by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,la ,,philosophie ,,zoologique ,,avant ,,d>w9 ,,p> ,,edmond ,,p]ri] ,pr(esseur au ,musum d'hi/oire naturelle ,,p>is ,,anci5ne ,,librairie ,,g]m] ,,bailli,,re ,,et ,cie ,f,,lix ,,alcan1 ,,diteur #ahhd ,,table ,,des ,,mati,,res ,,pr,,face ,,*apitre ,,premi]4--,introduction4 ,ides premires sur la place des animaux dans la nature4--,les my?ologies et les philosophies de l'antiquit4 ,,*apitre ,,ii4--,ari/ote4 ,premires notions sur les analogies et les homologies des organes4--,=mes corrlatives4--,divisions tablies p>mi les animaux4--,ide de l'espce4--,pr9cipe de cont9uit4--,degrs de p]fection organique4--,possibilit d'une trans=mation des =mes animales4 ,,*apitre ,,iii4--,la priode roma9e4 ,lucrce3 la =mation des premi]s organismes2 la lutte p\r la vie4--,pl9e3 attributs m]veilleux des animaux2 nature et mode de =mation des mon/res m>9s2 notions d'anatomie4--,eli52 ,oppi54--,gali53 progrs de l'anatomie2 corrlation entre la =me extrieure des animaux1 leur organisation et leurs murs4 ,,*apitre ,,iv4--,le moy5 ge et la r5aissance4 ,les mdec9s arabes4--,les al*imi/es4--,alb]t le ,gr&4--,premi]s gr&s voyages4--,r5aissance de l'anatomie4--,belon1 ,rondelet4--,franois ,bacon4--,progrs de la physiologie et de l'anatomie4--,les premi]s micrographes4--,prjugs encore rgnant au ,x,v,ie sicle4 ,,*apitre ,v4--volution de l'ide de l'espce4 ,les gr&s travaux descriptifs3 ,wotton1 ,gessn]1 ,aldrov&e4--,ray3 df9ition de l'espce4--,premi]s essais de nom5clature4--,l9n3 la fixit des espces2 la nom5clature b9aire4 ,,*apitre ,,vi4--,les philosophes du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,e4 ,bonnet3 la *ane des tres2 les rvolutions du globe2 l'tat pass et l'tat futur les plantes1 des animaux et de l'homme2 l'embotem5t des g]mes4--,rob9et3 ses ides sur l'volution4--,de ,maillet3 les fossiles4--,erasme ,d>w93 le trans=misme fond sur l'pignse4--,trans=mation des animaux s\s l'influ5ce des habitudes2 analogie avec ,lam>ck et ,*>les ,d>w94--,maup]tuis3 la s5sibilit de la matire et le trans=misme4--,did]ot3 la vie de l'espce et la vie de l'individu4 ,,*apitre ,,vii4--,buffon4 ,opposition de ,buffon aux classifications2 elles conduis5t ncessairem5t au trans=misme4--,utilit des sy/mes artificiels4--,di/ribution gographique des animaux4--,probabilit de modifications dans les espces4--,espces te9tes2 lutte p\r la vie4--,opposition la doctr9e des causes f9ales4--,pr9cipe de cont9uit4 ,,*apitre ,,viii4--,lam>ck4 ,importance attribue aux animaux infrieurs4--,gnration spontane4--,p]fectionnem5t graduel des organismes2 influ5ce des beso9s1 des habitudes4--,l'hrdit et l'adaptation4--,trans=mation des espces app>t5ant aux priodes gologiques antrieures4--,opposition la ?orie des cataclysmes gnraux4--,importance des causes actuelles4--,gnalogie du rgne animal4--,orig9e de l'homme4 ,,*apitre ,,ix4--ti5ne ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,opposition des deux doctr9es de la fixit et de la v>iabilit des espces4--,l'unit de plan de composition4--,importance des organes rudim5taires4--,balancem5t des organes4--,?orie des analogues2 pr9cipe des connexions4--,analogie des animaux infrieurs et des embryons des animaux suprieurs4--,arrts de dveloppem5t4--,les mon/res et la tratologie4--,ides de ,ge(froy sur la v>iabilit des espces2 les trans=mations brusques2 l'influ5ce du milieu4--,ext5sion de l'unit de plan de composition aux animaux articuls2 ret\rnem5t du v]tbr2 ides d',ampre4--,li5 gnalogique entre les espces fossiles et les espces vivantes4 ,,*apitre ,x4--,georges ,cuvi]4 ,aff9its avec ,l9n2 influ5ce des dbuts de ,cuvi] sur son uvre sci5tifique2 les rvolutions du globe2 ?ories des crations successives et des migrations4--,cration de la palontologie4--,c>actre des inductions de ,cuvi]4--,ordre d'app>ition des animaux2 cration spciale des pr9cipaux gr\pes4--,la classification naturelle2 adhsion au pr9cipe des causes f9ales2 pr9cipe des conditions d'exi/5ce2 loi de la corrlation des =mes2 loi de la subord9ation des c>actres4--,les quatre embran*em5ts du rgne animal4 ,,*apitre ,,xi4--,discussion entre ,cuvi] et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,essai d'ext5sion aux mollusques de la ?orie de l'unit de plan de composition4--,opposition de ,cuvi]2 que doit-on ent5dre p> unit de plan8--,les connexions claires p> l'embryognie et l'pignse4--,adhsion de ,cuvi] l'hypo?se de la prexi/5ce des g]mes4--,von ,bar et les quatre types de dveloppem5t4--,l'cole des ides et l'cole des faits4--,influ5ce respective de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 de ,cuvi] et de ,lam>ck4 ,,*apitre ,,xii4--,g!4 ,ides de ,g! sur l'unit des types organiques4--,la mtamorphose des plantes2 la /ructure des vgtaux1 le vgtal idal4--,travaux d'anatomie comp>e2 re*]*e du type idal du squelette4--,trans=misme de ,g!4 ,,*apitre ,,xiii4--,dugs4 ,essai de conciliation des ides de ,cuvi] et de ,ge(froy4--,la con=mit organique dans l'*elle animale4--,moqu9-,t&on et la ?orie du zoonite4--,gnralisation de cette ?orie p> ,dugs4--,?orie de la con/itution des organismes2 loi de multiplicit ou de rptition des p>ties2 loi de disposition1 loi de modification et de complication2 loi de coalesc5ce4--,ides de ,dugs sur les types organiques4 ,,*apitre ,,xiv4--,les philosophes de la nature4 ,ides de ,s*ell+4--,ok53 les pol>its et la g5se de l'univ]s4--,le mucus primitif4--,gnration quivoque des infusoires2 les lm5ts anatomiques4--,loi de rptition dduite de la philosophie de la nature4--,l'homme et le microcosme4--,les degrs d'organisation4--,?orie de la v]tbre2 con/itution v]tbrale du crne4--,spix3 application de la loi de rptition l'anatomie comp>e4--,c>us3 ext5sion de la ?orie de la v]tbre4 ,,*apitre ,,xv4--,la ?orie des types organiques et ses consqu5ces4 ,ri*>d ,ow53 le squelette ar*type4--,analogie1 homologie1 homotypie4--,?orie du segm5t v]tbral4--,le v]tbr idal et l'exi/5ce de ,dieu4--,trans=misme de ,r4 ,ow54--,savigny3 l'unit de composition de la b\*e des insectes4--,aud\93 unit de composition du squelette des animaux articuls4--,h4 ,milne ,edw>ds3 le type articul2 id5tit fondam5tale des zoonites2 signification des rgions du corps2 loi de la division du travail physiologique1 son importance gnrale4--,l'accroissem5t du corps et la reproduction agame *ez les articuls2 id5tit des deux phnomnes2 signification des zoonites2 p>allle entre les lois de la con/itution des animaux et les lois de l'conomie politique4--,suite des re*]*es sur les animaux infrieurs3 ,,mm4 de ,quatrefages1 ,blan*>d1 de ,lacaze-,du?i]s4 ,,*apitre ,,xvi4--,l\is ,agassiz4 ,consqu5ces philosophiques de l'hypo?se de la fixit des espces4--,la possibilit d'une classification dmontre l'exi/5ce de ,dieu4--,l'exi/5ce d'un plan de la cration et la doctr9e du trans=misme4--,argum5ts en faveur de la fixit des espces4--,faiblesse de ces argum5ts4--,nature des c>actres des divisions zoologiques des div]s degrs4--,df9ition n\velle des espces4 ,dsaccord de cette df9ition avec les faits4--,ralit de l'espce4--,causes de l'isolem5t physiologique des espces4 ,,*apitre ,,xvii4--,les animaux infrieurs4 ,progrs successifs des dc\v]tes relatives aux animaux infrieurs4--,trembley3 l',hydre d'eau d\ce4--,peyssonnel3 le ,corail4--,cuvi]3 la ,p5natule4--,lesueur3 les ,siphonophores4--,de ,*amisso3 la gnration alt]nante des ,salpes4--,s>s3 la gnration alt]nante des ,hydromduses4--,/e5/rup3 ?orie de la gnration alt]nante4--,van ,b5$53 la dignse4--,leuck>t3 le polymorphisme4--,ow53 la p>?nog5se et la mtagnse4--,?orie de la reproduction1 p> ,m4 ,h4 ,milne ,edw>ds4--,?orie gnrale de la reproduction agame4 ,,*apitre ,,xviii4--,la ?orie cellulaire et la con/itution de l'individu4 ,p9el3 les membranes4--,bi*at3 les tissus1 leurs proprits gnrales4--,duj>d93 le s>code4--,s*leid53 les cellules vgtales4--,s*wann3 ext5sion aux animaux de la ?orie cellulaire4--,prvo/ et ,dumas3 la segm5tation du vitellus de l'uf4--,re*]*es relatives l'orig9e des cellules1 ou lm5ts anatomiques de l'organisme2 signification de l'uf4--,df9ition de la cellule2 le protoplasme et les pla/ides4--,con/itution des individus les plus simples4--,colonies animales2 nombreuses transitions entre les colonies et les individus d'ordre suprieur4--,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire3 la vie coloniale1 signe d'infriorit4--,m4 de ,lacaze-,du?i]s3 opposition entre les inv]tbrs et les v]tbrs4--,?orie gnrale de l'individualit animale4 ,,*apitre ,,xix4--,l'embryognie4 ,l'pignse et l'embryognie4--,h>vey3 ,influ5ce de la ?orie cellulaire4--,l'uf considr comme cellule4--,?orie des feuillets bla/od]miques4--,gnralisation exagre des rsultats obt5us p> l'tude des v]tbrs4--,l'embryognie au po9t de vue de l'hi/og5se et l'organognse4--,s]res et l'anatomie transc5dante4--,l'embryognie considre comme une anatomie comp>e transitoire4--,argum5ts l'appui de cette ?orie4--,classifications embryogniques2 causes de leur insuffisance4--,l'embryognie d'un organisme en e/ la gnalogie abrge4--,acclration embryognique2 phnomnes p]turbateurs qui en rsult5t4--,li5s rels entre l'embryognie1 la morphologie gnrale et la palontologie4 ,,*apitre ,,xx4--,l'espce et ses modifications4 ,revue rapide des ides relatives l'espce4--,position vritable du problme de l'espce2 manires directes de rs\dre ce problme4--,essais de solution indirecte4--,opposition de la race et de l'espce4--,prt5dus critrium de l'espce3 fcondit limite2 in/abilit des =mes hybrides4--,?orie de ,godron4--,expri5ces et ?orie de ,m4 ,*4 ,naud94--,id5tit de la race et de l'espce4--,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire3 ?orie de la v>iabilit limite4--,comp>aison des doctr9es d',isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et de ,*>les ,d>w94--,conclusion4 ,,notes ,,pr,,face ,l'volution des ides e/ assez semblable celle des tres vivants4 ,elles naiss5t ord9airem5t humbles et ca*es p>mi les ides plus anci5nes1 gr&iss5t plus ou mo9s confondues avec leurs anes1 au milieu desquelles il e/ s\v5t difficile de les di/+u]1 se diffr5ci5t peu peu1 atteign5t un c]ta9 degr de puissance1 se trans=m5t et meur5t1 aprs avoir eng5dr d'autres ides qui auront un sort semblable4 ,la mme de/9e n'att5d pas t\tes celles qui app>ti5n5t une mme famille2 les unes s'teign5t sans avoir j\ aucun rle1 ex]c aucune influ5ce1 provoqu aucun m\vem5t2 d'autres1 qui leur ressemblai5t d'abord presque entirem5t1 devi5n5t1 p\r un temps1 les gr&es directrices de l'esprit huma94 ,*acun croit alors les reconnatre1 s'imag9e les avoir vues t\tes petites et s'en av\]ait volonti]s le pre4 ,c'e/ p\rquoi il e/ presque impossible d'crire une hi/oire des ides que t\t le monde s'accorde dcl>] imp>tiale2 c'e/ p\rquoi t\t homme qui croit apport] une ide neuve au trsor de l'humanit se voit aussitt assailli p> les rclamations d'une f\le de soi-disant prcurseurs qui il n'a manqu p\r assur] le rgne de leur p5se que le tal5t de la faire vivre4 ,c'e/ aussi p\rquoi1 en crivant ce petit livre1 dont nos auditeurs au ,j>d9 des ,plantes connaiss5t dj quelques *apitres1 n\s n'avons jamais eu l'int5tion de prs5t] un expos complet des conceptions div]ses auxquelles l'tude des animaux a conduit les zoologi/es4 ,l'hi/ori5 laisse aux *roniqueurs les m5us faits1 aux biographes les dtails relatifs l'enfance des gr&s hommes4 ,de mme1 n\s avons nglig les ap]u nuageux1 les ides mal nes1 infirmes1 t\tes celles qui n'ont laiss aucune po/rit1 p\r n\s atta*] surt\t celles qui1 =tes et vig\reuses1 ont contribu1 p\r une "p plus ou mo9s gr&e1 l'tablissem5t de la ,philosophie zoologique actuelle2 n\s avons pris ces ides dans la priode o elles ont accompli la p>tie durable de leur uvre1 au mom5t o elles ont remu et fcond les intellig5ces4 ,c'tait1 p5sons-n\s1 le seul moy5 d'crire un livre clair1 prcis1 utile et c\rt4 ,avec la complicit de quelques ,franais mal inspirs1 on a beauc\p trop mdit de la sci5ce franaise1 beauc\p trop rabaiss le rle qu'elle a j\ dans l'pan\issem5t de cette spl5dide sci5ce biologique qui rayonne auj\rd'hui1 mme sur les conceptions des hommes politiques4 ,la ,france n'e/ pas1 ,dieu m]ci6 demeure aussi trangre qu'on a bi5 v\lu le dire la con/itution de la ,philosophie zoologique4 ,peu de pays ont f\rni autant de savants ayant eu au mme degr le s\ci des ides gnrales1 ayant expos leurs ides avec plus de cl>t et de mesure4 ,n\s avons eu l'agrable devoir de le con/at]1 et n\s osons espr] l'avoir fait avec la plus gr&e imp>tialit1 autant vis--vis des savants trang]s que vis--vis de ceux de nos contempora9s dont n\s avons eu discut] les doctr9es4 ,traitant de la ,philosophie zoologique avant ,d>w91 n\s avons d prcis] cep5dant en quoi les ides actuelles sont en progrs sur celles qui les ont prcdes et dont elles procd5t en gr&e p>tie2 n\s avons d cons]v] les t5dances de la biologie mod]ne1 le b qu'elle p\rsuit1 la m?ode laquelle elle doit s'a/re9dre p\r y p>v5ir4 ,cette m?ode1 elle e/ pe9e arrive auj\rd'hui s'en r5dre matresse4 ,si l'adoption du trans=misme e/ en voie d'accomplir une rvolution pr(onde dans la direction des travaux des naturali/es1 dans leur faon de raisonn]1 dans leur manire d'expos] les faits et de les en*an] entre eux1 cette rvolution e/ lo9 d'tre faite4 ,la vieille m?ode1 que les physici5s appelai5t un peu ddaigneusem5t jadis la m?ode des naturali/es1 int]vi5t trop s\v5t encore p\r tablir un dsaccord entre la conception matresse et les conceptions secondaires qu'on *]*e y ratta*]4 ,on demeure frapp en tudiant les crits des plus gr&s naturali/es de voir combi5 leur m?ode diffre de la m?ode des physici5s1 et la diffr5ce rside beauc\p mo9s dans l'opposition entre l'obs]vation et l'exprim5tation proprem5t dite que dans l'ef=t con/ant du physici5 p\r remont] du simple au compos1 p\r ratta*] les effets leur cause4 ,longtemps les naturali/es se sont borns comp>]1 t&is que les physici5s s'ef=ai5t d'expliqu]4 ,auj\rd'hui1 les naturali/es *]*5t eux aussi expliqu]1 leur t\r1 les phnomnes qu'ils obs]v5t2 ils r5onc5t faire incessamm5t appel la mtaphysique dans cette sci5ce de la nature qu'ils cultiv5t et qui1 p> une trange =tune1 a cd son vrai nom d'autres sci5ces qui lui auront au mo9s r5du le s]vice de crer la m?ode dont elle n'aurait jamais d se dp>tir4 ,mais1 jusqu' la priode contempora9e1 c'e/ malheureusem5t t\j\rs la mtaphysique que demeure la p>ole lorsqu'il s'agit de s'lev] quelque conception un peu gnrale des rapports des tres vivants4 ,qu& ,ari/ote introduit dans la sci5ce le pr9cipe des causes f9ales1 dont ,cuvi] fait encore le pivot de l'hi/oire naturelle1 il ne fait en somme que *]*] la raison de t\t ce qui exi/e dans une h>monie tablie p> une volont extrieure au monde qu'il tudie4 ,le pr9cipe de cont9uit de ,leibnitz ne suppose dans l'esprit de ses disciples ,l9n et ,bonnet aucune relation de cause effet entre les phnomnes qu'il doit reli] entre eux2 la cont9uit des phnomnes1 les gradations que prs5t5t les organismes1 l'*elle des tres en un mot1 ne sont autre *ose que le reflet de la cont9uit qui exi/e dans la p5se de l'intellig5ce directe de l'univ]s4 ti5ne ,ge(froy ,sa9t-,hilaire ne peut donn] son t\r--et ,cuvi] ne s'y mpr5d pas--d'autre raison de l'unit de plan de composition qu'il admet dans le rgne animal qu'une sorte de rapport my/rieux entre les tres vivants et leur ,crateur4 ,en proclamant l'exi/5ce de quatre plans di/9cts suivant lesquels les animaux s]ai5t con/ruits1 ,cuvi] ne s'c>te pas davantage de ces errem5ts2 aussi se tr\ve-t-il ram51 ds qu'il veut remont] tant soit peu au del des faits1 au pr9cipe des causes f9ales ou l'hypo?se de la prexi/5ce de l'animal dans son g]me4 ,les disciples les plus immdiats de ,cuvi]1 ,ri*>d ,ow51 en exposant sa ?orie des ar*types1 ,l\is ,agassiz1 en dveloppant la srie de ses ides sur l'espce et sur la classification1 ne font d'ailleurs nullem5t my/re de leurs t5dances3 l'hi/oire naturelle n'e/ en somme p\r eux qu'une srie de tableaux prs5tant s\s ses div]s aspects la p5se de ,dieu4 ,il e/ d'ailleurs bi5 difficile d'arriv] une autre conception du monde vivant ds qu'on se range cette hypo?se1 t\te mtaphysique elle aussi1 de la fixit des espces1 ne une poque o l'on savait bi5 peu de *oses du rgne animal et que les connaissances acquises ont depuis si bi5 battue en br*e que l'espce fixe suppose ne peut plus recevoir de df9ition satisfaisante4 ,comme il n'y a plus1 dans cette hypo?se1 de relation ncessaire ni entre les =mes vivantes1 ni entre les =mes et le milieu dans lequel elles sont places1 ce que les naturali/es considr5t comme des explications sont tantt de simples gnralisations1 comme la loi de con=mit organique de ,dugs1 la loi des gnrations alt]nantes de ,/e5/rup1 tantt la con/atation des moy5s employs p> la nature p\r p]fectionn] ses uvres1 comme cette loi1 division du travail physiologique1 dont ,m4 ,h4 ,milne ,edw>ds a tir un si brillant p>ti1 mais qui ne cesse d'tre un moy5 de la nature p\r dev5ir un procd rel que si l'on admet p\r les tres vivants la possibilit de se compliqu] graduellem5t et p> consqu5t de se trans=m]4 ,en va9 les naturali/es de la premire moiti de ce sicle espr5t-ils *app] ce repro*e de se laiss] induire en mtaphysique en voquant *acune des plus belles pages de leurs crits un tre indf9i qu'ils dcor5t du nom de ,nature1 et auquel ils consacr5t des articles spciaux dans leurs encyclopdies et leurs dictionnaires4 ,la ,nature1 c'e/ l',univ]s1 c'e/ ,dieu1 et1 si ce n'e/ pas cela1 ce n'e/ ri54 ,de t\tes faons1 p>t\t o la ,nature int]vi5t1 il ne saurait y avoir explication1 au s5s o les physici5s ent5d5t ce mot4 ,expliqu] un ensemble de phnomnes1 c'e/ dc\vrir un lm5t simple qui leur e/ commun1 en dt]m9] exactem5t les proprits et dmontr] que les div]s phnomnes considrs rsult5t des modifications div]ses que subit cet lm5t s\s l'action de causes1 elles-mmes connues4 ,c'e/ assez dire qu'en zoologie t\te m?ode d'exposition qui pr5d l'homme ou les v]tbrs comme po9t de d"p p\r desc5dre ensuite aux autres organismes ne saurait comport] d'explication2 c'e/ assez dire que *]*] expliqu] les gr\pes infrieurs du rgne animal au moy5 de conceptions rsultant de l'tude des seuls v]tbrs1 c'e/ pr5dre le contre-pi$ du procd qu'emploi5t t\tes les sci5ces exprim5tales4 ,t\tes les difficults que l'on pr\ve encore df9ir l'individu1 df9ir l'espce sont des difficults en quelque sorte artificielles1 en ce s5s que n\s les avons cres n\s-mmes2 elles rsult5t des conceptions trop troites suggres jadis p> une tude trop exclusive des animaux suprieurs1 et dont n\s n'avons pas encore su n\s dgag] suffisamm5t4 ,auj\rd'hui que1 grce au p]fectionnem5t de nos moy5s d'inve/igation1 il a t possible de rduire les tres vivants en des lm5ts qui leur sont communs1 et qui ont eux-mmes en commun t\t un ensemble de sub/ances ayant des proprits fondam5tales id5tiques1 les protoplasmes1 auj\rd'hui qu'il a t possible d'tablir une *ane cont9ue entre les tres =ms d'un seul de ces lm5ts et ceux qui en conti5n5t des milli>ds1 une poque o l'embryognie dmontre que mme les plus compliqus de ces d]ni]s rsult5t de la multiplication d'un lm5t d'abord unique1 l'uf1 les vritables explications1 les explications telles que les conoiv5t les physici5s et les *imi/es1 p>aiss5t pro*a9es4 ,il n'e/ plus tmraire d'espr] que l'hi/oire des tres vivants p\rra tre prs5te s\s la =me didactique1 propre aux sci5ces exprim5tales1 et n\s avons fait un premi] essai dans ce s5s en crivant notre livre3 ,les colonies animales et la =mation des organismes4 ,mais1 p\r atte9dre ce rsultat1 il faut avant t\t demeur] p]suad que les tres vivants1 en tant qu'organismes naturels1 doiv5t tr\v] dans la nature actuelle leur explication1 s'ef=c] de re*]*] et de mettre en vid5ce les li5s de causalit qui uniss5t les phnomnes complexes ceux d'un degr mo9dre de complexit1 =m] a9si des ensembles de plus en plus t5dus1 et ne pas s'illusionn] sur la porte d'un sy/me de critiques1 actuellem5t =t en vogue dans les sci5ces naturelles1 et dans lequel on s'imag9e avoir tabli la vanit des explications1 en *oisissant habilem5t un po9t inexpliqu ou dont l'explication dlicate n'a pas t comprise p\r l'oppos] l'ensemble des faits expliqus4 ,puissions-n\s1 en crivant l'hi/oire des anci5s sy/mes1 avoir contribu montr] dans quel s5s se tr\ve la voie vritable6 ,edmond ,p]ri]4 ,,la ,,philosophie ,,zoologique ,,avant ,,d>w9 ,,*apitre ,,premi] ,,introduction ,ides premires sur la place des animaux dans la nature4--,les my?ologies et les philosophies de l'antiquit4 ,de t\t temps1 l'homme a essay de pntr] l'orig9e des tres vivants qui l'ent\r5t1 de se donn] une explication1 si grossire ft-elle1 des li5s qui les ratta*5t entre eux1 des rapports qui les uniss5t lui4 ,ds l'veil de son intellig5ce1 il a exam9 d'un il p>ticulirem5t curieux les animaux qui1 sans cesse agits1 v5ai5t indiscrtem5t ml] leur exi/5ce la si5ne4 ,ne p\vant compr5dre la raison d'tre de ces muets qui n'avai5t p\r lui que des secrets1 t\r t\r tonn de leurs m]veilleux in/9cts1 effray de leur =ce r$\table1 *>m de l'clat de leurs c\leurs1 de la grce de leurs m\vem5ts1 de l'lgance de leurs =mes1 il a comm5c p> en faire les messag]s des puissances invisibles qui rgiss5t l'univ]s et s\v5t mme des dieux4 ,dans t\tes les my?ologies primitives1 les animaux j\5t un rle considrable4 ,oblig un combat sans trve p> les animaux qui lui disputai5t ses moy5s d'exi/5ce1 l'homme1 avant de se donn] la place d'honneur dans le monde1 avait comm5c p> l'(frir mode/em5t ses rivaux2 les ,h9d\s et beauc\p de peuplades sauvages la leur cons]v5t encore4 ,t\te l'antiquit1 t\t le moy5 ge demeur5t imprgns de cette ide que les animaux t\*5t de prs au surnaturel4 ,l'imag9ation paenne en inv5te de plus t]ribles encore que t\s ceux qui exi/5t3 et la r5omme de ses ,sphynx1 de ses ,tritons1 de ses ,c5taures1 se cons]ve longtemps dans les contes et dans les fables des peuples *rti5s4 ,un livre1 le ,physiologus1 qui1 malgr l'ana?me qui l'accueillit d'abord1 e/ demeur p5dant prs de mille ans le seul livre d'hi/oire naturelle de l'glise1 n'e/ autre *ose qu'une sorte de morale en action des animaux4 ,*acun d'eux e/ l'inc>nation d'une v]tu1 que le vrai *rti5 doit imit] ou d'un vice qu'il doit fuir4 ,le moy5 ge cons]ve du re/e la croyance antique que les animaux j\iss5t d'une puissance occulte p>ticulire1 qui n'e/ pas sans analogie avec celle des sorcires4 ,rog] ,bacon croit encore que le reg>d du basilic e/ mortel1 que le l\p peut enr\] un homme s'il le voit le premi]1 que l'ombre de l'hyne emp*e les *i5s d'aboy]4 un homme admettant sans difficult que l'oie b]na*e nat des gl&s d'une espce de *ne1 ri5 ne devait sembl] impossible4 ,cette crdulit e/ mo9s tonnante encore que celle de ,pi]re ,rommel affirmant en #afhj1 il y a deux c5ts ans pe9e1 avoir vu ,frib\rg un *at qui avait t conu dans l'e/omac d'une femme et avoir connu une autre femme qui avait donn naissance une oie vivante4 ,plus de semblables ass]tions n\s p>aiss5t auj\rd'hui burlesques1 plus elles sont intressantes rappel]1 c> elles n\s montr5t combi5 tait encore confuse il y a peu de temps cette notion de l'espce animale dev5ue auj\rd'hui si vulgaire4 ,on allait s\v5t plus lo92 on n'admettait pas seulem5t que1 s\s des influ5ces my/rieuses1 un animal pt donn] naissance des animaux t\t diffr5ts1 ou se trans=m] lui-mme la faon des l\ps-g>\s2 on d\ait aussi la matire in]te de la facult de s'organis] spontanm5t3 les gr5\illes p\vai5t natre de la vase des tangs2 de vieux *iffons1 enf]ms dans un c(fre avec un peu de bl1 p\vai5t se trans=m] en s\ris2 les v]s inte/9aux n'tai5t qu'une mtamorphose des humeurs de notre organisme1 et cette op9ion a compt1 mme de nos j\rs1 quelques p>tisans4 ,ce n'e/ d'ailleurs pas sans pe9e que la notion mme de la vie arrive se dgag]1 que la dm>cation s'tablit entre ce qui e/ vivant et ce qui ne l'e/ pas4 ,p\r les anci5s philosophes1 la vie1 c'e/1 avant t\t1 le m\vem5t1 la =ce4 ,t\t ce qui se meut e/ plus ou mo9s considr comme vivant4 ,?als de ,milet appelle me t\t ce qui e/ cause de m\vem5t4 ,l'aimant a une me comme l'homme2 le monde a une me1 qui e/ ,dieu1 et il peut y avoir des mes sans corps1 des dmons4 ,c'e/ ,dieu qui a fait t\tes *oses en employant une matire premire unique1 l'eau4 ,au-dess\s du ,dieu crateur1 ,anaxim&re conoit des dieux mortels1 qui sont les a/res4 ,anaximne considre l'air1 capable de se m\voir plus aism5t encore que l'eau1 comme l'orig9e de t\tes *oses4 ,l'air e/ l'me du monde2 il e/ ,dieu2 il ti5t le monde en vie1 comme l'me ti5t en vie notre corps4 ,anaxagore n'admet plus qu'un ,dieu coordonnateur de t\tes *oses dont il se fait une ide trs leve2 il considre les vgtaux comme ayant t\tes les facults des animaux et voit dans les tres vivants les enfants de la ,t]re et du ,soleil1 a/res qu'il suppose p> consqu5t vivants1 mais auxquels il refuse la qualit de dieux4 ,les mes des hommes pass5t aprs leur mort dans le corps des animaux4 ,a9si1 p\r la plup>t des philosophes de l'antiquit1 la conception mme de l'tre organis e/ confuse4 ,il exi/e dans l'univ]s une cause de m\vem5t1 qui e/ ,dieu2 t\t ce qui se meut possde en soi la vie et e/ capable de la donn]4 ,les animaux et les vgtaux1 entre lesquels des po9ts de ressemblance sont entrevus1 sont eng5drs p> l'eau suivant quelques-uns1 p> l'air suivant d'autres1 p> les a/res suivant d'autres encore4 ,on *]*e en mme temps ratta*] t\t ce qui exi/e une cause commune ou un ensemble de causes communes4 ,p\r ,?als et ,anaxim&re1 t\t a t tir de l'eau2 ,anaximne et ,diogne prfr5t t\t faire sortir de l'air4 ,empdocle met son t\r la t]re au rang des causes primordiales2 ,leucippe et ,dmocrite admett5t une sub/ance primitive1 l'!r1 en qui ,anaxagore voyait dj la cause de la f\dre4 ,les trans=mations div]ses de l'!r aurai5t produit t\t ce qui e/4 ,p\r ,hraclite1 le pr9cipe commun de t\tes *oses n'e/ autre que le feu4 ,a9si se con/itue pice pice cette hypo?se des quatre lm5ts3 la t]re1 l'eau1 l'air et le feu1 qui se retr\ve jusqu'aux temps mod]nes au fond de t\tes les conceptions sci5tifiques4 ,il n'y avait place dans t\te cette philosophie que p\r l'obs]vation la plus sup]ficielle4 ,en gnral1 on considre les animaux et les vgtaux en bloc4 ,l'imag9ation ti5t la place premire dans les sy/mes2 les sci5ces n'exi/5t pas proprem5t p>l]2 les obs]vations ju/es sont trop peu nombreuses et mles de trop de fables p\r qu'on en puisse con/itu] un corps de doctr9e2 il n'y a pas de zoologie1 et il ne saurait tre "q p> consqu5t de philosophie zoologique4 ,quelques essais d'explication plus prcise mrit5t d'tre cits4 ,telle e/ cette ide d',anaxagore que t\s les corps sont =ms de p>ties semblables entre elles1 ayant exi/ de t\te t]nit et que ,dieu n'a fait que coordonn]4 ,le mlange de t\tes ces p>ties e/ ce qu'il appelle le *aos4 ,dans ce *aos exi/5t des os1 des viscres1 des muscles1 mais avec des dim5sions si petites que t\tes ces p>ties sont invisibles2 elles ne sont dev5ues visibles qu'en s'unissant des p>ties semblables4 ,elles ont alors con/itu les os1 les viscres1 les muscles des animaux4 ,qu& un animal meurt1 t\tes ses p>ties con/itutives se dissolv5t1 se rsolv5t en leurs lm5ts invisibles4 ,ces lm5ts div]s se mlang5t entre eux jusqu' ce qu'ils r$evi5n5t p>ties intgrantes de quelque autre organisme4 ,a9si les animaux et les plantes sont =ms d'lm5ts p]man5ts et t]nels1 qui s'associ5t temporairem5t p\r con/itu] des organismes1 puis se sp>5t1 p\r entr] dans des organismes n\veaux4 ,les lm5ts propres entr] dans la con/itution des organismes sont en quantit con/ante2 mais ils circul5t p\r a9si dire p]ptuellem5t1 passant d'un tre vivant un autre et s'associant de t\tes les manires possibles4 ,les lm5ts des tres vivants1 comme ceux de t\s les autres corps1 ayant exi/ de t\te t]nit et tant inde/ructibles1 ri5 d'ess5tiel ne p>at di/+u] la matire vivante de la matire in]te1 dans la conception d',anaxagore1 qui n'e/ pas sans intrt1 c> on p\rrait lui tr\v] plus d'un trait de ressemblance avec la clbre doctr9e de l'embotem5t des g]mes que n\s r5contr]ons plus t>d1 avec l'hypo?se des molcules vivantes de ,buffon1 celle de l'attraction du soi p\r soi de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et mme avec la fameuse ?orie de la pansp]mie de ,d>w94 ,ces rapports entre les doctr9es des philosophes anci5s et les doctr9es qui ont app>u plus rcemm5t s\s d'autres =mes se r5contr5t plus d'une fois4 ,py?agore et les py?agorici5s admettai5t p> exemple1 ct des nombres rgulateurs de la nature1 div]s pr9cipes contraires deux deux et desquels t\t rsultait3 le f9i et l'inf9i1 l'impur et le pur1 l'unit et la dualit ou la pluralit1 la droite et la gau*e1 le mascul9 et le fm991 le repos et le m\vem5t1 le droit et le c\rbe1 la lumire et les tnbres1 le bi5 et le mal1 ,dieu et le dmon1 l'esprit et la matire1 etc4 ,ils tai5t en cela les prcurseurs de ,s*ell+ et des philosophes de la nature2 ils avai5t vu le monde s\s le mme po9t de vue des oppositions et n'ont fait que dvelopp] d'une manire approprie aux connaissances acquises de leur temps la cause premire1 les li5s et les consqu5ces de ces oppositions4 ,cette ide des oppositions avait conduit ,py?agore admettre l'exi/5ce des antipodes4 ,hraclite p5sait galem5t1 comme les philosophes de la nature1 que notre me n'e/ qu'une manation de l'me du monde qui e/ ,dieu4 ,dmocrite croit comme eux que n\s avons deux manires d'acqurir des connaissances3 p> les s5s et p> la p5se4 ,les s5s peuv5t n\s tromp]1 mais la p5se ne n\s donne que des connaissances prcises2 ,hraclite et ,dmocrite euss5t t1 de notre temps1 rangs p>mi les membres de l'cole des ides4 ,cep5dant p\r eux1 comme p\r les matriali/es mod]nes1 ri5 n'exi/e en dehors des atomes et du vide4 ,les app>5ces div]ses que prs5te le monde extrieur sont le rsultat du m\vem5t3 n\s ne p]cevons que des *angem5ts1 des oppositions1 et non des objets rels4 ct de ces doctr9es gnrales1 de ces t5tatives de div9ation de la nature des *oses1 si1 comme n\s le disions t\t l'heure1 l'obs]vation ti5t peu de place1 le beso9 d'obs]v] a t cep5dant reconnu4 ,alcmon de ,crotone 7#ebj av4 ,j4-,c47 a dissqu des animaux2 il comp>e le blanc de l'uf des oiseaux au lait des mammifres2 mais il croit que les *vres respir5t p> les oreilles4 ,anaxagore considre le c]veau comme le sige de la p5se2 il se r5d compte de la faon dont se n\rriss5t les ftus2 mais il prt5d que les f\9es enfant5t p> la b\*e et que les ibis et les corneilles s'acc\pl5t p> le bec4 ,ces deux philosophes et plus t>d ,polybe ont fait quelques re*]*es d'embryognie4 ,mais on voit combi5 leurs affirmations sont encore sujettes caution4 ,dmocrite fait plus de progrs que ses prdcesseurs dans la connaissance des organes des animaux et des fonctions qu'ils rempliss5t2 ,hippocrate s'applique surt\t la connaissance de l'anatomie huma9e2 il arrive df9ir un c]ta9 nombre de maladies et en reconnatre la m>*e2 mais l'art d'obs]v] comme l'art mme de raisonn] sont encore dans l'enfance2 p>t\t1 n\s v5ons de le voir1 les erreurs les plus grossires se ml5t aux obs]vations ju/es et vi5n5t dp>] les plus nobles ef=ts des intellig5ces qui *]*5t crer une voie dans les rgions encore inexplores de la sci5ce4 ,la sci5ce demeurant insp>able de la philosophie1 *aque progrs des philosophes dans l'art de mani] la p5se e/ suivi d'un progrs dans l'art d'arriv] la connaissance4 ,peu peu1 l'imag9ation ti5t une place mo9s exclusive dans les spculations1 et l'on appr5d tablir entre les ides des di/9ctions plus rig\reuses4 ,socrate les en*ane le premi] dans des df9itions suffisamm5t prcises et p]fectionne la m?ode inductive au po9t qu'on peut lui attribu] l'honneur de sa cration4 ,platon montre t\t le p>ti que l'on peut tir] de la m?ode qui s'lve du p>ticuli] au gnral en passant trav]s t\te une hir>*ie d'ides de plus en plus t5dues4 ,mais sa m?ode1 il l'applique surt\t aux ides et r5d a9si ncessaire une raction1 grce laquelle un accord plus rig\reux puisse s'tablir entre les faits et les ides4 ,on compr5d peu peu que les faits bi5 obs]vs sont les vritables gnrateurs des ides2 mais il fallait un gnie puissant p\r faire r$esc5dre les philosophes aux m?odes ord9aires dont le s5s commun ne s'tait pas c>t4 ,ce gnie1 duquel date la fondation des sci5ces et de la m?ode sci5tifique1 fut ,ari/ote4 ,quelques critiques ont dit que la sci5ce d',ari/ote v5ait en gr&e p>tie de ses devanci]s et surt\t de ,dmocrite2 qu'il a fait de nombreux emprunts ses prdcesseurs1 sans les cit]4 ,de t\t temps on a si amrem5t repro* ceux qui ont essay quelques n\veauts1 d'avoir puis leurs ides dans ,ari/ote ou ailleurs1 qu'il e/ assez piquant de voir accus]1 son t\r1 de plagiat celui qu'on se plat d'ord9aire appel] le pre de la philosophie4 ,ari/ote s'e/-il aid des travaux de ses devanci]s8 ,cela e/ possible1 probable mme2 il e/ inconte/able que son rudition tait considrable1 et l'on peut croire qu'il en a tir p>ti4 ,le nombre des faits qu'il annonce dans ses livres e/ tel qu'il dpasse1 s5siblem5t1 peut-tre1 ce qu'il lui avait t donn d'acqurir p> son expri5ce p]sonnelle4 ,doit-on p\r cela l'accus] d'avoir *]* s'appropri] le bi5 d'autrui8 ,de telles ins9uations ne sont f*euses que p\r ceux qui les mett5t complaisamm5t4 ,l'ide e/ ce qu'il y a de plus p]sonnel l'homme et surt\t l'homme de sci5ce3 c'e/ p\rquoi le gnie e/ si admir2 c'e/ p\rquoi t\t ef=t d'une intellig5ce qui la rappro*e du gnie e/ si impatiemm5t support p> celles qui s'en reconnaiss5t incapables2 c'e/ p\rquoi t\t homme qui possde ou dveloppe une ide doit s'att5dre voir s'lev]1 p>mi t\s les ob/acles qu'on lui oppose1 cette accusation1 de t\t temps r5\vele1 qu'il n'a ri5 fait de n\veau4 ,en somme1 peu importe l'humanit le degr plus ou mo9s gr& de n\veaut des faits ou des ides2 ils ne sont ri5 p\r elle tant qu'ils n'ont pas t embrasss p> quelque puissant esprit qui sa*e lui en montr] la porte et lui dire3 ,voici les conqutes qui ont t faites1 voici le p>ti qu'on en peut tir]4 ,tel fut au mo9s le mrite d',ari/ote1 qui rsuma dans ses uvres t\t ce que savait l'antiquit1 sut faire un d"p presque t\j\rs judicieux entre le bon et le mauvais1 le vrai et le faux1 accrut considrablem5t les limites du savoir huma91 indiqua la voie suivre p\r arriv] avec plus de c]titude la conqute de la vrit et lgua au moy5 ge une somme telle de connaissances1 que sans lui la sci5ce et t t\t entire recomm5c]4 ,,*apitre ,,ii ,,ari/ote ,premires notions sur les analogies et les homologies des organes4--,=mes corrlatives4--,divisions tablies p>mi les animaux4--,ide de l'espce4--,pr9cipe de cont9uit4--,degrs de p]fection organique4--,possibilit d'une trans=mation des =mes animales4 ,on a tant crit sur ,ari/ote1 on a tant cit1 comm5t1 int]prt les uvres de ce gr& homme1 que plus d'un lecteur s]a sans d\te t5t de n\s repro*] de rev5ir1 notre t\r1 sur un sujet qui semble puis4 ,c'e/ cep5dant jusqu' l'illu/re prcepteur d',alex&re qu'il faut faire remont] les orig9es de la philosophie zoologique4 ,lui seul1 dans l'antiquit1 sut alli] une obs]vation incessante et presque t\j\rs rig\reuse des faits avec l'art de gr\p] les connaissances acquises de manire en faire ressortir t\tes les consqu5ces gnrales4 ,plus d'un passage de son ,hi/oire des animaux p\rrait tre sign ,cuvi] ou ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,ce sont les pr9cipes mmes de l'anatomie comp>e1 telle qu'on l'ent5d de nos j\rs1 que dveloppe ,ari/ote lorsqu'il crit ds les premires pages de l'uvre mmorable que n\s v5ons de cit] les lignes suivantes3 ,il y a des animaux tels que t\tes les p>ties des uns sont semblables aux p>ties correspondantes des autres2 il y en a entre lesquels cette ressemblance ne se tr\ve pas4 ,les p>ties peuv5t se ressembl]1 comme tant de la mme =me2 p> exemple1 le nez1 l'il1 la *air1 les os d'un homme ressembl5t au nez1 l'il1 la *air1 aux os d'un autre homme2 et a9si des *evaux et des autres animaux que n\s disons tre de mme espce444 ,une autre sorte de ressemblance e/ celle des animaux qui sont de mme g5re et qui diffr5t p> excs ou p> dfaut3 les oiseaux1 les poissons sont des g5res dont *acun compr5d un gr& nombre d'espces4 ,dans un mme g5re1 les p>ties ne sont communm5t di/+ues que p> des qualits diffr5tes1 telles que la c\leur et la figure444 ,il y a d'autres animaux dont on ne peut pas dire que les p>ties soi5t de mme figure ni qu'elles diffr5t entre elles du plus au mo9s2 on peut seulem5t tablir une analogie entre les unes et les autres2 c'e/ a9si que1 la plume tant l'oiseau ce que l'caille e/ au poisson1 on peut comp>] les plumes et les cailles1 et de mme les os et les artes1 les ongles et la corne1 la ma9 et la p9ce de l'crevisse4 ,voil de quelle manire les p>ties qui compos5t les individus sont les mmes et sont diffr5tes4 ,il faut encore rem>qu] leur position4 ,plusieurs animaux ont les mmes p>ties1 mais ne les ont pas semblablem5t places4 ,aussi les mamelles peuv5t tre places sur la poitr9e ou dans la rgion +u9ale4 ,et l'on tr\ve plus lo93 ,en gnral1 entre les animaux de g5re diffr5t1 la plup>t des p>ties ont une =me diffr5te3 les unes n'ont entre elles qu'une ressemblance de rapport et d'usage et sont1 au fond1 de nature diffr5te2 d'autres sont de mme nature1 mais de =me diffr5te2 beauc\p se tr\v5t dans c]ta9s animaux et ne se tr\v5t pas dans d'autres4 ,a9si ces div]ses sortes de ressemblance des animaux que ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et ses successeurs devai5t dsign] s\s le nom d'analogies et d'homologies sont dj en p>tie di/+ues et df9ies p> ,ari/ote4 ,le philosophe de ,/agyre n'e/ pas davantage trang] ce que ,cuvi] devait plus t>d appel] la corrlation des =mes2 il cite un gr& nombre de ces corrlations qui sont depuis df9itivem5t demeures dans la sci5ce et sont encore employes dans la df9ition des gr\pes zoologiques4 ,voici les plus importantes3 ,t\s les animaux ont du sang ou un liquide qui en ti5t lieu1 la lymphe4 ,les animaux sans pi$s1 deux pi$s ou quatre pi$s ont du sang#a4 ,t\s ceux qui ont plus de quatre pi$s#b ont de la lymphe4 ,les animaux sang sont plus gr&s que les animaux lymphe1 c> ces d]ni]s gr&iss5t avec le climat4 ,les animaux p\rvus de poils1 les ctacs1 les slaci5s1 sont vivip>es2 ces d]ni]s seuls ont des oues2 ils produis5t d'abord un uf au d$ans d'eux-mmes4 ,le mode de vivip>it des slaci5s1 qui sont des poissons1 e/ nettem5t di/+u de celui des animaux c\v]ts de poils et des ctacs1 qui con/itu5t notre classe des mammifres4 ,plus lo91 les animaux volants sont rp>tis en trois catgories1 ceux qui ont des ailes g>nies de plumes1 ceux qui ont des ailes con/itues p> un repli de la peau1 des ailes d]miques1 ceux enf9 qui ont des ailes s*es1 m9ces1 membraneuses4 ,les ailes d]miques et les ailes plumes sont propres aux animaux qui ont du sang1 et les ailes membraneuses s*es aux insectes4 ,les insectes peuv5t avoir quatre ailes ou deux ailes4 ,les insectes coloptres 7le mot e/ dans ,ari/ote71 dont les ailes antrieures ont la =me d'tuis1 n'ont pas d'aiguillon4 ,les insectes quatre ailes ont un aiguillon en arrire3 ce sont nos hymnoptres2 les insectes deux ailes ont un aiguillon en avant4 ,ari/ote ne se mpr5d d'ailleurs nullem5t sur la nature diffr5te de ce qu'il appelle l'aiguillon *ez les insectes quatre ailes et *ez les insectes deux ailes1 c> il crit en p>lant de ces d]ni]s3 ,la langue remplace l'aiguillon *ez les diptres1 et il rem>que que les insectes qui ont une langue n'ont po9t de m*oires1 comme s'il dev9ait dans la langue1 que n\s appelons auj\rd'hui une trompe1 le rsultat d'une trans=mation des m*oires4 ,voil donc1 dans un seul gr\pe1 celui des insectes1 t\te une srie de corrlations nettem5t df9ies4 ,le mode de con/itution de ces animaux e/ aussi bi5 saisi2 ils sont reprs5ts comme =ms de p>ties1 d'anneaux1 de segm5ts1 p>aissant avoir *acun leur vie propre2 ces p>ties1 ces segm5ts sont ce qu'on a appel depuis des rgions du corps1 des zoonites4 ,ari/ote ne se montre pas mo9s p]spicace lorsqu'il p>le des mammifres4 ,aprs avoir plac p>mi les animaux vivip>es t\s les animaux c\v]ts de poils1 il semble cra9dre qu'une confusion ne s'tablisse entre ces d]ni]s et les lz>ds1 qui sont quadrupdes comme eux1 et fait obs]v] que seuls les quadrupdes c\v]ts de poils sont vivip>es4 ,les mammifres sont de la sorte nettem5t di/+us des lz>ds1 dont ,ari/ote met d'ailleurs en vid5ce la ressemblance avec les s]p5ts dp\rvus de pi$s4 ,un seul mot inv5t]1 et le gr\pe des reptiles se tr\v]ait con/itu4 ,p>mi les quadrupdes vivip>es1 d'autres relations non mo9s rem>quables sont tablies4 ,ces quadrupdes peuv5t avoir des cornes ou en tre dp\rvus4 ,ceux dont la d5tition =me une sorte de scie n'ont jamais de cornes2 les cornes manqu5t encore aux quadrupdes p\rvus de df5ses2 t\s les quadrupdes cornus manqu5t d'incisives la m*oire suprieure4 ,t\s les quadrupdes vivip>es1 cornus1 dp\rvus d'incisives suprieures1 possd5t quatre e/omacs et j\iss5t de la facult de rum9]4 ,ri5 ne manque1 cette c>actri/ique de l'ordre des rum9ants1 et la corrlation1 si rem>quable *ez ces animaux1 entre l'abs5ce de cornes et la prs5ce de can9es1 e/ mme exprime d'une faon prcise2 elle n'a t explique que de nos j\rs4 ,bi5 qu',ari/ote connt un assez gr& nombre d'animaux1 l'ide de les gr\p] dans un ordre dt]m91 p]mettant d'exprim] leur degr plus ou mo9s gr& de ressemblance ne p>at pas s'tre prs5te son esprit4 ,il n'a donc pas t5t ce que n\s appelons une classification4 ,il comp>e de t\tes les faons possibles les animaux les uns aux autres et *]*e rduire en propositions gnrales le rsultat de ses comp>aisons4 ,il arrive a9si indiqu] des rappro*em5ts p>faitem5t naturels1 qui peuv5t encore auj\rd'hui1 pr5dre place dans nos m?odes2 mais1 t\t ct1 des comp>aisons d'un autre ordre le conduis5t de n\veaux rappro*em5ts de mo9dre importance cette fois1 et qui p>aiss5t cep5dant avoir p\r lui autant de valeur que les premi]s1 des c>actres qui aurai5t pu tre utiliss1 leur t\r1 si l'ide d'une c]ta9e hir>*ie dans ces rappro*em5ts secondaires s'tait dgage1 si les comp>aisons1 au lieu de s't5dre l'ensemble des animaux1 n'avai5t t faites qu'entre organismes prs5tant la mme /ructure anatomique1 entre organismes de mme g5re1 comme il aurait dit lui-mme4 ,plus lo9 notre philosophe ayant puis l'tude des ressemblances se proccupe seulem5t de re*]*] les diffr5ces que les animaux prs5t5t entre eux4 ,ces diffr5ces1 relatives leur manire de vivre1 leurs actions1 leur c>actre1 leurs p>ties1 sont galem5t t\tes mises sur le mme plan4 ,a9si ,ari/ote di/+ue des animaux aquatiques et des animaux t]re/res1 des animaux sociaux et des animaux solitaires1 des animaux migrateurs et des animaux sd5taires1 des animaux diurnes et des animaux nocturnes1 des animaux privs et des animaux sauvages4 ,les mmes animaux peuv5t se retr\v] bi5 ent5du dans ces div]ses catgories2 relativem5t aux deux d]nires1 ,ari/ote fait d'ailleurs rem>qu] qu'une espce donne peut app>t5ir t\tes deux la fois4 ,il ne s'agit donc po9t ici de gr\pes naturels fonds sur des ressemblances que l'on puisse considr] comme fondam5tales2 aussi bi5 ,ari/ote ne se propose-t-il pas p\r b de faire connatre et de di/+u] les diffr5tes sortes d'animaux2 son livre e/ t\t la fois une anatomie et une physiologie comp>es plutt qu'une zoologie1 et il ne df9it que les divisions qui sont ncessaires ses comp>aisons4 ,il traite sp>m5t des animaux qui ont du sang et de ceux qui n'en ont pas et divise ces deux gr\pes pr9cipaux en gr\pes secondaires et rem>quablem5t naturels1 dont quelques-uns ont dj t dnomms dans le langage vulgaire2 c'e/ ce qu'il appelle les gr&s g5res 3 tels sont les oiseaux1 les poissons1 les coquillages1 les mollusques qui sont nos cphalopodes1 ou encore les insectes4 ,p\r ces d]ni]s ,ari/ote a cr le nom n\veau d'o2 c'e/ l une h>diesse qu'il se p]met r>em5t4 ,il se s]t1 en effet1 des mots de la langue usuelle1 et1 qu& il n'exi/e pas de mots correspondant aux gr\pes qu'il df9it1 il se borne le regrett]4 ,il signale a9si l'abs5ce d'une dnom9ation commune p\r les mollusques coquille1 qu'il qualifie1 en =mant un mot compos1 d',o/racod]mes1 p\r les lang\/es1 les crabes et les crevisses qu'il runit s\s le nom1 galem5t compos1 de ,malaco/racs4 ,cette insuffisance de la langue vulgaire l'emb>rasse d'ailleurs visiblem5t4 ,il a nettem5t conu un gr& g5re des mammifres2 mais le peuple e/ en ret>d sur lui et confond les mammifres avec les autres quadrupdes1 tels que les lz>ds4 ,ce mot de quadrupdes ne saurait tre le nom d'un gr\pe naturel1 c> il y a des quadrupdes vivip>es et d'autres ovip>es2 ,ari/ote1 aprs cette rem>que1 l'ab&onne donc sans le remplac]4 ,p>mi les quadrupdes vivip>es1 il ap]oit de mme des gr\pes naturels1 mais con/ate qu'ils n'ont pas reu de nom1 sauf un seul1 celui des oui1 correspondant nos solipdes1 c>actriss p> le b\quet de cr9s qu'ils port5t au b\t de la queue4 ,il semble que cette pnurie de mots ait t le pr9cipal ob/acle qui ait emp* ,ari/ote d'arriv] une df9ition claire de l'espce telle que n\s l'ent5dons auj\rd'hui1 et d'in/itu] un sy/me coordonn de divisions zoologiques4 ,la langue usuelle ne f\rnit1 en effet1 que deux mots p\r exprim] les diffr5ts degrs de ressemblance3 i1 qui veut dire =me ou espce1 et que l'on traduit p> g5re4 ,les g5res conti5n5t1 en gnral1 un assez gr& nombre d'espces2 il y en a de gr&s et de trs gr&s 2 mais1 les espces cont5ues dans ces g5res peuv5t se subdivis] aussi en espces d'ordre infrieur et devi5n5t alors des g5res4 ,qu& il considre l'espce d'une faon absolue sans la rapport] un gr\pe plus t5du1 ,ari/ote la dsigne d'ailleurs1 con/amm5t1 s\s le nom de 4 ,on voit quelle confusion doit produire1 dans un *afaudage quelque peu compliqu de divisions n'ayant pas la mme valeur1 l'emploi p]ptuel de deux mots dont la signification *ange suivant le po9t de vue d'o l'on considre *aque division4 ,cep5dant s'il n'a pas pu df9ir et surt\t dnomm] l'espce1 ,ari/ote en a bi5 vu le c>actre ess5tiel1 le mme que n\s employons comme crit]ium et qui e/ tir de la reproduction4 ,aprs avoir df9i le g5re des ,lophures 1 il y place1 en effet1 le *eval1 l'ne1 le mulet1 le bidet et le b>deau et il aj\te3 ,joignez-y les hmiones 7demi-nes7 de ,syrie qui ne port5t ce nom qu' raison de leur app>5ce1 c> ils con/itu5t une espce di/9cte puisqu'ils s'acc\pl5t entre eux et que leur acc\plem5t e/ fcond4 ,il e/ c]ta91 d'autre "p1 qu',ari/ote n'a considr comme de mme espce que les animaux desc5dus de p>5ts communs1 c> il dsigne aussi s\s le nom d'homophyles les animaux de =me semblable4 ,voil donc l'espce df9ie p> l'acc\plem5t et la fcondit1 absolum5t comme elle l'e/ de nos j\rs4 ,malheureusem5t ,ari/ote ne tire pas t\t le p>ti qu'il devrait de cette notion videmm5t vulgaire2 aussi bi51 son op9ion doit-elle tre tr\ble p> sa confiance dans les rcits m5song]s qui lui ont t faits des murs des animaux exotiques4 ,il admet1 p> exemple1 qu'en ,lybie les =mes sauvages sont plus sujettes v>i] et il aj\te3 ,en ,lybie1 o il ne pleut po9t1 les animaux se r5contr5t dans le petit nombre d'endroits o il y a de l'eau4 ,l1 les mles s'acc\pl5t avec les femelles d'espces diffr5tes v 1 et ces familles n\velles font s\*e si la taille des deux individus n'e/ pas trop diffr5te et la dure de la ge/ation trop 9gale dans les deux espces4 ,un peu plus bas1 il accueille la tradition qui fait desc5dre les *i5s de l',inde d'une *i5ne et d'un tigre4 ,qu& il s'agit d'animaux habitant les pays lo9ta9s1 l'attrait du m]veilleux a videmm5t obscurci1 dans l'esprit d',ari/ote1 l'ide de l'espce telle qu'elle rsulte de l'obs]vation j\rnalire4 ,quoi d'tonnant ce que les *oses ne se pass5t exactem5t comme en ,grce dans cette ,lybie qui a la rputation de produire t\j\rs quelque mon/re n\veau4 ,lorsqu'il se produit1 en ,grce1 des phnomnes plus ou mo9s analogues ces m]veilles qu'il signale en d'autres po9ts du globe1 ,ari/ote en dit seulem5t qu'on les considre comme des prsages4 ,les connaissances d',ari/ote relativem5t aux diffr5ts modes de reproduction des animaux sont trop incompltes p\r lui p]mettre aucune gnralisation relativem5t l'espce4 ,en ce qui conc]ne les animaux infrieurs1 malgr des obs]vations prcises1 il ne russit pas s'affran*ir compltem5t des op9ions qui ont c\rs de son temps4 ,a9si1 il connat les ufs des papillons1 des p\x1 des m\*es1 les capsules nidam5taires des p\rpres1 des murex1 etc41 et cep5dant il dcl>e que ces ufs demeur5t /riles4 ,les o/racod]mes1 en gnral1 les orties de m]1 les ponges naiss5t des matires demi putrfies qui =m5t le fond de la m] et sont diffr5tes suivant la nature de ce fond2 les papillons naiss5t des *5illes1 et celles-ci sont =mes p> les feuilles v]tes2 il se produit de mme1 dans le bois1 les excrm5ts des animaux1 et dans d'autres conditions1 des v]s qui plus t>d se *ang5t en insectes4 ,n'e/-il pas tonnant que les mtamorphoses des insectes ayant t bi5 obs]ves1 a9si que leur acc\plem5t et leur ponte1 le cycle n'ait pu tre f]m1 et qu'un obs]vateur aussi pati5t soit demeur dans le d\te relativem5t la vritable orig9e des v]s qui ne sont que le jeune ge1 les l>ves d'animaux qu'il connaissait si bi58 ,ari/ote admet d'ailleurs que des animaux qui sont ord9airem5t produits p> des ufs peuv5t aussi se =m] spontanm5t dans la vase de c]ta9s m>ais4 ,ces ides ne laiss5t pas que d'tre p>faitem5t d'accord avec la doctr9e de la cont9uit des uvres de la nature1 cont9uit qu'ont t\j\rs plus ou mo9s *]*e les philosophes de t\s les temps et qu',ari/ote considre comme une loi fondam5tale4 ,dans la nature1 dit-il 7liv4 ,,viii71 le passage des tres inanims aux animaux se fait peu peu et d'une faon tellem5t ins5sible qu'il e/ impossible de trac] une limite entre ces deux classes4 ,aprs les tres inanims vi5n5t les plantes1 qui diffr5t entre elles p> l'9galit de la quantit de vie qu'elles possd5t4 ,comp>es aux corps bruts1 les plantes p>aiss5t d\es de vie2 elles p>aiss5t inanimes comp>ativem5t aux animaux4 ,des plantes aux animaux le passage n'e/ po9t subit et brusque2 on tr\ve dans la m] des tres dont on d\t]ait si ce sont des animaux ou des plantes2 ils sont adhr5ts aux autres corps1 et beauc\p ne peuv5t tre dta*s sans prir des corps auxquels ils sont atta*s4 ,les p9nes1 le sol5s et beauc\p d'autres o/racod]mes1 les ascidies1 les anmones ou orties de m]1 mais surt\t les ponges sont numrs p>mi ces tres ambigus1 animaux p> c]ta9s c>actres1 vgtaux p> leur app>5te in]tie4 ,la re*]*e des animaux int]mdiaires entre les animaux aquatiques et les animaux t]re/res conduit ,ari/ote se dem&] en quoi ces animaux diffr5t ess5tiellem5t les uns des autres2 c'e/ p\r lui l'occasion de considrations philosophiques1 auxquelles les zoologi/es mod]nes doiv5t t\te leur admiration4 ,les animaux qui viv5t dans l'eau re*]*5t ce milieu p\r diffr5tes raisons3 il en e/ qui ne peuv5t respir] que dans cet lm5t2 d'autres qui respir5t l'air libre1 mais ne tr\v5t leur n\rriture que dans l'eau2 d'autres enf9 qui ont beso9 d'eau p\r respir]1 mais vont *]*] leur n\rriture t]re4 ,dans les animaux de ces deux d]nires catgories1 dit ,ari/ote1 la nature e/ contr>ie1 si l'on peut p>l] a9si4 ,on voit a9si des mles qui ont l'air fm99 et des femelles qui ont l'air mle4 ,une diffr5ce relle dans de petites p>ties suffit faire p>atre des diffr5ces aussi considrables dans l'ensemble du corps de l'animal4 ,l'effet de la ca/ration en e/ une preuve4 ,on ne retran*e p> cette opration qu'une petite p>tie du corps de l'animal2 nanmo9s ce retran*em5t *ange sa nature et fait qu'elle se rappro*e de celle de l'autre sexe4 ,a9si il e/ s5sible qu'au mom5t de la =mation premire un ri5 dont la gr&eur v>ie dans une des p>ties qui con/itu5t le pr9cipe des corps f]a de l'animal un mle ou une femelle4 ,c'e/ donc de la disposition de petites p>ties que rsulte la diffr5ce d'animal t]re/re et d'animal aquatique1 dans les deux s5s que j'ai di/+us4 ,ari/ote p5se donc que les animaux t]re/res ont pu dev5ir aquatiques ou inv]sem5t1 et il attribue ce *angem5t de murs quelques accid5ts surv5us durant le dveloppem5t embryognique des animaux qui l'ont prs5t4 ,d'illu/res naturali/es de notre temps ont de mme admis qu'on p\vait attribu] aux mon/ruosits accid5telles une "p importante dans la div]sification des espces4 ,d'aprs ce passage1 ,ari/ote p\rrait tre considr comme trans=mi/e2 mais la "q du trans=misme ne p\vait videmm5t tre pose une poque o l'on n'avait pas encore song se dem&] s'il exi/ait des espces4 ,considrant les animaux t\s les po9ts de vue que lui suggre son esprit m9emm5t philosophique1 ,ari/ote effleure bi5 d'autres ides importantes1 sans en tir] cep5dant t\tes les consqu5ces qu'elles ont f\rnies qu& nos connaissances relatives aux animaux ont t plus t5dues4 ,c'e/ a9si qu'on peut voir1 avec ,m4 ,jules ,ge(froy1 comme une intuition de la loi de la division du travail physiologique1 dveloppe seulem5t en #ahbg p> ,m4 ,h4 ,milne ,edw>ds1 dans cette phrase du livre ,,iv des ,p>ties des animaux3 ,la nature emploie t\j\rs1 si ri5 ne l'en emp*e1 deux organes spciaux p\r deux fonctions diffr5tes2 mais1 qu& cela ne se peut1 elle se s]t du mme in/rum5t p\r plusieurs usages2 cep5dant il e/ mieux qu'un mme organe ne s]ve pas plusieurs fonctions4 ,d'autre "p1 la lutte p\r l'exi/5ce que se livr5t une f\le d'animaux ne lui a pas *app4 ,les animaux1 dit-il au livre ,,ix1 sont en gu]re les uns contre les autres qu& ils habit5t les mmes lieux et qu'ils us5t de la mme n\rriture4 ,si la n\rriture n'e/ pas assez abondante1 ils se batt5t1 fuss5t-ils de la mme espce4 ,ari/ote n'a pas vu cep5dant que de cette lutte p\vait rsult] l'ext9ction d'une ou plusieurs =mes vivantes4 ,il e/1 au contraire1 comme presque t\s les philosophes de l'antiquit1 pntr de l'ide que le monde e/ immuable et que les ress\rces de la nature sont assez gr&es p\r r5dre impossible la de/ruction d'une de ses uvres4 ,d'ailleurs t\s les animaux ne sont pas en lutte2 il en e/ qui sont amis1 et ce n'e/ pas un des livres les mo9s brillants de l',hi/oire des animaux que celui o le gr& philosophe dcrit les murs des tres qu'il a tudis et se montre aussi pati5t obs]vateur que n\s l'avons vu jusqu'ici habile anatomi/e4 ,en rsum1 l'uvre imm5se dont n\s v5ons d'esquiss] les traits gnraux e/ avant t\t de celles auxquelles peut s'appliqu] le plus ju/em5t le titre de ,philosophie zoologique4 ,ari/ote n'y accumule les faits que p\r arriv] des lois1 et son esprit pntrant disc]ne avec un r>e bonheur les rapports gnraux4 ,plusieurs de ceux qui sont exprims dans l',hi/oire des animaux sont df9itivem5t entrs dans la sci5ce tels qu',ari/ote les avait =muls2 d'autres ne sont qu'entrevus2 mais ce qui e/ plus m]veilleux peut-tre1 c'e/ qu',ari/ote avait saisi du premi] c\p les diffr5ts po9ts de vue auxquels le rgne animal p\vait et devait tre tudi4 ,l'anatomie comp>e1 la physiologie1 l'embryognie1 les murs des animaux1 leur rp>tition gographique1 les relations qui exi/5t entre eux font galem5t l'objet de ses tudes et ses re*]*es =m5t le plus ri*e trsor de connaissances que l'esprit d'un homme ait jamais possd4 ,,*apitre ,,iii ,,la ,p,,riode ,,roma9e ,lucrce3 la =mation des premi]s organismes2 la lutte p\r la vie4--,pl9e3 attributs m]veilleux des animaux2 nature et mode de =mation des mon/res m>9s2 notions d'anatomie4--li52 ,oppi54--,gali53 progrs de l'anatomie2 corrlation entre la =me extrieure des animaux1 leur organisation et leurs murs4 ,il sembl]ait qu'aprs ,ari/ote la sci5ce1 mise p> lui dans sa voie vritable1 n'avait plus qu' m>*]4 ,on v\drait voir un m]veilleux pan\issem5t sci5tifique suivre de prs l'app>ition de ce gr& homme2 malheureusem5t les divisions politiques1 les gu]res1 les invasions1 ne p]mett5t pas de cont9u]1 en ,ori5t1 l'uvre comm5ce4 ,ari/ote ne t>de pas tre oubli1 et1 *ose tonnante1 qu& il rep>at1 lo9 de suscit] une r5aissance sci5tifique1 il devi5t un ob/acle aux progrs4 ,son uvre gigantesque inspire une telle admiration qu'on s'incl9e devant elle sans *]*] t\j\rs la compr5dre4 ,les op9ions du matre devi5n5t autant de dogmes2 on discute sur le s5s littral qu'il faut attribu] *acune de ses phrases1 mais on oublie le gr& exemple qu'il a donn1 et l'on ne songe pas un seul in/ant1 qu& une difficult se prs5te1 int]rog]1 comme lui1 la nature1 seule capable de mettre un t]me aux argum5tations sans f9 qu'elle provoque et qui ont alim5t la scola/ique au moy5 ge4 ,durant cette s+ulire poque1 on se reprs5te ,ari/ote comme une sorte de ,mose pay51 dont la p>ole e/ aussi infaillible que celle des ,livres sa9ts2 un viol5t ef=t e/ ncessaire avant que la sci5ce puisse rec\vr] sa libre et indp5dante allure4 ,rome aurait pu1 la f9 de l'antiquit1 repr5dre le rle de la ,grce et transmettre l',occid5t un *o des brillants essais philosophiques de ce pays privilgi2 mais ,rome tait trop agite p> la vie du =um1 trop proccupe de multipli] et d't5dre ses conqutes p\r que ses philosophes puss5t tr\v] le loisir d'obs]v] la nature4 ,p>mi eux cep5dant se tr\vr5t quelques esprits d'une tonnante pntration3 tel fut ,lucrce2 son magnifique pome conti5t plus d'une vue prophtique qui la sci5ce mod]ne e/ v5ue apport] une confirmation imprvue4 ,la t]re e/ p\r ,lucrce la mre de t\s les tres vivants4 ,comme t\s les organismes1 elle a eu une priode de fcondit1 durant laquelle elle a produit la plup>t des animaux et des vgtaux2 elle arrive auj\rd'hui une priode de /rilit relative4 ,d'abord la t]re revtit les coll9es d'une fra*e p>ure1 uniquem5t =me p> les h]bes1 et1 dans t\tes les campagnes1 les prairies v]doyantes s'maillr5t de fleurs4 ,puis s'tablit entre les arbres v>is une lutte magnifique1 *acun s'ef=ant de port] plus haut ses rameaux dans les airs4 ,de mme que le duvet1 le poil et les soies naiss5t d'abord sur les membres des quadrupdes et le corps des oiseaux1 a9si la jeune t]re se c\vrit d'abord d'h]bes et d'arbrisseaux2 elle cra plus t>d1 p> des procds div]s1 l'innombrable cohorte des tres mortels1 c> les animaux ne peuv5t tre tombs du ciel et les plantes ne pur5t sortir des abmes de la m]4 ,laissons donc la t]re ce nom de mre1 qu'elle mrite si bi51 puisque t\t a t tir de son se94 ,auj\rd'hui encore1 beauc\p d'tres vivants se =m5t dans la t]re l'aide des pluies et de la *aleur du soleil444 ,dans les premi]s sicles1 beauc\p de races d'animaux ont ncessairem5t d disp>atre1 sans p\voir se reproduire et se p]ptu]4 ,c> t\s ceux que n\s voyons vivre aut\r de n\s ne sont protgs contre la de/ruction que p> la ruse1 la =ce ou l'agilit qu'ils ont reues en naissant4 ,beauc\p qui se recomm&5t p> leur utilit p\r n\s1 ne p]si/5t qu'en raison de la df5se que n\s leur accordons4 ,la race cruelle des lions et les autres espces de btes froces sont protges p> leur =ce1 le r5>d p> sa ruse1 le c]f p> la rapidit de sa c\rse4 ,la g5t fidle et vigilante des *i5s1 t\te la progniture des btes de somme1 les tr\peaux producteurs de la9e et les btes cornes ont t confis la protection des hommes444 ,mais p\rquoi aurions-n\s protg les animaux inutiles1 que la nature n'avait pas d\s des qualits ncessaires p\r m5] une exi/5ce indp5dante8 ,en*ans p> les li5s de la fatalit1 ces tres ont s]vi de proie leurs rivaux1 jusqu' ce que la nature ait entirem5t dtruit leurs espces#c4 ,ce passage n'e/-il pas une brillante exposition de la doctr9e de la lutte p\r la vie1 de l'ext9ction des espces insuffisamm5t d\es et de la slection naturelle qui en e/ la consqu5ce8 ,lucrce croyait une production naturelle des tres vivants2 il p5sait que les plus simples avai5t p>u les premi]s1 que t\s ceux qui tai5t imp>faits tai5t de/9s disp>atre1 que des tres n\veaux app>aissai5t sans cesse4 ,n'e/-il pas tonnant qu'il se soit arrt dans cette voie et qu'il n'ait pas song faire natre des espces plus simples des premi]s temps1 les espces plus compliques qui les ont suivies8 ,mais le pote ne connaissait pas la vritable nature des fossiles2 il ne s'tait pas r5du compte de l'activit puissante de cet ag5t de de/ruction3 la lutte p\r la vie2 il p5sait que ses effets avai5t d se produire rapidem5t1 port] pr9cipalem5t sur des tres mon/rueux1 produits p> la t]re dans l'exubrante fcondit de sa jeunesse et presque aussitt disp>us1 et qu'elle n'avait pu int]v5ir de nos j\rs4 ,bi5 qu'il emploie p\r dsign] les espces des t]mes impliquant une srie d'tres cont9ue1 tels que les mots corda ou scla1 il ne lui semble pas qu'aucun int]mdiaire ait t ncessaire entre la mre commune et ses premi]s enfants4 ,en somme1 les =mes actuellem5t vivantes lui p>aiss5t immuables2 il n'a pas eu1 comme ,ari/ote1 l'intuition de leur v>iabilit4 ,lucrce ne desc5d pas1 du re/e1 dans le dtail des faits4 ,t\t autre e/ ,pl9e1 en qui l'on se plat voir ord9airem5t le plus gr& naturali/e de l'antiquit aprs ,ari/ote4 ,les premi]s philosophes avai5t imag9 de t\tes pices des sy/mes d'explication du monde4 ,p\r n\s s]vir d'une expression que ,buffon s'appliquait lui-mme1 ,ari/ote rassemblait des faits p\r en tir] des ides2 ,pl9e se borne rassembl] des faits4 ,il les pr5d p>t\t o il les tr\ve1 except peut-tre dans la nature1 et produit a9si une va/e compilation o t\tes les fables de la priode my?ologique et de son temps se tr\v5t mles1 presque sans critique1 aux obs]vations ju/es de ses prdcesseurs4 ,l'ide que les animaux sont intimem5t lis aux ressorts les plus ca*s de la nature se tr\ve *acune des pages de l',hi/oire naturelle3 ils connaiss5t une f\le de mdicam5ts1 sav5t obs]v] le ciel#d1 prono/iqu] les v5ts1 les pluies et les temptes1 et f\rniss5t t\tes sortes de prsages2 qu& une maison m5ace ru9e1 les rats s'en vont et les araignes tomb5t avec leur toile2 les oiseaux annonc5t les mo9dres vnem5ts de la vie huma9e2 le r5>d e/ p\r les ,?races un excell5t conseill]2 l'hyne e/ une vritable magici5ne2 la *air des ours cont9ue p\ss] aprs la cuisson2 il y a des jum5ts qui peuv5t tre fcondes p> le v5t4 ,ce d]ni] trait n'a ri5 de bi5 tonnant p\r ,pl9e1 c> il admet que les g]mes de t\tes *oses tomb5t du haut du ciel1 et c'e/ a9si qu'il explique p\rquoi la m] n\rrit les animaux les plus gr&s et les mon/res les plus tonnants4 ,les g]mes s'accumulant dans son imm5sit1 f\rniss5t une n\rriture abondante aux habitants de ses eaux2 se mlant sans rgle et de t\te faon1 ils donn5t naissance t\tes sortes d'tres qui simul5t les animaux ou les objets inanims qu'on obs]ve sur la t]re1 ou prs5t5t les assemblages les plus incohr5ts2 c'e/ a9si que d'infimes coquilles1 les hippocampes1 possd5t une tte de *eval4 ct de cette s+ulire doctr9e sont dveloppes de =t ju/es rem>ques1 telles que celles-ci3 ,beauc\p d'auteurs refus5t aux poissons la facult de respir]1 p>ce qu'ils n'ont pas de p\mons2 mais1 dit ,pl9e1 je ne dissimule pas que je ne puis accept] leur op9ion1 p>ce que c]ta9s animaux peuv5t avoir1 si la nature le veut1 d'autres organes respiratoires que des p\mons1 de mme que *ez beauc\p d'animaux une humeur p>ticulire remplace le sang4 ,qui peut s'tonn] d'ailleurs que l'air respirable puisse pntr] dans l'eau qu& on l'en voit sortir8 ,p>mi les animaux m>9s1 ,pl9e ne s'arrte pas seulem5t aux poissons2 il dcrit aussi les p\lpes et div]s mollusques1 insi/e sur le comm5salisme des m\les et des p9no?res1 dj signal p> ,ari/ote1 et se dem&e si les orties de m] ou mduses et les ponges ne p>ticip5t pas la fois de la nature des plantes et de celle des animaux4 ,mo9s p]spicace qu',ari/ote1 il range les bale9es p>mi les poissons1 et les *auves-s\ris p>mi les oiseaux1 montrant a9si qu'il e/ surt\t frapp non des ressemblances et des dissemblances de /ructure des animaux1 mais des analogies et des diffr5ces qu'ils prs5t5t dans leur manire de vivre4 ,les insectes dcrits p> ,pl9e sont assez nombreux2 les abeilles ti5n5t p>mi eux la place d'honneur4 ,vi5n5t ensuite les gupes1 les frelons1 les b\rdons1 les araignes1 les scorpions1 les cigales1 les sc>abes ou coloptres d',ari/ote1 les saut]elles1 les f\rmis et1 au milieu de t\s ces animaux articuls1 les geckos1 qui sont des reptiles4 ,bi5 ent5du1 ,pl9e admet la gnration spontane de beauc\p de ces tres3 les g\ttes de rose1 se cond5sant sur les feuilles de *\ en une g\ttelette grosse comme un gra9 de mil1 produis5t une *5ille1 qui devi5t ensuite *rysalide1 puis papillon2 les teignes naiss5t de la p\ssire1 et des m\*es1 les pyrales1 sont produites p> le feu4 ,la c\tume de sacrifi] des victimes p\r en tir] des prsages avait donn aux ,roma9s une connaissance assez prcise de l'organisation des animaux4 ,pl9e consacre une p>tie importante de son ,hi/oire des animaux dcrire les pr9cipaux viscres et signale en mme temps leurs fonctions4 ,quelques-unes de ses notions physiologiques sont assez exactes2 mais mlanges d'une f\le de fables4 ,il cite1 propos des prsages1 des oiseaux qui ont deux curs1 d'autres qui n'en ont pas du t\t2 *ez les rats1 le nombre des lobes du foie v>ie de manire tre con/amm5t gal au nombre de j\rs de la lune4 ,au del des viscres1 les connaissances anatomiques disp>aiss5t3 les ve9es1 les artres1 les n]fs1 les t5dons1 quoique di/+us en gros1 sont *aque in/ant confondus les uns avec les autres1 et ,pl9e ne sait ri5 de leurs fonctions3 les oiseaux n'ont ni ve9es ni artres2 les ongles sont les extrmits des n]fs1 etc4 ,malgr t\tes ces imp]fections1 ,pl9e e/ le seul auteur lat9 qui l'on puisse avec quelque raison donn] la qualit de naturali/e4 li5 e/1 plus que lui encore1 un simple compilateur1 et1 si les ouvrages d',oppi5 dmontr5t que les ,roma9s possdai5t des r5seignem5ts intressants sur les murs des animaux1 les titres de ses pomes3 les ,cyngtiques1 les ,halieutiques1 les ,ixeutiques1 montr5t assez dans quel b ils avai5t t composs4 ,une seule gr&e figure app>at avant la dcad5ce df9itive de l'empire roma91 celle de ,gali5 7#aca--bjj ap4 ,j4-,c74 ,gali5 e/ surt\t un mdec92 mais il montre un rem>quable esprit philosophique1 trace un vritable programme d'ducation sci5tifique et ralise ce programme en crivant une srie de traits qui conduis5t graduellem5t de l'art de p>l] l'art de raisonn] et enf9 la mdec9e4 ,il ne cesse de recomm&] l'alliance troite de l'obs]vation et du raisonnem5t2 donnant lui-mme l'exemple1 il ne p]d aucune occasion d'obs]v]4 ,ne p\vant dissqu] de cadavres huma9s1 il tudie les s+es et notamm5t le magot4 ,il indique ses lecteurs les moy5s d'obs]v]1 sans s'expos] aux rigueurs des lois1 le squelette1 qu'il dsigne le premi] s\s ce nom2 il leur conseille d'explor] les vieux tombeaux cr\ls1 les valles o l'on peut tr\v] des cadavres dess*s de brig&s1 et f9alem5t d'all] ,alex&rie1 o des squelettes sont livrs l'tude4 ,il veut qu'on tudie successivem5t les os1 les muscles1 les artres1 les ve9es1 les n]fs et enf9 les viscres4 ,on lui doit d'avoir di/+u les n]fs des t5dons1 d'avoir montr que les premi]s vi5n5t t\s du c]veau ou de la moelle p9ire et d'en avoir tabli les fonctions p> de vritables expri5ces2 il voit dans l'exi/5ce des n]fs le c>actre ess5tiellem5t di/9ctif de l'animal et de la plante2 il sait que les artres et les ve9es conti5n5t galem5t du sang1 et donne sur l'usage des organes des r5seignem5ts qui con/itu5t un inconte/able progrs sur ce que l'on enseignait avant lui4 ,l'obligation o il se tr\ve d'tudi] les animaux1 p> suite de l'impossibilit de dissqu] m?odiquem5t le corps huma91 le conduit d'intressantes comp>aisons2 il arrive mme con/at] *ez t\s les tres qu'il a tudis une rem>quable uni=mit de /ructure4 ,ce que n\s avons dire ici1 dit-il propos des organes de nutrition1 sembl]a incroyable2 mais1 ds que v\s l'aurez tudi1 v\s n'en d\t]ez pas davantage1 et v\s admir]ez comm5t ces p>ties dmontr5t qu'un seul arti/e a con/ruit t\s les animaux et a v\lu que t\s leurs organes fuss5t appropris leurs usages4 ,gali5 voit donc lui aussi l'unit dans la div]sit4 ,il e/ naturellem5t p>tisan des causes f9ales1 mais il conclut du rapport qui exi/e entre l'organe et la fonction un rapport entre la =me extrieure et l'organisation int]ne1 entre les murs des animaux et leur /ructure3 ,les p>ties qui rempliss5t une fonction semblable1 et qui ont la mme =me extrieure1 doiv5t ncessairem5t prs5t] la mme /ructure int]ne2 aussi t\s les animaux qui accompliss5t les mmes actions et qui ont les mmes =mes extrieures possd5t la mme organisation4 ,la nature1 en effet1 a donn *aque animal un corps en rapport avec les facults de son me1 et c'e/ p\rquoi *acun1 ds sa naissance1 se s]t de ses organes comme s'il avait t in/ruit p> un matre4 ,je n'ai jamais dissqu de petits animaux1 tels que les f\rmis1 les c\s9s1 les puces2 mais j'ai dissqu ceux qui se tran5t1 comme les belettes1 les rats1 et ceux qui ramp5t1 comme les s]p5ts1 et en outre un gr& nombre d'espces d'oiseaux et de poissons1 et je suis arriv de la sorte la conviction qu'une mme intellig5ce les produit t\s et que dans t\s le corps e/ en con=mit avec les murs4 ,p> une semblable tude1 en exam9ant un animal p\r la premire fois1 on peut1 sans dissection1 dev9] sa /ructure intrieure1 et cela s]a bi5 plus facile encore si l'on peut le suivre dans l'accomplissem5t de ses fonctions4 ,c'e/1 peu de *ose prs1 le pr9cipe des conditions d'exi/5ce que ,cuvi] expos]a plus t>d presque dans les mmes t]mes1 qu'il comb9]a1 comme ,gali51 avec le pr9cipe des causes f9ales1 dont il se s]vira p\r tablir les rgles de corrlation que ,gali5 ap]oit nettem5t entre la =me extrieure d'un animal et sa /ructure4 ,ce sont ces rgles t5dues p> ,cuvi] aux rapports rciproques des organes qui lui s]viront ensuite recon/ruire entirem5t les animaux fossiles d'aprs la considration de quelques-unes de leurs p>ties4 ,a9si les rudits qui ont attribu l'uvre d',ari/ote ses prdcesseurs p\rrai5t avec autant de raison report] ,gali5 l'honneur des travaux de ,cuvi]4 ,ils p\rrai5t mme faire remont] jusqu' lui1 n\s v5ons de le voir1 l'honneur d'avoir inspir ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 le pr9cipe de l'unit de plan de composition4 ,,*apitre ,,iv ,,le ,,moy5 ,,ge ,,et ,,la ,,r5aissance ,les mdec9s arabes4--,les al*imi/es4--,alb]t-le-,gr&4--,premi]s gr&s voyages4--,r5aissance de l'anatomie4--,belon1 ,rondelet4--,franois ,bacon4--,progrs de la physiologie et de l'anatomie4--,les premi]s micrographes4--,prjugs encore rgnants au ,x,v,ie sicle4 ,gali5 e/ la d]nire gr&e intellig5ce1 le d]ni] philosophe qui jette quelque clat au milieu de la dcad5ce gnrale de l'empire4 ,bi5tt les b>b>es surgissant de t\tes p>ts ru95t la civilisation roma9e2 le paganisme s'cr\le2 l'tablissem5t du *ri/ianisme absorbe les ef=ts intellectuels de t\s ceux qui la gu]re laisse des loisirs4 ,t\te culture sci5tifique s'efface dans l',occid5t1 et ce sont les hommes de l'extrme ,ori5t qui cons]v5t l'humanit1 dans la mesure o il rpond aux beso9s de leur race1 le trsor de connaissances amass durant l'antiquit4 ,durant t\t le moy5 ge1 les ,arabes cons]v5t la prpondrance sci5tifique4 p>tir du ,i,xe sicle1 on voit les sci5ces mdicales pr5dre *ez eux un pan\issem5t rem>quable4 ,hippocrate1 ,ari/ote sont traduits en langue vulgaire4 ,el ,k9di 7#hfj71 ,el ,d*didh1 auteur d'une hi/oire des animaux1 ,ab\ ,hanifa1 savant botani/e1 ,ibn ,wah*jid sont les plus clbres de cette priode tonnante1 o la magie se tr\ve sans cesse allie la sci5ce et la mtaphysique4 ,rhazs 7#hej--ibc71 ,avic5ne1 ,av5zo> 7#ajgj--aafa71 ,av]rhos 7#aabj--aaih71 son lve1 ont laiss la rputation de mdec9s =t habiles et =t savants2 nanmo9s ils s'ab&onn5t beauc\p plus la spculation qu' l'obs]vation vritable2 le philosophe dom9e ord9airem5t en eux le savant1 et1 s'ils ont l>gem5t contribu n\s cons]v] la tradition sci5tifique des anci5s1 il faut reconnatre qu'ils n'ont fait faire l'anatomie1 la physiologie et au diagno/ic de maladies que peu de progrs rels4 ,ils avai5t cep5dant une connaissance appr(ondie des proprits des plantes1 et on leur doit l'introduction dans la ?rapeutique d'un assez gr& nombre de mdicam5ts4 ,kazwyny 7#abhc71 ,ibn el ,doreihim1 ,el ,demiri1 qui vivai5t au ,x,i,ve sicle1 ,el ,calca*5di 7#adah71 ,el ,s*ebi et ,el ,sojuti 7#adde7 ont compos sur l'hi/oire des animaux des traits rem>quables4 ,el ,demiri en p>ticuli] a crit une sorte de dictionnaire d'hi/oire naturelle qui compr5d la description de #ica animaux4 ,c'e/ aux ,arabes que les lettrs europens du moy5 ge empruntr5t leurs premires connaissances sci5tifiques2 c'e/ leur influ5ce en gr&e p>tie qu'il faut attribu] le mlange s+uli]1 que l'on obs]ve con/amm5t cette poque1 de l'a/rologie et de l'al*imie avec la sci5ce vritable1 mlange dont les plus gr&es intellig5ces ne sur5t pas t\j\rs se g>d] et qui eut p\r rsultat d'am5] dans l'esprit du vulgaire une confusion complte entre les savants et les sorci]s4 ,rog] ,bacon 7#abad-abib7 lui-mme1 quoique prote/ant de la nullit de la magie1 sacrifia l>gem5t l'al*imie4 ,c'tait un va/e esprit1 un *]*eur +nieux1 et un exprim5tateur habile4 lire c]ta9s passages de son ,opus majus1 on croirait qu'il a dev9 les plus belles inv5tions mod]nes2 il p>at mme avoir connu l'art de fabriqu] des p\dres explosibles4 ,il compte p>mi les hommes qui contribur5t le plus ram5] les savants l'obs]vation de la nature4 ,les inve/igateurs de cette poque cultivai5t d'ailleurs simultanm5t t\tes les sci5ces3 ils unissai5t troitem5t la pratique de la mdec9e1 les discussions philosophiques ou mme ?ologiques la re*]*e de la pi]re philosophale et de la transmutation des mtaux4 ,la plup>t1 en hi/oire naturelle1 se born5t faire sur le texte d',ari/ote des comm5taires ?ologiques1 et s'ils aj\t5t quelques obs]vations de leur cru1 elles tmoign5t d'ord9aire d'une telle conception de la nature1 qui t\t semble possible1 d'une telle inhabilet dml] les premires app>5ces de la ralit1 qu'on regrette presque que ces laborieux criva9s ne s'en soi5t pas t5us aux textes de l'antiquit4 ,tels sont1 malgr la rputation que leur valur5t leurs ouvrages et leurs travaux dans d'autres directions1 les al*imi/es ,arnaud de ,vill5euve 7#abch-acad71 qui dc\vrit l'alcool1 ,raymond ,lulle 7#abce-acae71 qui n\s devons l'acide azotique ou eau-=te1 ,alb]t le ,gr& 7#aaec-abhj71 dom9ica91 puis vque de ,ratisbonne1 dignit qu'il ab&onna p\r se livr] exclusivem5t la culture et l'enseignem5t des sci5ces4 ,alb]t le ,gr& ex]ce cep5dant une relle influ5ce p> ses nombreux ouvrages d'al*imie et d'hi/oire naturelle qui con/itu5t une sorte d'encyclopdie o dom9e le po9t de vue ?ologique4 ,on compte p>mi ses disciples le fameux sa9t ,?omas d',aqu9 7#abbg-abgd71 qui ,pic de ,la ,mir&ole attribue un ouvrage d'al*imie et que l'glise ca?olique place encore au rang le plus lev p>mi ses hommes de sci5ce4 ,durant le ,x,i,i,ie sicle1 quelques voyages1 tels que ceux de ,guillaume ,rubruquis et de ,m>co ,polo1 fir5t connatre l',asie ori5tale2 ,m>co ,polo e/ le premi] qui ait pntr en ,*9e et au ,japon2 mais le rcit de ses voyages1 qui ne cadrait pas t\j\rs avec les affirmations d',ari/ote1 fut longtemps considr comme une uvre d'imag9ation4 ,malgr l'inv5tion de l'imprim]ie 7#adca71 malgr les gr&s voyages de ,*ri/ophe ,colomb et la dc\v]te de l',amrique 7#adib71 le ,x,ve sicle p\rsuit encore longtemps les errem5ts sci5tifiques du ,x,i,i,ie et du ,x,i,ve sicle2 mais au ,x,v,ie sicle la lumire comm5ce se faire dans les esprits et d'importantes re*]*es sci5tifiques sont entreprises4 ,&r ,vsale 7#aead-aefd7 rgnre l'anatomie2 ,fallope1 ,eu/a*e1 ,spiegel1 ,+rassias1 ,botal1 ,v>ole ont t\s atta* leur nom la dc\v]te de quelque organe ou de quelque p>ticul>it de /ructure du corps huma94 ,les re*]*es de ,fabrizio d',aquap5d5te 7#aecg-afai71 celles de ,colombo et de ,csalp91 qui fut aussi un botani/e rem>quable1 prp>5t la dc\v]te de la circulation2 ,csalp9 en donne mme une description gnrale =t exacte1 t&is que la circulation pulmonaire e/ nettem5t entrevue p> le malheureux ,mi*el ,s]vet 7#aeji-aeee71 qui fut brl ,g5ve1 comme hrtique1 p> ,calv94 cette poque vcut aussi le clbre *irurgi5 de ,h5ri ,,ii1 ,ambroise ,p> 7#aeag-aeij71 qui1 en dehors de son mrite comme pratici51 songea le premi] comp>] le squelette des oiseaux celui des mammifres4 ct de cette r5aissance de l'anatomie se manife/e aussi une r5aissance vid5te de la botanique et de la zoologie4 ,jean et ,gasp>d ,bauh91 morts le premi] en #afac1 le second en #afbd1 publi5t1 t\t en s'occupant de mdec9e1 d'importants ouvrages sur les plantes2 ,pi]re ,belon n en #aeah1 assass9 au bois de ,b\logne en #aefd1 crivit une ,hi/oire naturelle des animaux m>9s et une ,hi/oire des oiseaux2 il comp>a entre eux les organes des div]s animaux qui avai5t fait l'objet de ses tudes1 ouvrit a9si la voie l'anatomie comp>e1 et figurant en tte de son ,orni?ologie un squelette d'oiseau et un squelette huma91 dsigna p> les mmes lettres les p>ties qui lui semblai5t se correspondre dans ces deux squelettes4 la mme poque1 ,rondelet 7#aejg-aeff7 dota l'hi/oire naturelle d'une =t belle ,hi/oire univ]selle des poissons1 o l'on tr\ve un vritable essai de classification naturelle4 ,mais les naturali/es de ce sicle les plus rem>quables p> leur savoir fur5t ,conrad ,gessn] 7#aeaf-aefe7 et ,aldrov&e 7#aebg-afje74 ,gessn] publia1 outre div]s travaux philosophiques et sci5tifiques1 une ,hi/oire des animaux en #d volumes 9-folio et div]s crits de botanique dans lesquels il tablit1 sur les organes de fructification1 la premire classification sci5tifique des vgtaux2 il traite aussi des cri/aux et dit que les fossiles p\rrai5t bi5 tre les dp\illes d'tres vivants4 ,aldrov&e e/ l'auteur d'une va/e hi/oire naturelle dans laquelle il traite des trois rgnes de la nature1 et qui fut imprime1 en p>tie1 s\s les auspices du snat de ,bologne4 ,ce fut aussi un des titres de gloire du gr& arti/e ,b]n>d de ,palissy 7#aejj-aehi7 d'avoir n]giquem5t s\t5u que les fossiles tai5t des re/es d'animaux p\r la plup>t m>9s1 et qu'en consqu5ce les m]s avai5t autrefois c\v]t une va/e t5due des cont95ts1 op9ion dj mise au comm5cem5t du sicle p> ,lon>d de ,v9ci4 ,la foi dans l'obs]vation1 dans l'expri5ce1 dans la raison1 se sub/itue a9si peu peu la foi dans l'autorit et aux discussions sans f9 sur les op9ions des matres dont la philosophie scola/ique n\s (fre le tri/e tableau4 ,rsultat ncessairem5t impuissant de la direction imprime aux esprits p> le *ri/ianisme et de la =te con/itution que s'tait donne le cl]g1 g>di5 des dogmes1 la scola/ique comm5ce inspir] un mpris mal dguis2 on compr5d enf9 combi5 sont /riles ses va9es disputes2 et l'on pr*e le ret\r v]s l'obs]vation de la nature qu',ari/ote ne conti5t videmm5t pas t\t entire4 ,t&is que de nombreux inve/igateurs pr*5t d'exemple et aj\t5t nos connaissances dans t\tes les directions1 sans trop de s\ci de l'autorit1 quelques hommes h>dis1 comme ,arg5ti]1 proclam5t leur confiance exclusive dans la raison et prp>5t a9si l'avnem5t de ,franois ,bacon 7#aefa-afbf71 dont l',in/auratio magna rtablit1 p\r la premire fois1 depuis ,ari/ote1 les vrais pr9cipes de la philosophie et de la m?ode sci5tifique4 ,bacon dcl>e que l'homme de sci5ce doit avant t\t appuy] ce qu'il affirme sur l'expri5ce1 et il t5d mme la m?ode exprim5tale la re*]*e de l'orig9e des tres4 ,dans sa ,nova ,atlantis1 sorte de projet d'un tablissem5t uniquem5t consacr au progrs des sci5ces naturelles1 comme l'e/ notre ,musum d'hi/oire naturelle1 il recomm&e de t5t] les mtamorphoses des organes et de re*]*]1 en faisant v>i] les espces1 comm5t elles se sont multiplies et div]sifies4 ,c'e/ la premire expression sci5tifique de l'ide que les =mes des plantes et des animaux ne sont pas immuables et en nombre f9i1 que le monde vivant n'e/ p>v5u son tat actuel que p> une srie de l5tes et graduelles modifications4 ,l'illu/re philosophe put connatre avant de m\rir l'une des plus belles dc\v]tes dues la m?ode exprim5tale1 celle de la circulation du sang1 annonce ds #afai p> ,h>wey1 mdec9 de ,jacques ,i] et de ,*>les ,i] et lve de ,fabrizio d',aquap5d5te1 qu'il avait assi/ dans ses re*]*es sur les valvules des ve9es4 ,cette dc\v]te donna un n\vel lan aux re*]*es anatomiques4 ,aselli retr\ve les vaisseaux *ylifres4 ,pecquet montre qu'ils sont de/9s puis] dans les entrailles les matires assimilables et qu'ils les transport5t dans le canal ?oracique1 p> lequel elles sont v]ses dans la circulation4 ,rudbeck et ,b>?ol9 se disput5t la dc\v]te des vaisseaux lymphatiques2 ,wirsung fait connatre le canal pancratique2 ,b>?ol9 et ,/non complt5t l'tude des gl&es salivaires4 ,wepf]1 ,s*neid]1 ,willis1 ,vieuss5s t5d5t les connaissances acquises sur le c]veau1 dont ils prcis5t le rle2 enf9 ,ruys*1 p> l'application aux re*]*es anatomiques du procd qui consi/e inject] des liquides colors dans les vaisseaux et les cavits1 fait faire de gr&s progrs l'hi/oire de l'app>eil vasculaire4 ,v]s la mme poque1 l'application l'tude des organismes d'une autre m?ode d'inve/igation fut encore plus fconde4 ,presque en mme temps1 ,malpighi1 pr(esseur de mdec9e ,bologne 7#afbh-afid71 ,leuw5hoek 7#afcb-agbc71 de ,delft1 et ,swamm]damm 7#afcg-afhj7 introduis5t l'emploi des v]res grossissants dans les re*]*es d'hi/oire naturelle2 ils sont aussitt rcomp5ss p> de magnifiques dc\v]tes4 ,malpighi fait connatre un gr& nombre de p>ticul>its de /ructure des organes huma9s1 dc\vre les tra*es des insectes et tudie le dveloppem5t du p\let2 on doit ,leuw5hoek d'avoir rvl aux naturali/es l'exi/5ce des infusoires et d'avoir coopr la dc\v]te des sp]matozodes2 il p>at aussi avoir connu la reproduction des puc]ons sans le sec\rs de l'acc\plem5t1 dont la ralit fut mise hors de d\te1 bi5 plus t>d1 p> ,bonnet1 de ,g5ve1 et il fit sur la gnration des polypes p> b\rgeonnem5t des obs]vations qui devai5t demeur] oublies jusqu'aux re*]*es de ,trembley4 ,swamm]damm1 qui publia une gr&e p>tie de ses travaux s\s le titre de ,biblia natur1 e/ surt\t clbre p> ses re*]*es sur les mtamorphoses des insectes4 ,ds cette poque se pos5t les gr&es que/ions qui ont depuis agit le monde savant3 ,rdi 7#afbf-afih7 combat p> des expri5ces d'une relle prcision l'hypo?se1 auj\rd'hui ram5e un problme de *imie1 des gnrations spontanes4 ,il cont9ue cep5dant admettre la possibilit de ce mode de gnration p\r les v]s que l'on tr\ve l'intrieur des fruits et p\r ceux qui viv5t dans les viscres de l'homme et des animaux1 mais c'e/ s\s l'influ5ce des =ces vitales elles-mmes1 d'mes embryons1 d'mes vgtatives1 que ces v]s sont eng5drs4 ,newton signale dj la f9 de son ,optique cette uni=mit de /ructure des animaux1 la dmon/ration de laquelle ,ge(froy ,sa9t-,hilaire devait consacr] sa vie sci5tifique1 et ,pascal1 dpassant ,bacon1 croit que les tres anims n'tai5t leur db que des individus in=mes et ambigus1 dont les circon/ances p]man5tes au milieu desquelles ils vivai5t ont dcid orig9airem5t la con/itution#e2 ,sylvius ,lebo1 de ,leyde1 s\ti5t que t\s les phnomnes qui se produis5t dans les viscres sont analogues aux ractions qu'on voit s'accomplir dans les cornues des laboratoires de *imie2 t&is que ,vallisn]i *]*e expliqu] la gnration1 p> la doctr9e de l'embotem5t des g]mes dont ,cuvi] s]a l'un des d]ni]s p>tisans4 ,swamm]damm tablit les bases de la doctr9e du dveloppem5t des animaux p> =mation successive des p>ties1 p> pignse4 ,mais les esprits sont lo9 d'tre prp>s compr5dre la porte de ces dc\v]tes4 ,en #aeie1 ,frey1 pa/eur ,s*we9fur?1 considre encore les animaux comme des prcepteurs1 qui n\s aurai5t t donns p> ,dieu2 ,wolfgang ,franz1 en #afab1 dans son ,hi/oire sacre des animaux1 qui eut plusieurs ditions et conti5t une assez +nieuse classification des animaux1 dcrit les dragons naturels1 qui ont trois ranges de d5ts *aque m*oire1 et il aj\te avec une ineffable srnit3 ,le pr9cipal dragon e/ le diable2 le ,p4 ,kir*]1 physici5 di/+u cep5dant1 re*]*e quels animaux ,no fit entr] dans l'ar*e2 il figure p>mi eux des sirnes et des griffons1 et n\s sommes en #afge6 ,il s'agit1 la vrit1 d'criva9s religieux plutt que de savants2 mais quel monde de prjugs devait une p>eille poque affront] la mo9dre dc\v]te6 ,,*apitre ,v ,,volution ,,de ,l',,id,e ,d',,esp,,ce ,les gr&s travaux descriptifs3 ,wotton1 ,gessn]1 ,aldrov&e4--,ray3 df9ition de l'espce4--,premi]s essais de nom5clature4--,l9n3 la fixit de l'espce2 la nom5clature b9aire4 ,cep5dant la zoologie descriptive avait fait de rels progrs4 ,wotton avait tir1 en #aeeb1 des uvres d',ari/ote un premi] essai de disposition sy/matique des animaux4 ,la mme anne1 ,conrad ,gessn] avait runi1 dans son ,hi/oire des animaux1 t\t ce que l'on savait de son temps sur ces tres vivants1 et en avait r5du facile l'tude comp>ative1 en adoptant p\r ses descriptions un plan m?odique2 p>tir de #aeii1 ,aldrov&e avait publi sur les animaux une srie d'ouvrages importants1 et les matriaux s'tai5t dj tellem5t accrus qu'il avait fallu de t\te ncessit rec\rir1 p\r m5] cette uvre bonne f91 une classification rig\reuse1 en p>tie emprunte ,wotton et en p>tie n\velle2 des animaux fabuleux1 des h>pies1 des griffons1 se tr\v5t encore mls aux animaux rels2 l'hi/oire de l'oie qui nat des gl&s d'un *ne e/ encore raconte2 mais le progrs n'en e/ pas mo9s accus4 ,jon/on compose1 son t\r1 aprs d'autres ouvrages d'hi/oire naturelle qui en tai5t la prp>ation1 son ,?tre univ]sel des animaux2 p>t\t la m?ode e/ la mme3 ,les animaux sont dcrits d'aprs leur habitat ord9aire1 leur g5re de n\rriture1 leurs murs4 ,mais les =mes animales connues sont de plus en plus nombreuses2 il devi5t de plus en plus difficile de les reconnatre dans les longues et confuses descriptions qu'on en fait4 ,sp]l+ a le premi] l'ide de les df9ir au moy5 de c\rtes diagnoses qu'il nomme