by the ,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,la ,,philosophie ,,zoologique ,,avant ,,darwin ,,par ,,edmond ,,perrier ,professeur au ,musum d'histoire naturelle ,,paris ,,ancienne ,,librairie ,,germer ,,bailli,,re ,,et ,cie ,f,,lix ,,alcan1 ,,diteur #ahhd ,,table ,,des ,,mati,,res ,,pr,,face ,,chapitre ,,premier4--,introduction4 ,ides premires sur la place des animaux dans la nature4--,les mythologies et les philosophies de l'antiquit4 ,,chapitre ,,ii4--,aristote4 ,premires notions sur les analogies et les homologies des organes4--,formes corrlatives4--,divisions tablies parmi les animaux4--,ide de l'espce4--,principe de continuit4--,degrs de perfection organique4--,possibilit d'une transformation des formes animales4 ,,chapitre ,,iii4--,la priode romaine4 ,lucrce3 la formation des premiers organismes2 la lutte pour la vie4--,pline3 attributs merveilleux des animaux2 nature et mode de formation des monstres marins2 notions d'anatomie4--,elien2 ,oppien4--,galien3 progrs de l'anatomie2 corrlation entre la forme extrieure des animaux1 leur organisation et leurs murs4 ,,chapitre ,,iv4--,le moyen ge et la renaissance4 ,les mdecins arabes4--,les alchimistes4--,albert le ,grand4--,premiers grands voyages4--,renaissance de l'anatomie4--,belon1 ,rondelet4--,franois ,bacon4--,progrs de la physiologie et de l'anatomie4--,les premiers micrographes4--,prjugs encore rgnant au ,x,v,ie sicle4 ,,chapitre ,v4--volution de l'ide de l'espce4 ,les grands travaux descriptifs3 ,wotton1 ,gessner1 ,aldrovande4--,ray3 dfinition de l'espce4--,premiers essais de nomenclature4--,linn3 la fixit des espces2 la nomenclature binaire4 ,,chapitre ,,vi4--,les philosophes du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,e4 ,bonnet3 la chane des tres2 les rvolutions du globe2 l'tat pass et l'tat futur les plantes1 des animaux et de l'homme2 l'embotement des germes4--,robinet3 ses ides sur l'volution4--,de ,maillet3 les fossiles4--,erasme ,darwin3 le transformisme fond sur l'pignse4--,transformation des animaux sous l'influence des habitudes2 analogie avec ,lamarck et ,charles ,darwin4--,maupertuis3 la sensibilit de la matire et le transformisme4--,diderot3 la vie de l'espce et la vie de l'individu4 ,,chapitre ,,vii4--,buffon4 ,opposition de ,buffon aux classifications2 elles conduisent ncessairement au transformisme4--,utilit des systmes artificiels4--,distribution gographique des animaux4--,probabilit de modifications dans les espces4--,espces teintes2 lutte pour la vie4--,opposition la doctrine des causes finales4--,principe de continuit4 ,,chapitre ,,viii4--,lamarck4 ,importance attribue aux animaux infrieurs4--,gnration spontane4--,perfectionnement graduel des organismes2 influence des besoins1 des habitudes4--,l'hrdit et l'adaptation4--,transformation des espces appartenant aux priodes gologiques antrieures4--,opposition la thorie des cataclysmes gnraux4--,importance des causes actuelles4--,gnalogie du rgne animal4--,origine de l'homme4 ,,chapitre ,,ix4--tienne ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,opposition des deux doctrines de la fixit et de la variabilit des espces4--,l'unit de plan de composition4--,importance des organes rudimentaires4--,balancement des organes4--,thorie des analogues2 principe des connexions4--,analogie des animaux infrieurs et des embryons des animaux suprieurs4--,arrts de dveloppement4--,les monstres et la tratologie4--,ides de ,geoffroy sur la variabilit des espces2 les transformations brusques2 l'influence du milieu4--,extension de l'unit de plan de composition aux animaux articuls2 retournement du vertbr2 ides d',ampre4--,lien gnalogique entre les espces fossiles et les espces vivantes4 ,,chapitre ,x4--,georges ,cuvier4 ,affinits avec ,linn2 influence des dbuts de ,cuvier sur son uvre scientifique2 les rvolutions du globe2 thories des crations successives et des migrations4--,cration de la palontologie4--,caractre des inductions de ,cuvier4--,ordre d'apparition des animaux2 cration spciale des principaux groupes4--,la classification naturelle2 adhsion au principe des causes finales2 principe des conditions d'existence2 loi de la corrlation des formes2 loi de la subordination des caractres4--,les quatre embranchements du rgne animal4 ,,chapitre ,,xi4--,discussion entre ,cuvier et ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,essai d'extension aux mollusques de la thorie de l'unit de plan de composition4--,opposition de ,cuvier2 que doit-on entendre par unit de plan8--,les connexions claires par l'embryognie et l'pignse4--,adhsion de ,cuvier l'hypothse de la prexistence des germes4--,von ,bar et les quatre types de dveloppement4--,l'cole des ides et l'cole des faits4--,influence respective de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 de ,cuvier et de ,lamarck4 ,,chapitre ,,xii4--,gthe4 ,ides de ,gthe sur l'unit des types organiques4--,la mtamorphose des plantes2 la structure des vgtaux1 le vgtal idal4--,travaux d'anatomie compare2 recherche du type idal du squelette4--,transformisme de ,gthe4 ,,chapitre ,,xiii4--,dugs4 ,essai de conciliation des ides de ,cuvier et de ,geoffroy4--,la conformit organique dans l'chelle animale4--,moquin-,tandon et la thorie du zoonite4--,gnralisation de cette thorie par ,dugs4--,thorie de la constitution des organismes2 loi de multiplicit ou de rptition des parties2 loi de disposition1 loi de modification et de complication2 loi de coalescence4--,ides de ,dugs sur les types organiques4 ,,chapitre ,,xiv4--,les philosophes de la nature4 ,ides de ,schelling4--,oken3 les polarits et la gense de l'univers4--,le mucus primitif4--,gnration quivoque des infusoires2 les lments anatomiques4--,loi de rptition dduite de la philosophie de la nature4--,l'homme et le microcosme4--,les degrs d'organisation4--,thorie de la vertbre2 constitution vertbrale du crne4--,spix3 application de la loi de rptition l'anatomie compare4--,carus3 extension de la thorie de la vertbre4 ,,chapitre ,,xv4--,la thorie des types organiques et ses consquences4 ,richard ,owen3 le squelette archtype4--,analogie1 homologie1 homotypie4--,thorie du segment vertbral4--,le vertbr idal et l'existence de ,dieu4--,transformisme de ,r4 ,owen4--,savigny3 l'unit de composition de la bouche des insectes4--,audouin3 unit de composition du squelette des animaux articuls4--,h4 ,milne ,edwards3 le type articul2 identit fondamentale des zoonites2 signification des rgions du corps2 loi de la division du travail physiologique1 son importance gnrale4--,l'accroissement du corps et la reproduction agame chez les articuls2 identit des deux phnomnes2 signification des zoonites2 parallle entre les lois de la constitution des animaux et les lois de l'conomie politique4--,suite des recherches sur les animaux infrieurs3 ,,mm4 de ,quatrefages1 ,blanchard1 de ,lacaze-,duthiers4 ,,chapitre ,,xvi4--,louis ,agassiz4 ,consquences philosophiques de l'hypothse de la fixit des espces4--,la possibilit d'une classification dmontre l'existence de ,dieu4--,l'existence d'un plan de la cration et la doctrine du transformisme4--,arguments en faveur de la fixit des espces4--,faiblesse de ces arguments4--,nature des caractres des divisions zoologiques des divers degrs4--,dfinition nouvelle des espces4 ,dsaccord de cette dfinition avec les faits4--,ralit de l'espce4--,causes de l'isolement physiologique des espces4 ,,chapitre ,,xvii4--,les animaux infrieurs4 ,progrs successifs des dcouvertes relatives aux animaux infrieurs4--,trembley3 l',hydre d'eau douce4--,peyssonnel3 le ,corail4--,cuvier3 la ,pennatule4--,lesueur3 les ,siphonophores4--,de ,chamisso3 la gnration alternante des ,salpes4--,sars3 la gnration alternante des ,hydromduses4--,steenstrup3 thorie de la gnration alternante4--,van ,beneden3 la dignse4--,leuckart3 le polymorphisme4--,owen3 la parthnogense et la mtagnse4--,thorie de la reproduction1 par ,m4 ,h4 ,milne ,edwards4--,thorie gnrale de la reproduction agame4 ,,chapitre ,,xviii4--,la thorie cellulaire et la constitution de l'individu4 ,pinel3 les membranes4--,bichat3 les tissus1 leurs proprits gnrales4--,dujardin3 le sarcode4--,schleiden3 les cellules vgtales4--,schwann3 extension aux animaux de la thorie cellulaire4--,prvost et ,dumas3 la segmentation du vitellus de l'uf4--,recherches relatives l'origine des cellules1 ou lments anatomiques de l'organisme2 signification de l'uf4--,dfinition de la cellule2 le protoplasme et les plastides4--,constitution des individus les plus simples4--,colonies animales2 nombreuses transitions entre les colonies et les individus d'ordre suprieur4--,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire3 la vie coloniale1 signe d'infriorit4--,m4 de ,lacaze-,duthiers3 opposition entre les invertbrs et les vertbrs4--,thorie gnrale de l'individualit animale4 ,,chapitre ,,xix4--,l'embryognie4 ,l'pignse et l'embryognie4--,harvey3 ,influence de la thorie cellulaire4--,l'uf considr comme cellule4--,thorie des feuillets blastodermiques4--,gnralisation exagre des rsultats obtenus par l'tude des vertbrs4--,l'embryognie au point de vue de l'histogense et l'organognse4--,serres et l'anatomie transcendante4--,l'embryognie considre comme une anatomie compare transitoire4--,arguments l'appui de cette thorie4--,classifications embryogniques2 causes de leur insuffisance4--,l'embryognie d'un organisme en est la gnalogie abrge4--,acclration embryognique2 phnomnes perturbateurs qui en rsultent4--,liens rels entre l'embryognie1 la morphologie gnrale et la palontologie4 ,,chapitre ,,xx4--,l'espce et ses modifications4 ,revue rapide des ides relatives l'espce4--,position vritable du problme de l'espce2 manires directes de rsoudre ce problme4--,essais de solution indirecte4--,opposition de la race et de l'espce4--,prtendus critrium de l'espce3 fcondit limite2 instabilit des formes hybrides4--,thorie de ,godron4--,expriences et thorie de ,m4 ,ch4 ,naudin4--,identit de la race et de l'espce4--,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire3 thorie de la variabilit limite4--,comparaison des doctrines d',isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire et de ,charles ,darwin4--,conclusion4 ,,notes ,,pr,,face ,l'volution des ides est assez semblable celle des tres vivants4 ,elles naissent ordinairement humbles et caches parmi les ides plus anciennes1 grandissent plus ou moins confondues avec leurs anes1 au milieu desquelles il est souvent difficile de les distinguer1 se diffrencient peu peu1 atteignent un certain degr de puissance1 se transforment et meurent1 aprs avoir engendr d'autres ides qui auront un sort semblable4 ,la mme destine n'attend pas toutes celles qui appartiennent une mme famille2 les unes s'teignent sans avoir jou aucun rle1 exerc aucune influence1 provoqu aucun mouvement2 d'autres1 qui leur ressemblaient d'abord presque entirement1 deviennent1 pour un temps1 les grandes directrices de l'esprit humain4 ,chacun croit alors les reconnatre1 s'imagine les avoir vues toutes petites et s'en avouerait volontiers le pre4 ,c'est pourquoi il est presque impossible d'crire une histoire des ides que tout le monde s'accorde dclarer impartiale2 c'est pourquoi tout homme qui croit apporter une ide neuve au trsor de l'humanit se voit aussitt assailli par les rclamations d'une foule de soi-disant prcurseurs qui il n'a manqu pour assurer le rgne de leur pense que le talent de la faire vivre4 ,c'est aussi pourquoi1 en crivant ce petit livre1 dont nos auditeurs au ,jardin des ,plantes connaissent dj quelques chapitres1 nous n'avons jamais eu l'intention de prsenter un expos complet des conceptions diverses auxquelles l'tude des animaux a conduit les zoologistes4 ,l'historien laisse aux chroniqueurs les menus faits1 aux biographes les dtails relatifs l'enfance des grands hommes4 ,de mme1 nous avons nglig les aperus nuageux1 les ides mal nes1 infirmes1 toutes celles qui n'ont laiss aucune postrit1 pour nous attacher surtout celles qui1 fortes et vigoureuses1 ont contribu1 pour une part plus ou moins grande1 l'tablissement de la ,philosophie zoologique actuelle2 nous avons pris ces ides dans la priode o elles ont accompli la partie durable de leur uvre1 au moment o elles ont remu et fcond les intelligences4 ,c'tait1 pensons-nous1 le seul moyen d'crire un livre clair1 prcis1 utile et court4 ,avec la complicit de quelques ,franais mal inspirs1 on a beaucoup trop mdit de la science franaise1 beaucoup trop rabaiss le rle qu'elle a jou dans l'panouissement de cette splendide science biologique qui rayonne aujourd'hui1 mme sur les conceptions des hommes politiques4 ,la ,france n'est pas1 ,dieu merci6 demeure aussi trangre qu'on a bien voulu le dire la constitution de la ,philosophie zoologique4 ,peu de pays ont fourni autant de savants ayant eu au mme degr le souci des ides gnrales1 ayant expos leurs ides avec plus de clart et de mesure4 ,nous avons eu l'agrable devoir de le constater1 et nous osons esprer l'avoir fait avec la plus grande impartialit1 autant vis--vis des savants trangers que vis--vis de ceux de nos contemporains dont nous avons eu discuter les doctrines4 ,traitant de la ,philosophie zoologique avant ,darwin1 nous avons d prciser cependant en quoi les ides actuelles sont en progrs sur celles qui les ont prcdes et dont elles procdent en grande partie2 nous avons d conserver les tendances de la biologie moderne1 le but qu'elle poursuit1 la mthode laquelle elle doit s'astreindre pour y parvenir4 ,cette mthode1 elle est peine arrive aujourd'hui s'en rendre matresse4 ,si l'adoption du transformisme est en voie d'accomplir une rvolution profonde dans la direction des travaux des naturalistes1 dans leur faon de raisonner1 dans leur manire d'exposer les faits et de les enchaner entre eux1 cette rvolution est loin d'tre faite4 ,la vieille mthode1 que les physiciens appelaient un peu ddaigneusement jadis la mthode des naturalistes1 intervient trop souvent encore pour tablir un dsaccord entre la conception matresse et les conceptions secondaires qu'on cherche y rattacher4 ,on demeure frapp en tudiant les crits des plus grands naturalistes de voir combien leur mthode diffre de la mthode des physiciens1 et la diffrence rside beaucoup moins dans l'opposition entre l'observation et l'exprimentation proprement dite que dans l'effort constant du physicien pour remonter du simple au compos1 pour rattacher les effets leur cause4 ,longtemps les naturalistes se sont borns comparer1 tandis que les physiciens s'efforaient d'expliquer4 ,aujourd'hui1 les naturalistes cherchent eux aussi expliquer1 leur tour1 les phnomnes qu'ils observent2 ils renoncent faire incessamment appel la mtaphysique dans cette science de la nature qu'ils cultivent et qui1 par une trange fortune1 a cd son vrai nom d'autres sciences qui lui auront au moins rendu le service de crer la mthode dont elle n'aurait jamais d se dpartir4 ,mais1 jusqu' la priode contemporaine1 c'est malheureusement toujours la mtaphysique que demeure la parole lorsqu'il s'agit de s'lever quelque conception un peu gnrale des rapports des tres vivants4 ,quand ,aristote introduit dans la science le principe des causes finales1 dont ,cuvier fait encore le pivot de l'histoire naturelle1 il ne fait en somme que chercher la raison de tout ce qui existe dans une harmonie tablie par une volont extrieure au monde qu'il tudie4 ,le principe de continuit de ,leibnitz ne suppose dans l'esprit de ses disciples ,linn et ,bonnet aucune relation de cause effet entre les phnomnes qu'il doit relier entre eux2 la continuit des phnomnes1 les gradations que prsentent les organismes1 l'chelle des tres en un mot1 ne sont autre chose que le reflet de la continuit qui existe dans la pense de l'intelligence directe de l'univers4 tienne ,geoffroy ,saint-,hilaire ne peut donner son tour--et ,cuvier ne s'y mprend pas--d'autre raison de l'unit de plan de composition qu'il admet dans le rgne animal qu'une sorte de rapport mystrieux entre les tres vivants et leur ,crateur4 ,en proclamant l'existence de quatre plans distincts suivant lesquels les animaux seraient construits1 ,cuvier ne s'carte pas davantage de ces errements2 aussi se trouve-t-il ramen1 ds qu'il veut remonter tant soit peu au del des faits1 au principe des causes finales ou l'hypothse de la prexistence de l'animal dans son germe4 ,les disciples les plus immdiats de ,cuvier1 ,richard ,owen1 en exposant sa thorie des archtypes1 ,louis ,agassiz1 en dveloppant la srie de ses ides sur l'espce et sur la classification1 ne font d'ailleurs nullement mystre de leurs tendances3 l'histoire naturelle n'est en somme pour eux qu'une srie de tableaux prsentant sous ses divers aspects la pense de ,dieu4 ,il est d'ailleurs bien difficile d'arriver une autre conception du monde vivant ds qu'on se range cette hypothse1 toute mtaphysique elle aussi1 de la fixit des espces1 ne une poque o l'on savait bien peu de choses du rgne animal et que les connaissances acquises ont depuis si bien battue en brche que l'espce fixe suppose ne peut plus recevoir de dfinition satisfaisante4 ,comme il n'y a plus1 dans cette hypothse1 de relation ncessaire ni entre les formes vivantes1 ni entre les formes et le milieu dans lequel elles sont places1 ce que les naturalistes considrent comme des explications sont tantt de simples gnralisations1 comme la loi de conformit organique de ,dugs1 la loi des gnrations alternantes de ,steenstrup1 tantt la constatation des moyens employs par la nature pour perfectionner ses uvres1 comme cette loi1 division du travail physiologique1 dont ,m4 ,h4 ,milne ,edwards a tir un si brillant parti1 mais qui ne cesse d'tre un moyen de la nature pour devenir un procd rel que si l'on admet pour les tres vivants la possibilit de se compliquer graduellement et par consquent de se transformer4 ,en vain les naturalistes de la premire moiti de ce sicle esprent-ils chapper ce reproche de se laisser induire en mtaphysique en voquant chacune des plus belles pages de leurs crits un tre indfini qu'ils dcorent du nom de ,nature1 et auquel ils consacrent des articles spciaux dans leurs encyclopdies et leurs dictionnaires4 ,la ,nature1 c'est l',univers1 c'est ,dieu1 et1 si ce n'est pas cela1 ce n'est rien4 ,de toutes faons1 partout o la ,nature intervient1 il ne saurait y avoir explication1 au sens o les physiciens entendent ce mot4 ,expliquer un ensemble de phnomnes1 c'est dcouvrir un lment simple qui leur est commun1 en dterminer exactement les proprits et dmontrer que les divers phnomnes considrs rsultent des modifications diverses que subit cet lment sous l'action de causes1 elles-mmes connues4 ,c'est assez dire qu'en zoologie toute mthode d'exposition qui prend l'homme ou les vertbrs comme point de dpart pour descendre ensuite aux autres organismes ne saurait comporter d'explication2 c'est assez dire que chercher expliquer les groupes infrieurs du rgne animal au moyen de conceptions rsultant de l'tude des seuls vertbrs1 c'est prendre le contre-pied du procd qu'emploient toutes les sciences exprimentales4 ,toutes les difficults que l'on prouve encore dfinir l'individu1 dfinir l'espce sont des difficults en quelque sorte artificielles1 en ce sens que nous les avons cres nous-mmes2 elles rsultent des conceptions trop troites suggres jadis par une tude trop exclusive des animaux suprieurs1 et dont nous n'avons pas encore su nous dgager suffisamment4 ,aujourd'hui que1 grce au perfectionnement de nos moyens d'investigation1 il a t possible de rduire les tres vivants en des lments qui leur sont communs1 et qui ont eux-mmes en commun tout un ensemble de substances ayant des proprits fondamentales identiques1 les protoplasmes1 aujourd'hui qu'il a t possible d'tablir une chane continue entre les tres forms d'un seul de ces lments et ceux qui en contiennent des milliards1 une poque o l'embryognie dmontre que mme les plus compliqus de ces derniers rsultent de la multiplication d'un lment d'abord unique1 l'uf1 les vritables explications1 les explications telles que les conoivent les physiciens et les chimistes1 paraissent prochaines4 ,il n'est plus tmraire d'esprer que l'histoire des tres vivants pourra tre prsente sous la forme didactique1 propre aux sciences exprimentales1 et nous avons fait un premier essai dans ce sens en crivant notre livre3 ,les colonies animales et la formation des organismes4 ,mais1 pour atteindre ce rsultat1 il faut avant tout demeurer persuad que les tres vivants1 en tant qu'organismes naturels1 doivent trouver dans la nature actuelle leur explication1 s'efforcer de rechercher et de mettre en vidence les liens de causalit qui unissent les phnomnes complexes ceux d'un degr moindre de complexit1 former ainsi des ensembles de plus en plus tendus1 et ne pas s'illusionner sur la porte d'un systme de critiques1 actuellement fort en vogue dans les sciences naturelles1 et dans lequel on s'imagine avoir tabli la vanit des explications1 en choisissant habilement un point inexpliqu ou dont l'explication dlicate n'a pas t comprise pour l'opposer l'ensemble des faits expliqus4 ,puissions-nous1 en crivant l'histoire des anciens systmes1 avoir contribu montrer dans quel sens se trouve la voie vritable6 ,edmond ,perrier4 ,,la ,,philosophie ,,zoologique ,,avant ,,darwin ,,chapitre ,,premier ,,introduction ,ides premires sur la place des animaux dans la nature4--,les mythologies et les philosophies de l'antiquit4 ,de tout temps1 l'homme a essay de pntrer l'origine des tres vivants qui l'entourent1 de se donner une explication1 si grossire ft-elle1 des liens qui les rattachent entre eux1 des rapports qui les unissent lui4 ,ds l'veil de son intelligence1 il a examin d'un il particulirement curieux les animaux qui1 sans cesse agits1 venaient indiscrtement mler leur existence la sienne4 ,ne pouvant comprendre la raison d'tre de ces muets qui n'avaient pour lui que des secrets1 tour tour tonn de leurs merveilleux instincts1 effray de leur force redoutable1 charm de l'clat de leurs couleurs1 de la grce de leurs mouvements1 de l'lgance de leurs formes1 il a commenc par en faire les messagers des puissances invisibles qui rgissent l'univers et souvent mme des dieux4 ,dans toutes les mythologies primitives1 les animaux jouent un rle considrable4 ,oblig un combat sans trve par les animaux qui lui disputaient ses moyens d'existence1 l'homme1 avant de se donner la place d'honneur dans le monde1 avait commenc par l'offrir modestement ses rivaux2 les ,hindous et beaucoup de peuplades sauvages la leur conservent encore4 ,toute l'antiquit1 tout le moyen ge demeurent imprgns de cette ide que les animaux touchent de prs au surnaturel4 ,l'imagination paenne en invente de plus terribles encore que tous ceux qui existent3 et la renomme de ses ,sphynx1 de ses ,tritons1 de ses ,centaures1 se conserve longtemps dans les contes et dans les fables des peuples chrtiens4 ,un livre1 le ,physiologus1 qui1 malgr l'anathme qui l'accueillit d'abord1 est demeur pendant prs de mille ans le seul livre d'histoire naturelle de l'glise1 n'est autre chose qu'une sorte de morale en action des animaux4 ,chacun d'eux est l'incarnation d'une vertu1 que le vrai chrtien doit imiter ou d'un vice qu'il doit fuir4 ,le moyen ge conserve du reste la croyance antique que les animaux jouissent d'une puissance occulte particulire1 qui n'est pas sans analogie avec celle des sorcires4 ,roger ,bacon croit encore que le regard du basilic est mortel1 que le loup peut enrouer un homme s'il le voit le premier1 que l'ombre de l'hyne empche les chiens d'aboyer4 un homme admettant sans difficult que l'oie bernache nat des glands d'une espce de chne1 rien ne devait sembler impossible4 ,cette crdulit est moins tonnante encore que celle de ,pierre ,rommel affirmant en #afhj1 il y a deux cents ans peine1 avoir vu ,fribourg un chat qui avait t conu dans l'estomac d'une femme et avoir connu une autre femme qui avait donn naissance une oie vivante4 ,plus de semblables assertions nous paraissent aujourd'hui burlesques1 plus elles sont intressantes rappeler1 car elles nous montrent combien tait encore confuse il y a peu de temps cette notion de l'espce animale devenue aujourd'hui si vulgaire4 ,on allait souvent plus loin2 on n'admettait pas seulement que1 sous des influences mystrieuses1 un animal pt donner naissance des animaux tout diffrents1 ou se transformer lui-mme la faon des loups-garous2 on douait aussi la matire inerte de la facult de s'organiser spontanment3 les grenouilles pouvaient natre de la vase des tangs2 de vieux chiffons1 enferms dans un coffre avec un peu de bl1 pouvaient se transformer en souris2 les vers intestinaux n'taient qu'une mtamorphose des humeurs de notre organisme1 et cette opinion a compt1 mme de nos jours1 quelques partisans4 ,ce n'est d'ailleurs pas sans peine que la notion mme de la vie arrive se dgager1 que la dmarcation s'tablit entre ce qui est vivant et ce qui ne l'est pas4 ,pour les anciens philosophes1 la vie1 c'est1 avant tout1 le mouvement1 la force4 ,tout ce qui se meut est plus ou moins considr comme vivant4 ,thals de ,milet appelle me tout ce qui est cause de mouvement4 ,l'aimant a une me comme l'homme2 le monde a une me1 qui est ,dieu1 et il peut y avoir des mes sans corps1 des dmons4 ,c'est ,dieu qui a fait toutes choses en employant une matire premire unique1 l'eau4 ,au-dessous du ,dieu crateur1 ,anaximandre conoit des dieux mortels1 qui sont les astres4 ,anaximne considre l'air1 capable de se mouvoir plus aisment encore que l'eau1 comme l'origine de toutes choses4 ,l'air est l'me du monde2 il est ,dieu2 il tient le monde en vie1 comme l'me tient en vie notre corps4 ,anaxagore n'admet plus qu'un ,dieu coordonnateur de toutes choses dont il se fait une ide trs leve2 il considre les vgtaux comme ayant toutes les facults des animaux et voit dans les tres vivants les enfants de la ,terre et du ,soleil1 astres qu'il suppose par consquent vivants1 mais auxquels il refuse la qualit de dieux4 ,les mes des hommes passent aprs leur mort dans le corps des animaux4 ,ainsi1 pour la plupart des philosophes de l'antiquit1 la conception mme de l'tre organis est confuse4 ,il existe dans l'univers une cause de mouvement1 qui est ,dieu2 tout ce qui se meut possde en soi la vie et est capable de la donner4 ,les animaux et les vgtaux1 entre lesquels des points de ressemblance sont entrevus1 sont engendrs par l'eau suivant quelques-uns1 par l'air suivant d'autres1 par les astres suivant d'autres encore4 ,on cherche en mme temps rattacher tout ce qui existe une cause commune ou un ensemble de causes communes4 ,pour ,thals et ,anaximandre1 tout a t tir de l'eau2 ,anaximne et ,diogne prfrent tout faire sortir de l'air4 ,empdocle met son tour la terre au rang des causes primordiales2 ,leucippe et ,dmocrite admettent une substance primitive1 l'ther1 en qui ,anaxagore voyait dj la cause de la foudre4 ,les transformations diverses de l'ther auraient produit tout ce qui est4 ,pour ,hraclite1 le principe commun de toutes choses n'est autre que le feu4 ,ainsi se constitue pice pice cette hypothse des quatre lments3 la terre1 l'eau1 l'air et le feu1 qui se retrouve jusqu'aux temps modernes au fond de toutes les conceptions scientifiques4 ,il n'y avait place dans toute cette philosophie que pour l'observation la plus superficielle4 ,en gnral1 on considre les animaux et les vgtaux en bloc4 ,l'imagination tient la place premire dans les systmes2 les sciences n'existent pas proprement parler2 les observations justes sont trop peu nombreuses et mles de trop de fables pour qu'on en puisse constituer un corps de doctrine2 il n'y a pas de zoologie1 et il ne saurait tre question par consquent de philosophie zoologique4 ,quelques essais d'explication plus prcise mritent d'tre cits4 ,telle est cette ide d',anaxagore que tous les corps sont forms de parties semblables entre elles1 ayant exist de toute ternit et que ,dieu n'a fait que coordonner4 ,le mlange de toutes ces parties est ce qu'il appelle le chaos4 ,dans ce chaos existent des os1 des viscres1 des muscles1 mais avec des dimensions si petites que toutes ces parties sont invisibles2 elles ne sont devenues visibles qu'en s'unissant des parties semblables4 ,elles ont alors constitu les os1 les viscres1 les muscles des animaux4 ,quand un animal meurt1 toutes ses parties constitutives se dissolvent1 se rsolvent en leurs lments invisibles4 ,ces lments divers se mlangent entre eux jusqu' ce qu'ils redeviennent parties intgrantes de quelque autre organisme4 ,ainsi les animaux et les plantes sont forms d'lments permanents et ternels1 qui s'associent temporairement pour constituer des organismes1 puis se sparent1 pour entrer dans des organismes nouveaux4 ,les lments propres entrer dans la constitution des organismes sont en quantit constante2 mais ils circulent pour ainsi dire perptuellement1 passant d'un tre vivant un autre et s'associant de toutes les manires possibles4 ,les lments des tres vivants1 comme ceux de tous les autres corps1 ayant exist de toute ternit et tant indestructibles1 rien d'essentiel ne parat distinguer la matire vivante de la matire inerte1 dans la conception d',anaxagore1 qui n'est pas sans intrt1 car on pourrait lui trouver plus d'un trait de ressemblance avec la clbre doctrine de l'embotement des germes que nous rencontrerons plus tard1 avec l'hypothse des molcules vivantes de ,buffon1 celle de l'attraction du soi pour soi de ,geoffroy ,saint-,hilaire et mme avec la fameuse thorie de la panspermie de ,darwin4 ,ces rapports entre les doctrines des philosophes anciens et les doctrines qui ont apparu plus rcemment sous d'autres formes se rencontrent plus d'une fois4 ,pythagore et les pythagoriciens admettaient par exemple1 ct des nombres rgulateurs de la nature1 divers principes contraires deux deux et desquels tout rsultait3 le fini et l'infini1 l'impur et le pur1 l'unit et la dualit ou la pluralit1 la droite et la gauche1 le masculin et le fminin1 le repos et le mouvement1 le droit et le courbe1 la lumire et les tnbres1 le bien et le mal1 ,dieu et le dmon1 l'esprit et la matire1 etc4 ,ils taient en cela les prcurseurs de ,schelling et des philosophes de la nature2 ils avaient vu le monde sous le mme point de vue des oppositions et n'ont fait que dvelopper d'une manire approprie aux connaissances acquises de leur temps la cause premire1 les liens et les consquences de ces oppositions4 ,cette ide des oppositions avait conduit ,pythagore admettre l'existence des antipodes4 ,hraclite pensait galement1 comme les philosophes de la nature1 que notre me n'est qu'une manation de l'me du monde qui est ,dieu4 ,dmocrite croit comme eux que nous avons deux manires d'acqurir des connaissances3 par les sens et par la pense4 ,les sens peuvent nous tromper1 mais la pense ne nous donne que des connaissances prcises2 ,hraclite et ,dmocrite eussent t1 de notre temps1 rangs parmi les membres de l'cole des ides4 ,cependant pour eux1 comme pour les matrialistes modernes1 rien n'existe en dehors des atomes et du vide4 ,les apparences diverses que prsente le monde extrieur sont le rsultat du mouvement3 nous ne percevons que des changements1 des oppositions1 et non des objets rels4 ct de ces doctrines gnrales1 de ces tentatives de divination de la nature des choses1 si1 comme nous le disions tout l'heure1 l'observation tient peu de place1 le besoin d'observer a t cependant reconnu4 ,alcmon de ,crotone 7#ebj av4 ,j4-,c47 a dissqu des animaux2 il compare le blanc de l'uf des oiseaux au lait des mammifres2 mais il croit que les chvres respirent par les oreilles4 ,anaxagore considre le cerveau comme le sige de la pense2 il se rend compte de la faon dont se nourrissent les ftus2 mais il prtend que les fouines enfantent par la bouche et que les ibis et les corneilles s'accouplent par le bec4 ,ces deux philosophes et plus tard ,polybe ont fait quelques recherches d'embryognie4 ,mais on voit combien leurs affirmations sont encore sujettes caution4 ,dmocrite fait plus de progrs que ses prdcesseurs dans la connaissance des organes des animaux et des fonctions qu'ils remplissent2 ,hippocrate s'applique surtout la connaissance de l'anatomie humaine2 il arrive dfinir un certain nombre de maladies et en reconnatre la marche2 mais l'art d'observer comme l'art mme de raisonner sont encore dans l'enfance2 partout1 nous venons de le voir1 les erreurs les plus grossires se mlent aux observations justes et viennent dparer les plus nobles efforts des intelligences qui cherchent crer une voie dans les rgions encore inexplores de la science4 ,la science demeurant insparable de la philosophie1 chaque progrs des philosophes dans l'art de manier la pense est suivi d'un progrs dans l'art d'arriver la connaissance4 ,peu peu1 l'imagination tient une place moins exclusive dans les spculations1 et l'on apprend tablir entre les ides des distinctions plus rigoureuses4 ,socrate les enchane le premier dans des dfinitions suffisamment prcises et perfectionne la mthode inductive au point qu'on peut lui attribuer l'honneur de sa cration4 ,platon montre tout le parti que l'on peut tirer de la mthode qui s'lve du particulier au gnral en passant travers toute une hirarchie d'ides de plus en plus tendues4 ,mais sa mthode1 il l'applique surtout aux ides et rend ainsi ncessaire une raction1 grce laquelle un accord plus rigoureux puisse s'tablir entre les faits et les ides4 ,on comprend peu peu que les faits bien observs sont les vritables gnrateurs des ides2 mais il fallait un gnie puissant pour faire redescendre les philosophes aux mthodes ordinaires dont le sens commun ne s'tait pas cart4 ,ce gnie1 duquel date la fondation des sciences et de la mthode scientifique1 fut ,aristote4 ,quelques critiques ont dit que la science d',aristote venait en grande partie de ses devanciers et surtout de ,dmocrite2 qu'il a fait de nombreux emprunts ses prdcesseurs1 sans les citer4 ,de tout temps on a si amrement reproch ceux qui ont essay quelques nouveauts1 d'avoir puis leurs ides dans ,aristote ou ailleurs1 qu'il est assez piquant de voir accuser1 son tour1 de plagiat celui qu'on se plat d'ordinaire appeler le pre de la philosophie4 ,aristote s'est-il aid des travaux de ses devanciers8 ,cela est possible1 probable mme2 il est incontestable que son rudition tait considrable1 et l'on peut croire qu'il en a tir parti4 ,le nombre des faits qu'il annonce dans ses livres est tel qu'il dpasse1 sensiblement1 peut-tre1 ce qu'il lui avait t donn d'acqurir par son exprience personnelle4 ,doit-on pour cela l'accuser d'avoir cherch s'approprier le bien d'autrui8 ,de telles insinuations ne sont fcheuses que pour ceux qui les mettent complaisamment4 ,l'ide est ce qu'il y a de plus personnel l'homme et surtout l'homme de science3 c'est pourquoi le gnie est si admir2 c'est pourquoi tout effort d'une intelligence qui la rapproche du gnie est si impatiemment support par celles qui s'en reconnaissent incapables2 c'est pourquoi tout homme qui possde ou dveloppe une ide doit s'attendre voir s'lever1 parmi tous les obstacles qu'on lui oppose1 cette accusation1 de tout temps renouvele1 qu'il n'a rien fait de nouveau4 ,en somme1 peu importe l'humanit le degr plus ou moins grand de nouveaut des faits ou des ides2 ils ne sont rien pour elle tant qu'ils n'ont pas t embrasss par quelque puissant esprit qui sache lui en montrer la porte et lui dire3 ,voici les conqutes qui ont t faites1 voici le parti qu'on en peut tirer4 ,tel fut au moins le mrite d',aristote1 qui rsuma dans ses uvres tout ce que savait l'antiquit1 sut faire un dpart presque toujours judicieux entre le bon et le mauvais1 le vrai et le faux1 accrut considrablement les limites du savoir humain1 indiqua la voie suivre pour arriver avec plus de certitude la conqute de la vrit et lgua au moyen ge une somme telle de connaissances1 que sans lui la science et t tout entire recommencer4 ,,chapitre ,,ii ,,aristote ,premires notions sur les analogies et les homologies des organes4--,formes corrlatives4--,divisions tablies parmi les animaux4--,ide de l'espce4--,principe de continuit4--,degrs de perfection organique4--,possibilit d'une transformation des formes animales4 ,on a tant crit sur ,aristote1 on a tant cit1 comment1 interprt les uvres de ce grand homme1 que plus d'un lecteur sera sans doute tent de nous reprocher de revenir1 notre tour1 sur un sujet qui semble puis4 ,c'est cependant jusqu' l'illustre prcepteur d',alexandre qu'il faut faire remonter les origines de la philosophie zoologique4 ,lui seul1 dans l'antiquit1 sut allier une observation incessante et presque toujours rigoureuse des faits avec l'art de grouper les connaissances acquises de manire en faire ressortir toutes les consquences gnrales4 ,plus d'un passage de son ,histoire des animaux pourrait tre sign ,cuvier ou ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,ce sont les principes mmes de l'anatomie compare1 telle qu'on l'entend de nos jours1 que dveloppe ,aristote lorsqu'il crit ds les premires pages de l'uvre mmorable que nous venons de citer les lignes suivantes3 ,il y a des animaux tels que toutes les parties des uns sont semblables aux parties correspondantes des autres2 il y en a entre lesquels cette ressemblance ne se trouve pas4 ,les parties peuvent se ressembler1 comme tant de la mme forme2 par exemple1 le nez1 l'il1 la chair1 les os d'un homme ressemblent au nez1 l'il1 la chair1 aux os d'un autre homme2 et ainsi des chevaux et des autres animaux que nous disons tre de mme espce444 ,une autre sorte de ressemblance est celle des animaux qui sont de mme genre et qui diffrent par excs ou par dfaut3 les oiseaux1 les poissons sont des genres dont chacun comprend un grand nombre d'espces4 ,dans un mme genre1 les parties ne sont communment distingues que par des qualits diffrentes1 telles que la couleur et la figure444 ,il y a d'autres animaux dont on ne peut pas dire que les parties soient de mme figure ni qu'elles diffrent entre elles du plus au moins2 on peut seulement tablir une analogie entre les unes et les autres2 c'est ainsi que1 la plume tant l'oiseau ce que l'caille est au poisson1 on peut comparer les plumes et les cailles1 et de mme les os et les artes1 les ongles et la corne1 la main et la pince de l'crevisse4 ,voil de quelle manire les parties qui composent les individus sont les mmes et sont diffrentes4 ,il faut encore remarquer leur position4 ,plusieurs animaux ont les mmes parties1 mais ne les ont pas semblablement places4 ,aussi les mamelles peuvent tre places sur la poitrine ou dans la rgion inguinale4 ,et l'on trouve plus loin3 ,en gnral1 entre les animaux de genre diffrent1 la plupart des parties ont une forme diffrente3 les unes n'ont entre elles qu'une ressemblance de rapport et d'usage et sont1 au fond1 de nature diffrente2 d'autres sont de mme nature1 mais de forme diffrente2 beaucoup se trouvent dans certains animaux et ne se trouvent pas dans d'autres4 ,ainsi ces diverses sortes de ressemblance des animaux que ,geoffroy ,saint-,hilaire et ses successeurs devaient dsigner sous le nom d'analogies et d'homologies sont dj en partie distingues et dfinies par ,aristote4 ,le philosophe de ,stagyre n'est pas davantage tranger ce que ,cuvier devait plus tard appeler la corrlation des formes2 il cite un grand nombre de ces corrlations qui sont depuis dfinitivement demeures dans la science et sont encore employes dans la dfinition des groupes zoologiques4 ,voici les plus importantes3 ,tous les animaux ont du sang ou un liquide qui en tient lieu1 la lymphe4 ,les animaux sans pieds1 deux pieds ou quatre pieds ont du sang#a4 ,tous ceux qui ont plus de quatre pieds#b ont de la lymphe4 ,les animaux sang sont plus grands que les animaux lymphe1 car ces derniers grandissent avec le climat4 ,les animaux pourvus de poils1 les ctacs1 les slaciens1 sont vivipares2 ces derniers seuls ont des oues2 ils produisent d'abord un uf au dedans d'eux-mmes4 ,le mode de viviparit des slaciens1 qui sont des poissons1 est nettement distingu de celui des animaux couverts de poils et des ctacs1 qui constituent notre classe des mammifres4 ,plus loin1 les animaux volants sont rpartis en trois catgories1 ceux qui ont des ailes garnies de plumes1 ceux qui ont des ailes constitues par un repli de la peau1 des ailes dermiques1 ceux enfin qui ont des ailes sches1 minces1 membraneuses4 ,les ailes dermiques et les ailes plumes sont propres aux animaux qui ont du sang1 et les ailes membraneuses sches aux insectes4 ,les insectes peuvent avoir quatre ailes ou deux ailes4 ,les insectes coloptres 7le mot est dans ,aristote71 dont les ailes antrieures ont la forme d'tuis1 n'ont pas d'aiguillon4 ,les insectes quatre ailes ont un aiguillon en arrire3 ce sont nos hymnoptres2 les insectes deux ailes ont un aiguillon en avant4 ,aristote ne se mprend d'ailleurs nullement sur la nature diffrente de ce qu'il appelle l'aiguillon chez les insectes quatre ailes et chez les insectes deux ailes1 car il crit en parlant de ces derniers3 ,la langue remplace l'aiguillon chez les diptres1 et il remarque que les insectes qui ont une langue n'ont point de mchoires1 comme s'il devinait dans la langue1 que nous appelons aujourd'hui une trompe1 le rsultat d'une transformation des mchoires4 ,voil donc1 dans un seul groupe1 celui des insectes1 toute une srie de corrlations nettement dfinies4 ,le mode de constitution de ces animaux est aussi bien saisi2 ils sont reprsents comme forms de parties1 d'anneaux1 de segments1 paraissant avoir chacun leur vie propre2 ces parties1 ces segments sont ce qu'on a appel depuis des rgions du corps1 des zoonites4 ,aristote ne se montre pas moins perspicace lorsqu'il parle des mammifres4 ,aprs avoir plac parmi les animaux vivipares tous les animaux couverts de poils1 il semble craindre qu'une confusion ne s'tablisse entre ces derniers et les lzards1 qui sont quadrupdes comme eux1 et fait observer que seuls les quadrupdes couverts de poils sont vivipares4 ,les mammifres sont de la sorte nettement distingus des lzards1 dont ,aristote met d'ailleurs en vidence la ressemblance avec les serpents dpourvus de pieds4 ,un seul mot inventer1 et le groupe des reptiles se trouverait constitu4 ,parmi les quadrupdes vivipares1 d'autres relations non moins remarquables sont tablies4 ,ces quadrupdes peuvent avoir des cornes ou en tre dpourvus4 ,ceux dont la dentition forme une sorte de scie n'ont jamais de cornes2 les cornes manquent encore aux quadrupdes pourvus de dfenses2 tous les quadrupdes cornus manquent d'incisives la mchoire suprieure4 ,tous les quadrupdes vivipares1 cornus1 dpourvus d'incisives suprieures1 possdent quatre estomacs et jouissent de la facult de ruminer4 ,rien ne manque1 cette caractristique de l'ordre des ruminants1 et la corrlation1 si remarquable chez ces animaux1 entre l'absence de cornes et la prsence de canines1 est mme exprime d'une faon prcise2 elle n'a t explique que de nos jours4 ,bien qu',aristote connt un assez grand nombre d'animaux1 l'ide de les grouper dans un ordre dtermin1 permettant d'exprimer leur degr plus ou moins grand de ressemblance ne parat pas s'tre prsente son esprit4 ,il n'a donc pas tent ce que nous appelons une classification4 ,il compare de toutes les faons possibles les animaux les uns aux autres et cherche rduire en propositions gnrales le rsultat de ses comparaisons4 ,il arrive ainsi indiquer des rapprochements parfaitement naturels1 qui peuvent encore aujourd'hui1 prendre place dans nos mthodes2 mais1 tout ct1 des comparaisons d'un autre ordre le conduisent de nouveaux rapprochements de moindre importance cette fois1 et qui paraissent cependant avoir pour lui autant de valeur que les premiers1 des caractres qui auraient pu tre utiliss1 leur tour1 si l'ide d'une certaine hirarchie dans ces rapprochements secondaires s'tait dgage1 si les comparaisons1 au lieu de s'tendre l'ensemble des animaux1 n'avaient t faites qu'entre organismes prsentant la mme structure anatomique1 entre organismes de mme genre1 comme il aurait dit lui-mme4 ,plus loin notre philosophe ayant puis l'tude des ressemblances se proccupe seulement de rechercher les diffrences que les animaux prsentent entre eux4 ,ces diffrences1 relatives leur manire de vivre1 leurs actions1 leur caractre1 leurs parties1 sont galement toutes mises sur le mme plan4 ,ainsi ,aristote distingue des animaux aquatiques et des animaux terrestres1 des animaux sociaux et des animaux solitaires1 des animaux migrateurs et des animaux sdentaires1 des animaux diurnes et des animaux nocturnes1 des animaux privs et des animaux sauvages4 ,les mmes animaux peuvent se retrouver bien entendu dans ces diverses catgories2 relativement aux deux dernires1 ,aristote fait d'ailleurs remarquer qu'une espce donne peut appartenir toutes deux la fois4 ,il ne s'agit donc point ici de groupes naturels fonds sur des ressemblances que l'on puisse considrer comme fondamentales2 aussi bien ,aristote ne se propose-t-il pas pour but de faire connatre et de distinguer les diffrentes sortes d'animaux2 son livre est tout la fois une anatomie et une physiologie compares plutt qu'une zoologie1 et il ne dfinit que les divisions qui sont ncessaires ses comparaisons4 ,il traite sparment des animaux qui ont du sang et de ceux qui n'en ont pas et divise ces deux groupes principaux en groupes secondaires et remarquablement naturels1 dont quelques-uns ont dj t dnomms dans le langage vulgaire2 c'est ce qu'il appelle les grands genres 3 tels sont les oiseaux1 les poissons1 les coquillages1 les mollusques qui sont nos cphalopodes1 ou encore les insectes4 ,pour ces derniers ,aristote a cr le nom nouveau d'o2 c'est l une hardiesse qu'il se permet rarement4 ,il se sert1 en effet1 des mots de la langue usuelle1 et1 quand il n'existe pas de mots correspondant aux groupes qu'il dfinit1 il se borne le regretter4 ,il signale ainsi l'absence d'une dnomination commune pour les mollusques coquille1 qu'il qualifie1 en formant un mot compos1 d',ostracodermes1 pour les langoustes1 les crabes et les crevisses qu'il runit sous le nom1 galement compos1 de ,malacostracs4 ,cette insuffisance de la langue vulgaire l'embarrasse d'ailleurs visiblement4 ,il a nettement conu un grand genre des mammifres2 mais le peuple est en retard sur lui et confond les mammifres avec les autres quadrupdes1 tels que les lzards4 ,ce mot de quadrupdes ne saurait tre le nom d'un groupe naturel1 car il y a des quadrupdes vivipares et d'autres ovipares2 ,aristote1 aprs cette remarque1 l'abandonne donc sans le remplacer4 ,parmi les quadrupdes vivipares1 il aperoit de mme des groupes naturels1 mais constate qu'ils n'ont pas reu de nom1 sauf un seul1 celui des oui1 correspondant nos solipdes1 caractriss par le bouquet de crins qu'ils portent au bout de la queue4 ,il semble que cette pnurie de mots ait t le principal obstacle qui ait empch ,aristote d'arriver une dfinition claire de l'espce telle que nous l'entendons aujourd'hui1 et d'instituer un systme coordonn de divisions zoologiques4 ,la langue usuelle ne fournit1 en effet1 que deux mots pour exprimer les diffrents degrs de ressemblance3 i1 qui veut dire forme ou espce1 et que l'on traduit par genre4 ,les genres contiennent1 en gnral1 un assez grand nombre d'espces2 il y en a de grands et de trs grands 2 mais1 les espces contenues dans ces genres peuvent se subdiviser aussi en espces d'ordre infrieur et deviennent alors des genres4 ,quand il considre l'espce d'une faon absolue sans la rapporter un groupe plus tendu1 ,aristote la dsigne d'ailleurs1 constamment1 sous le nom de 4 ,on voit quelle confusion doit produire1 dans un chafaudage quelque peu compliqu de divisions n'ayant pas la mme valeur1 l'emploi perptuel de deux mots dont la signification change suivant le point de vue d'o l'on considre chaque division4 ,cependant s'il n'a pas pu dfinir et surtout dnommer l'espce1 ,aristote en a bien vu le caractre essentiel1 le mme que nous employons comme criterium et qui est tir de la reproduction4 ,aprs avoir dfini le genre des ,lophures 1 il y place1 en effet1 le cheval1 l'ne1 le mulet1 le bidet et le bardeau et il ajoute3 ,joignez-y les hmiones 7demi-nes7 de ,syrie qui ne portent ce nom qu' raison de leur apparence1 car ils constituent une espce distincte puisqu'ils s'accouplent entre eux et que leur accouplement est fcond4 ,il est certain1 d'autre part1 qu',aristote n'a considr comme de mme espce que les animaux descendus de parents communs1 car il dsigne aussi sous le nom d'homophyles les animaux de forme semblable4 ,voil donc l'espce dfinie par l'accouplement et la fcondit1 absolument comme elle l'est de nos jours4 ,malheureusement ,aristote ne tire pas tout le parti qu'il devrait de cette notion videmment vulgaire2 aussi bien1 son opinion doit-elle tre trouble par sa confiance dans les rcits mensongers qui lui ont t faits des murs des animaux exotiques4 ,il admet1 par exemple1 qu'en ,lybie les formes sauvages sont plus sujettes varier et il ajoute3 ,en ,lybie1 o il ne pleut point1 les animaux se rencontrent dans le petit nombre d'endroits o il y a de l'eau4 ,l1 les mles s'accouplent avec les femelles d'espces diffrentes v 1 et ces familles nouvelles font souche si la taille des deux individus n'est pas trop diffrente et la dure de la gestation trop ingale dans les deux espces4 ,un peu plus bas1 il accueille la tradition qui fait descendre les chiens de l',inde d'une chienne et d'un tigre4 ,quand il s'agit d'animaux habitant les pays lointains1 l'attrait du merveilleux a videmment obscurci1 dans l'esprit d',aristote1 l'ide de l'espce telle qu'elle rsulte de l'observation journalire4 ,quoi d'tonnant ce que les choses ne se passent exactement comme en ,grce dans cette ,lybie qui a la rputation de produire toujours quelque monstre nouveau4 ,lorsqu'il se produit1 en ,grce1 des phnomnes plus ou moins analogues ces merveilles qu'il signale en d'autres points du globe1 ,aristote en dit seulement qu'on les considre comme des prsages4 ,les connaissances d',aristote relativement aux diffrents modes de reproduction des animaux sont trop incompltes pour lui permettre aucune gnralisation relativement l'espce4 ,en ce qui concerne les animaux infrieurs1 malgr des observations prcises1 il ne russit pas s'affranchir compltement des opinions qui ont cours de son temps4 ,ainsi1 il connat les ufs des papillons1 des poux1 des mouches1 les capsules nidamentaires des pourpres1 des murex1 etc41 et cependant il dclare que ces ufs demeurent striles4 ,les ostracodermes1 en gnral1 les orties de mer1 les ponges naissent des matires demi putrfies qui forment le fond de la mer et sont diffrentes suivant la nature de ce fond2 les papillons naissent des chenilles1 et celles-ci sont formes par les feuilles vertes2 il se produit de mme1 dans le bois1 les excrments des animaux1 et dans d'autres conditions1 des vers qui plus tard se changent en insectes4 ,n'est-il pas tonnant que les mtamorphoses des insectes ayant t bien observes1 ainsi que leur accouplement et leur ponte1 le cycle n'ait pu tre ferm1 et qu'un observateur aussi patient soit demeur dans le doute relativement la vritable origine des vers qui ne sont que le jeune ge1 les larves d'animaux qu'il connaissait si bien8 ,aristote admet d'ailleurs que des animaux qui sont ordinairement produits par des ufs peuvent aussi se former spontanment dans la vase de certains marais4 ,ces ides ne laissent pas que d'tre parfaitement d'accord avec la doctrine de la continuit des uvres de la nature1 continuit qu'ont toujours plus ou moins cherche les philosophes de tous les temps et qu',aristote considre comme une loi fondamentale4 ,dans la nature1 dit-il 7liv4 ,,viii71 le passage des tres inanims aux animaux se fait peu peu et d'une faon tellement insensible qu'il est impossible de tracer une limite entre ces deux classes4 ,aprs les tres inanims viennent les plantes1 qui diffrent entre elles par l'ingalit de la quantit de vie qu'elles possdent4 ,compares aux corps bruts1 les plantes paraissent doues de vie2 elles paraissent inanimes comparativement aux animaux4 ,des plantes aux animaux le passage n'est point subit et brusque2 on trouve dans la mer des tres dont on douterait si ce sont des animaux ou des plantes2 ils sont adhrents aux autres corps1 et beaucoup ne peuvent tre dtachs sans prir des corps auxquels ils sont attachs4 ,les pinnes1 le solens et beaucoup d'autres ostracodermes1 les ascidies1 les anmones ou orties de mer1 mais surtout les ponges sont numrs parmi ces tres ambigus1 animaux par certains caractres1 vgtaux par leur apparente inertie4 ,la recherche des animaux intermdiaires entre les animaux aquatiques et les animaux terrestres conduit ,aristote se demander en quoi ces animaux diffrent essentiellement les uns des autres2 c'est pour lui l'occasion de considrations philosophiques1 auxquelles les zoologistes modernes doivent toute leur admiration4 ,les animaux qui vivent dans l'eau recherchent ce milieu pour diffrentes raisons3 il en est qui ne peuvent respirer que dans cet lment2 d'autres qui respirent l'air libre1 mais ne trouvent leur nourriture que dans l'eau2 d'autres enfin qui ont besoin d'eau pour respirer1 mais vont chercher leur nourriture terre4 ,dans les animaux de ces deux dernires catgories1 dit ,aristote1 la nature est contrarie1 si l'on peut parler ainsi4 ,on voit ainsi des mles qui ont l'air fminin et des femelles qui ont l'air mle4 ,une diffrence relle dans de petites parties suffit faire paratre des diffrences aussi considrables dans l'ensemble du corps de l'animal4 ,l'effet de la castration en est une preuve4 ,on ne retranche par cette opration qu'une petite partie du corps de l'animal2 nanmoins ce retranchement change sa nature et fait qu'elle se rapproche de celle de l'autre sexe4 ,ainsi il est sensible qu'au moment de la formation premire un rien dont la grandeur varie dans une des parties qui constituent le principe des corps fera de l'animal un mle ou une femelle4 ,c'est donc de la disposition de petites parties que rsulte la diffrence d'animal terrestre et d'animal aquatique1 dans les deux sens que j'ai distingus4 ,aristote pense donc que les animaux terrestres ont pu devenir aquatiques ou inversement1 et il attribue ce changement de murs quelques accidents survenus durant le dveloppement embryognique des animaux qui l'ont prsent4 ,d'illustres naturalistes de notre temps ont de mme admis qu'on pouvait attribuer aux monstruosits accidentelles une part importante dans la diversification des espces4 ,d'aprs ce passage1 ,aristote pourrait tre considr comme transformiste2 mais la question du transformisme ne pouvait videmment tre pose une poque o l'on n'avait pas encore song se demander s'il existait des espces4 ,considrant les animaux tous les points de vue que lui suggre son esprit minemment philosophique1 ,aristote effleure bien d'autres ides importantes1 sans en tirer cependant toutes les consquences qu'elles ont fournies quand nos connaissances relatives aux animaux ont t plus tendues4 ,c'est ainsi qu'on peut voir1 avec ,m4 ,jules ,geoffroy1 comme une intuition de la loi de la division du travail physiologique1 dveloppe seulement en #ahbg par ,m4 ,h4 ,milne ,edwards1 dans cette phrase du livre ,,iv des ,parties des animaux3 ,la nature emploie toujours1 si rien ne l'en empche1 deux organes spciaux pour deux fonctions diffrentes2 mais1 quand cela ne se peut1 elle se sert du mme instrument pour plusieurs usages2 cependant il est mieux qu'un mme organe ne serve pas plusieurs fonctions4 ,d'autre part1 la lutte pour l'existence que se livrent une foule d'animaux ne lui a pas chapp4 ,les animaux1 dit-il au livre ,,ix1 sont en guerre les uns contre les autres quand ils habitent les mmes lieux et qu'ils usent de la mme nourriture4 ,si la nourriture n'est pas assez abondante1 ils se battent1 fussent-ils de la mme espce4 ,aristote n'a pas vu cependant que de cette lutte pouvait rsulter l'extinction d'une ou plusieurs formes vivantes4 ,il est1 au contraire1 comme presque tous les philosophes de l'antiquit1 pntr de l'ide que le monde est immuable et que les ressources de la nature sont assez grandes pour rendre impossible la destruction d'une de ses uvres4 ,d'ailleurs tous les animaux ne sont pas en lutte2 il en est qui sont amis1 et ce n'est pas un des livres les moins brillants de l',histoire des animaux que celui o le grand philosophe dcrit les murs des tres qu'il a tudis et se montre aussi patient observateur que nous l'avons vu jusqu'ici habile anatomiste4 ,en rsum1 l'uvre immense dont nous venons d'esquisser les traits gnraux est avant tout de celles auxquelles peut s'appliquer le plus justement le titre de ,philosophie zoologique4 ,aristote n'y accumule les faits que pour arriver des lois1 et son esprit pntrant discerne avec un rare bonheur les rapports gnraux4 ,plusieurs de ceux qui sont exprims dans l',histoire des animaux sont dfinitivement entrs dans la science tels qu',aristote les avait formuls2 d'autres ne sont qu'entrevus2 mais ce qui est plus merveilleux peut-tre1 c'est qu',aristote avait saisi du premier coup les diffrents points de vue auxquels le rgne animal pouvait et devait tre tudi4 ,l'anatomie compare1 la physiologie1 l'embryognie1 les murs des animaux1 leur rpartition gographique1 les relations qui existent entre eux font galement l'objet de ses tudes et ses recherches forment le plus riche trsor de connaissances que l'esprit d'un homme ait jamais possd4 ,,chapitre ,,iii ,,la ,p,,riode ,,romaine ,lucrce3 la formation des premiers organismes2 la lutte pour la vie4--,pline3 attributs merveilleux des animaux2 nature et mode de formation des monstres marins2 notions d'anatomie4--lien2 ,oppien4--,galien3 progrs de l'anatomie2 corrlation entre la forme extrieure des animaux1 leur organisation et leurs murs4 ,il semblerait qu'aprs ,aristote la science1 mise par lui dans sa voie vritable1 n'avait plus qu' marcher4 ,on voudrait voir un merveilleux panouissement scientifique suivre de prs l'apparition de ce grand homme2 malheureusement les divisions politiques1 les guerres1 les invasions1 ne permettent pas de continuer1 en ,orient1 l'uvre commence4 ,aristote ne tarde pas tre oubli1 et1 chose tonnante1 quand il reparat1 loin de susciter une renaissance scientifique1 il devient un obstacle aux progrs4 ,son uvre gigantesque inspire une telle admiration qu'on s'incline devant elle sans chercher toujours la comprendre4 ,les opinions du matre deviennent autant de dogmes2 on discute sur le sens littral qu'il faut attribuer chacune de ses phrases1 mais on oublie le grand exemple qu'il a donn1 et l'on ne songe pas un seul instant1 quand une difficult se prsente1 interroger1 comme lui1 la nature1 seule capable de mettre un terme aux argumentations sans fin qu'elle provoque et qui ont aliment la scolastique au moyen ge4 ,durant cette singulire poque1 on se reprsente ,aristote comme une sorte de ,mose payen1 dont la parole est aussi infaillible que celle des ,livres saints2 un violent effort est ncessaire avant que la science puisse recouvrer sa libre et indpendante allure4 ,rome aurait pu1 la fin de l'antiquit1 reprendre le rle de la ,grce et transmettre l',occident un cho des brillants essais philosophiques de ce pays privilgi2 mais ,rome tait trop agite par la vie du forum1 trop proccupe de multiplier et d'tendre ses conqutes pour que ses philosophes pussent trouver le loisir d'observer la nature4 ,parmi eux cependant se trouvrent quelques esprits d'une tonnante pntration3 tel fut ,lucrce2 son magnifique pome contient plus d'une vue prophtique qui la science moderne est venue apporter une confirmation imprvue4 ,la terre est pour ,lucrce la mre de tous les tres vivants4 ,comme tous les organismes1 elle a eu une priode de fcondit1 durant laquelle elle a produit la plupart des animaux et des vgtaux2 elle arrive aujourd'hui une priode de strilit relative4 ,d'abord la terre revtit les collines d'une frache parure1 uniquement forme par les herbes1 et1 dans toutes les campagnes1 les prairies verdoyantes s'maillrent de fleurs4 ,puis s'tablit entre les arbres varis une lutte magnifique1 chacun s'efforant de porter plus haut ses rameaux dans les airs4 ,de mme que le duvet1 le poil et les soies naissent d'abord sur les membres des quadrupdes et le corps des oiseaux1 ainsi la jeune terre se couvrit d'abord d'herbes et d'arbrisseaux2 elle cra plus tard1 par des procds divers1 l'innombrable cohorte des tres mortels1 car les animaux ne peuvent tre tombs du ciel et les plantes ne purent sortir des abmes de la mer4 ,laissons donc la terre ce nom de mre1 qu'elle mrite si bien1 puisque tout a t tir de son sein4 ,aujourd'hui encore1 beaucoup d'tres vivants se forment dans la terre l'aide des pluies et de la chaleur du soleil444 ,dans les premiers sicles1 beaucoup de races d'animaux ont ncessairement d disparatre1 sans pouvoir se reproduire et se perptuer4 ,car tous ceux que nous voyons vivre autour de nous ne sont protgs contre la destruction que par la ruse1 la force ou l'agilit qu'ils ont reues en naissant4 ,beaucoup qui se recommandent par leur utilit pour nous1 ne persistent qu'en raison de la dfense que nous leur accordons4 ,la race cruelle des lions et les autres espces de btes froces sont protges par leur force1 le renard par sa ruse1 le cerf par la rapidit de sa course4 ,la gent fidle et vigilante des chiens1 toute la progniture des btes de somme1 les troupeaux producteurs de laine et les btes cornes ont t confis la protection des hommes444 ,mais pourquoi aurions-nous protg les animaux inutiles1 que la nature n'avait pas dous des qualits ncessaires pour mener une existence indpendante8 ,enchans par les liens de la fatalit1 ces tres ont servi de proie leurs rivaux1 jusqu' ce que la nature ait entirement dtruit leurs espces#c4 ,ce passage n'est-il pas une brillante exposition de la doctrine de la lutte pour la vie1 de l'extinction des espces insuffisamment doues et de la slection naturelle qui en est la consquence8 ,lucrce croyait une production naturelle des tres vivants2 il pensait que les plus simples avaient paru les premiers1 que tous ceux qui taient imparfaits taient destins disparatre1 que des tres nouveaux apparaissaient sans cesse4 ,n'est-il pas tonnant qu'il se soit arrt dans cette voie et qu'il n'ait pas song faire natre des espces plus simples des premiers temps1 les espces plus compliques qui les ont suivies8 ,mais le pote ne connaissait pas la vritable nature des fossiles2 il ne s'tait pas rendu compte de l'activit puissante de cet agent de destruction3 la lutte pour la vie2 il pensait que ses effets avaient d se produire rapidement1 porter principalement sur des tres monstrueux1 produits par la terre dans l'exubrante fcondit de sa jeunesse et presque aussitt disparus1 et qu'elle n'avait pu intervenir de nos jours4 ,bien qu'il emploie pour dsigner les espces des termes impliquant une srie d'tres continue1 tels que les mots corda ou scla1 il ne lui semble pas qu'aucun intermdiaire ait t ncessaire entre la mre commune et ses premiers enfants4 ,en somme1 les formes actuellement vivantes lui paraissent immuables2 il n'a pas eu1 comme ,aristote1 l'intuition de leur variabilit4 ,lucrce ne descend pas1 du reste1 dans le dtail des faits4 ,tout autre est ,pline1 en qui l'on se plat voir ordinairement le plus grand naturaliste de l'antiquit aprs ,aristote4 ,les premiers philosophes avaient imagin de toutes pices des systmes d'explication du monde4 ,pour nous servir d'une expression que ,buffon s'appliquait lui-mme1 ,aristote rassemblait des faits pour en tirer des ides2 ,pline se borne rassembler des faits4 ,il les prend partout o il les trouve1 except peut-tre dans la nature1 et produit ainsi une vaste compilation o toutes les fables de la priode mythologique et de son temps se trouvent mles1 presque sans critique1 aux observations justes de ses prdcesseurs4 ,l'ide que les animaux sont intimement lis aux ressorts les plus cachs de la nature se trouve chacune des pages de l',histoire naturelle3 ils connaissent une foule de mdicaments1 savent observer le ciel#d1 pronostiquer les vents1 les pluies et les temptes1 et fournissent toutes sortes de prsages2 quand une maison menace ruine1 les rats s'en vont et les araignes tombent avec leur toile2 les oiseaux annoncent les moindres vnements de la vie humaine2 le renard est pour les ,thraces un excellent conseiller2 l'hyne est une vritable magicienne2 la chair des ours continue pousser aprs la cuisson2 il y a des juments qui peuvent tre fcondes par le vent4 ,ce dernier trait n'a rien de bien tonnant pour ,pline1 car il admet que les germes de toutes choses tombent du haut du ciel1 et c'est ainsi qu'il explique pourquoi la mer nourrit les animaux les plus grands et les monstres les plus tonnants4 ,les germes s'accumulant dans son immensit1 fournissent une nourriture abondante aux habitants de ses eaux2 se mlant sans rgle et de toute faon1 ils donnent naissance toutes sortes d'tres qui simulent les animaux ou les objets inanims qu'on observe sur la terre1 ou prsentent les assemblages les plus incohrents2 c'est ainsi que d'infimes coquilles1 les hippocampes1 possdent une tte de cheval4 ct de cette singulire doctrine sont dveloppes de fort justes remarques1 telles que celles-ci3 ,beaucoup d'auteurs refusent aux poissons la facult de respirer1 parce qu'ils n'ont pas de poumons2 mais1 dit ,pline1 je ne dissimule pas que je ne puis accepter leur opinion1 parce que certains animaux peuvent avoir1 si la nature le veut1 d'autres organes respiratoires que des poumons1 de mme que chez beaucoup d'animaux une humeur particulire remplace le sang4 ,qui peut s'tonner d'ailleurs que l'air respirable puisse pntrer dans l'eau quand on l'en voit sortir8 ,parmi les animaux marins1 ,pline ne s'arrte pas seulement aux poissons2 il dcrit aussi les poulpes et divers mollusques1 insiste sur le commensalisme des moules et des pinnothres1 dj signal par ,aristote1 et se demande si les orties de mer ou mduses et les ponges ne participent pas la fois de la nature des plantes et de celle des animaux4 ,moins perspicace qu',aristote1 il range les baleines parmi les poissons1 et les chauves-souris parmi les oiseaux1 montrant ainsi qu'il est surtout frapp non des ressemblances et des dissemblances de structure des animaux1 mais des analogies et des diffrences qu'ils prsentent dans leur manire de vivre4 ,les insectes dcrits par ,pline sont assez nombreux2 les abeilles tiennent parmi eux la place d'honneur4 ,viennent ensuite les gupes1 les frelons1 les bourdons1 les araignes1 les scorpions1 les cigales1 les scarabes ou coloptres d',aristote1 les sauterelles1 les fourmis et1 au milieu de tous ces animaux articuls1 les geckos1 qui sont des reptiles4 ,bien entendu1 ,pline admet la gnration spontane de beaucoup de ces tres3 les gouttes de rose1 se condensant sur les feuilles de chou en une gouttelette grosse comme un grain de mil1 produisent une chenille1 qui devient ensuite chrysalide1 puis papillon2 les teignes naissent de la poussire1 et des mouches1 les pyrales1 sont produites par le feu4 ,la coutume de sacrifier des victimes pour en tirer des prsages avait donn aux ,romains une connaissance assez prcise de l'organisation des animaux4 ,pline consacre une partie importante de son ,histoire des animaux dcrire les principaux viscres et signale en mme temps leurs fonctions4 ,quelques-unes de ses notions physiologiques sont assez exactes2 mais mlanges d'une foule de fables4 ,il cite1 propos des prsages1 des oiseaux qui ont deux curs1 d'autres qui n'en ont pas du tout2 chez les rats1 le nombre des lobes du foie varie de manire tre constamment gal au nombre de jours de la lune4 ,au del des viscres1 les connaissances anatomiques disparaissent3 les veines1 les artres1 les nerfs1 les tendons1 quoique distingus en gros1 sont chaque instant confondus les uns avec les autres1 et ,pline ne sait rien de leurs fonctions3 les oiseaux n'ont ni veines ni artres2 les ongles sont les extrmits des nerfs1 etc4 ,malgr toutes ces imperfections1 ,pline est le seul auteur latin qui l'on puisse avec quelque raison donner la qualit de naturaliste4 lien est1 plus que lui encore1 un simple compilateur1 et1 si les ouvrages d',oppien dmontrent que les ,romains possdaient des renseignements intressants sur les murs des animaux1 les titres de ses pomes3 les ,cyngtiques1 les ,halieutiques1 les ,ixeutiques1 montrent assez dans quel but ils avaient t composs4 ,une seule grande figure apparat avant la dcadence dfinitive de l'empire romain1 celle de ,galien 7#aca--bjj ap4 ,j4-,c74 ,galien est surtout un mdecin2 mais il montre un remarquable esprit philosophique1 trace un vritable programme d'ducation scientifique et ralise ce programme en crivant une srie de traits qui conduisent graduellement de l'art de parler l'art de raisonner et enfin la mdecine4 ,il ne cesse de recommander l'alliance troite de l'observation et du raisonnement2 donnant lui-mme l'exemple1 il ne perd aucune occasion d'observer4 ,ne pouvant dissquer de cadavres humains1 il tudie les singes et notamment le magot4 ,il indique ses lecteurs les moyens d'observer1 sans s'exposer aux rigueurs des lois1 le squelette1 qu'il dsigne le premier sous ce nom2 il leur conseille d'explorer les vieux tombeaux crouls1 les valles o l'on peut trouver des cadavres desschs de brigands1 et finalement d'aller ,alexandrie1 o des squelettes sont livrs l'tude4 ,il veut qu'on tudie successivement les os1 les muscles1 les artres1 les veines1 les nerfs et enfin les viscres4 ,on lui doit d'avoir distingu les nerfs des tendons1 d'avoir montr que les premiers viennent tous du cerveau ou de la moelle pinire et d'en avoir tabli les fonctions par de vritables expriences2 il voit dans l'existence des nerfs le caractre essentiellement distinctif de l'animal et de la plante2 il sait que les artres et les veines contiennent galement du sang1 et donne sur l'usage des organes des renseignements qui constituent un incontestable progrs sur ce que l'on enseignait avant lui4 ,l'obligation o il se trouve d'tudier les animaux1 par suite de l'impossibilit de dissquer mthodiquement le corps humain1 le conduit d'intressantes comparaisons2 il arrive mme constater chez tous les tres qu'il a tudis une remarquable uniformit de structure4 ,ce que nous avons dire ici1 dit-il propos des organes de nutrition1 semblera incroyable2 mais1 ds que vous l'aurez tudi1 vous n'en douterez pas davantage1 et vous admirerez comment ces parties dmontrent qu'un seul artiste a construit tous les animaux et a voulu que tous leurs organes fussent appropris leurs usages4 ,galien voit donc lui aussi l'unit dans la diversit4 ,il est naturellement partisan des causes finales1 mais il conclut du rapport qui existe entre l'organe et la fonction un rapport entre la forme extrieure et l'organisation interne1 entre les murs des animaux et leur structure3 ,les parties qui remplissent une fonction semblable1 et qui ont la mme forme extrieure1 doivent ncessairement prsenter la mme structure interne2 aussi tous les animaux qui accomplissent les mmes actions et qui ont les mmes formes extrieures possdent la mme organisation4 ,la nature1 en effet1 a donn chaque animal un corps en rapport avec les facults de son me1 et c'est pourquoi chacun1 ds sa naissance1 se sert de ses organes comme s'il avait t instruit par un matre4 ,je n'ai jamais dissqu de petits animaux1 tels que les fourmis1 les cousins1 les puces2 mais j'ai dissqu ceux qui se tranent1 comme les belettes1 les rats1 et ceux qui rampent1 comme les serpents1 et en outre un grand nombre d'espces d'oiseaux et de poissons1 et je suis arriv de la sorte la conviction qu'une mme intelligence les produit tous et que dans tous le corps est en conformit avec les murs4 ,par une semblable tude1 en examinant un animal pour la premire fois1 on peut1 sans dissection1 deviner sa structure intrieure1 et cela sera bien plus facile encore si l'on peut le suivre dans l'accomplissement de ses fonctions4 ,c'est1 peu de chose prs1 le principe des conditions d'existence que ,cuvier exposera plus tard presque dans les mmes termes1 qu'il combinera1 comme ,galien1 avec le principe des causes finales1 dont il se servira pour tablir les rgles de corrlation que ,galien aperoit nettement entre la forme extrieure d'un animal et sa structure4 ,ce sont ces rgles tendues par ,cuvier aux rapports rciproques des organes qui lui serviront ensuite reconstruire entirement les animaux fossiles d'aprs la considration de quelques-unes de leurs parties4 ,ainsi les rudits qui ont attribu l'uvre d',aristote ses prdcesseurs pourraient avec autant de raison reporter ,galien l'honneur des travaux de ,cuvier4 ,ils pourraient mme faire remonter jusqu' lui1 nous venons de le voir1 l'honneur d'avoir inspir ,geoffroy ,saint-,hilaire1 le principe de l'unit de plan de composition4 ,,chapitre ,,iv ,,le ,,moyen ,,ge ,,et ,,la ,,renaissance ,les mdecins arabes4--,les alchimistes4--,albert-le-,grand4--,premi ers grands voyages4--,renaissance de l'anatomie4--,belon1 ,rondelet4--,franois ,bacon4--,progrs de la physiologie et de l'anatomie4--,les premiers micrographes4--,prjugs encore rgnants au ,x,v,ie sicle4 ,galien est la dernire grande intelligence1 le dernier philosophe qui jette quelque clat au milieu de la dcadence gnrale de l'empire4 ,bientt les barbares surgissant de toutes parts ruinent la civilisation romaine2 le paganisme s'croule2 l'tablissement du christianisme absorbe les efforts intellectuels de tous ceux qui la guerre laisse des loisirs4 ,toute culture scientifique s'efface dans l',occident1 et ce sont les hommes de l'extrme ,orient qui conservent l'humanit1 dans la mesure o il rpond aux besoins de leur race1 le trsor de connaissances amass durant l'antiquit4 ,durant tout le moyen ge1 les ,arabes conservent la prpondrance scientifique4 partir du ,i,xe sicle1 on voit les sciences mdicales prendre chez eux un panouissement remarquable4 ,hippocrate1 ,aristote sont traduits en langue vulgaire4 ,el ,kindi 7#hfj71 ,el ,dchdidh1 auteur d'une histoire des animaux1 ,abou ,hanifa1 savant botaniste1 ,ibn ,wahchjid sont les plus clbres de cette priode tonnante1 o la magie se trouve sans cesse allie la science et la mtaphysique4 ,rhazs 7#hej--ibc71 ,avicenne1 ,avenzoar 7#ajgj--aafa71 ,averrhos 7#aabj--aaih71 son lve1 ont laiss la rputation de mdecins fort habiles et fort savants2 nanmoins ils s'abandonnent beaucoup plus la spculation qu' l'observation vritable2 le philosophe domine ordinairement en eux le savant1 et1 s'ils ont largement contribu nous conserver la tradition scientifique des anciens1 il faut reconnatre qu'ils n'ont fait faire l'anatomie1 la physiologie et au diagnostic de maladies que peu de progrs rels4 ,ils avaient cependant une connaissance approfondie des proprits des plantes1 et on leur doit l'introduction dans la thrapeutique d'un assez grand nombre de mdicaments4 ,kazwyny 7#abhc71 ,ibn el ,doreihim1 ,el ,demiri1 qui vivaient au ,x,i,ve sicle1 ,el ,calcachendi 7#adah71 ,el ,schebi et ,el ,sojuti 7#adde7 ont compos sur l'histoire des animaux des traits remarquables4 ,el ,demiri en particulier a crit une sorte de dictionnaire d'histoire naturelle qui comprend la description de #ica animaux4 ,c'est aux ,arabes que les lettrs europens du moyen ge empruntrent leurs premires connaissances scientifiques2 c'est leur influence en grande partie qu'il faut attribuer le mlange singulier1 que l'on observe constamment cette poque1 de l'astrologie et de l'alchimie avec la science vritable1 mlange dont les plus grandes intelligences ne surent pas toujours se garder et qui eut pour rsultat d'amener dans l'esprit du vulgaire une confusion complte entre les savants et les sorciers4 ,roger ,bacon 7#abad-abib7 lui-mme1 quoique protestant de la nullit de la magie1 sacrifia largement l'alchimie4 ,c'tait un vaste esprit1 un chercheur ingnieux1 et un exprimentateur habile4 lire certains passages de son ,opus majus1 on croirait qu'il a devin les plus belles inventions modernes2 il parat mme avoir connu l'art de fabriquer des poudres explosibles4 ,il compte parmi les hommes qui contriburent le plus ramener les savants l'observation de la nature4 ,les investigateurs de cette poque cultivaient d'ailleurs simultanment toutes les sciences3 ils unissaient troitement la pratique de la mdecine1 les discussions philosophiques ou mme thologiques la recherche de la pierre philosophale et de la transmutation des mtaux4 ,la plupart1 en histoire naturelle1 se bornent faire sur le texte d',aristote des commentaires thologiques1 et s'ils ajoutent quelques observations de leur cru1 elles tmoignent d'ordinaire d'une telle conception de la nature1 qui tout semble possible1 d'une telle inhabilet dmler les premires apparences de la ralit1 qu'on regrette presque que ces laborieux crivains ne s'en soient pas tenus aux textes de l'antiquit4 ,tels sont1 malgr la rputation que leur valurent leurs ouvrages et leurs travaux dans d'autres directions1 les alchimistes ,arnaud de ,villeneuve 7#abch-acad71 qui dcouvrit l'alcool1 ,raymond ,lulle 7#abce-acae71 qui nous devons l'acide azotique ou eau-forte1 ,albert le ,grand 7#aaec-abhj71 dominicain1 puis vque de ,ratisbonne1 dignit qu'il abandonna pour se livrer exclusivement la culture et l'enseignement des sciences4 ,albert le ,grand exerce cependant une relle influence par ses nombreux ouvrages d'alchimie et d'histoire naturelle qui constituent une sorte d'encyclopdie o domine le point de vue thologique4 ,on compte parmi ses disciples le fameux saint ,thomas d',aquin 7#abbg-abgd71 qui ,pic de ,la ,mirandole attribue un ouvrage d'alchimie et que l'glise catholique place encore au rang le plus lev parmi ses hommes de science4 ,durant le ,x,i,i,ie sicle1 quelques voyages1 tels que ceux de ,guillaume ,rubruquis et de ,marco ,polo1 firent connatre l',asie orientale2 ,marco ,polo est le premier qui ait pntr en ,chine et au ,japon2 mais le rcit de ses voyages1 qui ne cadrait pas toujours avec les affirmations d',aristote1 fut longtemps considr comme une uvre d'imagination4 ,malgr l'invention de l'imprimerie 7#adca71 malgr les grands voyages de ,christophe ,colomb et la dcouverte de l',amrique 7#adib71 le ,x,ve sicle poursuit encore longtemps les errements scientifiques du ,x,i,i,ie et du ,x,i,ve sicle2 mais au ,x,v,ie sicle la lumire commence se faire dans les esprits et d'importantes recherches scientifiques sont entreprises4 ,andr ,vsale 7#aead-aefd7 rgnre l'anatomie2 ,fallope1 ,eustache1 ,spiegel1 ,ingrassias1 ,botal1 ,varole ont tous attach leur nom la dcouverte de quelque organe ou de quelque particularit de structure du corps humain4 ,les recherches de ,fabrizio d',aquapendente 7#aecg-afai71 celles de ,colombo et de ,csalpin1 qui fut aussi un botaniste remarquable1 prparent la dcouverte de la circulation2 ,csalpin en donne mme une description gnrale fort exacte1 tandis que la circulation pulmonaire est nettement entrevue par le malheureux ,michel ,servet 7#aeji-aeee71 qui fut brl ,genve1 comme hrtique1 par ,calvin4 cette poque vcut aussi le clbre chirurgien de ,henri ,,ii1 ,ambroise ,par 7#aeag-aeij71 qui1 en dehors de son mrite comme praticien1 songea le premier comparer le squelette des oiseaux celui des mammifres4 ct de cette renaissance de l'anatomie se manifeste aussi une renaissance vidente de la botanique et de la zoologie4 ,jean et ,gaspard ,bauhin1 morts le premier en #afac1 le second en #afbd1 publient1 tout en s'occupant de mdecine1 d'importants ouvrages sur les plantes2 ,pierre ,belon n en #aeah1 assassin au bois de ,boulogne en #aefd1 crivit une ,histoire naturelle des animaux marins et une ,histoire des oiseaux2 il compara entre eux les organes des divers animaux qui avaient fait l'objet de ses tudes1 ouvrit ainsi la voie l'anatomie compare1 et figurant en tte de son ,ornithologie un squelette d'oiseau et un squelette humain1 dsigna par les mmes lettres les parties qui lui semblaient se correspondre dans ces deux squelettes4 la mme poque1 ,rondelet 7#aejg-aeff7 dota l'histoire naturelle d'une fort belle ,histoire universelle des poissons1 o l'on trouve un vritable essai de classification naturelle4 ,mais les naturalistes de ce sicle les plus remarquables par leur savoir furent ,conrad ,gessner 7#aeaf-aefe7 et ,aldrovande 7#aebg-afje74 ,gessner publia1 outre divers travaux philosophiques et scientifiques1 une ,histoire des animaux en #d volumes in-folio et divers crits de botanique dans lesquels il tablit1 sur les organes de fructification1 la premire classification scientifique des vgtaux2 il traite aussi des cristaux et dit que les fossiles pourraient bien tre les dpouilles d'tres vivants4 ,aldrovande est l'auteur d'une vaste histoire naturelle dans laquelle il traite des trois rgnes de la nature1 et qui fut imprime1 en partie1 sous les auspices du snat de ,bologne4 ,ce fut aussi un des titres de gloire du grand artiste ,bernard de ,palissy 7#aejj-aehi7 d'avoir nergiquement soutenu que les fossiles taient des restes d'animaux pour la plupart marins1 et qu'en consquence les mers avaient autrefois couvert une vaste tendue des continents1 opinion dj mise au commencement du sicle par ,lonard de ,vinci4 ,la foi dans l'observation1 dans l'exprience1 dans la raison1 se substitue ainsi peu peu la foi dans l'autorit et aux discussions sans fin sur les opinions des matres dont la philosophie scolastique nous offre le triste tableau4 ,rsultat ncessairement impuissant de la direction imprime aux esprits par le christianisme et de la forte constitution que s'tait donne le clerg1 gardien des dogmes1 la scolastique commence inspirer un mpris mal dguis2 on comprend enfin combien sont striles ses vaines disputes2 et l'on prche le retour vers l'observation de la nature qu',aristote ne contient videmment pas tout entire4 ,tandis que de nombreux investigateurs prchent d'exemple et ajoutent nos connaissances dans toutes les directions1 sans trop de souci de l'autorit1 quelques hommes hardis1 comme ,argentier1 proclament leur confiance exclusive dans la raison et prparent ainsi l'avnement de ,franois ,bacon 7#aefa-afbf71 dont l',instauratio magna rtablit1 pour la premire fois1 depuis ,aristote1 les vrais principes de la philosophie et de la mthode scientifique4 ,bacon dclare que l'homme de science doit avant tout appuyer ce qu'il affirme sur l'exprience1 et il tend mme la mthode exprimentale la recherche de l'origine des tres4 ,dans sa ,nova ,atlantis1 sorte de projet d'un tablissement uniquement consacr au progrs des sciences naturelles1 comme l'est notre ,musum d'histoire naturelle1 il recommande de tenter les mtamorphoses des organes et de rechercher1 en faisant varier les espces1 comment elles se sont multiplies et diversifies4 ,c'est la premire expression scientifique de l'ide que les formes des plantes et des animaux ne sont pas immuables et en nombre fini1 que le monde vivant n'est parvenu son tat actuel que par une srie de lentes et graduelles modifications4 ,l'illustre philosophe put connatre avant de mourir l'une des plus belles dcouvertes dues la mthode exprimentale1 celle de la circulation du sang1 annonce ds #afai par ,harwey1 mdecin de ,jacques ,ier et de ,charles ,ier et lve de ,fabrizio d',aquapendente1 qu'il avait assist dans ses recherches sur les valvules des veines4 ,cette dcouverte donna un nouvel lan aux recherches anatomiques4 ,aselli retrouve les vaisseaux chylifres4 ,pecquet montre qu'ils sont destins puiser dans les entrailles les matires assimilables et qu'ils les transportent dans le canal thoracique1 par lequel elles sont verses dans la circulation4 ,rudbeck et ,bartholin se disputent la dcouverte des vaisseaux lymphatiques2 ,wirsung fait connatre le canal pancratique2 ,bartholin et ,stnon compltent l'tude des glandes salivaires4 ,wepfer1 ,schneider1 ,willis1 ,vieussens tendent les connaissances acquises sur le cerveau1 dont ils prcisent le rle2 enfin ,ruysch1 par l'application aux recherches anatomiques du procd qui consiste injecter des liquides colors dans les vaisseaux et les cavits1 fait faire de grands progrs l'histoire de l'appareil vasculaire4 ,vers la mme poque1 l'application l'tude des organismes d'une autre mthode d'investigation fut encore plus fconde4 ,presque en mme temps1 ,malpighi1 professeur de mdecine ,bologne 7#afbh-afid71 ,leuwenhoek 7#afcb-agbc71 de ,delft1 et ,swammerdamm 7#afcg-afhj7 introduisent l'emploi des verres grossissants dans les recherches d'histoire naturelle2 ils sont aussitt rcompenss par de magnifiques dcouvertes4 ,malpighi fait connatre un grand nombre de particularits de structure des organes humains1 dcouvre les traches des insectes et tudie le dveloppement du poulet2 on doit ,leuwenhoek d'avoir rvl aux naturalistes l'existence des infusoires et d'avoir coopr la dcouverte des spermatozodes2 il parat aussi avoir connu la reproduction des pucerons sans le secours de l'accouplement1 dont la ralit fut mise hors de doute1 bien plus tard1 par ,bonnet1 de ,genve1 et il fit sur la gnration des polypes par bourgeonnement des observations qui devaient demeurer oublies jusqu'aux recherches de ,trembley4 ,swammerdamm1 qui publia une grande partie de ses travaux sous le titre de ,biblia natur1 est surtout clbre par ses recherches sur les mtamorphoses des insectes4 ,ds cette poque se posent les grandes questions qui ont depuis agit le monde savant3 ,rdi 7#afbf-afih7 combat par des expriences d'une relle prcision l'hypothse1 aujourd'hui ramene un problme de chimie1 des gnrations spontanes4 ,il continue cependant admettre la possibilit de ce mode de gnration pour les vers que l'on trouve l'intrieur des fruits et pour ceux qui vivent dans les viscres de l'homme et des animaux1 mais c'est sous l'influence des forces vitales elles-mmes1 d'mes embryons1 d'mes vgtatives1 que ces vers sont engendrs4 ,newton signale dj la fin de son ,optique cette uniformit de structure des animaux1 la dmonstration de laquelle ,geoffroy ,saint-,hilaire devait consacrer sa vie scientifique1 et ,pascal1 dpassant ,bacon1 croit que les tres anims n'taient leur dbut que des individus informes et ambigus1 dont les circonstances permanentes au milieu desquelles ils vivaient ont dcid originairement la constitution#e2 ,sylvius ,lebo1 de ,leyde1 soutient que tous les phnomnes qui se produisent dans les viscres sont analogues aux ractions qu'on voit s'accomplir dans les cornues des laboratoires de chimie2 tandis que ,vallisneri cherche expliquer la gnration1 par la doctrine de l'embotement des germes dont ,cuvier sera l'un des derniers partisans4 ,swammerdamm tablit les bases de la doctrine du dveloppement des animaux par formation successive des parties1 par pignse4 ,mais les esprits sont loin d'tre prpars comprendre la porte de ces dcouvertes4 ,en #aeie1 ,frey1 pasteur ,schweinfurth1 considre encore les animaux comme des prcepteurs1 qui nous auraient t donns par ,dieu2 ,wolfgang ,franz1 en #afab1 dans son ,histoire sacre des animaux1 qui eut plusieurs ditions et contient une assez ingnieuse classification des animaux1 dcrit les dragons naturels1 qui ont trois ranges de dents chaque mchoire1 et il ajoute avec une ineffable srnit3 ,le principal dragon est le diable2 le ,p4 ,kircher1 physicien distingu cependant1 recherche quels animaux ,no fit entrer dans l'arche2 il figure parmi eux des sirnes et des griffons1 et nous sommes en #afge6 ,il s'agit1 la vrit1 d'crivains religieux plutt que de savants2 mais quel monde de prjugs devait une pareille poque affronter la moindre dcouverte6 ,,chapitre ,v ,,volution ,,de ,l',,id,e ,d',,esp,,ce ,les grands travaux descriptifs3 ,wotton1 ,gessner1 ,aldrovande4--,ray3 dfinition de l'espce4--,premiers essais de nomenclature4--,linn3 la fixit de l'espce2 la nomenclature binaire4 ,cependant la zoologie descriptive avait fait de rels progrs4 ,wotton avait tir1 en #aeeb1 des uvres d',aristote un premier essai de disposition systmatique des animaux4 ,la mme anne1 ,conrad ,gessner avait runi1 dans son ,histoire des animaux1 tout ce que l'on savait de son temps sur ces tres vivants1 et en avait rendu facile l'tude comparative1 en adoptant pour ses descriptions un plan mthodique2 partir de #aeii1 ,aldrovande avait publi sur les animaux une srie d'ouvrages importants1 et les matriaux s'taient dj tellement accrus qu'il avait fallu de toute ncessit recourir1 pour mener cette uvre bonne fin1 une classification rigoureuse1 en partie emprunte ,wotton et en partie nouvelle2 des animaux fabuleux1 des harpies1 des griffons1 se trouvent encore mls aux animaux rels2 l'histoire de l'oie qui nat des glands d'un chne est encore raconte2 mais le progrs n'en est pas moins accus4 ,jonston compose1 son tour1 aprs d'autres ouvrages d'histoire naturelle qui en taient la prparation1 son ,thtre universel des animaux2 partout la mthode est la mme3 ,les animaux sont dcrits d'aprs leur habitat ordinaire1 leur genre de nourriture1 leurs murs4 ,mais les formes animales connues sont de plus en plus nombreuses2 il devient de plus en plus difficile de les reconnatre dans les longues et confuses descriptions qu'on en fait4 ,sperling a le premier l'ide de les dfinir au moyen de courtes diagnoses qu'il nomme des prceptes 7#affa74 ,toutefois les groupes d'individus