a pas encore suffisante1 et p> suite il y aura encore beauc\p de malheurs4 ,en premi] lieu1 cette =me de nature qui a produit et qui produit encore la gu]re1 bi5 que p> hypo?se elle se soit *ange en une =me plus leve1 ne s'e/ pas *ange cep5dant en une =me assez leve p\r que t\tes les inju/ices et t\tes les pe9es qu'elle cause disp>aiss5t4 ,p5dant une longue priode aprs que les habitudes de pillage auront pris f91 les dfauts de la nature laquelle t5ai5t ces habitudes subsi/]ont1 et produiront leurs mauvais effets qui dim9u5t bi5 l5tem5t4 ,en second lieu1 l'adaptation imp>faite de la con/itution huma9e aux travaux de la vie indu/rielle doit p]si/] longtemps1 et l'on peut s'att5dre ce qu'elle survive dans une c]ta9e mesure la cessation des gu]res4 ,les modes d'activit ncessaires doiv5t re/] p5dant d'innombrables gnrations peu satisfaisants quelque degr4 ,en troisime lieu1 les dfauts de contrle p> rapport soi-mme comme n\s en obs]vons *ez l'homme imprvoyant1 a9si que les div]s manquem5ts de conduite dus une prvision peu exacte des consqu5ces des actes1 bi5 que mo9s m>qus que ma9t5ant1 ne p\rrai5t laiss] encore de produire des s\ffrances4 ,mme une adaptation complte1 si elle tait limite la disp>ition des non-adaptations que n\s v5ons d'indiqu]1 ne t>irait pas t\tes les s\rces de ces misres qui1 dans la mesure de leur manife/ation1 entrav5t le dveloppem5t de la sympa?ie4 ,c> tant que le *iffre des naissances l'emporte sur celui des dcs au po9t de r5dre trs *]s les moy5s de subsi/ance1 il doit en rsult] beauc\p de maux1 soit p>ce qu'il faut rsi/] ses affections1 soit p>ce qu'il faut se condamn] un excs de travail et se cont5t] de ress\rces limites4 ,c'e/ seulem5t lorsque la fcondit dim9u]a1 ce qui arriv]a1 comme n\s l'avons vu1 avec un progrs des facults m5tales 7,pr9cipes de ,biologie1 #cfg-cgg71 que se produira une dim9ution des travaux ncessaires p\r subv5ir ses beso9s et ceux de sa famille1 et ils cess]ont seulem5t alors d'tre p\r l'n]gie huma9e une *>ge trop l\rde4 ,a9si p> degrs1 et seulem5t p> degrs1 en mme temps que s'affaibliront ces causes de malheur1 la sympa?ie devi5dra plus gr&e4 ,la vie s]ait intolrable si1 les causes de s\ffrances re/ant ce qu'elles sont1 t\s les hommes tai5t non seulem5t s5sibles un haut degr aux pe9es1 physiques et m5tales1 pr\ves p> ceux qui les ent\r5t et exprimes p> la physionomie de ceux qu'ils r5contr5t1 mais encore cont9uellem5t consci5ts des misres que t\t tre vivant doit subir en consqu5ce de la gu]re1 du crime1 de l'inconduite1 de l'in=tune1 de l'imprvoyance et de l'incapacit4 ,mais comme l'homme et la socit s'accord5t de mieux en mieux t\s les j\rs1 et comme les pe9es causes p> le dsaccord de l'un et de l'autre dim9u5t1 la sympa?ie peut se dvelopp] s\s l'influ5ce des plaisirs que cet accord produit4 ,les deux *angem5ts sont en telle relation1 il e/ vrai1 que l'un favorise l'autre4 ,le dveloppem5t de la sympa?ie autant que les conditions le p]mett5t s]t lui-mme dim9u] la pe9e1 augm5t] le plaisir1 et l'excs de plaisir qui en rsulte r5d possible son t\r un n\veau progrs de la sympa?ie4 #id4 ,la mesure dans laquelle la sympa?ie peut s'accrotre qu& les ob/acles sont c>ts1 s]a plus facile concevoir si n\s obs]vons d'abord les influ5ces qui l'excit5t1 et si n\s exposons les raisons de croire que ces influ5ces devi5dront plus efficaces4 ,il y a deux facteurs considr]1 le langage naturel du s5tim5t *ez celui avec lequel on sympa?ise1 et le p\voir d'int]prt] ce langage *ez celui qui pr\ve la sympa?ie4 ,n\s p\vons p> induction indiqu] quel s]a le dveloppem5t de l'un et de l'autre4 ,les m\vem5ts du corps et les *angem5ts de la physionomie sont des effets visibles du s5tim5t qui1 lorsque le s5tim5t e/ =t1 sont irrpressibles4 ,lorsque le s5tim5t cep5dant e/ mo9s =t1 qu'il soit s5sationnel ou motionnel1 ils peuv5t tre entirem5t ou p>tiellem5t rprims2 il y a une habitude1 plus ou mo9s con/ante1 de les rprim]1 et cette habitude s'obs]ve surt\t *ez ceux qui ont des raisons de ca*] aux autres ce qu'ils pr\v5t4 ,ce g5re de dissimulation e/ si ncessaire aux c>actres et aux conditions de notre exi/5ce qu'il en e/ v5u faire p>tie du devoir moral1 et l'on insi/e s\v5t sur cette ret5ue comme sur un lm5t des bonnes manires4 ,t\t cela rsulte de la prdom9ance de s5tim5ts qui sont en opposition avec le bi5 social1 de s5tim5ts que l'on ne peut laiss] voir sans produire des dsaccords et des inimitis4 ,mais mesure que les apptits g/es tomb]ont davantage s\s le contrle des in/9cts altrui/es1 et qu'il se produira mo9s de m\vem5ts1 de nature tre blms1 la ncessit de pr5dre g>de l'expression de la physionomie ou aux m\vem5ts du corps dcrotra1 et ces signes p\rront1 sans inconvni5t1 initi] plus clairem5t les spectateurs aux tats de l'esprit4 ,ce n'e/ pas t\t4 ,avec l'usage re/re9t que l'on en fait1 ce langage des motions e/ actuellem5t dans l'impossibilit de se dvelopp]4 ,mais ds que les motions devi5dront telles que l'on p\rra fran*em5t les manife/]1 les moy5s de les manife/] se dvelopp]ont en mme temps que l'habitude de s'en s]vir2 de telle sorte qu'outre les motions les plus =tes1 les nuances les plus dlicates et les mo9dres degrs de l'motion se traduiront eux-mmes au dehors3 le langage motionnel devi5dra la fois plus abondant1 plus v>i et plus df9i4 ,evidemm5t la sympa?ie s]a facilite dans la mme proportion4 ,n\s devons signal] un progrs d'une nature analogue t\t aussi important1 si ce n'e/ davantage4 ,les signes vocaux des tats s5sibles se dvelopp]ont simultanm5t4 ,la =ce1 la hauteur1 la qualit1 le *angem5t du son sp>m5t sont des m>ques du s5tim5t1 et1 comb9s de diffr5tes manires et en proportions diffr5tes1 s]v5t exprim] diffr5tes sommes et diffr5ts g5res de s5tim5ts4 ,comme n\s l'avons rem>qu ailleurs1 les cad5ces sont les comm5taires des motions sur les propositions de l'intellect#ab4 ,ce n'e/ pas seulem5t dans le langage anim1 mais aussi dans le langage ord9aire1 que n\s exprimons en levant ou en abaissant la voix successivem5t1 en n\s loignant dans un s5s ou dans l'autre du ton moy51 aussi bi5 que p> la place et la =ce des t]mes les plus saillants1 le g5re des s5tim5ts qui accompagn5t la p5se4 ,eh bi51 la manife/ation du s5tim5t p> la cad5ce1 aussi bi5 que sa manife/ation p> des signes visibles1 e/ actuellem5t s\mise une c]ta9e contra9te3 les raisons de se cont5ir sont dans un cas les mmes que dans l'autre4 ,il en rsulte un d\ble effet4 ,le langage audible du s5tim5t n'e/ pas employ jusqu' la limite de sa capacit relle1 et bi5 s\v5t on l'emploie faussem5t1 c'e/--dire p\r manife/] aux autres des s5tim5ts que l'on n'pr\ve pas4 ,la consqu5ce de cet usage imp>fait et de cet usage trompeur e/ d'entrav] l'volution que produirait l'usage normal4 ,n\s devons donc infr] qu'avec le progrs d'une adaptation morale1 et la dim9ution du beso9 de ca*] ses s5tim5ts1 leurs signes vocaux se dvelopp]ont beauc\p4 ,bi5 qu'on ne puisse suppos] que les cad5ces exprim]ont t\j\rs les motions aussi exactem5t que les mots les ides1 il e/ trs possible cep5dant que le langage motionnel de nos desc5dants s'lve autant au-dessus de notre langage motionnel que notre langage intellectuel s'e/ dj lev au-dessus du langage intellectuel des races les plus primitives4 ,note #ab3 ,voir l',essai sur l'orig9e et la fonction de la musique4 ,il faut t5ir compte d'un accroissem5t simultan du p\voir d'int]prt] la fois les signes visibles et les signes audibles du s5tim5t4 ,p>mi ceux qui n\s ent\r5t n\s voyons des diffr5ces la fois p\r l'aptitude p]cevoir ces signes et p\r l'aptitude compr5dre les tats m5tals qu'ils exprim5t et leurs causes3 l'un e/ /upide au po9t de ne rem>qu] ni un lg] *angem5t de physionomie ni une altration du son de la voix1 ou au po9t de ne p\voir en imag9] le s5s2 l'autre p> une rapide obs]vation et une intuition pntrante compr5d in/antanm5t et l'tat d'un esprit et la cause de cet tat4 ,si n\s supposons que ces deux facults s'exalt5t1 et qu' la fois la p]ception des signes devi5ne plus dlicate et la facult de les compr5dre plus puissante1 n\s aurons quelque ide de la sympa?ie plus pr(onde et plus l>ge laquelle elles donn]ont naissance4 ,des reprs5tations plus vives des s5tim5ts d'autrui1 impliquant des excitations idales de s5tim5ts =t vois9es des excitations relles1 doiv5t avoir p\r consqu5ce une plus gr&e ressemblance entre les s5tim5ts de celui qui pr\ve la sympa?ie et ceux de celui qui la cause1 ressemblance qui ira presque jusqu' l'id5tit4 ,p> un accroissem5t simultan de ses facteurs subjectif et objectif1 la sympa?ie peut a9si1 mesure que les ob/acles dim9u5t1 dpass] celle que n\s voyons auj\rd'hui *ez ceux qui sont capables de sympa?ie1 autant que celle-ci dpasse dj l'indiffr5ce4 #ie4 ,quelle doit tre1 p> suite1 l'volution de la conduite8 ,que doiv5t dev5ir les relations de l'gsme et de l'altruisme mesure qu'on se rappro*]a de cette =me de la nature4 ,c'e/ le mom5t de rappel] une conclusion dduite dans le *apitre sur la relativit des plaisirs et des pe9es1 et sur laquelle n\s avons alors insi/ comme sur une vrit importante4 ,n\s avons dit qu'en supposant des activits qui s'accord5t avec la cont9uation de la vie1 il n'y en a aucune qui ne puisse dev5ir une s\rce de plaisirs1 si les conditions du milieu exig5t que n\s p]si/ions les ex]c]4 ,il faut ici aj\t] comme corollaire1 que si les conditions exig5t une c]ta9e classe d'activits relativem5t gr&es1 il se produira un plaisir relativem5t gr& la suite de cette classe d'activits4 ,quelle e/ la porte de ces inductions gnrales propos de la "q spciale qui n\s occupe8 ,n\s avons vu que la sympa?ie e/ ess5tielle p\r le bi5 public comme p\r le bi5 individuel4 ,n\s avons vu que la coopration et les avantages qu'elle procure *acun et t\s s'lv5t dans la proportion o les intrts altrui/es1 c'e/--dire sympa?iques1 s't5d5t4 ,les actions auxquelles n\s port5t les incl9ations sociales doiv5t donc tre comptes p>mi celles que dem&5t les conditions sociales4 ,ce sont des actions que t5d5t t\j\rs accrotre la cons]vation et le dveloppem5t progressif de l'organisation sociale1 et a9si des actions auxquelles doit s'atta*] un plaisir croissant4 ,des lois de la vie on doit conclure que la discipl9e sociale agissant con/amm5t =m]a de telle manire la nature huma9e que les plaisirs sympa?iques f9iront p> tre re*]*s spontanm5t p\r le plus gr& avantage de t\s et de *acun4 ,le doma9e des activits altrui/es ne s't5dra pas plus que le dsir des satisfactions altrui/es4 ,dans des natures a9si con/itues1 bi5 que les plaisirs altrui/es doiv5t re/] en un c]ta9 s5s des plaisirs g/es1 cep5dant ils ne s]ont pas p\rsuivis d'une manire g/e1 ils ne s]ont pas p\rsuivis p\r des motifs g/es4 ,bi5 que le fait de faire plaisir procure du plaisir1 cep5dant la p5se du plaisir sympa?ique obt5ir n'occup]a pas la consci5ce2 ce s]a seulem5t la p5se du plaisir donn4 ,il en e/ a9si ma9t5ant dans une l>ge mesure4 ,dans le cas d'une vritable sympa?ie1 l'att5tion e/ tellem5t absorbe p> la f9 pro*a9e1 le bonheur d'autrui1 qu'il n'en re/e pas p\r prvoir le bonheur p]sonnel qui peut au b\t du compte en rsult]4 ,une comp>aison f]a bi5 compr5dre cette relation4 ,un av>e accumule de l'arg5t1 sans se dire dlibrm5t je vais en agissant a9si me procur] les plaisirs que donne la possession des ri*esses4 ,il p5se seulem5t l'arg5t et aux moy5s de s'en procur]1 et il pr\ve incidemm5t le plaisir que donne la possession4 ,la proprit1 voil ce qu'il se plat imag9] et non le s5tim5t que caus]a la proprit4 ,de mme1 celui qui pr\ve de la sympa?ie au plus haut degr1 e/ m5talem5t dispos