des prceptes 7#affa74 ,t\tefois les gr\pes d'individus auxquels correspond5t ces diagnoses1 bi5 que nettem5t df9is dans l'esprit des zoologi/es1 n'ont pas encore reu de dnom9ation p>ticulire4 ,comme le faisait jadis ,ari/ote1 on emploie indiffremm5t les mots g5re et espce p\r dsign] des gr\pes d't5due v>iable4 ,on dit a9si3 l'espce des oiseaux en compr5d un gr& nombre d'autres2 l'espce des mammifres se divise en plusieurs g5res2 on n'a pas non plus beauc\p rfl*i sur les c>actres de ce que n\s nomm]ions auj\rd'hui une espce4 ,on admet sans trop de pe9e1 malgr les ef=ts de ,r$i p\r dmontr] l'inanit de la gnration spontane des insectes1 que des animaux peuv5t exceptionnellem5t eng5dr] d'autres animaux t\t diffr5ts et que beauc\p peuv5t natre de la rose1 de la p\rriture ou du limon4 ,cep5dant le beso9 de plus de prcision se fait graduellem5t s5tir4 ,ray entre enf9 h>dim5t dans la voie que n\s suivons auj\rd'hui1 en dt]m9ant d'une manire df9itive la signification qu'il faut donn] au mot espce et en fixant a9si p\r t\s une ide qui jusque-l tait demeure quelque peu flottante4 ,l'espce1 c'e/ dsormais le plus re/re9t des gr\pes auxquels on appliquait jusque-l ce mot2 t\te runion d'espces ayant quelques c>actres communs port]a le nom de g5re4 ,le g5re p\rra donc se divis] en espces1 mais l'espce e/ ma9t5ant une unit indivisible4 ,sa df9ition e/ t\t entire base sur la gnralisation d'un fait d'obs]vation j\rnalire4 ,les animaux et les plantes que n\s connaissons le mieux tir5t t\s leur orig9e d'animaux et de plantes semblables eux2 ces animaux et ces plantes a9si lis gnalogiquem5t sont ce qu'on appell]a des espces4 ,l'ide tait dj dans ,ari/ote1 mais le mot n'y tait pas1 et l'ide mme tait mo9s prcise1 c> ,ari/ote n'en p>le gure qu'incidemm5t1 propos des difficults que s\lve l'orig9e de c]ta9s animaux2 ,ray dit1 au contraire1 expressm5t3 ,les =mes spcifiquem5t diffr5tes cons]v5t t\j\rs la mme app>5ce2 jamais une espce ne nat de la sem5ce d'une autre1 ni rciproquem5t4 ,il semble que ,ray dt]m9e non seulem5t de la faon la plus nette le critrium de l'espce1 mais qu'il affirme de plus la fixit absolue des =mes spcifiques3 il ne va cep5dant pas jusque-l4 ,il rem>que d'abord qu'il exi/e entre les animaux de mme espce des diffr5ces sexuelles qui peuv5t tre assez considrables1 et il aj\te que son c>actre de l'espce n'e/ pas absolum5t infaillible4 ,les expri5ce montr5t1 en effet1 que quelques sem5ces peuv5t dgnr]1 que des plantes d'espce diffr5te peuv5t1 dans des cas exceptionnels1 natre de la sem5ce d'une plante d'espce donne et donn] lieu1 p> consqu5t1 une transmutation des espces4 ,ces rs]ves devront bi5tt disp>atre4 ,ray embrassait dans le c]cle de ses tudes la botanique et presque t\tes les bran*es de la zoologie qu'il avait tudies soit seul1 soit avec le conc\rs de son ami ,will\ghby1 mort prmaturm5t et dont il publia les travaux4 ,peu peu1 l'accroissem5t considrable du nombre des animaux recueillis dans t\tes les p>ties du monde obligea les naturali/es se re/re9dre l'tude de collections p>ticulires qui tai5t m9utieusem5t dcrites1 comme on dcrit de nos j\rs des cab9ets de curiosits4 ,ce fut l'orig9e de livres tels que le ,?saurus de ,seba1 l'ouvrage de ,rumphius sur les r>ets d',ambo9e 7#agje71 le ,gazophylacium natur et artis de ,ptiv] 7#agaa7 et autres publications analogues4 ,on p\vait aussi born] ses tudes1 en dcrivant des animaux d'une c]ta9e catgorie ayant entre eux quelque ressemblance2 =m] ces catgories1 c'tait dj reconnatre l'exi/5ce de gr\pes naturels2 c'e/ a9si que ,m>t9 ,li/] s'occupa des coquilles1 ,breyn des ours9s1 ,l9ck des toiles de m]1 etc4 ,ces div]s travaux monographiques ne p\vai5t conduire des ides bi5 gnrales2 mais ils dem&ai5t une tude suivie des =mes vivantes2 ces =mes tai5t nettem5t df9ies1 p>fois soigneusem5t figures1 comme dans l'ouvrage de ,l9ck sur les toiles de m]1 qui date de #agcc4 ,p>mi elles1 celles qui se ressembl5t le plus sont gr\pes en g5res qui app>aiss5t a9si comme des divisions secondaires des gr\pes plus t5dus dont l'auteur se fait l'hi/ori51 gr\pes auxquels on n'a pas encore song attribu] de dnom9ation m>quant leur degr de gnralit4 ,dans les ouvrages de ,breyn et de ,l9ck1 *aque g5re reoit un nom p>ticuli]1 *aque espce e/ di/+ue de celles du mme g5re p> une ou deux pi?tes accoles au nom gnrique1 de telle faon qu'un sy/me de dnom9ation semblable celui qui e/ en usage dans notre tat civil t5d de plus en plus s'introduire dans la langue zoologique4 ,d'abord l'usage de cette nom5clature e/ en quelque sorte accid5tel2 s\v5t on emploie plusieurs prnoms p\r dsign] une mme espce4 ,l9n compr5d enf9 la ncessit de =mul] les rgles de la langue du naturali/e4 ,aprs s'tre s]vi accid5tellem5t en #agdi1 p\r dsign] les espces communes en ,sc&9avie1 d'un nom et d'un unique prnom dans un disc\rs inaugural dev5u clbre s\s le nom de ,pan suecica1 il montra en #agea1 dans sa ,philosophie botanique1 les avantages de ce mode de dnom9ation2 en fit en #agec une premire application aux plantes1 dans son ,species plant>um1 et l't5dit l'ensemble des espces des deux rgnes dans la #ab;e dition de son ,sy/ema natur1 qui date de #agff4 ,cette faon de dsign] les espces1 adopte depuis p> t\s les naturali/es1 e/ ce qu'on a appel la nom5clature b9aire4 ,p> un phnomne inv]se de celui qui avait emp* ,ari/ote d'atte9dre la notion de l'espce1 les gr\pes spcifiques nettem5t df9is1 et dsigns *acun dsormais p> un nom p>ticuli]1 facile ret5ir1 ne devai5t pas t>d] tre pris p\r autant de ralits malgr ce que leur dt]m9ation prs5tait d'videmm5t artificiel4 ,dans la priode qui s'ouvre on voit1 en effet1 les naturali/es oubli] peu peu que les espces ont t con/itues p> eux-mmes l'aide de gr\pes d'individus1 p\r ne plus voir que la =me ab/raite laquelle se ratta*5t t\s les individus d'un mme gr\pe4 ,on s'applique dnombr] ces =mes1 dev5ues autant d'tres quasi rels2 connatre t\tes les =mes vivantes1 en donn] un catalogue aussi complet que possible p>at de nombreux zoologi/es le b df9itif de la sci5ce4 ,on peut cit] ,kle9 comme le reprs5tant le plus accompli de cette doctr9e2 ses travaux ont uniquem5t p\r b de dress] un catalogue des animaux commode consult]1 et l'on doit y p>v5ir1 suivant lui1 au moy5 d'un sy/me de classification empruntant exclusivem5t ses c>actres l'extrieur de l'animal4 ,il e/ c]ta9 que1 si l'on se propose seulem5t de dress] un inv5taire du rgne animal et d'arriv] le plus rapidem5t possible dt]m9] quel *apitre de cet inv5taire se ratta*e un animal donn1 les c>actres qui sont le plus app>5ts1 le plus faciles con/at] ont quelque droit avoir la prfr5ce2 non seulem5t la nature des c>actres employs1 mais encore les faons dont ils sont mis en uvre1 ce qu'on p\rrait appel] les procds de classification1 pr5n5t une importance considrable4 ,c'e/ a9si que l'on e/ am5 considr] comme des inv5tions m9emm5t utiles des artifices1 tels que ces tables di*otomiques des botani/es1 qui p]mett5t d'abrg] le temps dp5s] p\r tr\v] un nom4 ,en s\t5ant qu'on ne devait pas oblig] les naturali/es qui veul5t tr\v] le nom d'un animal1 en ouvrir la b\*e p\r compt] combi5 il possde de d5ts1 ,kle9 devait avoir p\r lui t\s les naturali/es descripteurs1 et l'on en voit encore de nos j\rs regrett] que t\tes nos m?odes de classification n'ai5t pas t bases sur de tels pr9cipes4 ,ce fut ,l9n qui eut l'honneur de limit] l'influ5ce de ,kle9 et d'affirm] que l'hi/oire naturelle devait atte9dre un b plus lev que celui auquel m5aai5t de la re/re9dre les simples nom5clateurs4 ,p\r son esprit potique1 il devait exi/] dans la nature une h>monie dont le naturali/e digne de ce nom devait tre l'int]prte4 ,que les conditions p>ticulires une sci5ce en voie de =mation imposass5t la ncessit d'avoir rec\rs des procds plus ou mo9s artificiels p\r p>v5ir dress] un inv5taire des tres vivants1 inv5taire au moy5 duquel on pt dt]m9] facilem5t les =mes dj connues et dans lequel il ft ais d'assign] une place aux =mes n\velles1 il ne le conte/ait pas2 il dut lui-mme1 en p>tie1 sa brillante rputation l'inv5tion et l'emploi gnral de procds de ce g5re1 p>ticulirem5t +nieux1 il e/ vrai2 mais ces procds1 qu'il nommait des sy/mes1 n'tai5t p\r lui qu'une concession faite mom5tanm5t aux beso9s de la nom5clature et ne reprs5tai5t nullem5t la sci5ce elle-mme4 ,t\t dans la nature lui p>aissait rig\reusem5t ordonn2 il tait p]suad que1 de mme que nos p5ses =m5t une *ane in9t]rompue1 t\s les tres devai5t se reli] les uns aux autres d'une faon dt]m9e4 ,aussi s'tait-il appropri cet aphorisme de ,leibnitz3 ,natura non facit saltum3 ,la nature ne fait po9t de saut4 ,dans la longue srie des =mes vivantes1 *aque espce devait tre exactem5t int]mdiaire entre deux autres4 ,la sci5ce ne devait s'arrt] qu'aprs avoir p]mis de les dispos] t\tes dans un ordre tel que cette condition ft ralise2 seulem5t alors elle p\rrait se considr] comme possdant un sy/me de classification df9itif2 ce sy/me df9itif tait ncessairem5t unique2 c'e/ lui qu'il fallait rs]v] le nom de m?ode naturelle1 et ,l9n p5sait qu'on p>vi5drait le ralis] en imag9ant une suite de sy/mes1 de/9s tre sans cesse p]fectionns p> des ret\*es successives1 de manire se rappro*] de plus en plus du sy/me df9itif4 ,a9si *acun de ces sy/mes devait tre comme nos ?ories1 qui ne f\rniss5t que des explications approximatives des phnomnes qu'elles se propos5t de reli] entre eux1 jusqu' ce que des p]fectionnem5ts progressifs1 portant sur des po9ts de dtail1 leur ai5t donn une inaltrable cohsion4 ,cette m?ode1 image de la nature1 traduction fidle de la p5se du crateur1 devait t5ir compte de t\s les faits que peut prs5t] l'hi/oire des animaux3 non seulem5t leurs c>actres extrieurs1 mais leur /ructure anatomique1 leurs facults1 leur g5re de vie1 devai5t tre pris en considration p\r arriv] rappro*] les espces suivant leur ordre naturel1 et ,l9n1 t\t en se bornant con/itu] ce qu'il appelle un sy/me de la nature1 introduit1 autant que cela e/ possible de son temps1 la notion de la /ructure dans ses divisions du rgne animal2 il ouvre de la sorte une voie n\velle1 que ,cuvi] p\rsuivra plus t>d4 ,l'illu/re ,sudois a r5du la philosophie zoologique un s]vice plus important encore4 ,la premire condition p\r se rappro*] autant que possible d'un b aussi lev que celui qu'il devait atte9dre1 tait d'introduire dans la sci5ce une prcision qui lui avait manqu jusque-l4 ,aussi le voyons-n\s pr5dre le plus gr& so9 de df9ir t\t ce dont il a p>l]4 ,il semble qu'il soit inutile de dire ce que peuv5t tre les m9raux1 les vgtaux et les plantes2 depuis longtemps1 l'obs]vation vulgaire a donn *acun une notion prcise de l signification de ces t]mes4 ,l9n insi/e cep5dant3 ,m9]alia crescunt4 ,vegetalia crescunt et vivunt4 ,animalia crescunt1 vivunt et s5tiunt4 ,les trois rgnes sont a9si c>actriss1 et leurs c>actres prs5t5t une sduisante gradation4 ,les =mes class] ne sont pas df9ies avec mo9s de nettet3 ,n\s comptons1 dit ,l9n1 autant d'espces qu'il e/ sorti de c\ples des ma9s du ,crateur4 ,ici1 la df9ition p*e mme p> trop de prcision1 c> elle juge1 dans sa =me concise1 une f\le de que/ions qu'il et t peut-tre prud5t de ne pas rs\dre aussi vite4 ,l9n p>at savoir1 en effet1 que les animaux sont sortis p> c\ples des ma9s div9es2 que t\s les animaux de mme espce que n\s obs]vons auj\rd'hui sont desc5dus de ces c\ples1 auxquels les reli5t une srie in9t]rompue de gnrations2 qu'aucune des familles naturelles a9si con/itues ne s'e/ te9te2 qu'aucune n'a subi de mlange2 qu'aucune ne s'e/ p]fectionne1 dgrade ou mme modifie4 ,ce savoir1 il ne p\vait le t5ir ni de l'obs]vation1 ni de l'expri5ce2 il se place donc1 p> cette df9ition de l'espce1 hors du t]ra9 sci5tifique4 ,c'e/ videmm5t du rcit de la cration fait p> la ,g5se qu'il s'inspire2 n\s n\s tr\vons en prs5ce non plus d'un fait rig\reusem5t dt]m91 mais d'une croyance religieuse1 d'un dogme4 ,et c'e/ bi5 un dogme en effet1 que ,l9n vi5t d'introduire dans la sci5ce4 ,s'il n'y atta*e pas lui-mme une importance excessive1 s'il entrepr5d des re*]*es propres dt]m9] de quelles v>iations les tres vivants sont susceptibles1 s'il suppose plus t>d que les espces primitives de plantes ont t peu nombreuses et que leur nombre s'e/ accrue p> suite de croisem5ts entre les espces fondam5tales1 si l'on peut croire1 en un mot1 qu'en df9issant l'espce comme il l'a fait1 ,l9n a surt\t cd au beso9 de donn] une =me saisissante la notion de l'espce1 encore vague p\r le plus gr& nombre de ses lecteurs1 il n'en s]a plus de mme de ses successeurs et de ses lves1 qui pr5dront ce qu'il y a de plus absolu dans cette df9ition1 et f]ont du pr9cipe1 plus ?ologique que sci5tifique1 de l'inv>iabilit des espces la pi]re angulaire de la zoologie4 ,l9n avait dit3 t\te espce e/ exactem5t int]mdiaire entre deux autres2 il avait dit aussi3 la nature ne fait po9t de saut et ces deux propositions impliquai5t1 *ez lui1 un s5tim5t pr(ond de la cont9uit du rgne animal comme du rgne vgtal1 qui temprait la rigueur de ses df9itions2 ses successeurs affirm]ont exclusivem5t la discont9uit4 ,on a s\v5t accus l'cole de ,l9n d'avoir enray t\tes les tudes qui p\vai5t n\s clair] relativem5t l'orig9e et aux modifications possibles des tres vivants4 ,ce repro*e n'e/ pas absolum5t fond4 ,les obs]vations prcises1 quel que soit l'esprit dans lequel elles sont faites1 f9iss5t t\j\rs1 p> cela seul qu'elles sont prcises1 p> conduire la vrit4 ,or ,l9n dotait l'hi/oire naturelle d'une prcision inconnue jusqu' lui4 ,s'il tait vrai que les =mes vivantes tai5t inv>iables et en nombre limit1 l'accord devait rapidem5t se faire entre les naturali/es sur le nombre et les c>actres de ces =mes nettem5t sp>es les unes des autres2 si ces =mes tai5t au contraire v>iables1 le zle mis p> *acun dcrire de prt5dues espces n\velles devait augm5t] indf9im5t le nombre des espces1 tablir peu peu entre les =mes les plus diffr5tes les transitions les plus gradues1 soit p> l'int]mdiaire de =mes actuellem5t exi/antes1 soit p> l'int]mdiaire de =mes ayant vcu1 mais auj\rd'hui disp>ues4 ,e/-il beso9 de dire ce qui e/ arriv8 ,le nombre des espces dcrites depuis ,l9n s'e/ si rapidem5t augm5t1 que les descripteurs1 effrays de leur uvre1 ont f9i p> se r5voy] rciproquem5t l'accusation de con/itu] des espces de fantaisie1 les uns multipliant l'inf9i les dnom9ations diffr5tes1 les autres dsignant au contraire s\s un mme nom des =mes que l'on tr\v]ait1 sans aucun d\te1 =t disp>ates si l'on ne connaissait les =mes int]mdiaires qui les uniss5t4 ,de p> les div]g5ces mmes de ceux qui la prt5dai5t fixe1 l'espce e/ dev5ue un gr\pe aux limites flottantes1 t\tes conv5tionnelles1 d'individus plus ou mo9s semblables entre eux4 ,on n'a pu manqu] d'tre frapp de t\t ce qu'avait d'arbitraire la dlimitation de ces gr\pes2 mais1 qu& on a v\lu en fix] nettem5t les limites1 on s'e/ heurt de telles difficults que *acun a donn de l'espce une df9ition diffr5te et qu'il a fallu avoir rec\rs1 p\r tr\v] un t]ra9 de conciliation1 non des c>actres extrieurs1 tels que ceux dont ,kle9 dem&ait l'usage exclusif1 non pas mme des c>actres anatomiques1 tels que ceux dont ,l9n comm5ait faire usage1 mais un c>actre exclusivem5t physiologique1 ncessitant1 p\r tre dt]m91 des expri5ces s\v5t impraticables1 le c>actre mme que le bon s5s populaire1 bi5 plus que son obs]vation p]sonnelle1 avait dict ,ari/ote3 la fcondit ou l'infcondit des unions entre les individus dont l'id5tit spcifique tait d\teuse4 ,en s]rant de plus prs qu'on ne l'avait fait avant lui la notion de l'espce1 en conduisant ses lves adopt] nettem5t une manire de voir dt]m9e1 en donnant un corps une conception vaporeuse jusque-l1 ,l9n =ait l'att5tion des hommes de sci5ce se port] sur des phnomnes qu'ils aurai5t sans d\te longtemps encore ngligs1 *]*] la solution de problmes difficiles rs\dre et qu'on et peut-tre luds au lieu de les envisag] de front4 ,la multiplication mme des prt5dues =mes spcifiques1 dont on a accus les naturali/es l9nens d'avoir encombr les sci5ces1 e/ donc demeure un bi51 c> plus ces =mes dev5ai5t nombreuses1 plus il tait ncessaire de les dcrire avec prcision1 p\r les di/+u] les unes des autres1 et plus devai5t s't5dre nos connaissances relatives aux modifications div]ses dont sont respectivem5t susceptibles les individus de mme espce4 99 99 99 99 99 ,les prdcesseurs de ,l9n runissai5t dans des gr\pes plus ou mo9s t5dus1 qu'ils dsignai5t s\s le nom de g5re ou auxquels ils ne donnai5t pas du t\t de nom1 les espces qui1 t\t en tant di/9ctes1 prs5tai5t quelques similitudes4 ,l9n df9it le premi] les diffr5ts degrs de ressemblance3 dans ses ouvrages1 les espces les plus vois9es fur5t con/amm5t gr\pes en g5res2 les g5res entre lesquels il exi/ait des c>actres communs fur5t runis en ordres1 les ordres en classes4 ,les rapports rciproques de ces div]ses divisions fur5t tablis p> le tableau suivant1 indiquant plusieurs sortes de hir>*ie et dans lequel les t]mes correspondants sont placs sur une mme ligne v]ticale3 ---------------------------------------- -------------------------- ,classe4 ,g5re4 ,ordre4 ,espce4 ,v>it4 ---------------------------------------- -------------------------- ,g5re le ,g5re moy54,g5re le plus re/re9t4,espce4 ,individu4 plus t5du4 ---------------------------------------- -------------------------- ,prov9ce4 ,dp>tem5t4,commune4 ,b\rg4 ,maison4 ---------------------------------------- -------------------------- ,rgim5t4 ,bataillon4 ,compagnie4 ,esc\ade4,soldat4 ---------------------------------------- -------------------------- ,la d]nire dition du ,sy/ema natur e/ de #agff2 plus t>d1 en #aghj1 entre l'ordre et le g5re1 ,bats* introduisit une division n\velle1 dont l'importance e/ presque dev5ue prdom9ante1 la famille4 ,il e/ vid5t que cette gradation des ressemblances prs5tes p> les animaux devait rapidem5t veill] l'ide d'un degr plus ou mo9s gr& de p>5t entre eux4 ,dj ,l9n avait emprunt l'tat civil le sy/me de la nom5clature b9aire1 dsignant p> un mme nom les tres de mme g5re1 qu'il comp>ait p> consqu5t implicitem5t aux membres d'une mme ligne2 le mot de famille1 *oisi p> ,bats*1 implique que la mme comp>aison e/ dans son esprit1 et le mot tribu1 qu'on emploi]a galem5t plus t>d1 prcise encore cette assimilation4 ,mais ces comp>aisons sont1 p\r a9si dire1 inconsci5tes2 elles sont suscites p> la nature mme de phnomnes qu'il s'agit de faire compr5dre2 on con/ate des ressemblances de div]s degrs entre les animaux2 on a con/at de mme des ressemblances dcroissantes entre les membres d'une mme famille huma9e mesure qu'ils s'loign5t de leur s\*e commune3 on rappro*e ces deux faits2 mais on dem&e si peu au second l'explication du premi] qu'au lieu de se reprs5t] la classification comme un arbre gnalogique aux rameaux multiples1 on en *]*e l'image1 soit comme ,l9n1 dans les rapports que prs5t5t entre elles les b\rgades1 les villes et les prov9ces inscrites sur une c>te gographique1 soit mme1 comme ,bonnet1 dans les rapports que prs5t5t les anneaux d'une *ane1 les degrs d'une *elle4 ,cette doctr9e de l'*elle des tres1 issue de la philosophie de ,leibnitz1 a vivem5t frapp l'esprit des philosophes2 elle s'e/ cons]ve1 s\s des =mes div]ses1 p5dant de longues annes2 il e/ ncessaire de montr] comm5t la prs5tait celui qui en fut le plus ard5t promoteur1 ,*>les ,bonnet4 ,,*apitre ,,vi ,,les ,,philosophes ,,du ,x,v,i,i,ie ,,si,,cle ,c4 ,bonnet3 la *ane des tres2 les rvolutions du globe2 l'tat pass et l'tat futur des plantes1 des animaux et de l'homme2 l'emboitem5t des g]mes4--,rob9et3 ses ides sur l'volution4--,de ,maillet3 les fossiles4--,erasme ,d>w93 le trans=misme fond sur l'pignse4--,trans=mation des animaux s\s l'influ5ce de l'habitude2 analogie avec ,lam>ck et ,*>les ,d>w94--,maup]tuis3 la s5sibilit de la matire et le trans=misme4--,did]ot3 la vie de l'espce et la vie de l'individu4 ,l9n tait avant t\t un savant2 s'il avait de brillantes *appes v]s la philosophie1 il faisait hautem5t pr(ession de born] son ambition la connaissance et la contemplation des uvres de la nature2 ,*>les ,bonnet e/ avant t\t un philosophe qui int]roge la nature p\r y tr\v] des problmes rs\dre1 qui exprim5te et obs]ve1 p\r s'lev] aussitt des faits qu'il dc\vre aux plus hautes spculations mtaphysiques4 ,comme philosophe1 ,bonnet e/ un f]v5t disciple de ,leibnitz3 t\s ses ef=ts t5d5t dmontr] la possibilit d'appliqu] aux corps matriels et mme aux tres immatriels dont il admet l'exi/5ce1 cette loi de cont9uit que n\s avons dj vue accepte p> ,l9n4 ,p\r lui1 t\s les tres =m5t une *ane cont9ue en dehors de laquelle il n'y a que ,dieu4 ,graduellem5t1 les m9raux pass5t aux tres organiss et ceux-ci sont relis entre eux p> une f\le d'ins5sibles transitions4 ,les div]ses divisions de nos sy/mes et de nos m?odes1 les espces mmes n'ont qu'en app>5ce des limites fixes4 ,en ralit1 grce aux innombrables v>iations que les individus peuv5t prs5t]1 les espces sont troitem5t relies les unes aux autres3 ,les intellig5ces qui n\s sont suprieures dc\vr5t peut-tre entre deux individus que n\s rangeons dans la mme espce plus de v>its que n\s n'en dc\vrons entre deux individus de g5res loigns4 ,a9si ces intellig5ces voi5t dans l'*elle de notre monde autant d'*elons qu'il y a d'individus4 ,il en e/ de mme de l'*elle de *aque monde1 et t\tes ne compos5t qu'une seule suite1 qui a p\r premi] t]me l'atome et p\r d]ni] t]me le plus lev des *rub9s#f4 ,comme consqu5ce de ces ides1 ,bonnet accepte l'op9ion qu'il exi/e plusieurs mondes habits1 que ces mondes prs5t5t au po9t de vue de leur p]fection une vritable gradation1 qu'il en e/ d'infrieurs au ntre et aussi de suprieurs4 ,les tres t]re/res vi5n5t se rang] naturellem5t s\s quatre classes gnrales3 #a les tres bruts ou inorganiss2 #b les tres organiss et inanims2 #c les tres organiss et anims2 #d les tres organiss1 anims et raisonnables#g444 ,l'assortim5t d'tres qui e/ propre notre globe ne se r5contre vraisemblablem5t dans aucun autre4 ,*aque globe a son conomie p>ticulire1 ses lois1 ses productions4 ,il e/ peut-tre des mondes si imp>faits relativem5t au ntre qu'il ne s'y tr\ve que des tres de la premire ou de la seconde classe4 ,d'autres mondes peuv5t tre au contraire si p>faits1 qu'il n'y ait que des tres propres aux classes suprieures4 ,dans ces d]ni]s mondes1 les ro*]s sont organiss1 les plantes s5t5t1 les animaux raisonn5t1 les hommes sont des anges4 ,quelle e/ donc l'excell5ce de la ,jrusalem cle/e1 o l'ange e/ le mo9dre des tres intellig5ts#h8 ,bonnet passe1 comme on voit1 de la sci5ce la ?ologie1 des tres matriels aux esprits4 ,ses t5tatives de con/itu] p> les inductions que lui inspire la loi de cont9uit une sorte d'hi/oire naturelle des cratures cle/es peuv5t p>atre auj\rd'hui bi5 naves4 ,mais1 si l'application d'un pr9cipe tir de l'tude du monde tangible un monde qui *appe totalem5t nos s5s conduit des conclusions que ri5 ne saurait di/+u] des rves de notre imag9ation1 l'application de ce mme pr9cipe la dt]m9ation des rapports rciproques des tres organiss e/1 au contraire1 fconde en consqu5ces intressantes4 ,c'e/ a9si que ,bonnet1 aprs une comp>aison longuem5t dveloppe de la plante et de l'animal1 arrive cette conclusion1 si loquemm5t mise en lumire p> ,claude ,b]n>d dans les d]nires annes de sa vie1 qu'il n'exi/e entre les deux gr&s rgnes organiques aucun c>actre di/9ctif absolu3 ,dites au vulgaire que les philosophes ont de la pe9e di/+u] un *at d'un rosi]2 il rira des philosophes et dem&]a s'il e/ ri5 dans le monde qui soit plus facile di/+u]8 ,c'e/ que le vulgaire1 qui ignore l'art d'ab/raire1 juge sur des ides p>ticulires et que les philosophes jug5t sur des ides gnrales4 ,retran*ez de la notion du *at et de celle du rosi] t\tes les proprits qui con/itu5t1 dans l'une et dans l'autre1 l'espce1 le g5re1 la classe1 p\r ne ret5ir que les proprits les plus gnrales qui c>actris5t l'animal ou la plante1 et il ne v\s re/]a aucune m>que di/9ctive entre le *at et le rosi]#i444 ,les plantes et les animaux ne sont que des modifications de la matire organise4 ,ils p>ticip5t t\s une mme ess5ce1 et l'attribut di/9ctif n\s e/ inconnu#aj4 ,la plante e/ donc une sorte d'animal infrieur2 on passe p> degrs de l'homme l'animal1 de l'animal la plante1 de la plante au m9ral4 ,beauc\p de ces degrs sont encore dc\vrir2 ceux d'entre eux qui p>aiss5t connus sont rsums p> ,bonnet dans cette *elle fameuse que n\s reproduisons textuellem5t ci-dess\s3 ,l'homme4 ,orang-outang4 ,s+e4 ,quadrupdes4 cureuil volant4 ,*auve-s\ris4 ,autru*e4 ,oiseaux4 ,oiseaux aquatiques4 ,oiseaux amphibies4 ,poissons volants4 ,poissons4 ,poissons rampants4 ,anguilles4 ,s]p5ts d'eau4 ,s]p5ts4 ,limaces4 ,limaons4 ,coquillages4 ,v]s tuyaux4 ,teignes4 ,insectes4 ,gall9sectes4 ,tnia ou solitaire4 ,polypes4 ,orties de m]4 ,s5sitives4 ,plantes4 ,li*5s4 ,moisissures4 ,*ampignons1 ag>ics4 ,truffes4 ,coraux et corallodes4 ,li?ophytes4 ,amiante4 ,talcs1 gypses1 slnites4 ,ardoises4 ,pi]res4 ,pi]res figures4 ,cri/allisations4 ,sels4 ,vitriols4 ,mtaux4 ,demi-mtaux4 ,s\fres4 ,bitumes4 ,t]res4 ,t]re pure4 ,eau4 ,air4 ,feu4 ,matires plus subtiles4 ,c]tes1 dans cette longue numration d'tres entre lesquels sont tablies des liaisons bases sur les ressemblances les plus sup]ficielles1 on aurait pe9e reconnatre l'uvre de l'+nieux et sagace obs]vateur1 qui sut p>fois gal] ,raumur et ,trembley1 de l'exprim5tateur prcis auquel la sci5ce e/ r$evable d'avoir nettem5t dt]m9 les conditions de la p>?nog5se des puc]ons1 d'avoir dc\v]t et tudi la reproduction des nas p> division et la re/auration des p>ties mutiles *ez les v]s de t]re1 d'avoir obs]v les phnomnes de la reproduction *ez les bryozoaires d'eau d\ce1 les vorticelles et les /5tors2 ,bonnet tait videmm5t peu pntr de la ncessit de fond] sur la /ructure anatomique les rappro*em5ts tablir entre les tres vivants2 aussi bi5 ne s'emb>rasse-t-il pas de pntr] dans le dtail des classifications2 il pr5d le rgne animal en bloc1 et1 sans re*]*] quels li5s p\rrai5t unir entre eux les gr\pes secondaires1 il se pose d'emble et discute longuem5t une "q que ,l9n considre comme rsolue a priori3 ,les tres qui =m5t la population actuelle de notre globe ont-ils t\j\rs t ce que n\s les voyons8 demeur]ont-ils t]nellem5t ce qu'ils sont#aa8 ,avec une rem>quable indp5dance d'esprit1 le philosophe de ,g5ve se dgage des li5s que la lettre de la ,g5se avait imposs ,l9n4 ,le globe a t1 suivant lui1 le ?tre de rvolutions dont n\s ignorons le nombre et qui peuv5t encore se r5\vel]2 le *aos dcrit p> ,mose e/ le rsultat de la d]nire de ces rvolutions2 la cration dont il n\s fait le rcit n'e/ autre *ose1 comme l'avait dj dit ,:i/on1 que la rsurrection des animaux qu'elle a dtruits4 ,de mme que le monde qui prcda la priode de la ,g5se tait trs diffr5t du monde actuel1 les animaux anci5s ne ressemblai5t pas ceux qui viv5t de nos j\rs2 ceux qui habit]ont notre plante1 lorsque la n\velle rvolution prdite p> la ,bible se s]a accomplie1 diffr]ont aussi des animaux des deux priodes prcd5tes4 ,les tres vivants subiss5t donc *aque rvolution du globe des trans=mations pr(ondes4 la f9 de *aque priode1 les =mes vivantes sont ananties2 des =mes diffr5tes leur succd5t2 il n'y a pas cep5dant1 proprem5t p>l]1 de cration n\velle3 les animaux n\veaux procd5t des g]mes cont5us dans les animaux anci5s1 et ce sont ces g]mes1 supposs inde/ructibles1 qui tabliss5t un li5 entre la faune et la flore de *aque priode et celles de la priode suivante4 ,que sont eux-mmes ces g]mes8 ,en quoi consi/5t les modifications des =mes vivantes8 ,quel e/ l'ag5t de ces modifications8 ,c'e/ ce que n\s avons ma9t5ant exam9]4 ,le trans=misme de ,bonnet1 il faut se ht] de le dire1 ne ressemble en ri5 au trans=misme mod]ne4 ,s'il e/ dit au *apitre ,,iv de la ,pal+nsie philosophique que lorsque1 dans l'uf1 le p\let comm5ce dev5ir visible1 il app>at s\s la =me d'un trs petit v]2 que1 si l'imp]fection de notre vue et de nos in/rum5ts n\s p]mettait de remont] plus haut dans l'orig9e du p\let1 n\s le tr\v]ions1 sans d\te1 bi5 plus dguis encore2 que les diffr5tes1 phases s\s lesquelles il se montre n\s successivem5t peuv5t n\s faire jug] des div]ses rvolutions que les corps organiss ont eu subir p\r p>v5ir cette d]nire =me s\s laquelle ils n\s sont connus1 et qu'enf9 t\t ceci n\s aide concevoir les n\velles =mes que les animaux revtiront dans leur tat futur2 si ces phrases rappro*es tmoign5t que ,bonnet songeait dj une sorte de p>alllisme entre les trans=mations embryogniques de l'individu et les trans=mations subies p> l'espce laquelle il app>ti5t1 l'ide que se fait notre philosophe du dveloppem5t des tres vivants e/ telle qu'elle ne peut apport] aucun claircissem5t sur l'orig9e des tres organiss4 ,il exi/e entre les div]ses p>ties d'un mme animal une si complte h>monie1 ces p>ties conspir5t si videmm5t v]s un mme b gnral3 la =mation de cette unit qu'on nomme un animal1 de ce t\t organis qui vit1 crot1 s5t1 se meut1 se cons]ve1 se reproduit1 qu'on demeure conva9cu1 crit ,bonnet1 qu'un t\t si prodigieusem5t compos et p\rtant si h>monique n'a pu tre =m1 comme une montre1 de pices de rapport ou de l'engra9em5t d'une inf9it de molcules div]ses runies p> apposition successive2 un p>eil t\t porte l'empre9te indlbile d'un ouvrage fait d'un seul c\p#ab4 ,bonnet se prononce donc contre t\t essai d'explication mcanique des animaux2 il se dcl>e adv]saire rsolu de l'pignse et admet qu' t\t tre vivant prexi/ait un g]me organis4 ,c'e/ le procd de raisonnem5t au moy5 duquel on a s\v5t t5t de dmontr] l'impossibilit de l'volution1 en s'appuyant sur l'adaptation p>fois si complte des animaux et des plantes leurs conditions p>ticulires d'exi/5ce4 ,il semble impossible1 en effet1 qu& on se cont5te de port] ces que/ions une att5tion sup]ficielle1 qu& on les exam9e avec des ides prconues1 qu& on e/ dcid ne t5ir compte d'aucune des proprits fondam5tales des animaux et des plantes1 que l'admirable h>monie dans laquelle s'c\le leur exi/5ce1 n'ait pas t soigneusem5t mdite et organise1 jusque dans ses dtails les plus m9utieux1 p> une intellig5ce d'une pr(ondeur inf9ie et d'une prvoyance bi5 propre confondre notre imag9ation4 ,l'hypo?se de la prexi/5ce des g]mes conduit ,bonnet ni] avec raison les gnrations quivoques2 il s'tonne que ,rdi ait pu admettre ce mode de gnration p\r les v]s que l'on tr\ve dans les fruits et p\r les helm9!s1 alors qu'on peut expliqu] de bi5 des faons plus naturelles leur prs5ce dans le lieu o on les obs]ve1 et qu'en p>ticuli] nombre de faits sembl5t p>l] en faveur des transmigrations du ,tnia#ac4 ,les v]s inte/9aux1 comme t\s les autres tres vivants1 sont issus d'un g]me1 et ,bonnet ent5d p> g]me t\te prord9ation1 t\te pr=mation de p>ties1 capable p> elle-mme de dt]m9] l'exi/5ce d'une plante ou d'un animal4 ,les ufs1 malgr l'extrme simplicit de composition que n\s leur connaissons auj\rd'hui1 r5tr5t p>faitem5t dans cette df9ition#ad1 d'autant plus que ,bonnet aj\te qu'on ne doit pas s'imag9] que t\tes les p>ties d'un corps organis sont en petit dans le g]me1 prcism5t comme elles p>aiss5t en gr& dans le t\t dvelopp#ae4 ,mais ce sont l des concessions faites aux obs]vations nombreuses dj1 qui ont port sur les mtamorphoses des insectes4 ,au fond1 ,bonnet voit dans le g]me un tre organis =t complexe1 et il e/ manife/em5t heureux t\tes les fois qu'il peut montr] qu'on a dc\v]t dans un uf ou dans un embryon quelques p>ties qu'on n'y s\ponnait pas d'abord4 ,les g]mes1 tant presque aussi compliqus que les animaux adultes1 ne saurai5t avoir t =ms1 comme eux1 que d'un seul c\p et p> un acte de cration4 ,bonnet admet qu'ils ont t crs t\s ensemble et enf]ms dans des corps vivants1 au se9 desquels ils sont embots les uns dans les autres1 comme ,vallisn]i l'avait le premi] suppos1 att5dant que leur t\r arrive de crotre et de se dvelopp]4 proprem5t p>l]1 il n'y a jamais gnration1 c'e/--dire production d'un tre vivant n\veau2 il n'y a jamais qu'volution d'un g]me prexi/ant4 ,la ncessit de suppos] que les g]mes des tres vivants sont1 au mo9s dans un gr& nombre de cas1 enf]ms les uns dans les autres1 conduit suppos] aux d]ni]s d'entre eux une petitesse hors de proportion avec t\t ce que n\s p\vons imag9]4 ,mais cela n'a ri5 qui puisse effray] la raison1 et ,bonnet supprime d'avance t\tes les objections qu'on lui oppos]a en dcl>ant que la doctr9e de l'embotem5t lui p>at une des plus belles victoires que l'ent5dem5t pur ait remport sur les s5s4 ,j'ai montr1 aj\te-t-il1 combi5 il e/ absurde d'oppos] cette hypo?se des calculs qui n'effray5t que l'imag9ation et qu'une raison claire rduit facilem5t leur ju/e valeur444 ,il ne faut pas que l'imag9ation1 qui veut t\t pe9dre et t\t palp]1 entrepr5ne de jug] des *oses qui sont uniquem5t du ressort de la raison et qui ne peuv5t tre ap]ues que p> un il philosophique#af4 ,une fois admise cette di/9ction entre l'il organique et l'il philosophique1 entre les s5s qui peuv5t tromp] et la raison qui ne saurait n\s g>]1 les faits n'ont plus ri5 de bi5 emb>rassant4 ,l'image la plus saisissante de l'pig5se e/ celle que n\s (fr5t les ,vgtaux1 avec leurs bran*es1 leurs rameaux1 leurs feuilles1 vritables individus indp5dants1 que notre il organique voit p\ss] les uns sur les autres4 ,bonnet ne se fait pas du vgtal une autre ide que n\s4 ,un arbre1 dit-il1 n'e/ pas un t\t unique2 il e/ rellem5t compos d'autant d'arbres et d'arbrisseaux qu'il a de bran*es et de rameaux4 ,t\s ces arbres et t\s ces arbrisseaux sont1 p\r a9si dire1 greffs les uns sur les autres et ti5n5t a9si l'arbre pr9cipal p> une inf9it de communications4 ,*aque arbre secondaire1 *aque arbrisseau1 *aque s\s-arbrisseau a ses organes et sa vie propre2 il e/ en lui-mme un petit t\t individuel qui reprs5te plus ou mo9s en racc\rci le gr& t\t dont il fait p>tie#ag4 ,les polypes1 dont le b\rgeonnem5t a t si bi5 tudi p> ,trembley1 le tnia1 compos d'anneaux semblables entre eux1 les nais1 les tubifex1 les v]s de t]re1 dont ,bonnet a si bi5 tudi les modes de reproduction et de segm5tation1 se rappro*5t des plantes1 cet g>d2 ce sont de vrais zoophytes4 ,la mme explication suffit p\r ram5] les phnomnes de reproduction des zoophytes et des plantes la ?orie de l'embotem5t3 des g]mes sont rp&us dans t\tes les p>ties de leur corps1 qui e/ a9si trans=m en une sorte d'ovaire univ]sel4 ,dans un vgtal qui p\sse1 dans un polype qui b\rgeonne1 ces g]mes se dvelopp5t spontanm5t en individus qui peuv5t demeur] unis ou se sp>]2 il faut un accid5t p\r am5] leur volution *ez les v]s1 dont les p>ties ne devi5n5t de n\veaux individus qu'aprs avoir t sp>es les unes des autres4 ,a9si1 grce l'hypo?se des g]mes invisibles1 les faits d'pignse les plus vid5ts sont t\rns au pr(it de l'volution4 ,on peut d\] des corps invisibles1 de t\tes les proprits qu'on v\dra1 sans cra9te d'tre contr$it p> les s5s4 ,bonnet suppose donc que ses g]mes invisibles sont galem5t inde/ructibles4 ,qu& un corps vivant1 ft-ce mme un uf1 se dtruit1 les g]mes inde/ructibles qu'il conti5t sont mis en lib]t et se log5t o ils peuv5t4 ,des g]mes inde/ructibles peuv5t tre disp]ss sans inconvni5t dans t\s les corps p>ticuli]s qui n\s environn5t4 ,ils peuv5t sj\rn] dans tel ou tel corps jusqu'au mom5t de sa dcomposition1 pass] ensuite sans la mo9dre altration dans un autre corps1 de celui-ci dans un troisime1 etc4 ,je conois avec la plus gr&e facilit que le g]me d'un lphant peut log] d'abord dans une molcule de t]re1 pass] de l dans le b\ton d'un fruit1 de celui-ci dans la cuisse d'une mite1 etc4#ah ,ces g]mes1 crs ds l'orig9e de notre monde1 brav5t donc les ef=ts de t\s les lm5ts1 de t\s les sicles4 ,ri5 ne s'oppose ce que la puissance absolue ait pu r5f]m] dans le premi] g]me de *aque tre organis la suite des g]mes correspondant aux d]nires rvolutions que notre plante tait appele subir4 ,de mme que ,leibnitz admettait une h>monie prtablie entre les p5ses de notre me et les m\vem5ts de notre corps1 de manire que les m\vem5ts de l'un correspondiss5t en t\t temps aux p5ses de l'autre1 de mme ,bonnet admet un p>alllisme p>fait entre le sy/me a/ronomique et le sy/me organique1 entre les div]s tats de la t]re considre comme plante ou comme monde et les div]s tats des tres qui devai5t peupl] sa surface4 ,les g]mes crs p\r *aque priode att5d5t1 ca*s dans les organismes qui les abrit5t1 que l'avnem5t de ces priodes amne les conditions ncessaires leur dveloppem5t4 ,de la sorte1 les tres propres *aque priode sont la fois relis ceux de la priode prcd5te qui ont abrit leurs g]mes1 et ils en sont indp5dants puisque t\s les g]mes ont t crs en mme temps2 grce l'h>monie tablie entre l'volution des g]mes organiques et les rvolutions de notre plante1 des faunes et des flores n\velles app>aiss5t sans qu'il soit beso9 d'une cration n\velle4 ,malgr sa h>diesse ord9aire1 ,bonnet croit d'ailleurs devoir se born] considr] trois priodes dans l'hi/oire de notre globe1 celle qui a prcd la rvolution dcrite dans la ,g5se1 celle qui suivra la f9 du monde1 produite p> le feu1 qu'ont annonce les prophtes1 et il e/ important d'aj\t] qu'il se fait une trange ide de l'tat futur des animaux4 ,les g]mes d'o ils natront n'*app]ai5t pas la de/ruction s'ils n'tai5t =ms d'une matire plus subtile que la matire ord9aire1 d'une sorte d'!r2 si n\s p>tons de la supposition du petit corps ?r qui r5f]me en petit t\s les organes de l'animal futur1 n\s conjectur]ons que le corps des animaux dans leur n\vel tat s]a compos1 d'une matire dont la r>et et l'organisation le mett5t l'abri des altrations qui survi5n5t aux corps grossi]s et qui t5d5t cont9uellem5t le dtruire de tant de manires diffr5tes4 ,le n\veau corps n'exig]a pas sans d\te les mmes rp>ations que le corps actuel exige4 ,il aura une mcanique bi5 suprieure celle que n\s admirons dans ce d]ni]4 ,il n'y a pas d'app>5ce que les animaux propag5t dans leur tat futur4 ,n\s arrivons a9si dans le monde des esprits et de l'immortalit2 n\s sommes en ple9e fantaisie4 ,une alliance s+ulire d'un raisonnem5t rig\reux1 s'appuyant sur des faits mal connus1 trop peu nombreux1 avec les affirmations bibliques prises au pi$ de la lettre1 conduit un des esprits les plus +nieux d'une poque o le gnie tait commun1 un obs]vateur m95t1 des rv]ies dans lesquelles son imag9ation ne connat plus d'ob/acle1 o non seulem5t le contrle exprim5tal des ides n'e/ plus possible1 mais o les tmoignages des s5s sont d'avance rcuss qu& ils sont en dsaccord avec les conceptions que le p5seur attribue sa raison4 99 99 99 99 99 ,bonnet n'e/ pas le seul philosophe qui se soit engag dans cette voie4 ,l'orig9e des animaux1 celle de l'homme proccupai5t ju/e titre les hommes de sci5ce1 les philosophes et mme les simples rveurs de son temps4 ,rob9et1 dans ses livres ,de la nature 7#agff7 et ,considrations philosophiques sur la gradation naturelle des =mes de l'tre 7#agfh71 met des ides qui1 bi5 qu'elles ai5t t ridiculises p> ,cuvi]1 ne sont pas trs loignes de celles de ,bonnet4 ,son po9t de d"p e/ aussi la loi de cont9uit de ,leibnitz4 ,p\ssant de suite ce pr9cipe l'extrme1 il admet que t\te la matire e/ vivante2 que les toiles1 le soleil1 la t]re1 les plantes sont des animaux2 que t\s les tres =m5t une *ane cont9ue2 qu'il n'y a ni classes1 ni ordres1 ni g5res1 ni espces1 mais seulem5t des individus que l'imp]fection seule de nos s5s n\s conduit considr] comme spcifiquem5t id5tiques4 ,les individus naiss5t de g]mes qui se dvelopp5t successivem5t2 ils sont directem5t =ms p> la nature4 ,le monde matriel e/ g\v]n p> un monde invisible1 compos de =ces4 ,la nature ne se rpte jamais1 et il p\rra y avoir un temps auquel il n'y ait pas un seul tre con=m comme n\s sommes auj\rd'hui2 les =mes vivantes se sont con/itues p> un p]fectionnem5t progressif1 allant du simple au compos2 il p\rrait y avoir au-dessus de l'homme des cratures immatrielles2 mais l'homme se ratta*e p> une inf9it de =mes prs5tant une inf9it de diffr5ces graduelles un prototype simple4 ,t\tes ces =mes int]mdiaires sont des uvres sp>es de la nature s'essayant faire l'homme1 son uvre actuellem5t la plus p>faite2 cette uvre p\rra tre p]fectionne dans l'av5ir si l'homme1 dev5ant h]maphrodite1 runit les beauts de ,vnus celles d',apollon4 ,au demeurant1 ce p]fectionnem5t de l'humanit n'e/ pas beauc\p plus trange que celui rv p\r elle p> ,bonnet4 99 99 99 99 99 ,de ,maillet1 plus connu s\s le pseudonyme *oisi p> lui de ,telliam$1 avait *]*1 comme ,bonnet et comme ,rob9et1 dans la cration d'une inf9it de g]mes l'explication de l'orig9e des tres vivants2 mais il avait fait de la m] le rs]voir commun de t\s ces g]mes4 ,t\s les animaux1 les hommes mme avai5t donc t primitivem5t m>9s4 ,la m] avait eu d'ailleurs autrefois une beauc\p plus va/e ext5sion1 et de ,maillet en donnait p\r preuve l'norme quantit de coquilles m>9es que l'on tr\ve enf\ies dans le sol1 jusque sur les plus hautes montagnes4 mesure que les cont95ts s'tai5t accrus1 un c]ta9 nombre d'animaux m>9s avai5t t accid5tellem5t entrans hors de l'eau1 sur des rivages g>dant encore une c]ta9e humidit1 et de l sur la t]re f]me4 ,les individus a9si dpayss s'habitur5t au n\veau g5re de vie qui leur tait impos p> les circon/ances et transmir5t leurs desc5dants les habitudes et les organes n\veaux qu'ils avai5t acquis4 ,il e/ inutile d'insi/] sur les argum5ts biz>res qu'emploie de ,maillet p\r s\t5ir son hypo?se2 mais on doit lui laiss] le mrite d'avoir reconnu la vritable nature des fossiles et d'en avoir saisi la signification1 une poque o de nombreux savants refusai5t encore d'y voir les re/es d'tres ayant jadis vcu2 d'avoir p5s que les organismes vivants susceptibles de se modifi]1 tai5t capables de transmettre leurs modifications leur desc5dance1 et d'avoir compris1 p> consqu5t1 l'importance des phnomnes si connus1 mais si ngligs1 de l'hrdit4 99 99 99 99 99 ,en admettant la possibilit de *angem5ts hrditaires dans la /ructure des tres vivants1 de ,maillet ralise un progrs sur ,bonnet et sur ,rob9et1 qui ne voi5t dans les modifications prs5tes p> la population de la t]re qu'une cont9uation du miracle primitif de la cration4 ,le ,dr ,erasme ,d>w91 gr&-pre de l'illu/re r=mateur du trans=misme1 va1 son t\r1 plus lo9 que de ,maillet4 ,il a expos dans sa ,zoonomia un sy/me o l'on tr\ve s\t5ues1 l'aide d'argum5ts qui tmoign5t d'une gr&e p]spicacit1 quelques ides peu diffr5tes de celles que dvelopp]a plus t>d ,lam>ck4 ,p\r r5dre son sy/me intelligible1 ,erasme ,d>w91 p> une inspiration heureuse1 re*]*e d'abord comm5t s'accomplit le dveloppem5t embryognique de l'individu et suppose que l'espce laquelle il app>ti5t a subi1 dans la srie des temps1 une volution analogue1 mais de beauc\p plus longue dure4 ,il rejette la doctr9e de l'embotem5t des g]mes1 qui conduit suppos] l'exi/5ce de corps vivants inf9im5t plus petits que les diables qui t5tr5t sa9t ,anto9e et dont #bj #jjj p\vai5t1 sans se gn] aucunem5t1 dans] une s>ab&e *evele sur la po9te de la plus f9e aiguille4 ,l'embryon e/1 p\r lui1 un filam5t con/itu probablem5t p> l'extrmit d'une fibre n]veuse motrice4 ,ce filam5t e/ d\ de c]ta9es proprits3 les unes lui sont p]sonnelles2 les autres lui ont t transmises p> ses p>5ts1 dont il n'e/ en ralit qu'une bran*e1 une longation1 puisqu'il a fait1 un c]ta9 mom5t1 p>tie de leur sub/ance4 ,le filam5t embryonnaire e/ d\ d'irritabilit1 de s5sibilit1 de volont2 il possde aussi la facult de se n\rrir1 et on le voit gr&ir1 se compliqu]1 se p]fectionn] p> l'addition de p>ties n\velles1 rsultant de ce qu'une quantit plus ou mo9s gr&e de matire vivante e/ v5ue s'aj\t] la si5ne4 ,cette addition de matire vivante a lieu d'abord s\s l'influ5ce des proprits primitives des filam5ts embryonnaires2 mais1 mesure qu'elle se produit des organes n\veaux app>aiss5t et avec eux des facults n\velles4 ,ces facults crent des beso9s1 ces beso9s des faons de vivre1 des habitudes qui int]vi5n5t1 p\r une c]ta9e "p1 dans les trans=mations que subit *aque individu au c\rs de son exi/5ce4 ,telle a t aussi la m>*e de l'volution des espces3 les organismes vivants ont t crs s\s des =mes extrmem5t simples1 rappelant celle des filam5ts vivants1 qui sont encore la =me premire de *aque individu4 ,ces filam5ts tai5t trs peu nombreux en espces1 et1 de mme que *aque corps *imique e/ d\ d'aff9its p>ticulires qui dt]m95t la nature des composs qu'il produira dans les div]ses circon/ances o il s]a plac1 de mme les filam5ts vivants primitifs tai5t d\s de facults diffr5tes1 qui ont dt]m91 dans une l>ge mesure1 la m>*e de leur volution ultrieure4 tant donnes les ressemblances manife/es que prs5t5t t\s les animaux sang *aud1 il e/ probable que t\s ces animaux desc5d5t d'une mme sorte de filam5t primitif2 peut-tre les mmes filam5ts ont-ils aussi donn naissance aux autres animaux sang r\ge1 mais froid4 ,les habitudes spciales des poissons sembl5t autoris] leur attribu] une orig9e p>ticulire2 mais les int]mdiaires qui les uniss5t aux animaux sang *aud plaid5t cep5dant en faveur de leur p>5t avec ces d]ni]s4 ,les insectes sans ailes1 de l'araigne au scorpion ou de la puce au hom>d1 les insectes ails1 du m\/ique ou de la f\rmi la gupe ou la libellule1 diffr5t1 au contraire1 si compltem5t les uns des autres et sont si loigns des animaux sang r\ge1 aussi bi5 s\s le rapport de la =me du corps que s\s celui du g5re de vie1 qu'on ne peut gure admettre qu'ils provi5n5t d'un filam5t vivant de mme sorte que celui qui a produit les classes div]ses d'animaux sang r\ge444 ,il y a encore une autre classe d'animaux1 que ,l9n a dsigns s\s le nom de v]s1 qui prs5t5t une /ructure plus simple que ceux dj m5tionns4 ,la simplicit de leur /ructure n'apporte cep5dant aucun argum5t contre l'hypo?se qu'ils ai5t t produits p> un seul filam5t vivant4 ,en d'autres t]mes ,erasme ,d>w9 considre les v]tbrs1 les articuls et les v]s comme trois types organiques qui se sont dvelopps simultanm5t et p>alllem5t et qui sont1 t\s les trois1 p>tis de =mes organiques galem5t simples1 mais d\es de proprits diffr5tes4 ,si les trois lignes admises p> le savant anglais ne correspond5t pas ce que n\s connaissons auj\rd'hui des rapports des organismes1 l'ide premire que plusieurs types organiques se sont con/itus et dvelopps d'une faon indp5dante doit tre encore1 de nos j\rs1 considre comme la seule =me du trans=misme qui soit d'accord avec les donnes de la palontologie4 ,la rduction de t\tes les =mes animales trois lignes di/9ctes tmoigne que1 ds #agid1 plusieurs annes p> consqu5t avant la publication des premi]s travaux de ,cuvi]1 ,erasme ,d>w9 avait dj saisi l'intime p>5t des animaux composant les quatre premires classes de ,l9n et les diffr5ces considrables qui les sp>5t de ceux de la c9quime classe2 mais le philosophe anglais laissait la sixime dans le *aos d'o ,cuvi] devait peu d'annes aprs la tir]4 ,*acun des filam5ts vivants qui e/ dev5u la s\*e des trois gr&es lignes animales avait en lui une sorte de dev5ir rsultant de proprits dont il avait t orig9airem5t d\2 mais son volution1 dans *aque cas p>ticuli]1 a t rgle1 en p>tie1 p> les s5sations pr\ves p> l'animal p>v5u un /ade dt]m91 p> la pe9e ou le plaisir qu'il a pr\v1 les ef=ts qu'il a faits p\r prolong] son bonheur ou se s\/raire ses s\ffrances4 ,l'eau et l'air tant f\rnis aux animaux pr(usion1 trois ordres de beso9s ont surt\t excit les convoitises des animaux et p> consqu5t contribu *ang] leurs =mes3 le beso9 de se reproduire1 le beso9 de se n\rrir1 le beso9 de vivre en sret4 ,ils ont acquis les armes ncessaires p\r df5dre contre leurs rivaux les compagnes1 la n\rriture1 les retraites qu'ils avai5t conquises4 ,erasme ,d>w91 dcrivant cette volution1 s'lve presque la conception de la lutte p> la vie et de la slection naturelle c> il f9it p> dire3 ,le b de ces batailles entre les mles p>at tre d'assur] la cons]vation de l'espce p> le moy5 des individus les plus =ts et les plus actifs#ai4 ,au lieu de dire le b1 ,*>les ,d>w9 aurait dit la consqu5ce2 cette diffr5ce doit tre signale4 ,sur la ralit de la slection naturelle1 le gr&-pre et le petit-fils sont d'accord2 mais le po9t de vue philosophique auquel ils se plac5t e/ =t diffr5t3 p\r ,erasme ,d>w91 comme p\r ,lam>ck1 les animaux acquir5t des organes en vue de la satisfaction de tel ou tel beso92 p\r ,*>les ,d>w91 ces organes app>aiss5t accid5tellem5t2 la slection naturelle cons]ve et p]fectionne ceux qui sont utiles et laisse s'te9dre ceux qui ne le sont pas4 ,a9si les animaux et les vgtaux s'adapt5t des conditions d'exi/5ce dt]m9es sans que ces conditions agiss5t sur les individus p\r les modifi]1 sans que ces individus eux-mmes soi5t s\mis la ncessit de *]*] se mettre en h>monie avec elles4 ,si +nieuses qu'elles soi5t1 les hypo?ses d',erasme ,d>w9 n\s laiss5t pr(ondm5t ignorants sur la cause premire de l'app>ition des organismes4 ,elles n\s font remont] jusqu' la cration des filam5ts vivants primitifs et s'arrt5t l4 ,une telle solution devait p>atre insuffisante bi5 des p5seurs du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,dj1 au ,x,v,i,ie1 ,desc>tes avait *]*1 sans gr& succs1 il e/ vrai1 expliqu] p> la seule t5due et le seul m\vem5t la =mation des animaux et de l'homme4 ,maup]tuis#bj con/ate cet *ec2 mais1 en dehors de l il n'y a plus p\r lui que deux sy/mes3 d\] la matire de proprits spciales qui1 v5ant s'aj\t] celles qu'on lui accorde dj1 l'auront r5due capable de produire spontanm5t les =mes vivantes avec t\tes leurs facults y compris les facults intellectuelles2 ou bi5 admettre que t\s les animaux1 t\tes les plantes sont aussi anci5nes que le monde1 et que t\t ce que n\s pr5ons1 dans ce g5re1 p\r des productions n\velles1 rsulte simplem5t du dveloppem5t et de l'accroissem5t de p>ties que leur petitesse avait t5ue jusque-l ca*es4 ,c'e/ le sy/me de l'embotem5t des g]mes adopt p> ,vallisn]i1 ,leibnitz et ,bonnet4 ,p> ce sy/me d'une =mation simultane1 qui ne dem&ait plus que le dveloppem5t successif et l'accroissem5t des p>ties d'individus t\t =ms et cont5us les uns dans les autres1 on crut s'tre mis en tat de rs\dre t\tes les difficults2 on ne fut plus en pe9e que de savoir o plac] ces magas9s 9puisables d'individus4 ,les uns les placr5t dans un sexe1 les autres dans l'autre2 et *acun p5dant longtemps fut cont5t de ses ides4 ,cep5dant si l'on exam9e avec plus d'att5tion ce sy/me1 on voit qu'au fond il n'explique ri52 que suppos] t\s les individus =ms p> le ,crateur dans un mme j\r de la cration e/ plutt racont] un miracle que donn] une explication physique2 qu'on ne gagne ri5 p> cette simultanx1 puisque ce qui n\s p>at successif e/ t\j\rs p\r ,dieu simultan4 ,la doctr9e de l'embotem5t des g]mes tant a9si rep\sse1 ,maup]tuis se range la doctr9e du trans=misme1 ent5due1 il e/ vrai1 d'une faon assez p>ticulire4 ,p> un procd famili] aux ?orici5s mais qui e/ plutt un moy5 de se mettre l'esprit en repos qu'une vritable explication1 il transporte aux p>ticules matrielles invisibles les proprits intellectuelles les plus importantes des corps vivants3 le dsir1 l'av]sion1 la mmoire1 l'habitude1 etc41 et il dduit1 de ces proprits gratuitem5t attribues t\tes les p>ticules matrielles1 t\t un sy/me d'volution3 ,les lm5ts propres =m] le ftus nag5t dans les sem5ces des animaux pre et mre2 mais *acun1 extrait de la p>tie semblable celle qu'il doit =m]1 cons]ve une espce de s\v5ir de son anci5ne situation et l'ira repr5dre t\tes les fois qu'il le p\rra p\r =m] dans le ftus la mme p>tie4 ,de l1 dans l'ordre ord9aire1 la cons]vation des espces et la ressemblance aux p>5ts4 ,c'e/1 bi5 peu de *ose prs1 l'hypo?se que ,*>les ,d>w9 a dveloppe de n\veau1 s\s le nom de pangnse1 dans son livre sur les ,v>iations des animaux et des plantes s\s l'action de la dome/ication4 ,si quelques lm5ts manqu5t dans les sem5ces1 ou qu'ils ne puiss5t s'unir1 aj\te ,maup]tuis1 il nat de ces mon/res auxquels il manque quelque p>tie4 ,si les lm5ts se tr\v5t en trop gr&e quantit1 ou qu'aprs leur union ord9aire quelque p>tie re/e dc\v]te p]mette une autre de v5ir s'y appliqu]1 il nat un mon/re p>ties sup]flues4 ,si les lm5ts p>t5t d'animaux de diffr5tes espces1 dans lesquelles il re/e encore assez de rapport entre les lm5ts1 les uns plus atta*s la =me du pre1 les autres la =me de la mre1 ces lm5ts p> leur union f]ont des mtis444 ,c'e/ une *ose assez ord9aire de voir un enfant ressembl] plus quelqu'un de ses aeux qu' ses plus pro*es p>5ts4 ,les lm5ts qui =m5t quelques-uns de ses traits peuv5t avoir mieux cons]v l'habitude de leur situation dans l'aeul que dans le pre1 soit p>ce qu'ils auront t dans l'un plus longtemps unis qu'ils ne l'auront t dans l'autre1 soit p> quelque degr de =ce de plus p\r s'unir1 et alors ils se s]ont placs dans le ftus comme ils l'tai5t dans l'aeul4 ,voil encore des explications de l'hrdit1 de l'atavisme1 des c>actres des mtis1 peu diffr5tes de celles auxquelles1 de nos j\rs1 s'arrt]a provisoirem5t ,*>les ,d>w94 ,mais ,maup]tuis dem&e1 en outre1 son hypo?se l'explication de l'orig9e des espces n\velles4 ,ne p\rrait-on pas expliqu]1 dit-il1 comm5t de deux seuls individus la multiplication des espces dissemblables aurait pu s'ensuivre8 ,elles n'aurai5t d leur premire orig9e qu' quelques productions =tuites1 dans lesquelles les p>ties lm5taires n'aurai5t pas ret5u l'ordre qu'elles t5ai5t dans les animaux pres et mres2 *aque degr d'erreur aurait fait une n\velle espce2 et =ce d'c>ts rpts s]ait v5ue la div]sit inf9ie des animaux que n\s voyons auj\rd'hui1 div]sit qui s'accrotra peut-tre encore avec le temps1 mais laquelle peut-tre la suite des sicles n'apporte que des accroissem5ts imp]ceptibles4 ,c'e/ la ?orie de la desc5dance nettem5t expose4 ,maup]tuis a mme *]* expliqu] p> une sorte d'incompatibilit ne d'habitudes diffr5tes cette s+ulire /rilit des mtis1 qui ma9ti5t sp>es les espces et emp*e les =mes animales de v>i] au del de c]ta9es limites4 ,il ne n\s enseigne pas1 la vrit1 comm5t ces habitudes diffr5tes ont t acquises1 et la dmon/ration de cette consqu5ce1 pe9e entrevue jusque-l de la slection naturelle1 demeure la gr&e n\veaut cont5ue dans l'uvre de ,*>les ,d>w94 ,maup]tuis considre d'ailleurs le mode de dveloppem5t des animaux et des plantes comme ne diffrant pas ess5tiellem5t1 dans le fond1 de celui que n\s montr5t les cri/aux4 ,a9si le monde vivant et le monde m9ral sont troitem5t unis1 ce qui devait tre1 du mom5t qu'on supposait la matire une s5sibilit1 une mmoire1 des affections et des ha9es1 t\tes facults ord9airem5t considres comme app>t5ant en propre aux plus levs des tres vivants4 99 99 99 99 99 ,c'e/ une diss]tation de ,maup]tuis1 publie en #agea s\s le nom du docteur ,baumann d',erlang1 que ,did]ot#ba discute dans ses ,p5ses sur l'int]prtation de la nature4 ,il ne se prononce pas sur la "q de savoir si la matire e/ in]te ou vivante1 et si la matire in]te peut spontanm5t dev5ir vivante2 mais il p5se qu'il suffit1 p\r expliqu] l'animal1 de d\] les molcules organiques d'une sorte de s5sibilit rudim5taire qui les p\sse re*]*] sans cesse la situation qui e/1 p\r elles1 la plus commode de t\tes4 ,l'animal e/ alors un sy/me de diffr5tes molcules organiques1 qui1 p> l'impulsion d'une s5sation semblable un t\*] obtus et s\rd1 que celui qui a cr la matire en gnral leur a donn1 se sont comb9es jusqu' ce que *acune ait r5contr la place la plus conv5able sa figure et son repos#bb4 ,cette place1 la plus conv5able de t\tes1 peut *ang] avec les modifications sans nombre qu'apport5t dans les relations des molcules la c\rse incessante de celles qui ne sont pas p>v5ues conqurir le repos4 ,aussi ,did]ot se dem&e-t-il si les plantes ont t\j\rs t et s]ont t\j\rs telles qu'elles sont2 si les animaux ont t\j\rs t et s]ont t\j\rs tels qu'ils sont1 et il aj\te3 ,de mme que1 dans les rgnes animal et vgtal1 un individu comm5ce p\r a9si dire1 s'accrot1 dure1 dprit et passe1 n'en s]ait-il pas de mme des espces entires8 ,si la foi ne n\s appr5ait que les animaux sont sortis des ma9s du crateur tels que n\s les voyons1 et s'il tait p]mis d'avoir le mo9dre d\te sur leur comm5cem5t et sur leur f91 le philosophe1 ab&onn ses conjectures1 ne p\rrait-il pas s\ponn] que l'animalit avait de t\te t]nit ses lm5ts p>ticuli]s p>s et confondus dans la masse de la matire2 qu'il e/ arriv ces lm5ts de se runir1 p>ce qu'il tait possible que cela se ft2 que l'embryon =m de ces lm5ts a pass p> une inf9it d'organisations et de dveloppem5ts2 qu'il a eu p> succession du m\vem5t1 de la s5sation1 des ides1 de la p5se1 de la rflexion1 de la consci5ce1 des s5tim5ts1 des passions1 des signes1 des ge/es1 des sons1 des sons articuls1 une langue1 des lois1 des sci5ces et des arts2 qu'il s'e/ c\l des millions d'annes entre *acun de ces dveloppem5ts2 qu'il a peut-tre encore d'autres dveloppem5ts pr5dre et d'autres accroissem5ts subir qui n\s sont inconnus2 qu'il a eu ou qu'il aura un tat /ationnaire2 qu'il s'loigne ou qu'il s'loign]a de cet tat p> un dprissem5t t]nel1 p5dant lequel ses facults sortiront de lui comme elles y tai5t entres2 qu'il disp>atra peut-tre de la nature ou plutt qu'il cont9u]a d'y exi/]1 mais s\s une =me et avec des facults t\t autres que celles qu'on lui rem>que dans cet in/ant de la dure8 ct de ,l9n1 naturali/e et obs]vateur1 voil donc presque de son temps le problme de la trans=mation graduelle des espces nettem5t pos p> les philosophes du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,aucun d'eux ne russit dc\vrir la voie qu'il fallait p>c\rir p\r la rs\dre4 ,mais un autre naturali/e1 aussi puissamm5t d\ que ,l9n1 quoique d'un gnie bi5 diffr5t1 libre d'ailleurs de t\te atta*e dogmatique1 assez =t p\r se dgag] de t\te ide prconue1 s'engage dans une direction o le suivront bi5tt une succession in9t]rompue de brillants disciples4 ,cet homme1 c'e/ ,buffon4 ,avec lui s'ouvre p\r la philosophie zoologique une re n\velle4 ,t\t va dsormais se prcis]1 et le progrs se prcipit]a ce po9t qu'un demi-sicle f]a plus p\r la conqute de la vrit que t\s les sicles c\ls depuis ,ari/ote4 ,,*apitre ,,vii ,,buffon ,opposition de ,buffon aux classifications2 elles conduis5t ncessairem5t au trans=misme4--,utilit des sy/mes artificiels4--,di/ribution gographique des animaux4--,probabilit de modifications dans les espces4--,espces te9tes3 lutte p\r la vie4--,opposition la doctr9e des causes f9ales4--,pr9cipe de la cont9uit4 ,l'uvre de ,buffon e/ inspire p> une conception de la zoologie t\t autre que celle dont l'uvre de ,l9n reprs5te le plus complet dveloppem5t4 ,p\r ,l9n1 la classification rsume1 p\r a9si dire1 t\te la philosophie zoologique4 ,la re*]*e de la m?ode naturelle e/1 p\r lui1 le b suprme v]s lequel doiv5t t5dre t\s les ef=ts2 il conoit la nature immuable1 il n'y a donc ri5 expliqu]2 le naturali/e doit simplem5t *]*] compr5dre le desse9 de la cration et t*] d'en reproduire le plan dans ses sy/mes4 ,buffon laisse entirem5t de ct t\t l'app>eil de divisions et de subdivisions plus ou mo9s symtriquem5t ordonnes dans lequel les lves de ,l9n t5d5t dj enf]m] la sci5ce2 il tudie *aque espce animale en elle-mme1 et1 au lieu de f]m]1 comme l'illu/re ,sudois1 la "q de l'espce p> une df9ition dogmatique1 il laisse1 au contraire1 la porte t\te gr&e ouv]te aux tudes et aux int]prtations1 en se dem&ant t\t d'abord si l'espce e/ v>iable1 p\rquoi elle v>ie et dans quelles limites peuv5t tre comprises ses v>iations4 ,on a donn div]ses explications de l'av]sion de ,buffon p\r les sy/mes4 ,le prsid5t ,lamoignon de ,male%]bes l'accuse de les rejet]1 p>ce qu'il ne les connat pas2 ,daub5ton le reprs5te comme n'ayant pas bi5 ent5du la m?ode de ,l9n2 ,pl\r5s accepte t\s ces repro*es et laisse entrevoir qu'il s\ponne ,buffon d'une jal\sie quelque peu ha9euse l'g>d du gr& naturali/e sudois4 ,malgr l'autorit qui s'atta*e ces trois noms1 dont deux app>ti5n5t des hommes m95ts1 amis et collaborateurs de ,buffon1 on regrett]ait d'tre oblig de croire leurs ass]tions4 ,repro*] un homme du savoir et de la haute intellig5ce de ,buffon de rep\ss] les sy/mes p>ce qu'il ne les connat pas1 p>atra bi5 tonnant1 si l'on considre que le sy/me de la nature tait lo9 d'tre aussi compliqu du temps de ,l9n que de nos j\rs4 ,il et suffi de quelques sema9es ,buffon p\r se mettre entirem5t au c\rant de t\t ce qui t\*e les mammifres1 et peut-on croire qu'il n'aurait pas cons5ti1 en comm5ant son ,hi/oire naturelle1 consacr] quelques sema9es ce travail1 s'il l'avait jug ncessaire la p]fection de son uvre8 ,d'autre "p1 qu& on voit ,buffon se corrig] sans cesse1 *]*] r5dre t\j\rs plus claires et plus prcises ses ides1 ab&onn] celles qui ne lui p>aiss5t plus exactes1 repr5dre celles qu'il avait d'abord rep\sses1 mettre sans fausse honte ses nombreux lecteurs au c\rant de t\t le travail intime de sa p5se1 peut-on admettre qu'une simple "q d'am\r-propre lui aurait fait condamn] les m?odes s'il avait vu en elles l'expression vraie de la sci5ce8 ,quant au repro*e de jal\sie1 en quoi le comte de ,buffon1 ri*e1 combl d'honneurs et de gloire1 considr p> t\s comme un savant de premi] ordre1 comme un littrateur de gnie1 habitant la plus belle capitale1 admis la c\r la plus brillante de l',europe1 p\vait-il envi] un pr(esseur de l'univ]sit d',upsal1 illu/re sans d\te1 mais d'une illu/ration bi5 mode/e p> rapport au bruyant r5om du noble acadmici51 sur9t5dant du j>d9 du roi et du cab9et d'hi/oire naturelle de ,p>is8 ,faut-il enf9 p5s]1 avec ,daub5ton1 que ,buffon n'ait pas ent5du la m?ode de ,l9n1 lorsqu'il crit3 ,class] l'homme avec le s+e1 le lion avec le *at1 dire que le lion e/ un *at cr9ire et queue longue1 c'e/ dgrad]1 dfigur] la nature1 au lieu de la dcrire et de la dnomm]8 ,buffon1 dit ,daub5ton1 veut jet] du ridicule sur les naturali/es qui ont mis le *at et le lion s\s un mme g5re4 ,il fait dire ,l9n que le lion e/ *at cr9ire et longue queue4 ,c]ta9em5t le *at n'e/ pas un lion1 et ce n'e/ pas ce que ,l9n a v\lu dire4 ,l'auteur qui le critique n'a pas bi5 ent5du la m?ode de ,l9n2 s'il avait seulem5t p>c\ru les espces rapportes s\s le g5re appel felis1 *at1 il y aurait tr\v l'espce du lion et celle du *at444 ,cette quivoque e/ v5ue de la manire de dnomm] les g5res1 en leur donnant le nom de l'une des espces qu'ils compr5n5t4 ,l'av5ir a montr que ,buffon avait beauc\p mieux compris que ne le suppose ,daub5ton les consqu5ces ncessaires du sy/me de ,l9n et des classifications en gnral2 peut-tre mme ,buffon avait-il mieux vu que ,l9n lui-mme dans quelle direction les nom5clateurs devai5t entran] la zoologie2 ce sont ces consqu5ces1 c'e/ cette direction que ,buffon r$\te1 au mo9s mom5tanm5t2 il le dit en t]mes exprs et qui montr5t que les raisons de son opposition ,l9n sont d'un ordre incomp>ablem5t plus relev que celles indiques p> ,lamoignon de ,male%]bes et ,fl\r5s4 ,avant d'abord] l'hi/oire des animaux1 ,buffon a crit1 avec une l>geur de vues inconnue jusqu' lui1 l'hi/oire naturelle de l'homme4 ,il l'avait plac si haut dans la nature qu'il en faisait presque un dieu4 ,l'une des premires consqu5ces des classifications tait de faire r5tr] l'homme dans le rgne animal4 ,l'homme1 p\r ,l9n1 n'tait que le reprs5tant le plus lev de l'ordre des ,primates1 dans lequel il se tr\vait rappro* des s+es4 ,d'autre "p1 v\lant exprim] les degrs div]s de ressemblances des animaux1 les lves de ,l9n avai5t comp> les tres vivants une gr&e famille et1 af9 de r5dre plus s5sible l'esprit la similitude d'organisation des animaux d'un mme gr\pe1 employ p\r dnomm] les diffr5tes divisions du rgne animal les t]mes mmes qui1 dans le langage ord9aire1 dsign5t un ensemble d'hommes ayant entre eux un c]ta9 degr de p>5t1 tels que les mots famille et tribu4 ,le mot g5re lui-mme ne saurait s'appliqu]1 si on le pr5d la lettre1 qu' des animaux ayant un progniteur commun4 ,il n'y a l bi5 c]ta9em5t1 dans l'esprit de ,l9n et de ses disciples1 que de simples comp>aisons1 des mtaphores de/9es r5dre plus facilem5t intelligible l'conomie de l'arrangem5t m?odique des animaux2 cela ,l9n qui1 compte autant d'espces qu'il e/ sorti de c\ples des ma9s du ,crateur1 ,l9n1 qui admet comme un axiome l'immuabilit de la nature1 ne saurait voir aucun dang]4 ,beauc\p mo9s biblique1 habitu dj p> ses tudes sur la t]re1 p> ses tudes sur l'homme compt] avec les modifications graduelles et de notre globe et de notre espce1 ,buffon press5t que les *oses ne se sont pas passes aussi simplem5t que le veut ,l9n2 il cra9t que des esprits trop av5tureux1 cdant un entranem5t qu'il comm5ce dj pr\v] lui-mme1 ne veuill5t scrut] l'orig9e mme des tres vivants1 qu'ils ne pr5n5t dans leur s5s absolu les t]mes imags de ,l9n1 qu'ils ne considr5t comme rellem5t unis p> les li5s du sang les animaux rappro*s dans une mme famille p> les nom5clateurs2 ds lors1 l'homme s]a p\r le mo9s un c\s9 des s+es1 et ,buffon recule devant l'normit de cette conclusion4 ,t\t cela1 il le dit lui-mme et il e/ assez tonnant qu'on ait accept les div]ses explications qui ont t donnes de son oppositions aux classifications l9ennes1 sans s'arrt] la si5ne qui e/ cep5dant la seule con=me son gnie4 ,le passage o le gr& naturali/e exprime sa faon de p5s]1 cet g>d1 mrite d'tre cit en enti]2 il se tr\ve presque au db de l'hi/oire naturelle des ,quadrupdes2 c'e/ l'exorde d'un *apitre1 rem>quable de t\t po9t1 consacr l'un des plus humbles de nos animaux dome/iques1 l'ne4 considr] cet animal1 dit ,buffon1 mme avec des yeux att5tifs et dans un assez gr& dtail1 il p>at n'tre qu'un *eval dgnr444 ,on p\rrait attribu] les lgres diffr5ces qui se tr\v5t entre ces deux animaux l'influ5ce trs anci5ne du climat1 de la n\rriture et la succession =tuite de plusieurs gnrations de petits *evaux sauvages demi dgnrs1 qui peu peu aurai5t dgnr davantage1 se s]ai5t ensuite dgrads autant qu'il e/ possible1 et aurai5t la f9 produit nos yeux une espce n\velle et con/ante1 ou plutt une succession d'individus semblables1 t\s con/amm5t vicis de la mme faon1 et assez diffr5ts des *evaux p\r p\voir tre reg>ds comme =mant une autre espce4 ,ce qui p>at favoris] cette ide1 c'e/ que les *evaux v>i5t beauc\p plus que les nes p> la c\leur de leur poil1 qu'ils sont p> consqu5t plus anci5nem5t dome/iqus1 puisque t\s les animaux dome/iques v>i5t p> la c\leur beauc\p plus que les animaux sauvages de la mme espce444 ,d'autre ct1 si l'on considre la diffr5ce du tempram5t1 du naturel1 des murs1 du rsultat1 en un mot de l'organisation de ces deux animaux et surt\t l'impossibilit de les ml] p\r en faire une espce commune ou mme une espce int]mdiaire qui puisse se r5\vel]1 on p>at encore mieux fond croire que ces deux animaux sont *acun d'une espce aussi anci5ne que l'autre et orig9airem5t aussi ess5tiellem5t diffr5ts qu'ils le sont auj\rd'hui444 ,l'ne et le *eval vi5n5t-ils donc orig9airem5t de la mme s\*e8 ,sont-ils1 comme le dis5t les nom5clateurs1 de la mme famille8 ou n'ont-ils pas t\j\rs t des animaux diffr5ts8 ,cette "q1 dont les physici5s s5tiront bi5 la gnralit1 les difficults1 les consqu5ces1 et que n\s avons cru devoir trait] dans cet article1 p>ce qu'elle se prs5te p\r la premire fois1 ti5t la production des tres de plus prs qu'aucune autre et dem&e1 p\r tre claircie1 que n\s considrions la nature s\s un po9t de vue n\veau4 ,si1 dans l'imm5se v>it que n\s prs5t5t t\s les tres anims qui peupl5t l'univ]s1 n\s *oisissons un animal1 ou mme le corps de l'homme1 p\r s]vir de base nos connaissances1 n\s tr\v]ons que1 quoique t\s ces tres exi/5t solitairem5t et que t\s v>i5t p> des diffr5ces gradues l'inf9i1 il exi/e en mme temps un desse9 primitif et gnral qu'on peut suivre trs lo9 et dont les dgradations sont bi5 plus l5tes que celles des figures et des autres rapports app>5ts1 c>1 sans p>l] des organes de la dige/ion1 de la circulation et de la gnration1 qui app>ti5n5t t\s les animaux et sans lesquels l'animal cess]ait d'tre animal et ne p\rrait ni subsi/] ni se reproduire1 il y a1 dans les p>ties mmes qui contribu5t le plus la v>it de la =me extrieure1 une prodigieuse ressemblance qui n\s rappelle ncessairem5t l'ide d'un premi] desse91 sur lequel t\t semble avoir t conu444 ,que l'on considre sp>m5t quelques p>ties ess5tielles la =me1 les ctes1 p> exemple2 on les tr\v]a dans t\s les quadrupdes1 dans les oiseaux1 dans les poissons1 et on en suivra les ve/iges jusque dans la tortue2 que l'on considre1 comme l'a rem>qu ,m4 ,daub5ton1 que le pi$ d'un *eval1 en app>5ce si diffr5t de la ma9 de l'homme1 e/ cep5dant compos des mmes os1 et l'on jug]a si cette ressemblance ca*e n'e/ pas plus m]veilleuse que les diffr5ces app>5tes1 si cette con=mit con/ante et ce desse9 suivi de l'homme aux quadrupdes1 des quadrupdes aux ctacs1 des ctacs aux oiseaux1 des oiseaux aux reptiles1 des reptiles aux poissons1 etc41 dans lesquels les p>ties ess5tielles1 comme le cur1 les inte/9s1 l'p9e du dos1 les s5s1 etc41 se tr\v5t t\j\rs1 ne sembl5t pas indiqu] qu'en crant les animaux l'tre suprme n'a v\lu employ] qu'une seule ide et la v>i] en mme temps de t\tes les manires possibles1 af9 que l'homme pt admir] galem5t et la magnific5ce de l'excution et la simplicit du desse94 ,dans ce po9t de vue1 non seulem5t l'ne et le *eval1 mais mme l'homme1 le s+e1 les quadrupdes et t\s les animaux p\rrai5t tre considrs comme ne =mant qu'une seule et mme famille2 mais en doit-on conclure que1 dans cette gr&e et nombreuse famille que ,dieu seul a conue et tire du nant1 il y ait d'autres petites familles projetes p> la nature et produites p> le temps1 dont les unes ne s]ai5t composes que de deux individus1 comme le *eval et l'ne2 d'autres de plusieurs individus1 comme celle de la belette1 de la m>tre1 du furet1 de la f\9e1 etc41 et de mme que1 dans les vgtaux1 il y ait des familles de dix1 v+t1 tr5te1 etc41 plantes8 ,si ces familles exi/ai5t1 en effet1 elles n'aurai5t pu se =m] que p> le mlange1 la v>iation et la dgnration des espces orig9aires4 ,si l'on admet une fois qu'il y ait des familles dans les plantes et dans les animaux1 que l'ne soit de la famille du *eval1 et qu'il n'en diffre que p>ce qu'il a dgnr1 on p\rra dire galem5t que le s+e e/ de la famille de l'homme1 qu'il e/ un homme dgnr1 que l'homme et le s+e ont une orig9e commune1 comme le *eval et l'ne2 que *aque famille1 tant dans les animaux que dans les vgtaux1 n'a eu qu'une seule s\*e2 et mme que t\s les animaux ne sont v5us que d'un seul animal1 qui1 dans la succession des temps1 a produit1 en se p]fectionnant et en dgnrant1 t\tes les races des autres animaux4 ,les naturali/es qui tabliss5t si lgrem5t des familles dans les animaux et dans les vgtaux ne p>aiss5t pas avoir s5ti t\te l't5due de ces consqu5ces1 qui rduisai5t le produit de la cration un nombre d'individus aussi petit qu'on v\dra444 ,mais non2 il e/ c]ta91 p> la rvlation1 que t\s les animaux ont galem5t p>ticip la grce de la cration2 que les deux premi]s de *aque espce1 et de t\tes les espces1 sont sortis t\t =ms des ma9s du ,crateur2 et l'on doit croire qu'ils tai5t tels peu prs qu'ils n\s sont auj\rd'hui reprs5ts p> leurs desc5dants4 ,ce passage e/ important plus d'un titre3 on y voit d'abord nettem5t et compltem5t expose la ?orie de l'unit de plan de composition du rgne animal1 que ,ge(froy ,sa9t-,hilaire devait plus t>d p\ss] jusqu' ses d]nires consqu5ces2 la fixit des espces1 que ,buffon rejett]a plus t>d1 s'y tr\ve affirme sans rs]ves et presque dans les mmes t]mes que p> ,l9n2 enf91 ce que ,buffon condamne1 ce n'e/ pas tant1 en df9itive1 les classifications en elles-mmes que la t5dance des classificateurs reprs5t] leurs sy/mes comme l'image fidle de la nature2 ce qu'il rep\sse surt\t1 ce sont les familles dites naturelles et il rep\sse ces familles p>ce qu'on les prt5d naturelles2 on ne peut les compr5dre que comme rsultant de modifications subies p> l'une des espces qu'elles conti5n5t1 et alors il n'y aurait plus de bornes la puissance de la nature1 et l'on n'aurait pas tort de suppos] que d'un seul tre elle a su tir]1 avec le temps1 t\s les autres tres organiss4 ,buffon e/ d'ailleurs bi5 lo9 de ni] l'utilit des sy/mes4 ,il faut de plus considr]1 dit-il1 que1 quoique la m>*e de la nature se fasse p> nuances et p> degrs s\v5t imp]ceptibles1 les int]valles de ces nuances et de ces degrs ne sont pas gaux beauc\p prs2 que plus les espces sont leves1 mo9s elles sont nombreuses1 et plus les int]valles des nuances qui les sp>5t y sont gr&s2 que les petites espces1 au contraire1 sont trs nombreuses et en mme temps plus vois9es les unes des autres1 en sorte qu'on e/ d'autant plus t5t de les confondre ensemble dans une mme famille1 qu'elles n\s emb>rass5t et n\s fatigu5t davantage p> leur multitude et p> leurs petites diffr5ces1 dont n\s sommes obligs de n\s *>g] la mmoire4 ,mais il ne faut pas oubli] que ces familles sont notre ouvrage1 que n\s ne les avons faites que p\r le s\lagem5t de notre esprit2 que1 s'il ne peut compr5dre la suite relle de t\s les tres1 c'e/ notre faute et non pas celle de la nature1 qui ne connat po9t les prt5dues familles et ne conti5t1 en effet1 que des individus4 ,voil nettem5t trace la m>*e suivie p> ,buffon dans l',hi/oire naturelle des animaux4 ,si l'on n'admet pas que les tres vivants desc5d5t d'un anctre primitif unique1 si l'on n'admet pas1 comme n\s dirions ma9t5ant1 le trans=misme1 les classifications ne sont que des artifices de notre esprit2 elles sont inutiles l o n\s p\vons embrass] le dtail des faits1 et comme leurs auteurs1 on ne l'a que trop vu depuis1 prt5d5t les sub/itu] la vraie sci5ce1 elles sont dang]euses2 ,buffon n'en fait que peu d'usage tant qu'il traite des gros mammifres3 il rappro*e cep5dant les animaux vois9s1 le *eval et l'ne1 le buf et le m\ton1 les div]ses espces de co*ons2 le c]f1 le daim et le *evreuil2 le l\p et le r5>d2 la l\tre1 la s>icovi5ne1 les f\9es1 les m>tres1 le putois1 le furet1 le t\an1 l'h]m9e et le grison1 les div]ses espces de rongeurs1 etc4 ,les sries naturelles sont p>faitem5t saisies2 mais ,buffon les rompt de propos dlibr1 p> les raisons qu'il a lui-mme exposes4 ,il n'y revi5t peu prs compltem5t que lorsqu'il s'agit des oiseaux1 dont la multiplicit e/ telle qu'on risqu]ait de s'g>] *aque in/ant1 si leur hi/oire n'tait pas faite avec ordre et m?ode4 ,c'e/ le mom5t d'avoir rec\rs l'in/rum5t imag9 p> les nom5clateurs1 et ,buffon en a si bi5 compris le mcanisme que la plup>t de ses gr\pes naturels n'ont t modifis que dans le dtail4 ,la dt]m9ation de ,buffon de ne pas s'a/re9dre suivre une m?ode de classification a eu d'ailleurs d'heureuses consqu5ces4 ,il faut bi5 adopt] dans l'exposition un ordre quelconque4 ,buffon dcrit d'abord les animaux dome/iques1 puis les animaux sauvages d',europe1 les animaux sauvages de l'anci5 cont95t et enf9 ceux du n\veau cont95t4 ,en d'autres t]mes1 qu& il n'a pas de motifs de faire autrem5t1 il procde p> faunes2 son att5tion e/ a9si appele sur les c>actres gnraux que prs5t5t ces faunes1 sur la di/ribution gographique des animaux et les causes qui l'ont dt]m9e2 l1 ,buffon a mrit d'tre considr comme le fondateur de la gographie zoologique2 mais ces tudes successives l'ont am5 modifi] pr(ondm5t ses ides sur l'orig9e des espces4 ,en comp>ant les faunes des deux cont95ts1 il e/ conduit croire la v>iabilit des espces1 contre laquelle il s'tait d'abord lev2 il devi5t trans=mi/e4 ,de mme1 un sicle plus t>d1 ,d>w91 durant son clbre voyage aut\r du monde1 concevra la doctr9e qui devait immortalis] son nom1 en voyant se succd] s\s ses yeux les faunes la fois div]ses et intimem5t unies des gr&es rgions du globe4 ,aprs avoir montr que les animaux communs l',europe et l',amrique sont peu nombreux1 ,buffon fait rem>qu] que la plup>t des animaux europens n'en ont pas mo9s leurs analogues en ,amrique1 mais que les animaux du n\veau monde sont t\j\rs plus petits que ceux qui leur correspond5t dans l'anci51 et il se rsume en disant3 ,en tirant des consqu5ces gnrales de t\t ce que n\s avons dit1 n\s tr\v]ons que l'homme e/ le seul des tres vivants dont la nature soit assez =te1 assez t5due1 assez flexible p\r p\voir subsi/]1 se multipli] p>t\t et se prt] aux influ5ces de t\s les climats de la t]re2 n\s v]rons videmm5t qu'aucun des animaux n'a obt5u ce gr& privilge2 que1 lo9 de p\voir se multipli] p>t\t1 la plup>t sont borns et conf9s dans de c]ta9s climats et mme dans des contres p>ticulires4 ,l'homme e/ en t\t l'ouvrage du ciel2 les animaux ne sont beauc\p d'g>ds que des productions de la t]re2 ceux d'un cont95t ne se tr\v5t pas dans l'autre2 ceux qui s'y tr\v5t sont altrs1 rapetisses1 *angs au po9t d'tre mconnaissables4 ,en faut-il plus p\r tre conva9cu que l'empre9te de leur =me n'e/ pas inaltrable8 que leur nature1 beauc\p mo9s con/ante que celle de l'homme1 peut v>i] et mme se *ang] absolum5t avec le temps2 que1 p> la mme raison1 les espces les mo9s p>faites1 les plus dlicates1 les plus pesantes1 les mo9s agissantes1 les mo9s armes1 etc41 ont dj disp>u ou disp>atront avec le temps8 ,leur tat1 leur vie1 leur tre dp5d5t de la =me que l'homme donne ou laisse la surface de la t]re4 ,une volution considrable s'e/ donc faite dans les ides de ,buffon3 l'espce e/ ma9t5ant v>iable2 son tat dp5d de celui du milieu o elle vit1 et1 si une "p trop gr&e e/ encore attribue l'influ5ce de l'homme1 ce gr& fait de la disp>ition spontane des espces les mo9s bi5 d\es p> rapport au milieu o elles viv5t1 ce gr& phnomne1 de la slection naturelle e/ dj entrevu3 ,le prodigieux mamm\? n'exi/e plus nulle "p4 ,cette espce tait c]ta9em5t la premire1 la plus gr&e1 la plus =te de t\s les quadrupdes2 puisqu'elle a disp>u1 combi5 d'autres1 plus petites1 plus faibles et mo9s rem>quables1 ont d prir sans n\s avoir laiss ni tmoignages1 ni r5seignem5ts sur leur exi/5ce passe6 ,combi5 d'autres espces s'tant dnatures1 c'e/--dire p]fectionnes ou dgrades p> les gr&es vicissitudes de la t]re et des eaux1 p> l'ab&on ou la culture de la nature1 p> la longue influ5ce d'un climat dev5u contraire ou favorable1 ne sont plus les mmes qu'elles tai5t autrefois6 ,non seulem5t des espces disp>aiss5t1 mais il en app>at aussi de n\velles3 ,buffon1 qui l'avait d'abord n]giquem5t ni1 l'admet auj\rd'hui1 puisque t\s les animaux d',amrique se sont =ms rcemm5t3 ,il ne s]ait donc pas impossible que1 mme sans int]v]tir l'ordre de la nature1 t\s les animaux du n\veau monde ne fuss5t1 en df9itive1 les mmes que ceux de l'anci51 desquels ils aurai5t autrefois tir leur orig9e2 on p\rrait dire que1 en ayant t sp>s dans la suite p> des m]s imm5ses ou des t]res impraticables1 ils auront avec le temps reu t\tes les impressions1 subi t\s les effets d'un climat dev5u n\veau lui-mme et qui aurait aussi *ang de qualit p> les causes qui ont produit la sp>ation2 que1 p> consqu5t1 ils se s]ont avec le temps rapetisss1 dnaturs4 ,mais cela ne doit pas n\s emp*] de les reg>d] auj\rd'hui comme des animaux d'espces diffr5tes3 de quelque cause que vi5ne cette diffr5ce1 qu'elle ait t produite p> le temps1 le climat et la t]re ou qu'elle soit de mme date que la cration1 elle n'en e/ pas mo9s relle4 ,la nature1 je l'av\e1 e/ dans un m\vem5t de flux cont9uel2 mais c'e/ assez p\r l'homme de la saisir dans l'in/ant de son sicle et de jet] quelques reg>ds en arrire et en avant p\r t*] d'entrevoir ce que jadis elle p\vait tre et ce que dans la suite elle p\rra dev5ir#bc4 ,dans ce disc\rs1 ,buffon s'lve encore contre les classifications2 mais cette fois c'e/ surt\t cause de l'abus qu'en font les nom5clateurs1 qui1 au lieu de re*]*] les modifications dont *aque =me spcifique e/ susceptible1 multipli5t indf9im5t les espces p\r le va9 plaisir d'accol] leur nom ces futiles dc\v]tes2 ,buffon n'en e/ pas mo9s sur le *em9 de la conv]sion4 ,d'abord p>tisan de la fixit des espces1 et1 p\r cette raison1 oppos aux classifications1 il e/ dev5u trans=mi/e2 l'volution qui s'e/ faite dans ses ides e/ d'autant plus complte qu'il a pris so9 lui-mme de montr]1 n\s l'avons vu1 qu'on ne saurait tre trans=mi/e demi2 ds lors1 son opposition une di/ribution m?odique des animaux n'a plus de raison d'tre1 et il crit#bd3 ,en comp>ant a9si t\s les animaux et en les rapportant *acun leur g5re1 n\s tr\v]ons que les deux c5ts espces dont n\s avons donn l'hi/oire peuv5t se rduire un assez petit nombre de familles ou s\*es pr9cipales desquelles il n'e/ pas impossible que t\tes les autres soi5t issues4 ,et1 p\r mettre de l'ordre dans cette rduction1 n\s sp>]ons d'abord les animaux des deux cont95ts et n\s obs]v]ons qu'on peut rduire qu9ze g5res et neuf espces isoles non seulem5t t\s les animaux qui sont communs aux deux cont95ts1 mais encore t\s ceux qui sont propres et p>ticuli]s l'anci54 ,onze de ces g5res correspond5t exactem5t nos gr\pes des solipdes1 des rum9ants cornes creuses1 des rum9ants cornes ple9es1 des porc9s1 des *i5s1 des viv]rids1 des mu/lids1 des rongeurs1 des d5ts1 des quadrumanes1 des *eiroptres2 les quatre autres sont mo9s heureux3 ,buffon isole1 en effet1 compltem5t les bufs1 runit les porcs-pics et les hrissons1 considre comme des amphibies de mme nature les l\tres1 les ca/ors et les phoques4 ,mais1 "p cela1 ses gr\pes sont aussi bi5 dlimits que ceux des autres nom5clateurs2 en fait1 c'e/ une vritable classification des mammifres que ,buffon propose l1 mais une classification gnalogique1 c> l'auteur du *apitre sur l'ne n'a pas oubli que les espces composant une mme famille peuv5t tre considres comme issues d'une s\*e commune1 et il revi5t sur l'ide que plusieurs espces du ,n\veau-,monde desc5d5t de celles de l',anci54 ,dans cette gnalogie1 il devi5t intressant de connatre le degr de p>5t des espces4 ,buffon a rec\rs1 p\r le dt]m9]1 aux croisem5ts1 et quel programme il trace aux naturali/es de l'av5ir3 ,comm5t p\rra-t-on connatre autrem5t que p> les rsultats de l'union mille et mille fois t5te des animaux d'espces diffr5tes leur degr de p>5t8 ,l'ne e/-il plus pro*e p>5t du *eval que du zbre8 ,le l\p e/-il plus prs du *i5 que le r5>d ou le *acal8 quelle di/ance de l'homme mettrons-n\s les gr&s s+es qui lui ressembl5t si p>faitem5t p> la con=mation du corps8 ,t\tes les espces animales tai5t-elles autrefois ce qu'elles sont auj\rd'hui8 ,leur nombre n'a-t-il pas augm5t ou plutt dim9u8 ,les espces faibles n'ont-elles pas t dtruites p> les plus =tes ou plutt p> la tyrannie de l'homme1 dont le nombre e/ dev5u mille fois plus gr& que celui d'aucune autre espce d'animaux puissants8 ,quel rapport p\rrions-n\s tablir entre cette p>5t des espces et une autre plus connue1 qui e/ celle de diffr5tes races de la mme espce8 ,la race1 en gnral1 ne provi5t-elle pas1 comme l'espce mixte1 d'une disconv5ance l'espce pure dans les individus qui ont =m la premire s\*e de la race8444 ,combi5 d'autres que/ions faire sur cette seule matire1 et qu'il y en a peu que n\s soyons en tat de rs\dre6 ,qui ne reconnat1 dans ces que/ions de ,buffon1 les que/ions mmes qui sont auj\rd'hui si passionnm5t agites dans le monde savant8 ,p\r ,l9n1 que des d\tes srieux v5ai5t cep5dant assaillir p>fois1 il n'y avait pas1 p\r a9si dire1 de "q de l'espce2 p\r ,buffon1 l'espce e/ au contraire auj\rd'hui la gr&e nigme que pose la nature l'intellig5ce huma9e1 et il s'ef=ce de la rs\dre4 ,ces mmes que/ions s]ont bi5tt reprises et traites plus compltem5t2 ,buffon revi5t l'honneur de les avoir s\leves et h>dim5t abordes2 il a t de la sorte l'heureux prcurseur de ,lam>ck1 son lve en?