auxquels correspondent ces diagnoses1 bien que nettement dfinis dans l'esprit des zoologistes1 n'ont pas encore reu de dnomination particulire4 ,comme le faisait jadis ,aristote1 on emploie indiffremment les mots genre et espce pour dsigner des groupes d'tendue variable4 ,on dit ainsi3 l'espce des oiseaux en comprend un grand nombre d'autres2 l'espce des mammifres se divise en plusieurs genres2 on n'a pas non plus beaucoup rflchi sur les caractres de ce que nous nommerions aujourd'hui une espce4 ,on admet sans trop de peine1 malgr les efforts de ,redi pour dmontrer l'inanit de la gnration spontane des insectes1 que des animaux peuvent exceptionnellement engendrer d'autres animaux tout diffrents et que beaucoup peuvent natre de la rose1 de la pourriture ou du limon4 ,cependant le besoin de plus de prcision se fait graduellement sentir4 ,ray entre enfin hardiment dans la voie que nous suivons aujourd'hui1 en dterminant d'une manire dfinitive la signification qu'il faut donner au mot espce et en fixant ainsi pour tous une ide qui jusque-l tait demeure quelque peu flottante4 ,l'espce1 c'est dsormais le plus restreint des groupes auxquels on appliquait jusque-l ce mot2 toute runion d'espces ayant quelques caractres communs portera le nom de genre4 ,le genre pourra donc se diviser en espces1 mais l'espce est maintenant une unit indivisible4 ,sa dfinition est tout entire base sur la gnralisation d'un fait d'observation journalire4 ,les animaux et les plantes que nous connaissons le mieux tirent tous leur origine d'animaux et de plantes semblables eux2 ces animaux et ces plantes ainsi lis gnalogiquement sont ce qu'on appellera des espces4 ,l'ide tait dj dans ,aristote1 mais le mot n'y tait pas1 et l'ide mme tait moins prcise1 car ,aristote n'en parle gure qu'incidemment1 propos des difficults que soulve l'origine de certains animaux2 ,ray dit1 au contraire1 expressment3 ,les formes spcifiquement diffrentes conservent toujours la mme apparence2 jamais une espce ne nat de la semence d'une autre1 ni rciproquement4 ,il semble que ,ray dtermine non seulement de la faon la plus nette le critrium de l'espce1 mais qu'il affirme de plus la fixit absolue des formes spcifiques3 il ne va cependant pas jusque-l4 ,il remarque d'abord qu'il existe entre les animaux de mme espce des diffrences sexuelles qui peuvent tre assez considrables1 et il ajoute que son caractre de l'espce n'est pas absolument infaillible4 ,les exprience montrent1 en effet1 que quelques semences peuvent dgnrer1 que des plantes d'espce diffrente peuvent1 dans des cas exceptionnels1 natre de la semence d'une plante d'espce donne et donner lieu1 par consquent1 une transmutation des espces4 ,ces rserves devront bientt disparatre4 ,ray embrassait dans le cercle de ses tudes la botanique et presque toutes les branches de la zoologie qu'il avait tudies soit seul1 soit avec le concours de son ami ,willoughby1 mort prmaturment et dont il publia les travaux4 ,peu peu1 l'accroissement considrable du nombre des animaux recueillis dans toutes les parties du monde obligea les naturalistes se restreindre l'tude de collections particulires qui taient minutieusement dcrites1 comme on dcrit de nos jours des cabinets de curiosits4 ,ce fut l'origine de livres tels que le ,thsaurus de ,seba1 l'ouvrage de ,rumphius sur les rarets d',amboine 7#agje71 le ,gazophylacium natur et artis de ,ptiver 7#agaa7 et autres publications analogues4 ,on pouvait aussi borner ses tudes1 en dcrivant des animaux d'une certaine catgorie ayant entre eux quelque ressemblance2 former ces catgories1 c'tait dj reconnatre l'existence de groupes naturels2 c'est ainsi que ,martin ,lister s'occupa des coquilles1 ,breyn des oursins1 ,linck des toiles de mer1 etc4 ,ces divers travaux monographiques ne pouvaient conduire des ides bien gnrales2 mais ils demandaient une tude suivie des formes vivantes2 ces formes taient nettement dfinies1 parfois soigneusement figures1 comme dans l'ouvrage de ,linck sur les toiles de mer1 qui date de #agcc4 ,parmi elles1 celles qui se ressemblent le plus sont groupes en genres qui apparaissent ainsi comme des divisions secondaires des groupes plus tendus dont l'auteur se fait l'historien1 groupes auxquels on n'a pas encore song attribuer de dnomination marquant leur degr de gnralit4 ,dans les ouvrages de ,breyn et de ,linck1 chaque genre reoit un nom particulier1 chaque espce est distingue de celles du mme genre par une ou deux pithtes accoles au nom gnrique1 de telle faon qu'un systme de dnomination semblable celui qui est en usage dans notre tat civil tend de plus en plus s'introduire dans la langue zoologique4 ,d'abord l'usage de cette nomenclature est en quelque sorte accidentel2 souvent on emploie plusieurs prnoms pour dsigner une mme espce4 ,linn comprend enfin la ncessit de formuler les rgles de la langue du naturaliste4 ,aprs s'tre servi accidentellement en #agdi1 pour dsigner les espces communes en ,scandinavie1 d'un nom et d'un unique prnom dans un discours inaugural devenu clbre sous le nom de ,pan suecica1 il montra en #agea1 dans sa ,philosophie botanique1 les avantages de ce mode de dnomination2 en fit en #agec une premire application aux plantes1 dans son ,species plantarum1 et l'tendit l'ensemble des espces des deux rgnes dans la #ab;e dition de son ,systema natur1 qui date de #agff4 ,cette faon de dsigner les espces1 adopte depuis par tous les naturalistes1 est ce qu'on a appel la nomenclature binaire4 ,par un phnomne inverse de celui qui avait empch ,aristote d'atteindre la notion de l'espce1 les groupes spcifiques nettement dfinis1 et dsigns chacun dsormais par un nom particulier1 facile retenir1 ne devaient pas tarder tre pris pour autant de ralits malgr ce que leur dtermination prsentait d'videmment artificiel4 ,dans la priode qui s'ouvre on voit1 en effet1 les naturalistes oublier peu peu que les espces ont t constitues par eux-mmes l'aide de groupes d'individus1 pour ne plus voir que la forme abstraite laquelle se rattachent tous les individus d'un mme groupe4 ,on s'applique dnombrer ces formes1 devenues autant d'tres quasi rels2 connatre toutes les formes vivantes1 en donner un catalogue aussi complet que possible parat de nombreux zoologistes le but dfinitif de la science4 ,on peut citer ,klein comme le reprsentant le plus accompli de cette doctrine2 ses travaux ont uniquement pour but de dresser un catalogue des animaux commode consulter1 et l'on doit y parvenir1 suivant lui1 au moyen d'un systme de classification empruntant exclusivement ses caractres l'extrieur de l'animal4 ,il est certain que1 si l'on se propose seulement de dresser un inventaire du rgne animal et d'arriver le plus rapidement possible dterminer quel chapitre de cet inventaire se rattache un animal donn1 les caractres qui sont le plus apparents1 le plus faciles constater ont quelque droit avoir la prfrence2 non seulement la nature des caractres employs1 mais encore les faons dont ils sont mis en uvre1 ce qu'on pourrait appeler les procds de classification1 prennent une importance considrable4 ,c'est ainsi que l'on est amen considrer comme des inventions minemment utiles des artifices1 tels que ces tables dichotomiques des botanistes1 qui permettent d'abrger le temps dpenser pour trouver un nom4 ,en soutenant qu'on ne devait pas obliger les naturalistes qui veulent trouver le nom d'un animal1 en ouvrir la bouche pour compter combien il possde de dents1 ,klein devait avoir pour lui tous les naturalistes descripteurs1 et l'on en voit encore de nos jours regretter que toutes nos mthodes de classification n'aient pas t bases sur de tels principes4 ,ce fut ,linn qui eut l'honneur de limiter l'influence de ,klein et d'affirmer que l'histoire naturelle devait atteindre un but plus lev que celui auquel menaaient de la restreindre les simples nomenclateurs4 ,pour son esprit potique1 il devait exister dans la nature une harmonie dont le naturaliste digne de ce nom devait tre l'interprte4 ,que les conditions particulires une science en voie de formation imposassent la ncessit d'avoir recours des procds plus ou moins artificiels pour parvenir dresser un inventaire des tres vivants1 inventaire au moyen duquel on pt dterminer facilement les formes dj connues et dans lequel il ft ais d'assigner une place aux formes nouvelles1 il ne le contestait pas2 il dut lui-mme1 en partie1 sa brillante rputation l'invention et l'emploi gnral de procds de ce genre1 particulirement ingnieux1 il est vrai2 mais ces procds1 qu'il nommait des systmes1 n'taient pour lui qu'une concession faite momentanment aux besoins de la nomenclature et ne reprsentaient nullement la science elle-mme4 ,tout dans la nature lui paraissait rigoureusement ordonn2 il tait persuad que1 de mme que nos penses forment une chane ininterrompue1 tous les tres devaient se relier les uns aux autres d'une faon dtermine4 ,aussi s'tait-il appropri cet aphorisme de ,leibnitz3 ,natura non facit saltum3 ,la nature ne fait point de saut4 ,dans la longue srie des formes vivantes1 chaque espce devait tre exactement intermdiaire entre deux autres4 ,la science ne devait s'arrter qu'aprs avoir permis de les disposer toutes dans un ordre tel que cette condition ft ralise2 seulement alors elle pourrait se considrer comme possdant un systme de classification dfinitif2 ce systme dfinitif tait ncessairement unique2 c'est lui qu'il fallait rserver le nom de mthode naturelle1 et ,linn pensait qu'on parviendrait le raliser en imaginant une suite de systmes1 destins tre sans cesse perfectionns par des retouches successives1 de manire se rapprocher de plus en plus du systme dfinitif4 ,ainsi chacun de ces systmes devait tre comme nos thories1 qui ne fournissent que des explications approximatives des phnomnes qu'elles se proposent de relier entre eux1 jusqu' ce que des perfectionnements progressifs1 portant sur des points de dtail1 leur aient donn une inaltrable cohsion4 ,cette mthode1 image de la nature1 traduction fidle de la pense du crateur1 devait tenir compte de tous les faits que peut prsenter l'histoire des animaux3 non seulement leurs caractres extrieurs1 mais leur structure anatomique1 leurs facults1 leur genre de vie1 devaient tre pris en considration pour arriver rapprocher les espces suivant leur ordre naturel1 et ,linn1 tout en se bornant constituer ce qu'il appelle un systme de la nature1 introduit1 autant que cela est possible de son temps1 la notion de la structure dans ses divisions du rgne animal2 il ouvre de la sorte une voie nouvelle1 que ,cuvier poursuivra plus tard4 ,l'illustre ,sudois a rendu la philosophie zoologique un service plus important encore4 ,la premire condition pour se rapprocher autant que possible d'un but aussi lev que celui qu'il devait atteindre1 tait d'introduire dans la science une prcision qui lui avait manqu jusque-l4 ,aussi le voyons-nous prendre le plus grand soin de dfinir tout ce dont il a parler4 ,il semble qu'il soit inutile de dire ce que peuvent tre les minraux1 les vgtaux et les plantes2 depuis longtemps1 l'observation vulgaire a donn chacun une notion prcise de l signification de ces termes4 ,linn insiste cependant3 ,mineralia crescunt4 ,vegetalia crescunt et vivunt4 ,animalia crescunt1 vivunt et sentiunt4 ,les trois rgnes sont ainsi caractriss1 et leurs caractres prsentent une sduisante gradation4 ,les formes classer ne sont pas dfinies avec moins de nettet3 ,nous comptons1 dit ,linn1 autant d'espces qu'il est sorti de couples des mains du ,crateur4 ,ici1 la dfinition pche mme par trop de prcision1 car elle juge1 dans sa forme concise1 une foule de questions qu'il et t peut-tre prudent de ne pas rsoudre aussi vite4 ,linn parat savoir1 en effet1 que les animaux sont sortis par couples des mains divines2 que tous les animaux de mme espce que nous observons aujourd'hui sont descendus de ces couples1 auxquels les relient une srie ininterrompue de gnrations2 qu'aucune des familles naturelles ainsi constitues ne s'est teinte2 qu'aucune n'a subi de mlange2 qu'aucune ne s'est perfectionne1 dgrade ou mme modifie4 ,ce savoir1 il ne pouvait le tenir ni de l'observation1 ni de l'exprience2 il se place donc1 par cette dfinition de l'espce1 hors du terrain scientifique4 ,c'est videmment du rcit de la cration fait par la ,gense qu'il s'inspire2 nous nous trouvons en prsence non plus d'un fait rigoureusement dtermin1 mais d'une croyance religieuse1 d'un dogme4 ,et c'est bien un dogme en effet1 que ,linn vient d'introduire dans la science4 ,s'il n'y attache pas lui-mme une importance excessive1 s'il entreprend des recherches propres dterminer de quelles variations les tres vivants sont susceptibles1 s'il suppose plus tard que les espces primitives de plantes ont t peu nombreuses et que leur nombre s'est accrue par suite de croisements entre les espces fondamentales1 si l'on peut croire1 en un mot1 qu'en dfinissant l'espce comme il l'a fait1 ,linn a surtout cd au besoin de donner une forme saisissante la notion de l'espce1 encore vague pour le plus grand nombre de ses lecteurs1 il n'en sera plus de mme de ses successeurs et de ses lves1 qui prendront ce qu'il y a de plus absolu dans cette dfinition1 et feront du principe1 plus thologique que scientifique1 de l'invariabilit des espces la pierre angulaire de la zoologie4 ,linn avait dit3 toute espce est exactement intermdiaire entre deux autres2 il avait dit aussi3 la nature ne fait point de saut et ces deux propositions impliquaient1 chez lui1 un sentiment profond de la continuit du rgne animal comme du rgne vgtal1 qui temprait la rigueur de ses dfinitions2 ses successeurs affirmeront exclusivement la discontinuit4 ,on a souvent accus l'cole de ,linn d'avoir enray toutes les tudes qui pouvaient nous clairer relativement l'origine et aux modifications possibles des tres vivants4 ,ce reproche n'est pas absolument fond4 ,les observations prcises1 quel que soit l'esprit dans lequel elles sont faites1 finissent toujours1 par cela seul qu'elles sont prcises1 par conduire la vrit4 ,or ,linn dotait l'histoire naturelle d'une prcision inconnue jusqu' lui4 ,s'il tait vrai que les formes vivantes taient invariables et en nombre limit1 l'accord devait rapidement se faire entre les naturalistes sur le nombre et les caractres de ces formes nettement spares les unes des autres2 si ces formes taient au contraire variables1 le zle mis par chacun dcrire de prtendues espces nouvelles devait augmenter indfiniment le nombre des espces1 tablir peu peu entre les formes les plus diffrentes les transitions les plus gradues1 soit par l'intermdiaire de formes actuellement existantes1 soit par l'intermdiaire de formes ayant vcu1 mais aujourd'hui disparues4 ,est-il besoin de dire ce qui est arriv8 ,le nombre des espces dcrites depuis ,linn s'est si rapidement augment1 que les descripteurs1 effrays de leur uvre1 ont fini par se renvoyer rciproquement l'accusation de constituer des espces de fantaisie1 les uns multipliant l'infini les dnominations diffrentes1 les autres dsignant au contraire sous un mme nom des formes que l'on trouverait1 sans aucun doute1 fort disparates si l'on ne connaissait les formes intermdiaires qui les unissent4 ,de par les divergences mmes de ceux qui la prtendaient fixe1 l'espce est devenue un groupe aux limites flottantes1 toutes conventionnelles1 d'individus plus ou moins semblables entre eux4 ,on n'a pu manquer d'tre frapp de tout ce qu'avait d'arbitraire la dlimitation de ces groupes2 mais1 quand on a voulu en fixer nettement les limites1 on s'est heurt de telles difficults que chacun a donn de l'espce une dfinition diffrente et qu'il a fallu avoir recours1 pour trouver un terrain de conciliation1 non des caractres extrieurs1 tels que ceux dont ,klein demandait l'usage exclusif1 non pas mme des caractres anatomiques1 tels que ceux dont ,linn commenait faire usage1 mais un caractre exclusivement physiologique1 ncessitant1 pour tre dtermin1 des expriences souvent impraticables1 le caractre mme que le bon sens populaire1 bien plus que son observation personnelle1 avait dict ,aristote3 la fcondit ou l'infcondit des unions entre les individus dont l'identit spcifique tait douteuse4 ,en serrant de plus prs qu'on ne l'avait fait avant lui la notion de l'espce1 en conduisant ses lves adopter nettement une manire de voir dtermine1 en donnant un corps une conception vaporeuse jusque-l1 ,linn forait l'attention des hommes de science se porter sur des phnomnes qu'ils auraient sans doute longtemps encore ngligs1 chercher la solution de problmes difficiles rsoudre et qu'on et peut-tre luds au lieu de les envisager de front4 ,la multiplication mme des prtendues formes spcifiques1 dont on a accus les naturalistes linnens d'avoir encombr les sciences1 est donc demeure un bien1 car plus ces formes devenaient nombreuses1 plus il tait ncessaire de les dcrire avec prcision1 pour les distinguer les unes des autres1 et plus devaient s'tendre nos connaissances relatives aux modifications diverses dont sont respectivement susceptibles les individus de mme espce4 99 99 99 99 99 ,les prdcesseurs de ,linn runissaient dans des groupes plus ou moins tendus1 qu'ils dsignaient sous le nom de genre ou auxquels ils ne donnaient pas du tout de nom1 les espces qui1 tout en tant distinctes1 prsentaient quelques similitudes4 ,linn dfinit le premier les diffrents degrs de ressemblance3 dans ses ouvrages1 les espces les plus voisines furent constamment groupes en genres2 les genres entre lesquels il existait des caractres communs furent runis en ordres1 les ordres en classes4 ,les rapports rciproques de ces diverses divisions furent tablis par le tableau suivant1 indiquant plusieurs sortes de hirarchie et dans lequel les termes correspondants sont placs sur une mme ligne verticale3 ---------------------------------------- -------------------------- ,classe4 ,genre4 ,ordre4 ,espce4 ,varit4 ---------------------------------------- -------------------------- ,genre le ,genre moyen4,genre le plus restreint4,espce4 ,individu4 plus tendu4 ---------------------------------------- -------------------------- ,province4 ,dpartement4,commune4 ,bourg4 ,maison4 ---------------------------------------- -------------------------- ,rgiment4 ,bataillon4 ,compagnie4 ,escouade4,soldat4 ---------------------------------------- -------------------------- ,la dernire dition du ,systema natur est de #agff2 plus tard1 en #aghj1 entre l'ordre et le genre1 ,batsch introduisit une division nouvelle1 dont l'importance est presque devenue prdominante1 la famille4 ,il est vident que cette gradation des ressemblances prsentes par les animaux devait rapidement veiller l'ide d'un degr plus ou moins grand de parent entre eux4 ,dj ,linn avait emprunt l'tat civil le systme de la nomenclature binaire1 dsignant par un mme nom les tres de mme genre1 qu'il comparait par consquent implicitement aux membres d'une mme ligne2 le mot de famille1 choisi par ,batsch1 implique que la mme comparaison est dans son esprit1 et le mot tribu1 qu'on emploiera galement plus tard1 prcise encore cette assimilation4 ,mais ces comparaisons sont1 pour ainsi dire1 inconscientes2 elles sont suscites par la nature mme de phnomnes qu'il s'agit de faire comprendre2 on constate des ressemblances de divers degrs entre les animaux2 on a constat de mme des ressemblances dcroissantes entre les membres d'une mme famille humaine mesure qu'ils s'loignent de leur souche commune3 on rapproche ces deux faits2 mais on demande si peu au second l'explication du premier qu'au lieu de se reprsenter la classification comme un arbre gnalogique aux rameaux multiples1 on en cherche l'image1 soit comme ,linn1 dans les rapports que prsentent entre elles les bourgades1 les villes et les provinces inscrites sur une carte gographique1 soit mme1 comme ,bonnet1 dans les rapports que prsentent les anneaux d'une chane1 les degrs d'une chelle4 ,cette doctrine de l'chelle des tres1 issue de la philosophie de ,leibnitz1 a vivement frapp l'esprit des philosophes2 elle s'est conserve1 sous des formes diverses1 pendant de longues annes2 il est ncessaire de montrer comment la prsentait celui qui en fut le plus ardent promoteur1 ,charles ,bonnet4 ,,chapitre ,,vi ,,les ,,philosophes ,,du ,x,v,i,i,ie ,,si,,cle ,c4 ,bonnet3 la chane des tres2 les rvolutions du globe2 l'tat pass et l'tat futur des plantes1 des animaux et de l'homme2 l'emboitement des germes4--,robinet3 ses ides sur l'volution4--,de ,maillet3 les fossiles4--,erasme ,darwin3 le transformisme fond sur l'pignse4--,transformation des animaux sous l'influence de l'habitude2 analogie avec ,lamarck et ,charles ,darwin4--,maupertuis3 la sensibilit de la matire et le transformisme4--,diderot3 la vie de l'espce et la vie de l'individu4 ,linn tait avant tout un savant2 s'il avait de brillantes chappes vers la philosophie1 il faisait hautement profession de borner son ambition la connaissance et la contemplation des uvres de la nature2 ,charles ,bonnet est avant tout un philosophe qui interroge la nature pour y trouver des problmes rsoudre1 qui exprimente et observe1 pour s'lever aussitt des faits qu'il dcouvre aux plus hautes spculations mtaphysiques4 ,comme philosophe1 ,bonnet est un fervent disciple de ,leibnitz3 tous ses efforts tendent dmontrer la possibilit d'appliquer aux corps matriels et mme aux tres immatriels dont il admet l'existence1 cette loi de continuit que nous avons dj vue accepte par ,linn4 ,pour lui1 tous les tres forment une chane continue en dehors de laquelle il n'y a que ,dieu4 ,graduellement1 les minraux passent aux tres organiss et ceux-ci sont relis entre eux par une foule d'insensibles transitions4 ,les diverses divisions de nos systmes et de nos mthodes1 les espces mmes n'ont qu'en apparence des limites fixes4 ,en ralit1 grce aux innombrables variations que les individus peuvent prsenter1 les espces sont troitement relies les unes aux autres3 ,les intelligences qui nous sont suprieures dcouvrent peut-tre entre deux individus que nous rangeons dans la mme espce plus de varits que nous n'en dcouvrons entre deux individus de genres loigns4 ,ainsi ces intelligences voient dans l'chelle de notre monde autant d'chelons qu'il y a d'individus4 ,il en est de mme de l'chelle de chaque monde1 et toutes ne composent qu'une seule suite1 qui a pour premier terme l'atome et pour dernier terme le plus lev des chrubins#f4 ,comme consquence de ces ides1 ,bonnet accepte l'opinion qu'il existe plusieurs mondes habits1 que ces mondes prsentent au point de vue de leur perfection une vritable gradation1 qu'il en est d'infrieurs au ntre et aussi de suprieurs4 ,les tres terrestres viennent se ranger naturellement sous quatre classes gnrales3 #a les tres bruts ou inorganiss2 #b les tres organiss et inanims2 #c les tres organiss et anims2 #d les tres organiss1 anims et raisonnables#g444 ,l'assortiment d'tres qui est propre notre globe ne se rencontre vraisemblablement dans aucun autre4 ,chaque globe a son conomie particulire1 ses lois1 ses productions4 ,il est peut-tre des mondes si imparfaits relativement au ntre qu'il ne s'y trouve que des tres de la premire ou de la seconde classe4 ,d'autres mondes peuvent tre au contraire si parfaits1 qu'il n'y ait que des tres propres aux classes suprieures4 ,dans ces derniers mondes1 les rochers sont organiss1 les plantes sentent1 les animaux raisonnent1 les hommes sont des anges4 ,quelle est donc l'excellence de la ,jrusalem cleste1 o l'ange est le moindre des tres intelligents#h8 ,bonnet passe1 comme on voit1 de la science la thologie1 des tres matriels aux esprits4 ,ses tentatives de constituer par les inductions que lui inspire la loi de continuit une sorte d'histoire naturelle des cratures clestes peuvent paratre aujourd'hui bien naves4 ,mais1 si l'application d'un principe tir de l'tude du monde tangible un monde qui chappe totalement nos sens conduit des conclusions que rien ne saurait distinguer des rves de notre imagination1 l'application de ce mme principe la dtermination des rapports rciproques des tres organiss est1 au contraire1 fconde en consquences intressantes4 ,c'est ainsi que ,bonnet1 aprs une comparaison longuement dveloppe de la plante et de l'animal1 arrive cette conclusion1 si loquemment mise en lumire par ,claude ,bernard dans les dernires annes de sa vie1 qu'il n'existe entre les deux grands rgnes organiques aucun caractre distinctif absolu3 ,dites au vulgaire que les philosophes ont de la peine distinguer un chat d'un rosier2 il rira des philosophes et demandera s'il est rien dans le monde qui soit plus facile distinguer8 ,c'est que le vulgaire1 qui ignore l'art d'abstraire1 juge sur des ides particulires et que les philosophes jugent sur des ides gnrales4 ,retranchez de la notion du chat et de celle du rosier toutes les proprits qui constituent1 dans l'une et dans l'autre1 l'espce1 le genre1 la classe1 pour ne retenir que les proprits les plus gnrales qui caractrisent l'animal ou la plante1 et il ne vous restera aucune marque distinctive entre le chat et le rosier#i444 ,les plantes et les animaux ne sont que des modifications de la matire organise4 ,ils participent tous une mme essence1 et l'attribut distinctif nous est inconnu#aj4 ,la plante est donc une sorte d'animal infrieur2 on passe par degrs de l'homme l'animal1 de l'animal la plante1 de la plante au minral4 ,beaucoup de ces degrs sont encore dcouvrir2 ceux d'entre eux qui paraissent connus sont rsums par ,bonnet dans cette chelle fameuse que nous reproduisons textuellement ci-dessous3 ,l'homme4 ,orang-outang4 ,singe4 ,quadrupdes4 cureuil volant4 ,chauve-souris4 ,autruche4 ,oiseaux4 ,oiseaux aquatiques4 ,oiseaux amphibies4 ,poissons volants4 ,poissons4 ,poissons rampants4 ,anguilles4 ,serpents d'eau4 ,serpents4 ,limaces4 ,limaons4 ,coquillages4 ,vers tuyaux4 ,teignes4 ,insectes4 ,gallinsectes4 ,tnia ou solitaire4 ,polypes4 ,orties de mer4 ,sensitives4 ,plantes4 ,lichens4 ,moisissures4 ,champignons1 agarics4 ,truffes4 ,coraux et corallodes4 ,lithophytes4 ,amiante4 ,talcs1 gypses1 slnites4 ,ardoises4 ,pierres4 ,pierres figures4 ,cristallisations4 ,sels4 ,vitriols4 ,mtaux4 ,demi-mtaux4 ,soufres4 ,bitumes4 ,terres4 ,terre pure4 ,eau4 ,air4 ,feu4 ,matires plus subtiles4 ,certes1 dans cette longue numration d'tres entre lesquels sont tablies des liaisons bases sur les ressemblances les plus superficielles1 on aurait peine reconnatre l'uvre de l'ingnieux et sagace observateur1 qui sut parfois galer ,raumur et ,trembley1 de l'exprimentateur prcis auquel la science est redevable d'avoir nettement dtermin les conditions de la parthnogense des pucerons1 d'avoir dcouvert et tudi la reproduction des nas par division et la restauration des parties mutiles chez les vers de terre1 d'avoir observ les phnomnes de la reproduction chez les bryozoaires d'eau douce1 les vorticelles et les stentors2 ,bonnet tait videmment peu pntr de la ncessit de fonder sur la structure anatomique les rapprochements tablir entre les tres vivants2 aussi bien ne s'embarrasse-t-il pas de pntrer dans le dtail des classifications2 il prend le rgne animal en bloc1 et1 sans rechercher quels liens pourraient unir entre eux les groupes secondaires1 il se pose d'emble et discute longuement une question que ,linn considre comme rsolue a priori3 ,les tres qui forment la population actuelle de notre globe ont-ils toujours t ce que nous les voyons8 demeureront-ils ternellement ce qu'ils sont#aa8 ,avec une remarquable indpendance d'esprit1 le philosophe de ,genve se dgage des liens que la lettre de la ,gense avait imposs ,linn4 ,le globe a t1 suivant lui1 le thtre de rvolutions dont nous ignorons le nombre et qui peuvent encore se renouveler2 le chaos dcrit par ,mose est le rsultat de la dernire de ces rvolutions2 la cration dont il nous fait le rcit n'est autre chose1 comme l'avait dj dit ,whiston1 que la rsurrection des animaux qu'elle a dtruits4 ,de mme que le monde qui prcda la priode de la ,gense tait trs diffrent du monde actuel1 les animaux anciens ne ressemblaient pas ceux qui vivent de nos jours2 ceux qui habiteront notre plante1 lorsque la nouvelle rvolution prdite par la ,bible se sera accomplie1 diffreront aussi des animaux des deux priodes prcdentes4 ,les tres vivants subissent donc chaque rvolution du globe des transformations profondes4 la fin de chaque priode1 les formes vivantes sont ananties2 des formes diffrentes leur succdent2 il n'y a pas cependant1 proprement parler1 de cration nouvelle3 les animaux nouveaux procdent des germes contenus dans les animaux anciens1 et ce sont ces germes1 supposs indestructibles1 qui tablissent un lien entre la faune et la flore de chaque priode et celles de la priode suivante4 ,que sont eux-mmes ces germes8 ,en quoi consistent les modifications des formes vivantes8 ,quel est l'agent de ces modifications8 ,c'est ce que nous avons maintenant examiner4 ,le transformisme de ,bonnet1 il faut se hter de le dire1 ne ressemble en rien au transformisme moderne4 ,s'il est dit au chapitre ,,iv de la ,palingnsie philosophique que lorsque1 dans l'uf1 le poulet commence devenir visible1 il apparat sous la forme d'un trs petit ver2 que1 si l'imperfection de notre vue et de nos instruments nous permettait de remonter plus haut dans l'origine du poulet1 nous le trouverions1 sans doute1 bien plus dguis encore2 que les diffrentes1 phases sous lesquelles il se montre nous successivement peuvent nous faire juger des diverses rvolutions que les corps organiss ont eu subir pour parvenir cette dernire forme sous laquelle ils nous sont connus1 et qu'enfin tout ceci nous aide concevoir les nouvelles formes que les animaux revtiront dans leur tat futur2 si ces phrases rapproches tmoignent que ,bonnet songeait dj une sorte de paralllisme entre les transformations embryogniques de l'individu et les transformations subies par l'espce laquelle il appartient1 l'ide que se fait notre philosophe du dveloppement des tres vivants est telle qu'elle ne peut apporter aucun claircissement sur l'origine des tres organiss4 ,il existe entre les diverses parties d'un mme animal une si complte harmonie1 ces parties conspirent si videmment vers un mme but gnral3 la formation de cette unit qu'on nomme un animal1 de ce tout organis qui vit1 crot1 sent1 se meut1 se conserve1 se reproduit1 qu'on demeure convaincu1 crit ,bonnet1 qu'un tout si prodigieusement compos et pourtant si harmonique n'a pu tre form1 comme une montre1 de pices de rapport ou de l'engrainement d'une infinit de molcules diverses runies par apposition successive2 un pareil tout porte l'empreinte indlbile d'un ouvrage fait d'un seul coup#ab4 ,bonnet se prononce donc contre tout essai d'explication mcanique des animaux2 il se dclare adversaire rsolu de l'pignse et admet qu' tout tre vivant prexistait un germe organis4 ,c'est le procd de raisonnement au moyen duquel on a souvent tent de dmontrer l'impossibilit de l'volution1 en s'appuyant sur l'adaptation parfois si complte des animaux et des plantes leurs conditions particulires d'existence4 ,il semble impossible1 en effet1 quand on se contente de porter ces questions une attention superficielle1 quand on les examine avec des ides prconues1 quand on est dcid ne tenir compte d'aucune des proprits fondamentales des animaux et des plantes1 que l'admirable harmonie dans laquelle s'coule leur existence1 n'ait pas t soigneusement mdite et organise1 jusque dans ses dtails les plus minutieux1 par une intelligence d'une profondeur infinie et d'une prvoyance bien propre confondre notre imagination4 ,l'hypothse de la prexistence des germes conduit ,bonnet nier avec raison les gnrations quivoques2 il s'tonne que ,rdi ait pu admettre ce mode de gnration pour les vers que l'on trouve dans les fruits et pour les helminthes1 alors qu'on peut expliquer de bien des faons plus naturelles leur prsence dans le lieu o on les observe1 et qu'en particulier nombre de faits semblent parler en faveur des transmigrations du ,tnia#ac4 ,les vers intestinaux1 comme tous les autres tres vivants1 sont issus d'un germe1 et ,bonnet entend par germe toute prordination1 toute prformation de parties1 capable par elle-mme de dterminer l'existence d'une plante ou d'un animal4 ,les ufs1 malgr l'extrme simplicit de composition que nous leur connaissons aujourd'hui1 rentrent parfaitement dans cette dfinition#ad1 d'autant plus que ,bonnet ajoute qu'on ne doit pas s'imaginer que toutes les parties d'un corps organis sont en petit dans le germe1 prcisment comme elles paraissent en grand dans le tout dvelopp#ae4 ,mais ce sont l des concessions faites aux observations nombreuses dj1 qui ont port sur les mtamorphoses des insectes4 ,au fond1 ,bonnet voit dans le germe un tre organis fort complexe1 et il est manifestement heureux toutes les fois qu'il peut montrer qu'on a dcouvert dans un uf ou dans un embryon quelques parties qu'on n'y souponnait pas d'abord4 ,les germes1 tant presque aussi compliqus que les animaux adultes1 ne sauraient avoir t forms1 comme eux1 que d'un seul coup et par un acte de cration4 ,bonnet admet qu'ils ont t crs tous ensemble et enferms dans des corps vivants1 au sein desquels ils sont embots les uns dans les autres1 comme ,vallisneri l'avait le premier suppos1 attendant que leur tour arrive de crotre et de se dvelopper4 proprement parler1 il n'y a jamais gnration1 c'est--dire production d'un tre vivant nouveau2 il n'y a jamais qu'volution d'un germe prexistant4 ,la ncessit de supposer que les germes des tres vivants sont1 au moins dans un grand nombre de cas1 enferms les uns dans les autres1 conduit supposer aux derniers d'entre eux une petitesse hors de proportion avec tout ce que nous pouvons imaginer4 ,mais cela n'a rien qui puisse effrayer la raison1 et ,bonnet supprime d'avance toutes les objections qu'on lui opposera en dclarant que la doctrine de l'embotement lui parat une des plus belles victoires que l'entendement pur ait remport sur les sens4 ,j'ai montr1 ajoute-t-il1 combien il est absurde d'opposer cette hypothse des calculs qui n'effrayent que l'imagination et qu'une raison claire rduit facilement leur juste valeur444 ,il ne faut pas que l'imagination1 qui veut tout peindre et tout palper1 entreprenne de juger des choses qui sont uniquement du ressort de la raison et qui ne peuvent tre aperues que par un il philosophique#af4 ,une fois admise cette distinction entre l'il organique et l'il philosophique1 entre les sens qui peuvent tromper et la raison qui ne saurait nous garer1 les faits n'ont plus rien de bien embarrassant4 ,l'image la plus saisissante de l'pigense est celle que nous offrent les ,vgtaux1 avec leurs branches1 leurs rameaux1 leurs feuilles1 vritables individus indpendants1 que notre il organique voit pousser les uns sur les autres4 ,bonnet ne se fait pas du vgtal une autre ide que nous4 ,un arbre1 dit-il1 n'est pas un tout unique2 il est rellement compos d'autant d'arbres et d'arbrisseaux qu'il a de branches et de rameaux4 ,tous ces arbres et tous ces arbrisseaux sont1 pour ainsi dire1 greffs les uns sur les autres et tiennent ainsi l'arbre principal par une infinit de communications4 ,chaque arbre secondaire1 chaque arbrisseau1 chaque sous-arbrisseau a ses organes et sa vie propre2 il est en lui-mme un petit tout individuel qui reprsente plus ou moins en raccourci le grand tout dont il fait partie#ag4 ,les polypes1 dont le bourgeonnement a t si bien tudi par ,trembley1 le tnia1 compos d'anneaux semblables entre eux1 les nais1 les tubifex1 les vers de terre1 dont ,bonnet a si bien tudi les modes de reproduction et de segmentation1 se rapprochent des plantes1 cet gard2 ce sont de vrais zoophytes4 ,la mme explication suffit pour ramener les phnomnes de reproduction des zoophytes et des plantes la thorie de l'embotement3 des germes sont rpandus dans toutes les parties de leur corps1 qui est ainsi transform en une sorte d'ovaire universel4 ,dans un vgtal qui pousse1 dans un polype qui bourgeonne1 ces germes se dveloppent spontanment en individus qui peuvent demeurer unis ou se sparer2 il faut un accident pour amener leur volution chez les vers1 dont les parties ne deviennent de nouveaux individus qu'aprs avoir t spares les unes des autres4 ,ainsi1 grce l'hypothse des germes invisibles1 les faits d'pignse les plus vidents sont tourns au profit de l'volution4 ,on peut douer des corps invisibles1 de toutes les proprits qu'on voudra1 sans crainte d'tre contredit par les sens4 ,bonnet suppose donc que ses germes invisibles sont galement indestructibles4 ,quand un corps vivant1 ft-ce mme un uf1 se dtruit1 les germes indestructibles qu'il contient sont mis en libert et se logent o ils peuvent4 ,des germes indestructibles peuvent tre disperss sans inconvnient dans tous les corps particuliers qui nous environnent4 ,ils peuvent sjourner dans tel ou tel corps jusqu'au moment de sa dcomposition1 passer ensuite sans la moindre altration dans un autre corps1 de celui-ci dans un troisime1 etc4 ,je conois avec la plus grande facilit que le germe d'un lphant peut loger d'abord dans une molcule de terre1 passer de l dans le bouton d'un fruit1 de celui-ci dans la cuisse d'une mite1 etc4#ah ,ces germes1 crs ds l'origine de notre monde1 bravent donc les efforts de tous les lments1 de tous les sicles4 ,rien ne s'oppose ce que la puissance absolue ait pu renfermer dans le premier germe de chaque tre organis la suite des germes correspondant aux dernires rvolutions que notre plante tait appele subir4 ,de mme que ,leibnitz admettait une harmonie prtablie entre les penses de notre me et les mouvements de notre corps1 de manire que les mouvements de l'un correspondissent en tout temps aux penses de l'autre1 de mme ,bonnet admet un paralllisme parfait entre le systme astronomique et le systme organique1 entre les divers tats de la terre considre comme plante ou comme monde et les divers tats des tres qui devaient peupler sa surface4 ,les germes crs pour chaque priode attendent1 cachs dans les organismes qui les abritent1 que l'avnement de ces priodes amne les conditions ncessaires leur dveloppement4 ,de la sorte1 les tres propres chaque priode sont la fois relis ceux de la priode prcdente qui ont abrit leurs germes1 et ils en sont indpendants puisque tous les germes ont t crs en mme temps2 grce l'harmonie tablie entre l'volution des germes organiques et les rvolutions de notre plante1 des faunes et des flores nouvelles apparaissent sans qu'il soit besoin d'une cration nouvelle4 ,malgr sa hardiesse ordinaire1 ,bonnet croit d'ailleurs devoir se borner considrer trois priodes dans l'histoire de notre globe1 celle qui a prcd la rvolution dcrite dans la ,gense1 celle qui suivra la fin du monde1 produite par le feu1 qu'ont annonce les prophtes1 et il est important d'ajouter qu'il se fait une trange ide de l'tat futur des animaux4 ,les germes d'o ils natront n'chapperaient pas la destruction s'ils n'taient forms d'une matire plus subtile que la matire ordinaire1 d'une sorte d'ther2 si nous partons de la supposition du petit corps thr qui renferme en petit tous les organes de l'animal futur1 nous conjecturerons que le corps des animaux dans leur nouvel tat sera compos1 d'une matire dont la raret et l'organisation le mettent l'abri des altrations qui surviennent aux corps grossiers et qui tendent continuellement le dtruire de tant de manires diffrentes4 ,le nouveau corps n'exigera pas sans doute les mmes rparations que le corps actuel exige4 ,il aura une mcanique bien suprieure celle que nous admirons dans ce dernier4 ,il n'y a pas d'apparence que les animaux propagent dans leur tat futur4 ,nous arrivons ainsi dans le monde des esprits et de l'immortalit2 nous sommes en pleine fantaisie4 ,une alliance singulire d'un raisonnement rigoureux1 s'appuyant sur des faits mal connus1 trop peu nombreux1 avec les affirmations bibliques prises au pied de la lettre1 conduit un des esprits les plus ingnieux d'une poque o le gnie tait commun1 un observateur minent1 des rveries dans lesquelles son imagination ne connat plus d'obstacle1 o non seulement le contrle exprimental des ides n'est plus possible1 mais o les tmoignages des sens sont d'avance rcuss quand ils sont en dsaccord avec les conceptions que le penseur attribue sa raison4 99 99 99 99 99 ,bonnet n'est pas le seul philosophe qui se soit engag dans cette voie4 ,l'origine des animaux1 celle de l'homme proccupaient juste titre les hommes de science1 les philosophes et mme les simples rveurs de son temps4 ,robinet1 dans ses livres ,de la nature 7#agff7 et ,considrations philosophiques sur la gradation naturelle des formes de l'tre 7#agfh71 met des ides qui1 bien qu'elles aient t ridiculises par ,cuvier1 ne sont pas trs loignes de celles de ,bonnet4 ,son point de dpart est aussi la loi de continuit de ,leibnitz4 ,poussant de suite ce principe l'extrme1 il admet que toute la matire est vivante2 que les toiles1 le soleil1 la terre1 les plantes sont des animaux2 que tous les tres forment une chane continue2 qu'il n'y a ni classes1 ni ordres1 ni genres1 ni espces1 mais seulement des individus que l'imperfection seule de nos sens nous conduit considrer comme spcifiquement identiques4 ,les individus naissent de germes qui se dveloppent successivement2 ils sont directement forms par la nature4 ,le monde matriel est gouvern par un monde invisible1 compos de forces4 ,la nature ne se rpte jamais1 et il pourra y avoir un temps auquel il n'y ait pas un seul tre conform comme nous sommes aujourd'hui2 les formes vivantes se sont constitues par un perfectionnement progressif1 allant du simple au compos2 il pourrait y avoir au-dessus de l'homme des cratures immatrielles2 mais l'homme se rattache par une infinit de formes prsentant une infinit de diffrences graduelles un prototype simple4 ,toutes ces formes intermdiaires sont des uvres spares de la nature s'essayant faire l'homme1 son uvre actuellement la plus parfaite2 cette uvre pourra tre perfectionne dans l'avenir si l'homme1 devenant hermaphrodite1 runit les beauts de ,vnus celles d',apollon4 ,au demeurant1 ce perfectionnement de l'humanit n'est pas beaucoup plus trange que celui rv pour elle par ,bonnet4 99 99 99 99 99 ,de ,maillet1 plus connu sous le pseudonyme choisi par lui de ,telliamed1 avait cherch1 comme ,bonnet et comme ,robinet1 dans la cration d'une infinit de germes l'explication de l'origine des tres vivants2 mais il avait fait de la mer le rservoir commun de tous ces germes4 ,tous les animaux1 les hommes mme avaient donc t primitivement marins4 ,la mer avait eu d'ailleurs autrefois une beaucoup plus vaste extension1 et de ,maillet en donnait pour preuve l'norme quantit de coquilles marines que l'on trouve enfouies dans le sol1 jusque sur les plus hautes montagnes4 mesure que les continents s'taient accrus1 un certain nombre d'animaux marins avaient t accidentellement entrans hors de l'eau1 sur des rivages gardant encore une certaine humidit1 et de l sur la terre ferme4 ,les individus ainsi dpayss s'habiturent au nouveau genre de vie qui leur tait impos par les circonstances et transmirent leurs descendants les habitudes et les organes nouveaux qu'ils avaient acquis4 ,il est inutile d'insister sur les arguments bizarres qu'emploie de ,maillet pour soutenir son hypothse2 mais on doit lui laisser le mrite d'avoir reconnu la vritable nature des fossiles et d'en avoir saisi la signification1 une poque o de nombreux savants refusaient encore d'y voir les restes d'tres ayant jadis vcu2 d'avoir pens que les organismes vivants susceptibles de se modifier1 taient capables de transmettre leurs modifications leur descendance1 et d'avoir compris1 par consquent1 l'importance des phnomnes si connus1 mais si ngligs1 de l'hrdit4 99 99 99 99 99 ,en admettant la possibilit de changements hrditaires dans la structure des tres vivants1 de ,maillet ralise un progrs sur ,bonnet et sur ,robinet1 qui ne voient dans les modifications prsentes par la population de la terre qu'une continuation du miracle primitif de la cration4 ,le ,dr ,erasme ,darwin1 grand-pre de l'illustre rformateur du transformisme1 va1 son tour1 plus loin que de ,maillet4 ,il a expos dans sa ,zoonomia un systme o l'on trouve soutenues1 l'aide d'arguments qui tmoignent d'une grande perspicacit1 quelques ides peu diffrentes de celles que dveloppera plus tard ,lamarck4 ,pour rendre son systme intelligible1 ,erasme ,darwin1 par une inspiration heureuse1 recherche d'abord comment s'accomplit le dveloppement embryognique de l'individu et suppose que l'espce laquelle il appartient a subi1 dans la srie des temps1 une volution analogue1 mais de beaucoup plus longue dure4 ,il rejette la doctrine de l'embotement des germes1 qui conduit supposer l'existence de corps vivants infiniment plus petits que les diables qui tentrent saint ,antoine et dont #bj #jjj pouvaient1 sans se gner aucunement1 danser une sarabande chevele sur la pointe de la plus fine aiguille4 ,l'embryon est1 pour lui1 un filament constitu probablement par l'extrmit d'une fibre nerveuse motrice4 ,ce filament est dou de certaines proprits3 les unes lui sont personnelles2 les autres lui ont t transmises par ses parents1 dont il n'est en ralit qu'une branche1 une longation1 puisqu'il a fait1 un certain moment1 partie de leur substance4 ,le filament embryonnaire est dou d'irritabilit1 de sensibilit1 de volont2 il possde aussi la facult de se nourrir1 et on le voit grandir1 se compliquer1 se perfectionner par l'addition de parties nouvelles1 rsultant de ce qu'une quantit plus ou moins grande de matire vivante est venue s'ajouter la sienne4 ,cette addition de matire vivante a lieu d'abord sous l'influence des proprits primitives des filaments embryonnaires2 mais1 mesure qu'elle se produit des organes nouveaux apparaissent et avec eux des facults nouvelles4 ,ces facults crent des besoins1 ces besoins des faons de vivre1 des habitudes qui interviennent1 pour une certaine part1 dans les transformations que subit chaque individu au cours de son existence4 ,telle a t aussi la marche de l'volution des espces3 les organismes vivants ont t crs sous des formes extrmement simples1 rappelant celle des filaments vivants1 qui sont encore la forme premire de chaque individu4 ,ces filaments taient trs peu nombreux en espces1 et1 de mme que chaque corps chimique est dou d'affinits particulires qui dterminent la nature des composs qu'il produira dans les diverses circonstances o il sera plac1 de mme les filaments vivants primitifs taient dous de facults diffrentes1 qui ont dtermin1 dans une large mesure1 la marche de leur volution ultrieure4 tant donnes les ressemblances manifestes que prsentent tous les animaux sang chaud1 il est probable que tous ces animaux descendent d'une mme sorte de filament primitif2 peut-tre les mmes filaments ont-ils aussi donn naissance aux autres animaux sang rouge1 mais froid4 ,les habitudes spciales des poissons semblent autoriser leur attribuer une origine particulire2 mais les intermdiaires qui les unissent aux animaux sang chaud plaident cependant en faveur de leur parent avec ces derniers4 ,les insectes sans ailes1 de l'araigne au scorpion ou de la puce au homard1 les insectes ails1 du moustique ou de la fourmi la gupe ou la libellule1 diffrent1 au contraire1 si compltement les uns des autres et sont si loigns des animaux sang rouge1 aussi bien sous le rapport de la forme du corps que sous celui du genre de vie1 qu'on ne peut gure admettre qu'ils proviennent d'un filament vivant de mme sorte que celui qui a produit les classes diverses d'animaux sang rouge444 ,il y a encore une autre classe d'animaux1 que ,linn a dsigns sous le nom de vers1 qui prsentent une structure plus simple que ceux dj mentionns4 ,la simplicit de leur structure n'apporte cependant aucun argument contre l'hypothse qu'ils aient t produits par un seul filament vivant4 ,en d'autres termes ,erasme ,darwin considre les vertbrs1 les articuls et les vers comme trois types organiques qui se sont dvelopps simultanment et paralllement et qui sont1 tous les trois1 partis de formes organiques galement simples1 mais doues de proprits diffrentes4 ,si les trois lignes admises par le savant anglais ne correspondent pas ce que nous connaissons aujourd'hui des rapports des organismes1 l'ide premire que plusieurs types organiques se sont constitus et dvelopps d'une faon indpendante doit tre encore1 de nos jours1 considre comme la seule forme du transformisme qui soit d'accord avec les donnes de la palontologie4 ,la rduction de toutes les formes animales trois lignes distinctes tmoigne que1 ds #agid1 plusieurs annes par consquent avant la publication des premiers travaux de ,cuvier1 ,erasme ,darwin avait dj saisi l'intime parent des animaux composant les quatre premires classes de ,linn et les diffrences considrables qui les sparent de ceux de la cinquime classe2 mais le philosophe anglais laissait la sixime dans le chaos d'o ,cuvier devait peu d'annes aprs la tirer4 ,chacun des filaments vivants qui est devenu la souche des trois grandes lignes animales avait en lui une sorte de devenir rsultant de proprits dont il avait t originairement dou2 mais son volution1 dans chaque cas particulier1 a t rgle1 en partie1 par les sensations prouves par l'animal parvenu un stade dtermin1 par la peine ou le plaisir qu'il a prouv1 les efforts qu'il a faits pour prolonger son bonheur ou se soustraire ses souffrances4 ,l'eau et l'air tant fournis aux animaux profusion1 trois ordres de besoins ont surtout excit les convoitises des animaux et par consquent contribu changer leurs formes3 le besoin de se reproduire1 le besoin de se nourrir1 le besoin de vivre en sret4 ,ils ont acquis les armes ncessaires pour dfendre contre leurs rivaux les compagnes1 la nourriture1 les retraites qu'ils avaient conquises4 ,erasme ,darwin1 dcrivant cette volution1 s'lve presque la conception de la lutte par la vie et de la slection naturelle car il finit par dire3 ,le but de ces batailles entre les mles parat tre d'assurer la conservation de l'espce par le moyen des individus les plus forts et les plus actifs#ai4 ,au lieu de dire le but1 ,charles ,darwin aurait dit la consquence2 cette diffrence doit tre signale4 ,sur la ralit de la slection naturelle1 le grand-pre et le petit-fils sont d'accord2 mais le point de vue philosophique auquel ils se placent est fort diffrent3 pour ,erasme ,darwin1 comme pour ,lamarck1 les animaux acquirent des organes en vue de la satisfaction de tel ou tel besoin2 pour ,charles ,darwin1 ces organes apparaissent accidentellement2 la slection naturelle conserve et perfectionne ceux qui sont utiles et laisse s'teindre ceux qui ne le sont pas4 ,ainsi les animaux et les vgtaux s'adaptent des conditions d'existence dtermines sans que ces conditions agissent sur les individus pour les modifier1 sans que ces individus eux-mmes soient soumis la ncessit de chercher se mettre en harmonie avec elles4 ,si ingnieuses qu'elles soient1 les hypothses d',erasme ,darwin nous laissent profondment ignorants sur la cause premire de l'apparition des organismes4 ,elles nous font remonter jusqu' la cration des filaments vivants primitifs et s'arrtent l4 ,une telle solution devait paratre insuffisante bien des penseurs du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,dj1 au ,x,v,i,ie1 ,descartes avait cherch1 sans grand succs1 il est vrai1 expliquer par la seule tendue et le seul mouvement la formation des animaux et de l'homme4 ,maupertuis#bj constate cet chec2 mais1 en dehors de l il n'y a plus pour lui que deux systmes3 douer la matire de proprits spciales qui1 venant s'ajouter celles qu'on lui accorde dj1 l'auront rendue capable de produire spontanment les formes vivantes avec toutes leurs facults y compris les facults intellectuelles2 ou bien admettre que tous les animaux1 toutes les plantes sont aussi anciennes que le monde1 et que tout ce que nous prenons1 dans ce genre1 pour des productions nouvelles1 rsulte simplement du dveloppement et de l'accroissement de parties que leur petitesse avait tenue jusque-l caches4 ,c'est le systme de l'embotement des germes adopt par ,vallisneri1 ,leibnitz et ,bonnet4 ,par ce systme d'une formation simultane1 qui ne demandait plus que le dveloppement successif et l'accroissement des parties d'individus tout forms et contenus les uns dans les autres1 on crut s'tre mis en tat de rsoudre toutes les difficults2 on ne fut plus en peine que de savoir o placer ces magasins inpuisables d'individus4 ,les uns les placrent dans un sexe1 les autres dans l'autre2 et chacun pendant longtemps fut content de ses ides4 ,cependant si l'on examine avec plus d'attention ce systme1 on voit qu'au fond il n'explique rien2 que supposer tous les individus forms par le ,crateur dans un mme jour de la cration est plutt raconter un miracle que donner une explication physique2 qu'on ne gagne rien par cette simultanit1 puisque ce qui nous parat successif est toujours pour ,dieu simultan4 ,la doctrine de l'embotement des germes tant ainsi repousse1 ,maupertuis se range la doctrine du transformisme1 entendue1 il est vrai1 d'une faon assez particulire4 ,par un procd familier aux thoriciens mais qui est plutt un moyen de se mettre l'esprit en repos qu'une vritable explication1 il transporte aux particules matrielles invisibles les proprits intellectuelles les plus importantes des corps vivants3 le dsir1 l'aversion1 la mmoire1 l'habitude1 etc41 et il dduit1 de ces proprits gratuitement attribues toutes les particules matrielles1 tout un systme d'volution3 ,les lments propres former le ftus nagent dans les semences des animaux pre et mre2 mais chacun1 extrait de la partie semblable celle qu'il doit former1 conserve une espce de souvenir de son ancienne situation et l'ira reprendre toutes les fois qu'il le pourra pour former dans le ftus la mme partie4 ,de l1 dans l'ordre ordinaire1 la conservation des espces et la ressemblance aux parents4 ,c'est1 bien peu de chose prs1 l'hypothse que ,charles ,darwin a dveloppe de nouveau1 sous le nom de pangnse1 dans son livre sur les ,variations des animaux et des plantes sous l'action de la domestication4 ,si quelques lments manquent dans les semences1 ou qu'ils ne puissent s'unir1 ajoute ,maupertuis1 il nat de ces monstres auxquels il manque quelque partie4 ,si les lments se trouvent en trop grande quantit1 ou qu'aprs leur union ordinaire quelque partie reste dcouverte permette une autre de venir s'y appliquer1 il nat un monstre parties superflues4 ,si les lments partent d'animaux de diffrentes espces1 dans lesquelles il reste encore assez de rapport entre les lments1 les uns plus attachs la forme du pre1 les autres la forme de la mre1 ces lments par leur union feront des mtis444 ,c'est une chose assez ordinaire de voir un enfant ressembler plus quelqu'un de ses aeux qu' ses plus proches parents4 ,les lments qui forment quelques-uns de ses traits peuvent avoir mieux conserv l'habitude de leur situation dans l'aeul que dans le pre1 soit parce qu'ils auront t dans l'un plus longtemps unis qu'ils ne l'auront t dans l'autre1 soit par quelque degr de force de plus pour s'unir1 et alors ils se seront placs dans le ftus comme ils l'taient dans l'aeul4 ,voil encore des explications de l'hrdit1 de l'atavisme1 des caractres des mtis1 peu diffrentes de celles auxquelles1 de nos jours1 s'arrtera provisoirement ,charles ,darwin4 ,mais ,maupertuis demande1 en outre1 son hypothse l'explication de l'origine des espces nouvelles4 ,ne pourrait-on pas expliquer1 dit-il1 comment de deux seuls individus la multiplication des espces dissemblables aurait pu s'ensuivre8 ,elles n'auraient d leur premire origine qu' quelques productions fortuites1 dans lesquelles les parties lmentaires n'auraient pas retenu l'ordre qu'elles tenaient dans les animaux pres et mres2 chaque degr d'erreur aurait fait une nouvelle espce2 et force d'carts rpts serait venue la diversit infinie des animaux que nous voyons aujourd'hui1 diversit qui s'accrotra peut-tre encore avec le temps1 mais laquelle peut-tre la suite des sicles n'apporte que des accroissements imperceptibles4 ,c'est la thorie de la descendance nettement expose4 ,maupertuis a mme cherch expliquer par une sorte d'incompatibilit ne d'habitudes diffrentes cette singulire strilit des mtis1 qui maintient spares les espces et empche les formes animales de varier au del de certaines limites4 ,il ne nous enseigne pas1 la vrit1 comment ces habitudes diffrentes ont t acquises1 et la dmonstration de cette consquence1 peine entrevue jusque-l de la slection naturelle1 demeure la grande nouveaut contenue dans l'uvre de ,charles ,darwin4 ,maupertuis considre d'ailleurs le mode de dveloppement des animaux et des plantes comme ne diffrant pas essentiellement1 dans le fond1 de celui que nous montrent les cristaux4 ,ainsi le monde vivant et le monde minral sont troitement unis1 ce qui devait tre1 du moment qu'on supposait la matire une sensibilit1 une mmoire1 des affections et des haines1 toutes facults ordinairement considres comme appartenant en propre aux plus levs des tres vivants4 99 99 99 99 99 ,c'est une dissertation de ,maupertuis1 publie en #agea sous le nom du docteur ,baumann d',erlang1 que ,diderot#ba discute dans ses ,penses sur l'interprtation de la nature4 ,il ne se prononce pas sur la question de savoir si la matire est inerte ou vivante1 et si la matire inerte peut spontanment devenir vivante2 mais il pense qu'il suffit1 pour expliquer l'animal1 de douer les molcules organiques d'une sorte de sensibilit rudimentaire qui les pousse rechercher sans cesse la situation qui est1 pour elles1 la plus commode de toutes4 ,l'animal est alors un systme de diffrentes molcules organiques1 qui1 par l'impulsion d'une sensation semblable un toucher obtus et sourd1 que celui qui a cr la matire en gnral leur a donn1 se sont combines jusqu' ce que chacune ait rencontr la place la plus convenable sa figure et son repos#bb4 ,cette place1 la plus convenable de toutes1 peut changer avec les modifications sans nombre qu'apportent dans les relations des molcules la course incessante de celles qui ne sont pas parvenues conqurir le repos4 ,aussi ,diderot se demande-t-il si les plantes ont toujours t et seront toujours telles qu'elles sont2 si les animaux ont toujours t et seront toujours tels qu'ils sont1 et il ajoute3 ,de mme que1 dans les rgnes animal et vgtal1 un individu commence pour ainsi dire1 s'accrot1 dure1 dprit et passe1 n'en serait-il pas de mme des espces entires8 ,si la foi ne nous apprenait que les animaux sont sortis des mains du crateur tels que nous les voyons1 et s'il tait permis d'avoir le moindre doute sur leur commencement et sur leur fin1 le philosophe1 abandonn ses conjectures1 ne pourrait-il pas souponner que l'animalit avait de toute ternit ses lments particuliers pars et confondus dans la masse de la matire2 qu'il est arriv ces lments de se runir1 parce qu'il tait possible que cela se ft2 que l'embryon form de ces lments a pass par une infinit d'organisations et de dveloppements2 qu'il a eu par succession du mouvement1 de la sensation1 des ides1 de la pense1 de la rflexion1 de la conscience1 des sentiments1 des passions1 des signes1 des gestes1 des sons1 des sons articuls1 une langue1 des lois1 des sciences et des arts2 qu'il s'est coul des millions d'annes entre chacun de ces dveloppements2 qu'il a peut-tre encore d'autres dveloppements prendre et d'autres accroissements subir qui nous sont inconnus2 qu'il a eu ou qu'il aura un tat stationnaire2 qu'il s'loigne ou qu'il s'loignera de cet tat par un dprissement ternel1 pendant lequel ses facults sortiront de lui comme elles y taient entres2 qu'il disparatra peut-tre de la nature ou plutt qu'il continuera d'y exister1 mais sous une forme et avec des facults tout autres que celles qu'on lui remarque dans cet instant de la dure8 ct de ,linn1 naturaliste et observateur1 voil donc presque de son temps le problme de la transformation graduelle des espces nettement pos par les philosophes du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,aucun d'eux ne russit dcouvrir la voie qu'il fallait parcourir pour la rsoudre4 ,mais un autre naturaliste1 aussi puissamment dou que ,linn1 quoique d'un gnie bien diffrent1 libre d'ailleurs de toute attache dogmatique1 assez fort pour se dgager de toute ide prconue1 s'engage dans une direction o le suivront bientt une succession ininterrompue de brillants disciples4 ,cet homme1 c'est ,buffon4 ,avec lui s'ouvre pour la philosophie zoologique une re nouvelle4 ,tout va dsormais se prciser1 et le progrs se prcipitera ce point qu'un demi-sicle fera plus pour la conqute de la vrit que tous les sicles couls depuis ,aristote4 ,,chapitre ,,vii ,,buffon ,opposition de ,buffon aux classifications2 elles conduisent ncessairement au transformisme4--,utilit des systmes artificiels4--,distribution gographique des animaux4--,probabilit de modifications dans les espces4--,espces teintes3 lutte pour la vie4--,opposition la doctrine des causes finales4--,principe de la continuit4 ,l'uvre de ,buffon est inspire par une conception de la zoologie tout autre que celle dont l'uvre de ,linn reprsente le plus complet dveloppement4 ,pour ,linn1 la classification rsume1 pour ainsi dire1 toute la philosophie zoologique4 ,la recherche de la mthode naturelle est1 pour lui1 le but suprme vers lequel doivent tendre tous les efforts2 il conoit la nature immuable1 il n'y a donc rien expliquer2 le naturaliste doit simplement chercher comprendre le dessein de la cration et tcher d'en reproduire le plan dans ses systmes4 ,buffon laisse entirement de ct tout l'appareil de divisions et de subdivisions plus ou moins symtriquement ordonnes dans lequel les lves de ,linn tendent dj enfermer la science2 il tudie chaque espce animale en elle-mme1 et1 au lieu de fermer1 comme l'illustre ,sudois1 la question de l'espce par une dfinition dogmatique1 il laisse1 au contraire1 la porte toute grande ouverte aux tudes et aux interprtations1 en se demandant tout d'abord si l'espce est variable1 pourquoi elle varie et dans quelles limites peuvent tre comprises ses variations4 ,on a donn diverses explications de l'aversion de ,buffon pour les systmes4 ,le prsident ,lamoignon de ,malesherbes l'accuse de les rejeter1 parce qu'il ne les connat pas2 ,daubenton le reprsente comme n'ayant pas bien entendu la mthode de ,linn2 ,plourens accepte tous ces reproches et laisse entrevoir qu'il souponne ,buffon d'une jalousie quelque peu haineuse l'gard du grand naturaliste sudois4 ,malgr l'autorit qui s'attache ces trois noms1 dont deux appartiennent des hommes minents1 amis et collaborateurs de ,buffon1 on regretterait d'tre oblig de croire leurs assertions4 ,reprocher un homme du savoir et de la haute intelligence de ,buffon de repousser les systmes parce qu'il ne les connat pas1 paratra bien tonnant1 si l'on considre que le systme de la nature tait loin d'tre aussi compliqu du temps de ,linn que de nos jours4 ,il et suffi de quelques semaines ,buffon pour se mettre entirement au courant de tout ce qui touche les mammifres1 et peut-on croire qu'il n'aurait pas consenti1 en commenant son ,histoire naturelle1 consacrer quelques semaines ce travail1 s'il l'avait jug ncessaire la perfection de son uvre8 ,d'autre part1 quand on voit ,buffon se corriger sans cesse1 chercher rendre toujours plus claires et plus prcises ses ides1 abandonner celles qui ne lui paraissent plus exactes1 reprendre celles qu'il avait d'abord repousses1 mettre sans fausse honte ses nombreux lecteurs au courant de tout le travail intime de sa pense1 peut-on admettre qu'une simple question d'amour-propre lui aurait fait condamner les mthodes s'il avait vu en elles l'expression vraie de la science8 ,quant au reproche de jalousie1 en quoi le comte de ,buffon1 riche1 combl d'honneurs et de gloire1 considr par tous comme un savant de premier ordre1 comme un littrateur de gnie1 habitant la plus belle capitale1 admis la cour la plus brillante de l',europe1 pouvait-il envier un professeur de l'universit d',upsal1 illustre sans doute1 mais d'une illustration bien modeste par rapport au bruyant renom du noble acadmicien1 surintendant du jardin du roi et du cabinet d'histoire naturelle de ,paris8 ,faut-il enfin penser1 avec ,daubenton1 que ,buffon n'ait pas entendu la mthode de ,linn1 lorsqu'il crit3 ,classer l'homme avec le singe1 le lion avec le chat1 dire que le lion est un chat crinire et queue longue1 c'est dgrader1 dfigurer la nature1 au lieu de la dcrire et de la dnommer8 ,buffon1 dit ,daubenton1 veut jeter du ridicule sur les naturalistes qui ont mis le chat et le lion sous un mme genre4 ,il fait dire ,linn que le lion est chat crinire et longue queue4 ,certainement le chat n'est pas un lion1 et ce n'est pas ce que ,linn a voulu dire4 ,l'auteur qui le critique n'a pas bien entendu la mthode de ,linn2 s'il avait seulement parcouru les espces rapportes sous le genre appel felis1 chat1 il y aurait trouv l'espce du lion et celle du chat444 ,cette quivoque est venue de la manire de dnommer les genres1 en leur donnant le nom de l'une des espces qu'ils comprennent4 ,l'avenir a montr que ,buffon avait beaucoup mieux compris que ne le suppose ,daubenton les consquences ncessaires du systme de ,linn et des classifications en gnral2 peut-tre mme ,buffon avait-il mieux vu que ,linn lui-mme dans quelle direction les nomenclateurs devaient entraner la zoologie2 ce sont ces consquences1 c'est cette direction que ,buffon redoute1 au moins momentanment2 il le dit en termes exprs et qui montrent que les raisons de son opposition ,linn sont d'un ordre incomparablement plus relev que celles indiques par ,lamoignon de ,malesherbes et ,flourens4 ,avant d'aborder l'histoire des animaux1 ,buffon a crit1 avec une largeur de vues inconnue jusqu' lui1 l'histoire naturelle de l'homme4 ,il l'avait plac si haut dans la nature qu'il en faisait presque un dieu4 ,l'une des premires consquences des classifications tait de faire rentrer l'homme dans le rgne animal4 ,l'homme1 pour ,linn1 n'tait que le reprsentant le plus lev de l'ordre des ,primates1 dans lequel il se trouvait rapproch des singes4 ,d'autre part1 voulant exprimer les degrs divers de ressemblances des animaux1 les lves de ,linn avaient compar les tres vivants une grande famille et1 afin de rendre plus sensible l'esprit la similitude d'organisation des animaux d'un mme groupe1 employ pour dnommer les diffrentes divisions du rgne animal les termes mmes qui1 dans le langage ordinaire1 dsignent un ensemble d'hommes ayant entre eux un certain degr de parent1 tels que les mots famille et tribu4 ,le mot genre lui-mme ne saurait s'appliquer1 si on le prend la lettre1 qu' des animaux ayant un progniteur commun4 ,il n'y a l bien certainement1 dans l'esprit de ,linn et de ses disciples1 que de simples comparaisons1 des mtaphores destines rendre plus facilement intelligible l'conomie de l'arrangement mthodique des animaux2 cela ,linn qui1 compte autant d'espces qu'il est sorti de couples des mains du ,crateur1 ,linn1 qui admet comme un axiome l'immuabilit de la nature1 ne saurait voir aucun danger4 ,beaucoup moins biblique1 habitu dj par ses tudes sur la terre1 par ses tudes sur l'homme compter avec les modifications graduelles et de notre globe et de notre espce1 ,buffon pressent que les choses ne se sont pas passes aussi simplement que le veut ,linn2 il craint que des esprits trop aventureux1 cdant un entranement qu'il commence dj prouver lui-mme1 ne veuillent scruter l'origine mme des tres vivants1 qu'ils ne prennent dans leur sens absolu les termes imags de ,linn1 qu'ils ne considrent comme rellement unis par les liens du sang les animaux rapprochs dans une mme famille par les nomenclateurs2 ds lors1 l'homme sera pour le moins un cousin des singes1 et ,buffon recule devant l'normit de cette conclusion4 ,tout cela1 il le dit lui-mme et il est assez tonnant qu'on ait accept les diverses explications qui ont t donnes de son oppositions aux classifications linennes1 sans s'arrter la sienne qui est cependant la seule conforme son gnie4 ,le passage o le grand naturaliste exprime sa faon de penser1 cet gard1 mrite d'tre cit en entier2 il se trouve presque au dbut de l'histoire naturelle des ,quadrupdes2 c'est l'exorde d'un chapitre1 remarquable de tout point1 consacr l'un des plus humbles de nos animaux domestiques1 l'ne4 considrer cet animal1 dit ,buffon1 mme avec des yeux attentifs et dans un assez grand dtail1 il parat n'tre qu'un cheval dgnr444 ,on pourrait attribuer les lgres diffrences qui se trouvent entre ces deux animaux l'influence trs ancienne du climat1 de la nourriture et la succession fortuite de plusieurs gnrations de petits chevaux sauvages demi dgnrs1 qui peu peu auraient dgnr davantage1 se seraient ensuite dgrads autant qu'il est possible1 et auraient la fin produit nos yeux une espce nouvelle et constante1 ou plutt une succession d'individus semblables1 tous constamment vicis de la mme faon1 et assez diffrents des chevaux pour pouvoir tre regards comme formant une autre espce4 ,ce qui parat favoriser cette ide1 c'est que les chevaux varient beaucoup plus que les nes par la couleur de leur poil1 qu'ils sont par consquent plus anciennement domestiqus1 puisque tous les animaux domestiques varient par la couleur beaucoup plus que les animaux sauvages de la mme espce444 ,d'autre ct1 si l'on considre la diffrence du temprament1 du naturel1 des murs1 du rsultat1 en un mot de l'organisation de ces deux animaux et surtout l'impossibilit de les mler pour en faire une espce commune ou mme une espce intermdiaire qui puisse se renouveler1 on parat encore mieux fond croire que ces deux animaux sont chacun d'une espce aussi ancienne que l'autre et originairement aussi essentiellement diffrents qu'ils le sont aujourd'hui444 ,l'ne et le cheval viennent-ils donc originairement de la mme souche8 ,sont-ils1 comme le disent les nomenclateurs1 de la mme famille8 ou n'ont-ils pas toujours t des animaux diffrents8 ,cette question1 dont les physiciens sentiront bien la gnralit1 les difficults1 les consquences1 et que nous avons cru devoir traiter dans cet article1 parce qu'elle se prsente pour la premire fois1 tient la production des tres de plus prs qu'aucune autre et demande1 pour tre claircie1 que nous considrions la nature sous un point de vue nouveau4 ,si1 dans l'immense varit que nous prsentent tous les tres anims qui peuplent l'univers1 nous choisissons un animal1 ou mme le corps de l'homme1 pour servir de base nos connaissances1 nous trouverons que1 quoique tous ces tres existent solitairement et que tous varient par des diffrences gradues l'infini1 il existe en mme temps un dessein primitif et gnral qu'on peut suivre trs loin et dont les dgradations sont bien plus lentes que celles des figures et des autres rapports apparents1 car1 sans parler des organes de la digestion1 de la circulation et de la gnration1 qui appartiennent tous les animaux et sans lesquels l'animal cesserait d'tre animal et ne pourrait ni subsister ni se reproduire1 il y a1 dans les parties mmes qui contribuent le plus la varit de la forme extrieure1 une prodigieuse ressemblance qui nous rappelle ncessairement l'ide d'un premier dessein1 sur lequel tout semble avoir t conu444 ,que l'on considre sparment quelques parties essentielles la forme1 les ctes1 par exemple2 on les trouvera dans tous les quadrupdes1 dans les oiseaux1 dans les poissons1 et on en suivra les vestiges jusque dans la tortue2 que l'on considre1 comme l'a remarqu ,m4 ,daubenton1 que le pied d'un cheval1 en apparence si diffrent de la main de l'homme1 est cependant compos des mmes os1 et l'on jugera si cette ressemblance cache n'est pas plus merveilleuse que les diffrences apparentes1 si cette conformit constante et ce dessein suivi de l'homme aux quadrupdes1 des quadrupdes aux ctacs1 des ctacs aux oiseaux1 des oiseaux aux reptiles1 des reptiles aux poissons1 etc41 dans lesquels les parties essentielles1 comme le cur1 les intestins1 l'pine du dos1 les sens1 etc41 se trouvent toujours1 ne semblent pas indiquer qu'en crant les animaux l'tre suprme n'a voulu employer qu'une seule ide et la varier en mme temps de toutes les manires possibles1 afin que l'homme pt admirer galement et la magnificence de l'excution et la simplicit du dessein4 ,dans ce point de vue1 non seulement l'ne et le cheval1 mais mme l'homme1 le singe1 les quadrupdes et tous les animaux pourraient tre considrs comme ne formant qu'une seule et mme famille2 mais en doit-on conclure que1 dans cette grande et nombreuse famille que ,dieu seul a conue et tire du nant1 il y ait d'autres petites familles projetes par la nature et produites par le temps1 dont les unes ne seraient composes que de deux individus1 comme le cheval et l'ne2 d'autres de plusieurs individus1 comme celle de la belette1 de la martre1 du furet1 de la fouine1 etc41 et de mme que1 dans les vgtaux1 il y ait des familles de dix1 vingt1 trente1 etc41 plantes8 ,si ces familles existaient1 en effet1 elles n'auraient pu se former que par le mlange1 la variation et la dgnration des espces originaires4 ,si l'on admet une fois qu'il y ait des familles dans les plantes et dans les animaux1 que l'ne soit de la famille du cheval1 et qu'il n'en diffre que parce qu'il a dgnr1 on pourra dire galement que le singe est de la famille de l'homme1 qu'il est un homme dgnr1 que l'homme et le singe ont une origine commune1 comme le cheval et l'ne2 que chaque famille1 tant dans les animaux que dans les vgtaux1 n'a eu qu'une seule souche2 et mme que tous les animaux ne sont venus que d'un seul animal1 qui1 dans la succession des temps1 a produit1 en se perfectionnant et en dgnrant1 toutes les races des autres animaux4 ,les naturalistes qui tablissent si lgrement des familles dans les animaux et dans les vgtaux ne paraissent pas avoir senti toute l'tendue de ces consquences1 qui rduisaient le produit de la cration un nombre d'individus aussi petit qu'on voudra444 ,mais non2 il est certain1 par la rvlation1 que tous les animaux ont galement particip la grce de la cration2 que les deux premiers de chaque espce1 et de toutes les espces1 sont sortis tout forms des mains du ,crateur2 et l'on doit croire qu'ils taient tels peu prs qu'ils nous sont aujourd'hui reprsents par leurs descendants4 ,ce passage est important plus d'un titre3 on y voit d'abord nettement et compltement expose la thorie de l'unit de plan de composition du rgne animal1 que ,geoffroy ,saint-,hilaire devait plus tard pousser jusqu' ses dernires consquences2 la fixit des espces1 que ,buffon rejettera plus tard1 s'y trouve affirme sans rserves et presque dans les mmes termes que par ,linn2 enfin1 ce que ,buffon condamne1 ce n'est pas tant1 en dfinitive1 les classifications en elles-mmes que la tendance des classificateurs reprsenter leurs systmes comme l'image fidle de la nature2 ce qu'il repousse surtout1 ce sont les familles dites naturelles et il repousse ces familles parce qu'on les prtend naturelles2 on ne peut les comprendre que comme rsultant de modifications subies par l'une des espces qu'elles contiennent1 et alors il n'y aurait plus de bornes la puissance de la nature1 et l'on n'aurait pas tort de supposer que d'un seul tre elle a su tirer1 avec le temps1 tous les autres tres organiss4 ,buffon est d'ailleurs bien loin de nier l'utilit des systmes4 ,il faut de plus considrer1 dit-il1 que1 quoique la marche de la nature se fasse par nuances et par degrs souvent imperceptibles1 les intervalles de ces nuances et de ces degrs ne sont pas gaux beaucoup prs2 que plus les espces sont leves1 moins elles sont nombreuses1 et plus les intervalles des nuances qui les sparent y sont grands2 que les petites espces1 au contraire1 sont trs nombreuses et en mme temps plus voisines les unes des autres1 en sorte qu'on est d'autant plus tent de les confondre ensemble dans une mme famille1 qu'elles nous embarrassent et nous fatiguent davantage par leur multitude et par leurs petites diffrences1 dont nous sommes obligs de nous charger la mmoire4 ,mais il ne faut pas oublier que ces familles sont notre ouvrage1 que nous ne les avons faites que pour le soulagement de notre esprit2 que1 s'il ne peut comprendre la suite relle de tous les tres1 c'est notre faute et non pas celle de la nature1 qui ne connat point les prtendues familles et ne contient1 en effet1 que des individus4 ,voil nettement trace la marche suivie par ,buffon dans l',histoire naturelle des animaux4 ,si l'on n'admet pas que les tres vivants descendent d'un anctre primitif unique1 si l'on n'admet pas1 comme nous dirions maintenant1 le transformisme1 les classifications ne sont que des artifices de notre esprit2 elles sont inutiles l o nous pouvons embrasser le dtail des faits1 et comme leurs auteurs1 on ne l'a que trop vu depuis1 prtendent les substituer la vraie science1 elles sont dangereuses2 ,buffon n'en fait que peu d'usage tant qu'il traite des gros mammifres3 il rapproche cependant les animaux voisins1 le cheval et l'ne1 le buf et le mouton1 les diverses espces de cochons2 le cerf1 le daim et le chevreuil2 le loup et le renard2 la loutre1 la saricovienne1 les fouines1 les martres1 le putois1 le furet1 le touan1 l'hermine et le grison1 les diverses espces de rongeurs1 etc4 ,les sries naturelles sont parfaitement saisies2 mais ,buffon les rompt de propos dlibr1 par les raisons qu'il a lui-mme exposes4 ,il n'y revient peu prs compltement que lorsqu'il s'agit des oiseaux1 dont la multiplicit est telle qu'on risquerait de s'garer chaque instant1 si leur histoire n'tait pas faite avec ordre et mthode4 ,c'est le moment d'avoir recours l'instrument imagin par les nomenclateurs1 et ,buffon en a si bien compris le mcanisme que la plupart de ses groupes naturels n'ont t modifis que dans le dtail4 ,la dtermination de ,buffon de ne pas s'astreindre suivre une mthode de classification a eu d'ailleurs d'heureuses consquences4 ,il faut bien adopter dans l'exposition un ordre quelconque4 ,buffon dcrit d'abord les animaux domestiques1 puis les animaux sauvages d',europe1 les animaux sauvages de l'ancien continent et enfin ceux du nouveau continent4 ,en d'autres termes1 quand il n'a pas de motifs de faire autrement1 il procde par faunes2 son attention est ainsi appele sur les caractres gnraux que prsentent ces faunes1 sur la distribution gographique des animaux et les causes qui l'ont dtermine2 l1 ,buffon a mrit d'tre considr comme le fondateur de la gographie zoologique2 mais ces tudes successives l'ont amen modifier profondment ses ides sur l'origine des espces4 ,en comparant les faunes des deux continents1 il est conduit croire la variabilit des espces1 contre laquelle il s'tait d'abord lev2 il devient transformiste4 ,de mme1 un sicle plus tard1 ,darwin1 durant son clbre voyage autour du monde1 concevra la doctrine qui devait immortaliser son nom1 en voyant se succder sous ses yeux les faunes la fois diverses et intimement unies des grandes rgions du globe4 ,aprs avoir montr que les animaux communs l',europe et l',amrique sont peu nombreux1 ,buffon fait remarquer que la plupart des animaux europens n'en ont pas moins leurs analogues en ,amrique1 mais que les animaux du nouveau monde sont toujours plus petits que ceux qui leur correspondent dans l'ancien1 et il se rsume en disant3 ,en tirant des consquences gnrales de tout ce que nous avons dit1 nous trouverons que l'homme est le seul des tres vivants dont la nature soit assez forte1 assez tendue1 assez flexible pour pouvoir subsister1 se multiplier partout et se prter aux influences de tous les climats de la terre2 nous verrons videmment qu'aucun des animaux n'a obtenu ce grand privilge2 que1 loin de pouvoir se multiplier partout1 la plupart sont borns et confins dans de certains climats et mme dans des contres particulires4 ,l'homme est en tout l'ouvrage du ciel2 les animaux ne sont beaucoup d'gards que des productions de la terre2 ceux d'un continent ne se trouvent pas dans l'autre2 ceux qui s'y trouvent sont altrs1 rapetisses1 changs au point d'tre mconnaissables4 ,en faut-il plus pour tre convaincu que l'empreinte de leur forme n'est pas inaltrable8 que leur nature1 beaucoup moins constante que celle de l'homme1 peut varier et mme se changer absolument avec le temps2 que1 par la mme raison1 les espces les moins parfaites1 les plus dlicates1 les plus pesantes1 les moins agissantes1 les moins armes1 etc41 ont dj disparu ou disparatront avec le temps8 ,leur tat1 leur vie1 leur tre dpendent de la forme que l'homme donne ou laisse la surface de la terre4 ,une volution considrable s'est donc faite dans les ides de ,buffon3 l'espce est maintenant variable2 son tat dpend de celui du milieu o elle vit1 et1 si une part trop grande est encore attribue l'influence de l'homme1 ce grand fait de la disparition spontane des espces les moins bien doues par rapport au milieu o elles vivent1 ce grand phnomne1 de la slection naturelle est dj entrevu3 ,le prodigieux mammouth n'existe plus nulle part4 ,cette espce tait certainement la premire1 la plus grande1 la plus forte de tous les quadrupdes2 puisqu'elle a disparu1 combien d'autres1 plus petites1 plus faibles et moins remarquables1 ont d prir sans nous avoir laiss ni tmoignages1 ni renseignements sur leur existence passe6 ,combien d'autres espces s'tant dnatures1 c'est--dire perfectionnes ou dgrades par les grandes vicissitudes de la terre et des eaux1 par l'abandon ou la culture de la nature1 par la longue influence d'un climat devenu contraire ou favorable1 ne sont plus les mmes qu'elles taient autrefois6 ,non seulement des espces disparaissent1 mais il en apparat aussi de nouvelles3 ,buffon1 qui l'avait d'abord nergiquement ni1 l'admet aujourd'hui1 puisque tous les animaux d',amrique se sont forms rcemment3 ,il ne serait donc pas impossible que1 mme sans intervertir l'ordre de la nature1 tous les animaux du nouveau monde ne fussent1 en dfinitive1 les mmes que ceux de l'ancien1 desquels ils auraient autrefois tir leur origine2 on pourrait dire que1 en ayant t spars dans la suite par des mers immenses ou des terres impraticables1 ils auront avec le temps reu toutes les impressions1 subi tous les effets d'un climat devenu nouveau lui-mme et qui aurait aussi chang de qualit par les causes qui ont produit la sparation2 que1 par consquent1 ils se seront avec le temps rapetisss1 dnaturs4 ,mais cela ne doit pas nous empcher de les regarder aujourd'hui comme des animaux d'espces diffrentes3 de quelque cause que vienne cette diffrence1 qu'elle ait t produite par le temps1 le climat et la terre ou qu'elle soit de mme date que la cration1 elle n'en est pas moins relle4 ,la nature1 je l'avoue1 est dans un mouvement de flux continuel2 mais c'est assez pour l'homme de la saisir dans l'instant de son sicle et de jeter quelques regards en arrire et en avant pour tcher d'entrevoir ce que jadis elle pouvait tre et ce que dans la suite elle pourra devenir#bc4 ,dans ce discours1 ,buffon s'lve encore contre les classifications2 mais cette fois c'est surtout cause de l'abus qu'en font les nomenclateurs1 qui1 au lieu de rechercher les modifications dont chaque forme spcifique est susceptible1 multiplient indfiniment les espces pour le vain plaisir d'accoler leur nom ces futiles dcouvertes2 ,buffon n'en est pas moins sur le chemin de la conversion4 ,d'abord partisan de la fixit des espces1 et1 pour cette raison1 oppos aux classifications1 il est devenu transformiste2 l'volution qui s'est faite dans ses ides est d'autant plus complte qu'il a pris soin lui-mme de montrer1 nous l'avons vu1 qu'on ne saurait tre transformiste demi2 ds lors1 son opposition une distribution mthodique des animaux n'a plus de raison d'tre1 et il crit#bd3 ,en comparant ainsi tous les animaux et en les rapportant chacun leur genre1 nous trouverons que les deux cents espces dont nous avons donn l'histoire peuvent se rduire un assez petit nombre de familles ou souches principales desquelles il n'est pas impossible que toutes les autres soient issues4 ,et1 pour mettre de l'ordre dans cette rduction1 nous sparerons d'abord les animaux des deux continents et nous observerons qu'on peut rduire quinze genres et neuf espces isoles non seulement tous les animaux qui sont communs aux deux continents1 mais encore tous ceux qui sont propres et particuliers l'ancien4 ,onze de ces genres correspondent exactement nos groupes des solipdes1 des ruminants cornes creuses1 des ruminants cornes pleines1 des porcins1 des chiens1 des viverrids1 des mustlids1 des rongeurs1 des dents1 des quadrumanes1 des cheiroptres2 les quatre autres sont moins heureux3 ,buffon isole1 en effet1 compltement les bufs1 runit les porcs-pics et les hrissons1 considre comme des amphibies de mme nature les loutres1 les castors et les phoques4 ,mais1 part cela1 ses groupes sont aussi bien dlimits que ceux des autres nomenclateurs2 en fait1 c'est une vritable classification des mammifres que ,buffon propose l1 mais une classification gnalogique1 car l'auteur du chapitre sur l'ne n'a pas oubli que les espces composant une mme famille peuvent tre considres comme issues d'une souche commune1 et il revient sur l'ide que plusieurs espces du ,nouveau-,monde descendent de celles de l',ancien4 ,dans cette gnalogie1 il devient intressant de connatre le degr de parent des espces4 ,buffon a recours1 pour le dterminer1 aux croisements1 et quel programme il trace aux naturalistes de l'avenir3 ,comment pourra-t-on connatre autrement que par les rsultats de l'union mille et mille fois tente des animaux d'espces diffrentes leur degr de parent8 ,l'ne est-il plus proche parent du cheval que du zbre8 ,le loup est-il plus prs du chien que le renard ou le chacal8 quelle distance de l'homme mettrons-nous les grands singes qui lui ressemblent si parfaitement par la conformation du corps8 ,toutes les espces animales taient-elles autrefois ce qu'elles sont aujourd'hui8 ,leur nombre n'a-t-il pas augment ou plutt diminu8 ,les espces faibles n'ont-elles pas t dtruites par les plus fortes ou plutt par la tyrannie de l'homme1 dont le nombre est devenu mille fois plus grand que celui d'aucune autre espce d'animaux puissants8 ,quel rapport pourrions-nous tablir entre cette parent des espces et une autre plus connue1 qui est celle de diffrentes races de la mme espce8 ,la race1 en gnral1 ne provient-elle pas1 comme l'espce mixte1 d'une disconvenance l'espce pure dans les individus qui ont form la premire souche de la race8444 ,combien d'autres questions faire sur cette seule matire1 et qu'il y en a peu que nous soyons en tat de rsoudre6 ,qui ne reconnat1 dans ces questions de ,buffon1 les questions mmes qui sont aujourd'hui si passionnment agites dans le monde savant8 ,pour ,linn1 que des doutes srieux venaient cependant assaillir parfois1 il n'y avait pas1 pour ainsi dire1 de question de l'espce2 pour ,buffon1 l'espce est au contraire aujourd'hui la grande nigme que pose la nature l'intelligence humaine1 et il s'efforce de la rsoudre4 ,ces mmes questions seront bientt reprises et traites plus compltement2 ,buffon revient l'honneur de les avoir souleves et hardiment abordes2 il a t de la sorte l'heureux prcurseur de ,lamarck1 son lve enthousiaste1 et d'tienne ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,l'ide d'une filiation des tres vivants1 qui implique la variabilit des espces1 tait d'ailleurs bien plus conforme que toute autre la philosophie gnrale de ,buffon4 ,si dans son ,premier discours sur la manire d'tudier et de traiter l'histoire naturelle il n'est pas encore dgag de toutes les ides qui ont cours de son temps dans ce que nous appelons le grand public1 il se montre dj bien diffrent de lui-mme dans ses tudes sur la gnration des animaux4 ,la continuit lui apparat partout dans la nature2 il n'admet pas mme la dmarcation entre les animaux et vgtaux3 ,nos ides gnrales ne sont que des mthodes artificielles que nous nous sommes formes pour rassembler une grande quantit d'objets dans le mme point de vue2 et elles ont1 comme les mthodes artificielles dont nous avons parl1 le dfaut de ne pouvoir jamais tout comprendre2 elles sont de mme opposes la marche de la nature1 qui se fait uniformment1 insensiblement et toujours particulirement1 en sorte que c'est pour vouloir comprendre un trop grand nombre d'ides particulires dans un seul mot que nous n'avons plus une ide claire de ce que ce mot signifie1 parce que1 ce mot tant reu1 on s'imagine que ce mot est une ligne qu'on peut tirer entre les productions de la nature1 que tout ce qui est au-dessus de cette ligne est en effet animal1 et que tout ce qui est au-dessous ne peut tre que vgtal1 autre mot aussi gnral que le premier1 qu'on emploie de mme comme une ligne de sparation entre les corps organiss et les corps bruts4 ,mais1 comme nous l'avons dj dit plus d'une fois1 ces lignes de sparation n'existent point dans la nature2 il y a des tres qui ne sont ni animaux1 ni vgtaux1 ni minraux1 et qu'on tenterait en vain de rapporter aux uns ou aux autres444 ,nous avons dit que la marche de la nature se fait par degrs nuancs et souvent imperceptibles2 aussi passe-t-elle par