ne se reprs5t] que le plaisir pr\v p> un autre1 et ne re*]*e le plaisir que dans l'intrt d'autrui1 oubliant la "p qu'il p\rra lui-mme en retir]4 ,a9si1 la considr] subjectivem5t1 la conciliation de l'gsme et de l'altruisme f9ira p> tre telle que malgr ce fait que le plaisir altrui/e1 en tant qu'il e/ un lm5t de la consci5ce de celui qui l'pr\ve1 ne peut jamais tre autre qu'un plaisir g/e1 on n'aura pas consci5ce de son c>actre g/e4 ,voyons ce qui doit arriv] dans une socit compose de p]sonnes con/itues de cette manire4 #if4 ,les occasions de faire pass] son intrt aprs celui des autres1 ce qui con/itue l'altruisme comme on le conoit ord9airem5t1 doiv5t1 de plusieurs manires1 tre de plus en plus limites mesure que l'on s'appro*e de l'tat le plus lev4 ,des appels importants la bi5faisance suppos5t beauc\p d'in=tunes4 ,p\r que beauc\p d'hommes dem&5t aux autres de v5ir leur sec\rs1 il faut qu'il y ait beauc\p d'hommes dans le beso91 dans des conditions relativem5t misrables4 ,mais1 comme n\s l'avons vu plus haut1 le dveloppem5t des s5tim5ts sociaux n'e/ possible qu'autant que la misre dcrot4 ,la sympa?ie arrive au plus haut degr seulem5t lorsqu'il n'y a plus de nombreuses occasions de se sacrifi] soi-mme ou de faire quelque *ose d'analogue4 ,*angeons de po9t de vue1 et cette vrit n\s app>atra s\s un autre aspect4 ,n\s avons dj vu qu'avec le progrs de l'adaptation1 *acun en vi5t tre con/itu de telle sorte qu'il ne peut recevoir de sec\rs sans que son activit1 comme cause de plaisir1 soit arrte de quelque manire4 ,il ne peut y avoir d'int]v5tion avantageuse entre une facult et sa fonction qu& elles sont bi5 adaptes l'une l'autre4 ,p> suite1 mesure que le g5re huma9 appro*e d'une complte adaptation des natures individuelles aux beso9s sociaux1 il doit y avoir mo9s d'occasions et des occasions mo9dres de sec\rir les autres4 ,mais en outre1 comme n\s l'avons rem>qu dans le d]ni] *apitre1 la sympa?ie qui n\s porte agir dans l'intrt d'autrui doit s\ffrir du tort que les autres se font et p> suite doit dt\rn] d'accept] des avantages qui rsult5t d'une conduite qui leur e/ prjudiciable4 ,que faut-il en conclure8 ,alors que *acun1 ds que l'occasion se prs5te1 e/ prt faire le sacrifice des satisfactions g/es et en a mme un vif dsir2 les autres1 qui sont dans les mmes dispositions1 ne peuv5t que s'oppos] ce sacrifice4 ,si quelqu'un1 proposant qu'on le traite avec plus de duret que ne le prescrirait un spectateur ds9tress1 se refuse s'appropri] ce qui lui e/ d1 les autres pr5ant so9 de son intrt s'il ne le fait pas lui-mme1 doiv5t ncessairem5t insi/] p\r qu'il se l'approprie4 ,a9si un altruisme gnral1 dans sa =me dveloppe1 doit 9vitablem5t rsi/] aux excs individuels de l'altruisme4 ,le rapport auquel n\s sommes auj\rd'hui habitus s]a *ang1 et au lieu de voir *acun df5dre ses droits1 n\s v]rons les autres df5dre sa place les droits de *acun3 non pas1 il e/ vrai1 p> des ef=ts actifs1 ce qui ne s]a pas ncessaire1 mais p> une rsi/ance passive l'ab&on de ces droits4 ,il n'y a ri5 dans un tel tat de *oses dont on ne puisse mme auj\rd'hui tr\v] quelque trace dans notre expri5ce j\rnalire2 ce n'e/1 il e/ vrai1 qu'un comm5cem5t4 ,dans les transactions d'affaires entre g5s honorables1 il e/ ord9aire de voir *acun dsir] que l'autre p>tie ne sacrifie pas ses intrts4 ,il n'e/ pas r>e qu'on refuse de pr5dre quelque *ose que l'on reg>de comme app>t5ant un autre1 mais que cet autre s'(fre cd]4 ,dans les relations sociales1 les cas sont aussi assez communs o ceux qui v\drai5t ab&onn] leur "p de plaisir n'y sont pas autoriss p> les autres4 ,un n\veau dveloppem5t de la sympa?ie ne peut que s]vir r5dre cette manire d'tre de plus en plus gnrale et de plus en plus naturelle4 ,il y a c]ta9s emp*em5ts complexes de l'excs d'altruisme qui1 d'une autre manire1 =c5t l'individu rev5ir un gsme normal4 ,n\s p\vons ici en signal] deux4 ,en premi] lieu1 des actes d'abngation s\v5t rpts impliqu5t que celui qui les fait impute tacitem5t un c>actre relativem5t intress ceux qui pr(it5t de ces actes d'abngation4 ,mme en pr5ant les hommes comme il sont1 ceux p\r lesquels on fait s\v5t des sacrifices f9iss5t l'occasion p> se s5tir blesss de la supposition qu'ils sont disposs les accept]2 celui qui se dv\e en vi5t lui aussi reconnatre le s5tim5t que les autres pr\v5t1 et p> l il e/ am5 mettre un peu plus de rs]ve dans sa conduite1 se sacrifi] un peu mo9s et un peu plus r>em5t4 ,il e/ vid5t que sur des natures plus dveloppes1 ce g5re d'emp*em5t doit agir plus promptem5t encore4 ,en second lieu1 lorsque1 comme l'implique l'hypo?se1 les plaisirs altrui/es auront atte9t une plus gr&e int5sit que celle qu'ils ont ma9t5ant1 *acun s]a dt\rn de les p\rsuivre d'une manire excessive p> la consci5ce de ce fait que les autres p]sonnes aussi dsir5t ces plaisirs1 et qu'il faut leur laiss] l'occasion d'en j\ir4 ,mme auj\rd'hui on peut obs]v] dans des gr\pes d'amis1 o il y a comme une rivalit d'amabilit1 que les uns r5onc5t1 p\r les laiss] aux autres1 pr(it] des occasions qu'ils aurai5t de montr] leur dv\em5t4 ,laissez-la r5onc] cet avantage2 v\s lui f]ez plaisir2 ,laissez-lui pr5dre ce s\ci2 il en s]a cont5t2 ce sont des conseils qui de temps autre tmoign5t de cette disposition d'esprit4 ,la sympa?ie la plus dveloppe veill]a aux plaisirs sympa?iques des autres aussi bi5 qu' leurs plaisirs intresss4 ,ce que l'on peut appel] une quit suprieure emp*]a d'empit] sur le doma9e des activits altrui/es de nos semblables1 comme la sympa?ie infrieure df5d d'empit] sur le doma9e de leurs activits g/es1 et p> la ret5ue impose ce que l'on peut appel] un altruisme g/e1 s]ont emp*s des sacrifices excessifs de la "p de *acun4 ,quelles sphres re/]a-t-il donc la f9 l'altruisme tel qu'on le conoit ord9airem5t8 ,il y en a trois4 ,l'une doit t\j\rs tre trs t5due1 et les autres doiv5t progressivem5t dim9u] sans jamais disp>atre4 ,la premire e/ celle de la vie de famille4 ,il faudra t\j\rs subordonn] ses s5tim5ts p]sonnels ses s5tim5ts sympa?iques dans l'ducation des enfants4 ,bi5 qu'il doive y avoir ce po9t de vue une dim9ution mesure que dim9u]a le nombre des enfants lev]1 cette subord9ation s'accrotra d'autre "p alors que l'laboration et la prolongation des activits dp5s] en leur faveur devi5dront plus gr&es4 ,mais comme n\s l'avons vu plus haut1 mme auj\rd'hui il s'e/ fait une conciliation p>tielle telle que ces satisfactions g/es que procure la pat]nit sont atte9tes au moy5 des activits altrui/es1 et cette conciliation t5d t\j\rs dev5ir p>faite4 ,aj\tons cela une consqu5ce importante de cet altruisme familial3 les so9s rciproques que les enfants donn5t aux p>5ts dans leur vieillesse1 so9s t\j\rs plus clairs et plus complets1 propos desquels on peut prvoir une conciliation analogue4 ,la p\rsuite du bi5-tre social en gnral doit dans la suite1 comme c'e/ dj le fait1 f\rnir une n\velle raison de faire pass] l'intrt p]sonnel aprs l'intrt des autres1 mais une raison qui s'affaiblit cont9uellem5t2 c> mesure que l'adaptation l'tat social devi5t plus p>faite1 on a mo9s beso9 de ces actions rgulatrices qui r5d5t la vie sociale h>monieuse4 ,alors la somme de l'action altrui/e que *acun entrepr5d doit tre r5f]me p> les autres dans des limites troites2 c> s'ils sont altrui/es eux aussi1 ils ne doiv5t pas s\ffrir que quelques-uns1 au pr(it du re/e de la communaut1 mais en s'exposant eux-mmes un gr& dommage1 se dv\5t aux intrts publics4 ,dans les relations prives1 des occasions de montr] le dv\em5t auquel porte la sympa?ie s]ont t\j\rs f\rnies un c]ta9 degr1 qui ira t\j\rs dim9uant1 p> les accid5ts1 les maladies1 les in=tunes en gnral2 en effet1 bi5 que l'adaptation de la nature huma9e aux conditions d'exi/5ce en gnral1 physiques et sociales1 puisse se rappro*] beauc\p de la p]fection1 elle ne p\rra jamais compltem5t l'atte9dre4 ,les inondations1 les inc5dies1 les explosions1 donn]ont t\j\rs de temps autre l'occasion de montr] de l'hrosme1 et p>mi les motifs des actes hroques1 l'inquitude cause p> le dang] d'autrui s]a mo9s mle que ma9t5ant de l'am\r de la gloire4 ,quelle que puisse tre cep5dant l'ardeur avec laquelle on se port]a aux actes altrui/es dans de p>eilles occasions1 la "p qui incomb]a *acun s]a1 p\r les raisons que n\s avons donnes1 =t re/re9te4 ,mais si1 dans les incid5ts de la vie ord9aire1 on a trs r>em5t se dv\] proprem5t p>l] p\r les autres1 il y aura dans le c\rs j\rnali] des *oses une multitude de petites occasions d'ex]c] ses s5tim5ts sympa?iques4 ,*acun peut t\j\rs veill] au bi5-tre des autres en les prs]vant des maux qu'ils ne voi5t pas2 en les aidant leur insu dans t\tes leurs actions2 ou1 en pr5ant la contre-p>tie1 *acun peut avoir1 en quelque sorte1 des yeux et des oreilles supplm5taires *ez les autres1 qui p]cevront sa place ce qu'il ne p]oit pas lui-mme3 a9si la vie devi5dra plus p>faite en mille dtails1 et elle s'adapt]a mieux aux circon/ances4 #ig4 ,doit-il donc en rsult] que p> la dim9ution des sphres o il s'ex]ce1 l'altruisme dim9ue lui-mme en somme8 ,pas du t\t2 cette conclusion impliqu]ait une mprise4 ,naturellem5t1 dans les circon/ances actuelles1 alors que la s\ffrance e/ si rp&ue et que les plus =tuns sont obligs tant d'ef=ts p\r sec\rir les mo9s =tuns1 le mot altruisme dsigne seulem5t un sacrifice p]sonnel1 ou1 en quelque manire1 un mode d'action qui1 s'il apporte quelque plaisir1 e/ aussi suivi d'une abngation de soi-mme qui n'e/ pas agrable4 ,mais la sympa?ie qui porte se priv] soi-mme p\r plaire autrui1 e/ une sympa?ie qui reoit aussi du plaisir p> suite des plaisirs que les autres pr\v5t p\r d'autres causes encore4 ,plus e/ vif le s5tim5t qui n\s porte r5dre nos semblables heureux1 plus e/ vif aussi le s5tim5t avec lequel n\s n\s associons leur bonheur quelle que puisse en tre la s\rce4 ,a9si s\s sa =me d]nire1 l'altruisme consi/]a dans la j\issance d'un plaisir rsultant de la sympa?ie que n\s avons p\r les plaisirs d'autrui que produit l'ex]cice heureux de leurs activits de t\tes sortes1 plaisir sympa?ique qui ne cote ri5 celui qui l'pr\ve1 mais qui s'aj\te p> surcrot ses plaisirs g/es4 ,ce p\voir de se reprs5t] en ide les tats m5tals des autres1 qui a eu p\r fonction1 p5dant le progrs de l'adaptation1 d'ad\cir la s\ffrance1 doit1 lorsque la s\ffrance se rduit un m9imum1 en v5ir avoir presque exclusivem5t la fonction d'exalt] mutuellem5t les j\issances des hommes1 en donnant *acun une vive intuition des j\issances de ses semblables4 ,t&is que la pe9e l'emporte de beauc\p sur le bi51 il n'e/ pas dsirable que *acun p>ticipe beauc\p la consci5ce d'autrui2 mais mesure que le plaisir prdom9e1 la p>ticipation la consci5ce des autres devi5t p\r t\s une cause de plaisir4 ,a9si disp>atra l'opposition en app>5ce p]man5te entre l'gsme et l'altruisme1 implique p> le compromis auquel n\s sommes arrivs dans le d]ni] *apitre4 ,a la considr] subjectivem5t1 la conciliation s]a telle que l'individu n'aura pas balanc] entre les impulsions qui le conc]n5t et celles qui conc]n5t les autres2 mais1 au contraire1 les satisfactions donnes aux impulsions conc]nant les autres1 qui impliqu5t un sacrifice de soi-mme1 dev5ant r>es et plus apprcies1 s]ont prfres avec si peu d'hsitation1 que l'on s5tira pe9e la concurr5ce que f]ont ces impulsions celles qui conc]n5t l'individu lui-mme4 ,la conciliation subjective s]a telle1 en outre1 que1 bi5 que le plaisir altrui/e puisse tre atte9t1 cep5dant on n'aura mme pas consci5ce d'avoir p\r motif d'action l'obt5tion du plaisir altrui/e2 on song]a uniquem5t assur] le plaisir d'autrui4 ,en mme temps1 