by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,pi]re ,,loti de l',acadmie franaise ,quelques aspects du v]tige mondial ,,p>is ,,erne/ ,,flamm>ion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,rac9e1 #bf ,quelques aspects du v]tige mondial ,il a t tir1 de cet ouvrage1 c5t soixante-c9q exemplaires sur papi] de ,holl&e1 numrots de #a #afe4 ,et v+t-c9q exemplaires sur papi] du ,japon1 numrots de #a #be4 ,,pi]re ,,loti ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,quelques aspects du v]tige mondial ,,p>is ,,erne/ ,,flamm>ion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,rac9e1 #bf #aiag ,t\s droits de traduction1 d'adaptation et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays4 ,droits de traduction et de reproduction rs]vs p\r t\s les pays4 ,copyright #aiag1 by ,,erne/ ,,flamm>ion4 ,quelques aspects du v]tige mondial ,,v]tige ,fvri] #aiag4 ,dans ces dess9s d'enfant9e cosmographie qui1 au temps des premi]s ,ph>aons1 se faisai5t ,memphis1 le ciel tait figur p> une vote sphrique laquelle des fils susp5dai5t les toiles1 et1 s\s les diffr5ts pays de la t]re1 navem5t tracs en c\leurs1 une p>tie ombre en noir1 qui desc5dait jusqu'au bas de la feuille de papyrus1 s'appelait3 base du monde4 ,au fond de leurs esprits dgags plus fra*em5t que les ntres de la matire orig9elle1 ne se dem&ai5t-ils pas dj1 ces hommes aux intuitions m]veilleuses1 ne se dem&ai5t-ils pas ce qu'il p\vait bi5 y avoir plus haut1 plus haut1 au-dessus de la vote bleue o les toiles s'accro*ai5t8 ,l'inf9i1 l'inconcevable inf9i dont nos mes sont ma9t5ant obsdes1 e/-ce qu'ils comm5ai5t d'en press5tir l'p\vante8 ,et1 p\r eux1 sur quelle autre *ose1 plus /able encore1 cette base du monde posait-elle8 ,e/-ce qu'il leur v5ait l'ide de se dem&]3 ,en dess\s1 encore plus en dess\s1 que tr\v]ait-on bi58 ,alors1 t\j\rs1 t\j\rs1 des c\*es plus pr(ondes1 se s\t5ant les unes les autres8 ,et a9si de suite indf9im5t8 ,ou bi51 qui sait444 du vide8 ,mais alors1 comm5t ces bases ti5drai5t-elles1 c> le vide1 c'e/ du nant o t\t tombe8444 ,hlas6 oui1 prs5t1 n\s le savons1 n\s que la ,connaissance a dsquilibrs1 n\s le savons1 qu'en dess\s c'e/ le vide1 le vide auquel il faut t\j\rs logiquem5t et inexorablem5t ab\tir1 le vide qui e/ s\v]a9 de t\t1 le vide o t\t tombe et o v]tig9eusem5t n\s tombons sans espoir d'arrt4 ,et1 c]ta9es heures1 si l'on s'y appesantit1 cela devi5t presque une angoisse de se dire que jamais1 jamais1 ni n\s-mmes1 ni nos re/es1 ni notre f9ale p\ssire1 n\s ne p\rrons repos] en paix sur quelque *ose de /able1 p>ce que la /abilit n'exi/e nulle "p et que n\s sommes condamns1 aprs comme p5dant la vie1 t\j\rs r\l] p]dum5t dans le vide o il fait noir4 ,s'acclre-t-elle1 notre *ute1 comme c'e/ la loi p\r t\tes les autres *utes apprciables nos s5s8 ,ou bi5 e/-ce que1 trav]s les espaces auxquels on tremble de p5s]1 la folle vitesse de notre soleil demeure con/ante8 ,n\s n'en savons ri51 et n'en p\rrons ri5 savoir jamais1 puisqu'il n'exi/e et ne peut exi/] nulle "p aucun po9t de repre qui ne soit en ple9 v]tige de m\vem5t1 puisque cette vitesse1 qui dj n\s fait peur1 n\s ne p\vons l'valu] que d'une faon relative1 p> rapport celle d'autres pauvres petites *oses1--d'autres soleils1--qui tomb5t aussi444 ,et puis1 comble d'effroi1 t\t le cosmos qui1 aux yeux d'obs]vateurs insuffisamm5t av]tis1 semble admirable p> sa ponctualit d'horloge p]mettant de calcul]1 des sicles l'avance1 la m9ute prcise d'un passage ou d'une clipse1 ce cosmos n'e/ au contraire que dsordre1 tohu-bohu d'a/res1 *aos ins5s1 frnsie de heurts et de mutuelles de/ructions444 ,dans un tang aux surfaces immobiles1 si n\s jetons une pi]re1 n\s voyons p5dant quelques secondes des c]cles conc5triques se =m]1 semblables des orbites de plantes1 et se dvelopp] et se suivre avec une rgul>it absolue1 jusqu' puisem5t de l'impulsion initiale1 ou bi5 jusqu' l'in/ant o une autre pi]re lance vi5dra br\ill] l'h>monie de ces c\rbes p>faites4 ,eh bi56 mais il en va de mme p\r ces exactitudes cle/es1 devant quoi les non-initis s'extasi5t#a2 p5dant quelques milli>ds d'annes1--qui sont comme les secondes du temps t]nel1--dans *aque gr\pe /ellaire1 p>tir de l'in/ant o la sec\sse initiale l'a mis en m\vem5t1 t\t cont9u]a bi5 en effet t\rbillonn] suivant les lois de la gravitation1--lois trop eff>antes du re/e p\r notre raison huma9e1 eff>antes p> le seul fait qu'elles exi/5t et que ri5 ne p\rrait faire qu'elles n'exi/5t pas4 ,et cela dur]a1 *ronomtriquem5t1 si l'on peut dire a9si1 jusqu' l'heure 9luctable du *oc contre un autre gr\pe en m>*e affole1 ou contre quelqu'un de ces mon/rueux a/res morts qui r\l5t1 obscurs1 dans le vide obscur4 ,heureux les simples qui ignor5t t\t cela6 ,heureux les lg]s ou les trs sages qui peuv5t vivre sans y trop p5s]6444 ,or1 ces r$\tables ap]u des cosmogonies1 que la prud5ce comm&ait de ca*]1 comme les =mules des explosifs1 dans des ar*es h]mtiquem5t f]mes1 n\s les divulguons dj aux enfants de nos coles primaires1 o ils conc\r5t p\r leur "p au dsquilibrem5t des gnrations n\velles6 ,pauvre petite sci5ce huma9e1 qui n\s a bi5 appris que non seulem5t les a/res tomb5t1 mais qu'en outre il a fallu qu'ils fuss5t lancs6 ,elle n\s a presque fait connatre aussi comm5t a d s'effectu] le lancem5t de notre ,t]re infime2 mais elle ne n\s appr5dra jamais1 jamais1 p\rquoi1 comm5t et p> qui fut lanc notre soleil#b1--;et lanc avec ce m\vem5t de giration que1 plus t>d1 n\s-mmes1 arrivs au summum de ce qu'on appelle progrs1 n\s avons f9i p> savoir donn] nos obus1 p\r en augm5t] la vitesse meurtrire4 ,ce soleil1 quel foy] d'p\vante1 ds que l'on songe lui6 ,o1 qu&1 et surt\t p\rquoi s'e/ allume cette gigantesque tempte de feu1 qui mettra des milli>ds de sicles s'te9dre1 et qui1 =ce de r\l]1 de r\l] depuis des temps inconcevables1 a p>a*ev sa =me ronde8 ,et sommes-n\s donc =cs d'admettre1 hlas6 qu'il soit un rs]voir complet de t\t ce qu'il faut p\r donn] naissance plus t>d d'autres plantes encore1 avec leurs p>asites de t\t poil et de t\te plume1 avec les crim9els et les m>tyrs qui les habit]ont8 ,admettre1 comme une logique sup]ficielle semble l'indiqu]1 qu'il y ait l-d$ans de la matire premire de t\t1 matire premire d'organismes huma9s1 matire premire d'mes1 de d\leurs1 mme de t5dresse1 de piti et de prire8 ,et qui les dirig]a1 ces crations futures1 la surface de ces plantes qui vraisemblablem5t1 dans les temps imprcis1 jailliront s\s =mes de bulles gazeuses inc5diaires et mettront sans d\te1 p\r se refroidir1 quelque quatre ou c9q c5ts millions d'annes2 qui les dirig]a1 s]a-ce ,celui qui a dj prsid la ntre8 ,se f]ont-elles p> ttonnem5ts comme sur la ,t]re1 ou bi5 leur crateur aura-t-il bnfici d'expri5ces prcd5tes et russira-t-il du premi] c\p8444 ,c> c'e/ l un my/re plus insondable que t\s les autres1 ces ttonnem5ts si visibles1 si indniables1 oprs sur notre plante1 m9uscule p\rtant et de bi5 mesqu9e importance1 comme si ce crateur-l n\s avait t spcial1 comme s'il ne s'tait plus nullem5t s\v5u d'avoir dj cr autre "p dans des mondes van\is au fond des abmes du pass8444 7,oh6 t\t cet inf9i antrieur1 dont la raison n\s oblige d'admettre l'exi/5ce comme un axiome1 ri5 qu'en y songeant n\s p]dons pi$6 ,que la matire et le temps n'ai5t jamais comm5c1 n'e/-ce pas mille fois plus inconcevable encore p\r nos frles esprits1 que leur impossibilit de f9ir87 ,ces ttonnem5ts1 qui sembl]ai5t pr\v] que la cration t]re/re fut une uvre de db1 la palontologie n\s en f\rnit de plus en plus la preuve1 auj\rd'hui qu'elle a*ve de reconnatre et de class] t\tes les faunes primitives2 on ne peut ni] que le crateur ait longtemps *]* sa voie1 dans ces innombrables bau*es d'tres t\t de frocit et de hideur dont beauc\p n'tai5t pas mme viables3 ttes trop grosses et trop l\rdes1 que la *>p5te n'avait pas la =ce de support]2 ou bi51 ttes si petites que les m*oires devai5t nuit et j\r1 sans trve1 broy] des alim5ts1 s\s pe9e de laiss] m\rir le trop norme corps444 ,et avant de ralis] l'ide du vol1 l'ide de l'oiseau1 n'a-t-il pas fallu des essais qui ont dur des millnaires#c8444 ,a ct de ce pnible ef=t qui dnote presque une incompt5ce1 vi5n5t pr5dre place des faits plus mesqu9s1 qui dr\t5t notre admiration p\r le crateur des organismes matriels4 ,a9si1 dans ce t\t petit monde affreusem5t inquitant1 qui n\s a t rvl depuis un demi-sicle pe9e p> ,h4 ,fabre1 dans le monde des insectes1 ce crateur aux fantaisies illimites n'a-t-il pas imag9 des complications saugr5ues et gnantes1 des /ructures ridicules1 des p]v]sits inf]nales1 et1 p\r ne cit] que les dlirantes am\rs de l'araigne1 des murs horriblem5t sadiques dont n\s re/ons p\vants4 ,on connat1 entre tant de milli]s d'autres exemples1 le cas de cette be/iole qui1 avant de m\rir en f9 de saison1 fait une autre be/iole une piqre ane/hsiante1 trs exactem5t aux c5tres n]veux1 avec une sci5ce anatomique consomme1 l'endort d'un sommeil l?>gique et pond sur elle ses ufs1 af9 que1 l'anne suivante1 qu& elle-mme s]a depuis longtemps morte1 sa po/rit d'immondes petites l>ves tr\ve en naissant une proie encore fra*e1 encore en vie1 mais in]te4 ,et je p>l]ai aussi de c]ta9 gr& insecte v]t1--p>ce que je l'ai obs]v de prs1 celui-l1 dans les =ts de ,ceylan4 ,il vit endormi et impossible di/+u]1 p>mi la v]dure p>eille de l'arbu/e qui le n\rrit2 sur ses ailes ont t copis1 avec une exactitude et une m9utie vraim5t enfant9es1 les fe/ons et les n]vures des feuilles de sa plante n\rricire1 t\t cela p\r tromp] les yeux d'une v>it d'oiseaux dont il e/ le mets prfr2 et ce dtail e/ peut-tre le plus dconc]tant3 au bord de ses ailes si +nieusem5t cam\fles1--p\r p>l] comme sur le front de bataille--des petites *ancrures irrgulires1 lisres d'une pe9e p]ceptible ligne r\getre1 imit5t s'y mpr5dre les morsures que font1 sur les vraies feuilles1 les l>ves p>asites de ce mme arbu/e4 ,le ,crateur s'tait-il att5tivem5t reprs5t1 ce que s]ai5t ces lg]s dgts1 ou bi5 les avait-il dj obs]vs1 avec leur coloration r\ge1 lorsqu'il a comb9 l'invraisemblable insecte8 ,en t\t cas1 quelle inv5tion purile1 qu& il et t tellem5t plus simple de ne pas crer l'oiseau dvorateur6 ,quelle amusette indigne de ,celui qui cra l'me de l'homme1--si t\tefois n\s devons admettre qu'il fut le mme6444 ,l'homme1 il avait t au mo9s ds longtemps prvu p> ce ,crateur des animaux et des plantes2 ses yeux mmes avai5t t prvus aussi1 ses yeux qui1 p>mi tant de millions d'autres yeux gr&s ou petits1 sont absolum5t les seuls capables d'tre *>ms p> la beaut et la c\leur2 c'e/ donc p\r lui c]tes que1 des millnaires avant son app>ition1 avai5t t inv5tes les roses2 mais1 dans le b de d*ir] sa ma9 qui ne manqu]ait pas de v\loir les pr5dre1 on avait g>ni les tiges d'p9es1--sans mme p5s] aux ciseaux qui plus t>d p]mettrai5t de si impunm5t les cueillir4 ,c'e/ aussi p\r le reg>d huma9 qu'avait t compose t\te la srie de ces m]veilleux petits oiseaux1 les p>adisids1 respl5dissants de coloris mtalliques1 sur*>gs plutt trop1 avec une pr(usion presque b>b>e1 de gorg]9s *angeants1 de p>a*utes1 de queues et d'aigrettes dmesures2 mais t\rdim5t on ne leur avait donn p\r df5se que la rapidit de leurs ailes1--sans prvoir le fusil qui vi5drait plus t>d les ext]m9] en masse1 p\r satisfaire le beso9 de p>ure des lgantes mod]nes1 qui se complais5t avoir la tte hrisse de leurs pauvres petites dp\illes innoc5tes444 ,notre humanit1 si incompltem5t dev9e p> son ,crateur1--ou du mo9s p> son crateur suppos1 qui n'e/ peut-tre responsable que de sa =me animale1--voit son volution s'acclr] auj\rd'hui trop furieusem5t1 comme s'acclr5t t\tes les longues *utes dans les abmes4 ,il y a quelque deux c5t mille annes qu'elle a surgi t\t c\p1 n\s ne saurons jamais p\rquoi1 la surface de cette p\ssire cosmique1 la ,t]re1 qui aurait si bi5 pu demeur] ds]te et ne pas prom5] dans l'espace tant d'mes dsespres et de corps sanglants4 nigme de plus1 elle e/ app>ue sans d\te s\s un aspect dj p>faitem5t huma91 c> on n'a jamais tr\v1 quoi que l'on en ait prt5du1 sa filiation tant *]*e444 ,aprs avoir indf9im5t vgt dans les cav]nes1 elle a connu une apoge presque subite lors de ce m]veilleux lan de foi qui a dur quelques millnaires1 mais qui s'puise et qui1 faute de sve et de jeunesse1 ne se reproduira jamais2 cette envole1 n\s devons les vieux temples de l',egypte et de l',inde1 les j>d9s de l',hellade1 o se prom5ai5t1 en devisant de n\veauts sublimes1 d'incomp>ables pripattici5s1 et enf9 les catacombes de ,rome1 et puis nos pr(ondes ca?drales avec leur pnombre t\t imprgne de confiantes prires4 ,mais1 c'e/ dj dans le pass t\t cela1 et ne semble-t-il pas que la suppression de cette mme humanit ou t\t au mo9s son d"p p\r ailleurs soit dsirable et peut-tre mme pro*e1 puisque la voici dsquilibre p> la ,connaissance et prise d'un v]tige qui ne se gurira plus6 ,auj\rd'hui1 au lieu des lo9ta9s mais radieux espoirs1 n\s avons les convoitises immdiates1 l'alcool et la dtresse4 ,au lieu des hautes basiliques1 magnifiquem5t difies p> des arti/es inspirs1 n\s avons le honteux et imbcile obus allem&1 qui passe au trav]s1 et les g]bes d'cume des explosions s\s-m>9es et le cau*em> de ces gr&es c>icatures d'oiseaux en aci] qui1 au-dessus de nos ttes1 promn5t la mort4 ,un v5t de laideur et de crime s\ffle en tempte sur le monde444 ,c'e/ du re/e de notre ,europe qu'e/ v5u t\t le mal4 ,et p\rtant avons-n\s t assez fi]s de notre progrs6 ,ces ,h9d\s contemplatifs1 t\s ces peuples d',ori5t qui n\s dpassai5t dans l'intuition des *oses mtaphysiques1 mme dans la posie1 dans le rve1 les avons-n\s toiss d'assez haut1 p>ce qu'ils avai5t le bonheur d'tre un peu des arrirs de la sci5ce positive et ignorai5t le t\rnoiem5t dsordonn des soleils1 a9si que les secrets de la *imie1 la composition de cette ml9ite ou de cette *$dite qui n\s fau*5t auj\rd'hui p> milli]s4 ,et1 p\r a*ev] la confusion de notre orgueil1 en ple9 milieu de notre ,europe1 une race non p]fectible a pullul plus vite que les autres1 cette race de ,g]manie qui dj1 au temps de ,v>us1 emplissait de dgt les ,roma9s p> son incroyable mlange de frocit et de m5songe2 t\t lui e/ bon p\r tu]1 cette race de rebut1 non seulem5t les obus normes et les balles po9tues2 mais encore les toxiques1 les microbes et les virus2 il semble qu'elle ait reu1 de la "p de cet lm5t de la ,tr9it h9d\e qui fut dnomm ,%iva1 pr9ce de la ,mort1 la mission spciale d'ext]m9]2 le rle o elle se complait rappelle celui de ces poissons voraces qui se runiss5t p> myriades et pass5t leur vie mang] les autres4 ,et1 mme qu& n\s aurons va9cu sa =ce homicide1 elle demeur]a p>faitem5t de/ructive de t\t calme et de t\te beaut1 en dveloppant outrance son ,indu/rie qui e/ la ngation de l',art1 en propageant p>t\t l',us9e qui e/ l'tiolem5t physique de l'homme et l'exploitation des pauvres ouvri]s en tr\peaux4 ,ils s'en vont1 hlas6 les petits mti]s d'autrefois1 o *acun1 lo9 des hauts f\rneaux meurtri]s1 ex]ait librem5t son habilet p]sonnelle et son arti/ique fantaisie2 ils s'en vont et bi5tt l',ori5t mme ne les connatra plus444 ,*] ,ori5t1 qui dema9 aura cess d'exi/] et qui tait p\rtant le d]ni] refuge de ceux qui s\hait5t encore vivre dans le sil5ce1 la mditation1 peut-tre la prire1 sans ent5dre les sifflets des ma*9es1 les rsonances des f]railles1 ni les disc\rs subv]sifs et ineptes1 arross d'alcool4 ,et le calme1 hlas6 n\s s]a refus de plus en plus1 n\s et notre desc5dance1 p5dant ces temps1 trs compts sans d\te1 qui re/5t encore nos races huma9es p\r vivre et se reproduire1 au milieu du d*anem5t de t\s les explosifs4 ,la ,sci5ce p]fide n\s a conduits au plus t]rible t\rnant de nos de/9es4 ,t\t ce qui avait dur avec n\s depuis quelques sicles1 t\t ce qui n\s semblait solide p\r n\s y appuy]1 *ancelle brusquem5t p> la base1 se dsagrge ou *ange4 ,et l'enseignem5t matriali/e jette dans nos mes le ds>roi mortel quoi n\s devons ces milli]s de f\s et cette croissante crim9alit de l'enfance1 signe que la f9 e/ pro*e444 ,ce que je vi5s de dire1 je n'ai bi5 ent5du aucune prt5tion que ce soit un peu n\veau2 ri51 je l'accorde1 n'e/ plus pitoyablem5t ressass4 ,du re/e1 t\t e/ ressass sur la t]re4 ,si j'ai essay de rpt] t\t cela ma faon p\r le faire peut-tre mieux ent5dre de mes frres intellectuels1 simples comme moi1 et p\r en aviv] *ez eux l'p\vante1 c'e/ dans le b de leur communiqu]1 aprs1 des rflexions--oh6 bi5 simpli/es et notre porte--mais qui p\rront peut-tre leur procur]1 a9si qu' moi-mme1 quelque apaisem5t444 7,simple1 oui1 je ne suis qu'un simple1 que des engr5ages ont emport1 et qui a manqu sa vie2 je n'tais pas n p\r m'p>pill] sur t\te la t]re1 m'asseoir au foy] de t\s les peuples1 me pro/]n] dans les mosques de l',islam1 mais p\r re/]1 plus ignorant encore que je ne suis1 dans ma prov9ce natale1 dans mon le d',olron1 dans la vieille demeure au por*e badigeonn de *aux blan*e1 prs du petit temple hugu5ot o j'ai pri1 enfant1 avec une telle f]veur1--trs humble petit temple que1 du fond des lo9ta9s de l',afrique ou de l',asie1 j'ai plus d'une fois revu en rve1 dans la rue d'un village dsuet1 ct de c]ta9 mur de j>d9 que dpasse la v]dure sombre de gr&s olivi]s4447 ,ce que je v\drais leur dire1 mes frres inconnus1 c'e/ que1 plus le v]tige et le *ancellem5t n\s ent\r5t et n\s affol5t1 plus il faudrait s'ef=c] d'tablir au contraire dans nos mes la paix et la /abilit4 ,ce conseil1 oh6 t\t le monde aurait su le donn]1 je suis le premi] le reconnatre2 mais p]sonne1 plus que moi jadis1 n'a d\t qu'il ft possible de le suivre4 ,cep5dant1 je m'y raillie de plus en plus auj\rd'hui2 plus que jamais1 je crois que la paix intime peut la rigueur se retr\v]1 non pas seulem5t p> rsignation dta*e1 mais aussi1 qui sait1 p> espoir d'autre *ose1 p\r ailleurs1 p\r plus t>d444 ,je rep>l]ai d'abord de cet effroyable soleil qui n\s entrane sa suite dans des rgions sans cesse n\velles de l'inf9i noir1 et dont la =ce attractive se ti5t t\j\rs prte faire dvi] notre pauvre plante de son ellipse frntique1 la happ] comme une ngligeable p\ssire1 ds que faiblirait la vitesse qui la sauve1 p\r l'anantir dans ses cont9uels cyclones de feu4 ,ce soleil1 qu'il soit1 je le veux bi51 devant l'vid5ce il faut se rsign] l'accept]1 qu'il soit le rs]voir de t\te la matire premire de ce monde matriel qui n\s ent\re1 mme des fra*es fleurs et des yeux c&ides de nos enfants1 jusque-l1 je m'incl9e4 ,mais1 quant admettre que1 dans la brutale f\rnaise1 soit aussi cont5ue t\te la rs]ve de ce qui p>fois dans nos mes atte9t au sublime1--l'abngation1 le sacrifice1 l'am\r1 la *>it1--non t\t de mme2 devant cette hypo?se matriali/e1 le bon s5s se cabre4 ,t\t cela1 qui donc l'a s\ffl1 doses 9gales1 dans nos petites enveloppes d'un j\r8 ,on hsite mme admettre que ce soit ,celui qui a cr si pniblem5t le monde visible et matriel au milieu de quoi notre vie se consume se dbattre3 c> ,celui-l1 j'os]ai presque dire que1 s\s c]ta9s rapports1 n\s l'avons dpass1 puisque n\s voici capables de le jug]1 de con/at] les erreurs de ses premi]s essais et la purilit de ses petites ruses inutiles4 ,non1 t\t cela1 qui n\s illum9e de quelques rayons en*ants1 dans notre affreuse nuit1 t\t cela n\s e/ v5u1 n\s ne saurons jamais d'o1 mais assurm5t d'ailleurs1 de plus lo9 et de plus haut444 ,et voici un autre raisonnem5t1 p\r le mo9s aussi simpli/e1 et plus facile encore battre en br*e1 p>ce qu'il a une vague prt5tion de s'appuy] sur quelque *ose comme une donne prcise2--et cep5dant il me semble qu'il rassure4 ,la sci5ce1 il e/ depuis longtemps ent5du1 n'e/-ce pas1 qu'elle n'explique et n'expliqu]a jamais ri5 du t\t1 si ce n'e/ les bagatelles du seuil2 plus elle m>*e1 plus elle pntre1 et plus elle dveloppe en avant de notre r\te les *amps dj dmesurs de l'inconcevable1 plus elle n\s apporte l'effroi1 le v]tige et l'horreur4 ,t\tefois1 dans les tr\blantes (fic9es de ses inve/igations que n\s appelons laboratoires1 elle vi5t de faire une dc\v]te qui n'a pas eu1 semble-t-il1 le ret5tissem5t mondial qu'elle mrite1 mais d'o l'on peut dduire quelque espoir4 ,nagure encore on disait3 la matire e/ divisible l'inf9i4--,eh bi56 il ne p>at plus que ce soit vrai p\r la matire organique4 ,on disait3 aux yeux de la ,nature1 il n'y a pas des *oses gr&es et des *oses petites2 l'uvre cratrice peut s'ex]c] jusqu' l'inf9i1 dans le petit comme dans le gigantesque1 c> les microscopes1 mesure qu'augm5te leur grossissem5t1 n\s montr5t t\j\rs1 t\j\rs des organismes aussi compliqus *ez de plus infimes microbes 7qui sont1 bi5 ent5du1 frocem5t arms p\r en tu] d'autres71 et1 plus le grossissem5t augm5t]a1 plus il n\s en montr]a encore1 sans limite qui puisse tre atte9te4 ,eh bi56 ce n'tait pas vrai3 un mom5t arrive1 un mom5t ple9 de rvlations insondables1 un mom5t trs sol5nel1 o il n'y a plus ri54 ,en effet1 on a dc\v]t que si1 entre deux surfaces absolum5t1 ma?matiquem5t planes et polies1 on comprime1 l'excs1 du plasma1 il n'y re/e plus ensuite aucun g]me p\vant encore donn] de la vie1 mme lm5taire1 t\t y e/ mort p> crasem5t1 mort p\r tre dev5u trop petit2 il y a donc1 dans la petitesse1 une limite que la ,nature cratrice ne peut plus fran*ir1 et au-dess\s de quoi t\t son p\voir1 que l'on supposait s\v]a9 et innombrable1 e/ en dfaut4 ,alors1 si n\s pr5ons p\r exemple ces demi-tres si spciaux1 dj t\t ju/e apprciables au microscope1 dont la communion1 au dire de la sci5ce1 suffit assur] la cont9uit des races1 et en p>ticuli] de la race huma9e1 il faudrait1 bi5 ent5du1 avec la ?se purem5t matriali/e1 que *acun de ces atomes-l cont9t1 en plus des g]mes de t\tes les hrdits physiques avec leurs plus m5us dtails1 ceux encore de t\tes les hrdits morales1 le c>actre1 l'intellig5ce1 le gnie1 la t5dre piti4 ,or1 matriellem5t1 il n'y a pas place en eux p\r la millime p>tie de t\t cela1-- mo9s de tomb] des dim5sions bi5 au-dess\s de celle que la ,nature exige p\r en tir] quoi que ce soit4 ,il e/ donc t\t prix ncessaire que ces atomes1 qui inconte/ablem5t reproduiront t\t un monde de vices ou de transc5dantes qualits1 ai5t t trav]ss1 imprgns1 ennoblis p\rrait-on dire1 p> un rayon *appant t\te mesure de poids ou de gr&eur1 autrem5t dit p> un rayon immatriel444 ,l'immatriel6 ,voici donc quelle conclusion de porte incalculable me sembl]ait conduire cette expri5ce de l'crasem5t1 qui fut peut-tre =tuite et passa presque inap]ue4 ,et1 du mom5t que l'immatriel comm5ce de s'indiqu] notre raison1 t\t s'claire1 t\s les espoirs devi5n5t possibles2 la t]reur dim9ue a9si que le v]tige4 ,affran*is1 si peu que ce soit1 des accablantes =ces physiques1 dlivrs du temps1 des dim5sions et de l'espace1 n\s avons mo9s peur des inf9is vides1 et de l'normit des soleils1 et de la vitesse de leur t]nelle *ute4 ,et1 en att5dant d'en savoir davantage1 n\s supportons dj mieux1 n'e/-ce pas8 cette fivre brlante qui svit1 de nos j\rs1 avec dlire et rage de tu]ie1 sur notre petite plante b\t de s\ffle4 ,oh6 c]tes1 elles sont trop aism5t attaquables1 ces frles conclusions1 sans d\te plus intuitives que dduites4 ,mais on m'accord]a que celles du matrialisme exclusif1 outre qu'elles n\s p\ss5t t\t droit au suicide et au crime1 ne ti5n5t pas davantage4 ,puisque n\s avons ma9t5ant acquis l'absolue c]titude de ne jamais ri5 compr5dre et de n\s heurt] de plus en plus au ,t]rible et l',absurde1 dresss devant n\s dans les tnbres1 j'incl9e plutt me rappro*] de ceux qui font confiance aveugle nos gr&s anctres illum9s2 ces fondateurs de nos religions1 tant mo9s dess*s que n\s p> la sci5ce et les va9es agitations mod]nes1 re/ai5t beauc\p plus aptes entrevoir directem5t le ,div94 ,qu'importe aprs t\t que des adeptes d'autrefois1 ameuts aut\r d'eux comme aut\r de sauveurs1 ai5t trop encombr1 de dogmes purilem5t prcis et d'images ori5tales1 leurs rvlations premires2 passons au trav]s de t\s ces apports qui rappetiss5t et qui teign5t2 passons avec respect1 mais passons1 p\r ne n\s arrt] qu' l',esprance1 qui n\s att5d peut-tre encore d]rire ces rideaux de vnrables nuages444 ,ce n'e/ pas n\veau non plus1 c'e/ au contraire connu et banal au possible1 cette t5tative de repli v]s des espoirs anci5s1 aprs que l'on a con/at que p>t\t ailleurs il n'y a que plus d'illogisme encore4 ,cep5dant j'ai t5u1 avant de r5tr] dans le sil5ce de dess\s t]re1 p\r un temps que j'ignore1 s9on p\r l't]nit1 j'ai t5u en p>l] ceux que je reg>de comme mes vrais frres1 ceux qui1 avec une anxieuse confiance1 suiv5t l'volution de mon ent5dem5t p]sonnel1 et vis--vis de qui je me s5s *>ge d'me4 99 99 99 99 99 ,mais1 hlas6 j'ai dit cela trs mal1 avec incohr5ce1 et surt\t beauc\p trop en hte1 entre deux sj\rs aux armes du front444 ,p4 ,l4 99 99 99 99 99 ,,fragm5ts ,d',,un ,,j\rnal ,,intime ,i4--,visions des soires trs *audes de l't4 ,juillet #aiad4 ,a diffr5tes poques de ma vie1 espaces les unes des autres tantt p> des mois1 tantt p> des annes1 j'ai eu des visions on ne peut plus div]ses1 mais t\j\rs unies entre elles p> cette sorte de li5 inexplicable d'tre filles des plus *auds et limpides crpuscules d't1 de n'app>atre que les soirs o la ,t]re s'endort d'une torpeur spciale aprs s'tre1 dans le j\r1 pme s\s l'ard5t soleil1 et de *oisir ces heures o l'imprcision nocturne comm5ce de t\t envelopp]1 t&is qu'au ciel du c\*ant p]si/5t ces b&es nuances de r\ge et d'orang qui ressembl5t aux reflets d'un inc5die4 ,le mot de vision convi5t mal1 mais les langues huma9es n'en ont pas d'autres p\r mieux nomm] ces *oses fantomatiques1 plutt imag9es que vues4 ,s\da9em5t1 avec une commotion qui doit v5ir du ,gr& ,my/re d'en dess\s1 on se dit3 ,si p\rtant je voyais app>atre a1 dans tel co9 d'ombre444 et on se le dit avec une si p>ticulire int5sit que1 p5dant un in/ant insaisissable1 on voit a1 esquiss la place mme o on r$\tait de le voir4 ,de ces visions-l1 quelques-unes m'ont trs longtemps inquit en s\v5ir1 et en voici une de ma prime jeunesse1 de mes quatorze ans1 qui me p\rsuit encore4 ,j'tais all pass] un de mes jeudis de collgi5 *ez des amis de mes aeules1 un mnage d'octognaires qui s'tait retir dans une maison de campagne isole1 deux ou trois kilomtres de ma ville natale4 ,je les visitais r>em5t1 p>ce que leur petit doma9e tait tri/e1 tri/e1 dans une dsutude sans grce1 et ce soir-l je les quittai aussitt aprs dn]1 ayant reu la consigne d'tre r5tr en ville avant la nuit close2 je ne compr5ds d'ailleurs pas comm5t1 dans ma famille o l'on me veillait beauc\p trop comme un petit objet prcieux1 on avait pu admettre l'ide de ce ret\r1 seul1 au crpuscule4 ,la r\te trav]sait d'abord un bois de *nes1 nomm le bois de ,plantemort1 p>ce que jadis1 aux sicles passs1 on y faisait1 p>at-il1 de trs mauvaises r5contres4 ,je m'y engageai du re/e sans la plus lgre apprh5sion4 ,c'tait une soire de juillet lum9euse et ard5te1 succdant une j\rne torride2 les ts d'auj\rd'hui me sembl5t avoir p]du cette spl5deur1 que je n'ai plus retr\ve qu'aux colonies4 ,t\t le c\*ant tait t5du d'une b&e de feu r\ge1 qui p> le haut se dgradait d\cem5t la manire des arcs-en-ciel1 se fondait en un jaune d'or clatant et puis en un v]t m]veilleux4 ,on tait gris p> l'odeur des *vrefeuilles et de mille plantes sur*auffes1 et dans l'air montait en cresc5do le conc]t frmissant des t\t petits *anteurs de l'h]be4 ,a une c9quanta9e de mtres en avant de moi1 un s5ti] de dess\s bois v5ait db\*] dans le gr& *em9 que je suivais444 ,et s\da91 s\s l'empire de quelque *ose1 ou de quelqu'un qui n'tait pas moi-mme1 ce co9 de s5ti]1 j'imag9ai un p]sonnage t\t fait imprvu1 qui aussitt se dess9a1 cr sans d\te mon appel444 ,son corps sans paules tait comme une sorte de bton habill1 drap dans une robe trane de c\leur neutre4 ,il avait un peu plus que la taille huma9e4 ,sa tte1 norme et t\t en l>geur1 avec les gros yeux rejets aux deux b\ts1 se t5ait p5*e1 me reg>dant v5ir d'un air engageant et enj\1 mais =t suspect2 c'tait1 dmesurm5t agr&ie1 une figure comme en ont les libellules1 ou plutt ces longs insectes tranges qu'on appelle des mantes religieuses4 ,cela m'att5dait1 cela s\riait1 et cela semblait dire3 ,je ne me montre pas d'habitude1 je rside dans mes ca*ettes au fond des bois1 mais je vi5s de sortir1 comme a au crpuscule1 p\r ne pas manqu] l'occasion de te voir pass]4 ,une demi-seconde pe9e1--et puis1 plus ri54 ,qu& j'arrivai devant cette entre de s5ti] s\s les *nes1 cela n'y tait plus1 il va sans dire2 mais t\t de mme1 je ne cont9uai ma r\te qu'en me ret\rnant de temps autre p\r reg>d] d]rire moi4 99 99 99 99 99 ,dans le vieux j>d9 de la ,limoise1 les soirs de ces magnifiques ts d'autrefois1 plusieurs visions aussi furtives avai5t prcd celle-l1 v]s ma huitime ou dixime anne1 mais en laissant de mo9s durables empre9tes4 ,elles app>aissai5t surt\t qu& on re/ait assis en sil5ce1 au crpuscule1 s\s c]ta9 b]ceau que des jasm9s c\vrai5t de mille petits b\quets de fleurs blan*es1 en saturant l'air de p>fum4 ,c'tait l'heure o les premires toiles s'allumai5t dans le ciel ard5t1 encore d'un r\ge de braise1 l'heure o l'on comm5ait1 d'une faon plus p>ticulire1 s5tir l'enveloppem5t de ces bois de *nes gs de plusieurs sicles1 qui s'avanai5t trs prs des murs bas et presque cr\lants de vtu/4 ,on v5ait d'ent5dre1 dans le lo9ta9 de l'air immobile et *aud1 le t9tem5t un peu fl1 d\x qu& mme et p\r moi in\bliable1 de l',anglus1 sonn au clo*] roman du village d'*illais4 ,alors1 t\t au fond du j>d91 t\t au b\t de ces alles droites la mode anci5ne1 bordes de buis ou de lav&e1 passait p>fois1 trs e/omp d'imprcision crpusculaire1 un bonhomme en r$+ote noire 7comme celle de mon pr(esseur de lat971 avec une figure de *auve-s\ris et de gr&es oreilles dresses4 ,et il m'appelait de la ma91 p> un petit ge/e discret et confid5tiel444 ,presque t\j\rs1 ces visions-l essai5t d'appel]1 en pr5ant un air aimable et lgrem5t espigle1 mais qui ne v\s donne qu& mme aucune envie de v5ir4 99 99 99 99 99 ,je fran*is ma9t5ant beauc\p d'annes1 p5dant lesquelles ri5 de frappant ne m'app>ut1 p\r en v5ir un t dont je ne sais plus exactem5t la date1 mais qui devait tre t\t la f9 du sicle d]ni]4 ,au fond du gr& j>d9 d'une maison de faub\rg1 j'tais assis1 au beau crpuscule1 en compagnie de trois t\t petits g>ons1 d'un an1 trois ans et c9q ans4 ,leur mre1 qui tait aussi l1 t5ait sur ses g5\x le plus petit1 qui ne v\lait pas dormir et g>dait ob/9m5t ouv]ts ses yeux de jolie p\pe4 ,aucun bruit ne n\s v5ait de la ville t\te pro*e et1 depuis un in/ant1 n\s p>lions pe9e4 ,ce soir-l1 c'tait l'odeur grisante des clmatites qui dom9ait dans l'air2 elles c\vrai5t1 comme d'une paisse neige blan*e1 dj un peu noye d'ombre1 le toit d'une vieille petite cabane ru/ique1 presque maisonnette lap9s1 dont la f5tre ouv]te1 non lo9 de n\s1 laissait p>atre l'intrieur t\t noir4 ,pauvre petit1 aux l>ges yeux de p\pe1 qui ne fit qu'une si c\rte visite aux *oses de ce monde6 ,je l'ai pe9e connu la dure d'une saison1 c> il tait n p5dant un de mes voyages aux ,indes et il fut emport p> une pidmie infantile p5dant que j'tais en ,*9e4 ,pauvre t\t petit1 qui reg>dait fixem5t1 comme hypnotis1 le d$ans obscur de la cabane aux clmatites6 ,jamais encore je n'avais tant rem>qu son expression1 et c'e/ t\j\rs son image de cette fois-l que je retr\ve en s\v5ir1 qu& je rep5se lui4 ,voyait-il quelque *ose1 ou bi5 ri58 ,p5sait-il dj quelque *ose1 ou bi5 ri58 ,qui dira jamais ce qui s'veille ou ne s'veille pas dans ces my/rieuses petites bau*es de ttes huma9es8 ,l'un des deux autres1--celui de trois ans1 t\t *evelu de b\cles blondes1--qui avait suivi son reg>d att5tif1 s'eff>a t\t c\p devant la m9uscule f5tre3 ,il y a une figure l6 dit-il4 ,et il rpta plus =t1 d'une voix *ange p> la frayeur1 en se jetant contre sa mre3 ,si6 ,il y a une figure4 ,je te dis qu'il y a une figure6 ,ma*9alem5t1 je reg>dai aussi4 ,alors la figure m'app>ut s\da91 ride1 d5te1 cadavrique1 vieille femme aux longs *eveux b\riffs1 et1 avant de s'effac]1 elle prit le temps de clign] de l'il1 p\r me faire signe de v5ir4 ,bi5 ent5du1 je n'eus mme pas l'ide d'entr] dans la cabane p\r vrifi]1 tant d'avance p>faitem5t sr de n'y tr\v] p]sonne4 ,mais il fallut vite emm5] l'enfant1 qui avait trop peur p\r re/] l4 ,et combi5 j'aurais t curieux de savoir s'il s'tait cru appel1 lui aussi6 ,cep5dant je n'osai pas le lui dem&]1 p> cra9te de prcis] et d'agr&ir son p\vante4 ,et ma9t5ant voici la d]nire de la srie macabre1 une vision qui diffre trs peu des prcd5tes1 si peu que je vais tomb] dans des r$ites en *]*ant il la fix] ici2 elle a cep5dant de p>ticuli] qu'elle dgage une tri/esse absolum5t indicible et inexplicable1 tri/esse dont je retr\ve la trace ds que je me remets y song]4 ,la vision1 p\r m'app>atre entre *i5 et l\p1 avait *oisi une soire ou j'tais seul dans ma *ambre et seul dans ma maison familiale4 ,cela se passait sur la f9 d'un diman*e de juillet1 p> un trs *aud crpuscule4 ,f5tres gr&es ouv]tes1 j'crivais je ne sais quelles lettres1 me htant p>ce que je n'y voyais plus1--et ne v\lais pas