des nuances insensibles de l'animal au vgtal2 mais1 du vgtal au minral1 le passage est brusque#be4 ,de ce dernier fait1 ,buffon conclut qu'on trouvera des intermdiaires aux tres organiss et aux minraux2 quant aux intermdiaires entre les animaux et les vgtaux1 il en signale dj un3 c'est cette hydre d'eau douce1 ce polype de la lentille d'eau1 qui fut l'objet des immortelles expriences de ,trembley4 ,admettre dans le rgne animal un plan gnral auquel sont conformes toutes les productions naturelles1 admettre que ces productions passent de l'une l'autre par des transitions insensibles1 ne saurait que difficilement se concilier avec l'ide que tout1 dans ce monde1 a un but4 ,aussi ,buffon s'lve-t-il nergiquement contre la doctrine des causes finales1 qui domine la science depuis ,aristote4 ,c'est un sujet bien modeste1 l'organisation de la patte du cochon1 qui lui fournit l'occasion de combattre la tyrannie de cette doctrine3 il remarque que1 des quatre doigts qui terminent cette patte1 deux seulement sont utiliss par l'animal1 et il crit3 ,la nature est donc bien loigne de s'assujettir des causes finales dans la composition des tres2 pourquoi n'y mettrait-elle pas quelquefois des parties surabondantes1 puisqu'elle manque si souvent d'y mettre des parties essentielles8444 ,pourquoi veut-on que dans chaque individu toute partie soit utile aux autres et ncessaire au tout8 ,ne suffit-il pas1 pour qu'elles se trouvent ensemble1 qu'elles ne se nuisent pas1 qu'elles puissent crotre sans obstacles et se dvelopper sans s'oblitrer mutuellement8 ,tout ce qui ne se nuit point assez pour se dtruire1 tout ce qui peut subsister ensemble1 subsiste444 ,mais1 comme nous voulons tout rapporter un certain but1 lorsque les parties n'ont pas des usages apparents1 nous leur supposons des usages cachs2 nous imaginons des rapports qui n'ont aucun fondement1 qui n'existent pas dans la nature des choses1 qui ne servent qu' l'obscurcir4 ,nous ne faisons pas attention que nous altrons la philosophie1 que nous en dnaturons l'objet1 qui est de connatre le comment des choses1 la manire dont la nature agit1 et que nous substituons cet objet rel une ide vaine1 en cherchant deviner le pourquoi des faits1 la fin qu'elle se propose4 ,ainsi surgissent1 poss par ,buffon lui-mme1 ce partisan d'abord si rsolu de la fixit des espces1 tous les problmes dont la solution aura t sans aucun doute la pense dominante de la seconde moiti de ce sicle3 l'unit d'origine de tous les tres vivants1 animaux ou vgtaux2 l'unit d'origine des animaux de mme type2 le peuplement par migration des continents2 la disparition des espces anciennes1 vaincues dans ce que ,darwin appellera plus tard la lutte pour la vie2 l'apparition d'espces nouvelles par dgnrescence ou perfectionnement des espces dj existantes2 l'volution graduelle de l'espce humaine2 voil ce qu'entrevoit ,buffon la fin de sa carrire4 ,et toutes ces grandes ides que ,buffon devine en quelque sorte1 vers lesquelles il est invinciblement entran par la puissante et rigoureuse logique de son gnie1 sont prcisment celles qui commencent aujourd'hui1 appuyes sur un ensemble imposant de recherches1 triompher de tous les scrupules4 ,nous sommes l'poque o l'insuffisance des moyens d'observation force les naturalistes demander malgr eux des hypothses plus ou moins plausibles une explication provisoire des phnomnes les plus intimes de la vie et du mystre de la reproduction4 ,il tait impossible1 dans cette voie1 d'innover beaucoup aprs tout ce qu'avaient tent les anciens4 ,en imaginant l'existence de molcules organiques1 indestructibles1 qui s'associent temporairement pour former les individus vgtaux ou animaux1 se dissocient par la mort de chaque individu et entrent ensuite dans la constitution d'autres organismes1 ,buffon se rapproche beaucoup d',anaxagore4 ,les molcules organiques n'ont rien de commun avec les molcules des corps bruts4 ,il y a deux catgories de matires1 la matire morte et la matire vivante1 qui sont incapables de passer l'une l'autre2 mais les molcules vivantes sont rpandues partout1 et1 quand l'animal se nourrit1 il se borne prendre l o elles se trouvent des molcules organiques semblables celles qui le constituent et propres remplacer celles qu'il peut avoir perdues4 ,un tre organis1 dit-il#bf1 est un tout compos de parties organiques semblables1 aussi bien que nous supposons qu'un cube est compos d'autres cubes3 nous n'avons pour en juger d'autre rgle que l'exprience2 de la mme faon que nous voyons qu'un cube de sel marin est compos d'autres cubes1 nous voyons aussi qu'un orme est compos d'autres petits ormes1 puisqu'en prenant un bout de branche1 ou un bout de racine1 ou un morceau de bois spar du tronc1 ou la graine1 il envient galement un orme2 il en est de mme des polypes et de quelques autres espces d'animaux qu'on peut couper et sparer dans tous les sens en diffrentes parties pour les multiplier2 et1 puisque c'est ntre rgle pour juger1 pourquoi jugerions-nous diffremment8 ,il me parat donc trs vraisemblable1 par les raisonnements que nous venons de faire1 qu'il existe rellement dans la nature une infinit de petits tres organiss1 semblables en tout aux grands tres organiques qui figurent dans le monde2 que ces petits tres organiss sont composs de parties organiques vivantes qui sont communes aux animaux et aux vgtaux2 que ces parties organiques sont des parties primitives et incorruptibles2 que l'assemblage de ces parties forme nos yeux des tres organiss1 et que par consquent la reproduction ou la gnration n'est qu'un changement de forme qui s'opre par la seule addition de ces parties semblables1 comme la destruction de l'tre organis se fait par la division de ces mmes parties444 ,si nous rflchissons sur la manire dont les arbres croissent1 et si nous examinons comment d'une quantit qui est si petite ils arrivent un volume si considrable1 nous trouverons que c'est par la simple addition de petits tres organiss semblables entre eux et au tout4 ,la graine produit d'abord un petit arbre qu'elle contenait en raccourci2 au sommet de ce petit arbre1 il se forme un bouton qui contient le petit arbre de l'anne suivante1 et le bouton est une partie organique semblable au petit arbre de la premire anne2 au sommet du petit arbre de la seconde anne1 il se forme de mme un bouton qui contient le petit arbre de la troisime anne2 et ainsi de suite tant que l'arbre crot en hauteur1 et mme1 tant qu'il vgte1 il se forme l'extrmit de toutes les branches des boutons qui contiennent en raccourci de petits arbres semblables celui de la premire anne4 ,l'ide que ,buffon se fait du vgtal ne diffre pas de l'ide que s'en fait ,bonnet2 tous deux expriment cette ide presque dans les mmes termes4 ,mais ,buffon proteste tout aussitt contre l'opinion qui voudrait que tous les petits arbres qui sont assembls pour en faire un grand taient contenus dans la graine et que l'ordre de leur dveloppement y tait trac4 ,expliquer la gnration par l'hypothse de l'embotement des germes1 c'est rpondre la question par la question mme4 ,lorsque nous demandons1 dit ,buffon1 comment on peut1 concevoir que se fait la reproduction des tres1 et qu'on nous rpond que dans le premier tre cette reproduction tait toute faite1 c'est non seulement avouer qu'on ignore comment elle se fait1 mais encore renoncer la volont de le concevoir4 ,il dit exactement la mme chose de l'hypothse de la fixit des espces4 ,dire ceux qui cherchent comment les espces se sont produites1 qu'elles ont toujours t ce qu'elles sont1 c'est renoncer la volont de dcouvrir leur origine1 et1 au point de vue scientifique1 n'importe quelle opinion est prfrable cette dcourageante doctrine4 ,buffon repousse de mme1 l'gard de la gnration1 toutes les hypothses qui supposent la chose faite2 il repousse encore1 toutes celles qui ont pour objet les causes finales1 parce que ces hypothses1 au lieu de rouler sur les causes physiques de l'effet qu'on cherche expliquer1 ne portent que sur des rapports arbitraires et sur des convenances morales1 et il s'arrte finalement cette fameuse hypothse du moule intrieur1 dans laquelle il suppose que la nature peut faire des moules par lesquels elle donne aux tres vivants non seulement leur figure extrieure1 mais aussi leur forme intrieure4 ,ces mots de moule intrieur paraissent1 au premier abord1 peu faits pour aller ensemble1 attendu qu'un moule est habituellement destin reproduire une surface et non les particularits de structure d'une substance massive2 mais ,buffon dclare employer ces mots faute de mieux4 ,pour lui1 tout tre vivant est donc un moule intrieur1 dans lequel des forces spciales font pntrer les molcules organiques de sorte que chacune des parties du corps s'accroisse en dimension et en poids1 sans changer ni de formes ni de structure4 ,c'est grce cette pntration des molcules organiques dans le moule intrieur1 grce cette susception que l'tre vivant se dveloppe2 mais la force qui produit le dveloppement est aussi celle qui dtermine la gnration4 ,il suffit1 en effet1 qu'il y ait dans un tre vivant quelque partie semblable au tout pour que cette partie1 convenablement nourrie1 soit capable1 si elle est dtache1 de produire un tout indpendant identique celui dont elle faisait primitivement partie4 ,ainsi1 dans les saules et dans les polypes1 comme il y a plus de parties organiques semblables au tout que d'autres parties1 chaque morceau de saule ou de polype qu'on retranche du corps entier devient un saule ou un polype4 ,or1 ajoute ,buffon1 un corps organis dont toutes les parties seraient semblables lui-mme1 comme ceux que nous venons de citer1 est un corps dont l'organisation est la plus simple de toutes1 car ce n'est que la rptition de la mme forme et une composition de figures semblables toutes organises de mme2 et c'est par cette raison que les corps les plus simples1 les espces les plus imparfaites sont celles qui se reproduisent1 au lieu que1 si un corps organis ne contient que quelques parties semblables lui-mme1 la reproduction ne sera ni aussi facile ni aussi abondante dans ces espces qu'elle l'est dans celles dont toutes les parties sont semblables au tout2 mais aussi l'organisation de ces corps sera plus compose que celle des corps dont toutes les parties sont semblables1 parce que le corps entier sera compos de parties1 la vrit toutes organiques1 mais diffremment organises2 et plus il y aura dans le corps organis de parties diffrentes du tout et diffrentes entre elles1 plus l'organisation de ce corps sera parfaite1 et plus la reproduction sera difficile4 ,nous retrouvons ici les mmes ides sur la perfection organique que nous avons dj trouves dans ,aristote et qui conduisent plus tard ,m4 ,milne ,edwards concevoir la thorie de la division du travail physiologique4 ,par la nutrition1 l'tre vivant ajoute sans cesse lui-mme de nouvelles molcules1 de nouvelles parties organiques2 il arrive un moment o ces nouvelles parties sont surabondantes2 alors elles se rendent de toutes les rgions du corps1 de tous les organes dans les testicules du mle1 dans les ovaires de la femelle1 et y forment des liqueurs dont le mlange pralable est ncessaire la production d'un nouvel tre vivant4 ,dans l'tre vivant primitif1 une force inconnue faisait pntrer dans les organes les molcules organiques les plus propres le grossir1 celles qui ressemblaient le plus aux molcules dont il tait dj constitu2 des molcules organiques reprsentant les divers organes de l'individu vont1 en consquence1 se trouver runies dans sa semence2 la mme force qui les faisait pntrer dans les organes qui leur correspondent les agencera dans le mme ordre que dans l'individu primitif4 ,cette thorie de la gnration fut publie par ,buffon en #agdf2 ,maupertuis1 en #agea1 n'avait fait que la reproduire1 mais les facults intellectuelles dont il dotait toutes les particules matrielles indistinctement lui permettaient de supprimer la force coordinatrice de ,buffon4 ,dans sa thorie de la gnration1 ,buffon n'avait pas pargn les hypothses2 mais le grand crivain ne se borne pas raisonner4 ,s'il a des ides1 c'est que les faits les lui ont suggres4 ,cherchons des faits1 dit-il1 pour nous donner des ides4 ,les faits1 il les demande non seulement l'observation1 mais aussi l'exprimentation4 ,directeur du ,jardin des ,plantes1 il y rassemble des collections d'animaux de toutes les parties du monde et les observe1 toutes les fois qu'il le peut1 l'tat vivant4 ,entre les espces1 l'infcondit des croisements tablit une barrire incontestable2 dans quelle mesure est-il possible de franchir cette barrire8 ,quelle part les croisements ont-ils pu prendre la formation d'espces nouvelles8 ,quelles sont les espces sauvages que l'on peut considrer comme ayant fourni l'homme ses espces domestiques8 ,toutes ces questions1 ,buffon les attaque par l'exprimentation4 ,le temps lui parat un lment indispensable pour les rsoudre1 et il conoit le plan d'un tablissement modle o ces tudes sculaires pourraient tre poursuivies4 ,cet tablissement1 ralis depuis et qui1 ds son origine1 rpand un vif clat dans le domaine scientifique1 c'est le ,musum d'histoire naturelle4 ,trois grands hommes y vont poursuivre1 par des voies diverses1 l'uvre de ,buffon3 ,lamarck1 ,geoffroy ,saint-,hilaire et ,cuvier4 ,,chapitre ,,viii ,,lamarck ,importance attribue aux animaux infrieurs4--,gnration spontane4--,perfectionnement graduel des organismes2 influence des besoins et de l'habitude4--,l'hrdit et l'adaptation4--,transformation des espces appartenant aux priodes gologiques antrieures4--,inanit des cataclysmes gnraux4--,importance des causes actuelles4--,gnalogie du rgne animal4--,origine de l'homme4 ,familier de la maison de ,buffon1 qui en avait fait le compagnon de voyages et le guide de son fils1 ,lamarck peut tre considr comme le continuateur immdiat de la philosophie de l'illustre auteur des poques de la nature4 ,s'il n'a pas l'ampleur de son style1 il a comme lui1 au plus haut degr1 l'art de grouper les faits et de les enchaner par de lumineuses conceptions4 ,tout autre est son ducation scientifique1 tout diffrents les objets ordinaires de ses tudes4 ,buffon1 qui s'adresse parfois de prfrence aux physiciens plutt qu'aux naturalistes1 a puis dans ses connaissances tendues en mathmatiques et en physique1 en mme temps que l'art de gnraliser les observations et de remonter aux causes1 une prcision et une prudence qu'on ne trouve pas toujours au mme degr dans ,lamarck4 ,lamarck doit l'tude approfondie qu'il a faite des plantes et des animaux infrieurs une sret dans sa manire d'envisager les rapports des tres vivants1 une ampleur dans sa conception de la vie que ,buffon n'a pas atteintes4 ,l'tude de l'homme1 celle des animaux suprieurs prsentent1 en effet1 la vie sous des apparences trop complexes et trop mystrieuses pour que ceux qui s'y sont livrs exclusivement puissent pressentir une explication prochaine des phnomnes si varis qu'ils observent4 ,la vie leur apparat avec un cortge d'organes et de fonctions1 propre leur dissimuler sa vritable nature2 toute tentative pour en pntrer les secrets1 toute spculation sur ses causes leur semble d'avance inutile et essentiellement tmraire4 ,aussi ,lamarck a-t-il bien raison de dire3 ,ce qu'il y a de singulier1 c'est que les phnomnes les plus importants considrer n'ont t offerts nos mditations que depuis l'poque o l'on s'est attach principalement l'tude des animaux les moins parfaits1 et o les recherches sur les diffrentes complications de l'organisation de ces animaux sont devenues le principal fondement de leur tude4 ,il n'est pas moins singulier de reconnatre que ce fut presque toujours de l'examen suivi des plus petits objets que nous prsente la nature1 et de celui des considrations qui paraissent les plus minutieuses1 qu'on a obtenu les connaissances les plus importantes pour arriver la dcouverte de ses lois et pour dterminer sa marche4 ,c'est1 en effet1 la considration des conditions simples sous lesquelles se manifeste la vie dans les organismes infrieurs qui conduit ,lamarck penser que ces organismes ont t les premiers forms1 qu'ils ont t produits spontanment et que de leur perfectionnement graduel sont rsultes toutes les autres formes vivantes4 ,des fluides subtils mis en mouvement par la chaleur et la lumire du soleil ont pntr de petites particules de matire mucilagineuse inerte qui se sont trouves aptes recevoir leur action1 les ont animes et ont ainsi constitu les premiers tres vivants2 ces fluides n'ont nullement perdu la facult d'animer la matire inerte2 de nouveaux organismes1 des infusoires1 se forment sans cesse par ce procd et naissent ainsi par gnration spontane4 ,c'est depuis cette supposition de ,lamarck qu'il s'est tabli une sorte de solidarit entre l'hypothse d'une volution graduelle des tres vivants et celle des gnrations spontanes4 ,cette solidarit n'est nullement ncessaire4 ,de ce que1 un certain moment de l'volution de la terre1 se sont trouves ralises des conditions propres permettre la formation de substances agites de ces mouvements spciaux qui constituent la vie1 capables de transmettre ces mouvements plus ou moins modifis des substances inertes et de les transformer ainsi en substances vivantes1 il ne rsulte nullement que ces conditions durent encore1 et les recherches exprimentales si tendues de ,m4 ,pasteur ont depuis longtemps montr que1 dans les conditions habituelles des milieux inertes qui nous entourent1 il n'y avait jamais de gnrations spontanes4 ,quant l'origine des organismes primitifs1 ,lamarck ne fait que dire1 dans le langage de son temps1 qu'il a fallu douer la matire de mouvements spciaux pour les raliser2 qu'ils se sont produits sous des formes trs simples1 que l'action persistante des fluides subtils1 c'est--dire des mouvements molculaires auxquels ils devaient leur origine1 a graduellement perfectionnes4 ,dans ces organismes1 ,lamarck suppose1 comme ,erasme ,darwin1 qu'ont alors apparu des stimulants nouveaux1 les besoins1 qui se sont multiplis pour chaque tre vivant mesure que son organisme se compliquait1 que ses rapports avec le monde extrieur se diversifiaient4 ,mais1 tandis que son mule anglais admet que l'irritation produite dans les organes par les besoins suffit dterminer la formation d'organes nouveaux ou la modification d'organes dj existants1 ,lamarck introduit un intermdiaire entre la production des besoins et les modifications qu'ils dterminent4 ,suivant lui1 ces besoins persistants ont dtermin la rptition incessante de certains actes1 la production de certaines habitudes qui sont devenues leur tour des causes nouvelles de modification4 ,en effet1 tout organe dont un animal fait un frquent usage1 un usage habituel1 se dveloppe et se perfectionne2 tout organe dont l'animal cesse de se servir s'atrophie1 au contraire1 et disparat4 ,ainsi1 grce aux habitudes1 certains1 organes peuvent disparatre1 d'autres se perfectionner4 ,il est incontestable1 par exemple1 que les yeux des animaux vivant habituellement dans l'obscurit tendent disparatre1 et l'observation journalire ne permet pas de douter que la plupart des organes se perfectionnent par l'exercice4 ,mais ce procd de diversification suppose que les organes dont il s'agit existent dj2 comment des organes nouveaux peuvent-ils se constituer de toutes pices8 ,ici1 ,lamarck dpasse la hardiesse permise l'hypothse1 lorsqu'il suppose que le seul fait du besoin d'un organe peut en dterminer l'apparition chez un animal2 l'on admettra difficilement pour expliquer1 par exemple1 comment les ruminants ont acquis des cornes1 que dans leurs accs de colre1 qui sont frquents1 surtout chez les mles1 leur sentiment intrieur1 par ces efforts1 dirige plus fortement les fluides vers cette partie de leur tte2 o il se fait une scrtion de matire corne dans les uns et de matire osseuse mlange de matire corne dans les autres1 qui donne lieu des protubrances solides4 ,ce n'est pas seulement au cas particulier des ruminants que ,lamarck applique sa doctrine de l'effort intrieur dirigeant vers telle ou telle partie du corps les fluides qui doivent y porter un surcrot d'activit4 ,lorsque la volont dtermine un animal une action quelconque1 les organes qui doivent excuter cette action y sont aussitt provoqus par l'affluence des fluides subtils qui y deviennent la cause dterminante des mouvements qu'exige l'action dont il s'agit4442 il en rsulte que des rptitions multiplies de ces actes d'organisation fortifient1 tendent1 dveloppent et mme crent les organes qui y sont ncessaires4 ,cela revient dire qu'un animal arrive forcment possder un organe qui lui est ncessaire ou simplement utile1 dans les conditions biologiques o il est plac4 ,on a durement reproch ,lamarck cette affirmation1 vritablement un peu tmraire et qu'on a quelquefois malicieusement remplace par cette autre3 ,un animal finit toujours par possder un organe quand il le veut4 ,telle n'est pas la pense de ,lamarck1 qui attribue simplement les transformations des espces l'action stimulante des conditions extrieures se traduisant sous la forme de besoins et explique par l tout ce que nous appelons aujourd'hui des adaptations4 ,ainsi le long cou de la girafe rsulte de ce que l'animal habite un pays o les feuilles sont portes au sommet de troncs levs2 les longues pattes des chassiers proviennent de ce que ces oiseaux ont besoin de chercher sans se mouiller leur nourriture dans l'eau1 etc4 ,ces interprtations n'enlvent rien de leur valeur ces deux lois nonces par ,lamarck3 #a ,dans tout animal qui n'a point dpass le terme de ses dveloppements1 l'emploi plus frquent et plus soutenu d'un organe quelconque fortifie peu peu cet organe1 le dveloppe1 l'agrandit et lui donne une puissance proportionne la dure de cet emploi2 tandis que le dfaut constant d'usage de tel organe l'affaiblit insensiblement1 le dtriore1 diminue progressivement ses facults et finit par le faire disparatre4 #b ,tout ce que la nature a fait acqurir ou perdre aux individus par l'influence des circonstances o leur race se trouve depuis longtemps expose et1 par consquent1 par l'influence de l'emploi prdominant de tel organe ou par celle d'un dfaut constant d'usage de telle partie1 elle le conserve par la gnration aux nouveaux individus qui en proviennent1 pourvu que les changements acquis soient communs aux deux sexes ou ceux qui ont produit ces nouveaux individus4 99 99 99 99 99 ,de nombreux exemples peuvent tre ajouts aujourd'hui ceux que ,lamarck avait runis pour appuyer la premire de ces lois2 le seul point qui puisse1 en ce qui la concerne1 prter la discussion1 c'est l'tendue des changements qu'un organe peut subir1 en raison de l'usage qu'en fait l'animal qui le possde4 ,c'est l une simple question de mesure4 ,la possibilit de la cration d'un organe par suite des excitations extrieures est elle-mme un point qui mriterait d'tre tudi1 qu'on n'a pas le droit de rejeter sans examen1 sans observations1 sans expriences1 et de traiter comme une ridicule rverie2 ,lamarck l'aurait sans doute plus facilement fait accepter s'il n'avait pas cru utile de passer par l'intermdiaire des besoins4 ,il est incontestable que par dfaut d'excitation1 les organes s'atrophient et disparaissent3 nous l'avons dj dit1 les animaux des cavernes obscures et des grandes profondeurs de la mer sont frquemment aveugles2 le prote des lacs souterrains de la ,caroline est blanc2 sous l'action de la lumire1 ses tguments se pigmentent1 il devient brun2 la lumire est incontestablement ncessaire l'apparition de la chlorophylle dans les plantes4 ,dans les deux cas1 quel que soit le mcanisme intime par lequel sont produits le pigment et la chlorophylle1 ils n'apparaissent que sous l'influence d'une excitation extrieure4 ,l'ide que ,lamarck se fait de la vie se lie d'ailleurs trs intimement son hypothse sur le mode de formation et de dveloppement des organes1 et cette hypothse1 considre ce point de vue1 perd tout ce qu'elle peut avoir d'apparence draisonnable4 ,elle commande le respect1 comme l'effort infructueux d'un grand esprit cherchant deviner1 en s'appuyant sur toutes les connaissances acquises de son temps1 la solution d'un problme que1 malgr tous les progrs accomplis1 nous n'avons encore pu forcer la nature nous livrer4 ,deux fluides1 selon ,lamarck1 pntrent les molcules aptes vivre3 la chaleur et l'lectricit4 ,la chaleur distend les molcules vivantes1 les loigne les unes des autres1 sans dtruire leur cohsion1 et maintient ainsi les tissus vivants dans un tat spcial de tension que ,lamarck dsigne sous le nom d'orgasme4 ,cet orgasme est un tat de lutte entre la cohsion des molcules vivantes et la chaleur2 de cet tat nat l'irritabilit des tissus4 ,vienne1 en effet1 se manifester sur un point l'influence de l'lectricit1 sans cesse en mouvement1 et que les influences extrieures peuvent attirer sur ce point ou que la volont peut y diriger1 l'quilibre entre la cohsion et la chaleur est dtruit1 l'orgasme cesse2 le tissu qui n'est plus en tat de tension se contracte sur le point o la chaleur a faibli1 pour reprendre l'instant d'aprs son tat primitif4 ,le tissu ragit ainsi contre les excitations extrieures4 ,un muscle non contract manifeste son tat d'orgasme par ce qu'on a appel le ton musculaire4 ,dans les muscles1 les nerfs1 instruments de la volont1 apportent-ils l'lectricit qui fait cesser l'orgasme1 le muscle se contracte pour reprendre bientt son volume4 ,sans doute1 nous expliquerions autrement aujourd'hui tous les phnomnes que ,lamarck attribue l'orgasme2 mais sommes-nous beaucoup plus avancs sur les causes mmes de la vie8 ,quand nous disons qu'on doit la considrer comme une sorte de mouvement des particules protoplasmiques1 mouvement que nous ne sommes pas en tat de dfinir1 exprimons-nous une ide essentiellement diffrente de celle de ,lamarck1 puisque la chaleur n'est1 en dfinitive1 qu'une sorte de mouvement8 ,avons-nous t plus heureux dans la dtermination des causes des modifications des organismes8 ,si personne n'admet plus que les besoins et les dsirs qu'ils provoquent soient suffisants1 eux seuls1 pour amener l'apparition d'organes nouveaux ou de modifications plus ou moins importantes dans les organes dj existants1 on ne conteste gure les effets de l'usage et du non-usage des organes2 on ne rvoque plus en doute l'action directe des milieux2 on croit des modifications corrlatives des organes telles que1 lorsqu'un organe se transforme1 plusieurs autres subissent le contre-coup de ses modifications1 soit qu'ils se dveloppent avec lui1 soit qu'ils se rduisent au contraire en raison de son dveloppement2 beaucoup de faits conduisent penser que la rapidit croissante avec laquelle s'effectue le dveloppement mesure que les organismes se compliquent et que leurs parties se solidarisent peut intervenir dans les changements que les parties du corps prsentent dans leurs rapports4 ,on admet aussi une certaine spontanit dans la variation des organismes2 on fait enfin quelquefois intervenir les croisements1 mais les caractres qui rsultent des unions croises ne viennent que de la transmission par hrdit des caractres produits par les diverses causes que nous venons d'numrer4 ,d'ailleurs jusqu'ici aucune tude systmatique de l'influence propre ces diverses causes modificatrices n'a pu tre faite1 et ,darwin lui-mme se borne constater que les espces varient sans se demander pourquoi2 la thorie de la slection naturelle peut admettre1 en effet1 dans une premire approximation1 ce simple fait1 comme un point de dpart1 dont on pourra renvoyer l'examen plus tard4 99 99 99 99 99 ,la seconde loi de ,lamarck1 la loi de l'hrdit des caractres1 est demeure la clef de vote de l'difice de ,darwin4 ,seulement ,darwin1 en dmontrant que la lutte pour la vie a ncessairement pour consquence d'liminer les formes stationnaires et celles qui ne prsentent que des variations inutiles1 pour ne laisser subsister que celles qui sont avantageuses un titre quelconque1 a pu expliquer comment il se fait qu'il n'existe pas une continuit absolue entre toutes les formes simultanment vivantes1 comment un grand nombre ont disparu1 et comment celles qui restent1 qu'elles aient en apparence dgnr ou qu'elles se soient perfectionnes1 sont tellement adaptes aux conditions d'existence dans lesquelles elles vivent1 qu'on a pu les croire cres spcialement en vue de ces circonstances et appuyer la thorie des causes finales sur l'harmonie merveilleuse qu'elles prsentent avec le milieu ambiant4 ,comme ,buffon1 ,lamarck est absolument oppos la doctrine aristotlique de la finalit2 loin de considrer les espces vivantes comme cres pour un genre de vie dtermin1 il affirme qu'elles sont cres par le genre de vie que leur ont impos les circonstances dans lesquelles elles se sont trouves places2 les adaptations sont pour lui la preuve de l'action directe des milieux2 sa thorie du transformisme1 au lieu de les expliquer1 comme le fait celle de ,darwin1 les prend pour point de dpart2 il y a l entre les mthodes des deux grands naturalistes une opposition qui mrite d'tre signale4 ,les espces1 tant l'uvre des conditions d'existence dans lesquelles elles vivent1 doivent demeurer immuables1 tant que ces conditions demeurent les mmes4 ,lamarck rpond par l victorieusement une objection que l'on a cru un moment devoir renverser tout son systme et qu'on a plusieurs fois reproduite contre ,darwin4 ,durant l'expdition d'gypte1 ,geoffroy ,saint-,hilaire avait recueilli dans les ncropoles un grand nombre de momies d'animaux qu'il tudia son retour de concert avec ,cuvier4 ,ces animaux1 qui taient morts depuis plusieurs milliers d'annes1 furent trouvs identiques aux animaux actuels de l'gypte4 ,cuvier crut voir l une preuve de l'immuabilit des espces4 ,on ignorait cette poque quelle avait pu tre la dure des priodes gologiques2 pour qui admettait1 au lieu de ce sicle de millions d'annes que la gologie assigne aujourd'hui notre monde1 une cration remontant peine six mille ans1 les momies des hypoges de l'gypte pouvaient paratre des reprsentants des premiers ges du monde4 ,on sait au contraire aujourd'hui que leur anciennet n'est qu'une illusion1 que rien1 pas mme l'homme1 n'a chang autour d'elles1 et que l'espace de temps qui nous spare de l'poque o elles ont vcu a la dure d'un clair par rapport celui qu'emploie habituellement la nature pour constituer un ge nouveau4 ,d'ailleurs1 comme on l'a dit fort justement1 la persistance mme des formes des momies prouve plus qu'il ne faudrait2 car ce ne sont pas seulement les espces contemporaines des anciens qui ont t conserves1 mais aussi les races de leurs animaux domestiques1 races dont la variabilit n'est cependant pas douteuse4 ,familiaris avec l'tude des mollusques fossiles1 qui sont extrmement nombreux et dont on peut suivre les variations successives beaucoup plus facilement que celles des mammifres1 ,lamarck1 qui aperoit de nombreuses sries de formes de transition entre les espces que l'on considre comme disparues et les espces actuelles1 n'admet pas que les espces s'teignent2 il suppose qu'elles se transforment toutes4 ,s'il y a1 dit-il#bg1 des espces rellement perdues1 ce ne peut tre sans doute que parmi les grands animaux qui vivent sur les parties sches du globe1 o l'homme1 par l'empire absolu qu'il y exerce1 a pu parvenir dtruire tous les individus de quelques-unes qu'il n'a pas voulu conserver ni rduire la domesticit4 ,de l nat la possibilit que les animaux des genres ,palotherium1 ,anoplotherium1 ,megalonyx1 ,mastodon de ,m4 ,cuvier et quelques autres espces de genres dj connus1 ne soient plus existant dans la nature2 nanmoins il n'y a l qu'une possibilit4 ,mais les animaux qui vivent dans le sein des eaux1 surtout des eaux marines1 et1 en outre1 toutes les races de petite taille qui habitent la surface de la terre et qui respirent l'air1 sont l'abri de la destruction de leur espce de la part de l'homme2 leur multiplication est si grande et les moyens de se soustraire ses poursuites et ses piges sont tels qu'il n'y a aucune apparence qu'il puisse dtruire l'espce entire d'aucun de ces animaux4 ,pntr1 comme ,buffon1 de l'importance du rle de l'homme dans la nature1 ,lamarck ne voit pas d'autre cause de destruction des espces que l'homme lui-mme4 ,il n'aperoit pas que la guerre dclare par notre espce aux animaux n'est qu'un cas particulier de la grande lutte qu'ils se livrent entre eux et dont les premires consquences ne lui ont cependant pas chapp1 car il crit#bh3 ,par suite de la multiplication des petites espces1 et surtout des animaux les plus imparfaits1 la multiplicit des individus pouvait nuire la conservation des races1 celle des progrs acquis dans le perfectionnement de l'organisation1 en un mot l'ordre gnral1 si la nature n'et pris des prcautions pour restreindre cette multiplication dans des limites qu'elle ne peut jamais franchir4 ,les animaux se mangent les uns les autres1 sauf ceux qui vivent de vgtaux2 mais ceux-ci sont exposs tre dvors par les animaux carnassiers4 ,on sait que ce sont les plus forts et les mieux arms qui mangent les plus faibles1 et que les grandes espces dvorent les plus petites4 ,ici1 nous sommes bien prs1 semble-t-il1 non seulement de la lutte pour la vie telle que la concevra ,darwin1 mais mme de la slection naturelle4 ,malheureusement1 au lieu de poursuivre l'ide1 ,lamarck aussitt s'engage dans une autre voie2 il n'a pas vu les consquences de l'ardente concurrence qui s'tablit entre les animaux de mme espce ds que les vivres ne sont plus que juste suffisants2 bien au contraire1 il croit que les individus d'une mme race se mangent rarement entre eux et font la guerre d'autres races4 ,puis il revient sans le vouloir aux causes finales lorsqu'il dveloppe les prcautions prises par la nature pour empcher les grosses espces de se multiplier au point de devenir un danger pour l'existence des petites4 ,darwin a pris ici exactement le contrepied de ,lamarck2 mais on ne peut blmer ce dernier de n'avoir pas cherch rsoudre un problme qui n'tait mme pas pos de son temps1 celui de l'extinction graduelle et du renouvellement1 en dehors de l'influence de l'homme1 de la plupart des espces animales et vgtales4 99 99 99 99 99 ,partisan de la fixit des espces1 ,cuvier n'hsitait pas affirmer que de nombreux animaux avaient disparu depuis un temps plus ou moins long1 et il attribuait volontiers1 nous le verrons bientt1 leur disparition d'immenses catastrophes1 des cataclysmes gnraux1 bouleversant la surface entire du globe4 ,lamarck1 frapp au contraire des transformations graduelles que semblent avoir prouves les mollusques1 conteste la ralit de ces rvolutions du globe1 dont sir ,charles ,lyell et ses disciples dmontreront plus tard l'inanit4 ,pourquoi1 dit-il fort bien#bi1 supposer sans preuve une catastrophe universelle1 lorsque la marche de la nature1 mieux connue1 suffit pour rendre raison de tous les faits que nous observons dans toutes ses parties8 ,si l'on considre1 d'une part1 que dans tout ce que la nature opre elle ne fait rien brusquement1 et que partout elle agit avec lenteur et par degrs successifs1 et d'autre part que les causes particulires ou locales des dsordres1 des bouleversements1 des dplacements peuvent rendre raison de tout ce que l'on observe la surface du globe1 on reconnatra qu'il n'est nullement ncessaire de supposer qu'une catastrophe universelle est venue tout culbuter et dtruire une grande partie des oprations mmes de la nature4 ,c'est la doctrine des causes actuelles soutenue et dveloppe l'aurore mme de la gologie2 c'est l'indication du programme qu'a si bien rempli depuis toute une grande cole de gologues4 ,appliquant aux classifications la thorie de la descendance1 ,lamarck semblait devoir tre ramen vers l'chelle des tres de ,bonnet2 mais il s'aperoit bien vite qu'on ne saurait disposer les animaux en une srie linaire unique4 ,il les divise1 en effet1 en deux lignes dont les progniteurs sont dus la gnration spontane2 mais les uns se sont forms librement2 les autres1 plus levs1 ont pris naissance dans des corps dj vivants1 dont les humeurs se sont organises2 ils ont vcu d'abord en parasites1 constituant ainsi la classe des helminthes4 ,la premire srie n'a prsent qu'une volution trs borne3 la seconde a abouti aux vertbrs4 ,lamarck est le premier qui1 au lieu de placer ces derniers en tte du rgne animal1 procde1 au contraire1 du simple au compos1 et s'lve graduellement des infusoires ou des helminthes les plus simples jusqu'aux formes les plus parfaites sous lesquelles se manifeste la vie4 ,l'ordre de la nature1 dit-il1 c'est l'ordre mme dans lequel les corps ont t forms depuis l'origine1 et1 comme ces corps paraissent tous procder les uns des autres1 il est vident qu'ils doivent former des sries ininterrompues1 dans lesquelles il n'est possible de tracer aucune ligne de dmarcation sparant les uns des autres des groupes plus ou moins comprhensifs3 ,la nature n'a rellement form ni classes1 ni ordres1 ni familles1 ni genres1 ni espces constantes1 mais seulement des individus qui se succdent les uns aux autres et qui ressemblent ceux qui les ont produits4 ,ceux de ces individus qui se ressemblent le plus et qui se conservent dans le mme tat1 de gnration en gnration1 depuis qu'on les connat1 constituent des espces4 ,mais les individus constituant les espces ne prsentent de caractres constants que si les circonstances dans lesquelles ils sont placs demeurent invariables2 ds que ces circonstances varient1 les individus changent3 de l les intermdiaires1 pour ainsi dire en nombre indfini1 qui relient entre elles les formes animales les plus disparates au premier abord4 ,il n'y a donc pas d'espce invariable4 la vrit1 ,lamarck exagre le nombre des formes de passages qui1 dans la nature actuelle1 existent entre les espces#cj2 il exagre aussi la facilit avec laquelle les espces peuvent se croiser2 l'instabilit de l'espce lui apparat trop grande2 mais cela tient ce qu'il n'est pas encore en possession du grand fait de la disparition des espces et que1 ds lors1 il lui parat impossible qu'il puisse y avoir de lacune dans la nature4 ,toutefois ,lamarck est loin d'admettre que la gradation soit absolue1 comme on l'a quelquefois suppos2 il voit un hiatus profond entre les corps bruts et les corps organiss#ca1 et il suppose un semblable hiatus entre les animaux et les plantes1 les animaux possdant une facult1 l'irritabilit1 qui manque entirement tous les vgtaux4 leur tour1 au point de vue de leur complication organique1 et si l'on ne tient compte que des classes1 les animaux et les plantes forment respectivement dans chaque rgne une srie unique1 une vritable chelle1 dont les degrs sont caractriss par le dveloppement de systmes d'organes de plus en plus compliqus4 ,cette chelle reprsente l'ordre qui appartient la nature et qui rsulte1 ainsi que les objets que cet ordre fait exister1 des moyens qu'elle a reus de l',auteur suprme de toute chose4 ,elle n'est elle-mme que l'ordre gnral et immuable que ce sublime ,auteur a cr dans tout1 et que l'ensemble des lois gnrales et particulires auxquelles cet ordre est assujetti4 ,par ces moyens1 dont elle continue sans altration l'usage1 elle a donn et donne perptuellement l'existence ses productions2 elle les varie et les renouvelle sans cesse et conserve ainsi partout l'ordre entier qui en est l'effet#cb4 ,les formes diverses des animaux et des plantes rsultent1 en dfinitive1 pour ,lamarck1 de deux causes3 #a ,un certain ordre naturel1 directement institu par le ,crateur1 et qui se manifeste dans la srie unique et graduellement nuance1 dans l'chelle que forment respectivement les animaux et les plantes2 #b ,l'influence des conditions extrieures qui1 sans altrer cet ordre dans ce qu'il a d'essentiel1 agit pour varier l'infini les productions naturelles et pour crer autour de l'chelle unique qui reprsente chaque rgne une infinit de petites sries rameuses1 dont quelques branches peuvent mme paratre compltement isoles4 ,ceci est important3 on reprsente souvent ,lamarck comme ayant exclusivement attribu aux forces naturelles l'volution de l'univers2 ,hckel1 dans son ,histoire de la cration naturelle#cc reproduit cette opinion4 ,telle n'tait cependant pas la pense de l'illustre auteur de la ,philosophie zoologique4 ,sans doute la matire et ses fluides subtils1 que nous nommons aujourd'hui les forces physico-chimiques1 ont suffi1 selon ,lamarck1 former les plus simples des tres vivants2 sans doute l'influence des circonstances extrieures a jou un rle prpondrant dans la production des formes organiques2 mais ces formes nanmoins se sont compliques suivant un plan assign d'avance par le sublime ,auteur de toutes choses1 et que traduit la gradation successive des organismes4 ,il semble que ,lamarck greffe en quelque sorte sa thorie des actions de milieu sur l'ide de l'chelle des tres de ,bonnet1 dont il n'arrive pas se dgager compltement1 parce qu'elle lui parat sans doute conforme sa conception particulire de la majest du ,crateur4 ,ce sont1 en dfinitive1 les causes finales qui reviennent dans l'esprit de ,lamarck1 malgr lui1 et qui lui font dire ailleurs#cd3 ,ainsi1 par ces sages prcautions1 tout se conserve dans l'ordre tabli2 les changements et les renouvellements perptuels qui s'observent dans cet ordre sont maintenus dans des bornes qu'ils ne sauraient dpasser2 les races des corps vivants subsistent toutes1 malgr leurs variations2 les progrs acquis dans le perfectionnement de l'organisation ne se perdent point2 tout ce qui parat dsordre1 anomalie rentre sans cesse dans l'ordre gnral et mme y concourt2 et partout1 et toujours1 la volont du suprme ,auteur de la nature et de tout ce qui existe est invariablement excute4 ,on ne saurait mieux exposer la thorie des causes finales1 car si ,dieu a tout fait1 tout coordonn1 tout agenc1 de manire que sa volont soit partout et toujours excute1 c'est qu'il a tout prvu1 que par tous les moyens dont il a dot la nature celle-ci court inconsciemment1 comme le veulent les finalistes1 vers un but dtermin3 l'accomplissement de la volont cratrice4 ,cependant1 par une tonnante contradiction1 ,lamarck1 finaliste dans l'ensemble1 se montre1 dans le dtail1 adversaire rsolu des causes finales4 ,les ouvrages des naturalistes et des philosophes sont remplis de l'tonnement que leur cause le merveilleux outillage dont les animaux sont pourvus1 la merveilleuse appropriation de chacun de leurs outils aux fonctions qu'il remplit2 c'est pour la plupart d'entre eux une preuve indiscutable de l'intelligence1 de la sagesse qui ont prsid la cration4 ,le fait est1 dit ,lamarck#ce1 que les divers animaux ont1 chacun suivant leur genre et leur espce1 des habitudes particulires et toujours une organisation qui se trouve parfaitement en rapport avec ces habitudes4 ,de la considration de ce fait1 il semble qu'on soit libre d'admettre1 soit l'une1 soit l'autre des deux conclusions suivantes1 et qu'aucune d'elles ne puisse tre prouve4 ,conclusion admise jusqu' ce jour3 ,la nature 7ou son ,auteur71 en crant les animaux1 a prvu toutes les sortes possibles de circonstances dans lesquelles ils auraient vivre et a donn chaque espce une organisation constante1 ainsi qu'une forme dtermine et invariable dans ses parties qui force chaque espce vivre dans les lieux et les climats o on la trouve et y conserver les habitudes qu'on lui connat4 ,ma conclusion particulire3 ,la nature1 en produisant successivement toutes les espces d'animaux1 en commenant par les plus imparfaits et les plus simples1 pour terminer son ouvrage par les plus parfaits1 a compliqu graduellement leur organisation2 et1 ces animaux se rpandant gnralement dans toutes les rgions habitables du globe1 chaque espce a reu de l'influence des circonstances dans lesquelles elle s'est rencontre les habitudes que nous lui connaissons et les modifications dans ses parties que l'observation nous montre en elle4 ,entre ces deux conclusions1 ,lamarck n'hsite pas4 ,la premire suppose que les espces sont fixes et ont t de tout temps aussi troitement adaptes que nous le voyons aux conditions dans lesquelles elles ont vcu2 mais cette fixit des espces suppose1 son tour1 la fixit des conditions d'existence dans lesquelles elles sont places4 ,or ce dernier fait est absolument contraire tout ce que l'observation nous dmontre2 il y a plus3 nous avons volontairement chang les conditions d'existence d'un certain nombre d'animaux1 ce sont les animaux domestiques2 or ces animaux se sont eux-mmes modifis avec les conditions qui leur ont t imposes4 ,aucun d'eux ne ressemble plus aux animaux de la souche sauvage dont il descend1 et nous pouvons encore les modifier notre gr4 ,l'argument est irrsistible2 quelque effort que l'on ait fait depuis pour en diminuer la porte1 il se dresse toujours aussi solide contre tous les raisonnements qui voudraient tablir la fixit des espces4 ,ces arguments se rduisent d'ailleurs ceci3 les modifications imposes aux animaux domestiques n'ont pas dpass certaines limites4 quoi l'on peut rpondre que personne n'a jusqu'ici essay de modifier compltement les conditions primitives2 l'homme s'est toujours born tirer parti de l'uvre de la nature1 profiter des rsultats obtenus par elle1 s'avancer plus loin dans la voie o elle s'tait engage1 et dans la mesure que lui indiquait la satisfaction de ses besoins2 il ne s'est pas propos de transformer les animaux1 de leur imposer des changements profonds2 il a voulu conserver et perfectionner son profit1 plutt que crer2 et1 se ft-il propos ce dernier but1 il y a encore un facteur dont il lui aurait fallu tenir compte3 le temps4 ,aux six mille annes dont il a pu disposer1 depuis qu'il est civilis la nature oppose l'uvre de cent millions d'annes3 c'est cette uvre que l'homme s'tonne modestement de n'avoir pas encore bouleverse6 ,lamarck accepte donc pleinement l'opinion que les espces anciennes se sont graduellement modifies pour produire les espces actuelles4 ,les infusoires1 ns directement par gnration spontane1 ont produit1 en se perfectionnant1 les radiaires2 les vers qui se sont forms dans des corps dj organiss ont eu une volution plus rapide et sont monts plus haut4 ,ils se sont diviss en deux branches1 dont l'une a fourni les insectes1 ensuite les arachnides1 puis les crustacs2 l'autre a donn successivement1 et dans l'ordre o leurs noms sont noncs1 les annlides1 les cirrhipdes1 les mollusques1 les poissons et les reptiles4 ,l1 nouvelle bifurcation3 les reptiles engendrent d'une part les oiseaux1 d'o naissent ensuite les mammifres monotrmes2 d'autres reptiles produisent les mammifres amphibies1 et ces derniers forment une souche d'o se dtachent d'abord les ctacs1 puis les mammifres ordinaires1 qui se divisent enfin en onguiculs et onguls4 ,voici d'ailleurs ce tableau gnalogique du rgne animal1 le premier qui ait t dress sur des donnes scientifiques3 ,,tableau ,servant montrer l'origine des diffrents animaux4 ,vers ,infusoires ,polypes ,radiaires -------------------------------- ,annlides ,insectes ,cirrhipdes ,arachnides ,mollusques ,crustacs ,poissons ,reptiles --------------------------------------- ,oiseaux ,mammifres amphibies -------------------------------- ,monotrmes ,m4 ,onguiculs ,m4 ,onguls ,m4 ,ctacs ,beaucoup des documents qui pourraient servir aujourd'hui tablir un arbre semblable manquaient ,lamarck4 ,il n'y a donc pas lieu de s'tonner qu'il ait renvers l'ordre dans lequel s'est probablement faite l'volution des animaux articuls2 qu'il ait tort intercal les cirrhipdes1 qui sont des crustacs1 entre les annlides et les mollusques2 qu'il ait fait descendre les monotrmes des oiseaux1 au lieu de les runir aux autres mammifres2 qu'enfin il ait cherch tirer les mammifres ordinaires des amphibies1 au lieu de faire descendre ces animaux des premiers1 comme on le ferait aujourd'hui4 ,ce sont l des renversements qui sont invitables tant que les connaissances sont incompltes1 qui se sont produits plusieurs fois depuis1 mais que les progrs de la science rendent chaque jour plus rares4 ,l'essentiel tait d'avoir reconnu entre les diffrents types organiques une parent qui a presque toujours t confirme depuis4 ,on remarquera que l'homme n'est pas compris dans ce tableau4 ,la pense de ,lamarck1 l'gard de l'origine de l'homme1 a t prsente de faons diverses2 il est intressant de citer ses propres paroles3 ,si l'homme n'tait distingu des animaux que relativement son organisation1 il serait ais de montrer que les caractres d'organisation dont on se sert pour en former1 avec ses varits1 une famille part1 sont tous le produit d'anciens changements dans ses actions1 et des habitudes qu'il a prises et qui sont devenues particulires aux individus de son espce#cf4 ,effectivement1 ,lamarck montre comment une race perfectionne de quadrumanes1 cessant de grimper1 a pu devenir bimane2 comment elle a acquis l'attitude verticale1 par suite de la ncessit d'explorer au loin le pays pour assurer sa scurit2 comment elle s'est associe ses semblables pour dominer le monde et parquer dans les forts les espces rivales2 comment1 des besoins nouveaux crs par cette association1 a d natre le langage4 ,ainsi1 ajoute-t-il1 cet gard1 les besoins seuls ont tout fait2 ils auront fait natre les efforts2 et les organes propres aux articulations des sons se seront dvelopps par leur emploi habituel4 ,telles seraient les rflexions que l'on pourrait faire si l'homme1 considr ici comme la race prminente en question1 n'tait distingu des animaux que par les caractres de son organisation et si son origine n'tait pas diffrente de la leur#cg4 ,cette opinion peut se rsumer ainsi3 naturaliste1 ,lamarck n'hsite pas considrer l'homme comme un singe modifi2 philosophe et psychologue1 il voit entre l'homme et les animaux un abme1 et l'homme lui apparat ds lors comme une manation directe du ,crateur4 ,cette concession serait encore aujourd'hui suffisante pour rallier au transformisme bien des esprits que dominent de respectables croyances4 ,mais quel intrt pourrait avoir la doctrine de la descendance si elle s'arrtait prcisment au point qu'il nous importe le plus d'lucider1 si1 aprs avoir prtendu nous rvler l'origine de tous les animaux1 elle nous laissait compltement ignorants du pass de notre espce8 ,et cependant1 mme au point de vue psychologique1 la barrire que ,lamarck tablit entre l'homme et les animaux est bien faible4 ,dans la doctrine de l'illustre naturaliste1 les milieux extrieurs1 on s'en souvient1 n'agissent pas directement sur les organismes2 ils ne les modifient qu'en excitant chez eux des besoins1 puis des habitudes provoquant l'usage ou le dfaut d'usage des organes1 et dterminent ainsi leur accroissement ou leur atrophie4 ,les besoins sont intimement lis aux sensations1 celles-ci aux facults intellectuelles2 aussi ,lamarck attache-t-il une grande importance au dveloppement plus ou moins grand de ces facults chez les animaux1 qu'il divise dans sa classification dfinitive#ch en animaux apathiques1 animaux sensibles et animaux intelligents4 ,le simple nonc de cette classification sufft montrer que ,lamarck admet un dveloppement graduel des facults intellectuelles4 ,il s'efforce du reste de dmontrer que tous les actes de l'entendement exigent un systme d'organes particuliers pour pouvoir s'excuter1 et1 comme ces organes sont les mmes chez l'homme et les animaux suprieurs1 qu'il n'y a entre eux qu'une diffrence de degr1 il s'ensuit ncessairement que1 si les animaux les plus levs sont issus des plus simples1 l'homme doit son tour tre issu des formes suprieures du rgne animal4 ,aprs avoir dvelopp toutes ses ides sur la nature de l'entendement1 qu'il regarde simplement comme un ensemble de phnomnes mcaniques1 ,lamarck ne revient cependant pas sur le problme de la place de l'homme dans la nature4 ,on se demande s'il n'a pas craint par une dernire et suprme hardiesse de compromettre le succs d'une uvre qui lui avait cot une incroyable dpense de gnie et qu'il savait tre de beaucoup en avance sur son poque4 ,aussi termine-t-il son livre par cette mlancolique rflexion1 qui n'a malheureusement pas cess d'tre vraie3 ,les hommes qui s'efforcent par leurs travaux de reculer les limites des connaissances humaines savent assez qu'il ne leur suffit pas de dcouvrir et de montrer une vrit utile qu'on ignorait1 et qu'il faut encore pouvoir la rpandre et la faire reconnatre2 or la raison individuelle et la raison publique1 qui se trouvent dans le cas d'en prouver quelque changement1 y mettent en gnral un obstacle tel qu'il est souvent plus difficile de faire reconnatre une vrit que de la dcouvrir4 ,je laisse ce sujet sans dveloppement1 parce que je sais que mes lecteurs y suppleront suffisamment1 pour peu qu'ils aient d'exprience dans l'observation des causes qui dterminent les actions des hommes4 ,simple et sans amertume1 empreinte d'une douce philosophie1 cette phrase n'en reflte pas moins le sentiment bien net qu'prouvait ,lamarck de l'injustice de ses contemporains son gard4 ,un d'eux a laiss sur l'exemplaire de la ,philosophie zoologique qui appartient la bibliothque du ,musum cette apprciation anonyme3 homme assez superficiel4 ,ce lecteur expansif traduit assez exactement l'impression que fit sur ceux qui ne le comprirent pas le grand naturaliste qui osa le premier envisager d'un point de vue nouveau l'empire organique tout entier4 ,lamarck s'tait impos aux zoologistes par son ,histoire naturelle des animaux sans vertbres1 qui lui fit dcerner le nom de ,linn franais4 ,on lui pardonna1 suivant le mot d',isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire1 la philosophie zoologique1 en raison de son grand ouvrage descriptif4 ,quant aux ides neuves et fcondes qu'il avait si gnreusement semes dans son uvre1 elles furent bientt ensevelies sous des sarcasmes auxquels on regrette que ,cuvier lui-mme se soit associ4 ,elles devaient dormir un demi-sicle avant de s'offrir de nouveau aux mditations des savants4 ,l'homme qui a le premier cherch prciser scientifiquement quels liens de parent gnalogique unissaient ensemble les animaux les plus simples aux plus parfaits1 qui le premier a pntr l'importance du phnomne d'hrdit1 a os affirmer que nous devions chercher l'explication de la nature prsente dans la nature passe2 qui a pos comme une rgle gnrale du dveloppement de notre globe1 comme de celui des organismes1 une volution lente et graduelle1 sans secousses et cataclysmes2 l'homme qui a essay le premier de sonder les mystres de la vie la lumire des sciences physiques1 cet homme aura ternellement droit l'admiration de tous4 ,sans doute le mcanisme rel du perfectionnement des organismes lui a chapp1 mais ,darwin ne l'a pas expliqu davantage4 ,la loi de slection naturelle n'est pas l'indication d'un procd de transformation des animaux2 c'est l'expression d'un ensemble de rsultats4 ,elle constate ces rsultats sans nous montrer comment ils ont t prpars4 ,nous voyons bien qu'elle conduit la conservation des organismes les plus parfaits2 mais ,darwin ne nous laisse pas voir comment ces organismes eux-mmes ont t obtenus4 ,c'est une lacune qu'on a seulement essay de combler dans ces dernires annes4 ,peut-tre les ides de ,lamarck eussent plus rapidement conquis la place qui leur revenait1 si1 l'poque mme o il les dveloppait1 l'arne scientifique n'avait pas t presque entirement occupe par deux terribles champions1 plus jeunes et plus ardents que lui3 ,geoffroy ,saint-,hilaire et ,cuvier4 ,nous ne devons pas sparer dans cette esquisse deux noms qui retentirent si souvent ensemble dans les dbats acadmiques de la premire moiti de ce sicle1 qui sont demeurs inscrits sur les drapeaux de deux coles rivales et que l'on peut considrer comme l'expression la plus saisissante de deux tournures opposes de l'esprit humain4 ,,chapitre ,,ix ,,tienne ,,geoffroy ,,saint-,,hilaire ,opposition des deux doctrines de la fixit et de la variabilit des espces4--,l'unit de plan de composition4--,importance des organes rudimentaires4--,balancement des organes4--,thorie des analogues2 principe des connexions4--,analogie des animaux infrieurs et des embryons des animaux suprieurs4--,arrts de dveloppement4--,les monstres et la tratologie4--,ides de ,geoffroy sur la variabilit des espces2 les transformations brusques2 l'influence du milieu4--,extension de la thorie de l'unit de plan de composition aux animaux articuls3 retournement du vertbr2 ides d',ampre4--,lien gnalogique entre les espces fossiles et les espces vivantes4 ,dsormais1 deux opinions opposes relativement aux espces sont tablies dans la science et vont compter chacune ses partisans4 ,linn avait affirm d'une manire absolue la fixit des formes spcifiques2 ,buffon et surtout ,lamarck proclament leur instabilit4 ,pour eux1 l'espce est capable de subir des modifications sans nombre1 que ,buffon ne cherche pas poursuivre bien loin1 mais dont ,lamarck considre l'tendue comme indfinie1 puisque1 suivant lui1 les espces les plus leves descendent des plus simples par une suite ininterrompue de gnrations4 ,la mme opposition va se retrouver dans les ides de ,cuvier et de ,geoffroy ,saint-,hilaire2 mais cette fois c'est dans le mme champ clos que les deux coles vont se trouver en prsence2 c'est au ,jardin des plantes ou devant l',acadmie des sciences de ,paris que deux esprits1 l'un et l'autre de la plus haute porte1 vont entamer une lutte demeure clbre dans l'histoire des sciences4 ,geoffroy ,saint-,hilaire a en quelque sorte pour patrie scientifique ce ,jardin du roi1 dont ,buffon avait lev si haut la renomme4 ,c'est l qu'il est initi l'tude des sciences1 et c'est auprs de ,daubenton lui-mme1 dans un milieu encore tout rempli du souvenir et des ides de l'auteur illustre de l',histoire naturelle1 qu'il fait son ducation d'anatomiste2 c'est aussi grce au vnrable collaborateur de ,buffon qu'il est nomm sous-garde et sous-dmonstrateur du cabinet d'histoire naturelle1 en remplacement de ,lacpde1 dmissionnaire4 ,bientt aprs1 le dcret de la ,convention qui organisait le ,musum d'histoire naturelle lui donne1 lui minralogiste et peine g de vingt et un ans1 le titre de professeur de zoologie dans la nouvelle mtropole des sciences de la nature4 ,il doit y enseigner l'histoire des animaux vertbrs1 tandis que ,lamarck est charg d'exposer l'histoire des animaux sans vertbres4 ,ds lors1 le cercle des tudes du jeune naturaliste se trouve nettement trac4 ,les vertbrs sont encore de son temps considrs comme les animaux par excellence2 ce sont1 en quelque sorte1 les animaux typiques4 ,geoffroy se livre avec passion des recherches sur leur organisation2 il demeure frapp de la grande gnralit des ressemblances qu'ils prsentent entre eux et que ,buffon n'avait pas manqu de signaler4 ,ce dessein1 toujours le mme1 que1 suivant l'expression de ,buffon1 la nature semble suivre de l'homme aux quadrupdes1 des quadrupdes aux ctacs1 des ctacs aux oiseaux1 des oiseaux aux reptiles1 des reptiles aux poissons1 ,geoffroy entreprend d'en dmontrer la ralit1 d'en dterminer exactement toute l'conomie4 qui avait parcouru cette longue srie d'organismes qui s'chelonnent de l'homme aux poissons1 il devait sembler1 cette poque1 que rien au del ne pouvait prsenter un haut intrt4 ,geoffroy pensa bien vite que ce plan commun1 dont les objets favoris de ses tudes lui rvlaient l'existence1 se retrouvait dans la nature entire4 ,ds #agie1 peine g de vingt-trois ans1 une poque o il vivait dans la plus grande intimit avec ,cuvier1 qu'il venait d'introduire au ,musum d'histoire naturelle1 il crivait dans son ,mmoire sur les rapports naturels des ,makis3 ,la nature n'a form tous les tres vivants que sur un plan unique1 essentiellement le mme dans son principe1 mais qu'elle a vari de mille manires dans toutes ses parties accessoires4 ,si nous considrons particulirement une classe d'animaux1 c'est l surtout que son plan nous paratra vident2 nous trouverons que les formes diverses sous lesquelles elle s'est plue faire exister chaque espce drivent toutes les unes des autres2 il lui suffit de changer quelques-unes des proportions des organes pour les rendre propres de nouvelles fonctions1 pour en tendre ou restreindre les usages444 ,toutes les diffrences les plus essentielles qui affectent chaque famille1 dpendant d'une mme classe1 viennent seulement d'un autre arrangement1 d'une autre complication1 d'une modification enfin de ces mmes organes4 ,buffon avait dit3 un trs grand nombre d'animaux sont construits sur le mme plan2 ,geoffroy affirme ici que tous les animaux ont la mme structure fondamentale4 ,cette ide de l'unit de plan de composition des animaux1 si simple et si grande1 doit prsider dsormais presque tous ses travaux2 la dmontrer doit tre la proccupation constante de sa vie4 ,ce qu'il recherche dans l'tude des animaux1 ce ne sont pas1 comme le font les disciples de ,linn1 les diffrences qui les sparent1 ce sont les ressemblances qui peuvent exister entre eux1 et cette proccupation l'amne dj en #agif un rsultat intressant4 ,dans les conclusions de ses ,recherches sur les rapports naturels des animaux bourse1 il signale les ressemblances des dasyures avec les civettes1 des phalangers avec les cureuils1 des kanguroos avec les gerboises2 il tablit ainsi une sorte de paralllisme entre les mammifres marsupiaux et les mammifres ordinaires2 c'est la premire indication de l'ide des classifications parallliques qu',isidore ,geoffroy1 son fils1 dveloppera plus tard1 et dont nous aurons apprcier l'importance4 ,mais1 selon ,geoffroy1 il est pour l'histoire naturelle quelque chose de plus important que des classifications3 c'est l'tude des rapports1 tude qui le remplit d'enthousiasme et dans laquelle il croit trouver la voie qui doit conduire l'explication des phnomnes de la nature4 ,un instant1 la sduisante ide de l'enchanement universel des tres l'attire vers ,bonnet1 mais il est trop zoologiste pour s'y arrter4 ,cette chane universelle est une vritable chimre1 dit-il en #agid4 ,mais il sait trop bien que les tres vivants ne sont pas isols les uns des autres1 qu'un lien intime les relie troitement1 malgr leur diversit1 pour ne pas chercher remplacer l'hypothse du naturaliste genevois1 et il croit son tour avoir trouv dans l'unit de plan de composition la loi mme de la nature4 ,qu'on le remarque3 cette ide1 qui a fait la gloire de ,geoffroy1 qui a suscit toutes ses tudes1 qui l'a conduit la dcouverte de principes dont l'application a domin les travaux de naturalistes des coles les plus opposes1 cette ide fconde1 en raison de la part de vrit qu'elle contient1 ce n'est pas la fin d'une longue carrire de zoologiste praticien1 aprs une longue accumulation de recherches sans but1 qu'elle s'est prsente son esprit2 c'est ds le dbut de ses investigations1 ds sa premire jeunesse1 et il en est presque toujours ainsi4 ,les ides gnrales ne surgissent pas quand l'esprit1 fatigu de parcourir le ddale des petits faits et des minuties1 arrive son dclin2 pourquoi ces fes bienfaisantes viendraient-elles illuminer les derniers travaux de ceux qui durant toute leur vie n'ont eu pour elles que mfiance et ddain8 ,elles ont d'ailleurs leurs caprices1 se montrent coquettement1 se laissent voir demi1 puis s'envolent2 reviennent illuminer1 comme de charmants feux follets1 l'esprit doucement berc1 qui les prend pour un rve et nglige1 tant qu'il le peut encore1 d'enchaner ces sylphes lgers1 plus subtils en apparence que l'ther4 ,bientt le sylphe se lasse2 ses apparitions sont plus rares2 il se montre sous des traits moins sduisants2 enfin la douce vision s'vanouit sans retour1 laissant ceux qui n'ont pas su la fixer le douloureux souvenir du charme rompu4 ,et cependant ces riens aux formes mouvantes1 ces prtendus fantmes sont la force mme de l'esprit humain2 c'est eux qu'il appartient de lui communiquer le gnie qui sait dcouvrir les voies nouvelles1 les jalonner de ses conqutes et traner enfin le vieux monde sa remorque jusqu'aux brillants sommets o s'ouvrent les nouveaux horizons4 ,mais ils sont justement jaloux2 en retour de leurs bienfaits1 ils exigent de celui auquel ils se livrent une constante fidlit4 ,souvent aussi1 ils ne se laissent conqurir qu' moiti1 ne laissent prendre qu'une de leurs formes2 mais qu'importe s'ils n'en ont pas moins permis celui qui croyait les possder de faire1 au profit de l'humanit1 une riche moisson4 ,tel fut le cas de ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,il rvait de trouver une solution au problme que posent les ressemblances troites des animaux2 cette solution1 il croit la voir apparatre dans l'ide de l'unit de plan de composition4 ,la fe ne s'tait laiss prendre qu' demi2 mais elle sut largement payer la part d'hospitalit qu'elle accepta4 ,dj elle avait montr le bout de ses ailes ,aristote1 ,galien1 ,ambroise ,par1 ,belon1 ,newton#ci1 ,vicq-d',azyr#dj1 ,buffon1 ,gthe1 ,herder1 ,pinel2 seul ,geoffroy eut assez de persvrance pour la fixer un instant et lui arracher de prcieux secrets4 ,durant l'expdition d'gypte1 des observations sur l'aile de l'autruche lui font dj entrevoir l'importance des organes rudimentaires3 chez cet oiseau1 l'os bien connu sous le nom de fourchette est trs peu dvelopp4 ,ces rudiments de fourchette n'ont pas t supprims1 dit ,geoffroy1 parce que la nature ne marche jamais par sauts rapides et qu'elle laisse toujours des vestiges d'un organe1 lors mme qu'il est tout fait superflu1 si cet organe a jou un rle important dans les autres espces de la mme famille4 ,ainsi se retrouvent1 sous la peau des flancs1 les vestiges de l'aile du casoar2 ainsi se voit1 chez l'homme1 l'angle interne de l'il1 un boursouflement de la peau qu'on reconnat pour le rudiment de la membrane incitante dont beaucoup de quadrupdes et d'oiseaux sont pourvus4 ,vers cette mme poque1 en #ahjj1 il crit encore3 ,les germes de tous les organes que l'on observe1 par exemple1 dans les diffrentes familles d'animaux respiration pulmonaire1 existent la fois dans toutes les espces1 et la cause de la diversit infinie des formes qui sont propres chacune1 et de l'existence de tant d'organes demi effacs ou totalement oblitrs1 doit se rapporter au dveloppement proportionnellement plus considrable de quelques-uns1 dveloppement qui s'opre toujours aux dpens de ceux qui sont dans le voisinage4 ,ce dernier aperu n'est autre chose que la premire indication de ce que ,geoffroy ,saint-,hilaire appellera plus tard le principe du balancement des organes2 et ce principe lui fournira l'explication de l'existence des organes rudimentaires1 produits incomplets de germes qui ont avort1 parce que d'autres organes voisins se sont empars de la nourriture qui leur tait destine4 ,il est rare d'ailleurs que l'avortement soit complet2 les rudiments1 pour demeurer imparfaits1 n'en existent pas moins la place mme qu'auraient d occuper les organes qu'ils reprsentent2 c'est l un fait important pour la dmonstration de l'unit de plan de composition4 ,une semblable unit suppose1 nous l'avons vu1 que tous les animaux d'un mme groupe--,geoffroy semble restreindre ici l'affirmation absolue qu'il avait mise dans son mmoire sur les ,makis--possdent les mmes organes4 ,mais comment reconnatre1 dans la srie innombrable des formes1 les organes qui se correspondent8 ,ici1 ,geoffroy imagine une mthode d'investigation1 indpendante de l'hypothse de l'unit de plan de composition1 applicable toutes les fois que des animaux sont construits sur le mme plan1 quel que soit le nombre des plans suivis par la nature1 et qui1 sous le nom de thorie des analogues1 est devenue entre les mains des anatomistes de toutes les coles l'un des instruments les plus fconds de dcouvertes4 ,on peut considrer les organes divers points de vue1 notamment au point de vue de leur forme1 au point de vue de leur fonction1 au point de vue de leur position relative4 ,lorsque chez deux animaux diffrents deux organes ont une forme voisine1 une mme fonction1 une semblable position1 tout le monde les appelle du mme nom2 personne n'met un doute sur leur identit fondamentale3 ce sont deux organes analogues4 ,mais l'observation apprend bientt que1 chez des organes dont l'analogie est cependant vidente1 la forme et la fonction peuvent considrablement varier4 ,chez les vertbrs1 par exemple1 le membre antrieur peut tre une patte locomotrice1 une aile ou une nageoire2 sa forme a chang1 sa fonction s'est modifie2 mais il demeure trs longtemps form des mmes parties1 et1 lors mme que ces parties ont prouv certaines modifications1 la position du membre1 ses rapports avec les autres organes sont demeurs essentiellement les mmes4 ,ce qui est vident des membres antrieurs1 ,geoffroy ,saint-,hilaire le suppose vrai pour tous les autres organes4 ,il se laisse d'abord guider par son hypothse pour identifier1 en #ahjf1 la structure de la nageoire antrieure des poissons avec celle des pattes des autres vertbrs1 pour ramener un type commun la composition du crne de tous ces animaux4 ,assur par ses dcouvertes successives de la haute valeur du guide qu'il a choisi1 il nonce enfin le principe des connexions4 ,un organe1 dit-il1 est plutt altr1 atrophi1 ananti que transpos#da4 ,l'anatomie philosophique est essentiellement le dveloppement de ce principe1 qui implique une conception de l'organe toute nouvelle4 ,on disait volontiers jusqu' ,geoffroy3 ,tel organe est destin telle fonction4 ,geoffroy dit1 au contraire3 ,l'organe est indpendant de la fonction4 ,pour lui1 la notion du plan de structure1 la notion morphologique1 comme on dirait aujourd'hui1 est suprieure la notion physiologique4 ,l'animal existe avec une structure1 toujours la mme1 quel que soit le rle qu'il aura jouer dans le monde4 ,c'est le conflit de ses facults et des conditions dans lesquelles il doit les exercer qui dtermine les fonctions et la forme mme de ses organes4 ,on doit voir1 dans cette faon d'envisager les tres vivants1 un progrs considrable et dfinitif4 ,une voie fconde est ouverte dsormais l'anatomie1 qui ,geoffroy ,saint-,hilaire ne tarde pas donner comme auxiliaire l'embryognie4 comparer la tte des poissons osseux avec celle des mammifres adultes1 on reconnat bien vite qu'il y a dans la tte des premiers un grand nombre d'os sans analogues vidents dans la tte des seconds4 ,ce parat tre une pierre d'achoppement invitable pour la thorie de l'unit de plan de composition4 ,geoffroy a l'ide lumineuse de comparer la tte des poissons non plus celle des mammifres adultes1 mais celle des embryons de mammifre2 de dterminer chez ces animaux non pas les os1 mais les centres d'ossification et leurs rapports4 ,ds lors1 la comparaison devient possible1 et des ressemblances incontestables sont tablies entre les modes de constitution1 diffrents en apparence1 de la tte des poissons osseux1 de celle des reptiles1 de celle des oiseaux et de celle des mammifres4 ,chemin faisant1 ,geoffroy dcouvre des rudiments de dents dans la mchoire des trs jeunes baleines1 dans celle des embryons d'oiseaux qui en sont dpourvus l'tat adulte4 ,quelle joie et t celle du grand anatomiste s'il avait pu prvoir que la palontologie exhumerait un jour de vritables oiseaux dont les dents taient non seulement aussi dveloppes l'tat adulte que celles des mammifres1 mais prsentaient comme elles une mue6 ,le poisson avec ses os crniens multiples1 l'oiseau avec ses dents qui n'apparaissent que pour se fondre presque aussitt avec les tissus environnants1 peuvent tre considrs comme s'tant arrts dans leur volution un tat de dveloppement que les mammifres ne font que traverser pour arriver leur tat dfinitif4 ces divers points de vue1 ,geoffroy les considrait comme des embryons permanents des animaux suprieurs4 ,bonnet1 ,erasme ,darwin1 ,diderot avaient pressenti une sorte de paralllisme entre le dveloppement embryognique des animaux et les modifications successives des espces2 la comparaison de ,geoffroy entre les animaux infrieurs et les embryons des animaux suprieurs dtermine d'une faon prcise l'interprtation que l'on peut donner de ce paralllisme sur lequel insisteront bientt ,serres et ,m4 ,henri ,milne ,edwards2 et c'est1 en dfinitive1 la mme ide qu'ont exprime ,fritz ,mller et les embryognistes partisans de la doctrine de la descendance en disant3 ,les formes successives que prsente un animal durant son dveloppement embryognique ne sont que la rptition abrge de formes traverses par son espce pour arriver son tat actuel4 ,c'est l une formule trop absolue1 sans doute3 les formes embryonnaires d'un animal ne sauraient bien souvent vivre en dehors de l'uf2 elles sont ordinairement modifies par la prsence d'un vitellus nutritif plus ou moins volumineux1 par des adaptations diverses et surtout par les phnomnes accessoires que dtermine la rapidit avec laquelle l'volution s'accomplit1 par ce que nous avons appel l'acclration embryognique4 ,mais la loi de ,fritz ,mller n'en demeure pas moins une des lois fondamentales de l'embryognie compare1 et elle n'est1 tout prendre1 qu'une gnralisation des faits noncs par ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,mais si les animaux infrieurs rappellent1 beaucoup d'gards1 les embryons des animaux suprieurs du mme groupe1 que1 pour une raison quelconque1 ces derniers soient frapps d'arrt de dveloppement dans quelques-unes de leurs parties1 ils devront1 dans ces parties1 prsenter les caractres propres aux formes infrieures de leur famille4 ,en #ahbj1 cette ide devient pour ,geoffroy le fondement d'une science nouvelle1 la tratologie1 grce laquelle sont pour la premire fois classes1 expliques et ramenes aux lois ordinaires de l'embryognie ces formes animales accidentelles1 tantt effrayantes1 tantt simplement tranges1 qui ont toutes les poques vivement frapp l'imagination populaire1 et ont depuis longtemps reu le nom de monstruosits4 ,pour toujours1 les monstres sont enlevs la lgende2 loin de les considrer comme des exceptions aux lois de la nature1 ,geoffroy les fait servir la dcouverte1 l'extension1 la vrification de ces lois4 ,il dmontre que les monstruosits tiennent toujours quelque cause physique1 dterminable1 et va mme jusqu' indiquer comment on pourrait crer exprimentalement telle ou telle catgorie de monstres4 ,cette tude exprimentale des monstruosits a t de nos jours poursuivie non sans succs par ,m4 ,camille ,dareste4 ,la plupart des monstruosits dites par dfaut sont dues effectivement un simple arrt de dveloppement de certaines parties de l'animal qui les prsente2 mais il en est aussi qui rsultent de la soudure d'organes demeurant habituellement spars dans les individus normaux4 ,l'tude de ces dernires conduit encore ,geoffroy une loi importante1 aussi vraie1 aussi fconde en anatomie compare qu'en tratologie et qu'on peut noncer ainsi3 ,les soudures n'ont jamais lieu qu'entre parties de mme nature4 ,il parat ,geoffroy que ces parties exercent les unes sur les autres une sorte d'attraction rciproque que l'illustre anatomiste appelle l'attraction du soi pour soi1 loi dont il a t si vivement frapp qu'il en a voulu faire1 la fin de sa vie1 l'un des principes fondamentaux qui rgissent les combinaisons de la matire4 ,il crut entrevoir1 dans l'attraction du soi pour soi1 la cause dterminante de tous les phnomnes qui s'accomplissent dans l'intimit des corps1 comme l'attraction universelle parat tre la cause des grands phnomnes astronomiques4 ,malheureusement1 si les faits qui lui servaient de point de dpart taient exacts1 la cause laquelle il cherchait les rattacher n'tait gure qu'une illusion4 ,les organes de mme nature n'exercent aucune attraction particulire les uns sur les autres2 s'ils se soudent frquemment1 cela tient ce qu'ils naissent symtriquement de chaque ct du corps1 ou qu'ils se disposent sur une partie plus ou moins grande de sa longueur4 ,il arrive alors frquemment qu'ils se trouvent en contact1 si pour une raison quelconque leur accroissement est plus rapide que celui des parties qui les sparent2 ds lors leurs tissus se confondent en raison mme de leur homognit1 absolument comme1 dans le rgne vgtal1 le tissu du greffon se confond avec celui de la souche sur laquelle on l'a plac4 99 99 99 99 99 ,si les monstruosits doivent tre attribues des causes naturelles1 si elles ne rsultent que d'une modification plus ou moins importante apporte la marche ordinaire du dveloppement1 n'est-il pas possible que cette modification arrive se produire rgulirement1 se manifester non seulement sur tous les individus ns de mmes parents1 mais aussi sur leur descendance8 ,si les lois du dveloppement normal et celles du dveloppement tratologique ne sont que des cas particuliers de lois plus gnrales1 n'est-il pas possible que des individus1 monstrueux au moment de leur premire apparition1 se perptuent1 se multiplient1 prennent rang parmi les formes qui se renouvellent sans cesse par la reproduction1 deviennent1 en un mot1 des espces normales1 des types zoologiques nouveaux8 ,cette ide de la variation brusque des types par voie tratologique devait se prsenter l'esprit de ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,c'est ainsi effectivement que1 poursuivant la majestueuse srie de ses inductions1 il arrive concevoir que le type oiseau a pu se dgager du type reptile#db3 ,qu'un reptile1 dans l'ge des premiers dveloppements1 prouve une contraction vers le milieu du corps1 de manire laisser part tous les vaisseaux sanguins dans le thorax et le fond du sac pulmonaire dans l'abdomen1 c'est l une circonstance propre favoriser le dveloppement de toute l'organisation d'un oiseau4 ,il ne semble pas aujourd'hui que ces modifications brusques des types1 un moment admises par des naturalistes qui comptent parmi les plus minents1 aient t un procd habituel de diversification des formes vivantes4 ,mais1 tout au moins en ce qui regarde les oiseaux1 la palontologie a pleinement confirm1 nous l'avons dit1 leur parent gnalogique avec les reptiles1 parent indique presque simultanment par ,lamarck et ,geoffroy4 99 99 99 99 99 ,jusqu'ici1 tous les efforts de ,geoffroy ,saint-,hilaire se sont tourns vers l'tude des animaux vertbrs4 ,les poissons1 les reptiles1 les oiseaux1 les mammifres ont t l'objet de ses persvrantes recherches4 ,pour cet embranchement du rgne animal1 considr comme le plus important de tous1 l'unit de plan de composition est une loi dfinitivement acquise2 et1 dans sa course hroque vers le but1 ,geoffroy n'a cess de semer sur son chemin les aperus nouveaux1 les dcouvertes inattendues4 ,l'anatomie est dote pour la premire fois d'une mthode d'investigation qui permet d'aller au-devant des dcouvertes1 au lieu de les attendre du hasard2 des prceptes rigoureux sont trouvs pour la comparaison des organes et leur dtermination2 la morphologie se trouve affranchie de la servitude trop troite dans laquelle la tenait une certaine physiologie2 l'embryognie est introduite de plain-pied1 comme une source fconde de renseignements1 parmi les sciences sur lesquelles s'appuie la philosophie anatomique2 la structure des animaux suprieurs est ramene des lois prcises1 jusque dans ces carts qui semblaient ,geoffroy des produits de l'organisation dans des jours de saturnales1 o1 fatigue d'avoir trop longtemps industrieusement produit1 elle cherchait des dlassements en s'abandonnant ses caprices2 une telle uvre ne pouvait tre borne une portion du rgne animal1 si importante qu'on la suppose3 elle devait s'tendre au rgne animal tout entier4 ,en #ahbj1 ,geoffroy ,saint-,hilaire aborde l'tude des animaux articuls4 ,dj1 sous l'empire des ides qu'il avait rpandues dans la science1 peut-tre sous son inspiration directe1 de remarquables travaux avaient t entrepris sur ces animaux3 dans un mmoire devenu classique1 ,savigny1 l'ami et le compagnon de ,geoffroy durant l'expdition d'gypte1 avait montr que dans la bouche en apparence si varie des coloptres1 des punaises1 des abeilles1 des mouches1 des papillons1 se trouvaient toujours les mmes pices1 semblablement places et ne prsentant1 dans les groupes les plus divers1 que des diffrences de forme3 propres broyer chez les coloptres1 broyer et lcher chez les abeilles1 piquer chez les punaises et les mouches1 humer des sucs liquides chez les papillons4 ,dans une srie d'importantes recherches dont les conclusions ont t publies en #ahbj1 ,audouin1 appliquant toutes les parties du corps des articuls la mthode des analogues1 croyait pouvoir tablir que1 chez tous les articuls1 les mmes pices se retrouvaient en mme nombre dans toutes les parties du corps4 ,ce n'est1 disait-il1 que de l'accroissement semblable ou dissemblable des segments1 de la runion ou de la division des pices qui les composent1 du maximum de dveloppement des unes1 de l'tat rudimentaire des autres1 que dpendent toutes les diffrences qui se remarquent dans la srie des animaux articuls#dc4 ,latreille venait de montrer de son ct que tous les appendices des articuls n'taient autre chose que des pattes modifies et faisait rentrer les ailes mme des insectes dans cette dfinition1 les rapprochant ainsi des pattes respiratoires des crustacs ou articuls aquatiques4 ,l'unit de plan de composition des animaux articuls ou plutt des arthropodes prenait donc pied dans la science en mme temps que l'unit de plan de composition des vertbrs4 ,le moment tait venu d'essayer de montrer que ces deux units n'en faisaient qu'une4 ,il y a au point de vue de la position relative du systme nerveux des diffrences profondes entre les vertbrs et les articuls4 ,chez les premiers1 le systme nerveux est tout entier dorsal2 chez les seconds1 il est en grande partie ventral1 sauf sa partie antrieure1 o1 travers par le tube digestif1 il constitue autour de lui une sorte d'anneau1 le collier sophagien4 ,abstraction faite du collier sophagien1 il semble1 au premier abord1 qu'il y ait opposition absolue entre les connexions du systme nerveux chez les vertbrs et les articuls1 et qu'il soit par consquent de toute impossibilit de les ramener au mme plan4 ,mais1 se demande ,geoffroy#dd1 la solution du problme n'est-elle pas dans cette opposition mme des connexions du systme nerveux8 ,comment sont dfinies les rgions que nous nommons le dos et le ventre chez un animal8 ,le ventre1 c'est la rgion du corps qui regarde le sol2 le dos1 celle qui regarde le ciel4 ,pour dterminer ces deux rgions1 nous prenons nos points de repre non pas dans l'animal lui-mme1 comme l'exigerait le principe des connexions1 mais dans le monde extrieur4 ,il peut donc se faire que l'opposition1 au lieu de se trouver dans les rapports rciproques des organes de l'articul et du vertbr1 existe seulement dans l'attitude des deux animaux4 ,effectivement1 que l'on place un vertbr le dos en bas1 le ventre en haut1 et que1 dans cette nouvelle attitude1 contraire son attitude normale1 on le compare un articul1 aussitt l'opposition disparat2 les diffrents organes se trouvent occuper les mmes positions relatives2 il devient possible de comparer le vertbr et l'articul1 de dcouvrir entre eux un grand nombre de dispositions communes3 les trois grands appareils organiques1 le systme nerveux1 le tube digestif1 le centre circulatoire1 se trouvent occuper1 dans les deux cas1 les uns par rapport aux autres1 exactement les mmes positions4 ,l'attitude ordinaire des animaux est d'ailleurs loin d'tre constante dans un mme groupe3 ,geoffroy cite un certain nombre d'exemples de poissons1 d'insectes1 de crustacs1 qui prsentent habituellement une attitude exactement inverse de celles de leurs congnres2 nous aurons plus tard occasion d'tendre considrablement cette liste4 ,il n'y a donc rien de contraire aux faits bien constats dans la supposition d'un reversement permanent de l'attitude des vertbrs par rapport l'attitude ordinaire des articuls4 cet gard1 l'embryognie est venue donner encore pleinement raison ,geoffroy4 ,l'illustre anatomiste est moins heureux lorsqu'il veut poursuivre ses comparaisons dans le dtail1 dcouvrir la signification des pices du squelette des articuls1 ou trouver chez les vertbrs les quivalents de leurs membres4 ,chez les arthropodes1 pensait ,willis en #afib1 les os recouvrent les muscles4 galement sduit par l'ide de retrouver chez les insectes des parties solides analogues celles qui semblaient caractristiques des vertbrs1 frapp1 du reste1 de voir1 chez les articuls1 les arceaux solides de la carapace qui protgent le corps se rpter aussi rgulirement que les vertbres du squelette des animaux suprieurs1 ,geoffroy n'hsite pas considrer ces parties comme rellement analogues4 ,ds lors devient invitable cette singulire consquence3 tandis que les vertbrs vivent au dehors de leur colonne vertbrale1 les articuls sont enferms au dedans de la leur4 ,comment expliquer une aussi trange disposition8 ,geoffroy commence par faire remarquer qu' tout prendre elle n'est pas aussi spciale aux articuls qu'on pourrait le croire4 ,chez les tortues1 certaines pices videmment analogues de pices du squelette interne des autres vertbrs sont troitement soudes la carapace1 de sorte que ces animaux sont aussi1 bien des gards1 enferms dans leur squelette et peuvent tre considrs comme formant1 ce point de vue1 une transition aux articuls4 ,mais ,geoffroy sent bien que cette simple comparaison ne sera pas convaincante1 et il cherche une explication4 ,tous les systmes organiques se dveloppent1 pense-t-il1 sous deux influences1 celle de l'appareil circulatoire1 celle du systme nerveux4 ,chez les vertbrs1 ces deux systmes concourent simultanment et dans une juste mesure au dveloppement de tout l'organisme1 qui acquiert ainsi son plus haut degr de perfection2 chez les mollusques1 le systme sanguin prdomine1 l'animal reste mou et comme pntr de liquides2 chez les insectes1 l'appareil circulatoire est rudimentaire2 c'est donc le systme nerveux qui va prendre la direction du dveloppement4 ,les parties le plus immdiatement en rapport avec ce systme--et le squelette est du nombre--vont1 en consquence1 se dvelopper les premires1 se complter longtemps avant que les autres aient pu se constituer2 celles-ci se formant elles-mmes au voisinage du systme nerveux1 et s'accroissant moins vite que le squelette1 seront ncessairement enveloppes par lui3 de l l'articul4 ,il ne faut videmment pas trop discuter cette explication a priori1 proche parente de celles que nous verrons riges en systme par ,oken et les philosophes de la nature2 elle repose d'ailleurs sur une pure hypothse1 l'intervention directe du systme nerveux et de l'appareil circulatoire dans les phnomnes de dveloppement4 ,quoi qu'il en soit1 ,geoffroy1 ayant t conduit considrer les segments cutans solides des articuls comme des corps de vertbres1 ne peut voir autre chose que des ctes dans les membres de ces animaux4 ,les articuls marcheraient donc sur leurs ctes1 qui1 au lieu de former un cercle continu1 comme chez le plus grand nombre des vertbrs1 seraient ouvertes et tales4 ,ces ctes n'auraient d'analogues1 suivant ,geoffroy1 que celles des poissons pleuronectes1 et ds lors les crustacs et les insectes doivent tre considrs1 au point de vue de leur squelette1 comme marchant sur le flanc1 tandis qu'au point de vue du systme nerveux ils marchent au contraire sur le dos4 ,il a toujours paru assez difficile d'accorder ces deux manires de voir1 que ,geoffroy accepte cependant simultanment1 tant il est convaincu de la valeur de sa mthode4 ,il signale d'ailleurs d'autres homologies entre les articuls et les vertbrs infrieurs3 la tte des insectes est forme de trois segments1 comme le crne des vertbrs2 leurs ailes1 organes de respiration modifis1 suivant ,latreille1 correspondent la vessie natatoire des poissons2 leurs stigmates se retrouvent encore chez ces derniers3 ce sont les petits orifices rgulirement disposs qui constituent la ligne latrale1 et1 fort de ces apparentes ressemblances1 il s'crie3 ,oui1 sans doute1 je puis aujourd'hui l'affirmer1 des tres dits et crus jusqu'ici sans vertbres auront figurer1 dans nos sries naturelles1 parmi les animaux vertbrs4 ,cette conclusion1 tout au moins1 parat sduisante nombre d'esprits minents3 ,oken1 ,gthe1 en ,allemagne1 sont bien prs de l'accepter2 en ,france1 ,latreille s'efforce lui aussi de comparer les crustacs aux poissons2 il lit devant l',acadmie des sciences1 le #aj janvier #ahbj1 un mmoire o il essaye de montrer qu'un crabe1 considr simplement l'extrieur1 est une sorte de poisson dont la rgion operculaire ou jugulaire s'est agrandie en manire de thorax1 dont l'autre partie du corps est divise en segments4 ,ampre lui-mme1 l'illustre physicien qui l'on doit l'lectro-magntisme1 s'meut et publie en #ahbd1 dans les ,annales des sciences naturelles1 une lettre anonyme o il reprend1 pour la modifier et la perfectionner1 l'ide mre de ,geoffroy4 ,il voit dans le squelette tgumentaire des articuls l'quivalent des ctes des vertbrs2 le canal rachidien de ces animaux est1 suivant lui1 demeur ouvert en dessus2 la moelle pinire a disparu1 et la chane ventrale1 qui en remplit les fonctions1 correspond au systme des ganglions sympathiques des vertbrs4 ,toute contradiction1 toute tranget disparat ainsi dans la comparaison entre le vertbr et l'articul1 et l'assimilation entre les deux types prend une vraisemblance propre la faire plus facilement accepter4 ,on pourrait en effet citer une longue suite d'hommes illustres qui1 