la conciliation1 la considr] objectivem5t1 s]a galem5t complte4 ,bi5 que *acun n'ayant plus beso9 de df5dre ses prt5tions g/es1 doive t5dre plutt1 ds que l'occasion s'en prs5te1 les ab&onn]1 cep5dant les autres1 tant dans de semblables dispositions1 ne lui p]mettront pas de le faire dans une l>ge mesure1 et lui assur]ont a9si les moy5s de satisfaire ses incl9ations p]sonnelles comme l'exige le dveloppem5t de sa vie2 a9si1 bi5 qu'on ne soit plus alors g/e dans le s5s ord9aire du mot1 on aura cep5dant j\ir de t\s les effets d'un gsme lgitime4 ,ce n'e/ pas t\t2 de mme qu'au premi] mom5t du progrs1 la comptition g/e1 atteignant d'abord un compromis en v]tu duquel *acun ne rclame pas plus que la "p qui lui revi5t1 s'lve ensuite une conciliation telle que *acun insi/e p\r que les autres pr5n5t aussi la "p qui leur app>ti5t2 avec le progrs le plus avanc1 la comptition altrui/e1 atteignant d'abord un compromis en v]tu duquel *acun s'int]dit de pr5dre aucune "p illgitime des satisfactions altrui/es1 peut s'lev] ensuite une conciliation telle que *acun veille ce que les autres ai5t t\tes les occasions d'pr\v] ces plaisirs altrui/es3 l'altruisme le plus lev tant celui qui contribue non seulem5t aux satisfactions g/es de nos semblables1 mais encore leurs satisfactions altrui/es4 ,quelque loign que p>aisse encore l'tat que n\s dcrivons1 cep5dant on peut suivre et voir dj l'oeuvre dans les relations des hommes qui sont le mieux d\s *acun des facteurs ncessaires p\r le produire4 ,ce qui ne se prs5te alors1 mme *ez ces hommes1 qu' c]ta9es occasions et un faible degr1 devi5dra avec le progrs de l'volution1 n\s p\vons l'espr]1 habituel et =t1 et ce qui e/ ma9t5ant la m>que d'un c>actre exceptionnellem5t lev p\rra dev5ir la m>que de t\s les c>actres4 ,en effet ce dont e/ capable la nature huma9e la meilleure e/ la porte de la nature huma9e en gnral4 #ih4 ,que ces conclusions obti5n5t beauc\p d'adhsions1 c'e/ peu probable4 ,elles ne s'accord5t assez ni avec les ides c\rantes1 ni avec les s5tim5ts les plus rp&us4 ,une p>eille ?orie ne plaira pas ceux qui dplor5t que de plus en plus l'on cesse de croire la damnation t]nelle2 ni ceux qui suiv5t l'aptre de la =ce brutale en p5sant que si la rgle de la =ce a t bonne autrefois elle doit tre bonne dans t\s les temps2 ni ceux qui tmoign5t de leur respect p\r celui qui a dit de remettre l'pe au f\rreau1 en rp&ant l'pe la ma9 sa doctr9e p>mi les infidles4 ,la conception que n\s proposons s]ait traite avec mpris p> ce rgim5t de la milice du comte de ,fife1 dont huit c5ts hommes1 au mom5t de la gu]re ,franco-allem&e1 dem&r5t s]vir au dehors1 laissant au g\v]nem5t dcid] de quel ct ils combattrai5t4 ,des dix mille prtres d'une religion d'am\r1 qui se tais5t qu& le pays e/ p\ss p> la religion de la ha9e1 n\s n'avons att5dre aucun signe d'ass5tim5t1 ni de leurs vques1 qui lo9 obir au pr9cipe suprme du matre qu'ils prt5d5t s]vir3 si l'on v\s frappe sur une j\e1 t5dez l'autre j\e1 sont d'avis d'agir selon ce pr9cipe3 frappez p\r n'tre pas frapp4 ,ils ne n\s appr\v]ont pas non plus les lgislateurs qui aprs avoir dem& dans leur prire qu'on leur p>donne leurs (f5ses comme ils p>donn5t aux autres1 dcid5t aussitt d'attaqu] ceux qui ne les ont po9t (f5ss1 et qui1 aprs un disc\rs de la re9e o a t invoque la bndiction du ,dieu t\t-puissant p\r leurs dlibrations1 p\rvoi5t immdiatem5t aux moy5s de commettre quelque brig&age politique4 ,mais bi5 que les hommes qui pr(ess5t le *ri/ianisme et pratiqu5t le paganisme1 ne doiv5t ress5tir aucune sympa?ie p\r cette ?orie1 il y en a d'autres1 rangs p>mi les antagoni/es de la croyance commune1 qui peuv5t ne pas reg>d] comme une absurdit d'admettre qu'une v]sion rationali/e des pr9cipes moraux de cette croyance s]a peut-tre un j\r mise en pratique4 ,,*apitre ,,xv ,,la ,,morale ,,absolue ,,et ,,la ,,morale ,,relative #ii4 ,appliqu la morale1 beauc\p de lecteurs suppos]ont que le mot absolu implique des pr9cipes de conduite qui exi/]ai5t en dehors de t\t rapport avec les conditions de la vie telle qu'elle e/ en ce monde1 en dehors de t\te relation de temps et de lieu1 et indp5dants de l'univ]s tel que n\s le connaissons actuellem5t1 des pr9cipes t]nels1 comme on les appelle4 ,cep5dant ceux qui se rappell5t la doctr9e expose dans les ,premi]s ,pr9cipes1 hsit]ont int]prt] ce mot de cette manire4 ,le bi51 comme n\s p\vons le concevoir1 suppose ncessairem5t l'ide du non-bi51 ou du mal1 comme corrlatif1 et p> suite qualifi] de bons les actes de la ,puissance qui se manife/e dans des phnomnes1 c'e/ suppos] que les actes accomplis p> cette ,puissance p\rrai5t tre mauvais4 ,mais comm5t peut-il se produire1 en dehors de cette ,puissance1 des conditions telles que la con=mit de ses actes ces conditions les r5de bons et leur non-con=mit mauvais8 ,comm5t l',etre inconditionn peut-il tre s\mis des conditions suprieures lui-mme8 ,si1 p> exemple1 on affirme que la ,cause des *oses1 conue comme d\e d'attributs moraux ess5tiels semblables aux ntres1 a bi5 fait de produire un univ]s qui1 dans la suite d'un temps incomm5surable1 a donn naissance des tres capables de plaisir1 et qu'elle aurait mal fait de s'ab/5ir de produire un p>eil univ]s2 alors1 il faut expliqu] comm5t1 imposant les ides morales qui se sont =mes dans sa consci5ce f9ie l',exi/5ce inf9ie qui *appe la consci5ce1 l'homme se met d]rire cette ,exi/5ce inf9ie et lui prescrit des pr9cipes d'action4 ,comme cela rsulte des *apitres prcd5ts1 le bi5 et le mal tels que n\s les concevons ne peuv5t exi/] que p> rapport aux actes d'tres capables de plaisirs et de pe9es1 l'analyse n\s ram5ant aux plaisirs et aux pe9es comme lm5ts qui s]v5t =m] ces conceptions4 ,mais si le mot absolu1 comme n\s l'employons plus haut1 ne se rapporte pas l',etre inconditionn1 si les pr9cipes d'action di/+us comme absolus et relatifs conc]n5t la conduite d'tres conditionns1 de quelle manire faut-il ent5dre ces mots8 ,le meilleur moy5 d'en expliqu] le s5s e/ de faire une critique des conceptions c\rantes sur le bi5 et le mal4 #ajj4 ,les conv]sations qui se rapport5t aux affaires de la vie1 impliqu5t habituellem5t la croyance que *aque fait peut tre rang s\s un *ef ou s\s l'autre4 ,dans une discussion politique1 des deux cts on pr5d p\r accord qu'une c]ta9e ligne de conduite qui e/ bonne doit tre *oisie1 t&is que t\tes les autres sont mauvaises4 ,il en e/ de mme p\r les jugem5ts des actes individuels3 *acun de ces actes e/ appr\v ou dsappr\v comme p\vant tre class d'une manire df9ie comme bon ou mauvais4 ,mme qu& on admet c]ta9es re/rictions1 on les admet avec l'ide qu'il faut reconnatre ces actes tel ou tel c>actre positif4 ,n\s n'obs]vons pas ce fait seulem5t dans la manire populaire de p5s] et de p>l]4 ,les morali/es1 s9on compltem5t et d'une faon dt]m9e1 du mo9s p>tiellem5t et p> s\s-ent5dus1 exprim5t la mme croyance4 ,dans ses ,m?odes de ,morale 7#are dit41 p4 #f71 ,m4 ,sidgwick dit3 ,qu'il y ait dans n'importe quelle circon/ance donne une *ose qui doit tre faite et que l'on peut connatre1 c'e/ l une hypo?se fondam5tale qui n'e/ pas faite p> les philosophes seulem5t1 mais p> t\s les hommes qui sont capables de raisonn] en morale#ac4 ,dans cette phrase1 il n'y a de nettem5t affirme que la d]nire des propositions ci-dessus1 savoir que dans t\s les cas1 ce qui doit tre fait peut tre connu4 ,mais bi5 que ce qui doit tre fait ne soit pas di/9ctem5t id5tifi avec le bi51 on a le droit d'en infr]1 en l'abs5ce de t\te indication contraire1 que ,m4 ,sidgwick reg>de les deux expressions comme id5tiques1 et il n'e/ pas d\teux qu'en concevant a9si les po/ulats de la sci5ce morale1 il ne s'accorde avec la plup>t1 s9on avec l'univ]salit de ceux qui l'ont tudie4 ,a premire vue1 il e/ vrai1 ri5 ne semble plus vid5t que la ncessit d'accept] ces po/ulats1 si l'on admet que les actions doiv5t tre juges4 ,cep5dant on peut les mettre en "q l'un et l'autre et montr]1 je crois1 qu'ils ne sont s\t5ables ni l'un ni l'autre4 ,au lieu d'admettre qu'il y a dans *aque cas un bi5 et un mal1 on peut prt5dre que dans une multitude de cas il n'y a pas de bi51 proprem5t p>l]1 mais seulem5t un mo9dre mal2 en outre1 on peut prt5dre que dans la plup>t de ces cas o il n'y a qu'un mo9dre mal1 il n'e/ pas possible d'affirm] avec quelque prcision quel e/ ce mo9dre mal4 ,note #ac3 ,je ne tr\ve pas ce passage dans la seconde dition2 mais cette omission ne p>at pas t5ir un *angem5t de doctr9e1 mais bi5 ce que cette phrase ne s'accordait plus aussi naturellem5t avec la =me n\velle donne l'argum5tation dans ce p>agraphe4 ,une gr&e p>tie des inc]titudes de la spculation morale vi5n5t de ce que l'on nglige cette di/9ction entre le bi5 et le mo9dre mal1 entre ce qui e/ absolum5t bi5 et ce qui e/ bi5 relativem5t4 ,en outre beauc\p d'inc]titudes sont dues l'hypo?se que l'on peut1 en quelque sorte1 dcid] dans *aque cas entre deux manires d'agir celle qui e/ moralem5t obligatoire4 #aja4 ,la loi du bi5 absolu ne peut t5ir aucun compte de la s\ffrance1 si ce n'e/ celui qu'implique la ngation4 ,la s\ffrance e/ le corrlatif d'une c]ta9e espce de mal1 d'un c]ta9 g5re de div]g5ce p> rapport la manire d'agir1 qui rpond exactem5t t\s les beso9s4 ,si1 comme n\s l'avons vu dans un *apitre prcd5t1 la conception d'une bonne conduite se ramne clairem5t t\j\rs1 lorsqu'on l'analyse1 la conception d'une conduite qui produit quelque "p un surplus de plaisir1 t&is que1 rciproquem5t1 la conduite conue comme mauvaise e/ t\j\rs celle qui inflige ici ou l un surplus de s\ffrance positive ou ngative2 alors ce qui e/ absolum5t bon1 ce qui e/ absolum5t droit1 dans la conduite1 ne peut tre que ce qui produit un pur plaisir1 un plaisir qui n'e/ mlang d'aucune pe9e1 n'importe o4 ,p> consqu5t la conduite qui e/ suivie de quelque s\ffrance1 aussitt ou un peu plus t>d1 e/ p>tiellem5t mauvaise1 et t\t ce que l'on peut dire de mieux en faveur de cette conduite1 c'e/ qu'elle e/ la mo9s mauvaise possible dans les conditions donnes1 qu'elle e/ relativem5t bonne4 ,le cont5u des *apitres prcd5ts n\s amne a9si cette conclusion que1 si l'on se place au po9t de vue de l'volution1 les actes huma9s durant l'a*em9em5t au progrs qui s'e/ fait1 se fait et dur]a longtemps encore1 doiv5t r5tr]1 dans la plup>t des cas1 dans cette catgorie du mo9dre mal4 ,la somme des maux que ces actions attir]ont leurs auteurs ou aux autres s]a en proportion du dsaccord entre le naturel dont les hommes hrit5t de l'tat pr-social et les beso9s de la vie sociale4 ,tant qu'on s\ffrira1 il y aura du mal1 et une conduite qui produit du mal dans n'importe quelle mesure ne peut tre absolum5t bonne4 ,p\r claircir la di/9ction sur laquelle n\s insi/ons ici entre la conduite p>faite qui e/ l'objet de la morale absolue et la conduite imp>faite qui e/ l'objet de la morale relative1 il faut donn] quelques exemples4 #ajb4 ,p>mi les meilleurs exemples cit] des actions absolum5t bonnes1 sont celles qui se produis5t dans les cas o la nature et les beso9s ont t mis en p>fait accord avant que l'volution sociale et comm5c4 ,n\s n'en cit]ons que deux ici4 ,considrez la relation qui exi/e entre une mre bi5 portante et un enfant bi5 portant4 ,entre l'une et l'autre il y a une mutuelle dp5dance qui e/ p\r t\s les deux une s\rce de plaisir4 ,en donnant l'enfant sa n\rriture naturelle1 la mre pr\ve une j\issance2 en mme temps l'enfant satisfait son apptit1 et cette satisfaction accompagne le dveloppem5t de la vie1 la croissance1 l'accroissem5t du bi5-tre4 ,susp5dez cette relation1 et il y a s\ffrance de "p et d'autre4 ,la mre