de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,c\rs ,,de ,,philosophie ,,positive ,,p> ,m4 ,,augu/e ,,comte ,,anci5 ,l,,ve ,,de ,l',,cole ,,polyte*nique1 ,r,p,,titeur ,d',,analyse ,,transc5dante ,,et ,,de ,m,,canique ,,rationnelle ,a ,,cette ,,cole1 ,,et ,,exam9ateur ,,des ,,c&idats ,,qui ,s',y ,,de/95t4 ,,tome ,,quatri,,me1 ,,cont5ant ,,la ,,philosophie ,,sociale ,,et ,,les ,,conclusions ,g,n,,rales4 ,,premi,,re ,,p>tie4 ,,p>is1 ,,ba*eli]1 ,,imprimeur-,,libraire1 ,,p\r ,,les ,,sci5ces1 ,,quai ,,des ,,augu/9s1 ,n #ee4 #ahci ,,avis ,,de ,l',,diteur4 ,la publication de ce quatrime et d]ni] volume1 beauc\p plus t5du qu'aucun des prcd5s1 ne p\vant tre complte avant la f9 de #ahci1 l'auteur s'e/ dcid1 p\r satisfaire1 autant que possible1 une ju/e impati5ce1 dont il e/ d'ailleurs =t honor1 en publi] auj\rd'hui sp>m5t la premire p>tie4 ,=mant un peu plus de la moiti du volume1 elle compr5d t\te la portion dogmatique de la philosophie sociale1 c'e/--dire l'exposition fondam5tale de la de/9ation politique qui lui e/ propre1 de l'esprit sci5tifique qui la c>actrise1 et de ses ?ories gnrales de l'exi/5ce et du m\vem5t des socits huma9es4 ,con=mm5t au tableau synoptique annex1 ds l'orig9e1 au premi] volume de cet ouvrage1 la seconde moiti du volume actuel1 qui p>atra vraisemblablem5t en dcembre pro*a91 conti5dra ensuite t\te la portion hi/orique de cette philosophie sociale2 elle s]a t]m9e p> les conclusions f9ales qui rsult5t graduellem5t de l'ensemble total de ce ,trait4 ,sans cette dcomposition en deux p>ties1 l't5due inusite de ce tome quatrime ft dev5ue matriellem5t incommode1 mo9s de publi] un volume de plus que l'diteur ne l'avait annonc dans son engagem5t primitif env]s le public4 ,en cons5tant cette publication p>tielle1 sans se dissimul] le grave inconvni5t sci5tifique de t\te sp>ation1 mme trs m?odique1 dans un volume aussi homogne1 consacr un sy/me de dmon/rations aussi cont9u1 dont t\tes les bran*es s'clair5t et se =tifi5t mutuellem5t1 l'auteur espre que les lecteurs auxquels cette premire p>tie p\rrait inspir] quelques objections importantes v\dront bi5 susp5dre1 jusqu' l'entire apprciation du volume1 leur jugem5t df9itif1 af9 de prv5ir t\te dcision prmature1 ultrieurem5t sujette une rectification spontane4 ,p>is1 le #bd juillet #ahci4 ,,av]tissem5t ,,de ,l',,auteur4 une poque de divagation intellectuelle et de v]satilit politique1 t\te longue p]svrance dans une direction rig\reusem5t inv>iable peut1 sans d\te1 tre ju/em5t signale au public1 comme une sorte de g>antie prlim9aire1 non-seulem5t de la s9crit et de la maturit des n\veaux pr9cipes qui lui sont s\mis1 mais peut-tre aussi de leur rectitude1 de leur consi/ance1 et mme de leur opportunit3 c>1 de nos j\rs1 ri5 n'e/ la fois aussi difficile1 aussi important1 et aussi r>e qu'un esprit ple9em5t consqu5t4 ,tel e/ surt\t le motif d'aprs lequel je crois devoir ici rappel] spcialem5t l'avis gnral cont5u dans le prambule du premi] volume de cet ouvrage1 sur ma premire manife/ation1 dj anci5ne et presque oublie1 de la plup>t des conceptions fondam5tales que je vais ma9t5ant dvelopp] relativem5t l'entire rnovation des ?ories sociales4 ,la premire p>tie de mon ,sy/me de politique positive1 crite et imprime1 en #ahbb1 l'ge de v+t-quatre ans1 s\s le titre primitif et spcial de ,plan des travaux sci5tifiques ncessaires p\r rorganis] la socit1 et rimprime en #ahbd1 s\s son titre df9itif et plus gnral2 ensuite mes ,considrations philosophiques sur les sci5ces et les savans1 publies la f9 de #ahbe1 dans les nos #g1 #h et #aj du ,producteur2 et enf9 mes ,considrations sur le p\voir spirituel1 insres dans les nos #ac1 #bj et #ba du mme recueil hebdomadaire1 au comm5cem5t de #ahbf1 ont1 en effet1 expos1 depuis long-temps1 t\s les p5seurs europens1 les div]s pr9cipes c>actri/iques de l'ensemble de mes travaux ultrieurs sur la philosophie politique#a4 ,*acun p\rra s'en conva9cre aism5t p> la comp>aison directe de ces anci5s crits au volume que je publie ma9t5ant comme d]ni] lm5t indisp5sable de mon sy/me gnral de philosophie positive4 ,footnote #a3 ,si j'crivais ici une notice hi/orique sur mes travaux en philosophie politique1 je devrais mme faire remont] l'numration prcd5te jusqu' un travail important publi1 en #ahbj1 dans un recueil intitul l',organisateur1 et qui1 quoiqu'il ne portt pas mon nom1 m'tait rellem5t propre4 ,la m>*e gnrale des socits mod]nes depuis le onzime sicle y fut exam9e en deux articles di/9cts1 dont l'un exposa la dcad5ce cont9ue de l'anci5 sy/me politique1 t&is que l'autre expliqua le dveloppem5t graduel des lm5s du sy/me n\veau4 ,quoique ma dc\v]te de la loi fondam5tale de succession des trois tats gnraux de l'esprit huma9 et de la socit ne ft po9t encore accomplie1 j'ai t\t lieu de croire que cette premire bau*e n'a pas t sans quelque influ5ce sur les travaux po/rieurs de div]s esprits di/+us relativem5t l'hi/oire politique des temps mod]nes4 ,un ret\r aussi complet et aussi spontan ces premires inspirations de la jeunesse1 seulem5t p]fectionnes1 dans l'ge mr1 p> une aussi longue srie de mditations m?odiques sur le sy/me enti] de nos conceptions sci5tifiques1 con/itue1 mes yeux1 une des preuves les plus dcisives qui puiss5t m'anim] d'une confiance vraim5t 9branlable dans la ju/esse fondam5tale de la direction que je me suis ouv]te1 et dont la n\veaut doit tant faire s5tir le beso9 des vrifications les plus v>ies4 ,t\s les juges compt5s p>tag]ont1 j'espre1 la mme impression1 en voyant1 dans ce quatrime volume1 quelle consi/ance et quelle lucidit n\velles mes pr9cipes ess5tiels de philosophie politique tir5t naturellem5t de leur intime connexion avec les indisp5sables antcd5s sci5tifiques que je leur ai graduellem5t prp>s p> les trois premi]s volumes de ce ,trait4 ,c'e/ p\rquoi je me flicit]ai t\j\rs d'avoir1 ds l'orig9e1 nettem5t c>t le conseil irrationnel que1 dans leur bi5veillante sollicitude1 plusieurs hommes di/+us avai5t cru devoir me donn]1 de publi] d'abord la p>tie de cet ouvrage relative la sci5ce sociale4 ,trop exclusivem5t proccups du dsir d'attir] sur mes travaux une att5tion plus pro*a9e et plus vive1 ces amis n'avai5t po9t s5ti que1 p> une aussi flagrante p]turbation logique1 j'aurais t5du ru9] d'avance les pr9cipes fondam5taux de hir>*ie sci5tifique qui c>actris5t le mieux ma philosophie1 en mme temps que je me s]ais a9si radicalem5t priv1 p\r l'tablissem5t des ?ories sociales1 des div]s fondem5s ncessaires que doit leur (frir l'ensemble de la philosophie naturelle1 et qui1 dans nos temps d'an>*ie intellectuelle1 peuv5t seuls dt]m9] enf91 entre t\s les bons esprits1 une communion relle et durable4 ,la longue priode dj c\le depuis la production primordiale de ma philosophie politique1 m'a s\v5t procur des confirmations d'une autre sorte1 et non mo9s prcieuses1 que je dois galem5t indiqu] ici1 p> la t5dance irrcusable et incessamm5t croissante1 quoique jusqu' prs5t t\j\rs trs p>tielle1 de la plup>t des p5seurs contempora9s v]s une philosophie analogue4 ,dans le c\rs de ces seize annes1 on n'a gure publi1 j'ose le dire1 d'ouvrages politiques de quelque porte1 du mo9s en ,france1 qui n'ai5t (f]t d'vid5s tmoignages de cette incomplte conv]g5ce1 soit qu'elle ait spontanm5t rsult d'un mme s5tim5t fondam5tal de nos pr9cipales ncessits sociales1 s5tim5t t\tefois bi5 r>e et trs vague jusqu'alors1 soit que l'influ5ce inap]ue ou dissimule de mes premi]s travaux ait1 en effet1 graduellem5t contribu la produire#b4 ,mais1 dans l'un et l'autre cas1 des inconsqu5ces capitales et multiplies aurai5t pu1 d'ord9aire1 hautem5t dvoil] le dfaut d'homognx on d'orig9alit d'une semblable direction1 *ez ceux mme qui d'abord p>aissai5t l'avoir le mieux suivie4 ,quoique t\s les aspects ess5tiels de ma philosophie sociale ai5t peut-tre t dj saisis isolm5t p> quelques intellig5ces1 ce qui m'autorise croire son opportunit1 en me procurant c]ta9s po9ts de contact avec les op9ions les plus opposes1 cep5dant je re/e1 malheureusem5t1 encore le seul jusqu'ici en possession ple9em5t efficace du pr9cipe fondam5tal et du sy/me rationnel de cette n\velle doctr9e4 ,env]s tant d'm95s esprits qui1 de nos j\rs1 se sont srieusem5t occups de la rnovation des ?ories sociales1 cette diffr5ce radicale doit1 sans d\te1 t5ir surt\t ce que aucun d'eux n'a pu avoir1 comme moi1 l'avantage1 en quelque sorte accid5tel1 et nanmo9s si important1 d'tre directem5t plac1 p> l'ensemble de son ducation1 au seul po9t de vue intellectuel d'o l'on puisse auj\rd'hui dc\vrir la vritable issue de cette imm5se difficult philosophique4 ,la publication de ce ,trait1 enf9 complt p> ce quatrime volume1 aura1 je l'espre1 p\r rsultat plus ou mo9s pro*a91 de faire nettem5t compr5dre t\tes les hautes intellig5ces l'indisp5sable ncessit de cette condition fondam5tale1 de leur facilit]1 en mme temps1 les moy5s d'y satisfaire1 et1 p> suite1 d'utilis] bi5tt1 au pr(it de la rorganisation sociale1 tant d'e/imables ef=ts1 jusqu'ici laborieusem5t /riles4 ,p>is1 le #bc ,dcembre #ahch ,footnote #b3 ,je ne saurais1 p> exemple1 mconnatre ce second cas *ez des criva9s qui1 en s'ef=ant1 plus ou mo9s heureusem5t1 de s'appropri] une p>tie de mes ides philosophiques ou politiques1 se sont mme textuellem5t emp>s de pages entires1 en ngligeant d'ailleurs presque t\j\rs d'indiqu] un nom qu'ils savai5t tre trop ignor du public4 ,ceux de mes lecteurs qui croirai5t ap]cevoir quelque analogie entre c]ta9es p>ties de ce volume et div]s ouvrages antrieurs1 devront donc1 p\r une quitable apprciation1 pr5dre d'abord en considration indisp5sable les dates prcises que je vi5s de rappel]4 ,l'oubli d'une telle prcaution p\rrait entran] de graves inju/ices env]s un philosophe qui ose se glorifi] d'avoir t\j\rs fait une "p ple9em5t consci5cieuse1 et s\v5t beauc\p trop gnreuse peut-tre1 *acun de ses diffr5s prdcesseurs1 t&is que lui-mme n'leva jamais jusqu'ici la mo9dre rclamation contre les emprunts peu scrupuleux dont on a frquemm5t honor ses crits1 ses leons1 et jusqu' ses conv]sations4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,la ,,premi,,re ,,p>tie ,,du ,,tome ,,quatri,,me4 ,,av]tissem5t ,,de ,l',,diteur ,,avis ,,de ,l',,auteur #df;e ,leon4 ,considrations politiques prlim9aires sur la ncessit et l'opportunit de la physique sociale1 d'aprs l'analyse fondam5tale de l'tat social actuel4 #dg;e ,leon4 ,apprciation sommaire des pr9cipales t5tatives philosophiques entreprises jusqu'ici p\r con/itu] la sci5ce sociale4 #dh;e ,leon4 ,c>actres fondam5taux de la m?ode positive dans l'tude rationnelle des phnomnes sociaux4 #di;e ,leon4 ,relations ncessaires de la physique sociale avec les autres bran*es fondam5tales de la philosophie positive4 #ej;e ,leon4 ,considrations prlim9aires sur la /atique sociale1 ou ?orie gnrale de l'ordre spontan des socits huma9es4 #ea;e ,leon4 ,lois fondam5tales de la dynamique sociale1 ou ?orie gnrale du progrs naturel de l'humanit4 ,,c\rs ,,de ,,philosophie ,,positive4 ,,qu>ante-,,sixi,,me ,,le,,on4 ,considrations politiques prlim9aires sur la ncessit et l'opportunit de la physique sociale1 d'aprs l'analyse fondam5tale de l'tat social actuel4 ,dans *acune des c9q p>ties prcd5tes de ce ,trait1 l'exploration philosophique a con/amm5t repos sur un tat sci5tifique prexi/ant et unanimem5t reconnu1 dont la con/itution gnrale1 quoique t\j\rs plus ou mo9s incomplte jusqu' prs5t1 mme l'g>d des phnomnes les mo9s compliqus et les mieux tudis1 satisfaisait dj cep5dant1 au mo9s en pr9cipe1 mme p\r les cas les plus rc5s et les plus imp>faits1 aux conditions fondam5tales de la positivit1 de manire n'exig] ici qu'un simple travail d'apprciation rationnelle1 t\j\rs dirig suivant des rgles inconte/ables1 et conduisant1 presque spontanm5t1 l'indication motive des pr9cipaux p]fectionnem5s ultrieurs1 de/9s surt\t dgag] df9itivem5t la sci5ce relle de t\te influ5ce indirecte de l'anci5ne philosophie4 ,il n'en peut plus tre a9si1 malheureusem5t1 dans cette sixime et d]nire p>tie1 consacre l'tude des phnomnes sociaux1 dont les ?ories ne sont po9t encore sorties1 mme *ez les plus m95s esprits1 de l'tat ?ologico-mtaphysique1 auquel t\s les p5seurs sembl5t auj\rd'hui les concevoir comme devant tre1 p> une fatale exception1 indf9im5t condamnes4 ,sans *ang] de nature ni de de/9ation1 l'opration philosophique que j'ai os entrepr5dre devi5t donc ma9t5ant plus difficile et plus h>die1 et doit prs5t] un n\veau c>actre3 au lieu de jug] et d'amlior]1 il s'agit dsormais ess5tiellem5t de crer un ordre t\t enti] de conceptions sci5tifiques1 qu'aucun philosophe antrieur n'a seulem5t bau*1 et dont la possibilit n'avait mme jamais t nettem5t entrevue4 ,une telle cration1 ft-elle plus heureusem5t accomplie1 ne saurait1 videmm5t1 lev] t\t--c\p cette bran*e complm5taire de la philosophie naturelle1 qui se rapporte aux phnomnes les plus compliqus1 au niveau rationnel des div]ses sci5ces fondam5tales dj con/itues1 de celles mme dont le dveloppem5t e/ le mo9s avanc4 ,que cette fondation soit d'abord p\sse au po9t1 non-seulem5t de con/at]1 p\r t\s les bons esprits1 la possibilit actuelle de concevoir et de cultiv] la sci5ce sociale la manire des sci5ces ple9em5t positives1 mais aussi de m>qu] nettem5t le vrai c>actre philosophique de cette sci5ce df9itive1 et d'en tablir solidem5t les pr9cipales bases1 c'e/ l1 sans d\te1 t\t ce qu'il e/ p]mis de t5t] de nos j\rs3 en mme temps1 cela suffit ess5tiellem5t1 comme j'espre le dmontr]1 nos plus urg5tes ncessits intellectuelles1 et mme aux beso9s les plus imprieux de la pratique sociale1 surt\t actuelle4 ,a9si rduite1 l'opration n'en demeure pas mo9s trop t5due encore p\r que je puisse lui accord] t\t le dveloppem5t conv5able dans un ouvrage qui doit1 avant t\t1 re/] consacr l'ensemble de la philosophie positive1 o cette sci5ce n\velle ne saurait figur] qu' titre de l'un des lm5ts indisp5sables1 celui de t\s d'ailleurs dont l'importance mrite1 tant d'g>ds1 de dev5ir auj\rd'hui prpondrante4 ,p> un ,trait spcial de philosophie politique1 j'expos]ai ultrieurem5t1 d'une manire directe et complte1 la srie de mes ides sur ce gr& sujet1 avec les div]ses explications qu'il exige1 et sans nglig] les pr9cipales applications usuelles l'tat transitoire des socits actuelles4 ,ici1 je dois ncessairem5t me re/re9dre aux considrations les plus gnrales1 en me t5ant t\j\rs1 aussi scrupuleusem5t que possible1 au po9t de vue /rictem5t sci5tifique1 sans me propos] d'autre action immdiate que la rsolution de notre an>*ie intellectuelle1 vritable s\rce premire de l'an>*ie morale1 et ensuite de l'an>*ie politique1 dont je n'aurai po9t a9si m'occup] directem5t4 ,mais l'extrme n\veaut d'une semblable doctr9e r5drait ces considrations sci5tifiques presque in9telligibles1 et ess5tiellem5t inefficaces1 si cep5dant mon exposition ne dev5ait po9t1 dans ce volume1 l'g>d d'une sci5ce que je m'ef=ce de crer1 beauc\p plus explicite et mme plus spciale qu'elle n'a d l'tre dans les volumes prcd5ts1 o je p\vais suppos] le lecteur suffisamm5t famili>is d'avance avec le fond du sujet4 ,c'e/ p\rquoi1 avant mme d'entr] m?odiquem5t en matire1 je suis oblig1 af9 de plac] df9itivem5t l'esprit du lecteur au po9t de vue vraim5t conv5able1 de consacr] pralablem5t cette leon et la suivante c>actris] sommairem5t l'importance relle d'une telle opration philosophique1 et l'inanit radicale des pr9cipales t5tatives dont elle a t jusqu'ici l'objet indirect4 ,l'imm5se lacune fondam5tale que laisse1 videmm5t1 dans le sy/me gnral de la philosophie positive1 le dplorable tat d'enfance prolonge o languit encore la sci5ce sociale1 devrait suffire1 sans d\te1 p\r r5dre hautem5t irrcusable1 t\te intellig5ce vritablem5t philosophique1 la /ricte ncessit d'une entreprise de/9e imprim] enf9 l'esprit huma91 si bi5 prp> dj t\s autres g>ds1 ce gr& c>actre d'unit de m?ode et d'homognx de doctr9e1 indisp5sable la plnitude de son dveloppem5t spculatif1 et sans lequel mme son activit pratique ne saurait avoir ni assez de noblesse1 ni assez d'n]gie4 ,mais1 quelle que soit la pr(onde gravit intr9sque d'une telle considration1 qui1 vrai dire1 embrasse implicitem5t t\tes les autres1 les meilleurs esprits sont auj\rd'hui placs1 relativem5t aux ides politiques1 un po9t de vue beauc\p trop sup]ficiel et trop troit p\r dev5ir susceptibles d'en saisir immdiatem5t la porte effective1 et d'y puis] un motif suffisant de s\t5ir1 avec p]svrance1 la longue et pnible cont5tion qu'exige1 de t\te ncessit1 l'accomplissem5t graduel d'une opration aussi difficile4 l'tat naissant1 aucune sci5ce ne saurait tre cultive ni conue isolm5t de l'art correspondant1 comme je l'ai tabli dans la qu>antime leon1 o n\s avons reconnu qu'une telle adhr5ce doit tre naturellem5t d'autant plus int5se et plus prolonge qu'il s'agit d'un ordre de phnomnes plus compliqu4 ,si donc la sci5ce biologique elle-mme1 malgr sa con/itution plus avance1 n\s a p>u encore trop troitem5t atta*e l'art mdical1 faut-il s'tonn] de la t5dance habituelle des hommes d'tat ddaign]1 comme de va9s jeux d'esprit1 t\tes les spculations sociales qui ne sont po9t immdiatem5t lies des oprations pratiques8 ,quelque aveugle que soit une semblable disposition1 on doit1 en ce cas1 y p]si/] avec d'autant plus d'op9itret qu'on y croit voir le meilleur prs]vatif contre l'invasion p]nicieuse des vagues et *imriques utopies1 quoique l'expri5ce la plus dcisive ait c]tes surabondamm5t pr\v la haute insuffisance de cette prcaution si vante1 qui ne peut nullem5t emp*] le dbordem5t j\rnali] des plus extravagantes illusions4 ,c'e/ af9 de me con=m]1 autant que le comporte la nature de cet ouvrage1 ce qu'il y a de vraim5t raisonnable au fond de cette purile injonction1 que je crois devoir de/9] cette leon t\t entire quelques explications prlim9aires sur la relation fondam5tale et directe de l'opration1 purem5t ab/raite en app>5ce1 qui consi/e in/itu] auj\rd'hui ce que j'ai nomm la physique sociale#c1 avec l'ensemble des pr9cipaux beso9s que le dplorable tat des socits actuelles manife/e si n]giquem5t t\s les esprits srieux et clairvoyants4 ,aprs cet claircissem5t pralable1 sur lequel je s]ai a9si disp5s de rev5ir ultrieurem5t1 t\s les vritables hommes d'tat compr5dront1 j'espre1 que1 p\r ne prt5dre aucune application actuelle et spciale1 ce gr& travail n'en e/ pas mo9s irrcusablem5t susceptible d'une utilit relle et capitale1 sans laquelle il ne mrit]ait po9t1 en effet1 d'intress] la sollicitude de ceux que proccupe p> dessus t\t1 si ju/e titre1 l'obligation1 dev5ue *aque j\r plus indisp5sable et1 en app>5ce1 plus difficile1 de rs\dre enf9 l'effrayante con/itution rvolutionnaire des socits mod]nes4 ,footnote #c3 ,cette expression1 et celle1 non mo9s indisp5sable1 de philosophie positive1 ont t con/ruites1 il y a dix-sept ans1 dans mes premi]s travaux de philosophie politique4 ,quoique aussi rc5s1 ces deux t]mes ess5tiels ont dj t en quelque sorte gts p> les vicieuses t5tatives d'appropriation de div]s criva9s1 qui n'en avai5t nullem5t compris la vraie de/9ation1 malgr que j'en eusse1 ds l'orig9e1 p> un usage scrupuleusem5t inv>iable1 soigneusem5t c>actris l'acception fondam5tale4 ,je dois surt\t signal] cet abus1 l'g>d de la premire dnom9ation1 *ez un savant belge qui l'a adopte1 dans ces d]nires annes1 comme titre d'un ouvrage o il s'agit t\t au plus de simple /ati/ique4 ,du po9t de vue lev o n\s ont graduellem5t placs les trois premi]s volumes de ce ,trait1 l'ensemble de cette situation sociale se prs5te dans t\t son j\r1 et s\s l'aspect le plus simple1 comme ess5tiellem5t c>actris p> une an>*ie pr(onde et de plus en plus t5due1 quoique d'ailleurs de nature purem5t transitoire1 de t\t le sy/me intellectuel1 p5dant le long int]rgne qui devait rsult] de la dcad5ce t\j\rs croissante de la philosophie ?ologico-mtaphysique1 p>v5ue1 de nos j\rs1 une impuissante dcrpitude1 et du dveloppem5t cont9u1 mais encore incomplet1 de la philosophie positive1 jusqu'ici trop troite1 trop spciale et trop timide1 p\r s'emp>] enf9 du g\v]nem5t spirituel de l'humanit4 ,c'e/ jusque l qu'il faut remont]1 af9 de saisir rellem5t l'orig9e effective de l'tat flottant et contradictoire o n\s voyons auj\rd'hui t\tes les gr&es notions sociales1 et qui1 p> une inv9cible ncessit1 tr\ble si dplorablem5t la vie morale et la vie politique3 mais c'e/ aussi l seulem5t qu'on peut nettem5t ap]cevoir le sy/me gnral des oprations successives1 les unes philosophiques1 les autres politiques1 qui doiv5t peu peu dlivr] la socit de cette fatale t5dance une imm95te dissolution1 et la conduire directem5t une organisation n\velle1 la fois plus progressive et plus consi/ante que celle qui reposa sur la philosophie ?ologique4 ,telle e/ la proposition capitale dont l'irrcusable dmon/ration rsult]a spontanm5t1 j'espre1 de l'ensemble de ce volume1 et qui doit tre ici le sujet sommaire d'une premire bau*e d'explication gnrale1 de/9e surt\t c>actris] l'impuissance galem5t radicale des coles politiques les plus opposes1 et con/at] l'indisp5sable ncessit d'introduire enf91 dans ces luttes aussi va9es qu'orageuses1 un esprit entirem5t n\veau1 seul susceptible1 p> son asc5dant graduellem5t univ]sel1 de guid] nos socits v]s le t]me df9itif de l'tat rvolutionnaire qui s'y dveloppe sans cesse depuis trois sicles4 ,l'ordre et le progrs1 que l'antiquit reg>dait comme ess5tiellem5t inconciliables1 con/itu5t de plus en plus1 p> la nature de la civilisation mod]ne1 deux conditions galem5t imprieuses1 dont l'intime et indissoluble comb9aison c>actrise dsormais et la difficult fondam5tale et la pr9cipale ress\rce de t\t vritable sy/me politique4 ,aucun ordre rel ne peut plus s'tablir1 ni surt\t dur]1 s'il n'e/ ple9em5t compatible avec le progrs2 aucun gr& progrs ne saurait effectivem5t s'accomplir1 s'il ne t5d f9alem5t l'vid5te consolidation de l'ordre4 ,t\t ce qui indique une proccupation exclusive de l'un de ces deux beso9s fondam5taux au prjudice de l'autre1 f9it p> inspir] aux socits actuelles une rpugnance in/9ctive1 comme mconnaissant pr(ondm5t la vraie nature du problme politique4 ,aussi la politique positive s]a-t-elle surt\t c>actrise1 dans la pratique1 p> son aptitude tellem5t spontane remplir cette d\ble indication1 que l'ordre et le progrs y p>atront directem5t les deux aspects ncessairem5t insp>ables d'un mme pr9cipe1 suivant la proprit ess5tielle dj graduellem5t ralise1 c]ta9s g>ds1 p\r les div]ses classes d'ides dev5ues ma9t5ant positives4 ,l'ensemble de ce volume ne laiss]a1 j'espre1 aucun d\te sur l'ext5sion effective aux ides politiques de cet attribut gnral du vritable esprit sci5tifique1 qui reprs5te t\j\rs les conditions de la liaison et celles de l'avancem5t comme orig9airem5t id5tiques4 ,il me suffit1 en ce mom5t1 d'indiqu] rapidem5t1 ce sujet1 l'ap]u fondam5tal d'aprs lequel les notions relles d'ordre et de progrs doiv5t tre1 en physique sociale1 aussi rig\reusem5t indivisibles que le sont1 en biologie1 les notions d'organisation et de vie1 d'o1 aux yeux de la sci5ce1 elles driv5t videmm5t4 ,mais l'tat prs5t du monde politique e/ encore trs loign de cette 9vitable conciliation f9ale4 ,c>1 le vice pr9cipal de notre situation sociale consi/e1 au contraire1 en ce que les ides d'ordre et les ides de progrs se tr\v5t auj\rd'hui pr(ondm5t sp>es1 et sembl5t mme ncessairem5t antipa?iques4 ,depuis un demi-sicle que la crise rvolutionnaire des socits mod]nes dveloppe son vrai c>actre1 on ne peut se dissimul] qu'un esprit ess5tiellem5t rtrograde a con/amm5t dirig t\tes les gr&es t5tatives en faveur de l'ordre1 et que les pr9cipaux ef=ts entrepris p\r le progrs ont t\j\rs t conduits p> des doctr9es radicalem5t an>*iques4 ,s\s ce rapport fondam5tal1 les repro*es mutuels que s'adress5t auj\rd'hui les p>tis les plus tran*s1 ne sont1 malheureusem5t1 que trop mrits4 ,tel e/ le c]cle pr(ondm5t vicieux dans lequel s'agite si va9em5t la socit actuelle1 et qui n'admet d'autre issue f9ale que l'unanime prpondrance d'une doctr9e galem5t progressive et hir>*ique4 ,les obs]vations d'aprs lesquelles je vais ici sommairem5t bau*] cette importante apprciation1 sont p> leur nature1 ess5tiellem5t applicables t\tes les populations europennes1 dont la dsorganisation a t rellem5t commune et mme simultane1 quoiqu' des degrs diffr5s et avec div]ses modifications1 et qui ne saurai5t non plus tre rorganises indp5damm5t les unes des autres1 bi5 que assujties un ordre dt]m94 ,cep5dant1 n\s devons plus spcialem5t avoir en vue la socit franaise1 non-seulem5t p>ce que l'tat rvolutionnaire s'y manife/e d'une manire plus complte et plus vid5te1 mais aussi comme tant1 au fond1 malgr quelques app>5ces contraires1 mieux prp>e qu'aucune autre1 s\s t\s les rapports importans1 une vraie rorganisation1 a9si que je l'tablirai ultrieurem5t4 ,quelque inf9ie v>it qui semble d'abord exi/] entre t\tes les op9ions d\es auj\rd'hui d'une vritable activit politique1 on reconnat aism5t1 p> une judicieuse analyse1 qu'elles sont1 au contraire1 circonscrites jusqu' prs5t dans une sphre extrmem5t troite1 puisqu'elles ne consi/5t rellem5t qu'en un mlange v>iable de deux ordres d'ides radicalem5t antagoni/es1 dont le second ne con/itue mme1 vrai dire1 qu'une simple ngation du premi]1 sans aucun dogme propre et n\veau4 ,la situation actuelle des socits ne peut1 en effet1 dev5ir intelligible qu'autant qu'on y voit la suite et le d]ni] t]me de la lutte gnrale entreprise1 p5dant le c\rs des trois sicles prcd5ts1 p\r la dmolition graduelle de l'anci5 sy/me politique4 ,or1 d'un tel po9t de vue1 on ap]oit aussitt que si1 depuis c9quante ans1 l'irrvocable dcomposition de ce sy/me a comm5c manife/]1 avec une vid5ce t\j\rs croissante1 l'imprieuse ncessit de la fondation d'un sy/me n\veau1 le s5tim5t encore incomplet de ce beso9 capital n'a cep5dant inspir jusqu'ici aucune conception vraim5t orig9ale1 directem5t approprie cette gr&e de/9ation3 en sorte que les ides ?oriques sont auj\rd'hui demeures trs infrieures aux ncessits pratiques1 que1 dans l'tat normal de l'organisme social1 elles devanc5t habituellem5t1 af9 d'en prp>] la satisfaction rgulire et paisible4 ,quoique1 ds-lors1 le pr9cipal m\vem5t politique ait d *ang] entirem5t de nature1 et de purem5t critique1 tel qu'il p>aissait jusque-l1 t5dre de plus en plus dev5ir di/9ctem5t organique1 nanmo9s1 p> une suite 9vitable de cette imm5se lacune philosophique1 il n'a pu cess] encore d'tre t\j\rs uniquem5t dirig d'aprs les mmes ides qui avai5t guid les div]s p>tis p5dant la longue dure de la lutte antrieure1 et avec lesquelles t\s les esprits s'tai5t a9si pr(ondm5t famili>iss4 ,df5seurs et assaillans de l'anci5 sy/me1 t\s1 p> une 9vitable et imp]ceptible transition1 ont p>eillem5t t5t de conv]tir leurs vieux app>eils de gu]re en in/rum5s de rorganisation1 sans s\ponn] leur inaptitude galem5t ncessaire cette n\velle opration1 dont la nature rep\sse1 avec la mme n]gie1 les deux sortes de pr9cipes1 les uns comme videmm5t rtrogrades1 les autres comme exclusivem5t critiques4 ,on ne saurait ni] que tel ne soit ess5tiellem5t1 encore auj\rd'hui1 le dplorable tat intellectuel du monde politique4 ,t\tes les ides d'ordre sont uniquem5t empruntes jusqu'ici l'antique doctr9e du sy/me ?ologique et militaire1 envisag surt\t dans sa con/itution ca?olique et fodale2 doctr9e qui1 du po9t de vue philosophique de ce ,trait1 reprs5te inconte/ablem5t l'tat ?ologique de la sci5ce sociale3 de mme1 t\tes les ides de progrs cont9u5t tre exclusivem5t dduites de la philosophie purem5t ngative qui1 issue du prote/antisme1 a pris1 au sicle d]ni]1 sa =me f9ale et son dveloppem5t intgral2 et dont les div]ses applications sociales1 considres dans leur ensemble1 con/itu5t1 en ralit1 l'tat mtaphysique de la politique4 ,les div]ses classes de la socit adopt5t spontanm5t l'une ou l'autre de ces deux directions opposes1 suivant leur disposition naturelle pr\v] davantage le beso9 de cons]vation ou celui d'amlioration4 ,telle e/ la cause immdiate qui sp>e auj\rd'hui si pr(ondm5t les deux pr9cipaux aspects de la "q sociale1 et qui dt]m9e si frquemm5t1 dans la pratique1 l'annulation rciproque des t5tatives div]g5tes dont ils devi5n5t alt]nativem5t l'objet4 *aque n\velle face que la m>*e naturelle des vnem5s vi5t faire successivem5t ressortir dans le beso9 fondam5tal de notre poque1 on rem>que l'inv>iable t5dance de l'cole rtrograde propos]1 comme remde unique et univ]sel1 la re/auration de la p>tie correspondante de l'anci5 sy/me politique2 et l'on peut obs]v] aussi la disposition non mo9s con/ante de l'cole critique rapport] exclusivem5t le mal une trop incomplte de/ruction de ce sy/me1 d'o rsulte t\j\rs1 comme 9vitable et uni=me solution1 le conseil de supprim] encore davantage t\te puissance rgulatrice#d4 ,r>em5t1 il e/ vrai1 surt\t auj\rd'hui1 *acune de ces deux doctr9es antagoni/es se prs5te dans t\te sa plnitude et avec son homognx primitive3 elles t5d5t de plus en plus n'avoir cette exi/5ce exclusive que *ez des esprits purem5t spculatifs4 ,mais1 le mon/rueux alliage que1 de nos j\rs1 on t5te d'tablir entre ces pr9cipes incompatibles1 et dont les div]s degrs c>actris5t les diffr5tes nuances politiques exi/antes1 ne saurait1 videmm5t1 tre d\ d'aucune v]tu trangre aux lm5s qui le compos5t1 et ne t5d1 au contraire1 en ralit1 qu' dvelopp] leur neutralisation mutuelle4 ,il e/ donc indisp5sable1 p\r la ju/esse et la nettet de notre analyse1 que la politique ?ologique et la politique mtaphysique soi5t d'abord envisages *acune isolm5t et en elle-mme1 sauf considr] ensuite leur antagonisme effectif1 et apprci] enf9 les va9es comb9aisons qu'on s'e/ ef=c d'in/itu] entre elles4 ,footnote #d3 ,en n'hsitant po9t qualifi] ici1 avec la consci5cieuse f]met d'un esprit fran*em5t sci5tifique1 les deux t5dances ncessaires1 l'une rtrograde1 l'autre an>*ique1 de nos pr9cipales coles politiques1 je crois devoir indiqu]1 une fois p\r t\tes1 combi5 je suis loign d'en v\loir tir] la mo9dre induction dfavorable aux int5tions habituelles de leurs p>tisans respectifs4 ,p> pr9cipe1 je suis pr(ondm5t conva9cu que1 surt\t en politique1 t\te mauvaise int5tion e/ m9emm5t exceptionnelle1 quoique la plup>t des hommes engags dans les luttes sociales soi5t ord9airem5t incapables d'ap]cevoir les plus graves consqu5ces relles des doctr9es qu'ils y pr(ess5t4 ,*aque p>ti r5f]me1 sans d\te1 un petit nombre d'ambitieux qui1 s\v5t dnus de t\te vraie conviction p]sonnelle1 ne se propos5t d'autre b ess5tiel que d'exploit] la foi commune au pr(it de leur propre lvation3 ceux-l1 il faut savoir les brav] et mme les fltrir au beso94 ,mais1 cette unique exception prs1 le bon ct de la nature huma9e tant videmm5t le seul qui puisse p]mettre des associations de quelque t5due et de quelque dure1 aucune op9ion politique ne saurait vivre sans avoir rellem5t en vue le bi5 public1 quelque troite et imp>faite notion qu'elle s'en =me d'ailleurs4 ,a9si1 ceux qu'on accuse auj\rd'hui le plus ju/em5t de t5dance rtrograde1 ne veul5t c]ta9em5t que replac] le monde politique dans une situation vraim5t normale1 d'o il ne leur semble tre sorti que p\r se prcipit] v]s l'imm95te dissolution de t\t ordre social4 ,p>eillem5t1 ceux qui1 leur insu1 t5d5t vritablem5t l'an>*ie1 ne croi5t obir qu' l'vid5te ncessit de dtruire enf9 irrvocablem5t un sy/me politique dev5u radicalem5t impropre dirig] dsormais la socit4 ,l'erreur fondam5tale des uns et des autres ne rsulte mme que d'une proccupation trop exclusive de *acun des deux g5res de conditions ess5tielles dont l'ensemble con/itue la vraie df9ition du problme gnral de la politique actuelle4 ,quelque p]nicieuse que soit rellem5t auj\rd'hui la politique ?ologique1 aucun vrai philosophe ne saurait jamais oubli] que la =mation et le premi] dveloppem5t des socits mod]nes se sont accomplis s\s sa bi5faisante tutelle1 comme je p>vi5drai1 j'espre1 le faire dignem5t ressortir dans la p>tie hi/orique de ce volume4 ,mais il n'e/ pas mo9s inconte/able que1 depuis environ trois sicles1 son influ5ce a t1 *ez les peuples les plus avancs1 ess5tiellem5t rtrograde1 malgr les s]vices p>tiels qu'elle a pu y r5dre encore4 ,il s]ait c]ta9em5t sup]flu de s'arrt] ici aucune discussion spciale de cette doctr9e1 p\r con/at] ma9t5ant sa haute insuffisance ncessaire1 que la m>*e spontane des vnem5s fait *aque j\r si nettem5t ressortir4 ,l'abs5ce dplorable de t\te vue relle sur la rorganisation sociale peut seule expliqu] l'absurde projet de donn] auj\rd'hui p\r appui l'ordre social un sy/me politique qui n'a pu se s\t5ir lui-mme devant le progrs naturel de l'intellig5ce et de la socit4 ,dans la suite de ce volume1 l'analyse hi/orique des trans=mations successives qui ont graduellem5t am5 l'entire dissolution du sy/me ca?olique et fodal1 dmontr]a1 mieux qu'aucune argum5tation directe1 combi5 cette dcad5ce e/ dsormais radicale et irrvocable4 ,l'cole ?ologique ne sait habituellem5t expliqu] une telle dcomposition que p> des causes presque =tuites et p\r a9si dire p]sonnelles1 hors de t\te proportion raisonnable avec l'imm5sit des effets obs]vs2 ou bi51 p\sse b\t1 elle rec\rt son artifice ord9aire1 et s'ef=ce1 p> une explication surnaturelle1 de ratta*] cette gr&e *ane d'vnem5s une sorte de my/rieuse fantaisie de la provid5ce1 qui se s]ait avise de suscit] l'ordre social un temps d'preuve1 dont l'poque ni la dure1 pas plus que le c>actre1 ne saurai5t d'ailleurs tre nullem5t motivs4 ,n\s reconnatrons1 au contraire1 d'aprs l'ensemble des faits hi/oriques1 que t\tes les gr&es modifications successivem5t pr\ves p> le sy/me ?ologique et militaire ont1 ds l'orig9e1 et de plus en plus1 con/amm5t t5du v]s l'lim9ation complte et df9itive d'un rgime auquel la loi fondam5tale de l'volution sociale assignait ncessairem5t un (fice simplem5t provisoire1 quoique /rictem5t indisp5sable4 ,il s]a1 ds-lors1 vid5t que t\s les ef=ts dirigs v]s la re/auration de ce sy/me1 mme en supposant possible leur succs mom5tan1 bi5 lo9 de p\voir ram5] la socit un tat vraim5t normal1 ne saurai5t ab\tir qu' la replac] dans la situation qui a ncessit la crise rvolutionnaire1 en l'obligeant recomm5c] plus violemm5t la de/ruction d'un rgime qui1 depuis long-temps1 a cess d'tre compatible avec ses progrs pr9cipaux4 ,quoique1 p> ces motifs1 je doive c>t] ici t\te controv]se ce sujet1 je crois nanmo9s ncessaire d'y signal] un n\vel aspect philosophique1 qui me p>at indiqu] le plus simple et le plus sr critrium de la valeur effective d'une doctr9e sociale quelconque1 et qui e/ plus spcialem5t dcisif contre la politique ?ologique4 ,envisag du seul po9t de vue logique1 le problme fondam5tal de notre rorganisation sociale me semble ncessairem5t rductible cette unique condition ess5tielle3 con/ruire une doctr9e politique assez rationnellem5t conue p\r que1 dans l'ensemble de son dveloppem5t actif1 elle puisse t\j\rs tre ple9em5t consqu5te ses propres pr9cipes4 ,aucune des doctr9es exi/antes ne satisfait auj\rd'hui1 mme p> une grossire approximation1 cette gr&e obligation intellectuelle3 t\tes r5f]m5t1 comme lm5s indisp5sables1 a9si que je vais l'indiqu] sommairem5t1 des contradictions nombreuses et directes sur la plup>t des po9ts importans4 ,c'e/ surt\t en cela que leur pr(onde insuffisance e/ le plus nettem5t c>actrise4 ,on peut1 en effet1 pos] en pr9cipe que la doctr9e qui1 relativem5t aux div]ses que/ions fondam5tales de la politique1 aurait f\rni des solutions exactem5t concordantes1 sans que la progression des applications relles l'am5t jamais se dm5tir1 devrait1 p> cette seule preuve indirecte1 tre reconnue suffisamm5t apte rorganis] la socit2 puisque cette rorganisation intellectuelle doit pr9cipalem5t consi/] rtablir enf91 dans le sy/me pr(ondm5t tr\bl de nos div]ses ides sociales1 une h>monie relle et durable4 ,qu& une telle rgnration ne s]ait mme d'abord exactem5t accomplie que dans une seule intellig5ce 7et il faut bi5 que1 au db1 elle comm5ce ncessairem5t a9si71 sa gnralisation plus ou mo9s pro*a9e n'en re/]ait pas mo9s assure2 c> le nombre des esprits ne saurait nullem5t augm5t] les difficults ess5tielles de la conv]g5ce intellectuelle1 et ne peut influ] que sur le temps ncessaire sa ralisation4 ,j'aurai so9 de signal]1 en cas opportun1 l'm95te supriorit que doit1 s\s ce rapport1 manife/] spontanm5t la philosophie positive1 qui1 une fois t5due aux phnomnes sociaux1 li]a ncessairem5t les div]s ordres des ides huma9es beauc\p plus compltem5t qu'ils n'ont jamais pu l'tre p> aucune autre voie4 ,telle e/ la pr9cipale rgle qui1 ds l'orig9e de mes travaux en philosophie politique1 m'a t\j\rs dirig dans l'exacte apprciation de mes progrs successifs v]s la conception d'une vritable doctr9e sociale4 ,c'e/ de la politique ?ologique qu'on devrait surt\t att5dre l'enti] accomplissem5t de cette gr&e condition logique1 dont les difficults fondam5tales sembl5t spontanm5t annules p\r une doctr9e qui se borne1 en reproduisant le pass1 coordonn] un sy/me si nettem5t df9i p> une longue application1 et si ple9em5t dvelopp dans t\tes ses div]ses p>ties ess5tielles1 qu'il p>at ncessairem5t l'abri de t\te grave inconsqu5ce4 ,aussi l'cole rtrograde prconise-t-elle habituellem5t1 comme son attribut c>actri/ique1 la p>faite cohr5ce de ses ides1 oppose aux frqu5tes contradictions de l'cole rvolutionnaire4 ,nanmo9s1 quoique la politique ?ologique soit1 en effet1 p> des motifs aism5t apprciables1 mo9s inconsqu5te auj\rd'hui que la politique mtaphysique1 il e/ trs facile de con/at] *aque j\r sa t5dance de plus en plus irrsi/ible aux concessions les plus fondam5tales1 directem5t contraires t\s ses pr9cipes ess5tiels4 ,ri5 n'e/ plus propre1 sans d\te1 qu'un tel ordre d'obs]vations mettre en ple9e vid5ce la pr(onde inanit actuelle d'une doctr9e qui ne possde pas mme1 en ralit1 la qualit la plus spontanm5t correspondante sa nature4 ,l'anci5 sy/me politique se montre a9si tellem5t dtruit dsormais que ses p>tisans les plus dv\s en ont radicalem5t p]du le vrai s5tim5t gnral4 ,on peut le reconnatre sans pe9e1 non-seulem5t dans la pratique active1 mais aussi *ez les esprits purem5t spculatifs1 mme les plus m95s1 modifis1 leur insu1 p> l'inv9cible entranem5t de leur sicle4 ,quelques exemples saillans suffiront ici p\r indiqu] au lecteur att5tif l'ext5sion facile d'un tel exam54 ,la dmon/ration s]ait trop aise1 si1 comme la rigueur logique l'exig]ait videmm5t1 on considrait d'abord la doctr9e rtrograde relativem5t aux lm5s ess5tiels de la civilisation mod]ne4 ,il n'e/ po9t d\teux1 en effet1 que le dveloppem5t cont9u et la propagation croissante des sci5ces1 de l'indu/rie1 et mme des beaux-arts1 n'ai5t t hi/oriquem5t la pr9cipale cause orig9aire1 quoique lat5te1 de la dcad5ce radicale du sy/me ?ologique et militaire1 dont les p]tes spontanes euss5t p>u1 sans cela1 susceptibles d'une rp>ation praticable4 ,auj\rd'hui1 c'e/ surt\t l'asc5dant graduel de l'esprit sci5tifique qui n\s prs]ve jamais d'aucune rsurrection relle de l'esprit ?ologique1 dans quelques ab]rations rtrogrades que le c\rs des vnem5s puisse mom5tanm5t t5dre entran] la socit3 de mme1 s\s le po9t de vue temporel1 l'esprit indu/riel1 *aque j\r plus t5du et plus prpondrant1 con/itue c]ta9em5t la g>antie la plus efficace contre t\t ret\r srieux de l'esprit militaire ou fodal4 ,quoique les luttes politiques ne soi5t pas encore o/5siblem5t tablies entre ces deux c\ples de pr9cipes1 tel n'en e/ pas mo9s1 au fond1 le c>actre actuel de notre vritable antagonisme social4 ,or1 malgr cette inconte/able opposition1 exi/a-t-il jamais1 dans le dveloppem5t mod]ne de la politique ?ologique1 aucun g\v]nem5t ou mme aucune cole assez ple9em5t rtrogrades p\r os] rellem5t p\rsuivre ou seulem5t concevoir la compression sy/matique des sci5ces1 des beaux-arts1 et de l'indu/rie8 ,sauf quelques actes isols1 et c]ta9s esprits exc5triques1 qui1 de lo9 en lo91 sont v5us involontairem5t dcl] l'incompatibilit fondam5tale1 n'e/-il pas1 au contraire1 vid5t que t\s les p\voirs ti5n5t honneur d'enc\rag] leurs progrs j\rnali]s8 ,telle e/1 sans d\te1 la premire inconsqu5ce actuelle de la politique rtrograde1 annulant a9si1 p> le dveloppem5t spontan de ses actes j\rnali]s1 ses va9s projets gnraux de recon/ruction d'un pass dont le s5tim5t fondam5tal e/ dsormais involontairem5t p]du p\r t\s les hommes d'tat4 ,bi5 que la mo9s app>5te1 cette contradiction devrait sembl] la plus fondam5tale et la plus dcisive1 prcism5t comme tant plus univ]selle et plus in/9ctive qu'aucune autre4 ,celui qui1 de nos j\rs1 a le plus =tem5t conu et le plus vig\reusem5t p\rsuivi la rtrogradation politique1 ,bonap>te lui-mme1 indp5damm5t de ses autres incohr5ces1 n'a-t-il pas s9crem5t t5t de s'rig]1 aprs tant d'autres *efs de la mme cole1 en protecteur dcl> de l'indu/rie1 des beaux-arts1 et des sci5ces8 ,les esprits purem5t spculatifs n'*app5t gure davantage cette irrsi/ible t5dance1 quoique bi5 plus aism5t susceptibles1 p> leur position1 de s'isol] du m\vem5t gnral4 ,qu'on analyse1 p> exemple1 les va9es t5tatives si frquemm5t r5\veles1 depuis deux sicles1 p> tant d'intellig5ces di/+ues et quelquefois suprieures1 p\r subordonn]1 suivant la =mule ?ologique1 la raison la foi2 il s]a facile d'en reconnatre la con/itution radicalem5t contradictoire1 qui tablit la raison elle-mme juge suprme d'une telle s\mission1 dont l'int5sit et la dure dp5d5t uniquem5t a9si de ses dcisions v>iables1 r>em5t trop svres4 ,le plus m95t p5seur de l'cole ca?olique actuelle1 l'illu/re de ,mai/re1 a r5du lui-mme un tmoignage1 aussi clatant qu'involontaire1 cette 9vitable ncessit de sa philosophie1 lorsque1 r5onant t\t app>eil ?ologique1 il s'e/ ef=c1 dans son pr9cipal ouvrage1 de fond] le rtablissem5t de la suprmatie papale sur de simples raisonnem5s hi/oriques et politiques1 d'ailleurs1 c]ta9s g>ds1 admirables1 au lieu de se born] le comm&] directem5t de droit div91 seul mode ple9em5t en h>monie avec la nature d'une semblable doctr9e1 et qu'un tel esprit1 une autre poque1 n'et po9t hsit sans d\te suivre exclusivem5t1 si l'tat gnral de l'intellig5ce huma9e n'en et pas emp*1 mme *ez lui1 l'entire prpondrance4 ,une vrification aussi dcisive doit disp5s] ici de t\te indication ultrieure ce sujet4 ,considrons ma9t5ant des incohr5ces plus directes1 et qui1 quoique tant rellem5t mo9s pr(ondes1 doiv5t naturellem5t frapp] davantage1 en ce qu'elles montr5t une flagrante contradiction mutuelle entre les div]ses p>ties ess5tielles d'une mme doctr9e4 ,l'exam5 att5tif du pass n\s (frira plus t>d1 s\s ce rapport1 de nombreuses et irrcusables preuves1 puisque la dmolition effective de l'anci5 sy/me politique a t surt\t opre p> le viol5t antagonisme rciproque des pr9cipaux p\voirs qui le con/ituai5t4 ,mais1 en se bornant ici1 comme l'exige la nature de ce *apitre prlim9aire1 la simple obs]vation de l'poque actuelle1 on peut j\rnellem5t con/at]1 *ez les diffr5tes sections de l'cole rtrograde1 un tat prononc d'opposition directe div]s po9ts fondam5taux de leur doctr9e commune4 ,le cas le plus important de ce g5re consi/e1 sans d\te1 dans l'trange unanimit que manife/e cette cole cons5tir la suppression relle de la pr9cipale base du sy/me ca?olique et fodal1 en r5onant la division capitale entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 ou1 ce qui revi5t au mme1 en acquiesant la subalt]nisation gnrale du premi] env]s le second4 ,c'e/ peut-tre la seule gr&e notion politique sur laquelle t\s les p>tis s'accord5t auj\rd'hui ess5tiellem5t1 quoique la sa9e philosophie n'y puisse voir qu'une ab]ration pr(ondm5t fune/e1 d'ailleurs mom5tanm5t 9vitable4 cet g>d1 les rois ne se montr5t c]tes pas mo9s rvolutionnaires que les peuples2 et les prtres eux-mmes1 non-seulem5t dans les div]s pays prote/ans1 mais aussi *ez les nations re/es nom9alem5t ca?oliques1 ont a9si ratifi volontairem5t leur propre dgradation politique1 soit en vue d'un ignoble intrt1 soit1 t\t au mo9s1 d'aprs un va9 esprit d'troite nationalit4 ,comm5t les uns ou les autres p\rrai5t-ils1 ds-lors1 rv] la re/auration contradictoire d'un sy/me qu'ils ont aussi radicalem5t mconnu8 ,la runion pralable de t\tes les innombrables sectes eng5dres p> la dcad5ce croissante du *ri/ianisme1 devrait con/itu]1 cet g>d1 une indisp5sable opration prlim9aire4 ,or1 les projets phmres t5ts dans ce s5s1 surt\t en ,allemagne1 p> quelques hommes d'tat contempora9s1 ont t\j\rs rapidem5t *\ devant l'aveugle mais insurmontable ob/9ation des div]s g\v]nem5s ret5ir la direction suprme du p\voir ?ologique1 dont l'indisp5sable c5tralisation dev5ait aussitt impossible4 ,s\s ce rapport1 les brutales inconsqu5ces de ,bonap>te1 au milieu de ses va9s ef=ts p\r rtablir l'anci5 sy/me politique1 n'ont fait que reproduire plus vivem5t un exemple dj trs famili] tant d'autres pr9ces4 ,qu&1 aprs sa *ute1 les rois ont entrepris d'in/itu] de conc]t1 contre le dveloppem5t ultrieur de l'tat rvolutionnaire1 un haut p\voir europen1 ils n'ont pas mme p5s la mo9dre p>ticipation de l'anci5ne autorit spirituelle1 dont ils usurpai5t a9si compltem5t l'attribut le plus lgitime4 ,cette usurpation a t spontanm5t excute d'une manire tellem5t radicale que ce conseil suprme s'e/ tr\v1 en gr&e p>tie1 compos de *efs hrtiques1 et dom9 p> un pr9ce s*ismatique1 ce qui r5dait s5sible t\s les yeux l'impossibilit d'y introduire1 aucun titre1 le p\voir papal1 comme ,m4 l'abb de ,la ,m5nais l'avait autrefois ju/em5t rem>qu1 avant sa conv]sion rvolutionnaire4 ,sans d\te1 ce n'e/ pas seulem5t de nos j\rs que les rois1 et mme les papes1 ont1 beauc\p d'g>ds ess5tiels1 directem5t subordonn l'application de leurs pr9cipes religieux aux intrts immdiats de leur dom9ation temporelle4 ,mais de telles inconsqu5ces1 outre qu'elles sont dev5ues auj\rd'hui plus nombreuses et plus pr(ondes1 se prs5t5t surt\t comme bi5 plus dcisives1 en montrant quel po9t la p5se fondam5tale de l'anci5 sy/me politique a cess d'tre prpondrante *ez ceux mmes qui en ont entrepris avec le plus d'ardeur la *imrique re/auration1 a9si qu'on a pu le voir en tant de gr&es occasions contempora9es1 p> exemple1 l'g>d de la ,grce1 de la ,pologne1 etc4 ,cet esprit d'incohr5ce et de division de l'cole rtrograde s'e/ frquemm5t manife/ de nos j\rs1 t\s les vrais obs]vateurs1 s\s des =mes trs v>ies1 mais galem5t significatives1 soit dans les triomphes p>tiels et mom5tans de la politique ?ologique1 soit dans ses rev]s4 ,p\r un p>ti aussi fi] de sa prt5due cohsion1 la possession du p\voir devait sans d\te ralli] naturellem5t t\tes les nuances secondaires v]s la ralisation fondam5tale d'une doctr9e dont on avait tant vant la liaison et l'homognx4 ,n'avons-n\s pas vu1 au contraire1 p5dant de longues annes1 les scissions les plus prononces clat] successivem5t entre les subdivisions de plus en plus nombreuses de ce p>ti triomphant1 et s]vir enf9 d'in/rum5t immdiat sa *ute politique8 ,malgr l'intime et vid5te relation de leurs causes1 les p>tisans du ca?olicisme et ceux de la fodalit ne se sont-ils pas alors violemm5t sp>s8 ,p>mi ces d]ni]s1 les df5seurs de l'ari/ocratie et ceux de la royaut ne se sont-ils pas mutuellem5t combattus8 ,en un mot1 cette c\rte priode n'a-t-elle po9t successivem5t reproduit1 s\s nos yeux1 l'effective manife/ation1 irrcusable quoique sommaire1 des mmes pr9cipes ess5tiels de discorde et de dcomposition qui1 l5tem5t dvelopps p5dant les sicles antrieurs1 avai5t rellem5t dt]m9 l'irrvocable dissolution du sy/me ?ologique et fodal8 ,si1 p> impossible1 un succs analogue v5ait se r5\vel]1 je ne cra9s pas d'affirm] que1 malgr cette expri5ce =melle1 des sp>ations beauc\p plus prononces encore clat]ai5t ncessairem5t1 et plus tt1 dans l'intrieur du p>ti rtrograde1 p> l'influ5ce 9vitable de l'incompatibilit *aque j\r plus complte et mieux s5tie de l'tat social actuel avec l'anci5 sy/me politique1 dont la vritable p5se gnrale t5d mme de plus en plus s'effac] et se p]dre entirem5t *ez ses plus zls p>tisans4 ,plus la politique ?ologique tr\ve auj\rd'hui se dvelopp] et s'appliqu]1 plus elle eng5dre d'inconciliables subdivisions1 que dissimule le vague ass5tim5t accord ses pr9cipes gnraux1 tant qu'ils sont cont5us l'tat spculatif3 c'e/1 du po9t de vue sci5tifique1 le symptme ord9aire de t\te ?orie incompatible avec les faits4 ,depuis que la mmorable sec\sse de #ahcj a fait pass] le p>ti rtrograde la simple condition d'opposant1 son incohr5ce radicale s'e/ manife/e d'une autre manire non mo9s dcisive1 qui1 sans tre vraim5t n\velle1 n'avait jamais t jusqu'ici aussi ple9em5t c>actrise4 ,p5dant le c\rs des trois d]ni]s sicles1 ce p>ti1 qu& il tait rduit la df5sive1 rec\rut spontanm5t plus d'une fois aux pr9cipes ess5tiels de la doctr9e rvolutionnaire1 sans recul] devant le dang] f9al d'une aussi mon/rueuse inconsqu5ce4 ,on put voir1 p> exemple1 l'cole ca?olique invoquant =mellem5t le dogme de la lib]t de consci5ce1 au sujet de ses co-religionnaires d',anglet]re1 et surt\t d',irl&e1 etc41 t\t en cont9uant rclam] l'n]gique rpression du prote/antisme en ,france1 en ,autri*e1 etc4 ,lorsque1 dans notre sicle1 la coalition des rois a v\lu enf9 s\lev] srieusem5t l',europe contre l'intolrable dom9ation de ,bonap>te1 elle a sol5nellem5t r5du le tmoignage le mo9s quivoque l'impuissance de la doctr9e rtrograde et l'n]gie de la doctr9e critique1 en r5onant1 dans cette circon/ance capitale1 se s]vir de la premire1 p\r invoqu] uniquem5t la seconde1 qu'elle reconnaissait a9si involontairem5t seule susceptible auj\rd'hui d'ex]c] une action relle sur les populations civilises1 sans cess] nanmo9s1 p> la plus trange contradiction1 d'avoir ultrieurem5t en vue la re/auration f9ale de l'anci5 sy/me politique4 ,mais cet aveu implicite de la dcrpitude irrvocable de la politique ?ologique ne put tre1 aucune poque1 aussi complet et aussi dcisif que n\s le voyons auj\rd'hui1 o l'cole rtrograde1 s'ef=ant de sy/matis] son usage le corps enti] de la doctr9e critique1 entrepr5d1 s\s nos yeux1 comme ress\rce extrme1 la va9e rsurrection du rgime ca?olique et fodal l'aide des pr9cipes mmes qui ont effectivem5t s]vi le dtruire1 et dont elle n'hsite plus ratifi] spculativem5t les consqu5ces les plus an>*iques3 une telle subv]sion ne p>aissant d'ailleurs motive que sur un simple *angem5t surv5u dans le p]sonnel de la royaut1 sans que le vrai c>actre du pr9cipal m\vem5t politique ait t1 du re/e1 aucunem5t modifi4 ,ceux qui prsid5t cette s+ulire mtamorphose1 pass5t p\r les habiles p> excell5ce du p>ti dont ils sign5t aussi catgoriquem5t l'abdication politique1 et mme1 c]ta9s g>ds1 la dgradation morale#e6 ,footnote #e3 ,les op9ions littraires p\vant (frir1 conv5ablem5t analyses1 un reflet fidle et in/ructif de l'tat gnral de l'esprit huma9 *aque poque1 je crois conv5able d'indiqu] ici1 comme une utile vrification n\velle de cette inconsqu5ce c>actri/ique des p>tis actuels1 la correspondance directem5t contradictoire que l'on peut obs]v] entre les deux camps opposs en littrature et en politique4 ,*acun se s\vi5t que le romantisme s'introduisit en ,france1 ds le comm5cem5t de ce sicle1 s\s les auspices de l'cole ca?olico-fodale1 qui se fit long-temps une sorte d'obligation de p>ti de prconis] les plus mon/rueuses ab]rations des novateurs littraires2 t&is que l'cole rvolutionnaire df5dant1 au contraire1 avec ardeur la vieille lgitimit classique1 t5ta mme plus d'une fois de la plac] s\s la ridicule protection de rglem5s (ficiels4 ,une telle mprise ne t5ait1 sans d\te1 de "p et d'autre1 qu' ce que la littrature romantique se produisit d'abord comme ess5tiellem5t v\e la reprs5tation des temps *rti5s et fodaux1 p5dant que la littrature classique p>aissait exclusivem5t consacre l'antiquit pay5ne et rpublica9e4 ,ce rappro*em5t sup]ficiel1 t\t -fait indp5dant du vrai c>actre fondam5tal de *aque sy/me littraire1 a nanmo9s suffi p\r que1 les uns en l'honneur et les autres p> av]sion de ca?olicisme1 ai5t galem5t f]m les yeux sur l'inconsqu5ce vid5te d'une semblable apprciation1 comp>e aux pr9cipes gnraux d'autorit absolue ou de lib]t indf9ie dont ils s'ef=ai5t respectivem5t d'tablir la prpondrance politique4 ,la rp>tition des op9ions littraires comm5ce s'effectu] sans d\te d'une manire plus con=me aux lois ord9aires de l'analogie1 en ce s5s du mo9s que l'an>*ie politique cesse ma9t5ant de rpudi] l'an>*ie littraire4 ,mais le mode primitif1 d'ailleurs si rc5t1 n'en laisse pas mo9s des traces ple9em5t suffisantes encore p\r faire ressortir la ralit de l'obs]vation prcd5te4 ,aprs de telles obs]vations1 que *acun peut aism5t prolong]1 il s]ait c]ta9em5t inutile de s'arrt] davantage con/at] ici l'impuissance radicale d'une doctr9e qui1 pr(ondm5t antipa?ique la civilisation actuelle1 conti5t d'ailleurs auj\rd'hui tant d'lm5s directem5t contraires ses propres pr9cipes fondam5taux1 et ne peut pas mme ralli]1 en ralit1 ni dans les succs1 ni dans les rev]s1 ses div]s p>tisans1 quoiqu'elle leur (fre1 dans le pass1 le type le mieux df9i1 dont l'assidue contemplation sembl]ait devoir prv5ir t\te grave div]g5ce4 ,on sait que de ,mai/re a repro* au gr& ,bossuet1 et1 c]ta9s g>ds1 avec raison1 surt\t en ce qui conc]ne l'glise gallicane1 d'avoir srieusem5t mconnu la vraie nature politique du ca?olicisme2 il ne s]ait pas difficile1 comme je l'ai ci-dessus indiqu1 de signal] aussi1 *ez le clbre auteur du ,pape1 plusieurs inconsqu5ces1 s9on analogues1 du mo9s quival5tes4 ,et l'on prt5drait rorganis] les socits mod]nes d'aprs une ?orie assez dcrpite p\r n'tre plus1 depuis long-temps1 suffisamm5t comprise1 mme de ses plus illu/res int]prtes6 ,en s\mettant1 son t\r1 la politique mtaphysique une p>eille apprciation1 il faut1 avant t\t1 ne jamais p]dre de vue que sa doctr9e1 quoique exclusivem5t critique1 et p> suite purem5t rvolutionnaire1 n'en a pas mo9s mrit long-temps la qualification de progressive1 comme ayant en effet prsid aux pr9cipaux progrs politiques accomplis dans le c\rs des trois d]ni]s sicles1 et qui devai5t tre ess5tiellem5t ngatifs4 ,cette doctr9e p\vait seule irrvocablem5t dtruire un sy/me qui1 aprs avoir dirig les premi]s dveloppem5s de l'esprit huma9 et de la socit1 t5dait ensuite1 p> sa nature1 p]ptu] indf9im5t leur enfance4 ,aussi le triomphe politique de l'cole mtaphysique devait-il con/itu]1 comme p\r t\t autre ordre d'ides1 une indisp5sable prp>ation l'avnem5t social de l'cole positive1 laquelle e/ exclusivem5t rs]ve la t]m9aison relle de l'poque rvolutionnaire1 p> la fondation df9itive d'un sy/me aussi progressif que rguli]4 ,si1 conu dans un s5s absolu1 *acun des dogmes qui compos5t la doctr9e critique ne peut manife/]1 en effet1 qu'un c>actre directem5t an>*ique1 la p>tie hi/orique de ce volume dmontr]a clairem5t que1 considr son orig9e1 et re/re9t l'anci5 sy/me1 contre lequel il fut t\j\rs videmm5t in/itu1 il tablit1 au contraire1 une condition ncessaire1 quoique simplem5t provisoire1 d'une n\velle organisation politique1 jusqu' l'app>ition de laquelle la dang]euse activit de cet app>eil de/ructif ne peut ni ne doit entirem5t cess]4 ,p> une ncessit1 aussi vid5te que dplorable1 inhr5te notre faible nature1 le passage d'un sy/me social un autre ne peut jamais tre direct et cont9u2 il suppose t\j\rs1 p5dant quelques gnrations au mo9s1 une sorte d'int]rgne plus ou mo9s an>*ique1 dont le c>actre et la dure dp5d5t de l'int5sit et de l't5due de la rnovation opr]3 les progrs politiques les plus s5sibles se rduis5t alors ess5tiellem5t la dmolition graduelle de l'anci5 sy/me1 t\j\rs m9 d'avance dans ses div]s fondem5s pr9cipaux4 ,ce r5v]sem5t pralable e/ non-seulem5t 9vitable1 p> la seule =ce des antcd5s qui l'amn5t1 mais mme /rictem5t indisp5sable1 soit p\r p]mettre aux lm5s du sy/me n\veau1 qui s'tai5t jusqu'alors l5tem5t dvelopps en sil5ce1 de recevoir peu peu l'in/itution politique1 soit encore af9 de /imul] la rorganisation p> l'expri5ce des inconvni5s de l'an>*ie4 ,outre ces motifs inconte/ables1 faciles apprci] auj\rd'hui1 une considration n\velle1 purem5t intellectuelle1 que je dois ici plus prcism5t indiqu]1 me semble propre mettre en une plus p>faite vid5ce l'obligation directe d'une telle m>*e1 en dmontrant que1 sans cette de/ruction pralable1 l'esprit huma9 ne p\rrait mme s'lev] nettem5t la conception gnrale du sy/me con/itu]4 ,la dbile porte de notre intellig5ce1 et la brivet de la vie individuelle comp>e la l5teur du dveloppem5t social1 reti5n5t notre imag9ation1 surt\t l'g>d des ides politiques1 vu leur complication suprieure1 s\s la plus troite dp5dance du milieu effectif dans lequel n\s vivons actuellem5t4 ,mme les plus *imriques utopi/es1 qui croi5t s'tre entirem5t affran*is de t\te condition de ralit1 subiss5t1 leur insu1 cette insurmontable ncessit1 en refltant t\j\rs fidlem5t p> leurs rv]ies l'tat social contempora94 plus =te raison1 la conception d'un vritable sy/me politique1 radicalem5t diffr5t de celui qui n\s ent\re1 doit-elle excd] les bornes fondam5tales de notre faible intellig5ce4 ,l'tat d'enfance et d'empirisme o la sci5ce sociale a jusqu'ici con/amm5t langui1 a d d'ailleurs contribu] sans d\te r5dre plus imprieuse et surt\t plus troite cette obligation naturelle4 ,a9si1 ne considr] mme les rvolutions sociales que dans leurs simples conditions intellectuelles1 la dmolition trs avance du sy/me politique antrieur y con/itue videmm5t un indisp5sable prambule1 sans lequel ni les plus m95s esprits ne saurai5t ap]cevoir nettem5t la vraie nature c>actri/ique du sy/me n\veau1 pr(ondm5t dissimule p> le spectacle prpondrant de l'anci5ne organisation1 ni enf91 en supposant surmonte cette premire difficult1 la raison publique ne p\rrait se famili>is] assez avec cette n\velle conception p\r en second] la ralisation graduelle p> son 9vitable p>ticipation4 ,la plus =te tte de t\te l'antiquit1 le gr& ,ari/ote1 a t lui-mme tellem5t dom9 p> son sicle qu'il n'a pu seulem5t concevoir une socit qui ne ft po9t ncessairem5t fonde sur l'esclavage1 dont l'irrvocable abolition a nanmo9s comm5c quelques sicles aprs lui4 ,une vrification aussi dcisive doit faire apprci] suffisamm5t l'empire effectif d'une telle obligation gnrale1 que l'hi/oire des sci5ces manife/e d'ailleurs hautem5t p> tant d'exemples irrcusables1 mme l'g>d d'ides beauc\p plus simples que les ides politiques4 ,ces div]ses considrations fondam5tales sont1 p> leur nature1 m9emm5t applicables l'imm5se rvolution sociale au milieu de laquelle n\s vivons1 et dont l'ensemble des rvolutions antrieures n'a rellem5t con/itu qu'un indisp5sable prlim9aire4 ,la rnovation n'ayant jamais pu tre jusque alors aussi pr(onde ni aussi t5due1 comm5t la socit aurait-elle *app ici cette condition de r5v]sem5t pralable1 qu'elle avait prcdemm5t subie dans des trans=mations bi5 mo9s capitales8 ,sans d\te1 il et t trs prfrable que la *ute de l'anci5 sy/me politique se ft ret>de jusqu'au mom5t o le n\veau sy/me aurait t propre lui succd] immdiatem5t1 en prv5ant t\te discont9uit organique4 ,mais cette utopique supposition e/ trop hautem5t contradictoire avec les plus vid5tes conditions de la nature huma9e1 p\r mrit] aucun exam5 srieux4 ,si1 malgr la dmolition dj presque entirem5t accomplie1 les plus m95s esprits n'ap]oiv5t encore que dans une vague obscurit le vrai c>actre de la rorganisation sociale1 qu'tait-ce donc qu& l'anci5 sy/me en ple9e vigueur devait immdiatem5t int]dire t\t ap]u quelconque d'un tel av5ir6 ,il e/1 au contraire1 vid5t qu'une lutte plus int5se et plus prolonge contre le rgime antrieur1 a d ncessit] un dveloppem5t plus n]gique et une conc5tration plus sy/matique de l'action rvolutionnaire1 directem5t ratta*e enf91 p\r la premire fois1 une doctr9e complte de ngation m?odique et cont9ue de t\t g\v]nem5t rguli]4 ,telle e/ la s\rce ncessaire et ple9em5t lgitime de la doctr9e critique actuelle2 d'o l'on peut ap]cevoir nettem5t la vritable explication gnrale1 soit des indisp5sables s]vices que cette doctr9e a r5dus jusqu'ici1 soit des ob/acles ess5tiels qu'elle oppose ma9t5ant la rorganisation f9ale des socits mod]nes4 tudi son orig9e hi/orique1 *acun de ses div]s dogmes pr9cipaux ne con/itue rellem5t1 comme je l'tablirai plus t>d1 que le rsultat transitoire de la dcad5ce correspondante de l'anci5 ordre social1 dont cette sy/matisation ab/raite a d1 p> une raction naturelle1 acclr] beauc\p la dcomposition spontane1 ds-lors irrvocablem5t =mule4 ,malheureusem5t1 le c>actre ess5tiel d'une telle opration philosophique1 et surt\t l'esprit mtaphysique qui a d prsid] son accomplissem5t1 devai5t graduellem5t conduire concevoir comme absolue1 une doctr9e que sa de/9ation ncessaire r5dait si videmm5t relative au seul sy/me qu'elle avait dtruire4 ,si ce gr& travail critique p\vait recomm5c] auj\rd'hui1 peut-tre ne s]ait-il po9t impossible1 en l'entrepr5ant du po9t de vue positif1 de con/ruire en effet la doctr9e rvolutionnaire1 en lui cons]vant avec so9 t\te son n]gique efficacit contre l'anci5 ordre social1 sans l'rig] en ob/acle sy/matique t\te organisation quelconque3 j'espre1 du mo9s1 p>v5ir dmontr] que cette doctr9e peut tre a9si conue et utilise dsormais1 dans une int5tion organique1 et nanmo9s sans aucune inconsqu5ce1 p5dant t\te la priode d'activit plus ou mo9s indisp5sable qui devra lui re/] encore jusqu' la =mation suffisamm5t bau*e du n\veau sy/me politique4 ,mais1 laissons aux esprits vulgaires la purile satisfaction de blm] inju/em5t la conduite politique de nos pres1 t\t en pr(itant des progrs indisp5sables que n\s devons leur n]gique p]svrance1 et qui seuls peuv5t n\s p]mettre auj\rd'hui de concevoir plus rationnellem5t l'ensemble de la politique mod]ne4 ,un esprit mtaphysique1 et1 p> suite1 absolu1 devait ncessairem5t dirig] la =mation effective de la doctr9e rvolutionnaire ou anti-?ologique1 puisque1 sans la prpondrance pralable de cette doctr9e1 notre intellig5ce n'et jamais pu s'tablir rellem5t au po9t de vue positif1 suivant ma ?orie fondam5tale du vrai dveloppem5t gnral de la raison huma9e4 ,enf91 p> une considration plus spciale et plus directe1 ce c>actre 9vitablem5t absolu1 imprim d'abord aux dogmes critiques1 p\vait seul dvelopp] assez leur n]gie fondam5tale p\r les r5dre susceptibles d'atte9dre ple9em5t leur de/9ation propre1 en luttant avec succs contre la puissance alors si imposante qui re/ait encore l'anci5 sy/me politique4 ,c>1 si l'on et t5t jusqu'ici de subordonn] des conditions quelconques l'application relle des pr9cipes critiques1 comme ces conditions ne p\vai5t tre empruntes au n\vel ordre social1 dont la vraie nature gnrale demeure1 mme auj\rd'hui1 ess5tiellem5t indt]m9e *ez les plus hautes intellig5ces1 il e/ vid5t que de semblables re/rictions1 ds-lors uniquem5t drives de l'ordre exi/ant1 aurai5t 9vitablem5t produit l'annulation politique de la doctr9e rvolutionnaire4 ,tel e/1 en ap]u1 le mode fondam5tal suivant lequel l'indisp5sable ngation du rgime ?ologique et fodal a d se conv]tir spontanm5t en ngation sy/matique de t\t ordre vraim5t rguli]4 ,mais1 quelque satisfaisante que soit logiquem5t une p>eille explication1 cette dplorable ncessit f9ale n'en dt]m9e pas mo9s auj\rd'hui les plus p]nicieuses consqu5ces1 qui1 dissimules naturellem5t tant que la lutte contre l'anci5 sy/me a d con/itu] le pr9cipal objet de la politique active1 se manife/5t1 avec une gravit t\j\rs croissante1 depuis que ce sy/me e/ assez dtruit p\r p]mettre et mme p\r exig] l'laboration directe du sy/me n\veau4 ,c'e/ a9si que1 p> une exagration1 abusive quoique 9vitable1 la mtaphysique rvolutionnaire1 aprs avoir rempli1 p\r la dmolition du rgime ?ologique et fodal1 un indisp5sable (fice prlim9aire dans le dveloppem5t gnral des socits mod]nes1 t5d dsormais de plus en plus1 en v]tu de l'essor qu'elle a d imprim] l'esprit d'an>*ie1 entrav] radicalem5t l'in/itution f9ale de ce mme ordre politique dont sa protection ncessaire a tant prp> jusqu'ici le salutaire avnem5t4 ,qu& le c\rs naturel des vnem5s a conduit aussi spontanm5t une doctr9e quelconque dev5ir directem5t ho/ile sa de/9ation primordiale1 une telle subv]sion con/itue sans d\te1 le symptme le mo9s quivoque de sa pro*a9e dcad5ce 9vitable1 ou elle annonce1 du mo9s1 que son activit doit bi5tt cess] d'tre prpondrante4 ,n\s savons dj que la politique ?ologique ou rtrograde1 qui n'a de prt5tions qu' l'ordre1 e/ dev5ue1 vrai dire1 aussi ess5tiellem5t p]turbatrice auj\rd'hui1 quoique d'une autre manire1 que la politique mtaphysique ou rvolutionnaire4 ,si donc celle-ci1 dont la seule qualit fondam5tale n'a pu tre que de s]vir jusqu'ici d'in/rum5t gnral au progrs politique1 con/itue ma9t5ant un ob/acle direct au pr9cipal dveloppem5t social1 cette d\ble dmon/ration s]a c]ta9em5t la plus propre mettre en ple9e vid5ce la ncessit fondam5tale de remplac] dsormais1 p> une doctr9e vraim5t n\velle1 deux doctr9es plus ou mo9s surannes1 dont *acune tmoigne a9si son impuissance f9ale atte9dre rellem5t le b mme qu'elle s'tait trop exclusivem5t propos4 ,cet exam5 tant surt\t =t grave env]s la politique mtaphysique1 la seule qui mrite auj\rd'hui une discussion srieuse1 comme ayant seule t5du produire une app>5ce de sy/me n\veau1 je crois devoir ici arrt] spcialem5t l'att5tion du lecteur sur ce po9t capital1 dont l'claircissem5t doit jet] une lumire si indisp5sable1 quoique simplem5t provisoire1 sur le vrai c>actre fondam5tal de la socit actuelle4 ,s\s quelque aspect qu'on l'envisage1 l'esprit gnral de la m?aphysique rvolutionnaire consi/e t\j\rs rig] sy/matiquem5t en tat normal et p]man5t la situation ncessairem5t exceptionnelle et transitoire qui devait se dvelopp] *ez les nations les plus avances1 depuis que l'impuissance de l'anci5 ordre politique dirig] dsormais le m\vem5t social avait comm5c y dev5ir irrcusable1 jusqu' la manife/ation suffisamm5t c>actrise d'un ordre n\veau4 ,considre dans son ensemble1 cette doctr9e1 p> une subv]sion directe et totale des notions politiques les plus fondam5tales1 reprs5te le g\v]nem5t comme tant1 p> sa nature1 l'ennemi ncessaire de la socit1 contre lequel celle-ci doit se con/itu] soigneusem5t en tat cont9u de suspicion et de surveillance1 dispose sans cesse re/re9dre de plus en plus sa sphre d'activit1 af9 d'emp*] ses empitem5s1 en t5dant f9alem5t ne lui laiss] d'autres attributions relles que les simples fonctions de police gnrale1 sans aucune p>ticipation ess5tielle la suprme direction de l'action collective et du dveloppem5t social4 ,mais1 malgr l'exactitude vid5te d'une telle apprciation1 la doctr9e critique s]ait trop imp>faitem5t juge si cette ngation sy/matique de t\t vritable g\v]nem5t1 aprs avoir t reg>de comme une suite 9vitable de la dcad5ce du rgime anci51 n'tait po9t envisage aussi comme une condition temporairem5t indisp5sable la ple9e efficacit de la lutte qui devait prp>] l'avnem5t du rgime n\veau1 a9si que je l'expliqu]ai spcialem5t en analysant plus t>d cette d]nire phase hi/orique de l'volution sociale4 ,il e/1 sans d\te1 trs dplorable que1 p\r remplir suffisamm5t cette condition prlim9aire1 l'esprit huma9 ait t =c de concevoir comme absolue et indf9ie une doctr9e qui1 depuis qu'elle n'e/ plus exclusivem5t employe la dmolition de l'anci5 ordre politique1 t5d a9si de plus en plus dev5ir un ob/acle direct t\te vraie rorganisation4 ,nanmo9s1 ce grave inconvni5t doit sembl]1 du po9t de vue philosophique1 malheureusem5t insp>able de notre faible nature4 ,non-seulem5t un tel c>actre a d spontanm5t rsult] de l'tat ncessairem5t mtaphysique o notre intellig5ce tait alors r5f]me2 mais1 en outre1 une opration sociale1 dont l'accomplissem5t devait exig] deux ou trois sicles1 aurait-elle pu1 mme dans l'tat le plus avanc de la raison publique1 ne po9t pass] p\r absolue et df9itive1 aux yeux du vulgaire8 ,enf91 ce qu'il faut surt\t considr]1 c'e/ que1 sans un tel attribut1 la mtaphysique rvolutionnaire et t ncessairem5t impuissante remplir conv5ablem5t son (fice ess5tiel contre l'anci5 sy/me politique4 ,c>1 la vritable nature du sy/me n\veau tant pr(ondm5t inconnue1 si t\te puissance directrice n'avait pas t1 p> une sorte de dogme =mel1 radicalem5t dnie au g\v]nem5t1 elle et t1 en ralit1 9vitablem5t cons]ve ou r5due aux p\voirs mmes qu'il s'agissait de dtruire1 puisqu'ils prt5dai5t seuls une semblable attribution1 sans qu'on pt encore concevoir aucune meilleure manire de l'ex]c]4 ,en considrant ma9t5ant la doctr9e critique s\s un po9t de vue plus spcial1 il e/ vid5t que le droit absolu du libre exam51 ou le dogme de la lib]t illimite de consci5ce1 con/itue son pr9cipe le plus t5du et le plus fondam5tal1 surt\t en n'en sp>ant po9t ses consqu5ces les plus immdiates1 relatives la lib]t de la presse1 de l'enseignem5t1 ou de t\t autre mode quelconque d'expression et de communication des op9ions huma9es4 ,c'e/ ess5tiellem5t p> l que t\tes les intellig5ces1 quelles que soi5t leurs va9es int5tions spculatives1 ont auj\rd'hui rellem5t adhr1 d'une manire plus ou mo9s explicite1 l'esprit gnral de la doctr9e rvolutionnaire1 dont elles font a9si1 les unes sciemm5t1 les autres en contradiction avec leurs propres ?ories1 un usage spontan et cont9u4 ,le droit individuel d'exam5 s\v]a9 sur t\tes les que/ions sociales devait trop flatt] l'orgueilleuse faiblesse de notre intellig5ce1 p\r que les cons]vateurs les plus sy/matiques de l'anci5 rgime social puss5t eux-mmes rsi/] un tel appt1 et se rsignass5t demeur] seuls humbles et s\mis1 au milieu d'esprits ple9em5t livrs l'irrsi/ible lan de leur complte mancipation4 ,aussi1 la contagion rvolutionnaire e/-elle dev5ue1 s\s ce rapport fondam5tal1 vritablem5t univ]selle1 et con/itue-t-elle un des pr9cipaux c>actres des moeurs sociales propres au sicle actuel4 ,dans la vie j\rnalire1 les plus zls p>tisans de la politique ?ologique ne se montr5t1 d'ord9aire1 gure mo9s disposs ma9t5ant que leurs adv]saires jug] exclusivem5t d'aprs leurs lumires p]sonnelles1 en tran*ant1 avec non mo9s de h>diesse et de lgret1 les dbats les plus difficiles1 et sans tmoign] plus de dfr5ce relle env]s leurs vrais suprieurs intellectuels4 ,ceux mme qui1 p> leurs crits1 se con/itu5t les df5seurs philosophiques du g\v]nem5t spirituel1 ne reconnaiss5t1 au fond1 comme les rvolutionnaires qu'ils attaqu5t1 d'autre vritable autorit suprme que celle de leur propre raison1 dont l'irritable infaillibilit e/ t\j\rs prte s'insurg] contre t\te contradiction1 dt-elle man] des p\voirs qu'ils prconis5t le plus4 ,je signale de prfr5ce *ez le p>ti rtrograde cette invasion gnrale de l'esprit critique1 qui c>actrise la doctr9e rvolutionnaire proprem5t dite1 af9 de faire mieux ressortir l't5due et la gravit d'une telle situation des intellig5ces4 ,hi/oriquem5t envisag1 le dogme du droit univ]sel1 absolu1 et indf9i d'exam51 n'e/ rellem5t1 comme je l'tablirai en son lieu1 que la conscration1 s\s la =me vicieusem5t ab/raite commune t\tes les conceptions mtaphysiques1 de l'tat passag] de lib]t illimite o l'esprit huma9 a t spontanm5t plac1 p> une suite ncessaire de l'irrvocable dcad5ce de la philosophie ?ologique1 et qui doit naturellem5t dur] jusqu' l'avnem5t social de la philosophie positive#f4 ,en =mulant cette abs5ce effective de rgles intellectuelles1 il a1 p> une raction 9vitable1 puissamm5t conc\ru acclr] et propag] la dissolution f9ale de l'anci5 p\voir spirituel4 ,cette =mule ne p\vait manqu] d'tre absolue1 puisqu'on ne p\vait alors aucunem5t s\ponn] le t]me ncessaire que la m>*e gnrale de la raison huma9e devait assign] l'tat transitoire qu'elle consacrait1 et qui semble encore con/itu] mme auj\rd'hui1 p\r tant d'esprits clairs1 un tat df9itif4 ,d'une autre "p1 il e/ ici trs vid5t que1 ab/raction faite de l'impossibilit manife/e d'une telle apprciation1 ce c>actre absolu tait /rictem5t indisp5sable p\r que ce dogme pt remplir1 avec l'n]gie suffisante1 sa de/9ation rvolutionnaire4 ,c>1 s'il et fallu subordonn] le droit d'exam5 des re/rictions quelconques1 l'esprit huma9 les aurait ncessairem5t empruntes aux seuls pr9cipes qu'il pt rellem5t concevoir1 c'e/--dire ceux mmes de l'anci5 sy/me social1 dont l'indisp5sable de/ruction et t a9si directem5t entrave p> l'opration philosophique qui n'avait d'autre objet ess5tiel que de la facilit]4 ,mieux on analys]a cette phase s+ulire de notre dveloppem5t social1 plus on s]a conva9cu1 je crois1 que sans la conqute et l'usage de cette lib]t illimite de p5s]1 aucune vraie rorganisation ne p\vait tre prp>e1 puisque les pr9cipes qui doiv5t y prsid] n'aurai5t pu mme tre primitivem5t re*]*s si les philosophes n'avai5t ex]c1 dans t\te sa plnitude1 le droit d'exam52 et que1 d'ailleurs1 si le public ne se ft po9t aussi attribu la mme facult1 la discussion fondam5tale qui doit 9vitablem5t prcd] et dt]m9] le triomphe effectif de ces pr9cipes s]ait dev5ue radicalem5t impossible4 ,qu& de tels pr9cipes auront a9si t tablis1 leur irrsi/ible prpondrance t5dra faire r5tr] enf9 le droit d'exam5 dans ses limites vraim5t normales et p]man5tes1 qui consi/5t1 en gnral1 discut]1 s\s les conditions intellectuelles conv5ables1 la liaison relle des div]ses consqu5ces avec des rgles fondam5tales uni=mm5t respectes4 ,jusque alors1 les op9ions mme qui plus t>d s]ont effectivem5t de/9es s\mettre les intellig5ces une exacte discipl9e cont9ue1 en =mulant les bases ess5tielles du n\vel ordre social1 ne peuv5t d'abord se manife/] qu'au titre univ]sel de simples p5ses individuelles1 produites en v]tu du droit absolu d'exam51 puisque leur suprmatie lgitime ne peut ultrieurem5t rsult] que de l'ass5tim5t volontaire p> lequel le public les consacr]a1 l'issue f9ale de la plus libre discussion4 ,t\te autre manire de procd] la rorganisation spirituelle1 s]ait ncessairem5t illusoire1 et p\rrait tre =t dang]euse1 si1 dans le va9 espoir de ht]1 p> une politique t\te matrielle1 l'in/itution d'une telle unit1 on prt5dait assujtir d'arbitraires rglem5s l'ex]cice du droit d'exam51 avant que le dveloppem5t spontan de la raison publique et graduellem5t tabli les pr9cipes correspondans2 ab]ration fune/e1 v]s laquelle doit trop s\v5t entran] auj\rd'hui1 *ez t\s les p>tis politiques1 la mdiocrit intellectuelle unie l'inquitude du c>actre1 animes p> l'orgueilleuse possession mom5tane d'un p\voir quelconque4 ,la suite de ce volume m'(frira naturellem5t des occasions rxres d'expliqu] de plus en plus l'ensemble de ma p5se sur cet important sujet3 mais je crois l'avoir dj assez nettem5t c>actrise p\r que les lecteurs les mo9s att5tifs ne puiss5t tre aucunem5t *oqus de mon apprciation gnrale du dogme rvolutionnaire de la lib]t illimite de consci5ce1 sans le triomphe duquel ce trait et t videmm5t impossible4 ,footnote #f3 ,qu'il me soit p]mis1 ce sujet1 de rappel] ici sommairem5t1 comme p\vant encore tre utile1 la manire dont j'apprciais ce dogme1 en #ahbb1 dans l'introduction de mon ,sy/me de politique positive3 ,il n'y a po9t de lib]t de consci5ce en a/ronomie1 en physique1 en *imie1 en physiologie mme1 en ce s5s que *acun tr\v]ait absurde de ne pas croire de confiance aux pr9cipes tablis dans ces sci5ces p> les hommes compt5s4 ,s'il en e/ autrem5t en politique1 c'e/ uniquem5t p>ce que1 les anci5s pr9cipes tant tombs1 et les n\veaux n'tant po9t encore =ms1 il n'y a po9t1 proprem5t p>l]1 dans cet int]valle1 de pr9cipes tablis4 ,aprs avoir d'abord1 comme je m'y tais att5du1 vivem5t *oqu les prjugs rvolutionnaires1 une telle apprciation a cep5dant contribu1 mme alors1 dsabus] un assez gr& nombre de bons esprits1 qui1 jusque-l1 n'avai5t po9t s5ti conv5ablem5t la ncessit d'une n\velle doctr9e sociale1 et reg>dai5t le triomphe complet de la politique ngative ou mtaphysique comme le t]me df9itif de la rvolution gnrale des socits mod]nes4 ,quelque salutaire et mme indisp5sable qu'ait t jusqu'ici1 et que soit encore1 div]s titres ess5tiels1 ce gr& pr9cipe de la doctr9e critique1 on ne saurait nanmo9s d\t]1 en l'exam9ant d'un po9t de vue vraim5t philosophique1 que non-seulem5t il ne peut nullem5t con/itu] un pr9cipe organique1 comme on a d le croire d'abord p> l'illusion naturelle d'une longue habitude1 mais qu'il t5d mme directem5t dsormais oppos] de plus en plus un ob/acle sy/matique t\te vraie rorganisation sociale1 depuis que son activit de/ructive n'e/ plus ess5tiellem5t absorbe p> la dmolition1 ma9t5ant presque accomplie1 de l'anci5 ordre politique4 ,dans un cas quelconque1 soit priv1 soit public1 l'tat d'exam5 ne saurait tre videmm5t que provisoire1 comme indiquant la situation d'esprit qui prcde et prp>e une dcision f9ale1 v]s laquelle t5d sans cesse notre intellig5ce1 lors mme qu'elle r5once d'anci5s pr9cipes p\r s'en =m] de n\veaux4 ,pr5dre l'exception p\r la rgle1 au po9t d'rig]1 en ordre normal et p]man5t1 l'int]rgne passag] qui accompagne 9vitablem5t de telles transitions1 c'e/ c]ta9em5t mconnatre les ncessits les plus fondam5tales de la raison huma9e1 qui1 p> dessus t\t1 a beso9 de po9ts fixes1 seuls susceptibles de ralli] utilem5t ses ef=ts spontans1 et *ez laquelle1 p> suite1 le scepticisme mom5tanm5t produit p> le passage plus ou mo9s difficile d'un dogmatisme un autre1 con/itue une sorte de p]turbation maladive1 qui ne saurait se prolong] sans de graves dang]s au-del des limites naturelles de la crise correspondante4 ,exam9] t\j\rs1 sans se dcid] jamais1 s]ait presque tax de folie1 dans la conduite prive4 ,comm5t la conscration dogmatique d'une semblable disposition *ez t\s les individus1 p\rrait-elle con/itu] la p]fection df9itive de l'ordre social1 l'g>d d'ides dont la fixit e/ la fois beauc\p plus ess5tielle et bi5 autrem5t difficile tablir#g8 ,n'e/-il pas1 au contraire1 vid5t qu'une telle t5dance e/1 p> sa nature1 radicalem5t an>*ique1 en ce que1 si elle p\vait indf9im5t p]si/]1 elle emp*]ait t\te vritable organisation spirituelle8 ,*acun se reconnat sans pe9e habituellem5t impropre1 mo9s d'une prp>ation spciale1 =m] et mme jug] les notions a/ronomiques1 physiques1 *imiques1 etc41 de/9es entr] dans la circulation sociale1 et p]sonne n'hsite nanmo9s les faire prsid]1 de confiance1 la direction gnrale des oprations correspondantes2 ce qui signifie que1 s\s ces div]s rapports1 le g\v]nem5t intellectuel e/ dj effectivem5t bau*4 ,les notions les plus importantes et les plus dlicates1 celles qui1 p> leur complication suprieure1 sont ncessairem5t accessibles un mo9dre nombre d'intellig5ces1 et suppos5t une prp>ation plus pnible et plus r>e1 re/]ai5t-elles donc seules ab&onnes l'arbitraire et v>iable dcision des esprits les mo9s compt5s8 ,une aussi *oquante anomalie ne saurait c]ta9em5t tre conue comme p]man5te1 sans t5dre directem5t la dissolution de l'tat social1 p> la div]g5ce t\j\rs croissante des intellig5ces individuelles1 exclusivem5t livres dsormais l'impulsion dsordonne de leurs div]s /imulans naturels1 dans l'ordre d'ides le plus vague et le plus fcond en ab]rations capitales4 ,l'in]tie spculative commune la plup>t des esprits1 et peut-tre aussi1 un c]ta9 degr1 la sage ret5ue du bon s5s vulgaire1 t5d5t1 sans d\te1 re/re9dre beauc\p ce dveloppem5t spontan des divagations politiques4 ,mais1 ces faibles influ5ces qui1 lorsque l'orgueil individuel n'e/ po9t trs =tem5t /imul1 peuv5t s\v5t prv5ir le ridicule essor d'une impuissante activit1 doiv5t tre1 au contraire1 habituellem5t insuffisantes p\r drac9] la va9e prt5tion de *acun s'rig] t\j\rs en arbitre s\v]a9 des div]ses ?ories sociales2 prt5tion que *aque homme s5s blme d'ord9aire *ez les autres1 t\t en rs]vant1 s\s une =me plus ou mo9s explicite1 sa seule compt5ce p]sonnelle4 ,or1 une telle disposition suffirait videmm5t1 mme ab/raction faite de t\te ab]ration active1 p\r entrav] radicalem5t la rorganisation intellectuelle1 en s'opposant la conv]g5ce effective des esprits1 qui ne saurai5t tre f9alem5t rallis sans la r5onciation volontaire de la plup>t d'entre eux leur droit absolu d'exam5 individuel1 sur des sujets aussi suprieurs leur vritable porte1 et dont la nature exige nanmo9s1 plus imprieusem5t qu'en aucun autre cas1 une communion relle et /able4 ,que s]a-ce donc en ayant d'ailleurs g>d l'influ5ce directe des 9vitables divagations produites p> l'ambition effrne de tant d'intellig5ces incapables et mal prp>es1 dont *acune tran*e son gr1 sans aucun contrle rel1 les que/ions les plus compliques et les plus obscures1 ne p\vant mme y s\ponn] les pr9cipales conditions qu'exig]ait naturellem5t leur laboration rationnelle8 ,ces div]ses ab]rations1 qui se combatt5t mutuellem5t1 t5d5t1 il e/ vrai1 disp>atre p> suite mme de la libre discussion2 mais ce n'e/ jamais qu'aprs avoir ex]c des ravages plus ou mo9s t5dus1 et surt\t elles ne s'effac5t que p\r faire place de n\velles extravagances non mo9s dang]euses1 dont la succession naturelle s]ait 9puisable3 en sorte que l'issue f9ale de t\s ces va9s dbats e/ t\j\rs l'accroissem5t uni=me de l'an>*ie intellectuelle4 ,footnote #g3 ,ni l'individu1 ni l'espce1 disais-je1 en #ahbf1 dans mes ,considrations sur le p\voir spirituel1 ne sont de/9s consum] leur vie dans une activit /rilem5t raisonneuse1 en diss]tant cont9uellem5t sur la conduite qu'ils doiv5t t5ir4 ,c'e/ l'action qu'e/ ess5tiellem5t appele la masse des hommes1 sauf une fraction imp]ceptible1 pr9cipalem5t v\e p> nature la contemplation4 ,aucune association quelconque1 n'et-elle qu'une de/9ation spciale et temporaire1 et ft-elle limite un trs petit nombre d'individus1 ne saurait rellem5t subsi/] sans un c]ta9 degr de confiance rciproque1 la fois intellectuelle et morale1 entre ses div]s membres1 dont *acun pr\ve le beso9 cont9u d'une f\le de notions la =mation desquelles il doit re/] trang]1 et qu'il ne peut admettre que sur la foi d'autrui4 ,p> quelle mon/rueuse exception1 cette condition lm5taire de t\te socit1 si clairem5t vrifie dans les cas les plus simples1 p\rrait-elle tre c>te env]s l'association totale de l'espce huma9e1 c'e/--dire l mme o le po9t de vue individuel e/ le plus pr(ondm5t sp> du po9t de vue collectif1 et o *aque membre doit tre ord9airem5t le mo9s apte1 soit p> nature1 ou p> position1 entrepr5dre une ju/e apprciation des maximes gnrales indisp5sables la bonne direction de son activit p]sonnelle8 ,quelque dveloppem5t intellectuel qu'on puisse jamais suppos] dans la masse des hommes1 il e/ donc vid5t que l'ordre social demeur]a t\j\rs ncessairem5t incompatible avec la lib]t p]man5te laisse *acun1 sans le pralable accomplissem5t d'aucune condition rationnelle1 de remettre *aque j\r en discussion indf9ie les bases mmes de la socit4 ,la tolrance sy/matique ne peut exi/]1 et n'a rellem5t jamais exi/1 qu' l'g>d des op9ions reg>des comme indiffr5tes ou comme d\teuses1 a9si que le pr\ve la pratique mme de la politique rvolutionnaire1 malgr sa proclamation absolue de la lib]t de consci5ce4 ,*ez les peuples o cette politique s'e/ srieusem5t arrte la halte du prote/antisme1 les innombrables sectes religieuses dans lesquelles s'y e/ dcompos le *ri/ianisme sont1 *acune "p1 trop impuissantes p\r prt5dre une vraie dom9ation spirituelle2 mais1 sur les div]s po9ts de doctr9e ou de discipl9e qui leur sont re/s communs1 leur intolrance n'e/ c]tes pas mo9s tyrannique1 surt\t aux tats-,unis1 que celle tant repro*e au ca?olicisme4 ,lorsque1 p> une illusion d'abord 9vitable1 mais dont l'enti] r5\vellem5t e/ dsormais impossible1 la doctr9e critique a t1 au comm5cem5t de la rvolution franaise1 unanimem5t conue comme organique1 on sait avec quelle t]rible n]gie les directeurs naturels de ce gr& m\vem5t ont t5t d'obt5ir l'ass5tim5t gnral1 volontaire ou =c1 aux dogmes ess5tiels de la philosophie rvolutionnaire1 alors reg>de comme la seule base possible de l'ordre social1 et1 p> cela mme1 au-dessus de t\te discussion radicale4 ,j'aurai1 dans la suite de ce volume1 de frqu5tes occasions de rev5ir sur un tel sujet1 de manire df9ir nettem5t les limites normales du droit d'exam51 soit en ce qu'elles ont de commun t\s les tats possibles de la socit huma9e1 soit surt\t en ce qui conc]ne les conditions spciales d'exi/5ce de l'ordre social propre la civilisation mod]ne4 ,qu'il me suffise ici1 p\r rsum] sommairem5t l'analyse prcd5te1 de rappel] que1 depuis long-temps1 le bon s5s politique a hautem5t =mul ce premi] beso9 de t\te organisation relle1 p> cet admirable axiome de l'glise ca?olique3 ,9 necess>iis unitas1 9 dubiis lib]tas1 9 omnibus *>itas4 ,t\tefois1 cette belle maxime se borne videmm5t pos] le problme1 en signalant le b gnral v]s lequel *aque socit doit t5dre sa manire2 mais sans p\voir1 en elle-mme1 suggr] jamais aucune ide de la vraie solution1 c'e/--dire1 des pr9cipes susceptibles de con/itu] enf9 cette indisp5sable unit1 qui s]ait ncessairem5t illusoire1 si elle ne rsultait po9t d'abord d'une libre discussion fondam5tale4 ,il s]ait c]ta9em5t sup]flu d'analys] ici avec autant de so9 t\s les autres dogmes ess5tiels de la mtaphysique rvolutionnaire1 que le lecteur att5tif s\mettra ma9t5ant sans pe9e1 p> un procd semblable1 une apprciation analogue1 de manire con/at] clairem5t dans t\s les cas1 comme je vi5s de le faire l'g>d du pr9cipe le plus important3 la conscration absolue d'un aspect transitoire de la socit mod]ne1 suivant une =mule1 m9emm5t salutaire1 et mme /rictem5t indisp5sable1 qu& on l'applique1 con=mm5t sa de/9ation hi/orique1 la seule dmolition de l'anci5 sy/me politique1 mais qui1 transporte mal propos la conception du n\vel ordre social1 t5d l'entrav] radicalem5t1 en conduisant la ngation indf9ie de t\t vrai g\v]nem5t4 ,cela e/ surt\t s5sible p\r le dogme de l'galit1 le plus ess5tiel et le plus actif aprs celui que je vi5s d'exam9]1 et qui d'ailleurs e/ en relation ncessaire avec le pr9cipe de la lib]t illimite de consci5ce1 d'o devait videmm5t rsult] la proclamation1 immdiate quoique indirecte1 de l'galit la plus fondam5tale1 celle des intellig5ces4 ,appliqu l'anci5 sy/me1 ce dogme a jusqu'ici heureusem5t second le dveloppem5t naturel de la civilisation mod]ne1 en prsidant la dissolution f9ale de la vieille classification sociale4 ,sans cet indisp5sable prambule1 les =ces de/9es dev5ir ensuite les lm5s d'une n\velle organisation n'aurai5t pu pr5dre t\t l'essor conv5able1 et surt\t ne p\vai5t acqurir le c>actre directem5t politique qui avait d leur manqu] jusque alors4 ,l'absolu n'tait pas ici mo9s ncessaire1 dans la d\ble acception de ce t]me1 que dans le cas prcd5t1 puisque1 si t\t classem5t social n'avait pas t d'abord sy/matiquem5t dni1 les anci5nes corporations dirigeantes euss5t cons]v spontanm5t leur prpondrance1 p> l'impossibilit o l'on devait tre de concevoir autrem5t la classification politique1 dont n\s n'avons1 mme auj\rd'hui1 aucune ide suffisamm5t nette1 vraim5t approprie au n\vel tat de la civilisation4 ,c'e/ donc seulem5t au nom de l'entire galit politique qu'il a t possible jusqu'ici de lutt] avec succs contre les anci5nes 9galits1 qui1 aprs avoir long-temps second le dveloppem5t des socits mod]nes1 avai5t f9i1 dans leur 9vitable dcad5ce1 p> dev5ir rellem5t oppressives4 ,mais une telle opposition con/itue naturellem5t la seule de/9ation progressive de ce dogme n]gique1 qui t5d1 son t\r1 emp*] t\te vritable rorganisation1 lorsque1 prolonge outre mesure1 son activit de/ructive1 faute d'alim5t conv5able1 se dirige aveuglm5t contre les bases mmes d'un n\veau classem5t social4 ,c>1 quel qu'en puisse tre le pr9cipe1 ce classem5t s]a c]ta9em5t inconciliable avec cette prt5due galit1 qui1 p\r t\s les bons esprits1 ne saurait vraim5t signifi] auj\rd'hui que le triomphe ncessaire des 9galits dveloppes p> la civilisation mod]ne sur celles dont l'enfance de la socit avait d jusque alors ma9t5ir la prpondrance4 ,sans d\te1 *aque individu1 quelle que soit son infriorit1 a t\j\rs le droit naturel1 mo9s d'une conduite anti-sociale trs c>actrise1 d'att5dre de t\s les autres le scrupuleux accomplissem5t cont9u des g>ds gnraux inhr5s la dignit d'homme1 et dont l'ensemble1 encore =t imp>faitem5t apprci1 con/itu]a de j\r en j\r le pr9cipe le plus usuel de la morale univ]selle4 ,mais1 malgr cette gr&e obligation morale1 qui n'a jamais t directem5t nie depuis l'abolition de l'esclavage1 il e/ vid5t que les hommes ne sont ni gaux entre eux1 ni mme quival5s1 et ne saurai5t1 p> suite1 possd]1 dans l'association1 des droits id5tiques1 sauf1 bi5 ent5du1 le droit fondam5tal1 ncessairem5t commun t\s1 du libre dveloppem5t normal de l'activit p]sonnelle1 une fois conv5ablem5t dirige4 ,p\r quiconque a judicieusem5t tudi la vritable nature huma9e1 les 9galits intellectuelles et morales sont c]ta9em5t bi5 plus prononces1 entre les div]s organismes1 que les simples 9galits physiques1 qui proccup5t tant le vulgaire des obs]vateurs4 ,or1 le progrs cont9u de la civilisation1 lo9 de n\s rappro*] d'une galit *imrique1 t5d1 au contraire1 p> sa nature1 dvelopp] extrmem5t ces diffr5ces fondam5tales1 en mme temps qu'il attnue beauc\p l'importance des di/9ctions matrielles1 qui d'abord les t5ai5t comprimes4 ,ce dogme absolu de l'galit pr5d donc un c>actre ess5tiellem5t an>*ique1 et s'lve directem5t contre le vritable esprit de son in/itution primitive1 aussitt que1 cessant d'y voir un simple dissolvant transitoire de l'anci5 sy/me politique1 on le conoit aussi comme indf9im5t applicable au sy/me n\veau4 ,la mme apprciation philosophique ne prs5te pas plus de difficults env]s le dogme de la s\v]a9et du peuple1 seconde consqu5ce gnrale1 non mo9s ncessaire1 du pr9cipe fondam5tal de la lib]t illimite de consci5ce1 a9si f9alem5t transport de l'ordre intellectuel l'ordre politique4 ,non-seulem5t cette n\velle phase de la mtaphysique rvolutionnaire tait 9vitable comme proclamation directe de l'irrvocable dcad5ce du rgime anci53 mais elle tait indisp5sable aussi p\r prp>] l'avnem5t ultrieur d'une n\velle con/itution4 ,tant que la nature de cet ordre f9al n'tait po9t assez connue1 les peuples mod]nes ne p\vai5t comport] que des in/itutions purem5t provisoires1 qu'ils devai5t s'attribu] le droit absolu de *ang] volont1 sans quoi1 t\tes les re/rictions ne drivant ds-lors que de l'anci5 sy/me1 sa suprmatie se s]ait tr\ve1 p> cela seul1 ma9t5ue1 et la gr&e rvolution sociale et ncessairem5t avort4 ,la conscration dogmatique de la s\v]a9et populaire a donc seule pu p]mettre la libre succession pralable des div]s essais politiques qui1 lorsque la rnovation intellectuelle s]a suffisamm5t avance1 ab\tiront enf9 l'in/allation d'un vritable sy/me de g\v]nem5t1 susceptible de fix] rgulirem5t1 l'abri de t\t arbitraire1 les conditions p]man5tes et l't5due normale des div]ses s\v]a9ets4 ,suivant t\t autre procd1 cette rorganisation politique exig]ait directem5t l'utopique p>ticipation ds9tresse des p\voirs mmes qu'elle doit jamais te9dre4 ,mais en apprciant1 comme il convi5t1 l'indisp5sable (fice transitoire de ce dogme rvolutionnaire1 aucun vrai philosophe ne saurait mconnatre auj\rd'hui la fatale t5dance an>*ique d'une telle conception mtaphysique1 lorsque1 dans son application absolue1 elle s'oppose t\te in/itution rgulire1 en condamnant indf9im5t t\s les suprieurs une arbitraire dp5dance env]s la multitude de leurs infrieurs1 p> une sorte de transport aux peuples du droit div9 tant repro* aux rois4 ,enf91 l'esprit gnral de la mtaphysique rvolutionnaire se manife/e d'une manire ess5tiellem5t analogue lorsqu'on envisage aussi la doctr9e critique dans les relations int]nationales4 ,s\s ce d]ni] aspect1 la ngation sy/matique de t\te vritable organisation n'e/ c]tes pas mo9s absolue1 ni mo9s vid5te4 ,la ncessit de l'ordre tant1 en ce cas1 bi5 plus quivoque et plus ca*e1 on peut mme rem>qu] que l'abs5ce de t\t p\voir rgulateur a t ici plus navem5t proclame qu' aucun autre g>d4 ,p> l'annulation politique de l'anci5 p\voir spirituel1 le pr9cipe fondam5tal de la lib]t illimite de consci5ce a d aussitt dt]m9] la dissolution spontane de l'ordre europen1 dont le ma9ti5 con/ituait directem5t l'attribution la plus naturelle de l'autorit papale4 ,les notions mtaphysiques d'indp5dance et d'isolem5t national1 et1 p> suite1 de non-int]v5tion mutuelle1 qui ne fur5t d'abord que la =mulation ab/raite de cette situation transitoire1 ont d1 plus videmm5t encore que p\r la politique intrieure1 prs5t] le c>actre absolu sans lequel elles aurai5t alors ncessairem5t manqu leur b pr9cipal1 et le manqu]ai5t mme ess5tiellem5t encore auj\rd'hui1 jusqu' ce que la suffisante manife/ation du n\vel ordre social vi5ne dvoil] suivant quelle loi les div]ses nations doiv5t tre f9alem5t rassocies4 ,jusque alors1 t\te t5tative de coord9ation europenne tant 9vitablem5t dirige p> l'anci5 sy/me1 elle t5drait rellem5t ce mon/rueux rsultat1 de subordonn] la politique des peuples les plus civiliss celle des nations les mo9s avances1 et qui1 ce titre1 ayant cons]v ce sy/me dans un tat de mo9dre dcomposition1 se tr\v]ai5t a9si naturellem5t places la tte d'une semblable association4 ,on ne saurait donc trop apprci] l'admirable n]gie avec laquelle la nation franaise a conquis enf91 p> tant d'hroques dv\em5s1 le droit indisp5sable de trans=m] son gr sa politique intrieure1 sans s'assujtir la mo9dre dp5dance du dehors4 ,cet isolem5t sy/matique con/ituait videmm5t une condition prlim9aire de la rgnration politique1 puisque1 dans t\te autre hypo?se1 les diffr5s peuples1 malgr leur 9gal progrs1 aurai5t d tre simultanm5t rorganiss1 ce qui s]ait c]ta9em5t *imrique1 quoique la crise soit1 au fond1 p>t\t homogne4 ,mais il ne re/e pas mo9s inconte/able1 s\s ce rapport1 comme s\s les prcd5s1 que la mtaphysique rvolutionnaire1 en consacrant jamais cet esprit absolu de nationalit exclusive1 t5d directem5t entrav] auj\rd'hui le dveloppem5t de la rorganisation sociale1 a9si prive de l'un de ses pr9cipaux c>actres4 ,en ce s5s1 une telle conception1 si elle p\vait indf9im5t prvaloir1 ab\tirait faire rtrograd] la politique mod]ne au-dess\s de celle du moy5 ge1 l'poque mme o1 en v]tu d'une similitude *aque j\r plus intime et plus complte1 les div]s peuples civiliss sont ncessairem5t appels con/itu] f9alem5t une association la fois plus t5due et plus rgulire que celle qui fut jadis imp>faitem5t bau*e p> le sy/me ca?olique et fodal4 ,a9si1 cet g>d1 autant qu' t\s les autres1 la politique mtaphysique1 aprs son indisp5sable influ5ce p\r prp>] l'volution df9itive des socits mod]nes1 con/itu]ait dsormais1 p> une application aveugle et dmesure1 un ob/acle direct l'accomplissem5t rel de ce gr& m\vem5t1 en le reprs5tant comme indf9im5t born une phase purem5t transitoire1 dj suffisamm5t p>c\rue4 ,p\r complt] ici l'apprciation prlim9aire de la doctr9e rvolutionnaire1 il ne me re/e plus qu' lui appliqu] sommairem5t le critrium logique qui dj n\s a fait jug]1 en elle-mme1 la doctr9e rtrograde ou ?ologique1 c'e/--dire con/at] son inconsqu5ce radicale4 ,quoique cette inconsqu5ce soit auj\rd'hui encore plus intime et plus manife/e que dans le premi] cas1 elle doit nanmo9s tre envisage comme tant1 de t\te ncessit1 mo9s dcisive contre la mtaphysique rvolutionnaire1 non-seulem5t en ce qu'une rc5te =mation l'y r5d naturellem5t plus excusable1 mais surt\t p>ce qu'un tel vice n'emp*e po9t ess5tiellem5t cette doctr9e de remplir1 avec une suffisante n]gie1 son (fice purem5t critique1 qui n'exige po9t1 beauc\p prs1 cette exacte homognx de pr9cipes1 indisp5sable t\te de/9ation vraim5t organique4 ,malgr de pr(onds diss5tim5s1 les div]s adv]saires de l'anci5 sy/me politique ont pu1 p5dant le c\rs de l'opration rvolutionnaire1 se ralli] aism5t contre lui1 autant que l'exigeait successivem5t *aque dmolition p>tielle3 il leur a suffi de conc5tr] la discussion sur les seuls po9ts qui devai5t alors leur tre communs t\s1 en aj\rnant aprs le succs les conte/ations relatives aux dveloppem5s ultrieurs de la doctr9e critique2 dcomposition qui s]ait impossible l'g>d d'une opration organique1 dont *aque p>tie doit t\j\rs tre considre d'aprs sa relation fondam5tale avec l'ensemble4 ,nanmo9s1 ce mme mode d'apprciation logique1 qui ci-dessus a si clairem5t c>actris l'inanit fondam5tale de la politique ?ologique1 peut aussi1 judicieusem5t employ1 manife/] non mo9s s5siblem5t l'insuffisance et la /rilit actuelles de la politique mtaphysique4 ,c>1 si1 p> leur de/9ation rvolutionnaire1 les div]ses p>ties de cette d]nire peuv5t tre disp5ses d'une p>faite cohr5ce mutuelle1 du mo9s faut-il videmm5t que l'ensemble de la doctr9e ne devi5ne jamais directem5t contraire au progrs mme qu'il devait prp>]1 et ne t5de po9t non plus ma9t5ir les bases ess5tielles du sy/me politique qu'il se proposait de dtruire2 puisque1 s\s l'un ou l'autre aspect1 l'inconsqu5ce1 ds-lors p\sse jusqu'au r5v]sem5t de l'opration primitive1 con/at]ait irrcusablem5t l'inaptitude f9ale d'une doctr9e1 a9si graduellem5t conduite1 p> le c\rs naturel de ses applications sociales1 pr5dre un c>actre directem5t ho/ile l'esprit mme de son in/itution4 ,or1 il e/ ais de montr] que tel e/1 en effet1 ce d\ble titre1 le vritable tat prs5t de la mtaphysique rvolutionnaire4 ,considrons-la d'abord p>v5ue sa plus haute lvation possible1 lorsque1 p5dant la phase la plus prononce de la rvolution franaise1 et aprs avoir reu t\t son dveloppem5t sy/matique1 elle obt9t mom5tanm5t une entire prpondrance politique1 en tant conue1 p> une illusion ncessaire1 comme devant prsid] la rorganisation sociale4 ,dans cette poque1 c\rte mais dcisive1 la doctr9e rvolutionnaire manife/e1 avec t\te son n]gie c>actri/ique1 une homognx et une consi/ance m9emm5t rem>quables1 qu'elle a depuis irrvocablem5t p]dues4 ,or1 c'e/ prcism5t alors que1 n'ayant plus lutt] intellectuellem5t contre l'anci5 sy/me1 elle dveloppe aussi1 de la manire la mo9s quivoque1 son esprit radicalem5t ho/ile t\te vraie rorganisation sociale1 et f9it mme p> se con/itu] violemm5t en opposition directe avec le m\vem5t fondam5tal de la civilisation mod]ne1 au po9t de dev5ir1 s\s ce rapport1 hautem5t rtrograde4 ,les causes ess5tielles de cette 9vitable contradiction f9ale ayant t suffisamm5t analyses ci-dessus1 il suffira ma9t5ant de rappel]1 en peu de mots1 les pr9cipaux tmoignages effectifs de cette t5dance ncessaire de la mtaphysique rvolutionnaire entrav] directem5t le progrs naturel de ce mme n\veau sy/me social dont elle tait primitivem5t de/9e prp>] l'avnem5t politique4 ,une telle opposition s'tait dj ouv]tem5t manife/e ds l'poque mme de l'laboration philosophique de cette doctr9e1 qu'on peut voir p>t\t uni=mm5t dom9e p> l'trange notion mtaphysique d'un prt5du tat de nature1 type primordial et inv>iable de t\t tat social4 ,cette notion1 radicalem5t contraire t\te vritable ide de progrs1 n'e/ nullem5t p>ticulire au puissant sophi/e qui a le plus p>ticip1 dans le sicle d]ni]1 la coord9ation df9itive de la mtaphysique rvolutionnaire4 ,elle app>ti5t galem5t t\s les philosophes qui1 div]ses poques et dans diffr5s pays1 ont spontanm5t conc\ru1 sans aucun conc]t1 ce d]ni] essor de l'esprit mtaphysique4 ,r\sseau n'a fait rellem5t1 p> sa pressante dialectique1 que dvelopp] jusqu'au b\t la doctr9e commune de t\s les mtaphysici5s mod]nes1 en reprs5tant1 s\s les div]s aspects fondam5taux1 l'tat de civilisation comme une dgnration 9vitablem5t croissante de ce premi] type idal4 ,on voit mme1 d'aprs l'analyse hi/orique1 a9si que je le montr]ai plus t>d1 qu'un tel dogme con/itue rellem5t la simple trans=mation mtaphysique du fameux dogme ?ologique de la dgradation ncessaire de l'espce huma9e p> le p* orig9el4 ,quoi qu'il en soit1 faut-il s'tonn] que1 p>tant d'un semblable pr9cipe1 l'cole rvolutionnaire ait t conduite concevoir t\te r=mation politique comme ess5tiellem5t de/9e rtablir le plus compltem5t possible cet inqualifiable tat primitif8 ,or1 n'e/-ce po9t l1 en ralit1 organis] sy/matiquem5t une rtrogradation univ]selle1 quoique dans des int5tions m9emm5t progressives8 ,les applications effectives ont t p>faitem5t con=mes cette con/itution philosophique de la doctr9e rvolutionnaire4 ,aussitt qu'il a fallu procd] au remplacem5t intgral du rgime fodal et ca?olique1 l'esprit huma91 au lieu de considr] l'ensemble de l'av5ir social1 s'e/ surt\t dirig d'aprs les s\v5irs imp>faits d'un pass trs recul1 en s'ef=ant de sub/itu] ce sy/me caduc un sy/me encore plus anci51 et1 ce titre1 plus dcrpit1 mais aussi1 p> cela mme1 plus rappro* du type primordial4 ,en ha9e d'un ca?olicisme trop arrir1 on a t5t d'in/itu] une sorte de poly?isme mtaphysique1 en mme temps que1 p> une autre rtrogradation non mo9s c>actrise1 on t5dait remplac] l'ordre politique du moy5 ge p> le rgime1 si radicalem5t infrieur1 des ,grecs et des ,roma9s4 ,les lm5s mmes de la civilisation mod]ne1 les seuls g]mes possibles d'un n\veau sy/me social1 ont aussi t f9alem5t m5acs p> la prpondrance politique de la mtaphysique rvolutionnaire4 ,de sauvages mais n]giques dclamations ont alors directem5t condamn l'essor indu/riel et arti/ique des socits mod]nes1 au nom de la v]tu et de la simplicit primitives4 ,enf91 l'esprit sci5tifique lui-mme1 pr9cipe unique d'une vritable organisation intellectuelle1 n'a pas t1 malgr ses imm95s s]vices1 entirem5t l'abri de cette explosion an>*ique et rtrograde1 comme t5dant in/itu]1 suivant la =mule alors usite1 une ari/ocratie des lumires1 aussi incompatible qu'aucune autre avec le rtablissem5t de l'galit orig9elle#h4 ,va9em5t l'cole mtaphysique a-t-elle ensuite prs5t de semblables consqu5ces comme des rsultats exc5triques1 et en quelque sorte =tuits1 de la politique rvolutionnaire4 ,la filiation e/1 au contraire1 ple9em5t normale et ncessaire1 et ne saurait manqu] de se ralis] de n\veau1 si1 p> un conc\rs d'vnem5s dsormais impossible1 cette politique rec\vrait jamais une p>eille prpondrance4 ,cette t5dance contradictoire1 et nanmo9s irrsi/ible1 la rtrogradation sociale1 en vue d'un plus p>fait ret\r l'tat primitif1 e/ tellem5t propre la politique mtaphysique1 que1 de nos j\rs1 les n\velles sectes phmres de mtaphysici5s1 qui ont le plus orgueilleusem5t blm l'imitation rvolutionnaire des types grecs et roma9s1 n'ont pu vit] de reproduire involontairem5t1 un degr beauc\p plus prononc1 le mme vice fondam5tal1 en s'ef=ant de recon/itu]1 d'une manire encore plus sy/matique1 la confusion gnrale entre le p\voir temporel et le p\voir spirituel1 et en prconisant1 comme le d]ni] t]me de la p]fection sociale1 une sorte de rtablissem5t de la ?ocratie gypti5ne ou hbraque1 fond sur un vritable fti*isme1 va9em5t dissimul s\s le nom de pan?isme4 ,footnote #h3 ,p>mi tant de dplorables tmoignages d'une telle ab]ration fondam5tale1 aucun ne m'a jamais sembl plus tri/em5t dcisif que l'excrable condamnation du gr& ,lavoisi]1 qui suffira1 dans la po/rit la plus recule1 p\r c>actris] cette phase fatale de notre tat rvolutionnaire4 ,depuis que les ab]rations fondam5tales dt]m9es p> le triomphe mom5tan de la mtaphysique rvolutionnaire ont comm5c la discrdit] ess5tiellem5t1 son inconsqu5ce c>actri/ique s'e/ surt\t manife/e s\s une autre =me non mo9s dcisive1 en ce que la doctr9e critique a t 9vitablem5t conduite proclam] elle-mme l'inv>iable cons]vation des bases gnrales de l'anci5 sy/me politique1 dont elle avait jamais dtruit les pr9cipales conditions d'exi/5ce4 ,on a pu1 ds l'orig9e1 ap]cevoir une semblable t5dance1 puisque la politique mtaphysique n'e/1 au fond1 qu'une simple manation de la politique ?ologique1 qu'elle devait d'abord seulem5t modifi]4 ,*acun des div]s r=mateurs qui se sont succd dans les trois d]ni]s sicles1 en p\ssant plus lo9 que ses prdcesseurs le dveloppem5t de l'esprit critique1 avait nanmo9s t\j\rs va9em5t prt5du1 comme on sait1 lui prescrire d'immuables bornes1 en ralit incessamm5t recules1 empruntes aux pr9cipes mmes de l'anci5 sy/me1 dont aucun d'eux n'avait1 vrai dire1 sciemm5t p\rsuivi la de/ruction totale1 avec quelque n]gie qu'il y p>ticipt en effet4 ,il e/ mme vid5t que l'ensemble des droits absolus qui con/itu5t la base usuelle de la doctr9e rvolutionnaire1 se tr\ve g>anti1 en d]ni] ressort1 p> une sorte de conscration religieuse1 relle quoique vague1 sans laquelle ces dogmes mtaphysiques s]ai5t ncessairem5t livrs une discussion cont9ue1 qui compromettrait beauc\p leur efficacit4 ,c'e/ t\j\rs en invoquant1 s\s une =me de plus en plus gnrale1 les pr9cipes fondam5taux de l'anci5 sy/me politique qu'on a effectivem5t procd la dmolition successive des in/itutions1 soit spirituelles1 soit temporelles1 de/9es en ralis] l'application3 et n\s reconnatrons en effet1 s\s le po9t de vue hi/orique1 que ce rgime a t ess5tiellem5t dcompos p> l'9vitable conflit de ses pr9cipaux lm5s4 ,de cette m>*e ncessaire1 a d graduellem5t rsult]1 dans l'ordre intellectuel1 un *ri/ianisme de plus en plus amo9dri ou simplifi1 et rduit enf9 ce ?isme vague et impuissant que1 p> un mon/rueux rappro*em5t de t]mes1 les mtaphysici5s ont qualifi de religion naturelle1 comme si t\te religion n'tait po9t ncessairem5t surnaturelle4 ,en prt5dant dirig] la rorganisation sociale d'aprs cette trange et va9e conception1 l'cole mtaphysique1 malgr sa de/9ation purem5t rvolutionnaire1 a donc t\j\rs implicitem5t adhr1 et s\v5t mme1 auj\rd'hui surt\t1 s\s une =me trs explicite1 au pr9cipe le plus fondam5tal de l'anci5ne doctr9e politique1 qui reprs5te l'ordre social comme reposant1 de t\te ncessit1 sur une base ?ologique4 ,telle e/ ma9t5ant la plus vid5te et la plus p]nicieuse inconsqu5ce de la mtaphysique rvolutionnaire4 ,arme d'une semblable concession1 l'cole de ,bossuet et de de ,mai/re aura t\j\rs une inconte/able supriorit logique sur les irrationnels dtracteurs du ca?olicisme1 qui1 en proclamant le beso9 d'une organisation religieuse1 lui dni5t nanmo9s t\s les lm5s indisp5sables sa ralisation sociale4 ,p> cet 9vitable acquiescem5t1 l'cole rvolutionnaire conc\rt en effet auj\rd'hui avec l'cole rtrograde p\r emp*] directem5t une vritable rorganisation des socits mod]nes1 dont l'tat intellectuel int]dit ess5tiellem5t et de plus en plus t\te politique ?ologique1 comme l'esprit de ce ,trait doit dj l'avoir fait assez press5tir4 ,la proclamation banale de la prt5due ncessit d'une telle politique1 doit tre dsormais reg>de comme rellem5t quival5te une irrcusable dcl>ation d'impuissance l'g>d du problme fondam5tal de la civilisation actuelle4 ,quelles que soi5t les app>5ces1 on ne saurait vit] de se reconnatre a9si d\blem5t incompt5t1 soit p> la mdiocrit de l'intellig5ce1 soit p> le peu d'n]gie du c>actre4 ,s\s un p>eil aspect1 la socit devrait p>atre indf9im5t condamne l'an>*ie intellectuelle qui la c>actrise auj\rd'hui1 puisque si1 d'une "p1 t\s les esprits sembl5t admettre le beso9 d'un rgime ?ologique1 t\s1 d'une autre "p1 s'accord5t encore plus rellem5t rep\ss] irrvocablem5t ses pr9cipales conditions d'exi/5ce4 ,n'e/-il pas trange1 et mme honteux1 que ceux dont l'inconsqu5te politique conduit aussi ncessairem5t l't]nelle conscration du dsordre1 s'ef=c5t encore1 p> de va9es et inconv5antes dclamations1 de jet] une sorte de fltrissure morale sur la seule voie rationnelle qui re/e dsormais ouv]te une vraie rorganisation1 p> l'avnem5t social de la philosophie positive8 quel titre les div]ses doctr9es1 soit ?ologiques1 soit mtaphysiques1 dont l'expri5ce la plus t5due et la plus v>ie a si hautem5t tmoign l'impuissance radicale1 os]ai5t-elles proscrire l'application de l'unique procd intellectuel que la politique n'ait po9t encore essay8 ,s]ait-ce p>ce qu'un tel procd a dj heureusem5t rorganis1 la satisfaction univ]selle1 t\s les autres ordres des conceptions huma9es#i8 ,footnote #i3 ,si1 au nom de ceux qui conoiv5t la rorganisation sociale sans la mo9dre int]v5tion idologique1 je devais rcrim9] ici contre de telles dclamations1 il ne s]ait peut-tre pas impossible d'expliqu] quelquefois1 avec une c]ta9e vraisemblance1 un aussi trange conc\rs prohibitif de tant d'op9ions1 d'ailleurs incompatibles1 p> la t5dance spontane des div]s esprits qui pr(it5t auj\rd'hui du vague et de la confusion des ides sociales emp*] la philosophie positive de produire un claircissem5t f9al1 qui1 en dissipant jamais de pr(ondes illusions1 devra ncessairem5t dtrn] beauc\p de hautes r5ommes1 et r5dre dsormais bi5 plus difficile la conqute d'un vritable asc5dant intellectuel4 ,mais1 sans ni] entirem5t la ralit de ce conc]t involontaire *ez un petit nombre d'esprits1 il e/ videmm5t bi5 plus rationnel de le reg>d] comme le rsultat ncessaire et inap]u de notre situation intellectuelle1 a9si que je l'ai expliqu dans le texte4 ,ce c>actre d'inconsqu5ce gnrale1 qui1 en dtruisant l'anci5 sy/me1 prt5d nanmo9s en ma9t5ir les bases ess5tielles1 n'e/ pas mo9s m>qu dans l'application temporelle de la mtaphysique rvolutionnaire que dans son dveloppem5t spirituel4 ,il s'y manife/e surt\t p> une t5dance vid5te la cons]vation directe1 s9on de l'esprit fodal proprem5t dit1 du mo9s de l'esprit militaire1 qui en con/itue la vritable orig9e4 ,le triomphe passag] de la politique mtaphysique1 mom5tanm5t conue comme devant exclusivem5t prsid] la rorganisation sociale1 avait1 il e/ vrai1 d'abord dt]m91 *ez la nation franaise1 un admirable lan de gnrosit univ]selle1 qui proscrivait dsormais t\te t5dance militaire directe4 ,mais ce n'tait l qu'un vague in/9ct du vrai problme social1 sans aucun ap]u de la solution relle4 ,p> suite de l'imm5se dploiem5t d'n]gie df5sive qu'a d exig] le ma9ti5 du m\vem5t progressif contre la coalition arme des =ces rtrogrades1 ce s5tim5t primitif1 qui n'tait vritablem5t dirig p> aucun pr9cipe1 a bi5tt disp>u s\s le dveloppem5t sy/matique de l'activit militaire la plus prononce1 avec t\s ses c>actres les plus oppressifs4 ,combi5 de fois1 dans le c\rs de nos luttes politiques1 l'cole rvolutionnaire1 malgr ses int5tions progressives1 g>e p> la frivole proccupation d'un intrt p>tiel ou fugitif1 n'a-t-elle pas eu se repro*] d'avoir prconis la gu]re1 qui con/itue cep5dant auj\rd'hui la seule cause srieuse propre entrav] et ral5tir gravem5t le m\vem5t fondam5tal des socits mod]nes6 ,la doctr9e critique e/1 en effet1 si peu antipa?ique l'esprit militaire1 pr9cipale base temporelle de l'anci5ne organisation politique1 que le mo9dre sophisme suffira p\r qu'elle entrepr5ne directem5t d'en emp*] l'9vitable dcad5ce univ]selle1 qu& les intrts rvolutionnaires lui p>atront l'exig]4 ,on a1 p> exemple1 imag91 cet effet1 dans ces d]ni]s temps1 le spcieux prtexte de rgul>is] p> la gu]re l'action ncessaire des nations les plus avances sur celles qui le sont mo9s1 ce qui p\rrait logiquem5t conduire une conflagration univ]selle1 si la nature de la civilisation mod]ne ne devait po9t mettre heureusem5t d'insurmontables ob/acles au libre dveloppem5t graduel d'une semblable ab]ration4 ,de tels piges1 primitivem5t dresss p> l'cole rtrograde1 sont1 d'ord9aire1 l'aide de quelques prcautions faciles1 avidem5t accueillis p> l'cole rvolutionnaire1 qui semble a9si dispose elle-mme second] spontanm5t le rtablissem5t du sy/me politique contre lequel elle a t\j\rs lutt4 ,qu& mme une judicieuse analyse des dbats j\rnali]s ne con/at]ait po9t directem5t cette vid5te inconsqu5ce1 il suffirait1 ce me semble1 af9 de la c>actris] hautem5t1 de considr] les tranges ef=ts t5ts de nos j\rs1 avec un si dplorable succs mom5tan1 p> les diffr5tes sections de l'cole rvolutionnaire1 p\r rhabilit] la mmoire de celui qui1 dans les temps mod]nes1 a le plus =tem5t p\rsuivi la rtrogradation politique1 en consumant un imm5se p\voir la va9e re/auration du sy/me militaire et ?ologique4 ,du re/e1 en signalant ici1 comme je le devais1 cet esprit d'inconsqu5ce rtrograde1 il me p>atrait inju/e de ne po9t indiqu] aussi1 *ez la portion la plus avance de l'cole rvolutionnaire1 une d]nire sorte de contradiction1 qui l'honore beauc\p1 comme tant1 en ralit1 m9emm5t progressive4 ,il s'agit surt\t de l'important pr9cipe de la c5tralisation politique1 dont la haute ncessit n'e/ auj\rd'hui bi5 comprise que p> cette cole1 malgr l'vid5te opposition d'une telle notion avec les dogmes d'indp5dance et d'isolem5t qui con/itu5t l'esprit de la doctr9e critique4 ,s\s ce rapport ess5tiel1 les rles sembl5t tre dsormais directem5t int]v]tis entre les deux doctr9es pr9cipales qui se disput5t encore si va9em5t l'asc5dant politique4 ,avec ses sup]bes prt5tions l'ordre et l'unit1 la doctr9e rtrograde pr*e hautem5t la disp]sion des foy]s politiques1 dans le secret espoir d'emp*] plus aism5t la dcad5ce de l'anci5 sy/me social *ez les populations les plus arrires1 en les prs]vant de l'influ5ce prpondrante des c5tres gnraux de civilisation4 ,la politique rvolutionnaire1 au contraire1 encore ju/em5t fire d'avoir nagure prsid l'imm5se conc5tration de =ces que ncessita1 en ,france1 la lutte dcisive contre la coalition des anci5s p\voirs1 oublie ses maximes dissolvantes p\r recomm&] avec n]gie cette subord9ation sy/matique des foy]s secondaires env]s les pr9cipaux1 qui1 aprs avoir1 au milieu du dsordre univ]sel1 assur jamais le libre essor de la progression sociale1 doit naturellem5t dev5ir dans la suite un si prcieux auxiliaire de la vraie rorganisation1 ds-lors susceptible d'tre primitivem5t borne une population d'lite4 ,en un mot1 l'cole rvolutionnaire a seule compris que le dveloppem5t cont9u de l'an>*ie intellectuelle et morale exigeait1 de t\te ncessit1 p\r prv5ir une imm95te dislocation gnrale1 une conc5tration croissante de l'action politique proprem5t dite4 ,p> un tel ensemble de considrations prlim9aires sur l'apprciation gnrale de la mtaphysique rvolutionnaire1 son insuffisance fondam5tale ne saurait ma9t5ant tre conte/e4 ,sans d\te1 aprs l'usage actif et cont9u que l'esprit huma9 avait d en faire1 p5dant le c\rs des trois d]ni]s sicles1 p\r