allum] de lumire p> cra9te d'appel] les m\/iques4 ,le diman*e ne manque jamais d'apport]1 sur ma maison vide1 une aggravation de no/algique sil5ce1 p>ce que c'e/ un usage tabli de laiss] ce j\r-l t\s les dome/iques se prom5]1 et l'on re/e s\s la g>de d'une vieille femme qui se ti5t en bas1 pas trop rassure d'ailleurs qu& la nuit tombe1 et n'ayant d'autre mission que de veill] la porte de la rue1 p\r le cas trs improbable o quelqu'un vi5drait sonn]4 ,il faut dire aussi1 p\r l'intellig5ce de cette purile petite hi/oire1 que je me suis *oisi une *ambre t\t au fond de la maison1 af9 d'avoir plus de sil5ce encore2 elle donne sur une c\r intrieure1 au b\t de laquelle e/ le pavillon de mon fils1 et on e/ l comme dans une *>treuse1 isol mme de la tranquille vie ambiante4 ,p\r me t5ir compagnie1 p5dant que j'crivais mes lettres1 longtemps j'avais eu la musique p]due des m>t9ets en t\rbillon dans le ciel d'or1 et puis ils tai5t alls se c\*]1 cdant la place aux *auves-s\ris dont ma maison a t\j\rs t hante1 et qui sont1 comme on sait1 de rapides petites btes en vel\rs1 f5dant l'air sans jamais le plus lg] bruit d'ailes4 ,dcidm5t je n'y voyais plus1 et je re/ais l indcis1 s5tant une tri/esse de solitude desc5dre sur mes paules et m'envelopp] comme un manteau4 ,avec un s5tim5t presque pnible1 mesure que le j\r baissait1 je songeais t\t ce qui me sp>ait de la rue1--une morne petite rue de prov9ce p\rtant1 et ds]te sans d\te cette heure p\r l'habituelle prom5ade du diman*e soir1 mais t\t de mme une rue1 o d'autres g5s exi/ai5t1 o se conc5trait le peu de vie d'al5t\r4 ,j'en tais vraim5t lo91 sp> p> tant d'app>tem5ts inhabits et remplis de trop de s\v5irs de *res mortes1 enfilade de salons vides1 *ambres vides1 *ambres o p]sonne n'avait plus c\* depuis que des aeules en tai5t p>ties p\r le cimetire4 ,oh6 la lugubre *ose1 qu& on s'y appesantit1 d'avoir t le plus jeune et de re/] le d]ni] de t\t un gr\pe d'tres qui v\s avai5t *ri p5dant vos premires annes444 ,et puis1 ce j\r-l1 une s\rde angoisse1 que l'on osait pe9e s'av\] soi-mme1 oppressait t\tes les mes franaises4 ,des p>oles ambigus tai5t arrives de ,b]l91 l'(fic9e des gr&es f\rb]ies1 o plus que jamais semblai5t se tram] d'abom9ables complots4 videmm5t on se disait3 ,non1 ce n'e/ pas possible2 la gu]re e/ dev5ue infaisable =ce d'horreur2 aucun homme au monde1 ft-ce mme leur ,kais] s9i/re1 n'os]ait d*an] cela4 ,c'e/ gal1 on trav]sait une fois de plus une priode anxieuse1 du fait de l'homme d',agadir4 ,et la possibilit d'une telle *ose1 qui b\lev]s]ait de fond en comble l'humanit1 r5dait plus pr(ondes mes p5ses1 avivait p\r moi davantage le regret de ces passs relativem5t calmes et d\x1 qui imprgnai5t encore de leur s\v5ir la vieille maison4 ,j'allai m'acc\d] ma f5tre1 et l un s\ffle trs *aud du v5t d't m'apporta une odeur exquise1 envoye p> c]ta9 *vrefeuille que j'ai t\te ma vie connu4 ,je reg>dais1 en face de moi1 le pavillon qui e/ la demeure de mon fils444 ,ti5s6 p\rquoi les f5tres de sa *ambre c\*]1--au deuxime tage1 au niveau de la mi5ne1--re/ai5t-elles gr&es ouv]tes1 puisqu'il tait en voyage8 ,quelque oubli des dome/iques sans d\te2 mais cela n'apportait aucune gaiet1 au contraire1 c>1 cette heure bi5tt nocturne1 l'intrieur de la *ambre naturellem5t tait t\t noir4 ,avec une p]si/ance involontaire1 je me rappelai n\veau t\tes ces autres *ambres vides1 d]rire moi1 dj plonges dans la vraie nuit1 t&is qu'en avant j'avais ces c\rs1 ces petits j>d9s1 ces petits murs bas aux pi]res grises et m\ssues1 t\t cela antrieur mon exi/5ce1 et si famili] mes premires annes4 ,beauc\p de roses1 c]tes1 beauc\p de fleurs p>t\t1 et de plantes grimpantes1 mais plus p]sonne de vivant nulle "p444 ,le *vrefeuille cont9uait d'embaum]1 mais la tri/esse d'tre seul1 dans cette *re maison jadis si d\cem5t peuple1 m'accablait p> trop444 ,et c'e/ alors que1 sans cri] g>e1 in/antanm5t1 l-bas1 dans le cadre d'une f5tre de la *ambre de mon fils1 se dess9a un p]sonnage t\t fait indsirable444 ,un gr& vieux1 trop gr&1 trop *evelu1 vot1 horrible1 un s\rire quivoque dc\vrant ses d5ts trop longues444 ,il se t5ait un peu en retrait dans l'ombre1 comme n'osant pas affront] ce qui re/ait de lumire dehors444 ,s\s mon premi] reg>d1 il s'van\it bi5 ent5du comme une fume2 mais il avait eu le temps de m'appel] du doigt1 de me faire signe3 ,vi5s donc6 ,mais vi5s donc un peu me tr\v]6 ,,ii4--,le *ant du d"p4 ,le mat9 du #b aot #aiad4 ,oui1 jusqu' hi]1 jusqu' la d]nire m9ute1 on cont9uait de se le dire3 ce n'e/ pas possible1 aucun homme au monde1 ft-ce leur ,kais]1 n'os]ait plus d*an] l'horreur sans nom d'une gu]re mod]ne2 ce n'e/ pas possible1 donc cela ne s]a pas444 ,et il a os1 lui1 et cela e/6 ,*ez ces lugubres atrophies-l1 des hrdits de despotisme sans fre9 ont tellem5t dtruit t\t s5tim5t de frat]nit huma9e1 qu'ils n'hsit5t plus devant un ou deux millions de morts1 j\] sur un c\p de ds444 ,ce mat91 mon rveil1 quelqu'un1 avec une brusqu]ie tragique1 e/ v5u me dire3 a y e/6444 ,ils ont viol le ,luxemb\rg6 ,la n\velle a mis un peu de temps me pntr] jusqu'au fond de l'me1 en b\sculant t\tes les autres conceptions sur son passage444 ,et ma9t5ant1 on vit dans une sorte d'eff]vesc5ce cont5ue et sil5cieuse2 on a la m5talit de g5s qui s]ai5t av]tis d'un cataclysme cosmique1 d'une f9 de monde1 et on l'att5d comme une *ose 9luctable et immdiate1 qui va t\t l'heure clat] aussi srem5t qu'une bombe dj allume1 t&is que ri5 encore n'a tr\bl l'ordre ni le calme ambiants4 ,le calme1 je crois qu'il n'avait jamais t si absolu que ce mat91 sur ma petite ville de prov9ce t\te blan*e au soleil d'aot4 ,p> mes f5tres1 ouv]tes sur les c\rs enguirl&es de v]dure1 aucun bruit ne m'arrive1 que le *ant des hirondelles1 qui dlir5t de joie p>ce qu'il fait radieusem5t beau4 ,et cep5dant1 ici comme p>t\t ailleurs1 d'un b\t l'autre de notre ,france1 il doit y avoir affairem5t1 angoisse et fivre1 dans t\tes les maisons1 dans t\tes les cas]nes1 dans t\s les ars5aux4 ,dans t\tes les mes franaises1 un gr& tumulte doit b\illonn] comme dans la mi5ne444 ,alors1 c'e/ si dconc]tant1 cette tranquillit p]si/ante des *oses d'al5t\r1 et ces *ants joyeux des petits oiseaux de mes murailles444 ,l'aprs-midi du #b aot4 ,mon fils e/ r5tr1 l'appel de la dp*e que je lui avais lance la veille1 prvoyant1 s9on la gu]re1 du mo9s la mobilisation gnrale4 ,p\r seulem5t quelques heures1 il e/ rev5u habit] son petit logis1 l-bas1 en face de ma *ambre1--ce pavillon o m'tait app>u un soir le futile et ridicule fantme1 mais qui e/ auj\rd'hui si inond d'incisive lumire4 ,je le vois pass] et repass] devant sa f5tre1 occup faire prp>] ses t5ues de soldat qui dormai5t depuis quelques mois1 depuis qu'il avait f9i son s]vice d'artilleur4 ,il p>tira dema9 p\r rejo9dre son corps1 et puis s'en all] la plus effroyable des gu]res4 ,je sais cela et je l'admets ma9t5ant avec une s\mission /upfiante2 vraim5t1 les premires m9utes de tr\ble et de rvolte une fois passes1 on e/ comme ane/hsi devant le fait accompli1 on ne se reconnat plus soi-mme4 ,les t5ues militaires6 ,dans la l+]ie de la maison1 les mi5nes aussi vi5n5t d'tre dplies et pr5n5t le soleil4 ,je suis all les revoir1 paulettes1 ce9turon1 sabre1 dorures encore fra*es et clatantes1 que j'ai salues avec une motion de fte4 ,quel pre/ige1 quel magique p\voir ils g>d5t encore1 ces h>nais qui brill5t1 et qui sont1 en somme1 un legs des temps plus primitifs o l'on se p>at navem5t p\r les batailles6 ,dema91 qu& je devrai me remettre en uni=me1 sans d\te p> une j\rne brlante comme auj\rd'hui1 ce s]a la t5ue coloniale en blanc qu'il me faudra pr5dre1 la t5ue1 du re/e1 que j'aimais le plus1 celle qui tait le plus mle aux s\v5irs de ma jeunesse errante1 celle qui j'avais dit adieu avec la plus intime tri/esse4 ,je croyais si bi5 les avoir ensevelies p\r jamais1 ces ve/es de toile1--fabriques l-bas p> les ,*9ois de la rue ,cat9at1 ,sagon1 comme en ont t\s les (fici]s de m>9e1--ces inusables ve/es de toile qui avai5t tant connu le soleil des tropiques1 et auxquelles je t5ais comme des fti*es4 ,il semblait que ri5 n'aurait plus le p\voir de me les r5dre1 et cep5dant voil1 elles sont prtes1 elles aussi1 bi5 blan*es1 repasses de frais1 et ornes comme jadis de leurs insignes en dorures t\tes neuves4 ,enfantillage1 c]tes1 je le reconnais1 mais quelle ralisation inespre d'un rve1 quelle joie et quel rajeunissem5t de revtir cela dema91 et1 a9si trans=m1 de me dirig]1 p> les petites rues1 bl\issantes s\s la lumire du mat9 d'aot1 v]s notre vieille ,prfecture1 p\r me prs5t] l'amiral1 comme autrefois au mom5t de mes gr&s dp>ts p\r la m]6 ,c'e/ t\t un *] pass qui r5atra1 qu& je le croyais aboli sans ret\r444 ,elle s]a bi5 peu m>itime1 cette gu]re1 probablem5t2 mais puisse-t-elle l'tre assez p\r que mon t\r vi5ne d'tre appel s]vir bord4 ,oh6 revivre de cette vie qui fut la mi5ne p5dant mes belles annes1 en revivre peu de temps1 sans d\te1 c> les tu]ies vont m>*] effroyablem5t vite1 mais en revivre quelques mois1 et1 qui sait1 tr\v] peut-tre la seule mort qui ne soit pas lugubre et ne fasse pas peur6444 ,cette suprme j\rne d'att5te1 on v\drait l'employ] des *oses graves ou seulem5t rationnelles1 comme p> exemple rang] des papi]s1 ou pass] en revue de *]s objets de s\v5ir en leur disant un v5tuel adieu1 ou plutt crire des recomm&ations1 des lettres srieuses444 ,mais non1 ct de la gr&e t\rm5te qui s'appro*e1 t\t p>at galem5t va91 petit1 ngligeable1 et l'esprit ne s'arrte auj\rd'hui qu' des futilits4 ,mme avec mon fils1 il me semble que je n'ai ri5 dire1 ri5 qui soit digne de rompre notre mditatif sil5ce1 et d'ailleurs ri5 qu'il ne s5te et ne sa*e dj comme moi4 ,et les heures se tran5t1 longues1 tranquilles1 vides4 ,comme t\tes les aprs-midi d't1 cause du soleil1 j'ai f]m les p]si5nes de ma *ambre et aucun bruit ne m'arrive de la petite ville endormie2 j'ent5ds seulem5t b\rdonn] les abeilles qui1 suivant leur habitude1 sont entres *ez moi4 ,et1 la f91 cet excs de calme dans les ent\rs e/ pnible1 il cadre mal1 il dr\te et il oppresse2 on aim]ait mieux de l'agitation1 des cris1 des fusillades4 ,donc1 dema91 r$ev5ir militaire6 ,autrem5t dit1 faire ab/raction de sa p]sonnalit1 r$ev5ir un r\age obissant1 en mme temps qu'un r\age aveuglm5t obi4 ,et auj\rd'hui dj on n'e/ plus soi-mme1 on n'e/ plus un tre sp>1 on n'e/ plus l'tre di/9ct des autres que l'on tait hi]1 on e/ une p>tie de ce gr& t\t qui s'appelle la ,france4 ,on se s5t port t\s les sacrifices1 on s'imag9e tre capable de t\s les hrosmes4 ,et peu peu on comm5ce de respir] avec une sorte d'ivresse ce v5t d'av5ture qui se lve444 ,le soir du #b aot4 ,sur la f9 de cette j\rne d'eng\rdissem5t torride1 le ciel devi5t noir1 le tonn]re gronde1 et on croirait le prlude des gr&es canonnades4 ,de l>ges g\ttes d'eau tomb5t1 et puis hsit5t1 s'arrt5t comme si les nuages t5ai5t conseil1 p]plexes eux aussi1 et tr\bls4 ,v]s #h heures1 qu& la nuit e/ t\t fait v5ue1 je sors p\r une prom5ade avec mon fils1 la d]nire de longtemps sans d\te1 puisqu'il doit dema9 mat9 quitt] la maison au petit j\r p\r rejo9dre son corps4--,hlas6 des milli]s et des milli]s d'autres fils1 dans t\tes les villes et les villages de ,france1 ces mmes heures de dema9 mat91 quitt]ont aussi le toit pat]nel p\r all] la r5contre des ,b>b>es4 ,oh6 pauvres enfants de ,france1 appels la frontire1--happs1 p\rrait-on dire1--p> le hideux ,m9otaure de ,b]l96 ,dehors1 les rues sont vides2 les trottoirs m\ills et luisants reflt5t les quelques lumires susp5dues4 ,il fait une *aleur l\rde et humide comme ,sagon2 de temps autre1 des g\ttes l>ges cont9u5t de tomb] du ciel pais4 ,je ne les avais jamais vues si ds]tes1 ces in*angeables petites rues de mon enfance2 mais on y ent5d une gr&e clameur1 d'abord lo9ta9e et qui se rappro*e4 ,ah6 on dirait un cortge qui1 de l'autre b\t de la ville1 s'avance en *antant3 des milli]s d'hommes1 qui vont vite1 vite comme des f\s1 agitant des lant]nes au b\t de btons4 ,ce sont des matelots p\r la plup>t1 des soldats ou de jeunes conscrits de dema91 et ce qu'ils *ant5t1 c'e/ le ,*ant du ,d"p3 ,p> la voix du canon d'al>me1 la ,france appelle ses enfants4 ,ils arriv5t prs de n\s1 et ma9t5ant voici qu'ils cri5t1 en m>*ant en mesure1 avec une espce de rage3 ,a ,b]l96 ,a ,b]l96 sur le ry?me vulgaire et froce des ,lampions4 ,des femmes suiv5t1 m>*5t vite elles aussi1 c\rant presque1 p\r ne pas se laiss] di/anc]1 mais elles sont muettes et sans joie3 des mres1 des surs1 des fiances4 ,a ,b]l91 n\s n'y sommes pas encore1 et ce cri e/ plutt p\r s]r] le cur4 ,comme on aimait mieux l'hymne magnifique qu'ils *antai5t d'abord444 ,ah6 voici qu'ils le repr5n5t3 ,la victoire1 en *antant1 n\s ouvre la b>rire444 et p\r un peu1 ce soir1 ces p>oles f]ai5t c\l] de bonnes l>mes444 ,hlas6 de t\s ceux qui *ant5t et qui dans5t s\s ce ciel d'orage1 de t\s ces jeunes1 de t\s ces enfants de ,france1 qu& la gu]re s]a f9ie1 dans deux mois1 dans trois peut-tre1 qu& l'effroyable c>nage cess]a p> puisem5t1 combi5 en re/]a-t-il ayant encore une voix p\r *ant]1 et des jambes p\r c\rir8 ,et song] que c'e/ un seul homme et un misrable dm5t1 qui a d*an t\t cela6 ,il vit des c5ta9es de lieues de n\s1 l-bas ,b]l92 mais lui e/ *u1 et /upidem5t *u p> hritage1 ce p\voir1 dont il tait mille fois indigne1 de prononc] une p>ole rp]cussion =midable2 une p>ole qui e/ v5ue jusqu'ici s\lev] le tumulte de ce soir et n\s tr\bl] t\s au trfonds de l'me6 ,oh6 quelle condamnation sans appel de cette antique et p> trop nave erreur huma9e1 qui1 au ,x,xe sicle1 peut donc p]si/] encore3 ,confi] le sort de t\t un peuple1 avec le droit sans contrle de dcl>] la gu]re1 confi] cela un seul tre1 et un tre aveuglm5t dsign p> le has>d de sa naissance1 ft-ce mme un dgnr et un f\ comme ce ,guillaume ,,ii1 ou comme ce jeune produit plus morbide encore qui espre lui succd]6444 ,sur le pauvre cortge de matelots et de soldats qui *antai5t tue-tte p\r s't\rdir1 voici t\t c\p la pluie d'orage qui tombe torr5tielle1 disp]sant les gr\pes1 teignant les lant]nes et les voix4 ,et n\s aussi1 il faut r5tr]1 r5tr] et essay] de dormir1--d'autant plus qu'il y aura ce d"p1 dema9 mat9 au petit j\r444 ,ce d"p1 c'e/ la p5se qui revi5t sans cesse1 quoi que l'on fasse p\r s'en dt\rn]444 ,et comm5t dire ce qui se passe en n\s-mmes1 t&is que n\s r5trons s\s l'onde6 ,comm5t le df9ir1 ce mlange d'indignation1 d'horreur1 d'angoisse1--et qu& mme1 sans qu'on ose se l'av\]1 de presque joyeuse impati5ce6 ,,lormont 7,,georges7 ,de la classe #aiab 7#bd ans71 s]g5t au #aba;e de ligne ,septembre #aiaf4 ,depuis trois mois1 il vivait dans la gr&e salle aux bois]ies blanc et or qui avait t l'un des salons d'un htel pr9ci]1 et on s'tait habitu voir l1 pose sur l'oreill] du lit n #e1 sa jeune tte qui se dev9ait trs belle1 malgr les b&elettes si ob/9m5t p+les aut\r du front p\r ca*] les yeux4 ,un soir1 dans cette lgante ambulance p>isi5ne1 on l'avait apport sur une civire1 amaigri1 brlant de fivre1 en loques sanglantes1 et la tte t\t enveloppe de l+es sordides gr&es ta*es r\ges4 ,mais auj\rd'hui1 bi5 pans1 bi5 lav1 il avait repris sant et s\rire4 ,et1 p>mi les belles dames infirmires1 il semblait presque dans son milieu1 lui enfant de la campagne cep5dant1 mais qu'une c]ta9e di/9ction naturelle1 une noblesse inne avai5t t\j\rs emp* d'tre vulgaire4 ,il tait du re/e trs soign de sa p]sonne2 le mat91 aprs la visite du b>bi]1 il se passait la ma9 sur les j\es af9 de vrifi] si elles tai5t bi5 rases et il retr\ssait avec coquett]ie ses longues m\/a*es blondes3 t\t cela1 p\r ne pas caus] de rpugnance ces infirmires1 qu'il n'avait encore jamais vues cause de l'inexorable b&eau du pansem5t1 mais qu'il se reprs5tait *>mantes4 ,ma9t5ant d'ailleurs1 il les reconnaissait t\t de suite1 mme avant qu'elles euss5t p>l1 ri5 qu'au p>fum discret qu'elles exhalai5t1 ou bi5 au simple contact de leurs doigts si d\x1 et il avait un flirt avec l'une d'elles1--qui se faisait appel] ,madame ,paule1 mais qui en ralit portait un des gr&s noms de ,france2 on lui avait appris le s5s de ce mot flirt1 n\veau p\r lui1 et la si innoc5te av5ture amusait t\t le monde1 dans cette salle o la ,directrice s'ef=ait de ram5] t\j\rs un peu de sa9e gaiet favorable aux convalesc5ces4 ,un j\r1 on lui p]mit de se lev]1 de s'asseoir dans un fauteuil1 et enf9 d'all] jusqu'au j>d91 au bras de cette infirmire prfre1 qui s5tait si dlicatem5t bon et dont la voix le *>mait plus que la voix de t\tes les autres4 ,alors la vie lui p>ut vraim5t trs agrable1 en att5dant l'heure bnie de s'vad] de l1 p\r recomm5c] agir en ple9 air et en ple9e lumire4 ,cette p]mission1 laquelle sa blessure lui donnait droit1 allait tomb] ju/em5t en mai ou ju91 qu& les j>d9ets de son village v5den sont t\t ple9s de roses444 ,s'il allait tre dfigur1 p\rtant6444 ,mais non1 l'infirmire l'avait bi5 tranquillis l-dessus444 ,et avec quelle ivresse il songeait ce ret\r444 ,le premi] diman*e o il irait la gr&'messe1 avec sa maman en coiffe de fte444 ,les g5s qui se ret\rn]ai5t p\r reg>d] les beaux galons d'or en biais sur sa man*e1 et la belle croix de gu]re sur sa poitr9e6444 ,c'tait *aque aprs-midi ma9t5ant qu'on lui accordait une prom5ade au soleil d'avril1 en donnant le bras l'amie dont il n'imag9ait pas du t\t la *evelure dj trs blan*e et qui de plus en plus l'ensorcelait la manire d'une bonne fe444 ,mais ce b&eau t\j\rs6 ,qu& donc p\rrait-il seulem5t le s\lev]1 ri5 qu'une seconde1 p\r entrevoir au mo9s la plus petite lueur du soleil de pr9temps6--a1 je te le df5ds1 p> exemple1 disait-elle avec une intonation de gr&e sur qui va se f*]4 ,c'e/ trop tt1 tu compromettrais t\t4 ,pati5te encore une qu9za9e de j\rs4 ,et jure-moi bi5 que1 d'ici l1 tu n'essai]as pas1 sans quoi1 c'e/ f9i1 je ne revi5s plus4 ,elle employait avec lui ce tutoiem5t de gu]re1 qui e/ d'usage dans beauc\p d'ambulances1 un peu puril peut-tre1 mais s\v5t trs d\x au cur des gr&s enfants blesss4 99 99 99 99 99 ,au b\t des qu9ze j\rs1 avec plus de tr\ble que la premire fois1 elle dem&a encore une sema9e1 et alors le frisson d'une angoisse inconnue trav]sa l'me simple et jolie du soldat4 ,p\rquoi se tr\blait-elle auj\rd'hui p\r rpondre8 ,et puis1 p\rquoi t\j\rs ces petites comdies p\r les pansem5ts8 ,c'tait trs difficile1 disait-elle1 p>ce qu'il fallait les faire dans l'obscurit1 contrev5ts f]ms1 ttons1 p> cra9te de la mo9dre lueur p\r ses yeux encore trop faibles4 ,comme s'il ne s'ap]cevait pas1 lui1 au contraire1 que c'tait de j\r en j\r plus simple1 de *ang] ces m\ssel9es qui n'adhrai5t plus2 comme s'il ne s5tait pas que t\te s\ffrance tait presque passe et que les plaies se dess*ai5t8 ,alors1 p\rquoi tant d'hi/oires8 ,son amie la gr&e dame l'avait m5 auj\rd'hui un banc du j>d91 lui disant de l'att5dre1 qu'elle allait rev5ir4 ,et l1 dehors1 une tide c>esse du soleil d'avril lui *auffait en ple9 les j\es4 ,oh6 ce soleil1 il aurait tant v\lu le voir6 ,des oiseaux *antai5t1 dans les bran*es de cet enclos p>isi5 comme au milieu des bois1 et1 depuis un in/ant1 il re/ait docile les c\t]1 lorsqu'une voix pe9e saisissable *u*ota en passant3 ,a quoi songe-t-elle8 ,il va p\rtant falloir qu'elle se dcide lui dire444 ,aussitt une intuition l'av]tit qu'il s'agissait de lui-mme1 et il trembla de la tte aux pi$s4 ,se dcid] lui dire444 ,a lui dire quoi1 mon ,dieu8444 ,oh6 savoir6 ,au risque de t\t1 savoir6 ,savoir ce qui lui re/ait de vue6 ,tant pis p\r l'bl\issem5t1 qui allait peut-tre t\t aggrav]1 t\t compromettre1 mais au mo9s il s]ait fix1 et il l'aurait revu1 ce soleil1 ne ft-ce que dans un in/ant de d\l\reuse brlure444 ,alors1 il se r$ressa1 face cette gr&e lumire dev9e l-haut1 et1 d'une ma9 brutale1 arra*a violemm5t t\t ce qui lui enveloppait la tte4 ,l'bl\issem5t ne v9t pas1 non444 ,il faisait t\j\rs nuit444 ,alors1 c'e/ qu'il y a encore quelque *ose--p5sa-t-il1 vite comme un clair--encore quelque *ose de t\t ce qu'ils m'avai5t atta* sur les yeux4 ,et sa ma9 remonta1 comme furieuse cette fois1 p\r f9ir d'arra*]444 ,mais non1 ri51 il n'y avait plus ri5444 ,horreur6 ,il n'y avait plus ri51 et il faisait t\j\rs nuit6 ,ses yeux1 mais on dirait qu'ils n'y tai5t plus6444 ,s\s les s\rcils re/s peu prs en place1 ses doigts s'enfonai5t comme dans des creux qu'il ne se connaissait pas444 ,ses yeux1 qu'en avait-on fait1 de ses yeux6 ,en une seconde1 l'irrp>able1 le df9itif lui app>ut avec une vid5ce atroce1 et un long cri1 affreux ent5dre1 sortit de sa poitr9e1 en mme temps qu'il se tordait les bras4 99 99 99 99 99 ,ce cri de l'inf9ie dtresse1 qui avait d*ir le sil5ce du j>d9 d'hpital1 elle l'avait ent5du1 elle2 un in/9ct lui avait fait reconnatre la voix1 et t\t dev9]4 ,qu& elle arriva1 tremblante autant que lui-mme1 p\r t5t] de lui apport] son inutile sec\rs1 elle le vit qui gisait sur son banc1 comme cras l p> un c\p de massue1 t&is que le soleil rayonnait1 tranquille et d\x1 sur son beau visage d'aveugle1 dc\v]t p\r la premire fois4 ,et d'abord1 d'un m\vem5t irraisonn p\r essay] de le tromp] comme avant1 elle jeta les deux ma9s sur ces places vides o jadis avai5t brill de gr&s yeux de navet ard5te3 ,mon enfant1 disait-elle444 ,oh6 mon pauvre enfant1 qu'avez-v\s fait8 ,je v\s l'aurais appris bi5tt1 moi1 mais pas cruellem5t comme a444 ,ma9t5ant elle ne le tutoyait plus2 cette purilit1 bonne p\r les autres1 ne lui semblait plus possible entre eux1--et ce v\s les rappro*ait au contraire davantage1 en le haussant jusqu' elle1 lui ce fils de petits lab\reurs de ,v5de4 ,mais il l'avait rep\sse avec brutalit1 sans une rponse1 sans mme un repro*e p\r lui avoir si longtemps m5ti1 sans mme un gmissem5t1 fig s\da9 dans ce f>\*e sil5ce que les paysans ont l'habitude de g>d] aux heures tragiques de leur vie4 ,sans pr5dre plus g>de1 que si elle n'exi/ait pas1 cette femme assise ses cts et qui pleurait1 peu peu1 peu peu1 comme p> degrs1 il plongeait sa p5se t\t au fond de l'abme noir qui v5ait de s'ouvrir devant sa r\te2 l'un aprs l'autre1 il repassait ses espoirs de jadis1 t\s ses mode/es rves qui1 *acun son t\r1 s'cr\lai5t dans les inexorables tnbres4 ,le ret\r au village1 oui1 il le faudrait bi51 mais un ret\r p\r n'en plus sortir1 avec une figure qui peut-tre f]ait peur voir1 un ret\r d'aveugle1 des prom5ades d'aveugle1 avec un bton1 ou guid p> la ma9 de quelque enfant444 ,et l'av5ir1 t\t l'av5ir jusqu' la mort1 dans l'paisse nuit1 dj p>eille la nuit de dess\s t]re6444 ,*aque rappel d'une *ose laquelle il lui faudrait r5onc] sans rec\rs lui donnait au cur une sec\sse horrible4 ,mais l'image qui1 de plus en plus1 primait t\tes les autres1 qui rev5ait sans cesse lui apport] la plus ins\t5able envie de m\rir1 tait celle d'une jeune fille laquelle1 jusqu' ce j\r1 il n'avait pas cru t5ir si s\v]a9em5t4 ,donc1 jamais il ne la s]r]ait dans ses bras1 celle-l1 jamais il ne l'embrass]ait1 jamais plus il ne la v]rait1 t\t en la sa*ant vivante1 et m>ie quelque autre sans d\te2 elle lui faisait l'effet de se recul]1 se recul] dans d'inappro*ables lo9ta9s2 graduellem5t elle le fuyait1 p\r l't]nit444 ,des m9utes c\lr5t1 des m9utes et des m9utes1 presque une demi-heure1 sans que la dame1 au voile blanc1 si jolie encore s\s sa *evelure grise1 ost ri5 faire1 ri5 dire1 p\r rompre ce mutisme et cette immobilit4 ,dans l'ambulance1 on avait ent5du le gr& cri et t\t le monde savait4 ,les habituels prom5eurs de ce j>d9 enclos1 les autres blesss1 ceux qui la mitraille du kais] avait laiss un il p\r se conduire1 ou bi5 ceux qui ne m>*ai5t plus qu'au bras d'une infirmire1 vitai5t de s'appro*] de leur banc2 un imm5se respect ent\rait leur gr\pe morne et1 cause d'eux1 on m>*ait pas ass\rdis4 ,cep5dant la viol5ce exaspre du db s'teignait dans l'me du pauvre petit soldat1 une dt5te s'indiquait sur son visage mo9s contract2 alors son amie lui prit la ma91 qui brlait d'une gr&e fivre1 mais qu'il ne retira pas4 ,et t\t c\p1 se p5*ant v]s elle1 il laissa tomb] la tte sur sa gorge lgante1 drape de f9e toile blan*e444--,elle avait un fils dans les tran*es1 elle aussi1 la gr&e dame1 et un fils qui ju/em5t ressemblait ce g>on des *amps1 en mo9s beau peut-tre1 en mo9s vig\reux1 mais qui lui ressemblait beauc\p4 ,c'e/ p\rquoi1 ce jeune front sans yeux qui s'ab&onnait1 elle fit un mat]nel accueil2 de son mieux elle l'in/alla sur l'oreill] tide et un peu palpitant qu'il s'tait *oisi1 et1 sans ri5 dire1 lui p]mit de pleur] l aussi longtemps qu'il eut des l>mes4 ,t\t fait f9ie1 sa gr&e rvolte2 il tait r$ev5u d\x comme un petit enfant1 sans rsi/ance1 sans volont1 livr absolum5t cette sollicitude de mre4 ,il se laissa ram5] dans la belle salle dore1 il se laissa c\*]1 et cons5tit boire une tisane o son amie1 sans le lui dire1 avait v]s une sub/ance endormeuse4 99 99 99 99 99 ,la nuit prs5t tait tombe sur l'ambulance1 et on y voyait pe9e dans la salle o des veilleuses s'allumai5t4 ,p\r sa premire nuit d'aveugle1 il dormait d'un pr(ond sommeil artificiel1 lui1 ,lormont1 ,georges1 ex-s]g5t au #aba;e de ligne1 auj\rd'hui pave huma9e qui n'avait mme pas pu m\rir1 et son amie1 assise son *evet1 n'osait pas lui retir] la ma9 qu'il t5ait dans les si5nes4 ,alors une petite infirmire t\te blan*e et t\te svelte s'avana v]s cette autre =me aussi blan*e qui veillait dans la *aise prs du lit n #e3 ,cela v\s a brise1 madame la du*esse1 dit-elle voix basse4 ,allez-v\s repos] prs5t1 de grce1 puisqu'il dort444 ,reg>dez comme il dort bi54 ,et la du*esse rpondit3 ,me c\*]1 non444 ,voyez-v\s1 il y aura l'horreur de son premi] rveil1 qu&1 p\r la premire fois1 il se rappell]a444 ,je ne peux pas le laiss] seul un p>eil mom5t1 puisque ma prs5ce le console444 ,allez dire1 ma *re enfant1 qu'on m'apporte un des gr&s fauteuils1 v\s savez1--et c'e/ ici que je dormirai4 ,une l\rde angoisse pesait sur cette salle1 d'app>5ce si calme et si jolie1 claire discrtem5t p> des veilleuses roses4 ,de temps autre1 un trop long s\pir1 ou une pla9te1 mme un cri s'*appait d'une poitr9e4 ,c'tait la salle consacre ceux qui n'avai5t plus d'yeux4 ,de p> le crime du ,mon/re de ,b]l91 les soldats t5dus sur ces lits bi5 blancs v5ai5t d'tre1 en ple9e jeunesse1 jets dans la nuit t]nelle2 quelques-uns le savai5t1 d'autres1 que l'on trompait encore1 vivai5t dans la t]reur de l'appr5dre4 ,t\s ces humbles dormeurs avai5t des rveils en s\bresaut1 accompagns inexorablem5t p> des rappels de s\ffrance et d'effroi444#d4 ,,nos ,,matelots 7,allocution prononce la ,comdie-,franaise1 en ju9 #aiaf1 au db de la reprs5tation de gala donne p\r nos matelots47 ,je ne v\lais jamais plus aucun prix1--j'en avais mme fait le s]m5t1--rep>atre en public1 et p\rtant me voici6 ,c'e/ que notre *] m9i/re de la ,m>9e a bi5 v\lu me pri] lui-mme4 ,v5ez1 m'a-t-il dit1 p>lez encore une fois de nos matelots1 et p>lez-en avec t\t votre cur4 ,alors1 comm5t refus]1 surt\t qu& la cause e/ si belle6444 444,p>l] de nos matelots1 mais je l'ai fait t\te ma vie4 ,je leur dois ce que je suis1 je leur dois t\t1 c>1 dans mon uvre1 la seule p>tie qui vaille peut-tre1 e/ celle qu'ils m'ont inspire4 ,p5dant prs d'un demi-sicle j'ai vcu avec eux1 je les ai suivis d'un reg>d frat]nel1 aussi bi5 dans leurs nafs g>em5ts et les viol5ces de leurs c\rtes joies1 que dans leurs au/rits c\tumires1 dans leurs inlassables rsignations et leurs r5oncem5ts sublimes4 ,je me suis p5* mme sur les plus humbles d'entre eux et les plus primitifs1--et1 malgr les app>5tes di/ances1 que leur tact naturel sait t\j\rs respect]1 ils ont t mes compagnons les plus fidles1 les plus affectueux1 et je puis presque dire les plus *]s4 ,p\r moi1 cette appellation de matelot s'applique surt\t1 bi5 ent5du1 ceux qui le sont de pre en fils1 ceux qui le sont de race pure1 g]mes au v5t de la m]1 clos dans les villages de nos ctes1 et1 ds l'enfance1 petits m\sses dans nos b>ques de p*e1 jusqu' l'heure o le recrutem5t m>itime n\s les amne sur nos navires de gu]re4 ,ce sont ceux-l1 les vrais1 et ils =m5t dans notre nation comme une ca/e "p1 j'os]ai presque dire une lite2 il semble que des hrdits de lutte1 de s\ffrance1 de cont9uelle abngation1 et aussi des hrdits de rve et de c&eur1 les ai5t d'avance tremps autrem5t que les autres hommes4 ,ensuite1 c'e/ la m] qui e/ l1 leur gr&e ducatrice t]rible et spl5dide1 qui les pr5d1 et qui comm5ce t\t de suite de les ennoblir2 p\r *ass] de leurs jeunes mes la mesqu9]ie et la cra9te1 elle les enveloppe de sa magnific5ce et de son horreur2 l'cole du dang]1 ils appr5n5t le dv\em5t mutuel et la vraie frat]nit4 ,et un peu plus t>d enf91 leur arrive dans la m>9e militaire1 la sa9e discipl9e--qui *ez n\s n'e/ ni aveugle ni brutale comme *ez les b>b>es d',allemagne--la sa9e discipl9e tempre de sympa?ie1 les accueille p\r en faire ces hommes1 p\r la plup>t incomp>ables1 dont le c\rage sil5cieux et simple ne bron*e plus devant la mort4 ,j'ai dit que1 p> ce nom de matelot1 j'ent5dais en premire ligne ceux que de longs atavismes ont prp>s le port]1 avec la noblesse1--et aussi la ds9volture spciale qui lui convi5n5t4 ,mais je s]ais inju/e en me montrant trop exclusif4 ,en effet1 il semble qu'il y ait une sorte de belle contagion du sacrifice et de l'hrosme laquelle n'*app5t jamais t\t fait ces autres jeunes g>ons v5us de nos prov9ces de l'intrieur et que les has>ds de leur de/9e n\s amn5t2 on dirait p>fois qu'il suffise du gr& col bleu jet sur leurs paules p\r remont] peu peu leur me l'unisson de celle des enfants de la m]4 ,et1 p>mi ces braves intrus1 qui plus que jamais n\s envahiss5t1 j'en ai r5contr qui savai5t se =m] l'image des matelots de race1 acqurir mme leur t\rnure d'esprit1 et1 devant le dang]1 dev5ir aussi des tres simplem5t admirables4 ,mais cela n'emp*e pas que ce soit t\j\rs eux1 les vrais1 ceux des ctes1 qui n\s sommes dbiteurs du miracle de ces trans=mations4 99 99 99 99 99 ,nos matelots6444 ,un demi-sicle1 disais-je1 a pass1 hlas6 depuis le j\r de ma premire app>ition au milieu d'eux4 ,j'y semblais si peu prp>1 p> mon enfance trop adule1 que de vieux capita9es de vaisseau d'alors--de vieux hros de la m>9e voile1 dj suranns en ce temps-l et qui s]ai5t comme des prhi/oriques auj\rd'hui--s'en tai5t inquits beauc\p4 ,mon petit enfant1 m'avai5t-ils dit1 on ne t'a gure donn la trempe qu'il faudrait p\r j\] ce rle2 dfie-toi de te laiss] dconc]t] p> la rudesse de nos matelots4 ,et plus t>d1 si tu z l'honneur de les comm&]1 n'oublie jamais ce qu'ils val5t1 rappelle-toi surt\t qu'aux heures de pril ils mrit]ai5t s\v5t que l'on ployt le g5\ devant eux4 ,et1 ce disant1 ces vieux *efs retraits1 qui avai5t connu ,trafalg>1 ,ab\kir1 la ,smillante1 la ,mduse1 les temps piques de l'anci5ne m>9e1 ces vieill>ds dont le visage p>aissait si dur1 tai5t capables d'avoir les yeux humides de l>mes1 au s\v5ir de leurs quipages d'autrefois4 ,en ce qui me conc]ne cep5dant1 ils se trompai5t2 avec nos matelots1 mon ent5te au contraire fut si facile6 ,s\s les manires rudes1 je di/+uai vite des dlicatesses exquises et1 entre n\s1 la sympa?ie s'tablit t\t de suite1 peut-tre cause de nos contra/es mmes1 mais surt\t grce des po9ts communs de rve et d'enfantillage1 qu'en ce temps-l j'avais encore avec eux4 ,a l'poque o j'ai fait mon entre sur nos navires1 t\t jeune et bi5 mo9s prp> en effet que la plup>t de mes cam>ades1 n\s1 les aspirants-(fici]s1 n\s vivions beauc\p plus qu'il n'e/ d'usage auj\rd'hui en contact avec les gr&s cols bleus4 ,d'abord il y avait1 l-haut en l'air1 ces hunes1 si =t balances p> la h\le1 qui tai5t notre doma9e (ficiel comme le leur et o n\s appr5ions les connatre4 ,et puis1 dans les trav]ses plus longues que de nos j\rs1 il tait admis que1 p> les beaux soirs tranquilles du l>ge1 n\s allions p>fois1 t\s les mid%ips ensemble1 n\s asseoir en leur compagnie1 dans cette p>tie du navire qui leur tait rs]ve1 l'extrme-avant1 prs de la p\pe bondissante et saup\dre d'embruns sals4 ,l1 n\s n\s amusions c\t] les hi/oires prodigieuses de leurs conteurs attitrs1 ou bi5 les mille c\plets de leurs vieilles *ansons reprises en *ur ple9e voix4 ,n\s aimions jusqu' leurs rep>ties prime-sautires1 t\j\rs imprvues1 leur g5re de bonne gaiet et les plaisant]ies naves qui les faisai5t tant rire4 ,ce que je con/atai t\t d'abord1 non sans surprise1 c'e/ qu'ils tai5t ess5tiellem5t des sages444 ,oui1 des sages1 si p>adoxal que cela puisse p>atre aux t]ri5s1 qui1 dans c]ta9es rues de nos ports de gu]re1 ont pu les r5contr] le soir1 lors de leurs prom5ades1 un peu bruyantes1 j'en convi5s4 ,mais ces tapages nocturnes1 qu'ils excutai5t nagure encore avec une si inconte/able ma/ria1 ne reprs5t5t que de trs c\rts int]mdes au milieu de leurs quasi-t]nits d'ab/95ce et d'asctisme4 ,non1 c'e/ bord qu'il faut les voir1 tranquilles et d\x1 acceptant sans murmures1 en philosophes1 les j\rs comme ils vi5n5t2 sans cesse ponctuels1 dispos1 al]tes4 ,et avec cela si mnag]s de leurs petites affaires1 p\r en prolong] la dure1 pr5ant de leurs mode/es co/umes des so9s dont on s\rirait