pr\ve la fois une d\leur physique et une d\leur morale1 et la s5sation pnible qui rsulte p\r l'enfant de cette sp>ation a p\r effet un dommage physique et quelque dommage aussi p\r sa nature motionnelle4 ,a9si l'acte dont n\s p>lons e/ exclusivem5t agrable p\r t\s les deux1 t&is que la cessation de cet acte e/ une cause de s\ffrance p\r t\s les deux1 c'e/ donc un acte du g5re que n\s appelons ici absolum5t bon4 ,dans les relations d'un pre avec son fils n\s tr\vons un exemple analogue4 ,si celui-l a le corps et l'esprit bi5 con/itus1 son fils1 ard5t au jeu1 tr\ve en lui un *o sympa?ique1 et leurs jeux1 en leur donnant un mutuel plaisir1 ne s]v5t pas seulem5t dvelopp] la sant de l'enfant1 mais =tifi5t entre eux ce li5 de bonne amiti qui r5d plus facile dans la suite la direction du pre4 ,si1 rpudiant les /upidits de la premire ducation telle qu'on la conoit auj\rd'hui1 et malheureusem5t avec l'autorit de l'tat1 il a des ides rationnelles sur le dveloppem5t m5tal1 et compr5d que les connaissances de seconde ma9 que l'on puise dans les livres1 ne doiv5t s'aj\t] aux connaissances de premire ma9 obt5ues p> l'obs]vation directe1 que lorsqu'on a acquis une somme suffisante de ces d]nires1 il second]a avec une active sympa?ie l'exploration du monde environnant que son fils p\rsuit avec dlices2 *aque in/ant il procure et il pr\ve de n\veaux plaisirs en mme temps qu'il contribue au bi5-tre df9itif de son lve4 ,ce sont l encore des actes purem5t agrables la fois dans leurs effets immdiats et dans leurs effets loigns1 des actes absolum5t bons4 ,les rapports des adultes prs5t5t1 p\r les raisons dj donnes1 relativem5t peu de cas qui r5tr5t compltem5t dans la mme catgorie4 ,dans leurs transactions quotidi5nes1 le plaisir diffre plus ou mo9s du plaisir pur p> suite de l'imp]fection avec laquelle de "p ou d'autre les facults rpond5t aux beso9s4 ,les plaisirs que les hommes retir5t de leur travail pr(essionnel et de la rmunration de leurs s]vices1 reue s\s une =me ou l'autre1 sont s\v5t dim9us p> l'av]sion qu'inspire le travail4 ,des cas cep5dant se prs5t5t o l'n]gie e/ si considrable que l'inaction e/ une fatigue1 o le travail de *aque j\r1 n'ayant pas une trop longue dure1 e/ d'un g5re appropri la nature1 et o1 p> suite1 il donne plus de plaisir que de pe9e4 ,lorsque les s]vices r5dus p> un travailleur de cette espce sont pays p> un autre homme galem5t atta* son propre travail fait1 la transaction entire e/ du g5re que n\s considrons ici3 un *ange conv5u entre deux p]sonnes a9si con/itues devi5t un moy5 de plaisir p\r l'une et p\r l'autre1 sans aucun mlange de pe9e4 ,si n\s songeons la =me de nature que produit la discipl9e sociale1 comme on peut en jug] p> le contra/e entre le sauvage et l'homme civilis1 n\s devons en conclure que les activits des hommes en gnral pr5dront t\tes la f9 ce c>actre4 ,si n\s n\s rappelons que1 dans le c\rs de l'volution organique1 les moy5s du plaisir f9iss5t p> dev5ir eux-mmes des s\rces de plaisir1 et qu'il n'y a pas de =me d'action qui ne puisse1 p> le dveloppem5t de /ructures appropries1 dev5ir agrable1 n\s devons en infr] que les activits indu/rielles s'ex]ant p> une coopration volontaire1 f9iront p> acqurir avec le temps le c>actre du bi5 absolu1 tel que n\s le concevons ici4 ,dj mme1 vrai dire1 ceux qui contribu5t n\s procur] des j\issances e/htiques sont arrivs un tat =t semblable celui dont n\s p>lons4 ,l'arti/e de gnie1 pote1 pe9tre ou musici51 e/ un homme qui a le moy5 de pass] sa vie accomplir des actes qui lui sont directem5t agrables1 en mme temps qu'ils procur5t1 immdiatem5t ou dans la suite1 du plaisir aux autres4 ,n\s p\vons en outre nomm] p>mi les actes absolum5t bons c]ta9s de ceux que l'on range p>mi les actes bi5veillants4 ,je dis c]ta9s d'entre eux1 c> les actes de bi5faisance p> lesquels on s'attir]ait quelque pe9e1 positive ou ngative1 p\r procur] du plaisir aux autres1 sont exclus p> df9ition4 ,mais il y a des actes bi5veillants d'une espce qui ne cause absolum5t que du plaisir4 ,un homme glisse1 un passant le reti5t et l'emp*e de tomb]2 un accid5t e/ a9si prv5u et t\s les deux sont cont5ts4 ,un autre qui voyage pi$ s'engage dans une mauvaise r\te2 un voyageur se prp>e desc5dre de wagon une /ation qui n'e/ pas encore celle o il doit s'arrt]2 on les av]tit de leur erreur1 on leur p>gne un mal3 la consqu5ce e/ agrable p\r t\t le monde4 ,il y a un mal5t5du entre amis2 quelqu'un qui voit comm5t la *ose s'e/ faite1 le leur explique2 t\s en sont heureux4 ,les s]vices r5dus ceux qui n\s ent\r5t dans les petites affaires de la vie peuv5t tre1 et sont s\v5t1 de nature procur] un gal plaisir celui qui les r5d et celui qui les reoit4 ,en vrit1 comme n\s l'avons avanc dans le d]ni] *apitre1 les actes d'un altruisme dvelopp devront avoir habituellem5t ce c>actre4 ,a9si1 de mille manires dont ces quelques exemples donn5t l'ide1 les hommes peuv5t aj\t] mutuellem5t leur bonheur sans produire aucun mal2 ces manires d'agir sont donc absolum5t bonnes4 ,en opposition avec ces manires d'agir considrez les actions div]ses que l'on accomplit *aque in/ant1 et qui tantt sont suivies de pe9e p\r l'ag5t1 tantt ont des rsultats pnibles en p>tie p\r les autres1 et qui n'en sont pas mo9s obligatoires4 ,comme l'implique l'anti?se avec les cas m5tionns plus haut1 l'ennui d'un travail productif tel qu'on le fait ord9airem5t1 en fait un mal dans la mme proportion2 mais il en rsult]ait une bi5 plus gr&e s\ffrance1 la fois p\r le travailleur et p\r sa famille1 et le mal s]ait p> suite d'autant plus gr&1 si cet ennui n'tait pas support4 ,bi5 que les pe9es que donne une mre l'ducation de plusieurs enfants soi5t l>gem5t comp5ses p> les plaisirs que cette ducation assure et la mre et aux enfants1 cep5dant les misres1 immdiates ou loignes1 que la nglig5ce de ces so9s entran]ait l'emport5t tellem5t sur ces pe9es1 qu'il devi5t obligatoire de se s\mettre ces d]nires1 comme au mo9dre mal1 dans la mesure de ses =ces4 ,un dome/ique qui manque une conv5tion relative son travail1 ou qui casse cont9uellem5t de la vaisselle1 ou qui commet quelques l>c9s1 peut avoir s\ffrir en p]dant sa place2 mais puisque les maux subir si l'incapacit ou l'inconduite devai5t tre tolres1 non dans un cas seulem5t1 mais habituellem5t1 s]ai5t beauc\p plus gr&s1 on doit lui inflig] cette pe9e comme un moy5 d'en prv5ir une plus l\rde4 ,que sa cli5tle quitte un m>*& dont les prix sont trop levs1 ou les m>*&ises de qualit infrieure1 qui fait mauvais poids ou qui n'e/ pas exact1 son bi5-tre en s\ffrira1 et il en rsult]a peut-tre quelque dommage p\r ses pro*es2 mais comme en lui p>gnant ces maux1 on support]ait ceux que sa conduite caus]ait1 et comme avoir g>d son intrt ce s]ait nuire celui de quelque m>*& plus digne ou plus habile auquel la pratique prfre s'adress]1 et surt\t comme l'adoption gnrale de cette manire de voir1 dont l'effet s]ait d'emp*] l'infrieur de s\ffrir de son infriorit1 le suprieur de gagn] sa supriorit1 produirait un mal univ]sel1 l'ab&on de la cli5tle e/ ju/ifi1 son acte e/ relativem5t bon4 #ajc4 ,je passe ma9t5ant la seconde des propositions nonces plus haut4 ,aprs avoir reconnu cette vrit qu'une gr&e p>tie de la conduite huma9e n'e/ pas absolum5t bonne1 mais seulem5t relativem5t bonne1 n\s avons reconnatre cette autre vrit1 que dans plusieurs cas o il n'y a pas de manire d'agir absolum5t bonne1 mais seulem5t des manires d'agir plus ou mo9s mauvaises1 il e/ impossible de dire quelle e/ la mo9s mauvaise4 ,n\s le montr]ons en n\s s]vant des exemples que n\s avons dj donns4 ,il y a une c]ta9e mesure dans laquelle il e/ relativem5t bi5 de la "p des p>5ts de se sacrifi] p\r leurs enfants2 mais il y a un po9t au del duquel ce sacrifice ne saurait s'accomplir sans produire1 non-seulem5t p\r le pre ou la mre eux-mmes1 mais aussi p\r la famille1 des maux plus gr&s que ceux que l'on veut prv5ir p> ce sacrifice4 ,qui dt]m9]a ce po9t8 ,il dp5d de la con/itution et des beso9s de ceux dont il s'agit2 il n'e/ pas le mme dans deux cas diffr5ts1 et l'on ne peut jamais que l'indiqu] approximativem5t4 ,les transgressions ou les manquem5ts d'un dome/ique vont de fautes insignifiantes des torts graves1 et les maux que son r5voi peut produire ont des degrs sans nombre1 depuis le plus lg] jusqu'au plus srieux4 ,on peut le punir p\r une lgre (f5se1 et l'acte e/ mauvais2 ou bi51 aprs de graves (f5ses on peut ne pas le punir1 et c'e/ encore mal faire4 ,comm5t dt]m9] le degr de culpabilit au del duquel il e/ mo9s mal de le r5voy] que de ne pas le r5voy]8 ,il en e/ de mme p\r les fautes repro*es au m>*&4 ,on ne peut calcul] exactem5t la somme de pe9e positive ou ngative laquelle on s'expos]a en les tolrant1 ni la somme de pe9e positive ou ngative laquelle on s'expos]a en refusant de les tolr]1 et dans les cas moy5s p]sonne ne peut dire si l'une surpasse l'autre4 ,dans les relations plus gnrales des hommes1 il se prs5te s\v5t des occasions dans lesquelles il e/ obligatoire de se dcid] d'une manire ou de l'autre1 et dans lesquelles cep5dant la consci5ce mme la plus dlicate aide du jugem5t le plus clairvoyant ne peut dcid] laquelle des deux alt]natives e/ relativem5t bonne4 ,deux exemples suffiront4 ,voici un m>*& qui p]d p> la faillite d'un dbiteur4 ,a mo9s qu'on ne l'aide1 il e/ expos faire faillite lui-mme2 et s'il fait faillite il entran]a dans son dsa/re non seulem5t sa famille mais encore t\s ceux qui lui ont fait crdit4 ,en supposant mme qu'en empruntant il puisse faire face ses engagem5ts immdiats1 il n'e/ pas sauv p\r cela2 c> c'e/ un temps de panique1 et d'autres p>mi ses dbiteurs en se tr\vant gns eux-mmes peuv5t lui suscit] de n\velles difficults4 ,dem&]a-t-il un de ses amis de lui prt]8 ,d'un ct1 n'e/-ce pas une faute d'attir] incont95t sur soi-mme1 sur sa famille et sur ceux avec lesquels on a des relations d'affaires1 les maux de sa faillite8 ,de l'autre1 n'e/-ce pas une faute d'hypo?qu] la proprit de son ami et de l'entran] lui aussi avec ses pro*es et ceux qui dp5d5t de lui dans des risques semblables8 ,le prt lui p]mettrait peut-tre de rev5ir sur l'eau2 dans ce cas ne commettrait-il pas une inju/ice env]s ses cranci]s en hsitant le dem&]8 ,le prt p\rrait au contraire ne pas le sauv] de la banqu]\te2 dans ce cas1 en essayant de l'obt5ir1 ne commet-il pas un acte pratiquem5t frauduleux8 ,bi5 que1 dans les cas extrmes1 il soit peut-tre ais de dire quelle e/ la manire de faire la mo9s mauvaise1 comm5t e/-il possible de le dire dans t\s ces cas moy5s o l'homme d'affaires mme le plus pntrant ne saurait calcul] les vnem5ts possibles8 ,pr5ez encore les difficults qui naiss5t s\v5t de l'antagonisme des devoirs de famille et des devoirs sociaux4 ,voici un f]mi] que ses pr9cipes politiques port5t vot] en opposition avec son propritaire4 ,si1 tant un libral1 il vote p\r un cons]vateur1 non seulem5t il dcl>e p> son acte qu'il vote autrem5t qu'il ne p5se1 mais il peut contribu] peut-tre ce qu'il reg>de comme une mauvaise politique3 il e/ possible que p> has>d son vote *ange l'lection1 et dans une lutte au p>lem5t un seul membre peut dcid] du sort d'une mesure4 ,mme en ngligeant1 comme trop improbables1 de si srieuses consqu5ces1 il e/ videmm5t vrai que si t\s ceux qui ti5n5t en eux-mmes p\r les mmes pr9cipes1 tai5t galem5t dt\rns de les exprim] en votant1 il en rsult]ait une diffr5ce dans l'quilibre du p\voir et dans la politique nationale3 il e/ donc clair que s'ils re/ai5t t\s simplem5t fidles leurs pr9cipes politiques1 la politique qu'il reg>de comme la meilleure p\rrait triomph]4 ,mais1 d'un autre ct1 comm5t peut-il s'abs\dre de la responsabilit des maux qu'il attir]a sur ceux qui dp5d5t de lui s'il accomplit ce qui lui p>at tre un devoir social premptoire8 ,son devoir env]s ses enfants e/-il mo9s premptoire8 ,la famille n'a-t elle pas le pas sur l',etat1 et le bi5-tre de l',etat ne dp5d-il pas de celui de la famille8 ,peut-il donc adopt] une manire d'agir qui1 si les m5aces qu'on lui a faites s'accompliss5t1 le f]a expuls] de sa f]me1 et le r5dra a9si incapable peut-tre p\r un temps1 peut-tre p5dant une longue priode1 de n\rrir ses enfants8 ,les rapports entre les maux cont+5ts peuv5t v>i] l'inf9i4 ,dans un cas1 le devoir public s'impose avec =ce et le mal qui peut en rsult] p\r les ntres e/ lg]2 dans un autre cas la conduite politique a peu d'importance1 et il e/ possible qu'il en rsulte p\r notre famille un gr& mal1 et il y a entre ces extrmes t\s les degrs4 ,en outre1 les degrs de probabilit de *aque rsultat1 public ou priv1 vont de la presque c]titude la presque impossibilit4 ,en admettant donc qu'il soit mal d'agir de manire nuire peut-tre l'tat1 et en admettant qu'il soit mal d'agir de manire nuire peut-tre la famille1 n\s avons reconnatre le fait que dans un nombre inf9i de cas1 p]sonne ne peut dcid] laquelle de ces deux manires d'agir e/ vraisemblablem5t la mo9s mauvaise suivre4 ,ces exemples montr5t1 assez que dans la conduite en gnral1 r5f]mant les rapports de l'homme avec lui-mme1 avec sa famille1 avec ses amis1 avec ses dbiteurs et ses cranci]s1 et avec le public1 il e/ ord9aire de voir n'importe quel p>ti *oisi de prfr5ce1 procur] ici ou l quelque pe9e2 c'e/ autant retran*] du plaisir complet1 et il en rsulte que la conduite manque dans la mme proportion d'tre absolum5t bonne4 ,en outre1 ils font voir que p\r une p>tie considrable de la conduite1 aucun pr9cipe qui n\s guide1 aucune m?ode d'e/imation ne n\s r5d capables de dire si telle manire d'agir qui s'(fre n\s e/ relativem5t bonne1 c'e/--dire propre caus]1 de prs ou de lo91 spcialem5t ou en gnral1 le plus gr& excs possible du bi5 sur le mal4 #ajd4 ,n\s sommes prp>s ma9t5ant trait] d'une manire sy/matique de la di/9ction entre la morale absolue et la morale relative4 ,on arrive aux vrits sci5tifiques1 de quelque ordre qu'elles soi5t1 en lim9ant les facteurs qui impliqu5t les phnomnes et sont en contradiction les uns avec les autres et en ne s'occupant que des facteurs fondam5taux4 ,lorsque1 en traitant de ces facteurs fondam5taux d'une manire ab/raite1 non comme prs5ts dans des phnomnes actuels1 mais comme prs5ts dans un isolem5t idal1 on s'e/ assur des lois gnrales1 il devi5t possible de tir] des infr5ces dans des cas concrets en t5ant compte des facteurs accid5tels4 ,mais c'e/ uniquem5t la condition de nglig] d'abord ces d]ni]s et de reconnatre seulem5t les lm5ts ess5tiels1 que n\s p\vons dc\vrir les vrits ess5tielles *]*es4 ,voyons1 p> exemple1 comm5t la mcanique passe de la =me empirique la =me rationnelle4 ,t\t le monde a pu exprim5t] ce fait qu'une p]sonne p\sse d'un ct au del d'une c]ta9e mesure p]d son quilibre et tombe4 ,on a obs]v qu'une pi]re jete ou une fl*e lance ne va pas en ligne droite1 mais tombe t]re aprs un trajet qui dvie de plus en plus de la direction primitive4 ,lorsqu'on essaie de cass] un bton sur son g5\1 on s'ap]oit qu'on y p>vi5t plus facilem5t si l'on pr5d le bton de *aque ct une gr&e di/ance du g5\ que si on le ti5t t\t prs du g5\4 ,l'usage quotidi5 d'un pieu attire l'att5tion sur cette vrit qu'en mettant l'extrmit de l'pieu s\s une pi]re et en le faisant j\] on s\lve la pi]re d'autant plus facilem5t que la ma9 e/ plus prs de l'autre extrmit4 ,voil un c]ta9 nombre d'expri5ces1 gr\pes de manire =m] des gnralisations empiriques1 qui s]v5t guid] la conduite dans c]ta9s cas simples4 ,comm5t la sci5ce de la mcanique e/-elle sortie de ces expri5ces8 ,p\r arriv] une =mule qui exprime les proprits du levi]1 elle suppose un levi] qui ne puisse pas pli] comme un bton1 mais qui soit absolum5t rigide2 elle suppose aussi un po9t d'appui qui n'ait pas une l>ge surface comme ceux dont on se s]t ord9airem5t1 mais un po9t d'appui sans l>geur2 elle suppose enf9 que le poids s\lev] porte sur un po9t df9i1 au lieu de port] sur une p>tie considrable du levi]4 ,il en e/ de mme p\r le corps qui e/ en quilibre de telle sorte qu'il tombe s'il dpasse une c]ta9e incl9aison4 ,avant de =mul] la vrit relativem5t aux relations du c5tre de gravit et de la base1 il faut suppos] inflexible la surface sur laquelle pose le corps1 inflexible aussi le bord du corps lui-mme1 et inv>iable dans sa =me la masse du corps t&is qu'on le fait p5*] de plus en plus1 autant de conditions qui ne sont pas remplies dans les cas ord9airem5t obs]vs4 ,il en e/ encore de mme s'il s'agit d'un projectile3 p\r en dt]m9] la c\rse p> dduction des lois mcaniques1 il faut nglig] d'abord t\tes les dviations causes p> sa =me et p> la rsi/ance de l'air4 ,la sci5ce de la mcanique rationnelle e/ une sci5ce qui consi/e a9si en une suite de vrits idales1 et qui ne peut se =m] que si l'on imag9e des cas idaux4 ,elle e/ impossible tant que l'att5tion porte seulem5t sur des cas concrets qui prs5t5t t\tes les complications du frottem5t1 de l'la/icit1 etc4 ,mais1 lorsqu'on a dgag c]ta9es vrits mcaniques fondam5tales1 on peut grce elles mieux dirig] ses actes1 et on peut les dirig] mieux encore lorsque1 comme on le fait ma9t5ant1 on ti5t compte mme des lm5ts qui compliqu5t les phnomnes et dont on avait fait ab/raction p\r arriv] ces vrits4 ,avec le progrs1 on a reconnu les modifications apportes p> le frottem5t et les infr5ces sont trans=mes comme il convi5t4 ,la ?orie de la p\lie e/ corrige dans son application aux cas rels en t5ant compte de la rigidit du cordage1 et l'on a donn la =mule des effets de cette rigidit4 ,la /abilit des masses1 dt]m9e d'une manire ab/raite p> rapport aux c5tres de gravit des masses en relation avec les bases1 f9it p> tre galem5t dt]m9e d'une manire concrte en t5ant compte aussi de la cohsion4 ,aprs avoir ?oriquem5t calcul la trajectoire d'un projectile comme s'il se m\vait dans le vide1 on la calcule d'une manire qui se rappro*e plus de la ralit en t5ant compte de la rsi/ance de l'air4 ,n\s voyons p> ces exemples la relation qui exi/e entre c]ta9es vrits absolues de la mcanique et c]ta9es vrits relatives qui envelopp5t les premires4 ,n\s reconnaissons qu'on ne peut tablir sci5tifiquem5t aucune vrit relative1 tant que l'on n'a pas =mul "p les vrits absolues4 ,n\s con/atons que la mcanique applicable au rel se dveloppe seulem5t qu& la mcanique idale s'e/ dveloppe4 ,t\t ce qui prcde e/ galem5t vrai de la sci5ce morale4 ,de mme que p> d'anci5nes et grossires expri5ces on e/ arriv inductivem5t des notions vagues mais vraies en p>tie t\*ant l'quilibre des corps1 les m\vem5ts des projectiles1 les actions du levi]2 de mme p> d'anci5nes et grossires expri5ces on e/ arriv inductivem5t des notions vagues mais vraies en p>tie t\*ant les effets de la conduite des hommes p> rapport eux-mmes1 leurs semblables1 la socit1 et dans le second cas1 comme dans le premi]1 ces notions s]v5t dans une c]ta9e mesure la direction de la pratique4 ,en outre1 de mme que cette connaissance rudim5taire de la mcanique1 t\t en re/ant encore empirique1 devi5t avec les premi]s progrs de la civilisation la fois plus df9ie et plus t5due1 de mme avec les premi]s progrs de la civilisation ces ides morales1 t\t en g>dant encore leur c>actre empirique1 acquir5t plus de prcision et devi5n5t plus nombreuses4 ,mais1 comme n\s avons vu que la connaissance empirique de la mcanique peut se trans=m] en la sci5ce de la mcanique1 la condition seulem5t d'omettre t\tes les circon/ances qui modifi5t les faits1 et de gnralis] d'une manire absolue les lois fondam5tales des =ces2 n\s devons voir ici la morale empirique se trans=m] en morale rationnelle la condition seulem5t d'abord de nglig] t\s les accid5ts qui compliqu5t les phnomnes et de =mul] les lois de la bonne conduite1 ab/raction faite des conditions spciales qui ont p\r effet d'obscurcir le problme4 ,enf9 de mme que le sy/me des vrits de la mcanique1 conues comme absolues1 grce une sp>ation idale1 e/ applicable aux problmes positifs de mcanique de telle sorte qu'en t5ant compte de t\tes les circon/ances accid5telles1 on puisse arriv] des conclusions beauc\p plus rappro*es de la vrit qu'on ne le f]ait autrem5t2 un sy/me de vrits morales idales1 exprimant ce qui e/ absolum5t bon1 s]a applicable notre tat de transition1 de telle sorte qu'en t5ant compte du frottem5t d'une vie incomplte et de l'imp]fection des tres actuels1 n\s puissions affirm] avec quelque exactitude approximative ce qui e/ relativem5t bon4 #aje4 ,dans un *apitre de la ,/atique sociale1 intitul3 ,df9ition de la moralit1 j'ai affirm que la loi morale proprem5t dite e/ la loi de l'homme p>fait1 e/ la =mule de la conduite idale1 e/ l'expos dans t\s les cas de ce qui devrait tre1 et qu'elle ne peut exam9] dans ses propositions aucun lm5t qui implique l'exi/5ce de ce qui ne devrait pas tre4 ,pr5ant p\r exemple des que/ions conc]nant la bonne conduite suivre dans des cas o du mal a dj t fait1 je s\t5ais que l'on ne peut rpondre de p>eilles que/ions d'aprs des pr9cipes purem5t moraux4 ,voici le raisonnem5t que je faisais3 ,aucune conclusion ne peut prt5dre la vrit absolue1 si elle ne dp5d de vrits qui soi5t absolues elles-mmes4 ,avant qu'une infr5ce soit exacte1 il faut que les propositions qui s]v5t de po9t de d"p ai5t elles-mmes ce c>actre4 ,un gomtre exige que les lignes droites dont il s'occupe soi5t vritablem5t droites1 que ses c]cles1 ses ellipses1 ses p>aboles1 s'accord5t avec des df9itions prcises1 rpond5t d'une manire p>faite et inv>iable des quations spcifies4 ,si v\s lui posez une "q o ces conditions ne soi5t pas remplies1 il v\s dit qu'il ne peut v\s rpondre4 ,il en e/ de mme du morali/e4 ,il traite seulem5t de l'homme droit4 ,il dt]m9e les proprits de l'homme droit1 dcrit la conduite de l'homme droit1 montre ses relations avec les autres hommes droits et comm5t une socit d'hommes droits e/ con/itue4 ,il e/ oblig de nglig] t\te dviation de cette rectitude /ricte2 il ne peut en admettre aucune dans ses prmisses sans vici] t\tes ses conclusions1 et p\r lui un problme dont un homme tortu s]ait une donne e/ insoluble4 ,faisant allusion cette ?orie1 spcialem5t dans la premire dition des ,m?odes de la morale1 mais d'une manire plus gnrale dans la seconde dition1 ,m4 ,sidgwick dit3 ,ceux qui adopt5t cette ?orie se s]v5t de l'analogie de la gomtrie p\r montr] que la morale doit trait] des relations huma9es idalem5t p>faites1 comme la gomtrie traite des lignes et des c]cles idalem5t p>faits4 ,mais la ligne la plus irrgulire a des relations spatiales df9ies dont la gomtrie ne refuse pas de s'occup]1 bi5 qu'elles soi5t ord9airem5t plus complexes que celles de la ligne droite4 ,a9si1 en a/ronomie1 il s]ait plus commode p\r l'tude que les a/res dcriviss5t des c]cles1 comme on l'a cru autrefois2 mais le fait qu'ils se meuv5t non suivant des c]cles1 mais suivant des ellipses1 et mme des ellipses imp>faites et irrgulires1 ne les fait pas sortir de la sphre de l'inve/igation sci5tifique2 avec de la pati5ce et de l'habilet1 n\s avons appris ram5] des pr9cipes et calcul] mme ces m\vem5ts plus compliqus4 ,c'e/ assurm5t un artifice =t propre r5dre l'enseignem5t plus facile que de suppos] que les plantes se meuv5t suivant des ellipses p>faites 7ou mme1 comme une priode sci5tifique mo9s avance1 suivant des c]cles73 n\s