available by the ,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,bibliothque de ,philosophie scientifique ,psychologie de l'ducation ,,par ,,le ,dr ,,gustave ,,le ,,bon ,l'ducation est l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient4 ,,nouvelle ,,dition ,augmente de plusieurs chapitres sur les mthodes d'ducation en ,amrique et sur l'enseignement donn aux indignes des colonies4 ,,paris ,,ernest ,,flammarion1 ,,diteur #bf1 ,,rue ,,racine1 #bf #aibj ,tous droits de traduction1 d'adaptation et de reproduction rservs pour tous les pays4 ,,psychologie ,,de ,l',,ducation ,,pr,,face ,,de ,,cette ,,nouvelle ,,dition ,cet ouvrage a eu beaucoup de lecteurs1 #ae ditions successives et des traductions en plusieurs langues#a n'ont pas puis son succs4 ,cependant son influence sur les universitaires est reste trs faible4 ,encadrs par de rigoureux programmes1 nos professeurs ne peuvent enseigner que les matires de ces programmes1 et ils les enseignent naturellement avec les mthodes ayant servi leur propre instruction4 ,note #a3 ,sur la premire page de la traduction russe on lit3 ,cette traduction a t faite par le gnral ,serge ,boudaevsky1 sur le dsir exprim par ,son ,altesse ,impriale le grand-duc ,constantin ,constantinovich1 prsident de l',acadmie des ,sciences et directeur des coles militaires de la ,russie4 ,bien d'autres raisons1 d'ailleurs1 s'opposent la transformation de notre systme d'ducation4 ,on les trouvera exposes dans cet ouvrage4 ,elles montrent pourquoi les meilleures volonts restent impuissantes aujourd'hui4 ,une preuve nouvelle de cette impuissance me fut fournie dans la circonstance que voici3 ,aprs la lecture d'une des premires ditions de mon livre1 un minent snateur1 que je connaissais seulement de rputation1 le professeur ,lon ,labb1 membre de l',acadmie des sciences et de l',acadmie de mdecine1 vint me voir pour m'annoncer son intention de prononcer un discours nergique au ,snat dans le but d'obtenir la rforme de notre enseignement4 ,le savant acadmicien revint plusieurs fois discuter ce sujet avec moi et il le discuta aussi avec quelques amis4 ,le rsultat final de ces discussions fut que pour transformer notre systme d'ducation1 il faudrait d'abord changer l'me des professeurs1 puis celle des parents1 et enfin celle des lves4 ,devant une pareille vidence1 l'illustre snateur renona de lui-mme prononcer son discours4 ,dans mes prcdentes ditions1 je m'tais born dire quelques mots de l'enseignement l'tranger4 ,considrant qu'il serait utile de descendre aux dtails1 j'ai consacr plusieurs chapitres de cette nouvelle dition1 tudier les mthodes d'ducation employes dans le pays o l'enseignement atteint son plus haut degr de perfection3 les tats-,unis d',amrique4 ,cet expos montrera combien profond est l'abme qui spare leurs conceptions des ntres4 ,guids par une psychologie trs sre1 les matres amricains savent dvelopper chez l'lve l'esprit d'observation1 la rflexion1 le jugement et le caractre4 ,le livre joue un rle trs faible dans cet enseignement et la rcitation un rle nul4 ,c'est exactement le contraire qui se passe dans notre ,universit4 ,de l'cole primaire l'enseignement suprieur1 le jeune ,franais ne fait que rciter des leons4 ,de rares esprits indpendants chappent l'influence universitaire1 mais la grande masse des lves en gardent toute leur vie la funeste empreinte4 ,voil pourquoi1 si nous avons en ,france un petit noyau d'hommes suprieurs maintenant un peu notre rang dans le monde1 les hommes moyens1 vrais soutiens d'une civilisation1 font de plus en plus dfaut4 ,comment se formeraient-ils1 puisque notre enseignement ne les cre pas8 ,chaque page de ce livre apportera la preuve1 fournie par les universitaires eux-mmes1 que tout leur enseignement consiste faire rciter des manuels4 ,dans la plus rpute de nos grandes coles1 l'cole ,polytechnique1 la mthode est la mme4 ,l'lve se borne apprendre par coeur1 pour le jour de l'examen1 des choses qui1 n'ayant pntr dans l'entendement que par la mmoire1 seront bientt oublies4 ,le trs pauvre enseignement donn dans cette cole a t fort bien jug par un ancien polytechnicien1 devenu inspecteur gnral des ,mines1 ,m4 ,a4 ,pelletan1 dans un mmoire publi par la ,revue gnrale des ,sciences du #ae avril #aiaj4 ,en voici un court extrait3 ,l'instruction tourne uniquement vers les questions d'examen y perd tout caractre scientifique et n'exerce que la mmoire4 ,comme on ne demande au polytechnicien que d'apprendre son cours1 et qu'on n'exige de lui aucun travail personnel1 rien ne permet de distinguer sa vritable valeur3 ceux qui ont beaucoup de mmoire et peu d'intelligence peuvent obtenir des notes de supriorit1 mme en mathmatiques4 ,on les retrouve souvent la sortie dans les premiers rangs4 99 99 99 99 99 ,si la transformation de notre enseignement est peu prs impossible1 quoi peut servir un livre sur l'ducation8 ,ne sait-on pas1 d'ailleurs1 que les piles innombrables de ceux qui paraissent journellement sur ce sujet n'ont gure d'autres lecteurs que leurs auteurs8 ,c'est justement ce que je me demandais lorsque1 il y a plus de dix ans1 navr de l'tat d'abaissement o nous conduisait notre ,universit1 je songeais rdiger ce volume4 ,je me rsignai cependant l'crire1 d'abord parce qu'on ne doit jamais hsiter dire ce qu'on croit utile1 et ensuite parce que j'tais persuad que1 tt ou tard1 une ide juste finit toujours par germer1 quelque dur que soit le rocher o elle est tombe4 ,je n'ai pas regrett la publication de cet ouvrage4 ,il a eu des lecteurs nombreux1 sur lesquels je ne comptais gure1 et une influence spciale moins espre encore4 ,cette dernire ne s'est pas exerce sur une ,universit1 trop vieille pour changer1 mais sur une catgorie d'hommes auxquels je n'avais nullement song4 ,mes recherches ont fini1 en effet1 par trouver un cho dans une importante cole1 destine former nos futurs gnraux4 ,je veux parler de l'cole de guerre1 trs heureusement soustraite l'action de l',universit4 ,de savants matres1 le gnral ,bonnal1 le colonel de ,maud'huy1 et bien d'autres y ont inculqu une brillante lite d'officiers les principes fondamentaux dvelopps dans cet ouvrage4 ,c'est dans la profession militaire surtout que devait apparatre l'utilit de mthodes permettant de fortifier le jugement1 la rflexion1 l'habitude de l'observation1 la volont et la domination de soi-mme4 ,acqurir de telles qualits1 puis les faire passer dans l'inconscient1 de faon ce qu'elles deviennent des mobiles de conduite1 constitue tout l'art de l'ducation4 ,les officiers ont parfaitement compris ce que les universitaires n'avaient pu saisir4 ,une nouvelle preuve m'en a t fournie par l'ouvrage rcent de ,m4 le commandant d'tat-major ,gaucher1 tude sur la psychologie de la troupe et du commandement1 o se trouvent reproduites les confrences faites par lui des officiers1 pour leur exposer les mthodes d'ducation que j'ai dveloppes1 en me basant sur les donnes modernes de la ,psychologie4 ,ce sera peut-tre par l'arme que notre ,universit subira la transformation qu'elle refuse d'accepter4 ,ce n'est pas seulement dans l'arme franaise que les principes d'ducation tablis dans cet ouvrage commencent se rpandre4 ,au cours d'une fort remarquable tude publie par ,the ,naval and military ,gazette du #h mai #aiji1 l'auteur s'exprime ainsi3 ,on n'a jamais donn une meilleure dfinition de l'ducation que celle due ,gustave ,le ,bon3 ,l'ducation est l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient4 ,les chefs de l'tat-major gnral anglais ont accept ce principe comme la base fondamentale de l'tablissement d'une unit de doctrine et d'action dans l'ducation militaire dont nous avions si besoin4 ,l'auteur montre trs bien l'application de ce principe dans les nouvelles instructions de l'tat-major anglais4 ,ce dernier a parfaitement compris que ce n'est pas la raison mais l'instinct qui fait agir sur le champ de bataille1 d'o la ncessit de transformer le rationnel en instinctif par une ducation spciale4 ,c'est de l'inconscient que surgissent les dcisions rapides4 ,l'habilet et l'unit de doctrine doivent1 par une ducation approprie1 tre rendues instinctives4 ,on ne saurait mieux dire4 ,,livre ,,premier ,,les ,,enqu,,tes ,,sur ,,la ,r,,forme ,,de ,l',,enseignement ,,chapitre ,,premier ,les conceptions des matres de l',universit en matire d'enseignement4 ,i ,l'histoire des persvrantes et trs inutiles tentatives faites depuis trente ans en ,france pour modifier notre systme d'ducation est pleine d'enseignements psychologiques4 ,elle contribue prouver combien les ides hrditaires des peuples rgissent leur destine et quel point est illusoire cette indracinable conception latine que les institutions1 filles de la raison pure1 peuvent se modifier coups de dcrets4 ,depuis longtemps les voix les plus autorises ne cessent de proclamer l'absurdit de notre enseignement4 ,tout fut tent pour le rformer4 ,chaque modification n'a cependant servi qu' le rendre plus mauvais encore4 ,on trouvera dans cet ouvrage les raisons de ces insuccs4 ,elles tiennent en partie1 l'ignorance profonde des causes relles d'infriorit de notre enseignement4 ,un mal dont les origines sont mconnues ne saurait tre guri4 ,c'est en lisant les six normes volumes de la dernire enqute parlementaire sur l'ducation qu'on peut le mieux constater l'tendue de cette ignorance4 ,comment les choses entrent-elles dans l'esprit8 ,comment s'y fixent-elles8 ,comment apprend-on observer1 juger1 raisonner1 possder de la mthode8 ,ces questions fondamentales n'ont gure t abordes4 ,les personnes ayant dpos devant la commission ont t peu prs unanimes juger les rsultats de notre enseignement dplorables4 ,pourquoi dplorables8 ,elles semblent l'avoir compltement ignor4 ,,ii ,frapp d'une telle mconnaissance de certaines notions fondamentales de psychologie1 je m'tais appliqu dans cet ouvrage mettre en lumire les vritables raisons de l'infriorit de notre enseignement et montrer que les programmes1 causes supposes de tous les maux1 y taient trs trangers4 ,si nos ides hrditaires pouvaient changer1 mon livre aurait pu tre utile4 ,je suis bien oblig de confesser que1 malgr son succs de vente1 il n'a pas--en ,france du moins--clair ni convaincu un seul universitaire4 ,les matres de notre enseignement en sont encore chercher les causes d'une infriorit que je m'imaginais avoir mises nettement en vidence4 ,on aura une ide de leur impuissance les trouver en lisant les discours sur l',enseignement prononcs par deux des principaux directeurs de notre ,universit1 ,,mm4 ,lippmann et ,appell1 devant l',association pour l'avancement des sciences4 tant donns le nom et la situation de leurs auteurs1 ces documents peuvent tre considrs comme reprsentant d'une faon trs exacte les ides directrices des chefs de l',universit4 ,d'accord avec la plupart de ses collgues1 ,m4 ,lippmann fit voir que notre enseignement1 tous les degrs1 tait tomb un niveau au-dessous duquel il ne peut gure descendre4 ,le savant professeur mettait fort bien en vidence les services rendus l'industrie par les lves des universits allemandes et l'incapacit de ceux forms par nos facults et nos coles rendre de tels services4 ,il montrait l'influence mondiale exerce par les universits allemandes qui fournissent aux usines d',europe et d',amrique une grande partie du personnel savant dont elles ont besoin4 ,pendant que la science et l'industrie allemandes grandissent constamment1 les ntres suivent une marche inverse et descendent un peu plus bas chaque jour4 ,cette supriorit d'un ct1 cette infriorit de l'autre tant bien constates1 l'auteur fut ncessairement conduit en chercher les causes4 ,malgr tous ses efforts pour les trouver1 il ne les a mme pas souponnes4 ,ses raisonnements possdent cependant1 dfaut de vraisemblance1 une bizarre originalit4 ,l'tat misrable de notre enseignement tiendrait simplement1 selon lui1 ce qu'il est d'origine chinoise et a t import en ,france par les ,jsuites6 ,si l'on rencontre ici une ignorance par moments impntrable1 ignorance bachelire et lettre qui nous rappelle la ,chine1 la raison en est bien simple3 notre pdagogie nous vient de ,chine4 ,c'est l un fait historique4 ,notre pdagogie est celle de l'ancien rgime4 ,elle sortit de l'ancien collge ,louis-le-,grand1 lequel fut