opr] la dmolition graduelle de l'anci5 sy/me politique1 il ne p\vait aucunem5t se disp5s] d'abord de l'appliqu] aussi la rorganisation sociale1 qu& cette de/ruction1 suffisamm5t avance1 e/ v5ue en dvoil] la ncessit4 ,t\te autre manire de procd] et t1 cette poque1 c]ta9em5t *imrique4 ,mais cette illusion naturelle1 qu'une ?orie alors impossible aurait seule pu prv5ir1 ne peut plus dsormais tre ess5tiellem5t reproduite1 p>ce que le libre dveloppem5t effectif d'une telle application a d manife/] t\s les esprits1 p> une impression ineffaable1 la nature purem5t an>*ique et mme l'influ5ce directem5t rtrograde de la doctr9e critique1 qu& son n]gie dissolvante n'e/ plus absorbe p> la lutte fondam5tale qui con/itua t\j\rs sa seule de/9ation propre4 ,ce d\ble exam5 prlim9aire de la politique ?ologique et de la politique mtaphysique suffit ici1 quoique trs sommaire1 p\r c>actris] nettem5t l'insuffisance ncessaire de *acune d'elles1 l'g>d mme de son b exclusif1 en montrant que dsormais1 et de plus en plus1 la seconde ne remplit gure mieux1 en ralit1 les pr9cipales conditions du progrs que la premire celles de l'ordre4 ,mais leur apprciation respective demeur]ait encore ess5tiellem5t incomplte1 si1 aprs les avoir sp>m5t analyses1 n\s ne considrions pas brivem5t le s+uli] antagonisme que le c\rs naturel des vnem5s a f9i p> tablir entre elles1 et dont l'explication1 impossible de t\te autre manire1 rsult]a spontanm5t des bases ci-dessus indiques1 de faon claircir davantage la vraie position gnrale de la "q sociale actuelle4 ,on peut aism5t reconnatre auj\rd'hui que1 malgr leur opposition radicale1 l'cole rtrograde et l'cole rvolutionnaire1 p> une irrsi/ible ncessit1 t5d5t rellem5t entret5ir mutuellem5t leur vie politique1 en v]tu mme de leur neutralisation rciproque4 ,depuis un demi-sicle1 d'clatans triomphes successifs ont p]mis *acune d'elles de dvelopp] librem5t sa vritable t5dance1 et1 p> suite1 l'ont enf9 am5e con/at] irrvocablem5t son impuissance fondam5tale p\r atte9dre rellem5t le b gnral que p\rsuit l'in/9ct des socits actuelles4 ,quoique simplem5t empirique1 cette d\ble conviction e/ ma9t5ant dev5ue tellem5t pr(onde et univ]selle1 qu'elle oppose dsormais d'insurmontables ob/acles l'entire prpondrance politique de l'une ou de l'autre cole1 qui ne peuv5t plus aspir] qu' des succs aussi prcaires qu'incomplets4 ,a9si conduite r$\t] presque galem5t1 quoiqu' div]s titres1 l'asc5dant absolu de *acune d'elles1 la raison publique1 dfaut d'un po9t d'appui plus rationnel et plus efficace1 emploie t\r t\r *aque doctr9e cont5ir les envahissem5s indf9is de l'autre4 ,lors mme que le dveloppem5t naturel des beso9s sociaux p>at dt]m9] mom5tanm5t une proccupation df9itive en faveur de l'une des deux politiques1 le dang]eux essor qu'elle pr5d aussitt ne t>de po9t provoqu] spontanm5t un 9vitable ret\r proportionnel la politique antagoni/e1 que va9em5t on avait cru te9te jamais4 ,cette misrable con/itution oscillatoire de notre vie sociale se prolong]a ncessairem5t jusqu' ce qu'une doctr9e relle et complte1 aussi vritablem5t organique que vraim5t progressive1 vi5ne enf9 p]mettre de r5onc] cette prilleuse et insuffisante alt]native1 en satisfaisant1 d'une manire directe et simultane1 aux deux aspects ess5tiels du gr& problme politique4 ,alors seulem5t1 les deux doctr9es opposes t5dront ensemble disp>atre irrvocablem5t devant une conception n\velle1 qui se prs5t]a directem5t comme mieux adapte leurs de/9ations respectives4 ,mais1 avant ce t]me1 *acune d'elles ayant p\r pr9cipale utilit pratique d'emp*] le triomphe absolu de l'autre1 elles cont9u]ont con/itu]1 malgr t\te app>5ce contraire1 deux insp>ables lm5s du m\vem5t politique fondam5tal1 qui ne peut auj\rd'hui tre c>actris que p> leur commune p>ticipation1 indisp5sable quoique insuffisante4 ,combi5 de fois1 dans le dplorable c\rs de nos luttes contempora9es1 le p>ti rvolutionnaire et le p>ti rtrograde1 aveugls p> un succs passag]1 n'ont-ils pas cru avoir ananti p\r t\j\rs l'influ5ce politique de leurs adv]saires1 sans que l'vnem5t ait nanmo9s jamais cess de dm5tir bi5tt avec clat ces frivoles illusions6 ,le t]rible triomphe de la doctr9e critique a-t-il emp*1 aprs peu d'annes1 l'entire rhabilitation de l'cole ca?olico-fodale1 qu'on s'tait va9em5t flatt d'avoir dtruite8 ,de mme1 la raction rtrograde1 p\rsuivie p> ,bonap>te avec tant d'n]gie1 n'a-t-elle po9t f9alem5t dt]m9 un ret\r univ]sel v]s l'cole rvolutionnaire1 dont l'irrvocable compression avait t si emphatiquem5t clbre8 ,aprs ces deux preuves dcisives1 le dveloppem5t j\rnali] de notre situation politique n'a-t-il po9t successivem5t reproduit1 sur une mo9dre *elle1 la manife/ation cont9ue1 plus ou mo9s prononce1 mais t\j\rs irrcusable1 de cette d\ble t5dance ncessaire8 ,il e/ clair1 en effet1 s\s le po9t de vue philosophique1 que la mtaphysique rvolutionnaire1 en v]tu de sa de/9ation purem5t critique1 aurait d p]dre auj\rd'hui1 dfaut d'alim5t1 sa pr9cipale activit politique1 depuis que1 l'anci5 sy/me tant assez dtruit p\r que son rtablissem5t soit videmm5t impossible1 l'att5tion gnrale a d se port] surt\t v]s une rorganisation df9itive1 dev5ue *aque j\r plus urg5te4 ,mais1 cette rorganisation ayant t jusqu'ici t\j\rs rellem5t conue1 faute de pr9cipes n\veaux1 d'aprs la doctr9e ?ologique elle-mme1 la philosophie ngative vi5t remplir1 comme p> le pass1 un indisp5sable (fice social1 en s'opposant au dang]eux essor de cette politique rtrograde4 ,p>eillem5t1 sans les ju/es al>mes qu'inspire la prpondrance absolue de la politique rvolutionnaire p\r prcipit] la socit v]s une imm95te an>*ie matrielle1 l'anci5ne doctr9e s]ait auj\rd'hui univ]sellem5t discrdite1 et rduite une simple exi/5ce hi/orique1 depuis que le rgime correspondant n'e/ plus1 au fond1 dsormais compris ni v\lu1 mme de ses prt5dus p>tisans4 ,les deux doctr9es sont donc1 en ralit1 appliques ma9t5ant1 l'une autant que l'autre1 dans une int5tion pr9cipalem5t ngative1 comme de/9es se neutralis] mutuellem5t1 ce qui a d sembl] jusqu'ici le seul moy5 praticable de prv5ir les dsa/reuses consqu5ces qu'entran]ait naturellem5t la prpondrance totale d'aucune d'elles4 ,t\tefois1 il importe de rem>qu] aussi1 en d]ni] lieu1 que *acune de ces doctr9es opposes con/itue directem5t un indisp5sable lm5t de notre trange situation politique1 en conc\rant la position gnrale du problme social1 prs5t p> l'une s\s l'aspect organique1 et p> l'autre s\s le po9t de vue progressif1 quoique l'opposition a9si tablie entre les deux gr&es faces de la "q doive t5dre m9emm5t en dissimul] la vritable nature4 ,dans le dplorable tat actuel des ides politiques1 il e/ vid5t que l'entire suppression de la doctr9e rtrograde1 s'il tait possible de l'effectu]1 f]ait aussitt disp>atre le peu de notions d'ordre rel que nos intellig5ces ont encore cons]ves en politique1 et qui t\tes se rapport5t 9vitablem5t l'anci5 sy/me social4 ,en s5s inv]se1 on ne peut davantage conte/] que1 sans la doctr9e rvolutionnaire1 t\tes les ides de progrs politique1 quelque vagues qu'elles soi5t auj\rd'hui1 s'effac]ai5t ncessairem5t s\s la tnbreuse suprmatie de l'anci5ne philosophie4 ,au fond1 comme *acune des deux doctr9es e/ c]ta9em5t impuissante dsormais atte9dre rellem5t son b exclusif1 leur efficacit pratique se borne ess5tiellem5t1 s\s ce rapport1 entret5ir dans la socit actuelle1 quoique d'une manire trs imp>faite1 le d\ble s5tim5t de l'ordre et du progrs4 ,bi5 que l'abs5ce de t\t pr9cipe vraim5t propre ralis] cette d\ble indication fondam5tale doive s+ulirem5t amortir ce vague s5tim5t1 sa p]ptuelle cons]vation1 p> un mode quelconque1 n'en con/itue pas mo9s une indisp5sable ncessit prlim9aire1 p\r rappel] sans cesse1 soit aux philosophes1 soit au public1 les vritables conditions de la rorganisation sociale1 que notre faible nature s]ait autrem5t si dispose mconnatre4 ,on peut donc1 s\s un tel aspect1 considr] la "q comme consi/ant =m] une doctr9e qui soit la fois plus organique que la doctr9e ?ologique et plus progressive que la doctr9e mtaphysique1 seuls types actuels de ce d\ble c>actre1 et dont la considration simultane e/1 ce titre1 9vitable1 jusqu' l'entire solution de ce gr& problme4 ,sans d\te1 l'anci5 sy/me politique ne doit tre aucunem5t imit dans la conception du rgime appropri une civilisation aussi pr(ondm5t diffr5te4 ,mais l'assidue contemplation de l'ordre anci5 n'en e/ pas mo9s /rictem5t indisp5sable1 comme p\vant seule indiqu] les attributs ess5tiels de t\te vritable organisation sociale1 en obligeant l'av5ir rgl] presque t\t ce qu'avait rgl le pass1 quoique dans un autre esprit1 et d'une manire plus p>faite4 ,la conception gnrale du sy/me ?ologique et militaire me semble mme1 p> suite de son 9vitable dcrpitude1 plus efface auj\rd'hui que ne l'exig]ai5t1 s\s ce rapport1 les beso9s rels de notre intellig5ce1 surt\t en ce qui conc]ne la division capitale entre le p\voir spirituel et le p\voir temporel1 trop faiblem5t apprcie p> les plus m95s philosophes de l'cole ca?olique4 ,c'e/ aux philosophes positifs qu'il app>ti5dra de re/aur]1 leur usage idal1 d'aprs une tude appr(ondie du pass1 ce que le m\vem5t gnral de la civilisation mod]ne a d s\/raire irrvocablem5t la vie relle4 ,l'indisp5sable influ5ce de la philosophie rvolutionnaire p\r oblig] auj\rd'hui les conceptions sociales pr5dre un c>actre vraim5t progressif1 e/ dev5ue tellem5t vid5te qu'elle n'exige plus dsormais aucune discussion4 ,en prescrivant1 avec une irrsi/ible n]gie1 de r5onc] totalem5t l'anci5 sy/me politique1 elle entreti5t1 au se9 de la socit actuelle1 une prcieuse /imulation1 sans laquelle notre in]tie spculative se born]ait bi5tt propos]1 comme solution f9ale du problme1 de va9es modifications du rgime dcompos4 ,n'avons-n\s pas vu nanmo9s les div]s p\voirs contempora9s rclam] s\v5t contre ces conditions ncessaires1 en dcl>ant avec am]tume que les pr9cipes rvolutionnaires r5dai5t t\t g\v]nem5t dsormais impossible8 ,cette banale prote/ation a mme t doctoralem5t reproduite p> plusieurs cot]ies spculatives1 qui1 fires d'avoir enf9 comm5c entrevoir pniblem5t la t5dance an>*ique de la doctr9e rvolutionnaire1 ont cru1 dans leur aveugle orgueil1 devoir prconis] sa de/ruction immdiate comme une base suffisante de rorganisation sociale1 sans ap]cevoir que1 p> cela seul1 elles provoquai5t ncessairem5t1 contre leur propre int5tion1 la suprmatie politique de l'cole rtrograde4 ,de quelque "p qu'elle vi5ne1 t\te semblable dcl>ation quivaut rellem5t auj\rd'hui un aveu sol5nel d'impuissance politique4 ,la doctr9e rvolutionnaire p\vant seule jusqu'ici pos] avec efficacit l'une des deux classes de conditions fondam5tales du problme social1 on ne saurait1 cet g>d1 plus navem5t confess] une incompt5ce radicale1 qu'en s'ob/9ant va9em5t dni] cette doctr9e une telle attribution2 l'c>t]1 ce s]ait v\loir rs\dre le problme1 ab/raction faite de ses conditions ess5tielles4 ,il ne saurait exi/] qu'un unique moy5 de p>v5ir plus t>d l'lim9] rellem5t1 en remplissant mieux qu'elle-mme le b pr9cipal qu'elle s'e/ propose1 et qu'elle seule encore1 malgr ses imm5ses inconvni5s1 p\rsuit ma9t5ant avec une c]ta9e efficacit4 ,de t\te autre manire1 les dclamations absolues contre la philosophie rvolutionnaire vi5dront t\j\rs *\] f9alem5t devant l'inv9cible atta*em5t in/9ctif de la socit actuelle des pr9cipes qui1 depuis trois sicles1 ont dirig t\s ses progrs politiques1 et qu'elle reg>de1 ju/e titre1 comme =mulant seuls auj\rd'hui d'indisp5sables conditions gnrales de son dveloppem5t ultrieur4 ,*acun des dogmes ess5tiels qui compos5t cette doctr9e con/itue1 en effet1 une indication ncessaire laquelle doit satisfaire1 s\s pe9e de nullit1 t\te t5tative relle de rorganisation sociale1 p\rvu t\tefois qu'on cesse de pr5dre un vague nonc du problme p\r une vraie solution4 ,a9si envisags1 ces pr9cipes rappell5t1 div]s titres1 la conscration politique de c]ta9es obligations capitales de morale univ]selle1 que l'cole rtrograde1 malgr ses va9es prt5tions1 devait ess5tiellem5t mconnatre1 p>ce que le rgime qu'elle proclame a depuis long-temps p]du la facult de les remplir4 ,en ce s5s1 le dogme fondam5tal du libre exam5 oblige rellem5t la rorganisation spirituelle rsult] d'une action purem5t intellectuelle1 dt]m9ant1 l'issue d'une discussion complte1 un ass5tim5t volontaire et unanime1 sans aucune int]v5tion htrogne des p\voirs matriels p\r ht]1 p> une inopportune p]turbation1 cette gr&e volution philosophique4 ,p>eillem5t1 dans l'ordre temporel1 le dogme de l'galit et celui de la s\v]a9et populaire peuv5t seuls impos] n]giquem5t auj\rd'hui aux n\velles classes et aux n\veaux p\voirs l'imprieux devoir1 si aism5t oubli1 de ne se dvelopp] et s'ex]c] qu'au pr(it du public1 au lieu de t5dre l'exploitation des masses dans des intrts individuels4 ,ces div]ses moralits politiques1 que jadis l'anci5 sy/me obs]va ncessairem5t p5dant sa virilit1 ne sont ma9t5ues dsormais1 avec quelque efficacit1 que p> la doctr9e rvolutionnaire1 dont l'9vitable dcroissem5t comm5ce mme1 s\s ce rapport1 dev5ir trs regrettable1 tant que son (fice n'e/ po9t1 cet g>d1 mieux rempli4 ,jusque alors1 sa suppression1 si elle tait possible1 s]ait m9emm5t dang]euse1 en livrant1 sans contrle1 les socits actuelles aux div]ses t5dances oppressives qui se ratta*5t spontanm5t l'anci5 sy/me politique4 ,si1 p> exemple1 le dogme absolu du libre exam5 p\vait aussitt disp>atre1 ne s]ions-n\s po9t1 p> cela seul1 immdiatem5t livrs au tnbreux despotisme des faiseurs ou des re/aurateurs de religions1 bi5tt conduits1 aprs un infructueux proslytisme1 employ] les mesures les plus tyranniques p\r tablir matriellem5t leur va9e unit rtrograde8 ,il en e/ de mme t\t autre g>d4 ,ri5 ne saurait donc autoris] les aveugles dclamations si frquemm5t diriges de nos j\rs contre la philosophie rvolutionnaire1 p> tant de g\v]nans et tant de docteurs qui ne peuv5t p>donn] la socit actuelle de ne po9t ratifi] passivem5t leurs irrationnelles entreprises4 ,si cette philosophie devait vraim5t emp*] t\te rorganisation relle1 le mal s]ait ds-lors incurable1 puisque son influ5ce capitale con/itue auj\rd'hui un fait accompli1 et ne peut cess] graduellem5t que p> le dveloppem5t mme de cette rorganisation1 dont elle tait surt\t de/9e prp>] et facilit] les voies4 ,my/iquem5t conue dans un s5s absolu et indf9i1 la doctr9e critique manife/e1 sans d\te1 p> sa nature1 une t5dance ncessairem5t an>*ique1 que j'ai ci-dessus assez c>actrise4 ,il s]ait nanmo9s absurde d'exagr] cet inconvni5t capital1 au po9t de l'rig] en ob/acle t\t--fait insurmontable4 ,on a beau dplor] auj\rd'hui1 au nom de l'ordre social1 l'n]gie t\j\rs dissolvante de l'esprit d'analyse et d'exam53 cet esprit n'en demeure pas mo9s m9emm5t salutaire1 en obligeant ne produire1 p\r prsid] la rorganisation intellectuelle et morale1 qu'une philosophie vraim5t susceptible de support] avec gloire l'indisp5sable preuve dcisive d'une discussion appr(ondie1 librem5t prolonge jusqu' l'entire conviction de la raison publique2 condition fondam5tale1 laquelle heureusem5t ri5 ne saurait dsormais n\s s\/raire1 quelque pnible qu'elle doive sembl] la plup>t de ceux qui trait5t ma9t5ant la "q sociale4 ,une telle philosophie p\rra seule ultrieurem5t assign] cet esprit analytique les vraies limites rationnelles qui doiv5t en prv5ir les abus1 en tablissant1 dans l'ordre des ides sociales1 la di/9ction gnrale1 dj nettem5t c>actrise p\r t\tes les autres conceptions positives1 entre le propre doma9e du raisonnem5t et celui de la pure obs]vation4 ,quoique contra9te1 p> le c\rs naturel des vnem5s1 dirig] sa progression politique d'aprs une doctr9e ess5tiellem5t ngative1 a9si que je l'ai expliqu1 la socit actuelle n'a jamais r5onc aux lois fondam5tales de la raison huma9e2 elle saura bi51 en temps opportun1 us] des droits mmes que cette doctr9e lui confre p\r s'engag] de n\veau dans les li5s d'une vritable organisation1 qu& les pr9cipes en auront t enf9 conu et apprcis4 ,l'tat de ple9e lib]t1 ou plutt de non-g\v]nem5t1 ne lui semble auj\rd'hui ncessaire1 trs ju/e titre1 qu'af9 de lui p]mettre un *oix conv5able1 qu'elle n'a pu song] s'int]dire4 ,si quelques esprits exc5triques compr5n5t le droit d'exam9] comme imposant le devoir de ne se dcid] jamais1 la raison publique ne saurait p]svr] dans une telle ab]ration2 et1 de sa "p1 l'indcision prolonge ne pr\ve rellem5t autre *ose que l'abs5ce encore p]si/ante des pr9cipes propres t]m9] la dlibration1 et jusqu' l'avnem5t desquels le dbat ne p\rrait en effet tre clos sans compromettre dang]eusem5t l'av5ir social4 ,de mme1 dans l'ordre temporel1 en s'attribuant le droit gnral1 provisoirem5t indisp5sable1 quoique f9alem5t an>*ique1 de *oisir et de v>i] son gr les in/itutions et les p\voirs propres la dirig]1 la socit actuelle n'a nullem5t prt5du s'assujtir l'ex]cice indf9i de ce droit1 lors mme que1 cessant d'tre ncessaire1 il lui s]ait dev5u nuisible4 ,ayant a9si v\lu seulem5t se procur] une facult ess5tielle1 bi5 lo9 d'impos] aucune entrave ses progrs ultrieurs1 elle ne saurait hsit] s\mettre ses *oix aux rgles fondam5tales de/9es en g>antir l'efficacit1 lorsque enf9 de telles conditions auront t rellem5t dc\v]tes et reconnues4 ,jusque-l1 quelle plus sage mesure p\rrait-elle effectivem5t adopt]1 dans l'intrt mme de l'ordre futur1 que de t5ir librem5t ouv]te la c>rire politique1 sans aucun va9 assujtissem5t pralable1 qui pt gn] l'essor encore ignor du n\veau sy/me social8 quel titre les va9s dtracteurs absolus de la politique rvolutionnaire condamn]ai5t-ils une telle situation1 sans produire aucune conception vraim5t propre en prp>] le t]me df9itif8 ,du re/e1 qu& ce t]me s]a v5u1 qui os]ait conte/] srieusem5t la socit le droit gnral de se dmettre rgulirem5t de ses attributions provisoires1 lorsqu'elle aura tr\v enf9 les organes spciaux de/9s les ex]c] conv5ablem5t8 ,malgr tant d'amres rcrim9ations contre l'attitude t\j\rs ho/ile de la doctr9e rvolutionnaire1 n'e/-il pas1 au contraire1 vid5t que1 de nos j\rs1 les peuples ont1 d'ord9aire1 trop avidem5t accueilli les mo9dres app>5ces de pr9cipes de rorganisation1 auxquelles1 p> un empressem5t fune/e1 ils v\lai5t sacrifi]1 sans motifs suffisans1 des droits qui ne leur sembl5t qu'onreux8 ,nos contempora9s n'ont-ils pas1 s\s ce rapport1 mrit bi5 plutt1 de la "p des vrais philosophes1 en beauc\p d'occasions capitales1 le repro*e d'une confiance gnreusem5t exagre1 trop favorable de dang]euses illusions1 au lieu de la dfiance sy/matique1 si aigrem5t critique p> ceux qui peut-tre s5t5t secrtem5t leur impuissance radicale s\t5ir une vritable discussion8 ,a9si1 la doctr9e rvolutionnaire1 lo9 d'oppos] d'insurmontables ob/acles la rorganisation politique des socits mod]nes1 con/itue1 en ralit1 d'une manire encore plus vid5te et plus directe que ne le fait1 de son ct1 la doctr9e rtrograde1 l'indication d'un ordre indisp5sable de conditions gnrales1 qui ne doiv5t jamais tre ngliges dans l'accomplissem5t d'une telle opration4 ,tel e/ donc le c]cle pr(ondm5t vicieux dans lequel l'esprit huma9 se tr\ve auj\rd'hui r5f]m l'g>d des ides sociales1 oblig dsormais1 p\r ma9t5ir1 d'une manire mme trs imp>faite1 la position vraim5t intgrale du problme politique1 d'employ] simultanm5t deux doctr9es incompatibles1 qui ne saurai5t conduire aucune solution relle1 et dont *acune1 provisoirem5t indisp5sable1 a nanmo9s beso9 d'tre pniblem5t cont5ue p> l'antagonisme de l'autre4 ,cette dplorable situation1 qui1 p> sa nature1 t5drait se p]ptu] indf9im5t1 ne saurait admettre d'autre issue philosophique que l'uni=me prpondrance d'une doctr9e n\velle1 de/9e1 en runissant enf91 dans une commune solution1 les conditions d'ordre et celles de progrs1 absorb] irrvocablem5t les deux op9ions opposes1 en satisfaisant mieux que *acune d'elles1 et sans la mo9dre inconsqu5ce1 t\s les div]s beso9s intellectuels des socits actuelles4 ,la doctr9e critique1 et ensuite la doctr9e rtrograde1 ont successivem5t ex]c une dom9ation trs prononce et presque absolue1 p5dant le premi] qu>t de sicle c\l depuis le comm5cem5t de la rvolution franaise2 mais cette d\ble expri5ce a suffi p\r con/at] jamais l'impuissance radicale de l'une et de l'autre l'g>d de la rorganisation sociale1 t\j\rs si va9em5t entreprise4 ,aussi1 dans la seconde p>tie de ce demi-sicle1 ces deux doctr9es ont df9itivem5t p]du leur activit prpondrante2 et1 malgr leur antipa?ie ncessaire1 elles ont d p>ticip]1 peu prs galem5t1 la direction j\rnalire des dbats politiques1 o l'une f\rnit t\tes les ides ess5tielles de g\v]nem5t1 et l'autre les pr9cipes d'opposition4 des int]valles de plus en plus rappro*s1 la socit1 en att5dant une m>*e plus rationnelle1 accorde t\r t\r *acune d'elles une suprmatie p>tielle et mom5tane1 selon que le c\rs naturel des vnem5s fait r$\t] davantage l'oppressive dcrpitude du sy/me anci5 ou l'imm95ce de l'an>*ie matrielle4 ,ces frqu5tes fluctuations1 qui c>actris5t notre temps1 sont s\v5t attribues1 *ez les individus1 la corruption ou la faiblesse huma9es1 qu'elles doiv5t1 en effet1 puissamm5t /imul]3 mais cette explication1 videmm5t trop troite1 ne p\vant s'appliqu] la socit prise en masse1 qui1 cep5dant1 ne semble gure mo9s v]satile1 il faut bi5 rapport] surt\t une telle t5dance la cause plus pr(onde et plus gnrale que je vi5s d'indiqu]1 et reconnatre que1 mme dans les cas privs1 de semblables *angem5s doiv5t tre s\v5t le rsultat involontaire d'une n\velle position1 susceptible de rappel] plus spcialem5t le beso9 de l'ordre ou celui du progrs1 trop isolm5t s5tis une poque o si peu d'esprits compr5n5t rellem5t l'ensemble de notre tat politique4 ,organe propre et spontan de ces dplorables oscillations1 une troisime op9ion1 ess5tiellem5t /ationnaire1 a d graduellem5t s'int]pos] entre la doctr9e rtrograde et la doctr9e rvolutionnaire1 =me en quelque sorte1 sans aucune conception directe1 de leurs dbris communs4 ,malgr la nature bt>de et la con/itution contradictoire de cette op9ion int]mdiaire1 il faut bi5 hi/oriquem5t la qualifi] aussi de doctr9e1 puisqu'elle tr\ve auj\rd'hui tant d'emphatiques docteurs1 qui s'ef=c5t de la prs5t] comme le type f9al de la philosophie politique4 ,humble et passive s\s l'imptueux essor de l'esprit rvolutionnaire1 et mme p5dant la raction rtrograde qui lui succda1 elle a depuis1 p> le discrdit croissant des deux doctr9es antagoni/es1 obt5u peu peu1 sans ef=t1 une prpondrance aussi active que le comporte son c>actre quivoque4 ,depuis un qu>t de sicle1 elle occupe pr9cipalem5t1 et de plus en plus1 p> les diffr5tes sectes qui s'y ratta*5t1 l'ensemble de la scne politique1 *ez t\s les peuples avancs4 ,les p>tis les plus opposs ont t graduellem5t contra9ts1 p\r cons]v] leur activit1 d'adopt] uni=mm5t ses =mules c>actri/iques1 au po9t de dissimul] s\v5t1 aux obs]vateurs mal prp>s1 la vritable nature du conflit social1 qui1 nanmo9s1 cont9ue encore1 de t\te ncessit1 subsi/] uniquem5t1 faute d'un mobile vraim5t n\veau1 entre l'esprit rvolutionnaire et l'esprit rtrograde4 ,quoique ces deux moteurs ne cess5t po9t d'tre les seuls pr9cipes actifs des div]s branlem5s politiques1 cep5dant le rsultat f9al de leurs impulsions opposes t\rne ess5tiellem5t1 d'ord9aire1 l'uni=me accroissem5t de la doctr9e mixte et /ationnaire1 dont l'asc5dant univ]sel1 quoique provisoire1 e/ dsormais irrcusable4 ,cette vid5te prpondrance1 qui irrite1 sans les in/ruire1 les deux coles actives1 con/itue1 mes yeux1 le symptme le plus c>actri/ique de la commune rprobation dont la raison publique1 d'aprs nos gr&es expri5ces contempora9es1 t5d de plus en plus frapp] df9itivem5t les pr9cipes absolus de la doctr9e rtrograde et de la doctr9e rvolutionnaire1 malgr l'9vitable contradiction1 ci-dessus explique1 qui nanmo9s l'oblige t\j\rs les employ] spculativem5t1 en s'ef=ant de les neutralis] les uns p> les autres4 ,ri5 ne peut mieux indiqu] qu'un tel symptme la p>faite opportunit actuelle des essais philosophiques de/9s dgag] rellem5t les socits mod]nes de cette orageuse situation1 en produisant enf9 directem5t les pr9cipes ess5tiels d'une vraie rorganisation politique4 ,une semblable laboration1 impraticable s\s l'empire1 oppressif ou entranant1 de l'une ou de l'autre des deux philosophies antagoni/es1 n'e/ dev5ue possible que depuis qu'une doctr9e quivoque1 int]disant1 p> sa nature1 t\te proccupation exclusive1 a p]mis de saisir le d\ble c>actre fondam5tal du problme social1 dont t\tes les faces n'avai5t pu jusque alors tre simultanm5t considres4 ,en mme temps1 cette doctr9e bt>de s]t naturellem5t de guide la socit actuelle p\r ma9t5ir1 d'une manire aussi prcaire que pnible1 mais seule provisoirem5t possible1 l'ordre matriel indisp5sable l'accomplissem5t de cette gr&e opration philosophique1 et sans lequel la transition gnrale s]ait radicalem5t entrave4 ,tel e/ le d\ble (fice1 capital quoique ncessairem5t passag]1 que remplit auj\rd'hui l'cole /ationnaire1 dans la gr&e volution f9ale des socits mod]nes4 ,peut-tre notre faible nature exige-t-elle en effet1 af9 de dvelopp] ple9em5t cette indisp5sable influ5ce1 que les *efs de cette cole se s5t5t anims d'une confiance absolue dans le triomphe df9itif de leur doctr9e1 bi5 que cette illusion soit c]ta9em5t beauc\p mo9s ncessaire1 et p> suite mo9s excusable1 que je ne l'ai expliqu env]s la doctr9e rvolutionnaire1 o n\s l'avons vue /rictem5t 9vitable4 ,mais1 quoiqu'il en soit1 ce gr& s]vice e/1 en ralit1 pr(ondm5t altr p> une erreur aussi fondam5tale1 qui t5d consacr]1 comme type immuable de l'tat social1 la misrable transition que n\s accomplissons auj\rd'hui4 ,il s]ait1 c]tes1 bi5 sup]flu d'insi/] ici sur l'application spciale1 cette doctr9e int]mdiaire1 de notre univ]sel critrium logique1 fond sur la considration d'inconsqu5ce4 ,p> la nature d'une telle doctr9e1 il e/ vid5t que l'inconsqu5ce s'y tr\ve1 de t\te ncessit1 directem5t rige en pr9cipe1 en sorte qu'elle y doit tre spontanm5t encore plus pr(onde et plus complte que dans les deux doctr9es extrmes4 leur g>d1 les inconsqu5ces radicales que n\s avons ci-dessus indiques sont seulem5t le rsultat effectif de leur discordance fondam5tale avec l'tat prs5t de la civilisation2 mais1 ici1 elles rsid5t immdiatem5t dans la con/itution propre de cet trange sy/me4 ,la politique /ationnaire fait hautem5t pr(ession de ma9t5ir les bases ess5tielles du rgime anci51 p5dant qu'elle entrave radicalem5t1 p> un ensemble de prcautions m?odiques1 ses plus indisp5sables conditions d'exi/5ce relle4 ,p>eillem5t1 aprs une sol5nelle adhsion aux pr9cipes gnraux de la philosophie rvolutionnaire1 qui con/itu5t sa seule =ce logique contre la doctr9e rtrograde1 elle se hte d'en prv5ir rgulirem5t l'essor effectif1 en suscitant leur application j\rnalire des ob/acles pniblem5t in/itus4 ,en un mot1 cette politique1 si firem5t ddaigneuse des utopies1 se propose directem5t auj\rd'hui la plus *imrique de t\tes les utopies1 en v\lant fix] la socit dans une situation contradictoire entre la rtrogradation et la rgnration1 p> une va9e pondration mutuelle entre l'in/9ct de l'ordre et celui du progrs4 ,ne possdant aucun pr9cipe propre1 elle e/ uniquem5t alim5te p> les emprunts antipa?iques qu'elle fait simultanm5t aux deux doctr9es antagoni/es4 ,t\t en reconnaissant l'inaptitude fondam5tale de *acune d'elles dirig] conv5ablem5t la socit actuelle1 sa conclusion f9ale consi/e les y appliqu] de conc]t4 ,sans d\te1 une telle ?orie s]t utilem5t la raison publique d'organe provisoire p\r emp*] la dang]euse prpondrance absolue de l'une ou de l'autre philosophie2 mais1 p> une ncessit non mo9s vid5te1 elle t5d directem5t prolong]1 autant que possible1 leur d\ble exi/5ce1 premire base indisp5sable de l'action oscillatoire qui la c>actrise4 ,a9si1 cette doctr9e mixte1 qui1 considre dans sa propre de/9ation transitoire1 conc\rt1 p> une influ5ce ncessaire1 ci-dessus explique1 prp>] les voies df9itives de la rorganisation sociale1 con/itue1 au contraire1 qu& on l'envisage comme f9ale1 un ob/acle direct cette rorganisation1 soit en faisant mconnatre sa vritable nature1 soit en t5dant p]ptu] sans cesse les deux philosophies opposes qui l'entrav5t galem5t auj\rd'hui4 ,p\rrions-n\s espr] aucune vraie solution du d\ble problme social1 p> une doctr9e alt]nativem5t conduite1 dans son application j\rnalire1 consacr] sy/matiquem5t le dsordre au nom du progrs1 et la rtrogradation1 ou une quival5te immobilit1 au nom de l'ordre8 ,dans la p>tie hi/orique de ce volume1 j'expliqu]ai naturellem5t l'analyse fondam5tale de l'ensemble t\t spcial de conditions sociales1 qui1 p\r l',anglet]re1 d'aprs la m>*e c>actri/ique de son dveloppem5t politique1 a d procur] la mon>*ie p>lem5taire1 tant proclame p> la doctr9e mixte1 une consi/ance m9emm5t exceptionnelle1 dont le t]me 9vitable e/ nanmo9s1 l mme1 dsormais imm95t1 a9si que l'indique de plus en plus l'expri5ce contempora9e4 ,cet exam51 qui s]ait ici trs dplac1 mettra1 j'espre1 en ple9e vid5ce l'erreur capitale des philosophes et des hommes d'tat1 qui1 d'aprs l'apprciation vague ou sup]ficielle d'un cas unique et passag]1 ont si va9em5t propos et p\rsuivi1 comme solution f9ale de la gr&e crise rvolutionnaire des socits mod]nes1 l'uni=me transplantation1 sur le cont95t europen1 d'un rgime ess5tiellem5t local1 alors irrvocablem5t priv de ses appuis les plus indisp5sables1 et surt\t du prote/antisme organis1 qui1 en ,anglet]re1 con/itua sa pr9cipale base spirituelle4 ,l'tat d'enfance o languit encore la sci5ce fondam5tale du dveloppem5t social1 p]met seul de compr5dre comm5t une semblable ab]ration a pu auj\rd'hui entran] un gr& nombre de bons esprits4 ,mais ce dplorable asc5dant devra n\s faire atta*]1 en lieu conv5able1 une extrme importance la discussion ultrieure de cet unique aspect spcieux de la doctr9e /ationnaire1 qu'une exacte analyse hi/orique c>actris]a spontanm5t1 en con/atant la pr(onde inanit ncessaire de cette mtaphysique con/itutionnelle sur la pondration et l'quilibre des div]s p\voirs1 d'aprs une judicieuse apprciation de ce mme tat politique qui s]t de base ord9aire de telles fictions sociales4 ,au re/e1 tant d'imm5ses ef=ts entrepris1 depuis un qu>t de sicle1 af9 de nationalis] en ,france1 et *ez les autres peuples re/s nom9alem5t ca?oliques1 cette sorte de compromis transitoire entre l'esprit rtrograde et l'esprit rvolutionnaire1 sans que nanmo9s ce va9 rgime ait pu encore acqurir1 ailleurs que dans sa t]re natale1 aucune pr(onde consi/ance politique1 suffirai5t ici1 sans d\te1 dfaut d'une dmon/ration directe1 p\r vrifi] clairem5t1 p> une voie dcisive1 quoique empirique1 l'impuissance radicale d'une semblable doctr9e l'g>d de la gr&e "q sociale4 ,cette prt5due solution n'ab\tit videmm5t1 en ralit1 qu' faire pass] la maladie de l'tat aigu l'tat *ronique1 en t5dant la r5dre incurable1 p> la conscration absolue et indf9ie de l'antagonisme transitoire qui en con/itue le pr9cipal symptme4 ,d'aprs sa de/9ation propre1 une telle politique e/ ncessairem5t condamne n'avoir jamais aucun c>actre vraim5t tran*1 af9 de p\voir dev5ir indiffremm5t rtrograde ou rvolutionnaire1 sans jamais tre avec vigueur ni l'une ni l'autre1 suivant les impulsions alt]natives qui rsult5t spontanm5t du c\rs gnral des vnem5s1 dont elle subit passivem5t l'irrsi/ible influ5ce4 ,son pr9cipal mrite e/ d'avoir reconnu la d\ble position fondam5tale du problme social2 elle a s5ti1 en pr9cipe1 combi5 il importe de concili] auj\rd'hui les conditions de l'ordre et celles du progrs4 ,mais n'ayant rellem5t apport1 dans l'exam5 de la "q1 aucune ide n\velle1 de/9e la satisfaction simultane de ces deux gr&s beso9s sociaux1 sa solution pratique dgnre 9vitablem5t en un gal sacrifice de l'un l'autre4 ,quant l'ordre1 en effet1 elle e/ d'abord contra9te1 p> sa nature1 r5onc] ess5tiellem5t rtablir aucun vritable ordre intellectuel et moral1 l'g>d duquel elle ne dissimule gure son 9vitable incompt5ce4 ,or1 a9si borne la simple cons]vation d'un ordre purem5t matriel1 la position gnrale de cette politique doit bi5tt se tr\v] radicalem5t fausse1 oblige de lutt] j\rnellem5t contre les consqu5ces naturelles d'un dsordre dont elle a directem5t sanctionn le pr9cipe ess5tiel2 ce qui la rduit1 d'ord9aire1 ne p\voir agir qu' l'in/ant mme o le dang] e/ dev5u imm95t1 et1 p> suite1 s\v5t insurmontable4 ,d'une autre "p1 cette importante fonction y demeure spontanm5t attribue la royaut1 seul p\voir encore vraim5t actif de l'anci5 sy/me politique1 surt\t en ,france1 et aut\r duquel t5d5t ess5tiellem5t se ralli] auj\rd'hui t\s ses autres dbris1 spirituels et temporels4 ,or1 la pondration sy/matique1 in/itue p> la mtaphysique /ationnaire1 t\t en proclamant le p\voir royal comme pr9cipale base du g\v]nem5t1 l'ent\re m?odiquem5t d'entraves t\j\rs croissantes1 qui1 re/reignant de plus en plus son activit propre1 f9irai5t mme p> le dp\ill] graduellem5t de l'n]gique autorit qu'exige auj\rd'hui l'accomplissem5t rel d'une telle de/9ation1 si le c\rs naturel de l'volution sociale ne devait po9t prv5ir l'enti] dveloppem5t de cette con/itution contradictoire#aj qui veut le rgime anci51 mo9s ses plus vid5tes ncessits politiques1 et qui a dj conduit1 en plus d'une grave occasion1 jusqu' dni] dogmatiquem5t aux rois le *oix vraim5t libre de leurs premi]s ag5s4 ,les conditions du progrs ne sont pas1 au fond1 ent5dues1 p> cette politique p>lem5taire1 d'une manire plus satisfaisante que celles de l'ordre vritable4 ,c>1 n'appliquant la solution aucun pr9cipe propre et n\veau1 les entraves que1 dans l'intrt de l'ordre1 elle e/ =ce de mettre l'esprit rvolutionnaire1 sont t\tes ncessairem5t empruntes l'anci5 sy/me politique1 et1 p> suite1 t5d5t 9vitablem5t pr5dre un c>actre plus ou mo9s rtrograde et oppressif1 selon l'explication fondam5tale1 ci-dessus tablie1 de la doctr9e critique4 ,on le vrifie aism5t1 p> exemple1 l'g>d des re/rictions habituelles de la lib]t d'crire1 du droit d'lection1 etc41 re/rictions t\j\rs puises dans d'irrationnelles conditions matrielles1 qui1 m9emm5t arbitraires1 p> leur nature1 opprim5t et surt\t irrit5t un degr plus ou mo9s prononc1 sans que le b qu'on s'y propose soit jamais suffisamm5t atte9t2 la multitude des exclus tant a9si ncessairem5t beauc\p plus *oque que ne peut tre satisfait le petit nombre de ceux auxquels s'appliqu5t des privilges aussi vicieusem5t motivs4 ,footnote #aj3 ,cette situation transitoire t1 de nos j\rs1 trs heureusem5t =mule p> la clbre maxime de ,m4 ,?i]s3 ,le roi rgne1 et ne g\v]ne pas4 ,l'imm5se crdit1 si rapidem5t obt5u p> cette subtile =mule mtaphysique1 tmoigne la fois1 et de l'irrvocable dcad5ce de l'esprit mon>*ique1 et de la nature m9emm5t passagre d'un rgime fond sur une telle inconsqu5ce politique1 qui n'e/ cep5dant qu'une exacte expression sommaire de ce qu'on nomme auj\rd'hui l'esprit con/itutionnel4 ,t\t exam5 plus spcial de la doctr9e mixte ou /ationnaire1 qui n'e/1 vrai dire1 qu'une d]nire phase gnrale de la politique mtaphysique1 s]ait ici prmatur1 et d'ailleurs ess5tiellem5t inutile4 ,au po9t de vue o l'esprit du lecteur doit tre ma9t5ant tabli1 il e/ vid5t que la rorganisation f9ale des socits mod]nes ne saurait tre aucunem5t dirige p> une ?orie aussi prcaire et subalt]ne1 qui ne peut1 au fond1 que rgul>is] la lutte politique fondam5tale1 en t5dant l't]nis]1 et qui1 dans son utilit mom5tane1 ne se propose1 en ralit1 que cet (fice purem5t ngatif1 t\j\rs trs imp>faitem5t rempli d'ailleurs1 emp*] les rois de rtrograd] et les peuples de b\lev]s]4 ,quelque importance que puisse avoir cet inconte/able s]vice1 une telle rgnration ne s'accomplira po9t sans d\te avec de simples emp*em5s4 ,cette analyse fondam5tale des trois sy/mes d'ides qui prsid5t auj\rd'hui t\tes les discussions politiques1 a dsormais suffisamm5t con/at1 des titres div]s1 mais galem5t irrcusables1 leur commune impuissance radicale p\r dirig] la rorganisation sociale1 impuissance de j\r en j\r plus s5tie p> les meilleurs esprits1 malgr l'vid5te ncessit1 ci-dessus explique1 qui1 d'ailleurs1 exige provisoirem5t l'emploi simultan de ces trois doctr9es1 jusqu' leur uni=me absorption df9itive p> une philosophie n\velle1 susceptible de satisfaire la fois1 d'aprs un mme pr9cipe1 aux diffr5tes conditions gnrales du problme actuel4 ,af9 de complt] ici une telle apprciation prlim9aire1 de manire mieux manife/] l'urg5te opportunit d'une semblable philosophie1 il n\s re/e ma9t5ant c>actris] sommairem5t les pr9cipaux dang]s sociaux qui rsult5t 9vitablem5t de la dplorable prolongation d'un p>eil tat intellectuel1 et qui t5d5t1 p> leur nature1 s'aggrav] de j\r en j\r4 ,il et t aussi inju/e que prmatur de les considr] plus tt1 avant qu'on y pt saisir spontanm5t la p>ticipation directe et con/ante de la mtaphysique rvolutionnaire1 de la mtaphysique rtrograde1 et de la mtaphysique /ationnaire4 ,quoique les deux d]nires coles s'accord5t s\v5t1 cet g>d1 p\r r5voy] surt\t la premire1 comme cause immdiate de la crise1 le blme pr9cipal1 il e/ nanmo9s vid5t que le dveloppem5t cont9u des p]nicieuses consqu5ces de l'an>*ie intellectuelle1 et p> suite morale1 doit leur tre galem5t imput1 puisque1 aussi radicalem5t impuissantes dc\vrir le remde1 elles conc\r5t d'ailleurs1 non mo9s directem5t que leur antagoni/e1 l'indf9ie prolongation du mal1 dont elles entrav5t le vrai traitem5t4 ,la pr(onde discordance qui exi/e auj\rd'hui entre la m>*e gnrale des g\v]nem5s et le m\vem5t fondam5tal des socits1 ti5t1 sans d\te1 t\t autant l'esprit vicieusem5t ho/ile de la politique dirigeante qu' la t5dance f9alem5t an>*ique des op9ions populaires4 ,s\s les div]s aspects que n\s allons exam9]1 la p]turbation sociale ne procde pas mo9s1 en ralit1 des rois que des peuples1 avec cette diffr5ce aggravante contre les premi]s1 que la solution rgulire sembl]ait devoir man] d'eux4 ,la plus univ]selle consqu5ce de cette fatale situation1 son rsultat le plus direct et plus fune/e1 s\rce premire de t\s les autres dsordres ess5tiels1 consi/e dans l'ext5sion t\j\rs croissante1 et dj effrayante1 de l'an>*ie intellectuelle1 dsormais con/ate p> t\s les vrais obs]vateurs1 malgr l'extrme div]g5ce de leurs op9ions spculatives sur sa cause et sa t]m9aison4 ,c'e/ ici surt\t qu'il importe de d*>g] rationnellem5t la politique rvolutionnaire de la responsabilit trop exclusive qu'on s'ef=ce de rejet] sur elle1 et que1 d'ord9aire1 elle-mme accepte avec trop de facilit4 ,sans d\te1 cette an>*ie rsulte immdiatem5t du dveloppem5t cont9u du droit absolu de libre exam51 dogmatiquem5t confr t\s les individus p> le pr9cipe fondam5tal de la doctr9e critique4 ,mais1 comme je l'ai prcdemm5t indiqu1 le droit d'exam9] n'impliquant po9t1 p> lui-mme1 l'abs5ce ncessaire de t\te dcision fixe et commune1 si nanmo9s l'application de ce dogme produit auj\rd'hui de tels effets1 cela ti5t ess5tiellem5t ce qu'il n'exi/e po9t encore de pr9cipes susceptibles de ralis] enf9 la conv]g5ce fondam5tale des intellig5ces2 et1 jusqu' leur avnem5t1 ce dsordre doit 9vitablem5t p]si/]4 ,or1 quoique la doctr9e rvolutionnaire1 p> une ext5sion dmesure1 t5de directem5t1 a9si que je n'ai po9t hsit le montr] sans dt\r1 p]ptu]1 d'une manire presque indf9ie1 cette abs5ce de pr9cipes de ralliem5t1 une telle lacune me semble cep5dant devoir tre encore plus ju/em5t repro*e la politique /ationnaire1 qui prt5d qu'il n'y a po9t lieu s'occup] d'une semblable re*]*e1 qu'elle int]dit effectivem5t1 et surt\t la doctr9e rtrograde qui1 p> une proposition vraim5t drisoire1 ose prconis] auj\rd'hui1 comme seule solution possible de l'an>*ie intellectuelle1 la *imrique rin/allation sociale de ces mmes va9s pr9cipes dont l'9vitable dcrpitude a primitivem5t am5 cette an>*ie4 ,ces deux d]nires doctr9es t5t]ai5t donc inutilem5t dsormais1 aux yeux imp>tiaux d'une sa9e philosophie1 d'lud] la responsabilit1 *aque j\r plus imm95te et plus grave1 que doit aussi faire pes] sur elles la p]nicieuse prolongation d'un dsordre qu'il s]ait =t inju/e d'attribu] exclusivem5t la doctr9e qui p>at en con/itu] la cause immdiate et con/ante4 ,quoi qu'il en soit1 il s'agit ma9t5ant d'envisag] surt\t en elles-mmes les suites effectives d'une situation gnrale1 laquelle conc\r5t 9vitablem5t1 *acun sa manire1 les trois sy/mes d'ides entre lesquels le monde politique e/ auj\rd'hui si dplorablem5t p>tag4 ,sans le motif d'quit que je vi5s de signal]1 il import]ait peu d'exam9] ici quel po9t ce dsordre vid5t des esprits doit tre imput une in/igation directe1 ou une rpression radicalem5t vicieuse4 ,en v]tu de leur complication suprieure1 et p> suite aussi de leur plus intime contact avec l'ensemble des passions huma9es1 les que/ions sociales devrai5t1 p> leur nature1 encore plus scrupuleusem5t que t\tes les autres1 re/] conc5tres *ez un petit nombre d'intellig5ces d'lite1 que la plus =te ducation prlim9aire1 conv5ablem5t suivie d'tudes directes1 aurait graduellem5t prp>es en p\rsuivre avec succs la difficile laboration4 ,tel e/1 du mo9s1 cet g>d1 avec une ple9e vid5ce1 le vritable tat normal de l'esprit huma91 p\r lequel t\te autre situation con/itue rellem5t1 p5dant les poques rvolutionnaires1 une sorte de cas pa?ologique plus ou mo9s c>actris1 d'ailleurs provisoirem5t 9vitable et mme indisp5sable1 comme je l'ai expliqu4 ,quels doiv5t donc tre les pr(onds ravages de cette maladie sociale1 en un temps o t\s les individus1 quelque infrieure que puisse tre leur intellig5ce1 et malgr l'abs5ce s\v5t totale de prp>ation conv5able1 sont indi/9ctem5t provoqus1 p> les plus n]giques /imulations1 tran*] j\rnellem5t1 avec la plus dplorable lgret1 sans aucun guide1 et sans le mo9dre fre91 les que/ions politiques les plus fondam5tales6 ,au lieu d'tre surpris de l'effroyable div]g5ce graduellem5t produite p> l'univ]selle propagation1 depuis un demi-sicle1 de cette an>*ique t5dance1 ne faudrait-il pas admir] bi5 plutt que1 grces au bon s5s naturel et la modration intellectuelle de l'homme1 le dsordre ne soit po9t jusqu'ici plus complet1 et qu'il subsi/e encore et l quelques po9ts vagues de ralliem5t s\s la dcomposition1 t\j\rs croissante nanmo9s1 des maximes sociales6 ,le mal e/ dj p>v5u ce po9t que t\tes les op9ions politiques1 quoique uni=mm5t puises dans le triple fond gnral que j'ai analys1 pr5n5t auj\rd'hui un c>actre ess5tiellem5t individuel1 p> les innombrables nuances que comporte le mlange v>i des trois ordres de pr9cipes vicieux4 ,except dans les cas d'entranem5t1 o les div]g5ces radicales peuv5t tre mom5tanm5t dissimules p5dant la p\rsuite commune d'un moy5 passag]1 dont *acun des prt5dus coaliss cons]ve d'ailleurs d'ord9aire le secret espoir d'exploit] seul la ralisation1 il devi5t ma9t5ant de plus en plus impossible de faire vraim5t adhr]1 mme un trs petit nombre d'esprits1 une pr(ession de foi politique un peu explicite1 o le vague et l'ambigut d'un langage artificieux ne *]*5t po9t produire l'app>5ce illusoire d'un conc\rs qui ne saurait exi/]4 ,or1 il importe de not] ici1 comme une vid5te confirmation de ce que je vi5s d'indiqu] sur l'gale p>ticipation 9vitable des trois doctr9es pr9cipales la production de ce dsordre intellectuel1 que cette univ]selle divagation des esprits actuels n'e/1 c]tes1 pas mo9s prononce dans le camp purem5t /ationnaire1 et jusque dans le camp rtrograde1 a9si que je l'ai dj montr1 que dans le camp rvolutionnaire proprem5t dit4 ,*acun des trois p>tis1 en ses in/ans de navet1 a mme s\v5t dplor1 avec une pr(onde am]tume1 la discordance plus int5se dont il se croyait spcialem5t affect1 t&is que ses adv]saires n'tai5t po9t1 vrai dire1 mieux p>tags3 la pr9cipale diffr5ce entre eux consi/ant rellem5t1 s\s ce rapport1 en ce que *acun s5t plus vivem5t ses propres misres4 ,dans les pays o cette dcomposition intellectuelle a t rgulirem5t consacre1 ds l'orig9e de l'poque rvolutionnaire1 au seizime sicle1 p> la prpondrance politique du prote/antisme1 les divagations1 sans tre mo9s int5ses1 malgr leur uni=mit ?ologique1 ont t encore plus multiplies qu'ailleurs1 p>ce que l'esprit huma91 alors plus vois9 de l'enfance1 y a surt\t pr(it de son mancipation naissante p\r se livr] aveuglm5t la discussion indf9ie des op9ions religieuses1 ncessairem5t les plus vagues1 et p> suite les plus discordantes de t\tes1 qu& une n]gique autorit spirituelle ne comprime po9t sans cesse leur essor div]g5t4 ,aucun pays n'a mieux vrifi cette 9vitable t5dance que les tats-,unis de l',amrique-,nord1 o le *ri/ianisme s'e/ diss\s en plusieurs c5ta9es de sectes1 radicalem5t discordantes1 qui se subdivis5t *aque j\r davantage en op9ions dj presque individuelles1 dont le classem5t s]ait aussi impraticable qu'inutile1 et auxquelles d'ailleurs t5d5t se ml] auj\rd'hui d'innombrables dissid5ces politiques4 ,mais les nations assez heureusem5t prp>es1 p> l'ensemble de leurs antcd5ts1 p\r avoir ess5tiellem5t vit1 comme en ,france surt\t1 la halte trompeuse du prote/antisme1 et *ez lesquelles l'esprit huma9 a pu a9si1 p> une transition plus nette et plus rapide1 pass] directem5t de l'tat ple9em5t ca?olique l'tat fran*em5t rvolutionnaire1 ne p\vai5t nanmo9s *app] non plus l'9vitable an>*ie intellectuelle1 ncessairem5t inhr5te t\t ex]cice prolong du droit absolu de libre exam5 individuel4 ,seulem5t1 les ab]rations1 sans y tre1 c]tes1 mo9s antisociales1 y ont pris1 p> cela mme1 un c>actre beauc\p mo9s vague1 qui doit y mo9s entrav] la rorganisation f9ale4 ,comme ces divagations1 dont le *amp e/ d'ailleurs 9puisable1 t5d5t *aque j\r disp>atre1 s\s le c\p d'une insuffisante discussion1 p\r tre aussitt remplaces p> de n\velles extravagances1 il peut tre utile de cons]v] ici le s\v5ir di/9ct de quelques-unes des pr9cipales1 qui ne sont po9t1 mes yeux1 les plus graves1 et que je *oisis surt\t raison de leur actualit plus m>que4 ,qu'il me suffise donc d'numr] successivem5t1 en invoquant le tmoignage de t\s les obs]vateurs bi5 in=ms1 et sans atta*]1 du re/e1 aucune importance l'ordre de ces indications3 #a l'trange proposition conomique de supprim] l'usage des monnaies1 et1 p> suite1 de ram5] a9si la socit1 en vue du progrs1 au temps des *anges directs2 #b le projet de dtruire les gr&es capitales1 c5tres pr9cipaux de la civilisation mod]ne1 comme d'imm95s foy]s de corruption sociale2 #c l'ide d'un maximum de salaire j\rnali]1 fix mme un taux trs modique1 que ne p\rrai5t dpass]1 en aucun cas1 les bnfices rels d'une indu/rie quelconque2 #d le pr9cipe1 plus subv]sif encore1 et nanmo9s trs dogmatiquem5t expos de nos j\rs1 d'une rig\reuse galit de rtribution habituelle entre t\s les travaux possibles2 #e enf91 dans une classe de notions politiques dont l'vid5ce plus grossire sembl]ait devoir prv5ir t\te illusion fondam5tale1 les dang]eux sophismes de nos philantropes sur l'abolition absolue de la pe9e capitale1 au nom d'une va9e assimilation mtaphysique des plus indignes sclrats de simples malades4 ,t\tes ces ab]rations div]ses1 et tant d'autres analogues1 ou encore plus prononces et plus nuisibles1 se produis5t d'ailleurs j\rnellem5t au mme titre univ]sel que les op9ions les mieux labores et les plus susceptibles de conc\rir utilem5t la rorganisation sociale1 sans qu'aucun des p>tis actuels puisse1 cet g>d1 tablir rellem5t1 p>mi ses propres membres1 la mo9dre discipl9e intellectuelle1 lors mme qu'il se s5t le plus compromis1 aux yeux de la raison publique1 p> de semblables g>em5s4 ,il ne faut pas croire1 en outre1 que de telles extravagances soi5t auj\rd'hui ess5tiellem5t rs]ves quelques esprits exc5triques ou mal organiss1 comme les poques les plus rgulires en ont frquemm5t prs5t4 ,ce qui c>actrise le plus nettem5t1 s\s ce rapport1 l'abs5ce totale de pr9cipes gnraux vraim5t propres dirig] conv5ablem5t nos p5ses politiques1 c'e/ la dplorable univ]salit de cette t5dance an>*ique1 la fune/e disposition des intellig5ces mme les plus normales se laiss] entran]1 s\v5t p> l'unique impulsion d'une vanit trs blmable1 l'apologie mom5tane des plus p]nicieux p>adoxes4 ,un tel spectacle ne m'a jamais sembl plus *oquant que lorsqu'on peut l'obs]v]1 comme notre expri5ce j\rnalire ne le comporte que trop1 *ez des esprits livrs la culture habituelle de quelqu'une des sci5ces positives1 et qui cep5dant ne sont1 cet g>d1 nullem5t ret5us p> l'trange contra/e que devrait naturellem5t leur (frir cette scrupuleuse sagesse1 dont ils sont si ju/em5t fi]s1 l'g>d des mo9dres que/ions de la philosophie naturelle1 comp>e la frivole prsomption avec laquelle ils ne craign5t po9t de tran*] en passant1 comme le vulgaire1 sans aucune prp>ation rationnelle1 les plus difficiles et les plus importants sujets qui soi5t accessibles la raison huma9e4 ,cette maladie ayant a9si atte9t dsormais jusqu'aux intellig5ces qui1 auj\rd'hui1 sont1 inconte/ablem5t1 les mieux discipl9es1 ri5 ne saurait1 sans d\te1 manife/] ici avec plus d'n]gie son effrayante ext5sion actuelle4 ,l'9vitable rsultat gnral d'une semblable pidmie *ronique a d tre1 p> une vid5te ncessit1 la dmolition graduelle1 ma9t5ant presque totale1 de la morale publique1 qui1 peu appuye1 *ez la plup>t des hommes1 sur le s5tim5t direct1 a beso91 p> dessus t\t1 que les habitudes en soi5t con/amm5t diriges p> l'uni=me ass5tim5t des volonts individuelles des rgles inv>iables et communes1 propres fix]1 en *aque grave occasion1 la vraie notion du bi5 public4 ,telle e/ la nature m9emm5t complexe des que/ions sociales1 que1 mme sans aucune int5tion sophi/ique1 le p\r et le contre peuv5t y tre s\t5us1 sur presque t\s les po9ts1 d'une manire extrmem5t plausible2 c>1 il n'y a pas d'in/itution quelconque1 p\r si indisp5sable qu'elle puisse tre au fond1 qui ne prs5te1 en ralit1 de graves et nombreux inconvni5s1 les uns p>tiels1 les autres passag]s2 et1 en s5s inv]se1 l'utopie la plus extravagante (fre t\j\rs1 comme on sait1 quelques avantages inconte/ables4 ,or1 la plup>t des intellig5ces sont1 sans d\te1 trop exclusivem5t proccupes1 soit en v]tu de leur trop faible porte1 soit1 encore plus frquemm5t peut-tre1 p> une passion absorbante1 p\r tre vraim5t capables d'embrass] simultanm5t les div]s aspects ess5tiels du sujet4 ,comm5t p\rrai5t-elles donc s'ab/5ir de condamn] successivem5t presque t\tes les gr&es maximes de morale publique1 dont les dfauts sont1 d'ord9aire1 trs saillans1 t&is que leurs motifs pr9cipaux1 quoique rellem5t beauc\p plus dcisifs1 sont quelquefois pr(ondm5t ca*s1 jusqu' ce qu'une exacte analyse1 s\v5t =t dlicate1 les ait mis en ple9e lumire8 ,voil surt\t ce qui doit r5dre t\t vritable ordre moral ncessairem5t incompatible avec la vagabonde lib]t des esprits actuels1 si elle p\vait indf9im5t p]si/]2 puisque la plup>t des rgles sociales de/9es dev5ir usuelles ne saurai5t tre1 sans p]dre t\te efficacit1 ab&onnes l'aveugle et arbitraire dcision d'un public incompt5t4 ,l'indisp5sable conv]g5ce des intellig5ces suppose donc1 pralablem5t1 la r5onciation volontaire et motive du plus gr& nombre d'entre elles leur droit s\v]a9 d'exam51 qu'elles s'empress]ont1 sans d\te1 d'abdiqu] spontanm5t1 aussitt qu'elles auront enf9 tr\v des organes dignes d'ex]c] conv5ablem5t leur va9e suprmatie provisoire4 ,si une telle condition e/ dsormais vid5te l'g>d des mo9dres notions sci5tifiques1 p\rrait-elle tre srieusem5t conte/e env]s les sujets les plus difficiles1 et qui exig5t aussi le plus d'unit8 ,jusqu' sa ralisation suffisamm5t accomplie1 les ides effectives de bi5 public1 dgnres en une vague philantropie1 re/]ont t\j\rs livres1 comme on le voit auj\rd'hui1 la plus p]nicieuse fluctuation1 qui t5d directem5t leur t] t\te =ce vritable contre les n]giques impulsions d'un gsme vivem5t /imul4 ,dans le tri/e c\rs j\rnali] de nos luttes politiques1 les hommes les plus judicieux et les plus honntes sont naturellem5t conduits se tax] les uns les autres de folie ou de dpravation1 d'aprs la va9e opposition de leurs pr9cipes sociaux2 d'une autre "p1 en *aque grave occur5ce1 les maximes politiques les plus contraires se tr\v5t habituellem5t s\t5ues p> des p>tisans qui doiv5t sembl] galem5t recomm&ables3 comm5t l'influ5ce cont9ue de ce d\ble spectacle1 ess5tiellem5t incompatible avec aucune conviction pr(onde et 9branlable1 p\rrait-elle1 la longue1 laiss] subsi/]1 soit *ez ceux qui y p>ticip5t1 soit mme *ez ceux qui l'admir5t1 une vraie moralit politique8 la vrit1 cette dmoralisation publique a t s5siblem5t ret>de1 de nos j\rs1 p> la prpondrance mme de la doctr9e rvolutionnaire1 laquelle les deux autres doctr9es l'imput5t1 d'ord9aire1 d'une manire si inju/em5t exclusive4 ,c>1 le p>ti rvolutionnaire1 en v]tu de son c>actre progressif1 a d tre1 plus qu'aucun autre1 anim de vritables convictions1 la fois pr(ondes et actives1 qui1 quelqu'en ft l'objet1 devai5t t5dre spontanm5t cont5ir et mme ref\l] l'gsme individuel4 ,une telle proprit s'e/ surt\t dveloppe p5dant la mmorable phase d'illusion1 ci-dessus c>actrise1 o la mtaphysique rvolutionnaire a t1 p> un entranem5t unanime1 mom5tanm5t conue comme directem5t de/9e rorganis] les socits mod]nes4 ,alors1 en effet1 s'accomplir5t1 s\s l'n]gique impulsion de cette doctr9e1 les plus admirables dv\em5s sociaux dont puisse s'honor] l'hi/oire contempora9e1 malgr t\te dclamation rtrograde ou /ationnaire4 ,mais1 depuis qu'une telle illusion primitive a d graduellem5t t5dre se dissip] sans ret\r1 et que la doctr9e critique a a9si p]du sa pr9cipale autorit1 les convictions qui s'y ratta*5t ont d s'en tr\v] proportionnellem5t amorties1 surt\t en v]tu de son 9vitable mlange1 *aque j\r plus intime1 avec la politique /ationnaire1 et mme avec la politique rtrograde1 a9si que je l'ai prcdemm5t expliqu4 ,quoique ces convictions soi5t1 vrai dire1 mo9s effaces et mo9s /riles1 encore auj\rd'hui1 surt\t dans la jeunesse1 que celles qu'inspir5t communm5t les deux autres doctr9es1 elles ont cep5dant dsormais trop peu d'n]gie effective p\r comp5s] suffisamm5t l'action dissolvante qui c>actrise la mtaphysique rvolutionnaire1 l'g>d mme de ses propres p>tisans1 en sorte que cette philosophie contribue ma9t5ant1 en ralit1 presque autant que *acune de ses deux antagoni/es1 au dbordem5t spontan de la dmoralisation politique4 ,la morale prive dp5d heureusem5t de beauc\p d'autres conditions gnrales que celles d'op9ions fixem5t tablies4 ,dans les cas les plus usuels1 le s5tim5t naturel y p>le1 sans d\te1 bi5 plus =tem5t qu' l'g>d des relations publiques4 ,en outre1 l'ad\cissem5t cont9u de nos moeurs1 d'aprs un dveloppem5t intellectuel plus commun1 p> un gt plus famili]1 a9si qu'un plus ju/e s5tim5t1 des div]s beaux-arts1 l'amlioration graduelle des conditions la suite des progrs t\j\rs croissans de l'indu/rie huma9e1 ont d puissamm5t contre-balanc]1 cet g>d1 les influ5ces dsorganisatrices4 ,il faut d'ailleurs rem>qu] que ces influ5ces1 primitivem5t conc5tres sur la vie politique proprem5t dite1 n'ont d se manife/] que beauc\p plus t>d1 et avec une mo9dre int5sit1 env]s la morale dome/ique ou p]sonnelle1 dont enf9 les rgles ord9aires1 d'une dmon/ration plus facile1 peuv5t1 p> leur nature1 support]1 jusqu' un c]ta9 po9t1 sans d'aussi imm95s prils1 la libre irruption des analyses individuelles4 ,t\tefois1 le temps e/ dsormais v5u o ces 9vitables ab]rations1 jusque alors ess5tiellem5t dissimules1 comm5c5t dvelopp] m9emm5t leur dang]euse activit4 ,ds la premire volution de l'tat rvolutionnaire1 cette action dltre sur la morale proprem5t dite s'tait dj annonce p> une grave atte9te l'in/itution fondam5tale du m>iage1 que la facult du divorce aurait pr(ondm5t altre dans t\s les pays prote/ans1 si la dc5ce publique et le bon s5s individuel n'y avai5t po9t jusqu'ici beauc\p amorti la p]nicieuse influ5ce des divagations ?ologico-mtaphysiques4 ,mais cep5dant la morale prive ne p\vait1 comme je vi5s de l'indiqu]1 tre rellem5t attaque1 d'une manire directe et suivie1 qu'aprs la dcomposition presque totale de la morale publique4 ,auj\rd'hui qu'un tel prlim9aire e/ c]tes suffisamm5t accompli1 l'action dissolvante m5ace immdiatem5t1 avec une int5sit t\j\rs croissante1 la morale dome/ique et mme la morale p]sonnelle1 premi] fondem5t ncessaire de t\tes les autres4 ,s\s quelque aspect qu'on les envisage1 soit quant aux relations des sexes1 celles des ges1 ou celles des conditions1 il e/ clair que les lm5s ncessaires de t\te sociabilit sont dsormais1 et doiv5t tre de plus en plus1 directem5t compromis p> une discussion corrosive1 que ne dom95t po9t de vritables pr9cipes1 et qui t5d mettre en "q1 sans aucune solution possible1 les mo9dres ides de devoir4 ,la famille1 qui1 au milieu des phases les plus agites de la tempte rvolutionnaire1 avait t1 sauf quelques attaques accessoires1 ess5tiellem5t respecte1 s'e/ tr\ve1 de nos j\rs1 radicalem5t assaillie1 dans sa d\ble base indisp5sable1 l'hrdit et le m>iage1 p> des sectes ins5ses#aa1 qui1 en rvant la rorganisation1 n'ont su1 dans leur sup]be mdiocrit1 dvelopp] rellem5t que la plus dang]euse an>*ie4 ,n\s avons vu mme le pr9cipe le plus gnral et le plus vulgaire de la simple morale individuelle1 la subord9ation ncessaire des passions la raison1 directem5t dni p> d'autres prt5dus rnovateurs1 qui1 sans s'arrt] l'expri5ce univ]selle1 rationnellem5t sanctionne p> l'tude positive de la nature huma9e1 ont t5t1 au contraire1 d'tablir1 comme dogme fondam5tal de leur morale rgnre1 la sy/matique dom9ation des passions1 dont l'activit spontane ne leur a po9t p>u sans d\te assez enc\rage p> la simple dmolition philosophique des b>rires jusque alors de/9es en cont5ir l'imptueux essor1 puisqu'ils ont cru devoir1 en outre1 la dvelopp] artificiellem5t p> l'application cont9ue des /imulans les plus n]giques4 ,ces div]ses ab]rations spculatives ont dj assez pntr dans la vie sociale1 p\r qu'il soit auj\rd'hui dev5u loisible *acun de se faire une sorte de facile mrite de ses passions mme les plus dsordonnes1 les plus animales3 si un tel dbordem5t p\vait p]si/]1 les e/omacs insatiables f9irai5t probablem5t p> s'enorgueillir aussi de leur propre voracit4 ,footnote #aa3 ,n\s avons vu surt\t une secte phmre1 dans ses va9s projets de rgnration ou plutt de dom9ation univ]selle1 (frir1 p5dant quelques annes1 l'obs]vateur att5tif1 p> un conc\rs d'ab]rations qu'on avait cru jusque alors impossible1 l'trange conciliation fondam5tale de la plus lic5cieuse an>*ie avec le plus dgradant despotisme4 ,va9em5t l'cole rtrograde s'ef=ce-t-elle encore de rejet] exclusivem5t sur l'cole rvolutionnaire la responsabilit gnrale de ce n\vel ordre de divagations1 dont elle-mme n'e/ pas rellem5t mo9s c\pable1 d'aprs son aveugle et irrationnelle ob/9ation prconis]1 comme seules bases intellectuelles de la sociabilit1 des pr9cipes dont l'irrvocable impuissance actuelle n'a jamais t plus s5sible que dans ce cas4 ,c>1 si les conceptions ?ologiques devai5t vritablem5t con/itu]1 dans l'av5ir comme dans le pass1 les immuables fondem5s de la morale univ]selle1 d'o vi5t qu'elles ont auj\rd'hui p]du t\te =ce relle contre de semblables dbordem5s8 ,ne s]ait-ce pas dsormais un c]cle pr(ondm5t vicieux que d'tay] d'abord1 p> de va9s et laborieux artifices1 les pr9cipes religieux1 af9 qu'ils puss5t ensuite1 a9si de/itus de t\t p\voir intr9sque et direct1 s]vir de po9ts d'appui l'ordre moral8 ,t\te puissance sociale ne manife/e-t-elle pas ncessairem5t son efficacit gnrale1 p> l'indisp5sable preuve prlim9aire de sa propre lvation8 ,aucun (fice vraim5t fondam5tal ne saurait donc ma9t5ant app>t5ir des croyances qui n'ont pu elles-mmes rsi/] au dveloppem5t univ]sel de la raison huma9e1 dont la virilit ne f9ira po9t sans d\te p> recon/ruire les entraves oppressives que brisa p\r jamais son adolesc5ce4 ,il importe mme de rem>qu] enf91 ce sujet1 que les div]ses ab]rations prcdemm5t signales ont t\j\rs t conues1 de nos j\rs1 p> d'ard5s re/aurateurs des ?ories religieuses1 violemm5t exasprs contre t\te philosophie vraim5t positive1 seule apte dsormais comprim] effectivem5t l'essor naturel de leurs divagations2 on avait pu1 depuis long-temps1 con/at] aussi la ju/esse ncessaire d'une obs]vation analogue1 l'g>d des ab]rations semblables d'orig9e purem5t prote/ante4 ,lo9 de p\voir f\rnir auj\rd'hui des bases relles la morale proprem5t dite1 dome/ique ou p]sonnelle1 les croyances religieuses t5d5t de plus en plus1 vrai dire1 lui dev5ir d\blem5t nuisibles1 soit en s'opposant son dification sur des fondem5s plus solides1 auprs des esprits1 *aque j\r plus nombreux1 que ces croyances cess5t de p\voir dom9]1 soit mme en ce que1 *ez ceux qui leur demeur5t le mo9s infidles1 ces pr9cipes sont naturellem5t beauc\p trop vagues p\r comport] aucune gr&e efficacit pratique sans l'active int]v5tion cont9ue de l'autorit sac]dotale1 dsormais ess5tiellem5t absorbe1 *ez les populations les plus avances1 p> le so9 difficile de sa propre cons]vation1 de manire ne plus os]1 d'ord9aire1 compromettre1 p> une intempe/ive rpression1 le faible crdit qu'elle s'y mnage encore4 ,p>mi les intellig5ces un peu cultives1 l'expri5ce j\rnalire ne montre-t-elle po9t1 en effet1 que la morale usuelle des hommes re/s suffisamm5t religieux n'e/ nullem5t suprieure auj\rd'hui1 malgr l'an>*ie intellectuelle1 celle de la plup>t des esprits mancips8 ,la pr9cipale t5dance pratique des croyances religieuses ne consi/e-t-elle po9t le plus s\v5t1 dans la vie sociale actuelle1 inspir] surt\t1 la plup>t de ceux qui les cons]v5t avec quelque n]gie1 une ha9e in/9ctive et insurmontable contre t\s ceux qui s'en sont affran*is1 sans qu'il en rsulte d'ailleurs aucune mulation rellem5t utile la socit8 ,a9si1 p\r la morale prive1 comme ci-dessus l'g>d de la morale publique1 les pr9cipaux ravages1 soit indirects1 soit mme directs1 qu'ex]ce ma9t5ant l'an>*ie intellectuelle1 doiv5t tre1 aprs un mr exam51 au mo9s aussi svrem5t imputs la philosophie /ationnaire1 et surt\t la philosophie rtrograde1 qu' la philosophie rvolutionnaire elle-mme1 qui en e/ seule habituellem5t accuse4 ,quoi qu'il en soit1 il n'e/ ici que trop vid5t que t\tes les diffr5tes doctr9es actuelles sont1 div]s titres1 presque galem5t impuissantes1 p> leur nature1 s\s l'un et l'autre aspect1 oppos] aucun fre9 n]gique au dveloppem5t cont9u de l'gsme individuel1 qui s'enh>dit auj\rd'hui de plus en plus rclam] directem5t1 au nom de l'univ]selle an>*ie des intellig5ces1 le libre dbordem5t des passions mme les mo9s sociales4 ,suite ncessaire et directe d'un p>eil dsordre1 vi5t ma9t5ant1 comme second c>actre gnral de notre situation fondam5tale1 la corruption sy/matique1 dsormais rige en un indisp5sable moy5 de g\v]nem5t4 ,ici1 l'cole /ationnaire et l'cole rtrograde ne saurai5t p>v5ir rejet] exclusivem5t sur l'cole rvolutionnaire une responsabilit commune1 o leur d\ble p>ticipation habituelle e/ c]tes la plus immdiate et mme la plus prononce4 ,les trois doctr9es conc\r5t ncessairem5t1 quoique 9galem5t1 ce honteux rsultat1 en contribuant1 *acune sa manire1 l'abs5ce de t\tes vraies convictions politiques1 a9si que je l'ai expliqu4 ,quelque dplorable que soit videmm5t une telle obligation1 il faut auj\rd'hui savoir y reconnatre sans dt\r une 9vitable consqu5ce de cet tat intellectuel1 o l'impuissance et le discrdit des ides gnrales1 dev5ues incapables de comm&] aucun acte rel1 ne laiss5t plus d'autre ress\rce j\rnalire1 p\r obt5ir effectivem5t l'indisp5sable conc\rs des individus au ma9ti5 prcaire d'un ordre grossi]1 qu'un appel plus ou mo9s immdiat des intrts purem5t p]sonnels4 ,il n'arrive presque jamais qu'une p>eille influ5ce tr\ve s'ex]c] sur des hommes vritablem5t anims de convictions pr(ondes4 ,r>em5t la nature huma9e1 dans les c>actres mme les mo9s levs1 s'avilit-elle assez p\r comport] un sy/me de conduite politique en opposition relle avec de =tes convictions quelconques3 un tel contra/e cont9u f9irait bi5tt p> p>alys] ess5tiellem5t les facults du sujet4 ,dans l'ordre sci5tifique1 o les vraies convictions philosophiques sont auj\rd'hui plus communes et mieux m>ques1 la corruption active n'e/ gure praticable1 quoique les mes n'y soi5t c]tes pas ord9airem5t d'une trempe plus n]gique#ab4 ,a9si1 sauf quelques anomalies =t r>es1 il faut videmm5t attribu] surt\t1 l'tat indcis et flottant o l'an>*ie intellectuelle ti5t habituellem5t auj\rd'hui t\tes les ides sociales1 l'ext5sion rapide et facile d'une corruption qui t\rne aism5t son gr les demi-convictions1 vagues et insuffisantes1 que prs5te dsormais1 de plus en plus exclusivem5t1 le monde politique actuel4 ,non-seulem5t ce dsordre des esprits p]met seul le dveloppem5t de la corruption politique1 dont t\t l>ge ex]cice s]ait incompatible avec des convictions relles et communes2 mais on doit mme av\] qu'il l'exige ncessairem5t1 comme unique moy5 praticable de dt]m9] ma9t5ant une c]ta9e conv]g5ce effective1 dont l'ordre social1 quelque matrialit qu'il puisse tre rduit1 ne saurait se pass] entirem5t4 ,on peut donc annonc] avec assurance l'imm95te ext5sion cont9ue de ce honteux procd1 tant que l'an>*ie intellectuelle t5dra t\j\rs dtruire graduellem5t t\te =te conviction politique4 ,footnote #ab3 ,le cas le plus dcisif cet g>d1 e/ celui1 assez frqu5t de nos j\rs1 des savans qui alli5t la plus honteuse v]satilit politique une inv>iable p]svrance philosophique malgr les plus puissantes t5tations1 dans leurs op9ions anti-religieuses1 qui1 sans d\te1 reposai5t seules *ez eux sur de vritables convictions4 ,une telle explication ne saurait1 sans d\te1 compltem5t abs\dre les g\v]nem5s actuels de la dang]euse prfr5ce que1 dans leur aveugle et troite sollicitude1 ils accord5t habituellem5t l'emploi dmesur d'un p>eil moy54 ,c>1 l'absolu dda91 si /upidem5t sy/matique1 qu'ils affect5t d'ord9aire contre t\te ?orie sociale1 et les entraves nombreuses1 soit involontaires1 soit calcules1 dont ils s'ef=c5t1 en ce g5re1 d'ent\r] auj\rd'hui l'esprit huma91 au lieu d'enc\rag] son essor1 t5d5t videmm5t1 d'une manire directe1 t]nis] cet tat transitoire1 en emp*ant la seule solution qu'il comporte4 ,d'une autre "p1 a9si obligs de subir cette immorale ncessit1 nos g\v]nem5s l'aggrav5t encore dans l'excution1 en subordonnant presque t\j\rs l'usage de ce moy5 la seule satisfaction immdiate de leurs intrts spciaux1 sans aucun appel vritable l'intrt public1 dont ils ne craign5t pas de sacrifi] ouv]tem5t la considration gnrale au simple so9 de leur propre cons]vation4 ,nanmo9s1 malgr ces torts irrcusables1 il demeure vid5t que le dveloppem5t graduel du sy/me de corruption politique doit tre auj\rd'hui t\t autant imput aux g\v]ns qu'aux g\v]nans2 non-seulem5t en ce s5s que1 si les uns y rec\r5t1 les autres l'accept5t1 mais surt\t en ce que leur tat intellectuel commun en r5d l'usage malheureusem5t 9vitable4 ,dans leurs mutuelles relations j\rnalires1 les individus ne considr5t plus dsormais1 comme vraim5t solides et efficaces1 que les cooprations dt]m9es p> l'intrt priv3 ils ne saurai5t donc1 sans inconsqu5ce1 repro*] aux g\v]nem5s une conduite analogue p\r s'assur] le conc\rs habituel dont ils ont beso91 une poque o le dsordre des ides emp*e presque t\j\rs de voir nettem5t en quoi consi/e rellem5t l'intrt public2 les deux sortes d'action doiv5t ncessairem5t comport] des procds semblables1 sauf la seule diffr5ce d'int5sit4 ,a quelques p]turbations1 mme matrielles1 que la socit se tr\ve actuellem5t expose1 on ne saurait d\t]1 ce me semble1 d'aprs une tude appr(ondie de cette orageuse situation1 que les dsa/res ne fuss5t habituellem5t beauc\p plus graves encore si les div]g5ces individuelles n'tai5t cont5ues1 un c]ta9 degr1 p> l'influ5ce directe des intrts p]sonnels1 dfaut de t\te autre voie plus satisfaisante et plus sre4 ,quoique trs grossi] et =t prcaire1 quoiqu'il ne puisse g>antir le prs5t sans compromettre gravem5t l'av5ir1 un tel moy5 a cep5dant l'avantage inconte/able de con/itu] un rsultat spontan de la situation laquelle il s'applique3 c>1 la cause fondam5tale qui oblige auj\rd'hui l'emploi passag] de la corruption politique1 e/ aussi celle qui1 s\s un autre aspect1 en a p]mis le dveloppem5t2 en sorte que1 p> une vid5te h>monie1 cette corruption cess]a d'tre possible sur une gr&e *elle1 aussitt mme que la socit comm5c]a p\voir comport] une meilleure discipl9e4 ,jusque alors1 on peut compt] sur l'9vitable accroissem5t naturel de ce misrable expdi5t1 a9si que le tmoigne irrcusablem5t une expri5ce con/ante *ez t\s les peuples s\mis une longue pratique de ce que l'on nomme auj\rd'hui le rgime con/itutionnel ou reprs5tatif1 t\j\rs =c d'organis] a9si une c]ta9e discipl9e matrielle au milieu d'un pr(ond dsordre intellectuel1 et p> suite1 moral4 ,les juges imp>tiaux ont seulem5t le droit d'exig] que les g\v]nem5s actuels1 au lieu de subir avec une sorte de joie cette fatale ncessit1 et de se laiss] aveuglm5t entran] p> l'attrait que doit prs5t]1 la p>esse et la mdiocrit1 l'usage immodr de cette facile ress\rce1 s'empress5t dsormais1 au contraire1 de favoris] m?odiquem5t1 d'une manire cont9ue1 p> les diffr5s moy5s dont ils dispos5t1 la gr&e laboration philosophique1 l'issue de laquelle les socits mod]nes p\rront f9alem5t entr] dans de meilleures voies4 ,p\r concevoir1 cet g>d1 avec t\te leur porte vritable1 les tri/es exigeances de notre poque1 il importe de ne po9t re/re9dre la notion gnrale du sy/me de corruption politique aux seules influ5ces purem5t matrielles qu'on a c\tume d'y considr] auj\rd'hui2 il y faut compr5dre indi/9ctem5t1 comme l'indique sa df9ition rationnelle1 les div]s modes quelconques p> lesquels on t5te de faire prdom9] les motifs d'intrt priv dans les que/ions d'intrt public4 ,a9si envisag1 ce sy/me p>atra beauc\p plus t5du1 et la fois bi5 plus dang]eux1 qu'on ne le suppose ord9airem5t4 ,je ne fais po9t seulem5t allusion l'emploi des di/9ctions honorifiques1 que t\s les obs]vateurs judicieux ont dj l'habitude d'y jo9dre1 comme capable de dt]m9] s\v5t1 p> la /imulation de la vanit1 une corruption encore plus efficace et plus active que la vnalit directe4 ,mais il s'agit surt\t ici de cette action bi5 autrem5t pr(onde1 ess5tiellem5t propre aux temps actuels1 p> laquelle l'ensemble des in/itutions politiques conc\rt t\t enti]1 d'une manire plus ou mo9s immdiate1 dvelopp] et satisfaire1 *ez t\s les individus d\s de quelque n]gie1 les diffr5tes sortes d'ambition4 ,s\s ce rapport capital1 non mo9s que s\s le prcd5t1 l'tat prs5t de la socit e/ m9emm5t corrupteur4 ,en mme temps que l'an>*ie intellectuelle y a diss\s t\s les prjugs publics de/9s cont5ir l'essor des prt5tions prives1 l'irrvocable dcomposition de l'anci5ne classification sociale y a p>eillem5t supprim les div]ses b>rires qui s'opposai5t au dbordem5t des ambitions individuelles1 dsormais indi/9ctem5t appeles1 au nom du progrs1 la plus complte ext5sion politique4 ,entrans p> cette irrsi/ible t5dance1 les g\v]nem5s ont d s'ef=c] graduellem5t d'y satisfaire de plus en plus1 en multipliant outre mesure les div]ses fonctions publiques1 en r5dant *aque j\r leur accs plus facile1 et en r5\velant les titulaires aussi frquemm5t que possible4 ,cdant d'abord la ncessit1 ils ont ensuite spontanm5t t5t de la conv]tir1 p> un dveloppem5t artificiel et sy/matique1 en une ress\rce gnrale1 qui p\vait p]mettre d'intress] leur propre cons]vation la plup>t des ambitieux actifs1 a9si associs l'exploitation nationale4 ,il s]ait d'ailleurs inutile d'insi/] ici sur les dang]s vid5s que prs5te1 p> sa nature1 un tel expdi5t politique1 envisag mme uniquem5t s\s le po9t de vue troit de l'intrt spcial des g\v]nem5s2 c>1 il doit ncessairem5t provoqu] beauc\p plus de prt5tions qu'il n'en peut satisfaire1 et1 p> suite1 s\lev]1 contre le rgime tabli1 des passions bi5 autrem5t int5ses que celles qui l'appui5t4 ,on conoit1 en outre1 que l'application de ce procd t5d naturellem5t le dvelopp]1 d'une manire en quelque sorte indf9ie1 qui ne saurait tre limite que p> l'avnem5t d'une vraie rorganisation sociale4 ,a considr]1 p> exemple1 l'ensemble des *oix faits1 depuis un demi-sicle1 mme p\r les plus m95tes fonctions politiques1 la plup>t de nos ambitieux ne doiv5t-ils po9t1 en effet1 cons]v] aussi quelque espoir raisonnable d'obt5ir1 leur t\r1 une lvation a9si motive8 ,un tel espoir1 conv5ablem5t entret5u *ez t\s les hommes politiques1 con/itue mme videmm5t l'un des pr9cipaux artifices pratiques habituellem5t employs p> les g\v]nem5s p\r ma9t5ir auj\rd'hui un c]ta9 ordre factice4 ,la mtaphysique rvolutionnaire a1 sans d\te1 directem5t f\rni1 comme je l'ai expliqu1 le dissolvant univ]sel qui a f9i p> ncessit] ce dang]eux rgime4 ,mais t\tes nos coles politiques p>ticip5t 9vitablem5t1 *acune sa manire1 son dveloppem5t cont9u4 ,quant la politique /ationnaire1 qui dirige pr9cipalem5t auj\rd'hui l'action rgulire1 elle consacre d'abord1 encore bi5 plus =mellem5t que la doctr9e critique elle-mme1 cette situation transitoire comme le type indf9i de la p]fection sociale2 pr5ant les moy5s p\r le b1 elle rige1 p> exemple1 l'gale admissibilit de t\s les individus t\tes les fonctions publiques1 en de/9ation f9ale du m\vem5t gnral des socits mod]nes4 ,enf91 p> une influ5ce qui lui e/ ess5tiellem5t propre1 elle aggrave directem5t la t5dance corruptrice de l'poque actuelle1 en liant de plus en plus les va9es conditions d'ordre qu'elle s'ef=ce d'in/itu] la simple possession de la =tune1 considre mme sans aucun g>d au mode quelconque d'acquisition effective4 ,en ce qui conc]ne la politique rtrograde1 il e/ ais de con/at] que1 malgr ses orgueilleuses prt5tions la puret morale1 elle n'e/ pas auj\rd'hui mo9s rellem5t corruptrice que ses deux antagoni/es1 a9si que l'expri5ce l'a1 sans d\te1 hautem5t tmoign4 ,le g5re spcial de corruption qui lui app>ti5t sur t\t1 consi/e dans l'hypocrisie sy/matique1 dont elle a eu tant beso9 depuis que la dcomposition du rgime ca?olico-fodal e/ dev5ue assez pr(onde p\r ne plus comport]1 *ez la plup>t des esprits cultivs1 que des convictions faibles et incompltes4 ,ds l'orig9e de l'poque rvolutionnaire1 au seizime sicle1 on a pu voir se dvelopp]1 pr9cipalem5t dans l'ordre religieux1 ce sy/me d'hypocrisie de plus en plus labor1 qui cons5tait aism5t1 d'une manire plus ou mo9s explicite1 l'mancipation relle de t\tes les intellig5ces d'une c]ta9e porte1 s\s la seule condition1 au mo9s tacite1 d'aid] prolong] la s\mission des masses3 telle fut1 m9emm5t1 la politique des jsuites#ac4 ,a9si1 l'cole rtrograde a rellem5t subi1 s\s ce rapport1 depuis plus long-temps qu'aucune autre1 et s\s une =me qui n'e/ pas1 c]tes1 mo9s dang]euse1 la fatalit commune1 propre notre tat social4 ,s]ait-il possible1 en pr9cipe1 qu'une politique quelconque ne dt po9t ncessairem5t rec\rir davantage la corruption1 mesure qu'elle e/ plus directem5t oppose au m\vem5t gnral de la socit qu'elle prt5d rgir8 ,footnote #ac3 ,ce ma*iavlisme ?ologique a d tre radicalem5t ru9 lorsque la propagation du m\vem5t philosophique l'a f9alem5t oblig1 comme on le voit auj\rd'hui1 a t5dre graduellem5t un tel privilge t\s les esprits actifs4 ,il en e/ rsulte1 en effet1 cette sorte de my/ification rciproquem5t univ]selle1 o1 dans les classes mme les mo9s cultives1 *acun reconnat la religion indisp5sable *ez les autres1 quoique sup]flue p\r lui4 ,telle e/1 au fond1 l'trange issue df9itive de trois sicles d'une laborieuse rsi/ance au m\vem5t fondam5tal de la raison huma9e6 ,il rsulte donc1 de l'ensemble de ces explications1 que l'obligation de ma9t5ir une c]ta9e discipl9e matrielle malgr l'abs5ce de t\te vritable organisation spirituelle1 a d conduire la politique employ] de plus en plus1 comme ressort provisoire1 indisp5sable quoique fune/e1 la corruption sy/matique1 d'ailleurs spontanm5t issue de l'an>*ie intellectuelle4 ,a dfaut d'autorit morale1 l'ordre matriel exige1 de t\te ncessit1 ou l'usage de la t]reur1 ou le rec\rs la corruption3 or1 ce d]ni] moy51 outre qu'il e/ auj\rd'hui seul susceptible de quelque dure1 prs5te1 sans d\te1 aprs un scrupuleux exam51 de mo9dres inconvni5s1 comme tant mieux adapt la nature des socits mod]nes1 qui ne p]met la viol5ce que des succs trs passag]s4 ,mais1 t\t en reconnaissant1 du po9t de vue sci5tifique1 ce qu'il y a d'9vitable et d'involontaire1 cet g>d1 dans la politique actuelle1 il e/ impossible de ne po9t dplor]1 avec une c]ta9e am]tume1 le pr(ond aveuglem5t qui emp*e auj\rd'hui les div]s p\voirs sociaux de facilit] autant que possible l'volution intellectuelle et morale1 qui p\rra seule disp5s] enf9 d'un expdi5t aussi dgradant et aussi insuffisant4 ,il semble1 au contraire1 que les hommes d'tat de t\s les p>tis se soi5t ma9t5ant conc]ts p\r int]dire1 de t\tes leurs =ces1 cette unique voie de salut1 en frappant indi/9ctem5t d'une /upide rprobation absolue t\te laboration quelconque des ?ories sociales4 ,t\tefois1 cette ab]ration commune ne con/itue elle-mme1 comme je vais le montr]1 qu'une n\velle consqu5ce gnrale1 non mo9s ncessaire et aussi c>actri/ique que les prcd5tes1 de l'tat prs5t des populations les plus civilises4 ,le troisime symptme ess5tiel de notre situation sociale consi/e1 en effet1 dans la prpondrance t\j\rs croissante du po9t de vue purem5t matriel et immdiat l'g>d de t\tes les que/ions politiques4 ,en manife/ant1 avec une irrcusable vid5ce1 la pr(onde insuffisance des div]ses ?ories actuelles1 l'expri5ce contempora9e a malheureusem5t dvelopp1 p> une raction 9vitable1 une irrationnelle rpugnance absolue1 auj\rd'hui presque unanime1 contre t\te sorte de ?ories sociales4 ,il ne s'agit pas seulem5t ici de l'antagonisme gnral et spontan entre la pratique et la ?orie1 simplem5t aggrav p> l'tat d'enfance o languit encore la sci5ce sociale1 suivant une explication rappele au db de ce *apitre4 ,la fune/e t5dance que je veux signal] e/ la fois plus spciale et plus pr(onde1 ess5tiellem5t propre la situation transitoire des socits actuelles4 ,ds l'orig9e mme de l're rvolutionnaire1 il y a trois sicles1 elle a comm5c se faire s5tir1 de la manire la mo9s quivoque1 aussitt que1 le p\voir spirituel ayant t p>t\t annul ou absorb p> le p\voir temporel1 t\tes les hautes spculations sociales ont d tre a9si de plus en plus livres dsormais des esprits ess5tiellem5t dom9s p> la proccupation cont9ue des affaires j\rnalires4 ,cette indication hi/orique suffit ici p\r faire compr5dre que les peuples et les rois ont d p>eillem5t conc\rir la prpondrance graduelle d'une semblable disposition1 ncessairem5t commune t\tes nos div]ses coles politiques1 qui1 s\s ce rapport1 mrit5t auj\rd'hui1 quoiqu' div]s titres1 des repro*es peu prs quival5s4 ,aprs avoir reconnu que la crise fondam5tale des socits actuelles drive surt\t1 en d]nire analyse1 de l'an>*ie intellectuelle1 dont la rsolution1 p> une philosophie conv5able1 con/itue a9si le premi] beso9 de notre temps1 on ne saurait trop dplor] cette irrationnelle unanimit du monde politique1 qui1 en proscrivant les re*]*es spculatives1 t5d directem5t int]dire la seule issue relle que puisse f9alem5t comport] une telle situation4 ,depuis un demi-sicle que la rorganisation sociale a t si va9em5t entreprise1 cette fausse voie a conduit une f\le d'essais successifs1 qui1 malgr leur insuffisance exprim5talem5t con/ate1 ont t\j\rs t r5\vels dans le mme esprit vicieux4 ,au lieu de s'occup] d'abord des doctr9es relatives au n\vel ordre social1 et ensuite des moeurs correspondantes1 on s'e/ uniquem5t born la con/ruction directe des in/itutions df9itives1 eu un temps o l'tat de l'esprit huma9 indique avec tant d'vid5ce la seule possibilit d'in/itutions purem5t provisoires1 rduites aux objets les plus indisp5sables1 et n'ayant d'autre prt5tion d'av5ir que de facilit]1 autant que possible1 l'volution intellectuelle et morale qui devra dt]m9] enf9 une vraie rgnration politique4 ,t\te l'laboration qualifie de con/ituante a ds-lors ess5tiellem5t consi/1 en ralit1 morcel] plus ou mo9s les anci5s p\voirs politiques1 organis] m9utieusem5t entre eux des antagonismes factices et compliqus1 les r5dre aussi de plus en plus prcaires et amovibles1 en les s\mettant t\j\rs davantage des lections temporaires1 etc42 mais sans jamais avoir *ang1 au fond1 faute d'une vritable doctr9e sociale1 la nature gnrale du rgime anci51 ni l'esprit qui prside son ex]cice4 ,en un mot1 on s'e/ surt\t occup de cont5ir m?odiquem5t les div]s p\voirs a9si cons]vs1 au risque de les annul]1 et l'on a cont9u laiss] entirem5t indt]m9s les pr9cipes de/9s dirig] leur application effective4 ,ce travail subalt]ne et irrationnel1 dans lequel la seule division politique vraim5t capitale avait mme t pr(ondm5t c>te1 a t ensuite pompeusem5t dcor du nom de con/itution1 et t\j\rs v\ l't]nelle admiration de la po/rit6 ,quoique la dure moy5ne de ces prt5dues con/itutions n'ait t jusqu'ici que de dix ans au plus1 *aque n\veau rgime1 malgr que son premi] titre ft t\j\rs l'insuffisance radicale du prcd5t1 n'a jamais manqu jusqu'ici d'impos]1 son t\r1 s\s des pe9es plus ou mo9s graves1 l'uni=me obligation d'une foi gnrale son triomphe absolu et indf9i4 ,c'e/ a9si que t\s ces va9s ttonnem5s empiriques1 dont la succession1 quelle qu'en soit l'inv>iable monotonie1 s]ait1 p> sa nature1 9puisable1 ont manife/ con/amm5t une dplorable efficacit p\r entrav] pr(ondm5t la vraie rorganisation sociale1 soit en dt\rnant les =ces de l'esprit huma9 sur de puriles que/ions de =mes politiques1 soit aussi en emp*ant directem5t1 mme p> voie d'int]diction lgale1 les spculations et les discussions philosophiques qui doiv5t f9alem5t dvoil] les pr9cipes ess5tiels de cette rorganisation4 ,p> cette d\ble influ5ce1 le pr9cipal c>actre de la maladie a t dissimul autant que possible1 et t\te solution graduelle et paisible e/ dev5ue presque impraticable4 ,comm5t des esprits1 dom9s p> une ab]ration aussi vicieusem5t sy/matique1 peuv5t-ils se faire illusion au po9t de se croire exempts de t\s prjugs spculatifs1 et comm5t os5t-ils en proscrire avec dda9 l'laboration rationnelle1 lorsque eux-mmes p\rsuiv5t la plus dang]euse et la plus absurde de t\tes les utopies politiques1 la con/ruction directe d'un sy/me gnral de g\v]nem5t qui ne repos]ait sur aucune vritable doctr9e sociale6 ,une telle disposition s]ait1 en effet1 inexplicable auj\rd'hui sans le tnbreux asc5dant de la philosophie mtaphysique1 qui dnature et confond pr(ondm5t t\tes les notions politiques1 comme elle le faisait jadis1 p5dant son triomphe passag]1 dans les autres ordres de conceptions huma9es4 ,cette va9e prpondrance mtaphysique des considrations purem5t matrielles1 si abusivem5t qualifies de pratiques1 puisqu'elles conduis5t d'impraticables fictions1 n'e/ pas seulem5t nuisible1 d'une manire directe1 au pr9cipal progrs politique des socits mod]nes3 elle prs5te aussi1 ce qui devrait t\*] davantage les g\v]nem5s1 de graves et imm95s dang]s p\r l'ordre proprem5t dit1 comme il e/ ais de le reconnatre sommairem5t4 ,il en rsulte effectivem5t la t5dance univ]selle rapport] uni=mm5t t\s les maux politiques l'imp]fection des in/itutions1 au lieu de les attribu] surt\t aux ides et aux moeurs sociales1 qui sont auj\rd'hui le sige fondam5tal de la maladie pr9cipale4 ,de l1 les ef=ts successifs1 t\j\rs ess5tiellem5t /riles1 que n\s avons vus jusqu'ici1 et que n\s rev]rons1 sans d\te1 trop s\v5t encore1 p\r *]*] indf9im5t le remde dans des altrations de plus en plus pr(ondes des in/itutions et des p\voirs exi/ans1 sans que l'inanit des t5tatives antrieures claire jamais suffisamm5t des esprits a9si f\rvoys1 auxquels la mo9dre modification n\velle inspir]a facilem5t1 qu& le mal s]a plus vivem5t s5ti1 une aveugle ardeur v]s le fune/e r5\vellem5t d'essais analogues3 tant sont faibles et infructueuses1 surt\t en politique1 les leons si vantes de la simple expri5ce1 lorsque les rsultats n'en sont po9t clairs p> une analyse vraim5t rationnelle4 ,on ne me suppos]a po9t1 sans d\te1 l'int5tion de condamn] ici t\te modification politique proprem5t dite1 mme pro*a9e1 avant l'poque f9ale o l'ensemble du sy/me politique devra tre entirem5t rgnr1 d'aprs l'application graduelle d'une n\velle doctr9e sociale1 qu& une fois cette doctr9e aura t conv5ablem5t produite4 ,des modifications plus ou mo9s pr(ondes l'ordre politique actuel devi5dront aup>avant 9vitables1 et mme indisp5sables1 ne ft-ce qu'af9 de r5dre cet ordre plus progressif et mieux compatible avec l'volution fondam5tale1 quoiqu'il ne faille pas d'ailleurs atta*]1 ces trans=mations provisoires1 une importance prpondrante1 et qu'on doive surt\t soigneusem5t emp*] qu'elles ne dt\rn5t du b pr9cipal4 ,mais ces modifications elles-mmes1 p\r tre ple9em5t con=mes leur vraie de/9ation f9ale1 devront tre t\j\rs diriges p> une premire laboration philosophique de l'ensemble de la "q sociale4 ,a plus =te raison1 leur considration exclusive1 ou seulem5t prpondrante1 doit-elle tre auj\rd'hui reg>de comme con/ituant directem5t une irrationnelle subv]sion de la vraie solution gnrale4 ,il e/ d'ailleurs inconte/able1 mes yeux1 que cette vicieuse proccupation des in/itutions proprem5t dites1 au prjudice des pures doctr9es1 outre ce qu'elle a ma9t5ant d'videmm5t prmatur1 eng5dre aussi d'autres erreurs plus fondam5tales1 d'une nature p]man5te1 en conduisant1 mme dans l'av5ir social1 rgl] indf9im5t p> l'ordre temporel ce qui dp5d surt\t de l'ordre spirituel4 ,p> suite de l'ab]ration fatale qui1 depuis trois sicles1 a fait univ]sellem5t nglig] cette di/9ction capitale1 les div]s g\v]nem5s europens ont port l'9vitable pe9e de leur aveugle p>ticipation l'tablissem5t d'une telle confusion1 en dev5ant ds lors uni=mm5t responsables de t\s les maux des socits1 de quelque s\rce qu'ils fuss5t en effet drivs4 ,malheureusem5t1 cette illusion e/ encore plus nuisible la socit elle-mme1 p> les p]turbations et les dsappo9tem5s plus ou mo9s graves qu'elle y cause frquemm5t auj\rd'hui4 ,ce dang] n'a jamais t plus vid5t et plus prononc qu' l'g>d des attaques viol5tes et an>*iques dont les discussions contempora9es ont si s\v5t m5ac l'in/itution fondam5tale de la proprit4 ,aprs avoir d'abord judicieusem5t analys ces critiques dclamatoires1 t\s les bons esprits devront conv5ir1 ce me semble1 que les inconvni5s tant repro*s cette in/itution prs5t5t1 malgr l'exagration manife/e de pla9tes semblables1 une irrcusable ralit1 qui mrite qu'on s'occupe conv5ablem5t d'y remdi]1 autant que le comporte la nature ess5tielle de l'tat social mod]ne4 ,mais ils reconnatront aussi que les pr9cipaux remdes sont ici ncessairem5t du ressort direct des op9ions et des moeurs1 sans que les rglem5s politiques proprem5t dits y soi5t susceptibles d'aucune efficacit vraim5t fondam5tale2 puisque t\t se rduit surt\t aux prjugs et aux usages publics qui1 d'aprs une sage apprciation philosophique de l'ensemble du sujet1 doiv5t habituellem5t dirig]1 dans l'intrt social1 l'ex]cice effectif de la proprit1 en quelques ma9s qu'elle rside4 ,on voit a9si combi5 e/ pr(ondm5t p]turbatrice1 et en mme temps va9e et aveugle1 cette t5dance univ]selle des esprits actuels t\t rapport] aux in/itutions politiques1 au lieu d'att5dre surt\t de la rorganisation intellectuelle et morale ce qu'elle seule peut donn]4 ,les mmes rem>ques p\rront s'appliqu] aux critiques analogues diriges de nos j\rs contre l'in/itution du m>iage1 et en div]s autres cas d'une importance majeure4 ,p>t\t il s]a facile de reconnatre combi5 e/ absurde et fune/e ce puril esprit rglem5taire qui1 uniquem5t occup de l'ordre matriel1 t5drait au b\lev]sem5t total de la socit dans la vue d'apport]1 t\t prix1 un inconvni5t p>tiel ou mal apprci1 un remde ess5tiellem5t illusoire4 ,telle e/ nanmo9s1 cet g>d1 la disposition si unanime des intellig5ces actuelles que les g\v]nem5s1 p>tageant eux-mmes l'erreur commune1 ne sav5t habituellem5t en comprim] le dang]eux essor qu'en t\ffant brusquem5t la discussion1 aussitt qu'elle comm5ce dev5ir al>mante3 mais ce brutal expdi5t1 quoique p\vant tre provisoirem5t indisp5sable1 ne saurait c]ta9em5t suffire2 il se borne videmm5t aj\rn] la difficult1 sans la rs\dre en aucune manire1 ou plutt en l'aggravant beauc\p4 ,a9si1 relativem5t l'ordre1 autant qu' l'g>d du progrs1 il y a de graves et imm95s prils1 les uns indirects1 les autres directs1 dans l'halluc9ation fondam5tale qui rgne auj\rd'hui1 avec une si dplorable univ]salit1 sur la vraie nature de la maladie sociale1 reg>de comme exclusivem5t physique1 t&is qu'elle e/ surt\t morale4 ,p5dant que la ?orie e/ pr9cipalem5t en s\ffrance1 puisque aucune notion sociale n'e/ auj\rd'hui f]mem5t tablie1 l'esprit huma91 dt\rn de ce premi] b ess5tiel1 e/ troitem5t absorb p> l'unique considration de la pratique1 o son action1 dp\rvue de t\te direction rationnelle1 devi5t1 de t\te ncessit1 pr(ondm5t p]turbatrice4 ,c'e/ surt\t l'influ5ce de cette ab]ration gnrale qui amo9drit de plus en plus1 en ralit1 la politique actuelle1 de manire n'y p]mettre qu'une trs imp>faite et trs prcaire satisfaction1 soit l'ordre1 soit au progrs1 dont les vritables voies sont a9si directem5t mconnues4 ,depuis que les modifications pr9cipales des anci5nes in/itutions ont t va9em5t introduites ou essayes1 sans que le malaise fondam5tal ait cess de se faire s5tir1 les ides immdiates de progrs politique t5d5t a9si se re/re9dre graduellem5t dsormais de misrables sub/itutions de p]sonnes1 que ne dirige aucun plan vritable1 ce qui con/itue1 p\r a9si dire1 la plus honteuse dgradation politique1 en t5dant d'ailleurs prcipit] videmm5t la socit dans une 9puisable succession d'inutiles cata/rophes4 ,p>eillem5t1 quant l'ordre purem5t matriel1 le seul dont on s'occupe auj\rd'hui1 son ma9ti5 habituel se tr\ve confi un p\voir reg>d comme ho/ile1 et cont9uellem5t affaibli p> un antagonisme sy/matique1 dont le dveloppem5t spontan ne pr(ite le plus s\v5t qu' l'esprit d'an>*ie1 auquel *aque *angem5t politique ouvre1 d'ord9aire1 de n\velles voies lgales4 ,l'aveugle proccupation exclusive du po9t de vue j\rnali] ne p]met plus habituellem5t le conc\rs effectif des div]s ag5s pr9cipaux d'un tel mcanisme1 qu' l'in/ant mme o l'app>ition directe de l'an>*ie matrielle vi5t susp5dre mom5tanm5t leurs va9es conte/ations1 qui1 aprs *aque orage1 repr5n5t bi5tt leur c\rs 9vitable1 jusqu' ce que cette dsorganisation successive dt]m9e enf9 une cata/rophe1 que p]sonne1 le plus s\v5t1 n'a prvue1 quelque imm95te qu'elle dt sembl] t\t obs]vateur clairvoyant4 ,telles sont1 sans d\te1 ncessairem5t les consqu5ces gnrales de l'irrationnelle disposition qui circonscrit auj\rd'hui de plus en plus le *amp des comb9aisons politiques dans les seules considrations matrielles et immdiates1 en c>tant t\te l>ge spculation d'av5ir social4 ,on peut a9si jug] clairem5t si l'analyse philosophique1 qui reprs5te l'an>*ie intellectuelle comme la pr9cipale cause orig9aire de notre maladie sociale1 e/ en effet aussi dp\rvue d'utilit relle et directe que l'os5t prt5dre les va9s dtracteurs de t\te ?orie politique4 ,un quatrime aspect gnral1 suite et complm5t naturel des trois prcd5s1 a*ve enf9 de c>actris] ici l'ensemble ncessaire de notre dplorable situation sociale1 en montrant que la classe d'esprits auxquels une telle situation t5d spontanm5t confr] auj\rd'hui la pr9cipale influ5ce politique1 doit tre1 d'ord9aire1 pr(ondm5t incompt5te1 et mme ess5tiellem5t antipa?ique1 l'g>d d'une vritable rorganisation3 en sorte qu'une d]nire illusion fondam5tale des socits actuelles1 et ce n'e/ pas c]tes la mo9s fatale1 consi/e att5dre va9em5t la solution du problme1 de ceux-l mmes qui ne peuv5t tre propres qu' l'entrav] 9vitablem5t4 ,p> un premi] ap]u de ce sujet1 on voit d'abord aism5t1 d'aprs les div]ses explications prcd5tes1 que la dmolition graduelle de t\tes les maximes sociales1 et1 en mme temps1 l'amo9drissem5t cont9u de l'action politique1 t5d5t ncessairem5t de plus en plus1 *ez les div]s p>tis actuels1 c>t] d'une telle c>rire les mes leves et les intellig5ces suprieures1 p\r livr] surt\t le monde politique la dom9ation spontane du *>latanisme et de la mdiocrit4 ,l'abs5ce de t\te conception nette et l>ge de l'av5ir social ne p]met gure d'essor auj\rd'hui qu' l'ambition la plus vulgaire1 celle qui1 dp\rvue de t\te de/9ation vraim5t politique1 re*]*e in/9ctivem5t le p\voir1 non p\r faire plus utilem5t prvaloir ses vues gnrales1 mais uniquem5t comme moy5 de satisfaire1 le plus s\v5t1 une ignoble avidit1 et quelquefois1 dans les cas les mo9s dfavorables1 un beso9 puril du comm&em5t4 ,a aucune autre poque1 sans d\te1 la mdiocrit prsomptueuse et entrepr5ante n'a pu jamais avoir des *ances aussi heureuses et aussi t5dues4 ,tant que de vrais pr9cipes sociaux ne prsid]ont po9t1 soit la direction de l'action politique1 soit l'apprciation de son ex]cice habituel1 le plus absurde *>latanisme p\rra t\j\rs1 p> la magnific5ce de ses promesses1 obt5ir1 auprs d'une socit s\ffrante1 prive de t\t espoir rationnel1 un c]ta9 succs mom5tan1 malgr l'vid5te inanit des div]s essais antrieurs4 ,le nivellem5t provisoire1 qui n'a d'autre de/9ation f9ale que de p]mettre le libre avnem5t graduel des vrais organes ultrieurs du n\veau sy/me social1 ne s]t encore1 en ralit1 qu' l'intronisation successive d'phmres cot]ies1 qui vi5n5t1 t\r t\r1 tmoign]1 aux yeux du public1 de leur pr(onde insuffisance politique1 sans que cette surabondante confirmation puisse jamais c>t] de n\veaux comptiteurs analogues1 dont la succession s]ait naturellem5t 9puisable4 ,d'un autre ct1 la disp]sion lgale de l'action politique1 la neutralisation sy/matique des div]s p\voirs1 t\j\rs proccups du so9 difficile de leur propre cons]vation actuelle1 et enf9 les *angem5s p]sonnels dev5us de plus en plus frqu5s1 t\t ce conc\rs d'entraves1 soit calcules1 soit spontanes1 ne doit-il pas loign] avec dgt t\te noble et rationnelle ambition1 presque assure d'avance qu'on lui int]dira la plnitude et la cont9uit d'asc5dant indisp5sables l'utile ralisation de ses plans gnraux8 ,t\tefois1 il ne faut po9t exagr]1 cet g>d1 l'int5sit ni le dang] des ob/acles qu'une telle situation prs5te la vraie solution de nos difficults fondam5tales4 ,c>1 cet tat mme de demi-convictions et de demi-volonts#ad1 qui ti5t notre an>*ie intellectuelle et morale1 t5d1 d'une autre "p1 facilit] spcialem5t d'avance le triomphe univ]sel d'une vraie conception sociale1 qui1 une fois produite enf91 n'aura lutt] a9si contre aucune rsi/ance vraim5t active1 reposant avec =ce sur de srieuses convictions4 ,ds auj\rd'hui1 cet affaissem5t presque univ]sel des esprits et des c>actres politiques1 cette dissm9ation et cette div]g5ce presque indf9ies des div]ses influ5ces sociales1 contribu5t1 sans d\te1 beauc\p au ma9ti5 de l'ordre matriel1 qui1 malgr les dang]s propres notre temps1 prs5t]ait probablem5t peu de graves difficults une politique rationnelle1 vraim5t propre annul] les ef=ts1 mme conc]ts1 des diffr5tes cot]ies politiques1 p> la prpondrance spontane de l'action conv5able d'un judicieux g\v]nem5t1 auquel tant de ress\rces physiques sont dj habituellem5t prodigues4 ,ce s]ait tomb] dans l'exagration satirique que de pe9dre les socits actuelles comme accueillant1 de prfr5ce1 le *>latanisme et les illusions politiques3 ri5 ne ju/ifi]ait un semblable repro*e1 puisque jusqu'ici le *oix d'une sage solution ne leur a jamais t p]mis4 ,qu& il devi5dra possible1 on v]ra si l'attrait involontaire de promesses dcevantes1 et mme la puissance naturelle des habitudes antrieures1 emp*5t en effet notre sicle d'adopt] cette n\velle voie avec une ardeur unanime et s\t5ue1 dont il a dj donn1 la mo9dre app>5ce d'une telle issue1 tant d'irrcusables symptmes4 ,nanmo9s1 il demeure inconte/able1 d'aprs les rem>ques ci-dessus indiques1 que l'tat prs5t des socits mod]nes t5d spontanm5t plac] la direction habituelle du m\vem5t politique entre les ma9s les mo9s propres le conduire sagem5t v]s son vritable t]me ncessaire4 ,cet inconvni5t capital date rellem5t de l'orig9e hi/orique de la situation rvolutionnaire1 et n'a fait auj\rd'hui que se dvelopp] de plus en plus avec elle1 mesure qu'elle se c>actrisait davantage4 ,mais1 en jetant1 s\s ce rapport1 un c\p d'oeil gnral sur l'ensemble de l'hi/oire intellectuelle1 il e/ ais1 ce me semble1 de reconnatre1 sans inc]titude1 que1 p5dant les trois d]ni]s sicles1 les esprits les plus m95s1 dirigs surt\t v]s les sci5ces1 ont1 d'ord9aire1 ess5tiellem5t nglig la politique1 ce qui tait lo9 d'avoir lieu dans l'antiquit1 et mme p5dant le moy5 ge4 ,p> suite d'une telle disposition1 dsormais aussi prononce que possible1 il arrive donc naturellem5t que les que/ions les plus pr(ondm5t difficiles et les plus gravem5t urg5tes sont auj\rd'hui livres aux intellig5ces les mo9s compt5tes et les plus mal prp>es4 ,il s]ait1 sans d\te1 inutile d'insi/] davantage ici sur la t5dance directe d'un tel rsultat entrav] extrmem5t la vraie rorganisation f9ale des socits mod]nes4 ,footnote #ad3 ,dans ces d]ni]s temps1 ,m4 ,guizot me semble avoir trs bi5 saisi cette face de notre situation sociale1 qu'il a c>actrise1 avec une ju/esse vraim5t rem>quable1 en disant3 ,de nos j\rs1 l'homme veut faiblem5t1 mais il dsire imm5sm5t4 ,af9 de prcis]1 autant que possible1 cette indisp5sable obs]vation1 il suffit ma9t5ant d'aj\t]1 d'aprs une analyse plus spciale1 que la direction intellectuelle du monde politique actuel rside dsormais ess5tiellem5t1 surt\t en ,france1 dans la d\ble classe1 spontanm5t homogne1 des lgi/es et des mtaphysici5s1 ou1 p\r une plus /ricte exactitude1 des avocats et des littrateurs4 ,p> un exam5 hi/orique ultrieur1 je montr]ai comm5t1 jusqu' l'avnem5t de la rvolution franaise1 le sy/me gnral de la politique mtaphysique1 depuis sa naissance au moy5 ge1 avait eu pr9cipalem5t p\r organes rguli]s1 d'une "p les univ]sits1 d'une autre "p les gr&es corporations judiciaires2 les premires con/ituant1 aussi di/9ctem5t que le comportait la nature quivoque de ce rgime bt>d1 une sorte de p\voir spirituel1 et les autres possdant plus spcialem5t le p\voir temporel4 ,depuis un demi-sicle1 cette con/itution fondam5tale1 ess5tiellem5t visible encore dans le re/e de l',europe1 a subi1 en ,france1 sans cep5dant y *ang] nullem5t de nature1 une importante modification gnrale1 qui1 malgr le rajeunissem5t passag] qu'elle imprime une telle politique1 t5d1 nanmo9s1 au fond1 dim9u] sa consi/ance sociale et acclr] son irrvocable dcomposition4 ,les juges y ont t dsormais remplacs p> les avocats1 et les docteurs proprem5t dits p> les simples littrateurs3 c'e/ t\j\rs le mme ordre d'ides1 une p>eille mtaphysique1 mais avec des organes plus subalt]nes4 ,t\t homme1 p\r a9si dire1 qui sait t5ir une plume1 quels que soi5t d'ailleurs ses vrais antcd5s intellectuels1 peut auj\rd'hui aspir]1 soit dans la presse1 soit dans la *aire mtaphysique1 au g\v]nem5t spirituel d'une socit qui ne lui impose aucune condition rationnelle ou morale3 le sige e/ vacant1 *acun e/ enc\rag s'y pos] son t\r4 ,p>eillem5t1 celui qui1 d'aprs un suffisant ex]cice1 a dvelopp une p]nicieuse aptitude absolue diss]t]1 avec une gale app>5ce d'habilet1 p\r ou contre une op9ion ou une mesure quelconques1 e/1 p> cela seul1 admis conc\rir1 dans le se9 des plus m95s p\voirs politiques1 la direction immdiate et s\v]a9e des plus graves intrts publics4 ,c'e/ a9si que des qualits purem5t secondaires1 qui ne saurai5t avoir d'emploi utile1 ni mme vraim5t moral1 que p> leur intime subord9ation cont9ue de vritables pr9cipes1 sont auj\rd'hui dev5ues mon/rueusem5t prpondrantes3 l'expression1 crite ou orale1 t5d dtrn] la conception4 une poque de convictions indcises et flottantes1 il a naturellem5t fallu des organes c>actriss p> le vague de leurs habitudes intellectuelles et p> leur dfaut habituel d'op9ions arrtes4 ,cette h>monie gnrale doit tre bi5 pr(onde et bi5 spontane1 p\r s'tre aussi rapidem5t et aussi compltem5t dveloppe1 et cela non-seulem5t l'g>d d'une unique doctr9e politique1 mais uni=mm5t dans t\tes les coles actuelles1 malgr leur extrme opposition3 c>1 il e/ clair auj\rd'hui1 en dpit de va9es prt5tions1 que la politique rtrograde ne se tr\ve pas mo9s exclusivem5t dirige1 d'ord9aire1 p> des avocats et des littrateurs1 dev5us a9si les patrons de leurs anci5s matres1 que ne le sont1 de leur ct1 la politique /ationnaire1 et mme la politique rvolutionnaire1 d'o drive primitivem5t cette d]nire modification de l'tat mtaphysique1 a9si que je l'expliqu]ai plus t>d4 ,quoiqu'il en soit1 si une telle phase ne devait pas tre ncessairem5t passagre1 elle con/itu]ait1 ce me semble1 la plus honteuse dgnration sociale1 en inve/issant jamais de la suprmatie politique des classes aussi videmm5t v\es1 p> leur nature1 la subalt]nit1 dans t\t ordre vraim5t normal4 ,en plaant a9si1 en premire ligne1 les tal5s d'locution on de /yle1 la socit fait auj\rd'hui1 p\r les que/ions les plus fondam5tales qu'elle puisse jamais agit]1 ce qu'aucun homme s5s n'os]ait habituellem5t t5t] l'g>d de ses mo9dres affaires p]sonnelles4 ,doit-on s'tonn] que1 p> une semblable disposition1 elle t5de de plus en plus con/itu] l'entire dom9ation des sophi/es et des dclamateurs8 ,p> quelle trange inconsqu5ce peut-on si frquemm5t dplor] leur p]nicieuse influ5ce1 aprs leur avoir a9si presque exclusivem5t ouv]t1 l'unanime sollicitation des p>tis les plus contraires1 t\tes les gr&es voies politiques8 ,cette indication sommaire suffit ici p\r montr] nettem5t quel fune/e degr la m>*e radicalem5t vicieuse suivie jusqu' prs5t dans l'laboration intellectuelle de la rorganisation sociale1 a t spontanm5t aggrave1 en ralit1 p> le *oix pr(ondm5t irrationnel des organes correspondans4 ,quoique l'irrsi/ible asc5dant d'une doctr9e vraim5t adapte l'tat prs5t de la civilisation1 doive ncessairem5t surmont] un tel ob/acle1 comme t\s les autres1 ce ne s]a pas cep5dant l'un de ses mo9dres emb>ras pratiques que d'avoir lutt] a9si contre la prm95ce provisoire des classes actuellem5t en possession de la confiance publique4 ,on peut1 t\tefois1 compt] sur le peu de cohsion propre aux div]s lm5s gnraux d'un p\voir aussi vaguem5t con/itu p\r second]1 p> leur 9vitable discordance1 l'essor naturel du sy/me f9al2 l'influ5ce politique des avocats1 quelque prpondrante qu'elle soit auj\rd'hui1 s]a1 sans d\te1 encore plus aism5t ru9e que ne l'a t celle des juges1 qu& elle p\rra tre enf9 conv5ablem5t attaque1 d'une manire directe1 dans ses fondem5s ess5tiels4 ,cet exam5 sommaire des pr9cipaux traits c>actri/iques de notre situation sociale1 a suffisamm5t confirm l'analyse fondam5tale1 ci-dessus explique1 des div]s lm5s gnraux qui la con/itu5t2 les effets se sont successivem5t montrs en ple9e h>monie avec ce que les causes devai5t faire prvoir4 ,n\s p\vions dj reg>d] ici comme suffisamm5t dmontr qu'aucune des doctr9es politiques exi/antes ne conti5t de solution possible la gr&e crise des socits mod]nes3 n\s avons1 en outre1 reconnu ma9t5ant que *acune d'elles1 p> des voies qui lui sont radicalem5t propres1 t5d ncessairem5t faire prdom9] des dispositions intellectuelles1 aussi troites qu'irrationnelles1 directem5t contraires la nature du problme1 mme l'g>d de l'objet trop exclusif qu'elle y p\rsuit spcialem5t4 ,il e/ d'ailleurs vid5t que les s5tim5s dvelopps respectivem5t p> ces diffr5tes doctr9es1 ne sont pas1 en gnral1 plus satisfaisants que les ides correspondantes4 ,d'abord1 *aque doctr9e1 quoique ralliant trs imp>faitem5t ses propres p>tisans1 leur inspire 9vitablem5t une viol5te antipa?ie gnrale contre t\te autre cole1 dont ils ne p\rrai5t sans inconsqu5ce reconnatre le mrite propre2 une doctr9e vraim5t rationnelle et complte p\rra seule1 t\t en cons]vant son indp5dante orig9alit1 inspir] ultrieurem5t des dispositions plus quitables et plus conciliantes4 ,mais il faut1 en outre1 rem>qu] surt\t1 ce sujet1 que si l'une quelconque de ces doctr9es politiques1 et la doctr9e rvolutionnaire plus qu'aucune autre1 en tant que dt]m9ant d'actives convictions1 pr(ondes quoique p>tielles1 peut dvelopp]1 dans les ames leves des s5tim5s vraim5t gnreux de diffr5tes natures2 d'un autre ct1 il n'e/ pas1 malheureusem5t1 mo9s c]ta9 que1 *ez le vulgaire1 *acune d'elles1 t5d moralem5t ex]c]1 de div]ses manires1 une influ5ce anti-sociale trs prononce4 ,a9si1 la politique rvolutionnaire tire1 sans d\te1 sa pr9cipale =ce morale de l'essor1 trs lgitime quoique s\v5t exagr1 qu'elle a la proprit d'imprim] l'activit individuelle3 nanmo9s1 mme indp5damm5t d'un indiscipl9able orgueil a9si s\lev1 on ne peut se dissimul] que sa r$\table n]gie ne repose aussi1 en p>tie1 sur sa t5dance spciale au dveloppem5t spontan et cont9u de ces s5tim5s de ha9e et mme d'envie contre t\te supriorit sociale1 dont l'irruption1 libre ou cont5ue1 con/itue une sorte d'tat de rage *ronique1 trs commun de nos j\rs1 mme en d'excell5s naturels1 o il aggrave beauc\p l'irrationnelle influ5ce1 dj si p]nicieuse1 d'une disposition d'esprit trop exclusivem5t critique4 ,de mme1 la politique rtrograde1 de mo9s en mo9s compatible avec de vraies convictions *ez t\te intellig5ce un peu cultive1 t5d directem5t1 malgr ses va9es prt5tions morales1 dvelopp] m9emm5t ces dispositions la s]vilit et l'hypocrisie1 dont son rgne passag] n\s a (f]t tant d'clatans tmoignages4 ,enf91 la politique /ationnaire1 outre la sanction implicite que sa doctr9e de neutralisation accorde ncessairem5t aux vices simultans des deux doctr9es extrmes1 ex]ce aussi1 d'une manire plus spciale1 une influ5ce morale non mo9s dsa/reuse1 p> l'appel plus direct qu'elle ne peut vit] de faire1 dans son application cont9ue1 aux in/9cts d'gsme et de corruption4 ,la va9e opposition de nos div]ses coles politiques n'e/ donc pas mo9s p]nicieuse s\s le rapport moral que s\s le rapport intellectuel3 l'un et l'autre titre1 elles t5d5t galem5t dt\rn] la socit des vritables voies d'une rorganisation f9ale4 ,si1 intellectuellem5t envisages1 elles conc\r5t dvelopp] l'an>*ie1 il n'e/ pas mo9s inconte/able que1 considres moralem5t1 elles p\ss5t ensemble la discorde4 ,les uns1 dans l'intrt exclusif de leur propre cons]vation politique1 au lieu de comprim]1 *ez les classes dirigeantes1 une t5dance l'gsme et la sp>ation1 trop prpondrante auj\rd'hui1 s'ef=c5t de lui donn] artificiellem5t un essor mon/rueux1 en osant leur reprs5t] les proltaires comme des sauvages prts les envahir2 en mme temps1 p> une raction fune/e quoique 9vitable1 les autres entrepr5n5t de prcipit] aveuglm5t les masses contre leurs vritables *efs naturels1 sans l'indisp5sable coopration desquels elles ne saurai5t nullem5t accomplir les amliorations fondam5tales qu'elles doiv5t si lgitimem5t p\rsuivre dans leur condition sociale4 ,c'e/ a9si que1 p> un dsa/reux conc\rs1 t\s les p>tis actuels t5d5t1 en div]s s5s1 t]nis]1 en l'aggravant sans cesse1 la d\l\reuse situation sociale des peuples les plus civiliss4 ,de telles conclusions prlim9aires doiv5t produire d'abord une anxit pr(ondm5t pnible sur l'issue relle que peut f9alem5t comport] une semblable situation4 ,il faut peu s'tonn] que des esprits gnreux1 et mme m95s1 mais irrationnels et surt\t mal prp>s1 ai5t t quelquefois conduits auj\rd'hui1 p> la contemplation trop exclusive d'un p>eil spectacle1 une sorte de dsespoir philosophique relativem5t l'av5ir social1 qui devait leur sembl] rapidem5t entran1 p> une inv9cible fatalit1 soit v]s un tnbreux et irrvocable despotisme1 soit surt\t v]s une indf9issable et imm95te an>*ie1 soit enf9 v]s une dplorable alt]native priodique de l'un l'autre tat4 ,une analyse peu appr(ondie de l'poque actuelle1 et de ses antcd5s immdiats1 doit1 en effet1 inspir] des cra9tes analogues1 en dirigeant une att5tion prpondrante sur le m\vem5t de dcomposition1 qui s'y tr\ve ncessairem5t beauc\p plus app>5t que celui de rgnration4 ,l'tude de ce volume produira1 j'espre1 avec une ple9e vid5ce1 *ez t\t lecteur att5tif et conv5ablem5t dispos1 la consolante conviction que1 p> une progression contraire1 dont la ralit n'e/ pas mo9s irrcusable1 l'lite de l'espce huma9e1 en rsultat ncessaire et f9al de l'ensemble de ses div]ses volutions antrieures1 t\*e auj\rd'hui l'avnem5t direct de l'ordre social le mieux adapt sa nature1 cette seule condition indisp5sable que les lm5s ess5tiels1 dj pr-exi/ans1 d'une telle organisation df9itive1 soi5t dsormais1 malgr les ob/acles que prs5te leur disp]sion actuelle1 irrvocablem5t assembls en un sy/me gnral1 p> une philosophie politique vraim5t digne de cette mission fondam5tale4 ,il ne s'agit1 en ce mom5t1 p\r complt] cette introduction1 que de faire press5tir ici quel doit tre ncessairem5t le c>actre intellectuel de cette salutaire philosophie1 dont le dveloppem5t dogmatique s]a ensuite graduellem5t expos4 ,or1 cette premire indication ressort1 ce me semble1 avec une vid5te spontanx1 de la gr&e dmon/ration pralable que je vi5s d'expliqu] dans ce long prambule4 ,il suffit1 p\r cela1 de replac] ma9t5ant jamais l'esprit du lecteur au po9t de vue gnral qui c>actrise ce ,trait1 et que j'avais d c>t] ici mom5tanm5t af9 d'excut]1 avec une conv5able efficacit1 cette indisp5sable excursion prlim9aire dans le doma9e ord9aire de la politique proprem5t dite4 ,c>1 la philosophie ?ologique et la philosophie mtaphysique ayant seules librem5t entrepris jusqu'ici d'opr] la rorganisation politique des socits mod]nes1 de manire con/at] ple9em5t1 d'aprs l'ensemble des explications prcd5tes1 et p> la voie exprim5tale1 et p> une analyse rationnelle1 leur pr(onde inanit ncessaire l'g>d d'une telle de/9ation1 il s'ensuit videmm5t1 ou que le problme ne comport]ait rellem5t aucune solution1 ce qui s]ait absurde p5s]1 ou qu'il ne n\s re/e plus qu' rec\rir la philosophie positive1 puisque l'esprit huma9 a dsormais va9em5t puis1 en essais surabondans1 t\tes les autres voies intellectuelles1 mo9s qu'on ne p>vnt crer un quatrime mode fondam5tal de philosoph]1 utopie trop extravagante p\r mrit] la mo9dre discussion4 ,d'un autre ct1 l'ensemble des trois premi]s volumes de ce ,trait n\s a clairem5t pr\v1 de la manire la plus complte et la plus dcisive1 que1 dans son volution graduelle1 et surt\t p5dant le c\rs des trois d]ni]s sicles1 cette philosophie positive a successivem5t opr1 l'unanime satisfaction f9ale du monde intellectuel1 la rorganisation totale des div]s ordres antrieurs de conceptions huma9es1 qui avai5t jadis si long-temps p]si/1 et quelques-uns jusqu' une poque trs rc5te1 dans un tat p>faitem5t quival5t celui qu'on dplore auj\rd'hui1 bon droit1 env]s les ides sociales1 et qui1 avant une telle rnovation1 tai5t aussi gnralem5t reg>ds1 p> l'op9ion contempora9e1 comme indf9im5t condamns1 p> leur nature1 n'en p\voir sortir4 ,or1 comm5t une philosophie qui n'e/1 c]ta9em5t1 ni an>*ique1 ni rtrograde1 l'g>d des notions a/ronomiques1 physiques1 *imiques1 et mme biologiques1 devi5drait-elle ncessairem5t1 p> une subite et trange subv]sion1 l'un ou l'autre1 l'g>d des seules notions sociales1 si elle y peut tre conv5ablem5t applique8 ,a quel titre1 d'ailleurs1 cette d]nire catgorie d'ides p\rrait-elle tre rationnellem5t excepte d'une telle application1 qui a graduellem5t embrass jusqu'ici t\tes les catgories mo9s compliques1 y compris celle qui s'en rappro*e immdiatem5t8 ,ou plutt1 s]ait-il possible que1 dans son 9vitable dveloppem5t cont9u1 la m?ode positive ne f9t po9t p> s't5dre aussi1 de t\te ncessit1 ce d]ni] complm5t naturel de son doma9e fondam5tal8 ,a9si1 en rappro*ant les conclusions sociales dj motives dans ce disc\rs du rsultat philosophique gnral de l'ensemble des trois volumes prcd5s1 on voit que l'analyse politique et l'analyse sci5tifique conc\r5t directem5t1 avec une irrcusable spontanx1 dmontr] que la philosophie positive1 conv5ablem5t complte1 e/ seule capable de prsid] rellem5t auj\rd'hui la rorganisation f9ale des socits mod]nes4 ,quelque pr(onde conviction qui me lie ma manire d'accomplir cette gr&e t*e philosophique1 je ti5s inf9im5t sp>] soigneusem5t d'avance ce pr9cipe capital1 qui me p>at dj suffisamm5t irrcusable1 d'avec le mode effectif de ralisation que je vais t5t] dans ce volume1 af9 que1 lors mme qu'une telle t5tative s]ait f9alem5t condamne1 la raison publique n'en tirt aucune induction dfavorable contre une m?ode seule susceptible d'opr] tt ou t>d le salut intellectuel de la socit1 et se bornt seulem5t prescrire1 de plus heureux successeurs1 des essais plus efficaces dans la mme direction4 ,en t\s g5res1 et surt\t en ce cas1 la m?ode e/ encore plus importante que la doctr9e elle-mme4 ,c'e/ p\rquoi1 avant de t]m9] cette longue introduction1 je crois devoir prs5t] sommairem5t1 cet g>d1 quelques d]nires considrations pralables4 ,t\t p>allle direct et spcial de cette n\velle philosophie politique avec les ?ories sociales actuelles s]ait ici ess5tiellem5t prmatur1 jusqu' ce que son vritable esprit gnral ait pu tre suffisamm5t c>actris4 ,si je n'ai po9t manqu mon b1 mesure que la politique positive se dvelopp]a graduellem5t dans le c\rs de ce volume1 sa supriorit ncessaire et croissante sur t\te autre manire de trait] ces que/ions se manife/]a spontanm5t de plus en plus aux yeux du lecteur att5tif1 sans exig] presque jamais aucune comp>aison =melle4 ,nanmo9s1 en cont9uant encore c>t] provisoirem5t t\te apprciation sci5tifique proprem5t dite1 et re/ant t\j\rs au po9t de vue purem5t politique1 seul conv5able cette introduction1 je crois devoir1 af9 de mieux m>qu] ici la de/9ation f9ale d'une telle opration philosophique1 indiqu]1 ds ce mom5t1 d'une manire directe mais simplem5t gnrale1 sa relation ncessaire avec le d\ble beso9 fondam5tal de notre poque4 ,l'9vitable asc5dant graduel d'une semblable doctr9e sociale rsult]a surt\t de sa p>faite cohr5ce