\sia/e1 et d'ti5ne ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,l'ide d'une filiation des tres vivants1 qui implique la v>iabilit des espces1 tait d'ailleurs bi5 plus con=me que t\te autre la philosophie gnrale de ,buffon4 ,si dans son ,premi] disc\rs sur la manire d'tudi] et de trait] l'hi/oire naturelle il n'e/ pas encore dgag de t\tes les ides qui ont c\rs de son temps dans ce que n\s appelons le gr& public1 il se montre dj bi5 diffr5t de lui-mme dans ses tudes sur la gnration des animaux4 ,la cont9uit lui app>at p>t\t dans la nature2 il n'admet pas mme la dm>cation entre les animaux et vgtaux3 ,nos ides gnrales ne sont que des m?odes artificielles que n\s n\s sommes =mes p\r rassembl] une gr&e quantit d'objets dans le mme po9t de vue2 et elles ont1 comme les m?odes artificielles dont n\s avons p>l1 le dfaut de ne p\voir jamais t\t compr5dre2 elles sont de mme opposes la m>*e de la nature1 qui se fait uni=mm5t1 ins5siblem5t et t\j\rs p>ticulirem5t1 en sorte que c'e/ p\r v\loir compr5dre un trop gr& nombre d'ides p>ticulires dans un seul mot que n\s n'avons plus une ide claire de ce que ce mot signifie1 p>ce que1 ce mot tant reu1 on s'imag9e que ce mot e/ une ligne qu'on peut tir] entre les productions de la nature1 que t\t ce qui e/ au-dessus de cette ligne e/ en effet animal1 et que t\t ce qui e/ au-dess\s ne peut tre que vgtal1 autre mot aussi gnral que le premi]1 qu'on emploie de mme comme une ligne de sp>ation entre les corps organiss et les corps bruts4 ,mais1 comme n\s l'avons dj dit plus d'une fois1 ces lignes de sp>ation n'exi/5t po9t dans la nature2 il y a des tres qui ne sont ni animaux1 ni vgtaux1 ni m9raux1 et qu'on t5t]ait en va9 de rapport] aux uns ou aux autres444 ,n\s avons dit que la m>*e de la nature se fait p> degrs nuancs et s\v5t imp]ceptibles2 aussi passe-t-elle p> des nuances ins5sibles de l'animal au vgtal2 mais1 du vgtal au m9ral1 le passage e/ brusque#be4 ,de ce d]ni] fait1 ,buffon conclut qu'on tr\v]a des int]mdiaires aux tres organiss et aux m9raux2 quant aux int]mdiaires entre les animaux et les vgtaux1 il en signale dj un3 c'e/ cette hydre d'eau d\ce1 ce polype de la l5tille d'eau1 qui fut l'objet des immortelles expri5ces de ,trembley4 ,admettre dans le rgne animal un plan gnral auquel sont con=mes t\tes les productions naturelles1 admettre que ces productions pass5t de l'une l'autre p> des transitions ins5sibles1 ne saurait que difficilem5t se concili] avec l'ide que t\t1 dans ce monde1 a un b4 ,aussi ,buffon s'lve-t-il n]giquem5t contre la doctr9e des causes f9ales1 qui dom9e la sci5ce depuis ,ari/ote4 ,c'e/ un sujet bi5 mode/e1 l'organisation de la patte du co*on1 qui lui f\rnit l'occasion de combattre la tyrannie de cette doctr9e3 il rem>que que1 des quatre doigts qui t]m95t cette patte1 deux seulem5t sont utiliss p> l'animal1 et il crit3 ,la nature e/ donc bi5 loigne de s'assujettir des causes f9ales dans la composition des tres2 p\rquoi n'y mettrait-elle pas quelquefois des p>ties surabondantes1 puisqu'elle manque si s\v5t d'y mettre des p>ties ess5tielles8444 ,p\rquoi veut-on que dans *aque individu t\te p>tie soit utile aux autres et ncessaire au t\t8 ,ne suffit-il pas1 p\r qu'elles se tr\v5t ensemble1 qu'elles ne se nuis5t pas1 qu'elles puiss5t crotre sans ob/acles et se dvelopp] sans s'oblitr] mutuellem5t8 ,t\t ce qui ne se nuit po9t assez p\r se dtruire1 t\t ce qui peut subsi/] ensemble1 subsi/e444 ,mais1 comme n\s v\lons t\t rapport] un c]ta9 b1 lorsque les p>ties n'ont pas des usages app>5ts1 n\s leur supposons des usages ca*s2 n\s imag9ons des rapports qui n'ont aucun fondem5t1 qui n'exi/5t pas dans la nature des *oses1 qui ne s]v5t qu' l'obscurcir4 ,n\s ne faisons pas att5tion que n\s altrons la philosophie1 que n\s en dnaturons l'objet1 qui e/ de connatre le comm5t des *oses1 la manire dont la nature agit1 et que n\s sub/ituons cet objet rel une ide va9e1 en *]*ant dev9] le p\rquoi des faits1 la f9 qu'elle se propose4 ,a9si surgiss5t1 poss p> ,buffon lui-mme1 ce p>tisan d'abord si rsolu de la fixit des espces1 t\s les problmes dont la solution aura t sans aucun d\te la p5se dom9ante de la seconde moiti de ce sicle3 l'unit d'orig9e de t\s les tres vivants1 animaux ou vgtaux2 l'unit d'orig9e des animaux de mme type2 le peuplem5t p> migration des cont95ts2 la disp>ition des espces anci5nes1 va9cues dans ce que ,d>w9 appell]a plus t>d la lutte p\r la vie2 l'app>ition d'espces n\velles p> dgnresc5ce ou p]fectionnem5t des espces dj exi/antes2 l'volution graduelle de l'espce huma9e2 voil ce qu'entrevoit ,buffon la f9 de sa c>rire4 ,et t\tes ces gr&es ides que ,buffon dev9e en quelque sorte1 v]s lesquelles il e/ inv9ciblem5t entran p> la puissante et rig\reuse logique de son gnie1 sont prcism5t celles qui comm5c5t auj\rd'hui1 appuyes sur un ensemble imposant de re*]*es1 triomph] de t\s les scrupules4 ,n\s sommes l'poque o l'insuffisance des moy5s d'obs]vation =ce les naturali/es dem&] malgr eux des hypo?ses plus ou mo9s plausibles une explication provisoire des phnomnes les plus intimes de la vie et du my/re de la reproduction4 ,il tait impossible1 dans cette voie1 d'innov] beauc\p aprs t\t ce qu'avai5t t5t les anci5s4 ,en imag9ant l'exi/5ce de molcules organiques1 inde/ructibles1 qui s'associ5t temporairem5t p\r =m] les individus vgtaux ou animaux1 se dissoci5t p> la mort de *aque individu et entr5t ensuite dans la con/itution d'autres organismes1 ,buffon se rappro*e beauc\p d',anaxagore4 ,les molcules organiques n'ont ri5 de commun avec les molcules des corps bruts4 ,il y a deux catgories de matires1 la matire morte et la matire vivante1 qui sont incapables de pass] l'une l'autre2 mais les molcules vivantes sont rp&ues p>t\t1 et1 qu& l'animal se n\rrit1 il se borne pr5dre l o elles se tr\v5t des molcules organiques semblables celles qui le con/itu5t et propres remplac] celles qu'il peut avoir p]dues4 ,un tre organis1 dit-il#bf1 e/ un t\t compos de p>ties organiques semblables1 aussi bi5 que n\s supposons qu'un cube e/ compos d'autres cubes3 n\s n'avons p\r en jug] d'autre rgle que l'expri5ce2 de la mme faon que n\s voyons qu'un cube de sel m>9 e/ compos d'autres cubes1 n\s voyons aussi qu'un orme e/ compos d'autres petits ormes1 puisqu'en pr5ant un b\t de bran*e1 ou un b\t de rac9e1 ou un morceau de bois sp> du tronc1 ou la gra9e1 il envi5t galem5t un orme2 il en e/ de mme des polypes et de quelques autres espces d'animaux qu'on peut c\p] et sp>] dans t\s les s5s en diffr5tes p>ties p\r les multipli]2 et1 puisque c'e/ ntre rgle p\r jug]1 p\rquoi jug]ions-n\s diffremm5t8 ,il me p>at donc trs vraisemblable1 p> les raisonnem5ts que n\s v5ons de faire1 qu'il exi/e rellem5t dans la nature une inf9it de petits tres organiss1 semblables en t\t aux gr&s tres organiques qui figur5t dans le monde2 que ces petits tres organiss sont composs de p>ties organiques vivantes qui sont communes aux animaux et aux vgtaux2 que ces p>ties organiques sont des p>ties primitives et incorruptibles2 que l'assemblage de ces p>ties =me nos yeux des tres organiss1 et que p> consqu5t la reproduction ou la gnration n'e/ qu'un *angem5t de =me qui s'opre p> la seule addition de ces p>ties semblables1 comme la de/ruction de l'tre organis se fait p> la division de ces mmes p>ties444 ,si n\s rfl*issons sur la manire dont les arbres croiss5t1 et si n\s exam9ons comm5t d'une quantit qui e/ si petite ils arriv5t un volume si considrable1 n\s tr\v]ons que c'e/ p> la simple addition de petits tres organiss semblables entre eux et au t\t4 ,la gra9e produit d'abord un petit arbre qu'elle cont5ait en racc\rci2 au sommet de ce petit arbre1 il se =me un b\ton qui conti5t le petit arbre de l'anne suivante1 et le b\ton e/ une p>tie organique semblable au petit arbre de la premire anne2 au sommet du petit arbre de la seconde anne1 il se =me de mme un b\ton qui conti5t le petit arbre de la troisime anne2 et a9si de suite tant que l'arbre crot en hauteur1 et mme1 tant qu'il vgte1 il se =me l'extrmit de t\tes les bran*es des b\tons qui conti5n5t en racc\rci de petits arbres semblables celui de la premire anne4 ,l'ide que ,buffon se fait du vgtal ne diffre pas de l'ide que s'en fait ,bonnet2 t\s deux exprim5t cette ide presque dans les mmes t]mes4 ,mais ,buffon prote/e t\t aussitt contre l'op9ion qui v\drait que t\s les petits arbres qui sont assembls p\r en faire un gr& tai5t cont5us dans la gra9e et que l'ordre de leur dveloppem5t y tait trac4 ,expliqu] la gnration p> l'hypo?se de l'embotem5t des g]mes1 c'e/ rpondre la "q p> la "q mme4 ,lorsque n\s dem&ons1 dit ,buffon1 comm5t on peut1 concevoir que se fait la reproduction des tres1 et qu'on n\s rpond que dans le premi] tre cette reproduction tait t\te faite1 c'e/ non seulem5t av\] qu'on ignore comm5t elle se fait1 mais encore r5onc] la volont de le concevoir4 ,il dit exactem5t la mme *ose de l'hypo?se de la fixit des espces4 ,dire ceux qui *]*5t comm5t les espces se sont produites1 qu'elles ont t\j\rs t ce qu'elles sont1 c'e/ r5onc] la volont de dc\vrir leur orig9e1 et1 au po9t de vue sci5tifique1 n'importe quelle op9ion e/ prfrable cette dc\rageante doctr9e4 ,buffon rep\sse de mme1 l'g>d de la gnration1 t\tes les hypo?ses qui suppos5t la *ose faite2 il rep\sse encore1 t\tes celles qui ont p\r objet les causes f9ales1 p>ce que ces hypo?ses1 au lieu de r\l] sur les causes physiques de l'effet qu'on *]*e expliqu]1 ne port5t que sur des rapports arbitraires et sur des conv5ances morales1 et il s'arrte f9alem5t cette fameuse hypo?se du m\le intrieur1 dans laquelle il suppose que la nature peut faire des m\les p> lesquels elle donne aux tres vivants non seulem5t leur figure extrieure1 mais aussi leur =me intrieure4 ,ces mots de m\le intrieur p>aiss5t1 au premi] abord1 peu faits p\r all] ensemble1 att5du qu'un m\le e/ habituellem5t de/9 reproduire une surface et non les p>ticul>its de /ructure d'une sub/ance massive2 mais ,buffon dcl>e employ] ces mots faute de mieux4 ,p\r lui1 t\t tre vivant e/ donc un m\le intrieur1 dans lequel des =ces spciales font pntr] les molcules organiques de sorte que *acune des p>ties du corps s'accroisse en dim5sion et en poids1 sans *ang] ni de =mes ni de /ructure4 ,c'e/ grce cette pntration des molcules organiques dans le m\le intrieur1 grce cette susception que l'tre vivant se dveloppe2 mais la =ce qui produit le dveloppem5t e/ aussi celle qui dt]m9e la gnration4 ,il suffit1 en effet1 qu'il y ait dans un tre vivant quelque p>tie semblable au t\t p\r que cette p>tie1 conv5ablem5t n\rrie1 soit capable1 si elle e/ dta*e1 de produire un t\t indp5dant id5tique celui dont elle faisait primitivem5t p>tie4 ,a9si1 dans les saules et dans les polypes1 comme il y a plus de p>ties organiques semblables au t\t que d'autres p>ties1 *aque morceau de saule ou de polype qu'on retran*e du corps enti] devi5t un saule ou un polype4 ,or1 aj\te ,buffon1 un corps organis dont t\tes les p>ties s]ai5t semblables lui-mme1 comme ceux que n\s v5ons de cit]1 e/ un corps dont l'organisation e/ la plus simple de t\tes1 c> ce n'e/ que la rptition de la mme =me et une composition de figures semblables t\tes organises de mme2 et c'e/ p> cette raison que les corps les plus simples1 les espces les plus imp>faites sont celles qui se reproduis5t1 au lieu que1 si un corps organis ne conti5t que quelques p>ties semblables lui-mme1 la reproduction ne s]a ni aussi facile ni aussi abondante dans ces espces qu'elle l'e/ dans celles dont t\tes les p>ties sont semblables au t\t2 mais aussi l'organisation de ces corps s]a plus compose que celle des corps dont t\tes les p>ties sont semblables1 p>ce que le corps enti] s]a compos de p>ties1 la vrit t\tes organiques1 mais diffremm5t organises2 et plus il y aura dans le corps organis de p>ties diffr5tes du t\t et diffr5tes entre elles1 plus l'organisation de ce corps s]a p>faite1 et plus la reproduction s]a difficile4 ,n\s retr\vons ici les mmes ides sur la p]fection organique que n\s avons dj tr\ves dans ,ari/ote et qui conduis5t plus t>d ,m4 ,milne ,edw>ds concevoir la ?orie de la division du travail physiologique4 ,p> la nutrition1 l'tre vivant aj\te sans cesse lui-mme de n\velles molcules1 de n\velles p>ties organiques2 il arrive un mom5t o ces n\velles p>ties sont surabondantes2 alors elles se r5d5t de t\tes les rgions du corps1 de t\s les organes dans les te/icules du mle1 dans les ovaires de la femelle1 et y =m5t des liqueurs dont le mlange pralable e/ ncessaire la production d'un n\vel tre vivant4 ,dans l'tre vivant primitif1 une =ce inconnue faisait pntr] dans les organes les molcules organiques les plus propres le grossir1 celles qui ressemblai5t le plus aux molcules dont il tait dj con/itu2 des molcules organiques reprs5tant les div]s organes de l'individu vont1 en consqu5ce1 se tr\v] runies dans sa sem5ce2 la mme =ce qui les faisait pntr] dans les organes qui leur correspond5t les ag5c]a dans le mme ordre que dans l'individu primitif4 ,cette ?orie de la gnration fut publie p> ,buffon en #agdf2 ,maup]tuis1 en #agea1 n'avait fait que la reproduire1 mais les facults intellectuelles dont il dotait t\tes les p>ticules matrielles indi/9ctem5t lui p]mettai5t de supprim] la =ce coord9atrice de ,buffon4 ,dans sa ?orie de la gnration1 ,buffon n'avait pas p>gn les hypo?ses2 mais le gr& criva9 ne se borne pas raisonn]4 ,s'il a des ides1 c'e/ que les faits les lui ont suggres4 ,*]*ons des faits1 dit-il1 p\r n\s donn] des ides4 ,les faits1 il les dem&e non seulem5t l'obs]vation1 mais aussi l'exprim5tation4 ,directeur du ,j>d9 des ,plantes1 il y rassemble des collections d'animaux de t\tes les p>ties du monde et les obs]ve1 t\tes les fois qu'il le peut1 l'tat vivant4 ,entre les espces1 l'infcondit des croisem5ts tablit une b>rire inconte/able2 dans quelle mesure e/-il possible de fran*ir cette b>rire8 ,quelle "p les croisem5ts ont-ils pu pr5dre la =mation d'espces n\velles8 ,quelles sont les espces sauvages que l'on peut considr] comme ayant f\rni l'homme ses espces dome/iques8 ,t\tes ces que/ions1 ,buffon les attaque p> l'exprim5tation4 ,le temps lui p>at un lm5t indisp5sable p\r les rs\dre1 et il conoit le plan d'un tablissem5t modle o ces tudes sculaires p\rrai5t tre p\rsuivies4 ,cet tablissem5t1 ralis depuis et qui1 ds son orig9e1 rp& un vif clat dans le doma9e sci5tifique1 c'e/ le ,musum d'hi/oire naturelle4 ,trois gr&s hommes y vont p\rsuivre1 p> des voies div]ses1 l'uvre de ,buffon3 ,lam>ck1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et ,cuvi]4 ,,*apitre ,,viii ,,lam>ck ,importance attribue aux animaux infrieurs4--,gnration spontane4--,p]fectionnem5t graduel des organismes2 influ5ce des beso9s et de l'habitude4--,l'hrdit et l'adaptation4--,trans=mation des espces app>t5ant aux priodes gologiques antrieures4--,inanit des cataclysmes gnraux4--,importance des causes actuelles4--,gnalogie du rgne animal4--,orig9e de l'homme4 ,famili] de la maison de ,buffon1 qui en avait fait le compagnon de voyages et le guide de son fils1 ,lam>ck peut tre considr comme le cont9uateur immdiat de la philosophie de l'illu/re auteur des poques de la nature4 ,s'il n'a pas l'ampleur de son /yle1 il a comme lui1 au plus haut degr1 l'art de gr\p] les faits et de les en*an] p> de lum9euses conceptions4 ,t\t autre e/ son ducation sci5tifique1 t\t diffr5ts les objets ord9aires de ses tudes4 ,buffon1 qui s'adresse p>fois de prfr5ce aux physici5s plutt qu'aux naturali/es1 a puis dans ses connaissances t5dues en ma?matiques et en physique1 en mme temps que l'art de gnralis] les obs]vations et de remont] aux causes1 une prcision et une prud5ce qu'on ne tr\ve pas t\j\rs au mme degr dans ,lam>ck4 ,lam>ck doit l'tude appr(ondie qu'il a faite des plantes et des animaux infrieurs une sret dans sa manire d'envisag] les rapports des tres vivants1 une ampleur dans sa conception de la vie que ,buffon n'a pas atte9tes4 ,l'tude de l'homme1 celle des animaux suprieurs prs5t5t1 en effet1 la vie s\s des app>5ces trop complexes et trop my/rieuses p\r que ceux qui s'y sont livrs exclusivem5t puiss5t press5tir une explication pro*a9e des phnomnes si v>is qu'ils obs]v5t4 ,la vie leur app>at avec un cortge d'organes et de fonctions1 propre leur dissimul] sa vritable nature2 t\te t5tative p\r en pntr] les secrets1 t\te spculation sur ses causes leur semble d'avance inutile et ess5tiellem5t tmraire4 ,aussi ,lam>ck a-t-il bi5 raison de dire3 ,ce qu'il y a de s+uli]1 c'e/ que les phnomnes les plus importants considr] n'ont t (f]ts nos mditations que depuis l'poque o l'on s'e/ atta* pr9cipalem5t l'tude des animaux les mo9s p>faits1 et o les re*]*es sur les diffr5tes complications de l'organisation de ces animaux sont dev5ues le pr9cipal fondem5t de leur tude4 ,il n'e/ pas mo9s s+uli] de reconnatre que ce fut presque t\j\rs de l'exam5 suivi des plus petits objets que n\s prs5te la nature1 et de celui des considrations qui p>aiss5t les plus m9utieuses1 qu'on a obt5u les connaissances les plus importantes p\r arriv] la dc\v]te de ses lois et p\r dt]m9] sa m>*e4 ,c'e/1 en effet1 la considration des conditions simples s\s lesquelles se manife/e la vie dans les organismes infrieurs qui conduit ,lam>ck p5s] que ces organismes ont t les premi]s =ms1 qu'ils ont t produits spontanm5t et que de leur p]fectionnem5t graduel sont rsultes t\tes les autres =mes vivantes4 ,des fluides subtils mis en m\vem5t p> la *aleur et la lumire du soleil ont pntr de petites p>ticules de matire mucilag9euse in]te qui se sont tr\ves aptes recevoir leur action1 les ont animes et ont a9si con/itu les premi]s tres vivants2 ces fluides n'ont nullem5t p]du la facult d'anim] la matire in]te2 de n\veaux organismes1 des infusoires1 se =m5t sans cesse p> ce procd et naiss5t a9si p> gnration spontane4 ,c'e/ depuis cette supposition de ,lam>ck qu'il s'e/ tabli une sorte de solid>it entre l'hypo?se d'une volution graduelle des tres vivants et celle des gnrations spontanes4 ,cette solid>it n'e/ nullem5t ncessaire4 ,de ce que1 un c]ta9 mom5t de l'volution de la t]re1 se sont tr\ves ralises des conditions propres p]mettre la =mation de sub/ances agites de ces m\vem5ts spciaux qui con/itu5t la vie1 capables de transmettre ces m\vem5ts plus ou mo9s modifis des sub/ances in]tes et de les trans=m] a9si en sub/ances vivantes1 il ne rsulte nullem5t que ces conditions dur5t encore1 et les re*]*es exprim5tales si t5dues de ,m4 ,pa/eur ont depuis longtemps montr que1 dans les conditions habituelles des milieux in]tes qui n\s ent\r5t1 il n'y avait jamais de gnrations spontanes4 ,quant l'orig9e des organismes primitifs1 ,lam>ck ne fait que dire1 dans le langage de son temps1 qu'il a fallu d\] la matire de m\vem5ts spciaux p\r les ralis]2 qu'ils se sont produits s\s des =mes trs simples1 que l'action p]si/ante des fluides subtils1 c'e/--dire des m\vem5ts molculaires auxquels ils devai5t leur orig9e1 a graduellem5t p]fectionnes4 ,dans ces organismes1 ,lam>ck suppose1 comme ,erasme ,d>w91 qu'ont alors app>u des /imulants n\veaux1 les beso9s1 qui se sont multiplis p\r *aque tre vivant mesure que son organisme se compliquait1 que ses rapports avec le monde extrieur se div]sifiai5t4 ,mais1 t&is que son mule anglais admet que l'irritation produite dans les organes p> les beso9s suffit dt]m9] la =mation d'organes n\veaux ou la modification d'organes dj exi/ants1 ,lam>ck introduit un int]mdiaire entre la production des beso9s et les modifications qu'ils dt]m95t4 ,suivant lui1 ces beso9s p]si/ants ont dt]m9 la rptition incessante de c]ta9s actes1 la production de c]ta9es habitudes qui sont dev5ues leur t\r des causes n\velles de modification4 ,en effet1 t\t organe dont un animal fait un frqu5t usage1 un usage habituel1 se dveloppe et se p]fectionne2 t\t organe dont l'animal cesse de se s]vir s'atrophie1 au contraire1 et disp>at4 ,a9si1 grce aux habitudes1 c]ta9s1 organes peuv5t disp>atre1 d'autres se p]fectionn]4 ,il e/ inconte/able1 p> exemple1 que les yeux des animaux vivant habituellem5t dans l'obscurit t5d5t disp>atre1 et l'obs]vation j\rnalire ne p]met pas de d\t] que la plup>t des organes se p]fectionn5t p> l'ex]cice4 ,mais ce procd de div]sification suppose que les organes dont il s'agit exi/5t dj2 comm5t des organes n\veaux peuv5t-ils se con/itu] de t\tes pices8 ,ici1 ,lam>ck dpasse la h>diesse p]mise l'hypo?se1 lorsqu'il suppose que le seul fait du beso9 d'un organe peut en dt]m9] l'app>ition *ez un animal2 l'on admettra difficilem5t p\r expliqu]1 p> exemple1 comm5t les rum9ants ont acquis des cornes1 que dans leurs accs de colre1 qui sont frqu5ts1 surt\t *ez les mles1 leur s5tim5t intrieur1 p> ces ef=ts1 dirige plus =tem5t les fluides v]s cette p>tie de leur tte2 o il se fait une scrtion de matire corne dans les uns et de matire osseuse mlange de matire corne dans les autres1 qui donne lieu des protubrances solides4 ,ce n'e/ pas seulem5t au cas p>ticuli] des rum9ants que ,lam>ck applique sa doctr9e de l'ef=t intrieur dirigeant v]s telle ou telle p>tie du corps les fluides qui doiv5t y port] un surcrot d'activit4 ,lorsque la volont dt]m9e un animal une action quelconque1 les organes qui doiv5t excut] cette action y sont aussitt provoqus p> l'afflu5ce des fluides subtils qui y devi5n5t la cause dt]m9ante des m\vem5ts qu'exige l'action dont il s'agit4442 il en rsulte que des rptitions multiplies de ces actes d'organisation =tifi5t1 t5d5t1 dvelopp5t et mme crent les organes qui y sont ncessaires4 ,cela revi5t dire qu'un animal arrive =cm5t possd] un organe qui lui e/ ncessaire ou simplem5t utile1 dans les conditions biologiques o il e/ plac4 ,on a durem5t repro* ,lam>ck cette affirmation1 vritablem5t un peu tmraire et qu'on a quelquefois malicieusem5t remplace p> cette autre3 ,un animal f9it t\j\rs p> possd] un organe qu& il le veut4 ,telle n'e/ pas la p5se de ,lam>ck1 qui attribue simplem5t les trans=mations des espces l'action /imulante des conditions extrieures se traduisant s\s la =me de beso9s et explique p> l t\t ce que n\s appelons auj\rd'hui des adaptations4 ,a9si le long c\ de la girafe rsulte de ce que l'animal habite un pays o les feuilles sont portes au sommet de troncs levs2 les longues pattes des *assi]s provi5n5t de ce que ces oiseaux ont beso9 de *]*] sans se m\ill] leur n\rriture dans l'eau1 etc4 ,ces int]prtations n'enlv5t ri5 de leur valeur ces deux lois nonces p> ,lam>ck3 #a ,dans t\t animal qui n'a po9t dpass le t]me de ses dveloppem5ts1 l'emploi plus frqu5t et plus s\t5u d'un organe quelconque =tifie peu peu cet organe1 le dveloppe1 l'agr&it et lui donne une puissance proportionne la dure de cet emploi2 t&is que le dfaut con/ant d'usage de tel organe l'affaiblit ins5siblem5t1 le dtriore1 dim9ue progressivem5t ses facults et f9it p> le faire disp>atre4 #b ,t\t ce que la nature a fait acqurir ou p]dre aux individus p> l'influ5ce des circon/ances o leur race se tr\ve depuis longtemps expose et1 p> consqu5t1 p> l'influ5ce de l'emploi prdom9ant de tel organe ou p> celle d'un dfaut con/ant d'usage de telle p>tie1 elle le cons]ve p> la gnration aux n\veaux individus qui en provi5n5t1 p\rvu que les *angem5ts acquis soi5t communs aux deux sexes ou ceux qui ont produit ces n\veaux individus4 99 99 99 99 99 ,de nombreux exemples peuv5t tre aj\ts auj\rd'hui ceux que ,lam>ck avait runis p\r appuy] la premire de ces lois2 le seul po9t qui puisse1 en ce qui la conc]ne1 prt] la discussion1 c'e/ l't5due des *angem5ts qu'un organe peut subir1 en raison de l'usage qu'en fait l'animal qui le possde4 ,c'e/ l une simple "q de mesure4 ,la possibilit de la cration d'un organe p> suite des excitations extrieures e/ elle-mme un po9t qui mrit]ait d'tre tudi1 qu'on n'a pas le droit de rejet] sans exam51 sans obs]vations1 sans expri5ces1 et de trait] comme une ridicule rv]ie2 ,lam>ck l'aurait sans d\te plus facilem5t fait accept] s'il n'avait pas cru utile de pass] p> l'int]mdiaire des beso9s4 ,il e/ inconte/able que p> dfaut d'excitation1 les organes s'atrophi5t et disp>aiss5t3 n\s l'avons dj dit1 les animaux des cav]nes obscures et des gr&es pr(ondeurs de la m] sont frquemm5t aveugles2 le prote des lacs s\t]ra9s de la ,c>ol9e e/ blanc2 s\s l'action de la lumire1 ses tgum5ts se pigm5t5t1 il devi5t brun2 la lumire e/ inconte/ablem5t ncessaire l'app>ition de la *lorophylle dans les plantes4 ,dans les deux cas1 quel que soit le mcanisme intime p> lequel sont produits le pigm5t et la *lorophylle1 ils n'app>aiss5t que s\s l'influ5ce d'une excitation extrieure4 ,l'ide que ,lam>ck se fait de la vie se lie d'ailleurs trs intimem5t son hypo?se sur le mode de =mation et de dveloppem5t des organes1 et cette hypo?se1 considre ce po9t de vue1 p]d t\t ce qu'elle peut avoir d'app>5ce draisonnable4 ,elle comm&e le respect1 comme l'ef=t infructueux d'un gr& esprit *]*ant dev9]1 en s'appuyant sur t\tes les connaissances acquises de son temps1 la solution d'un problme que1 malgr t\s les progrs accomplis1 n\s n'avons encore pu =c] la nature n\s livr]4 ,deux fluides1 selon ,lam>ck1 pntr5t les molcules aptes vivre3 la *aleur et l'lectricit4 ,la *aleur di/5d les molcules vivantes1 les loigne les unes des autres1 sans dtruire leur cohsion1 et ma9ti5t a9si les tissus vivants dans un tat spcial de t5sion que ,lam>ck dsigne s\s le nom d'orgasme4 ,cet orgasme e/ un tat de lutte entre la cohsion des molcules vivantes et la *aleur2 de cet tat nat l'irritabilit des tissus4 ,vi5ne1 en effet1 se manife/] sur un po9t l'influ5ce de l'lectricit1 sans cesse en m\vem5t1 et que les influ5ces extrieures peuv5t attir] sur ce po9t ou que la volont peut y dirig]1 l'quilibre entre la cohsion et la *aleur e/ dtruit1 l'orgasme cesse2 le tissu qui n'e/ plus en tat de t5sion se contracte sur le po9t o la *aleur a faibli1 p\r repr5dre l'in/ant d'aprs son tat primitif4 ,le tissu ragit a9si contre les excitations extrieures4 ,un muscle non contract manife/e son tat d'orgasme p> ce qu'on a appel le ton musculaire4 ,dans les muscles1 les n]fs1 in/rum5ts de la volont1 apport5t-ils l'lectricit qui fait cess] l'orgasme1 le muscle se contracte p\r repr5dre bi5tt son volume4 ,sans d\te1 n\s expliqu]ions autrem5t auj\rd'hui t\s les phnomnes que ,lam>ck attribue l'orgasme2 mais sommes-n\s beauc\p plus avancs sur les causes mmes de la vie8 ,qu& n\s disons qu'on doit la considr] comme une sorte de m\vem5t des p>ticules protoplasmiques1 m\vem5t que n\s ne sommes pas en tat de df9ir1 exprimons-n\s une ide ess5tiellem5t diffr5te de celle de ,lam>ck1 puisque la *aleur n'e/1 en df9itive1 qu'une sorte de m\vem5t8 ,avons-n\s t plus heureux dans la dt]m9ation des causes des modifications des organismes8 ,si p]sonne n'admet plus que les beso9s et les dsirs qu'ils provoqu5t soi5t suffisants1 eux seuls1 p\r am5] l'app>ition d'organes n\veaux ou de modifications plus ou mo9s importantes dans les organes dj exi/ants1 on ne conte/e gure les effets de l'usage et du non-usage des organes2 on ne rvoque plus en d\te l'action directe des milieux2 on croit des modifications corrlatives des organes telles que1 lorsqu'un organe se trans=me1 plusieurs autres subiss5t le contre-c\p de ses modifications1 soit qu'ils se dvelopp5t avec lui1 soit qu'ils se rduis5t au contraire en raison de son dveloppem5t2 beauc\p de faits conduis5t p5s] que la rapidit croissante avec laquelle s'effectue le dveloppem5t mesure que les organismes se compliqu5t et que leurs p>ties se solid>is5t peut int]v5ir dans les *angem5ts que les p>ties du corps prs5t5t dans leurs rapports4 ,on admet aussi une c]ta9e spontanx dans la v>iation des organismes2 on fait enf9 quelquefois int]v5ir les croisem5ts1 mais les c>actres qui rsult5t des unions croises ne vi5n5t que de la transmission p> hrdit des c>actres produits p> les div]ses causes que n\s v5ons d'numr]4 ,d'ailleurs jusqu'ici aucune tude sy/matique de l'influ5ce propre ces div]ses causes modificatrices n'a pu tre faite1 et ,d>w9 lui-mme se borne con/at] que les espces v>i5t sans se dem&] p\rquoi2 la ?orie de la slection naturelle peut admettre1 en effet1 dans une premire approximation1 ce simple fait1 comme un po9t de d"p1 dont on p\rra r5voy] l'exam5 plus t>d4 99 99 99 99 99 ,la seconde loi de ,lam>ck1 la loi de l'hrdit des c>actres1 e/ demeure la clef de vote de l'difice de ,d>w94 ,seulem5t ,d>w91 en dmontrant que la lutte p\r la vie a ncessairem5t p\r consqu5ce d'lim9] les =mes /ationnaires et celles qui ne prs5t5t que des v>iations inutiles1 p\r ne laiss] subsi/] que celles qui sont avantageuses un titre quelconque1 a pu expliqu] comm5t il se fait qu'il n'exi/e pas une cont9uit absolue entre t\tes les =mes simultanm5t vivantes1 comm5t un gr& nombre ont disp>u1 et comm5t celles qui re/5t1 qu'elles ai5t en app>5ce dgnr ou qu'elles se soi5t p]fectionnes1 sont tellem5t adaptes aux conditions d'exi/5ce dans lesquelles elles viv5t1 qu'on a pu les croire cres spcialem5t en vue de ces circon/ances et appuy] la ?orie des causes f9ales sur l'h>monie m]veilleuse qu'elles prs5t5t avec le milieu ambiant4 ,comme ,buffon1 ,lam>ck e/ absolum5t oppos la doctr9e ari/otlique de la f9alit2 lo9 de considr] les espces vivantes comme cres p\r un g5re de vie dt]m91 il affirme qu'elles sont cres p> le g5re de vie que leur ont impos les circon/ances dans lesquelles elles se sont tr\ves places2 les adaptations sont p\r lui la preuve de l'action directe des milieux2 sa ?orie du trans=misme1 au lieu de les expliqu]1 comme le fait celle de ,d>w91 les pr5d p\r po9t de d"p2 il y a l entre les m?odes des deux gr&s naturali/es une opposition qui mrite d'tre signale4 ,les espces1 tant l'uvre des conditions d'exi/5ce dans lesquelles elles viv5t1 doiv5t demeur] immuables1 tant que ces conditions demeur5t les mmes4 ,lam>ck rpond p> l victorieusem5t une objection que l'on a cru un mom5t devoir r5v]s] t\t son sy/me et qu'on a plusieurs fois reproduite contre ,d>w94 ,durant l'expdition d'gypte1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire avait recueilli dans les ncropoles un gr& nombre de momies d'animaux qu'il tudia son ret\r de conc]t avec ,cuvi]4 ,ces animaux1 qui tai5t morts depuis plusieurs milli]s d'annes1 fur5t tr\vs id5tiques aux animaux actuels de l'gypte4 ,cuvi] crut voir l une preuve de l'immuabilit des espces4 ,on ignorait cette poque quelle avait pu tre la dure des priodes gologiques2 p\r qui admettait1 au lieu de ce sicle de millions d'annes que la gologie assigne auj\rd'hui notre monde1 une cration remontant pe9e six mille ans1 les momies des hypoges de l'gypte p\vai5t p>atre des reprs5tants des premi]s ges du monde4 ,on sait au contraire auj\rd'hui que leur anci5net n'e/ qu'une illusion1 que ri51 pas mme l'homme1 n'a *ang aut\r d'elles1 et que l'espace de temps qui n\s sp>e de l'poque o elles ont vcu a la dure d'un clair p> rapport celui qu'emploie habituellem5t la nature p\r con/itu] un ge n\veau4 ,d'ailleurs1 comme on l'a dit =t ju/em5t1 la p]si/ance mme des =mes des momies pr\ve plus qu'il ne faudrait2 c> ce ne sont pas seulem5t les espces contempora9es des anci5s qui ont t cons]ves1 mais aussi les races de leurs animaux dome/iques1 races dont la v>iabilit n'e/ cep5dant pas d\teuse4 ,famili>is avec l'tude des mollusques fossiles1 qui sont extrmem5t nombreux et dont on peut suivre les v>iations successives beauc\p plus facilem5t que celles des mammifres1 ,lam>ck1 qui ap]oit de nombreuses sries de =mes de transition entre les espces que l'on considre comme disp>ues et les espces actuelles1 n'admet pas que les espces s'teign5t2 il suppose qu'elles se trans=m5t t\tes4 ,s'il y a1 dit-il#bg1 des espces rellem5t p]dues1 ce ne peut tre sans d\te que p>mi les gr&s animaux qui viv5t sur les p>ties s*es du globe1 o l'homme1 p> l'empire absolu qu'il y ex]ce1 a pu p>v5ir dtruire t\s les individus de quelques-unes qu'il n'a pas v\lu cons]v] ni rduire la dome/icit4 ,de l nat la possibilit que les animaux des g5res ,palo!rium1 ,anoplo!rium1 ,megalonyx1 ,ma/odon de ,m4 ,cuvi] et quelques autres espces de g5res dj connus1 ne soi5t plus exi/ant dans la nature2 nanmo9s il n'y a l qu'une possibilit4 ,mais les animaux qui viv5t dans le se9 des eaux1 surt\t des eaux m>9es1 et1 en outre1 t\tes les races de petite taille qui habit5t la surface de la t]re et qui respir5t l'air1 sont l'abri de la de/ruction de leur espce de la "p de l'homme2 leur multiplication e/ si gr&e et les moy5s de se s\/raire ses p\rsuites et ses piges sont tels qu'il n'y a aucune app>5ce qu'il puisse dtruire l'espce entire d'aucun de ces animaux4 ,pntr1 comme ,buffon1 de l'importance du rle de l'homme dans la nature1 ,lam>ck ne voit pas d'autre cause de de/ruction des espces que l'homme lui-mme4 ,il n'ap]oit pas que la gu]re dcl>e p> notre espce aux animaux n'e/ qu'un cas p>ticuli] de la gr&e lutte qu'ils se livr5t entre eux et dont les premires consqu5ces ne lui ont cep5dant pas *app1 c> il crit#bh3 ,p> suite de la multiplication des petites espces1 et surt\t des animaux les plus imp>faits1 la multiplicit des individus p\vait nuire la cons]vation des races1 celle des progrs acquis dans le p]fectionnem5t de l'organisation1 en un mot l'ordre gnral1 si la nature n'et pris des prcautions p\r re/re9dre cette multiplication dans des limites qu'elle ne peut jamais fran*ir4 ,les animaux se mang5t les uns les autres1 sauf ceux qui viv5t de vgtaux2 mais ceux-ci sont exposs tre dvors p> les animaux c>nassi]s4 ,on sait que ce sont les plus =ts et les mieux arms qui mang5t les plus faibles1 et que les gr&es espces dvor5t les plus petites4 ,ici1 n\s sommes bi5 prs1 semble-t-il1 non seulem5t de la lutte p\r la vie telle que la concevra ,d>w91 mais mme de la slection naturelle4 ,malheureusem5t1 au lieu de p\rsuivre l'ide1 ,lam>ck aussitt s'engage dans une autre voie2 il n'a pas vu les consqu5ces de l'ard5te concurr5ce qui s'tablit entre les animaux de mme espce ds que les vivres ne sont plus que ju/e suffisants2 bi5 au contraire1 il croit que les individus d'une mme race se mang5t r>em5t entre eux et font la gu]re d'autres races4 ,puis il revi5t sans le v\loir aux causes f9ales lorsqu'il dveloppe les prcautions prises p> la nature p\r emp*] les grosses espces de se multipli] au po9t de dev5ir un dang] p\r l'exi/5ce des petites4 ,d>w9 a pris ici exactem5t le contrepi$ de ,lam>ck2 mais on ne peut blm] ce d]ni] de n'avoir pas *]* rs\dre un problme qui n'tait mme pas pos de son temps1 celui de l'ext9ction graduelle et du r5\vellem5t1 en dehors de l'influ5ce de l'homme1 de la plup>t des espces animales et vgtales4 99 99 99 99 99 ,p>tisan de la fixit des espces1 ,cuvi] n'hsitait pas affirm] que de nombreux animaux avai5t disp>u depuis un temps plus ou mo9s long1 et il attribuait volonti]s1 n\s le v]rons bi5tt1 leur disp>ition d'imm5ses cata/rophes1 des cataclysmes gnraux1 b\lev]sant la surface entire du globe4 ,lam>ck1 frapp au contraire des trans=mations graduelles que sembl5t avoir pr\ves les mollusques1 conte/e la ralit de ces rvolutions du globe1 dont sir ,*>les ,lyell et ses disciples dmontr]ont plus t>d l'inanit4 ,p\rquoi1 dit-il =t bi5#bi1 suppos] sans preuve une cata/rophe univ]selle1 lorsque la m>*e de la nature1 mieux connue1 suffit p\r r5dre raison de t\s les faits que n\s obs]vons dans t\tes ses p>ties8 ,si l'on considre1 d'une "p1 que dans t\t ce que la nature opre elle ne fait ri5 brusquem5t1 et que p>t\t elle agit avec l5teur et p> degrs successifs1 et d'autre "p que les causes p>ticulires ou locales des dsordres1 des b\lev]sem5ts1 des dplacem5ts peuv5t r5dre raison de t\t ce que l'on obs]ve la surface du globe1 on reconnatra qu'il n'e/ nullem5t ncessaire de suppos] qu'une cata/rophe univ]selle e/ v5ue t\t culbut] et dtruire une gr&e p>tie des oprations mmes de la nature4 ,c'e/ la doctr9e des causes actuelles s\t5ue et dveloppe l'aurore mme de la gologie2 c'e/ l'indication du programme qu'a si bi5 rempli depuis t\te une gr&e cole de gologues4 ,appliquant aux classifications la ?orie de la desc5dance1 ,lam>ck semblait devoir tre ram5 v]s l'*elle des tres de ,bonnet2 mais il s'ap]oit bi5 vite qu'on ne saurait dispos] les animaux en une srie l9aire unique4 ,il les divise1 en effet1 en deux lignes dont les progniteurs sont dus la gnration spontane2 mais les uns se sont =ms librem5t2 les autres1 plus levs1 ont pris naissance dans des corps dj vivants1 dont les humeurs se sont organises2 ils ont vcu d'abord en p>asites1 con/ituant a9si la classe des helm9!s4 ,la premire srie n'a prs5t qu'une volution trs borne3 la seconde a ab\ti aux v]tbrs4 ,lam>ck e/ le premi] qui1 au lieu de plac] ces d]ni]s en tte du rgne animal1 procde1 au contraire1 du simple au compos1 et s'lve graduellem5t des infusoires ou des helm9!s les plus simples jusqu'aux =mes les plus p>faites s\s lesquelles se manife/e la vie4 ,l'ordre de la nature1 dit-il1 c'e/ l'ordre mme dans lequel les corps ont t =ms depuis l'orig9e1 et1 comme ces corps p>aiss5t t\s procd] les uns des autres1 il e/ vid5t qu'ils doiv5t =m] des sries in9t]rompues1 dans lesquelles il n'e/ possible de trac] aucune ligne de dm>cation sp>ant les uns des autres des gr\pes plus ou mo9s comprh5sifs3 ,la nature n'a rellem5t =m ni classes1 ni ordres1 ni familles1 ni g5res1 ni espces con/antes1 mais seulem5t des individus qui se succd5t les uns aux autres et qui ressembl5t ceux qui les ont produits4 ,ceux de ces individus qui se ressembl5t le plus et qui se cons]v5t dans le mme tat1 de gnration en gnration1 depuis qu'on les connat1 con/itu5t des espces4 ,mais les individus con/ituant les espces ne prs5t5t de c>actres con/ants que si les circon/ances dans lesquelles ils sont placs demeur5t inv>iables2 ds que ces circon/ances v>i5t1 les individus *ang5t3 de l les int]mdiaires1 p\r a9si dire en nombre indf9i1 qui reli5t entre elles les =mes animales les plus disp>ates au premi] abord4 ,il n'y a donc pas d'espce inv>iable4 la vrit1 ,lam>ck exagre le nombre des =mes de passages qui1 dans la nature actuelle1 exi/5t entre les espces#cj2 il exagre aussi la facilit avec laquelle les espces peuv5t se crois]2 l'in/abilit de l'espce lui app>at trop gr&e2 mais cela ti5t ce qu'il n'e/ pas encore en possession du gr& fait de la disp>ition des espces et que1 ds lors1 il lui p>at impossible qu'il puisse y avoir de lacune dans la nature4 ,t\tefois ,lam>ck e/ lo9 d'admettre que la gradation soit absolue1 comme on l'a quelquefois suppos2 il voit un hiatus pr(ond entre les corps bruts et les corps organiss#ca1 et il suppose un semblable hiatus entre les animaux et les plantes1 les animaux possdant une facult1 l'irritabilit1 qui manque entirem5t t\s les vgtaux4 leur t\r1 au po9t de vue de leur complication organique1 et si l'on ne ti5t compte que des classes1 les animaux et les plantes =m5t respectivem5t dans *aque rgne une srie unique1 une vritable *elle1 dont les degrs sont c>actriss p> le dveloppem5t de sy/mes d'organes de plus en plus compliqus4 ,cette *elle reprs5te l'ordre qui app>ti5t la nature et qui rsulte1 a9si que les objets que cet ordre fait exi/]1 des moy5s qu'elle a reu de l',auteur suprme de t\te *ose4 ,elle n'e/ elle-mme que l'ordre gnral et immuable que ce sublime ,auteur a cr dans t\t1 et que l'ensemble des lois gnrales et p>ticulires auxquelles cet ordre e/ assujetti4 ,p> ces moy5s1 dont elle cont9ue sans altration l'usage1 elle a donn et donne p]ptuellem5t l'exi/5ce ses productions2 elle les v>ie et les r5\velle sans cesse et cons]ve a9si p>t\t l'ordre enti] qui en e/ l'effet#cb4 ,les =mes div]ses des animaux et des plantes rsult5t1 en df9itive1 p\r ,lam>ck1 de deux causes3 #a ,un c]ta9 ordre naturel1 directem5t in/itu p> le ,crateur1 et qui se manife/e dans la srie unique et graduellem5t nuance1 dans l'*elle que =m5t respectivem5t les animaux et les plantes2 #b ,l'influ5ce des conditions extrieures qui1 sans altr] cet ordre dans ce qu'il a d'ess5tiel1 agit p\r v>i] l'inf9i les productions naturelles et p\r crer aut\r de l'*elle unique qui reprs5te *aque rgne une inf9it de petites sries rameuses1 dont quelques bran*es peuv5t mme p>atre compltem5t isoles4 ,ceci e/ important3 on reprs5te s\v5t ,lam>ck comme ayant exclusivem5t attribu aux =ces naturelles l'volution de l'univ]s2 ,hckel1 dans son ,hi/oire de la cration naturelle#cc reproduit cette op9ion4 ,telle n'tait cep5dant pas la p5se de l'illu/re auteur de la ,philosophie zoologique4 ,sans d\te la matire et ses fluides subtils1 que n\s nommons auj\rd'hui les =ces physico-*imiques1 ont suffi1 selon ,lam>ck1 =m] les plus simples des tres vivants2 sans d\te l'influ5ce des circon/ances extrieures a j\ un rle prpondrant dans la production des =mes organiques2 mais ces =mes nanmo9s se sont compliques suivant un plan assign d'avance p> le sublime ,auteur de t\tes *oses1 et que traduit la gradation successive des organismes4 ,il semble que ,lam>ck greffe en quelque sorte sa ?orie des actions de milieu sur l'ide de l'*elle des tres de ,bonnet1 dont il n'arrive pas se dgag] compltem5t1 p>ce qu'elle lui p>at sans d\te con=me sa conception p>ticulire de la maje/ du ,crateur4 ,ce sont1 en df9itive1 les causes f9ales qui revi5n5t dans l'esprit de ,lam>ck1 malgr lui1 et qui lui font dire ailleurs#cd3 ,a9si1 p> ces sages prcautions1 t\t se cons]ve dans l'ordre tabli2 les *angem5ts et les r5\vellem5ts p]ptuels qui s'obs]v5t dans cet ordre sont ma9t5us dans des bornes qu'ils ne saurai5t dpass]2 les races des corps vivants subsi/5t t\tes1 malgr leurs v>iations2 les progrs acquis dans le p]fectionnem5t de l'organisation ne se p]d5t po9t2 t\t ce qui p>at dsordre1 anomalie r5tre sans cesse dans l'ordre gnral et mme y conc\rt2 et p>t\t1 et t\j\rs1 la volont du suprme ,auteur de la nature et de t\t ce qui exi/e e/ inv>iablem5t excute4 ,on ne saurait mieux expos] la ?orie des causes f9ales1 c> si ,dieu a t\t fait1 t\t coordonn1 t\t ag5c1 de manire que sa volont soit p>t\t et t\j\rs excute1 c'e/ qu'il a t\t prvu1 que p> t\s les moy5s dont il a dot la nature celle-ci c\rt inconsciemm5t1 comme le veul5t les f9ali/es1 v]s un b dt]m93 l'accomplissem5t de la volont cratrice4 ,cep5dant1 p> une tonnante contradiction1 ,lam>ck1 f9ali/e dans l'ensemble1 se montre1 dans le dtail1 adv]saire rsolu des causes f9ales4 ,les ouvrages des naturali/es et des philosophes sont remplis de l'tonnem5t que leur cause le m]veilleux outillage dont les animaux sont p\rvus1 la m]veilleuse appropriation de *acun de leurs outils aux fonctions qu'il remplit2 c'e/ p\r la plup>t d'entre eux une preuve indiscutable de l'intellig5ce1 de la sagesse qui ont prsid la cration4 ,le fait e/1 dit ,lam>ck#ce1 que les div]s animaux ont1 *acun suivant leur g5re et leur espce1 des habitudes p>ticulires et t\j\rs une organisation qui se tr\ve p>faitem5t en rapport avec ces habitudes4 ,de la considration de ce fait1 il semble qu'on soit libre d'admettre1 soit l'une1 soit l'autre des deux conclusions suivantes1 et qu'aucune d'elles ne puisse tre pr\ve4 ,conclusion admise jusqu' ce j\r3 ,la nature 7ou son ,auteur71 en crant les animaux1 a prvu t\tes les sortes possibles de circon/ances dans lesquelles ils aurai5t vivre et a donn *aque espce une organisation con/ante1 a9si qu'une =me dt]m9e et inv>iable dans ses p>ties qui =ce *aque espce vivre dans les lieux et les climats o on la tr\ve et y cons]v] les habitudes qu'on lui connat4 ,ma conclusion p>ticulire3 ,la nature1 en produisant successivem5t t\tes les espces d'animaux1 en comm5ant p> les plus imp>faits et les plus simples1 p\r t]m9] son ouvrage p> les plus p>faits1 a compliqu graduellem5t leur organisation2 et1 ces animaux se rp&ant gnralem5t dans t\tes les rgions habitables du globe1 *aque espce a reu de l'influ5ce des circon/ances dans lesquelles elle s'e/ r5contre les habitudes que n\s lui connaissons et les modifications dans ses p>ties que l'obs]vation n\s montre en elle4 ,entre ces deux conclusions1 ,lam>ck n'hsite pas4 ,la premire suppose que les espces sont fixes et ont t de t\t temps aussi troitem5t adaptes que n\s le voyons aux conditions dans lesquelles elles ont vcu2 mais cette fixit des espces suppose1 son t\r1 la fixit des conditions d'exi/5ce dans lesquelles elles sont places4 ,or ce d]ni] fait e/ absolum5t contraire t\t ce que l'obs]vation n\s dmontre2 il y a plus3 n\s avons volontairem5t *ang les conditions d'exi/5ce d'un c]ta9 nombre d'animaux1 ce sont les animaux dome/iques2 or ces animaux se sont eux-mmes modifis avec les conditions qui leur ont t imposes4 ,aucun d'eux ne ressemble plus aux animaux de la s\*e sauvage dont il desc5d1 et n\s p\vons encore les modifi] notre gr4 ,l'argum5t e/ irrsi/ible2 quelque ef=t que l'on ait fait depuis p\r en dim9u] la porte1 il se dresse t\j\rs aussi solide contre t\s les raisonnem5ts qui v\drai5t tablir la fixit des espces4 ,ces argum5ts se rduis5t d'ailleurs ceci3 les modifications imposes aux animaux dome/iques n'ont pas dpass c]ta9es limites4 quoi l'on peut rpondre que p]sonne n'a jusqu'ici essay de modifi] compltem5t les conditions primitives2 l'homme s'e/ t\j\rs born tir] p>ti de l'uvre de la nature1 pr(it] des rsultats obt5us p> elle1 s'avanc] plus lo9 dans la voie o elle s'tait engage1 et dans la mesure que lui indiquait la satisfaction de ses beso9s2 il ne s'e/ pas propos de trans=m] les animaux1 de leur impos] des *angem5ts pr(onds2 il a v\lu cons]v] et p]fectionn] son pr(it1 plutt que crer2 et1 se ft-il propos ce d]ni] b1 il y a encore un facteur dont il lui aurait fallu t5ir compte3 le temps4 ,aux six mille annes dont il a pu dispos]1 depuis qu'il e/ civilis la nature oppose l'uvre de c5t millions d'annes3 c'e/ cette uvre que l'homme s'tonne mode/em5t de n'avoir pas encore b\lev]se6 ,lam>ck accepte donc ple9em5t l'op9ion que les espces anci5nes se sont graduellem5t modifies p\r produire les espces actuelles4 ,les infusoires1 ns directem5t p> gnration spontane1 ont produit1 en se p]fectionnant1 les radiaires2 les v]s qui se sont =ms dans des corps dj organiss ont eu une volution plus rapide et sont monts plus haut4 ,ils se sont diviss en deux bran*es1 dont l'une a f\rni les insectes1 ensuite les ara*nides1 puis les cru/acs2 l'autre a donn successivem5t1 et dans l'ordre o leurs noms sont noncs1 les annlides1 les cirrhipdes1 les mollusques1 les poissons et les reptiles4 ,l1 n\velle bifurcation3 les reptiles eng5dr5t d'une "p les oiseaux1 d'o naiss5t ensuite les mammifres monotrmes2 d'autres reptiles produis5t les mammifres amphibies1 et ces d]ni]s =m5t une s\*e d'o se dta*5t d'abord les ctacs1 puis les mammifres ord9aires1 qui se divis5t enf9 en onguiculs et onguls4 ,voici d'ailleurs ce tableau gnalogique du rgne animal1 le premi] qui ait t dress sur des donnes sci5tifiques3 ,,tableau ,s]vant montr] l'orig9e des diffr5ts animaux4 ,v]s ,infusoires ,polypes ,radiaires -------------------------------- ,annlides ,insectes ,cirrhipdes ,ara*nides ,mollusques ,cru/acs ,poissons ,reptiles --------------------------------------- ,oiseaux ,mammifres amphibies -------------------------------- ,monotrmes ,m4 ,onguiculs ,m4 ,onguls ,m4 ,ctacs ,beauc\p des docum5ts qui p\rrai5t s]vir auj\rd'hui tablir un arbre semblable manquai5t ,lam>ck4 ,il n'y a donc pas lieu de s'tonn] qu'il ait r5v]s l'ordre dans lequel s'e/ probablem5t faite l'volution des animaux articuls2 qu'il ait tort int]cal les cirrhipdes1 qui sont des cru/acs1 entre les annlides et les mollusques2 qu'il ait fait desc5dre les monotrmes des oiseaux1 au lieu de les runir aux autres mammifres2 qu'enf9 il ait *]* tir] les mammifres ord9aires des amphibies1 au lieu de faire desc5dre ces animaux des premi]s1 comme on le f]ait auj\rd'hui4 ,ce sont l des r5v]sem5ts qui sont 9vitables tant que les connaissances sont incompltes1 qui se sont produits plusieurs fois depuis1 mais que les progrs de la sci5ce r5d5t *aque j\r plus r>es4 ,l'ess5tiel tait d'avoir reconnu entre les diffr5ts types organiques une p>5t qui a presque t\j\rs t confirme depuis4 ,on rem>qu]a que l'homme n'e/ pas compris dans ce tableau4 ,la p5se de ,lam>ck1 l'g>d de l'orig9e de l'homme1 a t prs5te de faons div]ses2 il e/ intressant de cit] ses propres p>oles3 ,si l'homme n'tait di/+u des animaux que relativem5t son organisation1 il s]ait ais de montr] que les c>actres d'organisation dont on se s]t p\r en =m]1 avec ses v>its1 une famille "p1 sont t\s le produit d'anci5s *angem5ts dans ses actions1 et des habitudes qu'il a prises et qui sont dev5ues p>ticulires aux individus de son espce#cf4 ,effectivem5t1 ,lam>ck montre comm5t une race p]fectionne de quadrumanes1 cessant de grimp]1 a pu dev5ir bimane2 comm5t elle a acquis l'attitude v]ticale1 p> suite de la ncessit d'explor] au lo9 le pays p\r assur] sa scurit2 comm5t elle s'e/ associe ses semblables p\r dom9] le monde et p>qu] dans les =ts les espces rivales2 comm5t1 des beso9s n\veaux crs p> cette association1 a d natre le langage4 ,a9si1 aj\te-t-il1 cet g>d1 les beso9s seuls ont t\t fait2 ils auront fait natre les ef=ts2 et les organes propres aux articulations des sons se s]ont dvelopps p> leur emploi habituel4 ,telles s]ai5t les rflexions que l'on p\rrait faire si l'homme1 considr ici comme la race prm95te en "q1 n'tait di/+u des animaux que p> les c>actres de son organisation et si son orig9e n'tait pas diffr5te de la leur#cg4 ,cette op9ion peut se rsum] a9si3 naturali/e1 ,lam>ck n'hsite pas considr] l'homme comme un s+e modifi2 philosophe et psy*ologue1 il voit entre l'homme et les animaux un abme1 et l'homme lui app>at ds lors comme une manation directe du ,crateur4 ,cette concession s]ait encore auj\rd'hui suffisante p\r ralli] au trans=misme bi5 des esprits que dom95t de respectables croyances4 ,mais quel intrt p\rrait avoir la doctr9e de la desc5dance si elle s'arrtait prcism5t au po9t qu'il n\s importe le plus d'lucid]1 si1 aprs avoir prt5du n\s rvl] l'orig9e de t\s les animaux1 elle n\s laissait compltem5t ignorants du pass de notre espce8 ,et cep5dant1 mme au po9t de vue psy*ologique1 la b>rire que ,lam>ck tablit entre l'homme et les animaux e/ bi5 faible4 ,dans la doctr9e de l'illu/re naturali/e1 les milieux extrieurs1 on s'en s\vi5t1 n'agiss5t pas directem5t sur les organismes2 ils ne les modifi5t qu'en excitant *ez eux des beso9s1 puis des habitudes provoquant l'usage ou le dfaut d'usage des organes1 et dt]m95t a9si leur accroissem5t ou leur atrophie4 ,les beso9s sont intimem5t lis aux s5sations1 celles-ci aux facults intellectuelles2 aussi ,lam>ck atta*e-t-il une gr&e importance au dveloppem5t plus ou mo9s gr& de ces facults *ez les animaux1 qu'il divise dans sa classification df9itive#ch en animaux apa?iques1 animaux s5sibles et animaux intellig5ts4 ,le simple nonc de cette classification sufft montr] que ,lam>ck admet un dveloppem5t graduel des facults intellectuelles4 ,il s'ef=ce du re/e de dmontr] que t\s les actes de l'ent5dem5t exig5t un sy/me d'organes p>ticuli]s p\r p\voir s'excut]1 et1 comme ces organes sont les mmes *ez l'homme et les animaux suprieurs1 qu'il n'y a entre eux qu'une diffr5ce de degr1 il s'ensuit ncessairem5t que1 si les animaux les plus levs sont issus des plus simples1 l'homme doit son t\r tre issu des =mes suprieures du rgne animal4 ,aprs avoir dvelopp t\tes ses ides sur la nature de l'ent5dem5t1 qu'il reg>de simplem5t comme un ensemble de phnomnes mcaniques1 ,lam>ck ne revi5t cep5dant pas sur le problme de la place de l'homme dans la nature4 ,on se dem&e s'il n'a pas cra9t p> une d]nire et suprme h>diesse de compromettre le succs d'une uvre qui lui avait cot une incroyable dp5se de gnie et qu'il savait tre de beauc\p en avance sur son poque4 ,aussi t]m9e-t-il son livre p> cette mlancolique rflexion1 qui n'a malheureusem5t pas cess d'tre vraie3 ,les hommes qui s'ef=c5t p> leurs travaux de recul] les limites des connaissances huma9es sav5t assez qu'il ne leur suffit pas de dc\vrir et de montr] une vrit utile qu'on ignorait1 et qu'il faut encore p\voir la rp&re et la faire reconnatre2 or la raison individuelle et la raison publique1 qui se tr\v5t dans le cas d'en pr\v] quelque *angem5t1 y mett5t en gnral un ob/acle tel qu'il e/ s\v5t plus difficile de faire reconnatre une vrit que de la dc\vrir4 ,je laisse ce sujet sans dveloppem5t1 p>ce que je sais que mes lecteurs y suppleront suffisamm5t1 p\r peu qu'ils ai5t d'expri5ce dans l'obs]vation des causes qui dt]m95t les actions des hommes4 ,simple et sans am]tume1 empre9te d'une d\ce philosophie1 cette phrase n'en reflte pas mo9s le s5tim5t bi5 net qu'pr\vait ,lam>ck de l'inju/ice de ses contempora9s son g>d4 ,un d'eux a laiss sur l'exemplaire de la ,philosophie zoologique qui app>ti5t la biblio?que du ,musum cette apprciation anonyme3 homme assez sup]ficiel4 ,ce lecteur expansif traduit assez exactem5t l'impression que fit sur ceux qui ne le comprir5t pas le gr& naturali/e qui osa le premi] envisag] d'un po9t de vue n\veau l'empire organique t\t enti]4 ,lam>ck s'tait impos aux zoologi/es p> son ,hi/oire naturelle des animaux sans v]tbres1 qui lui fit dc]n] le nom de ,l9n franais4 ,on lui p>donna1 suivant le mot d',isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 la philosophie zoologique1 en raison de son gr& ouvrage descriptif4 ,quant aux ides neuves et fcondes qu'il avait si gnreusem5t semes dans son uvre1 elles fur5t bi5tt ensevelies s\s des s>casmes auxquels on regrette que ,cuvi] lui-mme se soit associ4 ,elles devai5t dormir un demi-sicle avant de s'(frir de n\veau aux mditations des savants4 ,l'homme qui a le premi] *]* prcis] sci5tifiquem5t quels li5s de p>5t gnalogique unissai5t ensemble les animaux les plus simples aux plus p>faits1 qui le premi] a pntr l'importance du phnomne d'hrdit1 a os affirm] que n\s devions *]*] l'explication de la nature prs5te dans la nature passe2 qui a pos comme une rgle gnrale du dveloppem5t de notre globe1 comme de celui des organismes1 une volution l5te et graduelle1 sans sec\sses et cataclysmes2 l'homme qui a essay le premi] de sond] les my/res de la vie la lumire des sci5ces physiques1 cet homme aura t]nellem5t droit l'admiration de t\s4 ,sans d\te le mcanisme rel du p]fectionnem5t des organismes lui a *app1 mais ,d>w9 ne l'a pas expliqu davantage4 ,la loi de slection naturelle n'e/ pas l'indication d'un procd de trans=mation des animaux2 c'e/ l'expression d'un ensemble de rsultats4 ,elle con/ate ces rsultats sans n\s montr] comm5t ils ont t prp>s4 ,n\s voyons bi5 qu'elle conduit la cons]vation des organismes les plus p>faits2 mais ,d>w9 ne n\s laisse pas voir comm5t ces organismes eux-mmes ont t obt5us4 ,c'e/ une lacune qu'on a seulem5t essay de combl] dans ces d]nires annes4 ,peut-tre les ides de ,lam>ck euss5t plus rapidem5t conquis la place qui leur rev5ait1 si1 l'poque mme o il les dveloppait1 l'arne sci5tifique n'avait pas t presque entirem5t occupe p> deux t]ribles *ampions1 plus jeunes et plus ard5ts que lui3 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et ,cuvi]4 ,n\s ne devons pas sp>] dans cette esquisse deux noms qui ret5tir5t si s\v5t ensemble dans les dbats acadmiques de la premire moiti de ce sicle1 qui sont demeurs inscrits sur les drapeaux de deux coles rivales et que l'on peut considr] comme l'expression la plus saisissante de deux t\rnures opposes de l'esprit huma94 ,,*apitre ,,ix ,,ti5ne ,,ge(froy ,,sa9t-,,hilaire ,opposition des deux doctr9es de la fixit et de la v>iabilit des espces4--,l'unit de plan de composition4--,importance des organes rudim5taires4--,balancem5t des organes4--,?orie des analogues2 pr9cipe des connexions4--,analogie des animaux infrieurs et des embryons des animaux suprieurs4--,arrts de dveloppem5t4--,les mon/res et la tratologie4--,ides de ,ge(froy sur la v>iabilit des espces2 les trans=mations brusques2 l'influ5ce du milieu4--,ext5sion de la ?orie de l'unit de plan de composition aux animaux articuls3 ret\rnem5t du v]tbr2 ides d',ampre4--,li5 gnalogique entre les espces fossiles et les espces vivantes4 ,dsormais1 deux op9ions opposes relativem5t aux espces sont tablies dans la sci5ce et vont compt] *acune ses p>tisans4 ,l9n avait affirm d'une manire absolue la fixit des =mes spcifiques2 ,buffon et surt\t ,lam>ck proclam5t leur in/abilit4 ,p\r eux1 l'espce e/ capable de subir des modifications sans nombre1 que ,buffon ne *]*e pas p\rsuivre bi5 lo91 mais dont ,lam>ck considre l't5due comme indf9ie1 puisque1 suivant lui1 les espces les plus leves desc5d5t des plus simples p> une suite in9t]rompue de gnrations4 ,la mme opposition va se retr\v] dans les ides de ,cuvi] et de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire2 mais cette fois c'e/ dans le mme *amp clos que les deux coles vont se tr\v] en prs5ce2 c'e/ au ,j>d9 des plantes ou devant l',acadmie des sci5ces de ,p>is que deux esprits1 l'un et l'autre de la plus haute porte1 vont entam] une lutte demeure clbre dans l'hi/oire des sci5ces4 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire a en quelque sorte p\r patrie sci5tifique ce ,j>d9 du roi1 dont ,buffon avait lev si haut la r5omme4 ,c'e/ l qu'il e/ initi l'tude des sci5ces1 et c'e/ auprs de ,daub5ton lui-mme1 dans un milieu encore t\t rempli du s\v5ir et des ides de l'auteur illu/re de l',hi/oire naturelle1 qu'il fait son ducation d'anatomi/e2 c'e/ aussi grce au vnrable collaborateur de ,buffon qu'il e/ nomm s\s-g>de et s\s-dmon/rateur du cab9et d'hi/oire naturelle1 en remplacem5t de ,lacpde1 dmissionnaire4 ,bi5tt aprs1 le dcret de la ,conv5tion qui organisait le ,musum d'hi/oire naturelle lui donne1 lui m9ralogi/e et pe9e g de v+t et un ans1 le titre de pr(esseur de zoologie dans la n\velle mtropole des sci5ces de la nature4 ,il doit y enseign] l'hi/oire des animaux v]tbrs1 t&is que ,lam>ck e/ *>g d'expos] l'hi/oire des animaux sans v]tbres4 ,ds lors1 le c]cle des tudes du jeune naturali/e se tr\ve nettem5t trac4 ,les v]tbrs sont encore de son temps considrs comme les animaux p> excell5ce2 ce sont1 en quelque sorte1 les animaux typiques4 ,ge(froy se livre avec passion des re*]*es sur leur organisation2 il demeure frapp de la gr&e gnralit des ressemblances qu'ils prs5t5t entre eux et que ,buffon n'avait pas manqu de signal]4 ,ce desse91 t\j\rs le mme1 que1 suivant l'expression de ,buffon1 la nature semble suivre de l'homme aux quadrupdes1 des quadrupdes aux ctacs1 des ctacs aux oiseaux1 des oiseaux aux reptiles1 des reptiles aux poissons1 ,ge(froy entrepr5d d'en dmontr] la ralit1 d'en dt]m9] exactem5t t\te l'conomie4 qui avait p>c\ru cette longue srie d'organismes qui s'*elonn5t de l'homme aux poissons1 il devait sembl]1 cette poque1 que ri5 au del ne p\vait prs5t] un haut intrt4 ,ge(froy p5sa bi5 vite que ce plan commun1 dont les objets favoris de ses tudes lui rvlai5t l'exi/5ce1 se retr\vait dans la nature entire4 ,ds #agie1 pe9e g de v+t-trois ans1 une poque o il vivait dans la plus gr&e intimit avec ,cuvi]1 qu'il v5ait d'introduire au ,musum d'hi/oire naturelle1 il crivait dans son ,mmoire sur les rapports naturels des ,makis3 ,la nature n'a =m t\s les tres vivants que sur un plan unique1 ess5tiellem5t le mme dans son pr9cipe1 mais qu'elle a v>i de mille manires dans t\tes ses p>ties accessoires4 ,si n\s considrons p>ticulirem5t une classe d'animaux1 c'e/ l surt\t que son plan n\s p>atra vid5t2 n\s tr\v]ons que les =mes div]ses s\s lesquelles elle s'e/ plue faire exi/] *aque espce driv5t t\tes les unes des autres2 il lui suffit de *ang] quelques-unes des proportions des organes p\r les r5dre propres de n\velles fonctions1 p\r en t5dre ou re/re9dre les usages444 ,t\tes les diffr5ces les plus ess5tielles qui affect5t *aque famille1 dp5dant d'une mme classe1 vi5n5t seulem5t d'un autre arrangem5t1 d'une autre complication1 d'une modification enf9 de ces mmes organes4 ,buffon avait dit3 un trs gr& nombre d'animaux sont con/ruits sur le mme plan2 ,ge(froy affirme ici que t\s les animaux ont la mme /ructure fondam5tale4 ,cette ide de l'unit de plan de composition des animaux1 si simple et si gr&e1 doit prsid] dsormais presque t\s ses travaux2 la dmontr] doit tre la proccupation con/ante de sa vie4 ,ce qu'il re*]*e dans l'tude des animaux1 ce ne sont pas1 comme le font les disciples de ,l9n1 les diffr5ces qui les sp>5t1 ce sont les ressemblances qui peuv5t exi/] entre eux1 et cette proccupation l'amne dj en #agif un rsultat intressant4 ,dans les conclusions de ses ,re*]*es sur les rapports naturels des animaux b\rse1 il signale les ressemblances des dasyures avec les civettes1 des phalang]s avec les cureuils1 des kanguroos avec les g]boises2 il tablit a9si une sorte de p>alllisme entre les mammifres m>supiaux et les mammifres ord9aires2 c'e/ la premire indication de l'ide des classifications p>allliques qu',isidore ,ge(froy1 son fils1 dvelopp]a plus t>d1 et dont n\s aurons apprci] l'importance4 ,mais1 selon ,ge(froy1 il e/ p\r l'hi/oire naturelle quelque *ose de plus important que des classifications3 c'e/ l'tude des rapports1 tude qui le remplit d'en?\siasme et dans laquelle il croit tr\v] la voie qui doit conduire l'explication des phnomnes de la nature4 ,un in/ant1 la sduisante ide de l'en*anem5t univ]sel des tres l'attire v]s ,bonnet1 mais il e/ trop zoologi/e p\r s'y arrt]4 ,cette *ane univ]selle e/ une vritable *imre1 dit-il en #agid4 ,mais il sait trop bi5 que les tres vivants ne sont pas isols les uns des autres1 qu'un li5 intime les relie troitem5t1 malgr leur div]sit1 p\r ne pas *]*] remplac] l'hypo?se du naturali/e g5evois1 et il croit son t\r avoir tr\v dans l'unit de plan de composition la loi mme de la nature4 ,qu'on le rem>que3 cette ide1 qui a fait la gloire de ,ge(froy1 qui a suscit t\tes ses tudes1 qui l'a conduit la dc\v]te de pr9cipes dont l'application a dom9 les travaux de naturali/es des coles les plus opposes1 cette ide fconde1 en raison de la "p de vrit qu'elle conti5t1 ce n'e/ pas la f9 d'une longue c>rire de zoologi/e pratici51 aprs une longue accumulation de re*]*es sans b1 qu'elle s'e/ prs5te son esprit2 c'e/ ds le db de ses inve/igations1 ds sa premire jeunesse1 et il en e/ presque t\j\rs a9si4 ,les ides gnrales ne surgiss5t pas qu& l'esprit1 fatigu de p>c\rir le ddale des petits faits et des m9uties1 arrive son dcl92 p\rquoi ces fes bi5faisantes vi5drai5t-elles illum9] les d]ni]s travaux de ceux qui durant t\te leur vie n'ont eu p\r elles que mfiance et dda98 ,elles ont d'ailleurs leurs caprices1 se montr5t coquettem5t1 se laiss5t voir demi1 puis s'envol5t2 revi5n5t illum9]1 comme de *>mants feux follets1 l'esprit d\cem5t b]c1 qui les pr5d p\r un rve et nglige1 tant qu'il le peut encore1 d'en*an] ces sylphes lg]s1 plus subtils en app>5ce que l'!r4 ,bi5tt le sylphe se lasse2 ses app>itions sont plus r>es2 il se montre s\s des traits mo9s sduisants2 enf9 la d\ce vision s'van\it sans ret\r1 laissant ceux qui n'ont pas su la fix] le d\l\reux s\v5ir du *>me rompu4 ,et cep5dant ces ri5s aux =mes m\vantes1 ces prt5dus fantmes sont la =ce mme de l'esprit huma92 c'e/ eux qu'il app>ti5t de lui communiqu] le gnie qui sait dc\vrir les voies n\velles1 les jalonn] de ses conqutes et tran] enf9 le vieux monde sa remorque jusqu'aux brillants sommets o s'ouvr5t les n\veaux horizons4 ,mais ils sont ju/em5t jal\x2 en ret\r de leurs bi5faits1 ils exig5t de celui auquel ils se livr5t une con/ante fidlit4 ,s\v5t aussi1 ils ne se laiss5t conqurir qu' moiti1 ne laiss5t pr5dre qu'une de leurs =mes2 mais qu'importe s'ils n'en ont pas mo9s p]mis celui qui croyait les possd] de faire1 au pr(it de l'humanit1 une ri*e moisson4 ,tel fut le cas de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,il rvait de tr\v] une solution au problme que pos5t les ressemblances troites des animaux2 cette solution1 il croit la voir app>atre dans l'ide de l'unit de plan de composition4 ,la fe ne s'tait laiss pr5dre qu' demi2 mais elle sut l>gem5t pay] la "p d'hospitalit qu'elle accepta4 ,dj elle avait montr le b\t de ses ailes ,ari/ote1 ,gali51 ,ambroise ,p>1 ,belon1 ,newton#ci1 ,vicq-d',azyr#dj1 ,buffon1 ,g!1 ,h]d]1 ,p9el2 seul ,ge(froy eut assez de p]svrance p\r la fix] un in/ant et lui arra*] de prcieux secrets4 ,durant l'expdition d'gypte1 des obs]vations sur l'aile de l'autru*e lui font dj entrevoir l'importance des organes rudim5taires3 *ez cet oiseau1 l'os bi5 connu s\s le nom de f\r*ette e/ trs peu dvelopp4 ,ces rudim5ts de f\r*ette n'ont pas t supprims1 dit ,ge(froy1 p>ce que la nature ne m>*e jamais p> sauts rapides et qu'elle laisse t\j\rs des ve/iges d'un organe1 lors mme qu'il e/ t\t fait sup]flu1 si cet organe a j\ un rle important dans les autres espces de la mme famille4 ,a9si se retr\v5t1 s\s la peau des flancs1 les ve/iges de l'aile du caso>2 a9si se voit1 *ez l'homme1 l'angle int]ne de l'il1 un b\rs\flem5t de la peau qu'on reconnat p\r le rudim5t de la membrane incitante dont beauc\p de quadrupdes et d'oiseaux sont p\rvus4 ,v]s cette mme poque1 en #ahjj1 il crit encore3 ,les g]mes de t\s les organes que l'on obs]ve1 p> exemple1 dans les diffr5tes familles d'animaux respiration pulmonaire1 exi/5t la fois dans t\tes les espces1 et la cause de la div]sit inf9ie des =mes qui sont propres *acune1 et de l'exi/5ce de tant d'organes demi effacs ou totalem5t oblitrs1 doit se rapport] au dveloppem5t proportionnellem5t plus considrable de quelques-uns1 dveloppem5t qui s'opre t\j\rs aux dp5s de ceux qui sont dans le vois9age4 ,ce d]ni] ap]u n'e/ autre *ose que la premire indication de ce que ,ge(froy ,sa9t-,hilaire appell]a plus t>d le pr9cipe du balancem5t des organes2 et ce pr9cipe lui f\rnira l'explication de l'exi/5ce des organes rudim5taires1 produits incomplets de g]mes qui ont avort1 p>ce que d'autres organes vois9s se sont emp>s de la n\rriture qui leur tait de/9e4 ,il e/ r>e d'ailleurs que l'avortem5t soit complet2 les rudim5ts1 p\r demeur] imp>faits1 n'en exi/5t pas mo9s la place mme qu'aurai5t d occup] les organes qu'ils reprs5t5t2 c'e/ l un fait important p\r la dmon/ration de l'unit de plan de composition4 ,une semblable unit suppose1 n\s l'avons vu1 que t\s les animaux d'un mme gr\pe--,ge(froy semble re/re9dre ici l'affirmation absolue qu'il avait mise dans son mmoire sur les ,makis--possd5t les mmes organes4 ,mais comm5t reconnatre1 dans la srie innombrable des =mes1 les organes qui se correspond5t8 ,ici1 ,ge(froy imag9e une m?ode d'inve/igation1 indp5dante de l'hypo?se de l'unit de plan de composition1 applicable t\tes les fois que des animaux sont con/ruits sur le mme plan1 quel que soit le nombre des plans suivis p> la nature1 et qui1 s\s le nom de ?orie des analogues1 e/ dev5ue entre les ma9s des anatomi/es de t\tes les coles l'un des in/rum5ts les plus fconds de dc\v]tes4 ,on peut considr] les organes div]s po9ts de vue1 notamm5t au po9t de vue de leur =me1 au po9t de vue de leur fonction1 au po9t de vue de leur position relative4 ,lorsque *ez deux animaux diffr5ts deux organes ont une =me vois9e1 une mme fonction1 une semblable position1 t\t le monde les appelle du mme nom2 p]sonne n'met un d\te sur leur id5tit fondam5tale3 ce sont deux organes analogues4 ,mais l'obs]vation appr5d bi5tt que1 *ez des organes dont l'analogie e/ cep5dant vid5te1 la =me et la fonction peuv5t considrablem5t v>i]4 ,*ez les v]tbrs1 p> exemple1 le membre antrieur peut tre une patte locomotrice1 une aile ou une nageoire2 sa =me a *ang1 sa fonction s'e/ modifie2 mais il demeure trs longtemps =m des mmes p>ties1 et1 lors mme que ces p>ties ont pr\v c]ta9es modifications1 la position du membre1 ses rapports avec les autres organes sont demeurs ess5tiellem5t les mmes4 ,ce qui e/ vid5t des membres antrieurs1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire le suppose vrai p\r t\s les autres organes4 ,il se laisse d'abord guid] p> son hypo?se p\r id5tifi]1 en #ahjf1 la /ructure de la nageoire antrieure des poissons avec celle des pattes des autres v]tbrs1 p\r ram5] un type commun la composition du crne de t\s ces animaux4 ,assur p> ses dc\v]tes successives de la haute valeur du guide qu'il a *oisi1 il nonce enf9 le pr9cipe des connexions4 ,un organe1 dit-il1 e/ plutt altr1 atrophi1 ananti que transpos#da4 ,l'anatomie philosophique e/ ess5tiellem5t le dveloppem5t de ce pr9cipe1 qui implique une conception de l'organe t\te n\velle4 ,on disait volonti]s jusqu' ,ge(froy3 ,tel organe e/ de/9 telle fonction4 ,ge(froy dit1 au contraire3 ,l'organe e/ indp5dant de la fonction4 ,p\r lui1 la notion du plan de /ructure1 la notion morphologique1 comme on dirait auj\rd'hui1 e/ suprieure la notion physiologique4 ,l'animal exi/e avec une /ructure1 t\j\rs la mme1 quel que soit le rle qu'il aura j\] dans le monde4 ,c'e/ le conflit de ses facults et des conditions dans lesquelles il doit les ex]c] qui dt]m9e les fonctions et la =me mme de ses organes4 ,on doit voir1 dans cette faon d'envisag] les tres vivants1 un progrs considrable et df9itif4 ,une voie fconde e/ ouv]te dsormais l'anatomie1 qui ,ge(froy ,sa9t-,hilaire ne t>de pas donn] comme auxiliaire l'embryognie4 comp>] la tte des poissons osseux avec celle des mammifres adultes1 on reconnat bi5 vite qu'il y a dans la tte des premi]s un gr& nombre d'os sans analogues vid5ts dans la tte des seconds4 ,ce p>at tre une pi]re d'a*oppem5t 9vitable p\r la ?orie de l'unit de plan de composition4 ,ge(froy a l'ide lum9euse de comp>] la tte des poissons non plus celle des mammifres adultes1 mais celle des embryons de mammifre2 de dt]m9] *ez ces animaux non pas les os1 mais les c5tres d'ossification et leurs rapports4 ,ds lors1 la comp>aison devi5t possible1 et des ressemblances inconte/ables sont tablies entre les modes de con/itution1 diffr5ts en app>5ce1 de la tte des poissons osseux1 de celle des reptiles1 de celle des oiseaux et de celle des mammifres4 ,*em9 faisant1 ,ge(froy dc\vre des rudim5ts de d5ts dans la m*oire des trs jeunes bale9es1 dans celle des embryons d'oiseaux qui en sont dp\rvus l'tat adulte4 ,quelle joie et t celle du gr& anatomi/e s'il avait pu prvoir que la palontologie exhum]ait un j\r de vritables oiseaux dont les d5ts tai5t non seulem5t aussi dveloppes l'tat adulte que celles des mammifres1 mais prs5tai5t comme elles une mue6 ,le poisson avec ses os crni5s multiples1 l'oiseau avec ses d5ts qui n'app>aiss5t que p\r se fondre presque aussitt avec les tissus environnants1 peuv5t tre considrs comme s'tant arrts dans leur volution un tat de dveloppem5t que les mammifres ne font que trav]s] p\r arriv] leur tat df9itif4 ces div]s po9ts de vue1 ,ge(froy les considrait comme des embryons p]man5ts des animaux suprieurs4 ,bonnet1 ,erasme ,d>w91 ,did]ot avai5t press5ti une sorte de p>alllisme entre le dveloppem5t embryognique des animaux et les modifications successives des espces2 la comp>aison de ,ge(froy entre les animaux infrieurs et les embryons des animaux suprieurs dt]m9e d'une faon prcise l'int]prtation que l'on peut donn] de ce p>alllisme sur lequel insi/]ont bi5tt ,s]res et ,m4 ,h5ri ,milne ,edw>ds2 et c'e/1 en df9itive1 la mme ide qu'ont exprime ,fritz ,mll] et les embryogni/es p>tisans de la doctr9e de la desc5dance en disant3 ,les =mes successives que prs5te un animal durant son dveloppem5t embryognique ne sont que la rptition abrge de =mes trav]ses p> son espce p\r arriv] son tat actuel4 ,c'e/ l une =mule trop absolue1 sans d\te3 les =mes embryonnaires d'un animal ne saurai5t bi5 s\v5t vivre en dehors de l'uf2 elles sont ord9airem5t modifies p> la prs5ce d'un vitellus nutritif plus ou mo9s volum9eux1 p> des adaptations div]ses et surt\t p> les phnomnes accessoires que dt]m9e la rapidit avec laquelle l'volution s'accomplit1 p> ce que n\s avons appel l'acclration embryognique4 ,mais la loi de ,fritz ,mll] n'en demeure pas mo9s une des lois fondam5tales de l'embryognie comp>e1 et elle n'e/1 t\t pr5dre1 qu'une gnralisation des faits noncs p> ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,mais si les animaux infrieurs rappell5t1 beauc\p d'g>ds1 les embryons des animaux suprieurs du mme gr\pe1 que1 p\r une raison quelconque1 ces d]ni]s soi5t frapps d'arrt de dveloppem5t dans quelques-unes de leurs p>ties1 ils devront1 dans ces p>ties1 prs5t] les c>actres propres aux =mes infrieures de leur famille4 ,en #ahbj1 cette ide devi5t p\r ,ge(froy le fondem5t d'une sci5ce n\velle1 la tratologie1 grce laquelle sont p\r la premire fois classes1 expliques et ram5es aux lois ord9aires de l'embryognie ces =mes animales accid5telles1 tantt effrayantes1 tantt simplem5t tranges1 qui ont t\tes les poques vivem5t frapp l'imag9ation populaire1 et ont depuis longtemps reu le nom de mon/ruosits4 ,p\r t\j\rs1 les mon/res sont enlevs la lg5de2 lo9 de les considr] comme des exceptions aux lois de la nature1 ,ge(froy les fait s]vir la dc\v]te1 l'ext5sion1 la vrification de ces lois4 ,il dmontre que les mon/ruosits ti5n5t t\j\rs quelque cause physique1 dt]m9able1 et va mme jusqu' indiqu] comm5t on p\rrait crer exprim5talem5t telle ou telle catgorie de mon/res4 ,cette tude exprim5tale des mon/ruosits a t de nos j\rs p\rsuivie non sans succs p> ,m4 ,camille ,d>e/e4 ,la plup>t des mon/ruosits dites p> dfaut sont dues effectivem5t un simple arrt de dveloppem5t de c]ta9es p>ties de l'animal qui les prs5te2 mais il en e/ aussi qui rsult5t de la s\dure d'organes demeurant habituellem5t sp>s dans les individus normaux4 ,l'tude de ces d]nires conduit encore ,ge(froy une loi importante1 aussi vraie1 aussi fconde en anatomie comp>e qu'en tratologie et qu'on peut nonc] a9si3 ,les s\dures n'ont jamais lieu qu'entre p>ties de mme nature4 ,il p>at ,ge(froy que ces p>ties ex]c5t les unes sur les autres une sorte d'attraction rciproque que l'illu/re anatomi/e appelle l'attraction du soi p\r soi1 loi dont il a t si vivem5t frapp qu'il en a v\lu faire1 la f9 de sa vie1 l'un des pr9cipes fondam5taux qui rgiss5t les comb9aisons de la matire4 ,il crut entrevoir1 dans l'attraction du soi p\r soi1 la cause dt]m9ante de t\s les phnomnes qui s'accompliss5t dans l'intimit des corps1 comme l'attraction univ]selle p>at tre la cause des gr&s phnomnes a/ronomiques4 ,malheureusem5t1 si les faits qui lui s]vai5t de po9t de d"p tai5t exacts1 la cause laquelle il *]*ait les ratta*] n'tait gure qu'une illusion4 ,les organes de mme nature n'ex]c5t aucune attraction p>ticulire les uns sur les autres2 s'ils se s\d5t frquemm5t1 cela ti5t ce qu'ils naiss5t symtriquem5t de *aque ct du corps1 ou qu'ils se dispos5t sur une p>tie plus ou mo9s gr&e de sa longueur4 ,il arrive alors frquemm5t qu'ils se tr\v5t en contact1 si p\r une raison quelconque leur accroissem5t e/ plus rapide que celui des p>ties qui les sp>5t2 ds lors leurs tissus se confond5t en raison mme de leur homognx1 absolum5t comme1 dans le rgne vgtal1 le tissu du greffon se confond avec celui de la s\*e sur laquelle on l'a plac4 99 99 99 99 99 ,si les mon/ruosits doiv5t tre attribues des causes naturelles1 si elles ne rsult5t que d'une modification plus ou mo9s importante apporte la m>*e ord9aire du dveloppem5t1 n'e/-il pas possible que cette modification arrive se produire rgulirem5t1 se manife/] non seulem5t sur t\s les individus ns de mmes p>5ts1 mais aussi sur leur desc5dance8 ,si les lois du dveloppem5t normal et celles du dveloppem5t tratologique ne sont que des cas p>ticuli]s de lois plus gnrales1 n'e/-il pas possible que des individus1 mon/rueux au mom5t de leur premire app>ition1 se p]ptu5t1 se multipli5t1 pr5n5t rang p>mi les =mes qui se r5\vell5t sans cesse p> la reproduction1 devi5n5t1 en un mot1 des espces normales1 des types zoologiques n\veaux8 ,cette ide de la v>iation brusque des types p> voie tratologique devait se prs5t] l'esprit de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,c'e/ a9si effectivem5t que1 p\rsuivant la maje/ueuse srie de ses inductions1 il arrive concevoir que le type oiseau a pu se dgag] du type reptile#db3 ,qu'un reptile1 dans l'ge des premi]s dveloppem5ts1 pr\ve une contraction v]s le milieu du corps1 de manire laiss] "p t\s les vaisseaux sangu9s dans le ?orax et le fond du sac pulmonaire dans l'abdom51 c'e/ l une circon/ance propre favoris] le dveloppem5t de t\te l'organisation d'un oiseau4 ,il ne semble pas auj\rd'hui que ces modifications brusques des types1 un mom5t admises p> des naturali/es qui compt5t p>mi les plus m95ts1 ai5t t un procd habituel de div]sification des =mes vivantes4 ,mais1 t\t au mo9s en ce qui reg>de les oiseaux1 la palontologie a ple9em5t confirm1 n\s l'avons dit1 leur p>5t gnalogique avec les reptiles1 p>5t indique presque simultanm5t p> ,lam>ck et ,ge(froy4 99 99 99 99 99 ,jusqu'ici1 t\s les ef=ts de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire se sont t\rns v]s l'tude des animaux v]tbrs4 ,les poissons1 les reptiles1 les oiseaux1 les mammifres ont t l'objet de ses p]svrantes re*]*es4 ,p\r cet embran*em5t du rgne animal1 considr comme le plus important de t\s1 l'unit de plan de composition e/ une loi df9itivem5t acquise2 et1 dans sa c\rse hroque v]s le b1 ,ge(froy n'a cess de sem] sur son *em9 les ap]u n\veaux1 les dc\v]tes inatt5dues4 ,l'anatomie e/ dote p\r la premire fois d'une m?ode d'inve/igation qui p]met d'all] au-devant des dc\v]tes1 au lieu de les att5dre du has>d2 des prceptes rig\reux sont tr\vs p\r la comp>aison des organes et leur dt]m9ation2 la morphologie se tr\ve affran*ie de la s]vitude trop troite dans laquelle la t5ait une c]ta9e physiologie2 l'embryognie e/ introduite de pla9-pi$1 comme une s\rce fconde de r5seignem5ts1 p>mi les sci5ces sur lesquelles s'appuie la philosophie anatomique2 la /ructure des animaux suprieurs e/ ram5e des lois prcises1 jusque dans ces c>ts qui semblai5t ,ge(froy des produits de l'organisation dans des j\rs de saturnales1 o1 fatigue d'avoir trop longtemps indu/rieusem5t produit1 elle *]*ait des dlassem5ts en s'ab&onnant ses caprices2 une telle uvre ne p\vait tre borne une portion du rgne animal1 si importante qu'on la suppose3 elle devait s't5dre au rgne animal t\t enti]4 ,en #ahbj1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire aborde l'tude des animaux articuls4 ,dj1 s\s l'empire des ides qu'il avait rp&ues dans la sci5ce1 peut-tre s\s son inspiration directe1 de rem>quables travaux avai5t t entrepris sur ces animaux3 dans un mmoire dev5u classique1 ,savigny1 l'ami et le compagnon de ,ge(froy durant l'expdition d'gypte1 avait montr que dans la b\*e en app>5ce si v>ie des coloptres1 des punaises1 des abeilles1 des m\*es1 des papillons1 se tr\vai5t t\j\rs les mmes pices1 semblablem5t places et ne prs5tant1 dans les gr\pes les plus div]s1 que des diffr5ces de =me3 propres broy] *ez les coloptres1 broy] et l*] *ez les abeilles1 piqu] *ez les punaises et les m\*es1 hum] des sucs liquides *ez les papillons4 ,dans une srie d'importantes re*]*es dont les conclusions ont t publies en #ahbj1 ,aud\91 appliquant t\tes les p>ties du corps des articuls la m?ode des analogues1 croyait p\voir tablir que1 *ez t\s les articuls1 les mmes pices se retr\vai5t en mme nombre dans t\tes les p>ties du corps4 ,ce n'e/1 disait-il1 que de l'accroissem5t semblable ou dissemblable des segm5ts1 de la runion ou de la division des pices qui les compos5t1 du maximum de dveloppem5t des unes1 de l'tat rudim5taire des autres1 que dp5d5t t\tes les diffr5ces qui se rem>qu5t dans la srie des animaux articuls#dc4 ,latreille v5ait de montr] de son ct que t\s les app5dices des articuls n'tai5t autre *ose que des pattes modifies et faisait r5tr] les ailes mme des insectes dans cette df9ition1 les rappro*ant a9si des pattes respiratoires des cru/acs ou articuls aquatiques4 ,l'unit de plan de composition des animaux articuls ou plutt des ar?ropodes pr5ait donc pi$ dans la sci5ce en mme temps que l'unit de plan de composition des v]tbrs4 ,le mom5t tait v5u d'essay] de montr] que ces deux units n'en faisai5t qu'une4 ,il y a au po9t de vue de la position relative du sy/me n]veux des diffr5ces pr(ondes entre les v]tbrs et les articuls4 ,*ez les premi]s1 le sy/me n]veux e/ t\t enti] dorsal2 *ez les seconds1 il e/ en gr&e p>tie v5tral1 sauf sa p>tie antrieure1 o1 trav]s p> le tube dige/if1 il con/itue aut\r de lui une sorte d'anneau1 le colli] sophagi54 ,ab/raction faite du colli] sophagi51 il semble1 au premi] abord1 qu'il y ait opposition absolue entre les connexions du sy/me n]veux *ez les v]tbrs et les articuls1 et qu'il soit p> consqu5t de t\te impossibilit de les ram5] au mme plan4 ,mais1 se dem&e ,ge(froy#dd1 la solution du problme n'e/-elle pas dans cette opposition mme des connexions du sy/me n]veux8 ,comm5t sont df9ies les rgions que n\s nommons le dos et le v5tre *ez un animal8 ,le v5tre1 c'e/ la rgion du corps qui reg>de le sol2 le dos1 celle qui reg>de le ciel4 ,p\r dt]m9] ces deux rgions1 n\s pr5ons nos po9ts de repre non pas dans l'animal lui-mme1 comme l'exig]ait le pr9cipe des connexions1 mais dans le monde extrieur4 ,il peut donc se faire que l'opposition1 au lieu de se tr\v] dans les rapports rciproques des organes de l'articul et du v]tbr1 exi/e seulem5t dans l'attitude des deux animaux4 ,effectivem5t1 que l'on place un v]tbr le dos en bas1 le v5tre en haut1 et que1 dans cette n\velle attitude1 contraire son attitude normale1 on le comp>e un articul1 aussitt l'opposition disp>at2 les diffr5ts organes se tr\v5t occup] les mmes positions relatives2 il devi5t possible de comp>] le v]tbr et l'articul1 de dc\vrir entre eux un gr& nombre de dispositions communes3 les trois gr&s app>eils organiques1 le sy/me n]veux1 le tube dige/if1 le c5tre circulatoire1 se tr\v5t occup]1 dans les deux cas1 les uns p> rapport aux autres1 exactem5t les mmes positions4 ,l'attitude ord9aire des animaux e/ d'ailleurs lo9 d'tre con/ante dans un mme gr\pe3 ,ge(froy cite un c]ta9 nombre d'exemples de poissons1 d'insectes1 de cru/acs1 qui prs5t5t habituellem5t une attitude exactem5t inv]se de celles de leurs congnres2 n\s aurons plus t>d occasion d't5dre considrablem5t cette li/e4 ,il n'y a donc ri5 de contraire aux faits bi5 con/ats dans la supposition d'un rev]sem5t p]man5t de l'attitude des v]tbrs p> rapport l'attitude ord9aire des articuls4 cet g>d1 l'embryognie e/ v5ue donn] encore ple9em5t raison ,ge(froy4 ,l'illu/re anatomi/e e/ mo9s heureux lorsqu'il veut p\rsuivre ses comp>aisons dans le dtail1 dc\vrir la signification des pices du squelette des articuls1 ou tr\v] *ez les v]tbrs les quival5ts de leurs membres4 ,*ez les ar?ropodes1 p5sait ,willis en #afib1 les os rec\vr5t les muscles4 galem5t sduit p> l'ide de retr\v] *ez les insectes des p>ties solides analogues celles qui semblai5t c>actri/iques des v]tbrs1 frapp1 du re/e1 de voir1 *ez les articuls1 les arceaux solides de la c>apace qui protg5t le corps se rpt] aussi rgulirem5t que les v]tbres du squelette des animaux suprieurs1 ,ge(froy n'hsite pas considr] ces p>ties comme rellem5t analogues4 ,ds lors devi5t 9vitable cette s+ulire consqu5ce3 t&is que les v]tbrs viv5t au dehors de leur colonne v]tbrale1 les articuls sont enf]ms au d$ans de la leur4 ,comm5t expliqu] une aussi trange disposition8 ,ge(froy comm5ce p> faire rem>qu] qu' t\t pr5dre elle n'e/ pas aussi spciale aux articuls qu'on p\rrait le croire4 ,*ez les tortues1 c]ta9es pices videmm5t analogues de pices du squelette int]ne des autres v]tbrs sont troitem5t s\des la c>apace1 de sorte que ces animaux sont aussi1 bi5 des g>ds1 enf]ms dans leur squelette et peuv5t tre considrs comme =mant1 ce po9t de vue1 une transition aux articuls4 ,mais ,ge(froy s5t bi5 que cette simple comp>aison ne s]a pas conva9cante1 et il *]*e une explication4 ,t\s les sy/mes organiques se dvelopp5t1 p5se-t-il1 s\s deux influ5ces1 celle de l'app>eil circulatoire1 celle du sy/me n]veux4 ,*ez les v]tbrs1 ces deux sy/mes conc\r5t simultanm5t et dans une ju/e mesure au dveloppem5t de t\t l'organisme1 qui acqui]t a9si son plus haut degr de p]fection2 *ez les mollusques1 le sy/me sangu9 prdom9e1 l'animal re/e m\ et comme pntr de liquides2 *ez les insectes1 l'app>eil circulatoire e/ rudim5taire2 c'e/ donc le sy/me n]veux qui va pr5dre la direction du dveloppem5t4 ,les p>ties le plus immdiatem5t en rapport avec ce sy/me--et le squelette e/ du nombre--vont1 en consqu5ce1 se dvelopp] les premires1 se complt] longtemps avant que les autres ai5t pu se con/itu]2 celles-ci se =mant elles-mmes au vois9age du sy/me n]veux1 et s'accroissant mo9s vite que le squelette1 s]ont ncessairem5t enveloppes p> lui3 de l l'articul4 ,il ne faut videmm5t pas trop discut] cette explication a priori1 pro*e p>5te de celles que n\s v]rons riges en sy/me p> ,ok5 et les philosophes de la nature2 elle repose d'ailleurs sur une pure hypo?se1 l'int]v5tion directe du sy/me n]veux et de l'app>eil circulatoire dans les phnomnes de dveloppem5t4 ,quoi qu'il en soit1 ,ge(froy1 ayant t conduit considr] les segm5ts cutans solides des articuls comme des corps de v]tbres1 ne peut voir autre *ose que des ctes dans les membres de ces animaux4 ,les articuls m>*]ai5t donc sur leurs ctes1 qui1 au lieu de =m] un c]cle cont9u1 comme *ez le plus gr& nombre des v]tbrs1 s]ai5t ouv]tes et tales4 ,ces ctes n'aurai5t d'analogues1 suivant ,ge(froy1 que celles des poissons pleuronectes1 et ds lors les cru/acs et les insectes doiv5t tre considrs1 au po9t de vue de leur squelette1 comme m>*ant sur le flanc1 t&is qu'au po9t de vue du sy/me n]veux ils m>*5t au contraire sur le dos4 ,il a t\j\rs p>u assez difficile d'accord] ces deux manires de voir1 que ,ge(froy accepte cep5dant simultanm5t1 tant il e/ conva9cu de la valeur de sa m?ode4 ,il signale d'ailleurs d'autres homologies entre les articuls et les v]tbrs infrieurs3 la tte des insectes e/ =me de trois segm5ts1 comme le crne des v]tbrs2 leurs ailes1 organes de respiration modifis1 suivant ,latreille1 correspond5t la vessie natatoire des poissons2 leurs /igmates se retr\v5t encore *ez ces d]ni]s3 ce sont les petits orifices rgulirem5t disposs qui con/itu5t la ligne latrale1 et1 =t de ces app>5tes ressemblances1 il s'crie3 ,oui1 sans d\te1 je puis auj\rd'hui l'affirm]1 des tres dits et crus jusqu'ici sans v]tbres auront figur]1 dans nos sries naturelles1 p>mi les animaux v]tbrs4 ,cette conclusion1 t\t au mo9s1 p>at sduisante nombre d'esprits m95ts3 ,ok51 ,g!1 en ,allemagne1 sont bi5 prs de l'accept]2 en ,france1 ,latreille s'ef=ce lui aussi de comp>] les cru/acs aux poissons2 il lit devant l',acadmie des sci5ces1 le #aj janvi] #ahbj1 un mmoire o il essaye de montr] qu'un crabe1 considr simplem5t l'extrieur1 e/ une sorte de poisson dont la rgion op]culaire ou jugulaire s'e/ agr&ie en manire de ?orax1 dont l'autre p>tie du corps e/ divise en segm5ts4 ,ampre lui-mme1 l'illu/re physici5 qui l'on doit l'lectro-magntisme1 s'meut et publie en #ahbd1 dans les ,annales des sci5ces naturelles1 une lettre anonyme o il repr5d1 p\r la modifi] et la p]fectionn]1 l'ide mre de ,ge(froy4 ,il voit dans le squelette tgum5taire des articuls l'quival5t des ctes des v]tbrs2 le canal ra*idi5 de ces animaux e/1 suivant lui1 demeur ouv]t en dessus2 la moelle p9ire a disp>u1 et la *ane v5trale1 qui en remplit les fonctions1 correspond au sy/me des ganglions sympa?iques des v]tbrs4 ,t\te contradiction1 t\te tranget disp>at a9si dans la comp>aison entre le v]tbr et l'articul1 et l'assimilation entre les deux types pr5d une vraisemblance propre la faire plus facilem5t accept]4 ,on p\rrait en effet cit] une longue suite d'hommes illu/res qui1 t\t en faisant telles ou telles rs]ves1 ne lui ont pas mo9s accord leur ass5tim5t4 ,qu& une ide suscite ce po9t l'intrt1 qu& elle laisse dans l'esprit des hommes de sci5ce une trace tellem5t pr(onde qu'elle survit1 malgr les dm5tis p>tiels que les faits sembl5t inflig] ses consqu5ces1 c'e/ en gnral qu'elle e/ l'expression d'une vrit entrevue1 expression incomplte1 p>ce que la vrit e/ encore mal dgage4 ,entre les v]tbrs et les articuls1 il y a deux po9ts de ressemblance c]ta9s1 indiscutables3 les v]tbres des premi]s se rpt5t exactem5t comme les anneaux des seconds2 les organes pr9cipaux prs5t5t1 *ez les uns et les autres1 la mme disposition relative1 si1 au lieu de considr] leur ori5tation p> rapport au sol1 on considre seulem5t leur ori5tation p> rapport l'un d'entre eux1 le sy/me n]veux1 p> exemple4 ,voil les faits4 ,il s'agit ma9t5ant de dc\vrir leur explication ou1 si l'on veut1 leur int]prtation4 ,t\j\rs proccup de cette ide que les v]tbrs sont les animaux typiques1 ,ge(froy et ses contempora9s les pr5n5t p\r po9t de d"p et *]*5t retr\v] t\tes leurs p>ties dans les animaux infrieurs2 l e/1 en df9itive1 la s\rce de leurs erreurs de dtail4 ,il n'y a pas plus *]*] dans les animaux infrieurs t\t ce que l'on tr\ve *ez les animaux suprieurs1 qu'il n'y a *]*] dans l'uf1 ou mme dans l'embryon1 t\s les organes que l'on obs]v]a plus t>d dans l'animal adulte4 ,mais1 si n\s le savons auj\rd'hui1 c'e/ en p>tie une m?ode de comp>aison introduite p> ,ge(froy dans la sci5ce2 c'e/ p>ce qu'il a song rappro*] les animaux infrieurs des embryons des animaux suprieurs1 c'e/ p>ce qu'il a contribu plus que p]sonne r5v]s] de fond en comble la doctr9e de l'embotem5t des g]mes1 encore s\t5ue p> ,cuvi]1 c'e/ p>ce qu'il a vaillamm5t df5du1 avec ,lam>ck1 l'ide de la mutabilit des espces1 sans laquelle il n'y a pas d'volution possible1 sans laquelle l'ide de gradation dans la complication organique e/ condamne demeur] confuse et /rile4 ,on peut auj\rd'hui considr] comme acquis1 grce surt\t aux dc\v]tes de ,semp] et de ,balf\r1 que le corps des v]tbrs tait primitivem5t segm5t1 comme celui des articuls2 que les animaux articuls ont d1 p\r dev5ir v]tbrs1 r5v]s] compltem5t leur attitude primitive3 on comm5ce disc]n] assez nettem5t#de les raisons de ce ret\rnem5t2 mais on e/ assur qu'il n'y a aucune ressemblance ess5tielle entre le squelette d]mique des articuls et le squelette pr(ond des v]tbrs2 bi5 plus1 ce n'e/ pas des animaux articuls qui ont un squelette ext]ne bi5 dvelopp1 ce n'e/ pas des ar?ropodes que les v]tbrs se rappro*5t2 comme p\vait le faire prvoir le faible dveloppem5t du squelette *ez les ,lamproies et *ez l',amphioxus1 c'e/ avec les animaux articuls m\s1 avec les v]s annels que leurs aff9its p>aiss5t le plus intimes4 ,pr(ondm5t pntr des ressemblances troites que les animaux suprieurs prs5t5t entre eux1 acc\tum p> ses tudes sur les mon/res mesur] l'influ5ce que les conditions extrieures p\vai5t avoir sur le t]me f9al de l'volution1 ,ge(froy devait tre ncessairem5t p>tisan de la mutabilit des =mes spcifiques4 ,au mom5t o de t\tes p>ts1 grce l'impulsion de ,cuvi]1 des =mes disp>ues p\r t\j\rs sont re/itues la sci5ce1 le crateur de la philosophie anatomique arrive1 comme ,lam>ck1 se dem&] s'il ne faut pas voir dans ces antiques habitants du globe les anctres probables des animaux actuels4 ,de #ahbe #ahbh1 il publie plusieurs mmoires sur les gr&s reptiles fossiles des environs de ,ca5 et de ,honfleur4 ,il dmontre que ces animaux1 auxquels il donne les noms de ,teleosaurus et de ,/5eosaurus1 sont bi5 di/9cts des crocodiles actuels2 mais1 ce premi] po9t une fois acquis1 se prs5te une autre "q1 savoir3 si les prt5dus crocodiles de ,ca5 et de ,honfleur1 r5f]ms dans de semblables t]ra9s1 ceux de la =mation jurassique1 avec les ,plesiosaurus1 ne s]ai5t po9t dans l'ordre des temps1 aussi bi5 que p> les degrs de leur composition organique1 un anneau de jonction qui ratta*]ait sans int]ruption ces trs anci5s habitants de la t]re aux reptiles actuellem5t vivants et connus s\s le nom de gavials#df4 ,sans l'affirm] d'une faon absolum5t positive1 ,ge(froy n'hsite pas1 au mo9s1 admettre la possibilit d'une semblable trans=mation1 c>1 dit-il1 le monde ambiant e/ t\t-puissant p\r une altration des corps organiss#dg1 et il aj\te quelques lignes plus bas3 ,la respiration con/itue1 selon moi1 une ordonne si puissante p\r la disposition des =mes animales qu'il n'e/ mme po9t ncessaire que le milieu des fluides respiratoires se modifie brusquem5t et =tem5t1 p\r occasionn] des =mes trs peu s5siblem5t altres4 ,la l5te action du temps1 et c'e/ davantage sans d\te1 s'il survi5t un cataclysme concidant1 y p\rvoit ord9airem5t4 ,les modifications ins5sibles d'un sicle un autre f9iss5t p> s'aj\t] et se runiss5t en une somme quelconque3 d'o il arrive que la respiration devi5t d'une excution difficile et f9alem5t impossible1 quant de c]ta9s sy/mes d'organes3 elle ncessite alors et se cre elle-mme un autre arrangem5t1 p]fectionnant ou altrant les cellules pulmonaires dans lesquelles elle opre1 modifications heureuses ou fune/es1 qui se propag5t et qui influ5t sur t\t le re/e de l'organisation animale4 ,c>1 si ces modifications amn5t des effets nuisibles1 les animaux qui les pr\v5t cess5t d'exi/]1 p\r tre remplacs p> d'autres1 avec des =mes un peu *anges1 et *anges la conv5ance des n\velles circon/ances4 ,ce sont l d'importantes dcl>ations1 c> elles tabliss5t nettem5t la diffr5ce de doctr9e entre ,lam>ck et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,lam>ck ne voit le monde extrieur agir sur les tres vivants que p> l'int]mdiaire des habitudes qu'il dt]m9e *ez eux2 t\t organisme a donc une "p d'activit dans les modifications qu'il pr\ve2 ,ge(froy1 sans condamn] d'une faon absolue les ides de ,lam>ck#dh1 considre au contraire l'organisme comme passif et voit dans les modifications successives des tres vivants l'effet de l'action directe des milieux4 ,p\r ,lam>ck1 comme p\r ,buffon1 le gr& de/ructeur des =mes vivantes1 c'e/ l'homme2 ces deux gr&s naturali/es ne considr5t pas comme probable que des espces disp>aiss5t en dehors de son action2 ,ge(froy1 au contraire1 p5se que les espces disp>aiss5t naturellem5t1 lorsque leur organisation n'e/ plus en rapport avec le milieu dans lequel elles doiv5t vivre ou qu'elles ont subi des modifications vicieuses1 et les passages imprims en italiques dans la citation prcd5te montr5t qu'il attribue cette disp>ition une vritable slection naturelle2 t\tefois cette slection e/ l'uvre du milieu lui-mme1 elle n'e/ pas provoque ou plutt /imule p> l'accroissem5t rapide du nombre des individus et p> la lutte p\r la vie qui en e/ la consqu5ce4 ,le gr& fait de la disp>ition spontane des espces1 sans sec\sse1 sans cataclysme1 n'en e/ pas mo9s nettem5t vu et plac ct de cet autre gr& phnomne1 la =mation des espces n\velles4 ,les causes de cette =mation peuv5t d'ailleurs tre multiples4 ,aux modifications ins5sibles dont il e/ "q dans le passage cit plus haut s'aj\t5t1 p\r ,ge(froy1 des modifications brusques1 telles que celles auxquelles n\s l'avons vu attribu] la trans=mation du reptile en oiseau1 modifications de mme nature que celles qui ab\tiss5t1 en temps ord9aire1 aux mon/ruosits4 ,en d'autres t]mes1 un mon/re dont les c>actres exceptionnels sont1 p> une heureuse concid5ce1 en rapport avec un mode d'exi/5ce n\veau et possible dans un milieu donn1 un tel mon/re peut faire s\*e et dev5ir l'orig9e d'une espce n\velle ou mme d'un type n\veau1 brusquem5t issu d'un type1 en app>5ce1 diffr5t4 ,p\rquoi1 p5se ,ge(froy1 des phnomnes que n\s voyons se produire encore frquemm5t s\s nos yeux1 au c\rs du dveloppem5t embryognique1 n'aurai5t-ils pas t utiliss p> la nature p\r am5] la div]sification de ses types8 ,ce rappro*em5t entre les phnomnes embryogniques de l'individu et les phnomnes d'volution des types spcifiques1 que l'on considre1 bon droit1 comme l'un des plus brillants rsultats de la philosophie zoologique1 ce rappro*em5t1 ,ge(froy ne cesse de l'avoir prs5t l'esprit2 c\tons-le dcrivant et int]prtant les mtamorphoses des batraci5s3 ,n\s assi/ons *aque anne1 dit-il#di1 un spectacle visible je ne veux pas dire seulem5t p\r les yeux de l'esprit1 mais p\r ceux du corps1 spectacle o n\s voyons l'organisation se trans=m] et pass] des conditions organiques d'une classe d'animaux celles d'une autre classe3 telle e/ l'organisation des batraci5s4 ,un batraci5 e/ d'abord un poisson s\s le nom de tt>d1 puis un reptile s\s celui de gr5\ille4 ,or n\s arrivons savoir comm5t se fait cette m]veilleuse mtamorphose4 ,l se ralise1 dans ce fait obs]vable1 ce que n\s avons prs5t plus haut comme une hypo?se1 la trans=mation d'un degr organique passant au degr immdiatem5t suprieur4 ,les faits physiologiques de la trans=mation du tt>d ont t recueillis et sont p>faitem5t mis en lumire p> mon clbre ami ,m4 ,edw>ds#ej1 dans son ouvrage ayant p\r titre3 ,de l'influ5ce des ag5ts physiques sur la vie2 et les faits anatomiques p> beauc\p de naturali/es1 et spcialem5t p> ,m4 le docteur ,m>t9 ,sa9t-,ange444 ,les dveloppem5ts d'o rsulte la trans=mation sont oprs p> l'action comb9e de la lumire et de l'oxygne1 et les *angem5ts corporels p> la production de n\veaux vaisseaux sangu9s1 qui sont alors s\mis la rgle du balancem5t des organes1 dans ce s5s que1 si les fluides du sy/me circulatoire se prcipit5t de prfr5ce dans de n\velles voies1 il en re/e mo9s p\r les anci5nes4 ,ces vaisseaux alt]nants1 qui ici se contract5t et qui l se dilat5t1 *ang5t les rapports des organes o ils se r5d5t2 et1 comme c'e/ successivem5t sur t\s les po9ts du corps1 la trans=mation devi5t gnrale1 ici p> l'atrophie et la ru9e de quelques p>ties1 et l p> l'hyp]trophie de plusieurs autres dont il y avait d'abord pe9e le g]me4 ,m4 le docteur ,edw>ds1 en ret5ant s\s l'eau des tt>ds1 a ret>d ou mieux emp* leur mtamorphose4 ,ce qui fut l exprim5t en petit1 la nature l'a pratiqu en gr& l'g>d du prote1 qui habite les lacs s\t]ra9s de la ,c>niole4 ,ce reptile1 priv d'y ress5tir l'influ5ce de la lumire et d'y puis] l'n]gie d'une libre pratique de la respiration ari5ne1 re/e p]ptuellem5t l'tat de l>ve ou tt>d2 mais d'ailleurs il peut t\tefois transmettre sans difficult sa desc5dance ces conditions re/re9tes d'organisation1 conditions de son espce1 qui fur5t peut-tre celles du premi] tat de l'exi/5ce des reptiles1 qu& le globe tait p>t\t subm]g4 ,non seulem5t l'influ5ce du milieu e/ con/ate1 mais ,ge(froy1 comme autrefois ,bacon1 recomm&e de re*]*] p> des expri5ces quelles sont les conditions qui peuv5t am5] dans les organismes des modifications durables2 il signale des expri5ces t\tes faites1 comme les modifications de nos animaux dome/iques1 comme celles qu'ont subies les animaux transports en ,amrique1 expri5ces dont il re/]ait simplem5t tir] p>ti4 ,les naturali/es de notre poque1 dit-il#ea1 si empresss la description isole des corps et des phnomnes naturels1 si habiles port] leur scalpel scrutateur dans l'intrieur labyr9?ique des tres organiss1 sembl5t au contraire cra9dre de se compromettre dans la re*]*e des rapports et des actions rciproques des p>ties de l'univ]s1 re*]*e difficile p> elle-mme1 plus difficile encore p> sa n\veaut1 mais m9emm5t philosophique et fconde en progrs4 ,c'e/ le programme dont ,*>les ,d>w9 a si magnifiquem5t rempli une p>tie1 c> ,ge(froy1 dans les actions rciproques des p>ties de l'univ]s1 compr5d explicitem5t l'influ5ce que les tres vivants1 obligs de vivre cte cte1 ex]c5t ncessairem5t les uns sur les autres4 ,il prvoit aussi que les modifications subies p> un organe ne saurai5t tre isoles3 il y a1 p5se-t-il1 des organes qui gr&iss5t ensemble1 d'autres qui sont rduits p> cela seul que ceux-l gr&iss5t2 de l de nombreuses corrlations dt]m9]1 d'autant plus que t\tes ces modifications concomitantes peuv5t tre dom9es p> les modifications d'un organe unique2 il y a donc lieu de re*]*]1 p>mi les organes qui p>vi5n5t ensemble une gr&eur dmesure1 lequel ex]ce t\te l'influ5ce qu& les autres s'en ti5n5t au rle secondaire d'associs (ficieux8 ,ge(froy a donc clairem5t la notion de ces modifications corrlatives auxquelles ,*>les ,d>w9 regrette dans ses d]nires publications de n'avoir pas atta* t\t d'abord une importance suffisante4 ,il =mule enf91 en #ahce4 dans ses tudes progressives d'un naturali/e#eb1 son op9ion sur les tres vivants et leur orig9e en disant3 ,il n'e/1 suivant moi1 qu'un seul sy/me de crations incessamm5t remanies1 et successivem5t progressives1 et remanies avec de pralables *angem5ts et s\s l'influ5ce t\te-puissante du monde extrieur4 la mme poque1 un autre gr& gnie1 ,cuvi]1 s\ti5t et df5d avec un incomp>able tal5t des op9ions exactem5t opposes4 ,de l une lutte ard5te1 dont n\s devrons aussi crire l'hi/oire1 c> elle ne fut pas sans pr(it p\r la philosophie naturelle et mit en ple9e lumire la valeur de doctr9es qui fuss5t sans cela demeures longtemps /riles4 ,,*apitre ,x ,,georges ,,cuvi] ,aff9its avec ,l9n2 influ5ce des dbuts de ,cuvi] sur son uvre sci5tifique2 les rvolutions du globe2 ?orie des crations successives et des migrations4--,c>actre des inductions de ,cuvi]4--,ordre d'app>ition des animaux2 cration spciale des pr9cipaux gr\pes4--,la classification naturelle3 adhsion au pr9cipe des causes f9ales2 pr9cipe des conditions d'exi/5ce2 loi de la corrlation des =mes2 loi de la subord9ation des c>actres4--,les quatre embran*em5ts du rgne animal4 ,n\s v5ons de voir quelle intime p>5t intellectuelle unissait ,buffon ces deux gr&s naturali/es ,lam>ck et ,ge(froy4 ,presque t\s les ap]u de philosophie zoologique cont5us dans l'hi/oire naturelle sont repris1 fconds1 dvelopps1 l avec une tonnante puissance de syn?se et un savoir imm5se de zoologi/e1 ici avec une m]veilleuse pntration1 une logique admirable1 un gnie enf9 qui sait lev] t\tes les que/ions1 tir] un p>ti inatt5du de t\tes les bran*es de la sci5ce et les dom9] t\tes p\r les faire conc\rir ce b suprme3 la dc\v]te du plan1 du secret mme de la cration4 ,cuvi] va de mme agr&ir en quelque sorte ,l9n4 ,les dbuts de celui qui devait pr5dre un j\r sur les sci5ces naturelles une dom9ation1 que ju/ifiai5t les plus brillantes dc\v]tes et la plus haute intellig5ce1 fur5t t\t autres que ceux de ,ge(froy4 ,t&is que ,ge(froy1 encore tudiant1 se livrait ,p>is1 s\s la direction de ,daub5ton1 l'tude des v]tbrs suprieurs1 le jeune ,georges ,cuvi]1 alors prcepteur dans la famille d',hricy1 fixe au *teau de ,fiqua9ville1 prs de ,fcamp1 occupait ses loisirs l'tude des animaux infrieurs1 des animaux sans v]tbres que la m] n\rrit en si gr&e abondance4 ,l1 po9t d'unit de plan qui sduise et puisse entran] ds l'abord4 ,la classe des v]s1 dans laquelle ,l9n a r5f]m presque t\s les inv]tbrs m>9s1 sauf les ,cru/acs1 se prs5te au contraire comme un assemblage m9emm5t disp>ate d'tres entre lesquels il ne semble y avoir de ressemblance que leur commune infriorit4 ,ds #agie1 ,cuvi]1 pe9e g de v+t-six ans1 propose de supprim] cette classe1 vritable *aos1 et il di/ribue t\s les inv]tbrs1 t\s les animaux sang blanc1 comme on les appelait encore d'aprs ,ari/ote1 en six classes1 savoir celles des ,mollusques1 des ,insectes1 des ,cru/acs1 des ,v]s1 des ,e*9od]mes et des ,zoophytes4 ,c'tait montr] un s5tim5t pr(ond des ressemblances et des diffr5ces que ces animaux1 jusque-l si peu connus1 prs5t5t entre eux2 il e/ mme rem>quable que la rp>tition actuellem5t admise des animaux sans v]tbres se rappro*e davantage de celle que ,cuvi] proposait alors que de celle laquelle il s'e/ df9itivem5t arrt4 ,les impressions de la jeunesse sont les plus vives et s\v5t aussi les plus ju/es que l'on ress5te3 ,cuvi]1 pntr ds lors des diffr5ces considrables qui exi/5t entre les animaux sang blanc1 p]suad qu'ils sont sp>s des v]tbrs p> un hiatus pr(ond1 ne revi5dra plus sur ce s5tim5t4 ,il e/ dsormais inaccessible ces ides d'unit du rgne animal que n\s avons vu ex]c] jusqu' la f9 de sa vie un *>me irrsi/ible sur le gnie de ,ge(froy4 ,dj ce premi] mmoire #agie conti5t l'indication de quelques-unes de ces corrlations que ,cuvi]1 comme jadis ,ari/ote1 excell]a plus t>d dc\vrir2 elles sont exprimes peu prs comme dans les uvres du prcepteur d',alex&re3 ,t\s les animaux sang blanc qui ont un cur sont signals comme possdant aussi des bran*ies2 ceux qui n'ont pas de cur1 mais seulem5t un vaisseau dorsal1 respir5t l'aide de tra*es4 ,t\s ceux qui possd5t un cur et des bran*ies possd5t galem5t un foie2 les autres en manqu5t4 ,ces corrlations1 ,cuvi] ne *]*e pas les expliqu] ni les int]prt] autrem5t qu'en les appliquant la classification2 il les con/ate simplem5t comme des lois de la nature1 rsultant de l'obs]vation immdiate des faits1 et cette circonspection dans la faon de procd] ne f]a que dev5ir plus gr&e mesure qu'il avanc]a dans sa c>rire de naturali/e4 ,ces premi]s rsultats1 communiqus ,ge(froy ,sa9t-,hilaire en #agid1 alors que ,cuvi] habite encore la ,norm&ie1 transport5t d'en?\siasme le jeune pr(esseur au ,musum4 ,v5ez1 crit-il son futur rival1 v5ez j\] p>mi n\s le rle d'un n\veau ,l9n4 ,c'e/ bi51 en effet1 un autre ,l9n qui se rvle1 mais un ,l9n qui doit embrass] dans son va/e gnie et les lois de la di/ribution m?odique des animaux et celles de leur organisation1 qui doit ressuscit] un pass van\i depuis un nombre incalculable de sicles1 qui doit faire revivre dans l'imag9ation tonne de ses contempora9s t\t un monde ananti p\r jamais1 qu'il n'a t donn aucun il huma9 de contempl] et qui semblait devoir demeur] t]nellem5t enf\i dans les entrailles d'un sol =m de ses dbris4 ,p\rsuivant ses re*]*es sur les animaux infrieurs1 ,cuvi] donne successivem5t ses mmoires sur l'anatomie de la patelle 7#agib71 sur l'anatomie de l'esc>got 7#agie71 sur la /ructure des mollusques et leur division en ordres 7#agie71 sur un n\veau g5re de mollusques1 les phyllidies 7#agif71 sur l'animal des l+ules1 sur l'anatomie des ascidies 7#agig71 sur les vaisseaux sangu9s des sangsues 7#agih71 sur les v]s sang r\ge 7#ahjb71 sur l'aplysie1 sur la vrtille et les coraux en gnral 7#ahjc71 sur les biphores 7#ahjd71 sur div]s mollusques ptropodes ou nudibran*es4 ,il fait en mme temps de nombreuses incursions dans l'hi/oire des animaux v]tbrs1 rassemble de prcieux docum5ts sur les os des tres antdiluvi5s que l'on comm5ce exhum] de t\tes p>ts et runit enf9 en #ahaa1 dans un ouvrage capital1 intitul mode/em5t ,re*]*es sur les ossem5ts fossiles1 l'ensemble de ses travaux sur les animaux disp>us4 ,en tte de cet ouvrage il place une sorte de prface dev5ue clbre s\s le nom de ,disc\rs sur les rvolutions du globe1 et il y expose les conclusions gnrales auxquelles l'ont conduit ses tudes relativem5t l'orig9e et l'anci5net du rgne animal4 crit dans un /yle ple9 d'lgance1 de cl>t et de gr&eur1 ce disc\rs ne p\vait manqu] de faire une gr&e impression3 il a rgl p5dant longtemps la direction des re*]*es des gologues et des palontologi/es et1 plus d'une fois1 leur a dict leur insu les conclusions de leurs travaux4 ,cuvi] y accumule les faits2 sans cesse il se montre proccup de leur laiss] exclusivem5t la p>ole2 il fait pr(ession de n'nonc] que les plus pro*a9es des consqu5ces qu'ils p>aiss5t cont5ir2 il rejette d'avance t\tes les ?ories1 n\s fait assi/]1 non sans quelque complaisance1 l'cr\lem5t de t\s les sy/mes imag9s p\r dev9] le pass de notre globe1 au moy5 de quelque induction h>die2 il p>at enf9 introduire dans l'hi/oire naturelle une rigueur de dmon/ration inconnue jusque-l4 mesure que l'on avance dans la lecture de ce *ef-d'uvre de /yle sci5tifique1 on se laisse envahir p> l'ide que *aque pas e/ absolum5t assur1 *aque progrs dcisif1 *aque affirmation dsormais 9branlable4 ,cette m?ode1 qui consi/e ctoy] les faits1 ne s'en c>t] jamais p\r les coordonn] l'aide de quelque ide gnrale1 e/ dev5ue la rgle d'une puissante cole2 elle a t prs5te comme la m?ode mme de la sci5ce2 il e/ d'un haut intrt philosophique de re*]*] quels rsultats elle a donns entre les ma9s du gr& naturali/e qui en fut l'initiateur1 au comm5cem5t de ce sicle4 ,les d*irures pr(ondes qu'(fr5t les gr&es *anes de montagnes1 les discordances qui frapp5t dans la /ratification des c\*es qui les compos5t1 les plissem5ts1 les failles qu'elles prs5t5t inspir5t d'abord ,cuvi] l'ide que notre globe a t le ?tre de rvolutions nombreuses1 d'p\vantables cataclysmes1 qui en ont plusieurs reprises b\lev]s la surface4 ,qui donc ne ress5tirait pas une semblable impression en contemplant1 p> exemple1 nos ,pyrnes aux crtes t\rm5tes1 aux c\*es r$resses et tordues1 aux gorges abruptes1 comme si quelque gigantesque pe avait taill d'un c\p des br*es dans leurs flancs8 ,voil le fait actuel1 brutal1 saisissant2 il semble que la nature se soit laisse surpr5dre p> l'obs]vateur1 qu'elle n'ait pas encore eu le temps de rp>] le dsordre dans lequel l'ont jet ses d]nires convulsions4 ,l'image de cataclysmes t]ribles s'impose l'esprit1 qu'elle obsde comme l'9vitable consqu5ce de l'obs]vation1 et ,cuvi] affirme que ces cataclysmes ont eu lieu4 ,bi5 plus1 ils ont t subits3 la preuve en e/ f\rnie p> les cadavres de rh9ocros et de mamm\? que les glaces de la ,sibrie n\s ont cons]vs intacts avec leur *air et leur peau4 ,sans aucun d\te ces animaux ont t gels aussitt que tus2 sans cela1 la corruption se ft emp>e de leur corps et n'en et laiss que le squelette4 ,mais o viv5t auj\rd'hui les rh9ocros et les lphants8 ,s\s le climat brlant de l',afrique4 ,le climat de la ,sibrie tait donc torride1 au mom5t o ces gr&s animaux y vivai5t1 et le mme in/ant qui les a fait prir a d r5dre glacial le pays qu'ils habitai5t4 ,cet vnem5t1 aj\te ,cuvi] dans son magnifique /yle1 a t subit1 in/antan1 sans aucune gradation1 et ce qui e/ si clairem5t dmontr p\r cette d]nire cata/rophe ne l'e/ gure mo9s p\r celles qui l'ont prcde4 ,les d*irem5ts1 les r$ressem5ts1 les r5v]sem5ts des c\*es plus anci5nes ne laiss5t pas d\t] que des causes subites et viol5tes ne les ai5t mises dans l'tat o n\s les voyons2 et mme la =ce des m\vem5ts qu'pr\va la masse des eaux e/ encore atte/e p> les amas de dbris et de caill\x r\ls qui s'int]pos5t en beauc\p d'endroits entre les c\*es solides4 ,la vie a donc s\v5t t tr\ble sur cette t]re p> des vnem5ts effroyables4 ,des tres vivants sans nombre ont t victimes de ces cata/rophes3 les uns1 habitants de la t]re s*e1 se sont vus engl\tir p> des dluges2 les autres1 qui peuplai5t le se9 des eaux1 ont t mis sec avec le fond des m]s subitem5t relev2 leurs races mme ont f9i p\r jamais et ne laiss5t dans le monde que quelques dbris pe9e reconnaissables p\r le naturali/e4 ,telles sont les consqu5ces o conduis5t ncessairem5t les objets que n\s r5controns *aque pas1 que n\s p\rrions vrifi] *aque in/ant1 presque dans t\s les pays4 ,ces gr&s vnem5ts sont clairem5t empre9ts p>t\t p\r l'il qui sait en lire l'hi/oire dans leurs monum5ts4 ,l'affirmation e/ nonce sans aucune rs]ve3 les faits ne p>aiss5t-ils pas absolum5t pressants1 les raisonnem5ts qu'ils appui5t ne sont-ils absolum5t rig\reux8 ,une fois tablie l'ide que des ef=ts viol5ts et subits ont am5 les rvolutions du globe1 ,cuvi] *]*e dmontr] que les phnomnes dont notre ,t]re e/ actuellem5t le ?tre ne saurai5t expliqu] ces t]ribles vnem5ts2 les effets de la pluie1 des v5ts1 de la c\rse des eaux1 du m\vem5t des vagues de la m]1 des phnomnes volcaniques1 des tremblem5ts de t]re sont rapidem5t passs en revue et lim9s2 ,cuvi] ne s'arrte sur l'influ5ce possible des modifications de position de l'axe t]re/re que p\r dire3 ,ces deux m\vem5ts444 n'ont nulle proportion avec des effets tels que ceux dont n\s v5ons de con/at] la gr&eur4 ,dans t\s les cas1 leur l5teur excessive emp*]ait qu'ils puss5t expliqu] des cata/rophes que n\s v5ons de pr\v] avoir t subites4 ,voil donc les =ces actuelles dcl>es insuffisantes p\r expliqu] l'tat actuel de l'corce t]re/re1 et les causes des prt5dues rvolutions du globe plonges dans un my/re dont elles auront bi5 de la pe9e se dgag]4 ,quant la dure de la priode de tranquillit p5dant laquelle s'e/ dr\le notre hi/oire1 ,cuvi]1 s'appuyant cette fois sur une savante discussion de docum5ts hi/oriques ou ar*ologiques1 l'value environ six mille ans4 ,on sait quels rsultats sont arrivs auj\rd'hui les gologues4 ,t\s s'accord5t reconnatre que la priode actuelle a une dure bi5 vois9e d'un demi-milli] de sicles#ec2 t\s reconnaiss5t que c'e/ des phnomnes entirem5t semblables ceux qui s'accompliss5t de nos j\rs qu'e/ d en gr&e p>tie l'aspect actuel de la surface du globe2 t\s affirm5t que ces phnomnes ont t l5ts et graduels2 qu'il n'y a jamais eu ni cataclysmes gnraux ni rvolutions subites2 il e/ enf9 dmontr que les lphants et les rh9ocros ensevelis dans les glaces de ,sibrie tai5t organiss p\r vivre dans les pays froids4 ,t\tes ces conclusions sont la contradiction =melle de celles auxquelles tait arriv ,cuvi]4 ,comm5t expliqu] que1 une poque o ,ge(froy et ,lam>ck s\t5ai5t dj les ides qui ont prvalu1 l'esprit m9emm5t logique et prcis de ,cuvi] leur soit demeur f]m8 ,ce qui dom9e avant t\t1 dans le ,disc\rs sur les rvolutions du globe1 c'e/ la p]suasion que la sci5ce se tr\ve en prs5ce d'nigmes p\r longtemps ind*iffrables et dont il e/ inutile de *]*] le mot4 ,cuvi] se fait un jeu de montr] la fragilit des explications t5tes jusqu' ce j\r3 les gr&s noms de ,desc>tes1 de ,leibnitz1 de ,kepl]1 de ,buffon sont associs dans sa critique ceux de ,rob9et et de ,telliam$4 ,les ides gnrales au moy5 desquelles les faits dj connus peuv5t tre en p>tie coordonns se tr\v5t a9si compltem5t c>tes4 ,mais la raison huma9e ne p]d jamais ses droits2 elle a un beso9 irrsi/ible de comb9] et d'induire1 beso9 qui a exi/ de t\t temps1 qui a t l'orig9e1 la condition ncessaire du langage1 qui a fait de l'homme ce qu'il e/1 deux faits se prs5t5t-ils elle simultanm5t1 elle leur suppose involontairem5t une relation immdiate de cause effet1 cette relation ft-elle de t\s po9ts in9telligible1 si aucune ?orie ne la prvi5t qu'entre ces deux faits s'*elonn5t un gr& nombre d'autres faits ncessaires p\r tablir leur vritable liaison2 devant elle se dresse alors1 comme seule explication1 la volont div9e dans sa t\te-puissance2 ri5 ne lui semble plus invraisemblable1 et elle accepte dans t\te leur t5due les consqu5ces qui lui sembl5t se dgag] du rappro*em5t des deux faits1 si absurdes qu'elles puiss5t p>atre4 ,sans aucun d\te1 si ,cuvi] avait t mo9s pntr de l'infirmit de notre intellig5ce aux prises avec la nature1 s'il avait t mo9s conva9cu de l'inanit des sy/mes de ,leibnitz et de ,buffon1 dont il a bi5 fallu1 en df9itive1 repr5dre quelque *ose1 s'il avait eu mo9s de dda9 p\r les conceptions gnrales1 ,cuvi] et hsit croire qu'une rgion du globe avait pu tre in/antanm5t plonge d'une temprature torride dans une temprature glaciale2 il se s]ait dem& si vraim5t les lphants et les rh9ocros tr\vs en ,sibrie tai5t bi5 organiss p\r vivre dans les pays *auds o sont actuellem5t conf9es les espces analogues2 son att5tion se s]ait porte sur leur paisse toison2 peut-tre aurait-il dc\v]t1 comme on l'a df9itivem5t con/at auj\rd'hui1 que les mamm\?s vivai5t au milieu de tr\peaux de r5nes2 que c'tai5t des animaux des pays froids1 que p> consqu5t1 au mom5t o ils tai5t morts1 la ,sibrie n'avait pas t brusquem5t c\v]te de glace1 mais l'tait dj depuis longtemps4 ,quelque d\te s]ait entr dans son esprit relativem5t la s\da9et des cataclysmes qu'il croyait dev9]2 peut-tre mme ces cataclysmes lui aurai5t-ils p>u improbables2 les ides de ,lam>ck et de ,ge(froy relativem5t la l5teur des *angem5ts qui se sont produits la surface du globe aurai5t pu se faire j\r1 et l'on n'aurait pas vu s'tablir dans la sci5ce une m?ode de raisonnem5t qui pse encore l\rdem5t sur div]ses bran*es de l'hi/oire naturelle4 ,p]sonne n'admet plus auj\rd'hui les gr&s cataclysmes1 les rvolutions subites de notre globe2 cep5dant on s'imag9e s\v5t encore qu'on ne peut progress] d'une faon assure qu'en s'int]disant t\t essai de coord9ation quelque peu t5du1 en se bornant tir] des consqu5ces du rappro*em5t immdiat de faits rig\reusem5t obs]vs1 mais que ri5 ne relie d'autres faits antrieurem5t connus et plus loigns en app>5ce4 ,on conclut volonti]s1 p> exemple1 de ce que des faunes se succd5t brusquem5t dans c]ta9es suites de t]ra9s1 que ces faunes se sont aussi subitem5t modifies1 sans se dem&] quelle dure de temps peut bi5 reprs5t] la simple f5te qui sp>e ces c\*es2 on con/ate l'uni=mit de la faune et de la flore durant la priode primaire3 on en conclut aussitt que les climats tai5t les mmes p> t\te la t]re et que les m]s avai5t p>t\t la mme con/itution1 sans se dem&] si l'uni=mit ne ti5t pas simplem5t ce que des types v>is1 troitem5t adapts des conditions d'exi/5ce dt]m9es1 n'avai5t pas encore eu le temps d'app>atre4 ,supprimez dans notre flore actuelle les plantes dicotyldones et monocotyldones2 supprimez1 dans la faune1 les mammifres1 les oiseaux1 les reptiles1 les batraci5s1 les poissons osseux1 les insectes1 la faune et la flore de notre t]re actuelle ne v\s p>atront-elles pas aussi d'une dsesprante uni=mit8 ,les climats ne v\s sembl]ont-ils pas brusquem5t confondus8 ,v\s n'aurez fait cep5dant qu'anantir le !rmomtre au moy5 duquel les diffr5ces de climat peuv5t tre apprcies4 ,qui sait si les affirmations relatives l'uni=mit de temprature de la priode primaire mrit5t plus de confiance que celles qui sembl]ai5t dictes dans les circon/ances hypo?tiques o n\s n\s sommes placs8 ,n\s p\rrions multipli] ces exemples1 bi5 propres montr] t\s les dang]s que font c\rir la sci5ce des dfiances exagres qui1 au lieu de laiss] l'esprit t\t son essor1 de lui p]mettre de dom9] de haut les que/ions1 le ma9ti5n5t1 les ailes replies1 dans un labyr9! de faits o il ne peut *em9] qu'en rampant4 ,mais1 en prs5ce des cataclysmes qui agit]ai5t priodiquem5t notre globe1 que devi5n5t les animaux et les plantes8 ,cuvi] suppose que *aque rvolution fait disp>atre un gr& nombre d'espces1 bi5 diffr5t en cela de ,lam>ck1 qui considre l'homme comme seul capable de dtruire les productions de la nature4 ,comm5t les espces disp>ues en un po9t du globe sont-elles remplaces8 ,une n\velle cration e/-elle ncessaire8 ,on a s\v5t prt ,cuvi] cette op9ion4 ,au mo9s dans le ,disc\rs sur les rvolutions du globe1 elle n'e/ pas trs explicitem5t exprime1 et ,cuvi] mme p>at s'en df5dre4 ,au re/e1 dit-il1 lorsque je s\ti5s que les bancs pi]reux conti5n5t les os de plusieurs g5res1 et les c\*es meubles ceux de plusieurs espces qui n'exi/5t plus1 je ne prt5ds pas qu'il ait fallu une cration n\velle p\r produire les espces auj\rd'hui exi/antes2 je dis seulem5t qu'elles n'exi/ai5t pas dans les lieux o on les voit prs5t et qu'elles ont d y v5ir d'ailleurs4 ,mais ce passage s'applique surt\t l'homme et aux animaux suprieurs1 aux mammifres notamm5t2 c> ,cuvi] admet d'autre "p que les div]ses classes d'animaux ont app>u successivem5t1 ce qui suppose qu'elles ont t *acune l'objet d'une cration p>ticulire4 ,a9si1 dit-il aprs avoir expos l'ordre dans lequel se r5contr5t les fossiles1 comme il e/ raisonnable de croire que les coquilles et les poissons n'exi/ai5t pas l'poque de la =mation des t]ra9s primordiaux1 l'on doit croire aussi que les quadrupdes ovip>es ont comm5c avec les poissons1 et ds les premi]s temps qui ont produit des t]ra9s secondaires1 mais que les quadrupdes t]re/res ne sont v5us1 du mo9s en nombre considrable1 que longtemps aprs et lorsque les calcaires grossi]s eur5t t dposs444 ,aprs ces calcaires grossi]s1 on ne tr\ve plus que des t]ra9s meubles1 des sables1 des m>nes1 des grs1 des argiles1 qui indiqu5t plutt des transports plus ou mo9s tumultueux qu'une prcipitation tranquille2 et1 s'il y a quelques bancs pi]reux et irrguli]s un peu considrables au-dessus ou au-dess\s de ces t]ra9s de transport1 ils donn5t en gnral des m>ques d'avoir t dposs dans l'eau d\ce4 ,presque t\s les cas connus de quadrupdes vivip>es sont donc ou dans ces t]ra9s d'eau d\ce1 ou dans ces t]ra9s de transport2 et p> consqu5t il y a t\t lieu de croire que ces quadrupdes n'ont comm5c exi/]1 ou du mo9s laiss] leurs dp\illes dans les c\*es que n\s p\vons sond]1 que depuis l'avant-d]nire retraite de la m] et p5dant l'tat de *oses qui a prcd sa d]nire irruption4 ,cuvi] p5se donc ou1 p\r n\s s]vir de sa =mule1 e/ t\t au mo9s dispos p5s] que *acun des gr&s gr\pes zoologiques que n\s v5ons d'numr] a t l'objet d'une cration spciale4 ,quant aux espces1 elles sont p\r lui immuables depuis leur cration2 il peut considr] le fait comme exprim5talem5t dmontr1 puisqu'il croit avoir tabli que la priode actuelle n'a encore que #fjjj ans de dure1 et que rellem5t les animaux cons]vs depuis la plus haute antiquit gypti5ne ne diffr5t en ri5 des animaux actuels2 mais l'argum5t p]d videmm5t beauc\p de sa valeur si la dure de l'poque actuelle doit tre au mo9s dcuple1 comme le p5s5t les gologues4 ,d'ailleurs1 mme l'g>d de la fixit de l'espce1 ,cuvi] fait ses rs]ves2 si elle e/ vraim5t fixe *ez les animaux suprieurs1 elle p\rrait bi5 ne pas l'tre *ez les animaux sang blanc4 ,v\lant expliqu] p\rquoi ses tudes palontologiques ont pr9cipalem5t port sur les mammifres1 il crit3 ,des coquilles annonc5t bi5 que la m] exi/ait o elles se sont =mes2 mais leurs *angem5ts d'espces p\rrai5t la rigueur prov5ir de *angem5ts lg]s dans la nature du liquide ou seulem5t dans sa temprature4 ,on peut ent5dre1 il e/ vrai1 ce passage comme relatif des migrations d'espces plutt qu' des modifications morphologiques1 et ce qui suit semble donn] plus de probabilit la premire v]sion4 ,mais1 au db de son disc\rs1 ,cuvi] e/ plus explicite qu& il s'exprime a9si3 ,on compr5d que1 au milieu de telles v>iations dans la nature du liquide1 les animaux qu'ils n\rrissai5t ne p\vai5t demeur] les mmes444 ,il y a donc eu dans la nature animale une succession de v>iations qui ont t occasionnes p> celles du liquide dans lequel les animaux vivai5t ou qui du mo9s leur ont correspondu2 et ces v>iations ont conduit p> degrs les classes des animaux aquatiques leur tat actuel4 ,n\s reconnaissons sans pe9e que ce passage prte encore la discussion2 mais1 qu& un criva9 aussi matre de sa plume que l'tait ,cuvi] laisse quelques quivoques dans sa phrase1 il e/ p]mis de croire que son op9ion n'e/ pas compltem5t arrte dans son esprit1 et c'e/ la seule *ose qu'il soit ici intressante de ret5ir4 ,on retr\ve des traces de la mme indcision dans les considrations sur l'espce dveloppes au db de son ,rgne animal#ed3 ,on n'a aucune preuve que t\tes les diffr5ces qui di/+u5t auj\rd'hui les tres organiss soi5t de nature avoir pu tre a9si produites p> les circon/ances4 ,t\t ce qu'on a avanc sur ce sujet e/ hypo?tique4 ,l'expri5ce p>at montr]1 au contraire1 que1 dans l'tat actuel du globe1 les v>its sont r5f]mes dans des limites assez troites1 et1 aussi lo9 que n\s p\vons remont] dans l'antiquit1 n\s voyons que ces limites tai5t les mmes qu'auj\rd'hui4 ,p\r demeur] d'accord avec les faits1 ,cuvi] aurait d s'arrt] l2 mais il gnralise aussitt et arrive cette conclusion1 qui n'e/ nullem5t la consqu5ce ncessaire du petit nombre de faits obs]vs3 ,on e/ donc oblig d'admettre c]ta9es =mes qui se sont p]ptues depuis l'orig9e des *oses1 sans excd] ces limites1 et t\s les tres app>t5ant l'une de ces =mes con/itu5t une espce4 ,les v>its sont des divisions accid5telles de l'espce4 ,la gnration tant le seul moy5 de connatre les limites auxquelles les v>its puiss5t s't5dre1 on doit df9ir l'espce1 la runion des individus desc5dus l'un de l'autre ou de p>5ts communs et de ceux qui leur ressembl5t autant qu'ils se ressembl5t entre eux4 ,en rsum1 ,cuvi] croit f]mem5t des b\lev]sem5ts s\da9s et trs gnraux de la surface du globe4 ,ces b\lev]sem5ts dtruis5t la plus gr&e p>tie des espces vivant dans la rgion o ils se produis5t4 ,plus t>d1 ces espces sont remplaces p> d'autres1 p\vant v5ir des rgions qui ont t p>gnes4 ,une cration n\velle n'e/ donc pas ncessaire aprs *aque cataclysme2 cep5dant elle e/ possible1 et il e/1 en t\t cas1 c]ta9 que les diffr5tes classes du rgne animal ont app>u ou1 si l'on veut1 ont t cres successivem5t4 ,les espces m>9es ont pu tre en p>tie p>gnes p> les vnem5ts qui agitai5t la surface de la t]re m]ge2 mais la composition des eaux ayant sans aucun d\te subi1 dans la suite des temps1 de nombreux *angem5ts1 l'ensemble des espces habitant une localit donne a pr\v des modifications correspondantes4 ,telle e/ la ?orie de ,cuvi]2 elle a t exagre1 comme il arrive d'ord9aire1 p> quelques-uns de ses disciples1 dont plusieurs ont admis comme un dogme 9branlable l'hypo?se de crations successives ou plus exactem5t de crations spciales *aque gr&e priode gologique4 ,peu importe1 du re/e1 que les animaux et les plantes ai5t t crs une fois p\r t\tes1 ou que la puissance cratrice ait manife/ div]ses reprises sa fconde activit2 du mom5t qu'on admet1 comme ,cuvi]1 que les espces sont fixes1 immuables1 qu'elles ont d tre *acune l'objet d'un acte crateur di/9ct1 il n'y a plus se proccup] de leur orig9e2 t\te l'activit de ,cuvi] se t\rne v]s une autre direction3 un trs gr& nombre d'animaux prs5t5t1 dans leur organisation1 des ressemblances inconte/ables2 il en e/ d'autres qui sont sp>s p> des diffr5ces pr(ondes4 ,cuvi] va s'ef=c] de =mul] ces diffr5ces d'une faon prcise2 il va *]*] en*an] les ressemblances dans des lois qui s]ont les lois mmes de l'organisation2 il va dev5ir d'une "p le fondateur de la classification naturelle des animaux1 d'autre "p l'un des crateurs de l'anatomie comp>e4 ,la priode de ,l9n e/1 en quelque sorte1 dom9e p> le beso9 imprieux de di/+u] nettem5t les unes des autres les espces1 considres comme des =mes fixes1 immuables4 ,on *]*e avant t\t le moy5 d'arriv] reconnatre rapidem5t celles qui sont dcrites1 af9 de p\voir dnomm] celles qui ne le sont pas4 ,ce dnombrem5t des tres vivants conduit ncessairem5t reconnatre entre eux des degrs div]s de ressemblance4 ,t\t en re*]*ant surt\t des diffr5ces1 on ne peut vit] de reconnatre que les espces animales et vgtales se dispos5t en longues sries dans lesquelles deux =mes successives ne diffr5t que p> des c>actres insignifiants1 les =mes extrmes1 si trangres qu'elles p>aiss5t au premi] abord les unes aux autres1 se tr\vant a9si runies p> une f\le d'int]mdiaires4 ,c'e/ ce mme fait qui se traduit dans ,bonnet p> l'ide de l'*elle des tres1 dans ,buffon et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire p> celle de l'unit de plan de composition1 dans ,lam>ck p> l'ide de l'volution et la ?orie de la desc5dance2 c'e/ lui aussi qui amne ,l9n1 les de ,jussieu et ,cuvi] concevoir l'ide qu'il exi/e une sorte de plan de cration que nos procds de classification des animaux doiv5t reproduire2 qu'il y a lieu de re*]*] une disposition de nos li/es d'espces1 seule con=me ce plan de la nature1 et dans laquelle *aque espce a sa place m>que entre les deux espces qui lui ressembl5t le plus4 ,cette place tant connue1 on doit p\voir en conclure t\te l'organisation du vgtal ou de l'animal qui l'occupe4 ,aussi di/+ue-t-on soigneusem5t ce procd idal de classification1 dsign s\s le nom de m?ode naturelle1 des sy/mes artificiels dont avai5t d se cont5t]1 faute de mieux1 les premi]s classificateurs4 ,la re*]*e de la m?ode naturelle1 dsigne p> ,l9n comme un des gr&s problmes rs\dre1 e/1 depuis l'illu/re ,sudois1 la proccupation dom9ante de nombreux naturali/es2 les de ,jussieu s'ef=c5t d'tablir les pr9cipes sur lesquels cette m?ode doit repos] *ez les vgtaux2 ,cuvi]1 p]suad qu'une bonne m?ode1 c'e/ la sci5ce elle-mme1 df9it et dveloppe ces pr9cipes avec une r>e cl>t en ce qui conc]ne le rgne animal1 auquel il en fait une sduisante application4 ,p\r que la m?ode soit bonne1 dit-il1 il faut que *aque tre porte son c>actre avec lui2 on ne peut donc pr5dre les c>actres dans des proprits ou dans des habitudes dont l'ex]cice soit mom5tan2 mais ils doiv5t tre tirs de la con=mation4 ,ces simples mots lim95t compltem5t l'embryognie1 qui l'on dem&e cep5dant auj\rd'hui la solution de t\s les problmes difficiles d'aff9it1 et qui s]a vraisemblablem5t1 dans un av5ir pro*a91 la gr&e rvlatrice des vritables rapports gnalogiques des animaux4 ,l'anatomie devi5t la base exclusive de la classification4 ,mais1 p>mi les c>actres div]s que l'organisation d'un animal peut prs5t]1 quels sont ceux que l'on *oisira de prfr5ce p\r tablir les gr&es divisions8 ,cuvi] fait ici rem>qu] que t\s les c>actres ne saurai5t avoir la mme valeur4 ,il e/1 dit-il1 tels traits de con=mation qui en exclu5t d'autres2 il en e/ qui1 au contraire1 en ncessit5t4 ,qu& on connat donc tels ou tels traits dans un tre1 on peut calcul] ceux qui coexi/5t avec ceux-l ou ceux qui leur sont incompatibles4 ,les p>ties1 les proprits ou les traits de con=mation qui ont le plus gr& nombre de ces rapports d'incompatibilit ou d'exi/5ce avec d'autres1 en d'autres t]mes qui ex]c5t sur l'ensemble de l'tre l'influ5ce la plus m>que1 sont ce qu'on appelle les c>actres importants1 les c>actres dom9ateurs2 les autres sont des c>actres subordonns1 et il y en a a9si de diffr5ts degrs4 ,naturellem5t1 ce sont les c>actres les plus influ5ts qui s]ont la base des divisions les plus t5dues2 les autres vi5dront aprs1 dans leur ordre d'importance4 ,cela revi5t dire1 en somme1 qu'il exi/e des c>actres d'embran*em5t1 de classe1 d'ordre1 de g5re ou d'espce1 ide qui tait videmm5t dans l'esprit de ,l9n lorsqu'il tablissait sa hir>*ie des divisions zoologiques ou botaniques4 ,mais1 outre ce pr9cipe de la subord9ation des c>actres1 base de la m?ode1 le passage que n\s v5ons de cit] conti5t l'expos d'un autre pr9cipe dont ,cuvi] fait la base de l'anatomie comp>e3 c'e/ le pr9cipe de la corrlation des =mes1 exprimant cette d\ble ide3 #a que les p>ties d'un tre vivant sont tellem5t lies entre elles qu'aucune d'elles ne peut *ang] sans que les autres *ang5t aussi#ee2 #b qu'on peut1 en consqu5ce1 tant donne la =me d'un organe d'un animal1 calcul] les =mes de t\s les autres4 ,ce sont l des propositions d'une h>diesse extrme et qui ne sont peut-tre pas aussi troitem5t lies l'une l'autre que le texte de ,cuvi] p\rrait le faire suppos]4 ,si l'on considre1 l'exemple de ,cuvi]1 le corps d'un animal comme une fonction plusieurs v>iables1 la fonction p>at au contraire a priori tellem5t complique1 le nombre des v>iables si considrable qu'on ne peut se df5dre de l'ide que les solutions s]ont ord9airem5t multiples et s\v5t indt]m9es4 ,aussi ,cuvi] re/re9t-il d'avance le problme au moy5 d'un autre pr9cipe1 qui p>at de nature le dt]m9]1 le pr9cipe des conditions d exi/5ce1 suivant lequel *aque animal possde t\t ce qu'il lui faut et ri5 que ce qu'il lui faut p\r assur] son exi/5ce dans les conditions o elle doit s'c\l]4 ,cette proposition1 dont le pr9cipe de la corrlation des =mes p>at1 au premi] abord1 une consqu5ce naturelle1 n'e/ pas autre *ose que le pr9cipe des causes f9ales1 pr9cipe que ,cuvi] considre comme p>ticuli] aux sci5ces naturelles et qui e/1 suivant lui1 le seul fondem5t sur lequel puiss5t s'appuy] leurs inductions4 ,dans l'application1 ,cuvi] se tr\ve cep5dant oblig de desc5dre des hauteurs o vi5t de l'entran] un c\p d'aile un peu trop vig\reux de son gnie1 et il f9it p> dire du pr9cipe de la corrlation des =mes3 ,ce pr9cipe e/ assez vid5t en lui-mme1 dans cette acception gnrale1 p\r n'avoir pas beso9 d'une plus ample dmon/ration2 mais1 qu& il s'agit de l'appliqu]1 il e/ un gr& nombre de cas o notre connaissance ?orique des rapports des =mes ne suffirait po9t1 si elle n'tait appuye sur l'obs]vation444 ,puisque ces rapports sont con/ants1 il faut bi5 qu'ils ai5t une cause suffisante2 mais1 comme n\s ne la connaissons pas1 n\s devons suppler au dfaut de la ?orie p> le moy5 de l'obs]vation2 elle n\s s]t tablir des lois empiriques1 qui devi5n5t presque aussi c]ta9es que les lois rationnelles1 qu& elles repos5t sur des obs]vations assez rptes4 ,l se tr\ve exprime la diffr5ce des m?odes de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et de ,cuvi]2 p> l aussi on peut apprci] la diffr5ce de leur porte4 ,la cause suffisante des rapports des p>ties de l'organisme1 ,ge(froy *]*e la dev9]2 ,cuvi] s'int]dit une p>eille tmrit4 ,s'il ne connat pas cette cause t\t entire1 ,ge(froy russit nanmo9s la saisir en p>tie1 et ds lors il peut calcul] et prvoir des comb9aisons organiques trs loignes de celles qui sont ralises *ez les tres actuellem5t vivants4 ,cuvi] au contraire1 dp\rvu de ce guide1 oblig de suivre pas pas les faits qu'il obs]ve1 ne peut s'avanc] au del2 non seulem5t il se prive volontairem5t d'un procd prcieux de dc\v]te1 mais sa foi exclusive dans la valeur des faits actuels l'expose1 en palontologie comme en gologie1 des erreurs contre lesquelles ri5 ne vi5t le mettre en g>de4 ,ge(froy prvoit1 *]*e et dc\vre des g]mes de d5ts *ez les embryons des bale9es et des oiseaux2 l'exhumation d'un oiseau p\rvu de d5ts1 tel que l',hesp]ornis ou l',i*?yornis de la craie d',amrique1 e/ p\r lui un fait prvu2 ,cuvi] au contraire non seulem5t ne saurait press5tir une telle dc\v]te1 s'il demeurait fidle sa m?ode1 mais encore1 s'il lui et t donn d'tudi] une m*oire isole d'un oiseau p\rvu de d5ts1 le pr9cipe de la corrlation des =mes lui et int]dit de rapport] cette m*oire autre *ose qu' un reptile4 ,ge(froy1 comme t\s les hommes pntrs d'une ide gnrale coord9atrice1 quelle qu'elle soit1 e/ dans la situation privilgie d'un obs]vateur plac sur un sommet lev d'o il peut dc\vrir un va/e panorama3 dans ce panorama1 les villages1 les b\rgades1 les hameaux1 les =ts1 les bois1 les *amps1 les montagnes et les valles lui app>aiss5t non seulem5t avec les dtails qui leur sont propres1 mais aussi avec leurs rapports de position et de gr&eur relativem5t aux autres objets4 ,cuvi]1 t\t en s'levant lui-mme1 qu& il lui plat1 recomm&e de ne jamais gravir de p>eils sommets2 il faut1 suivant lui1 s'avanc] les yeux con/amm5t fixs sur l'objet le plus pro*a91 m>*] l5tem5t1 pas pas et ne s'av5tur] dcrire le pays qu'aprs en avoir p>c\ru pi$ t\s les s5ti]s4 ,lorsqu'il s'adresse ,ge(froy1 on croirait ent5dre le lion conseillant l'aigle de ne jamais faire usage de ses ailes4 ,en ralit1 le pr9cipe de la corrlation des =mes e/ t\j\rs demeur dans le doma9e mtaphysique2 en palontologie1 la vraie m?ode pratique p> ,cuvi]1 celle qui l'a conduit ses dc\v]tes1 rsidait simplem5t dans une comp>aison rig\reuse des fragm5ts des squelettes fossiles qu'il avait sa disposition avec les fragm5ts correspondants des squelettes des animaux actuels1 comp>aison exigeant une sci5ce pr(onde que ,cuvi] p\vait mettre au s]vice d'une m]veilleuse sagacit4 ,en d'autres ma9s que les si5nes1 cette m?ode1 avec ses allures dogmatiques1 e/1 on l'a vu depuis bi5 des fois1 ple9e de prils2 ,ge(froy laissait au contraire aprs lui1 dans la ?orie des analogues1 une m?ode d'une telle prcision qu'elle e/ dev5ue la m?ode habituelle d'inve/igation de t\s les anatomi/es4 ,en zoologie1 ,cuvi] suit plus rig\reusem5t la voie indique p> le pr9cipe de la subord9ation des c>actres4 ,lorsqu'il *]*e quels sont les c>actres les plus influ5ts dont il faudra faire la base des premires divisions1 il procde cep5dant p> un a priori4 ,il e/ clair1 dit-il1 que ce sont ceux qui se tir5t des fonctions animales1 c'e/--dire des s5sations et du m\vem5t1 c> non seulem5t ils font de l'tre un animal1 mais ils tabliss5t encore le degr de son animalit#ef4 ,cuvi] s'adresse donc t\t d'abord au sy/me n]veux1 auquel il atta*e une importance exceptionnelle1 de qui il va mme jusqu' dire3 ,le sy/me n]veux e/1 au fond1 t\t l'animal2 les autres sy/mes ne sont l que p\r l'entret5ir et le s]vir#eg4 ,il reconnat que le sy/me n]veux se prs5te s\s quatre tats diffr5ts dans le rgne animal3 ou bi5 il con/itue un ensemble =m du c]veau et de la moelle p9ire1 enf]ms l'un et l'autre dans une enveloppe osseuse2 ou bi5 il e/ =m de masses p>ses p>mi les viscres et runies p> des filets n]veux2 ou bi5 encore il e/ =m de deux longs cordons ganglionnaires v5traux unis p> un colli] deux ganglions situs au-dessus de l'sophage2 enf91 *ez c]ta9s animaux1 le sy/me n]veux cesse d'tre bi5 di/9ct4 ,=t de ses obs]vations1 ,cuvi] rsume enf9 ses ides sur le rgne animal dans le passage suivant3 ,si l'on considre le rgne animal d'aprs les pr9cipes que n\s v5ons de pos]1 en se db>rassant des prjugs tablis sur les divisions anci5nem5t admises1 en n'ayant g>d qu' l'organisation et la nature des animaux et non pas leur gr&eur1 leur utilit ou au plus ou mo9s degr de connaissance que n\s en avons1 ni t\tes les autres circon/ances accessoires1 on tr\v]a qu'il exi/e quatre =mes pr9cipales1 quatre plans gnraux1 si l'on peut s'exprim] a9si1 d'aprs lesquels t\s les animaux sembl5t avoir t models et dont les divisions ultrieures1 de quelque titre que les naturali/es les ai5t dcores1 ne sont que des modifications assez lgres1 fondes sur le dveloppem5t ou l'addition de quelques p>ties qui ne *ang5t ri5 l'ess5ce du plan4 ,a9si l'unit de plan de composition e/ rep\sse2 il exi/e rellem5t quatre plans di/9cts1 entre lesquels on ne saurait tr\v] aucun passage4 ,p\rquoi quatre1 pas un de plus1 pas un de mo9s8 ,cuvi] ne se proccupe pas de le re*]*]2 l'obs]vation a p>l2 le fait e/ l1 n'admettant ni discussion1 ni explication1 ni int]prtation4 ,il y a quatre types de disposition du sy/me n]veux et p>tant quatre embran*em5ts2 l e/ t\t le raisonnem5t4 ,comm5t ne pas rem>qu] cep5dant que ce raisonnem5t implique une hypo?se3 c'e/ que rellem5t le sy/me n]veux e/ au fond t\t l'animal et que les autres organes ne sont l que p\r l'entret5ir et le s]vir4 ,cette proposition1 laquelle aucun anatomi/e1 aucun embryogni/e ne saurait auj\rd'hui s\scrire1 ,cuvi] la reg>de comme un axiome vid5t2 mais cela ti5t ce qu'il la dduit lui-mme1 non pas tant de l'obs]vation que d'autres pr9cipes1 ess5tiellem5t mtaphysiques4 ,les espces tant immuables1 ayant t cres isolm5t1 il e/ naturel d'admettre qu'un sy/me d'organes rgulateurs prside au dveloppem5t des p>ties con/itutives et immuables de *aque individu2 ce sy/me d'organes1 fidle g>di5 de la p5se cratrice1 e/ le sy/me n]veux4 ,c'e/ lui qui1 prs5t dans le g]me1 bi5 qu'encore invisible1 ma9ti5t *aque p>tie dans les rapports de gr&eur et de position qu'elle doit prs5t] avec l'ensemble durant son accroissem5t2 ces p>ties elles-mmes exi/5t dj dans le g]me1 simple rduction de l'individu dont il s'e/ dta* et qui n'a beso9 que de gr&ir et de dvelopp] celles de ses p>ties qui demeur5t plus ou mo9s longtemps ca*es p\r dev5ir id5tiques son p>5t4 99 99 99 99 99 ,a9si1 dans le sy/me de ,cuvi]1 t\t gravite aut\r de cette ide que1 "p les rvolutions subites1 les cataclysmes qu'il croit avoir dmontrs1 la nature entire e/ immuable4 ,les espces te9tes vois9es de celles qui viv5t de nos j\rs avai5t les mmes murs et vivai5t dans les mmes climats2 les espces actuelles ont t de t\t temps ce que n\s les voyons auj\rd'hui2 les individus eux-mmes1 malgr leurs *angem5ts app>5ts1 leurs mtamorphoses1 ne font1 durant leur accroissem5t1 que laiss] app>atre des p>ties plus ou mo9s longtemps ca*es1 mais t\tes cont5ues dans un g]me1 image rduite de l'organisme d'o il s'e/ dta*2 le sy/me n]veux1 dpositaire de la =me fondam5tale de *aque type1 rgle la croissance et l'ordre d'app>ition des p>ties qui ne peuv5t s'c>t]1 dans leur volution1 d'une voie trace de t\te t]nit2 les types organiques div]s sont traduits p> les quatre dispositions diffr5tes que prs5te le sy/me n]veux2 quoi d'tonnant1 si les espces ne peuv5t se modifi]1 qu'il n'exi/e entre elles aucun passage1 que ces quatre types soi5t compltem5t isols l'un de l'autre8 ,combi5 ces ides sont diffr5tes de celles de ,ge(froy6 ,p\r l'auteur de la ,philosophie anatomique1 notre globe n'pr\ve qu'une l5te volution sans cataclysmes bi5 diffr5ts de ceux qui tr\bl5t la priode actuelle2 mesure que *ang5t les climats et les conditions extrieures1 les espces se modifi5t peu peu2 durant sa vie1 l'individu ne cesse lui-mme de se trans=m]2 dans l'uf1 ses p>ties se =m5t peu peu1 eng5dres les unes p> les autres1 comme sur un arbre *aque rameau e/ produit p> celui qui le porte2 les circon/ances dans lesquelles s'accomplit ce dveloppem5t peuv5t influ] sur lui1 donn] lieu l'app>ition de =mes n\velles ou de mon/ruosits1 et t\tes ces =mes s'en*an5t les unes aux autres1 comme s'en*an5t celles que trav]se successivem5t *aque animal4 ,p\r ,cuvi]1 t\t tre vivant e/ l'uvre miraculeuse d'une volont1 uvre aussitt excute que conue p> elle2 p\r ,ge(froy1 c'e/ un rsultat1 consqu5ce d]nire d'une longue suite de phnomnes troitem5t relis entre eux4 ,il tait impossible que deux doctr9es aussi opposes n'entranass5t pas un conflit4 ,dans l'anne #ahcj1 un sol5nel dbat les mit aux prises1 au se9 de l',acadmie des sci5ces4 ,,*apitre ,,xi ,,discussion ,,entre ,,cuvi] ,,et ,,ge(froy ,,sa9t-,,hilaire ,essai d'ext5sion aux mollusques de la ?orie de l'unit de plan de composition4--,opposition de ,cuvi]2 que doit-on ent5dre p> unit de plan8--,les connexions claires p> l'embryognie et l'pignse4--,adhsion de ,cuvi] l'hypo?se de la prexi/5ce des g]mes4--,von ,bar et les quatre types de dveloppem5t4--,l'cole des ides et l'cole des faits4--,influ5ce respective de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 de ,cuvi] et de ,lam>ck4 ,le #ae fvri] #ahcj1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire lut1 devant l',acadmie des sci5ces de ,p>is1 au nom de ,latreille et au si51 un rapport sur les travaux de deux jeunes naturali/es1 ,,mm4 ,laur5cet et ,meyranx1 qui s'tai5t ef=cs de dmontr] que l'organisation des mollusques cphalopodes#eh p\vait tre ram5e celle des v]tbrs4 ,en #ahbc1 l'un des rapporteurs1 ,latreille1 s'tait ex]c sur ce sujet2 il avait signal plusieurs catgories de ressemblances extrieures entre les calm>s et les poissons2 de ,bla9ville avait galem5t t5t quelques comp>aisons dans ce s5s4 ,laur5cet et ,meyranx pntrai5t plus avant dans la "q et *]*ai5t retr\v] entre les div]s organes d'un cphalopode les connexions mmes que l'on obs]ve entre les organes des v]tbrs4 ,il leur fallait avoir rec\rs1 p\r cela1 une +nieuse fiction4 ,ils supposai5t un v]tbr ploy en deux1 la hauteur de l'ombilic1 de manire que la face v5trale demeurt extrieure et que les deux moitis du dos1 arrives au contact1 se s\dass5t entre elles4 ,alors1 faisai5t-ils rem>qu]1 les deux extrmits du tube dige/if sont ram5es au vois9age l'une de l'autre2 le bass9 se tr\ve rappro* de la nuque2 les membres sont rassembls l'une des extrmits du corps2 l'animal1 m>*ant sur ces membres1 prs5te absolum5t la position d'un de ces bateleurs qui r5v]s5t leurs paules et leur tte en arrire p\r m>*] sur leur tte et leurs ma9s4 ,l'inte/9 rec\rb en anse des cphalopodes1 l'exi/5ce en arrire de leur c\ de pices c>tilag9euses en rapport avec ce qu'on nomme *ez eux l'entonnoir1 la prs5ce aut\r de la tte de huit ou dix bras sur lesquels se meut l'animal sont autant de c>actres qui s'expliqu5t ds lors assez naturellem5t et rappro*5t d'une faon inatt5due les plus levs des mollusques des v]tbrs4 ,le bec de p]roquet des sei*es1 leurs gros yeux compliqus vi5n5t =tifi] encore ces analogies4 ,si extraord9aire que puisse p>atre l'explication de ,laur5cet et ,meyranx1 elle n'tait pas faite p\r tonn] beauc\p les naturali/es2 des savants nombreux1 mme p>mi ceux qui se ratta*5t le plus troitem5t l'cole de ,cuvi]1 ont eu bi5 des fois rec\rs des moy5s plus viol5ts qu'une simple plicature p\r ram5] de =ce au mme type des tres ne prs5tant que des analogies lo9ta9es2 le dveloppem5t embryognique des animaux e/ d'ailleurs fcond en phnomnes presque aussi tranges4 ,l',acadmie et peut-tre adopt sans discussion le rapport de ses commissaires1 si ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 insi/ant sur la confirmation que les travaux de ,laur5cet et ,meyranx semblai5t apport] ses ides1 n'avait cit1 dans son travail1 un passage o ,cuvi]1 aprs avoir numr t\s les c>actres qui di/+u5t les cphalopodes des poissons1 t]m9ait en ces t]mes3 ,en un mot1 n\s voyons ici1 quoi qu'en ai5t dit ,bonnet et ses sectateurs1 la nature pass] d'un plan un autre1 faire un saut1 laiss] entre ses productions un hiatus manife/e4 ,les cphalopodes ne sont le passage de ri53 ils ne sont pas rsults du dveloppem5t d'autres animaux1 et leur propre dveloppem5t n'a ri5 produit de suprieur eux4 ,il p>ut ,cuvi] que les conclusions du rapport de son confrre l',acadmie tai5t une attaque dirige contre ses propres crits4 ,depuis longtemps1 l'opposition des doctr9es des deux illu/res naturali/es s'tait plus ou mo9s nettem5t affirme en ma9tes circon/ances4 ,plus d'une fois1 ,cuvi] avait1 dans ses rapports sur les travaux de l',acadmie1 critiqu assez amrem5t les vues de son ami d'autrefois1 et dj1 en #ahbj1 ,ge(froy t]m9ait son mmoire sur les animaux articuls p> ces t\*antes p>oles1 empre9tes de la d\leur que lui causai5t les apprciations du secrtaire p]ptuel de l',acadmie des sci5ces3 ,on p5se bi5 que je ne rapporte pas ces faits p\r qu'ils pr(it5t aux p]sonnes qui sont dans la maturit de l'ge4 ,qui a reu les leons d'une longue expri5ce e/ l'abri de t\te sduction4 ,je m'adresse la jeunesse1 naturellem5t avide de n\veauts4 ,ma probit dans les sci5ces1 mon am\r p\r la vrit et les inquitudes que je n'ai po9t dissimules t\t l'heure m'engag5t prmunir cette intressante jeunesse contre mes propres rsultats4 ,je ne puis lui donn] de plus gr&es m>ques d'g>ds qu'en l'av]tissant que le motif p\r elle de ne se po9t passionn] p\r des vues qu'elle s]ait cep5dant dispose jug] du plus haut intrt en philosophie e/ une condamnation absolue de ces mmes vues1 prononce 7avec quelque viol5ce sans d\te7 p> le *ef de l'cole mod]ne1 p> le plus gr& naturali/e de notre ge4 ,le mom5t tait v5u p\r les deux adv]saires de cess] les esc>m\*es et de se livr] enf9 une bataille en rgle4 ,cuvi] rpondit au rapport de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire en attaquant de front1 cette fois1 l'unit de plan de composition1 et en *]*ant dmontr] que cette unit n'exi/ait pas4 ,dans t\te discussion sci5tifique1 la premire *ose faire1 dit-il1 e/ de bi5 df9ir les expressions que l'on emploie444 ,comm5ons donc p> n\s ent5dre sur ces gr&s mots d'unit de composition et d'unit de plan4 ,la composition d'une *ose signifie1 du mo9s dans le langage ord9aire1 les p>ties dans lesquelles cette *ose consi/e1 dont elle se compose2 et le plan signifie l'arrangem5t que ces p>ties g>d5t entre elles4 ,a9si1 p\r me s]vir d'un exemple trivial1 mais qui r5d bi5 les ides1 la composition d'une maison1 c'e/ le nombre d'app>tem5ts ou de *ambres qui s'y tr\v5t1 et son plan1 c'e/ la disposition rciproque de ces app>tem5ts et de ces *ambres4 ,si deux maisons cont5ai5t *acune un ve/ibule1 une anti*ambre1 une *ambre c\*]1 un salon1 une salle mang]1 on dirait que leur composition e/ la mme2 et si cette *ambre1 ce salon1 etc41 tai5t au mme tage1 arrangs dans le mme ordre1 si l'on passait de l'un dans l'autre de la mme manire1 on dirait aussi que leur plan e/ le mme4 444 ,mais qu'e/-ce que l'unit de plan1 et surt\t l'unit de composition1 qui doiv5t s]vir dsormais de base n\velle la zoologie8 ,ces mots ne peuv5t videmm5t tre employs dans le s5s ord9aire1 dans le s5s d'id5tit2 c> un polype et mme une bale9e1 une c\leuvre1 ne possd5t pas t\s les organes d'un homme semblablem5t placs2 les mots unit de plan1 unit de composition signifi5t donc seulem5t dans la b\*e de ceux qui les emploi5t ressemblance1 analogie4 ,mais alors ces t]mes extraord9aires une fois df9is a9si1 une fois dp\ills de ce nuage my/rieux1 dont les enveloppe le vague de leurs acceptions ou le s5s dt\rn dans lequel on en use1 lo9 de f\rnir des bases n\velles la zoologie1 des bases inconnues t\s les hommes plus ou mo9s habiles qui l'ont cultive jusqu' prs5t1 re/re9ts dans des limites conv5ables1 =m5t au contraire une des bases les plus ess5tielles sur lesquelles la zoologie repose depuis son orig9e1 une des pr9cipales sur lesquelles ,ari/ote1 son crateur1 l'a place4 ,a9si1 p\r ,cuvi]1 non seulem5t l'unit de plan de composition n'exi/e pas1 mais la doctr9e mme de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 sa m?ode n'ont ri5 de n\veau et remont5t jusqu'au pre de la philosophie4 ,de ces deux propositions1 l'une e/ inconte/able1 l'autre e/ videmm5t inju/e4 ,sans d\te l'unit de plan de composition dans t\te l't5due du rgne animal ne saurait tre s\t5ue1 au s5s prcis o l'ent5dait son df5seur2 l'affirmation de cette unit1 lance un peu prmaturm5t p> ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 e/ un b\let que son argum5tation trane pniblem5t aprs elle2 mais on ne saurait ni] que l'auteur de la ,philosophie anatomique ap]oit entre les animaux considrs habituellem5t comme vois9s des ressemblances autrem5t t5dues que celles auxquelles on s'arrtait jusqu' lui2 ces ressemblances ne rsid5t pas seulem5t dans un petit nombre de c>actres communs2 il s'agit de les retr\v] dans le dtail de leurs p>ties1 de suivre ces d]nires dans leurs accroissem5ts1 leurs rductions1 leurs s\dures1 leurs trans=mations div]ses2 il s'agit de comp>] entre eux les animaux non seulem5t l'tat adulte1 mais encore t\tes les priodes de leur vie2 et p\r y p>v5ir ,ge(froy ,sa9t-,hilaire donne une m?ode1 la m?ode des analogues1 dont les rgles n'ont rellem5t jamais t =mules avant lui4 ,cette m?ode elle-mme1 comme on l'a fait ju/em5t rem>qu]1 e/ indp5dante de la doctr9e de l'unit de plan de composition2 qu'il exi/e un plan unique d'organisation ou qu'il en exi/e plusieurs1 elle s'applique t\s les animaux con/ruits sur le mme plan et devi5t un guide si prcieux que les successeurs de ,cuvi] n'ont cess d'en faire l'in/rum5t ord9aire de leurs dc\v]tes4 ,elle seule peut p]mettre de reconnatre combi5 il exi/e rellem5t de plans d'organisation dans la nature1 et elle compr5d non seulem5t le pr9cipe gnral des connexions1 mais encore les comp>aisons embryogniques1 dont ,cuvi]1 p>tisan de la prexi/5ce des g]mes2 ne p\vait apprci] t\te l'importance4 ,c'e/ prcism5t l'embryognie qui p]met ,ge(froy d't5dre la notion du plan d'organisation plus que ne le fait ,cuvi] et sans sortir cep5dant de la df9ition si rig\reuse donne p> son adv]saire4 ,le pr9cipe des connexions1 ,ge(froy l'claire ou le ju/ifie1 en effet1 p> cet autre pr9cipe1 plus important peut-tre1 plus gnral encore1 sur lequel il fonde1 en quelque sorte1 l'embryognie comp>e3 t\s les organes d'un animal naiss5t les uns des autres dans un ordre dt]m9 et con/ant4 ,il suit de l que1 *ez les animaux adultes1 ces organes prs5t]ont t\j\rs ncessairem5t les mmes rapports4 ,mais1 suivant ,ge(froy1 ce dveloppem5t se p\rsuit1 n\s l'avons dj vu1 s\s la d\ble influ5ce du sy/me n]veux et de l'app>eil circulatoire1 dont l'action peut n'tre pas la mme en t\s les po9ts de l'organisme2 les conditions extrieures dans lesquelles s'accomplit le dveloppem5t int]vi5n5t aussi p>fois p\r en tr\bl] les rsultats4 ,il p\rra donc se faire que des organes demeur5t l'tat de b\rgeon2 que d'autres1 aprs s'tre montrs1 s'atrophi5t et disp>aiss5t2 que quelques-uns n'app>aiss5t pas du t\t1 t&is que leurs vois9s pr5dront un accroissem5t relativem5t exagr2 il en rsult]a des dplacem5ts1 des s\dures1 des dissociations de div]s organes1 des dviations app>5tes du plan commun1 qui p\rra mme sembl] compltem5t lud4 ,mais le plan s]a t\j\rs retr\v p> une application rig\reuse du pr9cipe des connexions non seulem5t la comp>aison des animaux adultes1 mais encore celle de leurs embryons aux div]s degrs de dveloppem5t4 ,en d'autres t]mes1 il faut1 selon ,ge(froy1 et cette ide e/ trs nette *ez lui1 re*]*] l'unit non pas tant dans le rsultat df9itif du dveloppem5t des animaux1 que dans la faon dont ce dveloppem5t s'accomplit4 ,p> l1 ,ge(froy *appe en gr&e p>tie1 l'argum5tation de ,cuvi] et rec\vre le droit d'appliqu] sa ?orie t\t la fois des tres d'une organisation =t simple et des tres d'une organisation =t complique3 les premi]s sont des organismes dont le dveloppem5t e/ demeur incomplet dans une plus ou mo9s gr&e mesure4 ,aussi dit-il trs bi5#ei3 ,les mollusques avai5t t trop haut remonts dans l'*elle zoologique2 mais si ce ne sont que des embryons de ses plus bas degrs1 s'ils ne sont que des tres *ez lesquels beauc\p mo9s d'organes entr5t enjeu1 il ne s'ensuit pas que leurs organes manqu5t aux relations v\lues p> le p\voir des gnrations successives4 ,l'organe ,a s]a dans une relation insolite avec l'organe ,c1 si ,b n'a pas t produit1 si l'arrt de dveloppem5t1 ayant frapp trop tt celui-ci1 en a prv5u la production4 ,voil comm5t il y a des dispositions diffr5tes1 comm5t sont des con/ructions div]ses p\r l'obs]vation oculaire4 ,cette simple phrase m>que l'importance que doit avoir1 dans les re*]*es zoologiques telles que les conoit ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 une sci5ce ne pe9e de la veille1 laquelle ,cuvi] n'a jamais fait que de rapides allusions3 l'embryognie comp>e2 et ce qu'en att5dait le fondateur de la philosophie anatomique1 elle l'a t5u et au del4 la vrit1 l'explication des phnomnes qu'elle tudie repose encore p\r ,ge(froy ,sa9t-,hilaire sur une sorte de f9alit3 la ralisation du plan gnral sur lequel sont1 d'aprs lui1 con/ruits les animaux2 c'e/ t\j\rs ce plan qui e/ en jeu2 la v>it n'e/ obt5ue que p> des arrts ou des excs de dveloppem5t d'un nombre plus ou mo9s gr& de p>ties2 la vrit1 l'unit de plan1 telle que ,ge(froy l'a obs]ve *ez les v]tbrs1 n'e/ qu'un rsultat1 et lorsqu'il en fait une sorte d'objectif de la nature1 ,ge(froy pr5d1 comme il le repro*e lui-mme ,cuvi]1 l'effet p\r la cause3 mais une voie fconde e/ dsormais ouv]te2 l'obs]vation f]a bi5 vite reconnatre le vritable po9t de vue d'o t\s les faits peuv5t tre embrasss1 et c'e/ la re*]*e du plan hypo?tique de ,ge(froy que l'on devra d'avoir reconnu la ncessit1 ou t\t au mo9s l'importance1 d'obs]vations d'un g5re t\t n\veau4 ,un mom5t1 ces obs]vations p\rsuivies en ,russie d'une manire rem>quable p> ,von ,bar1 sembl5t donn] raison ,cuvi]4 ,von ,bar croit lui aussi reconnatre quatre types de dveloppem5t des animaux1 exactem5t correspondants ceux que l'anatomie a indiqus ,cuvi]4 ,et cep5dant un des argum5ts a priori invoqus p> ,cuvi] contre l'unit de plan de composition peut t\t aussi bi5 se ret\rn] contre son sy/me3 ,si l'on remonte l'auteur de t\tes *oses1 dit-il#fj1 quelle autre loi p\vait le gn] que la ncessit d'accord] *aque tre qui devait dur] les moy5s d'assur] son exi/5ce1 et p\rquoi n'aurait-il pas pu v>i] ses matriaux et ses in/rum5ts8 ,sans d\te1 mais p\rquoi l'auteur de t\tes *oses se s]ait-il arrt quatre plans di/9cts plutt qu' un seul8 ,c'e/ ce que la sci5ce actuelle comm5ce entrevoir2 n\s avons essay de montr] dans notre ouvrage sur les ,colonies animales qu'il y avait l des ncessits1 en quelque sorte gomtriques2 mais il a fallu p\r cela modifi] notablem5t la conception de ,cuvi]4 ,de mme que ,ge(froy avait1 en somme1 dduit le pr9cipe de l'unit de composition de l'tude des seuls v]tbrs1 ,cuvi] avait t am5 concevoir l'exi/5ce de quatre embran*em5ts p> l'tude d'animaux relativem5t levs2 von ,bar n'avait pas procd autrem5t2 les quatre types1 db>rasss des =mes infrieures de *acun d'eux1 devai5t donc lui p>atre extrmem5t nets et absolum5t sp>s4 ,cep5dant de nombreuses =mes ab]rantes ne t>dr5t pas se rvl]2 quelques-unes ont pu tre ram5es au type idal auquel on les ratta*ait2 d'autres ont rsi/1 et il a bi5 fallu reconnatre que1 dans les =mes infrieures1 les c>actres de l'embran*em5t p\vai5t s'effac]2 qu'il exi/ait de relles transitions entre c]ta9s embran*em5ts2 que des animaux runis dans quelques-unes de ces gr&es divisions n'avai5t au contraire de commun qu'une semblable disposition de p>ties d'ailleurs dissemblables2 que *aque srie di/9cte p\vait se ratta*] des =mes simples1 mais dnues de type dt]m91 et au del desquelles il n'y avait plus que des tres de nature en quelque sorte indcise2 c'e/ le travail que n\s v]rons s'accomplir dans les annes qui vont suivre4 ,s'il se rappro*ait plus de la ralit que ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,cuvi]1 en s\t5ant l'exi/5ce de quatre types organiques di/9cts1 n'tait donc pas non plus absolum5t dans le vrai4 ,aussi bi5 le diss5tim5t entre les deux acadmici5s tait-il en ralit plus pr(ond et portait-il sur de plus hautes que/ions4 ,du j\r o1 en #ahjf1 crit un savant autoris#fa1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire entreprit de dmontr] l'unit de composition p> sa m?ode propre1 p> l'alliance de l'obs]vation et du raisonnem5t1 du j\r o il donna place la syn?se1 ct1 disons mieux1 au-dessus de l'analyse1 le g]me de t\s les diss5tim5ts futurs entre ,cuvi] et lui fut jet dans la sci5ce2 mais1 comme la jeune plante son orig9e1 il allait se dvelopp] l'insu de t\s4 ,les deux collgues se croyai5t encore en con=mit de vues que dj leur scission tait dev5ue 9vitable dans l'av5ir et p\r a9si dire comm5ait virtuellem5t4 ,l'un d'eux se faisant novateur1 il fallait que l'autre se ft ou1 son disciple ou son adv]saire4 ,disciple1 ,cuvi] ne p\vait l'tre de p]sonne et1 p> les t5dances de son esprit1 mo9s de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire que de t\t autre2 il dev9t donc son adv]saire4 ,cuvi] ne s'tait cep5dant pas t\j\rs refus la syn?se1 son ,disc\rs sur les rvolutions du globe1 l'introduction de son ,rgne animal en sont la preuve irrcusable2 mais peu peu ses diss5tim5ts lat5ts ou publics avec ,ge(froy l'amn5t =mul] d'une faon de plus en plus nette1 de plus en plus radicale son opposition aux ides de son collgue4 ,p\r n\s1 dit-il en #ahbifb1 n\s faisons ds longtemps pr(ession de n\s en t5ir l'exam5 des faits positifs4 ,plus t>d1 il recomm&e aux naturali/es dignes de ce nom de s'en t5ir l'expos des faits1 au dtail des circon/ances et de ne jamais s'av5tur] au del de l'indication des consqu5ces immdiates des faits obs]vs4 ,nomm]1 class]1 dcrire1 telles doiv5t tre les seules proccupations du vrai naturali/e4 ,c'e/ p\r lui le seul moy5 de se prs]v] de l'erreur2 et1 cessant de discut] l',acadmie la doctr9e de ,ge(froy1 il se plat expos] au ,collge de ,france1 dans de brillantes leons sur l'hi/oire des sci5ces naturelles1 les div]s sy/mes p\r lesquels l'esprit huma9 s'e/ successivem5t passionn1 et qui1 fugitives lueurs1 se sont van\is p\r jamais1 aprs avoir mom5tanm5t jet un clat trompeur sur le *amp de la sci5ce4 ,de p>eilles leons1 faites p> un tel homme1 devai5t tr\v] un puissant *o3 rduire la sci5ce la rcolte des faits1 c'tait la mettre la porte des plus humbles intellig5ces2 montr] les plus puissantes conceptions v5ant se bris] l'une aprs l'autre sur des cueils inatt5dus1 c'tait mettre le gnie s\s les pi$s de quiconque t5ait une l\pe ou un scalpel2 int]dire le raisonnem5t1 c'tait df5dre contre les inve/igations indiscrtes de la sci5ce t\tes les croyances1 t\s les my/res1 t\s les dogmes2 proscrire ce qu'il y a de plus p]sonnel dans l'homme1 le droit de crer des ides1 c'tait flatt] t\tes les vanits4 ,c]ta9em5t de telles int5tions tai5t bi5 lo9 de l'esprit de ,cuvi]2 mais les actes ont leurs consqu5ces ncessaires2 l'aurait-il v\lu1 le gr& homme qui s'tait illu/r p> de si magnifiques conceptions n'aurait pu emp*] que son nom ne s]vt de drapeau une cole des faits1 dont le dda9 p\r les disciples de ,ge(froy devait crotre avec l'en?\siasme de ceux-ci4 ,ge(froy lui-mme ne peut re/] indiffr5t4 ,il s'lve de t\te son n]gie contre cette prt5tion affi*e p> l'cole soi-disant positive--le mot s]a bi5tt cr--de ma9t5ir l'hi/oire naturelle dans les usages du pass4 ,p\r de c]ta9s esprits1 f9it-il p> dire#fc1 la conviction leur doit arriv] p> les yeux du corps et non p> des dductions consqu5tes444 ,c'e/ un p>ti pris de rep\ss] les ides p\r n'admettre exclusivem5t que des reliefs corporels1 seulem5t des faits que l'on puisse pratiqu] matriellem5t et1 p> consqu5t1 qui ne cess5t jamais d'tre palpables nos s5s4 ,p\r cette cole1 la sci5ce du naturali/e doit se r5f]m] dans ces trois rsultats3 nomm]1 enregi/r] et dcrire4 ,cette cole1 que de c]ta9s intrts font en ce mom5t prvaloir1 enseigne que l'hi/oire des sci5ces apporte de t\tes p>ts le tmoignage que les ?ories se sont successivem5t prcipites dans le g\ffre imm5se des erreurs huma9es1 que les ides ne sont ri5 en soi1 et que les faits seuls se df5d5t des rvolutions et surnag5t4 ,cep5dant1 au lieu de livr] a9si l'enfance de l'humanit la critique moqueuse de la socit actuelle1 qui ne ti5t son plus d'in/ruction que de la puissance du temps et d'une civilisation progressive1 ne vaudrait-il pas mieux expliqu] ces vicissitudes naturelles autant que ncessaires1 p\r les voir selon l'ordre des sicles8 ,et1 quant cette affectation de prs5t] les faits comme con/ituant seuls le doma9e de la sci5ce1 il s]ait aussi1 je crois1 plus ju/e de dire qu'ils n'arriv5t aux ges futurs que s'ils sont escorts et protgs p> les ides qui s'y rapport5t et qui seules1 p> consqu5t1 en font la pr9cipale valeur4 ,des faits1 mme trs indu/rieusem5t faonns p> une obs]vation intellig5te1 ne peuv5t jamais valoir1 l'g>d de l'difice des sci5ces1 s'ils re/5t isols1 qu' titre de matriaux plus ou mo9s heureusem5t am5s pi$ d'uvre4 ,or1 comme on ne saurait port] trop de lumire sur cette ?se1 je ne cra9drai pas d'employ] le sec\rs de la p>abole suivante3 ,paul a le dsir et le moy5 de se procur] t\tes les j\issances de la vie3 il e/ intellig5t1 inv5tif1 et il s'e/ appliqu re*]*] et rassembl] t\t ce qu'il suppose devoir lui tre ncessaire4 ,il approvisionne son celli] des meilleurs v9s2 il remplit son b*] de t\t le bois que rclam]a son *auffage2 il agit avec le mme disc]nem5t p\r t\s les autres objets de sa consommation probable4 ,les qualits sont bi5 *oisies1 les objets habilem5t rangs1 et un ordre savant rgne p>t\t4 ,mais1 arriv l1 ,paul s'arrte4 ,de ce v91 il ne boira pas2 de ce bois1 il ne se *auff]a pas2 de t\tes les autres pices de son mobili]1 il n'us]a pas4--,mais1 me direz-v\s1 votre ,paul e/ un f\4--,je l'accorde4 ,paul n'e/ pas t\j\rs f\2 mais il lui semble p>fois que les bi5s qu'il accumule ne s]ont jamais suffisants p\r qu'il en puisse tir] le p>ti rv2 l'heure vi5t1 sans qu'il y ait pris g>de1 o il ne peut plus en j\ir2 ayant t\te sa vie fait pr(ession d'tre sage1 il cont9ue voir la sagesse dans cette incessante accumulation1 et ne peut s'emp*] de trait] de tmraires ceux qui1 ayant comme lui rassembl des matriaux1 s'ap]oiv5t temps que le mom5t e/ v5u de btir4 ,la lutte ouv]te entre ,cuvi] et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire ne fut pas de longue dure4 ,le #ac mai #ahcb1 ,cuvi] m\rait presque subitem5t2 ,ge(froy eut alors se df5dre contre ceux qui croyai5t avoir hrit de la p5se du matre2 s\v5t il dut regrett] de ne plus avoir devant lui son illu/re adv]saire1 et ce n'e/ pas sans tri/esse qu'on lit les pages t\r t\r indignes ou contri/es que lui arra*5t des oppositions trop s\v5t mesqu9es et tracassires4 ,que de s\ffrances intimes rvle un passage tel que celui-ci3 ,je ne cont9u]ai po9t ces fragm5ts1 comm5cs nagure s\s de meilleurs auspices2 je suis auj\rd'hui le j\et de =ces majeures1 sans ri5 p\voir oppos] une fatalit sombre qui m'atte9t1 qui t\rne p]scution et qui rs]ve mes d]ni]s j\rs l'excs des disgrces444 ,il m'e/ pnible de laiss] ces feuilles imp>faites1 que je n'aurai pu am5] l'tat d'un ouvrage a*ev4 ,mais les tracass]ies qui me sont suscites1 les atte9tes de l'ge et le dc\ragem5t qui me gagne me crent une situation d'impuissance1 laquelle il faut dsormais que je range ma conduite et les d]nires heures de ma vie4 de n\velles luttes o l'on p>at v\loir m'engag]1 ma prud5ce et ma dbilit me conseill5t de refus]#fd4 ,ge(froy1 ple9 de c\rage et d'ardeur1 avait p\rtant crit trois ans aup>avant3 ,ce n'e/ pas t\t que d'tablir des faits4442 il faut que le jugem5t s'ex]ce les compr5dre2 puis on dira1 comme je l'ent5ds dire aut\r de moi1 que de tels jugem5ts1 c'e/ de la ?orie4 ,je ne m'p\vant]ai po9t de cette augm5tation plutt bruyante que logique3 et je rponds t\t ce bav>dage1 fait p\r t\rdir et *]*] en impos]1 que le temps de cri] la posie et de dress] de vagues accusations e/ pass2 ces cris se jug5t et se nomm5t dclamation#fe4 ,les *oses ne pass5t pas aussi vite que le p5sait ,ge(froy2 bi5 des savants se dem&5t encore auj\rd'hui si les naturali/es peuv5t ex]c] ce droit la syn?se dont us5t si l>gem5t et avec tant de bonheur les physici5s et les *imi/es2 beauc\p1 surt\t p>mi ceux dont les premires tudes ont port sur l'homme1 jug5t encore le rgne animal inexplicable1 rep\ss5t d'avance t\t essai de coord9ation et vont mme jusqu' en affirm] l'impossibilit4 ceux-l ,ge(froy avait p\rtant donn en #ahba ce svre av]tissem5t3 ,on discutait devant un (fici] de l'anci5 rgime les *ances qu'avai5t les armes de la ,rpublique de =c] le passage du ,rh94 ,le vieux soldat v5ait de dmontr] premptoirem5t4 son auditoire la folie d'une semblable entreprise2 il cessait pe9e de p>l] qu'une n\velle arrivait3 les tr\pes franaises v5ai5t de ralis] l'impossible2 le ,rh9 tait fran*i4 ,cuvi]1 quoi qu'il en ait dit1 ne croyait pas exclusivem5t aux faits2 ,ge(froy s'e/ t\j\rs t5u soigneusem5t l'c>t des ab]rations dont l'cole allem&e va n\s f\rnir bi5tt de s+uli]s exemples2 s'il essayait de dev9] la nature1 c'tait m?odiquem5t1 et ses press5tim5ts tai5t presque t\j\rs s\mis au contrle de cette sorte d'obs]vation provoque qui e/ bi5 vois9e de l'expri5ce2 son anatomie philosophique1 sa philosophie zoologique1 sont ce qu'on appell]ait auj\rd'hui de l'anatomie1 de la zoologie exprim5tales4 ,p\r les esprits levs1 les c>ts qu'on p\rrait lui repro*] sont des cueils vit]1 mais ne dim9u5t en ri5 la valeur de sa m?ode1 l'importance de la syn?se2 l'alliance troite de l'obs]vation et du raisonnem5t demeure leur rgle de conduite2 c'e/ ce qu'exprime en ces t]mes un des savants les plus illu/res de l',allemagne1 ,johannes ,mll]#ff3 ,les vrits les plus importantes des sci5ces naturelles n'ont pas t tr\ves p> une simple analyse de l'ide philosophique1 ni p> la seule obs]vation2 c'e/ p> une expri5ce mdite1 qui sp>e l'ess5tiel de l'accid5tel et tr\ve a9si la loi fondam5tale d'o l'on dduit ensuite de nombreuses consqu5ces4 ,c'e/ l plus que l'exprim5tation1 c'e/ l'expri5ce philosophique4 ,c'e/ aussi l'op9ion de ,m4 ,h5ri ,milne ,edw>ds#fg4 ,dans quelques coles1 on pr(esse un gr& dda9 p\r les vues de l'esprit1 et l'on rpte *aque in/ant que les faits seuls ont de l'importance dans la sci5ce4 ,mais c'e/ l1 ce me semble1 une grave erreur4 ,une p>eille p5se s]ait excusable *ez un ouvri] obscur1 qui1 employ sans rel*e taill] dans le se9 de la t]re les matriaux d'un va/e difice1 croirait que le rle de l'ar*itecte ne consi/e qu' entass] pi]re sur pi]re et ne v]rait dans le plan trac d'avance p> le crayon de l'arti/e qu'un jeu de son imag9ation1 une fantaisie inutile4 ,mais l'ouvri] c>ri] lui-mme1 s'il ne re/ait pas dans son s\t]ra9 et s'il voyait t\s les blocs in=mes qu'il en a tirs se runir1 s\s la ma9 du matre1 p\r con/itu] le ,p>?non d',a?nes ou le ,colise de ,rome1 compr5drait que la sci5ce de l'ar*itecte n'e/ pas une sci5ce inutile1 lors mme que le monum5t cr p> son gnie ne devrait avoir qu'une dure phmre et que les dbris de l'difice tomb en ru9es ne s]virai5t plus t>d que de matriaux p\r des con/ructions n\velles4 ,au surplus1 la sci5ce1 de quelque manire qu'on la cultive1 ne saurait s'accommod] de deux coles1 de deux m?odes4 ,ceux qui prt5d5t s'en t5ir aux faits sont t\j\rs heureux qu& il leur vi5t des ides1 et se ht5t de les mettre pr(it2 on a r>em5t vu1 d'autre "p1 les auteurs d'une ?orie la prs5t] autrem5t que comme un moy5 de prp>] la dc\v]te de faits n\veaux1 grce une connaissance plus complte des rapports entre les faits dj dc\v]ts4 ,t\t le monde e/ auj\rd'hui d'accord sur la m?ode3 imag9] avant d'exprim5t] ou d'obs]v]2 exprim5t] ou obs]v] p\r *oisir1 entre les ides a priori que les faits dj connus ont fait natre1 celle qui e/ con=me la ralit2 se s]vir de ces ides p\r acqurir des faits n\veaux1 et m>*] a9si plus ou mo9s rapidem5t l'explication et la conqute de la nature4 ,malheureusem5t l'homme n'e/ pas seulem5t un tre raisonnable2 et l'accord1 qui s]ait facile s'il s'en t5ait uniquem5t l'ex]cice de sa raison1 e/ rapidem5t tr\bl lorsqu'il p]met ses passions d'entr] en jeu4 ,en fait1 les prt5dus dsaccords sur la m?ode que l'on voit encore surgir de temps en temps ne s]v5t que trop s\v5t c\vrir de vaniteuses ambitions ou de misrables qu]elles de p]sonnes4 ,dsormais les sci5ces naturelles sont entres dans une voie fconde3 grce ,cuvi]1 une sci5ce n\velle e/ cre qui1 ressuscitant les animaux et les plantes des ges anci5s1 va n\s racont] en dtail l'hi/oire du pass de notre globe2 si l'illu/re anatomi/e en re/re9t volontairem5t la porte1 les doctr9es de ,lam>ck et de ,ge(froy lui ouvr5t les plus va/es horizons4 ,il ne s'agit de ri5 mo9s que de dt]m9]1 p> une tude rig\reuse des faits1 comb9e avec une svre induction1 l'orig9e de t\t ce qui a vie sur le globe4 ,l'hypo?se de l'unit de plan de composition conduit ,ge(froy crer sa ?orie des analogues1 donn] l'embryognie comp>e une importance et une direction inconnues jusque-l2 l'opposition de ,cuvi] emp*e d'admettre1 dans sa gnralit primitive1 l'hypo?se sduisante de l'unit de plan de composition1 met en relief l'exi/5ce de plusieurs types organiques et impose une tude plus appr(ondie des animaux infrieurs que n\s v]rons bi5tt r5\vel] le *amp de la philosophie zoologique4 ,lam>ck lgue la sci5ce l'ide d'une complication graduelle des types organiques et d'une p>5t possible entre ces types2 il rvle la puissance de l'hrdit2 l'insi/ance de ,cuvi] affirm] la fixit des espces ma9ti5t l'att5tion sur la ralit de ces gr\pes auxquels ,lam>ck tait port attribu] trop de mobilit1 et r5d a9si ncessaire la re*]*e d'une explication de la longue p]man5ce des types spcifiques et de leur isolem5t dans la nature4 ,a9si1 p\r rev5ir la belle image de ,m4 ,edw>ds1 les trois difices con/ruits p> ces trois hommes de gnie doiv5t tre remanis en p>tie1 mais une aile de *acun d'eux demeure deb\t p\r tre incorpore dans l'difice df9itif que l'av5ir saura ralis]4 ,,*apitre ,,xii ,g,,! ,ides de ,g! sur l'unit des types organiques4--,la mtamorphose des plantes2 /ructure des vgtaux2 le vgtal idal4--,travaux d'anatomie comp>e2 re*]*e du type idal du squelette4--,trans=misme de ,g!4--,kielmey]4 ,une ide gr&e et simple1 telle que l'ide de l'unit de plan de composition1 tait comme un s\ffle de posie rp&u sur la sci5ce entire4 ,plus d'un p>tisan de la doctr9e de ,ge(froy devait entrevoir s\s cette unit une sorte de rvlation de la p5se div9e1 prs5te dans t\tes les p>ties de l'univ]s1 travaillant sans rel*e ses mtamorphoses1 se plaisant tonn] notre imag9ation p> l'inf9ie v>it de ses comb9aisons1 t\tes assujetties cep5dant port]1 comme preuve de leur orig9e1 une mme et puissante empre9te4 ,d]rire votre ?orie des analogues1 repro*ait ,cuvi] ,ge(froy1 se ca*e au mo9s confusm5t une sorte de pan?isme4 ,c'e/ prcism5t p\rquoi la ?orie condamne en ,france recruta en ,allemagne un ard5t df5seur1 le gr&1 l'illu/re ,g!4 ,t\t en se rangeant s\s la bannire de ,ge(froy1 ,g! g>de d'ailleurs une haute orig9alit4 ,lui aussi avait eu1 t\t jeune encore1 avant mme que ,ge(froy et comm5c sa brillante c>rire sci5tifique1 une conception neuve et h>die et l'avait habilem5t dveloppe4 ,frapps des modifications que les procds de culture peuv5t produire dans les div]ses p>ties d'un vgtal1 le botani/e ,la ,hire1 mais surt\t ,l9n avai5t plus ou mo9s explicitem5t laiss ent5dre que ces p>ties tai5t de mme nature et p\vai5t dans c]ta9s cas se trans=m] les unes dans les autres4 ,on ne peut attribu] que cette signification au passage suivant de la ,philosophie botanique de ,l9n3 ,les fleurs1 les feuilles et les b\rgeons ont une mme orig9e444 ,le prian! e/ =m p> la runion de feuilles rudim5taires4 ,une vgtation luxuriante dtruit les fleurs et les trans=me en feuilles4 ,une vgtation pauvre1 en modifiant les feuilles1 les trans=me en fleurs#fh4 ,la mme ide se retr\ve dans ces phrases1 extraites de ses ,amnits acadmiques3 ,plantez dans une t]re f]tile un arbu/e qui1 dans un vase de t]re1 donnait *aque anne des fleurs et des fruits1 il cess]a de fructifi] et ne dvelopp]a plus que des rameaux *>gs de feuilles4 ,les bran*es qui autrefois portai5t des fleurs sont ma9t5ant c\v]tes de feuilles1 et les feuilles1 leur t\r1 devi5dront des fleurs si l'arbu/e1 replac dans le vase1 y tr\ve une n\rriture mo9s abondante#fi4 ,plusieurs naturali/es1 ,f]b]1 ,dahlb]g1 ,ulm>k et surt\t ,gasp>d ,wolf1 avai5t dvelopp ces ap]u du naturali/e sudois1 mais sans en tir] t\tes les consqu5ces et p>fois en av]tissant qu'elles ca*ai5t plus d'un pige s\s leur aspect sduisant4 ,g! s'emp>e de la mme ide1 et1 avec cette nettet de vue que donne le gnie1 il montre en #agij1 non pas1 comme on l'a dit s\v5t1 que t\tes les p>ties de la fleur et un gr& nombre d'autres organes de la plante ne sont que des feuilles trans=mes1 mais bi5 que les feuilles1 les ptales1 les tam9es1 les div]ses p>ties du fruit1 etc41 ne sont que les trans=mations div]ses d'un mme organe dont il *]*e dt]m9] la =me primitive et la nature4 ,on compr5d1 dit-il1 que n\s aurions beso9 d'un t]me gnral p\r dsign] l'organe fondam5tal qui revt ces mtamorphoses1 et p\voir lui comp>] t\tes les =mes secondaires4 ,mais ,g! ne cre pas ce t]me1 et sa ?orie a pass dans la sci5ce s\s cette =me re/rictive qui veut voir dans la feuille l'organe dont t\s les autres sont drivs4 ,dans les propositions suivantes1 ,g!