p]mettons a9si la connaissance individuelle de pass] p> les mmes degrs d'exactitude croissante que l'a fait la connaissance de la race4 ,mais ce que n\s v\lons en a/ronomie1 c'e/ connatre le m\vem5t rel des toiles et ses causes1 et de mme en morale n\s *]*ons naturellem5t ce qui doit tre fait dans le monde rel o n\s vivons4 7,p4 #ai1 #b;e d47 ,en comm5ant p> le premi] des deux po9ts1 celui qui se rapporte la gomtrie1 j'av\e que je suis surpris de voir mes propositions mises en d\te1 et1 aprs une mre rflexion1 il m'e/ impossible de compr5dre la manire de voir de ,m4 ,sidgwick sur ce sujet4 ,lorsque1 dans une phrase qui prcdait celles que j'ai cites ci-dessus1 j'ai signal l'impossibilit de rs\dre ma?matiquem5t une srie de problmes t\*ant des lignes tortues et des c\rbes brises en t\t s5s1 il ne m'e/ pas v5u l'esprit que je me heurt]ais l'affirmation directe que la gomtrie ne refuse pas de s'occup] des lignes les plus irrgulires4 ,m4 ,sidgwick affirme qu'une ligne irrgulire1 comme celle qu'un enfant trace en griffonnant1 a des relations spatiales df9ies4 ,quel s5s donne-t-il ici au mot df9i8 ,s'il ent5d que ses relations l'espace en gnral sont df9ies en ce s5s qu'une intellig5ce inf9ie p\rrait les dt]m9]1 je rponds que p\r une intellig5ce inf9ie t\tes les relations spatiales p\rrai5t tre df9ies3 il n'y aurait plus alors de relations spatiales indf9ies1 le mot df9i cessant a9si de m>qu] aucune di/9ction4 ,si d'un autre ct1 en disant qu'une ligne irrgulire a des relations spatiales df9ies1 il ent5d des relations qu'une intellig5ce huma9e peut connatre d'une manire df9ie1 alors se prs5te encore la "q3 ,comm5t faut-il compr5dre le mot df9i8 ,assurm5t quelque *ose que l'on di/+ue comme df9i peut tre df9i2 mais comm5t p\vons-n\s df9ir une ligne irrgulire8 ,et1 si n\s ne p\vons df9ir la ligne irrgulire elle-mme1 comm5t p\vons-n\s connatre ses relations spatiales d'une manire df9ie8 ,comm5t en l'abs5ce de t\te df9ition la gomtrie peut-elle s'occup] de cette ligne8 ,si ,m4 ,sidgwick ent5d p> l qu'elle peut s'en occup] d'aprs la m?ode des limites1 alors je rponds qu'en p>eil cas ce n'e/ pas de la ligne elle-mme que traite la gomtrie1 mais de c]ta9es lignes df9ies mises artificiellem5t en rapports quasi df9is avec elle3 l'indf9i devi5t connaissable p> l'int]mdiaire seulem5t de l'hypo?tiquem5t df9i4 ,passant au second exemple1 la rponse faire e/ que1 en tant qu'elle conc]ne les rapports entre l'idal et le rel1 la comp>aison propose n'branle pas1 mais =tifie au contraire mon argum5t4 ,considre en effet s\s son aspect gomtrique ou s\s son aspect dynamique1 dans l'ordre ncessaire de son dveloppem5t ou dans l'ordre que l'hi/oire n\s rvle1 l'a/ronomie n\s montre p>t\t que des vrits t\*ant des relations simples1 ?oriquem5t exactes1 doiv5t tre reconnues avant que les vrits conc]nant les relations complexes et pratiquem5t inexactes qui exi/5t rellem5t puiss5t tre con/ates4 ,applique l'int]prtation des m\vem5ts plantaires1 n\s voyons que la ?orie des cycles et des picycles tait fonde sur une connaissance prexi/ante du c]cle2 les proprits d'une c\rbe idale tant connues1 on tait en mesure d'exprim] d'une c]ta9e manire les m\vem5ts cle/es4 ,n\s voyons que l'int]prtation cop]nici5ne exprimait les faits en fonctions de m\vem5ts circulaires autrem5t di/ribus et comb9s4 ,n\s voyons que le progrs fait p> ,kpl] de la conception de m\vem5ts circulaires celle de m\vem5ts elliptiques fut r5du possible p> une comp>aison des faits tels qu'ils se pass5t avec les faits tels qu'ils se pass]ai5t si les m\vem5ts tai5t circulaires4 ,n\s voyons que les dviations de ces m\vem5ts elliptiques1 reconnues dans la suite1 n'ont pu tre reconnues que grce a la supposition dj faite que ces m\vem5ts tai5t elliptiques4 ,n\s voyons enf9 que mme auj\rd'hui les prdictions conc]nant les positions exactes des plantes1 qu& on a t5u compte des p]turbations1 impliqu5t qu'on se reporte con/amm5t aux ellipses qui sont reg>des comme leurs orbites normales ou moy5nes p\r le mom5t4 ,a9si1 l'affirmation des vrits actuellem5t connues n'a t r5due possible que p> l'affirmation antrieure de c]ta9es vrits idales4 ,p\r se conva9cre que les faits rels n'aurai5t pu tre tablis d'aucune autre manire1 il suffit de suppos] un a/ronome capable de dire qu'il lui importe peu de connatre les proprits du c]cle ou de l'ellipse1 qu'il a affaire au sy/me solaire tel qu'il exi/e1 et que p\r cela il n'a qu' obs]v] et relev] les positions successives et se laiss] guid] p> les faits tels qu'il les a tr\vs4 ,il en e/ de mme si n\s considrons le dveloppem5t de l'a/ronomie dynamique4 ,la premire proposition des ,pr9cipes de ,newton traite du m\vem5t d'un seul corps aut\r d'un seul c5tre de =ce1 et les phnomnes de m\vem5t c5tral sont d'abord =muls p\r un cas qui n'e/ pas seulem5t idal1 mais dans lequel la =ce dont il s'agit n'e/ pas spcifie3 l'auteur s'loigne a9si le plus possible de la ralit4 ,ensuite1 supposant un pr9cipe d'action con=me une loi idale1 la ?orie de la gravitation traite les diffr5ts problmes du sy/me solaire en le sp>ant p> l'imag9ation de t\t le re/e2 elle fait aussi plusieurs hypo?ses imag9aires1 comme celle d'aprs laquelle la masse de *acun des corps dont il s'agit s]ait conc5tre en son c5tre de gravit4 ,plus t>d seulem5t1 aprs avoir tabli les vrits pr9cipales p> cet artifice de dgag] les facteurs les plus importants des mo9s importants1 la ?orie e/ employe aux problmes rels dans l'ordre de leurs degrs asc5dants de complexit1 et fait r5tr] un nombre de plus en plus gr& des facteurs d'abord ngligs4 ,si n\s n\s dem&ons comm5t on aurait pu tablir autrem5t la dynamique du sy/me solaire1 n\s voyons que l aussi des vrits simples exactes p\r des conditions idales1 ont d tre tablies avant qu'on pt tablir les vrits relles qui rpond5t des conditions complexes4 ,la ncessit dont n\s avions p>l de faire prcd] la morale relative de la morale absolue e/ a9si1 je p5se1 r5due plus claire4 ,celui qui a suivi jusqu'ici l'argum5tation gnrale ne ni]a pas qu'un tre social idal ne puisse tre conu con/itu de telle sorte que ses activits spontanes s'accord5t avec les conditions imposes p> le milieu social =m d'autres tres id5tiques4 ,en plusieurs endroits et de plusieurs manires1 j'ai s\t5u que1 con=mm5t aux lois de l'volution en gnral1 et con=mm5t aux lois de l'organisation en p>ticuli]1 il y a eu et il y a une adaptation progressive de l'humanit l'tat social qui la trans=me dans le s5s de cet accord idal4 ,le corollaire dj dduit et qu'il faut rpt] ici1 e/ que l'homme ultime e/ un homme dans lequel ce progrs s'e/ assez dvelopp p\r produire une correspondance entre t\tes les incl9ations de sa nature et t\s les beso9s de sa vie telle qu'elle s'accomplit dans la socit4 ,s'il en e/ a9si1 la consqu5ce ncessaire admettre e/ qu'il exi/e un code idal de conduite donnant la =mule de la manire d'tre de l'homme compltem5t adapt dans la socit compltem5t dveloppe4 ,n\s donnons ce code le nom de morale absolue1 p\r le di/+u] de la morale relative1 ce code dont les prescriptions doiv5t seules tre considres comme absolum5t bonnes p> opposition celles qui sont relativem5t bonnes ou les mo9s mauvaises1 et qui1 en tant que sy/me de conduite idale1 doit s]vir comme de rgle p\r n\s aid] rs\dre1 autant que n\s le p\rrons1 les problmes de la conduite relle4 #aje4 ,il e/ si important de bi5 compr5dre ce sujet qu'on m'excus]a de rec\rir encore un exemple2 il s]vira mieux la dmon/ration1 c> je l'emprunte non une sci5ce inorganique1 mais une sci5ce organique4 ,le rapport entre la moralit propre et la moralit comme on la conoit communm5t e/ analogue au rapport entre la physiologie et la pa?ologie1 et la m>*e habituellem5t suivie p> les morali/es ressemble beauc\p celle d'un homme qui tudi]ait la pa?ologie sans avoir tudi d'abord la physiologie4 ,la physiologie dcrit les div]ses fonctions qui con/itu5t et cons]v5t la vie p> leurs comb9aisons2 en traitant de ces fonctions1 elle suppose qu'elles s'accompliss5t sp>m5t comme il faut1 dans une mesure conv5able et dans l'ordre qui leur e/ propre2 elle ne s'occupe que des fonctions l'tat de sant4 ,si elle explique la dige/ion1 elle suppose que le coeur f\rnit le sang et que le sy/me n]veux des viscres /imule les organes directem5t intresss4 ,si elle donne une ?orie de la circulation1 elle suppose que le sang a t produit p> les actions comb9es des app>eils de/9s le produire1 et qu'il e/ ar comme il doit l'tre4 ,s'il s'agit des relations entre la respiration et les actions vitales en gnral1 c'e/ avec la supposition antrieurem5t faite que le coeur cont9ue envoy] du sang1 non seulem5t aux p\mons et c]ta9s c5tres n]veux1 mais encore au diaphragme et aux muscles int]co/aux4 ,la physiologie nglige les dfaillances dans l'action de ces diffr5ts organes4 ,elle ne ti5t pas compte des imp]fections1 elle nglige les drangem5ts1 elle ne reconnat pas la d\leur1 elle ne sait ri5 du mal vital4 ,elle donne simplem5t la =mule de ce qui rsulte d'une adaptation complte de t\tes les p>ties du corps t\s les beso9s4 ,c'e/ dire que1 p> rapport aux actions int]nes qui con/itu5t la vie du corps1 la ?orie physiologique a une position semblable celle que la ?orie ?ique1 s\s sa =me absolue1 dont n\s avons donn plus haut la conception1 a p> rapport aux actions extrieures qui con/itu5t la conduite4 ,ds qu'elle traite d'un excs de fonction1 ou d'un arrt de fonction1 ou d'un dfaut de fonction et du mal qui en rsulte1 la physiologie se *ange en pa?ologie4 ,n\s comm5ons alors t5ir compte des actions mauvaises dans la vie intrieure analogues aux mauvaises actions de la vie extrieure dont s'occup5t les ?ories ord9aires de morale4 ,mais l'anti?se a9si prs5te n'e/ encore que prlim9aire4 ,aprs avoir obs]v le fait qu'il y a une sci5ce des actions vitales en tant qu'elles s'accompliss5t d'une manire normale1 qui ne ti5t pas compte des actions anomales1 n\s avons plus spcialem5t obs]v] que la sci5ce des actions anomales peut atte9dre une prcision aussi gr&e que possible1 la condition seulem5t que la sci5ce des actions normales aura d'abord t bi5 dt]m9e2 ou plutt disons que la sci5ce pa?ologique dp5d p\r ses progrs des progrs que la sci5ce physiologique aura faits d'abord4 ,la conception mme des actions dsordonnes implique aup>avant la conception des actions bi5 ordonnes4 ,avant de p\voir dt]m9] si le coeur bat trop vite ou trop l5tem5t1 il faut savoir quel e/ le nombre de ses battem5ts dans la bonne sant2 avant de dire si le p\ls e/ trop faible ou trop =t1 il faut connatre sa =ce normale1 et a9si du re/e4 ,les ides de maladie les plus grossires et les plus empiriques prsuppos5t des notions sur l'tat de bonne sant dont la maladie e/ un drangem5t1 et il e/ vid5t que le diagno/ic des maladies devi5t sci5tifique seulem5t lorsqu'on a une connaissance sci5tifique des actions organiques l'tat sa94 ,il y a la mme relation entre la moralit absolue1 ou la loi du bi5 p>fait dans la conduite huma9e1 et la moralit relative qui1 reconnaissant du mal dans la conduite1 a dcid] de quelle manire on peut se rappro*] le plus possible du bi54 ,lorsque1 en donnant la =mule de la conduite normale dans une socit idale1 n\s avons atte9t une connaissance sci5tifique de la morale absolue1 n\s avons en mme temps atte9t une connaissance sci5tifique qui1 lorsque n\s l'employons int]prt] les phnomnes des socits relles dans leurs tats de transition ple9s de misres p> suite d'une adaptation imp>faite 7tats que n\s p\vons appel] pa?ologiques71 n\s r5d capables d'arriv] approximativem5t des conclusions vraies