tout en faisant telles ou telles rserves1 ne lui ont pas moins accord leur assentiment4 ,quand une ide suscite ce point l'intrt1 quand elle laisse dans l'esprit des hommes de science une trace tellement profonde qu'elle survit1 malgr les dmentis partiels que les faits semblent infliger ses consquences1 c'est en gnral qu'elle est l'expression d'une vrit entrevue1 expression incomplte1 parce que la vrit est encore mal dgage4 ,entre les vertbrs et les articuls1 il y a deux points de ressemblance certains1 indiscutables3 les vertbres des premiers se rptent exactement comme les anneaux des seconds2 les organes principaux prsentent1 chez les uns et les autres1 la mme disposition relative1 si1 au lieu de considrer leur orientation par rapport au sol1 on considre seulement leur orientation par rapport l'un d'entre eux1 le systme nerveux1 par exemple4 ,voil les faits4 ,il s'agit maintenant de dcouvrir leur explication ou1 si l'on veut1 leur interprtation4 ,toujours proccup de cette ide que les vertbrs sont les animaux typiques1 ,geoffroy et ses contemporains les prennent pour point de dpart et cherchent retrouver toutes leurs parties dans les animaux infrieurs2 l est1 en dfinitive1 la source de leurs erreurs de dtail4 ,il n'y a pas plus chercher dans les animaux infrieurs tout ce que l'on trouve chez les animaux suprieurs1 qu'il n'y a chercher dans l'uf1 ou mme dans l'embryon1 tous les organes que l'on observera plus tard dans l'animal adulte4 ,mais1 si nous le savons aujourd'hui1 c'est en partie une mthode de comparaison introduite par ,geoffroy dans la science2 c'est parce qu'il a song rapprocher les animaux infrieurs des embryons des animaux suprieurs1 c'est parce qu'il a contribu plus que personne renverser de fond en comble la doctrine de l'embotement des germes1 encore soutenue par ,cuvier1 c'est parce qu'il a vaillamment dfendu1 avec ,lamarck1 l'ide de la mutabilit des espces1 sans laquelle il n'y a pas d'volution possible1 sans laquelle l'ide de gradation dans la complication organique est condamne demeurer confuse et strile4 ,on peut aujourd'hui considrer comme acquis1 grce surtout aux dcouvertes de ,semper et de ,balfour1 que le corps des vertbrs tait primitivement segment1 comme celui des articuls2 que les animaux articuls ont d1 pour devenir vertbrs1 renverser compltement leur attitude primitive3 on commence discerner assez nettement#de les raisons de ce retournement2 mais on est assur qu'il n'y a aucune ressemblance essentielle entre le squelette dermique des articuls et le squelette profond des vertbrs2 bien plus1 ce n'est pas des animaux articuls qui ont un squelette externe bien dvelopp1 ce n'est pas des arthropodes que les vertbrs se rapprochent2 comme pouvait le faire prvoir le faible dveloppement du squelette chez les ,lamproies et chez l',amphioxus1 c'est avec les animaux articuls mous1 avec les vers annels que leurs affinits paraissent le plus intimes4 ,profondment pntr des ressemblances troites que les animaux suprieurs prsentent entre eux1 accoutum par ses tudes sur les monstres mesurer l'influence que les conditions extrieures pouvaient avoir sur le terme final de l'volution1 ,geoffroy devait tre ncessairement partisan de la mutabilit des formes spcifiques4 ,au moment o de toutes parts1 grce l'impulsion de ,cuvier1 des formes disparues pour toujours sont restitues la science1 le crateur de la philosophie anatomique arrive1 comme ,lamarck1 se demander s'il ne faut pas voir dans ces antiques habitants du globe les anctres probables des animaux actuels4 ,de #ahbe #ahbh1 il publie plusieurs mmoires sur les grands reptiles fossiles des environs de ,caen et de ,honfleur4 ,il dmontre que ces animaux1 auxquels il donne les noms de ,teleosaurus et de ,steneosaurus1 sont bien distincts des crocodiles actuels2 mais1 ce premier point une fois acquis1 se prsente une autre question1 savoir3 si les prtendus crocodiles de ,caen et de ,honfleur1 renferms dans de semblables terrains1 ceux de la formation jurassique1 avec les ,plesiosaurus1 ne seraient point dans l'ordre des temps1 aussi bien que par les degrs de leur composition organique1 un anneau de jonction qui rattacherait sans interruption ces trs anciens habitants de la terre aux reptiles actuellement vivants et connus sous le nom de gavials#df4 ,sans l'affirmer d'une faon absolument positive1 ,geoffroy n'hsite pas1 au moins1 admettre la possibilit d'une semblable transformation1 car1 dit-il1 le monde ambiant est tout-puissant pour une altration des corps organiss#dg1 et il ajoute quelques lignes plus bas3 ,la respiration constitue1 selon moi1 une ordonne si puissante pour la disposition des formes animales qu'il n'est mme point ncessaire que le milieu des fluides respiratoires se modifie brusquement et fortement1 pour occasionner des formes trs peu sensiblement altres4 ,la lente action du temps1 et c'est davantage sans doute1 s'il survient un cataclysme concidant1 y pourvoit ordinairement4 ,les modifications insensibles d'un sicle un autre finissent par s'ajouter et se runissent en une somme quelconque3 d'o il arrive que la respiration devient d'une excution difficile et finalement impossible1 quant de certains systmes d'organes3 elle ncessite alors et se cre elle-mme un autre arrangement1 perfectionnant ou altrant les cellules pulmonaires dans lesquelles elle opre1 modifications heureuses ou funestes1 qui se propagent et qui influent sur tout le reste de l'organisation animale4 ,car1 si ces modifications amnent des effets nuisibles1 les animaux qui les prouvent cessent d'exister1 pour tre remplacs par d'autres1 avec des formes un peu changes1 et changes la convenance des nouvelles circonstances4 ,ce sont l d'importantes dclarations1 car elles tablissent nettement la diffrence de doctrine entre ,lamarck et ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,lamarck ne voit le monde extrieur agir sur les tres vivants que par l'intermdiaire des habitudes qu'il dtermine chez eux2 tout organisme a donc une part d'activit dans les modifications qu'il prouve2 ,geoffroy1 sans condamner d'une faon absolue les ides de ,lamarck#dh1 considre au contraire l'organisme comme passif et voit dans les modifications successives des tres vivants l'effet de l'action directe des milieux4 ,pour ,lamarck1 comme pour ,buffon1 le grand destructeur des formes vivantes1 c'est l'homme2 ces deux grands naturalistes ne considrent pas comme probable que des espces disparaissent en dehors de son action2 ,geoffroy1 au contraire1 pense que les espces disparaissent naturellement1 lorsque leur organisation n'est plus en rapport avec le milieu dans lequel elles doivent vivre ou qu'elles ont subi des modifications vicieuses1 et les passages imprims en italiques dans la citation prcdente montrent qu'il attribue cette disparition une vritable slection naturelle2 toutefois cette slection est l'uvre du milieu lui-mme1 elle n'est pas provoque ou plutt stimule par l'accroissement rapide du nombre des individus et par la lutte pour la vie qui en est la consquence4 ,le grand fait de la disparition spontane des espces1 sans secousse1 sans cataclysme1 n'en est pas moins nettement vu et plac ct de cet autre grand phnomne1 la formation des espces nouvelles4 ,les causes de cette formation peuvent d'ailleurs tre multiples4 ,aux modifications insensibles dont il est question dans le passage cit plus haut s'ajoutent1 pour ,geoffroy1 des modifications brusques1 telles que celles auxquelles nous l'avons vu attribuer la transformation du reptile en oiseau1 modifications de mme nature que celles qui aboutissent1 en temps ordinaire1 aux monstruosits4 ,en d'autres termes1 un monstre dont les caractres exceptionnels sont1 par une heureuse concidence1 en rapport avec un mode d'existence nouveau et possible dans un milieu donn1 un tel monstre peut faire souche et devenir l'origine d'une espce nouvelle ou mme d'un type nouveau1 brusquement issu d'un type1 en apparence1 diffrent4 ,pourquoi1 pense ,geoffroy1 des phnomnes que nous voyons se produire encore frquemment sous nos yeux1 au cours du dveloppement embryognique1 n'auraient-ils pas t utiliss par la nature pour amener la diversification de ses types8 ,ce rapprochement entre les phnomnes embryogniques de l'individu et les phnomnes d'volution des types spcifiques1 que l'on considre1 bon droit1 comme l'un des plus brillants rsultats de la philosophie zoologique1 ce rapprochement1 ,geoffroy ne cesse de l'avoir prsent l'esprit2 coutons-le dcrivant et interprtant les mtamorphoses des batraciens3 ,nous assistons chaque anne1 dit-il#di1 un spectacle visible je ne veux pas dire seulement pour les yeux de l'esprit1 mais pour ceux du corps1 spectacle o nous voyons l'organisation se transformer et passer des conditions organiques d'une classe d'animaux celles d'une autre classe3 telle est l'organisation des batraciens4 ,un batracien est d'abord un poisson sous le nom de ttard1 puis un reptile sous celui de grenouille4 ,or nous arrivons savoir comment se fait cette merveilleuse mtamorphose4 ,l se ralise1 dans ce fait observable1 ce que nous avons prsent plus haut comme une hypothse1 la transformation d'un degr organique passant au degr immdiatement suprieur4 ,les faits physiologiques de la transformation du ttard ont t recueillis et sont parfaitement mis en lumire par mon clbre ami ,m4 ,edwards#ej1 dans son ouvrage ayant pour titre3 ,de l'influence des agents physiques sur la vie2 et les faits anatomiques par beaucoup de naturalistes1 et spcialement par ,m4 le docteur ,martin ,saint-,ange444 ,les dveloppements d'o rsulte la transformation sont oprs par l'action combine de la lumire et de l'oxygne1 et les changements corporels par la production de nouveaux vaisseaux sanguins1 qui sont alors soumis la rgle du balancement des organes1 dans ce sens que1 si les fluides du systme circulatoire se prcipitent de prfrence dans de nouvelles voies1 il en reste moins pour les anciennes4 ,ces vaisseaux alternants1 qui ici se contractent et qui l se dilatent1 changent les rapports des organes o ils se rendent2 et1 comme c'est successivement sur tous les points du corps1 la transformation devient gnrale1 ici par l'atrophie et la ruine de quelques parties1 et l par l'hypertrophie de plusieurs autres dont il y avait d'abord peine le germe4 ,m4 le docteur ,edwards1 en retenant sous l'eau des ttards1 a retard ou mieux empch leur mtamorphose4 ,ce qui fut l expriment en petit1 la nature l'a pratiqu en grand l'gard du prote1 qui habite les lacs souterrains de la ,carniole4 ,ce reptile1 priv d'y ressentir l'influence de la lumire et d'y puiser l'nergie d'une libre pratique de la respiration arienne1 reste perptuellement l'tat de larve ou ttard2 mais d'ailleurs il peut toutefois transmettre sans difficult sa descendance ces conditions restreintes d'organisation1 conditions de son espce1 qui furent peut-tre celles du premier tat de l'existence des reptiles1 quand le globe tait partout submerg4 ,non seulement l'influence du milieu est constate1 mais ,geoffroy1 comme autrefois ,bacon1 recommande de rechercher par des expriences quelles sont les conditions qui peuvent amener dans les organismes des modifications durables2 il signale des expriences toutes faites1 comme les modifications de nos animaux domestiques1 comme celles qu'ont subies les animaux transports en ,amrique1 expriences dont il resterait simplement tirer parti4 ,les naturalistes de notre poque1 dit-il#ea1 si empresss la description isole des corps et des phnomnes naturels1 si habiles porter leur scalpel scrutateur dans l'intrieur labyrinthique des tres organiss1 semblent au contraire craindre de se compromettre dans la recherche des rapports et des actions rciproques des parties de l'univers1 recherche difficile par elle-mme1 plus difficile encore par sa nouveaut1 mais minemment philosophique et fconde en progrs4 ,c'est le programme dont ,charles ,darwin a si magnifiquement rempli une partie1 car ,geoffroy1 dans les actions rciproques des parties de l'univers1 comprend explicitement l'influence que les tres vivants1 obligs de vivre cte cte1 exercent ncessairement les uns sur les autres4 ,il prvoit aussi que les modifications subies par un organe ne sauraient tre isoles3 il y a1 pense-t-il1 des organes qui grandissent ensemble1 d'autres qui sont rduits par cela seul que ceux-l grandissent2 de l de nombreuses corrlations dterminer1 d'autant plus que toutes ces modifications concomitantes peuvent tre domines par les modifications d'un organe unique2 il y a donc lieu de rechercher1 parmi les organes qui parviennent ensemble une grandeur dmesure1 lequel exerce toute l'influence quand les autres s'en tiennent au rle secondaire d'associs officieux8 ,geoffroy a donc clairement la notion de ces modifications corrlatives auxquelles ,charles ,darwin regrette dans ses dernires publications de n'avoir pas attach tout d'abord une importance suffisante4 ,il formule enfin1 en #ahce4 dans ses tudes progressives d'un naturaliste#eb1 son opinion sur les tres vivants et leur origine en disant3 ,il n'est1 suivant moi1 qu'un seul systme de crations incessamment remanies1 et successivement progressives1 et remanies avec de pralables changements et sous l'influence toute-puissante du monde extrieur4 la mme poque1 un autre grand gnie1 ,cuvier1 soutient et dfend avec un incomparable talent des opinions exactement opposes4 ,de l une lutte ardente1 dont nous devrons aussi crire l'histoire1 car elle ne fut pas sans profit pour la philosophie naturelle et mit en pleine lumire la valeur de doctrines qui fussent sans cela demeures longtemps striles4 ,,chapitre ,x ,,georges ,,cuvier ,affinits avec ,linn2 influence des dbuts de ,cuvier sur son uvre scientifique2 les rvolutions du globe2 thorie des crations successives et des migrations4--,caractre des inductions de ,cuvier4--,ordre d'apparition des animaux2 cration spciale des principaux groupes4--,la classification naturelle3 adhsion au principe des causes finales2 principe des conditions d'existence2 loi de la corrlation des formes2 loi de la subordination des caractres4--,les quatre embranchements du rgne animal4 ,nous venons de voir quelle intime parent intellectuelle unissait ,buffon ces deux grands naturalistes ,lamarck et ,geoffroy4 ,presque tous les aperus de philosophie zoologique contenus dans l'histoire naturelle sont repris1 fconds1 dvelopps1 l avec une tonnante puissance de synthse et un savoir immense de zoologiste1 ici avec une merveilleuse pntration1 une logique admirable1 un gnie enfin qui sait lever toutes les questions1 tirer un parti inattendu de toutes les branches de la science et les dominer toutes pour les faire concourir ce but suprme3 la dcouverte du plan1 du secret mme de la cration4 ,cuvier va de mme agrandir en quelque sorte ,linn4 ,les dbuts de celui qui devait prendre un jour sur les sciences naturelles une domination1 que justifiaient les plus brillantes dcouvertes et la plus haute intelligence1 furent tout autres que ceux de ,geoffroy4 ,tandis que ,geoffroy1 encore tudiant1 se livrait ,paris1 sous la direction de ,daubenton1 l'tude des vertbrs suprieurs1 le jeune ,georges ,cuvier1 alors prcepteur dans la famille d',hricy1 fixe au chteau de ,fiquainville1 prs de ,fcamp1 occupait ses loisirs l'tude des animaux infrieurs1 des animaux sans vertbres que la mer nourrit en si grande abondance4 ,l1 point d'unit de plan qui sduise et puisse entraner ds l'abord4 ,la classe des vers1 dans laquelle ,linn a renferm presque tous les invertbrs marins1 sauf les ,crustacs1 se prsente au contraire comme un assemblage minemment disparate d'tres entre lesquels il ne semble y avoir de ressemblance que leur commune infriorit4 ,ds #agie1 ,cuvier1 peine g de vingt-six ans1 propose de supprimer cette classe1 vritable chaos1 et il distribue tous les invertbrs1 tous les animaux sang blanc1 comme on les appelait encore d'aprs ,aristote1 en six classes1 savoir celles des ,mollusques1 des ,insectes1 des ,crustacs1 des ,vers1 des ,echinodermes et des ,zoophytes4 ,c'tait montrer un sentiment profond des ressemblances et des diffrences que ces animaux1 jusque-l si peu connus1 prsentent entre eux2 il est mme remarquable que la rpartition actuellement admise des animaux sans vertbres se rapproche davantage de celle que ,cuvier proposait alors que de celle laquelle il s'est dfinitivement arrt4 ,les impressions de la jeunesse sont les plus vives et souvent aussi les plus justes que l'on ressente3 ,cuvier1 pntr ds lors des diffrences considrables qui existent entre les animaux sang blanc1 persuad qu'ils sont spars des vertbrs par un hiatus profond1 ne reviendra plus sur ce sentiment4 ,il est dsormais inaccessible ces ides d'unit du rgne animal que nous avons vu exercer jusqu' la fin de sa vie un charme irrsistible sur le gnie de ,geoffroy4 ,dj ce premier mmoire #agie contient l'indication de quelques-unes de ces corrlations que ,cuvier1 comme jadis ,aristote1 excellera plus tard dcouvrir2 elles sont exprimes peu prs comme dans les uvres du prcepteur d',alexandre3 ,tous les animaux sang blanc qui ont un cur sont signals comme possdant aussi des branchies2 ceux qui n'ont pas de cur1 mais seulement un vaisseau dorsal1 respirent l'aide de traches4 ,tous ceux qui possdent un cur et des branchies possdent galement un foie2 les autres en manquent4 ,ces corrlations1 ,cuvier ne cherche pas les expliquer ni les interprter autrement qu'en les appliquant la classification2 il les constate simplement comme des lois de la nature1 rsultant de l'observation immdiate des faits1 et cette circonspection dans la faon de procder ne fera que devenir plus grande mesure qu'il avancera dans sa carrire de naturaliste4 ,ces premiers rsultats1 communiqus ,geoffroy ,saint-,hilaire en #agid1 alors que ,cuvier habite encore la ,normandie1 transportent d'enthousiasme le jeune professeur au ,musum4 ,venez1 crit-il son futur rival1 venez jouer parmi nous le rle d'un nouveau ,linn4 ,c'est bien1 en effet1 un autre ,linn qui se rvle1 mais un ,linn qui doit embrasser dans son vaste gnie et les lois de la distribution mthodique des animaux et celles de leur organisation1 qui doit ressusciter un pass vanoui depuis un nombre incalculable de sicles1 qui doit faire revivre dans l'imagination tonne de ses contemporains tout un monde ananti pour jamais1 qu'il n'a t donn aucun il humain de contempler et qui semblait devoir demeurer ternellement enfoui dans les entrailles d'un sol form de ses dbris4 ,poursuivant ses recherches sur les animaux infrieurs1 ,cuvier donne successivement ses mmoires sur l'anatomie de la patelle 7#agib71 sur l'anatomie de l'escargot 7#agie71 sur la structure des mollusques et leur division en ordres 7#agie71 sur un nouveau genre de mollusques1 les phyllidies 7#agif71 sur l'animal des lingules1 sur l'anatomie des ascidies 7#agig71 sur les vaisseaux sanguins des sangsues 7#agih71 sur les vers sang rouge 7#ahjb71 sur l'aplysie1 sur la vrtille et les coraux en gnral 7#ahjc71 sur les biphores 7#ahjd71 sur divers mollusques ptropodes ou nudibranches4 ,il fait en mme temps de nombreuses incursions dans l'histoire des animaux vertbrs1 rassemble de prcieux documents sur les os des tres antdiluviens que l'on commence exhumer de toutes parts et runit enfin en #ahaa1 dans un ouvrage capital1 intitul modestement ,recherches sur les ossements fossiles1 l'ensemble de ses travaux sur les animaux disparus4 ,en tte de cet ouvrage il place une sorte de prface devenue clbre sous le nom de ,discours sur les rvolutions du globe1 et il y expose les conclusions gnrales auxquelles l'ont conduit ses tudes relativement l'origine et l'anciennet du rgne animal4 crit dans un style plein d'lgance1 de clart et de grandeur1 ce discours ne pouvait manquer de faire une grande impression3 il a rgl pendant longtemps la direction des recherches des gologues et des palontologistes et1 plus d'une fois1 leur a dict leur insu les conclusions de leurs travaux4 ,cuvier y accumule les faits2 sans cesse il se montre proccup de leur laisser exclusivement la parole2 il fait profession de n'noncer que les plus prochaines des consquences qu'ils paraissent contenir2 il rejette d'avance toutes les thories1 nous fait assister1 non sans quelque complaisance1 l'croulement de tous les systmes imagins pour deviner le pass de notre globe1 au moyen de quelque induction hardie2 il parat enfin introduire dans l'histoire naturelle une rigueur de dmonstration inconnue jusque-l4 mesure que l'on avance dans la lecture de ce chef-d'uvre de style scientifique1 on se laisse envahir par l'ide que chaque pas est absolument assur1 chaque progrs dcisif1 chaque affirmation dsormais inbranlable4 ,cette mthode1 qui consiste ctoyer les faits1 ne s'en carter jamais pour les coordonner l'aide de quelque ide gnrale1 est devenue la rgle d'une puissante cole2 elle a t prsente comme la mthode mme de la science2 il est d'un haut intrt philosophique de rechercher quels rsultats elle a donns entre les mains du grand naturaliste qui en fut l'initiateur1 au commencement de ce sicle4 ,les dchirures profondes qu'offrent les grandes chanes de montagnes1 les discordances qui frappent dans la stratification des couches qui les composent1 les plissements1 les failles qu'elles prsentent inspirent d'abord ,cuvier l'ide que notre globe a t le thtre de rvolutions nombreuses1 d'pouvantables cataclysmes1 qui en ont plusieurs reprises boulevers la surface4 ,qui donc ne ressentirait pas une semblable impression en contemplant1 par exemple1 nos ,pyrnes aux crtes tourmentes1 aux couches redresses et tordues1 aux gorges abruptes1 comme si quelque gigantesque pe avait taill d'un coup des brches dans leurs flancs8 ,voil le fait actuel1 brutal1 saisissant2 il semble que la nature se soit laisse surprendre par l'observateur1 qu'elle n'ait pas encore eu le temps de rparer le dsordre dans lequel l'ont jet ses dernires convulsions4 ,l'image de cataclysmes terribles s'impose l'esprit1 qu'elle obsde comme l'invitable consquence de l'observation1 et ,cuvier affirme que ces cataclysmes ont eu lieu4 ,bien plus1 ils ont t subits3 la preuve en est fournie par les cadavres de rhinocros et de mammouth que les glaces de la ,sibrie nous ont conservs intacts avec leur chair et leur peau4 ,sans aucun doute ces animaux ont t gels aussitt que tus2 sans cela1 la corruption se ft empare de leur corps et n'en et laiss que le squelette4 ,mais o vivent aujourd'hui les rhinocros et les lphants8 ,sous le climat brlant de l',afrique4 ,le climat de la ,sibrie tait donc torride1 au moment o ces grands animaux y vivaient1 et le mme instant qui les a fait prir a d rendre glacial le pays qu'ils habitaient4 ,cet vnement1 ajoute ,cuvier dans son magnifique style1 a t subit1 instantan1 sans aucune gradation1 et ce qui est si clairement dmontr pour cette dernire catastrophe ne l'est gure moins pour celles qui l'ont prcde4 ,les dchirements1 les redressements1 les renversements des couches plus anciennes ne laissent pas douter que des causes subites et violentes ne les aient mises dans l'tat o nous les voyons2 et mme la force des mouvements qu'prouva la masse des eaux est encore atteste par les amas de dbris et de cailloux rouls qui s'interposent en beaucoup d'endroits entre les couches solides4 ,la vie a donc souvent t trouble sur cette terre par des vnements effroyables4 ,des tres vivants sans nombre ont t victimes de ces catastrophes3 les uns1 habitants de la terre sche1 se sont vus engloutir par des dluges2 les autres1 qui peuplaient le sein des eaux1 ont t mis sec avec le fond des mers subitement relev2 leurs races mme ont fini pour jamais et ne laissent dans le monde que quelques dbris peine reconnaissables pour le naturaliste4 ,telles sont les consquences o conduisent ncessairement les objets que nous rencontrons chaque pas1 que nous pourrions vrifier chaque instant1 presque dans tous les pays4 ,ces grands vnements sont clairement empreints partout pour l'il qui sait en lire l'histoire dans leurs monuments4 ,l'affirmation est nonce sans aucune rserve3 les faits ne paraissent-ils pas absolument pressants1 les raisonnements qu'ils appuient ne sont-ils absolument rigoureux8 ,une fois tablie l'ide que des efforts violents et subits ont amen les rvolutions du globe1 ,cuvier cherche dmontrer que les phnomnes dont notre ,terre est actuellement le thtre ne sauraient expliquer ces terribles vnements2 les effets de la pluie1 des vents1 de la course des eaux1 du mouvement des vagues de la mer1 des phnomnes volcaniques1 des tremblements de terre sont rapidement passs en revue et limins2 ,cuvier ne s'arrte sur l'influence possible des modifications de position de l'axe terrestre que pour dire3 ,ces deux mouvements444 n'ont nulle proportion avec des effets tels que ceux dont nous venons de constater la grandeur4 ,dans tous les cas1 leur lenteur excessive empcherait qu'ils pussent expliquer des catastrophes que nous venons de prouver avoir t subites4 ,voil donc les forces actuelles dclares insuffisantes pour expliquer l'tat actuel de l'corce terrestre1 et les causes des prtendues rvolutions du globe plonges dans un mystre dont elles auront bien de la peine se dgager4 ,quant la dure de la priode de tranquillit pendant laquelle s'est droule notre histoire1 ,cuvier1 s'appuyant cette fois sur une savante discussion de documents historiques ou archologiques1 l'value environ six mille ans4 ,on sait quels rsultats sont arrivs aujourd'hui les gologues4 ,tous s'accordent reconnatre que la priode actuelle a une dure bien voisine d'un demi-millier de sicles#ec2 tous reconnaissent que c'est des phnomnes entirement semblables ceux qui s'accomplissent de nos jours qu'est d en grande partie l'aspect actuel de la surface du globe2 tous affirment que ces phnomnes ont t lents et graduels2 qu'il n'y a jamais eu ni cataclysmes gnraux ni rvolutions subites2 il est enfin dmontr que les lphants et les rhinocros ensevelis dans les glaces de ,sibrie taient organiss pour vivre dans les pays froids4 ,toutes ces conclusions sont la contradiction formelle de celles auxquelles tait arriv ,cuvier4 ,comment expliquer que1 une poque o ,geoffroy et ,lamarck soutenaient dj les ides qui ont prvalu1 l'esprit minemment logique et prcis de ,cuvier leur soit demeur ferm8 ,ce qui domine avant tout1 dans le ,discours sur les rvolutions du globe1 c'est la persuasion que la science se trouve en prsence d'nigmes pour longtemps indchiffrables et dont il est inutile de chercher le mot4 ,cuvier se fait un jeu de montrer la fragilit des explications tentes jusqu' ce jour3 les grands noms de ,descartes1 de ,leibnitz1 de ,kepler1 de ,buffon sont associs dans sa critique ceux de ,robinet et de ,telliamed4 ,les ides gnrales au moyen desquelles les faits dj connus peuvent tre en partie coordonns se trouvent ainsi compltement cartes4 ,mais la raison humaine ne perd jamais ses droits2 elle a un besoin irrsistible de combiner et d'induire1 besoin qui a exist de tout temps1 qui a t l'origine1 la condition ncessaire du langage1 qui a fait de l'homme ce qu'il est1 deux faits se prsentent-ils elle simultanment1 elle leur suppose involontairement une relation immdiate de cause effet1 cette relation ft-elle de tous points inintelligible1 si aucune thorie ne la prvient qu'entre ces deux faits s'chelonnent un grand nombre d'autres faits ncessaires pour tablir leur vritable liaison2 devant elle se dresse alors1 comme seule explication1 la volont divine dans sa toute-puissance2 rien ne lui semble plus invraisemblable1 et elle accepte dans toute leur tendue les consquences qui lui semblent se dgager du rapprochement des deux faits1 si absurdes qu'elles puissent paratre4 ,sans aucun doute1 si ,cuvier avait t moins pntr de l'infirmit de notre intelligence aux prises avec la nature1 s'il avait t moins convaincu de l'inanit des systmes de ,leibnitz et de ,buffon1 dont il a bien fallu1 en dfinitive1 reprendre quelque chose1 s'il avait eu moins de ddain pour les conceptions gnrales1 ,cuvier et hsit croire qu'une rgion du globe avait pu tre instantanment plonge d'une temprature torride dans une temprature glaciale2 il se serait demand si vraiment les lphants et les rhinocros trouvs en ,sibrie taient bien organiss pour vivre dans les pays chauds o sont actuellement confines les espces analogues2 son attention se serait porte sur leur paisse toison2 peut-tre aurait-il dcouvert1 comme on l'a dfinitivement constat aujourd'hui1 que les mammouths vivaient au milieu de troupeaux de rennes2 que c'taient des animaux des pays froids1 que par consquent1 au moment o ils taient morts1 la ,sibrie n'avait pas t brusquement couverte de glace1 mais l'tait dj depuis longtemps4 ,quelque doute serait entr dans son esprit relativement la soudainet des cataclysmes qu'il croyait deviner2 peut-tre mme ces cataclysmes lui auraient-ils paru improbables2 les ides de ,lamarck et de ,geoffroy relativement la lenteur des changements qui se sont produits la surface du globe auraient pu se faire jour1 et l'on n'aurait pas vu s'tablir dans la science une mthode de raisonnement qui pse encore lourdement sur diverses branches de l'histoire naturelle4 ,personne n'admet plus aujourd'hui les grands cataclysmes1 les rvolutions subites de notre globe2 cependant on s'imagine souvent encore qu'on ne peut progresser d'une faon assure qu'en s'interdisant tout essai de coordination quelque peu tendu1 en se bornant tirer des consquences du rapprochement immdiat de faits rigoureusement observs1 mais que rien ne relie d'autres faits antrieurement connus et plus loigns en apparence4 ,on conclut volontiers1 par exemple1 de ce que des faunes se succdent brusquement dans certaines suites de terrains1 que ces faunes se sont aussi subitement modifies1 sans se demander quelle dure de temps peut bien reprsenter la simple fente qui spare ces couches2 on constate l'uniformit de la faune et de la flore durant la priode primaire3 on en conclut aussitt que les climats taient les mmes par toute la terre et que les mers avaient partout la mme constitution1 sans se demander si l'uniformit ne tient pas simplement ce que des types varis1 troitement adapts des conditions d'existence dtermines1 n'avaient pas encore eu le temps d'apparatre4 ,supprimez dans notre flore actuelle les plantes dicotyldones et monocotyldones2 supprimez1 dans la faune1 les mammifres1 les oiseaux1 les reptiles1 les batraciens1 les poissons osseux1 les insectes1 la faune et la flore de notre terre actuelle ne vous paratront-elles pas aussi d'une dsesprante uniformit8 ,les climats ne vous sembleront-ils pas brusquement confondus8 ,vous n'aurez fait cependant qu'anantir le thermomtre au moyen duquel les diffrences de climat peuvent tre apprcies4 ,qui sait si les affirmations relatives l'uniformit de temprature de la priode primaire mritent plus de confiance que celles qui sembleraient dictes dans les circonstances hypothtiques o nous nous sommes placs8 ,nous pourrions multiplier ces exemples1 bien propres montrer tous les dangers que font courir la science des dfiances exagres qui1 au lieu de laisser l'esprit tout son essor1 de lui permettre de dominer de haut les questions1 le maintiennent1 les ailes replies1 dans un labyrinthe de faits o il ne peut cheminer qu'en rampant4 ,mais1 en prsence des cataclysmes qui agiteraient priodiquement notre globe1 que deviennent les animaux et les plantes8 ,cuvier suppose que chaque rvolution fait disparatre un grand nombre d'espces1 bien diffrent en cela de ,lamarck1 qui considre l'homme comme seul capable de dtruire les productions de la nature4 ,comment les espces disparues en un point du globe sont-elles remplaces8 ,une nouvelle cration est-elle ncessaire8 ,on a souvent prt ,cuvier cette opinion4 ,au moins dans le ,discours sur les rvolutions du globe1 elle n'est pas trs explicitement exprime1 et ,cuvier mme parat s'en dfendre4 ,au reste1 dit-il1 lorsque je soutiens que les bancs pierreux contiennent les os de plusieurs genres1 et les couches meubles ceux de plusieurs espces qui n'existent plus1 je ne prtends pas qu'il ait fallu une cration nouvelle pour produire les espces aujourd'hui existantes2 je dis seulement qu'elles n'existaient pas dans les lieux o on les voit prsent et qu'elles ont d y venir d'ailleurs4 ,mais ce passage s'applique surtout l'homme et aux animaux suprieurs1 aux mammifres notamment2 car ,cuvier admet d'autre part que les diverses classes d'animaux ont apparu successivement1 ce qui suppose qu'elles ont t chacune l'objet d'une cration particulire4 ,ainsi1 dit-il aprs avoir expos l'ordre dans lequel se rencontrent les fossiles1 comme il est raisonnable de croire que les coquilles et les poissons n'existaient pas l'poque de la formation des terrains primordiaux1 l'on doit croire aussi que les quadrupdes ovipares ont commenc avec les poissons1 et ds les premiers temps qui ont produit des terrains secondaires1 mais que les quadrupdes terrestres ne sont venus1 du moins en nombre considrable1 que longtemps aprs et lorsque les calcaires grossiers eurent t dposs444 ,aprs ces calcaires grossiers1 on ne trouve plus que des terrains meubles1 des sables1 des marnes1 des grs1 des argiles1 qui indiquent plutt des transports plus ou moins tumultueux qu'une prcipitation tranquille2 et1 s'il y a quelques bancs pierreux et irrguliers un peu considrables au-dessus ou au-dessous de ces terrains de transport1 ils donnent en gnral des marques d'avoir t dposs dans l'eau douce4 ,presque tous les cas connus de quadrupdes vivipares sont donc ou dans ces terrains d'eau douce1 ou dans ces terrains de transport2 et par consquent il y a tout lieu de croire que ces quadrupdes n'ont commenc exister1 ou du moins laisser leurs dpouilles dans les couches que nous pouvons sonder1 que depuis l'avant-dernire retraite de la mer et pendant l'tat de choses qui a prcd sa dernire irruption4 ,cuvier pense donc ou1 pour nous servir de sa formule1 est tout au moins dispos penser que chacun des grands groupes zoologiques que nous venons d'numrer a t l'objet d'une cration spciale4 ,quant aux espces1 elles sont pour lui immuables depuis leur cration2 il peut considrer le fait comme exprimentalement dmontr1 puisqu'il croit avoir tabli que la priode actuelle n'a encore que #fjjj ans de dure1 et que rellement les animaux conservs depuis la plus haute antiquit gyptienne ne diffrent en rien des animaux actuels2 mais l'argument perd videmment beaucoup de sa valeur si la dure de l'poque actuelle doit tre au moins dcuple1 comme le pensent les gologues4 ,d'ailleurs1 mme l'gard de la fixit de l'espce1 ,cuvier fait ses rserves2 si elle est vraiment fixe chez les animaux suprieurs1 elle pourrait bien ne pas l'tre chez les animaux sang blanc4 ,voulant expliquer pourquoi ses tudes palontologiques ont principalement port sur les mammifres1 il crit3 ,des coquilles annoncent bien que la mer existait o elles se sont formes2 mais leurs changements d'espces pourraient la rigueur provenir de changements lgers dans la nature du liquide ou seulement dans sa temprature4 ,on peut entendre1 il est vrai1 ce passage comme relatif des migrations d'espces plutt qu' des modifications morphologiques1 et ce qui suit semble donner plus de probabilit la premire version4 ,mais1 au dbut de son discours1 ,cuvier est plus explicite quand il s'exprime ainsi3 ,on comprend que1 au milieu de telles variations dans la nature du liquide1 les animaux qu'ils nourrissaient ne pouvaient demeurer les mmes444 ,il y a donc eu dans la nature animale une succession de variations qui ont t occasionnes par celles du liquide dans lequel les animaux vivaient ou qui du moins leur ont correspondu2 et ces variations ont conduit par degrs les classes des animaux aquatiques leur tat actuel4 ,nous reconnaissons sans peine que ce passage prte encore la discussion2 mais1 quand un crivain aussi matre de sa plume que l'tait ,cuvier laisse quelques quivoques dans sa phrase1 il est permis de croire que son opinion n'est pas compltement arrte dans son esprit1 et c'est la seule chose qu'il soit ici intressante de retenir4 ,on retrouve des traces de la mme indcision dans les considrations sur l'espce dveloppes au dbut de son ,rgne animal#ed3 ,on n'a aucune preuve que toutes les diffrences qui distinguent aujourd'hui les tres organiss soient de nature avoir pu tre ainsi produites par les circonstances4 ,tout ce qu'on a avanc sur ce sujet est hypothtique4 ,l'exprience parat montrer1 au contraire1 que1 dans l'tat actuel du globe1 les varits sont renfermes dans des limites assez troites1 et1 aussi loin que nous pouvons remonter dans l'antiquit1 nous voyons que ces limites taient les mmes qu'aujourd'hui4 ,pour demeurer d'accord avec les faits1 ,cuvier aurait d s'arrter l2 mais il gnralise aussitt et arrive cette conclusion1 qui n'est nullement la consquence ncessaire du petit nombre de faits observs3 ,on est donc oblig d'admettre certaines formes qui se sont perptues depuis l'origine des choses1 sans excder ces limites1 et tous les tres appartenant l'une de ces formes constituent une espce4 ,les varits sont des divisions accidentelles de l'espce4 ,la gnration tant le seul moyen de connatre les limites auxquelles les varits puissent s'tendre1 on doit dfinir l'espce1 la runion des individus descendus l'un de l'autre ou de parents communs et de ceux qui leur ressemblent autant qu'ils se ressemblent entre eux4 ,en rsum1 ,cuvier croit fermement des bouleversements soudains et trs gnraux de la surface du globe4 ,ces bouleversements dtruisent la plus grande partie des espces vivant dans la rgion o ils se produisent4 ,plus tard1 ces espces sont remplaces par d'autres1 pouvant venir des rgions qui ont t pargnes4 ,une cration nouvelle n'est donc pas ncessaire aprs chaque cataclysme2 cependant elle est possible1 et il est1 en tout cas1 certain que les diffrentes classes du rgne animal ont apparu ou1 si l'on veut1 ont t cres successivement4 ,les espces marines ont pu tre en partie pargnes par les vnements qui agitaient la surface de la terre merge2 mais la composition des eaux ayant sans aucun doute subi1 dans la suite des temps1 de nombreux changements1 l'ensemble des espces habitant une localit donne a prouv des modifications correspondantes4 ,telle est la thorie de ,cuvier2 elle a t exagre1 comme il arrive d'ordinaire1 par quelques-uns de ses disciples1 dont plusieurs ont admis comme un dogme inbranlable l'hypothse de crations successives ou plus exactement de crations spciales chaque grande priode gologique4 ,peu importe1 du reste1 que les animaux et les plantes aient t crs une fois pour toutes1 ou que la puissance cratrice ait manifest diverses reprises sa fconde activit2 du moment qu'on admet1 comme ,cuvier1 que les espces sont fixes1 immuables1 qu'elles ont d tre chacune l'objet d'un acte crateur distinct1 il n'y a plus se proccuper de leur origine2 toute l'activit de ,cuvier se tourne vers une autre direction3 un trs grand nombre d'animaux prsentent1 dans leur organisation1 des ressemblances incontestables2 il en est d'autres qui sont spars par des diffrences profondes4 ,cuvier va s'efforcer de formuler ces diffrences d'une faon prcise2 il va chercher enchaner les ressemblances dans des lois qui seront les lois mmes de l'organisation2 il va devenir d'une part le fondateur de la classification naturelle des animaux1 d'autre part l'un des crateurs de l'anatomie compare4 ,la priode de ,linn est1 en quelque sorte1 domine par le besoin imprieux de distinguer nettement les unes des autres les espces1 considres comme des formes fixes1 immuables4 ,on cherche avant tout le moyen d'arriver reconnatre rapidement celles qui sont dcrites1 afin de pouvoir dnommer celles qui ne le sont pas4 ,ce dnombrement des tres vivants conduit ncessairement reconnatre entre eux des degrs divers de ressemblance4 ,tout en recherchant surtout des diffrences1 on ne peut viter de reconnatre que les espces animales et vgtales se disposent en longues sries dans lesquelles deux formes successives ne diffrent que par des caractres insignifiants1 les formes extrmes1 si trangres qu'elles paraissent au premier abord les unes aux autres1 se trouvant ainsi runies par une foule d'intermdiaires4 ,c'est ce mme fait qui se traduit dans ,bonnet par l'ide de l'chelle des tres1 dans ,buffon et ,geoffroy ,saint-,hilaire par celle de l'unit de plan de composition1 dans ,lamarck par l'ide de l'volution et la thorie de la descendance2 c'est lui aussi qui amne ,linn1 les de ,jussieu et ,cuvier concevoir l'ide qu'il existe une sorte de plan de cration que nos procds de classification des animaux doivent reproduire2 qu'il y a lieu de rechercher une disposition de nos listes d'espces1 seule conforme ce plan de la nature1 et dans laquelle chaque espce a sa place marque entre les deux espces qui lui ressemblent le plus4 ,cette place tant connue1 on doit pouvoir en conclure toute l'organisation du vgtal ou de l'animal qui l'occupe4 ,aussi distingue-t-on soigneusement ce procd idal de classification1 dsign sous le nom de mthode naturelle1 des systmes artificiels dont avaient d se contenter1 faute de mieux1 les premiers classificateurs4 ,la recherche de la mthode naturelle1 dsigne par ,linn comme un des grands problmes rsoudre1 est1 depuis l'illustre ,sudois1 la proccupation dominante de nombreux naturalistes2 les de ,jussieu s'efforcent d'tablir les principes sur lesquels cette mthode doit reposer chez les vgtaux2 ,cuvier1 persuad qu'une bonne mthode1 c'est la science elle-mme1 dfinit et dveloppe ces principes avec une rare clart en ce qui concerne le rgne animal1 auquel il en fait une sduisante application4 ,pour que la mthode soit bonne1 dit-il1 il faut que chaque tre porte son caractre avec lui2 on ne peut donc prendre les caractres dans des proprits ou dans des habitudes dont l'exercice soit momentan2 mais ils doivent tre tirs de la conformation4 ,ces simples mots liminent compltement l'embryognie1 qui l'on demande cependant aujourd'hui la solution de tous les problmes difficiles d'affinit1 et qui sera vraisemblablement1 dans un avenir prochain1 la grande rvlatrice des vritables rapports gnalogiques des animaux4 ,l'anatomie devient la base exclusive de la classification4 ,mais1 parmi les caractres divers que l'organisation d'un animal peut prsenter1 quels sont ceux que l'on choisira de prfrence pour tablir les grandes divisions8 ,cuvier fait ici remarquer que tous les caractres ne sauraient avoir la mme valeur4 ,il est1 dit-il1 tels traits de conformation qui en excluent d'autres2 il en est qui1 au contraire1 en ncessitent4 ,quand on connat donc tels ou tels traits dans un tre1 on peut calculer ceux qui coexistent avec ceux-l ou ceux qui leur sont incompatibles4 ,les parties1 les proprits ou les traits de conformation qui ont le plus grand nombre de ces rapports d'incompatibilit ou d'existence avec d'autres1 en d'autres termes qui exercent sur l'ensemble de l'tre l'influence la plus marque1 sont ce qu'on appelle les caractres importants1 les caractres dominateurs2 les autres sont des caractres subordonns1 et il y en a ainsi de diffrents degrs4 ,naturellement1 ce sont les caractres les plus influents qui seront la base des divisions les plus tendues2 les autres viendront aprs1 dans leur ordre d'importance4 ,cela revient dire1 en somme1 qu'il existe des caractres d'embranchement1 de classe1 d'ordre1 de genre ou d'espce1 ide qui tait videmment dans l'esprit de ,linn lorsqu'il tablissait sa hirarchie des divisions zoologiques ou botaniques4 ,mais1 outre ce principe de la subordination des caractres1 base de la mthode1 le passage que nous venons de citer contient l'expos d'un autre principe dont ,cuvier fait la base de l'anatomie compare3 c'est le principe de la corrlation des formes1 exprimant cette double ide3 #a que les parties d'un tre vivant sont tellement lies entre elles qu'aucune d'elles ne peut changer sans que les autres changent aussi#ee2 #b qu'on peut1 en consquence1 tant donne la forme d'un organe d'un animal1 calculer les formes de tous les autres4 ,ce sont l des propositions d'une hardiesse extrme et qui ne sont peut-tre pas aussi troitement lies l'une l'autre que le texte de ,cuvier pourrait le faire supposer4 ,si l'on considre1 l'exemple de ,cuvier1 le corps d'un animal comme une fonction plusieurs variables1 la fonction parat au contraire a priori tellement complique1 le nombre des variables si considrable qu'on ne peut se dfendre de l'ide que les solutions seront ordinairement multiples et souvent indtermines4 ,aussi ,cuvier restreint-il d'avance le problme au moyen d'un autre principe1 qui parat de nature le dterminer1 le principe des conditions d existence1 suivant lequel chaque animal possde tout ce qu'il lui faut et rien que ce qu'il lui faut pour assurer son existence dans les conditions o elle doit s'couler4 ,cette proposition1 dont le principe de la corrlation des formes parat1 au premier abord1 une consquence naturelle1 n'est pas autre chose que le principe des causes finales1 principe que ,cuvier considre comme particulier aux sciences naturelles et qui est1 suivant lui1 le seul fondement sur lequel puissent s'appuyer leurs inductions4 ,dans l'application1 ,cuvier se trouve cependant oblig de descendre des hauteurs o vient de l'entraner un coup d'aile un peu trop vigoureux de son gnie1 et il finit par dire du principe de la corrlation des formes3 ,ce principe est assez vident en lui-mme1 dans cette acception gnrale1 pour n'avoir pas besoin d'une plus ample dmonstration2 mais1 quand il s'agit de l'appliquer1 il est un grand nombre de cas o notre connaissance thorique des rapports des formes ne suffirait point1 si elle n'tait appuye sur l'observation444 ,puisque ces rapports sont constants1 il faut bien qu'ils aient une cause suffisante2 mais1 comme nous ne la connaissons pas1 nous devons suppler au dfaut de la thorie par le moyen de l'observation2 elle nous sert tablir des lois empiriques1 qui deviennent presque aussi certaines que les lois rationnelles1 quand elles reposent sur des observations assez rptes4 ,l se trouve exprime la diffrence des mthodes de ,geoffroy ,saint-,hilaire et de ,cuvier2 par l aussi on peut apprcier la diffrence de leur porte4 ,la cause suffisante des rapports des parties de l'organisme1 ,geoffroy cherche la deviner2 ,cuvier s'interdit une pareille tmrit4 ,s'il ne connat pas cette cause tout entire1 ,geoffroy russit nanmoins la saisir en partie1 et ds lors il peut calculer et prvoir des combinaisons organiques trs loignes de celles qui sont ralises chez les tres actuellement vivants4 ,cuvier au contraire1 dpourvu de ce guide1 oblig de suivre pas pas les faits qu'il observe1 ne peut s'avancer au del2 non seulement il se prive volontairement d'un procd prcieux de dcouverte1 mais sa foi exclusive dans la valeur des faits actuels l'expose1 en palontologie comme en gologie1 des erreurs contre lesquelles rien ne vient le mettre en garde4 ,geoffroy prvoit1 cherche et dcouvre des germes de dents chez les embryons des baleines et des oiseaux2 l'exhumation d'un oiseau pourvu de dents1 tel que l',hesperornis ou l',ichthyornis de la craie d',amrique1 est pour lui un fait prvu2 ,cuvier au contraire non seulement ne saurait pressentir une telle dcouverte1 s'il demeurait fidle sa mthode1 mais encore1 s'il lui et t donn d'tudier une mchoire isole d'un oiseau pourvu de dents1 le principe de la corrlation des formes lui et interdit de rapporter cette mchoire autre chose qu' un reptile4 ,geoffroy1 comme tous les hommes pntrs d'une ide gnrale coordinatrice1 quelle qu'elle soit1 est dans la situation privilgie d'un observateur plac sur un sommet lev d'o il peut dcouvrir un vaste panorama3 dans ce panorama1 les villages1 les bourgades1 les hameaux1 les forts1 les bois1 les champs1 les montagnes et les valles lui apparaissent non seulement avec les dtails qui leur sont propres1 mais aussi avec leurs rapports de position et de grandeur relativement aux autres objets4 ,cuvier1 tout en s'levant lui-mme1 quand il lui plat1 recommande de ne jamais gravir de pareils sommets2 il faut1 suivant lui1 s'avancer les yeux constamment fixs sur l'objet le plus prochain1 marcher lentement1 pas pas et ne s'aventurer dcrire le pays qu'aprs en avoir parcouru pied tous les sentiers4 ,lorsqu'il s'adresse ,geoffroy1 on croirait entendre le lion conseillant l'aigle de ne jamais faire usage de ses ailes4 ,en ralit1 le principe de la corrlation des formes est toujours demeur dans le domaine mtaphysique2 en palontologie1 la vraie mthode pratique par ,cuvier1 celle qui l'a conduit ses dcouvertes1 rsidait simplement dans une comparaison rigoureuse des fragments des squelettes fossiles qu'il avait sa disposition avec les fragments correspondants des squelettes des animaux actuels1 comparaison exigeant une science profonde que ,cuvier pouvait mettre au service d'une merveilleuse sagacit4 ,en d'autres mains que les siennes1 cette mthode1 avec ses allures dogmatiques1 est1 on l'a vu depuis bien des fois1 pleine de prils2 ,geoffroy laissait au contraire aprs lui1 dans la thorie des analogues1 une mthode d'une telle prcision qu'elle est devenue la mthode habituelle d'investigation de tous les anatomistes4 ,en zoologie1 ,cuvier suit plus rigoureusement la voie indique par le principe de la subordination des caractres4 ,lorsqu'il cherche quels sont les caractres les plus influents dont il faudra faire la base des premires divisions1 il procde cependant par un a priori4 ,il est clair1 dit-il1 que ce sont ceux qui se tirent des fonctions animales1 c'est--dire des sensations et du mouvement1 car non seulement ils font de l'tre un animal1 mais ils tablissent encore le degr de son animalit#ef4 ,cuvier s'adresse donc tout d'abord au systme nerveux1 auquel il attache une importance exceptionnelle1 de qui il va mme jusqu' dire3 ,le systme nerveux est1 au fond1 tout l'animal2 les autres systmes ne sont l que pour l'entretenir et le servir#eg4 ,il reconnat que le systme nerveux se prsente sous quatre tats diffrents dans le rgne animal3 ou bien il constitue un ensemble form du cerveau et de la moelle pinire1 enferms l'un et l'autre dans une enveloppe osseuse2 ou bien il est form de masses parses parmi les viscres et runies par des filets nerveux2 ou bien encore il est form de deux longs cordons ganglionnaires ventraux unis par un collier deux ganglions situs au-dessus de l'sophage2 enfin1 chez certains animaux1 le systme nerveux cesse d'tre bien distinct4 ,fort de ses observations1 ,cuvier rsume enfin ses ides sur le rgne animal dans le passage suivant3 ,si l'on considre le rgne animal d'aprs les principes que nous venons de poser1 en se dbarrassant des prjugs tablis sur les divisions anciennement admises1 en n'ayant gard qu' l'organisation et la nature des animaux et non pas leur grandeur1 leur utilit ou au plus ou moins degr de connaissance que nous en avons1 ni toutes les autres circonstances accessoires1 on trouvera qu'il existe quatre formes principales1 quatre plans gnraux1 si l'on peut s'exprimer ainsi1 d'aprs lesquels tous les animaux semblent avoir t models et dont les divisions ultrieures1 de quelque titre que les naturalistes les aient dcores1 ne sont que des modifications assez lgres1 fondes sur le dveloppement ou l'addition de quelques parties qui ne changent rien l'essence du plan4 ,ainsi l'unit de plan de composition est repousse2 il existe rellement quatre plans distincts1 entre lesquels on ne saurait trouver aucun passage4 ,pourquoi quatre1 pas un de plus1 pas un de moins8 ,cuvier ne se proccupe pas de le rechercher2 l'observation a parl2 le fait est l1 n'admettant ni discussion1 ni explication1 ni interprtation4 ,il y a quatre types de disposition du systme nerveux et partant quatre embranchements2 l est tout le raisonnement4 ,comment ne pas remarquer cependant que ce raisonnement implique une hypothse3 c'est que rellement le systme nerveux est au fond tout l'animal et que les autres organes ne sont l que pour l'entretenir et le servir4 ,cette proposition1 laquelle aucun anatomiste1 aucun embryogniste ne saurait aujourd'hui souscrire1 ,cuvier la regarde comme un axiome vident2 mais cela tient ce qu'il la dduit lui-mme1 non pas tant de l'observation que d'autres principes1 essentiellement mtaphysiques4 ,les espces tant immuables1 ayant t cres isolment1 il est naturel d'admettre qu'un systme d'organes rgulateurs prside au dveloppement des parties constitutives et immuables de chaque individu2 ce systme d'organes1 fidle gardien de la pense cratrice1 est le systme nerveux4 ,c'est lui qui1 prsent dans le germe1 bien qu'encore invisible1 maintient chaque partie dans les rapports de grandeur et de position qu'elle doit prsenter avec l'ensemble durant son accroissement2 ces parties elles-mmes existent dj dans le germe1 simple rduction de l'individu dont il s'est dtach et qui n'a besoin que de grandir et de dvelopper celles de ses parties qui demeurent plus ou moins longtemps caches pour devenir identiques son parent4 99 99 99 99 99 ,ainsi1 dans le systme de ,cuvier1 tout gravite autour de cette ide que1 part les rvolutions subites1 les cataclysmes qu'il croit avoir dmontrs1 la nature entire est immuable4 ,les espces teintes voisines de celles qui vivent de nos jours avaient les mmes murs et vivaient dans les mmes climats2 les espces actuelles ont t de tout temps ce que nous les voyons aujourd'hui2 les individus eux-mmes1 malgr leurs changements apparents1 leurs mtamorphoses1 ne font1 durant leur accroissement1 que laisser apparatre des parties plus ou moins longtemps caches1 mais toutes contenues dans un germe1 image rduite de l'organisme d'o il s'est dtach2 le systme nerveux1 dpositaire de la forme fondamentale de chaque type1 rgle la croissance et l'ordre d'apparition des parties qui ne peuvent s'carter1 dans leur volution1 d'une voie trace de toute ternit2 les types organiques divers sont traduits par les quatre dispositions diffrentes que prsente le systme nerveux2 quoi d'tonnant1 si les espces ne peuvent se modifier1 qu'il n'existe entre elles aucun passage1 que ces quatre types soient compltement isols l'un de l'autre8 ,combien ces ides sont diffrentes de celles de ,geoffroy6 ,pour l'auteur de la ,philosophie anatomique1 notre globe n'prouve qu'une lente volution sans cataclysmes bien diffrents de ceux qui troublent la priode actuelle2 mesure que changent les climats et les conditions extrieures1 les espces se modifient peu peu2 durant sa vie1 l'individu ne cesse lui-mme de se transformer2 dans l'uf1 ses parties se forment peu peu1 engendres les unes par les autres1 comme sur un arbre chaque rameau est produit par celui qui le porte2 les circonstances dans lesquelles s'accomplit ce dveloppement peuvent influer sur lui1 donner lieu l'apparition de formes nouvelles ou de monstruosits1 et toutes ces formes s'enchanent les unes aux autres1 comme s'enchanent celles que traverse successivement chaque animal4 ,pour ,cuvier1 tout tre vivant est l'uvre miraculeuse d'une volont1 uvre aussitt excute que conue par elle2 pour ,geoffroy1 c'est un rsultat1 consquence dernire d'une longue suite de phnomnes troitement relis entre eux4 ,il tait impossible que deux doctrines aussi opposes n'entranassent pas un conflit4 ,dans l'anne #ahcj1 un solennel dbat les mit aux prises1 au sein de l',acadmie des sciences4 ,,chapitre ,,xi ,,discussion ,,entre ,,cuvier ,,et ,,geoffroy ,,saint-,,hilaire ,essai d'extension aux mollusques de la thorie de l'unit de plan de composition4--,opposition de ,cuvier2 que doit-on entendre par unit de plan8--,les connexions claires par l'embryognie et l'pignse4--,adhsion de ,cuvier l'hypothse de la prexistence des germes4--,von ,bar et les quatre types de dveloppement4--,l'cole des ides et l'cole des faits4--,influence respective de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 de ,cuvier et de ,lamarck4 ,le #ae fvrier #ahcj1 ,geoffroy ,saint-,hilaire lut1 devant l',acadmie des sciences de ,paris1 au nom de ,latreille et au sien1 un rapport sur les travaux de deux jeunes naturalistes1 ,,mm4 ,laurencet et ,meyranx1 qui s'taient efforcs de dmontrer que l'organisation des mollusques cphalopodes#eh pouvait tre ramene celle des vertbrs4 ,en #ahbc1 l'un des rapporteurs1 ,latreille1 s'tait exerc sur ce sujet2 il avait signal plusieurs catgories de ressemblances extrieures entre les calmars et les poissons2 de ,blainville avait galement tent quelques comparaisons dans ce sens4 ,laurencet et ,meyranx pntraient plus avant dans la question et cherchaient retrouver entre les divers organes d'un cphalopode les connexions mmes que l'on observe entre les organes des vertbrs4 ,il leur fallait avoir recours1 pour cela1 une ingnieuse fiction4 ,ils supposaient un vertbr ploy en deux1 la hauteur de l'ombilic1 de manire que la face ventrale demeurt extrieure et que les deux moitis du dos1 arrives au contact1 se soudassent entre elles4 ,alors1 faisaient-ils remarquer1 les deux extrmits du tube digestif sont ramenes au voisinage l'une de l'autre2 le bassin se trouve rapproch de la nuque2 les membres sont rassembls l'une des extrmits du corps2 l'animal1 marchant sur ces membres1 prsente absolument la position d'un de ces bateleurs qui renversent leurs paules et leur tte en arrire pour marcher sur leur tte et leurs mains4 ,l'intestin recourb en anse des cphalopodes1 l'existence en arrire de leur cou de pices cartilagineuses en rapport avec ce qu'on nomme chez eux l'entonnoir1 la prsence autour de la tte de huit ou dix bras sur lesquels se meut l'animal sont autant de caractres qui s'expliquent ds lors assez naturellement et rapprochent d'une faon inattendue les plus levs des mollusques des vertbrs4 ,le bec de perroquet des seiches1 leurs gros yeux compliqus viennent fortifier encore ces analogies4 ,si extraordinaire que puisse paratre l'explication de ,laurencet et ,meyranx1 elle n'tait pas faite pour tonner beaucoup les naturalistes2 des savants nombreux1 mme parmi ceux qui se rattachent le plus troitement l'cole de ,cuvier1 ont eu bien des fois recours des moyens plus violents qu'une simple plicature pour ramener de force au mme type des tres ne prsentant que des analogies lointaines2 le dveloppement embryognique des animaux est d'ailleurs fcond en phnomnes presque aussi tranges4 ,l',acadmie et peut-tre adopt sans discussion le rapport de ses commissaires1 si ,geoffroy ,saint-,hilaire1 insistant sur la confirmation que les travaux de ,laurencet et ,meyranx semblaient apporter ses ides1 n'avait cit1 dans son travail1 un passage o ,cuvier1 aprs avoir numr tous les caractres qui distinguent les cphalopodes des poissons1 terminait en ces termes3 ,en un mot1 nous voyons ici1 quoi qu'en aient dit ,bonnet et ses sectateurs1 la nature passer d'un plan un autre1 faire un saut1 laisser entre ses productions un hiatus manifeste4 ,les cphalopodes ne sont le passage de rien3 ils ne sont pas rsults du dveloppement d'autres animaux1 et leur propre dveloppement n'a rien produit de suprieur eux4 ,il parut ,cuvier que les conclusions du rapport de son confrre l',acadmie taient une attaque dirige contre ses propres crits4 ,depuis longtemps1 l'opposition des doctrines des deux illustres naturalistes s'tait plus ou moins nettement affirme en maintes circonstances4 ,plus d'une fois1 ,cuvier avait1 dans ses rapports sur les travaux de l',acadmie1 critiqu assez amrement les vues de son ami d'autrefois1 et dj1 en #ahbj1 ,geoffroy terminait son mmoire sur les animaux articuls par ces touchantes paroles1 empreintes de la douleur que lui causaient les apprciations du secrtaire perptuel de l',acadmie des sciences3 ,on pense bien que je ne rapporte pas ces faits pour qu'ils profitent aux personnes qui sont dans la maturit de l'ge4 ,qui a reu les leons d'une longue exprience est l'abri de toute sduction4 ,je m'adresse la jeunesse1 naturellement avide de nouveauts4 ,ma probit dans les sciences1 mon amour pour la vrit et les inquitudes que je n'ai point dissimules tout l'heure m'engagent prmunir cette intressante jeunesse contre mes propres rsultats4 ,je ne puis lui donner de plus grandes marques d'gards qu'en l'avertissant que le motif pour elle de ne se point passionner pour des vues qu'elle serait cependant dispose juger du plus haut intrt en philosophie est une condamnation absolue de ces mmes vues1 prononce 7avec quelque violence sans doute7 par le chef de l'cole moderne1 par le plus grand naturaliste de notre ge4 ,le moment tait venu pour les deux adversaires de cesser les escarmouches et de se livrer enfin une bataille en rgle4 ,cuvier rpondit au rapport de ,geoffroy ,saint-,hilaire en attaquant de front1 cette fois1 l'unit de plan de composition1 et en cherchant dmontrer que cette unit n'existait pas4 ,dans toute discussion scientifique1 la premire chose faire1 dit-il1 est de bien dfinir les expressions que l'on emploie444 ,commenons donc par nous entendre sur ces grands mots d'unit de composition et d'unit de plan4 ,la composition d'une chose signifie1 du moins dans le langage ordinaire1 les parties dans lesquelles cette chose consiste1 dont elle se compose2 et le plan signifie l'arrangement que ces parties gardent entre elles4 ,ainsi1 pour me servir d'un exemple trivial1 mais qui rend bien les ides1 la composition d'une maison1 c'est le nombre d'appartements ou de chambres qui s'y trouvent1 et son plan1 c'est la disposition rciproque de ces appartements et de ces chambres4 ,si deux maisons contenaient chacune un vestibule1 une antichambre1 une chambre coucher1 un salon1 une salle manger1 on dirait que leur composition est la mme2 et si cette chambre1 ce salon1 etc41 taient au mme tage1 arrangs dans le mme ordre1 si l'on passait de l'un dans l'autre de la mme manire1 on dirait aussi que leur plan est le mme4 444 ,mais qu'est-ce que l'unit de plan1 et surtout l'unit de composition1 qui doivent servir dsormais de base nouvelle la zoologie8 ,ces mots ne peuvent videmment tre employs dans le sens ordinaire1 dans le sens d'identit2 car un polype et mme une baleine1 une couleuvre1 ne possdent pas tous les organes d'un homme semblablement placs2 les mots unit de plan1 unit de composition signifient donc seulement dans la bouche de ceux qui les emploient ressemblance1 analogie4 ,mais alors ces termes extraordinaires une fois dfinis ainsi1 une fois dpouills de ce nuage mystrieux1 dont les enveloppe le vague de leurs acceptions ou le sens dtourn dans lequel on en use1 loin de fournir des bases nouvelles la zoologie1 des bases inconnues tous les hommes plus ou moins habiles qui l'ont cultive jusqu' prsent1 restreints dans des limites convenables1 forment au contraire une des bases les plus essentielles sur lesquelles la zoologie repose depuis son origine1 une des principales sur lesquelles ,aristote1 son crateur1 l'a place4 ,ainsi1 pour ,cuvier1 non seulement l'unit de plan de composition n'existe pas1 mais la doctrine mme de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 sa mthode n'ont rien de nouveau et remontent jusqu'au pre de la philosophie4 ,de ces deux propositions1 l'une est incontestable1 l'autre est videmment injuste4 ,sans doute l'unit de plan de composition dans toute l'tendue du rgne animal ne saurait tre soutenue1 au sens prcis o l'entendait son dfenseur2 l'affirmation de cette unit1 lance un peu prmaturment par ,geoffroy ,saint-,hilaire1 est un boulet que son argumentation trane pniblement aprs elle2 mais on ne saurait nier que l'auteur de la ,philosophie anatomique aperoit entre les animaux considrs habituellement comme voisins des ressemblances autrement tendues que celles auxquelles on s'arrtait jusqu' lui2 ces ressemblances ne rsident pas seulement dans un petit nombre de caractres communs2 il s'agit de les retrouver dans le dtail de leurs parties1 de suivre ces dernires dans leurs accroissements1 leurs rductions1 leurs soudures1 leurs transformations diverses2 il s'agit de comparer entre eux les animaux non seulement l'tat adulte1 mais encore toutes les priodes de leur vie2 et pour y parvenir ,geoffroy ,saint-,hilaire donne une mthode1 la mthode des analogues1 dont les rgles n'ont rellement jamais t formules avant lui4 ,cette mthode elle-mme1 comme on l'a fait justement remarquer1 est indpendante de la doctrine de l'unit de plan de composition2 qu'il existe un plan unique d'organisation ou qu'il en existe plusieurs1 elle s'applique tous les animaux construits sur le mme plan et devient un guide si prcieux que les successeurs de ,cuvier n'ont cess d'en faire l'instrument ordinaire de leurs dcouvertes4 ,elle seule peut permettre de reconnatre combien il existe rellement de plans d'organisation dans la nature1 et elle comprend non seulement le principe gnral des connexions1 mais encore les comparaisons embryogniques1 dont ,cuvier1 partisan de la prexistence des germes2 ne pouvait apprcier toute l'importance4 ,c'est prcisment l'embryognie qui permet ,geoffroy d'tendre la notion du plan d'organisation plus que ne le fait ,cuvier et sans sortir cependant de la dfinition si rigoureuse donne par son adversaire4 ,le principe des connexions1 ,geoffroy l'claire ou le justifie1 en effet1 par cet autre principe1 plus important peut-tre1 plus gnral encore1 sur lequel il fonde1 en quelque sorte1 l'embryognie compare3 tous les organes d'un animal naissent les uns des autres dans un ordre dtermin et constant4 ,il suit de l que1 chez les animaux adultes1 ces organes prsenteront toujours ncessairement les mmes rapports4 ,mais1 suivant ,geoffroy1 ce dveloppement se poursuit1 nous l'avons dj vu1 sous la double influence du systme nerveux et de l'appareil circulatoire1 dont l'action peut n'tre pas la mme en tous les points de l'organisme2 les conditions extrieures dans lesquelles s'accomplit le dveloppement interviennent aussi parfois pour en troubler les rsultats4 ,il pourra donc se faire que des organes demeurent l'tat de bourgeon2 que d'autres1 aprs s'tre montrs1 s'atrophient et disparaissent2 que quelques-uns n'apparaissent pas du tout1 tandis que leurs voisins prendront un accroissement relativement exagr2 il en rsultera des dplacements1 des soudures1 des dissociations de divers organes1 des dviations apparentes du plan commun1 qui pourra mme sembler compltement lud4 ,mais le plan sera toujours retrouv par une application rigoureuse du principe des connexions non seulement la comparaison des animaux adultes1 mais encore celle de leurs embryons aux divers degrs de dveloppement4 ,en d'autres termes1 il faut1 selon ,geoffroy1 et cette ide est trs nette chez lui1 rechercher l'unit non pas tant dans le rsultat dfinitif du dveloppement des animaux1 que dans la faon dont ce dveloppement s'accomplit4 ,par l1 ,geoffroy chappe en grande partie1 l'argumentation de ,cuvier et recouvre le droit d'appliquer sa thorie tout la fois des tres d'une organisation fort simple et des tres d'une organisation fort complique3 les premiers sont des organismes dont le dveloppement est demeur incomplet dans une plus ou moins grande mesure4 ,aussi dit-il trs bien#ei3 ,les mollusques avaient t trop haut remonts dans l'chelle zoologique2 mais si ce ne sont que des embryons de ses plus bas degrs1 s'ils ne sont que des tres chez lesquels beaucoup moins d'organes entrent enjeu1 il ne s'ensuit pas que leurs organes manquent aux relations voulues par le pouvoir des gnrations successives4 ,l'organe ,a sera dans une relation insolite avec l'organe ,c1 si ,b n'a pas t produit1 si l'arrt de dveloppement1 ayant frapp trop tt celui-ci1 en a prvenu la production4 ,voil comment il y a des dispositions diffrentes1 comment sont des constructions diverses pour l'observation oculaire4 ,cette simple phrase marque l'importance que doit avoir1 dans les recherches zoologiques telles que les conoit ,geoffroy ,saint-,hilaire1 une science ne peine de la veille1 laquelle ,cuvier n'a jamais fait que de rapides allusions3 l'embryognie compare2 et ce qu'en attendait le fondateur de la philosophie anatomique1 elle l'a tenu et au del4 la vrit1 l'explication des phnomnes qu'elle tudie repose encore pour ,geoffroy ,saint-,hilaire sur une sorte de finalit3 la ralisation du plan gnral sur lequel sont1 d'aprs lui1 construits les animaux2 c'est toujours ce plan qui est en jeu2 la varit n'est obtenue que par des arrts ou des excs de dveloppement d'un nombre plus ou moins grand de parties2 la vrit1 l'unit de plan1 telle que ,geoffroy l'a observe chez les vertbrs1 n'est qu'un rsultat1 et lorsqu'il en fait une sorte d'objectif de la nature1 ,geoffroy prend1 comme il le reproche lui-mme ,cuvier1 l'effet pour la cause3 mais une voie fconde est dsormais ouverte2 l'observation fera bien vite reconnatre le vritable point de vue d'o tous les faits peuvent tre embrasss1 et c'est la recherche du plan hypothtique de ,geoffroy que l'on devra d'avoir reconnu la ncessit1 ou tout au moins l'importance1 d'observations d'un genre tout nouveau4 ,un moment1 ces observations poursuivies en ,russie d'une manire remarquable par ,von ,bar1 semblent donner raison ,cuvier4 ,von ,bar croit lui aussi reconnatre quatre types de dveloppement des animaux1 exactement correspondants ceux que l'anatomie a indiqus ,cuvier4 ,et cependant un des arguments a priori invoqus par ,cuvier contre l'unit de plan de composition peut tout aussi bien se retourner contre son systme3 ,si l'on remonte l'auteur de toutes choses1 dit-il#fj1 quelle autre loi pouvait le gner que la ncessit d'accorder chaque tre qui devait durer les moyens d'assurer son existence1 et pourquoi n'aurait-il pas pu varier ses matriaux et ses instruments8 ,sans doute1 mais pourquoi l'auteur de toutes choses se serait-il arrt quatre plans distincts plutt qu' un seul8 ,c'est ce que la science actuelle commence entrevoir2 nous avons essay de montrer dans notre ouvrage sur les ,colonies animales qu'il y avait l des ncessits1 en quelque sorte gomtriques2 mais il a fallu pour cela modifier notablement la conception de ,cuvier4 ,de mme que ,geoffroy avait1 en somme1 dduit le principe de l'unit de composition de l'tude des seuls vertbrs1 ,cuvier avait t amen concevoir l'existence de quatre embranchements par l'tude d'animaux relativement levs2 von ,bar n'avait pas procd autrement2 les quatre types1 dbarrasss des formes infrieures de chacun d'eux1 devaient donc lui paratre extrmement nets et absolument spars4 ,cependant de nombreuses formes aberrantes ne tardrent pas se rvler2 quelques-unes ont pu tre ramenes au type idal auquel on les rattachait2 d'autres ont rsist1 et il a bien fallu reconnatre que1 dans les formes infrieures1 les caractres de l'embranchement pouvaient s'effacer2 qu'il existait de relles transitions entre certains embranchements2 que des animaux runis dans quelques-unes de ces grandes divisions n'avaient au contraire de commun qu'une semblable disposition de parties d'ailleurs dissemblables2 que chaque srie distincte pouvait se rattacher des formes simples1 mais dnues de type dtermin1 et au del desquelles il n'y avait plus que des tres de nature en quelque sorte indcise2 c'est le travail que nous verrons s'accomplir dans les annes qui vont suivre4 ,s'il se rapprochait plus de la ralit que ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,cuvier1 en soutenant l'existence de quatre types organiques distincts1 n'tait donc pas non plus absolument dans le vrai4 ,aussi bien le dissentiment entre les deux acadmiciens tait-il en ralit plus profond et portait-il sur de plus hautes questions4 ,du jour o1 en #ahjf1 crit un savant autoris#fa1 ,geoffroy ,saint-,hilaire entreprit de dmontrer l'unit de composition par sa mthode propre1 par l'alliance de l'observation et du raisonnement1 du jour o il donna place la synthse1 ct1 disons mieux1 au-dessus de l'analyse1 le germe de tous les dissentiments futurs entre ,cuvier et lui fut jet dans la science2 mais1 comme la jeune plante son origine1 il allait se dvelopper l'insu de tous4 ,les deux collgues se croyaient encore en conformit de vues que dj leur scission tait devenue invitable dans l'avenir et pour ainsi dire commenait virtuellement4 ,l'un d'eux se faisant novateur1 il fallait que l'autre se ft ou1 son disciple ou son adversaire4 ,disciple1 ,cuvier ne pouvait l'tre de personne et1 par les tendances de son esprit1 moins de ,geoffroy ,saint-,hilaire que de tout autre2 il devint donc son adversaire4 ,cuvier ne s'tait cependant pas toujours refus la synthse1 son ,discours sur les rvolutions du globe1 l'introduction de son ,rgne animal en sont la preuve irrcusable2 mais peu peu ses dissentiments latents ou publics avec ,geoffroy l'amnent formuler d'une faon de plus en plus nette1 de plus en plus radicale son opposition aux ides de son collgue4 ,pour nous1 dit-il en #ahbifb1 nous faisons ds longtemps profession de nous en tenir l'examen des faits positifs4 ,plus tard1 il recommande aux naturalistes dignes de ce nom de s'en tenir l'expos des faits1 au dtail des circonstances et de ne jamais s'aventurer au del de l'indication des consquences immdiates des faits observs4 ,nommer1 classer1 dcrire1 telles doivent tre les seules proccupations du vrai naturaliste4 ,c'est pour lui le seul moyen de se prserver de l'erreur2 et1 cessant de discuter l',acadmie la doctrine de ,geoffroy1 il se plat exposer au ,collge de ,france1 dans de brillantes leons sur l'histoire des sciences naturelles1 les divers systmes pour lesquels l'esprit humain s'est successivement passionn1 et qui1 fugitives lueurs1 se sont vanouis pour jamais1 aprs avoir momentanment jet un clat trompeur sur le champ de la science4 ,de pareilles leons1 faites par un tel homme1 devaient trouver un puissant cho3 rduire la science la rcolte des faits1 c'tait la mettre la porte des plus humbles intelligences2 montrer les plus puissantes conceptions venant se briser l'une aprs l'autre sur des cueils inattendus1 c'tait mettre le gnie sous les pieds de quiconque tenait une loupe ou un scalpel2 interdire le raisonnement1 c'tait dfendre contre les investigations indiscrtes de la science toutes les croyances1 tous les mystres1 tous les dogmes2 proscrire ce qu'il y a de plus personnel dans l'homme1 le droit de crer des ides1 c'tait flatter toutes les vanits4 ,certainement de telles intentions taient bien loin de l'esprit de ,cuvier2 mais les actes ont leurs consquences ncessaires2 l'aurait-il voulu1 le grand homme qui s'tait illustr par de si magnifiques conceptions n'aurait pu empcher que son nom ne servt de drapeau une cole des faits1 dont le ddain pour les disciples de ,geoffroy devait crotre avec l'enthousiasme de ceux-ci4 ,geoffroy lui-mme ne peut rester indiffrent4 ,il s'lve de toute son nergie contre cette prtention affiche par l'cole soi-disant positive--le mot sera bientt cr--de maintenir l'histoire naturelle dans les usages du pass4 ,pour de certains esprits1 finit-il par dire#fc1 la conviction leur doit arriver par les yeux du corps et non par des dductions consquentes444 ,c'est un parti pris de repousser les ides pour n'admettre exclusivement que des reliefs corporels1 seulement des faits que l'on puisse pratiquer matriellement et1 par consquent1 qui ne cessent jamais d'tre palpables nos sens4 ,pour cette cole1 la science du naturaliste doit se renfermer dans ces trois rsultats3 nommer1 enregistrer et dcrire4 ,cette cole1 que de certains intrts font en ce moment prvaloir1 enseigne que l'histoire des sciences apporte de toutes parts le tmoignage que les thories se sont successivement prcipites dans le gouffre immense des erreurs humaines1 que les ides ne sont rien en soi1 et que les faits seuls se dfendent des rvolutions et surnagent4 ,cependant1 au lieu de livrer ainsi l'enfance de l'humanit la critique moqueuse de la socit actuelle1 qui ne tient son plus d'instruction que de la puissance du temps et d'une civilisation progressive1 ne vaudrait-il pas mieux expliquer ces vicissitudes naturelles autant que ncessaires1 pour les voir selon l'ordre des sicles8 ,et1 quant cette affectation de prsenter les faits comme constituant seuls le domaine de la science1 il serait aussi1 je crois1 plus juste de dire qu'ils n'arrivent aux ges futurs que s'ils sont escorts et protgs par les ides qui s'y rapportent et qui seules1 par consquent1 en font la principale valeur4 ,des faits1 mme trs industrieusement faonns par une observation intelligente1 ne peuvent jamais valoir1 l'gard de l'difice des sciences1 s'ils restent isols1 qu' titre de matriaux plus ou moins heureusement amens pied d'uvre4 ,or1 comme on ne saurait porter trop de lumire sur cette thse1 je ne craindrai pas d'employer le secours de la parabole suivante3 ,paul a le dsir et le moyen de se procurer toutes les jouissances de la vie3 il est intelligent1 inventif1 et il s'est appliqu rechercher et rassembler tout ce qu'il suppose devoir lui tre ncessaire4 ,il approvisionne son cellier des meilleurs vins2 il remplit son bcher de tout le bois que rclamera son chauffage2 il agit avec le mme discernement pour tous les autres objets de sa consommation probable4 ,les qualits sont bien choisies1 les objets habilement rangs1 et un ordre savant rgne partout4 ,mais1 arriv l1 ,paul s'arrte4 ,de ce vin1 il ne boira pas2 de ce bois1 il ne se chauffera pas2 de toutes les autres pices de son mobilier1 il n'usera pas4--,mais1 me direz-vous1 votre ,paul est un fou4--,je l'accorde4 ,paul n'est pas toujours fou2 mais il lui semble parfois que les biens qu'il accumule ne seront jamais suffisants pour qu'il en puisse tirer le parti rv2 l'heure vient1 sans qu'il y ait pris garde1 o il ne peut plus en jouir2 ayant toute sa vie fait profession d'tre sage1 il continue voir la sagesse dans cette incessante accumulation1 et ne peut s'empcher de traiter de tmraires ceux qui1 ayant comme lui rassembl des matriaux1 s'aperoivent temps que le moment est venu de btir4 ,la lutte ouverte entre ,cuvier et ,geoffroy ,saint-,hilaire ne fut pas de longue dure4 ,le #ac mai #ahcb1 ,cuvier mourait presque subitement2 ,geoffroy eut alors se dfendre contre ceux qui croyaient avoir hrit de la pense du matre2 souvent il dut regretter de ne plus avoir devant lui son illustre adversaire1 et ce n'est pas sans tristesse qu'on lit les pages tour tour indignes ou contristes que lui arrachent des oppositions trop souvent mesquines et tracassires4 ,que de souffrances intimes rvle un passage tel que celui-ci3 ,je ne continuerai point ces fragments1 commencs nagure sous de meilleurs auspices2 je suis aujourd'hui le jouet de forces majeures1 sans rien pouvoir opposer une fatalit sombre qui m'atteint1 qui tourne perscution et qui rserve mes derniers jours l'excs des disgrces444 ,il m'est pnible de laisser ces feuilles imparfaites1 que je n'aurai pu amener l'tat d'un ouvrage achev4 ,mais les tracasseries qui me sont suscites1 les atteintes de l'ge et le dcouragement qui me gagne me crent une situation d'impuissance1 laquelle il faut dsormais que je range ma conduite et les dernires heures de ma vie4 de nouvelles luttes o l'on parat vouloir m'engager1 ma prudence et ma dbilit me conseillent de refuser#fd4 ,geoffroy1 plein de courage et d'ardeur1 avait pourtant crit trois ans auparavant3 ,ce n'est pas tout que d'tablir des faits4442 il faut que le jugement s'exerce les comprendre2 puis on dira1 comme je l'entends dire autour de moi1 que de tels jugements1 c'est de la thorie4 ,je ne m'pouvanterai point de cette augmentation plutt bruyante que logique3 et je rponds tout ce bavardage1 fait pour tourdir et chercher en imposer1 que le temps de crier la posie et de dresser de vagues accusations est pass2 ces cris se jugent et se nomment dclamation#fe4 ,les choses ne passent pas aussi vite que le pensait ,geoffroy2 bien des savants se demandent encore aujourd'hui si les naturalistes peuvent exercer ce droit la synthse dont usent si largement et avec tant de bonheur les physiciens et les chimistes2 beaucoup1 surtout parmi ceux dont les premires tudes ont port sur l'homme1 jugent encore le rgne animal inexplicable1 repoussent d'avance tout essai de coordination et vont mme jusqu' en affirmer l'impossibilit4 ceux-l ,geoffroy avait pourtant donn en #ahba ce svre avertissement3 ,on discutait devant un officier de l'ancien rgime les chances qu'avaient les armes de la ,rpublique de forcer le passage du ,rhin4 ,le vieux soldat venait de dmontrer premptoirement4 son auditoire la folie d'une semblable entreprise2 il cessait peine de parler qu'une nouvelle arrivait3 les troupes franaises venaient de raliser l'impossible2 le ,rhin tait franchi4 ,cuvier1 quoi qu'il en ait dit1 ne croyait pas exclusivement aux faits2 ,geoffroy s'est toujours tenu soigneusement l'cart des aberrations dont l'cole allemande va nous fournir bientt de singuliers exemples2 s'il essayait de deviner la nature1 c'tait mthodiquement1 et ses pressentiments taient presque toujours soumis au contrle de cette sorte d'observation provoque qui est bien voisine de l'exprience2 son anatomie philosophique1 sa philosophie zoologique1 sont ce qu'on appellerait aujourd'hui de l'anatomie1 de la zoologie exprimentales4 ,pour les esprits levs1 les carts qu'on pourrait lui reprocher sont des cueils viter1 mais ne diminuent en rien la valeur de sa mthode1 l'importance de la synthse2 l'alliance troite de l'observation et du raisonnement demeure leur rgle de conduite2 c'est ce qu'exprime en ces termes un des savants les plus illustres de l',allemagne1 ,johannes ,mller#ff3 ,les vrits les plus importantes des sciences naturelles n'ont pas t trouves par une simple analyse de l'ide philosophique1 ni par la seule observation2 c'est par une exprience mdite1 qui spare l'essentiel de l'accidentel et trouve ainsi la loi fondamentale d'o l'on dduit ensuite de nombreuses consquences4 ,c'est l plus que l'exprimentation1 c'est l'exprience philosophique4 ,c'est aussi l'opinion de ,m4 ,henri ,milne ,edwards#fg4 ,dans quelques coles1 on professe un grand ddain pour les vues de l'esprit1 et l'on rpte chaque instant que les faits seuls ont de l'importance dans la science4 ,mais c'est l1 ce me semble1 une grave erreur4 ,une pareille pense serait excusable chez un ouvrier obscur1 qui1 employ sans relche tailler dans le sein de la terre les matriaux d'un vaste difice1 croirait que le rle de l'architecte ne consiste qu' entasser pierre sur pierre et ne verrait dans le plan trac d'avance par le crayon de l'artiste qu'un jeu de son imagination1 une fantaisie inutile4 ,mais l'ouvrier carrier lui-mme1 s'il ne restait pas dans son souterrain et s'il voyait tous les blocs informes qu'il en a tirs se runir1 sous la main du matre1 pour constituer le ,parthnon d',athnes ou le ,colise de ,rome1 comprendrait que la science de l'architecte n'est pas une science inutile1 lors mme que le monument cr par son gnie ne devrait avoir qu'une dure phmre et que les dbris de l'difice tomb en ruines ne serviraient plus tard que de matriaux pour des constructions nouvelles4 ,au surplus1 la science1 de quelque manire qu'on la cultive1 ne saurait s'accommoder de deux coles1 de deux mthodes4 ,ceux qui prtendent s'en tenir aux faits sont toujours heureux quand il leur vient des ides1 et se htent de les mettre profit2 on a rarement vu1 d'autre part1 les auteurs d'une thorie la prsenter autrement que comme un moyen de prparer la dcouverte de faits nouveaux1 grce une connaissance plus complte des rapports entre les faits dj dcouverts4 ,tout le monde est aujourd'hui d'accord sur la mthode3 imaginer avant d'exprimenter ou d'observer2 exprimenter ou observer pour choisir1 entre les ides a priori que les faits dj connus ont fait natre1 celle qui est conforme la ralit2 se servir de ces ides pour acqurir des faits nouveaux1 et marcher ainsi plus ou moins rapidement l'explication et la conqute de la nature4 ,malheureusement l'homme n'est pas seulement un tre raisonnable2 et l'accord1 qui serait facile s'il s'en tenait uniquement l'exercice de sa raison1 est rapidement troubl lorsqu'il permet ses passions d'entrer en jeu4 ,en fait1 les prtendus dsaccords sur la mthode que l'on voit encore surgir de temps en temps ne servent que trop souvent couvrir de vaniteuses ambitions ou de misrables querelles de personnes4 ,dsormais les sciences naturelles sont entres dans une voie fconde3 grce ,cuvier1 une science nouvelle est cre qui1 ressuscitant les animaux et les plantes des ges anciens1 va nous raconter en dtail l'histoire du pass de notre globe2 si l'illustre anatomiste en restreint volontairement la porte1 les doctrines de ,lamarck et de ,geoffroy lui ouvrent les plus vastes horizons4 ,il ne s'agit de rien moins que de dterminer1 par une tude rigoureuse des faits1 combine avec une svre induction1 l'origine de tout ce qui a vie sur le globe4 ,l'hypothse de l'unit de plan de composition conduit ,geoffroy crer sa thorie des analogues1 donner l'embryognie compare une importance et une direction inconnues jusque-l2 l'opposition de ,cuvier empche d'admettre1 dans sa gnralit primitive1 l'hypothse sduisante de l'unit de plan de composition1 met en relief l'existence de plusieurs types organiques et impose une tude plus approfondie des animaux infrieurs que nous verrons bientt renouveler le champ de la philosophie zoologique4 ,lamarck lgue la science l'ide d'une complication graduelle des types organiques et d'une parent possible entre ces types2 il rvle la puissance de l'hrdit2 l'insistance de ,cuvier affirmer la fixit des espces maintient l'attention sur la ralit de ces groupes auxquels ,lamarck tait port attribuer trop de mobilit1 et rend ainsi ncessaire la recherche d'une explication de la longue permanence des types spcifiques et de leur isolement dans la nature4 ,ainsi1 pour revenir la belle image de ,m4 ,edwards1 les trois difices construits par ces trois hommes de gnie doivent tre remanis en partie1 mais une aile de chacun d'eux demeure debout pour tre incorpore dans l'difice dfinitif que l'avenir saura raliser4 ,,chapitre ,,xii ,g,,the ,ides de ,gthe sur l'unit des types organiques4--,la mtamorphose des plantes2 structure des vgtaux2 le vgtal idal4--,travaux d'anatomie compare2 recherche du type idal du squelette4--,transformisme de ,gthe4--,kielmeyer4 ,une ide grande et simple1 telle que l'ide de l'unit de plan de composition1 tait comme un souffle de posie rpandu sur la science entire4 ,plus d'un partisan de la doctrine de ,geoffroy devait entrevoir sous cette unit une sorte de rvlation de la pense divine1 prsente dans toutes les parties de l'univers1 travaillant sans relche ses mtamorphoses1 se plaisant tonner notre imagination par l'infinie varit de ses combinaisons1 toutes assujetties cependant porter1 comme preuve de leur origine1 une mme et puissante empreinte4 ,derrire votre thorie des analogues1 reprochait ,cuvier ,geoffroy1 se cache au moins confusment une sorte de panthisme4 ,c'est prcisment pourquoi la thorie condamne en ,france recruta en ,allemagne un ardent dfenseur1 le grand1 l'illustre ,gthe4 ,tout en se rangeant sous la bannire de ,geoffroy1 ,gthe garde d'ailleurs une haute originalit4 ,lui aussi avait eu1 tout jeune encore1 avant mme que ,geoffroy et commenc sa brillante carrire scientifique1 une conception neuve et hardie et l'avait habilement dveloppe4 ,frapps des modifications que les procds de culture peuvent produire dans les diverses parties d'un vgtal1 le botaniste ,la ,hire1 mais surtout ,linn avaient plus ou moins explicitement laiss entendre que ces parties taient de mme nature et pouvaient dans certains cas se transformer les unes dans les autres4 ,on ne peut attribuer que cette signification au passage suivant de la ,philosophie botanique de ,linn3 ,les fleurs1 les feuilles et les bourgeons ont une mme origine444 ,le prianthe est form par la runion de feuilles rudimentaires4 ,une vgtation luxuriante dtruit les fleurs et les transforme en feuilles4 ,une vgtation pauvre1 en modifiant les feuilles1 les transforme en fleurs#fh4 ,la mme ide se retrouve dans ces phrases1 extraites de ses ,amnits acadmiques3 ,plantez dans une terre fertile un arbuste qui1 dans un vase de terre1 donnait chaque anne des fleurs et des fruits1 il cessera de fructifier et ne dveloppera plus que des rameaux chargs de feuilles4 ,les branches qui autrefois portaient des fleurs sont maintenant couvertes de feuilles1 et les feuilles1 leur tour1 deviendront des fleurs si l'arbuste1 replac dans le vase1 y trouve une nourriture moins abondante#fi4 ,plusieurs naturalistes1 ,ferber1 ,dahlberg1 ,ulmark et surtout ,gaspard ,wolf1 avaient dvelopp ces aperus du naturaliste sudois1 mais sans en tirer toutes les consquences et parfois en avertissant qu'elles cachaient plus d'un pige sous leur aspect sduisant4 ,gthe s'empare de la mme ide1 et1 avec cette nettet de vue que donne le gnie1 il montre en #agij1 non pas1 comme on l'a dit souvent1 que toutes les parties de la fleur et un grand nombre d'autres organes de la plante ne sont que des feuilles transformes1 mais bien que les feuilles1 les ptales1 les tamines1 les diverses parties du fruit1 etc41 ne sont que les transformations diverses d'un mme organe dont il cherche dterminer la forme primitive et la nature4 ,on comprend1 dit-il1 que nous aurions besoin d'un terme gnral pour dsigner l'organe fondamental qui revt ces mtamorphoses1 et pouvoir lui comparer toutes