fond1 on ne l'ignore pas1 par des missionnaires revenus d',extrme-,orient4 ,ayant ainsi dcouvert les causes du mal1 le distingu acadmicien a cherch le remde4 ,rien n'est plus simple4 ,pour que l'enseignement devienne parfait1 il suffirait de le rendre indpendant des fonctionnaires du ,ministre de l',instruction publique4 ,il y a urgence1 s'crie-t-il avec indignation1 dlivrer l'enseignement du pdantisme bureaucratique et librer les ,universits du joug du pouvoir excutif4 ,car celui-ci n'a pas cess de peser sur les tudes suprieures en leur imposant sa pdagogie d'ancien rgime4 ,viendra-t-il jamais un grand ministre pour retirer au pouvoir excutif la collation des grades8 ,les bureaucrates incrimins ont appris avec effarement de quoi on les accusait4 ,il leur a sembl un peu stupfiant qu'un professeur de la ,sorbonne part ignorer que les universitaires seuls fixent les programmes et font passer les examens destins l'obtention des diplmes dlivrs ensuite par le pouvoir excutif4 ,il ne faudrait pas supposer que les ides analogues celles qui viennent d'tre exposes soient spciales un seul professeur4 ,tous les matres de l',universit en possdent du mme ordre4 ,ces grands spcialistes semblent1 en vrit1 perdre toute aptitude observer et raisonner ds qu'ils s'cartent de leur spcialit4 ,il n'irait pas loin le pays gouvern par un aropage de savants1 comme de candides philosophes l'ont plusieurs fois propos4 ,on aura une nouvelle preuve de cette incapacit des chefs de notre ,universit rien comprendre--absolument rien--aux causes de l'infriorit de leurs mthodes d'enseignement1 en lisant un autre discours prononc1 comme celui de ,m4 ,lippmann1 devant la mme ,association pour l'avancement des sciences1 par ,m4 ,appell1 doyen de la ,facult des sciences de ,paris4 ,ainsi que son collgue1 ,m4 ,appell commence par une svre critique de l'enseignement universitaire et constate qu'il ne peut dvelopper l'esprit scientifique1 les concours et examens n'tant1 de l'cole primaire aux sommets de l'enseignement suprieur1 que des preuves de mmoire4 ,ces critiques sont excellentes1 mais l'auteur n'ayant pas compris les causes du mal qu'il signale1 les remdes suggrs ou imagins par lui sont d'une insignifiance vritablement excessive4 ,chaque ligne trahit l'incertitude de sa pense4 ,on en jugera par les extraits suivants de ses projets de rforme3 ,l'administration voit le mal et cherche activement le remde3 il consisterait surtout tablir des relations suivies entre les coles normales primaires et l'enseignement suprieur 76674 ,plus loin1 il propose l'utilisation des universits pour l'enseignement scientifique et1 plus loin encore1 considre comme une grande rforme la suppression d'une partie des cours du ,musum et la transformation de cet tablissement en ,institut national des collections4 ,l'auteur a fini par sentir un peu l'extrme faiblesse de pareilles ides4 ,dans un article1 il est revenu sur le mme sujet et assure que3 ,la premire rforme serait le classement des matires des programmes par valeur utilitaire1 et la seconde l'application de ce rapport dans l',universit active comme dans son administration1 tel enseignement restreint et tel autre largi1 telles chaires supprimes et telles autres cres4 ,on voit qu'aucun de ces minents spcialistes n'est encore arriv souponner que ce sont les mthodes1 et non les programmes1 qu'il faudrait modifier4 ,proposer d'allonger ou raccourcir ces derniers1 de supprimer certaines chaires ou d'en fonder d'autres1 reprsente une phrasologie vaine1 sans aucune ide directrice pour soutien4 ,cette question de l'enseignement semble passionner les esprits aujourd'hui1 puisque un troisime discours vient d'tre prononc sur notre systme d'ducation l',association pour l'avancement des ,sciences1 par un minent membre de l',institut1 ,m4 ,ch4 ,lallemand4 ,nul besoin de dire que ,m4 ,ch4 ,lallemand n'est pas un universitaire4 ,on le voit facilement aux judicieuses rflexions qui maillent son discours4 ,l'auteur rappelle d'abord que le but de l'instruction est de former l'esprit4 ,il constate ensuite que l',universit ne sait enseigner ni le latin1 ni le franais1 ni quoi que ce soit4 ,d'un autre ct1 sentant combien les rformes sont actuellement impossibles1 il se contente de demander que le peu qu'on enseigne porte au moins sur des choses utiles1 c'est--dire les langues modernes et les sciences1 tout aussi aptes former l'esprit que le latin4 ,il faut croire que les critiques de ,m4 ,lallemand ont port juste1 car elles ont provoqu de vritables explosions de fureur chez les universitaires4 ,son auteur ne put mme obtenir d'un grand journal quotidien l'insertion d'une rponse au violent article d'un des bien rares admirateurs de nos mthodes d'enseignement4 ,,iii ,j'ai reproduit quelques passages des discours officiels les plus rcents pour montrer combien est profonde1 chez les matres de notre ,universit1 l'incomprhension en matire d'enseignement4 ,tous ces spcialistes minents sont1 je le rpte1 excellents dans leurs laboratoires ou leurs cabinets de travail1 mais ds qu'ils en sortent pour regarder et juger le monde extrieur1 leurs chanes de raisonnement deviennent singulirement peu solides et leurs jugements trs faibles4 ,l'incomprhension de l',universit ne lui permet pas de voir que la cause principale de l'infriorit dont elle gmit tient la pauvret de ses mthodes d'enseignement4 ,les lecteurs de cet ouvrage n'auront pas besoin d'en parcourir beaucoup de pages pour comprendre l'influence de telles mthodes et s'apercevoir qu'elles sont identiques dans toutes les branches de l'enseignement3 suprieur1 secondaire et primaire4 ,qu'il s'agisse d'une ,facult1 de l'cole ,normale1 de l'cole ,polytechnique1 d'une cole d'agriculture ou d'une simple cole primaire1 ce sont toujours les mmes procds4 ,on pourra modifier1 comme il arrive chaque jour1 les programmes1 mais ces modifications ne touchant pas aux mthodes1 les rsultats ne sauraient changer4 ,ces derniers sont mme devenus trs infrieurs ce qu'ils taient il y a une trentaine d'annes seulement1 parce qu'on s'est figur1 en chargeant et compliquant les programmes1 amliorer l'enseignement4 ,la complication1 la subtilit byzantine et le ddain des ralits caractrisent aujourd'hui notre instruction tous les degrs4 ,il suffit de comparer les livres de classe actuels aux anciens pour voir avec quelle rapidit ces tendances se sont dveloppes4 ,les auteurs des nouveaux manuels savent trs bien quel genre d'ouvrages ils doivent crire pour plaire aux matres dont leur avancement dpend1 et naturellement ils n'en crivent pas d'autres4 ,un professeur qui publierait aujourd'hui des livres comme les merveilleux ouvrages de ,tyndall sur la lumire1 le son et la chaleur1 serait fort peu considr et vgterait oubli au fond d'une province4 ,bien entendu1 l'lve ne comprend absolument rien toutes les chinoiseries que1 sous le nom de science ou de littrature1 on lui enseigne4 ,il en apprend des bribes par coeur pour l'examen1 mais trois mois aprs tout est oubli4 ,c'est ,m4 ,lippmann lui-mme qui a rvl la commission d'enqute--et ici on peut le croire1 car sa dclaration a t confirme par le doyen de la ,facult des sciences1 ,m4 ,darboux--que quelques mois aprs l'examen la plupart des bacheliers ne savent mme plus rsoudre une rgle de trois4 ,il a fallu instituer la ,sorbonne un cours spcial d'arithmtique lmentaire pour les bacheliers s sciences prparant le certificat des sciences physiques et naturelles4 ,de tous ces manuels si pniblement appris et si vite oublis1 il ne reste la jeunesse ayant pass par le lyce qu'une horreur intense de l'tude et une indiffrence profonde pour toutes les choses scientifiques4 ,c'est encore ,m4 ,lippmann qui le signale4 ,l'esprit scientifique1 dit-il1 est moins rpandu en ,france que dans d'autres contres de l',europe1 moins rpandu qu'en ,amrique et au ,japon4 ,l'industrie nationale a profondment souffert de ce dfaut et le manque d'esprit scientifique se fait sentir ailleurs que dans l'industrie4 ,quelle est la cause du mal8 ,il faut accuser notre instruction publique qui ne connat que la pdagogie de l'ancien rgime4 ,tout cela est fort vrai1 mais encore une fois1 ce ne sont ni les ,chinois ni les bureaucrates1 comme le croit ,m4 ,lippmann1 qui causent le mal4 ,l',universit jouit aujourd'hui d'une libert absolue4 ,les pouvoirs publics ne lui refusent rien et l'accablent d'incessantes subventions4 ,elle chang constamment ses programmes sans modifier ses mthodes4 ,c'est prcisment l'inverse qu'il faudrait faire1 et tant qu'elle ne le comprendra pas1 les rsultats de son enseignement resteront aussi lamentables4 ,on ne ressuscite pas les cadavres4 ,il n'y a donc aucun espoir que notre ,universit consente se transformer1 mais1 alors mme que1 contre toute vraisemblance1 elle voudrait changer ses mthodes1 o trouverait-elle les professeurs ncessaires pour raliser une telle transformation8 ,peut-on esprer de ces derniers qu'ils consentent refaire eux-mmes toute leur ducation8 ,le fait suivant montre avec quelle difficult se rencontrent aujourd'hui en ,france des professeurs capables de donner un enseignement analogue celui que reoivent les tudiants des peuples voisins4 ,lorsque1 il y a quelques annes1 ,m4 ,estauni fut nomm directeur de l'cole suprieure de ,tlgraphie1 qui n'avait fourni jusqu'alors que les rsultats les plus mdiocres1 il essaya en vain d'amener les professeurs transformer leurs mthodes d'enseignement4 ,ses efforts ayant t entirement striles1 il lui fallut se dcider changer le personnel enseignant1 bien que ce dernier renfermt des matres fort connus1 et notamment un ,professeur l'cole ,polytechnique4 ,neuf professeurs sur treize furent remplacs4 ,mais grande fut la difficult de leur trouver des successeurs capables de donner un enseignement utile1 et l'auteur de ce coup d'tat se demanda pendant quelque temps s'il ne serait pas ncessaire d'aller les chercher l'tranger4 ,envoyer instruire leurs enfants en ,allemagne1 en ,suisse ou en ,amrique est malheureusement le seul conseil que l'on puisse donner aux familles assez riches pour le suivre4 ,il est navrant de constater qu'aprs tant de centaines de millions dpenss en ,france pour l'enseignement1 nous en soyons l4 ,,iv ,malgr la pauvre ducation suprieure qu'ils ont reue1 beaucoup de professeurs de l'enseignement secondaire sont trs intelligents et pleins de bonne volont1 mais leur impuissance est complte4 ,ils appliquent les mthodes qui leur ont t enseignes et suivent des programmes dont ils ne peuvent s'carter4 ,les attristantes confidences reues aprs la publication des premires ditions de cet ouvrage m'ont prouv que beaucoup de professeurs sont parfaitement renseigns sur la faible valeur des mthodes universitaires et savent fort bien que les lves perdent inutilement huit dix annes au lyce4 ,mais1 obligs de suivre scrupuleusement les instructions de leurs chefs1 ils ne peuvent rien changer4 ,l'ducation1 dans son acception gnrale1 embrasse la culture des aptitudes morales et intellectuelles4 ,de l'ducation morale1 l',universit ne s'occupe aucunement4 ,des aptitudes intellectuelles1 elle n'en cultive qu'une1 la mmoire4 ,jugement1 raisonnement1 art d'observer1 mthodes1 etc41 n'tant pas catalogables en matire d'examen1 sont considrs comme entirement ngligeables4 ,tout l'enseignement secondaire est fait coups de manuels ou de dictes1 que l'lve doit apprendre par coeur et rciter4 ,j'ai fait preuve d'une initiative trs hardie1 me disait un jeune professeur d'un grand lyce1 en enseignant la botanique mes lves au moyen de plantes dissques sous leurs yeux1 au lieu de me borner leur dicter des nomenclatures4 ,toutes les autres sciences3 physique1 chimie1 etc41 sont enseignes par les mmes procds mnmoniques#b4 ,quelques instruments1 montrs de loin et fonctionnant fort rarement1 constituent la seule concession la mthode exprimentale1 trs mprise par l',universit1 bien qu'elle ne cesse en thorie de la recommander4 ,nous verrons dans cet ouvrage que la littrature1 les langues et l'histoire sont aussi mal enseignes que les sciences4 ,note #b3 ,toutes les prescriptions universitaires se sont bornes d'ailleurs introduire quelques vagues manipulations de physique et de chimie dans les lyces4 ,mais1 comme nous l'apprend ,m4 le