t\*ant la nature des anomalies et les manires d'agir qui t5d5t le mieux ram5] une conduite normale4 #ajf4 ,il faut obs]v] ma9t5ant que cette conception de la morale1 qui p>atra trange beauc\p de lecteurs1 e/ en ralit au fond des croyances des morali/es en gnral4 ,sans d\te elle n'e/ pas expressm5t reconnue1 mais elle e/ vaguem5t implique dans plusieurs de leurs propositions4 ,depuis les temps les plus reculs1 n\s tr\vons dans les spculations morales des allusions l'homme idal1 ses actes1 ses s5tim5ts1 ses jugem5ts4 ,le bi5 agir e/ conu p> ,socrate comme l'agir de l'homme le meilleur1 qui comme agriculteur fait bi5 t\t ce qu'exige l'agriculture2 comme mdec91 remplit les devoirs de l'art mdical2 comme citoy51 fait son devoir env]s l',etat4 ,platon1 dans le ,m9os1 comme rgle laquelle doit se con=m] la loi de l',etat1 suppose la dcision de quelque sage idal2 dans le ,la*s1 la connaissance du bi5 et du mal1 telle que la possde l'homme sage1 e/ suppose f\rnir la rgle3 mprisant les maximes de la socit exi/ante comme non sci5tifiques1 ,platon reg>de comme le vritable guide cette ide du bi51 laquelle un philosophe seul peut atte9dre4 ,ari/ote 7,e?41 liv4 ,,iii1 *ap4 ,,iv71 pr5ant p\r rgle les dcisions de l'homme de bi51 dit3 ,l'homme de bi5 juge en effet t\te *ose avec droiture1 et reconnat la vrit en t\te occasion444 ,la pr9cipale diffr5ce entre l'homme de bi5 et le m*ant e/ peut-tre que l'homme de bi5 voit le vrai en t\te occasion1 puisqu'il e/1 en quelque sorte1 la rgle et la mesure du vrai4 ,les ,/oci5s aussi concevai5t la complte rectitude d'action comme ce que p]sonne ne p\vait ralis] si ce n'e/ le sage1--l'homme idal4 ,epicure aussi avait une rgle idale4 ,p\r lui1 l'tat v]tueux consi/e en une j\issance tranquille1 exempte de tr\ble1 qui ne cause de tort p]sonne1 n'excite aucune rivalit et s'appro*e le plus prs possible du bonheur des dieux1 qui ne s\ffr5t eux-mmes aucun mal et ne caus5t pas de mal aux autres#ad4 ,note #ad3 ,j'emprunte la plup>t de ces citations au livre du ,dr ,ba91 ,sci5ce m5tale et morale4 ,si dans les temps mod]nes1 influ5cs p> des dogmes religieux sur la *ute et la corruption de l'homme1 et p> une ?orie du devoir drive du symbole ord9airem5t admis1 les morali/es se sont mo9s s\v5t reports un idal1 cep5dant ils y font encore quelquefois allusion4 ,n\s en voyons une dans le mot de ,kant3 ,agissez seulem5t d'aprs une maxime telle que v\s puissiez s\hait] de la voir dev5ir en mme temps une loi univ]selle4 ,ce mot implique en effet la p5se d'une socit dans laquelle t\s se con=m5t une maxime dont l'effet s]ait le bi5 de t\s3 il y a l la conception d'une conduite idale dans des conditions idales4 ,bi5 que ,m4 ,sidgwick1 dans le passage cit plus haut1 suppose que la morale se rapporte l'homme tel qu'il e/ plutt qu' l'homme comme il devrait tre1 cep5dant1 p>lant ailleurs de la morale comme si elle traitait de la conduite telle qu'elle doit tre plutt que de la conduite telle qu'elle e/1 il suppose une conduite idale et indirectem5t l'homme idal4 ,a la premire page1 comp>ant l'?ique1 la jurisprud5ce et la politique1 il dit qu'elles se di/+u5t p> ce c>actre qu'elles se propos5t de dt]m9] non le rel1 mais l'idal2 ce qui doit tre1 non ce qui e/4 ,il suffit seulem5t d'accord] et de r5dre prcises ces div]ses conceptions d'une conduite idale et d'une humanit idale1 p\r les concili] avec la conception expose plus haut4 ,jusqu' prs5t1 de p>eilles conceptions sont ord9airem5t vagues4 ,l'homme idal ayant t conu d'aprs les notions c\rantes en morale1 on en fait ensuite un modle p\r jug] d'aprs lui de la bont des actes2 mais on tombe a9si dans un c]cle vicieux4 ,p\r que l'homme idal s]ve de modle1 il faut le df9ir d'aprs les conditions que sa nature remplit1 d'aprs ces exig5ces objectives auxquelles il faut satisfaire p\r que la nature soit bonne1 et le dfaut commun de ces conceptions idales e/ de le suppos] en dehors de t\te relation avec ces conditions4 ,t\tes les allusions l'homme idal que n\s avons reproduites plus haut1 impliqu5t l'hypo?se que l'homme idal vit et agit dans les conditions sociales actuelles4 ,ce que l'on re*]*e sans le dire1 ce n'e/ pas ce qu'il f]ait dans des circon/ances absolum5t diffr5tes1 mais bi5 ce qu'il f]ait dans les circon/ances prs5tes4 ,or c'e/ l p\r deux raisons re*]*e futile4 ,la coexi/5ce d'un homme p>fait et d'une socit une imp>faite e/ impossible1 et1 alors mme qu'il n'en s]ait pas a9si1 la conduite qui en rsult]ait ne donn]ait pas la rgle *]*e4 ,en premi] lieu1 tant donnes les lois de la vie telles qu'elles sont1 un homme d'une nature idale ne peut tre produit dans une socit =me d'hommes dont la nature e/ loigne de l'idal4 ,n\s p\rrions avec t\t autant de raison n\s att5dre voir un enfant natre *ez les ngres avec le type britannique1 qu' voir natre dans un monde organiquem5t immoral un homme organiquem5t moral4 ,a mo9s de ni] que le c>actre rsulte de la con/itution dont on hrite1 il faut admettre que1 puisque dans t\te socit *aque individu desc5d d'une s\*e que l'on peut suivre en remontant de quelques gnrations1 et qui se ramifie trav]s t\te la socit et p>ticipe de sa nature moy5ne1 il doit1 malgr des div]sits individuelles m>ques1 subsi/] de tels c>actres communs1 qu'il soit impossible qui que ce soit d'atte9dre une =me idale bi5 lo9 de laquelle re/]ai5t t\s les autres4 ,en second lieu1 une conduite idale1 comme celle laquelle se rapporte la ?orie morale1 n'e/ pas possible l'homme idal au milieu d'hommes con/itus autrem5t4 ,une p]sonne absolum5t ju/e et p>faitem5t sympa?ique ne p\rrait vivre et agir con=mm5t sa nature dans une tribu de cannibales4 ,*ez des g5s p]fides et t\t fait dp\rvus de scrupules1 on se p]drait en montrant une entire s9crit et une complte fran*ise4 ,si t\s ceux qui n\s ent\r5t ne reconnaiss5t que la loi du plus =t1 celui dont la bonne nature se refus]ait jamais faire de la pe9e aux autres s]ait rduit la plus tri/e condition4 ,il faut une c]ta9e h>monie entre la conduite de *aque membre d'une socit et la conduite des autres4 ,un mode d'action entirem5t diffr5t des modes d'action prdom9ants ne peut tre s\t5u longtemps sans am5] la mort ou de celui qui l'a adopt1 ou de ses enfants1 ou la mort de l'un et des autres la fois4 ,il e/ donc vid5t que n\s devons considr] l'homme idal comme exi/ant dans l'tat social idal4 ,d'aprs l'hypo?se de l'volution1 ces deux t]mes se suppos5t l'un l'autre1 et c'e/ seulem5t qu& ils coexi/5t qu'il peut y avoir une conduite idale1 dont la morale absolue doit tr\v] la =mule1 et que la morale relative doit pr5dre comme rgle p\r e/im] combi5 en e/ loign du bi51 et quels sont les degrs du mal4 ,,*apitre ,,xvi ,,le ,,doma9e ,,de ,,la ,,morale #ajg4 ,n\s avons montr en comm5ant que1 la conduite dont s'occupe la morale tant une p>tie de la conduite en gnral1 il fallait compr5dre la conduite en gnral avant de compr5dre cette p>tie4 ,aprs avoir pris une connaissance gnrale de la conduite1 non seulem5t de celle des hommes1 mais de celle des tres infrieurs1 et non seulem5t dans sa =me actuelle1 mais aussi dans son dveloppem5t1 n\s avons vu que la morale a p\r objet la conduite la plus compltem5t dveloppe1 telle que la dploie l'tre le plus compltem5t dvelopp1 l'homme3 que c'e/ la spcification des traits que pr5d sa conduite lorsqu'elle atte9t les limites de son volution4 ,conue a9si comme compr5ant les lois du bi5 vivre en gnral1 la morale a un *amp plus va/e qu'on ne le lui assigne ord9airem5t4 ,outre la conduite communm5t appr\ve ou blme comme bonne ou mauvaise1 elle s't5d t\te conduite qui favorise ou contr>ie1 d'une manire directe ou indirecte1 notre bi5-tre ou celui des autres4 ,comme il rsulte de diffr5ts passages des *apitres prcd5ts1 le *amp enti] de la morale compr5d deux gr&es divisions1 p]sonnelle et sociale4 ,il y a une classe d'actions qui t5d5t des f9s p]sonnelles1 qui doiv5t tre juges dans leurs relations avec le bi5-tre p]sonnel1 considr "p du bi5-tre des autres2 bi5 qu'elles affect5t secondairem5t nos semblables1 ces actions affect5t t\t d'abord l'ag5t lui-mme1 et doiv5t tre reg>des comme bonnes ou mauvaises d'une manire intr9sque suivant qu'elles ont p\r lui des effets avantageux ou nuisibles4 ,il y a des actions d'une autre classe qui affect5t immdiatem5t et d'une manire loigne nos semblables1 et qui1 bi5 que l'on ne doive pas mconnatre leurs effets p\r l'ag5t1 doiv5t tre juges comme bonnes et mauvaises surt\t d'aprs leurs rsultats p\r les autres4 ,les actions de cette classe se divis5t en deux gr\pes4 ,celles du premi] gr\pe t5d5t c]ta9es f9s de manire entrav] illgitimem5t ou ne pas entrav] la p\rsuite de f9s p> les autres1--actions que p> suite de cette diffr5ce n\s appelons respectivem5t inju/es ou ju/es4 ,celles qui =m5t le second gr\pe sont d'un g5re qui a de l'influ5ce sur la condition des autres sans int]v5ir directem5t dans les relations qui exi/5t entre leurs ef=ts et les rsultats de ces ef=ts2 d'une manire ou de l'autre1--ce sont des actions dont n\s disons qu'elles sont bi5faisantes ou malfaisantes4 ,la conduite que n\s reg>dons comme bi5faisante comporte elle-mme des subdivisions1 suivant qu'elle consi/e se cont5ir soi-mme p\r vit] de caus] de la pe9e1 ou faire quelque ef=t p\r procur] du plaisir1--bi5faisance ngative ou bi5faisance positive4 ,*acune de ces divisions et de ces subdivisions doit tre considre d'abord comme une p>tie de la morale absolue1 et ensuite comme une p>tie de la morale relative4 ,aprs avoir vu quelles doiv5t tre ses prescriptions p\r l'homme idal dans les conditions idales supposes1 n\s s]ons prp>s voir comm5t ces prescriptions peuv5t tre obs]ves le mieux possible p> les hommes actuels dans les conditions de l'exi/5ce telle qu'elle e/4 #ajh4 ,p\r des raisons dj indiques1 un code de conduite p]sonnelle p>faite e/ impossible df9ir4 ,beauc\p de =mes de la vie1 diffrant un haut degr les unes des autres1 peuv5t se manife/] dans une socit de telle sorte que les conditions d'une h>monieuse coopration se tr\v5t remplies4 ,si des types d'hommes v>is adapts des types v>is d'activits peuv5t a9si vivre *acun d'une vie complte dans son g5re1 il n'e/ pas possible de dt]m9] spcifiquem5t quelles activits sont univ]sellem5t requises p\r assur] le bi5-tre p]sonnel4 ,mais1 bi5 que les beso9s p>ticuli]s satisfaire p\r arriv] au bi5-tre individuel v>i5t autant que les conditions matrielles de *aque socit1 les individus de t\tes les socits ont c]ta9s beso9s gnraux satisfaire4 ,il faut univ]sellem5t ma9t5ir un quilibre moy5 entre les p]tes de l'organisme et la nutrition4 ,la vitalit normale implique une relation entre l'activit et le repos1 laquelle ne v>ie que dans de faibles limites4 ,la p]ptuit de la socit dp5d de la satisfaction de ces beso9s p]sonnels au premi] *ef qui ont p\r effet le m>iage et la pat]nit4 ,a9si la p]fection de la vie individuelle implique c]ta9s modes d'action qui sont approximativem5t semblables dans t\s les cas et qui p> suite font p>tie de l'objet de la morale4 ,on peut pe9e dire qu'il soit possible de ram5] mme cette p>tie re/re9te une prcision sci5tifique4 ,mais les exig5ces morales peuv5t tre ici ratta*es aux ncessits physiques de manire leur donn] une autorit p>tiellem5t sci5tifique4 ,il e/ clair que1 entre la dp5se de la sub/ance corporelle p> l'action vitale et l'assimilation de matriaux propres r5\vel] cette sub/ance1 il y a un rapport direct4 ,il e/ clair aussi qu'il y a un rapport direct entre l'usure des tissus p> l'ef=t1 et le beso9 de ces susp5sions d'ef=t p5dant lesquelles l'usure se rp>e4 ,il n'e/ pas