#gj l>git encore sa ?orie3 ,on sait la gr&e analogie qui exi/e entre un b\rgeon et une gra9e1 et on n'ignore pas combi5 il e/ facile de dc\vrir dans le b\rgeon l'bau*e de la plante future4 ,si l'on ne con/ate pas aussi facilem5t dans le b\rgeon la prs5ce des rac9es1 elles n'en exi/5t pas mo9s que dans les gra9es et se dvelopp5t facilem5t et promptem5t s\s l'influ5ce de l'humidit4 ,le b\rgeon n'a pas beso9 de cotyldons1 p>ce qu'il e/ atta* sur la plante mre compltem5t organise2 aussi longtemps qu'il y e/ fix1 ou lorsqu'il a t transport sur une autre plante1 il en tire directem5t sa n\rriture2 lorsqu'il e/ plac dans le sol1 ses rac9es se dvelopp5t promptem5t4 ,le b\rgeon se compose d'une srie de nuds et de feuilles plus ou mo9s dvelopps et dont l'volution s'accomplit ultrieurem5t4 ,les rameaux qui sort5t des nuds de la tige peuv5t donc tre considrs comme autant de jeunes plantes fixes sur la plante mre1 comme celle-ci l'e/ dans le sol4 ,n\s sommes en prs5ce1 cette fois1 d'une ?orie t\t entire de la con/itution du vgtal1 ?orie que ,bonnet et ,buffon ont dj bau*e1 n\s l'avons vu1 et1 qui sans aucun d\te1 aurait depuis longtemps pris pi$ dans la sci5ce si ,gaudi*aud et ,aub]t ,dupetit-,?\>s n'avai5t pas imag9 que *aque b\rgeon1 en sa qualit de plante indp5dante1 devait avoir des rac9es qui1 s'accumulant les unes sur les autres1 tai5t la vritable cause de l'accroissem5t en diamtre des vgtaux4 ,hugo ,mohl1 ,htet1 ,m4 ,trcul n'ont pas eu de pe9e dmontr]1 avec leur rigueur habituelle1 que ces prt5dues rac9es n'exi/ai5t pas1 et les esprits sup]ficiels ont pu croire que ces m95ts obs]vateurs r5v]sai5t la ?orie du vgtal adopte p> ,bonnet1 ,buffon et ,g!1 alors qu'ils n'en dtruisai5t qu'une f*euse int]prtation4 ,l'ide de considr] les feuilles et les p>ties de la fleur et du fruit comme de simples modifications d'un organe unique1 l'ide de voir dans le vgtal un tre complexe rsultant de l'association d'un nombre p>fois indf9i d'tres plus simples1 se ratta*5t troitem5t p\r ,g! une autre ide plus h>die3 celle d'arriv] con/itu] un vgtal idal1 un vgtal type duquel t\s ceux qui exi/5t p\rrai5t tre dduits p> le raisonnem5t4 ,je t'appr5ds en confid5ce1 crit-il de ,naples ,h]d]1 que je suis sur le po9t de pntr] enf9 le my/re de la naissance et de l'organisation des plantes444 ,la plante primitive s]a la *ose la plus s+ulire du monde1 et la nature elle-mme me l'envi]a4 ,avec ce modle et sa clef1 on inv5t]a une inf9it de plantes n\velles1 qui1 si elles n'exi/5t pas1 p\rrai5t exi/]1 et qui1 lo9 d'tre le reflet d'une imag9ation arti/ique et potique1 auront une exi/5ce intime1 vraie1 ncessaire mme1 et cette loi cratrice p\rra s'appliqu] t\t ce qui a une vie quelconque4 ,g! a videmm5t conu p\r la plante quelque *ose d'analogue ce que ,ge(froy ,sa9t-,hilaire appelle l'unit de plan de composition p\r les animaux4 ,son ide1 il l't5d mme d'avance aux animaux1 et son premi] essai zoologique tmoigne qu'avant de s'occup] de botanique il re*]*ait dj *ez ces tres l'unit qu'il vi5t d'ap]cevoir *ez les plantes4 ,c'e/ a9si qu'il e/ conduit1 ds #aghf1 dc\vrir *ez l'homme les deux os int]maxillaires qui port5t1 *ez t\s les mammifres1 les incisives suprieures et qu'on prt5dait tre un c>actre ess5tiellem5t di/9ctif de l'homme et des s+es4 ,comme ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 c'e/ p> des re*]*es sur des ftus et sur des mon/res que ,g! p>v9t tablir l'exi/5ce relle de ces deux os qui1 *ez l'homme1 se s\d5t habituellem5t de bonne heure avec les deux moitis de la m*oire suprieure1 entre lesquelles ils sont compris1 et produis5t1 lorsqu'ils demeur5t c>ts1 la dif=mit connue s\s le nom de bec-de-livre#ga4 ,en #agij1 l'anne mme o il publiait son essai sur la mtamorphose des plantes1 ,g!1 se prom5ant au cimetire juif de ,v5ise1 ds>ticule1 en les heurtant du pi$1 les pices d'un crne de m\ton4 ,ces pices p>ses font natre en lui l'ide que le crne e/ =m d'un c]ta9 nombre de v]tbres1 modifies dans leur =me et dans leurs proportions4 ,cette ide1 laquelle ,frank et ,ok5 arriv5t de leur ct indp5damm5t de ,g! et qu'ils dduisai5t d'ailleurs des doctr9es les plus opposes1 introduit dans l'anatomie comp>e l'ide si fconde en botanique qu'un mme organe1 en se rptant et se modifiant1 suffit =m] les p>ties les plus diffr5tes en app>5ce d'un organisme4 ,aprs avoir longtemps disput1 on juge auj\rd'hui inutile de s'a*>n] dt]m9] de combi5 de v]tbres le crne peut tre con/itu2 mais au mo9s n'e/-il pas conte/ que le crne n'e/ qu'une modification de la colonne v]tbrale dont les v]tbres se sont agr&ies1 trans=mes et en p>tie s\des p\r con/itu] l'enveloppe protectrice de l'encphale4 ,la dc\v]te de l'os int]maxillaire1 celle de la con/itution v]tbrale du crne ne sont d'ailleurs que des pisodes dans une uvre incomp>ablem5t plus va/e1 dont ,g! trace1 ds #agie1 le brillant programme4 ,de mme qu'il s'e/ atta* con/itu] un vgtal idal1 duquel t\s les autres p\rrai5t tre dduits p> de simples modifications de c]ta9es p>ties1 de mme il propose p\r l'tude du squelette d'tablir un type anatomique1 une sorte d'image univ]selle1 reprs5tant1 autant que possible1 les os de t\s les animaux1 p\r s]vir de rgle en les dcrivant d'aprs un ordre tabli d'avance4 ,ce type devrait tre tabli1 en ayant g>d1 autant qu'il s]a possible1 aux fonctions physiologiques4 ,de l'ide d'un type gnral1 il rsulte ncessairem5t qu'aucun animal considr isolm5t ne saurait tre pris comme type de comp>aison1 c> la p>tie ne saurait tre l'image du t\t4 ,l'homme1 dont l'organisation e/ si p>faite1 ne saurait1 en raison de cette p]fection mme1 s]vir de t]me de comp>aison p> rapport aux animaux infrieurs4 ,il faut1 au contraire1 procd] de la faon suivante3 l'obs]vation n\s appr5d quelles sont les p>ties communes t\s les animaux et en quoi ces p>ties diffr5t entre elles2 l'esprit doit embrass] cet ensemble et en dduire1 p> ab/raction1 un type gnral dont la cration lui app>ti5t4 ,a9si1 la mme anne1 ,g! et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire ont conu1 *acun sa faon1 l'ide de l'unit de plan de composition dans le rgne animal4 ,mais ,ge(froy ,sa9t-,hilaire f\rnit1 p> des re*]*es anatomiques incessantes1 la dmon/ration de son ide2 t&is que ,g!1 aprs avoir comm5c excut] son plan d'obs]vations o/ologiques1 s'arrte en r\te et ne tire aucune conclusion spciale de ses nombreuses obs]vations4 ,comme ,ge(froy1 il propose cep5dant d'utilis] la position respective des organes p\r les dt]m9]2 mais il veut en mme temps1 ce qui e/ mo9s heureux1 que l'on ti5ne gr& compte de leur fonction4 ,comme ,ge(froy1 il explique1 en exagrant mme cette influ5ce1 la rduction de volume de c]ta9es p>ties du corps p> un excs de dveloppem5t d'autres p>ties2 mais t\s deux sont arrivs ces ides d'une faon absolum5t indp5dante4 ,aux ides de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,g! aj\te celle des mtamorphoses1 d'aprs laquelle un mme organe1 un mme animal peuv5t se prs5t] s\s des aspects div]s et1 en fait1 n'atteign5t jamais leur figure df9itive qu'aprs avoir subi un plus ou mo9s gr& nombre de trans=mations1 ayant t\tes p\r b f9al la reproduction4 ,entre les animaux et les plantes1 ,g! tablit cet g>d une diffr5ce4 ,les p>ties qui se mtamorphos5t dans la plante demeur5t unies entre elles2 ce sont les d]nires de ces p>ties nes les unes sur les autres qui revt5t une =me n\velle2 mais elles coexi/5t avec celles qui ne se sont pas mtamorphoses2 qu& un animal1 un insecte p> exemple1 se mtamorphose1 il ne cons]ve aucun li5 avec la =me qu'il vi5t de quitt]2 c'e/ la totalit de son tre qui revt un aspect n\veau4 ,n\s v]rons bi5tt que cette diffr5ce n'e/ qu'app>5te et qu'il exi/e des animaux *ez qui les trans=mations1 si bi5 mises en relief p> ,g! *ez les plantes1 se retr\v5t avec t\s leurs c>actres4 ,naturellem5t ces mtamorphoses veill5t *ez ,g! l'ide que les tres vivants ne sont pas en*ans dans des =mes immuables et que leurs c>actres ont pu se modifi] avec le temps4 ,comme ,lam>ck et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,g! e/ donc trans=mi/e1 et il donne une "p trs gr&e l'influ5ce du milieu dans les modifications que les organismes peuv5t subir4 ,telles fur5t aussi les ides de ,kielmey]1 qui1 sans avoir presque ri5 crit1 ex]a p> son enseignem5t une puissante influ5ce sur l'esprit des naturali/es allem&s4 ,on ne connat gure de lui qu'un disc\rs prononc en #agif l'ouv]ture de son c\rs l'univ]sit de ,tub+ue4 ,comme ,g!1 ,kielmey] se r5contre plus d'une fois avec ,ge(froy1 bi5 qu'on ne puisse conte/] l'un et l'autre l'indp5dance de ses ides4 ,kielmey] p5se1 en p>ticuli]1 que les animaux infrieurs reprs5t5t1 l'tat p]man5t1 les =mes transitoires que trav]s5t les animaux suprieurs p\r arriv] leur =me df9itive4 ,*aque =me infrieure peut donc tre considre comme un arrt de dveloppem5t d'une =me suprieure1 et rciproquem5t *aque =me suprieure trav]se dans le c\rs de son dveloppem5t des =mes analogues aux =mes infrieures du gr\pe auquel elle app>ti5t4 ,c'e/ a9si que les gr5\illes sont d'abord de vritables poissons1 que les mammifres ont un in/ant une circulation de reptiles1 et que1 suivant la rem>que faite p> ,aut5rie?1 en #ahjj1 mais dont l'importance n'a t bi5 s5tie qu'en #ahjf p> ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ils prs5t5t un c]ta9 mom5t dans leur tte le mme nombre d'os que les poissons1 etc4 ,a9si rapp>at une ide que n\s avons dj r5contre plusieurs fois1 que dvelopp]a plus t>d ,m4 ,s]res1 mais qui ne repr5dra t\te sa valeur philosophique qu'aprs l'app>ition du trans=misme sci5tifique et s]a traduite alors p> cette proposition fondam5tale3 l'embryognie d'un animal n'e/ que la rptition abrge des phases qu'a trav]ses son espce p\r arriv] sa =me actuelle4 ,de telles corrlations entre les =mes infrieures et les =mes suprieures du rgne animal suppos5t videmm5t que t\tes ces =mes ne sont que le dveloppem5t d'un seul et mme plan1 dont l'excution a t p\sse plus ou mo9s lo94 ,l'unit de plan de composition compte donc en ,allemagne1 aussi bi5 qu'en ,france1 des p>tisans rsolus2 l'ide s'e/ dveloppe simultanm5t dans les deux pays1 comme le pr\v5t les dates des premires publications qui y sont relatives4 ,un p>eil accord entre des savants et des p5seurs que ri5 n'avait mis en relation tmoigne que leur ide commune tait en h>monie1 au mom5t o elle a t conue1 avec la plup>t des faits connus cette poque1 ou t\t au mo9s avec les faits qui avai5t le plus attir l'att5tion4 ,mais1 comme ,cuvi] ne t>da pas le montr]1 ces faits n'tai5t qu'une faible p>tie de la sci5ce3 on p\rrait repro*] ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 et peut-tre ,g! et ,kielmey]1 d'avoir gnralis d'une faon absolue l'ide ju/e qu'ils avai5t fait natre4 ,mais e/-ce l un tort rel8 ,ce qu'on appelle1 non sans quelque dda91 une ide1 dans les sci5ces naturelles1 n'e/ autre *ose que ce qu'on appelle dans les autres sci5ces une loi4 ,l'ess5ce d'une loi e/ de coordonn] entre eux le plus gr& nombre possible de phnomnes2 on e/ donc presque t\j\rs conduit lui donn] t\t d'abord une gnralit trop gr&e2 ce sont les travaux qu'elle suscite qui en dt]m95t ensuite la porte2 mais la loi1 mme re/re9te1 n'en cons]ve pas mo9s une valeur2 elle vi5t pr5dre naturellem5t sa place dans les consqu5ces de quelque autre loi plus gnrale1 qui devi5t1 son t\r1 loi p>tielle lorsqu'une vrit plus gnrale encore e/ dc\v]te4 ,a9si1 p> une heureuse comb9aison des faits et des lois1 l'esprit huma9 m>*e srem5t la conqute de vrits d'ordre de plus en plus lev1 aspirant sans cesse aux vrits d]nires qui p\rront lui expliqu] son orig9e et son av5ir4 ,les luttes passionnes auxquelles donna lieu l'unit de plan de composition devai5t avoir p\r consqu5ce d'engag] les esprits levs et indp5dants re*]*] quelque =mule plus gnrale qui pt compr5dre les deux doctr9es opposes4 ,deux hommes essayr5t cette conciliation1 empruntant t\s deux ,g! une "p de ses ides3 ,ri*>d ,ow5 en ,anglet]re1 ,dugs en ,france4 ,le premi] apportait dans ses tudes la prcision de ,cuvi]2 il fit aussitt de nombreux proslytes2 le second1 ard5t et p]svrant1 comme ,ge(froy1 m\rut sans avoir vu son uvre ju/em5t apprcie dans son pays4 ,,*apitre ,,xiii ,,dug,s ,essai de conciliation des ides de ,cuvi] et de ,ge(froy4--,la con=mit organique dans l'*elle animale4--,moqu9-,t&on et la ?orie du zoonite4--,gnralisation de cette ?orie p> ,dugs4--,?orie de la con/itution des organismes3 loi de multiplicit ou de rptition des p>ties2 loi de disposition2 loi de modification et de complication1 loi de coalesc5ce4--,ides de ,dugs sur les types organiques4 ,au mom5t mme o la gr&e discussion acadmique sur l'unit de plan de composition des animaux allait tre close p> la mort de ,cuvi]1 un jeune pr(esseur de la ,facult des sci5ces de ,montpelli]1 ,anto9e ,dugs1 t5tait de s'tablir sur un t]ra9 n\veau1 o il esprait que les deux camps p\rrai5t se r5contr]4 videmm5t sduit p> les ides de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,dugs e/ cep5dant frapp de la valeur des objections de ,cuvi]4 ,il se dem&e si1 en modifiant lgrem5t la =mule de la philosophie zoologique1 il ne s]a pas possible de la sauv] de l'ana?me dans laquelle *]*e l'envelopp] la soi-disant cole des faits4 ,il s5t trs bi5 que l'cole n'e/ pas morte avec son *ef4 ,n\s n\s dcidons1 dit-il dans la ,prface de son ,mmoire sur la con=mit organique dans le rgne animal1 n\s n\s dcidons publi] ce mmoire1 p\r ne po9t r5\vel] les difficults qui se prs5tr5t1 son sujet1 lors de la nom9ation d'une commission d'exam5 p> l',acadmie des sci5ces1 et qui ne cessr5t que qu& ,m4 ,cuvi]1 dont on craignait1 sans d\te1 de heurt] les op9ions1 se fut lui-mme *>g du rapport4 ,m4 ,cuvi] tait effectivem5t l'homme dont je devais1 dans cette circon/ance1 r$\t] surt\t la prv5tion et la p>tialit3 une discussion vive et prolonge l'avait rcemm5t anim contre des pr9cipes =t semblables ceux que j'mettais mon t\r2 et1 malgr t\s mes so9s p\r vit] de p>atre m'immisc] dans cette gr&e qu]elle1 malgr mes ef=ts p\r faire ressortir l'indp5dance de mes op9ions p]sonnelles1 l'imp>tialit de mes emprunts d'autres doctr9es1 je n'avais pu russir calm] la svrit ombrageuse qu'il portait dans l'tude de la nature1 ni la rpugnance qu'il manife/ait hautem5t p\r t\te gnralisation1 un peu h>die1 un peu htive4 ,lui-mme m'avait annonc un jugem5t rig\reux1 et j'ignore jusqu' quel po9t j'tais p>v5u en ad\cir l'pret dans une longue conv]sation4 ,dugs ne *]*e cep5dant plus tablir l'unit de plan de composition du rgne animal2 il se propose seulem5t de montr] que les diffr5ts types du rgne animal sont relis entre eux p> des transitions mnages1 que l'on peut de modification en modification1 et p> un en*anem5t successif1 p>c\rir t\te l'*elle animale et reconnatre la con=mit mdiatem5t ou immdiatem5t entre deux animaux1 quels qu'ils soi5t1 quelque classe qu'ils app>ti5n5t4 ,en quoi consi/e cette con=mit que ,dugs sub/itue l'unit de plan dans la /ructure des animaux8 ,on p\rrait dsir] que ,dugs le dise plus nettem5t4 trav]s les obscurits ou les erreurs que lui impose l'tat de la sci5ce son poque1 on voit app>atre cep5dant p\r la premire fois1 dans t\te sa gnralit1 une ide fconde1 dont les consqu5ces sont lo9 d'tre encore puises4 ,la sci5ce v5ait pe9e d'accueillir la belle conception1 agr&ie p> ,g!1 de la nature compose des vgtaux et de la mtamorphose de leurs organes4 ,dunal s'tait dem& s'il n'exi/ait pas quelque *ose d'analogue dans le rgne animal1 et il avait entrevu que les animaux inv]tbrs peuv5t tre considrs comme des associations1 des colonies d'animaux plus simples1 div]sem5t gr\ps4 ,en #ahbg1 ,moqu9-,t&on1 dans sa ,monographie des hirud9es1 avait donn plus de prcision cette manire de voir en montrant que *acun des segm5ts du corps d'une sangsue e/ id5tique ceux qui le prcd5t et ceux qui le suiv5t1 que *acun de ces segm5ts conti5t t\t ce qu'il lui faut p\r vivre d'une vie indp5dante1 peut tre considr comme un organisme di/9ct1 un petit animal1 un zoonite4 ,t\s les animaux articuls de ,cuvi] se laiss5t1 comme la sangsue1 dcompos] en zoonites2 t\s ces animaux ne sont1 en consqu5ce1 que des assemblages d'animaux plus simples1 de zoonites1 disposs en srie l9aire4 ,gnralisant cette ide1 ,dugs *]*e montr] qu'elle e/ applicable non seulem5t aux articuls1 mais t\s les inv]tbrs et aux v]tbrs eux-mmes4 ,les polypes d'une colonie de corail1 d'une colonie de bryozoaires sont des zoonites au mme titre que les segm5ts d'un insecte2 ils sont seulem5t disposs d'une autre faon4 ,des zoonites peuv5t1 en effet1 se gr\p] en srie l9aire1 ou se plac] comme des rayons aut\r d'un c5tre1 ou =m] des arboresc5ces ramifies1 comme dans le rgne vgtal2 on tr\ve de nombreux passages entre ces div]s modes d'association1 passages qui tabliss5t un li5 entre des animaux p>aissant au premi] abord t\t fait diffr5ts4 ,les zoonites ayant t\j\rs la mme con/itution fondam5tale1 les animaux ne diffr5t que p> le nombre et le mode de gr\pem5t de ces p>ties con/ituantes1 et comme1 s\s ce rapport1 il exi/e entre eux un nombre inf9i de transitions1 on voit qu'il ne saurait exi/] aucune ligne de dm>cation entre les diffr5ts types du rgne animal4 ,dugs espre donc avoir dc\v]t les lois de la con/itution des organismes1 que *]*ait ,ge(froy1 t\t en *appant aux objections que dirigeait ,cuvi] contre l'unit de plan de composition4 ,ces lois sont au nombre de quatre3 #a ,loi de multiplicit des organismes2 #b ,loi de disposition2 #c ,loi de modification et de complication2 #d ,loi de coalesc5ce4 ,on peut les nonc] a9si3 #a ,t\t animal suprieur e/ compos d'un c]ta9 nombre d'organismes plus simples1 de zoonites4 #b ,les zoonites con/ituant un animal peuv5t se gr\p] soit en une srie l9aire unique1 soit en deux sries alt]nes ou symtriques1 soit en c\ronne aut\r d'un axe1 soit d'une faon t\t fait irrgulire4 ,*ez un mme animal1 ces div]s modes de gr\pem5t peuv5t tre comb9s entre eux4 #c ,dans un mme animal1 les zoonites peuv5t prs5t] des =mes div]ses1 se p>tag]1 se di/ribu] le travail ncessaire au ma9ti5 de leur collectivit4 #d ,les zoonites ou les organes qui les compos5t peuv5t prs5t] div]s degrs de fusion1 de manire qu'il devi5t s\v5t impossible de dt]m9] leur nombre ou leurs limites4 ,t\tes ces propositions sont rig\reusem5t exactes2 ,dugs exprime encore =t bi5 l'ide que se font actuellem5t les physiologi/es du rle des div]ses p>ties qui entr5t dans la composition d'un organisme4 ,aprs avoir dcrit les modifications div]ses des p>ties dans quelques insectes1 il conclut#gb3 ,s\s le rapport de la s5sibilit et de la locomotion1 il semble donc que les segm5ts se p>tag5t1 se di/ribu5t le travail p\r conc\rir plus aism5t un b commun4 ,cette di/ribution1 ce conc\rs o *aque p>tie apporte l'ensemble son tribut spcial1 sont plus m>qus encore quant aux app>eils de la vie intrieure4 ,l1 n\s voyons tel segm5t ou telle rgion appel]1 conc5tr] ou1 p\r mieux dire1 c5tralis] et p]fectionn] tel app>eil d'organes dont les autres segm5ts re/5t privs1 soit p> ab&on rsultant d'une coalesc5ce p>tielle qui attire t\s les lm5ts de mme nature v]s un c5tre commun1 soit p> atrophie1 disp>ition d'un app>eil de fonction r5du inutile dans la plup>t des segm5ts p> son gr& dveloppem5t dans un seul qui le r5d apte s]vir1 en ce qui le conc]ne1 t\te la ma*9e4 ,cette communaut1 cette conv5ance rciproque con/itue l'individualisation et conc\rt1 on le s5t bi51 au p]fectionnem5t de la vie gnrale4 ,il en e/ de l'association des organismes comme de la socit huma9e4 ,la civilisation fait un t\t d'une masse d'individus diffr5ts1 et elle conc\rt augm5t] les commodits1 les j\issances de *acun d'eux p> le p>tage des capacits et des occupations4 ,une peuplade de sauvages e/1 au contraire1 rduite la vie la plus simple et la plus grossire4 ,dans la premire de ces socits1 n\s avons l'image de l'conomie animale *ez les tres les plus levs de l'*elle1 un mammifre p> exemple4 ,quant la deuxime1 c'e/1 la vie du tnia1 aussi morcele1 que l'animal lui-mme et aussi peu complexe que l'e/ l'organisation de l'animal1 aussi peu v>ie que la =me de ses anneaux4 ,ces comp>aisons1 les physiologi/es les limit5t encore auj\rd'hui1 en ce qui conc]ne les v]tbrs1 aux lm5ts anatomiques2 avec une h>diesse tonnante1 ,dugs1 s\t5ant une cause qui ne devait tr\v] que dans ces d]nires annes des argum5ts dcisifs en sa faveur1 considre les v]tbrs comme des animaux segm5ts1 =ms de zoonites la manire des insectes1 mais dont les zoonites sont confondus1 comme ceux des araignes4 ,la division de la colonne v]tbrale en v]tbres id5tiques entre elles e/ le signe le plus app>5t de cette segm5tation des v]tbrs2 mais il en e/ d'autres4 ,la moelle p9ire des v]tbrs f\rnit autant de paires n]veuses qu'il exi/e de segm5ts v]tbraux4 ,dugs rappelle les expri5ces de ,*irac et de ,legallois qui montr5t que la portion de la moelle correspondant *acune de ces paires n]veuses possde une vritable autonomie4 ,il e/ a9si conduit comp>] la moelle des v]tbrs la *ane ganglionnaire des animaux articuls4 ,il pr\ve du re/e que non seulem5t qu& on passe d'un animal l'autre1 mais encore *ez le mme animal1 les div]s ganglions compr5ant cette *ane peuv5t se rappro*] au po9t de se s\d] o au contraire se sp>]1 s'ils tai5t primitivem5t s\ds4 ,les re*]*es de ,m4 ,blan*>d ont tabli que ce premi] cas e/ le plus gnral *ez les insectes2 cep5dant ,swamm]dam avait dj montr que les ganglions trs rappro*s1 presque s\ds1 de la l>ve de l',orycts nasicorne1 de celle du ,/ratyome camlon se sp>5t qu& l'insecte arrive l'tat adulte2 ces rsultats ont t beauc\p t5dus p> les re*]*es de ,m4 ,knckel d',h]culais et de ,m4 ,br&t4 ,*aque v]tbre porte dans la rgion dorsale une paire d'app5dices1 les ctes3 les sept v]tbres de la rgion c]vicale1 les c9q v]tbres de la rgion lombaire en sont dp\rvues *ez les ,mammifres4 ,dugs fait rem>qu] que les c9q paires de n]fs lombaires et les c9q paires c]vicales se runiss5t respectivem5t en un plexus et pntr5t ensuite dans les jambes et les bras1 l'inn]vation desquels elles sont presque exclusivem5t rs]ves4 ,or le nombre de doigts qui t]m95t les membres de la plup>t des v]tbrs t]re/res e/ prcism5t de c9q4 ,il e/ donc lgitime de considr] *acun de nos membres comme rsultant de la s\dure de c9q app5dices correspondant respectivem5t l'un des segm5ts v]tbraux qui f\rniss5t les n]fs des membres4 ,la s\dure de ces app5dices s'e/ faite du c5tre la priphrie2 elle n'e/ complte que p\r le premi] segm5t des membres2 dj le deuxime compr5d deux os1 le troisime en compr5d trois1 le quatrime quatre1 les quatre autres *acun c9q4 ,l'os hyode1 la m*oire infrieure sont d'autres app5dices des v]tbres qui ont g>d une =me vois9e de celle des ctes2 enf9 la tte doit tre considre1 a9si que le v\lai5t ,g!1 ,ok5 et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 comme =me d'un c]ta9 nombre de v]tbres1 s\des ensemble aussi entirem5t que le sont les segm5ts qui con/itu5t la tte des insectes1 et ne demeurant di/9cts que p> leurs app5dices4 ,il y a l t\te une srie d'ides n\velles1 +nieusem5t dveloppes et qui ont t plus rcemm5t reprises et t5dues1 dans un intressant opuscule1 p> ,m4 le ,dr ,dur& de ,gros#gc4 ,le progrs sur la doctr9e de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire e/ inconte/able4 ,dugs ne *]*e plus expliqu]1 comme son illu/re devanci]1 l'insecte p> le v]tbr2 il ne *]*e plus retr\v] dans les segm5ts du corps des articuls l'quival5t des v]tbres des mammifres4 ,les v]tbres et la colonne v]tbrale ne sont plus des p>ties fondam5tales qu'il faut retr\v] t\t prix4 ,ret\rnant la proposition de ,ge(froy1 ,dugs tudie le zoonite l o il e/ le plus clair1 *ez l'animal articul2 il dt]m9e le mode d'association des zoonites et de leurs div]ses p>ties1 et il se propose de retr\v] *ez le v]tbr les traces d'une con/itution fondam5tale id5tique celle des articuls2 les v]tbres et leurs app5dices sont les indications les plus prcises de cette con/itution4 ,cette fois1 la comp>aison e/ place sur un t]ra9 inf9im5t plus praticable4 ,malheureusem5t les t]mes de comp>aison *oisis ne peuv5t encore cont5ir que des rsultats illusoires2 l'une des propositions sur lesquelles ,dugs base la con=mit organique e/ d'ailleurs radicalem5t fausse1 et le succs de la ?orie se tr\ve p> cela mme compromis4 ,si l'ar?ropode et le v]tbr sont1 en effet1 l'un et l'autre =ms de zoonites1 ce dont les dc\v]tes rc5tes de ,semp] et de ,balf\r ne p]mett5t plus gure de d\t]1 leur similitude s'arrte ce po9t4 ,en *]*ant p\rsuivre la comp>aison au del des consqu5ces immdiates1 ncessaires1 de ce mode commun de con/itution1 ,dugs entre dans une mauvaise voie2 il e/ dom9 lui aussi1 son insu1 p> l'ide de l'unit de plan de composition4 ,cette ide1 qu'il modifie si heureusem5t p\r la r5dre applicable aux animaux suprieurs1 il l'admet dans t\te sa rigueur p\r les zoonites3 dans sa p5se1 t\s les zoonites sont id5tiques entre eux1 et c'e/ en cela que consi/e la con=mit que l'on con/ate entre les animaux3 ,il n'y a pas unit de plan dans l'*elle animale2 mais il y a con=mit1 c> les lm5ts composants sont t\j\rs de mme nature1 et leur disposition1 quoique v>ie1 ne suffit pas p\r isol]1 sp>] nettem5t les animaux qu'ils con/itu5t#gd4 ,p\r tr\v] ces lm5ts de mme nature dont p>le ,dugs1 il faut desc5dre aux lm5ts con/itutifs des tissus1 ce que n\s nommons auj\rd'hui les cellules ou les pla/ides2 ,dugs s'arrtait aux zoonites4 ,or les zoonites d'un v]tbr ne sont nullem5t comp>ables ceux d'un articul1 pas plus que les zoonites ou rayons d'une toile de m] ne sont comp>ables ceux d'une mduse4 ,dugs e/ conduit p> cette ide prconue des comp>aisons videmm5t =ces3 lorsqu'il assimile1 p> exemple1 les m&ibules des insectes la m*oire suprieure des v]tbrs1 et leurs m*oires la m&ibule de ces d]ni]s2 il e/ encore plus lo9 de la vrit lorsqu'il croit tr\v] un argum5t en faveur de sa ?se dans la multiplicit des os qui =m5t la m*oire infrieure des ,poissons4 ,t\tefois1 avec une sagacit rem>quable1 ,dugs vite ord9airem5t les cueils dont une fausse conception de la similitude des zoonites sme sa r\te1 et il g>de t\s les avantages que lui donne son mode de comp>aison des v]tbrs et des animaux segm5ts4 ,c'e/ a9si qu' la f9 de son mmoire1 qui e/ de t\s po9ts une uvre de gnie1 lorsqu'il s'agit d'tablir comm5t peut s'effectu] le passage des v]tbrs aux inv]tbrs1 le savant pr(esseur de ,montpelli] *]*e des types int]mdiaires non pas entre les articuls et les v]tbrs1 mais entre les v]tbrs et les v]s1 c'e/--dire prcism5t l o les zoologi/es actuels les ont tr\vs4 la vrit1 il croit voir entre les sangsues et les lamproies des aff9its qui ne sont pas aussi vois9es qu'il e/ t5t de le croire3 la v5t\se buccale des sangsues ne saurait tre1 sans exagration1 comp>e celle des lamproies2 les po*es respiratoires de ces poissons ne sont nullem5t homologues des po*es latrales du v]1 qui ne sont autre *ose que des re9s2 mais ,dugs n'avait *oisi ces moy5s de rappro*em5t qu'en raison de la connaissance imp>faite que l'on avait1 son poque1 des types qu'il s'agissait de comp>]1 et il demeurait frapp des ressemblances gnrales de ces d]ni]s4 ,db>rass des complications qui rsultai5t p\r ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et p\r ,ampre de la comp>aison qu'ils avai5t essaye entre le squelette int]ne des v]tbrs1 dsormais relgu au second plan1 et le squelette ext]ne des articuls1 il reti5t cep5dant l'ide que le v]tbr et l'articul ont1 relativem5t au sol1 une attitude oppose2 il insi/e avec raison sur l'id5tit absolue de disposition que l'on obs]ve dans les organes d'un animal annel et d'un v]tbr c\* sur le dos1 et arrive a9si aux assimilations les plus lgitimes4 ,il rappelle que ce r5v]sem5t de l'animal se manife/e dj dans l'embryon1 comme l'ont montr ,hrold et ,ra?ke1 et t5d considrablem5t la li/e1 donne dj p> ,ge(froy1 des animaux qui ont ab&onn l'attitude normale de leurs congnres p\r en pr5dre une plus ou mo9s diffr5te4 ,a9si les ,p>esseux demeur5t presque t\j\rs accro*s aux bran*es d'arbre le dos en bas2 les nyctribies et div]s ac>us p>asites m>*5t sur le dos2 c'e/ galem5t sur le dos que nag5t les notonectes1 p>mi les insectes2 les apus1 les bran*ippes1 p>mi les cru/acs2 t\s les htropodes1 p>mi les mollusques2 le ,gemel 7,pimelodus membranaceus7 et1 dans c]ta9s cas1 le remora1 p>mi les poissons4 ,*ez ce d]ni]1 la face dorsale1 demeurant le plus s\v5t applique contre un corps trang]1 a t\t fait l'aspect de la face v5trale des autres poissons4 ,mais il exi/e aussi1 dans le rgne animal1 d'autres *angem5ts d'attitude non mo9s rem>quables4 ,l'homme1 p>mi les mammifres1 les man*ots1 les p+\9s1 p>mi les oiseaux1 m>*5t deb\t1 dans une position exactem5t p]p5diculaire celle des autres v]tbrs de leur classe4 ,les pleuronectes et l'amphioxus1 p>mi les poissons1 les peignes1 les hutres1 les anomies1 les tridacnes1 p>mi les mollusques1 demeur5t con/amm5t c\*s sur le ct1 t&is que les gamm>us1 ou crevett9es d'eau d\ce1 qui sont des cru/acs1 m>*5t sur le ct et nag5t indiffremm5t sur le dos ou sur le v5tre4 ,beauc\p d'annlides et c]ta9s myriapodes peuv5t de mme1 sans difficult1 m>*] sur le dos ou sur le v5tre1 et il en e/ qui n'avanc5t qu' reculons4 ,dugs aurait encore pu aj\t] que les cirripdes et les ascidies pass5t la plus gr&e p>tie de leur exi/5ce fixs la tte en bas1 que c'e/ l'attitude normale de t\s les mollusques lamellibran*es et celle dans laquelle dorm5t et se repos5t les galopi?ques et les *auves-s\ris4 ,de t\s ces faits1 on doit conclure avec ,ge(froy que1 *ez les div]s animaux1 des rgions du corps anatomiquem5t id5tiques peuv5t occup]1 p> rapport nos po9ts de repre habituels1 le sol et le ciel1 les positions les plus v>ies1 et que1 dans ses comp>aisons1 l'anatomi/e ne doit t5ir aucun compte de ces positions4 ,dugs e/ galem5t assez s\v5t heureux lorsqu'il *]*e tablir entre les rgions du corps des animaux de type diffr5t des comp>aisons plus rig\reuses que celles qui ont c\rs dans la sci5ce4 ,c'e/ a9si qu'il donne de la tte la seule df9ition physiologique et morphologique que l'on puisse accept] auj\rd'hui3 ,c'e/ la rgion antrieure1 celle qui guide les autres1 o l'on tr\ve des p>ties modifies en organes des s5s 7phanres7 et des app5dices locomoteurs de/9s la prh5sion1 la division des alim5ts444 ,cette rgion e/ compose de plusieurs segm5ts ou zoonites2 mais leur coalesc5ce e/ s\v5t telle que l'esprit d'analyse le plus exact n'arrive la dcompos] que p> des conjectures qui laiss5t t\j\rs au mo9s quelque inc]titude sur le nombre des segm5ts4 ,seulem5t ,dugs1 v\lant comp>] de trop prs l'articul et le v]tbr1 s'engage bi5tt dans une voie qui demeure sans issue4 ,d'autres causes vi5n5t d'ailleurs enray] l'essor que les ides fcondes cont5ues dans le ,mmoire sur la con=mit organique aurai5t pu donn] la zoologie4 ,bi5 que gr& admirateur de ,lam>ck et de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,dugs1 qui s'tait laiss entran] v]s la zoologie p> les sductions magiques du gnie de ,cuvi]1 ne p>at pas avoir dev9 l'importance que devait pr5dre plus t>d le trans=misme4 ,il ne se dem&e nulle "p1 dans son mmoire1 quelle a pu tre l'orig9e des animaux qu'il tudie1 et p>at croire1 comme son premi] matre1 qu'ils ont t et s]ont t\j\rs ce que n\s les voyons auj\rd'hui4 ,il rem>que que quelques-uns sont rduits un seul zoonite1 que *ez les myriapodes les zoonites se =m5t successivem5t2 mais il ne lui vi5t pas l'esprit1 ce qui n'aurait c]tes pas *app ,lam>ck ou t\t autre trans=mi/e1 que les animaux simples1 rduits un seul zoonite1 p\rrai5t tre les anctres1 les progniteurs2 encore p]si/ants1 des animaux =ms de plusieurs zoonites2 il ne *]*e pas quelles causes1 en dt]m9ant le mode de gr\pem5t des zoonites1 soit en c\ronne1 soit en ligne droite1 ont pu donn] a9si naissance ce que ,cuvi] appelle les types organiques4 ,bi5 au contraire1 ces types sont p\r lui primitifs2 ds le db de son volution1 *aque animal porte l'empre9te du type auquel il app>ti5t3 ,*aque espce d'animal a sa =me p>ticulire 7tant intrieure qu'extrieure71 son type propre1 et ce ds sa premire orig9e1 sans p\voir dire en quoi consi/e la cause premire qui m>que a9si primordialem5t l'animal d'un ca*et c>actri/ique1 qui emp*e les espces de se multipli] sans rgles comme sans limites1 qui empre9t des traits p>ticuli]s et de famille aux individus d'une mme espce2 on ne peut mconnatre l une puissance quelconque1 et l'on peut au mo9s l'tudi] dans ses effets4 ,t\t en passant p> des trans=mations comp>ables aux pr9cipaux1 degrs de l'*elle animale1 l'embryon n'en a pas mo9s t\j\rs ses c>actres p>ticuli]s4 ,on reconnat l l'influ5ce des re*]*es et surt\t des ides de ,von ,bar2 mais1 en #ahca1 les fondem5ts de l'embryognie tai5t pe9e jets2 non seulem5t on ne savait presque ri5 du mode d'volution des animaux infrieurs1 mais on savait mme =t peu de *ose sur le dveloppem5t des plus levs1 et ,dugs tait dj en avance sur son temps lorsqu'il dcrivait la reproduction p> division transv]sale d'une espce de ,planaire1 la ,cat5ula lemn4 ,la loi de con=mit organique e/ donc une sorte de loi mtaphysique1 comme la loi de l'unit de plan de composition2 elle ne prt5d pas expliqu] la filiation des animaux3 elle se borne simplem5t con/at] leur mode de /ructure et ne *]*e tablir entre eux qu'un li5 purem5t ?orique1 j'allais dire purem5t ?ologique4 ,on s5t du re/e flott] vaguem5t1 aut\r de cette conception premire1 d'autres ides plus mtaphysiques encore4 ,p>fois se trahit la proccupation t\te py?agorici5ne de tr\v] *ez des animaux1 d'ailleurs trs diffr5ts1 les mmes p>ties en mme nombre1 sans que ri5 puisse faire prsum] que le nombre *]* soit con/ant3 a9si ,dugs s'ef=ce de montr] que le c\ des v]tbrs e/ =m de trois v]tbres1 comme le ?orax des insectes de trois articles2 il croit voir de mme une correspondance entre les c9q paires de pattes des cru/acs dcapodes et les c9q app5dices primitifs1 dont la s\dure con/itue1 suivant lui1 les membres des v]tbrs suprieurs4 ,en un mot1 il s'imag9e que les mmes p>ties doiv5t se tr\v] en mme nombre et peuv5t tre dsignes p> les mmes noms *ez les v]tbrs et les articuls2 il dresse un tableau comp>atif des p>ties du corps *ez ces animaux et p>vi5t un semblant de dmon/ration de leur id5tit de /ructure4 ,il e/ vid5t que ,dugs ne peut admettre un seul in/ant que ces prt5dues lois numriques rgiss5t le rgne animal t\t enti]2 il possde des connaissances trop t5dues p\r que la p5se ait pu lui v5ir de retr\v] *ez un siphonophore t\s les zoonites de l'crevisse ou du *at2 mais qu& on en vi5t *]*] des ressemblances dont la seule explication rside dans une volont suprieure1 il n'y a aucune raison de s'arrt]1 et les nombres ont quelque *ose de fatidique qui semble1 t\tes les poques1 avoir fasc9 c]ta9s esprits4 ,mac ,leay1 entomologi/e di/+u1 n'a-t-il pas fond t\t un sy/me de divisions zoologiques sur l'excell5ce du nombre c9q1 qu'il considrait comme ayant rgi t\te l'volution organique8 ,c'e/ la mme t5dance mtaphysique qui conduit ,dugs p5s] que les divisions du rgne animal peuv5t tre di/ribues sur deux c]cles tang5ts1 l'un compr5ant les inv]tbrs1 l'autre les v]tbrs4 ,ces c]cles sont +nieusem5t con/ruits1 comme on peut s'en assur] en jetant les yeux sur la reproduction que n\s en donnons ci-aprs1 mais ne correspond5t ri5 dans la nature4 ,de telles t5tatives tmoign5t simplem5t1 *ez leur auteur1 de la conviction pr(onde que la cont9uit de l'univ]s doit p\voir s'exprim] p> une ligne gomtrique simple3 la ligne droite n'ayant pas russi ,bonnet1 ,dugs s'tait arrt au c]cle4 ,malgr ces dfauts inhr5ts l'poque o il fut crit1 on ne saurait e/im] trop haut la valeur des ides morphologiques dveloppes et s\v5t tablies dans le ,mmoire sur la con=mit organique4 ,publi au mom5t mme o v5ait de se t]m9] la lutte entre ces deux r$\tables a?ltes3 ,cuvi] et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 le mmoire de ,dugs fut peu rem>qu1 eu g>d sa valeur2 un petit nombre de savants tai5t d'ailleurs en tat d'en compr5dre t\te la porte1 et ,dugs lui-mme n'avait fait que l'entrevoir4 ,bi5 qu'on lui ait fait de frqu5ts emprunts1 le ,mmoire sur la con=mit organique n'a gure t cit1 depuis la mort de son auteur1 qu' titre de curiosit sci5tifique4 ,on doit cep5dant le considr] comme ayant1 p\r la morphologie animale1 la mme importance que l'essai de ,g! sur les mtamorphoses des plantes1 p\r la morphologie vgtale4 ,bi5tt les dc\v]tes vont se succd]1 les unes apportant une clatante confirmation aux vues de l'anatomi/e de ,montpelli]1 les autres l>gissant davantage les horizons entrevus p> lui2 mais on a p]du le fil conducteur un mom5t saisi2 le nom de ,dugs e/ pe9e prononc1 alors qu'il p\rrait tre mis ct de ceux de ,lam>ck et de ,ge(froy4 ,puissions-n\s dans ces quelques lignes avoir contribu rp>] l'inju/ice involontaire des zoologi/es env]s un des hommes les plus m95ts de ce sicle4 ,cette inju/ice tait d'ailleurs la consqu5ce fatale des dures conditions que la lutte entre ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et ,cuvi] avait faites1 en ,france1 la philosophie zoologique1 et du discrdit dans lequel devai5t faire tomb] la philosophie zoologique les excs d'une cole allem&e dont n\s devons ma9t5ant n\s occup]4 ,illu/ration3 ,,di/ribution ,,des ,,animaux ,d',,apr,s ,,dug,s ,,monadaires ,monadi/es4 ,conf]vi/es4 _/ ,/phanomi/es4 ,uvelli/es4 ,,diphy>es ,,act9iaires ,physali/es4 ,act9i/es4 ,a/ri/es4 ,diphy/s4 ,c]cle ,mdusi/es4 des ,inv]tbrs4 ,ascidi/es4 ,tni/es4 ,l+uli/es4 ,asc>idi/es4 ,o/ri/es4 ,lombrici/es4 ,hlici/es4 ,juli/es4 ,h,,licaires ,t,,niaires ,hyali/es4 ,culici/es4 ,loligi/es4 ,arani/es4 ,balani/es----,a/aci/es4 ,,a/acaires ,,hom9iaires ,squali/es _/ ,cypr9i/es4 ,salam&ri/es4 ,rani/es4 ,lac]ti/es4 ,c]cle des ,crocodili/es4 ,pass]i/es4 ,v]tbrs4 _/ _/ ,e*idni/es4 _/ _/ ,hom9i/es4 ,,*apitre ,,xiv ,,les ,,philosophes ,,de ,,la ,,nature ,ides de ,s*ell+4--,ok53 ,les pol>its et la g5se de l'univ]s4--,le ,mucus primitif4--,gnration quivoque des infusoires les lm5ts anatomiques4--,loi de rptition dduite de la philosophie de la nature4--,l'homme et le microcosme4--,les degrs d'organisation4--,?orie de la v]tbre2 con/itution v]tbrale du crne4--,spix3 application de la loi de rptition l'anatomie comp>e4--,c>us3 ,ext5sion de la ?orie de la v]tbre4 ,la gr&e cole qui comm5ce ,buffon et que cont9u5t ,lam>ck1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et ,dugs en ,france1 ,g! et ,kielmey] en ,allemagne1 rassemble des faits et1 p> une srie d'inductions1 *]*e s'lev] de ces faits une conception gnrale des rapports qui uniss5t entre eux les tres vivants1 conception l'aide de laquelle elle s'ef=ce ensuite de dc\vrir des faits et des rapports n\veaux4 ,c'e/ l1 en df9itive1 la m?ode commune t\s les hommes de sci5ce2 ils ne diffr5t1 cet g>d1 que p> le plus ou mo9s gr& nombre de faits entre lesquels leur esprit ap]oit des rapports1 p> la gnralit plus ou mo9s gr&e des ides que leur suggr5t ces rapports4 ,les philosophes procd5t volonti]s autrem5t3 une ide a priori1 aussi leve1 aussi ab/raite que possible1 leur s]t de po9t de d"p2 ils en dduis5t ensuite les faits p> le raisonnem5t pur4 ,c'e/ ce qu'essaya en ,allemagne1 au comm5cem5t de ce sicle1 l'cole dite des philosophes de la nature4 ,il semble1 au premi] abord1 qu'une p>eille faon de faire soit ncessairem5t /rile2 il n'en e/ cep5dant pas t\j\rs a9si4 ,en effet1 quelle que soit la =me s\s laquelle on les exprime1 les ides sont1 en df9itive1 puises dans les faits2 elles conti5n5t donc t\j\rs une "p de ralit2 d'un autre ct1 en dr\lant leurs consqu5ces1 le philosophe ne p]d jamais de vue les gr\pes de faits qu'il se propose d'expliqu]2 son esprit n'e/ en repos que lorsque1 p> un artifice quelconque de langage1 il e/ p>v5u ratta*] plus ou mo9s adroitem5t les faits l'ide pr9cipale2 mais1 *aque fois qu'il a rec\rs ce procd1 il trans=me fatalem5t la signification de l'ide premire2 il y introduit une "p plus gr&e de ralit2 ce ne sont plus des rappro*em5ts entre des ab/ractions1 ce sont des rappro*em5ts entre des faits rellem5t analogues qu'il ap]oit1 et de ces rappro*em5ts jailliss5t ncessairem5t des consqu5ces exactes1 qui frapp5t d'autant plus l'esprit que le po9t de d"p avait p>u plus p>adoxal4 ,c'e/ l l'hi/oire de l'cole des philosophes de la nature1 le secret de l'en?\siasme que cette cole a un mom5t suscit1 de l'influ5ce que1 p5dant prs d'un demi-sicle1 elle a ex]ce en ,allemagne2 c'e/ la raison des dc\v]tes auxquelles elle a conduit1 des succs rels qu'elle a obt5us4 ,le premi] des philosophes de la nature fut ,s*ell+1 qui avait suivi les leons de ,kielmey]1 et tr\va moy5 d'int]cal] dans son sy/me t\tes les ides de son illu/re matre#ge4 ,le po9t de d"p de t\t le sy/me de ,s*ell+ e/ l'exi/5ce s\v5t hypo?tique1 dans la nature1 de c]ta9es =ces1 de c]ta9s tres qui sembl5t se neutralis] p> leur union3 a9si l'lectricit ngative et l'lectricit positive1 actives t\tes les deux1 produis5t1 en s'unissant1 l'lectricit pure et simple1 l'lectricit absolue1 dont l'exi/5ce ne se manife/e p> aucun phnomne2 les deux fluides magntiques1 le fluide boral et le fluide au/ral1 se neutralis5t de mme p> leur union2 les deux sexes des animaux et des plantes1 isolm5t susceptibles de v>i]1 dt]m95t p> leur union la production de quelque *ose de fixe1 l'espce1 qui e/ une pure ab/raction4 ,s*ell+ arrive donc concevoir que cette opposition app>5te ou relle e/ la loi gnrale p> excell5ce1 et que c'e/ d'elle que t\t drive4 ,de t\tes les oppositions1 la plus gnrale e/ celle du moi et du non-moi1 de l'unit et de la pluralit1 de l'esprit et du monde matriel2 ces oppositions ne sont1 comme les deux lectricits1 que des manife/ations diffr5tes d'un pr9cipe univ]sel que ,s*ell+ appelle l'absolu4 ,in]tes s'ils tai5t unis1 et con/ituant ds lors le nant1 le moi et le non-moi1 p> cela seul qu'ils sont opposs l'un l'autre1 devi5n5t actifs comme les deux lectricits et t5d5t sans cesse s'unir4 ,dans leur c\rse l'un v]s l'autre1 ces deux lm5ts subiss5t des arrts1 et ce sont ces arrts qui con/itu5t t\tes les app>5ces du monde1 t\s les tres4 ,a9si un c\rant lectrique dont ri5 ne rvle l'exi/5ce se traduit p> des phnomnes s5sibles ds qu'il r5contre une rsi/ance1 ds qu'il subit un arrt4 ,le moi et le non-moi1 l'esprit et le monde matriel tant deux p>ties adquates d'un mme t\t1 on peut dire1 en c]ta9 s5s1 que l'esprit cre le monde et qu'il n'a qu' reg>d] en lui-mme p\r en tr\v] t\tes les p>ties2 de l cet aphorisme clbre3 ,philosoph] sur la nature1 c'e/ crer la nature4 ,les tres n'tant que des arrts successifs d'une mme activit1 les plus levs doiv5t trav]s]1 dans leur volution1 comme le s\ti5t ,kielmey]1 les =mes auxquelles s'arrt5t les plus simples2 leurs organes doiv5t natre de ceux des tres infrieurs1 ce qui ju/ifie la doctr9e de l'pignse1 laquelle s'tait arrt ,buffon4 ,les tres organiss1 les tres inorganiques n'tant t\s que des manife/ations d'une mme activit1 t\s sont galem5t vivants2 l'univ]s t\t enti] n'e/ qu'un imm5se organisme1 dont le moi1 dont l'esprit1 dont l'me e/ l'tre absolu1 c'e/--dire ,dieu1 qui s]ait le nant si le monde n'exi/ait pas4 ,s*ell+1 en dveloppant son sy/me1 se ti5t volonti]s dans les gnralits2 ,ok5 se *>ge de le faire pntr] dans le m5u dtail des phnomnes2 il lui donne en mme temps des dehors plus rig\reux3 les ma?matiques1 les sci5ces physiques1 la biologie1 vi5n5t po9t nomm f\rnir des argum5ts1 des comp>aisons1 des app>5ces de dmon/ration4 ,t\te sa philosophie repose sur cette id5tit3 ,a - ,a #j1 qui e/ une gnralisation ari?mtique des oppositions ou pol>isations de ,s*ell+4 ,cette id5tit ma?matique conti5t la fois l'univ]s matriel reprs5t p> le t]me ,a1 et l'esprit reprs5t p> le t]me - ,a2 l'union intime de ces deux t]mes1 c'e/ le div91 c'e/ l'absolu1 c'e/ le zro1 c'e/ le nant d'o t\t e/ sorti4 ,l'univ]s matriel1 le f9i1 l'espace1 le temps1 c'e/ l'absolu passif2 l'idal1 l'inf9i1 l't]nel1 c'e/ l'absolu actif4 ,l'absolu1 s'opposant a9si lui-mme1 de manire dev5ir la fois actif et passif1 fait acte de cration4 ,l'absolu actif ou le posant1 l'absolu passif ou le pos se confond5t dans l'unissant1 comme le plus et le mo9s se confond5t dans le zro2 ces trois =mes de l'absolu sont les trois p]sonnes de la ,tr9it qui e/ ,dieu4 ,ok5 tr\v]a de mme le moy5 d'expliqu] beauc\p d'autres my/res4 ,mais il ne re/e pas sur ces sublimes hauteurs2 il en desc5d d'abord p\r tablir un pr9cipe assez semblable au pr9cipe mcanique de l'action et de la raction2 d'aprs lui1 t\te =ce e/ d\ble et compose d'une =ce ngative et d'une =ce positive2 le m\vem5t rsulte de cette pol>isation de la =ce1 dont les deux t]mes t5d5t sans cesse se neutralis] sans y arriv] jamais4 ,plus les t]mes de s5s contraire qui compos5t une mme =ce s]ont nombreux et diffr5ts1 plus le m\vem5t qu'ils dt]m95t s]a actif4 ,mais le m\vem5t1 c'e/ la vie2 la vie s]a d'autant plus int5se que les tres qui la possd5t conti5dront plus de div]sit4 ,or l'tre le plus vivant1 c'e/ l'homme3 il conti5t t\tes les div]sits2 *acune de ces div]sits e/ une des =mes possibles de la vie1 un tre4 ,l'homme conti5t donc en lui le monde t\t enti]4 ,t\t animal n'e/ qu'une rduction de l'homme1 un organe isol1 ou un assemblage d'un c]ta9 nombre des organes qui se tr\v5t dans l'homme4 ,c'e/ l1 on le compr5d1 le po9t de d"p de t\t un sy/me de zoologie que n\s dvelopp]ons t\t l'heure4 ,mais comm5t ont pu se =m] les tres vivants8 ,il faut1 p\r arriv] l'expliqu]1 pntr] t\t le sy/me de ,ok51 dont les div]ses p>ties sont relies entre elles avec autant de so9 que les ?ormes successifs de la gomtrie4 ,l'absolu1 en s'opposant lui-mme1 cre la matire2 celle-ci1 n'tant que l'absolu passif1 e/ une3 c'e/ l'!r4 ,l'absolu non pol>is1 correspondant au zro1 e/ reprs5t p> le po9t2 l'absolu pol>is s'c>te de lui-mme3 c'e/ le po9t t5du1 la sphre4 ,l'!r e/ donc sphrique2 il t5d r5tr] dans l'absolu1 tomb] v]s son c5tre1 il e/ donc pesant et t\j\rs en m\vem5t2 mais il ne peut s'unir l'absolu1 il t\rne donc aut\r de lui4 ,l'absolu1 c'e/ le po9t1 le c5tre2 t\te sphre t\rne donc aut\r de son c5tre4 ,l'!r e/ d\ble1 comme l'absolu lui-mme2 il doit donc1 comme lui1 se pol>is]4 ,il ne peut le faire qu'en se divisant1 comme l'absolu1 en sphres t\rnant sur elles-mmes1 les unes actives1 les autres passives4 ,l'!r a9si pol>is donne naissance aux a/res3 les sphres actives sont les soleils1 les sphres passives sont les plantes qui t5d5t rejo9dre le soleil p\r r5tr] dans leur absolu1 et t\rn5t1 p> consqu5t1 aut\r d'eux4 ,la t5sion qui sp>e les soleils des plantes e/ ce que n\s appelons la lumire2 cette t5sion e/ la cause de la pol>isation de l'!r en soleils et plantes1 elle se produit aux dp5s de l'!r1 la matire des physici5s3 il n'y a donc pas de matire sans lumire4 ,de la lutte de la lumire contre l'!r non pol>is nat la *aleur2 la lumire et la *aleur produis5t ensemble le feu4 ,les plantes sont comme les soleils une tr9it1 un absolu dont les lm5ts actifs et passifs1 les liquides et les solides1 sont sp>s p> une t5sion1 con/ituant l'air2 l'ensemble de ces trois p>ties1 le solide1 le liquide1 l'ari51 e/ dsign p> ,ok5 s\s le nom de galvanisme4 ,les m9raux1 l'un des produits de cette pol>isation1 doiv5t leur solidit une =ce n\velle1 le magntisme2 leur pol>isation se traduit p> la =me cri/all9e4 ,la *aleur lectrise les cri/aux2 une autre =ce1 qui e/ le *imisme1 tire de l'indiffr5ciation les deux lectricits1 et cette =ce dissociante t5d produire la liqufaction4 ,le *imisme trans=me les m9raux et les amne un d]ni] degr de modification qui e/ le c>bone4 ,le c>bone ayant subi les trois actions p>ticulires de solidification1 de liqufaction et d'arification ou d'oxydation1 qui con/itu5t le galvanisme gnral1 t\t la fois solide1 liquide et la/ique1 devi5t une sorte de mucus1 la gele primitive1 le ,urs*leim4 ,la gele primitive et le sel1 uni=mm5t rp&us dans la m]1 sont les produits d'une pol>isation p>ticulire1 due la lumire4 ,la m] e/ organise comme le mucus rp&u p>t\t dans sa masse2 c'e/ d'elle qu'e/ sorti t\t ce qui a vie4 ,la vie n'e/ qu'une =me du galvanisme2 la gele primitive doit donc avoir les trois p\voirs de solidification1 de liqufaction et d'oxydation3 ces trois p\voirs correspond5t aux trois fonctions d'assimilation1 de dige/ion et de respiration4 ,la gele primitive a9si d\e s'organise1 comme l'!r primitif4 ,ne p\vant =m] une sphre unique1 sans quoi elle recon/itu]ait la plante1 elle se divise en une inf9it de sphres2 ces sphres sont les infusoires1 qui naiss5t a9si directem5t de la gele p> gnration univoque4 ,les animaux et les plantes ne sont que des agglomrations d'infusoires2 en se dissociant1 ils se rsolv5t effectivem5t en une inf9it d'infusoires qui app>aiss5t a9si p> gnration quivoque4 ,c'e/ l'action de la lumire qui a dt]m9 la trans=mation des infusoires en animaux et en plantes4 ,les vgtaux ret5us en p>tie dans la t]re1 n'ayant pas suffisamm5t pr\v l'action de la lumire1 s'lanc5t du sol p\r la *]*] et produis5t les fleurs qu& ils ont t suffisamm5t ennoblis p> son contact2 mais ils ti5n5t encore la t]re comme la t]re au soleil2 ils reprs5t5t donc1 dans cette tr9it qui e/ le monde vivant1 l'lm5t plantaire2 t&is que les animaux1 libres comme le soleil qui ne ti5t ri51 en sont l'lm5t solaire4 ,les vgtaux ne conti5n5t que les reprs5tations des trois lm5ts plantaires1 le solide1 l'humide1 l'la/ique2 les animaux conti5n5t1 en outre1 la reprs5tation d'un lm5t solaire1 la lumire4 ,cet lm5t e/ dj reprs5t dans la p>tie la plus noble de la plante1 dans la fleur1 ram5e p> son volution l'orig9e de t\t1 au po9t1 reprs5t p> les gra9s de poll54 ,l'animal e/ une fleur sans tige2 il comm5ce p> o la plante f9it2 il n'e/ d'abord qu'une sorte de sem5ce anime p> la lumire1 un utrus s5sible2 c'e/ le cas des infusoires4 ,t\tes les p>ties de la plante sont reprs5tes dans l'animal1 mais ennoblies p> la lumire2 l'animal lui-mme e/ un sy/me analogue au sy/me cosmique2 il a sa p>tie plantaire reprs5te p> les os1 sa p>tie solaire reprs5te p> le sy/me n]veux1 =m de po9ts semblables aux gra9s de poll51 mais unis entre eux4 ,une p>tie moy5ne1 p>ticipant de l'os et du n]f1 e/ la *air4 ,en appliquant indf9im5t le mme sy/me1 en imag9ant que *aque t]me de l'volution du monde e/ obt5u p> le dd\blem5t d'un t]me prexi/ant en deux p>ties unies p> une troisime l'tat de t5sion1 en comb9ant ensemble les diffr5ts t]mes dj obt5us1 ,ok5 arrive a9si de pro*e en pro*e se reprs5t] t\s les phnomnes jusque dans le mo9dre dtail4 ,*aque *ose1 *aque phnomne tant tir d'une *ose1 d'un phnomne prexi/ants et p\vant donn]1 naissance1 p> la rptition d'un procd t\j\rs le mme1 des *oses1 des phnomnes n\veaux1 il e/ vid5t que *acun des t]mes d'une srie d'volutions e/ reprs5t dans t\s les autres2 de l cet aphorisme clbre3 ,t\t e/ dans t\t1 dont la loi de la rptition des p>ties dans l'organisme n'e/ qu'une consqu5ce p>ticulire4 ,cette rptition des p>ties n'e/1 comme n\s l'avons montr ailleurs#gf1 qu'une consqu5ce d'un phnomne plus gnral1 ess5tiellem5t rel1 le phnomne mme de la reproduction2 la con/itution cellulaire des organismes1 les phnomnes d'pignse1 la division du corps des animaux articuls ou rayonns en segm5ts quival5ts entre eux1 la division en v]tbres de la p>tie fondam5tale du squelette1 sont le rsultat d'une rptition cont9uelle des processus1 faciles obs]v]1 de la reproduction4 ,un sy/me bas1 comme celui d',ok51 sur la rptition indf9ie des mmes actes1 des mmes phnomnes1 devait se montr] d'accord avec la nature t\tes les fois que la nature prs5tait de relles rptitions2 or c'e/ prcism5t le cas p\r les plantes et p\r les animaux1 comme ,g! l'avait ju/em5t conclu de l'obs]vation4 ,il devait galem5t se tr\v] d'accord avec la nature dans t\s les cas o un phnomne rsulte du conflit de deux causes1 dont les influ5ces contraires se neutralis5t en p>tie4 ,c'e/ a9si que l'obs]vation a confirm c]ta9s a priori de ,ok51 tels que ceux-ci3 ,la fixit des espces e/ en gr&e p>tie due la reproduction sexue4 ,les animaux et les plantes sont composs d'lm5t orig9airem5t semblables entre eux1 analogues des infusoires1 les cellules4 ,t\s les tres vivants se dvelopp5t p> pignse4 ,les organismes levs rsult5t de la runion de p>ties semblables qui se rpt5t1 en se disposant de faons div]ses4 ,beauc\p d'organismes infrieurs peuv5t tre considrs comme rsultant de l'association d'un c]ta9 nombre d'organes ou de p>ties qui ne se tr\v5t au complet que dans les organismes plus levs4 ,il e/ vrai que quelques-unes de ces vrits avai5t dj t tr\ves en dehors de lui et p> une t\te autre voie4 ,d'ailleurs ,ok5 ne fait1 en quelque sorte1 que trav]s] le monde rel que son esprit r5contre p> has>d dans sa c\rse rapide4 ,il se laisse pe9e ret>d] p> le *oc1 et bi5tt1 repr5ant sa libre allure1 il se lance avec une vitesse n\velle dans le *amp inf9i des spculations4 tudiant les animaux1 il se proccupe de retr\v] dans leur ensemble la reprs5tation de *acune de leurs p>ties1 dans *aque p>tie la reprs5tation du t\t4 ,l'animal n'e/1 comme les infusoires qui compos5t son corps1 qu'une simple vsicule limite p> la peau2 c'tait d'abord une vsicule f]me rduite la peau2 le tube dige/if n'e/ qu'une portion de la peau de cette vsicule primitive1 ref\le au d$ans et prive de l'action de la lumire2 la peau produit1 s\s l'action de l'air1 les bran*ies2 les p\mons ne sont que des bran*ies ret\rnes et r5tres l'intrieur du corps2 l'aorte e/ une rptition de la tra*e-artre2 il en e/ de mme du canal ?oracique2 le foie e/ un c]veau auquel se r5d5t les vaisseaux inte/9aux et pulmonaires1 comme les n]fs au c]veau proprem5t dit2 la vsicule biliaire rpte l'inte/9 dans le sy/me dont les p\mons reprs5t5t la peau2 ce sy/me s'tant dvelopp l'abri de la lumire1 comme le ftus1 le ftus t\t enti] n'e/ d'abord qu'un foie4 ,le sy/me osseux drive du foie la suite d'un comm5cem5t d'action de la lumire sur cet organe2 il abrite le sy/me n]veux et s]t de s\ti5 au sy/me musculaire4 ,le v5tre et le dos de l'animal se reprs5t5t respectivem5t2 mais le dos e/ la p>tie solaire de l'animal1 le v5tre sa p>tie plantaire3 de l leur ori5tation rciproque4 ,le v5tre1 tant incompltem5t s\mis l'action de la lumire1 n'a qu'une colonne v]tbrale incomplte1 le /]num2 il reprs5te dans l'animal une p>tie demeure vgtale4 ,le squelette a aussi sa p>tie animale et sa p>tie vgtale2 les disques des v]tbres et les ctes sont les p>ties vgtales1 les membres les p>ties animales2 les membres ne sont que des ctes plus animalises et s\des entre elles2 une ma9 rsulte de la s\dure de c9q ctes reprs5tes p> les doigts4 ,la tte e/ la p>tie ess5tiellem5t animale de l'animal2 le tronc1 qui e/ dj pol>is en dos animal et v5tre vgtal1 demeure de nature plus vgtale3 il quivaut la p>tie la plus leve de la plante et reprs5te un animal sexuel oppos l'animal crbral4 ,mais la tte reproduit le tronc2 elle a donc une colonne v]tbrale1 le crne1 qui doit se dcompos] en v]tbres2 des bras1 les m*oires2 des doigts1 les d5ts2 un ?orax1 le nez2 un p\mon1 l'e?mode2 un e/omac1 la b\*e2 un diaphragme1 le voile du palais2 des jambes1 les bras4 ,bi5 plus1 la peau1 l'inte/91 le p\mon1 la *air1 le sy/me n]veux sont autant d'tres complets se reprs5tant rciproquem5t4 ,*acun d'eux e/ un organisme1 et son pan\issem5t complet ab\tit la production de l'un des organes des s5s1 qui en e/ comme la fleur4 ,la fleur tant un animal1 *aque organe des s5s e/ un animal p>asite1 dans lequel l'animal enti] e/ reprs5t4 ,le plus p>fait de t\s e/ l'il1 vritable c]veau qui va au devant de la peau4 ,l'animal sexuel reproduit son t\r l'animal crbral2 de l la ressemblance entre les membres antrieurs et les membres po/rieurs3 le bass9 e/ le ?orax de l'animal sexuel2 l'ilion1 son omoplate2 l'is*ion1 sa clavicule2 le fmur1 son humrus1 etc4 ,il tait impossible que dans cette ard5te re*]*e des rptitions organiques1 o les plus fugitives ressemblances s]v5t ju/ifi] les plus tranges assimilations1 quelques-unes des similitudes relles des div]ses p>ties du corps ne fuss5t pas mises en relief4 ,ok5 se r5contra avec ,vicq-d',azyr p\r s\t5ir l'homologie des membres antrieurs et po/rieurs1 avec ,g! p\r tablir la con/itution v]tbrale du crne2 bi5 s\v5t d'ailleurs1 il saisit au vif le c>actre ess5tiel d'un organe2 t\t c\p1 p>mi ses mtaphores1 jaillit une phrase incisive qui signale un rapport inatt5du et le grave dsormais dans l'esprit2 combi5 de ces phrases1 de ces expressions sont tombes dans le vocabulaire c\rant des naturali/es6 ,si *acune des p>ties de l'homme n'e/ que la rptition de l'homme t\t enti]1 le rgne animal1 n\s l'avons dit1 ne fait aussi que rpt] l'homme2 les animaux ne sont que les organes cont5us dans l'homme1 isols ou div]sem5t unis4 ,les animaux peuv5t donc tre classs d'aprs leur degr de complication1 et ,ok5 dsigne *aque gr\pe p> le nom du sy/me qui lui p>at prdom9ant *ez lui4 ,voici le tableau du rgne animal auquel il s'e/ arrt3 #a;er ,degr4--,animaux inte/9s1 animaux corps1 animaux tact3 ,inv]tbrs4 #a;er ,cycle4--,animaux dige/ion3 ,rayonns4 ,cl4 #a4--;,animaux e/omac3 ,infusoires4 ,cl4 #b4--;,animaux inte/93 ,polypes4 ,cl4 #c4-;,animaux *ylifres3 ,acalphes4 #b;e ,cycle4--,animaux circulation3 ,mollusques4 ,cl4 #d4--;,acphales4 ,cl4 #e4--;,ga/ropodes4 ,cl4 #f4--;,cphalopodes4 #c;e ,cycle4--,animaux respiration3 ,articuls4 ,cl4 #g4--;,animaux peau3 ,v]s4 ,cl4 #h4--;,animaux bran*ies3 ,cru/acs4 ,cl4 #i4--;,animaux tra*es3 ,insectes4 #b;e ,degr4--,animaux *air1 animaux tte3 ,v]tbrs4 #d;e ,cycle4--,animaux *>nels4 ,cl4 #aj4--;,animaux os3 ,poissons4 ,cl4 #aa4--;,animaux muscles3 ,reptiles4 ,cl4 #ab4--;,animaux n]fs3 ,oiseaux4 #e;e ,cycle4--,animaux s5suels4 ,cl4 #ac4--;,animaux s5s3 ,mammifres4 ,naturellem5t1 dans *aque division1 le mme sy/me e/ p\rsuivi avec une implacable rigueur4 ,seulem5t l'a priori n'exi/e plus que dans les dnom9ations des divisions2 la dlimitation des c\pes e/ celle que vi5n5t indiqu] les dc\v]tes qui se succd5t dans le monde zoologique2 ,ok5 ne fait que pli] ces dc\v]tes aux exig5ces de son sy/me4 ,il e/ lo9 d'ailleurs de demeur] trang] aux re*]*es positives4 ,directeur d'un j\rnal dont l'indp5dance gale la r5omme1 l',isis1 il y enregi/re t\s les progrs des sci5ces naturelles2 lui-mme se livre des re*]*es appr(ondies d'o/ologie et d'embryognie4 ,p> ses travaux1 p> son enseignem5t1 p> son j\rnal1 p> l'orig9alit mme de ses ides1 p> l'tranget de son langage1 il acqui]t rapidem5t une imm5se influ5ce1 provoque un m\vem5t sci5tifique des plus rem>quables et mrite d'autant plus d'tre plac au nombre de ceux qui ont r5du de rels s]vices aux sci5ces naturelles que1 si l'ide la plus gnrale de son sy/me s'effondre1 un gr& nombre d'ides ju/es1 de rappro*em5ts n\veaux1 de faits bi5 obs]vs qu'il a r5contrs en r\te demeur5t df9itivem5t acquis au trsor des connaissances positives de l'esprit huma94 ,le ret5tissem5t de ses ides s't5d mme jusqu' notre poque2 l'univ]sit d',ina1 dont il fut l'un des pr(esseurs m95ts1 a g>d le privilge d'tre une univ]sit d'avant-g>de1 et l'on retr\ve p>fois dans la p>ole d',hckel1 son successeur1 une sorte d'*o lo9ta9 de sa voix4 ,comme ,ok51 ,hckel fait j\] au c>bone un rle prpondrant dans la production des corps organiss2 il a espr et p5se encore avoir tr\v dans le fameux ,ba?ybius1 extrait du fond de l',atlantique p> le ,porcup9e1 la gele primitive1 le ,urs*leim2 les ?ories bi5 connues et vraies1 en gr&e p>tie1 de la ,planula et de la ,ga/rula1 reprs5t5t assez bi5 les phases successives du dveloppem5t des animaux telles que les dev9ait ,ok54 ,comme ,ok51 ,hckel admet que c]ta9s animaux peuv5t s'arrt] dans leur volution l'tat d'organe isol1 et n'y a-t-il pas quelque analogie entre ce procd unique l'aide duquel le fondateur de l',isis cre le monde1 et le monisme1 base de la philosophie hckli5ne8 99 99 99 99 99 ,il tait difficile d'exagr] les ides de ,ok52 contrairem5t ce qui arrive d'ord9aire1 ses lves s'appliqur5t en re/re9dre la porte1 les rappro*] davantage de la ralit1 *]*] la signification vraie des faits sur lesquels le matre avait jet le manteau biz>re de sa fantaisie4 ,spix 7#agha-ahbf7 se borne dire que la nature se dveloppe p> degr et que *aque degr n'e/ que le p]fectionnem5t du degr immdiatem5t infrieur3 la t]re devi5t eau1 l'eau devi5t air1 l'air devi5t lumire4 ,on demeure quelque peu confondu de voir des hommes d'ailleurs m95ts p>l] de semblables trans=mations plus de tr5te ans aprs la mort de ,lavoisi]1 une poque o la *imie e/ depuis longtemps assise sur des bases 9branlables4 ,ce dveloppem5t successif des p>ties e/ plus manife/e dans la nature organique que dans la nature inorganique2 il ab\tit la fleur *ez les vgtaux2 *ez les animaux1 il ab\tit la =mation d'une tte4 ,les animaux les plus simples 7zoophytes et v]s7 sont1 p\r a9si dire1 rduits un abdom52 *ez les poissons1 la tte comm5ce dev5ir di/9cte2 elle e/ nettem5t ralise *ez les reptiles et les oiseaux1 mais n'atte9t t\t son dveloppem5t que *ez les mammifres4 ,le bass91 squelette de l'abdom51 le ?orax1 squelette de la poitr9e1 ne sont que des essais de ralisation du squelette cphalique4 ,on tr\ve dans la tte la reprs5tation de t\tes les p>ties du corps1 mais p\r retr\v] cette reprs5tation1 ,spix1 comme ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 comme ,g!1 comme ,aut5rie?1 comme ,ok51 s'adresse aux embryons4 ,il taye ses ides de belles et prcises re*]*es d'o/ologie et d'embryognie comp>es1 qui sont autant d'acquis p\r la sci5ce4 ,n\s sommes lo91 il e/ vrai1 de la m?ode rig\reuse de dt]m9ation de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire2 mais il s'agit de problmes t\t autres que ceux dont s'occupait le savant franais4 ,les philosophes de la nature ne comp>5t pas seulem5t les animaux entre eux2 comme l'avait fait le premi] ,vicq-d',azyr1 indp5damm5t de t\te ?orie1 ils comp>5t l'animal lui-mme et *]*5t dans *acune de ses p>ties l'quival5t des autres4 ,cep5dant les re*]*es accomplies en ,allemagne et en ,france ne sont pas sans s'influ5c] rciproquem5t4 ,ge(froy1 lui aussi1 s'occupe de dt]m9]1 en #ahbd1 la composition v]tbrale du crne1 et1 p> une df9ition +nieuse de la v]tbre1 il c>te la plup>t des difficults que faisai5t natre les conceptions mtaphysiques des philosophes de la nature4 ,inv]sem5t1 ,c>us repr5d1 en #ahbh1 l'ide de ,ge(froy1 qui fait vivre les animaux articuls dans leur colonne v]tbrale3 il considre trois sortes de v]tbres3 une v]tbre primitive1 qui protge les p>ois du corps2 une v]tbre secondaire1 qui protge le sy/me n]veux2 une v]tbre t]tiaire1 qui sp>e ce sy/me du re/e du corps4 ,les animaux articuls ne possd5t que la premire des v]tbres2 les v]tbrs prs5t5t au contraire trois v]tbres enf]mes l'une dans l'autre2 p\r ,c>us1 comme p\r ,ok51 t\t e/ v]tbre2 les os mmes des membres sont des v]tbres rayonnantes4 ,c>us ne se borne pas d'ailleurs faire de l'anatomie comp>e2 il a t\t un sy/me philosophique qui n'e/ qu'une modification de celui d',ok54 ,lui aussi attribue t\s les phnomnes vitaux une sorte de pol>isation1 et1 comme cette pol>isation se rpte indf9im5t1 il en conclut1 assez ju/em5t1 que l'organisme1 en se dveloppant1 ne fait que se rpt]2 a9si les anneaux d'une annlide ne sont que la rptition du premi] d'entre eux1 ide laquelle ,moqu9-,t&on tait conduit1 de son ct1 p> l'anatomie comp>e et dont n\s avons vu ,dugs faire trois ans aprs un si brillant usage4 ,que l'on supprime d'ailleurs1 dans l'anatomie comp>e de ,c>us1 ce mot de v]tbre1 qu'emploi5t p\r t\te p>tie solide les disciples d',ok51 que l'on c>te les assimilations mtaphysiques qu'il suppose1 il re/e des ides morphologiques qui ont pu tre avantageusem5t utilises depuis4 ,il e/ c]ta91 en p>ticuli]1 que l'on doit ratta*] plusieurs sy/mes les pices osseuses que l'on tr\ve *ez les v]tbrs4 ,les plus anci5s de ces animaux possdai5t un squelette d]mique trs dvelopp1 dont les cailles des poissons1 les plaques osseuses de la peau des crocodiles et les c>apaces des tortues sont des modifications div]ses2 la colonne v]tbrale dveloppe au-dess\s du sy/me n]veux1 les ctes et le squelette des membres app>ti5n5t un t\t autre sy/me2 mais ces deux sy/mes peuv5t se confondre plus ou mo9s1 comme on le voit *ez les tortues1 et1 p\r r5dre compte de t\tes les p>ticul>its que prs5t5t les div]ses =mes de squelette1 un anatomi/e m95t1 ,geg5baur1 tait rcemm5t encore oblig de faire int]v5ir t\t la fois des os prov5ant du squelette extrieur et des os du squelette intrieur4 ,c>us explique l'exi/5ce de ces div]s ordres de squelette p> la ncessit o se tr\ve l'animal primitif1 l'embryon1 de se limit] p> rapport au monde extrieur2 une p>tie de la sub/ance vivante se consacre la production de cette limite2 mais en mme temps elle cesse de vivre et devi5t alors t]reuse4 ,l'animal se limite d'abord extrieurem5t1 produisant une sorte de coque2 ceux qui demeur5t cet tat sont des animaux-ufs4 ,mais l'animal a beso9 d'une cavit dige/ive p> laquelle il se tr\ve encore en rapport avec le monde extrieur2 il doit aussi se limit] de ce ct2 de l les pices solides div]ses dont l'e/omac de tant d'animaux infrieurs e/ arm4 ,*ez les animaux qui ne prs5t5t a9si que deux limites1 le sy/me n]veux se tr\ve naturellem5t enf]m dans la cavit du corps avec les viscres3 ce sont les animaux-troncs2 mais le sy/me n]veux1 qui a la direction de t\t l'organisme1 se sp>e son t\r2 un squelette se =me aut\r de lui p\r le protg]1 et les animaux-tte sont raliss4 ,les animaux-troncs se divis5t eux-mmes en animaux-neutres1 tels que les mollusques1 et en animaux-poitr9es1 tels que les articuls4 ,on retr\ve des divisions analogues p>mi les v]tbrs4 ,on rem>qu]a l'importance que ,c>us atta*e au sy/me n]veux2 c'e/ presque1 p\r lui1 un animal dans l'animal4 ,ok5 ne s'en faisait pas une mo9dre ide1 et l'on peut se dem&] si ,cuvi] lui-mme1 qui tait demeur en rapport avec ,kielmey] et ses lves1 n'avait pas puis dans cette cole l'ide1 t>dive *ez lui1 de faire j\] dans la classification un rle prpondrant ce sy/me4 ,quoi qu'il en soit1 il y a dans ,c>us un fait p>faitem5t saisi3 c'e/ l'exi/5ce d'un c]ta9 rapport entre le degr de dveloppem5t du sy/me n]veux et le degr de dveloppem5t du squelette2 c'e/ en effet p> le dveloppem5t exceptionnel de leur sy/me n]veux que les v]tbrs se di/+u5t de t\s les autres animaux1 et ce dveloppem5t a r5du ncessaire l'app>ition d'une pice p>ticulire de s\ti51 la corde dorsale1 qui e/ dev5ue le po9t de d"p de la colonne v]tbrale1 laquelle se sont plus t>d aj\tes d'autres pices secondaires1 =mes d'ailleurs d'une manire indp5dante4 99 99 99 99 99 ,les re*]*es anatomiques et embryogniques suscites p> l'cole des philosophes de la nature elle-mme ou p\rsuivies en dehors d'elle1 devai5t fatalem5t am5] une raction contre ses exagrations4 ,son influ5ce s'te9t peu peu1 mme en ,allemagne4 ,ehr5b]g1 v\ant sa vie entire l'obs]vation des animaux microscopiques1 tmoigna qu'il avait su compltem5t *app] l'influ5ce des doctr9es qui passionnr5t un mom5t ses compatriotes4 ,p> ses dc\v]tes relatives au degr de complications des animalcules1 p> les exagrations mme auxquelles il se laissa entran]1 le savant hi/ori5 des ,infusoires porta un c\p t]rible la ?orie de la gele primitive et1 p> suite1 t\te la doctr9e2 mais les faits et les rapports rels la dc\v]te desquels celle-ci a conduit1 la m?ode philosophique d'int]prtation qu'elle a p\sse l'extrme1 le beso9 d'une explication des phnomnes obs]vs1 re/5t dsormais comme p\r donn] une confirmation n\velle de cet axiome3 ,c'e/ trav]s l'erreur que l'humanit m>*e la conqute de la vrit2 ce sont ses fautes mmes qui la font progress]4 ,d'ailleurs l'influ5ce de la philosophie de la nature ne s'tait fait s5tir que faiblem5t en dehors de l',allemagne4 ,en ,france1 ,cuvi] et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire avai5t trac la sci5ce une voie bi5 diffr5te2 *acun d'eux cons]ve ses p>tisans exclusifs1 mais il se fait aussi des alliances entre les deux coles4 ,si l'hypo?se de l'unit de plan de composition1 telle que l'avait connue ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 tombe devant les faits1 le pr9cipe des connexions demeure deb\t et l'on en fait d'heureuses applications dans la comp>aison des animaux que ,cuvi] plaait dans le mme embran*em5t4 ,on oublie un peu les que/ions d'orig9e p\r conc5tr] t\te son att5tion sur la dt]m9ation des rapports naturels des tres vivants2 on *]*e tir] des ides comb9es de ,cuvi] et de ,ge(froy t\t ce qu'elles conti5n5t2 en puis]1 en quelque sorte1 les consqu5ces2 fix]1 autant que possible1 les bases de la sci5ce4 ,on reconnat que1 *ez les animaux d'un mme embran*em5t1 le mode d'organisation1 le type1 p\r n\s s]vir d'une expression qui va dev5ir *aque j\r plus usite1 e/ assez v>iable4 ,on *]*e dt]m9] les limites de ses v>iations1 con/ruire le modle commun dont les animaux d'un mme embran*em5t ne s]ai5t que des modifications secondaires4 ,on se proccupe de dc\vrir la signification philosophique1 de ces types1 et l'on prp>e a9si la voie aux naturali/es qui se dem&]ont bi5tt quelle e/ l'orig9e et la raison d'tre de ces espces de patrons d'aprs lesquels tant d'animaux sembl5t models4 ,c'e/ l'uvre que n\s devons ma9t5ant tudi]4 ,,*apitre ,,xv ,,la ,,?,,orie ,,des ,,types ,,organiques ,,et ,,ses ,,cons,,qu5ces ,ri*>d ,ow53 le squelette ar*type4--,analogie1 homologie1 homotypie4--,?orie du segm5t v]tbral4--,le v]tbr idal et l'exi/5ce de ,dieu4--,trans=misme de ,r4 ,ow54--,savigny3 l'unit de composition de la b\*e des ,insectes4--,aud\93 unit de composition du squelette des animaux articuls4--,h4 ,milne-,edw>ds3 le type articul2 id5tit fondam5tale des zoonites2 signification des rgions du corps2 loi de la division du travail physiologique1 son importance gnrale4--,l'accroissem5t du corps et la reproduction agame *ez les articuls2 id5tit de ces deux phnomnes2 signification des zoonites4--,p>allle entre les lois de la con/itution des animaux et les lois de l'conomie politique4--,suite des re*]*es sur les animaux infrieurs3 ,,mm4 de ,quatrefages1 ,blan*>d1 de ,lacaze-,du?i]s4 ,les re*]*es de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 les brillantes inspirations de ,g!1 les spculations mme des philosophes de la nature avai5t df9itivem5t fix l'att5tion sur les div]s ordres de ressemblance que prs5tai5t les animaux v]tbrs4 ,en raison des facilits qu'(fre son tude1 et peut-tre aussi de quelque ide my/ique relative l'orig9e du squelette1 l'o/ologie1 objet d'une prdilection t\te p>ticulire1 avait rapidem5t acquis l'importance d'une vritable sci5ce2 il semblait que les os1 solides1 inv>iables1 en app>5ce1 dans leurs =mes et dans leur position1 fuss5t les po9ts fixes aut\r desquels gravitai5t t\s les sy/mes organiques1 qu'ils en euss5t dt]m9 l'arrangem5t1 et que1 si les v]tbrs prs5tai5t rellem5t quelque plan dt]m9 de composition1 ce ft dans l'tude du squelette qu'on dt en tr\v] la dmon/ration4 ,aussi ,g! recomm&ait-il in/amm5t de p\rsuivre m?odiquem5t et sans rel*e cette tude jusqu'au mom5t o il s]ait possible d'en dgag] le type gnral dont les squelettes des div]s animaux ne devai5t tre que des modifications secondaires4 ,c'e/ le problme que ,ri*>d ,ow5 se propose de rs\dre3 il appelle ar*type1 ce squelette primordial dont il espre p\voir dduire t\s les autres#gg4 ,on ne peut y p>v5ir qu'au moy5 de plusieurs sries de comp>aisons qu'il e/ t\t d'abord ess5tiel de df9ir4 ,la premire srie de comp>aisons1 celle qui se prs5te le plus naturellem5t l'esprit1 celle que pratiquait avant t\t ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 consi/e rappro*] les uns des autres les v]tbrs des div]ses espces4 ,la consqu5ce la plus immdiate de ce rappro*em5t p>at tre que la plup>t ont les mmes gr&es fonctions accomplir2 t\s possd5t1 en consqu5ce1 des organes aptes remplir ces fonctions3 ,ow5 qualifie d'analogues1 les organes qui1 *ez deux animaux d'espce diffr5te1 rempliss5t la mme fonction3 tels sont les yeux1 les oreilles1 la b\*e1 le tube dige/if1 les pattes *ez les v]tbrs qui m>*5t1 les ailes *ez ceux qui vol5t1 les nageoires *ez ceux qui nag5t4 ,le mot analogues n'a donc pas p\r ,ow5 la mme signification que p\r ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 qui appelle analogues des organes occupant1 *ez deux animaux d'espce diffr5te1 une position id5tique1 ayant les mmes rapports1 la mme composition anatomique1 la mme orig9e embryognique1 mais p\vant remplir les fonctions les plus div]ses4 ,ces organes1 qui1 dans t\te langue anatomique bi5 faite1 doiv5t port] le mme nom1 sont dsigns p> ,ri*>d ,ow5 s\s le nom d'homologues4 ,p\r bi5 faire saisir la diffr5ce qui exi/e entre les organes analogues et les organes homologues1 le savant anatomi/e cite le petit dragon volant1 reptile rem>quable qui possde la fois des pattes et des ailes4 ,ces ailes lui s]v5t se s\t5ir plus ou mo9s bi5 dans l'air2 elles ont donc la mme fonction que celles des oiseaux et en sont les analogues2 mais elles ont une t\t autre composition anatomique1 de t\t autres connexions2 elles n'en sont donc pas les homologues4 ,au contraire1 les pattes antrieures du mme dragon ont une /ructure et des rapports videmm5t semblables la /ructure et aux rapports des ailes des oiseaux2 ces organes1 quoique remplissant des fonctions diffr5tes1 puisque les uns s]v5t la m>*e1 les autres au vol1 n'en sont pas mo9s des organes homologues4 ,comme ,ge(froy1 c'e/ surt\t au moy5 de leurs connexions qu',ow5 dt]m9e les organes homologues4 ,ces organes homologues sont videmm5t les seuls que l'on doive rappro*] p\r arriv] la dt]m9ation du type commun des v]tbrs1 et le premi] so9 du morphologi/e doit tre de les di/+u] soigneusem5t des organes simplem5t analogues1 dont la =me et les rapports intress5t surt\t le physiologi/e4 ,au lieu de comp>] entre eux des animaux d'espce diffr5te1 on peut1 comme1 depuis ,gali51 l'avait fait le premi] ,vicq-d',azyr1 comp>] entre eux diffr5ts organes d'un mme animal2 il rsulte de cette tude la preuve vid5te qu'il exi/e entre les div]ses p>ties de notre corps des ressemblances1 plus intimes1 plus compltes encore que celles de nos bras et de nos jambes4 ,c'e/ la re*]*e de ces ressemblances que s'tait p>ticulirem5t v\e l'cole d',ok51 et c'e/ p>ce qu'elles exi/5t rellem5t que le pr9cipe de la rptition a pu donn] entre les ma9s des philosophes de la nature d'utiles rsultats4 ,les membres1 les v]tbres1 sont les p>ties du squelette p\r lesquelles on obs]ve p>ticulirem5t une semblable rptition2 cette rptition mme fait que les organes qui se ressembl5t sont disposs en srie2 ils doiv5t aussi port] le mme nom1 et le n\veau g5re d'homologie qui en rsulte e/ ce que ,ow5 appelle l'homologie sriale ou encore l'homotypie4 ,la connaissance des organes homotypes simplifie s+ulirem5t la re*]*e du plan commun de /ructure du squelette2 ses pices si multiples vi5n5t dsormais se gr\p] en segm5ts semblables entre eux1 et il suffit de bi5 connatre un de ces segm5ts p\r tre en possession de la rgle qui dom9e le mode de con/itution de t\s les autres4 ,ow5 attribue donc une gr&e importance la dt]m9ation des pices ess5tielles qui compos5t le segm5t v]tbral1 segm5t auquel il ratta*e t\tes les autres p>ties du squelette1 au moy5 duquel il arrive un mode n\veau d'numration des v]tbres crni5nes1 et qui lui p]met1 en outre1 d'lim9] du nombre des pices v]tbrales un c]ta9 nombre d'autres pices qui n'ont t introduites qu'accid5tellem5t1 en quelque sorte1 dans la composition du squelette int]ne4 ,de ces pices1 les unes sont1 comme ,c>us l'avait dj expos1 des dp5dances de la peau1 t&is que d'autres font p>tie de l'app>eil protecteur spcial c]ta9s viscres4 ,mais ces comp>aisons ne sont que la prface du travail accomplir p\r p>v5ir la conception de l'ar*type4 ,aucun tre ne ralise cet ar*type d'une faon complte2 au milieu des innombrables v>iations de =me des p>ties1 de leurs *angem5ts app>5ts de position1 de leurs rductions et de leurs accroissem5ts anormaux1 de leurs avortem5ts et de leurs s\dures1 il faut disc]n] ce qui e/ accid5tel et ce qui e/ ess5tiel4 ,l'ess5tiel seul doit entr] dans l'ar*type1 qui p]met d'embrass] dans une loi commune t\tes les =mes1 sans en reprs5t] cep5dant aucune d'une faon plus p>ticulire4 ,l'ar*type une fois tabli1 l'o/ologi/e n'a plus qu' re*]*]1 dans les types qu'il exam9e1 les p>ties qui correspond5t aux p>ties df9ies une fois p\r t\tes de cet ar*type1 et1 s'il comp>e deux types l'un avec l'autre1 on conoit que1 aprs avoir dt]m9 dans *acun d'eux les p>ties homologues1 il lui faudra ensuite rapport] ces mmes p>ties leurs homologues dans l'ar*type4 ,il y a donc lieu de concevoir deux sortes d'homologies3 celles qui exi/5t entre les organes d'tres raliss sont dites homologies spciales2 celles qui exi/5t entre les organes rels et les organes fictifs de l'ar*type1 dont ils sont des modifications div]ses1 sont dites homologies gnrales4 ,a9si les nageoires d'un m>s\9 prs5t5t avec les nageoires pectorales des poissons1 avec les ailes des oiseaux1 des rapports d'homologie spciale2 mais1 qu& on dit que ces membres reprs5t5t les app5dices div]g5ts des pleurapophyses de l'ar*type1 on nonce leurs rapports d'homologie gnrale4 99 99 99 99 99 ,on peut concevoir un ar*type p\r *acun des embran*em5ts du rgne animal4 ,dj en #ahbj1 n\s l'avons indiqu prcdemm5t1 ,aud\9 avait t5t1 p> une m?ode analogue celle qu'employa plus t>d l'illu/re savant anglais1 de dt]m9] le type gnral d'o l'on p\vait faire driv] t\s les animaux articuls4 ,les rsultats obt5us p> ,aud\91 en ce qui conc]ne le squelette tgum5taire des animaux ar?ropodes1 ceux obt5us p> ,ow51 en ce qui conc]ne le squelette int]ne des v]tbrs1 p\rrai5t1 dans ce qu'ils ont de fondam5tal1 tre noncs dans les mmes t]mes3 mme division du squelette en segm5ts fondam5talem5t id5tiques entre eux2 mme division des segm5ts en p>ties c5trales et app5dices2 mme rptition de ces segm5ts en srie l9aire2 mme t5dance1 de leur "p1 se gr\p] en rgions plus ou mo9s di/9ctes4 ,le rappro*em5t de ces deux ar*types confirme une p>tie des ides de ,ge(froy et montre1 en mme temps1 dans quelles limites elles sont con=mes la ralit4 ,aussi n'y a-t-il pas s'tonn] que ,dugs ait *]*1 comme ,ge(froy1 comb9] les ressemblances que peuv5t prs5t] le v]tbr idal et l'articul idal p\r arriv] un type ?orique plus lev1 dont le v]tbr et l'articul ne s]ai5t eux-mmes que des modifications4 videmm5t ri5 n'emp*e d'appliqu] aux ar*types la m?ode de comp>aison et d'ab/raction employe p> ,g!1 ,aud\9 et ,dugs p\r l'tude des types organiques et de s'lev] a9si des types de plus en plus gnraux1 jusqu'au mom5t o t\tes les ressemblances disp>aiss5t entre les t]mes que l'on met en prs5ce4 ,l'ide mre des t5tatives de ,ge(froy et de ,dugs p\r dt]m9] ce qu'on p\rrait appel] un ar*type du rgne animal e/ donc ple9em5t ju/ifie1 au po9t de vue ?orique1 p> le succs app>5t des re*]*es d',aud\9 et d',ow54 ,mais quelle peut tre la signification de ces ar*types1 auxquels il semble1 au premi] abord1 qu'une importance considrable doive s'atta*]8 ,l'exam5 de la m?ode employe p\r les dt]m9] p]met de s'en faire une ide prcise4 tant donn que t\s les v]tbrs1 t\s les articuls prs5t5t respectivem5t une c]ta9e ressemblance gnrale1 on comp>e une une t\tes les p>ties similaires de ces animaux1 on suit de pro*e en pro*e t\tes les modifications qu'elles peuv5t prs5t]1 et l'on dt]m9e a9si les extrmes de ces modifications2 entre ces modifications1 extrmes1 on conoit une sorte de moy5ne2 c'e/1 en df9itive1 cette moy5ne que l'on reprs5te s\s le nom d'ar*type4 ,une semblable moy5ne exi/]a videmm5t t\tes les fois que l'on s'adress]a un gr\pe zoologique relativem5t isol des autres1 comme le sont plusieurs gr\pes suprieurs du rgne animal2 cet ar*type s]a lui-mme d'autant plus prs des =mes relles que l'on s'adress]a des gr\pes plus limits4 ,on p\rra a9si facilem5t tablir un ar*type du mammifre1 de l'oiseau1 du reptile1 du batraci51 du poisson osseux et dduire de la comp>aison de ces =mes un ar*type du v]tbr2 mais dj1 lorsqu'on arrive aux poissons c>tilag9eux1 l'ar*type du squelette e/ notablem5t infidle1 et il faut f9alem5t admettre que t\s ses lm5ts ont disp>u1 si l'on veut y ram5] l',amphioxus1 ou mme les lamproies1 qui l'on ne peut cep5dant refus] la qualit de v]tbrs4 ,or un ar*type dont il faut supprim] simultanm5t t\tes les p>ties p\r en r5dre l'application possible suppose videmm5t que le po9t de vue o l'on s'e/ plac p\r l'tablir n'embrasse pas un horizon assez t5du2 il ne correspond qu' une p>tie de la ralit1 et1 s'il e/ avantageux p\r coordonn] un c]ta9 nombre de faits1 il e/ insuffisant p\r les reli] t\s utilem5t4 ,repr5ons les faits1 et admettons1 comme semble l'indiqu] l',amphioxus1 que le squelette des v]tbrs ait d'abord t rduit une corde dorsale laquelle sont v5ues successivem5t s'adjo9dre div]ses pices osseuses auxquelles les gnrations successives auront aj\t sans en ri5 retran*]1 videmm5t1 ds que le squelette s]a p>v5u acqurir un tat tel qu'il aura pu suffire t\tes les modifications ultrieures1 sans *angem5t dans le nombre et les rapports ess5tiels de ses p>ties1 t\tes ces =mes p\rront tre dduites d'un c]ta9 ar*type auquel n'*app]ont que les =mes antrieures l'tat que n\s supposons4 ,si l'on nglige ces =mes1 comme on e/ port le faire en raison de leur infriorit1 on en conclura qu'il exi/e dans le gr\pe des v]tbrs une /abilit absolue des pices osseuses2 c'e/ la conclusion laquelle s'e/ arrt ,ow51 mconnaissant a9si que cette /abilit n'app>aissait qu'en raison de la conv5tion1 faite involontairem5t p> lui1 de nglig] t\t ce qui tait de nature la dtruire4 ,aussi ne peut-on voir malheureusem5t qu'une srie de ptitions de pr9cipes dans les rflexions si leves que lui suggre la dc\v]te de l'ar*type des v]tbrs3 ,l'unit du desse9 n\s conduit l'unit de l'intellig5ce qui l'a conu4 ,l'ignorance ou la ngation de cette vrit jett]ait sur la philosophie huma9e un voile qu'il ne s]ait jamais p]mis de lev]4 ,les disciples de ,dmocrite et d'picure raisonnai5t a9si3--,si le monde a t fait p> un esprit ou une intellig5ce prexi/ante1 c'e/--dire p> un ,dieu1 il faut qu'il y ait eu une ,ide et un ,exemplaire de l'univ]s avant qu'il ft cr1 et consquemm5t connaissance1 dans l'ordre du temps aussi bi5 que dans l'ordre de la nature1 avant l'exi/5ce des *oses4 ,de l les sectateurs de ces anci5s philosophes444 n'ayant dc\v]t aucun indice d'un ar*type idal dans quelqu'une de ses p>ties1 concluai5t qu'il ne p\vait y avoir eu aucune connaissance ni intellig5ce1 avant le comm5cem5t du monde1 comme sa cause4 ,auj\rd'hui1 nanmo9s1 la reconnaissance d'un exemplaire idal comme base de l'organisation des animaux v]tbrs pr\ve que la connaissance d'un tre tel que l'homme a exi/ avant que l'homme fit son app>ition3 c> l'intellig5ce div9e1 en =mant l'ar*type1 avait la presci5ce de t\tes ses modifications4 ,l'ide de l'ar*type se manife/a dans les organismes s\s div]ses modifications1 la surface de notre plante1 longtemps avant l'exi/5ce des espces animales1 *ez lesquelles n\s la voyons auj\rd'hui dveloppe4 ,s\s quelles lois naturelles ou causes secondaires la succession des espces vi5t-elle se rang]8 ,voil une "q dont n\s n'avons pas encore tr\v la solution4 ,mais1 si n\s p\vons concevoir l'exi/5ce de telles causes comme les m9i/res de la t\te-puissance div9e et les p]sonnifi] s\s le t]me de ,nature1 l'hi/oire du pass de notre globe n\s enseigne qu'elle a avanc pas l5ts et maje/ueux1 guide p> la lumire de l'ar*type1 au milieu des ru9es des mondes antrieurs1 depuis l'poque o l'ide v]tbrale s'e/ manife/e s\s sa vieille dp\ille i*?yique1 jusqu'au mom5t o elle s'e/ montre s\s le vtem5t glorieux de la =me huma9e#gh4 ,v\lut-on c>t] le vice fondam5tal qui enta*e dj1 n\s l'avons vu1 la conception de l'ar*type1 on ne peut s'emp*] de rem>qu] t\t ce qu'a de dang]eux l'emploi d'une p>eille argum5tation2 il exi/e en effet1 de l'aveu mme d',ow51 plusieurs ar*types dans le rgne animal2 on p\rrait en conclure aussi rig\reusem5t que *acun d'eux e/ la manife/ation d'une div9it di/9cte2 et1 si l'on veut que *acun d'eux reprs5te seulem5t une p5se di/9cte d'un crateur unique1 on peut s'tonn] que le peuplem5t de la t]re n'ait donn lieu qu' un aussi petit nombre de p5ses2 mais il y a galem5t des gr\pes qui n'ont pas du t\t d'ar*type df9i1 mo9s d'appel] a9si la =me la plus simple s\s laquelle ces gr\pes sont raliss3 quel e/ p> exemple l'ar*type spongiaire1 ou l'ar*type cl5tr1 ou l'ar*type v]8 ,dans ces types zoologiques1 on assi/e manife/em5t au passage graduel de =mes simples n'ayant1 p\r a9si dire1 d'autre figure que la figure d'quilibre d'une masse visqueuse1 des =mes compliques1 composes de p>ties disposes suivant un ordre rig\reusem5t dt]m91 con/ituant des tres qui sembl5t videmm5t con/ruits sur le mme plan2 on peut suivre la m>*e des phnomnes qui ont conduit pas pas ces types df9is et d'app>5ce immuable1 trav]s une inf9it de =mes flottantes et indcises2 supprimez ces =ms primitives1 il re/e des tres qu'on peut dduire d'un c]ta9 ar*type t\t aussi bi5 que les v]tbrs ou les articuls3 l cep5dant on a la dmon/ration vid5te que le prt5du ar*type n'e/ pas une conception premire1 ralise d'un seul c\p s\s c]ta9es =mes v>ies ensuite l'inf9i1 mais bi5 un rsultat1 l5tem5t obt5u1 la suite d'une longue volution de =mes primitivem5t