professeur ,mermet 7,revue ,scientifique1 octobre #aiji71 les rsultats obtenus sont dplorables4 ,comment pourrait-il en tre autrement8 ,professeurs1 parents et lves ddaignent absolument ce qui n'est pas matire examen et considrent comme perdu le temps non consacr apprendre par coeur les livres que l'lve devra rciter le jour de cet examen4 ,avec ses mthodes surannes1 l',universit a dfinitivement tu en ,france le got des sciences et des recherches indpendantes4 ,l'lve apprend patiemment par coeur les lourds manuels dont la rcitation lui ouvrira toutes les carrires1 y compris celle de professeur1 mais il sera incapable d'aucun labeur personnel4 ,toutes traces d'originalit et d'initiative ont t teintes en lui4 ,nous ne manquons pas de laboratoires--nous en possdons mme beaucoup trop--mais leurs salles restent gnralement dsertes4 ,quand1 de trs rares intervalles1 un candidat vient prparer dans ces inutiles et coteux laboratoires la thse ncessaire pour le professorat1 on peut tre peu prs certain que ce premier travail sera son dernier4 ,l',universit ne tolre d'ailleurs chez ses professeurs aucune indpendance1 aucune initiative4 ,la plus vague tentative d'originalit est rprime chez eux par une mticuleuse et byzantine surveillance4 ,nous tions solidement hirarchiss dj par plusieurs sicles de monarchie et de catholicisme1 mais l',universit nous a beaucoup plus hirarchiss encore4 ,c'est elle qui instruit les couches suprieures de la ,socit et tient en ralit la clef de toutes les carrires4 ,qui n'entre pas dans ses cadres ne peut rien tre4 ,jadis1 avant la progressive extension du rgime universitaire1 la ,france comptait des savants indpendants qui furent l'honneur de leur patrie4 ,les chercheurs non officiels survivant encore1 comme vestiges1 d'un pass disparu1 sont bien rares4 ,privs de moyens de travail1 voyant se dresser devant eux l'arme universitaire et son redoutable appareil1 ils renoncent la lutte et ne seront jamais remplacs4 ,v ,on trouverait en ,france des milliers de personnes capables de reconnatre l'tat lamentable de notre enseignement1 mais je doute qu'il en existe dix aptes formuler un projet utile de rformes universitaires4 ,elles ne se sont pas montres1 lorsqu'il y a quelques annes1 la suite des rvlations de l'enqute parlementaire1 fut tente la rforme de notre enseignement4 ,cette tentative aboutit1 on le sait1 au systme dit des cycles1 reconnu aujourd'hui comme trs infrieur au rgime1 pourtant fort mdiocre1 qu'il remplaait4 ,quelques annes ont suffi1 crivait un ancien ministre1 membre de l',acadmie franaise1 ,m4 ,hanotaux1 pour mettre l'preuve et pour condamner le rgime des cycles4 ,et ces cinq ans ont suffi aussi pour dmontrer dfinitivement l'incompatibilit de l'enseignement secondaire tel qu'il survivait avec le rgime actuel4 ,il faut en prendre son parti2 le rgime des mots est fini1 l'ducation verbale a fait son temps444 on a fait de nos gnrations un peuple d'coliers1 de candidats1 de btes concours4 ,la prtendue supriorit intellectuelle et sociale s'affirme par l'art de rpter les mmes mots et les mmes gestes jusqu' trente ans et au del4 ,l'nergie nationale s'endort dans ce ronron archaque et vain3 apprendre1 copier1 rciter4 ,l'auteur1 comme tant d'autres1 a trs bien montr le mal1 mais malheureusement1 sans indiquer les remdes4 ,cette incapacit trouver le traitement d'un mal que chacun voit nettement est une consquence des influences ancestrales qui nous mnent4 ,il y a des choses que les peuples latins n'ont jamais comprises et ne pourront probablement jamais comprendre4 ,d'autres nations1 possdant des caractres hrditaires diffrents des ntres1 ont trs bien su saisir ces choses si incomprhensibles pour nous4 ,il est vident1 par exemple1 que les ,amricains ont fort bien su rsoudre le problme de l'ducation4 ,les ,japonais1 qui n'taient pas gns par leur pass1 ont adopt en bloc les mthodes allemandes1 et on sait quel degr de supriorit scientifique1 industrielle et militaire elles les ont conduits en quarante ans4 ,et si le lecteur veut percevoir nettement la profondeur de l'abme qui spare les ides latines de celles d'autres peuples1 je l'engage lire quelques discours sur l'ducation#c1 prononcs dans une occasion rcente en ,angleterre et les comparer ceux des universitaires franais dont j'ai cit des passages au commencement de ce chapitre4 ,je ne puis1 malheureusement1 en donner que de trop brefs extraits3 ,note #c3 ,ils ont t prononcs par ,m4 ,asquith1 ministre des ,finances1 ,m4 ,haldane1 ministre de la ,guerre1 et ,m4 ,lyttelton1 directeur du collge d',eton4 ,on en trouvera des rsums dans le journal anglais ,nature4 ,rien ne doit tre plus loign du but de l',universit que de donner cette vague omniscience qui touche la surface de tous les sujets et ne va au coeur d'aucun4 ,on peut juger de la faon dont l',universit remplit sa tche par la faon dont elle dveloppe la mentalit de ses lves et leur got pour la connaissance4 ,aprs avoir1 de son ct1 recommand la mthode exprimentale1 le ,directeur d',eton ajoutait3 ,ses avantages sont d'exiger un service constant de la raison1 de la patience1 de l'exactitude1 de l'aptitude regarder et des plus prcieuses facults de l'imagination4 ,rsumant ces divers discours1 le ,directeur de la ,revue1 o ils sont reproduits1 crivait3 ,si une bonne mthode scientifique est enseigne1 peu importent les sujets qui seront tudis par les lves4 ,il y a aujourd'hui une dsapprobation unanime pour le bourrage de phrases scientifiques et littraires dont on surchargeait autrefois la mmoire4 ,,vi ,je crois inutile d'insister davantage sur des questions qui seront longuement dveloppes dans cet ouvrage4 ,nous y verrons combien sont inutiles1 et vains tous nos projets de rformes4 ,que soient modifis les programmes1 comme on ne cesse de le faire1 que soit supprim ou non le baccalaurat1 les rsultats resteront identiques4 ,ils resteront identiques1 parce que1 je le rpte1 les mthodes ne changent pas4 ,on ne peut demander des professeurs1 forms par certains procds1 de modifier leur constitution mentale4 ,ils sont ce que l'enseignement suprieur les a faits4 ,c'est donc l'enseignement suprieur qu'il faudrait changer1 mais comment y songer1 puisque cet enseignement est dirig1 non par des bureaucrates1 comme voudrait le faire croire l'acadmicien que je citais plus haut1 mais uniquement par des universitaires8 ,toutes les dissertations sur l'enseignement n'ont qu'un intrt philosophique4 ,la seule rforme utile de l'enseignement suprieur est compltement impossible en ,france4 ,il faudrait1 en effet1 que cet enseignement ft entirement libre1 qu'on rduist des trois quarts les traitements affects aux chaires des ,facults1 mais en permettant1 comme en ,allemagne1 aux professeurs de se faire payer par leurs lves4 ,c'est dans l'enseignement libre1 laissant aux professeurs la facult de montrer leur valeur pdagogique et leur aptitude aux recherches1 que les ,universits allemandes recrutent les matres de l'enseignement4 ,on reconnatra vident1 j'imagine1 que si dans nos ,facults les professeurs et les prparateurs taient pays par les lves et1 que les professeurs libres pussent y enseigner1 le jeu mme de la concurrence obligerait les matres actuels modifier entirement leurs mthodes1 c'est--dire mettre les lves en contact avec les ralits1 au lieu de transformer la science en manuels1 tableaux et formules4 ,alors--et seulement alors--nos professeurs dcouvriraient que tout le secret de l'ducation est d'aller du concret l'abstrait1 suivant la marche de l'esprit humain dans le temps1 au lieu de suivre un procd exactement inverse1 comme ils le font maintenant4 ,jamais1 videmment1 un ,parlement franais n'osera1 sous prtexte de dmocratie1 voter de telles mesures4 ,lequel vaut mieux1 cependant1 d'un enseignement qui1 s'il cote peu aux lves1 ne leur sert rien1 ou d'un enseignement pay par eux et leur servant quelque chose8 ,le systme allemand a fourni ses preuves1 le ntre les a fournies galement4 ,d'un ct1 suprmatie scientifique et industrielle clatante1 de l'autre1 dcadence non moins vidente et qui s'accentue chaque jour4 ,le poids de nos prjugs hrditaires est trop lourd pour que la rforme dont je viens de parler soit possible4 ,ce n'est pas vers la libert de l'enseignement que nous marchons1 mais vers son accaparement de plus en plus complet par l'tat que l',universit reprsente4 ,l'tatisme est aujourd'hui en ,france la seule divinit rvre par tous les partis4 ,il n'en est pas un qui ne demande sans cesse l'tat de nous forger des chanes4 ,nous devons donc nous rsigner subir l',universit4 ,elle restera une grande fabrique d'inutiles1 de dclasss et de rvolts jusqu'au jour1 probablement lointain1 o le public suffisamment clair et comprenant tous les ravages qu'elle exerce et la dcadence dont elle est cause1 s'en dtournera dfinitivement ou la brisera sans piti4 99 99 99 99 99 ,comme conclusion de ce chapitre1 je me bornerai reproduire une page par laquelle je terminais1 il y plus de vingt ans1 un travail sur le rle possible de l'enseignement4 ,elle est aussi vraie maintenant qu'autrefois et le sera sans doute encore dans cinquante ans4 ,l'ducation est peu prs l'unique facteur de l'volution sociale dont l'homme dispose1 et l'exprience faite par divers pays a montr les rsultats qu'elle peut produire4 ,ce n'est donc pas sans un sentiment de tristesse profonde que nous voyons le seul instrument permettant de perfectionner notre race1 en levant son intelligence et sa morale1 ne servir qu' abaisser l'une et pervertir l'autre4 ,elle reste pourtant debout1 cette vieille ,universit1 dbris caduc d'ges disparus1 bagne de l'enfance et de la jeunesse4 ,je ne suis pas de ceux qui rvent des destructions2 mais quand je vois tout le mal qu'elle a fait et le compare au bien qu'elle aurait pu faire2 quand je pense ces belles annes de la jeunesse inutilement perdues1 tant d'intelligences teintes et de caractres abaisss pour toujours1 je songe aux maldictions indignes que lanait le vieux ,caton la rivale de ,rome1 et rpterais volontiers avec lui3 delenda est ,carthago4 ,,chapitre ,,ii ,documents psychologiques rvls par l'enqute sur l'enseignement4 ,pourquoi les rformes sont impossibles4 ,i ,l'enqute parlementaire publie1 il y a quelques annes1 sur la rforme de l'enseignement secondaire1 constitue le document le plus complet que l'on puisse consulter sur l'tat actuel de cet enseignement et ses rsultats4 ,le psychologue qui voudra connatre les ides rgnant en ,france au sujet d'une aussi fondamentale question devra se reporter aux six gros volumes o sont runis les rapports des personnes consultes4 ,professeurs de l',universit et de l'enseignement congrganiste1 savants1 lettrs1 conseillers gnraux1 prsidents des chambres de commerce1 etc41 y ont expos librement leurs ides et leurs projets de rforme4 ,aprs l'examen de ces volumes1 le lecteur est bien fix1 non pas certes sur les rformes effectuer1 mais au moins sur l'tat mental de ceux qui les ont proposes4 ,ils appartiennent tous l'lite intellectuelle gnralement dsigne par l'expression de classes dirigeantes4 ,les qualits comme les dfauts de notre race se rvlent chaque page de cette enqute4 ,il faudrait au plus subtil des psychologues de longues annes d'observation pour dcouvrir ce que ces six volumes lui enseigneront4 ,bien que tournant toujours dans un cercle d'ides infranchissable pour des mes latines1 les projets de rformes ont t innombrables4 ,pas un seul cependant n'est parvenu runir tous les suffrages4 ,c'est avec la mme abondance de preuves1 supposes irrfutables1 que de trs autoriss personnages ont soutenu les opinions les plus contradictoires4 ,pour les uns1 le remde consisterait supprimer l'enseignement du grec et du latin4 ,pour d'autres1 tout serait parfait si l'on fortifiait au contraire l'enseignement de ces langues1 du latin surtout1 car1 assurent-ils1 le commerce avec le gnie latin1 donne des ides gnrales et universelles4 ,des savants minents1 qui ne voient pas trs bien en quoi consistent ces ides gnrales et universelles1 qu'on n'a jamais russi dfinir1 rclament l'enseignement exclusif des sciences1 ce quoi d'autres savants non moins minents s'empressent de rpondre qu'un tel enseignement nous plongerait dans une couche paisse de barbarie intellectuelle4 ,chacun exige au profit de ses ides personnelles le bouleversement des programmes4 ,mais si tous les auteurs de l'enqute ont t unanimes rclamer des modifications de programme1 aucun ne s'est trouv qui ait song demander des changements aux mthodes employes pour enseigner les matires de ces programmes4 ,le sujet pouvait sembler d'une importance essentielle1 et cependant il n'a pas t trait par les professeurs qui ont dpos devant la ,commission4 ,tous possdent une foi trs vive dans la vertu des programmes1 mais ne croient pas la puissance des mthodes4 ,forms eux-mmes par l'emploi exclusif des anciennes1 ils ne supposent pas qu'on puisse en dcouvrir d'autres4 ,ce qui m'a le plus frapp dans la lecture des six gros volumes de l'enqute1 c'est l'ignorance totale1 o paraissent tre tant d'hommes minents1 des principes psychologiques fondamentaux sur lesquels devraient reposer l'instruction et l'ducation4 ,ils ne manquent pas1 certes1 d'ide directrice sur ce point4 ,ils en ont une1 si universellement admise1 si vidente leurs yeux1 qu'elle semble impossible discuter4 ,cette ide directrice1 base essentielle de notre enseignement universitaire1 est la suivante3 par la mmoire seule les connaissances entrent dans l'entendement et s'y fixent4 ,c'est donc uniquement en s'adressant la mmoire de l'enfant qu'on peut l'duquer et l'instruire4 ,de l l'importance des bons programmes1 pres des bons manuels4 ,apprendre par coeur des leons et des manuels doit constituer les assises fondamentales de l'enseignement4 ,pareille conception reprsente certainement la plus dangereuse et la plus nfaste de ce que l'on pourrait appeler les erreurs fondamentales de l',universit4 ,de la perptuit de cette erreur chez les peuples latins dcoule l'indiscutable infriorit de leur instruction et de leur ducation4 ,ce sera pour les psychologues de l'avenir un sujet d'tonnement profond que tant d'hommes pleins de savoir et d'exprience1 se soient runis afin de discuter sur les rformes introduire dans l'enseignement1 et que nul n'ait song se poser des questions comme celles-ci3 ,par quelle mcanisme les choses entrent-elles dans l'esprit1 et par quel procd s'y fixent-elles8 ,que reste-t-il de ce qui atteint l'entendement uniquement au moyen de mmoire8 ,le bagage mnmonique est-il un bagage durable8 ,sur ce dernier point--la persistance du bagage mnmonique--la lumire devrait tre faite depuis longtemps4 ,s'il restait quelques doutes1 l'enqute les aura dfinitivement levs4 ,puisque les rapports des professeurs les plus autoriss sont unanimes constater que les lves ne se rappellent absolument rien de ce qu'ils ont appris1 quelques mois aprs l'examen1 il est exprimentalement prouv que les connaissances introduites dans l'entendement par la mmoire n'y restent que fort peu de temps4 ,les mthodes fondamentales de l'instruction et de l'ducation universitaires sont donc certainement mauvaises1 et il faut en rechercher d'autres4 ,les auteurs de l'enqute auraient rendu de rels services1 en remplaant par l'tude critique de ces autres mthodes1 leurs byzantines discussions sur les modifications faire subir aux programmes4 ,et puisqu'ils ne l'ont pas fait1 nous le tenterons dans ce livre4 ,nous y montrerons que toute l'ducation est l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient4 ,on y arrive par la cration de rflexes qu'engendre la rptition d'associations o1 le plus souvent1 la mmoire ne joue qu'un bien faible rle4 ,un ducateur intelligent sait crer les rflexes utiles et annihiler ceux dangereux ou inutiles4 ,tout l'enseignement est ainsi domin par quelques notions psychologiques trs simples4 ,si on les comprend1 elles servent de phare directeur dans les circonstances les plus difficiles4 ,ces notions1 instinctivement devines par certains ducateurs trangers1 sont ce point ignores en ,france que les formules qui les contiennent semblent le plus souvent d'insoutenables paradoxes4 ,,ii ,toutes les discussions de l'enqute ont donc port presque exclusivement sur les rformes des programmes4 ,on n'avait cependant pas attendu les rsultats de cette enqute pour les changer1 ces infortuns programmes1 cause suppose de tous les maux4 ,la transformation de l'organisation traditionnelle de notre enseignement a t rpte une demi-douzaine de fois depuis quarante ans4 ,l'insuccs constant de ces tentatives n'a clair personne sur leur inutilit4 ,la puissance merveilleuse attribue des programmes est une des manifestations les plus curieuses et les plus typiques de cette incurable erreur latine1 qui nous a cot si cher depuis un sicle3 que les choses peuvent se rformer par des institutions imposes en bloc coups de dcrets4 ,qu'il s'agisse de politique1 de colonisation ou d'ducation1 ce funeste principe a toujours t appliqu avec autant d'insuccs que de constance4 ,les constitutions nouvelles1 destines assurer notre bonheur ont t aussi nombreuses1 et1 naturellement1 aussi compltement vaines1 que les programmes destins assurer notre parfaite ducation4 ,il semblerait que les nations latines ne puissent manifester de persvrance que dans le maintien de leurs erreurs4 ,les seuls points sur lesquels les dpositions de l'enqute se sont trouves parfaitement d'accord sont relatifs aux rsultats de l'instruction et de l'ducation universitaires4 ,avec une unanimit presque complte ces rsultats ont t dclars dtestables4 ,les effets tant visibles1 chacun les a discerns sans peine4 ,les causes tant beaucoup plus difficiles dcouvrir1 on ne les a pas aperues4 ,tous les dposants ont raisonn avec ces traditionnelles ides de leur race dont j'ai montr ailleurs l'irrsistible force4 ,il fallait l'aveuglement qu'engendrent de semblables ides1 pour ne pas concevoir que les programmes ne sont pour rien dans les tristes rsultats de notre enseignement1 puisque1 avec des programmes peu prs identiques1 d'autres peuples1 les ,allemands par exemple1 obtiennent des rsultats entirement diffrents4 ,notre vieille ,universit est sortie bien affaiblie de cette enqute4 ,elle n'a mme plus pour dfenseurs les professeurs forms par ses mthodes4 ,leurs profondes divergences sur toutes les questions d'enseignement1 l'impuissance des modifications dj tentes1 les perptuels changements de programmes1 montrent qu'il n'y a plus grand'chose attendre de l',universit4 ,elle reprsente aujourd'hui un navire dsempar1 ballott au hasard des vents et des flots4 ,elle ne semble plus savoir ni ce qu'elle veut ni ce qu'elle peut1 et tourne sans cesse dans des rformes de mots1 sans comprendre que ses mthodes1 son esprit1 ont considrablement vieilli et ne correspondent aucune des ncessits de l'ge actuel4 ,elle ne fait plus un pas en avant sans en faire immdiatement quelques-uns en arrire4 ,un jour elle supprime l'enseignement des vers latins1 mais le lendemain elle le remplace par l'tude de la mtrique latine4 ,un enseignement dit moderne1 o le grec et le latin sont remplacs par des langues vivantes est cr1 mais ces langues vivantes1 l',universit les enseigne comme des langues mortes en ne s'occupant que de subtilits littraires et grammaticales1 de sorte1 qu'aprs sept annes d'tudes1 pas un lve sur cent n'est capable de lire trois lignes d'un journal tranger sans tre oblig de chercher tous les mots dans un dictionnaire4 ,elle croit faire une rforme considrable en acceptant de supprimer le diplme du baccalaurat1 mais immdiatement elle propose de le remplacer par un autre diplme ne diffrant du premier que parce qu'il s'appellerait certificat d'tudes4 ,des substitutions de mots semblent constituer la limite possible aux rformes de l',universit4 ,elle est arrive cette phase de dcrpitude prcdant la mort1 o le vieillard ne peut plus changer4 ,ce que l',universit ne voit malheureusement pas1 ce que les auteurs de l'enqute n'ont pas vu davantage1 car cela dpassait les limites du cercle infranchissable des ides de race dont j'ai parl plus haut1 c'est que ce ne sont pas les programmes qu'il faut changer1 mais bien les mthodes employes pour enseigner la matire des programmes4 ,elle sont dtestables1 ces traditionnelles mthodes4 ,de profonds penseurs1 tels que ,taine1 l'avaient dj dit avec force4 ,dans un de ses derniers livres1 l'illustre historien montrait que notre ,universit est une vritable calamit1 et nous conduit lentement la dcadence4 ,ce n'tait pour le public que boutades de philosophes4 ,l'enqute a prouv que ces boutades constituaient de terribles ralits4 ,si les causes de l'tat infrieur de l'enseignement universitaire ont chapp la plupart des observateurs1 la mauvaise qualit de cet enseignement avait t frquemment signale avant l'enqute actuelle4 ,il y a bien des annes que ,m4 ,henry ,deville1 dans une sance publique de l',acadmie des ,sciences1 s'exprimait ainsi3 ,je fais partie de l',universit depuis longtemps1 je vais avoir ma retraite1 eh bien1 je le dclare franchement1 voil en mon me et conscience ce que je pense3 l',universit telle qu'elle est organise nous conduirait l'ignorance absolue4 ,dans la mme sance1 l'illustre chimiste ,dumas faisait remarquer qu'il avait t reconnu depuis longtemps que le mode actuel d'enseignement dans notre pays ne pouvait tre continu sans devenir pour lui une cause de dcadence4 ,et pourquoi ces jugements si svres1 prononcs tant de fois contre l',universit par les savants les plus autoriss1 n'ont-ils jamais produit d'autres rsultats que de perptuels et inutiles changements de programmes8 ,quelles sont les causes secrtes qui ont toujours empch aucune rforme utile d'tre ralise8 ,,iii ,il est ais de voir les inconvnients d'un ordre de choses quelconque1 institutions politiques ou ducation1 et d'en faire la critique4 ,une critique ngative est la porte d'intelligences trs modestes4 ,de telles intelligences ne sauraient dcouvrir ce qui peut tre modifi1 en tenant compte des divers facteurs1 race1 milieu1 etc41 qui maintiennent solidement les choses cres par le pass4 ,le sens des possibilits est malheureusement une des aptitudes dont certains peuples1 les ,franais surtout1 sont trs dpourvus4 ,quand on examine de prs les rformes radicales proposes par diverses personnes consultes dans l'enqute1 il est facile de prouver1 non pas seulement qu'elles sont sans valeur thorique1 mais qu'elles n'ont en outre aucune chance d'tre appliques4 ,elles n'en ont aucune1 pour des raisons diverses que nous examinerons1 mais dont la principale est qu'elles heurteraient une opinion publique toute-puissante aujourd'hui4 ,notre enseignement1 et surtout nos mthodes d'enseignement1 sont aussi mauvais que possible1 mais correspondent aux exigences d'une opinion qu'ils ont d'ailleurs contribu former4 ,un simple coup d'oeil jet sur quelques-unes des rformes suggres1 fait comprendre pourquoi elles sont irralisables dans la pratique4 ,on propose1 par exemple1 de transfrer dans les campagnes les lyces tablis dans les villes1 comme l'ont fait depuis longtemps les ,anglais1 afin de donner aux lves de l'air et de l'espace pour leurs jeux4 ,la rforme peut sembler parfaite1 mais comme les statistiques recueillies dans l'enqute rvlent que les quelques lyces difis grands frais et avec luxe la campagne n'arrivent pas se peupler1 parce que les parents tiennent garder prs d'eux leurs enfants1 le projet apparat de suite impraticable4 ,comment forcer en effet les parents changer leurs ides sur ce point8 ,on nous propose aussi de remplacer le grec et le latin inutiles par des langues vivantes fort utiles4 ,de tels changements peuvent tre salutaires1 mais comment les raliser1 puisque nous voyons par l'enqute que ce sont prcisment les parents qui rclament nergiquement le maintien de l'enseignement des langues anciennes1 persuads1 j'imagine1 qu'elles constituent pour leurs fils une sorte de noblesse les distinguant du vulgaire4 ,comment l'tat leur terait-il une pareille illusion8 ,on nous propose encore de donner aux lves1 si troitement emprisonns et surveills1 un peu de cette initiative1 de cette indpendance qu'ont les lves anglais4 ,rien ne serait plus dsirable1 assurment4 ,mais comment obtenir des directeurs des lyces de tels essais1 quand nous lisons dans l'enqute que les tribunaux ont accabl d'amendes ruineuses de malheureux proviseurs1 parce que des enfants auxquels ils avaient voulu laisser un peu de libert1 s'taient blesss dans leurs