si l'on n'en tait t\*1 les raccommodant1 les lavant1 et t\j\rs tr\vant le moy5 d'tre si propres1 avec le m9imum possible de leur savon grossi]4 ,sur t\tes *oses ils conomis5t1 p\r p\voir arrondir cette dlgue qui reprs5te l'une de leurs plus *res proccupations4 7,la dlgue1 c'e/ la somme que l'on envoie de lo91 quelquefois de l'autre b\t du monde1 quelque vieille maman1 ou bi5 une p\se que l'on ne voit p\r a9si dire jamais1 des petits enfants que l'on connat pe9e ou mme pas du t\t47 ,en dehors de ces petits cts de leur vie monacale1 dtails si s+uli]s1 que j'obs]vai ds l'abord avec un amusem5t un peu att5dri1 je comm5ai bi5tt pr(ondm5t les admir]1 p\r la gr&eur presque surhuma9e de leur c\rage4 ,oh6 lorsque1 plus t>d1 l'honneur m'*ut mon t\r de les comm&]1 je me les rappelle si magnifiques1 p> ces gr&s mauvais temps o1 nagure1 le sort du navire se rglait dans la mture6 ,le plus s\v5t1 comme p> un fait exprs1 c'tait en ple9e nuit qu'il fallait grimp]1 et se dbattre l-haut1 se cramponnant d'une ma91 travaillant de l'autre1 dans le bruit trop t]rible de ces rafales qui arrt5t et affol5t les p\mons1 au milieu de ce tohu-bohu de cordages c+lants1 et d'eau froide lance p> paquets1 et d'imm5ses voiles plus dures que du cuir1 qui se gonfl5t1 se tord5t1 se cabr5t comme p> fureur1 p\r v\s ds>onn]1 p\r v\s dsagripp] des v]gues dj si p]fidem5t balances1 et puis v\s jet]1 a9si qu'une petite *ose ngligeable et p]due1 au fond des gr&s abmes m\vants et noirs d'en dess\s444 ,il n'y a pas de mots p\r r5dre l'horreur de c]ta9es nuits mauvaises1 la m]1 pas de mots p\r glorifi] ces hommes et leurs luttes de colosses contre des voiles trop l\rdes et trop gr&es qu'il faut comprim] t\t prix4 ,plus d'une fois1 qu& ils r$esc5dai5t des hunes1 aprs de longues heures d'puisants ef=ts1 tremps jusqu' la peau1 blmes et claquant des d5ts1 plus d'une fois il m'e/ arriv de s]r] avec dvotion leurs pauvres ma9s glaces et saignantes1 aux ongles dcolls ou arra*s p> ces grosses toiles rugueuses que la m\illure avait r5dues plus intraitables4 ,mais eux1 ils tr\vai5t cela t\t naturel1 ce qu'ils v5ai5t de faire3 c'tait le mti]1 voil t\t4 ,ils dem&ai5t seulem5t d'all] se *ang] p\r avoir mo9s froid1 et de pans] leurs doigts d*irs p\r p\voir recomm5c] dema9444 ,plus t>d encore-- pe9e quelques annes plus t>d1 tant notre m>9e avait rapidem5t volu--ce ne fut plus en l'air1 au milieu du ds>roi des hautes voilures1 que se j\r5t les p>ties suprmes1 mais en bas1 devant les normes feux des ma*9es1 dans l'enf] des *ambres de *auffe4 ,et ri5 que ce mot de *ambre de *auffe en dit trs long1 c> on le croirait emprunt la langue des tortionnaires444 ,on me rpondra que les ouvri]s de nos gr&es us9es sont s\mis des preuves p>eilles4--,oh6 non1 combi5 leur cas diffre de celui de nos matelots6 ,eux1 les ouvri]s1 p\r accomplir leur dur labeur1 ils sont dans quelque *ose qui au mo9s ne remue pas2 leur sol e/ f]me1 et jamais sec\ de ces gr&s s\bresauts qui v\s jett5t sur les brasi]s2 et puis ils ont la t]re en dess\s1 au lieu des engl\tissants g\ffres obscurs2 enf9 et surt\t1 qu& p> has>d vi5n5t fus] ces vapeurs brlantes qui donn5t l'affreuse mort1 ils peuv5t presque t\j\rs s'vad] v]s le dehors o l'on respire4 ,t&is que nos matelots6444 ,oh6 la =ce et le c\rage qu'il leur faut p\r desc5dre s'ensevelir dans l't\ffem5t de ces *auff]ies1 qu& c'e/ l'un de ces j\rs de t\rm5te o l'on e/ oblig de ref]m] t\t de suite les entres aprs leur passage1 et d'en scell] les portes sur eux1 comme on scell]ait1 sur des cadavres1 des c\v]cles de c]cueil4 ,et c'e/ ces mom5ts-l1 je crois1 en les voyant desc5dre sans bron*] au fond de ces brlants spulcres de f]1 que j'ai le mieux compris la phrase grave dans ma mmoire depuis mon enfance3 ,aux heures de pril1 ils mrit5t que l'on ploie le g5\ devant eux6 99 99 99 99 99 ,o sont-ils1 auj\rd'hui1 ceux qui fur5t les compagnons de ma jeunesse8 ,blan*is1 c\rbs1 m>*ant avec des btons de vieill>d1 ou endormis s\s les petites croix des cimetires de village1 ou bi5 encore1 tombs dans les dess\s insondables de la m]1 et anantis l1 transmus en ces organismes des gr&es pr(ondeurs1 qu'aucun il huma9 ne connatra jamais444 ,ma gnration a pass1 et une suivante1 presque1 a pass aussi1 et cette fois e/ une des d]nires sans d\te o je me tr\v]ai dans une runion de mes cam>ades de la m>9e1 et ent\r de tant de gr&s cols bleus4 ,il me semble donc que je puis emprunt] dj cette lib]t de langage qui e/ p]mise dans un te/am5t suprme4 ,a nos *]s matelots1 j'ai le droit de dire1 oh6 sans int5tion cruelle1 on le p5se bi53 pr5ez g>de la dgnresc5ce qui m5ace de v\s atte9dre6 ,bi5 ent5du1 je ne le dis pas p\r v\s qui tes l1 p\r v\s qui rev5ez de la tragdie de ,belgique1 et qui avez t\s la belle croix sur la poitr9e1 et qui reprs5tez l'lite d'une lite4 ,non1 mais je le dis p\r les matelots en gnral4 ,dgnresc5ce physique d'abord1 due ce flau si avilissant de l'alcoolisme qui n\s e/ arriv du ,nord brumeux et qui a dj trop t\* nos ctes bretonnes3 reg>dez les petits enfants de ces villages1 et comp>ez-les ce que fur5t leurs pres6 ,et puis1 *ez les mo9s quilibrs1 un peu de fl*issem5t moral peut-tre1 d des ides n\velles1 gnreuses sans d\te1 mais qui peuv5t dev5ir nfa/es qu& on se les assimile trop vite et sans mesure444 ,au mom5t o il m'a fallu quitt] mon d]ni] navire1 je songeais avec une inf9ie tri/esse3 ,ils ont l'air de *ang]1 nos matelots4 ,o donc vont-ils1 v]s quel mod]nisme qui les banalise8 ,qu& clat]a l'9vitable gu]re1 p\rvu que n\s les retr\vions aussi solides au po/e que leurs devanci]s6 ,mais1 ,dieu m]ci6 combi5 je m'exagrais le mal6 ,comme d'ailleurs t\te notre ,france1 m]veilleuse et t]nelle1 ils n'tai5t encore qu'effleurs4 ,la gu]re a t d*ane1 le f\ s9i/re l-bas1 l'espce de hyne enrage qui rgne sur la ,gr&e ,b>b>ie d'outre-,rh91 a os enf9 t5t] le =fait sans nom qui avait t le b de t\te son abom9able exi/5ce4 ,a pe9e quips1 pe9e prp>s1 on les a envoys sur l',ys]1--et ils ont tonn le monde6 ,et n\s devons comme autrefois1 plus qu'autrefois mme1 plus que jamais1 n\s incl9] devant eux1 p\r un beau salut de notre admiration affectueusem5t extasie6444 ,p\r f9ir et rsum] cette sorte de te/am5t1 que l'on me p]mette de donn] nos *]s gr&s enfants col bleu#e quelques conseils1 t\t fait de ma faon444 ,cela m'amuse de comm5c] p> celui-ci1 qui1 premire vue1 n'a pas l'air trs srieux et que v\s g>d]ez t\t fait entre n\s1 n'e/-ce pas3 ,ne croyez pas ncessaire de v\s mod]nis] en affectant des allures trop correctes4 ,je ne vois aucun inconvni5t vos petits tapages1 qui tai5t d'ailleurs dev5us classiques2 j'ose pe9e dire que je regrette plutt qu'ils se dmod5t1 c> cela t5drait mo9s pr\v] un assagissem5t de vos mes--au fond dj trs sages--qu'une dim9ution de vos vibrantes jeunesses4 ,quant vos mes elles-mmes qui sont si bi5 comme cela1 si droites et si jolies1 de grce n'y *angez ri56 ,cela p> exemple1 je v\s le dis de t\t mon cur et de t\tes mes =ces4 ,ah6 non1 n'y *angez ri54 ,g>dez la tradition sa9e et sup]be4 ,g>dez le respect et la confiance1 sur quoi reposait votre discipl9e sculaire4 ,j'aim]ais mme v\s voir g>d] aussi--mais je cra9s qu'il soit trop t>d--g>d] les vieux rves1 qui sont p\r m]veill] et en*ant] l'heure de la mort444 et g>d] jusqu' votre antique ,notre-,dame de la ,m]1 c>1 trav]s t\t1 elle demeure l'un de ces bi5faisants symboles d]rire lesquels se ca*5t la vrit et les plus ess5tiels espoirs4 ,oh6 t*ez de re/] ce que v\s tes et ce qu'tai5t vos anctres4 ,oh6 re/ez1 dans t\te la plnitude du s5s admirable que j'atta*e ce mot-l1--re/ez des ,,matelots6444 ,,mademoiselle ,,anna1 ,,tr,s ,,humble ,,p\p,e ,dans mes lo9ta9s s\v5irs de petit enfant1 je retr\ve une vieille dome/ique nomme ,suzette1 qui m'aimait jusqu' l'idoltrie4 ,elle tait ne dans cette le d',olron1 d'o ma famille e/ orig9aire1 et qu'on appelait *ez n\s l'le t\t c\rt1 de mme que jadis les ,lat9s disai5t ,urbs4 ,je n'arrive pas bi5 retr\v] dans ma mmoire la figure de ,suzette1--et cela lui f]ait beauc\p de pe9e si jamais elle v5ait l'appr5dre l-haut2 mais je retr\ve son aspect gnral et surt\t sa coiffe blan*e qui tait1 bi5 ent5du1 la mode de l'le1 c'e/--dire haute d'au mo9s deux pi$s sur une c>casse en fil de laiton1 et qui lui donnait beauc\p de s\ci les j\rs o s\fflait le v5t d'oue/4 ,elle avait imag9 un j\r de me confectionn] une p\pe1 comme on les fait dans son village4 ,c'tait un petit paquet de *iffons s]rs1 s]rs1 et puis c\sus dans une enveloppe en cotonnade c\leur de *air2 une b\le bi5 ronde reprs5tait la tte2 quant au corps1 dp\rvu de jambes1 il avait seulem5t deux bras1 trop aplatis et trop c\rts qui donnai5t l'ensemble une ressemblance de phoque4 ,t\j\rs suivant la c\tume de l'le1 la saillie au milieu du visage tait =me p> un gra9 de mas1 introduit s\s l'enveloppe et qui simulait un drle de petit nez t\t rond4 ,re/ait colori] le visage2 l1 se mfiant de son savoir1 la bonne vieille tait alle implor] mon pre1 qui1 cette poque1 consacrait ses loisirs l'aqu>elle1 et qui1 p\r ne pas lui faire de pe9e1 avait pe9turlur de bonne grce deux l>ges yeux bleus1 une b\*e en cur et des j\es bi5 roses4 ,aprs avoir habill le t\t d'une belle robe r\ge et l'avoir coiff d'une coiffe comme la si5ne1 ,suzette1 trs anxieuse sans d\te de ce que s]ait mon impression1 tait v5ue un mat9 mon rveil me prs5t] son ouvrage2 7elle appelait cela une cat91 nom que les bonnes g5s de mon pays donnai5t en ce temps-l aux p\pes1 mais qui1 p> ext5sion1 s'e/ appliqu aussi aux dames dnues de srieux dans le c>actre74 ,l'impression1 p>at-il1 fut dlirante4 ,p\r la petite cat9 en *iffons1 qui fut baptise mademoiselle ,anna1 je dlaissai mes plus jolis j\j\x1 et sa faveur dura plusieurs mois1 p5dant lesquels je ne m'endormis jamais sans l'avoir mes cts4 ,on ne sait pas assez combi5 il e/ inutile de donn] aux t\t petits des j\ets +nieux ou d'un prix lev2 le mo9dre ri5 de deux s\s les *>me autant1 p\rvu qu'il soit trs mont en c\leurs et d'une physionomie un peu drle4 99 99 99 99 99 ,elle survcut1 l'humble p\pe1 la vieille ,suzette qui1 v]s mes c9q ans et demi1 s'en alla s\da9 au ciel t\t droit4 ,a cette poque1 je comm5ais dj m'ap]cevoir que la pauvre mademoiselle ,anna tait bi5 ridicule2 en tant que petit g>on1 j'avais aussi quelque honte de m'en amus] encore1 et puis1 p\r t\t dire1 je m'affligeais de voir que le b\t de son petit nez rond noircissait de j\r en j\r1 =ce de subir les frottem5ts les plus div]s4 ,cep5dant1 comme j'avais dj le s5s des reliques--dont je devais tant m'encombr] dans la suite de ma vie--je la remisai pieusem5t au fond de mon armoire aux j\ets1 aprs l'avoir enveloppe d'un papi] de soie4 ,bonne vieille ,suzette1 laquelle je rep5sais de temps en temps avec mlancolie1 je craignais vraim5t qu'elle ne ft pas trs heureuse au ciel444 ,d'abord cause de sa coiffe qui ne p\vait manqu] de l'inquit] beauc\p1 dans cette rgion des nuages o il devait y avoir du v5t444 ,et puis1 si intimide sans d\te1 si gne au milieu des anges et de t\t le beau monde de l-haut6444 ,,alsace6 ,juillet #aiaf4 ,au mois d'aot pro*a91 il y aura une anne que j'ai mis le pi$ p\r la premire fois en ,alsace reconquise4 ,c'tait la suite du prsid5t de la ,rpublique1 p5dant une de ces t\rnes si rapides et si bi5 remplies dont il a le secret4 ,ce j\r-l1 dans notre ,alsace1 il faisait p> has>d un temps m]veilleux1 un de ces temps de fte qui illum95t la vie et r5d5t la joie plus joyeuse4 ,un *aud soleil rayonnait dans un ciel qui s'tait t\t t5du de beau bleu mridional1 et les petites villes1 les villages aux maisonnettes enguirl&es d'une folle abondance de roses1 avai5t l'air de respl5dir1 sur ,les fonds magnifiquem5t v]ts des montagnes enveloppantes4--,du re/e1 je n'ai jamais vu qu'en ,alsace une telle pr(usion1 une telle dbau*e de roses1 jusque dans les mo9dres j>d9ets1 jusque sur les plus humbles murailles4 ,l'auto prsid5tielle filait t\te vitesse1 rvle seulem5t p> son pavillon en soie tricolore frange dore1 que le v5t de notre c\rse agitait sans cesse comme un signal1 une sorte de petit signal discret de la dlivrance4 ,on ne n\s avait pas annoncs1 n\s app>aissions en s\da9e surprise1 sans le mo9dre cortge2 mais il n'tait pas possible d'emp*] des jeunes ,alsaci5s cycli/es de n\s devanc] gaiem5t =ce de pdales ds que n\s n\s arrtions quelque "p1 et d'all] cri] de pro*e en pro*e que le prsid5t arrivait4 ,leur avance sur n\s avait beau n'tre *aque fois que de peu de m9utes1 n\s tions srs de tr\v] le village suivant dj moiti pavois et1 sur notre p>c\rs1 les drapeaux cont9uai5t de jaillir spontanm5t1 comme p> magie1 des f5tres ouv]tes3 drapeaux franais et aussi drapeaux d',alsace blancs et r\ges1 t\t ce qui tombait s\s les ma9s empresses et heureuses4 ,et1 p>mi les drapeaux tricolores1 il y en avait de t\t neufs1 mais il y en avait aussi d'autres trs vnrables1 s\v5irs sacrs1 qui v5ai5t de pass] plus de qu>ante ans dans l'ombre1 ca*s au fond des armoires p> peur de l'inquisition allem&e1 et qui revoyai5t enf9 ce soleil d'auj\rd'hui1 r$ev5u un soleil de ,france4 ,des vivats clatai5t t\t le long de notre r\te1 des vivats spontans1 l>gem5t rj\is1 et on s5tait si bi5 qu'ils p>tai5t du fond des curs6 ,quelques tr\s d'obus dans les murailles2 de di/ance en di/ance quelques maisons v5tres2 mais cela n'avait pas l'air vrai1 tant cela cadrait mal avec cette paix heureuse d'auj\rd'hui4 ,et1 "p c]ta9s petits cimetires1 hlas6 et l improviss1 et o s'alignai5t les croix en bois blanc1 fra*em5t plantes1 de nos *]s soldats1 l'impression de fte ne se dm5tait nulle "p4 ,n\s n\s arrtions un peu *aque village4 ,le prsid5t1 de son pi$ al]te d'anci5 *asseur alp91 c\rait de l'ambulance la mairie1 de la mairie l'cole1 et de l'cole son auto1 qui rep>tait comme une fl*e4 ,il s]rait beauc\p de ma9s la ronde1 disait beauc\p de p>oles qui rcon=tai5t1 semant la confiance1 remontant encore plus haut les c\rages1 et1 dans les coles1 c\tait en s\riant ces petits ,alsaci5s qui1 au lieu de la langue allem&e nagure obligatoire1 n'avai5t comm5c d'appr5dre le franais que depuis peu de mois1 mais savai5t dj lui rpondre un tas de *oses et lui rcit] des fragm5ts de nos fables1 avec un acc5t drle4 ,s\v5t des gr\pes de jeunes filles habilles en ,alsaci5nes arrivai5t en hte p\r lui (frir des b\quets1 dont son auto fut vite remplie2 elles avai5t tir des vieux c(fres de famille ces jolis co/umes dsuets1 jupes c>lates1 corsages dorures1 et coques de rubans qui les coiffai5t comme d'normes papillons4--,comm5t avez-v\s fait1 leur dem&ais-je1 p\r tre prtes si vite8--,oh6 ce que n\s n\s sommes dp*es61--rpondai5t-elles avec de g5tils rires4 ,et1 en effet1 de s'tre dp*es tant que a1 elles tai5t t\tes r\ges1 mme un peu en sueur2 mais si cont5tes6 ,dans les villages1 sur les murs1 au-dessus des b\tiques1 re/ai5t encore quantit d'inscriptions allem&es1 sans compt] ces mots de *ez n\s1 qu'ils n\s ont emprunts p\r les dfigur] leur manire3 re/auration1 au lieu de re/aurant1 friseur1 au lieu de coiffeur1 et tabak avec un ,k1 comme leur dlikate et 9n>rable kultur4 ,mais on se s5tait tellem5t en vraie ,france1 que cela ne semblait plus qu'une plaisant]ie p\r amus] les passants4 ,p5dant les deux j\rnes que dura notre belle c\rse1 il n'y eut pas une fausse note nulle "p4 ,les ,bo*es eux-mmes1 embusqus dans les montagnes vois9es et dont n\s n\s appro*ions peut-tre un peu trop1 c> le prsid5t n'a peur de ri51 les ,bo*es se t5ai5t tranquilles4 ,p\rtant n\s s\levions gr& tapage sur notre *em92 en plus de ces acclamations ple9e voix1 il y avait des fanf>es1 des ,m>seillaise j\es gr& r5=t de cuivres2 ils devai5t bi5 l'ent5dre6 ,et t\t ce pavoisem5t aux trois c\leurs1 avec les lunettes p]antes qu'ils ti5n5t t\j\rs au guet1 ils devai5t bi5 l'ap]cevoir6 ,aussi n\s n\s disions3 ,comm5t ces sauvages ne n\s bomb>d5t-ils pas8 ,mais non1 ri54 ,la *ance tait avec n\s1 comme le soleil3 pas une m>mite1 pas mme un misrable obus2 pas un son funbre1 p\r tr\bl] l'lan de ces populations1 qui dlirai5t dans la premire ivresse d'tre enf9 libres6444 99 99 99 99 99 ,l',alsace1 un pays de race allem&e1 de cur allem&6 ,allons donc6 ,voici qu>ante annes1 n\s le savons1 qu'ils essai5t de le prt5dre1 les impud5ts m5teurs d'outre-,rh94 ,ils sont mme p>v5us1 hlas6 =ce d'habiles r\]ies1 et p> une cont9uit ob/9e de travaux d'appro*e1 circonv5ir deux ou trois politici5s franais1 qui se sont r5dus c\pables d'admettre ce contres5s et de le proclam] *ez n\s4 ,et1 auj\rd'hui que la "q e/ plus que jamais brlante1 les vaut\rs d',allemagne s\ti5n5t leur ?se1 dans les j\rnaux leur solde *ez les ,neutres1 p> de l\rdes divagations hi/oriques2 mais t\s les textes qu'ils invoqu5t sont p> eux impitoyablem5t fausss4 ,jules ,cs>1 qu'ils cit5t t\t d'abord1 a bi5 dcl> que de son temps des hordes g]maniques occupai5t une p>tie de la ,gaule du ,nord et l',alsace1 mais jamais il n'a dit autre *ose2 ces ,g]ma9s tai5t l en tant que pill>ds et oppresseurs1 t\t comme de #ahgj #aiad2 les invasions teutonnes1 de mme que les invasions ary5nes1 n'ont laiss en ,alsace qu'un trs petit nombre des leurs1 dont les c>actres physiques ont t immdiatem5t absorbs p> les auto*tones4 ,et la vritable infiltration b>b>e s'e/ bi5 arrte au ,rh91 qui fut le gr& fleuve protecteur4 ,il e/ ar*ifaux1 l'argum5t capital invoqu p> l',allemagne comme excuse au rapt de l',alsace1 savoir que1 p5dant t\t le ,moy5 ,age1 les ,alsaci5s aurai5t p5s et s5ti comme des ,allem&s6 ,mille fois non6 ,de ,cs> ,*>lemagne1 c'e/--dire p5dant dix sicles1 il a t\j\rs exi/ au contraire une radicale diffr5ce entre les g5s de la rive droite du ,rh9 et ceux de la rive gau*e1 lat9iss et civiliss inf9im5t plus vite4 ,il suffit p\r conclure d'exam9] l'art alsaci51 qui fut roman ses dbuts comme le ntre2 d'exam9] leurs gts traditionnels1 leur esprit1 leur cur1 qui fur5t gaulois et puis franais2 enf9 t\s les lm5ts de leur civilisation qui s'e/ dveloppe dans un s5s p>allle celui de la civilisation de ,france1 les rappro*ant de n\s t\j\rs davantage1 unissant t\j\rs plus1 les unes aux autres1 des populations dont les primitives orig9es tai5t communes4 ,et1 aprs tant de preuves accumules dans le pass1 voici peut-tre la plus accablante1 celle que qu>ante annes d'oppression vi5n5t de f\rnir4 ,aprs de si durs et cont9uels ef=ts p\r s'assimil] les ,alsaci5s1 les ,allem&s qu'en ont-ils obt5u1 si ce n'e/ la ha9e1 le dgt et l'ironie8 ,mme cette ironie1 qui premire vue semble un lm5t secondaire1 apport]ait d'ailleurs1 elle aussi1 sa petite preuve qui s'aj\te4 ,l'esprit des ,hansi et de tant d'autres1 cet esprit gogu5>d1 malicieux et gai1 e/-ce de l'esprit tudesque--qu'on me le dise6--ou bi5 de l'esprit gaulois8 ,non1 la cause e/ ent5due3 les ,bo*es ne sont pas *ez eux1 de ce ct-ci du ,rh91 p]sonne ne les dsire1 ils rpugn5t t\t le monde4 ,alors1 qu'ils s'en aill5t6#f ,en cette f9 de juillet #aiaf1 mon s]vice m'a ram5 p\r quelques j\rs en ,alsace4 ,ce n'tait plus le beau temps prsid5tiel de l'anne d]nire1 hlas6 ,de gros nuages attri/ants s'accro*ai5t p>t\t aux cimes des ,vosges2 ils assombrissai5t les =ts de sap9s et de mlzes qui1 vues d'en bas et p\r les non av]tis1 cont9uai5t de j\] un peu les =ts vi]ges1 mais que depuis deux ans nos braves t]ritoriaux ne cess5t de remplir de piges de t\tes sortes1 p\r le cas o les b>b>es os]ai5t t5t] de n\s arriv] p> l4--,ces piges que j'ai longuem5t visits l-haut1 lors de prcd5tes missions1 ces df5ses invisibles mais =midables1 ces t]tres g5tim5t gazonns d'o sort5t1 p> des f5tes s\rnoises1 les b\*es des mitrailleuses1 et ces int]m9ables rseaux de fil de f]1 t5dus comme des toiles d'araigne p>mi les exquises fleurs roses de s\s-bois1 digitales et silnes1--qui donc s'en d\t]ait en passant1 comme je l'ai fait cette d]nire fois1 au pi$ de ces montagnes revtues d'un si uni=me et tranquille manteau de v]dure6444 ,dans les valles p> lesquelles je m'a*em9ais v]s les villes reconquises1 les *amps tai5t admirablem5t v]ts1 et la dbau*e des roses1 qui sont plus t>dives ici que dans ma prov9ce natale1 battait encore son ple9 sur les murs des villages4 ,les femmes1 les jeunes filles1 avec de gr&s rteaux lg]s1 s'empressai5t aux f5aisons1 et la bonne odeur des fo9s c\ps tait p>t\t dans l'air4 ,plus d'ovations joyeuses comme l'an d]ni] bi5 ent5du1 ni de musiques4 ,le pays affectait un air de gr& calme1 s\s ses nuages pais1 et cep5dant1 au milieu du sil5ce1 rsonnait de temps autre le canon allem&1 auquel le canon franais1 plus pro*e1 rpondait1 au t>if de deux c\ps p\r un444 ,entre leurs montagnes aux =ts si t\ffues1 j'ai donc revu les vieilles petites villes alsaci5nes1 surplombes p> ces amas d'arbres qui p>fois1 tant les p5tes sont abruptes1 sembl]ai5t prs de gliss] p\r t\t ensevelir s\s la v]dure4 ,j'ai reconnu les vnrables maisons1 coiffes de gr&s toits qui dbord5t cause de l'habituelle pluie1 et les ruisseaux d'eau vive dans les rues1 et les places ornes t\j\rs de fonta9es jaillissantes1--o ma9t5ant nos tr\pi]s en bleu ple mn5t boire leurs *evaux en faisant la causette avec des jeunes filles trs blondes4 ,le canon bo*e y avait accompli depuis l'an d]ni] de tri/e besogne3 de ces c\ps inutiles1 lancs de lo91 un j\r ou l'autre1 p\r le plaisir de dtruire1 crevant et l une maison1 un vitrail d'glise1 tuant quelque femme ou quelque enfant4 ,et cela n'emp*ait pas les b\tiques d'tre ouv]tes1 les petits coli]s de s'amus] dehors comme si de ri5 n'tait4 ,me prom5ant pi$1 j'ai caus avec des passants1 qui saluai5t si volonti]s mon uni=me franais4 ,rsignation l'horrible vois9age p\r quelque temps encore1 mais confiance s]e9e en l'av5ir1 j'ai r5contr ces s5tim5ts-l p>t\t2 ce n'tait plus1 comme l't d]ni]1 le fbrile en?\siasme auquel se mlait encore peut-tre la vague t]reur d'un ret\r des b>b>es2 non1 c'tait une c]titude ma9t5ant bi5 assise et donnant la pati5ce d'att5dre4 ,dans des maisons qui m'avai5t t dsignes1 on m'a montr--avec quel respect6--et fait t\*] de la ma9 les vieux drapeaux d'avant #gj1 reliques nagure si compromettantes1 qui avai5t *app aux ,bo*es fureteurs4 ,je me rappelle un vieill>d1 les *eveux comme une m\sse blan*e1 qui me disait les l>mes aux yeux1 en me prs5tant son pauvre drapeau lui1 en humble cotonnade aux trois c\leurs bi5 fanes3 ,p5dant qu>ante-quatre ans1 je n'ai peut-tre pas manqu une fois1 *aque diman*e1 de mont] lui dire bonj\r1 s\s les combles des toits o je l'avais ca*4 ,on respire donc enf9 l'aise1 dans le pays longtemps m>tyr4 ,ils sont p>tis1 les fonctionnaires allem&s4 ,avec eux s'en sont alls l'espionnage1 les exactions1 la brutalit1 la t]reur4 ,et voici que les bannis1 ou les exils volontaires1 ont comm5c de rev5ir1 retr\vant les vieilles demeures familiales1 et les vieux p>5ts si *angs1 qu'ils aimai5t1 mais dont ils reconnaissai5t pe9e le visage4 ,plus d'inscriptions allem&es nulle "p1 cette anne1 ni aux angles des rues ni sur les b\tiques4 ,et comme je disais l'un de nos adm9i/rateurs franais3 ,v\s avez eu tellem5t raison de recomm&] cela6 --,recomm&]1 me rpondit-il oh6 non1 mme pas444 ,il a suffi d'une rem>que1 que j'ai faite un j\r l'un des adjo9ts et qui s'e/ propage en trane de p\dre4 ,les g5s n'y avai5t pas p5s plus tt1 voil t\t4 ,faute de pe9tres1 t\t le monde s'y e/ mis2 les m>*&s grimpai5t en p]sonne sur des *elles p\r badigeonn] leur devanture1 en att5dant mieux4 ,en qu>ante-huit heures1 c'tait fait6 --,quel dommage1 me disait un colonel franais en rsid5ce l-bas1 que v\s n'ayez pu arriv] trois ou quatre j\rs plus tt1 p\r voir notre #ad ,juillet6 ,les ,alsaci5s tai5t v5us d'eux-mmes en dlgation1 n\s dem&] de leur p]mettre de pavois] et de faire fte1 malgr le sale vois9age et le dang] d'tre encore si prs444 ,il avait l'air mu pr(ondm5t en me disant cela1 cet (fici]1 plutt rude et nullem5t suspect de s5sibl]ie4 ,et il cont9ua a9si3 ,le soir1 la retraite aux flambeaux1 nos musiques militaires1 leurs fanf>es civiles1 mme d'anci5s orphons qui avai5t encore des co/umes bo*es et des tamb\rs1 t\t le monde ple9 cur j\ait la ,m>seillaise1 ,sambre-et-,meuse1 le ,*ant du ,d"p1 et t\s les hommes suivai5t en *antant1 et t\tes les jeunes filles dansai5t d]rire le cortge444 ,oh6 t5ez1 surt\t ce ,*ant du ,d"p1 l'unisson1 entre ces montagnes d',alsace1 repris en dlire de joie p> t\tes ces voix puissantes de nos soldats et des paysans d'ici6444 ,moi qui v\s p>le1 j'ai pleur comme un imbcile1 en ent5dant pass] cette retraite6444 99 99 99 99 99 ,*] pays bi5 franais1 qui revi5t n\s1 dlivr t\t jamais de l'horreur g]manique6444 ,,une ,,furtive ,,silh\ette ,,de ,s4 ,m4 ,,la ,,re9e ,,alex&ra ,d',,anglet]re ,juillet #aiji4 ,a ,londres1 en juillet #aiji1 sur la f9 de la season4 ,un bal d'ambassade o j'arrivai t>d1 non lo9 de m9uit4 ,dans une gr&e salle o t\rnoyai5t des valseurs1 une femme1 t\te svelte et juvnilem5t cambre1 se t5ait deb\t contre le mur du fond2 elle reg>dait et s\riait4 ,sa robe1 trs simple1 en je ne sais quelle diaphane t(fe noire1 s'ornait1 v]s le bas seulem5t1 de brod]ies c\leur de feu ple1 qui simulai5t des flammes d'alcool4 ,les valseurs1 en passant devant elle1 s'c>tai5t un peu p> respect2 c]ta9s c\ples mme s'arrtai5t1 p\r salu] d'une rvr5ce pr(onde4 ,n\veau v5u ,londres1 que je voyais p\r la premire fois1 qu& on me dit3 ,c'e/ la re9e2 je d\tai presque1 dr\t p> tant de jeunesse4 ,cep5dant je l'avais ap]ue la veille1 passant trs vite dans sa voiture1 et je reconnaissais bi5 le f9 pr(il4 ,et puis1 sur ses *eveux brillait une c\ronne en diamants1--trs lgre1 il e/ vrai1 trs simple1 mais une c\ronne f]me1 comme1 seules1 ont le droit d'en port] les s\v]a9es4 ,p5dant que la valse durait encore1 j'eus l'honneur de lui tre prs5t4 ,dans le bruit de la musique1 dans le bruit du t\rbillon qui p\rtant se faisait plus l5t prs d',elle et plus sil5cieux1 ,sa ,maje/1 avec une bi5veillance exquise1 daigna me dire ces p>oles que les s\v]a9s sav5t tr\v] p\r les htes de leur pays444 ,l'in/ant d'aprs1 le roi ,ed\>d sortait d'un salon vois9 o il v5ait de j\] au bridge3 ,ah6 dit-il avec un bon s\rire1 en me t5dant la ma91 qu& notre ambassadeur me prs5ta ,lui1 voici donc l'anglophobe4--,sire1 je crois1 rpondis-je1 que je le suis dj bi5 mo9s4 ,p5dant le s\p]1 je p]dis de vue le roi et la re9e4 ,c'tait p> petites tables1 dans un j>d9 que l'on avait rec\v]t de t5tes paisses1 mais o la pluie tombait qu& mme1 une pluie glace qui tamb\r9ait sur les toiles et filtrait p> mille g\ttires4 ,un gr& br\haha se fit qu& ,leurs ,maje/s se fur5t leves1 *acun v\lant arriv] dans les ve/ibules p\r les salu] au d"p4 ,et l1 je revis la re9e1 qui desc5dait lgrem5t les m>*es du p]ron4 ,elle avait mis un petit manteau de f\rrure grise1 d'o s'*appait la trane en gaze noire brode de flammes ples2 aucun voile sur la tte1 o sc9tillait la c\ronne f]me4 ,jeune t\j\rs1 malgr la cruelle lumire lectrique1 elle r5dait les saluts en se ret\rnant avec sa grce *>mante4 99 99 99 99 99 ,le l5dema91--veille du j\r o j'allais quitt] l',anglet]re p\r sans d\te n'y jamais rev5ir--je me r5dis ,buck+ham-,palace1 o ,s4 ,m4 la re9e ,alex&ra daignait m'accord] l'audi5ce que je lui avais fait dem&]4 ,comme t\s les ans p>eille poque1 le roi v5ait dj de p>tir avec la ,c\r1 p\r ,w9dsor1 o la re9e devait incessamm5t le rejo9dre4 ,c'tait p\r midi1 l'audi5ce2 un midi anglais1 s\s un soleil de juillet pe9e tide4 ,aucune animation ce j\r-l aut\r de ,buck+ham-,palace1--qui en t\t temps s'isole de la vie ambiante p> des solitudes plantes d'arbres1 p> des semblants de =t1 p> des semblants de prairies1 aux massifs de graniums uni=mm5t r\ges4 ,p]sonne dans les gr&es c\rs sables1 au fond desquelles le palais se dressait l\rd1 morose et noirtre1 sil5cieux comme une demeure vide4 ,ma voiture s'arrta devant une petite entre p>ticulire1 o cep5dant p>ut un huissi] en livre r\ge1 au placide visage1 qui me fit pass] dans un trs mode/e p>loir4 ,j'y fus rejo9t t\t aussitt p> une vieille dame l'air aimable et bon3 la dame d'honneur de s]vice4 ,si v\s v\lez bi5 me suivre1--dit-elle en franais1 sans le mo9dre acc5t1--je vais v\s emm5] *ez ,sa ,maje/4 ,et je la suivis1 d'abord dans d'troits c\loirs sombres1 puis dans un petit asc5seur qu'elle fit j\] elle-mme1 un t\t petit asc5seur deux places4 ,en haut1 au premi] tage1 n\veaux c\loirs obscurs1 et enf9 un salon ayant vue sur des arbres4 ,re/ez-l1 me dit-elle1 je vais av]tir ,sa ,maje/4 ,sur ces mots1 elle disp>ut et on ne la revit plus4 ,p5dant les quelques secondes o je fus seul1 immobilis la place o la bonne dame d'honneur m'avait laiss1 c'tait bi5 mon droit de prom5] les yeux sur ce co9 d'intrieur intime1 dont les dtails p\vai5t dj me rvl] un peu de l'me de la s\v]a9e4 ,ri5 d'clatant1 ri5 de luxueux1 dans ce salon aux proportions moy5nes1 o rgnait un ordre p>fait1 et o les *oses tai5t d'une simplicit v\lue1 un peu au/re1 mais sans une faute de gt4 ,vraisemblablem5t celle qui habitait l devait subir les pompes (ficielles plutt que s'y complaire4 ,aux murailles1 sur les meubles1 quantit de photographies1 encadres p\r la plup>t en des cadres de cuir t\t unis1 mais des photographies de pr9cesses ou d'impratrices que s\lignai5t de gr&es signatures4 ,p> une porte du fond1 t\t c\p1 la re9e444 la re9e1 aussi tonnante de jeunesse dans le j\r qu'aux lumires et vtue d'une robe si simple que1 n'et t l'lgance suprme de sa silh\ette1 ri5 ne l'aurait trahie4 ,le trs c\rt sil5ce qui surv9t alors entre n\s me p>ut s'agr&ir de t\t le sil5ce de ce palais vide et ent\r d'espace4 ,il y a1 d'ailleurs1 une petite motion trs p>ticulire caus] p\r la premire fois en tte tte avec une int]locutrice dont on ne sait ri51 qui e/ p\r v\s une nigme1--enveloppe p> surcrot1 de maje/ royale1--et qui au contraire sait beauc\p de v\s-mme1 p> des livres o l'on s'e/ trop donn444 ,les voyages1 les livres1 ,sa ,maje/ ayant abord ces sujets-l1 je comm5ai d'pr\v] une gne1 quelque *ose comme un remords bi5 inatt5du1 au s\v5ir de mes attaques contre l',anglet]re1 et je m'embr\illai dans de difficiles excuses4 ,oh6 int]rompit la re9e1 sur un ton de confiance qui me t\*a inf9im5t plus que n'aurai5t fait les repro*es1--c'e/ f9i1 t\t cela ma9t5ant1 n'e/-ce pas8--,mais oui1 madame1--rpondis-je1--c'e/ f9i444 ,or1 ce mom5t mme1 avec inquitude1 je me rappelais c]ta9 article sur ,rang\n1 non p>u mais dj imprim o j'incrim9ais beauc\p l'occupation anglaise en ,birmanie2 mon ,dieu1 aurais-je encore le temps d'y ret\*]1 d'en attnu] les t]mes8 ,l'indulg5ce1 la bont1 la droiture1 comme elles se rvlai5t bi51 ds l'abord1 dans les p>oles de cette re9e et dans son reg>d4 ,et puis on s5tait qu'elle aimait s9crem5t notre pays4 ,j'aurais donc s\hait lui p>l] de son ,danem>k o j'tais v5u jadis1 ma sortie de l'cole navale1 p5dant l'anne t]rible #ahgj1 et o j'avais r5contr tant de sympa?ie p\r la malheureuse ,france1 tant de rvolte contre nos ennemis d'alors et d'auj\rd'hui4 ,mais avec une re9e on ne conduit pas la conv]sation sur le t]ra9 que l'on veut1 surt\t si c'e/ un brlant t]ra9 politique1 et des s5tim5ts1 qui sans d\te n\s tai5t communs1 re/r5t s\s-ent5dus entre n\s plutt qu'exprims4 ,d'ailleurs je v5ais de r5contr] un gr& portrait du kais] et d'en crois] l'odieux reg>d2 or1 c'tait en bas1 dans une sorte de c\loir de s]vice o l'image avait t accro*e comme une place de dda91 et cette relgation suffisait indiqu] les s5tim5ts qu'inspirait le p]sonnage aux htes de ce palais4 ,aprs un mom5t1 qui m'avait p>u trs c\rt et qui avait t presque long p\r une audi5ce1 ,sa ,maje/ daigna me dem&] si je v\lais visit] le palais4 ,le visit] en une telle compagnie1 jamais je n'aurais os y prt5dre4 ,elle se leva1 et je la suivis1 p\r une prom5ade in\bliable dans la somptueuse demeure sans habitants4 ,n\s passmes d'abord devant un cab9et de travail1 aussi simple que le salon4 --,c'e/ mon bureau1 o je ne v\s fais pas entr]1--dit-elle en s\riant1--p>ce qu'il e/ en dsordre4 ,en effet1 j'avais ap]u des liasses de papi]s1 jets un peu p>t\t comme p\r un triage4 7,on se reprs5te ce que peuv5t tre1 malgr les dames d'honneur1 malgr les secrtaires1 la correspondance et la comptabilit d'une re9e1 lorsqu'elle p\rvoit1 comme celle-ci1 tant d'uvres bi5faisantes1 hpitaux1 refuges1 asiles de petits ab&onns1 etc4 ,c'tait le rangem5t de ces lettres qui avait d ret>d] son d"p p\r ,w9dsor47 ,sa ,maje/ ensuite ouvrit une porte haute et gr&e2 l1 s\da91 aprs les sobres app>tem5ts p>ticuli]s1 n\s fmes sans transition dans les gal]ies magnifiques1 aux plafonds ouvrags1 aux vives dorures1 aux colonnades de m>bre1 aux murailles ornes d'ine/imables tableaux de matres4 ,t\j\rs p]sonne2 pas un huissi]1 pas un dome/ique4 ,la re9e1 de sa ma9 f9e1 faisait j\] les s]rures1 t\rn] les l\rds battants dors1 et les salles se succdai5t1 aussi vides et sil5cieuses4 ,mais ce palais1 qui allait dev5ir ds]t p\r une saison1 re/ait dans un ordre p>fait et t\tes les *em9es monum5tales tai5t dcores l'intrieur1 comme p\r une fte1 de m]veilleux buissons d'hort5sias bleus1 d'azales roses1 