simples4 ,on ne peut davantage considr] comme des lois primitives les homologies de div]s ordres si nettem5t exprims p> le savant pr(esseur du collge des *irurgi5s2 ces homologies sont1 au contraire1 autant de problmes poss au naturali/e et dont il doit re*]*] la solution4 99 99 99 99 99 ,comme ti5ne ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,ow5 admet1 on vi5t de le voir1 que les espces animales sont v>iables2 cette v>iation s'effectue p\r ,ge(froy s\s l'action t\te-puissante des milieux extrieurs2 ,ow5 dcl>e que n\s sommes encore cet g>d dans une complte ignorance2 mais sa conception des ar*types introduit entre ,ge(froy et lui une diffr5ce plus pr(onde encore4 ,ge(froy n'admettant dans le rgne animal qu'un seul plan de composition1 t\tes les =mes vivantes ont pu driv]1 la rigueur1 d'une =me primitive unique2 du mom5t qu'on admet plusieurs ar*types indp5dants1 il ne saurait plus en tre a9si2 la v>iabilit ne peut dpass] l't5due des modifications possibles de l'ar*type1 elle e/ donc ncessairem5t limite4 ,cette v>iabilit limite e/ le compromis qu'on espre avoir tr\v entre la v>iabilit indf9ie des =mes vivantes1 telle que l'admett5t ,lam>ck1 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et ,ow51 mais qui p>at trop h>die nombre d'esprits1 et la fixit absolue1 que df5d5t les disciples de ,cuvi]1 mais contre laquelle prote/5t les faits que l'on peut t\s les j\rs obs]v] et les docum5ts de plus en plus nombreux qu'apporte la palontologie4 ,cette v>iabilit limite1 que ,ri*>d ,ow5 se borne indiqu] implicitem5t1 ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire s'en fait1 presque au mme mom5t1 le ?orici5 dans un ouvrage ou brill5t la fois une gr&e rudition1 une rig\reuse logique1 une haute imp>tialit1 et o le vif dsir de dgag] la vrit s'allie une prud5ce qu'on peut auj\rd'hui tr\v] excessive1 mais qui s'imposait t\t esprit s9cre au mom5t o p>ut l',hi/oire naturelle gnrale des rgnes organiques 7#ahed-ahfb74 99 99 99 99 99 ,avant que ,ri*>d ,ow5 et *]* tablir l'ar*type des v]tbrs1 avant que le mot ar*type ait t imag91 des travaux analogues ceux de ,ri*>d ,ow5 avai5t t t5ts1 n\s l'avons vu1 sur les animaux articuls4 ,s\s l'inspiration vid5te des ides de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire sur l'unit de plan de composition1 ,savigny1 son compagnon de voyage en gypte1 avait dmontr l'id5tit de t\tes les pices qui con/itu5t la b\*e des insectes dans t\s les ordres1 et la fixit de leur nombre2 en #ahbj1 ,aud\91 faisant aux cru/acs une heureuse application de la ?orie des mtamorphoses que l'tude des vgtaux avait inspire ,wolf et ,g!1 nonait ces propositions h>dies p\r l'poque3 #a ,les diffr5ts anneaux des animaux articuls sont t\j\rs composs des mmes p>ties4 #b ,c'e/ de l'accroissem5t semblable ou dissemblable des segm5ts1 de la runion ou de la division des pices qui les compos5t1 du maximum de dveloppem5t des uns1 de l'tat rudim5taire des autres1 que dp5d5t t\tes les diffr5ces qui se rem>qu5t dans la srie des animaux articuls4 ,c'tait t\t la fois dmontr] l'unit de plan de composition des animaux articuls1 au s5s prcis o ,ge(froy ,sa9t-,hilaire l'ent5dait p\r les animaux v]tbrs1 et pr\v] que le corps des premi]s de ces tres rsulte de la rptition des p>ties fondam5talem5t semblables entre elles2 c'tait aussi bi5 con/itu] leur ar*type1 au s5s o l'aurait ent5du ,ow52 mais ici cet ar*type se dgageait avec une p>ticulire cl>t et n\s devons en faire une tude plus appr(ondie4 ,les cru/acs possd5t un gr& nombre de membres1 dont la =me et les fonctions sont extrmem5t v>iables2 ce sont1 p> exemple1 *ez l'crevisse1 une paire de pdoncules portant les yeux1 deux paires d'ant5nes1 une paire de m&ibules1 deux paires de m*oires1 trois paires de pattes-m*oires1 c9q paires de pattes locomotrices1 six paires de pattes abdom9ales1 dont la d]nire e/ trans=me en nageoires aplaties4 ,aud\9 tait p>v5u pr\v] que t\tes ces p>ties sont con/ruites de la mme faon1 peuv5t tre ram5es une =me typique1 de la mme manire que les anneaux du corps1 en sorte que les pdoncules des yeux1 les ant5nes1 les m&ibules et les m*oires peuv5t tre considrs comme des pattes modifies1 conclusion immdiatem5t t5due p> ,latreille aux ant5nes et l'app>eil ma/icateur des insectes4 ,aud\9 dsigne cet ensemble de p>ties s\s le nom d'app5dices4 ,l'id5tit fondam5tale de t\s ces app5dices1 dj dmontre p> l'anatomie comp>e1 e/ bi5tt tablie p> l'embryognie1 grce aux importantes re*]*es de ,ra?ke#gi4 ,il rsulte des obs]vations de ce d]ni] naturali/e sur l',ecrevisse que t\s les app5dices de cet animal se montr5t d'abord avec la mme =me1 occup5t la mme position p> rapport aux div]ses p>ties du segm5t sur lequel ils se con/itu5t et ne revt5t que peu peu leur =me df9itive1 en mme temps qu'ils se spcialis5t dans une fonction dt]m9e2 les pdoncules des yeux1 les ant5nes se =m5t1 comme les autres p>ties1 la face infrieure du segm5t qui leur correspond et pr5n5t seulem5t p> la suite la place que1 *ez l'animal adulte1 ils occup5t au-dessus de la b\*e1 et qui masque1 au premi] abord1 leur vritable orig9e4 ,d'ailleurs t\s les app5dices ne se montr5t pas simultanm5t3 les pdoncules oculaires1 les deux paires d'ant5nes et les m&ibules1 c'e/--dire les premi]s app5dices de la tte1 se =m5t d'abord1 les autres ensuite et successivem5t4 ,de mme1 la tte et le d]ni] anneau de l'abdom5 app>aiss5t en premi] lieu2 t\s les autres naiss5t entre ces deux-l2 les d]ni]s v5us app>aiss5t t\j\rs entre le d]ni] et l'avant-d]ni] anneau du corps4 ,enf9 ,ra?ke con/ate un autre fait important3 c'e/ que les p>ties =mes les premires *ez l'crevisse sont les mmes qui se =m5t t\t d'abord *ez les v]tbrs2 seulem5t ces p>ties occup5t la future face v5trale *ez l'crevisse1 la face dorsale *ez les v]tbrs2 l'embryognie confirme donc l'hypo?se de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et d',ampre que les v]tbrs diffr5t des articuls1 p>ce qu'ils se ti5n5t1 p> rapport au sol1 dans une position exactem5t inv]se4 ,les re*]*es de ,jur9e1 ,?ompson1 ,nordmann1 celles de ,m4 ,h5ri ,milne ,edw>ds vi5n5t successivem5t aj\t] de n\velles donnes ces importantes dc\v]tes4 ,ces obs]vateurs habiles montr5t que nombre de cru/acs1 surt\t dans les gr\pes infrieurs1 subiss5t aprs tre sortis de l'uf de s+ulires mtamorphoses2 t&is que la plup>t des cru/acs suprieurs clos5t1 comme l'crevisse1 p\rvue de t\s leurs anneaux1 et n'ont plus subir que des modifications dans la =me de ces anneaux ou de leurs app5dices1 d'autres ont encore produire des anneaux n\veaux1 avant d'arriv] l'tat adulte4 ,m4 ,h4 ,milne ,edw>ds con/ate que1 dans ce cas1 les div]ses rgions du corps1 tte1 ?orax1 abdom51 peuv5t tre galem5t incompltes et s'accrotre1 *acune en ce qui la conc]ne1 comme l'animal t\t enti]1 p> l'adjonction de n\veaux anneaux sa p>tie po/rieure#hj4 ,frquemm5t1 le jeune cru/ac1 quelle que doive tre sa =me df9itive1 ne possde1 au mom5t de sa naissance1 que trois paires de pattes1 s]vant mom5tanm5t la natation1 mais qui reprs5t5t les trois premires paires d'app5dices cphaliques1 de sorte que les ant5nes et les m&ibules 7et il en e/ de mme des m*oires et des pattes-m*oires7 ont t rellem5t des pattes locomotrices un c]ta9 mom5t de l'exi/5ce de l'animal4 ,on peut dire d'elles1 sans aucune mtaphore1 sans aucun s\s-ent5du1 que ce sont des pattes modifies4 ,en #ahcd1 t\tes ces modifications dans la =me1 t\tes ces mtamorphoses1 t\tes ces diffr5ces dans le mode de dveloppem5t1 sont rappro*es1 comp>es1 int]prtes p> ,m4 ,h4 ,milne ,edw>ds1 en quelques lignes qui montr5t combi5 ce savant illu/re avait1 ds cette poque1 un s5tim5t pr(ond des rapports qui uniss5t entre elles les =mes vivantes et de la direction dans laquelle s'accomplirai5t les progrs ultrieurs de la ,zoologie1 qu'il a si puissamm5t contribu provoqu] en ,france4 ,au premi] abord1 dit ,m4 ,milne ,edw>ds1 ces div]ses modifications ne p>aiss5t dp5dre d'aucune t5dance con/ante de l'organisme1 et l'on p\rrait croire que le dveloppem5t de *acun de ces animaux se fait d'aprs des lois diffr5tes2 mais il n'en e/ pas a9si1 c>1 en tudiant avec att5tion ces *angem5ts1 on voit qu'ils peuv5t se class] t\s de manire satisfaire l'esprit et se rapport]1 malgr leur div]sit1 un petit nombre de pr9cipes rgulateurs1 pr9cipes qui1 du re/e1 se rvl5t aussi dans les espces de mtamorphoses dont n\s v5ons d'tre tmo9 *ez l'embryon de ces animaux4 ,les *angem5ts que les jeunes cru/acs pr\v5t aprs leur sortie de l'uf peuv5t tre considrs comme tant le complm5t des mtamorphoses de l'embryon2 tantt ces mtamorphoses ont lieu presque entirem5t avant que le jeune ait quitt les membranes de l'uf2 mais d'autres fois il nat en quelque sorte avant t]me1 et cont9ue aprs sa naissance prs5t] des *angem5ts de /ructure analogues ceux que les premi]s pr\v5t p5dant leur vie embryonnaire4 ,ces modifications sont de deux ordres3 les unes consi/5t dans l'app>ition d'un ou plusieurs anneaux de leur corps et des membres qui en dp5d5t2 les autres1 dans des *angem5ts qui s'opr5t dans la =me et les proportions de p>ties qui exi/5t dj avant l'poque de la naissance et qui p]si/5t p5dant t\te la dure de la vie ou disp>aiss5t plus ou mo9s compltem5t4 ,les ,dcapodes p>aiss5t t\s natre avec la srie complte de leurs anneaux et de leurs membres#ha4 ,il en e/ de mme p\r c]ta9s ,edrioph?almes1 les ,amphi?os et les ,phronymes1 p> exemple2 mais d'autres animaux du mme gr\pe ne prs5t5t la sortie de l'uf que six paires de pattes ambulatoires au lieu de sept3 c'e/ le cas p\r les ,cymotlios1 les ,anilocres1 etc4 ,dans le gr\pe des ,entomo/races1 les jeunes sont bi5 mo9s avancs dans leur dveloppem5t2 en gnral1 on n'y di/+ue encore que les membres cphaliques1 et1 s\s ce rapport1 ils ressembl5t l'embryon de l'crevisse v]s le comm5cem5t de la seconde priode d'incubation2 les anneaux ?oraciques et abdom9aux1 a9si que les membres qui en dp5d5t1 n'app>aiss5t que successivem5t1 et ce n'e/ qu'aprs avoir *ang plusieurs fois de peau que ces animaux p>vi5n5t l'tat p>fait#hb4 ,et plus lo93 ,les *angem5ts de =me que les jeunes ,cru/acs pr\v5t dans les p>ties dj exi/antes lors de la naissance v>i5t suivant les espces1 mais ont cela de commun qu'elles t5d5t presque t\j\rs loign] de plus en plus l'animal du type normal du gr\pe auquel il app>ti5t et l'individualis] davantage2 aussi1 au mom5t de la naissance1 ces animaux se ressembl5t-ils bi5 plus entre eux qu' l'tat1 adulte1 et1 en gnral1 plus ils prs5t5t d'anomalies tant l'tat p>fait1 plus ils pr\v5t de modifications p5dant les premi]s temps de leur vie4 ,c'e/ l une ?orie presque complte de la mtamorphose des ,cru/acs4 ,aprs c9quante ans rvolus1 il y a pe9e d'autres modifications lui faire subir que de donn] plus de relief quelques-unes des propositions qu'elle conti5t4 ,on peut =mul]1 p> exemple1 les pr9cipales de ces propositions de la manire suivante3 ,t\s les ,cru/acs revt5t au db1 soit dans l'uf1 soit hors de l'uf1 une =me l>vaire commune1 la =me de ,nauplius4 ,ils n'ont alors que trois paires de membres qui devi5n5t autant d'app5dices cphaliques1 gnralem5t des ant5nes et des m&ibules4 ,le ,nauplius reprs5te donc seulem5t la tte ou une portion de la tte du ,cru/ac adulte2 les autres segm5ts du corps naiss5t un un sa p>tie po/rieure4 ,ces segm5ts peuv5t se =m] soit dans l'uf1 soit seulem5t aprs l'closion4 ,enf91 dans *aque gr\pe important1 presque t\tes les espces trav]s5t un c]ta9 nombre de =mes communes1 et leurs mtamorphoses sont d'autant plus compliques que la =me adulte e/ plus loigne des =mes normales de son gr\pe4 ,la doctr9e de la desc5dance a donn depuis la raison d'tre de t\tes ces lois dduites de l'obs]vation4 ,en les annonant1 s\s leur premire =me1 ,m4 ,milne ,edw>ds voyait surt\t en elles la confirmation de l'exi/5ce d'une unit de plan de /ructure *ez les ,cru/acs et non pas la consqu5ce d'une complication graduelle de l'organisme de ces animaux rsultant de ce que des p>ties n\velles se s]ai5t successivem5t aj\tes au nauplius primitif1 puis div]sem5t modifies4 ce mom5t1 il conoit1 en effet1 le ,cru/ac comme =m d'un nombre inv>iable de segm5ts4 ,on peut pos]1 en pr9cipe1 dit-il1 que le nombre normal des segm5ts dont le corps des ,cru/acs se compose e/ de v+t et un#hc4 ,ces segm5ts peuv5t t\s se ram5] un mme type idal dont ils ne sont que des modifications4 ,il s'ensuit que t\tes les =mes qui se succd5t durant la mtamorphose sont quival5tes entre elles1 reprs5t5t t\j\rs virtuellem5t le ,cru/ac v+t et un segm5ts1 qu'elles t5d5t produire2 que les =mes con/itues d'un nombre mo9dre de segm5ts sont des anomalies2 que le nauplius et t\s les /ades int]mdiaires qui le sp>5t de la =me adulte sont ess5tiellem5t transitoires1 et qu'un ,cru/ac qui s'arrt]ait l'un de ces /ades s]ait hors du plan c>actri/ique de son gr\pe4 ,en un mot1 le ,cru/ac v+t et un segm5ts e/1 p\r ,m4 ,milne ,edw>ds1 une unit indcomposable dont *aque segm5t n'e/ qu'une fraction4 ,il semble au contraire auj\rd'hui#hd que la vritable unit soit le segm5t1 le zoonite1 et que le ,cru/ac soit une pluralit1 dans laquelle le nombre des p>ties composantes e/ indiffr5t4 ,dans l'hypo?se de l'unit de plan1 o se place ,m4 ,milne ,edw>ds1 en #ahcd1 un ,cru/ac qui clt avant d'avoir ralis ses v+t et un segm5ts e/ un ,cru/ac qui nat1 en quelque sorte avant t]me2 dans l'hypo?se de la desc5dance1 le nombre des segm5ts d'un cru/ac peut tre quelconque2 l'closion normale doit avoir lieu aprs la con/itution du ,nauplius 7on p\rrait mme le concevoir plus prcoce72 les segm5ts doiv5t ensuite se =m] un un1 aprs l'closion2 s'il en e/ autrem5t1 c'e/ que l'closion a t ret>de1 en mme temps que les phnomnes de dveloppem5t qui devai5t ab\tir la con/itution du ,cru/ac v+t et un segm5ts ont t acclrs4 ,de telles nuances sont dlicates1 sans d\te2 mais elles sont un excell5t exemple de la faible importance des ret\*es qu'il suffit de donn] une ide qui1 un c]ta9 mom5t1 e/ d'accord avec les faits1 p\r la ma9t5ir sans cesse au c\rant de la sci5ce et la faire r5tr] dans les ?ories plus gnrales que les progrs de nos connaissances r5d5t ncessaires4 ,si l'on admet la ?orie expose en #ahcd p> ,m4 ,milne ,edw>ds1 on se tr\ve ram5 la ?orie de l'ar*type1 et1 si les phnomnes embryogniques qu'(fr5t les cru/acs peuv5t tre exposs au moy5 d'un petit nombre de lois1 ils n'en *app5t pas mo9s t\te explication4 ,n\s v]rons au contraire que1 en acceptant la seconde int]prtation1 les phnomnes si v>is du dveloppem5t des ,cru/acs s'expliqu5t simplem5t1 comme ceux que l'on obs]ve *ez t\s les animaux suprieurs1 p> une simple acclration de phnomnes qui ne diffr5t en ri5 de ceux de la reproduction p> b\rgeonnem5t4 ,en #ahde1 ,m4 ,milne ,edw>ds donne dj un complm5t important sa ?orie des cru/acs1 complm5t qui supprime au mo9s d'une faon implicite la condition de nombre et qui donne une signification n\velle aux div]ses rgions du corps4 la suite des dc\v]tes de ,m4 de ,quatrefages sur la reproduction p> division de rem>quables petites ,annlides m>9es1 les ,syllis1 et des si5nes propres sur le s+uli] b\rgeonnem5t d'autres ,annlides1 les ,myrianides1 il montre#he que les lois de l'accroissem5t des ,annlides sont les mmes que celles de l'accroissem5t des ,cru/acs2 il insi/e sur le fait que1 dans les deux gr\pes1 les segm5ts se =m5t successivem5t1 et que c'e/ t\j\rs l'avant-d]ni] segm5t du corps ou le d]ni] de *aque rgion qui donne naissance aux segm5ts n\veaux1 et il p\rsuit3 ,lorsque le dveloppem5t devi5t plus actif1 comme dans le cas de la multiplication p> b\rgeonnem5t1 dont les ,syllis et nos ,myrianides (fr5t des exemples1 on voit mme un anneau donn] directem5t naissance deux ou plusieurs zoonites1 qui1 en se reproduisant la manire ord9aire1 con/itu5t une ou plusieurs sries int]calaires2 l'ensemble des produits segm5taires reprs5te alors une srie de gr\pes de zoonites1 dont *acun s'allonge p> sa p>tie po/rieure1 comme le faisait la srie unique dans le cas prcd5t444 ,ce phnomne1 qui1 dans la classe des annlides ne se manife/e que lors de la production de n\veaux individus p> voie de b\rgeonnem5t4441 se voit ailleurs dans le dveloppem5t de l'embryon444 ,*ez les ,cru/acs1 p> exemple1 il p>at y avoir trois de ces sy/mes1 ou sries de sy/mes gnsiques1 dont l'allongem5t peut se cont9u] aprs la =mation du premi] anneau de la srie suivante1 et il e/ not] que ces trois gr\pes correspond5t prcism5t aux trois gr&es rgions du corps de ces animaux1 la tte1 le ?orax et l'abdom54 ,m4 ,edw>ds montr]a lui-mme un peu plus t>d que les rgions du corps de div]ses annlides sd5taires se comport5t1 cet g>d1 comme les rgions du corps des cru/acs2 mais il tablit d'ores et dj que l'accroissem5t du nombre des segm5ts du corps1 l'accroissem5t proprem5t dit des annlides et leur reproduction agame1 ne sont que deux =mes pe9e diffr5tes d'un mme phnomne2 que les div]ses rgions du corps des cru/acs correspond5t aux n\veaux individus qui se sp>5t p\r m5] une vie indp5dante *ez les annlides1 et peuv5t tre1 en consqu5ce1 considres comme autant d'individualits di/9ctes4 ,comme les ,cru/acs1 les ,annlides des types les plus div]s se ressembl5t p5dant les premires priodes de leur dveloppem5t2 cette rem>quable concid5ce dans la m>*e des phnomnes gnsiques *ez deux types aussi diffr5ts inspire ,m4 ,edw>ds les rflexions suivantes3 ,les aff9its zoologiques sont proportionnelles la dure d'un c]ta9 p>alllisme dans la m>*e des phnomnes gnsiques *ez les div]s animaux2 de sorte que les tres en voie de =mation cess]ai5t de se ressembl] d'autant plus tt qu'ils app>ti5n5t des gr\pes di/9ctifs d'un rang plus lev dans le sy/me de nos classifications naturelles1 et que les c>actres ess5tiels1 dom9ateurs1 de *acune de ces divisions rsid]ai5t1 non pas dans quelques p>ticul>its de =mes organiques p]man5tes *ez les adultes1 mais dans l'exi/5ce plus ou mo9s prolonge d'une con/itution primitive commune1 du mo9s en app>5ce#hf4 ,n\s voil bi5 lo9 des pr9cipes de ,cuvi]1 qui exigeait que t\s les c>actres employs dans les classifications fuss5t des c>actres df9itifs2 le rle de l'embryognie dans les classifications e/ dsormais trac2 les animaux qui prs5t5t les mmes =mes l>vaires sont dsormais reconnus comme p>5ts1 et1 si cette p>5t e/ encore considre comme une p>5t idale1 il e/ vid5t qu'il n'y aura ri5 *ang] la =mule qui vi5t d'tre tr\ve le j\r o il faudra reconnatre que la p>5t doit tre ent5due dans le s5s vritable du mot4 ,s]res1 en ,france1 et les philosophes de la nature1 en ,allemagne1 avai5t nonc une proposition analogue lorsqu'ils disai5t3 ,t\s les animaux suprieurs trav]s5t1 lorsqu'ils se dvelopp5t1 des =mes analogues celles qui demeur5t p]man5tes *ez les animaux infrieurs4 ,la =mule n\velle e/ plus l>ge et plus exacte1 et le progrs dans la sci5ce ne consi/e-t-il pas presque t\j\rs sub/itu] une ide p>tiellem5t vraie une ide plus gnrale qui l'explique et la compr5d8 ,la =mule des philosophes de la nature supposait un type unique de dveloppem5t2 celle de ,m4 ,milne ,edw>ds compr5d t\t aussi bi5 la proposition des savants allem&s que celle de ,von ,bar1 qui avait tabli l'exi/5ce de plusieurs types de dveloppem5t2 ,m4 ,milne ,edw>ds a sur ,von ,bar l'avantage de ne pas limit] le nombre des types de dveloppem5t et de p]mettre l'int]v5tion des c>actres embryogniques t\s les degrs de la classification1 comme on a plusieurs fois t5t de le faire depuis peu4 ,dj1 du re/e1 l'embryognie avait r5du la classification d'importants s]vices2 grce elle1 ,?ompson v5ait de dmontr] que les cirrhipdes1 classs p> ,cuvi] p>mi les mollusques1 p> ,latreille p>mi les annlides1 in/itus en gr\pe spcial p> de ,bla9ville1 tai5t de vritables cru/acs#hg1 et ,nordmann avait pr\v que les l]nes1 univ]sellem5t considrs comme des v]s1 app>t5ai5t aussi ce mme gr\pe des cru/acs#hh4 ,bi5 s\v5t1 les phases du dveloppem5t ont depuis rvl une p>5t inatt5due entre des tres =t diffr5ts l'tat adulte1 et les naturali/es ont pris dans les indications de ce g5re une telle confiance que le dang] e/ ma9t5ant de pr5dre d'app>5tes similitudes p\r une relle id5tit dans les =mes l>vaires4 ,en rsum1 malgr ces modifications successives de l'ide qu'on peut se faire d'un cru/ac1 la ?orie df9itive de ,m4 ,milne ,edw>ds peut s'nonc] a9si3 t\s les cru/acs sont con/ruits sur un type commun2 leur corps e/ compos d'anneaux en mme nombre1 =ms eux-mmes de p>ties id5tiques2 les div]s cru/acs ne diffr5t entre eux que p> des modifications de =me des anneaux de leur corps ou des p>ties qui les compos5t2 en gnral1 dans l'individu1 ces modifications n'app>aiss5t qu' une priode plus ou mo9s avance du dveloppem5t embryognique1 de sorte que la plup>t des cru/acs1 notamm5t ceux qui app>ti5n5t un mme gr\pe1 comm5c5t p> se ressembl] et diffr5t ensuite de plus en plus mesure qu'avance leur dveloppem5t4 ,les anneaux du corps se =m5t successivem5t2 mais cette =mation peut tre l5te ou plus ou mo9s rapide et l'closion avoir lieu une priode quelconque de cette =mation4 ,*acune des rgions du corps se comporte1 au po9t de vue de la multiplication des anneaux1 comme un organisme indp5dant4 ,ces propositions p\rrai5t s't5dre t\s les animaux articuls2 il semble donc y avoir un ar*type des ar?ropodes1 comme il y a un ar*type des v]tbrs1 mais ces ar*types sont diffr5ts1 et l'exi/5ce de plusieurs types organiques1 proclame p> ,cuvi]1 semble confirme4 ,cep5dant1 comme le fait rem>qu] ,m4 ,milne ,edw>ds1 les propositions si simples qui p]mett5t de df9ir l'ar*type des ar?ropodes sont1 p\r la plup>t1 le fruit d'une heureuse application l'tude des cru/acs de la m?ode employe p> ,ge(froy ,sa9t-,hilaire p\r l'tude des v]tbrs4 ,la ?orie des analogues1 dit-il#hi1 dev5ue clbre p> les travaux de son auteur1 ,m4 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 et p> la t5dance n\velle qu'elle a imprime l'anatomie comp>e1 aplanit1 comme on le voit1 la plup>t des difficults qu'avait prs5tes jusqu'ici l'tude du squelette tgum5taire des cru/acs2 et si l'utilit de l'application l'entomologie des vues philosophiques =mant la base de cette doctr9e n'tait dj dmontre p> les re*]*es de ,,mm4 ,savigny1 ,aud\91 etc41 on p\rrait en donn] comme preuve la simplicit des corollaires qui rsum5t les causes des diffr5ces innombrables (f]tes p> le squelette tgum5taire des cru/acs4 99 99 99 99 99 ,l'hypo?se de l'unit de plan de composition re/re9te l't5due de *acun des embran*em5ts du rgne animal p]mettait de ratta*] d'une manire assez satisfaisante une cause commune les ressemblances qu'on obs]ve entre les animaux2 n'tait-il pas possible de ratta*] de mme un pr9cipe unique les diffr5ces innombrables qu'ils prs5t5t8 ,ds #ahbg1 ,m4 ,h4 ,milne ,edw>ds en avait indiqu le moy5 dans ses articles du ,dictionnaire classique d'hi/oire naturelle4 ,non seulem5t il =mulait alors une loi dont les applications sont dev5ues depuis *aque j\r plus importantes1 mais il indiquait le premi]1 d'une faon prcise1 une assimilation imprvue entre les lois de l'conomie politique et celles de la physiologie gnrale2 il ouvrait a9si une voie qui e/ ju/em5t celle o s'e/ engage depuis ,d>w91 et qui devait conduire des rsultats inesprs4 ,la caus de la div]sit des animaux1 c'e/1 p\r ,m4 ,milne ,edw>ds1 la division du travail physiologique entre leurs lm5ts con/ituants2 p\r ,d>w9 l'orig9e des espces doit tre *]*e dans la concurr5ce que cre l'accroissem5t de la population animale et dans le succs des mieux outills1 dans la slection naturelle qui en e/ la consqu5ce2 or les conomi/es considr5t prcism5t la division du travail le moy5 le plus sr de s\t5ir la concurr5ce2 aussi1 lo9 de p]dre sa valeur p> l'avnem5t de la doctr9e de ,d>w91 peut-on dire que la doctr9e de ,m4 ,milne ,edw>ds n'a fait qu'en recevoir une =ce et une porte plus gr&es4 ,d'autre "p1 la division du travail suppose l'association1 pr9cipe dont n\s avons vu ,dugs faire1 son t\r1 l'application incomplte au rgne animal1 en #ahca1 et dont n\s avons essay1 dans notre livre ,les colonies animales et la =mation des organismes1 de faire ressortir t\te l'importance1 au po9t de vue de l'volution et de la complication graduelle des tres vivants1 de la dt]m9ation des lois qui ont prsid la =mation des types organiques1 de l'explication des phnomnes embryogniques1 et de la =mation mme de ce que n\s nommons l'individualit4 ,a9si le p>allle se p\rsuit1 et1 *aque fois qu'une application n\velle des lois de l'conomie politique e/ faite la morphologie1 elle se montre fconde en rsultats4 ,il e/ vid5t que t\t le ct de la "q qui t\*e la faon dont se sont raliss les quatre gr&s modes de di/ribution des p>ties c>actri/iques1 des quatre types organiques de ,cuvi]1 ct que n\s avons plus p>ticulirem5t trait dans ,les colonies animales1 ne p\vait exi/]1 si l'on se plaait dans l'hypo?se de types organiques raliss d'emble et modifis seulem5t dans le dtail3 or c'e/ l le po9t de vue de ,dugs et de ,m4 ,milne ,edw>ds4 ,sans d\te l'un et l'autre de ces savants ont dj entre les ma9s1 en p>tie dc\v]ts p> eux-mmes1 un c]ta9 nombre de faits p\vant p]mettre d'tablir une ?orie du mode de =mation des types organiques2 ils accept5t nanmo9s1 comme ,cuvi]1 comme ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 comme le f]a plus t>d ,ri*>d ,ow51 l'hypo?se que les types organiques sont l'uvre immdiate du ,crateur1 et c'e/ seulem5t ces types dj raliss qu'ils comm5c5t appliqu] la ?orie de la division du travail physiologique2 voici dans quels t]mes3 ,dans c]ta9s animaux1 dit en #ahbg ,m4 ,milne ,edw>ds#ij1 le corps prs5te p>t\t des c>actres id5tiques et ne p>at r5f]m] aucun organe di/9ct444 ,les polypes d'eau d\ce prs5t5t une /ructure de ce g5re444 ,le corps de ces animaux peut tre comp> un ateli] o *aque ouvri] s]ait employ l'excution de travaux semblables et o p> consqu5t leur nombre influ]ait sur la somme1 mais non sur la nature du rsultat4 ,aussi l'expri5ce a-t-elle dmontr qu'en divisant un de ces tres on ne *ange pas sa manire d'agir2 *aque fragm5t cont9ue de vivre comme aup>avant et peut =m] un n\vel animal444 ,lorsqu'au contraire la vie comm5ce se manife/] p> des phnomnes plus compliqus et que le rsultat f9al produit p> le jeu des diffr5tes p>ties du corps devi5t plus p>fait1 c]ta9s organes (fr5t un mode de /ructure p>ticuli] et cess5t alors d'agir la manire du t\t4 ,la vie de l'individu1 au lieu d'tre la somme d'un nombre plus ou mo9s gr& d'lm5ts de mme nature1 rsulte de l'ensemble d'actes ess5tiellem5t diffr5ts et produits p> des organes di/9cts4 ,les div]ses p>ties de l'conomie animale conc\r5t t\tes au mme b1 mais *acune d'une manire qui lui e/ propre1 et plus les facults de l'tre sont nombreuses et dveloppes1 plus la div]sit de /ructure et la division du travail qui en e/ la suite sont p\sses lo94 ,et ,m4 ,milne ,edw>ds prcise plus t>d sa p5se en crivant#ia3 ,le pr9cipe suivi p> la nature dans le p]fectionnem5t des tres e/ le mme que celui si bi5 dvelopp p> les conomi/es mod]nes1 et1 dans ses uvres aussi bi5 que dans les produits de l'art1 on voit les avantages imm5ses de la division du travail4 ,ces pr9cipes de la division du travail1 ,m4 ,milne ,edw>ds les applique successivem5t aux diffr5ts sy/mes d'organes et t\t d'abord aux tgum5ts4 ,la surface extrieure du corps1 de mme que les p>ties situes plus pr(ondm5t1 prs5t5t une srie de modifications dont la clef n\s e/ donne p> le pr9cipe dont n\s v5ons de p>l]4 ,a9si que n\s l'avons dj dit1 elle e/ d'abord semblable au re/e du p>5*yme1 mais bi5tt elle acqui]t des proprits diffr5tes et con/itue une membrane di/9cte dont la face int]ne donne atta*e t\s les organes actifs de la locomotion et dont la sup]ficie e/ le sige des s5s1 de la respiration et de plusieurs autres fonctions4 ,dans les classes plus leves1 la facult de p]cevoir la lumire se localise davantage et devi5t en mme temps plus p>faite2 il en e/ de mme des s5s de l'oue et de l'odorat2 mais l'enveloppe gnrale s]t encore comme organe du m\vem5t et du tact1 en mme temps qu'elle dt]m9e la =me du corps et protge les organes int]nes de l'influ5ce nuisible des ag5ts extrieurs4 ,enf91 v]s le sommet de la srie des animaux1 cette division du travail e/ porte encore plus lo92 un sy/me p>ticuli]1 de/9 spcialem5t la df5se des p>ties molles aussi bi5 qu'aux fonctions locomotrices1 se montre dans l'conomie1 et la membrane tgum5taire1 au lieu de s]vir des usages si div]s1 n'e/ plus appele qu' agir comme organe du tact1 s'oppos] l'vaporation des liquides r5f]ms dans le corps et remplir un petit nombre d'autres fonctions4 ,dans ce passage1 le pr9cipe de la division du travail e/ appliqu non pas des individualits di/9ctes1 d'abord indp5dantes et id5tiques entre elles1 qui se p>tag5t les rles1 mais des masses homognes1 sans individualit propre1 qui se dcompos5t en p>ties htrognes1 aptes *acune un ouvrage p>ticuli]4 ,il n'y a aucune filiation1 aucune relation entre les cas o la division du travail e/ peu avance et ceux o elle l'e/ davantage1 c> il n'e/ videmm5t pas dans l'esprit de l'auteur d'tablir une relation gnalogique quelconque entre le squelette intrieur des v]tbrs dont il e/ "q1 en d]ni] lieu1 et le squelette extrieur des articuls4 ,le pr9cipe de la division du travail e/ donc ici plutt la con/atation d'un ensemble de faits1 une sorte de loi mtaphysique1 que l'indication d'un procd rellem5t employ1 d'un acte vraim5t effectu p\r pass] d'un tat simple un tat plus complexe4 ,dans l'emploi qu'en fait p> la suite ,m4 ,milne ,edw>ds1 ce c>actre ne saurait disp>atre1 c> une division du travail s'effectuant1 s\s l'action de causes extrieures dt]m9ables1 entre des individus d'abord id5tiques et indp5dants1 se modifiant et se solid>isant s\s l'empire de ces causes1 impliqu]ait ncessairem5t une trans=mation graduelle des =mes vivantes2 t\tefois ses propositions nonces dans un s5s mtaphorique peuv5t tre de plus en plus facilem5t prises dans un s5s absolu4 ,telles sont celles qui conc]n5t le sy/me n]veux#ib3 ,en tudiant dans la longue srie des animaux articuls les p>ties au moy5 desquelles ces tres p]oiv5t les impressions1 on y rem>que une suite de modifications analogues celles que n\s avons dj signales en traitant de l'app>eil tgum5taire et des organes de la vie organique4 ,le sy/me n]veux se prs5te d'abord s\s la =me d'un cordon qui s't5d dans t\te la longueur du corps2 *acune de ses p>ties agit alors la manire du t\t1 et1 lorsqu'on divise l'animal en plusieurs tronons1 *acun d'eux cont9ue s5tir et se m\voir comme il le faisait lorsque le corps tait enti]4 ,un degr de plus dans la division du travail amne la localisation de la facult de p]cevoir la s5sation1 et de plusieurs autres actes1 dans des p>ties dt]m9es de ce sy/me1 dont l'exi/5ce devi5t alors ncessaire l'intgrit des fonctions auxquelles l'app>eil en enti] prside4 ,enf91 *ez des animaux plus p>faits1 la s5sibilit devi5t plus p>ticulirem5t l'apanage de c]ta9es fibres mdullaires2 la facult de produire les m\vem5ts s\s l'empire de la volont se conc5tre en quelque sorte dans d'autres fibres du mme sy/me2 celle d'excit] l'action de ces div]ses p>ties se localise galem5t dans c]ta9s po9ts de l'app>eil n]veux1 et celle de coordonn] les m\vem5ts e/ ex]ce p> d'autres in/rum5ts4 ,en un mot1 t\tes les p>ties de l'app>eil s5sitif f9iss5t p> conc\rir d'une manire diffr5te la production des phnomnes dont l'ensemble rsultait d'abord de l'action de *acune d'elles4 ,c'e/ encore le mme po9t de vue que lorsqu'il s'agissait des tgum5ts2 mais les applications morphologiques app>aiss5t1 quoique implicitem5t1 lorsque1 aprs avoir tudi les modifications div]ses du sy/me n]veux des cru/acs1 ,m4 ,edw>ds les rsume t\tes dans cette loi con=me la loi de c5tralisation1 p> laquelle ,s]res reprs5tait les modifications successives que subit le sy/me n]veux des insectes1 p5dant leur dveloppem5t#ic4 ,le sy/me n]veux des cru/acs se compose t\j\rs de noyaux mdullaires dont le nombre normal e/ gal celui des membres1 et t\tes les modifications qu'on y r5contre1 soit des poques div]ses de l'incubation1 soit dans diffr5tes espces de la srie1 dp5d5t pr9cipalem5t des rappro*em5ts plus ou mo9s complets de ces noyaux1 agglomrations qui s'opr5t des cts v]s la ligne mdiane1 en mme temps que dans la direction longitud9ale1 mais peuv5t t5ir aussi en p>tie un arrt de dveloppem5t dans un c]ta9 nombre de ces noyaux4 ,le rappro*em5t entre les faits rvls p> l'anatomie comp>e et ceux que f\rnit l'embryognie d'un individu donn implique dj la possibilit que les div]s tats du sy/me n]veux ai5t pu tre tirs d'un tat primitif o t\s les ganglions tai5t id5tiques entre eux1 et c'e/ bi5 l'ide qui se dgage lorsque1 cessant de considr] des tissus ou des organes1 ,m4 ,edw>ds arrive dire des segm5ts des corps eux-mmes#id3 ,d'aprs ce que n\s avons dit1 au comm5cem5t de ce *apitre1 relativem5t la m>*e suivie p> la nature dans le p]fectionnem5t des tres1 on p\rrait s'att5dre tr\v]1 l'extrmit infrieure de la srie =me p> les animaux dont n\s n\s occupons ici1 des espces dont t\s les anneaux con/ituants du corps s]ai5t id5tiques entre eux tant p> leur =me et leur /ructure que p> leurs fonctions1 puis les voir dev5ir de plus en plus disp>ates et s]vir *acun des usages p>ticuli]s4 ,c'e/1 en effet1 ce que l'on rem>que lorsqu'on comp>e entre eux les div]s cru/acs2 mais ces animaux ne n\s (fr5t d'exemple1 ni de cette extrme uni=mit1 ni de ce maximum de complication4 ,la division du travail peut donc port] sur les segm5ts t\t enti]s comme sur les organes et les tissus2 elle e/ alors ncessairem5t suivie d'une sorte de conscration morphologique rsultant de modifications plus ou mo9s t5dues dans la =me de ces segm5ts4 ,mais1 p\r ,m4 ,edw>ds1 ces segm5ts ne sont pas1 comme p\r ,dugs1 des individualits di/9ctes2 ce sont1 on s'en s\vi5t1 de simples p>ties du corps dont un nombre dt]m9 et con/ant e/ ncessaire p\r con/itu] le cru/ac2 malgr la segm5tation de son corps1 le cru/ac e/ indivisible comme le v]tbr4 ,c'e/ encore l'ide que se font des animaux segm5ts un gr& nombre de naturali/es1 et1 au po9t de vue du trans=misme1 cette ide suffit1 n\s l'avons vu1 p\r supprim] le problme de l'orig9e des types organiques et oblig] d'avoir rec\rs1 af9 d'expliqu] *acun d'eux1 un acte crateur spcial4 99 99 99 99 99 ,dans les travaux relatifs aux articuls comme dans ceux relatifs aux v]tbrs1 n\s avons dj fait rem>qu] que la m?ode d'inve/igation de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire e/ employe df9ir d'une manire plus rig\reuse1 plus exacte1 plus complte1 les gr&s embran*em5ts de ,cuvi]1 dt]m9] les limites des modifications dont ils sont susceptibles et *]*] la loi de ces modifications4 ,le pr9cipe des connexions e/ jusqu'ici appliqu surt\t aux pices solides et p]met de ram5] leur disposition un mme type2 il e/ t\t aussi fcond lorsqu'on veut en faire application aux organes int]nes1 aux p>ties molles4 ,cuvi] avait fait du sy/me n]veux la base de la di/ribution m?odique des animaux2 ,m4 mile ,blan*>d s'atta*e dt]m9] t\tes les modifications dont il e/ susceptible dans un mme embran*em5t et prcis] l'importance des c>actres qu'il peut f\rnir la classification4 ,il dmontre que *ez les insectes il e/ con/ruit sur un type con/ant2 que durant la mtamorphose il pr\ve1 en gnral1 une conc5tration plus ou mo9s considrable2 que cette conc5tration s'effectue suivant des lois dt]m9es1 de sorte qu'on peut tr\v] dans le degr de c5tralisation des noyaux mdullaires des c>actres de famille ayant une p]si/ance des plus rem>quables#ie4 ,ses re*]*es sur les connexions du sy/me n]veux l'amn5t de rem>quables dt]m9ations d'organes2 il dmontre1 p> exemple1 que les ant5nes1 abs5tes1 en app>5ce1 *ez les ,ara*nides1 sont en ralit reprs5tes *ez ces animaux p> les petites p9ces des scorpions et les cro*ets v59 des araignes1 seuls app5dices qui reoiv5t leurs n]fs du c]veau1 comme les ant5nes des insectes et des cru/acs4 ,p> des tudes sur la b\*e des insectes diptres1 ,m4 ,blan*>d avait dj complt les travaux de ,savigny2 t&is que ,m4 de ,lacaze-,du?i]s1 se livrant l'tude des app5dices compliqus qui se tr\v5t l'extrmit po/rieure de l'abdom5 de ces animaux1 arrivait dmontr] que *ez t\s ces animaux l'armure gnitale femelle tait1 t\t aussi bi5 que la b\*e1 con/ruite sur un plan unique#if2 que les pices multiples qui les compos5t rsultai5t uniquem5t du dveloppem5t et des modifications de =me des p>ties solides d'un zoonite4 ,a9si1 *ez les ar?ropodes adultes1 et notamm5t *ez les plus levs1 de nombreux travaux p]mett5t de ram5] un mme plan les aspects si div]s de l'organisation4 ,dans la classe entire des insectes1 le nombre des segm5ts du corps re/e con/ant2 il en e/ de mme du nombre des rgions du corps et des app5dices affects une fonction dt]m9e4 ,*ez les ara*nides1 le nombre total des segm5ts du corps e/ dj mo9s fixe2 il e/ trs v>iable *ez les myriapodes1 dont la tte prs5te cep5dant une composition con/ante2 enf91 s'il prs5te une c]ta9e fixit *ez les cru/acs suprieurs1 on con/ate *ez ces d]ni]s une gr&e v>iabilit dans la con/itution des div]ses rgions du corps et le nombre des app5dices s]vant des usages analogues2 d'autre "p1 les segm5ts du corps ne p\ss5t pas t\j\rs simultanm5t1 et cela seul suffirait jet] quelque d\te sur la prt5due immobilit du type1 p\r faire suppos] que1 si cette immuabilit exi/e rellem5t dans c]ta9s gr\pes1 elle a t acquise et doit encore tre considre comme un rsultat et non comme un fait primordial4 99 99 99 99 99 ,l'tude des v]s annels1 si bi5 faite p> ,savigny1 ,m4 ,aud\91 ,milne ,edw>ds et ,m4 de ,quatrefages1 peut dj s]vir montr] que1 *ez ces animaux1 il n'y a de con/ant que l'organisation du segm5t1 le nombre de ceux-ci p\vant v>i] dans les plus l>ges proportions1 de sorte qu'on ne saurait ici concevoir ri5 de semblable un ar*type1 et1 lorsqu'on desc5d des v]s annels ceux o la /ructure segm5taire e/ indi/9cte1 c'e/ bi5 autre *ose3 il rsulte des pati5tes et habiles re*]*es de ,m4 ,blan*>d sur les v]s inte/9aux1 de celles de ,m4 de ,quatrefages sur les ,planaires1 que les traits ess5tiels attribus p> ,cuvi] l'animal articul s'effac5t et disp>aiss5t2 cep5dant l'ide de type e/ tellem5t t5ace qu'on fait l'impossible p\r faire r5tr] ces animaux dans une rgle laquelle ils *app5t de t\tes faons4 99 99 99 99 99 ,l'embran*em5t des mollusques avait t mo9s rig\reusem5t df9i p> ,cuvi] que ceux des v]tbrs et des ar?ropodes4 ,les re*]*es de ,m4 ,milne ,edw>ds sur la circulation de ces animaux rvl5t dans la con/itution de leur app>eil circulatoire une imp]fection commune laquelle on tait lo9 de s'att5dre2 div]ses re*]*es portant sur leur sy/me n]veux1 notamm5t celles de ,duv]noy et de ,m4 ,blan*>d sur le sy/me n]veux des acphales1 celles de ,m4 de ,quatrefages et surt\t de ,m4 de ,lacaze-,du?i]s sur les ga/ropodes1 p]mett5t de concevoir un type mollusque nettem5t df9i et dans lequel ,m4 de ,lacaze-,du?i]s dmontre qu'il exi/e1 entre les p>ties1 des connexions aussi fixes que dans les autres gr\pes4 ,malheureusem5t ce type une fois bi5 connu1 au lieu de le limit] aux ,cphalopodes1 ,ga/ropodes1 ,solnoconques et ,lamellibran*es1 qui seuls sont de vrais ,mollusques1 on s'ef=ce d'en rappro*]1 comme on l'avait fait p\r les ,v]s1 t\t ce qui prs5tait avec lui de plus ou mo9s vagues analogies4 ,c'e/ a9si qu'on *]*e avec passion les traits c>actri/iques des mollusques *ez les bra*iopodes1 *ez les tunici]s1 *ez les bryozoaires1 sans pr5dre g>de qu'un type qu'il faut trans=m] compltem5t p\r y ram5] c]ta9s organismes p]d t\te importance1 si c'e/ un type ?orique tel qu'on l'ent5d dans l'hypo?se de la fixit des espces1 et qu'il n'y a aucun intrt1 dans l'hypo?se de la desc5dance1 essay] d'y ratta*] des tres qu'on ne peut en faire driv] que p> des trans=mations t\t autres que celles dont l'embryognie et l'anatomie comp>e n\s dmontr5t clairem5t la possibilit4 ,les difficults de la ?orie des embran*em5ts de ,cuvi] avai5t dj t releves1 en #ahbb1 p> de ,bla9ville1 qui1 t\t en admettant la fixit absolue des espces1 considrait les animaux comme se ratta*ant un c]ta9 nombre de types prs5tant entre eux une c]ta9e gradation1 comp>able l'*elle admise p> ,bonnet1 et supposait que dans *acun de ces types l'organisation p\vait pr\v] des dgradations successives capables d'en r5dre mconnaissables les c>actres1 sans que cep5dant la srie ft nullem5t rompue entre les =mes dgrades et les =mes leves de *aque type4 ,la foi dans le gnie de ,cuvi] e/ telle cep5dant que ces difficults n'arrt5t nullem5t c]ta9s esprits3 l'un des plus m95ts disciples du matre1 ,l\is ,agassiz1 s'e/ fait le ?orici5 de la doctr9e des types1 et le mom5t e/ v5u de montr] quelle ide peut se faire de la philosophie zoologique un esprit lev rsolum5t p>tisan de la fixit absolue des =mes vivantes4 ,,*apitre ,,xvi ,,l\is ,,agassiz ,consqu5ces philosophiques de l'hypo?se de la fixit des espces4--,la possibilit d'une classification dmontre l'exi/5ce de ,dieu4--,l'exi/5ce d'un plan de la cration e/ contraire la doctr9e du trans=misme4--,argum5ts en faveur de la fixit des espces4--,faiblesse de ces argum5ts4--,nature des c>actres des divisions zoologiques des div]s degrs4--,df9ition n\velle de l'espce4--,dsaccord de cette df9ition avec les faits4--,ralit de l'espce4--,causes de l'isolem5t physiologique des espces4 ,l\is ,agassiz#ig transporte t\tes les divisions de la m?ode dite naturelle une ide analogue celle de l'ar*type de ,ow53 *acune de nos espces1 *acun de nos g5res1 *aque famille1 *aque type reprs5te une conception di/9cte du ,crateur1 et t\s ces gr\pes d'individus ont1 p> consqu5t1 une gale ralit4 ,la classification1 lo9 d'tre une p>tie de l'art1 comme le croit ,lam>ck1 p>tie susceptible de v>i] avec l'arti/e1 e/ un difice immuable1 comme le ,crateur2 c'tait du re/e l'op9ion de ,cuvi] et des naturali/es qui faisai5t1 comme lui1 de la re*]*e de la m?ode naturelle le b suprme de la sci5ce4 ,les div]s gr\pes zoologiques1 avec leur savante subord9ation1 ont t in/itus p> l'intellig5ce div9e comme les catgories de sa p5se#ih4 ,ri*>d ,ow51 rejetant les causes f9ales1 avait dduit de l'exi/5ce de l'ar*type des v]tbrs la preuve de l'exi/5ce de ,dieu2 ,l\is ,agassiz gnralise ce procd de dmon/ration4 ,l'exi/5ce d'une srie de plans suivant lesquels les tres vivants sont models ncessite l'exi/5ce d'une intellig5ce capable de concevoir ces plans2 t\te liaison intellig5te et intelligible entre les phnomnes e/ une preuve directe de l'exi/5ce d'un ,dieu qui p5se1 aussi srem5t que l'homme manife/e la facult de p5s] qu& il reconnat cette liaison naturelle des *oses#ii4 ,au fond1 comme c'e/ notre intellig5ce qui arrive pntr] cet ordre de la nature duquel ,l\is ,agassiz conclut l'exi/5ce de ,dieu1 c'e/ de l'exi/5ce de notre propre intellig5ce que la preuve de l'exi/5ce de ,dieu e/ tire1 et le savant neuf*telois n'e/ pas loign de dire3 ,je p5se1 donc ,dieu e/4 ,l\is ,agassiz admet une h>monie prtablie entre notre intellig5ce et l'univ]s3 ,l'esprit huma9 e/ l'unisson de la nature1 et bi5 des *oses sembl5t le rsultat des ef=ts de notre intellig5ce qui sont seulem5t l'expression naturelle de cette h>monie prtablie#ajj4 ,telle e/ la classification naturelle3 ,ces sy/mes dsigns p> n\s s\s le nom des gr&s matres de la sci5ce qui1 les premi]s1 les proposr5t1 ne sont1 en ralit1 que la traduction dans la langue de l'homme des p5ses du ,crateur4 ,si vraim5t il en e/ a9si1 cette facult qu'a l'intellig5ce huma9e de s'adapt] aux faits de la cration1 et en v]tu de laquelle elle p>vi5t in/9ctivem5t1 sans en avoir consci5ce1 int]prt] les p5ses de ,dieu1 n'e/-elle pas la preuve la plus concluante de notre aff9it avec le div9 esprit8 ,ce rapport spirituel et intellectuel avec la t\te-puissance ne doit-il pas n\s faire pr(ondm5t rfl*ir8 ,s'il y a quelque vrit dans la croyance que l'homme e/ fait l'image de ,dieu1 ri5 n'e/ plus opportun p\r le philosophe que de s'ef=c]1 p> l'tude des oprations de son propre esprit1 se rappro*] des uvres de la raison div9e4 ,qu'il appr5ne1 en pntrant la nature de sa propre intellig5ce1 mieux compr5dre l'intellig5ce inf9ie dont la si5ne n'e/ qu'une manation6 ,une semblable recomm&ation peut1 premire vue1 p>atre irrespectueuse4 ,mais lequel e/ vritablem5t humble8 ,celui qui1 aprs avoir pntr les secrets de la cration1 les classe suivant une =mule qu'il appelle orgueilleusem5t son sy/me sci5tifique1 ou celui qui1 arriv au mme b1 proclame sa glorieuse aff9it avec le ,crateur et1 ple9 d'une reconnaissance ineffable p\r un don aussi sublime1 s'ef=ce d'tre l'int]prte complet de l',intellig5ce div9e1 avec laquelle il lui e/ p]mis1 bi5 plus1 il lui e/1 de p> les lois de son tre1 ordonn d'entr] en communion#aja8 ,ce passage e/ d'un haut intrt2 c'e/ l'pan\issem5t le plus complet d'une philosophie de la nature dont la filiation peut se suivre de ,l9n ,cuvi]1 de ,cuvi] de ,bla9ville et ,agassiz1 mais qui n'avait jamais t aussi nettem5t =mule4 ,l4 ,agassiz ne pr5d pas p\r po9t de d"p1 comme ,s*ell+1 l'id5tit de l'esprit huma9 avec l'esprit de ,dieu2 il n'argue pas de cette id5tit p\r dire3 ,philosoph] sur la nature1 c'e/ crer la nature2 lo9 de supprim] l'tude des faits1 comme le philosophe allem&1 il tudie au contraire les faits1 con/ate leurs rapports1 conclut1 de ce que n\s avons une intellig5ce qui conoit ces rapports1 l'id5tit de notre intellig5ce avec celle de ,dieu1 et attribue l'intellig5ce div9e la cration directe de t\s les rapports que n\s aurons con/at]4 ,ce n'e/ plus l'tude des faits qui disp>at1 c'e/ celle des =ces naturelles et de leur action sur les tres vivants4 ,n\s n'avons plus re*]*] les causes qui ont am5 les tres vivants leur tat actuel2 il n'y a qu'une cause1 ,dieu1 qui agit sans int]mdiaire4 ,n\s n'avons plus mme re*]*] le b des p>ticul>its organiques que n\s dvoile notre scalpel3 il y a des organes qui n'ont pas de fonctions444 ,ces organes n'ont t cons]vs que p\r ma9t5ir une c]ta9e uni=mit dans la /ructure fondam5tale444 ,leur prs5ce n'a pas p\r b l'accomplissem5t de la fonction1 mais l'obs]vation d'un plan dt]m94 ,elle fait song] telle disposition frqu5te dans nos difices1 o l'ar*itecte1 p> exemple1 reproduit extrieurem5t les mmes comb9aisons en vue de la symtrie et de l'h>monie des proportions1 mais sans aucun b pratique#ajb4 ,il n'y a donc pas dans l'univ]s de cause f9ale1 ou plutt l'univ]s n'a qu'une f91 comme il n'a qu'une cause3 le dveloppem5t de la p5se du ,crateur4 ,le rle du naturali/e e/ uniquem5t de rassembl] les faits1 expression de cette p5se1 et de les coordonn] dans des sy/mes qui sont notre faon n\s d'exprim] la p5se de ,dieu4 ,l\is ,agassiz expose h>dim5t ici une doctr9e qui a t plus d'une fois la cause secrte des ho/ilits qu'ont r5contres les t5tatives les plus s9cres et les plus lgitimes1 faites en vue d'arriv] une connaissance approximative de l'orig9e des tres vivants et des lois de leur volution4 ,il s'agit bi51 du re/e1 dans l'esprit de ce savant si m95t1 de c\p] c\rt ces t5tatives3 ,s'il e/ une fois pr\v que l'homme n'a pas inv5t1 mais seulem5t reproduit l'arrangem5t sy/matique de la nature2 que ces rapports1 ces proportions exi/ant dans t\tes les p>ties du monde organique ont leur li5 intellectuel et idal dans l'esprit du ,crateur2 que ce plan de la cration1 devant lequel s'abme notre sagesse la plus haute1 n'e/ pas issu de l'action ncessaire des lois physiques1 mais au contraire a t librem5t conu p> l'intellig5ce t\te-puissante et mri dans sa p5se avant d'tre manife/ s\s des =mes extrieures tangibles2 si1 enf91 il e/ dmontr que la prmditation a prcd l'acte de la cration1 n\s en aurons f9i1 une fois p\r t\tes1 avec les ?ories dsolantes qui n\s r5voi5t aux lois de la matire p\r avoir l'explication de t\tes les m]veilles de l'univ]s et1 bannissant ,dieu1 n\s laiss5t en prs5ce de l'action monotone1 inv>iable des =ces physiques1 assujettissant t\te *ose une 9vitable de/9e#ajc4 ,cette 9vitable de/9e1 cette fatalit que semble impliqu] le trans=misme1 voil1 sans d\te1 ce qui effraie bi5 des esprits2 on df5d la lib]t de ,dieu1 p5sant a9si sauveg>d] la si5ne4 ,t\tes les argum5tations de la philosophie1 t\tes les aspirations de l'esprit et du cur1 sont impuissantes cep5dant ri5 *ang] ni ce que n\s sommes1 ni aux rapports qui peuv5t n\s unir soit au monde1 soit ,dieu4 ,et qu'importe au demeurant1 p\r notre dignit1 que notre actuelle p]fection relative ait t obt5ue d'une faon ou d'une autre8 ,avons-n\s un intrt quelconque n\s tromp] volontairem5t cet g>d8 ,n'e/-il pas sage1 au contraire1 de *]*] pntr]1 p> t\s les moy5s en notre p\voir1 le secret de notre orig9e1 les lois de notre dveloppem5t progressif1 af9 d'avoir une consci5ce plus nette du b que *acun de n\s peut raisonnablem5t propos] son exi/5ce1 de la de/9e que doit rv] la socit huma9e t\t entire1 des moy5s propres en ralis] l'accomplissem5t et de la "p que *acun de n\s e/ appel pr5dre l'volution de notre espce8 ,n'e/-ce pas a9si que n\s p\rrons p>v5ir une connaissance intime de cet tre collectif qui s'appelle l'humanit1 une dt]m9ation rig\reuse1 indp5dante de t\tes les croyances1 des droits et des devoirs communs t\s les individus qui le compos5t1 l'tablissem5t de cette morale df9itive qu' trav]s tant d'erreurs et de prjugs1 de viol5ts cataclysmes ou de l5tes et pacifiques volutions1 l'esprit de l'homme p]du n'a cess de p\rsuivre dans les tnbres d'une ignorance qui comm5ce pe9e se dissip]8 ,l\is ,agassiz e/ un esprit trop sci5tifique p\r admettre d'emble l'incapacit des =ces physiques crer ou modifi] les tres vivants2 il lui faut une dmon/ration1 et il essaye de la faire aussi complte que possible4 ,les argum5ts qu'il dveloppe peuv5t se rsum] a9si3 #a ,n\s tr\vons auj\rd'hui1 vivant dans des conditions id5tiques1 les animaux les plus div]s2 admettre qu'ils doiv5t leurs c>actres l'action des milieux1 c'e/ donc admettre qu'une mme cause peut produire les effets les plus diffr5ts4 #b ,les mmes types peuv5t se r5contr] dans les conditions d'exi/5ce les plus v>ies1 ce qui dmontre l'indp5dance o sont les tres organiss vis--vis des ag5ts physiques4 #c ,d'un ple l'autre1 s\s t\s les mridi5s1 les mammifres1 les oiseaux1 les reptiles1 les poissons rvl5t un seul et mme plan de /ructure2 d'autres plans non mo9s m]veilleux se dc\vr5t dans les articuls1 les mollusques1 les rayonns et les div]s types de plantes2 cette inf9ie v>it dans l'unit ne saurait tre le rsultat de =ces qui n'app>ti5n5t ni la mo9dre p>celle d'intellig5ce1 ni la facult de p5s]1 ni le p\voir de comb9]1 ni la notion de l'espace et du temps4 #d ,t\s les animaux sont manife/em5t le dveloppem5t de quatre ides cratrices1 lies entre elles p> le fait que t\tes quatre comm5c5t p> s'incorpor] dans un uf1 o se produis5t1 indp5damm5t des =ces physiques et malgr l'app>5te id5tit du db1 les manife/ations les plus div]ses4 #e ,le mme g5re1 la mme famille1 la mme classe1 le mme embran*em5t peuv5t tre reprs5ts dans les climats les plus diffr5ts p> des espces1 des g5res1 des familles v>ies1 de telle sorte que1 malgr cette v>it1 des rapports analogues exi/5t entre les animaux de t\s les pays1 bi5 qu'il n'exi/e actuellem5t aucune p>5t gnalogique entre les espces d'un mme g5re1 les g5res d'une mme famille1 les familles d'une mme classe1 les classes d'un mme embran*em5t4 ,les li5s qui uniss5t les divisions d'un c]ta9 ordre ne peuv5t tre considrs comme le fait des =ces physiques1 reproduisant le mme type s\s des =mes div]ses suivant les pays4 #f ,les quatre gr&s embran*em5ts du rgne animal ont app>u simultanm5t avec leurs c>actres di/9ctifs1 malgr l'id5tit des conditions primitives d'exi/5ce1 et ds le db on di/+ue nettem5t dans *acun d'eux des classes1 des familles1 des g5res1 des espces4 #g ,il e/ difficile d'tablir1 au po9t de vue de la complication organique1 une gradation entre les embran*em5ts ou mme les classes2 mais1 dans *aque classe1 cette gradation e/ manife/e entre les ordres et concorde avec la date de leur app>ition dans les priodes gologiques4 ,l encore se dc\vre une n\velle et accablante preuve de l'ordre et de la gradation admirables qui ont t tablis l'orig9e et ma9t5us1 trav]s les ges1 dans les degrs div]s de complication que rvle la /ructure des tres anims#ajd4 #h ,des espces1 des g5res1 des ordres1 mme vois9s1 peuv5t tre1 les uns cosmopolites1 les autres avoir une aire de rp>tition gographique des plus re/re9tes1 ce que ne saurait expliqu] l'action des milieux4 #i ,des rgions prs5tant un climat analogue peuv5t avoir une faune et une flore id5tiques ou1 au contraire1 trs diffr5tes et ayant occup ds le j\r de leur app>ition les espaces qu'elles occup5t auj\rd'hui3 ce qui e/ absolum5t contraire l'ide que les animaux et les plantes aurai5t d'abord app>u p> c\ples accid5tels de/9s se rp&re ensuite4 ,d'autres fois1 au milieu d'une faune et d'une flore peu diffr5tes1 du re/e1 de celles d'une autre rgion1 se tr\v5t des types t\t fait spciaux1 tels que les m>supiaux en ,au/ralie1 circon/ance qui ne peut dp5dre de l'action des milieux1 puisque ceux-ci aurai5t d modifi] galem5t t\tes les p>ties de la faune et de la flore4 #aj ,les diffr5ts types d'une mme srie de =mes se tr\v5t s\v5t dans des contres tellem5t loignes les unes des autres ou dans un ordre palontologique tel qu'on ne peut suppos] entre eux aucun li5 de p>5t4 ,ces sries sont du re/e capricieusem5t composes1 impliquant a9si un libre *oix de comb9aisons employes et non l'action cont9ue de =ces aveugles1 et le fait que les t]mes qui les compos5t sont dissm9s sur la surface entire du globe suppose que l'intellig5ce qui a cr les sries tait simultanm5t prs5te p>t\t4 #aa ,malgr la div]sit des conditions d'exi/5ce auxquelles sont s\mises les espces1 les espces d'une mme famille prs5t5t une taille assez uni=me1 ce qui exclut l'int]v5tion des milieux dans la limitation de la taille4 #ab ,p>mi les espces1 les seules qui ai5t v>i n'ont v>i que s\s l'action d'une puissance intellig5te1 l'homme3 ce qui dmontre l'int]v5tion d'une intellig5ce autrem5t puissante dans les modifications des faunes et des flores4 #ac ,les manife/ations intellectuelles des animaux sont ess5tiellem5t de mme nature que celles de l'homme1 d'o il suit que t\s sont le sige d'un pr9cipe immatriel1 qui ne peut t5ir son orig9e des =ces physiques et tmoigne de l'exi/5ce d'une intellig5ce univ]selle4 #ad ,cette intellig5ce se manife/e hautem5t dans la prcision avec laquelle sont rgls les rapports entre les individus de mme espce1 entre les div]ses espces animales et le milieu ambiant1 entre les espces animales ou vgtales qui habit5t un mme canton1 et notamm5t entre les p>asites et les htes qui doiv5t les hb]g]4 #ae ,les div]s phnomnes embryogniques1 les mtamorphoses et les phnomnes s+uli]s de reproduction asexue que n\s tudi]ons plus t>d tmoign5t hautem5t que les =ces physico-*imiques n'ont que faire dans le dveloppem5t si m9utieusem5t rgl de l'individu4 #af ,il exi/e de rem>quables rapports entre les types organiques qui se succd5t dans les sries palontologiques3 c]ta9s types1 les types syn?tiques1 runiss5t en eux des c>actres qu'on ne tr\v]a plus t>d que sp>s les uns des autres dans des types diffr5ts2 d'autres1 les types prophtiques1 prs5t5t des organes qui1 s\s une =me imp>faite1 sembl5t annonc] l'app>ition de types n\veaux ayant des organes et des fonctions qui manquai5t jusque-l aux animaux3 a9si les ptrodactyles1 ces lz>ds volants1 sembl5t prophtis] la v5ue pro*a9e des oiseaux2 d'autres types enf91 les types embryonnaires1 montr5t l'tat p]man5t des c>actres qui ne s]ont que transitoires *ez leurs successeurs4 ,l'exi/5ce de semblables types dans les t]ra9s anci5s tmoigne que l'volution palontologique e/ l'uvre d'une intellig5ce presci5te et prvoyante4 ,les comb9aisons prexi/5t dans sa p5se avant de revtir une =me vivante4 #ag ,il exi/e un p>alllisme entre l'ordre de succession des animaux et des plantes1 dans les temps gologiques et la gradation (f]te p> les tres organiss actuels4 ,on y reconnat un esprit de suite qui surveille t\t le dveloppem5t de la nature1 du comm5cem5t la f91 qui laisse l5tem5t se produire un progrs graduel et f9it p> l'introduction de l'homme1 c\ronnem5t de la cration animale4 ,un p>alllisme semblable exi/e entre l'ordre d'app>ition des animaux et les phases du dveloppem5t embryonnaire *ez leurs reprs5tants actuels2 c'e/1 dans l'une et l'autre srie1 la rptition d'une mme suite de p5ses4 ,l\is ,agassiz conclut donc3 ,lo9 de devoir leur orig9e l'action cont9ue de causes physiques1 t\s les tres ont successivem5t fait app>ition sur la t]re en v]tu de l'action immdiate du ,crateur4 ,les produits de ce qu'on appelle communm5t les ag5ts physiques sont p>t\t les mmes1 sur t\te la surface du globe1 et ont t\j\rs t les mmes durant t\tes les priodes gologiques4 ,au contraire1 les tres organiss sont p>t\t diffr5ts et ont t\j\rs diffr t\s les ges4 ,entre deux sries de phnomnes a9si c>actriss1 il ne peut y avoir ni li5 de causalit1 ni li5 de filiation4 ,la comb9aison dans le temps et dans l'espace de t\tes ces conceptions pr(ondes non seulem5t manife/ de l'intellig5ce1 mais de plus elle pr\ve la prmditation1 la puissance1 la sagesse1 la gr&eur1 la presci5ce1 l'omnisci5ce1 la provid5ce4 ,en un mot1 t\s ces faits et leur naturel en*anem5t proclam5t le seul ,dieu que l'homme puisse connatre1 ador] et aim]4 ,l'hi/oire naturelle devi5dra1 un j\r1 l'analyse des p5ses du ,crateur de l'univ]s1 manife/e dans le rgne animal et le rgne vgtal1 comme elles l'ont t dans le monde inorganique#aje4 ,ri*>d ,ow5 admettait que l'ar*type tait une manation directe de la p5se div9e1 mais que des modifications secondaires dues l'action des milieux avai5t pu le modifi] de mille manires4 ,l4 ,agassiz t5d1 comme on voit1 autant qu'il e/ possible1 cette int]v5tion div9e qui app>at dans le plus simple phnomne4 ,c'e/ la consqu5ce directe de l'hypo?se de la fixit des espces4 ,p]sonne n'a aussi compltem5t dvelopp cette consqu5ce2 aucun naturali/e n'a runi1 p\r la s\t5ir1 un nombre plus considrable d'argum5ts2 mais les argum5ts prs5ts p> l'illu/re pr(esseur de ,cambridge ont-ils ncessairem5t la signification qu'il leur attribue8 ,il n'e/ pas un des phnomnes invoqus p> ,l4 ,agassiz qui n'ait reu1 depuis son crit1 une explication naturelle4 ,le mlange d'animaux div]s1 vivant1 en app>5ce au mo9s1 dans des conditions id5tiques1 la p]si/ance de =mes semblables dans des conditions d'exi/5ce v>ies1 la sup]position des c>actres de types aux c>actres secondaires de famille1 de g5re et d'espce sont des consqu5ces immdiates de la loi d'hrdit de ,lam>ck2 dans un ouvrage rc5t#ajf1 n\s avons ratta* des causes dt]m9es la =mation des gr&s types organiques1 et montr que ces types avai5t d app>atre et se dvelopp] simultanm5t3 le mlange con/ant de =mes organiques diffr5tes qu'on obs]ve t\tes les poques gologiques e/ une consqu5ce de ce premi] fait2 t\s les faits connus de rp>tition gographique sont dev5us des argum5ts en faveur de la ?orie de la desc5dance4 ,comme ,agassiz le press5tait lui-mme1 les div]s rapports qui exi/5t entre *aque espce animale1 le monde extrieur et les tres vivants avec qui elle se tr\ve en contact sont de simples phnomnes d'adaptation1 consqu5ces =ces de la slection naturelle4 ,on e/ d'accord auj\rd'hui p\r reconnatre qu'aucune espce ne demeure absolum5t immuable qu& on la s\met des actions modificatrices suffisamm5t n]giques1 et p\r reconnatre que les v>iations des animaux dome/iques ne sont pas d'une autre nature que celles des animaux sauvages4 ,l'in/9ct et l'intellig5ce s'expliqu5t l'un p> l'autre4 ,le p>alllisme entre l'volution palontologique et l'volution embryognique e/ dev5u l'une des propositions les plus fcondes de la ?orie de la desc5dance4 ,en un mot1 t\te cette savante argum5tation se t\rne au pr(it de la doctr9e de l'volution qu'elle prt5dait combattre3 il app>at nettem5t que l'activit cratrice n'int]vi5t de nos j\rs que p> l'int]mdiaire du conflit des proprits inhr5tes la sub/ance vivante et des conditions dans lesquelles *aque individu organis e/ appel vivre1 et ri5 n'indique qu'elle soit jamais int]v5ue autrem5t4 ,on ne voit pas que la conception n\velle du monde organis soit de nature1 dans l'ignorance o n\s sommes des causes premires1 dim9u] la maje/ de l'intellig5ce organisatrice de l'univ]s4 ,d'autre "p1 pntr] les ides ralises du ,crateur1 ou pntr] les procds l'aide desquels il les a mises en uvre1 sont *oses aussi dignes l'une que l'autre de l'intellig5ce huma9e4 ,quoi qu'il en soit1 admettons que les div]ses divisions du rgne animal soi5t1 en quelque sorte1 d'in/itution div9e1 correspond5t des catgories spciales de la p5se cratrice1 *aque division devra1 dans cette hypo?se1 avoir sa signification p>ticulire4 ,l4 ,agassiz *]*e donc en quoi consi/5t1 dans le rgne animal t\t enti]1 les c>actres de l'embran*em5t1 de la classe1 de l'ordre1 de la famille1 du g5re1 de l'espce4 ,il tr\ve les c>actres de l'embran*em5t dans le plan d'organisation1 ab/raction faite de la faon plus ou mo9s simple dont ce plan a t ralis4 ,la faon dont le plan e/ ralis ou1 si l'on veut1 la nature des matriaux qui ont s]vi le ralis] f\rnit les c>actres de la classe1 qui doiv5t tre1 avant t\t1 tirs de la /ructure anatomique4 ,un plan ralis l'aide des mmes matriaux comporte encore un degr plus ou mo9s gr& de complication2 c'e/ dans ce degr de complication qu'il faut *]*] les c>actres de l'ordre1 entre lesquels il exi/e p> consqu5t une gradation dt]m9e4 ,les modifications gnrales que1 sans *angem5t dans le plan de /ructure1 peut subir la =me extrieure1 devi5n5t les c>actres de la famille2 on peut considr] non seulem5t les modifications gnrales de la =me extrieure1 mais encore les modifications de =me des p>ties du corps2 ces modifications donn5t les c>actres des g5res2 il ne re/e plus df9ir que l'espce4 ,l1 ,agassiz se sp>e compltem5t des naturali/es qui fond5t la notion de l'espce sur l'aptitude qu'aurai5t les individus de mme espce eng5dr]1 lorsqu'ils s'uniss5t entre eux1 des produits aussi fconds qu'eux-mmes4 ,tant qu'on n'aura pas pr\v1 dit-il#ajg1 p\r t\tes nos v>its de *i5s1 p\r t\tes celles de nos animaux dome/iques et de nos plantes cultives1 qu'elles sont respectivem5t drives d'une espce unique1 pure et sans mlange2 tant qu'un d\te p\rra tre cons]v sur la communaut d'orig9e et la desc5dance unique de t\tes nos races huma9es1 il s]a illogique d'admettre que le rappro*em5t sexuel1 mme donnant lieu un produit fcond1 soit un tmoignage irrcusable de l'id5tit spcifique4 ,p\r ju/ifi] cette ass]tion1 je dem&]ai s'il e/ un naturali/e sans prjugs qui1 de nos j\rs1 ose s\t5ir3 #a ,qu'il e/ pr\v que t\tes les v>its dome/iques de m\tons1 de porcs1 de bufs1 de lamas1 de *evaux1 de *i5s1 de volailles1 etc41 sont respectivem5t drives d'un tronc commun2 #b ,que considr] ces v>its comme le rsultat d'un mlange de plusieurs espces primitives e/ une hypo?se inadmissible2 #c ,que des v>its importes des contres lo9ta9es et entre lesquelles il n'y a jamais eu acco9tance aup>avant1 comme les p\les de ,%angha et nos p\les communes1 p> exemple1 ne se ml5t pas compltem5t8 ,o e/ le physiologi/e qui p\rrait affirm] en consci5ce que les limites de la fcondit entre espces di/9ctes sont connues avec une suffisante rigueur p\r en faire la pi]re de t\*e de l'id5tit spcifique8 ,qui p\rrait dire que les c>actres di/9ctifs des hybrides fconds et ceux des produits de sang non ml sont tellem5t vid5ts1 qu'on puisse retrac] les traits primitifs de t\s nos animaux dome/iques1 ou bi5 ceux de t\tes nos plantes cultives8 ,ici1 ,agassiz e/ videmm5t sur une p5te dang]euse p\r la ?orie de la fixit de l'espce4 ,si des espces primitives peuv5t se ml] au po9t d'avoir pu f\rnir ce que n\s appelons nos espces dome/iques1 alors mme que l'intellig5ce huma9e s]ait le seul auteur de ce rsultat1 il e/ acquis que l'espce e/ v>iable4 ,on peut1 la vrit1 supprim] la difficult en disant que n\s avons tort de considr] nos *i5s1 nos bufs1 nos pigeons comme ne =mant qu'une seule espce1 att5du que le fait qu'ils peuv5t se mlang] n'importe comm5t ne pr\ve plus ri54 ,dieu dit1 en effet1 le savant fondateur du ,muse de ,cambridge1 n'a pas cr les espces autrem5t qu'il n'a cr les g5res1 les familles et les autres catgories d'tres entre lesquels le naturali/e con/ate des ressemblances2 il n'exi/e aucun li5 gnsique entre les individus de mme g5re1 de mme famille1 de mme ordre2 il n'y a pas davantage de li5 gnsique ncessaire entre les individus de mme espce4 ,les premi]s individus de qui ils desc5d5t ont t crs sp>m5t1 en gr& nombre2 l'espce tait1 au mom5t de la cration de ces individus rciproquem5t indp5dants1 aussi limite que de nos j\rs2 c'e/ donc des c>actres reconnaissables dans la /ructure et la =me extrieure des individus qu'il faut dem&] le signe di/9ctif de l'espce et non pas dans quelque phnomne de reproduction1 simple consqu5ce de la ressemblance que prs5t5t entre eux les individus4 ,l\is ,agassiz p\sse jusqu'au b\t1 on le voit1 les consqu5ces logiques de son sy/me4 ,en acceptant comme un fait la fixit des espces1 il e/ conduit donn] la notion de l'espce une base t\t fait hypo?tique1 la faire dp5dre uniquem5t d'une ide cratrice4 ,le naturali/e reconnat cette ide ce que les individus de mme espce1 limits une priode gologique dt]m9e1 entreti5n5t les mmes rapports soit entre eux1 soit avec le monde ambiant1 ce que la proportion des p>ties de leur corps1 la faon dont il e/ ornem5t sont les mmes *ez t\s1 ce que1 s\mis aux mmes influ5ces1 ils v>i5t t\s de la mme faon1 de sorte que la df9ition d'une espce exige la connaissance de t\s les dtails de l'organisation et du mode d'exi/5ce des tres1 qui la compos5t4 ,l4 ,agassiz aurait pu simplifi] cette df9ition en admettant l'hypo?se de ,l9n3 ,n\s comptons autant d'espces qu'il e/ sorti de c\ples des ma9s du ,crateur4 ,mais il aurait alors fallu reconnatre l'espce une ralit d'une autre sorte que celle des divisions plus t5dues de nos m?odes2 il aurait fallu admettre qu'il exi/e une p>5t relle1 une vritable consangu9it entre t\s les animaux de mme espce1 alors que cette p>5t n'exi/e plus entre les animaux du mme g5re1 crs indp5damm5t les uns des autres2 c'et t rompre l'h>monie du sy/me3 la logique devait donc conduire le ?orici5 de la fixit des espces faire un *oix que ,cuvi] n'avait pas v\lu faire lorsqu'il disait3 ,l'espce e/ l'ensemble des individus ns de p>5ts communs et de ceux qui leur ressembl5t autant qu'ils se ressembl5t entre eux4 ,l'hypo?se de la fixit des espces1 en introduisant la fixit p>t\t dans la nature1 donne aux classifications zoologiques une app>5te prcision1 sduisante p\r bi5 des esprits2 mais la nature1 dans son incessante mobilit1 fait en quelque sorte clat] de t\tes p>ts les li5s dans lesquels on essaye de l'en*an]4 ,l4 ,agassiz n'a pu df9ir les divisions sy/matiques des div]s degrs qu'en donnant ses df9itions une la/icit qui les r5d illusoires qu& on veut les appliqu] aux faits1 ou en employant des comp>aisons difficiles ju/ifi]3 t\te df9ition de l'espce sombre mme dans cette subm]sion gnrale des faits p> la premire ?orie qui essaye de leur appliqu] d'une faon quelque peu gnrale les procds de raisonnem5t habituellem5t en usage dans l'cole dite des faits4 ,le fait1 c'e/ qu'il exi/e des gr\pes d'individus qui peuv5t se mlang] indf9im5t entre eux2 dans ces gr\pes1 on ne saurait tablir aucune ligne de dm>cation prcise entre les =mes que peuv5t revtir les individus4 ,le fait1 c'e/ galem5t que t\t rappro*em5t entre ces individus et c]ta9s autres plus ou mo9s diffr5ts e/ con/amm5t /rile2 entre les individus du premi] gr\pe et ceux du second1 la dm>cation e/ donc absolue2 *aque gr\pe a9si isol con/itue une espce2 mais1 entre la fcondit absolue et l'infcondit complte des rappro*em5ts1 on tr\ve t\s les passages4 ,le fait1 c'e/ encore que les individus de mme espce prs5t5t1 en gnral1 une id5tit presque complte de /ructure1 t\t en v>iant assez s\s le rapport de la taille1 des proportions1 de la c\leur1 des habitudes1 p\r diffr] quelquefois entre eux plus qu'ils ne p>aiss5t diffr] d'individus app>t5ant une autre espce4 ,le fait1 c'e/ aussi que le plus gr& nombre de ces diffr5ces peuv5t tre attribues aux circon/ances extrieures1 t&is que les ressemblances fondam5tales ne sont nullem5t en rapport avec l'action actuelle du milieu4 ,le fait1 c'e/ que1 si les diffr5ces entre individus de mme espce sont p>fois t\t individuelles1 elles peuv5t aussi se transmettre p> la gnration1 de sorte que t\s les individus ns les uns des autres1 unis entre eux ou d'autres qui leur ressembl5t1 prs5t5t t\j\rs un mme ensemble de c>actres p]man5ts qui les di/+u5t dans leur espce2 ces sries d'individus =m5t des races presque aussi fixes que les espces1 qu& l'union n'a lieu qu'entre individus semblables1 mais qui peuv5t s'altr] plus ou mo9s p> des unions avec les individus de race diffr5te4 ,le fait1 c'e/ qu'il exi/e rellem5t entre les espces animales des ressemblances de div]s ordres1 inexplicables p> l'action actuelle des conditions ambiantes1 ressemblances sur lesquelles e/ bas t\t l'*afaudage de nos divisions zoologiques4 ,sans d\te1 si cette action s'teignait avec l'individu sur lequel elle se produit1 le problme s]ait rsolu1 il faudrait dcl>] le monde inexplicable autrem5t que p> des causes surnaturelles4 ,mais cette action des milieux ne s'te9t pas a9si2 les modifications qu'elle a produites sont transmises1 dans une c]ta9e mesure1 p> l'individu qui les a subies1 sa progniture2 elles devi5n5t plus /ables mesure que des gnrations se succd5t dans des conditions favorables leur cons]vation2 elles se fix5t1 p\r a9si dire1 avec les gnrations1 et les individus en qui elles ont acquis une c]ta9e /abilit peuv5t alors tre placs1 sans p]dre leurs c>actres1 dans les conditions d'exi/5ce les plus v>ies4 ,l encore1 n\s sommes en prs5ce de faits qui font disp>atre plusieurs des argum5ts invoqus p> ,l4 ,agassiz en faveur de son sy/me4 ,les problmes se pos5t ds lors d'une faon n\velle4 ,en somme1 la fcondit d'un acc\plem5t rsulte simplem5t de ce que le sp]matozode de l'individu fcondateur peut accomplir ses fonctions normales dans l'uf de l'individu fcond4 ,de ces fonctions on ne connat que le rsultat2 on ignore absolum5t et comm5t elles s'accompliss5t et quelles conditions sont ncessaires p\r leur accomplissem5t4 ,on sait t\tefois qu'une trs lgre modification dans les conditions o l'uf se tr\ve plac suffit p\r emp*] sa fcondation p> les sp]matozodes dont il reoit ord9airem5t l'action4 ,de nombreuses modifications dans la =me du corps peuv5t se produire sans que l'aptitude de l'uf tre fcond en soit modifie2 d'autres1 au contraire1 amn5t promptem5t cette incapacit2 ne faut-il pas *]*] l la cause de la sp>ation des races en espces qui cont9u5t se ressembl] t\t en tant incapables de se mlang]8 ,les espces rsult]ai5t a9si des mmes causes que les races2 elles ne diffr]ai5t des races ord9aires que p>ce que1 dans ces d]nires1 les modifications port5t sur des p>ties quelconques du corps1 t&is que1 lors de l'app>ition d'une espce n\velle1 la modification port]ait sur les conditions biologiques qui p]mett5t l'action du sp]matozode sur l'uf4 ,ces conditions sont trs probablem5t dt]m9ables1 et le problme de leur dt]m9ation ne sort pas du c]cle de ceux qu'aborde habituellem5t la physiologie exprim5tale4 ,si les espces se con/itu5t de la sorte1 les ressemblances entre les espces diffr5tes s'expliqu5t t\tes p> l'hrdit des c>actres2 leur p]man5ce rsulte de la fcondation qui combat les unes p> les autres les diffr5ces individuelles1 et accrot *aque gnration la /abilit des ressemblances4 ,la slection naturelle explique l'isolem5t relatif des espces1 a9si que leurs troites adaptations aux conditions extrieures4 ,on arrive donc compr5dre t\t la fois la fixit app>5te des =mes spcifiques et leur v>iabilit4 ,t\t le problme zoologique consi/e dt]m9] les conditions qui ont pu1 dans le pass1 produire et cons]v] tel ou tel c>actre4 ,en exam9ant avec so9 les donnes sur lesquelles raisonn5t jusqu'ici les zoologi/es1 on voit qu'elles sont presque exclusivem5t empruntes l'tude des animaux relativem5t p]fectionns dont l'organisation relve d'un type nettem5t di/9ct2 ce sont1 en somme1 les v]tbrs1 les ar?ropodes et les mollusques qui f\rniss5t ses bases la philosophie zoologique2 mais p5dant que nos connaissances sur ces animaux arriv5t un tel degr de p]fection app>5te qu'il semble possible de les rsum] en quelques propositions gnrales1 comp>ables aux lois des physici5s1 l'tude d'animaux plus simples1 longtemps ngligs1 presque t\s confondus dans l'embran*em5t des zoophytes ou rayonns p> ,cuvi]1 vi5t l>gir s+ulirem5t le cadre de la sci5ce1 montr] que les que/ions que l'on croyait rsolues sont pe9e poses et ouvrir un n\veau *amp aux spculations4 ,il e/ indisp5sable1 p\r bi5 saisir la porte de ce m\vem5t1 de rev5ir en arrire et de remont] jusqu' son orig9e4 ,,*apitre ,,xvii ,,les ,,animaux ,,inf,,rieurs ,progrs successifs des dc\v]tes relatives aux animaux infrieurs4--,trembley3 l',hydre d'eau d\ce4--,peyssonnel3 le ,corail4--,cuvi]3 la ,p5natule4--,lesueur3 les ,siphonophores4--de ,*amisso3 la gnration alt]nante des ,salpes4--,s>s3 la gnration alt]nante des ,hydromduses4--,/e5/rup3 ?orie de la gnration alt]nante4--,van ,b5$53 la dignse4--,leuck>t3 le polymorphisme4--,ow53 la p>?nognse et la mtagnse4--,m4 de ,quatrefages3 la gnagnse4--,?orie sur la reproduction de ,m4 ,milne ,edw>ds4--,?orie gnrale des phnomnes de reproduction agame4 ,de t\t temps1 un c]ta9 nombre d'animaux sans v]tbres ont t connus de l'homme4 ,ari/ote1 n\s l'avons vu1 en di/+ue dj de div]ses sortes qu'il gr\pe ensemble =t judicieusem5t4 ,il a mme obs]v les murs et les mtamorphoses de plusieurs insectes2 ce qu'on sait de prcis leur g>d durant t\t le moy5 ge vi5t presque entirem5t de lui1 mais il ne p\vait gure tre compris4 ,les mtamorphoses des insectes prp>5t d'ailleurs l'esprit accept] sans contrle les affirmations les plus biz>res4 ,qu& on voit un papillon natre d'une *5ille1 peut-on tr\v] tonnant a priori que les *5illes naiss5t des feuilles v]tes1 comme le veut ,ari/ote1 ou que les v]s se =m5t dans le limon qu'ils habit5t et duquel la ,g5se fait sortir l'homme lui-mme s\s le s\ffle de ,dieu8 ,il fallait1 p\r que des ides sa9es et claires puss5t se dgag] de cette hi/oire complique des animaux infrieurs1 que l'homme apprt obs]v] et qu'il et entre ses ma9s des in/rum5ts propres augm5t] la puissance de ses s5s4 ,c'e/ seulem5t au ,x,v,i,ie sicle que l'emploi de v]res grossissants f\rnit ,malpighi1 ,swamm]dam et ,leuw5hoek les moy5s d'tudi] la /ructure intime du corps et de reconnatre l'exi/5ce d'tres que leur petitesse avait jusque-l s\/raits aux reg>ds de l'homme4 ,malpighi s'occupa surt\t d'anatomie et d'embryognie4 ,swamm]dam s'appliqua tudi] les mtamorphoses des insectes4 ,leuw5hoek s\mit ses v]res grossissants les objets les plus v>is3 il e/ le premi] qui ait signal l'exi/5ce des infusoires et qui ait tudi cet animal1 b\rgeonnant comme une plante1 que les re*]*es de ,trembley devai5t plus t>d r5dre clbre1 l'hydre d'eau d\ce2 en mme temps1 un de ses lves1 de ,hamm1 dc\vrait les zoosp]mes4 ,ces trois dc\v]tes devai5t avoir p> la suite un ret5tissem5t considrable4 ,les infusoires ont t le po9t de d"p de longues spculations2 on a v\lu voir en eux la matire1 en tra9 de s'organis]2 on en a fait des atomes vivants2 ils ont t]nis le dbat sur les gnrations spontanes4 ,ils n\s ont f9alem5t appris en quoi consi/e la vie des lm5ts con/itutifs de notre corps4 ,l'hydre d'eau a t le premi] exemple de ces organismes arboresc5ts dont le corail e/ le type et a p]mis de compr5dre ce que p\vai5t tre ces organismes s+uli]s4 ,les sp]matozodes1 dans lesquels on crut reconnatre un mom5t l'animal rudim5taire1 f\rnir5t des argum5ts la doctr9e de l'embotem5t des g]mes tant que le dveloppem5t des animaux p> pig5se ne fut pas rig\reusem5t dmontr4 ,ils sont dev5us le po9t de t\tes nos ides sur les conditions premires du dveloppem5t des tres vivants4 ,mais ce ne fut pas d'un seul c\p que ces trois obs]vations acquir5t l'importance qu'elles devai5t avoir4 ,on ne p\vait1 en effet1 s\ponn] le rle des sp]matozodes avant d'avoir con/at la gnralit de l'exi/5ce de l'uf et d'avoir dt]m9 en quoi consi/5t les phnomnes embryogniques2 or c'e/ seulem5t en #ahbd que ,prvo/ et ,dumas con/atr5t p\r la premire fois la segm5tation du vitellus1 et en #ahbg que ,von ,bar dc\vrit l'uf des mammifres4 ,l'hydre d'eau d\ce fut peu prs compltem5t oublie jusqu'en #agdd1 date de la publication des mmorables re*]*es de ,trembley4 ,les infusoires enf9 ne s]vir5t qu' donn] une va9e app>5ce de fondem5t aux spculations des philosophes de la nature1 jusqu' ce qu',ehr5b]g1 repr5ant l'uvre d',otto ,frdric ,mll]1 en et fait1 en #ahbi1 un des pr9cipaux argum5ts contre l'hypo?se de la gele primitive4 ,auprs de ,malpighi1 de ,swamm]dam1 de ,leuw5hoek1 il faut faire une place ,r$i1 qui donna le premi] c\p cette croyance1 gnralem5t rp&ue jusqu' lui1 qu'une f\le de v]s1 d'insectes et de mollusques1 voire mme c]ta9s mammifres1 tels que les rats1 p\vai5t pr5dre naissance p> la trans=mation spontane de sub/ances in]tes4 ,r$i dmontra notamm5t que les v]s de la vi&e naissai5t d'ufs pondus p> des m\*es2 mais il s'arrta devant les difficults qu'opposait ses re*]*es l'hi/oire des v]s p>asites2 il supposa qu'ils tai5t =ms aux dp5s de l'me s5sitive de leur hte4 ,aprs lui1 c'e/ en va9 qu',h>vey =mule le clbre axiome3 ,omne vivum ex ovo2 la plup>t des naturali/es cont9u5t admettre la gnration spontane des helm9!s2 on se dem&e si les p>asites d',adam ont t crs en mme temps que lui1 et le temps n'e/ pas encore bi5 loign o la mdec9e a df9itivem5t cons5ti voir dans les asc>ides et les tnias des animaux comme les autres4 ,les tudes de ,r$i n'en ont pas mo9s t un premi] a*em9em5t v]s la dlimitation entre les tres organiques et les corps inorganiques1 entre la sub/ance vivante et la matire in]te4 ,si cette dlimitation devi5t de plus en plus nette1 mesure que n\s n\s rappro*ons de la priode mod]ne1 il en e/ t\t autrem5t de la dlimitation entre les animaux et les vgtaux1 qu'un petit nombre de rcits fabuleux avai5t seuls mom5tanm5t obscurcie4 ,au ,x,v,i,i,ie sicle1 on a pu un mom5t considr] comme le d]ni] mot de la sci5ce l'aphorisme de ,l9n3 ,m9]alia crescunt1 vegetalia crescunt1 et vivunt2 animalia crescunt1 vivunt et s5tiunt4 ,cep5dant c]ta9es productions de la m] ont dj emb>rass les anci5s4 ,de ce nombre e/ le ,corail4 ,si ,?ophra/e1 ,dioscoride et ,pl9e n'hsit5t pas en faire une plante1 ,orphe croit devoir attribu] cette plante une orig9e hroque2 elle a t durcie et colore p> le sang de la ,gorgone ,mduse1 et ,ovide raconte que1 molle et flexible s\s l'eau1 elle durcit seulem5t l'air4 ,boccone dmontre1 en #afgd1 l'inexactitude de cette op9ion2 mais il fait du corail une pi]re2 ,f]rante ,imp]ato 7#afii71 ,t\rne=t 7#agjj7 le replac5t p>mi les plantes1 et leur op9ion p>at triomph] df9itivem5t1 lorsque le comte de ,m>sigli annonce1 en #agjf1 qu'il a vu fleurir des bran*es de corail places dans de l'eau de m] fra*e4 ,cep5dant une troisime op9ion s'e/ fait j\r1 c>1 en #agac1 ,rumphius1 dans ses ,ambo9is*e ,r>ittkmm]1 p>le des polypes qui ressembl5t des plantes2 cette op9ion e/ enf9 =mellem5t exprime en #agbc p> un jeune mdec9 de ,m>seille1 ,peyssonnel1 ami de ,m>sigli1 qui a vu les prt5dues fleurs du corail mang] et se m\voir1 et les comp>e aux act9ies ou anmones de m]1 si communes sur nos ctes4 ,mais ,raumur fait le plus froid accueil cette op9ion n\velle2 p\r lui1 le corail e/ une plante qui produit une coquille int]ne1 exactem5t comme les colimaons produis5t une coquille ext]ne2 l'corce du corail seule e/ vivante2 son axe pi]reux e/ une concrtion morte3 ,raumur ne peut concevoir qu'une concrtion rameuse telle que le corail puisse ne pas avoir une orig9e vgtale 7#agbg74 ,le p\voir de b\rgeonn]1 de p\ss] des bran*es1 de se laiss] divis] sans m\rir e/1 de son temps1 le c>actre ess5tiel des vgtaux2 mais cette df9ition du vgtal va bi5tt recevoir une rude atte9te4 ,en #agdj1 ,trembley retr\ve le polype d'eau d\ce de ,leuw5hoek1 et1 =t intrigu p> cette trange production1 qu'il croit n'avoir jamais t obs]ve avant lui1 il entrepr5d d'en dt]m9] la nature4 ,les premi]s individus qu'il obs]ve sont de c\leur v]te2 leur c\leur1 leurs ramifications qui ressembl5t des rac9es lui font d'abord p5s] que ce sont des plantes2 mais il obs]ve bi5tt que ces plantes se meuv5t1 qu'elles mang5t2 un d\te lui vi5t2 il lui semble que1 p\r rs\dre le problme1 il lui suffira de *]*] si les polypes sont capables de b\rgeonn] et de se reproduire p> b\tures2 il entrepr5d alors la belle srie d'expri5ces dans lesquelles des hydres c\pes en morceaux1 ret\rnes comme un gant1 cont9u5t cep5dant vivre et reproduire les p>ties qui leur manqu5t4 ,il obs]ve que ses polypes peuv5t =m] p> un b\rgeonnem5t successif des associations d'une v+ta9e d'individus2 que1 en les divisant longitud9alem5t en lanires1 *aque lanire devi5t un polype n\veau1 de sorte que le polype primitif possde ma9t5ant plusieurs ttes et plusieurs b\*es1 t\t comme l'hydre de la fable2 de l le nom que port]a dsormais dans la sci5ce le ,polype bras en =me de cornes1 de ,trembley4 ,t\tes ces expri5ces tabliss5t que les hydres possd5t en commun avec les vgtaux le p\voir de b\rgeonn]1 de se reproduire p> b\ture2 mais un tre qui se meut1 qui capture des proies et les dvore1 qui *ange de place volont1 sait m>*] de div]ses faons1 un tel tre ne saurait app>t5ir au rgne vgtal2 c'e/ bi5 un animal2 il peut donc y avoir des animaux ramifis comme des plantes2 le corail ne s]ait-il pas un animal de ce g5re1 et ,peyssonnel n'avait-il pas raison8 ,raumur1 ,b]n>d de ,jussieu1 ,guett>d s'empress5t de saisir les occasions qui s'(fr5t eux d'tudi] les polypes m>9s2 enf9 l'op9ion de ,peyssonnel triomphe devant l',acadmie des sci5ces de ,p>is2 on reconnat que le corail1 les flu/res et autres tuyaux m>9s sont des animaux agrgs1 ns les uns sur les autres p> b\rgeonnem5t et vivant en socit4 ,on a cep5dant encore tant de pe9e se faire cette ide que ,l9n1 dans la d\zime dition de son ,sy/ema natur 7#agff71 *]*e de n\veau un compromis3 les zoophytes sont p\r lui des plantes qui vgt5t s\s l'eau1 mais produis5t des fleurs animales4 ,c'e/ une d]nire et timide prote/ation contre l'vid5ce2 il faut bi5 cep5dant que la porte du fait n'ait pas t t\t d'abord comprise2 c> ,gasp>d ,wolf1 qui entrepr5d ses tudes d'embryognie 7#agei7 p\r re*]*] s'il n'y a pas dans le dveloppem5t de l'animal quelque *ose de comp>able ce qu'on obs]ve *ez les plantes1 ne songe pas un seul in/ant aux polypes1 et il en e/ de mme de ,g!1 qui n'aurait pas manqu de voir dans ces socits d'animaux1 qu'on nomm]a bi5tt des colonies1 l'exacte rptition de ce type de la plante qu'il tait si fi] d'avoir imag94 ,les re*]*es de ,trembley suscit5t des re*]*es analogues de ,bonnet 7#agda71 son p>5t2 mais ces d]nires port5t sur des animaux t\t diffr5ts1 des v]s d'eau d\ce1 trs vois9s des lombrics1 quoique d'organisation plus simple1 les ,tubifex4 ,comme les hydres1 les tubifex peuv5t tre c\ps en morceaux1 *aque morceau se complte et r$evi5t un autre v]2 un mme tubifex a pu tre p>tag huit fois successivem5t1 et la rp>ation se fait si vite qu'on p\vait obt5ir en six mois1 suivant ,bonnet1 #b #ihe #ihd v]s1 l'aide d'un seul2 dans un cas1 l'habile exprim5tateur dit mme avoir russi faire rep\ss] une tte l o tait primitivem5t la queue de l'animal et une queue du ct oppos1 de manire le ret\rn] b\t p\r b\t4 ,ces re*]*es confirm5t d'une manire absolue l'animalit des hydres puisqu'elles montr5t *ez des animaux bi5 au!ntiques des faits analogues ceux qu'on obs]ve *ez des polypes4 ,plus t>d1 ,grui?uis5 et ,otto-,frdric ,mll] con/at5t que d'autres v]s vois9s de tubifex1 les ,nas1 se p>tag5t spontanm5t en plusieurs individus1 l'individu primitif p\vant se c\p] dans sa rgion moy5ne en deux autres ou produire t\te une *ane de n\veaux individus sa p>tie po/rieure4 ,otto-,frdric ,mll] aj\te1 en #aghh1 un fait intressant ses premires obs]vations3 il dc\vre une annlide m>9e1 la ,n]eis prolif]a1 depuis nomme ,autolytus prolif]1 qui se p>tage spontanm5t en deux1 comme les ,nas2 mais dans cette curieuse espce1 fait sur lequel ,otto-,frdric ,mll] ne s'tait du re/e pas arrt1 les deux individus rsultant de ce p>tage ne se ressembl5t pas4 ,en #ahbh et #ahcj1 ,dugs#ajh obs]ve *ez des v]s infrieurs1 les planaires1 des phnomnes plus semblables encore ceux que ,trembley a con/ats *ez les hydres3 il a vu1 *ez c]ta9es espces1 un individu se divis] transv]salem5t en plusieurs autres qui demeur5t unis plus ou mo9s longtemps de manire figur] une sorte de v] annel2 mais1 dans ce v]1 les anneaux ne t>d5t pas se sp>] les uns des autres1 comme font les hydres1 p\r vivre isolm5t4 ,il n'e/ pas d\teux que ce fait ait contribu faire natre *ez le savant de ,montpelli] les ides qu'il dveloppe dans son ,mmoire sur la con=mit organique4 ,le mode de gr\pem5t1 les rapports rciproques des animaux vivant associs1 comme le corail1 rs]v5t aux naturali/es qui n'ont connu jusque-l que les animaux suprieurs1 bi5 d'autres tonnem5ts4 ,en #ahjc1 tudiant un organisme trange1 la p5natule1 sorte de gr&e plume vivante qui enfonce sa tige dans la vase s\s-m>9e et tale dans l'eau ses b>bes en =me de l>ges disques1 ,cuvi] avait reconnu que ces disques supportai5t de nombreux polypes semblables ceux du corail2 la p5natule tait