logique dans l'ensemble de ses applications1 proprit m9emm5t c>actri/ique1 dont je ne saurais trop recomm&] la considration prpondrante1 comme p\vant1 mieux qu'aucune autre1 li] intimem5t le po9t de vue politique au po9t de vue sci5tifique4 ,directem5t applique l'tat prs5t de la civilisation1 la politique positive en embrass]a simultanm5t t\s les aspects ess5tiels1 et f]a cess] enf9 cette dplorable opposition actuelle1 ci-dessus apprcie1 entre les deux ordres gnraux de ncessits sociales1 dont la commune satisfaction dp5dra ds-lors d'un mme pr9cipe4 ,non-seulem5t la politique contempora9e pr5dra dsormais p> l1 dans t\tes ses div]ses p>ties1 un c>actre homogne et rationnel1 qui semble auj\rd'hui radicalem5t impossible3 mais1 en outre1 on reconnatra1 j'espre1 avec une ple9e vid5ce1 que la mme conception qui aura a9si compltem5t coordonn le prs5t1 l'aura aussi pr(ondm5t ratta* l'ensemble du pass1 de manire tablir directem5t une exacte h>monie gnrale dans le sy/me total des ides sociales1 en faisant spontanm5t ressortir l'uni=mit fondam5tale de la vie collective de l'humanit2 c> cette conception ne p\rra1 p> sa nature1 tre transporte l'tat social actuel1 qu'aprs avoir pralablem5t subi l'preuve gnrale1 non mo9s dcisive qu'indisp5sable1 d'expliqu]1 s\s le mme po9t de vue1 la suite cont9ue des pr9cipales trans=mations antrieures de la socit4 ,il importe de not] ici cette n\velle condition1 sans laquelle aucune vraie philosophie politique ne saurait videmm5t exi/]1 et qui1 nanmo9s1 e/ si hautem5t nglige p> t\tes les coles actuelles4 ,ce n'e/ po9t uniquem5t1 en effet1 comme on le croit d'ord9aire1 la doctr9e critique qui mrite ncessairem5t un tel repro*e1 en ne s'occupant ess5tiellem5t du pass que p\r envelopp]1 dans une aveugle rprobation commune1 t\s les temps antrieurs l'poque rvolutionnaire4 ,l'cole rtrograde elle-mme1 malgr ses va9es prt5tions cet g>d1 et quoique ayant produit une c]ta9e explication1 d'ailleurs trs vague et =t arbitraire1 de l'ensemble du pass1 se montre auj\rd'hui radicalem5t impuissante prolong] sa ?orie hi/orique jusqu'au seul po9t o elle p\rrait acqurir une vritable importance politique en liant le prs5t au pass3 enc\rant1 en s5s inv]se1 le mme blme gnral qu'elle impute ju/em5t son antagoni/e1 elle se borne maudire uni=mm5t la situation fondam5tale des socits mod]nes depuis trois sicles1 qui ne lui p>at intelligible qu'en y supposant l'humanit p>v5ue1 on ne sait comm5t1 une sorte de manie *ronique1 incurable mo9s d'une miraculeuse int]v5tion spciale de la provid5ce#ae4 ,cette subord9ation rationnelle de l'humanit une mme loi fondam5tale de dveloppem5t cont9u1 qui reprs5te l'volution actuelle1 quelle qu'en soit l'importance prpondrante1 comme le rsultat ncessaire de la suite graduelle des trans=mations antrieures1 con/itu]a c]ta9em5t une proprit exclusive et spontane de la n\velle philosophie politique1 qui se born]a1 s\s ce rapport1 t5dre enf9 aux phnomnes sociaux l'esprit gnral qui dj dom9e l'g>d de t\s les autres phnomnes naturels4 ,p\r a*ev] d'apprci] sommairem5t la cohr5ce et l'homognx qui devront 9vitablem5t c>actris] cette philosophie1 il suffit de rem>qu]1 en d]ni] lieu1 que1 en mme temps qu'elle tablira a9si1 soit au prs5t1 soit au pass1 la plus p>faite liaison dans le sy/me enti] des div]ses notions sociales1 elle ratta*]a ce sy/me1 d'une manire aussi directe qu'indissoluble1 l'ensemble total de la philosophie naturelle1 qui1 ds lors complte p> cette indisp5sable ext5sion1 ralis]a dsormais un tat p]man5t et df9itif d'unit intellectuelle jusque alors ess5tiellem5t *imrique1 o t\s les div]s ordres pr9cipaux de conceptions huma9es1 irrvocablem5t s\mis une mme m?ode fondam5tale1 prs5t]ont1 env]s t\s les phnomnes possibles1 une suite rationnelle de lois homognes1 qu'une rig\reuse hir>*ie sci5tifique ne cess]a po9t de coordonn] exactem5t4 ,quoique la considration de cette solid>it ncessaire doive1 sans d\te1 p>atre surt\t sci5tifique1 j'ai cep5dant jug indisp5sable de la signal] ds ce mom5t1 cause de la puissante influ5ce p> laquelle une telle liaison t5d videmm5t second] l'asc5dant graduel de la n\velle philosophie politique4 ,c>1 la politique positive tr\v]a a9si spontanm5t1 *ez t\s les esprits1 un po9t d'appui gnral1 dont l'importance ne peut que s'accrotre1 et qui s]vira de base naturelle son essor univ]sel4 ,dans l'tat irrationnel et dsordonn de nos ides politiques1 on ne peut gure s\ponn] auj\rd'hui quelle s]ait bi5tt l'irrsi/ible n]gie d'un m\vem5t philosophique1 o l'entire rnovation de la sci5ce sociale s]ait dirige p> ce mme esprit dont la supriorit e/ unanimem5t reconnue l'g>d de t\tes les autres catgories de notions relles4 ,footnote #ae3 ,cette disposition c>actri/ique de l'cole ca?olique actuelle ne m'a jamais p>u plus dcisive qu'en l'obs]vant *ez l'illu/re de ,mai/re1 dont l'm95te supriorit philosophique n'a pu le prs]v] de cette capitale inconsqu5ce1 ncessairem5t propre sa doctr9e4 ,t\t lecteur judicieux a d tre vivem5t *oqu1 ce sujet1 de l'trange contra/e que prs5t5t la =ce et la nettet vraim5t admirables avec lesquelles l'auteur du ,pape vi5t d'expliqu] l'esprit fondam5tal de la politique du moy5 ge1 comp>es l'incohr5ce et la frivolit de son irrationnelle apprciation des trois d]ni]s sicles1 o la socit lui p>at subir brusquem5t une trans=mation t\t--fait imprvue et inconcevable1 sans aucunes rac9es antrieures4 ,le ton gnral de l'auteur1 jusque alors grave et digne1 devi5t aussitt ddaigneux et mme viol5t3 f9alem5t1 un ouvrage qui a comm5c p> l'analyse trs rationnelle des conditions ncessaires de t\t ordre spirituel1 vi5t dplorablem5t ab\tir une invocation =melle1 aussi purile que my/ique1 la vi]ge ,m>ie6 ,telle e/ donc la pr9cipale proprit qui doive c>actris] cette n\velle philosophie politique4 ,c'e/ surt\t a9si que1 mme *ez les esprits les plus rebelles1 elle devra ncessairem5t r5contr] c]ta9s po9ts1 plus ou mo9s t5dus1 d'un contact vritable1 d'o son homogne dveloppem5t saura t\j\rs faire ressortir1 de div]ses manires1 une suffisante rgnration intellectuelle1 en s'adaptant1 sans rpugnance et sans ef=t1 aux conv5ances spciales de *aque cas pr9cipal4 ,elle seule auj\rd'hui peut vraim5t p>l] *aque classe de la socit1 *aque p>ti politique1 le langage le plus propre faire pntr] une vraie conviction1 et ma9t5ir nanmo9s1 l'abri de t\te altration1 l'inv9cible orig9alit suprieure de son c>actre fondam5tal4 ,seule elle peut1 exempte de faiblesse comme d'inconsqu5ce1 embrassant1 d'un po9t de vue suffisamm5t lev1 l'ensemble de la "q sociale1 r5dre spontanm5t1 *acune des coles les plus opposes1 une exacte ju/ice1 p\r ses s]vices rels1 soit anci5s1 soit mme actuels4 ,nulle autre doctr9e ne saurait ma9t5ant1 en rappelant1 avec autorit1 *aque p>ti1 la de/9ation propre dont il s'honore1 prescrire habituellem5t l'ordre au nom du progrs1 et le progrs au nom de l'ordre2 de telle sorte que les deux classes de recomm&ations se =tifi5t l'une l'autre1 au lieu de t5dre s'annul] rciproquem5t1 comme on le voit encore1 p> l'irrationnelle opposition que la politique /ationnaire tablit ncessairem5t entre elles4 ,pure1 d'ailleurs1 de t\s les div]s torts antrieurs1 cette politique n\velle ne doit cra9dre aucun repro*e de tyrannie rtrograde1 ni d'an>*ie rvolutionnaire4 ,on ne p\rra l'accus] que de n\veaut3 elle rpondra d'abord p> l'vid5te insuffisance de t\tes les ?ories exi/antes1 et ensuite en rappelant que1 depuis deux sicles1 le mme esprit positif ne cesse1 d'autres titres1 de f\rnir d'irrcusables preuves de sa prm95ce ncessaire#af4 ,footnote #af3 ,seul plac jusqu'ici ce n\veau po9t de vue de philosophie politique1 on me p>donn]a1 j'espre1 ce titre1 de cit] ici mon expri5ce p]sonnelle4 ,pr(ondm5t imbu1 de bonne heure1 comme je devais d'abord l'tre1 de l'esprit rvolutionnaire1 envisag dans t\te sa porte philosophique1 je ne cra9s pas nanmo9s d'av\]1 avec une s9cre reconnaissance1 et sans enc\rir aucune ju/e accusation d'inconsqu5ce1 la salutaire influ5ce que la philosophie ca?olique1 malgr sa nature videmm5t rtrograde1 a ultrieurem5t ex]ce sur le dveloppem5t normal de ma propre philosophie politique1 surt\t p> le clbre ,trait du ,pape1 non-seulem5t en me facilitant1 dans mes travaux hi/oriques1 une sa9e apprciation gnrale du moy5 ge1 mais mme en fixant davantage mon att5tion directe sur des conditions d'ordre m9emm5t applicables l'tat social actuel1 quoique conues p\r un autre tat4 ,je crois1 de mme1 avoir dj suffisamm5t pr\v1 p> le c>actre gnral de ce long disc\rs prlim9aire1 que la politique positive peut tre ple9em5t quitable env]s la politique rtrograde et la politique rvolutionnaire1 sans leur faire aucune va9e concession de pr9cipes1 et sans qu'une telle disposition nuise davantage la f]met de son langage qu' la nettet de ses vues4 ,quoique l'esprit positif doive ncessairem5t s'assujtir d'abord t\t expliqu]1 il ne saurait s'int]dire une exacte apprciation f9ale1 d'autant plus dcisive qu'elle a t mieux motive4 ,considre surt\t quant l'ordre1 la politique positive n'aura1 sans d\te1 jamais beso9 d'aucune apologie directe1 p\r quiconque aura suffisamm5t apprci1 d'aprs l'ensemble des p>ties antrieures de ce ,trait1 quelle e/1 cet g>d1 la t5dance ncessaire d'une telle philosophie1 quelque catgorie d'ides qu'elle s'applique4 ,la sci5ce relle1 envisage du po9t de vue le plus lev1 n'a1 en effet1 d'autre b gnral que d'tablir et de =tifi] sans cesse l'ordre intellectuel1 qui1 ou ne saurait trop le rappel]1 e/ la premire base indisp5sable de t\t autre ordre vritable4 ,quoique ce ne soit po9t ici le lieu conv5able de trait] directem5t cette "q fondam5tale1 ultrieurem5t rs]ve1 je ne puis m'ab/5ir d'indiqu] combi5 le dsordre rpugne pr(ondm5t l'esprit sci5tifique proprem5t dit1 qui lui e/ c]ta9em5t beauc\p plus antipa?ique1 p> sa nature1 que l'esprit ?ologique lui-mme1 comme le sav5t auj\rd'hui t\s ceux qui ont un peu appr(ondi l'une et l'autre philosophie4 ,a l'g>d des ides politiques1 l'expri5ce a dsormais suffisamm5t pr\v que la m?ode positive peut seule auj\rd'hui discipl9] rellem5t des intellig5ces dev5ues de plus en plus rebelles l'autorit des hypo?ses mtaphysiques aussi bi5 qu' l'emploi des fictions ?ologiques4 ,ne voyons-n\s pas1 au contraire1 ce mme esprit actuel1 si va9em5t accus de t5dre au scepticisme absolu1 accueillir t\j\rs1 avec un avide empressem5t1 la mo9dre app>5ce de dmon/ration positive1 lors mme qu'elle e/ encore prmature8 ,p\rquoi en s]ait-il autrem5t env]s les notions sociales1 o le beso9 de fixit doit tre c]tes encore mieux s5ti1 si en effet elles peuv5t enf9 tre dom9es aussi p> l'esprit positif8 ,le s5tim5t fondam5tal des lois naturelles inv>iables1 fondem5t primitif de t\te ide d'ordre1 relativem5t des phnomnes quelconques1 p\rrait-il n'avoir plus la mme efficacit philosophique1 aussitt que1 compltem5t gnralis1 il s'appliqu]a aussi aux phnomnes sociaux1 dsormais ram5s de p>eilles lois8 ,la politique positive e/ c]ta9em5t seule capable de cont5ir conv5ablem5t l'esprit rvolutionnaire1 p>ce qu'elle seule peut1 sans faiblesse et sans inconsqu5ce1 lui r5dre d'abord une exacte ju/ice1 et circonscrire rationnellem5t1 entre ses vraies limites gnrales1 son indisp5sable influ5ce4 ,tant que cet esprit n'e/ attaqu1 comme on le voit auj\rd'hui1 que d'une manire ess5tiellem5t absolue1 s\s les inspirations de la philosophie rtrograde1 avec laquelle la politique /ationnaire1 dp\rvue de t\t pr9cipe propre1 concide alors ncessairem5t1 il rsi/e spontanm5t ces va9es rcrim9ations qui1 quelque lgitime qu'en puisse tre le fondem5t p>tiel1 ne saurai5t neutralis] l'irrsi/ible beso9 qu'pr\ve ma9t5ant notre intellig5ce de rec\rir cet n]gique ressort1 suivant la ?orie prcdemm5t tablie4 ,mais il n'en peut plus tre a9si qu& la philosophie n\velle1 t\t en manife/ant son c>actre m9emm5t organique1 se montr]a spontanm5t encore plus apte que la philosophie rvolutionnaire elle-mme db>rass] f9alem5t la socit de t\t ve/ige quelconque de l'anci5 sy/me politique4 ,alors seulem5t1 la t5dance an>*ique des pr9cipes purem5t rvolutionnaires p\rra tre directem5t combattue1 au nom mme de la rvolution gnrale1 avec un succs vraim5t dcisif1 qui f9ira p> am5] graduellem5t l'entire absorption de la doctr9e rvolutionnaire actuelle1 dont le pr9cipal (fice politique s]a dsormais mieux rempli p> la philosophie positive4 ,indp5damm5t de ces s]vices immdiats1 la cause de l'ordre doit retir] aussi1 d'une telle philosophie1 des avantages qui1 p\r tre mo9s directs ou mo9s saillans1 ne sont pas d'une mo9dre importance politique4 ,telle s]a1 d'abord1 une exacte apprciation sci5tifique de la vraie nature des div]ses que/ions sociales1 qui devra tant contribu] la pacification fondam5tale1 en r5voyant la rorganisation intellectuelle et morale1 laquelle ils se rapport5t ess5tiellem5t1 plusieurs sujets dlicats1 qui ne peuv5t qu'entret5ir1 au se9 de la socit1 une pr(onde irritation1 aussi dang]euse que /rile1 qu& on s'ob/9e les ratta*] surt\t la rorganisation politique proprem5t dite1 comme je l'ai prcdemm5t expliqu4 ,ayant mis en ple9e vid5ce que l'tat prs5t des socits mod]nes ne saurait immdiatem5t comport]1 de t\te ncessit1 que des in/itutions purem5t provisoires1 la politique positive t5dra spontanm5t a9si dt\rn] des div]s p\voirs exi/ans1 et1 plus =te raison1 de leurs titulaires quelconques1 l'att5tion si exagre que leur accorde encore l'op9ion gnrale1 p\r conc5tr]1 au contraire1 t\s les ef=ts pr9cipaux sur une sage rnovation fondam5tale des ides sociales1 et p> suite des moeurs publiques4 ,les bons esprits ne saurai5t cra9dre d'ailleurs que cette indisp5sable div]sion rationnelle1 dont le t]me e/ nettem5t df9i1 puisse jamais dgnr] en une fune/e indiffr5ce politique1 puisqu'une telle doctr9e1 incompatible avec t\t va9 pre/ige1 ne s'e/ nullem5t int]dit l'laboration directe des in/itutions proprem5t dites1 v]s laquelle son activit se dirig]a ncessairem5t ds qu'elle p\rra acqurir une vritable importance4 ,jusque alors1 outre que la p]spective f9ale d'une entire rgnration politique s]a spontanm5t t\j\rs rappele1 cette doctr9e s'ef=c]a mme accessoirem5t d'imprim] aux in/itutions tablies les modifications div]ses qui p\rront tre ncessaires p\r que1 au lieu d'entrav]1 elles second5t1 autant que possible1 l'volution intellectuelle et morale4 ,mais1 tant qu'ils rempliront cette indisp5sable condition1 les p\voirs provisoires1 quelle que soit leur organisation1 v]ront notablem5t augm5t] leur scurit effective p> l'influ5ce naturelle de la politique positive1 seule capable de faire habituellem5t s5tir aux peuples que1 dans l'tat prs5t de leurs ides1 aucun *angem5t politique ne saurait (frir une importance vraim5t capitale1 t&is que les p]turbations plus ou mo9s graves qui en rsult5t1 outre leurs inconvni5s propres1 ont1 au contraire1 de t\te ncessit1 une fune/e t5dance entrav] le dveloppem5t spontan de la solution f9ale1 soit p>ce qu'elles en dissimul5t mom5tanm5t l'indisp5sable beso9 cont9u1 soit en dt\rnant l'att5tion publique4 ,on doit aussi not] que l'esprit1 m9emm5t relatif1 de la philosophie positive1 malgr son inv>iable unit1 devra graduellem5t dissip]1 au pr(it vid5t de l'ordre gnral1 cette disposition absolue1 aussi troite qu'irrationnelle1 commune la politique ?ologique et la politique mtaphysique1 qui les porte sans cesse v\loir uni=mm5t ralis]1 dans t\s les tats possibles de la civilisation1 leurs types respectifs d'immuables g\v]nem5s1 et qui1 p> exemple1 a conduit mme ne concevoir1 de nos j\rs1 d'autre moy5 fondam5tal de civilis] ,tati qu' l'aide d'une importation banale du prote/antisme et du rgime p>lem5taire6 ,en considrant1 s\s le mme aspect1 une influ5ce mo9s prononce mais plus p]man5te de la politique positive1 ou peut reconnatre1 en second lieu1 que1 mme l'g>d des maux politiques incurables1 elle t5d puissamm5t1 p> sa nature1 consolid] l'ordre public1 p> le dveloppem5t rationnel d'une sage rsignation4 ,la politique mtaphysique1 qui reg>de l'action politique comme ncessairem5t indf9ie1 ne saurait comport] une semblable disposition1 dont l'influ5ce habituelle1 quoique con/ituant une v]tu purem5t ngative1 (fre un sec\rs si indisp5sable1 t\s g>ds1 contre la d\l\reuse de/9e de l'homme4 ,quant la rsignation religieuse1 et surt\t *rti5ne1 elle n'e/1 vrai dire1 malgr tant d'emphatiques loges1 qu'une prud5te temporisation1 qui fait support] les malheurs prs5s en vue d'une ineffable flicit ultrieure4 ,il ne peut1 videmm5t1 exi/] de vraie rsignation1 c'e/--dire de disposition p]man5te support]1 avec con/ance1 et sans aucun espoir de comp5sation quelconque1 des maux 9vitables1 que p> suite d'un pr(ond s5tim5t des lois inv>iables qui rgiss5t t\s les div]s g5res de phnomnes naturels4 ,c'e/ donc exclusivem5t la philosophie positive que se rapporte une telle disposition1 quelque sujet qu'elle s'applique1 et1 p> consqu5t1 l'g>d aussi des maux politiques4 ,s'il en e/ que la sci5ce relle ne saurait conv5ablem5t atte9dre1 et je ne crois pas qu'on puisse en d\t]1 elle y p\rra1 du mo9s1 comme env]s les fatalits non mo9s pnibles de la vie individuelle1 mettre t\j\rs en ple9e vid5ce leur incurabilit ncessaire1 de manire calm] habituellem5t les d\leurs qu'ils produis5t p> l'assidue conviction des lois naturelles qui les r5d5t insurmontables4 ,a raison de sa complication suprieure1 le monde politique doit tre c]tes encore plus mal rgl que le monde a/ronomique1 physique1 *imique1 ou biologique4 ,d'o vi5t donc que les imp]fections radicales de la condition huma9e1 contre lesquelles n\s sommes t\j\rs prts n\s insurg] avec indignation s\s le premi] rapport1 n\s tr\v5t1 au contraire1 ess5tiellem5t calmes et rsigns s\s t\s les autres1 quoiqu'elles n'y soi5t pas mo9s prononces1 ni mo9s *oquantes8 ,on ne saurait d\t]1 ce me semble1 que cet trange contra/e ne ti5ne surt\t ce que la philosophie positive n'a pu jusqu'ici dvelopp] notre s5tim5t fondam5tal des lois naturelles qu'env]s les plus simples phnomnes1 dont l'tude plus facile a d se p]fectionn] d'abord4 ,qu& la mme condition intellectuelle aura t enf9 remplie aussi relativem5t aux phnomnes sociaux1 elle y produira ncessairem5t des consqu5ces analogues1 en faisant pntr]1 dans la raison publique1 les g]mes salutaires d'une judicieuse rsignation politique1 gnrale ou spciale1 provisoire ou indf9ie4 ,ce s]ait bi5 peu connatre les lois ess5tielles de la nature huma9e1 que de ni] sy/matiquem5t l'efficacit ncessaire d'une telle conviction habituelle1 p\r conc\rir1 un haut degr1 la pacification fondam5tale1 en calmant la va9e inquitude qu'inspire trop s\v5t le *imrique r$ressem5t de maux politiques vraim5t 9vitables4 ,aucun esprit ju/e ne r$\t]a d'ailleurs qu'une /upide apa?ie puisse jamais rsult] de cette rsignation rationnelle1 qui n'a po9t le c>actre passif de la rsignation religieuse4 ,c>1 une semblable philosophie n'impose de s\mission habituelle qu' la ncessit ple9em5t dmontre1 et prescrit1 au contraire1 le noble ex]cice direct de l'activit huma9e1 aussitt que l'analyse du sujet p]met d'en espr] une vritable efficacit quelconque4 ,p\r c>actris] enf91 p> un d]ni] trait irrcusable1 la t5dance spontane de la n\velle philosophie politique au raff]missem5t gnral de l'ordre public1 je dois aj\t] ici1 que1 avant mme qu'elle ait pu f9alem5t tablir aucune ?orie sociale1 elle t5dra directem5t1 p> la seule influ5ce de la m?ode1 ram5] les intellig5ces actuelles un tat vraim5t normal4 ,c> en imposant la culture gnrale des que/ions politiques1 une srie ncessaire de conditions sci5tifiques1 dont l'indisp5sable rationnalit ne puisse donn] lieu aucun s\pon d'arbitraire1 elle aura1 p> cela mme1 dissip le pr9cipal dsordre1 qui consi/e surt\t dans l'accs t\t--fait illimit que la politique actuelle ouvre =cm5t1 en ce g5re1 aux esprits les plus vulgaires et les mo9s prp>s4 ,la simple ext5sion1 la catgorie des phnomnes sociaux1 de ma hir>*ie sci5tifique fondam5tale1 prs5te aussitt un puissant moy5 de discipl9e intellectuelle1 comme je l'ai indiqu au premi] volume de ce ,trait1 en manife/ant1 avec une ple9e vid5ce1 propre subjugu] f9alem5t l'esprit le plus rebelle1 la longue et difficile laboration prlim9aire qu'exige1 p> sa nature1 t\te rationnelle exploration des sujets sociaux1 qui ne saurait comport] de succs vraim5t sci5tifique que de la "p d'intellig5ces =tem5t trempes1 dignem5t prp>es1 quant la m?ode ou la doctr9e1 p> une tude pralable1 suffisamm5t appr(ondie1 de t\tes les autres bran*es successives de la philosophie positive1 af9 de trait] conv5ablem5t les re*]*es les plus complexes que notre raison puisse abord]4 ,il s]ait c]ta9em5t inutile d'insi/] davantage ici sur l'explication directe d'une influ5ce aussi vid5te1 qui s]a d'ailleurs spontanm5t exam9e1 div]s titres1 dans la suite de ce volume4 ,cette sommaire indication suffit1 sans d\te1 p\r que1 s\s ce rapport capital1 comme s\s les div]s aspects prcd5s1 la t5dance m9emm5t organique de la n\velle philosophie politique ne puisse tre srieusem5t conte/e p> aucun de ceux qui ont tudi avec quelque so9 le vritable esprit gnral de l'poque actuelle4 ,je devais m'atta*] ici signal] surt\t1 comme plus frquemm5t mconnue1 cette proprit capitale de la politique positive de p\voir seule auj\rd'hui dvelopp] spontanm5t1 avec une n]gique et fconde efficacit1 le s5tim5t fondam5tal de l'ordre1 soit public1 soit mme priv1 que l'tat prs5t de l'esprit huma9 livre1 de t\te ncessit1 la vicieuse et insuffisante protection de la politique /ationnaire et de la politique rtrograde1 en ce s5s id5tiques4 ,relativem5t au progrs1 l'aptitude1 beauc\p mo9s conte/e1 d'une telle philosophie n'exige po9t1 en ce mom5t1 des explications aussi t5dues4 ,c>1 quelque sujet qu'il s'applique1 l'esprit positif se montre t\j\rs1 p> sa nature1 directem5t progressif1 tant sans cess occup accrotre la masse de nos connaissances et en p]fectionn] la liaison3 aussi les exemples usuels d'inconte/able progression sont-ils surt\t emprunts auj\rd'hui aux div]ses sci5ces positives4 ,s\s le po9t de vue social1 l'ide rationnelle de progrs1 telle qu'on comm5ce la concevoir1 c'e/--dire de dveloppem5t cont9u1 avec t5dance 9vitable et p]man5te v]s un b dt]m91 doit tre c]ta9em5t attribue1 comme j'aurai lieu de l'expliqu] spcialem5t dans la leon suivante1 l'influ5ce inap]ue de la philosophie positive1 seule capable d'ailleurs de dgag] irrvocablem5t cette gr&e notion de l'tat vague et mme flottant o elle se tr\ve encore1 en assignant nettem5t le b ncessaire de la progression et sa vritable m>*e gnrale4 ,quoique le premi] essor du s5tim5t de progrs social soit c]ta9em5t d en p>tie au *ri/ianisme1 en v]tu de sa sol5nelle proclamation d'une supriorit fondam5tale de la n\velle loi sur l'anci5ne1 il e/ nanmo9s vid5t que la politique ?ologique1 procdant d'aprs un type immuable1 dont un pass dj lo9ta9 (fre seul la ralisation suffisante1 doit tre auj\rd'hui reg>de comme radicalem5t incompatible avec t\te ide vritable de progrs cont9u1 et manife/e1 au contraire1 a9si que je l'ai montr1 un c>actre pr(ondm5t rtrograde4 ,la politique mtaphysique1 dogmatiquem5t envisage1 prs5t]ait1 un degr presque aussi prononc1 d'aprs les mmes motifs ess5tiels1 une incompatibilit analogue1 si la liaison beauc\p mo9dre de ses doctr9es ne la r5dait bi5 plus accessible l'esprit gnral de notre temps4 ,on peut rem>qu]1 en effet1 que les notions de progrs n'ont vraim5t comm5c proccup] vivem5t la raison publique que depuis que la mtaphysique rvolutionnaire a p]du son premi] asc5dant4 ,c'e/ donc ess5tiellem5t la politique positive qu'e/ dsormais rs]v le dveloppem5t gnral de l'in/9ct progressif1 comme celui de l'in/9ct organique4 ,la seule ide de progrs qui soit rellem5t propre la politique rvolutionnaire1 consi/e dans la ple9e ext5sion cont9ue de la lib]t1 c'e/--dire1 en t]mes plus positifs1 de l'essor graduel des facults huma9es2 ce qui con/itue surt\t une notion ngative1 en rappelant ess5tiellem5t une suppression croissante des div]ses rsi/ances4 ,or1 mme en ce s5s re/re9t1 la supriorit ncessaire de la politique positive ne saurait1 ce me semble1 tre conte/e4 ,c> la vraie lib]t ne peut consi/]1 sans d\te1 qu'en une s\mission rationnelle la seule prpondrance1 conv5ablem5t con/ate1 des lois fondam5tales de la nature1 l'abri de t\t arbitraire comm&em5t p]sonnel4 ,la politique mtaphysique a va9em5t t5t de consacr] a9si son empire1 en dcorant de ce nom de lois les dcisions quelconques1 si s\v5t irrationnelles et dsordonnes1 des assembles s\v]a9es1 quelle que soit leur composition2 dcisions d'ailleurs conues1 p> une fiction fondam5tale1 qui ne peut *ang] leur nature1 comme une fidle manife/ation des volonts populaires4 ,mais t\t ce culte mtaphysique des entits con/itutionnelles ne saurait auj\rd'hui vraim5t dissimul] la t5dance pr(ondm5t arbitraire1 qui c>actrise ncessairem5t t\te philosophie non positive4 ,tant que les phnomnes politiques ne s]ont po9t1 l'exemple de t\s les autres1 ratta*s d'inv>iables lois naturelles1 et qu'ils cont9u]ont tre ess5tiellem5t rapports des volonts quelconques1 soit div9es1 soit mme huma9es1 l'arbitraire ne saurait tre vraim5t exclus des div]s rglem5s sociaux2 et1 p> consqu5t1 malgr t\s les artifices con/itutionnels1 la lib]t re/]a =cm5t illusoire et prcaire1 quelque volont qu'on prt5de d'ailleurs appliqu] notre obissance j\rnalire4 ,je revi5drai naturellem5t plus t>d sur cette importante considration4 ,mais1 n'e/-il pas1 ds ce mom5t1 vid5t que la lib]t absolue dont la mtaphysique rvolutionnaire a dot auj\rd'hui notre intellig5ce1 ne lui s]t f9alem5t1 en ralit1 qu' c\rir sans cesse d'une ab]ration une autre1 s\s l'audacieux asc5dant1 mom5tanm5t irrsi/ible1 des esprits les mo9s compt5s8 ,la politique positive p\rra seule1 en tablissant de vrais pr9cipes sociaux1 emp*] enf9 ce dplorable entranem5t1 et sub/itu] de plus en plus l'empire des convictions relles celui des volonts arbitraires2 de telle sorte que1 cet g>d1 comme tant d'autres1 le beso9 du progrs et celui de l'ordre s]ont spontanm5t confondus dans une commune satisfaction4 ,cette n\velle philosophie sociale e/ tellem5t propre1 p> sa nature1 ralis] auj\rd'hui l'enti] accomplissem5t de t\s les voeux lgitimes que peut =m] la politique rvolutionnaire1 que seule elle saura mme t]m9] conv5ablem5t l'opration critique qui en con/itue le pr9cipal objet1 en faisant graduellem5t disp>atre1 sans aucun espoir de ret\r1 t\t ce qui re/e encore de l'anci5 sy/me politique1 dont il ne doit f9alem5t subsi/] que l'inaltrable s\v5ir d'une indisp5sable p>ticipation l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,jusqu'ici cette gr&e lutte a d tre1 comme je l'ai dj indiqu1 o/5siblem5t dirige p> la mtaphysique rvolutionnaire1 simplem5t seconde p> le dveloppem5t graduel et la propagation croissante de l'esprit positif4 ,mais1 vrai dire1 ce d]ni] progrs naturel de la raison huma9e donnait seul une irrsi/ible puissance la doctr9e qui lui s]vait a9si d'organe provisoire1 et dont la faible consi/ance logique et t1 sans un tel appui1 incapable d'un aussi gr& succs2 comme on le s5t avec vid5ce qu& on relit auj\rd'hui1 de sang froid1 la frivole et dbile argum5tation sophi/ique qui c>actrise presque t\s les crits philosophiques du sicle d]ni]4 ,au po9t dcisif o la lutte e/ ma9t5ant p>v5ue1 elle ne saurait tre irrvocablem5t complte que p> l'int]v5tion directe et prpondrante de la philosophie positive4 ,c>1 s\s le rapport logique1 qui f9alem5t dom9e1 la critique rvolutionnaire e/ c]ta9em5t impuissante auj\rd'hui r5v]s] le sy/me philosophique1 trop pr(ondm5t comb91 de l'cole rtrograde1 qui1 dans t\te discussion rgulire1 l'aurait bi5tt am5e conv5ir qu'elle accorde les pr9cipes ess5tiels du rgime anci5 en refusant leurs plus indisp5sables consqu5ces1 a9si que je l'ai expliqu3 aussi l'esprit rvolutionnaire se s\ti5t-il1 surt\t ma9t5ant1 p> un appel plus ou mo9s direct des passions qui t5d5t d'ailleurs s'amortir graduellem5t4 ,l'cole positive1 seule ple9em5t consqu5te1 et p> suite seule1 au fond1 vraim5t progressive1 en r5dant d'ailleurs1 sans la mo9dre altration de ses propres pr9cipes1 une exacte ju/ice philosophique *acune des doctr9es actuelles1 p\rra seule arrt] radicalem5t l'essor rtrograde1 p]turbateur quoique /rile1 de l'cole ca?olique1 en posant directem5t1 dans l'ordre des ides sociales1 en prs5ce de l'esprit religieux1 son t]nel antagoni/e1 l'esprit sci5tifique1 qui l'a dj rduit1 dans t\tes les autres catgories intellectuelles1 la plus irrvocable nullit1 comme je crois l'avoir surabondamm5t pr\v p> l'ensemble des trois autres volumes de ce ,trait3 et cette influ5ce accessoire s'ex]c]a spontanm5t1 de manire ne po9t drang] le c\rs gnral de l'opration pr9cipale1 a9si qu'on le voit d'ord9aire l'g>d d'une sci5ce quelconque1 dont l'action critique1 quelque n]gique qu'elle soit1 n'e/ jamais qu'une suite collatrale de son dveloppem5t organique4 la vrit1 l'esprit positif ne p\rra a9si enlev] jamais l'esprit ?ologique t\te influ5ce politique1 sans que la mme condamnation n'enveloppe aussi1 de t\te ncessit1 l'esprit mtaphysique1 qui1 malgr sa rivalit1 n'en e/ po9t1 aux yeux de la sci5ce1 ess5tiellem5t di/9ct4 ,mais cette d\ble exclusion simultane ne s]ait1 sans d\te1 qu'un gr& avantage de plus1 aussi bi5 p\r le progrs que p\r l'ordre1 la fois non mo9s compromis auj\rd'hui p> la prpondrance mom5tane des avocats que p> la va9e opposition des prtres4 ,considrant enf9 la cause gnrale du progrs politique s\s le po9t de vue pratique le plus t5du1 on ne saurait mconnatre les puissantes ress\rces1 ncessaires quoique indirectes1 que la n\velle philosophie politique doit graduellem5t prs5t] l'amlioration fondam5tale de la condition sociale des classes infrieures1 qui con/itue c]ta9em5t la plus grave difficult de la politique contempora9e4 ,la politique rvolutionnaire1 qui seule a s]vi d'organe jusqu'ici cette p>tie du problme social1 n'a pu l'envisag] encore que s\s le po9t de vue insurrectionnel4 ,t\te sa solution se rduit ess5tiellem5t d'ailleurs dplac] la difficult1 en ouvrant artificiellem5t une issue plus ou mo9s l>ge aux plus actives ambitions populaires2 et c'e/ aussi ce que projette1 son imitation1 la politique /ationnaire1 cela prs de la circonspection exagre qui la c>actrise habituellem5t4 ,mais cet irrationnel expdi5t1 quelle que puisse tre sa ncessit provisoire1 laisse videmm5t t\t--fait intacte la "q pr9cipale3 une telle satisfaction1 procure un petit nombre d'individus1 ord9airem5t dev5us a9si les ds]teurs de leur classe1 ne saurait1 la longue1 aucunem5t apais] les ju/es pla9tes des masses1 dont la condition gnrale ne reoit a9si aucune amlioration dcisive1 mo9s qu'on ne veuille dcor] de ce nom les esprances1 *imriques p\r la plup>t des individus1 qu'entreti5t sans cesse l'appt drisoire de cette sorte de jeu asc5sionnel1 non mo9s trompeur que t\t autre jeu4 ,il e/ mme inconte/able qu'en dveloppant des dsirs dmesurs1 dont la commune satisfaction e/ impossible1 en /imulant la t5dance1 dj trop naturelle auj\rd'hui1 au dclassem5t univ]sel1 on ne d*>ge a9si le prs5t qu'en aggravant beauc\p l'av5ir1 en suscitant de n\veaux et puissans ob/acles t\te vraie rorganisation sociale4 ,telle e/ cep5dant1 sur ce gr& sujet1 l'uni=me p5se des docteurs actuels4 ,ceux qui1 de nos j\rs1 ont le plus qualifi d'an>*ique cette va9e solution1 sont tombs1 cet g>d1 dans la plus trange inconsqu5ce1 d'ailleurs m9emm5t dang]euse1 en p\rsuivant encore davantage la m?ode mme qu'ils condamnai5t1 p> l'inqualifiable proposition de supprim] directem5t t\te proprit relle2 comme si cette absurde utopie p\vait1 du re/e1 apport] au mal aucun remde durable4 ,la masse de notre espce tant videmm5t de/9e1 d'aprs une insurmontable fatalit1 re/] indf9im5t compose d'hommes vivant1 d'une manire plus ou mo9s prcaire1 des fruits successifs d'un travail j\rnali]1 il e/ clair que le vrai problme social consi/e1 cet g>d1 amlior] la condition fondam5tale de cette imm5se majorit1 sans la dclass] nullem5t1 et sans tr\bl] l'indisp5sable conomie gnrale4 ,mais une telle manire de concevoir la "q e/ exclusivem5t rs]ve1 p> sa nature1 la politique positive1 envisage comme prsidant la classification f9ale des socits mod]nes4 ,quoique le dveloppem5t d'une p>eille re*]*e directe soit incompatible avec la nature ess5tiellem5t spculative de ce ,trait1 je ne devais pas nanmo9s nglig] ici la m5tion sommaire d'un po9t de vue aussi important4 ,en dissipant irrvocablem5t t\t va9 pre/ige1 et rassurant ple9em5t les classes dirigeantes contre t\te invasion de l'an>*ie1 la n\velle philosophie p\rra seule utilem5t dirig] la politique populaire proprem5t dite1 indp5damm5t de sa d\ble efficacit spontane1 ci-dessus indique1 soit p\r dt\rn] de l'ordre purem5t politique ce qui ressort de l'ordre intellectuel et moral1 soit p\r inspir]1 l'g>d des maux f9alem5t incurables1 une sage et f]me rsignation4 ,on reconnatra d'ailleurs aism5t1 dans le c\rs de ce volume1 que cette philosophie1 en p\ssant ncessairem5t1 la tte du m\vem5t social1 des capacits dont les droits lgitimes sont presque aussi mconnus auj\rd'hui que ceux des proltaires1 t5d1 p> une liaison spontane des ttes avec les bras1 imprim] la cause commune un c>actre de gr&eur spculative et de consi/ante unit1 qui doit puissamm5t contribu] son succs f9al1 et qui ne saurait tre autrem5t ralis4 ,t\te indication plus spciale s'c>t]ait ess5tiellem5t de l'esprit spculatif de cet ouvrage4 ,j'aurai1 du re/e1 dans la suite de ce volume1 plusieurs occasions naturelles de faire directem5t s5tir que la rorganisation spirituelle1 en int]posant habituellem5t1 entre les ouvri]s et leurs *efs1 une commune autorit morale1 aussi indp5dante qu'claire1 (frira plus t>d la seule base rgulire d'une paisible et quitable conciliation gnrale de leurs pr9cipaux conflits1 presque ab&onns auj\rd'hui la brutale discipl9e d'un antagonisme purem5t matriel4 ,quelque imp>faits que doiv5t tre encore les div]s ap]u gnraux que je vi5s d'bau*]1 ils suffis5t nanmo9s1 ce me semble1 p\r faire ici nettem5t press5tir les pr9cipales proprits politiques qui doiv5t ncessairem5t c>actris] la philosophie positive1 indiffremm5t considre quant l'ordre1 ou quant au progrs4 ,c'e/ a9si que cette n\velle philosophie sociale1 malgr sa svre apprciation rationnelle des diffr5s p>tis exi/ans1 peut naturellem5t tr\v]1 auprs de *acun d'eux1 un irrcusable accs gnral1 en se montrant apte crer des moy5s plus efficaces d'atte9dre le b respectif qu'il p\rsuit trop exclusivem5t4 ,une telle politique1 conv5ablem5t applique1 p\rra utilis]1 dans l'intrt de la rorganisation f9ale1 au pr(it commun de son asc5dant graduel1 t\s les vnem5s importans que comporte l'tat prs5t de la socit1 avant mme que d'avoir pu aucunem5t y int]v5ir4 ,soit que1 dans un triomphe mom5tan1 *aque p>ti manife/e plus pr(ondm5t son insuffisance sociale2 soit1 au contraire1 que1 dans le dsespoir d'une grave dfaite1 il se montre plus dispos accueillir de n\veaux moy5s d'action politique2 soit enf9 qu'une sorte de torpeur univ]selle mette plus nu l'ensemble des beso9s sociaux2 la n\velle philosophie p\rra t\j\rs saisir auj\rd'hui une c]ta9e issue gnrale1 p\r faire uni=mm5t pntr]1 p> une opportune application j\rnalire1 son enseignem5t fondam5tal4 ,t\tefois1 il faut1 mon gr1 r5onc] ess5tiellem5t d'avance1 s\s ce rapport1 t\te vraie conv]sion de l'cole rtrograde1 intgralem5t considre4 ,sauf d'heureuses anomalies individuelles1 qui ne cess5t d'tre possibles1 et qui p\rront auj\rd'hui mme dev5ir plus frqu5tes1 il exi/e1 entre la philosophie ?ologique et la philosophie positive1 surt\t l'g>d des ides sociales1 une antipa?ie trop fondam5tale1 p\r que la premire puisse jamais apprci] suffisamm5t la seconde1 malgr l'aptitude bi5 con/ate de celle-ci mieux satisfaire au beso9 commun d'une vraie rorganisation3 ici1 comme en t\t autre cas1 la ?ologie s'te9dra ncessairem5t devant la physique1 mais sans p\voir se trans=m]1 s\s sa direction1 au-del de sa modification actuelle4 ,il faut d'ailleurs reconnatre1 ce sujet1 que ce n'e/ po9t l'ordre1 en gnral1 que p\rsuit auj\rd'hui l'cole rtrograde1 mais seulem5t un ordre unique et inv>iablem5t prconu1 auquel se ratta*5t surt\t ou des habitudes d'esprit p>ticulires1 ou mme l'in/9ct des intrts spciaux3 en dehors de son exclusive utopie1 t\t lui semble galem5t dsordonn1 et p> suite1 ess5tiellem5t indiffr5t4 ,la politique /ationnaire lui a mme ju/em5t repro*1 de nos j\rs1 de prt] directem5t1 aux plus p]nicieuses t5tatives de dsordre1 un c\pable appui mom5tan1 dans le va9 espoir de p\ss] a9si1 avec plus d'n]gie1 la re/auration ultrieure de sa propre dom9ation1 qu'elle se flatt]ait de faire ds-lors accept] la socit1 comme seule voie de salut contre une imm95te an>*ie matrielle4 ,dans son prt5du dv\em5t l'ordre gnral1 l'cole rtrograde a donc frquemm5t trahi sa disposition prpondrante v\loir le moy5 beauc\p plus que le b lui-mme4 ,mais1 l'cole /ationnaire1 *ez laquelle l'am\r de l'ordre1 sans tre peut-tre plus ds9tress au fond1 e/ c]ta9em5t1 ce qui importe surt\t1 inf9im5t plus imp>tial1 raison mme de son dfaut c>actri/ique de pr9cipes propres et fixes1 (frira spontanm5t1 s\s ce rapport1 la n\velle philosophie politique1 l'accs gnral auquel elle ne saurait raisonnablem5t prt5dre auprs de l'cole rtrograde4 ,quoique les va9es fictions mtaphysiques de la politique con/itutionnelle ou p>lem5taire t5d5t auj\rd'hui dt\rn] gravem5t de la vraie solution1 elles n'ont pu heureusem5t acqurir1 sur le cont95t europen1 un assez pr(ond asc5dant p\r emp*] cette philosophie de faire utilem5t ent5dre sa voix rationnelle une cole aussi fran*em5t dispose que l'e/1 c]ta9em5t1 en gnral1 l'cole /ationnaire1 tablir enf91 dans les socits mod]nes1 un ordre vraim5t /able1 n'importe d'aprs quels pr9cipes4 ,on peut donc espr] a9si d'agir utilem5t1 un c]ta9 degr1 sur cette p>tie ess5tielle du monde politique actuel4 ,nanmo9s1 je ne dois pas dissimul] ici que l'cole purem5t rvolutionnaire me p>at tre auj\rd'hui la seule sur laquelle la politique positive puisse ex]c] directem5t une action vraim5t capitale2 p>ce que1 malgr t\s ses graves inconvni5s1 que je n'ai c]tes nullem5t dguiss1 cette cole a seule ma9t5ant un c>actre ess5tiellem5t progressif1 qui1 en dpit de t\s ses prjugs1 lui ti5t l'esprit t\j\rs ouv]t de n\velles inspirations politiques4 ,son b pr9cipal1 l'entire lim9ation du rgime anci51 la politique n\velle le p\rsuivra aussi spontanm5t1 et d'une manire bi5 plus efficace1 quoique simplem5t accessoire4 ,t\t ce que ses doctr9es propres r5f]m5t de provisoirem5t indisp5sable1 s]a naturellem5t absorb p> la politique positive1 t\t en rep\ssant jamais les t5dances an>*iques1 auxquelles1 quoi qu'on en puisse dire1 l'cole rvolutionnaire a dj cess de t5ir spcialem5t1 s\s la seule condition1 ds lors ple9em5t remplie1 du progrs effectif4 ,enf91 quoique l'anci5 sy/me soit c]tes assez dcompos ma9t5ant p\r p]mettre1 et mme p\r exig]1 l'laboration directe de la vraie rorganisation sociale1 on peut cep5dant prvoir aism5t que le c\rs naturel des vnem5s1 qui n'att5d pas t\j\rs nos l5tes prp>ations philosophiques1 dt]m9]a1 plus ou mo9s pro*a9em5t1 soit en v]tu mme de notre tat intellectuel1 soit raison des fautes commises p> les g\v]nem5s actuels1 de n\velles explosions pratiques de la doctr9e rvolutionnaire1 dont j'indiqu]ai plus t>d les pr9cipaux c>actres1 et qui1 ds lors malheureusem5t 9vitables1 devi5dront peut-tre mme relativem5t indisp5sables1 af9 d't] radicalem5t1 la fatale apa?ie de notre va9e intellig5ce1 t\t espoir quelconque de satisfaire1 sans aucun frais d'inv5tion fondam5tale1 aux conditions ess5tielles du problme social1 p> cette *imrique recon/ruction de l'anci5ne philosophie politique1 qui con/itue auj\rd'hui la ress\rce banale de tant d'esprits incompt5s4 ,sans int]v5ir directem5t en de tels conflits1 autrem5t que p\r utilis] les enseignem5s qu'ils font natre1 la politique positive1 qui les aura prvus1 ne saurait prt5dre y tr\bl] les d]ni]s actes de prpondrance de la mtaphysique rvolutionnaire4 ,du re/e1 cette n\velle philosophie1 ess5tiellem5t de/9e1 p> sa nature1 imprim] un essor plus complet t\tes les div]ses facults relles de notre intellig5ce1 ne saurait1 sans d\te1 t5dre1 aucune poque1 atrophi] une aussi importante disposition gnrale que celle qui con/itue l'esprit critique proprem5t dit4 ,t\t en le subordonnant dsormais irrvocablem5t l'esprit organique1 elle lui ouvrira directem5t1 comme je l'indiqu]ai en son lieu1 de n\velles et l>ges de/9ations politiques1 bi5 autrem5t intressantes que la fa/idieuse reproduction actuelle des satires philosophiques du sicle d]ni]4 ,au lieu de cont9u]1 au pr(it ess5tiel des avocats1 une gu]re monotone contre l'influ5ce sac]dotale1 l'esprit critique pr5dra1 sans d\te1 une activit bi5 plus complte et plus incisive1 en mme temps que plus utile1 lorsque1 s\s les inspirations gnrales de la philosophie positive1 il entrepr5dra la dmolition simultane de t\te puissance mtaphysique ou ?ologique4 ,en outre1 les vrais lm5s df9itifs du n\veau sy/me social ne prt]ont que trop eux-mmes1 surt\t dans l'orig9e1 comme t\s les p\voirs naissans1 un l>ge ex]cice direct1 et plus ou mo9s cont9u1 de l'esprit satirique1 dont l'9vitable contrle p\rra ex]c] une trs heureuse influ5ce secondaire sur le dveloppem5t graduel du c>actre politique qui doit f9alem5t app>t5ir *acun d'eux4 ,on ne peut donc d\t]1 d'aprs un tel ensemble de motifs pr9cipaux1 que la n\velle philosophie sociale ne puisse ju/em5t espr] auj\rd'hui de tr\v]1 div]s titres1 c]ta9s po9ts d'appui naturels dans les sections les plus avances de l'cole rvolutionnaire proprem5t dite4 ,quelles que soi5t cep5dant1 mme dans cette cole1 les dispositions favorables que puiss5t lui (frir les diffr5tes p>ties du monde politique actuel1 ces sec\rs accessoires1 trs affaiblis d'ailleurs p> une 9vitable opposition de doctr9es1 ne saurai5t videmm5t disp5s]1 en aucune manire1 cette philosophie de compt] surt\t directem5t sur sa supriorit sci5tifique1 premire et con/ante s\rce de son asc5dant graduel4 ,une philosophie sociale qui1 pr5ant la sci5ce relle p\r base gnrale indisp5sable1 appelle immdiatem5t auj\rd'hui l'esprit sci5tifique rgnr] le monde politique1 semble1 au premi] aspect1 devoir surt\t att5dre1 s9on une coopration active1 du mo9s des enc\ragem5s n]giques et s\t5us1 de la "p de la classe *oisie qu'elle t5d spontanm5t lev] p> degrs une aussi m95te position fondam5tale4 ,je dois ici navem5t av\] que1 dans mes premi]s travaux de philosophie politique1 j'ai ess5tiellem5t p>tag cette illusion trs naturelle1 dont une longue expri5ce p]sonnelle m'a seule ensuite pniblem5t dtromp4 ,l'indiffr5ce politique de la plup>t des savans actuels1 quoique vraim5t mon/rueuse1 en un temps o les que/ions sociales sont les plus belles et les plus urg5tes de t\tes1 me p>aissait alors t5ir pr9cipalem5t au pr(ond dgt intellectuel que doit1 en effet1 leur inspir] d'abord le c>actre vague et arbitraire des m?odes qui prsid5t encore de telles re*]*es1 oppos la p>faite rationnalit des procds sci5tifiques4 ,mais1 malgr l'inconte/able influ5ce de cette premire cause1 un exam5 ultrieur m'a depuis graduellem5t conduit reconnatre d'autres motifs1 la fois mo9s honorables et plus puissans1 d'aprs lesquels cette n\velle philosophie doit trs peu compt] sur les dispositions favorables des savans actuels1 si mme elle ne doit pas cra9dre1 c]ta9s g>ds1 leur rsi/ance plus ou mo9s ouv]te1 p>tielle d'ailleurs ou mom5tane1 la propre asc5sion politique de leur classe#ag4 ,footnote #ag3 ,je crois devoir not] ici un trait vraim5t c>actri/ique1 bi5 propre montr] quel dplorable degr cette classe1 malgr le va9 orgueil de la plup>t de ses membres1 e/ auj\rd'hui dp\rvue de t\t s5tim5t pr(ond de sa vraie dignit sociale4 ,nos lgislateurs mtaphysici5s ont introduit1 il y a quelques annes1 dans la loi lectorale franaise1 une trange disposition qui admet la qualit d'acadmici5 compt] dsormais p\r c5t francs dans le c5s lectoral1 sauf complt] en espces le re/e de la capacit4 ,or1 les savans n'ont1 c]tes1 nullem5t tmoign1 alors ni depuis1 la mo9dre t5dance rep\ss] avec indignation une telle dcision lgislative1 d'aprs laquelle t\t savant quivaut politiquem5t la moiti d'un lecteur vulgaire3 ils aurai5t plutt vot de sol5nels rem]cm5s aux avocats p\r l'octroi de cette gracieuset1 dont la plup>t se sont empresss de pr(it] c\ramm5t4 ,outre la commune p>ticipation fondam5tale de t\tes les div]ses classes de la socit l'an>*ie intellectuelle et morale qui c>actrise si pr(ondm5t notre poque1 *acune d'elles a aussi sa manire propre de manife/] plus spcialem5t ses t5dances an>*iques4 ,c'e/ ce que font d'abord les savans actuels p> les va9s conflits j\rnali]s qui s'lv5t entre eux sur leurs attributions respectives1 *aque fois qu'une mme "q1 t\*ant simultanm5t plusieurs bran*es ess5tielles de la philosophie naturelle1 s\lve des dbats sans issue1 qui tmoign5t clairem5t l'abs5ce de t\te vritable discipl9e sci5tifique4 ,mais1 quelle que soit l'importance trs significative de cette premire considration1 l'an>*ie sci5tifique se rvle auj\rd'hui surt\t1 d'une manire la fois bi5 plus c>actri/ique et plus dang]euse1 p> l'unanime rpugnance de nos savans contre t\tes sortes de gnralits1 p> leur prdilection exclusive1 vicieusem5t sy/matise1 p\r des spcialits de plus en plus troites#ah4 ,ce n'e/ po9t ici le lieu de pos] conv5ablem5t la gr&e "q philosophique de la vritable h>monie fondam5tale qui doit rgn] entre l'esprit d'ensemble et l'esprit de dtail1 et dont l'exacte apprciation ne peut con/itu] que l'une des pr9cipales conclusions f9ales de ce ,trait4 ,dans l'analyse hi/orique du dveloppem5t intellectuel1 n\s aurons bi5tt l'occasion d'apprci] dj directem5t le spcieux p>adoxe1 graduellem5t labor p5dant les deux d]ni]s sicles1 qui p]met auj\rd'hui tant d'esprits mdiocres de se faire mme un facile mrite sci5tifique du rtrcissem5t excessif de leurs occupations j\rnalires1 au nom de cette trange organisation du travail1 incidemm5t signale au second volume1 qui assigne m9utieusem5t les cadres respectifs des mo9dres spcialits1 sans laiss] aucune place dt]m9e l'tude des rapports gnraux1 ess5tiellem5t ab&onne a9si aux digressions accid5telles des div]s savans1 qui les cultiv]ai5t1 titre de passe-temps1 sans aucune prp>ation propre4 ,il devi5dra ds lors irrcusable que ce prt5du pr9cipe ne con/itue qu'une irrationnelle sy/matisation mtaphysique1 t5dant consacr]1 comme absolue et indf9ie1 la situation transitoire de notre intellig5ce p5dant le premi] ge de la philosophie positive1 o l'esprit de dtail devait1 en effet1 ncessairem5t rgn]1 jusqu' ce que la positivit et successivem5t pntr dans t\s les ordres de phnomnes naturels1 condition dsormais suffisamm5t remplie4 ,quoi qu'il en soit1 je ne dois ici di/9ctem5t indiqu]1 ce sujet1 que la simple considration politique1 qui impose1 avec tant d'vid5ce1 l'indisp5sable obligation d'une entire gnralit t\te philosophie aspirant rellem5t au g\v]nem5t moral de l'humanit4 ,c'e/ p> cette unique qualit1 comme je l'ai dj frquemm5t signal1 que la philosophie ?ologique et la philosophie mtaphysique1 malgr leur insuffisance et mme leur dcrpitude irrcusables1 prolong5t encore leur va9e prpondrance politique4 ,tant que la philosophie positive ne remplira po9t conv5ablem5t cette condition fondam5tale1 elle ne saurait sortir de son tat prs5t de subalt]nit politique4 ,l'expri5ce j\rnalire ne montre-t-elle po9t1 surt\t en ce qui conc]ne les mesures ou les lections diriges auj\rd'hui p> les corps savans1 t\tes les fois1 en un mot1 que l'esprit d'ensemble devi5t1 un degr quelconque1 directem5t indisp5sable1 que de bons esprits1 entirem5t trang]s la sci5ce1 mais habituellem5t placs un po9t de vue gnral1 sont f9alem5t plus propres que les savans spciaux1 mme au g5re de g\v]nem5t qui sembl]ait le plus devoir exclusivem5t app>t5ir ceux-ci8 ,on ne saurait ni] aussi que l'imp]fection ord9aire de l'enseignem5t sci5tifique ne ti5ne pr9cipalem5t auj\rd'hui cet loignem5t p\r l'esprit d'ensemble1 dont nos savans s'enorgueilliss5t avec un si fune/e aveuglem5t4 ,il e/ donc vid5t que1 p> cette irrationnelle disposition1 ils contribu5t eux-mmes1 autant que possible1 ma9t5ir directem5t leur propre subalt]nit politique4 ,leurs s5tim5s sociaux sont1 d'ailleurs1 d'ord9aire1 la hauteur de leurs ides4 ,en c>tant habituellem5t la considration prpondrante des intrts matriels1 et en dveloppant la facult de saisir rapidem5t les div]ses ractions sociales1 la culture des sci5ces positives sembl]ait devoir1 p> sa nature1 t5dre puissamm5t cont5ir1 *ez ceux qui s'y livr5t1 l'essor cont9u de l'gsme individuel3 elle ne s]t1 au contraire1 que trop s\v5t auj\rd'hui1 le r5dre plus sy/matique1 et p> suite plus corrupteur peut-tre4 ,or1 cette mon/ruosit passagre ti5t1 sans d\te1 pr9cipalem5t au dfaut d'ides gnrales *ez les savans actuels1 qui n'ont d'ailleurs1 cet g>d1 d'autre tort propre que d'en ni] dogmatiquem5t l'indisp5sable ncessit4 ,footnote #ah3 ,cette av]sion des gnralits1 cette antipa?ie prononce contre t\t gnralisateur quelconque1 de quelque manire qu'il puisse procd]1 ti5n5t aussi1 *ez beauc\p de savans actuels1 un secret in/9ct d'gsme1 que je crois devoir1 avec ma fran*ise habituelle1 c>actris] ici en peu de mots1 t\t en av]tissant d'ailleurs qu'il ne saurait1 p> sa nature1 jamais ex]c]1 mme auj\rd'hui1 qu'une influ5ce purem5t accessoire1 comp>ativem5t la gr&e cause intellectuelle indique dans le texte4 ,la philosophie naturelle e/ dj lo9 ma9t5ant de ces temps primitifs1 si bi5 dcrits p> ,font5elle1 o la prud5ce pat]nelle croyait devoir soigneusem5t int]dire la c>rire sci5tifique1 qui ds-lors ne p\vait ess5tiellem5t comport] que de vraies vocations1 plus ou mo9s prononces4 ,comme les organisations bi5 c>actrises sont1 dans la nature huma9e1 m9emm5t exceptionnelles1 et qu'aucune classe ne saurait tre pr9cipalem5t compose d'anomalies1 il a bi5 fallu1 mesure que la sci5ce1 en se dveloppant1 acqurait plus d'importance sociale1 qu'elle donnt accs des intellig5ces plus vulgaires4 ,il arrive donc auj\rd'hui1 et il arriv]a sans d\te de plus en plus dsormais1 p> suite mme des enc\ragem5s1 d'ailleurs si utiles1 prodigus aux div]ses sci5ces spciales1 que les vocations relles devi5n5t1 proportionnellem5t1 de mo9s en mo9s nombreuses dans le monde sci5tifique1 qui t5d de plus en plus se compos]1 en majeure p>tie1 d'individus peu m95s1 ayant *oisi cette pr(ession au mme titre que t\te autre1 et dont les travaux1 sans p\voir jamais imprim] la sci5ce aucune impulsion capitale1 ma9ti5n5t honorablem5t son tat prs5t1 avec quelques utiles amliorations graduelles4 ,or1 ceux-l surt\t doiv5t tre habituellem5t a*>ns1 d'une manire plus absolue1 contre t\te philosophie gnrale1 surt\t positive1 non-seulem5t en v]tu d'un esprit plus troit qui les emp*e d'en saisir la porte relle1 mais aussi cause de son 9vitable influ5ce p\r rduire1 leur ju/e apprciation1 leurs travaux ord9aires4 ,c>1 l'avnem5t des gnralits vraim5t positives ne p]mettra plus d'atta*] une haute importance aux re*]*es de dtail que dans le cas r>e o elles t5dront directem5t dt]m9] de gr&s progrs2 ce qui r5dra ncessairem5t bi5 plus difficile l'accs des pr9cipales positions sci5tifiques1 auxquelles les notabilits phmres p\rront a9si de mo9s en mo9s prt5dre1 tant ds-lors rgulirem5t assujties enf9 de vrais et 9vitables jugem5s4 ,de ceux-l1 pr9cipalem5t1 provi5t le prtexte banal tir des gnralits vicieuses1 comme si t\tes les spcialits tai5t ord9airem5t bonnes1 et comme si ce n'tait po9t surt\t aux savans di/+u] judicieusem5t cet g>d1 suivant leur fonction sociale de guides rationnels de l'op9ion publique1 qu'ils ab&onn5t a9si1 contre leur propre int5tion1 aux seuls mtaphysici5s4 ,t\t espoir de coopration quelconque de leur "p1 soit active1 soit mme passive1 la fondation d'une vraie philosophie politique1 p> l'ext5sion conv5able de la m?ode positive l'tude fondam5tale des phnomnes sociaux1 doit donc tre auj\rd'hui ess5tiellem5t ab&onn4 ,ceux d'entre eux qui comm5c5t manife/] une c]ta9e ambition politique1 prfr5t presque t\j\rs jusqu'ici se mettre simplem5t au s]vice des p\voirs et des p>tis exi/ans1 sauf n'y tre1 comme il doit arriv] le plus s\v5t1 que de purs in/rum5s p\r les avocats et les autres mtaphysici5s2 au lieu d'essay] d'une politique n\velle1 vraim5t propre l'esprit sci5tifique1 mais qui oblig]ait se dgag] de la r\t9e vulgaire3 les savans demeurs spculatifs sont peut-tre ord9airem5t mo9s inaccessibles encore aux inspirations gnrales de la philosophie positive4 ,l'essor politique de cette philosophie ne saurait auj\rd'hui tre n]giquem5t second1 dans le monde savant1 sauf d'heureuses exceptions individuelles1 que p> les jeunes intellig5ces1 dont l'ardeur naturelle p\r les conceptions gnrales n'a encore t te9te p> l'influ5ce prolonge des div]s prjugs propres *aque spcialit exclusive4 ,en ce s5s1 les div]ses in/itutions de haut enseignem5t sci5tifique1 qui t5d5t introduire de plus en plus1 dans la socit actuelle1 =t au-del des beso9s rguli]s des pr(essions savantes1 une jeunesse pr(ondm5t imbue de l'esprit positif1 con/itu5t1 mes yeux1 l'une des plus prcieuses ress\rces que le pass n\s ait mnages p\r ab\tir graduellem5t la rorganisation f9ale des socits mod]nes3 telles sont1 en ,france1 les coles de mdec9e1 et surt\t notre cole ,polyte*nique1 en v]tu de son m95te positivit1 et malgr son c>actre incomplet4 ,une telle considration a d'autant plus d'importance1 que1 quels que soi5t1 s\s le po9t de vue philosophique1 les irrcusables inconvni5s des savans actuels1 il demeure nanmo9s inconte/able que l'esprit positif1 qu'il s'agit ma9t5ant d't5dre la politique1 ne saurait tre1 en gnral1 conv5ablem5t dvelopp1 comme je l'ai si s\v5t pr\v1 que *ez ceux seulem5t qui1 en temps opportun1 ont reu une =te ducation sci5tifique1 ce qui ne peut gure avoir lieu auj\rd'hui que p\r les jeunes g5s d'abord de/9s aux diffr5tes spcialits sci5tifiques1 sauf quelques anomalies inf9im5t r>es1 sur lesquelles il ne faut pas compt]4 ,cet ap]u sommaire des pr9cipaux po9ts d'appui que l'tat prs5t du monde social peut (frir l'impulsion rgnratrice de la n\velle philosophie politique1 complte suffisamm5t l'indication gnrale que je devais bau*]1 dans cette longue mais indisp5sable introduction1 de la de/9ation fondam5tale d'une telle philosophie p\r correspondre aux plus graves ncessits de notre poque4 ,en plaant df9itivem5t l'esprit du lecteur au po9t de vue conv5able1 et en lui f\rnissant d'avance une sorte de programme rationnel de l'ensemble des conditions remplir1 le gr& travail que je vi5s d'accomplir1 quoique purem5t prlim9aire1 devra1 j'espre1 facilit] et1 en mme temps1 abrg] beauc\p l'opration pr9cipale2 surt\t1 il en g>antira la ple9e efficacit politique1 qui1 sans un tel prambule gnral1 et ess5tiellem5t *app la plup>t des esprits actuels1 dont les habitudes politiques sont d'ord9aire si sup]ficielles et si irrationnelles4 ,les hommes d'tat les plus ddaigneux ne saurai5t a9si mettre en d\te si la ?orie que n\s allons t5t] de con/ruire directem5t e/ vraim5t susceptible d'une haute utilit pratique1 puisqu'il e/ ma9t5ant dmontr que le beso9 fondam5tal des socits actuelles e/1 p> sa nature1 m9emm5t ?orique1 et que1 en consqu5ce1 la rorganisation intellectuelle1 et ensuite morale1 doit ncessairem5t prcd] et dirig] la rorganisation politique proprem5t dite#ai4 ,t\tefois1 aprs avoir1 p\r satisfaire la ju/e exig5ce des esprits actuels1 tabli d'abord1 avec t\t le so9 conv5able1 cette gr&e et intime co-relation1 il importe ma9t5ant de ret\rn] irrvocablem5t au po9t de vue /rictem5t sci5tifique de ce ,trait1 et de p\rsuivre l'tude gnrale des phnomnes de la physique sociale dans des dispositions aussi purem5t spculatives que celles qui prsid5t dj la culture habituelle des autres sci5ces fondam5tales1 en n'ayant d'autre ambition intellectuelle que de dc\vrir les vritables lois naturelles d'un d]ni] ordre de phnomnes1 extrmem5t rem>quable1 et qui n'a jamais t a9si exam92 sans la prpondrance1 dsormais cont9ue1 d'une telle int5tion1 notre opration philosophique avort]ait ncessairem5t4 ,nanmo9s1 avant d'y procd] d'une manire directe1 il me re/e encore considr] sommairem5t1 dans la leon suivante1 les pr9cipaux ef=ts philosophiques dj t5ts p\r con/itu] la sci5ce sociale1 et dont l'apprciation gnrale doit m9emm5t t5dre1 surt\t en v]tu des habitudes actuelles1 mieux c>actris]1 s\s div]s rapports ess5tiels1 la nature et l'esprit de cette d]nire bran*e fondam5tale de la philosophie positive4 ,footnote #ai3 ,les rapports gnraux entre la ?orie et la pratique1 surt\t en politique1 s]ont1 dans la suite de ce volume1 comme on doit s'y att5dre1 directem5t s\mis une analyse rationnelle4 ,je dois seulem5t indiqu] ici1 ce sujet1 que1 dans la politique1 de mme qu'en t\t autre cas1 t\te confusion1 ou simplem5t t\te adhr5ce trop troite1 entre la ?orie et la pratique1 e/ galem5t fune/e t\tes deux1 en t\ffant l'essor de la premire1 et laissant la seconde s'agit] sans guide4 ,on doit mme reconnatre que les phnomnes sociaux1 en v]tu de leur complication suprieure1 doiv5t exig] un plus gr& int]valle intellectuel qu'en aucun autre sujet sci5tifique1 entre les conceptions spculatives1 quelque positives qu'elles puiss5t tre1 et leur f9ale ralisation pratique4 ,la n\velle philosophie sociale doit donc se g>antir soigneusem5t de la t5dance1 trop commune auj\rd'hui1 qui la port]ait se ml] activem5t au m\vem5t politique proprem5t dit1 lequel doit surt\t re/] p\r elle un sujet p]man5t d'obs]vation capitale1 o elle ne doit int]v5ir qu'en remplissant sa mission gnrale de haut enseignem5t4 ,nanmo9s1 la pr(onde confusion qui rgne ma9t5ant entre le g\v]nem5t spirituel et le g\v]nem5t temporel ne saurait1 sans d\te1 t\j\rs p]mettre l'cole positive de s'ab/5ir de t\te p>ticipation directe1 soit dans les div]s p\voirs con/itus1 soit au se9 des p>tis exi/ans1 la ge/ion j\rnalire des affaires gnrales1 ne ft-ce qu'af9 d'y mieux faite prvaloir son influ5ce fondam5tale4 ,mais cette cole devra scrupuleusem5t veill] ce que cette inconte/able utilit ne s]ve involontairem5t de motif habituel au va9 g>em5t d'ambitions mal conues4 ,c>1 une telle proccupation active et cont9ue des oprations j\rnalires t5d directem5t1 surt\t de nos j\rs1 emp*] ou altr] t\te conception vraim5t rationnelle de l'ensemble du m\vem5t social1 mo9s qu'une =te laboration pralable des vritables pr9cipes politiques ne prvi5ne cette p]nicieuse fluctuation1 *ez quelques intellig5ces privilgies1 qui elles-mmes agirai5t sans d\te encore plus sagem5t1 soit p\r elles1 soit p\r leur cause1 en cons]vant une position purem5t philosophique1 en tant1 du mo9s1 que le libre *oix de leur mode propre d'influ5ce politique p\rrait leur tre p]mis1 ce qui1 je l'av\e1 n'e/ peut-tre pas auj\rd'hui t\j\rs facultatif4 ,,qu>ante-,,septi,,me ,,le,,on4 ,apprciation sommaire des pr9cipales t5tatives philosophiques entreprises jusqu'ici p\r con/itu] la sci5ce sociale4 ,le degr suprieur de complication1 de spcialit1 et en mme temps d'intrt1 qui c>actrise ncessairem5t les phnomnes sociaux1 comp>s t\s les autres phnomnes naturels1 ceux mme de la vie individuelle1 con/itue1 sans d\te1 d'aprs les pr9cipes gnraux de hir>*ie sci5tifique tablis dans l'ensemble de ce ,trait1 la cause la plus fondam5tale de l'imp]fection beauc\p plus prononce que doit prs5t] leur tude1 o l'esprit positif ne p\vait videmm5t avoir aucun accs rationnel sans avoir pralablem5t comm5c dom9] l'tude de t\s les phnomnes plus simples2 ce qui n'a t conv5ablem5t accompli que de nos j\rs1 en v]tu de l'importante rvolution philosophique qui a donn naissance la physiologie crbrale1 comme je l'ai expliqu la f9 du volume prcd5t4 ,mais1 indp5damm5t de ce motif pr9cipal1 dj suffisamm5t indiqu1 et qui d'ailleurs devi5dra bi5tt le sujet d'une apprciation directe1 je crois devoir comm5c]1 ds ce mom5t1 signal] une considration n\velle1 m9emm5t propre expliqu]1 d'une manire t\te spciale1 p\rquoi l'esprit huma9 n'a pu jusqu' prs5t fond] la sci5ce sociale sur des bases vraim5t positives4 ,cette considration consi/e en ce que1 p> la nature d'une telle tude1 notre intellig5ce ne p\vait rellem5t1 avant l'poque actuelle1 y /atu] sur un ensemble de faits assez t5du p\r dirig] conv5ablem5t ses spculations rationnelles l'g>d des lois fondam5tales des phnomnes sociaux4 ,en expliquant sommairem5t1 ds le db de cet ouvrage1 l'inv9cible ncessit logique qui fait t\j\rs exclusivem5t dp5dre le premi] essor spculatif d'une doctr9e quelconque de l'emploi spontan d'une m?ode purem5t ?ologique1 j'ai dj suffisamm5t indiqu1 mme env]s les plus simples phnomnes1 l'impossibilit gnrale de =m] primitivem5t le sy/me d'obs]vations propre s]vir de base immdiate t\te ?orie positive 7voyez la premire leon74 ,or1 les phnomnes sociaux1 outre leur p>ticipation vid5te et plus prononce cette obligation commune1 prs5t5t1 s\s un tel aspect1 ce c>actre m9emm5t spcial1 que leur propre exi/5ce ne p\vait1 dans l'orig9e1 tre assez dveloppe p\r comport] aucune obs]vation vraim5t sci5tifique1 lors mme que l'esprit huma9 et t alors conv5ablem5t prp>4 ,dans t\t autre sujet1 p> suite de l'immuable p]ptuit des phnomnes1 les obs]vations rationnelles n'tai5t d'abord impossibles qu' cause de l'abs5ce1 long-temps 9vitable1 d'obs]vateurs bi5 disposs4 ,mais1 p> une exception videmm5t propre la sci5ce sociale1 et qui a d spcialem5t contribu] prolong] son enfance1 il e/ clair que les phnomnes eux-mmes y ont long-temps manqu de la plnitude et de la v>it de dveloppem5t indisp5sables leur exploration sci5tifique1 ab/raction faite des conditions remplir p> les obs]vateurs4 ,sans un l5t et pnible essor spontan de l'tat social dans une p>tie notable de l'espce huma9e1 et jusqu' ce que le c\rs naturel de l'volution sociale y et graduellem5t conduit des modifications assez pr(ondes et assez gnrales de la civilisation primitive1 cette sci5ce devait ncessairem5t se tr\v] dp\rvue de t\te base exprim5tale vraim5t suffisante4 ,cette vid5te considration n\s s]vira plus t>d faire plus nettem5t ressortir l'indisp5sable (fice de la philosophie ?ologique p\r dirig] les premi]s progrs de l'esprit huma9 et de la socit4 ,mais n\s ne devons l'employ] ici qu' mieux c>actris] les entraves 9vitables qui ont d a9si ret>d] la =mation d'une vritable sci5ce sociale4 ,t\te discussion directe et prcise de la porte ncessaire de cet ob/acle fondam5tal s]ait actuellem5t dplace4 ,qu& le mom5t s]a v5u d'effectu]1 dans l'un des *apitres suivans1 cette exacte dt]m9ation1 je dmontr]ai1 j'espre1 avec une irrcusable vid5ce1 que1 p> suite d'une telle obligation1 judicieusem5t mesure1 la sci5ce sociale n'a comm5c dev5ir possible qu'en s'appuyant prcism5t sur l'analyse rationnelle de l'ensemble du dveloppem5t accompli jusqu' nos j\rs dans l'lite de l'espce huma9e1 t\t pass mo9s t5du devant tre insuffisant4 ,c'e/ a9si que les conditions relatives la succession mme des phnomnes1 concid]ont1 d'une manire aussi rig\reuse que spontane1 avec celles dj assez tablies1 p> l'ensemble des trois volumes prcd5s1 quant la prp>ation de l'obs]vateur d'aprs l'laboration pralable des bran*es mo9s compliques de la philosophie positive1 p\r assign]1 sans aucune grave inc]titude1 le sicle actuel comme l'poque ncessaire de la =mation df9itive de la sci5ce sociale1 jusque alors ess5tiellem5t impossible4 ,quoique ce ne soit po9t ici le lieu d'entrepr5dre conv5ablem5t cette importante dmon/ration1 j'y crois devoir nanmo9s indiqu] une considration trs propre faire dj press5tir une telle explication1 en reprs5tant le salutaire branlem5t gnral imprim notre intellig5ce p> la rvolution franaise1 comme ayant t f9alem5t indisp5sable p\r p]mettre le dveloppem5t de spculations la fois assez positives et assez t5dues l'g>d des phnomnes sociaux4 ,jusque alors1 en effet1 les t5dances fondam5tales de l'humanit ne p\vai5t tre assez =tem5t c>actrises p\r dev5ir1 mme *ez les philosophes les plus m95s et les mieux disposs1 le sujet d'une apprciation ple9em5t sci5tifique1 propre dissip] sans ret\r t\te grave fluctuation4 ,tant que le sy/me politique1 qui1 graduellem5t modifi1 avait t\j\rs prsid au dveloppem5t antrieur de la socit1 n'tait po9t encore a9si attaqu directem5t dans son ensemble1 de manire manife/] hautem5t l'impossibilit de p]ptu] sa prpondrance1 la notion fondam5tale du progrs1 premire base ncessaire de t\te vritable sci5ce sociale1 ne p\vait aucunem5t acqurir la f]met1 la nettet1 et la gnralit sans lesquelles sa de/9ation sci5tifique ne saurait tre conv5ablem5t remplie4 ,en un mot1 la direction ess5tielle du m\vem5t social n'tait po9t jusque alors suffisamm5t dt]m9e1 et p> suite les spculations sociales se tr\vai5t t\j\rs radicalem5t entraves p> les vagues et *imriques conceptions de m\vem5s oscillatoires ou circulaires1 qui1 mme auj\rd'hui1 entreti5n5t encore1 *ez tant d'esprits di/+us mais mal prp>s1 une si dplorable hsitation relativem5t la vraie nature de la progression huma9e4 ,or1 la sci5ce sociale p\rrait-elle rellem5t exi/]1 tant qu'on ignore en quoi consi/e cette progression fondam5tale8 ,le fait mme du dveloppem5t gnral1 dont une telle sci5ce doit tudi] les lois pr9cipales1 peut alors tre ess5tiellem5t conte/2 puisque1 d'un semblable po9t de vue1 l'humanit doit p>atre indf9im5t condamne une arbitraire succession de phases t\j\rs id5tiques1 sans pr\v] jamais aucune trans=mation vraim5t n\velle et df9itive1 graduellem5t dirige v]s un b exactem5t dt]m9 p> l'ensemble de notre nature4 ,t\te ide de progrs social tait ncessairem5t int]dite aux philosophes de l'antiquit1 faute d'obs]vations politiques assez compltes et assez t5dues4 ,aucun d'eux1 mme p>mi les plus m95s et les plus judicieux1 n'a pu se s\/raire la t5dance1 alors aussi univ]selle que spontane1 considr] directem5t l'tat social contempora9 comme radicalem5t infrieur celui des temps antrieurs4 ,cette 9vitable disposition tait d'autant plus naturelle et lgitime1 que l'poque de ces travaux philosophiques concidait ess5tiellem5t1 comme je l'expliqu]ai plus l>d1 avec celle de la dcad5ce ncessaire du rgime grec ou roma94 ,or1 cette dcad5ce qui1 en considrant l'ensemble du pass social1 con/itue c]ta9em5t un progrs vritable1 en tant que prp>ation indisp5sable au rgime plus avanc des temps po/rieurs1 ne p\vait tre aucunem5t juge de cette manire p> les anci5s1 hors d'tat de s\ponn] une telle succession4 ,j'ai dj indiqu1 dans la leon prcd5te1 la premire bau*e gnrale de la notion1 ou plutt du s5tim5t1 du progrs de l'humanit1 comme ayant t d'abord ncessairem5t due au *ri/ianisme1 qui1 en proclamant directem5t la supriorit fondam5tale de la loi de ,jsus sur celle de ,mose1 avait spontanm5t =mul cette ide1 jusque alors inconnue1 d'un tat plus p>fait remplaant df9itivem5t un tat mo9s p>fait1 pralablem5t indisp5sable jusqu' une poque dt]m9e#bj4 ,quoique le ca?olicisme n'ait fait1 a9si1 sans d\te1 que s]vir d'organe gnral au dveloppem5t naturel de la raison huma9e1 ce prcieux (fice n'en con/itu]a pas mo9s t\j\rs1 aux yeux imp>tiaux des vrais philosophes1 un de ses plus beaux titres notre imprissable reconnaissance4 ,mais1 indp5damm5t des graves inconvni5s de my/icisme et de vague obscurit1 qui sont inhr5s t\t emploi quelconque de la m?ode ?ologique1 une telle bau*e tait c]ta9em5t insuffisante p\r con/itu] aucun ap]u sci5tifique de la progression sociale4 ,c>1 cette progression se tr\ve a9si ncessairem5t f]me p> la =mule mme qui la proclame1 puisqu'elle e/ alors irrvocablem5t borne1 de la manire la plus absolue1 au seul avnem5t du *ri/ianisme1 au-del duquel l'humanit ne saurait faire un pas4 ,or1 l'efficacit sociale de t\te philosophie ?ologique quelconque tant auj\rd'hui1 et p\r jamais1 ess5tiellem5t puise1 il e/ vid5t que cette conception prs5te dsormais1 en ralit1 un c>actre m9emm5t rtrograde1 comme je l'ai dj tabli1 en confirmation d'une irrcusable expri5ce1 qui ne cesse de s'accomplir s\s nos yeux4 ,d'un po9t de vue purem5t sci5tifique1 on conoit aism5t que la condition de cont9uit con/itue un lm5t indisp5sable de la notion df9itive du progrs de l'humanit1 notion qui re/]ait ncessairem5t impuissante dirig] l'ensemble rationnel des spculations sociales1 si elle reprs5tait la progression comme limite1 p> sa nature1 un tat dt]m91 depuis long-temps atte9t4 ,footnote #bj3 ,il convi5t1 ce me semble1 de not] ici que cette gr&e notion app>ti5t ess5tiellem5t au ca?olicisme1 auquel le prote/antisme ne l'a ensuite emprunte que d'une manire trs imp>faite1 et mme radicalem5t vicieuse1 non-seulem5t cause de son rec\rs vulgaire et irrationnel aux temps de la primitive glise1 mais aussi en v]tu de sa t5dance cont9ue1 plus aveugle encore et non mo9s prononce1 propos] surt\t p\r guide aux peuples mod]nes la p>tie la plus arrire et la plus dang]euse des ,sa9tes-critures1 c'e/--dire celle qui conc]ne l'antiquit judaque4 ,on sait d'ailleurs que le mahomtisme1 en prolongeant1 sa manire1 la mme notion1 n'a fait que t5t]1 ce sujet1 comme tant d'autres1 sans aucune amlioration relle1 une grossire imitation1 videmm5t dp\rvue de t\te vritable orig9alit4 ,p> ces div]s motifs1 on peut1 ds ce mom5t1 s5tir1 en ap]u1 que la vritable ide du progrs1 soit p>tiel1 soit total1 app>ti5t exclusivem5t1 de t\te ncessit1 la philosophie positive1 qu'aucune autre ne saurait1 cet g>d1 suppler4 ,cette philosophie p\rra seule dvoil] la vraie nature de la progression sociale1 c'e/--dire1 c>actris] le t]me f9al1 jamais ple9em5t ralisable1 v]s lequel elle t5d dirig] l'humanit1 et en mme temps faire connatre la m>*e gnrale de ce dveloppem5t graduel4 ,une telle attribution e/ dj nettem5t vrifie p> l'orig9e t\te mod]ne des seules ides de progrs cont9u qui ai5t auj\rd'hui un c>actre vraim5t rationnel1 et qui se rapport5t surt\t au dveloppem5t effectif des sci5ces positives1 d'o elles sont spontanm5t drives4 ,on peut mme rem>qu] que le premi] ap]u satisfaisant de la progression gnrale app>ti5t un philosophe ess5tiellem5t dirig p> l'esprit gomtrique1 dont le dveloppem5t1 comme je l'ai si s\v5t expliqu1 avait d prcd] celui de t\t autre mode plus complexe de l'esprit sci5tifique4 ,mais1 sans atta*] cette obs]vation p]sonnelle une importance exagre1 il demeure inconte/able que le s5tim5t du progrs des sci5ces a pu seul inspir] ,pascal cet admirable aphorisme1 jamais fondam5tal3 ,t\te la succession des hommes1 p5dant la longue suite des sicles1 doit tre considre comme un seul homme1 qui subsi/e t\j\rs1 et qui appr5d cont9uellem5t4 ,sur quelle autre base p\vait aup>avant repos] un tel ap]u8 ,quelle qu'ait d tre l'immdiate efficacit de ce premi] trait de lumire1 il faut nanmo9s reconnatre que les ides de progrs ncessaire et cont9u n'ont comm5c acqurir une vraie consi/ance philosophique1 et provoqu] rellem5t un c]ta9 degr d'att5tion publique1 que p> suite de la mmorable controv]se qui a ouv]t1 avec tant d'clat1 le sicle d]ni]1 sur la comp>aison gnrale entre les anci5s et les mod]nes4 ,cette discussion sol5nelle1 dont l'importance a t jusqu'ici peu s5tie1 con/itue1 mes yeux1 un vritable vnem5t1 d'ailleurs conv5ablem5t prp>1 dans l'hi/oire univ]selle de la raison huma9e1 qui1 p\r la premire fois1 osait a9si proclam] enf9 directem5t son progrs fondam5tal4 ,or1 il s]ait1 sans d\te1 inutile de faire expressm5t rem>qu] que l'esprit sci5tifique animait surt\t les pr9cipaux *efs de ce gr& m\vem5t philosophique1 et con/ituait seul t\te la =ce relle de leur argum5tation gnrale1 malgr la direction vicieuse qu'elle avait d'ailleurs d'autres g>ds3 on voit mme que leurs plus illu/res adv]saires1 p> une contradiction bi5 dcisive1 faisai5t hautem5t pr(ession de prfr] le c>tsianisme l'anci5ne philosophie4 ,quelque sommaires que doiv5t tre de telles indications1 elles suffis5t sans d\te p\r c>actris]1 d'une manire irrcusable1 l'orig9e vid5te de notre notion fondam5tale du progrs huma91 qui1 spontanm5t issue du dveloppem5t graduel des div]ses sci5ces positives1 y tr\ve encore auj\rd'hui ses fondem5s les plus 9branlables4 ,de cette s\rce ncessaire1 cette gr&e notion a t\j\rs t5du1 dans le c\rs du sicle d]ni]1 s't5dre aussi de plus en plus au m\vem5t politique de la socit4 ,t\tefois1 cette ext5sion f9ale1 comme je l'ai ci-dessus indiqu1 ne p\vait acqurir aucune vritable importance propre1 avant que l'n]gique impulsion dt]m9e p> la rvolution franaise ne ft v5ue manife/] hautem5t la t5dance ncessaire de l'humanit v]s un sy/me politique1 encore trop vaguem5t c>actris1 mais1 avant t\t1 radicalem5t diffr5t du sy/me anci54 ,nanmo9s1 quelque indisp5sable qu'ait d tre une telle condition prlim9aire1 elle e/ c]ta9em5t bi5 lo9 de suffire1 puisque1 p> sa nature1 elle se borne ess5tiellem5t donn] une simple ide ngative du progrs social4 ,c'e/ uniquem5t la philosophie positive1 conv5ablem5t complte p> l'tude des phnomnes politiques1 qu'il app>ti5t d'a*ev] ce qu'elle seule a rellem5t comm5c1 en reprs5tant1 dans l'ordre politique t\t aussi bi5 que dans l'ordre sci5tifique1 la suite intgrale des trans=mations antrieures de l'humanit comme l'volution ncessaire et cont9ue d'un dveloppem5t 9vitable et spontan1 dont la direction f9ale et la m>*e gnrale sont exactem5t dt]m9es p> des lois ple9em5t naturelles4 ,l'impulsion rvolutionnaire1 sans laquelle ce gr& travail et t c]ta9em5t illusoire et mme impossible1 ne saurait1 videmm5t1 en disp5s] aucun titre4 ,il e/ mme vid5t1 comme je l'ai expliqu au *apitre prcd5t1 qu'une prpondrance trop prolonge de la mtaphysique rvolutionnaire t5d dsormais1 de div]ses manires1 entrav] directem5t t\te sa9e conception du progrs politique4 ,quoi qu'il en soit1 on ne doit plus s'tonn] ma9t5ant si la notion gnrale de la progression sociale demeure encore ess5tiellem5t vague et obscure1 et1 p> suite1 radicalem5t inc]ta9e4 ,les ides sont mme assez peu avances auj\rd'hui sur ce sujet fondam5tal1 p\r qu'une confusion capitale1 qui1 des yeux vraim5t sci5tifiques1 doit sembl] extrmem5t grossire1 n'ait po9t encore cess de dom9] habituellem5t la plup>t des esprits actuels3 je veux p>l] de ce sophisme univ]sel1 que les mo9dres notions de philosophie ma?matique devrai5t aussitt rs\dre1 et qui consi/e pr5dre un accroissem5t cont9u p\r un accroissem5t illimit2 sophisme qui1 la honte de notre sicle1 s]t presque t\j\rs de base aux /riles controv]ses que n\s voyons j\rnellem5t se reproduire sur la ?se gnrale du progrs social4 ,si l'ensemble des div]ses rflexions que je vi5s d'indiqu] a pu d'abord p>atre s'c>t] rellem5t du sujet propre de la leon actuelle1 on doit ma9t5ant s5tir combi5 il s'y rapporte d'une manire directe et ncessaire4 ,ayant a9si expliqu d'avance l'impossibilit fondam5tale de con/itu] jusqu' prs5t la vritable sci5ce du dveloppem5t social1 notre apprciation gnrale des t5tatives quelconques1 ds lors m9emm5t prmatures1 dont cette gr&e fondation a pu tre l'objet1 se tr\v]a spontanm5t simplifie et abrge un haut degr1 de manire n'exig] ici qu'une sommaire indication du pr9cipal c>actre philosophique des travaux correspondans4 ,or1 l'analyse prcd5te1 quoique simplem5t bau*e1 suffit dj p\r montr] avec vid5ce1 ce sujet1 que les conditions proprem5t politiques y ont1 en gnral1 exactem5t concid avec les conditions purem5t sci5tifiques1 de manire ret>d] ess5tiellem5t jusqu' nos j\rs1 p> leur conc\rs spontan1 la possibilit d'tablir enf9 la sci5ce sociale sur des bases vraim5t positives4 ,l'influ5ce ncessaire de ce d\ble ob/acle e/1 p> sa nature1 tellem5t dt]m9e qu'elle s't5d1 sans ef=t1 avec une prcision rem>quable1 jusqu' la gnration actuelle1 qui1 seule leve s\s l'impulsion ple9em5t efficace de la crise rvolutionnaire1 peut tr\v] enf91 p\r la premire fois1 dans l'ensemble du pass social1 une base suffisante d'exploration rationnelle1 et qui1 en mme temps1 peut tre conv5ablem5t prp>e s\mettre directem5t la m?ode positive l'tude gnrale des phnomnes sociaux1 en v]tu de l'introduction pralable de l'esprit positif dans t\tes les autres bran*es fondam5tales de la philosophie naturelle1 y compris l'tude des phnomnes intellectuels et moraux1 dont la positivit naissante ne date que du comm5cem5t de ce sicle4 ,comme l'accomplissem5t de ces deux gr&es conditions tait videmm5t indisp5sable1 il s]ait c]ta9em5t inutile et mme inopportun d'entrepr5dre ici aucune critique spciale de t5tatives philosophiques dont le succs devait tre si ncessairem5t impossible4 ,y aurait-il lieu dmontr] expressm5t l'inanit radicale des ef=ts intellectuels de/9s con/itu] directem5t la sci5ce sociale1 avant qu'elle pt repos] sur une base exprim5tale suffisamm5t t5due1 et sans que notre intellig5ce pt tre aussi assez rationnellem5t prp>e8 ,les dveloppem5s secondaires que p\rrait seul utilem5t comport] un sujet aussi vid5t1 s]ai5t c]ta9em5t incompatibles avec la de/9ation pr9cipale de cet ouvrage4 ,je dois donc1 cet g>d1 me born] c>actris] ici p> un rapide ap]u1 le vice ess5tiel propre *acune de ces div]ses oprations philosophiques1 ce qui1 en vrifiant spcialem5t le jugem5t gnral que n\s v5ons d'en port] d'avance1 s]vira d'ailleurs mieux manife/] ensuite la vraie nature d'une entreprise encore ess5tiellem5t intacte4 ,quoique1 d'aprs les explications prcd5tes1 il ne s'agisse nullem5t d'esquiss] ici1 mme gr&s traits1 l'hi/oire gnrale des travaux successifs de l'esprit huma9 relativem5t la sci5ce sociale1 je ne crois pas nanmo9s devoir m'ab/5ir d'y m5tionn] d'abord le nom du gr& ,ari/ote1 dont la mmorable ,politique con/itue1 sans d\te1 l'une des plus m95tes productions de l'antiquit1 et du re/e1 a f\rni jusqu'ici le type gnral de la plup>t des travaux ultrieurs sur le mme sujet4 ,les motifs fondam5taux ci-dessus exposs sont1 p> leur nature1 m9emm5t applicables un ouvrage o ne p\vait encore pntr] aucun s5tim5t des t5dances progressives de l'humanit1 ni le mo9dre ap]u des lois naturelles de la civilisation1 et qui devait tre ess5tiellem5t dom9 p> les discussions mtaphysiques sur le pr9cipe et la =me du g\v]nem5t3 il s]ait1 c]tes1 bi5 sup]flu d'insi/]1 d'une manire quelconque1 l'g>d d'un cas aussi vid5t4 ,mais1 une poque o l'esprit positif1 naissant pe9e1 n'avait encore comm5c se manife/] faiblem5t que dans la seule gomtrie1 et lorsque1 en mme temps1 les obs]vations politiques tai5t ncessairem5t re/re9tes un tat social presque uni=me et purem5t prlim9aire1 envisag mme dans une population trs circonscrite1 il e/ vraim5t prodigieux que l'intellig5ce huma9e ait pu produire1 en un tel sujet1 un trait aussi avanc1 et dont l'esprit gnral s'loigne peut-tre mo9s d'une vraie positivit qu'en aucun autre travail de ce pre immortel de la philosophie4 ,qu'on relise1 p> exemple 7et1 mme auj\rd'hui1 les meilleurs esprits peuv5t encore le faire avec fruit71 la judicieuse analyse p> laquelle ,ari/ote a si victorieusem5t rfut les dang]euses rv]ies de ,platon et de ses imitateurs sur la communaut des bi5s2 et l'on y reconnatra aism5t des tmoignages1 aussi nombreux qu'irrcusables1 d'une rectitude1 d'une sagacit1 et d'une =ce qui1 en de semblables matires1 n'ont jamais t surpasses jusqu'ici1 et fur5t mme r>em5t gales4 ,t\tefois1 il ne faut pas oubli] que cette intressante apprciation s]ait1 p> sa nature1 ess5tiellem5t trangre la pr9cipale de/9ation de cet ouvrage4 ,il e/ trop vid5t1 d'aprs nos explications antrieures1 que la vritable sci5ce sociale ne p\vait tre que d'in/itution mod]ne1 et mme d'orig9e t\te rc5te1 p\r qu'il convi5ne ici de s'arrt] davantage aux travaux quelconques de l'antiquit1 ne ft-ce qu'af9 d'y r5dre un respectueux hommage au premi] essor du gnie huma9 dans ce gr& sujet1 et malgr l'influ5ce vid5te que cette mmorable laboration primitive a pr(ondm5t ex]ce sur l'ensemble ultrieur des mditations philosophiques4 ,en v]tu du d\ble motif gnral tabli ci-dessus1 il s]ait entirem5t sup]flu de faire aucune m5tion spciale de ces div]s travaux successifs1 d'ailleurs t\j\rs uni=mm5t conduits sur le type d',ari/ote1 simplem5t dvelopp p> l'accumulation spontane de n\veaux matriaux classs peu prs selon les mmes pr9cipes4 ,ces t5tatives philosophiques ne peuv5t comm5c] n\s occup] ici qu' p>tir de l'poque o1 d'une "p1 la prpondrance df9itive de l'esprit positif dans l'tude rationnelle des phnomnes les mo9s compliqus a pu p]mettre de compr5dre rellem5t en quoi consi/5t1 en gnral1 les lois naturelles1 et o1 d'une autre "p1 la vraie notion fondam5tale de la progression huma9e1 soit p>tielle1 soit totale1 a pris enf9 graduellem5t quelque consi/ance relle3 or1 le conc\rs de ces deux indications1 conv5ablem5t apprcies1 ne p]met gure de remont] plus lo9 que v]s le milieu du sicle d]ni]4 ,la premire et la plus importante srie de travaux qui se prs5te comme directem5t de/9e con/itu] enf9 la sci5ce sociale1 e/ alors celle du gr& ,montesquieu1 d'abord dans son ,trait sur la politique roma9e1 et surt\t ensuite dans son ,esprit des ,lois4 ,ce qui c>actrise1 mes yeux1 la pr9cipale =ce de ce mmorable ouvrage1 de manire tmoign] irrcusablem5t de l'm95te supriorit de son illu/re auteur sur t\s les philosophes contempora9s1 c'e/ la t5dance prpondrante qui s'y fait p>t\t s5tir concevoir dsormais les phnomnes politiques comme aussi ncessairem5t assujtis d'inv>iables lois naturelles que t\s les autres phnomnes quelconques3 disposition si nettem5t prononce1 ds le db1 p> cet admirable *apitre prlim9aire o1 p\r la premire fois depuis l'essor primitif de la raison huma9e1 l'ide gnrale de loi se tr\ve enf9 directem5t df9ie1 env]s t\s les sujets possibles1 mme politiques1 suivant l'uni=me acception fondam5tale que notre intellig5ce s'tait dj habitue lui attribu] dans les plus simples re*]*es positives4 ,quelle que soit l'importance de cette innovation capitale1 son orig9e philosophique ne saurait tre mconnue1 puisqu'elle rsulte videmm5t de l'entire gnralisation f9ale d'une notion incomplte que le progrs cont9u des sci5ces avait d graduellem5t r5dre trs familire t\s les esprits avancs1 p> une suite spontane de l'impulsion dcisive qu'avait produite1 un sicle aup>avant1 la gr&e comb9aison des travaux de ,desc>tes1 de ,galile1 et de ,kpl]1 et que les travaux de ,newton v5ai5t de corrobor] si heureusem5t4 ,mais cette inconte/able filiation ne doit altr]1 en aucune manire1 l'orig9alit c>actri/ique de la conception de ,montesquieu2 c>1 t\s les bons esprits sav5t assez auj\rd'hui que c'e/ surt\t en de p>eilles ext5sions fondam5tales que consi/5t rellem5t les progrs pr9cipaux de notre intellig5ce4 ,on doit bi5 plutt s'tonn] qu'un pas semblable ait pu tre conu1 en un temps o la m?ode positive n'embrassait encore que les plus simples phnomnes naturels1 sans avoir conv5ablem5t pntr dans l'tude gnrale des corps vivans1 et sans tre mme1 vrai dire1 dev5ue suffisamm5t prpondrante env]s les phnomnes purem5t *imiques4 ,cette admiration ncessaire ne p\rra que s'accrotre en ayant aussi g>d au second aspect lm5taire ci-dessus signal1 et considrant que la notion fondam5tale de la progression huma9e1 premire base indisp5sable de t\te vritable loi sociologique1 ne p\vait avoir1 p\r ,montesquieu1 ni la nettet1 ni la consi/ance1 ni surt\t la gnralit complte qu'a pu lui faire acqurir ensuite le gr& branlem5t politique s\s l'impulsion duquel n\s p5sons auj\rd'hui4 ,a une poque o les plus m95s esprits1 ess5tiellem5t proccups de va9es utopies mtaphysiques1 croyai5t encore la puissance absolue et indf9ie des lgislateurs1 arms d'une autorit suffisante1 p\r modifi] volont l'tat social1 combi5 ne fallait-il pas tre en avant de son sicle p\r os] concevoir1 d'aprs une aussi imp>faite prp>ation1 les div]s phnomnes politiques comme t\j\rs rgls1 au contraire1 p> des lois ple9em5t naturelles1 dont l'exacte connaissance devrait ncessairem5t s]vir de base rationnelle t\te sage spculation sociale1 f9alem5t propre guid] utilem5t les comb9aisons pratiques des hommes d'tat6 ,malheureusem5t1 les mmes causes gnrales qui tabliss5t1 avec tant d'vid5ce1 cette irrcusable prm95ce philosophique de ,montesquieu sur t\s ses contempora9s1 font galem5t s5tir1 d'une manire non mo9s prononce1 l'9vitable impossibilit de t\t succs rel dans une entreprise aussi hautem5t prmature1 quant son b pr9cipal1 dont les conditions prlim9aires les plus ess5tielles1 soit sci5tifiques1 soit politiques1 tai5t alors si lo9 d'un accomplissem5t suffisant4 ,il n'e/ que trop manife/e1 en effet1 que le projet fondam5tal de ,montesquieu n'a t nullem5t ralis dans l'ensemble de l'excution de son travail1 qui1 malgr l'm95t mrite de c]ta9s dtails1 ne s'c>te pas ess5tiellem5t de la nature commune des div]s travaux antrieurs1 et ne t>de po9t1 vrai dire1 rev5ir1 comme ceux-ci1 au type primitif du ,trait d',ari/ote1 dont il n'a pu d'ailleurs aucunem5t gal]1 eu g>d au temps1 la rationnelle composition4 ,aprs avoir reconnu1 en pr9cipe gnral1 la subord9ation ncessaire des phnomnes sociaux d'inv>iables lois naturelles1 on ne voit plus1 dans le c\rs de l'ouvrage1 que les faits politiques y soi5t1 en ralit1 nullem5t rapports au mo9dre ap]u de ces lois fondam5tales3 et mme la /rile accumulation de ces faits1 indiffremm5t emprunts1 s\v5t sans aucune critique vraim5t philosophique1 aux tats de civilisation les plus opposs1 p>at directem5t rep\ss] t\te ide d'un vritable en*anem5t sci5tifique1 p\r ne laiss] ord9airem5t subsi/] qu'une liaison purem5t illusoire1 fonde sur d'arbitraires rappro*em5s mtaphysiques4 ,la nature gnrale des conclusions pratiques de ,montesquieu vrifie clairem5t1 ce me semble1 combi5 l'excution de son travail a t lo9 de correspondre sa gr&e int5tion primitive4 ,c>1 cette pnible laboration irrationnelle de l'ensemble total des sujets sociaux1 n'ab\tit f9alem5t qu' proclam]1 comme type politique univ]sel1 le rgime p>lem5taire des ,anglais1 dont l'insuffisance ncessaire1 p\r satisfaire aux beso9s politiques fondam5taux des socits mod]nes1 tait1 sans d\te1 beauc\p mo9s s5sible alors qu'elle n'a d le dev5ir auj\rd'hui1 mais sans tre1 au fond1 gure mo9s relle1 puisque la situation gnrale n'a fait depuis que mieux manife/] son pr9cipal c>actre1 dj ess5tiellem5t tabli cette poque1 comme j'aurai lieu de le dmontr] plus t>d4 ,a la vrit1 l'insignifiance mme d'une telle issue honore1 s\s c]ta9s rapports1 le c>actre philosophique de ,montesquieu1 qui1 ent\r d'un va9 dbordem5t d'utopies mtaphysiques1 a su r5onc] avec f]met l'asc5dant vulgaire qu'il et si aism5t obt5u1 p\r re/re9dre scrupuleusem5t ses conclusions pratiques dans les limites trs troites imposes p> son insuffisante ?orie4 ,mais1 la ncessit logique d'une semblable re/riction1 si videmm5t infrieure aux beso9s rels de la socit1 f\rnit1 sans d\te1 indirectem5t une irrcusable confirmation gnrale de la direction vicieuse et illusoire qui a prsid l'excution relle de cette gr&e opration philosophique1 a9si radicalem5t dp\rvue de sa pr9cipale efficacit politique4 ,la seule portion considrable d'un tel travail qui p>aisse prs5t] une c]ta9e positivit effective1 e/ celle o ,montesquieu s'ef=ce d'apprci] exactem5t l'influ5ce sociale des div]ses causes locales cont9ues1 dont l'ensemble peut tre dsign1 en politique1 s\s le nom de climat4 ,dans cette entreprise sci5tifique1 videmm5t inspire d'ailleurs p> le beau ,trait d',hippocrate1 on reconnat directem5t1 en effet1 une t5dance con/ante ratta*] soigneusem5t1 l'imitation de la philosophie naturelle1 les div]s phnomnes obs]vs des =ces relles capables de les produire3 mais il e/ trs s5sible aussi que ce b gnral a t ess5tiellem5t manqu4 ,sans rappel] aucunem5t ici une facile critique1 dj tant reproduite1 et s\v5t avec bi5 peu de ju/ice1 p> un gr& nombre de philosophes po/rieurs1 on ne peut conte/] que ,montesquieu n'ait1 p\r l'ord9aire1 gravem5t mconnu la vritable influ5ce politique des climats1 qu'il a presque t\j\rs extrmem5t exagre4 ,ce que je dois surt\t faire rem>qu] ce sujet1 c'e/ la pr9cipale cause philosophique d'un tel ordre d'ab]rations1 ncessairem5t prov5ues d'une va9e t5dance irrationnelle analys] spcialem5t une pure modification avant que l'action fondam5tale ait pu tre conv5ablem5t apprcie#ba4 ,sans avoir aucunem5t tabli en quoi consi/e la progression sociale1 ni quelles en sont les lois ess5tielles1 il e/ videmm5t impossible de se =m] la mo9dre ide ju/e des p]turbations plus ou mo9s secondaires qui peuv5t rsult] du climat1 ou de t\te autre influ5ce accessoire1 mme plus puissante1 comme celle des div]ses races huma9es1 a9si que je l'expliqu]ai directem5t plus t>d1 qu& je trait]ai de la m?ode en physique sociale4 ,n\s reconnatrons alors que ces div]ses p]turbations quelconques ne peuv5t affect] que la vitesse de la progression1 dont aucun t]me important ne saurait tre ni supprim1 ni dplac4 ,a9si1 quelque intrt que puisse (frir leur analyse spciale1 elle ne peut comport] aucun succs rationnel1 tant que les lois fondam5tales du dveloppem5t social ne sont po9t pralablem5t dvoiles4 ,on s'explique aism5t l'illusion trs naturelle d'aprs laquelle ,montesquieu1 qui ne p\vait aucunem5t concevoir ces lois1 et qui p\rtant v\lait1 presque t\t prix1 faire pntr] enf9 l'esprit positif dans le doma9e des ides politiques1 a t a9si conduit s'occup] avec prdilection du seul ordre rguli] de spculations sociales qui pt lui sembl] propre l'accomplissem5t spontan d'une telle condition philosophique4 ,mais cette ab]ration1 alors =t excusable1 si mme elle p\vait tre rellem5t vite1 n'en prs5te pas mo9s s\s un n\veau j\r l'imm5se et irrcusable lacune relative l'opration fondam5tale1 dont la vicieuse excution n'a pu f\rnir aucun guide conv5able dans l'exam5 des que/ions secondaires4 ,on n'a pu mme ap]cevoir nullem5t a9si cette rem>que gnrale1 qui ressort cep5dant1 avec tant d'vid5ce1 de l'ensemble des obs]vations1 et qui doit dom9] t\te la ?orie politique des climats1 savoir3 que les causes physiques locales1 trs puissantes l'orig9e de la civilisation1 p]d5t successivem5t de leur empire mesure que le c\rs naturel du dveloppem5t huma9 p]met davantage de neutralis] leur action4 ,une telle relation se s]ait1 sans d\te1 spontanm5t prs5te ,montesquieu1 si1 con=mm5t la nature du sujet1 il avait pu procd] la ?orie politique du climat aprs avoir d'abord fix l'indisp5sable notion fondam5tale de la progression gnrale de l'humanit4 ,footnote #ba3 ,c'e/ la mme erreur logique que si1 en a/ronomie1 on prt5dait dt]m9] les p]turbations sans avoir d'abord apprci les gravitations pr9cipales1 comme je l'ai indiqu1 en #ahbb1 la f9 de mon ,sy/me de politique positive4 ,en rsum1 ce gr& philosophe a conu1 le premi]1 une entreprise capitale d\blem5t prmature1 dans laquelle il devait radicalem5t *\]1 soit en s'ef=ant de s\mettre l'esprit positif l'tude gnrale des phnomnes sociaux avant qu'il et mme conv5ablem5t pntr dans le sy/me enti] des connaissances biologiques1 soit1 s\s le po9t de vue purem5t politique1 en se proposant ess5tiellem5t de prp>] la rorganisation sociale en un temps uniquem5t de/9 l'action rvolutionnaire proprem5t dite4 ,c'e/ l surt\t ce qui explique p\rquoi une aussi m95te intellig5ce1 p> suite mme d'un avancem5t trop prononc1 a nanmo9s ex]c sur son sicle une action immdiate bi5 infrieure celle d'un simple sophi/e1 tel que ,r\sseau1 dont l'tat intellectuel1 beauc\p plus con=me la disposition gnrale de ses contempora9s1 lui a p]mis de se con/itu] spontanm5t1 avec tant de succs1 l'organe naturel du m\vem5t purem5t rvolutionnaire qui devait c>actris] cette poque4 ,montesquieu ne p\rra tre ple9em5t apprci que p> notre po/rit1 o l'ext5sion1 f9alem5t ralise1 de la philosophie positive l'ensemble des spculations sociales1 f]a pr(ondm5t s5tir la haute valeur de ces t5tatives prcoces qui1 t\t en manquant ncessairem5t un b encore trop loign1 contribu5t nanmo9s1 p> de lum9euses et indisp5sables indications prlim9aires1 pos] conv5ablem5t la "q gnrale qui devra tre ultrieurem5t rsolue4 ,depuis ,montesquieu1 le seul pas important qu'ait fait jusqu'ici la conception fondam5tale de la sociologie#bb1 e/ d l'illu/re et malheureux ,condorcet1 dans son mmorable ouvrage sur l',esquisse d'un tableau hi/orique des progrs de l'esprit huma91 au sujet duquel une ju/e apprciation exige t\tefois qu'on n'oublie po9t la haute p>ticipation pralable de son clbre ami1 le sage ,turgot1 dont les prcieux ap]u primitifs sur la ?orie gnrale de la p]fectibilit huma9e avai5t sans d\te utilem5t prp> la p5se de ,condorcet4 ,ici1 quoique1 f9alem5t1 la gr&e opration philosophique1 videmm5t projete p> ,montesquieu1 ait encore1 au fond1 galem5t avort1 et peut-tre mme d'une manire plus prononce1 il demeure nanmo9s inconte/able que1 p\r la premire fois1 la notion sci5tifique1 vraim5t primordiale1 de la progression sociale de l'humanit1 a t enf9 nettem5t et directem5t introduite1 avec t\te la prpondrance univ]selle qu'elle doit ex]c] dans l'ensemble d'une telle sci5ce1 ce qui1 c]ta9em5t1 n'avait pas lieu *ez ,montesquieu4 ,s\s ce po9t de vue1 la pr9cipale =ce de l'ouvrage rside dans cette belle introduction o ,condorcet expose immdiatem5t sa p5se gnrale1 et c>actrise son projet philosophique d'tudi] l'en*anem5t fondam5tal des div]s tats sociaux4 ,ce petit nombre de pages immortelles ne laisse vraim5t dsir]1 surt\t p\r l'poque1 ri5 d'ess5tiel1 en ce qui conc]ne la position totale de la "q sociologique1 qui1 dans un av5ir quelconque1 repos]a t\j\rs1 mon gr1 sur cet admirable nonc1 jamais acquis la sci5ce4 ,malheureusem5t1 l'excution de ce desse9 capital e/ lo9 de correspondre1 en aucune manire1 la gr&eur d'un tel projet1 qui1 malgr cette infructueuse t5tative1 re/e encore entirem5t intact1 comme il s]ait auj\rd'hui sup]flu de le dmontr] expressm5t ici4 ,d'aprs les pr9cipes que j'ai tablis1 une judicieuse apprciation philosophique de la situation gnrale de l'esprit huma9 cette poque peut1 ce me semble1 aism5t expliqu] la fois et le succs de la conception et l'avortem5t de l'excution1 ab/raction faite d'ailleurs de l'influ5ce secondaire qu'a d ex]c]1 l'un ou l'autre titre1 la nature spciale de l'intellig5ce qui a s]vi d'organe cette opration4 ,footnote #bb3 ,je crois devoir has>d]1 ds prs5t1 ce t]me n\veau1 exactem5t quival5t mon expression1 dj introduite1 de physique sociale1 af9 de p\voir dsign] p> un nom unique cette p>tie complm5taire de la philosophie naturelle qui se rapporte l'tude positive de l'ensemble des lois fondam5tales propres aux phnomnes sociaux4 ,la ncessit d'une telle dnom9ation1 p\r correspondre la de/9ation spciale de ce volume1 f]a1 j'espre1 excus] ici ce d]ni] ex]cice d'un droit lgitime1 dont je crois avoir t\j\rs u avec t\te la circonspection conv5able1 et sans cess] d'pr\v] une pr(onde rpugnance p\r t\te habitude de nologisme sy/matique4 ,il suffit1 cet effet1 d'e/im]1 p> ap]u1 le progrs ess5tiel qu'avait d faire1 de ,montesquieu ,condorcet1 l'accomplissem5t graduel des deux gr&es conditions1 l'une sci5tifique1 l'autre politique1 dont j'ai ci-dessus tabli la ncessit dans une telle laboration4 ,s\s le premi] aspect1 il faut surt\t rem>qu] que l'admirable essor des sci5ces naturelles1 et pr9cipalem5t de la *imie1 p5dant la seconde moiti du sicle d]ni]1 avait d t5dre spontanm5t dvelopp]1 un haut degr1 *ez t\s les esprits avancs1 la notion fondam5tale des lois positives1 a9si dev5ue la fois plus t5due et plus pr(onde1 et p> suite de plus en plus prpondrante4 ,on doit mme spcialem5t not]1 ce sujet1 que cette poque e/ aussi celle o l'tude gnrale des corps vivans a comm5c pr5dre enf9 une c]ta9e consi/ance et un vrai c>actre sci5tifique1 au mo9s dans l'ordre anatomique et dans l'ordre taxonomique1 si ce n'e/ encore dans l'ordre purem5t physiologique4 ,e/-il tonnant ds lors qu'un esprit tel que celui de ,condorcet1 rationnellem5t prp>1 s\s la direction du gr& d',alemb]t1 p> de =tes mditations ma?matiques1 qui1 p> une position sociale m9emm5t philosophique1 avait d pr(ondm5t ress5tir l'impulsion des imm5ses progrs contempora9s des sci5ces physico-*imiques1 et qui1 en outre1 avait pu subir ple9em5t l'heureuse influ5ce des mmorables travaux de ,hall]1 de ,jussieu1 de ,l9n1 de ,buffon et de ,vicq-d',azir1 sur les pr9cipales p>ties de la philosophie biologique1 ait enf9 di/9ctem5t conu le projet fondam5tal de transport] directem5t aussi1 dans l'tude spculative des phnomnes sociaux1 cette mme m?ode positive qui1 depuis ,desc>tes1 n'avait jamais cess de rgnr] a9si de plus en plus le sy/me enti] des connaissances huma9es8 ,avec un ensemble d'antcd5s aussi favorables1 le gnie plus m95t de ,montesquieu et ralis1 sans d\te1 de t\t autres rsultats1 dans une p>eille situation4 ,il faut cep5dant reconnatre1 mme d'aprs les explications que je vi5s d'indiqu]1 que la con/itution gnrale de la sci5ce sociale sur des bases vraim5t positives tait encore1 p\r ,condorcet lui-mme1 ess5tiellem5t prmature1 quoiqu'elle dt l'tre beauc\p mo9s1 sans d\te1 que p\r ,montesquieu4 ,c>1 il re/ait a9si trav]s]1 en outre1 une d]nire /ation int]mdiaire1 dont la ncessit ne p\vait tre lude1 en tablissant le sy/me rationnel1 alors pe9e bau*1 de la sa9e philosophie biologique1 et surt\t en compltant cette philosophie p> l'ext5sion directe de la m?ode positive l'tude des phnomnes intellectuels et moraux1 indisp5sable rvolution prlim9aire1 dont l'in=tun ,condorcet n'a pu tre tmo94 ,une telle lacune spculative se fait p>t\t s5tir1 de la manire la plus dplorable1 dans l'ouvrage de ,condorcet1 et pr9cipalem5t au sujet de ces vagues et irrationnelles conceptions de p]fectibilit indf9ie1 o son imag9ation1 dp\rvue de t\t guide et de t\t fre9 sci5tifiques1 emprunts aux vritables lois fondam5tales de la nature huma9e1 s'g>e la va9e contemplation des esprances les plus *imriques et mme les plus absurdes4 ,de semblables ab]rations1 *ez d'aussi gr&s esprits1 sont bi5 propres n\s faire s5tir combi5 il e/ radicalem5t impossible notre faible intellig5ce de fran*ir avec succs aucun des nombreux int]mdiaires que n\s impose graduellem5t la m>*e gnrale de l'esprit huma94 ,s\s le po9t de vue politique1 il e/ galem5t vid5t que la notion fondam5tale du progrs social a d dev5ir la fois beauc\p plus nette et plus f]me1 et f9alem5t bi5 plus prpondrante p\r ,condorcet1 qu'elle n'avait pu l'tre p\r ,montesquieu4 ,c>1 mme indp5damm5t de l'explosion c>actri/ique de #aghi1 on ne p\vait plus d\t]1 au temps de ,condorcet1 de la t5dance f9ale de l'espce huma9e quitt] irrvocablem5t l'anci5 sy/me social1 quoique la nature gnrale du sy/me n\veau ne pt tre encore que trs vaguem5t s\ponne1 et ft mme presque t\j\rs ess5tiellem5t mconnue4 ,ayant dj suffisamm5t indiqu l'9vitable ncessit de cette condition capitale1 et l'indisp5sable influ5ce de son accomplissem5t graduel1 je n'ai pas beso9 d'y rev5ir spcialem5t ici4 ,mais1 af9 de complt] cette importante explication1 je dois pr(it] de la prcieuse occasion que me f\rnit1 d'une manire la fois si spontane et si prononce1 le mmorable exemple de ,condorcet1 p\r faire compr5dre p> quelle fatale raction cette influ5ce de l'esprit rvolutionnaire1 aprs avoir donn l'ide de progression sociale une puissante impulsion primitive1 qui ne p\vait alors tre autrem5t produite1 vi5t ensuite entrav] radicalem5t1 et d'une manire non mo9s ncessaire1 son premi] dveloppem5t sci5tifique4 ,cette fune/e proprit rsulte spontanm5t des prjugs critiques que doit univ]sellem5t tablir la prpondrance absolue de la philosophie rvolutionnaire1 et qui s'oppos5t directem5t t\te sa9e apprciation du pass politique1 et1 p> consqu5t1 t\te conception vraim5t rationnelle de la progression cont9ue et graduelle de l'humanit4 ,ri5 n'e/1 malheureusem5t1 plus s5sible1 dans l'ouvrage de ,condorcet1 dont la lecture att5tive fait1 *aque in/ant1 ressortir cette contradiction fondam5tale1 aussi directe qu'trange1 de l'imm5se p]fectionnem5t o l'espce huma9e y e/ reprs5te comme p>v5ue la f9 du dix-huitime sicle1 comp> l'influ5ce m9emm5t rtrograde que l'auteur attribue1 presque con/amm5t1 dans l'ensemble du pass1 t\tes les doctr9es1 t\tes les in/itutions1 t\s les p\voirs effectivem5t prpondrans3 quoique1 du po9t de vue sci5tifique1 le progrs total f9alem5t accompli ne puisse tre1 sans d\te1 que le rsultat gnral de l'accumulation spontane des div]s progrs p>tiels successivem5t raliss depuis l'orig9e de la civilisation1 en v]tu de la m>*e ncessairem5t l5te et graduelle de la nature huma9e4 ,a9si conue1 l'tude du pass ne prs5te plus1 vrai dire1 qu'une sorte de miracle p]ptuel1 o l'on s'e/ mme int]dit d'abord la ress\rce vulgaire de la ,provid5ce4 ,p\rrait-on1 ds-lors1 s'tonn] que1 malgr le mrite m95t et trop peu s5ti de plusieurs ap]u incid5s1 ,condorcet n'ait rellem5t dvoil aucune des lois vritables du dveloppem5t huma91 qu'il n'ait nullem5t s\ponn la nature ess5tiellem5t transitoire de la politique rvolutionnaire1 et que1 f9alem5t1 il ait t\t--fait manqu la conception gnrale de l'av5ir social8 ,une expri5ce philosophique aussi tri/em5t dcisive doit faire pr(ondm5t s5tir combi5 t\te prpondrance de l'esprit rvolutionnaire e/ dsormais incompatible avec l'tude vraim5t rationnelle des lois positives de la progression sociale4 ,il faut1 sans d\te1 soigneusem5t vit]1 soit env]s le pass1 soit l'g>d du prs5t1 que le s5tim5t sci5tifique de la subord9ation ncessaire des vnem5s sociaux d'inv>iables lois naturelles dgnre jamais en une disposition sy/matique un fatalisme ou un optimisme galem5t dgradans et p>eillem5t dang]eux3 et c'e/1 en p>tie1 p\r ce motif que des c>actres levs peuv5t seuls cultiv] avec succs la physique sociale4 ,mais1 il n'e/ pas mo9s vid5t1 d'aprs le pr9cipe philosophique des conditions d'exi/5ce1 tabli surt\t1 dans le volume prcd5t1 l'g>d des phnomnes biologiques quelconques1 et m9emm5t applicable1 p> sa nature1 aux phnomnes politiques1 que t\te =ce sociale long-temps active a d ncessairem5t p>ticip] la production gnrale du dveloppem5t huma91 suivant un mode dt]m91 dont l'exacte analyse con/itue1 p\r la sci5ce1 une indisp5sable obligation p]man5te1 comme je l'expliqu]ai spcialem5t1 au *apitre suivant1 en traitant directem5t de l'esprit fondam5tal qui doit app>t5ir cette sci5ce n\velle4 ,t\te autre manire de procd]1 p> voie de ngation sy/matique et cont9ue de la ncessit ou de l'utilit des div]ses gr&es influ5ces ou oprations politiques que l'hi/oire n\s fait connatre1 la faon de ,condorcet1 doit promptem5t dev5ir de/ructive de t\te tude vraim5t rationnelle des phnomnes sociaux1 et r5dre1 p> consqu5t1 impossible la sa9e physique sociale1 en y emp*ant radicalem5t la position normale de *aque problme4 ,on ne peut1 ce sujet1 s'ab/5ir de contempl]1 avec une respectueuse admiration1 la pr(onde supriorit philosophique de ,montesquieu1 qui1 sans avoir pu1 comme ,condorcet1 jug] l'esprit rvolutionnaire d'aprs l'expri5ce la plus c>actri/ique1 avait su nanmo9s s'affran*ir ess5tiellem5t1 l'g>d du pass1 des prjugs critiques qui dom9ai5t t\tes les intellig5ces contempora9es1 et qui avai5t mme gravem5t atte9t sa propre jeunesse4 ,quoi qu'il en soit1 les rflexions prcd5tes n\s conduis5t f9alem5t apprci]1 avec une plus gr&e prcision1 la condition politique prlim9aire ci-dessus tablie p\r la fondation d'une vritable sci5ce sociale4 ,c>1 n\s voyons a9si que cette fondation n'a pu dev5ir ralisable que depuis que l'esprit rvolutionnaire a d comm5c] p]dre son pr9cipal asc5dant1 ce qui1 p> une autre voie1 n\s ramne ess5tiellem5t l'poque actuelle1 comme n\s l'avions dj reconnu d'aprs la condition purem5t sci5tifique4 ,malgr que cette d\ble explication gnrale soit ici1 sans d\te1 extrmem5t sommaire1 elle suffira1 j'espre1 p\r faire conv5ablem5t apprci]1 a9si que je l'avais annonc1 soit l'm95te valeur du projet philosophique conu p> ,condorcet1 soit l'avortem5t ncessaire et total de son excution relle4 ,si la vraie nature gnrale de l'opration a t enf9 nettem5t dvoile jamais p> cette mmorable t5tative1 il e/ galem5t inconte/able que l'entreprise re/e encore t\t entire accomplir4 ,t\s les esprits clairs dplor]ont t\j\rs pr(ondm5t la tragique de/9e de cet illu/re philosophe1 enlev l'humanit1 dans la plnitude de sa c>rire1 p> suite des sauvages ab]rations de ses contempora9s1 et qui a su utilis] si noblem5t1 au pr(it de la gr&e cause1 jusqu' sa mort glorieuse1 en y donnant sol5nellem5t1 avec une n]gie aussi mode/e que s\t5ue1 l'un de ces exemples dcisifs d'une sublime et t\*ante abngation p]sonnelle unie une f]met calme et 9branlable1 que les croyances religieuses prt5dai5t p\voir seules produire ou ma9t5ir4 ,mais1 quelques progrs qu'une aussi haute raison1 appuye d'un aussi noble c>actre1 n'et pu manqu] de faire1 la suite des gr&s vnem5s ultrieurs1 si le temps ne lui avait pas t aussi dplorablem5t ravi1 l'analyse prcd5te ne n\s p]met po9t de p5s] que ,condorcet et pu rellem5t p>v5ir jamais rectifi]1 au degr suffisant1 le vice fondam5tal d'une telle laboration1 dont les conditions ess5tielles1 soit sci5tifiques1 soit politiques1 n'ont pu comm5c] enf9 tre conv5ablem5t remplies que de nos j\rs1 *ez les intellig5ces mme les plus m95tes et les plus avances4 ,les deux t5tatives philosophiques que je vi5s de c>actris] sommairem5t1 sont1 vrai dire1 les seules jusqu'ici qui1 malgr leur irrcusable prcocit et leur 9vitable avortem5t1 doiv5t tre envisages comme diriges suivant la vritable voie gnrale qui peut conduire f9alem5t la con/itution positive de la sci5ce sociale2 puisque cette sci5ce y e/1 du mo9s1 t\j\rs conue de manire repos] immdiatem5t sur l'ensemble des faits hi/oriques1 soit dans la p5se de ,montesquieu1 soit1 encore plus di/9ctem5t1 dans celle de ,condorcet4 ,outre ces deux mmorables sries de travaux1 qui1 ce titre1 devai5t exclusivem5t n\s occup] ici1 j'aurai naturellem5t l'occasion1 dans l'un des *apitres suivans1 d'apprci] suffisamm5t1 quoique d'une manire purem5t incid5te1 quelques autres ef=ts1 bi5 plus radicalem5t illusoires et ncessairem5t /riles1 o l'on se proposait va9em5t de positiv] la sci5ce sociale en la dduisant de quelqu'une des diffr5tes sci5ces fondam5tales dj con/itues2 ce qui n'a pu avoir d'autre efficacit relle que de mieux manife/] l'urg5ce d'une opration aussi div]sem5t p\rsuivie depuis un demi-sicle4 ,mais1 af9 de tir] de notre exam5 actuel t\te l'utilit pr9cipale qu'il peut comport] p\r le pralable claircissem5t gnral du b et de l'esprit de la gr&e fondation que j'ose entrepr5dre mon t\r1 je crois devoir le complt] encore p> quelques rflexions philosophiques sur la nature et l'objet de ce qu'on nomme l'conomie politique4 ,on ne peut1 sans d\te1 nullem5t repro*] nos conomi/es d'avoir prt5du tablir la vritable sci5ce sociale1 puisque les plus classiques d'entre eux se sont ef=cs de reprs5t] dogmatiquem5t1 surt\t de nos j\rs1 le sujet gnral de leurs tudes comme entirem5t di/9ct et indp5dant de l'ensemble de la sci5ce politique1 dont ils s'atta*5t t\j\rs davantage l'isol] p>faitem5t4 ,mais1 malgr cet aveu dcisif1 dont la s9crit spontane ne doit1 c]tes1 tre aucunem5t suspecte1 il n'e/ pas mo9s vid5t que ces philosophes se sont p]suads1 de trs bonne foi1 qu'ils tai5t enf9 p>v5us1 l'imitation des savans proprem5t dits1 s\mettre enf9 l'esprit positif ce qu'ils appell5t la sci5ce conomique1 et que *aque j\r ils propos5t leur manire de procd] comme le type d'aprs lequel t\tes les ?ories sociales doiv5t tre f9alem5t rgnres4 ,cette illusion =t naturelle ayant1 dans ce sicle1 graduellem5t acquis assez de crdit1 soit p>mi le public1 soit auprs des g\v]nem5s1 p\r donn] lieu1 sur les pr9cipaux po9ts du monde civilis1 l'in/itution de plusieurs *aires spciales (ficiellem5t de/9es ce n\vel enseignem5t1 il ne s]a pas inutile ici de la c>actris] succ9tem5t1 af9 de vrifi] clairem5t que je ne dois pas me born]1 ce qui me sembl]ait1 t\s g>ds1 bi5 prfrable1 cont9u] une opration dj comm5ce1 mais qu'il s'agit1 malheureusem5t1 au contraire1 et sans que ri5 puisse m'en disp5s]1 de t5t] une cration philosophique qui n'a jamais t jusqu'ici bau*e ni mme conv5ablem5t conue p> aucun de mes prdcesseurs4 ,quoique ce surcrot de dmon/ration doive1 sans d\te1 p>atre sup]flu t\t lecteur graduellem5t prp>1 p> l'tude att5tive des trois volumes prcd5s1 press5tir suffisamm5t le vritable esprit philosophique et les conditions logiques ess5tielles de la sci5ce sociale1 il n'en saurait tre a9si *ez les intellig5ces1 mme =tem5t organises1 dp\rvues1 p> la nature de leur ducation1 du s5tim5t intime et famili] de la vraie positivit sci5tifique1 et l'g>d desquelles le rapide claircissem5t pralable qui va suivre doit avoir une importance relle1 m'en rfrant1 d'ailleurs1 bi5 ent5du1 l'ensemble de ce volume1 p\r dissip] implicitem5t t\tes les objections prmatures que p\rrait s\lev] et t\tes les inc]titudes secondaires que p\rrait laiss] une aussi sommaire apprciation fondam5tale de l'conomie politique4 ,au po9t o ce ,trait e/ ma9t5ant p>v5u1 une simple considration prjudicielle1 si elle p\vait tre ple9em5t s5tie1 devrait suffire1 ce me semble1 c>actris] clairem5t cette inanit ncessaire des prt5tions sci5tifiques de nos conomi/es1 qui1 presque t\j\rs sortis des rangs des avocats ou des littrateurs1 n'ont pu1 c]ta9em5t1 puis] aucune s\rce rgulire cet esprit habituel de rationnalit positive qu'ils croi5t avoir transport dans leurs re*]*es4 ,9vitablem5t trang]s1 p> leur ducation1 mme env]s les mo9dres phnomnes1 t\te ide d'obs]vation sci5tifique1 t\te notion de loi naturelle1 t\t s5tim5t de vraie dmon/ration1 il e/ vid5t que1 quelle que pt tre la =ce intr9sque de leur intellig5ce1 ils n'ont pu t\t--c\p appliqu] conv5ablem5t aux analyses les plus difficiles une m?ode dont ils ne connaissai5t nullem5t les plus simples applications1 sans aucune autre prp>ation philosophique que quelques vagues et insuffisans prceptes de logique gnrale1 incapables d'aucune efficacit relle4 ,aussi l'ensemble de leurs travaux manife/e-t-il videmm5t1 de prime abord1 t\t juge compt5t et ex]c1 les c>actres les plus dcisifs des conceptions purem5t mtaphysiques4 ,on doit1 t\tefois1 honorablem5t c>t]1 avant t\t1 le cas m9emm5t exceptionnel de l'illu/re et judicieux philosophe ,adam ,smi?1 qui1 sans avoir aucunem5t la va9e prt5tion de fond]1 ce sujet1 une n\velle sci5ce spciale1 s'e/ seulem5t propos p\r b1 si bi5 ralis dans son immortel ouvrage1 d'claircir diffr5s po9ts ess5tiels de philosophie sociale1 p> ses lum9euses analyses relatives la division du travail1 l'(fice fondam5tal des monnaies1 l'action gnrale des banques1 etc41 et tant d'autres p>ties pr9cipales du dveloppem5t indu/riel de l'humanit4 ,quoique ayant d re/] ess5tiellem5t engag encore dans la philosophie mtaphysique1 comme t\s ses contempora9s1 mme les plus m95s1 un esprit de cette trempe1 qui d'ailleurs app>t5ait alors1 d'une manire si di/+ue1 l'cole mtaphysique la plus avance1 ne p\vait gure tomb] pr(ondm5t dans une telle illusion1 prcism5t p>ce que l'ensemble de ses tudes pralables avait d lui faire mieux s5tir en quoi consi/e surt\t la vraie m?ode sci5tifique1 comme le tmoign5t clairem5t de prcieux ap]u1 trop peu apprcis1 sur l'hi/oire philosophique des sci5ces1 et notamm5t de l'a/ronomie1 publis p>mi ses oeuvres po/humes4 ,a cette seule exception prs1 aussi nettem5t explique1 et dont les conomi/es s'autoris]ai5t va9em5t1 il e/1 ce me semble1 vid5t que t\te la p>tie dogmatique de leur prt5due sci5ce prs5te1 d'une manire galem5t directe et pr(onde1 le simple c>actre mtaphysique1 malgr l'affectation illusoire des =mes spciales et du protocole habituel du langage sci5tifique1 dj grossirem5t imit1 du re/e1 sans plus de succs rel1 en plusieurs autres occasions philosophiques =t antrieures1 et1 p> exemple1 dans les compositions ?ologico-mtaphysiques du clbre ,sp9osa4 ,celui qui1 de nos j\rs1 a prs5t l'ensemble de cette doctr9e conomique s\s l'aspect le plus rationnel et le mieux apprciable1 le respectable ,tracy1 a fait directem5t1 avec cette noble c&eur philosophique qui le c>actrisa t\j\rs1 l'aveu spontan et dcisif d'une telle con/itution mtaphysique1 en excutant simplem5t son trait d'conomie politique comme une quatrime p>tie de son trait gnral d'idologie1 entre la logique et la morale2 et ce c>actre fondam5tal1 lo9 d'tre born la seule coord9ation primitive1 que l'on p\rrait attribu] d'accid5telles proccupations sy/matiques1 se montre1 au contraire1 ple9em5t s\t5u1 de la manire la plus naturelle et la plus prononce1 dans t\t le c\rs du travail4 ,du re/e1 l'hi/oire contempora9e de cette prt5due sci5ce confirme1 avec une irrsi/ible vid5ce1 ce jugem5t direct sur sa nature purem5t mtaphysique4 ,il e/ inconte/able1 en effet1 d'aprs l'ensemble de notre pass intellectuel p5dant les trois d]ni]s sicles1 sans avoir beso9 de remont] plus haut1 que la cont9uit et la fcondit sont les symptmes les mo9s quivoques de t\tes les conceptions vraim5t sci5tifiques4 ,qu& les travaux actuels1 au lieu de se prs5t] comme la suite spontane et le p]fectionnem5t graduel des travaux antrieurs1 pr5n5t1 p\r *aque auteur n\veau1 un c>actre ess5tiellem5t p]sonnel1 de manire remettre sans cesse en "q les notions les plus fondam5tales2 qu&1 d'un autre ct1 la con/itution dogmatique1 lo9 d'eng5dr] aucun progrs rel et s\t5u1 ne dt]m9e habituellem5t qu'une /rile reproduction de controv]ses illusoires1 t\j\rs r5\veles1 et n'avanant jamais3 ds lors1 on peut tre c]ta9 qu'il ne s'agit po9t d'une doctr9e positive quelconque1 mais de pures diss]tations ?ologiques ou mtaphysiques4 ,or1 n'e/-ce po9t l le spectacle intellectuel que n\s prs5te1 depuis un demi-sicle1 l'conomie politique8 ,si nos conomi/es sont1 en ralit1 les successeurs sci5tifiques d',adam ,smi?1 qu'ils n\s montr5t donc en quoi ils ont