d'or*ides et d'arums4 ,dans des salles diffr5tes1 deux gr&es toiles reprs5tai5t la re9e deb\t1 ct du roi ,ed\>d4 --,de mes deux portraits1 lequel v\s semble meilleur8--dem&a-t-elle4--,inconte/ablem 5t le second1 madame2 celui-ci4--,ah6 n'e/-ce pas8 ,c'e/ bi5 plus mon reg>d4--,en effet1 si dans l'un et dans l'autre le pe9tre avait r5du la te9te des prunelles en saphir clair1 dans le second seulem5t se tr\vait fix le je ne sais quoi indf9issable qui e/ l'expression et le *>me4 ,au milieu d'un tableau datant des premires annes du ,x,i,xe sicle1 p>mi des p]sonnages de c\r1 une t\te petite fille1 de deux ans peut-tre1 nave1 fra*e et jolie4--,v\s dev9ez qui c'e/8--,ah6 oui1 en reg>dant avec att5tion ces yeux d'enfant on p\vait aism5t reconnatre encore celle qui dev9t la re9e ,victoria1 la s\v]a9e auj\rd'hui presque lg5daire4 ,devant les portraits de ses propres fils et de ses filles1 la re9e s'arrta et je vis t\t c\p pass] sur son visage la tri/esse att5drie1 lorsqu'elle m'eut dsign celui que la mort e/ v5u lui pr5dre1 le jeune duc de ,cl>5ce4 ,dans la salle du ,trne1 un excs peut-tre1 un bl\issem5t de r\ge et d'or2 plafonds d'or1 murailles t5dues de sat9 r\ge4 ,mais l1 p> exemple1 on avait l'impression du pro*e d"p2 t\t tait rec\v]t de longues drap]ies1 galem5t r\ges1 qui dissimulai5t la =me des meubles et l'clat des siges4--,ah6 dit-elle1 je regrette1 les h\sses sont dj mises4 ,c'e/ que1 v\s savez1 n\s allons p>tir4--,a =ce de dlicatesse1 d'adorable simplicit1 celle qui me guidait m'avait presque fait p]dre de vue qu'elle n'tait pas seulem5t la gr&e dame qu'elle avait l'air d'tre1 mais qu'en outre elle se nommait ,alex&ra de ,danem>k1 re9e d',anglet]re1 impratrice des ,indes4 ,et c'tait elle-mme qui1 au j\r des gr&es sol5nits1 entrait ici1 t9celante de diamants hi/oriques1 p\r s'asseoir sur ce trne1 voil auj\rd'hui comme un simple fauteuil4 ,qu& ,sa ,maje/ me t5dit la ma9 p\r me donn] cong1 n\s arrivions dans un ve/ibule dom9ant un escali] monum5tal4 ,incl9 jusqu' ce qu'elle et disp>u1--ce qui fut rapide1--je me tr\vai brusquem5t trs seul qu& je relevai la tte4 ,en plus du respect pr(ond qu'elle m'inspirait1 comme au mo9dre de ses sujets1 une haute sympa?ie d'me m'tait v5ue p\r cette s\v]a9e1 si visiblem5t noble et bonne2 et je songeais que sans nul d\te je ne la rev]rais jamais1 ne devant plus rev5ir dans son pays1 malgr l'extrme c\rtoisie de l'accueil444 ,un ve/ibule1 des m>*es desc5dre videmm5t1 mais o tais-je1 dans quelle p>tie de ce palais si inconnu p\r moi8 ,p]sonne qui dem&] ma r\te4 ,aprs tre mont p> un petit asc5seur presque cl&e/91 je r$esc5dais p> un escali] d'app>at1 sans savoir o j'allais tomb]4 ,en bas1 des salles pompeuses1 mais vides2 et t\j\rs pas un tre huma94 ,je comm5ai d'err]1 hsitant frapp] aux portes f]mes1 osant encore mo9s les ouvrir4 ,et cela dura plusieurs m9utes1 jusqu' ce qu'enf9 un laquais1 r5contr p> has>d1 me ft sec\rable1 me reconduist au gr& p]ron et y ft avanc] ma voiture4 ,si j'avais vu ,buck+ham-,palace dans d'autres circon/ances1 ml la f\le qui s'y presse les soirs de fte1 je n'en aurais g>d probablem5t qu'une impression quelconque4 ,mais cette re9e1 ces fleurs1 cette solitude et cet absolu sil5ce1--il me sembla sortir d'un palais en*ant4 ,,femmes ,,fran,,aises ,,p5dant ,,la ,,gr&e ,,gu]re ,aot #aiae4 ,nos femmes franaises1 la gu]re les a magnifiquem5t agr&ies1 comme nos soldats1 et1 dans t\s les mondes1 la plup>t se rvl5t sublimes4 ,paysannes1 la *>rue ou aux moissons1 s'ef=c5t avec un inlassable c\rage de suffire aux plus rudes besognes1 aussi bi5 les aeules1 t\tes rides et c\rbes1 que les jeunes1 apportant p>fois aux *amps un petit bb dans ses maillots1 qu'elles pos5t endormi sur l'h]be4 ,elles lab\r5t la t]re1 elles fau*5t les pis1 t\t cela p\r que le fils ou l'p\x1 s'il revi5t de l'abom9able tu]ie allem&e1 tr\ve la petite proprit bi5 entret5ue1 en mme temps que la maison bi5 en ordre4 ,et1 t\t en haut de l'*elle1--p\r p>l] comme les g5s qui admett5t encore des di/9ctions sociales1--les lgantes1 mme celles qui fur5t des oisives et des frivoles1 auj\rd'hui quitt5t leur luxe2 p\r t\t donn]1 elles se priv5t de ce qui leur semblait ess5tiel1 et elles pe95t avec joie des travaux dont elles se croyai5t si incapables6 ,dans leur bl\se d'infirmire1 nuit et j\r elles s'puis5t au *evet des blesss1 mettant leurs ma9s blan*es des preuves nagure bi5 inatt5dues1 et1 devant les obligations les plus rpugnantes1 elles g>d5t le joli s\rire qui en*ante les agonies4 ,aux abords des g>es1 p> o l'on s'en va sur le front1 c'e/ l peut-tre que je les ai vues1 plus que p>t\t1 ailleurs nobles et t\*antes1 nos femmes franaises1 mme les plus humbles d'entre elles4 ,qu&1 aprs une c\rte p]mission1 le m>i1 en capote bleue glorieusem5t fane1 s'en ret\rne l-bas1 dans la gh5ne de feu1 l'p\se vi5t1 avec les enfants1 le reconduire2 presque t\j\rs c'e/ lui1 le soldat1 qui ti5t le plus petit son c\1 t\t contre sa j\e1 jusqu' la m9ute de l'inexorable d"p4 ,et aprs l'adieu1 qui p\rra tre le d]ni]1 la femme s'en ret\rne au logis1 fire1 avec des yeux de suprme angoisse1 mais qui ne veul5t pas pleur]4 ,p\r ce qui e/ de moi-mme1 ces heures grises comme n\s en trav]sons t\s1 dans le dc\ragem5t de s5tir s't]nis] la gu]re1 dans la dtresse d'avoir ses fils au front1 ces heures1 plus ou mo9s c\rtes mais 9vitables1 o il semble que l'on s'affaisse1 il m'e/ arriv de me rfugi] auprs de femmes qui v5ai5t de p]dre ce qu'elles avai5t de plus *] au monde1 un fils unique1 et qui tranai5t des deuils t]nels s\s leurs longs voiles noirs4 ,et c'e/ encore auprs de celles-l que j'ai acquis le plus de rsignation1 tr\v le plus de rcon=t444 ,,un ,,secteur ,,tranquille ,septembre #aiaf4 ,voici la troisime fois qu'une f9 d't claire mlancoliquem5t les dsolations de notre ,france4 ,a la longue1 sur notre front hriss de b\*es feu1 une sorte d'acc\tumance s'e/ presque tablie et l1 du mo9s dans les rgions o ne s'a*>ne pas p\r le mom5t la rage des ,b>b>es1 et ce sont ces rgions que l'on e/ conv5u d'appel] secteurs tranquilles4 7,cette tranquillit1 e/-il beso9 de le dire1 n'e/ que trs relative1 et1 avant l'inimag9able gu]re qui a peu peu modifi t\s nos jugem5ts1 elle se s]ait plutt appele l'abom9ation de la dsolation47 ,j'avais affaire auj\rd'hui dans l'un de ces secteurs-l1 et un temps m]veilleux rayonnait sur les campagnes ab&onnes1 o s'talait un gr& luxe de fleurs1 scabieuses d'automne1 alt]nant avec les plus r\ges coquelicots4 ,on ent5dait1 il va de soi1 l't]nelle canonnade1 mais les c\ps s'espaai5t sans hte1 et1 avec l'habitude que l'on en a prise1 ils semblai5t tr\bl]a pe9e le sil5ce des *amps4 ,n\s avions dpass la d]nire zone habite et ne r5contrions plus sur les r\tes que1 de temps autres1 des petits convois militaires4 ,cep5dant ri5 de s9i/re n'avait comm5c de s'indiqu]1 s\s ce beau soleil de fte4 ,les arbres1 magnifiquem5t feuillus1 ca*ai5t dans la v]dure leurs bran*es fracasses2 il y avait encore1 en avant de n\s1 des villages qui1 de lo91 avai5t l'aspect naturel1 et cette canonnade1 dont t\tefois n\s n\s rappro*ions beauc\p1 g>dait p\r a9si dire un air bon enfant1 cause de sa l5teur4 ,ah6 premi] av]tissem5t s9i/re6 ,au b\t d'une p]*e1 un gr& criteau sommairem5t pe9t sur bois blanc n\s arrte3 ,p>tie de r\te non dfile1 int]dite la circulation4 ,non dfile1 cela signifie en t]mes de gu]re que l'on y e/ en vue des lunettes allem&es et en dang] de mort4 ,il faut donc obliqu]1 p> des s5ti]s qui se dissimul5t plus ou mo9s dans des replis de t]ra94 ,p>mi ces c\ps de canon1 l'oreille naturellem5t di/+ue t\t de suite les arrives des dp>ts4 ,les dp>ts1 ce sont les c\ps tirs p> nos batt]ies n\s1 dont les projectiles s'en vont frapp] trs lo9 *ez les ,bo*es1 et les arrives1 ce sont les clatem5ts de leurs obus eux1 lancs dans nos lignes4 ,auj\rd'hui1 n\s comptons pe9e une arrive p> m9ute4 ,c'e/ vraim5t trs c\rtois de leur "p4 ,un village1 qu'il va falloir trav]s]1 se dmasque de d]rire des arbres2 de lo91 son clo*] encore deb\t faisait illusion1 mais il e/ t\t grignot p> le haut1 et l'glise e/ crible2 quant aux maisons1 il n'en re/e que des pans de murs1 la mort s'y e/ depuis longtemps tablie en s\v]a9e4 ,dans une ruelle1 o n\s avons ral5ti cause des dcombres1 gt les pi$s en l'air un b]ceau d'enfant1 et t\t auprs1 au milieu d'une belle t\ffe de coquelicots1 le petit cadavre d*iquet d'une p\pe444 ,n\s avons long] ensuite des coll9es1 c\v]tes d'une mme =t paisse1 qui n\s sp>5t de l'ennemi et n\s mett5t p\r un temps en scurit4 ,on y a creus quantit de cav]nes1 dont l'ouv]ture e/ t\rne v]s n\s1 et o nos soldats viv5t comme des prhi/oriques4 ,dans l'une1 qui e/ un po/e de comm&em5t1 je dois m'arrt] p\r me r5seign] auprs du colonel qui l'habite4 ,d'abord il me montre1 sur une c>te pique contre sa muraille de t]re1 les places prcises de l'attaque va9em5t t5te l'avant-veille p> les ,bo*es1 et au sujet de quoi j'ai t envoy ici2 mais il me faudra all] un kilomtre plus lo91 p\r me r5dre compte sur le lieu mme4 ,je vais aussi v\s prs5t]1 aj\te-t-il1 les g5tils objets assez n\veaux qu'ils n\s envoi5t depuis quelques j\rs4 ,et il dit une ordonnance3 ,allez donc1 mon ami1 me *]*] p> l un tuyau de pole et une tte--,guillaume4 ,le soldat e/ vite de ret\r1 rapportant quelque *ose comme un b\t de tuyau en cuivre d'environ soixante c5timtres de long1 et une espce de b\le un peu oblongue qui ressemble en effet une grosse tte huma9e4 ,t\s ces g5tils objets1 bi5 ent5du1 ne n\s sont lancs que remplis de *$dite et autres inf]nales salets allem&es1 et1 qu& elles arriv5t1 ces b\les1 surmontes de leur fuse en po9te de casque bo*e1 elles doiv5t ju/ifi] trs bi5 le surnom que nos hommes leur ont donn1 sauf qu'il y manque l'ineffable s\rire du kais]4 ,autre cav]ne1 o sont logs des (fici]s2 sur leur table1 ct de leurs c>tes1 il y a quelques j\rnaux--oh6 pas beauc\p--qui1 dans leur vie de ,rob9sons1 les ti5n5t un peu au c\rant des *oses de ce monde4 ,et l'un d'eux1 en riant1 me prs5te un article d'un gr& j\rnal p>isi51 o j'appr5ds que je suis en ce mom5t mme aux ,pyrnes1 et que j'y occupe mes loisirs--en mille1 dev9ez quoi6-- pe9dre des v5tails p\r les belles dames de ma connaissance6444 ,c]tes1 ce n'e/ l qu'une des mo9dres1 p>mi les sornettes auxquelles je me vois j\rnellem5t condamn1 mais c'e/ gal1 ce pe9turlurage d'v5tails emprunte au dcor et aux bruits ambiants un comique irrsi/ible4 ,t&is que les ,bo*es cont9u5t leur petit bomb>dem5t anod91 n\s p\rsuivons notre r\te4 ,j'ai p\r guide un (fici] habitu ce secteur1 o je vi5s auj\rd'hui p\r la premire fois4 ,n\s p\rrons1 ce qu'il dit1 all] jusqu'aux abords de ce village1 qu'on ap]oit l-bas1 trs riant s\s le soleil1 dans un b\quet de beaux arbres1 mais qui a l'inconvni5t d'tre l'ouv]t d'une c\pure des coll9es et de s]vir de cible habituelle l'ennemi2 avant d'y arriv]1 il faudra donc remis] notre auto d]rire un ro*]1 et ensuite n\s mont]ons pi$ dans la =t4 7,a mi-cte1 je dois int]view] l-haut1 au fond de son tr\1 le *ef de bataillon qui a subi1 et rep\ss avec fracas1 cette attaque d'avant-hi]47 ,ce n'tait qu'un fantme de village1 on le dev9e bi51 v5tr de t\tes p>ts et qui1 s\s le *aud soleil de septembre1 dormait son sommeil de mort4 ,mais pe9e tions-n\s deux c5t mtres1 que les obus comm5c5t d'y tomb]1 lui ram5ant du tapage au milieu de son sil5ce4 ,n\s avai5t-ils ap]u1 les ,bo*es1 p> quelque claircie dans les bran*es1 ou bi5 n\s avai5t-ils ent5dus1 ou simplem5t flairs8 ,en t\t cas1 ils se figur5t que n\s allons dans ces ru9es1 et btem5t ils s'ob/95t les mitraill]4 ,notre auto et nos *auffeurs1 une fois remiss en lieu peu prs sr1 voici devant n\s la r\te qui monte en p5te rapide dans la =t4 --,si v\s v\lez bi51 me dit l'(fici] qui me conduit1 n\s mont]ons un peu vite1 c> le passage e/ plutt malsa91 cette heure de la j\rne surt\t4--,oui1 montons un peu vite1 pas trop cep5dant1 p\r ne pas donn] l'impression de passants mus4 ,d'ailleurs1 "p ces arrives que l'on ent5d de-ci de-l1 qui donc s'en d\t]ait1 que la r\te e/ malsa9e1 voir son air de gaiet engageante2 s\s ses arbres magnifiques1 *nes ou htres1 on dirait une rue1 dans quelque /ation de villgiature2 il y a mme des passants1 en co/ume bleu ple1 pas trs nombreux1 mais enf9 quelques-uns1 et qui ne sembl5t pas eff>s4--,villgiature p\r bonnes g5s un peu simplets p> exemple1 je le reconnais3 les maisonnettes1 qui s'align5t de droite et de gau*e1 sont comiques de petitesse1 amusantes de navet1 avec leurs j>d9ets al5t\r1 leurs troites b&es de gazon1 leurs m9uscules rocailles4 ,t\tefois1 ri5 qu'en reg>dant avec plus d'att5tion1 vite on dev9]ait que les cures d'air1 ici1 ne doiv5t pas tre de t\t repos1 c> ces villas lilliputi5nes1 qui sont comme tapies sur le sol1 ont p\r toiture des madri]s normes rec\v]ts de matelas de gravi]2 il y fait noir et elles s'enfonc5t dans la montagne comme des t]ri]s p\r gros lap9s2 en outre1 l'une d'elles1 qui e/ m>que d'une gr&e croix r\ge1 montre cette enseigne sugge/ive3 po/e de sec\rs4 ,et1 de di/ance en di/ance1 des criteaux cl\s aux arbres port5t l'indication3 abri de bomb>dem5t1 une fl*e m>quant la direction du tr\ p> lequel on y entre444 ,qu& mme1 avec ses petites pel\ses1 ses petits massifs1 ses petites corbeilles de fleurs soigneusem5t s]ties de ranges de caill\x1 ce village1 improvis p> nos soldats1 m'aura donn le plus curieux aspect que j'aie encore r5contr jamais d'un secteur tranquille4 ,p5dant notre monte1 la musique de grosse caisse que les ,bo*es n\s font s'acclre en allegro4--,d'habitude1 me dit l'(fici] qui m'accompagne1 ils n\s fi*5t t\t de mme la paix plus que a2 c'e/ leur attaque rate de l'autre nuit qui sans d\te leur re/e sur le cur4 ,et puis1 l'entre en scne de la ,r\manie1 que n\s n\s sommes fait un plaisir de leur annonc] hi] p> des affi*es1 leur a aussi beauc\p agit les n]fs4 ,mais le s+uli] village1 qui a dj connu cela de temps autre1 p>at pe9e s'en m\voir4 ,et1 en passant1 j'ent5ds un caporal1 bi5 paisible sur le pas de sa porte1 se pla9dre un cam>ade d'une seule *ose1 c'e/ qu'hi] une sale tte--,guillaume a saccag ses plantations de laitues4 ,vraim5t1 le calme de t\s ces soldats1 qui sont ici depuis tant de mois n\s faire remp>t1 leurs so9s m9utieux p\r leurs j>d9ets1 p\r leurs humbles et rudes logis1 ne me p>aiss5t pas seulem5t d'une purilit t\*ante2 non1 ils reprs5t5t au contraire une =me spciale1 trs raisonne et hautem5t admirable du c\rage franais1 de la belle humeur1 de la confiance et de l'abngation franaises4 videmm5t1 dans cette =t1 ce n'e/ pas la gr&e horreur sans nom1 le gr& enf] sublime de la ,somme2 mais qu& mme1 ces hommes sav5t bi5 qu'il leur faut *aque j\r emport] sur des branc>ds quelques-uns d'entre eux dans leur petit cimetire fleuri2 ce qu'ils ent5d5t tomb] de diffr5ts cts1 en fracassant les bran*es1 ils sav5t bi5 que c'e/ du #aje allem&1 ou de ces torpilles qui font les blessures plus d*ires et plus malignes4 ,ils sav5t que1 p\r dirig] cette b\rdonnante symphonie1 p>se un peu p>t\t dans leurs al5t\rs1 c'e/ la ,mort qui ti5t le bton de *ef d'or*e/re444 ,en voici deux auxquels j'adresse la p>ole2 appuys con=tablem5t un arbre1 ils s'tai5t r$resss en retirant leur cig>ette1 p\r me faire le salut militaire3 ,mes amis1 puisque v\s n'tes pas obligs1 v\s autres1 cette heure-ci1 d'tre dehors sur la r\te1 p\rquoi ne r5trez-v\s pas1 jusqu' ce que leur petite crise de colre soit passe8--,oh6 mon colonel1 il en faut tant et tant1 d'obus1 p\r arriv] t\*] un homme6444 ,et puis ces tr\s1 v\s savez444 ,si1 des fois1 ils n\s envoyai5t quelqu'une de ces grosses m>mites qui *avir5t t\t1 et qu'on soye ent]r vif l-d$ans444 ,non1 n\s deux1 p\r notre compte1 notre ide enf91 n\s aimons encore mieux attrap] a en ple9 air6 ,,un ,,petit ,,monde que n'ont pas atte9t nos v]tiges ,ju9 #ahhb4 ,hi]1 j'ai connu les ,oul$-,nal1 les vraies1 qui suiv5t le rite immmorial1 celles qui ne se montr5t po9t dans les villes d',infidles1 mais qui guett5t1 l'ore du ds]t1 et qui happ5t au passage les hommes v5us du fond des horizons de sable4 ,p\r les r5contr]1 celles-l1 j'avais *em9 p> tapes1 depuis le port o /ationnait mon navire jusqu' l'oasis o je v5ais d'arriv] ce mat9 au clair soleil de dix heures4 ,en r\te1 ce *aud pr9temps1 ce mois de ju9 d',algrie dj m'avait gris4 ,oh6 dans les villages1 quelle pr(usion de roses6 ,des roses de *ez n\s1 mais qui semblai5t vivre ici avec une exubrance folle2 celles qui tai5t r\ges1 devant les vieux murs blan*is de *aux laiteuse1--mais r\ges de ptales1 r\ges de feuilles1 r\ges de tiges1--fleurissai5t en g]be1 et on et dit des fuses de sang4 ,et puis il y avait les orang]s1 c\v]ts de b\quets qui emplissai5t l'air comme d'une suavit blan*e4 ,et mme les solitudes s5tai5t bon1 p>ce que l'on crasait au passage mille petites plantes d',afrique plus p>fumes que des sa*ets prcieux4 ,ces ,oul$-,nal6 ,je m'tais reprs5t des filles de joie1 bruyantes1 aux lignes s]p5t9es1 agitant des colli]s de sequ9s4 ,et1 qu& on me dit3 les voici1 je frissonnai d'une sorte de cra9te4 ,elles tai5t huit ou dix1 presque en rang1 p>es comme des idoles de temple1 et *acune se t5ait immobile1 aux aguets1 sur le pas de sa porte4 ,a l'c>t1 dans cette oasis dj sah>i5ne1 elles habitai5t un petit qu>ti] morne1 un petit qu>ti] avanc en v$ette sur le ds]t1 face l'inf9i des sables4 ,le soleil du mat9 les clairait d'une lumire incisive2 il r5dait bl\issantes leurs t(fes big>res et la sur*>ge de leurs grossi]s bij\x1 mais aussi il acc5tuait les fltrissures prcoces sur leurs visages de prtresses d'am\r4 ,leurs fronts1 leurs j\es avai5t les luisants du bronze f]me et poli1 mais des petites ombres trop nettes creusai5t davantage leurs yeux4 ,deb\t1 elles re/ai5t sans b\g] avec un air d'ironie1 les paupires baisses1 mais sans clign] des cils s\s la morsure de ce soleil4 ,elles s'tai5t fait des ttes normes1 l>gies p> une pr(usion d'ornem5ts de mtal1 et hausses p> des espces de ti>es sur lesquelles posai5t des voiles aux plis quasi religieux4 ,quelques-unes ne p>aissai5t mme plus jeunes2 t\tes avai5t t m>ques p> les lassitudes de t\j\rs att5dre les c>avanes1 de t\j\rs guett] des hommes1 en surveillant l'horizon dsol1 et t\tes s'tai5t meurtries1 depuis longtemps1 s\s les tre9tes de tant et tant de nomades1 qui entrai5t *ez elles excds p> les cont95ces des m>*es trav]s le ,sah>a2 mais t\tes1 mme les plus fanes1 cons]vai5t encore je ne sais quoi de bassem5t dsirable1 qui r5dait dang]eux de les trop reg>d]4 ,leur repaire ne =mait p\r a9si dire qu'une seule et mme demeure1 dont la faade1 sans toiture app>5te1 se prolongeait p>eille1 comme un mme vieux mur1--un mur fru/e1 pais et bas1 fait de b\e s*e4 ,les tr\s qui s]vai5t de porte s'ouvrai5t la file1 trs prs les uns des autres1 et ce mat91 de *aque tanire1 l'habitante tait sortie2 sur *aque seuil1 une ,oul$-,nal tait po/e4 ,la c\leur neutre du sol ou de la muraille t]reuse r5dait plus clatant le luxe b>b>e des p>ures4 ,et ce qui dconc]tait surt\t1 dans l'app>ition de ces femmes1 c'tait la dignit1 la sil5cieuse arrogance du ma9ti52 on s5tait que1 suivant la rgle de leur ca/e1 elles ex]ai5t la pro/itution comme un sac]doce2 dans ces ttes1 si pompeusem5t coiffes1 il devait y avoir autre *ose que de la passivit pr(essionnelle1 peut-tre1 l'occasion1 de la fivre am\reuse1 du dv\em5t aveugle1 mme du fanatisme et mme du crime4 ,reg>ds de prs1 les ornem5ts de mtal1 qui brillai5t sur elles en diadmes ou en colli]s1 se rvlai5t des l\is d'or de t\s les pays d',europe ou d',afrique4 ,et les mo9s jeunes1 qui s'tai5t le plus de fois v5dues1 talai5t1 sur leur gorge encore belle1 presque une petite =tune4 7,on sait que1 suivant l'usage immmorial de la tribu1 celles-l1 les dj ri*es1 allai5t bi5tt s'en ret\rn] au fond du ds]t1 r$ev5ir des filles de la t5te1 et crer une famille avec quelque beau nomade de leur *oix1 dont elles s]ai5t l'p\se voile1 fidle1 docile et humblem5t s\mise47 99 99 99 99 99 ,elle p\vait avoir v+t ou v+t-deux ans1 la ,nal qui je dem&ai de m'abrit] dans son gte de t]re durant les heures brlantes du j\r4 ,ensemble n\s fran*mes le seuil1 entre les p>ois d=mes p> la vtu/ et aussi paisses que des remp>ts4 ,l-d$ans1 il faisait un peu sombre et presque agrablem5t frais1 aprs les *auds bl\issem5ts du dehors4 ,une odeur de sa9e bte fauve y tait tempre p> des baumes qu'on avait brls et p> un b\quet de fleurs d'orang] qui trempait dans un vase de cuivre4 ,des c\*es de *aux1 accumules depuis les vieux temps de l'oasis1 donnai5t aux murailles cet aspect m\ que pr5n5t les p>ois des grottes2 t]re1 des nattes1 des tapis tisss au ds]t1 des matelas sur lesquels des c5ta9es de nomades avai5t d1 t\r de rle1 se pm] et puis dormir4 ,et une seule petite f5tre p]ce en meurtrire1 sans vitrage1 protge p> une m\ssel9e p\r emp*] d'entr] les m\*es et le sable3 on voyait p> l un co9 de l'horizon des solitudes1 un peu de l't5due morne qui ne f9it pas1 et ri5 d'autre4 ,que de pices d'or elle avait dj pu susp5dre son c\1 bi5 qu'elle ft si jeune6 videmm5t c'tait une des plus dem&es444 ,avec une s\mission mprisante1 elle arrangeait les oreill]s et les tapis1 p\r me faire dormir *ez elle mon sommeil mridi54 ,elle ne me reg>dait mme pas4 ,danseuse1 issue d'une race de danseuses1 elle avait on ne sait quoi de sup]bem5t s\ple et ddaigneux dans ses m\vem5ts t\j\rs nobles1 et1 *aque fois que s'entr'ouvrait sa *emise en gaze raye1 un peu de sa jeune gorge c\leur de basane1 qu'elle dissimulait avec so9 t\t l'heure s\s ses voiles hiratiques1 app>aissait ma9t5ant sans qu'elle s'en s\cit1 comme si c'tait une *ose v5due d'avance1 dj moi et qui n'importait plus4 ,p\rtant j'avais envie de m'en all]1 pris de l'humiliation et surt\t de la tri/esse inf9ie d'tre l1 prisonni] de la *air1 dans ce b\ge lo9ta9 et ho/ile4 ,le sil5ce de midi s'affirmait au dehors et on n'ent5dait que le *ant des saut]elles de ju91 grises p> la lumire4 ,la ,nal allait et v5ait1 dans son gte de pnombre2 ses allures semblai5t moiti d'une pan?re1 moiti d'une re9e1 mais vraim5t elle avait trop l'air de savoir combi5 son corps tait beau et valait d'arg5t4 ,oh6 l't]nelle drision que ce beso9 d'embrass] et d'tre9dre qui n\s talonne t\s1 qui p>fois n\s sembl]ait presque un appel div91 un lan sublime p\r fondre deux mes en une seule1 mais qui n'e/ plutt que le pige grossi] de la matire t\j\rs ob/9e se reproduire4 ,oh6 si on p\vait au mo9s sec\] cela1 en tre affran*i et purifi6444 ,j'avais eu envie de m'en all]1 mais je retombai sur les c\ss9s prp>s p> l',oul$-,nal444 ,qu'aurais-je gagn1 aprs t\t1 regimb] contre cette loi des tre9tes1 impose t\t ce qui respire8 ,en quoi la rvolte d'un atome phmre comme je suis p\rrait-elle atte9dre la ,cause inconnue qui n\s a jets ple-mle p\r quelques heures dans le t\rbillon des tres8 ,non1 autant vaut cd]1 s'abaiss] sans compr5dre et accept] l*em5t l'aumne qui n\s e/ faite de ces pauvres crises brves444 99 99 99 99 99 ,un rayon r\getre1 annonant que le soleil allait s'te9dre1 entrait p> la tri/e petite f5tre1 qu& je m'apprtai sortir de la maisonnette de t]re4 ,l'heure appro*ait aussi o je devais quitt] l'oasis p\r comm5c] r$esc5dre des ,hauts ,plateaux et ret\rn] p> tapes v]s la cte4 ,du re/e l',oul$-,nal1--qui peu peu tait dev5ue d\ce comme presque une petite sur pe9e fl9e1--semblait t\t c\p impati5te de se db>rass] de moi2 d'un c(fre pais qu'elle v5ait d'ouvrir1 elle tirait des bij\x plus beaux1 et des btons de r\ge p\r f>d] ses j\es3 c'e/ qu'il tait temps de se p>] p\r la gr&e pro/itution du soir4 ,et puis beauc\p de bruit s'ent5dait ma9t5ant au dehors2 cette sorte de ve/ibule du ds]t1 qui comm5ait l t\t de suite devant le seuil1 s'emplissait de monde2 une c>avane s'arrtait1 qui devait tre ri*e1 une c>avane p>tie du fond de l'impntrable ,m>oc1 depuis des j\rs1 et les nomades mlai5t leurs cris aux pla9tes des *ameaux que l'on faisait c\*]4 ,la ,nal v\lait sortir sur sa porte1 avoir sa "p de cet or et de ces dsirs qui arrivai5t4 ,je la reg>dais faire et1 s\s l'influ5ce du soir languide et rose1 je s5tais du regret s\rdre au fond de moi-mme1 du regret d'elle1 du regret de sa beaut de fille errante1 qui allait bi5tt se fan] t\s les v5ts du ds]t1 et puis m\rir l'ombre de quelque t5te dresse qui sait o1 qui sait en quel co9 des solitudes1--aprs que l'ardeur de son sang et le my/re noir de ses yeux aurai5t t transmis p> elle des cont9uatrices1 qui plus t>d se v5drai5t aussi444 ,qu& elle rep>ut au dehors1 p\r se montr] aux hommes de la c>avane1 les autres ,oul$-,nalia#g1 qui tai5t dj alignes sur les seuils des petites portes sauvages1 lui lancr5t une moqu]ie du co9 des yeux4 ,oh6 quels frais de p>ure elles v5ai5t de faire6 ,ce soir1 t\tes tai5t belles1--mme les plus *evronnes1 mme celles qui avai5t dj une =tune en l\is d'or tale sur la gorge1 et se m>i]ai5t bi5tt4 ,t\tes s'tai5t repe9t les yeux et s'tai5t f>des d'une faon pompeuse4 ,leurs ttes p>aissai5t encore plus l>ges et plus normes1 s\s le poids des diadmes plusieurs rangs1 des p5dants d'oreilles1 et s\s l'amas des noires *evelures tresses en manire de ti>e4 ,plus t>d1 qu& la nuit s]ait tombe1 elles se rp&rai5t dans les cafs maures1 et comm5c]ai5t *ant]1 dans]1 affol] les hommes p> mille poses de leurs corps s\ples aux contorsions de c\leuvre4 ,mais p\r le mom5t elles se t5ai5t rigides et dignes1 comme des prtresses pe9e vivantes4 ,des t(fes magnifiques1 tombant droit comme des camails1 s'agrafai5t trs haut s\s leur m5ton2 elles ne b\geai5t pas1 se cont5tant de d>d]1 sur les uns ou les autres1 leurs yeux l\rds d'appel et d'att5te4 ,oui1 on s5tait bi51 les voir cette fois1 qu'en effet il n'y avait pas que des pro/itues *ez les filles de leur tribu1 mais plutt des incomprh5sibles1 =mes a9si p> de longues hrdits di/9ctes1 et capables mme p>fois d'tre nobles444#h4 99 99 99 99 99 ,mais voici qu'un disque l>ge et r\ge plongeait l-bas d]rire la ligne des sables4 ,c'tait l'in/ant o le ds]t plit si trangem5t et si vite1 blmit comme un gr& l9ceul avant qu'aucune pleur ait comm5c de p>atre au ciel t\j\rs te9t de cuivre et d'or4 ,c'tait l'heure du ,moghreb1 et1 du haut d'un petit dme en b\e s*e1 un *ant qui faisait frissonn] s'leva dans l'air1 dom9ant t\tes *oses1 une voix qui t5ait la fois du son des orgues cle/es et du glapissem5t des *acals4 ,le muezz9 rptait aux quatre v5ts le nom d',allah1 et les nomades *oisissai5t des places p\r se pro/]n]1 le front dans la p\ssire4 ,alors1 en sil5ce1 t\tes les ,oul$-,nalia1 prises de respect1 elles aussi1 s'enfuir5t1 les yeux baisss1 disp>ur5t un in/ant au fond des tanires1--p\r laiss] les hommes pri]4 ,l',,adieu ,,de ,,p>is ,,au ,g,n,,ral ,,galli5i ,p>is1 #b ju9 #aiaf4 ,hi]1 dans l'app>at et la magnific5ce1 s'en e/ all ce gnral aux allures simples1 qui tait si ins\ciant de la pompe et des gr&eurs4 ,il avait succomb1 bi5 mo9s un mal en somme trs curable1 qu' une cont9uelle et t]rible t5sion d'esprit surv5ant au dcl9 de sa vie1 alors qu'il lui aurait fallu du repos1 aprs s'tre si noblem5t dp5s au s]vice de la ,france1 dans les climats les plus meurtri]s du monde4 ,*>g de sauv] ,p>is1 il avait accompli en sil5ce son uvre crasante1 s'enf]mant beauc\p travaill] seul dans une salle au/re qui--au l5dema9 des batailles de la ,m>ne1 o il avait pris la gr&e "p que l'on sait--tait dev5ue sa t\r d'ivoire4 ,ayant eu l'honneur de s]vir une anne s\s ses ordres1 si s\v5t je l'ai vu l1 dans ce bureau qui n'avait gure p\r meubles que des tables de bois blanc1 c\v]tes de papi]s et de c>tes d'tat-major6 ,p5* sur ces c>tes dployes1 il traait les dess9s bleus ou r\ges1 qui tai5t p\r a9si dire les premires fixations de sa trs savante /ratgie2--et t\t cela ensuite1 s\s sa pression n]gique1 se matrialisait fivreusem5t en ces lignes de df5se1 batt]ies1 tran*es1 entrelacs de fils b>bels1 qui1 au su de l'ennemi1 trans=mr5t le dp>tem5t de la ,se9e en une impr5able citadelle4 ,n'att5dant ri5 en ret\r1 ne dsirant ri5 d'autre que de faire son devoir jusqu' la mort1 il ouvrait difficilem5t sa porte1 se df5dait contre t\te publicit1 re/ait ddaigneux de t\tes di/9ctions n\velles1--et c]tes1 il n'et jamais song cette manife/ation d'hi]1 que la population de ,p>is1 p> sa prs5ce et son recueillem5t1 e/ v5ue ent\r] d'une gr&eur d'apo?ose444 ,mais le s5s populaire1 qui s'g>e si s\v5t dans ses ha9es1 ne se trompe presque jamais qu& il s'agit de rem]ci]1 de bnir2 et ces f\les1 sur son passage1 s'tai5t convoques d'elles-mmes4 ,il s'en e/ all militairem5t1 c\* sur une voiture d'artill]ie qui lui faisait le plus beau des *>s funbres1 et envelopp du pavillon franais qui e/ le plus incomp>able des draps mortuaires4 ,le long de l'imm5se p>c\rs que suivit son c]cueil de soldat1 ces ,p>isi5s1 de qui il avait dt\rn les ,b>b>es1 se pressai5t en masses plus compactes que p\r aucune entre de s\v]a91 et le saluai5t dans un religieux sil5ce4 ,ensuite1 sur la place de l',htel-de-,ville o le *> s'arrta une heure environ1 ses funrailles atteignir5t la plus m\vante spl5deur4 ,longuem5t1 trs longuem5t1 des soldats dfilr5t devant lui1 p\r l'adieu et le suprme salut de leur drapeau2 non pas des tr\pes quelconques1 mais de ces tr\pes sublimes que l'on avait fait rev5ir en hte du front le plus pro*e1 de celles qui s'tai5t battues depuis bi5tt deux annes sans dfaillir2 dans leurs capotes de bataille1 bleu horizon1 un peu dfra*ies malgr de soigneux c\ps de brosse1 mais d'autant plus glorieuses et t\*antes1 elles m>*ai5t fires1 sup]bes1 ces tr\pes dj si s\v5t dcimes1 g>dant des alignem5ts impeccables et donnant bi5 l'impression de la tranquille =ce franaise4 ,qu& elles eur5t t\tes pass1 on vit p>atre1 inatt5dues et saisissantes1 des sections au visage t\t noir s\s la coiffure bleue3 ,sngalais ou ,sah>i5s1 qui v9r5t se rang] prs du c]cueil p\r le tableau f9al1 af9 d'envelopp] d'exotisme le hros dont c'tait la d]nire fte1 et de rappel] aux mmoires cette ,afrique lo9ta9e1 qu'il avait tant contribu r5dre franaise4 ,p5dant t\te la crmonie grave1 des musiques de cuivres1 s'alt]nant1 n'avai5t cess de j\] ces hymnes de gloire qui s'appell5t la ,m>seillaise1 ,sambre-et-,meuse1 le ,*ant du ,d"p1 dont on a trop abus peut-tre1 mais qui1 ce j\r-l et sur cette place1 semblai5t r5\vels2 on ne se lassait pas de les ent5dre1 et1 *aque fois que rev5ait la phrase3 ,m\rir p\r la ,patrie1 rpte comme avec une insi/ance d'incantation1 on la compr5ait plus pr(ondm5t2 elle s'appliquait d'ailleurs si bi5 celui qui dormait l1 sur ce *> de gu]re1 que des l>mes embrumai5t les yeux4 99 99 99 99 99 ,nos j>d9s1 nos places sont encombrs de /atues1 p\r la plup>t trop htives1 accordes des gloires insuffisantes ou phmres qui ne rsi/]ont pas l'effacem5t des annes4 ,mais env]s lui1 qui fut un gr& sauveur1 ,p>is a contract une dette2 il faudrait1 en un po9t *oisi de la ville1 lui lev] un monum5t qui en clips]ait beauc\p d'autres444 ,,une ,,demi-,,d\za9e ,,de ,,petites ,,con/atations ,i ,presque t\j\rs1 ceux que n\s appelons improprem5t mal levs sont des tres qui ont reu au contraire une ducation plus que suffisante1 mais qui y sont re/s foncirem5t rfractaires4 ,dieu m]ci1 on tr\ve1 comme comp5sation1 de braves g5s si bi5 levs p>mi ceux qui n'ont pas t levs du t\t6444 ,,ii ,dans le peuple1 et surt\t dans celui des campagnes et des bords de la m]1 la vraie g\jat]ie n'exi/e p\r a9si dire pas2 t\t au plus comm5ce-t-elle *ez les ouvri]s des villes4 ,non1 c'e/ *ez les g5s dits du monde qu'il faut la *]*]2 oh6 l1 qu& p> has>d on la r5contre1 elle e/ complte4 ,et ce sont les fils d'enri*is qui en dti5n5t le record4 ,,iii ,le co*on n'e/ dev5u sale que p> suite de ses frqu5tations avec l'homme4 ,a l'tat sauvage1 c'e/ un animal trs propre4 ,,iv ,les g5s trs laids1 comm5t ne pas sympa?is] avec eux1 s'ils le sav5t1 s'ils en s\ffr5t1 et s'ils s'ef=c5t d'tre le mo9s possible dsagrables voir4 ,mais il e/ des laideurs satisfaites1 tales1 agressives1 qui sont plus excrables que des vices4 ,v ,on r5contre s\v5t des ttes huma9es m>ques au sceau d'une si incurable be/ialit1 que l'on n'arrive pas admettre la prs5ce l-d$ans d'une me tant soit peu capable de revivre aprs la mort t]re/re4 ,non1 cela s'en ira p\rrir dans quelque cimetire1 sans plus4 ,en revan*e1 au fond des yeux de c]ta9s animaux suprieurs1 *i5s1 *ats ou s+es1 on voit pass] p>fois1 aux heures d'agonie ou seulem5t d'angoisse1 d'in\bliables expressions de t5dresse1 de prire1 et comme d'anxieuses int]rogations sur la vie et sur la mort4 ,alors il semble rvoltant et inadmissible que t\te cette flamme intrieure soit condamne s'te9dre p\r jamais dans la p\ssire4 ,,vi ,p\r ne pas faire de pe9e aux humbles1 p\r ne pas bless] les petits1 il y a un c]ta9 tact qui vi5t du cur et que les tres les mo9s cultivs possd5t s\v5t p> nature1 mais que1 p> contre1 l'ducation ne saurait donn]1 mme aux g5s les plus aff9s du monde4 ,,le ,,pr9ce ,,assass9 ,,p> ,,eux ,,y\z\f-,,yz$d9 ,fvri] #aiaf4 ,avant que l'oubli soit retomb sur ce pr9ce ami de la ,france1 