jeux8 ,une des plus naves rformes suggres1 bien que ce soit une de celles qui ont runi le plus de suffrages1 consisterait supprimer le baccalaurat4 ,on le remplacerait par sept huit baccalaurats1 dits examens de passage1 subis la fin de chaque anne1 afin d'empcher les mauvais lves de continuer perdre leur temps au lyce4 ,excellente peut-tre en thorie1 cette proposition1 mais combien illusoire en pratique6 ,la statistique releve par ,m4 ,buisson nous montre que pour #e4jjj bacheliers reus annuellement1 il y a #e4jjj lves environ vincs1 c'est--dire #e4jjj jeunes gens qui ont perdu entirement leur temps4 ,cela donne une bien pauvre ide des professeurs et des programmes qui obtiennent de tels rsultats4 ,mais voit-on les lyces1 qui ont tant de peine lutter contre la concurrence des maisons congrganistes1 et dont les budgets sont toujours en dficit1 perdre #e4jjj lves par an6 ,les jurys qui prononceraient de pareilles exclusions1--dont profiteraient bien vite les tablissements congrganistes1--seraient l'objet de telles imprcations de la part des parents1 et d'une telle pression de la part des pouvoirs publics1 qu'ils se verraient vite obligs de devenir assez indulgents pour que tous les lves continuent leurs tudes4 ,les choses se retrouveraient donc bientt exactement ce qu'elles sont aujourd'hui4 ,d'autres rformateurs nous proposent de copier l'ducation anglaise1 si incontestablement suprieure la ntre par le dveloppement qu'elle donne au caractre1 par la faon dont elle exerce l'initiative1 la volont1 et aussi1 ce qu'on oublie gnralement de remarquer1 par la discipline4 ,la rforme1 thoriquement excellente1 serait irralisable4 ,adapte aux besoins d'un peuple qui possde certaines qualits hrditaires1 comment pourrait-elle convenir un peuple possdant des qualits tout fait diffrentes8 ,l'essai d'ailleurs ne durerait pas trois mois4 ,je ne connais pas de parents franais qui consentiraient laisser leurs fils revenir du lyce tout seuls1 sans personne pour leur prendre un ticket la gare1 les faire monter en omnibus1 leur dire de mettre un pardessus quand il fait froid1 les surveiller d'un oeil vigilant pour les empcher de tomber sous les roues des trains en marche1 d'tre crass dans les rues par les voitures1 ou d'avoir un oeil poch quand ils jouent librement la balle avec leurs camarades4 ,si les fils de ces pres vigilants taient soumis au rgime de l'ducation anglaise1 faisant leurs devoirs quand ils veulent et comme ils veulent1 se livrant sans surveillance aux jeux les plus violents et les plus dangereux1 sortant leur guise1 etc41 les rclamations seraient unanimes4 ,au premier accident1 les parents pousseraient d'pouvantables clameurs1 et toute la presse se soulverait avec eux4 ,le ministre serait immdiatement interpell et oblig sous peine d'tre renvers de rtablir les anciens rglements4 ,j'ai connu une respectable dame qui eut une srie de violentes crises de nerfs et menaa son mari de divorcer parce que ce dernier avait1 sur mon conseil1 propos d'envoyer leur fils1 qui venait de terminer ses tudes1 passer ses vacances en ,allemagne pour apprendre un peu l'allemand4 ,laisser voyager tout seul un pauvre petit garon de dix-huit ans6 ,il fallait tre un pre dnatur pour concevoir un tel projet4 ,le pre dnatur y renona d'ailleurs bien vite4 ,et peut-tre n'avait-elle pas absolument tort1 la respectable dame1 quand elle doutait des aptitudes de son fils se diriger seul dans un tout petit voyage4 ,ne possdant ces aptitudes1 ni par atavisme1 ni par ducation1 o les et-il acquises8 ,si les ,anglais n'ont besoin de personne pour se diriger1 c'est qu'ils possdent une discipline hrditaire interne qui leur permet de se gouverner eux-mmes4 ,nul peuple n'est plus disciplin1 plus respectueux des traditions et des coutumes tablies4 ,et c'est justement parce que les ,anglais ont en eux-mmes leur discipline qu'ils peuvent se passer d'une tutelle constante4 ,une ducation physique trs dure entretient et dveloppe ces aptitudes hrditaires1 mais non sans que le jeune homme ait courir des risques d'accidents auxquels aucun parent franais ne consentirait exposer sa timide progniture4 ,il faut donc se bien persuader qu'avec les ides rgnant en ,france1 fort peu de choses peuvent tre changes dans notre systme d'instruction et d'ducation avant que l'esprit public ait lui-mme volu4 ,laissons donc entirement de ct nos grands projets de rformes4 ,ils ne peuvent servir de matire qu' d'inutiles discours4 ,considrons que nos programmes ont t transforms bien des fois sans le plus faible bnfice4 ,considrons surtout que les ,allemands1 avec des programmes fort peu diffrents des ntres1 surent raliser des progrs scientifiques et industriels qui les ont mis la tte de tous les peuples4 ,envisageons ces faits incontestables1 et en y rflchissant suffisamment1 nous finirons peut-tre par dcouvrir que tous les programmes sont indiffrents1 mais que ce qui peut tre bon ou mauvais1 c'est la faon de s'en servir4 ,les programmes ne signifient rien et n'ont en eux-mmes aucune vertu4 ,dtaills ou sommaires1 ils se rsument en ceci3 apprendre des jeunes gens les rudiments des sciences1 de la littrature1 de l'histoire et la connaissance de quelques langues anciennes ou modernes4 ,des mthodes qui n'arrivent pas raliser un tel but sont dfectueuses1 et on pourra changer indfiniment les programmes1 les allonger d'un ct1 les raccourcir de l'autre1 sans que les rsultats soient meilleurs4 ,le jour o cette vrit sera bien comprise1 les professeurs commenceront entrevoir que ce sont leurs mthodes1 et non les programmes1 qu'il faudrait changer4 ,tant qu'elle n'aura pas assez pntr les cervelles pour devenir un mobile d'action1 nous persisterons dans les mmes errements1 et personne n'apercevra que l'instruction peut1 comme la langue d'sope1 constituer la meilleure ou la pire des choses#d4 ,note #d3 ,au point de vue des fcheux rsultats que peut produire une instruction mal adapte aux besoins d'un peuple1 et pour juger dans quelle mesure elle dsquilibre et dmoralise ceux qui l'ont reue1 on ne saurait trop mditer l'exprience faite sur une vaste chelle par les ,anglais dans l',inde4 ,j'en exposai les rsultats dans un discours d'inauguration prononc au congrs colonial de #ahhi1 dont j'tais un des prsidents4 7,voir ,revue ,scientifique1 aot #ahhi47 ,ses parties essentielles sont rsumes dans la nouvelle dition de mon livre3 les ,civilisations de l',inde4 ,le systme d'instruction et d'ducation1 qui tait excellent pour des ,anglais et que1 par consquent1 ils ont cru pouvoir appliquer avec avantage des ,hindous1 s'est rvl tout fait dtestable pour ces derniers4 ,c'est justement parce que toute rforme essentielle doit viser1 non les programmes1 mais les mthodes1 que les projets proposs devant l'enqute offrent si peu d'intrt4 ,ils reprsentent seulement les redites ressasses depuis longtemps et l'on ne peut dire des programmes qu'une chose utile3 plus ils seront courts1 meilleurs ils seront4 ,un programme complet d'instruction ne devrait pas dpasser vingt-cinq lignes1 dont plusieurs consacres bien stipuler que l'lve ne sera tenu d'tudier dans chaque science qu'un petit nombre de notions1 mais devra les connatre fond4 ,,iv ,le lecteur commence sans doute entrevoir combien sont puissants les obstacles invisibles qui s'opposent une rforme profonde de l'enseignement en ,france1 et cependant nous n'avons pas abord encore le plus formidable1 le plus irrductible peut-tre de tous ces obstacles3 l'tat mental des professeurs4 ,l'enqute parlementaire n'en a pas tenu compte une seule fois et elle ne le pouvait gure4 ,persuads que les professeurs universitaires1 bourrs de science livresque et de diplmes1 sont par cela mme parfaits1 les dposants de l'enqute ne pouvaient envisager la question des professeurs et les moyens employer pour les former comme pouvant tre l'objet d'une discussion quelconque4 ,et c'est pourtant ce point inaperu1 qui contient le noeud vital des amliorations possibles de l'enseignement4 ,l'enqute a couvert de fleurs les professeurs et de maldictions les programmes4 ,c'est peu prs le contraire qu'il et fallu faire4 ,supposons en effet anantis1 par une puissance magique1 les obstacles que nous avons vus se dresser devant les rformes4 ,les prjugs des familles se sont vanouis1 des programmes parfaits ont t crs1 avec des mthodes excellentes pour les enseigner4 ,tout1 pensez-vous1 va changer4 ,rien1 absolument rien1 ne pourra changer4 ,et pourquoi8 ,simplement parce que l'tat mental des professeurs cr par les procds universitaires n'est pas modifiable4 ,forms d'aprs ces principes1 ils sont incapables d'en appliquer d'autres1 ou mme d'en comprendre d'autres4 ,tous sont arrivs un ge o on ne refait pas son ducation4 ,certes ils accepteront docilement1 comme ils les ont accepts jusqu'ici1 les changements de programmes1 et s'inclineront bien bas devant les circulaires ministrielles1 mais ils continueront enseigner comme ils l'ont toujours fait1 parce qu'ils ne pourraient enseigner autrement4 ,les dpositions de l'enqute que nous reproduisons dans cet ouvrage fourniront un frappant exemple de l'impossibilit o se trouvent aujourd'hui nos professeurs de changer leurs mthodes d'enseignement4 ,il y a un certain nombre d'annes1 un ministre de l',instruction publique1 ,m4 ,lon ,bourgeois avait rv d'entreprendre lui seul la rforme de l',universit1 en crant ce qu'on appela l',enseignement moderne1 termin par un baccalaurat spcial confrant peu prs les mmes privilges que le baccalaurat classique4 ,les langues anciennes se trouvaient remplaces par les langues vivantes1 l'enseignement des sciences fortifi4 ,tout tait parfait dans le programme4 ,il ne manqua que les matres capables de l'appliquer4 ,les professeurs de l',universit enseignrent les langues vivantes comme les langues mortes1 en ne s'occupant que de subtilits grammaticales4 ,les sciences furent apprises coups de manuels4 ,les rsultats obtenus furent finalement1 nous le verrons1 des plus mdiocres4 ,il faut rendre justice la science livresque de nos professeurs4 ,tout ce qui est susceptible d'tre appris par coeur1 ils l'ont appris1 mais leur valeur pdagogique est entirement nulle4 ,on l'a insinu parfois au cours de l'enqute1 quoique timidement4 ,c'est en dehors de l'enqute que se rencontrrent quelques esprits assez indpendants pour rvler un tat de choses de plus en plus visible aujourd'hui4 ,la faible valeur pdagogique des professeurs de notre ,universit frappe d'ailleurs les trangers qui ont visit nos tablissements d'instruction et assist quelques leons4 ,m4 ,max ,leclerc cite ce propos un article de la ,revue ,internationale de l',enseignement1 o se trouve consigne l'opinion d'un professeur tranger ayant visit1 ,paris et en province1 nombre de nos tablissements d'ducation4 ,il a rencontr beaucoup d'hommes instruits444 trs peu de professeurs et d'ducateurs4 ,quant au personnel de proviseurs1 censeurs1 principaux1 il l'a trouv peu clair1 prtentieux1 maladroit et troit d'esprit4 ,ce n'est pas d'aujourd'hui seulement que des critiques analogues ont t formules4 ,il y a quarante ans1 ,m4 ,bral1 professeur au ,collge de ,france1 crivait les lignes suivantes sur notre corps enseignant3 ,le corps universitaire tait1 en #ahaj1 peu prs l'expression des ides de la socit4 ,en #ahdh1 il tait dj si arrir qu'un observateur tranger pouvait crire3 ,le corps des professeurs en ,france est devenu tellement stationnaire1 qu'il serait impossible de trouver une autre corporation qui1 en ce temps de progrs gnral1 surtout chez la nation la plus mobile du monde1 se maintienne avec autant de satisfaction sur les routes battues1 repousse avec autant de hauteur et de vanit toute mthode trangre1 et voit une rvolution dans le changement le plus insignifiant4 ,a quoi tient l'insuffisance pdagogique incontestable des professeurs de notre ,universit8 ,simplement1 je le rpte encore1 aux mthodes qui les ont forms4 ,ils enseignent ce qu'on leur a enseign1 comme on le leur a enseign4 ,que peuvent valoir1 pour l'instruction et l'ducation de la jeunesse1 les professeurs prpars par les principes universitaires1 c'est--dire par l'tude exclusive des livres8 ,ces malheureuses victimes du plus dformant rgime intellectuel auquel un homme puisse tre soumis1 n'ont jamais