effectivem5t p]fectionn et complt la doctr9e de ce matre immortel1 quelles dc\v]tes vraim5t n\velles ils ont aj\tes ses heureux ap]u primitifs1 ess5tiellem5t dfigurs1 au contraire1 p> un va9 et puril talage des =mes sci5tifiques4 ,en considrant1 d'un reg>d imp>tial1 les /riles conte/ations qui les divis5t sur les notions les plus lm5taires de la valeur1 de l'utilit1 de la production1 etc41 ne croirait-on pas assi/] aux plus tranges dbats des scola/iques du moy5 ge sur les attributions fondam5tales de leurs pures entits mtaphysiques1 dont les conceptions conomiques pr5n5t de plus en plus le c>actre1 mesure qu'elles sont dogmatises et subtilises davantage4 ,dans l'un1 comme dans l'autre cas1 le rsultat f9al de ces absurdes et int]m9ables discussions1 e/1 le plus s\v5t1 de dnatur] pr(ondm5t les prcieuses indications primitives du bon s5s vulgaire1 dsormais conv]ties en notions radicalem5t confuses1 qui ne sont plus susceptibles d'aucune application relle1 et qui ne peuv5t ess5tiellem5t eng5dr] que d'oiseuses disputes de mots4 ,a9si1 p> exemple1 t\s les hommes s5ss atta*ai5t d'abord un s5s nettem5t intelligible aux expressions indisp5sables de produit et de producteur3 depuis que la mtaphysique conomique s'e/ avise de les df9ir1 l'ide de production1 =ce de vicieuses gnralisations1 e/ dev5ue tellem5t vague et indt]m9e que les esprits judicieux1 qui se piqu5t d'exactitude et de cl>t1 sont ma9t5ant obligs d'employ] de pnibles circuits de langage p\r vit] l'emploi de t]mes r5dus pr(ondm5t obscurs et quivoques4 ,un tel effet n'e/-il po9t alors p>faitem5t analogue au p>eil ravage produit aup>avant p> la mtaphysique dans l'tude fondam5tale de l'ent5dem5t huma91 l'g>d1 p> exemple1 des notions gnrales d'analyse et de syn?se1 etc48 ,il faut d'ailleurs soigneusem5t rem>qu] que l'aveu gnral de nos conomi/es sur l'isolem5t ncessaire de leur prt5due sci5ce1 relativem5t l'ensemble de la philosophie sociale1 con/itue implicitem5t une involontaire reconnaissance1 dcisive quoique indirecte1 de l'inanit sci5tifique de cette ?orie1 qu',adam ,smi? n'avait en g>de de concevoir a9si4 ,c>1 p> la nature du sujet1 dans les tudes sociales1 comme dans t\tes celles relatives aux corps vivans1 les div]s aspects gnraux sont1 de t\te ncessit1 mutuellem5t solidaires et rationnellem5t insp>ables1 au po9t de ne p\voir tre conv5ablem5t claircis que les uns p> les autres1 a9si que la leon suivante l'expliqu]a spcialem5t4 ,qu& on quitte le monde des entits1 p\r abord] les spculations relles1 il devi5t donc c]ta9 que l'analyse conomique ou indu/rielle de la socit ne saurait tre positivem5t accomplie1 ab/raction faite de son analyse intellectuelle1 morale1 et politique1 soit au pass1 soit mme au prs5t3 en sorte que1 rciproquem5t1 cette irrationnelle sp>ation f\rnit un symptme irrcusable de la nature ess5tiellem5t mtaphysique des doctr9es qui la pr5n5t p\r base4 ,tel e/ donc le jugem5t f9al que me semble mrit] la prt5due sci5ce conomique1 considre s\s le rapport dogmatique4 ,mais1 son g>d1 il s]ait inju/e d'oubli] que1 en l'envisageant du po9t de vue hi/orique propre ce volume1 et dans une int5tion mo9s sci5tifique et plus politique1 cette doctr9e con/itue rellem5t une d]nire p>tie ess5tielle du sy/me total de la philosophie critique1 qui a ex]c1 p5dant la priode purem5t rvolutionnaire1 un (fice si indisp5sable1 quoique simplem5t transitoire4 ,l'conomie politique1 comme j'aurai lieu de l'expliqu] ultrieurem5t dans l'analyse hi/orique de cette gr&e poque1 a p>ticip1 d'une manire qui lui e/ propre1 et presque t\j\rs =t honorable1 cette imm5se lutte intellectuelle1 en discrditant radicalem5t l'ensemble de la politique indu/rielle que1 depuis le moy5 ge1 dveloppait de plus en plus l'anci5 rgime social1 et qui en mme temps dev5ait incessamm5t plus nuisible l'essor gnral de l'indu/rie mod]ne1 qu'elle avait d'abord utilem5t protg4 ,cette fonction purem5t provisoire con/itue1 vrai dire1 la pr9cipale efficacit sociale d'une telle doctr9e1 sans que le v]nis sci5tifique dont elle a va9em5t t5t de se c\vrir y soit d'ailleurs d'aucune utilit relle4 ,mais1 si1 ce titre1 elle p>tage spcialem5t la gloire gnrale de ce va/e dblai prlim9aire1 elle manife/e aussi1 sa manire1 les graves inconvni5s politiques que n\s avons reconnus1 dans la leon prcd5te1 et que n\s s5tirons de plus en plus dans la suite1 app>t5ir ncessairem5t dsormais l'ensemble de la philosophie rvolutionnaire1 depuis que le m\vem5t de dcomposition a t p\ss assez lo9 p\r r5dre de plus en plus indisp5sable la prpondrance f9ale du m\vem5t inv]se de recomposition4 ,il n'e/ que trop ais de con/at]1 en effet1 que l'conomie politique1 comme t\tes les autres p>ties de cette philosophie1 a galem5t son mode spcial de sy/matis] l'an>*ie2 et les =mes sci5tifiques qu'elle a empruntes de nos j\rs ne font1 en ralit1 qu'aggrav] un tel dang]1 en t5dant le r5dre plus dogmatique et plus t5du4 ,c> cette prt5due sci5ce ne s'e/ po9t borne1 quant au pass1 critiqu]1 d'une manire beauc\p trop absolue1 la politique indu/rielle des anci5s p\voirs europens1 qui1 malgr ses inconvni5s actuels1 avai5t c]ta9em5t ex]c long-temps une influ5ce utile1 et mme indisp5sable au premi] dveloppem5t indu/riel des socits mod]nes4 ,il y a bi5 plus3 l'esprit gnral de l'conomie politique1 p\r quiconque l'a conv5ablem5t apprci dans l'ensemble des crits qui s'y rapport5t1 conduit ess5tiellem5t auj\rd'hui rig] en dogme univ]sel l'abs5ce ncessaire de t\te int]v5tion rgulatrice quelconque1 comme con/ituant1 p> la nature du sujet1 le moy5 le plus conv5able de second] l'essor spontan de la socit2 en sorte que1 dans *aque occasion grave qui vi5t successivem5t s'(frir1 cette doctr9e ne sait rpondre1 d'ord9aire1 aux plus urg5s beso9s de la pratique1 que p> la va9e reproduction uni=me de cette ngation sy/matique1 la manire de t\tes les autres p>ties de la philosophie rvolutionnaire4 ,p\r avoir1 plus ou mo9s imp>faitem5t1 con/at1 dans quelques cas p>ticuli]s1 d'une importance =t secondaire1 la t5dance naturelle des socits huma9es un c]ta9 ordre ncessaire1 cette prt5due sci5ce en a trs vicieusem5t conclu l'inutilit fondam5tale de t\te in/itution spciale1 directem5t de/9e rgul>is] cette coord9ation spontane1 au lieu d'y voir seulem5t la s\rce premire de la possibilit d'une telle organisation1 comme je l'expliqu]ai conv5ablem5t dans la suite#bc4 ,t\tefois1 quels que soi5t les dang]s vid5s de ce sophisme univ]sel1 dont les consqu5ces logiques1 si elles p\vai5t tre ple9em5t et librem5t dduites1 n'irai5t ri5 mo9s qu' l'abolition m?odique de t\t g\v]nem5t rel1 la ju/ice exige qu'on rem>que aussi1 p> une sorte de comp5sation1 d'ailleurs trs imp>faite1 l'heureuse disposition simultane de l'conomie politique actuelle reprs5t] immdiatem5t1 dans le g5re le mo9s noble des relations sociales1 les div]s intrts huma9s comme ncessairem5t solidaires1 et p> suite susceptibles d'une /able conciliation fondam5tale4 ,quoique1 p> cette importante dmon/ration1 les conomi/es n'ai5t fait1 sans d\te1 que s]vir1 plus ou mo9s fidlem5t1 d'organe philosophique la conviction univ]selle que le bon s5s vulgaire devait spontanm5t acqurir p> suite du progrs commun et cont9u de l'indu/rie huma9e dans l'ensemble des populations mod]nes1 la sa9e philosophie ne leur en devra pas mo9s une t]nelle reconnaissance de leurs heureux ef=ts p\r dissip] le fune/e et immoral prjug qui1 soit entre individus1 soit entre peuples1 reprs5tait l'amlioration de la condition matrielle des uns comme ne p\vant rsult] que d'une dtrioration correspondante *ez les autres1 ce qui rev5ait1 au fond1 ni] ou mconnatre le dveloppem5t indu/riel1 en supposant ncessairem5t con/ante la masse totale de nos ri*esses4 ,mais1 malgr ce gr& s]vice1 que la vritable sci5ce sociale devra soigneusem5t recueillir et complt]1 la t5dance mtaphysique de l'conomie politique emp*] l'in/itution de t\te discipl9e indu/rielle1 n'en demeure pas mo9s m9emm5t dang]euse4 ,cette va9e et irrationnelle disposition n'admettre que ce degr d'ordre qui s'tablit de lui-mme1 quivaut videmm5t1 dans la pratique sociale1 une sorte de dmission sol5nelle donne p> cette prt5due sci5ce l'g>d de *aque difficult un peu grave que le dveloppem5t indu/riel vi5t faire surgir4 ,ri5 n'e/1 surt\t1 plus manife/e dans la fameuse et imm5se "q conomique des ma*9es1 qui1 conv5ablem5t envisage1 concide avec l'exam5 gnral des inconvni5s sociaux immdiats inhr5s t\t p]fectionnem5t indu/riel quelconque1 comme t5dant la p]turbation plus ou mo9s pr(onde et plus ou mo9s durable du mode actuel d'exi/5ce des classes laborieuses4 ,aux ju/es et urg5tes rclamations que s\lve si frquemm5t cette lacune fondam5tale de notre ordre social1 et au lieu d'y voir l'indice de l'une des applications les plus capitales et les plus pressantes de la vraie sci5ce politique1 nos conomi/es ne sav5t que rpt]1 avec une impitoyable pdant]ie1 leur /rile aphorisme de lib]t indu/rielle absolue4 ,sans rfl*ir que t\tes les que/ions huma9es1 envisages s\s un c]ta9 aspect pratique1 se rduis5t ncessairem5t de simples que/ions de temps1 ils os5t rpondre t\tes les pla9tes que1 la longue1 la masse de notre espce1 et mme la classe d'abord lse1 doiv5t f9ir p> pr\v]1 aprs ces p]turbations passagres1 une amlioration relle et p]man5te3 ce qui1 malgr l'inconte/able exactitude de cette consqu5ce ncessaire1 peut tre reg>d comme con/ituant1 de la "p de cette prt5due sci5ce1 une rponse vraim5t drisoire1 o l'on p>at oubli] que la vie de l'homme e/ =t lo9 de comport] une dure indf9ie4 ,on ne peut1 du mo9s1 s'emp*] de reconnatre qu'une telle ?orie proclame spontanm5t a9si1 d'une manire hautem5t irrcusable1 sa propre impuissance sociale1 en se montrant aussi radicalem5t dp\rvue de t\te relation fondam5tale avec l'ensemble des pr9cipaux beso9s pratiques4 ,les nombreux copi/es1 p> exemple1 qui s\ffrir5t jadis de la rvolution indu/rielle produite p> l'usage de l'imprim]ie1 aurai5t-ils pu tre suffisamm5t s\lags p> la p]spective1 mme indubitable1 que1 dans la gnration suivante1 il y aurait dj autant d'ouvri]s vivant de la typographie1 et que1 aprs quelques sicles1 il en exi/]ait beauc\p plus8 ,telle e/ p\rtant l'habituelle consolation qui ressort spcialem5t de l'conomie politique actuelle1 dont cette trange f9 de non-recevoir suffirait1 sans d\te1 dfaut de discussion rationnelle1 p\r c>actris] indirectem5t l'inaptitude ncessaire dirig]1 comme elle se le propose1 l'essor indu/riel des socits mod]nes4 ,a9si1 malgr d'utiles claircissem5s prlim9aires dus cette doctr9e1 et quoiqu'elle ait pu contribu]1 sa manire1 prp>] une sa9e analyse hi/orique en appelant directem5t l'att5tion des philosophes sur le dveloppem5t fondam5tal de l'indu/rie huma9e1 on voit1 en rsum1 que l'apprciation politique de cette prt5due sci5ce confirme ess5tiellem5t1 au fond1 ce qu'avait d faire prvoir son apprciation sci5tifique directe1 en tmoignant qu'on n'y doit nullem5t voir un lm5t dj con/itu de la future physique sociale1 qui1 p> sa nature1 ne saurait tre conv5ablem5t fonde qu'en embrassant1 d'une seule gr&e vue philosophique1 l'ensemble rationnel de t\s les div]s aspects sociaux4 ,footnote #bc3 ,il convi5t peut-tre de not] ici1 ce sujet1 que les dang]euses rv]ies reproduites de nos j\rs au sujet de l'in/itution fondam5tale de la proprit1 se sont1 d'ord9aire1 ess5tiellem5t autorises1 dans l'orig9e1 des prt5dues dmon/rations de l'conomie politique1 p\r se donn]1 peu de frais1 un c]ta9 app>eil sci5tifique1 qui *ez beauc\p d'esprits mal cultivs1 n'a que trop facilit leurs ravages3 ce qui tmoigne clairem5t de la va9e impuissance d'une telle doctr9e1 malgr ses prt5tions illusoires1 cont5ir efficacem5t1 mme dans les sujets qui sembl5t le plus lui app>t5ir1 l'esprit gnral d'an>*ie1 dont elle a1 au contraire1 puissamm5t second1 en ce cas1 le dveloppem5t spontan4 ,il e/ donc s5sible1 p> suite de ces diffr5tes explications1 que l'espce de prdilection passagre que l'esprit huma9 semble manife/]1 de nos j\rs1 p\r ce qu'on nomme l'conomie politique1 doit tre surt\t envisage1 en ralit1 comme un n\veau symptme c>actri/ique du beso9 in/9ctif1 dj pr(ondm5t s5ti1 de s\mettre enf9 les tudes sociales des m?odes vraim5t positives1 et1 en mme temps1 du dfaut actuel d'accomplissem5t effectif de cette gr&e condition philosophique1 qui1 une fois conv5ablem5t remplie1 f]a spontanm5t cess] t\t l'intrt intellectuel que p>at encore inspir] cette app>5ce illusoire4 ,on p\rrait d'ailleurs aism5t signal] ici1 au mme titre pr9cipal1 beauc\p d'autres indices gnraux plus ou mo9s directs1 mais presque galem5t irrcusables1 d'une telle disposition fondam5tale1 qui1 vrai dire1 se manife/e rellem5t auj\rd'hui dans t\s les div]s modes ess5tiels de l'ex]cice p]man5t de notre intellig5ce4 ,mais1 p\r vit] des dtails faciles suppler1 je dois me born]1 en d]ni] lieu1 m5tionn] trs rapidem5t1 comme t5dant1 avec une efficacit bi5 suprieure1 ce gr& b f9al1 la disposition t\j\rs croissante des esprits actuels v]s les tudes hi/oriques1 et le notable p]fectionnem5t qu'elles ont graduellem5t pr\v dans les deux d]ni]s sicles4 ,c'e/1 c]ta9em5t1 notre gr& ,bossuet qu'il faudra t\j\rs rapport] la premire t5tative importante de l'esprit huma9 p\r contempl]1 d'un po9t de vue suffisamm5t lev1 l'ensemble du pass social4 ,sans d\te1 les ress\rces1 faciles mais illusoires1 qui app>ti5n5t t\te philosophie ?ologique1 p\r tablir1 entre les vnem5s huma9s1 une c]ta9e liaison app>5te1 ne p]mett5t nullem5t d'utilis] auj\rd'hui1 dans la con/ruction directe de la vritable sci5ce du dveloppem5t social1 des explications 9vitablem5t c>actrises p> la prpondrance1 alors trop irrsi/ible en ce g5re1 d'une telle philosophie4 ,mais cette admirable composition1 o l'esprit d'univ]salit1 indisp5sable t\te conception semblable1 e/ si vig\reusem5t apprci1 et mme ma9t5u autant que le p]mettait la nature de la m?ode employe1 n'en demeur]a pas mo9s1 jamais1 un imposant modle1 t\j\rs m9emm5t propre m>qu] nettem5t le b gnral que doit se propos] sans cesse notre intellig5ce en rsultat f9al de t\tes nos analyses hi/oriques1 c'e/--dire la coord9ation rationnelle de la srie fondam5tale des div]s vnem5s huma9s d'aprs un desse9 unique1 la fois plus rel et plus t5du que celui conu p> ,bossuet4 ,il s]ait d'ailleurs sup]flu de rappel] expressm5t ici que la p>tie de cet immortel disc\rs o l'auteur a pu s'affran*ir spontanm5t des entraves 9vitables que la philosophie ?ologique imposait son m95t gnie1 brille encore auj\rd'hui d'une f\le d'ap]u hi/oriques d'une ju/esse et d'une prcision rem>quables1 qui n'ont jamais t surpasses depuis1 ni quelquefois mme gales4 ,telle e/ surt\t cette belle apprciation sommaire de l'ensemble de la politique roma9e1 au niveau de laquelle ,montesquieu lui-mme n'a pas1 mon avis1 su t\j\rs se ma9t5ir4 ,l'influ5ce1 directe ou indirecte1 inap]ue ou s5tie1 de ce premi] enseignem5t capital a1 sans d\te1 puissamm5t contribu1 dans le sicle d]ni]1 et mme dans celui-ci1 au c>actre de plus en plus satisfaisant qu'ont d pr5dre graduellem5t les pr9cipales compositions hi/oriques1 surt\t en ,france1 en ,anglet]re1 et ensuite en ,allemagne4 ,nanmo9s1 il e/ inconte/able1 comme j'aurai lieu de le faire bi5tt s5tir spcialem5t1 que1 malgr ces intressans progrs1 si heureusem5t de/9s prp>] sa rnovation f9ale1 l'hi/oire n'a po9t encore cess d'avoir un c>actre ess5tiellem5t littraire ou descriptif1 et n'a nullem5t acquis une vritable nature sci5tifique1 en tablissant enf9 une vraie filiation rationnelle dans la suite des vnem5s sociaux1 de manire p]mettre1 comme p\r t\t autre ordre de phnomnes1 et entre les limites gnrales imposes p> une complication suprieure1 une c]ta9e prvision sy/matique de leur succession ultrieure4 ,la tmrit mme dont une telle de/9ation philosophique semble auj\rd'hui enta*e1 p\r la plup>t des bons esprits1 con/itue peut-tre1 au fond1 la confirmation la plus dcisive de cette nature non sci5tifique de l'hi/oire actuelle1 puisqu'une semblable prvision c>actrise dsormais1 p\r t\te intellig5ce conv5ablem5t cultive1 t\te espce quelconque de sci5ce relle1 comme je l'ai si frquemm5t montr dans les volumes prcd5s4 ,du re/e1 le facile crdit qu'obti5n5t trop s\v5t encore de nbuleuses ?ories hi/oriques qui1 dans leur vague et my/rieuse obscurit1 ne prs5t5t aucune explication effective de l'ensemble des phnomnes1 tmoign]ait1 sans d\te1 assez des dispositions purem5t littraires et mtaphysiques dans lesquelles l'hi/oire cont9ue auj\rd'hui tre conue et tudie1 p> des intellig5ces demeures ess5tiellem5t trangres au gr& m\vem5t sci5tifique des temps mod]nes1 et qui1 p> consqu5t1 ne peuv5t transport]1 dans cette difficile tude1 que les habitudes irrationnelles eng5dres ou ma9t5ues p> leur vicieuse ducation4 ,enf91 la va9e sp>ation dogmatique que l'on s'ef=ce de cons]v] entre l'hi/oire et la politique vrifie directem5t1 ce me semble1 une telle apprciation3 c>1 il e/ vid5t que la sci5ce hi/orique1 conv5ablem5t conue1 et la sci5ce politique1 rationnellem5t traite1 concid5t1 en gnral1 de t\te ncessit1 comme la suite de ce volume le f]a1 j'espre1 pr(ondm5t s5tir4 ,t\tefois1 malgr ces irrcusables obs]vations1 il faut savoir suffisamm5t int]prt] l'heureux symptme univ]sel de rgnration philosophique qu'indique1 avec tant d'vid5ce1 la prdilection1 t\j\rs et p>t\t croissante1 de notre sicle p\r les travaux hi/oriques1 lors mme que1 faute de pr9cipes fixes d'un jugem5t rationnel1 cette disposition s'g>e si s\v5t sur de frivoles et illusoires compositions1 inspires plus d'une fois p> le desse9 rfl*i d'obt5ir1 peu de frais1 et d'exploit] rapidem5t1 une r5omme provisoire1 en satisfaisant1 en app>5ce1 au gt dom9ant de l'poque4 ,p>mi les nombreux tmoignages contempora9s que l'on p\rrait aism5t cit] de cette importante trans=mation1 aucun ne me semble plus dcisif que l'heureuse introduction spontane qui s'e/ graduellem5t opre1 de nos j\rs1 en ,allemagne1 au se9 mme de la classe m9emm5t mtaphysique des jurisconsultes1 d'une cole spcialem5t qualifie d'hi/orique1 et qui1 en effet1 a pris p\r t*e pr9cipale de li]1 *aque poque du pass1 l'ensemble de la lgislation avec l'tat correspondant de la socit2 ce qu'elle a quelquefois utilem5t bau*1 malgr la t5dance au fatalisme ou l'optimisme qu'on lui repro*e ju/em5t d'ord9aire1 et qui rsulte spontanm5t de la nature ncessairem5t incomplte et mme quivoque de ces intressans travaux1 encore ess5tiellem5t dom9s p> une philosophie t\te mtaphysique4 ,quelque sommaires qu'ai5t d tre les div]ses indications gnrales cont5ues dans cette leon1 elles suffiront1 sans d\te1 p\r confirm] ici l'urg5ce et l'opportunit de la gr&e cration philosophique dont la leon prcd5te avait directem5t expliqu la de/9ation fondam5tale4 ,il faut que le beso9 in/9ctif de con/itu] enf9 la sci5ce sociale sur des bases vraim5t positives1 soit pr(ondm5t rel1 et mme bi5 s5ti1 quoique mal apprci1 p\r que cette opration1 malgr son peu de maturit rationnelle jusqu' nos j\rs1 ait t t5te avec tant d'op9itret1 et p> des voies si v>ies4 ,en mme temps1 l'analyse gnrale des pr9cipaux ef=ts n\s a expliqu leur avortem5t ncessaire1 et n\s a fait compr5dre qu'une telle entreprise1 dsormais suffisamm5t prp>e1 re/e nanmo9s t\t entire concevoir de faon comport] une ralisation df9itive4 ,d'aprs cet ensemble de prlim9aires1 ri5 ne s'oppose plus ma9t5ant ce que n\s puissions conv5ablem5t procd]1 d'une manire directe1 cet m95t travail sci5tifique1 comme je vais comm5c] le faire dans la leon suivante1 en traitant immdiatem5t de la m?ode en physique sociale4 ,mais la suite de ce volume f]a1 j'espre1 naturellem5t ressortir la haute utilit cont9ue de la d\ble introduction gnrale que je vi5s de t]m9] entirem5t1 et sans laquelle notre exposition et t ncessairem5t affecte d'emb>ras et d'obscurit1 et qui tait surt\t indisp5sable p\r g>antir1 ds l'orig9e1 la ralit politique de la conception pr9cipale1 en manife/ant sa relation fondam5tale avec l'ensemble des beso9s sociaux1 dont n\s p\rrons a9si lim9] dornavant la considration =melle1 p\r suivre1 avec une ple9e lib]t philosophique1 l'essor purem5t spculatif qui doit ma9t5ant prdom9] jusqu' la f9 de ce ,trait1 o la coord9ation gnrale entre la ?orie et la pratique devra1 son t\r1 dev5ir f9alem5t prpondrante4 ,,qu>ante-,,huiti,,me ,,le,,on4 ,c>actres fondam5taux de la m?ode positive dans l'tude rationnelle des phnomnes sociaux4 ,dans t\te sci5ce relle1 les conceptions relatives la m?ode proprem5t dite sont1 p> leur nature1 ess5tiellem5t insp>ables de celles qui se rapport5t directem5t la doctr9e elle-mme1 comme je l'ai tabli1 en pr9cipe gnral1 ds le db de ce ,trait4 ,isolm5t d'aucune application effective1 les plus ju/es notions sur la m?ode se rduis5t t\j\rs ncessairem5t quelques gnralits inconte/ables mais trs vagues1 pr(ondm5t insuffisantes p\r dirig] avec un vrai succs les div]ses re*]*es de notre intellig5ce1 p>ce qu'elles ne c>actris5t po9t les modifications fondam5tales que ces prceptes trop uni=mes doiv5t pr\v] l'g>d de *aque sujet considr4 ,plus les phnomnes devi5n5t complexes et spciaux1 mo9s il e/ possible de sp>] utilem5t la m?ode d'avec la doctr9e1 puisque ces modifications acquir5t alors une int5sit plus prononce et une plus gr&e importance4 ,si donc n\s avons d jusqu'ici1 l'g>d mme des phnomnes les mo9s compliqus1 soigneusem5t c>t] cette va9e et /rile sp>ation prlim9aire1 n\s ne saurions1 sans d\te1 procd] autrem5t qu& la complication suprieure du sujet1 et en outre1 son dfaut actuel de positivit1 n\s en font videmm5t une loi encore plus expresse4 ,c'e/ surt\t dans l'tude des phnomnes sociaux que la vraie notion fondam5tale de la m?ode ne peut effectivem5t rsult] auj\rd'hui que d'une premire conception rationnelle de l'ensemble de la sci5ce1 en sorte que les mmes pr9cipes p>aiss5t s'y rapport] alt]nativem5t ou la m?ode ou la doctr9e1 suivant l'aspect s\s lequel on les y considre4 ,une telle obligation philosophique doit m9emm5t augm5t] les difficults capitales que prs5te spontanm5t la premire bau*e d'une sci5ce quelconque1 et spcialem5t de celle-ci1 o t\t doit tre a9si simultanm5t cr4 ,t\tefois1 la suite de ce volume r5dra1 j'espre1 inconte/able la possibilit de satisfaire ple9em5t1 de la manire la plus naturelle1 cette d\ble condition intellectuelle1 comme on a pu le press5tir jusqu'ici en reconnaissant1 p> un usage dj trs v>i1 que ma ?orie fondam5tale sur la m>*e gnrale et ncessaire de l'esprit huma9 manife/e successivem5t1 avec une gale aptitude1 le c>actre sci5tifique et le c>actre logique1 selon les div]s beso9s des applications4 ,p> ces motifs1 il e/ donc s5sible que1 en sociologie1 comme ailleurs1 et mme plus qu'ailleurs1 la m?ode positive ne saurait tre ess5tiellem5t apprcie que d'aprs la considration rationnelle de ses pr9cipaux emplois1 mesure de leur accomplissem5t graduel3 en sorte qu'il ne peut ici tre nullem5t "q d'un vrai trait logique prlim9aire de la m?ode en physique sociale4 ,nanmo9s1 il e/1 d'une autre "p1 videmm5t indisp5sable1 avant de procd] l'exam5 direct de la sci5ce sociologique1 de c>actris] d'abord soigneusem5t son vritable esprit gnral1 et l'ensemble des ress\rces fondam5tales qui lui sont propres1 a9si que n\s l'avons t\j\rs fait1 dans les trois volumes prcd5s1 l'g>d des div]ses sci5ces antrieures3 l'extrme imp]fection d'une telle sci5ce doit y r5dre encore plus troite cette obligation ncessaire4 ,quoique de p>eilles considrations soi5t1 sans d\te1 p> leur nature1 immdiatem5t relatives la sci5ce elle-mme1 envisage quant ses conceptions les plus ess5tielles1 on peut cep5dant les rapport] plus spcialem5t la simple m?ode1 puisqu'elles sont surt\t de/9es dirig] ultrieurem5t notre intellig5ce dans l'tude effective de ce sujet difficile1 ce qui ju/ifie suffisamm5t le titre propre de la leon actuelle4 ,l'accomplissem5t graduel de cette opration pralable env]s les autres sci5ces fondam5tales1 n\s a jusqu'ici t\j\rs entrans spontanm5t des explications d'autant plus lm5taires et plus explicites qu'il s'agissait d'une sci5ce plus complique et plus imp>faite4 ,a l'g>d des sci5ces les plus simples et les plus avances1 leur seule df9ition philosophique n\s a d'abord presque suffi p\r c>actris] aussitt leurs conditions et leurs ress\rces gnrales1 sur lesquelles aucune inc]titude capitale ne saurait auj\rd'hui subsi/] *ez t\s les esprits conv5ablem5t clairs4 ,mais il a fallu1 de t\te ncessit1 procd] autrem5t qu& les phnomnes1 dev5us plus complexes1 n'ont plus p]mis de faire suffisamm5t ressortir la vraie nature ess5tielle d'une tude plus rc5te et mo9s con/itue1 si ce n'e/ l'issue de discussions spciales plus ou mo9s pnibles1 heureusem5t sup]flues env]s les sujets antrieurs4 ,dans la sci5ce biologique surt\t1 des explications lm5taires1 qui euss5t1 p\r a9si dire1 sembl puriles en t\t autre cas1 n\s ont p>u ess5tiellem5t indisp5sables1 af9 d'y mettre df9itivem5t l'abri de t\te grave conte/ation les pr9cipaux fondem5s d'une tude positive1 dont la philosophie excite encore d'aussi pr(onds diss5tim5s *ez les intellig5ces mme les plus avances4 ,p> une suite 9vitable de cette progression con/ante1 il tait ais de prvoir qu'une p>eille obligation doit dev5ir bi5 plus ncessaire et plus pnible relativem5t la sci5ce du dveloppem5t social1 qui n'a jusqu'ici nullem5t atte9t1 s\s aucun rapport1 une vritable positivit1 et que les meilleurs esprits condamn5t mme auj\rd'hui n'y p\voir jamais p>v5ir4 ,on ne saurait donc s'tonn]1 en gnral1 que les notions les plus simples et les plus fondam5tales de la philosophie positive1 r5dues dsormais heureusem5t triviales1 l'g>d de sujets mo9s complexes et mo9s arrirs1 p> le progrs naturel de la raison huma9e1 exig5t ici une sorte de discussion =melle1 dont les rsultats p>atront1 sans d\te1 la plup>t des juges clairs1 con/itu] auj\rd'hui une innovation trop h>die1 t\t en s'y bornant un faible quival5t proportionnel des conditions univ]sellem5t admises env]s t\s les autres phnomnes quelconques4 ,qu& on apprcie1 l'abri de t\te prv5tion1 le vritable tat prs5t de la sci5ce sociale1 avec cet esprit fran*em5t positif que doiv5t auj\rd'hui dvelopp] les sa9es tudes sci5tifiques1 on ne peut rellem5t s'emp*] d'y reconnatre1 sans aucune exagration1 soit dans l'ensemble de la m?ode1 ou dans celui de la doctr9e1 la comb9aison des div]s c>actres ess5tiels qui ont t\j\rs di/+u jadis l'enfance ?ologico-mtaphysique des autres bran*es de la philosophie naturelle4 ,en un mot1 cette situation gnrale de la sci5ce politique actuelle1 reproduit exactem5t s\s nos yeux l'analogie fondam5tale de ce que fur5t autrefois l'a/rologie p\r l'a/ronomie1 l'al*imie p\r la *imie1 et la re*]*e de la panace univ]selle p\r le sy/me des tudes mdicales4 ,la politique ?ologique et la politique mtaphysique1 malgr leur antagonisme pratique1 peuv5t ici1 sans le mo9dre inconvni5t rel1 af9 de simplifi] l'exam51 tre enveloppes dans une considration commune1 p>ce que1 au fond1 s\s le po9t de vue sci5tifique1 la seconde ne con/itue1 vrai dire1 qu'une modification gnrale de la premire1 dont elle ne diffre ess5tiellem5t que p> un c>actre mo9s prononc1 comme n\s l'avons dj tant reconnu env]s t\s les autres phnomnes naturels1 et comme n\s le con/at]ons de plus en plus l'g>d des phnomnes sociaux4 ,que les phnomnes soi5t rapports une int]v5tion surnaturelle directe et cont9ue1 ou immdiatem5t expliqus p> la v]tu my/rieuse des entits correspondantes1 cette div]sit secondaire1 entre des conceptions d'ailleurs f9alem5t id5tiques1 n'emp*e nullem5t l'9vitable reproduction commune des attributs les plus c>actri/iques1 encore mo9s ici qu'en t\t autre sujet philosophique4 ,ces c>actres consi/5t pr9cipalem5t1 quant la m?ode1 dans la prpondrance fondam5tale de l'imag9ation sur l'obs]vation2 et1 quant la doctr9e1 dans la re*]*e exclusive des notions absolues2 d'o rsulte d\blem5t1 p\r de/9ation f9ale de la sci5ce1 la t5dance 9vitable ex]c] une action arbitraire et indf9ie sur des phnomnes qui ne sont po9t reg>ds comme assujtis d'inv>iables lois naturelles4 ,en un mot1 l'esprit gnral de t\tes les spculations huma9es1 l'tat ?ologico-mtaphysique1 e/ ncessairem5t la fois idal dans la m>*e1 absolu dans la conception1 et arbitraire dans l'application4 ,or1 on ne saurait aucunem5t d\t] que tels ne soi5t encore auj\rd'hui les c>actres dom9ans de l'ensemble des spculations sociales1 s\s quelque aspect qu'on les envisage4 ,pris1 ce triple g>d1 en un s5s totalem5t inv]se1 cet esprit n\s indiqu]a d'avance1 p> un utile contra/e prlim9aire1 la disposition intellectuelle vraim5t fondam5tale qui doit ma9t5ant prsid] la cration de la sociologie positive1 et qui devra ensuite dirig] t\j\rs son dveloppem5t cont9u4 ,la philosophie positive e/ d'abord1 en effet1 pr(ondm5t c>actrise1 en un sujet quelconque1 p> cette subord9ation ncessaire et p]man5te de l'imag9ation l'obs]vation1 qui con/itue surt\t l'esprit sci5tifique proprem5t dit1 en opposition l'esprit ?ologique ou mtaphysique4 ,quoiqu'une telle philosophie (fre1 sans d\te1 l'imag9ation huma9e le *amp le plus va/e et le plus f]tile1 comme n\s l'a si hautem5t tmoign l'apprciation rationnelle des div]ses sci5ces fondam5tales1 elle l'y re/re9t cep5dant sans cesse dc\vrir ou p]fectionn] l'exacte coord9ation de l'ensemble des faits obs]vs ou les moy5s d'entrepr5dre utilem5t de n\velles explorations4 ,c'e/ une semblable t5dance habituelle subordonn] t\j\rs les conceptions sci5tifiques aux faits dont elles sont seulem5t de/9es manife/] la liaison relle1 qu'il s'agit1 avant t\t1 d'introduire enf9 dans le sy/me des tudes sociales1 o les obs]vations vagues et mal circonscrites n'(fr5t encore aux raisonnem5s vraim5t sci5tifiques aucun fondem5t suffisant1 et sont1 d'ord9aire1 arbitrairem5t modifies elles-mmes au gr d'une imag9ation div]sem5t /imule p> des passions m9emm5t mobiles4 ,en v]tu de leur complication suprieure1 et accessoirem5t de leur connexion plus intime avec l'ensemble des passions huma9es1 les spculations politiques devai5t re/] plonges1 plus pr(ondm5t et plus long-temps que t\tes les autres1 dans cette dplorable situation philosophique1 o elles languiss5t encore ess5tiellem5t1 t&is que les tudes plus simples et mo9s /imulantes en ont t successivem5t dgages p5dant les trois d]ni]s sicles4 ,mais il ne faut jamais oubli] que1 jusqu' des temps plus ou mo9s rappro*s1 t\s les div]s ordres des conceptions sci5tifiques1 sans aucune exception1 ont t\j\rs (f]t un p>eil tat d'enfance1 dont ils se sont affran*is d'autant plus t>d que leur nature tait plus complexe et plus spciale1 et d'o les plus compliqus n'ont pu rellem5t sortir que de nos j\rs2 comme n\s l'avons surt\t reconnu1 en t]m9ant le volume prcd5t1 l'g>d des phnomnes intellectuels et moraux de la vie individuelle1 qui1 si l'on excepte un trs petit nombre d'esprits avancs1 sont encore tudis le plus s\v5t d'une manire presque aussi anti-sci5tifique que les phnomnes politiques eux-mmes4 ,c'e/ donc p> une apprciation m9emm5t sup]ficielle que l'on reg>de habituellem5t auj\rd'hui comme irrvocable et comme propre aux seuls sujets politiques cette disposition radicale au vague et l'inc]titude des obs]vations1 qui p]met l'imag9ation fallacieuse des sophi/es et des rhteurs d'y t\rn] p\r a9si dire son gr l'int]prtation des faits accomplis4 ,la mme imp]fection a rgn ess5tiellem5t jadis env]s t\s les autres sujets des spculations huma9es2 il n'y a ici de vraim5t p>ticuli] qu'une int5sit plus prononce et surt\t 9vitable prolongation1 naturellem5t motives p> une complication suprieure1 suivant ma ?orie fondam5tale du dveloppem5t univ]sel de l'esprit huma93 et1 p> consqu5t1 la mme ?orie conduit reg>d]1 non-seulem5t comme possible1 mais comme c]ta9e et pro*a9e1 l'ext5sion ncessaire1 l'ensemble des spculations sociales1 d'une rgnration philosophique analogue celle qu'ont dj plus ou mo9s pr\ve t\tes nos autres tudes sci5tifiques2 cela prs d'une difficult intellectuelle beauc\p plus gr&e1 et sauf les emb>ras que peut y suscit] le contact plus direct des pr9cipales passions1 ce qui ne devrait1 sans d\te1 que /imul] davantage les ef=ts des vritables p5seurs4 ,si1 au lieu de considr] a9si l'esprit gnral de la philosophie positive relativem5t au mode fondam5tal de procd]1 on l'envisage ma9t5ant quant au c>actre ess5tiel des conceptions sci5tifiques1 on peut reconnatre aism5t que1 con=mm5t notre premire indication comp>ative1 cette philosophie se di/+ue alors pr9cipalem5t de la philosophie ?ologico-mtaphysique p> une t5dance con/ante et irrsi/ible r5dre ncessairem5t relatives t\tes les notions qui1 d'abord1 tai5t1 au contraire1 ncessairem5t absolues4 ,ce passage 9vitable de l'absolu au relatif con/itue1 en effet1 l'un des plus importans rsultats philosophiques de *acune des rvolutions intellectuelles qui ont successivem5t conduit les div]s ordres de nos spculations de l'tat purem5t ?ologique ou mtaphysique l'tat vraim5t sci5tifique1 a9si que le lecteur a d le rem>qu]1 en tant d'occasions capitales1 dans le c\rs des trois volumes prcd5s4 ,du po9t de vue purem5t sci5tifique1 et en c>tant t\te ide d'application1 on peut mme reg>d]1 ce me semble1 un tel contra/e gnral entre le relatif et l'absolu comme la manife/ation la plus dcisive de l'antipa?ie fondam5tale qui sp>e si pr(ondm5t la philosophie mod]ne d'avec l'anci5ne4 ,t\te tude de la nature intime des tres1 de leurs causes premires et f9ales1 etc41 doit1 videmm5t1 tre t\j\rs absolue1 t&is que t\te re*]*e des seules lois des phnomnes e/ m9emm5t relative1 puisqu'elle suppose immdiatem5t un progrs cont9u de la spculation subordonn au p]fectionnem5t graduel de l'obs]vation1 sans que l'exacte ralit puisse tre jamais1 en aucun g5re1 p>faitem5t dvoile3 en sorte que le c>actre relatif des conceptions sci5tifiques e/ ncessairem5t insp>able de la vraie notion des lois naturelles1 aussi bi5 que la *imrique t5dance aux connaissances absolues accompagne spontanm5t l'emploi quelconque des fictions ?ologiques ou des entits mtaphysiques4 ,or1 il s]ait ici sup]flu d'insi/] beauc\p p\r con/at] auj\rd'hui que cet esprit absolu c>actrise encore ess5tiellem5t l'ensemble des spculations sociales1 qui1 dans les div]ses coles actuelles1 soit ?ologiques1 soit mtaphysiques1 se montr5t con/amm5t dom9es p> l'uni=me considration d'un type politique immuable1 d'ailleurs plus ou mo9s vaguem5t df9i1 mais t\j\rs conu de manire int]dire t\te modification rgulire des pr9cipales conceptions politiques d'aprs l'tat m9emm5t v>iable de la civilisation huma9e4 ,quoiqu'une telle notion1 qui n'a pu repos] sur aucune laboration vraim5t rationnelle1 doive spontanm5t eng5dr]1 surt\t de nos j\rs1 de gr&es div]g5ces philosophiques1 beauc\p mo9s prononces t\tefois qu'elles ne sembl5t l'tre1 cep5dant *acune des nombreuses op9ions dont ce type fondam5tal a t le sujet lui cons]ve1 au fond1 la mme immobilit ncessaire1 trav]s t\tes les modifications successives que prs5te l'hi/oire gnrale du dveloppem5t social4 ,cet esprit absolu e/ mme tellem5t inhr5t la sci5ce politique actuelle1 qu'il y con/itue jusqu'ici le seul moy5 gnral1 malgr ses imm5ses inconvni5s1 d'impos] un fre9 quelconque au c\rs naturel des divagations individuelles1 et de prv5ir le dbordem5t imm95t d'op9ions arbitrairem5t v>iables4 ,aussi les div]s philosophes qui1 ju/em5t proccups du grave dang] d'un tel absolutisme intellectuel1 ont quelquefois t5t de s'en affran*ir1 mais sans avoir la =ce de s'lev] jusqu' la conception d'une politique vraim5t positive1 ont-ils 9vitablem5t mrit le repro*e1 encore plus capital1 de prs5t] t\tes les notions politiques comme tant1 p> leur nature1 radicalem5t inc]ta9es et mme arbitraires1 p>ce qu'en effet ils dtruisai5t a9si les fondem5s habituels de leur faible consi/ance actuelle1 sans y sub/itu] aucune base n\velle d'une fixit plus relle et plus f]me4 ,ces t5tatives mal conues ont mme jet d'avance1 vrai dire1 *ez les juges les plus graves1 une sorte de discrdit univ]sel sur t\te entreprise philosophique quelconque de/9e rgnr] a9si l'esprit gnral de la politique1 qui1 en p]dant son absolutisme1 sembl]ait auj\rd'hui1 aux yeux de beauc\p d'hommes m9emm5t respectables des div]s p>tis actuels1 devoir ncessairem5t p]dre aussi sa /abilit1 et p> suite sa moralit4 ,mais ces cra9tes empiriques1 quoique =t naturelles1 s]ont aism5t dissipes p\r quiconque apprci]a1 s\s ce rapport1 p> anticipation1 du po9t de vue propre ce ,trait1 le vrai c>actre ncessaire de la sociologie positive1 d'aprs la t5dance fondam5tale dj manife/e1 cet g>d1 avec une si haute vid5ce1 p> t\tes les bran*es antrieures de la philosophie naturelle1 o l'on ne voit pas c]tes que1 en cessant d'tre absolues1 p\r n'tre plus que purem5t relatives1 les div]ses notions sci5tifiques soi5t aucunem5t dev5ues arbitraires4 ,il e/1 au contraire1 trs manife/e que1 p> une telle trans=mation1 ces notions ont acquis une consi/ance et une /abilit bi5 suprieures leur vague immuabilit primitive1 *acune d'elles ayant t a9si graduellem5t engage dans un sy/me de relations qui s't5d et se =tifie sans cesse1 et qui t5d de plus en plus prv5ir t\te grave divagation quelconque4 ,on ne risqu]a donc nullem5t de tomb] dans un dang]eux scepticisme en dtruisant irrvocablem5t cet esprit absolu qui c>actrise si dplorablem5t auj\rd'hui l'enfance prolonge de la sci5ce sociale1 p\rvu que ce ne soit1 comme en t\t autre cas1 que le rsultat spontan du passage ncessaire de cette sci5ce f9ale l'tat vraim5t positif4 ,dans cette d]nire opration fondam5tale1 la philosophie positive ne saurait1 sans d\te1 dm5tir sa proprit univ]selle de ne jamais supprim] aucun moy5 quelconque de coord9ation intellectuelle1 sans lui en sub/itu] immdiatem5t de plus efficaces et plus t5dus4 ,n'e/-il po9t s5sible1 en effet1 que cette transition positive de l'absolu au relatif (fre auj\rd'hui1 en politique1 le seul moy5 rel de p>v5ir des conceptions susceptibles de dt]m9] graduellem5t un ass5tim5t unanime et durable8 ,quoique les deux dispositions ess5tielles que je vi5s d'exam9] con/itu5t c]ta9em5t1 p> leur nature1 l'une p\r la m?ode1 l'autre p\r la doctr9e1 la d\ble condition fondam5tale dont l'accomplissem5t cont9u devra directem5t c>actris] la positivit effective de la sci5ce sociale1 cep5dant leur considration n'e/ peut-tre po9t la plus propre1 de nos j\rs1 manife/] clairem5t les symptmes les plus dcisifs d'une telle trans=mation philosophique1 en v]tu de la connexit trop intime qui1 dans cet ordre d'ides plus que dans aucun autre1 exi/e encore entre la ?orie et la pratique1 et p> suite de laquelle t\te apprciation purem5t spculative et ab/raite1 malgr son importance rellem5t prpondrante1 ne doit ord9airem5t inspir] qu'un trs faible intrt et ne peut excit] qu'une insuffisante att5tion4 ,cette extrme adhr5ce1 ou plutt cette confusion presque totale1 rsulte ncessairem5t de l'imp]fection de la sci5ce sociale1 d'aprs sa complication suprieure1 comme je l'ai tabli1 au comm5cem5t de ce volume1 suivant une loi expose dans le volume prcd5t4 ,aussi1 af9 de faire mieux ressortir cet indisp5sable claircissem5t prlim9aire1 dois-je ma9t5ant considr] surt\t1 d'une manire spciale et directe1 l'esprit actuel de la politique relativem5t l'application gnrale1 et non plus quant la sci5ce elle-mme4 ,s\s ce n\vel aspect1 cet esprit se montre t\j\rs hautem5t c>actris p> la *imrique t5dance ex]c]1 sur les phnomnes correspondans1 une action ess5tiellem5t illimite1 ab]ration qui1 auj\rd'hui borne aux seuls phnomnes sociaux1 a1 comme je l'ai s\v5t fait voir1 autrefois dom91 s\s des =mes plus ou mo9s quival5tes1 quoiqu' des degrs ncessairem5t mo9s prononcs1 t\s les autres ordres des conceptions huma9es1 tant qu'ils sont re/s assujtis une philosophie ?ologique ou mtaphysique4 ,quoique la puissance effective de l'homme p\r modifi] son gr des phnomnes quelconques ne puisse jamais rsult] que d'une connaissance relle de leurs propres lois naturelles1 il e/ nanmo9s inconte/able que1 dans t\s les g5res1 l'enfance de la raison huma9e a ncessairem5t concid avec la prt5tion c>actri/ique ex]c]1 sur l'ensemble des phnomnes correspondans1 une action ess5tiellem5t illimite4 ,cette gr&e illusion primitive rsulte t\j\rs spontanm5t de l'ignorance des lois fondam5tales de la nature1 comb9e avec l'hypo?se prpondrante du p\voir arbitraire et indf9i alors attribu aux ag5s surnaturels ou mme ensuite aux entits mtaphysiques3 c>1 cette va9e ambition se manife/ant prcism5t l'poque o l'homme influe rellem5t le mo9s sur ce qui l'ent\re1 il ne peut s'attribu]1 en gnral1 une telle autorit que p> le sec\rs indisp5sable de ces =ces my/rieuses4 ,l'hi/oire gnrale des op9ions huma9es vrifie clairem5t cette ab]ration fondam5tale1 l'g>d des phnomnes a/ronomiques1 physiques1 *imiques1 et mme biologiques1 comme je l'ai n1 en plusieurs occasions1 dans les p>ties antrieures de ce ,trait4 ,on conoit aism5t qu'une telle illusion doit1 de t\te ncessit1 se prolong] d'autant plus que la complication croissante des div]ses catgories pr9cipales de phnomnes naturels vi5t y ret>d] davantage la conception de vritables lois4 ,il faut d'ailleurs rem>qu] aussi1 ce sujet1 le conc\rs spontan d'une autre influ5ce philosophique1 qui doit puissamm5t second]1 s\s ce rapport1 cet ob/acle fondam5tal au dveloppem5t correspondant de la raison huma9e1 en ce que les diffr5s phnomnes1 en mme temps qu'ils sont plus compliqus1 devi5n5t1 en gnral1 d'autant plus modifiables1 comme je l'ai s\v5t montr dans les deux volumes prcd5s4 ,la cause ess5tielle de ces modifications plus t5dues rsultant du mme pr9cipe qui dt]m9e une plus gr&e complication1 savoir la gnralit dcroissante des div]s ordres de phnomnes1 elle contribue 9vitablem5t p]ptu]1 sur la puissance effective de l'homme1 une ab]ration primitive1 a9si dev5ue beauc\p plus difficile dml] et p> suite plus excusable4 ,cette d\ble ncessit a d spontanm5t affect] davantage l'tude des phnomnes sociaux1 qui devai5t1 ce titre1 demeur]1 plus long-temps et plus pr(ondm5t que t\s les autres1 le sujet de semblables illusions4 ,mais1 malgr cette 9galit naturelle1 il importait beauc\p de montr] d'abord que1 s\s ce rapport1 comme s\s les deux autres aspects dj indiqus1 de tels attributs ne sont nullem5t p>ticuli]s ce d]ni] ordre de phnomnes1 et qu'ils ont1 au contraire1 t\j\rs c>actris l'enfance de la raison huma9e1 l'g>d de t\tes les spculations possibles1 mme les plus simples2 similitude aussi prcieuse qu'irrcusable1 puisqu'elle doit faire concevoir aux vrais philosophes1 en opposition aux prjugs actuels1 l'espoir rationnel de p>v5ir dissip] aussi une telle ab]ration dans le sy/me des ides politiques1 p> la mme voie fondam5tale qui en a dj dgag t\s les autres sujets pr9cipaux de nos re*]*es relles4 ,quoi qu'il en soit1 cette erreur gnrale ne subsi/e plus ess5tiellem5t auj\rd'hui que p\r les seuls phnomnes sociaux1 sauf quelques illusions analogues relatives aux phnomnes intellectuels et moraux1 et dont les esprits un peu avancs se sont dsormais suffisamm5t affran*is4 ,mais1 en politique1 il e/ vid5t que1 malgr l'inconte/able t5dance des esprits actuels v]s une plus sa9e philosophie1 la disposition prpondrante des hommes d'tat et mme des publici/es1 soit dans l'cole ?ologique1 soit dans l'cole mtaphysique1 consi/e encore habituellem5t concevoir les phnomnes sociaux comme indf9im5t et arbitrairem5t modifiables1 en cont9uant suppos] l'espce huma9e dp\rvue de t\te impulsion spontane1 et t\j\rs prte subir passivem5t l'influ5ce quelconque du lgislateur1 temporel ou spirituel1 p\rvu qu'il soit inve/i d'une autorit suffisante4 ,s\s ce rapport capital1 de mme que s\s t\t autre1 la politique ?ologique se montre naturellem5t mo9s inconsqu5te que sa rivale1 en ce que1 du mo9s1 elle y explique1 sa manire1 la mon/rueuse disproportion qu'une telle op9ion con/itue ncessairem5t entre l'imm5sit des effets accomplis et l'exigut de ces prt5dues causes1 en y rduisant directem5t le lgislateur n'tre1 en gnral1 que le simple organe d'une puissance surnaturelle et absolue3 ce qui1 d'ailleurs1 n'en ab\tit que plus clairem5t1 et d'une manire bi5 plus irrsi/ible1 la dom9ation indf9ie du lgislateur1 a9si seulem5t assujti emprunt] d'en haut sa pr9cipale autorit4 ,l'cole mtaphysique1 qui1 de nos j\rs surt\t1 rec\rt d'une manire beauc\p plus vague et mo9s spciale l'artifice de la ,provid5ce1 sans cess] cep5dant de repos] f9alem5t sur une telle hypo?se1 fait habituellem5t int]v5ir1 dans ces va9es explications politiques1 ses in9telligibles entits1 et surt\t sa gr&e entit gnrale de la nature1 qui enveloppe auj\rd'hui t\tes les autres1 et qui n'e/ videmm5t qu'une dgnration ab/raite du pr9cipe ?ologique4 ,ddaignant mme t\te subord9ation quelconque des effets aux causes1 elle t5te s\v5t d'lud] la difficult philosophique en attribuant pr9cipalem5t au has>d la production des vnem5s obs]vs2 et quelquefois1 qu& l'inanit d'un tel expdi5t devi5t trop saillante1 en exagrant1 au degr le plus absurde1 l'influ5ce ncessaire du gnie individuel sur la m>*e gnrale des affaires huma9es4 ,quel que soit le mode1 dont l'exam5 spcial s]ait ici trs sup]flu1 le rsultat1 dans l'une et l'autre cole1 e/ t\j\rs1 au fond1 de reprs5t] galem5t l'action politique de l'homme comme ess5tiellem5t indf9ie et arbitraire1 a9si qu'on le croyait jadis l'g>d des phnomnes biologiques1 *imiques1 physiques1 et mme a/ronomiques1 p5dant l'enfance ?ologico-mtaphysique1 plus ou mo9s prolonge1 des sci5ces correspondantes4 ,or1 cette irrcusable ab]ration con/itue auj\rd'hui1 mes yeux1 le c>actre le plus dcisif d'une telle enfance1 encore p]si/ante dans l'ordre des ides sociales4 ,elle indique1 en effet1 de la manire la plus directe et la mo9s quivoque1 une rpugnance sy/matique envisag] les phnomnes politiques comme assujtis de vritables lois naturelles1 dont l'immdiate application gnrale s]ait ncessairem5t ici1 de mme qu'en t\t autre cas antrieur1 d'impos] aussitt l'action politique des limites fondam5tales1 en dissipant sans ret\r la va9e prt5tion de g\v]n] notre gr ce g5re de phnomnes1 aussi radicalem5t s\/rait qu'aucun autre aux caprices huma9s ou sur-huma9s4 ,comb9e avec la t5dance1 ci-dessus signale1 aux conceptions absolues1 dont elle e/ spontanm5t insp>able1 comme deux aspects co-relatifs d'une mme philosophie1 on y doit voir1 ce me semble1 la pr9cipale cause intellectuelle de la p]turbation sociale actuelle2 puisque l'espce huma9e se tr\ve a9si livre1 sans aucune protection logique1 l'exprim5tation dsordonne des div]ses coles politiques1 dont *acune *]*e faire indf9im5t prvaloir son type immuable de g\v]nem5t4 ,tant que la prpondrance effective de l'anci5 sy/me politique a int]dit le libre exam5 des que/ions sociales1 de tels inconvni5s ont d se tr\v] dissimuls1 et une c]ta9e discipl9e intellectuelle a pu exi/]1 p> une sorte de compression extrieure1 malgr la nature ?ologique de la philosophie politique4 ,mais1 le c\rs naturel des divagations individuelles ne p\vait tre a9si que susp5du ou plutt cont5u1 et l'irruption philosophique a d s'opr] spontanm5t1 mesure que l'asc5dant graduel de la politique mtaphysique faisait prvaloir le droit gnral d'exam54 ,le dang] fondam5tal d'une semblable philosophie politique a pu ds-lors se dvelopp] librem5t dans t\te son t5due1 jusqu'au po9t de remettre directem5t en "q l'utilit gnrale de l'tat social lui-mme1 puisque d'loqu5s sophi/es n'ont pas cra9t1 comme on sait1 de prconis] sy/matiquem5t la supriorit de la vie sauvage1 telle qu'ils l'avai5t rve4 ,p>v5ues ce degr d'absurdit et de div]g5ce1 les utopies mtaphysico-?ologiques con/at5t1 sans d\te1 avec une entire vid5ce1 la haute impossibilit d'tablir auj\rd'hui1 en politique1 aucune notion vraim5t /able et commune1 tant qu'on cont9u]a y p\rsuivre la va9e re*]*e absolue du meilleur g\v]nem5t1 ab/raction faite de t\t tat dt]m9 de civilisation1 ou1 ce qui e/ sci5tifiquem5t quival5t1 tant que la socit huma9e y s]a conue comme m>*ant1 sans direction propre1 s\s l'arbitraire impulsion du lgislateur4 ,il n'y a donc rellem5t dsormais1 en philosophie politique1 d'ordre et d'accord possibles qu'en assujtissant les phnomnes sociaux1 de la mme manire que t\s les autres1 d'inv>iables lois naturelles1 dont l'ensemble circonscrit1 p\r *aque poque1 l'abri de t\te grave inc]titude1 les limites fondam5tales et le c>actre ess5tiel de l'action politique proprem5t dite3 en un mot1 en introduisant jamais1 dans l'tude gnrale des phnomnes sociaux1 ce mme esprit positif1 qui dj a successivem5t rgnr et discipl9 t\s les autres g5res des spculations huma9es1 dont l'tat primitif n'avait pas t1 au fond1 plus satisfaisant4 ,de t\te autre manire1 et en cons]vant le mme mode ess5tiel de philosoph]1 on ne saurait concevoir d'autre moy5 de p>v5ir au degr conv5able de fixit et de conv]g5ce1 que de rtablir une suffisante compression intellectuelle1 heureusem5t dev5ue auj\rd'hui aussi videmm5t *imrique que radicalem5t dang]euse4 ,il n'e/ pas mo9s s5sible1 d'un autre ct1 que ce s5tim5t fondam5tal d'un m\vem5t social spontan et rgl p> des lois naturelles1 con/itue ncessairem5t la vritable base sci5tifique de la dignit huma9e1 dans l'ordre des vnem5s politiques1 puisque les pr9cipales t5dances de l'humanit acquir5t a9si un imposant c>actre d'autorit1 qui doit tre t\j\rs respect1 comme base prpondrante1 p> t\te lgislation rationnelle3 t&is que la croyance actuelle la puissance indf9ie des comb9aisons politiques1 qui semble d'abord tant rehauss] l'importance de l'homme1 n'ab\tit1 vrai dire1 qu' lui attribu] une sorte d'automatisme social1 passivem5t dirig p> la suprmatie absolue et arbitraire1 soit de la ,provid5ce1 soit du lgislateur huma91 suivant le contra/e gnral ple9em5t reconnu l'g>d de t\s les autres phnomnes quelconques4 ,ces div]ses explications sommaires doiv5t suffire ici p\r r5dre inconte/able que1 con=mm5t notre indication premire1 c'e/ rellem5t dans la rectification df9itive d'une telle ab]ration que consi/e1 t\s g>ds1 le noeud ess5tiel de la difficult philosophique dans la rgnration radicale de la sci5ce politique1 ds lors c>actrise s\s la =me la plus dcisive1 en un temps o les habitudes intellectuelles prpondrantes ne p]mett5t gure de saisir conv5ablem5t les conceptions sociales que s\s leur aspect pratique1 et non s\s le po9t de vue sci5tifique1 et1 plus =te raison1 s\s le rapport logique proprem5t dit1 que j'avais dj suffisamm5t signals4 ,af9 de rsum] utilem5t1 p> une considration f9ale1 qui embrasse ncessairem5t t\tes les autres1 l'ensemble de ces indications prlim9aires sur les conditions fondam5tales que doit 9vitablem5t remplir l'esprit gnral de la sociologie positive1 il suffit enf9 d'y appliqu] directem5t aussi le pr9cipe de la prvision rationnelle1 que j'ai tant prs5t1 env]s t\tes les p>ties antrieures de la philosophie naturelle1 comme con/ituant le plus irrcusable critrium de la positivit sci5tifique4 ,on peut donc1 s\s ce d]ni] po9t de vue1 rduire ici la difficult fondam5tale concevoir rgulirem5t dsormais les phnomnes sociaux comme aussi susceptibles de prvision sci5tifique que t\s les autres phnomnes quelconques1 entre des limites de prcision d'ailleurs compatibles avec leur complication suprieure1 suivant la rgle gnrale tablie1 cet g>d1 ds le db de ce ,trait4 ,cette manire d'envisag] une telle rnovation philosophique prs5te1 en effet1 l'avantage spcial de rappel] directem5t la fois1 d'aprs le mode le plus expressif1 les trois c>actres ess5tiels que je vi5s d'exam9] successivem5t depuis le comm5cem5t de ce *apitre1 et qui t\s se rapport5t1 s\s des aspects di/9cts mais quival5s1 la subord9ation cont9ue des div]ses conceptions sociales d'inv>iables lois naturelles1 sans lesquelles les vnem5s politiques ne saurai5t videmm5t comport] aucune vritable prvision4 ,la seule p5se d'une prvision rationnelle suppose donc1 avant t\t1 que l'esprit huma9 a df9itivem5t ab&onn1 en philosophie politique1 la rgion des idalits mtaphysiques1 p\r s'tablir jamais sur le t]ra9 des ralits obs]ves1 p> une sy/matique subord9ation1 directe et cont9ue1 de l'imag9ation l'obs]vation2 elle exige1 avec une autorit non mo9s vid5te1 que les conceptions politiques cess5t d'tre absolues p\r dev5ir con/amm5t relatives l'tat rgulirem5t v>iable de la civilisation huma9e1 af9 que les ?ories1 p\vant t\j\rs suivre le c\rs naturel des faits1 p]mett5t de les prvoir rellem5t2 enf91 elle implique aussi1 de t\te ncessit1 l'9vitable limitation p]man5te de l'action politique d'aprs des lois exactem5t dt]m9es1 puisque1 s'il en tait autrem5t1 la srie gnrale des vnem5s sociaux1 t\j\rs expose de pr(ondes p]turbations inspires p> l'accid5telle int]v5tion prpondrante du lgislateur1 soit div91 soit huma91 ne p\rrait tre aucunem5t prvue avec une scurit vraim5t sci5tifique4 ,a9si1 n\s p\rrons dsormais1 p\r facilit] l'exam5 philosophique1 conc5tr] ess5tiellem5t sur ce gr& attribut de prvision rationnelle l'ensemble des div]ses conditions de/9es c>actris] le vritable esprit fondam5tal de la politique positive4 ,cette conc5tration intellectuelle devi5t d'autant plus conv5able que1 dans ce sujet1 comme dans t\s les autres1 et plus clairem5t mme auj\rd'hui qu'env]s aucun autre1 vu l'actualit plus frappante d'une semblable rgnration1 un tel attribut e/ m9emm5t propre di/+u]1 d'une manire aussi pr(onde que directe1 la n\velle philosophie sociale d'avec l'anci5ne4 ,en effet1 des vnem5s rgis p> des volonts surnaturelles peuv5t bi5 laiss] suppos] des rvlations1 mais ils ne saurai5t videmm5t comport] aucune prvision sci5tifique1 dont la seule p5se con/itu]ait un vrai sacrilge3 il en e/ ess5tiellem5t de mme qu& leur direction app>ti5t des entits mtaphysiques1 sauf la *ance de rvlation1 qui s]ait ds lors p]due1 si une telle conception n'tait1 au fond1 une simple modification gnrale de la premire4 ,ri5 n'e/ auj\rd'hui plus s5sible l'g>d des vnem5s politiques1 p\r lesquels la doctr9e ?ologique et la doctr9e mtaphysique ne peuv5t f\rnir habituellem5t qu'une aveugle et /rile conscration uni=me de t\s les faits accomplis2 puisque ces tranges modes d'explication s'appliqu]ai5t1 d'ord9aire1 avec une gale facilit1 des vnem5s directem5t contraires1 sans que ces va9es =mules puiss5t jamais conduire1 p> elles-mmes1 la mo9dre indication de l'av5ir social4 ,si1 nanmo9s1 on peut dire que1 t\tes les poques1 un gr& nombre de faits politiques secondaires ont t gnralem5t reg>ds comme susceptibles de prvision1 cela vrifie seulem5t que1 comme je l'ai tabli1 ds l'orig9e de ce ,trait1 la philosophie ?ologico-mtaphysique n'a jamais pu tre rig\reusem5t univ]selle1 et qu'elle a d tre t\j\rs plus ou mo9s tempre1 dans t\te application1 p> l'9vitable mlange d'un positivisme faible et incomplet1 dont l'accession1 bi5 que m9emm5t subalt]ne1 fut videmm5t sans cesse indisp5sable la m>*e relle de l'esprit huma9 et de la socit4 ,mais1 quoiqu'une telle vrification soit p>ticulirem5t s5sible1 surt\t auj\rd'hui1 env]s les phnomnes politiques1 elle n'emp*e nullem5t que leur subord9ation prolonge des conceptions ?ologiques ou mtaphysiques ne les r5de encore ess5tiellem5t incompatibles avec t\te ide d'une prvision vraim5t sci5tifique1 si ce n'e/ quelques g>ds secondaires et p>tiels1 o la sorte de prvision vulgaire dont ils sont habituellem5t le sujet ne s'lve pas mme au-dessus d'un empirisme aussi inc]ta9 que grossi]1 qui1 malgr son utilit provisoire1 ne saurait aucunem5t dissimul] le beso9 fondam5tal de rgnration de la philosophie politique4 ,dans l'tat prs5t de vague et confuse irrationnalit des tudes sociales1 l'ensemble des considrations prlim9aires dont je vi5s de t]m9] l'indication p\rrait aism5t1 avec quelques artifices d'exposition1 pass] p\r une premire ralisation gnrale de la gr&e rnovation philosophique qu'il s'agissait seulem5t a9si de c>actris] suffisamm5t3 en un sujet aussi mal conu jusqu'ici1 de simples noncs ont t s\v5t rigs1 bi5 mo9s de titres1 en de vraies solutions4 ,t\tefois1 les esprits conv5ablem5t prp>s p> l'habitude pr(onde des conceptions vraim5t sci5tifiques1 se g>antiront aism5t d'une semblable illusion1 en reconnaissant sans hsitation que les indisp5sables conditions successivem5t df9ies depuis le comm5cem5t de ce *apitre se rapport5t uniquem5t1 p> leur nature1 la position fondam5tale des que/ions en philosophie politique1 et ne peuv5t1 en consqu5ce1 aucunem5t suffire1 p> elles-mmes1 mettre immdiatem5t sur la voie relle de l'opration df9itive4 ,n\s avons a9si simplem5t tabli un important prambule gnral1 qui p\rra n\s guid] utilem5t1 dans l'ensemble de ce volume1 p\r =mul] nettem5t le b sci5tifique qu'il s'agit d'atte9dre1 et mme p\r en apprci] exactem5t le vritable accomplissem5t graduel4 ,il faut ma9t5ant procd]1 d'une manire directe1 une premire exposition sommaire de l'esprit gnral de la physique sociale1 dont les conditions ess5tielles sont dsormais suffisamm5t c>actrises4 ,cet esprit devra d'ailleurs tre surt\t connu et apprci ultrieurem5t1 d'aprs l'application spontane qui s'en f]a cont9uellem5t dans le c\rs enti] des leons suivantes4 ,t\t le pr9cipe philosophique d'un tel esprit se rduisant ncessairem5t1 d'aprs les explications prcd5tes1 concevoir t\j\rs les phnomnes sociaux comme 9vitablem5t assujtis de vritables lois naturelles1 comportant rgulirem5t une prvision rationnelle1 il s'agit donc de fix] ici1 en gnral1 quels doiv5t tre le sujet prcis et le c>actre propre de ces lois1 dont la suite de ce volume conti5dra l'exposition effective1 autant que le p]met l'tat naissant de la sci5ce que je m'ef=ce de crer4 ,or1 cette f91 il faut1 avant t\t1 t5dre conv5ablem5t1 l'ensemble des phnomnes sociaux1 une di/9ction sci5tifique vraim5t fondam5tale1 que j'ai tablie et employe1 dans t\tes les p>ties de ce ,trait1 et pr9cipalem5t en philosophie biologique1 comme radicalem5t applicable1 p> sa nature1 des phnomnes quelconques1 et surt\t t\s ceux que peuv5t prs5t] des corps vivans1 en considrant sp>m5t1 mais t\j\rs en vue d'une exacte coord9ation sy/matique1 l'tat /atique et l'tat dynamique de *aque sujet d'tudes positives4 ,dans la simple biologie1 c'e/--dire p\r l'tude gnrale de la seule vie individuelle1 cette indisp5sable dcomposition donne lieu1 d'aprs les explications cont5ues au volume prcd5t1 di/+u] rationnellem5t entre le po9t de vue purem5t anatomique1 relatif aux ides d'organisation1 et le po9t de vue physiologique proprem5t dit1 directem5t propre aux ides de vie3 ces deux aspects1 spontanm5t sp>s1 presque en t\t temps1 se tr\vant ds-lors exactem5t apprcis p> une irrvocable analyse philosophique1 qui en pure et en p]fectionne la comp>aison ncessaire4 ,en sociologie1 la dcomposition doit s'opr] d'une manire p>faitem5t analogue1 et non mo9s prononce1 en di/+uant radicalem5t1 l'g>d de *aque sujet politique1 entre l'tude fondam5tale des conditions d'exi/5ce de la socit1 et celle des lois de son m\vem5t cont9u4 ,cette diffr5ce me semble1 ds prs5t1 assez c>actrise p\r me p]mettre de prvoir que1 dans la suite1 son dveloppem5t spontan p\rra donn] lieu dcompos] habituellem5t la physique sociale en deux sci5ces pr9cipales1 s\s les noms1 p> exemple1 de /atique sociale et dynamique sociale1 aussi ess5tiellem5t di/9ctes l'une de l'autre que le sont auj\rd'hui l'anatomie et la physiologie individuelles4 ,mais il s]ait c]ta9em5t prmatur d'atta*] ma9t5ant aucune grave importance cette di/ribution m?odique1 l'poque mme de la premire in/itution de la sci5ce4 ,on peut d'ailleurs cra9dre que1 s\s ce rapport1 une telle division tran*e de la sci5ce sociale n'y introduist auj\rd'hui cet inconvni5t capital1 trop con=me la t5dance disp]sive des esprits actuels1 de faire vicieusem5t nglig] l'indisp5sable comb9aison p]man5te de ces deux po9ts de vue gnraux1 comme je l'ai expliqu1 dans le volume prcd5t1 p\r la biologie1 o n\s avons reconnu que la division vulgaire entre l'anatomie et la physiologie t5d dsormais s'effac] entirem5t4 ,en t\t cas1 une scission quelconque du travail sociologique s]ait videmm5t inopportune1 et mme irrationnelle1 tant que l'ensemble n'en aura pas t conv5ablem5t conu4 ,mais cette importante considration ne saurait affect]1 en aucune manire1 ni la ju/esse intr9sque1 ni l'immdiate ncessit de notre di/9ction fondam5tale entre l'tude /atique et l'tude dynamique des phnomnes sociaux1 p\rvu que1 au lieu d'y voir la s\rce d'une division vicieuse ou pdantesque en deux sci5ces sp>es1 on l'applique seulem5t auj\rd'hui l'analyse cont9ue de *aque ?orie sociale1 t\j\rs utilem5t susceptible de ce d\ble aspect positif4 ,p\r mieux c>actris] cette indisp5sable dcomposition lm5taire1 et af9 d'en indiqu]1 ds ce mom5t1 la porte pratique1 je crois ess5tiel1 avant de pass] outre1 de not] ici qu'un tel dualisme sci5tifique correspond1 avec une p>faite exactitude1 dans le s5s politique proprem5t dit1 la d\ble notion de l'ordre et du progrs1 qu'on peut dsormais reg>d] comme spontanm5t introduite dans le doma9e gnral de la raison publique4 ,c>1 il e/ vid5t que l'tude /atique de l'organisme social doit concid]1 au fond1 avec la ?orie positive de l'ordre1 qui ne peut1 en effet1 consi/] ess5tiellem5t qu'en une ju/e h>monie p]man5te entre les div]ses conditions d'exi/5ce des socits huma9es3 on voit1 de mme1 encore plus s5siblem5t1 que l'tude dynamique de la vie collective de l'humanit con/itue ncessairem5t la ?orie positive du progrs social1 qui1 en c>tant t\te va9e p5se de p]fectibilit absolue et illimite1 doit naturellem5t se rduire la simple notion de ce dveloppem5t fondam5tal4 ,en donnant1 la fois1 plus d'intrt et de cl>t la conception spculative1 plus de noblesse et de consi/ance la considration pratique1 ce d\ble rappro*em5t1 dont l'heureuse spontanx ne saurait tre conte/e1 me semble m9emm5t propre manife/]1 d'une manire irrcusable1 ds l'orig9e de la n\velle philosophie politique1 la correspondance gnrale et cont9ue entre la sci5ce et l'application4 ,les vritables hommes d'tat p\rront a9si quitablem5t apprci] s'il s'agit ici d'un va9 ex]cice intellectuel1 ou de pr9cipes philosophiques rellem5t susceptibles de pntr] f9alem5t avec efficacit dans la vie politique actuelle4 ,ils comm5c]ont1 j'espre1 s5tir ds-lors le fidle accomplissem5t naissant de la promesse que j'ai faite1 au db de ce volume1 de con/itu] une sci5ce sociale directem5t de/9e satisfaire conv5ablem5t au d\ble beso9 intellectuel des socits mod]nes1 en tablissant spontanm5t1 sur d'9branlables fondem5s rationnels1 la d\ble notion lm5taire de l'ordre et du progrs1 qui1 p> l1 se tr\ve dsormais pr(ondm5t ratta*e l'ensemble cont9u des conceptions sociologiques1 et mme1 p> une suite ncessaire1 au sy/me enti] des ?ories positives4 ,le sujet p]man5t de la sci5ce p\rra tre a9si considr1 en philosophie politique1 comme radicalem5t con=me l'objet fondam5tal de l'art3 les mmes relations y tant envisages s\s deux po9ts de vue di/9cts mais ple9em5t quival5s1 avec les seules diffr5ces naturelles de l'ab/rait au concret1 et de la spculation l'action4 ,une sci5ce qui1 au fond1 aura con/amm5t en vue1 d'aprs ces explications1 l'tude positive des lois relles de l'ordre et du progrs1 ne saurait tre taxe d'une prsomptueuse tmrit spculative1 p> les hommes d'action d\s de quelque porte intellectuelle1 lorsqu'elle prt5dra p\voir seule f\rnir les vritables bases rationnelles de l'ensemble des moy5s pratiques applicables la satisfaction effective de ce d\ble beso9 social3 cette correspondance ncessaire f9ira1 sans d\te1 p> tre juge ess5tiellem5t analogue l'h>monie gnrale1 dsormais unanimem5t admise en pr9cipe quoique =t imp>faitem5t dveloppe encore1 entre la sci5ce biologique et le sy/me des arts qui s'y rapport5t1 surt\t l'art mdical4 ,enf91 il s]ait1 je crois1 sup]flu de faire expressm5t rem>qu] ici1 raison de sa haute vid5ce1 la proprit spontane que prs5te directem5t cette premire conception philosophique de la sociologie positive1 de li] dsormais1 d'une manire indissoluble1 comme je l'ai annonc au db de ce volume1 les deux ides galem5t fondam5tales de l'ordre et du progrs1 dont n\s avons reconnu1 dans la qu>ante-sixime leon1 que la dplorable opposition radicale con/itue1 en ralit1 le pr9cipal symptme c>actri/ique de la pr(onde p]turbation des socits mod]nes4 ,on ne saurait d\t] que1 ds-lors1 ces deux notions lm5taires1 aprs avoir t isolm5t consolides1 n'acquir5t a9si1 p> leur intime fusion rationnelle1 une consi/ance intellectuelle 9branlable2 puisqu'elles p\rront1 p> l1 dev5ir aussi ncessairem5t insp>ables que le sont auj\rd'hui1 en philosophie biologique1 les ides de l'organisation et de la vie1 dont le dualisme sci5tifique procde exactem5t du mme pr9cipe de philosophie positive4 ,les div]ses proprits ess5tielles que je vi5s d'indiqu] se dvelopp]ont naturellem5t dans la suite1 mesure que la philosophie positive manife/]a graduellem5t1 p> l'tude rationnelle des phnomnes sociaux1 son esprit aussi pr(ondm5t organisateur que hautem5t progressif1 au lieu de l'influ5ce p]turbatrice ou dc\rageante que de va9s prjugs lui suppos5t encore trop s\v5t4 ,mais il m'a p>u ncessaire de signal] ici sommairem5t le premi] g]me sci5tifique de ces importans attributs4 ,d'aprs cette conception fondam5tale1 en df9issant d'abord1 suivant l'ordre m?odique1 l'ensemble des lois purem5t /atiques de l'organisme social1 le vrai pr9cipe philosophique qui leur e/ propre me semble directem5t consi/] dans la notion gnrale de cet 9vitable cons5sus univ]sel qui c>actrise les phnomnes quelconques des corps vivans1 et que la vie sociale manife/e ncessairem5t au plus haut degr4 ,a9si conue1 cette sorte d'anatomie sociale1 qui con/itue la sociologie /atique1 doit avoir p\r objet p]man5t l'tude positive1 la fois exprim5tale et rationnelle1 des actions et ractions mutuelles qu'ex]c5t cont9uellem5t les unes sur les autres t\tes les div]ses p>ties quelconques du sy/me social1 en faisant sci5tifiquem5t1 autant que possible1 ab/raction provisoire du m\vem5t fondam5tal qui les modifie t\j\rs graduellem5t4 ,s\s ce premi] po9t de vue1 les prvisions sociologiques1 fondes sur l'exacte connaissance gnrale de ces relations ncessaires1 s]ont proprem5t de/9es conclure les unes des autres1 en con=mit ultrieure avec l'obs]vation directe1 les div]ses indications /atiques relatives *aque mode d'exi/5ce sociale1 d'une manire ess5tiellem5t analogue ce qui se passe habituellem5t auj\rd'hui en anatomie individuelle4 ,cet aspect prlim9aire de la sci5ce politique suppose donc videmm5t1 de t\te ncessit1 que1 contrairem5t aux habitudes philosophiques actuelles1 *acun des nombreux lm5s sociaux1 cessant d'tre envisag d'une manire absolue et indp5dante1 soit t\j\rs exclusivem5t conu comme relatif t\s les autres1 avec lesquels une solid>it fondam5tale doit sans cesse le comb9] intimem5t4 ,il s]ait1 mon gr1 sup]flu de faire expressm5t ressortir ici la haute utilit cont9ue d'une telle doctr9e sociologique3 c>1 elle doit d'abord s]vir1 videmm5t1 de base indisp5sable l'tude df9itive du m\vem5t social1 dont la conception rationnelle suppose pralablem5t la p5se cont9ue de la cons]vation indisp5sable de l'organisme correspondant2 mais1 en outre1 elle peut tre1 p> elle-mme1 immdiatem5t employe suppler s\v5t1 du mo9s provisoirem5t1 l'obs]vation directe1 qui1 en beauc\p de cas1 ne saurait avoir lieu con/amm5t p\r c]ta9s lm5s sociaux1 dont l'tat rel p\rra nanmo9s se tr\v] a9si suffisamm5t apprci1 d'aprs leurs relations sci5tifiques avec d'autres dj connus4 ,l'hi/oire des sci5ces peut surt\t donn]1 ds ce mom5t1 quelque ide de l'importance habituelle d'un tel sec\rs1 en rappelant1 p> exemple1 comm5t les vulgaires ab]rations des rudits sur les prt5dues connaissances en a/ronomie suprieure attribues aux anci5s gypti5s ont t irrvocablem5t dissipes1 avant mme qu'une plus sa9e rudition en et fait ju/ice1 p> la seule considration rationnelle d'une relation indisp5sable de l'tat gnral de la sci5ce a/ronomique avec celui de la gomtrie ab/raite1 alors videmm5t dans l'enfance2 il s]ait ais de cit] une f\le de cas analogues1 dont le c>actre philosophique s]ait irrcusable4 ,on doit d'ailleurs not]1 ce sujet1 p\r ne ri5 exagr]1 que ces relations ncessaires entre les div]s aspects sociaux ne saurai5t tre1 p> leur nature1 tellem5t simples et prcises que les rsultats obs]vs n'ai5t pu jamais prov5ir que d'un mode unique de coord9ation mutuelle4 ,une telle disposition d'esprit1 dj videmm5t trop troite en biologie1 s]ait surt\t ess5tiellem5t contraire la nature encore plus complexe des spculations sociologiques4 ,mais il e/ clair que l'exacte apprciation gnrale de ces limites de v>iation1 normales et mme anormales1 con/itue ncessairem5t alors1 au mo9s autant qu'en anatomie individuelle1 un indisp5sable complm5t de *aque ?orie de sociologie /atique1 sans lequel l'exploration indirecte dont il s'agit p\rrait s\v5t dev5ir errone4 ,n'crivant po9t ici un trait spcial de philosophie politique1 je n'y dois po9t m?odiquem5t tablir la dmon/ration directe d'une telle solid>it fondam5tale entre t\s les aspects possibles de l'organisme social1 sur laquelle d'ailleurs il n'exi/e gure ma9t5ant1 au mo9s en pr9cipe1 de div]g5ces capitales p>mi les bons esprits4 ,de quelque lm5t social que l'on veuille p>tir1 *acun p\rra aism5t reconnatre1 p> un utile ex]cice sci5tifique1 qu'il t\*e rellem5t t\j\rs1 d'une manire plus ou mo9s immdiate1 l'ensemble de t\s les autres1 mme de ceux qui en p>aiss5t d'abord le plus indp5dans4 ,la considration dynamique du dveloppem5t intgral et cont9u de l'humanit civilise p]met1 sans d\te1 d'opr] avec plus d'efficacit cette intressante vrification du cons5sus social1 en montrant avec vid5ce la raction univ]selle1 actuelle ou pro*a9e1 de *aque modification spciale4 ,mais cette indication p\rra con/amm5t tre prcde1 ou du mo9s suivie1 p> une confirmation purem5t /atique2 c>1 en politique1 comme en mcanique1 la communication des m\vem5s pr\ve spontanm5t l'exi/5ce des liaisons ncessaires4 ,sans desc5dre1 p> exemple1 jusqu' la solid>it trop intime des div]ses bran*es de *aque sci5ce ou de *aque art1 n'e/-il pas vid5t que les diffr5tes sci5ces sont entre elles1 ou presque t\s les arts entre eux1 dans une telle connexit sociale1 que l'tat bi5 connu d'une seule p>tie quelconque1 suffisamm5t c>actrise1 p]met de prvoir1 un c]ta9 degr1 avec une vraie scurit philosophique1 l'tat gnral correspondant de *acune des autres1 d'aprs les lois d'h>monie conv5ables8 ,p> une considration plus t5due1 on conoit galem5t l'indisp5sable relation cont9ue qui lie aussi le sy/me des sci5ces celui des arts1 p\rvu qu'on ait t\j\rs so9 de suppos]1 comme l'exige clairem5t la nature du sujet1 une solid>it mo9s int5se mesure qu'elle devi5t plus indirecte4 ,il en e/ videmm5t de mme qu&1 au lieu d'envisag] l'ensemble des phnomnes sociaux au se9 d'une nation unique1 on l'exam9e simultanm5t *ez div]ses nations contempora9es1 dont la cont9uelle influ5ce rciproque ne saurait tre conte/e1 surt\t dans les temps mod]nes1 quoique le cons5sus doive tre ici1 d'ord9aire1 mo9s prononc1 t\s g>ds1 et dcrotre d'ailleurs graduellem5t avec l'aff9it des cas et la multiplicit des contacts1 au po9t de s'effac] quelquefois presque entirem5t1 comme1 p> exemple1 entre l',europe occid5tale et l',asie ori5tale1 dont les div]s tats gnraux de socit p>aiss5t jusqu'ici peu prs indp5dans4 ,sans insi/] davantage sur des notions lm5taires aussi peu conte/ables1 je dois ici me born]1 ce sujet1 c>actris] sommairem5t le seul cas ess5tiel o la solid>it fondam5tale soit encore1 s9on directem5t nie en pr9cipe1 du mo9s pr(ondm5t mconnue1 et mme radicalem5t nglige1 en ralit4 ,ce cas e/1 malheureusem5t1 le plus important de t\s1 puisqu'il conc]ne directem5t l'organisation sociale proprem5t dite1 dont la ?orie cont9ue jusqu' prs5t tre ess5tiellem5t conue1 d'une manire absolue et isole1 comme indp5dante de l'analyse gnrale de la civilisation correspondante1 dont elle ne peut cep5dant que con/itu] l'un des pr9cipaux lm5s4 ,un tel vice app>ti5t presque galem5t auj\rd'hui aux coles politiques les plus opposes1 soit ?ologiques1 soit mtaphysiques1 qui t\tes s'accord5t ord9airem5t diss]t] ab/raitem5t sur le rgime politique1 sans p5s] l'tat co-relatif de civilisation1 et ab\tiss5t mme le plus s\v5t1 dans leurs va9es utopies immuables1 faire concid] leur type politique le plus p>fait avec l'enfance plus ou mo9s prononce du dveloppem5t huma94 ,p\r mieux apprci]1 d'un seul aspect1 dans t\te sa porte1 l'ensemble de cette ab]ration habituelle1 il faut1 ce me semble1 en p\rsuivant le c\rs rig\reux d'une exacte analyse hi/orique1 remont] jusqu' sa vritable s\rce philosophique1 qui consi/e ess5tiellem5t1 mes yeux1 dans ce fameux dogme ?ologique o l'on ratta*e le dveloppem5t gnral de la civilisation huma9e une prt5due dgradation orig9elle de l'homme4 ,ce dogme fondam5tal1 que t\tes les religions reproduis5t1 s\s une =me quelconque1 et dont la prpondrance intellectuelle devait t\j\rs tre seconde spontanm5t p> le p5*ant ord9aire de notre nature l'involontaire admiration du pass1 conduit1 en effet1 d'une manire directe et ncessaire1 faire con/amm5t concid] la dtrioration cont9ue de la socit huma9e avec l'ext5sion croissante de sa civilisation4 ,qu& la philosophie ?ologique e/ graduellem5t passe l'tat mtaphysique1 ce dogme primitif a de plus en plus t5du se trans=m] f9alem5t1 comme je l'ai dj indiqu1 en cette clbre hypo?se1 radicalem5t quival5te1 qui s]t encore de pr9cipale base sy/matique la politique mtaphysique1 d'un *imrique tat de nature1 suprieur l'tat social1 et dont le dveloppem5t de la civilisation n\s loigne t\j\rs davantage4 ,on ne saurait a9si mconnatre l'extrme gravit philosophique1 et p> suite mme politique1 d'une ab]ration aussi pr(ondm5t enrac9e dans l'intime con/itution sci5tifique des div]ses doctr9es exi/antes1 et qui1 sans tre dsormais directem5t =mule et s\t5ue en pr9cipe gnral1 cont9ue cep5dant dom9] ess5tiellem5t l'ensemble des spculations sociales1 s\v5t d'ailleurs l'insu de la plup>t de ceux qui s'y livr5t4 ,il s]ait nanmo9s impossible que cette irrationnalit capitale rsi/t long-temps auj\rd'hui une sa9e discussion philosophique1 c> elle e/ en contradiction vid5te avec beauc\p de notions de philosophie politique1 qui1 sans avoir pu encore acqurir une vraie consi/ance sci5tifique1 obti5n5t graduellem5t un c]ta9 asc5dant intellectuel1 soit en v]tu des claircissem5s spontans qui ressort5t du c\rs naturel des vnem5s1 soit cause du propre dveloppem5t actuel de la raison publique4 ,c'e/ a9si que t\s les publici/es clairs reconnaiss5t ma9t5ant une c]ta9e solid>it p>tielle entre les div]ses in/itutions politiques proprem5t dites1 d'aprs laquelle quelques-unes s'exclu5t mutuellem5t1 t&is que d'autres s'appui5t et mme s'appell5t rciproquem5t3 ce devait tre l1 sans d\te1 le premi] pas direct v]s la notion rationnelle du cons5sus fondam5tal du sy/me spcial de ces in/itutions avec le sy/me total de la civilisation huma9e2 puisque1 ds lors1 la seule vrification de cette co-relation1 s\s quelques rapports dt]m9s1 suffit aussitt p\r en autoris] l'ext5sion spontane1 quoique indirecte1 t\s les sujets dont l'h>monie avec ceux-l e/ dj reconnue1 ce qui doit heureusem5t t5dre auj\rd'hui multipli]1 aussi bi5 qu' simplifi]1 les moy5s gnraux de dmon/ration en philosophie politique4 ,je dois mme signal] ici1 comme indiquant une disposition intellectuelle encore plus rappro*e du vritable esprit de la /atique sociale1 cette reconnaissance1 ma9t5ant admise p> les p5seurs les plus avancs1 surt\t en ,france et en ,allemagne1 d'une con/ante solid>it ncessaire entre le p\voir politique et le p\voir civil3 ce qui signifie1 en langage positif1 que les =ces sociales prpondrantes f9iss5t 9vitablem5t p> dev5ir aussi dirigeantes1 a9si que je l'nonais1 en #ahbb1 dans mon ,sy/me de politique positive4 ,mais1 quelle que soit l'vid5te utilit actuelle de ces intressants ap]u p>tiels1 titre d'ducation sociologique prlim9aire de la raison publique1 ce s]ait nanmo9s pr(ondm5t mconnatre les difficiles et imprieuses obligations de la m?ode vraim5t sci5tifique que de se croire aucunem5t disp5s1 p> ces heureux ttonnem5s1 de la conception directe et rationnelle du cons5sus gnral de l'organisme social1 laquelle se tr\ve a9si seulem5t prp>e1 surt\t en ce qui conc]ne sa vulg>isation f9ale4 ,un exemple ple9em5t dcisif doit1 ce me semble1 faire aism5t compr5dre que ces vagues indications isoles1 plutt littraires que sci5tifiques1 ne saurai5t jamais1 malgr leur importance provisoire1 suppler l'accomplissem5t rel de cette svre prescription philosophique3 c>1 depuis ,ari/ote1 et mme avant lui1 la plup>t des philosophes ont con/amm5t reproduit le clbre aphorisme de la subord9ation ncessaire des lois aux moeurs1 sans que ce premi] g]me de la sa9e philosophie politique les ait t\tefois nullem5t emp*s d'envisag] habituellem5t1 p5dant v+t sicles1 le sy/me des in/itutions comme ess5tiellem5t indp5dant de l'tat simultan de la civilisation1 quelque flagrante que dt tre1 p> sa nature1 une telle contradiction gnrale4 ,suivant le c\rs naturel de t\tes *oses huma9es1 les pr9cipes intellectuels et les op9ions philosophiques1 t\t autant que les moeurs sociales et les in/itutions politiques1 subsi/5t ncessairem5t1 en gnral1 malgr leur caducit con/ate et leurs inconvni5s reconnus1 qu& une fois ils ont pris rellem5t possession des esprits1 en donnant lieu seulem5t des inconsqu5ces de plus en plus graves1 jusqu' ce que le dveloppem5t fondam5tal de la raison huma9e ait pu produire enf9 de n\veaux pr9cipes1 d'une gnralit quival5te1 et d'une rationnalit suprieure3 c>1 dans l'ordre intellectuel1 non mo9s que dans l'ordre matriel1 l'homme pr\ve1 p>-dessus t\t1 l'indisp5sable beso9 d'une suprme direction quelconque1 susceptible de s\t5ir son activit cont9ue en ralliant fixem5t ses ef=ts spontans4 ,aussi1 sans mconnatre nullem5t la valeur passagre des div]s essais de philosophie politique que je vi5s d'indiqu]1 je ne dois po9t hsit] les reg>d] fran*em5t comme non av5us auj\rd'hui p\r l'laboration directe de l'esprit fondam5tal propre la sociologie /atique1 o ils ne peuv5t mme aucunem5t s]vir dsormais concevoir rationnellem5t la haute p>ticipation ncessaire de l'ensemble du rgime politique au cons5sus univ]sel de l'organisme social4 ,dans la suite entire de ce volume1 l'application spontane et cont9ue d'une telle notion lm5taire s]a plus efficace encore qu'aucune dmon/ration m?odique1 p\r dissip] compltem5t t\te inc]titude relle sur cette indisp5sable solid>it entre le sy/me des p\voirs et des in/itutions politiques et l'tat gnral de la civilisation correspondante4 ,mais1 malgr cette lum9euse vrification dcisive1 on n'en doit pas mo9s atta*] une extrme importance1 p\r la con/itution df9itive de la sci5ce sociale1 l'explication rationnelle et directe de cette gr&e co-relation1 comme je devrai ultrieurem5t l'entrepr5dre1 p> exemple1 dans le ,trait spcial de philosophie politique que j'ai annonc en comm5ant ce volume4 ,t\s les moy5s sci5tifiques devront tre alors conv5ablem5t comb9s p\r l'tablissem5t f9al d'une notion aussi fondam5tale1 sur laquelle repose pr9cipalem5t le vritable esprit de l'ensemble de la /atique sociale1 et qui1 p> sa nature1 peut surt\t dissip]1 plus immdiatem5t qu'aucune autre ?orie sociologique1 le fune/e c>actre absolu de nos div]ses coles politiques4 ,or1 le pr9cipe sci5tifique de cette relation gnrale consi/e ess5tiellem5t dans l'vid5te h>monie spontane qui doit t\j\rs t5dre rgn] entre l'ensemble et les p>ties du sy/me social1 dont les lm5s ne saurai5t vit] d'tre f9alem5t comb9s entre eux d'une manire ple9em5t con=me leur propre nature4 ,il e/ clair1 en effet1 que non seulem5t les in/itutions politiques proprem5t dites et les moeurs sociales d'une "p1 les moeurs et les ides de l'autre1 doiv5t tre sans cesse rciproquem5t solidaires2 mais1 en outre1 que t\t cet ensemble se ratta*e con/amm5t1 p> sa nature1 l'tat correspondant du dveloppem5t intgral de l'humanit1 considre dans t\s ses div]s modes quelconques d'activit1 intellectuelle1 morale1 et physique1 dont aucun sy/me politique1 soit temporel1 soit spirituel1 ne saurait jamais avoir1 en gnral1 d'autre objet rel que de rgul>is] conv5ablem5t l'essor spontan1 af9 de le mieux dirig] v]s un plus p>fait accomplissem5t de son b naturel pralablem5t dt]m94 ,mme aux poques rvolutionnaires proprem5t dites1 quoique t\j\rs c>actrises p> une insuffisante ralisation de cette h>monie fondam5tale1 elle cont9ue nanmo9s tre encore ess5tiellem5t apprciable1 c> elle ne p\rrait totalem5t cess] que p> l'entire dissolution de l'organisme social1 dont elle con/itue le pr9cipal attribut4 ,en ces temps exceptionnels1 et sauf les seules anomalies =tuites1 qui ne saurai5t laiss] de traces pr(ondes1 on peut p]si/] reg>d] aussi le rgime politique comme tant1 la longue1 de t\te ncessit1 radicalem5t con=me l'tat correspondant de la civilisation1 puisque les lacunes ou les p]turbations qui se manife/5t alors dans l'un provi5n5t surt\t1 en ralit1 de drangem5s quival5s dans l'autre4 ,l'imm5se rvolution sociale au milieu de laquelle n\s vivons ne fait elle-mme que confirm]1 d'une manire ple9em5t dcisive1 cette 9vitable loi sociologique1 d'aprs les explications prlim9aires de la qu>ante-sixime leon1 dont l'ensemble a nettem5t dmontr1 contrairem5t l'op9ion commune1 que le dplorable tat actuel du rgime politique rsulte pr9cipalem5t de notre situation intellectuelle et ensuite morale1 laquelle doit d'abord s'adress] t\te solution vraim5t rationnelle1 sans que les orageux essais1 t5ts ou t5t]1 p\r la rgnration directe du sy/me politique1 soi5t rellem5t susceptibles d'aucune efficacit fondam5tale4 ,a la vrit1 la ?orie vulgaire attribue1 en gnral1 au lgislateur1 la facult p]man5te de rompre inop9m5t l'h>monie ncessaire que n\s considrons1 la seule condition d'tre pralablem5t arm d'une autorit suffisante2 ce qui sans d\te1 quivaut ess5tiellem5t une entire ngation de cette solid>it cont9ue4 ,mais il e/ ais de reconnatre qu'une telle op9ion1 fonde1 en app>5ce1 sur de gr&s exemples1 con/itue directem5t un vritable c]cle vicieux1 rsultant d'une pure illusion sur les s\rces gnrales du p\voir politique1 o l'on pr5d le symptme p\r le pr9cipe4 ,sans tablir sci5tifiquem5t ici la ?orie positive de l'autorit1 il e/ vid5t que1 d'aprs la nature mme de l'tat social1 t\t p\voir quelconque y e/ ncessairem5t con/itu p> un ass5tim5t correspondant1 spontan ou rfl*i1 explicite ou implicite1 des div]ses volonts individuelles1 dt]m9es1 suivant c]ta9es convictions pralables1 conc\rir une action commune1 dont ce p\voir e/ d'abord l'organe et devi5t ensuite le rgulateur4 ,a9si1 l'autorit drive rellem5t du conc\rs1 et non le conc\rs de l'autorit1 sauf la raction 9vitable2 en sorte qu'aucun gr& p\voir ne saurait rsult] que de dispositions =tem5t prpondrantes au se9 de la socit o il s'tablit2 et qu& ri5 n'y prdom9e hautem5t1 les p\voirs quelconques y sont1 p> suite1 ncessairem5t faibles et languissans2 la correspondance tant d'ailleurs1 dans t\s les cas1 d'autant plus irrsi/ible qu'il s'agit d'une socit plus t5due4 ,la ?orie ord9aire1 en int]v]tissant radicalem5t cette relation gnrale1 place videmm5t notre intellig5ce dans cette trange situation1 symptme habituel des conceptions mtaphysiques1 de ne p\voir nullem5t compr5dre quelles s]ai5t les s\rces effectives de ces puissances politiques auxquelles on attribue a9si une my/rieuse influ5ce sociale1 mo9s de leur suppos] directem5t une orig9e fran*em5t surnaturelle1 comme le fait1 sans tant d'inconsqu5ce1 la politique ?ologique4 ,d'un autre ct1 aucun esprit ju/e ne saurait c]tes mconnatre la haute influ5ce que1 p> une raction ncessaire1 l'ensemble du rgime politique ex]ce1 avec tant d'vid5ce1 sur le sy/me gnral de la civilisation1 et que c>actrise mme si s\v5t l'action inconte/able1 heureuse ou fune/e1 des in/itutions1 des mesures1 ou des vnem5s purem5t politiques1 jusque sur la m>*e propre des sci5ces et des arts1 t\s les ges de la socit1 et encore plus dans son enfance4 ,mais il s]ait entirem5t sup]flu de s'arrt] ici cet aspect de la "q1 puisqu'il n'e/ nullem5t conte/1 t&is que l'erreur commune consi/e1 au contraire1 l'exagr] irrationnellem5t1 au po9t de plac] directem5t la raction secondaire au-dessus de l'action pr9cipale4 ,il e/ clair d'ailleurs que1 vu leur 9vitable co-relation sci5tifique1 l'une et l'autre conc\r5t faire p>eillem5t ressortir ce cons5sus fondam5tal de l'organisme social1 qu'il s'agissait ici de signal] sommairem5t comme le pr9cipe philosophique de la sociologie /atique1 et dont la notion ne prs5te plus auj\rd'hui de difficults vraim5t graves qu'en ce qui conc]ne la correspondance gnrale entre le rgime politique et l'tat simultan de la civilisation4 ,du re/e1 j'aurai naturellem5t plusieurs occasions importantes de rev5ir directem5t sur ce d]ni] sujet envisag s\s de n\veaux aspects rationnels1 et indp5damm5t encore de l'analyse hi/orique1 soit en considrant plus lo9 les limites ncessaires de l'action politique proprem5t dite1 soit surt\t dans la c9quantime leon1 spcialem5t consacre l'apprciation prlim9aire de la /atique sociale4 ,sans att5dre ces div]ses explications1 il tait videmm5t indisp5sable d'indiqu]1 ds ce mom5t1 au lecteur1 le po9t de vue ess5tiellem5t relatif s\s lequel le sy/me politique proprem5t dit s]a t\j\rs considr dans cette premire bau*e de la vritable sci5ce sociale4 ,un tel po9t de vue1 sub/itu la t5dance absolue des ?ories ord9aires1 con/itue c]ta9em5t le pr9cipal c>actre sci5tifique de la positivit en philosophie politique1 comme je l'ai montr au db de ce *apitre1 et comme on le s5tira1 j'espre1 d'autant mieux qu'on appr(ondira davantage ce sujet vraim5t capital1 o rside1 mon avis1 le noeud lm5taire d'une telle difficult philosophique4 ,n\s n'aurons donc jamais concevoir le rgime politique que d'aprs sa relation cont9ue1 tantt gnrale1 tantt spciale1 avec l'tat correspondant de la civilisation huma9e1 isolm5t duquel il ne saurait1 en aucun cas1 tre sa9em5t jug1 et p> l'impulsion graduelle duquel il t5d t\j\rs tre spontanm5t produit ou modifi4 ,si1 d'un ct1 cette conception prs5te t\te ide de bi5 ou de mal politique comme ncessairem5t relative et v>iable1 sans tre p\r cela nullem5t arbitraire puisque la relation e/ t\j\rs rig\reusem5t dt]m9e2 d'une autre "p1 elle devra f\rnir aussi la base rationnelle d'une ?orie positive de l'ordre spontan des socits huma9es1 dj vaguem5t entrevu1 s\s quelques rapports subalt]nes1 p> la politique mtaphysique1 dans ce qu'on nomme auj\rd'hui l'conomie politique1 comme je l'ai assez indiqu au *apitre prcd5t4 ,c>1 la valeur d'un sy/me politique quelconque ne p\vant a9si ess5tiellem5t consi/] que dans son exacte h>monie avec l'tat social correspondant1 n\s voyons p> l que1 s\s un autre aspect1 il e/ c]ta9em5t impossible que1 suivant le seul c\rs naturel des vnem5s1 et sans aucune int]v5tion calcule1 une telle h>monie ne s'tablisse po9t ncessairem5t4 ,une semblable philosophie p\rrait1 sans d\te1 quelquefois conduire mom5tanm5t un dang]eux optimisme1 comme j'en ai dj fran*em5t av]ti3 mais cette ab]ration passagre ne p\rrait avoir lieu que *ez des esprits peu sci5tifiques1 qu'un dfaut naturel de prcision1 aggrav p> une vicieuse ducation intellectuelle1 doit r5dre radicalem5t impropres cultiv]1 avec aucun succs rel1 une sci5ce aussi pr(ondm5t difficile4 ,t\te intellig5ce conv5ablem5t organise et rationnellem5t prp>e1 digne1 en un mot1 d'une telle de/9ation1 saura bi5 vit] scrupuleusem5t de jamais confondre1 en ce g5re de phnomnes pas plus qu'en aucun autre1 cette notion sci5tifique d'un ordre spontan avec l'apologie sy/matique de t\t ordre exi/ant4 ,env]s des phnomnes quelconques1 la philosophie positive1 d'aprs son pr9cipe fondam5tal des conditions d'exi/5ce1 enseigne t\j\rs1 comme je l'ai s\v5t expliqu dans les volumes prcd5ts1 que1 dans leurs relations l'homme1 il s'tablit spontanm5t1 d'aprs leurs lois naturelles1 un c]ta9 ordre ncessaire2 mais sans jamais prt5dre que cet ordre ne prs5te po9t1 s\s cet aspect1 de graves et nombreux inconvni5s1 modifiables1 un c]ta9 degr1 p> une sage int]v5tion huma9e4 ,plus les phnomnes se compliqu5t en se spcialisant davantage1 plus ces imp]fections s'aggrav5t et se multipli5t 9vitablem5t2 en sorte que les phnomnes biologiques sont surt\t infrieurs1 cet g>d1 aux phnomnes de la nature inorganique4 ,en v]tu de leur complication suprieure1 les phnomnes sociaux doiv5t donc tre ncessairem5t les plus dsordonns de t\s1 en mme temps qu'ils en sont aussi les plus modifiables1 ce qui e/ lo9 de faire comp5sation4 ,si donc on considre1 en gnral1 la notion des lois naturelles1 elle entrane aussitt l'ide correspondante d'un c]ta9 ordre spontan1 t\j\rs lie t\te conception d'h>monie quelconque4 ,mais cette consqu5ce n'e/ pas plus absolue que le pr9cipe d'o elle drive4 ,en le compltant p> l'indisp5sable considration de la complication croissante des phnomnes1 suivant la hir>*ie sci5tifique fondam5tale tablie au db de ce ,trait1 on complte aussi la conception de cet ordre1 d'aprs l'accroissem5t simultan de son 9vitable imp]fection4 ,tel e/1 cet g>d1 le vritable esprit c>actri/ique de la philosophie positive1 sommairem5t rappel ici dans son ensemble4 ,on voit aism5t combi5 il diffre pr(ondm5t de cette t5dance sy/matique l'optimisme1 dont l'orig9e e/ videmm5t ?ologique1 puisque l'hypo?se d'une direction provid5tielle1 cont9uellem5t active dans la m>*e gnrale des vnem5s1 peut seule naturellem5t conduire l'ide de la p]fection ncessaire de leur accomplissem5t graduel4 ,il faut cep5dant reconnatre que1 dans le dveloppem5t fondam5tal de la raison huma9e1 la conception positive e/ primitivem5t drive du dogme ?ologique lui-mme1 dont elle con/itue la rgnration f9ale1 comme p\rrait le confirm] une exacte analyse hi/orique3 mais c'e/ ess5tiellem5t de la mme manire que le pr9cipe des conditions d'exi/5ce dc\le orig9airem5t de l'hypo?se des causes f9ales1 et que la notion philosophique des lois ma?matiques tait antrieurem5t issue du my/icisme mtaphysique sur la puissance des nombres2 l'analogie e/ ple9em5t id5tique en t\s ces cas div]s4 ,elle ti5t t\j\rs cette t5dance ncessaire de notre intellig5ce cons]v] indf9im5t ses moy5s gnraux de raisonnem5t1 quelque ge qu'ils ai5t t dc\v]ts1 en les appropriant ensuite graduellem5t ses n\veaux modes d'activit1 d'aprs c]ta9es trans=mations conv5ables1 qui cons]v5t ces prcieuses inspirations primitives du gnie huma9 t\te leur valeur ess5tielle1 en l'augm5tant mme radicalem5t p> une indisp5sable puration3 comme je l'ai indiqu1 il y a long-temps1 dans l'crit auquel j'ai dj fait plusieurs allusions depuis le comm5cem5t de ce volume4 ,mais1 en un cas quelconque1 la mo9dre sagacit philosophique suffira p\r faire aussitt s5tir les diffr5ces c>actri/iques qui dsormais sp>5t pr(ondm5t le pr9cipe n\veau du dogme anci54 ,au cas spcial que n\s considrons ici1 il e/ trs clair que la philosophie positive1 en indiquant la con=mit spontane de *aque rgime politique effectif la civilisation correspondante1 af9 que ce rgime ait pu s'tablir et surt\t dur]1 enseigne aussi1 d'une manire non mo9s ncessaire1 que cet ordre naturel doit tre le plus s\v5t =t imp>fait1 p> suite de l'extrme complication des phnomnes4 ,bi5 lo9 donc de rep\ss]1 en ce g5re1 l'int]v5tion huma9e1 une telle philosophie en provoque1 au contraire1 m9emm5t la sage et active application1 un plus haut degr que p\r t\s les autres phnomnes possibles1 en reprs5tant directem5t les phnomnes sociaux comme tant1 p> leur nature1 la fois les plus modifiables de t\s1 et ceux qui ont le plus beso9 d'tre utilem5t modifis d'aprs les rationnelles indications de la sci5ce4 ,elle se rs]ve seulem5t la direction intellectuelle de cette indisp5sable int]v5tion1 dont elle circonscrit d'abord les limites ncessaires1 soit gnrales1 soit spciales3 sans en exagr] l'efficacit relle1 elle n'en int]dit jamais l'usage que dans les seuls cas o il ne p\rrait c]ta9em5t con/itu] qu'une inutile consommation de =ces1 suivant la mme conomie fondam5tale qu'env]s t\s les autres phnomnes naturels1 et surt\t indp5damm5t de t\t va9 pre/ige quelconque1 soit div91 soit huma94 ,l'extrme n\veaut d'une semblable philosophie politique p\rra bi5 faire que1 de prime abord1 on se mpr5ne assez sur son vrai c>actre p\r adress] son esprit gnral les repro*es qui lui sont le plus antipa?iques4 ,il faut mme cra9dre peut-tre1 je n'hsite pas le dcl>] fran*em5t1 p> suite de notre faible nature1 o la vie affective l'emporte tant sur la vie rationnelle1 que1 lorsque cette philosophie comm5c]a enf9 pr5dre quelque asc5dant rel1 elle ne soit sy/matiquem5t accuse de tideur sociale et d'indiffr5ce politique1 p> ceux qui ont tant beso91 surt\t auj\rd'hui1 de dvelopp]1 t\t prix1 une turbul5te activit matrielle2 c>1 les hommes de spculation doiv5t r>em5t s'att5dre tre conv5ablem5t apprcis p> les hommes d'action4 ,s\s le po9t de vue moral1 la politique positive ne saurait jamais dignem5t rpondre de telles rcrim9ations que p> le seul aspect1 suffisamm5t dcisif1 des rsultats rels de son application j\rnalire4 ,quant la discussion philosophique1 *acun peut aism5t jug]1 d'aprs les ap]u prcd5s1 comm5t elle saura la s\t5ir4 ,p\r faire nettem5t ressortir1 s\s ce po9t de vue1 la frivole irrationnalit de cette va9e accusation d'optimisme politique1 il suffirait mme de signal] l'inconsqu5ce flagrante que prs5te 9vitablem5t une telle accusation au sujet des phnomnes les plus complexes1 t&is que p]sonne n'os]ait c]tes l'int5t] auj\rd'hui env]s les phnomnes plus simples1 que la philosophie positive reprs5te1 nanmo9s1 de t\te ncessit1 comme tant spontanm5t mieux rgls et mo9s modifiables4 ,et1 cep5dant1 il p\rrait bi5 arriv] que les mmes esprits qui l'accus]ont1 en politique1 de cet optimisme prt5du1 lui adressass5t simultanm5t1 p> une contradiction capitale1 le repro*e oppos de trop dprci] le g\v]nem5t provid5tiel env]s t\t le re/e de l'conomie naturelle6 ,deux motifs pr9cipaux devai5t ici me faire spcialem5t insi/] sur cette notion lm5taire du cons5sus fondam5tal propre l'organisme social3 soit d'abord en v]tu de l'extrme importance philosophique de cette ide-mre de la /atique sociale1 qui doit1 p> sa nature1 con/itu] la premire base rationnelle de t\te la n\velle philosophie politique2 soit aussi1 accessoirem5t1 p>ce que les considrations de sociologie purem5t dynamique devant spontanm5t dom9] dans t\t le re/e de ce volume1 comme tant auj\rd'hui plus directem5t intressantes et p> suite mieux comprises1 il dev5ait d'autant plus ncessaire de c>actris] pralablem5t l'esprit gnral de la sociologie /atique1 qui n'y p\rra ensuite tre presque jamais envisage que d'une manire indirecte ou implicite4 ,embrasse dans t\te son t5due1 c'e/--dire sans c>t] cette co-relation ess5tielle1 ma9t5ant assez exam9e1 entre l'ide de socit et l'ide de g\v]nem5t1 une telle conception positive de l'h>monie sociale f\rnit spontanm5t1 comme je l'avais annonc1 p> l'ensemble de son application concrte1 le fondem5t sci5tifique d'une sa9e ?orie lm5taire de l'ordre politique proprem5t dit1 soit spirituel1 soit mme temporel4 ,c>1 elle conduit directem5t considr] t\j\rs1 l'abri de t\t arbitraire1 l'ordre artificiel et volontaire comme un simple prolongem5t gnral de cet ordre naturel et involontaire v]s lequel t5d5t ncessairem5t sans cesse1 s\s un rapport quelconque1 les div]ses socits huma9es3 en sorte que t\te in/itution politique vraim5t rationnelle1 p\r comport] une relle et durable efficacit sociale1 doit con/amm5t repos] sur une exacte analyse pralable des t5dances spontanes correspondantes1 qui peuv5t seules f\rnir son autorit des rac9es suffisamm5t solides2 en un mot1 il s'agit ess5tiellem5t de contempl] l'ordre1 af9 de le p]fectionn] conv5ablem5t1 et nullem5t de le crer1 ce qui s]ait impossible4 ,s\s le po9t de vue sci5tifique1 qui doit prvaloir en ce ,trait1 cette ide-mre de l'univ]selle solid>it sociale devi5t ici l'9vitable suite et le complm5t indisp5sable d'une notion fondam5tale tablie1 dans le volume prcd5t1 comme m9emm5t propre l'tude des corps vivans4 ,en t\te rigueur sci5tifique1 cette notion du cons5sus n'e/ po9t1 sans d\te1 /rictem5t p>ticulire une telle tude1 et se prs5te directem5t comme devant tre1 p> sa nature1 ncessairem5t commune t\s les phnomnes1 mais avec d'imm5ses diffr5ces d'int5sit et de v>it1 et p> suite d'importance philosophique4 ,on peut dire1 en effet1 que1 p>t\t o il y a sy/me quelconque1 il doit exi/] ds-lors une c]ta9e solid>it3 l'a/ronomie elle-mme1 dans ses phnomnes purem5t mcaniques1 n\s en (fre la premire bau*e relle1 du mo9s en c>tant l'ide d'univ]s1 p\r se rduire la simple ide de monde1 seule ple9em5t positive1 comme je l'ai expliqu en son lieu2 c>1 c]ta9s drangem5s d'un a/re peuv5t a9si ret5tir s5siblem5t quelquefois sur un autre1 p> voie de gravitation modifie4 ,mais on doit1 ce sujet1 reconnatre1 en pr9cipe1 que le cons5sus devi5t t\j\rs d'autant plus intime et plus prononc qu'il s'applique des phnomnes graduellem5t plus complexes et mo9s gnraux3 en sorte que1 suivant ma hir>*ie sci5tifique lm5taire1 l'tude des phnomnes *imiques =me1 p> sa nature1 ce titre1 comme t\t autre1 une sorte d'int]mdiaire fondam5tal entre la philosophie inorganique et la philosophie organique1 a9si que *acun peut aism5t s'en conva9cre4 ,d'aprs ce pr9cipe1 il re/e nanmo9s inconte/able que1 con=mm5t aux habitudes philosophiques prpondrantes1 c'e/ surt\t aux sy/mes organiques1 en v]tu de leur plus gr&e complication1 que convi5dra t\j\rs ess5tiellem5t la notion sci5tifique de solid>it et de cons5sus1 malgr son univ]salit ncessaire4 ,c'e/ seulem5t alors que cette notion1 jusque-l purem5t accessoire1 con/itue directem5t la base indisp5sable de l'ensemble des conceptions positives2 et sa prpondrance y devi5t t\j\rs aussi d'autant plus prononce qu'il s'agit d'organismes plus composs ou de phnomnes plus complexes et plus m95s4 ,a9si1 p> exemple1 le cons5sus animal e/ bi5 plus complet que le cons5sus vgtal3 de mme1 il se dveloppe videmm5t mesure que l'animalit s'lve1 jusqu' son maximum dans la nature huma9e2 enf91 *ez l'homme1 l'app>eil n]veux devi5t1 plus qu'aucun autre1 le pr9cipal sige de la solid>it biologique4 ,en p\rsuivant rationnellem5t cette m>*e philosophique1 d'aprs l'ensemble fondam5tal de nos connaissances positives1 cette gr&e notion devait donc1 priori1 acqurir1 dans l'tude gnrale de l'organisme social1 une prpondrance sci5tifique encore suprieure celle que t\s les bons esprits lui attribu5t ma9t5ant sans hsitation en biologie1 vu l'inconte/able surcrot de complication propre ce n\vel ordre de phnomnes4 ,or l'esprit actuel de la philosophie politique faisant1 au contraire1 ess5tiellem5t ab/raction cont9ue de cette solid>it fondam5tale entre t\s les div]s aspects sociaux1 il importait1 au plus haut degr1 de rs\dre directem5t une telle anomalie philosophique1 comme je crois dsormais y tre conv5ablem5t p>v5u1 quoique p> une explication sommaire1 ultrieurem5t dveloppable4 ,cette opration prlim9aire tait donc aussi indisp5sable la coord9ation rationnelle de la physique sociale avec les autres sci5ces fondam5tales1 que n\s l'avions dj reconnu ncessaire la propre in/itution gnrale de cette n\velle sci5ce4 ,apprcie ma9t5ant quant la m?ode proprem5t dite1 objet spcial de ce *apitre1 cette conception lm5taire du cons5sus social a p\r de/9ation ess5tielle de dt]m9] immdiatem5t avec une autorit et une spontanx rem>quables1 l'un des pr9cipaux c>actres de la m?ode sociologique1 celui de t\s peut-tre suivant lequel elle modifie le plus intimem5t1 d'aprs la nature des phnomnes correspondans1 l'ensemble de la m?ode positive4 ,en effet1 puisque les phnomnes sociaux sont a9si pr(ondm5t connexes1 leur tude relle ne saurait donc tre jamais rationnellem5t sp>e2 d'o rsulte l'obligation p]man5te1 aussi irrcusable que directe1 de considr] t\j\rs simultanm5t les div]s aspects sociaux1 soit en /atique sociale1 soit1 p> suite1 en dynamique4 ,*acun d'eux peut1 sans d\te1 dev5ir isolm5t le sujet prlim9aire d'obs]vations propres1 et il faut bi5 qu'il en soit a9si1 un c]ta9 degr1 p\r alim5t] la sci5ce de matriaux conv5ables4 ,mais cette ncessit pralable ne s'applique mme1 en p>faite rigueur1 qu' la seule poque actuelle1 o il s'agit de la premire bau*e de la sci5ce1 =ce d'employ] d'abord1 avec les prcautions indisp5sables1 les incohr5tes obs]vations qui ont d rsult]1 t\te autre int5tion1 des irrationnelles re*]*es antrieures4 ,qu& la fondation de la sci5ce s]a suffisamm5t avance1 la co-relation fondam5tale des phnomnes s]vira1 sans d\te1 de pr9cipal guide habituel dans leur exploration directe1 comme je l'expliqu]ai spcialem5t ci-dess\s4 ,en t\s cas1 ab/raction faite ici du mode propre d'obs]vation immdiate1 il e/ inconte/able que1 d'aprs cette solid>it ncessaire qui c>actrise un tel sujet1 aucun phnomne social1 pralablem5t explor p> un moy5 quelconque1 ne saurait tre utilem5t introduit dans la sci5ce tant qu'il re/e conu d'une manire isole3 et cela non-seulem5t s\s le po9t de vue /atique1 o l'h>monie sociale e/ t\j\rs directem5t considre1 mais aussi dans l'tude mme du m\vem5t social1 o le cons5sus1 p\r tre mo9s immdiat1 n'e/ pas1 en ralit1 mo9s prpondrant1 a9si que n\s allons le reconnatre4 ,t\te tude isole des div]s lm5s sociaux e/ donc1 p> la nature de la sci5ce1 pr(ondm5t irrationnelle1 et doit demeur] ess5tiellem5t /rile1 l'exemple de notre conomie politique1 ft-elle mme mieux cultive4 ,ceux donc qui s'ef=c5t auj\rd'hui de dpec] encore davantage le sy/me des tudes sociales1 p> une aveugle imitation du morcellem5t m?odique propre aux sci5ces inorganiques1 tomb5t donc involontairem5t dans cette ab]ration capitale d'envisag] comme un moy5 ess5tiel de p]fectionnem5t philosophique une disposition intellectuelle radicalem5t antipa?ique aux conditions fondam5tales d'un tel sujet4 ,sans d\te1 la sci5ce sociale p\rra tre un j\r rationnellem5t subdivise avec utilit1 un c]ta9 degr3 mais n\s ne p\vons nullem5t savoir auj\rd'hui en quoi consi/]a cette division ultrieure1 puisque son vrai pr9cipe ne doit rsult] que du dveloppem5t graduel de la sci5ce1 laquelle ne saurait c]ta9em5t tre fonde ma9t5ant que d'aprs une tude d'ensemble2 j'ai dj pr\v ci-dessus1 qu'il y aurait mme un vrai dang] philosophique v\loir1 ds ce mom5t1 ralis]1 titre de dcomposition p]man5te du travail1 la di/9ction indisp5sable entre l'tat /atique et l'tat dynamique1 malgr son vid5te rationnalit et son usage cont9u4 ,a un ge quelconque de cette sci5ce1 les re*]*es p>tielles qui p\rront lui dev5ir ncessaires ne saurai5t tre conv5ablem5t indiques et conues que d'aprs les progrs de l'tude intgrale1 qui signal]ont spontanm5t les po9ts spciaux dont l'claircissem5t propre peut rellem5t conc\rir au p]fectionnem5t direct du sujet4 ,suivant t\te autre m>*e1 on n'obti5drait ess5tiellem5t qu'un /rile encombrem5t d'irrationnelles discussions spciales1 mal in/itues et plus mal p\rsuivies1 bi5 plutt de/9 entrav] radicalem5t la =mation de la vraie philosophie politique qu' lui prp>] d'utiles matriaux1 comme on le voit de nos j\rs4 ,il e/ donc inconte/able que des conceptions et des tudes d'ensemble peuv5t seules conv5ablem5t conc\rir auj\rd'hui la fondation directe de la sociologie positive1 soit /atique1 soit dynamique2 et que les travaux y doiv5t ensuite desc5dre graduellem5t une spcialit croissante1 en considrant t\j\rs l'tude des lm5s comme ess5tiellem5t dom9e p> celle du sy/me1 dont la notion gnrale de plus en plus nette devra cont9uellem5t f\rnir le pr9cipal claircissem5t de *aque aspect p>tiel1 sauf d'9vitables ractions secondaires4 ,on ne saurait ni] que l'imprieuse obligation philosophique de suivre une telle m>*e1 en v]tu de la solid>it c>actri/ique de t\s les phnomnes sociaux1 n'augm5te gravem5t les difficults fondam5tales que l'extrme complication du sujet doit dj tant apport] la culture rationnelle de cette n\velle sci5ce naturelle1 en y exigeant habituellem5t une cont5tion intellectuelle plus int5se et plus s\t5ue1 p\r ne laiss] fuir ou s'effac] aucun des nombreux aspects simultans qu'il y faudra ncessairem5t embrass] t\j\rs4 ,mais cette condition e/ si videmm5t prescrite p> l'esprit de la sci5ce1 qu'on n'y saurait voir qu'un puissant motif de plus de rs]v] exclusivem5t cette tude vraim5t transc5dante aux plus hautes intellig5ces sci5tifiques1 mieux prp>es que t\tes les autres1 p> une sage et =te ducation1 support] la cont9uit des plus gr&s ef=ts spculatifs1 et s'appliquant mme sans rel*e1 plus scrupuleusem5t qu'en aucun cas1 second] habituellem5t leur essor rationnel p> une plus p>faite subord9ation des passions la raison4 ,*acun peut aism5t jug] a9si combi51 t\s g>ds1 les dispositions1 soit intellectuelles1 soit morales1 qui prdom95t auj\rd'hui1 et qui sont mme quelquefois sy/matiquem5t prconises1 se tr\v5t radicalem5t contraires l'accomplissem5t rel de la gr&e opration philosophique ma9t5ant de/9e s]vir de base indisp5sable la rorganisation sociale des peuples mod]nes2 en sorte qu'il sembl]ait que plus le b e/ difficile atte9dre1 mo9s on s'y prp>e dignem5t4 ,il n'e/ po9t d\teux qu'une aussi dplorable discordance entre les moy5s et la f9 ne doive contribu] beauc\p1 quoique d'une manire indirecte1 la prolongation spontane de la p]turbation sociale1 dont le vrai pr9cipe e/ ess5tiellem5t intellectuel1 comme je crois l'avoir dj presque surabondamm5t dmontr4 ,p\r mieux apprci] cet important c>actre d'ensemble propre la m?ode sociologique1 il faut reg>d] sci5tifiquem5t une telle condition comme n'app>t5ant pas d'une manire exclusive la physique sociale1 o elle atte9t seulem5t sa plus entire prpondrance1 mais comme tant1 un degr quelconque1 ncessairem5t commune t\tes les div]ses p>ties de l'tude gnrale des corps vivans1 qui se di/+ue a9si pr(ondm5t1 s\s l'aspect purem5t logique1 de t\te la philosophie inorganique4 ,un aphorisme ess5tiellem5t empirique1 conv]ti mal propos1 p> les mtaphysici5s mod]nes1 en dogme logique absolu et indf9i1 prescrit1 en t\t sujet possible1 de procd] con/amm5t du simple au compos3 mais il n'y en a pas1 au fond1 d'autre raison solide1 si ce n'e/ qu'une telle m>*e convi5t1 en effet1 la nature des sci5ces inorganiques1 qui1 p> leur dveloppem5t plus simple et plus rapide1 et p> leur p]fection suprieure1 devai5t 9vitablem5t s]vir jusqu'ici de type ess5tiel aux prceptes de la logique univ]selle4 ,t\tefois1 on ne saurait1 en ralit1 concevoir1 cet g>d1 de ncessit logique vraim5t commune t\tes les spculations possibles que cette vid5te obligation d'all] t\j\rs du connu l'inconnu1 laquelle1 c]tes1 il s]ait difficile de se s\/raire1 et qui1 p> elle-mme1 n'impose directem5t aucune prfr5ce con/ante4 ,mais il e/ clair que cette rgle spontane prescrit aussi bi5 de procd] du compos au simple que du simple au compos1 suivant que1 d'aprs la nature du sujet1 l'un e/ mieux connu et plus immdiatem5t accessible que l'autre4 ,or1 il exi/e ncessairem5t1 s\s ce po9t de vue1 une diffr5ce fondam5tale1 qui ne saurait tre lude1 entre l'ensemble de la philosophie inorganique et celui de la philosophie organique4 ,c>1 dans la premire1 o la solid>it1 suivant nos explications prcd5tes1 e/ trs peu prononce1 et doit affect] faiblem5t l'tude du sujet1 il s'agit d'explor] un sy/me dont les lm5s sont presque t\j\rs bi5 plus connus que l'ensemble1 et mme d'ord9aire seuls directem5t apprciables1 ce qui exige1 en effet1 qu'on y procde habituellem5t du cas le mo9s compos au plus compos4 ,mais1 dans la seconde1 au contraire1 dont l'homme ou la socit con/itue l'objet pr9cipal1 la m>*e oppose devi5t1 le plus s\v5t1 la seule vraim5t rationnelle1 p> une autre suite ncessaire du mme pr9cipe logique1 puisque l'ensemble du sujet e/ c]ta9em5t alors beauc\p mieux connu et plus immdiatem5t abordable que les div]ses p>ties qu'on y di/+u]a ultrieurem5t4 ,en tudiant le monde extrieur1 c'e/ surt\t l'ensemble qui n\s *appe 9vitablem5t1 et qui n\s demeur]a t\j\rs pr(ondm5t in9telligible1 comme je l'ai montr1 pr9cipalem5t au second volume de ce ,trait1 o n\s avons reconnu que l'ide d'univ]s ne saurait1 p> sa nature1 jamais dev5ir vraim5t positive1 la notion du sy/me solaire tant la plus complexe que n\s puissions nettem5t concevoir4 ,au contraire1 en philosophie biologique1 ce sont les dtails qui re/5t ncessairem5t inaccessibles1 qu& on veut y trop spcialis] l'tude3 et on le vrifie clairem5t en obs]vant que1 dans cette seconde moiti de la philosophie naturelle1 les tres sont1 en gnral1 d'autant mo9s inconnus qu'ils sont plus complexes et plus levs2 en sorte que1 p> exemple1 l'ide gnrale d'animal e/ c]ta9em5t plus nette auj\rd'hui que l'ide mo9s compose de vgtal1 et le devi5t t\j\rs davantage mesure qu'on se rappro*e de l'homme1 pr9cipale unit biologique1 dont la notion1 quoique la plus compose de t\tes1 con/itue t\j\rs le po9t de d"p ncessaire d'un tel ensemble de spculations4 ,a9si1 en comp>ant conv5ablem5t ces deux gr&es moitis de la philosophie naturelle1 on voit c]ta9em5t que1 p> les conditions fondam5tales du sujet1 c'e/1 dans un cas1 le d]ni] degr de composition1 et1 dans l'autre le d]ni] degr de simplicit1 dont l'exam5 rel n\s re/e 9vitablem5t int]dit3 ce qui motive ple9em5t1 sans d\te1 l'inv]sion gnrale1 propre *acune d'elles1 de la m>*e rationnelle qui convi5t l'autre4 ,la sociologie n'e/ donc po9t la seule sci5ce o la ncessit de procd] habituellem5t de l'ensemble aux p>ties devi5ne prpondrante2 la biologie elle-mme a d n\s prs5t] dj1 p> des motifs ess5tiellem5t analogues1 et de la manire la mo9s quivoque1 un tel c>actre philosophique4 ,peut-tre mme la philosophie biologique proprem5t dite1 trop rcemm5t con/itue1 et s\s l'influ5ce trop prononce d'une imitation empirique des sci5ces antrieures1 n'a-t-elle po9t encore1 cet g>d1 compltem5t manife/ son vritable esprit3 je suis du mo9s trs dispos le p5s]1 et prvoir que1 dans la suite1 mesure que son orig9alit rationnelle s'tablira davantage1 cette m>*e prpondrante du plus compos au mo9s compos y devi5dra plus directe et plus tran*e qu'on ne l'y voit auj\rd'hui4 ,t\tefois1 il e/ vid5t que1 p> la nature de ses phnomnes1 la physique sociale devait ncessairem5t prs5t]1 comme n\s l'avons dj spcialem5t tabli1 le plus enti] et le plus inconte/able dveloppem5t de cette gr&e modification logique1 sans altr] nanmo9s l'inv>iable unit de la m?ode positive fondam5tale4 ,en effet1 l'intime solid>it du sujet devi5t ici tellem5t suprieure ce qu'(frait la simple biologie1 que t\te tude isole d'aucun aspect p>tiel doit tre immdiatem5t juge comme pr(ondm5t irrationnelle et radicalem5t /rile1 p\vant t\t au plus s]vir1 titre d'laboration pralable1 p\r l'acquisition prlim9aire des div]s matriaux sci5tifiques1 et s\s la rs]ve1 mme alors1 d'une indisp5sable rvision f9ale4 ,au re/e1 p\r prv5ir1 autant que possible1 d'oiseuses et puriles discussions1 auj\rd'hui trop imm95tes1 il n'e/ pas inutile de rappel] ici1 en t]m9ant une telle explication1 que la philosophie positive1 subordonnant t\j\rs l'idalit la ralit1 ne saurait jamais admettre ces va9es controv]ses logiques1 qu'eng5dre seule spontanm5t la philosophie mtaphysique1 sur la valeur absolue de telle ou telle m?ode1 ab/raction fate de t\te application sci5tifique3 les prfr5ces1 t\j\rs purem5t relatives1 qu'elle accorde cet g>d1 ne p\vant1 en aucun cas1 rsult] que d'une meilleure h>monie con/ate entre les moy5s et la f91 elles *ang]ai5t aussitt d'objet1 sans aucune vicieuse ob/9ation et sans la mo9dre inconsqu5ce philosophique1 si l'ex]cice effectif v5ait dvoil] ultrieurem5t l'infriorit de la m?ode d'abord adopte2 ce qui c]ta9em5t n'e/ po9t cra9dre dans la "q que n\s v5ons d'exam9]4 ,cette exposition prlim9aire ayant dsormais suffisamm5t c>actris l'esprit fondam5tal propre la sociologie /atique1 il n\s re/e ma9t5ant1 af9 d'avoir pralablem5t dt]m9 le vritable esprit gnral de la n\velle philosophie politique1 considr] aussi1 d'une manire directe mais sommaire1 la conception philosophique qui doit prsid] l'tude dynamique des socits huma9es1 laquelle con/itue immdiatem5t le pr9cipal objet de notre travail explicite4 ,outre que ce second sujet e/1 d'ord9aire1 mo9s imp>faitem5t apprci et plus famili]1 des dveloppem5s mo9s t5dus p\rront ici suffire1 surt\t p> suite des explications prcd5tes1 qui1 d'avance1 y auront beauc\p simplifi les plus gr&es difficults1 d'aprs l'intime liaison qui1 en un tel sujet1 doit rationnellem5t exi/] entre la ?orie de l'exi/5ce et celle du m\vem5t1 ou1 s\s le po9t de vue purem5t politique1 entre les lois de l'ordre et celles du progrs4 ,il faut d'ailleurs not]1 accessoirem5t1 que la prpondrance spontane de la sociologie dynamique dans la suite entire de ce volume n\s autorise1 en ce mom5t1 rduire autant que possible une apprciation gnrale dont l'imp]fection primitive1 et mme les lacunes secondaires1 p\rront tre a9si graduellem5t comp5ses p> l'ensemble des leons ultrieures4 ,quoique la conception /atique de l'organisme social doive1 p> la nature du sujet1 con/itu] la premire base rationnelle de t\te la sociologie1 comme je vi5s de l'expliqu]1 il faut nanmo9s reconnatre que non-seulem5t la dynamique sociale en =me la p>tie la plus directem5t intressante1 pr9cipalem5t de nos j\rs1 mais surt\t1 s\s le po9t de vue purem5t sci5tifique1 qu'elle seule a*ve de donn]1 l'ensemble de cette sci5ce n\velle1 son c>actre philosophique le plus tran*1 en faisant directem5t prvaloir la notion qui di/+ue le plus la sociologie proprem5t dite de la simple biologie1 c'e/--dire l'ide-mre du progrs cont9u1 ou plutt du