dont l',allemagne vi5t de se db>rass] p> un de ses crimes c\tumi]s1 je v\drais dire quelques mots de lui4 ,lors de mes premi]s sj\rs ,con/ant9ople1 s\s le rgne du sultan ,abdul-,hamid1 il tait1 comme t\s les pr9ces p\vant de prs ou de lo9 prt5dre au trne1 g>d dans une t\r d'ivoire1 p]sonne n'avait le droit de l'appro*] et la prud5ce exigeait mme que l'on ne pronont pas son nom4 ,ce n'e/ qu'en #aiaj que j'eus l'honneur d'tre admis auprs de lui1 qu& je rev9s en ,turquie s\s le rgne dbonnaire du sultan ,mahomet ,v2 il tait alors pe9e libr de son t\ffante sque/ration et comm5ait vivre de la vie de t\t le monde4 ,un m9i/re ottoman1 qui tait son ami et le mi51 m'avait propos de me prs5t]1 dev9ant que j'aim]ais connatre cette atta*ante figure4 ,je me rappelle mon tonnem5t qu& la voiture qui n\s m5ait cette audi5ce prit le *em9 de ,dolma-,bagt*4 ,comm5t6 il tait l ma9t5ant1 l'hriti] prsomptif de ,turquie1 ct du sultan rgnant1 in/all en t\te lib]t dans une aile du mme palais6 ,les temps tai5t donc bi5 *angs6 ,a pe9e quelques g>des1 aux portes gr&es ouv]tes de ce palais blanc1 assis au bord de l'eau bleue sur son quai de m>bre1 et l'on entrait sans =malits aucunes4--,oh6 jadis1 ce seuil r$\table d',yeldiz1 que tant d'tres huma9s avai5t fran*i p\r n'en plus sortir6--,quelques aides de camp dans les anti*ambres du pr9ce1 beauc\p de livre dans les escali]s1 mais pas un visage inquitant nulle "p2 une impression de confiance et de bon accueil4 ,ici se place un dtail qui sembl]a bi5 p]sonnel et bi5 puril1 mais qui s'e/ grav dans mon s\v5ir p>ce que je lui ai d l'une de mes plus compltes illusions d'tre vraim5t quelqu'un de cette ,turquie1 que j'ai tant aime et dont ri5 ne me dta*]a4 ,p> suite d'un quelconque incid5t de voyage1 j'avais g> mon *apeau de crmonie 7il svit mme l-bas1 p\r les ,europens1 notre imbcile haut de =me71 et il m'avait fallu la d]nire m9ute dem&] au pr9ce la p]mission de me prs5t] en fez2 cela me conduisit donc faire en entrant1 p\r la premire et sans d\te la seule fois de ma vie1 le gr& salut de c\r la turque3 s'incl9] beauc\p1 t\*] le sol de la ma9 droite1 ensuite port] la ma9 au cur1 et puis se t\*] le front p\r f9ir4 ,le pr9ce n\s fit asseoir prs de lui1 dans un de ces salons aux tapis m]veilleux1 dont les f5tres donn5t sur la ferie du ,bosphore2 on apporta le caf dans les petites tasses aux pi$s d'or et de diamants et la conv]sation comm5a4 ,l'envie me pr5ait bi5 de rpondre en turc1 cep5dant je n'osai po9t4 ,ne devais-je pas d'ailleurs imit] la correction de ce pr9ce1 qui p>lait sans nul d\te le franais mieux que je ne p>lais sa langue1 et qui s'ab/5ait p\rtant1 de peur de mal s'exprim]8 ,et ce fut t\t le temps notre ami commun qui traduisit4 ,le pr9ce tait un homme d'une c9quanta9e d'annes1 de petite taille1 sans lgance dans la t\rnure1 sans beaut sur le visage1 mais avec des yeux de haute et claire intellig5ce1 dont l'expression *>mait4 ,l'air trs n]gique1 mme un peu rude1 il p>lait d'une voix brve1 autoritaire1 mais qui se temprait t\t c\p p> des intonations d\ces et bi5veillantes4 ,a ses quelques viol5ces s\da9es1 ses explosions de volont1 on s5tait l'anci5 captif1 le longuem5t emmur du palais1 qui s'veillait dans l'impati5ce de vivre et d'agir4 ,hriti] d'un empire encore imm5se1 qui allait de l',adriatique la m] des ,indes1 frlait le ,caucase et plongeait jusqu'au ,s\dan1 il p\vait espr] un incomp>able av5ir1 dans une ,turquie n\velle1 o t\s les esprits1 aprs avoir bris d'un c\p les s]vitudes sculaires1 ne songeai5t qu' c\rir v]s les mirages du progrs444 ,n\s p>lmes surt\t de la ,france1 presque uniquem5t de la ,france2 a9si du re/e que la plup>t de ses compatriotes1 il n\s considrait comme la nation d'lite1 en mme temps que comme la nation amie p> excell5ce1 celle dont on aime t\t1 les c\tumes1 les ides1 la littrature et le langage4 99 99 99 99 99 ,je passe trois annes1 p\r en v5ir la visite d'arrive que je lui fis en #aiac1 qu& je ret\rnai dans son pays aprs la priode t]rible o t\t faillit s'anantir4 ,en ,europe1 il ne re/ait plus qu'un lambeau de cette gr&e ,turquie de jadis2 mais elle tait t\j\rs vivante1 t\j\rs deb\t des deux cts du ,bosphore1 ce qui semblait un rve1 aprs qu'on en avait pris le deuil1--et1 p>ce que je l'avais df5due de t\tes mes =ces1 j'y tais accueilli avec mille fois plus de reconnaissance que je ne le mritais1 presque comme un librateur4 ,on m'avait dit3 le pr9ce n'habite p\r a9si dire plus ,dolma-,bagt*2 il s'e/ *oisi une retraite solitaire1 haut p]*e1 en face1 sur la cte d',asie4 ,sans d\te s'tait-il retir l p\r mieux mdit] sur les effroyables malheurs de sa patrie1 mdit] sur ce qui lui re/ait d'av5ir1 et aussi p\r *app] l'emprise allem&e1 qui se dess9ait dj intolrablem5t4 ,il fut difficile tr\v]1 son ermitage1 p]du sur une petite cime au milieu de la br\sse4 ,ma voiture la turque1 l\e sur la place de ,scut>i1 monta pniblem5t p> des s5ti]s de rocailles1 s\s ce *aud soleil d'un t d',asie1 et1 qu& j'arrivai1 je p5sai me tromp]1 tant la demeure s'annonait petite et mode/e4 ,c'tait cela cep5dant1 et je pus m'inscrire1 non sur un regi/re1 c> il n'y en avait pas1 mais sur un b\t de papi] quelconque1 f\rni p> un s]viteur ahuri de me voir4 ,le l5dema91 le pr9ce me reut en bas1 au bord de l'eau1 rive d',europe1 dans le somptueux palais (ficiel1 et1 qu& j'entrai1 sa ma9 me fut t5due avec un lan que je ne lui connaissais pas4 ,ce n'tait plus du t\t l'accueil seulem5t aimable1 sympa?ique sans plus1 des audi5ces passes1 il s'y mlait auj\rd'hui quelque *ose de confiant et d'affectueux2 depuis la d]nire fois1 j'avais gagn son cur2 comme t\t son peuple1 il m'avait v\ une reconnaissance excessive1 et si t\*ante1 de ce que j'avais t la voix peu prs unique osant s'lev] en faveur de la ,turquie1 au milieu du conc]t des calomnies sal>ies ou simplem5t absurdes4 ,le pr9ce me dit sa /upeur d\l\reuse d'avoir vu la ,france1 v]s laquelle s'tait t\rn son espoir1 la ,france allie ou amie depuis des sicles1 accabl] d'injures son pays l'in/ant de la suprme dtresse4 ,dans son indignation t\te fra*e contre les m5songes des ,bulg>es et les horreurs sans nom1 pires que l'allem&e qu'ils v5ai5t de commettre1 il s\ffrait encore cruellem5t d'avoir ent5du *ez n\s de folles apologies de ce peuple et de son ignoble ,cob\rg4--,on se s\vi5t en effet qu'elles ne t>ir5t pas1 les l\anges dlirantes1 jusqu' l'heure o le premi] c\p de tratrise dudit ,cob\rg contre la ,s]bie1 v9t t\t de mme n\s ouvrir un peu les yeux4 --,ne n\s accusez que d'ignorance1 monseigneur1 lui dis-je4 ,int]rogez ceux d'entre n\s qui ont habit votre pays1 qui ont vu de prs et qui sav5t2 l'amiti de t\s ceux-l1 je v\s assure1 v\s e/ re/e4 ,et1 si n\s avions t en #aiaf au lieu d'tre en #aiac1 j'aurais pu aj\t]3 ,int]rogez nos (fici]s et nos soldats1 qui1 presque t\s1 tai5t p>tis p\r les ,d>danelles avec un cur empoisonn de prjugs et de ha9e contre les ,turcs4 ,ils sont rev5us ple9s d'admiration et de sympa?ie p\r eux1 p\r leur c\rage sublime1 p\r leur d\ceur soign] et relev] nos blesss et nos prisonni]s1 malgr la b>b>ie allem&e qui les h>celait p> d]rire4 ,en effet1 j'ai caus avec beauc\p de nos hros1 leur ret\r de l-bas1 et jusqu' prs5t je n'en ai pas tr\v un seul qui ne m'ait dit3 ,v\s aviez raison et1 n\s n'pr\vions plus le s5tim5t de n\s battre contre de vrais ennemis4 99 99 99 99 99 ,j'en vi5s1 p\r f9ir1 notre entrevue d'adieu4 ,c'tait la veille de mon d"p1 la f9 de l't #aiac4 ,une erreur de transmission m'avait fix p\r quatre heures l'audi5ce qui tait en ralit p\r trois1 et il tait dj trois heures et demie qu& j'en fus in=m4 ,j'habitais alors1 au fond de ,/amb\l1 une trs vieille maison que le ,comit de df5se nationale turque avait arrange p\r moi1 avec un gt exquis1 la mode anci5ne1--et c'tait trs lo9 de ,dolma-,bagt*1 deux ou trois kilomtres environ1 de l'autre ct de la ,corne d',or4 ,mon ,dieu1 si le pr9ce avait dj quitt le palais1 o peut-tre il tait desc5du exprs p\r moi1 s'il tait dj rep>ti1 comme *aque soir1 p\r son ermitage sur la coll9e d',asie6444 ,t\tes les excuses que je p\rrais lui faire1 aprs1 p> lettre1 ne *ang]ai5t ri5 mon regret de m'en all] a9si sans l'avoir vu4 ,et je me mis en r\te bride abattue1 desc5dant1 au galop de mes *evaux1 des p5tes o les co*]s de *ez n\s n'aurai5t pas os se risqu]1 mme au pas et la mcanique s]re4 ,il e/ vrai1 ,/amb\l1 on ne s]re jamais le fre91 non plus que l'on ne ral5tit aux desc5tes les plus raides2 mais c'e/ gal1 cette vitesse de *eval *app1 dans les rues presque ds]tes1 tonnait les r>es passants4 ,d'autant plus que c'tait un diman*e1 et1 bi5 que ce j\r de la sema9e ne soit pas celui o les musulmans se repos5t1 il p& qu& mme son sil5ce et son calme no/algique1 ici t\t comme sur nos villes occid5tales1 ,con/ant9ople r5f]mant des c5ta9es de milli]s de *rti5s1 qui sont d'ord9aire ses habitants les plus agits4 ,j'arrivai avec une heure de ret>d au palais blanc qui semblait accabl lui aussi p> cette morne tri/esse du diman*e1 en mme temps que p> cette *aleur t\j\rs un peu mlancolique des beaux soirs de f9 septembre2 il y avait mme quelque *ose de plus1 un air d'ab&on que je rem>quais p\r la premire fois1 presque du dlabrem5t comm5c1 et un indf9issable prsage de mort3 deux g>di5s seulem5t la porte1 de l'h]be v]te entre les dalles de la c\r1 trop de sil5ce1 et pas de livre dans le gr& escali] spcial du pr9ce4 ,a l'intrieur cep5dant1 la magnific5ce tait t\j\rs p>eille1 et je tr\vai le pr9ce qui avait eu la bont de m'att5dre4 ,avec la plus cordiale bonne grce1 il accepta mes excuses1 et je pus avoir avec lui cette d]nire caus]ie1 que j'avais tant cra9t de manqu]4 ,je s5tis bi5 en lui cette fois le vieux ,turc qu'il avait la rputation d'tre1 mais il me sembla que c'tait dans le s5s le plus intellig5t et le plus l>ge de ce mot4 ,il ne lui p>aissait pas que1 p\r assur] le bonheur de son peuple1 il ft bon de lui faire r5i] ses traditions et sa foi1 et de le jet] tte baisse dans la s]vile imitation de l',occid5t4 ,d'ailleurs1 ami des ,arabes1 qui sont p> excell5ce des cons]vateurs d',islam1 et aim p> eux1 il devait song] organis] leurs prov9ces lo9ta9es et tr\v] dans leurs va/es t]ritoires des comp5sations ce qu'il v5ait de p]dre en ,europe4 --,a9si c'e/ bi5 ent5du1 me dit-il1 en me donnant cong1 je v\s autorise m'crire directem5t de ,france tant que v\s v\drez1 s\s d\ble enveloppe1 avec votre nom et la m5tion p]sonnel sur la seconde4 ,dites-moi t\t ce que v\s p5s]ez et ce que l'on p5s]a de n\s l-bas1 mme et surt\t qu& n\s s]ons critiqus4 ,et faites-moi "p de t\t ce qui1 votre avis1 p\rrait rappro*] nos deux patries4 ,en lui s]rant la ma91 j'eus le press5tim5t trs net que je ne le rev]rais plus4 ,le l5dema9 mat91 au mom5t o j'allais pr5dre le paquebot1 un de ses aides de camp m'apporta son portrait1 dans un cadre d'arg5t massif cisel magnifiquem5t et surmont de la c\ronne avec le croissant d',islam4 ,et je quittai mon *] ,/amb\l avec le mme press5tim5t que j'avais eu p\r le pr9ce3 la presque c]titude de ne le revoir jamais4 99 99 99 99 99 ,j'ai u de la p]mission et il a reu plusieurs de mes lettres1 dans le c\rant de l'automne #aiac et du pr9temps #aiad4 ,il me rpondait1 et ses rponses1 o des images ori5tales si jolies se mlai5t aux *oses prcises1 indiquai5t bi5 qu'il avait t p>gn p> le mod]nisme4 ,la d]nire fois que je lui crivis1 ce fut en mme temps qu' ,env] pa*a1 qu& je s5tis v5ir l'heure dcisive o la ,turquie allait s'associ] l'agression allem&e1 et c'tait p\r l'adjur] d'employ] t\te son influ5ce ret5ir son pays sur cette p5te de la mort4 ,ma lettre fut c]ta9em5t int]cepte2 elle n'aurait ri5 *ang1 hlas6 il va sans dire et je le sais bi52 mais qu& mme1 j'aurais aim que ce suprme cri d'al>me ft arriv jusqu' lui4 ,pauvre pr9ce6 ,allah lui a fait la grce de m\rir avant de connatre la dfaite1 ou le d%onneur de l'ass]vissem5t4 ,lui qui tait un traditionnel1 il a t conduit son tombeau avec l'app>at des anci5s sultans1 qui ne se rev]ra peut-tre plus4 ,envelopp du vel\rs cramoisi1 o des s5t5ces du ,prophte sont brodes en lettres d'or1 il a trav]s1 suivi d'un cortge trangem5t pompeux1 un ,/amb\l encore peu prs intact et ori5tal4 ,c'e/ dans les sonorits pr(ondes de ,sa9te-,sophie encore musulmane que les prires des morts ont t *antes p\r lui4 ,et c'e/ dans ,/amb\l mme qu'il e/ endormi ma9t5ant1 s\s quelque haut catafalque aux sa9tes brod]ies coraniques1 l'ombre de l'un de ces kiosques funraires aux blan*eurs de m>bre et aux grilles d'or#i1 que les pro*a9s envahisseurs et le progrs respect]ont peut-tre encore p5dant un c]ta9 nombre d'annes4 ,donnons-lui une p5se de regret1 non seulem5t p>ce qu'il aurait pu tre un gr& et bi5faisant s\v]a91 mais p>ce qu'il aimait notre *] pays4 ,un de ses rves1 si j'ai bi5 compris1 et t un va/e empire ori5tal1 puissant p> le loyalisme des ,arabes et p> l'amiti de la ,france4 ,et il lui a fallu pay] de sa vie son trop clairvoyant dgt p\r l',allemagne6 ,,la ,,femme ,,turque ,confr5ce faite ,la ,vie fm99e4 ,m>s #aiad4 ,c'e/ un contres5s1 n'e/-ce pas1 cela semble une gageure1 de m'avoir dem&1-- moi1 qui suis t\t ce qu'il y a de plus ractionnaire et mme aux trois-qu>ts bd\91--de m'avoir dem&1 dis-je1 de pr5dre la p>ole1 le premi]1 ici1 dans cette salle de/9e ent5dre de beaux disc\rs sur des que/ions ultra-mod]nes1 sur le fm9isme1 le futurisme1 ou sur cette c\rse au dtraquem5t et la s\ffrance que les nafs appell5t le progrs4 ,v\s imag9ez donc avec quelle horreur j'avais refus d'abord4 ,mais voici1 j'ai cru rent5dre t\t c\p une voix lo9ta9e1 celle d'une jeune morte qui repose l-bas en ,ori5t1 et la voix m'implorait en ces t]mes--que je vais lire1 p\r tre plus sr de n'y ri5 *ang]3 99 99 99 99 99 ,la lettre e/ date de #aijf4 ,aurez-v\s bi5 s5ti la tri/esse de notre vie8 ,aurez-v\s bi5 compris le crime d'veill] des mes qui dorm5t et puis de les bris] si elles s'envol5t1 l'infamie de rduire des femmes la passivit des *oses8444 ,dites-le1 v\s1 que nos exi/5ces sont comme enlises dans du sable1 et p>eilles de l5tes agonies444 ,oh6 dites-le6 ,que ma mort s]ve au mo9s mes surs musulmanes6 ,j'aurais tant v\lu leur faire du bi5 qu& je vivais6444 ,j'avais c>ess ce rve autrefois1 de t5t] de les rveill] t\tes444 ,oh6 non1 dormez1 dormez1 dormez1 pauvres mes4 ,ne v\s avisez jamais que v\s avez des ailes6444 mais celles-l qui dj ont pris leur essor1 qui ont entrevu d'autres horizons que celui du h>em1 oh6 ,loti1 je v\s les confie2 p>lez d'elles et p>lez p\r elles4 ,soyez leur df5seur dans le monde o l'on p5se4 ,et que leurs l>mes t\tes1 que mon angoisse de cette heure1 t\*5t enf9 les pauvres aveugls1 qui n\s aim5t p\rtant1 mais qui n\s opprim5t6444 99 99 99 99 99 ,donc1 j'ai cd la voix de la jeune morte1--et1 puisque1 dans cette salle1 on doit p>l] de la femme1--de la femme en mal d'volution et de v]tige1--je p>l]ai de la femme turque1 dont l'volution en ce mom5t bat son ple94 99 99 99 99 99 ,mais1 avant de comm5c]1 v\drez-v\s bi51 mesdames1 me p>donn] une petite digression1 qui n'a ri5 voir avec le sujet1 qui ne s]a pas flatteuse peut-tre1 mais qui m'e/ inspire irrsi/iblem5t p> votre aspect d'ensemble8 ,si cette runion1 l devant moi1 tait compose de femmes ori5tales1 il s'en exhal]ait une impression de tranquille et *>mant my/re2 ce s]ait un vrai repos p\r les yeux2 les co/umes aux plis discrets1 trs enveloppants1 aurai5t p>fois1 il e/ vrai1 d'clatantes c\leurs de soleil2 ct des au/res t*>*afs1 il y aurait des me*las1 t\s lams d'or1 les uns r\ges1 les autres bleus1 les autres v]ts2 mais *aque femme s]ait1 des pi$s la tte1 drape dans une mme t(fe1 d'une mme nuance1 sans ces mille petits ornem5ts big>rs1 +nieux et drles1 qui font papillot] les yeux du plus lo9 que l'on v\s reg>de4 ,et puis surt\t1 les ttes s]ai5t uni=mm5t enveloppes de voiles aux plis ar*aques1 laissant peu voir les visages1 dc\vrant surt\t les gr&s yeux2 t\t l'ensemble aurait l'air baign de paix et d'h>monie4 ,t&is que1 vue d'un peu haut1 comme je suis plac1 cette petite h\le de ttes follem5t emplumes me rappelle1--oh6 p>don1 j'ose pe9e cont9u]1--me rappelle1 disais-je1 ce que l'on m'a montr une fois dans le ,f>-,we/ du ,n\veau ,monde3 un meet+ de ,peaux-,r\ges qui v5ai5t de se p>] p\r la danse du scalp6444 ,mais oui1 mesdames444 ,et encore1 ces tres primitifs1 mais assez pondrs 7qui tai5t1 je crois1 des ,si\x71 avai5t-ils arrang leurs plumets avec un c]ta9 gt de la rgul>it et de la symtrie1 t&is que1 dans la faon dont les modi/es v\s oblig5t plac] les vtres1 ceux-ci piqus au b\t d'un petit bton1 ceux-l t\t de trav]s sur l'oreille1 ou bi5 en saule pleureur sur la nuque1--il y a c]ta9em5t un lg] gra9 de nvrose ou mme de folie444 ,p\r f9ir ma digression1 p]mettez-moi de v\s dire une *ose plus mlancolique3 je di/+ue sur vos *apeaux d'innombrables aigrettes1 d'innombrables t\ffes de ,p>adis1 et je songe t\s ces massacres sans piti dont v\s tes la cause1 t\tes ces tu]ies p\r v\s plaire1 que des *asseurs ne cess5t de p]ptr]1 l-bas1 jusqu'au fond des =ts de la ,guyane ou des les de la ,sonde4 ,pauvres petits tres ails1 in(f5sifs et *>mants qui1 dans mo9s d'un demi-sicle1 grce v\s1 n'exi/]ont plus nulle "p1 et dont quelques v>its1 des plus m]veilleuses1 ont dj disp>u sans ret\r6444 ,quelle inquitude1 n'e/-ce pas1 quel sacrilge et quel crime1 d'avoir a9si rejet au nant t\te une espce1 que nul ne p\rra jamais recrer sur t]re6 ,et quel problme cela conduit frl]1 qu& alors on se dem&e p> qui et p\rquoi ces ailes1 ces plumes avai5t t imag9es et pe9tes d'aussi r>es c\leurs6444 ,mesdames1 je v\s dem&e grce p\r les oiseaux2 v\s s]ez t\t aussi jolies1 je v\s assure1 et d'aspect mo9s cruel1 qu& v\s n'aurez pas ces dbris de leurs pauvres petits cadavres tals sur vos ttes6444 99 99 99 99 99 ,je m'excuse encore et je revi5s aux femmes turques1--non sans avoir con/at1 avec regret1 que le rve de quelques-unes d'entre elles1 dj un peu dsquilibres p> votre exemple1 s]ait1 hlas6 d'os] se coiff] comme v\s4 99 99 99 99 99 ,comm5ons p> les aeules1 dont quelques-unes1 au fond des h>ems1 viv5t encore1 vtues des l\rdes soies d'autrefois1 un petit turban de m\ssel9e pos sur leur *evelure blan*e4 ,ce sont les t\t fait inconnaissables p\r n\s1 celles qui n'ont jamais appris nos langues d',occid5t1 celles que jadis1 au temps de ma prime jeunesse1 il m'arrivait de r5contr] la nuit1 en my/rieux gr\pes de fantmes1 m>*ant la lueur du fanal de cuivre que portait un eunuque bton1 dans les rues du gr& ,/amb\l1 alors sil5cieux et sombre1 oppressant d'tre si f]m et si noir4 ,celles-l1 depuis des sicles1 n'avai5t pas volu2 sans rpondre cep5dant au type que l'on s'imag9e encore *ez n\s de l'odali/ique oisive et trop grasse1 fumant son t]nelle cig>ette et mangeant ses t]nelles sucr]ies1 elles tai5t de tranquilles et satisfaites recluses1 j\ant du lu? et de la viole1 disant des posies p]sanes1 ou bi51 trav]s les grilles de leurs f5tres1 contemplant le monde extrieur4--,et c'tait si beau1 en ce temps-l1 ce qu'il leur tait donn de contempl]6 ,c'tait si beau avant que nos fumes et nos f]railles euss5t comm5c de l'enlaidir1 ce dcor de l',ori5t1 avec les mosques1 les fonta9es et le ,bosphore ou la ,m>m>a que sillonnai5t les voili]s aux p\pes releves en *teau6--,etai5t-elles malheureuses1 ces ,turques d'autrefois1 malheureuses et t\rm5tes comme leurs petites-filles ou comme nos ,franaises d'auj\rd'hui8 ,je ne le p5se pas4 ,d'ailleurs1 elles avai5t des devoirs sacrs remplir1 on leur confiait un rle grave1 un sac]doce dans la vie3 l'ducation de leurs enfants1 et elles tai5t des mres admirables1 d'ailleurs tellem5t respectes1--oh6 bi5 plus encore que les mres de *ez n\s1--tellem5t c\tes1 qu'elles laissai5t sur leurs fils une empre9te qui ne s'effaait plus4 ,elles prp>ai5t ces hommes1 les vrais ,turcs d'autrefois1--je prie de ne pas confondre ,turc avec ,levant91 ni mme avec ,ottoman1--les vrais ,turcs d'autrefois1 dis-je1 qui1 avant les contacts trop prolongs avec n\s1 ne s'c>tai5t jamais des traditions de loyaut t\te preuve1 de noblesse1 de brav\re et de c\rtoisie4 ,le seul ct d\l\reux de la vie de ces aeules tait l'incessante introduction dans le mnage d'p\ses n\velles mesure que vieillissai5t les anci5nes4 ,mais les c>actres sont l-bas plus passifs et plus d\x qu'en ,france1 au dehors du mo9s2 entre elles1 t\tes ces femmes d'un mme matre devai5t t\j\rs se donn] le nom de surs1 et le plus s\v5t se supportai5t sans trop d'am]tume1 quelquefois mme s'aimai5t frat]nellem5t4 ,et puis c'tait l'usage immmorial2 on y tait prp>4 ,je ne crois donc pas qu'il y eut l de trop t]ribles sujets de s\ffrance4 ,non1 mais le plus f*eux1 c'e/ que cette quantit de surs donnait1 dans les familles1 la gnration suivante1 un vritable encombrem5t de belles-mres1--c> elles dev5ai5t t\tes belles-mres p\r les p\ses des fils du matre1 quels qu'ils fuss5t4 ,et je me s\vi5s qu'un j\r une dame turque dj ge1 fille d'un pa*a trs vieux jeu1 se plaignait une plus jeune1 en visite *ez elle1 d'avoir eu tr5te-deux belles-mres1--ni plus ni mo9s1 si je ne me trompe1--t\tes ent]res auj\rd'hui des kilomtres les unes des autres1 en diffr5ts cimetires de ,/amb\l1 ce qui la mettait dans l'obligation1 t\s les ans1 c]ta9e date qui correspond notre fte des morts1 de se lev] ds l'aube1 p\r avoir le temps dans sa j\rne de dire une prire sur la tombe de *acune d'elles1 a9si que l'usage le comm&e4 --,hlas6 lui rpondit en riant la jeune visiteuse1 tr5te-deux belles-mres mortes1 c'e/ une *>ge1 en effet2 mais qu'e/-ce que je dirai donc1 moi1 qui n'en ai encore que sept1 c'e/ vrai1 mais t\tes en vie6444 99 99 99 99 99 ,ensuite p>ur5t les gr&'mres et les mres de ces petites fleurs de s]re *aude qui sont les d]nires v5ues de la race des ,osmanlis4 ,dj un peu imbues d'ides occid5tales1 ces mamans qui fris5t auj\rd'hui la c9quanta9e ou la soixanta9e1 ces femmes qui mir5t au monde les petites or*ides d'auj\rd'hui2 dj t\t fait affran*ies de l'immuable co/ume anci51 sauf1 bi5 ent5du1 p\r sortir1 dj lisant nos livres1 et s'essayant p>l] nos langues4 ,je g>de le portrait de l'une d'elles1 dat de #ahhj2 adorablem5t jolie en ce temps-l1 elle avait commis cette faute d',islam 7p\r l'poque7 de se faire photographi]1 et m'avait envoy l'image avec cette ddicace3 ,la premire ,turque qui ait lu ,aziyad4 ,c'tait sign d'un nom de *at1 ou plutt d'un nom de *atte3 ,tkir1 qui quivaut l-bas au ,m\m\tte de *ez n\s4 ,des annes plus t>d1 en #aijd1 j'ai pu r5contr] la dame1 si longtemps inconnue2 encore belle1 avec ses *eveux te9ts1 elle tait en rvolte ouv]te contre la sque/ration des h>ems1 contre t\tes les traditions islamiques1 et s'affi*ait volonti]s libre p5seuse1 mme a?e4 ,plus t>d encore1 v]s #aiaa1 je la retr\vai agonisante aprs une maladie longue et cruelle2 p> un ret\r complet en arrire1 elle maudissait l',occid5t et *]*ait ressaisir sa foi p]due2 dans sa *ambre1 elle v\lait t\j\rs des prtres rcitant des prires de l',islam1 et elle envoyait bnir son l+e *ez les d]vi*es gurisseurs4 99 99 99 99 99 ,passons ma9t5ant celles que j'appelais t\t l'heure les petites or*ides4 ,oh6 combi5 dr\tantes1 div]ses et imprvues1 ces trs jeunes6 ,de mme que les t]ra9s vi]ges1 s\mis une culture int5sive1 font clore en hte des fleurs agr&ies ou tranges1 de mme ces jeunes ttes1 issues d'une longue srie de c]veaux que p]sonne ne fatigua jamais1 s'assimil5t presque trop aism5t t\tes les connaissances huma9es1 sci5ces1 philosophies1 littratures ou musiques4 ,il en rsulte1 en gnral1 des petites cratures savantes qui1 sans cess] d'tre prime-sautires et dlicieuses1 r5drai5t des po9ts nos agrges4 ,p> exception1 il en rsulte aussi quelques dsquilibres1 capables de t\t *avir] et de dev5ir les plus viol5tes suffragettes4 ,je connais mme un cas o l'ducation1 oprant reb\rs de t\s les prsages1 a donn une petite ractionnaire f>\*e1 qui se voile plus impntrablem5t1 refuse de p>l] aucune langue des infidles et n'admet que la littrature turque1 arabe ou p]sane4 ,et ce qu'elles sont g5tilles1 veilles1 ple9es de surprises1 t\tes ces petites n\velles v5ues1 plutt trop in/ruites mon gr6 ,ce qu'elles sont lgantes aussi1 et f9es dans leurs robes p>isi5nes1 ou mme s\s leur sombre t*>*af p\r la rue6 ,un de leur gr& *>me1 sans d\te1 c'e/ qu'en y reg>dant de prs1 on retr\ve en elles s\s ce prodigieux v]nis de mod]nisme1 des ,ori5tales qu& mme1 qui lis5t ,hafiz et ,sadi1 et qui le soir dis5t leur prire en arabe1 avant de s'endormir s\s un v]set du ,coran accro* au mur comme un tableau4 ,si tant de connaissances subv]sives ont cep5dant un peu branl la foi dans leurs mes de transition1 elles leur ont laiss1 comme leurs anes1 l'ard5t am\r de la patrie2 p5dant la gu]re balkanique1 t\tes les femmes turques1 jeunes ou vieilles1 ont eu des exaltations sublimes et des dv\em5ts sans bornes1 donnant t\t1 leur arg5t1 leurs bij\x1 leurs f\rrures1 soignant les blesss et p\ssant les hommes aux rsi/ances suprmes4 ,du re/e1 l'horrible tu]ie a eu p\r rsultat d'mancip] beauc\p d'entre elles1 de leur ouvrir quantit de c>rires o elles peuv5t gagn] leur pa9 sans le sec\rs des hommes tombs en mass sur les *amps de bataille2 elles tai5t dj pr(esseurs dans les lyces3 les voici infirmires dans les hpitaux1 directrices dans les ouvroirs4 ,il p>at mme que1 depuis mon d]ni] sj\r en ,turquie1 elles vi5n5t d'tre admises1 horreur6444 dans les tlphones1 ce qui m'a d'abord sembl la f9 de t\t6 ,a bi5 rfl*ir1 cep5dant1 c'tait t\t indiqu p\r elles1 ces emplois d'invisibles ne travaillant qu'au b\t d'un fil t5du2 mais non1 je n'arrive pas encore me reprs5t] ces petites fonctionnaires qui1 leur s]vice f9i1 quitt5t le bureau s\s la =me de fantmes noirs sans visage4 99 99 99 99 99 ,ce sont les femmes surt\t1 on le sait1 qui1 p\r essay] de s'affran*ir1 ont fait la gr&e rvolution de ,turquie4 ,or1 voici quoi se rsumai5t peu prs les ju/es rev5dications de ces insurges1 de celles du mo9s qui ont assez de bon s5s et de gt p\r ne pas dsir] quitt] le voile4 ,d'abord le droit de voyag]1 de v5ir en ,occid5t1 et l elles ont dj ga9 de cause4 ,ensuite le droit de recevoir des hommes dans leur salon et de conv]s] avec eux2 ce deuxime po9t e/ peu prs accord1 bi5 que tacitem5t4 ,et enf9 le droit de *oisir elles-mmes leur p\x2 cela1 elles l'obti5dront bi5tt1 sans d\te1 et alors se dcl>]ont p\r un temps satisfaites4 99 99 99 99 99 ,il y a une qu9za9e d'annes peu prs1 le sultan ,abdul-,hamid1 qui semblait cep5dant la figure ressuscite d'un khalife des temps passs1 avait dj lui-mme donn l'exemple de cette tolrance en autorisant sa fille *rie pr5dre le m>i qu'elle *oisirait4 ,ce fut1 du re/e1 un s9i/re m>iage1 qui f9it en tragdie4 ,je vais dire les dtails de cette hi/oire peu connue1 tels qu'ils m'ont t conts et affirms p> des (fici]s de la ,c\r4 ,on sait qu',abdul-,hamid avait dtrn son frre1 le sultan ,m\rad1 et le t5ait enf]m dans le m]veilleux palais de m>bre de ,t*]agan1 o il m\rut aprs v+t-huit ans de captivit4 ,m\rad avait une fille1 ,khadidj-,sultane1 du mme ge que celle du s\v]a9 rgnant1 et les deux jeunes c\s9es tai5t dev5ues insp>ables4--,je me s\vi5s d'avoir une fois vu pass]1 dans sa voiture aux glaces f]mes1 cette ,khadidj-,sultane1 fille de l'imprial captif1 et son voile transp>5t m'avait rvl sa beaut1 qui fut clbre dans les h>ems2 le temps d'un clair1 j'avais entrevu ses gr&s yeux noirs1 un peu t]ribles1 des yeux d'aigle comme en ont la plup>t des pr9ces de la dyna/ie d',osman1 et sa blonde *evelure de ,circassi5ne1 t\t en or4--,p\r les dames de la c\r d',abdul-,hamid1 l'tiquette v\lait qu'elles fuss5t t\j\rs en t5ue de gala1 robes dcolletes1 de *ez nos plus gr&s faiseurs2 des nuances claires1 des bleus1 des roses1 et beauc\p de fleurs au corsage4 ,mais ,khadidj-,sultane1 la fille du prisonni]1 s\s prtexte de faire valoir ses blonds *eveux1 s'ob/9ait ne se vtir que de noir1 sans un ornem5t sur sa toilette longue trane2 si j'avais t le s\v]a91 peut-tre me s]ais-je mu de cette tranget funraire444 ,le j\r mme o ,abdul-,hamid m>ia sa fille prfre avec le fianc qu'il lui avait p]mis de *oisir1 il v\lut m>i] aussi sa nice1 la jeune sultane en deuil1 et lui dsigna un p\x qui1 p>at-il1 avait t\t p\r plaire1 mme la beaut4 ,en ,turquie1 un pr9ce du sang n'a le droit d'p\s] qu'une pr9cesse ou une esclave4 ,mais une pr9cesse peut se m>i] avec un homme de haute condition quelconque1 t\t en cons]vant ses titres et ses droits d',altesse impriale2 c'e/ a9si qu'en ce mom5t mme1 ,env] pa*a p\se une nice de ,sa ,maje/ ,mahom$ ,v4 ,p\r les deux n\veaux c\ples1 unis le mme j\r1 ,abdul-,hamid avait fait btir des palais p>eils1 qui sont re/s l1 frais et *>mants1 au bord du ,bosphore4 ,entre c\s9s g]ma9s1 autant qu'entre frres1 on a le droit de se voir1 et1 comme les j>d9s communiquai5t1 ces jeunes mnages vivai5t presque ensemble4 ,alors1 la belle sultane en vtem5ts noirs qui1 depuis l'enfance1 ne rvait qu'au moy5 de v5g] son pre en frappant son oncle1 rsolut d'atte9dre ce d]ni] au cur1 en lui enlevant l'enfant qu'il adorait4 ,elle j\a donc de sa beaut p\r affol] d'am\r le m>i de sa c\s9e1 et1 ds qu'elle lui vit la tte assez p]due1 elle v9t lui dire3 ,c'e/ bi5 simple2 empoisonnez votre femme1 j'empoisonn]ai mon m>i1 et je promets de v\s p\s]4 ,mais comm5cez1 n'e/-ce pas4 ,voici un poison donn] *aque j\r p> g\tte2 il e/ l5t et sr et ne laisse pas de trace4 ,la jeune sultane condamne ne t>da pas dprir1 malgr le dsespoir du s\v]a91 qui runissait aut\r d'elle les plus m95ts docteurs1--jusqu'au mom5t o une lettre de la meurtrire son complice fut saisie p> des espions1 et porte au palais d',yeldiz4 ,abdul-,hamid fit aussitt appel] sa nice4 ,elle comprit4 tre appel ,yeldiz avait en ce temps-l une signification inf9im5t r$\table4 ,elle fit ses adieux ceux qu'elle aimait1 revtit ses plus beaux at\rs sombres1 comm&a d'attel] sa plus belle voiture et p>tit escorte de laquais et d'eunuques4 ,c'e/ a9si1 hauta9e et magnifiquem5t p>e1 qu'elle fran*it les portes t]ribles1 et1 comme tant d'autres1 m&s l avant elle1 on ne la vit sortir jamais4 ,ju/ice avait t faite1 dans le my/re et le sil5ce1 la mode eff>ante d',yeldiz1 et p]sonne1 bi5 ent5du1 n'osa s'enqurir1 p]sonne mme n'osa plus prononc] son nom1 qui p>ut s'tre effac s\da9 de t\tes les mmoires4 ,j'ai rapport cette hi/oire p>ce qu'elle m'a p>u typique4 ,il en allait a9si s\s le rgne de ce sultan1 qu'on appelait le ,sultan r\ge1 mais qui fut qu& mme une gr&e figure1 et que j'ai des raisons p]sonnelles de df5dre1 presque d'affectionn]1 si mon/rueux que cela puisse p>atre aux non-initis qui m'ent5d5t4 ,je ne conte/e pas1 il va sans dire1 qu'une oppression manait de son seul vois9age2 on ne prononait son nom que t\t bas et en tremblant4 ,dans une zone de quelques c5ta9es de mtres1 le long de son imm5se enclos g>d p> des milli]s de soldats en armes1 il fallait faire sil5ce ds la tombe de la nuit2 pas de musiques1 pas de *ants1 pas de runions du soir1 pas trop de lumires non plus2 sur ces ent\rs trop immdiats1 on s5tait plan] de la mort444 ,qu& mme1 je ne puis me rappel] sans s\rire comm5t les petites frondeuses d'alors1 au c\rant du c\p d'tat projet1 le dsignai5t entre elles1 t\t en baissant la voix2 c'tait un dim9utif de son nom1 dans la manire de vos apa*es p>isi5s qui dis5t1 p>at-il1 ,gugusse ou ,totor4 ,il fallait ent5dre avec quelle ha9e elles prononai5t cela1 et en mme temps avec quelle ironie1 cep5dant t]rifie1 et c'tait d'une drl]ie /upfiante1 dans ces b\*es d',ori5tales1 trav]s le voile au/re3 elles l'appelai5t ,dudul6 ,c'tait hi] ce drame des deux sultanes1 et on dirait presque un conte d'autrefois1 tant la ,turquie a m>* vite depuis sa rvolution4 ,aut\r du palais actuel1 plus de f>\*es murailles1 plus de soldats3 des plates-b&es de fleurs4 ,les portes sont ouv]tes1 accueillantes1 et le n\veau sultan matre du logis v\s rassure ds l'abord p> son reg>d de bi5veillance et de bont4 99 99 99 99 99 ,mesdames1 je v\s dem&e votre sympa?ie p\r la femme turque de nos j\rs1 qui s'veille trop vite1 qui s'veille d\l\reusem5t1 aprs des sicles d'un presque heureux sommeil4 ,accordez-la1 votre sympa?ie1 votre sympa?ie dv\e et agissante1 celles qui1 d]rire les grilles encore f]mes des h>ems1 se s5t5t prises t\t c\p de rvolte et de v]tige1 celles qui sont comme les *elons angoisss et presque torturs entre les musulmanes d'autrefois et les musulmanes de dema94 ,allez un peu v]s elles--,con/ant9ople n'e/ plus1 hlas6 qu' deux j\rs de ,p>is--correspondez avec elles1 recevez-les lorsqu'elles vi5n5t *ez n\s2 aidez-les de votre acquis1 et conseillez-leur de ne pas c\rir trop vite dans les r\tes inconnues qui mn5t l'av5ir4 ,ce sont vraim5t vos surs1 je v\s assure1 c>1 malgr les t5dances allem&es de leur g\v]nem5t1 malgr l'odieuse campagne m5e contre leur pays en dtresse p> c]ta9s de nos j\rnaux plus ou mo9s v5dus au petit ,nron de ,bulg>ie1 malgr tant de basses injures qui aurai5t d les dta*] de n\s jamais1 c'e/ t\j\rs v]s la ,france qu'elles