les formes secondaires4 ,mais ,gthe ne cre pas ce terme1 et sa thorie a pass dans la science sous cette forme restrictive qui veut voir dans la feuille l'organe dont tous les autres sont drivs4 ,dans les propositions suivantes1 ,gthe#gj largit encore sa thorie3 ,on sait la grande analogie qui existe entre un bourgeon et une graine1 et on n'ignore pas combien il est facile de dcouvrir dans le bourgeon l'bauche de la plante future4 ,si l'on ne constate pas aussi facilement dans le bourgeon la prsence des racines1 elles n'en existent pas moins que dans les graines et se dveloppent facilement et promptement sous l'influence de l'humidit4 ,le bourgeon n'a pas besoin de cotyldons1 parce qu'il est attach sur la plante mre compltement organise2 aussi longtemps qu'il y est fix1 ou lorsqu'il a t transport sur une autre plante1 il en tire directement sa nourriture2 lorsqu'il est plac dans le sol1 ses racines se dveloppent promptement4 ,le bourgeon se compose d'une srie de nuds et de feuilles plus ou moins dvelopps et dont l'volution s'accomplit ultrieurement4 ,les rameaux qui sortent des nuds de la tige peuvent donc tre considrs comme autant de jeunes plantes fixes sur la plante mre1 comme celle-ci l'est dans le sol4 ,nous sommes en prsence1 cette fois1 d'une thorie tout entire de la constitution du vgtal1 thorie que ,bonnet et ,buffon ont dj bauche1 nous l'avons vu1 et1 qui sans aucun doute1 aurait depuis longtemps pris pied dans la science si ,gaudichaud et ,aubert ,dupetit-,thouars n'avaient pas imagin que chaque bourgeon1 en sa qualit de plante indpendante1 devait avoir des racines qui1 s'accumulant les unes sur les autres1 taient la vritable cause de l'accroissement en diamtre des vgtaux4 ,hugo ,mohl1 ,htet1 ,m4 ,trcul n'ont pas eu de peine dmontrer1 avec leur rigueur habituelle1 que ces prtendues racines n'existaient pas1 et les esprits superficiels ont pu croire que ces minents observateurs renversaient la thorie du vgtal adopte par ,bonnet1 ,buffon et ,gthe1 alors qu'ils n'en dtruisaient qu'une fcheuse interprtation4 ,l'ide de considrer les feuilles et les parties de la fleur et du fruit comme de simples modifications d'un organe unique1 l'ide de voir dans le vgtal un tre complexe rsultant de l'association d'un nombre parfois indfini d'tres plus simples1 se rattachent troitement pour ,gthe une autre ide plus hardie3 celle d'arriver constituer un vgtal idal1 un vgtal type duquel tous ceux qui existent pourraient tre dduits par le raisonnement4 ,je t'apprends en confidence1 crit-il de ,naples ,herder1 que je suis sur le point de pntrer enfin le mystre de la naissance et de l'organisation des plantes444 ,la plante primitive sera la chose la plus singulire du monde1 et la nature elle-mme me l'enviera4 ,avec ce modle et sa clef1 on inventera une infinit de plantes nouvelles1 qui1 si elles n'existent pas1 pourraient exister1 et qui1 loin d'tre le reflet d'une imagination artistique et potique1 auront une existence intime1 vraie1 ncessaire mme1 et cette loi cratrice pourra s'appliquer tout ce qui a une vie quelconque4 ,gthe a videmment conu pour la plante quelque chose d'analogue ce que ,geoffroy ,saint-,hilaire appelle l'unit de plan de composition pour les animaux4 ,son ide1 il l'tend mme d'avance aux animaux1 et son premier essai zoologique tmoigne qu'avant de s'occuper de botanique il recherchait dj chez ces tres l'unit qu'il vient d'apercevoir chez les plantes4 ,c'est ainsi qu'il est conduit1 ds #aghf1 dcouvrir chez l'homme les deux os intermaxillaires qui portent1 chez tous les mammifres1 les incisives suprieures et qu'on prtendait tre un caractre essentiellement distinctif de l'homme et des singes4 ,comme ,geoffroy ,saint-,hilaire1 c'est par des recherches sur des ftus et sur des monstres que ,gthe parvint tablir l'existence relle de ces deux os qui1 chez l'homme1 se soudent habituellement de bonne heure avec les deux moitis de la mchoire suprieure1 entre lesquelles ils sont compris1 et produisent1 lorsqu'ils demeurent carts1 la difformit connue sous le nom de bec-de-livre#ga4 ,en #agij1 l'anne mme o il publiait son essai sur la mtamorphose des plantes1 ,gthe1 se promenant au cimetire juif de ,venise1 dsarticule1 en les heurtant du pied1 les pices d'un crne de mouton4 ,ces pices parses font natre en lui l'ide que le crne est form d'un certain nombre de vertbres1 modifies dans leur forme et dans leurs proportions4 ,cette ide1 laquelle ,frank et ,oken arrivent de leur ct indpendamment de ,gthe et qu'ils dduisaient d'ailleurs des doctrines les plus opposes1 introduit dans l'anatomie compare l'ide si fconde en botanique qu'un mme organe1 en se rptant et se modifiant1 suffit former les parties les plus diffrentes en apparence d'un organisme4 ,aprs avoir longtemps disput1 on juge aujourd'hui inutile de s'acharner dterminer de combien de vertbres le crne peut tre constitu2 mais au moins n'est-il pas contest que le crne n'est qu'une modification de la colonne vertbrale dont les vertbres se sont agrandies1 transformes et en partie soudes pour constituer l'enveloppe protectrice de l'encphale4 ,la dcouverte de l'os intermaxillaire1 celle de la constitution vertbrale du crne ne sont d'ailleurs que des pisodes dans une uvre incomparablement plus vaste1 dont ,gthe trace1 ds #agie1 le brillant programme4 ,de mme qu'il s'est attach constituer un vgtal idal1 duquel tous les autres pourraient tre dduits par de simples modifications de certaines parties1 de mme il propose pour l'tude du squelette d'tablir un type anatomique1 une sorte d'image universelle1 reprsentant1 autant que possible1 les os de tous les animaux1 pour servir de rgle en les dcrivant d'aprs un ordre tabli d'avance4 ,ce type devrait tre tabli1 en ayant gard1 autant qu'il sera possible1 aux fonctions physiologiques4 ,de l'ide d'un type gnral1 il rsulte ncessairement qu'aucun animal considr isolment ne saurait tre pris comme type de comparaison1 car la partie ne saurait tre l'image du tout4 ,l'homme1 dont l'organisation est si parfaite1 ne saurait1 en raison de cette perfection mme1 servir de terme de comparaison par rapport aux animaux infrieurs4 ,il faut1 au contraire1 procder de la faon suivante3 l'observation nous apprend quelles sont les parties communes tous les animaux et en quoi ces parties diffrent entre elles2 l'esprit doit embrasser cet ensemble et en dduire1 par abstraction1 un type gnral dont la cration lui appartient4 ,ainsi1 la mme anne1 ,gthe et ,geoffroy ,saint-,hilaire ont conu1 chacun sa faon1 l'ide de l'unit de plan de composition dans le rgne animal4 ,mais ,geoffroy ,saint-,hilaire fournit1 par des recherches anatomiques incessantes1 la dmonstration de son ide2 tandis que ,gthe1 aprs avoir commenc excuter son plan d'observations ostologiques1 s'arrte en route et ne tire aucune conclusion spciale de ses nombreuses observations4 ,comme ,geoffroy1 il propose cependant d'utiliser la position respective des organes pour les dterminer2 mais il veut en mme temps1 ce qui est moins heureux1 que l'on tienne grand compte de leur fonction4 ,comme ,geoffroy1 il explique1 en exagrant mme cette influence1 la rduction de volume de certaines parties du corps par un excs de dveloppement d'autres parties2 mais tous deux sont arrivs ces ides d'une faon absolument indpendante4 ,aux ides de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,gthe ajoute celle des mtamorphoses1 d'aprs laquelle un mme organe1 un mme animal peuvent se prsenter sous des aspects divers et1 en fait1 n'atteignent jamais leur figure dfinitive qu'aprs avoir subi un plus ou moins grand nombre de transformations1 ayant toutes pour but final la reproduction4 ,entre les animaux et les plantes1 ,gthe tablit cet gard une diffrence4 ,les parties qui se mtamorphosent dans la plante demeurent unies entre elles2 ce sont les dernires de ces parties nes les unes sur les autres qui revtent une forme nouvelle2 mais elles coexistent avec celles qui ne se sont pas mtamorphoses2 quand un animal1 un insecte par exemple1 se mtamorphose1 il ne conserve aucun lien avec la forme qu'il vient de quitter2 c'est la totalit de son tre qui revt un aspect nouveau4 ,nous verrons bientt que cette diffrence n'est qu'apparente et qu'il existe des animaux chez qui les transformations1 si bien mises en relief par ,gthe chez les plantes1 se retrouvent avec tous leurs caractres4 ,naturellement ces mtamorphoses veillent chez ,gthe l'ide que les tres vivants ne sont pas enchans dans des formes immuables et que leurs caractres ont pu se modifier avec le temps4 ,comme ,lamarck et ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,gthe est donc transformiste1 et il donne une part trs grande l'influence du milieu dans les modifications que les organismes peuvent subir4 ,telles furent aussi les ides de ,kielmeyer1 qui1 sans avoir presque rien crit1 exera par son enseignement une puissante influence sur l'esprit des naturalistes allemands4 ,on ne connat gure de lui qu'un discours prononc en #agif l'ouverture de son cours l'universit de ,tubingue4 ,comme ,gthe1 ,kielmeyer se rencontre plus d'une fois avec ,geoffroy1 bien qu'on ne puisse contester l'un et l'autre l'indpendance de ses ides4 ,kielmeyer pense1 en particulier1 que les animaux infrieurs reprsentent1 l'tat permanent1 les formes transitoires que traversent les animaux suprieurs pour arriver leur forme dfinitive4 ,chaque forme infrieure peut donc tre considre comme un arrt de dveloppement d'une forme suprieure1 et rciproquement chaque forme suprieure traverse dans le cours de son dveloppement des formes analogues aux formes infrieures du groupe auquel elle appartient4 ,c'est ainsi que les grenouilles sont d'abord de vritables poissons1 que les mammifres ont un instant une circulation de reptiles1 et que1 suivant la remarque faite par ,autenrieth1 en #ahjj1 mais dont l'importance n'a t bien sentie qu'en #ahjf par ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ils prsentent un certain moment dans leur tte le mme nombre d'os que les poissons1 etc4 ,ainsi rapparat une ide que nous avons dj rencontre plusieurs fois1 que dveloppera plus tard ,m4 ,serres1 mais qui ne reprendra toute sa valeur philosophique qu'aprs l'apparition du transformisme scientifique et sera traduite alors par cette proposition fondamentale3 l'embryognie d'un animal n'est que la rptition abrge des phases qu'a traverses son espce pour arriver sa forme actuelle4 ,de telles corrlations entre les formes infrieures et les formes suprieures du rgne animal supposent videmment que toutes ces formes ne sont que le dveloppement d'un seul et mme plan1 dont l'excution a t pousse plus ou moins loin4 ,l'unit de plan de composition compte donc en ,allemagne1 aussi bien qu'en ,france1 des partisans rsolus2 l'ide s'est dveloppe simultanment dans les deux pays1 comme le prouvent les dates des premires publications qui y sont relatives4 ,un pareil accord entre des savants et des penseurs que rien n'avait mis en relation tmoigne que leur ide commune tait en harmonie1 au moment o elle a t conue1 avec la plupart des faits connus cette poque1 ou tout au moins avec les faits qui avaient le plus attir l'attention4 ,mais1 comme ,cuvier ne tarda pas le montrer1 ces faits n'taient qu'une faible partie de la science3 on pourrait reprocher ,geoffroy ,saint-,hilaire1 et peut-tre ,gthe et ,kielmeyer1 d'avoir gnralis d'une faon absolue l'ide juste qu'ils avaient fait natre4 ,mais est-ce l un tort rel8 ,ce qu'on appelle1 non sans quelque ddain1 une ide1 dans les sciences naturelles1 n'est autre chose que ce qu'on appelle dans les autres sciences une loi4 ,l'essence d'une loi est de coordonner entre eux le plus grand nombre possible de phnomnes2 on est donc presque toujours conduit lui donner tout d'abord une gnralit trop grande2 ce sont les travaux qu'elle suscite qui en dterminent ensuite la porte2 mais la loi1 mme restreinte1 n'en conserve pas moins une valeur2 elle vient prendre naturellement sa place dans les consquences de quelque autre loi plus gnrale1 qui devient1 son tour1 loi partielle lorsqu'une vrit plus gnrale encore est dcouverte4 ,ainsi1 par une heureuse combinaison des faits et des lois1 l'esprit humain marche srement la conqute de vrits d'ordre de plus en plus lev1 aspirant sans cesse aux vrits dernires qui pourront lui expliquer son origine et son avenir4 ,les luttes passionnes auxquelles donna lieu l'unit de plan de composition devaient avoir pour consquence d'engager les esprits levs et indpendants rechercher quelque formule plus gnrale qui pt comprendre les deux doctrines opposes4 ,deux hommes essayrent cette conciliation1 empruntant tous deux ,gthe une part de ses ides3 ,richard ,owen en ,angleterre1 ,dugs en ,france4 ,le premier apportait dans ses tudes la prcision de ,cuvier2 il fit aussitt de nombreux proslytes2 le second1 ardent et persvrant1 comme ,geoffroy1 mourut sans avoir vu son uvre justement apprcie dans son pays4 ,,chapitre ,,xiii ,,dug,s ,essai de conciliation des ides de ,cuvier et de ,geoffroy4--,la conformit organique dans l'chelle animale4--,moquin-,tandon et la thorie du zoonite4--,gnralisation de cette thorie par ,dugs4--,thorie de la constitution des organismes3 loi de multiplicit ou de rptition des parties2 loi de disposition2 loi de modification et de complication1 loi de coalescence4--,ides de ,dugs sur les types organiques4 ,au moment mme o la grande discussion acadmique sur l'unit de plan de composition des animaux allait tre close par la mort de ,cuvier1 un jeune professeur de la ,facult des sciences de ,montpellier1 ,antoine ,dugs1 tentait de s'tablir sur un terrain nouveau1 o il esprait que les deux camps pourraient se rencontrer4 videmment sduit par les ides de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,dugs est cependant frapp de la valeur des objections de ,cuvier4 ,il se demande si1 en modifiant lgrement la formule de la philosophie zoologique1 il ne sera pas possible de la sauver de l'anathme dans laquelle cherche l'envelopper la soi-disant cole des faits4 ,il sent trs bien que l'cole n'est pas morte avec son chef4 ,nous nous dcidons1 dit-il dans la ,prface de son ,mmoire sur la conformit organique dans le rgne animal1 nous nous dcidons publier ce mmoire1 pour ne point renouveler les difficults qui se prsentrent1 son sujet1 lors de la nomination d'une commission d'examen par l',acadmie des sciences1 et qui ne cessrent que quand ,m4 ,cuvier1 dont on craignait1 sans doute1 de heurter les opinions1 se fut lui-mme charg du rapport4 ,m4 ,cuvier tait effectivement l'homme dont je devais1 dans cette circonstance1 redouter surtout la prvention et la partialit3 une discussion vive et prolonge l'avait rcemment anim contre des principes fort semblables ceux que j'mettais mon tour2 et1 malgr tous mes soins pour viter de paratre m'immiscer dans cette grande querelle1 malgr mes efforts pour faire ressortir l'indpendance de mes opinions personnelles1 l'impartialit de mes emprunts d'autres doctrines1 je n'avais pu russir calmer la svrit ombrageuse qu'il portait dans l'tude de la nature1 ni la rpugnance qu'il manifestait hautement pour toute gnralisation1 un peu hardie1 un peu htive4 ,lui-mme m'avait annonc un jugement rigoureux1 et j'ignore jusqu' quel point j'tais parvenu en adoucir l'pret dans une longue conversation4 ,dugs ne cherche cependant plus tablir l'unit de plan de composition du rgne animal2 il se propose seulement de montrer que les diffrents types du rgne animal sont relis entre eux par des transitions mnages1 que l'on peut de modification en modification1 et par un enchanement successif1 parcourir toute l'chelle animale et reconnatre la conformit mdiatement ou immdiatement entre deux animaux1 quels qu'ils soient1 quelque classe qu'ils appartiennent4 ,en quoi consiste cette conformit que ,dugs substitue l'unit de plan dans la structure des animaux8 ,on pourrait dsirer que ,dugs le dise plus nettement4 travers les obscurits ou les erreurs que lui impose l'tat de la science son poque1 on voit apparatre cependant pour la premire fois1 dans toute sa gnralit1 une ide fconde1 dont les consquences sont loin d'tre encore puises4 ,la science venait peine d'accueillir la belle conception1 agrandie par ,gthe1 de la nature compose des vgtaux et de la mtamorphose de leurs organes4 ,dunal s'tait demand s'il n'existait pas quelque chose d'analogue dans le rgne animal1 et il avait entrevu que les animaux invertbrs peuvent tre considrs comme des associations1 des colonies d'animaux plus simples1 diversement groups4 ,en #ahbg1 ,moquin-,tandon1 dans sa ,monographie des hirudines1 avait donn plus de prcision cette manire de voir en montrant que chacun des segments du corps d'une sangsue est identique ceux qui le prcdent et ceux qui le suivent1 que chacun de ces segments contient tout ce qu'il lui faut pour vivre d'une vie indpendante1 peut tre considr comme un organisme distinct1 un petit animal1 un zoonite4 ,tous les animaux articuls de ,cuvier se laissent1 comme la sangsue1 dcomposer en zoonites2 tous ces animaux ne sont1 en consquence1 que des assemblages d'animaux plus simples1 de zoonites1 disposs en srie linaire4 ,gnralisant cette ide1 ,dugs cherche montrer qu'elle est applicable non seulement aux articuls1 mais tous les invertbrs et aux vertbrs eux-mmes4 ,les polypes d'une colonie de corail1 d'une colonie de bryozoaires sont des zoonites au mme titre que les segments d'un insecte2 ils sont seulement disposs d'une autre faon4 ,des zoonites peuvent1 en effet1 se grouper en srie linaire1 ou se placer comme des rayons autour d'un centre1 ou former des arborescences ramifies1 comme dans le rgne vgtal2 on trouve de nombreux passages entre ces divers modes d'association1 passages qui tablissent un lien entre des animaux paraissant au premier abord tout fait diffrents4 ,les zoonites ayant toujours la mme constitution fondamentale1 les animaux ne diffrent que par le nombre et le mode de groupement de ces parties constituantes1 et comme1 sous ce rapport1 il existe entre eux un nombre infini de transitions1 on voit qu'il ne saurait exister aucune ligne de dmarcation entre les diffrents types du rgne animal4 ,dugs espre donc avoir dcouvert les lois de la constitution des organismes1 que cherchait ,geoffroy1 tout en chappant aux objections que dirigeait ,cuvier contre l'unit de plan de composition4 ,ces lois sont au nombre de quatre3 #a ,loi de multiplicit des organismes2 #b ,loi de disposition2 #c ,loi de modification et de complication2 #d ,loi de coalescence4 ,on peut les noncer ainsi3 #a ,tout animal suprieur est compos d'un certain nombre d'organismes plus simples1 de zoonites4 #b ,les zoonites constituant un animal peuvent se grouper soit en une srie linaire unique1 soit en deux sries alternes ou symtriques1 soit en couronne autour d'un axe1 soit d'une faon tout fait irrgulire4 ,chez un mme animal1 ces divers modes de groupement peuvent tre combins entre eux4 #c ,dans un mme animal1 les zoonites peuvent prsenter des formes diverses1 se partager1 se distribuer le travail ncessaire au maintien de leur collectivit4 #d ,les zoonites ou les organes qui les composent peuvent prsenter divers degrs de fusion1 de manire qu'il devient souvent impossible de dterminer leur nombre ou leurs limites4 ,toutes ces propositions sont rigoureusement exactes2 ,dugs exprime encore fort bien l'ide que se font actuellement les physiologistes du rle des diverses parties qui entrent dans la composition d'un organisme4 ,aprs avoir dcrit les modifications diverses des parties dans quelques insectes1 il conclut#gb3 ,sous le rapport de la sensibilit et de la locomotion1 il semble donc que les segments se partagent1 se distribuent le travail pour concourir plus aisment un but commun4 ,cette distribution1 ce concours o chaque partie apporte l'ensemble son tribut spcial1 sont plus marqus encore quant aux appareils de la vie intrieure4 ,l1 nous voyons tel segment ou telle rgion appeler1 concentrer ou1 pour mieux dire1 centraliser et perfectionner tel appareil d'organes dont les autres segments restent privs1 soit par abandon rsultant d'une coalescence partielle qui attire tous les lments de mme nature vers un centre commun1 soit par atrophie1 disparition d'un appareil de fonction rendu inutile dans la plupart des segments par son grand dveloppement dans un seul qui le rend apte servir1 en ce qui le concerne1 toute la machine4 ,cette communaut1 cette convenance rciproque constitue l'individualisation et concourt1 on le sent bien1 au perfectionnement de la vie gnrale4 ,il en est de l'association des organismes comme de la socit humaine4 ,la civilisation fait un tout d'une masse d'individus diffrents1 et elle concourt augmenter les commodits1 les jouissances de chacun d'eux par le partage des capacits et des occupations4 ,une peuplade de sauvages est1 au contraire1 rduite la vie la plus simple et la plus grossire4 ,dans la premire de ces socits1 nous avons l'image de l'conomie animale chez les tres les plus levs de l'chelle1 un mammifre par exemple4 ,quant la deuxime1 c'est1 la vie du tnia1 aussi morcele1 que l'animal lui-mme et aussi peu complexe que l'est l'organisation de l'animal1 aussi peu varie que la forme de ses anneaux4 ,ces comparaisons1 les physiologistes les limitent encore aujourd'hui1 en ce qui concerne les vertbrs1 aux lments anatomiques2 avec une hardiesse tonnante1 ,dugs1 soutenant une cause qui ne devait trouver que dans ces dernires annes des arguments dcisifs en sa faveur1 considre les vertbrs comme des animaux segments1 forms de zoonites la manire des insectes1 mais dont les zoonites sont confondus1 comme ceux des araignes4 ,la division de la colonne vertbrale en vertbres identiques entre elles est le signe le plus apparent de cette segmentation des vertbrs2 mais il en est d'autres4 ,la moelle pinire des vertbrs fournit autant de paires nerveuses qu'il existe de segments vertbraux4 ,dugs rappelle les expriences de ,chirac et de ,legallois qui montrent que la portion de la moelle correspondant chacune de ces paires nerveuses possde une vritable autonomie4 ,il est ainsi conduit comparer la moelle des vertbrs la chane ganglionnaire des animaux articuls4 ,il prouve du reste que non seulement quand on passe d'un animal l'autre1 mais encore chez le mme animal1 les divers ganglions comprenant cette chane peuvent se rapprocher au point de se souder o au contraire se sparer1 s'ils taient primitivement souds4 ,les recherches de ,m4 ,blanchard ont tabli que ce premier cas est le plus gnral chez les insectes2 cependant ,swammerdam avait dj montr que les ganglions trs rapprochs1 presque souds1 de la larve de l',orycts nasicorne1 de celle du ,stratyome camlon se sparent quand l'insecte arrive l'tat adulte2 ces rsultats ont t beaucoup tendus par les recherches de ,m4 ,knckel d',herculais et de ,m4 ,brandt4 ,chaque vertbre porte dans la rgion dorsale une paire d'appendices1 les ctes3 les sept vertbres de la rgion cervicale1 les cinq vertbres de la rgion lombaire en sont dpourvues chez les ,mammifres4 ,dugs fait remarquer que les cinq paires de nerfs lombaires et les cinq paires cervicales se runissent respectivement en un plexus et pntrent ensuite dans les jambes et les bras1 l'innervation desquels elles sont presque exclusivement rserves4 ,or le nombre de doigts qui terminent les membres de la plupart des vertbrs terrestres est prcisment de cinq4 ,il est donc lgitime de considrer chacun de nos membres comme rsultant de la soudure de cinq appendices correspondant respectivement l'un des segments vertbraux qui fournissent les nerfs des membres4 ,la soudure de ces appendices s'est faite du centre la priphrie2 elle n'est complte que pour le premier segment des membres2 dj le deuxime comprend deux os1 le troisime en comprend trois1 le quatrime quatre1 les quatre autres chacun cinq4 ,l'os hyode1 la mchoire infrieure sont d'autres appendices des vertbres qui ont gard une forme voisine de celle des ctes2 enfin la tte doit tre considre1 ainsi que le voulaient ,gthe1 ,oken et ,geoffroy ,saint-,hilaire1 comme forme d'un certain nombre de vertbres1 soudes ensemble aussi entirement que le sont les segments qui constituent la tte des insectes1 et ne demeurant distincts que par leurs appendices4 ,il y a l toute une srie d'ides nouvelles1 ingnieusement dveloppes et qui ont t plus rcemment reprises et tendues1 dans un intressant opuscule1 par ,m4 le ,dr ,durand de ,gros#gc4 ,le progrs sur la doctrine de ,geoffroy ,saint-,hilaire est incontestable4 ,dugs ne cherche plus expliquer1 comme son illustre devancier1 l'insecte par le vertbr2 il ne cherche plus retrouver dans les segments du corps des articuls l'quivalent des vertbres des mammifres4 ,les vertbres et la colonne vertbrale ne sont plus des parties fondamentales qu'il faut retrouver tout prix4 ,retournant la proposition de ,geoffroy1 ,dugs tudie le zoonite l o il est le plus clair1 chez l'animal articul2 il dtermine le mode d'association des zoonites et de leurs diverses parties1 et il se propose de retrouver chez le vertbr les traces d'une constitution fondamentale identique celle des articuls2 les vertbres et leurs appendices sont les indications les plus prcises de cette constitution4 ,cette fois1 la comparaison est place sur un terrain infiniment plus praticable4 ,malheureusement les termes de comparaison choisis ne peuvent encore contenir que des rsultats illusoires2 l'une des propositions sur lesquelles ,dugs base la conformit organique est d'ailleurs radicalement fausse1 et le succs de la thorie se trouve par cela mme compromis4 ,si l'arthropode et le vertbr sont1 en effet1 l'un et l'autre forms de zoonites1 ce dont les dcouvertes rcentes de ,semper et de ,balfour ne permettent plus gure de douter1 leur similitude s'arrte ce point4 ,en cherchant poursuivre la comparaison au del des consquences immdiates1 ncessaires1 de ce mode commun de constitution1 ,dugs entre dans une mauvaise voie2 il est domin lui aussi1 son insu1 par l'ide de l'unit de plan de composition4 ,cette ide1 qu'il modifie si heureusement pour la rendre applicable aux animaux suprieurs1 il l'admet dans toute sa rigueur pour les zoonites3 dans sa pense1 tous les zoonites sont identiques entre eux1 et c'est en cela que consiste la conformit que l'on constate entre les animaux3 ,il n'y a pas unit de plan dans l'chelle animale2 mais il y a conformit1 car les lments composants sont toujours de mme nature1 et leur disposition1 quoique varie1 ne suffit pas pour isoler1 sparer nettement les animaux qu'ils constituent#gd4 ,pour trouver ces lments de mme nature dont parle ,dugs1 il faut descendre aux lments constitutifs des tissus1 ce que nous nommons aujourd'hui les cellules ou les plastides2 ,dugs s'arrtait aux zoonites4 ,or les zoonites d'un vertbr ne sont nullement comparables ceux d'un articul1 pas plus que les zoonites ou rayons d'une toile de mer ne sont comparables ceux d'une mduse4 ,dugs est conduit par cette ide prconue des comparaisons videmment forces3 lorsqu'il assimile1 par exemple1 les mandibules des insectes la mchoire suprieure des vertbrs1 et leurs mchoires la mandibule de ces derniers2 il est encore plus loin de la vrit lorsqu'il croit trouver un argument en faveur de sa thse dans la multiplicit des os qui forment la mchoire infrieure des ,poissons4 ,toutefois1 avec une sagacit remarquable1 ,dugs vite ordinairement les cueils dont une fausse conception de la similitude des zoonites sme sa route1 et il garde tous les avantages que lui donne son mode de comparaison des vertbrs et des animaux segments4 ,c'est ainsi qu' la fin de son mmoire1 qui est de tous points une uvre de gnie1 lorsqu'il s'agit d'tablir comment peut s'effectuer le passage des vertbrs aux invertbrs1 le savant professeur de ,montpellier cherche des types intermdiaires non pas entre les articuls et les vertbrs1 mais entre les vertbrs et les vers1 c'est--dire prcisment l o les zoologistes actuels les ont trouvs4 la vrit1 il croit voir entre les sangsues et les lamproies des affinits qui ne sont pas aussi voisines qu'il est tent de le croire3 la ventouse buccale des sangsues ne saurait tre1 sans exagration1 compare celle des lamproies2 les poches respiratoires de ces poissons ne sont nullement homologues des poches latrales du ver1 qui ne sont autre chose que des reins2 mais ,dugs n'avait choisi ces moyens de rapprochement qu'en raison de la connaissance imparfaite que l'on avait1 son poque1 des types qu'il s'agissait de comparer1 et il demeurait frapp des ressemblances gnrales de ces derniers4 ,dbarrass des complications qui rsultaient pour ,geoffroy ,saint-,hilaire et pour ,ampre de la comparaison qu'ils avaient essaye entre le squelette interne des vertbrs1 dsormais relgu au second plan1 et le squelette externe des articuls1 il retient cependant l'ide que le vertbr et l'articul ont1 relativement au sol1 une attitude oppose2 il insiste avec raison sur l'identit absolue de disposition que l'on observe dans les organes d'un animal annel et d'un vertbr couch sur le dos1 et arrive ainsi aux assimilations les plus lgitimes4 ,il rappelle que ce renversement de l'animal se manifeste dj dans l'embryon1 comme l'ont montr ,hrold et ,rathke1 et tend considrablement la liste1 donne dj par ,geoffroy1 des animaux qui ont abandonn l'attitude normale de leurs congnres pour en prendre une plus ou moins diffrente4 ,ainsi les ,paresseux demeurent presque toujours accrochs aux branches d'arbre le dos en bas2 les nyctribies et divers acarus parasites marchent sur le dos2 c'est galement sur le dos que nagent les notonectes1 parmi les insectes2 les apus1 les branchippes1 parmi les crustacs2 tous les htropodes1 parmi les mollusques2 le ,gemel 7,pimelodus membranaceus7 et1 dans certains cas1 le remora1 parmi les poissons4 ,chez ce dernier1 la face dorsale1 demeurant le plus souvent applique contre un corps tranger1 a tout fait l'aspect de la face ventrale des autres poissons4 ,mais il existe aussi1 dans le rgne animal1 d'autres changements d'attitude non moins remarquables4 ,l'homme1 parmi les mammifres1 les manchots1 les pingouins1 parmi les oiseaux1 marchent debout1 dans une position exactement perpendiculaire celle des autres vertbrs de leur classe4 ,les pleuronectes et l'amphioxus1 parmi les poissons1 les peignes1 les hutres1 les anomies1 les tridacnes1 parmi les mollusques1 demeurent constamment couchs sur le ct1 tandis que les gammarus1 ou crevettines d'eau douce1 qui sont des crustacs1 marchent sur le ct et nagent indiffremment sur le dos ou sur le ventre4 ,beaucoup d'annlides et certains myriapodes peuvent de mme1 sans difficult1 marcher sur le dos ou sur le ventre1 et il en est qui n'avancent qu' reculons4 ,dugs aurait encore pu ajouter que les cirripdes et les ascidies passent la plus grande partie de leur existence fixs la tte en bas1 que c'est l'attitude normale de tous les mollusques lamellibranches et celle dans laquelle dorment et se reposent les galopithques et les chauves-souris4 ,de tous ces faits1 on doit conclure avec ,geoffroy que1 chez les divers animaux1 des rgions du corps anatomiquement identiques peuvent occuper1 par rapport nos points de repre habituels1 le sol et le ciel1 les positions les plus varies1 et que1 dans ses comparaisons1 l'anatomiste ne doit tenir aucun compte de ces positions4 ,dugs est galement assez souvent heureux lorsqu'il cherche tablir entre les rgions du corps des animaux de type diffrent des comparaisons plus rigoureuses que celles qui ont cours dans la science4 ,c'est ainsi qu'il donne de la tte la seule dfinition physiologique et morphologique que l'on puisse accepter aujourd'hui3 ,c'est la rgion antrieure1 celle qui guide les autres1 o l'on trouve des parties modifies en organes des sens 7phanres7 et des appendices locomoteurs destins la prhension1 la division des aliments444 ,cette rgion est compose de plusieurs segments ou zoonites2 mais leur coalescence est souvent telle que l'esprit d'analyse le plus exact n'arrive la dcomposer que par des conjectures qui laissent toujours au moins quelque incertitude sur le nombre des segments4 ,seulement ,dugs1 voulant comparer de trop prs l'articul et le vertbr1 s'engage bientt dans une voie qui demeure sans issue4 ,d'autres causes viennent d'ailleurs enrayer l'essor que les ides fcondes contenues dans le ,mmoire sur la conformit organique auraient pu donner la zoologie4 ,bien que grand admirateur de ,lamarck et de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,dugs1 qui s'tait laiss entraner vers la zoologie par les sductions magiques du gnie de ,cuvier1 ne parat pas avoir devin l'importance que devait prendre plus tard le transformisme4 ,il ne se demande nulle part1 dans son mmoire1 quelle a pu tre l'origine des animaux qu'il tudie1 et parat croire1 comme son premier matre1 qu'ils ont t et seront toujours ce que nous les voyons aujourd'hui4 ,il remarque que quelques-uns sont rduits un seul zoonite1 que chez les myriapodes les zoonites se forment successivement2 mais il ne lui vient pas l'esprit1 ce qui n'aurait certes pas chapp ,lamarck ou tout autre transformiste1 que les animaux simples1 rduits un seul zoonite1 pourraient tre les anctres1 les progniteurs2 encore persistants1 des animaux forms de plusieurs zoonites2 il ne cherche pas quelles causes1 en dterminant le mode de groupement des zoonites1 soit en couronne1 soit en ligne droite1 ont pu donner ainsi naissance ce que ,cuvier appelle les types organiques4 ,bien au contraire1 ces types sont pour lui primitifs2 ds le dbut de son volution1 chaque animal porte l'empreinte du type auquel il appartient3 ,chaque espce d'animal a sa forme particulire 7tant intrieure qu'extrieure71 son type propre1 et ce ds sa premire origine1 sans pouvoir dire en quoi consiste la cause premire qui marque ainsi primordialement l'animal d'un cachet caractristique1 qui empche les espces de se multiplier sans rgles comme sans limites1 qui empreint des traits particuliers et de famille aux individus d'une mme espce2 on ne peut mconnatre l une puissance quelconque1 et l'on peut au moins l'tudier dans ses effets4 ,tout en passant par des transformations comparables aux principaux1 degrs de l'chelle animale1 l'embryon n'en a pas moins toujours ses caractres particuliers4 ,on reconnat l l'influence des recherches et surtout des ides de ,von ,bar2 mais1 en #ahca1 les fondements de l'embryognie taient peine jets2 non seulement on ne savait presque rien du mode d'volution des animaux infrieurs1 mais on savait mme fort peu de chose sur le dveloppement des plus levs1 et ,dugs tait dj en avance sur son temps lorsqu'il dcrivait la reproduction par division transversale d'une espce de ,planaire1 la ,catenula lemn4 ,la loi de conformit organique est donc une sorte de loi mtaphysique1 comme la loi de l'unit de plan de composition2 elle ne prtend pas expliquer la filiation des animaux3 elle se borne simplement constater leur mode de structure et ne cherche tablir entre eux qu'un lien purement thorique1 j'allais dire purement thologique4 ,on sent du reste flotter vaguement1 autour de cette conception premire1 d'autres ides plus mtaphysiques encore4 ,parfois se trahit la proccupation toute pythagoricienne de trouver chez des animaux1 d'ailleurs trs diffrents1 les mmes parties en mme nombre1 sans que rien puisse faire prsumer que le nombre cherch soit constant3 ainsi ,dugs s'efforce de montrer que le cou des vertbrs est form de trois vertbres1 comme le thorax des insectes de trois articles2 il croit voir de mme une correspondance entre les cinq paires de pattes des crustacs dcapodes et les cinq appendices primitifs1 dont la soudure constitue1 suivant lui1 les membres des vertbrs suprieurs4 ,en un mot1 il s'imagine que les mmes parties doivent se trouver en mme nombre et peuvent tre dsignes par les mmes noms chez les vertbrs et les articuls2 il dresse un tableau comparatif des parties du corps chez ces animaux et parvient un semblant de dmonstration de leur identit de structure4 ,il est vident que ,dugs ne peut admettre un seul instant que ces prtendues lois numriques rgissent le rgne animal tout entier2 il possde des connaissances trop tendues pour que la pense ait pu lui venir de retrouver chez un siphonophore tous les zoonites de l'crevisse ou du chat2 mais quand on en vient chercher des ressemblances dont la seule explication rside dans une volont suprieure1 il n'y a aucune raison de s'arrter1 et les nombres ont quelque chose de fatidique qui semble1 toutes les poques1 avoir fascin certains esprits4 ,mac ,leay1 entomologiste distingu1 n'a-t-il pas fond tout un systme de divisions zoologiques sur l'excellence du nombre cinq1 qu'il considrait comme ayant rgi toute l'volution organique8 ,c'est la mme tendance mtaphysique qui conduit ,dugs penser que les divisions du rgne animal peuvent tre distribues sur deux cercles tangents1 l'un comprenant les invertbrs1 l'autre les vertbrs4 ,ces cercles sont ingnieusement construits1 comme on peut s'en assurer en jetant les yeux sur la reproduction que nous en donnons ci-aprs1 mais ne correspondent rien dans la nature4 ,de telles tentatives tmoignent simplement1 chez leur auteur1 de la conviction profonde que la continuit de l'univers doit pouvoir s'exprimer par une ligne gomtrique simple3 la ligne droite n'ayant pas russi ,bonnet1 ,dugs s'tait arrt au cercle4 ,malgr ces dfauts inhrents l'poque o il fut crit1 on ne saurait estimer trop haut la valeur des ides morphologiques dveloppes et souvent tablies dans le ,mmoire sur la conformit organique4 ,publi au moment mme o venait de se terminer la lutte entre ces deux redoutables athltes3 ,cuvier et ,geoffroy ,saint-,hilaire1 le mmoire de ,dugs fut peu remarqu1 eu gard sa valeur2 un petit nombre de savants taient d'ailleurs en tat d'en comprendre toute la porte1 et ,dugs lui-mme n'avait fait que l'entrevoir4 ,bien qu'on lui ait fait de frquents emprunts1 le ,mmoire sur la conformit organique n'a gure t cit1 depuis la mort de son auteur1 qu' titre de curiosit scientifique4 ,on doit cependant le considrer comme ayant1 pour la morphologie animale1 la mme importance que l'essai de ,gthe sur les mtamorphoses des plantes1 pour la morphologie vgtale4 ,bientt les dcouvertes vont se succder1 les unes apportant une clatante confirmation aux vues de l'anatomiste de ,montpellier1 les autres largissant davantage les horizons entrevus par lui2 mais on a perdu le fil conducteur un moment saisi2 le nom de ,dugs est peine prononc1 alors qu'il pourrait tre mis ct de ceux de ,lamarck et de ,geoffroy4 ,puissions-nous dans ces quelques lignes avoir contribu rparer l'injustice involontaire des zoologistes envers un des hommes les plus minents de ce sicle4 ,cette injustice tait d'ailleurs la consquence fatale des dures conditions que la lutte entre ,geoffroy ,saint-,hilaire et ,cuvier avait faites1 en ,france1 la philosophie zoologique1 et du discrdit dans lequel devaient faire tomber la philosophie zoologique les excs d'une cole allemande dont nous devons maintenant nous occuper4 ,illustration3 ,,distribution ,,des ,,animaux ,d',,apr,s ,,dug,s ,,monadaires ,monadistes4 ,confervistes4 _/ ,stphanomistes4 ,uvellistes4 ,,diphyares ,,actiniaires ,physalistes4 ,actinistes4 ,astristes4 ,diphysts4 ,cercle ,mdusistes4 des ,invertbrs4 ,ascidistes4 ,tnistes4 ,lingulistes4 ,ascaridistes4 ,ostristes4 ,lombricistes4 ,hlicistes4 ,julistes4 ,h,,licaires ,t,,niaires ,hyalistes4 ,culicistes4 ,loligistes4 ,aranistes4 ,balanistes----,astacistes4 ,,astacaires ,,hominiaires ,squalistes _/ ,cyprinistes4 ,salamandristes4 ,ranistes4 ,lacertistes4 ,cercle des ,crocodilistes4 ,passeristes4 ,vertbrs4 _/ _/ ,echidnistes4 _/ _/ ,hoministes4 ,,chapitre ,,xiv ,,les ,,philosophes ,,de ,,la ,,nature ,ides de ,schelling4--,oken3 ,les polarits et la gense de l'univers4--,le ,mucus primitif4--,gnration quivoque des infusoires les lments anatomiques4--,loi de rptition dduite de la philosophie de la nature4--,l'homme et le microcosme4--,les degrs d'organisation4--,thorie de la vertbre2 constitution vertbrale du crne4--,spix3 application de la loi de rptition l'anatomie compare4--,carus3 ,extension de la thorie de la vertbre4 ,la grande cole qui commence ,buffon et que continuent ,lamarck1 ,geoffroy ,saint-,hilaire et ,dugs en ,france1 ,gthe et ,kielmeyer en ,allemagne1 rassemble des faits et1 par une srie d'inductions1 cherche s'lever de ces faits une conception gnrale des rapports qui unissent entre eux les tres vivants1 conception l'aide de laquelle elle s'efforce ensuite de dcouvrir des faits et des rapports nouveaux4 ,c'est l1 en dfinitive1 la mthode commune tous les hommes de science2 ils ne diffrent1 cet gard1 que par le plus ou moins grand nombre de faits entre lesquels leur esprit aperoit des rapports1 par la gnralit plus ou moins grande des ides que leur suggrent ces rapports4 ,les philosophes procdent volontiers autrement3 une ide a priori1 aussi leve1 aussi abstraite que possible1 leur sert de point de dpart2 ils en dduisent ensuite les faits par le raisonnement pur4 ,c'est ce qu'essaya en ,allemagne1 au commencement de ce sicle1 l'cole dite des philosophes de la nature4 ,il semble1 au premier abord1 qu'une pareille faon de faire soit ncessairement strile2 il n'en est cependant pas toujours ainsi4 ,en effet1 quelle que soit la forme sous laquelle on les exprime1 les ides sont1 en dfinitive1 puises dans les faits2 elles contiennent donc toujours une part de ralit2 d'un autre ct1 en droulant leurs consquences1 le philosophe ne perd jamais de vue les groupes de faits qu'il se propose d'expliquer2 son esprit n'est en repos que lorsque1 par un artifice quelconque de langage1 il est parvenu rattacher plus ou moins adroitement les faits l'ide principale2 mais1 chaque fois qu'il a recours ce procd1 il transforme fatalement la signification de l'ide premire2 il y introduit une part plus grande de ralit2 ce ne sont plus des rapprochements entre des abstractions1 ce sont des rapprochements entre des faits rellement analogues qu'il aperoit1 et de ces rapprochements jaillissent ncessairement des consquences exactes1 qui frappent d'autant plus l'esprit que le point de dpart avait paru plus paradoxal4 ,c'est l l'histoire de l'cole des philosophes de la nature1 le secret de l'enthousiasme que cette cole a un moment suscit1 de l'influence que1 pendant prs d'un demi-sicle1 elle a exerce en ,allemagne2 c'est la raison des dcouvertes auxquelles elle a conduit1 des succs rels qu'elle a obtenus4 ,le premier des philosophes de la nature fut ,schelling1 qui avait suivi les leons de ,kielmeyer1 et trouva moyen d'intercaler dans son systme toutes les ides de son illustre matre#ge4 ,le point de dpart de tout le systme de ,schelling est l'existence souvent hypothtique1 dans la nature1 de certaines forces1 de certains tres qui semblent se neutraliser par leur union3 ainsi l'lectricit ngative et l'lectricit positive1 actives toutes les deux1 produisent1 en s'unissant1 l'lectricit pure et simple1 l'lectricit absolue1 dont l'existence ne se manifeste par aucun phnomne2 les deux fluides magntiques1 le fluide boral et le fluide austral1 se neutralisent de mme par leur union2 les deux sexes des animaux et des plantes1 isolment susceptibles de varier1 dterminent par leur union la production de quelque chose de fixe1 l'espce1 qui est une pure abstraction4 ,schelling arrive donc concevoir que cette opposition apparente ou relle est la loi gnrale par excellence1 et que c'est d'elle que tout drive4 ,de toutes les oppositions1 la plus gnrale est celle du moi et du non-moi1 de l'unit et de la pluralit1 de l'esprit et du monde matriel2 ces oppositions ne sont1 comme les deux lectricits1 que des manifestations diffrentes d'un principe universel que ,schelling appelle l'absolu4 ,inertes s'ils taient unis1 et constituant ds lors le nant1 le moi et le non-moi1 par cela seul qu'ils sont opposs l'un l'autre1 deviennent actifs comme les deux lectricits et tendent sans cesse s'unir4 ,dans leur course l'un vers l'autre1 ces deux lments subissent des arrts1 et ce sont ces arrts qui constituent toutes les apparences du monde1 tous les tres4 ,ainsi un courant lectrique dont rien ne rvle l'existence se traduit par des phnomnes sensibles ds qu'il rencontre une rsistance1 ds qu'il subit un arrt4 ,le moi et le non-moi1 l'esprit et le monde matriel tant deux parties adquates d'un mme tout1 on peut dire1 en certain sens1 que l'esprit cre le monde et qu'il n'a qu' regarder en lui-mme pour en trouver toutes les parties2 de l cet aphorisme clbre3 ,philosopher sur la nature1 c'est crer la nature4 ,les tres n'tant que des arrts successifs d'une mme activit1 les plus levs doivent traverser1 dans leur volution1 comme le soutient ,kielmeyer1 les formes auxquelles s'arrtent les plus simples2 leurs organes doivent natre de ceux des tres infrieurs1 ce qui justifie la doctrine de l'pignse1 laquelle s'tait arrt ,buffon4 ,les tres organiss1 les tres inorganiques n'tant tous que des manifestations d'une mme activit1 tous sont galement vivants2 l'univers tout entier n'est qu'un immense organisme1 dont le moi1 dont l'esprit1 dont l'me est l'tre absolu1 c'est--dire ,dieu1 qui serait le nant si le monde n'existait pas4 ,schelling1 en dveloppant son systme1 se tient volontiers dans les gnralits2 ,oken se charge de le faire pntrer dans le menu dtail des phnomnes2 il lui donne en mme temps des dehors plus rigoureux3 les mathmatiques1 les sciences physiques1 la biologie1 viennent point nomm fournir des arguments1 des comparaisons1 des apparences de dmonstration4 ,toute sa philosophie repose sur cette identit3 ,a - ,a #j1 qui est une gnralisation arithmtique des oppositions ou polarisations de ,schelling4 ,cette identit mathmatique contient la fois l'univers matriel reprsent par le terme ,a1 et l'esprit reprsent par le terme - ,a2 l'union intime de ces deux termes1 c'est le divin1 c'est l'absolu1 c'est le zro1 c'est le nant d'o tout est sorti4 ,l'univers matriel1 le fini1 l'espace1 le temps1 c'est l'absolu passif2 l'idal1 l'infini1 l'ternel1 c'est l'absolu actif4 ,l'absolu1 s'opposant ainsi lui-mme1 de manire devenir la fois actif et passif1 fait acte de cration4 ,l'absolu actif ou le posant1 l'absolu passif ou le pos se confondent dans l'unissant1 comme le plus et le moins se confondent dans le zro2 ces trois formes de l'absolu sont les trois personnes de la ,trinit qui est ,dieu4 ,oken trouvera de mme le moyen d'expliquer beaucoup d'autres mystres4 ,mais il ne reste pas sur ces sublimes hauteurs2 il en descend d'abord pour tablir un principe assez semblable au principe mcanique de l'action et de la raction2 d'aprs lui1 toute force est double et compose d'une force ngative et d'une force positive2 le mouvement rsulte de cette polarisation de la force1 dont les deux termes tendent sans cesse se neutraliser sans y arriver jamais4 ,plus les termes de sens contraire qui composent une mme force seront nombreux et diffrents1 plus le mouvement qu'ils dterminent sera actif4 ,mais le mouvement1 c'est la vie2 la vie sera d'autant plus intense que les tres qui la possdent contiendront plus de diversit4 ,or l'tre le plus vivant1 c'est l'homme3 il contient toutes les diversits2 chacune de ces diversits est une des formes possibles de la vie1 un tre4 ,l'homme contient donc en lui le monde tout entier4 ,tout animal n'est qu'une rduction de l'homme1 un organe isol1 ou un assemblage d'un certain nombre des organes qui se trouvent dans l'homme4 ,c'est l1 on le comprend1 le point de dpart de tout un systme de zoologie que nous dvelopperons tout l'heure4 ,mais comment ont pu se former les tres vivants8 ,il faut1 pour arriver l'expliquer1 pntrer tout le systme de ,oken1 dont les diverses parties sont relies entre elles avec autant de soin que les thormes successifs de la gomtrie4 ,l'absolu1 en s'opposant lui-mme1 cre la matire2 celle-ci1 n'tant que l'absolu passif1 est une3 c'est l'ther4 ,l'absolu non polaris1 correspondant au zro1 est reprsent par le point2 l'absolu polaris s'carte de lui-mme3 c'est le point tendu1 la sphre4 ,l'ther est donc sphrique2 il tend rentrer dans l'absolu1 tomber vers son centre1 il est donc pesant et toujours en mouvement2 mais il ne peut s'unir l'absolu1 il tourne donc autour de lui4 ,l'absolu1 c'est le point1 le centre2 toute sphre tourne donc autour de son centre4 ,l'ther est double1 comme l'absolu lui-mme2 il doit donc1 comme lui1 se polariser4 ,il ne peut le faire qu'en se divisant1 comme l'absolu1 en sphres tournant sur elles-mmes1 les unes actives1 les autres passives4 ,l'ther ainsi polaris donne naissance aux astres3 les sphres actives sont les soleils1 les sphres passives sont les plantes qui tendent rejoindre le soleil pour rentrer dans leur absolu1 et tournent1 par consquent1 autour d'eux4 ,la tension qui spare les soleils des plantes est ce que nous appelons la lumire2 cette tension est la cause de la polarisation de l'ther en soleils et plantes1 elle se produit aux dpens de l'ther1 la matire des physiciens3 il n'y a donc pas de matire sans lumire4 ,de la lutte de la lumire contre l'ther non polaris nat la chaleur2 la lumire et la chaleur produisent ensemble le feu4 ,les plantes sont comme les soleils une trinit1 un absolu dont les lments actifs et passifs1 les liquides et les solides1 sont spars par une tension1 constituant l'air2 l'ensemble de ces trois parties1 le solide1 le liquide1 l'arien1 est dsign par ,oken sous le nom de galvanisme4 ,les minraux1 l'un des produits de cette polarisation1 doivent leur solidit une force nouvelle1 le magntisme2 leur polarisation se traduit par la forme cristalline4 ,la chaleur lectrise les cristaux2 une autre force1 qui est le chimisme1 tire de l'indiffrenciation les deux lectricits1 et cette force dissociante tend produire la liqufaction4 ,le chimisme transforme les minraux et les amne un dernier degr de modification qui est le carbone4 ,le carbone ayant subi les trois actions particulires de solidification1 de liqufaction et d'arification ou d'oxydation1 qui constituent le galvanisme gnral1 tout la fois solide1 liquide et lastique1 devient une sorte de mucus1 la gele primitive1 le ,urschleim4 ,la gele primitive et le sel1 uniformment rpandus dans la mer1 sont les produits d'une polarisation particulire1 due la lumire4 ,la mer est organise comme le mucus rpandu partout dans sa masse2 c'est d'elle qu'est sorti tout ce qui a vie4 ,la vie n'est qu'une forme du galvanisme2 la gele primitive doit donc avoir les trois pouvoirs de solidification1 de liqufaction et d'oxydation3 ces trois pouvoirs correspondent aux trois fonctions d'assimilation1 de digestion et de respiration4 ,la gele primitive ainsi doue s'organise1 comme l'ther primitif4 ,ne pouvant former une sphre unique1 sans quoi elle reconstituerait la plante1 elle se divise en une infinit de sphres2 ces sphres sont les infusoires1 qui naissent ainsi directement de la gele par gnration univoque4 ,les animaux et les plantes ne sont que des agglomrations d'infusoires2 en se dissociant1 ils se rsolvent effectivement en une infinit d'infusoires qui apparaissent ainsi par gnration quivoque4 ,c'est l'action de la lumire qui a dtermin la transformation des infusoires en animaux et en plantes4 ,les vgtaux retenus en partie dans la terre1 n'ayant pas suffisamment prouv l'action de la lumire1 s'lancent du sol pour la chercher et produisent les fleurs quand ils ont t suffisamment ennoblis par son contact2 mais ils tiennent encore la terre comme la terre au soleil2 ils reprsentent donc1 dans cette trinit qui est le monde vivant1 l'lment plantaire2 tandis que les animaux1 libres comme le soleil qui ne tient rien1 en sont l'lment solaire4 ,les vgtaux ne contiennent que les reprsentations des trois lments plantaires1 le solide1 l'humide1 l'lastique2 les animaux contiennent1 en outre1 la reprsentation d'un lment solaire1 la lumire4 ,cet lment est dj reprsent dans la partie la plus noble de la plante1 dans la fleur1 ramene par son volution l'origine de tout1 au point1 reprsent par les grains de pollen4 ,l'animal est une fleur sans tige2 il commence par o la plante finit2 il n'est d'abord qu'une sorte de semence anime par la lumire1 un utrus sensible2 c'est le cas des infusoires4 ,toutes les parties de la plante sont reprsentes dans l'animal1 mais ennoblies par la lumire2 l'animal lui-mme est un systme analogue au systme cosmique2 il a sa partie plantaire reprsente par les os1 sa partie solaire reprsente par le systme nerveux1 form de points semblables aux grains de pollen1 mais unis entre eux4 ,une partie moyenne1 participant de l'os et du nerf1 est la chair4 ,en appliquant indfiniment le mme systme1 en imaginant que chaque terme de l'volution du monde est obtenu par le ddoublement d'un terme prexistant en deux parties unies par une troisime l'tat de tension1 en combinant ensemble les diffrents termes dj obtenus1 ,oken arrive ainsi de proche en proche se reprsenter tous les phnomnes jusque dans le moindre dtail4 ,chaque chose1 chaque phnomne tant tir d'une chose1 d'un phnomne prexistants et pouvant donner1 naissance1 par la rptition d'un procd toujours le mme1 des choses1 des phnomnes nouveaux1 il est vident que chacun des termes d'une srie d'volutions est reprsent dans tous les autres2 de l cet aphorisme clbre3 ,tout est dans tout1 dont la loi de la rptition des parties dans l'organisme n'est qu'une consquence particulire4 ,cette rptition des parties n'est1 comme nous l'avons montr ailleurs#gf1 qu'une consquence d'un phnomne plus gnral1 essentiellement rel1 le phnomne mme de la reproduction2 la constitution cellulaire des organismes1 les phnomnes d'pignse1 la division du corps des animaux articuls ou rayonns en segments quivalents entre eux1 la division en vertbres de la partie fondamentale du squelette1 sont le rsultat d'une rptition continuelle des processus1 faciles observer1 de la reproduction4 ,un systme bas1 comme celui d',oken1 sur la rptition indfinie des mmes actes1 des mmes phnomnes1 devait se montrer d'accord avec la nature toutes les fois que la nature prsentait de relles rptitions2 or c'est prcisment le cas pour les plantes et pour les animaux1 comme ,gthe l'avait justement conclu de l'observation4 ,il devait galement se trouver d'accord avec la nature dans tous les cas o un phnomne rsulte du conflit de deux causes1 dont les influences contraires se neutralisent en partie4 ,c'est ainsi que l'observation a confirm certains a priori de ,oken1 tels que ceux-ci3 ,la fixit des espces est en grande partie due la reproduction sexue4 ,les animaux et les plantes sont composs d'lment originairement semblables entre eux1 analogues des infusoires1 les cellules4 ,tous les tres vivants se dveloppent par pignse4 ,les organismes levs rsultent de la runion de parties semblables qui se rptent1 en se disposant de faons diverses4 ,beaucoup d'organismes infrieurs peuvent tre considrs comme rsultant de l'association d'un certain nombre d'organes ou de parties qui ne se trouvent au complet que dans les organismes plus levs4 ,il est vrai que quelques-unes de ces vrits avaient dj t trouves en dehors de lui et par une toute autre voie4 ,d'ailleurs ,oken ne fait1 en quelque sorte1 que traverser le monde rel que son esprit rencontre par hasard dans sa course rapide4 ,il se laisse peine retarder par le choc1 et bientt1 reprenant sa libre allure1 il se lance avec une vitesse nouvelle dans le champ infini des spculations4 tudiant les animaux1 il se proccupe de retrouver dans leur ensemble la reprsentation de chacune de leurs parties1 dans chaque partie la reprsentation du tout4 ,l'animal n'est1 comme les infusoires qui composent son corps1 qu'une simple vsicule limite par la peau2 c'tait d'abord une vsicule ferme rduite la peau2 le tube digestif n'est qu'une portion de la peau de cette vsicule primitive1 refoule au dedans et prive de l'action de la lumire2 la peau produit1 sous l'action de l'air1 les branchies2 les poumons ne sont que des branchies retournes et rentres l'intrieur du corps2 l'aorte est une rptition de la trache-artre2 il en est de mme du canal thoracique2 le foie est un cerveau auquel se rendent les vaisseaux intestinaux et pulmonaires1 comme les nerfs au cerveau proprement dit2 la vsicule biliaire rpte l'intestin dans le systme dont les poumons reprsentent la peau2 ce systme s'tant dvelopp l'abri de la lumire1 comme le ftus1 le ftus tout entier n'est d'abord qu'un foie4 ,le systme osseux drive du foie la suite d'un commencement d'action de la lumire sur cet organe2 il abrite le systme nerveux et sert de soutien au systme musculaire4 ,le ventre et le dos de l'animal se reprsentent respectivement2 mais le dos est la partie solaire de l'animal1 le ventre sa partie plantaire3 de l leur orientation rciproque4 ,le ventre1 tant incompltement soumis l'action de la lumire1 n'a qu'une colonne vertbrale incomplte1 le sternum2 il reprsente dans l'animal une partie demeure vgtale4 ,le squelette a aussi sa partie animale et sa partie vgtale2 les disques des vertbres et les ctes sont les parties vgtales1 les membres les parties animales2 les membres ne sont que des ctes plus animalises et soudes entre elles2 une main rsulte de la soudure de cinq ctes reprsentes par les doigts4 ,la tte est la partie essentiellement animale de l'animal2 le tronc1 qui est dj polaris en dos animal et ventre vgtal1 demeure de nature plus vgtale3 il quivaut la partie la plus leve de la plante et reprsente un animal sexuel oppos l'animal crbral4 ,mais la tte reproduit le tronc2 elle a donc une colonne vertbrale1 le crne1 qui doit se dcomposer en vertbres2 des bras1 les mchoires2 des doigts1 les dents2 un thorax1 le nez2 un poumon1 l'ethmode2 un estomac1 la bouche2 un diaphragme1 le voile du palais2 des jambes1 les bras4 ,bien plus1 la peau1 l'intestin1 le poumon1 la chair1 le systme nerveux sont autant d'tres complets se reprsentant rciproquement4 ,chacun d'eux est un organisme1 et son panouissement complet aboutit la production de l'un des organes des sens1 qui en est comme la fleur4 ,la fleur tant un animal1 chaque organe des sens est un animal parasite1 dans lequel l'animal entier est reprsent4 ,le plus parfait de tous est l'il1 vritable cerveau qui va au devant de la peau4 ,l'animal sexuel reproduit son tour l'animal crbral2 de l la ressemblance entre les membres antrieurs et les membres postrieurs3 le bassin est le thorax de l'animal sexuel2 l'ilion1 son omoplate2 l'ischion1 sa clavicule2 le fmur1 son humrus1 etc4 ,il tait impossible que dans cette ardente recherche des rptitions organiques1 o les plus fugitives ressemblances servent justifier les plus tranges assimilations1 quelques-unes des similitudes relles des diverses parties du corps ne fussent pas mises en relief4 ,oken se rencontra avec ,vicq-d',azyr pour soutenir l'homologie des membres antrieurs et postrieurs1 avec ,gthe pour tablir la constitution vertbrale du crne2 bien souvent d'ailleurs1 il saisit au vif le caractre essentiel d'un organe2 tout coup1 parmi ses mtaphores1 jaillit une phrase incisive qui signale un rapport inattendu et le grave dsormais dans l'esprit2 combien de ces phrases1 de ces expressions sont tombes dans le vocabulaire courant des naturalistes6 ,si chacune des parties de l'homme n'est que la rptition de l'homme tout entier1 le rgne animal1 nous l'avons dit1 ne fait aussi que rpter l'homme2 les animaux ne sont que les organes contenus dans l'homme1 isols ou diversement unis4 ,les animaux peuvent donc tre classs d'aprs leur degr de complication1 et ,oken dsigne chaque groupe par le nom du systme qui lui parat prdominant chez lui4 ,voici le tableau du rgne animal auquel il s'est arrt3 #a;er ,degr4--,animaux intestins1 animaux corps1 animaux tact3 ,invertbrs4 #a;er ,cycle4--,animaux digestion3 ,rayonns4 ,cl4 #a4--;,animaux estomac3 ,infusoires4 ,cl4 #b4--;,animaux intestin3 ,polypes4 ,cl4 #c4-;,animaux chylifres3 ,acalphes4 #b;e ,cycle4--,animaux circulation3 ,mollusques4 ,cl4 #d4--;,acphales4 ,cl4 #e4--;,gastropodes4 ,cl4 #f4--;,cphalopodes4 #c;e ,cycle4--,animaux respiration3 ,articuls4 ,cl4 #g4--;,animaux peau3 ,vers4 ,cl4 #h4--;,animaux branchies3 ,crustacs4 ,cl4 #i4--;,animaux traches3 ,insectes4 #b;e ,degr4--,animaux chair1 animaux tte3 ,vertbrs4 #d;e ,cycle4--,animaux charnels4 ,cl4 #aj4--;,animaux os3 ,poissons4 ,cl4 #aa4--;,animaux muscles3 ,reptiles4 ,cl4 #ab4--;,animaux nerfs3 ,oiseaux4 #e;e ,cycle4--,animaux sensuels4 ,cl4 #ac4--;,animaux sens3 ,mammifres4 ,naturellement1 dans chaque division1 le mme systme est poursuivi avec une implacable rigueur4 ,seulement l'a priori n'existe plus que dans les dnominations des divisions2 la dlimitation des coupes est celle que viennent indiquer les dcouvertes qui se succdent dans le monde zoologique2 ,oken ne fait que plier ces dcouvertes aux exigences de son systme4 ,il est loin d'ailleurs de demeurer tranger aux recherches positives4 ,directeur d'un journal dont l'indpendance gale la renomme1 l',isis1 il y enregistre tous les progrs des sciences naturelles2 lui-mme se livre des recherches approfondies d'ostologie et d'embryognie4 ,par ses travaux1 par son enseignement1 par son journal1 par l'originalit mme de ses ides1 par l'tranget de son langage1 il acquiert rapidement une immense influence1 provoque un mouvement scientifique des plus remarquables et mrite d'autant plus d'tre plac au nombre de ceux qui ont rendu de rels services aux sciences naturelles que1 si l'ide la plus gnrale de son systme s'effondre1 un grand nombre d'ides justes1 de rapprochements nouveaux1 de faits bien observs qu'il a rencontrs en route demeurent dfinitivement acquis au trsor des connaissances positives de l'esprit humain4 ,le retentissement de ses ides s'tend mme jusqu' notre poque2 l'universit d',ina1 dont il fut l'un des professeurs minents1 a gard le privilge d'tre une universit d'avant-garde1 et l'on retrouve parfois dans la parole d',hckel1 son successeur1 une sorte d'cho lointain de sa voix4 ,comme ,oken1 ,hckel fait jouer au carbone un rle prpondrant dans la production des corps organiss2 il a espr et pense encore avoir trouv dans le fameux ,bathybius1 extrait du fond de l',atlantique par le ,porcupine1 la gele primitive1 le ,urschleim2 les thories bien connues et vraies1 en grande partie1 de la ,planula et de la ,gastrula1 reprsentent assez bien les phases successives du dveloppement des animaux telles que les devinait ,oken4 ,comme ,oken1 ,hckel admet que certains animaux peuvent s'arrter dans leur volution l'tat d'organe isol1 et n'y a-t-il pas quelque analogie entre ce procd unique l'aide duquel le fondateur de l',isis cre le monde1 et le monisme1 base de la philosophie hcklienne8 99 99 99 99 99 ,il tait difficile d'exagrer les ides de ,oken2 contrairement ce qui arrive d'ordinaire1 ses lves s'appliqurent en restreindre la porte1 les rapprocher davantage de la ralit1 chercher la signification vraie des faits sur lesquels le matre avait jet le manteau bizarre de sa fantaisie4 ,spix 7#agha-ahbf7 se borne dire que la nature se dveloppe par degr et que chaque degr n'est que le perfectionnement du degr immdiatement infrieur3 la terre devient eau1 l'eau devient air1 l'air devient lumire4 ,on demeure quelque peu confondu de voir des hommes d'ailleurs minents parler de semblables transformations plus de trente ans aprs la mort de ,lavoisier1 une poque o la chimie est depuis longtemps assise sur des bases inbranlables4 ,ce dveloppement successif des parties est plus manifeste dans la nature organique que dans la nature inorganique2 il aboutit la fleur chez les vgtaux2 chez les animaux1 il aboutit la formation d'une tte4 ,les animaux les plus simples 7zoophytes et vers7 sont1 pour ainsi dire1 rduits un abdomen2 chez les poissons1 la tte commence devenir distincte2 elle est nettement ralise chez les reptiles et les oiseaux1 mais n'atteint tout son dveloppement que chez les mammifres4 ,le bassin1 squelette de l'abdomen1 le thorax1 squelette de la poitrine1 ne sont que des essais de ralisation du squelette cphalique4 ,on trouve dans la tte la reprsentation de toutes les parties du corps1 mais pour retrouver cette reprsentation1 ,spix1 comme ,geoffroy ,saint-,hilaire1 comme ,gthe1 comme ,autenrieth1 comme ,oken1 s'adresse aux embryons4 ,il taye ses ides de belles et prcises recherches d'ostologie et d'embryognie compares1 qui sont autant d'acquis pour la science4 ,nous sommes loin1 il est vrai1 de la mthode rigoureuse de dtermination de ,geoffroy ,saint-,hilaire2 mais il s'agit de problmes tout autres que ceux dont s'occupait le savant franais4 ,les philosophes de la nature ne comparent pas seulement les animaux entre eux2 comme l'avait fait le premier ,vicq-d',azyr1 indpendamment de toute thorie1 ils comparent l'animal lui-mme et cherchent dans chacune de ses parties l'quivalent des autres4 ,cependant les recherches accomplies en ,allemagne et en ,france ne sont pas sans s'influencer rciproquement4 ,geoffroy1 lui aussi1 s'occupe de dterminer1 en #ahbd1 la composition vertbrale du crne1 et1 par une dfinition ingnieuse de la vertbre1 il carte la plupart des difficults que faisaient natre les conceptions mtaphysiques des philosophes de la nature4 ,inversement1 ,carus reprend1 en #ahbh1 l'ide de ,geoffroy1 qui fait vivre les animaux articuls dans leur colonne vertbrale3 il considre trois sortes de vertbres3 une vertbre primitive1 qui protge les parois du corps2 une vertbre secondaire1 qui protge le systme nerveux2 une vertbre tertiaire1 qui spare ce systme du reste du corps4 ,les animaux articuls ne possdent que la premire des vertbres2 les vertbrs prsentent au contraire trois vertbres enfermes l'une dans l'autre2 pour ,carus1 comme pour ,oken1 tout est vertbre2 les os mmes des membres sont des vertbres rayonnantes4 ,carus ne se borne pas d'ailleurs faire de l'anatomie compare2 il a tout un systme philosophique qui n'est qu'une modification de celui d',oken4 ,lui aussi attribue tous les phnomnes vitaux une sorte de polarisation1 et1 comme cette polarisation se rpte indfiniment1 il en conclut1 assez justement1 que l'organisme1 en se dveloppant1 ne fait que se rpter2 ainsi les anneaux d'une annlide ne sont que la rptition du premier d'entre eux1 ide laquelle ,moquin-,tandon tait conduit1 de son ct1 par l'anatomie compare et dont nous avons vu ,dugs faire trois ans aprs un si brillant usage4 ,que l'on supprime d'ailleurs1 dans l'anatomie compare de ,carus1 ce mot de vertbre1 qu'emploient pour toute partie solide les disciples d',oken1 que l'on carte les assimilations mtaphysiques qu'il suppose1 il reste des ides morphologiques qui ont pu tre avantageusement utilises depuis4 ,il est certain1 en particulier1 que l'on doit rattacher plusieurs systmes les pices osseuses que l'on trouve chez les vertbrs4 ,les plus anciens de ces animaux possdaient un squelette dermique trs dvelopp1 dont les cailles des poissons1 les plaques osseuses de la peau des crocodiles et les carapaces des tortues sont des modifications diverses2 la colonne vertbrale dveloppe au-dessous du systme nerveux1 les ctes et le squelette des membres appartiennent un tout autre systme2 mais ces deux systmes peuvent se confondre plus ou moins1 comme on le voit chez les tortues1 et1 pour rendre compte de toutes les particularits que prsentent les diverses formes de squelette1 un anatomiste minent1 ,gegenbaur1 tait rcemment encore oblig de faire intervenir tout la fois des os provenant du squelette extrieur et des os du squelette intrieur4 ,carus explique l'existence de ces divers ordres de squelette par la ncessit o se trouve l'animal primitif1 l'embryon1 de se limiter par rapport au monde extrieur2 une partie de la substance vivante se consacre la production de cette limite2 mais en mme temps elle cesse de vivre et devient alors terreuse4 ,l'animal se limite d'abord extrieurement1 produisant une sorte de coque2 ceux qui demeurent cet tat sont des animaux-ufs4 ,mais l'animal a besoin d'une cavit digestive par laquelle il se trouve encore en rapport avec le monde extrieur2 il doit aussi se limiter de ce ct2 de l les pices solides diverses dont l'estomac de tant d'animaux infrieurs est arm4 ,chez les animaux qui ne prsentent ainsi que deux limites1 le systme nerveux se trouve naturellement enferm dans la cavit du corps avec les viscres3 ce sont les animaux-troncs2 mais le systme nerveux1 qui a la direction de tout l'organisme1 se spare son tour2 un squelette se forme autour de lui pour le protger1 et les animaux-tte sont raliss4 ,les animaux-troncs se divisent eux-mmes en animaux-neutres1 tels que les mollusques1 et en animaux-poitrines1 tels que les articuls4 ,on retrouve des divisions analogues parmi les vertbrs4 ,on remarquera l'importance que ,carus attache au systme nerveux2 c'est presque1 pour lui1 un animal dans l'animal4 ,oken ne s'en faisait pas une moindre ide1 et l'on peut se demander si ,cuvier lui-mme1 qui tait demeur en rapport avec ,kielmeyer et ses lves1 n'avait pas puis dans cette cole l'ide1 tardive chez lui1 de faire jouer dans la classification un rle prpondrant ce systme4 ,quoi qu'il en soit1 il y a dans ,carus un fait parfaitement saisi3 c'est l'existence d'un certain rapport entre le degr de dveloppement du systme nerveux et le degr de dveloppement du squelette2 c'est en effet par le dveloppement exceptionnel de leur systme nerveux que les vertbrs se distinguent de tous les autres animaux1 et ce dveloppement a rendu ncessaire l'apparition d'une pice particulire de soutien1 la corde dorsale1 qui est devenue le point de dpart de la colonne vertbrale1 laquelle se sont plus tard ajoutes d'autres pices secondaires1 formes d'ailleurs d'une manire indpendante4 99 99 99 99 99 ,les recherches anatomiques et embryogniques suscites par l'cole des philosophes de la nature elle-mme ou poursuivies en dehors d'elle1 devaient fatalement amener une raction contre ses exagrations4 ,son influence s'teint peu peu1 mme en ,allemagne4 ,ehrenberg1 vouant sa vie entire l'observation des animaux microscopiques1 tmoigna qu'il avait su compltement chapper l'influence des doctrines qui passionnrent un moment ses compatriotes4 ,par ses dcouvertes relatives au degr de complications des animalcules1 par les exagrations mme auxquelles il se laissa entraner1 le savant historien des ,infusoires porta un coup terrible la thorie de la gele primitive et1 par suite1 toute la doctrine2 mais les faits et les rapports rels la dcouverte desquels celle-ci a conduit1 la mthode philosophique d'interprtation qu'elle a pousse l'extrme1 le besoin d'une explication des phnomnes observs1 restent dsormais comme pour donner une confirmation nouvelle de cet axiome3 ,c'est travers l'erreur que l'humanit marche la conqute de la vrit2 ce sont ses fautes mmes qui la font progresser4 ,d'ailleurs l'influence de la philosophie de la nature ne s'tait fait sentir que faiblement en dehors de l',allemagne4 ,en ,france1 ,cuvier et ,geoffroy ,saint-,hilaire avaient trac la science une voie bien diffrente2 chacun d'eux conserve ses partisans exclusifs1 mais il se fait aussi des alliances entre les deux coles4 ,si l'hypothse de l'unit de plan de composition1 telle que l'avait connue ,geoffroy ,saint-,hilaire1 tombe devant les faits1 le principe des connexions demeure debout et l'on en fait d'heureuses applications dans la comparaison des animaux que ,cuvier plaait dans le mme embranchement4 ,on oublie un peu les questions d'origine pour concentrer toute son attention sur la dtermination des rapports naturels des tres vivants2 on cherche tirer des ides combines de ,cuvier et de ,geoffroy tout ce qu'elles contiennent2 en puiser1 en quelque sorte1 les consquences2 fixer1 autant que possible1 les bases de la science4 ,on reconnat que1 chez les animaux d'un mme embranchement1 le mode d'organisation1 le type1 pour nous servir d'une expression qui va devenir chaque jour plus usite1 est assez variable4 ,on cherche dterminer les limites de ses variations1 construire le modle commun dont les animaux d'un mme embranchement ne seraient que des modifications secondaires4 ,on se proccupe de dcouvrir la signification philosophique1 de ces types1 et l'on prpare ainsi la voie aux naturalistes qui se demanderont bientt quelle est l'origine et la raison d'tre de ces espces de patrons d'aprs lesquels tant d'animaux semblent models4 ,c'est l'uvre que nous devons maintenant tudier4 ,,chapitre ,,xv ,,la ,,th,,orie ,,des ,,types ,,organiques ,,et ,,ses ,,cons,,quences ,richard ,owen3 le squelette archtype4--,analogie1 homologie1 homotypie4--,thorie du segment vertbral4--,le vertbr idal et l'existence de ,dieu4--,transformisme de ,r4 ,owen4--,savigny3 l'unit de composition de la bouche des ,insectes4--,audouin3 unit de composition du squelette des animaux articuls4--,h4 ,milne-,edwards3 le type articul2 identit fondamentale des zoonites2 signification des rgions du corps2 loi de la division du travail physiologique1 son importance gnrale4--,l'accroissement du corps et la reproduction agame chez les articuls2 identit de ces deux phnomnes2 signification des zoonites4--,parallle entre les lois de la constitution des animaux et les lois de l'conomie politique4--,suite des recherches sur les animaux infrieurs3 ,,mm4 de ,quatrefages1 ,blanchard1 de ,lacaze-,duthiers4 ,les recherches de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 les brillantes inspirations de ,gthe1 les spculations mme des philosophes de la nature avaient dfinitivement fix l'attention sur les divers ordres de ressemblance que prsentaient les animaux vertbrs4 ,en raison des facilits qu'offre son tude1 et peut-tre aussi de quelque ide mystique relative l'origine du squelette1 l'ostologie1 objet d'une prdilection toute particulire1 avait rapidement acquis l'importance d'une vritable science2 il semblait que les os1 solides1 invariables1 en apparence1 dans leurs formes et dans leur position1 fussent les points fixes autour desquels gravitaient tous les systmes organiques1 qu'ils en eussent dtermin l'arrangement1 et que1 si les vertbrs prsentaient rellement quelque plan dtermin de composition1 ce ft dans l'tude du squelette qu'on dt en trouver la dmonstration4 ,aussi ,gthe recommandait-il instamment de poursuivre mthodiquement et sans relche cette tude jusqu'au moment o il serait possible d'en dgager le type gnral dont les squelettes des divers animaux ne devaient tre que des modifications secondaires4 ,c'est le problme que ,richard ,owen se propose de rsoudre3 il appelle archtype1 ce squelette primordial dont il espre pouvoir dduire tous les autres#gg4 ,on ne peut y parvenir qu'au moyen de plusieurs sries de comparaisons qu'il est tout d'abord essentiel de dfinir4 ,la premire srie de comparaisons1 celle qui se prsente le plus naturellement l'esprit1 celle que pratiquait avant tout ,geoffroy ,saint-,hilaire1 consiste rapprocher les uns des autres les vertbrs des diverses espces4 ,la consquence la plus immdiate de ce rapprochement parat tre que la plupart ont les mmes grandes fonctions accomplir2 tous possdent1 en consquence1 des organes aptes remplir ces fonctions3 ,owen qualifie d'analogues1 les organes qui1 chez deux animaux d'espce diffrente1 remplissent la mme fonction3 tels sont les yeux1 les oreilles1 la bouche1 le tube digestif1 les pattes chez les vertbrs qui marchent1 les ailes chez ceux qui volent1 les nageoires chez ceux qui nagent4 ,le mot analogues n'a donc pas pour ,owen la mme signification que pour ,geoffroy ,saint-,hilaire1 qui appelle analogues des organes occupant1 chez deux animaux d'espce diffrente1 une position identique1 ayant les mmes rapports1 la mme composition anatomique1 la mme origine embryognique1 mais pouvant remplir les fonctions les plus diverses4 ,ces organes1 qui1 dans toute langue anatomique bien faite1 doivent porter le mme nom1 sont dsigns par ,richard ,owen sous le nom d'homologues4 ,pour bien faire saisir la diffrence qui existe entre les organes analogues et les organes homologues1 le savant anatomiste cite le petit dragon volant1 reptile remarquable qui possde la fois des pattes et des ailes4 ,ces ailes lui servent se soutenir plus ou moins bien dans l'air2 elles ont donc la mme fonction que celles des oiseaux et en sont les analogues2 mais elles ont une tout autre composition anatomique1 de tout autres connexions2 elles n'en sont donc pas les homologues4 ,au contraire1 les pattes antrieures du mme dragon ont une structure et des rapports videmment semblables la structure et aux rapports des ailes des oiseaux2 ces organes1 quoique remplissant des fonctions diffrentes1 puisque les uns servent la marche1 les autres au vol1 n'en sont pas moins des organes homologues4 ,comme ,geoffroy1 c'est surtout au moyen de leurs connexions qu',owen dtermine les organes homologues4 ,ces organes homologues sont videmment les seuls que l'on doive rapprocher pour arriver la dtermination du type commun des vertbrs1 et le premier soin du morphologiste doit tre de les distinguer soigneusement des organes simplement analogues1 dont la forme et les rapports intressent surtout le physiologiste4 ,au lieu de comparer entre eux des animaux d'espce diffrente1 on peut1 comme1 depuis ,galien1 l'avait fait le premier ,vicq-d',azyr1 comparer entre eux diffrents organes d'un mme animal2 il rsulte de cette tude la preuve vidente qu'il existe entre les diverses parties de notre corps des ressemblances1 plus intimes1 plus compltes encore que celles de nos bras et de nos jambes4 ,c'est la recherche de ces ressemblances que s'tait particulirement voue l'cole d',oken1 et c'est parce qu'elles existent rellement que le principe de la rptition a pu donner entre les mains des philosophes de la nature d'utiles rsultats4 ,les membres1 les vertbres1 sont les parties du squelette pour lesquelles on observe particulirement une semblable rptition2 cette rptition mme fait que les organes qui se ressemblent sont disposs en srie2 ils doivent aussi porter le mme nom1 et le nouveau genre d'homologie qui en rsulte est ce que ,owen appelle l'homologie sriale ou encore l'homotypie4 ,la connaissance des organes homotypes simplifie singulirement la recherche du plan commun de structure du squelette2 ses pices si multiples viennent dsormais se grouper en segments semblables entre eux1 et il suffit de bien connatre un de ces segments pour tre en possession de la rgle qui domine le mode de constitution de tous les autres4 ,owen attribue donc une grande importance la dtermination des pices essentielles qui composent le segment vertbral1 segment auquel il rattache toutes les autres parties du squelette1 au moyen duquel il arrive un mode nouveau d'numration des vertbres crniennes1 et qui lui permet1 en outre1 d'liminer du nombre des pices vertbrales un certain nombre d'autres pices qui n'ont t introduites qu'accidentellement1 en quelque sorte1 dans la composition du squelette interne4 ,de ces pices1 les unes sont1 comme ,carus l'avait dj expos1 des dpendances de la peau1 tandis que d'autres font partie de l'appareil protecteur spcial certains viscres4 ,mais ces comparaisons ne sont que la prface du travail accomplir pour parvenir la conception de l'archtype4 ,aucun tre ne ralise cet archtype d'une faon complte2 au milieu des innombrables variations de forme des parties1 de leurs changements apparents de position1 de leurs rductions et de leurs accroissements anormaux1 de leurs avortements et de leurs soudures1 il faut discerner ce qui est accidentel et ce qui est essentiel4 ,l'essentiel seul doit entrer dans l'archtype1 qui permet d'embrasser dans une loi commune toutes les formes1 sans en reprsenter cependant aucune d'une faon plus particulire4 ,l'archtype une fois tabli1 l'ostologiste n'a plus qu' rechercher1 dans les types qu'il examine1 les parties qui correspondent aux parties dfinies une fois pour toutes de cet archtype1 et1 s'il compare deux types l'un avec l'autre1 on conoit que1 aprs avoir dtermin dans chacun d'eux les parties homologues1 il lui faudra ensuite rapporter ces mmes parties leurs homologues dans l'archtype4 ,il y a donc lieu de concevoir deux sortes d'homologies3 celles qui existent entre les organes d'tres raliss sont dites homologies spciales2 celles qui existent entre les organes rels et les organes fictifs de l'archtype1 dont ils sont des modifications diverses1 sont dites homologies gnrales4 ,ainsi les nageoires d'un marsouin prsentent avec les nageoires pectorales des poissons1 avec les ailes des oiseaux1 des rapports d'homologie spciale2 mais1 quand on dit que ces membres reprsentent les appendices divergents des pleurapophyses de l'archtype1 on nonce leurs rapports d'homologie gnrale4 99 99 99 99 99 ,on peut concevoir un archtype pour chacun des embranchements du rgne animal4 ,dj en #ahbj1 nous l'avons indiqu prcdemment1 ,audouin avait tent1 par une mthode analogue celle qu'employa plus tard l'illustre savant anglais1 de dterminer le type gnral d'o l'on pouvait faire driver tous les animaux articuls4 ,les rsultats obtenus par ,audouin1 en ce qui concerne le squelette tgumentaire des animaux arthropodes1 ceux obtenus par ,owen1 en ce qui concerne le squelette interne des vertbrs1 pourraient1 dans ce qu'ils ont de fondamental1 tre noncs dans les mmes termes3 mme division du squelette en segments fondamentalement identiques entre eux2 mme division des segments en parties centrales et appendices2 mme rptition de ces segments en srie linaire2 mme tendance1 de leur part1 se grouper en rgions plus ou moins distinctes4 ,le rapprochement de ces deux archtypes confirme une partie des ides de ,geoffroy et montre1 en mme temps1 dans quelles limites elles sont conformes la ralit4 ,aussi n'y a-t-il pas s'tonner que ,dugs ait cherch1 comme ,geoffroy1 combiner les ressemblances que peuvent prsenter le vertbr idal et l'articul idal pour arriver un type thorique plus lev1 dont le vertbr et l'articul ne seraient eux-mmes que des modifications4 videmment rien n'empche d'appliquer aux archtypes la mthode de comparaison et d'abstraction employe par ,gthe1 ,audouin et ,dugs pour l'tude des types organiques et de s'lever ainsi des types de plus en plus gnraux1 jusqu'au moment o toutes les ressemblances disparaissent entre les termes que l'on met en prsence4 ,l'ide mre des tentatives de ,geoffroy et de ,dugs pour dterminer ce qu'on pourrait appeler un archtype du rgne animal est donc pleinement justifie1 au point de vue thorique1 par le succs apparent des recherches d',audouin et d',owen4 ,mais quelle peut tre la signification de ces archtypes1 auxquels il semble1 au premier abord1 qu'une importance considrable doive s'attacher8 ,l'examen de la mthode employe pour les dterminer permet de s'en faire une ide prcise4 tant donn que tous les vertbrs1 tous les articuls prsentent respectivement une certaine ressemblance gnrale1 on compare une une toutes les parties similaires de ces animaux1 on suit de proche en proche toutes les modifications qu'elles peuvent prsenter1 et l'on dtermine ainsi les extrmes de ces modifications2 entre ces modifications1 extrmes1 on conoit une sorte de moyenne2 c'est1 en dfinitive1 cette moyenne que l'on reprsente sous le nom d'archtype4 ,une semblable moyenne existera videmment toutes les fois que l'on s'adressera un groupe zoologique relativement isol des autres1 comme le sont plusieurs groupes suprieurs du rgne animal2 cet archtype sera lui-mme d'autant plus prs des formes relles que l'on s'adressera des groupes plus limits4 ,on pourra ainsi facilement tablir un archtype du mammifre1 de l'oiseau1 du reptile1 du batracien1 du poisson osseux et dduire de la comparaison de ces formes un archtype du vertbr2 mais dj1 lorsqu'on arrive aux poissons cartilagineux1 l'archtype du squelette est notablement infidle1 et il faut finalement admettre que tous ses lments ont disparu1 si l'on veut y ramener l',amphioxus1 ou mme les lamproies1 qui l'on ne peut cependant refuser la qualit de vertbrs4 ,or un archtype dont il faut supprimer simultanment toutes les parties pour en rendre l'application possible suppose videmment que le point de vue o l'on s'est plac pour l'tablir n'embrasse pas un horizon assez tendu2 il ne correspond qu' une partie de la ralit1 et1 s'il est avantageux pour coordonner un certain nombre de faits1 il est insuffisant pour les relier tous utilement4 ,reprenons les faits1 et admettons1 comme semble l'indiquer l',amphioxus1 que le squelette des vertbrs ait d'abord t rduit une corde dorsale laquelle sont venues successivement s'adjoindre diverses pices osseuses auxquelles les gnrations successives auront ajout sans en rien retrancher1 videmment1 ds que le squelette sera parvenu acqurir un tat tel qu'il aura pu suffire toutes les modifications ultrieures1 sans changement dans le nombre et les rapports essentiels de ses parties1 toutes ces formes pourront tre dduites d'un certain archtype auquel n'chapperont que les formes antrieures l'tat que nous supposons4 ,si l'on nglige ces formes1 comme on est port le faire en raison de leur infriorit1 on en conclura qu'il existe dans le groupe des vertbrs une stabilit absolue des pices osseuses2 c'est la conclusion laquelle s'est arrt ,owen1 mconnaissant ainsi que cette stabilit n'apparaissait qu'en raison de la convention1 faite involontairement par lui1 de ngliger tout ce qui tait de nature la dtruire4 ,aussi ne peut-on voir malheureusement qu'une srie de ptitions de principes dans les rflexions si leves que lui suggre la dcouverte de l'archtype des vertbrs3 ,l'unit du dessein nous conduit l'unit de l'intelligence qui l'a conu4 ,l'ignorance ou la ngation de cette vrit jetterait sur la philosophie humaine un voile qu'il ne serait jamais permis de lever4 ,les disciples de ,dmocrite et d'picure raisonnaient ainsi3--,si le monde a t fait par un esprit ou une intelligence prexistante1 c'est--dire par un ,dieu1 il faut qu'il y ait eu une ,ide et un ,exemplaire de l'univers avant qu'il ft cr1 et consquemment connaissance1 dans l'ordre du temps aussi bien que dans l'ordre de la nature1 avant l'existence des choses4 ,de l les sectateurs de ces anciens philosophes444 n'ayant dcouvert aucun indice d'un archtype idal dans quelqu'une de ses parties1 concluaient qu'il ne pouvait y avoir eu aucune connaissance ni intelligence1 avant le commencement du monde1 comme sa cause4 ,aujourd'hui1 nanmoins1 la reconnaissance d'un exemplaire idal comme base de l'organisation des animaux vertbrs prouve que la connaissance d'un tre tel que l'homme a exist avant que l'homme fit son apparition3 car l'intelligence divine1 en formant l'archtype1 avait la prescience de toutes ses modifications4 ,l'ide de l'archtype se manifesta dans les organismes sous diverses modifications1 la surface de notre plante1 longtemps avant l'existence des espces animales1 chez lesquelles nous la voyons aujourd'hui dveloppe4 ,sous quelles lois naturelles ou causes secondaires la succession des espces vient-elle se ranger8 ,voil une question dont nous n'avons pas encore trouv la solution4 ,mais1 si nous pouvons concevoir l'existence de telles causes comme les ministres de la toute-puissance divine et les personnifier sous le terme de ,nature1 l'histoire du pass de notre globe nous enseigne qu'elle a avanc pas lents et majestueux1 guide par la lumire de l'archtype1 au milieu des ruines des mondes antrieurs1 depuis l'poque o l'ide vertbrale s'est manifeste sous sa vieille dpouille ichthyique1 jusqu'au moment o elle s'est montre sous le vtement glorieux de la forme humaine#gh4 ,voulut-on carter le vice fondamental qui entache dj1 nous l'avons vu1 la conception de l'archtype1 on ne peut s'empcher de remarquer tout ce qu'a de dangereux l'emploi d'une pareille argumentation2 il existe en effet1 de l'aveu mme d',owen1 plusieurs archtypes dans le rgne animal2 on pourrait en conclure aussi rigoureusement que chacun d'eux est la manifestation d'une divinit distincte2 et1 si l'on veut que chacun d'eux reprsente seulement une pense distincte d'un crateur unique1 on peut s'tonner que le peuplement de la terre n'ait donn lieu qu' un aussi petit nombre de penses2 mais il y a galement des groupes qui n'ont pas du tout d'archtype dfini1 moins d'appeler ainsi la forme la plus simple sous laquelle ces groupes sont raliss3 quel est par exemple l'archtype spongiaire1 ou l'archtype clentr1 ou l'archtype ver8 ,dans ces types zoologiques1 on assiste manifestement au passage graduel de formes simples n'ayant1 pour ainsi dire1 d'autre figure que la figure d'quilibre d'une masse visqueuse1 des formes compliques1 composes de parties disposes suivant un ordre rigoureusement dtermin1 constituant des tres qui semblent videmment construits sur le mme plan2 on peut suivre la marche des phnomnes qui ont conduit pas pas ces types dfinis et d'apparence immuable1 travers une infinit de formes flottantes et indcises2 supprimez ces forms primitives1 il reste des tres qu'on peut dduire d'un certain archtype tout aussi bien que les vertbrs ou les articuls3 l cependant on a la dmonstration vidente que le prtendu archtype n'est pas une conception premire1 ralise d'un seul coup sous certaines formes varies ensuite l'infini1 mais bien un rsultat1 lentement obtenu1 la suite d'une longue volution de formes primitivement simples4 ,on