dveloppem5t graduel de l'humanit4 ,dans un trait m?odique de philosophie politique1 il convi5drait1 sans d\te1 d'analys] d'abord les impulsions individuelles qui devi5n5t les lm5s propres de cette =ce progressive de l'espce huma9e1 en les rapportant cet in/9ct fondam5tal1 rsultat m9emm5t complexe du conc\rs ncessaire de t\tes nos t5dances naturelles1 qui p\sse directem5t l'homme amlior] sans cesse1 s\s t\s les rapports1 sa condition quelconque1 ou1 en t]mes plus rationnels mais quival5s1 t\j\rs dvelopp]1 t\s g>ds1 l'ensemble de sa vie1 physique1 morale1 et intellectuelle1 autant que le comporte alors le sy/me de circon/ances o il se tr\ve plac4 ,en reg>dant ici cette notion prlim9aire comme tant dj suffisamm5t claircie auj\rd'hui *ez les esprits avancs1 n\s devons immdiatem5t considr] la conception lm5taire de la dynamique sociale1 c'e/--dire l'tude de cette succession cont9ue1 envisage dans l'ensemble de l'humanit4 ,p\r fix] plus conv5ablem5t les ides1 il importe d'tablir pralablem5t1 p> une indisp5sable ab/raction sci5tifique1 suivant l'heureux artifice judicieusem5t in/itu p> ,condorcet1 l'hypo?se ncessaire d'un peuple unique1 auquel s]ai5t idalem5t rapportes t\tes les modifications sociales conscutives effectivem5t obs]ves *ez des populations di/9ctes4 ,cette fiction rationnelle s'loigne beauc\p mo9s de la ralit qu'on n'a c\tume de le suppos]3 c>1 s\s le po9t de vue politique1 les vrais successeurs de tels ou tels peuples sont c]ta9em5t ceux qui1 utilisant et p\rsuivant leurs ef=ts primitifs1 ont prolong leurs progrs sociaux1 quels que soi5t le sol qu'ils habit5t1 et mme la race d'o ils provi5n5t2 en un mot1 c'e/ surt\t la cont9uit politique qui doit rgl] la succession sociologique1 quoique la communaut de patrie doive d'ailleurs influ] extrmem5t1 dans les cas ord9aires1 sur cette cont9uit4 ,mais1 sans entrepr5dre ici un tel exam51 rs]v naturellem5t un trait spcial1 o l'ide de nation ou de peuple s]ait directem5t s\mise l'analyse positive1 il suffit notre b d'employ] habituellem5t l'hypo?se propose1 titre de simple artifice sci5tifique1 dont l'utilit n'e/ pas conte/able4 ,cela pos1 le vritable esprit gnral de la sociologie dynamique consi/e concevoir *acun de ces tats sociaux conscutifs comme le rsultat ncessaire du prcd5t et le moteur indisp5sable du suivant1 selon le lum9eux axiome du gr& ,leibnitz3 ,le prs5t e/ gros de l'av5ir4 ,la sci5ce a ds-lors p\r objet1 s\s ce rapport1 de dc\vrir les lois con/antes qui rgiss5t cette cont9uit1 et dont l'ensemble dt]m9e la m>*e fondam5tale du dveloppem5t huma94 ,en un mot1 la dynamique sociale tudie les lois de la succession1 p5dant que la /atique sociale *]*e celles de la co-exi/5ce3 en sorte que l'application gnrale de la premire soit proprem5t de f\rnir la politique pratique la vraie ?orie du progrs1 en mme temps que la seconde =me spontanm5t celle de l'ordre2 ce qui ne doit pas laiss] le mo9dre d\te rationnel sur l'aptitude ncessaire d'une telle comb9aison philosophique satisfaire conv5ablem5t au d\ble beso9 fondam5tal des socits actuelles4 ,d'aprs une telle df9ition1 la dynamique sociale se prs5te directem5t avec un pur c>actre sci5tifique1 qui p]mettrait d'c>t] comme oiseuse la controv]se si agite encore sur le p]fectionnem5t huma91 et dont la prpondrance devra t]m9] en effet cette /rile discussion1 en la transportant jamais du *amp de l'idalit dans celui de la ralit1 en tant du mo9s que sont t]m9ables les conte/ations ess5tiellem5t mtaphysiques4 ,si l'on ne devait po9t cra9dre de tomb] dans une purile affectation1 et surt\t de p>atre lud] une prt5due difficult fondam5tale que la philosophie positive dissipe spontanm5t1 comme je vais l'indiqu]1 il s]ait facile1 mon gr1 de trait] la physique sociale t\t entire sans employ] une seule fois le mot de p]fectionnem5t1 en le remplaant t\j\rs p> l'expression simplem5t sci5tifique de dveloppem5t1 qui dsigne1 sans aucune apprciation morale1 un fait gnral inconte/able4 ,il e/ mme vid5t qu'une telle notion ab/raite n'e/ po9t1 p> sa nature1 exclusivem5t propre la sociologie1 et qu'elle exi/e dj1 d'une manire ess5tiellem5t analogue1 dans l'tude de la vie individuelle1 o les biologi/es en font ma9t5ant un usage cont9uel1 qui donne lieu l'analyse comp>ative des diffr5s ges de l'organisme1 surt\t animal4 ,ce rappro*em5t sci5tifique1 en indiquant le premi] g]me de cette considration1 e/ aussi trs propre c>actris] l'int5tion purem5t spculative qui doit d'abord prsid] son emploi cont9u1 en c>tant d'oiseuses et irrationnelles controv]ses sur le mrite respectif des div]s tats conscutifs1 p\r se born] tudi] les lois de leur succession effective4 ,mais il faut reconnatre que l'en*anem5t ncessaire des diffr5s tats sociaux con/itue1 en philosophie politique1 p> la nature du sujet1 une conception bi5 autrem5t prpondrante que ne peut l'tre1 en philosophie biologique1 la suite individuelle des ges4 ,cette gr&e notion de la srie sociale1 retr\ve1 soit p\r la sci5ce1 ou mme p\r la seule m?ode1 son vritable quival5t en biologie1 non dans l'analyse des ges1 mais uniquem5t dans la conception de la srie organique fondam5tale1 comme je l'expliqu]ai directem5t la f9 de ce *apitre4 ,ayant dj pralablem5t dmontr l'exi/5ce ncessaire des lois sociologiques dans le cas le plus difficile et le plus inc]ta91 c'e/--dire quant l'tat /atique1 il s]ait1 sans d\te1 inutile d'insi/] =mellem5t ici sur la ncessit beauc\p mieux apprciable et bi5 mo9s conte/e des lois dynamiques proprem5t dites4 ,en t\t temps et en t\t lieu1 le seul c\rs ord9aire de notre vie individuelle1 malgr son extrme brivet1 a con/amm5t suffi p\r p]mettre d'ap]cevoir1 mme involontairem5t1 c]ta9es modifications notables1 surv5ues1 div]s g>ds1 dans l'tat social1 et dont les plus anci5s tableaux de l'exi/5ce huma9e con/at5t dj1 avec tant de navet1 l'intressant tmoignage1 ab/raction faite de t\te apprciation sy/matique4 ,or1 c'e/ la l5te accumulation1 graduelle mais cont9ue1 de ces *angem5s successifs qui con/itue peu peu le m\vem5t social1 dont la dure d'une gnration doit ord9airem5t sp>] les div]s pas un peu tran*s1 puisque c'e/ surt\t p> le r5\vellem5t con/ant des adultes que s'opr5t1 en politique1 les v>iations lm5taires les plus apprciables1 celles que comporte le mme individu devant tre le plus s\v5t trop peu s5sibles4 ,a une poque o la rapidit moy5ne de cette progression fondam5tale semble1 t\s les yeux1 notablem5t acclre1 quelle que soit d'ailleurs l'op9ion morale qu'on s'en =me1 p]sonne ne peut plus conte/] la ralit d'un m\vem5t1 pr(ondm5t s5ti p> ceux-l mme qui le maudiss5t4 ,la controv]se rationnelle ne peut donc exi/] auj\rd'hui que sur la subord9ation con/ante de ces gr&s phnomnes dynamiques des lois naturelles inv>iables2 ce qui1 en pr9cipe1 ne saurait comport] aucune discussion p\r quiconque s]ait directem5t plac au po9t de vue gnral de la philosophie positive1 condition1 il e/ vrai1 trop r>em5t remplie encore4 ,mais1 en compltant l'obs]vation1 il s]a facile de con/at]1 s\s quelque aspect qu'on envisage la socit1 que ses modifications successives sont t\j\rs assujties un ordre dt]m91 dont l'explication rationnelle1 d'aprs l'tude de la nature huma9e1 e/ dj possible en un assez gr& nombre de cas p\r que1 dans les autres1 on puisse espr] de l'ap]cevoir ultrieurem5t4 ,cet ordre prs5te d'ailleurs une fixit rem>quable1 que manife/e ess5tiellem5t l'exacte comp>aison des dveloppem5s p>allles1 obs]vs *ez des populations di/9ctes et indp5dantes1 comme *acun peut aism5t en retr\v] des exemples c>actri/iques1 dont les pr9cipaux s]ont d'ailleurs spontanm5t apprcis dans la p>tie hi/orique de ce volume4 ,puis donc que1 d'une "p1 l'exi/5ce du m\vem5t social e/ dsormais inconte/able1 et que1 d'une autre "p1 la succession des div]s tats de la socit ne se fait1 s\s aucun rapport1 dans un ordre arbitraire1 il faut bi5 reg>d]1 de t\te ncessit1 ce gr& phnomne cont9u comme s\mis des lois naturelles aussi positives1 quoique plus compliques1 que celles de t\s les autres phnomnes quelconques1 mo9s d'employ] l'artifice ?ologique d'une provid5ce p]man5te1 ou de rec\rir la v]tu my/ique des entits mtaphysiques4 ,il n'y a po9t1 en effet1 d'autre alt]native intellectuelle2 aussi e/-ce seulem5t sur la catgorie des phnomnes sociaux que devra rellem5t se t]m9]1 dans notre sicle1 la lutte fondam5tale1 directem5t tablie depuis trois sicles1 entre l'esprit positif et l'esprit ?ologico-mtaphysique4 ,a jamais *asses successivem5t de t\tes les autres classes de spculations huma9es1 du mo9s en pr9cipe1 la philosophie ?ologique et la philosophie mtaphysique ne dom95t plus ma9t5ant que dans le sy/me des tudes sociales3 c'e/ de ce d]ni] doma9e qu'il s'agit enf9 de les exclure aussi2 ce qui doit surt\t rsult] de la conception fondam5tale du m\vem5t social comme s\mis ncessairem5t d'inv>iables lois naturelles1 au lieu d'tre rgi p> des volonts quelconques4 ,quoique les lois fondam5tales de la solid>it sociale se vrifi5t surt\t dans cet tat de m\vem5t1 un tel phnomne1 malgr son inv>iable unit ncessaire1 peut tre utilem5t s\mis1 p\r facilit] l'obs]vation pralable1 une dcomposition rationnelle p]man5te1 d'aprs les div]s aspects lm5taires mais co-relatifs de l'exi/5ce huma9e1 alt]nativem5t envisage comme physique1 morale1 intellectuelle1 et enf9 politique4 ,or1 s\s quelqu'un de ces po9ts de vue prlim9aires qu'on envisage d'abord l'ensemble du m\vem5t gnral de l'humanit1 depuis les temps hi/oriques les plus anci5s jusqu' nos j\rs1 il s]a facile de con/at] que les div]s pas se sont con/amm5t en*ans dans un ordre dt]m91 comme la p>tie hi/orique de ce volume le dmontr]a spontanm5t1 en indiquant les lois pr9cipales de cette succession ncessaire4 ,je dois ici me born] ess5tiellem5t cit] surt\t l'volution intellectuelle1 la plus irrcusable et la mieux c>actrise de t\tes1 en tant que mo9s entrave et plus avance qu'aucune autre1 et ayant d1 ce titre1 s]vir presque t\j\rs de guide fondam5tal4 ,la pr9cipale p>tie de cette volution1 celle qui a le plus influ sur la progression gnrale1 consi/e sans d\te dans le dveloppem5t cont9u de l'esprit sci5tifique1 p>tir des travaux primitifs des ,?als et des ,py?agore1 jusqu' ceux des ,lagrange et des ,bi*at4 ,or1 aucun homme clair ne saurait d\t] auj\rd'hui que1 dans cette longue succession d'ef=ts et de dc\v]tes1 le gnie huma9 n'ait t\j\rs suivi une m>*e exactem5t dt]m9e1 dont l'exacte connaissance pralable aurait en quelque sorte p]mis une intellig5ce suffisamm5t in=me de prvoir1 avant leur ralisation plus ou mo9s pro*a9e1 les progrs ess5tiels rs]vs *aque poque1 suivant l'heureux ap]u dj indiqu1 au comm5cem5t du sicle d]ni]1 p> l'illu/re ,font5elle4 ,quoique les considrations hi/oriques n'ai5t d tre qu'incidemm5t signales1 et p\r des motifs purem5t accessoires1 dans les trois premi]s volumes de ce ,trait1 *acun a pu nanmo9s y con/at] spontanm5t de nombreux et irrcusables exemples de cette succession ncessaire1 plus complique mais aussi peu arbitraire qu'aucune loi naturelle proprem5t dite1 soit en ce qui conc]ne les propres dveloppem5s de *aque sci5ce isole1 soit quant l'influ5ce mutuelle des div]ses bran*es de la philosophie naturelle4 ,les pr9cipes poss d'avance1 au db de cet ouvrage1 sur la m>*e fondam5tale de notre intellig5ce1 et sur la hir>*ie gnrale des sci5ces1 ont d facilit] beauc\p de telles obs]vations1 et leur imprim] surt\t1 ds l'orig9e1 une ineffaable rationnalit1 qui p\rra simplifi] ensuite1 un haut degr1 l'analyse hi/orique1 qu& n\s devrons y procd] directem5t4 ,on a donc a9si pu s'assur] dj1 en des cas importuns et v>is1 que1 s\s ce rapport1 les gr&s progrs de *aque poque1 et mme de *aque gnration1 rsultai5t ncessairem5t t\j\rs de l'tat immdiatem5t antrieur3 en sorte que les hommes de gnie1 auxquels ils sont1 d'ord9aire1 trop exclusivem5t attribus1 ne se prs5tai5t ess5tiellem5t que comme les organes propres d'un m\vem5t prdt]m91 qui1 leur dfaut1 se ft ouv]t d'autres issues2 a9si que l'hi/oire le vrifie s\v5t1 de la manire la plus s5sible1 en montrant plusieurs esprits m95s t\t prp>s faire simultanm5t la mme gr&e dc\v]te1 qui n'a d cep5dant avoir qu'un seul organe4 ,t\tes les p>ties quelconques de l'volution huma9e comport5t1 au fond1 comme n\s le con/at]ons plus t>d1 des obs]vations ess5tiellem5t analogues1 quoique plus compliques et mo9s apprciables4 ,il s]ait c]ta9em5t sup]flu de s'arrt] ici aucune p>eille indication1 mme sommaire1 en ce qui conc]ne les arts proprem5t dits1 dont la progression naturelle1 soit spciale1 soit comb9e1 e/ auj\rd'hui suffisamm5t vid5te4 ,l'exception app>5te relative aux beaux-arts recevra1 spontanm5t1 dans notre tude directe de la dynamique sociale1 une explication rationnelle1 ple9em5t suffisante1 j'espre1 p\r emp*] dsormais les bons esprits de voir dans ce cas ess5tiel une sorte de grave objection contre l'ensemble rguli] du m\vem5t ncessaire et cont9u de l'humanit4 ,quant la p>tie de ce gr& m\vem5t qui semble auj\rd'hui la mo9s rductible des lois naturelles1 c'e/--dire le m\vem5t politique proprem5t dit1 encore conu comme arbitrairem5t rgi p> des volonts conv5ablem5t puissantes1 *acun p\rra cep5dant reconnatre1 avec la mme c]titude au mo9s qu'en aucun autre cas1 que les div]s sy/mes politiques se sont c]ta9em5t succd hi/oriquem5t1 suivant une filiation trs rationnellem5t apprciable1 dans un ordre exactem5t dt]m91 que je ne cra9s pas de prs5t] d'avance comme encore plus 9vitable que celui des div]s tats1 gnraux1 et surt\t spciaux1 de l'intellig5ce huma9e1 a9si que n\s le v]rons en son lieu4 ,af9 de mieux dvelopp] d'ailleurs cet indisp5sable s5tim5t prlim9aire de l'exi/5ce ncessaire de lois positives en dynamique sociale1 s\s quelque aspect qu'on l'envisage1 le lecteur p\rra s'aid] utilem5t de la solid>it fondam5tale dj con/ate1 p\r l'tat /atique1 entre t\s les div]s lm5s sociaux4 ,elle doit1 plus =te raison1 subsi/] p5dant le m\vem5t1 qui1 sans cela1 f9irait p> dt]m9] spontanm5t1 comme en mcanique1 l'entire dcomposition du sy/me4 ,or1 la considration d'une telle connexit simplifie et =tifie la fois les dmon/rations pralables de l'ordre dynamique ncessaire1 puisqu'il suffit a9si de l'avoir con/at s\s un rapport quelconque1 p\r qu'on soit aussitt rationnellem5t autoris t5dre d'avance le mme pr9cipe t\s les autres aspects sociaux2 ce qui lie directem5t entre elles t\tes les preuves p>tielles que l'on peut successivem5t acqurir de la ralit de cette notion sci5tifique4 ,dans le *oix et l'usage de ces div]ses vrifications1 j'engage le lecteur rem>qu] d'abord que1 p> la nature du sujet1 les lois de la dynamique sociale doiv5t tre ncessairem5t d'autant mieux saisissables qu'elles conc]n5t des populations plus t5dues1 o les p]turbations secondaires ont mo9s d'influ5ce1 de mme que je l'ai dj indiqu env]s les lois /atiques4 ,il faut d'ailleurs not] ici1 cet g>d1 comme plus spcialem5t dynamique1 cette rflexion analogue que les lois fondam5tales devi5n5t aussi1 de t\te ncessit1 d'autant plus irrsi/ibles1 et p> suite plus apprciables1 qu'elles s'appliqu5t une civilisation plus avance1 puisque le m\vem5t social1 d'abord vague et inc]ta91 doit naturellem5t se prononc] et se consolid] davantage mesure qu'il se prolonge1 en surmontant1 avec une n]gie croissante1 t\tes les influ5ces accid5telles4 ,cette d\ble considration p]man5te1 applicable t\s les aspects sociaux1 p\rra1 j'espre1 conv5ablem5t employe1 guid] heureusem5t le lecteur dans le travail prlim9aire que je dois lui indiqu] ici1 et dont je ne saurais le disp5s]1 af9 de suivre utilem5t l'tude du volume actuel4 ,quant la coord9ation philosophique de ces preuves p>tielles pralables1 dont la comb9aison n'e/ nullem5t indiffr5te la sci5ce1 je dois enf9 av]tir aussi le lecteur que l'volution fondam5tale de l'humanit1 comp>ativem5t apprcie s\s les div]s aspects sociaux1 doit tre1 p> la nature du sujet1 d'autant plus ncessairem5t assujtie d'imprieuses lois naturelles qu'elle conc]ne des phnomnes plus composs1 o les irrgul>its prov5ues d'influ5ces individuelles quelconques doiv5t naturellem5t s'effac] davantage4 ,on conoit a9si quelle irrationnelle inconsqu5ce il doit y avoir auj\rd'hui1 p> exemple1 reg>d]1 d'une "p1 le m\vem5t sci5tifique comme s\mis des lois positives1 et1 d'une autre "p1 le m\vem5t politique comme ess5tiellem5t arbitraire2 c>1 au fond1 celui-ci1 en v]tu de sa complication suprieure1 dom9ant davantage les p]turbations individuelles1 doit tre encore plus 9vitablem5t prdt]m9 que l'autre1 o le gnie p]sonnel ex]ce c]ta9em5t plus d'empire1 comme n\s allons le reconnatre directem5t en traitant des limites fondam5tales de l'action sociale4 ,quelque p>adoxal que doive auj\rd'hui sembl] un tel pr9cipe1 je ne d\te pas qu'il ne soit f9alem5t confirm p> un exam5 appr(ondi du sujet4 ,con=mm5t ma premire indication1 on vrifie ma9t5ant1 d'une manire aussi irrcusable que spontane1 la possibilit de c>actris] sommairem5t ici le vritable esprit gnral de la sociologie dynamique1 en se bornant y tudi] l'inconte/able dveloppem5t cont9u de l'humanit1 qui en con/itue le vrai sujet sci5tifique1 sans se prononc] aucunem5t sur la fameuse "q du p]fectionnem5t huma94 ,il me s]ait ais de p]si/] jusqu'au b\t dans une telle disposition1 en c>tant totalem5t cette controv]se si agite1 qui semble auj\rd'hui1 p> suite des irrationnelles proccupations de notre philosophie politique1 devoir f\rnir l'indisp5sable fondem5t primitif du sy/me enti] des conceptions sociales3 la prt5due prpondrance de cette discussion se tr\v]ait ds-lors irrvocablem5t apprcie1 quoique indirectem5t1 p> la seule excution de cette tude complte de l'volution huma9e1 ab/raction faite de t\te considration de p]fectibilit4 ,mais1 quelque utile que pt tre cette /ricte rigueur sci5tifique1 qui devrait en effet rgn] en un trait m?odique1 et quoique une semblable disposition spculative doive mme prdom9] immdiatem5t dans t\te la suite de ce volume1 je dois cep5dant ici1 dans une premire bau*e rationnelle1 atta*] une importance relle aux div]s claircissem5s fondam5taux que peut exig] l'tat philosophique actuel1 qu& mme ils devrai5t p>atre1 du po9t de vue sci5tifique f9al1 purem5t accessoires et secondaires4 ,c'e/ p\rquoi je crois utile d'exam9] ma9t5ant1 en peu de mots1 mais directem5t1 cette clbre conte/ation philosophique1 trop purilem5t vante2 elle n\s s]vira d'ailleurs de transition naturelle l'apprciation rationnelle des limites gnrales de l'action politique4 ,l'esprit ess5tiellem5t relatif dans lequel doiv5t tre dsormais conues t\tes les notions quelconques de la politique positive1 doit d'abord n\s faire ici c>t] irrvocablem5t1 comme aussi va9e qu'oiseuse1 la vague controv]se mtaphysique sur l'accroissem5t du bonheur de l'homme aux div]s ges de la civilisation3 ce qui lim9e spontanm5t la seule p>tie ess5tielle de la "q sur laquelle il soit vraim5t impossible d'obt5ir jamais un ass5tim5t rel et p]man5t4 ,puisque le bonheur de *acun exige une suffisante h>monie entre l'ensemble du dveloppem5t de ses diffr5tes facults1 et le sy/me total des circon/ances quelconques qui dom95t sa vie1 et puisque1 d'une autre "p1 un tel quilibre t5d t\j\rs s'tablir spontanm5t un c]ta9 degr1 il ne saurait y avoir lieu comp>] positivem5t1 ni p> aucun s5tim5t direct1 ni mme p> aucune voie rationnelle1 quant au bonheur individuel1 des situations sociales dont l'enti] rappro*em5t e/ c]ta9em5t impossible3 autant vaudrait1 p\r a9si dire1 pos] la "q insoluble et in9telligible du bonheur respectivem5t propre aux div]s organismes animaux1 ou aux deux sexes de *aque espce4 ,aprs avoir a9si c>t sans ret\r cet 9puisable texte de dclamations puriles ou de /riles diss]tations1 l'analyse positive de la vague notion actuelle du p]fectionnem5t huma9 n'y laisse plus1 au fond1 subsi/] d'autre ide fondam5tale que la p5se m9emm5t sci5tifique d'un dveloppem5t cont9u de la nature huma9e1 envisage s\s t\s ses div]s aspects ess5tiels1 suivant une h>monie con/ante1 et d'aprs des lois inv>iables d'volution4 ,or1 cette conception1 sans laquelle il ne peut exi/] aucune vritable sci5ce sociale1 prs5te c]ta9em5t1 d'aprs mme les seules explications prlim9aires ci-dessus indiques1 la plus inconte/able ralit3 il n'y a aucune discussion possible avec ceux qui la mconnatrai5t2 pas plus que1 dans une sci5ce quelconque1 avec ceux qui en rejett5t les notions fondam5tales1 p> exemple1 en biologie1 la srie organique1 dont la srie sociologique con/itue d'ailleurs l'quival5t philosophique4 ,il e/ donc vid5t que l'humanit se dveloppe sans cesse p> le c\rs graduel de sa civilisation1 surt\t quant aux plus m95tes facults de notre nature1 s\s les div]s rapports physique1 moral1 intellectuel1 et f9alem5t politique3 c'e/--dire que ces facults1 exi/antes mais comp>ativem5t eng\rdies d'abord1 pr5n5t peu peu1 p> un ex]cice de plus en plus t5du et rguli]1 un essor de plus en plus complet1 dans les limites gnrales qu'impose l'organisme fondam5tal de l'homme4 ,t\te la "q philosophique1 p\r motiv] l'quival5ce f9ale entre les deux ides de dveloppem5t et de p]fectionnem5t1 l'une ?orique1 l'autre pratique1 se rduit donc ma9t5ant prononc] si ce dveloppem5t vid5t doit tre reg>d comme ncessairem5t accompagn1 en ralit1 d'une amlioration correspondante1 ou d'un progrs proprem5t dit4 ,or1 quoique la sci5ce pt aism5t s'ab/5ir de rs\dre directem5t un tel d\te pratique1 sans cess] nanmo9s de p\rsuivre utilem5t ses libres re*]*es spculatives1 je ne dois pas cep5dant hsit] dcl>] ici1 de la manire la plus explicite1 que cette amlioration cont9ue1 ce progrs con/ant1 me sembl5t aussi irrcusables que le dveloppem5t mme d'o ils driv5t3 p\rvu t\tefois qu'on ne cesse de les concevoir1 a9si que ce dveloppem5t1 comme 9vitablem5t assujtis1 s\s *aque aspect quelconque1 des limites fondam5tales1 les unes gnrales1 les autres spciales1 que la sci5ce p\rra ultrieurem5t c>actris]1 au mo9s dans les cas les plus importans2 ce qui lim9e aussitt la *imrique conception d'une p]fectibilit illimite4 ,il doit tre d'ailleurs t\j\rs s\s-ent5du que1 p\r cette amlioration1 comme p\r ce dveloppem5t1 on considr]a ess5tiellem5t l'ensemble de l'humanit1 au lieu d'un peuple isol4 ,cela pos1 le dveloppem5t huma9 me semble1 en effet1 entran] con/amm5t1 s\s t\s les div]s aspects pr9cipaux de notre nature1 une d\ble amlioration croissante1 non-seulem5t dans la condition fondam5tale de l'homme1 ce qui s]ait auj\rd'hui difficilem5t conte/able1 mais mme aussi1 ce qui e/ beauc\p mo9s apprci1 dans nos facults correspondantes3 le t]me propre de p]fectionnem5t convi5t surt\t ce second attribut du progrs4 ,s\s le premi] po9t de vue1 je n'ai pas beso9 de m'arrt] ici dmontr] nullem5t l'vid5te amlioration que l'volution sociale a fait pr\v] au sy/me extrieur de nos conditions d'exi/5ce1 soit p> une action croissante et sagem5t dirige sur le monde ambiant1 d'aprs le progrs des sci5ces et des arts1 soit p> l'ad\cissem5t con/ant de nos moeurs1 soit enf9 p> le p]fectionnem5t graduel de l'organisation sociale3 s\s ce d]ni] rapport surt\t1 qui e/ le plus controv]s de nos j\rs1 la suite de ce volume ne laiss]a1 j'espre1 aucun d\te1 malgr la prt5due rtrogradation politique attribue au moy5 ge1 o les progrs ont t1 au contraire1 pr9cipalem5t politiques4 ,un fait gnral irrcusable rpond suffisamm5t1 en ce premi] s5s1 t\tes les dclamations sophi/iques3 c'e/ l'accroissem5t con/ant et cont9u de la population huma9e sur la surface entire du globe1 p> suite de sa civilisation1 quoique les individus y satisfass5t beauc\p mieux l'ensemble de leurs beso9s physiques4 ,il faut qu'une telle t5dance l'amlioration cont9ue de la condition huma9e soit bi5 spontane et pr(ondm5t irrsi/ible p\r avoir pu p]svr] malgr les normes fautes1 surt\t politiques1 qui1 en t\t temps1 ont d absorb] ou neutralis] la majeure p>tie de nos div]ses =ces4 ,mme notre poque rvolutionnaire1 malgr la discordance plus prononce entre le sy/me politique et l'tat gnral de la civilisation1 il n'e/ pas d\teux que l'amlioration se prolonge1 non-seulem5t s\s le rapport physique et s\s le rapport intellectuel1 ce qui e/ vid5t1 mais aussi1 au fond1 s\s le rapport moral1 quoique la dsorganisation passagre y doive plus pr(ondm5t tr\bl] l'volution fondam5tale4 ,quant au second aspect de la "q1 c'e/--dire une c]ta9e amlioration graduelle et =t l5te de la nature huma9e1 entre des limites trs troites mais ultrieurem5t apprciables quoique peu connues jusqu' prs5t1 il me semble rationnellem5t impossible1 du po9t de vue de la vraie philosophie biologique1 de ne po9t admettre ici1 jusqu' un c]ta9 degr1 le pr9cipe irrcusable de l'illu/re ,lam>ck1 malgr ses imm5ses et vid5tes exagrations1 sur l'influ5ce ncessaire d'un ex]cice homogne et cont9u p\r produire1 dans t\t organisme animal1 et surt\t *ez l'homme1 un p]fectionnem5t organique1 susceptible d'tre graduellem5t fix dans la race1 aprs une p]si/ance suffisamm5t prolonge4 ,en considrant surt\t1 p\r une "q aussi dlicate1 le cas le mieux c>actris1 c'e/--dire celui du dveloppem5t intellectuel1 on ne peut1 ce me semble1 refus] d'admettre1 sans que t\tefois l'expri5ce ait encore suffisamm5t prononc#bd1 une plus gr&e aptitude naturelle aux comb9aisons d'esprit *ez les peuples trs civiliss1 indp5damm5t de t\te culture quelconque1 ou1 ce qui e/ quival5t1 une mo9dre aptitude *ez les nations peu avances2 p\rvu que la comp>aison soit t\j\rs tablie1 autant que possible1 entre des individus d'un organisme crbral analogue1 et surt\t1 p> exemple1 *ez les intellig5ces moy5nes4 ,quoique les facults intellectuelles doiv5t tre1 sans d\te1 pr9cipalem5t modifies p> l'volution sociale1 cep5dant leur mo9dre int5sit relative dans la con/itution fondam5tale de l'homme me semble autoris] conclure1 en quelque sorte =tiori1 de leur amlioration suppose1 au p]fectionnem5t proportionnel des aptitudes plus prononces et non mo9s ex]ces1 sauf t\tefois l'v5tuelle rvision ultrieure d'un tel ap]u philosophique1 d'aprs la conv5able excution directe d'un indisp5sable exam5 sci5tifique4 ,s\s le rapport moral surt\t1 il me p>at inconte/able que le dveloppem5t graduel de l'humanit t5d dt]m9] con/amm5t1 et ralise en effet un c]ta9 degr1 une prpondrance croissante des plus nobles p5*ans de notre nature1 a9si que je l'expliqu]ai en son lieu4 ,quoique les plus mauvais in/9cts cont9u5t ncessairem5t subsi/]1 en modifiant seulem5t leurs manife/ations1 cep5dant un ex]cice mo9s s\t5u et plus comprim doit t5dre les amortir graduellem5t2 et leur rgul>isation croissante f9it c]ta9em5t p> les faire conc\rir involontairem5t au ma9ti5 de la bonne conomie sociale1 surt\t dans les organismes peu prononcs1 qui con/itu5t l'imm5se majorit4 ,footnote #bd3 ,on a s\v5t t5t des essais p]svrans p\r dcid] si de jeunes sauvages1 pris de trs bonne heure1 p\rrai5t dev5ir1 p> une ducation conv5able1 et d'aprs un ensemble de circon/ances favorables1 aussi aptes notre vie sociale que les ,europens actuels4 ,l'vnem5t p>at avoir presque t\j\rs indiqu1 au contraire1 une t5dance1 p\r a9si dire irrsi/ible1 surt\t s\s le rapport moral1 repr5dre spontanm5t la vie sauvage1 malgr t\tes les prcautions employes3 ce qui1 ce me semble1 con/itu]ait un puissant motif de dcision dans la "q propose4 ,mais1 quoique ces sortes d'expri5ces ai5t t ord9airem5t inspires p> les int5tions les plus sages et les plus bi5veillantes1 elles ont t jusqu'ici conues et p\rsuivies d'une manire trop peu rationnelle1 p\r que je croie fran*em5t p\voir leur attribu] dj une vraie valeur sci5tifique4 ,ces div]ses explications suffis5t ici1 quoique trs sommaires1 p\r tablir clairem5t que le dveloppem5t cont9u de l'humanit peut tre t\j\rs considr comme un vrai p]fectionnem5t graduel1 entre les limites conv5ables4 ,on a donc le droit rationnel d'admettre1 en sociologie1 l'quival5ce ncessaire de ces deux t]mes gnraux1 a9si qu'on le fait habituellem5t1 en biologie1 dans l'tude comp>ative de l'organisme animal4 ,nanmo9s1 je dois1 ce me semble1 p]si/] employ] surt\t la premire expression1 qui1 heureusem5t1 n'a pas encore t gte p> un usage irrationnel1 et qui p>at spcialem5t conv5able une de/9ation sci5tifique4 ,cette prfr5ce e/1 mes yeux1 d'autant plus motive que1 mme s\s l'aspect pratique1 la qualification de dveloppem5t a1 p> sa nature1 le prcieux avantage de dt]m9] directem5t en quoi consi/e1 de t\te ncessit1 le p]fectionnem5t rel de l'humanit2 c>1 il indique aussitt le simple essor spontan1 graduellem5t second p> une culture conv5able1 des facults fondam5tales t\j\rs prexi/antes qui con/itu5t l'ensemble de notre nature1 sans aucune introduction quelconque de facults n\velles4 ,la seconde expression n'ayant po9t une telle proprit1 surt\t raison du vicieux emploi qu'on en a tant fait de nos j\rs1 n\s devrons dsormais1 sans aucune affectation pdantesque1 y r5onc] ess5tiellem5t1 mais en pr5ant t\j\rs la premire dans son entire ext5sion philosophique1 soit sci5tifique1 soit pratique1 ma9t5ant assez df9ie4 ,p\r a*ev] ici de c>actris] sommairem5t cette conception prlim9aire du dveloppem5t huma91 qui con/itue le sujet propre de t\te la sociologie dynamique1 j'y dois encore signal]1 s\s un d]ni] po9t de vue1 la disposition gnrale qu'elle doit spontanm5t produire t\j\rs considr] l'tat social1 envisag s\s t\s ses div]s aspects pr9cipaux1 comme ayant t ess5tiellem5t aussi p>fait1 *aque poque1 que le comportait l'ge correspondant de l'humanit1 comb9 avec le sy/me co-relatif des circon/ances quelconques s\s l'empire desquelles s'accomplissait son volution actuelle4 ,cette t5dance philosophique1 sans laquelle1 j'ose le dire1 l'hi/oire re/]ait radicalem5t incomprh5sible1 devi5t naturellem5t ici l'indisp5sable complm5t de la disposition intellectuelle1 exactem5t analogue1 ci-dessus tablie quant la sociologie /atique3 l'une e/ au progrs1 ce que l'autre e/ l'ordre2 et t\tes deux rsult5t ncessairem5t du mme pr9cipe vid5t1 c'e/--dire de cette prpondrance irrvocable du po9t de vue relatif sur le po9t de vue absolu1 qui di/+ue pr9cipalem5t1 en un sujet quelconque1 le vritable esprit gnral propre la philosophie positive4 ,si les div]s lm5s sociaux ne peuv5t po9t1 la longue1 ne pas obs]v] spontanm5t entre eux cette h>monie univ]selle1 premi] pr9cipe de l'ordre rel2 de mme *acun d'eux1 ou leur ensemble1 ne saurait vit]1 *aque poque1 d'tre ess5tiellem5t aussi avanc que le p]mettait le sy/me total des div]ses influ5ces1 intrieures ou extrieures1 de son accomplissem5t effectif4 ,pas plus dans un cas que dans l'autre1 il ne s'agit a9si de causes f9ales1 ni de direction provid5tielle quelconque4 ,c'e/ t\j\rs1 p\r le m\vem5t1 comme n\s l'avons dj reconnu p\r l'exi/5ce1 la simple suite ncessaire de cet ordre spontan1 rsultant d'inv>iables lois naturelles1 env]s t\s les phnomnes possibles1 et qui seulem5t doit se manife/] d'une manire mo9s rgulire1 mais p>eillem5t 9vitable1 l'g>d des phnomnes sociaux1 soit /atiques1 soit dynamiques1 en v]tu de leur complication suprieure4 ,le mme pr9cipe doit1 sans d\te1 directem5t exclure aussi1 ce n\veau sujet1 cette irrationnelle accusation d'optimisme prt5du1 sur laquelle je me suis dj suffisamm5t expliqu en ce qui conc]ne la /atique sociale1 et qui1 c]tes1 n'e/ pas ici mo9s trange4 ,ce s]ait sans d\te attribu] aux mesures politiques proprem5t dites une puissance in9telligible1 radicalem5t contraire l'ensemble des obs]vations1 que de leur attribu] pr9cipalem5t les progrs sociaux1 comme je vais le montr] directem5t4 ,puis donc que le p]fectionnem5t effectif rsulte surt\t du dveloppem5t spontan de l'humanit1 comm5t p\rrait-il1 *aque poque1 n'tre pas ess5tiellem5t ce qu'il p\vait tre d'aprs l'ensemble de la situation8 ,mais cette disposition rationnelle n'exclut nullem5t1 comme je l'ai dj tabli1 la possibilit1 et mme la ncessit1 des ab]rations quelconques1 soit involontaires1 soit mme volontaires1 qui doiv5t ici tre naturellem5t plus prononces qu'en aucun autre cas1 quoique nanmo9s t\j\rs r5f]mes 9vitablem5t entre c]ta9es limites fondam5tales1 imposes p> l'ensemble des conditions du sujet1 et sans l'exi/5ce desquelles le phnomne gnral du progrs cont9u devi5drait videmm5t inexplicable4 ,une telle considration philosophique t5d seulem5t faire prvaloir1 dans l'exam5 habituel des phnomnes sociaux1 soit accomplis1 soit actuels1 cette sage indulg5ce sci5tifique1 qui dispose mieux apprci]1 et mme saisir avec plus de facilit1 la vraie filiation hi/orique des vnem5s1 sans exclure1 en aucune manire1 qu& le cas l'exige1 ni une svre rprobation1 ni surt\t la libre conception directe de la plus active int]v5tion huma9e1 comme la suite de ce volume le r5dra1 j'espre1 ple9em5t inconte/able4 ,l'ensemble des considrations prcd5tes amne naturellem5t l'exam5 de la conception fondam5tale propre la sociologie dynamique s\s un d]ni] aspect capital1 plus m9emm5t susceptible qu'aucun autre de manife/] directem5t1 dans la pratique1 le vrai c>actre philosophique de la politique positive4 ,il s'agit du pr9cipe des limites gnrales de l'action politique quelconque1 dont la notion rationnelle doit surt\t dissip] immdiatem5t auj\rd'hui l'esprit idal1 absolu1 et illimit1 qui1 s\s l'influ5ce prpondrante de la philosophie mtaphysique1 dom9e encore habituellem5t le sy/me des spculations sociales1 comme je l'ai expliqu au db de cette leon4 ,nul homme s5s ne saurait dsormais mconnatre d'abord l'exi/5ce ncessaire de p>eilles limites1 ab/raction faite de leur dt]m9ation effective1 mo9s de cont9u] un usage srieux de l'antique hypo?se ?ologique1 qui reprs5te le lgislateur comme le simple organe d'une provid5ce directe et cont9ue1 l'influ5ce de laquelle on ne saurait1 en effet1 admettre aucunes limites4 ,notre temps n'exige plus la mo9dre rfutation rationnelle de semblables conceptions1 qui ont mme cess d'tre rellem5t comprises de leurs plus dt]m9s p>tisans1 quoique les habitudes intellectuelles contractes s\s leur longue prpondrance soi5t encore lo9 d'tre1 de nos j\rs1 suffisamm5t rectifies4 ,dans un ordre quelconque de phnomnes1 l'action huma9e tant t\j\rs ncessairem5t trs limite1 malgr la puissance du conc\rs le plus t5du1 dirig p> les plus +nieux artifices1 il s]ait videmm5t impossible de compr5dre quel titre les phnomnes sociaux p\rrai5t tre seuls excepts de cette re/riction fondam5tale1 suite 9vitable de l'exi/5ce mme des lois naturelles4 ,quelles que puiss5t tre les dcevantes inspirations de l'orgueil huma91 t\t homme d'tat1 aprs un suffisant ex]cice de l'autorit politique1 doit tre ord9airem5t trs conva9cu1 p> sa propre expri5ce p]sonnelle1 de la ralit de ces limites ncessaires imposes l'action politique p> l'ensemble des influ5ces sociales1 et auxquelles il faut bi5 qu'il attribue l'avortem5t habituel de la majeure p>tie des va9s projets qu'il avait d'abord secrtem5t rvs3 peut-tre mme ce s5tim5t doit-il tre d'autant plus complet1 quoique le plus s\v5t dissimul1 que le p\voir a t plus t5du1 p>ce que son impuissance lutt] contre les lois naturelles du phnomne a d dev5ir plus dcisive1 mo9s t\tefois que l'intellig5ce n'ait pu alors suffisamm5t rsi/] l'ivresse spontane qui en rsulte si frquemm5t4 ,sans insi/] davantage sur ce pr9cipe vid5t1 sans lequel la vritable sci5ce sociale ne saurait aucunem5t exi/]1 il faut ma9t5ant signal] l'aptitude ncessaire de la n\velle philosophie politique dt]m9] sans inc]titude1 comme application directe et cont9ue de son dveloppem5t sci5tifique1 avec t\te la prcision que comporte la nature du sujet et qui suffit aux beso9s rels1 en quoi consi/5t ces limites fondam5tales1 soit gnrales ou spciales1 soit p]man5tes ou actuelles4 ,il faut1 cet effet1 apprci] d'abord en quoi la m>*e inv>iable du dveloppem5t huma9 peut tre affecte p> l'ensemble des causes quelconques de v>iation qui peuv5t y tre appliques1 sans aucune di/9ction entre elles2 et ensuite on exam9]a quel rang d'importance peut occup]1 p>mi ces div]s modificateurs possibles1 l'action volontaire et calcule de nos comb9aisons politiques3 tel e/ l'ordre rationnel prescrit p> la nature du sujet1 en considrant d'ailleurs le premi] po9t comme beauc\p plus capital1 en pr9cipe gnral1 que ne peut l'tre le second1 et mme comme seul ple9em5t accessible auj\rd'hui4 ,s\s ce po9t de vue pr9cipal1 on doit pralablem5t concevoir les phnomnes sociaux comme tant1 de t\te ncessit1 en v]tu mme de leur complication suprieure1 les plus modifiables de t\s1 d'aprs la loi philosophique que j'ai dmontre cet g>d dans les deux volumes prcd5s4 ,a9si1 l'ensemble des lois sociologiques comporte naturellem5t des limites de v>iation plus t5dues que ne le p]met mme le sy/me des lois biologiques proprem5t dites1 et1 plus =te raison1 celui des lois *imiques1 ou physiques1 ou surt\t a/ronomiques4 ,si donc1 p>mi les div]ses causes modificatrices1 l'int]v5tion huma9e occupe le mme rang d'influ5ce proportionnelle1 comme il e/ naturel de le suppos] d'abord1 son influ5ce devra donc tre en effet plus considrable dans le premi] cas que dans aucun autre1 malgr t\te app>5ce contraire4 ,tel e/ le premi] fondem5t sci5tifique des esprances rationnelles d'une r=mation sy/matique de l'humanit3 et1 ce titre1 les illusions de ce g5re doiv5t c]ta9em5t sembl] plus excusables qu'en t\t autre sujet4 ,mais1 quoique les modifications1 produites p> des causes quelconques1 soi5t a9si ncessairem5t plus gr&es1 dans l'ordre des phnomnes politiques1 qu'env]s des phnomnes plus simples et mo9s v>is1 elles ne saurai5t cep5dant s'lev] jamais1 l comme ailleurs1 et mme plus qu'ailleurs1 au-dessus de la nature de pures modifications1 c'e/--dire qu'elles demeur5t t\j\rs radicalem5t subordonnes aux lois fondam5tales1 soit /atiques1 soit dynamiques1 qui rgl5t l'h>monie con/ante des div]s lm5s sociaux et la filiation cont9ue de leurs v>iations successives4 ,il n'y a pas d'influ5ce p]turbatrice1 soit extrieure1 soit huma9e1 qui puisse faire co-exi/]1 dans le monde politique rel1 des lm5s antipa?iques1 ni altr]1 aucun titre1 les vraies lois naturelles du dveloppem5t de l'humanit3 p\rvu1 bi5 ent5du1 que1 dans l'tude positive de la solid>it sociale et de l'volution huma9e1 on ait pris d'abord en suffisante considration l'ensemble des causes con/antes1 soit intrieures1 soit aussi extrieures1 s\s l'empire total desquelles doiv5t s'accomplir de tels phnomnes1 a9si que je l'expliqu]ai spcialem5t dans la leon suivante4 ,l'9vitable prpondrance graduelle des influ5ces cont9ues1 quelque imp]ceptible que puisse d'abord sembl] leur p\voir1 e/ auj\rd'hui admise env]s t\s les phnomnes naturels2 il faudra bi5 qu'on l'applique aussi aux phnomnes sociaux1 aussitt qu'on y t5dra la mme manire de philosoph]4 ,en quoi donc peuv5t consi/] les inconte/ables modifications dont l'organisme et la vie politiques sont m9emm5t susceptibles1 puisque ri5 n'y peut altr] ni les lois de l'h>monie ni celles de la succession8 ,cet irrationnel tonnem5t1 trop naturel auj\rd'hui p\r tre aucunem5t blm p> la philosophie1 dispose oubli] que1 dans t\s les ordres de phnomnes1 les modifications port5t t\j\rs exclusivem5t sur leur int5sit et sur leur mode secondaire d'accomplissem5t effectif1 mais sans p\voir jamais affect] ni leur nature propre ni leur filiation pr9cipale1 ce qui1 en levant la cause p]turbatrice au-dessus de la cause fondam5tale1 dtruirait aussitt t\te l'conomie des lois relles du sujet4 ,appliqu au monde politique1 cet indisp5sable pr9cipe de philosophie positive y montre1 en gnral1 que1 s\s le rapport /atique1 les div]ses v>iations possibles n'y saurai5t jamais consi/] que dans l'int5sit plus ou mo9s prononce des diffr5tes t5dances spontanm5t propres l'ensemble de *aque situation sociale1 envisage d'un po9t de vue quelconque1 mais sans que ri5 puisse1 en aucun cas1 emp*] ni produire ces t5dances respectives1 ni1 en un mot1 les dnatur]3 de mme1 s\s le rapport dynamique1 l'volution fondam5tale de l'humanit devra tre a9si conue comme seulem5t modifiable1 c]ta9s degrs dt]m9s1 quant sa simple vitesse1 mais sans aucun r5v]sem5t quelconque dans l'ordre fondam5tal du dveloppem5t cont9u1 et sans qu'aucun int]mdiaire un peu important puisse tre entirem5t fran*i4 ,on peut se faire1 t\s g>ds1 une ju/e ide philosophique de la vraie nature ess5tielle de ces v>iations relles en les assimilant surt\t aux v>iations analogues de l'organisme animal1 qui leur sont exactem5t comp>ables1 comme assujties des p>eilles conditions1 soit /atiques1 soit dynamiques2 avec cette seule diffr5ce rationnelle1 dj prvue ci-dessus1 que les modifications sociales peuv5t et doiv5t dev5ir plus t5dues et plus v>ies que les simples modifications biologiques1 en supposant1 bi5 ent5du1 un milieu et un organisme con/ans4 ,la sa9e ?orie gnrale de ces limites de v>iation tant encore ess5tiellem5t tablir1 en biologie1 comme n\s l'avons reconnu au volume prcd5t1 depuis les travaux de ,lam>ck qui en ont indiqu le pr9cipe1 on ne saurait espr] que la sociologie puisse tre auj\rd'hui plus avance cet g>d4 ,mais il suffit ici d'en avoir c>actris1 s\s ce po9t de vue1 le vritable esprit gnral1 soit quant la /atique ou la dynamique sociales4 ,or1 en considrant directem5t1 l'un ou l'autre titre1 le pr9cipe que je vi5s de pos]1 il s]a1 je p5se1 impossible de le conte/] srieusem5t1 d'aprs l'ensemble des obs]vations politiques3 sa consi/ance se dvelopp]a d'ailleurs ultrieurem5t1 p> son usage spontan dans t\t le re/e de ce volume4 ,dans l'ordre intellectuel1 plus aism5t apprciable auj\rd'hui1 il n'y a aucune influ5ce accid5telle1 ni aucune supriorit individuelle1 qui puisse1 p> exemple1 transport] une poque les dc\v]tes vraim5t rs]ves une poque po/rieure1 d'aprs la m>*e fondam5tale de l'esprit huma91 ni rciproquem5t4 ,l'hi/oire des sci5ces vrifie surt\t1 de la manire la plus irrcusable1 cette intime dp5dance des gnies mme les plus m95s env]s l'tat contempora9 de la raison huma9e1 dont il s]ait sup]flu de cit] ici aucun des innombrables exemples1 pr9cipalem5t en ce qui ti5t au p]fectionnem5t des div]ses m?odes d'inve/igation1 soit rationnelles1 soit exprim5tales4 ,il en e/ a9si1 plus =te raison1 dans les arts proprem5t dits1 surt\t en ce qui dp5d aussi des moy5s mcaniques de suppler l'action huma9e4 ,on n'en saurait d\t] davantage1 au fond1 l'g>d mme du dveloppem5t moral de notre nature1 dont le c>actre e/ c]ta9em5t rgl surt\t1 *aque poque1 p> l'tat correspondant de l'volution sociale1 quelles que soi5t les modifications volontaires drives de l'ducation1 et mme les modifications spontanes relatives l'organisation individuelle4 ,*acun des modes fondam5taux de l'exi/5ce sociale dt]m9e un c]ta9 sy/me de moeurs co-relatives1 dont la physionomie commune se retr\ve aism5t *ez t\s les individus1 au milieu de leurs diffr5ces c>actri/iques3 il y a c]ta9em5t1 p> exemple1 tel tat de l'humanit o les meilleurs naturels contract5t ncessairem5t des habitudes de frocit1 dont s'affran*iss5t1 presque sans ef=t1 des natures bi5 infrieures1 vivant dans une socit plus avance4 ,il en e/ ess5tiellem5t de mme s\s le po9t de vue politique proprem5t dit1 comme l'analyse hi/orique le confirm]a directem5t plus t>d4 ,enf91 si l'un v\lait rapport] t\s les faits ou les div]ses rflexions qui tabliss5t l'exi/5ce effective de ces limites ncessaires de v>iation dont je vi5s dpos] le pr9cipe rationnel1 on s]ait peu peu involontairem5t conduit reproduire successivem5t t\tes les considrations ess5tielles qui pr\v5t la subord9ation relle des phnomnes sociaux d'inv>iables lois naturelles3 p>ce qu'un tel pr9cipe ne con/itue1 en effet1 qu'une rig\reuse application gnrale d'une telle conception philosophique4 ,aprs cette sommaire circonscription sci5tifique du *amp gnral des modifications sociales1 de quelque s\rce qu'elles puiss5t prov5ir1 on ne saurait exig] que je traite ici la "q s\s le second po9t de vue prcdemm5t indiqu1 c'e/--dire1 quant au classem5t df9itif des div]ses influ5ces modificatrices1 suivant leur importance respective4 ,une telle re*]*e s]ait auj\rd'hui m9emm5t prmature1 puisque la dt]m9ation pr9cipale1 dont elle ne peut tre qu'un simple complm5t1 n'a pu encore tre s\mise aucune laboration rationnelle1 et n'a pas mme t suffisamm5t exam9e1 en biologie1 dans un cas beauc\p mo9s difficile1 comme je l'ai ci-dessus rem>qu4 ,a9si1 les trois s\rces gnrales de v>iation sociale me p>aissant rsult]1 #a de la race1 #b du climat1 #c de l'action politique proprem5t dite1 envisage dans t\te son ext5sion sci5tifique1 il ne peut nullem5t conv5ir de ici re*]*] si leur importance relative e/ vraim5t con=me cet ordre d'nonciation ou t\t autre4 ,qu& mme cette dt]m9ation ne s]ait po9t videmm5t dplace dans l'tat naissant de la sci5ce1 les lois de la m?ode oblig]ai5t du mo9s en aj\rn] l'exposition directe aprs l'exam5 du sujet pr9cipal1 af9 d'vit] une irrationnelle confusion entre les phnomnes fondam5taux et leurs modifications div]ses1 comme je l'ai rem>qu1 l'occasion du climat1 dans le *apitre prcd5t4 ,du re/e1 un tel classem5t doit avoir auj\rd'hui d'autant mo9s d'intrt pratique que l'influ5ce des comb9aisons politiques tant1 de ces trois causes modificatrices1 la seule suffisamm5t accessible notre int]v5tion1 c'e/ ncessairem5t v]s elle que devra surt\t se dirig] l'att5tion gnrale1 quoiqu'il y et un grave inconvni5t sci5tifique suppos] d'avance1 p> ce seul motif1 que sa porte relle e/1 en effet1 prpondrante1 en prjugeant1 d'aprs un vicieux entranem5t1 le rsultat f9al d'une exacte comp>aison directe1 dont l'exam5 doit re/] ultrieurem5t rs]v4 ,mais si cette comp>aison n'e/ pas encore conv5ablem5t prp>e1 il faut reconnatre aussi que son excution actuelle n'importe aucunem5t l'in/itution gnrale du vritable esprit de la politique positive4 ,c>1 il suffit1 cet g>d1 d'avoir pos1 comme je vi5s de le faire1 le pr9cipe sci5tifique qui c>actrise et circonscrit les modifications compatibles avec la nature des phnomnes sociaux1 quelles que puiss5t tre les s\rces propres et directes de ces v>iations quelconques4 ,si1 s\s ce rapport1 j'ai p>u surt\t avoir en vue l'action politique proprem5t dite1 c'e/ uniquem5t cause de l'irrationnelle prpondrance qu'on a c\tume de lui attribu] encore1 et qui t5d auj\rd'hui emp*] directem5t t\te vraie notion des lois sociologiques4 ,aussi me born]ai-je1 ce sujet1 signal]1 en outre1 d'aprs l'ensemble des explications antrieures1 le pr9cipe spcial de l'illusion trs naturelle qui entreti5t ma9t5ant ce sophisme involontaire1 *ez ceux-l mmes qui se croi5t ple9em5t affran*is de la philosophie ?ologique1 d'o il e/ d'abord videmm5t man4 ,cette illusion consi/e en ce que les div]ses oprations politiques1 soit temporelles1 soit spirituelles1 n'ayant pu avoir d'efficacit sociale qu'autant qu'elles tai5t con=mes aux t5dances correspondantes de l'humanit1 elles sembl5t1 des spectateurs prv5us ou irrfl*is1 avoir produit ce qu'une volution spontane1 mais peu app>5te1 a seule ess5tiellem5t dt]m94 ,en procdant a9si1 on nglige videmm5t les cas nombreux et c>actri/iques1 dont l'hi/oire abonde1 o l'autorit politique la plus t5due n'a pu laiss] bi5tt aucune trace pr(onde de son dveloppem5t le plus n]gique et le mieux s\t5u1 uniquem5t p>ce qu'elle tait surt\t dirige en s5s contraire du m\vem5t gnral de la civilisation contempora9e1 a9si que le tmoign5t les irrcusables exemples de ,juli51 de ,philippe ,,ii1 de ,bonap>te1 etc4 ,on peut mme reg>d]1 cet g>d1 comme plus dcisifs encore1 s\s le po9t de vue sci5tifique1 les cas inv]ses1 malheureusem5t beauc\p plus r>es1 mais nanmo9s trs apprciables dans l'ensemble du dveloppem5t huma91 o l'action politique1 galem5t s\t5ue p> une puissante autorit1 a nanmo9s avort dans la p\rsuite d'amliorations trop prmatures1 malgr la t5dance progressive qui tait en sa faveur3 l'hi/oire intellectuelle1 aussi bi5 que l'hi/oire politique proprem5t dite1 en (fr5t d'inconte/ables exemples4 ,f]gusson a judicieusem5t rem>qu que mme l'action d'un peuple sur un autre1 soit p> la conqute ou autrem5t1 quoique la plus int5se de t\tes les =ces semblables1 n'y p\vait1 en gnral ralis] ess5tiellem5t que les modifications con=mes ses propres t5dances1 dont le dveloppem5t se tr\vait a9si seulem5t un peu plus acclr ou un peu plus t5du qu'il n'et pu l'tre spontanm5t4 ,en politique1 comme dans les sci5ces1 l'opportunit fondam5tale con/itue t\j\rs la pr9cipale condition de t\te gr&e et durable influ5ce1 quelle que puisse tre la valeur p]sonnelle de l'homme suprieur auquel le vulgaire attribue une action sociale dont il n'a pu tre que l'heureux organe4 ,ce p\voir quelconque de l'individu sur l'espce e/ d'ailleurs assujti rellem5t ces limites gnrales1 lors mme qu'il ne s'agit que des effets les plus aiss produire1 soit en bi51 soit mme en mal4 ,dans les poques rvolutionnaires1 p> exemple1 ceux qui s'attribu5t1 avec un si trange orgueil1 le facile mrite d'avoir dvelopp *ez leurs contempora9s l'essor de passions an>*iques1 ne s'ap]oiv5t pas que1 mme en ce cas1 leur dplorable triomphe app>5t n'e/ d surt\t qu' une disposition spontane1 dt]m9e p> l'ensemble de la situation sociale correspondante1 qui a produit le rel*em5t provisoire et p>tiel de l'h>monie gnrale3 comme on peut aism5t le vrifi] auj\rd'hui1 l'g>d des pr9cipales ab]rations sociales1 drives du dv]gondage moral1 rsultant de notre an>*ie intellectuelle2 il en fut de mme en t\t temps4 ,du re/e1 aprs avoir a9si reconnu1 p> le conc\rs naturel de tant de motifs div]s1 l'exi/5ce effective des limites gnrales de v>iation propres aux phnomnes sociaux1 et spcialem5t des modifications dp5dantes de l'action politique sy/matise1 temporelle ou spirituelle2 aprs avoir1 en mme temps1 tabli le vrai pr9cipe sci5tifique de/9 qualifi] et circonscrire de telles modifications2 c'e/ videmm5t au dveloppem5t direct de la sci5ce sociale dt]m9]1 en *aque cas1 l'influ5ce propre et la porte actuelle de ce pr9cipe gnral1 qui ne saurait aucunem5t disp5s] d'une apprciation immdiate et p>ticulire de la situation correspondante4 ,c'e/ p> de semblables apprciations1 empiriquem5t opres1 qu'a pu tre guid jusqu'ici l'heureux in/9ct des hommes de gnie qui ont rellem5t ex]c sur l'humanit une gr&e et pr(onde action1 un titre et s\s un rapport quelconques3 c'e/ uniquem5t a9si qu'ils ont pu rectifi] grossirem5t les indications illusoires ou vicieuses des doctr9es irrationnelles et *imriques qui dom9ai5t le plus s\v5t leur raison4 ,en t\t g5re1 comme je l'ai tabli ds l'orig9e de cet ouvrage1 la prvoyance e/ la vraie s\rce de l'action4 ,les vagues habitudes intellectuelles qui prval5t encore en philosophie politique p\rrai5t bi5 auj\rd'hui conduire1 d'aprs les div]ses considrations prcd5tes1 mconnatre entirem5t la porte pratique d'une sci5ce n\velle qui dissipe a9si sans ret\r1 dans leurs fondem5s spculatifs1 ces ambitieuses illusions relatives l'action indf9ie de l'homme sur la civilisation3 aussi la physique sociale doit-elle1 ce titre1 s'att5dre tre d'abord taxe quelquefois de n\s rduire la simple obs]vation passive des vnem5s huma9s1 sans aucune puissante int]v5tion cont9ue4 ,il e/ nanmo9s c]ta9 que le pr9cipe ci-dessus pos quant aux limites rationnelles de l'action politique tablit directem5t1 au contraire1 de la manire la plus inconte/able et la plus prcise1 le vrai po9t de contact fondam5tal entre la ?orie et la pratique sociales4 ,c'e/ surt\t a9si que l'art politique peut enf9 comm5c] pr5dre un c>actre judicieusem5t sy/matique1 en cessant d'tre ess5tiellem5t dirig d'aprs des pr9cipes arbitraires temprs p> des notions empiriques2 c'e/ a9si1 en un mot1 qu'il p\rra pr\v] une trans=mation analogue celle qui s'accomplit auj\rd'hui p\r l'art mdical1 celui de t\s auquel la nature des phnomnes doit le plus p]mettre de l'assimil]4 ,puisque1 en effet1 notre int]v5tion politique quelconque ne saurait1 en aucun cas1 avoir de vritable efficacit sociale1 soit quant l'ordre ou quant au progrs1 qu'en s'appuyant directem5t sur les t5dances correspondantes de l'organisme ou de la vie politiques1 af9 d'en second]1 p> de judicieux artifices1 le dveloppem5t spontan1 il faut donc1 cette f91 connatre avant t\t1 avec autant de prcision que possible1 ces lois naturelles d'h>monie et de succession1 qui dt]m95t1 *aque poque1 et s\s *aque aspect social1 ce que l'volution huma9e e/ prte produire1 en signalant mme les pr9cipaux ob/acles susceptibles d'tre c>ts4 ,en un mot1 a9si que je l'indiquai dans mon crit de #ahbb1 la m>*e de la civilisation ne s'excute pas proprem5t p>l]1 suivant une ligne droite1 mais selon une srie d'oscillations1 9gales et v>iables1 comme dans la locomotion animale1 aut\r d'un m\vem5t moy51 qui t5d t\j\rs prdom9]1 et dont l'exacte connaissance p]met de rgul>is] d'avance la prpondrance naturelle1 en dim9uant ces oscillations et les ttonnem5s plus ou mo9s fune/es qui leur correspond5t4 ,ce s]ait1 t\tefois1 exagr]1 sans d\te1 la porte relle d'un tel art1 cultiv mme aussi rationnellem5t que possible1 et appliqu avec t\te l'ext5sion conv5able1 que de lui attribu] la proprit d'emp*]1 en t\s les cas1 les rvolutions viol5tes qui naiss5t des entraves qu'pr\ve le c\rs spontan de l'volution huma9e4 ,dans l'organisme social1 en v]tu de sa complication suprieure1 les maladies et les crises sont ncessairem5t encore plus 9vitables1 beauc\p d'g>ds1 que dans l'organisme individuel4 ,mais1 alors mme que la sci5ce relle e/ =ce de reconnatre ess5tiellem5t son impuissance mom5tane devant de pr(onds dsordres ou d'irrsi/ibles entranem5s1 elle peut encore utilem5t conc\rir ad\cir et surt\t abrg] les crises1 d'aprs l'exacte apprciation de leur pr9cipal c>actre1 et la prvision rationnelle de leur issue f9ale1 sans r5onc] jamais une sage int]v5tion1 mo9s d'une impossibilit conv5ablem5t con/ate4 ,ici1 comme ailleurs1 et mme plus qu'ailleurs1 il ne s'agit po9t de g\v]n] les phnomnes1 mais seulem5t d'en modifi] le dveloppem5t spontan2 ce qui exige videmm5t qu'on en connaisse pralablem5t les lois relles4 ,p> un tel ensemble de notions prlim9aires1 d'abord /atiques et ensuite dynamiques1 le vritable esprit gnral propre la n\velle philosophie politique me semble dsormais suffisamm5t c>actris1 de manire fix] la position rationnelle des que/ions sociologiques4 ,sans admir] ni maudire les faits politiques1 et en y voyant ess5tiellem5t1 comme en t\te autre sci5ce1 de simples sujets d'obs]vation1 la physique sociale considre donc *aque phnomne s\s le d\ble po9t de vue lm5taire de son h>monie avec les phnomnes co-exi/ans et de son en*anem5t avec l'tat antrieur et l'tat po/rieur du dveloppem5t huma92 elle s'ef=ce1 l'un et l'autre titre1 de dc\vrir1 autant que possible1 les vraies relations gnrales qui li5t entre eux t\s les faits sociaux2 *acun d'eux lui p>at expliqu1 dans l'acception vraim5t sci5tifique du t]me1 qu& il a pu tre conv5ablem5t ratta*1 soit l'ensemble de la situation correspondante1 soit l'ensemble du m\vem5t prcd5t1 en c>tant t\j\rs soigneusem5t t\te va9e et inaccessible re*]*e de la nature intime et du mode ess5tiel de production des phnomnes quelconques4 ,dveloppant au plus haut degr le s5tim5t social1 cette sci5ce n\velle1 selon la clbre =mule de ,pascal1 ds lors ple9em5t ralise1 reprs5te ncessairem5t1 d'une manire directe et cont9ue1 la masse de l'espce huma9e1 soit actuelle1 soit passe1 soit mme future1 comme con/ituant1 t\s g>ds1 et de plus en plus1 ou dans l'ordre des lieux1 ou dans celui des temps1 une imm5se et t]nelle unit sociale1 dont les div]s organes1 individuels on nationaux1 unis sans cesse p> une intime et univ]selle solid>it1 conc\r5t 9vitablem5t1 *acun suivant un mode et un degr dt]m9s1 l'volution fondam5tale de l'humanit1 conception vraim5t capitale1 et t\te mod]ne1 qui doit dev5ir ultrieurem5t la pr9cipale base rationnelle de la morale positive4 ,conduisant enf91 de mme que t\te autre sci5ce relle1 avec la prcision que comporte l'excessive complication propre ses phnomnes1 l'exacte prvision sy/matique des vnem5s qui doiv5t rsult]1 soit d'une situation donne1 soit d'un ensemble donn d'antcd5s1 la sci5ce politique f\rnit directem5t aussi l'art politique1 non-seulem5t l'indisp5sable dt]m9ation pralable des div]ses t5dances spontanes qu'il doit second]1 mais aussi l'indication gnrale des pr9cipaux moy5s qu'il peut y appliqu]1 de manire vit]1 autant que possible1 t\te action nulle ou phmre1 et ds lors dang]euse1 en un mot t\te vicieuse consommation des =ces quelconques4 ,ayant a9si t]m9 l'indisp5sable exam5 prlim9aire du vritable esprit gnral qui doit c>actris] la n\velle philosophie politique1 ce qui a d tre bi5 plus difficile qu'env]s les sci5ces dj con/itues1 il faut ma9t5ant procd]1 comme dans les p>ties antrieures de ce trait1 l'apprciation rationnelle de l'ensemble des div]s moy5s fondam5taux conv5ables la nature et la de/9ation1 dsormais suffisamm5t df9ies1 de la sci5ce sociologique4 ,d'aprs une loi philosophique1 tablie surt\t p> les deux volumes prcd5s1 n\s devons d'abord n\s att5dre1 en v]tu de la plus gr&e complication des phnomnes1 tr\v]1 en sociologie1 un sy/me de ress\rces sci5tifiques1 directes ou indirectes1 plus v>i et plus dvelopp qu' l'g>d d'aucune autre bran*e ess5tielle de la philosophie naturelle1 sans except] mme la biologie4 ,cette loi ncessaire cont9ue1 en effet1 subsi/] aussi en ce n\veau cas1 qui en con/itue f9alem5t la plus entire application possible1 sans que d'ailleurs une telle ext5sion de moy5s y puisse non plus comp5s] rellem5t l'imp]fection ncessairem5t croissante des div]ses sci5ces mesure que leurs phnomnes devi5n5t plus complexes4 ,mais l'extrme n\veaut du sujet doit y r5dre auj\rd'hui cette 9vitable ext5sion beauc\p plus dlicate vrifi] qu' l'g>d de t\te autre sci5ce1 et bi5 que je doive ici la not]1 en l'expliquant sommairem5t1 s\s *acun des div]s aspects pr9cipaux1 je puis pe9e espr] qu'elle soit suffisamm5t reconnue avant que le dveloppem5t graduel de la sci5ce en reproduise spontanm5t la confirmation1 avec quelque n]gie logique qu'elle drive rellem5t de la nature d'une telle tude4 ,la physique sociale devant tre1 de t\te ncessit1 pr(ondm5t subordonne au sy/me des sci5ces fondam5tales relatives aux diffr5tes classes successives de phnomnes plus gnraux et mo9s compliqus1 d'aprs la hir>*ie sci5tifique que j'ai tablie1 il faut y di/+u] d'abord deux ordres pr9cipaux de ress\rces ess5tielles3 les unes1 directes1 consi/5t dans les div]s moy5s d'exploration qui lui sont propres2 les autres1 indirectes1 mais non mo9s indisp5sables1 rsult5t des relations ncessaires de la sociologie avec le sy/me des sci5ces antrieures1 qui doiv5t y f\rnir1 tant de titres1 de prcieuses indications cont9ues4 ,je dois t]m9] la leon actuelle p> une sommaire apprciation gnrale du premi] ordre de moy5s sci5tifiques4 ,quant au second1 p\r le mieux c>actris]1 j'en f]ai le sujet propre et sp> de la leon suivante1 qui con/itu]a donc le complm5t rationnel de celle-ci4 ,en sociologie1 comme en biologie1 l'exploration sci5tifique emploie concuremm5t les trois modes fondam5taux que j'ai di/+us1 ds le second volume de ce ,trait1 dans l'art gnral d'obs]v]3 c'e/--dire1 l'obs]vation pure2 l'exprim5tation proprem5t dite2 et enf9 la m?ode comp>ative1 ess5tiellem5t adapte t\te tude quelconque sur les corps vivans4 ,il s'agit donc d'apprci] sommairem5t ici la porte relative et le c>actre propre de ces trois procds successifs1 en ce qui conc]ne la nature et la de/9ation1 prcdemm5t df9ies1 de cette sci5ce n\velle4 ,quant la simple obs]vation1 on se =me c]ta9em5t encore des notions trs imp>faites et mme radicalem5t vicieuses1 beauc\p d'g>ds1 de ce qu'elle peut et doit tre en sociologie sociale4 ,l'an>*ique influ5ce sociale de la philosophie mtaphysique du sicle d]ni]1 s't5dant de la doctr9e la m?ode1 a t5du1 p> un aveugle in/9ct de de/ruction1 emp*] en quelque sorte t\te ultrieure rorganisation intellectuelle1 en ru9ant d'avance les seules bases logiques sur lesquelles puss5t repos] des analyses vraim5t sci5tifiques1 p> cette absurde ?orie du pyrrhonisme hi/orique1 qui prolonge encore auj\rd'hui son action dltre1 quoique son pr9cipe ne soit plus o/5siblem5t s\t5u4 ,exagrant1 au degr le plus dsordonn1 au sujet des vnem5s sociaux1 les difficults gnrales communes t\te exacte obs]vation quelconque1 et surt\t les difficults spciales que doiv5t spontanm5t suscit] des phnomnes aussi compliqus1 sans t5ir un compte scrupuleux des div]ses prcautions1 exprim5tales ou rationnelles1 qui peuv5t n\s en g>antir suffisamm5t1 ces ab]rations sophi/iques1 volontaires ou involontaires1 ont t s\v5t p\sses jusqu' dni] dogmatiquem5t t\te vraie c]titude aux obs]vations sociales1 mme directes4 ,les explications prlim9aires tablies1 au db de ce ,trait 7voyez la deuxime leon71 sur la di/9ction indisp5sable et con/ante entre la c]titude et la prcision1 l'g>d d'un sujet quelconque1 p]mettront de rs\dre aism5t ces div]s sophismes1 env]s lesquels je ne dois pas insi/]1 et qui1 en leur attribuant t\te la porte qu'on ne saurait leur refus] sans inconsqu5ce1 t5drai5t aussi bi5 dtruire radicalem5t la c]titude des sci5ces mme les plus simples et les plus p>faites que celles des dmon/rations sociales1 p> une influ5ce commune aux conceptions purem5t mtaphysiques4 ,depuis que cette ab]ration fondam5tale n'e/ plus ouv]tem5t pr(esse1 le scepticisme sy/matique1 reculant des obs]vations immdiates aux seules obs]vations mdiates1 s'e/ retran* d]rire l'inc]titude fondam5tale des tmoignages huma9s1 p\r cont9u] mconnatre la valeur positive des div]s r5seignem5s hi/oriques4 ,quelques gomtres ont mme p\ss la complaisance ou la navet jusqu' t5t]1 ce sujet1 d'aprs leur illusoire ?orie des *ances1 de l\rds et ridicules calculs sur l'accroissem5t ncessaire de cette prt5due inc]titude p> le seul laps du temps3 ce qui1 outre le grave dang] social de second] des ab]rations pr(ondm5t nuisibles1 en les dcorant a9si d'une imposante app>5ce de rationnalit1 a d'ailleurs (f]t plus d'une fois le f*eux inconvni5t de discrdit] radicalem5t l'esprit ma?matique auprs de beauc\p d'hommes s5ss1 trop peu clairs p\r le jug] directem5t1 mais ju/em5t rvolts de tels abus4 ,des philosophes mo9s vicieusem5t proccups des dclamations sophi/iques contre la valeur sci5tifique des tmoignages1 leur ont cep5dant attribu assez d'autorit p\r en dduire quelquefois le pr9cipe d'une irrationnelle division des sci5ces1 en te/imoniales et non-te/imoniales3 ce qui pr\ve clairem5t le malheureux crdit que de tels sophismes cons]v5t encore1 un c]ta9 degr1 mme *ez d'excell5s esprits1 qui ont trop faiblem5t envisag l'ensemble du doma9e intellectuel4 ,la di/9ction ci-dessus rappele suffira spontanm5t1 s\s ce second aspect comme s\s le premi]1 p\r dissip] la confusion d'ides qui con/itue la premire s\rce logique de ces grossires erreurs1 contre lesquelles le bon s5s vulgaire a heureusem5t t\j\rs prote/#be4 l'un et l'autre titre1 c'e/ p> une involontaire inconsqu5ce que l'on re/re9t aux seules tudes sociales la porte de/ructive d'un tel p>adoxe1 qui1 une fois ple9em5t admis1 s'appliqu]ait au fond1 de t\te ncessit1 aux div]s ordres quelconques de nos connaissances relles2 si l'esprit huma9 p\vait jamais tre vraim5t consqu5t jusqu'au b\t1 lorsqu'il procde d'aprs des pr9cipes extravagans4 ,c>1 il e/ vid5t1 malgr la division illusoire que je vi5s de cit]1 que t\tes les sci5ces div]ses1 mme les plus simples1 ont un indisp5sable beso9 de ce qu'on nomme les preuves te/imoniales1 c'e/--dire1 d'admettre cont9uellem5t1 dans l'laboration fondam5tale de leurs ?ories les plus positives1 des obs]vations qui n'ont pu tre directem5t faites1 ni mme rptes1 p> ceux qui les emploi5t1 et dont la ralit ne repose que sur le fidle tmoignage des explorateurs primitifs3 ce qui n'emp*e nullem5t de les employ] sans cesse1 en concurr5ce avec des obs]vations immdiates4 ,une telle ncessit e/ trop manife/e1 mme en a/ronomie1 et1 plus =te raison1 dans les sci5ces plus complexes et mo9s avances1 p\r exig] ici aucune explication3 la sci5ce ma?matique elle-mme n'en e/ c]ta9em5t po9t aussi affran*ie qu'on le suppose d'ord9aire1 sans que d'ailleurs cette sorte d'exception spontane pt nullem5t infirm] l'inconte/able ju/esse de cette rem>que con/ante4 ,quelle sci5ce p\rrait sortir de l'tat naissant1 quelle vraie division du travail intellectuel p\rrait s'organis]1 mme en y amo9drissant excessivem5t l't5due des spculations propres1 si *acun ne v\lait employ] que ses obs]vations p]sonnelles8 ,aussi p]sonne n'ose-t-il1 vrai dire1 le s\t5ir directem5t1 p>mi les plus sy/matiques p>tisans du pyrrhonisme hi/orique4 ,d'o vi5t donc qu'un tel p>adoxe ne s'applique rellem5t auj\rd'hui qu'aux seuls phnomnes sociaux8 ,c'e/1 au fond1 p>ce qu'il fait p>tie intgrante de l'ars5al philosophique1 con/ruit p> la mtaphysique rvolutionnaire1 p\r la dmolition intellectuelle de l'anci5 sy/me politique4 ,beauc\p d'esprits peu avancs se croirai5t encore presque =cs de r5tr] s\s le j\g1 trop fra*em5t et trop imp>faitem5t sec\1 de la philosophie ca?olique1 s'ils admettai5t1 p> exemple1 l'au!nticit ess5tielle des rcits bibliques1 dont la ngation m?odique fut le premi] motif de ces ab]rations logiques3 tel e/1 d'ord9aire1 le grave inconvni5t actuel de t\te disposition anti-?ologique qui ne repose po9t sur un suffisant dveloppem5t pralable de l'esprit positif4 ,footnote #be3 ,ces objections irrationnelles ne sont vraim5t susceptibles de quelque porte spcieuse qu' l'g>d des dtails secondaires1 qui1 p> la nature des phnomnes sociaux1 ne saurai5t gure y tre1 en effet1 connus avec une ple9e c]titude4 ,mais1 d'aprs les explications antrieures de cette leon1 il e/ vid5t que les faits trop spcialiss ne saurai5t prcism5t avoir1 en sociologie1 aucune vritable importance sci5tifique1 en y procdant surt\t de l'ensemble aux p>ties1 comme je l'ai pr\v4 ,les faits d'un c]ta9 degr de gnralit ou de composition1 les seuls que la sci5ce doive habituellem5t embrass]1 ne saurai5t tre aucunem5t affects des div]ses *ances d'erreur tant exagres1 en ce g5re1 p> de prt5dus philosophes4 de telles ab]rations1 encore trop nuisibles1 se ml5t auj\rd'hui de plus en plus des erreurs mo9s grossires1 mais presque aussi f*euses1 sur l'empirisme sy/matique que l'on s'ef=ce d'impos] aux obs]vations sociales1 surt\t hi/oriques1 lorsqu'on y int]dit dogmatiquem5t1 titre d'imp>tialit1 l'emploi d'aucune ?orie quelconque4 ,il s]ait difficile1 sans d\te1 d'imag9] un dogme logique plus radicalem5t contraire au vritable esprit fondam5tal de la philosophie positive1 aussi bi5 qu'au c>actre spcial qu'il doit affect] dans l'tude propre des phnomnes sociaux4 ,en quelque ordre de phnomnes que ce puisse tre1 mme env]s les plus simples1 aucune vritable obs]vation n'e/ possible qu'autant qu'elle e/ primitivem5t dirige et f9alem5t int]prte p> une ?orie quelconque3 tel e/1 en effet1 le beso9 logique qui a dt]m91 dans l'enfance de la raison huma9e1 le premi] essor de la philosophie ?ologique1 comme je l'ai tabli ds le comm5cem5t de cet ouvrage1 et comme je l'expliqu]ai bi5tt d'une manire plus spciale4 ,lo9 de disp5s] aucunem5t de cette obligation fondam5tale1 la philosophie positive ne fait1 au contraire1 que la dvelopp] et la satisfaire de plus en plus1 mesure qu'elle multiplie et p]fectionne les relations des phnomnes4 ,il e/ dsormais vid5t1 du po9t de vue vraim5t sci5tifique1 que t\te obs]vation isole1 entirem5t empirique1 e/ ess5tiellem5t oiseuse1 et mme radicalem5t inc]ta9e3 la sci5ce ne saurait employ] que celles qui se ratta*5t1 au mo9s hypo?tiquem5t1 une loi quelconque2 c'e/ une telle liaison qui con/itue la pr9cipale diffr5ce c>actri/ique entre les obs]vations des savans et celles du vulgaire1 qui cep5dant embrass5t ess5tiellem5t les mmes faits1 avec la seule di/9ction des po9ts de vue2 les obs]vations autrem5t conduites ne peuv5t s]vir t\t au plus qu' titre de matriaux provisoires1 exigeant mme le plus s\v5t une indisp5sable rvision ultrieure4 ,une telle prescription logique doit1 p> sa nature1 dev5ir d'autant plus irrsi/ible qu'il s'agit de phnomnes plus compliqus1 o1 sans la lum9euse indication d'une ?orie pralable1 d'ailleurs plus efficace qu& elle e/ plus relle1 l'obs]vateur ne saurait mme le plus s\v5t ce qu'il doit reg>d] dans le fait qui s'accomplit s\s ses yeux3 c'e/ alors p> la liaison des faits prcd5s qu'on appr5d vraim5t voir les faits suivans4 ,on ne peut1 cet g>d1 lev] aucun d\te en considrant successivem5t les tudes a/ronomiques1 physiques1 et *imiques1 et surt\t enf9 les div]ses tudes biologiques1 o1 en v]tu de l'extrme complication des phnomnes1 les bonnes obs]vations sont si difficiles et encore si r>es1 prcism5t cause de la plus gr&e imp]fection des ?ories positives4 ,en suivant cette irrsi/ible analogie sci5tifique1 il e/ donc vid5t d'avance que les obs]vations sociales quelconques1 soit /atiques1 soit dynamiques1 relatives au plus haut degr de complication possible des phnomnes naturels1 doiv5t exig]1 plus ncessairem5t encore que t\tes les autres1 l'emploi cont9u de ?ories fondam5tales de/9es li] con/amm5t les faits qui s'accompliss5t aux faits accomplis2 contrairem5t au prcepte pr(ondm5t irrationnel si doctoralem5t s\t5u de nos j\rs1 et dont l'application facile n\s inonde de tant d'oiseuses descriptions4 ,plus on rfl*ira sur ce sujet1 plus on s5tira nettem5t que1 surt\t en ce g5re1 mieux on aura li entre eux les faits connus1 mieux on p\rra1 non-seulem5t apprci]1 mais mme ap]cevoir1 les faits encore inexplors4 ,je convi5s que1 env]s de tels phnomnes1 encore plus qu' l'g>d de t\s les autres1 cette ncessit logique doit augm5t] gravem5t l'imm5se difficult fondam5tale que prs5te dj1 p> la nature du sujet1 la premire in/itution rationnelle de la sociologie positive1 o l'on e/ a9si oblig1 en quelque sorte1 de crer simultanm5t les obs]vations et les lois1 vu leur indisp5sable connexit1 qui con/itue une sorte de c]cle vicieux1 d'o l'on ne peut sortir qu'en se s]vant d'abord de matriaux mal labors et de doctr9es mal conues4 ,l'ensemble de ce volume f]a jug] comm5t je me suis acquitt d'une fonction intellectuelle aussi dlicate1 dont la ju/e apprciation pralable me vaudra1 j'espre1 quelque indulg5ce4 ,quoi qu'il en soit1 il e/ vid5t que l'abs5ce de t\te ?orie positive e/ auj\rd'hui ce qui r5d les obs]vations sociales si vagues et si incohr5tes4 ,les faits ne manqu5t po9t1 sans d\te1 puisque1 dans cet ordre de phnomnes encore plus clairem5t qu'en aucun autre1 les plus vulgaires sont ncessairem5t les plus importans1 malgr les puriles prt5tions des va9s collecteurs d'anecdotes secrtes3 mais ils re/5t pr(ondm5t /riles1 et mme ess5tiellem5t inap]u1 quoique n\s y soyons plongs1 faute des dispositions intellectuelles et des indications spculatives1 indisp5sables leur vritable exploration sci5tifique#bf4 ,vu l'excessive complication de tels phnomnes1 leur obs]vation /atique ne saurait dev5ir vraim5t efficace qu'en se dirigeant dsormais d'aprs une connaissance1 au mo9s bau*e1 des lois ess5tielles de la solid>it sociale2 et il en e/ encore plus videmm5t de mme env]s les faits dynamiques1 qui n'aurai5t aucun s5s fixe si d'abord ils n'tai5t ratta*s1 ft-ce p> une simple hypo?se provisoire1 aux lois fondam5tales du dveloppem5t social4 ,a9si1 l'esprit d'ensemble n'e/ donc pas seulem5t indisp5sable1 en physique sociale1 p\r concevoir et pos] conv5ablem5t les que/ions sci5tifiques1 de manire p]mettre le progrs effectif de la sci5ce1 comme je l'ai dj expliqu dans ce *apitre3 on voit ma9t5ant qu'il doit aussi dirig] ess5tiellem5t mme l'exploration directe1 af9 qu'elle puisse acqurir et cons]v] un c>actre vraim5t rationnel1 et ralis] les esprances lgitimes qu'on s'en =me d'abord4 ,c'e/ uniquem5t p>-l que tant de prcieuses veilles1 si s\v5t p]dues l'laboration pnible d'une rudition consci5cieuse mais /rile1 p\rront tre enf9 utilises1 p\r le dveloppem5t de la sa9e philosophie sociale1 et l'honneur croissant des e/imables esprits qui s'y livr5t1 lorsque les rudits1 guids p> les ?ories positives de la sociologie1 sauront f9alem5t ce qu'ils doiv5t reg>d] au milieu des faits qu'ils recueill5t1 et quel usage rationnel ils doiv5t de/9] leurs travaux d'exploration4 ,bi5 lo9 de proscrire1 en aucune manire1 la vritable rudition1 envisage s\s t\s les div]s aspects possibles1 la n\velle philosophie politique lui f\rnira sans cesse1 p> une /imulation et une alim5tation galem5t spontanes1 de n\veaux et plus gr&s sujets1 des po9ts de vue inesprs1 une plus noble de/9ation1 et1 p> suite1 une plus haute dignit sci5tifique4 ,elle n'c>t]a ess5tiellem5t que les travaux sans b1 sans pr9cipe1 et sans c>actre1 qui ne t5d5t qu'a encombr] la sci5ce d'oiseuses et puriles diss]tations ou d'ap]u vicieux et incohr5s2 comme la physique actuelle condamne les simples compilateurs d'obs]vations purem5t empiriques3 et t\tefois mme1 quant au pass1 elle r5dra ju/ice au zle respectable de ceux qui1 malgr de frivoles dda9s philosophiques1 et quoique guids seulem5t p> d'irrationnelles conceptions1 ont entret5u1 avec une op9itret in/9ctive1 l'habitude ess5tielle des laborieuses re*]*es hi/oriques4 ,sans d\te1 en ce g5re de phnomnes1 a9si qu'en t\t autre1 et mme davantage qu'en aucun autre1 att5du sa complication suprieure1 on p\rra cra9dre que l'emploi direct et cont9u des ?ories sci5tifiques n'altre quelquefois les obs]vations relles1 en y faisant voir mal propos la vrification illusoire de c]ta9s prjugs spculatifs1 dp\rvus d'un fondem5t suffisant4 ,mais cet inconvni5t spontan de l'exploration rationnelle peut tre ess5tiellem5t vit1 dans t\s les cas importans1 l'aide des prcautions que suggre t\j\rs la culture effective de la sci5ce1 et en subordonnant les premi]s rappro*em5s aux rectifications ultrieures fondes sur un ensemble de faits plus t5du4 ,si l'on p\vait voir1 en un tel dang]1 un motif suffisant de rtablir la prpondrance d'un empirisme prt5du1 on ne f]ait1 en ralit1 que sub/itu] aux indications de ?ories plus ou mo9s rationnelles1 mais sans cesse rectifiables1 les inspirations de doctr9es ess5tiellem5t mtaphysiques1 dont l'application ne comporte aucune /abilit2 puisque l'abs5ce de t\te conception directrice s]ait d'ailleurs ncessairem5t *imrique4 ,en transportant habituellem5t notre intellig5ce du doma9e de l'idalit dans celui de la ralit1 les ?ories positives doiv5t videmm5t1 p> leur nature1 expos] inf9im5t mo9s que t\tes les autres voir dans les faits ce qui n'y e/ po9t4 ,c>actrises p> une subord9ation cont9ue et sy/matique de l'imag9ation l'obs]vation1 leur usage exclusif dispose directem5t l'obs]vateur se prmunir sans cesse contre un tel entranem5t2 et1 quoique la faiblesse de notre intellig5ce ne p]mette po9t de g>antir qu'il y rsi/]a t\j\rs avec succs1 un tel rgime e/ nanmo9s le plus propre1 sans aucun d\te1 prv5ir ce grave dang] spculatif1 qui t5d altr]1 p> sa base indisp5sable1 le sy/me enti] de la sci5ce relle4 ,il s]ait1 c]tes1 =t trange que la considration de ce pril pt auj\rd'hui conduire motiv]1 en philosophie politique1 le ma9ti5 de la m?ode mtaphysique1 qui1 p> sa nature1 y plonge ncessairem5t notre intellig5ce d'une manire presque indf9ie1 en (frant t\j\rs des *ances plausibles d'une vague vrification hi/orique aux plus irrationnelles proccupations quelconques4 ,footnote #bf3 ,on croit s\v5t que les phnomnes sociaux doiv5t tre trs faciles a obs]v]1 p>ce qu'ils sont trs communs1 et que l'obs]vateur1 d'ord9aire1 y p>ticipe lui-mme plus ou mo9s4 ,mais ce sont prcism5t cette vulg>it et cette p]sonnalit qui doiv5t ncessairem5t conc\rir1 avec une complication suprieure1 r5dre plus difficile ce g5re d'obs]vations1 en loignant directem5t l'obs]vateur des dispositions intellectuelles conv5ables une exploration vraim5t sci5tifique4 ,on n'obs]ve bi51 en gnral1 qu'en se plaant en dehors1 et l'influ5ce prpondrante d'une ?orie quelconque1 surt\t positive1 peut seule produire et ma9t5ir1 env]s les phnomnes sociaux1 une telle inv]sion habituelle du po9t de vue spontan4 ,je ne p>le ici d'ailleurs que des conditions purem5t spculatives1 sans considr] mme l'halluc9ation plus ou mo9s pr(onde que l'entranem5t des passions dt]m9e si naturellem5t en un tel sujet1 et qui ne peut videmm5t tre suffisamm5t prv5ue ou dissipe que p> l'intime et familire proccupation des ?ories les plus positives4 ,on voit donc que1 p> la nature mme de la sci5ce sociale1 l'obs]vation proprem5t dite y a ncessairem5t beso91 d'une manire plus pr(onde encore et plus spciale qu'en aucun autre cas1 d'une intime subord9ation cont9ue l'ensemble des spculations positives sur les lois relles de la solid>it ou de la succession de phnomnes aussi m9emm5t compliqus4 ,aucun fait social ne saurait avoir de signification vraim5t sci5tifique sans tre immdiatem5t rappro* de quelque autre fait social3 purem5t isol1 il re/e 9vitablem5t l'tat /rile de simple anecdote1 susceptible t\t au plus de satisfaire une va9e curiosit1 mais incapable d'aucun usage rationnel4 ,une telle subord9ation doit sans d\te augm5t] directem5t la difficult fondam5tale1 dj si prononce1 qui c>actrise les obs]vations sociales1 et doit a9si conc\rir auj\rd'hui r5dre1 en ce g5re1 les bons obs]vateurs encore plus r>es1 quoique elle doive1 au contraire1 les multipli] ultrieurem5t1 mesure que la sci5ce relle se dvelopp]a4 ,mais cette condition intellectuelle e/ si videmm5t impose p> la nature du sujet1 qu'on ne saurait voir1 dans la rem>que prcd5te1 qu'une confirmation n\velle de la ncessit1 dj surabondamm5t pr\ve1 en quelque sorte1 depuis le comm5cem5t de ce volume1 de ne confi] dsormais la culture habituelle des ?ories sociales qu'aux esprits les mieux organiss1 conv5ablem5t prp>s p> l'ducation la plus rationnelle4 ,du re/e1 le prcepte logique sur lequel je vi5s d'insi/] n'e/1 vrai dire1 que la suite naturelle et l'indisp5sable complm5t de l'obligation fondam5tale1 antrieurem5t tablie dans cette leon1 de r5dre l'esprit d'ensemble ess5tiellem5t prpondrant dans les tudes sociologiques1 en y procdant surt\t du sy/me aux lm5s4 ,enf91 ce prcepte lui-mme1 envisag s\s un autre aspect1 con/itue1 mes yeux1 d'une manire aussi dcisive que directe1 l'vid5te vrification gnrale1 env]s l'obs]vation pure1 de cette 9vitable ext5sion des moy5s ess5tiels d'exploration que j'ai ci-dessus rappele devoir priori c>actris] la sci5ce sociologique4 ,c>1 a9si explors d'aprs des vues rationnelles de solid>it ou de succession1 les phnomnes sociaux comport5t1 sans aucun d\te1 des moy5s d'obs]vation bi5 plus v>is et plus t5dus que t\s les autres phnomnes mo9s compliqus4 ,c'e/ a9si que non-seulem5t l'inspection immdiate ou la description directe des vnem5s quelconques1 mais encore la considration des c\tumes les plus insignifiantes en app>5ce1 l'apprciation des div]ses sortes de monum5s1 l'analyse et la comp>aison des langues1 etc41 et une f\le d'autres voies plus ou mo9s importantes1 peuv5t (frir la sociologie d'utiles moy5s cont9us d'exploration positive3 en un mot1 t\t esprit rationnel1 prp> p> une ducation conv5able1 p\rra p>v5ir1 aprs un suffisant ex]cice1 conv]tir in/antanm5t en prcieuses indications sociologiques les impressions spontanes qu'il reoit de presque t\s les vnem5s que la vie sociale peut lui (frir1 d'aprs les po9ts de contact plus ou mo9s directs qu'il y saura t\j\rs ap]cevoir avec les plus hautes notions de la sci5ce1 en v]tu de l'univ]selle connexit des div]s aspects sociaux4 ,si donc cette connexit c>actri/ique con/itue d'abord la pr9cipale s\rce des difficults propres aux obs]vations sociales1 on voit f9alem5t aussi que1 p> une sorte de comp5sation incomplte1 elle t5d ncessairem5t y t5dre et y v>i]1 au plus haut degr1 les procds ess5tiels d'exploration sci5tifique4 ,le second mode fondam5tal de l'art d'obs]v]1 o l'exprim5tation proprem5t dite1 semble1 p> une premire apprciation1 devoir tre entirem5t int]dit la sci5ce n\velle que n\s con/ituons ici3 ce qui d'ailleurs ne l'emp*]ait nullem5t de p\voir tre ple9em5t positive4 ,mais1 en y reg>dant avec att5tion1 on peut aism5t reconnatre que cette sci5ce n'e/ po9t1 en ralit1 totalem5t prive1 p> sa nature1 d'une telle ress\rce gnrale1 quoique ce ne soit pas1 beauc\p prs1 la pr9cipale qu'elle doive employ]4 ,il suffit1 p\r cela1 d'y di/+u] conv5ablem5t1 d'aprs la nature des phnomnes1 entre l'exprim5tation directe et l'exprim5tation indirecte1 comme je l'ai fait dans les deux volumes prcd5s4 ,n\s avons surt\t reconnu1 au troisime volume1 que le vrai c>actre philosophique du mode exprim5tal ne consi/e po9t ess5tiellem5t dans cette in/itution artificielle des circon/ances du phnomne1 qui1 p\r le vulgaire des savans1 con/itue auj\rd'hui le pr9cipal attribut d'un tel g5re d'explorations4 ,que le cas soit naturel ou factice1 n\s savons que l'obs]vation y mrite rellem5t t\j\rs le nom propre d'exprim5tation1 t\tes les fois que l'accomplissem5t normal du phnomne y pr\ve1 d'une manire quelconque1 une altration bi5 dt]m9e1 sans que la spontanx de cette altration puisse dtruire l'efficacit sci5tifique propre t\te modification des circon/ances habituelles du phnomne p\r en mieux clair] la production effective4 ,c'e/ surt\t en ce s5s que le mode exprim5tal peut rellem5t app>t5ir aux re*]*es sociologiques4 ,env]s les tudes purem5t biologiques1 n\s avons con/at que1 d'aprs la complication et la solid>it ncessaires de leurs phnomnes1 les expri5ces directes1 p> voie artificielle1 y devai5t tre le plus s\v5t d'une in/itution trop difficile et d'une int]prtation trop quivoque p\r qu'on y dt rationnellem5t compt] beauc\p sur leur usage habituel4 ,cette complication et cette solid>it tant ici bi5 plus prononces encore1 il e/ vid5t qu'un tel g5re d'expri5ces ne saurait aucunem5t conv5ir la sociologie1 qu& mme il y s]ait moralem5t admissible et physiquem5t praticable4 ,une p]turbation factice dans l'un quelconque des lm5s sociaux1 devant ncessairem5t1 soit p> les lois d'h>monie ou celles de succession1 ret5tir bi5tt sur t\s les autres1 l'expri5ce1 ab/raction faite de son in/itution *imrique1 s]ait alors radicalem5t dp\rvue de t\te importante valeur sci5tifique1 p> l'irrcusable impossibilit d'isol] suffisamm5t aucune des conditions ni aucun des rsultats du phnomne3 en sorte qu'il faut peu regrett] qu'un tel mode d'exploration devi5ne ici ess5tiellem5t inapplicable4 ,mais j'ai dmontr1 en philosophie biologique1 que les cas pa?ologiques1 p> suite mme de leur spontanx1 con/ituai5t1 en gnral1 le vritable quival5t sci5tifique de la pure exprim5tation1 en ce que1 quoique indirectes1 les expri5ces naturelles qu'ils n\s (fr5t sont plus m9emm5t appropries l'tude des corps vivans1 envisags s\s un aspect quelconque1 et cela d'autant plus qu'il s'agissait de phnomnes plus complexes et d'organismes plus m95s4 ,or1 les mmes considrations philosophiques sont1 plus =te raison1 ess5tiellem5t applicables aux tudes sociologiques1 et y doiv5t conduire des conclusions semblables1 et encore mieux motives1 sur la prpondrance ncessaire de l'analyse pa?ologique1 comme mode indirect d'exprim5tation conv5able l'organisme le plus lev et aux phnomnes les plus composs qu'on puisse concevoir4 ,ici1 cette analyse pa?ologique consi/e ess5tiellem5t dans l'exam5 des cas1 malheureusem5t trop frqu5s1 o les lois fondam5tales1 soit de l'h>monie1 soit de la filiation1 pr\v5t1 dans l'tat1 social1 des p]turbations plus ou mo9s prononces1 p> des causes accid5telles ou passagres1 d'ailleurs spciales ou gnrales1 comme on le voit surt\t aux div]ses poques rvolutionnaires1 et pr9cipalem5t auj\rd'hui4 ,ces p]turbations quelconques con/itu5t1 p\r l'organisme social1 l'analogue exact des maladies proprem5t dites de l'organisme individuel3 et je ne cra9s pas d'avanc] que cette assimilation philosophique s]a d'autant mieux apprcie1 t\s g>ds1 proportion g>de de l'9gale complication des organismes1 qu'on la s\mettra une discussion plus appr(ondie4 ,dans l'un et l'autre cas1 c'e/ sans d\te faire un noble usage de la raison huma9e1 comme je l'ai indiqu au volume prcd5t1 que de l'appliqu] mieux dvoil] les lois relles de notre nature1 soit individuelle1 soit sociale1 p> l'analyse sci5tifique des dsordres plus ou mo9s graves dont son dveloppem5t e/ ncessairem5t accompagn4 ,mais si1 env]s les re*]*es biologiques proprem5t dites1 n\s avons dj reconnu que l'exploration pa?ologique y e/ jusqu'ici =t imp>faitem5t in/itue1 on conoit d'avance combi5 elle doit tre encore plus vicieuse l'g>d des que/ions sociologiques elles-mmes1 o l'on n'en a jamais tir1 vrai dire1 aucun sec\rs important1 quoique les matriaux y abond5t4 ,cette /rilit radicale ti5t surt\t ce que l'exprim5tation quelconque1 directe ou indirecte1 peut encore mo9s se pass] que la simple obs]vation d'une subord9ation fondam5tale des conceptions rationnelles1 p\r acqurir une vritable utilit sci5tifique4 ,les motifs de cette indisp5sable subord9ation tant ncessairem5t les mmes que dans le cas prcdemm5t discut1 il s]ait entirem5t sup]flu d'en reproduire ici l'indication sommaire1 dont la pratique sociale ne n\s (fre que trop l'clatante confirmation j\rnalire4 ,ne voyons-n\s pas1 surt\t auj\rd'hui1 les expri5ces politiques les plus dsa/reuses incessamm5t r5\veles1 avec des modifications aussi insignifiantes qu'irrationnelles1 quoique leurs premi]s accomplissem5s euss5t d suffire p\r faire ple9em5t apprci] l'inefficacit et le dang] des expdi5s proposs8 ,je sais quelle e/1 cet g>d1 la "p capitale qu'il faut faire l'9vitable asc5dant des passions huma9es3 mais aussi on oublie trop1 d'un autre ct1 que le dfaut d'une analyse rationnelle suffisamm5t prpondrante doit con/itu] directem5t l'une des pr9cipales causes de l'infructueux enseignem5t tant repro* aux expri5ces sociales1 dont le c\rs spontan devi5drait1 sans d\te1 plus in/ructif1 s'il p\vait tre mieux obs]v4 ,on p5se1 il e/ vrai1 que les cas de p]turbation sociale sont impropres dvoil] les lois fondam5tales de l'organisme politique1 que l'on reg>de alors comme dtruites ou du mo9s susp5dues3 c'e/ la mme erreur qu'env]s l'organisme individuel2 et elle e/ ici bi5 plus excusable1 puisque l'tat normal lui-mme n'e/ po9t encore suffisamm5t conu comme s\mis de vritables lois4 ,mais1 au fond1 le pr9cipe ess5tiel1 tabli surt\t p> les travaux de l'illu/re ,br\ssais1 de/9 dsormais c>actris] l'esprit philosophique de la pa?ologie positive1 e/1 p> sa nature1 aussi bi5 applicable l'organisme social qu' l'organisme individuel4 ,en t\s deux1 les cas pa?ologiques ne saurai5t con/itu] aucune violation relle des lois fondam5tales de l'organisme normal1 dont les phnomnes ess5tiels sont alors modifis seulem5t dans leurs div]s degrs1 sans p\voir jamais l'tre dans leur nature ni dans leurs relations1 comme je l'ai expliqu en philosophie biologique4 ,les p]turbations sociales surt\t sont ncessairem5t du mme ordre que les modifications dt]m9es dans l'ensemble des lois sociologiques p> les diffr5tes causes secondaires dont j'ai ci-dessus circonscrit l'influ5ce gnrale entre d'9vitables limites3 il n'y a de di/9ction relle tablir1 s\s ce rapport1 que de la discont9uit des unes la cont9uit des autres1 ce qui ne saurait c]ta9em5t altr] le pr9cipe4 ,puis donc que les lois fondam5tales subsi/5t t\j\rs ess5tiellem5t en un tat quelconque de l'organisme social1 il y a lieu de conclure rationnellem5t1 avec les prcautions conv5ables1 de l'analyse sci5tifique des p]turbations la ?orie positive de l'exi/5ce normale4 ,tel e/ le fondem5t philosophique de l'utilit ess5tielle propre cette sorte d'exprim5tation indirecte et involontaire p\r dvoil] l'conomie relle du corps social d'une manire plus prononce que ne peut le faire la simple obs]vation1 dont elle con/itue a9si1 comme en t\t autre sujet1 l'indisp5sable complm5t gnral4 ,p> sa nature1 ce procd e/ applicable t\s les ordres de re*]*es sociologiques1 soit qu'il s'agisse de l'exi/5ce ou du m\vem5t1 envisags l'un ou l'autre s\s un aspect quelconque1 physique1 intellectuel1 moral ou politique1 et t\s les degrs possibles de l'volution sociale1 o les p]turbations n'ont malheureusem5t jamais manqu4 ,quant son ext5sion effective1 il s]ait prmatur de v\loir ici la mesur] en gnral1 puisque ce procd n'a pu tre encore rellem5t appliqu aucune re*]*e de philosophie politique1 et ne p\rra dev5ir usuel que p> le dveloppem5t ultrieur de la n\velle sci5ce que je m'ef=ce de con/itu]4 ,mais il tait nanmo9s indisp5sable de le signal] aussi en le c>actrisant sommairem5t1 comme l'un des moy5s fondam5taux d'exploration propres la physique sociale4 ,considrant enf9 la m?ode comp>ative proprem5t dite1 je dois d'abord1 ce sujet1 r5voy] le lecteur aux explications fondam5tales que j'ai suffisamm5t prs5tes1 en philosophie biologique1 p\r dmontr] la prpondrance ncessaire d'un tel procd dans les tudes quelconques dont les corps vivans peuv5t dev5ir le sujet1 et avec une vid5ce d'autant plus irrsi/ible que les phnomnes se compliqu5t davantage ou que l'organisme s'lve4 ,ces motifs ess5tiels tant ici ess5tiellem5t les mmes1 un degr plus prononc1 je puis abrg] notre exam5 actuel en *>geant le lecteur d'opr]1 s\s les modifications conv5ables1 cette reproduction spontane4 ,je dois ma9t5ant me born] signal] suffisamm5t les seules diffr5ces capitales p> lesquelles se di/+ue ncessairem5t l'application gnrale de l'art comp>atif l'ensemble des re*]*es sociologiques4 ,une aveugle imitation du procd biologique entran]ait d'abord mconnatre irrationnellem5t les vraies analogies logiques entre les deux sci5ces1 puisque la comp>aison des div]ses p>ties de la hir>*ie animale1 que n\s avons vu con/itu]1 en biologie1 le pr9cipal c>actre de la m?ode comp>ative1 ne saurait1 au contraire1 avoir1 en sociologie1 qu'une importance secondaire4 ,mais c'e/ qu'au fond1 comme n\s allons le reconnatre1 ce n'e/ po9t l1 p\r cette d]nire sci5ce1 le vritable quival5t sci5tifique de la conception fondam5tale de la srie organique4 ,t\tefois1 je suis conva9cu que la prpondrance trop prolonge de la philosophie ?ologico-mtaphysique dans un tel ordre d'ides inspire auj\rd'hui un dda9 =t irrationnel contre t\t rappro*em5t sci5tifique de la socit huma9e avec aucune autre socit animale4 ,qu& les tudes sociales s]ont enf9 conv5ablem5t diriges p> l'esprit positif1 on ne t>d]a po9t1 sans d\te1 y reconnatre l'utilit p]man5te1 et1 en plusieurs cas1 la ncessit1 d'y introduire1 un c]ta9 degr1 la comp>aison sociologique de l'homme aux autres animaux1 et surt\t aux mammifres les plus levs1 du mo9s aprs que les socits animales1 encore si mal connues1 auront t enf9 mieux obs]ves et mieux apprcies4 ,les motifs d'une telle comp>aison sont =t analogues ceux qui n\s en ont expliqu1 dans le volume prcd5t1 la haute importance p\r l'tude de la vie individuelle1 en ce qui conc]ne les phnomnes intellectuels et moraux1 dont les phnomnes sociaux con/itu5t la suite ncessaire et le complm5t naturel4 ,aprs avoir long-temps mconnu cette importance env]s le premi] cas1 t\s les bons esprits comm5c5t auj\rd'hui y s5tir la ralit et la porte d'un procd aussi capital3 il en s]a ultrieurem5t de mme l'g>d du second cas1 quoique ce mode y doive tre mo9s ess5tiel4 ,le pr9cipal dfaut d'un tel ordre de comp>aisons sociologiques s]a1 sans d\te1 d'tre born1 p> sa nature1 aux seules considrations /atiques1 sans p\voir atte9dre jusqu'aux considrations dynamiques1 qui doiv5t con/itu]1 surt\t de nos j\rs1 le sujet prpondrant et direct de la sci5ce4 ,cette re/riction rsulte videmm5t de ce que l'tat social des animaux1 sans tre1 en ralit1 aussi absolum5t fixe qu'on l'imag9e1 n'pr\ve ess5tiellem5t1 depuis que la prpondrance huma9e s'e/ ple9em5t dveloppe1 que d'imp]ceptibles v>iations1 nullem5t comp>ables la progression cont9ue de l'humanit1 envisage mme dans son essor primitif le mo9s prononc4 ,mais rduite la /atique sociale1 l'utilit sci5tifique d'une telle comp>aison me semble vraim5t inconte/able1 p\r y mieux c>actris] les lois les plus lm5taires de la solid>it fondam5tale1 en manife/ant directem5t1 avec une vid5ce irrsi/ible1 leur vrification spontane dans l'tat de socit le plus imp>fait1 de manire p\voir mme quelquefois inspir]1 en outre1 d'utiles inductions sur la socit huma9e4 ,ri5 n'e/ plus propre surt\t faire ressortir combi5 sont ple9em5t naturelles les pr9cipales relations sociales1 que tant d'esprits sophi/iques croi5t encore auj\rd'hui p\voir trans=m] au gr de leurs va9es prt5tions3 ils cess]ont1 sans d\te1 de reg>d] comme factices et arbitraires les li5s fondam5taux de la famille huma9e1 en les retr\vant1 avec le mme c>actre ess5tiel1 *ez les animaux1 et d'une manire d'autant plus prononce que l'organisme y devi5t plus lev1 plus rappro* de l'organisme huma94 ,en un mot1 p\r t\t ce qui conc]ne les premi]s g]mes des relations sociales1 les premires in/itutions qui ont fond spontanm5t l'unit de la famille ou de la tribu1 dans cette p>tie lm5taire de la sociologie qui se confond presque avec la biologie intellectuelle et morale ou du mo9s avec ce qu'on nomme l'hi/oire naturelle de l'homme1 dont elle semble con/itu] un simple prolongem5t gnral1 il y aura1 non-seulem5t un gr& avantage sci5tifique1 mais une vraie ncessit philosophique1 employ] conv5ablem5t la comp>aison rationnelle de la socit huma9e aux autres socits animales2 comme quelques philosophes l'ont dj s\ponn1 et surt\t ,f]gusson1 qui en a le mieux press5ti l'importance4 ,peut-tre mme ne faudra-t-il po9t1 cet g>d1 se born] absolum5t1 p>mi les socits animales1 celles qui (fr5t un c>actre de coopration vraim5t volontaire1 analogue celui des socits huma9es2 quoique leur considration doive tre1 p> ce motif1 ess5tiellem5t prpondrante1 l'esprit sci5tifique1 t5dant un tel mode d'exploration jusqu' son d]ni] t]me logique1 p\rra tr\v] aussi quelque utilit1 s\s ce rapport1 desc5dre jusqu' l'exam5 de ces tranges socits1 propres aux animaux infrieurs1 o une coopration involontaire rsulte d'une indissoluble union organique1 soit p> simple adhr5ce1 soit aussi p> cont9uit relle#bg4 ,en supposant que la sci5ce ne dt immdiatem5t retir] aucun avantage direct de cet enti] dveloppem5t rationnel de la comp>aison sociologique1 il n'en s]ait c]ta9em5t po9t a9si de la m?ode1 qui y gagn]ait aussitt une plus p>faite homognx1 p> suite d'une plus exacte similitude avec la manire de procd] dans les tudes biologiques4 ,l'habituelle comp>aison sci5tifique1 aussi bi5 sociale qu'individuelle1 de l'homme aux autres animaux1 e/ m9emm5t propre1 p> sa nature1 mieux lim9] cet esprit absolu qui con/itue encore auj\rd'hui le vice pr9cipal de la philosophie politique4 ,il me semble d'ailleurs1 mme s\s le rapport pratique1 que l'insol5t orgueil qui porte c]ta9es ca/es se reg>d] en quelque sorte comme d'une autre espce que le re/e de l'humanit n'e/ pas1 en ralit1 sans quelque intime aff9it philosophique avec l'irrationnel dda9 contre t\t rappro*em5t effectif entre la nature huma9e et les autres natures animales4 ,nanmo9s1 quelle que soit l'importance sci5tifique de ces div]ses considrations1 elles ne saurai5t ess5tiellem5t conv5ir qu' un trait m?odique et spcial de philosophie sociale1 tel que celui dj annonc1 o elles ex]c]ont ultrieurem5t leur influ5ce ncessaire4 ,mais1 ici1 dans cette premire conception de la sci5ce1 o1 p> des motifs prcdemm5t expliqus1 je dois surt\t avoir en vue la dynamique sociale1 laquelle ce g5re de comp>aisons e/ presque inapplicable1 il e/ vid5t que je ne saurais en faire aucun usage important1 au mo9s direct4 ,t\tefois1 ce titre mme1 il tait1 ce me semble1 d'autant plus indisp5sable de signal] ici1 avec plus d'insi/ance1 cette p>tie de la m?ode comp>ative1 af9 qu'elle ne re/t po9t inap]ue1 ce qui aurait de graves inconvni5s sci5tifiques1 comme je vi5s de l'indiqu]4 ,les procds logiques frquemm5t usits sont ord9airem5t assez c>actriss p> leur application effective1 p\r que leur pralable apprciation gnrale puisse1 au contraire1 se rduire au plus indisp5sable exam5 de leur proprits fondam5tales4 ,footnote #bg3 ,on a quelquefois comp> l'ensemble de l'humanit une sorte d'imm5se polype1 s't5dant sur le globe enti]4 ,mais cette mtaphore pdantesque1 o l'on s'ef=ce de c>actris] un phnomne trs connu en l'assimilant un autre qui l'e/ beauc\p mo9s1 tmoigne rellem5t une trs imp>faite apprciation philosophique de notre solid>it sociale1 et surt\t une haute ignorance biologique du g5re d'exi/5ce propre aux polypi]s4 ,elle conduit rappro*] une association volontaire et facultative d'une p>ticipation involontaire et indissoluble2 un sy/me dont les div]s lm5s1 malgr leur orig9alit propre1 s'affect5t t\j\rs rciproquem5t1 e/ a9si assimil un sy/me ess5tiellem5t inv]se1 o les p>ties1 quoique insp>ables1 n'ex]c5t jamais directem5t aucune action mutuelle1 au po9t que les unes priss5t p5dant que les autres naiss5t1 sans que le re/e en soit aucunem5t altr4 ,af9 que les pr9cipales =mes di/9ctes propres1 en sociologie1 la m?ode comp>ative soi5t ici t\j\rs considres dans l'ordre successif de leur importance croissante1 je dois ma9t5ant y signal] le mode capital qui consi/e en un rappro*em5t rationnel des div]s tats co-exi/ans de la socit huma9e sur les diffr5tes portions de la surface t]re/re1 envisags surt\t *ez des populations ple9em5t indp5dantes les unes des autres4 ,ri5 n'e/ plus propre qu'un tel procd c>actris] nettem5t les div]ses phases ess5tielles de l'volution huma9e1 ds lors susceptibles d'tre simultanm5t explores1 de manire faire ressortir1 d'une manire plus directe et plus s5sible1 leurs attributs prpondrans4 ,bi5 que la progression fondam5tale de l'humanit soit ncessairem5t unique1 en ce qui conc]ne le dveloppem5t total1 il e/ nanmo9s inconte/able que1 p> un conc\rs de causes sociales1 =t mal analys jusqu'ici dans la plup>t des cas1 des populations trs considrables1 et surt\t trs v>ies1 n'ont encore atte9t qu' des degrs 9galem5t infrieurs de ce dveloppem5t gnral2 en sorte que1 p> suite de cette 9galit1 les div]s tats antrieurs des nations les plus civilises se retr\v5t auj\rd'hui ess5tiellem5t1 malgr d'9vitables diffr5ces secondaires1 *ez les peuples contempora9s rp>tis en div]s lieux du globe#bh4 ,comme l'obs]vation proprem5t dite1 dont il con/itue la modification la plus spontane1 ce mode comp>atif prs5te d'abord l'avantage vid5t d'tre p>eillem5t applicable aux deux ordres ess5tiels de spculations sociologiques1 les unes /atiques1 les autres dynamiques1 de manire vrifi] galem5t les lois de l'exi/5ce et celles du m\vem5t1 ou mme f\rnir quelquefois1 leur g>d1 de prcieuses inductions directes4 ,en second lieu1 il s't5d ess5tiellem5t auj\rd'hui1 en ralit1 t\s les degrs possibles de l'volution sociale1 dont t\s les traits c>actri/iques peuv5t a9si tre effectivem5t s\mis notre immdiate obs]vation3 depuis les malheureux habitans de la t]re de ,feu jusqu'aux peuples les plus avancs de l',europe occid5tale1 on ne saurait imag9] aucune nuance sociale qui ne se tr\ve actuellem5t ralise en c]ta9s po9ts du globe1 et mme presque t\j\rs en plusieurs localits nettem5t sp>es4 ,dans la p>tie hi/orique de ce volume1 j'aurai l'occasion de montr] que c]ta9es phases intressantes1 quoique secondaires1 du dveloppem5t social1 dont l'hi/oire de notre civilisation ne laisse aucuns ve/iges apprciables1 ne peuv5t tre connues que p> cette indisp5sable exploration comp>ative3 et ce ne sont pas1 comme on p\rrait le croire1 les degrs les plus infrieurs de l'volution huma9e1 l'g>d desquels une telle proprit n'e/ plus auj\rd'hui conte/able4 ,mme p\r les phases les plus hi/oriques1 il y a t\j\rs de nombreux int]mdiaires qui ne comport5t galem5t que ce mode indirect d'obs]vation4 ,telles sont les pr9cipales proprits qui c>actris5t1 en sociologie1 cette seconde p>tie ess5tielle de la m?ode comp>ative1 si heureusem5t de/9e vrifi] les indications directes de l'analyse hi/orique proprem5t dite1 et surt\t mme combl] suffisamm5t ses 9vitables lacunes4 ,l'usage gnral de ce procd sociologique e/ m9emm5t rationnel1 puisqu'il repose directem5t sur le pr9cipe1 ci-dessus tabli1 de l'id5tit ncessaire et con/ante du dveloppem5t fondam5tal de l'humanit1 d'aprs l'irrsi/ible prpondrance du type commun de la nature huma9e1 au milieu des div]sits quelconques de climat1 et mme de race1 les diffr5ces relles ne p\vant affect] que la vitesse effective de *aque volution sociale4 ,footnote #bh3 ,sans sortir d'une mme nation1 on p\rrait1 jusqu' un c]ta9 po9t1 comp>]1 p> un rappro*em5t encore plus intime1 les pr9cipales phases de la civilisation huma9e1 en y considrant l'tat social des diffr5tes classes1 trs 9galem5t contempora9es4 ,la capitale du monde civilis r5f]me auj\rd'hui dans son se9 des reprs5tans plus ou mo9s fidles de presque t\s les degrs antrieurs de l'volution sociale1 surt\t s\s le rapport intellectuel4 ,mais1 malgr leur app>5te facilit1 de telles obs]vations sont1 p> leur nature1 trop peu dcisives1 p\r acqurir jamais une vritable importance sci5tifique1 cause de l'9vitable influ5ce commune qu'ex]ce1 mme alors1 l'esprit gnral de l'poque1 et qui ne p]met une exacte analyse de ces inconte/ables diffr5ces qu' l'aide d'une ?orie sociologique dj trs avance1 sans laquelle on s'expos]ait a9si de graves erreurs4 ,mais1 aprs avoir conv5ablem5t apprci les prcieux attributs d'un tel procd1 il importe beauc\p1 p\r la con/itution rationnelle de la n\velle philosophie politique1 de prv5ir1 cet g>d1 une exagration trop naturelle auj\rd'hui1 en signalant ma9t5ant1 avec non mo9s de scrupule1 les graves dang]s sci5tifiques qui lui sont propres1 et qui1 malgr t\s ses avantages rels1 ne p]mett5t nullem5t de lui confi] la pr9cipale direction des obs]vations sociologiques4 ,son premi] dfaut1 la fois le plus grave et le plus 9vitable1 consi/e en ce que1 p> sa nature1 il n'a aucun g>d la succession ncessaire des div]s tats sociaux1 qu'il t5d directem5t1 au contraire1 prs5t] comme co-exi/ans4 ,un usage trop exclusif1 ou seulem5t mme trop prpondrant1 de ce mode d'exploration p\rrait donc conduire s\v5t mconnatre1 d'une manire plus ou mo9s vicieuse1 l'ordre fondam5tal suivant lequel ces diffr5s degrs de l'volution huma9e ont d rsult] les uns des autres2 et l'on peut aj\t] qu'il y conduirait infailliblem5t1 si cet ordre n'tait pas dj ess5tiellem5t tabli p> une meilleure voie sci5tifique3 or1 n\s savons combi5 une telle notion e/ capitale en sociologie1 ce qui doit faire apprci] t\te l'importance d'un p>eil inconvni5t4 ,p\r en mieux saisir la porte1 il faut considr]1 en second lieu1 que l'incohr5ce spontane1 propre ce g5re d'obs]vations sociologiques comp>atives1 ne p]met gure1 qu& elles sont isolm5t employes1 d'ap]cevoir exactem5t la filiation relle des div]s sy/mes de socit1 mme en supposant que l'ordre positif en ft pralablem5t connu4 ,a l'un et l'autre titre1 il s]ait ais de cit] ici une f\le d'exemples irrcusables de semblables erreurs1 *ez les philosophes les plus di/+us2 mais la nature m9emm5t dogmatique de cet ouvrage m'oblige m'ab/5ir de p>eilles indications critiques1 auxquelles le lecteur supplera facilem5t4 ,en cont9uant m'en t5ir aux prceptes1 je dois signal] enf9 l'inconvni5t1 non mo9s c>actri/ique1 de ce mode comp>atif1 de t5dre faire mal apprci] les div]s cas a9si obs]vs1 en y pr5ant de simples modifications secondaires p\r des phases pr9cipales du dveloppem5t social4 ,c'e/ surt\t p>-l qu'on a t conduit se =m] les notions les plus vicieuses sur l'influ5ce politique du climat1 en attribuant son action des diffr5ces sociales qui devai5t tre surt\t rapportes l'9galit d'volution2 quelquefois1 mais plus r>em5t1 la mprise1 t\j\rs p>eillem5t irrationnelle1 a t inv]se3 il e/ clair1 en effet1 que1 dans l'usage propre d'un tel procd1 ri5 ne saurait directem5t indiqu] laquelle des deux classes doit rellem5t app>t5ir *aque div]sit con/ate4 ,la mme t5dance vicieuse se manife/e aussi1 un degr ord9airem5t plus prononc1 en ce qui conc]ne les diffr5tes races huma9es4 ,c>1 ces comp>aisons sociologiques simultanes doiv5t s\v5t avoir lieu1 surt\t dans les cas importans1 entre des populations app>t5ant des v>its di/9ctes de l'espce huma9e2 att5du que cette modification physiologique p>at avoir t1 en beauc\p d'occasions1 une des causes ess5tielles1 si ce n'e/ mme la pr9cipale1 de l'9gale vitesse d'une volution t\j\rs ncessairem5t commune4 ,on e/ donc a9si ess5tiellem5t expos confondre l'influ5ce de la race et celle de l'ge social1 soit qu'on exagre ou qu'on mconnaisse l'une ou l'autre4 ,il faut d'ailleurs aj\t] que le climat vi5t aussi introduire habituellem5t une troisime s\rce d'int]prtation des phnomnes comp>atifs1 qui1 alt]nativem5t con=me et contraire *acune des deux autres1 t5d augm5t] les *ances 9vitables d'illusion sociologique1 et r5dre presque inextricable l'analyse comp>ative dont on avait att5du d'irrcusables lumires4 ,d'aprs cette d\ble apprciation contradictoire1 suffisamm5t exacte quoique trs sommaire1 n\s sommes spontanm5t conduits vrifi] spcialem5t1 p\r ce mode usuel de la m?ode comp>ative en sociologie1 ce qui a dj t nettem5t con/at ci-dessus1 d'abord quant l'obs]vation proprem5t dite1 et ensuite p\r l'exprim5tation3 c'e/--dire1 la haute impossibilit d'employ] utilem5t un tel procd sans que son application primitive et son int]prtation f9ale soi5t con/amm5t diriges p> une premire conception rationnelle1 trs gnrale sans d\te mais ple9em5t positive1 de l'ensemble du dveloppem5t fondam5tal de l'humanit4 ,ri5 ne saurait disp5s] d'une condition philosophique aussi clairem5t reproduite s\s div]ses faces1 p> l'exam5 att5tif de la nature des re*]*es sociologiques4 ,son accomplissem5t cont9u p\rra seul prv5ir ou tempr] suffisamm5t les graves inconvni5s1 que n\s avons reconnus propres ce mode d'exploration1 et p]mettra ds-lors de dvelopp] librem5t les prcieux attributs qui le c>actris5t4 ,on voit a9si de plus en plus combi5 sont absurdes et dang]euses1 soit p\r la ?orie ou la pratique1 quant la sci5ce ou la m?ode1 les va9es dclamations sophi/iques des p>tisans de l'empirisme sy/matique1 ou des aveugles dtracteurs absolus de t\te spculation sociale2 puisque c'e/ prcism5t mesure qu'elles s'lv5t et se gnralis5t que les pr9cipales notions de philosophie politique devi5n5t la fois plus relles et plus efficaces1 l'illusion et la /rilit tant surt\t rs]ves aux conceptions trop troites et trop spciales1 soit sci5tifiques1 soit logiques4 ,mais1 en p\rsuivant le c\rs rguli] de notre sujet1 il rsulte videmm5t de la conclusion prcd5te que cette premire bau*e indisp5sable de la sociologie gnrale1 qui doit ncessairem5t dirig] l'application habituelle des div]s modes d'exploration ci-dessus apprcis1 repose directem5t elle-mme sur l'usage primitif d'une n\velle m?ode d'obs]vation1 dont le c>actre plus rationnel1 mieux adapt la nature des phnomnes1 soit spontanm5t exempt des graves dang]s que les autres prs5t5t1 diffr5s titres1 dsormais suffisamm5t exam9s4 ,or1 c'e/ ce qui exi/e en effet1 et n\s sommes a9si f9alem5t conduits1 p> une m>*e graduelle1 l'apprciation directe de cette d]nire p>tie de la m?ode comp>ative que je dois di/+u]1 en sociologie1 s\s le nom de m?ode hi/orique proprem5t dite1 dans laquelle rside ess5tiellem5t1 p> la nature mme d'une telle sci5ce1 la seule base fondam5tale sur laquelle puisse rellem5t repos] le sy/me de la logique politique4 ,la comp>aison hi/orique des div]s tats conscutifs de l'humanit ne con/itue pas seulem5t le pr9cipal artifice sci5tifique de la n\velle philosophie politique3 son dveloppem5t rationnel =m]a directem5t aussi le fond mme de la sci5ce1 en ce qu'elle p\rra (frir de plus c>actri/ique t\s g>ds4 ,c'e/ surt\t a9si que la sci5ce sociologique doit d'abord se di/+u] pr(ondm5t de la sci5ce biologique proprem5t dite1 a9si que je l'expliqu]ai spcialem5t dans la leon suivante4 ,en effet1 le pr9cipe positif de cette indisp5sable sp>ation philosophique rsulte de cette influ5ce ncessaire des div]ses gnrations huma9es sur les gnrations suivantes1 qui1 graduellem5t accumule d'une manire cont9ue1 f9it bi5tt p> con/itu] la considration prpondrante de l'tude directe du dveloppem5t social4 ,tant que cette prpondrance n'e/ po9t immdiatem5t reconnue1 cette tude positive de l'humanit doit rationnellem5t p>atre un simple prolongem5t spontan de l'hi/oire naturelle de l'homme4 ,mais1 ce c>actre sci5tifique1 =t conv5able en se bornant aux premires gnrations1 s'efface ncessairem5t de plus en plus mesure que l'volution sociale comm5ce se manife/] davantage1 et doit se trans=m] f9alem5t1 qu& une fois le m\vem5t huma9 e/ bi5 tabli1 en un c>actre t\t n\veau1 directem5t propre la sci5ce sociologique1 o les considrations hi/oriques doiv5t immdiatem5t prvaloir4 ,quoique cette analyse hi/orique ne semble de/9e1 p> sa nature1 qu' la seule sociologie dynamique1 il e/ nanmo9s inconte/able qu'elle s't5d ncessairem5t au sy/me enti] de la sci5ce1 sans aucune di/9ction de p>ties1 en v]tu de leur p>faite solid>it4 ,outre que la dynamique sociale con/itue f9alem5t le pr9cipal objet de la sci5ce1 on sait d'ailleurs1 comme je l'ai prcdemm5t expliqu1 que la /atique sociale en e/1 au fond1 rationnellem5t insp>able1 malgr l'utilit relle d'une telle di/9ction spculative1 puisque les lois de l'exi/5ce se manife/5t surt\t p5dant le m\vem5t4 ,ce n'e/ pas seulem5t s\s le po9t de vue sci5tifique proprem5t dit que l'usage prpondrant de la m?ode hi/orique doit donn] la sociologie son pr9cipal c>actre philosophique3 c'e/ encore1 et peut-tre mme d'une manire plus prononce1 s\s l'aspect purem5t logique4 ,on doit1 en effet1 reconnatre1 comme je l'tablirai directem5t dans la leon suivante1 que1 p> la cration spontane de cette n\velle bran*e ess5tielle de la m?ode comp>ative fondam5tale1 la sociologie aura aussi p]fectionn1 son t\r1 suivant un mode qui lui tait exclusivem5t rs]v1 l'ensemble de la m?ode positive1 au pr(it commun de t\te la philosophie naturelle1 et d'une manire dont la haute importance sci5tifique peut pe9e tre entrevue auj\rd'hui des meilleurs esprits4 ,ds prs5t1 n\s p\vons signal] cette m?ode hi/orique comme (frant la vrification la plus naturelle et l'application la plus t5due de cet attribut c>actri/ique que n\s avons dmontr ci-dessus dans la m>*e habituelle propre la sci5ce sociologique1 et qui consi/e procd] surt\t de l'ensemble aux dtails4 ,cette indisp5sable condition p]man5te des tudes sociales vraim5t rationnelles se manife/e spontanm5t1 au plus haut degr1 et de la manire la plus directe1 dans t\t travail rellem5t hi/orique1 qui1 sans cela1 dgnr]ait 9vitablem5t en une simple compilation de matriaux provisoires1 avec quelque tal5t qu'il ft d'ailleurs excut4 ,puisque c'e/ surt\t dans leur dveloppem5t que les div]s lm5s sociaux sont ncessairem5t solidaires et insp>ables1 il s'ensuit qu'aucune filiation p>tielle1 entirem5t isole1 ne saurait avoir de ralit1 et que t\te explication de ce g5re1 avant de p\voir dev5ir1 aucun g>d1 spciale1 doit d'abord repos] sur une conception gnrale et simultane de l'volution fondam5tale4 ,que peut signifi]1 p> exemple1 l'hi/oire exclusive1 et surt\t p>tielle1 d'une seule sci5ce ou d'un seul art1 sans tre pralablem5t ratta*e une telle tude de l'ensemble du progrs huma9#bi8 ,footnote #bi3 ,on a publi rcemm5t1 sur l'hi/oire des sci5ces ma?matiques en ,italie p5dant le dix-septime sicle1 un travail s+ulirem5t propre1 p> son excessive spcialit1 c>actris]1 d'aprs un exemple trs prononc1 cette indisp5sable ncessit de l'esprit d'ensemble en t\te tude vraim5t hi/orique4 ,il ne s'agit nullem5t ici des graves erreurs de dtail dj signales1 l'g>d de cet ouvrage1 p> div]s savans1 et surt\t p> un gomtre aussi clair que mode/e 7,m4 ,*asles71 qui1 dans sa critique1 en gnral trs rationnelle1 s'e/ montr =t suprieur a l'auteur1 en ce qui conc]ne la vritable intellig5ce de l'hi/oire ma?matique4 ,la seule conception du sujet suffit1 mes yeux1 p\r tmoign] videmm5t une pr(onde ignorance du vrai c>actre de l'hi/oire1 consi/ant surt\t dans la prpondrance gnrale et cont9ue de la filiation sur la description2 c>actre qui devrait naturellem5t sembl] plus m>qu dans t\te hi/oire intellectuelle4 ,on peut excus]1 d'aprs les prjugs rgnans1 la re/riction de ces re*]*es hi/oriques aux seules sci5ces ma?matiques1 quoique leur dveloppem5t ait t rellem5t li1 surt\t alors1 celui des autres sci5ces1 et mme l'ensemble du progrs huma94 ,mais on ne saurait s'ab/5ir de condamn] hautem5t l'irrationnelle limitation du sujet une seule nation et un seul sicle1 dans un travail qui1 au lieu du mode/e titre d',annales1 e/ ambitieusem5t qualifi d',hi/oire3 comme si les progrs ma?matiques faits d'un ct des ,alpes avai5t pu tre alors indp5dans de ceux accomplis simultanm5t1 d'une manire si m95te1 de l'autre ct2 et comme si d'ailleurs l'tat gomtrique du dix-septime sicle avait pu s'isol] de l'ensemble du progrs antrieur4 ,si ce *oix irrationnel avait t inspir p> un va9 esprit d'troite nationalit1 il n'en s]ait pas plus excusable1 surt\t auj\rd'hui1 et *ez un savant4 ,d'un tel g5re de composition1 o l'hi/oire ma?matique rtrograde c]ta9em5t1 div]s g>ds importans1 au-dess\s du c>actre plus philosophique qu'elle avait dj acquis1 il ne re/]ait qu' desc5dre1 en vue d'une plus p>faite spcialit1 l'hi/oire d'une seule prov9ce en une seule anne6 ,c]tes1 si l'on et sy/matiquem5t projet la plus int5se cond5sation possible de symptmes d'irrationnalit dans le simple titre d'un ouvrage1 il et t difficile d'y mieux p>v5ir que p> cet essor spontan d'une vicieuse philosophie4 ,aussi cette production1 quoique accueillie1 suivant l'usage1 p> un conc]t d'emphatiques loges1 n'a-t-elle1 au fond1 ex]c1 au-del d'une c]ta9e cot]ie1 aucune influ5ce relle sur le m\vem5t actuel de l'esprit huma93 dj ess5tiellem5t oublie1 elle re/]a1 sans d\te1 df9itivem5t classe comme un simple travail de