t\rn5t les yeux1 t\tes ces colires ou ba*elires des n\velles c\*es4 ,ces jeunes femmes encore voiles sont les vraies et les seules ,franaises de l',ori5t4 ,il suffit d'ailleurs1 p\r s'en conva9cre1 de les c\t] p>l] notre langue si purem5t1 avec des intonations un peu musicales qui la r5d5t plus jolie4 ,oh6 oui1 elles sont ess5tiellem5t vos surs1 p> l'esprit et p> la culture de leur esprit4 ,leurs lettres du re/e le pr\v5t assez1 ces pauvres lettres de captives que j'ai int]cales--sans y *ang] mme une virgule1 je le jure--dans un de mes d]ni]s livres1 et dont v\s v5ez d'ent5dre lire un si au!ntique1 hlas6 et si in\bliable passage444#aj ,p\r f9ir1 je suis bi5 oblig1 malgr mon dda9 p\r le progrs1 de reconnatre1 avec t\t le monde1 que c'e/ un mal incurable1 et que la m>*e en arrire n'e/ plus possible4 ,alors1 puisque la situation des femmes en ,turquie e/ dev5ue presque un supplice avec l'ducation n\velle1 je me rallie p> =ce ceux de mes amis turcs qui sont d'avis de bris] mille *oses du gr& pass4 ,et je dis avec eux1 mais non sans inquitude3 oui1 ouvrez t\tes les cages1 ouvrez t\s les h>ems444 ,cep5dant ne les ouvrez pas trop vite1 de peur que les jeunes oiseaux prisonni]s ne pr5n5t un vol p]du1 avant de bi5 savoir encore o les conduiront leurs ailes inexprim5tes et fragiles4 ,,simple ,,g5tillesse ,,entre ,,vois9s ,octobre #aiaf4 ,quelque "p dans notre ,france1 t\t prs de la t]rible frontire qui brle1 s'lve cette g5tille cime1 que rec\vr5t des b\quets de p9s1 des pel\ses1 des m\sses1 et qui p>at t\t innoc5te2 une petite cime mode/e1 qui n'a l'air de ri5 comp>e aux vraies montagnes du vois9age1 mais o l'on respire dj qu&1 mme le bon air pur des altitudes1 et d'o l'on dom9e des lo9ta9s pr(onds3 en reg>dant v]s l',e/1 le ct qui n\s procupe1 c'e/ une l>ge1 une imm5se valle1 avec des *amps1 des ruisseaux1 des villages1 et puis1 f]mant la vue1 une *ane de hauts sommets tapisss de =ts4 ,de ce ct-l1 qui p>at si tranquille1 quelque *ose de tragique se pass]a bi5tt1 l'heure sans d\te prcise qui n\s a t confid5tiellem5t annonce1 et n\s att5dons4 ,il fait un temps t\t fait r>e1 en cette rgion o l'automne1 d'habitude1 e/ prcoce et sombre2 le ciel1 sans un nuage1 e/ d'une tonnante limpidit bleue1 et le soleil--un peu mlancolique cep5dant1 sans que l'on puisse expliqu] p\rquoi--rayonne et *auffe comme si l't ne v5ait pas de f9ir4 ,p\r un peu1 on s]ait t5t de s'allong] sur l'h]be pe9e froide1 o quelques t>dives scabieuses fleuriss5t encore4 ,dans un gr\pe de jeunes p9s bi5 v]ts1 se dissimule un de ces petits villages1 comme nos soldats ont appris en con/ruire un peu p>t\t le long du front2 moiti s\t]ra9es1 les maisonnettes ont cep5dant devant leurs portes des j>d9ets de p\pe1 bi5 soigns1 bi5 entret5us1 jusqu'aux geles de dema9 qui vont les anantir4 ,et une c9quanta9e de canonni]s viv5t l1 lo9 de t\t1 en ,rob9sons1 mais cont5ts et de belle m9e4 ,dans ce mme bosquet1 il y a aussi des canons de #ge1 mais qui n'ont pas l'air m*ant2 demi ca*s s\s de frais bran*ages1 bi5 cam\fls1 bi5 pe9turlurs1 t\t zbrs de v]t1 de brun ou d'ocre1 ils ressembl5t plutt1 comme pelage1 de gros lz>ds qui sommeill]ai5t dans les br\ssailles4 ,bi5 ent5du1 il suffirait de deux secondes p\r les db>rass] de leur v]dure et les dress] presque deb\t1 po9ts v]s les nuages1--c> c'e/ t\j\rs en l'air qu'ils travaill5t1 ceux-l1 tant de/9s et ex]cs dcro*] du ciel les avions bo*es4 ,il en vi5t s\v5t p> ici1 de ces oiseaux de mort1 et con/amm5t des hommes de guet se relv5t1 scrutant t\tes les rgions du ciel qui1 auj\rd'hui p> gr&e exception1 e/ si magnifiquem5t bleu4 ,ds qu'un avion app>at1 en un po9t quelconque de l'espace1 un c\p de sifflet spcial met t\t le monde en veil4 ,et combi5 ils sont habitus et habiles1 ces guetteurs1 di/+u] les unes des autres les diffr5tes espces de ces oiseaux de f]6 ,a leur env]gure1 leur c\leur1 des ri5s insaisissables p\r les non-initis1 ils les reconnaiss5t t\t de suite1 mme dans l'extrme lo9ta94 ,depuis que n\s sommes l1 att5dre1 plusieurs fois le c\p de sifflet annonciateur a rompu le sil5ce et t\t le monde s'e/ r$ress1 prt c\rir aux pices de canon4 ,mais aussitt les veilleurs ont cri3 ,non1 ne b\gez pas1 c'e/ un franais1 c'e/ un ,nieuport1 ou c'e/ un ,f>man444 ,alors *acun a repris sa rv]ie tranquille4 ,il e/ du re/e tonnant qu'aucun oiseau bo*e n'ait encore p>u1 et1 si cela cont9uait1 j'aurais p]du ma j\rne1 moi qui avais t envoy ici p\r exam9] comm5t ces canonni]s se dbr\ill5t p\r les vis] et les desc5dre4 ,mais il en vi5dra srem5t ce soir1 qu& le drame comm5c]a4 ,au premi] abord1 c'e/ invraisemblable que des *oses tragiques puiss5t se pass] t\t l'heure dans l'imm5se1 et si v]te1 et si paisible valle qui se dploie s\s nos pi$s4 ,en reg>dant bi5 p\rtant1 on s'ap]oit que t\t n'e/ pas normal dans le pr(ond paysage et que cette paix n'y e/ sans d\te que mom5tane4 ,il y a d'abord des raflures s+ulires sur ces montagnes1 si magnifiquem5t boises de sap9s1 qui l-bas v]s l',e/ born5t le *amp de la vue comme une haute muraille2 dans les =ts qui les rec\vr5t1 app>aiss5t et l des plaques dnudes1 un peu comme si le somptueux manteau de vel\rs v]t avait t t\* p> des mites1 et1 la longue-vue1 on di/+ue qu'il n'y a plus1 en ces endroits-l1 que des squelettes d'arbres1 t\t dplums et d*iquets3 ce sont des po9ts /ratgiques contre lesquels se sont a*>ns les canons444 ,et1 la longue-vue galem5t1 les maisons1 les glises de c]ta9s villages se rvl5t en gr& ds>roi1 =tem5t cribles p> les obus4--,mais cep5dant1 combi5 t\t e/ calme1 auj\rd'hui1 et confiant1 s\s cette belle lumire1 dj dore p> l'appro*e du soir6 ,non1 impossible d'imag9] que1 dans quelques m9utes1 la ,mort va rev5ir ici d*an] ses bac*anales444 ,sur une *>mante petite pel\se en grad9s1 paillete de scabieuses et de quelques d]ni]s b\tons d'or1 n\s n\s sommes in/alls--un peu trop en vue des ,bo*es peut-tre1--mais si bi51 et comme dans une sorte d'avant-scne1 d'o n\s ne p]drons ri5 du gr& spectacle4 ,a l'il nu on peut aism5t suivre1 dans la pla9e en contre-bas1 les lignes des tran*es ennemies et des ntres1 qui ressembl5t de l>ges sillons de lab\r1 et qui sont tonnantes d'tre si vois9es2 deux c5ts mtres pe9e les sp>5t1 et cep5dant ri5 ne b\ge444 ,depuis longtemps1 p>at-il1 on vivait a9si1 p> une sorte d'accord tacite1 se reg>d] sans se faire mal1 comme il arrive en c]ta9s po9ts du front4 ,mais voici une huita9e de j\rs que les autres sont dev5us agressifs1 tirant sur t\t rassemblem5t qui se =me1 sur t\te tte casque de bleu qui sort d'un tr\2 c'e/ p\rquoi on leur a prp> la trs g5tille surprise de ce soir4 ,cep5dant1 l'heure e/ passe1 le soleil dcl9e1 et le sil5ce p]si/e444 ,alors1 mots c\v]ts1 je fais tlphon] une de nos batt]ies1 qui e/ dans la pla9e1 dissimule p>mi des saules1 p\r dem&] si p> has>d il y a contre-ordre1 c>1 dans ce cas-l1 je m'en irais1 moi1 visit] un autre po/e de tir1 avant que la nuit tombe4 7,des fils lectriques c\r5t ma9t5ant p>t\t1 invisibles1 demi ent]rs1 reliant ensemble t\s nos ouvrages2 mais il e/ prud5t de n'y p>l] que p> s\s-ent5dus1 cause des oreilles bo*es1 sans cesse aux c\tes47 ,on me rpond quelque *ose comme ceci3 ,ne v\s en allez pas4--,ah6 compris6 ,donc1 att5dons encore4 ,ti5s6 ,voici ma9t5ant une musique militaire qui n\s arrive1 al]te et joyeuse1 du fond de la valle2 c'e/ celle d'un de nos rgim5ts qui e/ cantonn p> l1 au repos1 dans un village2 elle avait pris l'habitude de se faire ent5dre *aque soir p\r gay] les soldats1 et1 si elle se taisait cette fois1 cela p\rrait donn] p5s]1 dans les tran*es d'en face4 ,mais c'e/ drle1 cet air d'oprette s]vant d'ouv]ture la =midable symphonie qui va clat] de t\tes p>ts4 ,t\j\rs ri51 pas mme un avion dans le ciel sur quoi tir]1 et il e/ quatre heures4 ,comme s'il n'y avait aucune m5ace pro*a9e1 un b]g] passe prs de n\s1 ram5ant des va*es dbonnaires1 qui *em95t avec un bruit de clo*ettes4 ,le soleil e/ dj assez bas p\r que des te9tes de cuivre r\ge comm5c5t d'app>atre2 un froid s\da9 monte de la t]re1 et il semble que le calme se fasse plus pr(ond mesure que baisse le j\r4 ,c]tes1 ils ne se d\t5t de ri51 eux l-bas2 la longue-vue on ne voit p]sonne dans leurs tran*es4 ,et n\s-mmes1 ici1 causant d'autre *ose1 n\s f9issons presque p> oubli]1 di/raits p> la longueur de l'att5te444 ,mais t\t c\p la t]re tremble4 ,un or*e/re gant1 compos sans d\te de mille contrebasses1 attaque un morceau t]rible1 attaque subito1 =tissimo et furioso1 comme conduit p> le bton de quelque *ef d'or*e/re halluc94 ,les p>ois des montagnes vibr5t de t\s cts1 t\s les *os rpt5t et amplifi5t4 ,on dirait que1 et l1 des volcans vi5n5t de s'ouvrir1 n'importe o1 aussi bi5 dans les pla9es que sur les plus hauts sommets2 leurs cratres1 qu'on n'aurait jamais s\ponns1 vomiss5t t\s ensemble de l\rdes fumes sombres1 avec un bruit cav]neux1 un fracas de cataclysme4 ,ce sont nos batt]ies franaises de t\t calibre1 les pro*es et les lo9ta9es1 qui tai5t dissimules un peu p>t\t et qui1 l'appel des fils lectriques1 ont fait clat] l'orage avec un /upfiant ensemble4 ,dans le conc]t1 l'oreille ex]ce di/+ue les diffr5ts sons de la tu]ie1 les basses-tailles de l'artill]ie l\rde1 l'espce de tamb\r9em5t gogu5>d des crap\illots1 le bruit sec et d*irant des #ge4 ,et t\t cela conv]ge sur les tran*es bo*es2 de prs1 ou de qu9ze ou v+t kilomtres de di/ance1 t\t cela leur tombe dessus en avalan*e1 et les voici bi5tt ensevelies s\s un pais nuage blan*tre1 de mauvais aspect1 que nos canons leur envoi5t et qui e/ une fume d'inv5tion n\velle1 capable elle seule de donn] la mort4--7,c'e/ eux1 on le sait1 qui les avai5t inf]nalem5t imag9s1 ces obus asphyxiants3 longtemps n\s avions rpugn en faire usage1 mais la f9 il a bi5 fallu n\s dcid] les en arros] un peu1 p> reprsailles74 ,en mme temps qu'clatai5t ces bac*anales de ,madame la ,mort1 un vol d'avions franais s'e/ lev trs vite1 comme p> magie1 et ma9t5ant ils t\rnoi5t t\s1 ju/e au-dessus de nos ttes1 ins\ciants et presque ironiques au milieu de petites h\ppes de fume brune1 que l'ennemi leur lance et qui sont des clatem5ts d'obus4 ,ah6 enf91 n\s allons donc p\voir faire notre *asse ari5ne1 c> voici des avions bo*es qui se dcid5t arriv]6 ,il e/ vrai1 deux ou trois seulem5t1 qu& les ntres sont une diza9e2 mais c'e/ gal1 le sifflet de nos veilleurs a ret5ti aussitt1 p]ceptible malgr le vac>me1 et1 en quelques secondes1 nos #ge1 l1 deux pas d]rire n\s1 se dress5t deb\t v]s le ciel1 et cra*5t en l'air sur les n\veaux arrivants1 cra*5t nos obus1 dont les h\ppes de fume1 au lieu d'tre brunes1 sont trs blan*es sur le beau bleu d'en haut4 ,et ils tir5t1 ils tir5t c\ps prcipits2 leur voix si pro*e1 dure et brisante1 dom9e p\r n\s le fracas s\rd qui emplit les lo9ta9s2 on p\rrait presque dire que c'e/ eux qui font le *ant1 la p>tie haute1 et que t\s ces cratres1 en ruption dans les al5t\rs1 ne reprs5t5t plus p\r n\s que l'accompagnem5t444 ,devant cet accueil1 ils se sauv5t tire d'aile1 les trois oiseaux bo*es1 p\rsuivis du re/e p> les ntres1 et bi5tt ils disp>aiss5t1 mme p\r les yeux clairs de nos guetteurs4 ,et la comdie e/ j\e1 et le rideau p\rrait tomb]4 ,s\da9em5t1 p>t\t la fois1 le sil5ce revi5t1 comme si la baguette du *ef d'or*e/re s'tait t\t c\p rompue1 et on e/ tonn de ne plus ent5dre de bruit4 ,a pe9e a-t-elle dur #ab m9utes1 la gr&e symphonie1 mais c'e/ tant qu'il en fallait p\r le rsultat obt5ir4--,et n\s n\s s5tons presque confus1 n\s1 d'tre re/s l sur le tapis de m\sse et d'avoir1 cette fois1 j\i t\t fait en amateurs de cette ferie de bataille1 alors que peut-tre1 en ce mom5t mme1 sur d'autres po9ts de la frontire1 tant de soldats de ,france sont aux prises avec l'horreur et la mort444 ,l'horreur et la mort1 elles sont l sans d\te1 t\t prs1 s\s l'pais nuage de fume gristre qui cont9ue d'envelopp] la tran*e bo*e2 mais *ez n\s1 ri5 de semblable assurm5t1 c> l'ennemi dcont5anc n'a tir qu'en l'air sur nos avions1 et encore sans les atte9dre4 ,et comme ils sont jolis1 vus d'o n\s sommes1 nos vifs oiseaux de ,france1 qui font l-haut un d]ni] t\r1 en rond1 avant de r5tr] au gte6 ,p5dant que l'ombre comm5ce d'te9dre t\tes les *oses t]re/res1 eux1 qui voi5t encore le soleil1 sont clairs en fte1 et on dirait d'un vol de m\ettes v5tre blanc sur lequel j\5t des rayons qui les color5t en rose4 ,ma9t5ant voici une autre sorte de bruit1 beauc\p plus discret mais qui n\s fait r$ev5ir graves3 les crpitem5ts presss de la m\squet]ie4 ,c'e/ donc que notre attaque e/ dclan*e et que des vies prcieuses sont en jeu4 ,cela se passe beauc\p plus lo9 de n\s1 c>1 p> ruse1 n\s attaquons ailleurs que dans la p>tie bomb>de1 et d'ici n\s ne p\rrons ri5 voir2 c'e/ dema9 seulem5t que n\s aurons les n\velles dont n\s s]ons jusque-l trs anxieux4 ,la valle si bruyante t\t l'heure1 mais plonge prs5t dans un froid sil5ce1 prs5te au crpuscule d'tranges aspects4 ,comme il n'y a pas un s\ffle dans l'air1 t\tes ces fumes que vi5n5t de lanc] nos canons de la pla9e1 trop l\rdes p\r s'lev]1 trop d5ses encore p\r se diss\dre1 re/5t et l1 poses en masses prcises1 comme des nuages obscurs qui s]ai5t tombs du ciel et ne saurai5t plus y remont]4 ,quant aux fumes de nos plus hautes batt]ies de montagnes1 elles gliss5t trs l5tem5t v]s les prairies basses1 elles gliss5t en frlant les =ts de sap9s qui dval5t des cimes2 on dirait d'normes et p>esseuses cascades en ouate grise444 99 99 99 99 99 ,c'tait bi5 peu de *ose1 cette attaque1 auprs des gr&es batailles2 une simple g5tillesse entre vois9s1 p\rrait-on dire1 une f>ce nos envahisseurs4 ,mais t\t a t si adroitem5t m5 que n\s compt]ons srem5t au tableau quantit de bo*es1 tus ou prisonni]s4 ,et1 aux r5seignem5ts exacts de la mat9e suivante1 t\s leurs abris sont dmolis2 t\s leurs nids de mitrailleuses1 b\lev]ss4 ,n\s aurons donc une trve1 dans cette valle1 p\r plusieurs j\rs4 ,,les ,,pati5ces ,,s\t]ra9es ,ju9 #aijc4 ,je vais p>l] d'un lieu qui1 plus encore que l'oasis des ,oul$-,nalia1 *appe nos mod]nes agitations3 t\t y e/ demeur tel qu'il y a c5t mille ans1 l'homme de l'ge de pi]re y reconnatrait presque sa r\te et son gte4 ,mais c'e/ un lieu s\t]ra91 c'e/ la grotte de ,s>e1 l'un de ces nombreux palais p\r les ,gnomes que les sicles ont m9utieusem5t orns1 avec leurs pati5ces quasi-t]nelles4 ,entre des montagnes tapisses de f\gres et de *nes1 le tranquille village de ,s>e e/ un peu le cur du pays basque1 le reco9 isol o les traditions et la langue si antiques se sont cons]ves presque pures#aa4 ,de l1 p\r se r5dre la grotte#ab1 on a longtemps m>*]1 mont]1 p> de mauvais s5ti]s1 trav]s une rgion plus solitaire1 boise surt\t de gr&s *taigni]s qui se meur5t#ac4 ,le mal qui les tue a comm5c p> les *taigni]s de ,prov5ce2 il e/ sans d\te une des moisissures *>ges de dp\ill] notre plante trop vieille3 on sait que les *nes1 les ormeaux1 les fusa9s1 les lauri]s ont aussi ma9t5ant *acun son microbe rongeur4 ,qu& on a fait un peu plus d'une lieue dans cette pre campagne qui se dnude1 on se tr\ve t\t c\p en face d'un por*e colossal1 ouv]t au flanc d'un coteau2 il e/ orn d'une quantit de p5d5tifs en pi]re grise qui ont des =mes de glaons2 il e/ frang de feuillages retombants1 de ronces qui s'allong5t comme des lianes2 la vote en e/ surbaisse1 crase2 il donne dans du noir et on dirait quelque entre non p]mise qui plong]ait aux entrailles mmes de la t]re4 ,il faut se recueillir devant ce lieu d'ombre1 inf9im5t plus vnrable que les plus primitifs sanctuaires huma9s1 c> il fut l'un des b]ceaux de nos gr&s anctres au front bas et au corps velu4 ,aprs les d]nires t\rm5tes gologiques1--il y a c9q c5t1 huit c5t mille ans1 on ne sait gure1--qu& les ro*es1 dans cette rgion1 r$ev9r5t immobiles1 elles re/r5t comme sp>es en lames imm5ses1 qui laissai5t des vides entre elles4 ,et ce fur5t d'abord des espces de salles tonnamm5t pr(ondes1 mais peu sres1 qui m5aai5t de s'effondr]4 ,mais v9r5t les /alactites et les /alagmites qui1 avec des pati5ces1 avec des l5teurs pe9e concevables p\r les phmres que n\s sommes1 entreprir5t de les consolid]1 bau*ant p>t\t ces votes1 ces cloisons1 ces contre=ts1 ces pili]s auj\rd'hui si puissants1 si trapus1--et dont *aque millimtre d'paisseur reprs5te presque l'apport d'un sicle6 ,et qu& les salles s\t]ra9es1 de p> la magie des su9tem5ts calcaires1 fur5t a9si divises en nefs1 en gal]ies1 en clotres sup]poss1 mme en ca*ettes aux portes troites et faciles df5dre1 des htes1 clos d'hi] la lumire du monde1 comm5cr5t de v5ir peureusem5t y *]*] asile3 ce fut le lion gant1 ce fut l'ours des cav]nes1 et enf9 ce fut l'homme6444 ,d'o tait-il donc issu1 celui-l1 quelle tait sa filiation8444 ,il diffrait de n\s1 c'e/ accord2 son crne oblique au front fuyant1 les tr\s de ses yeux trop enfoncs s\s l'arcade s\rcilire font peur voir1 et le gorille lui ressemble4 ,mais t\t de mme c'tait l'homme2 il taillait des outils1 il dess9ait des figures1 il avait dj l'ide d'ensevelir ses morts4 ,entre lui et le s+e le plus vois91 le trait d'union manque t\j\rs1--et aprs t\t1 qu& on le tr\v]ait1 ce s9i/re trait d'union que l'on s'ob/9e *]*]1 re/]ait se dem&] ensuite3 et le premi] s+e1 d'o sortait-il8 ,on a beau f\ill] le sol1 int]rog] m9utieusem5t et ardemm5t les c\*es gologiques1 aucun int]mdiaire n'app>at entre lui et les mollusques ou les sauri5s des priodes primitives3 il a t\j\rs t le s+e4 ,et1 de mme sans d\te1 l'homme qui1 dans la nuit des ges1 hantait cette grotte au por*e imm5se1 avait t\j\rs t l'homme4 ,la t]re mme qui e/ devant cette entre1 la t]re seule1 p\r peu qu'on la creuse1 raconte la vie qui f\rmilla jadis dans la gigantesque tanire obscure3 on y retr\ve des silex polis p> les premires ma9s huma9es1 des ossem5ts de btes jamais disp>ues1 des df5ses de mamm\?1 des d5ts du gr& lion ou du gr& ours4 ,et le mo9dre de ces dbris e/ p\r voqu]1 ds qu'on y songe1 les nuits ple9es de transes1 les luttes =c5es des griffes contre les ha*es de pi]re1 les b\*]ies sanglantes et les voraces mangeurs444 ,mais1 depuis des sicles et des sicles1 la scurit1 le sil5ce ont remplac dans ce lieu les c>nages et la peur4 ,de nos j\rs1 quelques braves contreb&i]s peut-tre s'y ca*5t encore4 ,autrem5t il n'y vi5t gure que des tr\peaux de bufs1 des tr\peaux de m\tons qui1 sans s'av5tur] trop lo9 au milieu d'une si l\rde nuit1 *]*5t de la fra*eur l'entre qu& le soleil brle ou un abri qu& les av]ses tomb5t4 ,s\s ce por*e1 plus va/e que celui des ca?drales1 si l'on s'avance1 on ent5d bruire des eaux s\t]ra9es#ad1 et on di/+ue l-bas1 dans l'obscurit1 des pili]s massifs1 entre lesquels s'ouvr5t des c\loirs sombres4 ,on peut *oisir la gal]ie que l'on veut1 c> t\tes sont ple9es d'tonnem5ts et presque t\tes sont inf9ies2 elles mont5t1 elles desc5d5t1 elles se crois5t1 elles se divis5t et s'tag5t les unes p>-dessus les autres4 ,c'e/ un monde de nefs aux trs fanta/iques ar*itectures1 et1 t\t cela1 on le croirait taill1 = dans la pi]re vive1 dans une seule et mme pi]re blan*e qui ne prs5te jamais aucune lz>de1 aucune fissure2 t\t cela donne l'impression d'une solidit immuable et t]nelle2 aussi ne s'p\vante-t-on po9t de voir s'avanc] au-dessus de soi1 comme jaillissant et dta*s des p>ois surplombantes1 tant de blocs tranges1 p>eils des ttes de squales1 de vagues dragons1 des embryons de mon/res4 ,les fanaux que l'on porte rvl5t p>t\t d'extravagantes =mes blan*es1 qui se p5*5t sur v\s1 qui ont l'air prtes s'lanc] p\r engl\tir1 mais qui sont figes l depuis les plus vieux temps de la ,t]re4 ,et une petite musique d\ce ne cesse de v\s suivre jusque dans les d]nires pr(ondeurs de la montagne2 elle se fait de t\s les cts la fois1 elle e/ le ruissellem5t des myriades de g\ttes d'eau sur les murailles1 elle e/ leur bruit de f9e pluie1 rp]cut p> la sonorit des votes4 ,elles *ant5t en travaillant1 les g\ttes d'eau444 ,or1 on les ent5dait dj *ant] ici leur mme *anson au temps des gr&s sauri5s1 des gr&es btes de cau*em>1 et c'e/ elles ensuite qui ont b]c le sommeil cra9tif des premi]s hommes au crne dprim2 c'e/ elles qui sont l'uvre depuis des milli]s de sicles p\r la con/ruction de ce palais b>oque et prodigieux1 *acune apportant l'difice un imp]ceptible atome de calcaire1--et1 comme elles n'ont pas f9i1 comme elles ne f9iront jamais1 comme il s'agit d'aj\t] encore des ornem5ts p>t\t1 des franges1 des d5telles aux pili]s et aux plafonds blancs1 leur voix de cri/al p]si/e t\j\rs1 monotone1 ob/9e1 aussi t]nelle que les pati5ces de la nature#ae4 ,dans t\tes les gal]ies o l'on se promne1 des tr\es de la vote sont l p\r v\s montr] qu'il y a d'autres gal]ies encore passant au-dessus1 et aussi des tr\es dans le sol1 p\r que v\s sa*iez qu'il y en a d'autres se p]dant en dess\s2 les c\loirs se multipli5t1 se crois5t1 s'en*evtr5t en ddale--un ddale t\j\rs plem5t blanc1 dont les p>ois froides et m\illes1 rigides comme du m>bre1 ont des rondeurs molles1 affect5t d'inquitantes =mes animales1 ou bi5 se p5*5t sur v\s1 en simulant les ondulations d'une t(fe que le v5t dplie4 ,en vrit1 la fantaisie des g\ttes d'eau cratrices fut innombrable1 impossible prvoir1 et d'une trop my/rieuse extravagance6 ,les votes1 en beauc\p d'endroits1 ont des cont\rnem5ts que l'on ne s'explique pas1 des cont\rnem5ts en vrille2 elles mont5t1 elles mont5t jusqu' dix1 v+t1 tr5te mtres1 rtrcissant de plus en plus leurs t\rs de spire1 et a9si on a l'impression de circul] dans l'intrieur de colossales conques m>9es1 vides1 dont la po9te s]ait en haut trs lo91 si lo9 que le jet de lumire des fanaux n'y atte9t plus4 ,p> places1 la dcoration a t spcialem5t soigne2 les ornem5ts en relief1 o brill5t de t\tes petites facettes cri/all9es1 imit5t des feuillages1 des r9ceaux1 ou bi5 des natures mortes accro*es en rang1 des oiseaux long c\1 les ailes p5dantes1 t\t cela model dans la mme pte tri/em5t blan*e4 ,des g\ttelettes f]rug9euses sont aussi v5ues et l c\l] sur cette blan*eur des p>ois et dess9] comme les mailles d'un filet1 ou bi5 comme de dlicates guirl&es d'algues brunes4 ,oh6 qui dira les sicles1 les sicles qu'il a fallu p\r compos] ce palais la fois m9utieux et titanesque6 ,et t\j\rs elles travaill5t1 les g\ttes d'eau1 et t\j\rs1 sans aucune trve1 elles cont9u5t leurs frles sonn]ies dans ce sil5ce4 ,p>fois1 le long des gr&es nefs1 s'ouvr5t des portes trop biz>rem5t d5teles1 conduisant des petits ca*ots blancs1 o les sculptures laiteuses des murailles reprs5t5t des trompes d'lphant1 des amas de viscres1 des ranges de longues ma9s de morts444 ,et on p\rrait m>*] des heures1 des j\rs peut-tre1 sans repass] p> les mmes r\tes1 c> les guides les plus famili]s de ce labyr9! dcl>5t qu'ils n'ont jamais eu le c\rage d'all] jusqu'au b\t1 qu'ils n'en connaiss5t pas la t]m9aison lo9ta9e2 une frayeur les arrte qu& les c\loirs se rtrciss5t1 et qu'il faudrait se gliss] de biais p> des tr\s1 p\r pntr] dans d'autres salles inconnues4 ,a la f91 cela oppresse1 cela ti5t du rve d'angoisse1 cette c\rse trav]s des gal]ies et des gal]ies1 entre des p>ois qui se p5*5t1 ondul5t1 et v\s montr5t mille =mes animales1 s\rnoisem5t bau*es dans la t\j\rs p>eille matire blme4 ,on e/ tr\bl malgr soi p> la pr(ondeur de ce lieu1 p> la longueur sans f9 de ces tortueux passages1 dont on ne dev9e jamais s'ils vont encore s'l>gir comme des nefs ou bi5 se ress]r] comme des s\ricires4 ,et puis1 mesure que l'on avance1 la nuit1 dirait-on1 devi5t plus paisse1 plus l\rde1 et les lant]nes clair5t plus mal4 ,le bruissem5t aussi1 la petite musique de sonnettes sur les p>ois ruisselantes1 v\s n]ve p> sa tranquille ob/9ation4 ,le dsir v\s pr5d alors de rebr\ss] *em91 de quitt] vite ce palais incomprh5sible1 inutile et sans b1 comm5c depuis les orig9es du monde1 et qui v\s donne sa manire le v]tige p> sa rvlation p\r a9si dire palpable d'un inf9i dans les dures antrieures2 on a hte de s'vad] de t\t cela1 p\r retr\v] l'air et le ciel bleu4 ,et1 du plus lo9 qu'on ap]oit la lumire1 au b\t de ce *em9 de ret\r1 on l'accueille un peu comme la dlivrance4 ,d'abord1 elle a plong en faisceau inc]ta9 dans ces tnbres4 ,ensuite1 t\t c\p1 voici qu'elle claire magnifiquem5t les gr&s pili]s de l'entre1 elle donne ce seuil de grotte l'air d'un pri/yle de palais en*ant1 et1 s\s l'arceau du gr& por*e1 t\te cette v]dure qui rep>at1 encadre d'ombre morte1 ces tapis de f\gre1 ces coteaux en face1 boiss de *nes1 ont l'air baigns dans de l'or4--,on avait oubli que c'tait si clatant et si beau1 la lumire du soleil6 ,dans ce petit vallon sauvage1 sur lequel vi5n5t db\*] les gal]ies de pi]re1 dans cette campagne basque1 il fait si d\x et si calme auj\rd'hui6 ,le bleu pur l-haut1 le soleil qui dcl9e avec tant de srnit1 les feuilles et les fleurs de ju91 sont l comme p\r donn] apaisem5t1 confiance en le de/9 ou en ,dieu1 espoir de vie et de dure4 ,mais en ce mom5t1 non1 en ce mom5t on ne se laisse pas leurr] p> le s\rire de ces *oses1 p>ce que l'on vi5t de pr5dre contact avec l'insondable pass des cav]nes2 on re/e l'esprit assombri p> le s5tim5t des priodes inf9ies qui n\s ont prcds et qui vont n\s suivre1 on e/ cras p> la connaissance de l'antiquit effroyable de la ,t]re4 ,ces h]bages1 ces buissons1 ces f\gres et ces fleurettes de montagne sont assurm5t les mmes que frlai5t jadis le gr& r5ne et le gr& ours#af4 ,aux hommes trop longs bras1 qui jadis taillai5t le silex devant le seuil de la grotte1 t\t ce reco9 isol et f]m devait prs5t] dj des aspects peu prs id5tiques--s\s le soleil de quels ts p]dus au fond des temps incalculables6--,a eux aussi1 des soirs de ju9 s\riai5t trs calmem5t avec des promesses de l5dema9s1 de joie1 de vague prolongation ailleurs4 ,mais comme il ont t balays1 rejets jusqu'aux d]ni]s abmes du ,nant6444 ,et1 depuis cette poque1 qui donc1 quel c]veau saurait valu] les espaces faire frmir qu'a p>c\rus notre petite ,t]re1 dr\lant t\j\rs avec la mme frnsie sa c\rse folle1 sans repass] jamais1 jamais1 p> le mme po9t de l'incomm5surable vide noir444 ,,new-,,york ,entrevu p> un ,ori5tal trs vieux jeu4 ,le j\r se lve4 ,l'hlice du paquebot qui m'amne a ral5ti son t\rnoiem5t fbrile3 videmm5t n\s arrivons1 n\s sommes devant ,new-,york4 ,et1 comme p> un press5tim5t qu'une gr&e *ose extraord9aire va se pass]1 j'ouvre la f5tre de ma cab9e4 ,en effet1 l-bas1 en face1 une sorte de colosse de ,rhodes1 une femme exalte se dresse sur le ciel1 le bras t5du dans un ge/e magnifique4 ,sans l'avoir jamais vue1 je la reconnais1 il va sans dire2 la /atue de la ,lib]t1 qui veille l'entre de l',hudson6444 ,elle e/ haute comme une t\r4 ,les pluies et les v5ts lui ont dj donn la pat9e v]t-de-gris des antiques desses de l',egypte4 ,sur un pide/al en pi]res roses1 aussi gr& qu'une citadelle1 elle surgit1 plem5t v]dtre1 dans le br\ill>d du mat9 et dans les fumes que le soleil dore4 ,elle e/ sup]bem5t symbolique et t]rible4 ,on dirait qu'elle fait l'univ]s enti] des signes d'appel2 on dirait qu'elle crie3 ,hurrah6 ,c'e/ ici la porte6 ,hurrah6 ,entrez t\s dans la f\rnaise6 ,jetez-v\s tte baisse dans le g\ffre des affaires1 du bruit1 de l'agitation et de l'or6 ,et le voici qui s'ouvre devant n\s1 ce g\ffre quasi-inf]nal4 ,jadis1 ce n'tait que l'entre d'une l>ge rivire1 entre des roseaux et des arbres4 ,auj\rd'hui1 c'e/ quelque *ose qui1 p\r mes yeux pris d',ori5t et de lignes pures1 ti5t du cau*em>1 mais arrive qu& mme une sorte de beaut tragique1 p> l'excs mme de l'horreur4 ,mille tuyaux cra*5t des fumes noires ou des vapeurs en t\rbillons blancs1 qui se ml5t1 qui s'enr\l5t1 qui embr\ill5t l'horizon comme s\s des s>ab&es de nuages4 ,le long des deux rives1 p]te de vue1 s'align5t les docks c\v]ts1 qui sont de gigantesques c>casses t\tes p>eilles1 en f]raille c\leur de deuil4 ,p>t\t des inscriptions raccro*euses s'tal5t en lettres de dix mtres de haut1 les unes blan*es ou r\ges sur les fonds noirs1 les autres ari5nes s\t5ues p> des *>p5tes d'aci]4 ,on e/ ass\rdi p> des sifflets /rid5ts1 des pla9tes gmissantes de sirnes1 des grondem5ts de moteurs1 des fracas d'us9es4 ,et1 au-dessus de t\t cela que tant de fumes envelopp5t1 plus haut1 plus haut1 comme des gants p\sss trop vite et trop efflanqus1 des gants qui allong]ai5t dmesurm5t le c\ p\r mieux voir1 les gratte-ciel surgiss5t eff>ants et invraisemblables1 les uns c>rs1 les autres po9tus1 les gratte-ciel tr5te1 qu>ante ou c9quante tages1 surveillant ce p&monium p> leurs myriades de f5tres444 ,ah6 on vi5t1 me rclam] ma feuille d'entre1 un que/ionnaire que *acun doit remplir avant d'tre admis pos] le pi$ sur le sol d',amrique4 ,moi qui avais oubli6 ,en hte je griffonne mes rponses4 ,un peu /upfiantes1 les que/ions3 ,etes-v\s an>*i/e8 ,etes-v\s polygame8 ,n'tes-v\s pas idiot8 ,n'avez-v\s jamais donn de signes d'alination m5tale8 ,possdez-v\s plus de c9quante doll>s de patrimo9e8 ,combi5 de condamnations avez-v\s subies8 etc444 ,de telles prcautions tmoign5t du ju/e s\ci qu'ont les ,amrica9s de ne pas admettre *ez eux les htes non dsirables 7undesirables71--et n\s devrions bi5 en faire autant ,tunis1 p\r les migrants que n\s envoie *aque j\r l',italie4--,c'e/ gal1 ce =mulaire surann e/ un peu naf c> si l'on tait idiot ou mab\l1 il e/ probable qu'on n'en convi5drait pas1 surt\t p> crit4 99 99 99 99 99 ,deux ou trois heures plus t>d1 aprs d'int]m9ables =malits de d\ane et des batailles sur les docks contre des j\rnali/es arms de kodaks1 je me tr\ve enf9 au c5tre de ,new-,york1 con=tablem5t in/all et trs haut p]* dans un htel je ne sais combi5 d'tages1 o fonctionn5t de prodigieux asc5seurs4 ,je dom9e de mes f5tres la plup>t des btisses d'al5t\r1 o t\t e/ r\ge1 d'un r\ge sombre tirant sur le *ocolat4 ,murs de briques r\ges4 ,toits en t]rasses1 sans tuiles bi5 en t5du1 mais c\v]ts de je ne sais quel imp]mable pe9t en r\ge1--et ce sont des prom5oirs p\r les habitants1 leurs *i5s et leurs *ats2 des messieurs en bras de *emise 7c> il fait trs *aud1 une *aleur m\ille de ,gulf-,/ream7 y lis5t les j\rnaux dix pages1 des mnagres y batt5t leurs tapis ou bi5 y font s*] leurs lessives4 ,au-dessus des toits1 un peu p>t\t1 s'lanc5t des *>p5tes en f] p\r s\t5ir en ple9 ciel les gr&es lettres des affi*es-rclames1 ou bi5 p\r lev]1 comme b\t de bras1 les normes tonneaux pe9ts en r\ge qui conti5n5t les provisions d'eau en cas d'inc5die4 ,trop de *oses en l'air1 vraim5t1 trop de f]railles1 trop d'critures zigzaguant sur les nuages4 ,et et l1 auprs ou au lo91 des gratte-ciel se dress5t isols--sortes de maisons-asp]ges1 p\rrait-on dire--qui font m9e d'pi] avec indiscrtion t\t ce qui se passe al5t\r4 ,d'en bas m'arrive un cont9uel vac>me2 en plus des autos comme ,p>is1 c'e/ le ,mtropolita9 qui fonctionne sur de bruyantes pass]elles en f]1 hauteur de premi] ou de deuxime tage2 sans trve1 les tra9s se p\rsuiv5t ou se crois5t4 ,et il y en a d'autres en dess\s1 qu'on ent5d r\l] comme des ouragans dans les pr(ondeurs du sol4 ,c'e/ la ville de la trpidation et de la vitesse6 ,reg>ds de mes hautes f5tres1 les passants me sembl5t t\t crass et c\rtauds4 ,les femmes1 avec la mode actuelle1 disp>aiss5t s\s leur *apeau trop l>ge1 ressembl5t un disque o des plumets s'agit5t4 ,et1 au milieu de ces g5s empresss qui *em95t le long des trottoirs1 de t\t petits tres dcriv5t des c\rbes folles3 des enfants r\lettes1 qui1 dj pris d'une frnsie d'all] vite1 font du skat+ p]dum5t sur l'asphalte4 ,quatre heures1 le mom5t o j'avais fait dire des j\rnali/es que je les recevrais4 ,et il m'en arrive un1 puis deux1 puis dix1 puis v+t1 puis tr5te6444 ,t\s ont l'abord c\rtois et cordial1 et bi5 volonti]s je leur t5ds la ma94 ,mais o donc les mettre8 ,mon salon n'a plus assez de *aises2 qu'on ouvre ma *ambre c\*]1 on en f]a asseoir sur mon lit2 p\r les occup]1 qu'on leur (fre des cig>ettes6 ,et je suis sur le banc des accuss1 au milieu de t\t ce monde4 ,un seul p>le franais et traduit aux autres mes p>oles ahuries1 qui sont aussitt nes sur des c>nets4 ,qu'e/-ce qu'il a dit8 ,qu'e/-ce qu'il a dit8 ,je n'aurais jamais cru que mes rep>ties1 gnralem5t ineptes1 p\rrai5t tre si prcieuses4 --,mon *] matre1 v\lez-v\s d'abord n\s expos] ce que v\s p5sez des femmes amrica9es4 --,moi6 ,mais ri5 encore3 je n'ai pas eu le temps de sortir1 je n'en ai vu qu'une seule1 une femme de *ambre r5contre dans l'asc5seur1 et c'tait une ngresse6 --,bi54 crivez3 ,m4 ,pi]re ,loti diffre son jugem5t et dem&e rfl*ir4 ,a l'in/ant mme1 en voici deux qui font leur entre1 deux ,amrica9es1 demoiselles j\rnali/es1 le kodak au cran de sret4 ,elles ont l'air intellig5t1 veill1 gracieux et d'ailleurs trs comme il faut4 ,je les fais asseoir mes cts2 l'une d'elles s'excuse d'tre encore en t5ue de voyage3 c'e/ qu'elle arrive pe9e du ,congo1 o elle tait alle *ass] le rh9ocros444 ,et l'int]rogatoire cont9ue4 ,la littrature1 l'hygine1 la politique1 la religion1 et l'conomie sociale1 t\t y passe4 ,quelle haute ide ont-ils donc de mon omnicompt5ce1 p\r enregi/r] avec tant de so9 mes plates rponses3 --,mon *] matre1 tes-v\s d'avis que la conv5tion de ,g5ve autoris]a l'emploi