quitt les bancs avant de monter dans une chaire4 ,bancs des lyces1 bancs de l'cole normale ou bancs des ,facults4 ,ils ont pass quinze ans de leur vie subir des examens et prparer des concours4 ,a l'cole normale1 leurs devoirs sont littralement taills pour chaque jour4 ,tout se passe avec une rgularit crasante4 ,les programmes des examens ne laissent pas une ombre de mouvement ces malheureux esclaves de la science4 ,leur mmoire s'est puise en efforts surhumains pour apprendre par coeur ce qui est dans les livres1 les ides des autres1 les croyances des autres1 les jugements des autres4 ,de la vie1 ils ne possdent aucune exprience1 n'ayant jamais eu exercer ni leur initiative1 ni leur discernement1 ni leur volont4 ,l'ensemble si subtil qu'est la psychologie d'un enfant1 ils n'en savent absolument rien4 ,comme le cavalier inexpriment sur un cheval difficile1 ils ignorent les moyens de se faire comprendre de l'tre diriger1 les mobiles qui peuvent agir sur lui et la faon de manier ces mobiles4 ,ils rcitent1 devenus professeurs1 les cours que tant de fois ils rcitrent comme lves1 et pourraient tre facilement remplacs dans leurs chaires par de simples phonographes4 ,pour arriver tre professeurs1 il leur a fallu apprendre des choses compliques et subtiles4 ,ces mmes choses compliques et subtiles1 ils les rpteront devant leurs lves4 ,en ,allemagne1 o l'odieuse institution des concours n'existe pas1 on juge les professeurs de l'enseignement suprieur d'aprs leurs travaux personnels et leurs succs dans l'enseignement libre1 par lequel ils doivent le plus souvent dbuter4 ,en ,france1 on les juge par l'amas de choses qu'ils peuvent rciter dans un concours4 ,et1 comme le nombre des candidats est considrable1 et celui des places fort petit1 on raffine encore dans ce sens1 pour en liminer davantage4 ,celui qui saura rpter sans broncher le plus de formules1 qui aura entass dans sa tte la plus grande somme possible de puriles chinoiseries1 de subtilits scientifiques ou grammaticales1 l'emportera srement sur ses rivaux4 ,tout rcemment encore1 un des examinateurs des derniers concours d'agrgation1 ,m4 ,jullian1 faisait remarquer1 dans une des sances du ,conseil suprieur de l',instruction publique1 que le jury tait effray de l'effort de mmoire impos aux candidats4 ,il pense que si la mmoire est un admirable instrument de travail1 elle n'est qu'un instrument au service de ces qualits matresses du professeur1 qui sont l'esprit critique1 la logique et la mthode1 la mesure et le tact1 la pntration1 l'inspiration et l'ampleur des vues1 la simplicit et la clart dans l'exposition1 la correction et la vivacit de la parole4 ,il avait certes raison de se livrer des rflexions semblables1 le respectable jury1 mais de l un effet quelconque il y a loin1 et pendant longtemps encore1 avec le rgime des concours1 la mmoire constituera la seule qualit utile un candidat4 ,il se gardera soigneusement--en et-il mme le temps et la capacit--de tout travail un peu personnel1 sachant bien qu' tous les degrs1 rien n'est plus mal vu de la part des examinateurs4 ,quand un homme a ainsi consacr quinze ans de sa vie entasser dans sa mmoire tout ce qui peut y tre entass1 sans avoir jamais jet un coup d'oeil sur le monde extrieur1 sans avoir eu exercer une seule fois son initiative1 sa volont et son jugement1 qu'en peut-on esprer8 ,rien1 sinon qu'il fasse nonner machinalement de malheureux lves une partie des choses inutiles que pendant si longtemps il a nonnes lui-mme4 ,on cite assurment parmi les professeurs de l',universit quelques esprits d'lite ayant chapp aux tristes mthodes d'ducation auxquelles ils ont t soumis1 comme sont cits pendant les pidmies de peste les quelques mdecins qui chappent aux atteintes du flau4 ,combien rares de telles exceptions6 ,l',universit vit pourtant sur le prestige exerc par ces exceptions4 ,mais en observant la foule des professeurs1 on constate que bien peu savent se soustraire l'action du dprimant rgime qui les a forms4 ,que de cerveaux jadis intelligents1 dtruits pour toujours1 et bons tout au plus faire1 au fond d'une province1 rciter des leons ou passer des examens1 avec la certitude qu'ils sont trop uss pour entreprendre autre chose dans la vie4 ,leur seule distraction est d'crire des livres dits lmentaires1 ples compilations o s'tale chaque page la faiblesse de leur capacit d'ducateurs et ce got des subtilits et des choses inutiles qu'inculque l',universit4 ,ils croient faire preuve de science en compliquant les moindres questions et en rendant obscures les choses les plus claires4 ,m4 ,fouille1 qui parat avoir fait une tude attentive des livres crits par ses collgues1 a publi d'invraisemblables chantillons de cette littrature scolaire4 ,un des plus curieux est celui de ce professeur dont le livre1 destin l'enseignement secondaire des lyces1 se trouve revtu de l'approbation des plus hautes autorits universitaires4 ,l'auteur dclare avoir volontairement supprim les termes et les discussions qui auraient pu effrayer l'inexprience des enfants3 c'est pourquoi il leur parle longuement de la csure penthmimre qu'on remplace quelquefois par une csure hepthmimre1 ordinairement accompagne d'une csure trihmimre4 ,il les initie aux synalphes1 aux apocopes et aux aphrses1 et il les avertit qu'il a adopt la scansion par anacruse et supprim le choriambe dans les vers logadiques4 ,il leur rvle aussi les mystres du quaternaire hypermtre ou dimtre hypercatalectique ou encore ennasyllabe alcaque4 ,que dire du vers hexamtre dactylique1 catalectique in dissylabum1 du procleusmatique ttramtre catalectique1 du dochmiade dimtre1 et de la strophe trochaque hypponactenne1 du dystique trochaque hypponacten8 ,m4 ,fouille cite encore un autre professeur qui1 dans un livre d'enseignement lmentaire1 s'tend longuement sur la mthode pour documenter une pice de thtre1 en voici un extrait3 ,on consultera d'abord le rpertoire gnral #bj;e vol41 ,b ,n1 inventaire y f1 #eccgeedf1 etc4 ,suivent trois pages d'indications semblables6 ,les ouvrages de sciences sont conus d'aprs les mmes principes4 ,je pourrais donner comme exemple un livre de physique crit par un agrg de l',universit pour les candidats au certificat des sciences physiques et naturelles1 lesquels1 nous le verrons par les dpositions de l'enqute1 ne possdent que des notions trs rudimentaires en mathmatiques4 ,l'auteur s'est donn un mal extraordinaire pour bourrer son livre chaque page d'intgrales totalement inutiles4 ,dans un supplment destin apprendre les manipulations1 les quations ne sont pas davantage pargnes4 ,pour l'opration si lmentaire du calibrage d'un tube1 l'auteur a trouv le moyen de remplir trois pages serres d'quations4 ,ce professeur est assurment tout fait certain que pas un lve sur mille ne comprendra quelque chose ses formules1 mais qu'est-ce que cela peut bien lui faire8 ,avec les nouveaux programmes1 les livres pour l'enseignement n'ont fait que se compliquer encore et ils arrivent tre totalement illisibles4 ,en un remarquable article1 paru dans le journal l',enseignement secondaire du #ae juin #aijd1 ,m4 ,brucker1 professeur au lyce de ,versailles1 a montr tout le verbalisme strile dont sont entachs les livres consacrs l'enseignement des sciences naturelles1 et en cite d'attristants exemples4 ,en voici un pris au hasard3 ,l'auteur d'un autre ,prcis va plus loin encore4 ,la complication de son langage dpasse ce que l'on avait imagin avant lui3 il appelle les mousses des bryophytes1 les fougres des ptridophytes ou exoprothalles isodiodes1 leurs spores des diodes1 et ainsi du reste4 ,si nos professeurs donnent un si dplorable enseignement1 c'est que1 forms par l',universit1 ils enseignent1 je le rpte1 ce qu'on leur a enseign et de la faon dont on le leur a enseign4 ,tant que les professeurs des ,facults se recruteront comme aujourd'hui1 rien ne pourra tre modifi dans notre enseignement universitaire4 ,c'est en grande partie parce que le systme de recrutement des professeurs1 en ,allemagne1 diffre fort du ntre1 que l'enseignement tous les degrs y est si suprieur4 ,nos voisins ont trouv le secret d'intresser les professeurs des ,facults leurs lves et de les obliger se mettre leur porte4 ,la formule est trs simple4 ,ce sont les lves qui paient les professeurs1 et1 comme il y a pour chaque ordre d'tudes plusieurs professeurs libres1 l'lve va vers celui qui enseigne le mieux4 ,la concurrence oblige donc le professeur s'occuper soigneusement de ses lves4 ,runir autour de lui beaucoup d'auditeurs et publier des travaux personnels1 est le seul moyen1 il le sait1 d'tre appel devenir titulaire d'une chaire importante1 dont le principal rapport consistera d'ailleurs dans les rtributions des lves4 ,en ,france1 le professeur de ,facult est un fonctionnaire traitement fixe1 n'ayant aucun intrt captiver l'esprit de ses auditeurs et se plier leur intelligence4 ,pas besoin d'tre un profond psychologue pour comprendre que s'il tait pay par eux1 son intrt entrerait immdiatement en jeu1 et que1 sous l'influence de ce puissant mobile d'action1 il serait vite oblig de transformer entirement ses mthodes d'enseignement4 ,s'il ne savait pas les transformer1 ses concurrents l'obligeraient disparatre4 ,malheureusement1 un changement aussi capital1 le seul qui amnerait la transformation de notre enseignement suprieur d'abord1 et1 par voie de consquence1 celle de notre enseignement secondaire1 est radicalement impossible avec nos ides latines4 ,les bien rares tentatives faites dans ce sens par l'initiative prive ont t l'objet des perscutions de l',universit sitt qu'elles ont russi4 ,elle ne tolre un peu que celles qui chouent4 ,je me souviens qu'il y a une vingtaine d'annes1 le ,dr ,f999999 avait ouvert pour les tudiants en mdecine un cours priv d'anatomie1 auquel on ne pouvait assister qu'en payant fort cher1 mais o ils taient srs d'apprendre l'anatomie1 alors que les leons officielles de la ,facult leur apprenaient trs peu de chose4 ,bien que ces dernires fussent entirement gratuites1 les tudiants les dsertaient pour les leons payes4 ,le ,dr ,f9999991 ainsi que ses lves1 fut l'objet de telles perscutions de la part de la ,facult1 qu'aprs une dizaine d'annes de lutte1 il se vit rduit fermer son cours4 ,nous voici loin des programmes et de leur rforme4 ,le lecteur doit voir nettement maintenant combien est vaine et inutile toute l'agitation faite propos de ces programmes1 et combien inutiles aussi les monceaux de pages publies ce propos4 ,les programmes ne sont que des faades4 ,on peut les changer volont1 mais sans modifier pour cela les choses invisibles et profondes qu'elles abritent4 ,s'en prendre aux faades est facile parce qu'on les voit4 ,essayer de toucher ce qui est derrire est fort malais1 parce que le plus souvent on ne le discerne pas4 ,v ,j'espre avoir montr que le problme de la rforme de notre enseignement est bien autrement compliqu que les auteurs de l'enqute parlementaire ne l'ont souponn4 ,nous ne dirons pas certes que cette rforme soit entirement impossible4 ,il n'y a rien d'impossible pour des volonts fortes4 ,mais avant de rformer au hasard1 comme on le fait depuis si longtemps et comme on continue le faire encore1 il faut au moins connatre fond l'essence des choses rformer4 ,en persistant l'ignorer1 on ne ralisera que des changements de mots4 ,on troublera inutilement les esprits1 et notre enseignement en sera rendu plus mdiocre encore qu'il ne l'est aujourd'hui4 ,c'est parce que les auteurs de l'enqute ne semblent pas avoir nettement compris les problmes fondamentaux de l'enseignement1 qu'il nous a sembl utile de les prciser4 ,cette colossale enqute n'aura pas t inutile4 ,par elle beaucoup de faits auront t connus1 que l'on pouvait souponner1 mais non prouver4 ,elle a montr surtout l'tat des esprits1 et rvl que le mal auquel on cherche remdier est bien plus profond que ne le faisaient supposer les apparences4 ,on sait que la conclusion de l'enqute a t un projet de rforme de l'enseignement1 prsent la ,chambre des ,dputs et adopt aprs une courte discussion4 ,dans cette discussion1 le ,ministre de l',instruction publique a dit de fort bonnes choses pour en dfendre de bien mdiocres4 ,il a certainement trop d'esprit philosophique pour ne pas avoir eu