bndict91 sauf le zle op9itre et la scrupuleuse mode/ie qui c>actrisai5t ord9airem5t ces respectables compilateurs4 ,il en e/ de mme t\t autre titre1 et pr9cipalem5t p\r ce qu'on nomme si abusivem5t l'hi/oire politique proprem5t dite1 comme si une vritable hi/oire quelconque p\vait n'tre pas plus ou mo9s politique4 ,l'irrationnel esprit de spcialit exclusive qui pr5d1 de nos j\rs1 un si dplorable asc5dant passag]1 aurait p\r rsultat f9al de rduire l'hi/oire une va9e accumulation de monographies incohr5tes1 o t\te ide de la filiation relle1 et ncessairem5t simultane1 des div]s vnem5s huma9s se p]drait 9vitablem5t au milieu du /rile encombrem5t de ces confuses descriptions4 ,c'e/ donc ess5tiellem5t sur l'ensemble de l'volution sociale que devront d'abord port] ces comp>aisons hi/oriques des div]s ges de la civilisation1 af9 d'avoir un vrai c>actre sci5tifique1 con=me la nature et la de/9ation de la sci5ce2 c'e/ uniquem5t a9si qu'on p\rra p>v5ir des conceptions susceptibles de dirig] heureusem5t l'tude ultrieure des div]s sujets spciaux2 au lieu de la m>*e vicieuse qu'inspire auj\rd'hui l'aveugle imitation absolue d'un mode exclusivem5t propre la philosophie inorganique1 et qui ne saurait conv5ir la philosophie organique1 surt\t env]s les phnomnes sociaux4 ,enf91 on doit not] ici1 s\s le po9t de vue pratique1 que la prpondrance gnrale de la m?ode hi/orique proprem5t dite dans les tudes sociales a aussi l'heureuse proprit de dvelopp] spontanm5t le s5tim5t social1 en mettant dans une ple9e vid5ce1 aussi directe que cont9ue1 cet en*anem5t ncessaire des div]s vnem5s huma9s qui n\s inspire auj\rd'hui1 mme p\r les plus lo9ta9s1 un intrt immdiat1 en n\s rappelant l'influ5ce relle qu'ils ont ex]ce sur l'avnem5t graduel de notre propre civilisation4 ,suivant la belle rem>que de ,condorcet1 aucun homme clair ne saurait ma9t5ant p5s]1 p> exemple1 aux batailles de ,m>a?on et de ,salam9e1 sans en ap]cevoir aussitt les importantes consqu5ces p\r les de/9es actuelles de l'humanit4 ,il s]ait inutile d'insi/] davantage sur une telle proprit1 qui recevra naturellem5t1 dans t\t le re/e de ce volume1 une application cont9uelle1 soit explicite1 soit surt\t implicite4 ,aucune dmon/ration =melle ne saurait ici dev5ir ncessaire p\r con/at] l'aptitude spontane de l'hi/oire faire hautem5t ressortir l'intime subord9ation gnrale des div]s ges sociaux4 ,il importe seulem5t1 ce sujet1 de ne pas confondre un tel s5tim5t de la solid>it sociale avec cet intrt sympa?ique que doiv5t excit] spontanm5t t\s les tableaux quelconques de la vie huma9e1 et que de simples fictions peuv5t mme p>eillem5t inspir]4 ,le s5tim5t dont il s'agit ici e/ la fois plus pr(ond1 puisqu'il devi5t en quelque sorte p]sonnel1 et plus rfl*i1 comme rsultant surt\t d'une conviction sci5tifique3 il ne saurait tre conv5ablem5t dvelopp p> l'hi/oire vulgaire1 l'tat purem5t descriptif2 mais exclusivem5t p> l'hi/oire rationnelle et positive1 envisage comme une sci5ce relle1 et disposant l'ensemble des vnem5s huma9s en sries coordonnes qui montr5t avec vid5ce leur en*anem5t graduel4 ,rs]ve d'abord des esprits d'lite1 cette n\velle =me du s5tim5t social p\rra ensuite app>t5ir1 avec une mo9dre int5sit1 l'univ]salit des intellig5ces1 mesure que les rsultats gnraux de la physique sociale devi5dront suffisamm5t populaires4 ,elle y complt]a ncessairem5t la notion plus s5sible et plus lm5taire de la solid>it habituelle entre les individus et les peuples contempora9s1 en indiquant1 p> une conception encore plus noble et plus p>faite de l'unit huma9e1 les div]ses gnrations successives de l'humanit comme conc\rant aussi un mme b f9al1 dont la ralisation graduelle exigeait1 de la "p de *acune d'elles1 une p>ticipation dt]m9e4 ,cette disposition rationnelle voir des cooprateurs dans les hommes de t\s les temps se manife/e pe9e auj\rd'hui l'g>d des sci5ces1 et uniquem5t mme p\r les plus avances3 la prpondrance philosophique de la m?ode hi/orique lui donn]a seule t\t son dveloppem5t1 en l't5dant t\s les aspects possibles de la vie huma9e1 de manire entret5ir conv5ablem5t1 d'aprs une apprciation rfl*ie1 ce respect fondam5tal env]s nos anctres1 indisp5sable l'tat normal de la socit1 et si =tem5t branl auj\rd'hui p> la philosophie mtaphysique4 ,exam9ons ma9t5ant1 d'une manire directe quoique sommaire1 la vritable m>*e fondam5tale d'une m?ode comp>ative aussi heureusem5t d\e de proprits capitales4 ,l'esprit ess5tiel de cette m?ode hi/orique proprem5t dite me p>at consi/] dans l'usage rationnel des sries sociales1 c'e/--dire dans une apprciation successive des div]s tats de l'humanit qui montre1 d'aprs l'ensemble des faits hi/oriques1 l'accroissem5t cont9u de *aque disposition quelconque1 physique1 intellectuelle1 morale1 ou politique1 comb9 avec le dcroissem5t indf9i de la disposition oppose1 d'o devra rsult] la prvision sci5tifique de l'asc5dant f9al de l'une et de la *ute df9itive de l'autre1 p\rvu qu'une telle conclusion soit d'ailleurs ple9em5t con=me au sy/me des lois gnrales du dveloppem5t huma91 dont l'indisp5sable prpondrance sociologique ne doit jamais tre mconnue4 ,devant faire ncessairem5t une application trs t5due et trs v>ie d'un tel mode d'exploration1 il me suffit ici d'en signal] rapidem5t le pr9cipe1 dont la rationnalit e/ aussi peu conte/able que l'utilit4 ,c'e/ a9si que les m\vem5s de la socit1 et ceux mme de l'esprit huma91 peuv5t tre rellem5t prvus1 un c]ta9 degr1 p\r *aque poque dt]m9e1 et s\s *aque aspect ess5tiel1 mme en ce qui semble d'abord le plus dsordonn1 d'aprs une exacte connaissance pralable du s5s uni=me des modifications graduelles indiques p> une judicieuse analyse hi/orique1 en passant t\j\rs1 suivant l'esprit de la sci5ce1 des phnomnes plus composs ceux qui le sont mo9s4 ,p> une heureuse concid5ce1 ces prvisions sci5tifiques devront tre1 en effet1 d'autant plus rappro*es de la ralit qu'il s'agira de phnomnes plus importans1 plus gnraux1 p>ce qu'alors les causes cont9ues prdom95t davantage dans le m\vem5t social1 et les p]turbations y ont une mo9dre "p4 ,les lois de la solid>it peuv5t ensuite conduire t5dre la mme c]titude rationnelle l'tude des aspects secondaires et spciaux1 d'aprs leurs relations /atiques avec les premi]s1 de faon y comp5s] p>tiellem5t la mo9dre scurit que devrait inspir]1 leur g>d1 l'usage direct de ce mode d'exploration successive4 ,en s'atta*ant obt5ir1 en gnral1 le seul degr de prcision compatible avec l'excessive complication de ces phnomnes1 sur lesquels tant d'influ5ces1 les unes rgulires1 les autres accid5telles1 agiss5t con/amm5t1 on p\rra p>v5ir a9si des conclusions ess5tiellem5t suffisantes p\r dirig] utilem5t l'ensemble des applications4 ,les pr9cipales de ces applications1 celles qui conc]n5t l'art politique1 auront surt\t un haut degr de rationnalit1 puisque la p>tie du m\vem5t fondam5tal dont elles dp5d5t davantage doit tre1 au fond1 mo9s tr\ble qu'aucune autre p> les div]ses influ5ces irrgulires1 comme je l'ai expliqu ci-dessus1 malgr le prjug contraire4 ,p\r se famili>is] conv5ablem5t avec cette m?ode hi/orique1 de manire bi5 saisir et dvelopp] judicieusem5t son vritable esprit1 il e/ indisp5sable de l'appliqu] d'abord au pass1 en *]*ant dduire *aque situation hi/orique bi5 connue de l'ensemble de ses antcd5s graduels1 p\rvu qu'on se prmunisse suffisamm5t contre la p]spective empirique d'un rsultat prexi/ant4 ,quelque s+ulire que semble d'abord une telle m>*e1 il e/ nanmo9s c]ta9 que1 dans une sci5ce quelconque1 on n'appr5d prdire rationnellem5t l'av5ir qu'aprs avoir en quelque sorte prdit le pass1 puisque tel e/1 au fond1 le premi] usage ncessaire des relations obs]ves entre des faits accomplis1 dont la succession antrieure fait dc\vrir la succession future4 ,p>v5ue l'exam5 de l'poque actuelle1 avec l'autorit intellectuelle ncessairem5t procure p> cette coord9ation graduelle de t\tes les poques prcd5tes1 la m?ode hi/orique p\rra seule p]mettre d'en opr] avec succs une exacte analyse fondam5tale1 o *aque lm5t soit vraim5t apprci comme il doit l'tre1 d'aprs la srie sociologique dont il fait p>tie4 ,va9em5t les hommes d'tat insi/5t-ils sur la ncessit des obs]vations politiques3 comme ils n'obs]v5t ess5tiellem5t que le prs5t1 et t\t au plus un pass trs rc5t1 leur maxime avorte ncessairem5t dans l'application4 ,p> la nature de tels phnomnes1 l'obs]vation du prs5t e/ radicalem5t insuffisante2 elle n'acqui]t une vritable valeur sci5tifique1 et ne peut dev5ir une s\rce c]ta9e de prvisions rationnelles que d'aprs la comp>aison avec le pass1 envisag mme dans son ensemble total4 ,rig\reusem5t isole1 l'obs]vation du prs5t devi5drait une cause trs puissante d'illusions politiques1 en exposant confondre sans cesse les faits pr9cipaux avec les faits secondaires1 mettre de bruyantes manife/ations phmres au-dessus des t5dances fondam5tales1 ord9airem5t peu clatantes1 et surt\t reg>d] comme asc5dans des p\voirs1 des in/itutions1 ou des doctr9es1 qui sont1 au contraire1 en dcl94 ,il e/ vid5t1 p> la nature du sujet1 que la comp>aison appr(ondie du prs5t au pass con/itue le pr9cipal moy5 d'exploration propre prv5ir ou corrig] ces inconvni5s capitaux4 ,or1 cette comp>aison ne peut tre ple9em5t lum9euse et dcisive qu'autant qu'elle embrasse ess5tiellem5t l'ensemble du pass1 graduellem5t apprci3 elle expose des erreurs d'autant plus graves qu'on l'arrte une poque plus rappro*e4 ,auj\rd'hui surt\t1 o le mlange des div]s lm5s sociaux1 les uns prts triomph]1 les autres sur le po9t de s'te9dre1 doit d'abord p>atre si pr(ondm5t confus1 on peut dire spcialem5t que la plup>t des fausses apprciations politiques ti5n5t pr9cipalem5t ce que les spculations habituelles n'embrass5t po9t un pass assez t5du1 presque t\s nos hommes d'tat1 dans les div]s p>tis actuels1 ne remontant gure au-del du sicle d]ni]1 sauf les plus ab/raits d'entre eux qui se has>d5t quelquefois jusqu'au sicle prcd5t1 et les philosophes eux-mmes osant pe9e dpass] r>em5t le seizime sicle3 en sorte que l'ensemble de l'poque rvolutionnaire n'e/ pas mme ord9airem5t conu p> ceux qui en re*]*5t si va9em5t la t]m9aison1 quoiqu'un tel ensemble ne corresponde1 au fond1 qu' une simple phase transitoire du m\vem5t fondam5tal4 ,quelle que soit la haute supriorit intr9sque de cette m?ode sociologique1 elle peut cep5dant1 comme t\t autre procd sci5tifique quelconque1 entran] de graves erreurs1 *ez des esprits peu rationnels ou mal prp>s4 ,l'analyse ma?matique elle-mme1 auj\rd'hui si ju/em5t prconise1 peut nanmo9s expos]1 p> exemple1 l'inconvni5t ess5tiel1 trop s\v5t ralis1 de pr5dre des signes p\r des ides3 on ne saurait ni] que1 surt\t de nos j\rs1 elle ne s]ve quelquefois dguis]1 s\s un imposant v]biage1 l'inanit des conceptions4 ,il n'y a po9t de m?ode sci5tifique1 p>mi les plus recomm&ables1 qui n'(fre1 sa manire1 des dang]s quival5s1 sans que leur exi/5ce nuise aucunem5t au crdit de ces moy5s logiques1 p>ce que ces dang]s ne saurai5t jamais prov5ir que d'une imp>faite apprciation ou d'une vicieuse application de la m?ode correspondante4 ,on doit t5dre les mmes considrations aux div]ses m?odes sociologiques1 et surt\t la m?ode hi/orique proprem5t dite1 qui1 p>eillem5t1 ne peut nullem5t g>] tant qu'elle e/ conv5ablem5t conue et employe4 ,elle n'a d'inconvni5s propres1 s\s ce rapport1 que la difficult plus m95te d'y remplir t\j\rs cette indisp5sable condition1 cause des ob/acles plus ess5tiels que prs5te la complication suprieure du sujet4 ,sans espr] que les illusions qu'elle peut inspir] soi5t jamais susceptibles d'tre entirem5t vites1 quelques prcautions qu'on emploie1 il e/ du mo9s utile d'en signal] sommairem5t le pr9cipal c>actre4 ,il consi/e surt\t pr5dre un dcroissem5t cont9u p\r une t5dance l'ext9ction totale1 ou rciproquem5t1 suivant cette sorte de sophisme ma?matique 7dj indiqu1 en un cas analogue1 dans le *apitre prcd5t71 qui fait confondre des v>iations cont9ues1 en plus ou en mo9s1 avec des v>iations illimites4 ,un exemple =t s5sible suffira1 p> son tranget mme1 p\r signal] ici un tel dang] de la m?ode des sries hi/oriques1 plus nettem5t que p> aucune explication ab/raite1 t\t en indiquant d'ailleurs spontanm5t le mode gnral de prv5ir de semblables illusions1 dans les cas nombreux o elles ne saurai5t tre aussi vivem5t s5ties d'abord4 ,en considrant l'ensemble du dveloppem5t social s\s le rapport trs simple du rgime alim5taire de l'homme1 on ne saurait mconnatre1 mon gr1 la t5dance con/ante de l'homme civilis une alim5tation de mo9s en mo9s abondante4 ,que l'on comp>e1 cet g>d1 les nations sauvages avec les peuples cultivs1 soit dans les *ants homriques1 soit dans les rcits de nos voyageurs2 que l'on oppose p>eillem5t la vie des campagnes celle des villes2 et qu'enf9 on considre mme la diffr5ce apprciable entre deux de nos gnrations conscutives4 ,p>t\t on v]ra l'obs]vation comp>ative confirm] ess5tiellem5t ce s+uli] rsultat1 qui se ratta*e d'ailleurs une loi sociologique plus t5due1 comme j'aurai lieu de le montr] ultrieurem5t4 ,d'une autre "p1 un tel dcroissem5t e/ en h>monie p>faite avec les lois fondam5tales de la nature huma9e1 p> suite d'une prpondrance croissante de l'ex]cice intellectuel et moral mesure que l'homme se civilise davantage4 ,ri5 n'e/ donc mieux con/at1 soit p> la voie exprim5tale1 soit p> la voie rationnelle4 ,p]sonne cep5dant os]ait-il ici conclure de cet inconte/able dcroissem5t cont9u1 si videmm5t limit1 une vritable ext9ction ultrieure8 ,or1 l'erreur1 trop grossire alors p\r n'tre pas immdiatem5t rectifie1 peut1 en beauc\p d'autres occasions1 dev5ir bi5 plus spcieuse1 et quelquefois presque 9vitable1 sans s'appuy] mme sur des motifs aussi plausibles1 cause de la complication plus gr&e du cas alors explor4 ,l'exemple prcd5t suffit p\r indiqu] l'9vitable rec\rs qu'il faut ds lors employ] aux lois con/antes de notre nature1 dont l'ensemble1 t\j\rs ma9t5u p5dant le c\rs enti] de l'volution sociale1 f\rnit l'analyse sociologique directe un indisp5sable moy5 gnral de vrification cont9ue1 comme je l'expliqu]ai spcialem5t au *apitre suivant4 ,puisque le phnomne social1 conu en totalit1 n'e/1 au fond1 qu'un simple dveloppem5t de l'humanit1 sans aucune cration relle de facults quelconques1 a9si que je l'ai tabli ci-dessus1 t\tes les dispositions effectives que l'obs]vation sociologique p\rra successivem5t dvoil] devront donc se retr\v]1 au mo9s en g]me1 dans ce type primordial1 que la biologie a con/ruit d'avance p\r la sociologie1 af9 de circonscrire ses ab]rations spontanes4 ,a9si1 aucune loi de succession sociale1 indique mme1 avec t\te l'autorit possible1 p> la m?ode hi/orique1 ne devra tre f9alem5t admise qu'aprs avoir t rationnellem5t ratta*e1 d'une manire d'ailleurs directe ou indirecte1 mais t\j\rs inconte/able1 la ?orie positive de la nature huma9e3 t\tes les inductions qui ne p\rrai5t s\t5ir un tel contrle1 f9irai5t ncessairem5t1 l'issue d'un plus mr exam5 sociologique1 p> tre immdiatem5t reconnues illusoires1 soit que les obs]vations euss5t t trop p>tielles ou trop peu prolonges4 ,c'e/ dans cette exacte h>monie cont9ue entre les conclusions directes de l'analyse hi/orique et les notions pralables de la ?orie biologique de l'homme que devra surt\t consi/] la pr9cipale =ce sci5tifique des dmon/rations sociologiques4 ,on voit a9si se confirm] de plus en plus1 et t\s g>ds1 cette prpondrance philosophique de l'esprit d'ensemble sur l'esprit de dtail1 que je me suis tant ef=c1 dans ce *apitre1 de faire nettem5t ressortir comme le pr9cipal c>actre intellectuel de cette n\velle sci5ce4 ,tel e/ donc le mode gnral d'exploration le mieux appropri la vraie nature des re*]*es sociologiques4 ,sa prpondrance y e/1 div]s titres ess5tiels1 ple9em5t quival5te1 d'aprs les indications prcd5tes1 celle de la comp>aison zoologique dans l'tude de la vie individuelle4 ,l'usage cont9u qui s'en f]a spontanm5t1 en t\t le re/e de ce volume1 confirm]a hautem5t cette similitude logique1 en tmoignant que la succession ncessaire des div]s tats sociaux correspond exactem5t1 s\s le po9t de vue sci5tifique1 la coord9ation graduelle des div]s organismes1 eu g>d la diffr5ce des deux sci5ces3 la srie sociale1 conv5ablem5t tablie1 ne saurait tre1 c]tes1 ni mo9s relle1 ni mo9s utile1 que la srie animale4 ,qu& l'application effective de ce n\veau moy5 aura t assez dveloppe p\r que ses proprits c>actri/iques ai5t pu dev5ir1 t\s les yeux clairs1 suffisamm5t prononces1 on y reconnatra1 je le prsume1 une modification assez tran*e de l'exploration positive fondam5tale p\r la class] f9alem5t1 la suite de l'obs]vation pure1 de l'exprim5tation1 et de la comp>aison proprem5t dite1 comme un quatrime et d]ni] mode ess5tiel de l'art d'obs]v]1 de/91 s\s le nom spcial de m?ode hi/orique1 l'analyse des phnomnes les plus compliqus1 et pr5ant sa s\rce philosophique dans le mode immdiatem5t prcd5t1 p> la comp>aison biologique des ges4 ,la leon suivante me prs5t]a naturellem5t une importante occasion de motiv] directem5t cette t5dance df9itive4 ,en t]m9ant cette pralable apprciation gnrale de la m?ode hi/orique proprem5t dite1 comme con/ituant le meilleur mode d'exploration sociologique1 je ne dois pas nglig] de faire rem>qu] ici que la n\velle philosophie politique1 consacrant1 d'aprs un libre exam5 rationnel1 les anci5nes indications de la raison publique1 re/itue enf9 l'hi/oire l'entire plnitude de ses droits sci5tifiques p\r s]vir de premire base indisp5sable l'ensemble des sages spculations sociales1 malgr les sophismes1 trop accrdits encore1 d'une va9e mtaphysique qui t5d c>t]1 en politique1 t\te l>ge considration du pass4 ,c'e/ a9si que1 dans les autres bran*es quelconques de la philosophie naturelle1 les div]ses p>ties antrieures de ce ,trait n\s ont jusqu'ici t\j\rs reprs5t l'esprit positif1 si inju/em5t accus de t5dance p]turbatrice1 comme ess5tiellem5t dispos1 au contraire1 confirm]1 dans les dispositions fondam5tales de *aque sci5ce1 les prcieuses inspirations primitives du bon s5s vulgaire1 dont la sci5ce relle ne saurait tre1 t\s g>ds1 qu'un spcial prolongem5t sy/matique1 et qu'une /rile mtaphysique peut seule conduire ddaign]4 ,ici1 bi5 lo9 de re/re9dre l'influ5ce ncessaire que la raison huma9e attribua1 de t\t temps1 l'hi/oire dans les comb9aisons politiques1 la n\velle philosophie sociale l'augm5te radicalem5t et un haut degr3 ce ne sont plus a9si des conseils ou des leons que la politique dem&e seulem5t l'hi/oire p\r p]fectionn] ou rectifi] des inspirations qui n'en sont po9t manes2 c'e/ sa propre direction gnrale qu'elle va dsormais exclusivem5t *]*] dans l'ensemble des dt]m9ations hi/oriques4 ,aprs avoir a9si excut suffisamm5t1 dans ce *apitre1 l'indisp5sable exam5 prlim9aire du vritable esprit gnral qui doit c>actris] la sociologie1 et des div]s moy5s ess5tiels d'exploration qui lui sont propres1 il me re/e complt] cette opration en considrant1 plus rapidem5t1 dans la leon suivante1 ses diffr5tes relations ncessaires avec les autres sci5ces pr9cipales1 af9 que sa vraie con/itution philosophique soit enf9 irrvocablem5t tablie1 de faon n\s p]mettre ensuite de procd] directem5t1 avec une vritable scurit sci5tifique1 l'laboration ple9em5t rationnelle de ce gr& sujet4 ,,qu>ante-,,neuvi,,me ,,le,,on4 ,relations ncessaires de la physique sociale avec les autres bran*es fondam5tales de la philosophie positive4 ,avec quelque scrupuleuse exactitude que l'on s'ef=t de se dirig] con/amm5t1 dans la n\velle philosophie politique1 d'aprs l'esprit gnral1 la fois sci5tifique et logique1 que je vi5s de c>actris]1 les conditions ess5tielles de la positivit n'y saurai5t tre1 en ralit1 suffisamm5t remplies1 tant que la sci5ce sociale y s]ait conue et cultive comme entirem5t isole1 sans avoir conv5ablem5t g>d aux indisp5sables relations indiques p> son vritable rang encyclopdique4 ,la subord9ation rationnelle de la physique sociale env]s l'ensemble des autres sci5ces fondam5tales1 suivant la hir>*ie sci5tifique que j'ai tablie1 con/itue1 mes yeux1 un pr9cipe d'une telle importance qu'il compr5d1 en quelque sorte1 d'une manire implicite et indirecte mais ncessaire1 t\tes les div]ses prescriptions philosophiques relatives au mode propre d'in/itution gnrale de cette sci5ce n\velle1 t&is qu'il ne p\rrait1 au contraire1 tre suppl p> aucune d'elles4 ,on peut ma9t5ant assur]1 sans aucune exagration1 que c'e/ surt\t le dfaut d'accomplissem5t rel de cette gr&e condition pralable1 dont ri5 ne saurait disp5s]1 qui a1 de nos j\rs1 ess5tiellem5t p>alys t\s les ef=ts t5ts1 mme p> les meilleurs esprits1 p\r trait] les que/ions sociales d'une manire vraim5t positive1 trans=mation dont la ncessit et mme la possibilit ne sont plus1 au fond1 susceptibles dsormais d'aucune conte/ation directe1 quoique p]sonne n'ait jusqu'ici conv5ablem5t saisi l'ensemble des obligations intellectuelles qu'impose une telle rnovation4 ,soit qu'on envisage le sy/me des div]ses donnes indisp5sables immdiatem5t f\rnies la sociologie p> les diffr5tes sci5ces antrieures1 soit qu'on ait g>d la considration1 encore plus importante sans d\te1 des sa9es habitudes spculatives que peut seule y dvelopp] leur tude prlim9aire1 l'apprciation j\rnalire des essais actuels p\r con/itu] une vraie philosophie politique ne p]met po9t d'hsit] reg>d] cette lacune capitale comme la pr9cipale cause de leur avortem5t radical1 et de la direction vicieuse que f9iss5t p> suivre involontairem5t cet g>d les intellig5ces qui semblai5t d'abord les mieux disposes#cj4 ,il importe donc beauc\p d'exam9] ici directem5t l'ensemble de ces relations ncessaires1 quoique leur explication soit implicitem5t comprise dans les considrations analogues dj prs5tes l'g>d des autres sci5ces fondam5tales1 surt\t au volume prcd5t env]s la sci5ce biologique1 ce qui n\s p]mettra d'abrg] ma9t5ant1 un haut degr1 cette indisp5sable opration1 sans nuire aucunem5t son efficacit ess5tielle4 ,footnote #cj3 ,p\r mieux c>actris] ici cette importante obs]vation1 je crois devoir en indiqu]1 avec fran*ise1 un exemple rem>quable et rc5t1 qui me sembla d\blem5t dcisif1 soit p>ce qu'il se rapporte un esprit prs5tant d'inconte/ables symptmes d'une vritable =ce sci5tifique1 malgr la dplorable ducation mtaphysique qui le dom9e ess5tiellem5t1 soit aussi p>ce que l'ab]ration dont il s'agit rsulte d'un emploi abusif de la m?ode hi/orique proprem5t dite1 la plus conv5able nanmo9s aux sa9es explorations sociologiques4 ,dans l'importante discussion qui eut lieu1 en ,france1 en #ahca1 sur l'hrdit de la pairie1 l'un des plus m95s df5seurs de cette hrdit 7,m4 ,guizot71 af9 de produire son op9ion s\s un aspect vraim5t sci5tifique1 s'ef=a de la motiv] pr9cipalem5t p> cette prt5due indication hi/orique1 que1 d'aprs l'ensemble du pass1 la m>*e progressive de la civilisation huma9e t5d ncessairem5t augm5t] sans cesse l'influ5ce sociale et politique de l'hrdit4 ,un tel argum5t1 de la "p d'un tel esprit1 ne saurait1 sans d\te1 tre reg>d comme un simple artifice de circon/ance2 il suppose une s9cre et pr(onde conviction p]sonnelle1 au mo9s mom5tane3 et cep5dant on p\rrait pe9e imag9] une obs]vation plus radicalem5t et plus directem5t contraire l'univ]selle ralit des phnomnes sociaux4 ,en se rappelant que p>t\t les div]ses pr(essions tai5t1 dans l'orig9e1 ess5tiellem5t hrditaires1 que d'abord on hritait mme de l'esclavage et de la lib]t1 et que1 jusqu' des temps trs rappro*s1 la naissance con/itua t\j\rs la pr9cipale condition d'un p\voir quelconque1 qu& on considre1 en un mot1 les div]s tmoignages1 aussi dcisifs que nombreux1 qui montr5t1 au contraire1 l'influ5ce sociale de l'hrdit comme con/amm5t dcroissante mesure que l'volution huma9e s'accomplit1 il devi5t presque impossible de compr5dre une halluc9ation aussi complte1 *ez un esprit aussi di/+u1 qui1 appliquant son sujet le meilleur mode d'exploration directe1 a p\rtant vu1 dans des phnomnes aussi c>actriss1 l'inv]se de la ralit la mo9s quivoque4 ,cette ab]ration dcisive me p>at s+ulirem5t propre faire s5tir combi5 l'excessive complication des obs]vations sociales exige1 de t\te ncessit1 que l'esprit s'y prp>e rationnellem5t voir1 non-seulem5t d'aprs une indisp5sable conception prlim9aire de l'ensemble du dveloppem5t huma91 mais1 avant t\t1 p> une tude pralable et graduelle des div]s sy/mes d'obs]vations sci5tifiques dj s\mis une exploration ple9em5t positive env]s des phnomnes plus simples4 ,cette intime subord9ation philosophique n'a jamais pu tre plus irrcusable et plus prononce que dans le cas actuel1 o elle e/ nanmo9s si pr(ondm5t mconnue jusqu'ici4 ,elle y rsulte immdiatem5t1 en effet1 du rang inconte/able que notre hir>*ie fondam5tale assigne ncessairem5t aux phnomnes sociaux aprs t\tes les autres catgories pr9cipales de phnomnes naturels1 en v]tu de la complication suprieure1 de la spcialit plus complte1 et de la p]sonnalit plus directe1 qui les di/+u5t si hautem5t mme des phnomnes les plus levs de la vie individuelle4 ,p\r concevoir1 en gnral1 comm5t ces c>actres irrcusables dt]m95t a9si l'troite dp5dance rationnelle de la sci5ce sociologique env]s les diffr5tes bran*es antrieures de la philosophie naturelle1 il suffit de considr] d'abord que l'tude positive du dveloppem5t social suppose1 de t\te ncessit1 la co-relation cont9ue de ces deux notions indisp5sables1 l'humanit qui accomplit le phnomne1 et l'ensemble con/ant des influ5ces extrieures quelconques1 ou le milieu sci5tifique proprem5t dit1 qui dom9e cette volution p>tielle et secondaire de l'une des races animales4 ,sans l'usage p]man5t d'un tel dualisme philosophique1 aucune spculation sociale ne saurait1 videmm5t1 jamais comport] une vraie positivit4 ,or1 le premi] t]me de ce dualisme fondam5tal subordonne directem5t la sociologie l'ensemble de la philosophie organique1 qui fait seul connatre les vritables lois de la nature huma9e2 et le second la lie aussi1 d'une manire non mo9s 9vitable1 au sy/me enti] de la philosophie inorganique1 duquel seul peut driv] une ju/e apprciation des conditions extrieures d'exi/5ce de l'humanit4 ,en un mot1 l'une de ces deux gr&es sections de la philosophie naturelle dt]m9e1 en sociologie1 l'ag5t du phnomne1 et l'autre le milieu o il se dveloppe4 ,comm5t l'tude d'une telle volution p\rrait-elle dev5ir aucunem5t positive1 tant qu'elle s]a t\j\rs p\rsuivie en y faisant ab/raction totale de cette d\ble co-relation8 ,tel e/1 s\s le po9t de vue purem5t sci5tifique1 le pr9cipe propre et direct de la subord9ation ncessaire de la sci5ce sociale env]s l'ensemble de la philosophie naturelle4 ,on voit que1 s\s ce rapport1 n\s sommes spontanm5t conduits envelopp] ici1 dans une commune apprciation sommaire1 les trois p>ties ess5tielles de la philosophie inorganique proprem5t dite1 la *imie1 la physique1 et l'a/ronomie1 t\tes galem5t relatives l'tude du milieu social4 ,cette conc5tration naturelle du sujet1 qui p]mettra d'abrg] beauc\p la leon actuelle1 ne saurait d'ailleurs y altr] ess5tiellem5t la nettet des considrations pr9cipales1 p\rvu que1 en temps opportun1 le mode de p>ticipation philosophique propre *acune de ces trois sci5ces soit suffisamm5t signal4 ,quant la m?ode proprem5t dite1 l'indisp5sable obligation de subordonn] conv5ablem5t les tudes sociales au sy/me graduel des autres tudes fondam5tales1 rsulte1 d'une manire encore plus directe et plus vid5te1 de la complication suprieure qui c>actrise de tels phnomnes1 dont l'exam5 sci5tifique ne saurait tre utilem5t t5t qu'aprs la prp>ation rationnelle rsultant de l'exam5 pralable des autres catgories successives de phnomnes mo9s compliqus4 ,telle e/ la d\ble apprciation philosophique laquelle n\s devons ici spcialem5t procd]1 dans les limites qui vi5n5t d'tre indiques1 en p>c\rant en s5s inv]se notre srie encyclopdique1 af9 de considr] d'abord les relations les plus intimes et les plus directes1 comme l'g>d de t\s les cas analogues traits dans les volumes prcd5s4 ,n\s devrons ensuite1 p\r complt] cette indisp5sable opration1 c>actris] enf9 la raction ncessaire1 soit sci5tifique1 soit logique1 que la sociologie1 une fois con/itue1 devra1 p> sa nature1 ex]c] ultrieurem5t1 son t\r1 sur l'ensemble des sci5ces antrieures1 raction encore mo9s s\ponne auj\rd'hui que l'action pr9cipale elle-mme4 ,relativem5t la biologie1 la pr(onde subord9ation philosophique de la sci5ce sociale e/ tellem5t inconte/able que p]sonne n'os]ait plus1 dsormais en mconnatre directem5t le pr9cipe vid5t1 p>mi ceux qui1 dans l'application relle1 n'y ont ess5tiellem5t aucun g>d4 ,cette contradiction presque univ]selle entre la maxime et l'usage ne ti5t pas seulem5t auj\rd'hui la conception radicalem5t vicieuse des tudes sociales3 elle rsulte aussi du c>actre philosophique beauc\p trop imp>fait que prs5te encore la sci5ce biologique elle-mme *ez la plup>t des esprits actuels1 sauf un petit nombre d'm95tes exceptions1 comme je l'ai spcialem5t tabli dans la qu>antime leon4 ,il faut1 s\s ce d]ni] po9t de vue1 attribu] surt\t cette insuffisante prpondrance actuelle de la philosophie biologique dans l'ensemble des ?ories sociales1 l'imp]fection plus prononce qui di/+ue la p>tie transc5dante de la biologie1 relative l'tude gnrale des phnomnes intellectuels et moraux4 ,c'e/1 en effet1 p> une telle p>tie que doit naturellem5t s'tablir la pr9cipale subord9ation directe de la sociologie env]s la biologie1 dont les autres bran*es ne saurai5t cep5dant y tre immdiatem5t ngliges4 ,or1 la physiologie crbrale tant d'in/itution t\te rc5te1 et son tat sci5tifique naissant1 encore trop vaguem5t bau*1 ayant t pe9e reconnu des esprits mme les plus avancs 7voyez la qu>ante-c9quime leon71 on ne saurait s'tonn] que les relations fondam5tales entre la sociologie et la biologie n'ai5t pu tre jusqu'ici conv5ablem5t organises4 ,qu& on s'en occup]a directem5t1 il y faudra di/+u] s\s deux aspects pr9cipaux1 galem5t indisp5sables1 l'un primitif1 l'autre cont9u1 la dp5dance 9vitable des sa9es tudes sociales env]s l'tude pralable de la nature huma9e4 ,s\s le premi] rapport1 la biologie doit d'abord f\rnir le po9t de d"p ncessaire de l'ensemble des spculations sociales1 d'aprs l'analyse fondam5tale de la sociabilit huma9e1 et des div]ses conditions organiques qui dt]m95t son c>actre propre4 ,mais1 en outre1 les t]mes les plus lm5taires de la srie sociale ne p\vant comport] presque aucune exploration directe1 ils doiv5t tre ess5tiellem5t con/ruits en appliquant la ?orie positive de la nature huma9e l'ensemble de circon/ances correspondant1 en concevant les faibles r5seignem5s isols que peut immdiatem5t admettre cette premire bau*e de la socit comme bi5 plutt de/9s facilit] et p]fectionn] cette dt]m9ation rationnelle qu' suggr] eux-mmes le vrai c>actre d'une telle enfance de l'humanit4 ,qu& le dveloppem5t social e/ dev5u trop prononc p\r qu'une p>eille dduction cont9ue re/] possible1 comme je l'expliqu]ai ci-dess\s1 alors comm5ce1 s\s le second po9t de vue1 une inv>iable p>ticipation sociologique1 t\tefois mo9s directe et mo9s spciale1 de la ?orie biologique de l'homme1 laquelle l'volution de l'humanit doit1 videmm5t1 se montr] t\j\rs con=me4 ,il en rsulte1 dans le sy/me enti] des tudes sociologiques1 soit /atiques1 soit dynamiques1 de prcieuses vrifications cont9ues1 et quelquefois mme d'heureuses indications gnrales1 a9si que je l'ai dj indiqu la f9 de la leon prcd5te4 ,ces vrifications et ces indications sont immdiatem5t fondes1 avec une irrsi/ible rationnalit1 sur l'inv>iabilit ncessaire de l'organisme huma91 dont les div]ses dispositions c>actri/iques soit physiques1 soit morales1 soit intellectuelles1 doiv5t se retr\v] ess5tiellem5t les mmes t\s les degrs de l'*elle sociale1 et t\j\rs id5tiquem5t coordonnes entre elles1 le dveloppem5t plus ou mo9s t5du que l'tat social leur procure ne p\vant jamais altr] aucunem5t leur nature1 ni1 p> consqu5t1 crer ou dtruire des facults quelconques1 ou seulem5t mme int]v]tir leur mutuelle pondration primitive4 t\te poque de l'volution huma9e1 un ap]u sociologique direct ne saurait donc tre sci5tifiquem5t admis1 quelque puissantes que sembl5t d'ailleurs les inductions hi/oriques sur lesquelles il repose1 s'il e/ contradictoire aux lois connues de la nature huma9e3 si1 p> exemple1 il suppose1 *ez la plup>t des individus1 un c>actre trs prononc de bont ou de m*ancet2 s'il reprs5te les affections sympa?iques comme habituellem5t suprieures aux affections p]sonnelles2 s'il indique une prpondrance effective et commune des facults intellectuelles sur les facults affectives1 etc4 ,dans t\s les cas semblables1 qui sont1 vrai dire1 bi5 plus multiplis dj que ne doit d'abord le faire prsum] l'extrme imp]fection actuelle de la ?orie biologique de l'homme1 les propositions sociologiques quelconques devront tre aussi bi5 s\mises1 d'aprs ce seul contrle1 une indisp5sable rectification ultrieure1 que si elles supposai5t la vie huma9e une dure exorbitante1 ou si elles contr$isai5t1 t\t autre g>d matriel1 les lois physiques de l'humanit3 puisque les conditions intellectuelles et morales de l'exi/5ce huma9e1 quoique plus difficiles apprci]1 et p> suite beauc\p mo9s connues jusqu'ici que ses conditions matrielles1 ne sont c]ta9em5t1 au fond1 ni mo9s relles1 ni mo9s imprieuses1 lorsque enf9 on p>vi5t les dvoil] nettem5t4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que1 d'un tel po9t de vue biologique1 t\tes les doctr9es politiques actuelles devrai5t tre proclames radicalem5t vicieuses1 p> cet unique motif sci5tifique que1 dans leur irrationnelle apprciation des phnomnes politiques1 soit actuels1 soit antrieurs1 elles conduis5t t\j\rs admettre1 les unes *ez les g\v]nans1 les autres *ez les g\v]ns1 un degr habituel de p]v]sit ou d'imbcillit1 un esprit de conc]t ou de calcul1 pr(ondm5t incompatibles avec les notions les plus positives sur la nature huma9e1 ds lors con/itue1 *ez des classes entires1 en tat p]man5t de mon/ruosit pa?ologique1 ce ce qui e/ videmm5t absurde4 ,un exemple aussi dcisif peut donn] une ju/e ide des prcieuses ress\rces gnrales que la sociologie positive devra retir] con/amm5t de sa subord9ation fondam5tale env]s la biologie1 surt\t qu& la physiologie crbrale1 si heureusem5t in/itue p> le gnie de ,gall1 s]a enf9 conv5ablem5t cultive4 ,quelle que soit l'extrme importance relle de telles indications1 primitives ou cont9ues1 on ne peut se dissimul] que les pr9cipaux philosophes biologi/es les ont auj\rd'hui presque t\j\rs conues d'une manire vicieusem5t exagre1 qui t5drait faire entirem5t disp>atre la sociologie comme sci5ce directe et di/9cte1 en la rduisant n'tre plus qu'un simple corollaire f9al de la sci5ce de l'homme1 ab/raction faite de t\te obs]vation hi/orique proprem5t dite4 ,cette gr&e ab]ration philosophique fut surt\t trs m>que *ez l'illu/re ,cabanis1 et ,gall lui-mme ne sut po9t s'en g>antir suffisamm5t4 ,sans tre1 c]tes1 aussi pr(ondm5t irrationnelle que la t5dance analogue de la plup>t des physici5s et des *imi/es trait]1 son t\r1 la biologie comme une simple drivation de la philosophie inorganique1 une telle disposition intellectuelle n'e/ peut-tre pas mo9s nuisible aux progrs rels de l'esprit huma92 c>1 si elle p\vait prvaloir1 elle emp*]ait1 de t\te ncessit1 l'indisp5sable essor de la sci5ce sociale4 ,on conoit1 en effet1 d'aprs les explications prcd5tes1 que la premire bau*e de la srie sociale1 considre dans ses t]mes orig9aires1 doive surt\t rsult]1 titre de dduction directe1 de la ?orie biologique de l'homme1 indp5damm5t d'une exploration hi/orique alors impossible ou trop dfectueuse4 ,mais une telle manire de procd] devi5drait ncessairem5t illusoire p\r l'tude ultrieure de l'volution sociale1 si l'on prt5dait p]si/] encore dt]m9] ess5tiellem5t priori le dveloppem5t effectif1 au lieu de l'tudi] d'aprs des obs]vations immdiates et spciales4 ,le phnomne pr9cipal de la sociologie1 celui qui tablit avec la plus haute vid5ce son orig9alit sci5tifique1 c'e/--dire l'influ5ce graduelle et cont9ue des gnrations huma9es les unes sur les autres1 se tr\v]ait ds-lors ess5tiellem5t absorb1 ou du mo9s dissimul au po9t d'tre entirem5t mconnu1 en v]tu de l'impossibilit manife/e o s]ait a9si notre intellig5ce de dev9] les pr9cipales phases effectives d'une volution aussi complexe1 sans l'indisp5sable prpondrance directe de l'analyse hi/orique proprem5t dite4 ,qu& mme les lois fondam5tales de la nature huma9e s]ai5t un j\r beauc\p mieux connues qu'elles ne peuv5t jamais l'tre1 notre =ce de dduction s]ait c]ta9em5t impuissante en tir] des consqu5ces aussi difficiles et aussi lo9ta9es4 ,dans les premires gnrations huma9es1 qu& l'volution sociale comm5ce pe9e manife/] quelques c>actres vagues et indcis d'une progression encore flottante et imp]ceptible1 cette dduction e/ possible un c]ta9 degr1 et devi5t mme indisp5sable1 comme n\s l'avons vu1 au po9t de dom9] d'abord l'obs]vation directe4 ,mais1 au contraire1 aussitt que le m\vem5t social e/ rellem5t tabli1 l'influ5ce successive et croissante des gnrations antrieures devi5t bi5tt la pr9cipale cause des modifications graduelles qu'il prs5te1 et ds-lors le mode ess5tiel d'exploration doit radicalem5t *ang]1 af9 d'tre t\j\rs rationnellem5t con=me la vraie nature des phnomnes correspondans4 ,l'analyse hi/orique y devi5t alors1 de t\te ncessit1 jamais prpondrante1 et les indications purem5t biologiques1 malgr leur 9vitable importance1 n'y peuv5t plus tre utilem5t employes qu'au simple titre d'un prcieux auxiliaire gnral et surt\t d'un indisp5sable contrle fondam5tal4 ,c'e/ a9si que1 jusque dans la philosophie inorganique1 l'g>d de phnomnes inf9im5t mo9s compliqus1 lors mme que1 comme en a/ronomie1 les lois lm5taires en sont p>faitem5t connues1 l'obs]vation propre et immdiate dirige ess5tiellem5t l'exploration1 aussitt que le cas devi5t assez compos p\r que la pure dduction cesse d'tre praticable3 ce qui doit1 =tiori1 r5dre dsormais inconte/able une semblable ncessit sci5tifique1 l'g>d des phnomnes les plus complexes que notre intellig5ce puisse explor]4 ,dans la simple hi/oire de la vie individuelle1 les biologi/es ne se croi5t nullem5t disp5ss de rec\rir l'analyse directe des ges1 comme pr9cipal moy5 d'exploration1 quoique l'tat primitif de l'organisme1 comb9 avec la nature propre du milieu correspondant1 con/itue1 sans d\te1 la premire cause gnrale de la suite des v>iations ultrieures4 ,p> quelle trange inconsqu5ce se croirai5t-ils donc affran*is d'une telle obligation sci5tifique1 l'g>d d'une volution bi5 autrem5t complique1 la fois plus t5due et plus prolonge1 laquelle conc\r5t1 d'une manire de plus en plus int5se et v>ie1 les div]s individus et surt\t les div]ses gnrations8 ,aussi ces va9es t5tatives n'ont-elles jamais pu recevoir aucune excution relle1 et n'ont-elles vraim5t s]vi qu' mieux manife/] auj\rd'hui l'vid5te urg5ce de la rgnration fondam5tale des tudes sociales1 a9si p\rsuivie p> tant de voies div]ses4 ,mais1 l'tat mme de simple projet1 elles sont dj pr(ondm5t nuisibles1 en faisant disp>atre entirem5t1 ou1 ce qui e/ quival5t au fond1 en relguant comme subalt]ne1 la seule classe d'obs]vations sur laquelle puisse vritablem5t repos] la sci5ce sociale1 quelques sec\rs qu'elle doive emprunt] l'ensemble des sci5ces antrieures1 et surt\t la biologie elle-mme4 ,bi5 lo9 de p\voir enf9 lev]1 comme on le suppose1 le sy/me des tudes sociales un tat vraim5t positif1 il e/ vid5t qu'une telle ab]ration philosophique1 en faisant directem5t mconnatre le dveloppem5t cont9u de l'humanit1 ou du mo9s en le rduisant une progression peu c>actrise et vaguem5t df9ie1 t5d directem5t1 en gnral1 sauf quelques amliorations secondaires1 prolong] l'enfance actuelle de la philosophie politique4 ,le pr9cipal vice intellectuel de cette philosophie consi/e auj\rd'hui1 comme n\s l'avons reconnu1 dans cet esprit absolu qu'elle fait prsid] t\tes les spculations sociales4 ,or1 un tel esprit e/ ncessairem5t ma9t5u p> la va9e ?orie que n\s exam9ons1 et qui1 ab/raction faite de t\t tat social dt]m91 t5d subordonn] directem5t t\tes les considrations sociales la conception absolue d'un type politique immuable1 mieux df9i sans d\te que les types purem5t ?ologiques ou mtaphysiques1 mais aussi ess5tiellem5t contraire au gnie m9emm5t relatif de la vraie philosophie politique4 ,la plup>t des philosophes biologi/es ont a9si t involontairem5t conduits cette fune/e ab]ration pratique de reg>d] comme inhr5s la nature fondam5tale de l'homme1 et p> suite comme inde/ructibles1 des modifications sociales rellem5t passagres1 propres un tat dt]m9 du dveloppem5t huma94 ,on peut voir1 p> exemple1 comm5t l'illu/re ,gall lui-mme1 malgr son m95te sagacit philosophique1 ddaignant mal propos les considrations sociales1 p\r n'employ] que d'imp>faites notions physiologiques1 d'ailleurs dplaces1 a t entran1 au sujet de la gu]re1 une sorte de dclamation sci5tifique1 entirem5t indigne de son gnie1 en v\lant tablir l'immobilit prt5due des t5dances militaires de l'humanit1 malgr l'ensemble des tmoignages hi/oriques1 qui indiqu5t1 au contraire1 avec tant d'vid5ce1 le dcroissem5t graduel de l'esprit gu]ri] mesure que le dveloppem5t huma9 s'accomplit1 dcroissem5t d'ailleurs ple9em5t con=me au sy/me mieux appr(ondi des lois fondam5tales de notre nature4 ,il s]ait ais d'indiqu] beauc\p d'autres cas analogues1 plus ou mo9s prononcs1 o la vicieuse prpondrance des considrations biologiques1 et l'irrationnel dda9 des notions hi/oriques1 ont p>eillem5t conduit mconnatre pr(ondm5t la vritable volution sociale1 et suppos] une fixit *imrique des dispositions ess5tiellem5t v>iables4 ,cette influ5ce d\blem5t nuisible1 qui t5d directem5t dtruire la fois et la vraie conception philosophique de la sci5ce sociale et sa pr9cipale de/9ation pratique1 e/ surt\t trs m>que dans la plup>t des ?ories relatives l'ducation1 presque t\j\rs considre a9si1 la manire de la philosophie ?ologico-mtaphysique1 ab/raction faite de l'tat co-relatif de la civilisation huma9e4 ,l'ensemble des explications prcd5tes1 quoique trs sommaires1 me p>at ne p\voir laiss] aucun d\te ess5tiel ni sur l'indisp5sable subord9ation fondam5tale de la sociologie env]s la biologie1 ni sur la notion radicalem5t fausse que les physiologi/es s'en =m5t auj\rd'hui4 ,au lieu de con/itu] un simple app5dice de la biologie1 la physique sociale doit tre c]ta9em5t conue comme une sci5ce p>faitem5t di/9cte1 directem5t fonde sur des bases qui lui sont propres1 mais pr(ondm5t ratta*e1 soit dans son po9t de d"p1 soit dans son dveloppem5t cont9u1 au sy/me enti] de la philosophie biologique4 ,j'ai d ci-dessus exam9] surt\t cette relation ncessaire s\s le po9t de vue sci5tifique proprem5t dit1 qui p\vait seul exig] une vraie discussion gnrale4 ,quant la m?ode1 l'analogie logique des deux sci5ces e/ trop vid5te p\r qu'il faille ici spcialem5t insi/] sur l'irrcusable ncessit1 de la "p des sociologi/es1 de prp>] d'abord leur intellig5ce p> une tude conv5ablem5t appr(ondie des m?odes biologiques4 ,malgr l'imp]fection actuelle de ces div]s modes d'exploration1 dont le c>actre propre e/ jusqu'ici trop peu prononc1 c'e/ l seulem5t que n\s p\vons pralablem5t apprci] le vritable esprit gnral qui doit dirig] t\tes les tudes quelconques relatives aux corps vivans1 et qui doit ncessairem5t dev5ir encore plus prpondrant dans les tudes sociales4 ,c'e/ uniquem5t a9si que l'on p\rra suffisamm5t rectifi] les habitudes plus rig\reuses1 mais trop troites1 que l'intellig5ce aurait d'abord contractes p> une tude trop exclusive de la philosophie inorganique1 quelle qu'en soit l'indisp5sable ncessit prlim9aire4 ,ri5 ne saurait surt\t disp5s] d'tudi] une telle s\rce la m?ode comp>ative proprem5t dite1 sur laquelle doit pr9cipalem5t repos]1 en sociologie comme en biologie1 l'exploration rationnelle1 quoique suivant un mode trs diffr5t1 suffisamm5t c>actris p> la leon prcd5te4 ,enf91 la sociologie y devra p>eillem5t emprunt] la biologie un pr9cipe philosophique trs prcieux1 de/9 y dev5ir extrmem5t usuel1 et qui y recevra mme son plus enti] dveloppem5t sci5tifique3 il s'agit de cette heureuse trans=mation positive du dogme des causes f9ales1 qui con/itue l'indisp5sable pr9cipe des conditions d'exi/5ce1 directem5t apprci au volume prcd5t4 ,on sait que ce pr9cipe1 rsultat ncessaire de la di/9ction gnrale entre l'tat /atique et l'tat dynamique1 app>ti5t surt\t l'tude des corps vivans1 o cette di/9ction e/ beauc\p plus prononce qu'ailleurs1 et laquelle en effet l'esprit huma9 e/ surt\t r$evable de cette importante opration philosophique3 c'e/ donc l seulem5t que la notion gnrale en peut tre auj\rd'hui conv5ablem5t acquise4 ,mais1 quelle que soit sa haute utilit directe dans l'tude de la vie individuelle1 la sci5ce sociale doit en faire1 p> sa nature1 une application encore plus t5due et plus ess5tielle4 ,c'e/ en v]tu de ce pr9cipe vraim5t fondam5tal que1 rappro*ant directem5t l'une de l'autre les deux acceptions philosophiques du mot ncessaire#ca1 la n\velle philosophie politique t5dra spontanm5t1 en ce qui conc]ne au mo9s t\tes les dispositions sociales d'une haute importance1 reprs5t] sans cesse comme 9vitable ce qui se manife/e d'abord comme indisp5sable1 et rciproquem5t4 ,il faut qu'un tel esprit soit m9emm5t propre la nature des tudes sociales1 puisqu'on s'y tr\ve galem5t am5 p> les voies philosophiques les plus opposes1 a9si que l'indique surt\t ce bel aphorisme politique de l'illu/re de ,mai/re3 ,t\t ce qui e/ ncessaire1 exi/e4 ,footnote #ca3 ,je ne puis m'ab/5ir1 cette occasion1 d'indiqu] ici sommairem5t la p5se gnrale d'un travail entirem5t neuf sur la philosophie du langage1 dont l'excution rationnelle1 qui ne saurait m'app>t5ir1 s]ait mes yeux1 d'une haute utilit p]man5te4 ,ce travail consi/]ait en une opration inv]se de celle qu'on excute habituellem5t l'g>d des synonymes proprem5t dits4 ,au lieu de rappro*] a9si les mots div]s qui ont des acceptions id5tiques ou =t analogues1 je propos]ais de compos] une sorte de dictionnaire des quivoques1 o l'on comp>]ait1 au contraire1 les diffr5tes acceptions fondam5tales d'un t]me unique4 ,le d\ble s5s du mot ncessaire1 que je vi5s d'indiqu]1 me p>at (frir un des exemples les mieux c>actriss1 soit de la nature de cette opration n\velle1 soit de l'heureuse influ5ce que p\rrait ex]c] son conv5able accomplissem5t sur le dveloppem5t graduel et l'ext5sion univ]selle du vritable esprit philosophique4 ,il ne faut pas croire1 en effet1 que cette confusion app>5te puisse jamais tre accid5telle3 on y doit t\j\rs voir le prcieux et irrcusable tmoignage d'une c]ta9e concid5ce fondam5tale1 admirablem5t s5tie p> la raison publique1 entre les deux ides a9si rappro*es4 ,si l'on p\vait1 en *acun des cas pr9cipaux1 remont] jusqu' la premire poque effective d'une telle modification du langage1 il en rsult]ait1 surt\t p\r les temps mod]nes1 une s\rce importante de n\veaux docum5s hi/oriques sur l'ducation progressive de la raison huma9e4 ,enf91 un tel travail1 excut aussi comp>ativem5t entre les div]ses langues contempora9es1 af9 de recevoir t\t son dveloppem5t rationnel1 donn]ait lieu1 sans d\te1 de n\velles et intressantes rem>ques sur le c>actre intellectuel des diffr5s peuples4 ,outre les connaissances philologiques spciales qu'exig]ait cette opration philosophique1 elle devrait surt\t tre con/amm5t dirige1 comme t\t mode quelconque d'exploration sociale1 p> une conception positive de la vritable m>*e fondam5tale de l'esprit huma9 et de la socit1 sans quoi elle ne contribu]ait qu' encombr] la sci5ce d'irrationnels matriaux1 dj trop multiplis3 en sorte qu'un tel travail ne saurait gure conv5ir auj\rd'hui nos simples littrateurs1 ni mme nos rudits4 ,aprs avoir a9si rationnellem5t tabli l'indisp5sable subord9ation gnrale de la sociologie env]s l'ensemble de la philosophie biologique1 elle se tr\ve aussi1 p> cela seul1 sci5tifiquem5t ratta*e d'abord1 p> une relation indirecte1 mais spontane et 9vitable1 au sy/me enti] de la philosophie inorganique1 auquel n\s savons dj que la biologie e/ immdiatem5t lie4 ,telle e/1 en effet1 la proprit capitale de la hir>*ie positive que n\s avons organise entre les diffr5tes sci5ces fondam5tales1 qu'il suffirait rig\reusem5t1 en *aque cas1 d'y avoir conv5ablem5t motiv l'en*anem5t le plus direct p\r donn] aussitt le droit de dt]m9] la vraie position encyclopdique1 sans aucun exam5 spcial des liaisons mo9s intimes4 ,mais1 indp5damm5t de cette vid5te subord9ation mdiate1 la physique sociale se ratta*e aussi de la manire la plus prononce l'ensemble de la philosophie inorganique p> d'importantes relations propres et immdiates1 dont j'ai ci-dessus indiqu le pr9cipe ncessaire1 et qu'il s'agit ma9t5ant de c>actris] sommairem5t4 ,en premi] lieu1 cette philosophie peut seule conv5ablem5t analys] le sy/me total des div]ses conditions extrieures1 *imiques1 physiques et a/ronomiques1 s\s l'empire desquelles s'accomplit l'volution sociale1 et qui doiv5t surt\t ex]c] une influ5ce prpondrante p\r dt]m9]1 conjo9tem5t avec les conditions organiques1 sa vitesse fondam5tale4 ,comm5t p\rrait-on concevoir rationnellem5t les phnomnes sociaux1 sans avoir d'abord exactem5t apprci1 s\s ces diffr5s rapports ess5tiels1 le milieu rel o ils se dvelopp5t8 ,l'h>monie gnrale qui doit t\j\rs exi/] entre l'humanit civilise et le ?tre de sa progression collective1 drive ncessairem5t du mme pr9cipe philosophique que n\s avons vu con/itu] directem5t le vritable esprit fondam5tal de la biologie proprem5t dite1 quant la co-relation p]man5te1 la fois 9vitable et indisp5sable1 entre la nature individuelle de t\t tre vivant et la con/itution propre du milieu correspondant4 ,t\tes les p]turbations extrieures quelconques qui affect]ai5t l'exi/5ce individuelle de l'homme ne saurai5t manqu] aussi d'altr] conscutivem5t son exi/5ce sociale2 et1 rciproquem5t1 celle-ci ne p\rrait1 sans d\te1 tre gravem5t tr\ble p> des modifications du milieu qui ne drang]ai5t aucunem5t la premire4 ,en v]tu de cette id5tit ncessaire1 je puis donc ici1 p\r acclr] notre travail1 me disp5s] de reproduire spcialem5t l'apprciation m?odique de ces diffr5tes conditions inorganiques de la vie sociale1 qui d'ailleurs ne sont gure susceptibles de conte/ation srieuse1 aussitt qu'on les s\met directem5t un exam5 sci5tifique1 dont le dveloppem5t doit tre r5voy au ,trait spcial de philosophie politique dj ci-dessus annonc4 ,le volume prcd5t a suffisamm5t c>actris ces div]ses influ5ces extrieures1 en ce qui conc]ne la vie individuelle2 je dois surt\t r5voy] la qu>antime leon1 relativem5t aux conditions a/ronomiques1 les plus mconnues de t\tes1 et celles nanmo9s dont la prpondrance e/ la plus prononce4 ,j'ai fait voir alors que l'exi/5ce des corps vivans1 et pr9cipalem5t l'exi/5ce huma9e1 tait ncessairem5t subordonne l'ensemble des diffr5tes donnes a/ronomiques1 soit /atiques1 soit dynamiques1 qui c>actris5t notre plante1 envisage1 quant sa rotation j\rnalire ou sa circulation annuelle2 et j'ai signal1 en gnral1 le g5re d'influ5ce biologique propre *acune de ces conditions pr9cipales4 ,or1 sans reproduire1 s\s un n\vel aspect1 cette importante apprciation1 que le lecteur transport]a aism5t au cas actuel1 il e/ vid5t que1 p> cela mme1 de telles considrations doiv5t dev5ir p>eillem5t indisp5sables la conception rationnelle de l'ensemble des phnomnes sociaux4 ,il en e/ galem5t a9si1 d'aprs des motifs analogues1 p\r les conditions physiques proprem5t dites de l'exi/5ce individuelle1 et p> suite sociale1 soit en ce qui conc]ne l'tat !rmomtrique1 l'tat b>omtrique et hygromtrique1 ou l'tat lectrique1 etc41 du milieu ambiant1 et semblablem5t aussi l'g>d des conditions ess5tiellem5t *imiques relatives la composition de l'atmosphre1 la nature des eaux1 celle des t]ra9s1 etc4 ,quelque intressant que dt tre1 sans d\te1 un tableau m?odique du sy/me trs complexe des conditions inorganiques du dveloppem5t social1 son 9vitable t5due ne p]met aucunem5t de l'bau*] ici4 ,mais un tel po9t de vue n'a beso91 ce me semble1 que d'tre di/9ctem5t signal p\r atte9dre suffisamm5t le b propre de ce *apitre1 en r5dant irrcusable1 d'aprs des ap]u spciaux faciles suppler1 la haute subord9ation directe de la sociologie positive env]s l'ensemble de la philosophie inorganique4 ,en r5voyant1 cet g>d1 aux indications suffisantes du volume prcd5t1 je dois seulem5t signal]1 en gnral1 l'influ5ce sociologique propre ces div]ses conditions extrieures comme tant ncessairem5t encore plus prononce que leur influ5ce purem5t biologique1 quoique d'ailleurs ess5tiellem5t analogue4 ,cette int5sit suprieure n'e/ ici1 du po9t de vue sci5tifique1 qu'une suite naturelle de la prpondrance t\j\rs croissante d'un tel ordre de conditions1 mesure que l'organisme se complique davantage1 ou qu'on y considre des phnomnes plus levs3 ce qui a lieu1 au plus haut degr possible1 d'une manire directe et cont9ue1 dans l'tude rationnelle des phnomnes sociaux1 o l'on envisage immdiatem5t l'organisme le plus compos1 et les plus m95tes manife/ations4 ,il faut d'ailleurs not]1 ce sujet1 comme t5dant dvelopp] plus compltem5t cette 9vitable prpondrance1 qu'un tel organisme e/1 en outre1 reg>d comme susceptible d'une dure en quelque sorte indf9ie1 de manire r5dre s5sibles des modifications graduelles que la brivet de la vie individuelle ne p]mettrait po9t de manife/] suffisamm5t4 ,les conditions a/ronomiques pr\v5t surt\t1 avec une vid5ce plus prononce1 cet accroissem5t naturel d'influ5ce1 qu& on passe du cas individuel au cas social4 ,en repr5ant1 s\s ce rapport1 les div]ses considrations indiques dans la qu>antime leon1 le lecteur reconnatra facilem5t que les diffr5tes p]turbations hypo?tiques1 soit /atiques1 soit dynamiques1 qui ne s]ai5t po9t p\sses un assez haut degr d'int5sit p\r affect] gravem5t l'exi/5ce individuelle1 altr]ai5t1 au contraire1 pr(ondm5t l'exi/5ce sociale1 qui exige un conc\rs bi5 plus p>fait de circon/ances favorables4 ,non-seulem5t1 p> exemple1 il e/ vid5t que les dim5sions propres de notre plante ont plus d'importance sci5tifique en sociologie qu'en biologie1 puisqu'elles assign5t d'abord d'insurmontables limites gnrales l'ext5sion ultrieure de la population huma9e1 ce qui doit tre pris en grave considration dans le sy/me positif des spculations politiques3 mais il en e/ encore a9si en beauc\p d'autres cas1 mo9s immdiatem5t apprciables4 ,p>mi les conditions dynamiques1 qu'on exam9e1 entre autres1 s\s ce po9t de vue1 le degr rel d'obliquit de l'cliptique1 la /abilit ess5tielle des ples de rotation1 et surt\t la faible exc5tricit de l'orbite1 on s5tira facilem5t que1 si cet ensemble de donnes fondam5tales tait notablem5t tr\bl1 sans cep5dant l'tre assez p\r que l'exi/5ce individuelle ft aucunem5t compromise1 notre vie sociale ne p\rrait *app] une pr(onde altration correspondante4 ,de telles rflexions1 en vrifiant directem5t la dp5dance ncessaire de la vritable sci5ce du dveloppem5t huma9 env]s le sy/me gnral de la philosophie inorganique1 et surt\t l'g>d de la philosophie a/ronomique qui en e/ la base indisp5sable1 f]ont mme compr5dre que la sociologie positive n'tait po9t rationnellem5t possible sans que cette philosophie et t pralablem5t p]fectionne un degr beauc\p plus lev qu'on ne doit d'abord le p5s]4 ,on voit1 en effet1 quant l'a/ronomie1 que la conception sci5tifique du dveloppem5t social1 envisag dans l'ensemble de sa dure quelconque1 tait ess5tiellem5t impossible tant que la /abilit fondam5tale de notre con/itution a/ronomique1 soit p> rapport la rotation ou la translation1 n'avait pas t conv5ablem5t dmontre1 d'aprs l'application gnrale de la loi de la gravitation1 puisque la cont9uit de cette volution exige d'abord1 entre c]ta9es limites1 une telle /abilit4 ,une apprciation semblable peut avoir lieu env]s les conditions physiques et *imiques1 af9 d'tablir que la surface de notre plante e/ ma9t5ant p>v5ue1 t\s g>ds1 un tat ess5tiellem5t normal1 sauf des accid5s trop r>es1 trop p>tiels1 et trop imprvus p\r que la sagesse huma9e n'en doive pas faire primitivem5t ab/raction2 ou que1 du mo9s1 l'corce du globe ne comporte plus que des v>iations tellem5t limites et surt\t tellem5t graduelles qu'elles ne saurai5t gravem5t affect] le c\rs naturel de l'volution sociale1 dont la p5se s]ait c]ta9em5t inconciliable avec l'irruption brusque et frqu5te de b\lev]sem5s physico-*imiques trs t5dus dans le ?tre de la vie huma9e4 ,bi5 lo9 donc que1 s\s ces div]s aspects1 la vraie philosophie politique puisse aucunem5t s'isol] de la philosophie inorganique1 il y aurait beauc\p plutt lieu de cra9dre que celle-ci ne ft po9t1 ces d]ni]s titres1 assez avance auj\rd'hui p\r f\rnir la premire les notions pralables dont elle a beso91 si1 suivant la m>*e fondam5tale dj suffisamm5t motive au *apitre prcd5t1 on ne devait po9t y procd] d'abord la dt]m9ation la plus gnrale des lois propres au dveloppem5t social1 en c>tant sagem5t les que/ions accessoires ou prlim9aires qui s]ai5t ou trop peu abordables ou mme trop prmatures1 sauf les repr5dre ultrieurem5t en desc5dant graduellem5t une prcision plus p>faite4 ,au premi] c\p d'oeil1 cette subord9ation ncessaire sembl]ait d'ailleurs exig]1 dans la philosophie inorganique1 un p]fectionnem5t radical1 qu'elle ne saurait jamais admettre1 comme je l'ai dmontr dans le second volume1 en ce qui conc]ne les lois a/ronomiques les plus gnrales1 relatives l'action mutuelle des diffr5s mondes4 ,mais1 ici1 l'h>monie ncessaire que n\s avons t\j\rs con/ate1 t\s g>ds1 entre le possible et l'indisp5sable n'pr\ve rellem5t aucune altration quelconque2 puisque1 si ces notions cosmiques sont pr(ondm5t inaccessibles1 comme on n'en saurait d\t]1 leur inutilit effective n'e/ pas mo9s vid5te en sociologie qu'en biologie1 vu l'entire indp5dance1 rig\reusem5t con/ate dsormais1 des phnomnes intrieurs de notre monde1 seuls susceptibles d'influ5ce sociale1 env]s ces phnomnes univ]sels1 ess5tiellem5t trang]s l'a/ronomie positive4 ,on peut appliqu] des rflexions analogues beauc\p d'autres cas1 plus usuels quoique mo9s prononcs1 et p>t\t l'on reconnatra1 en apprciant avec exactitude la subord9ation fondam5tale de la philosophie sociologique relativem5t aux diffr5tes bran*es de la philosophie inorganique1 que celle-ci1 malgr son imp]fection actuelle1 e/ dj assez avance1 s\s t\s les aspects pr9cipaux1 p\r n'apport] auj\rd'hui aucun ob/acle ess5tiel la con/itution rationnelle de la sci5ce sociale1 p\rvu qu'on ait t\j\rs la prud5te habilet d'lim9] provisoirem5t des re*]*es intempe/ives4 ,af9 de prv5ir1 autant que possible1 t\te int]prtation vicieuse d'une telle subord9ation1 ma9t5ant inconte/able1 il convi5t de prcis] davantage la notion gnrale de l'influ5ce sociale propre aux div]ses conditions inorganiques1 en rem>quant que1 p> sa nature1 elle ne saurait affect] les lois c>actri/iques du dveloppem5t huma91 t\j\rs ess5tiellem5t inv>iables1 mais seulem5t la vitesse effective de l'volution totale ou de ses div]ses phases pr9cipales1 du mo9s en se re/reignant des v>iations compatibles avec l'exi/5ce du phnomne4 ,n\s avons vu1 en gnral1 au *apitre prcd5t1 que t\tes les causes p]turbatrices quelconques ne saurai5t immdiatem5t agir que sur cette vitesse propre4 ,j'ai suffisamm5t dmontr1 dans la qu>ante-deuxime leon1 que les tres vivans ne sont po9t1 comme on l'a tant dit1 indf9im5t modifiables s\s l'empire des circon/ances extrieures quelconques2 que ces modifications1 circonscrites entre d'troites limites gnrales1 jusqu'ici d'ailleurs peu connues1 ne peuv5t jamais affect] que les degrs des div]s phnomnes1 sans *ang] aucunem5t leur nature2 et qu'enf91 lorsque les influ5ces p]turbatrices excd5t notablem5t ces limites1 l'organisme1 au lieu de se modifi]1 e/ ncessairem5t dtruit4 ,or1 cet important pr9cipe de philosophie biologique devant tre1 p> sa nature1 d'autant plus applicable qu'il s'agit d'un organisme plus complexe et d'une vie plus m95te1 quoique l'tre devi5ne alors plus modifiable1 il faut ncessairem5t l't5dre aussi1 plus =te raison1 l'tude positive du dveloppem5t social4 ,la m>*e fondam5tale de ce dveloppem5t doit donc tre envisage comme t5ant l'ess5ce mme du phnomne1 et1 p> suite1 ess5tiellem5t id5tique dans t\tes les hypo?ses possibles sur le milieu correspondant4 ,sans d\te1 on peut aism5t imag9]1 suivant les indications prcd5tes1 qu'une volution aussi dlicate soit radicalem5t emp*e p> div]ses p]turbations extrieures1 surt\t a/ronomiques1 qui n'irai5t pas mme jusqu' dtruire directem5t notre espce4 ,mais1 tant que cette volution re/]a possible1 il faudra t\j\rs la concevoir assujtie aux mmes lois ess5tielles1 et ne p\vant v>i] que dans sa vitesse1 en trav]sant1 avec plus ou mo9s de rapidit1 *acun des tats int]mdiaires dont elle se compose1 sans que leur succession ncessaire ni leur t5dance f9ale puiss5t jamais tre rellem5t altres4 ,une telle altration excd]ait d'ailleurs le p\voir mme des causes biologiques2 si1 p> exemple1 on admettait quelques modifications tran*es dans l'organisme huma91 ou que l'on p5st1 ce qui s]ait sci5tifiquem5t quival5t1 l'hypo?tique dveloppem5t social d'une autre race animale1 il faudrait t\j\rs suppos]1 p\r l'ensemble du dveloppem5t1 une m>*e fondam5tale commune3 telle e/1 du mo9s1 la condition philosophique impose p> la nature d'un tel sujet1 qui ne saurait dev5ir ple9em5t positif qu'autant qu'il p\rra tre a9si conu2 on doit donc1 plus =te raison1 t5dre une p>eille apprciation aux causes purem5t inorganiques4 ,du re/e1 une telle disposition intellectuelle n'e/1 au fond1 que la suite spontane et le complm5t indisp5sable de l'esprit gnral que la philosophie positive n\s a nettem5t manife/1 s\s ce rapport1 en tant d'autres occasions antrieures1 o1 en p\rsuivant la vrification spciale de ma hir>*ie sci5tifique1 n\s avons con/amm5t reconnu que si1 dans t\te l't5due de cette hir>*ie1 les phnomnes mo9s gnraux s'accompliss5t ncessairem5t s\s l'9vitable prpondrance des phnomnes plus gnraux1 cette subord9ation ne peut altr]1 en aucune manire1 leurs lois propres1 mais seulem5t l't5due et la dure de leurs manife/ations relles4 ,p\r complt] cet ap]u prlim9aire de la relation gnrale entre la philosophie sociologique et l'ensemble de la philosophie inorganique1 je dois enf9 signal]1 ce sujet1 une n\velle considration directe1 d'autant plus importante ici qu'elle s'applique surt\t1 p> sa nature1 aux connaissances physico-*imiques1 qui1 dans les indications prcd5tes1 ont pu p>atre ngliges comp>ativem5t aux doctr9es a/ronomiques4 ,il s'agit de l'action relle de l'homme sur le monde extrieur1 dont le dveloppem5t graduel con/itue1 sans d\te1 l'un des pr9cipaux aspects de l'volution sociale1 et sans l'essor de laquelle on peut mme dire que l'ensemble de cette volution n'et pas t possible1 puisqu'elle et t arrte1 sa naissance1 p> la prpondrance des ob/acles matriels propres la condition huma9e4 ,en un mot1 la progression1 soit politique1 soit morale1 soit intellectuelle1 de l'humanit1 e/ ncessairem5t insp>able de sa progression matrielle1 en v]tu de l'intime solid>it mutuelle qui c>actrise le c\rs naturel des phnomnes sociaux1 d'aprs la leon prcd5te4 ,or1 il e/ vid5t que l'action de l'homme sur la nature dp5d pr9cipalem5t de ses connaissances acquises quant aux lois relles des phnomnes inorganiques1 quoique la philosophie biologique n'y puisse tre1 sans d\te1 aucunem5t trangre4 ,il faut1 en outre1 reconnatre1 cet g>d1 que la physique proprem5t dite1 et mme encore plus la *imie1 con/itu5t surt\t la base propre du p\voir huma91 l'a/ronomie1 malgr sa p>ticipation capitale1 ne p\vant y conc\rir que p> une indisp5sable prvoyance1 au lieu d'une modification directe du milieu ambiant4 ,voil donc un n\veau motif gnral1 d'une irrcusable vid5ce1 et qu'il suffit de signal] ici1 p\r faire hautem5t ressortir l'impossibilit radicale d'une tude rationnelle du dveloppem5t social1 sans la comb9aison immdiate et p]man5te des spculations sociologiques avec l'ensemble des doctr9es de la philosophie inorganique4 ,dans t\t ce qui prcde1 j'ai d m'ab/5ir soigneusem5t de considr] aussi cette philosophie relativem5t la m?ode1 af9 de simplifi] notre apprciation1 en rduisant ici l'exam5 aux seules notions susceptibles d'tre srieusem5t conte/es auj\rd'hui4 ,au po9t o ce ,trait e/ ma9t5ant p>v5u1 je n'ai plus beso9 de m'arrt] expressm5t dmontr] l'indisp5sable ncessit logique de se prp>] conv5ablem5t aux sa9es tudes sociales en appr5ant connatre la m?ode positive fondam5tale dans ses applications relles les mieux c>actrises4 ,malgr son importance prpondrante1 ce gr& prcepte ressort tellem5t ici de la nature du sujet1 il s'appuie d'ailleurs si =tem5t dj sur les considrations analogues tablies dans les autres sections de cet ouvrage1 qu'il suffit d'nonc] simplem5t une proposition philosophique l'g>d de laquelle la p>tie antrieure de ce volume ne saurait laiss] aucun d\te direct1 et que la suite de notre travail confirm]a spontanm5t de plus en plus4 ,je me borne donc1 s\s ce rapport1 r5voy] le lecteur aux div]s motifs gnraux exposs1 dans le volume prcd5t1 en tablissant une p>eille ncessit env]s la sci5ce biologique proprem5t dite4 ,le cas actuel ne saurait comport]1 cet g>d1 d'autre rem>que propre1 si ce n'e/ que ces diffr5tes considrations acquir5t ici beauc\p plus de gravit encore1 d'aprs la complication bi5 suprieure des phnomnes1 et mme indp5damm5t de la p]turbation spciale que les passions huma9es t5d5t si hautem5t introduire en de telles tudes4 ,af9 que l'ext5sion des ress\rces logiques soit t\j\rs en suffisante h>monie avec l'accroissem5t des difficults sci5tifiques1 suivant la loi philosophique que j'ai tablie ce sujet1 et qui a dj t spcialem5t vrifie1 quant aux moy5s propres d'exploration directe1 la f9 du *apitre prcd5t1 il faut rellem5t se flicit] de cette subord9ation pr(onde qui lie rationnellem5t la sociologie l'ensemble de la philosophie naturelle4 ,conv5ablem5t apprcie1 et sagem5t utilise1 cette relation capitale1 qui d'abord semble augm5t] la complication naturelle du sujet1 con/itue1 au contraire1 s\s le po9t de vue logique1 la pr9cipale base de son heureuse laboration positive1 en y introduisant spontanm5t une indisp5sable prp>ation intellectuelle1 dont l'esprit huma91 si faible apprciateur1 mme auj\rd'hui1 de la pure m?ode1 n'aurait pu directem5t assez s5tir la haute importance4 ,il convi5t1 cet g>d1 de not] spcialem5t l'ext5sion non mo9s spontane d'une telle prp>ation t\tes les p>ties antrieures de la philosophie positive1 et surt\t la philosophie inorganique4 ,c>1 c'e/ uniquem5t p> cette ext5sion complte que la m?ode positive peut tre pralablem5t assez connue p\r dev5ir rellem5t applicable l'tude de phnomnes aussi m9emm5t compliqus1 suivant un pr9cipe pos ds le db de ce ,trait1 et depuis con/amm5t vrifi2 *aque bran*e ess5tielle de la philosophie naturelle devant1 comme n\s l'avons si s\v5t con/at1 dvelopp] spcialem5t l'un des attributs c>actri/iques de la m?ode fondam5tale1 qui ne peut tre conv5ablem5t apprci qu'en l'tudiant sa s\rce propre4 ,il ne suffira donc pas aux sociologi/es de se prp>] leurs difficiles spculations en appr5ant d'abord1 p> une pr(onde apprciation de la philosophie biologique1 dvelopp]1 dans des cas mo9s compliqus1 l'esprit gnral de leurs travaux1 et les pr9cipaux moy5s d'exploration qui leur convi5n5t1 comme je l'ai ci-dessus indiqu4 ,outre que la biologie ne saurait tre1 son t\r1 rationnellem5t conue sans son indisp5sable subord9ation l'ensemble de la philosophie inorganique1 c'e/ uniquem5t p> l'tude directe de cette philosophie que les sociologi/es peuv5t suffisamm5t connatre les c>actres les plus lm5taires de la m?ode positive1 d'autant mieux apprciables que les phnomnes sont mo9s compliqus4 ,c'e/ a9si seulem5t que l'on peut se faire une ju/e ide gnrale des attributs ess5tiels de la positivit sci5tifique1 de ce qui con/itue l'explication relle d'un phnomne quelconque1 des conditions inv>iables d'une exploration vraim5t rationnelle1 soit p> voie d'obs]vation pure1 soit p> exprim5tation1 et enf9 du vritable esprit qui doit t\j\rs prsid] l'in/itution et l'usage des hypo?ses sci5tifiques quelconques3 or1 il e/ clair que1 s\s ces div]s aspects1 la sociologie a un beso9 indisp5sable de notions et surt\t d'habitudes pralables1 qui ne saurai5t tre autrem5t tablies4 ,le dfaut d'accomplissem5t rel de cette gr&e condition logique con/itue1 mes yeux1 comme je l'ai dj indiqu1 la pr9cipale cause intellectuelle de l'avortem5t radical des t5tatives effectues jusqu'ici p\r la rgnration des tudes sociales1 dont la positivit e/1 vrai dire1 hautem5t dsire auj\rd'hui1 sans que les moy5s prlim9aires en soi5t encore conv5ablem5t apprcis4 ,enf91 cette prp>ation capitale de notre intellig5ce ne doit pas seulem5t1 p\r avoir une entire efficacit1 embrass] l'tude gnrale de t\tes les div]ses p>ties ess5tielles de la philosophie naturelle3 il n'importe pas mo9s au succs d'une telle opration que son accomplissem5t effectif soit graduellem5t con=me l'ordre hir>*ique de complication croissante que j'ai tabli entre elles en comm5ant ce ,trait4 ,le respect con/ant d'un tel ordre t5d conduire rgulirem5t notre intellig5ce1 suivant une srie de nuances presque ins5sibles1 de l'admirable simplicit qui c>actrise les spculations a/ronomiques jusqu' l'excessive complication propre aux spculations sociales2 et l'on sait qu'il n'y a de dispositions vraim5t efficaces et inde/ructibles que celles qui sont a9si progressivem5t introduites1 p> degrs aussi rappro*s que possible3 t\te grave altration de cette succession ncessaire1 transport]ait 9vitablem5t1 dans les tudes sociologiques1 des habitudes d'irrationnalit1 qui n'y sont que trop naturelles1 surt\t de nos j\rs4 ,telles sont les vraies conditions gnrales1 difficiles mais indisp5sables1 de la seule ducation sci5tifique prlim9aire propre dvelopp] sy/matiquem5t l'introduction spontane de l'esprit positif dans l'ensemble des ?ories sociales4 ,p> une suite 9vitable de cette intime subord9ation logique1 on ne saurait enf9 mconnatre1 en p\rsuivant jusqu'au b\t les consqu5ces vid5tes d'un tel pr9cipe1 la ncessit rig\reuse de faire1 avant t\t1 repos] cette ducation pralable des sociologi/es vraim5t rationnels sur une conv5able apprciation de la philosophie ma?matique1 mme ab/raction faite de l'indisp5sable p>ticipation directe de cette philosophie l'laboration fondam5tale des pr9cipales p>ties de la philosophie inorganique1 dont la connaissance1 quoique simplem5t gnrale1 ne saurait tre auj\rd'hui suffisamm5t obt5ue sans un c]ta9 rec\rs spcial cette base primordiale de t\te la philosophie positive4 ,c'e/ l seulem5t que les sociologi/es1 comme t\s les autres esprits livrs l'tude de la nature1 p\rront d'abord dvelopp] le vrai s5tim5t lm5taire de l'vid5ce sci5tifique1 et contract] l'habitude fondam5tale d'une argum5tation rationnelle et dcisive1 en un mot appr5dre satisfaire conv5ablem5t aux conditions purem5t logiques de t\te spculation positive1 en tudiant la positivit univ]selle sa vritable s\rce primitive4 ,il n'y a ici de p>ticuli] la sociologie que l'vid5te obligation de =tifi] d'autant plus ces dispositions pralables que la complication suprieure des phnomnes en r5d l'accomplissem5t spontan la fois plus difficile et plus indisp5sable4 ,du re/e1 t\te ide de nombre effectif et de loi ma?matique tant dj directem5t int]dite en biologie1 comme je l'ai suffisamm5t expliqu1 elle doit tre1 plus =te raison1 radicalem5t exclue des spculations encore plus compliques de la sociologie1 sans qu'il soit d'ailleurs ncessaire d'insi/] ici spcialem5t sur un tel axiome philosophique1 au sujet duquel je me borne r5voy] le lecteur aux explications fondam5tales de la qu>antime leon4 ,la seule ab]ration de ce g5re qui et pu mrit] quelque discussion srieuse1 si l'ensemble de ce ,trait ne n\s en avait d'avance radicalem5t disp5s1 c'e/ la va9e prt5tion d'un gr& nombre de gomtres r5dre positives les tudes sociales d'aprs une subord9ation *imrique l'illusoire ?orie ma?matique des *ances4 ,c'e/ l l'illusion propre des gomtres en philosophie politique1 comme celle des biologi/es y consi/e surt\t1 a9si que je l'ai ci-dessus expliqu1 v\loir rig] la sociologie en simple corollaire ou app5dice de la biologie1 en y supprimant1 dans l'un et l'autre cas1 l'indisp5sable prpondrance de l'analyse hi/orique4 ,il faut nanmo9s conv5ir que l'ab]ration des gomtres e/1 t\s g>ds1 inf9im5t plus vicieuse et beauc\p plus nuisible que l'autre2 outre que les erreurs philosophiques quelconques sont1 en gnral1 bi5 autrem5t t5aces *ez les gomtres1 directem5t affran*is1 p> la haute ab/raction de leurs travaux1 de t\te subord9ation rig\reuse l'tude relle de la nature4 ,quelque grossire que soit videmm5t une telle illusion1 elle tait nanmo9s ess5tiellem5t excusable1 qu& l'esprit m9emm5t philosophique de l'illu/re ,jacques ,b]n\illi conut1 le premi]1 cette p5se gnrale1 dont la production1 une telle poque1 con/ituait rellem5t le prcieux et irrcusable symptme du beso9 dj press5ti de r5dre p>-l positives1 dfaut d'une meilleure voie alors impossible s\ponn]1 les pr9cipales ?ories sociales2 beso9 prmatur p\r ce temps1 mais qui n'y p\vait tre pr\v1 mme a9si1 que p> une intellig5ce vraim5t suprieure4 ,l'erreur tait beauc\p mo9s excusable lorsque ,condorcet reproduisit ultrieurem5t1 s\s une =me plus directe et plus sy/matique1 le mme espoir *imrique1 dont l'expression1 encore pr(ondm5t mle son clbre ouvrage po/hume1 y confirme clairem5t l'tat flottant de son intellig5ce quant la conception fondam5tale de la sci5ce sociale1 suivant les explications directes de l'avant-d]nire leon4 ,mais il e/ vraim5t impossible d'excus] *ez ,laplace la /rile reproduction d'une telle ab]ration philosophique1 alors que l'tat gnral de la raison huma9e comm5ait dj p]mettre d'entrevoir le vritable esprit fondam5tal de la sa9e philosophie politique1 si bi5 prp>1 comme je l'ai montr1 p> les travaux de ,montesquieu et de ,condorcet lui-mme1 et d'ailleurs puissamm5t /imul p> l'branlem5t radical de la socit4 plus =te raison ne saurait-on nullem5t palli] la prolongation actuelle de cette absurde illusion p>mi les imitateurs subalt]nes1 qui1 sans ri5 aj\t] au fond du sujet1 se born5t rpt]1 dans un l\rd v]biage algbrique1 l'expression suranne de ces va9es prt5tions1 p> un abus grossi] du crdit si ju/em5t atta* dsormais au vritable esprit ma?matique4 ,bi5 lo9 d'indiqu]1 comme il y a un sicle1 l'in/9ct prmatur de l'indisp5sable rnovation des tudes sociales1 cette ab]ration ne con/itue auj\rd'hui1 mes yeux1 que l'involontaire tmoignage dcisif d'une pr(onde impuissance philosophique1 d'ailleurs comb9e1 d'ord9aire1 avec une sorte de manie algbrique1 ma9t5ant trop familire au vulgaire des gomtres1 et peut-tre aussi quelquefois /imule p> le dsir1 si commun de nos j\rs1 de se crer1 peu de frais1 une c]ta9e rputation1 phmre mais productive1 de haute porte politique4 ,s]ait-il possible1 en effet1 d'imag9] une conception plus radicalem5t irrationnelle que celle qui consi/e donn] p\r base philosophique1 ou p\r pr9cipal moy5 d'laboration f9ale1 l'ensemble de la sci5ce sociale1 une prt5due ?orie ma?matique1 o1 pr5ant habituellem5t des signes p\r des ides1 suivant le c>actre usuel des spculations purem5t mtaphysiques1 on s'ef=ce d'assujtir au calcul la notion ncessairem5t sophi/ique de la probabilit numrique1 qui conduit directem5t donn] notre propre ignorance relle p\r la mesure naturelle du degr de vraisemblance de nos div]ses op9ions8#cb ,aussi aucun homme s5s n'a-t-il t1 dans la pratique sociale1 effectivem5t conv]ti de nos j\rs cette trange ab]ration1 quoique sans p\voir en dml] le sophisme fondam5tal4 ,t&is que les vraies ?ories ma?matiques ont fait1 depuis un sicle1 de si gr&s et si utiles progrs1 cette absurde doctr9e1 sauf les occasions de calcul ab/rait qu'elle a pu suscit]1 n'a vritablem5t subi1 p5dant le mme temps1 malgr de nombreux et importans essais1 aucune amlioration ess5tielle1 et se retr\ve auj\rd'hui place dans le mme c]cle d'erreurs primitives1 quoique la fcondit des conceptions con/itue c]ta9em5t1 l'g>d d'une sci5ce quelconque1 le symptme le mo9s quivoque de la ralit des spculations4 ,footnote #cb3 ,j'ai dj sommairem5t indiqu1 au comm5cem5t de #ahce1 dans le second volume de ce ,trait1 mon op9ion directe sur l'apprciation philosophique d'une telle ?orie1 p> une note importante de la v+t-septime leon1 o j'ai d'ailleurs annonc l'int5tion ultrieure de trait] expressm5t ce sujet spcial de philosophie ma?matique1 si cet ouvrage comporte une seconde dition4 ,la ju/ice me fait ici un heureux devoir d'aj\t] que1 depuis cette poque1 l'un des plus judicieux gomtres de notre sicle 7,m4 ,po9sot71 avec cette lucide sagacit philosophique qui le c>actrise habituellem5t1 a1 s\s ce rapport1 utilem5t entrepris1 dans une mmorable discussion acadmique1 de prv5ir le vulgaire ma?matique contre une n\velle invasion mom5tane de cette ab]ration suranne1 alors id5tiquem5t reproduite1 avec une sorte de fracas sci5tifique1 p> un analy/e beauc\p mo9s rationnel4 quelques ab]rations philosophiques qu'ait pu donn] lieu jusqu'ici une fausse apprciation des relations indisp5sables de la sci5ce sociale avec les div]ses sci5ces antrieures1 les diffr5tes indications cont5ues dans ce *apitre ne peuv5t ma9t5ant laiss] aucune grave inc]titude sur la subord9ation vraim5t fondam5tale1 la fois sci5tifique et logique1 qui fait pralablem5t dp5dre l'tude positive des phnomnes sociaux de l'ensemble de la philosophie naturelle t\t entire3 en sorte que la position encyclopdique assigne1 ds le db de ce ,trait1 la physique sociale1 dans la hir>*ie gnrale des sci5ces1 se tr\ve dsormais suffisamm5t motive d'aprs un exam5 direct4 ,les pr9cipales de ces relations sont d'une telle vid5ce intr9sque qu'il e/ presque honteux1 p\r l'tat prs5t de la raison huma9e1 qu'on soit =c de dmontr] =mellem5t auj\rd'hui1 soit la ncessit de ne procd] l'tude des phnomnes les plus compliqus qu'aprs s'y tre conv5ablem5t prp> p> l'tude graduelle des phnomnes plus simples1 soit aussi1 quant la doctr9e1 l'indisp5sable obligation gnrale de connatre d'abord l'ag5t du phnomne que l'on se propose d'analys] et le milieu o ce phnomne s'accomplit4 ,mais la fune/e prpondrance actuelle de la philosophie mtaphysique en un tel sujet y a si radicalem5t vici les notions mme les plus lm5taires1 que1 malgr la puissance naturelle des considrations prcd5tes1 si spontanm5t =tifies p> l'ensemble de ce ,trait1 je dois cra9dre peut-tre que cette haute connexit sci5tifique ne soit1 au fond1 la p>tie la mo9s gte1 s9on la plus conte/e1 de ma doctr9e philosophique1 mme aprs que la suite de ce volume en aura indirectem5t confirm1 div]s g>ds ess5tiels1 la ralit et l'importance4 ,cette cra9te me semble d'autant plus lgitime que ce gr& prcepte de philosophie positive se tr\ve ncessairem5t en opposition directe avec l'un des plus pr(onds c>actres de nos moeurs politiques1 l'appel immdiat1 si d\x la fois notre orgueil et notre p>esse1 adress1 p> la philosophie mtaphysique1 t\tes les intellig5ces quelconques1 p\r trait]1 sans aucune prp>ation rationnelle1 les div]ses que/ions sociales1 en les reg>dant1 du mo9s implicitem5t1 comme des sujets de simple inspiration4 ,un tel motif devait donc me faire atta*] ici une importance t\te spciale l'explication sommaire de ces div]ses relations indisp5sables1 sur lesquelles1 malgr leur haute vid5ce propre1 je n'ai po9t1 sans d\te1 trop insi/1 quoique cep5dant t\tes les notions pr9cipales me sembl5t avoir t suffisamm5t indiques4 ,p\r t]m9] conv5ablem5t l'opration encyclopdique qui con/itue le sujet p>ticuli] de ce *apitre1 il me re/e ma9t5ant considr] en s5s inv]se cette connexit fondam5tale1 en apprciant1 son t\r1 la raction philosophique ncessaire de la physique sociale sur l'ensemble des sci5ces antrieures1 soit quant la doctr9e ou la m?ode4 ,il s]ait1 en ce mom5t1 prmatur de considr] ici1 ce sujet1 l'9vitable influ5ce gnrale que la sociologie doit ultrieurem5t ex]c] sur le sy/me des autres sci5ces fondam5tales p> cela seul que1 con/ituant le d]ni] lm5t ess5tiel de la philosophie positive1 cette philosophie1 ds-lors irrvocablem5t complte1 p]mettra enf9 de rationalis] directem5t la culture1 encore ess5tiellem5t empirique1 des diffr5tes sci5ces actuelles1 en les faisant concevoir dsormais1 malgr leur indisp5sable sp>ation1 comme des bran*es di/9ctes d'un tronc ncessairem5t unique1 dont la considration prpondrante devra t\j\rs prsid]1 sans aucune va9e prt5tion d'univ]salit1 aux div]s travaux spciaux1 au lieu de l'an>*ique disp]sion qui c>actrise auj\rd'hui le mode effectif de dveloppem5t de la philosophie naturelle4 ,l'exam5 direct de cette haute rgnration sci5tifique app>ti5t exclusivem5t1 p> sa nature1 la f9 de ce volume1 o il f\rnira l'une des conclusions f9ales de l'ensemble de ce ,trait4 ,n\s devons ici n\s born] apprci]1 s\s un po9t de vue plus spcial1 la raction immdiate de la sociologie sur t\t le re/e de la philosophie naturelle1 en v]tu des pr9cipales proprits1 soit sci5tifiques1 soit logiques1 qui c>actris5t son esprit fondam5tal1 d'aprs les explications du *apitre prcd5t4 ,quant la doctr9e1 le pr9cipe ess5tiel de cette univ]selle raction rsulte d'abord de cette vid5te considration philosophique que t\tes les spculations sci5tifiques quelconques1 en tant que travaux huma9s1 doiv5t tre1 de t\te ncessit1 pr(ondm5t subordonnes la vraie ?orie gnrale du dveloppem5t de l'humanit4 ,si1 p> une hypo?se videmm5t *imrique1 on p\vait concevoir cette ?orie dev5ue jamais assez p>faite p\r qu'aucun ob/acle intellectuel n'y bornt la libre plnitude de ses dductions les plus prcises1 il e/ clair que la hir>*ie sci5tifique1 ds-lors totalem5t int]v]tie1 prs5t]ait dsormais1 priori1 les diffr5tes sci5ces comme de simples p>ties de cette sci5ce unique4 ,quoique la faiblesse de notre intellig5ce et l'extrme complication d'une telle tude ne puiss5t1 sans d\te1 aucunem5t p]mettre l'esprit huma9 de ralis] jamais une p>eille situation philosophique1 cette supposition e/ nanmo9s trs propre faire immdiatem5t compr5dre la lgitime int]v5tion gnrale de la vraie sci5ce sociale dans t\s les ordres possibles de spculations huma9es4 la vrit1 cette haute int]v5tion semble d'abord app>t5ir plutt la ?orie biologique de notre nature1 et c'e/ a9si que quelques philosophes ont comm5c en entrevoir le g]me4 ,il n'e/ pas d\teux1 en effet1 que la connaissance de l'homme individuel doive ex]c] directem5t une influ5ce secrte mais 9vitable sur t\tes les sci5ces quelconques1 puisque nos travaux port5t ncessairem5t l'empre9te ineffaable des facults qui les produis5t4 ,mais1 en appr(ondissant davantage cette gr&e considration1 on peut aism5t reconnatre que cette influ5ce univ]selle doit proprem5t app>t5ir la ?orie de l'volution sociale beauc\p plus qu' celle de l'homme individuel1 quoique1 s\s ce rapport surt\t1 la sociologie soit naturellem5t insp>able de la biologie4 ,cette re/riction plus prcise rsulte videmm5t de ce que le dveloppem5t de l'esprit huma9 n'e/ possible que p> l'tat social1 dont la considration directe doit donc prvaloir t\tes les fois qu'il s'agit immdiatem5t des rsultats quelconques de ce dveloppem5t4 ,tel e/ donc1 en ap]u1 le premi] titre philosophique de la physique sociale son 9vitable int]v5tion intellectuelle dans la culture effective des div]ses p>ties de la philosophie naturelle proprem5t dite4 ,je me borne ma9t5ant1 ce sujet1 pos] simplem5t le pr9cipe ncessaire de cette gr&e relation1 qui s]a plus t>d conv5ablem5t exam9e4 ,en ce mom5t1 il convi5t de considr] seulem5t des relations plus spciales et plus aism5t apprciables1 qui rsult5t spontanm5t de nos div]ses explications antrieures4 ,d'abord1 il e/ clair que la sociologie devra naturellem5t p]fectionn] l'tude des vrais rapports ess5tiels qui uniss5t entre elles les diffr5tes sci5ces1 puisque cette tude con/itue ncessairem5t une p>tie importante de la /atique sociale1 directem5t de/9e mettre en vid5ce les lois relles d'un tel en*anem5t1 comme celles de t\s les autres cas de connexit fondam5tale entre les div]s lm5s quelconques de notre civilisation4 ,c'e/ seulem5t a9si que l'tude habituelle de ces liaisons mutuelles1 ds-lors irrvocablem5t tablie sur le t]ra9 de la ralit1 p\rra enf9 pr5dre un c>actre vraim5t positif1 susceptible d'c>t] jamais ces spculations vagues et arbitraires qui di/+u5t auj\rd'hui tant d'essais encyclopdiques1 sans except] la plup>t de ceux si malheureusem5t t5ts p> les savans eux-mmes1 l'imitation /rile des purs mtaphysici5s4 ,mais1 quelle que soit l'importance de cette premire considration1 cette heureuse t5dance spontane de la sociologie manife/] avec vid5ce le vritable esprit gnral de *aque sci5ce fondam5tale d'aprs l'ensemble de ses relations avec t\tes les autres1 s]a ncessairem5t encore plus prononce dans l'tude directe de la dynamique sociale1 en v]tu de ce pr9cipe1 dj s\v5t employ dans ce volume1 que la vraie coord9ation doit tre surt\t dvoile p> le c\rs naturel du dveloppem5t commun4 ,t\s les savans qui ont mdit avec quelque =ce sur l'ensemble de leur sujet propre ont c]ta9em5t s5ti quels importans sec\rs spciaux peuv5t f\rnir les indications hi/oriques correspondantes p\r rgul>is]1 un c]ta9 degr1 l'essor spontan des dc\v]tes sci5tifiques1 en vitant surt\t les t5tatives *imriques ou trop prmatures4 ,il s]ait inutile d'insi/] ici sur un tel attribut de l'hi/oire des sci5ces1 qui ne saurait tre conte/ auj\rd'hui p> aucun de ceux qui ont fait1 en une sci5ce quelconque1 des dc\v]tes relles de quelque porte3 le gr& ,lagrange tait surt\t pr(ondm5t pntr de cette haute relation philosophique1 qu'il a si admirablem5t utilise1 et dont il a mme spontanm5t =mul le pr9cipe1 autant que le p]mettai5t ses travaux1 comme je vais l'indiqu] plus spcialem5t ci-dess\s4 ,or1 il e/ clair1 d'aprs la leon prcd5te1 que la vritable hi/oire sci5tifique1 c'e/--dire la ?orie de la filiation relle des pr9cipales dc\v]tes1 n'exi/e encore en aucune manire4 ,les div]s essais va9em5t dcors de ce titre1 p> des esprits qui n'en p\vai5t compr5dre la porte philosophique1 n'ont pu tre jusqu'ici que de simples compilations1 d'ailleurs provisoirem5t utiles1 de matriaux plus ou mo9s irrationnels1 qui ne saurai5t mme1 comme n\s l'avons vu1 tre ultrieurem5t employs la con/ruction directe d'aucune doctr9e hi/orique sans une indisp5sable rvision prlim9aire1 et qui c]ta9em5t sont =t impropres1 dans leur tat actuel1 suggr] d'heureuses indications sci5tifiques4 ,mais1 quoique une telle rudition bibliographique et biographique t5de plutt t\ff] l'essor spontan du gnie huma9 qu' en second] le dveloppem5t1 ce qui explique la rpugnance in/9ctive qu'elle inspire d'ord9aire aux vrais inv5teurs1 la proprit ncessaire que n\s apprcions dans la vritable hi/oire des sci5ces n'en demeure pas mo9s inconte/able4 ,cette proprit ne p\rra donc ralis] ple9em5t son heureuse influ5ce p\r rgul>is] le progrs naturel des diffr5tes sci5ces que p> suite de la fondation directe de la physique sociale1 sans laquelle n\s avons reconnu qu'aucune hi/oire spciale ne saurait tre rationnellem5t conue1 et qui doit imprim] immdiatem5t de tels travaux la direction philosophique qui leur manque ess5tiellem5t jusqu'ici4 ,on ne peut1 sans d\te1 mconnatre1 s\s ce rapport1 les amliorations spciales que cette n\velle sci5ce fondam5tale t5dra ncessairem5t introduire dans *acune des autres1 aussi bi5 que dans leur coord9ation gnrale1 puisqu'il e/ c]ta9 qu'aucune sci5ce quelconque ne saurait tre pr(ondm5t comprise tant qu'on n'en a po9t apprci la vritable hi/oire ess5tielle4 ,conv5ablem5t appr(ondie1 cette considration n\s amne1 naturellem5t1 en d]ni] lieu1 apprci] aussi la raction ncessaire de la sociologie sur l'ensemble des sci5ces antrieures1 en ce qui conc]ne la m?ode proprem5t dite4 ,il ne peut encore tre "q de comb9] ici les div]ses notions fondam5tales que les diffr5tes p>ties de cet ouvrage ont d successivem5t f\rnir cet g>d1 p\r en con/ruire directem5t une ?orie gnrale et complte de la m?ode positive4 ,cette opration capitale doit rationnellem5t app>t5ir la f9 de ce volume1 puisque les indications spontanes que la suite de notre travail devait1 ce sujet1 graduellem5t dvelopp] ne saurai5t tre t]m9es tant qu'il re/e exam9] une d]nire bran*e ess5tielle de notre sy/me philosophique4 ,mais1 n\s avons reconnu1 dans t\tes les p>ties antrieures de ce ,trait1 que *acune des div]ses sci5ces fondam5tales possde1 p> sa nature1 l'importante proprit de manife/] spcialem5t l'un des pr9cipaux attributs de la m?ode positive univ]selle1 quoique t\s doiv5t ncessairem5t se retr\v]1 un c]ta9 degr1 dans t\tes les autres sci5ces1 en v]tu de notre inv>iable unit logique4 ,n\s n'avons donc ici qu' c>actris]1 s\s ce rapport1 l'g>d de la physique sociale1 sa p>ticipation propre et directe la composition lm5taire du fonds commun de nos ress\rces intellectuelles4 ,or1 au po9t o ce volume e/ ma9t5ant p>v5u1 il e/ dj facile de reconnatre que cette coopration logique de la n\velle sci5ce n'a pas1 sans d\te1 une mo9dre importance gnrale que celle des div]ses sci5ces antrieures1 y compris mme la biologie4 ,il rsulte1 en effet1 de la leon prcd5te que la fondation de la sociologie positive t5d directem5t augm5t] l'ensemble de nos pr9cipaux moy5s de spculation quelconque1 en y introduisant1 comme d]ni] lm5t ess5tiel1 ce mode gnral d'exploration que j'ai signal s\s le nom de m?ode hi/orique proprem5t dite1 qui1 aprs un usage conv5able1 con/itu]a rellem5t plus t>d un quatrime mode fondam5tal d'obs]vation1 la suite du procd comp>atif de la biologie1 dont il prs5te c]ta9em5t une modification assez pr(onde p\r mrit] d'en tre f9alem5t di/+u4 ,ce n\veau moy5 d'inve/igation1 dont la manife/ation tait1 p> sa nature1 si videmm5t rs]ve la sociologie1 e/ vraim5t1 au fond1 plus ou mo9s applicable t\s les ordres quelconques de spculations sci5tifiques4 ,il suffit1 p\r cela1 suivant le pr9cipe inconte/able ci-dessus indiqu1 de concevoir *aque dc\v]te quelconque1 l'in/ant o elle s'accomplit1 comme con/ituant un vritable phnomne social1 faisant p>tie de la srie gnrale du dveloppem5t huma91 et1 ce titre1 s\mis aux lois de succession et aux m?odes d'exploration qui c>actris5t cette gr&e volution4 ,d'un tel po9t de d"p1 dont la rationnalit ne saurait tre mconnue1 on embrasse aussitt l'entire univ]salit ncessaire de la m?ode hi/orique1 ds-lors envisage dans t\te son m95te dignit intellectuelle4 ,n'e/-il po9t s5sible1 en effet1 que1 p> une telle m?ode1 les div]ses dc\v]tes sci5tifiques devi5n5t1 un c]ta9 degr1 susceptibles d'une vraie prvision rationnelle1 d'aprs une exacte apprciation du m\vem5t antrieur de la sci5ce1 conv5ablem5t int]prt suivant les lois fondam5tales de la m>*e relle de l'esprit huma98 ,p>v5ue une telle spcialit1 la prvision hi/orique ne saurait sans d\te1 d'aprs les explications du *apitre prcd5t1 comport] des dt]m9ations bi5 prcises3 mais elle p\rra c]ta9em5t f\rnir d'heureuses indications prlim9aires sur le s5s gnral des progrs immdiats1 de manire vit] surt\t1 en gr&e p>tie1 l'norme dp]dition des =ces intellectuelles qui se consum5t auj\rd'hui en essais ess5tiellem5t has>ds1 dont la plup>t ne comport5t aucun succs rel4 ,comp>ant a9si conv5ablem5t l'tat prs5t de *aque sci5ce1 ou mme de *aque gr& sujet sci5tifique1 la suite philosophique des tats antrieurs1 il devi5dra1 sans d\te1 possible d'assujtir ultrieurem5t l'art des dc\v]tes une sorte de ?orie rationnelle1 qui puisse utilem5t guid] les ef=ts in/9ctifs du gnie individuel1 dont la m>*e propre ne saurait tre vraim5t indp5dante du dveloppem5t collectif de l'esprit huma91 quelque illusion naturelle que puisse inspir]1 cet g>d1 le s5tim5t exagr de la supriorit p]sonnelle1 malheureusem5t si dispose1 d'ord9aire1 surt\t en ce g5re1 un isolem5t *imrique4 ,la m?ode hi/orique e/ donc de/9e1 en dom9ant dsormais l'usage sy/matique de t\tes les autres m?odes sci5tifiques quelconques1 leur procur] une plnitude de rationnalit qui leur manque ess5tiellem5t encore1 en transportant1 autant que possible1 l'ensemble cette progression sagem5t ordonne qui n'exi/e auj\rd'hui que p\r les dtails3 le *oix habituel des sujets de re*]*es1 jusqu'ici presque arbitraire1 ou du mo9s m9emm5t empirique1 t5dra ds-lors acqurir1 un c]ta9 degr1 ce c>actre vraim5t sci5tifique que prs5te seule ma9t5ant l'inve/igation p>tielle de *acun d'eux4 ,mais1 p\r que ces hautes proprits puiss5t tre conv5ablem5t ralises1 il e/ indisp5sable que cette m?ode transc5dante1 si difficile et si dlicate p> sa nature1 soit elle-mme t\j\rs subordonne aux conditions philosophiques qu'impose le vritable esprit gnral de la sci5ce o elle pr5d spcialem5t naissance1 tel qu'il a t suffisamm5t c>actris dans la leon prcd5te4 ,la pr9cipale de ces conditions consi/e1 a9si que n\s l'avons tabli1 ne jamais considr] l'ensemble du dveloppem5t propre de *aque sci5ce isolm5t de la progression totale de l'esprit huma91 ni mme de l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,a9si1 la physique sociale1 qui f\rnit spontanm5t cette n\velle m?ode1 devra donc aussi plus ou mo9s prsid] ultrieurem5t son application graduelle1 au mo9s d'aprs sa conception gnrale du dveloppem5t huma9#cc4 ,t\t usage trop p>tiel ou trop isol d'un tel mode d'inve/igation1 suivant l'irrationnelle t5dance disp]sive des esprits actuels1 s]ait ess5tiellem5t inefficace1 ou ne p\rrait ralis] qu'une faible p>tie des importans avantages qu'on doit s'en promettre p\r le progrs des sci5ces1 en exposant mme peut-tre c]ta9es ab]rations spciales4 ,quoique1 d'aprs notre pr9cipe inv>iable de l'uni=mit fondam5tale de la m?ode positive1 l'tat prs5t des sci5ces doive ncessairem5t (frir dj quelques traces spontanes de ce moy5 suprieur de spculation1 cep5dant sa complication c>actri/ique et son dveloppem5t pe9e naissant ne saurai5t p]mettre d'en ap]cevoir actuellem5t des exemples trs prononcs1 et surt\t assez v>is p\r con/itu] une manife/ation ple9em5t dcisive4 ,le sy/me enti] de nos div]ses connaissances positives n'en prs5te encore1 mes yeux1 qu'un seul tmoignage vraim5t irrcusable1 qu'il faut all] puis]1 comme on devait s'y att5dre1 dans la sci5ce ma?matique1 si hautem5t de/9e1 p> sa nature1 raison de son essor plus simple et plus rapide1 f\rnir spontanm5t d'avance quelques exemples plus ou mo9s apprciables de t\s les procds logiques possibles1 aussi bi5 d'ailleurs1 malgr le prjug actuel1 que de presque t\tes les ab]rations4 ,ce prcieux exemple m'e/ f\rni p> ces sublimes *apitres prlim9aires des div]ses sections de la ,mcanique analytique1 si peu apprcis du vulgaire des gomtres p>ce qu'ils ne conti5n5t aucune =mule1 et qui con/itu5t1 mon gr1 la preuve la plus dcisive de l'm95te supriorit philosophique de ,lagrange sur t\s les gomtres po/rieurs ,desc>tes et ,lebnitz4 ,en exposant cette admirable filiation des pr9cipales conceptions de l'esprit huma9 relativem5t la mcanique rationnelle1 depuis l'orig9e de la sci5ce jusqu' nos j\rs1 le gnie de ,lagrange a c]ta9em5t press5ti le vritable esprit gnral de la m?ode hi/orique1 p> cela seul qu'il a *oisi une telle apprciation fondam5tale p\r base prlim9aire de l'ensemble de ses propres spculations sci5tifiques4 ,je ne saurais donc1 s\s ce rapport1 trop =tem5t recomm&] ici1 non-seulem5t aux gomtres1 si trang]s1 d'ord9aire1 de telles p5ses1 mais t\tes les intellig5ces vraim5t philosophiques1 l'assidue mditation de ces m95tes compositions1 o rside1 ma connaissance1 le seul exemple rel qui puisse donn] jusqu'ici une ide conv5able de la vritable hi/oire1 telle que je l'ai c>actrise1 bi5 que leur auteur n'et c]tes aucune prt5tion au titre vulgaire d'hi/ori54 ,footnote #cc3 ,j'ai expos d'avance1 dans le second volume de ce ,trait1 un exemple c>actri/ique de l'utilit sci5tifique de cette m?ode hi/orique1 en tablissant1 surt\t d'aprs elle1 la ?orie positive des hypo?ses vraim5t rationnelles en philosophie naturelle et pr9cipalem5t en physique4 ,plus on mdit]a sur ce gr& sujet1 mieux on s5tira1 en pr9cipe1 que la vritable philosophie de *aque sci5ce e/ ncessairem5t insp>able de son hi/oire relle1 c'e/--dire d'une exacte apprciation gnrale de la filiation effective de l'ensemble de ses progrs pr9cipaux4 ,la similitude ess5tielle qui doit 9vitablem5t rgn] entre la m>*e intellectuelle de l'individu et celle de l'espce1 indique videmm5t qu'on ne saurait conv5ablem5t saisir la coord9ation ple9em5t rationnelle des div]ses conceptions sci5tifiques1 si l'on n'e/ po9t guid p> la vraie ?orie de leur en*anem5t hi/orique1 que la physique sociale peut seule rellem5t f\rnir *aque sci5ce spciale4 ,c'e/ a9si que l'in/itution de cette d]nire sci5ce fondam5tale doit sembl] directem5t indisp5sable l'enti] dveloppem5t sy/matique de t\tes les autres4 ,on voit aussi p>-l quelle ext5sion capitale notre n\velle philosophie politique procure spontanm5t l'influ5ce ncessaire de l'hi/oire dans l'ensemble des spculations huma9es1 comme je l'avais annonc en t]m9ant le prcd5t *apitre4 ,quoique ncessairem5t trs sommaires1 les indications prcd5tes suffis5t1 sans d\te1 p\r con/at] que l'9vitable raction univ]selle de la sci5ce sociale sur le sy/me des sci5ces antrieures n'a pas mo9s d'importance s\s le po9t de vue purem5t logique que s\s l'aspect directem5t sci5tifique4 ,t&is que1 d'une "p1 la sociologie positive t5d li] pr(ondm5t entre elles t\tes les autres sci5ces1 soit p> leur commune subord9ation philosophique la ?orie gnrale du dveloppem5t huma91 soit p> la manife/ation spontane et cont9ue de leurs vraies relations mutuelles1 on voit aussi ma9t5ant que1 d'une autre "p1 elle t5d sup]pos]1 l'ensemble de leurs div]s modes propres d'inve/igation1 une m?ode plus leve1 dont l'application judicieuse p\rra dirig] avec plus d'efficacit leur usage rationnel1 de manire bannir1 autant que possible1 l'empirisme et le ttonnem5t4 ,a9si1 l'intime dp5dance ncessaire o1 p> la nature de ses phnomnes1 la physique sociale e/ si videmm5t place entre t\tes les sci5ces antrieures1 comme n\s l'avons d'abord reconnu1 se tr\ve rciproquem5t accompagne d'une d\ble influ5ce capitale1 non mo9s 9vitable1 qu'elle doit1 son t\r1 ex]c] con/amm5t sur elles1 de manire leur r5dre des (fices ess5tiellem5t quival5s ceux qu'elle en aura reu1 quoique d'une autre nature4 ,on peut donc ap]cevoir dj cette m95te proprit c>actri/ique d'une telle sci5ce de =m] p\r a9si dire le noeud pr9cipal du faisceau sci5tifique fondam5tal1 p> suite de ses div]s rapports naturels1 soit de subord9ation1 soit de direction1 avec t\tes les autres1 a9si que je l'expliqu]ai ultrieurem5t4 ,c'e/ p>-l que la vraie coord9ation homogne de nos div]ses sci5ces relles t5d ressortir spontanm5t de leur dveloppem5t positif1 au lieu d'tre va9em5t emprunte des conceptions anti-sci5tifiques sur une *imrique unit des diffr5s phnomnes quelconques1 comme on l'a jusqu'ici exclusivem5t t5t4 ,l'ensemble des considrations indiques dans ce *apitre complte suffisamm5t la gr&e opration philosophique entreprise dans le *apitre prcd5t p\r c>actris] directem5t le vritable esprit gnral de la d]nire sci5ce fondam5tale1 en manife/ant ses div]ses relations ncessaires avec l'ensemble de t\tes les autres4 ,indp5damm5t de son indisp5sable influ5ce p\r dirig] la =mation rationnelle de la sa9e philosophie politique1 cette intime et mutuelle connexit1 la fois sci5tifique et logique1 prs5te immdiatem5t1 avant mme que la sci5ce ait pu se dvelopp] conv5ablem5t1 cette haute utilit sociale1 si prcieuse auj\rd'hui1 de comm5c] ralis] spontanm5t une c]ta9e discipl9e intellectuelle1 en assujtissant les scrutateurs quelconques des que/ions sociales une longue et difficile prp>ation sci5tifique1 dont la p>faite rationnalit ne saurait laiss] le mo9dre s\pon d'arbitraire1 comme je l'avais annonc dans la qu>ante-sixime leon4 ,p> la complication suprieure de ses phnomnes1 aussi bi5 que p> son essor plus rc5t1 la sci5ce sociale devra1 sans d\te1 t\j\rs re/]1 p> sa nature1 plus ou mo9s infrieure1 s\s les rapports spculatifs les plus importans1 t\tes les autres sci5ces fondam5tales4 ,on peut cep5dant s5tir1 d'aprs l'ensemble d'une telle apprciation1 que l'application conv5able de moy5s d'inve/igation et de vrification plus t5dus qu'en aucune autre sci5ce1 suivant notre loi con/ante1 p\rra lui procur] une rationnalit bi5 suprieure ce que doit faire espr] l'tat prs5t de l'esprit huma94 ,la p>faite unit spontane d'un tel sujet1 malgr son imm5se ext5sion1 la solid>it plus prononce de ses div]s aspects quelconques1 sa m>*e c>actri/ique des que/ions les plus gnrales v]s des re*]*es graduellem5t plus spciales1 enf9 l'emploi plus frqu5t et plus important des considrations priori d'aprs les indications f\rnies p> les sci5ces antrieures1 et surt\t p> la ?orie biologique de la nature huma9e1 doiv5t faire concevoir de plus hautes esprances de la dignit spculative d'une telle sci5ce que ne p\rra l'indiqu] ici l'imp>faite ralisation que je vais ma9t5ant bau*] directem5t1 et dont la pr9cipale de/9ation doit tre1 mes yeux1 de mieux c>actris]1 p> une manife/ation plus s5sible et plus efficace1 l'esquisse fondam5tale que je vi5s de t]m9] de la vraie nature gnrale de cette n\velle philosophie politique et du vritable esprit sci5tifique qui doit prsid] sa con/ruction ultrieure4 ,,c9quanti,,me ,,le,,on4 ,considrations prlim9aires sur la /atique sociale1 ou ?orie gnrale de l'ordre spontan des socits huma9es4 ,d'aprs les div]s motifs ess5tiels indiqus dans l'avant-d]nire leon1 la p>tie spcialem5t dynamique de la sci5ce sociale doit ncessairem5t attir]1 d'une manire prpondrante et mme presque exclusive1 notre att5tion directe et explicite3 non-seulem5t p>ce que l'intrt plus puissant et plus immdiat qu'elle inspire naturellem5t1 surt\t auj\rd'hui1 p]met de mieux apprci] son vrai c>actre philosophique2 mais aussi en v]tu de l'aptitude spontane des phnomnes du m\vem5t manife/]1 avec une plus irrsi/ible vid5ce1 les lois relles de la solid>it fondam5tale4 ,nanmo9s1 le trait m?odique et spcial de philosophie politique1 annonc au db de ce volume1 devra ultrieurem5t cont5ir une analyse appr(ondie et dveloppe de l'ensemble des conditions quelconques d'exi/5ce communes t\tes les socits huma9es1 et des lois d'h>monie correspondantes1 avant de procd] l'tude propre des lois de succession4 ,quoique les limites naturelles de ce volume1 et la de/9ation plus gnrale du ,trait dont il fait p>tie1 doiv5t ess5tiellem5t m'int]dire ici cette importante opration pralable1 je crois devoir consacr] cep5dant la leon actuelle prs5t] sommairem5t1 sur ce premi] aspect lm5taire de la physique sociale1 quelques considrations prlim9aires1 sans lesquelles la suite de notre travail ne saurait tre conv5ablem5t comprise1 en les re/reignant d'ailleurs aux indications les plus indisp5sables1 et laissant au lecteur complt] lui-mme graduellem5t ces notions /atiques1 autant que le comporte l'tat naissant de la sci5ce1 mesure que n\s apprci]ons ensuite le dveloppem5t hi/orique de l'humanit4 ,malgr son 9vitable rapidit actuelle1 cet indisp5sable prambule /atique ne peut atte9dre suffisamm5t son b rationnel qu'en tant dj conu ici d'aprs la mme m>*e sci5tifique qui devra ultrieurem5t dirig]1 sur une plus gr&e *elle1 une telle analyse sociologique4 ,cette m>*e consi/e surt\t exam9] successivem5t les trois ordres pr9cipaux de considrations sociologiques1 de plus en plus composes et spciales1 qui s'en*an5t ncessairem5t en un tel sujet1 en apprciant les conditions gnrales d'exi/5ce sociale relatives d'abord l'individu1 ensuite la famille1 et enf9 la socit proprem5t dite1 dont la notion1 p>v5ue son entire ext5sion sci5tifique1 t5d embrass] la totalit de l'espce huma9e1 et pr9cipalem5t l'ensemble de la race blan*e4 ,en ce qui conc]ne l'individu1 n\s p\vons pralablem5t c>t] ici1 comme dev5ue auj\rd'hui heureusem5t sup]flue p\r t\s les esprits clairs1 t\te dmon/ration =melle de la sociabilit fondam5tale de l'homme4 ,la ?orie crbrale de l'illu/re ,gall1 aura surt\t r5du1 s\s ce rapport1 un imm5se s]vice philosophique1 en dissipant jamais1 p> les seules voies ma9t5ant capables de produire une conviction relle et durable1 les ab]rations mtaphysiques du sicle d]ni] sur ce sujet capital1 dj empiriquem5t signales d'aprs l'exploration spciale et directe de l'tat sauvage4 ,cette ?orie a non-seulem5t tabli sci5tifiquem5t l'irrsi/ible t5dance sociale de la nature huma9e2 elle a mme dtruit les fausses apprciations qui avai5t sy/matiquem5t conduit la mconnatre2 et qui consi/ai5t pr9cipalem5t1 d'une "p1 attribu] aux comb9aisons intellectuelles une *imrique prpondrance dans la conduite gnrale de la vie huma9e1 p5dant que1 d'une autre "p1 on exagrait1 au degr le plus absurde1 l'influ5ce absolue des beso9s sur la prt5due cration des facults4 ,outre cette prcieuse analyse biologique1 une simple considration de philosophie sociologique1 que je crois utile d'indiqu] ici1 suffirait mettre directem5t en vid5ce la haute irrationnalit ncessaire de l'trange doctr9e qui fait uniquem5t driv] l'tat social de l'utilit fondam5tale que l'homme en retire p\r la satisfaction plus p>faite de ses div]s beso9s individuels4 ,c>1 cette inconte/able utilit1 quelque influ5ce qu'on lui suppose1 n'a pu rellem5t se manife/] qu'aprs un long dveloppem5t pralable de la socit dont on lui attribue a9si la cration4 ,un tel c]cle vicieux p>atra d'autant plus dcisif que l'on rfl*ira davantage aux vrais c>actres de la premire enfance de l'humanit1 o les avantages individuels de l'association sont m9emm5t d\teux1 si mme on ne peut dire1 en beauc\p de cas1 qu'elle augm5te bi5 mo9s les ress\rces que les *>ges1 comme on ne le voit encore que trop dans les d]ni]s rangs des socits les plus avances4 ,il e/ donc ple9em5t vid5t que l'tat social n'et jamais exi/1 s'il n'avait pu rsult] que d'une conviction quelconque de son utilit individuelle1 puisque cette conviction1 bi5 lo9 de p\voir prcd] l'tablissem5t d'un tel mode d'exi/5ce1 quelque habilet qu'on suppost mme ceux auxquels on attribue ce *imrique calcul1 n'a pu1 au contraire1 comm5c] se dvelopp] graduellem5t que d'aprs l'accomplissem5t dj trs avanc de l'volution sociale4 ,ce s5tim5t e/ encore assez faiblem5t enrac91 p\r que1 de nos j\rs1 d'audacieux sophi/es ai5t pu1 sans tre rputs alins1 t5t] directem5t de l'branl]1 en niant dogmatiquem5t une semblable utilit1 p> un dplorable abus de la lib]t ncessairem5t issue de notre an>*ie intellectuelle4 ,la sociabilit ess5tiellem5t spontane de l'espce huma9e1 en v]tu d'un p5*ant in/9ctif la vie commune1 indp5damm5t de t\t calcul p]sonnel1 et s\v5t malgr les intrts individuels les plus n]giques1 ne saurait donc tre dsormais aucunem5t conte/e1 en pr9cipe1 p> ceux-l mme qui ne pr5drai5t po9t en suffisante considration les lumires indisp5sables que f\rnit ma9t5ant1 ce sujet1 la sa9e ?orie biologique de notre nature intellectuelle et morale4 ,je ne saurais d'ailleurs m'arrt] ici la mo9dre apprciation directe des div]s c>actres spcifiques1 soit physiques1 soit moraux1 soit intellectuels1 qui1 une fois l'exi/5ce sociale a9si spontanm5t tablie1 t5d5t naturellem5t lui faire bi5tt acqurir plus d't5due et de /abilit1 p> le dveloppem5t mme qu'elle procure l'ensemble des beso9s huma9s4 ,ces diffr5tes explications lm5taires1 d'ailleurs utilem5t bau*es p> la physiologie actuelle1 ne saurai5t conv5ir qu' un trait spcial3 elles sur*>g]ai5t videmm5t un volume dj trop t5du4 ,en les supposant ici suffisamm5t effectues1 comme le p]met ess5tiellem5t l'tat prs5t de nos connaissances biologiques1 je dois seulem5t av]tir1 en gnral1 qu'on y attribue d'ord9aire une importance exagre la considration isole de *aque condition propre1 surt\t en ce qui conc]ne les c>actres purem5t physiques1 mme ceux dont l'influ5ce sociale e/ la plus irrcusable1 comme la nudit naturelle de l'homme1 son enfance mo9s protge et plus prolonge1 etc4 ,quelle que soit la puissance relle propre *acune de ces div]ses conditions1 et spcialem5t cette d]nire circon/ance1 p\r =tifi] et dvelopp] notre sociabilit spontane1 c'e/ pr9cipalem5t leur ensemble total qu'il convi5drait d'apprci]1 comme seul ple9em5t c>actri/ique1 puisque la plup>t de ces p>ticul>its se retr\v5t d'ailleurs sp>m5t *ez d'autres espces sociables1 sans y produire des effets semblables4 ,en gnral1 t\te cette p>tie prlim9aire de la sociologie p\rra tre un j\r trs utilem5t claire p> l'analyse comp>ative des diffr5tes socits animales1 comme je l'ai indiqu dans l'avant-d]ni] *apitre4 ,sans insi/] ici sur cette apprciation trop spciale1 il importe seulem5t mon objet pr9cipal de signal]1 d'aprs l'ensemble d'une telle opration1 l'influ5ce ncessaire des plus importans attributs gnraux de notre nature p\r donn] la socit huma9e le c>actre fondam5tal qui lui app>ti5t con/amm5t1 et que son dveloppem5t quelconque ne saurait jamais altr]4 ,il faut1 cet effet1 considr] d'abord cette n]gique prpondrance des facults affectives sur les facults intellectuelles1 qui1 mo9s prononce *ez l'homme qu'en aucun autre animal1 dt]m9e cep5dant1 avec tant d'vid5ce1 la premire notion ess5tielle sur notre vritable nature1 auj\rd'hui si heureusem5t reprs5te1 cet g>d1 p> l'ensemble de la physiologie crbrale1 a9si que n\s l'avons reconnu la f9 du volume prcd5t4 ,quoique la cont9uit d'action con/itue c]ta9em5t1 en un g5re quelconque1 une indisp5sable condition pralable de succs rel1 l'homme cep5dant1 comme t\t autre animal1 rpugne spontanm5t une telle p]svrance1 et ne tr\ve d'abord un vrai plaisir dans l'ex]cice de son activit propre qu'autant qu'elle e/ suffisamm5t v>ie3 cette div]sit importe mme1 s\s ce rapport1 davantage que la modration d'int5sit1 surt\t dans les cas les plus ord9aires1 o aucun in/9ct n'e/ hautem5t prononc4 ,les facults intellectuelles tant naturellem5t les mo9s n]giques1 leur activit1 p\r peu qu'elle se prolonge id5tiquem5t un c]ta9 degr1 dt]m9e1 *ez la plup>t des hommes1 une vritable fatigue1 bi5tt insupportable3 aussi e/-ce pr9cipalem5t leur ex]cice que s'applique ce dolce f> ni5te1 dont t\s les ges de la civilisation ont p>t\t reproduit1 s\s des =mes plus ou mo9s naves1 l'expression univ]selle et c>actri/ique4 ,nanmo9s1 c'e/ surt\t de l'usage conv5ablem5t op9itre de ces hautes facults que doiv5t videmm5t dp5dre1 p\r l'espce comme p\r l'individu1 les modifications graduelles de l'exi/5ce huma9e p5dant le c\rs naturel de notre volution sociale3 en sorte que1 p> une dplorable concid5ce1 l'homme a prcism5t le plus beso9 du g5re d'activit auquel il e/ le mo9s propre4 ,les imp]fections physiques et les ncessits morales de sa condition lui impos5t1 plus imprieusem5t qu' aucun autre animal1 l'indisp5sable obligation d'employ] con/amm5t son intellig5ce amlior] sa situation primitive2 aussi e/-il1 cet effet1 le plus intellig5t de t\s les animaux1 en quoi l'on doit1 sans d\te1 reconnatre une c]ta9e h>monie3 mais cette h>monie1 comme t\tes les autres co-relations relles1 e/ extrmem5t imp>faite2 puisque l'intellig5ce de l'homme e/ =t lo9 d'tre spontanm5t assez prononce p\r que son ex]cice un peu s\t5u puisse tre habituellem5t support sans une irrsi/ible fatigue1 qu'une /imulation n]gique et con/ante peut seule prv5ir ou tempr]4 ,au lieu de dplor] va9em5t cette insurmontable discordance1 n\s devons la not] comme un premi] docum5t ess5tiel f\rni la sociologie p> la biologie1 et qui doit radicalem5t influ] sur le c>actre gnral des socits huma9es1 indp5damm5t de la puissance vid5te que n\s reconnatrons une p>eille cause1 dans la leon suivante1 p\r conc\rir la dt]m9ation fondam5tale de la vitesse ou plutt de la l5teur de notre volution sociale4 ,il en rsulte immdiatem5t ici que presque t\s les hommes sont1 p> leur nature1 m9emm5t impropres au travail intellectuel1 et v\s ess5tiellem5t une activit matrielle3 en sorte que l'tat spculatif1 de plus en plus indisp5sable1 ne peut tre conv5ablem5t produit et surt\t ma9t5u *ez eux1 que d'aprs une puissante impulsion htrogne1 sans cesse entret5ue p> des p5*ans mo9s levs mais plus n]giques4 ,quelle que soit1 cet g>d1 la haute importance des nombreuses diffr5ces individuelles1 elles consi/5t ncessairem5t en une simple 9galit de degr1 comme en t\t autre cas1 sans que les plus m95tes natures soi5t jamais vraim5t affran*ies de cette commune obligation4 ,s\s ce rapport1 les hommes peuv5t tre surt\t classs sci5tifiquem5t suivant la noblesse ou la spcialit croissantes des facults affectives p> lesquelles e/ effectivem5t produite l'excitation intellectuelle4 ,en p>c\rant l'*elle gnrale asc5dante de cet ensemble de facults div]ses1 d'aprs la lum9euse ?orie de ,gall1 on voit aism5t que1 *ez le plus gr& nombre des hommes1 la t5sion intellectuelle n'e/ habituellem5t entret5ue1 comme *ez les animaux1 sauf quelques r>es et c\rts lans de cette activit purem5t spculative qui c>actrise t\j\rs le type huma91 que p> la /imulation grossire mais n]gique drive des beso9s fondam5taux de la vie organique1 et des in/9cts les plus univ]sels de la vie animale1 dont les organes app>ti5n5t ess5tiellem5t la p>tie po/rieure du c]veau4 ,la nature individuelle de l'homme devi5t1 en gnral1 d'autant plus m95te1 que cette indisp5sable excitation trangre rsulte de p5*ans plus levs1 plus p>ticuli]s notre espce1 et dont le sige anatomique rside dans les portions de l'encphale de plus en plus rappro*es de la p>tie antro-suprieure de la rgion frontale1 sans que cep5dant l'activit purem5t spontane de cette noble rgion soit jamais assez prononce1 mme dans les cas les plus exceptionnels1 p\r n'exig] aucune autre impulsion1 au mo9s jusqu' ce que l'habitude de la mditation soit dev5ue conv5ablem5t prpondrante1 ce qui e/ d'ailleurs inf9im5t r>e4 ,p\r prv5ir t\te fausse apprciation philosophique de cette vid5te infriorit fondam5tale des facults intellectuelles1 qui1 *ez le premi] des animaux1 subordonne ncessairem5t leur activit s\t5ue l'indisp5sable excitation prpondrante des facults affectives les plus vulgaires1 il importe ma9t5ant d'aj\t] que l'on peut seulem5t regrett]1 ce sujet1 le degr rel d'une telle infriorit1 dont la notion gnrale ne saurait d'ailleurs comport] aucune rclamation rationnelle4 ,l'conomie sociale s]ait1 sans d\te1 bi5 plus satisfaisante1 si1 dans la nature ess5tielle de l'homme1 cette prpondrance des passions p\vait tre mo9s prononce1 ce que notre imag9ation peut aism5t suppos]4 ,mais si cette dim9ution idale s't5dait jusqu' l'inv]sion totale d'une p>eille con/itution1 en concevant transport aux facults intellectuelles l'asc5dant spontan de nos facults affectives1 cette n\velle disposition de notre nature1 bi5 lo9 de p]fectionn] rellem5t l'organisme social1 en r5drait la notion radicalem5t in9telligible3 comme si 7p> une mtaphore utile quoique grossire71 =ce d'amo9drir le frottem5t sur nos r\tes1 on p\vait p>v5ir l'y te9dre entirem5t1 ce qui1 au lieu d'y amlior] la locomotion1 en r5drait le mcanisme aussitt contradictoire aux lois les plus fondam5tales du m\vem5t4 ,c>1 la prpondrance actuelle de nos facults affectives n'e/ pas seulem5t indisp5sable p\r retir] cont9uellem5t notre faible intellig5ce de sa l?