des aroplanes militaires8 ,mon *] matre1 tes-v\s p>tisan de la ca/ration p\r les assass9s1 qu'un de nos philan?ropes vi5t de propos]8 ,les deux g5tilles misses p>l5t franais4 ,leurs que/ions p>ticulires s'entre-crois5t avec celles de l'int]prte gnral4 ,et bi5tt c'e/ le plus t\rdissant des coq--l'ne1 o se heurt5t la rlection de ,m4 ,fallires1 les suffragettes1 la ca/ration des assass9s1 la reprs5tation proportionnelle et les r&onnes du rh9ocros4 ,que va-t-il sortir de ce tohu-bohu1 et quel effet d'ensemble cela donn]a-t-il1 en imprim1 dans les j\rnaux de cette nuit8444 ,mais j'avais p5s que ce s]ait assommant1 et au contraire6 ,c'e/ d'ailleurs si n\veau p\r moi1 qui1 en ,france1 ne reois jamais un report]1 c'e/ si imprvu1 si drle1 et ils ont si bonne grce1 que vraim5t je m'amuse4 ,qu& ils sont t\s p>tis1 les gr&es lettres que j'ap]ois p> mes f5tres1 les gr&es lettres dans le ciel1 comm5c5t clair] le brumeux et l\rd crpuscule1 *aque inscription pr5ant feu d'un seul c\p1 l'une en r\ge1 l'autre en bleu1 l'autre en v]t2 ce sont des rclames lum9euses et clignotantes2 ,new-,york en e/ c\v]t et on m'a bi5 recomm& d'all] le soir admir] dans les rues cette ferie quotidi5ne4 ,a neuf heures donc1 je desc5ds me ml] la f\le1 sur les l>ges trottoirs de ,broadway4 ,malgr les co/umes p>isi5s des femmes1 malgr les complets et les horribles melons p>eils aux ntres1 ce n'e/ pas la f\le de ,p>is2 les allures ont je ne sais quoi de plus dcid1 de plus volontaire1 de plus exc5trique aussi4 ,et quel mli-mlo de t\tes les races6 ,on reconnat au passage des ,japonais1 des ,*9ois tondus l'europenne1 des ,grecs1 des ,levant9s1 des ,sc&9aves aux *eveux ples4--,quelqu'un du pays me disait ce soir3 ,new-,york n'e/ pas encore t\t fait l',amrique1 il n'en e/ plutt que le seuil1 o s'arrt5t d'abord en db>quant les f\les disp>ates qui n\s vi5n5t d',europe4 ,a la seconde gnration1 qu& t\s ces g5s se sont mls1 croiss1 n\s voyons natre alors de vrais ,amrica9s qui ont une cohsion p>faite et l'am\r de leur patrie n\velle1 vrifiant la devise e pluribus unum4 ,ceux-l se fix5t plus volonti]s dans nos villes de l'intrieur1 o il faut all] p\r se s5tir vraim5t aux tats-,unis1 et voir la race entrepr5ante et =te1 rajeunie comme un arbre taill1 qui rsulte du m>iage de t\tes ces n]gies4--,beauc\p de femmes lgantes1 sur les trottoirs de ,broadway1 et beauc\p de trs belles1 du mo9s qu& elles ne sont pas crm5t clab\sses p> de blmes soleils lectriques leur donnant des te9ts de cadavres2 mais trop de ngresses1 en vrit2 *aque in/ant1 s\s quelque gr& *apeau g>ni de roses1 passe une figure t\te noire4 ,les opul5tes b\tiques1 les talages d]rire d'imm5ses glaces1 sont comme le long de nos b\lev>ds4 ,mais l'lectricit qui ruisselle ici1 qui rgne en s\v]a9e1 e/ mille fois plus agressive que *ez n\s2 il semble que t\t vibre et crpite s\s l'influ5ce de ces c\rants innombrables1 disp5sateurs de la =ce et de la lumire2 on e/ comme lectris soi-mme et un peu frmissant4 ,mon ,dieu1 que de bruit dans ,broadway6 ,presque sans trve1 il faut se rs\dre a ent5dre c\rir en v]tige au-dessus de sa tte1 sur les vibrantes pass]elles de f]railles1 des files de wagons-mon/res1 bonds de monde et t9celants de feux4 ,en rev5ant d'ici1 ,p>is va me sembl] une bonne vieille petite ville arrire et calme1 aux maisonnettes basses2 d'ailleurs aucune de ses illum9ations du #ad juillet n'appro*e des fantasmagories qui1 les soirs quelconques1 se j\5t ,new-,york4 ,p>t\t des lumires multicolores1 qui *ang5t et sc9till5t1 =mant et d=mant des lettres2 elles dgr+ol5t en cascade du haut en bas des maisons1 ou trav]s5t les voies comme des b&]oles t5dues4 ,mais c'e/ en l'air surt\t qu'il faut reg>d]--malgr le fracas s\t]ra9 des tra9s express qui v\s f]ai5t baiss] in/9ctivem5t les yeux v]s le sol--c'e/ en l'air1 au fate des extravagantes btisses1 au-dessus des toits2 l sont les rclames lum9euses1 qui remu5t p> des trucs n\veaux1 les visions qui dans5t4 ,un m>*& de je ne sais quoi a surmont sa b\tique d'une c\rse de *>s roma9s o l'on voit des *evaux gigantesques agit] avec frnsie leurs pattes de feu4 ,un m>*& de p>apluies a rig une bonne femme qui ge/icule avec son ombrelle ouv]te4 ,un m>*& de m]c]ie exhibe un norme *at1 t\t en feu jaune1 qui dvide un peloton de feu r\ge et s'entortille avec le fil4 ,un m>*& de brosses d5ts1 le plus cocasse de t\s1 fait gigot] dans le ciel un diablot9 qui r\le des prunelles de feu v]t1 en br&issant de *aque ma9 une brosse de #aj mtres de long444 ,vite1 vite1 les app>itions se dess95t1 se dmn5t1 s'effac5t1 revi5n5t1 vite1 si vite que le reg>d se tr\ble les suivre4 ,et de temps autre1 au b\t d'un gratte-ciel non clair1 qui montait invisible dans l'atmosphre de brume et de fume1 quelque affi*e gante1 que l'on dirait susp5due comme une con/ellation1 clate en feu r\ge1 v\s m>tle un nom dans l'esprit1 et se hte de s'te9dre4 ,t\t cela1 p\r ma m5talit d',ori5tal1 e/ dr\tant et mme un peu diabolique2 mais c'e/ si drle et en mme temps si +nieux1 que je m'amuse et presque j'admire444 ,ce que je vais racont] de ma premire nuit de ,new-,york f]a s\rire les ,amrica9s2 aussi bi5 e/-ce dans ce b que je l'cris4 ,dans un livre du m]veilleux ,rudy>d ,kipl+1 je me rappelle avoir lu les p\vantes du sauvage ,m[gli la premire fois qu'il c\*a dans une cabane close3 l'impression de s5tir un toit au-dessus de sa tte lui dev9t bi5tt si intolrable1 qu'il fut oblig d'all] s't5dre dehors la belle toile4 ,eh bi56 j'ai presque subi cette nuit une petite angoisse analogue1--et c'tai5t les gratte-ciel1 c'tai5t les gr&es lettres-rclames au-dessus de moi1 c'tai5t les gr&s tonneaux r\ges monts sur leurs *asses de fonte2 trop de *oses en l'air1 vraim5t1 pas assez de calme l-haut4 ,et puis1 ces six millions d'tres huma9s tasss al5t\r1 ce foisonnem5t de monde1 cette sup]position outrance oppressai5t mon sommeil4 ,oh6 les gratte-ciel1 d=ms et allongs en rve6 ,un en p>ticuli] 7celui du tru/ des ca\t*\cs1 si je ne m'abuse71 un qui surgit l trs pro*e1 un t\t en m>bre qui doit tre d'un poids faire frmir6 ,il m'crasait comme une sur*>ge1 et p>fois quelque halluc9ation me le montrait incl9 et cr\lant444 99 99 99 99 99 ,c'e/ diman*e auj\rd'hui2 le mat9 se lve dans une brume l\rde et moite2 il f]a une des *audes j\rnes de cette saison automnale qu'on appelle ici l't indi54 ,sur ,new-,york pse la torpeur des diman*es anglais et1 dans les av5ues1 les voitures lectriques ont cons5ti une trve d'agitation4 ,ri5 faire1 les ?tres *m5t et dema9 seulem5t je p\rrai comm5c] suivre les rptitions du drame qui m'a am5 en ,amrique4 ,mais dans le vois9age1 t\t prs1 il y a ,c5tral-,p>k1 que j'ap]ois p> ma f5tre1 avec ses arbres dj effeuills2 j'irai donc l1 *]*] un peu d'air et de paix4 ,c5tral-,p>k e/ comme un bois de ,b\logne ouv]t en ple9e ville1 avec des alles p\r les cavali]s1 des alles p\r les autos1 d'imm5ses prairies p\r le football1 et des reco9s presque solitaires p\r les idylles4 ,les feuillages sont les mmes qu'en ,france1 mais fltris p> un plus prcoce automne aprs un t plus brlant4 et l des blocs de ro*]s noirs se lv5t1 comme s'ils avai5t crev les pel\ses1 et c'e/ le sol mme de ,new-,york qui rep>at nu1 ce sol dur et homogne qui a favoris la h>diesse des maisons tr5te ou qu>ante tages1 crasantes de l\rdeur4 ,le p>c e/ tellem5t gr& que p>fois on se croirait en ple9e campagne1 si t\j\rs un ou deux gratte-ciel dans le lo9ta9 n'levai5t au-dessus de la cime des arbres leurs ttes indiscrtes1 semblables des maisons *imriques du pays de ,gulliv]444 ,les g5s lgants doiv5t avoir fui la ville1 c> je ne r5contre auj\rd'hui que des petits b\rgeois endiman*s1 des enfants r\lettes1 d'au/res vieilles misses lorgnon qui doiv5t tre des in/itutrices4 ,et solitairem5t je vais m'asseoir au bord d'une alle4 ,a pe9e suis-je l qu'un bruit trs lg] me fait t\rn] la tte4 ,a ct de moi1 sur mon banc1 un am\r de petit cureuil gris vi5t de bondir et il me reg>de en faisant le beau1 deb\t sur son arrire-tra91 relevant sa belle queue de *at angora444 ,oh6 en voici un second1 plus h>di encore1 qui saute sur mes g5\x6 ,j'en ap]ois aussi qui c\r5t sur l'h]be ou qui j\5t dans les bran*es4--,et c'e/ une des *oses gracieuses et t\*antes de ,new-,york1 cette tribu de petits tres libres qui a pris possession de ,c5tral-,p>k et que t\t le monde protge2 on leur btit des maisonnettes de p\pe sur les arbres1 les prom5eurs leur apport5t des bonbons et des gra9es qu'ils vi5n5t mang] la ma92 ri5 ne les effraie plus1 ni le galop des cavali]s1 ni le bruit de ces enfants r\lettes1 aussi g5tils et effronts qu'eux-mmes1 qui font du skat+ sur l'asphalte de t\s les s5ti]s4 ,le dcl9 du j\r amne p\r moi d'intolrables mlancolies dans ce p>c d'automne1 au milieu de cet humble petit monde du diman*e1 qui e/ si htroclite et qui m'e/ si inconnu2 au-dessus des bosquets d'ombre1 les lo9ta9s gratte-ciel1 r\gis la po9te p> le soleil c\*ant1 me donn5t une impression d'exil que je n'avais jamais pr\ve1 mme en ple9 ds]t2 les cureuils gris1 p> prcaution contre les *ats qui vont bi5tt rd]1 remont5t dans leurs maisonnettes susp5dues2 le crpuscule comm5ce m'tre9dre1 et j'ai envie de m'enfuir v]s les rues plus animes o je c\doi]ai plus de monde4 ,je ne sais si dj je m'amricanise1 mais je s5s ce soir qu'il me faut du m\vem5t et du bruit4 ,dans les qu>ti]s qui ent\r5t le p>c1 t\tes ces hautes maisons1 que de ri*esses elles tal5t et quel luxe dom9ateur6 ,c'e/ presque trop2 la proportion1 la mesure manqu5t un peu4 ,les entres o veill5t des multres galonns1 sont de m>br ou de porphyre1 avec des colonnades grecques1 byzant9es ou go?iques1 avec de l\rdes et somptueuses grilles en bronze ou en f] =g qui f]ai5t honneur nos ca?drales4 ,et t\t cela vi5t de surgir presque en un j\r6 ,c'e/ humiliant en vrit p\r notre vieille ,europe qui a mis des sicles btir ses villes clbres et n'a jamais eu assez d'or p\r faire aussi beau4 ,mais1 tant de luxe1 quelque *ose manque1 quelque *ose que l'on ne df9it pas1 et qui e/ peut-tre t\t simplem5t l'me d'un pass444 99 99 99 99 99 ,neuf heures1 et nuit brumeuse4 ,qu& je suis acc\d ma haute f5tre1 avant de r$esc5dre me plong] dans la fantasmagorie des rues1 une srnade t\t fait burlesque clate sans prambule1 en bas1 sur un trottoir de ,broadway4 ,des voix d'hommes hurl5t ensemble une sorte de cantique de gu]re1 accompagn l'unisson p> des trombones et des cors de *asse4 ,qu'e/-ce que c'e/ que ce *>iv>i1 mon ,dieu8--,ah6 l'arme du ,salut6 ,un bataillon qui e/ v5u se po/] l p\r t*] de sauv] au passage les g>s du diman*e soir s'a*em9ant v]s les b\ges de l'alcool4 ,eh bi56 aprs la premire m9ute de /upeur et de s\rire1 on oublie le ridicule de cela p\r cd] une impression plutt grave4 ,dans cette ville o trpid5t nuit et j\r les transactions et les affaires1 il y a donc place encore p\r le vieux rve religieux qui b]a les hommes p5dant des sicles4 ,ce rve1 il e/ vrai1 a pris une =me dlirante1 tapageuse1 effrne1 ici o t\t e/ neuf et excessif2 mais on le s5t l1 bi5 vivant qu& mme1 d]rire cette musique de maison de f\s4 ,et on ne s\rit plus4 ,,ii ,auj\rd'hui1 p\r la premire fois1 j'assi/e une rptition de la ,fille du ,ciel4 ,c'e/ sans dcors1 sans co/umes1 en t5ue de ville1 dans une salle nue1 dp5dant du ?tre4 ,oh6 l'trange impression d'ent5dre les acteurs dire no et yes1 d'c\t] mes phrases que je reconnais bi5 mais qui me font l'effet de s'tre amuses se dguis] en phrases anglaises444 ,je ne sais plus p> qui fut nonc l'axiome3 une traduction1 c'e/ l'env]s d'une brod]ie4 ,je ne prt5ds pas qu'elle ft m]veilleuse1 la brod]ie que n\s avions faite1 et je reconnais d'ailleurs que l'env]s en a t recolor avec une habilet consomme2 mais1 qu& mme1 c'e/ t\j\rs un env]s4 ,miss ,viola ,all5#ag me p>at une idale impratrice1 et1 malgr son *apeau p>isi5 si en contra/e avec les *oses qu'elle doit dire1 sa voix donne le petit frisson qu& elle s'anime2 la scne f9ale1 je vois mme de vraies l>mes p]l] au bord de ses jolis yeux vifs1 qu'il s]a facile de r5dre dlicieusem5t *9ois en les retr\ssant au co9 avec des pe9tures4 ,comme t\tes les femmes ont l'air honnte dans ce ?tre6 ,les g5tilles petites actrices *>ges des rles secondaires sont tellem5t correctes elles aussi1 tellem5t comme il faut1 et se ti5n5t comme des jeunes filles du monde6 ,mais1 dans cette salle o sans d\te je vais rev5ir tant de fois m'enf]m]1 il fait tri/e1 de la tri/esse p>ticulire t\s les ?tres qu& les illusions du soir y cd5t la place la lumire appauvrie du j\r4 ,libr quatre heures1 je circule au has>d1 en auto1 dans les rues que je n'avais pu voir encore animes p> la ple9e activit des j\rs de travail4 ,la f\le qui p>le t\tes les langues1 les femmes aux allures dcides sans effront]ie1 les hommes t\t rass s\s de l>ges casquettes1 m>*5t vite1 indiffr5ts au fracas des *em9s de f] susp5dus ou s\t]ra9s4 ,a un angle de ,broadway1 s\s les pass]elles de f]raille branles p> le cont9uel passage des tra9s express1 voici un rassemblem5t qui grossit1 qui b\rdonne2 les voitures sont arrtes1 les policem5 s'agit5t1 on dirait une meute4 ,t\t ce monde reg>de avidem5t un tableau noir sur lequel1 de temps autre1 quelqu'un aj\te un signe la craie4 ,les jumelles1 les monocles1 les innombrables lunettes d'or sont braqus l-dessus comme si le sort du monde allait s'y inscrire1 et1 *aque fois qu'un n\veau *iffre y app>at1 c'e/ tantt un sil5ce morne *ez les spectateurs1 tantt une joie dlirante1 avec des battem5ts de ma9s et des cris4 ,qu'e/-ce que a peut bi5 tre8--le c\rs de la ,b\rse8--,non1 t\t simplem5t1 il s'agit de c]ta9 jeu de paume national2 une gr&e p>tie se dispute en ce mom5t la campagne1 l'quipe de ,new-,york contre celle d'une ville vois9e1 et un +nieux sy/me automatique apporte ici au m>queur l'indication des c\ps444 ,et t\s ces hommes1 que l'on croirait si positifs1 se passionn5t ce po9t6 ,il faut en vrit que cette race1 issue de t\tes nos races vieillies1 se soit retrempe de jeunesse sur le sol d',amrique4 ,et j'admire surt\t combi51 ces implants d'hi] ont dj pris l'am\r du clo*]1--d'o dc\le ncessairem5t l'am\r plus noble de la patrie4 ,les gratte-ciel6 ,il faudra beauc\p de temps p\r que mes yeux s'y rsign5t4 ,si encore ils tai5t gr\ps1 une av5ue qui en s]ait borde arriv]ait peut-tre un effet de fanta/ique beaut4 ,mais non1 ils surgiss5t au has>d1 alt]nant avec des btisses normales ou p>fois basses2 alors on dirait des maisons atte9tes p> quelque maladie de gigantisme1 et qui se s]ai5t mises allong] follem5t comme les asp]ges en avril4 ,ce qui me dr\te1 habitu que j'tais aux villes de pi]re comme en ,france1 ou aux villes de bois comme en ,ori5t1 c'e/ de ne voir ici que de l'aci]1 du cim5t arm1 des briques sangu9ol5tes1 et surt\t je ne sais quelle composition d'un brun r\ge qui donne des maisons en *ocolat1 mme des glises1 des clo*]s en *ocolat4 ,voici1 dans la c9quime av5ue1 qui e/ comme on sait le qu>ti] des milli>daires1 l'habitation des ,v&]bilt1 en pur /yle ,moy5 ,age et en pi]re p\r de vrai2 on l'aim]ait dans un p>c1 s\s de vieux *nes2 mais un vois9 gratte-ciel la surplombe et l'crase4 ,voici une ca?drale go?ique1 capable de rivalis] avec les ntres2 mais les gratte-ciel d' ct mont5t plus haut que ses fl*es aigus2 alors elle e/ dim9ue au po9t de ressembl] un j\j\ de ,nuremb]g4 ,au bord de l',hudson1 tel autre ri*issime a eu la fantaisie impriale de se faire con/ruire le *teau de ,blois1 avec des pi]res apportes de ,france1 et ce s]ait presque une m]veille2 mais d]rire1 plus haut que les donjons et les gir\ettes1 monte btem5t un gratte-ciel c\ronn d'une rclame lum9euse2 alors cela n'exi/e plus4 ,cette ville1 qui regorge de coteuses magnific5ces1 a p\ss d'un lan trop rapide et trop f\gueux2 il me p>at qu'elle aurait beso9 d'tre coordonne1 monde1 et surt\t calme4 99 99 99 99 99 ,evad auj\rd'hui du ?tre1 o il fait t\j\rs noir en ple9 midi comme dans une cave1 je m'en vais en auto1 p> l'av5ue qui s'appelle ,riv] ,side1 remont] le long du c\rs de l',hudson p\r essay] de tr\v] enf9 la campagne et le sil5ce4 ,les tr\v]ai-je rellem5t quelque "p8 ,p\r l'in/ant1 des emb>ras de voitures ou d'automobiles lgantes m'ent\r5t comme si je me r5dais au bois de ,b\logne4 ,mais1 sans re/riction cette fois1 je m'incl9e devant la maje/ d'une telle av5ue4 ,d'un ct1 le gr& fleuve que l'on dom9e2 de l'autre1 une int]m9able bordure de gratte-ciel 7des demi-gratte-ciel1 d'une qu9za9e d'tages seulem5t7 qui arriv5t un effet e/htique p>ce qu'ils s'align5t bi52 ils ont du re/e la c\leur blan*e et gaie de la pi]re vritable1 ils respir5t le luxe clair et de bon aloi4 ,je ne crois pas qu'aucune capitale du vieux monde possde une prom5ade d'une telle opul5ce4 ,dans le fleuve1 des escadres de gu]re sont m\illes1 de sup]bes escadres que l',amrique runit en ce mom5t p\r se donn]1 en une gr&e fte1 le spectacle de sa jeune puissance navale2 les dreadn\ghts dorm5t l1 imposants de laideur t]rible1 surmonts de ces n\veaux mts l'amrica9e1 l>ges et aj\rs1 qui ressembl5t des t\rs ,eiffel2 auprs d'eux1 des croiseurs1 des contre-torpilleurs dorm5t aussi2 et une multitude de batelets1 de m\*es lectriques1 s'empress5t al5t\r4 ,sur la b]ge1 des milli]s de curieux /ationn5t p\r reg>d]4 ,en prvision de cette pro*a9e fte de la m>9e1 des pavillons de l',amrique1 rays blanc et r\ge avec semis d'toiles sur leur co9 bleu1 comm5c5t flott] aux f5tres des hautes maisons somptueuses4 ,et sur t\t cela rayonne le beau soleil de l't indi54 ,c'e/ comme une rvlation de ,new-,york que je vi5s de m'(frir auj\rd'hui1 et t\t ce que je dc\vre1 en faisant a9si l'cole buissonnire1 e/ fran*em5t admirable4 ,mais la campagne1 le sil5ce1 o donc les atte9drai-je8 ,ma c\rse acclre dure depuis plus d'une heure1 et les gratte-ciel me suiv5t t\j\rs1 en files aussi orgueilleuses1 tmoignant que cette ville conti5t des ri*es p> milli]s4 ,il e/ vrai1 sur la rive d'en face1 au lieu des tuyaux d'us9e qui p5dant des kilomtres s'ob/9ai5t l'enlaidir1 il n'y a dj plus ma9t5ant que des ro*]s et de gr&s bois2 si prs de la ville1 c'e/ une surprise et un repos4 ,enf91 enf91 la r\te que je suivais s'enfonce p>mi des buissons et des arbres1 l'air s'imprgne de la bonne s5teur des m\sses d'automne2 je suis sorti de la f\rnaise huma9e6 ,c'e/ la campagne que j'avais tant s\hait atte9dre1 et elle e/ plus boise1 plus sauvage peut-tre qu'aux ent\rs immdiats de ,p>is4 ,mais je m'y s5s qu& mme en exil1 c> les arbres et les plantes1 bi5 reg>d]1 diffr5t lgrem5t des ntres2 les a/]s1 que n\s ne connaissons que dans nos j>d9s1 croiss5t ici pr(usion p>mi des ro*]s noirs2 sur t\s ces feuillages des bois1 les bruns et les r\ges de l'arrire-saison s'acc5tu5t davantage que *ez n\s1 arriv5t des te9tes s5siblem5t plus ard5tes4 ,non1 ce pays n'e/ pas le mi5444 ,et puis1 une campagne sans paysans1 sans vieux clo*]s protecteurs aut\r desquels se gr\p5t les villages1 autant dire qu'elle n'a pas l'air vrai444 99 99 99 99 99 ,les j\rs qui pass5t m'acclimat5t assez rapidem5t ,new-,york4 ,les maisons me sembl5t mo9s extravagantes de hauteur et1 qu& je trav]se ,broadway1 j'c\te mo9s le fracas des tra9s sur les pass]elles de f]4 ,un peu p>t\t je dc\vre des *oses amusantes =ce d'imprvu1 d'audace1 de disproportion et de luxe colossal4 ,on m'a montr ce mat9 comme typique c]ta9 caf-re/aurant qui clipse t\s les cafs-re/aurants du monde4 ,la salle d'en bas1 qui cota c9q millions1 a t con/ruite p\r en*ss] le tableau de ,ro*egrosse a*et gr&s frais3 le ,fe/9 de ,bal?az>4 ,sur t\tes les murailles de m>bre v]t1 on a cisel les mmes bas-reliefs qu' ,p]spolis2 en m>bre v]t galem5t sont les puissantes colonnes ttes cornues1 et les gigantesques taureaux ails visage huma94 ,mais1 comiques au milieu de ces spl5deurs drgles1 il y a les rangs de petites tables p\r les consommateurs1 et il y a les g>ons en frac apportant la ronde les bocks ou les coktails6444 ,aux rptitions de la ,fille du ,ciel1 qui occup5t mes j\rnes1 la ferie comm5ce se dess9]2 n\s sortons peu peu des incohr5ces et du *aos des premires heures4 ,des dcors qu'aucun ?tre p>isi5 n'aurait risqus font revivre d'inimag9ables passs *9ois1 des jeux de lumire lectrique dont n\s ignorons encore le secret imit5t des limpidits de ciel1 ou des lueurs de b*] et d'inc5die4 ,dans les j>d9s de l'impratrice1 aux gr&s arbres t\t roses de fleurs1 des cigognes et des paons rels se promn5t sur des pel\ses jon*es--p>ce que cela se passe au pr9temps--de milli]s de ptales qui ont d tomb] des bran*es comme une pluie4 ,l1 aux rayons d'un clair soleil artificiel1 je vois revivre1 *atoy] t\s les tranges et presque *imriques at\rs de soie et d'or copis sur de vieilles pe9tures que j'ai rapportes1 ou sur des co/umes rels que j'ai exhums nagure de leurs ca*ettes au fond du palais de ,pk94 ,les mom5ts les plus s+uli]s1 je crois1 sont ces entr'actes1 ces repos durant lesquels la ferie s'*appe1 p\r a9si dire1 de la scne1 p\r dbord] sur les fauteuils d'or*e/re4 ,la va/e salle somptueuse1 envahie alors p> t\s les figurants1 n'en demeure pas mo9s plonge dans des tnbres presque absolues2 quelqu'un qui arriv]ait du dehors1 o il fait j\r1 p]cevrait seulem5t que des =mes huma9es sont assises l1 p>t\t1 et que le discret murmure de leurs voix sonne trange2 ce sont des voix *9oises qui *u*ot5t en *9ois1 et ces g5s1 qui simul5t des spectateurs dans l'ombre1 sont de pure race jaune444 ,qu& les yeux s'habitu5t l'obscurit1 ou si quelque lueur lectrique vi5t filtr] de la scne1 on dc\vre que t\t ce monde1 de la tte aux pi$s1 e/ vtu avec l'app>at des anci5nes c\rs ,cle/es4 ,il y a mme des gr\pes de ces petites desses armes et casques qui port5t aux paule des pavillons en faisceaux ploys et sembl5t avoir des ailes4 ,un peu fanta/ique vraim5t1 ce gr& ?tre sans lumire1 o les auditeurs1 *angeant mi-voix des phrases lo9ta9es devant la toile baisse1 sont p>eils aux gu]ri]s1 aux ,gnies1 sculpts dans les vieilles pagodes444 ,le plus tonnant p\r moi1 c'e/ que ces figurants ne sont pas des g5s quelconques1 mais des tudiants des univ]sits4 ,l'un d'eux1 habill comme un seigneur du temps des ,m+ et qui1 dans la vie prive1 prp>e son doctorat en mdec9e1 vi5t un j\r m'expliqu] de la "p de ses cam>ades1 trs c\rtoisem5t et dans l'anglais le plus correct1 p\rquoi ils ont accept de v5ir3 ,c'e/ un tel plaisir p\r n\s1 me dit-il1 de n\s tr\v] a9si replongs dans le pass de notre pays1 de voir recon/itue la ,*9e de nos anctres4 99 99 99 99 99 ,cette nuit1 p\r avoir une vue d'ensemble des fantasmagories de ,new-,york1 je monte au sommet de l'htel du ,times1 qui e/ l'un des plus /upfiants gratte-ciel4 ,a un angle de rue1 dans un qu>ti] de maisons pe9e hautes1 il se dresse t\t seul1 grle1 efflanqu1 p>adoxal1 avec un air de *ose qui n'aura jamais la =ce de re/] deb\t4 ,trs aimablem5t1 les rdacteurs m'avai5t convi4 ,un asc5seur-express1 qui jaillit comme une fuse1 n\s enlve d'un bond jusqu'au v+t-c9quime tage1 d'o n\s grimpons sur la plate-=me extrme4 ,l s\ffle une bise pre et froide--dj l'air vif des altitudes--et1 de t\s cts1 dans le c]cle imm5se qui va f9ir l'horizon1 l'lectricit s'bat gr& spectacle4 ,auprs1 au lo91 p>t\t1 des mots1 des phrases s'inscriv5t au-dessus de la ville en gr&es lettres de feu1 bl\iss5t un in/ant1 disp>aiss5t et puis revi5n5t4 ,des figures ge/icul5t et gambad5t1 p>mi lesquelles j'ai dj de vieilles connaissances1 comme p> exemple le f>fadet qui br&it ses gigantesques brosses d5ts4 ,la plus diabolique de t\tes e/ une tte de femme1 qui se dess9e dans l'air1 s\t5ue p> d'invisibles tiges d'aci]1 et qui occupe sur le ciel autant d'espace que la ,gr&e ,ourse2 p5dant les quelques secondes o elle brille1 son il gau*e cligne des paupires comme p\r un appel ple9 de s\s-ent5dus1 et on dirait d'une jeune p]sonne =t peu recomm&able4 ,qu'e/-ce qu'on peut bi5 v5dre en dess\s1 dans la b\tique qu'elle surmonte et o elle v\s convie d'un signe tellem5t quivoque8 ,peut-tre t\t simplem5t d'honntes come/ibles ou de *a/es p>apluies4 ,il va sans dire1 aucune montagne n'aurait des p>ois aussi v]ticales que ce gratte-ciel2 en bas1 les f\les en m>*e le long des trottoirs1 les f\les sur lesquelles1 en cas de *ute1 on irait directem5t s'aplatir comme un bolide1 font song] des gr\illem5ts d'insectes qui s]ai5t l5ts p\r cause de trop petites pattes1 t&is que les files de wagons1 dont la ville e/ sillonne1 p>aiss5t de longues *5illes phosphoresc5tes qui ramp]ai5t sans vitesse4 ,et une clameur monte de ces rues1 comme une pla9te de bataille ou de misre1 entrec\pe p> les grondem5ts de t\s ces tra9s en fuite444 ,babel effrne1 p&monium o se heurt5t les n]gies1 les apptit1 les dtresses de v+t races en fusion dans le mme creuset4 ,malgr le froid qui c+le le visage1 c'e/ presque un s\lagem5t1 une dlivrance1 de se s5tir l sur ce sommet artificiel2 les six millions d'tres qui1 vos pi$s1 dans la rgion basse1 se c\doi5t1 lutt5t et s\ffr5t1 au mo9s ne v\s oppress5t plus2 mme il e/ presque angoissant de p5s] qu'il va falloir r$esc5dre t\t l'heure de ce haut p]*oir o la poitr9e s'emplissait d'air pur1 r$esc5dre et se replong] dans cette va/e m] huma9e qui f]m5te et b\illonne p>t\t al5t\r4 ,quelle inexplicable manie ont les hommes de s'empil] a9si1 de s'tag] les uns p>-dessus les autres1 de s'accol] en grappes comme font les m\*es sur les immondices1--qu& il re/e encore ailleurs des espaces libres1 des t]res vi]ges6444 ,vue d'ici1 la ville p>at inf9ie2 aussi lo9 que les yeux peuv5t atte9dre1 l'lectricit trace des zigzags1 tremble1 palpite1 bl\it1 crit des mots de rclame avec des clairs1 et f9alem5t1 v]s l'horizon o il n'e/ plus possible de ri5 lire1 va se fondre en une lueur froide d'aurore borale4 ,jamais encore ,new-,york ne m'avait p>u si t]riblem5t la capitale du mod]nisme2 reg>d la nuit et de si haut1 il fasc9e et il fait peur4 99 99 99 99 99 ,auj\rd'hui1 la premire de la ,fille du ,ciel1 au ,c5tury ,!atre4 ,cette langue trangre me dr\te tel po9t que je ne me s5s pas t\t fait responsable de ce que mes p]sonnages racont5t4 ,vraim5t1 p\r reconnatre ma pice1 je devrais plutt faire ab/raction du dialogue et1 m'ef=ant de ne pas ent5dre1 n'assi/] au spectacle qu'avec mes yeux1 comme si c'tait une simple pantomime1--une pantomime c]tes qui dpasse mon att5te p> son exactitude et sa spl5deur4 ,grce la consci5cieuse magie des pe9tres et des co/umi]s1 la vieille ,*9e impriale1 qui ne se rev]ra jamais plus1 e/ l devant moi1 avec le jeu de ses nuances r>es1 l'inconcevable tranget de ses at\rs1 avec ses dragons1 ses mon/res1 t\t son my/re4 ,p\r complt] l'illusion1 il y a mme le son rauque des voix *9oises1 et1 p5dant l'acte de la bataille1 qu& les soldats dlirants se prcipit5t en une rue suprme v]s leur impratrice p\r tomb] t\s ses pi$s1 je crois rent5dre ces clameurs qui faisai5t frissonn]1 en ,*9e1 aux j\rs de relles tu]ies4 ,a la scne f9ale cep5dant1 ds que l'emp]eur ,t>t>e et la ,fille-du-,ciel sont seuls en prs5ce1 je me repr5ds c\t] ce qu'ils dis5t2 leur jeu e/ d'ailleurs si expressif que je me figure presque les ent5dre p>l] ma propre langue4 ,et qu& la ,fille-du-,ciel t5d la ma9 p\r recevoir la p]le empoisonne qui va lui ouvrir les portes du ,pays des ,ombres1 son ge/e et son reg>d meuv5t comme si vraim5t elle allait m\rir444 ,ma9t5ant la toile tombe2 c'e/ f9i2 ce ?tre ne m'intresse plus4 ,une pice qui a t j\e1 un livre qui a t publi1 devi5n5t s\da91 en mo9s d'une seconde1 des *oses mortes444 ,j'ent5ds des applaudissem5t et de /rid5ts sifflets 7contrairem5t ce qui se passe *ez n\s1 les sifflets ,new-,york1 indiqu5t le summum de l'approbation74 ,on m'appelle1 sur la scne1 on me prie d'y p>atre1 et j'y rep>ais c9q ou six fois1 t5ant p> la ma9 la ,fille-du-,ciel1 qui e/ tremblante encore d'avoir j\ avec t\te son me4 ,une impression trange1 que je n'att5dais pas3 aveugl p> les feux de la rampe1 je p]ois la salle comme un va/e g\ffre noir1 o je dev9e plutt que je ne di/+ue les quelques c5ta9es de p]sonnes qui sont l1 deb\t p\r acclam]4 ,je suis pr(ondm5t t\* de la petite ovation imprvue1 bi5 que j'arrive pe9e me p]suad] qu'elle m'e/ adresse4 ,et puis me voici rep>ti dj p\r de n\veaux ailleurs4 ,j'tais v5u ,new-,york af9 de voir la matrialisation d'un rve *9ois1 fait nagure en communion avec ,mme ,judi? ,gauti]4 ,j'ai vu cette matrialisation2 elle a t spl5dide4 ,ma9t5ant que mon b e/ rempli1 ce rve tombe brusquem5t dans le pass1 s'van\it comme aprs un rveil1 et je m'en dta*e444 99 99 99 99 99 ,dema9 mat91 je dois pr5dre le paquebot p\r la ,france4 ,je ne puis prt5dre qu'en ce c\rt voyage j'aie vu l',amrique4 ,puis-je seulem5t dire que j'aie vu ,new-,york8 ,non1 c> j'y ai surt\t vcu prisonni] s\s une sorte de c\pole obscure1--le ,c5tury ,!atre avec sa pnombre de *aque j\r4 ,c'e/ l1 dans cette gr&e salle r\ge et or1 p>mi les fanta/iques spectateurs des rptitions1 figurants *apps de vieilles poti*es ou de vieilles ciselures1 c'e/ l que j'ai r5contr peu prs les seules femmes amrica9es qu'il m'ait t donn d'appro*]4 ,ces inconnues1 admises p\r avoir montr patte blan*e au rgisseur1 entrai5t discrtem5t1 sans faire de bruit1 presque ttons1 eff>es p> t\s ces p]sonnages casqus d'or1 qui occupai5t les /alles4 ,elles n'tai5t jamais les mmes que la veille1 mes visiteuses4 ,non sans pe9e elles p>v5ai5t me dc\vrir1 aprs avoir int]rog quelques-unes de ces tranges figures1 qui balbutiai5t des rponses vagues1 en *9ois4 ,assises enf9 mes cts1 elles tai5t t\t de suite g5tilles et ple9es de bonne grce1 malgr l'insuffisance de la prs5tation4 ,filles de ri*issimes ou pauvres petites j\rnaleuses1 elles app>t5ai5t t\s les mondes4 ,et on causait1 dans une sorte de plaisante cam>ad]ie sans l5dema91 p\r ne se revoir jamais2 c'tait demi-voix1 p\r ne pas tr\bl] les acteurs qui1 t\t prs de n\s1 se disai5t des *oses tragiques1 dans quelque vieux palais de ,nank91 s\s de faux rayons de lune1 ou bi5 la lueur d'un faux inc5die4 ,dtail qui m'amusait1 en gnral elles apportai5t1 p> prcaution contre la longueur de la sance--la rptition durait plusieurs heures d'affile--des s&wi*s ou des petits gteaux1 et il me fallait p>tag] cette dnette dans les tnbres4 ,plusieurs d'entre elles me connaissai5t beauc\p1 sans m'avoir encore vu nulle "p2 c'e/ l l'inconvni5t--ou le *>me1 si l'on veut--de s'tre trop donn dans ses livres4 ,quelques-unes avai5t vu ma maison de ,ro*e=t1 d'autres1 en canotant sur la ,bidassoa1 avai5t ap]u mon ermitage basque4 ,gr&es voyageuses1 presque t\tes1 elles tai5t alles ,/amb\l1 ,pk91 dans les diffr5ts lieux de la ,t]re que j'ai essay de dcrire1 et la trav]se de l',atlantique p\r v5ir *ez n\s leur semblait un ri5 comme prom5ade4 ,passant vite d'un sujet un autre1 elles disai5t des *oses incohr5tes mais pr(ondes2 elles diffrai5t des femmes de *ez n\s p> quelque *ose de plus indp5dant et de plus mascul9 dans la t\rnure d'esprit2 beauc\p plus libres c]tes1 mais sans qu'il y et jamais place entre n\s p\r l'quivoque4 ,et1 aprs avoir caus un peu de t\t1 dans une intimit intellectuelle favorise p> l'ombre1 on se saluait p\r ne se revoir jamais4 ,en quittant ce pays1 j'ai un vrai remords de n'avoir pu rpondre comme je l'aurais s\hait tant de lettres cordiales et jolies que *aque c\rri] m'apportait1 tant d'invitations tlphoniques1 m'arrivant aux r>es heures o j'habitais mon p]*oir4 ,d'aimables inconnus m'crivai5t1 avec la plus t\*ante bonne grce3 ,v5ez donc un peu v\s repos] *ez n\s1 la campagne2 au bord de l'eau1 s\s nos arbres1 v\s tr\v]ez du sil5ce4 ,et j'tais lu membre honoraire d'une quantit de c]cles4 ,comm5t faire1 avec si peu de temps moi8 ,au mo9s v\drais-je1 ici1 exprim] t\s ma reconnaissance et mon regret4 ,ds que la ,fille du ,ciel a t livre au public1 j'ai employ de mon mieux mes trois ou quatre j\rs de lib]t avant le d"p4 ,mais combi5 il tait emb>rassant de *oisir3 p\rquoi accept] ici et s'excus] ailleurs8 ,je suis all lun*] la magnifique et colossale ,univ]sit de ,columbia1 auprs de quoi nos univ]sits franaises sembl]ai5t de pauvres petits collges de prov9ce4 ,j'ai v\lu p>atre dans diffr5ts clubs puisque l'on avait eu la bont de m'en pri]4 ,j'ai rpondu l'invitation nave des jeunes filles de l'cole ,wa%+ton-,irv+ qui m'avait p>ticulirem5t *>m p> sa =me2 elles tai5t l deux ou trois c5ta9es de petites tudiantes de qu9ze seize ans qui1 p\r m'accueillir1 avai5t plac>d aux murs des criteaux de bi5v5ue2 aprs m'avoir *ant la ,m>seillaise1 elles ont cont9u p> un hymne o de temps autre rev5ait mon nom prononc p> leurs voix fra*es1 et en p>tant j'ai s]r de bon cur t\tes ces ma9s enfant9es4 ,on m'a ft l',alliance franaise o aprs le dn]1 il y a eu1 dans un gr& hall1 un dfil dont j'ai t mu pr(ondm5t2 t&is qu'un or*e/re j\ait cette ,m>seillaise qui1 l'trang]1 n\s semble t\j\rs la plus belle musique1 des ,franais de t\s les mondes1 les uns trs lgants1 les autres plus mode/es1 se sont t\r t\r appro*s de moi2 des jeunes1 des trs vieux dont le reg>d att5dri disait la cra9te de ne plus revoir la ,france2 des aeuls *evelure blan*e m'am5ant leurs