donc une colonie de polypes2 mais il faisait rem>qu] de plus que t\s les polypes composant la p5natule sont s\mis une volont unique1 qu'ils accompliss5t en commun t\tes les fonctions de nutrition et que la p5natule devait1 en consqu5ce1 tre considre comme un animal compos2 il t5dait la mme conclusion t\tes les colonies de polypes1 dont *acun dev5ait p\r lui un animal compos ou mieux encore un animal plusieurs b\*es et un seul corps4 ,l'illu/re voyageur ,lesueur1 faisant connatre en #ahac1 dans le ,j\rnal de physique1 quelques-uns des animaux rem>quables qu'il avait rassembls durant ses longues trav]ses1 appelait l'att5tion sur les organismes glat9eux1 aux =mes v>iables et compliques1 qu'on dsigne s\s le nom de siphonophores2 il voyait en eux des colonies flottantes de mduses1 op9ion adopte p> ,lam>ck et de ,bla9ville4 ,en #ahai1 ,adalb]t de ,*amisso1 qui fut la fois un voyageur h>di1 un romanci] ple9 de fantaisie1 un brillant pote et un naturali/e exact1 avait signal des phnomnes t\t fait inatt5dus dans la reproduction des salpes1 s+uli]s animaux nageurs de la classe des ,tunici]s1 transp>5ts comme l'eau dans laquelle ils viv5t1 p>eils des man*ons de glat9e1 p\rvus d'app5dices div]sem5t placs et nageant l'aide des contractions de leur corps4 ,on connaissait un c]ta9 nombre d'espces de ,salpes se ratta*ant deux types gnraux1 les unes p\vant atte9dre la grosseur du po+ et vivant solitaires1 les autres beauc\p plus petites et vivant t\j\rs associes en longues *anes1 s\v5t phosphoresc5tes1 ou en lgantes c\ronnes4 ,ces *anes mritai5t dj l'intrt p> elles-mmes1 c> t\s les individus qui en font p>tie comb95t leurs m\vem5ts de natation avec tant de prcision que la *ane t\t entire produit d'une manire absolue l'illusion d'un animal dirig p> une volont unique4 ,les ,salpes associes en *ane1 ou salpes agrges1 se di/+u5t t\tes trs nettem5t des ,salpes solitaires tant p> leurs c>actres extrieurs que p> c]ta9s traits d'organisation4 ,malgr t\tes ces diffr5ces de =me1 de taille et d'habitudes1 ,*amisso v9t annonc] aux naturali/es que les ,salpes agrges tai5t les filles des ,salpes solitaires1 qu'elles reproduisai5t leur t\r2 de sorte que1 *ez ces s+uli]s animaux1 les filles ne ressembl5t jamais leur mre1 mais bi5 leur gr&'mre1 et que les individus qui se succd5t1 produis5t t\r t\r un enfant unique ou une multitude d'enfants jumeaux de/9s vivre ensemble1 unis p> leurs membres4 ,on crut une inv5tion de romanci]1 et von ,bar lui-mme1 t\t habitu qu'il ft aux trans=mations biz>res des embryons1 n'osa pas aj\t] foi aux affirmations du voyageur4 ,les que/ions poses p> les obs]vations de ,cuvi]1 de ,lesueur et de ,*amisso allai5t bi5tt s'l>gir1 se ratta*] les unes aux autres et recevoir enf9 une rponse commune4 ,en #ahbh1 ,mi*ael ,s>s1 pa/eur successivem5t ,k9n et ,maug]1 en ,norwge1 dc\vrait une sorte de polype1 ayant la =me extrieure d'une hydre1 auquel il donnait le nom de scyphi/ome4 ,en mme temps1 il dcrivait un autre polype1 le /robile1 diffrant du premi] p> son corps cyl9drique divis en une srie d'anneaux sup]poss1 dont *acun ressemblait une petite mduse4 ,quelques annes aprs1 en #ahce1 il reconnaissait que le scyphi/ome p> les progrs de sa croissance se trans=mait en /robile1 et que1 de plus1 *acun des anneaux du /robile se mtamorphosait peu peu1 pr5ait l'aspect d'une petite mduse1 f9issait p> se dta*] des anneaux placs au-dess\s de lui et nageait alors librem5t dans la m]4 ,s>s donna ces petites mduses le nom d',ephyres1 il en suivit les trans=mations ultrieures et obt9t enf91 en #ahcg1 ces gr&es mduses connues s\s les noms d',aurlies et de ,cyanes4 ,cuvi] avait plac les polypes et les mduses dans deux classes bi5 di/9ctes de son embran*em5t des rayonnes3 ces deux classes devai5t tre dsormais confondues en une seule4 ,on s'ap]ut d'ailleurs bi5 vite qu'on se tr\vait en prs5ce d'une succession de phnomnes videmm5t analogues ceux qu'avait obs]vs ,*amisso1 mais plus tranges encore4 ,il s'agissait d'en tr\v] l'explication ou t\t au mo9s la loi2 on se mit l'uvre4 ,le pr(esseur ,lovn1 de ,/ockholm1 dc\vrit bi5tt que les colonies arboresc5tes d'autres polypes hydraires1 les campanulaires et les syncorynes1 produis5t aussi des mduses qui p\ss5t sur elles comme des fleurs sur un vgtal et se dta*5t ensuite#aji2 ,von ,siebold1 ,duj>d91 ,m4 de ,quatrefages1 ,desor1 ,m4 ,van ,b5$51 ,max ,s*ultze1 font leur t\r des obs]vations analogues qu't5d5t ensuite considrablem5t et coordonn5t les magnifiques publications d',allman4 ,le fait que des animaux de =me dt]m9e peuv5t donn] naissance des animaux de =me absolum5t diffr5te e/ dsormais compltem5t tabli4 ,on se s\vi5t alors que l'hi/oire des helm9!s ou v]s p>asites e/ ple9e de faits s+uli]s et encore en gr&e p>tie inexpliqus4 ,swamm]damm#aaj1 ,bojanus#aaa1 ,von ,bar#aab1 ,c>us#aac ont vu des v]s infrieurs en =me de tt>d1 des c]caires ou mme des helm9!s bi5 connus1 des di/omes1 se =m] l'intrieur d'organismes vivants1 eux-mmes p>asites4 ,frhli*#aad1 ,z$]#aae1 ,von ,siebold ont vu un embryon cili t\t diffr5t de ses p>5ts sortir de l'uf des mono/omes et des amphi/omes1 et cet embryon1 suivant les obs]vations de ,siebold1 cont5ait dj un organisme en voie de =mation ayant lui-mme une =me t\te p>ticulire4 ,dans la classe des ce/odes ou v]s solitaires1 ,pallas1 ,gze ont rem>qu d'tonnantes ressemblances entre des v]s c\rts p\rvus d'une grosse vsicule l'une de leurs extrmits1 les cy/ic]ques1 et les vritables tnias4 ,bonnet#aaf a press5ti en #agfb que les tnias ne devai5t pas re/] indf9im5t dans le mme hte4 ,on se dem&e si la reproduction demeure my/rieuse de ces animaux ne prs5te pas des phnomnes semblables ceux qui ont t obs]vs *ez les salpes et polypes hydraires4 ,le mom5t e/ v5u de coordonn] t\s ces faits m]veilleux4 ,un jeune savant1 alors lecteur l'acadmie de ,sor1 depuis pr(esseur l'univ]sit de ,cop5hague1 ,japetus ,/e5/rup1 accomplit cette t*e en #ahdb et s'ef=a de ram5] une mme loi les phnomnes en app>5ce de la reproduction des salpes1 des mduses1 des ce/odes et des trmatodes#aag4 ,le fait dom9ant dans la reproduction de t\s ces animaux1 c'e/ qu'un tre sexu1 de =me dt]m9e1 donne naissance des tres asexus1 qui ne lui ressembl5t pas1 mais qui produis5t eux-mmes1 p> une sorte de b\rgeonnem5t ou p> division de leur corps1 de n\veaux tres sexus semblables ceux dont ils sont issus4 ,les =mes sexues et asexues alt]n5t donc rgulirem5t2 aussi ,/e5/rup appelle-t-il les phnomnes qu'il s'agit d'expliqu] phnomnes de gnration alt]nante4 ,il dt]m9e ensuite de la plus +nieuse faon la signification des =mes diffr5tes qui se succd5t4 ,s>s et ,lovn avai5t vu dans le scyphi/ome un vritable polype d'une /ructure inf9im5t plus simple que celle de la mduse2 dans leur op9ion le polype tait une l>ve dont la mduse tait la =me p>faite2 comme les insectes1 les mduses n'arrivai5t1 suivant eux1 leur =me df9itive qu'aprs avoir subi une mtamorphose2 seulem5t la mtamorphose qui1 *ez les insectes1 porte sur le mme individu1 tait c5se port] *ez les mduses1 sur deux ou plusieurs gnrations successives4 ,/e5/rup tablit au contraire que le scyphi/ome et la mduse sont deux tres quival5ts1 l'un asexu1 l'autre sexu4 ,l'individu sexu produit les ufs1 mais il meurt avant d'avoir pu m5] bi5 l'ducation des l>ves2 cette ducation e/ confie l'individu asexu1 au scyphi/ome4 ,le scyphi/ome n'e/ autre *ose que l'an d'une gnration dont il doit assur] le dveloppem5t2 c'e/ un tre condamn au clibat dans l'intrt de ses frres auxquels il se consacre entirem5t2 ,m4 ,/e5/rup lui donne le nom de n\rrice4 ,de mme1 *ez les abeilles1 les f\rmis1 les t]mites1 des ufs pondus p> les femelles1 un c]ta9 nombre seulem5t produis5t des individus sexus1 les autres ne produis5t que des neutres *>gs de l'levage des jeunes et de t\s les travaux qui assur5t l'exi/5ce de la communaut4 ,*ez ces insectes les neutres se di/+u5t des individus sexus1 comme ceux-ci se di/+u5t entre eux2 il n'e/ donc pas tonnant que le scyphi/ome1 mduse neutre1 diffre de l'aurlie1 sa mre1 qui e/ sexue4 ,le mme raisonnem5t peut tre appliqu aux di/omes et1 avec plus de raison encore1 aux salpes2 il semble donc que les phnomnes s+uli]s de la gnration alt]nante r5tr5t dans la loi commune1 qu'ils soi5t dus de simples diffr5ces dans la =me des individus1 diffr5ces analogues aux diffr5ces sexuelles1 et un mode d'levage des jeunes dont les insectes ont dj (f]t des exemples4 ,la ?orie de ,m4 ,/e5/rup1 base sur des faits bi5 obs]vs non seulem5t p> lui1 mais aussi p> ses prdcesseurs1 eut un vif succs2 elle a t depuis conte/e1 modifie1 dveloppe2 il e/ hors de d\te nanmo9s qu'elle e/ absolum5t d'accord avec les rsultats d'un c]ta9 nombre de re*]*es rc5tes4 ,*ez les salpes1 ce sont des ufs =ms dans les salpes solitaires qui se dvelopp5t dans les ,salpes agrges2 *ez les puc]ons1 ,m4 ,balbiani affirme que la =mation et la fcondation des ufs prcd5t l'app>ition de l'individu qui semble les avoir eng5drs2 les conditions de la reproduction dans les colonies n\s avai5t conduit affirm] en #ahhaaah que l'uf dans ces agrgations d'animaux e/ la proprit indivise de la colonie et non pas celle d'un individu dt]m92 div]ses obs]vations1 notamm5t celles1 de ,m4 ,r\zaud1 encore 9dites1 et celles rcemm5t publies1 de ,m4 de ,v>5nes1 ont conduit t\t rcemm5t con/at] sur les colonies de polypes hydraires que l'uf se produit dans les p>ties de la colonie que leur situation ne p]met d'attribu] en propre aucun polype1 et c'e/ bi5 longtemps aprs l'app>ition des ufs que se con/itu5t les mduses dans lesquelles ils a*v]ont de mrir et s]ont fconds4 ,mais1 comme t\tes les explications bases sur la f9alit des phnomnes1 la ?orie des gnrations alt]nantes telle qu'elle a t dveloppe p> l'illu/re zoologi/e danois ne s'applique qu'aux cas relativem5t r>es o il s'e/ tabli une adaptation1 un accord entre deux catgories trs gnrales de phnomnes d'ailleurs sans rapport immdiat3 #a la =mation de l'uf dans un animal ou dans une colonie2 #b la reproduction p> b\rgeonnem5t de cet animal1 de cette colonie4 ,effectivem5t1 dans le mme gr\pe zoologique1 on tr\ve t\s les int]mdiaires entre les cas o le b\rgeonnem5t e/ produit d'une faon t\t fait indp5dante et celui o il e/ li la =mation des ufs1 entre les cas o les individus ns p> b\rgeonnem5t sont t\s id5tiques leurs p>5ts1 comme *ez beauc\p de polypes hydraires et de v]s annels1 et ceux o ils en diffr5t pr(ondm5t4 ,l'exi/5ce de deux modes de reproduction1 la reproduction p> ufs et la reproduction p> b\rgeons1 e/1 p\r ,m4 ,van ,b5$51 le phnomne gnral dont la gnration alt]nante n'e/ qu'un cas p>ticuli]#aai2 le savant pr(esseur de ,l\va9 dsigne ce phnomne gnral1 de/itu de t\te f9alit1 s\s le nom de dignse4 cette notion importante de la dignse1 ,leuck>t1 faisant la gnration alt]nante une application heureuse de la loi de la division du travail physiologique de ,m4 ,milne ,edw>ds1 aj\te la notion du polymorphisme#abj4 ,les individus qui produis5t les ufs1 ceux qui ne produis5t que des b\rgeons peuv5t avoir des rles div]s j\]1 s'tre adapts des conditions d'exi/5ce diffr5tes2 *acun doit pr5dre ds lors une app>5ce et des c>actres con=mes sa fonction3 la gnration alt]nante n'e/ qu'un cas p>ticuli] de ces adaptations v>ies4 ,a9si que ,/e5/rup l'admettait dj1 c'e/ bi5 un phnomne du mme ordre que celui qui amne des diffr5ces de =me entre les mles et les femelles1 entre les individus sexus et les neutres des socits d'abeilles1 de f\rmis et de t]mites1 entre les neutres mme de ces d]nires socits1 lorsqu'ils ont des rles diffr5ts j\]4 ,les individus dissemblables ns les uns des autres ne se sp>5t pas ncessairem5t3 ils peuv5t demeur] unis entre eux et =m] a9si des colonies dont les membres prs5t5t une plus ou mo9s gr&e div]sit de /ructure4 ,m4 ,leuck>t explique a9si l'tonnante organisation des siphonophores1 vritables colonies mixtes d'hydres et de mduses1 et qui possd5t cep5dant une individualit propre2 les siphonophores1 leur t\r1 font mieux compr5dre les p5natules1 colonies de polypes coralliaires1 dont ,cuvi] faisait des animaux plusieurs b\*es1 et le phnomne exceptionnel1 en app>5ce1 qui a produit la gnration alt]nante1 se tr\ve pr5dre ds lors une ext5sion considrable3 il peut int]v5ir mme dans la con/itution rgulire d'organismes1 dont les div]ses p>ties ne sont que des individus adapts des fonctions p>ticulires4 ,c'e/ a9si qu'un siphonophore compr5d des individus n\rrici]s1 des individus prh5seurs1 des individus locomoteurs1 des individus reproducteurs1 qui t\s sont des polypes ou des mduses modifies con=mm5t leur fonction spciale1 ayant pris1 suivant une comp>aison vulgaire1 la figure de leur emploi4 ,leuck>t entre a9si dans une voie fconde1 qu'il ne p\rsuit pas1 la vrit1 jusqu'au b\t2 mais on press5t dj qu'un li5 intime va s'tablir entre la ?orie de la con/itution des siphonophores et des autres animaux composs1 telle que la compr5d ,leuck>t1 et la ?orie de la con/itution des animaux articuls1 telle que l'ont =mule ,aud\9 et ,m4 ,h5ri ,milne ,edw>ds1 ou plutt ce li5 a t tabli d'avance p> ,dugs1 alors qu'il n'tait mme pas "q des gnrations alt]nantes3 la loi du polymorphisme de ,leuck>t n'e/1 en df9itive1 qu'une application quelques faits n\veaux ou mieux connus des pr9cipes dvelopps dans le ,mmoire sur la con=mit organique dans l'*elle animale1 publi v+t ans aup>avant4 ,avoir con/at que les animaux possd5t deux modes de reproduction diffr5ts1 avoir montr que ces deux modes de reproduction dt]m95t l'app>ition1 dans la mme espce animale1 de =mes organiques dissemblables1 n'e/ pas encore avoir expliqu comm5t l'ensemble de phnomnes qui dp5d5t de ces deux modes de reproduction se tr\v5t si frquemm5t en rapport troit4 ,ri*>d ,ow51 suivant une voie qui lui e/ propre1 se dem&e1 de son ct1 si la reproduction sexue et la reproduction agame1 laquelle il donne le nom de mtag5se1 ne peuv5t pas tre ratta*es l'une l'autre2 il essaye d'obt5ir ce rsultat et d'expliqu] du mme c\p la facult si curieuse de se reproduire sans fcondation pralable que ,leuw5hoek1 puis ,*>les ,bonnet avai5t obs]ve *ez les femelles des puc]ons4 ,ce phnomne de la reproduction sans fcondation ou1 p\r n\s s]vir d'une autre expression d',ow51 de la p>?nog5se1 reconnu depuis *ez les abeilles1 les gupes1 les cynips1 plusieurs diptres et div]s papillons1 *ez quelques cru/acs1 *ez les rotifres1 *ez plusieurs v]s infrieurs1 ce phnomne1 plus rp&u qu'on ne l'avait cru d'abord1 devi5t le po9t de d"p de t\te la ?orie de l'illu/re savant anglais#aba4 ,la p>?nog5se n'e/ d'ailleurs qu'une app>5ce3 en ralit1 t\te volution1 suivant ,ri*>d ,ow51 a p\r po9t de d"p l'union d'un lm5t mle et d'un lm5t femelle4 ,aprs la fcondation1 l'lm5t femelle1 l'uf1 se divise1 et t\t tre vivant n'e/ que l'assemblage des lm5ts prov5ant de cette division1 rpte un nombre imm5se de fois1 de l'lm5t primitif4 ,mais cette division des lm5ts con/itutifs de l'tre vivant n'e/ elle-mme qu'une reproduction2 elle se p\rsuit p>ce que *aque lm5t1 en se divisant1 lgue aux lm5ts qui le remplac5t une "p de l'activit que l'uf a reue de l'lm5t fcondateur1 du sp]matozode1 et qu'il doit t\t entire ce d]ni]4 ,or le p\voir fcondateur du sp]matozode e/ limit3 il ne peut provoqu] qu'un nombre dt]m9 de divisions1 ne s't5d qu' un nombre f9i d'lm5ts anatomiques4 ,de l la limitation de la taille1 la vieillesse et la mort1 que l'on obs]ve *ez t\s les tres vivants4 ,dans c]ta9s cas1 t\s les lm5ts anatomiques ns de la division de l'uf sont employs la con/itution d'un individu unique2 c'e/ ce qui arrive *ez les animaux suprieurs2 dans d'autres cas1 le p\voir fcondateur du sp]matozode n'e/ pas encore puis lorsque l'individu s'e/ dj con/itu2 cet individu e/ alors t\j\rs une femelle2 il ne se produit d'individus mles que lorsque le p\voir fcondateur e/ sur le po9t d'atte9dre sa limite4 ,jusque-l1 le p\voir reproducteur cons]v p> les individus femelles qui se succd5t peut se manife/] *ez eux de faons div]ses2 tantt ces femelles produis5t des ufs qui sont capables de se dvelopp] sans fcondation n\velle3 c'e/ ce qu'on obs]ve *ez les puc]ons1 les abeilles1 les daphnies1 etc42 tantt elles produis5t des b\rgeons intrieurs qui s'organis5t en n\veaux individus1 comme on le voit *ez les trmatodes2 tantt elles p\ss5t des b\rgeons extrieurs qui peuv5t se dta*] et dev5ir autant d'tres indp5dants ou demeur] unis entre eux4 ,dans le premi]1 comme dans le second cas1 les individus n\veaux peuv5t revtir1 suivant leurs fonctions div]ses1 des c>actres spciaux2 s'ils se sp>5t1 on se tr\ve en prs5ce du phnomne des gnrations alt]nantes2 s'ils demeur5t unis1 il se produit des colonies telles que celles des polypes hydraires1 des siphonophores1 des coralliaires1 des bryozoaires1 des ascidies composes1 des ce/odes4 ,la ?orie de la p>?nog5se1 a9si comprise1 prs5te un c>actre de gr&e gnralit2 elle relie entre eux une multitude de faits dont les rapports n'avai5t mme pas t entrevus4 ,le dveloppem5t de l'individu1 tel que n\s le montr5t les animaux suprieurs1 se tr\ve notamm5t compris dans un ensemble de phnomnes dont la =mation des colonies1 la gnration alt]nante et la p>?nog5se font galem5t p>tie4 ,t\s les phnomnes de la reproduction sont ram5s un mme type div]sem5t modifi dans le dtail et dont la fcondation e/ le po9t de d"p4 ,malheureusem5t1 comme l'ont fait rem>qu] ,huxley1 ,w4 ,c>p5t] et ,m4 de ,quatrefages1 ce po9t de d"p ne saurait tre admis4 ,il e/ avr que1 dans des circon/ances favorables1 la facult de produire sans fcondation peut tre prolonge s9on indf9im5t1 du mo9s trs longtemps *ez les femelles des puc]ons2 il en e/ de mme de la facult de b\rgeonn] *ez les ,hydres2 il n'y a donc pas lieu d'attribu] au sp]matozode un p\voir fcondant limit2 on connat d'autre "p un assez gr& nombre d'tres infrieurs1 p>mi lesquels peut-tre t\s les infusoires1 dont la reproduction s'accomplit t\j\rs sans fcondation1 et s\v5t cet acte1 born la fusion de deux protoplasmes d'app>5ce id5tique1 se confond avec les phnomnes dits de conjugaison4 ,la base de la ?orie de la p>?nog5se disp>at donc2 mais il ne s'ensuit pas que t\t rapport s'van\isse entre les faits rappro*s p> ,ow54 ,dans les phnomnes initiaux du dveloppem5t *ez la plup>t des animaux1 comme des vgtaux1 il y a deux *oses3 #a la division de l'lm5t primitif de l'uf1 en un nombre de plus en plus gr& d'lm5ts drivs2 #b la fcondation4 ,entre ces deux phnomnes gnralem5t concomitants1 ,ri*>d ,ow5 admet un rapport de cause effet1 et1 p\r lui1 celui des deux phnomnes qui dt]m9e l'autre1 c'e/ la fcondation4 ,mais ce *oix e/ arbitraire2 la concid5ce habituelle des deux phnomnes peut trs bi5 n'tre qu'un phnomne d'adaptation2 la fcondation peut tre dev5ue ncessaire au dveloppem5t dans des conditions dt]m9es1 sans lui avoir t\j\rs t indisp5sable1 et ds lors le phnomne important1 le phnomne dom9ateur1 en quelque sorte1 c'e/ le phnomne de segm5tation de l'uf que n\s voyons tre1 en effet1 le plus gnral4 ,ce phnomne se ramne lui-mme une proprit commune t\s les lm5ts vivants capables d'volution1 celle de se divis] ds que leur incessante nutrition les a am5s une c]ta9e taille4 ,cette proprit suffit#abb p\r expliqu] les uns p> les autres et ratta*] entre eux t\s les phnomnes entre lesquels a *]* tablir un li5 le savant illu/re qu'on a ju/em5t appel le ,cuvi] anglais4 ,l encore1 une modification lgre1 une ret\*e de peu d'importance suffit p\r r5dre t\te sa valeur une ?orie qui semblait sur le po9t de succomb]1 et1 qu'on le rem>que1 des ?ories successives qui ont t prs5tes jusqu'ici relativem5t aux phnomnes que n\s tudions1 aucune1 quoi qu'il en semble1 ne doit disp>atre3 t\tes vi5n5t se rang] comme des *apitres spciaux1 des corollaires importants d'une ?orie plus gnrale qu'elles complt5t et qui leur donne son t\r plus d'intrt4 ,il e/ exact1 en effet1 que la ncessit o se tr\v5t non seulem5t les lm5ts anatomiques1 mais encore les organismes qu'ils con/itu5t1 de se divis] en individualits di/9ctes lorsqu'ils ont acquis un c]ta9 dveloppem5t1 dt]m9e l'exi/5ce de deux modes de reproduction1 l'un qui exige la fcondation1 l'autre qui ne l'exige pas4 ,l'ensemble des phnomnes de reproduction qui sont les plus gnraux et qui n'exig5t pas la fcondation peut tre dsign s\s le nom *oisi p> ,m4 ,ow5 de mtag5se4 ,lorsque des espces vivantes comb95t div]s degrs ces deux modes de reproduction1 qui peuv5t tre indp5dants1 il y a1 comme le dit ,m4 ,van ,b5$51 dig5se4 ,si les individus qui se =m5t sans fcondation pralable ont p\r po9t de d"p un lm5t plus ou mo9s semblable un uf1 il y a p>?nog5se au s5s absolu de ce mot4 ,lorsque les div]s individus issus d'un uf fcond ont remplir des fonctions diffr5tes1 lorsqu'il y a entre eux une division du travail physiologique ncessaire la cons]vation de l'espce1 ils revt5t des =mes diffr5tes2 le polymorphisme accomplit1 comme le veut ,m4 ,leuck>t1 son uvre de complication1 dont un cas p>ticuli] e/ ce qu'on a appel la gnration alt]nante4 ,il e/ galem5t vrai1 comme le p5se ,m4 ,/e5/rup1 que la gnration alt]nante peut avoir p\r effet de con/itu] p> voie agame des individus qui j\5t le rle de n\rrices p> rapport ceux qui sont produits p> voie sexue et qui sont rellem5t leurs frres4 ,mais la mtag5se peut encore avoir une autre consqu5ce importante sur laquelle ,m4 de ,quatrefages a p>ticulirem5t insi/#abc4 ,grce elle1 un uf unique ne produit pas un seul individu2 il en produit un nombre plus ou mo9s gr&1 p>fois illimit1 et sa puissance prolifique se tr\ve a9si multiplie dans une proportion considrable2 l'uf eng5dre non pas un organisme1 mais t\te une gnration d'organismes2 cet eng5drem5t d'une gnration t\t entire e/ ce que le savant pr(esseur du ,musum appelle une gnagnse4 ,la gnagnse e/ p>ticulirem5t prcieuse p\r les animaux infrieurs1 d\s d'une faible rsi/ance vitale1 p\r les p>asites qui ont c\rir mille dang]s avant d'arriv] l'hte dans lequel ils doiv5t vivre1 et c'e/1 en effet1 *ez t\t ce m5u peuple du rgne animal qu'elle se r5contre4 ,mais t\t en montrant l'importance1 en quelque sorte pratique1 de la gnagnse1 ,m4 de ,quatrefages ne la considre pas1 tant s'en faut1 comme un phnomne isol1 p>ticuli] seulem5t c]ta9s organismes4 ,t\t d'abord1 la raison d'tre de la gnagnse e/ la mme que celle de la mtamorphose1 aussi ces deux phnomnes peuv5t-ils v5ir se compliqu] rciproquem5t et se pntr] au po9t qu'il e/ impossible de dire o f9it l'un et o comm5ce l'autre4 ,de mme que la gnagnse1 la mtamorphose se ratta*e une augm5tation de la puissance prolifique de *aque individu2 une telle augm5tation peut1 en effet1 tre obt5ue soit en multipliant le nombre des organismes qu'un seul uf peut produire1 soit en multipliant le nombre des ufs que *aque femelle peut pondre4 ,mais1 comme le corps des femelles ne peut grossir indf9im5t1 un accroissem5t du nombre des ufs ne peut tre obt5u qu' la condition que le volume de ces ufs se rduise4 ,t\t uf conti5t deux catgories de matriaux1 ceux l'aide desquels l'embryon se con/itue1 ceux l'aide desquels il se n\rrit2 ces d]ni]s sont videmm5t les mo9s importants1 c'e/ sur ceux que port]a la rduction4 ,d'autre "p1 aucun animal n'arrive son complet dveloppem5t sans avoir subi un gr& nombre de mtamorphoses1 qu'il accomplit1 en gnral1 dans l'uf *ez les animaux suprieurs2 lorsque les matriaux nutritifs accumuls dans l'uf ne sont plus en quantit suffisante p\r am5] l'embryon au t]me de son volution1 l'embryon clot avant d'avoir revtu sa =me df9itive2 il re*]*e lui-mme le supplm5t de n\rriture qui lui e/ ncessaire p\r assur] la suite de son volution et cont9ue hors de l'uf les trans=mations qu'il aurait d pr\v] s\s ses enveloppes4 ,les l>ves des insectes ne sont1 en consqu5ce1 que des embryons ns avant t]me1 dev5us capables de subsi/] p> eux-mmes et cont9uant librem5t leur volution4 ,*ez les animaux suprieurs1 l'accroissem5t du corps de l'animal et ses mtamorphoses m>*5t de pair1 ne sont p\r a9si dire que le mme phnomne1 au lieu de s'accomplir successivem5t comme *ez les insectes et beauc\p d'autres animaux infrieurs2 mais les mtamorphoses n'en subsi/5t pas mo9s2 le phnomne demeure le mme *ez les insectes et *ez les v]tbrs2 la seule diffr5ce que l'on con/ate entre eux porte seulem5t sur l'poque de la vie o s'accompliss5t les *angem5ts les plus app>5ts4 ,ici se manife/e entre les mtamorphoses et le gnagnse un li5 n\veau1 qui cette fois n'e/ plus tlologique1 mais bi5 ess5tiellem5t morphologique4 ,ma9tes fois1 dans ses travaux1 ,m4 de ,quatrefages a eu comp>] le mode de croissance des v]s annels avec le mode de croissance des colonies de polypes hydraires2 les n\veaux anneaux d'une annlide se =m5t exactem5t de la mme faon que les n\veaux polypes dans une colonie d'hydraires4 ,il e/ manife/e que *ez les annlides la =mation des n\veaux anneaux fait ess5tiellem5t p>tie des phnomnes d'accroissem5t du corps de l'animal et que ces phnomnes sont1 leur t\r1 en p>tie comp>ables aux phnomnes de l'accroissem5t du corps *ez les animaux suprieurs1 tels que les mammifres4 ,la =mation des colonies de polypes e/ donc ram5e un phnomne bi5 plus connu1 t\t fait vulgaire1 l'accroissem5t du corps2 il n'y a de p>ticuli] ces colonies que leur =me arboresc5te4 ,mais1 *ez les annlides1 la =mation des n\veaux anneaux ab\tit s\v5t la con/itution d'individus autonomes1 qui ne sont eux-mmes qu'un rsultat de l'accroissem5t de l'organisme dont il se dta*e2 la mme *ose a lieu dans les colonies de polypes et conduit la =mation de n\velles colonies3 c'e/ le phnomne de la dig5se4 ,l'accroissem5t1 *ez les animaux suprieurs1 se complique t\j\rs de mtamorphoses2 il en e/ de mme *ez les v]s annels2 aussi le n\vel individu qui se =me peut-il diffr] notablem5t de son p>5t2 c'e/ le cas des autolytes et des syllis2 c'e/ aussi exactem5t le cas des salpes agrges p> rapport aux salpes solitaires1 de mduses p> rapport aux hydres1 et de t\s les cas o il y a gnration alt]nante4 ,a9si1 dit ,m4 de ,quatrefages#abd1 t\te gnration agame se ratta*e l'accroissem5t proprem5t dit4 ,ce phnomne se manife/e tantt p> l'augm5tation de volume des p>ties1 tantt p> la multiplication de ces mmes p>ties4 ,or1 dans ce d]ni] cas1 il arrive s\v5t que *aque p>tie suraj\te runit un ensemble qui en fait presque un individu4 ,*ez les ,annlides1 p> exemple1 dans la plus gr&e t5due du corps1 *aque anneau possde son c5tre n]veux1 son app>eil locomoteur1 son sy/me vasculaire1 sa gr&e po*e dige/ive1 ses organes reproducteurs1 le t\t semblable ce qui exi/e dans l'anneau qui prcde et dans celui qui suit4 ,un pas de plus1 et *aque anneau p\rra se suffire lui-mme4 ,il ne lui manque1 vrai dire1 qu'une b\*e et des organes de s5s4 ,dans les syllis1 les myrianes1 les nas1 cette b\*e s'ouvre1 ces organes naiss5t sur un anneau spcial1 il e/ vrai1 mais qui se =me exactem5t comme les autres4 ,t\s les anneaux placs en arrire de cette tte accid5telle lui obiss5t4 ,une individualit n\velle s'e/ =me1 et cette individualit a son orig9e dans un ensemble de phnomnes qui ne diffr5t en ri5 de ceux de l'accroissem5t tels qu'on les obs]ve dans la classe entire4 ,entre ces phnomnes et la gemmation de l'hydre1 celle du /robile1 telle que l'a obs]ve ,m4 ,desor1 ou la segm5tation du mme tre telle que l'a dcrite ,m4 ,s>s1 il n'y a videmm5t aucune di/9ction fondam5tale4 ,la =me seule des espces1 les lois de leur accroissem5t individuel suffis5t p\r expliqu] les diffr5ces app>5tes4 ,a9si l'on passe de la simple croissance des mammifres au b\rgeonnem5t p> des nuances ins5sibles2 et t\t n\s ramne cette importante conclusion que le b\rgeonnem5t et p> consqu5t la reproduction agame ne sont1 au fond1 qu'un phnomne d'accroissem5t4 ,a9si1 p\r ,m4 de ,quatrefages1 le corps d'un mammifre1 l'ensemble des individus qui sont issus de l'uf d'une syllis1 d'une myriane1 d'une nas1 la runion des polypes qui =m5t une colonie et des mduses qui s'en dta*5t sont *oses quival5tes4 ,une fois plac ce po9t de vue1 p\rsuit-il1 n\s compr5ons trs bi5 p\rquoi la gnration agame ne saurait tre indf9ie4 ,dans t\t animal1 l'accroissem5t a des limites fixes d'avance4 ,si le b\rgeonnem5t n'e/ qu'une =me de l'accroissem5t1 il doit =cm5t avoir un t]me4 ,il ne peut donc suffire p]ptu] l'espce4 ,ds lors1 l'int]v5tion d'un autre mode de gnration devi5t une ncessit laquelle ne saurait *app] aucune espce animale4 ,a9si se tr\ve ju/ifi le ret\r priodique de la reproduction sexue1 a9si se tr\v5t en mme temps rappro*s1 sans qu'il soit beso9 d'aucune hypo?se1 les faits qui avai5t conduit ,ri*>d ,ow5 attribu] aux lm5ts sp]matiques un p\voir fcondateur limit4 ,comme ,cuvi]1 comme ,dugs1 et p> des motifs autrem5t puissants1 ,m4 de ,quatrefages assimile les colonies que =m5t si frquemm5t les animaux infrieurs ce que n\s nommons l'individu *ez les animaux suprieurs2 mais1 de mme que ,dugs avait donn l'ide de ,cuvi] une importance t\te n\velle en montrant ses applications l'anatomie comp>e1 ,m4 de ,quatrefages donne son t\r une valeur inatt5due la ?orie de ,dugs p> la fconde application qu'il en fait aux plus compliqus des phnomnes de reproduction4 99 99 99 99 99 ,m4 ,h5ri ,milne ,edw>ds s'e/ propos de con/itu]1 comme ,ri*>d ,ow51 une ?orie t\t fait gnrale des phnomnes de reproduction1 dans laquelle il *]*e tablir un p>alllisme absolu entre les phnomnes de la gnration alt]nante et les procds ord9aires de la gnration sexue4 ,p\r l'illu/re doy5 de la ,facult des sci5ces de ,p>is1 les phnomnes que prs5t5t1 dans leur dveloppem5t1 les salpes et les mduses1 lo9 d'tre une exception1 sont1 au contraire1 la rgle gnrale4 ,t\t animal comm5ce p> tre une simple vsicule1 ayant qualit d'tre vivant et qu'on peut appel] le protobla/e4 ,le protobla/e e/ le plus s\v5t cont5u dans l'uf1 c'e/ la vsicule g]m9ative2 il y t]m9e gnralem5t sa c\rte exi/5ce1 mais il peut aussi m5] une vie indp5dante3 tel e/ le cas de l'embryon cili des di/omes4 ,avant de m\rir ou de disp>atre1 le protobla/e produit p> b\rgeonnem5t un organisme plus compliqu1 le mtazoaire3 c'e/ le polype hydraire dans le cas des mduses1 la salpe solitaire *ez les tunici]s1 le bla/od]me *ez les v]tbrs2 le mtazoaire n'a1 lui aussi1 en gnral1 qu'une exi/5ce temporaire3 il disp>at ord9airem5t comme le protobla/e et comme lui produit1 avant de m\rir1 l'animal df9itif1 l'animal *>g de p]ptu] l'espce1 p> voie de gnration sexue1 le typozoaire4 ,les protobla/es peuv5t se multipli] s\s leur =me simple et produire1 en consqu5ce1 un ou plusieurs mtazoaires2 les mtazoaires peuv5t produire plusieurs typozoaires ou n'en produire qu'un seul avec lequel ils se confond5t quelquefois2 c'e/ dans cette aptitude plus ou mo9s gr&e la reproduction prs5te p> les t]mes successifs de cette srie1 que sont dues les diffr5ces obs]ves dans le dveloppem5t des animaux4 ,on cesse donc de s'tonn] d'un phnomne qui e/ absolum5t gnral4 99 99 99 99 99 ,en comp>ant entre elles les div]ses ?ories que n\s v5ons d'expos] et qui t\tes ont p\r b de donn] une explication des mmes phnomnes1 on s]a sans d\te tonn de voir combi5 sont diffr5tes les t5dances de leurs auteurs4 ,p\r un physici51 le po9t de d"p de t\te ?orie e/ un phnomne simple1 dont on a rig\reusem5t tabli les conditions dt]m9antes et les lois1 dont on p\rsuit les modifications div]ses trav]s des circon/ances de plus en plus compliques2 sur ce po9t t\s les physici5s sont d'accord1 et n\s p\rrions aj\t] que les physici5s sont eux-mmes d'accord1 sur le b p\rsuivi p> t\te ?orie1 avec les *imi/es et les a/ronomes4 ,en un mot1 p\r t\s les savants qui cultiv5t les sci5ces physiques1 expliqu] un phnomne complexe1 c'e/ montr] comm5t il se ratta*e un autre phnomne trs simple1 connu dans t\s ses dtails1 qu& on le dgage des circon/ances accessoires qui int]vi5n5t p\r le modifi]4 ,t\s les phnomnes a/ronomiques sont a9si ratta*s au phnomne simple de l'attraction des corps1 et l'a/ronomie t\t entire n'e/ que le dveloppem5t de cette loi3 ,les corps s'attir5t proportionnellem5t au produit de leur masse et en raison inv]se du c>r de leur di/ance4 ,t\s les phnomnes de l'ac\/ique et de l'optique sont ram5s de mme au m\vem5t du p5dule2 l'optique et l'ac\/ique ?oriques sont le dveloppem5t des quations du m\vem5t vibratoire4 ,les trans=mations div]ses de la *aleur sont t\tes ram5es un phnomne simple1 r*auffem5t d'un corps en m\vem5t brusquem5t arrt dans sa c\rse1 et la ?orie mcanique de la *aleur e/ le dveloppem5t de l'quation qui tablit l'quival5ce entre la quantit de m\vem5t disp>u et la quantit de *aleur produite4 ,t\s les phnomnes lectrodynamiques se ramn5t encore l'attraction d'un lm5t de c\rant sur un lm5t de c\rant1 et l'lectrodynamique e/ le dveloppem5t d'une quation aussi simple que les prcd5tes4 ,a9si1 n\s ne saurions trop le rpt]1 dans t\tes les bran*es des sci5ces physiques1 les savants sont absolum5t d'accord sur la signification du mot expliqu]2 p\r *aque catgorie de phnomnes1 ils remont5t de pro*e en pro*e un phnomne simple1 dont ils dt]m95t exprim5talem5t les lois1 et ils *]*5t comm5t ce phnomne se modifi]a dans t\tes les conditions prcises que l'on p\rra imag9]4 ,c'e/ l la m?ode des sci5ces exprim5tales1 et le plus beau titre de gloire des ,bi*at et des ,claude ,b]n>d e/ surt\t d'avoir montr que cette m?ode p\vait tre applique dans t\te sa rigueur la physiologie1 la condition de remont] jusqu'aux proprits fondam5tales des lm5ts anatomiques4 ,les naturali/es p>aiss5t au contraire se faire les ides les plus div]ses de ce qu'ils appell5t une explication2 ils sembl5t1 lorsqu'ils tabliss5t une ?orie1 p\rsuivre les buts les plus diffr5ts4 ,/e5/rup1 dans sa ?orie des gnrations alt]nantes1 ,m4 de ,quatrefages1 dans une p>tie de sa ?orie de la gnagnse1 *]*5t avant t\t dt]m9] la f9 des phnomnes qu'ils expos5t1 et sont en cela les disciples de ,cuvi] qui n'admettait1 en hi/oire naturelle1 d'autres explications que celles qui rsult5t de l'application du pr9cipe des causes f9ales4 ,leuck>t1 en exposant sa ?orie du polymorphisme1 ,van ,b5$51 en dveloppant ses ides sur la dig5se1 con/at5t simplem5t que des phnomnes que l'on croyait exceptionnels se retr\v5t dans un beauc\p plus gr& nombre de gr\pes organiques qu'on ne l'avait p5s2 ils ratta*5t ces phnomnes d'autres plus simples et plus gnraux1 mais qui sont cep5dant limits une p>tie du rgne animal et demeur5t my/rieux2 ,ri*>d ,ow5 se borne *]*] une hypo?se qui p\rrait reli] entre eux deux catgories de phnomnes considres comme di/9ctes2 ,m4 de ,quatrefages1 dans une autre p>tie de sa ?orie1 et ,m4 ,milne ,edw>ds dmontr5t qu'un ensemble de phnomnes donns comme propres c]ta9s organismes se retr\v5t plus ou mo9s modifis dans le rgne animal t\t enti]2 mais ils pr5n5t les phnomnes obs]vs *ez les v]tbrs suprieurs comme des t]mes de comp>aison et y ramn5t ceux que prs5t5t les organismes infrieurs3 ce sont les phnomnes si complexes de la gnration sexue1 les phnomnes plus complexes encore du dveloppem5t embryognique *ez les animaux suprieurs qui leur s]v5t de po9t de d"p1 et c'e/ avec eux qu'ils *]*5t comp>] les phnomnes obs]vs *ez les animaux infrieurs2 la m>*e suivie p> les deux illu/res naturali/es franais e/ donc exactem5t inv]se de celle que suiv5t les physici5s4 ,ces div]g5ces sont une consqu5ce p\r a9si dire 9vitable de ce fait qu'en hi/oire naturelle l'homme1 se proposant d'appr5dre connatre des tres plus ou mo9s semblables lui1 s'e/ pris lui-mme comme le modle le plus p>fait des tres organiss4 ,il a re*]* *ez les animaux des organes1 des fonctions1 des actes analogues aux si5s et1 croyant se connatre lui-mme1 s'attribuant d'ailleurs une orig9e div9e1 a t conduit considr] comme des explications t\tes les analogies qu'il ap]cevait entre lui-mme et les tres dont il faisait l'objet de ses tudes4 ,dans l'hypo?se de la fixit des espces1 cette faon de pos] le problme de la nature tait d'ailleurs peut-tre la plus rationnelle4 ,dans l'hypo?se de la desc5dance1 le problme e/ au contraire r5v]s et la m?ode d'explication ram5e la m?ode des sci5ces exprim5tales4 ,l'homme n'e/ plus le modle sur lequel t\t e/ con/ruit1 auquel t\t doit tre ram52 c'e/ au contraire l'tre expliqu]1 le d]ni] t]me auquel la ?orie doit ab\tir1 la plus complique des nigmes dont elle doit donn] la solution4 ,les explications ne doiv5t plus tre de simples comp>aisons1 de simples gnralisations2 elles doiv5t tablir entre les div]s phnomnes des relations de cause effet4 ,en ce qui conc]ne spcialem5t les phnomnes compris s\s les noms de gnration alt]nante1 de dignse1 de gnagnse1 de p>?nog5se1 ils ne peuv5t tre vraim5t expliqus qu'en p>tant des proprits reproductrices des tres les plus simples2 leur explication tant une fois tr\ve1 se pos]a ensuite la "q de savoir dans quelle mesure ils peuv5t1 leur t\r1 s]vir expliqu] les phnomnes de dveloppem5t qu'on obs]ve *ez les animaux suprieurs et *ez l'homme4 ,mais il n'tait possible de remplir un tel programme qu' la condition d'avoir au pralable rduit l'tre vivant en ses lm5ts1 d'avoir dt]m9 les c>actres1 les proprits1 les facults des tres vivants les plus simples1 problme prlim9aire1 dont la ?orie cellulaire que n\s devons ma9t5ant faire connatre a1 sans aucun d\te1 beauc\p avanc la solution4 ,,*apitre ,,xviii ,,la ,,?,,orie ,,cellulaire ,,et ,,la ,,con/itution ,,de ,l',,individu ,pixel3 les membranes4--,bi*at3 les tissus2 leurs proprits gnrales4--,duj>d93 le s>code4--,s*leid53 les cellules vgtales4--,s*wann3 ext5sion aux animaux de la ?orie cellulaire4--,prvo/ et ,dumas3 la segm5tation du vitellus de l'uf4--,re*]*es relatives l'orig9e des cellules ou lm5ts anatomiques de l'organisme2 signification de l'uf4--,df9ition de la cellule2 le protoplasme et les pla/ides4--,con/itution des individus les plus simples4--,colonies animales2 nombreuses transitions entre les colonies et les individus d'ordre suprieur4--,isidore ,ge(froy-,/-,hilaire3 la vie coloniale signe d'infriorit4--,m4 de ,lacaze-,du?i]s3 opposition entre les inv]tbrs et les v]tbrs4--,?orie gnrale de l'individualit animale4 ,dans les crits des philosophes1 des naturali/es et des mdec9s1 on voit s\v5t rev5ir1 jusqu'au comm5cem5t du ,x,i,xe sicle1 les mots de sub/ance vivante1 de molcules organiques1 de matire anime1 d'organes1 de tissus2 mais nulle "p ces expressions ne reoiv5t de df9ition prcise4 ,*ez les animaux suprieurs1 on di/+ue de la *air1 de la graisse1 des os1 des n]fs1 des t5dons1 des vaisseaux1 des membranes2 mais de quoi sont faits la *air1 la graisse1 les os1 les n]fs1 les t5dons1 les vaisseaux1 les membranes8 ,les connaissances sur ce po9t ne vont pas au del de la notion de la fibre avec laquelle les muscles et les n]fs ont famili>is les anatomi/es4 ,un mdec9 m95t1 ,p9el1 *]*ant appliqu] aux maladies les m?odes de classification des naturali/es1 fut conduit ratta*] les c>actres et la m>*e des div]ses sortes d'inflammation la nature des membranes qui en tai5t le sige et mettre a9si en relief l'intrt qu'il y avait p\r la mdec9e connatre d'une faon prcise le mode de con/itution de ces membranes et1 p> ext5sion1 celle des div]ses p>ties du corps4 ,ce fut le problme que *]*a rs\dre ,bi*at dans sa ,diss]tation sur les membranes et leurs rapports gnraux d'organisation 7#agih71 dans son ,trait des membranes 7#ahjj71 et surt\t dans son ,anatomie gnrale 7#ahja71 qui p>ut un an seulem5t avant sa mort4 ,dans le premi] de ces ouvrages1 le jeune anatomi/e prcise les ressemblances et les diffr5ces qui exi/5t entre les membranes que l'on obs]ve dans les div]ses p>ties du corps1 montre plus nettem5t qu'on ne l'avait fait avant lui que des membranes de mme nature peuv5t se tr\v] dans les p>ties les plus diffr5tes de l'organisme1 et fonde leur classification sur leur con=mation extrieure1 leur /ructure et leurs fonctions4 ,trois ans aprs1 la m?ode qu'il avait suivie dans ce travail tait t5due l'ensemble des sy/mes organiques3 il consacrait son anatomie gnrale tudi] isolm5t et prs5t] avec t\s leurs attributs *acun des sy/mes simples qui1 p> leurs comb9aisons div]ses1 =m5t nos organes4 ,il ram5ait la physiologie1 la pa?ologie1 la ?rapeutique1 la connaissance exacte des proprits de ces sy/mes simples1 considrs dans leur tat naturel4 ,l'anatomie gnrale dev5ait a9si une sci5ce n\velle laquelle on a donn depuis le nom d'hi/ologie4 ,t\s les animaux1 dit-il#abe1 sont un assemblage de div]s organes1 qui excut5t *acun une fonction1 conc\r5t1 *acun sa manire1 la cons]vation du t\t4 ,ce sont autant de ma*9es p>ticulires dans la ma*9e gnrale qui con/itue l'individu4 ,or ces ma*9es p>ticulires sont elles-mmes =mes p> plusieurs tissus de nature trs diffr5te et qui =m5t vritablem5t les lm5ts de ces organes4 ,la *imie a ses corps simples1 qui =m5t p> les comb9aisons div]ses dont ils sont susceptibles les corps composs3 tels sont le calorique1 la lumire1 l'hydrogne1 l'oxygne1 le c>bone1 l'azote1 le phosphore1 etc4 ,de mme1 l'anatomie a ses tissus simples qui p> leurs comb9aisons quatre quatre1 six six1 huit huit1 etc41 =m5t les organes4 ,ces tissus sont3 #a ,le cellulaire4 #b ,le n]veux de la vie animale4 #c ,le n]veux de la vie organique4 #d ,l'artriel4 #e ,le ve9eux4 #f ,celui des exhalants4 #g ,celui des absorbants et de leurs gl&es4 #h ,l'osseux4 #i ,le mdullaire4 #aj ,le c>tilag9eux4 #aa ,le fibreux4 #ab ,le fibro-c>tilag9eux4 #ac ,le musculaire de la vie animale4 #ad ,le musculaire de la vie organique4 #ae ,le muqueux4 #af ,le sreux1 #ag ,le synovial4 #ah ,le gl&uleux4 #ai ,le d]mode4 #bj ,l'pid]mode4 #ba ,le pileux4 ,voil les vritables lm5ts organiss de nos p>ties4 ,quelles que soi5t celles o ils se r5contr5t1 leur nature e/ con/amm5t la mme1 comme en *imie les corps simples ne v>i5t po9t1 quels que soi5t les composs qu'ils conc\r5t =m]4 ,entre ces div]s tissus qui =m5t notre corps1 qui possd5t *acun un mode d'organisation p>ticuli]1 qui ont *acun1 en consqu5ce1 une sorte de vie spciale conc\rant1 p\r sa "p1 la vie gnrale de l'individu1 entre ces lm5ts de l'tre vivant1 exi/e-t-il quelque analogie de con/itution8 ,ces mmes tissus se retr\v5t-ils *ez t\s les animaux8 ,sont-ils proprem5t p>l] les lm5ts ultimes dans lesquels puiss5t se rs\dre les corps vivants8 ,ce sont des que/ions que le microscope va bi5tt rs\dre4 ,p\r ,bi*at la vie tait une proprit des tissus1 et les div]ses faons s\s lesquelles elle se manife/e tai5t la consqu5ce des diffr5ts modes d'ag5cem5t de ces tissus4 ,mais1 v]s l'poque o il vivait1 on songeait dj remont] des tissus quelque *ose de mo9s complexe4 ,ok5 p5sait qu'une petite masse sphrique de gele1 le mucus primitif1 le ,urs*leim1 con/ituait le corps enti] des tres vivants les plus simples1 des infusoires2 il avait mme prs5t les organismes suprieurs comme des agrgats d'infusoires4 ,un mom5t1 les travaux d',ehr5b]g avai5t rp&u dans la sci5ce l'op9ion que la prt5due simplicit des infusoires n'tait qu'une illusion1 que la /ructure des tres microscopiques tait presque aussi complique que celle des animaux suprieurs4 ,duj>d91 pr(esseur la ,facult des sci5ces de ,r5nes1 tablit le premi] d'une faon inconte/able1 en #ahce1 que la vie p\vait s'alli] avec une simplicit d'organisation telle que la supposait ,ok52 il donnait le nom de s>code une sub/ance vivante amorphe1 qui composait elle seule le corps d'un assez gr& nombre d'tres infrieurs4 ,malgr les preuves positives que ,duj>d9 donnait de l'exi/5ce du s>code1 cette sub/ance1 vivante p> elle-mme1 fit son app>ition relativem5t peu de bruit dans la sci5ce4 ,cep5dant l'tude microscopique de la /ructure des vgtaux avait montr *ez ces organismes une rem>quable unit de /ructure4 ,on savait depuis longtemps que leurs tissus prs5tai5t une multitude de vacuoles plus ou mo9s semblables entre elles1 qu'on dsignait s\v5t s\s le nom de cellules4 ,en #ahce1 ,johannes ,mll] avait signal une /ructure semblable dans la corde dorsale des embryons de v]tbrs1 dans le cri/all91 la *orode1 les masses graisseuses4 ,s*leid51 en #ahch1 fit ressortir t\te l'importance du rle j\ p> la cellule dans l'organisation des vgtaux1 montra qu'on p\vait considr] ces tres comme des associations de cellules1 et df9it en mme temps ce qu'on devait ent5dre p> ce mot3 la cellule vgtale e/1 suivant lui1 un sphrode creux dont la p>oi e/ gnralem5t rsi/ante et encrote de cellulose1 dont le cont5u e/ demi fluide et se dispose aut\r d'une petite masse c5trale1 le noyau1 cont5ant un ou plusieurs nucloles4 ,plusieurs fois des lm5ts semblables avai5t t soigneusem5t dcrits *ez les animaux4 ,?odore ,s*wann1 frapp de la simplicit de la ?orie de ,s*leid51 runit1 en #ahci1 t\s les faits connus jusqu' lui relativem5t l'exi/5ce de cellules animales1 et proclama son t\r que t\s les animaux tai5t =ms de cellules ne diffrant de celles des vgtaux que p> la m9ceur ord9airem5t plus gr&e et p> la pla/icit de leur membrane d'enveloppe4 ,ces cellules se =mai5t1 suivant lui1 spontanm5t1 soit l'intrieur d'autres cellules1 soit dans une sub/ance amorphe int]pose entre les cellules dj exi/antes4 tant donne la df9ition des cellules admises p> ,s*leid5 et p> ,s*wann1 il tait impossible de ne pas tre frapp de l'id5tit de /ructure que l'uf de la plup>t des animaux prs5tait avec ces lm5ts4 ,l'uf tait donc une cellule4 ,en #ahbd1 ,prvo/ et ,dumas avai5t montr que le premi] phnomne du dveloppem5t consi/ait dans une segm5tation plusieurs fois rpte du cont5u de l'uf4 ,bis*(f et ,rei*]t pr\vr5t que les cellules con/itutives du corps des animaux prov5ai5t de ces sphres de segm5tation1 si bi5 que1 ds #ahdd1 ,kllik] posait en pr9cipe que1 contrairem5t l'op9ion de ,s*wann1 il n'exi/e nulle "p1 dans le dveloppem5t embryonnaire1 de =mation libre de cellules2 qu'au contraire t\tes les p>ties lm5taires du futur embryon1 de mme que t\s les lm5ts vivants de l'animal adulte1 sont les desc5dants immdiats d'un lm5t primitif unique1 l'uf4 ,les animaux sont donc des associations de cellules issues les unes des autres soit p> division1 soit p> b\rgeonnem5t1 de sorte que de *acune d'elles on peut remont] p> une srie de gnrations jusqu' l'uf4 ,comm5t concili] cette proposition1 dans sa =me absolue1 avec les obs]vations de ,duj>d9 sur les animaux uniquem5t =ms de s>code8 ,gela p>ut t\t d'abord impossible un assez gr& nombre d'anatomi/es m95ts2 mais la difficult t5ait simplem5t l'ide que ,s*leid5 et ,s*wann s'tai5t faite de l'lm5t anatomique primitif4 ,des re*]*es multiplies f9ir5t p> montr] que1 des trois p>ties con/itutives de la cellule1 la membrane d'enveloppe1 le noyau et le cont5u1 une seule tait ess5tielle3 le cont5u4 ,la cellule p>at quelquefois rduite sa membrane et son noyau2 mais alors t\s les phnomnes vitaux ont cess en elle2 elle e/ morte4 ,le cont5u e/ donc la p>tie vraim5t vivante de l'lm5t anatomique2 on lui a donn le nom de protoplasma 7,max-,s*ultze74 ,mais ce protoplasma1 p> sa con/itution et ses proprits1 e/ id5tique au s>code de ,duj>d94 ,les tres s>codiques peuv5t donc tre considrs dsormais comme =ms d'un ou plusieurs lm5ts anatomiques dp\rvus de membrane d'enveloppe1 comme le sont beauc\p d'lm5ts anatomiques des animaux suprieurs4 ,ils r5tr5t dans la rgle gnrale1 la seule condition de df9ir l'lm5t anatomique comme une masse de protoplasma ou de s>code1 de taille limite1 d\e d'une vie indp5dante1 produisant ord9airem5t un noyau son intrieur et p\vant s'isol] en s'enveloppant d'une membrane plus ou mo9s rsi/ante4 ,l'lm5t1 anatomique a9si compris e/ ce que ,hckel a nomm un pla/ide1 dnom9ation simple et que n\s p\vons ds ma9t5ant adopt]1 quoiqu'elle soit de date relativem5t rc5te4 ,le protoplasma vivant n'e/ encore connu qu' l'tat de pla/ides1 c'e/--dire de masses limites dont la dim5sion et la =me sont du re/e extrmem5t v>iables et que l'on peut considr] comme autant d'individus4 ,on ne peut cit] aucun exemple avr de pla/ides se =mant spontanm5t soit aux dp5s des matires organiques libres1 soit dans un milieu dj organis4 ,le plus gr& nombre des hi/ologi/es ont cet g>d confirm les affirmations de ,kllik]1 et les classiques re*]*es de ,m4 ,pa/eur ont montr que1 dans t\s les cas o l'on avait cru voir des pla/ides ou des gr\pes de pla/ides se =m] spontanm5t en dehors des organismes1 on avait t victime d'illusions4 ,t\t pla/ide a donc t produit p> un autre pla/ide4 ,un pla/ide isol peut produire des pla/ides qui1 aussitt =ms1 s'isol5t les uns des autres2 c'e/ le cas des tres les plus simples4 ,mais d'un pla/ide unique peuv5t aussi natre des pla/ides de/9s demeur] t\j\rs associs1 et c'e/ ce qui arrive p\r t\s les animaux1 depuis les ponges et les polypes jusqu' l'homme1 p\r t\s les vgtaux autres que les cryptogames monocellulaires4 ,t\s les tres vivants sont donc des associations de pla/ides1 proposition fondam5tale1 qui e/ la base de l'hi/ologie1 et dont on doit surt\t ,claude ,b]n>d d'avoir fait nettem5t ressortir t\te l'importance p\r la physiologie gnrale4 ,mme dans leurs associations les plus complexes1 les pla/ides qui con/itu5t un tre vivant ne p]d5t jamais compltem5t leur indp5dance4 ,*acun d'eux vit p\r son compte1 comme un tre autonome1 et les div]ses fonctions physiologiques de l'animal ne sont autre *ose que la rsultante des actes accomplis p> un c]ta9 gr\pe de pla/ides4 ,il suit de l que la physiologie t\t entire1 disons plus1 que l'hi/oire entire de la vie de l'animal ou du vgtal n'e/ autre *ose que celle des pla/ides qui le con/itu5t4 ,si l'on p\vait compt] les pla/ides d'un organisme1 si l'on connaissait leurs positions respectives1 leurs proprits1 leur filiation1 non seulem5t on connatrait t\tes les fonctions de cet organisme1 mais on p\rrait aussi retrac] son dveloppem5t embryognique et prdire le sort qui l'att5d4 ,les pla/ides sont donc1 dans l'tat actuel de la sci5ce1 les lm5ts anatomiques dont les proprits initiales dom95t t\te l'volution organique1 dont l'tude doit f\rnir le po9t de d"p de t\te ?orie gnrale relative aux tres vivants4 ,t\s les organismes comm5ant actuellem5t p> n'tre qu'un pla/ide unique1 l'uf animal ou l'uf vgtal1 l'volution embryognique m>*ant rellem5t du simple au compos1 et prs5tant des phnomnes d'autant plus complexes que l'tre qu'il s'agit de tir] de l'uf doit tre lui-mme plus compliqu1 la m?ode des sci5ces exprim5tales indique que l'on doit1 p\r arriv] compr5dre les phnomnes de dveloppem5t et de reproduction *ez les animaux suprieurs1 en dt]m9] d'abord t\s les traits *ez les organismes infrieurs et s'lev] graduellem5t jusqu'aux v]tbrs les plus p>faits4 ,cela p>atra une rgle de simple bon s5s2 mais les v]tbrs ayant t p5dant longtemps les seuls animaux dont l'organisation tait l'objet de srieuses re*]*es1 leur embryognie a t1 p> cela mme1 la premire qu'on ait tudie1 c'e/ elle qu'on n'a cess de v\loir ram5] t\s les phnomnes embryogniques1 comme on avait dj *]* y ram5] les phnomnes de la gnration alt]nante2 de l1 une m?ode vicieuse d'explication qui pse encore l\rdem5t sur t\tes les conceptions relatives l'embryognie gnrale#abf4 ,si l'on suit l'ordre logique1 si l'on essaye de dt]m9] dans les types les plus infrieurs des ponges1 des cl5trs1 des *9od]mes1 des v]s1 des articuls1 quelle e/ la m>*e du dveloppem5t1 aussitt une rgle gnrale app>at4 ,l'uf ne produit presque jamais directem5t un organisme semblable celui d'o il provi5t2 il produit d'abord un tre trs simple4 ,*ez les ponges1 *ez les hydromduses1 c'e/ le premi] individu de la colonie2 *ez les coralliaires1 *ez les *9od]mes1 c'e/ un organisme sans t5tacules1 sans bras1 sans rayons1 qui devi5dra la p>tie c5trale de l'animal adulte2 *ez les v]s1 c'e/ ce qu'on a appel une tro*osphre2 *ez les articuls1 c'e/ un nauplius4 ,la tro*osphre et le nauplius reprs5t5t simplem5t le premi] anneau du corps de l'animal en voie de =mation4 ,ce premi] anneau fait t\j\rs p>tie de la tte de l'animal adulte et p>fois la con/itue lui seul2 il correspond exactem5t1 au po9t de vue de son mode de =mation1 au premi] individu de la colonie de polypes1 la p>tie c5trale de l'animal rayonn4 ,il n'en diffre que p>ce qu'il demeure libre1 t&is que le premi] individu de la colonie de polypes ne t>de pas se fix] au sol4 ,le premi] polype1 la tro*osphre1 le nauplius se correspond5t aussi d'une faon complte au po9t de vue du rle qu'ils auront remplir dans la suite de l'volution de l'animal3 p> un b\rgeonnem5t plus ou mo9s irrguli]1 le premi] polype et ses desc5dants con/itu]ont la colonie arboresc5te dont ils font p>tie2 p> un b\rgeonnem5t priphrique la p>tie c5trale du rayonn a*v]a de produire l'animal adulte2 p> un b\rgeonnem5t rguli]1 s'effectuant dans une direction unique1 la tro*osphre et le nauplius con/itu]ont la *ane d'anneaux qui compos5t le corps d'un v] annel ou d'un ar?ropode4 ,entre les animaux =ms de segm5ts placs b\t b\t et les colonies ramifies de polypes1 il n'y a de diffr5ce que relativem5t la direction dans laquelle s'accomplit le b\rgeonnem5t4 ,c'e/ ce que ,*>les ,bonnet avait dj compris lorsqu'il comp>ait l'organisation du tnia celle des arbres1 faisant rem>qu] que *acun des anneaux de cet animal p\vait tre considr comme un individu di/9ct1 et lorsqu'il tablissait#abg l'analogie intime qui exi/e1 suivant lui1 entre la reproduction des p>ties p]dues *ez les v]s de t]re et le b\rgeonnem5t des plantes#abh4 ,cuvi] avait pris1 au contraire1 la comp>aison au reb\rs lorsqu'il considrait comme des animaux plusieurs b\*es les p5natules et les colonies de polypes2 c'e/ aussi ce qu'avait fait ,dugs1 et c'e/ ce qui emp*ait sa ,?orie de la con=mit organique1 si fconde qu& on en fait une application suivie l'anatomie comp>e1 de se prt] une sy/matisation complte des phnomnes embryogniques4 ,n\s avons vu cette sy/matisation t5te p> ,m4 de ,quatrefages2 mais l encore l'illu/re savant1 ayant pris l'homme comme po9t de d"p1 e/ conduit re*]*] des analogies1 non donn] une explication dans le s5s o les physici5s ent5d5t ce mot4 ,si l'on s'en ti5t la m?ode des physici5s comme le v\lait dj ,bi*at1 cette explication doit tre dduite des proprits mmes des lm5ts anatomiques des pla/ides vivant l'tat isol4 ,or1 ces proprits sont les suivantes3 #a les pla/ides1 dans des conditions conv5ables de nutrition1 s'accroiss5t p5dant un c]ta9 temps2 #b ceux de *aque sorte ne peuv5t dpass] un c]ta9 maximum de taille1 au del duquel ils se divis5t p\r donn] naissance de n\veaux pla/ides semblables eux2 c'e/ en cela que consi/e ce qu'on appelle leur reproduction2 #c les pla/ides subiss5t l'influ5ce des conditions dans lesquelles ils sont placs2 leur figure extrieure1 leurs proprits physiologiques peuv5t tre modifies p> les circon/ances2 les pla/ides j\iss5t donc d'une c]ta9e v>iabilit4 ,les pla/ides associs ns de l'uf cons]v5t ces proprits ess5tielles de nutrition1 de reproduction et de v>iabilit1 qu'on obs]ve *ez les pla/ides isols2 d'ailleurs1 ils demeur5t dans une l>ge mesure indp5dants les uns des autres2 mais1 en raison mme du nombre de ceux qui sont associs1 *acun se tr\ve plac dans des conditions d'exi/5ce p>ticulires1 vit d'une faon qui lui e/ propre1 prs5te des c>actres extrieurs spciaux2 il en rsulte bi5tt1 entre les div]s lm5ts1 un p>tage des fonctions physiologiques qui contribu5t assur] l'exi/5ce de l'association t\t entire2 ce p>tage des fonctions r5d les lm5ts entre lesquels il s'accomplit d'autant plus solidaires les uns des autres qu'il e/ plus exclusif1 de telle sorte que la dissolution de leur socit f9it p> entran] ncessairem5t leur mort2 a9si se con/itu5t les individus qui rsult5t immdiatem5t de l'volution de l'uf1 et les organes qu'ils conti5n5t4 ,ces individus en b\rgeonnant produis5t des agrgats complexes dont les membres1 auxquels ,dugs appliquait uni=mm5t la dnom9ation de zoonites1 se comport5t l'g>d les uns des autres comme l'ont fait les pla/ides dont *acun d'eux e/ compos4 ,ces individus de second ordre1 s\s l'empire de c]ta9es conditions1 revt5t des =mes p>ticulires1 accompliss5t des fonctions spciales et peuv5t se sp>] les uns des autres ou demeur5t indf9im5t unis4 ,les diffr5ts phnomnes dsigns s\s les noms de gnration alt]nante1 de dig5se1 de gnag5se1 etc41 ne sont autre *ose que le rsultat de cette sp>ation prcoce ou t>dive des individus de second ordre1 plus ou mo9s diffr5ts les uns des autres1 ns sur l'individu primitif4 ,lorsque la sp>ation des zoonites n'a pas lieu1 l'ensemble des individus unis entre eux con/itue un organisme auquel on applique le nom de colonie1 si les membres de l'association sont nettem5t di/9cts les uns des autres et p>aiss5t avoir cons]v une gr&e "p de leur autonomie2 auquel on transporte le nom d'individu lorsque les zoonites con/ituants sont mo9s nettem5t sp>s ou qu'ils sembl5t t\s dom9s p> une volont unique ne p>aissant rsid] d'une faon plus p>ticulire dans aucun d'eux4 ,on voit p> l combi5 e/ vague la signification de ce mot individu qu'on peut transport] volont du pla/ide un agrgat de pla/ides1 de cet agrgat simple une association d'agrgats semblables lui1 combi5 e/ arbitraire la limite entre ce qu'on nomme colonie et ce qu'on nomme individu4 ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire avait dj t frapp de ces passages de la colonie l'individu sur lesquels l'att5tion s'e/ vivem5t porte dans ces d]nires annes4 ,dans sa belle ,hi/oire naturelle gnrale des rgnes organiques#abi1 il emploie le mot communaut au lieu du mot qui e/ demeur plus usit de colonie1 et il expose a9si le p>allle tablir entre ces communauts et ce qu'on appelle ord9airem5t des individus4 ,comme ceux-ci1 dit-il#acj1 la communaut a son unit ab/raite et son exi/5ce collective2 c'e/ une runion d'individus1 et s\v5t en nombre imm5se2 et p\rtant elle peut et doit tre considre elle-mme comme un seul individu1 comme un tre un1 bi5 que compos4 ,et elle e/ telle1 non pas seulem5t p> une ab/raction plus ou mo9s rationnelle2 elle l'e/ en ralit1 matriellem5t1 p\r nos s5s aussi bi5 que p\r notre esprit1 tant con/itue1 comme un tre organis1 de p>ties cont9ues et rciproquem5t dp5dantes2 t\tes fragm5tes d'un mme ensemble1 bi5 que *acune soit elle-mme un ensemble plus ou mo9s nettem5t circonscrit2 t\tes membres d'un mme corps1 quoique *acune con/itue un corps organis1 un petit t\t4 ,si bi5 que la communaut t\t entire j\it aussi d'une exi/5ce relle et di/9cte1 p> consqu5t individuelle1 s'il e/ vrai que l'individualit soit ce qui fait qu'un tre a une exi/5ce di/9cte d'un autre tre4 ,t\te communaut runit a9si en elle deux exi/5ces1 deux vies1 deux individualits p\r a9si dire1 sup]poses l'une l'autre444 et la df9ition que n\s avons donne de la communaut peut1 en d]nire analyse1 se rsum] en ces t]mes3 un individu compos d'individus2 ou encore3 des individus dans un individu4 ,comme la famille1 la socit et l'agrgat1 la communaut peut tre trs div]sem5t con/itue4 ,la fusion anatomique1 et p> suite la solid>it physiologique des individus runis1 peuv5t tre limites quelques po9ts et quelques fonctions vitales1 ou s't5dre presque la totalit des organes et des fonctions4 ,t\s les degrs int]mdiaires peuv5t aussi se prs5t]1 et l'on passe p> des nuances ins5sibles d'tres organiss *ez lesquels les vies associes re/5t encore presque entirem5t indp5dantes et les individualits nettem5t di/9ctes1 d'autres o les vies sont de plus en plus dp5dantes et mixtes1 et aprs ceux-ci d'autres encore o t\tes les vies se confond5t en une vie commune1 o t\tes les individualits proprem5t dites disp>aiss5t plus ou mo9s compltem5t dans l'individualit collective4 ,on s'att5drait1 aprs cette admirable comp>aison de la communaut et de l'individu1 voir ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire montr] comm5t les polypes hydraires se s\d5t entre eux p\r produire des mduses1 comm5t les zoonites des v]s annels1 des ar?ropodes se solid>is5t1 se modifi5t p\r remplir des fonctions inutiles l'un d'entre eux en p>ticuli]1 mais indisp5sables l'exi/5ce de l'ensemble dont ils font p>tie1 comm5t les phnomnes que n\s prs5t5t t\s les degrs les communauts p]mett5t d'expliqu] la =mation des organismes complexes v]s lesquels il semble1 d'aprs ses propres p>oles1 qu'elles n\s conduis5t pas pas4 ,on v\drait lui voir dire que l'hi/oire des communauts e/ une srie d'expri5ces spontanm5t prp>es p> la nature p\r n\s faire connatre les procds au moy5 desquels elle con/itue les organismes suprieurs4 ,mais non3 de l'expri5ce faite aucune conclusion n'e/ tire4 ,c'e/ p> la coalesc5ce1 la s\dure1 la fusion plus ou mo9s complte de ses individus con/ituants1 que les colonies pass5t aux organismes suprieurs2 au lieu d'lev] la communaut dans la srie organique1 comme l'entrevoyait dj ,dugs1 cette coalesc5ce des individus ne fait1 au contraire1 suivant ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 que dgrad] la colonie4 ,dans un gr\pe de mollusques composs1 p\rsuit-il1 dans un polypi]1 on con/ate facilem5t l'individualit de *acun des mollusques ou des polypes composants1 et celle-ci prvaut manife/em5t sur l'individualit collective3 dans l'arbre1 l'une et l'autre se balanc5t1 ou mme celle-ci comm5ce prvaloir2 elle l'emporte dans l'ponge ce po9t que l'individualit proprem5t dite n'exi/e plus vrai dire que ?oriquem5t444 il tait dj difficile de montr] les individus d'une communaut vgtale2 le nombre de ceux qui compos5t une masse spongiaire *appe non seulem5t t\t calcul1 mais t\te valuation2 il e/ littralem5t indf9i4 ,et aussitt aprs3 ,la communaut ne s'obs]ve normalem5t que p>mi les vgtaux1 rgne o la vie unitaire n'exi/e gure que p> exception1 et *ez les animaux des embran*em5ts infrieurs4 ,p\r en tr\v] des exemples dans les rangs suprieurs de l'animalit et *ez l'homme1 il faut la dem&] la tratologie2 et encore la communaut se rduit-elle ici presque t\j\rs l'union des deux individus1 et de deux individus qui1 dans la plup>t des cas1 ne peuv5t prolong] leur exi/5ce au del de la vie ftale4 ,a9si le fil conducteur e/ compltem5t p]du4 ,c'e/ que la "q n'e/ pas encore mre4 ,on voit bi5 l'unit de la communaut se con/itu] pice pice dans les embran*em5ts infrieurs du rgne animal p> la fusion d'individualits d'abord di/9ctes2 mais le fait qu'un organisme relativem5t lev peut procd] de la solid>isation d'un c]ta9 nombre d'organismes plus simples e/ compltem5t nglig1 et dans t\s les cas on ne songe pas que cet organisme si compltem5t un1 ce t\t si ess5tiellem5t indivisible1 qu'on appelle un v]tbr ou mme un ar?ropode1 puisse avoir t ralis p> un procd analogue celui qui tire un siphonophore ou une mduse d'une colonie d'hydres4 ,l'opposition entre les organismes infrieurs aptes vivre en colonie et les animaux suprieurs ess5tiellem5t isols les uns des autres1 ess5tiellem5t individuels1 en quelque sorte1 e/ dj bi5 nette dans la doctr9e d',isidore ,ge(froy2 mais cette faon de voir e/ surt\t manife/e dans les belles leons pr(esses en #ahfc1 au ,musum d'hi/oire naturelle1 p> l'un des savants qui ont le mieux tudi les colonies des coralliaires1 ,m4 le pr(esseur de ,lacaze-,du?i]s#aca4 ,dans une de ces leons1 aprs avoir trac les gr&s traits de l'organisation des animaux sans v]tbres1 le savant fondateur des laboratoires de ,rosc(f et de ,banyuls s'exprime a9si3 ,une seconde notion acqurir1 en ce qui conc]ne les inv]tbrs1 e/ celle de la complexit dans un mme tre4 ,dans presque t\s ces animaux1 ce qu'on appelle ord9airem5t un individu n'e/ autre *ose qu'une runion1 une colonie de petits individus plus ou mo9s di/9cts1 dsigns s\s le nom gnral de zoonites4 ,p\r =m] l'tre complexe1 ces zoonites s'assembl5t soit en srie l9aire1 soit en masse selon deux ou trois dim5sions4 ,l'assimilation entre les v]s annels1 les ar?ropodes et les colonies de polypes e/ complte dans le passage que n\s v5ons de cit]1 comme dans le ,mmoire sur la con=mit organique4 ,les polypes de la colonie1 les anneaux du v]1 de l'insecte port5t galem5t le nom de zoonites4 ,le procd au moy5 duquel les colonies s'lv5t la dignit d'organisme e/ aussi le mme que ,dugs1 ,m4 ,milne ,edw>ds1 ,ri*>d ,ow5 ont successivem5t signal4 ,m4 de ,lacaze ,du?i]s e/ d'ailleurs plus prs de ,dugs qu',isidore ,ge(froy2 il complte p>fois la p5se du naturali/e de ,montpelli] p> d'+nieux comm5taires3 ,dans les types infrieurs1 t\s les individus d'une colonie l9aire ou irrgulire sont peu prs semblables entre eux et j\iss5t d'une indp5dance relative considrable1 mais peu peu se manife/e une solid>it de plus en plus troite1 consqu5ce =ce de la division du travail physiologique4 ,dans une colonie d',hydres d'eau d\ce1 p> exemple1 les individus ne sont lis entre eux que p> leur extrmit infrieure2 les extrmits munies de t5tacules sont t\tes libres et fonctionn5t sp>m5t4 ,les div]ses espces de clavel9es1 app>t5ant la classe des molluscodes tunici]s1 viv5t runies sur des prolongem5ts radici=mes qu'on peut comp>] des /olons de fraisi]2 mais elles sont du re/e libres dans t\tes leurs actions4 ,dans quelques autres g5res d'ascidies composes1 les colonies sont enf]mes *acune dans une enveloppe *>nue et unique1 munie d'une seule ouv]ture1 p> laquelle s'opre la dfcation3 il y a dj mo9s d'indp5dance dans les fonctions vitales4 ,les siphonophores prs5t5t des colonies bi5 curieuses p> leur composition4 ,leurs zoonites se spcialis5t d'une faon t\te p>ticulire2 c]ta9s d'entre eux1 s\s la =me de filam5ts allongs1 t]m9s p> des v5t\ses ou des espces de h>pons1 sont les zoonites p*eurs3 ils saisiss5t les alim5ts et les donn5t aux zoonites digrants1 =ms *acun d'une simple cavit vsiculaire ou trompe ga/rique2 d'autres zoonites s]v5t la locomotion2 enf9 des zoonites spciaux ont p\r fonction de donn] naissance des individus n\veaux4 ,m4 de ,lacaze-,du?i]s insi/e plus lo9 sur la facilit p>ticulire que les colonies l9aires prs5t5t la solid>isation3 ,dans une colonie l9aire1 il y a1 en gnral1 des rapports =cs entre un zoonite et ses deux vois9s1 rapports qui modifi5t sa =me plus ou mo9s compltem5t4 ,dans les colonies en masse1 cette ncessit de relation e/ mo9s absolue2 aussi devons-n\s n\s att5dre tr\v] ces zoonites trs peu diffr5ts les uns des autres2 c'e/ ce que vrifie l'obs]vation4 ,peut-tre cette d]nire affirmation a-t-elle t un peu exagre1 peut-tre aussi p\rrait-on conte/] que les rapports =cs que dans une colonie l9aire *aque zoonite contracte avec ses vois9s ai5t eu sur sa =me une influ5ce prpondrante2 mais il s'agit ici de phrases recueillies dans une leon o la prcision du langage e/ plus ou mo9s subordonne la ncessit de frapp] autant que possible l'esprit des auditeurs4 ,le p]fectionnem5t plus considrable promis en quelque sorte aux colonies l9aires n'en e/ pas mo9s =tem5t saisi1 et l'un des rsultats importants de ce p]fectionnem5t e/ mme indiqu3 ,si ord9airem5t *aque zoonite possde un c5tre n]veux1 il faut cep5dant rem>qu] que1 *ez les inv]tbrs suprieurs1 il semble y avoir une t5dance conc5tr]1 p\r a9si dire1 ce sy/me n]veux la p>tie antrieure de l'animal4 ,la t5dance la conc5tration des organes primitivem5t dissm9s dans *acun des zoonites1 la solid>isation des zoonites1 c'e/--dire la conc5tration de leurs fonctions1 voil donc quelques-uns des c>actres p> lesquels les organismes suprieurs se di/+u5t des simples colonies4 ,il peut sembl] auj\rd'hui naturel de voir dans la haute individualit des v]tbrs le d]ni] t]me de cette conc5tration3 si les travaux de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et de ,dugs n'y avai5t prp> qu'incompltem5t les esprits1 les re*]*es anatomiques1 physiologiques et embryogniques qui se sont succd dans ces d]ni]s temps ne laiss5t plus de d\te1 cet g>d1 que dans l'esprit des irrconciliables de t\tes les coles2 mais1 en #ahfc1 les preuves que le ,v]tbr e/ lui aussi dcomposable en zoonites tai5t lo9 d'tre faites1 et ,m4 de ,lacaze-,du?i]s1 au lieu de voir dans les v]tbrs la suite1 le c\ronnem5t1 de la longue srie des animaux sans v]tbres1 oppose1 au contraire1 d'une faon absolue les reprs5tants des deux s\s-embran*em5ts que ,lam>ck avait tablis dans le rgne animal4 ,il n'y a pas1 dit-il1 que le sy/me n]veux1 ou sa place les v]tbres1 qui diffr5ci5t nettem5t les animaux v]tbrs des animaux inv]tbrs4 ,s\s bi5 des rapports1 ceux-ci diffr5t totalem5t des premi]s4 ,cette sp>ation presque absolue1 qui a s\lev les critiques si ob/9es des naturali/es de l'cole dite philosophique1 p>mi lesquels n\s voyons ,ge(froy ,sa9t-,hilaire en ,france4 ,g! et ,ok5 en ,allemagne1 dem&e tre tablie p> quelques dveloppem5ts4 ,une des premires notions acqurir e/ relative la di/ribution diffr5te1 *ez les v]tbrs et *ez les inv]tbrs1 de cette *ose si my/rieuse dans son ess5ce mme1 cause suivant les uns1 effet suivant les autres1 qu'on appelle la vie444 ,si l'on reg>de la vie comme une cause1 un pr9cipe d'action ayant son orig9e dans tel ou tel po9t de l'organisme1 et si l'on n\s p]met de reprs5t]1 p\r a9si dire1 la vie p> une quantit qui s]a plus ou mo9s gr&e suivant la puissance plus ou mo9s gr&e aussi de l'effet produit1 n\s dirons que *ez les inv]tbrs la vie semble tre rp&ue en gales quantits dans t\tes les p>ties de l'organisme4 ,*ez les v]tbrs1 au contraire1 la vie se conc5tre en un po9t p>ticuli] de *aque individu1 ou du mo9s dans une p>tie re/re9te de son tre4 ,que si l'on veut voir dans la vie un effet1 une rsultante1 on p\rra exprim] le pr9cipe que n\s v\lons nonc] en disant que1 *ez les ,inv]tbrs1 cette rsultante ne p>at pas tre la consqu5ce de l'action plus p>ticulire de tel ou tel po9t de l'organisme1 comme cela a lieu *ez les v]tbrs1 o1 p\r employ] une expression un peu trop rig\reuse p\r de tels objets1 la rsultante semble applique un ou plusieurs organes spciaux et di/9cts4 ,un exemple f]a mieux ressortir le fait en "q4 ,que l'on c\pe une patte un *i52 "p le tr\ble t\t local qu'pr\v]a l'conomie1 l'animal peut cont9u] vivre4 ,si l'on p\rsuit la mutilation1 on peut la p\ss] peut-tre assez lo9 sans que la vie cesse2 mais on arrive t\j\rs un po9t de l'organisme tel que1 lorsqu'il e/ atte9t1 la vie disp>at brusquem5t4 ,ce po9t rem>quable o semble se conc5tr] la vie1 ce nud vital1 p\r employ] l'expression de ,m4 ,fl\r5s1 se retr\ve *ez t\s les v]tbrs4 ,on peut aussi reprs5t] la mme ide en rappelant l'image la fois saisissante et pittoresque de ,bi*at1 qui montre la vie comme supporte p> un trpi$ dont les trois pi$s sont le cur1 le p\mon et le c]veau4 ,que l'un des trois soit dtruit1 le trpi$ bascule1 la vie cesse4 ,p> opposition1 pr5ons un insecte ou t\t autre articul4 ,c\pons les p>ties de son corps1 sp>ons sa tte mme3 la vie ne disp>at po9t4 ,essayons l'in/ant des mutilations dans t\s les s5s1 il e/ bi5 vid5t que la mort f9ira t\j\rs p> arriv]2 mais n\s ne tr\v]ons pas dans cet animal un po9t analogue au nud vital1 ou l'un des trois organes fondam5taux que n\s avons tr\vs *ez les v]tbrs1 po9t ou organe dont la lsion amn]ait une disp>ition brusque de la vie4 ,a9si le v]tbr e/ bi5 ici reprs5t comme exactem5t oppos l'inv]tbr4 ,entre l'un et l'autre1 il exi/e des diffr5ces fondam5tales2 la vie se comporte t\t autrem5t dans le s\s-rgne privilgi auquel n\s ratta*e notre /ructure anatomique1 et le s\s-rgne o quelques zoologi/es confond5t encore ple-mle1 l'exemple de ,lam>ck1 t\s les autres types organiques4 ,c'e/ bi5 la c5tralisation exceptionnelle que l'on obs]ve *ez les v]tbrs suprieurs qui fait que l'on considre le v]tbr comme un tre "p2 mais1 d'un ct1 cette c5tralisation a t exagre p> ,bi*at1 comme le pr\ve l'exemple de la p\le de ,fl\r5s qui vcut un mois priv de son c]veau1 comme le pr\ve la prdom9ance de plus en plus gr&e des fonctions de la moelle p9ire sur celles du c]veau mesure que l'on considre des types de v]tbrs plus infrieurs2 d'un autre ct1 cette c5tralisation e/ le phnomne mme qui amne graduellem5t les communauts l'tat d'organisme individuel2 n\s l'avons vue p>v5ir dj un haut degr *ez les ,ar?ropodes2 elle ne fait que s'lev] un degr de plus *ez les v]tbrs1 et cette diffr5ce du plus au mo9s peut-elle faire oubli] les rapports successivem5t signals p> ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,ampre1 ,dugs1 ,g!1 ,ok51 ,ri*>d ,ow51 ,leydig1 ,m4 de ,quatrefages entre l'organisation segm5taire ou le mode de dveloppem5t des v]tbrs et l'organisation segm5taire ou le mode de dveloppem5t des v]s annels et des ar?ropodes8 videmm5t non4 ,s'il en e/ a9si1 si les v]tbrs sont rellem5t =ms de zoonites comme les inv]tbrs1 s'ils ne diffr5t que p> un degr de coalesc5ce plus gr& de leurs zoonites1 il n'y a plus lieu de les mettre "p2 la mme loi d'volution s'applique au rgne animal t\t enti]4 ,*ez les v]tbrs1 comme *ez les inv]tbrs1 la complication organique a t obt5ue p> la fusion plus ou mo9s complte de zoonites ayant b\rgeonn les uns sur les autres et dont le premi]1 auquel on peut donn] le nom de protomride#acb1 tait seul orig9airem5t le produit direct de l'uf4 99 99 99 99 99 ,en rsum1 t\t cet ensemble de faits et d'ides conduit donc ncessairem5t une conception simple de l'volution de l'individualit animale4 ,elle e/ d'abord rduite un pla/ide unique1 l'uf2 l'uf produit p> une division rpte de sa sub/ance un plus ou mo9s gr& nombre de pla/ides n\veaux4 ,ces pla/ides n\veaux peuv5t se sp>] ds qu'ils sont =ms1 et se multipli] leur t\r s\s la mme =me ou s\s des =mes diffr5tes2 c'e/ ce qui arrive *ez un gr& nombre de protozoaires4 ,la division de l'uf peut tre ou non prcde de son mlange intime avec un lm5t semblable lui ou en =me de filam5t mobile4 ,dans le premi] cas il y a conjugaison2 dans le second fcondation4 ,la fcondation prcde presque t\j\rs la division de l'uf lorsque celle-ci doit am5] la production de pla/ides de/9s demeur] associs2 son abs5ce con/itue le phnomne de la p>?nog5se4 ,les pla/ides qui demeur5t associs1 ne sont pas a/re9ts cons]v] une =me unique2 ils =m5t1 ds qu'ils se diffr5ci5t1 un organisme relativem5t simple1 sans type df9i1 auquel n\s donn]ons le nom de mride#acc4 ,les mrides se multipli5t comme les pla/ides3 tantt ils produis5t directem5t des ufs2 tantt ils donn5t naissance des mrides n\veaux qui peuv5t1 ds qu'ils sont =ms1 se sp>] de leur p>5t et vivre d'une faon indp5dante3 c'e/ le cas de quelques ponges infrieures1 de l'hydre d'eau d\ce et d'un c]ta9 nombre de v]s infrieurs4 ,une p>tie des phnomnes de la gnration alt]nante et de la gnagnse se ratta*e ce mode de dveloppem5t des mrides j\issant de ce que ,van ,b5$5 a appel la dignse4 ,les mrides ns les uns des autres peuv5t aussi demeur] unis entre eux4 ,ils =m5t alors ce qu'on nomme des communauts ou des colonies4 ,les mrides d'une mme colonie peuv5t revtir des =mes div]ses1 accomplir des fonctions diffr5tes2 des gr\pes de mrides appropris ces fonctions peuv5t se dta*] de la colonie sur laquelle ils sont ns et donn] lieu aux cas les plus rem>quables de gnagnse ou de gnration alt]nante4 ,c'e/ ce qu'on obs]ve dans la gnration alt]nante des mduses et des annlides4 ,mais aussi t\s les mrides ns les uns des autres peuv5t demeur] unis entre eux1 se modifi] de faons diffr5tes1 dev5ir tellem5t solidaires qu'ils soi5t insp>ables2 leur ensemble con/itue alors un organisme n\veau ayant t\s les c>actres d'un individu2 c'e/ le cas de t\s les animaux suprieurs auxquels on peut donn] le nom de zodes ou de dmes1 suivant qu'ils sont directem5t dcomposables en mrides ou qu'il faut d'abord di/+u] en eux des gr\pes de mrides1 de zodes1 ayant des proprits ou des fonctions p>ticulires1 comme *ez les animaux dont le corps prs5te plusieurs rgions di/9ctes4 ,qu& le protomride se fixe1 il produit p> b\rgeonnem5t des colonies irrgulires1 arboresc5tes1 ramifies ou incru/antes1 sur lesquelles il suffit qu'un c]ta9 nombre d'individus quival5ts entre eux se rappro*5t aut\r d'un c5tre commun p\r produire des organismes rayonns4 ,qu& le protomride demeure libre et rampant1 il prs5te une symtrie bilatrale1 ne produit de b\rgeons qu' son extrmit po/rieure et donne naissance des organismes segm5ts dont les v]s annels1 les ar?ropodes et les v]tbrs sont les pr9cipales =mes4 ,les diffr5ts modes de symtrie qui c>actris5t les gr&s types organiques tr\v5t donc une explication rationnelle1 et il n'e/ plus ncessaire de faire int]v5ir directem5t une p5se cratrice di/9cte p\r en r5dre compte4 ,la production du protomride1 la =mation des mrides et des zodes1 t\s les phnomnes de reproduction qui ne ncessit5t pas la fcondation1 t\s ces phnomnes de mtagnse1 peuv5t avoir lieu successivem5t et =m] plusieurs tapes plus ou mo9s di/9ctes du dveloppem5t2 elles peuv5t aussi avoir lieu plus ou mo9s rapidem5t et s\v5t assez vite p\r s'tre dj accomplies avant l'closion2 c'e/ grce au degr plus ou mo9s gr& de cette acclration des phnomnes mtagnsiques qu'il semble exi/] *ez les animaux plusieurs types de dveloppem5t4 ,cette acclration arrive son maximum *ez les organismes les plus levs de *aque gr\pe3 c]ta9es mduses1 quelques-uns des *9od]mes actuels1 les cru/acs suprieurs1 les ara*nides1 les insectes1 les mollusques1 les v]tbrs sort5t a9si de l'uf avec t\s les mrides qui doiv5t les con/itu] et ne subiss5t plus que des modifications de dtail1 t&is que la plup>t des cl5trs1 les cr9odes1 le plus gr& nombre des v]s et des cru/acs infrieurs ne possd5t encore leur naissance qu'un petit nombre de mrides et s\v5t un seul4 ,a9si une mme ?orie runit t\s les gr&s traits de la =mation graduelle et de la /ructure df9itive des individus organiss4 ,ri5 n'e/ plus simple que de faire compr5dre ce que sont ces individus1 si l'on *]*e d'abord comm5t ils se sont raliss1 si on les considre comme un rsultat2 ri5 n'e/ plus difficile que de les df9ir si on les considre indp5damm5t de t\tes les =mes qu'ils ont prs5tes1 si on s'ob/9e voir en eux des faits primordiaux4 ,n\s retr\vons ici l'opposition que n\s avons dj signale entre la cl>t qu'apporte dans les sci5ces naturelles l'hypo?se du trans=misme et l'inextricable confusion qu'entrane avec elle et p>t\t l'hypo?se de la fixit des =mes vivantes4 ,c'e/ une erreur que de v\loir englob] dans une mme df9ition l'individu tel que n\s le montr5t les gr\pes suprieurs du rgne animal et les =mes flottantes si frqu5tes dans les gr\pes infrieurs2 l l'individu n'exi/e pas encore4 ,il e/ presque inutile de faire rem>qu] que la ?orie de la =mation de l'individualit que n\s v5ons d'expos]1 peut tre prs5te comme indiquant galem5t la voie qu'ont d suivre les tres vivants p\r arriv] leur degr actuelle de complication1 si la vie a comm5c sur la t]re p> des =mes simples comp>ables aux pla/ides4 ,*]*] quelles ont pu tre les conditions de cette app>ition e/ p]mis2 mais l n\s en sommes rduits aux conjectures4 ,quelles conditions ont prsid la =mation des premi]s pla/ides8 ,p\rquoi cette =mation p>at-elle avoir cess8 ,p\rquoi sommes-n\s demeurs incapables jusqu'ici de =m] de t\tes pices du protoplasme vivant8 ,ce sont l des que/ions auxquelles n\s n'entrevoyons mme pas de rponse sci5tifique4 ,d'ailleurs aucune sci5ce n'a pu remont]1 p\r les phnomnes dont elle s'occupe1 jusqu' ces que/ions d'orig9e3 l'a/ronomie ignore d'o vi5t la matire et comm5t se sont =ms les a/res dont elle tudie la c\rse et la con/itution2 la physique ne connat pas la cause des div]ses sortes de m\vem5ts et de leurs rhy?mes1 bi5 qu'elle ait su en*an] p> des lois ma?matiques les innombrables phnomnes que produis5t la pesanteur1 la *aleur1 la lumire1 l'lectricit1 le magntisme1 simples =mes du m\vem5t2 la *imie *]*e encore p\rquoi il exi/e des corps simples et dans quelles conditions ces lm5ts1 en app>5ce immuables1 ont pu pr5dre naissance4 ,la biologie1 rs]vant la "q de la premire app>ition de la vie et de la sub/ance vivante1 demeure dans les conditions communes t\tes les sci5ces d'obs]vation4 ,il lui suffit d'avoir acquis la connaissance des lm5ts dont les comb9aisons v>ies con/itu5t les tres vivants qu'elle tudie4 ,avant l'app>ition du livre de ,d>w91 t\s les traits ncessaires la con/itution de cette ?orie de l'individualit animale tai5t dans la sci5ce2 il n'e/ pas un de ses *apitres qui ne se soit prs5t un mom5t donn l'esprit de quelque naturali/e4 ,mais t\s ces traits tai5t p>s2 c'e/ seulem5t dans ces d]nires annes qu'ils ont pu tre runis4 ,l'individu tant a9si connu dans sa con/itution intime et dans son mode probable d'volution palontologique1 il faut dt]m9] comm5t cette con/itution arrive se ralis] dans *aque individu3 c'e/ l le rle de l'embryognie1 dont n\s devons mieux prcis] que n\s ne l'avons fait jusqu'ici la "p contributive l'dification de la philosophie zoologique4 ,,*apitre ,,xix ,l',,embryog,,nie ,l'pig5se et l'embryognie4--,h>vey3 ,influ5ce de la ?orie cellulaire4--,l'uf considr comme cellule4--,?orie des feuillets bla/od]miques4--,gnralisation exagre des rsultats obt5us p> l'tude des v]tbrs4--,l'embryognie au po9t de vue de l'hi/og5se et de l'organog5se4--,s]res et l'anatomie transc5dante3 l'embryognie considre comme une anatomie comp>e transitoire2 argum5ts l'appui de cette ?orie4--,classifications embryogniques2 causes de leur insuffisance4--,l'embryognie d'un organisme en e/ la gnalogie abrge4--,acclration embryognique2 phnomnes p]turbateurs qui en rsult5t4--,li5s rels entre l'embryognie1 la morphologie gnrale et la palontologie4 ,l'embryognie ne date videmm5t que du j\r o fut df9itivem5t r5v]se l'hypo?se que l'tre vivant tait t\t enti] cont5u dans le g]me2 que t\tes ses trans=mations consi/ai5t dans un accroissem5t de ses p>ties et dans le fait que des organes d'abord invisibles1 quoique ayant une exi/5ce relle1 dev5ai5t peu peu app>5ts4 ,une hypo?se laquelle se ratta*ai5t les gr&s noms de ,swamm]dam1 de ,malebran*e1 de ,leibnitz1 de ,hall]1 de ,bonnet et de ,cuvi] lui-mme devait1 si /rile qu'elle ft1 rsi/] longtemps aux ef=ts t5ts p\r la r5v]s]4 ,jusque dans la premire moiti de ce sicle1 ses p>tisans luttr5t contre l'vid5ce mme1 et cep5dant1 ds #afeb1 ,h>vey1 en affirmant que t\t tre vivant procde d'un uf1 avait pos sur ses bases vritables le problme embryognique4 ,c'tait l1 la vrit1 une intuition de gnie1 mais une simple intuition2 l'aphorisme3 ,omne vivum ex ovo1 ne p\vait avoir t\te sa valeur que si l'on tablissait1 au pralable1 en quoi consi/ait un uf1 et si l'on retr\vait des ufs *ez t\s les tres vivants4 ,rgn] de ,graaf1 mort en #afgc1 ap]ut le premi] l'uf des mammifres dans les trompes de la matrice et dc\vrit la p>tie de l'ovaire o se =me l'uf1 mais sans y reconnatre l'uf lui-mme4 ,c5t c9quante ans aprs seulem5t1 von ,bar tablit que c'e/ prcism5t dans le follicule de ,graaf que l'uf des mammifres pr5d naissance1 mais l'assimilation des p>ties de cet uf celles de l'uf des oiseaux ne put tre faite d'une manire satisfaisante qu'en #ahcd p> ,co/e4 ,la dc\v]te des sp]matozodes1 due de ,hamm et ,leuw5hoek1 ne s]vit gure d'abord qu' alim5t] les discussions entre les ovuli/es et la animalculi/es1 les uns v\lant que le g]me rside dans l'uf1 les autres dans le sp]matozode1 et ce sont des contempora9s1 ,,mm4 ,prvo/ et ,dumas1 qui ont df9itivem5t tabli que la pntration des sp]matozodes dans l'uf e/1 en gnral1 ncessaire au dveloppem5t de ce d]ni] et con/itue1 proprem5t p>l]1 la fcondation4 ,t\tefois1 comme l'a obs]v ,m4 de ,quatrefages sur les ufs de ,h]melle1 comme cela rsulte du dveloppem5t con/ant des ufs non fconds des abeilles et d'autres hymnoptres1 et de beauc\p d'autres faits analogues1 la fcondation n'e/ pas indisp5sable au db du travail gnsique4 ,swamm]dam avait dj vu que les matriaux de l'uf fcond se p>tageai5t en plusieurs masses di/9ctes4 ,ce sont aussi ,,mm4 ,prvo/ et ,dumas qui ont tabli que cette segm5tation du vitellus de l'uf tait le premi] phnomne de l'volution embryonnaire4 ,bi5tt on reconnut la gnralit peu prs absolue de ce phnomne1 dont t\te l'importance ne devait app>atre qu'aprs l'tablissem5t de la ?orie cellulaire4 ,les anatomi/es ne t>dr5t pas1 en effet1 press5tir que l'uf n'tait autre *ose qu'une cellule1 le premi] des lm5ts hi/ologiques de l'embryon1 le progniteur de t\s les autres4 ,kllik] en conclut aussitt que la segm5tation n'e/ qu'une =me de la division cellulaire2 et il s\ti5t1 avec ,bis*(f1 ,rei*]t et ,vir*[1 que t\tes les cellules de l'embryon1 t\tes celles de l'animal adulte desc5d5t p> une srie in9t]rompue de divisions successives1 p> une vritable filiation1 de la cellule ovulaire4 l'aphorisme ,omne vivum ex ovo de ,h>vey v9t s'aj\t] l'aphorisme de ,vir*[3 ,omnis cellula cellula4 ,au fond1 la seconde de ces propositions compr5d la premire4 ,les tres vivants les plus simples p\vant tre considrs comme con/itus p> un lm5t hi/ologique1 p> un pla/ide unique1 et rciproquem5t les pla/ides ou cellules associes p\r =m] un organisme tant eux-mmes de vritables tres vivants1 ayant une exi/5ce1 indp5dante1 l'aphorisme de ,h>vey et celui de ,vir*[ revi5n5t dire qu'il ne saurait y avoir de gnration spontane ni dans les organismes vivants1 ni en dehors d'eux4 la vrit1 il faut ici s'ent5dre sur les mots1 et cette proposition n'exclut pas la possibilit de la trans=mation en cellules bi5 df9ies de masses protoplasmiques amorphes1 telles que celles qu'on a quelquefois signales dans les tissus en voie de =mation s\s le nom de bla/mes4 ,cette op9ion a t s\t5ue p> des hi/ologi/es m95ts1 tels que ,m4 ,*4 ,rob94 ,savoir comm5t procd5t de l'uf t\s les lm5ts qui conc\r5t =m] le corps huma9 ou celui d'un animal1 dt]m9] t\tes les tapes que trav]se l'embryon avant d'arriv] l'tat d'organisme df9itif1 tel e/ dsormais le problme t\t enti] de l'embryognie1 problme qui se complique de cet autre3 dt]m9] la raison d'tre de ces =mes successives1 s\v5t si diffr5tes les unes des autres1 que l'embryon ne fait que trav]s] p\r arriv] une =me d]nire qui m>que le t]me de son volution4 ,bi5 avant que la signification de l'uf et des premires phases de son volution