conscience de la faible valeur des rformes proposes par la ,commission4 ,quelques tiquettes seules ont t changes4 ,un dput1 ,m4 ,mass1 a dit de ce projet qu'il fait l'effet d'une de ces faades brillantes difies grands frais dans le got du jour1 et qui sont uniquement destines faire illusion sur les commodits d'un immeuble dans lequel rien ou presque rien n'a t modifi4 ,toutes ces rformes de programmes1 rptes tant de fois1 sont d'ailleurs absolument dpourvues d'intrt4 ,notre enseignement restera ce qu'il est tant que nos mthodes actuelles n'auront pas t entirement changes4 ,il n'y aura1 je continue le rpter1 de changements possibles que lorsque la ncessit d'une transformation complte des mthodes aura pntr un peu dans la cervelle des parents1 des professeurs et des lgislateurs4 ,la destine de la plupart de nos grandes enqutes parlementaires est de bientt disparatre dans la poussire des bibliothques1 d'o elles ne sortent plus4 ,il m'a fallu une forte dose de patience pour lire attentivement les six normes volumes sur la rforme de l'enseignement1 et j'imagine que bien peu de mes contemporains ont eu cette patience4 ,les questions d'ducation et d'instruction acquirent aujourd'hui une importance telle qu'il m'a sembl ncessaire de retirer de cette gangue volumineuse les parties essentielles1 de les classer avec mthode1 de les discuter quelquefois4 ,tous les textes reproduits manent de personnages autoriss1 les seuls dont la parole ait quelque influence dans un pays aussi hirarchis que le ntre1 les seuls qui puissent agir sur l'opinion des parents et finir peut-tre par la changer un peu4 ,cette rforme de l'opinion est la premire qu'on doive tenter aujourd'hui4 ,quand elle sera complte1 mais alors seulement1 une rforme de l'ducation deviendra possible4 ,les difficults d'une pareille tche sont immenses4 ,elles ne sont pas insurmontables pourtant4 ,il n'a jamais fallu beaucoup d'aptres pour crer les grandes religions qui ont boulevers le monde1 mais il en a fallu quelques-uns4 ,tout le mouvement dont est sortie l'enqute qui a si profondment branl l',universit a eu pour unique point de dpart la campagne vigoureuse d'un homme d'action nergique1 l'explorateur ,bonvalot4 ,s'il n'a pas su montrer nettement la voie suivre1 pas plus d'ailleurs que les auteurs des six volumes de l'enqute1 il a au moins fait voir combien tait funeste celle que nous suivions4 ,nouveau ,pierre l',ermite1 il a secou l'indiffrence du public1 et les noms les plus minents de l',universit se sont bientt rangs modestement derrire lui1 prts dmolir l'idole dont ils avaient t jadis les plus ardents dfenseurs4 ,le jour o l'opinion1 suffisamment instruite1 comprendra le mal que nous a fait notre ,universit1 et le comparera tout le bien que ralisent dans d'autres pays des institutions semblables1 ce jour-l notre antique systme d'ducation s'croulera d'un seul coup1 comme ces monuments trop vieux qui gardent une apparence de solidit tant qu'on ne les touche pas4 ,alors seulement nous pourrons essayer d'obtenir ce que d'autres peuples ont ralis avec leurs professeurs4 ,une ducation approprie permettrait aux ,latins de remonter cette pente rapide de la dcadence dont ils semblent menacs4 ,ce que les ,allemands ont su accomplir1 nous devrons le tenter4 ,ils avaient mdit longuement le mot profond de ,leibniz3 ,donnez-moi l'ducation1 et je changerai la face de l',europe avant un sicle4 ,,livre ,,ii ,l',,instruction ,,et ,l',,ducation ,,aux ,,tats-,,unis ,,chapitre ,,premier ,principes gnraux de l'ducation en ,amrique4 ,c'est surtout par voie de comparaison que se forment nos connaissances4 ,pour bien saisir les causes de l'infriorit de notre enseignement universitaire1 il sera utile de le comparer l'ducation donne dans le pays du monde o elle est le plus dveloppe1 l',amrique4 ,les publications sur l'ducation aux tats-,unis sont nombreuses2 mais rdiges par des universitaires qui la considrent leur point de vue1 elles apprennent peu de chose4 ,c'est pourquoi le magnifique ouvrage1 les ,mthodes amricaines d'ducation1 publi rcemment par ,m4 ,buyse1 directeur de l'cole de ,charleroi1 a t une vritable rvlation4 ,on a dit trs justement que des peuples duqus avec de pareilles mthodes sont appels former une humanit suprieure la ntre4 ,cette impression est celle qu'prouveront tous les lecteurs du livre de ,m4 ,buyse4 ,c'est un peu celle ressentie par un de nos plus minents savants1 ,m4 ,h4 ,le ,chtelier4 ,on en jugera par l'extrait suivant d'un de ses articles3 ,a la lecture de cet ouvrage1 la premire impression est un sentiment d'envie pour une civilisation certainement suprieure la ntre4 ,une confiance gnrale et absolue dans les bienfaits de l'ducation1 une libert complte permettant le dveloppement parallle des coles les plus varies1 y autorisant les expriences les plus audacieuses1 un respect rigoureux de l'cole la maintenant compltement l'cart des luttes politiques si vives cependant aux tats-,unis1 une philosophie profonde des mthodes d'ducation les orientant vers le dveloppement de l'activit individuelle1 tmoignent d'une culture intellectuelle peu commune4 ,nous aurions grand intrt nous assimiler les mthodes d'ducation amricaines1 mais il ne faut pas trop y compter4 ,le plaisir de l'action1 la passion de la libert sont des sentiments trop jeunes pour un vieux continent fatigu comme le ntre4 ,les pages qui vont suivre consacres l'ducation amricaine sont entirement extraites du livre de ,m4 ,buyse#e4 ,le lecteur qui voudra tudier son ouvrage avec soin1 y verra vite que non seulement une pareille ducation dveloppe son maximum le caractre et l'intelligence1 mais encore tend effacer entirement les diffrences de classes qui rendent la solution des problmes sociaux si difficile chez les peuples latins4 ,note #e3 ,l'auteur a bien voulu me demander d'crire la prface de la #c;e dition de son livre paru rcemment4 ,savamment1 les professeurs sment sous les pas des lves des difficults gradues1 que ceux-ci doivent apprendre juger et vaincre2 l'acte physique prcde ou accompagne l'acte de la pense2 les branches d'enseignement les plus abstraites pour nous sont prsentes sous des formes matrielles et concrtes et ncessitent1 pour tre assimiles1 aussi bien l'habilet des mains que la vivacit de pense3 la gographie est une manipulation2 la littrature scolaire est un travail de laboratoire1 car elle s'associe intimement avec le dessin et le modelage2 la forme suprieure de l'action1 les travaux manuels1 universellement pratiqus dans les coles1 sont des exercices de rsistance morale2 tout l'enseignement allie l'effort physique1 musculaire1 l'assimilation des ides4 ,l'enseignement secondaire1 qui tablit le passage de la dpendance intellectuelle et morale de l'enfance aux convictions intellectuelles de l'adulte1 procde de la mme pense et accentue le systme de l'instruction par l'action4 ,les difficults rsoudre sont plus complexes1 le but atteindre plus loign1 les obstacles1 plus levs4 ,affranchir la pense et le sentiment de toute tutelle1 en rduisant graduellement le rle du professeur au profit de la responsabilit du jeune homme ou de la jeune fille3 tel est le but de l'ducation4 ,faire agir les enfants comme s'ils taient seuls au monde1 en toute libert2 exalter le plaisir dans l'effort1 la joie dans la lutte contre les difficults1 la possession de soi-mme--le self-control--telle est la tche suprieure de l'cole2 ni les faits1 ni les thories ne sont enseigns1 ne sont communiqus verbalement aux lves4 ,les ,amricains1 professeurs et lves1 ont une vraie rpugnance pour les thories toutes faites1 pour les dfinitions et les abstractions1 sans sanction pratique4 ,dans les coles1 il n'existe plus de trace des mthodes qui cherchent l'effet utile dans la doctrine communique par la parole et non traduite en actes par les lves4 ,les professeurs considrent que l'enseignement en gnral1 et spcialement l'enseignement scientifique1 ne saurait tre fcond si les lves ne sont pas exercs trouver eux-mmes des vrits1 rsoudre des questions scientifiques4 ,l'enseignement des sciences pures ou appliques est pntr des principes de la mthode de la redcouverte 7rediscovery71 pratique dans les laboratoires et dans les ateliers4 ,les leons de classes1 d'importance trs rduite1 prparent1 accompagnent ou confirment les tudes pratiques de laboratoire et d'atelier qui sont les centres d'intrt des institutions4 ,les notes de laboratoire et d'atelier1 dans lesquelles sont enregistrs les faits et les phnomnes que les lves ont observs et qui dcrivent les constructions ralises1 constituent la pierre de touche de la valeur des tudes4 ,aucun cas n'est fait des copies des cours oraux1 qui jouent un si grand rle dans les coles europennes4 ,l'lve doit arracher aux appareils et au matriel d'exprimentation le secret des phnomnes et des lois qui les rgissent4 ,dans les travaux manuels1 la puissance de direction 7directive power7 s'exalte par des preuves de plus en plus dures1 dveloppant la rflexion pour approprier les moyens aux fins1 la patience pour l'accomplissement de tches longues et ardues4 ,dans les coles d'enseignement suprieur se continue le triomphe de l'initiative et de l'effort2 l'exprience faite par les lves y est la base des tudes2 le professeur guide les individualits sans les subjuguer2 il semble avoir le plus haut souci de laisser se manifester leurs aspirations propres1 leur intelligence et leurs talents personnels4 444 ,dposer dans les cerveaux des enfants et des adolescents le germe de la volont2 leur donner1 ds le jeune ge1 le got de l'action persvrante2 hter chez eux le passage de l'tat de dpendance l'esprit d'indpendance2 prparer1 par une ducation scolaire approprie1 les enfants des classes les plus modestes se subvenir eux-mmes2 ne compter que sur eux-mmes1 au self-support1 telle semble tre la plus haute proccupation des coles primaires et moyennes4 ,l'ducation ouvrire par l'cole industrielle et professionnelle use galement l'extrme de l'exprimentation pratique4 ,l'ouvrier amricain est le prototype de l'ouvrier europen de l'avenir4 ,dans toutes les professions qualifies1 il est un homme instruit3 le rgne de l'ouvrier du pass1 dont le savoir se bornait des recettes1 des procds1 des tours de main et des secrets1 est depuis longtemps termin dans les usines modernes du ,nouveau-,monde4 ,toutes ralisent le labor saving1 l'conomie de main-d'oeuvre1 par l'emploi de machines-outils perfectionnes2 la conduite intelligente de ces outils ncessite plus de cerveau et de nerfs que de muscles1 plus d'attention1 de dcision rapide et d'habilet manipulatoire que de force physique4 ,les perfectionnements et les transformations rapides que l'industrie a subis dans son outillage et dans ses mthodes de travail ont fait natre1 chez les ouvriers1 conducteurs et chefs d'ateliers1 des qualits nouvelles1 intellectuelles plutt que physiques2 les coles industrielles1 sous toutes leurs formes1 s'efforcent de dvelopper ces qualits et de les fixer dans la race4 ,comme dans l'enseignement gnral1 les tudes thoriques se font d'aprs des mthodes trs concrtes2 les leons orales s'appuient sur des exercices d'exprimentation et de manipulation1 qui ont pour effet d'ajouter aux connaissances fondamentales des mtiers l'esprit d'observation1 l'habilet manuelle1 l'intelligence industrielle4 ,sauf dans trois ou quatre coles professionnelles1 nulle trace de spcialisation2 l'cole cherche dvelopper1 chez l'ouvrier1 le sens excutif2 elle forme l'homme complet1 lui donne une culture gnrale professionnelle et ragit ainsi contre les efforts dprimants de la monotonie et de la division extrme du travail que comporte la fabrication en srie4 ,a en juger par la puissance cratrice du travail amricain1 servi par un outillage perfectionn1 cette ducation technique semble tre particulirement efficace4 444 ,au del de l',atlantique on ne trouve nulle trace du prjug1 indracinable en ,europe1 contre le travail manuel4 ,personne ne le considre comme humiliant ni dshonorant4 ,un professeur1 un magistrat n'y semblent pas considrs comme intellectuellement suprieurs aux ouvriers et contrematres intelligents4 ,les employs de bureau sont depuis longtemps fixs sur la valeur sociale de leur situation qui reprsente1 au maximum1 #ej #ge francs de salaire par