petites-filles qui m'avai5t lu et s\haitai5t me voir2 l encore j'ai s]r plusieurs c5ta9es de braves ma9s que je s5tais vraim5t amicales1 et je ne sais comm5t dire m]ci tant et tant de familles qui ont bi5 v\lu se drang] p\r me tmoign] un peu de sympa?ie4 ,en somme si1 au premi] abord1 p\r l',ori5tal ob/9m5t arrir que je suis1 l',amrique ne p\vait que sembl] eff>ante--en tant que *audire gigantesque o1 p\r crer du n\veau1 se ml5t et b\illonn5t tumultueusem5t les gnies de tant de races div]ses--si l',amrique m'e/ re/e jusqu' la f9 peu comprh5sible1 avant de la quitt] j'ai p\rtant s5ti qu'elle tait qu& mme et surt\t le pays de la p5se *aleureuse1 de la fran*e hospitalit et du bon accueil4 ,elle e/ en ple9 v]tige1 c'e/ inconte/able1 v]tige de vitesse1 d'innovations1 de tmraires indu/ries4 ,mais il y a v]tige et v]tige1 comme il y a ivresse et ivresse4 ,suivant une locution populaire1 les uns ont le v9 gai1 les autres le v9 tri/e1 ou le v9 batailleur4 ,eh bi51 t&is que la ,g]manie a le v]tige homicide et froce1 on peut assurm5t dire que l',amrique l'a amusant et aimable4 ,,nos ,,amis ,d',,am,,rique #ba ,janvi] #aiag4 ,a la frontire d',espagne1 l'autre j\r1 j'ai r5contr un de nos vrais amis d',amrique1 qui desc5dait de l'express de ,madrid1 et qui1 avec une hte et une aisance t\t fait yankee1 comptait pr5dre le soir mme ,bordeaux le paquebot p\r ,new-,york4 ,la ,france ne sait pas assez quels amis ard5ts elle compte l-bas1 en dehors des sphres (ficielles1 dans le monde o l'on e/ libre de t\te pression politique1 *ez ces ,amrica9s qui ne suiv5t que l'impulsion de leur propre s5s moral1 de leur propre cur gnreux et indign4 ,p>mi ceux-l1 qui sont lgion1 l'un des plus considrables e/ ce voyageur1 ,m4 ,w4 ,w>51 que j'ai t si heureux de tr\v] comme compagnon de r\te depuis ,h5daye jusqu' la ,gironde4 ,il tait ple9 d'entra9 et de joie p>ce qu'il v5ait de russir cette tmraire entreprise1 d'all] ,madrid1--o les ,bo*es1 hlas6 manuvr5t avec t\t leur impud5t cynisme1--et d'y prononc] contre eux un viol5t rquisitoire1 de dnonc] une fois de plus leur infamie4 ,et il me conta cette confr5ce1 laquelle assi/ai5t les ambassadeurs de l',ent5te3 ,j'ai dit t\t ce que j'avais dire1 et1 qu& je les ai traits d'assass9s1 j'ai s5ti que la salle entire tait avec moi6 ,en effet1 les j\rnaux espagnols du l5dema9 enregi/rai5t le succs de sa p>ole2 elle avait d'autant plus port qu'elle tait celle d'un ,neutre1 que ne p\vait guid] aucun intrt p]sonnel4 ,voici bi5tt deux ans et demi que je connais ,m4 ,:itney ,w>51 l'ayant r5contr sur le front1 aux l5dema9s de la bataille de la ,m>ne4 ,sans se s\ci] des obus1 il se prom5ait l1 son kodak la ma92 dans une exaltation de rvolte et de dgt1 il photographiait1 p\r les mettre s\s les yeux de ses compatriotes1 t\tes nos ru9es1 nos villes1 nos ca?drales p>t\t saccages1 si inutilem5t et ignom9ieusem5t1 sans excuse militaire possible1 dans la seule frnsie de dtruire444 ,oh6 p\r qui a vu t\t cela1 ent5dre auj\rd'hui p>l] d\c]eusem5t leur ,kais]2 depuis qu'il a manqu son c\p de la paix1 l'ent5dre p>l] de l'agression subie p> l',allemagne et de la rage de/ructive des ,allis1 ne s]ait-ce pas amusant donn] le f\ rire1 si ce n'tait lugubre comme les divagations des f\s4 ,qu'il les fasse donc un peu voir1 ces monum5ts1 ces villes sur quoi notre rage s'e/ a*>ne6 ,e/-ce ,l\va91 ou ,ypres1 ou ,arras8 ,ou bi5 nos basiliques de ,reims ou de ,soissons8 ,ou bi5 encore les vieilles glises vniti5nes8 ,qu'il les montre aux ,neutres1 nos crimes de dva/ation1 et surt\t qu'il ca*e les si5s1 qu'il les ca*e la ,po/rit qui laiss]a sa ,g]manie cl\e au pilori1 tant que les hommes auront une hi/oire crite1 tant qu'il ti5dront de ju/es et indlbiles ar*ives4 ,notre rage de/ructive1 n\s les ,allis6444 ,oh6 pauvre hi/rion dj aux abois1 il faut en vrit p\r os] pr(r] ces p>oles1 p\r jet] ce dfi au s5s commun1 il faut qu'il ait p]du1 non seulem5t t\te consci5ce1 mais aussi t\te notion de l'am] ridicule1--ou alors qu'il ait une bi5 mprisante c]titude des paisses crdulits allem&es6 ,et1 ce qui e/ peut-tre le comble du grotesque1 c'e/ de le voir1 lui1 cont9u] de j\] la comdie mme dans l'intimit1 devant sa squelle t\te seule1 d]rire les portants de la scne1 jusque dans la c\lisse4 ,il y a peu de j\rs1 avant de j\] sa d]nire c>te en risquant le c\p de la paix1 n'a-t-il pas crit son ,be?mann une lettre intime o s'tal5t les s5tim5ts les plus ds9tresss et les plus t5dres4 ,des j\rnaux en ont donn la =mule exacte1 que je confesse avoir oublie4 ,mais1 quelques mots prs1 cela disait3 ,p\r dlivr] le monde de cette calamit1 dont mon d\x cur saigne1 il faudrait un homme magnanime et d'un dta*em5t surhuma94 ,eh6 bi5 moi1 *] complice1 moi tel que v\s me voyez1 moi ,guillaume le va9queur1 je s]ai cet homme2 moi1 j'aurai ce c\rage6 ,oh6 pauvre1 pauvre hi/rion de la ,mort1 qui donc1 en lisant cela1 n'a pas hauss les paules et s\ri de dda98444 99 99 99 99 99 ,depuis cette poque de la ,m>ne1 dj lo9ta9e1 j'ai r5contr un peu p>t\t1 sur le front des ,vosges1 sur le front d',alsace1 ce ,:itney ,w>51 notre fidle ami1 t\j\rs ins\ciant du dang]1--et de plus en plus je voyais s'exalt] son admiration p\r nos *]s soldats1 son dgt p\r l'horreur g]manique4 ,il a t accueilli p> t\s nos gnraux que *>mait son ardeur p\r la sa9te cause2 il e/ all mme dans les tran*es des ,itali5s1 p\r y con/at] quel po9t ils sont dignes de n\s4 ,et sa conviction1 si docum5te et si pr(onde1 n'a cess d'tre puissamm5t communicative4 ,combi5 d'articles a-t-il publis dans les j\rnaux des tats-,unis1 combi5 de confr5ces il a faites1 ,p>is1 ,madrid1 ,new-,york1 ,bo/on1 p\r prote/] contre la neutralit de son pays1 dans l'imm5se conflit que l',allemagne a os ouvrir entre la ,p5se et la ,f]raille b>b>e6 ,j'aj\t]ai que son fils1 entran p> son exemple1 s'e/ engag dix-sept ans dans nos ambulances de ,v]dun o il vi5t d'tre propos p\r la croix de gu]re1 et que ,mme ,:itney ,w>51 prsid5te ,new-,york du ,sec\rs national1 s'e/ entirem5t consacre1 avec ses filles1 aux uvres *>itables franaises4 ,on me dem&]a sans d\te3 qui donc e/ votre ,:itney ,w>51 quel titre a-t-il p\r j\] un tel rle8--,quel titre6 ,mais1 ,dieu m]ci1 il n'en a aucun2 aucune mission (ficielle ne lui a t confie4 ,et c'e/ l prcism5t ce qui donne ses actes une si r>e et inapprciable valeur4 ,de sa pr(ession1 il tait ar*itecte1 ce qui ne me semble pas conduire fatalem5t la vie si militante qu'il s'e/ *oisie4 ,mais le cur1 *ez lui1 l'a emport sur les considrations d'intrt1 et il a t\t quitt p\r se faire l'un des gr&s cont9uateurs de cette traditionnelle amiti franco-amrica9e1 in/itue p> ,la ,fayette4 ,ce n'e/ p\rtant pas de lui en p>ticuli] que j'ai v\lu p>l] ici1 ce n'e/ nullem5t une rclame p]sonnelle que j'ai t5t de lui faire4 ,non1 je ne l'ai cit que p>ce qu'il e/ typique2 il ressemble1 en ce qui n\s conc]ne1 l'imm5se majorit de ses compatriotes2 t\s videmm5t n'ont pas fait p\r n\s autant qu'il a fait lui-mme1 mais t\s n'en avai5t po9t les possibilits matrielles1 t\s n'avai5t pas non plus son n]gie ni son indp5dance4 ,lui1 n\s p\vons le considr] comme reprs5tant bi5 l'me clairvoyante de la vritable population amrica9e1 et cette me1 n\s ne le saurons jamais trop1 e/1 grce ,dieu1 absolum5t ce que n\s p\vions s\hait] qu'elle ft4 ,,il ,,pleut ,,sur ,l',,enf] ,,de ,,la ,,somme ,qu& n\s aurons a*ev de conqurir les t]ritoires de nos ennemis1 si quelque individu de ces races infrieures1 qu'on appelle anglaise1 franaise1 russe1 itali5ne1 amrica9e ou espagnole1 s'avise d'lev] la voix p\r autre *ose que p\r implor] grce1 n\s le dtruirons comme un pant9 de vil limon4 ,et qu& n\s aurons dmoli leurs ca?drales caduques1 n\s difi]ons nos sanctuaires plus spl5dides1 p\r glorifi] notre =ce1 de/ructive des nations p\rries4 7crit en #aiad p> un pr(esseur d',heidelb]g1 qui n'e/ pas s5siblem5t plus b\ffi ni plus froce que la moy5ne des allem&s47 ,novembre #aiaf4 ,elle tombe1 la pluie1 la pluie glace1 depuis combi5 d'heures1 on ne sait plus1 depuis t\t le temps1 dirait-on2 elle tombe rgulire1 paisse1 comme d'un gigantesque arrosoir aux trop l>ges tr\s1 et on n'imag9e plus que jamais elle puisse f9ir4 ,au milieu de l'encombrem5t1 du bruit1 des cahots1 ma voiture r\le1 vite qu& mme1 depuis un temps sans d\te trs long1 mais dont la longueur1 =ce de monotonie1 n'e/ plus apprciable4 ,sur la s9i/re r\te1--sorte de voie sacre qui mne au front1--entre deux rangs de squelettes d'arbres t\s p>eils1 passe en mme temps que moi un *>roi cont9u1 qui c\le nuit et j\r1 comme l'eau empresse des fleuves4 ,et ce sont d'normes camions1 uni=mm5t pe9ts en ce bleu neutre qui dans le lo9ta9 t\t de suite les efface1 les r5d invisibles trav]s la brume ou les ruissellem5ts de la pluie2 normes et l\rds1 en c\rant ils dfonc5t le sol2 le r\lem5t de leurs moteurs1 leurs tressauts *aque ornire mn5t un bruit qui jamais ne fait trve1 et l'air m\ill en e/ t\t vibrant2 ils sont bonds de soldats aux capotes bleutres1 ou bi5 de projectiles et de ma*9es tu]2 ils emport5t l-bas p> milli]s les victimes firem5t s\riantes p\r le gr& holocau/e sublime1 ou bi5 ramn5t des dbris huma9s qui viv5t encore1 et ils se dp*5t t\s comme si la ,mort s'impati5tait de les att5dre4 ,les *auffeurs de leurs innombrables ma*9es1 emmit\fls de peaux de bique1 n\s montr5t t\s en passant de p>eilles petites figures jaunes avec des yeux retr\sss la *9oise1 des figures comme on en avait connu l-bas en ,extrme-,asie444 ,ah6 des ,annamites1 imprvus ici s\s cette pluie d'hiv]3 mais t\t e/ s5s dessus dess\s dans le monde1 t\t e/ ,babel1 en #aiaf6444 ,et il y en a tant et tant de ces camions1 et depuis tant de j\rs1 sur cette r\te p\rtant l>ge1 que les maigres arbres des bords sont t\s gratigns1 hauteur d'auto1 p> ces f]rures1 en m>*e p]ptuelle4 ,de droite et de gau*e1 ce que l'on ap]oit de la campagne e/ hideux1 hideux glac] l'me2 ri5 que de la t]re ret\rne1 dtrempe1 et des flaques d'eau sale1 et puis des horizons noys1 p]dus s\s ces nuages bas qui tran5t1 t]nisant le si froid dluge4 ,il fait pe9e j\r1 tant le ciel e/ ple9 d'eau2 ri5 n'indique l'heure1 on ne sait pas si c'e/ midi1 ou le crpuscule4 ,p\r que cette voie1 trop frqu5te et crase1 demeure praticable1 il faut1 bi5 ent5du1 la rp>] cont9uellem5t1 et1 de di/ance en di/ance1 les b>rages des cantonni]s compliqu5t et ret>d5t l'int5se circulation2 *aque fois qu'on va les r5contr]1 ces b>rages de malheur1 un soldat v\s l'annonce en agitant un pavillon r\ge qui ruisselle de pluie2 alors il faut se tass] sur un seul bord de la r\te1 camions ou voitures se jetant les uns sur les autres1 t\t ce qui s'en va l-bas ou t\t ce qui ret\rne l'arrire1 et cela devi5t la plus inextricable mle4 ,a un mom5t donn1 n\s engageons nos r\es avec celles d'une voiture d'ambulance qui revi5t v]s les hpitaux2 elle e/ f]me de t\tes p>ts1 mais il en c\le1 g\tte g\tte1 du sang1 qui fait des petites ta*es rondes sur la b\e2 elle a l'air d'gr5] un *apelet r\ge1 p\r qu'on puisse la suivre la pi/e3 quelque hmorragie s\da9e1 sur laquelle on se reprs5te un mdec9 att5tivem5t p5*444 ,j'en avais crois tant et plus1 de ces voitures-l1 p5dant mes r&onnes en auto1 mais jamais encore je n'en avais vu saign]444 ,pass5t ma9t5ant quelques c5ta9es de prisonni]s aux h\ppel&es grises1 aux figures roses et s\rnoises1 qui n\s revi5n5t du front s\s la dbonnaire surveillance de gr&s diables1 t\rnure un peu trange1 vtus et encapu*onns de toile cire jaune-s]e94 ,oh6 les tonnants b]g]s qui n\s ramn5t ce vila9 tr\peau6 ,s\s leur capu*on po9tu1 d'un si beau jaune1 le visage qui app>at1 encadr d'un passe-montagne bleu1 e/ noir comme de la suie444 ,eux1 c'e/ au ,sngal1 la cte de ,gu9e1 qu'on les avait r5contrs jadis1 nus s\s le soleil torride1 et les voil transports s\s le ciel pluvieux de la ,somme1 emmaillots comme des momies6 ,il a fallu n\s arrt] t\t fait p\r ce dfil des ,bo*es1 de peur de leur cras] les pi$s1 et n\s avons t\t loisir d'exam9] ces te9ts *lorotiques1 ces petites prunelles de faence ple qui se dt\rn5t et fui5t6 ,n\s sommes tellem5t mo9s vila9s que a1 n\s autres6 ,aprs les avoir vus1 on reporte volonti]s son reg>d sur les braves soldats de *ez n\s1 que les camions entran5t et qui t\t l'heure s]ont la bataille2 la comp>aison immdiate e/ t\te leur honneur1 et comme on salue frat]nellem5t leur te9t de sant1 leurs yeux plus foncs1 plus francs et plus vifs4 ,il pleut1 il pleut1 il fait gris et il fait sombre4 ,il faut consult] sa montre p\r se conva9cre qu'il e/ pe9e #b heures1 c> vraim5t on croirait que la nuit comm5ce4 ,t\s ces moteurs et t\tes ces normes r\es si pesantes1 qui se suiv5t et se press5t en files in9t]rompues1 branl5t le sol et font trop de bruit p\r que l'on di/+ue nettem5t la canonnade1 et de plus il s'y mle le tamb\r9em5t de la pluie f\ettante et la rage du v5t contre les pauvres arbres de la r\te2 t\tefois quelques c\ps1 de plus en plus =ts1 dom95t ce fracas monotone et vi5n5t n\s rappel] que n\s appro*ons de la ligne de feu4 ,dans les *amps inonds et l'ab&on1 qui ne sont plus que des ds]ts de b\e1 il y a ma9t5ant1 en guise de cultures1 d'imm5ses talages de *oses p\r tu]1 obus1 torpilles1 etc42 affreuses *oses1 dont les cuivres brill5t un peu au milieu des grisailles ambiantes2 elles sont alignes en bon ordre1 en belle symtrie1 sur des madri]s qui les isol5t des flaques d'eau2 elles c\vr5t de gr&s espaces de t]ra91 comme faisai5t jadis les fo9s ou les bls4 ,en ce mom5t mme1 des hommes1 emb\rbs jusqu'aux g5\x1 s'occup5t t5dre p>-dessus d'imm5ses toiles1 pe9turlures comme des dcors de ?tre3 vu de trs haut1 t\t ce cam\flage doit reprs5t] de l'h]be bi5 v]te1 des ro*]s bruns1 des pi]railles blan*es1 etc4 ,et c'e/ p\r tromp] les yeux p]ants de ces n\veaux oiseaux d'aci] qui1 de nos j\rs1 empoisonn5t l'air1 transport5t l-haut jusque dans les nuages le tohu-bohu et l'horreur d'en bas4 ,en effet1 s'ils ap]cevai5t cela1 les vila9s oiseaux bo*es en m>aude1 on se reprs5te les explosions que propag]ai5t leurs bombes p>mi nos va/es plantations de mitraille4 ,p> degrs n\s pntrons dans ces zones1 inimag9ables =ce de tri/esse et de hideur1 que l'on a rcemm5t qualifies de lunaires4 ,la r\te1 rp>e en hte depuis notre rc5te avance franaise1 e/ encore peu prs possible1 mais n'a p\r a9si dire plus d'arbres2 de l'alle d'autrefois1 re/5t seulem5t quelques troncs1 p\r la plup>t fracasss1 d*iquets hauteur d'homme1 et quant au pays al5t\r1 il ne ressemble plus ri5 de t]re/re2 on croirait plutt1 c'e/ vrai1 trav]s] une c>te de la ,lune1 avec ces milli]s de tr\s arrondis1 imitant des b\rs\flures creves4 ,mais dans la ,lune1 au mo9s il ne pleut pas1 t&is qu'ici t\t cela e/ ple9 d'eau2 l'inf9i1 ce sont des sries de cuvettes trop remplies1 que l'av]se inexorable fait dbord] les unes sur les autres2 la t]re des *amps1 la t]re fconde avait t faite p\r tre ma9t5ue p> le feutrage de l'h]be et des plantes1 mais ici un dluge de f] l'a tellem5t crible1 brasse1 ret\rne1 qu'elle ne reprs5te plus qu'une immonde b\illie brune o t\t s'enfonce4 et l1 des tas in=mes de dcombres1 d'o po9t5t encore des p\tres calc9es ou des f]railles tordues1 m>qu5t la place o fur5t les villages4 ,on re/e confondu devant de telles de/ructions1 qui sont le d]ni] cri1 les miracles de la gu]re mod]ne4 ,et il faut se dire1 hlas6 que ce g*is macabre s't5d1 t\t p>eil1 p5dant des lieues et des lieues1 sur ce qui s'appelait nagure encore des prov9ces franaises6 ,voil donc ce que les hommes ont fait de la ,t]re1 qui1 aux orig9es1 leur avait t donne habitable1 v]te et d\ce1 bi5 revtue d'arbres et d'h]bages6 ,le voil1 le suprme ab\tissem5t de ce que de pauvres esprits s'ob/95t appel] le progrs6 ,oh6 combi5 tai5t sages ces p5seurs des vieilles civilisations1 qui ne p]mettai5t la sci5ce qu'aux reprs5tants de c]ta9es ca/es sacres1 jugs dignes d'en dt5ir les nfa/es secrets6 ,auj\rd'hui1 le mo9dre imbcile j\e des explosifs sa fantaisie1 le plus laid et le plus obtus des pr(esseurs allem&s possde la clef des arcanes de la *imie et ex]ce sa pati5ce de t]mite en tir] le plus diabolique r5dem5t possible p\r b\lev]s] notre sol et ext]m9] en masse1 la grosse1 notre prcieuse jeunesse franaise4 ,ri5 que cela d'ailleurs e/ presque une condamnation de la sci5ce1 qu'elle soit accessible un peuple incurablem5t b>b>e et que1 p\r en dvelopp] les effets1 il suffise de s'y appliqu] d'une faon ob/9e1 avec une tnacit pe9e intellig5te4 ,bi5 infrieur1 en effet1 ce peuple-l1 qui n'excelle que dans les indu/ries prcises1 s]viles et t]re t]re1 et n'a pas su reconnatre encore quels inutiles sacrifices son kais] le mne1 et quelles hcatombes sans comp5sations6 ,qu& donc ouvriront-ils les yeux1 ces tres aux obissances m\tonnires1 p\r di/+u] les vraies mobiles du ,mon/re1 qui lutte et qui tue avec la rage d'une bte =ce au gte1 non p\r df5dre l',allemagne1 mais p\r df5dre sa propre p]sonnalit1 sa dyna/ie1 sa morgue1 son trne macul de sang et de c]velle6 ,qu& donc cette plbe tte c>re1 qui se confie de si impud5ts consommateurs de vies huma9es1 compr5dra-t-elle qu'il suffirait de jet] p>-dessus bord1 comme n\s disons en m>9e1 le kais]1 avec sa plus immdiate squelle1 p\r se rhabilit] dj un peu aux yeux de l'humanit1 et obt5ir la paix6444 ,dans le lugubre ds]t de crevasses et de b\e1 un criteau sur bois blanc1 au b\t d'un bton1 m'indique de quitt] la gr&e artre p> o s'c\le le fleuve pesant des convois1 le fleuve crasant t\t1 et de pr5dre un vague *em9 de trav]se qui me mn]a o j'ai mission d'all]4 ,il y a comme un s\lagem5t physique n'tre plus englob dans t\t ce vac>me et ces trpidations du gr& ravitaillem5t militaire1 mais il y a aussi une mlancolie quitt] cette f\le de soldats avec qui on *em9ait depuis des heures1 s'loign] de t\tes ces vies franaises qui vont gaiem5t affront] le ,m9otaure1 et dema9 peut-tre s]ont fau*es2 on aim]ait mieux les suivre1 entran dans leur lan v]s cette p>tie du front o les camions les conduis5t1 que de se retr\v] seul1 s'enfonc] froidem5t dans les dsolations d'al5t\r4 ,sur ce n\veau *em91 que cont9ue d'inond] la pluie1 un sil5ce s\da9 m'enveloppe1 un sil5ce ponctu1 il va sans dire1 p> les c\ps de canon1 mais ponctu longs int]valles1 cause de ce dluge t\j\rs1 qui ral5tit t\te bataille444 ,bi5tt mon auto ne veut plus r\l]1 sur la fange moiti liquide2 la p\ss] plus lo9 s]ait c\rir le risque de l'emb\rb] sans possibilit de sauvetage2 il e/ plus prud5t de la laiss] l1 de mettre pi$ t]re et de m'emb\rb] moi-mme4 ,d'ailleurs le b de ma c\rse n'e/ plus bi5 lo92 je l'ent5dais depuis longtemps1 et prs5t je l'ap]ois dj1 trav]s les myriades de petites rayures traces dans l'air p> cette pluie2 c'e/ l-bas1 ce gr\pe de *oses tri/em5t fanta/iques1 qui1 au-dessus de l'horizon1 se remu5t en se pr(ilant sur la pleur morte du ciel4 ,on dirait de gros tuyaux d'us9e1 mais qui s]ai5t d\s d'un trange m\vem5t presque animal2 ils se lv5t1 puis s'incl95t1 puis se relv5t1 et *aque fois qu'ils sont dresss1 c'e/ p\r vomir1 avec un bruit de tonn]re1 quelque l\rde masse1 comme jadis les volcans avai5t seuls la =ce d'en projet]3 des blocs de fonte qui jailliss5t dans le ciel1 jusqu' des hauteurs de six kilomtres et puis s'en vont retomb] au lo91 bi5 au del du *amp de la vue1 p\r v5tr] des abris bo*es1 faire des crasis de corps huma9s4 ,en gnral1 p> de tels temps pluvieux et b\*s1 ils ne travaill5t pas1 nos n\veaux canons gants2 mais c'e/ ncessaire auj\rd'hui p\r une prp>ation urg5te2 on les a donc malgr t\t mis l'uvre4 ,et1 avec une rgul>it1 une tranquillit t]rifiantes1 ils oscill5t a9si1 ayant l'air de se mt] d'eux-mmes1 p\r leur besogne de ju/e v5geance4 ,ce fut1 on le sait1 une des plus *res conceptions de leur kais]1 que celle des canons mon/rueux4 ,il s'tait imag9 n\s apport] avec cela les paniques et les dr\tes6 ,bi5 ent5du1 p\r n\s en df5dre1 il n\s en a fallu de p>eils1 mais quelques mois n\s ont suffi1 et n\s les avons4 ,ce que1 lui1 avait mis qu>ante-quatre ans inv5t]1 les ,allis1 qui1 hlas6 ne se mfiai5t pas et n'avai5t ri5 prvu1 en deux ans pe9e l'ont reproduit et dpass4 ,alors1 que lui re/e-t-il donc comme supriorit intellectuelle1 au mon/re de ,b]l91 pr9ce de t\tes les ru9es et de t\s les deuils8 ,et1 p> ailleurs1 en a-t-il assez accumul de bvues1 dans sa tortueuse politique1 et de fausses prvisions1 et de calculs imbciles6 ,a "p quelques c\ps de f\rb]ie honte qui lui ont russi1 ou failli russir1 qu'a-t-il fait autre *ose1 que tu] p> surprise6 ,et dire que cette lg5de s'tait nagure accrdite1 *ez les esprits simples de *ez n\s1 qu'il avait du gnie1 du mo9s un c]ta9 gnie1 dans c]ta9es bran*es infrieures4 ,en ralit1 il n'avait mme pas celui de la de/ruction1 puisque n\s1 p> reprsailles1 n\s l'avons di/anc t\t de suite4 ,son gnie1 allons donc6 ,non1 qu'on n\s laisse tranquille avec cet hi/rion de la mort6444 ,dcidm5t1 la nuit tombe sur ces dsolations inf9ies de la ,somme4 ,p\r auj\rd'hui1 ils ont t]m9 leur besogne1 nos canons gants1 qui se dressai5t et se rec\*ai5t au comm&em5t1 avec la docilit d'normes btes apprivoises4 ,comme on fait aux *evaux qui ont f9i leur c\rse du j\r1 on les c\vre1 on les enveloppe d'imm5ses h\sses et on va les emm5] l'arrire1 l'abri1--c> ils ont *acun sa locomotive et ses rails4 ,le tragique ds]t de b\e1 o ils faisai5t tant de bruit t\t l'heure1 et qui a ent5du tant de batailles1 tant de cris de fureur et d'agonie1 va sans d\te ce soir r$ev5ir sil5cieux dans l'obscurit1 sil5cieux d'un angoissant sil5ce de cimetire2 les autres canons1 t\s ceux du lo9ta91 se tais5t aussi2 il ne se pass]a ri5 cette nuit1 p>ce qu'il pleut trop4 ,et bi5tt1 dans ces solitudes o la mort fait semblant de dormir1 on n'ent5dra plus que les av]ses froides1 qui cont9u5t ob/9m5t leur espce de pianotage p]ptuel sur l'eau de t\tes ces flaques rondes4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages ,v]tige #a ,fragm5ts d'un j\rnal intime #be ,lormont 7,georges7 #di ,nos matelots #fc ,mademoiselle ,anna1 trs humble p\pe #gi ,alsace6 #ha ,une furtive silh\ette de ,s4 ,m4 la ,re9e ,alex&ra d',anglet]re #ig ,femmes franaises p5dant la gr&e gu]re #aji ,un secteur tranquille #aac ,un petit monde que n'ont pas atte9t nos v]tiges #abe ,l'adieu de ,p>is au gnral ,galli5i #acg ,une demi-d\za9e de petites con/atations #adc ,le pr9ce assass9 p> ,eux 7,y\z\f-,yz$d97 #adg ,la femme turque #afa ,simple g5tillesse entre vois9s #ahc ,les pati5ces s\t]ra9es #aig ,new-,york entrevu p> un ,ori5tal trs vieux jeu #baa ,nos amis d',amrique #bec ,il pleut sur l'enf] de la ,somme #bfa #dije-c-ag4--,,p>is4--,,imp4 ,,hemm]l ,cie4 ,rue de ,damiette1 #b1 #d et #d bis4 ,,d]ni,,res ,,publications ,collection 9-#ah jsus #c fr4 #ej le volume ,vol4 ,,aic>d 7,,jean71 de l',acad4 franaise ,des ,cris dans la mle #a ,,ack] 7,,paul7 ,l',oiseau ,va9queur 7#i;e mille7 #a ,,aghion 7,,max7 ,a trav]s l',europe sanglante4 ,ill4 #a ,,b>busse 7,,h5ri7 ,le ,feu 7#ea;e mille7 #a ,,bonni] 7,,ga/on71 de l',in/itut ,en m>ge de la ,gr&e ,gu]re #a ,,b\tet 7,,fr,d,,ric7 ,celles qui les att5d5t #a ,victor et ses ,amis 7#d;e mille7 #a ,,*>riaut 7,h47 ,la ,belgique ,t]re d'hrosme 7#e;e m47 #a ,,*>riaut 7,h47 ,,et ,l4 ,,amici-,,grossi ,l',italie en gu]re #a ,,col9 7,lt-,,colonel7 ,les gr&es batailles de l',hi/oire ,de l'antiquit #aiac 7#f;e mille7 #a ,les ,trans=mations de la ,gu]re 7#f;e mille7 #a ,,danrit 7,,capita9e7 ,la ,gu]re s\t]ra9e #a ,,f>r,,re 7,,claude7 ,quatorze ,hi/oires de ,soldats 7#bj;e m47 #a ,,f9ot 7,,jean7 ,civiliss contre ,allem&s 7#d;e m47 #a ,,fole 7,,*>les7 ,sylvette et son bless #a ,,=ge 7,,h5ry ,,de7 ,ah6 la belle ,france6 7#c;e mille7 #a ,,frapi 7,l,,on7 ,les ,contes de la ,gu]re 7#c;e mille7 #a ,le ,capita9e ,dupont 7#d;e mille7 #a ,,hirs* 7,,*>les-,,h5ry7 ,m>ie en #aiad 7#f;e mille7 #a ,*acun son devoir 7#f;e mille7 #a ,,le ,,bon 7,dr ,,gu/ave7 ,enseignem5ts psy*ologiques de la ,gu]re europenne 7#bd;e mille7 #a ,premires consqu5ces de la ,gu]re #a ,,ma*>d 7,,alfr$7 ,la ,gu]re des ,mmes 7#c;e mille7 #a ,,ma,l 7,,fr$ ,,causse-7 ,l',ile qui p>le #a ,l',ame d'un ,canon #a ,,m&el/amm 7,v47 ,la ,cosaque 7#d;e mille7 #a ,,m>gu]itte 7,,paul71 de l',acad4 ,gonc\rt ,l',embusqu1 roman 7#cj;e mille7 #a ,contre les ,b>b>es #aiad-aiae 7#e;e m47 #a ,l',imm5se ,ef=t4 #aiae-aiaf 7#c;e m47 #a ,,nion 7,,fran,,ois ,,de7 ,p5dant la ,gu]re 7#d;e mille7 #a ,son sang p\r l',alsace 7#d;e mille7 #a ,les ,dcombres 7#c;e mille7 #a ,p,,ladan 7,,jos,,ph97 ,la ,gu]re des ,ides #a ,,ri*ep9 7,,jean71 de l',acad4 franaise ,proses de ,gu]re 7#d;e mille7 #a ,la ,clique #a ,,ri*et 7,,*>les7 ,les ,c\pables #a ,,rosny ,,a9 7,j4-,h471 de l',acad4 ,gonc\rt ,p]dus8 7#e;e mille7 #a ,,timmory 7,,gabriel7 ,la ,colonelle von ,s*nick #a #eghj4--,p>is4--,imp4 ,hemm]l et ,cie4 #c-ag ,,notes3 #a ,napolon ,i] fut1 si je ne me trompe1 l'un de ces nonnitis qui citait la rgul>it des t\rnoiem5ts cle/es comme preuve de l'exi/5ce de ,dieu4 #b ,quelques n\velles hypo?ses1 assez admissibles1 vi5n5t d'tre mises sur la g5se du soleil1 mais elles s\lv5t encore1--et t\j\rs et t\j\rs1--de n\veaux p\rquoi plus effroyables2 alors1 quoi bon8 #c ,on connat les lz>ds membranes et mme le lz>d plumes 7ar*opt]ix7 qui fut essay aprs lui4 #d ,on s'en occupe dj beauc\p1 de nos soldats aveugles1 je le sais bi51 p\r leur tr\v] du travail1 leur assur] l'exi/5ce matrielle2 mais il faudrait aussi les di/raire de leur d*ance affreuse1 en faisant pntr] dans leur nuit de belles images colores1 en les intressant des av5tures relles ou imag9aires1 qui leur apport]ai5t la div]sion et l'oubli2 ce s]ait au mo9s aussi utile que de leur donn] du pa94 ,or1 cette petite hi/oire du s]g5t ,lormont1 qui e/ une entre mille1 je l'ai ne sur la prire d'un aveugle m95t1 ,m4 ,maurice de ,la ,siz]anne1 je l'ai ne p\r attir] un peu l'att5tion sur son uvre admirable1 c> il a consacr sa vie aux autres aveugles ses frres4 ,il dirige et il enri*it1 p> t\s les moy5s en son p\voir1 une biblio?que p\r ceux qui lis5t sans yeux1 qui lis5t en prom5ant les doigts sur des feuillets blancs piqus d'innombrables tr\s d'p+le4 ,qui dira t\t le bi5 qu'il a dj fait1 en r5dant tant et tant de pauvres tres1 isols dans leur nuit1 cette joie de lire6 ,mais sa biblio?que1 qui suffisait pe9e avant la gu]re1 se tr\ve auj\rd'hui n'avoir plus le qu>t des volumes qu'il faudrait4 ,qu& nos combattants1 aveugles d'hi]1 ont t am5s l1 au bras de quelqu'un1 p\r emprunt] de ces livres spciaux leur usage1 s\v5t ensuite il s'en ret\rn5t du et plus tri/es3 on a t oblig de leur en refus]1 p>ce qu'ils tai5t t\s en lecture1--et l'arg5t manque p\r en prp>] d'autres4 ,on a dj tant donn1 dans notre pays1 donn ple9es ma9s p\r nos blesss1 que l'on donn]a bi5 encore1 il me semble1 p\r apport] un peu de dt5te et d'en*antem5t aux plus t]riblem5t t\*s d'eux t\s1 ceux qui n'y voi5t plus4 ,si l'on n'a pas dj s\scrit davantage p\r cette uvre1 c'e/ surt\t1 j'en suis conva9cu1 p>ce qu'on n'y p5sait pas1 p>ce qu'on ne savait pas4 ,je dem&e donc1 ici1 que l'on vi5ne au sec\rs de la si prcieuse biblio?que1 que la gu]re1 hlas6 n'a que trop mise l'ordre du j\r4 #e ,des dta*em5ts de matelots en armes1 presque t\s des survivants de l',ys]1 g>nissai5t ce j\r-l la scne du ,?tre ,franais1 ent\rant ,m4 ,pi]re ,loti qui1 p\r f9ir1 s'e/ adress eux4 #f ,voir la bro*ure de ,mme ,juliette ,adam3 ,non1 l',alsace n'e/ ni g]ma9e ni g]manisante4 #g ,pluriel arabe d',oul$-,nal4 #h ,on sait que les ,oul$-,nalia sont dev5ues s\v5t1 contre l'trang]1 d'hroques gu]rires4 #i ,celui du sultan ,mahm\d4 #aj ,a cette mme confr5ce1 ,mme ,b>tet v5ait de lire une lettre de jeune femme turque4 #aa ,auj\rd'hui de pauvres irresponsables ont compltem5t dfigur l'exquis village1 en btissant ju/e au-dessus de la place du jeu de pelote1 au-dessus du glorieux fronton surann1 une villa mod]ne avec faences poly*romes4--,p4 ,l4 #ab ,auj\rd'hui1 hlas6 on y va en auto6 #ac ,auj\rd'hui t\s les *taigni]s ont a*ev de m\rir2 ils ne sont plus que des squelettes gristres1 se dess*ant au soleil4--,p4 ,l4 #ad ,auj\rd'hui un b>rage en a fait un vritable lac s\t]ra91 o se reflt5t les pili]s de la vote4 ,il faut fran*ir ce lac dans un batelet p\r abord] aux longues gal]ies ple9es d'ombre4 #ae ,beauc\p de ces votes ont t /upidem5t dp\illes de leurs franges1 de leurs p5dantifs millnaires1 la commune de ,s>e les ayant v5dus un entrepr5eur qui les a fait bris] c\p de masse4 ,soixante *>rettes qui en tai5t remplies1 se sont diriges v]s ,bi>ritz1 et les /alactites1 qui avai5t t l'uvre des temps sans nombre1 ont s]vi con/ruire l'une des plus grotesques p>mi ces villas qui d%onor5t la cte basque depuis qu'elle e/1 amnage p\r le t\risme4--,p4 ,l4 #af ,a l'entre de la grotte1 on vi5t1 hlas6 de con/ruire p\r les t\ri/es une maison et un re/aurant qui ont *ang ces aspects millnaires4--,p4 ,l4 #ag ,la gr&e tragdi5ne amrica9e1 *>ge du rle de la ,fille du ,ciel4 7,note du transcripteur7 *anges faites3 ,abd-ul-,hamid ,abdul-,hamid ,,f>r,,re ,,f>r,,re 99 99 99 99 99 ,librairie ,,erne/ ,,flamm>ion1 #bf1 ,rue ,rac9e1 ,,p>is ,,prix ,,gonc\rt #dj;e mille ,h5ri ,,b>busse ,,le ,,feu 7,j\rnal d'une ,esc\ade7 ,,roman ,r=m du temps de paix1 le pote et romanci] ,h5ri ,b>busse a1 ds le comm5cem5t des ho/ilits1 contract un engagem5t p\r la dure de la gu]re4 ,il a t cit plusieurs fois l',ordre du j\r4 ,voici le texte de sa plus rc5te citation3 ,d'une valeur morale suprieure1 s'e/ engag volontairem5t p\r la dure de la gu]re2 a refus d'tre v]s dans la t]ritoriale1 malgr son ge et son tat de sant4 ,s'e/ t\j\rs (f]t spontanm5t p\r t\tes les missions dang]euses1 et notamm5t p\r aid] in/all]1 s\s un feu viol5t1 un po/e de sec\rs avanc dans les lignes qui v5ai5t d'tre conquises sur l'ennemi4 ,au c\rs d'un cong de convalesc5ce--p\r le ddi] la mmoire de ses cam>ades tombs ct de lui1 ,cr\ et la cote #aai--;il a crit ce poignant roman3 ,le ,feu1 qui porte en s\s-titre cette m5tion3 ,j\rnal d'une esc\ade1 et qui e/ sans d\te l'uvre la plus s9cre et la plus vibrante que l'on ait crite sur la gu]re4 ,le ,feu1--qu'a c\ronn1 comme on le sait1 l',acadmie ,gonc\rt--n'e/ pas seulem5t un sup]be docum5t2 c'e/ un roman admirable et captivant4 ,un volume 9-#ah4--,prix3 #c fr4 #ej ,envoi contre m&at-po/e ,librairie ,,erne/ ,,flamm>ion1 #bf1 ,rue ,rac9e1 ,,p>is ,paul ,,ack] #i;e mille ,l',,oiseau ,,va9queur ,,roman ,paul ,ack] e/ mort1 on le sait1 en s]vice comm&1 le #bg ,ju9 #aiae1 prs de ,?ann4 ,il repose1 auj\rd'hui1 dans le cimetire de ,moos*1 en ,alsace reconquise4 ,l',oiseau va9queur e/ le d]ni] roman que ,paul ,ack] ait crit en enti]4 ,l',oiseau va9queur e/ le roman d'am\r d'un aviateur2 c'e/ une uvre dlicieuse1 une uvre m\vante et captivante4 ,il faut lire ,l',oiseau va9queur avant de le plac]1 d'un ge/e mlancolique et pieux1 dans sa biblio?que1 ct des uvres exquises de ce f91 subtil et pntrant romanci]1 qui1 mort qu>ante ans pe9e1 laisse cep5dant des uvres aussi lgantes1 aussi p>faites que ,le soldat ,b]n>d1 ,les demoiselles ,b]tram1 ,les ,deux ,am\rs1 ,les ,exils444 ou cet ,oiseau va9queur4 ,un volume 9-#ah4--,prix3 #c fr4 #ej ,envoi contre m&at-po/e ,librairie ,,erne/ ,,flamm>ion1 #bf1 ,rue ,rac9e1 ,,p>is ,claude ,,f>r,,re #bj;e mille ,,quatorze ,,hi/oires ,,de ,,soldats ,on se s\vi5t du gr& succs qu'avait obt5u1 la veille de la gu]re1 le beau livre que ,claude ,f>rre avait publi alors s\s ce titre3 ,dix-sept hi/oires de m>9s4 ,claude ,f>rre vi5t de donn] en librairie une uvre n\velle3 ,quatorze hi/oires de soldats4 ,c'e/ un livre admirable4 ,bi5 qu'il conti5ne1 comme son titre l'annonce1 quatorze hi/oires sp>es1 le n\veau livre--le n\veau *ef-d'uvre de ,claude ,f>rre--e/ vraim5t1 proprem5t p>l]1 un roman4 ,c'e/ le roman des soldats4 ,t\te l'me des soldats1 vibrante1 *eval]esque1 hroque1 y e/ *ante p> un de leurs frres1 qui e/ aussi un conteur m]veilleux1 et un m]veilleux pote4 ,un volume 9-#ah4--,prix #c fr #ej ,envoi contre m&at-po/e ,librairie ,,erne/ ,,flamm>ion1 #bf1 ,rue ,rac9e1 ,,p>is ,paul ,,m>gu]itte 7,,de ,l',,acad,,mie ,,gonc\rt7 #cj;e mille ,l',,embusqu ,,roman ,l',embusqu8444 ,c'e/ l'hi/oire dramatique de ces tres dconc]tants que l'op9ion publique raille et fltrit avec tant de ju/ice4 ,avec quel tact et quelle =ce v5g]esse ,m4 ,paul ,m>gu]itte n\s dvoile un de ces cyniques ds]teurs du devoir6 ,il le montre1 esquivant le front p> ruse et adresse1 flagell bi5tt p> le mpris de la femme qui l'adore1 et f9alem5t *ti comme il le mrite4 ,l',embusqu t\t palpitant de vrit1 d'am\r1 d'indignation et de d\leur1 comporte1 malgr l'ignom9ie de ,maxime ,ar*]1 un noble rcon=t1 c> trav]s la faute et le ra*at de la t\*ante ,h5riette1 n\s assi/ons au drame de la gu]re2 n\s admirons les v]tus de la famille franaise2 et n\s retr\vons1 dans la mle conduite de ,pi]re ,=m5t1 l'p\x magnanime1 t\te la vaillance de notre race et t\t l'hrosme de nos soldats4 ,c'e/ un roman passionn et passionnant4 ,un volume 9-#ah4--,prix3 #c fr4 #ej ,envoi contre m&at-po/e #edfj--,p>is4--,imp4 ,hemm]l et ,cie4--#a-ag