ne peut davantage considrer comme des lois primitives les homologies de divers ordres si nettement exprims par le savant professeur du collge des chirurgiens2 ces homologies sont1 au contraire1 autant de problmes poss au naturaliste et dont il doit rechercher la solution4 99 99 99 99 99 ,comme tienne ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,owen admet1 on vient de le voir1 que les espces animales sont variables2 cette variation s'effectue pour ,geoffroy sous l'action toute-puissante des milieux extrieurs2 ,owen dclare que nous sommes encore cet gard dans une complte ignorance2 mais sa conception des archtypes introduit entre ,geoffroy et lui une diffrence plus profonde encore4 ,geoffroy n'admettant dans le rgne animal qu'un seul plan de composition1 toutes les formes vivantes ont pu driver1 la rigueur1 d'une forme primitive unique2 du moment qu'on admet plusieurs archtypes indpendants1 il ne saurait plus en tre ainsi2 la variabilit ne peut dpasser l'tendue des modifications possibles de l'archtype1 elle est donc ncessairement limite4 ,cette variabilit limite est le compromis qu'on espre avoir trouv entre la variabilit indfinie des formes vivantes1 telle que l'admettent ,lamarck1 ,geoffroy ,saint-,hilaire et ,owen1 mais qui parat trop hardie nombre d'esprits1 et la fixit absolue1 que dfendent les disciples de ,cuvier1 mais contre laquelle protestent les faits que l'on peut tous les jours observer et les documents de plus en plus nombreux qu'apporte la palontologie4 ,cette variabilit limite1 que ,richard ,owen se borne indiquer implicitement1 ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire s'en fait1 presque au mme moment1 le thoricien dans un ouvrage ou brillent la fois une grande rudition1 une rigoureuse logique1 une haute impartialit1 et o le vif dsir de dgager la vrit s'allie une prudence qu'on peut aujourd'hui trouver excessive1 mais qui s'imposait tout esprit sincre au moment o parut l',histoire naturelle gnrale des rgnes organiques 7#ahed-ahfb74 99 99 99 99 99 ,avant que ,richard ,owen et cherch tablir l'archtype des vertbrs1 avant que le mot archtype ait t imagin1 des travaux analogues ceux de ,richard ,owen avaient t tents1 nous l'avons vu1 sur les animaux articuls4 ,sous l'inspiration vidente des ides de ,geoffroy ,saint-,hilaire sur l'unit de plan de composition1 ,savigny1 son compagnon de voyage en gypte1 avait dmontr l'identit de toutes les pices qui constituent la bouche des insectes dans tous les ordres1 et la fixit de leur nombre2 en #ahbj1 ,audouin1 faisant aux crustacs une heureuse application de la thorie des mtamorphoses que l'tude des vgtaux avait inspire ,wolf et ,gthe1 nonait ces propositions hardies pour l'poque3 #a ,les diffrents anneaux des animaux articuls sont toujours composs des mmes parties4 #b ,c'est de l'accroissement semblable ou dissemblable des segments1 de la runion ou de la division des pices qui les composent1 du maximum de dveloppement des uns1 de l'tat rudimentaire des autres1 que dpendent toutes les diffrences qui se remarquent dans la srie des animaux articuls4 ,c'tait tout la fois dmontrer l'unit de plan de composition des animaux articuls1 au sens prcis o ,geoffroy ,saint-,hilaire l'entendait pour les animaux vertbrs1 et prouver que le corps des premiers de ces tres rsulte de la rptition des parties fondamentalement semblables entre elles2 c'tait aussi bien constituer leur archtype1 au sens o l'aurait entendu ,owen2 mais ici cet archtype se dgageait avec une particulire clart et nous devons en faire une tude plus approfondie4 ,les crustacs possdent un grand nombre de membres1 dont la forme et les fonctions sont extrmement variables2 ce sont1 par exemple1 chez l'crevisse1 une paire de pdoncules portant les yeux1 deux paires d'antennes1 une paire de mandibules1 deux paires de mchoires1 trois paires de pattes-mchoires1 cinq paires de pattes locomotrices1 six paires de pattes abdominales1 dont la dernire est transforme en nageoires aplaties4 ,audouin tait parvenu prouver que toutes ces parties sont construites de la mme faon1 peuvent tre ramenes une forme typique1 de la mme manire que les anneaux du corps1 en sorte que les pdoncules des yeux1 les antennes1 les mandibules et les mchoires peuvent tre considrs comme des pattes modifies1 conclusion immdiatement tendue par ,latreille aux antennes et l'appareil masticateur des insectes4 ,audouin dsigne cet ensemble de parties sous le nom d'appendices4 ,l'identit fondamentale de tous ces appendices1 dj dmontre par l'anatomie compare1 est bientt tablie par l'embryognie1 grce aux importantes recherches de ,rathke#gi4 ,il rsulte des observations de ce dernier naturaliste sur l',ecrevisse que tous les appendices de cet animal se montrent d'abord avec la mme forme1 occupent la mme position par rapport aux diverses parties du segment sur lequel ils se constituent et ne revtent que peu peu leur forme dfinitive1 en mme temps qu'ils se spcialisent dans une fonction dtermine2 les pdoncules des yeux1 les antennes se forment1 comme les autres parties1 la face infrieure du segment qui leur correspond et prennent seulement par la suite la place que1 chez l'animal adulte1 ils occupent au-dessus de la bouche1 et qui masque1 au premier abord1 leur vritable origine4 ,d'ailleurs tous les appendices ne se montrent pas simultanment3 les pdoncules oculaires1 les deux paires d'antennes et les mandibules1 c'est--dire les premiers appendices de la tte1 se forment d'abord1 les autres ensuite et successivement4 ,de mme1 la tte et le dernier anneau de l'abdomen apparaissent en premier lieu2 tous les autres naissent entre ces deux-l2 les derniers venus apparaissent toujours entre le dernier et l'avant-dernier anneau du corps4 ,enfin ,rathke constate un autre fait important3 c'est que les parties formes les premires chez l'crevisse sont les mmes qui se forment tout d'abord chez les vertbrs2 seulement ces parties occupent la future face ventrale chez l'crevisse1 la face dorsale chez les vertbrs2 l'embryognie confirme donc l'hypothse de ,geoffroy ,saint-,hilaire et d',ampre que les vertbrs diffrent des articuls1 parce qu'ils se tiennent1 par rapport au sol1 dans une position exactement inverse4 ,les recherches de ,jurine1 ,thompson1 ,nordmann1 celles de ,m4 ,henri ,milne ,edwards viennent successivement ajouter de nouvelles donnes ces importantes dcouvertes4 ,ces observateurs habiles montrent que nombre de crustacs1 surtout dans les groupes infrieurs1 subissent aprs tre sortis de l'uf de singulires mtamorphoses2 tandis que la plupart des crustacs suprieurs closent1 comme l'crevisse1 pourvue de tous leurs anneaux1 et n'ont plus subir que des modifications dans la forme de ces anneaux ou de leurs appendices1 d'autres ont encore produire des anneaux nouveaux1 avant d'arriver l'tat adulte4 ,m4 ,h4 ,milne ,edwards constate que1 dans ce cas1 les diverses rgions du corps1 tte1 thorax1 abdomen1 peuvent tre galement incompltes et s'accrotre1 chacune en ce qui la concerne1 comme l'animal tout entier1 par l'adjonction de nouveaux anneaux sa partie postrieure#hj4 ,frquemment1 le jeune crustac1 quelle que doive tre sa forme dfinitive1 ne possde1 au moment de sa naissance1 que trois paires de pattes1 servant momentanment la natation1 mais qui reprsentent les trois premires paires d'appendices cphaliques1 de sorte que les antennes et les mandibules 7et il en est de mme des mchoires et des pattes-mchoires7 ont t rellement des pattes locomotrices un certain moment de l'existence de l'animal4 ,on peut dire d'elles1 sans aucune mtaphore1 sans aucun sous-entendu1 que ce sont des pattes modifies4 ,en #ahcd1 toutes ces modifications dans la forme1 toutes ces mtamorphoses1 toutes ces diffrences dans le mode de dveloppement1 sont rapproches1 compares1 interprtes par ,m4 ,h4 ,milne ,edwards1 en quelques lignes qui montrent combien ce savant illustre avait1 ds cette poque1 un sentiment profond des rapports qui unissent entre elles les formes vivantes et de la direction dans laquelle s'accompliraient les progrs ultrieurs de la ,zoologie1 qu'il a si puissamment contribu provoquer en ,france4 ,au premier abord1 dit ,m4 ,milne ,edwards1 ces diverses modifications ne paraissent dpendre d'aucune tendance constante de l'organisme1 et l'on pourrait croire que le dveloppement de chacun de ces animaux se fait d'aprs des lois diffrentes2 mais il n'en est pas ainsi1 car1 en tudiant avec attention ces changements1 on voit qu'ils peuvent se classer tous de manire satisfaire l'esprit et se rapporter1 malgr leur diversit1 un petit nombre de principes rgulateurs1 principes qui1 du reste1 se rvlent aussi dans les espces de mtamorphoses dont nous venons d'tre tmoin chez l'embryon de ces animaux4 ,les changements que les jeunes crustacs prouvent aprs leur sortie de l'uf peuvent tre considrs comme tant le complment des mtamorphoses de l'embryon2 tantt ces mtamorphoses ont lieu presque entirement avant que le jeune ait quitt les membranes de l'uf2 mais d'autres fois il nat en quelque sorte avant terme1 et continue aprs sa naissance prsenter des changements de structure analogues ceux que les premiers prouvent pendant leur vie embryonnaire4 ,ces modifications sont de deux ordres3 les unes consistent dans l'apparition d'un ou plusieurs anneaux de leur corps et des membres qui en dpendent2 les autres1 dans des changements qui s'oprent dans la forme et les proportions de parties qui existent dj avant l'poque de la naissance et qui persistent pendant toute la dure de la vie ou disparaissent plus ou moins compltement4 ,les ,dcapodes paraissent tous natre avec la srie complte de leurs anneaux et de leurs membres#ha4 ,il en est de mme pour certains ,edriophthalmes1 les ,amphithos et les ,phronymes1 par exemple2 mais d'autres animaux du mme groupe ne prsentent la sortie de l'uf que six paires de pattes ambulatoires au lieu de sept3 c'est le cas pour les ,cymotlios1 les ,anilocres1 etc4 ,dans le groupe des ,entomostraces1 les jeunes sont bien moins avancs dans leur dveloppement2 en gnral1 on n'y distingue encore que les membres cphaliques1 et1 sous ce rapport1 ils ressemblent l'embryon de l'crevisse vers le commencement de la seconde priode d'incubation2 les anneaux thoraciques et abdominaux1 ainsi que les membres qui en dpendent1 n'apparaissent que successivement1 et ce n'est qu'aprs avoir chang plusieurs fois de peau que ces animaux parviennent l'tat parfait#hb4 ,et plus loin3 ,les changements de forme que les jeunes ,crustacs prouvent dans les parties dj existantes lors de la naissance varient suivant les espces1 mais ont cela de commun qu'elles tendent presque toujours loigner de plus en plus l'animal du type normal du groupe auquel il appartient et l'individualiser davantage2 aussi1 au moment de la naissance1 ces animaux se ressemblent-ils bien plus entre eux qu' l'tat1 adulte1 et1 en gnral1 plus ils prsentent d'anomalies tant l'tat parfait1 plus ils prouvent de modifications pendant les premiers temps de leur vie4 ,c'est l une thorie presque complte de la mtamorphose des ,crustacs4 ,aprs cinquante ans rvolus1 il y a peine d'autres modifications lui faire subir que de donner plus de relief quelques-unes des propositions qu'elle contient4 ,on peut formuler1 par exemple1 les principales de ces propositions de la manire suivante3 ,tous les ,crustacs revtent au dbut1 soit dans l'uf1 soit hors de l'uf1 une forme larvaire commune1 la forme de ,nauplius4 ,ils n'ont alors que trois paires de membres qui deviennent autant d'appendices cphaliques1 gnralement des antennes et des mandibules4 ,le ,nauplius reprsente donc seulement la tte ou une portion de la tte du ,crustac adulte2 les autres segments du corps naissent un un sa partie postrieure4 ,ces segments peuvent se former soit dans l'uf1 soit seulement aprs l'closion4 ,enfin1 dans chaque groupe important1 presque toutes les espces traversent un certain nombre de formes communes1 et leurs mtamorphoses sont d'autant plus compliques que la forme adulte est plus loigne des formes normales de son groupe4 ,la doctrine de la descendance a donn depuis la raison d'tre de toutes ces lois dduites de l'observation4 ,en les annonant1 sous leur premire forme1 ,m4 ,milne ,edwards voyait surtout en elles la confirmation de l'existence d'une unit de plan de structure chez les ,crustacs et non pas la consquence d'une complication graduelle de l'organisme de ces animaux rsultant de ce que des parties nouvelles se seraient successivement ajoutes au nauplius primitif1 puis diversement modifies4 ce moment1 il conoit1 en effet1 le ,crustac comme form d'un nombre invariable de segments4 ,on peut poser1 en principe1 dit-il1 que le nombre normal des segments dont le corps des ,crustacs se compose est de vingt et un#hc4 ,ces segments peuvent tous se ramener un mme type idal dont ils ne sont que des modifications4 ,il s'ensuit que toutes les formes qui se succdent durant la mtamorphose sont quivalentes entre elles1 reprsentent toujours virtuellement le ,crustac vingt et un segments1 qu'elles tendent produire2 que les formes constitues d'un nombre moindre de segments sont des anomalies2 que le nauplius et tous les stades intermdiaires qui le sparent de la forme adulte sont essentiellement transitoires1 et qu'un ,crustac qui s'arrterait l'un de ces stades serait hors du plan caractristique de son groupe4 ,en un mot1 le ,crustac vingt et un segments est1 pour ,m4 ,milne ,edwards1 une unit indcomposable dont chaque segment n'est qu'une fraction4 ,il semble au contraire aujourd'hui#hd que la vritable unit soit le segment1 le zoonite1 et que le ,crustac soit une pluralit1 dans laquelle le nombre des parties composantes est indiffrent4 ,dans l'hypothse de l'unit de plan1 o se place ,m4 ,milne ,edwards1 en #ahcd1 un ,crustac qui clt avant d'avoir ralis ses vingt et un segments est un ,crustac qui nat1 en quelque sorte avant terme2 dans l'hypothse de la descendance1 le nombre des segments d'un crustac peut tre quelconque2 l'closion normale doit avoir lieu aprs la constitution du ,nauplius 7on pourrait mme le concevoir plus prcoce72 les segments doivent ensuite se former un un1 aprs l'closion2 s'il en est autrement1 c'est que l'closion a t retarde1 en mme temps que les phnomnes de dveloppement qui devaient aboutir la constitution du ,crustac vingt et un segments ont t acclrs4 ,de telles nuances sont dlicates1 sans doute2 mais elles sont un excellent exemple de la faible importance des retouches qu'il suffit de donner une ide qui1 un certain moment1 est d'accord avec les faits1 pour la maintenir sans cesse au courant de la science et la faire rentrer dans les thories plus gnrales que les progrs de nos connaissances rendent ncessaires4 ,si l'on admet la thorie expose en #ahcd par ,m4 ,milne ,edwards1 on se trouve ramen la thorie de l'archtype1 et1 si les phnomnes embryogniques qu'offrent les crustacs peuvent tre exposs au moyen d'un petit nombre de lois1 ils n'en chappent pas moins toute explication4 ,nous verrons au contraire que1 en acceptant la seconde interprtation1 les phnomnes si varis du dveloppement des ,crustacs s'expliquent simplement1 comme ceux que l'on observe chez tous les animaux suprieurs1 par une simple acclration de phnomnes qui ne diffrent en rien de ceux de la reproduction par bourgeonnement4 ,en #ahde1 ,m4 ,milne ,edwards donne dj un complment important sa thorie des crustacs1 complment qui supprime au moins d'une faon implicite la condition de nombre et qui donne une signification nouvelle aux diverses rgions du corps4 la suite des dcouvertes de ,m4 de ,quatrefages sur la reproduction par division de remarquables petites ,annlides marines1 les ,syllis1 et des siennes propres sur le singulier bourgeonnement d'autres ,annlides1 les ,myrianides1 il montre#he que les lois de l'accroissement des ,annlides sont les mmes que celles de l'accroissement des ,crustacs2 il insiste sur le fait que1 dans les deux groupes1 les segments se forment successivement1 et que c'est toujours l'avant-dernier segment du corps ou le dernier de chaque rgion qui donne naissance aux segments nouveaux1 et il poursuit3 ,lorsque le dveloppement devient plus actif1 comme dans le cas de la multiplication par bourgeonnement1 dont les ,syllis et nos ,myrianides offrent des exemples1 on voit mme un anneau donner directement naissance deux ou plusieurs zoonites1 qui1 en se reproduisant la manire ordinaire1 constituent une ou plusieurs sries intercalaires2 l'ensemble des produits segmentaires reprsente alors une srie de groupes de zoonites1 dont chacun s'allonge par sa partie postrieure1 comme le faisait la srie unique dans le cas prcdent444 ,ce phnomne1 qui1 dans la classe des annlides ne se manifeste que lors de la production de nouveaux individus par voie de bourgeonnement4441 se voit ailleurs dans le dveloppement de l'embryon444 ,chez les ,crustacs1 par exemple1 il parat y avoir trois de ces systmes1 ou sries de systmes gnsiques1 dont l'allongement peut se continuer aprs la formation du premier anneau de la srie suivante1 et il est noter que ces trois groupes correspondent prcisment aux trois grandes rgions du corps de ces animaux1 la tte1 le thorax et l'abdomen4 ,m4 ,edwards montrera lui-mme un peu plus tard que les rgions du corps de diverses annlides sdentaires se comportent1 cet gard1 comme les rgions du corps des crustacs2 mais il tablit d'ores et dj que l'accroissement du nombre des segments du corps1 l'accroissement proprement dit des annlides et leur reproduction agame1 ne sont que deux formes peine diffrentes d'un mme phnomne2 que les diverses rgions du corps des crustacs correspondent aux nouveaux individus qui se sparent pour mener une vie indpendante chez les annlides1 et peuvent tre1 en consquence1 considres comme autant d'individualits distinctes4 ,comme les ,crustacs1 les ,annlides des types les plus divers se ressemblent pendant les premires priodes de leur dveloppement2 cette remarquable concidence dans la marche des phnomnes gnsiques chez deux types aussi diffrents inspire ,m4 ,edwards les rflexions suivantes3 ,les affinits zoologiques sont proportionnelles la dure d'un certain paralllisme dans la marche des phnomnes gnsiques chez les divers animaux2 de sorte que les tres en voie de formation cesseraient de se ressembler d'autant plus tt qu'ils appartiennent des groupes distinctifs d'un rang plus lev dans le systme de nos classifications naturelles1 et que les caractres essentiels1 dominateurs1 de chacune de ces divisions rsideraient1 non pas dans quelques particularits de formes organiques permanentes chez les adultes1 mais dans l'existence plus ou moins prolonge d'une constitution primitive commune1 du moins en apparence#hf4 ,nous voil bien loin des principes de ,cuvier1 qui exigeait que tous les caractres employs dans les classifications fussent des caractres dfinitifs2 le rle de l'embryognie dans les classifications est dsormais trac2 les animaux qui prsentent les mmes formes larvaires sont dsormais reconnus comme parents1 et1 si cette parent est encore considre comme une parent idale1 il est vident qu'il n'y aura rien changer la formule qui vient d'tre trouve le jour o il faudra reconnatre que la parent doit tre entendue dans le sens vritable du mot4 ,serres1 en ,france1 et les philosophes de la nature1 en ,allemagne1 avaient nonc une proposition analogue lorsqu'ils disaient3 ,tous les animaux suprieurs traversent1 lorsqu'ils se dveloppent1 des formes analogues celles qui demeurent permanentes chez les animaux infrieurs4 ,la formule nouvelle est plus large et plus exacte1 et le progrs dans la science ne consiste-t-il pas presque toujours substituer une ide partiellement vraie une ide plus gnrale qui l'explique et la comprend8 ,la formule des philosophes de la nature supposait un type unique de dveloppement2 celle de ,m4 ,milne ,edwards comprend tout aussi bien la proposition des savants allemands que celle de ,von ,bar1 qui avait tabli l'existence de plusieurs types de dveloppement2 ,m4 ,milne ,edwards a sur ,von ,bar l'avantage de ne pas limiter le nombre des types de dveloppement et de permettre l'intervention des caractres embryogniques tous les degrs de la classification1 comme on a plusieurs fois tent de le faire depuis peu4 ,dj1 du reste1 l'embryognie avait rendu la classification d'importants services2 grce elle1 ,thompson venait de dmontrer que les cirrhipdes1 classs par ,cuvier parmi les mollusques1 par ,latreille parmi les annlides1 institus en groupe spcial par de ,blainville1 taient de vritables crustacs#hg1 et ,nordmann avait prouv que les lernes1 universellement considrs comme des vers1 appartenaient aussi ce mme groupe des crustacs#hh4 ,bien souvent1 les phases du dveloppement ont depuis rvl une parent inattendue entre des tres fort diffrents l'tat adulte1 et les naturalistes ont pris dans les indications de ce genre une telle confiance que le danger est maintenant de prendre d'apparentes similitudes pour une relle identit dans les formes larvaires4 ,en rsum1 malgr ces modifications successives de l'ide qu'on peut se faire d'un crustac1 la thorie dfinitive de ,m4 ,milne ,edwards peut s'noncer ainsi3 tous les crustacs sont construits sur un type commun2 leur corps est compos d'anneaux en mme nombre1 forms eux-mmes de parties identiques2 les divers crustacs ne diffrent entre eux que par des modifications de forme des anneaux de leur corps ou des parties qui les composent2 en gnral1 dans l'individu1 ces modifications n'apparaissent qu' une priode plus ou moins avance du dveloppement embryognique1 de sorte que la plupart des crustacs1 notamment ceux qui appartiennent un mme groupe1 commencent par se ressembler et diffrent ensuite de plus en plus mesure qu'avance leur dveloppement4 ,les anneaux du corps se forment successivement2 mais cette formation peut tre lente ou plus ou moins rapide et l'closion avoir lieu une priode quelconque de cette formation4 ,chacune des rgions du corps se comporte1 au point de vue de la multiplication des anneaux1 comme un organisme indpendant4 ,ces propositions pourraient s'tendre tous les animaux articuls2 il semble donc y avoir un archtype des arthropodes1 comme il y a un archtype des vertbrs1 mais ces archtypes sont diffrents1 et l'existence de plusieurs types organiques1 proclame par ,cuvier1 semble confirme4 ,cependant1 comme le fait remarquer ,m4 ,milne ,edwards1 les propositions si simples qui permettent de dfinir l'archtype des arthropodes sont1 pour la plupart1 le fruit d'une heureuse application l'tude des crustacs de la mthode employe par ,geoffroy ,saint-,hilaire pour l'tude des vertbrs4 ,la thorie des analogues1 dit-il#hi1 devenue clbre par les travaux de son auteur1 ,m4 ,geoffroy ,saint-,hilaire1 et par la tendance nouvelle qu'elle a imprime l'anatomie compare1 aplanit1 comme on le voit1 la plupart des difficults qu'avait prsentes jusqu'ici l'tude du squelette tgumentaire des crustacs2 et si l'utilit de l'application l'entomologie des vues philosophiques formant la base de cette doctrine n'tait dj dmontre par les recherches de ,,mm4 ,savigny1 ,audouin1 etc41 on pourrait en donner comme preuve la simplicit des corollaires qui rsument les causes des diffrences innombrables offertes par le squelette tgumentaire des crustacs4 99 99 99 99 99 ,l'hypothse de l'unit de plan de composition restreinte l'tendue de chacun des embranchements du rgne animal permettait de rattacher d'une manire assez satisfaisante une cause commune les ressemblances qu'on observe entre les animaux2 n'tait-il pas possible de rattacher de mme un principe unique les diffrences innombrables qu'ils prsentent8 ,ds #ahbg1 ,m4 ,h4 ,milne ,edwards en avait indiqu le moyen dans ses articles du ,dictionnaire classique d'histoire naturelle4 ,non seulement il formulait alors une loi dont les applications sont devenues depuis chaque jour plus importantes1 mais il indiquait le premier1 d'une faon prcise1 une assimilation imprvue entre les lois de l'conomie politique et celles de la physiologie gnrale2 il ouvrait ainsi une voie qui est justement celle o s'est engage depuis ,darwin1 et qui devait conduire des rsultats inesprs4 ,la caus de la diversit des animaux1 c'est1 pour ,m4 ,milne ,edwards1 la division du travail physiologique entre leurs lments constituants2 pour ,darwin l'origine des espces doit tre cherche dans la concurrence que cre l'accroissement de la population animale et dans le succs des mieux outills1 dans la slection naturelle qui en est la consquence2 or les conomistes considrent prcisment la division du travail le moyen le plus sr de soutenir la concurrence2 aussi1 loin de perdre sa valeur par l'avnement de la doctrine de ,darwin1 peut-on dire que la doctrine de ,m4 ,milne ,edwards n'a fait qu'en recevoir une force et une porte plus grandes4 ,d'autre part1 la division du travail suppose l'association1 principe dont nous avons vu ,dugs faire1 son tour1 l'application incomplte au rgne animal1 en #ahca1 et dont nous avons essay1 dans notre livre ,les colonies animales et la formation des organismes1 de faire ressortir toute l'importance1 au point de vue de l'volution et de la complication graduelle des tres vivants1 de la dtermination des lois qui ont prsid la formation des types organiques1 de l'explication des phnomnes embryogniques1 et de la formation mme de ce que nous nommons l'individualit4 ,ainsi le parallle se poursuit1 et1 chaque fois qu'une application nouvelle des lois de l'conomie politique est faite la morphologie1 elle se montre fconde en rsultats4 ,il est vident que tout le ct de la question qui touche la faon dont se sont raliss les quatre grands modes de distribution des parties caractristiques1 des quatre types organiques de ,cuvier1 ct que nous avons plus particulirement trait dans ,les colonies animales1 ne pouvait exister1 si l'on se plaait dans l'hypothse de types organiques raliss d'emble et modifis seulement dans le dtail3 or c'est l le point de vue de ,dugs et de ,m4 ,milne ,edwards4 ,sans doute l'un et l'autre de ces savants ont dj entre les mains1 en partie dcouverts par eux-mmes1 un certain nombre de faits pouvant permettre d'tablir une thorie du mode de formation des types organiques2 ils acceptent nanmoins1 comme ,cuvier1 comme ,geoffroy ,saint-,hilaire1 comme le fera plus tard ,richard ,owen1 l'hypothse que les types organiques sont l'uvre immdiate du ,crateur1 et c'est seulement ces types dj raliss qu'ils commencent appliquer la thorie de la division du travail physiologique2 voici dans quels termes3 ,dans certains animaux1 dit en #ahbg ,m4 ,milne ,edwards#ij1 le corps prsente partout des caractres identiques et ne parat renfermer aucun organe distinct444 ,les polypes d'eau douce prsentent une structure de ce genre444 ,le corps de ces animaux peut tre compar un atelier o chaque ouvrier serait employ l'excution de travaux semblables et o par consquent leur nombre influerait sur la somme1 mais non sur la nature du rsultat4 ,aussi l'exprience a-t-elle dmontr qu'en divisant un de ces tres on ne change pas sa manire d'agir2 chaque fragment continue de vivre comme auparavant et peut former un nouvel animal444 ,lorsqu'au contraire la vie commence se manifester par des phnomnes plus compliqus et que le rsultat final produit par le jeu des diffrentes parties du corps devient plus parfait1 certains organes offrent un mode de structure particulier et cessent alors d'agir la manire du tout4 ,la vie de l'individu1 au lieu d'tre la somme d'un nombre plus ou moins grand d'lments de mme nature1 rsulte de l'ensemble d'actes essentiellement diffrents et produits par des organes distincts4 ,les diverses parties de l'conomie animale concourent toutes au mme but1 mais chacune d'une manire qui lui est propre1 et plus les facults de l'tre sont nombreuses et dveloppes1 plus la diversit de structure et la division du travail qui en est la suite sont pousses loin4 ,et ,m4 ,milne ,edwards prcise plus tard sa pense en crivant#ia3 ,le principe suivi par la nature dans le perfectionnement des tres est le mme que celui si bien dvelopp par les conomistes modernes1 et1 dans ses uvres aussi bien que dans les produits de l'art1 on voit les avantages immenses de la division du travail4 ,ces principes de la division du travail1 ,m4 ,milne ,edwards les applique successivement aux diffrents systmes d'organes et tout d'abord aux tguments4 ,la surface extrieure du corps1 de mme que les parties situes plus profondment1 prsentent une srie de modifications dont la clef nous est donne par le principe dont nous venons de parler4 ,ainsi que nous l'avons dj dit1 elle est d'abord semblable au reste du parenchyme1 mais bientt elle acquiert des proprits diffrentes et constitue une membrane distincte dont la face interne donne attache tous les organes actifs de la locomotion et dont la superficie est le sige des sens1 de la respiration et de plusieurs autres fonctions4 ,dans les classes plus leves1 la facult de percevoir la lumire se localise davantage et devient en mme temps plus parfaite2 il en est de mme des sens de l'oue et de l'odorat2 mais l'enveloppe gnrale sert encore comme organe du mouvement et du tact1 en mme temps qu'elle dtermine la forme du corps et protge les organes internes de l'influence nuisible des agents extrieurs4 ,enfin1 vers le sommet de la srie des animaux1 cette division du travail est porte encore plus loin2 un systme particulier1 destin spcialement la dfense des parties molles aussi bien qu'aux fonctions locomotrices1 se montre dans l'conomie1 et la membrane tgumentaire1 au lieu de servir des usages si divers1 n'est plus appele qu' agir comme organe du tact1 s'opposer l'vaporation des liquides renferms dans le corps et remplir un petit nombre d'autres fonctions4 ,dans ce passage1 le principe de la division du travail est appliqu non pas des individualits distinctes1 d'abord indpendantes et identiques entre elles1 qui se partagent les rles1 mais des masses homognes1 sans individualit propre1 qui se dcomposent en parties htrognes1 aptes chacune un ouvrage particulier4 ,il n'y a aucune filiation1 aucune relation entre les cas o la division du travail est peu avance et ceux o elle l'est davantage1 car il n'est videmment pas dans l'esprit de l'auteur d'tablir une relation gnalogique quelconque entre le squelette intrieur des vertbrs dont il est question1 en dernier lieu1 et le squelette extrieur des articuls4 ,le principe de la division du travail est donc ici plutt la constatation d'un ensemble de faits1 une sorte de loi mtaphysique1 que l'indication d'un procd rellement employ1 d'un acte vraiment effectu pour passer d'un tat simple un tat plus complexe4 ,dans l'emploi qu'en fait par la suite ,m4 ,milne ,edwards1 ce caractre ne saurait disparatre1 car une division du travail s'effectuant1 sous l'action de causes extrieures dterminables1 entre des individus d'abord identiques et indpendants1 se modifiant et se solidarisant sous l'empire de ces causes1 impliquerait ncessairement une transformation graduelle des formes vivantes2 toutefois ses propositions nonces dans un sens mtaphorique peuvent tre de plus en plus facilement prises dans un sens absolu4 ,telles sont celles qui concernent le systme nerveux#ib3 ,en tudiant dans la longue srie des animaux articuls les parties au moyen desquelles ces tres peroivent les impressions1 on y remarque une suite de modifications analogues celles que nous avons dj signales en traitant de l'appareil tgumentaire et des organes de la vie organique4 ,le systme nerveux se prsente d'abord sous la forme d'un cordon qui s'tend dans toute la longueur du corps2 chacune de ses parties agit alors la manire du tout1 et1 lorsqu'on divise l'animal en plusieurs tronons1 chacun d'eux continue sentir et se mouvoir comme il le faisait lorsque le corps tait entier4 ,un degr de plus dans la division du travail amne la localisation de la facult de percevoir la sensation1 et de plusieurs autres actes1 dans des parties dtermines de ce systme1 dont l'existence devient alors ncessaire l'intgrit des fonctions auxquelles l'appareil en entier prside4 ,enfin1 chez des animaux plus parfaits1 la sensibilit devient plus particulirement l'apanage de certaines fibres mdullaires2 la facult de produire les mouvements sous l'empire de la volont se concentre en quelque sorte dans d'autres fibres du mme systme2 celle d'exciter l'action de ces diverses parties se localise galement dans certains points de l'appareil nerveux1 et celle de coordonner les mouvements est exerce par d'autres instruments4 ,en un mot1 toutes les parties de l'appareil sensitif finissent par concourir d'une manire diffrente la production des phnomnes dont l'ensemble rsultait d'abord de l'action de chacune d'elles4 ,c'est encore le mme point de vue que lorsqu'il s'agissait des tguments2 mais les applications morphologiques apparaissent1 quoique implicitement1 lorsque1 aprs avoir tudi les modifications diverses du systme nerveux des crustacs1 ,m4 ,edwards les rsume toutes dans cette loi conforme la loi de centralisation1 par laquelle ,serres reprsentait les modifications successives que subit le systme nerveux des insectes1 pendant leur dveloppement#ic4 ,le systme nerveux des crustacs se compose toujours de noyaux mdullaires dont le nombre normal est gal celui des membres1 et toutes les modifications qu'on y rencontre1 soit des poques diverses de l'incubation1 soit dans diffrentes espces de la srie1 dpendent principalement des rapprochements plus ou moins complets de ces noyaux1 agglomrations qui s'oprent des cts vers la ligne mdiane1 en mme temps que dans la direction longitudinale1 mais peuvent tenir aussi en partie un arrt de dveloppement dans un certain nombre de ces noyaux4 ,le rapprochement entre les faits rvls par l'anatomie compare et ceux que fournit l'embryognie d'un individu donn implique dj la possibilit que les divers tats du systme nerveux aient pu tre tirs d'un tat primitif o tous les ganglions taient identiques entre eux1 et c'est bien l'ide qui se dgage lorsque1 cessant de considrer des tissus ou des organes1 ,m4 ,edwards arrive dire des segments des corps eux-mmes#id3 ,d'aprs ce que nous avons dit1 au commencement de ce chapitre1 relativement la marche suivie par la nature dans le perfectionnement des tres1 on pourrait s'attendre trouver1 l'extrmit infrieure de la srie forme par les animaux dont nous nous occupons ici1 des espces dont tous les anneaux constituants du corps seraient identiques entre eux tant par leur forme et leur structure que par leurs fonctions1 puis les voir devenir de plus en plus disparates et servir chacun des usages particuliers4 ,c'est1 en effet1 ce que l'on remarque lorsqu'on compare entre eux les divers crustacs2 mais ces animaux ne nous offrent d'exemple1 ni de cette extrme uniformit1 ni de ce maximum de complication4 ,la division du travail peut donc porter sur les segments tout entiers comme sur les organes et les tissus2 elle est alors ncessairement suivie d'une sorte de conscration morphologique rsultant de modifications plus ou moins tendues dans la forme de ces segments4 ,mais1 pour ,m4 ,edwards1 ces segments ne sont pas1 comme pour ,dugs1 des individualits distinctes2 ce sont1 on s'en souvient1 de simples parties du corps dont un nombre dtermin et constant est ncessaire pour constituer le crustac2 malgr la segmentation de son corps1 le crustac est indivisible comme le vertbr4 ,c'est encore l'ide que se font des animaux segments un grand nombre de naturalistes1 et1 au point de vue du transformisme1 cette ide suffit1 nous l'avons vu1 pour supprimer le problme de l'origine des types organiques et obliger d'avoir recours1 afin d'expliquer chacun d'eux1 un acte crateur spcial4 99 99 99 99 99 ,dans les travaux relatifs aux articuls comme dans ceux relatifs aux vertbrs1 nous avons dj fait remarquer que la mthode d'investigation de ,geoffroy ,saint-,hilaire est employe dfinir d'une manire plus rigoureuse1 plus exacte1 plus complte1 les grands embranchements de ,cuvier1 dterminer les limites des modifications dont ils sont susceptibles et chercher la loi de ces modifications4 ,le principe des connexions est jusqu'ici appliqu surtout aux pices solides et permet de ramener leur disposition un mme type2 il est tout aussi fcond lorsqu'on veut en faire application aux organes internes1 aux parties molles4 ,cuvier avait fait du systme nerveux la base de la distribution mthodique des animaux2 ,m4 mile ,blanchard s'attache dterminer toutes les modifications dont il est susceptible dans un mme embranchement et prciser l'importance des caractres qu'il peut fournir la classification4 ,il dmontre que chez les insectes il est construit sur un type constant2 que durant la mtamorphose il prouve1 en gnral1 une concentration plus ou moins considrable2 que cette concentration s'effectue suivant des lois dtermines1 de sorte qu'on peut trouver dans le degr de centralisation des noyaux mdullaires des caractres de famille ayant une persistance des plus remarquables#ie4 ,ses recherches sur les connexions du systme nerveux l'amnent de remarquables dterminations d'organes2 il dmontre1 par exemple1 que les antennes1 absentes1 en apparence1 chez les ,arachnides1 sont en ralit reprsentes chez ces animaux par les petites pinces des scorpions et les crochets venin des araignes1 seuls appendices qui reoivent leurs nerfs du cerveau1 comme les antennes des insectes et des crustacs4 ,par des tudes sur la bouche des insectes diptres1 ,m4 ,blanchard avait dj complt les travaux de ,savigny2 tandis que ,m4 de ,lacaze-,duthiers1 se livrant l'tude des appendices compliqus qui se trouvent l'extrmit postrieure de l'abdomen de ces animaux1 arrivait dmontrer que chez tous ces animaux l'armure gnitale femelle tait1 tout aussi bien que la bouche1 construite sur un plan unique#if2 que les pices multiples qui les composent rsultaient uniquement du dveloppement et des modifications de forme des parties solides d'un zoonite4 ,ainsi1 chez les arthropodes adultes1 et notamment chez les plus levs1 de nombreux travaux permettent de ramener un mme plan les aspects si divers de l'organisation4 ,dans la classe entire des insectes1 le nombre des segments du corps reste constant2 il en est de mme du nombre des rgions du corps et des appendices affects une fonction dtermine4 ,chez les arachnides1 le nombre total des segments du corps est dj moins fixe2 il est trs variable chez les myriapodes1 dont la tte prsente cependant une composition constante2 enfin1 s'il prsente une certaine fixit chez les crustacs suprieurs1 on constate chez ces derniers une grande variabilit dans la constitution des diverses rgions du corps et le nombre des appendices servant des usages analogues2 d'autre part1 les segments du corps ne poussent pas toujours simultanment1 et cela seul suffirait jeter quelque doute sur la prtendue immobilit du type1 pour faire supposer que1 si cette immuabilit existe rellement dans certains groupes1 elle a t acquise et doit encore tre considre comme un rsultat et non comme un fait primordial4 99 99 99 99 99 ,l'tude des vers annels1 si bien faite par ,savigny1 ,m4 ,audouin1 ,milne ,edwards et ,m4 de ,quatrefages1 peut dj servir montrer que1 chez ces animaux1 il n'y a de constant que l'organisation du segment1 le nombre de ceux-ci pouvant varier dans les plus larges proportions1 de sorte qu'on ne saurait ici concevoir rien de semblable un archtype1 et1 lorsqu'on descend des vers annels ceux o la structure segmentaire est indistincte1 c'est bien autre chose3 il rsulte des patientes et habiles recherches de ,m4 ,blanchard sur les vers intestinaux1 de celles de ,m4 de ,quatrefages sur les ,planaires1 que les traits essentiels attribus par ,cuvier l'animal articul s'effacent et disparaissent2 cependant l'ide de type est tellement tenace qu'on fait l'impossible pour faire rentrer ces animaux dans une rgle laquelle ils chappent de toutes faons4 99 99 99 99 99 ,l'embranchement des mollusques avait t moins rigoureusement dfini par ,cuvier que ceux des vertbrs et des arthropodes4 ,les recherches de ,m4 ,milne ,edwards sur la circulation de ces animaux rvlent dans la constitution de leur appareil circulatoire une imperfection commune laquelle on tait loin de s'attendre2 diverses recherches portant sur leur systme nerveux1 notamment celles de ,duvernoy et de ,m4 ,blanchard sur le systme nerveux des acphales1 celles de ,m4 de ,quatrefages et surtout de ,m4 de ,lacaze-,duthiers sur les gastropodes1 permettent de concevoir un type mollusque nettement dfini et dans lequel ,m4 de ,lacaze-,duthiers dmontre qu'il existe1 entre les parties1 des connexions aussi fixes que dans les autres groupes4 ,malheureusement ce type une fois bien connu1 au lieu de le limiter aux ,cphalopodes1 ,gastropodes1 ,solnoconques et ,lamellibranches1 qui seuls sont de vrais ,mollusques1 on s'efforce d'en rapprocher1 comme on l'avait fait pour les ,vers1 tout ce qui prsentait avec lui de plus ou moins vagues analogies4 ,c'est ainsi qu'on cherche avec passion les traits caractristiques des mollusques chez les brachiopodes1 chez les tuniciers1 chez les bryozoaires1 sans prendre garde qu'un type qu'il faut transformer compltement pour y ramener certains organismes perd toute importance1 si c'est un type thorique tel qu'on l'entend dans l'hypothse de la fixit des espces1 et qu'il n'y a aucun intrt1 dans l'hypothse de la descendance1 essayer d'y rattacher des tres qu'on ne peut en faire driver que par des transformations tout autres que celles dont l'embryognie et l'anatomie compare nous dmontrent clairement la possibilit4 ,les difficults de la thorie des embranchements de ,cuvier avaient dj t releves1 en #ahbb1 par de ,blainville1 qui1 tout en admettant la fixit absolue des espces1 considrait les animaux comme se rattachant un certain nombre de types prsentant entre eux une certaine gradation1 comparable l'chelle admise par ,bonnet1 et supposait que dans chacun de ces types l'organisation pouvait prouver des dgradations successives capables d'en rendre mconnaissables les caractres1 sans que cependant la srie ft nullement rompue entre les formes dgrades et les formes leves de chaque type4 ,la foi dans le gnie de ,cuvier est telle cependant que ces difficults n'arrtent nullement certains esprits3 l'un des plus minents disciples du matre1 ,louis ,agassiz1 s'est fait le thoricien de la doctrine des types1 et le moment est venu de montrer quelle ide peut se faire de la philosophie zoologique un esprit lev rsolument partisan de la fixit absolue des formes vivantes4 ,,chapitre ,,xvi ,,louis ,,agassiz ,consquences philosophiques de l'hypothse de la fixit des espces4--,la possibilit d'une classification dmontre l'existence de ,dieu4--,l'existence d'un plan de la cration est contraire la doctrine du transformisme4--,arguments en faveur de la fixit des espces4--,faiblesse de ces arguments4--,nature des caractres des divisions zoologiques des divers degrs4--,dfinition nouvelle de l'espce4--,dsaccord de cette dfinition avec les faits4--,ralit de l'espce4--,causes de l'isolement physiologique des espces4 ,louis ,agassiz#ig transporte toutes les divisions de la mthode dite naturelle une ide analogue celle de l'archtype de ,owen3 chacune de nos espces1 chacun de nos genres1 chaque famille1 chaque type reprsente une conception distincte du ,crateur1 et tous ces groupes d'individus ont1 par consquent1 une gale ralit4 ,la classification1 loin d'tre une partie de l'art1 comme le croit ,lamarck1 partie susceptible de varier avec l'artiste1 est un difice immuable1 comme le ,crateur2 c'tait du reste l'opinion de ,cuvier et des naturalistes qui faisaient1 comme lui1 de la recherche de la mthode naturelle le but suprme de la science4 ,les divers groupes zoologiques1 avec leur savante subordination1 ont t institus par l'intelligence divine comme les catgories de sa pense#ih4 ,richard ,owen1 rejetant les causes finales1 avait dduit de l'existence de l'archtype des vertbrs la preuve de l'existence de ,dieu2 ,louis ,agassiz gnralise ce procd de dmonstration4 ,l'existence d'une srie de plans suivant lesquels les tres vivants sont models ncessite l'existence d'une intelligence capable de concevoir ces plans2 toute liaison intelligente et intelligible entre les phnomnes est une preuve directe de l'existence d'un ,dieu qui pense1 aussi srement que l'homme manifeste la facult de penser quand il reconnat cette liaison naturelle des choses#ii4 ,au fond1 comme c'est notre intelligence qui arrive pntrer cet ordre de la nature duquel ,louis ,agassiz conclut l'existence de ,dieu1 c'est de l'existence de notre propre intelligence que la preuve de l'existence de ,dieu est tire1 et le savant neufchtelois n'est pas loign de dire3 ,je pense1 donc ,dieu est4 ,louis ,agassiz admet une harmonie prtablie entre notre intelligence et l'univers3 ,l'esprit humain est l'unisson de la nature1 et bien des choses semblent le rsultat des efforts de notre intelligence qui sont seulement l'expression naturelle de cette harmonie prtablie#ajj4 ,telle est la classification naturelle3 ,ces systmes dsigns par nous sous le nom des grands matres de la science qui1 les premiers1 les proposrent1 ne sont1 en ralit1 que la traduction dans la langue de l'homme des penses du ,crateur4 ,si vraiment il en est ainsi1 cette facult qu'a l'intelligence humaine de s'adapter aux faits de la cration1 et en vertu de laquelle elle parvient instinctivement1 sans en avoir conscience1 interprter les penses de ,dieu1 n'est-elle pas la preuve la plus concluante de notre affinit avec le divin esprit8 ,ce rapport spirituel et intellectuel avec la toute-puissance ne doit-il pas nous faire profondment rflchir8 ,s'il y a quelque vrit dans la croyance que l'homme est fait l'image de ,dieu1 rien n'est plus opportun pour le philosophe que de s'efforcer1 par l'tude des oprations de son propre esprit1 se rapprocher des uvres de la raison divine4 ,qu'il apprenne1 en pntrant la nature de sa propre intelligence1 mieux comprendre l'intelligence infinie dont la sienne n'est qu'une manation6 ,une semblable recommandation peut1 premire vue1 paratre irrespectueuse4 ,mais lequel est vritablement humble8 ,celui qui1 aprs avoir pntr les secrets de la cration1 les classe suivant une formule qu'il appelle orgueilleusement son systme scientifique1 ou celui qui1 arriv au mme but1 proclame sa glorieuse affinit avec le ,crateur et1 plein d'une reconnaissance ineffable pour un don aussi sublime1 s'efforce d'tre l'interprte complet de l',intelligence divine1 avec laquelle il lui est permis1 bien plus1 il lui est1 de par les lois de son tre1 ordonn d'entrer en communion#aja8 ,ce passage est d'un haut intrt2 c'est l'panouissement le plus complet d'une philosophie de la nature dont la filiation peut se suivre de ,linn ,cuvier1 de ,cuvier de ,blainville et ,agassiz1 mais qui n'avait jamais t aussi nettement formule4 ,l4 ,agassiz ne prend pas pour point de dpart1 comme ,schelling1 l'identit de l'esprit humain avec l'esprit de ,dieu2 il n'argue pas de cette identit pour dire3 ,philosopher sur la nature1 c'est crer la nature2 loin de supprimer l'tude des faits1 comme le philosophe allemand1 il tudie au contraire les faits1 constate leurs rapports1 conclut1 de ce que nous avons une intelligence qui conoit ces rapports1 l'identit de notre intelligence avec celle de ,dieu1 et attribue l'intelligence divine la cration directe de tous les rapports que nous aurons constater4 ,ce n'est plus l'tude des faits qui disparat1 c'est celle des forces naturelles et de leur action sur les tres vivants4 ,nous n'avons plus rechercher les causes qui ont amen les tres vivants leur tat actuel2 il n'y a qu'une cause1 ,dieu1 qui agit sans intermdiaire4 ,nous n'avons plus mme rechercher le but des particularits organiques que nous dvoile notre scalpel3 il y a des organes qui n'ont pas de fonctions444 ,ces organes n'ont t conservs que pour maintenir une certaine uniformit dans la structure fondamentale444 ,leur prsence n'a pas pour but l'accomplissement de la fonction1 mais l'observation d'un plan dtermin4 ,elle fait songer telle disposition frquente dans nos difices1 o l'architecte1 par exemple1 reproduit extrieurement les mmes combinaisons en vue de la symtrie et de l'harmonie des proportions1 mais sans aucun but pratique#ajb4 ,il n'y a donc pas dans l'univers de cause finale1 ou plutt l'univers n'a qu'une fin1 comme il n'a qu'une cause3 le dveloppement de la pense du ,crateur4 ,le rle du naturaliste est uniquement de rassembler les faits1 expression de cette pense1 et de les coordonner dans des systmes qui sont notre faon nous d'exprimer la pense de ,dieu4 ,louis ,agassiz expose hardiment ici une doctrine qui a t plus d'une fois la cause secrte des hostilits qu'ont rencontres les tentatives les plus sincres et les plus lgitimes1 faites en vue d'arriver une connaissance approximative de l'origine des tres vivants et des lois de leur volution4 ,il s'agit bien1 du reste1 dans l'esprit de ce savant si minent1 de couper court ces tentatives3 ,s'il est une fois prouv que l'homme n'a pas invent1 mais seulement reproduit l'arrangement systmatique de la nature2 que ces rapports1 ces proportions existant dans toutes les parties du monde organique ont leur lien intellectuel et idal dans l'esprit du ,crateur2 que ce plan de la cration1 devant lequel s'abme notre sagesse la plus haute1 n'est pas issu de l'action ncessaire des lois physiques1 mais au contraire a t librement conu par l'intelligence toute-puissante et mri dans sa pense avant d'tre manifest sous des formes extrieures tangibles2 si1 enfin1 il est dmontr que la prmditation a prcd l'acte de la cration1 nous en aurons fini1 une fois pour toutes1 avec les thories dsolantes qui nous renvoient aux lois de la matire pour avoir l'explication de toutes les merveilles de l'univers et1 bannissant ,dieu1 nous laissent en prsence de l'action monotone1 invariable des forces physiques1 assujettissant toute chose une invitable destine#ajc4 ,cette invitable destine1 cette fatalit que semble impliquer le transformisme1 voil1 sans doute1 ce qui effraie bien des esprits2 on dfend la libert de ,dieu1 pensant ainsi sauvegarder la sienne4 ,toutes les argumentations de la philosophie1 toutes les aspirations de l'esprit et du cur1 sont impuissantes cependant rien changer ni ce que nous sommes1 ni aux rapports qui peuvent nous unir soit au monde1 soit ,dieu4 ,et qu'importe au demeurant1 pour notre dignit1 que notre actuelle perfection relative ait t obtenue d'une faon ou d'une autre8 ,avons-nous un intrt quelconque nous tromper volontairement cet gard8 ,n'est-il pas sage1 au contraire1 de chercher pntrer1 par tous les moyens en notre pouvoir1 le secret de notre origine1 les lois de notre dveloppement progressif1 afin d'avoir une conscience plus nette du but que chacun de nous peut raisonnablement proposer son existence1 de la destine que doit rver la socit humaine tout entire1 des moyens propres en raliser l'accomplissement et de la part que chacun de nous est appel prendre l'volution de notre espce8 ,n'est-ce pas ainsi que nous pourrons parvenir une connaissance intime de cet tre collectif qui s'appelle l'humanit1 une dtermination rigoureuse1 indpendante de toutes les croyances1 des droits et des devoirs communs tous les individus qui le composent1 l'tablissement de cette morale dfinitive qu' travers tant d'erreurs et de prjugs1 de violents cataclysmes ou de lentes et pacifiques volutions1 l'esprit de l'homme perdu n'a cess de poursuivre dans les tnbres d'une ignorance qui commence peine se dissiper8 ,louis ,agassiz est un esprit trop scientifique pour admettre d'emble l'incapacit des forces physiques crer ou modifier les tres vivants2 il lui faut une dmonstration1 et il essaye de la faire aussi complte que possible4 ,les arguments qu'il dveloppe peuvent se rsumer ainsi3 #a ,nous trouvons aujourd'hui1 vivant dans des conditions identiques1 les animaux les plus divers2 admettre qu'ils doivent leurs caractres l'action des milieux1 c'est donc admettre qu'une mme cause peut produire les effets les plus diffrents4 #b ,les mmes types peuvent se rencontrer dans les conditions d'existence les plus varies1 ce qui dmontre l'indpendance o sont les tres organiss vis--vis des agents physiques4 #c ,d'un ple l'autre1 sous tous les mridiens1 les mammifres1 les oiseaux1 les reptiles1 les poissons rvlent un seul et mme plan de structure2 d'autres plans non moins merveilleux se dcouvrent dans les articuls1 les mollusques1 les rayonns et les divers types de plantes2 cette infinie varit dans l'unit ne saurait tre le rsultat de forces qui n'appartiennent ni la moindre parcelle d'intelligence1 ni la facult de penser1 ni le pouvoir de combiner1 ni la notion de l'espace et du temps4 #d ,tous les animaux sont manifestement le dveloppement de quatre ides cratrices1 lies entre elles par le fait que toutes quatre commencent par s'incorporer dans un uf1 o se produisent1 indpendamment des forces physiques et malgr l'apparente identit du dbut1 les manifestations les plus diverses4 #e ,le mme genre1 la mme famille1 la mme classe1 le mme embranchement peuvent tre reprsents dans les climats les plus diffrents par des espces1 des genres1 des familles varies1 de telle sorte que1 malgr cette varit1 des rapports analogues existent entre les animaux de tous les pays1 bien qu'il n'existe actuellement aucune parent gnalogique entre les espces d'un mme genre1 les genres d'une mme famille1 les familles d'une mme classe1 les classes d'un mme embranchement4 ,les liens qui unissent les divisions d'un certain ordre ne peuvent tre considrs comme le fait des forces physiques1 reproduisant le mme type sous des formes diverses suivant les pays4 #f ,les quatre grands embranchements du rgne animal ont apparu simultanment avec leurs caractres distinctifs1 malgr l'identit des conditions primitives d'existence1 et ds le dbut on distingue nettement dans chacun d'eux des classes1 des familles1 des genres1 des espces4 #g ,il est difficile d'tablir1 au point de vue de la complication organique1 une gradation entre les embranchements ou mme les classes2 mais1 dans chaque classe1 cette gradation est manifeste entre les ordres et concorde avec la date de leur apparition dans les priodes gologiques4 ,l encore se dcouvre une nouvelle et accablante preuve de l'ordre et de la gradation admirables qui ont t tablis l'origine et maintenus1 travers les ges1 dans les degrs divers de complication que rvle la structure des tres anims#ajd4 #h ,des espces1 des genres1 des ordres1 mme voisins1 peuvent tre1 les uns cosmopolites1 les autres avoir une aire de rpartition gographique des plus restreintes1 ce que ne saurait expliquer l'action des milieux4 #i ,des rgions prsentant un climat analogue peuvent avoir une faune et une flore identiques ou1 au contraire1 trs diffrentes et ayant occup ds le jour de leur apparition les espaces qu'elles occupent aujourd'hui3 ce qui est absolument contraire l'ide que les animaux et les plantes auraient d'abord apparu par couples accidentels destins se rpandre ensuite4 ,d'autres fois1 au milieu d'une faune et d'une flore peu diffrentes1 du reste1 de celles d'une autre rgion1 se trouvent des types tout fait spciaux1 tels que les marsupiaux en ,australie1 circonstance qui ne peut dpendre de l'action des milieux1 puisque ceux-ci auraient d modifier galement toutes les parties de la faune et de la flore4 #aj ,les diffrents types d'une mme srie de formes se trouvent souvent dans des contres tellement loignes les unes des autres ou dans un ordre palontologique tel qu'on ne peut supposer entre eux aucun lien de parent4 ,ces sries sont du reste capricieusement composes1 impliquant ainsi un libre choix de combinaisons employes et non l'action continue de forces aveugles1 et le fait que les termes qui les composent sont dissmins sur la surface entire du globe suppose que l'intelligence qui a cr les sries tait simultanment prsente partout4 #aa ,malgr la diversit des conditions d'existence auxquelles sont soumises les espces1 les espces d'une mme famille prsentent une taille assez uniforme1 ce qui exclut l'intervention des milieux dans la limitation de la taille4 #ab ,parmi les espces1 les seules qui aient vari n'ont vari que sous l'action d'une puissance intelligente1 l'homme3 ce qui dmontre l'intervention d'une intelligence autrement puissante dans les modifications des faunes et des flores4 #ac ,les manifestations intellectuelles des animaux sont essentiellement de mme nature que celles de l'homme1 d'o il suit que tous sont le sige d'un principe immatriel1 qui ne peut tenir son origine des forces physiques et tmoigne de l'existence d'une intelligence universelle4 #ad ,cette intelligence se manifeste hautement dans la prcision avec laquelle sont rgls les rapports entre les individus de mme espce1 entre les diverses espces animales et le milieu ambiant1 entre les espces animales ou vgtales qui habitent un mme canton1 et notamment entre les parasites et les htes qui doivent les hberger4 #ae ,les divers phnomnes embryogniques1 les mtamorphoses et les phnomnes singuliers de reproduction asexue que nous tudierons plus tard tmoignent hautement que les forces physico-chimiques n'ont que faire dans le dveloppement si minutieusement rgl de l'individu4 #af ,il existe de remarquables rapports entre les types organiques qui se succdent dans les sries palontologiques3 certains types1 les types synthtiques1 runissent en eux des caractres qu'on ne trouvera plus tard que spars les uns des autres dans des types diffrents2 d'autres1 les types prophtiques1 prsentent des organes qui1 sous une forme imparfaite1 semblent annoncer l'apparition de types nouveaux ayant des organes et des fonctions qui manquaient jusque-l aux animaux3 ainsi les ptrodactyles1 ces lzards volants1 semblent prophtiser la venue prochaine des oiseaux2 d'autres types enfin1 les types embryonnaires1 montrent l'tat permanent des caractres qui ne seront que transitoires chez leurs successeurs4 ,l'existence de semblables types dans les terrains anciens tmoigne que l'volution palontologique est l'uvre d'une intelligence presciente et prvoyante4 ,les combinaisons prexistent dans sa pense avant de revtir une forme vivante4 #ag ,il existe un paralllisme entre l'ordre de succession des animaux et des plantes1 dans les temps gologiques et la gradation offerte par les tres organiss actuels4 ,on y reconnat un esprit de suite qui surveille tout le dveloppement de la nature1 du commencement la fin1 qui laisse lentement se produire un progrs graduel et finit par l'introduction de l'homme1 couronnement de la cration animale4 ,un paralllisme semblable existe entre l'ordre d'apparition des animaux et les phases du dveloppement embryonnaire chez leurs reprsentants actuels2 c'est1 dans l'une et l'autre srie1 la rptition d'une mme suite de penses4 ,louis ,agassiz conclut donc3 ,loin de devoir leur origine l'action continue de causes physiques1 tous les tres ont successivement fait apparition sur la terre en vertu de l'action immdiate du ,crateur4 ,les produits de ce qu'on appelle communment les agents physiques sont partout les mmes1 sur toute la surface du globe1 et ont toujours t les mmes durant toutes les priodes gologiques4 ,au contraire1 les tres organiss sont partout diffrents et ont toujours diffr tous les ges4 ,entre deux sries de phnomnes ainsi caractriss1 il ne peut y avoir ni lien de causalit1 ni lien de filiation4 ,la combinaison dans le temps et dans l'espace de toutes ces conceptions profondes non seulement manifest de l'intelligence1 mais de plus elle prouve la prmditation1 la puissance1 la sagesse1 la grandeur1 la prescience1 l'omniscience1 la providence4 ,en un mot1 tous ces faits et leur naturel enchanement proclament le seul ,dieu que l'homme puisse connatre1 adorer et aimer4 ,l'histoire naturelle deviendra1 un jour1 l'analyse des penses du ,crateur de l'univers1 manifeste dans le rgne animal et le rgne vgtal1 comme elles l'ont t dans le monde inorganique#aje4 ,richard ,owen admettait que l'archtype tait une manation directe de la pense divine1 mais que des modifications secondaires dues l'action des milieux avaient pu le modifier de mille manires4 ,l4 ,agassiz tend1 comme on voit1 autant qu'il est possible1 cette intervention divine qui apparat dans le plus simple phnomne4 ,c'est la consquence directe de l'hypothse de la fixit des espces4 ,personne n'a aussi compltement dvelopp cette consquence2 aucun naturaliste n'a runi1 pour la soutenir1 un nombre plus considrable d'arguments2 mais les arguments prsents par l'illustre professeur de ,cambridge ont-ils ncessairement la signification qu'il leur attribue8 ,il n'est pas un des phnomnes invoqus par ,l4 ,agassiz qui n'ait reu1 depuis son crit1 une explication naturelle4 ,le mlange d'animaux divers1 vivant1 en apparence au moins1 dans des conditions identiques1 la persistance de formes semblables dans des conditions d'existence varies1 la superposition des caractres de types aux caractres secondaires de famille1 de genre et d'espce sont des consquences immdiates de la loi d'hrdit de ,lamarck2 dans un ouvrage rcent#ajf1 nous avons rattach des causes dtermines la formation des grands types organiques1 et montr que ces types avaient d apparatre et se dvelopper simultanment3 le mlange constant de formes organiques diffrentes qu'on observe toutes les poques gologiques est une consquence de ce premier fait2 tous les faits connus de rpartition gographique sont devenus des arguments en faveur de la thorie de la descendance4 ,comme ,agassiz le pressentait lui-mme1 les divers rapports qui existent entre chaque espce animale1 le monde extrieur et les tres vivants avec qui elle se trouve en contact sont de simples phnomnes d'adaptation1 consquences forces de la slection naturelle4 ,on est d'accord aujourd'hui pour reconnatre qu'aucune espce ne demeure absolument immuable quand on la soumet des actions modificatrices suffisamment nergiques1 et pour reconnatre que les variations des animaux domestiques ne sont pas d'une autre nature que celles des animaux sauvages4 ,l'instinct et l'intelligence s'expliquent l'un par l'autre4 ,le paralllisme entre l'volution palontologique et l'volution embryognique est devenu l'une des propositions les plus fcondes de la thorie de la descendance4 ,en un mot1 toute cette savante argumentation se tourne au profit de la doctrine de l'volution qu'elle prtendait combattre3 il apparat nettement que l'activit cratrice n'intervient de nos jours que par l'intermdiaire du conflit des proprits inhrentes la substance vivante et des conditions dans lesquelles chaque individu organis est appel vivre1 et rien n'indique qu'elle soit jamais intervenue autrement4 ,on ne voit pas que la conception nouvelle du monde organis soit de nature1 dans l'ignorance o nous sommes des causes premires1 diminuer la majest de l'intelligence organisatrice de l'univers4 ,d'autre part1 pntrer les ides ralises du ,crateur1 ou pntrer les procds l'aide desquels il les a mises en uvre1 sont choses aussi dignes l'une que l'autre de l'intelligence humaine4 ,quoi qu'il en soit1 admettons que les diverses divisions du rgne animal soient1 en quelque sorte1 d'institution divine1 correspondent des catgories spciales de la pense cratrice1 chaque division devra1 dans cette hypothse1 avoir sa signification particulire4 ,l4 ,agassiz cherche donc en quoi consistent1 dans le rgne animal tout entier1 les caractres de l'embranchement1 de la classe1 de l'ordre1 de la famille1 du genre1 de l'espce4 ,il trouve les caractres de l'embranchement dans le plan d'organisation1 abstraction faite de la faon plus ou moins simple dont ce plan a t ralis4 ,la faon dont le plan est ralis ou1 si l'on veut1 la nature des matriaux qui ont servi le raliser fournit les caractres de la classe1 qui doivent tre1 avant tout1 tirs de la structure anatomique4 ,un plan ralis l'aide des mmes matriaux comporte encore un degr plus ou moins grand de complication2 c'est dans ce degr de complication qu'il faut chercher les caractres de l'ordre1 entre lesquels il existe par consquent une gradation dtermine4 ,les modifications gnrales que1 sans changement dans le plan de structure1 peut subir la forme extrieure1 deviennent les caractres de la famille2 on peut considrer non seulement les modifications gnrales de la forme extrieure1 mais encore les modifications de forme des parties du corps2 ces modifications donnent les caractres des genres2 il ne reste plus dfinir que l'espce4 ,l1 ,agassiz se spare compltement des naturalistes qui fondent la notion de l'espce sur l'aptitude qu'auraient les individus de mme espce engendrer1 lorsqu'ils s'unissent entre eux1 des produits aussi fconds qu'eux-mmes4 ,tant qu'on n'aura pas prouv1 dit-il#ajg1 pour toutes nos varits de chiens1 pour toutes celles de nos animaux domestiques et de nos plantes cultives1 qu'elles sont respectivement drives d'une espce unique1 pure et sans mlange2 tant qu'un doute pourra tre conserv sur la communaut d'origine et la descendance unique de toutes nos races humaines1 il sera illogique d'admettre que le rapprochement sexuel1 mme donnant lieu un produit fcond1 soit un tmoignage irrcusable de l'identit spcifique4 ,pour justifier cette assertion1 je demanderai s'il est un naturaliste sans prjugs qui1 de nos jours1 ose soutenir3 #a ,qu'il est prouv que toutes les varits domestiques de moutons1 de porcs1 de bufs1 de lamas1 de chevaux1 de chiens1 de volailles1 etc41 sont respectivement drives d'un tronc commun2 #b ,que considrer ces varits comme le rsultat d'un mlange de plusieurs espces primitives est une hypothse inadmissible2 #c ,que des varits importes des contres lointaines et entre lesquelles il n'y a jamais eu accointance auparavant1 comme les poules de ,shangha et nos poules communes1 par exemple1 ne se mlent pas compltement8 ,o est le physiologiste qui pourrait affirmer en conscience que les limites de la fcondit entre espces distinctes sont connues avec une suffisante rigueur pour en faire la pierre de touche de l'identit spcifique8 ,qui pourrait dire que les caractres distinctifs des hybrides fconds et ceux des produits de sang non ml sont tellement vidents1 qu'on puisse retracer les traits primitifs de tous nos animaux domestiques1 ou bien ceux de toutes nos plantes cultives8 ,ici1 ,agassiz est videmment sur une pente dangereuse pour la thorie de la fixit de l'espce4 ,si des espces primitives peuvent se mler au point d'avoir pu fournir ce que nous appelons nos espces domestiques1 alors mme que l'intelligence humaine serait le seul auteur de ce rsultat1 il est acquis que l'espce est variable4 ,on peut1 la vrit1 supprimer la difficult en disant que nous avons tort de considrer nos chiens1 nos bufs1 nos pigeons comme ne formant qu'une seule espce1 attendu que le fait qu'ils peuvent se mlanger n'importe comment ne prouve plus rien4 ,dieu dit1 en effet1 le savant fondateur du ,muse de ,cambridge1 n'a pas cr les espces autrement qu'il n'a cr les genres1 les familles et les autres catgories d'tres entre lesquels le naturaliste constate des ressemblances2 il n'existe aucun lien gnsique entre les individus de mme genre1 de mme famille1 de mme ordre2 il n'y a pas davantage de lien gnsique ncessaire entre les individus de mme espce4 ,les premiers individus de qui ils descendent ont t crs sparment1 en grand nombre2 l'espce tait1 au moment de la cration de ces individus rciproquement indpendants1 aussi limite que de nos jours2 c'est donc des caractres reconnaissables dans la structure et la forme extrieure des individus qu'il faut demander le signe distinctif de l'espce et non pas dans quelque phnomne de reproduction1 simple consquence de la ressemblance que prsentent entre eux les individus4 ,louis ,agassiz pousse jusqu'au bout1 on le voit1 les consquences logiques de son systme4 ,en acceptant comme un fait la fixit des espces1 il est conduit donner la notion de l'espce une base tout fait hypothtique1 la faire dpendre uniquement d'une ide cratrice4 ,le naturaliste reconnat cette ide ce que les individus de mme espce1 limits une priode gologique dtermine1 entretiennent les mmes rapports soit entre eux1 soit avec le monde ambiant1 ce que la proportion des parties de leur corps1 la faon dont il est ornement sont les mmes chez tous1 ce que1 soumis aux mmes influences1 ils varient tous de la mme faon1 de sorte que la dfinition d'une espce exige la connaissance de tous les dtails de l'organisation et du mode d'existence des tres1 qui la composent4 ,l4 ,agassiz aurait pu simplifier cette dfinition en admettant l'hypothse de ,linn3 ,nous comptons autant d'espces qu'il est sorti de couples des mains du ,crateur4 ,mais il aurait alors fallu reconnatre l'espce une ralit d'une autre sorte que celle des divisions plus tendues de nos mthodes2 il aurait fallu admettre qu'il existe une parent relle1 une vritable consanguinit entre tous les animaux de mme espce1 alors que cette parent n'existe plus entre les animaux du mme genre1 crs indpendamment les uns des autres2 c'et t rompre l'harmonie du systme3 la logique devait donc conduire le thoricien de la fixit des espces faire un choix que ,cuvier n'avait pas voulu faire lorsqu'il disait3 ,l'espce est l'ensemble des individus ns de parents communs et de ceux qui leur ressemblent autant qu'ils se ressemblent entre eux4 ,l'hypothse de la fixit des espces1 en introduisant la fixit partout dans la nature1 donne aux classifications zoologiques une apparente prcision1 sduisante pour bien des esprits2 mais la nature1 dans son incessante mobilit1 fait en quelque sorte clater de toutes parts les liens dans lesquels on essaye de l'enchaner4 ,l4 ,agassiz n'a pu dfinir les divisions systmatiques des divers degrs qu'en donnant ses dfinitions une lasticit qui les rend illusoires quand on veut les appliquer aux faits1 ou en employant des comparaisons difficiles justifier3 toute dfinition de l'espce sombre mme dans cette submersion gnrale des faits par la premire thorie qui essaye de leur appliquer d'une faon quelque peu gnrale les procds de raisonnement habituellement en usage dans l'cole dite des faits4 ,le fait1 c'est qu'il existe des groupes d'individus qui peuvent se mlanger indfiniment entre eux2 dans ces groupes1 on ne saurait tablir aucune ligne de dmarcation prcise entre les formes que peuvent revtir les individus4 ,le fait1 c'est galement que tout rapprochement entre ces individus et certains autres plus ou moins diffrents est constamment strile2 entre les individus du premier groupe et ceux du second1 la dmarcation est donc absolue2 chaque groupe ainsi isol constitue une espce2 mais1 entre la fcondit absolue et l'infcondit complte des rapprochements1 on trouve tous les passages4 ,le fait1 c'est encore que les individus de mme espce prsentent1 en gnral1 une identit presque complte de structure1 tout en variant assez sous le rapport de la taille1 des proportions1 de la couleur1 des habitudes1 pour diffrer quelquefois entre eux plus qu'ils ne paraissent diffrer d'individus appartenant une autre espce4 ,le fait1 c'est aussi que le plus grand nombre de ces diffrences peuvent tre attribues aux circonstances extrieures1 tandis que les ressemblances fondamentales ne sont nullement en rapport avec l'action actuelle du milieu4 ,le fait1 c'est que1 si les diffrences entre individus de mme espce sont parfois tout individuelles1 elles peuvent aussi se transmettre par la gnration1 de sorte que tous les individus ns les uns des autres1 unis entre eux ou d'autres qui leur ressemblent1 prsentent toujours un mme ensemble de caractres permanents qui les distinguent dans leur espce2 ces sries d'individus forment des races presque aussi fixes que les espces1 quand l'union n'a lieu qu'entre individus semblables1 mais qui peuvent s'altrer plus ou moins par des unions avec les individus de race diffrente4 ,le fait1 c'est qu'il existe rellement entre les espces animales des ressemblances de divers ordres1 inexplicables par l'action actuelle des conditions ambiantes1 ressemblances sur lesquelles est bas tout l'chafaudage de nos divisions zoologiques4 ,sans doute1 si cette action s'teignait avec l'individu sur lequel elle se produit1 le problme serait rsolu1 il faudrait dclarer le monde inexplicable autrement que par des causes surnaturelles4 ,mais cette action des milieux ne s'teint pas ainsi2 les modifications qu'elle a produites sont transmises1 dans une certaine mesure1 par l'individu qui les a subies1 sa progniture2 elles deviennent plus stables mesure que des gnrations se succdent dans des conditions favorables leur conservation2 elles se fixent1 pour ainsi dire1 avec les gnrations1 et les individus en qui elles ont acquis une certaine stabilit peuvent alors tre placs1 sans perdre leurs caractres1 dans les conditions d'existence les plus varies4 ,l encore1 nous sommes en prsence de faits qui font disparatre plusieurs des arguments invoqus par ,l4 ,agassiz en faveur de son systme4 ,les problmes se posent ds lors d'une faon nouvelle4 ,en somme1 la fcondit d'un accouplement rsulte simplement de ce que le spermatozode de l'individu fcondateur peut accomplir ses fonctions normales dans l'uf de l'individu fcond4 ,de ces fonctions on ne connat que le rsultat2 on ignore absolument et comment elles s'accomplissent et quelles conditions sont ncessaires pour leur accomplissement4 ,on sait toutefois qu'une trs lgre modification dans les conditions o l'uf se trouve plac suffit pour empcher sa fcondation par les spermatozodes dont il reoit ordinairement l'action4 ,de nombreuses modifications dans la forme du corps peuvent se produire sans que l'aptitude de l'uf tre fcond en soit modifie2 d'autres1 au contraire1 amnent promptement cette incapacit2 ne faut-il pas chercher l la cause de la sparation des races en espces qui continuent se ressembler tout en tant incapables de se mlanger8 ,les espces rsulteraient ainsi des mmes causes que les races2 elles ne diffreraient des races ordinaires que parce que1 dans ces dernires1 les modifications portent sur des parties quelconques du corps1 tandis que1 lors de l'apparition d'une espce nouvelle1 la modification porterait sur les conditions biologiques qui permettent l'action du spermatozode sur l'uf4 ,ces conditions sont trs probablement dterminables1 et le problme de leur dtermination ne sort pas du cercle de ceux qu'aborde habituellement la physiologie exprimentale4 ,si les espces se constituent de la sorte1 les ressemblances entre les espces diffrentes s'expliquent toutes par l'hrdit des caractres2 leur permanence rsulte de la fcondation qui combat les unes par les autres les diffrences individuelles1 et accrot chaque gnration la stabilit des ressemblances4 ,la slection naturelle explique l'isolement relatif des espces1 ainsi que leurs troites adaptations aux conditions extrieures4 ,on arrive donc comprendre tout la fois la fixit apparente des formes spcifiques et leur variabilit4 ,tout le problme zoologique consiste dterminer les conditions qui ont pu1 dans le pass1 produire et conserver tel ou tel caractre4 ,en examinant avec soin les donnes sur lesquelles raisonnent jusqu'ici les zoologistes1 on voit qu'elles sont presque exclusivement empruntes l'tude des animaux relativement perfectionns dont l'organisation relve d'un type nettement distinct2 ce sont1 en somme1 les vertbrs1 les arthropodes et les mollusques qui fournissent ses bases la philosophie zoologique2 mais pendant que nos connaissances sur ces animaux arrivent un tel degr de perfection apparente qu'il semble possible de les rsumer en quelques propositions gnrales1 comparables aux lois des physiciens1 l'tude d'animaux plus simples1 longtemps ngligs1 presque tous confondus dans l'embranchement des zoophytes ou rayonns par ,cuvier1 vient largir singulirement le cadre de la science1 montrer que les questions que l'on croyait rsolues sont peine poses et ouvrir un nouveau champ aux spculations4 ,il est indispensable1 pour bien saisir la porte de ce mouvement1 de revenir en arrire et de remonter jusqu' son origine4 ,,chapitre ,,xvii ,,les ,,animaux ,,inf,,rieurs ,progrs successifs des dcouvertes relatives aux animaux infrieurs4--,trembley3 l',hydre d'eau douce4--,peyssonnel3 le ,corail4--,cuvier3 la ,pennatule4--,lesueur3 les ,siphonophores4--de ,chamisso3 la gnration alternante des ,salpes4--,sars3 la gnration alternante des ,hydromduses4--,steenstrup3 thorie de la gnration alternante4--,van ,beneden3 la dignse4--,leuckart3 le polymorphisme4--,owen3 la parthnognse et la mtagnse4--,m4 de ,quatrefages3 la gnagnse4--,thorie sur la reproduction de ,m4 ,milne ,edwards4--,thorie gnrale des phnomnes de reproduction agame4 ,de tout temps1 un certain nombre d'animaux sans vertbres ont t connus de l'homme4 ,aristote1 nous l'avons vu1 en distingue dj de diverses sortes qu'il groupe ensemble fort judicieusement4 ,il a mme observ les murs et les mtamorphoses de plusieurs insectes2 ce qu'on sait de prcis leur gard durant tout le moyen ge vient presque entirement de lui1 mais il ne pouvait gure tre compris4 ,les mtamorphoses des insectes prparent d'ailleurs l'esprit accepter sans contrle les affirmations les plus bizarres4 ,quand on voit un papillon natre d'une chenille1 peut-on trouver tonnant a priori que les chenilles naissent des feuilles vertes1 comme le veut ,aristote1 ou que les vers se forment dans le limon qu'ils habitent et duquel la ,gense fait sortir l'homme lui-mme sous le souffle de ,dieu8 ,il fallait1 pour que des ides saines et claires pussent se dgager de cette histoire complique des animaux infrieurs1 que l'homme apprt observer et qu'il et entre ses mains des instruments propres augmenter la puissance de ses sens4 ,c'est seulement au ,x,v,i,ie sicle que l'emploi de verres grossissants fournit ,malpighi1 ,swammerdam et ,leuwenhoek les moyens d'tudier la structure intime du corps et de reconnatre l'existence d'tres que leur petitesse avait jusque-l soustraits aux regards de l'homme4 ,malpighi s'occupa surtout d'anatomie et d'embryognie4 ,swammerdam s'appliqua tudier les mtamorphoses des insectes4 ,leuwenhoek soumit ses verres grossissants les objets les plus varis3 il est le premier qui ait signal l'existence des infusoires et qui ait tudi cet animal1 bourgeonnant comme une plante1 que les recherches de ,trembley devaient plus tard rendre clbre1 l'hydre d'eau douce2 en mme temps1 un de ses lves1 de ,hamm1 dcouvrait les zoospermes4 ,ces trois dcouvertes devaient avoir par la suite un retentissement considrable4 ,les infusoires ont t le point de dpart de longues spculations2 on a voulu voir en eux la matire1 en train de s'organiser2 on en a fait des atomes vivants2 ils ont ternis le dbat sur les gnrations spontanes4 ,ils nous ont finalement appris en quoi consiste la vie des lments constitutifs de notre corps4 ,l'hydre d'eau a t le premier exemple de ces organismes arborescents dont le corail est le type et a permis de comprendre ce que pouvaient tre ces organismes singuliers4 ,les spermatozodes1 dans lesquels on crut reconnatre un moment l'animal rudimentaire1 fournirent des arguments la doctrine de l'embotement des germes tant que le dveloppement des animaux par pigense ne fut pas rigoureusement dmontr4 ,ils sont devenus le point de toutes nos ides sur les conditions premires du dveloppement des tres vivants4 ,mais ce ne fut pas d'un seul coup que ces trois observations acquirent l'importance qu'elles devaient avoir4 ,on ne pouvait1 en effet1 souponner le rle des spermatozodes avant d'avoir constat la gnralit de l'existence de l'uf et d'avoir dtermin en quoi consistent les phnomnes embryogniques2 or c'est seulement en #ahbd que ,prvost et ,dumas constatrent pour la premire fois la segmentation du vitellus1 et en #ahbg que ,von ,bar dcouvrit l'uf des mammifres4 ,l'hydre d'eau douce fut peu prs compltement oublie jusqu'en #agdd1 date de la publication des mmorables recherches de ,trembley4 ,les infusoires enfin ne servirent qu' donner une vaine apparence de fondement aux spculations des philosophes de la nature1 jusqu' ce qu',ehrenberg1 reprenant l'uvre d',otto ,frdric ,mller1 en et fait1 en #ahbi1 un des principaux arguments contre l'hypothse de la gele primitive4 ,auprs de ,malpighi1 de ,swammerdam1 de ,leuwenhoek1 il faut faire une place ,redi1 qui donna le premier coup cette croyance1 gnralement rpandue jusqu' lui1 qu'une foule de vers1 d'insectes et de mollusques1 voire mme certains mammifres1 tels que les rats1 pouvaient prendre naissance par la transformation spontane de substances inertes4 ,redi dmontra notamment que les vers de la viande naissaient d'ufs pondus par des mouches2 mais il s'arrta devant les difficults qu'opposait ses recherches l'histoire des vers parasites2 il supposa qu'ils taient forms aux dpens de l'me sensitive de leur hte4 ,aprs lui1 c'est en vain qu',harvey formule le clbre axiome3 ,omne vivum ex ovo2 la plupart des naturalistes continuent admettre la gnration spontane des helminthes2 on se demande si les parasites d',adam ont t crs en mme temps que lui1 et le temps n'est pas encore bien loign o la mdecine a dfinitivement consenti voir dans les ascarides et les tnias des animaux comme les autres4 ,les tudes de ,redi n'en ont pas moins t un premier acheminement vers la dlimitation entre les tres organiques et les corps inorganiques1 entre la substance vivante et la matire inerte4 ,si cette dlimitation devient de plus en plus nette1 mesure que nous nous rapprochons de la priode moderne1 il en est tout autrement de la dlimitation entre les animaux et les vgtaux1 qu'un petit nombre de rcits fabuleux avaient seuls momentanment obscurcie4 ,au ,x,v,i,i,ie sicle1 on a pu un moment considrer comme le dernier mot de la science l'aphorisme de ,linn3 ,mineralia crescunt1 vegetalia crescunt1 et vivunt2 animalia crescunt1 vivunt et sentiunt4 ,cependant certaines productions de la mer ont dj embarrass les anciens4 ,de ce nombre est le ,corail4 ,si ,thophraste1 ,dioscoride et ,pline n'hsitent pas en faire une plante1 ,orphe croit devoir attribuer cette plante une origine hroque2 elle a t durcie et colore par le sang de la ,gorgone ,mduse1 et ,ovide raconte que1 molle et flexible sous l'eau1 elle durcit seulement l'air4 ,boccone dmontre1 en #afgd1 l'inexactitude de cette opinion2 mais il fait du corail une pierre2 ,ferrante ,imperato 7#afii71 ,tournefort 7#agjj7 le replacent parmi les plantes1 et leur opinion parat triompher dfinitivement1 lorsque le comte de ,marsigli annonce1 en #agjf1 qu'il a vu fleurir des branches de corail places dans de l'eau de mer frache4 ,cependant une troisime opinion s'est fait jour1 car1 en #agac1 ,rumphius1 dans ses ,amboinische ,rarittkmmer1 parle des polypes qui ressemblent des plantes2 cette opinion est enfin formellement exprime en #agbc par un jeune mdecin de ,marseille1 ,peyssonnel1 ami de ,marsigli1 qui a vu les prtendues fleurs du corail manger et se mouvoir1 et les compare aux actinies ou anmones de mer1 si communes sur nos ctes4 ,mais ,raumur fait le plus froid accueil cette opinion nouvelle2 pour lui1 le corail est une plante qui produit une coquille interne1 exactement comme les colimaons produisent une coquille externe2 l'corce du corail seule est vivante2 son axe pierreux est une concrtion morte3 ,raumur ne peut concevoir qu'une concrtion rameuse telle que le corail puisse ne pas avoir une origine vgtale 7#agbg74 ,le pouvoir de bourgeonner1 de pousser des branches1 de se laisser diviser sans mourir est1 de son temps1 le caractre essentiel des vgtaux2 mais cette dfinition du vgtal va bientt recevoir une rude atteinte4 ,en #agdj1 ,trembley retrouve le polype d'eau douce de ,leuwenhoek1 et1 fort intrigu par cette trange production1 qu'il croit n'avoir jamais t observe avant lui1 il entreprend d'en dterminer la nature4 ,les premiers individus qu'il observe sont de couleur verte2 leur couleur1 leurs ramifications qui ressemblent des racines lui font d'abord penser que ce sont des plantes2 mais il observe bientt que ces plantes se meuvent1 qu'elles mangent2 un doute lui vient2 il lui semble que1 pour rsoudre le problme1 il lui suffira de chercher si les polypes sont capables de bourgeonner et de se reproduire par boutures2 il entreprend alors la belle srie d'expriences dans lesquelles des hydres coupes en morceaux1 retournes comme un gant1 continuent cependant vivre et reproduire les parties qui leur manquent4 ,il observe que ses polypes peuvent former par un bourgeonnement successif des associations d'une vingtaine d'individus2 que1 en les divisant longitudinalement en lanires1 chaque lanire devient un polype nouveau1 de sorte que le polype primitif possde maintenant plusieurs ttes et plusieurs bouches1 tout comme l'hydre de la fable2 de l le nom que portera dsormais dans la science le ,polype bras en forme de cornes1 de ,trembley4 ,toutes ces expriences tablissent que les hydres possdent en commun avec les vgtaux le pouvoir de bourgeonner1 de se reproduire par bouture2 mais un tre qui se meut1 qui capture des proies et les dvore1 qui change de place volont1 sait marcher de diverses faons1 un tel tre ne saurait appartenir au rgne vgtal2 c'est bien un animal2 il peut donc y avoir des animaux ramifis comme des plantes2 le corail ne serait-il pas un animal de ce genre1 et ,peyssonnel n'avait-il pas raison8 ,raumur1 ,bernard de ,jussieu1 ,guettard s'empressent de saisir les occasions qui s'offrent eux d'tudier les polypes marins2 enfin l'opinion de ,peyssonnel triomphe devant l',acadmie des sciences de ,paris2 on reconnat que le corail1 les flustres et autres tuyaux marins sont des animaux agrgs1 ns les uns sur les autres par bourgeonnement et vivant en socit4 ,on a cependant encore tant de peine se faire cette ide que ,linn1 dans la douzime dition de son ,systema natur 7#agff71 cherche de nouveau un compromis3 les zoophytes sont pour lui des plantes qui vgtent sous l'eau1 mais produisent des fleurs animales4 ,c'est une dernire et timide protestation contre l'vidence2 il faut bien cependant que la porte du fait n'ait pas t tout d'abord comprise2 car ,gaspard ,wolf1 qui entreprend ses tudes d'embryognie 7#agei7 pour rechercher s'il n'y a pas dans le dveloppement de l'animal quelque chose de comparable ce qu'on observe chez les plantes1 ne songe pas un seul instant aux polypes1 et il en est de mme de ,gthe1 qui n'aurait pas manqu de voir dans ces socits d'animaux1 qu'on nommera bientt des colonies1 l'exacte rptition de ce type de la plante qu'il tait si fier d'avoir imagin4 ,les recherches de ,trembley suscitent des recherches analogues de ,bonnet 7#agda71 son parent2 mais ces dernires portent sur des animaux tout diffrents1 des vers d'eau douce1 trs voisins des lombrics1 quoique d'organisation plus simple1 les ,tubifex4 ,comme les hydres1 les tubifex peuvent tre coups en morceaux1 chaque morceau se complte et redevient un autre ver2 un mme tubifex a pu tre partag huit fois successivement1 et la rparation se fait si vite qu'on pouvait obtenir en six mois1 suivant ,bonnet1 #b #ihe #ihd vers1 l'aide d'un seul2 dans un cas1 l'habile exprimentateur dit mme avoir russi faire repousser une tte l o tait primitivement la queue de l'animal et une queue du ct oppos1 de manire le retourner bout pour bout4 ,ces recherches confirment d'une manire absolue l'animalit des hydres puisqu'elles montrent chez des animaux bien authentiques des faits analogues ceux qu'on observe chez des polypes4 ,plus tard1 ,gruithuisen et ,otto-,frdric ,mller constatent que d'autres vers voisins de tubifex1 les ,nas1 se partagent spontanment en plusieurs individus1 l'individu primitif pouvant se couper dans sa rgion moyenne en deux autres ou produire toute une chane de nouveaux individus sa partie postrieure4 ,otto-,frdric ,mller ajoute1 en #aghh1 un fait intressant ses premires observations3 il dcouvre une annlide marine1 la ,nereis prolifera1 depuis nomme ,autolytus prolifer1 qui se partage spontanment en deux1 comme les ,nas2 mais dans cette curieuse espce1 fait sur lequel ,otto-,frdric ,mller ne s'tait du reste pas arrt1 les deux individus rsultant de ce partage ne se ressemblent pas4 ,en #ahbh et #ahcj1 ,dugs#ajh observe chez des vers infrieurs1 les planaires1 des phnomnes plus semblables encore ceux que ,trembley a constats chez les hydres3 il a vu1 chez certaines espces1 un individu se diviser transversalement en plusieurs autres qui demeurent unis plus ou moins longtemps de manire figurer une sorte de ver annel2 mais1 dans ce ver1 les anneaux ne tardent pas se sparer les uns des autres1 comme font les hydres1 pour vivre isolment4 ,il n'est pas douteux que ce fait ait contribu faire natre chez le savant de ,montpellier les ides qu'il dveloppe dans son ,mmoire sur la conformit organique4 ,le mode de groupement1 les rapports rciproques des animaux vivant associs1 comme le corail1 rservent aux naturalistes qui n'ont connu jusque-l que les animaux suprieurs1 bien d'autres tonnements4 ,en #ahjc1 tudiant un organisme trange1 la pennatule1 sorte de grande plume vivante qui enfonce sa tige dans la vase sous-marine et tale dans l'eau ses barbes en forme de larges disques1 ,cuvier avait reconnu que ces disques supportaient