>gie native1 mais aussi p\r donn] son activit quelconque un b p]man5t et une direction dt]m9e1 sans lesquels elle s'g>]ait ncessairem5t en de vagues et incohr5tes spculations ab/raites1 a9si que je l'ai indiqu au volume prcd5t1 mo9s de suppos] notre ent5dem5t une =ce tellem5t suprieure que n\s ne saurions en concevoir la mo9dre ide nette1 lors mme que n\s imag9]ions la rgion frontale dev5ue prpondrante dans l'ensemble du c]veau huma94 ,les plus my/iques ef=ts de l'extase ?ologique1 p\r s'lev] la notion de purs esprits1 entirem5t affran*is de t\s beso9s organiques1 et trang]s t\tes les passions animales et huma9es1 n'ont effectivem5t ab\ti1 *ez les plus hautes intellig5ces1 comme *acun peut aism5t le reconnatre1 qu' la simple reprs5tation d'une sorte d'idiotisme transc5dant1 t]nellem5t absorb p> une contemplation ess5tiellem5t va9e et presque /upide de la maje/ div9e3 tant les plus utopiques rv]ies sont 9vitablem5t subordonnes l'empire irrsi/ible de la ralit1 dt-elle re/] inap]ue ou mconnue4 ,a9si1 s\s ce premi] aspect capital1 l'conomie lm5taire de notre organisme social e/ ncessairem5t ce qu'elle doit tre1 sauf le degr qui seul p\rrait tre autrem5t conu1 sans qu'il convi5ne d'ailleurs de se livr] de /riles regrets sur cette exhorbitante prpondrance de la vie affective comp>e la vie intellectuelle4 ,il faut enf9 reconnatre1 ce sujet1 que n\s p\vons effectivem5t1 entre d'troites limites1 dim9u] graduellem5t un tel asc5dant ncessaire1 ou plutt que cette faible rectification rsulte spontanm5t du dveloppem5t cont9u de la civilisation huma9e1 qui1 p> l'ex]cice t\j\rs croissant de notre intellig5ce1 t5d de plus en plus lui subordonn] nos p5*ans1 comme je l'indiqu]ai plus spcialem5t au *apitre suivant1 quoique1 du re/e1 on n'ait c]tes jamais cra9dre1 s\s ce rapport1 l'inv]sion relle de l'ordre fondam5tal4 ,le second c>actre ess5tiel auquel n\s devons avoir g>d p\r l'apprciation sociologique prlim9aire de notre nature individuelle1 consi/e en ce que1 outre l'asc5dant gnral de la vie affective sur la vie intellectuelle1 les in/9cts les mo9s levs1 les plus spcialem5t g/es1 ont1 dans l'ensemble de notre organisme moral1 une irrcusable prpondrance sur les plus nobles p5*ans1 directem5t relatifs la sociabilit4 ,n\s sommes heureusem5t disp5ss auj\rd'hui de discut] m?odiquem5t les ab]rations et les sophismes mtaphysiques qui1 dans le sicle d]ni]1 s'ef=ai5t de rduire dogmatiquem5t au seul gsme le sy/me de notre nature morale1 en mconnaissant radicalem5t cette admirable spontanx qui n\s fait irrsi/iblem5t compatir aux d\leurs quelconques de t\s les tres s5sibles1 et surt\t de nos semblables1 aussi bi5 que p>ticip] involontairem5t leurs joies1 au po9t d'oubli] quelquefois en leur faveur le so9 cont9u de notre propre cons]vation4 ,l'cole cossaise avait dj utilem5t bau* la rfutation de ces dang]euses extravagances3 mais la physiologie crbrale en a surt\t fait1 de nos j\rs1 irrvocablem5t ju/ice1 en leur sub/ituant jamais une plus fidle reprs5tation de la nature huma9e4 ,quelle que soit l'importance capitale de cette indisp5sable rectification1 sans laquelle notre exi/5ce morale s]ait ncessairem5t in9telligible1 il faut nanmo9s reconnatre1 d'aprs cette sa9e ?orie biologique de l'homme1 que nos div]ses affections sociales sont malheureusem5t trs infrieures en p]svrance et en n]gie nos affections purem5t p]sonnelles1 quoique le bonheur commun doive surt\t dp5dre de la satisfaction cont9ue des premires1 qui seules1 aprs n\s avoir spontanm5t conduits d'abord l'tat social1 le ma9ti5n5t ess5tiellem5t d'ord9aire contre la div]g5ce fondam5tale des plus puissans in/9cts individuels4 ,en apprciant conv5ablem5t la haute influ5ce sociologique de cette d]nire gr&e donne biologique1 on doit d'abord concevoir1 comme env]s la premire1 la ncessit radicale d'une telle condition1 dont le degr seul peut tre raisonnablem5t dplor4 ,p> des motifs ess5tiellem5t analogues ceux de l'explication prcd5te1 il e/ ais de compr5dre1 en effet1 que cette indisp5sable prpondrance des in/9cts p]sonnels peut seule imprim] notre exi/5ce sociale un c>actre nettem5t dt]m9 et f]mem5t s\t5u1 en assignant un b p]man5t et n]gique l'emploi direct et cont9u de notre activit individuelle4 ,c>1 malgr les ju/es pla9tes auxquelles peut donn] lieu l'asc5dant exagr des intrts privs sur les intrts publics1 il demeure inconte/able que la notion de l'intrt gnral ne saurait avoir aucun s5s intelligible sans celle de l'intrt p>ticuli]1 puisque la premire ne peut videmm5t rsult] que de ce que la seconde (fre de commun *ez les div]s individus4 ,quelle que pt tre la puissance des affections sympa?iques1 dans une idale rectification de notre nature1 n\s ne saurions cep5dant jamais s\hait] habituellem5t p\r les autres que ce que n\s dsirons p\r n\s-mmes1 sauf les cas trs r>es et =t secondaires o un raff9em5t de dlicatesse morale1 ess5tiellem5t impossible sans l'habitude de la mditation intellectuelle1 peut n\s faire suffisamm5t apprci]1 l'g>d d'autrui1 des moy5s de bonheur auxquels n\s n'atta*ons plus presque aucune importance p]sonnelle4 ,si donc on p\vait supprim] en n\s la prpondrance ncessaire des in/9cts p]sonnels1 on aurait radicalem5t dtruit notre nature morale au lieu de l'amlior]1 puisque les affections sociales1 ds-lors prives d'une indisp5sable direction1 t5drai5t bi5tt1 malgr cet hypo?tique asc5dant1 dgnr] en une vague et /rile *>it1 9vitablem5t dp\rvue de t\te gr&e efficacit pratique4 ,qu& la morale des peuples avancs n\s a prescrit1 en gnral1 la /ricte obligation d'aim] nos semblables comme n\s-mmes#cd1 elle a =mul1 de la manire la plus admirable1 le prcepte le plus fondam5tal1 avec ce ju/e degr d'exagration qu'exige ncessairem5t l'indication d'un type quelconque1 au-dess\s duquel la ralit ne s]a jamais que trop ma9t5ue4 ,mais1 dans ce sublime prcepte1 l'in/9ct p]sonnel ne cesse po9t de s]vir de guide et de mesure l'in/9ct social1 comme l'exigeait la nature du sujet3 de t\te autre manire1 le b du pr9cipe et t ess5tiellem5t manqu2 c>1 en quoi et comm5t celui qui ne s'aim]ait po9t p\rrait-il aim] autrui8 ,a9si1 bi5 lo9 que la con/itution de l'homme soit1 cet g>d1 radicalem5t vicieuse1 on voit1 au contraire1 qu'il s]ait impossible de concevoir nettem5t1 l'ensemble des affections sociales1 aucune autre de/9ation relle que celle de tempr] et de modifi]1 un degr plus ou mo9s pr(ond1 le sy/me des p5*ans p]sonnels1 dont la prpondrance habituelle e/ aussi indisp5sable qu'9vitable1 sans quoi l'exi/5ce sociale ne saurait avoir qu'un c>actre vague et indt]m91 qui rep\ss]ait t\te prvoyance rgulire de la srie des actions huma9es4 ,il n'y a donc de vraim5t regrettable1 s\s ce rapport1 comme s\s le premi] po9t de vue ci-dessus exam91 que la trop faible int5sit effective de ce modrateur ncessaire1 dont la voix e/ si s\v5t t\ffe1 mme *ez les meilleurs naturels1 o il p>vi5t si r>em5t comm&] directem5t la conduite4 ,en ce s5s1 seul admissible1 on doit concevoir1 d'aprs un judicieux rappro*em5t de ces deux cas1 l'in/9ct sympa?ique et l'activit intellectuelle comme de/9s surt\t suppler mutuellem5t leur commune insuffisance sociale4 ,on peut dire1 en effet1 que si l'homme dev5ait plus bi5veillant1 cela quivaudrait ess5tiellem5t1 dans la pratique sociale1 le suppos] plus intellig5t1 non-seulem5t en v]tu du meilleur emploi qu'il f]ait alors spontanm5t de son intellig5ce relle1 mais aussi en ce que celle-ci ne s]ait plus autant absorbe p> la discipl9e1 indisp5sable quoique imp>faite1 qu'elle doit s'ef=c] d'impos] con/amm5t l'n]gique prpondrance spontane des p5*ans g/es4 ,mais la relation n'e/ pas mo9s exacte rciproquem5t1 bi5 qu'elle y doive tre mo9s apprciable2 c>1 t\t vrai dveloppem5t intellectuel quivaut f9alem5t1 p\r la conduite gnrale de la vie huma9e1 un accroissem5t direct de la bi5veillance naturelle1 soit en augm5tant l'empire de l'homme sur ses passions1 soit en r5dant plus net et plus vif le s5tim5t habituel des ractions dt]m9es p> les div]s contacts sociaux4 ,si1 s\s le premi] aspect1 on doit hautem5t reconnatre qu'aucune gr&e intellig5ce ne saurait se dvelopp] conv5ablem5t sans un c]ta9 fond de bi5veillance univ]selle1 qui peut seul procur] son libre lan un b assez m95t et un assez l>ge ex]cice1 de mme1 en s5s inv]se1 il ne faut pas d\t] davantage que t\t noble essor intellectuel ne t5de directem5t faire prvaloir les s5tim5s de sympa?ie gnrale1 non-seulem5t en c>tant les impulsions g/es1 mais encore en inspirant habituellem5t1 en faveur de l'ordre fondam5tal1 une sage prdilection spontane1 qui1 malgr sa froideur ord9aire1 peut aussi heureusem5t conc\rir au ma9ti5 de la bonne h>monie sociale que des p5*ans plus vifs et mo9s op9itres4 ,les repro*es moraux qu'on a le plus ju/em5t adresss la culture intellectuelle1 ne me p>aiss5t1 en gnral1 mme ab/raction faite de t\te exagration irrationnelle1 repos] ess5tiellem5t que sur une fausse apprciation philosophique3 au lieu de conv5ir au dveloppem5t propre de l'intellig5ce1 ils s'appliqu5t rellem5t1 au contraire1 dans la plup>t des cas1 des intellig5ces trop infrieures leurs fonctions sociales1 et dont la spontanx peu prononce a davantage exig la /imulation factice due aux p5*ans les plus n]giques1 c'e/--dire aux mo9s ds9tresss4 ,on ne peut donc plus conte/] la d\ble h>monie cont9ue qui ratta*e directem5t l'un l'autre les deux pr9cipaux modrateurs de la vie huma9e1 l'activit intellectuelle et l'in/9ct social1 dont l'influ5ce fondam5tale1 quoique a9si =tifie1 re/e nanmo9s1 de t\te ncessit1 t\j\rs plus ou mo9s subalt]ne env]s l'9vitable prpondrance de l'in/9ct p]sonnel1 indisp5sable moteur primitif de l'exi/5ce relle4 ,la premire de/9ation de la morale univ]selle1 en ce qui conc]ne l'individu1 consi/e surt\t augm5t] autant que possible cette d\ble influ5ce modratrice1 dont l'ext5sion graduelle con/itue aussi le premi] rsultat spontan du dveloppem5t gnral de l'humanit1 comme l'indiqu]a plus spcialem5t la leon suivante4 ,footnote #cd3 ,a cette belle =mule usuelle1 le respectable ,tracy croyait devoir hautem5t prfr] la =mule indt]m9e de sa9t ,jean3 ,aimez-v\s les uns les autres4 ,cette trange prdilection n'e/1 vrai dire1 qu'un n\veau tmoignage involontaire de la t5dance c>actri/ique aux conceptions vagues et absolues1 que t\te philosophie mtaphysique inspire spontanm5t1 mme aux meilleurs esprits4 ,telles sont donc1 s\s le premi] aspect lm5taire1 les deux sortes de conditions naturelles dont la comb9aison dt]m9e ess5tiellem5t le c>actre fondam5tal de notre exi/5ce sociale4 ,d'une "p1 l'homme ne peut tre heureux1 mme ab/raction faite des imprieuses ncessits de sa subsi/ance matrielle1 que d'aprs un travail s\t5u1 plus ou mo9s dirig p> l'intellig5ce2 et cep5dant l'ex]cice intellectuel lui e/ spontanm5t antipa?ique3 il n'y a et ne doit y avoir de pr(ondm5t actif en lui que les facults purem5t affectives1 dont la prpondrance ncessaire fixe le b et la direction de l'tat social4 ,en mme temps1 dans l'conomie relle de cette vie affective1 les p5*ans sociaux sont les seuls m9emm5t propres produire et ma9t5ir le bonheur priv1 puisque leur essor simultan1 lo9 d'tre cont5u p> aucun antagonisme individuel1 se =tifie directem5t1 au contraire1 de son ext5sion graduelle3 et1 nanmo9s1 l'homme e/ et doit tre ess5tiellem5t dom9 p> l'ensemble de ses in/9cts p]sonnels1 seuls vraim5t susceptibles d'imprim] la vie sociale une impulsion con/ante et un c\rs rguli]4 ,cette d\ble opposition n\s indique dj le vritable g]me sci5tifique de la lutte fondam5tale1 dont n\s devrons bi5tt considr] le dveloppem5t cont9u1 entre l'esprit de cons]vation et l'esprit d'amlioration1 le premi] ncessairem5t inspir surt\t p> les in/9cts purem5t p]sonnels1 et le second p> la comb9aison spontane de l'activit intellectuelle avec les div]s in/9cts sociaux#ce4 ,footnote #ce3 ,on croit le plus s\v5t1 au contraire1 que l'esprit d'innovation rsulte surt\t des in/9cts ess5tiellem5t p]sonnels4 ,mais cette illusion ne ti5t qu' la fausse apprciation des nombreuses ractions intellectuelles et sociales que dt]m9e ncessairem5t une civilisation trs dveloppe1 dans les actes mme qui p>aiss5t les plus simples produits d'un gsme direct4 ,sauf l'9vitable agitation priodiquem5t suscite p> les premi]s beso9s matriels1 l'homme isol1 et dont l'intellig5ce n'a po9t t veille1 e/1 de sa nature1 comme t\t autre animal1 m9emm5t cons]vateur4 ,ce sont1 d'ord9aire1 les 9puisables dsirs inspirs p> les rappro*em5s sociaux1 et l'inquite prvoyance de notre intellig5ce1 qui suggr5t pr9cipalem5t le beso9 et la p5se des *angem5s graduels de la condition huma9e4 ,en t\te autre hypo?se1 l'volution sociale et t c]tes inf9im5t plus rapide que l'hi/oire ne n\s l'indique1 si son essor avait pu dp5dre surt\t des in/9cts les plus n]giques1 au lieu d'avoir lutt] contre l'in]tie politique qu'ils t5d5t spontanm5t produire dans la plup>t des cas4 ,n\s devons ma9t5ant procd] une p>eille apprciation sci5tifique env]s le second ordre gnral1 signal au db de ce *apitre1 des considrations lm5taires de /atique sociale1 c'e/--dire quant celles qui conc]n5t la famille proprem5t dite1 aprs avoir a9si suffisamm5t exam91 p\r notre objet pr9cipal1 les notions directem5t relatives l'individu1 et avant de pass] aux explications df9itives immdiatem5t propres la socit gnrale4 ,un sy/me quelconque devant ncessairem5t tre =m d'lm5s qui lui soi5t ess5tiellem5t homognes1 l'esprit sci5tifique ne p]met po9t de reg>d] la socit huma9e comme tant rellem5t compose d'individus4 ,la vritable unit sociale consi/e c]ta9em5t dans la seule famille1 au mo9s rduite au c\ple lm5taire qui en con/itue la base pr9cipale4 ,cette considration fondam5tale ne doit pas seulem5t tre applique en ce s5s physiologique1 que les familles devi5n5t des tribus1 comme celles-ci des nations2 en sorte que l'ensemble de notre espce p\rrait tre conu comme le dveloppem5t graduel d'une famille primitivem5t unique1 si les div]sits locales n'opposai5t po9t trop d'ob/acles une telle supposition4 ,n\s devons ici envisag] surt\t cette notion lm5taire s\s le po9t de vue politique1 en ce que la famille prs5te spontanm5t le vritable g]me ncessaire des div]ses dispositions ess5tielles qui c>actris5t l'organisme social4 ,une telle conception con/itue donc1 p> sa nature1 un int]mdiaire indisp5sable entre l'ide de l'individu et celle de l'espce ou de la socit4 ,il y aurait autant d'inconvni5s sci5tifiques v\loir le fran*ir dans l'ordre spculatif1 qu'il y a de dang]s rels1 dans l'ordre pratique1 prt5dre abord] directem5t la vie sociale sans l'9vitable prp>ation de la vie dome/ique4 ,s\s quelque aspect qu'on l'envisage1 cette transition ncessaire se reproduit t\j\rs1 soit quant aux notions lm5taires de l'h>monie fondam5tale1 soit p\r l'essor spontan des s5tim5s sociaux4 ,c'e/ p> l seulem5t que l'homme comm5ce rellem5t sortir de sa pure p]sonnalit1 et qu'il appr5d d'abord vivre dans autrui1 t\t en obissant ses in/9cts les plus n]giques4 ,aucune autre socit ne saurait tre aussi intime que cette admirable comb9aison primitive1 o s'opre une sorte de fusion complte de deux natures en une seule4 ,p> l'imp]fection radicale du c>actre huma91 les div]g5ces individuelles sont habituellem5t trop prononces p\r comport]1 en aucun autre cas1 une association aussi pr(onde4 ,l'expri5ce ord9aire de la vie ne confirme que trop1 en effet1 que les hommes ont beso9 de ne po9t vivre entre eux d'une manire trop familire1 af9 de p\voir support] mutuellem5t les div]ses infirmits fondam5tales de notre nature morale1 soit intellectuelle1 soit surt\t affective4 ,on sait que les communauts religieuses elles-mmes1 malgr la haute puissance du li5 spcial qui les unissait1 tai5t intrieurem5t t\rm5tes p> de pr(ondes discordances habituelles1 qu'il e/ ess5tiellem5t impossible d'vit] qu& on veut ralis] la conciliation *imrique de deux qualits aussi incompatibles que l'intimit et l'ext5sion des relations huma9es4 ,cette p>faite intimit n'a pu mme s'tablir dans la simple famille que d'aprs l'n]gique spontanx du b commun1 comb9e avec l'in/itution non mo9s naturelle d'une indisp5sable subord9ation4 ,quelques va9es notions qu'on se =me auj\rd'hui de l'galit sociale1 t\te socit1 mme la plus re/re9te1 suppose1 p> une vid5te ncessit1 non-seulem5t des div]sits1 mais aussi des 9galits quelconques3 c> il ne saurait y avoir de vritable socit sans le conc\rs p]man5t une opration gnrale1 p\rsuivie p> des moy5s di/9cts1 conv5ablem5t subordonns les uns aux autres4 ,or la plus entire ralisation possible de ces conditions lm5taires app>ti5t 9vitablem5t la seule famille1 o la nature a fait t\s les frais ess5tiels de l'in/itution4 ,a9si1 malgr les ju/es repro*es qu'a pu s\v5t mrit]1 div]s titres1 une abusive prpondrance passagre de l'esprit de famille1 il n'en con/itu]a pas mo9s t\j\rs1 et t\s g>ds1 la premire base ess5tielle de l'esprit social1 sauf les modifications rgulires qu'il doit graduellem5t subir p> le c\rs spontan de l'volution huma9e4 ,les graves atte9tes que reoit directem5t auj\rd'hui cette in/itution fondam5tale1 doiv5t donc tre reg>des comme les plus effrayans symptmes de notre t5dance transitoire la dsorganisation sociale4 ,mais1 de telles attaques1 suite naturelle de l'9vitable exagration de l'esprit rvolutionnaire en v]tu de notre an>*ie intellectuelle1 ne sont surt\t vritablem5t dang]euses qu' cause de l'impuissante dcrpitude actuelle des croyances sur lesquelles on fait encore exclusivem5t repos] les ides de famille1 comme t\tes les autres notions sociales4 ,tant que la d\ble relation ess5tielle qui con/itue la famille cont9u]a n'avoir d'autres bases intellectuelles que les doctr9es religieuses1 elle p>ticip]a ncessairem5t1 un degr quelconque1 au discrdit croissant que de tels pr9cipes doiv5t irrvocablem5t pr\v] dans l'tat prs5t du dveloppem5t huma94 ,la philosophie positive1 aussi spontanm5t rorganisatrice cet g>d qu' t\s les autres1 peut seule dsormais1 en transportant f9alem5t l'ensemble des spculations sociales du doma9e des vagues idalits dans le *amp des ralits irrcusables1 asseoir1 sur des bases naturelles vraim5t 9branlables1 l'esprit fondam5tal de famille1 avec les modifications conv5ables au c>actre mod]ne de l'organisme social4 ,p> le c\rs spontan de l'volution sociale1 la con/itution gnrale de la famille huma9e1 bi5 lo9 d'tre inv>iable1 reoit progressivem5t1 de t\te ncessit1 des modifications plus ou mo9s pr(ondes1 dont l'ensemble me p>at (frir1 *aque gr&e poque du dveloppem5t1 la plus exacte mesure de l'importance relle du *angem5t total alors opr dans la socit correspondante4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que la polygamie des peuples arrirs doit y imprim] ncessairem5t la famille un t\t autre c>actre que celui qu'elle manife/e *ez les nations assez avances p\r tre dj p>v5ues ralis] cette vie ple9em5t monogame v]s laquelle t5d t\j\rs notre nature4 ,de mme1 la famille anci5ne1 dont une portion des esclaves faisait ess5tiellem5t p>tie1 devait1 sans d\te1 radicalem5t diffr] de la famille mod]ne1 pr9cipalem5t rduite la p>5t directe du c\ple fondam5tal1 ou au premi] degr d'aff9it1 et dans laquelle d'ailleurs l'autorit du *ef e/ beauc\p mo9dre4 ,mais n\s devons ici faire ab/raction totale de ces div]ses modifications quelconques1 dont l'apprciation relle app>ti5t directem5t la p>tie hi/orique de ce volume4 ,il s'agit uniquem5t1 en ce *apitre1 de considr] la famille s\s l'aspect sci5tifique le plus lm5taire1 c'e/--dire en ce qu'elle (fre de ncessairem5t commun t\s les cas sociaux1 en reg>dant la vie dome/ique comme la base con/ante de la vie sociale4 ,s\s un tel po9t de vue1 la ?orie sociologique de la famille peut tre ess5tiellem5t rduite l'exam5 rationnel de deux ordres fondam5taux de relations ncessaires1 savoir la subord9ation des sexes1 et ensuite celle des ges1 dont l'une in/itue la famille1 t&is que l'autre la ma9ti5t4 ,dans l'ensemble du rgne animal1 un c]ta9 degr primitif de socit volontaire1 au mo9s temporaire1 quelques g>ds comp>able la socit huma9e1 comm5ce 9vitablem5t1 en effet1 p>tir de ce po9t de l'*elle biologique asc5dante o cesse t\t h]maphroditisme2 et il y e/ t\j\rs dt]m9 d'abord p> l'union sexuelle1 et ensuite p> l'ducation des petits4 ,si la comp>aison sociologique doit y tre ess5tiellem5t borne aux oiseaux et surt\t aux mammifres1 c'e/ ess5tiellem5t p>ce que ces deux gr&es classes d'animaux suprieurs peuv5t seules (frir une suffisante ralisation de ce d\ble c>actre lm5taire1 pr9cipe ncessaire de t\te coord9ation dome/ique4 ,on ne saurait trop respectueusem5t admir] cette univ]selle disposition naturelle1 premire base ncessaire de t\te socit1 p> laquelle1 dans l'tat de m>iage1 mme trs imp>fait1 l'in/9ct le plus n]gique de notre animalit1 la fois satisfait et cont5u1 se tr\ve spontanm5t dirig de manire dev5ir la s\rce primitive de la plus d\ce h>monie1 au lieu de tr\bl] le monde p> ses imptueux dbordem5s4 ,les audacieux sophi/es qui1 de nos j\rs1 r5\velant1 en temps trop opportun1 d'antiques ab]rations1 ont directem5t t5t de port] la ha*e mtaphysique jusque sur ces rac9es lm5taires de l'ordre social1 ont t1 sans d\te1 pr(ondm5t blmables s'ils n'ont fait a9si qu'obir sciemm5t eux-mmes aux ignobles passions qu'ils s'ef=ai5t d'excit] *ez les autres1 ou dplorablem5t aveugles si1 au contraire1 comme dans la plup>t des cas1 ils n'ont cd qu' l'involontaire ext5sion de la r\t9e an>*ique propre notre malheureuse poque4 ,en t\te hypo?se1 une tri/e fatalit ne p]mettait po9t d'espr] que l'in/itution fondam5tale du m>iage *app]ait seule l'branlem5t rvolutionnaire que t\tes les autres notions sociales avai5t d subir1 d'aprs l'9vitable dcad5ce de la philosophie ?ologique qui leur s]vait si dang]eusem5t de base exclusive4 ,qu& la philosophie positive p\rra directem5t entrepr5dre de consolid] jamais cette indisp5sable subord9ation des sexes1 pr9cipe ess5tiel du m>iage et p> suite de la famille1 elle pr5dra son po9t de d"p1 comme en t\t autre sujet capital1 dans une exacte connaissance de la nature huma9e1 suivie d'une judicieuse apprciation de l'ensemble du dveloppem5t social1 et de la phase gnrale qu'il accomplit ma9t5ant2 ce qui devra t5dre immdiatem5t lim9] irrvocablem5t t\tes les dclamations sophi/iques1 inspires p> l'ignorance ou p> la dpravation1 et dont le seul rsultat pratique ne saurait tre que de dgrad] l'homme s\s prtexte de le p]fectionn]4 ,sans d\te l'in/itution du m>iage pr\ve ncessairem5t1 comme t\tes les autres1 des modifications spontanes p> le c\rs graduel de l'volution huma9e3 le m>iage mod]ne1 tel que le ca?olicisme l'a f9alem5t con/itu1 diffre radicalem5t1 div]s titres1 du m>iage roma91 de mme que celui-ci diffrait notablem5t dj du m>iage grec1 et t\s deux encore davantage du m>iage gypti5 ou ori5tal1 mme depuis l'tablissem5t de la monogamie4 ,que ces modifications successives1 t5dant dvelopp] sans cesse la nature ess5tielle de ce li5 fondam5tal1 ne soi5t po9t auj\rd'hui p>v5ues leur d]ni] t]me2 que la gr&e rorganisation sociale rs]ve notre sicle doive galem5t m>qu]1 s\s un rapport aussi capital1 son vrai c>actre gnral3 cela ne saurait tre aucunem5t conte/4 ,mais l'esprit absolu de notre philosophie politique porte trop confondre1 ce sujet1 de simples modifications spontanes avec le b\lev]sem5t total de l'in/itution4 ,n\s sommes auj\rd'hui1 cet g>d1 malgr notre va9 talage de la supriorit mod]ne1 dans une situation morale =t analogue celle des temps pr9cipaux de la philosophie grecque1 o la t5dance in/9ctive et inap]ue la rgnration *rti5ne de la famille et de la socit1 donnait dj naissance1 p5dant ce long int]rgne intellectuel1 des ab]rations ess5tiellem5t semblables1 a9si que le tmoigne surt\t la clbre satire d',ari/ophane1 o t\t le dv]gondage actuel se tr\ve d'avance si rudem5t /igmatis4 ,en quoi doiv5t pr9cipalem5t consi/] ces 9vitables modifications ultrieures du m>iage mod]ne1 c'e/ ce dont la physique sociale doit auj\rd'hui int]dire rationnellem5t l'exam5 direct1 comme m9emm5t prmatur1 d'aprs sa t5dance fondam5tale1 explique dans la qu>ante-huitime leon1 procd] t\j\rs de l'ensemble aux dtails1 con=mm5t l'vid5te nature du sujet1 dont l'irrsi/ible autorit sci5tifique ne saurait jamais tre mieux prononce qu'en un tel cas1 puisque l'tude spciale de ces modifications quelconques doit tre ncessairem5t subordonne la conception gnrale1 encore pr(ondm5t ignore1 du vrai sy/me de la rorganisation sociale1 s\s pe9e d'g>] l'imag9ation huma9e la dang]euse et irrationnelle p\rsuite d'utopies vagues et indf9ies1 uniquem5t susceptibles de tr\bl] sans b la vie relle4 ,t\t ce qu'on peut ma9t5ant g>antir1 cet g>d1 avec une ple9e c]titude1 c'e/ que1 quelque pr(onds qu'on puisse suppos] ces *angem5s spontans1 dont l'analyse hi/orique n\s indiqu]a d'ailleurs bi5tt le vritable s5s gnral1 ils re/]ont1 de t\te ncessit1 con/amm5t con=mes l'inv>iable esprit fondam5tal de l'in/itution1 qui seul con/itue ici notre objet pr9cipal4 ,or1 cet esprit consi/e t\j\rs dans cette 9vitable subord9ation naturelle de la femme env]s l'homme1 dont t\s les ges de la civilisation reproduis5t1 s\s des =mes v>ies1 l'ineffaable c>actre1 et que la n\velle philosophie politique saura df9itivem5t prs]v] de t\te grave t5tative an>*ique1 en lui tant jamais ce va9 c>actre religieux qui ne peut plus s]vir auj\rd'hui qu' la compromettre1 p\r la ratta*] immdiatem5t la base 9branlable f\rnie p> la connaissance relle de l'organisme individuel et de l'organisme social4 ,dj la sa9e philosophie biologique1 surt\t d'aprs l'importante ?orie de ,gall1 comm5ce p\voir faire sci5tifiquem5t ju/ice de ces *imriques dclamations rvolutionnaires sur la prt5due galit des deux sexes1 en dmontrant directem5t1 soit p> l'exam5 anatomique1 soit p> l'obs]vation physiologique1 les diffr5ces radicales1 la fois physiques et morales1 qui1 dans t\tes les espces animales1 et surt\t dans la race huma9e1 sp>5t pr(ondm5t l'un de l'autre1 malgr la commune prpondrance ncessaire du type spcifique4 ,rappro*ant1 autant que possible1 l'analyse des sexes de celle des ges1 la biologie positive t5d f9alem5t reprs5t] le sexe fm991 pr9cipalem5t *ez notre espce1 comme ncessairem5t con/itu1 comp>ativem5t l'autre1 en une sorte d'tat d'enfance cont9ue1 qui l'loigne davantage1 s\s les plus importans rapports1 du type idal de la race4 ,compltant1 sa manire1 cette indisp5sable apprciation sci5tifique1 la sociologie montr]a d'abord l'incompatibilit radicale de t\te exi/5ce sociale avec cette *imrique galit des sexes1 en c>actrisant les fonctions spciales et p]man5tes que *acun d'eux doit exclusivem5t remplir dans l'conomie naturelle de la famille huma9e1 qui les fait spontanm5t conc\rir au b commun p> des voies pr(ondm5t di/9ctes1 sans que leur subord9ation ncessaire puisse aucunem5t nuire leur bonheur rel1 m9emm5t atta*1 p\r l'un comme p\r l'autre1 un sage dveloppem5t de sa propre nature4 ,les pr9cipales considrations indiques1 dans la premire p>tie de ce *apitre1 sur l'exam5 sociologique de notre con/itution individuelle1 p]mettrai5t dj d'bau*] utilem5t une telle opration philosophique2 c>1 les deux p>ties ess5tielles de cet exam5 peuv5t directem5t tablir1 en pr9cipe1 l'une l'infriorit fondam5tale1 et l'autre la supriorit secondaire1 de l'organisme fm991 envisag s\s le po9t de vue social4 ,ayant d'abord g>d la relation gnrale entre les facults intellectuelles et les facults affectives1 n\s avons1 en effet1 reconnu que la prpondrance ncessaire de celles-ci1 dans l'ensemble de notre nature1 e/ cep5dant mo9s prononce *ez l'homme qu'en aucun autre animal2 et qu'un c]ta9 degr spontan d'activit spculative con/itue le pr9cipal attribut crbral de l'humanit1 a9si que la premire s\rce du c>actre pr(ondm5t tran* de notre organisme social4 ,or1 s\s ce rapport1 on ne peut srieusem5t conte/] auj\rd'hui l'vid5te infriorit relative de la femme1 bi5 autrem5t impropre que l'homme l'indisp5sable cont9uit aussi bi5 qu' la haute int5sit du travail m5tal1 soit en v]tu de la mo9dre =ce intr9sque de son intellig5ce1 soit raison de sa plus vive susceptibilit morale et physique1 si antipa?ique t\te ab/raction et t\te cont5tion vraim5t sci5tifiques4 ,l'expri5ce la plus dcisive a t\j\rs m9emm5t confirm1 p>it de rang en *aque sexe1 mme dans les beaux-arts1 et s\s le conc\rs des plus favorables circon/ances1 cette irrcusable subalt]nit organique du gnie fm991 malgr les aimables c>actres qui di/+u5t1 d'ord9aire1 ses spirituelles et gracieuses compositions4 ,quant aux fonctions quelconques de g\v]nem5t1 fuss5t-elles rduites l'tat le plus lm5taire1 et purem5t relatives la conduite gnrale de la simple famille1 l'inaptitude radicale du sexe fm99 y e/ encore plus prononce1 la nature du travail y exigeant surt\t une infatigable att5tion un ensemble de relations plus compliqu1 dont aucune p>tie ne doit tre nglige1 et en mme temps une plus imp>tiale indp5dance de l'esprit env]s les passions1 en un mot1 plus de raison4 ,a9si1 s\s ce premi] aspect1 l'inv>iable conomie effective de la famille huma9e ne saurait jamais tre rellem5t int]v]tie1 mo9s de suppos] une *imrique trans=mation de notre organisme crbral4 ,les seuls rsultats possibles d'une lutte ins5se contre les lois naturelles1 qui1 de la "p des femmes1 f\rnirait de n\veaux tmoignages involontaires de leur propre infriorit1 ne saurait tre que de leur int]dire1 en tr\blant gravem5t la famille et la socit1 le seul g5re de bonheur compatible p\r elles avec l'ensemble de ces lois4 ,en second lieu1 n\s avons p>eillem5t reconnu ci-dessus que1 dans le sy/me rel de notre vie affective1 les in/9cts p]sonnels dom95t ncessairem5t les in/9cts sympa?iques ou sociaux1 dont l'influ5ce ne peut et ne doit que modifi] la direction ess5tiellem5t imprime p> la prpondrance des premi]s1 sans p\voir ni devoir jamais dev5ir les moteurs habituels de l'exi/5ce effective4 ,c'e/ p> l'exam5 comp>atif de cette gr&e relation naturelle1 si importante quoique secondaire env]s la prcd5te1 que l'on peut surt\t apprci] directem5t l'heureuse de/9ation sociale m9emm5t rs]ve au sexe fm994 ,il e/ inconte/able1 en effet1 quoique ce sexe p>ticipe 9vitablem5t1 cet g>d comme l'autre1 au type commun de l'humanit1 que les femmes sont1 en gnral1 aussi suprieures aux hommes p> un plus gr& essor spontan de la sympa?ie et de la sociabilit1 qu'elles leur sont infrieures quant l'intellig5ce et la raison4 ,a9si1 leur fonction propre et ess5tielle1 dans l'conomie fondam5tale de la famille et p> suite de la socit1 doit tre spontanm5t de modifi] sans cesse1 p> une plus n]gique et plus t\*ante excitation immdiate de l'in/9ct social1 la direction gnrale t\j\rs primitivem5t mane1 de t\te ncessit1 de la raison trop froide ou trop grossire qui c>actrise habituellem5t le sexe prpondrant4 ,on voit que p\r cette apprciation sommaire des attributs sociaux de *aque sexe1 j'ai c>t desse9 la considration vulgaire des diffr5ces purem5t matrielles sur lesquelles on fait irrationnellem5t repos] une telle subord9ation fondam5tale1 qui1 d'aprs les indications prcd5tes1 doit tre1 au contraire1 ess5tiellem5t ratta*e aux plus nobles proprits de notre nature crbrale4 ,des deux attributs gnraux qui sp>5t l'humanit de l'animalit1 le plus ess5tiel et le plus prononc dmontre irrcusablem5t1 s\s le po9t de vue social1 la prpondrance ncessaire et inv>iable du sexe mle1 t&is que l'autre c>actrise directem5t l'indisp5sable fonction modratrice jamais dvolue la femme1 mme indp5damm5t des so9s mat]nels1 qui con/itu5t videmm5t sa plus importante et sa plus d\ce de/9ation spciale1 mais sur lesquels on insi/e1 d'ord9aire1 d'une manire trop exclusive1 qui ne fait po9t assez dignem5t compr5dre la vocation sociale directe et p]sonnelle du sexe fm994 ,considrons ma9t5ant1 s\s un semblable po9t de vue sci5tifique1 l'autre lm5t fondam5tal de la famille huma9e1 c'e/--dire la co-relation spontane entre les enfans et les p>5s1 qui1 gnralise ensuite dans l'ensemble de la socit1 y produit t\j\rs1 un degr quelconque1 la subord9ation naturelle des ges4 ,ici1 les ab]rations1 d'ailleurs trs graves1 issues de notre an>*ie intellectuelle1 sont d'un t\t autre g5re que dans le cas prcd5t4 ,la discipl9e naturelle e/1 s\s ce second aspect lm5taire1 trop irrcusable et trop irrsi/ible p\r que jamais elle puisse tre srieusem5t conte/e1 malgr les atte9tes indirectes et secondaires que l'esprit de famille a d aussi recevoir de nos j\rs cet g>d1 p> une suite 9vitable du m\vem5t gnral de dcomposition sociale1 et p>eillem5t surt\t en v]tu de l'irrvocable impuissance politique o e/ ncessairem5t p>v5ue la philosophie ?ologique1 sur laquelle reposait1 d'une manire si dplorablem5t exclusive1 t\t le sy/me des notions dome/iques1 comme celui des notions sociales4 ,quelle que soit l'importance relle de ces div]ses altrations1 nos ard5s *ampions des droits politiques de la femme ne se sont pas encore aviss de con/ruire une doctr9e analogue en faveur de l'enfance1 qui e/ lo9 d'ailleurs d'inspir] la mme sollicitude1 faute de p\voir aussi vivem5t /imul] le zle spontan de ses df5seurs spciaux4 ,c'e/ ce qui p]mettra d'exam9] ici plus sommairem5t ce second lm5t ess5tiel de la ?orie sociologique de la famille1 sans nuire aucunem5t son indisp5sable apprciation philosophique4 ,malgr l'entranem5t de l'analogie et l'abs5ce actuelle de t\te vraie discipl9e spirituelle1 on ne doit gure cra9dre auj\rd'hui que1 de la *imrique galit des sexes1 l'esprit d'ab]ration mtaphysique puisse rellem5t pass] aucune conception dogmatique de l'galit sociale des ges1 aprs laquelle il ne lui re/]ait plus qu' proclam] aussi1 p> un d]ni] progrs1 l'galit univ]selle des races animales4 ,quoique notre an>*ie intellectuelle puisse f\rnir1 p\r a9si dire1 t\tes les ?ses quelconques1 des argum5s et des sophi/es dj disponibles1 la raison publique1 quelque imp>fait qu'en soit encore le dveloppem5t1 impose ncessairem5t un c]ta9 t]me l'essor des divagations individuelles1 qu& elles vi5n5t directem5t *oqu] un in/9ct vraim5t fondam5tal4 ,aucune conomie naturelle ne peut mrit]1 sans d\te1 plus d'admiration que cette heureuse subord9ation spontane qui1 aprs avoir a9si con/itu la famille huma9e1 devi5t ensuite le type ncessaire de t\te sage coord9ation sociale4 ,t\s les ges de la civilisation ont r5du1 s\s des =mes div]ses1 un hommage dcisif l'excell5ce de ce type fondam5tal1 que l'homme a mme pris involontairem5t p\r modle lorsqu'il a v\lu rv]1 dans la conception du g\v]nem5t provid5tiel1 la plus p>faite direction possible de l'ensemble des vnem5s4 ,en quel autre cas social1 p\rrait-on tr\v]1 au mme degr1 de la "p de l'infrieur1 la plus respectueuse obissance spontanm5t impose1 sans le mo9dre avilissem5t1 d'abord p> la ncessit et ensuite p> la reconnaissance2 et1 *ez le suprieur1 l'autorit la plus absolue unie au plus enti] dv\em5t1 trop naturel et trop d\x p\r mrit] proprem5t le nom de devoir8 ,il e/ c]ta9em5t impossible que1 dans des relations plus t5dues et mo9s intimes1 l'indisp5sable discipl9e de la socit puisse jamais ple9em5t ralis] ces admirables c>actres de la discipl9e dome/ique3 la s\mission ne saurait y tre aussi complte ni aussi spontane1 la protection aussi t\*ante ni aussi dv\e4 ,mais la vie de famille n'en demeur]a pas mo9s1 cet g>d1 l'cole t]nelle de la vie sociale1 soit p\r l'obissance1 soit p\r le comm&em5t1 qui doiv5t ncessairem5t1 en t\t autre cas1 se rappro*]1 autant que possible1 de ce modle lm5taire4 ,l'av5ir ne p\rra1 s\s ce rapport1 que se con=m]1 comme le pass1 cette inv>iable obligation naturelle1 avec les modifications spontanes que le c\rs graduel de l'volution sociale devra dt]m9] en cette p>tie de la con/itution dome/ique1 aussi bi5 qu'env]s la prcd5te2 modifications dont il s]ait d'ailleurs prmatur1 en l'un et l'autre cas1 d'entrepr5dre auj\rd'hui l'apprciation spciale4 ,nanmo9s1 t\tes les poques de dcomposition1 de p]nicieux sophi/es ont directem5t t5t de dtruire radicalem5t cette admirable conomie naturelle1 en arguant1 suivant l'usage1 de quelques inconvni5s p>tiels ou secondaires contre l'ensemble de l'organisation4 ,leur prt5due rectification s'e/ t\j\rs rduite int]v]tir entirem5t la comp>aison fondam5tale1 et1 au lieu de propos] la famille p\r modle la socit1 ils ont cru tmoign] un gr& gnie politique en s'ef=ant1 au contraire1 de con/itu] la famille l'image de la socit1 et d'une socit alors =t mal ordonne1 en v]tu mme de l'tat exceptionnel qui p]mettait l'essor de telles rv]ies4 ,notre pr(onde an>*ie intellectuelle (fre de trop dang]euses ress\rces l'9vitable r5\vellem5t de ces ab]rations surannes p\r que la n\velle philosophie politique doive ddaign]1 en temps opportun1 de les s\mettre directem5t une discussion spciale1 indp5damm5t de sa pr9cipale t5dance spontane faire prvaloir un t\t autre esprit social1 t5dance qui peut seule n\s occup] ici4 ,ces folles utopies ab\tirai5t d\blem5t la ru9e radicale de t\te vraie discipl9e dome/ique1 soit en tant aux p>5s la direction relle et presque la simple connaissance de leurs enfans1 p> une mon/rueuse exagration de l'indisp5sable influ5ce de la socit sur l'ducation de la jeunesse1 soit en privant les fils de la transmission hrditaire des ress\rces pat]nelles1 ess5tiellem5t accumules leur int5tion3 dtruisant a9si t\r t\r1 d'une manire spciale1 l'obissance et le comm&em5t4 ,quoique t\t exam5 =mel de telles extravagances ft ncessairem5t dplac dans ce ,trait1 je devais cep5dant y signal]1 leur occasion propre1 l'aptitude gnrale de la politique positive consolid] spontanm5t t\tes les notions fondam5tales de l'ordre social1 qu'elle seule peut auj\rd'hui protg]1 avec une vritable efficacit1 contre les divagations mtaphysiques dont l'9vitable dcad5ce de la philosophie ?ologique a d p]mettre le dveloppem5t de plus en plus t5du4 ,avant mme aucune discussion directe1 cette heureuse proprit rsult]a ncessairem5t1 surt\t dans le cas actuel1 de l'esprit gnral qui c>actrise la n\velle philosophie politique1 d'aprs les explications de la qu>ante-huitime leon1 o n\s avons reconnu sa t5dance con/ante subordonn] t\j\rs la conception de l'ordre artificiel l'obs]vation de l'ordre naturel1 dont l'admirable conomie e/ ici trs vid5te4 ,l'tude directe de la sociologie dynamique f\rnira d'ailleurs de nombreuses et importantes occasions de reconnatre1 d'aprs une judicieuse analyse hi/orique1 que1 dans le dveloppem5t rel de l'volution sociale1 les modifications spontanes f9alem5t produites p> le c\rs graduel des vnem5s sont ord9airem5t trs suprieures ce que les plus m95s r=mateurs aurai5t os concevoir d'avance3 ce qui devra faire s5tir combi5 il importe de ne pas trop anticip] sur la succession ncessaire des div]ses p>ties de la rorganisation1 en v\lant la fois t\t r5\vel]1 jusque dans les mo9dres dtails1 suivant la r\t9e mtaphysique des con/itutions actuelles4 ,p\r complt] la sommaire apprciation sociologique de la subord9ation dome/ique1 il importe d'y rem>qu] aussi sa haute proprit1 non mo9s c>actri/ique1 d'tablir spontanm5t la premire notion lm5taire de la p]ptuit sociale1 en ratta*ant1 de la manire la plus directe et la plus irrsi/ible1 l'av5ir au pass4 ,gnraliss autant que possible1 cette ide et ce s5tim5t1 aprs avoir pass des pres aux anctres1 se trans=m5t f9alem5t en ce respect univ]sel p\r nos prdcesseurs1 qui doit tre1 t\s g>ds1 reg>d comme indisp5sable t\te conomie sociale4 ,s\s des =mes quelconques1 il n'y a po9t d'tat social qui n'en doive con/amm5t (frir d'importans tmoignages4 ,la mo9dre prpondrance des traditions mesure que l'esprit huma9 se dveloppe1 sa prfr5ce croissante de la transmission crite la transmission orale1 doiv5t1 sans d\te1 modifi] beauc\p1 *ez les peuples mod]nes1 s9on l'int5sit1 du mo9s l'expression d'une telle disposition ncessaire4 ,mais1 quelque degr que puisse jamais p>v5ir la progression sociale1 il s]a t\j\rs d'une importance capitale que l'homme ne se croie pas n d'hi]1 et que l'ensemble de ses in/itutions et de ses moeurs t5de con/amm5t li]1 p> un sy/me conv5able de signes intellectuels et matriels1 ses s\v5irs du pass total ses esprances d'un av5ir quelconque4 ,le c>actre m9emm5t rvolutionnaire de notre temps devait1 de t\te ncessit1 introduire1 cet g>d1 plus directem5t qu' t\t autre1 un pr(ond branlem5t provisoire1 sans lequel l'imag9ation huma9e aurait t trop entrave dans son lan v]s l'indisp5sable rnovation du sy/me social4 ,mais il n'e/ po9t d\teux que l'ext5sion indf9ie et la conscration absolue de ce dda9 passag] du pass politique ne t5d5t gravem5t auj\rd'hui altr] directem5t l'in/9ct fondam5tal de la sociabilit huma9e4 ,il s]ait videmm5t inutile d'insi/] ici p\r faire ressortir1 ce sujet1 l'aptitude spontane de la n\velle philosophie politique rtablir conv5ablem5t les conditions normales de t\te vritable h>monie sociale4 ,une philosophie qui pr5d ncessairem5t l'hi/oire p\r pr9cipale base sci5tifique1 qui reprs5te1 t\s g>ds1 les hommes de t\s les temps1 aussi bi5 que de t\s les lieux1 comme d'indisp5sables cooprateurs une mme volution fondam5tale1 intellectuelle ou matrielle1 morale ou politique1 et qui1 en un cas quelconque1 s'ef=ce t\j\rs de ratta*] le progrs actuel l'ensemble des antcd5s rels1 doit tre c]ta9em5t juge bi5 plus propre auj\rd'hui qu'aucune autre rgul>is] l'ide et le s5tim5t de la cont9uit sociale1 sans enc\rir le dang] de cette s]vile et irrationnelle admiration du pass1 qui devait jadis1 s\s l'empire de la philosophie ?ologique1 tant entrav] le dveloppem5t huma94 ,on voit aism5t1 p> exemple1 que l'tude des sci5ces positives e/1 en ce mom5t1 la seule p>tie du sy/me intellectuel o cette respectueuse coord9ation du prs5t au pass1 ait pu spontanm5t rsi/] avec efficacit l'entranem5t univ]sel de la mtaphysique rvolutionnaire1 qui1 en t\t autre g5re1 f]ait presque envisag] la raison et la ju/ice comme des crations contempora9es4 ,dans un ,trait spcial de philosophie politique1 il convi5drait1 sans d\te1 af9 d'opr] une plus exacte apprciation de l'influ5ce sociale lm5taire propre l'esprit de famille1 de considr] aussi1 d'une manire di/9cte1 les relations frat]nelles1 qui lui sont accessoirem5t inhr5tes4 ,mais1 quelque d\ceur1 ou trop s\v5t quelque am]tume1 que ces liaisons naturelles puiss5t rp&re sur la vie prive1 elles ont habituellem5t trop peu d'importance politique p\r qu'il convi5ne ici de n\s y arrt] spcialem5t4 ,qu& elles acquir5t1 cet g>d1 une haute porte1 elles se ratta*5t ncessairem5t une notable 9galit d'ge1 et alors elles r5tr5t ess5tiellem5t1 quoiqu' un mo9dre degr1 dans le g5re de subord9ation dome/ique qui vi5t d'tre considr4 ,t\tes les fois1 en effet1 que la coord9ation frat]nelle e/ assez =tem5t tablie p\r ex]c] une vritable influ5ce politique1 c'e/ videmm5t p>ce que les ans1 pr5ant une sorte d'asc5dant pat]nel1 artificiel ou spontan1 ma9ti5n5t l'unit dome/ique contre les div]g5ces individuelles1 alors trop peu cont5ues p> de mo9dres s5tim5s naturels4 ,s\s ce rapport1 comme s\s les prcd5s1 mais un degr =t infrieur1 on ne saurait d\t] que l'tat dsordonn de la socit actuelle ne laisse une lacune relle dans la con/itution gnrale de la famille huma9e1 et que p> consqu5t1 l'absolue galit frat]nelle ne doive tre1 au fond1 aussi transitoire que les autres1 et p>eillem5t de/9e se dissip] ultrieurem5t s\s une n\velle organisation spontane de la hir>*ie dome/ique1 con=mm5t au n\veau c>actre que le c\rs fondam5tal de l'volution huma9e devra imprim] t\tes les p>ties quelconques du sy/me social p\r rgul>is] entre elles une exacte homognx et une solid>it complte4 ,quoique ces modifications secondaires doiv5t videmm5t tre encore plus imprieusem5t aj\rnes que les dispositions pr9cipales1 dont n\s avions dj reconnu que l'exam5 actuel s]ait ess5tiellem5t prmatur1 il n'tait peut-tre po9t inutile ici1 p\r mieux c>actris]1 cet g>d1 l'esprit ncessaire de la n\velle philosophie politique1 d'y faire di/9ctem5t press5tir que si1 ce titre1 a9si qu' t\t autre1 l'9vitable rorganisation des socits mod]nes a d comm5c] p> une indisp5sable dcomposition prlim9aire de l'anci5ne discipl9e1 elle ne saurait tre f9alem5t condamne se compos] rellem5t de simples lacunes4 ,si une telle considration p>at d'abord exclusivem5t pratique1 et p> suite peu conv5able au travail purem5t ?orique qui doit n\s occup] ma9t5ant1 il faut surt\t rem>qu]1 indp5damm5t de la trop gr&e confusion actuelle de ces deux po9ts de vue1 que la vritable sci5ce sociale1 soit p\r la ju/e apprciation du pass1 soit p\r la sa9e conception de l'av5ir1 ne saurait *app] l'obligation philosophique d'atta*] une indisp5sable importance des lm5s qui1 en t\t temps1 ont t\j\rs fait une p>tie plus ou mo9s ess5tielle de la hir>*ie dome/ique4 ,ne v\lant con/ruire aucune utopie1 et n\s proposant seulem5t d'obs]v] l'conomie fondam5tale des socits relles1 n\s devons signal] l'analyse sci5tifique t\tes les dispositions quelconques dont l'inv>iable p]man5ce doit n\s faire suffisamm5t prsum] la gravit vritable4 ,l'ensemble des indications prs5tes dans cette seconde p>tie du *apitre actuel1 c>actrise assez dsormais1 p\r le pr9cipal objet de ce volume1 la haute porte sociale directem5t propre aux div]s aspects ess5tiels de l'ordre spontan de la famille huma9e1 a9si apprcie1 non-seulem5t comme l'lm5t effectif de la socit1 mais comme lui (frant aussi1 t\s g>ds1 le premi] type naturel de sa con/itution radicale4 ,il n\s re/e ma9t5ant1 af9 d'avoir ici1 autant que le comporte l'esprit de notre travail1 sommairem5t bau* la ?orie lm5taire de la /atique sociale1 considr]1 en troisime et d]ni] lieu1 s\s un po9t de vue analogue1 l'analyse directe de la socit gnrale1 envisage comme =me de familles et non d'individus1 et t\j\rs exam9e en ce que sa /ructure fondam5tale (fre de ncessairem5t commun t\s les temps et t\s les lieux1 a9si que n\s v5ons de le faire successivem5t en ce qui conc]ne l'individu et ensuite la famille4 ,bi5 lo9 que la simplicit con/itue la mesure pr9cipale de la p]fection relle1 le sy/me enti] des tudes biologiques conc\rt montr]1 au contraire1 que la p]fection croissante de l'organisme animal consi/e surt\t dans la spcialit de plus en plus prononce des div]ses fonctions accomplies p> les organes de plus en plus di/9cts1 et nanmo9s t\j\rs exactem5t solidaires1 dont il devi5t graduellem5t compos en se rappro*ant davantage de l'organisme huma91 comb9ant a9si de plus en plus l'unit du b avec la div]sit des moy5s4 ,or1 tel e/ m9emm5t le c>actre propre de notre organisme social1 et la pr9cipale cause de sa supriorit ncessaire sur t\t organisme individuel4 ,n\s ne p\vons1 sans d\te1 admir] conv5ablem5t un phnomne cont9uellem5t accompli s\s nos yeux1 et auquel n\s p>ticipons n\s-mmes ncessairem5t4 ,mais1 en s'isolant1 autant que possible1 p> la p5se1 du sy/me habituel de l'conomie sociale1 peut-on rellem5t concevoir1 dans l'ensemble des phnomnes naturels1 un plus m]veilleux spectacle que cette conv]g5ce rgulire et cont9ue d'une imm5sit d'individus1 d\s *acun d'une exi/5ce ple9em5t di/9cte et1 un c]ta9 degr1 indp5dante1 et nanmo9s t\s disposs sans cesse1 malgr les diffr5ces plus ou mo9s discordantes de leurs tal5s et surt\t de leurs c>actres1 conc\rir spontanm5t1 p> une multitude de moy5s div]s1 un mme dveloppem5t gnral1 sans s'tre d'ord9aire1 nullem5t conc]ts1 et le plus s\v5t l'insu de la plup>t d'entre eux1 qui ne croi5t obir qu' leurs impulsions p]sonnelles8 ,telle e/1 du mo9s1 l'idalit sci5tifique du phnomne1 en le dgageant ab/raitem5t des *ocs et des incohr5ces j\rnellem5t insp>ables d'un organisme aussi pr(ondm5t compliqu1 et qui1 dans les temps mme de plus gr&e p]turbation maladive1 n'emp*5t po9t l'accomplissem5t ess5tiel et p]man5t des fonctions pr9cipales4 ,cette inv>iable conciliation de la sp>ation des travaux avec la coopration des ef=ts1 d'autant plus prononce et plus admirable que la socit se complique et s't5d davantage1 con/itue1 en effet1 le c>actre fondam5tal des oprations huma9es1 qu& on s'lve du simple po9t de vue dome/ique au vrai po9t de vue social4 ,les socits plus ou mo9s complexes qu'on peut obs]v] *ez beauc\p d'animaux suprieurs1 prs5t5t dj1 sans d\te1 en c]ta9 cas1 et surt\t1 comme *ez l'homme sauvage1 p\r la *asse ou p\r la gu]re1 une premire bau*e rudim5taire d'une coord9ation plus ou mo9s volontaire1 mais un degr trop p>tiel1 trop circonscrit1 et d'ailleurs trop temporaire1 p\r tre conv5ablem5t assimiles l'tat mme le plus imp>fait de l'association propre notre espce4 ,notre simple vie dome/ique1 qui1 t\s g>ds1 conti5t ncessairem5t le g]me ess5tiel de la vie sociale proprem5t dite1 a d t\j\rs manife/] bi5 davantage le dveloppem5t spontan d'une c]ta9e spcialisation individuelle des div]ses fonctions communes1 sans laquelle la famille huma9e ne p\rrait suffisamm5t remplir sa de/9ation c>actri/ique4 ,on doit nanmo9s reconnatre que la sp>ation des travaux n'y saurait jamais tre directem5t trs prononce1 soit raison du trop petit nombre des individus1 soit surt\t1 p> un motif plus pr(ond et mo9s connu1 p>ce qu'une telle division t5drait bi5tt dev5ir antipa?ique l'esprit fondam5tal de la famille4 ,c>1 d'un ct1 l'ducation dome/ique1 ess5tiellem5t fonde sur l'imitation1 doit naturellem5t dispos] les enfans p\rsuivre les oprations pat]nelles1 au lieu d'entrepr5dre de n\velles fonctions2 et1 en mme temps1 il n'e/ pas d\teux que t\te sp>ation trs m>que dans les occupations habituelles des diffr5s membres n'y doive ncessairem5t altr] l'unit dome/ique1 objet capital de cette association lm5taire4 ,plus on mdit]a sur ce gr& sujet1 mieux on s5tira que la spcialisation des travaux1 qui con/itue le pr9cipe lm5taire de la socit gnrale1 ne saurait tre1 au fond1 celui de la simple famille1 quoique devant s'y tr\v] un c]ta9 degr4 ,malgr l'imp]fection du langage1 qui porte s\v5t confondre l'ide de famille dans celle de socit1 il e/ inconte/able que l'ensemble des relations dome/iques ne correspond po9t une association proprem5t dite1 mais qu'il compose une vritable union1 en attribuant ce t]me t\te son n]gie intr9sque4 ,a raison de sa pr(onde intimit1 la liaison dome/ique e/ donc d'une t\t autre nature que la liaison sociale4 ,son vrai c>actre e/ ess5tiellem5t moral1 et trs accessoirem5t intellectuel2 ou1 en t]mes anatomiques1 elle correspond bi5 davantage la rgion moy5ne du c]veau huma9 qu' la rgion antrieure4 ,fonde pr9cipalem5t sur l'atta*em5t et la reconnaissance1 l'union dome/ique e/ surt\t de/9e satisfaire directem5t1 p> sa seule exi/5ce1 l'ensemble de nos in/9cts sympa?iques1 indp5damm5t de t\te p5se de coopration active et cont9ue un b quelconque1 si ce n'e/ celui mme de sa propre in/itution4 ,quoiqu'une coord9ation habituelle entre des travaux di/9cts s'y doive spontanm5t tablir un c]ta9 degr1 son influ5ce y e/ tellem5t secondaire que lorsque1 malheureusem5t1 elle demeure le seul pr9cipe de liaison1 l'union dome/ique t5d ncessairem5t dgnr] en une simple association1 et mme le plus s\v5t elle ne t>de po9t se diss\dre ess5tiellem5t4 ,dans les comb9aisons sociales proprem5t dites1 l'conomie lm5taire prs5te 9vitablem5t un c>actre inv]se3 le s5tim5t1 de coopration1 jusqu'alors accessoire1 devi5t1 son t\r1 prpondrant1 et l'in/9ct sympa?ique1 malgr son indisp5sable p]si/ance1 ne peut plus =m] le li5 pr9cipal4 ,sans d\te1 l'homme e/1 en gnral1 assez heureusem5t organis p\r aim] ses cooprateurs1 quelque nombreux et quelque lo9ta9s qu'ils puiss5t tre1 ou mme quelque indirecte que soit leur p>ticipation effective4 ,mais un tel s5tim5t1 d une prcieuse raction de l'intellig5ce sur la sociabilit1 ne saurait c]ta9em5t1 p> sa nature1 avoir jamais assez d'n]gie p\r dirig] la vie sociale4 ,qu& mme un conv5able ex]cice aurait pu dvelopp] suffisamm5t l'ensemble de nos in/9cts sociaux1 la mdiocrit intellectuelle de la plup>t des hommes ne leur p]met po9t de se =m]1 beauc\p prs1 une ide assez nette de relations trop t5dues1 trop dt\rnes1 et trop trangres leurs propres occupations1 p\r qu'il en puisse rsult] une vraie /imulation sympa?ique1 susceptible de quelque efficacit durable4 ,c'e/ donc exclusivem5t dans la vie dome/ique que l'homme doit *]*] habituellem5t le ple9 et libre essor de ses affections sociales2 et c'e/ peut-tre ce titre spcial qu'elle con/itue le mieux une indisp5sable prp>ation la vie sociale proprem5t dite3 c>1 la conc5tration e/ aussi ncessaire aux s5tim5s que la gnralisation aux p5ses4 ,les hommes mme les plus m95s1 qui p>vi5n5t t\rn]1 avec une n]gie relle1 le c\rs naturel de leurs in/9cts sympa?iques v]s l'ensemble de l'espce ou de la socit1 y sont presque t\j\rs p\sss p> les dsappo9tem5s moraux d'une vie dome/ique dont la de/9ation a t manque faute d'un suffisant accomplissem5t des conditions conv5ables3 et quelque d\ce que leur soit alors une aussi imp>faite comp5sation1 cet am\r ab/rait de l'espce ne saurait nullem5t comport] cette plnitude de satisfaction de nos dispositions affectueuses que peut seul procur] un atta*em5t trs limit et surt\t individuel4 ,quoi qu'il en soit1 de tels cas sont d'ailleurs trop videmm5t exceptionnels p\r devoir influ] sur aucune tude fondam5tale de l'conomie sociale4 ,a9si1 malgr l'indisp5sable p>ticipation directe1 soit primitive1 soit cont9ue1 de l'in/9ct sympa?ique t\s les cas possibles d'association huma9e1 il doit re/] inconte/able que1 lorsqu'on passe de la considration d'une famille unique la coord9ation gnrale des div]ses familles1 le pr9cipe de la coopration f9it ncessairem5t p> prvaloir4 ,la philosophie mtaphysique du sicle d]ni]1 surt\t dans l'cole franaise1 a sans d\te commis une erreur capitale en attribuant ce pr9cipe la cration mme de l'tat social1 puisqu'il e/1 au contraire1 vid5t que la coopration1 bi5 lo9 d'avoir pu produire la socit1 en suppose ncessairem5t le pralable tablissem5t spontan4 ,t\tefois1 la gravit d'une telle ab]ration me p>at m9emm5t t5ir une confusion radicale entre la vie dome/ique et la vie sociale1 trop ord9aire aux spculations mtaphysiques4 ,c>1 en sp>ant conv5ablem5t deux modes d'association aussi diffr5s1 cette ass]tion1 soigneusem5t re/re9te la comb9aison la plus complique1 p>atrait c]ta9em5t peu *oquante1 malgr qu'elle y con/itut encore une irrationnelle exagration4 ,quoique la p>ticipation di/9cte et simultane une opration commune n'ait aucunem5t pu dt]m9] le rappro*em5t primitif des familles huma9es1 elle seule a pu cep5dant imprim] leur association spontane un c>actre prononc et une consi/ance durable4 ,l'tude att5tive des mo9dres degrs de la vie sauvage n\s montre clairem5t cette situation primordiale o les div]ses familles1 quelquefois =tem5t lies p\r un b temporaire1 ret\rn5t1 presque comme les animaux1 leur indp5dance isole1 aussitt que l'expdition1 ord9airem5t de gu]re ou de *asse1 e/ suffisamm5t accomplie1 quoique dj quelques op9ions communes1 =mules dans un c]ta9 langage uni=me1 t5d5t les runir1 d'une manire p]man5te1 en tribus plus ou mo9s nombreuses4 ,c'e/ donc sur le pr9cipe de la coopration1 spontane ou conc]te1 d'ailleurs t\j\rs conu dans son entire ext5sion philosophique1 que devra surt\t repos] dsormais notre analyse sci5tifique p\r cette bau*e prlim9aire de la d]nire p>tie de la /atique sociale1 o n\s considrons directem5t la coord9ation fondam5tale des familles1 dont le vrai c>actre propre dp5d ess5tiellem5t d'un tel pr9cipe1 quoique son tablissem5t et son ma9ti5 n'ai5t pu avoir lieu sans la p>ticipation pralable et p]man5te de l'in/9ct sympa?ique1 de/91 en outre1 rp&re sur t\s les actes de la vie sociale un indisp5sable *>me moral4 ,un trait spcial de philosophie politique p\rrait seul p]mettre de dvelopp] conv5ablem5t l't5due et la porte de ce gr& pr9cipe1 auquel la socit huma9e doit ncessairem5t les plus importans attributs qui la di/+u5t des autres agglomrations de familles animales4 ,le judicieux ,f]gusson en avait dignem5t press5ti la valeur sci5tifique1 en y ratta*ant sa classification1 d'ailleurs si imp>faite1 des animaux en sociables et politiques1 ceux-ci tant ess5tiellem5t c>actriss p> la t5dance conc]t] les div]s ef=ts individuels p\r accomplir une opration commune4 ,p> leur ?orie de la division du travail1 les conomi/es ont utilem5t conc\ru vulg>is] une telle notion1 mais en p>aissant la re/re9dre irrationnellem5t des cas beauc\p trop subalt]nes1 de manire en suggr] une ide extrmem5t troite1 si l'on excepte t\tefois l'illu/re ,adam ,smi? et de nos j\rs ,tracy1 qui l'ont bi5 plus philosophiquem5t apprcie1 l'un en v]tu de sa haute supriorit1 et l'autre d'aprs son habitude plus intime des gnralits1 quoique mtaphysiques4 ,un pr9cipe aussi vid5t1 dont la ralisation1 de plus en plus complte1 a t\j\rs con/itu une indisp5sable condition de t\t dveloppem5t huma91 devait sembl] d'abord l'abri de t\te grave atte9te1 quelque degr que notre an>*ie intellectuelle pt autoris] les divagations individuelles1 d'autant plus que la nature du sujet semblait alors plus heureusem5t prs]ve du contact des passions huma9es4 ,mais1 aprs avoir vu la philosophie mtaphysique ni] sy/matiquem5t1 la /upide satisfaction de t\s les beaux esprits contempora9s1 l'utilit fondam5tale de la socit elle-mme1 ce qui1 sans d\te1 doit implicitem5t compr5dre t\tes les ab]rations possibles1 p\rrait-on s'tonn] rellem5t de la production d'aucun sophisme p>tiel1 quelque important qu'en soit l'objet1 et quelque absurde qu'en soit la p5se8 ,aussi1 de nos j\rs1 une sorte de mtaphysique spciale a-t-elle t dogmatiquem5t =mule p\r attaqu] directem5t l'antique maxime sociale de la rp>tition ncessaire des travaux huma9s1 et de la spcialisation correspondante des occupations individuelles4 ,la sage circonscription de nos oprations1 et l'op9itre p]svrance de nos ef=ts1 n'ont plus t reg>ds comme d'indisp5sables conditions de nos succs quelconques3 p\rsuivre la fois beauc\p d'occupations diffr5tes1 et pass] desse9 de l'une l'autre avec t\te la rapidit possible1 tel e/ le n\veau plan de travail univ]sel qu'on a os auj\rd'hui recomm&] sy/matiquem5t l'humanit civilise1 comme ess5tiellem5t attrayant#cf4 ,il n'y a peut-tre po9t d'exemple plus propre vrifi]1 d'une manire ple9em5t irrcusable1 combi5 l'abs5ce totale de discipl9e intellectuelle1 en ce qui conc]ne les spculations les plus difficiles1 emp*e ncessairem5t auj\rd'hui d'assign] aucun t]me rel au c\rs spontan des ab]rations philosophiques1 dont l'essor antrieur n'avait jamais pu tre aussi libre1 p>ce que l'an>*ie m5tale n'avait jamais t aussi complte4 ,une telle notion ayant t a9si attaque1 quelle maxime sociale p\rrait vraim5t tre respecte8 ,footnote #cf3 ,quoiqu'il ne soit nullem5t conv5able de s'arrt] ici la mo9dre analyse spciale de tels sophismes1 il ne faut pas cep5dant oubli]1 mme en ce cas1 que l'esprit gnral de la sa9e philosophie politique doit t\j\rs faire accord] quelque att5tion t\t ce qui a pu obt5ir effectivem5t un c]ta9 crdit social4 ,c>1 la judicieuse apprciation de t\te semblable influ5ce peut ord9airem5t dev5ir l'indice plus ou mo9s direct d'un vrai beso9 intellectuel1 dont l'illusoire satisfaction avait p]mis ces div]ses ab]rations de suscit] mom5tanm5t une sorte d'cole n\velle4 ,la socit ne saurait se tromp] compltem5t sur ses beso9s rels1 quoiqu'elle soit s\v5t g>e sur les moy5s conv5ables d'y satisfaire4 ,aussi le lecteur aura-t-il lieu ci-aprs de rem>qu] spontanm5t que1 au milieu des folles conceptions dont il s'agit ici1 rside un c]ta9 press5tim5t confus des vrais inconvni5s gnraux inhr5s au pr9cipe de la rp>tition des travaux huma9s1 malgr que ces inconvni5s y ai5t t d'ailleurs ridiculem5t exagrs1 et surt\t irrationnellem5t sp>s d'avantages inf9im5t suprieurs1 suivant la nature ord9aire des doctr9es mtaphysiques4 ,sans n\s arrt] davantage ces divagations c>actri/iques1 procdons directem5t la sommaire analyse sci5tifique de ce pr9cipe fondam5tal de la coopration cont9ue de t\tes les familles huma9es d'aprs leur application spontane des travaux spciaux et sp>s4 ,p\r apprci] conv5ablem5t cette coopration et cette di/ribution ncessaires1 comme con/ituant la condition la plus ess5tielle de notre vie sociale1 ab/raction faite de la vie dome/ique1 il faut la concevoir dans t\te son t5due rationnelle1 c'e/--dire l'appliqu] l'ensemble de t\tes nos div]ses oprations quelconques1 au lieu de la born]1 comme il e/ trop ord9aire1 de simples usages matriels4 ,alors1 elle conduit immdiatem5t reg>d] non-seulem5t les individus et les classes1 mais aussi1 beauc\p d'g>ds1 les diffr5s peuples1 comme p>ticipant la fois1 suivant un mode propre et un degr spcial exactem5t dt]m9s1 une oeuvre imm5se et commune1 dont l'9vitable dveloppem5t graduel lie d'ailleurs aussi les cooprateurs actuels la srie de leurs prdcesseurs quelconques et mme la suite de leur div]s successeurs4 ,c'e/ donc la rp>tition cont9ue des diffr5s travaux huma9s qui con/itue pr9cipalem5t la solid>it sociale1 et qui devi5t la cause lm5taire de l't5due et de la complication croissante de l'organisme social1 a9si susceptible d'tre conu comme embrassant l'ensemble de notre espce4 ,quoique l'homme ne puisse gure subsi/] dans un tat d'isolem5t volontaire1 cep5dant la famille1 vritable unit sociale1 peut1 sans aucun d\te1 vivre sp>m5t1 p>ce qu'elle peut ralis] en son se9 l'bau*e de division du travail indisp5sable une satisfaction grossire de ses premi]s beso9s1 a9si que la vie sauvage n\s en (fre de nombreux exemples1 quoique t\j\rs plus ou mo9s exceptionnels4 ,mais1 avec un tel mode d'exi/5ce1 il n'y a po9t encore de vraie socit1 et le rappro*em5t spontan des familles e/ sans cesse expos d'imm95tes ruptures temporaires1 s\v5t provoques p> les mo9dres occasions4 ,c'e/ seulem5t qu& la rp>tition rgulire des travaux huma9s a pu dev5ir conv5ablem5t t5due que l'tat social a pu comm5c] acqurir spontanm5t une consi/ance et une /abilit suprieures l'essor quelconque des div]g5ces p>ticulires4 ,en aucun temps1 les sophi/es qui ont le plus amrem5t dclam contre la vie sociale n'aurai5t c]ta9em5t jamais pu tre assez consqu5s leur propre doctr9e p\r donn] eux-mmes l'exemple de cette exi/5ce solitaire qu'ils avai5t tant prne1 quoique p]sonne1 sans d\te1 ne se ft oppos leur retraite3 une telle logique ne s]ait praticable que *ez les sauvages1 s'ils p\vai5t avoir de tels docteurs4 ,l'habitude de cette coopration p>tielle e/1 en effet1 m9emm5t propre dvelopp]1 p> voie de raction intellectuelle1 l'in/9ct social1 en inspirant spontanm5t *aque famille un ju/e s5tim5t cont9u de son troite dp5dance env]s t\tes les autres1 et1 en mme temps1 de sa propre importance p]sonnelle1 *acune p\vant alors se reg>d] comme remplissant1 un c]ta9 degr1 une vritable fonction publique1 plus ou mo9s indisp5sable l'conomie gnrale1 mais insp>able du sy/me total4 ,a9si envisage1 l'organisation sociale t5d de plus en plus repos] sur une exacte apprciation des div]sits individuelles1 en rp>tissant les travaux huma9s de manire appliqu] *acun la de/9ation qu'il peut le mieux remplir1 non-seulem5t d'aprs sa nature propre1 le plus s\v5t trop peu prononce en aucun s5s1 mais aussi d'aprs son ducation effective1 sa position actuelle1 en un mot suivant l'ensemble de ses pr9cipaux c>actres quelconques2 en sorte que t\tes les organisations individuelles soi5t f9alem5t utilises p\r le bi5 commun1 sans en except] mme les plus vicieuses ou les plus imp>faites1 sauf les seuls cas de mon/ruosit prononce3 tel e/1 du mo9s1 le type idal qu'on doit ds lors concevoir comme une limite fondam5tale de l'ordre rel1 qui s'en rappro*e ncessairem5t de plus en plus1 sans p\voir nanmo9s y p>v5ir jamais1 a9si que n\s l'expliqu]a bi5tt l'tude directe du dveloppem5t graduel de l'humanit4 ,c'e/ surt\t en ce s5s que l'organisme social doit ressembl] t\j\rs davantage l'organisme dome/ique1 dont la pr9cipale proprit consi/e en effet dans l'admirable spontanx de la d\ble subord9ation qui le c>actrise1 comme n\s l'avons reconnu ci-dessus3 quoique malheureusem5t la complication et l't5due si suprieures du premi] ne puiss5t nullem5t p]mettre de le concevoir jamais rgl d'aprs un ensemble de diffr5ces naturelles aussi hautem5t irrcusables1 t5dant prv5ir ess5tiellem5t t\te grave inc]titude sur la vraie de/9ation propre *acun des organes1 et t\te discussion dang]euse sur leur hir>*ie respective2 en sorte que la discipl9e sociale doit tre ncessairem5t beauc\p plus artificielle1 et1 ce titre1 plus imp>faite1 que la discipl9e dome/ique1 dont la nature a fait d'avance t\s les frais ess5tiels4 ,il s]ait1 sans d\te1 inutile d'insi/] ici davantage sur l'indication gnrale des attributs fondam5taux de cette coopration di/ributive et spciale1 pr9cipe ncessaire de t\s les travaux huma9s1 et dont l'esprit de notre temps1 sauf quelques ab]rations exceptionnelles1 e/ plutt port s'exagr] la puissance1 ou du mo9s mconnatre les limites et les conditions4 ,p\r en complt] suffisamm5t l'indisp5sable apprciation sociologique1 n\s devons surt\t exam9] ma9t5ant l'ensemble des ncessits qu'il impose1 d'aprs les inconvni5s ess5tiels qui lui sont propres1 comme je l'avais dj bau*1 en #ahbf1 dans le second article de mes ,considrations sur le p\voir spirituel4 ,c'e/ pr9cipalem5t sur un tel exam5 que me semble devoir repos] immdiatem5t la ?orie lm5taire de la /atique sociale proprem5t dite1 puisqu'on y doit tr\v] le vritable g]me sci5tifique de la co-relation ncessaire entre l'ide de socit et l'ide de g\v]nem5t4 ,quelques conomi/es ont dj signal c]ta9s inconvni5s graves d'une division exagre du travail matriel1 mais s\s un aspect beauc\p trop subalt]ne1 et surt\t sans remont] nullem5t jusqu'au pr9cipe philosophique d'une telle apprciation4 ,ds le db de ce ,trait 7voyez la premire leon71 j'ai moi-mme c>actris1 dans le cas bi5 plus important de l'ensemble du travail sci5tifique1 les f*euses consqu5ces intellectuelles de l'esprit de spcialit exclusive qui dom9e auj\rd'hui1 et dont les volumes prcd5s m'ont f\rni plusieurs occasions capitales de con/at] l'imm95t dang] philosophique4 ,il s'agit ici1 ab/raction faite de t\te vrification plus ou mo9s t5due1 d'apprci] directem5t le pr9cipe gnral d'une telle influ5ce1 af9 de saisir conv5ablem5t la vraie de/9ation du sy/me spontan de moy5s ess5tiels d'une indisp5sable prs]vation cont9ue4 ,t\te dcomposition quelconque devant ncessairem5t t5dre dt]m9] une disp]sion correspondante1 la rp>tition fondam5tale des travaux huma9s ne saurait vit] de suscit]1 un degr proportionnel1 des div]g5ces individuelles1 la fois intellectuelles et morales1 dont l'influ5ce comb9e doit exig]1 dans la mme mesure1 une discipl9e p]man5te1 propre prv5ir ou cont5ir sans cesse leur essor discordant4 ,si1 d'une "p1 en effet1 la sp>ation des fonctions sociales p]met l'esprit de dtail un heureux dveloppem5t1 impossible de t\te autre manire1 elle t5d spontanm5t1 d'une autre "p1 t\ff] l'esprit d'ensemble1 ou du mo9s l'entrav] pr(ondm5t4 ,p>eillem5t1 s\s le po9t de vue moral1 en mme temps que *acun e/ a9si plac s\s une troite dp5dance env]s la masse1 il en e/ naturellem5t dt\rn p> le propre essor de son activit spciale1 qui le rappelle con/amm5t son intrt priv1 dont il n'ap]oit que trs vaguem5t la vraie relation avec l'intrt public4 l'un et l'autre titre1 les inconvni5s ess5tiels de la spcialisation augm5t5t ncessairem5t comme ses avantages c>actri/iques1 sans que ce soit d'ailleurs en mme rapport1 p5dant le c\rs spontan de l'volution sociale4 ,la spcialit croissante des ides habituelles et des relations j\rnalires doit 9vitablem5t t5dre1 dans un g5re quelconque1 rtrcir de plus en plus l'intellig5ce1 quoiqu'en l'aiguisant sans cesse en un s5s unique1 et isol] t\j\rs davantage l'intrt p>ticuli] d'un intrt commun dev5u de plus en plus vague et indirect2 t&is que1 d'ailleurs1 les affections sociales1 graduellem5t conc5tres entre les individus de mme pr(ession1 y devi5n5t de plus en plus trangres t\tes les autres classes1 faute d'une suffisante analogie de moeurs et de p5ses4 ,c'e/ a9si que le mme pr9cipe qui a seul p]mis le dveloppem5t et l'ext5sion de la socit gnrale1 m5ace1 s\s un autre aspect1 de la dcompos] en une multitude de corporations incohr5tes1 qui sembl5t presque ne po9t app>t5ir la mme espce3 et c'e/ aussi p>-l que la premire cause lm5taire de l'essor graduel de l'habilet huma9e p>at de/9e produire ces esprits trs capables s\s un rapport unique et mon/rueusem5t ineptes s\s t\s les autres aspects1 trop communs auj\rd'hui *ez les peuples les plus civiliss1 o ils excit5t l'admiration univ]selle4 ,si l'on a s\v5t ju/em5t dplor1 dans l'ordre matriel1 l'ouvri] exclusivem5t occup1 p5dant sa vie entire1 la fabrication des man*es de c\teaux ou des ttes d'p+le1 la sa9e philosophie ne doit peut-tre pas1 au fond1 faire mo9s regrett]1 dans l'ordre intellectuel1 l'emploi exclusif et cont9u d'un c]veau huma9 la rsolution de quelques quations ou au classem5t de quelques insectes3 l'effet moral1 en l'un et l'autre cas1 e/ malheureusem5t =t analogue2 c'e/ t\j\rs de t5dre ess5tiellem5t inspir] une dsa/reuse indiffr5ce p\r le c\rs gnral des affaires huma9es1 p\rvu qu'il y ait sans cesse des quations rs\dre et des p+les fabriqu]4 ,quoique cette sorte d'automatisme huma9 ne con/itue heureusem5t que l'extrme influ5ce disp]sive du pr9cipe de la spcialisation1 sa ralisation1 dj trop frqu5te1 et d'ailleurs de plus en plus imm95te1 doit faire atta*] l'apprciation d'un tel cas une vritable importance sci5tifique1 comme m9emm5t propre c>actris] la t5dance gnrale1 et manife/] plus vivem5t l'indisp5sable ncessit de sa rpression p]man5te4 ,d'aprs cette sommaire indication philosophique1 que le lecteur p\rra dvelopp] aism5t1 la de/9ation sociale du g\v]nem5t me p>at surt\t consi/] cont5ir suffisamm5t et prv5ir autant que possible cette fatale disposition la disp]sion fondam5tale des ides1 des s5tim5s et des intrts1 rsultat 9vitable du pr9cipe mme du dveloppem5t huma91 et qui1 si elle p\vait suivre sans ob/acle son c\rs naturel1 f9irait 9vitablem5t p> arrt] la progression sociale1 s\s t\s les rapports importans4 ,cette conception con/itue1 mes yeux1 la premire base positive et rationnelle de la ?orie lm5taire et ab/raite du g\v]nem5t proprem5t dit1 envisag dans sa plus noble et plus entire ext5sion sci5tifique1 c'e/--dire1 comme c>actris1 en gnral1 p> l'univ]selle raction ncessaire1 d'abord spontane et ensuite rgul>ise1 de l'ensemble sur les p>ties4 ,il e/ clair1 en effet1 que le seul moy5 rel d'emp*] une telle disp]sion consi/e rig] cette indisp5sable raction en une n\velle fonction spciale1 susceptible d'int]v5ir conv5ablem5t dans l'accomplissem5t habituel de t\tes les div]ses fonctions p>ticulires de l'conomie sociale1 p\r y rappel] sans cesse la p5se de l'ensemble et le s5tim5t de la solid>it commune1 avec d'autant plus d'n]gie que l'essor plus t5du de l'activit individuelle doit t5dre les effac] davantage4 ,c'e/ a9si que doit tre conue1 ce me semble1 l'm95te p>ticipation du g\v]nem5t au dveloppem5t fondam5tal de la vie sociale1 indp5damm5t des grossires attributions d'ordre matriel auxquelles on veut rduire auj\rd'hui sa de/9ation gnrale4 ,quoique n'excutant p> lui-mme aucun progrs social dt]m91 il contribue ncessairem5t ds lors t\s ceux que la socit peut faire s\s un aspect quelconque1 et qui1 sans son int]v5tion univ]selle et cont9ue1 devi5drai5t bi5tt impossibles1 d'aprs l'oblitration graduelle des facults huma9es la suite d'une spcialisation drgle4 ,la nature mme d'une telle action indique assez qu'elle ne doit pas tre simplem5t matrielle1 mais aussi et surt\t intellectuelle et morale1 de manire montr] dj la d\ble ncessit di/9cte de ce qu'on nomme le g\v]nem5t temporel et le g\v]nem5t spirituel1 dont la rationnelle subord9ation se prs5t]a bi5tt n\s comme la plus haute amlioration qui ait pu jusqu'ici tre ralise dans le sy/me gnral de l'organisation sociale1 s\s l'heureuse influ5ce1 auj\rd'hui trop mconnue1 du ca?olicisme prpondrant4 ,enf91 l'int5sit de cette fonction rgulatrice1 bi5 lo9 de devoir dcrotre mesure que l'volution huma9e s'accomplit1 doit1 au contraire1 dev5ir de plus en plus indisp5sable1 p\rvu qu'elle soit conv5ablem5t conue et ex]ce1 puisque son pr9cipe ess5tiel e/ insp>able de celui mme du dveloppem5t4 ,c'e/ donc la prdom9ance habituelle de l'esprit d'ensemble qui con/itue ncessairem5t le c>actre inv>iable du g\v]nem5t1 s\s quelque aspect qu'on l'envisage4 ,puisqu'on ne saurait1 sans d\te1 aucun titre1 faire d'exception1 cet g>d1 p\r le g\v]nem5t intellectuel1 ou simplem5t sci5tifique1 on peut ici concevoir directem5t l'an>*ique irrationnalit de cette antipa?ie sy/matique contre t\te doctr9e gnrale quelconque1 qui di/+ue si dplorablem5t la plup>t des savans actuels1 aveugles prneurs d'une spcialisation r\t9ire1 affran*ie de t\te discipl9e philosophique1 et dont l'essor trop exclusif f9irait p> arrt] t\t progrs rel1 en consumant les =ces de notre intellig5ce sur des m9uties de plus en plus misrables4 ,l'esprit d'ensemble et l'esprit de dtail sont galem5t indisp5sables l'conomie sociale2 ils doiv5t alt]nativem5t prdom9] dans le c\rs spontan de l'volution huma9e1 suivant la nature des pr9cipaux progrs que sa m>*e fondam5tale rs]ve successivem5t *aque poque3 or1 l'analyse appr(ondie des plus gr&s beso9s de la socit actuelle n\s indique c]tes dj1 avec une irrcusable vid5ce1 que si1 p5dant les trois d]ni]s sicles1 l'esprit de dtail a d tre prpondrant1 soit p\r opr] la dcomposition f9ale de l'anci5ne organisation1 soit surt\t p\r facilit] l'indisp5sable dveloppem5t des lm5s d'un ordre n\veau1 c'e/ ma9t5ant l'esprit d'ensemble qu'il app>ti5t exclusivem5t de prsid] la rorganisation sociale1 comme je l'tablirai directem5t d'aprs l'exacte apprciation hi/orique des socits mod]nes4 ,quoi qu'il en soit1 aprs avoir a9si pralablem5t signal la de/9ation lm5taire et con/ante du g\v]nem5t1 envisag dans t\te son ext5sion philosophique1 il faut ma9t5ant expliqu]1 d'un autre ct1 comm5t une telle action t5d spontanm5t se produire1 indp5damm5t de t\te comb9aison sy/matique1 suivant le c\rs naturel de l'conomie sociale3 ce qui complt]a suffisamm5t notre apprciation prlim9aire de la /atique sociale proprem5t dite1 autant que peuv5t le comport] les limites ncessaires et le plan gnral de ce ,trait4 ,puisque cette univ]selle t5dance disp]sive1 inhr5te la spcialisation fondam5tale des travaux huma9s1 a d ncessairem5t1 d'aprs les explications prcd5tes1 exi/] sans cesse et mme se dvelopp] de plus en plus1 il a bi5 fallu aussi que l'influ5ce proprem5t de/9e la neutralis] suffisamm5t ait t p>eillem5t spontane et susceptible d'un accroissem5t proportionnel1 af9 que l'conomie sociale ait pu subsi/] et surt\t p\rsuivre son essor cont9u4 ,on peut1 en effet1 reconnatre aism5t que1 considre s\s un n\vel aspect gnral1 cette rp>tition graduelle des oprations huma9es doit 9vitablem5t tablir une subord9ation lm5taire t\j\rs croissante1 qui t5d de plus en plus faire naturellem5t ressortir le g\v]nem5t du se9 de la socit elle-mme1 comme le montr]ait directem5t l'analyse att5tive de *aque subdivision un peu prononce qui vi5t s'introduire dans un travail quelconque4 ,cette indisp5sable subord9ation n'e/ pas seulem5t matrielle1 comme on le croit d'ord9aire2 elle e/ aussi et surt\t intellectuelle et morale2 c'e/--dire qu'elle exige1 outre la s\mission pratique1 un c]ta9 degr correspondant de confiance relle1 soit dans la capacit1 soit dans la probit1 des organes spciaux auxquels e/ a9si exclusivem5t confie dsormais une fonction jusque alors univ]selle4 ,ri5 n'e/ c]ta9em5t plus s5sible dans le sy/me trs dvelopp de notre conomie sociale1 o *aque j\r1 p> une suite ncessaire de la gr&e subdivision actuelle du travail huma91 *acun de n\s fait spontanm5t repos]1 beauc\p d'g>ds1 le ma9ti5 mme de sa propre vie sur l'aptitude et la moralit d'une f\le d'ag5s presque inconnus1 dont l'ineptie ou la p]v]sit p\rrai5t gravem5t affect] des masses s\v5t =t t5dues4 ,une telle condition app>ti5t ncessairem5t t\s les modes quelconques de l'exi/5ce sociale3 si elle e/ mal propos attribue surt\t aux socits indu/rielles1 c'e/ uniquem5t p>ce qu'elle y doit tre ord9airem5t plus prononce1 raison d'une spcialisation plus intime2 mais on la retr\ve c]ta9em5t t\t aussi 9vitable dans les socits purem5t militaires1 comme le montre clairem5t1 p> exemple1 l'analyse /atique d'une arme1 d'un vaisseau1 etc41 ou de t\te autre corporation active d'un g5re quelconque4 ,l'exacte apprciation sci5tifique de cette subord9ation lm5taire et spontane en fait1 ce me semble1 nettem5t dc\vrir la loi pr9cipale1 qui me p>at surt\t consi/] en ce que les div]ses sortes d'oprations p>ticulires se plac5t naturellem5t s\s la direction cont9ue de celles d'un degr de gnralit immdiatem5t suprieur4 ,on peut aism5t s'en conva9cre en analysant avec so9 *aque spcialisation quelconque du travail huma91 l'in/ant o elle pr5d un c>actre nettem5t sp>2 puisque l'opration qui se dgage a9si e/ t\j\rs ncessairem5t plus p>ticulire que la fonction antrieure d'o elle mane1 et env]s laquelle son propre accomplissem5t cont9u doit demeur] ultrieurem5t subordonn4 ,sans que ce soit ici le lieu de dvelopp] conv5ablem5t une telle loi1 de/9e con/itu] une des plus importantes conclusions f9ales de l'ensemble de ce volume1 je ne crois pas devoir m'ab/5ir de signal]1 ds ce mom5t1 la n\velle porte philosophique qu'acqui]t a9si le pr9cipe fondam5tal sur lequel j'ai fait t\j\rs repos]1 depuis le comm5cem5t de ce ,trait1 la hir>*ie sci5tifique1 et qui ma9t5ant1 passant l'tat politique1 t5d f9alem5t f\rnir1 p> un autre ordre d'applications de la mme ide-mre1 le premi] g]me rationnel d'une sa9e classification des fonctions sociales1 ncessairem5t con=me au sy/me rel des relations huma9es4 ,en cont9uant notre travail1 et surt\t dans la c9quante-septime leon1 j'expliqu]ai spcialem5t la vrification de cette loi sociologique l'g>d de la vie indu/rielle des socits mod]nes3 quant aux socits militaires1 leur rgul>it plus p>faite y r5d cette confirmation tellem5t vid5te qu'elle n'exige aucun claircissem5t direct1 quoique ce ne soit pas leur obs]vation qui m'ait suggr d'abord une telle p5se1 d'orig9e ess5tiellem5t sci5tifique4 ,une fois admise1 cette loi fait aussitt compr5dre la liaison spontane de cette subord9ation sociale lm5taire avec la subord9ation politique proprem5t dite1 base indisp5sable du g\v]nem5t1 et qui se prs5te a9si comme le d]ni] degr ncessaire d'une hir>*ie de plus en plus t5due4 ,c>1 les div]ses fonctions p>ticulires de l'conomie sociale tant ds lors naturellem5t engages dans des relations d'une gnralit croissante1 t\tes doiv5t graduellem5t t5dre s'assujtir f9alem5t l'univ]selle direction mane de la fonction la plus gnrale du sy/me enti]1 directem5t c>actrise p> l'action con/ante de l'ensemble sur les p>ties1 con=mm5t aux explications prcd5tes4 ,d'un autre ct1 les organes ncessaires de cette action rgulatrice doiv5t tre puissamm5t seconds1 dans leur propre dveloppem5t naturel1 p> une autre consqu5ce 9vitable de la rp>tition croissante des travaux huma9s1 qui favorise m9emm5t l'essor fondam5tal des 9galits intellectuelles et morales4 ,il e/ clair1 en effet1 que cet essor doit re/] presque entirem5t comprim tant que la confuse conc5tration primitive des oprations quelconques1 rduisant l'homme une vie ess5tiellem5t dome/ique1 absorbe t\te son activit pr9cipale p\r la satisfaction cont9ue des plus simples beso9s de la seule famille4 ,quoique les diffr5ces individuelles vraim5t tran*es se fass5t c]ta9em5t s5tir dans un tat social quelconque1 cep5dant la division du travail1 et le loisir qu'elle a pu procur]1 ont t surt\t indisp5sables au dveloppem5t prononc des prm95ces intellectuelles1 sur lesquelles repose ncessairem5t1 en majeure p>tie1 l'asc5dant politique durable4 ,il faut d'ailleurs not] que les travaux intellectuels sont lo91 p> leur nature1 de p\voir comport] une subdivision relle aussi dtaille que celle des oprations matrielles2 en sorte qu'ils devrai5t p>eillem5t tre mo9s affects de la t5dance disp]sive qui en rsulte ncessairem5t1 malgr la f*euse influ5ce qu'ils ont d en pr\v]4 ,on n'a plus beso91 sans d\te1 d'expliqu] auj\rd'hui la proprit ess5tielle de la civilisation de dvelopp] t\j\rs davantage les 9galits morales1 et encore plus les 9galits intellectuelles4 ,mais il importe de rem>qu]1 ce sujet1 que les =ces morales et intellectuelles ne comport5t po9t1 en elles-mmes1 une vritable composition totale1 la simple manire des =ces physiques3 aussi1 quoique m9emm5t susceptibles du conc\rs social1 qu'elles seules mme peuv5t conv5ablem5t organis]1 elles se prt5t beauc\p mo9s la coopration directe2 d'o doit rsult] une n\velle cause trs puissante de l'9galit plus radicale qu'elles t5d5t tablir entre les hommes4 ,qu'il ne s'agisse que de lutt] de vigueur physique1 ou mme de ri*esse2 quelle que puisse tre la supriorit propre d'un individu ou d'une famille1 une coalition suffisamm5t nombreuse des mo9dres individualits sociales en vi5dra aism5t b\t3 en sorte que1 p> exemple1 la plus imm5se =tune p>ticulire ne saurait s\t5ir1 aucun g>d1 une concurr5ce relle avec la puissance f9ancire d'une nation un peu t5due1 dont le trsor public n'e/ cep5dant =m que d'une multitude de cotisations m9imes4 ,mais1 au contraire1 si l'entreprise dp5d surt\t d'une haute valeur intellectuelle1 comme au sujet d'une gr&e conception sci5tifique ou potique1 il n'y aura pas de runion d'esprits ord9aires1 p\r si va/e qu'on la suppose1 qui puisse aucunem5t lutt] avec un ,desc>tes ou un ,corneille4 ,il en s]a c]ta9em5t de mme s\s le rapport moral2 lorsque1 p> exemple1 la socit aura beso9 d'un gr& dv\em5t1 elle ne p\rra p>v5ir le compos] avec la va9e accumulation de dv\em5s mdiocres trs multiplis4 l'un et l'autre titre1 le nombre des individus ne peut alors influ] que sur l'espoir d'y mieux tr\v] l'organe ess5tiellem5t unique de la fonction propose2 une fois manife/1 il n'y aura po9t de multitude qui puisse faire quilibre sa prpondrance fondam5tale4 ,c'e/ surt\t raison de cet m95t privilge1 que les =ces intellectuelles et morales t5d5t ncessairem5t de plus en plus dom9] le monde social1 depuis qu'une conv5able rp>tition des travaux huma9s a suffisamm5t p]mis leur dveloppem5t propre4 ,telle e/ donc la t5dance lm5taire de t\te socit huma9e un g\v]nem5t spontan4 ,cette t5dance ncessaire e/ en h>monie1 dans notre nature individuelle1 avec un sy/me correspondant de p5*ans spciaux1 les uns v]s le comm&em5t1 les autres v]s l'obissance4 ,s\s le premi] aspect d'abord1 il ne faut po9t1 sans d\te1 reg>d] la disposition trop vulgaire comm&] comme le signe d'une vraie vocation de g\v]nem5t1 qui doit tre inf9im5t r>e1 cause de l'm95te prpondrance qu'elle exige4 ,c'e/ a9si1 p> exemple1 que les femmes1 en gnral si passionnes p\r la dom9ation1 sont d'ord9aire si radicalem5t impropres t\t g\v]nem5t1 mme dome/ique1 soit en v]tu d'une raison mo9s dveloppe1 soit aussi p> la mobile irritabilit d'un c>actre plus imp>fait4 ,en une f\le d'autres occasions1 on peut galem5t rem>qu] la t5dance de l'homme se croire surt\t de/9 aux attributions qui lui convi5n5t le mo9s1 d'aprs l'illusion inap]ue qui fait si s\v5t reg>d] un vif dsir comme un signe de vocation relle4 ,quoi qu'il en soit1 sans que la disposition comm&] doive1 p> elle-mme1 indiqu] aucune aptitude au g\v]nem5t1 il faut nanmo9s reconnatre qu'elle e/ indisp5sable son ex]cice1 tant p\r inspir]1 l'ensemble de la socit1 une confiance incompatible avec notre propre irrsolution1 que p\r p]mettre1 au sy/me p]sonnel de nos facults politiques1 de dvelopp] t\te l'n]gie conv5able1 af9 de p\voir surmont] les 9vitables rsi/ances que doiv5t (frir les cas mme les plus favorables3 ce qui1 *ez une heureuse organisation1 rige en une qualit relle et importante le puril orgueil du vulgaire4 un tel c>actre prpondrant1 doit correspondre et correspond1 en effet1 *ez la plup>t des hommes1 une disposition inv]se l'obissance1 non mo9s prononce dans la nature m9emm5t complexe de l'organisme huma94 ,si les hommes tai5t spontanm5t aussi indiscipl9ables qu'on le suppose s\v5t auj\rd'hui1 on ne saurait aucunem5t compr5dre comm5t ils aurai5t pu jamais tre vraim5t discipl9s4 ,il e/1 au contraire1 vid5t que n\s sommes t\s plus ou mo9s encl9s respect] involontairem5t *ez nos semblables une supriorit quelconque1 surt\t intellectuelle ou morale1 mme indp5damm5t de t\t dsir p]sonnel de la voir s'ex]c] notre avantage3 et cet in/9ct de s\mission n'e/1 en ralit1 que trop s\v5t prodigu des app>5ces m5songres4 ,quelque dsordonne que soit auj\rd'hui1 p> suite de notre an>*ie spirituelle1 la soif univ]selle du comm&em5t1 il n'e/ p]sonne1 sans d\te1 qui1 dans un secret et scrupuleux exam5 priv1 n'ait s\v5t s5ti1 plus ou mo9s pr(ondm5t1 combi5 il e/ d\x d'obir1 lorsque n\s p\vons ralis] le bonheur1 de nos j\rs presque impossible1 d'tre conv5ablem5t d*>gs1 p> de sages et dignes guides1 de la pesante responsabilit d'une direction gnrale de notre conduite3 un tel s5tim5t e/ peut-tre surt\t pr\v p> ceux qui s]ai5t les plus propres mieux comm&]4 l'in/ant mme des plus viol5tes convulsions politiques1 qu& l'conomie sociale semble mom5tanm5t m5ace d'une pro*a9e dissolution1 l'in/9ct des masses populaires vi5t encore manife/] spontanm5t1 d'une n\velle manire irrcusable1 cette irrsi/ible t5dance sociale1 qui1 jusque dans l'accomplissem5t des dmolitions les plus rvolutionnaires1 leur inspire volontairem5t une scrupuleuse obissance env]s les supriorits intellectuelles et morales dont elles suiv5t spontanm5t la direction1 et dont elles ont mme s\v5t sollicit immdiatem5t la dom9ation temporaire1 pr\vant alors1 p> dessus t\t1 l'urg5t beso9 d'une autorit prpondrante4 ,a9si1 la spontanx fondam5tale des div]ses dispositions individuelles se montre ess5tiellem5t en h>monie avec le c\rs ncessaire de l'ensemble des relations sociales p\r tablir que la subord9ation politique e/1 en gnral1 aussi 9vitable qu'indisp5sable2 ce qui complte ici l'bau*e lm5taire de la /atique sociale proprem5t dite4 ,la cond5sation et l'ab/raction1 peut-tre excessives1 des pr9cipales conceptions indiques dans les trois p>ties de ce *apitre1 p\rront d'abord mettre ob/acle leur ju/e apprciation directe3 mais l'usage cont9u1 quoique le plus s\v5t implicite1 qui s'en f]a naturellem5t en t\t le re/e de ce volume1 dissip]a1 j'espre1 suffisamm5t cette premire inc]titude1 p\rvu qu'on s'habitue1 contrairem5t nos usages1 accord] enf9 aux mditations politiques le g5re de cont5tion intellectuelle qu'elles exig5t4 ,dans ces trois ordres conscutifs de considrations /atiques1 la vie individuelle s'e/ montre surt\t c>actrise p> la prpondrance ncessaire et directe des in/9cts p]sonnels1 la vie dome/ique p> l'essor cont9u des in/9cts sympa?iques1 et la vie sociale p> le dveloppem5t spcial des influ5ces intellectuelles2 *acun de ces trois degrs ess5tiels de l'exi/5ce huma9e tant d'ailleurs ncessairem5t de/9 prp>] le suivant1 d'aprs le c\rs spontan de leur inaltrable succession4 ,un tel en*anem5t sci5tifique prs5te1 en lui-mme1 ce prcieux avantage pratique de prp>]1 ds ce mom5t1 la rationnelle coord9ation de la morale univ]selle1 d'abord p]sonnelle1 ensuite dome/ique1 et f9alem5t sociale2 la premire assujtissant une sage discipl9e la cons]vation fondam5tale de l'individu1 la seconde t5dant faire prdom9]1 autant que possible1 la sympa?ie sur l'gsme1 et la d]nire dirig] de plus en plus l'ensemble de nos div]s p5*ans d'aprs les lum9euses indications d'une raison conv5ablem5t dveloppe1 t\j\rs proccupe de la considration directe de l'conomie gnrale1 de manire faire habituellem5t conc\rir au b commun t\tes les facults quelconques de notre nature1 selon les lois qui leur sont propres4 ,aprs cette indication pralable des ?ories lm5taires de la sociologie /atique1 n\s devons ma9t5ant procd]1 dans t\t le re/e de notre travail1 l'tude sommaire1 mais directe et cont9ue1 de la dynamique sociale1 en consacrant d'abord la leon suivante une premire apprciation fondam5tale de l'volution huma9e1 envisage dans son ensemble total1 con=mm5t au vritable esprit gnral de la n\velle philosophie politique1 suffisamm5t c>actrise p> l'avant-d]ni] *apitre4 ,,c9quante-,,uni,,me ,,le,,on4 ,lois fondam5tales de la dynamique sociale1 ou ?orie gnrale du progrs naturel de l'humanit4 ,af9 de mieux apprci] les lois fondam5tales de la progression sociale1 il importe de faire ici prcd] leur exposition directe p> une premire explication sommaire du s5s ncessaire de cette gr&e volution1 a9si que de sa vitesse propre1 et de la subord9ation naturelle de ses div]s lm5s pr9cipaux2 ce qui rsulte spontanm5t des diffr5tes notions dj tablies depuis le comm5cem5t de ce volume4 ,or1 en considrant1 du po9t de vue sci5tifique le plus lev1 l'ensemble total du dveloppem5t huma91 on e/ d'abord conduit le concevoir1 en gnral1 comme consi/ant ess5tiellem5t faire de plus en plus ressortir les facults c>actri/iques de l'humanit1 comp>ativem5t celles de l'animalit1 et surt\t p> rapport aux facults qui n\s sont communes avec t\t le rgne organique1 quoique celles-ci cont9u5t t\j\rs =m] ncessairem5t la base primordiale de l'exi/5ce huma9e1 aussi bi5 que de t\te autre vie animale4 ,c'e/ en ce s5s philosophique que la plus m95te civilisation doit tre1 au fond1 juge ple9em5t con=me la nature1 puisqu'elle ne con/itue rellem5t qu'une manife/ation plus prononce des pr9cipales proprits de notre espce1 qui1 primitivem5t dissimules p> un 9vitable eng\rdissem5t1 ne p\vai5t dev5ir suffisamm5t saillantes que dans un haut degr de la vie sociale1 p\r laquelle leur de/9ation exclusive ne saurait tre conte/e4 ,le sy/me enti] de la philosophie biologique conc\rt dmontr]1 a9si que je l'ai expliqu au volume prcd5t1 que1 dans l'ensemble de la hir>*ie animale1 la dignit fondam5tale propre *aque race e/ surt\t dt]m9e p> la prpondrance gnrale de plus en plus prononce de la vie animale sur la vie organique1 mesure qu'on s'appro*e davantage de l'organisme huma94 ,s\s un tel aspect philosophique1 notre volution sociale ne con/itue donc rellem5t que le t]me le plus extrme d'une progression gnrale1 cont9ue sans int]ruption p>mi t\t le rgne vivant1 depuis les simples vgtaux et les mo9dres animaux1 en passant successivem5t aux d]ni]s animaux pairs1 remontant ensuite jusqu'aux oiseaux et aux mammifres1 et1 *ez ceux-ci1 s'levant graduellem5t v]s les c>nassi]s et les s+es3 la prdom9ance ncessaire des fonctions purem5t organiques dev5ant p>t\t de mo9s en mo9s m>que1 et le dveloppem5t des fonctions animales proprem5t dites1 pr9cipalem5t celui des fonctions intellectuelles et morales1 t5dant1 au contraire1 de plus en plus v]s un asc5dant vital1 qui t\tefois ne saurait jamais tre ple9em5t obt5u1 mme dans la plus haute p]fection de la nature huma9e4 ,cette indisp5sable apprciation comp>ative dt]m9e ess5tiellem5t la premire notion sci5tifique qu'il faut se =m] de l'ensemble du progrs huma91 a9si ratta* la srie univ]selle du p]fectionnem5t animal1 dont il ralise le plus m95t degr4 ,l'analyse gnrale de notre progression sociale dmontre1 en effet1 avec une irrcusable vid5ce1 que1 malgr l'inv>iabilit ncessaire des div]ses dispositions fondam5tales de notre nature1 les plus leves d'entre elles sont dans un tat cont9u de dveloppem5t relatif1 qui t5d de plus en plus les rig] leur t\r en puissances prpondrantes de l'exi/5ce huma9e1 quoiqu'une telle inv]sion de l'conomie primitive ne puisse1 ni mme ne doive1 jamais tre compltem5t obt5ue4 ,tel se manife/e dj1 d'aprs le *apitre prcd5t1 le c>actre ess5tiel de notre organisme social1 qu& on se borne l'envisag] d'abord dans son tat purem5t /atique1 ab/raction faite de son m\vem5t ncessaire4 ,mais ce c>actre doit tre naturellem5t encore plus prononc dans l'tude directe de ses v>iations cont9ues1 comme le confirme aism5t une premire apprciation gnrale de leur succession graduelle4 ,en dveloppant1 un degr imm5se et t\j\rs croissant1 l'action de l'homme sur le monde extrieur1 la civilisation semble d'abord devoir conc5tr] de plus en plus notre att5tion v]s les so9s de notre seule exi/5ce matrielle1 dont l'entreti5 et l'amlioration con/itu5t1 en app>5ce1 le pr9cipal objet de la plup>t des occupations sociales4 ,mais un exam5 plus appr(ondi dmontre1 au contraire1 que ce dveloppem5t t5d cont9uellem5t faire prvaloir les plus m95tes facults de la nature huma9e1 soit p> la scurit mme qu'il inspire ncessairem5t l'g>d des beso9s physiques1 dont la considration devi5t a9si de mo9s en mo9s absorbante1 soit p> l'excitation directe et cont9ue qu'il imprime ncessairem5t aux fonctions intellectuelles et mme aux s5tim5s sociaux1 dont le d\ble essor graduel lui e/ videmm5t indisp5sable4 ,dans notre enfance sociale1 les in/9cts relatifs la cons]vation matrielle sont tellem5t prpondrans1 que l'in/9ct sexuel lui-mme1 malgr sa grossire n]gie primitive1 en e/ d'abord ess5tiellem5t dom9#cg3 les affections dome/iques sont alors1 sans aucun d\te1 beauc\p mo9s prononces1 et les affections sociales demeur5t circonscrites une imp]ceptible fraction de l'humanit1 hors de laquelle t\t devi5t trang] et mme ennemi2 les div]ses passions ha9euses re/5t c]ta9em5t1 aprs les apptits physiques1 le pr9cipal mobile habituel de l'exi/5ce huma9e4 ,s\s ces div]s aspects1 il e/ inconte/able que l'essor cont9u de la civilisation dveloppe ncessairem5t de plus en plus nos p5*ans les plus nobles et nos plus gnreux s5tim5s1 qui1 seules bases possibles des associations huma9es1 doiv5t y recevoir spontanm5t une culture de plus en plus spciale4 ,quant aux facults intellectuelles1 l'imprvoyance habituelle qui1 au milieu des plus imm95s beso9s1 c>actrise la vie sauvage1 con/ate clairem5t le peu d'influ5ce relle qu'ex]ce alors la raison sur la conduite gnrale de l'homme3 ces facults y sont d'ailleurs encore ess5tiellem5t eng\rdies1 ou du mo9s il n'y a d'activit prononce que *ez les plus infrieures d'entr'elles1 celles immdiatem5t relatives l'ex]cice des s5s extrieurs2 les facults d'ab/raction et de comb9aison demeur5t presque entirem5t in]tes1 sauf quelques c\rts lans exceptionnels2 et la curiosit grossire qu'inspire involontairem5t le spectacle de la nature se cont5te alors ple9em5t des mo9dres bau*es d'explication ?ologique2 enf91 les div]tissem5s1 pr9cipalem5t di/+us p> une viol5te activit musculaire1 et s'levant t\t au plus jusqu' la simple manife/ation d'une adresse purem5t physique1 y sont1 d'ord9aire1 aussi peu favorables au dveloppem5t de l'intellig5ce qu' celui de la sociabilit4 ,a t\s ces titres1 la supriorit t\j\rs croissante de la civilisation e/ c]ta9em5t encore plus irrcusable que s\s le rapport moral1 de manire ne plus exig] dsormais aucune dmon/ration =melle4 ,s\s quelque aspect que l'on tudie l'exi/5ce comp>ative de l'homme aux div]s ges successifs de la socit1 on tr\v]a donc con/amm5t que le rsultat gnral de notre volution fondam5tale ne consi/e pas seulem5t amlior] la condition matrielle de l'homme1 p> l'ext5sion cont9ue de son action sur le monde extrieur2 mais aussi et surt\t dvelopp]1 p> un ex]cice de plus en plus prpondrant1 nos facults les plus m95tes1 soit en dim9uant sans cesse l'empire des apptits physiques#ch1 et en /imulant davantage les div]s in/9cts sociaux1 soit en excitant cont9uellem5t l'essor des fonctions intellectuelles1 mme les plus leves1 et en augm5tant spontanm5t l'influ5ce habituelle de la raison sur la conduite de l'homme4 ,en ce s5s1 le dveloppem5t individuel reproduit ncessairem5t s\s nos yeux1 dans une succession plus rapide et plus familire1 dont l'ensemble e/ alors mieux apprciable1 quoique mo9s prononc1 les pr9cipales phases du dveloppem5t social4 ,aussi l'un et l'autre ont-ils ess5tiellem5t p\r b commun de subordonn]1 autant que possible1 la satisfaction normale des in/9cts p]sonnels l'ex]cice habituel des in/9cts sociaux1 et1 en mme temps1 d'assujtir nos div]ses passions quelconques aux rgles imposes p> une intellig5ce de plus en plus prpondrante1 dans la vue d'id5tifi] t\j\rs davantage l'individu avec l'espce4 ,s\s le po9t de vue anatomique1 on p\rrait nettem5t c>actris] une telle t5dance1 en la faisant surt\t consi/] dt]m9] p> l'ex]cice un asc5dant de plus en plus m>qu *ez les diffr5s organes de l'app>eil crbral1 mesure qu'ils s'loign5t davantage de la rgion v]tbrale p\r se rappro*] de la rgion frontale4 ,tel e/ du mo9s le type idal dont la ralisation de plus en plus p>faite c>actrise ncessairem5t le c\rs spontan de l'volution huma9e1 soit dans l'individu1 soit1 un degr bi5 suprieur1 dans l'espce elle-mme1 quoique nos ef=ts quelconques ne puiss5t jamais n\s conduire effectivem5t jusqu' cette limite fondam5tale4 ,une p>eille notion p]met aism5t de di/+u]1 en gnral1 les p>ts respectives de la nature et de l'art dans notre dveloppem5t cont9u1 qui doit tre jug ple9em5t naturel1 en ce qu'il t5d faire de plus en plus prvaloir les attributs ess5tiels de l'humanit comp>e l'animalit1 en con/ituant l'empire des facults videmm5t de/9es dirig] t\tes les autres2 mais qui1 en mme temps1 se prs5te comme m9emm5t artificiel puisqu'il doit consi/] obt5ir1 p> un ex]cice conv5able de nos div]ses facults1 un asc5dant d'autant plus m>qu p\r *acune d'elles qu'elle e/ primitivem5t mo9s n]gique3 d'o rsulte directem5t l'explication sci5tifique de cette lutte t]nelle et indisp5sable entre notre humanit et notre animalit1 t\j\rs reconnue1 depuis l'orig9e de la civilisation1 p> t\s les vrais explorateurs de l'homme1 et dj consacre s\s tant de =mes div]ses avant que la philosophie positive pt en fix] le vritable c>actre4 ,footnote #cg3 ,une voracit dmesure1 un gt viol5t p\r les div]s /imulans physiques1 se manife/5t con/amm5t dans la vie sauvage1 qu& le dnm5t qu'elle doit si frquemm5t produire n'y vi5t pas impos] une sobrit involontaire1 qui a trop s\v5t fait illusion4 ,il en e/ de mme1 au fond1 malgr l'tat de nudit1 quant l'ardeur p\r la p>ure1 alors indique surt\t p> un tat\age plus on mo9s compliqu3 elle s'y montre c]ta9em5t bi5 plus prononce d'ord9aire que *ez les hommes trs civiliss4 ,footnote #ch3 ,la nature huma9e ne saurait1 sans d\te1 jamais p>v5ir rellem5t ce raff9em5t de dlicatesse1 dj rv peut-tre p> quelques imag9ations exaltes ou plutt maladives1 d't5dre1 en quelque sorte1 aux beso9s habituels d'incrtion1 ce s5tim5t de honte qui1 ds l'orig9e de la civilisation1 accompagne de plus en plus la satisfaction des div]s beso9s d'excrtion4 ,mais il n'en demeure pas mo9s inconte/able que l'entreti5 cont9u de notre exi/5ce matrielle pr5d une importance de mo9s en mo9s exclusive p> le dveloppem5t graduel de l'volution huma9e1 et occupe de mo9s en mo9s nos p5ses dans l'ensemble de la vie relle4 ,en un mot1 les div]ses considrations purem5t p]sonnelles t5d5t de plus en plus s'effac]1 t\s g>ds1 devant les considrations directem5t sociales4 ,la direction ncessaire de l'ensemble total de l'volution huma9e tant a9si suffisamm5t df9ie p> cette apprciation prlim9aire1 n\s devons ma9t5ant considr] cette volution relativem5t sa vitesse fondam5tale et commune1 ab/raction faite des diffr5ces quelconques qui peuv5t rsult]1 soit du climat1 soit mme de la race1 ou de t\tes les autres causes modificatrices1 dont j'ai prcdemm5t tabli que l'influ5ce effective devait tre1 autant que possible1 sy/matiquem5t c>te dans une premire bau*e rationnelle de la dynamique sociale4 ,or1 en n\s bornant1 s\s ce rapport1 aux seules causes univ]selles1 il e/ d'abord vid5t que cette vitesse doit tre ess5tiellem5t dt]m9e d'aprs l'influ5ce comb9e des pr9cipales conditions naturelles1 relatives d'une "p l'organisme huma91 d'une autre "p au milieu o il se dveloppe4 ,mais l'inv>iabilit mme de ces div]ses conditions fondam5tales1 l'impossibilit rig\reuse de susp5dre ou de re/re9dre leur empire1 ne p]mett5t po9t de mesur] exactem5t leur importance respective1 quoique n\s ne puissions aucunem5t d\t] que notre dveloppem5t spontan ne dt tre ncessairem5t acclr ou ret>d p> t\t *angem5t favorable ou contraire que l'on suppos]ait opr dans ces diffr5tes influ5ces lm5taires1 soit organiques1 soit inorganiques2 en imag9ant1 p> exemple1 que notre app>eil crbral (frt une mo9dre infriorit anatomique de la rgion frontale1 ou que notre plante devnt plus gr&e ou mieux habitable1 etc4 ,l'analyse sociologique ne saurait donc1 p> sa nature1 conv5ablem5t atte9dre1 cet g>d1 que les conditions gnrales simplem5t accessoires1 en v]tu des v>iations apprciables dont elles doiv5t tre spontanm5t susceptibles4 ,p>mi ces puissances secondaires mais cont9ues1 qui conc\r5t dt]m9] la vitesse naturelle du dveloppem5t huma91 on peut d'abord signal]1 d'aprs ,georges ,l]oy1 l'influ5ce p]man5te de l'ennui1 d'ailleurs =t exagre1 et mme vicieusem5t apprcie1 p> cet +nieux philosophe4 ,a9si que t\t autre animal1 l'homme ne saurait tre heureux sans une activit suffisamm5t complte de ses div]ses facults quelconques1 suivant un degr d'int5sit et de p]svrance sagem5t proportionnel l'activit intr9sque de *acune d'elles3 quelle que puisse tre sa situation effective1 il t5d sans cesse remplir1 autant que possible1 cette indisp5sable condition du bonheur4 ,la difficult plus prononce qu'il doit pr\v] ralis] un dveloppem5t compatible avec la supriorit spciale de sa nature1 le r5d ncessairem5t plus sujet que les autres animaux cet tat rem>quable de pnible langueur1 qui indique la fois l'exi/5ce relle des facults et leur insuffisante activit1 et qui1 en effet1 devi5drait galem5t inconciliable1 soit avec une atonie radicale1 d'o ne rsult]ait aucune urg5te t5dance1 soit avec une vigueur idale1 spontanm5t susceptible d'un infatigable ex]cice4 ,une telle disposition1 la fois intellectuelle et morale1 que n\s voyons *aque j\r excit] encore tant d'ef=ts t\tes les natures d\es de quelque n]gie1 a d1 sans d\te1 puissamm5t contribu]1 dans l'enfance de l'humanit1 acclr] notre essor spontan1 p> l'inquite agitation qu'elle inspire1 soit p\r l'avide re*]*e de n\velles s\rces d'motions1 soit p\r un plus int5se dveloppem5t de notre propre activit directe4 ,t\tefois1 cette influ5ce secondaire n'a pu dev5ir trs prononce que dans un tat social dj assez avanc p\r faire conv5ablem5t s5tir le beso91 d'abord si faible1 d'ex]c] leur t\r les plus m95tes facults de notre nature1 qui en sont ncessairem5t aussi les mo9s n]giques4 ,les facults les plus prononces1 c'e/--dire les mo9s leves1 comport5t un si commode ex]cice1 que1 dans l'tat normal1 elles ne saurai5t gure dt]m9] un vritable ennui1 susceptible de produire une heureuse raction crbrale3 les sauvages1 de mme que les enfans1 ne s'ennui5t po9t habituellem5t1 tant que leur activit physique1 seule importante alors1 n'e/ nullem5t entrave2 un sommeil facile et prolong les emp*e ess5tiellem5t1 la manire des animaux1 de s5tir pniblem5t leur torpeur intellectuelle4 ,a9si1 en reprs5tant l'ennui comme le pr9cipal mobile orig9aire de notre dveloppem5t social1 ,g4 ,l]oy a irrationnellem5t confondu un symptme avec un pr9cipe1 outre l'erreur vid5te qui lui faisait trop exclusivem5t attribu] l'homme une telle proprit4 ,mais1 malgr cette fausse apprciation1 il tait nanmo9s indisp5sable ici de signal] sommairem5t la haute p>ticipation ncessaire de cette influ5ce gnrale p\r acclr] spontanm5t la vitesse propre de notre volution sociale1 dt]m9e d'avance p> l'ensemble des causes fondam5tales4 ,je dois indiqu]1 en second lieu1 la dure ord9aire de la vie huma9e comme influant peut-tre plus pr(ondm5t sur cette vitesse qu'aucun autre lm5t apprciable4 ,en pr9cipe1 il ne faut po9t se dissimul] que notre progression sociale repose ess5tiellem5t sur la mort2 c'e/--dire que les pas successifs de l'humanit suppos5t ncessairem5t le r5\vellem5t cont9u1 suffisamm5t rapide1 des ag5s du m\vem5t gnral1 qui1 habituellem5t presque imp]ceptible dans le c\rs de *aque vie individuelle1 ne devi5t vraim5t prononc qu'en passant d'une gnration la suivante4 ,l'organisme social subit1 cet g>d1 et d'une manire non mo9s imprieuse1 la mme condition fondam5tale que l'organisme individuel1 o1 aprs un temps dt]m91 les div]ses p>ties con/ituantes1 9vitablem5t dev5ues1 p> suite mme des phnomnes vitaux1 radicalem5t impropres conc\rir davantage sa composition1 doiv5t tre graduellem5t remplaces p> de n\veaux lm5s4 ,p\r apprci] conv5ablem5t une telle ncessit sociale1 il s]ait sup]flu de rec\rir la supposition *imrique d'une dure indf9ie de la vie huma9e1 d'o rsult]ait videmm5t la suppression presque totale et trs pro*a9e du m\vem5t progressif4 ,sans all] jusqu' cette extrme limite1 il suffirait1 p> exemple1 d'imag9] que la dure effective ft seulem5t dcuple1 en concevant d'ailleurs que ses div]ses poques naturelles cons]vass5t les mmes proportions respectives4 ,si ri5 n'tait *ang1 du re/e1 dans la con/itution fondam5tale du c]veau huma91 une telle hypo?se dt]m9]ait1 ce me semble1 un ral5tissem5t 9vitable1 quoique impossible mesur]1 dans notre dveloppem5t social4 ,c>1 la lutte indisp5sable et p]man5te1 qui s'tablit spontanm5t entre l'in/9ct de cons]vation sociale1 c>actre habituel de la vieillesse1 et l'in/9ct d'innovation1 attribut ord9aire de la jeunesse1 se tr\v]ait ds-lors notablem5t altre en faveur du premi] lm5t de cet antagonisme ncessaire4 ,p> l'extrme imp]fection de notre nature morale1 et surt\t intellectuelle1 ceux mmes qui ont le plus puissamm5t contribu1 dans leur virilit1 aux progrs gnraux de l'esprit huma9 ou de la socit1 ne saurai5t ensuite cons]v] trop long-temps leur ju/e prpondrance sans dev5ir involontairem5t plus ou mo9s ho/iles des dveloppem5s ultrieurs1 auxquels ils aurai5t cess de p\voir dignem5t conc\rir4 ,mais1 si1 d'une "p1 on ne saurait d\t] qu'une dure trop prolonge de la vie huma9e ne t5dt ncessairem5t ret>d] notre volution sociale1 il n'e/ pas mo9s inconte/able1 d'une autre "p1 qu'une exi/5ce trop phmre devi5drait1 d'autres titres1 un ob/acle non mo9s ess5tiel la progression gnrale1 en attribuant1 au contraire1 un empire exagr l'in/9ct d'innovation4 ,la rsi/ance indisp5sable que lui oppose spontanm5t l'op9itre in/9ct cons]vateur de la vieillesse1 peut seule1 en effet1 suffisamm5t oblig] l'esprit d'amlioration subordonn] conv5ablem5t ses ef=ts actuels l'ensemble des rsultats antrieurs4 ,sans ce fre9 fondam5tal1 notre faible nature s]ait c]ta9em5t trop dispose se cont5t] le plus s\v5t de t5tatives bau*es et d'ap]u incomplets1 qui ne p\rrai5t p]mettre aucun dveloppem5t pr(ond et p]svrant3 tant e/ rellem5t prononc notre loignem5t spontan p\r la pnible cont9uit de travaux qu'exige ncessairem5t t\te conv5able maturation de nos projets quelconques4 ,or1 il e/ vid5t que telle s]ait1 en effet1 la suite 9vitable d'une notable dim9ution dans la dure effective de la vie huma9e1 si1 p> exemple1 on la supposait rduite au qu>t1 ou peut-tre mme la simple moiti1 de sa valeur actuelle4 ,notre volution sociale s]ait donc1 p> sa nature1 galem5t incompatible1 quoique d'aprs des motifs contraires1 avec un r5\vellem5t trop l5t ou trop rapide des div]ses gnrations huma9es2 mo9s de suppos]1 dans un *angem5t conv5able de notre organisme crbral1 une comp5sation *imrique1 ds-lors correspondante un tat trop indt]m9 p\r que les hypo?ses sci5tifiques puiss5t utilem5t s'y arrt]4 ,t\tefois1 les irrationnels p>tisans des causes f9ales s'ef=c]ai5t va9em5t d'appliqu] une telle considration la ju/ification philosophique de leur absurde optimisme4 ,c>1 si1 cet g>d1 comme t\t autre1 l'ordre rel se tr\ve ncessairem5t plus ou mo9s con=me la m>*e effective des phnomnes1 il s'en faut malheureusem5t de beauc\p1 s\s ce rapport1 encore plus videmm5t que s\s aucun autre1 que la vraie disposition de l'conomie naturelle soit aussi favorable sa de/9ation ess5tielle qu'il s]ait ais de le concevoir4 ,il n'e/ gure possible de d\t] que la brivet excessive de la vie huma9e ne con/itue1 au contraire1 une des pr9cipales causes secondaires de la l5teur de notre dveloppem5t social1 quoique cette l5teur dp5de surt\t de l'extrme imp]fection de notre organisme3 et1 c]tes1 aucune autre gr&e h>monie ne saurait tre vritablem5t compromise1 si la dure de notre vie1 t\j\rs comprise entre les limites ncessaires que je vi5s d'indiqu]1 se tr\vait d\ble ou mme triple1 malgr l'argum5tation arbitraire des va9s apologi/es du g\v]nem5t provid5tiel4 ,l'extrme rapidit d'une exi/5ce individuelle1 dont tr5te ans pe9e1 au milieu de nombreuses entraves physiques et morales1 peuv5t tre ple9em5t utiliss autrem5t qu'en prp>ations la vie ou la mort1 tablit videmm5t1 en t\t g5re1 un insuffisant quilibre entre ce que l'homme peut conv5ablem5t concevoir et ce qu'il peut rellem5t excut]4 ,t\s ceux qui surt\t se sont noblem5t v\s au dveloppem5t direct de l'esprit huma9 ont t\j\rs s5ti1 sans d\te1 avec une pr(onde am]tume1 combi5 le temps1 mme le plus sagem5t employ1 manquait ess5tiellem5t l'laboration de leurs conceptions les mieux arrtes1 dont ils n'ont pu1 d'ord9aire1 ralis] que la mo9dre p>tie4 ,ce s]ait en va9 que1 d'aprs une sup]ficielle apprciation1 on reg>d]ait le r5\vellem5t plus rapide des cooprateurs successifs comme rp>ant suffisamm5t p\r l'espce la dure trop circonscrite de l'activit individuelle4 ,malgr l'importance vid5te de cette comp5sation ncessaire1 elle e/ c]ta9em5t1 p> sa nature1 =t imp>faite1 soit raison de la p]te de temps qu'exige la prp>ation de *aque successeur1 soit surt\t en ce que cette succession spontane e/ t\j\rs ncessairem5t trs incomplte1 p> l'impossibilit de se plac] directem5t au po9t de vue propre et dans la direction prcise des travaux antrieurs1 impossibilit d'autant plus prononce que les n\veaux collaborateurs ont eux-mmes plus de valeur relle4 ,la cont9uit des ef=ts successifs ne peut tre ple9em5t tablie1 entre div]s individus1 qu' l'g>d d'oprations extrmem5t simples1 et presque entirem5t matrielles1 o les div]ses =ces huma9es peuv5t aism5t s'aj\t]3 elle ne saurait jamais tre organise d'une manire vraim5t satisfaisante p\r les travaux les plus difficiles et les plus m95s1 o ri5 ne saurait remplac] suffisamm5t la prcieuse influ5ce d'une p]svrante unit2 les =ces intellectuelles et morales ne sont pas plus susceptibles de morcellem5t et d'addition entre successeurs qu'entre contempora9s2 et1 quoi qu'en puiss5t croire les df5seurs sy/matiques de la dissm9ation indf9ie des ef=ts individuels1 une c]ta9e conc5tration e/ con/amm5t indisp5sable l'accomplissem5t des progrs huma9s4 ,n\s devons enf9 signal] sommairem5t1 p>mi les causes gnrales qui modifi5t spontanm5t la vitesse fondam5tale de notre volution sociale1 l'accroissem5t naturel de la population huma9e1 qui contribue surt\t l'acclration cont9ue de ce gr& m\vem5t4 ,cet accroissem5t a t\j\rs t ju/em5t reg>d comme le symptme le mo9s quivoque de l'amlioration graduelle de la condition huma9e2 et ri5 ne saurait tre sans d\te plus irrcusable qu& on envisage cette augm5tation dans l'ensemble de notre espce1 ou du mo9s entre t\tes les nations vraim5t solidaires un c]ta9 degr4 ,mais il ne s'agit nullem5t ici d'une telle considration1 trop inconte/able auj\rd'hui1 malgr les critiques exagres1 ou mme vicieuses1 de nos conomi/es3 elle s]ait d'ailleurs videmm5t trangre notre sujet actuel4 ,je dois seulem5t indiqu] ma9t5ant la cond5sation progressive de notre espce comme un d]ni] lm5t gnral conc\rant a rgl] la vitesse effective du m\vem5t social4 ,on peut d'abord aism5t reconnatre que cette influ5ce contribue t\j\rs beauc\p1 surt\t l'orig9e1 dt]m9]1 dans l'ensemble du travail huma91 une division de plus en plus spciale1 ncessairem5t incompatible avec un trop petit nombre de cooprateurs4 ,en outre1 p> une proprit plus intime et mo9s connue1 quoique encore plus capitale1 une telle cond5sation /imule directem5t1 d'une manire trs puissante1 au dveloppem5t plus rapide de l'volution sociale1 soit en p\ssant les individus t5t] de n\veaux ef=ts p\r s'assur]1 p> des moy5s plus raff9s1 une exi/5ce qui autrem5t devi5drait a9si plus difficile1 soit aussi en obligeant la socit ragir avec une n]gie plus op9itre et mieux