ait pu tre comprise1 les phnomnes embryogniques tai5t dj considrs s\s deux po9ts de vue diffr5ts4 ,t&is que c]ta9s embryogni/es s'ef=ai5t surt\t de dt]m9] le mode de =mation des tissus et des organes1 d'autres envisageai5t surt\t les rapports gnraux qui peuv5t exi/] entre les =mes successives des embryons et celles des animaux adultes4 ,il e/ auj\rd'hui possible de ratta*] troitem5t les uns aux autres les rsultats obt5us dans ces deux directions diffr5tes2 mais les deux coles n'en ont pas mo9s laiss des traces sp>es4 ,il e/ encore facile de reconnatre leur influ5ce respective dans les re*]*es de nos contempora9s4 ,l'homme1 quelques r>es mammifres1 le p\let s]vai5t naturellem5t de po9t de d"p aux embryogni/es qui se proccupai5t de re*]*] le mode de =mation des tissus et des organes4 ,l'embryognie1 comme les autres bran*es de l'hi/oire des animaux1 se tr\va donc engage1 ds le db1 dans cette voie ess5tiellem5t antisci5tifique qui consi/e pr5dre comme types les phnomnes les plus compliqus et t5t] d'y ram5] les plus simples1 au lieu de procd]1 comme dans les sci5ces exprim5tales1 du simple au compos4 ,gasp>d-,frdric ,wolf 7#agcc-agid7 avait vu1 *ez le p\let1 le tube inte/9al app>atre s\s la =me d'un feuillet plan qui se repliait peu peu et dont les bords arrivai5t f9alem5t se s\d]4 ,il admit une orig9e analogue p\r les autres sy/mes d'organes1 et ,p&]1 en #ahag1 valua trois le nombre des feuillets sup]poss d'o prov5ai5t t\s les organes4 ,ces trois feuillets g]m9atifs1 dont il e/ auj\rd'hui sans cesse "q dans les re*]*es embryogniques1 tai5t1 p\r ,p&]1 le feuillet muqueux1 le feuillet sreux et le feuillet vasculaire4 ,s\s l'influ5ce vid5te d'ides ?oriques analogues celles de ,bi*at1 ,von ,bar porta quatre le nombre des feuillets embryogniques et les divisa en deux c\*es3 la c\*e animale1 compr5ant le feuillet cutan et le feuillet musculaire2 la c\*e vgtative1 compr5ant le feuillet vasculaire et le feuillet muqueux4 ,depuis les re*]*es de ,rei*]t et de ,remak1 on s'accorde assez gnralem5t auj\rd'hui admettre trois feuillets bla/od]miques3 #a l'exod]me ou feuillet ext]ne qui produit l'pid]me1 le sy/me n]veux a9si que leurs dp5dances1 et qu'on p\rrait1 p> suite1 appel] le feuillet s5soriel2 #b le msod]me ou feuillet moy51 qui produit les muscles et les vaisseaux1 et qu'on dsigne aussi s\s le nom de feuillet moto-g]m9atif2 #c enf9 l'entod]me ou feuillet int]ne1 qui1 produisant l'pi?lium du tube dige/if et celui des gl&es qui en dp5d5t1 mrite la dnom9ation de feuillet inte/9o-gl&ulaire4 ,avoir ram5 t\s les phnomnes embryogniques l'hi/oire des trans=mations des trois feuillets di/9cts1 c'tait sans d\te avoir s+ulirem5t facilit la comp>aison de ces phnomnes *ez les div]s organismes4 ,les obs]vateurs n'ont1 en consqu5ce1 cess de mettre t\s leurs so9s retr\v] ces feuillets *ez les embryons de t\s les animaux1 dt]m9] leur mode de =mation et leurs trans=mations div]ses1 t5dant a9si au rgne animal t\t enti] les rsultats qui avai5t t f\rnis p> l'tude des seuls v]tbrs4 ,une telle gnralisation n'a pu tre obt5ue sans modifi] considrablem5t le s5s primitif des mots4 ,les embryons de la plup>t des animaux infrieurs ne sont plus con/itus p> trois lames planes sup]poses1 mais p> deux sacs embots l'un dans l'autre1 ayant un orifice commun1 et entre lesquels se =m5t de div]ses faons des tissus n\veaux auxquels on a appliqu en bloc la dnom9ation de msod]me4 ,ces deux sacs eux-mmes n'exi/5t pas t\j\rs4 ,les l>ves des ponges1 celles de la plup>t des cl5trs ne prs5t5t que t>divem5t des p>ties comp>ables un exod]me et un entod]me1 de sorte qu'aucune ?orie gnrale de l'embryognie ne saurait pr5dre p\r po9t de d"p les trois feuillets bla/od]miques des v]tbrs4 ,aussi bi5 le problme n'e/-il pas de retr\v] plus ou mo9s exactem5t les analogies de ces feuillets dans le rgne animal t\t enti]1 mais d'expliqu] p\rquoi l'embryon de la plup>t des v]tbrs se tr\ve au db =m de trois feuillets plans4 ,la ?orie des feuillets a pu avoir son utilit1 au po9t de vue de l'organog5se ou de l'hi/og5se2 elle a p]mis de coordonn] un c]ta9 nombre de faits2 mais la philosophie zoologique n'a videmm5t ri5 att5dre d'une doctr9e qui reg>de t\t d'abord comme rsolu le problme dont elle devrait1 au contraire1 se propos] la solution4 ,des horizons autrem5t t5dus s'ouvr5t devant les embryogni/es qui se plac5t au po9t de vue de la morphologie gnrale et re*]*5t quels rapports peuv5t exi/] entre les =mes embryonnaires et les =mes adultes des animaux de mme gr\pe4 ,la ressemblance vid5te que les tt>ds des gr5\illes et des autres batraci5s prs5t5t avec les poissons avait dj inspir ,kielmey] l'ide que les animaux suprieurs trav]s5t1 avant d'arriv] l'tat adulte1 les =mes que montr5t l'tat p]man5t les animaux infrieurs du mme gr\pe4 ,n\s avons retr\v cette ide dans les crits d',aut5rie?1 dans ceux des philosophes de la nature et surt\t dans ceux de ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 qui en fait la plus heureuse application la dt]m9ation des p>ties analogues dans les div]ses classes de v]tbrs2 mais un lve de ,ge(froy1 qui fut1 comme lui1 pr(esseur au ,musum d'hi/oire naturelle1 ,s]res1 e/1 sans contr$it1 le savant qui fit le plus d'ef=ts p\r mettre en relief les li5s troits qu'il press5tait entre l'embryognie1 l'anatomie comp>e et mme la morphologie extrieure des animaux#acd4 l'exemple des philosophes de la nature1 avec qui il n'e/ pas sans prs5t] p>fois un peu trop de ressemblance1 ,s]res admet comme un pr9cipe vid5t que la con/itution de l'homme e/ en ralit un petit monde#ace dans lequel doit v5ir se reflt] l'hi/oire entire du rgne animal4 ,cette hypo?se1 qui p\rrait tre la conclusion f9ale de t\te sa philosophie1 en e/1 en ralit1 le po9t de d"p4 ,c'e/ un a priori aut\r duquel il essaye de gr\p] les faits1 et la doctr9e qu'il difie sur cette base n'e/ pas1 au premi] abord1 sans une c]ta9e app>5ce de gr&eur4 ,l'homme tant le rsum du rgne animal1 ses organes1 ses app>eils trav]s5t successivem5t1 au c\rs de leur dveloppem5t1 les tats df9itifs que prs5t5t les mmes organes1 les mmes app>eils dans les g5res1 les familles et les classes dont se compose l'*elonnem5t du rgne animal4 ,l'hi/oire de la =mation des organes de l'homme e/ a9si en petit la rptition de l'hi/oire des organes des animaux4 ,la srie animale n'e/ qu'une longue *ane d'embryons1 jalonne d'espace en espace1 et arrivant enf9 l'homme#acf4 ,d\s d'une somme de vie plus ou mo9s gr&e1 les organismes infrieurs s'arrt5t plus ou mo9s tt dans la voie que p>c\rt rapidem5t l'embryon huma94 ,arrt d'une "p1 m>*e progressive de l'autre1 voil t\t le secret des dveloppem5ts1 voil la diffr5ce fondam5tale que l'esprit huma9 peut saisir entre l'organognie huma9e d'une "p et l'anatomie comp>e d'autre "p1 et l'on peut dire que l'organognie huma9e e/ une anatomie comp>e transitoire1 comme1 son t\r1 l'anatomie comp>e e/ l'tat fixe et p]man5t de l'organognie de l'homme4 ,dans sa discussion acadmique avec ,cuvi]1 4 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire avait t conduit ram5] implicitem5t l'unit de plan de /ructure du rgne animal l'unit de plan de dveloppem5t4 ,c'e/ cette d]nire unit qui e/1 suivant ,s]res1 la loi mme de la nature1 de sorte que le rgne animal t\t enti] n'app>at plus que comme un seul animal qui1 en voie de =mation dans les div]s organismes1 s'arrte dans son dveloppem5t1 ici plus tt et l plus t>d1 et dt]m9e a9si1 *aque temps de ces int]ruptions1 p> l'tat mme dans lequel il se tr\ve alors1 les c>actres di/9ctifs et organiques des classes1 des familles1 des g5res1 des espces#acg4 ,l'hi/oire des animaux infrieurs1 l'hi/oire des mon/res1 l'hi/oire des animaux fossiles se ratta*5t a9si troitem5t l'organognie1 et l'on compr5d qu'en prs5ce des va/es doma9es qu'il essaye de lui conqurir1 ,s]res ait dcor la sci5ce gr&iose qu'il entrevoit du nom d'anatomie transc5dante4 ,p\rtant le po9t de vue auquel s'e/ plac l'+nieux pr(esseur d'anatomie comp>e du ,musum n'e/ po9t encore assez lev4 ,sa proccupation de retr\v] l'homme p>t\t l'emp*e de bi5 saisir t\te la v>it du rgne animal et de reconnatre les vritables rapports qui uniss5t entre elles les =mes vivantes4 ,on se tromp]ait trangem5t si l'on croyait que les *oses1 dans la nature1 se pass5t aussi simplem5t que ,s]res le supposait4 ,si l'homme s'lve p> son intellig5ce une hauteur incomm5surable au-dessus du rgne animal1 si son c]veau peut tre considr comme indiquant1 au po9t de vue du sy/me n]veux1 le t]me extrme de l'volution organique1 il n'en e/ c]ta9em5t pas de mme de ses autres organes4 ,les organes de la dige/ion sont1 *ez l'homme1 mo9s p>faits que *ez les rum9ants2 ses organes de la respiration et de la circulation sont mo9s compliqus que les organes analogues des oiseaux1 et ses autres organes de nutrition n'ont ri5 qui les place inconte/ablem5t au-dessus de ceux de beauc\p d'animaux4 ,ses organes des s5s sont mo9s dlicats que ceux de beauc\p de mammifres c>nassi]s et sa ma91 sur laquelle on a crit tant de di?yrambes1 e/ beauc\p mo9s loigne des =mes primitives1 t\tes p5tadactyles1 que le pi$ d'une antilope ou d'un *eval4 ,il n'y a donc aucune raison p\r que l'embryognie huma9e rsume celle du rgne animal t\t enti]1 p\r qu'elle soit1 elle seule1 une anatomie comp>e complte4 aucune phase de son dveloppem5t un embryon huma9 n'e/ un vritable poisson2 il n'e/ pas davantage reptile ou oiseau une phase plus avance4 ,voil ce qui e/ object p> t\s les embryogni/es la ?orie de ,s]res1 et ce qui f]a tomb] dans le discrdit son anatomie transc5dante4 ,cep5dant une gr&e p>tie des faits sur lesquels elle s'appuie ne saurai5t tre mis en d\te4 ,bi5 rellem5t la circulation du ftus de mammifres rappelle un c]ta9 mom5t celle des reptiles2 la con/itution de leur crne n'e/ pas au db sans analogie avec celle du crne des poissons2 leur face prs5te t\t d'abord des arcs comp>ables aux arcs bran*iaux des poissons2 les premires phases du dveloppem5t de la tte et du corps sont communes t\s les v]tbrs4 ,d'autre "p1 les trs jeunes batraci5s sont p> t\te leur organisation de vritables poissons2 les embryons des oiseaux ont beauc\p plus d'analogie avec les reptiles que n'en ont les oiseaux adultes1 et1 si l'on comp>e1 dans l'embryon des v]tbrs et dans celui des animaux articuls1 la position des pr9cipaux sy/mes d'organes relativem5t au vitellus1 on e/ frapp de tr\v] *ez ces embryons une id5tit absolue1 l o les adultes ne prs5t5t qu'opposition4 ces faits1 connus depuis plus ou mo9s longtemps1 *aque j\r vi5t en aj\t] de n\veaux1 et l'embryognie ne cesse de caus] les plus gr&es surprises aux zoologi/es4 ,sans p>l] de ces phnomnes si m]veilleux des gnrations alt]nantes1 dont n\s avons prcdemm5t montr t\te l'importance1 on dc\vre que le plus gr& nombre des acalphes de ,cuvi] comm5c5t p> tre des polypes2 ces deux classes d'animaux sont dsormais confondues1 et il semble qu'on puisse considr] les polypes comme des acalphes arrts dans leur dveloppem5t4 ,johannes ,mll] tudie les s+ulires mtamorphoses des *9od]mes1 et l'on peut un mom5t se croire en droit de comp>] des acalphes les l>ves transp>5tes de ces rayonns4 ,un in/ant1 ,?omson croit avoir dc\v]t une petite encr9e vivant sur nos ctes2 il con/ate bi5tt que cette encr9e n'e/ autre *ose qu'une l>ve de comatule2 le comatule reproduit a9si1 dans son jeune ge1 une =me infrieure de son gr\pe1 dont presque t\s les reprs5tants sont demeurs l'tat fossile4 ,les animaux actuels peuv5t donc ressuscit]1 dans leur jeune ge1 des =mes vivantes auj\rd'hui disp>ues1 et voil r5du probable ce li5 entre la palontologie et l'embryognie que ,s]res se plat signal]4 ,bi5 qu'elles n'ai5t pas cette signification1 les mtamorphoses des ,trmatodes et des ,ce/odes peuv5t si bi5 p>atre reli] les v]s p>asites aux infusoires que ,l\is ,agassiz propose la suppression de cette classe d'tres microscopiques1 qui ne sont1 suivant lui1 que des l>ves d'animaux plus levs4 ,le dveloppem5t des annlides suggre ,m4 ,milne ,edw>ds et ,m4 de ,quatrefages les belles ides que n\s avons dj exposes4 ,?ompson1 ,nordmann et d'autres obs]vateurs montr5t que t\s les cru/acs infrieurs ont une =me l>vaire commune1 le nauplius1 que l'on avait pris d'abord p\r un organisme autonome1 p\r un g5re spcial de cru/acs4 ,beauc\p de cru/acs dcapodes sont1 leur naissance1 de vritables s*izopodes2 les ,crabes cons]v5t longtemps un abdom5 normal avant de dev5ir bra*yures4 ,fait plus rem>quable encore1 ,?ompson dc\vre que le nauplius e/ aussi la =me l>vaire des cirripdes1 qui ab&onn5t a9si df9itivem5t l'embran*em5t des mollusques p\r entr] dans celui des ar?ropodes2 ,sp5ce ,bate dmontre que1 aprs avoir t nauplius1 les cirripdes pr5n5t une =me qui rappelle compltem5t celle d'autres cru/acs1 les cypris1 en qui l'on p\rrait voir ds lors des cirripdes arrts dans leur dveloppem5t4 ,de nombreuses re*]*es trs concordantes tabliss5t que t\s les mollusques ga/ropodes d'une "p1 t\s les mollusques lamellibran*es de l'autre1 ont une =me l>vaire commune1 et que ces deux =mes peuv5t aism5t se ram5] l'une l'autre4 ,les ga/ropodes nus ne se di/+u5t pas t\t d'abord des autres1 et leur l>ve possde une coquille et un op]cule comme celle des ga/ropodes ord9aires2 l'tude du dveloppem5t du t>et montre ,m4 de ,quatrefages que ce lamellibran*e si trange1 qu& il e/ adulte1 revt d'abord la mme =me l>vaire que les autres lamellibran*es et prs5te ensuite1 comme eux1 une coquille bivalve dans laquelle il peut se retir] compltem5t4 ,bi5 plus1 les magnifiques tudes de ,m4 de ,lacaze-,du?i]s sur le ,d5tale rvl5t cette p>ticul>it frappante d'un mollusque int]mdiaire entre les ga/ropodes et les lamellibran*es dont la l>ve e/ d'abord trs peu prs celle d'un v] et devi5t ensuite id5tique une l>ve de lamellibran*e ord9aire4 ,la l>ve des oscabrions1 obs]ve p> ,lovn1 a galem5t t\te l'app>5ce d'une l>ve de v]4 ,les mollusques que ,s]res comp>ait des ftus de v]tbrs qui ne se s]ai5t jamais db>rasss de leurs membranes ftales1 revtirai5t donc t\t d'abord la =me de v]s4 ,les s]vices r5dus p> l'embryognie la zoologie sy/matique ne cess5t a9si de se multipli]4 ,les rapports les plus imprvus sont s\v5t tablis p> elle entre des gr\pes dont il tait impossible de suppos] la p>5t4 ,non seulem5t on se tr\ve oblig de reconnatre l'id5tit spcifique d'tres que l'on plaait dans des g5res ou mme des familles diffr5tes1 mais des classes entires d'animaux doiv5t tre abolies4 ,les naturali/es les plus m95ts affirm5t l'impossibilit de dt]m9] la position sy/matique d'un animal quelconque si l'on ne s'e/ a/re9t le suivre depuis les premires phases d'volution de l'uf d'o il doit sortir1 jusqu' ce qu'il devi5ne lui-mme capable de se reproduire p> voie sexue4 ,c'e/ l'orig9e de ces belles monographies dont ,m4 de ,quatrefages a donn le modle lorsqu'il crivit l',hi/oire naturelle du ,t>et1 et dont ,m4 de ,lacaze-,du?i]s n'a cess depuis tr5te ans d'enri*ir la sci5ce franaise4 ,le s5s du mot embryognie s't5d d'ailleurs beauc\p4 ,la gnration agame1 la gnration alt]nante1 les mtamorphoses1 qu'elles s'accompliss5t dans l'uf ou hors de l'uf1 r5tr5t dsormais dans le cadre des re*]*es embryogniques4 ,n\s avons montr1 en traitant de ces phnomnes1 quels li5s troits les uniss5t aux phnomnes de dveloppem5t proprem5t dit et quelle lumire a rp&ue leur tude sur le mode de con/itution des organismes4 ,l'embryognie ne p\vait pr5dre une si gr&e importance sans qu'on *]*t sy/matis] les rsultats auxquels elle avait conduit4 ,l'explication des trans=mations que subit *aque organisme dans son volution individuelle p>at beauc\p trop loigne p\r qu'on s'en emb>rasse beauc\p2 on ne s'arrte pas plus qu'il ne faut la t5tative de ,s]res2 mais on demeure conva9cu que son avortem5t n'e/ pas df9itif1 et1 en att5dant d'avoir dc\v]t une meilleure =mule1 on fait s]vir la classification les c>actres transitoires f\rnis p> l'embryognie1 malgr la rprobation dont ,cuvi] les avait frapps4 ,von ,bar peut tre considr comme le premi] qui ait publi une classification purem5t embryognique4 ,les quatre modes d'volution qu'il di/+ue dans le rgne animal ne lui s]v5t la vrit qu' recon/itu]1 peu de *ose prs1 les embran*em5ts de ,cuvi]2 mais la c>actri/ique de l'embran*em5t des v]tbrs1 p> rapport celui des articuls1 e/ si nette que c'e/ la seule qui ait pu tre cons]ve de nos j\rs1 et les subdivisions qu'il propose p\r cet embran*em5t ont s]vi de po9t de d"p t\s les p]fectionnem5ts ultrieurs4 ,c'e/ l1 en effet1 que p\r la premire fois les v]tbrs p\rvus d'une allantode sont sp>s de ceux qui n'en ont pas1 et qu'il e/ fait appel aux dispositions div]ses du cordon ombilical de l'allantode et du plac5ta1 p\r di/+u]1 p>mi les mammifres1 les s\s-classes et les ordres4 ,on sait quel heureux p>ti on a tir depuis1 p\r la classification des mammifres1 des div]ses modifications de =me que peut prs5t] leur plac5ta4 ,les gr\pes primordiaux de ,von ,bar tai5t insuffisamm5t c>actriss4 ,m4 ,van ,b5$5 a p5s df9ir ces gr\pes en se s]vant comme c>actres des rapports de l'embryon et du vitellus4 ,il nomme ,hypocotyldons ou ,hypovitelli5s les animaux dont l'embryon repose sur le vitellus p> son ct v5tral 7v]tbrs72 ,epicotyldons ou ,epivitelli5s1 ceux dont le vitellus e/ dorsal 7articuls72 ,allocotyldons1 t\s les autres animaux1 qui recon/itu5t a9si l'anci5ne gr&e classe des ,v]mes de ,l9n4 ,il e/ vid5t que cette d]nire division1 base sur des c>actres exclusivem5t ngatifs1 n'e/ nullem5t quival5te aux deux autres4 ,cela seul suffit montr] qu'au mom5t o le sy/me de ,van ,b5$5 a t conu l'embryognie n'avait pas encore dit son d]ni] mot4 ,m4 ,kllik] a prfr faire int]v5ir1 p\r c>actris] ses divisions1 la "p plus ou mo9s gr&e que pr5d le vitellus la =mation de l'embryon4 ,enf91 ,m4 ,c>l ,vogt a propos1 son t\r1 un sy/me dans lequel il ti5t compte des c>actres employs p> ,von ,bar1 ,van ,b5$5 et ,kllik]1 mais o il introduit en mme temps d'autres c>actres emprunts l'anatomie ou tirs de l'exi/5ce d'un vitellus cphalique *ez les ,cphalopodes4 ,il faut bi5 le dire1 ces essais de classification n'ont pas t heureux1 et il en a t de mme de t\s ceux qu'on a essay depuis de bas] sur l'embryognie4 ,on p\vait mieux espr] d'une sci5ce qui avait p]mis de faire aux anci5nes m?odes de si heureuses rectifications1 qui avait introduit tant d'ides n\velles dans la biologie4 ,comm5t expliqu] les dceptions qu'elle semble avoir causes8 ,cela e/ facile4 ,on rem>qu]a que dans t\tes les prt5dues classifications embryogniques qui ont t proposes1 y compris les plus mod]nes1 il n'a t t5u aucun compte de la signification relative des phnomnes embryogniques4 ,depuis ,bonnet jusqu' ,fritz ,mll]1 les naturali/es se sont ef=cs en va9 de dmontr]1 dans des spculations trop gnrales p\r tre prcises1 que le dveloppem5t de l'individu n'tait autre *ose que la rptition abrge du dveloppem5t de son espce4 ,cette proposition1 que t\s les trans=mi/es accept5t auj\rd'hui et qui sembl]ait devoir mrit] de n\veau l'embryognie le titre d'anatomie transc5dante1 cette ide qui sembl]ait devoir tre si fconde1 ne tr\ve son application dans aucune des classifications proposes4 ,c'e/ qu'en effet l'embryognie d'un animal e/ la rsultante d'au mo9s trois facteurs qui int]vi5n5t simultanm5t p\r produire la srie des phnomnes qu'elle prs5te4 ,ces facteurs sont3 #a l'hrdit1 #b l'acclration embryognique1 #c le mode de nutrition de l'embryon1 l'indp5dance des pla/ides1 des tissus1 des organes et des app>eils4 ,en v]tu de l'hrdit1 un animal devrait pass]1 dans le c\rs de son dveloppem5t1 p> la srie de t\tes les =mes qu'ont revtues ses anctres directs dans la succession des temps4 ,comme ces anctres ont laiss des desc5dants modifis de div]ses faons et d'autres qui reproduis5t plus ou mo9s exactem5t les =mes ance/rales1 il e/ vid5t que1 si notre proposition e/ vraie1 l'embryognie comp>e devrait t\j\rs p]mettre de reconnatre le degr de p>5t des animaux app>t5ant une mme ligne2 elle seule1 elle devrait f\rnir les moy5s de dress] un arbre gnalogique au!ntique du rgne1 de =mul] les lois de l'anatomie comp>e1 d'in/itu] une m?ode de classification vraim5t naturelle4 ,les c>actres f\rnis p> elle devrai5t prim] t\s les autres4 ,t\tes ces conclusions sont p>faitem5t lgitimes1 mais c'e/ la condition que ri5 ne soit v5u tr\bl] la succession des =mes imposes p> l'hrdit l'embryon1 que ri5 ne soit v5u modifi] ces =mes elles-mmes4 ,or il n'en e/ pas a9si4 ,t\tes les =mes qu'ont revtues les anctres d'un animal donn tai5t ncessairem5t des =mes capables de se prt] une exi/5ce indp5dante1 au mo9s p5dant la priode de reproduction4 ,quelle que soit l'poque o l'on vi5ne bris] les enveloppes d'un uf1 il sembl]ait donc que l'embryon abrit p> elles devrait tre capable de cont9u] vivre librem5t1 de *]*] lui-mme sa n\rriture1 d'assur] son dveloppem5t ultrieur4 ,or *acun sait qu'il n'en e/ pas a9si4 ,si les =mes successives de l'embryon sont des =mes ance/rales1 ce sont c]ta9em5t des =mes ance/rales pr(ondm5t modifies4 ,comme1 au po9t de vue de la comp>aison des animaux adultes1 que vis5t avant t\t la classification et l'anatomie1 les =mes ance/rales ont seules de l'importance1 tant qu'on n'aura pas di/+u1 dans les =mes de l'embryon1 ce qui e/ primitif de ce qui e/ modifi1 ces =mes ne p\rront donn] que des indications d\teuses4 ,cette di/9ction s]ait videmm5t facilite si l'on connaissait les causes qui ont modifi l'embryognie telle qu'elle devrait tre ?oriquem5t4 ,or p>mi ces causes sont prcism5t les trois autres facteurs dont n\s avons p>l t\t l'heure et dont il n\s faut apprci] l'influ5ce4 ,en premi] lieu1 il e/ vid5t que1 si l'embryon passe p> t\tes les phases qu'a trav]ses son espce1 il en abrge considrablem5t la dure4 mesure que les gnrations de =me diffr5te se succd5t1 cette dure se racc\rcit de plus en plus de manire que le dveloppem5t ti5ne peu prs dans le mme espace de temps2 il y a donc ncessairem5t une acclration de plus en plus gr&e des phnomnes embryogniques4 ,cette acclration entrane avec elle des modifications rapides de la =me de l'animal1 analogues celles que subiss5t les l>ves d'insectes1 arrives au t]me de leur croissance4 ,pas plus p\r les embryons1 en gnral1 que p\r les l>ves d'insectes1 ces trans=mations incessantes ne peuv5t s'accord] avec l'activit des organes4 ,l'embryon passe donc1 au repos1 protg p> les enveloppes de l'uf1 la plus gr&e p>tie de sa priode de dveloppem5t4 ,t\tefois1 dans un mme gr\pe zoologique1 son closion peut avoir lieu aux /ades volutifs les plus div]s4 ,c'e/ a9si que1 dans l'ordre des cru/acs dcapodes1 les ,p5u sort5t de l'uf l'tat1 de ,nauplius1 les crevettes et la plup>t des autres ,dcapodes l'tat de ,zo qui succde1 *ez les ,p5u1 celui de ,nauplius4 ,ces ,zos revt5t ensuite l'aspect des ,mysis1 et c'e/ s\s ce d]ni] aspect seulem5t qu'clos5t les ,scyll>es1 les ,lang\/es et mme les ,hom>ds2 enf9 le /ade ,mysis e/1 son t\r1 trav]s dans l'uf p> les ,b]n>d l',ermite et les crevisses1 qui naiss5t avec t\s les c>actres des vrais dcapodes4 ,on peut conclure de l que l'acclration embryognique e/ lo9 d'tre la mme p\r t\tes les espces d'un mme gr\pe4 ,ses effets peuv5t tre trs v>is1 port] sur tel /ade plutt que sur tel autre1 laiss] subsi/] celui-ci t&is que celui-l s]a dev5u mconnaissable ou s]a mme entirem5t supprim4 ,enf91 l'acclration portant sur t\s les /ades en mme temps1 le dveloppem5t c\rant1 en quelque sorte1 v]s le b atte9dre de manire ralis] l'animal adulte le plus rapidem5t et le plus conomiquem5t possible1 la m>*e entire des phnomnes d'volution p\rra tre entirem5t trans=me3 c'e/ a9si que les phases entires du dveloppem5t p\rront tre sautes1 que la cavit gnrale et les organes qu'elle conti5t se con/itu5t de div]ses faons1 que des enveloppes embryonnaires1 rsultant des mues accomplies dans l'uf ou de div]ses autres causes app>atront ou non1 sans que les =mes ralises au t]me du dveloppem5t diffr5t ess5tiellem5t les unes des autres4 ,d'autre "p1 les trans=mations1 les mtamorphoses que l'embryon subit s\s les enveloppes de l'uf reprs5t5t un travail qui ne peut s'accomplir si les lm5ts anatomiques qui pr5n5t "p ce travail ne sont pas suffisamm5t n\rris4 ,un c]ta9 degr d'acclration embryognique comporte donc l'accumulation dans l'uf de rs]ves alim5taires que l'embryon tr\v]a sa porte2 plus l'closion s]a t>dive1 plus la rs]ve devra tre considrable1 et la prs5ce simultane1 dans un espace re/re9t1 d'une provision d'alim5ts et d'un embryon qui se dveloppe1 devra entran] dans la faon d'volution de celui-ci des modifications importantes4 ce g5re de modifications app>ti5n5t1 sans aucun d\te1 l'app>ition plus ou mo9s t>dive de la b\*e1 son mode de =mation1 ou encore la disposition en feuillets sup]poss et l>gem5t ouv]ts1 des premires bau*es embryonnaires des v]tbrs4 ,si l'on exam9e les c>actres sur lesquels ont t fondes les div]ses classifications embryogniques1 il e/ vid5t que les seuls auxquels on ait fait appel sont prcism5t ceux qui rsult5t de l'int]v5tion de ces deux lm5ts p]turbateurs des phnomnes embryogniques normaux3 l'acclration embryognique1 l'accumulation de matriaux nutritifs dans l'uf4 ,il e/ cep5dant bi5 clair que de tels c>actres ne saurai5t avoir qu'une importance t\t fait subordonne4 ,ils ne p\rront tre utilem5t employs que dans les gr\pes trs levs1 o une adaptation troite c]ta9es conditions d'exi/5ce aura entran1 *ez l'embryon1 l'app>ition de vritables organes hrditaires1 *>gs de le n\rrir4 ,c'e/ a9si que l'allantode di/+ue les v]tbrs df9itivem5t adapts l'exi/5ce ari5ne de ceux qui ne le sont pas encore compltem5t ou qui ne le sont pas du t\t2 que les diffr5tes =mes du plac5ta dnot5t assez bi5 les aff9its qui exi/5t entre les ordres de la classe des mammifres4 ,mais l ce sont de vritables organes1 bi5 df9is1 con/itus p> une longue laboration1 qui int]vi5n5t dans la classification au mme titre que les pattes ou les d5ts de l'animal adulte1 et non des modes de dveloppem5t4 ,t\tes les classifications purem5t embryogniques sont donc tombes p>ce qu'elles ont emprunt leurs c>actres des mcanismes de dveloppem5t qui peuv5t se reproduire dans les types les plus div]s1 des processus rsultant des p]turbations de l'embryognie normale1 et non aux phnomnes ess5tiels de celles-ci4 ,avant que l'hypo?se du trans=misme ait donn l'embryognie la valeur d'un vritable tat civil1 les naturali/es1 sans d\te p> une raction bi5 naturelle contre les exagrations des philosophes de la nature1 ont trop p]du de vue ce p>alllisme entre le dveloppem5t individuel des organismes suprieurs et la srie des tres qui1 p>tant des =mes les plus simples1 s'lve graduellem5t jusqu' eux2 depuis que la doctr9e de l'volution a conduit attribu] l'embryognie de *aque animal la valeur d'un livre gnalogique1 on a trop nglig le texte mme du livre p\r ses enlum9ures1 et cela tait presque 9vitable1 tant donns les errem5ts o avai5t t engags les embryogni/es p> suite de la prpondrance qu'ils attribuai5t l'embryognie huma9e4 ,actuellem5t1 grce aux nombreuses et importantes re*]*es dont les animaux infrieurs ont t l'objet1 la morphologie et l'anatomie comp>e sont en mesure de montr] p> quelle voie se sont con/itus les gr&s types organiques1 de dt]m9] comm5t les organismes app>t5ant *acun de ces types se sont graduellem5t compliqus1 d'indiqu] p> consqu5t la m>*e normale des phnomnes embryogniques4 ,on entrevoit donc la possibilit de dt]m9] exactem5t en quoi ces phnomnes ont t tr\bls dans *aque cas1 et de remont] jusqu' la cause des p]turbations4 ,le mom5t semble donc v5u o il s]a possible de reli] p> les li5s les plus intimes1 comme ,s]res l'esprait1 l'embryognie la morphologie et la palontologie4 99 99 99 99 99 ,n\s avons montr dans ce *apitre et dans le prcd5t comm5t se sont tablies les notions que n\s possdons sur le mode de con/itution de l'individu4 ,c'e/ l'aide d'lm5ts anatomiques1 ou de vritables organismes1 ns les uns des autres1 mais v>iables dans leur =me avec les circon/ances extrieures ou avec leur ordre de succession1 que les individus organiques quelque peu compliqus se sont =ms4 ,ces individus1 qui sont eux-mmes capables de donn] naissance des individus n\veaux1 peuv5t-ils rev5diqu] rellem5t1 p\r leurs desc5dants1 une p]man5ce de la =me que n\s ne tr\vons aucun degr dans les lm5ts ou les gr\pes d'lm5ts dont ils sont composs8 ,cette succession d'tres ns les uns des autres e/ prcism5t ce que n\s nommons une espce4 ,n\s sommes a9si am5s discut] enf9 la "q de la fixit ou de la v>iabilit des espces4 ,,*apitre ,,xx ,l',,esp,,ce ,,et ,,ses ,,modifications ,revue rapide des ides relatives l'espce4--,position vritable dit problme de l'espce3 manires directes de rs\dre ce problme4--,essais de solution indirecte4--,opposition de la race et de l'espce4--,prt5dus critriums de l'espce3 fcondit limite2 in/abilit des =mes hybrides4--,?orie de ,godron4--,expri5ces et ?orie de ,m4 ,*4 ,naud94--,id5tit de la race et de l'espce4--,?orie de la v>iabilit limite4--,comp>aisons des doctr9es d',isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire et de ,*>les ,d>w94--,conclusions4 ,le s5s que n\s devons atta*] au mode de con/itution de l'individu e/ videmm5t li d'une faon intime cet autre problme3 la srie gnalogique des tres qui a ab\ti aux organismes vivant aut\r de n\s et que n\s rangeons dans une mme espce e/-elle entirem5t compose d'individus id5tiques entre eux1 ou ces individus ont-ils subi de graduelles modifications qui p]mett5t de considr] les animaux fossiles1 diffr5ts des animaux actuels1 comme leurs anctres1 et autoris5t suppos] que des animaux fossiles des d]nires priodes gologiques on peut remont] des =mes de plus en plus simples ab\tissant f9alem5t des pla/ides isols8 ,p\r la premire de ces alt]natives se dcid5t fran*em5t ,l9n1 ,cuvi]1 de ,bla9ville1 ,fl\r5s1 ,dugs1 ,l\is ,agassiz4 ,les p>tisans de la v>iabilit des espces sont t\t aussi nombreux2 mais ils ent5d5t la v>iabilit de div]ses faons4 ,p\r ,bonnet1 la v>iabilit n'e/ qu'app>5te2 les g]mes ont reu l'orig9e des *oses une organisation approprie aux div]ses poques gologiques2 ils se dvelopp5t lorsque ces poques ont am5 des conditions qui leur sont propices4 ,p\r ,buffon1 les espces primitivem5t cres se modifi5t2 mais leurs modifications1 directem5t produites p> l'action des milieux1 sont de simples dgnrations du type primitivem5t tabli4 ti5ne-,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,g!1 ,ri*>d ,ow51 admettant que les tres ont t crs avec leur degr actuel de complication et n'ont fait que se modifi] dans le dtail1 se rappro*5t beauc\p de l'op9ion de ,buffon1 t\t en montrant plus de h>diesse4 rasme1 ,d>w9 et ,lam>ck p5s5t1 au contraire1 que des =mes trs simples1 cres p> ,dieu ou nes spontanm5t1 se sont graduellem5t compliques1 p]fectionnes p\r arriv] jusqu' leur =me actuelle4 ,de ces div]ses op9ions1 quelle e/ la vraie8 ,avant l'poque o ,d>w9 publia son livre mmorable sur l'orig9e des espces1 div]s savants avai5t *]* =mul] une rponse en discutant soigneusem5t t\s les faits acquis la sci5ce1 en mme temps que d'habiles exprim5tateurs attaquai5t le problme p> div]s moy5s4 ,n\s cit]ons surt\t ,fl\r5s1 ,koelreut]1 ,godron1 ,isidore ,ge(froy ,/-,hilaire et ,m4 ,naud94 ,il faut reconnatre que leurs conclusions fur5t lo9 de s'accord]2 mais il e/ facile de montr] que les longues discussions auxquelles a donn lieu la "q de l'espce ti5n5t1 en gr&e p>tie1 ce qu'on y a ml une f\le de que/ions accessoires1 au lieu de se born] suivre les faits pas pas1 ce qu'on s'e/ jet corps p]du dans les ptitions de pr9cipe1 au lieu de suivre rsolum5t la m?ode sci5tifique4 ,*oisissons un c\ple d'animaux aussi vois9s l'un de l'autre que possible et considrons les div]s individus ns de leur union4 ,ces individus1 quoique frres et p> consqu5t inconte/ablem5t de mme espce1 prs5t5t dj entre eux des diffr5ces suffisantes p\r qu'un exam5 att5tif p]mette t\j\rs de les di/+u]4 ,il e/ donc de t\te vid5ce qu'il exi/e dans l'espce des c>actres qui v>i5t en quelque sorte spontanm5t4 ,de ces individus ns d'un mme pre et d'une mme mre1 faisons deux p>ts1 dont l'une cont9ue vivre dans les conditions mmes o vivai5t les p>5ts1 t&is que l'autre1 transporte s\s un climat diffr5t1 s]a place dans des conditions d'exi/5ce aussi loignes que possible des conditions premires4 ,srem5t1 durant le c\rs de la croissance des individus1 des dissemblances notables app>atront entre les deux gr\pes4 ,si1 dans ces conditions d'exi/5ces diffr5tes1 on laisse les individus composant *acun des deux gr\pes se reproduire1 il arriv]a gnralem5t qu' *aque gnration1 les dissemblances s'acc5tu]ont et p\rront1 au b\t d'un c]ta9 temps1 dev5ir considrables4 ,f9alem5t1 si l'on ramne aux conditions d'exi/5ce premires les desc5dants du gr\pe qui en a t c>t1 les c>actres acquis se ma9ti5dront trs longtemps et s]ont transmis presque intgralem5t leur desc5dance1 la condition de ne laiss] s'unir que des individus prs5tant les mmes dviations du type primitif4 ,les individus sur qui se sont fixs de la sorte des c>actres n\veaux et hrditaires =m5t1 dans l'espce1 un gr\pe nettem5t df9i1 auquel on donne le nom de race4 ,les div]ses espces ne se prt5t pas aussi bi5 les unes que les autres la =mation des races4 ,il en e/ qui1 transportes dans les contres les plus v>ies1 cons]v5t t\s leurs c>actres avec une p]si/ance rem>quable4 ,c]ta9s papillons cosmopolites sont dans ce cas4 ,de ce que ces espces1 p\r des raisons qu'il y aurait lieu de re*]*]1 ne se laiss5t pas facilem5t bris] en races1 on ne saurait videmm5t pas conclure que *ez d'autres la =mation des races ne soit au contraire relativem5t aise1 et c'e/ le seul po9t qu'il soit1 p\r le mom5t1 indisp5sable de ret5ir4 ,les races1 une fois obt5ues1 demeur5t pures si l'on ne laisse s'unir entre eux que des individus qui en prs5t5t t\s les c>actres1 et surt\t si l'on ma9ti5t ces individus dans les conditions d'exi/5ce o la race s'e/ produite4 ,supposons ma9t5ant que des individus ayant con/itu une race n\velle1 p> suite du transf]t de leurs p>5ts dans un pays loign de leur pays d'orig9e1 ai5t subi dans leurs lm5ts reproducteurs1 dans leurs organes gnitaux1 dans l'poque de leur acc\plem5t1 ou mme dans les humeurs de leur organisme des modifications telles qu'ils ne puiss5t s'unir aux individus demeurs sur place2 les deux races vivront cte cte sans aucun mlange1 et d'aprs t\tes les df9itions1 sauf celles d',agassiz1 n\s appell]ons ces races des espces4 ,n\s avons fait ici une hypo?se3 c'e/ que des individus de mme espce1 mais de race diffr5te1 p\vai5t subir des modifications de leur app>eil reproducteur ou du re/e de leur organisme capables de les isol] compltem5t des individus demeurs id5tiques leurs p>5ts communs4 ,t\te la "q de l'espce e/ l3 le j\r o cette sp>ation s]a con/ate sci5tifiquem5t1 le problme de l'espce s]a df9itivem5t rsolu1 quelque difficult que puisse prs5t] tel ou tel cas p>ticuli]4 ,c'e/ de plus la manire la plus directe de le rs\dre4 ,on a avanc plusieurs faits de ce g5re1 mais ils ne sont malheureusem5t pas absolum5t concluants4 ,on obti5drait encore une solution complte du problme p> une m>*e inv]se4 ,des espces trs vois9es1 dont l'acc\plem5t s]ait au!ntiquem5t infcond1 ne p\rrai5t-elles tre am5es1 p> l'obligation de vivre dans des conditions communes1 s'acc\pl] fructueusem5t8 ,plusieurs auteurs ont p5s qu'il avait d en tre a9si de quelques-uns de nos animaux dome/iques1 les *vres1 les bufs1 les *i5s surt\t1 dont les nombreuses v>its provi5drai5t d'espces sauvages sp>m5t dome/iques et mlanges ensuite4 ,ici1 un po9t capital manque l'argum5tation1 la preuve que les espces dont il s'agit n'tai5t pas de simples races4 ,mais ce qu'on n'a pu faire jusqu'ici e/ faisable p\r l'av5ir1 et l'expri5ce mrit]ait d'tre t5te4 ,les deux procds directs de solution faisant dfaut1 on a *]* t\rn] la difficult en tudiant les effets de l'acc\plem5t d'individus unanimem5t considrs comme d'espce diffr5te3 p> exemple1 le *i5 et le *acal1 le *i5 et le l\p1 le *i5 et le r5>d1 le *i5 et le *at2 l'ne et le *eval1 le *ameau et le dromadaire1 le m\ton et la *vre1 le taureau et la bi*e1 le m\flon et la brebis1 le b\quet9 et la *vre1 le b\quet9 et la brebis1 le *amois et la *vre1 les div]ses espces de lamas1 le livre et le lap91 les div]ses espces de volailles et de pass]eaux1 etc4 ,on esprait tr\v] a9si un critrium absolu de l'espce1 et l'on avait mme =mul des lois cet g>d4 ,les acc\plem5ts entre individus de mme espce sont seuls indf9im5t fconds1 disait ,frdric ,cuvi]2 les hybrides ns de l'acc\plem5t d'individus d'espces diffr5tes sont s\v5t /riles2 quelquefois la /rilit n'app>at qu'aprs un c]ta9 nombre de gnrations4 ,les acc\plem5ts entre individus de g5re diffr5t1 aj\tait ,fl\r5s1 sont t\j\rs infconds4 ,frdric ,cuvi]1 ,fl\r5s et aussi ,godron#ach sont d'accord p\r considr] la fcondit limite des hybrides comme une preuve de la fixit des espces4 ,on se dem&e1 la vrit1 en quoi l'impossibilit de crer p> des croisem5ts des =mes p]man5tes1 int]mdiaires entre deux =mes spcifiques di/9ctes1 peut dmontr] que les =mes spcifiques actuelles ne sont pas susceptibles de se modifi] au po9t que les individus sur qui ont port les modifications soi5t incapables de s'unir avec ceux qui ont g>d les c>actres primitifs de la s\*e commune4 ,mais les savants dont n\s v5ons de cit] les noms admett5t videmm5t a priori la fixit de l'espce et se proccup5t de *]*] non pas des preuves de cette fixit1 mais des argum5ts en sa faveur4 ,t\t autre et t leur manire de raisonn] et d'exprim5t] s'ils se fuss5t laiss guid] exclusivem5t p> les faits et les conclusions que suggre leur comp>aison4 ,ce que n\s montre l'obs]vation de t\s les j\rs1 c'e/ que les tres vivants se p]ptu5t s\s un c]ta9 nombre de =mes qui sont t\j\rs les mmes et qui n'ont subi1 depuis que n\s sommes en tat de les obs]v]1 que des modifications peu importantes4 ,ces =mes sont ce que n\s appelons les espces4 ,de ce fait la sci5ce doit avant t\t re*]*] l'explication1 et elle la tr\ve dans cet autre fait que les animaux et vgtaux d'espce diffr5te sont incapables1 en se mlant1 de produire des =mes int]mdiaires /ables et p]man5tes1 soit p>ce que les croisem5ts sont infconds1 soit p>ce que les hybrides sont /riles4 ,le physiologi/e se dem&e alors quelle e/ la cause de cette infcondit des croisem5ts1 de cette /rilit des hybrides4 la premire de ces que/ions1 aucune rponse n'a t faite jusqu'ici4 la seconde1 ,koelreut]1 ,m4 ,godron1 ,m4 ,*4 ,naud9 rpond5t en dmontrant que1 *ez les hybrides1 les lm5ts reproducteurs et notamm5t les lm5ts mles demeur5t imp>faits2 mais cette imp]fection des lm5ts reproducteurs1 qui d'ailleurs n'e/ pas con/ante1 a une cause qu'il faudrait aussi dc\vrir2 l se sont arrtes les inve/igations1 et le plus gr& nombre des auteurs ont cru se tir] d'emb>ras en prt5dant que le ,crateur avait v\lu de la sorte ma9t5ir la puret des espces1 ce qui e/ t\t simplem5t t\rn] dans un c]cle vicieux4 ,d'autre "p1 la b>rire que le ,crateur aurait tablie entre les espces e/ lo9 d'tre t\j\rs galem5t solide4 ,les hybrides ne produis5t jamais qu'entre animaux de mme g5re ou de g5res vois9s4 ,mais1 dans ces limites1 ils prs5t5t t\s les degrs possibles de fcondit4 ,le plus s\v5t1 les mles seuls sont infconds1 et les femelles peuv5t tre fcondes indiffremm5t p> les mles des deux espces p>5tes4 ,c'e/ le cas p\r les mulets de l'ne et de la jum5t4 ,d'autres fois1 comme p\r le *i5 et la l\ve1 les mtis peuv5t produire entre eux p5dant plusieurs gnrations1 puis la /rilit survi5t2 d'autres fois encore1 comme p\r le livre et la lap9e1 les mtis sont indf9im5t fconds1 comme si ces animaux1 gnralem5t si antipa?iques l'un l'autre1 tai5t de mme espce4 ,cette incon/ance des c>actres physiologiques des hybrides ne semble-t-elle pas indiqu] que la di/ance qui sp>e les unes des autres les espces vois9es n'e/ pas t\j\rs la mme8 ,les *oses ne se pass]ai5t pas autrem5t si les espces vois9es ou mme celles que n\s considrons comme de mme g5re tai5t issues d'une s\*e commune4 ,les expri5ces sur l'hybridation1 lo9 de dmontr] la fixit des espces1 f\rniss5t donc des argum5ts en faveur de la =mation graduelle des espces p> suite d'une modification des espces prexi/antes1 et c'e/ en effet la conclusion laquelle ,m4 ,*>les ,naud9 e/ conduit p> ses belles re*]*es sur le croisem5t de nombreuses espces de pavots1 de mirabilis1 de primevres1 de datura1 de tabacs1 de cucurbitaces1 etc4 ,un fait me frappe1 dit cet habile exprim5tateur#aci1 dans la contemplation du monde organis et vivant qui n\s ent\re et dont n\s faisons p>tie3 c'e/ que1 quelque v>is qu'ils soi5t dans leurs =mes1 les tres organiss ont entre eux de puissantes analogies4 ,c'e/ en v]tu de ces analogies que leur classem5t e/ possible en rgnes1 en classes1 en familles1 en g5res1 en espces4 ,supprimez ces analogies1 supposez autant de mondes radicalem5t diffr5ts qu'il y a d'individualits dans la nature1 et t\te possibilit de classem5t disp>atra4 ,ce gr& phnomne des analogies e/-il susceptible d'explication8 ,oui1 si l'on adopte le sy/me de l'orig9e commune et de l'volution des =mes2 non1 si l'on s'en ti5t au sy/me de la primordialit de ces =mes4 ,voici sept huit c5ts sol>ium dissm9s sur une imm5se t5due de pays de l',anci5 et du ,n\veau-,monde2 t\s sont di/9cts spcifiquem5t1 mais t\s se ressembl5t p> une c]ta9e somme de c>actres communs incomp>ablem5t plus importants1 aux yeux du classificateur1 que les diffr5ces t\t extrieures1 et je dirais mme sup]ficielles1 qui les di/+u5t1 puisque ces c>actres communs leur assign5t t\s leur place dans une mme classe1 une mme famille1 un mme g5re4 ,eh bi51 je le dem&e1 ces analogies sont-elles un fait sans cause dans l'ordre physique8 ,exi/5t-elles =tuitem5t ou simplem5t p>ce qu'il a plu ,dieu qu'elles exi/ass5t8 ,si v\s v\s en t5ez au sy/me de l'orig9e indp5dante des espces1 v\s avez *oisir entre le has>d 7une absurdit7 et un fait surnaturel1 c'e/--dire un miracle1 deux faits qui ne peuv5t avoir c\rs dans la sci5ce4 ,accordez1 au contraire1 un anctre commun t\tes les espces1 gnralisez dans le rgne vgtal cette facult1 dont les =mes actuelles cons]v5t un d]ni] re/e1 de se subdivis] graduellem5t1 et suivant le beso9 de la nature1 en =mes secondaires qui s'en vont div]geant p>tir du po9t commun de leur orig9e1 p\r se subdivis] elles-mmes en de n\velles =mes1 v\s arriv]ez sans sec\sses1 et p> le seul pr9cipe de l'volution1 jusqu'aux espces1 aux races et aux v>its les plus lgres4 ,les traits sup]ficiels v>i]ont d'une =me l'autre2 mais le fond commun1 ess5tiel1 subsi/]a2 v\s p\rrez avoir mille espces drives1 mais *acune d'elles port]a l'empre9te de son orig9e1 le signe de sa p>5t avec t\tes les autres1 et c'e/ ce signe qui v\s guid]a p\r les runir dans une mme famille1 dans un mme g5re4 ,c'e/ l la conclusion laquelle ,buffon1 au db de sa c>rire1 r$\tait de voir les naturali/es se laiss] entran] p> l'usage des classifications1 mais laquelle il tait plus t>d arriv lui-mme4 ,si les expri5ces sur les hybrides peuv5t conduire des conclusions aussi opposes que celles que s\ti5n5t ,godron et ,m4 ,naud91 il e/ indisp5sable d'avoir rec\rs d'autres argum5ts p\r sauv] le dogme de la fixit des espces4 ,on p5se y p>v5ir p> d'+nieuses di/9ctions entre les espces sauvages et les espces dome/iques1 entre les espces et les races1 entre les hybrides et les mtis4 ,de l t\t un sy/me philosophique qui peut tre rsum dans les propositions suivantes1 textuellem5t empruntes l'ouvrage de ,m4 ,godron1 ,de l'espce et de la race *ez les tres organiss#adj3 #a ,les espces animales sauvages qui viv5t actuellem5t ne se modifi5t pas1 mme s\s l'influ5ce des ag5ts extrieurs1 de manire *ang] leurs c>actres spcifiques4 ,ceux-ci sont inalinables et f\rniss5t t\j\rs les moy5s de di/+u] nettem5t les unes des autres les espces animales actuellem5t vivantes4 #b ,les seules modifications qu'elles pr\v5t sont lgres2 elles naiss5t accid5tellem5t et ne devi5n5t jamais p]man5tes1 tant que les animaux cont9u5t la vie sauvage4 #c ,il n'y a donc pas de races naturelles1 dans le s5s /rict du mot2 la race e/ le ca*et de l'int]v5tion de l'homme4 #d ,les espces animales sauvages qui ont vcu dans les sicles antrieurs au ntre1 et en n\s rappro*ant autant qu'il e/ possible de l'orig9e de la priode gologique actuelle1 ont cons]v leur con=mation et leurs c>actres di/9ctifs1 comme le dmontre l'tude des dbris de ces espces qui sont cons]vs depuis une longue suite de sicles#ada4 #e ,malgr les *angem5ts qui ont pu se produire dans les ag5ts physiques l'action desquels les espces sont s\mises1 elles ne se sont pas modifies dans leur organisation1 ni trans=mes de manire se confondre les unes avec les autres ou donn] naissance des types spcifiques n\veaux1 de telle sorte que les animaux qui viv5t auj\rd'hui reprs5t5t exactem5t ceux de mme espce qui vivai5t l'orig9e de la priode gologique actuelle et dont ils sont les desc5dants directs4 #f ,les espces n'ont pas v>i davantage durant les priodes gologiques qui ont prcd la ntre4 ,les espces vivant durant ces priodes n'ont pu1 en consqu5ce1 produire en se trans=mant celles qui sont nos contempora9es#adb4 #g ,si cette trans=mation progressive des tres tait un fait rel1 si les animaux et les vgtaux les plus simples avai5t1 en se p]fectionnant1 donn naissance des tres plus complexes1 si les inv]tbrs s'tai5t mtamorphoss en v]tbrs1 les poissons en reptiles1 les reptiles en oiseaux et en mammifres1 ou bi5 les plantes acotyldones en monocotyldones1 puis dicotyldones1 des mutations aussi compltes n'aurai5t pu s'opr] que p5dant une longue suite de sicles444 ,en passant d'une priode gologique une autre1 on tr\v]ait des tres en voie de trans=mation1 de vritables int]mdiaires qui reprs5t]ai5t t\tes les phases de ces mtamorphoses1 et le rgne animal comme le rgne vgtal montr]ai5t une srie cont9ue d'tres se nuanant de manire qu'on ne puisse plus tr\v] entre les espces de lignes de dm>cation1 de c>actres spcifiques2 on ne tr\v]ait plus que confusion l o t\t n\s rvle un ordre admirable4 ,mais lo9 de l1 n\s obs]vons au contraire1 en comp>ant les tres organiss de deux priodes gologiques successives1 une int]ruption brusque entre les =mes animales ou vgtales2 n\s con/atons que des faunes et des flores di/9ctes se remplac5t dans la srie rgulire des =mations1 et t\s ces faits vi5n5t n\s dmontr] la pluralit et la succession de crations organiques spciales aux div]s ges de notre plante4 ,l'espce n'a donc pas plus v>i p5dant les temps gologiques que durant la priode de l'homme2 les diffr5ces qui ont pu et qui ont d mme se manife/]1 aux diffr5tes poques gologiques1 dans l'action des ag5ts physiques1 les rvolutions1 enf91 que notre globe a subies et dont il porte dans son corce les /igmates indlbiles1 n'ont pu altr] les types orig9airem5t crs2 les espces ont cons]v1 au contraire1 leur /abilit1 jusqu' ce que des conditions n\velles ai5t r5du leur exi/5ce impossible2 alors elles ont pri1 mais ne se sont pas modifies4 #h ,si les espces animales sauvages ne v>i5t pas1 si depuis leur cration elles sont re/es fixes1 il n'en e/ pas de mme des espces dome/iques2 celles-ci1 s\mises depuis un temps plus ou mo9s long1 et quelquefois depuis bi5 des sicles1 des conditions d'exi/5ce exceptionnelles et extrmem5t v>ies1 ont subi des modifications plus ou mo9s nombreuses et importantes dans leurs c>actres physiques1 dans leurs murs1 dans leurs habitudes et mme dans leurs in/9cts2 enf9 la dome/icit e/ un modificateur d'autant plus puissant que son action a t plus complte et s'e/ prolonge p5dant une plus longue priode de temps#adc4 ,godron aj\te plus lo9#add que ces modifications ont pu dev5ir hrditaires et produire a9si des races durables1 se di/+uant nettem5t de l'espce p> la facult que possd5t les individus app>t5ant aux races diffr5tes d'une mme espce de se ml] en produisant des mtis indf9im5t fconds1 transmettant leurs c>actres mixtes leur desc5dance et susceptibles a9si de s]vir de po9t de d"p autant de races int]mdiaires qu'on en peut concevoir4 ,il t]m9e sa ?orie de la race p> cette proposition3 ,si ,dieu a fait l'espce1 les races ou v>its p]man5tes sont le produit de l'indu/rie de l'homme4 ,l'homme e/ lui-mme considre comme con/ituant une espce unique1 pr(ondm5t sp>e du rgne animal t\t enti] et mritant de con/itu] elle seule un rgne p>ticuli]1 dom9ant les trois autres1 le rgne moral 7de ,b>b5ois1 #ahaf71 rgne hom9al 7,fabre d',olivet1 #ahbb71 ou rgne huma94 ,ri5 d'tonnant ds lors que cet tre privilgi p>ticipe dans une c]ta9e mesure aux attributs de la div9it4 ,a9si l'espce e/1 p\r ,godron1 une entit totalem5t immuable qu& elle e/ livre elle-mme2 les =ces aveugles de la nature sont incapables de produire en elle aucune modification4 ,cre p\r un milieu1 p\r des conditions d'exi/5ce dt]m9es1 elle disp>at qu& ces conditions vi5n5t *ang]4 *aque rvolution du globe1 la cration t\t entire e/ anantie1 une cration n\velle m>que la r5aissance du calme et de la /abilit2 cette cration demeure ce que ,dieu l'a faite tant que dure la priode de repos du globe p\r laquelle elle a t in/itue4 ,t\tefois1 l'app>ition de l'homme ouvre une re n\velle p\r les espces animales et vgtales2 une intellig5ce faite l'image de l'intellig5ce div9e va dsormais pli] les =mes vivantes des exig5ces inconnues jusque-l4 ,ces =mes vont cd] dans une c]ta9e mesure aux caprices de l'homme2 mais celui-ci ne saurait p>v5ir crer des espces n\velles1 privilge qui n'app>ti5t qu' ,dieu1 il produit simplem5t des races et des v>its4 ,il e/ impossible d'rig] plus compltem5t en sy/me cette int]v5tion du miracle dans les phnomnes naturels1 que n\s avons vu t\t l'heure si hautem5t rep\sse p> ,m4 ,naud94 ,mais1 de mme qu'on ne peut tre trans=mi/e demi1 on ne peut tre demi p>tisan de la fixit des espces2 t\s les tempram5ts que l'on peut apport] aux deux doctr9es ne s]v5t qu' m>qu] un dsaccord1 s\v5t inav\1 entre les faits qui entran5t avec eux des conclusions ncessaires1 et de *res ides auxquelles on regrette de voir ces conclusions livr] bataille4 ,en somme1 quiconque croit la fixit des espces e/ rapidem5t am5 appel] le miracle son aide2 quiconque croit la ?orie de la desc5dance croit p> cela mme que p\r la production des phnomnes biologiques1 comme p\r celle des phnomnes physiques1 le ,crateur s'en e/ remis entirem5t au conflit des =ces et de la matire4 ,m4 ,naud9 ne s'y trompe pas4 ,l'intellig5ce huma9e n'a pas p\r lui de p\voir spcial1 j allais dire de dlgation spciale relativem5t aux espces2 c'e/ bi51 suivant lui1 le milieu qui a t\t fait3 ,il n'y a1 dit-il1 aucune diffr5ce qualitative entre les espces1 les races et les v>its2 en *]*] une e/ p\rsuivre une *imre4 ,ces trois *oses n'en font qu'une1 et les mots p> lesquels on prt5d les di/+u] n'indiqu5t que des degrs de contra/e entre les =mes comp>es444 ,les contra/es entre les =mes comp>es sont de t\s les degrs1 depuis les plus =ts jusqu'aux plus faibles1 ce qui revi5t dire que1 suivant les comp>aisons qu'on tablira entre les gr\pes d'individus semblables1 on tr\v]a des espces de t\s les degrs de =ce et de faiblesse1 et1 si l'on essayait d'exprim] ces degrs p> autant de mots1 t\t un vocabulaire n'y suffirait pas4 ,la dlimitation des espces e/ donc1 comme je le disais t\t l'heure1 entirem5t facultative2 on les fait plus l>ges ou plus troites suivant l'importance qu'on donne aux ressemblances et aux diffr5ces des div]s gr\pes mis en reg>d l'un de l'autre1 et ces apprciations v>i5t suivant les hommes1 les temps et les phases de la sci5ce4 ,suit-il de l que les mots race et v>it doiv5t tre bannis de la sci5ce8 ,non sans d\te1 c> ils sont commodes p\r dsign] les faibles espces qu'on ne veut pas enregi/r] p>mi les espces (ficielles2 mais il convi5t de leur donn] leur vraie signification1 qui e/ absolum5t la mme que celle d'espce proprem5t dite1 et de voir1 dans les =mes dsignes p> ces mots1 des units d'une faible valeur1 qu'on peut nglig] sans inconvni5t p\r la sci5ce#ade4 ,m4 ,naud9 ent5d d'ailleurs1 p> espce1 un gr\pe d'individus semblables contra/ant dans une mesure quelconque avec d'autres gr\pes1 et cons]vant1 dans la srie des gnrations1 la physionomie et l'organisation communes t\s les individus4 ,cep5dant le savant botani/e a contribu lui-mme tablir un fait qui p\rrait tre invoqu et qui l'a t effectivem5t l'appui de la fixit des espces4 ,de ses re*]*es sur l'hybridation de vgtaux app>t5ant aux gr\pes les plus v>is1 comme aussi de nombreuses expri5ces de croisem5t faites sur les animaux1 il rsulte que les individus directem5t issus de ces croisem5ts prs5t5t1 en gnral1 une comb9aison des c>actres de leurs p>5ts telle qu'on peut les considr] comme peu prs exactem5t int]mdiaires entre eux2 mais si l'on unit ensemble ces individus mixtes1 ces hybrides1 au b\t d'un c]ta9 nombre de gnrations et s\v5t ds la seconde1 il se fait un d"p entre les c>actres spcifiques2 p>mi les individus ns des mmes p>5ts et app>t5ant la mme gnration1 les uns se rappro*5t troitem5t de l'espce du pre1 les autres de l'espce de la mre2 les individus int]mdiaires sont r>es et trs diffr5ts les uns des autres2 enf9 le plus s\v5t t\s les individus f9iss5t p> rev5ir presque entirem5t l'une des espces p>5tes1 comme si le sang de l'autre avait t compltem5t lim94 ,les croisem5ts fconds ne p]mett5t donc pas1 dans les conditions o ils ont t raliss jusqu'ici1 d'obt5ir une espce exactem5t int]mdiaire entre deux autres4 ,si l'on croise au contraire entre eux des individus qui ne diffr5t que p> la race1 les individus mixtes ou mtis que l'on obti5t a9si sont rputs produire assez s\v5t1 qu& on les unit exclusivem5t entre eux1 une suite de gnrations dans lesquelles sont cons]vs leurs c>actres int]mdiaires4 ,il s]ait donc relativem5t facile de crer des races mtisses2 il s]ait impossible de crer des espces hybrides4 ,c'e/ l1 p\r de trs m95ts naturali/es1 le c>actre ess5tiellem5t di/9ctif de la race et de l'espce1 et ri5 n'e/ plus lgitime que cette di/9ction4 ,on ne saurait mconnatre1 n\s n'avons cess de le dire1 qu'il exi/e dans la nature des gr\pes d'individus semblables suffisamm5t isols les uns des autres1 p> leurs aptitudes reproductrices1 p\r que la =mation de gr\pes int]mdiaires soit r5due trs difficile1 et ri5 n'emp*e de considr] *acun de ces gr\pes comme con/ituant une espce4 ,mais entre les gr\pes mo9s isols1 que leur commune orig9e conduit considr] comme de simples races1 on obs]ve1 ce po9t de vue1 de nombreuses gradations2 c]ta9es races mtisses ont aussi une t5dance disp>atre et laiss] se recon/itu] les deux races p>5tes ou l'une d'elles seulem5t2 de plus1 les conditions dans lesquelles les mtis et les hybrides sont placs p>aiss5t influ] notablem5t sur le degr de p]man5ce de leurs c>actres4 ,cette sp>ation du sang des deux races unies dans la race int]mdiaire1 cette rv]sion des mtis1 exclusivem5t acc\pls entre eux1 aux deux types auxquels ils doiv5t leur orig9e1 n'e/ pas seulem5t l'exception1 ni mme la rgle2 elle e/ la loi1 dit un zoote*ni/e m95t1 ,m4 ,sanson#adf4 ,dans aucun des cas connus de reproduction entre individus issus de deux ou plusieurs races diffr5tes1 c'e/--dire ayant des c>actres fondam5taux ou spcifiques diffr5ts#adg1 cette loi n'a failli4 ,n\s en p\vons cit] des preuves non d\teuses1 empruntes t\s les g5res d'animaux qui sont les sujets de la zoote*nie4 ,et ces preuves1 ,m4 ,sanson les tr\ve dans l'tat actuel de t\tes les races croises de *evaux1 de bufs1 de m\tons1 de porcs1 de *i5s1 de pigeons1 etc4 ,a9si1 de mme que lorsqu'il s'e/ agi de la fcondit limite1 cette n\velle opposition entre les hybrides et les mtis s'efface1 et il faut bi5 reconnatre1 avec ,m4 ,*4 ,naud91 qu'il n'y a entre les races et les espces d'autre diffr5ce qu'un degr plus ou mo9s gr& de contra/e avec les =mes les plus vois9es4 ,mais alors disp>at entirem5t la doctr9e de la fixit des espces4 ,les =mes spcifiques j\iss5t d'un degr de /abilit plus ou mo9s considrable1 mais non pas d'une relle fixit4 ,c'e/1 en df9itive1 sur cette di/9ction entre une /abilit acquise mais rvocable et une fixit orig9elle et inaltrable que repose la ?orie de la v>iabilit limite1 la dmon/ration de laquelle ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire a consacr la presque totalit de son ,hi/oire naturelle gnrale des rgnes organiques4 ,ce beau livre1 demeur malheureusem5t ina*ev1 p>ut de #ahed #affb4 ,on peut donc le considr] comme contempora9 du livre de ,godron1 des mmoires de ,m4 ,*4 ,naud91 et il demeure t\t fait indp5dant des doctr9es propres de ,c4 ,d>w94 ,la "q de v>iation de l'espce1 celle du croisem5t s\s t\tes ses =mes y sont discutes l'aide de t\s les docum5ts qui sont dans la sci5ce et des rsultats de nombreuses expri5ces faites la mnag]ie du ,musum d'hi/oire naturelle1 expri5ces qui sont la plup>t l'uvre d',isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire lui-mme4 ,les conclusions de cette longue et savante discussion sont textuellem5t rsumes dans les propositions suivantes#adh3 ,les c>actres des espces ne sont ni absolum5t fixes1 comme plusieurs l'ont dit1 ni surt\t indf9im5t v>iables1 comme d'autres l'ont s\t5u4 ,ils sont fixes p\r *aque espce1 tant qu'elle se p]ptue au milieu des mmes circon/ances4 ,ils se modifi5t si les circon/ances ambiantes vi5n5t *ang]4 ,dans ce d]ni] cas1 les c>actres de l'espce sont1 p\r a9si dire1 la rsultante de deux =ces contraires3 l'une1 modificatrice1 e/ l'influ5ce des circon/ances ambiantes2 l'autre cons]vatrice du type1 e/ la t5dance hrditaire reproduire les mmes c>actres de gnration en gnration4 ,p\r que l'influ5ce modificatrice prdom9e d'une manire trs m>que sur la t5dance cons]vatrice1 il faut donc qu'une espce passe1 des circon/ances au milieu desquelles elle vivait1 dans un ensemble n\veau1 et trs diffr5t1 de circon/ances2 qu'elle *ange1 comme on l'a dit1 de monde ambiant4 ,de l les limites trs troites de v>iations obs]ves *ez les animaux sauvages4 ,de l aussi l'extrme v>iabilit des animaux dome/iques4 ,p>mi les premi]s1 les espces re/5t gnralem5t dans les lieux et les conditions o elles se tr\v5t tablies1 ou elles s'en c>t5t le mo9s possible1 c> leur organisation e/ en rapport avec ces lieux et ces conditions2 elle s]ait en dsaccord avec d'autres circon/ances ambiantes4 ,les mmes c>actres doiv5t donc se transmettre de gnration en gnration4 ,les circon/ances tant p]man5tes1 les espces le sont aussi4 ,dj p\rtant la p]man5ce1 la fixit ne sont pas absolues4 ,l'expansion graduelle des espces la surface du globe e/1 la longue1 la consqu5ce ncessaire de la multiplication des individus4 ,d'autres causes1 d'un ordre mo9s gnral1 peuv5t aussi am5] des dplacem5ts p>tiels4 ,d'o1 aux limites surt\t de la di/ribution gographique des espces qui se sont le plus t5dues1 des diffr5ces notables d'habitat et de climat1 qui1 leur t\r1 entran5t quelques diffr5ces secondaires dans le rgime et mme dans les habitudes4 ces div]s g5res de diffr5ces correspond5t des races c>actrises p> des modifications dans la c\leur et les autres c>actres extrieurs1 dans les proportions et la taille1 et p>fois dans l'organisation intrieure4 ,ces races ont t =t arbitrairem5t tantt appeles v>its de localits1 tantt considres comme des espces di/9ctes4 ,*ez les animaux dome/iques1 les causes de v>iation sont beauc\p plus nombreuses et plus puissantes4 ,dans une longue srie d'expri5ces1 qui1 p\r avoir t entreprises dans un b t\t pratique1 n'en ont pas une mo9dre importance ?orique1 des espces de plusieurs classes1 au nombre de qu>ante environ1 ont t contra9tes p> l'int]v5tion de l'homme de quitt] l'tat sauvage et de se pli] des habitudes1 des rgimes1 des climats trs div]s4 ,les effets obt5us ont t en raison directe des causes2 il s'e/ =m une multitude de races trs di/9ctes4 ,p>mi elles1 plusieurs (fr5t mme des c>actres gaux en valeur ceux p> lesquels on diffr5cie d'ord9aire les g5res4 ,le ret\r de plusieurs races dome/iques l'tat sauvage a eu lieu sur div]s po9ts du globe4 ,de l une seconde srie d'expri5ces1 inv]ses des prcd5tes et en donnant la contre-preuve4 ,si des animaux dome/iques sont replacs dans les circon/ances au milieu desquelles avai5t vcu leurs anctres sauvages1 les desc5dants repr5n5t1 aprs quelques gnrations1 les c>actres de ceux-ci4 ,ils revt5t seulem5t des c>actres analogues1 s'ils sont r5dus la vie sauvage dans des conditions analogues1 mais non id5tiques444 ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 l'inv]se de ,godron1--et ses argum5ts sont bi5 difficiles rfut]1--admet donc comme ple9em5t dmontre1 la fois p> l'obs]vation et p> l'expri5ce1 la v>iabilit limite de l'espce4 ,d'ailleurs1 aj\te-t-il1 cette ?orie peut conduire des solutions rationnelles l'g>d de que/ions qui sont compltem5t insolubles p\r les p>tisans de la fixit absolue1 ou que ceux-ci ne rsolv5t qu' l'aide des hypo?ses les plus complexes et les plus invraisemblables4 ,il en e/ a9si de la "q fondam5tale de l'an?ropologie4 ,l'orig9e commune des div]ses races huma9es e/ rationnellem5t admissible au po9t de vue de la v>iabilit et ce po9t de vue seul4 ,les p>tisans de la fixit absolue ont d1 p\r l'admettre avec n\s1 conclure contre leur propre pr9cipe4 ,en palontologie1 la ?orie de la v>iabilit limite correspond une hypo?se simple et rationnelle1 celle de la filiation2 la doctr9e de la fixit1 deux hypo?ses galem5t compliques et invraisemblables1 celle des crations successives et celle dite de la translation4 ,isidore ,ge(froy se range naturellem5t l'hypo?se de la filiation1 qui n\s autorise1 p> exemple1 re*]*] les anctres de nos lphants1 de nos rh9ocros1 de nos crocodiles p>mi les lphants1 les rh9ocros1 les crocodiles dont la palontologie a dmontr l'exi/5ce antdiluvi5ne4 ,au mom5t mme o ,d>w9 donnait en ,anglet]re la doctr9e de la desc5dance un clat qu'elle n'avait jamais eu1 l'illu/re hriti] du gr& nom de ,ge(froy dev5ait donc en ,france le df5seur calme et conva9cu de cette doctr9e4 ,sans aucun d\te1 si la mort n'tait v5ue le surpr5dre au mom5t o la sci5ce p\vait encore att5dre beauc\p de ses laborieuses1 pati5tes et imp>tiales inve/igations1 ,isidore ,ge(froy aurait l>gi les bases de sa ?orie1 il se ft tabli une sorte de compromis entre les deux savants qui reprs5tai5t de *aque ct du dtroit des ides analogues4 ,mais n\s ne p\vons pr5dre la ?orie de la v>iabilit limite qu'au po9t o l'a conduite ,ge(froy1 et n\s devons prcis] en quoi elle diffre de la doctr9e de ,*>les ,d>w94 ,que signifie d'abord cette pi?te de limite accole au mot v>iabilit8 ,des limites sont-elles imposes l't5due des v>iations que peuv5t subir les =mes spcifiques1 ou ces limites doiv5t-elles s'ent5dre du temps p5dant lequel ces v>iations peuv5t s'effectu]1 la v>iabilit tant de la sorte limite c]ta9es poques8 ,il e/ probable que ces deux int]prtations tai5t galem5t dans l'esprit d',isidore ,ge(froy4 ,qu& on p>c\rt la surface entire du globe1 les conditions moy5nes d'exi/5ce (f]tes aux tres vivants1 les div]ses v>iations du milieu sembl5t1 au premi] abord1 oscill] entre des limites assez troites2 ces limites dt]m95t celles des modifications que peuv5t subir les espces1 t\j\rs troitem5t dp5dantes des ag5ts extrieurs4 ,les gr&es v>iations du milieu1 suppos] qu'il y en ait jamais eu1 n'ont lieu que dans les int]valles qui sp>5t une priode gologique d'une autre2 c'e/ p5dant ces poques int]mdiaires que survi5drai5t galem5t les gr&es trans=mations des espces4 ,isidore ,ge(froy ne se prononce nulle "p sur l't5due que l'on peut attribu] ces d]nires trans=mations2 mais1 du mom5t qu'on admet l'hypo?se de la filiation1 il devi5t totalem5t impossible de limit] en quoi que ce soit cette t5due4 ,il p>at1 en effet1 bi5 tabli auj\rd'hui qu'il n'y avait durant la priode primaire ni oiseaux ni mammifres1 que les reptiles ne se sont montrs qu'aprs les batraci5s et les poissons1 et que les poissons eux-mmes ne sont v5us qu'aprs les animaux sans v]tbres4 ,l'ordre de succession des mammifres durant la priode t]tiaire a pu tre fix de la faon la plus rem>quable4 ,l'ide de filiation1 p\r cons]v] sa gnralit1 implique que ces animaux ont t tirs les uns des autres1 et l'on ne peut videmm5t admettre de telles modifications sans attribu] en mme temps l'espce une v>iabilit rgie1 la vrit1 p> des lois prcises1 mais absolum5t indf9ie3 ,si les v>iations qu'une espce peut subir durant une priode gologique p>aiss5t au premi] abord limites1 il e/ donc impossible d'admettre cette re/riction qu& on embrasse la dure t\t entire des temps4 ,mais peut-on mme admettre que1 durant une priode gologique donne1 les espces cons]v5t cette /abilit qui ne leur p]met t\t au plus que de =m] des races gographiques8 ,une telle hypo?se e/ videmm5t lie la supposition qu'il y a eu dans l'hi/oire du globe des priodes successives de *angem5t et d'immobilit4 ,or la gologie s'loigne de plus en plus de cette manire de voir2 il p>at de plus en plus dmontr que la surface de la t]re s'e/ t\j\rs modifie avec la l5teur que n\s con/atons auj\rd'hui dans ses trans=mations1 et qu'il n'y a jamais eu aucune dm>cation tran*e entre deux priodes gologiques successives4 ,ds lors1 il faut admettre que les espces peuv5t v>i] indf9im5t et t\tes les poques1 et les mots v>iabilit limite ne signifi5t plus que v>iabilit l5te et graduelle1 s\mise la fois aux lois de l'hrdit et de l'adaptation aux conditions ambiantes1 mais1 en somme1 illimite4 ,l'ex]cice de cette v>iabilit suppose-t-il enf91 comme le veut ,isidore ,ge(froy1 des modifications importantes dans l'tat du globe t]re/re8 ,non sans d\te4 ,isidore ,ge(froy lui-mme fait rem>qu] que l'ext5sion graduelle des espces la surface du globe1 consqu5ce ncessaire de la multiplication des individus1 place ces individus dans des conditions diffr5tes1 susceptibles de dt]m9] en eux des modifications4 ,mais quelle limite attribu] cette =ce expansive des espces8 ,n'e/-elle pas capable1 la longue1 d'am5] les individus faisant p>tie d'une mme ligne vivre dans les conditions les plus diffr5tes8 ,e/-il ncessaire de suppos] des *angem5ts dans un milieu dj ess5tiellem5t v>i1 si les individus d'une espce donne sont eux-mmes =cs1 s\s pe9e de mort1 de se pli] aux g5res de vie les plus dissemblables et vont spontanm5t1 p\r a9si dire1 la re*]*e des tats les plus div]s du milieu8 ,evidemm5t non4 ,c'e/ l ce que ,*>les ,d>w9 a si brillamm5t dmontr1 et c'e/ en cela que sa doctr9e diffre de celle d',isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire4 ,p\r le savant franais1 les organismes se trans=m5t p\r a9si dire passivem5t1 la suite des trans=mations du milieu dont ils ne font que subir le contre-c\p2 p\r le naturali/e anglais1 l'active multiplication des individus1 la lutte p\r la vie qui en rsulte1 oblige les animaux et les plantes pr(it] de t\tes les conditions d'exi/5ce qui leur sont (f]tes4 ,le milieu peut re/] immuable1 dans son inf9ie v>it2 mais l'espce e/ pla/ique1 elle j\it d'une =ce expansive illimite et vi5t pr5dre d'elle-mme les empre9tes qui lui donn5t ses aspects si v>is4 ,ds lors1 le *amp des modifications possibles n'a plus de bornes1 c>1 d'une "p1 les individus d'une mme espce g>d5t indf9im5t de leur orig9e commune quelque *ose qui les di/+ue au milieu des autres tres vivants1 et1 d'autre "p1 la po/rit de *acun d'eux a t\j\rs devant elle1 mesure qu'elle s'accrot1 la possibilit de s'tablir dans l'un des innombrables doma9es que le globe t\t enti] (fre l'activit des espces fcondes4 ,isidore ,ge(froy n\s montre des ag5ts modificateurs fonctionnant en quelque sorte d'une faon int]mitt5te2 ,*>les ,d>w9 n\s signale1 ct de ces ag5ts et au-dessus d'eux1 une cause modificatrice d'une puissance inf9ie et qui dt]m9e en quelque sorte ces ag5ts entr] en scne3 c'e/ la =ce expansive que les espces ti5n5t du p\voir reproducteur des individus qui les compos5t4 ,dans cette n\velle hypo?se1 les espces n'ont cess de se modifi] depuis l'poque o la vie s'e/ montre sur la t]re1 et l'on compr5d sans pe9e comm5t les =mes vivantes sont p>v5ues la prodigieuse div]sit que n\s rvle l'tude de la botanique1 de la zoologie et de la palontologie1 ,il n'e/ plus ncessaire1 p\r expliqu] les modifications dont les espces sont susceptibles1 de faire appel des phnomnes exceptionnels1 inconnus notre poque et dont l'homme n'aurait jamais t le tmo92 il n'e/ mme pas ncessaire de suppos] dans le milieu o viv5t les organismes des *angem5ts plus ou mo9s pr(onds2 les modifications des =mes vivantes sont1 comme t\s les phnomnes physiques et *imiques que n\s obs]vons1 les effets de causes encore agissantes et dt]m9ables4 99 99 99 99 99 ,on arrive bi5 vite1 sur cette p5te1 pos] le problme de la zoologie et de la botanique t\t autrem5t que ne l'avai5t fait jusque-l les naturali/es4 ,*aque =me vivante app>at comme le rsultat d'une srie d'actions successives du milieu sur les anctres de l'tre qui la prs5te1 et l'on conoit la possibilit de dt]m9] quelles ont t ces actions1 quels effets elles ont produits1 dans quel ordre elles se sont succd4 ,ce n'e/ plus1 cette fois1 un simple tableau de la ,nature qu'il s'agit de trac]1 ce n'e/ plus le my/re de ses int5tions qu'il s'agit de dvoil]1 ce ne sont plus mme les lois auxquelles elle s'a/re9t dans la production des organismes qu'il s'agit d'nonc]2 c'e/ une vritable explication de *aque tre vivant qu'il faut tr\v]1 une explication au s5s o les physici5s et les *imi/es ent5d5t ce mot1 au s5s o le pr5n5t dj les physiologi/es4 ,la m?ode des sci5ces naturelles se tr\ve ram5e la m?ode commune aux sci5ces physiques4 ,la vraie supriorit de la doctr9e de l'volution e/ dans cette consqu5ce1 encore incompltem5t dgage p> ,d>w91 mais qui devait ncessairem5t s'impos] et qui a dt]m9 une inconte/able r5aissance dans t\tes les bran*es de l'hi/oire naturelle4 ,sans d\te1 n\s sommes encore lo9 d'avoir obt5u les brillants rsultats dont notre imag9ation se plat espr] la ralisation2 mais n'e/-ce ri5 que de s'tre dgag de l'an?ropomorphisme troit qui p5dant de si longs sicles a pes sur les plus belles conceptions des naturali/es1 d'avoir compris que l'explication des tres vivants devait se tr\v] dans le monde o ils viv5t et non pas hors de lui1 de s'tre conva9cu que la biologie ne s]ait faite que le j\r o l'on p\rrait dire de *aque =me organique quelle e/ la cause qui l'a produite1 o la classification zoologique ne s]ait autre *ose que l'hi/oire des adaptations successives que les tres vivants ont subies8 ,si les naturali/es ont longtemps considr ce b comme au-dessus de leurs =ces1 si1 jusque dans la premire moiti de ce sicle1 las de *]*] dans la nature une explication qu'ils ne tr\vai5t pas1 ils croyai5t devoir ratta*] *aque =me vivante l'int]v5tion d'une volont surnaturelle1 n\s esprons avoir dmontr dans les pages qui prcd5t que leur ambition n\velle e/ ple9em5t ju/ifie p> les rsultats dj obt5us4 la vrit1 des difficults d'un autre ordre se dress5t devant eux4 ,l'anci5ne doctr9e1 en faisant de la nature l'uvre immdiate d'un crateur t\t-puissant1 semblait en quelque sorte mettre l'homme en comm]ce incessant avec ,dieu4 ,on a r$\t que1 en montrant les tres vivants livrs comme les corps inanims l'action aveugle des =ces physiques1 le trans=misme ne ft oubli] le ,crateur4 ,mais c'e/ encore l de l'an?ropomorphisme4 ceux que t\rm5t]ai5t de tels scrupules1 il convi5t de rappel] que la *imie1 la physique1 l'a/ronomie1 en expliquant les faits qui app>ti5n5t leurs doma9es respectifs1 n'ont nullem5t atte9t la cause premire4 ,la biologie mod]ne n'atte9t pas davantage cette cause2 elle ne supprime pas ,dieu2 elle le voit plus lo9 et surt\t plus haut4 ,,notes #a3 ,ce sont nos v]tbrs4 #b3 ,ari/ote a surt\t en vue les ar?ropodes et les v]s4 #c3 ,lucrce1 ,de natura r]um1 livre ,v1 v]s #gha #hge4 #d3 ,liv4 ,,viii1 *4 ,,xlii1 #bg et #bh4 #e3 ,cette phrase e/ attribue ,pascal p> t4 ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 et sa contexture semble bi5 celle d'une phrase de l'auteur des ,prov9ciales2 mais les re*]*es faites p> ,m4 ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 celles faites p> ,m4 ,jules ,s\ry n'ont pas p]mis de la retr\v]2 n\s n'avons pas t plus heureux1 et il re/e p> consqu5t quelque d\te sur son au!nticit4 #f3 ,*4 ,bonnet1 ,contemplations de la nature1 ,am/]dam1 #agfd1 t4 ,i]1 p4 #bi4 #g3 ,ibid41 p4 #ba4 #h3 ,ibid41 p4 #be4 #i3 ,ibid41 t4 ,,ii1 p4 #gd4 #aj3 ,ibid41 p4 #gg4 #aa3 ,*>les ,bonnet1 ,pal+nsie philosophique1 ou ides sur l'tat pass et sur l'tat futur des tres vivants1 #agfh4 #ab3 ,bonnet1 ,pal+nsie philosophique1 uvres compltes1 t4 ,,vii1 p4 #fe1 d4 de ,neuf*tel1 #aghc4 #ac3 ,bonnet1 ,considrations sur les corps organiss1 uvres compltes1 t4 ,,iii1 p4 #cg et #ch4 #ad3 ,bonnet1 uvres1 t4 ,,vii1 p4 #fh4 #ae3 ,ibid41 p4 #fg4 #af3 ,*4 ,bonnet1 ,pal+nsie philosophique2 uvres1 t4 ,,vii1 p4 #aeb4 #ag3 ,ibid41 p4 #afc4 #ah3 ,ibid41 t4 ,,iii1 p4 #aeb4 #ai3 ,zoonomie1 vol4 ,i1 p4 #ejg4 #bj3 ,n\s devons notre vnrable ami1 ,m4 ,victor ,considrant1 la communication de ces passages des uvres de ,maup]tuis4 #ba3 ,m4 le conseill] d'tat du ,mesnil et ,m4 ,victor ,considrant n\s ont signal l'un et l'autre les op9ions trans=mi/es1 plusieurs fois exprimes1 de ,did]ot4 #bb3 ,did]ot1 ,p5ses sur l'int]prtation de la nature1 ,,li1 #aged4 #bc3 ,hi/oire naturelle des animaux1 ,animaux communs aux deux cont95ts4 #bd3 ,dgnration des animaux4 #be3 ,rflexions sur les expri5ces de ,leuw5hoek4 #bf3 ,hi/oire des animaux1 *apitre ,,ii4 #bg3 ,philosophie zoologique1 d4 #ahji1 t4 ,i1 p4 #gf4 #bh3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ih4 #bi3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #hj4 #cj3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #eh4 #ca3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ib4 #cb3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #aah4 #cc3 ,hi/oire de la cration naturelle1 traduction franaise1 ,re9wald1 dit41 #ahgd1 p4 #ajb4 #cd3 ,philosophie zoologique1 t4 ,i1 p4 #aja4 #ce3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #bfe4 #cf3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #cdi4 #cg3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ceg4 #ch3 ,hi/oire naturelle des animaux sans v]tbres4 #ci3 ,on lit1 on effet1 dans l',optique de ,newton1 "q #ca3 ,on peut en dire autant de cette uni=mit que n\s montre la /ructure des animaux4 ,t\s les animaux ont1 en effet1 deux cts semblables1 le droit et le gau*e2 en arrire correspond5t ces deux cts deux pi$s2 en avant1 deux bras1 deux pi$s ou deux ailes fixs aux paules2 entre les paules1 un c\1 faisant suite l'p9e dorsale et auquel e/ fixe la tte2 sur cette tte1 deux oreilles1 deux yeux1 un nez1 une b\*e1 une langue sont semblablem5t placs *ez presque t\s les animaux4 #dj3 ,voir ,vie1 travail et doctr9e d'ti5ne ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 p> ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 p4 #adc4 #da3 ,philosophie anatomique1 ,introduction1 p4 xxx1 #ahah4 #db3 ,mmoires de l',acadmie des sci5ces1 t4 ,,xii4 #dc3 ,annales des sci5ces naturelles1 t4 ,i1 p4 #aaf4 #dd3 ,ibid41 #ahbj1 p4 #dfb et #eci4 #de3 ,voir sur cette p>5t des v]tbrs et des animaux segm5ts notre ouvrage ,les colonies animales et la =mation des organismes1 p4 #ffb #gjj4 #df3 ,re*]*es sur les ,sauri5s fossiles1 p4 #d4 #dg3 ,influ5ce du monde ambiant sur les =mes animales1 p4 #gf4 #dh3 ,ge(froy condamne surt\t le *oix des preuves p>ticulires sur lesquelles ,lam>ck a appuy sa doctr9e2 quant l'influ5ce des habitudes sur les modifications organiques1 aucun physiologi/e ne v\drait1 p5sons-n\s1 la mettre en d\te4 ,il s]ait facile de runir un gr& nombre de =mes organiques qui ont t figes1 en quelque sorte1 p> l'hrdit dans l'attitude qui leur e/ le plus habituelle1 attitude qui e/ dev5ue le po9t de d"p de modifications organiques importantes4 #di3 ,mmoire sur l'influ5ce du monde ambiant p\r modifi] les =mes animales1 p4 #hb1 #ahca4 #ej3 ,il s'agit ici de ,william ,edw>ds1 frre de ,m4 ,h5ri ,milne ,edw>ds1 le doy5 actuel de la ,facult des sci5ces de ,p>is4 #ea3 ,de l'influ5ce des circon/ances extrieures sur les corps organiss1 p4 #bf4 #eb3 ,page xi1 note4 #ec3 ,voir1 p> exemple1 ce sujet1 ,cr$n]1 ,trait de gologie1 trad4 franaise1 p4 #bee4 #ed3 ,ed4 #ahbi1 p4 #i4 #ee3 ,disc\rs sur les rvolutions du globe1 dit4 ,didot1 p4 #fb4 #ef3 ,rgne animal1 #b;e dit41 #ahbi1 t4 ,i1 p4 #df4 #eg3 ,annales du ,musum d'hi/oire naturelle1 t4 ,,xix1 p4 #gf1 #ahab4 #eh3 ,ce sont les p\lpes1 les sei*es1 les calm>s et les animaux analogues4 #ei3 ,pr9cipes de philosophie zoologique1 p4 #gj1 #ahcj4 #fj3 ,article ,nature du ,dictionnaire des sci5ces naturelles4 #fa3 ,vie1 travaux et doctr9e sci5tifique d'ti5ne ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 p> ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 p4 #cgf4 #fb3 ,mmoire sur l',hectocotyle4 ,p> une biz>re concid5ce1 dans ce mme1 mmoire1 o des faits positifs sont seuls c5ss devoir tr\v] place1 ,cuvi] s'arrte une conclusion trangem5t errone1 savoir que l'hectocotyle1 qu'on sait tre auj\rd'hui un simple bras de p\lpe1 e/ une sorte de v] p>asite4 #fc3 ,mmoire sur l'oreille osseuse des crocodiles et des tlosaures1 p4 #acf1 #ahca4 #fd3 ,notions de philosophie naturelle1 #ahcg1 p4 #aaa4 ,ge(froy v5ait d'tre dp\ill au pr(it de ,frdric ,cuvi] de la direction de la mnag]ie du ,musum1 qu'il avait fonde4 #fe3 tudes progressives d'un naturali/e1 #ahce1 p4 #hd4 #ff3 ,johannes ,mll]1 ,h&bu* d] ,physiologie des ,m5s*51 ,,ii ,b&1 p4 #ebb3 ,die wi*tig/5 ,wahreit5 9 d5 ,naturwiss5*aft5 s9d w$] alle9 dur* ,z]gli$]ung d] ,begriffe d] ,philosophie1 no* alle9 dur* blosses ,erfahr5 gefund5 word51 sond]n dur* e9e d5k5de ,erfahrung wel*e das ,wes5tli*e von dem ,z5fllig5 unt]s*eidet1 und dadur* ,grundstze f9det1 aus wel*5 viele ,erfahrung5 abgeleitet w]d54 ,dies i/ mehr als blosses ,erfahr52 und w5 ,man w1 e9e philosophis*e ,erfahrung4 #fg3 ,leons de physiologie et d'anatomie comp>es1 t4 ,i1 p4 #b1 #aheg4 #fh3 ,l9n1 ,philosophie botanique1 dit4 ,gl$its*1 p4 #cfa4 #fi3 ,l9n1 ,amnits acadmiques1 vol4 ,,vi1 p4 #cbd4 #gj3 ,g!1 ,essai sur la mtamorphose des plantes1 propositions #hg-ij1 #agij4 #ga3 ,de l'exi/5ce d'un os int]maxillaire la m*oire suprieure de l'homme1 aussi bi5 qu' celle des animaux 7,acta natur curiosorum1 t4 ,,xv1 #aghf74 #gb3 ,mmoire sur la con=mit organique1 p4 #ca4 #gc3 ,les orig9es animales de l'homme1 #a vol4 9-#h1 ,g]m] ,baillire1 #ahga4 #gd3 ,mmoire sur la con=mit organique1 p4 #ai4 #ge3 ,voir3 ,de l'me du monde1 hypo?se de haute physique p\r expliqu] l'organisme univ]sel1 #agih2 et ,premi] plan d'un sy/me de philosophie de la nature1 #agii4 #gf3 ,colonies animales1 #ahha1 p4 #gaj4 #gg3 ,les premires vues ?oriques de ,ri*>d ,ow5 sur la con/itution du squelette remont5t #ahch 7,geological ,transactions1 p4 #eah74 ,mais on consult]a surt\t ses ,pr9cipes d'o/ologie comp>e1 publis en franais1 en #ahee1 et ses ,lectures on physiology & comp>ative anatomy ( ! v]tebrata4 #gh3 ,r4 ,ow51 ,pr9cipes d'o/ologie comp>e1 #ahee1 p4 #aa4 #gi3 ,ra?ke1 ,ueb] die ,bildung und ,entwickelung des ,flusskrebses1 #ahbi1 9-folio1 ,leipzig4 #hj3 ,h4 ,milne ,edw>ds1 ,mmoire sur les *angem5ts de =me que les ,cru/acs pr\v5t p5dant leur jeune ge 7,annales des sci5ces naturelles1 t4 ,,xxx1 #ahb74 #ha3 ,on en connat auj\rd'hui1 les ,p5u1 p> exemple1 qui n'ont leur naissance1 comme les cru/acs infrieurs1 que trois paires d'app5dices4 #hb3 ,h4 ,milne ,edw>ds1 ,hi/oire naturelle des ,cru/acs1 t4 ,i1 p4 #aig1 #ahcd4 #hc3 ,hi/oire naturelle des ,cru/acs1 t4 ,i1 p4 #ad1 #ahcd4 #hd3 ,voir notre ouvrage sur ,les colonies animales1 p4 #eje1 #ahha4 #he3 ,milne ,edw>ds1 ,obs]vations sur le dveloppem5t des annlides 7,annales des sci5ces naturelles1 #c;e srie1 t4 ,,iii1 #ahdc1 p4 #agd74 #hf3 ,milne ,edw>ds1 ,considrations sur quelques pr9cipes relatifs la classification naturelle des animaux 7,annales des sci5ces naturelles1 #c;e srie1 t4 ,i1 p4 #fe1 #ahdd47 #hg3 ,?ompson1 ,zoological rese>*es & illu/rations1 or natural hi/ory ( non descript or imp]fectly kn[n animals1 #ahca4 #hh3 ,nordmann1 ,mikrographis*e ,beitrge zur ,naturges*i*te d] wirbellos5 ,?i]e1 #ahcb4 #hi3 ,hi/oire naturelle des ,cru/acs1 t4 ,i1 p4 #ej4 #ij3 ,dictionnaire classique d'hi/oire naturelle1 t4 ,,xii1 article ,organisation1 p4 #cci1 aot #ahbg4 #ia3 ,hi/oire naturelle des cru/acs1 t4 ,i1 p4 #e1 #ahcd4 #ib3 ,ibid41 p4 #abf4 #ic3 ,ibid41 p4 #adg4 #id3 ,ibid41 p4 #bj4 #ie3 mile ,blan*>d1 ,re*]*es anatomiques et zoologiques sur le sy/me n]veux des animaux sans v]tbres 7,annales des sci5ces naturelles1 #c;e srie1 t4 ,v1 #ahdf74 #if3 ,lacaze-,du?i]s1 ,re*]*es sur l'armure gnitale femelle des insectes 7,annales des sci5ces naturelles1 #c;e srie1 t4 ,,xii ,,xix1 #ahbi et annes suivantes74 #ig3 ,l\is ,agassiz1 ,contributions to ! natural hi/ory ( ,unit$ ,/ates1 #aheg2 ,essay on classification1 ,londres1 #ahei2 ,de l'espce et de la classification en zoologie1 ,p>is1 #ahfb4 #ih3 ,l4 ,agassiz1 ,de l'espce et de la classification1 p4 #h4 #ii3 ,ibid41 p4 #ad4 #ajj3 ,ibid41 p4 #i4 #aja3 ,ibid41 p4 #h4 #ajb3 ,ibid41 p4 #ab4 #ajc3 ,ibid41 p4 #aj4 #ajd3 ,ibid41 p4 #dc4 #aje3 ,ibid41 p4 #bah4 #ajf3 ,les colonies animales1 notamm5t page #gad4 #ajg3 ,l4 ,agassiz1 ,de l'espce et des classifications1 page #bfb4 #ajh3 ,re*]*es sur l'organisation et les murs des ,planaires 7,annales des sci5ces naturelles1 #are srie1 t4 ,,xv1 #ahbh71 et ,ap]u de quelques obs]vations n\velles sur les ,planaires et plusieurs g5res vois9s 7,annales des sci5ces naturelles1 #are srie1 t4 ,,xxi1 #ahej74 #aji3 ,s4 ,lovn1 ,obs]vations sur le dveloppem5t et les mtamorphoses des g5res ,campanulaire et ,syncoryne 7,annales des sci5ces naturelles1 #b;e srie1 vol4 ,,xiv1 #ahda74 #aaj3 ,biblia natur1 p4 #ge1 fig4 #g et #h de la pl4 #i1 #ageb4 #aaa3 ,isis1 ,bd4 ,i1#ahah1 p4 #gbi4 #aab3 ,nova acta ,academi ,leopold91 t4 ,v1 p4 #b1 #ahbf4 #aac3 ,mme recueil1 vol4 ,,ix1 p4 #ge1 #ahce4 #aad3 ,natur=s*] ,/uck1 #be1 p4 #gb4 #aae3 ,gze's ,naturges*i*te d] ,e+eweid]vrm]n1 ,suppl41 #ahjj4 #aaf3 ,considrations sur les corps organiss 7uvres d'hi/oire naturelle et de philosophie1 d4 ,fau*e1 #aggi1 t4 ,,iii1 p4 #cg74 #aag3 ,ueb] d5 ,g5]ationsve*sel1 od] die ,=tpflanzung und ,entwickelung dur* abwe*seln$5 ,g5]ation51 e9e eig5?umlehre ,=m d] ,brutpflege 9 d5 ni$]5 ,?i]class54 ,cop5hague1 #ahdb4 #aah3 ,e4 ,p]ri]1 ,les ,colonies animales1 p4 #gbf et suivantes4 #aai3 ,van ,b5$51 ,mmoire sur les ce/odes 7,bullet9 de l',acadmie de ,bruxelles1 #ahdg1 p4 #ajf74 #abj3 ,leuck>t1 ,ueb] d5 ,polymorphismus d] ,individu5 od] die ,ers*e9ung5 d] ,arbeit/heilung 9 d] ,natur4 ,giess51 #ahea4 #aba3 ,ri*>d ,ow51 ,on p>!nog5esis1 #ahdi4 #abb3 ,voir notre ouvrage ,les colonies animales et la =mation des organismes1 p4 #gja4 #abc3 ,a4 de ,quatrefages1 ,mtamorphoses de l'homme et des animaux 7,revue des ,deux-,mondes de #ahee et #ahef et #a vol4 9-#ab1 #ahfb74 #abd3 ,ibid41 p4 #bfh4 #abe3 ,anatomie gnrale1 ,introduction1 p4 lxvj4 ,ed4 ,bl&91 #ahca4 #abf3 ,n\s possdons de nombreux traits d'embryognie huma9e2 un seul trait d'embryognie comp>e a t publi jusqu' ce j\r1 celui de ,balf\r1 p>u en #ahha1 et l'on y tr\v]ait encore plus d'une preuve de ce que n\s avanons4 ,en mme temps p>aissai5t nos ,colonies animales1 o n\s avons t* de n\s rappro*] autant que possible de la m?ode que n\s indiquons ici4 #abg3 ,bonnet1 ,considrations sur les corps organiss1 uvres1 t4 ,,iii1 p4 #bbf4 #abh3 ,ibid41 proposition #bee4 #abi3 ,tome ,,ii1 p4 #bhd 7#ahei74 #acj3 ,ibid41 p4 #bie4 #aca3 ,le texte de ces leons1 publies dans la ,revue des c\rs sci5tifiques1 n'e/ pas revtu de la signature du pr(esseur2 mais n\s avions l'honneur d'tre cette poque1 l'cole normale suprieure1 l'un des lves les plus att5tifs de l'm95t auteur de l',hi/oire naturelle du corail1 et1 si nos s\v5irs sont exacts1 la rdaction de la ,revue des c\rs r5d bi51 s9on dans la =me1 au mo9s dans le fond1 la p5se de ,m4 de ,lacaze-,du?i]s4 #acb3 ,de 1 premire1 et 1 p>tie4 #acc3 ,voir nos ,colonies animales1 pages #djc et #gje4 #acd3 ,voir notamm5t le ,prcis d'anatomie transc5dante applique la physiologie1 #ahdb4 #ace3 ,s]res1 loc4 cit41 t4 ,i1 p4 #ie4 #acf3 ,loc4 cit41 page #ia4 #acg3 ,loc4 cit41 p4 #ai4 #ach3 ,de l'espce et de la race *ez les tres organiss1 t4 ,i1 p4 #bag4 #aci3 ,*4 ,naud91 ,n\velles re*]*es sur les hybrides vgtaux 7,n\velles ar*ives du ,musum d'hi/oire naturelle1 tome #a1 p4 #afi1 #ahfc74 #adj3 ,godron1 ,de l'espce et des races *ez les tres organiss1 t4 ,i1 p4 #ea1 #ahei4 #ada3 ,ibid41 p4 #add4 #adb3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ccb4 #adc3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #dfc4 #add3 ,ibid41 t4 ,,ii1 p4 #df4 #ade3 ,*4 ,naud91 ,n\velles re*]*es sur l'hybridit dans les vgtaux 7,n\velles ar*ives de ,musum d'hi/oire naturelle1 #are srie1 vol4 ,i1 #ahfc1 p4 #afb74 ,bi5 que ce mmoire soit dat de #ahfc1 ,m4 ,*4 ,naud9 avait dj exprim des ides analogues en #ahcb1 dans la ,revue horticole1 plusieurs annes1 p> consqu5t1 avant l'app>ition du livre de ,c4 ,d>w9 sur l'orig9e des espces4 #adf3 ,a4 ,sanson1 ,trait de zoote*nie1 t4 ,,ii1 p4 #fb1 #b;e dition4 #adg3 ,m4 ,sanson pr5d ici le mot spcifique dans le s5s des zoote*ni/es qui compt5t autant d'espces de *evaux1 de bufs1 de m\tons1 de *i5s qu'il y a de races solidem5t fixes de ces animaux4 #adh3 ,isidore ,ge(froy ,sa9t-,hilaire1 ,hi/oire gnrale des rgnes organiques1 t4 ,,ii1 p4 #dca1 #ahci4