de nombreux polypes semblables ceux du corail2 la pennatule tait donc une colonie de polypes2 mais il faisait remarquer de plus que tous les polypes composant la pennatule sont soumis une volont unique1 qu'ils accomplissent en commun toutes les fonctions de nutrition et que la pennatule devait1 en consquence1 tre considre comme un animal compos2 il tendait la mme conclusion toutes les colonies de polypes1 dont chacun devenait pour lui un animal compos ou mieux encore un animal plusieurs bouches et un seul corps4 ,l'illustre voyageur ,lesueur1 faisant connatre en #ahac1 dans le ,journal de physique1 quelques-uns des animaux remarquables qu'il avait rassembls durant ses longues traverses1 appelait l'attention sur les organismes glatineux1 aux formes variables et compliques1 qu'on dsigne sous le nom de siphonophores2 il voyait en eux des colonies flottantes de mduses1 opinion adopte par ,lamarck et de ,blainville4 ,en #ahai1 ,adalbert de ,chamisso1 qui fut la fois un voyageur hardi1 un romancier plein de fantaisie1 un brillant pote et un naturaliste exact1 avait signal des phnomnes tout fait inattendus dans la reproduction des salpes1 singuliers animaux nageurs de la classe des ,tuniciers1 transparents comme l'eau dans laquelle ils vivent1 pareils des manchons de glatine1 pourvus d'appendices diversement placs et nageant l'aide des contractions de leur corps4 ,on connaissait un certain nombre d'espces de ,salpes se rattachant deux types gnraux1 les unes pouvant atteindre la grosseur du poing et vivant solitaires1 les autres beaucoup plus petites et vivant toujours associes en longues chanes1 souvent phosphorescentes1 ou en lgantes couronnes4 ,ces chanes mritaient dj l'intrt par elles-mmes1 car tous les individus qui en font partie combinent leurs mouvements de natation avec tant de prcision que la chane tout entire produit d'une manire absolue l'illusion d'un animal dirig par une volont unique4 ,les ,salpes associes en chane1 ou salpes agrges1 se distinguent toutes trs nettement des ,salpes solitaires tant par leurs caractres extrieurs que par certains traits d'organisation4 ,malgr toutes ces diffrences de forme1 de taille et d'habitudes1 ,chamisso vint annoncer aux naturalistes que les ,salpes agrges taient les filles des ,salpes solitaires1 qu'elles reproduisaient leur tour2 de sorte que1 chez ces singuliers animaux1 les filles ne ressemblent jamais leur mre1 mais bien leur grand'mre1 et que les individus qui se succdent1 produisent tour tour un enfant unique ou une multitude d'enfants jumeaux destins vivre ensemble1 unis par leurs membres4 ,on crut une invention de romancier1 et von ,bar lui-mme1 tout habitu qu'il ft aux transformations bizarres des embryons1 n'osa pas ajouter foi aux affirmations du voyageur4 ,les questions poses par les observations de ,cuvier1 de ,lesueur et de ,chamisso allaient bientt s'largir1 se rattacher les unes aux autres et recevoir enfin une rponse commune4 ,en #ahbh1 ,michael ,sars1 pasteur successivement ,kinn et ,mauger1 en ,norwge1 dcouvrait une sorte de polype1 ayant la forme extrieure d'une hydre1 auquel il donnait le nom de scyphistome4 ,en mme temps1 il dcrivait un autre polype1 le strobile1 diffrant du premier par son corps cylindrique divis en une srie d'anneaux superposs1 dont chacun ressemblait une petite mduse4 ,quelques annes aprs1 en #ahce1 il reconnaissait que le scyphistome par les progrs de sa croissance se transformait en strobile1 et que1 de plus1 chacun des anneaux du strobile se mtamorphosait peu peu1 prenait l'aspect d'une petite mduse1 finissait par se dtacher des anneaux placs au-dessous de lui et nageait alors librement dans la mer4 ,sars donna ces petites mduses le nom d',ephyres1 il en suivit les transformations ultrieures et obtint enfin1 en #ahcg1 ces grandes mduses connues sous les noms d',aurlies et de ,cyanes4 ,cuvier avait plac les polypes et les mduses dans deux classes bien distinctes de son embranchement des rayonnes3 ces deux classes devaient tre dsormais confondues en une seule4 ,on s'aperut d'ailleurs bien vite qu'on se trouvait en prsence d'une succession de phnomnes videmment analogues ceux qu'avait observs ,chamisso1 mais plus tranges encore4 ,il s'agissait d'en trouver l'explication ou tout au moins la loi2 on se mit l'uvre4 ,le professeur ,lovn1 de ,stockholm1 dcouvrit bientt que les colonies arborescentes d'autres polypes hydraires1 les campanulaires et les syncorynes1 produisent aussi des mduses qui poussent sur elles comme des fleurs sur un vgtal et se dtachent ensuite#aji2 ,von ,siebold1 ,dujardin1 ,m4 de ,quatrefages1 ,desor1 ,m4 ,van ,beneden1 ,max ,schultze1 font leur tour des observations analogues qu'tendent ensuite considrablement et coordonnent les magnifiques publications d',allman4 ,le fait que des animaux de forme dtermine peuvent donner naissance des animaux de forme absolument diffrente est dsormais compltement tabli4 ,on se souvient alors que l'histoire des helminthes ou vers parasites est pleine de faits singuliers et encore en grande partie inexpliqus4 ,swammerdamm#aaj1 ,bojanus#aaa1 ,von ,bar#aab1 ,carus#aac ont vu des vers infrieurs en forme de ttard1 des cercaires ou mme des helminthes bien connus1 des distomes1 se former l'intrieur d'organismes vivants1 eux-mmes parasites4 ,frhlich#aad1 ,zeder#aae1 ,von ,siebold ont vu un embryon cili tout diffrent de ses parents sortir de l'uf des monostomes et des amphistomes1 et cet embryon1 suivant les observations de ,siebold1 contenait dj un organisme en voie de formation ayant lui-mme une forme toute particulire4 ,dans la classe des cestodes ou vers solitaires1 ,pallas1 ,gze ont remarqu d'tonnantes ressemblances entre des vers courts pourvus d'une grosse vsicule l'une de leurs extrmits1 les cysticerques1 et les vritables tnias4 ,bonnet#aaf a pressenti en #agfb que les tnias ne devaient pas rester indfiniment dans le mme hte4 ,on se demande si la reproduction demeure mystrieuse de ces animaux ne prsente pas des phnomnes semblables ceux qui ont t observs chez les salpes et polypes hydraires4 ,le moment est venu de coordonner tous ces faits merveilleux4 ,un jeune savant1 alors lecteur l'acadmie de ,sor1 depuis professeur l'universit de ,copenhague1 ,japetus ,steenstrup1 accomplit cette tche en #ahdb et s'effora de ramener une mme loi les phnomnes en apparence de la reproduction des salpes1 des mduses1 des cestodes et des trmatodes#aag4 ,le fait dominant dans la reproduction de tous ces animaux1 c'est qu'un tre sexu1 de forme dtermine1 donne naissance des tres asexus1 qui ne lui ressemblent pas1 mais qui produisent eux-mmes1 par une sorte de bourgeonnement ou par division de leur corps1 de nouveaux tres sexus semblables ceux dont ils sont issus4 ,les formes sexues et asexues alternent donc rgulirement2 aussi ,steenstrup appelle-t-il les phnomnes qu'il s'agit d'expliquer phnomnes de gnration alternante4 ,il dtermine ensuite de la plus ingnieuse faon la signification des formes diffrentes qui se succdent4 ,sars et ,lovn avaient vu dans le scyphistome un vritable polype d'une structure infiniment plus simple que celle de la mduse2 dans leur opinion le polype tait une larve dont la mduse tait la forme parfaite2 comme les insectes1 les mduses n'arrivaient1 suivant eux1 leur forme dfinitive qu'aprs avoir subi une mtamorphose2 seulement la mtamorphose qui1 chez les insectes1 porte sur le mme individu1 tait cense porter chez les mduses1 sur deux ou plusieurs gnrations successives4 ,steenstrup tablit au contraire que le scyphistome et la mduse sont deux tres quivalents1 l'un asexu1 l'autre sexu4 ,l'individu sexu produit les ufs1 mais il meurt avant d'avoir pu mener bien l'ducation des larves2 cette ducation est confie l'individu asexu1 au scyphistome4 ,le scyphistome n'est autre chose que l'an d'une gnration dont il doit assurer le dveloppement2 c'est un tre condamn au clibat dans l'intrt de ses frres auxquels il se consacre entirement2 ,m4 ,steenstrup lui donne le nom de nourrice4 ,de mme1 chez les abeilles1 les fourmis1 les termites1 des ufs pondus par les femelles1 un certain nombre seulement produisent des individus sexus1 les autres ne produisent que des neutres chargs de l'levage des jeunes et de tous les travaux qui assurent l'existence de la communaut4 ,chez ces insectes les neutres se distinguent des individus sexus1 comme ceux-ci se distinguent entre eux2 il n'est donc pas tonnant que le scyphistome1 mduse neutre1 diffre de l'aurlie1 sa mre1 qui est sexue4 ,le mme raisonnement peut tre appliqu aux distomes et1 avec plus de raison encore1 aux salpes2 il semble donc que les phnomnes singuliers de la gnration alternante rentrent dans la loi commune1 qu'ils soient dus de simples diffrences dans la forme des individus1 diffrences analogues aux diffrences sexuelles1 et un mode d'levage des jeunes dont les insectes ont dj offert des exemples4 ,la thorie de ,m4 ,steenstrup1 base sur des faits bien observs non seulement par lui1 mais aussi par ses prdcesseurs1 eut un vif succs2 elle a t depuis conteste1 modifie1 dveloppe2 il est hors de doute nanmoins qu'elle est absolument d'accord avec les rsultats d'un certain nombre de recherches rcentes4 ,chez les salpes1 ce sont des ufs forms dans les salpes solitaires qui se dveloppent dans les ,salpes agrges2 chez les pucerons1 ,m4 ,balbiani affirme que la formation et la fcondation des ufs prcdent l'apparition de l'individu qui semble les avoir engendrs2 les conditions de la reproduction dans les colonies nous avaient conduit affirmer en #ahhaaah que l'uf dans ces agrgations d'animaux est la proprit indivise de la colonie et non pas celle d'un individu dtermin2 diverses observations1 notamment celles1 de ,m4 ,rouzaud1 encore indites1 et celles rcemment publies1 de ,m4 de ,varennes1 ont conduit tout rcemment constater sur les colonies de polypes hydraires que l'uf se produit dans les parties de la colonie que leur situation ne permet d'attribuer en propre aucun polype1 et c'est bien longtemps aprs l'apparition des ufs que se constituent les mduses dans lesquelles ils achveront de mrir et seront fconds4 ,mais1 comme toutes les explications bases sur la finalit des phnomnes1 la thorie des gnrations alternantes telle qu'elle a t dveloppe par l'illustre zoologiste danois ne s'applique qu'aux cas relativement rares o il s'est tabli une adaptation1 un accord entre deux catgories trs gnrales de phnomnes d'ailleurs sans rapport immdiat3 #a la formation de l'uf dans un animal ou dans une colonie2 #b la reproduction par bourgeonnement de cet animal1 de cette colonie4 ,effectivement1 dans le mme groupe zoologique1 on trouve tous les intermdiaires entre les cas o le bourgeonnement est produit d'une faon tout fait indpendante et celui o il est li la formation des ufs1 entre les cas o les individus ns par bourgeonnement sont tous identiques leurs parents1 comme chez beaucoup de polypes hydraires et de vers annels1 et ceux o ils en diffrent profondment4 ,l'existence de deux modes de reproduction1 la reproduction par ufs et la reproduction par bourgeons1 est1 pour ,m4 ,van ,beneden1 le phnomne gnral dont la gnration alternante n'est qu'un cas particulier#aai2 le savant professeur de ,louvain dsigne ce phnomne gnral1 destitu de toute finalit1 sous le nom de dignse4 cette notion importante de la dignse1 ,leuckart1 faisant la gnration alternante une application heureuse de la loi de la division du travail physiologique de ,m4 ,milne ,edwards1 ajoute la notion du polymorphisme#abj4 ,les individus qui produisent les ufs1 ceux qui ne produisent que des bourgeons peuvent avoir des rles divers jouer1 s'tre adapts des conditions d'existence diffrentes2 chacun doit prendre ds lors une apparence et des caractres conformes sa fonction3 la gnration alternante n'est qu'un cas particulier de ces adaptations varies4 ,ainsi que ,steenstrup l'admettait dj1 c'est bien un phnomne du mme ordre que celui qui amne des diffrences de forme entre les mles et les femelles1 entre les individus sexus et les neutres des socits d'abeilles1 de fourmis et de termites1 entre les neutres mme de ces dernires socits1 lorsqu'ils ont des rles diffrents jouer4 ,les individus dissemblables ns les uns des autres ne se sparent pas ncessairement3 ils peuvent demeurer unis entre eux et former ainsi des colonies dont les membres prsentent une plus ou moins grande diversit de structure4 ,m4 ,leuckart explique ainsi l'tonnante organisation des siphonophores1 vritables colonies mixtes d'hydres et de mduses1 et qui possdent cependant une individualit propre2 les siphonophores1 leur tour1 font mieux comprendre les pennatules1 colonies de polypes coralliaires1 dont ,cuvier faisait des animaux plusieurs bouches1 et le phnomne exceptionnel1 en apparence1 qui a produit la gnration alternante1 se trouve prendre ds lors une extension considrable3 il peut intervenir mme dans la constitution rgulire d'organismes1 dont les diverses parties ne sont que des individus adapts des fonctions particulires4 ,c'est ainsi qu'un siphonophore comprend des individus nourriciers1 des individus prhenseurs1 des individus locomoteurs1 des individus reproducteurs1 qui tous sont des polypes ou des mduses modifies conformment leur fonction spciale1 ayant pris1 suivant une comparaison vulgaire1 la figure de leur emploi4 ,leuckart entre ainsi dans une voie fconde1 qu'il ne poursuit pas1 la vrit1 jusqu'au bout2 mais on pressent dj qu'un lien intime va s'tablir entre la thorie de la constitution des siphonophores et des autres animaux composs1 telle que la comprend ,leuckart1 et la thorie de la constitution des animaux articuls1 telle que l'ont formule ,audouin et ,m4 ,henri ,milne ,edwards1 ou plutt ce lien a t tabli d'avance par ,dugs1 alors qu'il n'tait mme pas question des gnrations alternantes3 la loi du polymorphisme de ,leuckart n'est1 en dfinitive1 qu'une application quelques faits nouveaux ou mieux connus des principes dvelopps dans le ,mmoire sur la conformit organique dans l'chelle animale1 publi vingt ans auparavant4 ,avoir constat que les animaux possdent deux modes de reproduction diffrents1 avoir montr que ces deux modes de reproduction dterminent l'apparition1 dans la mme espce animale1 de formes organiques dissemblables1 n'est pas encore avoir expliqu comment l'ensemble de phnomnes qui dpendent de ces deux modes de reproduction se trouvent si frquemment en rapport troit4 ,richard ,owen1 suivant une voie qui lui est propre1 se demande1 de son ct1 si la reproduction sexue et la reproduction agame1 laquelle il donne le nom de mtagense1 ne peuvent pas tre rattaches l'une l'autre2 il essaye d'obtenir ce rsultat et d'expliquer du mme coup la facult si curieuse de se reproduire sans fcondation pralable que ,leuwenhoek1 puis ,charles ,bonnet avaient observe chez les femelles des pucerons4 ,ce phnomne de la reproduction sans fcondation ou1 pour nous servir d'une autre expression d',owen1 de la parthnogense1 reconnu depuis chez les abeilles1 les gupes1 les cynips1 plusieurs diptres et divers papillons1 chez quelques crustacs1 chez les rotifres1 chez plusieurs vers infrieurs1 ce phnomne1 plus rpandu qu'on ne l'avait cru d'abord1 devient le point de dpart de toute la thorie de l'illustre savant anglais#aba4 ,la parthnogense n'est d'ailleurs qu'une apparence3 en ralit1 toute volution1 suivant ,richard ,owen1 a pour point de dpart l'union d'un lment mle et d'un lment femelle4 ,aprs la fcondation1 l'lment femelle1 l'uf1 se divise1 et tout tre vivant n'est que l'assemblage des lments provenant de cette division1 rpte un nombre immense de fois1 de l'lment primitif4 ,mais cette division des lments constitutifs de l'tre vivant n'est elle-mme qu'une reproduction2 elle se poursuit parce que chaque lment1 en se divisant1 lgue aux lments qui le remplacent une part de l'activit que l'uf a reue de l'lment fcondateur1 du spermatozode1 et qu'il doit tout entire ce dernier4 ,or le pouvoir fcondateur du spermatozode est limit3 il ne peut provoquer qu'un nombre dtermin de divisions1 ne s'tend qu' un nombre fini d'lments anatomiques4 ,de l la limitation de la taille1 la vieillesse et la mort1 que l'on observe chez tous les tres vivants4 ,dans certains cas1 tous les lments anatomiques ns de la division de l'uf sont employs la constitution d'un individu unique2 c'est ce qui arrive chez les animaux suprieurs2 dans d'autres cas1 le pouvoir fcondateur du spermatozode n'est pas encore puis lorsque l'individu s'est dj constitu2 cet individu est alors toujours une femelle2 il ne se produit d'individus mles que lorsque le pouvoir fcondateur est sur le point d'atteindre sa limite4 ,jusque-l1 le pouvoir reproducteur conserv par les individus femelles qui se succdent peut se manifester chez eux de faons diverses2 tantt ces femelles produisent des ufs qui sont capables de se dvelopper sans fcondation nouvelle3 c'est ce qu'on observe chez les pucerons1 les abeilles1 les daphnies1 etc42 tantt elles produisent des bourgeons intrieurs qui s'organisent en nouveaux individus1 comme on le voit chez les trmatodes2 tantt elles poussent des bourgeons extrieurs qui peuvent se dtacher et devenir autant d'tres indpendants ou demeurer unis entre eux4 ,dans le premier1 comme dans le second cas1 les individus nouveaux peuvent revtir1 suivant leurs fonctions diverses1 des caractres spciaux2 s'ils se sparent1 on se trouve en prsence du phnomne des gnrations alternantes2 s'ils demeurent unis1 il se produit des colonies telles que celles des polypes hydraires1 des siphonophores1 des coralliaires1 des bryozoaires1 des ascidies composes1 des cestodes4 ,la thorie de la parthnogense1 ainsi comprise1 prsente un caractre de grande gnralit2 elle relie entre eux une multitude de faits dont les rapports n'avaient mme pas t entrevus4 ,le dveloppement de l'individu1 tel que nous le montrent les animaux suprieurs1 se trouve notamment compris dans un ensemble de phnomnes dont la formation des colonies1 la gnration alternante et la parthnogense font galement partie4 ,tous les phnomnes de la reproduction sont ramens un mme type diversement modifi dans le dtail et dont la fcondation est le point de dpart4 ,malheureusement1 comme l'ont fait remarquer ,huxley1 ,w4 ,carpenter et ,m4 de ,quatrefages1 ce point de dpart ne saurait tre admis4 ,il est avr que1 dans des circonstances favorables1 la facult de produire sans fcondation peut tre prolonge sinon indfiniment1 du moins trs longtemps chez les femelles des pucerons2 il en est de mme de la facult de bourgeonner chez les ,hydres2 il n'y a donc pas lieu d'attribuer au spermatozode un pouvoir fcondant limit2 on connat d'autre part un assez grand nombre d'tres infrieurs1 parmi lesquels peut-tre tous les infusoires1 dont la reproduction s'accomplit toujours sans fcondation1 et souvent cet acte1 born la fusion de deux protoplasmes d'apparence identique1 se confond avec les phnomnes dits de conjugaison4 ,la base de la thorie de la parthnogense disparat donc2 mais il ne s'ensuit pas que tout rapport s'vanouisse entre les faits rapprochs par ,owen4 ,dans les phnomnes initiaux du dveloppement chez la plupart des animaux1 comme des vgtaux1 il y a deux choses3 #a la division de l'lment primitif de l'uf1 en un nombre de plus en plus grand d'lments drivs2 #b la fcondation4 ,entre ces deux phnomnes gnralement concomitants1 ,richard ,owen admet un rapport de cause effet1 et1 pour lui1 celui des deux phnomnes qui dtermine l'autre1 c'est la fcondation4 ,mais ce choix est arbitraire2 la concidence habituelle des deux phnomnes peut trs bien n'tre qu'un phnomne d'adaptation2 la fcondation peut tre devenue ncessaire au dveloppement dans des conditions dtermines1 sans lui avoir toujours t indispensable1 et ds lors le phnomne important1 le phnomne dominateur1 en quelque sorte1 c'est le phnomne de segmentation de l'uf que nous voyons tre1 en effet1 le plus gnral4 ,ce phnomne se ramne lui-mme une proprit commune tous les lments vivants capables d'volution1 celle de se diviser ds que leur incessante nutrition les a amens une certaine taille4 ,cette proprit suffit#abb pour expliquer les uns par les autres et rattacher entre eux tous les phnomnes entre lesquels a cherch tablir un lien le savant illustre qu'on a justement appel le ,cuvier anglais4 ,l encore1 une modification lgre1 une retouche de peu d'importance suffit pour rendre toute sa valeur une thorie qui semblait sur le point de succomber1 et1 qu'on le remarque1 des thories successives qui ont t prsentes jusqu'ici relativement aux phnomnes que nous tudions1 aucune1 quoi qu'il en semble1 ne doit disparatre3 toutes viennent se ranger comme des chapitres spciaux1 des corollaires importants d'une thorie plus gnrale qu'elles compltent et qui leur donne son tour plus d'intrt4 ,il est exact1 en effet1 que la ncessit o se trouvent non seulement les lments anatomiques1 mais encore les organismes qu'ils constituent1 de se diviser en individualits distinctes lorsqu'ils ont acquis un certain dveloppement1 dtermine l'existence de deux modes de reproduction1 l'un qui exige la fcondation1 l'autre qui ne l'exige pas4 ,l'ensemble des phnomnes de reproduction qui sont les plus gnraux et qui n'exigent pas la fcondation peut tre dsign sous le nom choisi par ,m4 ,owen de mtagense4 ,lorsque des espces vivantes combinent divers degrs ces deux modes de reproduction1 qui peuvent tre indpendants1 il y a1 comme le dit ,m4 ,van ,beneden1 digense4 ,si les individus qui se forment sans fcondation pralable ont pour point de dpart un lment plus ou moins semblable un uf1 il y a parthnogense au sens absolu de ce mot4 ,lorsque les divers individus issus d'un uf fcond ont remplir des fonctions diffrentes1 lorsqu'il y a entre eux une division du travail physiologique ncessaire la conservation de l'espce1 ils revtent des formes diffrentes2 le polymorphisme accomplit1 comme le veut ,m4 ,leuckart1 son uvre de complication1 dont un cas particulier est ce qu'on a appel la gnration alternante4 ,il est galement vrai1 comme le pense ,m4 ,steenstrup1 que la gnration alternante peut avoir pour effet de constituer par voie agame des individus qui jouent le rle de nourrices par rapport ceux qui sont produits par voie sexue et qui sont rellement leurs frres4 ,mais la mtagense peut encore avoir une autre consquence importante sur laquelle ,m4 de ,quatrefages a particulirement insist#abc4 ,grce elle1 un uf unique ne produit pas un seul individu2 il en produit un nombre plus ou moins grand1 parfois illimit1 et sa puissance prolifique se trouve ainsi multiplie dans une proportion considrable2 l'uf engendre non pas un organisme1 mais toute une gnration d'organismes2 cet engendrement d'une gnration tout entire est ce que le savant professeur du ,musum appelle une gnagnse4 ,la gnagnse est particulirement prcieuse pour les animaux infrieurs1 dous d'une faible rsistance vitale1 pour les parasites qui ont courir mille dangers avant d'arriver l'hte dans lequel ils doivent vivre1 et c'est1 en effet1 chez tout ce menu peuple du rgne animal qu'elle se rencontre4 ,mais tout en montrant l'importance1 en quelque sorte pratique1 de la gnagnse1 ,m4 de ,quatrefages ne la considre pas1 tant s'en faut1 comme un phnomne isol1 particulier seulement certains organismes4 ,tout d'abord1 la raison d'tre de la gnagnse est la mme que celle de la mtamorphose1 aussi ces deux phnomnes peuvent-ils venir se compliquer rciproquement et se pntrer au point qu'il est impossible de dire o finit l'un et o commence l'autre4 ,de mme que la gnagnse1 la mtamorphose se rattache une augmentation de la puissance prolifique de chaque individu2 une telle augmentation peut1 en effet1 tre obtenue soit en multipliant le nombre des organismes qu'un seul uf peut produire1 soit en multipliant le nombre des ufs que chaque femelle peut pondre4 ,mais1 comme le corps des femelles ne peut grossir indfiniment1 un accroissement du nombre des ufs ne peut tre obtenu qu' la condition que le volume de ces ufs se rduise4 ,tout uf contient deux catgories de matriaux1 ceux l'aide desquels l'embryon se constitue1 ceux l'aide desquels il se nourrit2 ces derniers sont videmment les moins importants1 c'est sur ceux que portera la rduction4 ,d'autre part1 aucun animal n'arrive son complet dveloppement sans avoir subi un grand nombre de mtamorphoses1 qu'il accomplit1 en gnral1 dans l'uf chez les animaux suprieurs2 lorsque les matriaux nutritifs accumuls dans l'uf ne sont plus en quantit suffisante pour amener l'embryon au terme de son volution1 l'embryon clot avant d'avoir revtu sa forme dfinitive2 il recherche lui-mme le supplment de nourriture qui lui est ncessaire pour assurer la suite de son volution et continue hors de l'uf les transformations qu'il aurait d prouver sous ses enveloppes4 ,les larves des insectes ne sont1 en consquence1 que des embryons ns avant terme1 devenus capables de subsister par eux-mmes et continuant librement leur volution4 ,chez les animaux suprieurs1 l'accroissement du corps de l'animal et ses mtamorphoses marchent de pair1 ne sont pour ainsi dire que le mme phnomne1 au lieu de s'accomplir successivement comme chez les insectes et beaucoup d'autres animaux infrieurs2 mais les mtamorphoses n'en subsistent pas moins2 le phnomne demeure le mme chez les insectes et chez les vertbrs2 la seule diffrence que l'on constate entre eux porte seulement sur l'poque de la vie o s'accomplissent les changements les plus apparents4 ,ici se manifeste entre les mtamorphoses et le gnagnse un lien nouveau1 qui cette fois n'est plus tlologique1 mais bien essentiellement morphologique4 ,maintes fois1 dans ses travaux1 ,m4 de ,quatrefages a eu comparer le mode de croissance des vers annels avec le mode de croissance des colonies de polypes hydraires2 les nouveaux anneaux d'une annlide se forment exactement de la mme faon que les nouveaux polypes dans une colonie d'hydraires4 ,il est manifeste que chez les annlides la formation des nouveaux anneaux fait essentiellement partie des phnomnes d'accroissement du corps de l'animal et que ces phnomnes sont1 leur tour1 en partie comparables aux phnomnes de l'accroissement du corps chez les animaux suprieurs1 tels que les mammifres4 ,la formation des colonies de polypes est donc ramene un phnomne bien plus connu1 tout fait vulgaire1 l'accroissement du corps2 il n'y a de particulier ces colonies que leur forme arborescente4 ,mais1 chez les annlides1 la formation des nouveaux anneaux aboutit souvent la constitution d'individus autonomes1 qui ne sont eux-mmes qu'un rsultat de l'accroissement de l'organisme dont il se dtache2 la mme chose a lieu dans les colonies de polypes et conduit la formation de nouvelles colonies3 c'est le phnomne de la digense4 ,l'accroissement1 chez les animaux suprieurs1 se complique toujours de mtamorphoses2 il en est de mme chez les vers annels2 aussi le nouvel individu qui se forme peut-il diffrer notablement de son parent2 c'est le cas des autolytes et des syllis2 c'est aussi exactement le cas des salpes agrges par rapport aux salpes solitaires1 de mduses par rapport aux hydres1 et de tous les cas o il y a gnration alternante4 ,ainsi1 dit ,m4 de ,quatrefages#abd1 toute gnration agame se rattache l'accroissement proprement dit4 ,ce phnomne se manifeste tantt par l'augmentation de volume des parties1 tantt par la multiplication de ces mmes parties4 ,or1 dans ce dernier cas1 il arrive souvent que chaque partie surajoute runit un ensemble qui en fait presque un individu4 ,chez les ,annlides1 par exemple1 dans la plus grande tendue du corps1 chaque anneau possde son centre nerveux1 son appareil locomoteur1 son systme vasculaire1 sa grande poche digestive1 ses organes reproducteurs1 le tout semblable ce qui existe dans l'anneau qui prcde et dans celui qui suit4 ,un pas de plus1 et chaque anneau pourra se suffire lui-mme4 ,il ne lui manque1 vrai dire1 qu'une bouche et des organes de sens4 ,dans les syllis1 les myrianes1 les nas1 cette bouche s'ouvre1 ces organes naissent sur un anneau spcial1 il est vrai1 mais qui se forme exactement comme les autres4 ,tous les anneaux placs en arrire de cette tte accidentelle lui obissent4 ,une individualit nouvelle s'est forme1 et cette individualit a son origine dans un ensemble de phnomnes qui ne diffrent en rien de ceux de l'accroissement tels qu'on les observe dans la classe entire4 ,entre ces phnomnes et la gemmation de l'hydre1 celle du strobile1 telle que l'a observe ,m4 ,desor1 ou la segmentation du mme tre telle que l'a dcrite ,m4 ,sars1 il n'y a videmment aucune distinction fondamentale4 ,la forme seule des espces1 les lois de leur accroissement individuel suffisent pour expliquer les diffrences apparentes4 ,ainsi l'on passe de la simple croissance des mammifres au bourgeonnement par des nuances insensibles2 et tout nous ramne cette importante conclusion que le bourgeonnement et par consquent la reproduction agame ne sont1 au fond1 qu'un phnomne d'accroissement4 ,ainsi1 pour ,m4 de ,quatrefages1 le corps d'un mammifre1 l'ensemble des individus qui sont issus de l'uf d'une syllis1 d'une myriane1 d'une nas1 la runion des polypes qui forment une colonie et des mduses qui s'en dtachent sont choses quivalentes4 ,une fois plac ce point de vue1 poursuit-il1 nous comprenons trs bien pourquoi la gnration agame ne saurait tre indfinie4 ,dans tout animal1 l'accroissement a des limites fixes d'avance4 ,si le bourgeonnement n'est qu'une forme de l'accroissement1 il doit forcment avoir un terme4 ,il ne peut donc suffire perptuer l'espce4 ,ds lors1 l'intervention d'un autre mode de gnration devient une ncessit laquelle ne saurait chapper aucune espce animale4 ,ainsi se trouve justifi le retour priodique de la reproduction sexue1 ainsi se trouvent en mme temps rapprochs1 sans qu'il soit besoin d'aucune hypothse1 les faits qui avaient conduit ,richard ,owen attribuer aux lments spermatiques un pouvoir fcondateur limit4 ,comme ,cuvier1 comme ,dugs1 et par des motifs autrement puissants1 ,m4 de ,quatrefages assimile les colonies que forment si frquemment les animaux infrieurs ce que nous nommons l'individu chez les animaux suprieurs2 mais1 de mme que ,dugs avait donn l'ide de ,cuvier une importance toute nouvelle en montrant ses applications l'anatomie compare1 ,m4 de ,quatrefages donne son tour une valeur inattendue la thorie de ,dugs par la fconde application qu'il en fait aux plus compliqus des phnomnes de reproduction4 99 99 99 99 99 ,m4 ,henri ,milne ,edwards s'est propos de constituer1 comme ,richard ,owen1 une thorie tout fait gnrale des phnomnes de reproduction1 dans laquelle il cherche tablir un paralllisme absolu entre les phnomnes de la gnration alternante et les procds ordinaires de la gnration sexue4 ,pour l'illustre doyen de la ,facult des sciences de ,paris1 les phnomnes que prsentent1 dans leur dveloppement1 les salpes et les mduses1 loin d'tre une exception1 sont1 au contraire1 la rgle gnrale4 ,tout animal commence par tre une simple vsicule1 ayant qualit d'tre vivant et qu'on peut appeler le protoblaste4 ,le protoblaste est le plus souvent contenu dans l'uf1 c'est la vsicule germinative2 il y termine gnralement sa courte existence1 mais il peut aussi mener une vie indpendante3 tel est le cas de l'embryon cili des distomes4 ,avant de mourir ou de disparatre1 le protoblaste produit par bourgeonnement un organisme plus compliqu1 le mtazoaire3 c'est le polype hydraire dans le cas des mduses1 la salpe solitaire chez les tuniciers1 le blastoderme chez les vertbrs2 le mtazoaire n'a1 lui aussi1 en gnral1 qu'une existence temporaire3 il disparat ordinairement comme le protoblaste et comme lui produit1 avant de mourir1 l'animal dfinitif1 l'animal charg de perptuer l'espce1 par voie de gnration sexue1 le typozoaire4 ,les protoblastes peuvent se multiplier sous leur forme simple et produire1 en consquence1 un ou plusieurs mtazoaires2 les mtazoaires peuvent produire plusieurs typozoaires ou n'en produire qu'un seul avec lequel ils se confondent quelquefois2 c'est dans cette aptitude plus ou moins grande la reproduction prsente par les termes successifs de cette srie1 que sont dues les diffrences observes dans le dveloppement des animaux4 ,on cesse donc de s'tonner d'un phnomne qui est absolument gnral4 99 99 99 99 99 ,en comparant entre elles les diverses thories que nous venons d'exposer et qui toutes ont pour but de donner une explication des mmes phnomnes1 on sera sans doute tonn de voir combien sont diffrentes les tendances de leurs auteurs4 ,pour un physicien1 le point de dpart de toute thorie est un phnomne simple1 dont on a rigoureusement tabli les conditions dterminantes et les lois1 dont on poursuit les modifications diverses travers des circonstances de plus en plus compliques2 sur ce point tous les physiciens sont d'accord1 et nous pourrions ajouter que les physiciens sont eux-mmes d'accord1 sur le but poursuivi par toute thorie1 avec les chimistes et les astronomes4 ,en un mot1 pour tous les savants qui cultivent les sciences physiques1 expliquer un phnomne complexe1 c'est montrer comment il se rattache un autre phnomne trs simple1 connu dans tous ses dtails1 quand on le dgage des circonstances accessoires qui interviennent pour le modifier4 ,tous les phnomnes astronomiques sont ainsi rattachs au phnomne simple de l'attraction des corps1 et l'astronomie tout entire n'est que le dveloppement de cette loi3 ,les corps s'attirent proportionnellement au produit de leur masse et en raison inverse du carr de leur distance4 ,tous les phnomnes de l'acoustique et de l'optique sont ramens de mme au mouvement du pendule2 l'optique et l'acoustique thoriques sont le dveloppement des quations du mouvement vibratoire4 ,les transformations diverses de la chaleur sont toutes ramenes un phnomne simple1 rchauffement d'un corps en mouvement brusquement arrt dans sa course1 et la thorie mcanique de la chaleur est le dveloppement de l'quation qui tablit l'quivalence entre la quantit de mouvement disparu et la quantit de chaleur produite4 ,tous les phnomnes lectrodynamiques se ramnent encore l'attraction d'un lment de courant sur un lment de courant1 et l'lectrodynamique est le dveloppement d'une quation aussi simple que les prcdentes4 ,ainsi1 nous ne saurions trop le rpter1 dans toutes les branches des sciences physiques1 les savants sont absolument d'accord sur la signification du mot expliquer2 pour chaque catgorie de phnomnes1 ils remontent de proche en proche un phnomne simple1 dont ils dterminent exprimentalement les lois1 et ils cherchent comment ce phnomne se modifiera dans toutes les conditions prcises que l'on pourra imaginer4 ,c'est l la mthode des sciences exprimentales1 et le plus beau titre de gloire des ,bichat et des ,claude ,bernard est surtout d'avoir montr que cette mthode pouvait tre applique dans toute sa rigueur la physiologie1 la condition de remonter jusqu'aux proprits fondamentales des lments anatomiques4 ,les naturalistes paraissent au contraire se faire les ides les plus diverses de ce qu'ils appellent une explication2 ils semblent1 lorsqu'ils tablissent une thorie1 poursuivre les buts les plus diffrents4 ,steenstrup1 dans sa thorie des gnrations alternantes1 ,m4 de ,quatrefages1 dans une partie de sa thorie de la gnagnse1 cherchent avant tout dterminer la fin des phnomnes qu'ils exposent1 et sont en cela les disciples de ,cuvier qui n'admettait1 en histoire naturelle1 d'autres explications que celles qui rsultent de l'application du principe des causes finales4 ,leuckart1 en exposant sa thorie du polymorphisme1 ,van ,beneden1 en dveloppant ses ides sur la digense1 constatent simplement que des phnomnes que l'on croyait exceptionnels se retrouvent dans un beaucoup plus grand nombre de groupes organiques qu'on ne l'avait pens2 ils rattachent ces phnomnes d'autres plus simples et plus gnraux1 mais qui sont cependant limits une partie du rgne animal et demeurent mystrieux2 ,richard ,owen se borne chercher une hypothse qui pourrait relier entre eux deux catgories de phnomnes considres comme distinctes2 ,m4 de ,quatrefages1 dans une autre partie de sa thorie1 et ,m4 ,milne ,edwards dmontrent qu'un ensemble de phnomnes donns comme propres certains organismes se retrouvent plus ou moins modifis dans le rgne animal tout entier2 mais ils prennent les phnomnes observs chez les vertbrs suprieurs comme des termes de comparaison et y ramnent ceux que prsentent les organismes infrieurs3 ce sont les phnomnes si complexes de la gnration sexue1 les phnomnes plus complexes encore du dveloppement embryognique chez les animaux suprieurs qui leur servent de point de dpart1 et c'est avec eux qu'ils cherchent comparer les phnomnes observs chez les animaux infrieurs2 la marche suivie par les deux illustres naturalistes franais est donc exactement inverse de celle que suivent les physiciens4 ,ces divergences sont une consquence pour ainsi dire invitable de ce fait qu'en histoire naturelle l'homme1 se proposant d'apprendre connatre des tres plus ou moins semblables lui1 s'est pris lui-mme comme le modle le plus parfait des tres organiss4 ,il a recherch chez les animaux des organes1 des fonctions1 des actes analogues aux siens et1 croyant se connatre lui-mme1 s'attribuant d'ailleurs une origine divine1 a t conduit considrer comme des explications toutes les analogies qu'il apercevait entre lui-mme et les tres dont il faisait l'objet de ses tudes4 ,dans l'hypothse de la fixit des espces1 cette faon de poser le problme de la nature tait d'ailleurs peut-tre la plus rationnelle4 ,dans l'hypothse de la descendance1 le problme est au contraire renvers et la mthode d'explication ramene la mthode des sciences exprimentales4 ,l'homme n'est plus le modle sur lequel tout est construit1 auquel tout doit tre ramen2 c'est au contraire l'tre expliquer1 le dernier terme auquel la thorie doit aboutir1 la plus complique des nigmes dont elle doit donner la solution4 ,les explications ne doivent plus tre de simples comparaisons1 de simples gnralisations2 elles doivent tablir entre les divers phnomnes des relations de cause effet4 ,en ce qui concerne spcialement les phnomnes compris sous les noms de gnration alternante1 de dignse1 de gnagnse1 de parthnogense1 ils ne peuvent tre vraiment expliqus qu'en partant des proprits reproductrices des tres les plus simples2 leur explication tant une fois trouve1 se posera ensuite la question de savoir dans quelle mesure ils peuvent1 leur tour1 servir expliquer les phnomnes de dveloppement qu'on observe chez les animaux suprieurs et chez l'homme4 ,mais il n'tait possible de remplir un tel programme qu' la condition d'avoir au pralable rduit l'tre vivant en ses lments1 d'avoir dtermin les caractres1 les proprits1 les facults des tres vivants les plus simples1 problme prliminaire1 dont la thorie cellulaire que nous devons maintenant faire connatre a1 sans aucun doute1 beaucoup avanc la solution4 ,,chapitre ,,xviii ,,la ,,th,,orie ,,cellulaire ,,et ,,la ,,constitution ,,de ,l',,individu ,pixel3 les membranes4--,bichat3 les tissus2 leurs proprits gnrales4--,dujardin3 le sarcode4--,schleiden3 les cellules vgtales4--,schwann3 extension aux animaux de la thorie cellulaire4--,prvost et ,dumas3 la segmentation du vitellus de l'uf4--,recherches relatives l'origine des cellules ou lments anatomiques de l'organisme2 signification de l'uf4--,dfinition de la cellule2 le protoplasme et les plastides4--,constitution des individus les plus simples4--,colonies animales2 nombreuses transitions entre les colonies et les individus d'ordre suprieur4--,isidore ,geoffroy-,st-,hilaire3 la vie coloniale signe d'infriorit4--,m4 de ,lacaze-,duthiers3 opposition entre les invertbrs et les vertbrs4--,thorie gnrale de l'individualit animale4 ,dans les crits des philosophes1 des naturalistes et des mdecins1 on voit souvent revenir1 jusqu'au commencement du ,x,i,xe sicle1 les mots de substance vivante1 de molcules organiques1 de matire anime1 d'organes1 de tissus2 mais nulle part ces expressions ne reoivent de dfinition prcise4 ,chez les animaux suprieurs1 on distingue de la chair1 de la graisse1 des os1 des nerfs1 des tendons1 des vaisseaux1 des membranes2 mais de quoi sont faits la chair1 la graisse1 les os1 les nerfs1 les tendons1 les vaisseaux1 les membranes8 ,les connaissances sur ce point ne vont pas au del de la notion de la fibre avec laquelle les muscles et les nerfs ont familiaris les anatomistes4 ,un mdecin minent1 ,pinel1 cherchant appliquer aux maladies les mthodes de classification des naturalistes1 fut conduit rattacher les caractres et la marche des diverses sortes d'inflammation la nature des membranes qui en taient le sige et mettre ainsi en relief l'intrt qu'il y avait pour la mdecine connatre d'une faon prcise le mode de constitution de ces membranes et1 par extension1 celle des diverses parties du corps4 ,ce fut le problme que chercha rsoudre ,bichat dans sa ,dissertation sur les membranes et leurs rapports gnraux d'organisation 7#agih71 dans son ,trait des membranes 7#ahjj71 et surtout dans son ,anatomie gnrale 7#ahja71 qui parut un an seulement avant sa mort4 ,dans le premier de ces ouvrages1 le jeune anatomiste prcise les ressemblances et les diffrences qui existent entre les membranes que l'on observe dans les diverses parties du corps1 montre plus nettement qu'on ne l'avait fait avant lui que des membranes de mme nature peuvent se trouver dans les parties les plus diffrentes de l'organisme1 et fonde leur classification sur leur conformation extrieure1 leur structure et leurs fonctions4 ,trois ans aprs1 la mthode qu'il avait suivie dans ce travail tait tendue l'ensemble des systmes organiques3 il consacrait son anatomie gnrale tudier isolment et prsenter avec tous leurs attributs chacun des systmes simples qui1 par leurs combinaisons diverses1 forment nos organes4 ,il ramenait la physiologie1 la pathologie1 la thrapeutique1 la connaissance exacte des proprits de ces systmes simples1 considrs dans leur tat naturel4 ,l'anatomie gnrale devenait ainsi une science nouvelle laquelle on a donn depuis le nom d'histologie4 ,tous les animaux1 dit-il#abe1 sont un assemblage de divers organes1 qui excutent chacun une fonction1 concourent1 chacun sa manire1 la conservation du tout4 ,ce sont autant de machines particulires dans la machine gnrale qui constitue l'individu4 ,or ces machines particulires sont elles-mmes formes par plusieurs tissus de nature trs diffrente et qui forment vritablement les lments de ces organes4 ,la chimie a ses corps simples1 qui forment par les combinaisons diverses dont ils sont susceptibles les corps composs3 tels sont le calorique1 la lumire1 l'hydrogne1 l'oxygne1 le carbone1 l'azote1 le phosphore1 etc4 ,de mme1 l'anatomie a ses tissus simples qui par leurs combinaisons quatre quatre1 six six1 huit huit1 etc41 forment les organes4 ,ces tissus sont3 #a ,le cellulaire4 #b ,le nerveux de la vie animale4 #c ,le nerveux de la vie organique4 #d ,l'artriel4 #e ,le veineux4 #f ,celui des exhalants4 #g ,celui des absorbants et de leurs glandes4 #h ,l'osseux4 #i ,le mdullaire4 #aj ,le cartilagineux4 #aa ,le fibreux4 #ab ,le fibro-cartilagineux4 #ac ,le musculaire de la vie animale4 #ad ,le musculaire de la vie organique4 #ae ,le muqueux4 #af ,le sreux1 #ag ,le synovial4 #ah ,le glanduleux4 #ai ,le dermode4 #bj ,l'pidermode4 #ba ,le pileux4 ,voil les vritables lments organiss de nos parties4 ,quelles que soient celles o ils se rencontrent1 leur nature est constamment la mme1 comme en chimie les corps simples ne varient point1 quels que soient les composs qu'ils concourent former4 ,entre ces divers tissus qui forment notre corps1 qui possdent chacun un mode d'organisation particulier1 qui ont chacun1 en consquence1 une sorte de vie spciale concourant1 pour sa part1 la vie gnrale de l'individu1 entre ces lments de l'tre vivant1 existe-t-il quelque analogie de constitution8 ,ces mmes tissus se retrouvent-ils chez tous les animaux8 ,sont-ils proprement parler les lments ultimes dans lesquels puissent se rsoudre les corps vivants8 ,ce sont des questions que le microscope va bientt rsoudre4 ,pour ,bichat la vie tait une proprit des tissus1 et les diverses faons sous lesquelles elle se manifeste taient la consquence des diffrents modes d'agencement de ces tissus4 ,mais1 vers l'poque o il vivait1 on songeait dj remonter des tissus quelque chose de moins complexe4 ,oken pensait qu'une petite masse sphrique de gele1 le mucus primitif1 le ,urschleim1 constituait le corps entier des tres vivants les plus simples1 des infusoires2 il avait mme prsent les organismes suprieurs comme des agrgats d'infusoires4 ,un moment1 les travaux d',ehrenberg avaient rpandu dans la science l'opinion que la prtendue simplicit des infusoires n'tait qu'une illusion1 que la structure des tres microscopiques tait presque aussi complique que celle des animaux suprieurs4 ,dujardin1 professeur la ,facult des sciences de ,rennes1 tablit le premier d'une faon incontestable1 en #ahce1 que la vie pouvait s'allier avec une simplicit d'organisation telle que la supposait ,oken2 il donnait le nom de sarcode une substance vivante amorphe1 qui composait elle seule le corps d'un assez grand nombre d'tres infrieurs4 ,malgr les preuves positives que ,dujardin donnait de l'existence du sarcode1 cette substance1 vivante par elle-mme1 fit son apparition relativement peu de bruit dans la science4 ,cependant l'tude microscopique de la structure des vgtaux avait montr chez ces organismes une remarquable unit de structure4 ,on savait depuis longtemps que leurs tissus prsentaient une multitude de vacuoles plus ou moins semblables entre elles1 qu'on dsignait souvent sous le nom de cellules4 ,en #ahce1 ,johannes ,mller avait signal une structure semblable dans la corde dorsale des embryons de vertbrs1 dans le cristallin1 la chorode1 les masses graisseuses4 ,schleiden1 en #ahch1 fit ressortir toute l'importance du rle jou par la cellule dans l'organisation des vgtaux1 montra qu'on pouvait considrer ces tres comme des associations de cellules1 et dfinit en mme temps ce qu'on devait entendre par ce mot3 la cellule vgtale est1 suivant lui1 un sphrode creux dont la paroi est gnralement rsistante et encrote de cellulose1 dont le contenu est demi fluide et se dispose autour d'une petite masse centrale1 le noyau1 contenant un ou plusieurs nucloles4 ,plusieurs fois des lments semblables avaient t soigneusement dcrits chez les animaux4 ,thodore ,schwann1 frapp de la simplicit de la thorie de ,schleiden1 runit1 en #ahci1 tous les faits connus jusqu' lui relativement l'existence de cellules animales1 et proclama son tour que tous les animaux taient forms de cellules ne diffrant de celles des vgtaux que par la minceur ordinairement plus grande et par la plasticit de leur membrane d'enveloppe4 ,ces cellules se formaient1 suivant lui1 spontanment1 soit l'intrieur d'autres cellules1 soit dans une substance amorphe interpose entre les cellules dj existantes4 tant donne la dfinition des cellules admises par ,schleiden et par ,schwann1 il tait impossible de ne pas tre frapp de l'identit de structure que l'uf de la plupart des animaux prsentait avec ces lments4 ,l'uf tait donc une cellule4 ,en #ahbd1 ,prvost et ,dumas avaient montr que le premier phnomne du dveloppement consistait dans une segmentation plusieurs fois rpte du contenu de l'uf4 ,bischoff et ,reichert prouvrent que les cellules constitutives du corps des animaux provenaient de ces sphres de segmentation1 si bien que1 ds #ahdd1 ,klliker posait en principe que1 contrairement l'opinion de ,schwann1 il n'existe nulle part1 dans le dveloppement embryonnaire1 de formation libre de cellules2 qu'au contraire toutes les parties lmentaires du futur embryon1 de mme que tous les lments vivants de l'animal adulte1 sont les descendants immdiats d'un lment primitif unique1 l'uf4 ,les animaux sont donc des associations de cellules issues les unes des autres soit par division1 soit par bourgeonnement1 de sorte que de chacune d'elles on peut remonter par une srie de gnrations jusqu' l'uf4 ,comment concilier cette proposition1 dans sa forme absolue1 avec les observations de ,dujardin sur les animaux uniquement forms de sarcode8 ,gela parut tout d'abord impossible un assez grand nombre d'anatomistes minents2 mais la difficult tenait simplement l'ide que ,schleiden et ,schwann s'taient faite de l'lment anatomique primitif4 ,des recherches multiplies finirent par montrer que1 des trois parties constitutives de la cellule1 la membrane d'enveloppe1 le noyau et le contenu1 une seule tait essentielle3 le contenu4 ,la cellule parat quelquefois rduite sa membrane et son noyau2 mais alors tous les phnomnes vitaux ont cess en elle2 elle est morte4 ,le contenu est donc la partie vraiment vivante de l'lment anatomique2 on lui a donn le nom de protoplasma 7,max-,schultze74 ,mais ce protoplasma1 par sa constitution et ses proprits1 est identique au sarcode de ,dujardin4 ,les tres sarcodiques peuvent donc tre considrs dsormais comme forms d'un ou plusieurs lments anatomiques dpourvus de membrane d'enveloppe1 comme le sont beaucoup d'lments anatomiques des animaux suprieurs4 ,ils rentrent dans la rgle gnrale1 la seule condition de dfinir l'lment anatomique comme une masse de protoplasma ou de sarcode1 de taille limite1 doue d'une vie indpendante1 produisant ordinairement un noyau son intrieur et pouvant s'isoler en s'enveloppant d'une membrane plus ou moins rsistante4 ,l'lment1 anatomique ainsi compris est ce que ,hckel a nomm un plastide1 dnomination simple et que nous pouvons ds maintenant adopter1 quoiqu'elle soit de date relativement rcente4 ,le protoplasma vivant n'est encore connu qu' l'tat de plastides1 c'est--dire de masses limites dont la dimension et la forme sont du reste extrmement variables et que l'on peut considrer comme autant d'individus4 ,on ne peut citer aucun exemple avr de plastides se formant spontanment soit aux dpens des matires organiques libres1 soit dans un milieu dj organis4 ,le plus grand nombre des histologistes ont cet gard confirm les affirmations de ,klliker1 et les classiques recherches de ,m4 ,pasteur ont montr que1 dans tous les cas o l'on avait cru voir des plastides ou des groupes de plastides se former spontanment en dehors des organismes1 on avait t victime d'illusions4 ,tout plastide a donc t produit par un autre plastide4 ,un plastide isol peut produire des plastides qui1 aussitt forms1 s'isolent les uns des autres2 c'est le cas des tres les plus simples4 ,mais d'un plastide unique peuvent aussi natre des plastides destins demeurer toujours associs1 et c'est ce qui arrive pour tous les animaux1 depuis les ponges et les polypes jusqu' l'homme1 pour tous les vgtaux autres que les cryptogames monocellulaires4 ,tous les tres vivants sont donc des associations de plastides1 proposition fondamentale1 qui est la base de l'histologie1 et dont on doit surtout ,claude ,bernard d'avoir fait nettement ressortir toute l'importance pour la physiologie gnrale4 ,mme dans leurs associations les plus complexes1 les plastides qui constituent un tre vivant ne perdent jamais compltement leur indpendance4 ,chacun d'eux vit pour son compte1 comme un tre autonome1 et les diverses fonctions physiologiques de l'animal ne sont autre chose que la rsultante des actes accomplis par un certain groupe de plastides4 ,il suit de l que la physiologie tout entire1 disons plus1 que l'histoire entire de la vie de l'animal ou du vgtal n'est autre chose que celle des plastides qui le constituent4 ,si l'on pouvait compter les plastides d'un organisme1 si l'on connaissait leurs positions respectives1 leurs proprits1 leur filiation1 non seulement on connatrait toutes les fonctions de cet organisme1 mais on pourrait aussi retracer son dveloppement embryognique et prdire le sort qui l'attend4 ,les plastides sont donc1 dans l'tat actuel de la science1 les lments anatomiques dont les proprits initiales dominent toute l'volution organique1 dont l'tude doit fournir le point de dpart de toute thorie gnrale relative aux tres vivants4 ,tous les organismes commenant actuellement par n'tre qu'un plastide unique1 l'uf animal ou l'uf vgtal1 l'volution embryognique marchant rellement du simple au compos1 et prsentant des phnomnes d'autant plus complexes que l'tre qu'il s'agit de tirer de l'uf doit tre lui-mme plus compliqu1 la mthode des sciences exprimentales indique que l'on doit1 pour arriver comprendre les phnomnes de dveloppement et de reproduction chez les animaux suprieurs1 en dterminer d'abord tous les traits chez les organismes infrieurs et s'lever graduellement jusqu'aux vertbrs les plus parfaits4 ,cela paratra une rgle de simple bon sens2 mais les vertbrs ayant t pendant longtemps les seuls animaux dont l'organisation tait l'objet de srieuses recherches1 leur embryognie a t1 par cela mme1 la premire qu'on ait tudie1 c'est elle qu'on n'a cess de vouloir ramener tous les phnomnes embryogniques1 comme on avait dj cherch y ramener les phnomnes de la gnration alternante2 de l1 une mthode vicieuse d'explication qui pse encore lourdement sur toutes les conceptions relatives l'embryognie gnrale#abf4 ,si l'on suit l'ordre logique1 si l'on essaye de dterminer dans les types les plus infrieurs des ponges1 des clentrs1 des chinodermes1 des vers1 des articuls1 quelle est la marche du dveloppement1 aussitt une rgle gnrale apparat4 ,l'uf ne produit presque jamais directement un organisme semblable celui d'o il provient2 il produit d'abord un tre trs simple4 ,chez les ponges1 chez les hydromduses1 c'est le premier individu de la colonie2 chez les coralliaires1 chez les chinodermes1 c'est un organisme sans tentacules1 sans bras1 sans rayons1 qui deviendra la partie centrale de l'animal adulte2 chez les vers1 c'est ce qu'on a appel une trochosphre2 chez les articuls1 c'est un nauplius4 ,la trochosphre et le nauplius reprsentent simplement le premier anneau du corps de l'animal en voie de formation4 ,ce premier anneau fait toujours partie de la tte de l'animal adulte et parfois la constitue lui seul2 il correspond exactement1 au point de vue de son mode de formation1 au premier individu de la colonie de polypes1 la partie centrale de l'animal rayonn4 ,il n'en diffre que parce qu'il demeure libre1 tandis que le premier individu de la colonie de polypes ne tarde pas se fixer au sol4 ,le premier polype1 la trochosphre1 le nauplius se correspondent aussi d'une faon complte au point de vue du rle qu'ils auront remplir dans la suite de l'volution de l'animal3 par un bourgeonnement plus ou moins irrgulier1 le premier polype et ses descendants constitueront la colonie arborescente dont ils font partie2 par un bourgeonnement priphrique la partie centrale du rayonn achvera de produire l'animal adulte2 par un bourgeonnement rgulier1 s'effectuant dans une direction unique1 la trochosphre et le nauplius constitueront la chane d'anneaux qui composent le corps d'un ver annel ou d'un arthropode4 ,entre les animaux forms de segments placs bout bout et les colonies ramifies de polypes1 il n'y a de diffrence que relativement la direction dans laquelle s'accomplit le bourgeonnement4 ,c'est ce que ,charles ,bonnet avait dj compris lorsqu'il comparait l'organisation du tnia celle des arbres1 faisant remarquer que chacun des anneaux de cet animal pouvait tre considr comme un individu distinct1 et lorsqu'il tablissait#abg l'analogie intime qui existe1 suivant lui1 entre la reproduction des parties perdues chez les vers de terre et le bourgeonnement des plantes#abh4 ,cuvier avait pris1 au contraire1 la comparaison au rebours lorsqu'il considrait comme des animaux plusieurs bouches les pennatules et les colonies de polypes2 c'est aussi ce qu'avait fait ,dugs1 et c'est ce qui empchait sa ,thorie de la conformit organique1 si fconde quand on en fait une application suivie l'anatomie compare1 de se prter une systmatisation complte des phnomnes embryogniques4 ,nous avons vu cette systmatisation tente par ,m4 de ,quatrefages2 mais l encore l'illustre savant1 ayant pris l'homme comme point de dpart1 est conduit rechercher des analogies1 non donner une explication dans le sens o les physiciens entendent ce mot4 ,si l'on s'en tient la mthode des physiciens comme le voulait dj ,bichat1 cette explication doit tre dduite des proprits mmes des lments anatomiques des plastides vivant l'tat isol4 ,or1 ces proprits sont les suivantes3 #a les plastides1 dans des conditions convenables de nutrition1 s'accroissent pendant un certain temps2 #b ceux de chaque sorte ne peuvent dpasser un certain maximum de taille1 au del duquel ils se divisent pour donner naissance de nouveaux plastides semblables eux2 c'est en cela que consiste ce qu'on appelle leur reproduction2 #c les plastides subissent l'influence des conditions dans lesquelles ils sont placs2 leur figure extrieure1 leurs proprits physiologiques peuvent tre modifies par les circonstances2 les plastides jouissent donc d'une certaine variabilit4 ,les plastides associs ns de l'uf conservent ces proprits essentielles de nutrition1 de reproduction et de variabilit1 qu'on observe chez les plastides isols2 d'ailleurs1 ils demeurent dans une large mesure indpendants les uns des autres2 mais1 en raison mme du nombre de ceux qui sont associs1 chacun se trouve plac dans des conditions d'existence particulires1 vit d'une faon qui lui est propre1 prsente des caractres extrieurs spciaux2 il en rsulte bientt1 entre les divers lments1 un partage des fonctions physiologiques qui contribuent assurer l'existence de l'association tout entire2 ce partage des fonctions rend les lments entre lesquels il s'accomplit d'autant plus solidaires les uns des autres qu'il est plus exclusif1 de telle sorte que la dissolution de leur socit finit par entraner ncessairement leur mort2 ainsi se constituent les individus qui rsultent immdiatement de l'volution de l'uf1 et les organes qu'ils contiennent4 ,ces individus en bourgeonnant produisent des agrgats complexes dont les membres1 auxquels ,dugs appliquait uniformment la dnomination de zoonites1 se comportent l'gard les uns des autres comme l'ont fait les plastides dont chacun d'eux est compos4 ,ces individus de second ordre1 sous l'empire de certaines conditions1 revtent des formes particulires1 accomplissent des fonctions spciales et peuvent se sparer les uns des autres ou demeurent indfiniment unis4 ,les diffrents phnomnes dsigns sous les noms de gnration alternante1 de digense1 de gnagense1 etc41 ne sont autre chose que le rsultat de cette sparation prcoce ou tardive des individus de second ordre1 plus ou moins diffrents les uns des autres1 ns sur l'individu primitif4 ,lorsque la sparation des zoonites n'a pas lieu1 l'ensemble des individus unis entre eux constitue un organisme auquel on applique le nom de colonie1 si les membres de l'association sont nettement distincts les uns des autres et paraissent avoir conserv une grande part de leur autonomie2 auquel on transporte le nom d'individu lorsque les zoonites constituants sont moins nettement spars ou qu'ils semblent tous domins par une volont unique ne paraissant rsider d'une faon plus particulire dans aucun d'eux4 ,on voit par l combien est vague la signification de ce mot individu qu'on peut transporter volont du plastide un agrgat de plastides1 de cet agrgat simple une association d'agrgats semblables lui1 combien est arbitraire la limite entre ce qu'on nomme colonie et ce qu'on nomme individu4 ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire avait dj t frapp de ces passages de la colonie l'individu sur lesquels l'attention s'est vivement porte dans ces dernires annes4 ,dans sa belle ,histoire naturelle gnrale des rgnes organiques#abi1 il emploie le mot communaut au lieu du mot qui est demeur plus usit de colonie1 et il expose ainsi le parallle tablir entre ces communauts et ce qu'on appelle ordinairement des individus4 ,comme ceux-ci1 dit-il#acj1 la communaut a son unit abstraite et son existence collective2 c'est une runion d'individus1 et souvent en nombre immense2 et pourtant elle peut et doit tre considre elle-mme comme un seul individu1 comme un tre un1 bien que compos4 ,et elle est telle1 non pas seulement par une abstraction plus ou moins rationnelle2 elle l'est en ralit1 matriellement1 pour nos sens aussi bien que pour notre esprit1 tant constitue1 comme un tre organis1 de parties continues et rciproquement dpendantes2 toutes fragmentes d'un mme ensemble1 bien que chacune soit elle-mme un ensemble plus ou moins nettement circonscrit2 toutes membres d'un mme corps1 quoique chacune constitue un corps organis1 un petit tout4 ,si bien que la communaut tout entire jouit aussi d'une existence relle et distincte1 par consquent individuelle1 s'il est vrai que l'individualit soit ce qui fait qu'un tre a une existence distincte d'un autre tre4 ,toute communaut runit ainsi en elle deux existences1 deux vies1 deux individualits pour ainsi dire1 superposes l'une l'autre444 et la dfinition que nous avons donne de la communaut peut1 en dernire analyse1 se rsumer en ces termes3 un individu compos d'individus2 ou encore3 des individus dans un individu4 ,comme la famille1 la socit et l'agrgat1 la communaut peut tre trs diversement constitue4 ,la fusion anatomique1 et par suite la solidarit physiologique des individus runis1 peuvent tre limites quelques points et quelques fonctions vitales1 ou s'tendre presque la totalit des organes et des fonctions4 ,tous les degrs intermdiaires peuvent aussi se prsenter1 et l'on passe par des nuances insensibles d'tres organiss chez lesquels les vies associes restent encore presque entirement indpendantes et les individualits nettement distinctes1 d'autres o les vies sont de plus en plus dpendantes et mixtes1 et aprs ceux-ci d'autres encore o toutes les vies se confondent en une vie commune1 o toutes les individualits proprement dites disparaissent plus ou moins compltement dans l'individualit collective4 ,on s'attendrait1 aprs cette admirable comparaison de la communaut et de l'individu1 voir ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire montrer comment les polypes hydraires se soudent entre eux pour produire des mduses1 comment les zoonites des vers annels1 des arthropodes se solidarisent1 se modifient pour remplir des fonctions inutiles l'un d'entre eux en particulier1 mais indispensables l'existence de l'ensemble dont ils font partie1 comment les phnomnes que nous prsentent tous les degrs les communauts permettent d'expliquer la formation des organismes complexes vers lesquels il semble1 d'aprs ses propres paroles1 qu'elles nous conduisent pas pas4 ,on voudrait lui voir dire que l'histoire des communauts est une srie d'expriences spontanment prpares par la nature pour nous faire connatre les procds au moyen desquels elle constitue les organismes suprieurs4 ,mais non3 de l'exprience faite aucune conclusion n'est tire4 ,c'est par la coalescence1 la soudure1 la fusion plus ou moins complte de ses individus constituants1 que les colonies passent aux organismes suprieurs2 au lieu d'lever la communaut dans la srie organique1 comme l'entrevoyait dj ,dugs1 cette coalescence des individus ne fait1 au contraire1 suivant ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire1 que dgrader la colonie4 ,dans un groupe de mollusques composs1 poursuit-il1 dans un polypier1 on constate facilement l'individualit de chacun des mollusques ou des polypes composants1 et celle-ci prvaut manifestement sur l'individualit collective3 dans l'arbre1 l'une et l'autre se balancent1 ou mme celle-ci commence prvaloir2 elle l'emporte dans l'ponge ce point que l'individualit proprement dite n'existe plus vrai dire que thoriquement444 il tait dj difficile de montrer les individus d'une communaut vgtale2 le nombre de ceux qui composent une masse spongiaire chappe non seulement tout calcul1 mais toute valuation2 il est littralement indfini4 ,et aussitt aprs3 ,la communaut ne s'observe normalement que parmi les vgtaux1 rgne o la vie unitaire n'existe gure que par exception1 et chez les animaux des embranchements infrieurs4 ,pour en trouver des exemples dans les rangs suprieurs de l'animalit et chez l'homme1 il faut la demander la tratologie2 et encore la communaut se rduit-elle ici presque toujours l'union des deux individus1 et de deux individus qui1 dans la plupart des cas1 ne peuvent prolonger leur existence au del de la vie ftale4 ,ainsi le fil conducteur est compltement perdu4 ,c'est que la question n'est pas encore mre4 ,on voit bien l'unit de la communaut se constituer pice pice dans les embranchements infrieurs du rgne animal par la fusion d'individualits d'abord distinctes2 mais le fait qu'un organisme relativement lev peut procder de la solidarisation d'un certain nombre d'organismes plus simples est compltement nglig1 et dans tous les cas on ne songe pas que cet organisme si compltement un1 ce tout si essentiellement indivisible1 qu'on appelle un vertbr ou mme un arthropode1 puisse avoir t ralis par un procd analogue celui qui tire un siphonophore ou une mduse d'une colonie d'hydres4 ,l'opposition entre les organismes infrieurs aptes vivre en colonie et les animaux suprieurs essentiellement isols les uns des autres1 essentiellement individuels1 en quelque sorte1 est dj bien nette dans la doctrine d',isidore ,geoffroy2 mais cette faon de voir est surtout manifeste dans les belles leons professes en #ahfc1 au ,musum d'histoire naturelle1 par l'un des savants qui ont le mieux tudi les colonies des coralliaires1 ,m4 le professeur de ,lacaze-,duthiers#aca4 ,dans une de ces leons1 aprs avoir trac les grands traits de l'organisation des animaux sans vertbres1 le savant fondateur des laboratoires de ,roscoff et de ,banyuls s'exprime ainsi3 ,une seconde notion acqurir1 en ce qui concerne les invertbrs1 est celle de la complexit dans un mme tre4 ,dans presque tous ces animaux1 ce qu'on appelle ordinairement un individu n'est autre chose qu'une runion1 une colonie de petits individus plus ou moins distincts1 dsigns sous le nom gnral de zoonites4 ,pour former l'tre complexe1 ces zoonites s'assemblent soit en srie linaire1 soit en masse selon deux ou trois dimensions4 ,l'assimilation entre les vers annels1 les arthropodes et les colonies de polypes est complte dans le passage que nous venons de citer1 comme dans le ,mmoire sur la conformit organique4 ,les polypes de la colonie1 les anneaux du ver1 de l'insecte portent galement le nom de zoonites4 ,le procd au moyen duquel les colonies s'lvent la dignit d'organisme est aussi le mme que ,dugs1 ,m4 ,milne ,edwards1 ,richard ,owen ont successivement signal4 ,m4 de ,lacaze ,duthiers est d'ailleurs plus prs de ,dugs qu',isidore ,geoffroy2 il complte parfois la pense du naturaliste de ,montpellier par d'ingnieux commentaires3 ,dans les types infrieurs1 tous les individus d'une colonie linaire ou irrgulire sont peu prs semblables entre eux et jouissent d'une indpendance relative considrable1 mais peu peu se manifeste une solidarit de plus en plus troite1 consquence force de la division du travail physiologique4 ,dans une colonie d',hydres d'eau douce1 par exemple1 les individus ne sont lis entre eux que par leur extrmit infrieure2 les extrmits munies de tentacules sont toutes libres et fonctionnent sparment4 ,les diverses espces de clavelines1 appartenant la classe des molluscodes tuniciers1 vivent runies sur des prolongements radiciformes qu'on peut comparer des stolons de fraisier2 mais elles sont du reste libres dans toutes leurs actions4 ,dans quelques autres genres d'ascidies composes1 les colonies sont enfermes chacune dans une enveloppe charnue et unique1 munie d'une seule ouverture1 par laquelle s'opre la dfcation3 il y a dj moins d'indpendance dans les fonctions vitales4 ,les siphonophores prsentent des colonies bien curieuses par leur composition4 ,leurs zoonites se spcialisent d'une faon toute particulire2 certains d'entre eux1 sous la forme de filaments allongs1 termins par des ventouses ou des espces de harpons1 sont les zoonites pcheurs3 ils saisissent les aliments et les donnent aux zoonites digrants1 forms chacun d'une simple cavit vsiculaire ou trompe gastrique2 d'autres zoonites servent la locomotion2 enfin des zoonites spciaux ont pour fonction de donner naissance des individus nouveaux4 ,m4 de ,lacaze-,duthiers insiste plus loin sur la facilit particulire que les colonies linaires prsentent la solidarisation3 ,dans une colonie linaire1 il y a1 en gnral1 des rapports forcs entre un zoonite et ses deux voisins1 rapports qui modifient sa forme plus ou moins compltement4 ,dans les colonies en masse1 cette ncessit de relation est moins absolue2 aussi devons-nous nous attendre trouver ces zoonites trs peu diffrents les uns des autres2 c'est ce que vrifie l'observation4 ,peut-tre cette dernire affirmation a-t-elle t un peu exagre1 peut-tre aussi pourrait-on contester que les rapports forcs que dans une colonie linaire chaque zoonite contracte avec ses voisins aient eu sur sa forme une influence prpondrante2 mais il s'agit ici de phrases recueillies dans une leon o la prcision du langage est plus ou moins subordonne la ncessit de frapper autant que possible l'esprit des auditeurs4 ,le perfectionnement plus considrable promis en quelque sorte aux colonies linaires n'en est pas moins fortement saisi1 et l'un des rsultats importants de ce perfectionnement est mme indiqu3 ,si ordinairement chaque zoonite possde un centre nerveux1 il faut cependant remarquer que1 chez les invertbrs suprieurs1 il semble y avoir une tendance concentrer1 pour ainsi dire1 ce systme nerveux la partie antrieure de l'animal4 ,la tendance la concentration des organes primitivement dissmins dans chacun des zoonites1 la solidarisation des zoonites1 c'est--dire la concentration de leurs fonctions1 voil donc quelques-uns des caractres par lesquels les organismes suprieurs se distinguent des simples colonies4 ,il peut sembler aujourd'hui naturel de voir dans la haute individualit des vertbrs le dernier terme de cette concentration3 si les travaux de ,geoffroy ,saint-,hilaire et de ,dugs n'y avaient prpar qu'incompltement les esprits1 les recherches anatomiques1 physiologiques et embryogniques qui se sont succd dans ces derniers temps ne laissent plus de doute1 cet gard1 que dans l'esprit des irrconciliables de toutes les coles2 mais1 en #ahfc1 les preuves que le ,vertbr est lui aussi dcomposable en zoonites taient loin d'tre faites1 et ,m4 de ,lacaze-,duthiers1 au lieu de voir dans les vertbrs la suite1 le couronnement1 de la longue srie des animaux sans vertbres1 oppose1 au contraire1 d'une faon absolue les reprsentants des deux sous-embranchements que ,lamarck avait tablis dans le rgne animal4 ,il n'y a pas1 dit-il1 que le systme nerveux1 ou sa place les vertbres1 qui diffrencient nettement les animaux vertbrs des animaux invertbrs4 ,sous bien des rapports1 ceux-ci diffrent totalement des premiers4 ,cette sparation presque absolue1 qui a soulev les critiques si obstines des naturalistes de l'cole dite philosophique1 parmi lesquels nous voyons ,geoffroy ,saint-,hilaire en ,france4 ,gthe et ,oken en ,allemagne1 demande tre tablie par quelques dveloppements4 ,une des premires notions acqurir est relative la distribution diffrente1 chez les vertbrs et chez les invertbrs1 de cette chose si mystrieuse dans son essence mme1 cause suivant les uns1 effet suivant les autres1 qu'on appelle la vie444 ,si l'on regarde la vie comme une cause1 un principe d'action ayant son origine dans tel ou tel point de l'organisme1 et si l'on nous permet de reprsenter1 pour ainsi dire1 la vie par une quantit qui sera plus ou moins grande suivant la puissance plus ou moins grande aussi de l'effet produit1 nous dirons que chez les invertbrs la vie semble tre rpandue en gales quantits dans toutes les parties de l'organisme4 ,chez les vertbrs1 au contraire1 la vie se concentre en un point particulier de chaque individu1 ou du moins dans une partie restreinte de son tre4 ,que si l'on veut voir dans la vie un effet1 une rsultante1 on pourra exprimer le principe que nous voulons noncer en disant que1 chez les ,invertbrs1 cette rsultante ne parat pas tre la consquence de l'action plus particulire de tel ou tel point de l'organisme1 comme cela a lieu chez les vertbrs1 o1 pour employer une expression un peu trop rigoureuse pour de tels objets1 la rsultante semble applique un ou plusieurs organes spciaux et distincts4 ,un exemple fera mieux ressortir le fait en question4 ,que l'on coupe une patte un chien2 part le trouble tout local qu'prouvera l'conomie1 l'animal peut continuer vivre4 ,si l'on poursuit la mutilation1 on peut la pousser peut-tre assez loin sans que la vie cesse2 mais on arrive toujours un point de l'organisme tel que1 lorsqu'il est atteint1 la vie disparat brusquement4 ,ce point remarquable o semble se concentrer la vie1 ce nud vital1 pour employer l'expression de ,m4 ,flourens1 se retrouve chez tous les vertbrs4 ,on peut aussi reprsenter la mme ide en rappelant l'image la fois saisissante et pittoresque de ,bichat1 qui montre la vie comme supporte par un trpied dont les trois pieds sont le cur1 le poumon et le cerveau4 ,que l'un des trois soit dtruit1 le trpied bascule1 la vie cesse4 ,par opposition1 prenons un insecte ou tout autre articul4 ,coupons les parties de son corps1 sparons sa tte mme3 la vie ne disparat point4 ,essayons l'instant des mutilations dans tous les sens1 il est bien vident que la mort finira toujours par arriver2 mais nous ne trouverons pas dans cet animal un point analogue au nud vital1 ou l'un des trois organes fondamentaux que nous avons trouvs chez les vertbrs1 point ou organe dont la lsion amnerait une disparition brusque de la vie4 ,ainsi le vertbr est bien ici reprsent comme exactement oppos l'invertbr4 ,entre l'un et l'autre1 il existe des diffrences fondamentales2 la vie se comporte tout autrement dans le sous-rgne privilgi auquel nous rattache notre structure anatomique1 et le sous-rgne o quelques zoologistes confondent encore ple-mle1 l'exemple de ,lamarck1 tous les autres types organiques4 ,c'est bien la centralisation exceptionnelle que l'on observe chez les vertbrs suprieurs qui fait que l'on considre le vertbr comme un tre part2 mais1 d'un ct1 cette centralisation a t exagre par ,bichat1 comme le prouve l'exemple de la poule de ,flourens qui vcut un mois priv de son cerveau1 comme le prouve la prdominance de plus en plus grande des fonctions de la moelle pinire sur celles du cerveau mesure que l'on considre des types de vertbrs plus infrieurs2 d'un autre ct1 cette centralisation est le phnomne mme qui amne graduellement les communauts l'tat d'organisme individuel2 nous l'avons vue parvenir dj un haut degr chez les ,arthropodes2 elle ne fait que s'lever un degr de plus chez les vertbrs1 et cette diffrence du plus au moins peut-elle faire oublier les rapports successivement signals par ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,ampre1 ,dugs1 ,gthe1 ,oken1 ,richard ,owen1 ,leydig1 ,m4 de ,quatrefages entre l'organisation segmentaire ou le mode de dveloppement des vertbrs et l'organisation segmentaire ou le mode de dveloppement des vers annels et des arthropodes8 videmment non4 ,s'il en est ainsi1 si les vertbrs sont rellement forms de zoonites comme les invertbrs1 s'ils ne diffrent que par un degr de coalescence plus grand de leurs zoonites1 il n'y a plus lieu de les mettre part2 la mme loi d'volution s'applique au rgne animal tout entier4 ,chez les vertbrs1 comme chez les invertbrs1 la complication organique a t obtenue par la fusion plus ou moins complte de zoonites ayant bourgeonn les uns sur les autres et dont le premier1 auquel on peut donner le nom de protomride#acb1 tait seul originairement le produit direct de l'uf4 99 99 99 99 99 ,en rsum1 tout cet ensemble de faits et d'ides conduit donc ncessairement une conception simple de l'volution de l'individualit animale4 ,elle est d'abord rduite un plastide unique1 l'uf2 l'uf produit par une division rpte de sa substance un plus ou moins grand nombre de plastides nouveaux4 ,ces plastides nouveaux peuvent se sparer ds qu'ils sont forms1 et se multiplier leur tour sous la mme forme ou sous des formes diffrentes2 c'est ce qui arrive chez un grand nombre de protozoaires4 ,la division de l'uf peut tre ou non prcde de son mlange intime avec un lment semblable lui ou en forme de filament mobile4 ,dans le premier cas il y a conjugaison2 dans le second fcondation4 ,la fcondation prcde presque toujours la division de l'uf lorsque celle-ci doit amener la production de plastides destins demeurer associs2 son absence constitue le phnomne de la parthnogense4 ,les plastides qui demeurent associs1 ne sont pas astreints conserver une forme unique2 ils forment1 ds qu'ils se diffrencient1 un organisme relativement simple1 sans type dfini1 auquel nous donnerons le nom de mride#acc4 ,les mrides se multiplient comme les plastides3 tantt ils produisent directement des ufs2 tantt ils donnent naissance des mrides nouveaux qui peuvent1 ds qu'ils sont forms1 se sparer de leur parent et vivre d'une faon indpendante3 c'est le cas de quelques ponges infrieures1 de l'hydre d'eau douce et d'un certain nombre de vers infrieurs4 ,une partie des phnomnes de la gnration alternante et de la gnagnse se rattache ce mode de dveloppement des mrides jouissant de ce que ,van ,beneden a appel la dignse4 ,les mrides ns les uns des autres peuvent aussi demeurer unis entre eux4 ,ils forment alors ce qu'on nomme des communauts ou des colonies4 ,les mrides d'une mme colonie peuvent revtir des formes diverses1 accomplir des fonctions diffrentes2 des groupes de mrides appropris ces fonctions peuvent se dtacher de la colonie sur laquelle ils sont ns et donner lieu aux cas les plus remarquables de gnagnse ou de gnration alternante4 ,c'est ce qu'on observe dans la gnration alternante des mduses et des annlides4 ,mais aussi tous les mrides ns les uns des autres peuvent demeurer unis entre eux1 se modifier de faons diffrentes1 devenir tellement solidaires qu'ils soient insparables2 leur ensemble constitue alors un organisme nouveau ayant tous les caractres d'un individu2 c'est le cas de tous les animaux suprieurs auxquels on peut donner le nom de zodes ou de dmes1 suivant qu'ils sont directement dcomposables en mrides ou qu'il faut d'abord distinguer en eux des groupes de mrides1 de zodes1 ayant des proprits ou des fonctions particulires1 comme chez les animaux dont le corps prsente plusieurs rgions distinctes4 ,quand le protomride se fixe1 il produit par bourgeonnement des colonies irrgulires1 arborescentes1 ramifies ou incrustantes1 sur lesquelles il suffit qu'un certain nombre d'individus quivalents entre eux se rapprochent autour d'un centre commun pour produire des organismes rayonns4 ,quand le protomride demeure libre et rampant1 il prsente une symtrie bilatrale1 ne produit de bourgeons qu' son extrmit postrieure et donne naissance des organismes segments dont les vers annels1 les arthropodes et les vertbrs sont les principales formes4 ,les diffrents modes de symtrie qui caractrisent les grands types organiques trouvent donc une explication rationnelle1 et il n'est plus ncessaire de faire intervenir directement une pense cratrice distincte pour en rendre compte4 ,la production du protomride1 la formation des mrides et des zodes1 tous les phnomnes de reproduction qui ne ncessitent pas la fcondation1 tous ces phnomnes de mtagnse1 peuvent avoir lieu successivement et former plusieurs tapes plus ou moins distinctes du dveloppement2 elles peuvent aussi avoir lieu plus ou moins rapidement et souvent assez vite pour s'tre dj accomplies avant l'closion2 c'est grce au degr plus ou moins grand de cette acclration des phnomnes mtagnsiques qu'il semble exister chez les animaux plusieurs types de dveloppement4 ,cette acclration arrive son maximum chez les organismes les plus levs de chaque groupe3 certaines mduses1 quelques-uns des chinodermes actuels1 les crustacs suprieurs1 les arachnides1 les insectes1 les mollusques1 les vertbrs sortent ainsi de l'uf avec tous les mrides qui doivent les constituer et ne subissent plus que des modifications de dtail1 tandis que la plupart des clentrs1 les crinodes1 le plus grand nombre des vers et des crustacs infrieurs ne possdent encore leur naissance qu'un petit nombre de mrides et souvent un seul4 ,ainsi une mme thorie runit tous les grands traits de la formation graduelle et de la structure dfinitive des individus organiss4 ,rien n'est plus simple que de faire comprendre ce que sont ces individus1 si l'on cherche d'abord comment ils se sont raliss1 si on les considre comme un rsultat2 rien n'est plus difficile que de les dfinir si on les considre indpendamment de toutes les formes qu'ils ont prsentes1 si on s'obstine voir en eux des faits primordiaux4 ,nous retrouvons ici l'opposition que nous avons dj signale entre la clart qu'apporte dans les sciences naturelles l'hypothse du transformisme et l'inextricable confusion qu'entrane avec elle et partout l'hypothse de la fixit des formes vivantes4 ,c'est une erreur que de vouloir englober dans une mme dfinition l'individu tel que nous le montrent les groupes suprieurs du rgne animal et les formes flottantes si frquentes dans les groupes infrieurs2 l l'individu n'existe pas encore4 ,il est presque inutile de faire remarquer que la thorie de la formation de l'individualit que nous venons d'exposer1 peut tre prsente comme indiquant galement la voie qu'ont d suivre les tres vivants pour arriver leur degr actuelle de complication1 si la vie a commenc sur la terre par des formes simples comparables aux plastides4 ,chercher quelles ont pu tre les conditions de cette apparition est permis2 mais l nous en sommes rduits aux conjectures4 ,quelles conditions ont prsid la formation des premiers plastides8 ,pourquoi cette formation parat-elle avoir cess8 ,pourquoi sommes-nous demeurs incapables jusqu'ici de former de toutes pices du protoplasme vivant8 ,ce sont l des questions auxquelles nous n'entrevoyons mme pas de rponse scientifique4 ,d'ailleurs aucune science n'a pu remonter1 pour les phnomnes dont elle s'occupe1 jusqu' ces questions d'origine3 l'astronomie ignore d'o vient la matire et comment se sont forms les astres dont elle tudie la course et la constitution2 la physique ne connat pas la cause des diverses sortes de mouvements et de leurs rhythmes1 bien qu'elle ait su enchaner par des lois mathmatiques les innombrables phnomnes que produisent la pesanteur1 la chaleur1 la lumire1 l'lectricit1 le magntisme1 simples formes du mouvement2 la chimie cherche encore pourquoi il existe des corps simples et dans quelles conditions ces lments1 en apparence immuables1 ont pu prendre naissance4 ,la biologie1 rservant la question de la premire apparition de la vie et de la substance vivante1 demeure dans les conditions communes toutes les sciences d'observation4 ,il lui suffit d'avoir acquis la connaissance des lments dont les combinaisons varies constituent les tres vivants qu'elle tudie4 ,avant l'apparition du livre de ,darwin1 tous les traits ncessaires la constitution de cette thorie de l'individualit animale taient dans la science2 il n'est pas un de ses chapitres qui ne se soit prsent un moment donn l'esprit de quelque naturaliste4 ,mais tous ces traits taient pars2 c'est seulement dans ces dernires annes qu'ils ont pu tre runis4 ,l'individu tant ainsi connu dans sa constitution intime et dans son mode probable d'volution palontologique1 il faut dterminer comment cette constitution arrive se raliser dans chaque individu3 c'est l le rle de l'embryognie1 dont nous devons mieux prciser que nous ne l'avons fait jusqu'ici la part contributive l'dification de la philosophie zoologique4 ,,chapitre ,,xix ,l',,embryog,,nie ,l'pigense et l'embryognie4--,harvey3 ,influence de la thorie cellulaire4--,l'uf considr comme cellule4--,thorie des feuillets blastodermiques4--,gnralisation exagre des rsultats obtenus par l'tude des vertbrs4--,l'embryognie au point de vue de l'histogense et de l'organogense4--,serres et l'anatomie transcendante3 l'embryognie considre comme une anatomie compare transitoire2 arguments l'appui de cette thorie4--,classifications embryogniques2 causes de leur insuffisance4--,l'embryognie d'un organisme en est la gnalogie abrge4--,acclration embryognique2 phnomnes perturbateurs qui en rsultent4--,liens rels entre l'embryognie1 la morphologie gnrale et la palontologie4 ,l'embryognie ne date videmment que du jour o fut dfinitivement renverse l'hypothse que l'tre vivant tait tout entier contenu dans le germe2 que toutes ses transformations consistaient dans un accroissement de ses parties et dans le fait que des organes d'abord invisibles1 quoique ayant une existence relle1 devenaient peu peu apparents4 ,une hypothse laquelle se rattachaient les grands noms de ,swammerdam1 de ,malebranche1 de ,leibnitz1 de ,haller1 de ,bonnet et de ,cuvier lui-mme devait1 si strile qu'elle ft1 rsister longtemps aux efforts tents pour la renverser4 ,jusque dans la premire moiti de ce sicle1 ses partisans luttrent contre l'vidence mme1 et cependant1 ds #afeb1 ,harvey1 en affirmant que tout tre vivant procde d'un uf1 avait pos sur ses bases vritables le problme embryognique4 ,c'tait l1 la vrit1 une intuition de gnie1 mais une simple intuition2 l'aphorisme3 ,omne vivum ex ovo1 ne pouvait avoir toute sa valeur que si l'on tablissait1 au pralable1 en quoi consistait un uf1 et si l'on retrouvait des ufs chez tous les tres vivants4 ,rgner de ,graaf1 mort en #afgc1 aperut le premier l'uf des mammifres dans les trompes de la matrice et dcouvrit la partie de l'ovaire o se forme l'uf1 mais sans y reconnatre l'uf lui-mme4 ,cent cinquante ans aprs seulement1 von ,bar tablit que c'est prcisment dans le follicule de ,graaf que l'uf des mammifres prend naissance1 mais l'assimilation des parties de cet uf celles de l'uf des oiseaux ne put tre faite d'une manire satisfaisante qu'en #ahcd par ,coste4 ,la dcouverte des spermatozodes1 due de ,hamm et ,leuwenhoek1 ne servit gure d'abord qu' alimenter les discussions entre les ovulistes et la animalculistes1 les uns voulant que le germe rside dans l'uf1 les autres dans le spermatozode1 et ce sont des contemporains1 ,,mm4 ,prvost et ,dumas1 qui ont dfinitivement tabli que la pntration des spermatozodes dans l'uf est1 en gnral1 ncessaire au dveloppement de ce dernier et constitue1 proprement parler1 la fcondation4 ,toutefois1 comme l'a observ ,m4 de ,quatrefages sur les ufs de ,hermelle1 comme cela rsulte du dveloppement constant des ufs non fconds des abeilles et d'autres hymnoptres1 et de beaucoup d'autres faits analogues1 la fcondation n'est pas indispensable au dbut du travail gnsique4 ,swammerdam avait dj vu que les matriaux de l'uf fcond se partageaient en plusieurs masses distinctes4 ,ce sont aussi ,,mm4 ,prvost et ,dumas qui ont tabli que cette segmentation du vitellus de l'uf tait le premier phnomne de l'volution embryonnaire4 ,bientt on reconnut la gnralit peu prs absolue de ce phnomne1 dont toute l'importance ne devait apparatre qu'aprs l'tablissement de la thorie cellulaire4 ,les anatomistes ne tardrent pas1 en effet1 pressentir que l'uf n'tait autre chose qu'une cellule1 le premier des lments histologiques de l'embryon1 le progniteur de tous les autres4 ,klliker en conclut aussitt que la segmentation n'est qu'une forme de la division cellulaire2 et il soutient1 avec ,bischoff1 ,reichert et ,virchow1 que toutes les cellules de l'embryon1 toutes celles de l'animal adulte descendent par une srie ininterrompue de divisions successives1 par une vritable filiation1 de la cellule ovulaire4 l'aphorisme ,omne vivum ex ovo de ,harvey vint s'ajouter l'aphorisme de ,virchow3 ,omnis cellula cellula4 ,au fond1 la seconde de ces propositions comprend la premire4 ,les tres vivants les plus simples pouvant tre considrs comme constitus par un lment histologique1 par un plastide unique1 et rciproquement les plastides ou cellules associes pour former un organisme tant eux-mmes de vritables tres vivants1 ayant une existence1 indpendante1 l'aphorisme de ,harvey et celui de ,virchow reviennent dire qu'il ne saurait y avoir de gnration spontane ni dans les organismes vivants1 ni en dehors d'eux4 la vrit1 il faut ici s'entendre sur les mots1 et cette proposition n'exclut pas la possibilit de la transformation en cellules bien dfinies de masses protoplasmiques amorphes1 telles que celles qu'on a quelquefois signales dans les tissus en voie de formation sous le nom de blastmes4 ,cette opinion a t soutenue par des histologistes minents1 tels que ,m4 ,ch4 ,robin4 ,savoir comment procdent de l'uf tous les lments qui concourent former le corps humain ou celui d'un animal1 dterminer toutes les tapes que traverse l'embryon avant d'arriver l'tat d'organisme dfinitif1 tel est dsormais le problme tout entier de l'embryognie1 problme qui se complique de cet autre3 dterminer la raison d'tre de ces formes successives1 souvent si diffrentes les unes des autres1 que l'embryon ne fait que traverser pour arriver