conc]te p\r lutt] suffisamm5t contre l'essor plus puissant des div]g5ces p>ticulires4 l'un et l'autre titre1 on voit qu'il ne s'agit po9t ici de l'augm5tation absolue du nombre des individus1 mais surt\t de leur conc\rs plus int5se sur un espace donn1 con=mm5t l'expression spciale dont j'ai fait usage1 et qui e/ m9emm5t applicable aux gr&s c5tres de population1 o1 en t\t temps1 les pr9cipaux progrs de l'humanit dur5t1 en effet1 recevoir con/amm5t leur premire laboration4 ,en crant de n\veaux beso9s et des difficults n\velles1 cette agglomration graduelle dveloppe spontanm5t aussi des moy5s n\veaux1 non-seulem5t quant au progrs1 mais aussi p\r l'ordre mme1 en neutralisant de plus en plus les div]ses 9galits physiques1 et donnant1 au contraire1 un asc5dant croissant aux =ces intellectuelles et morales1 ncessairem5t ma9t5ues dans leur subalt]nx primitive *ez t\te population trop re/re9te4 ,telle e/1 en ap]u1 l'influ5ce relle d'une semblable cond5sation cont9ue1 ab/raction faite d'abord de la dure effective de sa =mation4 ,si ma9t5ant on l'envisage aussi relativem5t cette rapidit plus ou mo9s gr&e1 il s]a facile d'y dc\vrir une n\velle cause d'acclration gnrale du m\vem5t social1 p> la p]turbation directe que doit a9si pr\v] l'antagonisme fondam5tal entre l'in/9ct de cons]vation et l'in/9ct d'innovation1 ce d]ni] devant videmm5t acqurir ds-lors un surcrot notable d'n]gie4 ,en ce s5s1 l'influ5ce sociologique d'un plus prompt accroissem5t de population doit tre1 p> sa nature1 ess5tiellem5t analogue celle que n\s v5ons d'apprci] p\r la dure de la vie huma9e3 c>1 il importe peu que le r5\vellem5t plus frqu5t des individus ti5ne la mo9dre longvit des uns ou la multiplication plus htive des autres4 ,aucun n\vel exam5 n'e/ donc ici ncessaire p\r c>actris] aussi la t5dance naturelle de cette dim9ution graduelle dans la priode du d\blem5t de la population acclr] davantage l'volution sociale1 en imprimant un n\vel essor l'esprit d'amlioration4 ,t\tefois1 en t]m9ant ces c\rtes indications1 il ne faut pas nglig] de rem>qu]1 comme dans le cas prcd5t1 que si cette cond5sation et cette rapidit p>v5ai5t jamais dpass] un c]ta9 degr dt]m91 elles cess]ai5t ncessairem5t de favoris] une telle acclration1 et lui suscit]ai5t1 au contraire1 spontanm5t de puissans ob/acles4 ,la premire p\rrait tre conue assez exagre p\r prs5t] mme d'insurmontables difficults au ma9ti5 conv5able de l'exi/5ce huma9e1 p> quelques sages artifices qu'on s'ef=t d'en lud] les consqu5ces2 et1 quant la seconde1 on p\rrait1 sans d\te1 l'imag9] assez dmesure p\r s'oppos] radicalem5t l'indisp5sable /abilit des entreprises sociales1 de manire quivaloir une notable dim9ution de notre longvit4 ,mais1 vrai dire1 le m\vem5t effectif de la population huma9e e/ t\j\rs demeur jusqu'ici1 mme dans les cas les plus favorables1 malgr les irrationnelles exagrations de ,mal?us1 =t infrieur aux limites naturelles o doiv5t comm5c] de tels inconvni5s1 dont on n'a pu rellem5t se =m] encore empiriquem5t une faible ide que d'aprs les p]turbations exceptionnelles quelquefois occasionnes p> des migrations trop t5dues et trop subites1 d'ailleurs trs r>em5t accomplies4 ,notre po/rit1 dans un av5ir trop loign p\r devoir inspir] auj\rd'hui aucune proccupation raisonnable1 aura seule s'inquit] gravem5t de cette d\ble t5dance spontane1 laquelle la petitesse de notre plante1 et la limitation ncessaire de l'ensemble quelconque des ress\rces huma9es1 devront faire ultrieurem5t atta*] une extrme importance1 qu& notre espce1 p>v5ue une population totale environ dcuple du taux actuel1 se tr\v]a p>t\t aussi cond5se qu'elle l'e/ dj en ,europe occid5tale4 cette 9vitable poque1 le dveloppem5t plus complet de la nature huma9e1 et la connaissance plus exacte des lois vritables de l'volution sociale1 f\rniront1 sans d\te1 p\r rsi/] avec succs de telles causes de de/ruction1 des moy5s n\veaux de div]s g5res1 dont n\s ne saurions encore n\s =m] aucune ide nette1 sans que d'ailleurs il convi5ne1 p> suite1 d'exam9] ici s'il p\rra t\j\rs y avoir1 s\s ce rapport1 une suffisante comp5sation totale4 ,dans une aussi rapide apprciation des div]s lm5s gnraux qui conc\r5t modifi]1 p> une influ5ce plus ou mo9s mesurable1 la vitesse fondam5tale du dveloppem5t huma91 je ne saurais croire avoir suffisamm5t c>actris1 ni mme conv5ablem5t m5tionn1 t\tes les causes relles qui p>ticip5t cette dt]m9ation pr(ondm5t complexe1 et dont un trait m?odique et spcial de philosophie politique p\rrait seul (frir l'analyse et la coord9ation4 ,mais1 p>mi les influ5ces secondaires1 en c>tant1 comme je le devais1 t\t ce qui conc]ne les p]turbations quelconques1 et m'atta*ant uniquem5t l'tude ab/raite de ce sujet difficile1 je crois avoir assez exam9 dsormais les pr9cipales d'entre elles1 soit p\r l'usage ultrieur d'une telle notion dans la suite de notre travail1 soit mme p\r indiqu] d'avance l'ext5sion naturelle d'une semblable opration t\te autre cause analogue qu'on v\drait ensuite considr]4 ,af9 d'avoir ici entirem5t prp> l'explication directe des lois fondam5tales de la dynamique sociale1 il ne me re/e donc plus ma9t5ant qu' df9ir trs brivem5t la subord9ation pr9cipale que doiv5t con/amm5t prs5t] entre eux les div]s aspects du dveloppem5t huma91 comme je l'ai annonc au db de ce *apitre4 ,malgr l'9vitable solid>it qui rgne sans cesse1 suivant les pr9cipes dj tablis1 p>mi les diffr5s lm5s de notre volution sociale1 il faut bi5 aussi que1 au milieu de leurs mutuelles ractions cont9ues1 l'un de ces ordres gnraux de progrs soit spontanm5t prpondrant1 de manire imprim] habituellem5t t\s les autres une indisp5sable impulsion primitive1 quoique lui-mme doive ultrieurem5t recevoir1 son t\r1 de leur propre volution1 un essor n\veau4 ,il suffit ici de disc]n] immdiatem5t cet lm5t prpondrant1 dont la considration devra dirig] l'ensemble de notre exposition dynamique1 sans n\s occup] d'ailleurs expressm5t de la subord9ation spciale des autres env]s lui ou entre eux1 qui se manife/]a suffisamm5t ensuite p> l'excution spontane d'un tel travail4 ,or1 a9si rduite1 la dt]m9ation ne saurait prs5t] aucune grave difficult1 puisqu'il suffit de di/+u] l'lm5t social dont le dveloppem5t p\rrait le mieux tre conu ab/raction faite de celui de t\s les autres1 malgr leur univ]selle connexit ncessaire2 t&is que la notion s'en reproduirait1 au contraire1 9vitablem5t dans la considration directe du dveloppem5t de ceux-ci4 ce c>actre d\blem5t dcisif1 on ne saurait hsit] plac] en premire ligne l'volution intellectuelle1 comme pr9cipe ncessairem5t prpondrant de l'ensemble de l'volution de l'humanit4 ,si le po9t de vue intellectuel doit prdom9]1 a9si que je l'ai expliqu au *apitre prcd5t1 dans la simple tude /atique de l'organisme social proprem5t dit1 plus =te raison en doit-il tre de mme p\r l'tude directe du m\vem5t gnral des socits huma9es4 ,quoique notre faible intellig5ce y ait1 sans d\te1 un indisp5sable beso9 de l'veil primitif et de la /imulation cont9ue qu'imprim5t les apptits1 les passions et les s5tim5s1 c'e/ cep5dant s\s sa direction ncessaire qu'a t\j\rs d s'accomplir l'ensemble de la progression huma9e4 ,c'e/ seulem5t a9si1 et p> l'influ5ce de plus en plus prononce de l'intellig5ce sur la conduite gnrale de l'homme et de la socit1 que la m>*e graduelle de notre espce a pu rellem5t acqurir ces c>actres de consi/ante rgul>it et de p]svrante cont9uit qui la di/+u5t si pr(ondm5t de l'essor vague1 incohr5t1 et /rile1 des espces animales les plus leves1 quoique nos apptits1 nos passions1 et mme nos s5tim5s primitifs1 se retr\v5t ess5tiellem5t *ez beauc\p d'entre elles1 et avec une n]gie suprieure1 au mo9s plusieurs g>ds importans4 ,si l'analyse /atique de notre organisme social le montre reposant f9alem5t1 de t\te ncessit1 sur un c]ta9 sy/me d'op9ions fondam5tales1 comm5t les v>iations graduelles d'un tel sy/me p\rrai5t-elles ne pas ex]c] une influ5ce prpondrante sur les modifications successives que doit prs5t] la vie cont9ue de l'humanit8 ,aussi1 dans t\s les temps1 depuis le premi] essor du gnie philosophique1 on a t\j\rs reconnu1 d'une manire plus ou mo9s di/9cte1 mais con/amm5t irrcusable1 l'hi/oire de la socit comme tant surt\t dom9e p> l'hi/oire de l'esprit huma94 ,la raison publique a mme1 depuis long-temps1 pr(ondm5t sanctionn cette apprciation gnrale1 en tablissant spontanm5t1 dans t\tes les langues civilises1 une synonymie c>actri/ique entre les t]mes de/9s dsign]1 en un g5re quelconque1 la pr9cipale influ5ce directrice1 et les mots consacrs l'indication spciale de notre organe p5sant4 ,a9si1 d'aprs l'vid5te ncessit sci5tifique de coordonn] l'ensemble de l'analyse hi/orique p> rapport une volution prpondrante1 af9 de prv5ir la confusion et l'obscurit que t\te autre m>*e produirait 9vitablem5t1 soit dans l'exposition1 soit mme dans la conception1 d'un tel sy/me de dveloppem5s solidaires et simultans1 n\s devons videmm5t *oisir ici1 ou plutt cons]v]1 l'hi/oire gnrale de l'esprit huma91 comme guide naturel et p]man5t de t\te tude hi/orique de l'humanit4 ,p> une suite1 mo9s comprise1 mais galem5t rig\reuse et indisp5sable1 du mme pr9cipe1 il faudra surt\t n\s atta*]1 dans cette hi/oire intellectuelle1 la considration prdom9ante des conceptions les plus gnrales et les plus ab/raites1 qui exig5t plus spcialem5t l'ex]cice de nos facults m5tales les plus m95tes1 dont les organes correspond5t la p>tie antrieure de la rgion frontale4 ,c'e/ donc l'apprciation successive du sy/me fondam5tal des op9ions huma9es relatives l'ensemble des phnomnes quelconques1 en un mot1 l'hi/oire gnrale de la philosophie1 quel que soit d'ailleurs son c>actre effectif1 ?ologique1 mtaphysique1 ou positif1 qui devra ncessairem5t prsid] la coord9ation rationnelle de notre analyse hi/orique4 ,t\te autre bran*e ess5tielle de l'hi/oire intellectuelle1 mme l'hi/oire des beaux-arts 7y compris la posie71 malgr son extrme importance1 ne p\rrait1 sans de graves dang]s1 tre artificiellem5t appele cet indisp5sable (fice3 p>ce que les facults d'expression1 plus intimem5t lies aux facults affectives1 et dont les organes se rappro*5t1 en effet1 davantage de la p>tie moy5ne du c]veau proprem5t dit1 ont d tre1 en t\t temps1 subordonns1 dans l'conomie relle du m\vem5t social1 aux facults de conception directe1 sans except] les poques de leur plus gr&e influ5ce relle4 ,le seul inconvni5t sci5tifique propre un tel *oix spcial1 c'e/ de dispos] nglig] quelquefois1 dans le c\rs des oprations hi/oriques1 la solid>it fondam5tale de t\tes les div]ses p>ties con/ituantes du dveloppem5t huma93 mais cette fune/e t5dance driv]ait galem5t de t\t autre *oix analogue1 et cep5dant un *oix quelconque e/ /rictem5t ncessaire4 ,un p>eil dang] doit mme tre mo9s int5se et mo9s imm95t qu& on dirige de prfr5ce l'ensemble de l'analyse hi/orique d'aprs l'lm5t social qui a rellem5t le plus influ sur l'volution totale1 et dont la considration doit1 en effet1 plus spontanm5t rappel] celle de t\s les autres4 ,mais une telle proprit ne saurait nullem5t disp5s] de la /ricte obligation rationnelle de se reprs5t]1 autant que possible1 p> t\s les moy5s conv5ables1 la notion directe et cont9ue de l'univ]selle connexit des div]s aspects du dveloppem5t social1 dont notre faible intellig5ce ne doit tre que trop dispose1 surt\t d'aprs les habitudes disp]sives de nos temps de spcialit exagre1 p]dre de vue l'indisp5sable unit4 ,le meilleur crit]ium que puisse comport]1 cet g>d1 la nature du sujet1 af9 de prv5ir ou de rectifi] les ab]rations qui p\rrai5t rsult] d'une prpondrance hi/orique trop isole1 consi/e comp>] frquemm5t entre elles les diffr5tes p>ties ess5tielles de ce dveloppem5t gnral1 p\r s'assur] si les v>iations qu'on a cru ap]cevoir dans l'une d'entr'elles correspond5t en effet des v>iations quival5tes dans *acune des autres3 sans une semblable vrification1 les *angem5s primitifs aurai5t t ncessairem5t mal apprcis1 soit p> exagration1 soit mme p> illusion4 ,on reconnatra1 j'espre1 dans la suite de ce *apitre1 et de plus en plus dans t\t le re/e de notre travail1 que cette confirmation rationnelle s'applique spontanm5t1 au plus haut degr1 notre conception fondam5tale de l'analyse hi/orique4 ,p\r faire conv5ablem5t ressortir1 ds l'orig9e1 une telle proprit1 il me suffira de dmontr] ici que les lois dynamiques gnrales1 d'abord dduites de l'obs]vation isole du dveloppem5t intellectuel de l'humanit1 sont ple9em5t en h>monie avec celles que dvoile ensuite l'exam5 spcial de son dveloppem5t matriel3 une telle liaison naturelle entre les deux t]mes les plus extrmes doit1 videmm5t1 indiqu] d'avance1 plus =te raison1 le conc\rs analogue de t\s les div]s aspects int]mdiaires4 ,aprs avoir a9si pralablem5t c>actris d'abord la direction gnrale1 ensuite la vitesse ess5tielle1 et enf9 l'ordre ncessaire1 de l'ensemble de l'volution huma9e1 n\s p\vons ma9t5ant procd]1 sans aucun autre prambule1 l'exam5 direct de la conception fondam5tale de la dynamique sociale1 en considrant surt\t1 con=mm5t aux explications prcd5tes1 les lois naturelles propres la m>*e 9vitable de l'esprit huma94 ,or1 le vrai pr9cipe sci5tifique d'une telle ?orie me p>at entirem5t consi/] dans la gr&e loi philosophique que j'ai dc\v]te1 en #ahbb1 sur la succession con/ante et indisp5sable des trois tats gnraux primitivem5t ?ologique1 transitoirem5t mtaphysique1 et f9alem5t positif1 p> lesquels passe t\j\rs notre intellig5ce1 en un g5re quelconque de spculations4 ,c'e/ donc ici que doit tre naturellem5t place l'apprciation immdiate de cette loi vraim5t fondam5tale1 de/9e ds lors s]vir de base cont9ue l'ensemble de notre analyse hi/orique1 dont l'objet ess5tiel s]a ncessairem5t d'en expliqu] et d'en dvelopp] la notion gnrale1 p> un usage graduellem5t plus t5du et plus prcis1 dans la suite entire du pass huma94 ,quelle que doive tre spontanm5t la difficult spciale d'un tel exam5 primitif1 cep5dant les explications gnrales indiques1 cet g>d1 ds le db de ce ,trait1 et surt\t les nombreuses applications1 aussi dcisives que v>ies1 que j'ai fait ensuite cont9uellem5t de ma loi des trois tats dans les volumes prcd5s et dans la premire p>tie de celui-ci1 doiv5t heureusem5t me p]mettre d'abrg] beauc\p ici cette indisp5sable dmon/ration directe1 sans nuire aucunem5t sa cl>t propre1 et sans altr] davantage son efficacit ultrieure4 ,le lecteur s'tant a9si spontanm5t famili>is d'avance1 p> cette longue prp>ation graduelle1 avec l'int]prtation et la de/9ation d'une telle loi1 il s]ait d'abord entirem5t sup]flu de lui en indiqu] ma9t5ant1 d'une manire spciale1 la simple vrification effective dans les div]ses p>ties quelconques du doma9e intellectuel4 ,t\s ceux qui possd5t quelques connaissances relles sur l'hi/oire gnrale de l'esprit huma9 ont d1 sans d\te1 dj excut]1 p> eux-mmes1 cette immdiate confirmation hi/orique1 pralablem5t indique1 d'une manire irrcusable1 p\r t\s les bons esprits1 d'aprs la m>*e actuelle de notre dveloppem5t individuel1 depuis l'enfance jusqu' la virilit1 comme je l'ai signal au comm5cem5t du premi] volume4 ,on peut appliqu] cette importante vrification les div]s moy5s quelconques d'exploration rationnelle que n\s avons reconnus1 dans la qu>ante-huitime leon1 devoir app>t5ir aux tudes sociologiques1 soit l'obs]vation pure1 directe ou indirecte1 soit mme l'exprim5tation1 soit surt\t *acune des nombreuses =mes di/9ctes de la m?ode comp>ative3 dix-sept ans de mditation cont9ue sur ce gr& sujet1 discut s\s t\tes ses faces1 et s\mis t\s les contrles possibles1 m'autoris5t affirm] d'avance1 sans la mo9dre hsitation sci5tifique1 que t\j\rs on v]ra ces diffr5tes explorations1 p>tielles ou totales1 conv5ablem5t opres1 conv]g] f9alem5t v]s l'irrsi/ible confirmation d'une telle proposition hi/orique1 qui me semble ma9t5ant aussi ple9em5t dmontre qu'aucun des faits gnraux actuellem5t admis dans les autres p>ties de la philosophie naturelle4 ,depuis la dc\v]te de cette loi des trois tats1 t\s les savans positifs1 d\s de quelque porte philosophique1 sont vraim5t conv5us de son exactitude spciale env]s leurs div]ses sci5ces respectives1 quoique t\s ne l'ai5t po9t explicitem5t proclame jusqu'ici4 ,les seules objections relles que j'aie ord9airem5t r5contres ne portai5t po9t sur le fait lui-mme1 mais uniquem5t sur son entire univ]salit dans les div]ses p>ties quelconques du doma9e intellectuel4 ,ce gr& fait gnral me semble a9si implicitem5t reconnu dj1 p> t\s les esprits avancs1 l'g>d des diffr5tes sci5ces qui sont auj\rd'hui positives2 c'e/--dire que la triple volution intellectuelle e/ ma9t5ant admise p\r t\s les cas o elle a pu tre ess5tiellem5t accomplie4 ,on ne me p>at y appliqu] aucune autre re/riction capitale que la prt5due impossibilit d't5dre aussi la mme notion aux spculations sociales4 ,mais cette irrationnelle limitation1 qu'aucun pr9cipe ne saurait c]tes ju/ifi]1 ne signifie rellem5t1 en fait1 que le non-accomplissem5t actuel de l'volution totale l'g>d d'un tel ordre de conceptions2 quoique cep5dant la sci5ce sociale soit aussi dj sortie1 malgr sa complication suprieure1 de l'tat purem5t ?ologique1 et qu'elle ait auj\rd'hui ple9em5t atte9t presque p>t\t l'tat mtaphysique proprem5t dit1 sans s'tre encore d'ailleurs directem5t leve1 si ce n'e/ dans ce ,trait1 l'tat vraim5t positif4 ,quelque naturelle que doive sembl] la situation provisoire indique p> cette demi-conviction empirique1 une telle disposition s]ait1 p> sa nature1 ess5tiellem5t /rile1 en s'opposant t\te application gnrale de cette loi1 dont le pr9cipal usage philosophique doit consi/] prcism5t dans la rgnration totale des ?ories sociales4 ,t\tefois1 le temps seul1 que ri5 ne saurait entirem5t suppler1 devra graduellem5t dissip] cette hsitation fondam5tale1 sans que j'aie beso9 d'aj\t] ici1 quant ce fait gnral1 envisag dans t\te sa plnitude rationnelle1 aucune explication directe l'irrsi/ible dmon/ration qui ressortira spontanm5t1 ce sujet1 de l'ensemble de ce volume4 quoi bon s'arrt] conva9cre spcialem5t ceux qui1 aprs une telle lecture1 p]si/]ai5t s\t5ir dogmatiquem5t l'impossibilit de r5dre enf9 la sci5ce sociale aussi positive que t\tes les autres mo9s compliques1 malgr l'vid5te ralisation naissante de cette d]nire trans=mation philosophique8 ,p> ces motifs1 n\s ne devons donc insi/] ici sur aucune immdiate vrification hi/orique de notre triple volution fondam5tale de l'esprit huma93 *aque lecteur p\rra sans pe9e excut] spontanm5t ce travail prlim9aire1 s'il ne l'a dj suffisamm5t bau* p5dant l'tude successive des volumes prcd5s4 ,mais1 au contraire1 il importe beauc\p de conc5tr] directem5t une att5tion spciale sur l'explication philosophique de cette gr&e loi1 qui1 l'tat de simple fait gnral1 re/]ait ncessairem5t dp\rvue de sa pr9cipale efficacit sci5tifique4 ,cette gnralit empirique1 qui1 en t\te autre sci5ce1 p\rrait dj avoir une valeur suffisante1 ne saurait ple9em5t conv5ir la nature propre de la sociologie1 d'aprs les pr9cipes logiques tablis1 ce sujet1 dans la qu>ante-huitime leon4 ,en une telle sci5ce1 n\s avons reconnu la possibilit c>actri/ique d'y concevoir priori t\tes les relations fondam5tales des phnomnes1 indp5damm5t de leur exploration directe1 d'aprs les bases indisp5sables f\rnies d'avance p> la ?orie biologique de l'homme4 ,n\s savons aussi que l'usage conv5able de cette m95te proprit peut seul procur] aux doctr9es sociologiques t\te l'n]gie rationnelle qui leur e/ ncessaire p\r surmont] suffisamm5t les ob/acles plus prononcs que doit r5contr] leur application relle2 outre qu'un tel contrle doit con/itu]1 d'ord9aire1 la plus irrcusable confirmation de l'exactitude ess5tielle des inductions hi/oriques proprem5t dites4 ,or1 une telle opration ne saurait1 sans d\te1 l'un ou l'autre titre1 prs5t]1 en aucun cas1 un intrt plus capital qu' l'g>d de la loi la plus fondam5tale qui puisse tre jamais applique l'ensemble de la dynamique sociale4 ,n\s devons donc ici soigneusem5t c>actris] les div]s motifs gnraux1 puiss dans l'exacte connaissance de la nature huma9e1 qui ont d r5dre1 d'une "p 9vitable1 d'une autre "p indisp5sable1 cette succession ncessaire des phnomnes sociaux1 directem5t envisags quant l'volution intellectuelle qui dom9e ess5tiellem5t leur m>*e pr9cipale4 ,t\tefois1 ayant dj suffisamm5t indiqu1 ce sujet1 les motifs purem5t logiques1 d'abord dans le disc\rs prlim9aire du premi] volume1 et ensuite1 en beauc\p d'occasions importantes1 dans t\t le c\rs de ce ,trait1 je p\rrai1 en y r5voyant d'avance le lecteur1 m'occup] surt\t ma9t5ant des motifs moraux et sociaux1 sans m'expos] d'ailleurs sc9d] mal propos une dmon/ration philosophique dont t\tes les p>ties sont spontanm5t solidaires4 ,l'9vitable ncessit d'une telle volution intellectuelle a p\r premi] pr9cipe lm5taire la t5dance primitive de l'homme transport] involontairem5t le s5tim5t intime de sa propre nature l'univ]selle explication radicale de t\s les phnomnes quelconques4 ,quoiqu'on ait ju/em5t signal1 depuis l'essor spcial du gnie philosophique1 la difficult fondam5tale de se connatre soi-mme1 il ne faut po9t cep5dant atta*] un s5s trop absolu cette rem>que gnrale1 qui ne peut tre relative qu' un tat dj trs avanc de la raison huma9e4 ,l'esprit huma9 a d1 en effet1 p>v5ir un degr notable de raff9em5t dans ses mditations habituelles avant de p\voir s'tonn] de ses propres actes1 en rfl*issant sur lui-mme une activit spculative que le monde extrieur devait d'abord si exclusivem5t provoqu]4 ,si1 d'une "p1 l'homme se reg>de ncessairem5t1 l'orig9e1 comme le c5tre de t\t1 il e/ alors1 d'une autre "p1 non mo9s 9vitablem5t dispos s'rig] aussi en type univ]sel4 ,il ne saurait concevoir d'autre explication primitive des phnomnes quelconques que de les assimil]1 autant que possible1 ses propres actes1 les seuls dont il puisse jamais croire compr5dre le mode ess5tiel de production1 p> la s5sation naturelle qui les accompagne directem5t4 ,on peut donc tablir1 en r5v]sant l'aphorisme ord9aire1 que l'homme1 au contraire1 ne connat d'abord ess5tiellem5t que lui-mme2 a9si1 t\te sa philosophie primitive doit pr9cipalem5t consi/] transport]1 plus ou mo9s heureusem5t1 cette seule unit spontane t\s les autres sujets qui peuv5t successivem5t attir] son att5tion naissante4 ,l'application ultrieure qu'il p>vi5t graduellem5t in/itu] de l'tude du monde extrieur celle de sa propre nature1 con/itue f9alem5t le plus irrcusable symptme de sa ple9e maturit philosophique1 auj\rd'hui mme trop incomplte encore1 a9si que je l'ai suffisamm5t expliqu dans la qu>antime leon1 o n\s avons hautem5t c>actris une telle subord9ation comme la premire base ncessaire de la biologie positive4 ,mais1 l'orig9e1 un esprit entirem5t inv]se prside 9vitablem5t t\tes les ?ories huma9es1 o le monde e/1 au contraire1 t\j\rs subordonn l'homme1 aussi bi5 dans l'ordre spculatif que dans l'ordre actif4 ,sans d\te1 notre intellig5ce n'aura enf9 atte9t une rationnalit p>faitem5t normale que d'aprs la conciliation fondam5tale de ces deux gr&es directions philosophiques1 jusqu'ici antagoni/es1 mais p\vant dev5ir suffisamm5t complm5taires l'une de l'autre3 j'espre dmontr]1 en effet1 la f9 de ce volume1 que cette conciliation e/ dsormais possible2 et son pr9cipe gnral con/itu]a la conclusion la plus ess5tielle de l'ensemble de ce ,trait4 ,quoi qu'il en soit1 une telle h>monie1 qui peut pe9e tre auj\rd'hui entrevue dans la plus haute cont5tion du gnie philosophique1 ne p\vait1 c]tes1 aucunem5t dirig] le premi] essor spontan de la raison huma9e4 ,or1 dans l'vid5te ncessit de suivre alors exclusivem5t l'une de ces deux m>*es inv]ses1 notre intellig5ce n'aurait pu1 sans d\te1 hsit]1 qu& mme le *oix et t facultatif1 pr5dre celle qui rsultait directem5t du seul po9t de d"p naturellem5t possible4 ,telle e/ donc l'orig9e spontane de la philosophie ?ologique1 dont le vritable esprit lm5taire consi/e1 en effet1 expliqu] la nature intime des phnomnes et leur mode ess5tiel de production en les assimilant1 autant que possible1 aux actes produits p> les volonts huma9es1 d'aprs notre t5dance primordiale reg>d] t\s les tres quelconques comme vivant d'une vie analogue la ntre1 et d'ailleurs le plus s\v5t suprieure1 cause de leur plus gr&e n]gie habituelle3 a9si que je l'ai indiqu1 en #ahbe1 dans le premi] article de mes ,considrations philosophiques sur les sci5ces et les savans4 ,cet expdi5t fondam5tal e/ si hautem5t exclusif que l'homme n'a pu vritablem5t y r5onc]1 mme dans l'tat le plus avanc de son volution intellectuelle1 qu'en cessant rellem5t de p\rsuivre ces inaccessibles re*]*es1 p\r se re/re9dre dsormais la seule dt]m9ation des simples lois des phnomnes1 ab/raction faite de leurs causes proprem5t dites3 disposition d'esprit qui suppose videmm5t une t>dive maturit de la raison huma9e4 ,lorsque1 encore auj\rd'hui1 mom5tanm5t s\/rait cette rc5te discipl9e positive1 le gnie huma9 t5te de fran*ir aussi ces 9vitables limites1 il retombe involontairem5t de n\veau1 ft-ce l'g>d des phnomnes les mo9s compliqus1 dans le c]cle primitif des ab]rations spontanes1 p>ce qu'il repr5d ncessairem5t un b et un po9t de d"p ess5tiellem5t analogues1 en attribuant la production des phnomnes des volonts spciales1 d'ailleurs intrieures ou plus ou mo9s extrieures4 ,p\r me born] ici un seul exemple ple9em5t dcisif1 auquel *acun p\rra jo9dre aism5t beauc\p de cas quival5s1 il me suffira d'indiqu]1 une poque trs rappro*e1 en un sujet sci5tifique aussi simple que possible1 la mmorable ab]ration philosophique de l'illu/re ,mallebran*e relativem5t l'explication fondam5tale des lois ma?matiques du *oc lm5taire des corps solides4 ,qu& un tel esprit1 en un sicle aussi clair1 n'a pu f9alem5t concevoir d'autre moy5 rel d'expliqu] une semblable ?orie qu'en rec\rant =mellem5t l'activit cont9ue d'une provid5ce directe et spciale1 une p>eille vrification doit1 sans d\te1 r5dre ple9em5t irrcusable l'9vitable t5dance de notre intellig5ce v]s une philosophie radicalem5t ?ologique1 t\tes les fois que n\s v\lons pntr]1 un titre quelconque1 jusqu' la nature intime des phnomnes1 suivant la disposition gnrale qui c>actrise ncessairem5t t\tes nos spculations primitives4 ,cette irrsi/ible spontanx orig9aire de la philosophie ?ologique1 con/itue sa proprit la plus fondam5tale1 et la premire s\rce de son long asc5dant ncessaire4 ,la de/9ation c>actri/ique d'une telle philosophie1 seule apte ouvrir notre volution intellectuelle une indisp5sable issue primordiale1 en rsulte1 en effet1 immdiatem5t4 ,ds le db de ce ,trait1 et ensuite dans t\tes ses div]ses p>ties1 n\s avons suffisamm5t reconnu l'impossibilit primitive1 en un sujet quelconque1 d'aucune ?orie vraim5t positive1 c'e/--dire de t\te conception rationnellem5t fonde sur un sy/me conv5able d'obs]vations pralables3 puisque1 indp5damm5t du temps considrable qu'exige videmm5t la l5te accumulation de telles obs]vations1 notre esprit ne p\rrait mme les entrepr5dre sans tre d'abord dirig et ensuite cont9uellem5t sollicit p> quelques ?ories prlim9aires4 ,*acune des bran*es ess5tielles de la philosophie naturelle n\s a successivem5t f\rni de n\veaux motifs de vrifi] que1 quoi qu'on en puisse dire1 l'empirisme absolu s]ait non-seulem5t t\t--fait /rile1 mais mme radicalem5t impossible notre intellig5ce1 qui1 en aucun g5re1 ne saurait1 videmm5t1 se pass] d'une doctr9e quelconque1 relle ou *imrique1 vague ou prcise1 de/9e surt\t ralli] et /imul] ses ef=ts spontans1 af9 d'tablir une indisp5sable cont9uit spculative1 sans laquelle l'activit m5tale s'te9drait ncessairem5t4 ,p\rquoi1 p> exemple1 nos imm5ses compilations sci5tifiques de prt5dues obs]vations mtorologiques sont-elles auj\rd'hui si pr(ondm5t dp\rvues de t\te vritable utilit1 et mme de t\te signification srieuse8 ,c'e/1 sans d\te1 en v]tu de leur c>actre ma*9alem5t empirique4 ,elles ne saurai5t acqurir une valeur relle1 et ne devi5dront susceptibles d'efficacit spculative1 que lorsqu'elles s]ont habituellem5t diriges p> une ?orie proprem5t dite1 quelque hypo?tique qu'elle dt tre d'abord4 ,ceux qui att5drai5t1 au contraire1 que1 dans un sujet aussi compliqu1 cette ?orie ft suggre p> les obs]vations elles-mmes1 mconnatrai5t totalem5t la m>*e ncessaire de l'esprit huma91 qui1 jusque dans ses plus simples re*]*es1 a t\j\rs d faire prcd] les obs]vations sci5tifiques p> une conception quelconque des phnomnes correspondans4 ,si le lecteur runit ici conv5ablem5t les vrifications nombreuses et v>ies que t\t le c\rs de ce ,trait n\s a successivem5t (f]tes de cette indisp5sable obligation intellectuelle1 n\s s]ons disp5s d'insi/] davantage sur une proposition aussi inconte/able4 ,je rappell]ai seulem5t1 d'une manire spciale1 d'aprs la qu>ante-septime leon1 la confirmation plus prononce d'une telle ncessit env]s les spculations sociales1 non-seulem5t en v]tu de leur complication suprieure1 mais aussi p> cette p>ticul>it c>actri/ique qu'un long dveloppem5t pralable de l'esprit huma9 et de la socit a pu seul y con/itu] suffisamm5t les phnomnes eux-mmes1 indp5damm5t de t\te prp>ation des obs]vateurs1 et de t\te accumulation des obs]vations4 ,enf91 il n'e/ pas inutile ici d'indiqu]1 en gnral1 que les div]ses vrifications p>tielles de cette proposition fondam5tale1 dans les diffr5s ordres de phnomnes1 doiv5t1 p> la nature du sujet1 se =tifi] mutuellem5t1 raison de notre t5dance con/ante l'unit des m?odes et l'homognx des doctr9es1 qui n\s dispos]ait involontairem5t t5dre graduellem5t la philosophie ?ologique d'une classe de spculations primitives une autre classe1 qu& mme *acune d'elles ne s]ait po9t isolm5t assujtie1 p> des motifs propres et directs1 cette insurmontable obligation gnrale4 ,tel e/ donc1 s\s le simple po9t de vue logique1 l'indisp5sable (fice primordial1 exclusivem5t affect la philosophie ?ologique1 dans l'volution fondam5tale de notre intellig5ce1 o l'essor de l'imag9ation doit ncessairem5t1 en un g5re quelconque1 t\j\rs devanc] l'essor de l'obs]vation1 aussi bi5 p\r l'espce que p\r l'individu4 ,a cette seule philosophie1 il app>t5ait1 en v]tu de son admirable spontanx c>actri/ique1 de dgag] rellem5t l'esprit huma9 du c]cle radicalem5t vicieux o il p>aissait d'abord irrvocablem5t en*an1 entre les deux ncessits opposes1 galem5t imprieuses1 d'obs]v] pralablem5t p\r p>v5ir des conceptions conv5ables1 et de concevoir d'abord des ?ories quelconques p\r entrepr5dre avec efficacit des obs]vations suivies4 ,ce fatal antagonisme logique ne p\vait videmm5t comport] d'autre solution que celle naturellem5t procure p> l'9vitable essor primitif de la philosophie ?ologique1 en assimilant1 autant que possible1 t\s les phnomnes quelconques aux actes huma9s3 soit directem5t d'aprs la fiction orig9aire qui anime spcialem5t *aque corps d'une vie plus ou mo9s semblable la ntre2 soit ensuite indirectem5t d'aprs l'hypo?se1 la fois plus durable et plus fconde1 qui sup]pose1 l'ensemble du monde visible1 un monde habituellem5t invisible1 peupl d'ag5s sur-huma9s plus ou mo9s gnraux1 dont la s\v]a9e activit dt]m9e cont9uellem5t t\s les phnomnes apprciables1 en modifiant1 son gr1 une matire v\e sans elle une totale in]tie4 ,dans ce second tat surt\t1 mieux connu et mo9s loign de nos ides1 quoiqu'il n'ait jamais pu tre primordial1 la philosophie ?ologique f\rnit les ress\rces les plus faciles et les plus t5dues p\r satisfaire aux beso9s naissans d'une intellig5ce alors dispose prfr] navem5t les explications les plus illusoires3 *aque n\vel emb>ras que peut (frir le spectacle de la nature1 il suffit1 en effet1 d'oppos] ou la conception d'une volont n\velle *ez l'ag5t idal correspondant1 ou1 t\t au plus1 la cration peu coteuse d'un ag5t n\veau4 ,quelque va9es que doiv5t ma9t5ant p>atre ces puriles spculations1 il ne faut oubli]1 en aucun sujet1 que t\j\rs et p>t\t elles ont pu seules tir] le gnie huma9 de sa torpeur primitive1 en (frant son activit p]man5te l'unique alim5t spontan qui pt exi/] d'abord4 ,outre que le *oix n'tait po9t libre1 il faut d'ailleurs not]1 comme je l'ai dj indiqu au db de ce ,trait1 qu'un tel ex]cice se tr\vait alors p>faitem5t adapt la nature gnrale de notre faible intellig5ce1 que les plus sublimes solutions obt5ues sans aucune cont5tion pr(onde et s\t5ue p\vai5t exclusivem5t intress]4 ,il n\s e/ possible auj\rd'hui1 s\s l'influ5ce d'une ducation conv5able1 de n\s atta*] vivem5t la seule re*]*e des simples lois des phnomnes1 ab/raction faite de leurs causes proprem5t dites1 premires ou f9ales2 et encore1 malgr les plus sages prcautions cont9ues1 ne revi5t-on que trop s\v5t la curiosit enfant9e qui prt5d surt\t connatre l'orig9e et la f9 de t\tes *oses4 ,mais cette salutaire svrit rationnelle n'e/ c]ta9em5t dev5ue praticable que depuis que la masse de nos connaissances relles a pu tre1 en *aque g5re1 assez considrable p\r n\s faire concevoir un espoir raisonnable de dc\vrir f9alem5t ces lois naturelles1 dont la p\rsuite effective ne p\vait1 dans l'enfance du gnie huma91 comport] le mo9dre succs4 ,si donc notre intellig5ce ne s'tait po9t d'abord exclusivem5t applique1 p> une irrsi/ible prdilection in/9ctive1 ces re*]*es inaccessibles auxquelles correspond exclusivem5t la philosophie ?ologique1 elle aurait 9vitablem5t p]svr dans sa l?>gie initiale1 faute du seul ex]cice qu'elle pt alors comport]4 ,mieux on mdit]a sur ce gr& sujet1 et plus on reconnatra que la nature des que/ions conc\rt p>faitem5t avec celle des m?odes p\r faire d\blem5t ressortir l'indisp5sable asc5dant de la philosophie ?ologique dans l'enfance de la raison huma9e4 ,a ces div]s motifs purem5t intellectuels1 vi5n5t se jo9dre1 non mo9s spontanm5t1 les motifs moraux et surt\t sociaux qui1 p> eux-mmes1 r5drai5t hautem5t inconte/able une telle ncessit4 ,s\s le premi] po9t de vue1 la philosophie ?ologique e/ c>actrise1 l'orig9e1 p> cette heureuse proprit de p\voir seule alors anim] l'homme d'une confiance suffisamm5t n]gique1 en lui inspirant1 au sujet de sa position gnrale et de sa puissance f9ale1 un s5tim5t fondam5tal de suprmatie univ]selle1 qui1 malgr sa *imrique exagration1 a t long-temps indisp5sable au dveloppem5t graduel de notre action relle4 ,on a s\v5t contempl avec tonnem5t le contra/e pr(ond1 en app>5ce si inexplicable1 qui se manife/e t\j\rs1 dans l'enfance de l'humanit1 entre la faible porte effective de nos moy5s quelconques1 et la dom9ation indf9ie que n\s aspirons ex]c] sur le monde extrieur4 ,cette discordance app>5te e/ p>faitem5t analogue1 dans l'ordre actif1 celle que n\s v5ons d'apprci] dans l'ordre spculatif4 ,elle rsulte naturellem5t1 a9si que celle-ci1 de la t5dance initiale qui a spontanm5t produit la philosophie ?ologique2 et1 p> suite1 elle doit plus spcialem5t atta*] l'homme une telle philosophie4 ,c>1 en reg>dant t\s les phnomnes comme uniquem5t rgis p> des volonts surhuma9es1 il peut espr] de modifi]1 au gr de ses dsirs1 l'ensemble de la nature entire2 non1 sans d\te1 d'aprs ses ress\rces p]sonnelles1 dont la misrable insuffisance doit tre alors trop vid5te1 mais en v]tu de l'empire illimit qu'il attribue ces puissances idales1 p\rvu qu'il p>vi5ne1 l'aide des sollicitations conv5ables1 se concili] leur int]v5tion arbitraire4 ,si1 au contraire1 il p\vait d'abord concevoir le monde /rictem5t assujti des lois inv>iables1 l'impossibilit vid5te o il se tr\v]ait d'en modifi] aucunem5t l'ex]cice aussi bi5 que de les connatre1 lui inspir]ait1 de t\te ncessit1 un fatal dc\ragem5t1 qui l'emp*]ait de sortir jamais de son apa?ie primitive1 autant que de sa torpeur m5tale4 ,depuis qu'un l5t et pnible dveloppem5t social1 la fois intellectuel et matriel1 n\s a laborieusem5t conduits ex]c] enf9 sur la nature une action suffisamm5t t5due1 n\s avons pu appr5dre n\s pass] graduellem5t1 p\r le s\lagem5t de nos misres1 des div]s sec\rs surnaturels1 en mme temps qu'une longue expri5ce n\s a fait amrem5t s5tir leur /rilit radicale4 ,mais1 l'orig9e1 les dispositions huma9es devai5t tre ncessairem5t inv]ses1 p>ce que la situation gnrale avait un c>actre ess5tiellem5t contraire4 ,la confiance1 et p> suite le c\rage1 ne p\vai5t alors n\s v5ir que d'en haut1 grace aux illusions 9vitables qui n\s promettai5t a9si une puissance presque illimite1 dont n\s ne p\vions encore nullem5t s\ponn] l'inanit4 ,on voit que je fais mme ici1 desse91 ab/raction totale des div]ses esprances relatives la vie future1 qui n'ont pu acqurir que trs t>divem5t une haute importance sociale1 comme l'hi/oire le confirme1 a9si que je l'expliqu]ai bi5tt4 ,antrieurem5t cette d]nire influ5ce1 la philosophie ?ologique avait dj produit ess5tiellem5t l'essor cont9u de notre n]gie morale1 en mme temps que celui de notre activit m5tale1 p> cela seul qu'elle n\s faisait spontanm5t entrevoir1 dans t\tes nos entreprises quelconques1 la possibilit p]man5te d'une irrsi/ible assi/ance4 ,si1 mme aux poques les plus avances1 on s'ef=ce d'apprci]1 p> une analyse conv5ablem5t appr(ondie1 l'influ5ce relle de l'esprit religieux sur la conduite gnrale de la vie huma9e1 on tr\v]a t\j\rs que la puissante confiance qu'il inspire s\v5t rsulte bi5 davantage1 en *aque cas1 de la croyance immdiate un sec\rs actuel et spcial1 que de l'uni=me p]spective1 indirecte et lo9ta9e1 d'aucune exi/5ce future4 ,tel e/1 ce me semble1 le pr9cipal c>actre de la situation rem>quable que produit spontanm5t1 dans l'ensemble du c]veau huma91 l'important phnomne1 la fois intellectuel et moral1 de la prire1 p>v5u sa ple9e efficacit physiologique1 dont les admirables proprits sont inconte/ables1 au premi] ge de notre volution fondam5tale4 ,depuis la dcroissance1 ds long-temps p5dante1 de l'esprit religieux1 on a d naturellem5t crer la notion de miracle proprem5t dit1 p\r c>actris] les vnem5s1 ds lors exceptionnels1 attribus une spciale int]v5tion div9e4 ,mais une telle notion indique clairem5t que le pr9cipe gnral des lois naturelles a dj comm5c dev5ir trs famili]1 et mme1 div]s g>ds1 prpondrant1 puisqu'elle ne saurait avoir d'autre s5s que d'en dsign]1 p> voie d'antagonisme1 la susp5sion mom5tane4 l'orig9e1 et tant que la philosophie ?ologique e/ ple9em5t dom9ante1 il n'y a po9t de miracles1 p>ce que t\t p>at galem5t m]veilleux1 comme le tmoign5t irrcusablem5t les naves descriptions de la posie antique1 o les vnem5s les plus vulgaires sont intimem5t mls aux plus mon/rueux prodiges1 et reoiv5t spontanm5t des explications analogues4 ,m9]ve int]vi5t p\r ramass] le f\et d'un gu]ri] dans de simples jeux militaires1 aussi bi5 que p\r le protg] contre t\te une arme4 ,de nos j\rs mme1 quel e/ le vrai dvot qui n'importun]a presque autant sa div9it raison des mo9dres conv5ances p]sonnelles qu'au sujet des plus gr&s intrts huma9s8 ,en t\t temps1 le m9i/re sac]dotal a d tre1 sans d\te1 beauc\p plus activem5t occup des dem&es j\rnalires de ses fidles relativem5t la sollicitation spciale des faveurs immdiates de la ,provid5ce1 qu' l'g>d du sort t]nel de *acun d'eux4 ,quoi qu'il en soit d'ailleurs1 cette di/9ction n'affecte nullem5t la proprit fondam5tale que n\s exam9ons ici dans la philosophie ?ologique de p\voir d'abord seule anim] et s\t5ir notre c\rage moral1 aussi bi5 qu'veill] et dirig] notre activit intellectuelle4 ,il faut enf9 rem>qu]1 ce sujet1 af9 d'apprci] conv5ablem5t t\te l'irrsi/ible n]gie de la t5dance primitive de l'homme v]s une telle philosophie1 que l'influ5ce affective a d puissamm5t =tifi] l'influ5ce spculative1 p\r n\s atta*] encore davantage de semblables conceptions2 comme je l'ai dj indiqu1 div]s titres spciaux1 dans les p>ties antrieures de cet ouvrage4 ,on compr5d1 en effet1 d'aprs l'extrme faiblesse relative des organes purem5t intellectuels dans l'ensemble de notre organisme crbral1 quelle haute importance a d avoir1 l'orig9e1 quant l'excitation m5tale1 l'attrayante p]spective morale de ce p\voir illimit de modifi]1 notre gr1 la nature entire1 s\s la direction de cette philosophie ?ologique1 p> l'assi/ance des ag5s suprmes dont elle ent\re notre exi/5ce1 laquelle l'conomie fondam5tale du monde e/ a9si ess5tiellem5t subordonne4 ,un tat trs avanc du dveloppem5t sci5tifique a pu p]mettre enf9 de concevoir la culture j\rnalire des connaissances relles sans aucun autre motif dt]m9ant que la pure satisfaction directe qu'inspire l'ex]cice conv5able de notre activit intellectuelle1 jo9te au d\x plaisir que procure la dc\v]te de la vrit3 encore e/-il =t d\teux que cette simple /imulation pt habituellem5t suffire1 si elle n'tait po9t s\t5ue p> les impulsions collatrales de la gloire1 de l'ambition1 ou de passions mo9s leves et plus n]giques1 si ce n'e/ t\tefois *ez un trs petit nombre d'm95s esprits1 et aprs qu'ils ont pu suffisamm5t contract] les habitudes ncessaires4 ,mais t\te supposition de ce g5re1 s]ait1 au contraire1 pr(ondm5t incompatible avec la vritable con/itution de la nature huma9e1 d'abord dans la torpeur initiale de notre dbile intellig5ce1 que peuv5t pe9e m\voir les plus n]giques /imulans1 et mme ensuite jusqu' l'poque1 plus ou mo9s t>dive suivant le sujet des re*]*es1 o l'essor prlim9aire de la sci5ce e/ dj assez p]fectionn p\r comport] des succs spculatifs d'un haut intrt propre1 ce qui c]ta9em5t suppose t\j\rs1 dans les cas les plus favorables1 une culture =t amliore4 ,dans l'indisp5sable laboration qui doit longuem5t prp>] un tel tat spculatif1 notre activit m5tale ne saurait tre conv5ablem5t enc\rage que p> les n]giques dceptions de la philosophie ?ologique1 relativem5t la prpondrance univ]selle de l'homme et son empire illimit sur le monde extrieur2 comme je l'ai dj signal au sujet de l'a/rologie et de l'al*imie4 ,auj\rd'hui mme1 o1 *ez les esprits un peu avancs1 cette philosophie primitive ne dom9e plus ess5tiellem5t qu' l'g>d des seules spculations sociales1 on peut encore vrifi] directem5t1 ce sujet1 une telle t5dance1 en y rem>quant quelle pe9e pr\ve notre intellig5ce r5onc]1 en ce g5re1 aux *imres1 p>faitem5t analogues1 qui n\s promett5t aussi de modifi] notre gr le c\rs total des phnomnes politiques1 et sans lesquelles il semble qu'un tel ordre de re*]*es ne p\rrait plus n\s inspir] un suffisant intrt sci5tifique4 ,la p>ticipation vid5te de cette proprit au ma9ti5 actuel de la politique ?ologico-mtaphysique1 peut n\s donn] immdiatem5t une faible ide de l'influ5ce primitive d'un p>eil c>actre1 qu& il s't5dait ple9em5t t\tes les p>ties quelconques du sy/me intellectuel1 et lorsque1 p> consqu5t1 l'homme ne p\vait avoir aucun moy5 rguli]1 mme indirect1 de g>antir sa raison contre l'entranem5t de semblables illusions4 ,a9si1 p5dant que1 d'une "p1 la philosophie ?ologique1 intellectuellem5t envisage1 correspondait seule au mode spontan de l'inve/igation huma9e et la nature primordiale de nos re*]*es1 elle seule aussi1 considre moralem5t1 p\vait d'abord dvelopp] notre n]gie active1 en faisant t\j\rs brill]1 au milieu des pr(ondes misres de notre situation orig9aire1 l'espoir entranant d'un empire absolu sur le monde extrieur1 comme une digne rcomp5se promise nos ef=ts spculatifs4 ,quant aux considrations sociales1 qui1 leur t\r1 tabliss5t1 d'une manire non mo9s dcisive1 cette indisp5sable ncessit primitive1 n\s p\vons ici n\s born]1 malgr leur extrme importance1 les indiqu] trs sommairem5t1 puisqu'elles doiv5t1 p> leur nature1 se reprs5t] spcialem5t1 avec t\s les dveloppem5s conv5ables1 dans l'ensemble des trois *apitres suivans1 en exam9ant l'hi/oire gnrale de l'tat ?ologique de l'humanit2 cette utile abrviation d'une dmon/ration dj si t5due aura d'autant mo9s d'inconvni5s que ce d]ni] ordre de motifs e/ peut-tre auj\rd'hui le mo9s conte/able de t\s4 ,il faut1 cet effet1 apprci] conv5ablem5t1 s\s deux po9ts de vue pr9cipaux1 la haute de/9ation sociale de la philosophie ?ologique1 soit p\r prsid] d'abord l'organisation fondam5tale de la socit1 soit ensuite p\r y p]mettre l'exi/5ce p]man5te d'une classe spculative4 ,s\s le premi] aspect1 on doit reconnatre que la =mation de t\te socit relle1 susceptible de consi/ance et de dure1 suppose ncessairem5t1 d'une manire cont9ue1 l'influ5ce prpondrante d'un c]ta9 sy/me pralable d'op9ions communes1 propre cont5ir suffisamm5t l'imptueux essor naturel des div]g5ces individuelles4 ,une telle obligation re/ant mme irrcusable dans l'tat social le mieux dvelopp1 o tant de causes spontanes1 intrieures et extrieures1 conc\r5t1 avec tant d'n]gie1 li] pr(ondm5t l'individu la socit1 il s]ait1 plus =te raison1 impossible de s'y s\/raire l'orig9e1 qu& les familles adhr5t encore si faiblem5t entr'elles p> un petit nombre de relations aussi prcaires qu'incompltes4 ,quelque puissance sociale qu'on attribue au conc\rs des intrts1 et mme la sympa?ie des s5tim5s1 ce conc\rs et cette sympa?ie ne saurai5t c]ta9em5t suffire p\r con/itu] la mo9dre socit durable1 si la communaut intellectuelle1 dt]m9e p> l'adhsion unanime c]ta9es notions fondam5tales1 ne vi5t po9t conv5ablem5t y prv5ir ou y corrig] d'9vitables discordances habituelles4 ,malgr la faible n]gie naturelle de nos organes purem5t intellectuels dans l'ensemble rel de notre conomie crbrale1 n\s avons cep5dant reconnu1 au *apitre prcd5t1 que l'intellig5ce doit ncessairem5t prsid]1 non la vie dome/ique1 mais la vie sociale1 et1 plus =te raison1 la vie politique4 ,c'e/ seulem5t p> elle que peut tre effectivem5t organise cette raction gnrale de la socit sur les individus1 qui c>actrise la de/9ation fondam5tale du g\v]nem5t1 et qui exige1 avant t\t1 un sy/me conv5able d'op9ions communes1 relatives au monde et l'humanit4 ,on ne saurait donc mconnatre1 en pr9cipe1 l'indisp5sable ncessit politique d'un tel sy/me1 une poque quelconque de l'volution huma9e1 et encore mo9s dans l'enfance de la socit4 ,mais1 d'un autre ct1 on ne peut ni] davantage que l'esprit huma91 dont la pralable activit doit f\rnir cette base premire de l'organisation sociale1 ne soit1 son t\r1 exclusivem5t dveloppable que p> la socit elle-mme1 dont l'essor e/ rellem5t insp>able de celui de l'intellig5ce1 quoique une ab/raction sci5tifique1 d'ailleurs p>tiellem5t utile1 t5de trop s\v5t faire oubli] cette irrcusable connexit4 ,voil donc1 s\s un n\vel aspect1 l'humanit1 son orig9e1 encore en*ane politiquem5t1 comme elle l'tait dj logiquem5t1 dans un c]cle radicalem5t vicieux1 p> l'opposition totale de deux ncessits galem5t irrsi/ibles4 ,or1 ce second titre1 aussi bi5 qu'au premi]1 la seule issue possible rsulte1 alors1 videmm5t1 de l'admirable spontanx qui c>actrise la philosophie ?ologique4 ,en v]tu de cette heureuse proprit fondam5tale1 une telle philosophie tait m9emm5t de/9e dirig] exclusivem5t la premire organisation sociale1 comme seule apte =m] d'abord un sy/me suffisant d'op9ions communes4 ,il importe d'obs]v]1 cet g>d1 que1 le plus s\v5t1 on conoit trs vicieusem5t1 mon gr1 cette haute fonction sociale de la philosophie ?ologique1 qu& on la fait surt\t rsult] de la sorte de discipl9e spontanm5t produite p> la p]spective de la vie future4 ,quelle que soit l'influ5ce relle de cette d]nire croyance1 on lui attribue c]ta9em5t1 t\s g>ds1 une importance exagre1 surt\t p\r le premi] ge de l'humanit1 o l'hi/oire n\s montre la philosophie ?ologique1 dj inve/ie d'une haute prpondrance politique1 avant que notre t5dance spontane suppos] l't]nit d'exi/5ce ait pu ex]c] une gr&e action sociale4 ,il e/ d'ailleurs inconte/able que1 p> sa nature1 une semblable croyance n'a jamais pu f\rnir1 vrai dire1 qu'une haute sanction un sy/me pralable d'op9ions communes1 sans avoir pu aucunem5t p>ticip] elle-mme la =mation de ce sy/me quelconque4 ,or1 c'e/ une telle =mation spontane qui1 mes yeux1 con/itue directem5t la pr9cipale de/9ation sociale propre la philosophie ?ologique1 p\r s]vir de premire base au dveloppem5t politique de l'humanit1 aussi bi5 qu' son essor intellectuel et moral4 ,cette philosophie e/ ma9t5ant p>v5ue un tel tat de dcomposition1 que mme ses plus zls p>tisans ont d p]dre ess5tiellem5t le s5tim5t rel de sa t5dance primitive inspir] naturellem5t une c]ta9e communaut d'ides1 t&is que1 depuis quelques sicles1 elle ne contribue que trop1 au contraire1 produire de pr(ondes discordances intellectuelles1 p> suite de sa dsorganisation croissante4 ,en la jugeant nanmo9s1 comme t\te autre in/itution quelconque1 d'aprs les temps de sa pr9cipale vigueur1 et non p> le spectacle de sa dcrpitude1 on ne p\rra plus mconnatre son aptitude fondam5tale tablir orig9airem5t1 s\s les conditions conv5ables1 une suffisante communion intellectuelle1 qui con/itue1 sans aucun d\te1 surt\t alors1 sa de/9ation politique la plus capitale1 en comp>aison de laquelle la police directe de la vie future n'a jamais pu avoir qu'une importance trs secondaire1 malgr le prjug inv]se qui a d rgn]1 avec tant d'exagration1 depuis que la religion e/ assez efface p\r ne plus laiss] habituellem5t d'autre s\v5ir n]gique que celui de ses plus grossires impressions4 ,outre cette haute attribution sociale1 la prpondrance primitive de la philosophie ?ologique a t politiquem5t indisp5sable au dveloppem5t intellectuel de l'humanit s\s un autre aspect gnral1 comme p\vant seule in/itu]1 au se9 de la socit1 une classe spciale rgulirem5t consacre l'activit spculative4 ,sans tre1 p> sa nature1 aussi fondam5tal que le prcd5t1 dont il con/itue d'ailleurs une suite ncessaire1 ce second po9t de vue n'a pas1 au fond1 une mo9dre efficacit p\r l'ensemble de notre gr&e dmon/ration sociologique1 o1 de plus1 il (fre spontanm5t le d\ble avantage d'une apprciation plus facile et d'une application plus prolonge2 c>1 s\s ce rapport1 la prm95ce sociale de la philosophie ?ologique a dur1 p\r a9si dire1 jusqu' nos j\rs1 *ez les peuples les plus avancs4 ,n\s ne p\vons ma9t5ant n\s =m] directem5t une ju/e ide des imm5ses difficults que devait (frir1 dans l'enfance de l'humanit1 le premi] tablissem5t1 mme grossirem5t bau*1 d'une c]ta9e division cont9ue entre la ?orie et la pratique1 irrvocablem5t ralise p> l'exi/5ce p]man5te d'une classe pr9cipalem5t spculative4 ,mais notre faiblesse intellectuelle n\s dispose tellem5t1 en t\s g5res1 la r\t9e la plus matrielle1 que1 mme auj\rd'hui1 malgr le raff9em5t de nos habitudes m5tales1 n\s pr\vons une pe9e extrme apprci] suffisamm5t t\te n\velle opration quelconque qui n'e/ po9t immdiatem5t susceptible d'un intrt pratique4 ,ce t]me de comp>aison peut faire compr5dre1 quoique trs imp>faitem5t1 combi5 il tait impossible1 au premi] ge social1 d'in/itu] directem5t1 *ez des populations exclusivem5t composes de gu]ri]s et d'esclaves1 une corporation ess5tiellem5t dgage des so9s militaires et indu/riels1 et dont l'activit c>actri/ique ft surt\t intellectuelle4 ,en des temps aussi grossi]s1 une telle classe n'et pu tre c]ta9em5t ni tablie ni tolre1 si la m>*e ncessaire de la socit ne l'avait dj spontanm5t introduite1 et mme antrieurem5t inve/ie d'une autorit naturelle plus ou mo9s respecte1 d'aprs l'9vitable prpondrance primordiale de la philosophie ?ologique4 ,tel e/1 s\s ce second aspect1 l'(fice politique fondam5tal de cette philosophie primitive1 in/ituant a9si une corporation spculative1 dont l'exi/5ce sociale1 lo9 de p\voir comport] aucune discussion pralable1 devait1 au contraire1 ess5tiellem5t prcd] et mme dirig] l'organisation rgulire de t\tes les autres classes1 comme n\s le pr\v]a bi5tt l'analyse hi/orique4 ,quelle que dt tre la confusion orig9aire des travaux intellectuels *ez ces ca/es sac]dotales1 et malgr l'inanit ncessaire de leurs pr9cipales re*]*es1 il re/e nanmo9s inconte/able que l'esprit huma9 leur devra t\j\rs la premire division effective entre la ?orie et la pratique1 impossible ralis] alors d'aucune autre manire4 ,il s]ait1 sans d\te1 inutile d'insi/] ici sur l'vid5te porte intellectuelle et sociale d'une telle division1 la plus importante et la plus difficile de celles qu'a d exig]1 dans notre volution totale1 l'organisation de l'ensemble du travail huma94 ,le progrs m5tal1 de/9 dirig] t\s les autres1 et t c]ta9em5t arrt1 presque sa naissance1 si la socit avait pu re/] exclusivem5t compose de familles uniquem5t livres1 soit aux so9s de l'exi/5ce matrielle1 soit l'entranem5t d'une brutale activit militaire4 ,t\t notre essor spirituel supposait d'abord l'exi/5ce spontane d'une classe privilgie1 j\issant du loisir physique indisp5sable la culture intellectuelle1 et en mme temps p\sse1 p> sa position sociale1 dvelopp]1 autant que possible1 le g5re d'activit spculative compatible avec l'tat primitif de l'humanit3 d\ble proprit de l'in/itution sac]dotale naturellem5t tablie p> la philosophie ?ologique4 ,quoique1 dans la dcrpitude 9vitable de cette antique philosophie1 la classe ?ologique1 p> un enti] r5v]sem5t de sa de/9ation orig9aire1 ait d auj\rd'hui1 malgr le loisir qu'elle n'a po9t p]du1 p>v5ir graduellem5t une sorte de l?>gie m5tale1 cela ne doit jamais faire oubli] que t\t les premi]s travaux intellectuels1 en un g5re quelconque1 sont ncessairem5t mans d'elle4 ,sans son tablissem5t spontan1 t\te notre activit1 ds lors exclusivem5t pratique1 se s]ait borne un c]ta9 p]fectionnem5t1 bi5tt arrt1 de quelques simples procds et in/rum5s militaires ou indu/riels4 ,les plus m95tes facults de notre nature re/ant jamais dissimules dans leur eng\rdissem5t primitif1 le c>actre gnral de la socit huma9e s]ait1 en ralit1 t\j\rs demeur trs peu suprieur celui des socits de gr&s s+es4 ,c'e/ a9si que la philosophie ?ologique1 aprs avoir ncessairem5t prsid l'organisation politique du premi] ge social1 y a spontanm5t ralis les conditions politiques prlim9aires du dveloppem5t ultrieur de l'esprit huma91 p> l'in/itution p]man5te d'une classe spculative4 ,telles sont1 en ap]u1 d'aprs cet ensemble d'indications1 les pr9cipales proprits c>actri/iques1 intellectuelles1 morales1 et sociales1 qui conc\r5t1 de la manire la plus irrsi/ible1 procur] la philosophie ?ologique une suprmatie univ]selle1 aussi indisp5sable qu'9vitable1 l'orig9e de l'volution huma9e4 ,si j'ai autant insi/ sur cette premire p>tie de la gr&e dmon/ration sociologique que n\s p\rsuivons1 ce n'e/ pas seulem5t p>ce qu'elle en doit tre auj\rd'hui la plus conte/e1 ou1 p\r mieux dire1 la seule controv]sable p\r les esprits les plus avancs1 que je dois avoir ess5tiellem5t en vue4 ,j'ai cru surt\t devoir le faire p>ce qu'un tel po9t de d"p me semble1 p> la nature du sujet1 cont5ir le pr9cipe fondam5tal de la dmon/ration t\t entire1 que n\s p\vons ma9t5ant t]m9] rapidem5t1 en r5voyant d'ailleurs aux nombreuses indications dj signales dans les volumes prcd5s et aux dveloppem5s directs auxquels va tre consacre la suite de celui-ci4 ,au po9t o ce ,trait e/ actuellem5t p>v5u1 il s]ait trs sup]flu d'y pr\v] dogmatiquem5t la t5dance f9ale de t\tes les conceptions huma9es un tat purem5t positif4 ,elle a t1 en fait1 aussi ple9em5t con/ate que possible1 p> l'ensemble des volumes prcd5ts1 env]s t\tes les sci5ces proprem5t dites1 l'g>d desquelles d'ailleurs elle a cess auj\rd'hui de p\voir tre mconnue3 et1 quant aux spculations sociales1 les seules qui n'ai5t po9t encore subi une telle trans=mation1 t\t le volume actuel e/ de/9 les y assujtir aussi4 ,a9si1 le t]me effectif de l'volution intellectuelle n'e/ pas plus susceptible de conte/ation que son po9t de d"p ncessaire4 ,quelque irrsi/ible asc5dant primordial que n\s v5ions de reconnatre1 en pr9cipe1 la philosophie ?ologique1 en v]tu de sa spontanx c>actri/ique1 *acun des motifs fondam5taux qui expliqu5t et ju/ifi5t un tel empire intellectuel le montr5t en mme temps comme ncessairem5t provisoire1 puisqu'ils consi/5t t\j\rs con/at]1 div]s titres1 la p>faite h>monie naturelle de cette philosophie avec les beso9s propres l'tat primitif de l'humanit1 et qui ne saurai5t tre les mmes1 ni p> suite1 comport] la mme philosophie1 qu& l'volution sociale e/ suffisamm5t dveloppe4 ,le lecteur peut aism5t repr5dre1 s\s ce po9t de vue1 t\tes ces diffr5tes considrations pr9cipales1 et p>t\t il reconnatra que1 lorsqu'on en prolonge l'application gnrale jusqu' un tat social trs avanc1 elles con/at5t1 non mo9s spontanm5t1 l'indisp5sable dcad5ce f9ale de la philosophie ?ologique1 et l'urg5t avnem5t de la philosophie positive3 c'e/ mme en cela que consi/e surt\t l'extrme dlicatesse logique d'une telle argum5tation1 dont un esprit sophi/ique p\rrait si facilem5t abus] p\r ni] dogmatiquem5t1 d'une manire absolue1 t\te vritable utilit quelconque de la philosophie ?ologique1 l't]nel dtrim5t de la sci5ce hi/orique1 ds-lors radicalem5t impossible4 ,en ayant d'abord g>d la de/9ation intellectuelle1 on tr\v]a con/amm5t1 en un sujet quelconque1 que l'asc5dant spontan de la philosophie ?ologique1 aprs avoir exclusivem5t dt]m9 le premi] veil de notre intellig5ce1 et prsid mme ses progrs successifs tant qu'aucune philosophie plus relle n'tait encore dev5ue suffisamm5t possible1 a d ncessairem5t f9ir p> t5dre p>t\t la compression de l'esprit huma91 depuis que son antagonisme radical avec la philosophie positive a pu comm5c] se c>actris] nettem5t4 ,de mme1 dans l'ordre moral1 il e/ au mo9s aussi vid5t que la confiance consolante et l'active n]gie1 si heureusem5t inspires1 au premi] ge de l'humanit1 p> les illusions d'une telle philosophie1 ont graduellem5t t5du se *ang]1 en d]ni] lieu1 s\s son empire trop prolong1 en une t]reur oppressive et une langueur apa?ique1 dont les exemples ne sont que trop communs1 p>tir du mom5t o1 sa prpondrance s'tant tr\ve compromise1 elle a d ret5ir au lieu de p\ss]4 ,la supriorit f9ale de la philosophie positive e/ aussi indubitable ce titre qu'au prcd5t1 comme l'ensemble de notre analyse hi/orique le dmontr]a spontanm5t3 elle seul il app>ti5t1 dans l'tat viril de la raison huma9e1 de dvelopp] en n\s1 au milieu de nos entreprises les plus h>dies1 une vigueur 9branlable et une con/ance rfl*ie1 directem5t tires de notre propre nature1 sans aucune assi/ance extrieure1 et sans aucune entrave *imrique4 ,enf91 s\s le po9t de vue social1 malgr que l'asc5dant rel de la philosophie ?ologique ait d1 cet g>d1 se prolong] davantage1 il s]ait inutile auj\rd'hui de con/at] =mellem5t que1 bi5 lo9 de t5dre li] les hommes1 suivant sa de/9ation orig9aire1 elle contribue ess5tiellem5t les divis]2 de mme que1 aprs avoir cr l'activit spculative1 elle a d ab\tir l'entrav] radicalem5t4 ,la proprit de runir1 comme celles de /imul] et de dirig]1 app>ti5n5t dsormais1 d'une manire de plus en plus exclusive1 depuis la dcad5ce des croyances religieuses1 l'ensemble des conceptions positives1 seules capables auj\rd'hui d'tablir spontanm5t1 d'un b\t du monde l'autre1 sur des bases aussi durables qu't5dues1 une vritable communaut intellectuelle1 p\vant s]vir de fondem5t solide la plus va/e organisation politique4 ,a t\s ces titres div]s1 une expri5ce progressive comm5ce faire assez hautem5t press5tir la de/9e respective des deux philosophies p\r que je doive ma9t5ant insi/] davantage sur une telle apprciation1 qui1 dj intellectuellem5t accomplie dans t\t le c\rs de ce ,trait1 le s]a bi5tt moralem5t et politiquem5t1 un degr t\t aussi dcisif1 p> la suite entire de ce volume4 ,l'analyse hi/orique n\s expliqu]a clairem5t1 d'aprs l'ensemble du pass social1 la dcad5ce cont9ue de la premire et l'essor correspondant de la seconde1 p>tir mme des premi]s progrs de la raison huma9e4 ,quoiqu'il doive sembl] d'abord p>adoxal de reg>d] la philosophie ?ologique comme tant dj1 et depuis long-temps1 en ple9e dcroissance intellectuelle au mom5t mme o elle accomplissait sa plus sublime mission politique1 n\s reconnatrons bi5tt1 avec une entire vid5ce sci5tifique1 que le ca?olicisme1 son plus noble ouvrage social1 a d tre aussi son d]ni] ef=t1 cause des g]mes primitifs de dsorganisation qui devai5t ds-lors se dvelopp] d'une manire de plus en plus rapide4 ,n\s p\vons donc n\s born] ici1 p\r notre dmon/ration fondam5tale1 c>actris] le pr9cipe gnral de l'9vitable t5dance lm5taire qui entrane f9alem5t l'esprit huma9 v]s une philosophie positive de plus en plus exclusive1 dans t\tes les p>ties quelconques du sy/me intellectuel4 ,d'aprs les lois fondam5tales de la nature huma9e1 le dveloppem5t de l'espce1 comme celui de l'individu1 aprs un suffisant ex]cice pralable de l'ensemble de nos facults1 doit f9ir p> attribu] spontanm5t la raison une prm95ce de plus en plus c>actrise sur l'imag9ation1 quoique l'essor de celle-ci ait d d'abord1 de t\te ncessit1 tre long-temps prpondrant4 ,c'e/ a9si que1 dans l'un ou l'autre cas1 les plus m95s attributs de l'humanit t5d5t graduellem5t v]s l'asc5dant gnral auquel ils tai5t de/9s1 ds l'orig9e1 malgr leur mo9dre n]gie organique1 et qui peut seul assujtir notre conomie crbrale une h>monie durable4 ,les mmes motifs lm5taires qui impos5t une telle m>*e l'organisme individuel1 la prescriv5t aussi1 avec une puissance bi5 plus irrsi/ible1 l'organisme social1 en v]tu de sa complication suprieure1 et de sa p]ptuit c>actri/ique4 ,malgr l'9vitable asc5dant primitif de la philosophie ?ologique1 on peut ma9t5ant affirm] qu'une telle manire de philosoph] n'a jamais t1 p\r notre intellig5ce1 qu'une sorte de pis-all]1 v]s lequel une prdilection spontane ne n\s a d'abord si exclusivem5t entrans que p> l'impossibilit radicale d'une meilleure philosophie4 ,en un sujet quelconque1 qu&1 aprs une prp>ation conv5able1 la concurr5ce des m?odes e/ dev5ue vraim5t possible1 l'homme n'a jamais hsit sub/itu] de plus en plus la re*]*e des lois relles des phnomnes celle de leurs causes primordiales1 comme la fois mieux adapte sa porte effective et ses beso9s vritables1 quoique l'entranem5t des habitudes antrieures1 qu'aucune ducation rationnelle n'a jusqu'ici suffisamm5t combattues1 ait d1 sans d\te1 le faire s\v5t retomb] dans le r5\vellem5t passag] de ses premires illusions4 proprem5t p>l]1 la philosophie ?ologique1 mme dans notre premire enfance1 individuelle ou sociale1 n'a jamais pu tre rig\reusem5t univ]selle3 c'e/--dire que1 p\r t\s les ordres quelconques de phnomnes1 les faits les plus simples et les plus communs ont t\j\rs t reg>ds comme ess5tiellem5t assujtis des lois naturelles1 au lieu d'tre attribus l'arbitraire volont des ag5s surnaturels4 ,l'illu/re ,adam ,smi? a1 p> exemple1 trs heureusem5t rem>qu1 dans ses essais philosophiques1 qu'on ne tr\vait1 en aucun temps1 ni en aucun pays1 un dieu p\r la pesanteur4 ,il en e/ a9si1 en gnral1 mme l'g>d des sujets les plus compliqus1 env]s t\s les phnomnes assez lm5taires et assez famili]s p\r que la p>faite inv>iabilit de leurs relations effectives ait t\j\rs d frapp] spontanm5t l'obs]vateur le mo9s prp>4 ,dans l'ordre moral et social1 qu'une va9e opposition v\drait auj\rd'hui sy/matiquem5t int]dire la philosophie positive1 il y a eu ncessairem5t1 en t\t temps1 la p5se des lois naturelles1 relativem5t aux plus simples phnomnes de la vie j\rnalire1 comme l'exige videmm5t la conduite gnrale de notre exi/5ce relle1 individuelle ou sociale1 qui n'aurait pu jamais comport] aucune prvoyance quelconque1 si t\s les phnomnes huma9s avai5t t rig\reusem5t attribus des ag5s surnaturels1 puisque ds lors la prire aurait logiquem5t con/itu la seule ress\rce imag9able p\r influ] sur le c\rs habituel des actions huma9es4 ,on doit mme rem>qu]1 ce sujet1 que c'e/1 au contraire1 l'bau*e spontane des premires lois naturelles propres aux actes individuels ou sociaux qui1 fictivem5t transporte t\s les phnomnes du monde extrieur1 a d'abord f\rni1 d'aprs nos explications prcd5tes1 le vrai pr9cipe fondam5tal de la philosophie ?ologique4 ,a9si1 le g]me lm5taire de la philosophie positive e/ c]ta9em5t t\t aussi primitif1 au fond1 que celui de la philosophie ?ologique elle-mme1 quoiqu'il n'ait pu se dvelopp] que beauc\p plus t>d4 ,une telle notion importe extrmem5t la p>faite rationnalit de notre ?orie sociologique1 puisque1 la vie huma9e ne p\vant jamais (frir aucune vritable cration quelconque1 mais t\j\rs une simple volution graduelle1 l'essor f9al de l'esprit positif devi5drait sci5tifiquem5t incomprh5sible1 si1 ds l'orig9e1 on n'en concevait1 t\s g>ds1 les premi]s rudim5s ncessaires4 ,depuis cette situation primitive1 mesure que nos obs]vations se sont spontanm5t t5dues et gnralises1 cet essor d'abord pe9e apprciable1 a con/amm5t suivi1 sans cess] long-temps d'tre subalt]ne1 une progression trs l5te mais cont9ue1 la philosophie ?ologique re/ant t\j\rs ess5tiellem5t rs]ve p\r les phnomnes1 de mo9s en mo9s nombreux1 dont les lois naturelles ne p\vai5t encore tre aucunem5t connues4 ,on peut donc reg>d] avec exactitude cette philosophie comme n'ayant jamais t intellectuellem5t de/9e1 l'g>d de *aque gr& sujet p]man5t de nos spculations1 qu' y entret5ir provisoirem5t notre activit m5tale1 p> le seul ex]cice fondam5tal qu'elle pt alors comport]1 jusqu' ce que l'accs en ft dev5u graduellem5t abordable l'esprit positif1 seul appel1 d'aprs sa nature1 une rig\reuse univ]salit f9ale1 la fois logique et politique1 s't5dant t\tes les ides comme t\s les individus4 ,cette t5dance df9itive n'a d t\tefois comm5c] se c>actris] irrvocablem5t1 avec une n]gie t\j\rs croissante1 que depuis l'poque trs rc5te o les lois naturelles ont pu tre enf9 dvoiles dans des phnomnes assez nombreux et assez v>is p\r que l'esprit huma9 pt concevoir1 en pr9cipe1 l'exi/5ce ncessaire de lois analogues env]s t\s les phnomnes quelconques1 quelque loigne que dt tre jamais leur dc\v]te effective4 ,quoique la fluctuation intellectuelle con/itue1 comme je l'ai expliqu1 la pr9cipale maladie de notre sicle1 on y r$\te cep5dant beauc\p t\te op9ion vraim5t dcisive1 faute de s5tir sur quelles bases on p\rrait l'asseoir4 ,aussi1 malgr l'irrsi/ible vid5ce de cet entranem5t graduel de l'esprit huma9 v]s la philosophie positive1 on v\drait cons]v] la philosophie ?ologique une t]nelle autorit1 en rvant entre elles une conciliation *imrique1 d'aprs une fausse apprciation de leur antagonisme fondam5tal4 ,mais les explications v>ies cont5ues1 ce sujet1 dans les trois volumes prcd5s1 ne peuv5t c]ta9em5t laiss] dsormais aucun d\te sur l'incompatibilit radicale des deux philosophies1 soit p\r la m?ode ou p\r la doctr9e1 qu& une fois leur c>actre respectif e/ suffisamm5t dvelopp4 ,il e/ vrai que1 de prime abord1 on n'ap]oit pas une 9vitable antipa?ie entre la re*]*e des lois relles des phnomnes et celle de leurs causes ess5tielles3 p\rvu que l'tude physique re/e t\j\rs subordonne1 en gnral1 au dogme ?ologique1 son dveloppem5t propre peut1 en effet1 s'opr] d'abord sans conduire aucun *oc direct1 l'une des deux philosophies ne p>aissant alors de/9e qu' explor] les dtails1 plus ou mo9s secondaires1 d'un ordre fondam5tal1 dont l'autre doit seule apprci] l'ensemble4 ,l'essor effectif de la philosophie positive a d mme dp5dre primitivem5t de cette subalt]nit spontane2 c>1 s'il et pu en tre autrem5t1 cette philosophie tant beauc\p trop faible1 l'orig9e1 p\r rsi/] avec succs une collision immdiate1 son premi] lan et t ncessairem5t comprim jamais4 ,mais1 depuis que les obs]vations1 p]dant peu peu leur incohr5ce orig9aire1 ont t5du graduellem5t v]s d'importantes relations1 l'opposition fondam5tale des m?odes a dvelopp de plus en plus1 entre les doctr9es1 une 9vitable ho/ilit1 l'g>d d'un sujet quelconque4 ,avant qu'aucun antagonisme direct soit dev5u ouv]tem5t prononc1 cette antipa?ie lm5taire s'e/ p>t\t dvoile1 soit p> la rpugnance in/9ctive de l'esprit positif p\r les va9es explications absolues de la philosophie ?ologique1 soit p> l'irrsi/ible dda9 qu'inspirait celle-ci p\r la m>*e circonspecte et les mode/es re*]*es de la n\velle cole3 t\tefois1 l'tude des lois relles p>aissait encore p\voir se concili] avec celle des causes ess5tielles4 ,qu& des lois naturelles de quelque porte ont pu tre enf9 dc\v]tes1 cette intime opposition cont9ue n'a pas t>d manife/]1 t\s g>ds1 une incompatibilit de plus en plus c>actri/ique1 entre la prpondrance de l'imag9ation et celle de la raison1 entre l'esprit absolu et l'esprit relatif1 et surt\t entre l'antique hypo?se de la s\v]a9e direction des vnem5s quelconques p> des volonts arbitraires et la possibilit de plus en plus irrcusable de les prvoir ou de les modifi] d'aprs les seules voies rationnelles d'une sagesse huma9e4 ,jusqu' ce que la collision fondam5tale ait pu s't5dre t\tes les p>ties du sy/me intellectuel1 ce qui n'a eu lieu que de nos j\rs1 l'indisp5sable spcialit des div]ses re*]*es sci5tifiques a d dissimul]1 ceux mmes qui les p\rsuivai5t avec la plus dcisive efficacit1 la t5dance 9vitable de leur ensemble inap]u v]s une philosophie n\velle1 f9alem5t inconciliable avec la prpondrance effective de la philosophie ?ologique4 ,les esprits spciaux ont pu croire alors1 de trs bonne foi1 que1 s'int]disant radicalem5t t\te enqute sur la nature intime des tres et sur le mode ess5tiel de production des phnomnes1 les re*]*es de la physique n'tai5t1 au fond1 nullem5t opposes aux explications de la ?ologie4 ,mais cette illusion provisoire a d graduellem5t se dissip] sans ret\r mesure que l'esprit sci5tifique1 dev5u mo9s timide en mme temps que plus gnral1 devait involontairem5t discrdit] ces conceptions ?ologiques1 p> cela seul qu'il les proclamait inaccessibles la raison huma9e4 ,introduisant spontanm5t dans nos re*]*es une m>*e t\te n\velle1 le progrs d'un tel esprit n'a pu vit] de faire hautem5t ressortir1 s\s le rapport purem5t logique1 le contra/e dcisif entre la scrupuleuse rationnalit des procds appliqus au b le plus abordable et la frivole tmrit des t5tatives de/9es dvoil] les plus impntrables my/res4 ,quant la doctr9e proprem5t dite1 l'impossibilit radicale de concili] la subord9ation des phnomnes d'inv>iables lois naturelles avec leur assujtissem5t absolu des volonts m9emm5t mobiles1 a d ncessairem5t dev5ir de plus en plus irrcusable1 comme je l'ai tant de fois expliqu1 dans les div]ses p>ties de ce ,trait1 l'g>d de t\s les ordres quelconques de phnomnes4 ,la conception provisoire d'une provid5ce univ]selle1 comb9e avec des lois spciales qu'elle-mme se s]ait imposes1 ne con/itue c]ta9em5t qu'une concession involontaire de l'esprit ?ologique l'esprit positif1 p> une sorte de compromis spontan1 qu'a d inspir]1 en temps conv5able1 l'volution ncessaire de notre intellig5ce1 comme l'analyse hi/orique n\s l'expliqu]a bi5tt directem5t4 ,cette transaction gnrale1 que le ca?olicisme a d surt\t organis]1 en int]disant l'usage habituel des miracles et des prophties1 si prpondrant dans t\te l'antiquit1 me semble c>actris]1 dans l'ordre religieux1 une situation transitoire ess5tiellem5t analogue celle qu'indique1 dans l'ordre mon>*ique1 l'in/itution de ce qu'on a nomm la royaut con/itutionnelle3 l'un et l'autre titre1 de telles notions doiv5t tre1 p> leur nature1 d'irrcusables symptmes de dcl9 graduel4 ,quoi qu'il en soit1 c'e/ surt\t dans l'application gnrale que doiv5t spontanm5t dev5ir inconte/ables1 p\r le vulgaire1 les diffr5ces radicales des div]ses philosophies quelconques1 que si peu d'esprits peuv5t spcialem5t jug]4 ,or1 s\s ce po9t de vue f9al1 n\s avons dj successivem5t reconnu1 de la manire la plus dcisive1 env]s t\s les phnomnes apprciables1 la haute impossibilit ncessaire de concili] suffisamm5t aucune philosophie ?ologique avec cette t5dance fondam5tale dvelopp] nos moy5s rationnels1 soit de prvoir les vnem5s naturels1 soit de les modifi] p> notre int]v5tion1 qui con/itue la de/9ation la plus c>actri/ique de la philosophie positive4 ,c'e/1 en effet1 d'aprs ce d\ble attribut que cette philosophie a d surt\t obt5ir spontanm5t1 *ez t\s les hommes1 un asc5dant de plus exclusif4 ,en comp>ant *aque j\r1 l'un et l'autre titre1 son heureuse et fconde aptitude satisfaire de mieux en mieux les plus urg5s beso9s intellectuels de l'humanit avec l'vid5te /rilit radicale des va9es conceptions de la ?ologie1 la raison publique1 indp5damm5t de t\te lutte directe1 n'a pu s'ab/5ir de condamn] involontairem5t ces explications *imriques une dsutude de plus en plus complte1 qui devait dt]m9] graduellem5t leur dcad5ce irrvocable1 mesure qu'une discussion rationnelle f]ait directem5t ressortir leur inanit ncessaire4 ,tel e/ le pr9cipal aspect s\s lequel a d se manife/] progressivem5t1 avec le plus de nettet1 la t5dance f9ale de l'homme v]s une philosophie ple9em5t positive1 *ez ceux mmes qui sont re/s le plus fidles la philosophie ?ologique1 et qui1 sans en faire nanmo9s un usage plus rel dans la vie j\rnalire1 lui ont encore cons]v1 en pr9cipe1 une insuffisante prdilection1 uniquem5t fonde dsormais sur sa gnralit c>actri/ique1 jusqu' ce que1 p> l'9vitable sy/matisation totale de l'esprit positif1 elle ait aussi p]du ce d]ni] attribut1 seul titre lgitime qui lui re/e ma9t5ant la suprmatie sociale4 ,aprs avoir a9si suffisamm5t c>actris1 d'abord le po9t de d"p ncessaire1 et ensuite le t]me 9vitable1 de l'volution intellectuelle de l'humanit1 notre gr&e dmon/ration sociologique n'exige plus que l'apprciation gnrale1 ds lors presque spontane1 de l'tat int]mdiaire4 ,j'ai dj fait s5tir1 en beauc\p d'occasions intressantes1 combi5 il importe1 en pr9cipe1 de n'exam9]1 en un sujet quelconque1 les cas ess5tiellem5t int]mdiaires que s\s l'indisp5sable influ5ce d'une exacte analyse pralable des deux cas extrmes entre lesquels ils sont surt\t de/9s opr] une transition graduelle4 ,la "q actuelle n\s prs5te1 p> sa nature1 l'application la plus capitale d'un tel prcepte logique3 c>1 une fois reconnu que l'esprit huma9 doit t\j\rs p>tir de l'tat ?ologique et arriv] con/amm5t l'tat positif1 on peut aism5t compr5dre la ncessit1 la fois 9vitable et indisp5sable1 qui l'oblige sans cesse pass] de l'un l'autre l'aide de l'tat mtaphysique1 qui ne saurait avoir d'autre de/9ation fondam5tale4 ,cela rsulte directem5t1 comme je l'ai dj tant indiqu dans les div]ses p>ties de ce ,trait1 de l'opposition trop radicale qui exi/e naturellem5t entre l'esprit ?ologique et l'esprit positif1 et du c>actre bt>d et mobile des conceptions mtaphysiques1 susceptibles de s'adapt] galem5t au dcl9 graduel de l'un et l'essor pralable de l'autre1 de manire mnag]1 autant que possible1 notre intellig5ce1 si antipa?ique t\t *angem5t brusque1 une transition presque imp]ceptible4 ,a mesure que la ?ologie se retire du doma9e spculatif1 et avant que la physique puisse df9itivem5t s'y tablir1 l'occupation spontane de la mtaphysique le prp>e provisoirem5t2 en sorte que1 dans *aque cas1 t\te conte/ation de suprmatie entre ces trois philosophies peut1 au fond1 se rduire une simple "q d'opportunit1 juge d'aprs l'exam5 rationnel du dveloppem5t fondam5tal de l'esprit huma94 ,cette modification mtaphysique de la philosophie ?ologique s'opre naturellem5t1 en un sujet quelconque1 p> la sub/itution graduelle de l'entit la div9it1 lorsque les conceptions religieuses se gnralis5t en dim9uant sans cesse le nombre des ag5s surnaturels aussi bi5 que leur int]v5tion active1 et surt\t qu& elles p>vi5n5t1 s9on en ralit du mo9s en pr9cipe1 une rig\reuse unit suprme4 ,dans ce d]ni] tat gnral de la philosophie ?ologique1 l'action surnaturelle1 p]dant sa spcialit primitive1 n'a pu habituellem5t ab&onn] la direction immdiate du phnomne sans y laiss]1 sa place1 une my/rieuse entit1 d'abord ncessairem5t mane d'elle1 mais laquelle1 p> l'usage j\rnali]1 l'esprit huma9 a d rapport]1 d'une manire de plus en plus exclusive1 la production p>ticulire de *aque vnem5t4 ,or1 cette trange manire de philosoph] a d tre long-temps ncessaire1 soit p\r facilit] le dcl9 graduel de la ?ologie en lim9ant peu peu l'int]v5tion spciale des causes surnaturelles1 soit p\r prp>] l'essor progressif de la physique en habituant t\j\rs davantage la considration exclusive des phnomnes3 l'un et l'autre titre1 cette situation transitoire con/itue la fois un symptme 9vitable et un indisp5sable conc\rs4 ,du re/e1 l'esprit gnral d'une telle philosophie doit tre ess5tiellem5t analogue1 quant la m?ode et quant la doctr9e1 celui de la philosophie ?ologique1 dont elle ne saurait jamais dev5ir qu'une pure modification pr9cipale4 ,elle possde seulem5t1 p> sa nature1 une mo9dre consi/ance intellectuelle1 et surt\t1 p> suite1 une puissance sociale beauc\p mo9s int5se1 de manire conv5ir inf9im5t mieux une simple de/9ation critique qu' aucune vritable organisation4 ,mais ces c>actres1 ple9em5t adapts son (fice transitoire dans l'ensemble de l'volution huma9e1 soit individuelle1 soit sociale1 ne la r5d5t que d'autant mo9s susceptible de rsi/] pr(ondm5t l'essor graduel de l'esprit positif4 ,d'une "p1 la subtilit croissante des conceptions mtaphysiques t5d a9si rduire de plus en plus leurs entits c>actri/iques ne p\voir consi/] qu'en de simples dnom9ations ab/raites des phnomnes correspondans1 de manire p\ss] f9alem5t jusqu'au ridicule le plus dcisif la manife/ation spontane de l'inanit radicale propre de telles explications2 ce qui n'et pas t1 sans d\te1 autant possible env]s les =mes purem5t ?ologiques4 ,en second lieu1 l'impuissance organique d'une semblable philosophie1 en v]tu de son inconsqu5ce fondam5tale1 doit emp*]1 s\s l'aspect politique1 les modifications successives qu'elle apporte ncessairem5t au rgime ?ologique de p\voir lutt]1 avec la mme efficacit qu' l'orig9e1 contre l'essor social de l'esprit positif4 ,t\tefois1 l'un et l'autre titre1 la nature m9emm5t quivoque et mobile de la philosophie mtaphysique proprem5t dite1 la r5d susceptible1 p> les innombrables modifications qu'elle peut (frir1 de mieux *app] que la philosophie ?ologique elle-mme une discussion rationnelle1 g>e s\s de vagues et insaisissables nuances1 tant que l'esprit positif1 encore imp>faitem5t gnralis1 n'a pu directem5t attaqu] le seul pr9cipe actuel de leur autorit commune1 en s'attribuant enf9 l'entire univ]salit qui leur e/ galem5t propre4 ,quoi qu'il en soit1 on ne saurait mconnatre1 en gnral1 l'aptitude intellectuelle de la mtaphysique s\t5ir provisoirem5t1 l'g>d d'un sujet quelconque1 notre activit spculative1 jusqu' ce qu'elle puisse admettre une alim5tation plus sub/antielle1 t\t en n\s loignant dj du rgime purem5t ?ologique et n\s prp>ant t\j\rs davantage au rgime vraim5t positif3 cette philosophie prs5te d'ailleurs ncessairem5t la mme proprit ess5tielle p\r dirig] la transition politique qui accompagne cont9uellem5t cette gr&e transition logique4 ,sans faire oubli] les graves dang]s1 intellectuels et sociaux1 qui1 malheureusem5t1 c>actris5t aussi la philosophie mtaphysique1 une telle apprciation explique le vrai pr9cipe gnral de l'asc5dant univ]sel qu'elle a f9i p> acqurir provisoirem5t *ez les populations les plus avances1 o il suppose1 de t\te ncessit1 le s5tim5t in/9ctif1 qui ne saurait tre totalem5t erron1 d'un c]ta9 (fice indisp5sable rempli p> une telle philosophie dans l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,l'irrsi/ible ncessit de cette phase transitoire e/ donc ma9t5ant aussi irrcusable qu'elle puisse l'tre avant que son analyse directe1 soit spciale1 soit gnrale1 s'effectue spontanm5t dans l'ensemble de notre opration hi/orique4 ,quoique notre gr&e dmon/ration sociologique se tr\ve a9si ess5tiellem5t t]m9e dsormais1 je crois cep5dant1 af9 de n'omettre1 autant que possible1 sur un sujet aussi capital et aussi difficile1 aucune indication ess5tielle1 devoir ici recomm&] directem5t au lecteur la ncessit d'avoir cont9uellem5t g>d ma ?orie prlim9aire de la vraie hir>*ie sci5tifique1 dans t\te considration quelconque de cette gr&e loi de la triple volution intellectuelle1 soit p\r l'appliqu]1 soit mme p\r l'apprci]4 ,ds le db de ce ,trait 7voyez la #b leon71 j'ai prs5t cette hir>*ie fondam5tale comme la suite naturelle et l'indisp5sable complm5t de ma loi des trois tats3 l'usage spontan que j'en ai fait depuis successivem5t1 env]s t\s les ordres de phnomnes1 a d faire suffisamm5t ressortir cette intime connexit philosophique4 ,nanmo9s1 il n'e/ pas inutile de la rappel] =mellem5t ici1 soit p\r prv5ir les seules objections spcieuses qu'une irrationnelle rudition sci5tifique p\rrait inspir] contre la loi d'volution que je vi5s d'tablir directem5t1 soit p\r faire acqurir aux div]ses vrifications spciales t\te leur porte logique1 en les disposant a9si de manire s'clair] et se =tifi] mutuellem5t4 ,s\s le premi] aspect1 je puis affirm] n'avoir jamais tr\v d'argum5tation srieuse en opposition cette loi1 depuis dix-sept ans que j'ai eu le bonheur de la dc\vrir1 si ce n'e/ celle que l'on fondait sur la considration de la simultanx1 jusqu'ici ncessairem5t trs commune1 des trois philosophies *ez les mmes intellig5ces4 ,or1 un tel ordre d'objections ne peut tre conv5ablem5t rsolu que p> l'usage rationnel de notre hir>*ie sci5tifique1 qui1 disposant les div]ses p>ties ess5tielles de la philosophie naturelle selon leur complication et leur spcialit croissantes1 con=mm5t l'ensemble de leurs vraies aff9its1 fait aussitt compr5dre que leur essor graduel a d ncessairem5t suivre la mme succession2 en sorte qu'une seule phase de l'volution totale a pu faire provisoirem5t concid] l'tat ?ologique de l'une d'elles avec l'tat mtaphysique et mme avec l'tat positif d'une p>tie antrieure1 la fois plus simple et plus gnrale1 malgr la t5dance cont9ue de l'esprit huma9 l'unit de m?ode4 ,ces anomalies app>5tes tant a9si ple9em5t rgul>ises1 la difficult ne s]ait vraim5t insoluble que si la simultanx p\vait prs5t] un c>actre inv]se2 ce dont je dfie qu'on puisse indiqu] un seul exemple rel1 qui d'ailleurs ne saurait pr\v] que la ncessit de p]fectionn]1 ou t\t au plus de rectifi]1 notre ?orie hir>*ique1 sans qu'il en dt rejaillir aucune inc]titude lgitime sur la loi d'volution elle-mme4 ,en second lieu1 les sec\rs rciproques qui peuv5t a9si s'tablir spontanm5t entre les tudes spciales des div]s dveloppem5s spculatifs n'ont pas une mo9dre importance sociologique4 ,c>1 il en rsulte la facult fondam5tale de suppler heureusem5t1 en beauc\p de cas1 l'insuffisance de l'exploration directe4 ,qu& une telle hir>*ie a t d'abord bi5 comprise et ple9em5t reconnue1 elle doit1 en effet1 s\v5t p]mettre de dt]m9] d'avance1 une poque quelconque1 avec une ple9e rationnalit1 le c>actre gnral d'un c]ta9 ordre de spculations huma9es1 d'aprs une suffisante connaissance pralable de l'tat rel de la catgorie antrieure1 ou mme1 en s5s inv]se1 quoique avec mo9s de prcision1 de celui de la catgorie po/rieure4 ,un p>eil conc\rs spontan se ratta*e directem5t au pr9cipe logique tabli dans la qu>ante-huitime leon1 sur les lumires indisp5sables que l'tude des h>monies peut f\rnir celle des successions1 p> la nature des re*]*es sociologiques4 ,la suite entire de ce volume montr]a naturellem5t1 en effet1 quoique d'une manire implicite et indirecte1 mais avec une vid5ce t\j\rs croissante1 que cette ?orie de la hir>*ie sci5tifique1 d'aprs le degr de gnralit des div]s phnomnes1 con/itue la pr9cipale base de t\te la /atique sociale1 au mo9s en ce qui conc]ne l'ordre intellectuel1 et mme1 comme consqu5ce1 env]s l'ordre matriel1 de manire embrass] f9alem5t l'ensemble de l'ordre politique4 ,je n'ai pas beso9 ma9t5ant d'insi/] davantage sur l'importance sociologique d'une ?orie aussi indisp5sable1 sans laquelle l'hi/oire de l'esprit huma9 devrait re/]1 j'ose le g>antir1 ess5tiellem5t in9telligible1 et dont le lecteur a dj graduellem5t acquis1 dans le c\rs successif des trois volumes prcd5s1 une notion exacte et familire3 je devais seulem5t c>actris] ici1 d'une manire spciale1 l'indisp5sable obligation de ne jamais la nglig]1 soit en tablissant1 soit en dveloppant la sa9e philosophie hi/orique1 dont n\s v5ons de pos] enf9 le premi] fondem5t ncessaire1 p> cette gr&e loi relative la triple volution intellectuelle de l'humanit4 ,af9 que cette loi puisse conv5ablem5t remplir une telle de/9ation sci5tifique1 il ne me re/e plus actuellem5t1 p\r complt] et confirm] cette longue et difficile dmon/ration1 qu' tablir sommairem5t1 en pr9cipe1 que l'ensemble du dveloppem5t matriel doit suivre 9vitablem5t une m>*e1 non-seulem5t analogue1 mais mme p>faitem5t correspondante1 celle que n\s v5ons de pr\v] d'aprs le seul dveloppem5t intellectuel1 auquel le sy/me enti] de la progression sociale devait tre1 p> sa nature1 pr(ondm5t subordonn1 comme je l'ai expliqu dans la premire p>tie de ce *apitre4 ,cette tude supplm5taire tant auj\rd'hui beauc\p mieux conue que la ?orie pr9cipale1 je n'aurai beso91 aprs une rapide apprciation totale de l'volution matrielle1 que d'insi/] ici conv5ablem5t sur sa co-relation1 =t mal ent5due jusqu'ici1 avec l'volution intellectuelle1 qui se tr\v]a ds-lors aussi ple9em5t c>actrise dans l'ordre actif qu'elle l'e/ dj dans l'ordre spculatif1 quoique la simplicit bi5 plus gr&e de cette opration subsidiaire n\s p]mette heureusem5t de l'abrg] beauc\p1 sans nuire aucunem5t sa de/9ation sci5tifique4 ,il s'agira surt\t d'expliqu] l'intime connexit qui lie ncessairem5t les deux t]mes extrmes et le t]me transitoire du dveloppem5t temporel des socits huma9es aux phases correspondantes dont n\s v5ons de dmontr] la succession fondam5tale p\r leur dveloppem5t spirituel#ci4 ,footnote #ci3 ,ces qualifications politiques de temporel et spirituel devant tre naturellem5t d'un frqu5t usage1 dans les six *apitres suivans1 p\r l'ensemble de notre analyse hi/orique1 je dois ici directem5t av]tir1 en gnral1 que je leur cons]v]ai t\j\rs exactem5t la de/9ation rgulire laquelle la philosophie ca?olique les a consacres depuis des sicles4 ,outre l'indisp5sable beso91 en philosophie politique1 de ces deux t]mes importans1 qui ne peuv5t tre encore con/amm5t remplacs p> des expressions plus rationnelles1 il n'e/ pas inutile d'ailleurs de ratta*]1 autant que possible1 sans aucune va9e affectation1 les =mules actuelles aux anci5nes habitudes1 af9 de mieux rappel] le s5tim5t fondam5tal de la cont9uit sociale1 qu'on e/ auj\rd'hui si vicieusem5t dispos ddaign]4 ,t\s les div]s moy5s gnraux d'exploration rationnelle applicables aux re*]*es politiques1 ont dj spontanm5t conc\ru con/at]1 d'une manire galem5t dcisive1 l'9vitable t5dance primitive de l'humanit une vie pr9cipalem5t militaire1 et sa de/9ation f9ale1 non mo9s irrsi/ible1 une exi/5ce ess5tiellem5t indu/rielle4 ,aussi aucune intellig5ce un peu avance ne refuse-t-elle dsormais de reconnatre1 plus ou mo9s explicitem5t1 le dcroissem5t cont9u de l'esprit militaire et l'asc5dant graduel de l'esprit indu/riel1 comme une d\ble consqu5ce ncessaire de notre volution progressive1 qui a t1 de nos j\rs1 assez judicieusem5t apprcie1 cet g>d1 p> la plup>t de ceux qui s'occup5t conv5ablem5t de philosophie politique4 ,en un temps d'ailleurs o se manife/e cont9uellem5t1 s\s des =mes de plus en plus v>ies1 et avec une n]gie t\j\rs croissante1 mme au se9 des armes1 la rpugnance c>actri/ique des socits mod]nes p\r la vie gu]rire2 qu&1 p> exemple1 l'insuffisance totale des vocations militaires e/ p>t\t dev5ue de plus en plus irrcusable d'aprs l'obligation de plus en plus indisp5sable du recrutem5t =c1 r>em5t suivi d'une p]si/ance volontaire2 l'expri5ce j\rnalire disp5s]ait1 sans d\te1 de t\te dmon/ration directe1 au sujet d'une notion a9si graduellem5t tombe dans le doma9e public4 ,malgr l'imm5se dveloppem5t exceptionnel de l'activit militaire1 mom5tanm5t dt]m91 au comm5cem5t de ce sicle1 p> l'9vitable entranem5t qui a d succd] d'irrsi/ibles circon/ances anomales1 notre in/9ct indu/riel et pacifique n'a pas t>d repr5dre1 d'une manire plus rapide1 le c\rs rguli] de son dveloppem5t prpondrant1 de faon assur] rellem5t1 s\s ce rapport1 le repos fondam5tal du monde civilis1 quoique l'h>monie europenne doive frquemm5t sembl] compromise1 en consqu5ce du dfaut provisoire de t\te organisation sy/matique des relations int]nationales2 ce qui1 sans p\voir vraim5t produire la gu]re1 suffit t\tefois p\r inspir] s\v5t de dang]euses inquitudes4 ,il ne saurait donc tre ici nullem5t "q de con/at]1 p> une discussion heureusem5t sup]flue1 ni le premi] t]me1 ni surt\t le d]ni] de la progression sociale1 relativem5t au c>actre gnral de l'exi/5ce temporelle1 dont l'apprciation directe ressortira d'ailleurs1 dans les six *apitres suivans1 de l'ensemble de notre analyse hi/orique4 ,seulem5t1 une telle m>*e n'ayant jamais t suffisamm5t ratta*e aux lois ess5tielles de la nature huma9e et aux indisp5sables conditions du dveloppem5t social1 il n\s re/e signal]1 en pr9cipe1 sa p>ticipation ncessaire l'volution fondam5tale de l'humanit4 ,l'inv9cible antipa?ie de l'homme primitif p\r t\t travail rguli]1 ne lui laisse videmm5t ex]c] d'autre activit s\t5ue que celle de la vie gu]rire1 la seule laquelle il puisse alors tre ess5tiellem5t propre1 et qui con/itue d'ailleurs1 l'orig9e1 le moy5 le plus simple de se procur] sa subsi/ance1 mme indp5damm5t d'une trop frqu5te antropophagie3 la m>*e gnrale de l'individu e/1 cet g>d1 ple9em5t con=me celle de l'espce4 ,quelque dplorable que doive sembl] d'abord une telle ncessit1 son univ]salit c>actri/ique et son dveloppem5t cont9u1 en des temps mme assez avancs p\r que l'exi/5ce matrielle pt repos] sur d'autres bases1 doiv5t faire s5tir t\s les vrais philosophes que ce rgime militaire1 auquel la socit a t si long-temps et si compltem5t assujtie1 doit avoir rempli un m95t et indisp5sable (fice1 du mo9s provisoire1 dans la progression gnrale de l'humanit4 ,il e/ ais de concevoir1 en effet1 quelle que soit ma9t5ant la prpondrance sociale de l'esprit indu/riel1 que l'volution matrielle des socits huma9es a d1 au contraire1 long-temps exig] l'asc5dant exclusif de l'esprit militaire1 s\s le seul empire duquel l'indu/rie huma9e p\vait se dvelopp] conv5ablem5t4 ,les motifs gnraux de cette indisp5sable tutelle sont ess5tiellem5t analogues ceux de la semblable fonction provisoire accomplie p> l'esprit religieux p\r prp>] l'essor ultrieur de l'esprit sci5tifique1 d'aprs les explications prcd5tes4 ,c>1 elle ti5t surt\t ce que l'esprit indu/riel1 bi5 lo9 de p\voir dirig] d'abord la socit temporelle1 y supposait1 au contraire1 p> sa nature1 l'exi/5ce pralable d'un dveloppem5t dj considrable1 qui ne p\vait donc s'tre opr que s\s l'influ5ce ncessaire de l'esprit militaire1 sans l'heureuse spontanx duquel les div]ses familles s]ai5t demeures ess5tiellem5t isoles1 de manire emp*] t\te importante division de l'ensemble du travail huma91 et p> suite t\t progrs rguli] et cont9u de notre indu/rie4 ,les proprits sociales1 et surt\t politiques1 de l'activit militaire1 quoique ne devant ex]c] qu'une prpondrance provisoire dans l'volution fondam5tale de l'humanit1 sont1 l'orig9e1 p>faitem5t nettes et dcisives1 en un mot1 ple9em5t con=mes la haute fonction civilisatrice qu'elles doiv5t alors remplir4 ,plusieurs philosophes ont dj suffisamm5t reconnu1 ce sujet1 l'aptitude spontane d'un tel mode d'exi/5ce dvelopp] des habitudes de rgul>it et de discipl9e1 qui n'aurai5t pu d'abord tre autrem5t produites1 et sans lesquelles aucun vrai rgime politique ne p\vait1 videmm5t1 s'organis]4 ,nul autre b suffisamm5t n]gique n'aurait pu1 en effet1 tablir une association durable et un peu t5due entre les familles huma9es que l'imprieux beso9 de se runir1 d'aprs une 9vitable subord9ation quelconque1 p\r une expdition gu]rire1 ou mme p\r la simple df5se commune4 ,jamais l'objet de l'association ne peut tre plus s5sible ni plus urg5t1 jamais les conditions lm5taires du conc\rs ne saurai5t dev5ir plus irrsi/ibles4 ,t\t cet ensemble d'attributs se tr\ve admirablem5t adapt la nature et aux beso9s des socits primitives1 qui ne p\vai5t1 sans d\te1 appr5dre rellem5t l'ordre aucune autre cole qu' celle de la gu]re1 comme on peut1 mme auj\rd'hui1 s'en =m] une faible ide l'g>d des individus exceptionnels que la discipl9e indu/rielle ne peut suffisamm5t ass\plir1 et qui1 s\s ce rapport1 n\s reprs5t5t1 autant que possible1 l'anci5 type huma94 ,a9si1 malgr de va9es rv]ies potiques sur l'in/itution primordiale des p\voirs politiques1 on ne saurait d\t] que les premi]s g\v]nem5s n'ai5t d tre1 de t\te ncessit1 ess5tiellem5t militaires1 qu& on se borne n'y envisag] que les simples considrations temporelles1 de mme que l'autorit spirituelle ne p\vait y tre d'abord que purem5t ?ologique4 ,cet asc5dant naturel de l'esprit gu]ri] n'a pas t seulem5t indisp5sable la consolidation orig9aire des socits politiques2 il a surt\t prsid leur agr&issem5t cont9u1 qui ne p\vait s'opr] autrem5t sans une excessive l5teur1 comme n\s le montr]a clairem5t l'ensemble de l'analyse hi/orique3 et cep5dant1 une telle ext5sion tait pralablem5t indisp5sable1 un c]ta9 degr1 au dveloppem5t f9al de l'indu/rie huma9e4 ,la m>*e temporelle de l'humanit prs5te donc1 p> sa nature1 sa premire priode1 un c]cle vicieux p>faitem5t analogue celui que n\s avons reconnu dans la m>*e spirituelle1 et dont la seule issue possible rsulte1 en l'un et l'autre cas1 de l'heureux essor spontan d'une t5dance prlim9aire4 la vrit1 ce rgime militaire a d avoir p>t\t1 p\r base politique indisp5sable1 l'esclavage individuel des producteurs1 af9 de p]mettre aux gu]ri]s le libre et ple9 dveloppem5t de leur activit c>actri/ique4 ,sans cette condition ncessaire1 la gr&e opration sociale qui devait tre accomplie1 en temps conv5able1 p> la progression cont9ue d'un sy/me militaire =tem5t conu et sagem5t p\rsuivi1 et t1 dans l'antiquit1 radicalem5t manque1 a9si que je l'expliqu]ai bi5tt4 ,quoique t\te discussion ce sujet ft ici prmature1 j'y dois cep5dant indiqu]1 d'une autre "p1 cette in/itution fondam5tale de l'esclavage anci5 comme de/9e organis] une indisp5sable prp>ation graduelle la plnitude ultrieure de la vie indu/rielle1 a9si irrsi/iblem5t et exclusivem5t impose1 malgr notre native av]sion du travail1 la majeure p>tie de l'humanit1 dont une laborieuse p]svrance dev5ait ds lors la premire condition f9ale4 ,en se reportant1 autant que notre p5se peut le faire1 une telle situation primitive1 on ne saurait mconnatre la ncessit correspondante de cette n]gique /imulation1 en ayant conv5ablem5t g>d l'ensemble des conditions relles du dveloppem5t huma94 ,la ju/e horreur que n\s inspire auj\rd'hui cette in/itution si long-temps univ]selle ti5t surt\t ce que n\s devons tre spontanm5t disposs l'apprci] d'aprs l'esclavage mod]ne1 celui de nos colonies1 qui con/itue1 p> sa nature1 une vritable mon/ruosit politique1 l'esclavage organis1 au se9 mme de l'indu/rie1 de l'ouvri] au capitali/e1 d'une manire galem5t dgradante p\r t\s deux2 t&is que l'esclavage anci51 assujtissant le producteur au militaire1 t5dait dvelopp] p>eillem5t leurs activits opposes1 de manire dt]m9] f9alem5t leur conc\rs spontan une mme progression sociale1 comme je l'tablirai spcialem5t dans la c9quante-troisime leon4 ,quelque irrcusable que doive a9si dev5ir l'univ]selle ncessit politique1 p\r l'volution primitive de l'humanit1 d'un ex]cice long-temps prpondrant de l'activit militaire1 aussi indisp5sable qu'9vitable1 les pr9cipes mme que je vi5s d'indiqu] n\s expliqu]ont plus t>d1 avec non mo9s d'vid5ce1 la nature ess5tiellem5t provisoire d'une telle de/9ation sociale1 dont l'importance a d con/amm5t dcrotre1 mesure que la vie indu/rielle a pu p\rsuivre son dveloppem5t graduel4 ,t&is que l'activit indu/rielle prs5te spontanm5t cette admirable proprit de p\voir tre simultanm5t /imule *ez t\s les individus et *ez t\s les peuples1 sans que l'essor des uns soit inconciliable avec celui des autres1 il e/ clair1 au contraire1 que la plnitude de la vie militaire dans une p>tie notable de l'humanit suppose et dt]m9e f9alem5t1 en t\t le re/e1 une 9vitable compression1 qui con/itue mme le pr9cipal (fice social d'un tel rgime1 en considrant l'ensemble du monde civilis4 ,aussi1 p5dant que l'poque indu/rielle ne comporte d'autre t]me gnral que celui1 encore indt]m91 assign l'exi/5ce progressive de notre espce p> le sy/me des lois naturelles1 l'poque militaire a d tre1 de t\te ncessit1 ess5tiellem5t limite aux temps d'un suffisant accomplissem5t graduel des conditions pralables qu'elle tait de/9e ralis]4 ,ce b pr9cipal a t atte9t lorsque la majeure p>tie du monde civilis s'e/ tr\ve enf9 runie s\s une mme dom9ation1 comme l'ont opr1 dans notre srie europenne1 les conqutes progressives de ,rome4 ,ds lors1 l'activit militaire a d1 videmm5t1 manqu] la fois d'objet et d'alim5t3 aussi sa prpondrance e/-elle1 depuis ce t]me 9vitable1 dev5ue con/amm5t dcroissante1 de manire ne plus dissimul] l'asc5sion graduelle de l'esprit indu/riel1 dont l'avnem5t progressif tait a9si dsormais conv5ablem5t prp>1 comme je l'expliqu]ai bi5tt1 d'une manire directe1 dans la p>tie hi/orique de ce volume4 ,mais1 malgr cet en*anem5t ncessaire1 l'tat indu/riel diffre si radicalem5t de l'tat militaire1 que le passage gnral de l'un l'autre rgime social ne comportait c]ta9em5t pas davantage un accomplissem5t immdiat que la succession correspondante1 dans l'ordre spirituel1 entre l'esprit ?ologique et l'esprit positif4 ,de l rsulte enf91 avec une ple9e vid5ce1 l'indisp5sable int]v5tion gnrale d'une situation int]mdiaire1 p>faitem5t semblable l'tat mtaphysique de l'volution intellectuelle1 o l'humanit a pu se dgag] de plus en plus de la vie militaire et prp>] t\j\rs davantage la prpondrance f9ale de la vie indu/rielle4 ,le c>actre1 ncessairem5t quivoque et flottant1 d'une telle phase sociale1 o les div]ses classes de lgi/es devai5t surt\t occup]1 en app>5ce1 la scne politique1 a d d'abord ess5tiellem5t consi/]1 comme je l'expliqu]ai au c9quante-c9quime *apitre1 dans la sub/itution habituelle de l'organisation militaire df5sive la premire organisation (f5sive1 et ensuite mme dans l'involontaire subord9ation gnrale1 de plus en plus prononce1 de l'esprit gu]ri] l'in/9ct producteur4 ,cette phase transitoire n'tant pas encore totalem5t accomplie1 sa nature propre1 quoique m9emm5t vague1 peut auj\rd'hui tre apprcie p> intuition directe4 ,telle e/ donc1 en pr9cipe1 la triple volution temporelle que devra successivem5t n\s manife/]1 dans l'ensemble du pass1 le dveloppem5t fondam5tal de l'humanit4 ,quelque sommaire que dt tre ici cette indication gnrale1 il e/1 sans d\te1 impossible t\t esprit philosophique de n'tre po9t d'abord vivem5t frapp de l'analogie ess5tielle que prs5te spontanm5t cette irrcusable progression avec notre loi primordiale sur la succession ncessaire des trois tats pr9cipaux de l'esprit huma94 ,mais1 outre cette vid5te similitude1 il importe surt\t la gr&e dmon/ration sociologique dont n\s bau*ons a9si le complm5t politique1 de reconnatre directem5t la connexit fondam5tale des deux volutions1 en c>actrisant suffisamm5t l'aff9it naturelle qui a d t\j\rs rgn]1 d'abord entre l'esprit ?ologique et l'esprit militaire1 ensuite entre l'esprit sci5tifique et l'esprit indu/riel1 et1 p> consqu5t aussi1 entre les deux fonctions transitoires des mtaphysici5s et des lgi/es4 ,un tel claircissem5t complm5taire doit port] notre dmon/ration son d]ni] degr de prcision et de consi/ance1 de manire la r5dre ple9em5t susceptible de s]vir immdiatem5t de base rationnelle l'ensemble ultrieur de notre analyse hi/orique4 ,comme l'expri5ce univ]selle tmoigne1 sans d\te1 assez hautem5t de l'vid5te ralit de cette rem>quable concordance1 il suffit ess5tiellem5t notre b d'en expos] ici sommairem5t le pr9cipe ncessaire4 ,la rivalit plus ou mo9s prononce qui a si s\v5t tr\bl l'h>monie gnrale entre le p\voir ?ologique et le p\voir militaire1 a quelquefois dissimul1 aux yeux des philosophes1 leur aff9it fondam5tale4 ,mais1 en pr9cipe1 il ne saurait1 videmm5t1 exi/] de rivalit vritable que p>mi les div]s lm5s d'un mme sy/me politique1 p> suite de cette mulation spontane qui1 en t\t conc\rs huma91 doit ord9airem5t pr5dre d'autant plus d'ext5sion et d'int5sit que le b devi5t plus important et plus indirect1 et que1 p> suite1 les moy5s sont plus di/9cts et plus indp5dans1 sans jamais emp*] cep5dant une 9vitable p>ticipation1 volontaire ou in/9ctive1 la de/9ation commune4 ,qu& deux p\voirs1 t\j\rs galem5t n]giques1 naiss5t1 gr&iss5t1 et dcl95t simultanm5t1 malgr la diffr5ce de leurs natures1 on peut tre assur qu'ils app>ti5n5t ncessairem5t un rgime unique1 quelles que puiss5t tre leurs conte/ations habituelles3 la lutte cont9ue ne pr\v]ait1 p> elle-mme1 une incompatibilit radicale1 que si elle avait lieu1 au contraire1 entre deux lm5s appels des fonctions analogues1 et qu'elle ft con/amm5t concid] l'accroissem5t graduel de l'un avec la dcad5ce cont9ue de l'autre4 ,dans le cas actuel1 il e/ surt\t vid5t que1 en un sy/me politique quelconque1 il doit y avoir sans cesse une pr(onde rivalit entre la puissance spculative et la puissance active1 qui1 p> la faiblesse de notre nature1 doiv5t tre si frquemm5t disposes mconnatre leur coord9ation ncessaire1 et ddaign] les limites gnrales de leurs attributions rciproques4 ,quelle que soit mme1 p>mi les lm5s du rgime mod]ne1 l'irrcusable aff9it sociale entre la sci5ce et l'indu/rie1 il faut p>eillem5t s'att5dre1 de leur "p1 d'9vitables conflits ultrieurs1 mesure que leur commun asc5dant politique devi5dra plus prononc3 ils sont dj clairem5t annoncs1 soit p> l'intime antipa?ie1 la fois intellectuelle et morale1 qu'inspire l'une la subalt]nit naturelle des travaux de l'autre1 comb9e cep5dant avec une 9vitable supriorit de ri*esse1 soit aussi p> la rpugnance in/9ctive de celle-ci p\r l'ab/raction c>actri/ique des re*]*es de la premire1 et p\r le ju/e orgueil qui l'anime4 ,ces objections prlim9aires tant a9si c>tes1 ri5 n'emp*e plus d'ap]cevoir d'abord1 d'une manire directe1 le li5 fondam5tal qui unit spontanm5t1 avec tant d'n]gie1 la puissance ?ologique et la puissance militaire1 et qui1 une poque quelconque1 a t\j\rs t vivem5t s5ti et dignem5t respect p> t\s les hommes d'une haute porte qui ont rellem5t p>ticip l'une ou l'autre1 malgr l'entranem5t des rivalits politiques4 ,on conoit1 en effet1 qu'aucun rgime militaire ne saurait s'tablir et surt\t dur] qu'en reposant pralablem5t sur une suffisante conscration ?ologique1 sans laquelle l'intime subord9ation qu'il exige ne p\rrait tre ni assez complte ni assez prolonge4 ,*aque poque impose1 cet g>d1 p> des voies spciales1 des exig5ces quival5tes3 l'orig9e1 o la re/riction et la proximit du b ne prescriv5t po9t une s\mission d'esprit aussi absolue1 le peu d'n]gie ord9aire de li5s sociaux encore imp>faits ne p]met po9t d'assur] un conc\rs p]man5t1 autrem5t que p> l'autorit religieuse dont les *efs de gu]re se tr\v5t alors naturellem5t inve/is2 en des temps plus avancs1 le b devi5t tellem5t va/e et lo9ta9 et la p>ticipation tellem5t indirecte1 que1 malgr les habitudes de discipl9e dj pr(ondm5t contractes1 la coopration cont9ue re/]ait insuffisante et prcaire si elle n'tait g>antie p> de conv5ables convictions ?ologiques1 dt]m9ant spontanm5t1 env]s les suprieurs militaires1 une confiance aveugle et involontaire1 d'ailleurs trop s\v5t confondue avec une abjecte s]vilit1 qui n'a jamais pu tre qu'exceptionnelle4 ,sans cette intime co-relation l'esprit ?ologique1 il e/ vid5t que l'esprit militaire n'aurait jamais pu remplir la haute de/9ation sociale qui lui tait rs]ve p\r l'ensemble de l'volution huma9e2 aussi son pr9cipal asc5dant n'a-t-il pu tre ple9em5t ralis que dans l'antiquit1 o les deux p\voirs se tr\vai5t ncessairem5t conc5trs1 en gnral1 *ez les mmes *efs4 ,il importe d'ailleurs de not] qu'une autorit spirituelle quelconque n'aurait pu suffisamm5t conv5ir la fondation et la consolidation du g\v]nem5t militaire1 qui exigeait spcialem5t1 p> sa nature1 l'indisp5sable conc\rs de la philosophie ?ologique1 et non d'aucune autre4 ,quels que soi5t1 p> exemple1 les inconte/ables et m95s s]vices que1 dans les temps mod]nes1 la philosophie naturelle a r5dus l'art de la gu]re1 l'esprit sci5tifique1 p> les habitudes de discussion rationnelle qu'il t5d ncessairem5t propag]1 n'en e/ pas mo9s naturellem5t incompatible avec l'esprit militaire3 on sait assez1 en effet1 que cet assujtissem5t graduel d'un tel art aux prescriptions de la sci5ce relle a t\j\rs t amrem5t dplor1 p> les gu]ri]s les mieux c>actriss1 comme con/ituant une dcad5ce croissante du vrai rgime militaire1 l'orig9e successive de *aque modification pr9cipale4 ,l'aff9it spciale des p\voirs temporels militaires p\r les p\voirs spirituels ?ologiques e/ donc ici1 en pr9cipe1 suffisamm5t explique4 ,on peut d'abord croire qu'une telle coord9ation1 e/ au fond1 mo9s indisp5sable1 en s5s inv]se1 l'asc5dant politique de l'esprit ?ologique1 puisqu'il a exi/ des socits purem5t ?ocratiques1 t&is qu'on n'en connat aucune exclusivem5t militaire1 quoique les socits anci5nes ai5t d presque t\j\rs manife/] la fois l'une et l'autre nature1 des degrs plus ou mo9s galem5t prononcs4 ,mais un exam5 plus appr(ondi f]a con/amm5t ap]cevoir l'efficacit ncessaire du rgime militaire p\r consolid] et surt\t p\r t5dre l'autorit ?ologique1 a9si dveloppe p> une cont9uelle application politique1 comme l'in/9ct sac]dotal l'a t\j\rs radicalem5t s5ti4 ,n\s allons d'ailleurs reconnatre que l'esprit religieux n'e/ pas1 sa manire1 mo9s antipa?ique que l'esprit militaire lui-mme l'essor prpondrant de l'esprit indu/riel4 ,a9si1 outre la mutuelle aff9it radicale des deux lm5s ess5tiels du sy/me politique primitif1 on voit que des rpugnances et des sympa?ies communes1 aussi bi5 que de semblables intrts gnraux1 se runiss5t ncessairem5t p\r tablir t\j\rs une indisp5sable comb9aison1 non mo9s intime que spontane1 entre deux p\voirs qui p>t\t devai5t conc\rir1 dans l'ensemble de l'volution huma9e1 une mme de/9ation fondam5tale1 9vitable quoique provisoire4 ,il s]ait inutile d'insi/] ici davantage sur le pr9cipe sociologique de cette solid>it ncessaire de deux puissances politiques que l'analyse hi/orique n\s reprs5t]a bi5tt1 avec tant d'vid5ce1 con/amm5t appeles se consolid] et se corrig] rciproquem5t4 ,le dualisme fondam5tal de la politique mod]ne e/1 p> sa nature1 encore plus irrcusable que celui qui vi5t d'tre c>actris4 ,n\s sommes auj\rd'hui trs conv5ablem5t placs p\r le mieux apprci]1 prcism5t p>ce que les deux lm5s n'en sont pas encore inve/is de leur asc5dant politique df9itif1 quoique dj leur dveloppem5t social soit suffisamm5t prononc4 ,qu& la puissance sci5tifique et la puissance indu/rielle auront pu acqurir ultrieurem5t t\t l'essor politique qui leur e/ rs]v1 et que1 p> suite1 leur rivalit radicale se s]a p>eillem5t prononce1 la philosophie pr\v]a peut-tre plus d'ob/acles leur faire reconnatre une similitude d'orig9e et de de/9ation1 une con=mit de pr9cipes et d'intrts1 qui ne saurai5t tre gravem5t conte/es tant qu'une lutte commune contre l'anci5 sy/me politique doit spontanm5t cont5ir d'9vitables div]g5ces4 ,sans n\s arrt] ici spcialem5t au pr9cipe fondam5tal1 dj implicitem5t tabli p> l'ensemble de ce ,trait1 et qui subordonne pr(ondm5t l'une l'autre1 d'une manire aussi directe qu'vid5te1 la connaissance relle des lois de la nature et l'action de l'homme sur le monde extrieur1 il convi5t surt\t1 p\r mieux prp>] notre analyse hi/orique1 de signal] ma9t5ant l'm95t conc\rs ncessaire de *acune de ces deux puissances sociales au triomphe politique de l'autre1 en secondant radicalem5t ses ef=ts propres contre son pr9cipal antagoni/e4 ,j'ai dj indiqu ci-dessus1 une autre int5tion1 la secrte incompatibilit entre l'esprit sci5tifique et l'esprit militaire4 ,on ne saurait conte/] davantage l'antipa?ie naturelle de l'esprit indu/riel1 dvelopp un degr suffisant1 contre l'asc5dant gnral de l'esprit ?ologique4 ,du po9t de vue ple9em5t religieux1 dont nos plus zls cons]vateurs sont habituellem5t =t loigns auj\rd'hui1 la modification volontaire des phnomnes1 d'aprs les rgles d'une sagesse purem5t huma9e1 ne doit pas sembl]1 au fond1 mo9s impie que leur immdiate prvision rationnelle2 c>1 l'une et l'autre suppos5t p>eillem5t des lois inv>iables1 f9alem5t inconciliables avec des volonts quelconques1 comme je l'ai expliqu1 tant d'g>ds importans1 dans les div]ses p>ties de ce ,trait4 ,suivant la logique1 b>b>e mais rig\reuse1 des peuples arrirs1 t\te int]v5tion active de l'homme p\r amlior] son pr(it l'conomie gnrale de la nature1 doit c]ta9em5t con/itu] une sorte d'injurieux att5tat au g\v]nem5t provid5tiel4 ,il n'e/ pas d\teux1 en effet1 qu'une prpondrance trop absolue de l'esprit religieux t5d ncessairem5t1 en elle-mme1 eng\rdir l'essor indu/riel de l'humanit1 p> le s5tim5t exagr d'un /upide optimisme1 comme on peut le vrifi] en tant d'occasions dcisives4 ,si cette dsa/reuse consqu5ce n'a pas t plus s\v5t et surt\t plus compltem5t ralise1 cela ti5t uniquem5t la sagesse sac]dotale1 qui a su mani]1 avec une conv5able habilet1 un p\voir aussi dang]eux1 de manire dvelopp] son heureuse influ5ce civilisatrice1 en neutralisant1 autant que possible1 p> une indisp5sable cont9uit de prud5s ef=ts1 son action spontanm5t dltre1 a9si que je l'expliqu]ai hi/oriquem5t dans les trois *apitres suivans4 ,on ne saurait donc mconnatre1 en gnral1 la haute influ5ce politique p> laquelle l'essor graduel de l'indu/rie huma9e doit naturellem5t second] l'asc5dant progressif de l'esprit sci5tifique dans son 9vitable antagonisme env]s l'esprit religieux1 sans compt] l'importante /imulation j\rnalire p> laquelle l'indu/rie et la sci5ce s'alim5t5t mutuellem5t1 qu& elles sont l'une et l'autre conv5ablem5t prp>es4 ,le pass politique de ces deux lm5s fondam5taux du sy/me mod]ne ayant d jusqu'ici pr9cipalem5t consi/] dans leur commune sub/itution graduelle la puissance sociale des lm5s correspondans du sy/me anci51 il faut bi5 que notre att5tion soit surt\t fixe sur l'assi/ance ncessaire qu'ils se sont rciproquem5t f\rnie p\r une telle opration prlim9aire4 ,mais ce conc\rs critique peut aism5t faire entrevoir quelle =ce et quelle efficacit devront spontanm5t acqurir ces li5s gnraux1 qu& ce gr& dualisme politique aura pu enf9 recevoir le c>actre directem5t organique qui lui manque ess5tiellem5t jusqu'ici1 af9 de dirig] conv5ablem5t la rorganisation f9ale des socits mod]nes1 comme je l'expliqu]ai spcialem5t dans la c9quante-septime leon1 en rsultat de notre analyse hi/orique4 ,ayant a9si suffisamm5t c>actris1 p\r notre objet actuel1 la d\ble aff9it politique qui unit pr(ondm5t l'un l'autre les deux lm5s pr9cipaux de *acun des deux tats extrmes propres l'volution fondam5tale de l'humanit1 il s]ait inutile d'accomplir expressm5t la mme opration philosophique env]s l'tat int]mdiaire4 ,la solid>it spontane des deux puissances conv]g5tes1 spirituelle et temporelle1 qui con/itu5t le rgime transitoire1 e/ d'ailleurs une suite ncessaire de celle dont n\s v5ons d'apprci] sommairem5t le pr9cipe l'g>d du rgime initial et du rgime df9itif4 ,sa ralit e/1 du re/e1 auj\rd'hui tellem5t irrcusable1 qu'elle ne saurait exig] ici aucune indication directe3 ce n'e/ pas en voyant l'oeuvre les mtaphysici5s et les lgi/es qu'on p\rrait jamais mconnatre1 malgr d'9vitables rivalits1 leur aff9it fondam5tale1 qui ne saurait p]mettre d'te9dre rellem5t la prpondrance politique des uns sans dissip] la fois l'asc5dant philosophique des autres4 ,n\s p\vons donc reg>d] ma9t5ant comme ess5tiellem5t t]m9e l'indisp5sable explication complm5taire qu'exigeait d'abord1 p> sa nature1 notre loi fondam5tale de l'volution huma9e1 avant de p\voir tre conv5ablem5t applique1 d'une manire directe1 l'tude gnrale de ce gr& phnomne1 qui s]a t\j\rs dom9e1 dans les leons suivantes1 p> la considration pralable de ce triple dualisme successif1 base ncessaire1 mes yeux1 de la sa9e philosophique hi/orique4 ,il ne s]a pas inutile1 en t]m9ant1 de signal] la con=mit implicite d'une telle loi de succession1 la fois intellectuelle et matrielle1 a9si que sociale et politique1 avec la coord9ation spontane que l'in/9ct ord9aire de la raison publique a t\j\rs communm5t tablie dans l'ensemble du pass social1 en y di/+uant le monde anci5 et le monde mod]ne1 sp>s et runis p> le moy5-ge4 ,sans engag] aucune va9e discussion d'poques sur un rappro*em5t qui1 en lui-mme1 ne saurait tre prcis1 on ne peut c]ta9em5t mconnatre une vritable analogie entre cet ap]u vulgaire et la loi sociologique que je me suis ef=c de dmontr] ici1 et qui1 s\s ce rapport1 peut tre reg>de comme surt\t de/9e r5dre rationnelle et fconde1 p> une exacte conception sci5tifique1 une vague notion empirique1 demeure jusqu' prs5t ess5tiellem5t /rile4 ,bi5 lo9 de cra9dre qu'une telle concid5ce1 d'ailleurs videmm5t spontane1 puisse aucunem5t dim9u] le mrite philosophique de mes travaux spculatifs1 je dois1 au contraire1 m'en prvaloir directem5t1 titre de haute confirmation gnrale du sy/me total de mes re*]*es1 en v]tu de cet aphorisme capital de philosophie positive1 si s\v5t reproduit dans les div]ses p>ties de ce ,trait1 qui impose1 en pr9cipe1 t\tes les sa9es ?ories sci5tifiques1 l'indisp5sable obligation d'un po9t de d"p suffisamm5t con=me aux indications spontanes de la raison publique1 dont la sci5ce relle ne saurait con/itu] t\s g>ds1 qu'un simple prolongem5t spcial4 ,la suite des considrations de dynamique sociale indiques dans ce long et important *apitre1 ayant dsormais assez tabli la loi fondam5tale de l'volution huma9e1 et1 p> consqu5t1 les bases ess5tielles de la vraie philosophie hi/orique1 dont la qu>ante-huitime leon avait dj conv5ablem5t c>actris l'esprit et la m?ode1 n\s devons ma9t5ant appliqu] directem5t cette gr&e conception sociologique l'apprciation effective de l'ensemble du pass huma94 ,tel s]a le pr9cipal objet successif des six *apitres suivans1 con=mm5t au tableau synoptique annex1 en #ahej1 au premi] volume de ce ,trait4 ,,f9 ,,de ,,la ,,premi,,re ,,p>tie ,,du ,,tome ,,quatri,,me4