mo9s clair qu'entre le *iffre de la mortalit et celui des naissances1 dans t\te socit1 il y a une relation telle que le d]ni] doit atte9dre un c]ta9 niveau p\r faire quilibre au premi] et prv5ir la disp>ition de la socit4 ,on peut en conclure que la re*]*e d'autres f9s pr9cipales e/ dt]m9e de la mme manire p> c]ta9es ncessits naturelles1 et que de celles-ci driv5t leurs sanctions morales4 ,on peut d\t] qu'il soit jamais possible de =mul] des rgles prcises p\r la conduite prive en con=mit avec ces beso9s4 ,mais la fonction de la morale absolue p> rapport la conduite prive e/ remplie1 qu& elle a reconnu ces beso9s comme gnralem5t pr\vs1 qu& elle a montr qu'il e/ obligatoire de s'y s\mettre1 et qu'elle a enseign qu'il faut considr] avec so9 si la conduite les satisfait autant que possible4 ,dans la morale de la conduite p]sonnelle considre p> rapport aux conditions actuelles1 se prs5t5t t\tes les que/ions relatives au degr auquel le bi5-tre p]sonnel immdiat doit tre subordonn ou au bi5-tre p]sonnel f9al1 ou au bi5-tre des autres4 ,a la manire dont n\s vivons auj\rd'hui1 les droits de l'individu au mom5t prs5t s'oppos5t *aque in/ant ses droits dans l'av5ir1 et les intrts individuels sont *aque in/ant en lutte avec les intrts des autres1 pris sp>m5t ou en socit4 ,dans la plup>t des cas1 les dcisions ne sont que des compromis1 et la sci5ce morale1 alors simplem5t empirique1 ne peut qu'aid] faire les compromis qui soi5t le mo9s possible sujets critique4 ,p\r arriv] au meilleur compromis dans n'importe quel cas1 il faut concevoir exactem5t les consqu5ces alt]natives de telle ou telle manire d'agir4 ,p> suite1 autant que l'on peut prcis] la morale absolue de la conduite individuelle1 elle doit n\s aid]a dcid] entre des exig5ces p]sonnelles opposes1 et aussi entre le beso9 d'affirm] nos droits et celui de les subordonn] ceux des autres4 #aji4 ,de cette division de la morale qui traite de la bonne direction donn] la conduite prive1 considre ab/raction faite des effets directem5t produits sur les autres1 n\s passons ma9t5ant cette division de la morale qui1 considrant exclusivem5t les effets de la conduite p> rapport aux autres1 traite de la bonne direction lui donn] en t5ant compte de ces effets4 ,le premi] gr\pe de rgles qui se rang5t dans cette division sont celles qui conc]n5t ce que n\s di/+uons s\s le nom de ju/ice4 ,la vie individuelle e/ possible la condition seulem5t que *aque organe reoive en ret\r de son action une quantit quival5te de sang1 t&is que l'organisme dans son ensemble tire du milieu des matriaux assimilables qui sont la comp5sation de ses ef=ts2 la dp5dance mutuelle des p>ties de l'organisme social r5d ncessaire1 aussi bi5 p\r sa vie totale que p\r la vie de ses units1 la cons]vation analogue d'une lgitime proportion entre les bnfices et les travaux3 la relation naturelle entre le travail et le bi5-tre doit re/] intacte4 ,la ju/ice1 qui =mule l'ordre de la conduite et qui lui impose des limites1 e/ la fois la division la plus importante de la morale et celle qui comporte la plus gr&e prcision4 ,ce pr9cipe d'quival5ce1 que n\s tr\vons qu& n\s en *]*ons la rac9e dans les lois de la vie individuelle1 compr5d l'ide de mesure2 et1 en passant la vie sociale1 le mme pr9cipe n\s amne concevoir l'quit ou l'galit dans les relations des citoy5s entre eux2 les lm5ts des que/ions qui se prs5t5t sont quantitatifs1 et1 p> suite1 les solutions revt5t une =me plus sci5tifique4 ,t\t en reconnaissant des diffr5ces entre les individus1 diffr5ces qui ti5n5t l'ge1 au sexe ou d'autres causes1 et n\s emp*5t de reg>d] les membres d'une socit comme absolum5t gaux1 et p> suite de trait] les problmes auxquels leurs relations donn5t lieu avec la prcision qu'une galit absolue r5drait seule possible1 n\s p\vons cep5dant1 en les considrant comme approximativem5t gaux en v]tu de leur commune nature d'homme1 et en traitant les que/ions d'quit d'aprs cette supposition1 arriv] des conclusions d'un g5re assez prcis4 ,cette division de la morale1 considre s\s sa =me absolue1 doit df9ir les relations quitables d'individus p>faits qui limit5t mutuellem5t leurs sphres d'action p> le fait de coexi/]1 et qui atteign5t leurs f9s p> coopration4 ,elle a encore bi5 plus faire4 ,outre la ju/ice d'homme homme1 elle doit encore trait] de la ju/ice dans les relations de *aque homme avec l'agrgat des hommes4 ,les relations entre les individus et l',etat1 considr comme reprs5tant t\s les individus1 sont dduire1 sujet important et relativem5t difficile4 ,quel e/ le fondem5t moral de l'autorit g\v]nem5tale8 ,p\r quelles f9s peut-elle lgitimem5t s'ex]c]8 ,jusqu'o peut-elle all] sans s'c>t] du droit *em98 ,jusqu' quel po9t les citoy5s sont-ils t5us de reconnatre les dcisions collectives d'autres citoy5s1 et au del de quel po9t peuv5t-ils avec raison refus] de s'y s\mettre8 ,ces relations prives et publiques1 considres comme ma9t5ues dans des conditions idales1 une fois =mules1 il faut trait] des relations analogues dans des conditions relles2 la ju/ice absolue tant la rgle1 il faut dt]m9] la ju/ice relative en re*]*ant jusqu'o1 dans les circon/ances prs5tes1 n\s p\vons n\s rappro*] de cette rgle4 ,comme il rsulte dj de plusieurs passages1 il e/ impossible1 durant les degrs de transition qui ncessit5t des compromis t\j\rs *angeants1 de se con=m] aux prescriptions de l'quit absolue1 et l'on ne peut =m] que des jugem5ts empiriques sur la mesure dans laquelle1 un mom5t quelconque1 on peut s'y con=m]4 ,tant que la gu]re cont9ue et que l'inju/ice rgne dans les relations int]nationales1 il ne peut ri5 y avoir de semblable une ju/ice complte dans l'intrieur de *aque socit4 ,l'organisation militaire1 non mo9s que l'action militaire1 e/ inconciliable avec la pure quit1 et l'iniquit qu'elle implique se ramifie 9vitablem5t dans t\tes les relations sociales2 mais il y a1 *aque degr de l'volution sociale1 une c]ta9e mesure de v>iation qui fait qu'on se rappro*e davantage ou qu'on s'loigne un peu plus de ce que dem&e l'quit absolue4 ,aussi faut-il t\j\rs avoir en vue ce qu'elle dem&e p\r p\voir assur] l'quit relative4 #aaj4 ,des deux subdivisions de la bi5faisance1 suivant qu'elle e/ ngative ou positive1 on ne peut spcialis] ni l'une ni l'autre4 ,dans les conditions idales1 la premire n'a qu'une exi/5ce nom9ale1 et la seconde pr5d une =me t\t fait diffr5te dont on ne peut donn] qu'une df9ition gnrale4 ,dans la conduite de l'homme idal au milieu d'hommes idaux1 les rgles qu'on s'impose soi-mme p\r p>gn] de la pe9e aux autres n'ont pas d'application pratique4 ,comme p]sonne n'pr\ve de s5tim5ts qui port5t agir de manire affect] dsagrablem5t les autres1 il ne saurait y avoir de code re/rictif qui se rapporte cette division de la conduite4 ,mais si la bi5faisance ngative e/ une p>tie nom9ale seulem5t de la morale absolue1 elle e/ une p>tie actuelle et considrable de la morale relative4 ,c> tant que la nature huma9e re/]a imp>faitem5t adapte la vie sociale1 elle cont9u]a avoir des t5dances qui1 produisant dans c]ta9s cas des actions que n\s nommons inju/es1 produis5t dans d'autres les actions que n\s nommons dsobligeantes1 dsobligeantes tantt en fait1 tantt en p>oles2 et1 p> rapport aux manires d'agir qui ne sont pas agressives1 mais caus5t cep5dant de la pe9e1 naiss5t de nombreux et difficiles problmes4 ,on fait quelquefois de la pe9e aux autres1 simplem5t en s\t5ant une prt5tion quitable1 d'autres fois en rejetant une dem&e1 ou encore en s\t5ant une op9ion4 ,dans ces cas et dans beauc\p d'autres qu'il e/ facile d'imag9]1 la "q rs\dre e/ de savoir si1 p\r vit] de faire de la pe9e1 on doit faire le sacrifice de ses s5tim5ts p]sonnels1 et dans quelle mesure4 ,en outre1 dans des cas d'un autre g5re1 on fait de la pe9e aux autres non p> une manire d'agir passive1 mais p> une manire d'agir active4 ,jusqu' quel po9t une p]sonne qui s'e/ mal comporte doit-elle tre punie p> l'av]sion qu'on lui tmoign]a8 ,un homme commet une action blmable2 faut-il lui exprim] sa rprobation ou ne ri5 dire8 ,e/-il bi5 de bless] en condamnant le prjug montr p> un autre8 ,il faut rpondre ces que/ions et d'autres semblables en t5ant compte de la pe9e immdiate produite1 des avantages qui peuv5t rsult] de cette pe9e1 et du mal qui rsult]ait peut-tre si l'on se refusait la caus]4 ,dans la solution des problmes de cette classe1 le seul sec\rs f\rni p> la morale absolue e/ de faire bi5 compr5dre qu'on ne saurait tre autoris inflig] plus de pe9e qu'il n'e/ ncessaire de le faire1 ou dans son propre intrt1 ou dans l'intrt d'autrui1 ou dans l'intrt d'un pr9cipe gnral4 ,de la bi5faisance positive s\s sa =me absolue1 il n'y a ri5 de spcifique dire1 s9on qu'elle doit dev5ir coext5sive la sphre1 quelle qu'elle soit1 qui lui re/e2 elle s]t r5dre plus complte la vie de *acun1 en tant qu'il reoit des s]vices1 et exalt] la vie de *acun en tant qu'il e/ capable d'en r5dre4 ,comme avec le dveloppem5t de l'humanit le dsir de l'ex]c] doit s'accrotre dans t\s les coeurs1 et la sphre de cet ex]cice dcrotre en mme temps1 au po9t qu'il se produise une comptition altrui/e analogue la comptition g/e dont n\s sommes les tmo9s1 il e/ possible que la morale absolue f9isse p> comport] ce que n\s avons appel plus haut une quit suprieure1 prescrivant les limitations mutuelles des activits altrui/es4 ,s\s sa =me relative1 la bi5faisance positive prs5te de nombreux problmes1 aussi importants que difficiles1 et dont les solutions sont purem5t empiriques4 ,jusqu'o faut-il p\ss] dans *aque cas les sacrifices p]sonnels au pr(it des autres8 ,c'e/ une "q laquelle on f]a diffr5tes rponses suivant le c>actre des autres1 leurs beso9s1 et les div]s droits de l'individu lui-mme et des si5s qui peuv5t se prs5t]4 ,dans quelle mesure1 dans des circon/ances donnes1 doit-on subordonn] l'intrt priv l'intrt public8 ,c'e/ une "q laquelle on rpondra aprs avoir considr l'importance de la f9 et la gravit du sacrifice4 ,quel avantage1 quel inconvni5t doit-il rsult] de l'assi/ance gratuite donne autrui8 ,c'e/ encore une "q qui implique dans *aque cas un calcul des probabilits4 ,en traitant bi5 telle ou telle p]sonne1 ne s'expose-t-on pas faire tort plusieurs autres8 ,dans quelle limite peut-on r5dre s]vice la gnration actuelle des infrieurs sans nuire p> avance la gnration future des suprieurs8 ,evidemm5t1 ces que/ions et beauc\p d'autres semblables que s\lve cette division de la morale relative1 on ne peut faire qu'approximativem5t des rponses vraies4 ,mais bi5 que la morale absolue1 p> la rgle qu'elle f\rnit1 ne puisse pas tre ici d'un gr& sec\rs p\r la morale relative1 cep5dant1 comme dans les autres cas1 elle a du mo9s quelque utilit en prs5tant la consci5ce une conciliation idale des diffr5tes prt5tions en jeu1 et en suggrant la re*]*e des compromis tels qu'aucune d'elles ne soit mconnue1 et que t\tes soi5t satisfaites autant que possible4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,*ap4 ,i4--,la conduite en gnral ,,ii4--,l'volution de la conduite ,,iii4--,la bonne et la mauvaise conduite ,,iv4--,manires de jug] la conduite ,v4--,le po9t de vue physique ,,vi4--,le po9t de vue biologique ,,vii4--,le po9t de vue psy*ologique ,,viii4--,le po9t de vue sociologique ,,ix4--,critiques et explications ,x4--,la relativit des pe9es et des plaisirs ,,xi4--,l'gsme oppos l'altruisme ,,xii4--,l'altruisme oppos l'gsme ,,xiii4--,jugem5t et compromis ,,xiv4--,conciliation ,,xv4--,morale absolue et morale relative ,,xvi4--,le doma9e de la morale4 #hii-jd4--;,c\lommi]s4 ,imp4 ,paul ,,brod>d4--#i-jd4