une forme dernire qui marque le terme de son volution4 ,bien avant que la signification de l'uf et des premires phases de son volution ait pu tre comprise1 les phnomnes embryogniques taient dj considrs sous deux points de vue diffrents4 ,tandis que certains embryognistes s'efforaient surtout de dterminer le mode de formation des tissus et des organes1 d'autres envisageaient surtout les rapports gnraux qui peuvent exister entre les formes successives des embryons et celles des animaux adultes4 ,il est aujourd'hui possible de rattacher troitement les uns aux autres les rsultats obtenus dans ces deux directions diffrentes2 mais les deux coles n'en ont pas moins laiss des traces spares4 ,il est encore facile de reconnatre leur influence respective dans les recherches de nos contemporains4 ,l'homme1 quelques rares mammifres1 le poulet servaient naturellement de point de dpart aux embryognistes qui se proccupaient de rechercher le mode de formation des tissus et des organes4 ,l'embryognie1 comme les autres branches de l'histoire des animaux1 se trouva donc engage1 ds le dbut1 dans cette voie essentiellement antiscientifique qui consiste prendre comme types les phnomnes les plus compliqus et tenter d'y ramener les plus simples1 au lieu de procder1 comme dans les sciences exprimentales1 du simple au compos4 ,gaspard-,frdric ,wolf 7#agcc-agid7 avait vu1 chez le poulet1 le tube intestinal apparatre sous la forme d'un feuillet plan qui se repliait peu peu et dont les bords arrivaient finalement se souder4 ,il admit une origine analogue pour les autres systmes d'organes1 et ,pander1 en #ahag1 valua trois le nombre des feuillets superposs d'o provenaient tous les organes4 ,ces trois feuillets germinatifs1 dont il est aujourd'hui sans cesse question dans les recherches embryogniques1 taient1 pour ,pander1 le feuillet muqueux1 le feuillet sreux et le feuillet vasculaire4 ,sous l'influence vidente d'ides thoriques analogues celles de ,bichat1 ,von ,bar porta quatre le nombre des feuillets embryogniques et les divisa en deux couches3 la couche animale1 comprenant le feuillet cutan et le feuillet musculaire2 la couche vgtative1 comprenant le feuillet vasculaire et le feuillet muqueux4 ,depuis les recherches de ,reichert et de ,remak1 on s'accorde assez gnralement aujourd'hui admettre trois feuillets blastodermiques3 #a l'exoderme ou feuillet externe qui produit l'piderme1 le systme nerveux ainsi que leurs dpendances1 et qu'on pourrait1 par suite1 appeler le feuillet sensoriel2 #b le msoderme ou feuillet moyen1 qui produit les muscles et les vaisseaux1 et qu'on dsigne aussi sous le nom de feuillet moto-germinatif2 #c enfin l'entoderme ou feuillet interne1 qui1 produisant l'pithlium du tube digestif et celui des glandes qui en dpendent1 mrite la dnomination de feuillet intestino-glandulaire4 ,avoir ramen tous les phnomnes embryogniques l'histoire des transformations des trois feuillets distincts1 c'tait sans doute avoir singulirement facilit la comparaison de ces phnomnes chez les divers organismes4 ,les observateurs n'ont1 en consquence1 cess de mettre tous leurs soins retrouver ces feuillets chez les embryons de tous les animaux1 dterminer leur mode de formation et leurs transformations diverses1 tendant ainsi au rgne animal tout entier les rsultats qui avaient t fournis par l'tude des seuls vertbrs4 ,une telle gnralisation n'a pu tre obtenue sans modifier considrablement le sens primitif des mots4 ,les embryons de la plupart des animaux infrieurs ne sont plus constitus par trois lames planes superposes1 mais par deux sacs embots l'un dans l'autre1 ayant un orifice commun1 et entre lesquels se forment de diverses faons des tissus nouveaux auxquels on a appliqu en bloc la dnomination de msoderme4 ,ces deux sacs eux-mmes n'existent pas toujours4 ,les larves des ponges1 celles de la plupart des clentrs ne prsentent que tardivement des parties comparables un exoderme et un entoderme1 de sorte qu'aucune thorie gnrale de l'embryognie ne saurait prendre pour point de dpart les trois feuillets blastodermiques des vertbrs4 ,aussi bien le problme n'est-il pas de retrouver plus ou moins exactement les analogies de ces feuillets dans le rgne animal tout entier1 mais d'expliquer pourquoi l'embryon de la plupart des vertbrs se trouve au dbut form de trois feuillets plans4 ,la thorie des feuillets a pu avoir son utilit1 au point de vue de l'organogense ou de l'histogense2 elle a permis de coordonner un certain nombre de faits2 mais la philosophie zoologique n'a videmment rien attendre d'une doctrine qui regarde tout d'abord comme rsolu le problme dont elle devrait1 au contraire1 se proposer la solution4 ,des horizons autrement tendus s'ouvrent devant les embryognistes qui se placent au point de vue de la morphologie gnrale et recherchent quels rapports peuvent exister entre les formes embryonnaires et les formes adultes des animaux de mme groupe4 ,la ressemblance vidente que les ttards des grenouilles et des autres batraciens prsentent avec les poissons avait dj inspir ,kielmeyer l'ide que les animaux suprieurs traversent1 avant d'arriver l'tat adulte1 les formes que montrent l'tat permanent les animaux infrieurs du mme groupe4 ,nous avons retrouv cette ide dans les crits d',autenrieth1 dans ceux des philosophes de la nature et surtout dans ceux de ,geoffroy ,saint-,hilaire1 qui en fait la plus heureuse application la dtermination des parties analogues dans les diverses classes de vertbrs2 mais un lve de ,geoffroy1 qui fut1 comme lui1 professeur au ,musum d'histoire naturelle1 ,serres1 est1 sans contredit1 le savant qui fit le plus d'efforts pour mettre en relief les liens troits qu'il pressentait entre l'embryognie1 l'anatomie compare et mme la morphologie extrieure des animaux#acd4 l'exemple des philosophes de la nature1 avec qui il n'est pas sans prsenter parfois un peu trop de ressemblance1 ,serres admet comme un principe vident que la constitution de l'homme est en ralit un petit monde#ace dans lequel doit venir se reflter l'histoire entire du rgne animal4 ,cette hypothse1 qui pourrait tre la conclusion finale de toute sa philosophie1 en est1 en ralit1 le point de dpart4 ,c'est un a priori autour duquel il essaye de grouper les faits1 et la doctrine qu'il difie sur cette base n'est pas1 au premier abord1 sans une certaine apparence de grandeur4 ,l'homme tant le rsum du rgne animal1 ses organes1 ses appareils traversent successivement1 au cours de leur dveloppement1 les tats dfinitifs que prsentent les mmes organes1 les mmes appareils dans les genres1 les familles et les classes dont se compose l'chelonnement du rgne animal4 ,l'histoire de la formation des organes de l'homme est ainsi en petit la rptition de l'histoire des organes des animaux4 ,la srie animale n'est qu'une longue chane d'embryons1 jalonne d'espace en espace1 et arrivant enfin l'homme#acf4 ,dous d'une somme de vie plus ou moins grande1 les organismes infrieurs s'arrtent plus ou moins tt dans la voie que parcourt rapidement l'embryon humain4 ,arrt d'une part1 marche progressive de l'autre1 voil tout le secret des dveloppements1 voil la diffrence fondamentale que l'esprit humain peut saisir entre l'organognie humaine d'une part et l'anatomie compare d'autre part1 et l'on peut dire que l'organognie humaine est une anatomie compare transitoire1 comme1 son tour1 l'anatomie compare est l'tat fixe et permanent de l'organognie de l'homme4 ,dans sa discussion acadmique avec ,cuvier1 4 ,geoffroy ,saint-,hilaire avait t conduit ramener implicitement l'unit de plan de structure du rgne animal l'unit de plan de dveloppement4 ,c'est cette dernire unit qui est1 suivant ,serres1 la loi mme de la nature1 de sorte que le rgne animal tout entier n'apparat plus que comme un seul animal qui1 en voie de formation dans les divers organismes1 s'arrte dans son dveloppement1 ici plus tt et l plus tard1 et dtermine ainsi1 chaque temps de ces interruptions1 par l'tat mme dans lequel il se trouve alors1 les caractres distinctifs et organiques des classes1 des familles1 des genres1 des espces#acg4 ,l'histoire des animaux infrieurs1 l'histoire des monstres1 l'histoire des animaux fossiles se rattachent ainsi troitement l'organognie1 et l'on comprend qu'en prsence des vastes domaines qu'il essaye de lui conqurir1 ,serres ait dcor la science grandiose qu'il entrevoit du nom d'anatomie transcendante4 ,pourtant le point de vue auquel s'est plac l'ingnieux professeur d'anatomie compare du ,musum n'est point encore assez lev4 ,sa proccupation de retrouver l'homme partout l'empche de bien saisir toute la varit du rgne animal et de reconnatre les vritables rapports qui unissent entre elles les formes vivantes4 ,on se tromperait trangement si l'on croyait que les choses1 dans la nature1 se passent aussi simplement que ,serres le supposait4 ,si l'homme s'lve par son intelligence une hauteur incommensurable au-dessus du rgne animal1 si son cerveau peut tre considr comme indiquant1 au point de vue du systme nerveux1 le terme extrme de l'volution organique1 il n'en est certainement pas de mme de ses autres organes4 ,les organes de la digestion sont1 chez l'homme1 moins parfaits que chez les ruminants2 ses organes de la respiration et de la circulation sont moins compliqus que les organes analogues des oiseaux1 et ses autres organes de nutrition n'ont rien qui les place incontestablement au-dessus de ceux de beaucoup d'animaux4 ,ses organes des sens sont moins dlicats que ceux de beaucoup de mammifres carnassiers et sa main1 sur laquelle on a crit tant de dithyrambes1 est beaucoup moins loigne des formes primitives1 toutes pentadactyles1 que le pied d'une antilope ou d'un cheval4 ,il n'y a donc aucune raison pour que l'embryognie humaine rsume celle du rgne animal tout entier1 pour qu'elle soit1 elle seule1 une anatomie compare complte4 aucune phase de son dveloppement un embryon humain n'est un vritable poisson2 il n'est pas davantage reptile ou oiseau une phase plus avance4 ,voil ce qui est object par tous les embryognistes la thorie de ,serres1 et ce qui fera tomber dans le discrdit son anatomie transcendante4 ,cependant une grande partie des faits sur lesquels elle s'appuie ne sauraient tre mis en doute4 ,bien rellement la circulation du ftus de mammifres rappelle un certain moment celle des reptiles2 la constitution de leur crne n'est pas au dbut sans analogie avec celle du crne des poissons2 leur face prsente tout d'abord des arcs comparables aux arcs branchiaux des poissons2 les premires phases du dveloppement de la tte et du corps sont communes tous les vertbrs4 ,d'autre part1 les trs jeunes batraciens sont par toute leur organisation de vritables poissons2 les embryons des oiseaux ont beaucoup plus d'analogie avec les reptiles que n'en ont les oiseaux adultes1 et1 si l'on compare1 dans l'embryon des vertbrs et dans celui des animaux articuls1 la position des principaux systmes d'organes relativement au vitellus1 on est frapp de trouver chez ces embryons une identit absolue1 l o les adultes ne prsentent qu'opposition4 ces faits1 connus depuis plus ou moins longtemps1 chaque jour vient en ajouter de nouveaux1 et l'embryognie ne cesse de causer les plus grandes surprises aux zoologistes4 ,sans parler de ces phnomnes si merveilleux des gnrations alternantes1 dont nous avons prcdemment montr toute l'importance1 on dcouvre que le plus grand nombre des acalphes de ,cuvier commencent par tre des polypes2 ces deux classes d'animaux sont dsormais confondues1 et il semble qu'on puisse considrer les polypes comme des acalphes arrts dans leur dveloppement4 ,johannes ,mller tudie les singulires mtamorphoses des chinodermes1 et l'on peut un moment se croire en droit de comparer des acalphes les larves transparentes de ces rayonns4 ,un instant1 ,thomson croit avoir dcouvert une petite encrine vivant sur nos ctes2 il constate bientt que cette encrine n'est autre chose qu'une larve de comatule2 le comatule reproduit ainsi1 dans son jeune ge1 une forme infrieure de son groupe1 dont presque tous les reprsentants sont demeurs l'tat fossile4 ,les animaux actuels peuvent donc ressusciter1 dans leur jeune ge1 des formes vivantes aujourd'hui disparues1 et voil rendu probable ce lien entre la palontologie et l'embryognie que ,serres se plat signaler4 ,bien qu'elles n'aient pas cette signification1 les mtamorphoses des ,trmatodes et des ,cestodes peuvent si bien paratre relier les vers parasites aux infusoires que ,louis ,agassiz propose la suppression de cette classe d'tres microscopiques1 qui ne sont1 suivant lui1 que des larves d'animaux plus levs4 ,le dveloppement des annlides suggre ,m4 ,milne ,edwards et ,m4 de ,quatrefages les belles ides que nous avons dj exposes4 ,thompson1 ,nordmann et d'autres observateurs montrent que tous les crustacs infrieurs ont une forme larvaire commune1 le nauplius1 que l'on avait pris d'abord pour un organisme autonome1 pour un genre spcial de crustacs4 ,beaucoup de crustacs dcapodes sont1 leur naissance1 de vritables schizopodes2 les ,crabes conservent longtemps un abdomen normal avant de devenir brachyures4 ,fait plus remarquable encore1 ,thompson dcouvre que le nauplius est aussi la forme larvaire des cirripdes1 qui abandonnent ainsi dfinitivement l'embranchement des mollusques pour entrer dans celui des arthropodes2 ,spence ,bate dmontre que1 aprs avoir t nauplius1 les cirripdes prennent une forme qui rappelle compltement celle d'autres crustacs1 les cypris1 en qui l'on pourrait voir ds lors des cirripdes arrts dans leur dveloppement4 ,de nombreuses recherches trs concordantes tablissent que tous les mollusques gastropodes d'une part1 tous les mollusques lamellibranches de l'autre1 ont une forme larvaire commune1 et que ces deux formes peuvent aisment se ramener l'une l'autre4 ,les gastropodes nus ne se distinguent pas tout d'abord des autres1 et leur larve possde une coquille et un opercule comme celle des gastropodes ordinaires2 l'tude du dveloppement du taret montre ,m4 de ,quatrefages que ce lamellibranche si trange1 quand il est adulte1 revt d'abord la mme forme larvaire que les autres lamellibranches et prsente ensuite1 comme eux1 une coquille bivalve dans laquelle il peut se retirer compltement4 ,bien plus1 les magnifiques tudes de ,m4 de ,lacaze-,duthiers sur le ,dentale rvlent cette particularit frappante d'un mollusque intermdiaire entre les gastropodes et les lamellibranches dont la larve est d'abord trs peu prs celle d'un ver et devient ensuite identique une larve de lamellibranche ordinaire4 ,la larve des oscabrions1 observe par ,lovn1 a galement toute l'apparence d'une larve de ver4 ,les mollusques que ,serres comparait des ftus de vertbrs qui ne se seraient jamais dbarrasss de leurs membranes ftales1 revtiraient donc tout d'abord la forme de vers4 ,les services rendus par l'embryognie la zoologie systmatique ne cessent ainsi de se multiplier4 ,les rapports les plus imprvus sont souvent tablis par elle entre des groupes dont il tait impossible de supposer la parent4 ,non seulement on se trouve oblig de reconnatre l'identit spcifique d'tres que l'on plaait dans des genres ou mme des familles diffrentes1 mais des classes entires d'animaux doivent tre abolies4 ,les naturalistes les plus minents affirment l'impossibilit de dterminer la position systmatique d'un animal quelconque si l'on ne s'est astreint le suivre depuis les premires phases d'volution de l'uf d'o il doit sortir1 jusqu' ce qu'il devienne lui-mme capable de se reproduire par voie sexue4 ,c'est l'origine de ces belles monographies dont ,m4 de ,quatrefages a donn le modle lorsqu'il crivit l',histoire naturelle du ,taret1 et dont ,m4 de ,lacaze-,duthiers n'a cess depuis trente ans d'enrichir la science franaise4 ,le sens du mot embryognie s'tend d'ailleurs beaucoup4 ,la gnration agame1 la gnration alternante1 les mtamorphoses1 qu'elles s'accomplissent dans l'uf ou hors de l'uf1 rentrent dsormais dans le cadre des recherches embryogniques4 ,nous avons montr1 en traitant de ces phnomnes1 quels liens troits les unissent aux phnomnes de dveloppement proprement dit et quelle lumire a rpandue leur tude sur le mode de constitution des organismes4 ,l'embryognie ne pouvait prendre une si grande importance sans qu'on chercht systmatiser les rsultats auxquels elle avait conduit4 ,l'explication des transformations que subit chaque organisme dans son volution individuelle parat beaucoup trop loigne pour qu'on s'en embarrasse beaucoup2 on ne s'arrte pas plus qu'il ne faut la tentative de ,serres2 mais on demeure convaincu que son avortement n'est pas dfinitif1 et1 en attendant d'avoir dcouvert une meilleure formule1 on fait servir la classification les caractres transitoires fournis par l'embryognie1 malgr la rprobation dont ,cuvier les avait frapps4 ,von ,bar peut tre considr comme le premier qui ait publi une classification purement embryognique4 ,les quatre modes d'volution qu'il distingue dans le rgne animal ne lui servent la vrit qu' reconstituer1 peu de chose prs1 les embranchements de ,cuvier2 mais la caractristique de l'embranchement des vertbrs1 par rapport celui des articuls1 est si nette que c'est la seule qui ait pu tre conserve de nos jours1 et les subdivisions qu'il propose pour cet embranchement ont servi de point de dpart tous les perfectionnements ultrieurs4 ,c'est l1 en effet1 que pour la premire fois les vertbrs pourvus d'une allantode sont spars de ceux qui n'en ont pas1 et qu'il est fait appel aux dispositions diverses du cordon ombilical de l'allantode et du placenta1 pour distinguer1 parmi les mammifres1 les sous-classes et les ordres4 ,on sait quel heureux parti on a tir depuis1 pour la classification des mammifres1 des diverses modifications de forme que peut prsenter leur placenta4 ,les groupes primordiaux de ,von ,bar taient insuffisamment caractriss4 ,m4 ,van ,beneden a pens dfinir ces groupes en se servant comme caractres des rapports de l'embryon et du vitellus4 ,il nomme ,hypocotyldons ou ,hypovitelliens les animaux dont l'embryon repose sur le vitellus par son ct ventral 7vertbrs72 ,epicotyldons ou ,epivitelliens1 ceux dont le vitellus est dorsal 7articuls72 ,allocotyldons1 tous les autres animaux1 qui reconstituent ainsi l'ancienne grande classe des ,vermes de ,linn4 ,il est vident que cette dernire division1 base sur des caractres exclusivement ngatifs1 n'est nullement quivalente aux deux autres4 ,cela seul suffit montrer qu'au moment o le systme de ,van ,beneden a t conu l'embryognie n'avait pas encore dit son dernier mot4 ,m4 ,klliker a prfr faire intervenir1 pour caractriser ses divisions1 la part plus ou moins grande que prend le vitellus la formation de l'embryon4 ,enfin1 ,m4 ,carl ,vogt a propos1 son tour1 un systme dans lequel il tient compte des caractres employs par ,von ,bar1 ,van ,beneden et ,klliker1 mais o il introduit en mme temps d'autres caractres emprunts l'anatomie ou tirs de l'existence d'un vitellus cphalique chez les ,cphalopodes4 ,il faut bien le dire1 ces essais de classification n'ont pas t heureux1 et il en a t de mme de tous ceux qu'on a essay depuis de baser sur l'embryognie4 ,on pouvait mieux esprer d'une science qui avait permis de faire aux anciennes mthodes de si heureuses rectifications1 qui avait introduit tant d'ides nouvelles dans la biologie4 ,comment expliquer les dceptions qu'elle semble avoir causes8 ,cela est facile4 ,on remarquera que dans toutes les prtendues classifications embryogniques qui ont t proposes1 y compris les plus modernes1 il n'a t tenu aucun compte de la signification relative des phnomnes embryogniques4 ,depuis ,bonnet jusqu' ,fritz ,mller1 les naturalistes se sont efforcs en vain de dmontrer1 dans des spculations trop gnrales pour tre prcises1 que le dveloppement de l'individu n'tait autre chose que la rptition abrge du dveloppement de son espce4 ,cette proposition1 que tous les transformistes acceptent aujourd'hui et qui semblerait devoir mriter de nouveau l'embryognie le titre d'anatomie transcendante1 cette ide qui semblerait devoir tre si fconde1 ne trouve son application dans aucune des classifications proposes4 ,c'est qu'en effet l'embryognie d'un animal est la rsultante d'au moins trois facteurs qui interviennent simultanment pour produire la srie des phnomnes qu'elle prsente4 ,ces facteurs sont3 #a l'hrdit1 #b l'acclration embryognique1 #c le mode de nutrition de l'embryon1 l'indpendance des plastides1 des tissus1 des organes et des appareils4 ,en vertu de l'hrdit1 un animal devrait passer1 dans le cours de son dveloppement1 par la srie de toutes les formes qu'ont revtues ses anctres directs dans la succession des temps4 ,comme ces anctres ont laiss des descendants modifis de diverses faons et d'autres qui reproduisent plus ou moins exactement les formes ancestrales1 il est vident que1 si notre proposition est vraie1 l'embryognie compare devrait toujours permettre de reconnatre le degr de parent des animaux appartenant une mme ligne2 elle seule1 elle devrait fournir les moyens de dresser un arbre gnalogique authentique du rgne1 de formuler les lois de l'anatomie compare1 d'instituer une mthode de classification vraiment naturelle4 ,les caractres fournis par elle devraient primer tous les autres4 ,toutes ces conclusions sont parfaitement lgitimes1 mais c'est la condition que rien ne soit venu troubler la succession des formes imposes par l'hrdit l'embryon1 que rien ne soit venu modifier ces formes elles-mmes4 ,or il n'en est pas ainsi4 ,toutes les formes qu'ont revtues les anctres d'un animal donn taient ncessairement des formes capables de se prter une existence indpendante1 au moins pendant la priode de reproduction4 ,quelle que soit l'poque o l'on vienne briser les enveloppes d'un uf1 il semblerait donc que l'embryon abrit par elles devrait tre capable de continuer vivre librement1 de chercher lui-mme sa nourriture1 d'assurer son dveloppement ultrieur4 ,or chacun sait qu'il n'en est pas ainsi4 ,si les formes successives de l'embryon sont des formes ancestrales1 ce sont certainement des formes ancestrales profondment modifies4 ,comme1 au point de vue de la comparaison des animaux adultes1 que visent avant tout la classification et l'anatomie1 les formes ancestrales ont seules de l'importance1 tant qu'on n'aura pas distingu1 dans les formes de l'embryon1 ce qui est primitif de ce qui est modifi1 ces formes ne pourront donner que des indications douteuses4 ,cette distinction serait videmment facilite si l'on connaissait les causes qui ont modifi l'embryognie telle qu'elle devrait tre thoriquement4 ,or parmi ces causes sont prcisment les trois autres facteurs dont nous avons parl tout l'heure et dont il nous faut apprcier l'influence4 ,en premier lieu1 il est vident que1 si l'embryon passe par toutes les phases qu'a traverses son espce1 il en abrge considrablement la dure4 mesure que les gnrations de forme diffrente se succdent1 cette dure se raccourcit de plus en plus de manire que le dveloppement tienne peu prs dans le mme espace de temps2 il y a donc ncessairement une acclration de plus en plus grande des phnomnes embryogniques4 ,cette acclration entrane avec elle des modifications rapides de la forme de l'animal1 analogues celles que subissent les larves d'insectes1 arrives au terme de leur croissance4 ,pas plus pour les embryons1 en gnral1 que pour les larves d'insectes1 ces transformations incessantes ne peuvent s'accorder avec l'activit des organes4 ,l'embryon passe donc1 au repos1 protg par les enveloppes de l'uf1 la plus grande partie de sa priode de dveloppement4 ,toutefois1 dans un mme groupe zoologique1 son closion peut avoir lieu aux stades volutifs les plus divers4 ,c'est ainsi que1 dans l'ordre des crustacs dcapodes1 les ,penus sortent de l'uf l'tat1 de ,nauplius1 les crevettes et la plupart des autres ,dcapodes l'tat de ,zo qui succde1 chez les ,penus1 celui de ,nauplius4 ,ces ,zos revtent ensuite l'aspect des ,mysis1 et c'est sous ce dernier aspect seulement qu'closent les ,scyllares1 les ,langoustes et mme les ,homards2 enfin le stade ,mysis est1 son tour1 travers dans l'uf par les ,bernard l',ermite et les crevisses1 qui naissent avec tous les caractres des vrais dcapodes4 ,on peut conclure de l que l'acclration embryognique est loin d'tre la mme pour toutes les espces d'un mme groupe4 ,ses effets peuvent tre trs varis1 porter sur tel stade plutt que sur tel autre1 laisser subsister celui-ci tandis que celui-l sera devenu mconnaissable ou sera mme entirement supprim4 ,enfin1 l'acclration portant sur tous les stades en mme temps1 le dveloppement courant1 en quelque sorte1 vers le but atteindre de manire raliser l'animal adulte le plus rapidement et le plus conomiquement possible1 la marche entire des phnomnes d'volution pourra tre entirement transforme3 c'est ainsi que les phases entires du dveloppement pourront tre sautes1 que la cavit gnrale et les organes qu'elle contient se constituent de diverses faons1 que des enveloppes embryonnaires1 rsultant des mues accomplies dans l'uf ou de diverses autres causes apparatront ou non1 sans que les formes ralises au terme du dveloppement diffrent essentiellement les unes des autres4 ,d'autre part1 les transformations1 les mtamorphoses que l'embryon subit sous les enveloppes de l'uf reprsentent un travail qui ne peut s'accomplir si les lments anatomiques qui prennent part ce travail ne sont pas suffisamment nourris4 ,un certain degr d'acclration embryognique comporte donc l'accumulation dans l'uf de rserves alimentaires que l'embryon trouvera sa porte2 plus l'closion sera tardive1 plus la rserve devra tre considrable1 et la prsence simultane1 dans un espace restreint1 d'une provision d'aliments et d'un embryon qui se dveloppe1 devra entraner dans la faon d'volution de celui-ci des modifications importantes4 ce genre de modifications appartiennent1 sans aucun doute1 l'apparition plus ou moins tardive de la bouche1 son mode de formation1 ou encore la disposition en feuillets superposs et largement ouverts1 des premires bauches embryonnaires des vertbrs4 ,si l'on examine les caractres sur lesquels ont t fondes les diverses classifications embryogniques1 il est vident que les seuls auxquels on ait fait appel sont prcisment ceux qui rsultent de l'intervention de ces deux lments perturbateurs des phnomnes embryogniques normaux3 l'acclration embryognique1 l'accumulation de matriaux nutritifs dans l'uf4 ,il est cependant bien clair que de tels caractres ne sauraient avoir qu'une importance tout fait subordonne4 ,ils ne pourront tre utilement employs que dans les groupes trs levs1 o une adaptation troite certaines conditions d'existence aura entran1 chez l'embryon1 l'apparition de vritables organes hrditaires1 chargs de le nourrir4 ,c'est ainsi que l'allantode distingue les vertbrs dfinitivement adapts l'existence arienne de ceux qui ne le sont pas encore compltement ou qui ne le sont pas du tout2 que les diffrentes formes du placenta dnotent assez bien les affinits qui existent entre les ordres de la classe des mammifres4 ,mais l ce sont de vritables organes1 bien dfinis1 constitus par une longue laboration1 qui interviennent dans la classification au mme titre que les pattes ou les dents de l'animal adulte1 et non des modes de dveloppement4 ,toutes les classifications purement embryogniques sont donc tombes parce qu'elles ont emprunt leurs caractres des mcanismes de dveloppement qui peuvent se reproduire dans les types les plus divers1 des processus rsultant des perturbations de l'embryognie normale1 et non aux phnomnes essentiels de celles-ci4 ,avant que l'hypothse du transformisme ait donn l'embryognie la valeur d'un vritable tat civil1 les naturalistes1 sans doute par une raction bien naturelle contre les exagrations des philosophes de la nature1 ont trop perdu de vue ce paralllisme entre le dveloppement individuel des organismes suprieurs et la srie des tres qui1 partant des formes les plus simples1 s'lve graduellement jusqu' eux2 depuis que la doctrine de l'volution a conduit attribuer l'embryognie de chaque animal la valeur d'un livre gnalogique1 on a trop nglig le texte mme du livre pour ses enluminures1 et cela tait presque invitable1 tant donns les errements o avaient t engags les embryognistes par suite de la prpondrance qu'ils attribuaient l'embryognie humaine4 ,actuellement1 grce aux nombreuses et importantes recherches dont les animaux infrieurs ont t l'objet1 la morphologie et l'anatomie compare sont en mesure de montrer par quelle voie se sont constitus les grands types organiques1 de dterminer comment les organismes appartenant chacun de ces types se sont graduellement compliqus1 d'indiquer par consquent la marche normale des phnomnes embryogniques4 ,on entrevoit donc la possibilit de dterminer exactement en quoi ces phnomnes ont t troubls dans chaque cas1 et de remonter jusqu' la cause des perturbations4 ,le moment semble donc venu o il sera possible de relier par les liens les plus intimes1 comme ,serres l'esprait1 l'embryognie la morphologie et la palontologie4 99 99 99 99 99 ,nous avons montr dans ce chapitre et dans le prcdent comment se sont tablies les notions que nous possdons sur le mode de constitution de l'individu4 ,c'est l'aide d'lments anatomiques1 ou de vritables organismes1 ns les uns des autres1 mais variables dans leur forme avec les circonstances extrieures ou avec leur ordre de succession1 que les individus organiques quelque peu compliqus se sont forms4 ,ces individus1 qui sont eux-mmes capables de donner naissance des individus nouveaux1 peuvent-ils revendiquer rellement1 pour leurs descendants1 une permanence de la forme que nous ne trouvons aucun degr dans les lments ou les groupes d'lments dont ils sont composs8 ,cette succession d'tres ns les uns des autres est prcisment ce que nous nommons une espce4 ,nous sommes ainsi amens discuter enfin la question de la fixit ou de la variabilit des espces4 ,,chapitre ,,xx ,l',,esp,,ce ,,et ,,ses ,,modifications ,revue rapide des ides relatives l'espce4--,position vritable dit problme de l'espce3 manires directes de rsoudre ce problme4--,essais de solution indirecte4--,opposition de la race et de l'espce4--,prtendus critriums de l'espce3 fcondit limite2 instabilit des formes hybrides4--,thorie de ,godron4--,expriences et thorie de ,m4 ,ch4 ,naudin4--,identit de la race et de l'espce4--,thorie de la variabilit limite4--,comparaisons des doctrines d',isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire et de ,charles ,darwin4--,conclusions4 ,le sens que nous devons attacher au mode de constitution de l'individu est videmment li d'une faon intime cet autre problme3 la srie gnalogique des tres qui a abouti aux organismes vivant autour de nous et que nous rangeons dans une mme espce est-elle entirement compose d'individus identiques entre eux1 ou ces individus ont-ils subi de graduelles modifications qui permettent de considrer les animaux fossiles1 diffrents des animaux actuels1 comme leurs anctres1 et autorisent supposer que des animaux fossiles des dernires priodes gologiques on peut remonter des formes de plus en plus simples aboutissant finalement des plastides isols8 ,pour la premire de ces alternatives se dcident franchement ,linn1 ,cuvier1 de ,blainville1 ,flourens1 ,dugs1 ,louis ,agassiz4 ,les partisans de la variabilit des espces sont tout aussi nombreux2 mais ils entendent la variabilit de diverses faons4 ,pour ,bonnet1 la variabilit n'est qu'apparente2 les germes ont reu l'origine des choses une organisation approprie aux diverses poques gologiques2 ils se dveloppent lorsque ces poques ont amen des conditions qui leur sont propices4 ,pour ,buffon1 les espces primitivement cres se modifient2 mais leurs modifications1 directement produites par l'action des milieux1 sont de simples dgnrations du type primitivement tabli4 tienne-,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,gthe1 ,richard ,owen1 admettant que les tres ont t crs avec leur degr actuel de complication et n'ont fait que se modifier dans le dtail1 se rapprochent beaucoup de l'opinion de ,buffon1 tout en montrant plus de hardiesse4 rasme1 ,darwin et ,lamarck pensent1 au contraire1 que des formes trs simples1 cres par ,dieu ou nes spontanment1 se sont graduellement compliques1 perfectionnes pour arriver jusqu' leur forme actuelle4 ,de ces diverses opinions1 quelle est la vraie8 ,avant l'poque o ,darwin publia son livre mmorable sur l'origine des espces1 divers savants avaient cherch formuler une rponse en discutant soigneusement tous les faits acquis la science1 en mme temps que d'habiles exprimentateurs attaquaient le problme par divers moyens4 ,nous citerons surtout ,flourens1 ,koelreuter1 ,godron1 ,isidore ,geoffroy ,st-,hilaire et ,m4 ,naudin4 ,il faut reconnatre que leurs conclusions furent loin de s'accorder2 mais il est facile de montrer que les longues discussions auxquelles a donn lieu la question de l'espce tiennent1 en grande partie1 ce qu'on y a ml une foule de questions accessoires1 au lieu de se borner suivre les faits pas pas1 ce qu'on s'est jet corps perdu dans les ptitions de principe1 au lieu de suivre rsolument la mthode scientifique4 ,choisissons un couple d'animaux aussi voisins l'un de l'autre que possible et considrons les divers individus ns de leur union4 ,ces individus1 quoique frres et par consquent incontestablement de mme espce1 prsentent dj entre eux des diffrences suffisantes pour qu'un examen attentif permette toujours de les distinguer4 ,il est donc de toute vidence qu'il existe dans l'espce des caractres qui varient en quelque sorte spontanment4 ,de ces individus ns d'un mme pre et d'une mme mre1 faisons deux parts1 dont l'une continue vivre dans les conditions mmes o vivaient les parents1 tandis que l'autre1 transporte sous un climat diffrent1 sera place dans des conditions d'existence aussi loignes que possible des conditions premires4 ,srement1 durant le cours de la croissance des individus1 des dissemblances notables apparatront entre les deux groupes4 ,si1 dans ces conditions d'existences diffrentes1 on laisse les individus composant chacun des deux groupes se reproduire1 il arrivera gnralement qu' chaque gnration1 les dissemblances s'accentueront et pourront1 au bout d'un certain temps1 devenir considrables4 ,finalement1 si l'on ramne aux conditions d'existence premires les descendants du groupe qui en a t cart1 les caractres acquis se maintiendront trs longtemps et seront transmis presque intgralement leur descendance1 la condition de ne laisser s'unir que des individus prsentant les mmes dviations du type primitif4 ,les individus sur qui se sont fixs de la sorte des caractres nouveaux et hrditaires forment1 dans l'espce1 un groupe nettement dfini1 auquel on donne le nom de race4 ,les diverses espces ne se prtent pas aussi bien les unes que les autres la formation des races4 ,il en est qui1 transportes dans les contres les plus varies1 conservent tous leurs caractres avec une persistance remarquable4 ,certains papillons cosmopolites sont dans ce cas4 ,de ce que ces espces1 pour des raisons qu'il y aurait lieu de rechercher1 ne se laissent pas facilement briser en races1 on ne saurait videmment pas conclure que chez d'autres la formation des races ne soit au contraire relativement aise1 et c'est le seul point qu'il soit1 pour le moment1 indispensable de retenir4 ,les races1 une fois obtenues1 demeurent pures si l'on ne laisse s'unir entre eux que des individus qui en prsentent tous les caractres1 et surtout si l'on maintient ces individus dans les conditions d'existence o la race s'est produite4 ,supposons maintenant que des individus ayant constitu une race nouvelle1 par suite du transfert de leurs parents dans un pays loign de leur pays d'origine1 aient subi dans leurs lments reproducteurs1 dans leurs organes gnitaux1 dans l'poque de leur accouplement1 ou mme dans les humeurs de leur organisme des modifications telles qu'ils ne puissent s'unir aux individus demeurs sur place2 les deux races vivront cte cte sans aucun mlange1 et d'aprs toutes les dfinitions1 sauf celles d',agassiz1 nous appellerons ces races des espces4 ,nous avons fait ici une hypothse3 c'est que des individus de mme espce1 mais de race diffrente1 pouvaient subir des modifications de leur appareil reproducteur ou du reste de leur organisme capables de les isoler compltement des individus demeurs identiques leurs parents communs4 ,toute la question de l'espce est l3 le jour o cette sparation sera constate scientifiquement1 le problme de l'espce sera dfinitivement rsolu1 quelque difficult que puisse prsenter tel ou tel cas particulier4 ,c'est de plus la manire la plus directe de le rsoudre4 ,on a avanc plusieurs faits de ce genre1 mais ils ne sont malheureusement pas absolument concluants4 ,on obtiendrait encore une solution complte du problme par une marche inverse4 ,des espces trs voisines1 dont l'accouplement serait authentiquement infcond1 ne pourraient-elles tre amenes1 par l'obligation de vivre dans des conditions communes1 s'accoupler fructueusement8 ,plusieurs auteurs ont pens qu'il avait d en tre ainsi de quelques-uns de nos animaux domestiques1 les chvres1 les bufs1 les chiens surtout1 dont les nombreuses varits proviendraient d'espces sauvages sparment domestiques et mlanges ensuite4 ,ici1 un point capital manque l'argumentation1 la preuve que les espces dont il s'agit n'taient pas de simples races4 ,mais ce qu'on n'a pu faire jusqu'ici est faisable pour l'avenir1 et l'exprience mriterait d'tre tente4 ,les deux procds directs de solution faisant dfaut1 on a cherch tourner la difficult en tudiant les effets de l'accouplement d'individus unanimement considrs comme d'espce diffrente3 par exemple1 le chien et le chacal1 le chien et le loup1 le chien et le renard1 le chien et le chat2 l'ne et le cheval1 le chameau et le dromadaire1 le mouton et la chvre1 le taureau et la biche1 le mouflon et la brebis1 le bouquetin et la chvre1 le bouquetin et la brebis1 le chamois et la chvre1 les diverses espces de lamas1 le livre et le lapin1 les diverses espces de volailles et de passereaux1 etc4 ,on esprait trouver ainsi un critrium absolu de l'espce1 et l'on avait mme formul des lois cet gard4 ,les accouplements entre individus de mme espce sont seuls indfiniment fconds1 disait ,frdric ,cuvier2 les hybrides ns de l'accouplement d'individus d'espces diffrentes sont souvent striles2 quelquefois la strilit n'apparat qu'aprs un certain nombre de gnrations4 ,les accouplements entre individus de genre diffrent1 ajoutait ,flourens1 sont toujours infconds4 ,frdric ,cuvier1 ,flourens et aussi ,godron#ach sont d'accord pour considrer la fcondit limite des hybrides comme une preuve de la fixit des espces4 ,on se demande1 la vrit1 en quoi l'impossibilit de crer par des croisements des formes permanentes1 intermdiaires entre deux formes spcifiques distinctes1 peut dmontrer que les formes spcifiques actuelles ne sont pas susceptibles de se modifier au point que les individus sur qui ont port les modifications soient incapables de s'unir avec ceux qui ont gard les caractres primitifs de la souche commune4 ,mais les savants dont nous venons de citer les noms admettent videmment a priori la fixit de l'espce et se proccupent de chercher non pas des preuves de cette fixit1 mais des arguments en sa faveur4 ,tout autre et t leur manire de raisonner et d'exprimenter s'ils se fussent laiss guider exclusivement par les faits et les conclusions que suggre leur comparaison4 ,ce que nous montre l'observation de tous les jours1 c'est que les tres vivants se perptuent sous un certain nombre de formes qui sont toujours les mmes et qui n'ont subi1 depuis que nous sommes en tat de les observer1 que des modifications peu importantes4 ,ces formes sont ce que nous appelons les espces4 ,de ce fait la science doit avant tout rechercher l'explication1 et elle la trouve dans cet autre fait que les animaux et vgtaux d'espce diffrente sont incapables1 en se mlant1 de produire des formes intermdiaires stables et permanentes1 soit parce que les croisements sont infconds1 soit parce que les hybrides sont striles4 ,le physiologiste se demande alors quelle est la cause de cette infcondit des croisements1 de cette strilit des hybrides4 la premire de ces questions1 aucune rponse n'a t faite jusqu'ici4 la seconde1 ,koelreuter1 ,m4 ,godron1 ,m4 ,ch4 ,naudin rpondent en dmontrant que1 chez les hybrides1 les lments reproducteurs et notamment les lments mles demeurent imparfaits2 mais cette imperfection des lments reproducteurs1 qui d'ailleurs n'est pas constante1 a une cause qu'il faudrait aussi dcouvrir2 l se sont arrtes les investigations1 et le plus grand nombre des auteurs ont cru se tirer d'embarras en prtendant que le ,crateur avait voulu de la sorte maintenir la puret des espces1 ce qui est tout simplement tourner dans un cercle vicieux4 ,d'autre part1 la barrire que le ,crateur aurait tablie entre les espces est loin d'tre toujours galement solide4 ,les hybrides ne produisent jamais qu'entre animaux de mme genre ou de genres voisins4 ,mais1 dans ces limites1 ils prsentent tous les degrs possibles de fcondit4 ,le plus souvent1 les mles seuls sont infconds1 et les femelles peuvent tre fcondes indiffremment par les mles des deux espces parentes4 ,c'est le cas pour les mulets de l'ne et de la jument4 ,d'autres fois1 comme pour le chien et la louve1 les mtis peuvent produire entre eux pendant plusieurs gnrations1 puis la strilit survient2 d'autres fois encore1 comme pour le livre et la lapine1 les mtis sont indfiniment fconds1 comme si ces animaux1 gnralement si antipathiques l'un l'autre1 taient de mme espce4 ,cette inconstance des caractres physiologiques des hybrides ne semble-t-elle pas indiquer que la distance qui spare les unes des autres les espces voisines n'est pas toujours la mme8 ,les choses ne se passeraient pas autrement si les espces voisines ou mme celles que nous considrons comme de mme genre taient issues d'une souche commune4 ,les expriences sur l'hybridation1 loin de dmontrer la fixit des espces1 fournissent donc des arguments en faveur de la formation graduelle des espces par suite d'une modification des espces prexistantes1 et c'est en effet la conclusion laquelle ,m4 ,charles ,naudin est conduit par ses belles recherches sur le croisement de nombreuses espces de pavots1 de mirabilis1 de primevres1 de datura1 de tabacs1 de cucurbitaces1 etc4 ,un fait me frappe1 dit cet habile exprimentateur#aci1 dans la contemplation du monde organis et vivant qui nous entoure et dont nous faisons partie3 c'est que1 quelque varis qu'ils soient dans leurs formes1 les tres organiss ont entre eux de puissantes analogies4 ,c'est en vertu de ces analogies que leur classement est possible en rgnes1 en classes1 en familles1 en genres1 en espces4 ,supprimez ces analogies1 supposez autant de mondes radicalement diffrents qu'il y a d'individualits dans la nature1 et toute possibilit de classement disparatra4 ,ce grand phnomne des analogies est-il susceptible d'explication8 ,oui1 si l'on adopte le systme de l'origine commune et de l'volution des formes2 non1 si l'on s'en tient au systme de la primordialit de ces formes4 ,voici sept huit cents solarium dissmins sur une immense tendue de pays de l',ancien et du ,nouveau-,monde2 tous sont distincts spcifiquement1 mais tous se ressemblent par une certaine somme de caractres communs incomparablement plus importants1 aux yeux du classificateur1 que les diffrences tout extrieures1 et je dirais mme superficielles1 qui les distinguent1 puisque ces caractres communs leur assignent tous leur place dans une mme classe1 une mme famille1 un mme genre4 ,eh bien1 je le demande1 ces analogies sont-elles un fait sans cause dans l'ordre physique8 ,existent-elles fortuitement ou simplement parce qu'il a plu ,dieu qu'elles existassent8 ,si vous vous en tenez au systme de l'origine indpendante des espces1 vous avez choisir entre le hasard 7une absurdit7 et un fait surnaturel1 c'est--dire un miracle1 deux faits qui ne peuvent avoir cours dans la science4 ,accordez1 au contraire1 un anctre commun toutes les espces1 gnralisez dans le rgne vgtal cette facult1 dont les formes actuelles conservent un dernier reste1 de se subdiviser graduellement1 et suivant le besoin de la nature1 en formes secondaires qui s'en vont divergeant partir du point commun de leur origine1 pour se subdiviser elles-mmes en de nouvelles formes1 vous arriverez sans secousses1 et par le seul principe de l'volution1 jusqu'aux espces1 aux races et aux varits les plus lgres4 ,les traits superficiels varieront d'une forme l'autre2 mais le fond commun1 essentiel1 subsistera2 vous pourrez avoir mille espces drives1 mais chacune d'elles portera l'empreinte de son origine1 le signe de sa parent avec toutes les autres1 et c'est ce signe qui vous guidera pour les runir dans une mme famille1 dans un mme genre4 ,c'est l la conclusion laquelle ,buffon1 au dbut de sa carrire1 redoutait de voir les naturalistes se laisser entraner par l'usage des classifications1 mais laquelle il tait plus tard arriv lui-mme4 ,si les expriences sur les hybrides peuvent conduire des conclusions aussi opposes que celles que soutiennent ,godron et ,m4 ,naudin1 il est indispensable d'avoir recours d'autres arguments pour sauver le dogme de la fixit des espces4 ,on pense y parvenir par d'ingnieuses distinctions entre les espces sauvages et les espces domestiques1 entre les espces et les races1 entre les hybrides et les mtis4 ,de l tout un systme philosophique qui peut tre rsum dans les propositions suivantes1 textuellement empruntes l'ouvrage de ,m4 ,godron1 ,de l'espce et de la race chez les tres organiss#adj3 #a ,les espces animales sauvages qui vivent actuellement ne se modifient pas1 mme sous l'influence des agents extrieurs1 de manire changer leurs caractres spcifiques4 ,ceux-ci sont inalinables et fournissent toujours les moyens de distinguer nettement les unes des autres les espces animales actuellement vivantes4 #b ,les seules modifications qu'elles prouvent sont lgres2 elles naissent accidentellement et ne deviennent jamais permanentes1 tant que les animaux continuent la vie sauvage4 #c ,il n'y a donc pas de races naturelles1 dans le sens strict du mot2 la race est le cachet de l'intervention de l'homme4 #d ,les espces animales sauvages qui ont vcu dans les sicles antrieurs au ntre1 et en nous rapprochant autant qu'il est possible de l'origine de la priode gologique actuelle1 ont conserv leur conformation et leurs caractres distinctifs1 comme le dmontre l'tude des dbris de ces espces qui sont conservs depuis une longue suite de sicles#ada4 #e ,malgr les changements qui ont pu se produire dans les agents physiques l'action desquels les espces sont soumises1 elles ne se sont pas modifies dans leur organisation1 ni transformes de manire se confondre les unes avec les autres ou donner naissance des types spcifiques nouveaux1 de telle sorte que les animaux qui vivent aujourd'hui reprsentent exactement ceux de mme espce qui vivaient l'origine de la priode gologique actuelle et dont ils sont les descendants directs4 #f ,les espces n'ont pas vari davantage durant les priodes gologiques qui ont prcd la ntre4 ,les espces vivant durant ces priodes n'ont pu1 en consquence1 produire en se transformant celles qui sont nos contemporaines#adb4 #g ,si cette transformation progressive des tres tait un fait rel1 si les animaux et les vgtaux les plus simples avaient1 en se perfectionnant1 donn naissance des tres plus complexes1 si les invertbrs s'taient mtamorphoss en vertbrs1 les poissons en reptiles1 les reptiles en oiseaux et en mammifres1 ou bien les plantes acotyldones en monocotyldones1 puis dicotyldones1 des mutations aussi compltes n'auraient pu s'oprer que pendant une longue suite de sicles444 ,en passant d'une priode gologique une autre1 on trouverait des tres en voie de transformation1 de vritables intermdiaires qui reprsenteraient toutes les phases de ces mtamorphoses1 et le rgne animal comme le rgne vgtal montreraient une srie continue d'tres se nuanant de manire qu'on ne puisse plus trouver entre les espces de lignes de dmarcation1 de caractres spcifiques2 on ne trouverait plus que confusion l o tout nous rvle un ordre admirable4 ,mais loin de l1 nous observons au contraire1 en comparant les tres organiss de deux priodes gologiques successives1 une interruption brusque entre les formes animales ou vgtales2 nous constatons que des faunes et des flores distinctes se remplacent dans la srie rgulire des formations1 et tous ces faits viennent nous dmontrer la pluralit et la succession de crations organiques spciales aux divers ges de notre plante4 ,l'espce n'a donc pas plus vari pendant les temps gologiques que durant la priode de l'homme2 les diffrences qui ont pu et qui ont d mme se manifester1 aux diffrentes poques gologiques1 dans l'action des agents physiques1 les rvolutions1 enfin1 que notre globe a subies et dont il porte dans son corce les stigmates indlbiles1 n'ont pu altrer les types originairement crs2 les espces ont conserv1 au contraire1 leur stabilit1 jusqu' ce que des conditions nouvelles aient rendu leur existence impossible2 alors elles ont pri1 mais ne se sont pas modifies4 #h ,si les espces animales sauvages ne varient pas1 si depuis leur cration elles sont restes fixes1 il n'en est pas de mme des espces domestiques2 celles-ci1 soumises depuis un temps plus ou moins long1 et quelquefois depuis bien des sicles1 des conditions d'existence exceptionnelles et extrmement varies1 ont subi des modifications plus ou moins nombreuses et importantes dans leurs caractres physiques1 dans leurs murs1 dans leurs habitudes et mme dans leurs instincts2 enfin la domesticit est un modificateur d'autant plus puissant que son action a t plus complte et s'est prolonge pendant une plus longue priode de temps#adc4 ,godron ajoute plus loin#add que ces modifications ont pu devenir hrditaires et produire ainsi des races durables1 se distinguant nettement de l'espce par la facult que possdent les individus appartenant aux races diffrentes d'une mme espce de se mler en produisant des mtis indfiniment fconds1 transmettant leurs caractres mixtes leur descendance et susceptibles ainsi de servir de point de dpart autant de races intermdiaires qu'on en peut concevoir4 ,il termine sa thorie de la race par cette proposition3 ,si ,dieu a fait l'espce1 les races ou varits permanentes sont le produit de l'industrie de l'homme4 ,l'homme est lui-mme considre comme constituant une espce unique1 profondment spare du rgne animal tout entier et mritant de constituer elle seule un rgne particulier1 dominant les trois autres1 le rgne moral 7de ,barbenois1 #ahaf71 rgne hominal 7,fabre d',olivet1 #ahbb71 ou rgne humain4 ,rien d'tonnant ds lors que cet tre privilgi participe dans une certaine mesure aux attributs de la divinit4 ,ainsi l'espce est1 pour ,godron1 une entit totalement immuable quand elle est livre elle-mme2 les forces aveugles de la nature sont incapables de produire en elle aucune modification4 ,cre pour un milieu1 pour des conditions d'existence dtermines1 elle disparat quand ces conditions viennent changer4 chaque rvolution du globe1 la cration tout entire est anantie1 une cration nouvelle marque la renaissance du calme et de la stabilit2 cette cration demeure ce que ,dieu l'a faite tant que dure la priode de repos du globe pour laquelle elle a t institue4 ,toutefois1 l'apparition de l'homme ouvre une re nouvelle pour les espces animales et vgtales2 une intelligence faite l'image de l'intelligence divine va dsormais plier les formes vivantes des exigences inconnues jusque-l4 ,ces formes vont cder dans une certaine mesure aux caprices de l'homme2 mais celui-ci ne saurait parvenir crer des espces nouvelles1 privilge qui n'appartient qu' ,dieu1 il produit simplement des races et des varits4 ,il est impossible d'riger plus compltement en systme cette intervention du miracle dans les phnomnes naturels1 que nous avons vu tout l'heure si hautement repousse par ,m4 ,naudin4 ,mais1 de mme qu'on ne peut tre transformiste demi1 on ne peut tre demi partisan de la fixit des espces2 tous les tempraments que l'on peut apporter aux deux doctrines ne servent qu' marquer un dsaccord1 souvent inavou1 entre les faits qui entranent avec eux des conclusions ncessaires1 et de chres ides auxquelles on regrette de voir ces conclusions livrer bataille4 ,en somme1 quiconque croit la fixit des espces est rapidement amen appeler le miracle son aide2 quiconque croit la thorie de la descendance croit par cela mme que pour la production des phnomnes biologiques1 comme pour celle des phnomnes physiques1 le ,crateur s'en est remis entirement au conflit des forces et de la matire4 ,m4 ,naudin ne s'y trompe pas4 ,l'intelligence humaine n'a pas pour lui de pouvoir spcial1 j allais dire de dlgation spciale relativement aux espces2 c'est bien1 suivant lui1 le milieu qui a tout fait3 ,il n'y a1 dit-il1 aucune diffrence qualitative entre les espces1 les races et les varits2 en chercher une est poursuivre une chimre4 ,ces trois choses n'en font qu'une1 et les mots par lesquels on prtend les distinguer n'indiquent que des degrs de contraste entre les formes compares444 ,les contrastes entre les formes compares sont de tous les degrs1 depuis les plus forts jusqu'aux plus faibles1 ce qui revient dire que1 suivant les comparaisons qu'on tablira entre les groupes d'individus semblables1 on trouvera des espces de tous les degrs de force et de faiblesse1 et1 si l'on essayait d'exprimer ces degrs par autant de mots1 tout un vocabulaire n'y suffirait pas4 ,la dlimitation des espces est donc1 comme je le disais tout l'heure1 entirement facultative2 on les fait plus larges ou plus troites suivant l'importance qu'on donne aux ressemblances et aux diffrences des divers groupes mis en regard l'un de l'autre1 et ces apprciations varient suivant les hommes1 les temps et les phases de la science4 ,suit-il de l que les mots race et varit doivent tre bannis de la science8 ,non sans doute1 car ils sont commodes pour dsigner les faibles espces qu'on ne veut pas enregistrer parmi les espces officielles2 mais il convient de leur donner leur vraie signification1 qui est absolument la mme que celle d'espce proprement dite1 et de voir1 dans les formes dsignes par ces mots1 des units d'une faible valeur1 qu'on peut ngliger sans inconvnient pour la science#ade4 ,m4 ,naudin entend d'ailleurs1 par espce1 un groupe d'individus semblables contrastant dans une mesure quelconque avec d'autres groupes1 et conservant1 dans la srie des gnrations1 la physionomie et l'organisation communes tous les individus4 ,cependant le savant botaniste a contribu lui-mme tablir un fait qui pourrait tre invoqu et qui l'a t effectivement l'appui de la fixit des espces4 ,de ses recherches sur l'hybridation de vgtaux appartenant aux groupes les plus varis1 comme aussi de nombreuses expriences de croisement faites sur les animaux1 il rsulte que les individus directement issus de ces croisements prsentent1 en gnral1 une combinaison des caractres de leurs parents telle qu'on peut les considrer comme peu prs exactement intermdiaires entre eux2 mais si l'on unit ensemble ces individus mixtes1 ces hybrides1 au bout d'un certain nombre de gnrations et souvent ds la seconde1 il se fait un dpart entre les caractres spcifiques2 parmi les individus ns des mmes parents et appartenant la mme gnration1 les uns se rapprochent troitement de l'espce du pre1 les autres de l'espce de la mre2 les individus intermdiaires sont rares et trs diffrents les uns des autres2 enfin le plus souvent tous les individus finissent par revenir presque entirement l'une des espces parentes1 comme si le sang de l'autre avait t compltement limin4 ,les croisements fconds ne permettent donc pas1 dans les conditions o ils ont t raliss jusqu'ici1 d'obtenir une espce exactement intermdiaire entre deux autres4 ,si l'on croise au contraire entre eux des individus qui ne diffrent que par la race1 les individus mixtes ou mtis que l'on obtient ainsi sont rputs produire assez souvent1 quand on les unit exclusivement entre eux1 une suite de gnrations dans lesquelles sont conservs leurs caractres intermdiaires4 ,il serait donc relativement facile de crer des races mtisses2 il serait impossible de crer des espces hybrides4 ,c'est l1 pour de trs minents naturalistes1 le caractre essentiellement distinctif de la race et de l'espce1 et rien n'est plus lgitime que cette distinction4 ,on ne saurait mconnatre1 nous n'avons cess de le dire1 qu'il existe dans la nature des groupes d'individus semblables suffisamment isols les uns des autres1 par leurs aptitudes reproductrices1 pour que la formation de groupes intermdiaires soit rendue trs difficile1 et rien n'empche de considrer chacun de ces groupes comme constituant une espce4 ,mais entre les groupes moins isols1 que leur commune origine conduit considrer comme de simples races1 on observe1 ce point de vue1 de nombreuses gradations2 certaines races mtisses ont aussi une tendance disparatre et laisser se reconstituer les deux races parentes ou l'une d'elles seulement2 de plus1 les conditions dans lesquelles les mtis et les hybrides sont placs paraissent influer notablement sur le degr de permanence de leurs caractres4 ,cette sparation du sang des deux races unies dans la race intermdiaire1 cette rversion des mtis1 exclusivement accoupls entre eux1 aux deux types auxquels ils doivent leur origine1 n'est pas seulement l'exception1 ni mme la rgle2 elle est la loi1 dit un zootechniste minent1 ,m4 ,sanson#adf4 ,dans aucun des cas connus de reproduction entre individus issus de deux ou plusieurs races diffrentes1 c'est--dire ayant des caractres fondamentaux ou spcifiques diffrents#adg1 cette loi n'a failli4 ,nous en pouvons citer des preuves non douteuses1 empruntes tous les genres d'animaux qui sont les sujets de la zootechnie4 ,et ces preuves1 ,m4 ,sanson les trouve dans l'tat actuel de toutes les races croises de chevaux1 de bufs1 de moutons1 de porcs1 de chiens1 de pigeons1 etc4 ,ainsi1 de mme que lorsqu'il s'est agi de la fcondit limite1 cette nouvelle opposition entre les hybrides et les mtis s'efface1 et il faut bien reconnatre1 avec ,m4 ,ch4 ,naudin1 qu'il n'y a entre les races et les espces d'autre diffrence qu'un degr plus ou moins grand de contraste avec les formes les plus voisines4 ,mais alors disparat entirement la doctrine de la fixit des espces4 ,les formes spcifiques jouissent d'un degr de stabilit plus ou moins considrable1 mais non pas d'une relle fixit4 ,c'est1 en dfinitive1 sur cette distinction entre une stabilit acquise mais rvocable et une fixit originelle et inaltrable que repose la thorie de la variabilit limite1 la dmonstration de laquelle ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire a consacr la presque totalit de son ,histoire naturelle gnrale des rgnes organiques4 ,ce beau livre1 demeur malheureusement inachev1 parut de #ahed #affb4 ,on peut donc le considrer comme contemporain du livre de ,godron1 des mmoires de ,m4 ,ch4 ,naudin1 et il demeure tout fait indpendant des doctrines propres de ,c4 ,darwin4 ,la question de variation de l'espce1 celle du croisement sous toutes ses formes y sont discutes l'aide de tous les documents qui sont dans la science et des rsultats de nombreuses expriences faites la mnagerie du ,musum d'histoire naturelle1 expriences qui sont la plupart l'uvre d',isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire lui-mme4 ,les conclusions de cette longue et savante discussion sont textuellement rsumes dans les propositions suivantes#adh3 ,les caractres des espces ne sont ni absolument fixes1 comme plusieurs l'ont dit1 ni surtout indfiniment variables1 comme d'autres l'ont soutenu4 ,ils sont fixes pour chaque espce1 tant qu'elle se perptue au milieu des mmes circonstances4 ,ils se modifient si les circonstances ambiantes viennent changer4 ,dans ce dernier cas1 les caractres de l'espce sont1 pour ainsi dire1 la rsultante de deux forces contraires3 l'une1 modificatrice1 est l'influence des circonstances ambiantes2 l'autre conservatrice du type1 est la tendance hrditaire reproduire les mmes caractres de gnration en gnration4 ,pour que l'influence modificatrice prdomine d'une manire trs marque sur la tendance conservatrice1 il faut donc qu'une espce passe1 des circonstances au milieu desquelles elle vivait1 dans un ensemble nouveau1 et trs diffrent1 de circonstances2 qu'elle change1 comme on l'a dit1 de monde ambiant4 ,de l les limites trs troites de variations observes chez les animaux sauvages4 ,de l aussi l'extrme variabilit des animaux domestiques4 ,parmi les premiers1 les espces restent gnralement dans les lieux et les conditions o elles se trouvent tablies1 ou elles s'en cartent le moins possible1 car leur organisation est en rapport avec ces lieux et ces conditions2 elle serait en dsaccord avec d'autres circonstances ambiantes4 ,les mmes caractres doivent donc se transmettre de gnration en gnration4 ,les circonstances tant permanentes1 les espces le sont aussi4 ,dj pourtant la permanence1 la fixit ne sont pas absolues4 ,l'expansion graduelle des espces la surface du globe est1 la longue1 la consquence ncessaire de la multiplication des individus4 ,d'autres causes1 d'un ordre moins gnral1 peuvent aussi amener des dplacements partiels4 ,d'o1 aux limites surtout de la distribution gographique des espces qui se sont le plus tendues1 des diffrences notables d'habitat et de climat1 qui1 leur tour1 entranent quelques diffrences secondaires dans le rgime et mme dans les habitudes4 ces divers genres de diffrences correspondent des races caractrises par des modifications dans la couleur et les autres caractres extrieurs1 dans les proportions et la taille1 et parfois dans l'organisation intrieure4 ,ces races ont t fort arbitrairement tantt appeles varits de localits1 tantt considres comme des espces distinctes4 ,chez les animaux domestiques1 les causes de variation sont beaucoup plus nombreuses et plus puissantes4 ,dans une longue srie d'expriences1 qui1 pour avoir t entreprises dans un but tout pratique1 n'en ont pas une moindre importance thorique1 des espces de plusieurs classes1 au nombre de quarante environ1 ont t contraintes par l'intervention de l'homme de quitter l'tat sauvage et de se plier des habitudes1 des rgimes1 des climats trs divers4 ,les effets obtenus ont t en raison directe des causes2 il s'est form une multitude de races trs distinctes4 ,parmi elles1 plusieurs offrent mme des caractres gaux en valeur ceux par lesquels on diffrencie d'ordinaire les genres4 ,le retour de plusieurs races domestiques l'tat sauvage a eu lieu sur divers points du globe4 ,de l une seconde srie d'expriences1 inverses des prcdentes et en donnant la contre-preuve4 ,si des animaux domestiques sont replacs dans les circonstances au milieu desquelles avaient vcu leurs anctres sauvages1 les descendants reprennent1 aprs quelques gnrations1 les caractres de ceux-ci4 ,ils revtent seulement des caractres analogues1 s'ils sont rendus la vie sauvage dans des conditions analogues1 mais non identiques444 ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire1 l'inverse de ,godron1--et ses arguments sont bien difficiles rfuter1--admet donc comme pleinement dmontre1 la fois par l'observation et par l'exprience1 la variabilit limite de l'espce4 ,d'ailleurs1 ajoute-t-il1 cette thorie peut conduire des solutions rationnelles l'gard de questions qui sont compltement insolubles pour les partisans de la fixit absolue1 ou que ceux-ci ne rsolvent qu' l'aide des hypothses les plus complexes et les plus invraisemblables4 ,il en est ainsi de la question fondamentale de l'anthropologie4 ,l'origine commune des diverses races humaines est rationnellement admissible au point de vue de la variabilit et ce point de vue seul4 ,les partisans de la fixit absolue ont d1 pour l'admettre avec nous1 conclure contre leur propre principe4 ,en palontologie1 la thorie de la variabilit limite correspond une hypothse simple et rationnelle1 celle de la filiation2 la doctrine de la fixit1 deux hypothses galement compliques et invraisemblables1 celle des crations successives et celle dite de la translation4 ,isidore ,geoffroy se range naturellement l'hypothse de la filiation1 qui nous autorise1 par exemple1 rechercher les anctres de nos lphants1 de nos rhinocros1 de nos crocodiles parmi les lphants1 les rhinocros1 les crocodiles dont la palontologie a dmontr l'existence antdiluvienne4 ,au moment mme o ,darwin donnait en ,angleterre la doctrine de la descendance un clat qu'elle n'avait jamais eu1 l'illustre hritier du grand nom de ,geoffroy devenait donc en ,france le dfenseur calme et convaincu de cette doctrine4 ,sans aucun doute1 si la mort n'tait venue le surprendre au moment o la science pouvait encore attendre beaucoup de ses laborieuses1 patientes et impartiales investigations1 ,isidore ,geoffroy aurait largi les bases de sa thorie1 il se ft tabli une sorte de compromis entre les deux savants qui reprsentaient de chaque ct du dtroit des ides analogues4 ,mais nous ne pouvons prendre la thorie de la variabilit limite qu'au point o l'a conduite ,geoffroy1 et nous devons prciser en quoi elle diffre de la doctrine de ,charles ,darwin4 ,que signifie d'abord cette pithte de limite accole au mot variabilit8 ,des limites sont-elles imposes l'tendue des variations que peuvent subir les formes spcifiques1 ou ces limites doivent-elles s'entendre du temps pendant lequel ces variations peuvent s'effectuer1 la variabilit tant de la sorte limite certaines poques8 ,il est probable que ces deux interprtations taient galement dans l'esprit d',isidore ,geoffroy4 ,quand on parcourt la surface entire du globe1 les conditions moyennes d'existence offertes aux tres vivants1 les diverses variations du milieu semblent1 au premier abord1 osciller entre des limites assez troites2 ces limites dterminent celles des modifications que peuvent subir les espces1 toujours troitement dpendantes des agents extrieurs4 ,les grandes variations du milieu1 supposer qu'il y en ait jamais eu1 n'ont lieu que dans les intervalles qui sparent une priode gologique d'une autre2 c'est pendant ces poques intermdiaires que surviendraient galement les grandes transformations des espces4 ,isidore ,geoffroy ne se prononce nulle part sur l'tendue que l'on peut attribuer ces dernires transformations2 mais1 du moment qu'on admet l'hypothse de la filiation1 il devient totalement impossible de limiter en quoi que ce soit cette tendue4 ,il parat1 en effet1 bien tabli aujourd'hui qu'il n'y avait durant la priode primaire ni oiseaux ni mammifres1 que les reptiles ne se sont montrs qu'aprs les batraciens et les poissons1 et que les poissons eux-mmes ne sont venus qu'aprs les animaux sans vertbres4 ,l'ordre de succession des mammifres durant la priode tertiaire a pu tre fix de la faon la plus remarquable4 ,l'ide de filiation1 pour conserver sa gnralit1 implique que ces animaux ont t tirs les uns des autres1 et l'on ne peut videmment admettre de telles modifications sans attribuer en mme temps l'espce une variabilit rgie1 la vrit1 par des lois prcises1 mais absolument indfinie3 ,si les variations qu'une espce peut subir durant une priode gologique paraissent au premier abord limites1 il est donc impossible d'admettre cette restriction quand on embrasse la dure tout entire des temps4 ,mais peut-on mme admettre que1 durant une priode gologique donne1 les espces conservent cette stabilit qui ne leur permet tout au plus que de former des races gographiques8 ,une telle hypothse est videmment lie la supposition qu'il y a eu dans l'histoire du globe des priodes successives de changement et d'immobilit4 ,or la gologie s'loigne de plus en plus de cette manire de voir2 il parat de plus en plus dmontr que la surface de la terre s'est toujours modifie avec la lenteur que nous constatons aujourd'hui dans ses transformations1 et qu'il n'y a jamais eu aucune dmarcation tranche entre deux priodes gologiques successives4 ,ds lors1 il faut admettre que les espces peuvent varier indfiniment et toutes les poques1 et les mots variabilit limite ne signifient plus que variabilit lente et graduelle1 soumise la fois aux lois de l'hrdit et de l'adaptation aux conditions ambiantes1 mais1 en somme1 illimite4 ,l'exercice de cette variabilit suppose-t-il enfin1 comme le veut ,isidore ,geoffroy1 des modifications importantes dans l'tat du globe terrestre8 ,non sans doute4 ,isidore ,geoffroy lui-mme fait remarquer que l'extension graduelle des espces la surface du globe1 consquence ncessaire de la multiplication des individus1 place ces individus dans des conditions diffrentes1 susceptibles de dterminer en eux des modifications4 ,mais quelle limite attribuer cette force expansive des espces8 ,n'est-elle pas capable1 la longue1 d'amener les individus faisant partie d'une mme ligne vivre dans les conditions les plus diffrentes8 ,est-il ncessaire de supposer des changements dans un milieu dj essentiellement vari1 si les individus d'une espce donne sont eux-mmes forcs1 sous peine de mort1 de se plier aux genres de vie les plus dissemblables et vont spontanment1 pour ainsi dire1 la recherche des tats les plus divers du milieu8 ,evidemment non4 ,c'est l ce que ,charles ,darwin a si brillamment dmontr1 et c'est en cela que sa doctrine diffre de celle d',isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire4 ,pour le savant franais1 les organismes se transforment pour ainsi dire passivement1 la suite des transformations du milieu dont ils ne font que subir le contre-coup2 pour le naturaliste anglais1 l'active multiplication des individus1 la lutte pour la vie qui en rsulte1 oblige les animaux et les plantes profiter de toutes les conditions d'existence qui leur sont offertes4 ,le milieu peut rester immuable1 dans son infinie varit2 mais l'espce est plastique1 elle jouit d'une force expansive illimite et vient prendre d'elle-mme les empreintes qui lui donnent ses aspects si varis4 ,ds lors1 le champ des modifications possibles n'a plus de bornes1 car1 d'une part1 les individus d'une mme espce gardent indfiniment de leur origine commune quelque chose qui les distingue au milieu des autres tres vivants1 et1 d'autre part1 la postrit de chacun d'eux a toujours devant elle1 mesure qu'elle s'accrot1 la possibilit de s'tablir dans l'un des innombrables domaines que le globe tout entier offre l'activit des espces fcondes4 ,isidore ,geoffroy nous montre des agents modificateurs fonctionnant en quelque sorte d'une faon intermittente2 ,charles ,darwin nous signale1 ct de ces agents et au-dessus d'eux1 une cause modificatrice d'une puissance infinie et qui dtermine en quelque sorte ces agents entrer en scne3 c'est la force expansive que les espces tiennent du pouvoir reproducteur des individus qui les composent4 ,dans cette nouvelle hypothse1 les espces n'ont cess de se modifier depuis l'poque o la vie s'est montre sur la terre1 et l'on comprend sans peine comment les formes vivantes sont parvenues la prodigieuse diversit que nous rvle l'tude de la botanique1 de la zoologie et de la palontologie1 ,il n'est plus ncessaire1 pour expliquer les modifications dont les espces sont susceptibles1 de faire appel des phnomnes exceptionnels1 inconnus notre poque et dont l'homme n'aurait jamais t le tmoin2 il n'est mme pas ncessaire de supposer dans le milieu o vivent les organismes des changements plus ou moins profonds2 les modifications des formes vivantes sont1 comme tous les phnomnes physiques et chimiques que nous observons1 les effets de causes encore agissantes et dterminables4 99 99 99 99 99 ,on arrive bien vite1 sur cette pente1 poser le problme de la zoologie et de la botanique tout autrement que ne l'avaient fait jusque-l les naturalistes4 ,chaque forme vivante apparat comme le rsultat d'une srie d'actions successives du milieu sur les anctres de l'tre qui la prsente1 et l'on conoit la possibilit de dterminer quelles ont t ces actions1 quels effets elles ont produits1 dans quel ordre elles se sont succd4 ,ce n'est plus1 cette fois1 un simple tableau de la ,nature qu'il s'agit de tracer1 ce n'est plus le mystre de ses intentions qu'il s'agit de dvoiler1 ce ne sont plus mme les lois auxquelles elle s'astreint dans la production des organismes qu'il s'agit d'noncer2 c'est une vritable explication de chaque tre vivant qu'il faut trouver1 une explication au sens o les physiciens et les chimistes entendent ce mot1 au sens o le prennent dj les physiologistes4 ,la mthode des sciences naturelles se trouve ramene la mthode commune aux sciences physiques4 ,la vraie supriorit de la doctrine de l'volution est dans cette consquence1 encore incompltement dgage par ,darwin1 mais qui devait ncessairement s'imposer et qui a dtermin une incontestable renaissance dans toutes les branches de l'histoire naturelle4 ,sans doute1 nous sommes encore loin d'avoir obtenu les brillants rsultats dont notre imagination se plat esprer la ralisation2 mais n'est-ce rien que de s'tre dgag de l'anthropomorphisme troit qui pendant de si longs sicles a pes sur les plus belles conceptions des naturalistes1 d'avoir compris que l'explication des tres vivants devait se trouver dans le monde o ils vivent et non pas hors de lui1 de s'tre convaincu que la biologie ne serait faite que le jour o l'on pourrait dire de chaque forme organique quelle est la cause qui l'a produite1 o la classification zoologique ne serait autre chose que l'histoire des adaptations successives que les tres vivants ont subies8 ,si les naturalistes ont longtemps considr ce but comme au-dessus de leurs forces1 si1 jusque dans la premire moiti de ce sicle1 las de chercher dans la nature une explication qu'ils ne trouvaient pas1 ils croyaient devoir rattacher chaque forme vivante l'intervention d'une volont surnaturelle1 nous esprons avoir dmontr dans les pages qui prcdent que leur ambition nouvelle est pleinement justifie par les rsultats dj obtenus4 la vrit1 des difficults d'un autre ordre se dressent devant eux4 ,l'ancienne doctrine1 en faisant de la nature l'uvre immdiate d'un crateur tout-puissant1 semblait en quelque sorte mettre l'homme en commerce incessant avec ,dieu4 ,on a redout que1 en montrant les tres vivants livrs comme les corps inanims l'action aveugle des forces physiques1 le transformisme ne ft oublier le ,crateur4 ,mais c'est encore l de l'anthropomorphisme4 ceux que tourmenteraient de tels scrupules1 il convient de rappeler que la chimie1 la physique1 l'astronomie1 en expliquant les faits qui appartiennent leurs domaines respectifs1 n'ont nullement atteint la cause premire4 ,la biologie moderne n'atteint pas davantage cette cause2 elle ne supprime pas ,dieu2 elle le voit plus loin et surtout plus haut4 ,,notes #a3 ,ce sont nos vertbrs4 #b3 ,aristote a surtout en vue les arthropodes et les vers4 #c3 ,lucrce1 ,de natura rerum1 livre ,v1 vers #gha #hge4 #d3 ,liv4 ,,viii1 ch4 ,,xlii1 #bg et #bh4 #e3 ,cette phrase est attribue ,pascal par t4 ,geoffroy ,saint-,hilaire1 et sa contexture semble bien celle d'une phrase de l'auteur des ,provinciales2 mais les recherches faites par ,m4 ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire1 celles faites par ,m4 ,jules ,soury n'ont pas permis de la retrouver2 nous n'avons pas t plus heureux1 et il reste par consquent quelque doute sur son authenticit4 #f3 ,ch4 ,bonnet1 ,contemplations de la nature1 ,amsterdam1 #agfd1 t4 ,ier1 p4 #bi4 #g3 ,ibid41 p4 #ba4 #h3 ,ibid41 p4 #be4 #i3 ,ibid41 t4 ,,ii1 p4 #gd4 #aj3 ,ibid41 p4 #gg4 #aa3 ,charles ,bonnet1 ,palingnsie philosophique1 ou ides sur l'tat pass et sur l'tat futur des tres vivants1 #agfh4 #ab3 ,bonnet1 ,palingnsie philosophique1 uvres compltes1 t4 ,,vii1 p4 #fe1 d4 de ,neufchtel1 #aghc4 #ac3 ,bonnet1 ,considrations sur les corps organiss1 uvres compltes1 t4 ,,iii1 p4 #cg et #ch4 #ad3 ,bonnet1 uvres1 t4 ,,vii1 p4 #fh4 #ae3 ,ibid41 p4 #fg4 #af3 ,ch4 ,bonnet1 ,palingnsie philosophique2 uvres1 t4 ,,vii1 p4 #aeb4 #ag3 ,ibid41 p4 #afc4 #ah3 ,ibid41 t4 ,,iii1 p4 #aeb4 #ai3 ,zoonomie1 vol4 ,i1 p4 #ejg4 #bj3 ,nous devons notre vnrable ami1 ,m4 ,victor ,considrant1 la communication de ces passages des uvres de ,maupertuis4 #ba3 ,m4 le conseiller d'tat du ,mesnil et ,m4 ,victor ,considrant nous ont signal l'un et l'autre les opinions transformistes1 plusieurs fois exprimes1 de ,diderot4 #bb3 ,diderot1 ,penses sur l'interprtation de la nature1 ,,li1 #aged4 #bc3 ,histoire naturelle des animaux1 ,animaux communs aux deux continents4 #bd3 ,dgnration des animaux4 #be3 ,rflexions sur les expriences de ,leuwenhoek4 #bf3 ,histoire des animaux1 chapitre ,,ii4 #bg3 ,philosophie zoologique1 d4 #ahji1 t4 ,i1 p4 #gf4 #bh3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ih4 #bi3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #hj4 #cj3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #eh4 #ca3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ib4 #cb3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #aah4 #cc3 ,histoire de la cration naturelle1 traduction franaise1 ,reinwald1 dit41 #ahgd1 p4 #ajb4 #cd3 ,philosophie zoologique1 t4 ,i1 p4 #aja4 #ce3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #bfe4 #cf3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #cdi4 #cg3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ceg4 #ch3 ,histoire naturelle des animaux sans vertbres4 #ci3 ,on lit1 on effet1 dans l',optique de ,newton1 question #ca3 ,on peut en dire autant de cette uniformit que nous montre la structure des animaux4 ,tous les animaux ont1 en effet1 deux cts semblables1 le droit et le gauche2 en arrire correspondent ces deux cts deux pieds2 en avant1 deux bras1 deux pieds ou deux ailes fixs aux paules2 entre les paules1 un cou1 faisant suite l'pine dorsale et auquel est fixe la tte2 sur cette tte1 deux oreilles1 deux yeux1 un nez1 une bouche1 une langue sont semblablement placs chez presque tous les animaux4 #dj3 ,voir ,vie1 travail et doctrine d'tienne ,geoffroy ,saint-,hilaire1 par ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire1 p4 #adc4 #da3 ,philosophie anatomique1 ,introduction1 p4 xxx1 #ahah4 #db3 ,mmoires de l',acadmie des sciences1 t4 ,,xii4 #dc3 ,annales des sciences naturelles1 t4 ,i1 p4 #aaf4 #dd3 ,ibid41 #ahbj1 p4 #dfb et #eci4 #de3 ,voir sur cette parent des vertbrs et des animaux segments notre ouvrage ,les colonies animales et la formation des organismes1 p4 #ffb #gjj4 #df3 ,recherches sur les ,sauriens fossiles1 p4 #d4 #dg3 ,influence du monde ambiant sur les formes animales1 p4 #gf4 #dh3 ,geoffroy condamne surtout le choix des preuves particulires sur lesquelles ,lamarck a appuy sa doctrine2 quant l'influence des habitudes sur les modifications organiques1 aucun physiologiste ne voudrait1 pensons-nous1 la mettre en doute4 ,il serait facile de runir un grand nombre de formes organiques qui ont t figes1 en quelque sorte1 par l'hrdit dans l'attitude qui leur est le plus habituelle1 attitude qui est devenue le point de dpart de modifications organiques importantes4 #di3 ,mmoire sur l'influence du monde ambiant pour modifier les formes animales1 p4 #hb1 #ahca4 #ej3 ,il s'agit ici de ,william ,edwards1 frre de ,m4 ,henri ,milne ,edwards1 le doyen actuel de la ,facult des sciences de ,paris4 #ea3 ,de l'influence des circonstances extrieures sur les corps organiss1 p4 #bf4 #eb3 ,page xi1 note4 #ec3 ,voir1 par exemple1 ce sujet1 ,credner1 ,trait de gologie1 trad4 franaise1 p4 #bee4 #ed3 ,ed4 #ahbi1 p4 #i4 #ee3 ,discours sur les rvolutions du globe1 dit4 ,didot1 p4 #fb4 #ef3 ,rgne animal1 #b;e dit41 #ahbi1 t4 ,i1 p4 #df4 #eg3 ,annales du ,musum d'histoire naturelle1 t4 ,,xix1 p4 #gf1 #ahab4 #eh3 ,ce sont les poulpes1 les seiches1 les calmars et les animaux analogues4 #ei3 ,principes de philosophie zoologique1 p4 #gj1 #ahcj4 #fj3 ,article ,nature du ,dictionnaire des sciences naturelles4 #fa3 ,vie1 travaux et doctrine scientifique d'tienne ,geoffroy ,saint-,hilaire1 par ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire1 p4 #cgf4 #fb3 ,mmoire sur l',hectocotyle4 ,par une bizarre concidence1 dans ce mme1 mmoire1 o des faits positifs sont seuls censs devoir trouver place1 ,cuvier s'arrte une conclusion trangement errone1 savoir que l'hectocotyle1 qu'on sait tre aujourd'hui un simple bras de poulpe1 est une sorte de ver parasite4 #fc3 ,mmoire sur l'oreille osseuse des crocodiles et des tlosaures1 p4 #acf1 #ahca4 #fd3 ,notions de philosophie naturelle1 #ahcg1 p4 #aaa4 ,geoffroy venait d'tre dpouill au profit de ,frdric ,cuvier de la direction de la mnagerie du ,musum1 qu'il avait fonde4 #fe3 tudes progressives d'un naturaliste1 #ahce1 p4 #hd4 #ff3 ,johannes ,mller1 ,handbuch der ,physiologie des ,menschen1 ,,ii ,band1 p4 #ebb3 ,die wichtigsten ,wahreiten in den ,naturwissenchaften sind weder allein durch ,zergliederung der ,begriffe der ,philosophie1 noch allein durch blosses ,erfahren gefunden worden1 sondern durch eine denkende ,erfahrung welche das ,wesentliche von dem ,zenflligen unterscheidet1 und dadurch ,grundstze findet1 aus welchen viele ,erfahrungen abgeleitet werden4 ,dies ist mehr als blosses ,erfahren2 und wen ,man will1 eine philosophische ,erfahrung4 #fg3 ,leons de physiologie et d'anatomie compares1 t4 ,i1 p4 #b1 #aheg4 #fh3 ,linn1 ,philosophie botanique1 dit4 ,gleditsch1 p4 #cfa4 #fi3 ,linn1 ,amnits acadmiques1 vol4 ,,vi1 p4 #cbd4 #gj3 ,gthe1 ,essai sur la mtamorphose des plantes1 propositions #hg-ij1 #agij4 #ga3 ,de l'existence d'un os intermaxillaire la mchoire suprieure de l'homme1 aussi bien qu' celle des animaux 7,acta natur curiosorum1 t4 ,,xv1 #aghf74 #gb3 ,mmoire sur la conformit organique1 p4 #ca4 #gc3 ,les origines animales de l'homme1 #a vol4 in-#h1 ,germer ,baillire1 #ahga4 #gd3 ,mmoire sur la conformit organique1 p4 #ai4 #ge3 ,voir3 ,de l'me du monde1 hypothse de haute physique pour expliquer l'organisme universel1 #agih2 et ,premier plan d'un systme de philosophie de la nature1 #agii4 #gf3 ,colonies animales1 #ahha1 p4 #gaj4 #gg3 ,les premires vues thoriques de ,richard ,owen sur la constitution du squelette remontent #ahch 7,geological ,transactions1 p4 #eah74 ,mais on consultera surtout ses ,principes d'ostologie compare1 publis en franais1 en #ahee1 et ses ,lectures on physiology and comparative anatomy of the vertebrata4 #gh3 ,r4 ,owen1 ,principes d'ostologie compare1 #ahee1 p4 #aa4 #gi3 ,rathke1 ,ueber die ,bildung und ,entwickelung des ,flusskrebses1 #ahbi1 in-folio1 ,leipzig4 #hj3 ,h4 ,milne ,edwards1 ,mmoire sur les changements de forme que les ,crustacs prouvent pendant leur jeune ge 7,annales des sciences naturelles1 t4 ,,xxx1 #ahb74 #ha3 ,on en connat aujourd'hui1 les ,penus1 par exemple1 qui n'ont leur naissance1 comme les crustacs infrieurs1 que trois paires d'appendices4 #hb3 ,h4 ,milne ,edwards1 ,histoire naturelle des ,crustacs1 t4 ,i1 p4 #aig1 #ahcd4 #hc3 ,histoire naturelle des ,crustacs1 t4 ,i1 p4 #ad1 #ahcd4 #hd3 ,voir notre ouvrage sur ,les colonies animales1 p4 #eje1 #ahha4 #he3 ,milne ,edwards1 ,observations sur le dveloppement des annlides 7,annales des sciences naturelles1 #c;e srie1 t4 ,,iii1 #ahdc1 p4 #agd74 #hf3 ,milne ,edwards1 ,considrations sur quelques principes relatifs la classification naturelle des animaux 7,annales des sciences naturelles1 #c;e srie1 t4 ,i1 p4 #fe1 #ahdd47 #hg3 ,thompson1 ,zoological researches and illustrations1 or natural history of non descript or imperfectly known animals1 #ahca4 #hh3 ,nordmann1 ,mikrographische ,beitrge zur ,naturgeschichte der wirbellosen ,thiere1 #ahcb4 #hi3 ,histoire naturelle des ,crustacs1 t4 ,i1 p4 #ej4 #ij3 ,dictionnaire classique d'histoire naturelle1 t4 ,,xii1 article ,organisation1 p4 #cci1 aot #ahbg4 #ia3 ,histoire naturelle des crustacs1 t4 ,i1 p4 #e1 #ahcd4 #ib3 ,ibid41 p4 #abf4 #ic3 ,ibid41 p4 #adg4 #id3 ,ibid41 p4 #bj4 #ie3 mile ,blanchard1 ,recherches anatomiques et zoologiques sur le systme nerveux des animaux sans vertbres 7,annales des sciences naturelles1 #c;e srie1 t4 ,v1 #ahdf74 #if3 ,lacaze-,duthiers1 ,recherches sur l'armure gnitale femelle des insectes 7,annales des sciences naturelles1 #c;e srie1 t4 ,,xii ,,xix1 #ahbi et annes suivantes74 #ig3 ,louis ,agassiz1 ,contributions to the natural history of ,united ,states1 #aheg2 ,essay on classification1 ,londres1 #ahei2 ,de l'espce et de la classification en zoologie1 ,paris1 #ahfb4 #ih3 ,l4 ,agassiz1 ,de l'espce et de la classification1 p4 #h4 #ii3 ,ibid41 p4 #ad4 #ajj3 ,ibid41 p4 #i4 #aja3 ,ibid41 p4 #h4 #ajb3 ,ibid41 p4 #ab4 #ajc3 ,ibid41 p4 #aj4 #ajd3 ,ibid41 p4 #dc4 #aje3 ,ibid41 p4 #bah4 #ajf3 ,les colonies animales1 notamment page #gad4 #ajg3 ,l4 ,agassiz1 ,de l'espce et des classifications1 page #bfb4 #ajh3 ,recherches sur l'organisation et les murs des ,planaires 7,annales des sciences naturelles1 #are srie1 t4 ,,xv1 #ahbh71 et ,aperu de quelques observations nouvelles sur les ,planaires et plusieurs genres voisins 7,annales des sciences naturelles1 #are srie1 t4 ,,xxi1 #ahej74 #aji3 ,s4 ,lovn1 ,observations sur le dveloppement et les mtamorphoses des genres ,campanulaire et ,syncoryne 7,annales des sciences naturelles1 #b;e srie1 vol4 ,,xiv1 #ahda74 #aaj3 ,biblia natur1 p4 #ge1 fig4 #g et #h de la pl4 #i1 #ageb4 #aaa3 ,isis1 ,bd4 ,i1#ahah1 p4 #gbi4 #aab3 ,nova acta ,academi ,leopoldin1 t4 ,v1 p4 #b1 #ahbf4 #aac3 ,mme recueil1 vol4 ,,ix1 p4 #ge1 #ahce4 #aad3 ,naturforscher ,stuck1 #be1 p4 #gb4 #aae3 ,gze's ,naturgeschichte der ,eingeweidervrmern1 ,suppl41 #ahjj4 #aaf3 ,considrations sur les corps organiss 7uvres d'histoire naturelle et de philosophie1 d4 ,fauche1 #aggi1 t4 ,,iii1 p4 #cg74 #aag3 ,ueber den ,generationsvechsel1 oder die ,fortpflanzung und ,entwickelung durch abwechselneden ,generationen1 eine eigenthumlehre ,form der ,brutpflege in den niederen ,thierclassen4 ,copenhague1 #ahdb4 #aah3 ,e4 ,perrier1 ,les ,colonies animales1 p4 #gbf et suivantes4 #aai3 ,van ,beneden1 ,mmoire sur les cestodes 7,bulletin de l',acadmie de ,bruxelles1 #ahdg1 p4 #ajf74 #abj3 ,leuckart1 ,ueber den ,polymorphismus der ,individuen oder die ,erscheinungen der ,arbeitstheilung in der ,natur4 ,giessen1 #ahea4 #aba3 ,richard ,owen1 ,on parthenogenesis1 #ahdi4 #abb3 ,voir notre ouvrage ,les colonies animales et la formation des organismes1 p4 #gja4 #abc3 ,a4 de ,quatrefages1 ,mtamorphoses de l'homme et des animaux 7,revue des ,deux-,mondes de #ahee et #ahef et #a vol4 in-#ab1 #ahfb74 #abd3 ,ibid41 p4 #bfh4 #abe3 ,anatomie gnrale1 ,introduction1 p4 lxvj4 ,ed4 ,blandin1 #ahca4 #abf3 ,nous possdons de nombreux traits d'embryognie humaine2 un seul trait d'embryognie compare a t publi jusqu' ce jour1 celui de ,balfour1 paru en #ahha1 et l'on y trouverait encore plus d'une preuve de ce que nous avanons4 ,en mme temps paraissaient nos ,colonies animales1 o nous avons tch de nous rapprocher autant que possible de la mthode que nous indiquons ici4 #abg3 ,bonnet1 ,considrations sur les corps organiss1 uvres1 t4 ,,iii1 p4 #bbf4 #abh3 ,ibid41 proposition #bee4 #abi3 ,tome ,,ii1 p4 #bhd 7#ahei74 #acj3 ,ibid41 p4 #bie4 #aca3 ,le texte de ces leons1 publies dans la ,revue des cours scientifiques1 n'est pas revtu de la signature du professeur2 mais nous avions l'honneur d'tre cette poque1 l'cole normale suprieure1 l'un des lves les plus attentifs de l'minent auteur de l',histoire naturelle du corail1 et1 si nos souvenirs sont exacts1 la rdaction de la ,revue des cours rend bien1 sinon dans la forme1 au moins dans le fond1 la pense de ,m4 de ,lacaze-,duthiers4 #acb3 ,de 1 premire1 et 1 partie4 #acc3 ,voir nos ,colonies animales1 pages #djc et #gje4 #acd3 ,voir notamment le ,prcis d'anatomie transcendante applique la physiologie1 #ahdb4 #ace3 ,serres1 loc4 cit41 t4 ,i1 p4 #ie4 #acf3 ,loc4 cit41 page #ia4 #acg3 ,loc4 cit41 p4 #ai4 #ach3 ,de l'espce et de la race chez les tres organiss1 t4 ,i1 p4 #bag4 #aci3 ,ch4 ,naudin1 ,nouvelles recherches sur les hybrides vgtaux 7,nouvelles archives du ,musum d'histoire naturelle1 tome #a1 p4 #afi1 #ahfc74 #adj3 ,godron1 ,de l'espce et des races chez les tres organiss1 t4 ,i1 p4 #ea1 #ahei4 #ada3 ,ibid41 p4 #add4 #adb3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #ccb4 #adc3 ,ibid41 t4 ,i1 p4 #dfc4 #add3 ,ibid41 t4 ,,ii1 p4 #df4 #ade3 ,ch4 ,naudin1 ,nouvelles recherches sur l'hybridit dans les vgtaux 7,nouvelles archives de ,musum d'histoire naturelle1 #are srie1 vol4 ,i1 #ahfc1 p4 #afb74 ,bien que ce mmoire soit dat de #ahfc1 ,m4 ,ch4 ,naudin avait dj exprim des ides analogues en #ahcb1 dans la ,revue horticole1 plusieurs annes1 par consquent1 avant l'apparition du livre de ,c4 ,darwin sur l'origine des espces4 #adf3 ,a4 ,sanson1 ,trait de zootechnie1 t4 ,,ii1 p4 #fb1 #b;e dition4 #adg3 ,m4 ,sanson prend ici le mot spcifique dans le sens des zootechnistes qui comptent autant d'espces de chevaux1 de bufs1 de moutons1 de chiens qu'il y a de races solidement fixes de ces animaux4 #adh3 ,isidore ,geoffroy ,saint-,hilaire1 ,histoire gnrale des rgnes organiques1 t4 ,,ii1 p4 #dca1 #ahci4