semaine1 alors que le maon1 le plafonneur1 le menuisier reoivent #abj francs pour la mme dure de travail4 ,derrire tout ,amricain se retrouve l'ouvrier2 il juge l'homme par ses capacits de produire et de raliser2 il n'admet pas la croyance que le diplme confre une certaine noblesse intellectuelle4 ,,chapitre ,,ii ,dtails des mthodes usites dans les coles amricaines4 #a4--;,,divisions ,,de ,l',,enseignement4 ,en ,amrique1 l'enseignement est divis en quatre priodes de quatre annes chacune3 #f #aj ans lmentaire ,primary #aj #ad ans ,primaire ,grammar ,grades #ad #ah ans ,secondaire ou ,high ,schools ,professionnel ,technical ,school #ah #bb ans ,technique suprieur ,institute of ,technology ,tous les jeunes ,amricains1 sans exception1 parcourent les deux premiers degrs de l'enseignement4 ,un nombre tous les jours croissant1 mme parmi les ouvriers1 aborde l'enseignement secondaire avec ses tudes latines4 ,beaucoup cependant l'abandonnent aprs deux annes1 vers seize ans1 soit pour se chercher directement une situation dans le commerce1 soit pour se diriger vers les coles professionnelles dont l'un des principaux objectifs est de remplacer l'apprentissage dans les usines2 une lite seulement aborde l'enseignement technique suprieur auquel on reproche de trop reculer l'entre dans la vie pratique4 ,des cinq catgories d'enseignement rsumes dans le tableau ci-dessus1 les trois premires sont les plus intressantes4 ,elles ont fait l'objet d'tudes1 de discussions prolonges1 leurs mthodes ont atteint dans toute l'tendue des tats-,unis une uniformit assez grande4 #b4--;,,enseignement ,l,,mentaire 7,,de #f ,a #aj ,,ans74 ,travaux manuels4--,l'ducation est base sur l'enseignement des travaux manuels4 ,les travaux manuels apprennent crer et excuter2 le principe de cration trouve surtout son expression dans les leons de dessin1 de gomtrie1 et dans les cours d'observation4 ,l'excution est l'oeuvre propre des travaux manuels4 ,la spontanit des initiatives particulires1 qui se manifeste trs heureusement en l'absence de prescriptions gnrales et de rglementation centrale exclues des coles amricaines1 a trouv des solutions fort intressantes en ce qui concerne le passage1 le pont de l'cole ,froebel1 aux travaux manuels d'atelier4 ,les matriaux les plus varis ont t essays et utiliss dans les constructions4 ,dans les coles de ,new-,york on pratique le modelage1 les constructions en papier1 le tressage4 ,le modelage suggre des constructions bauches d'une masse plastique et qui prsentent donc trois dimensions2 les constructions en papier reposent sur la notion des deux dimensions2 et enfin la construction avec des fils1 de la corde1 dans laquelle domine la ligne1 envisage la seule longueur4 ,dans beaucoup d'coles amricaines1 l'exemple de ,new-,york1 le dessin et les travaux manuels des cours primaires gravitent autour de certaines ides fondamentales appeles des centres d'intrt qui se trouvent dans le rayon d'observation des enfants4 ,ces centres sont3 #a ,la maison3 occupations1 devoirs1 plaisirs de la famille2 #b la vie de la communaut3 moyens de transport1 occupation des habitants1 amusements2 #c la vie scolaire2 #d la langue maternelle2 #e les vacances2 #f l'tude de la nature4 ,suivant un procd constant1 la discussion entre les professeurs et les lves fait surgir de ces centres d'intrt les sujets traiter2 l'enfant s'y applique avec ardeur2 son imagination y attache des sentiments et des souvenirs2 il y poursuit la ralisation tangible d'une pense personnelle4 ,dessin4--,le dessin prend un caractre artistique dans les coles lmentaires4 ,l',amrique n'accepte pas l'ide europenne que l'oeil et la main doivent se former exclusivement par le dessin main leve1 d'aprs des objets gomtriques et par la copie de modles4 ,le dessin d'aprs nature y est fort en honneur2 le but dominant est d'amener les enfants traduire leur pense en des formes artistiques dans le dessin et par l'excution de travaux4 ,l'enfant amricain manie1 ds le dbut1 des pinceaux et des couleurs l'eau1 le crayon et la plume4 ,la technique du dessin consiste dans la reproduction l'aquarelle1 de feuilles1 de fleurs1 de plantes1 dans leurs masses1 parfois sans avoir fait1 au pralable1 le contour au crayon4 ,les raccourcis sont bannis des modles2 les dessins ne sont que des bauches1 mais1 dans le rendu1 il y a souvent du got et de la vigueur4 ,le dessin d'aprs la figure humaine est couramment pratiqu dans les coles lmentaires4 ,un enfant joue gnralement le rle de modle4 ,il est entour d'accessoires3 tels qu'une chelle1 des outils1 des avirons de canots1 des casses d'coliers et simule des scnes dont les lves font le croquis4 ,jardinage4--,a ,washington1 #de4jjj enfants font des travaux de jardinage2 tous les ans les coles organisent une exposition de fleurs1 plantes ornementales1 lgumes1 cultivs par eux1 ainsi que des travaux des classes1 dont les sujets ont t directement emprunts aux jardins4 ,les leons de choses1 les travaux manuels1 le calcul1 les notions de gographie1 etc41 donns dans les classes de ,washington1 voluent autour de ces minuscules jardinets et remplissent les cours de donnes fraches et concrtes relatives au sol1 l'humidit1 l'orientation1 aux semences1 la germination1 aux types de feuilles1 bourgeons1 fleurs1 fruits sous leurs formes les plus varies1 d'aprs les espces de vgtaux et les saisons4 ,les enfants tiennent des carnets dans lesquels ils marquent les dates des semailles1 leurs observations sur la croissance des plantes1 l'apparition des fleurs1 la maturit et les rcoltes4 ,les enfants y cueillent d'abondants bouquets qui leur servent de modles au cours de dessin4 ,le dessin1 les exercices d'observation et de langage marchent paralllement avec les travaux du dehors4 #c4--;,,enseignement ,,primaire 7,,de #aj ,a #ad ,,ans74 ,la thorie psychologique de l'ducation par les travaux manuels est dfinitivement tablie2 elle peut se rsumer ainsi1 suivant la conception des ,amricains3 tout mouvement conscient a son origine dans une excitation des cellules motrices du cerveau4 ,la pense1 sans action1 peut dvelopper l'imagination1 mais laisse inculte la puissance de la volont4 ,la volont ne peut se dvelopper que par l'action4 ,tout mouvement musculaire se rpercute sur les cellules du cerveau par les sensations1 se fixe dans les centres de projection sous forme de perception et d'images4 ,pour augmenter la rceptivit du cerveau1 l'ducation rationnelle veut qu'on varie la nature des mouvements des travaux manuels1 pour intresser successivement tous les groupes cellulaires4 ,de ces faits il rsulte que1 pour dvelopper la rgion motrice totale du cerveau1 il faut multiplier les exercices amples et varis1 et les rgler de faon aiguiser la sensibilit et la perception1 faire jaillir la pense et fortifier la volont4 ,il en rsulte aussi que si le mouvement devient habituel1 il peut se faire sans rflexion et il cesse de dvelopper les cellules motrices2 ds lors1 il n'a plus de valeur ducative4 ,ce n'est que dans la premire priode d'excitation que l'action des travaux manuels est efficace4 ,des exercices1 pousss au del du stade ducatif1 peuvent devenir des moyens pour prparer des travaux plus avancs d'ordre professionnel1 mais ils ne sont plus ranger parmi les branches qui contribuent la formation gnrale4 ,les travaux manuels varis se rduisent quatre grands systmes3 #a le systme pdagogique1 d'origine sudoise2 #b le systme technique1 de provenance russe2 #c le systme social2 #d le systme artistique4 ,le systme pdagogique1 reprsent par le sloyd#f1 considre les travaux manuels1 au mme titre que les mathmatiques1 le dessin1 les sciences physiques1 etc41 comme un instrument de culture gnrale1 intgrale1 exerant l'attention1 la perception exacte et le raisonnement et tendant au dveloppement harmonique de toutes les facults4 ,il repose sur le principe de ,froebel3 l'ducation par l'action1 et a sa source dans l'oeuvre scolaire de ,coegnus1 de ,finlande4 ,il a t lev la hauteur d'un systme par l'cole normale de ,naas1 en ,sude1 de l a envahi le monde civilis1 en se transformant suivant les latitudes1 les moeurs1 la mentalit des races4 ,note #f3 ,de l'expression sudoise ,slojold1 qui signifie travaux manuels4 ,le choix des modles est la pierre de touche du systme4 ,ces modles doivent inspirer un intrt tel que l'lve applique leur excution son effort volontaire et toutes ses facults4 ,dans ce but1 il convient de les adapter aux conditions variables de la capacit1 du got1 des moeurs1 du milieu1 etc43 l se trouve le point capital des mthodes de sloyd2 l'intrt ne se trouve pas dans les modles mmes1 qui ne sont pas inaltrables1 mais dans les raisons immuables qui en sont la base3 la difficult croissante et progressive des exercices1 l'effet de certains outils sur le dveloppement musculaire1 la capacit des lves d'excuter un travail en toute dpendance1 l'utilit et l'agrment du modle confectionner dans un espace de temps donn2 tous ces points sont considrs soigneusement chaque pas dans le sloyd amricain tel que l'a formul et le pratique ,m4 ,larrson4 ,l',amrique est arrive un degr de prosprit matrielle inconnue dans son histoire2 aprs la satisfaction des besoins matriels1 ont surgi des besoins suprieurs dont la satisfaction se trouve dans le ,beau4 ,c'est dans les travaux manuels et le dessin que se manifeste nettement la tendance vers plus de raffinement4 ,des systmes d'enseignement esthtique se sont fait jour dans de nombreux centres4 ,les coles d'art appliqu se multiplient2 la prparation des professeurs de dessin est l'objet de plus de soins et les cours publics d'art jouissent d'une vogue grandissante4 ,dans les coles lmentaires1 cette mme proccupation se traduit par des systmes d'ducation artistique parmi lesquels le plus original1 le plus dconcertant est celui de ,m4 ,tadd1 directeur de la ,public ,art ,school de ,philadelphie4 ,dans les salles bondes1 s'agitent des enfants1 garons et fillettes1 absorbs en une activit qui semble rpondre leur got3 les uns s'appliquent la cration de petits projets de panneaux1 de frises1 d'encadrements orns2 d'autres dessinent1 d'aprs nature1 des oiseaux empaills1 des fleurs1 des poissons1 des squelettes1 des coquillages1 des minraux2 pour d'autres encore1 le modle a disparu1 et ils s'vertuent le reconstituer de mmoire4 ,mais l'intrt se porte spcialement sur deux ordres de travaux1 auxquels les lves prennent un plaisir intense3 le modelage et la sculpture sur bois4 ,le lien entre tous ces travaux est assur par des leons sur la composition dcorative et l'histoire de l'art1 et richement illustres de projections lumineuses1 de gravures et de photographies4 ,formation des professeurs4--,les ,amricains proclament hautement l'utilit et la ncessit des travaux manuels1 mais ils sont exigeants en ce qui concerne la qualit de cet enseignement4 ,d'aprs leur conception1 les travaux manuels constituent des disciplines1 au mme titre que le calcul et les sciences naturelles4 ,nous ne saurions assez insister sur la marche constante des travaux3 la fonction de l'objet est le point de dpart de discussions entre lves et professeurs4 ,de cet examen en commun se dgagent la forme1 les dimensions1 les matriaux employer1 puis le plan cot de l'objet confectionner4 ,les relations entre la fonction1 la forme1 les dimensions des objets et les matriaux constituent la pense mme des travaux manuels4 ,ces notions sont subtiles et doivent procder de la connaissance de la construction4 ,ce n'est que par des tudes srieuses1 que le professeur se prpare appliquer ce principe suprieur dans les travaux1 d'une manire constante et comprhensible4 ,on s'en convaincra par l'exemple suivant3 la construction d'une chaise qui entre comme exercice d'application dans les cours de septime et huitime annes1 pour les enfants de onze et quatorze ans4 ,le thme de la leon peut se fixer comme suit3 l'examen de la fonction de ce meuble1 qui est de servir de sige1 conduit immdiatement la forme qui doit tre celle de l'homme1 de l'enfant assis4 ,en poussant plus loin les investigations interrogatives1 les lves1 guids par le professeur1 trouvent la forme et les dimensions du dossier2 ils peuvent mme contrler la construction1 les points consolider1 etc4 ,ils sont ainsi amens faire1 rationnellement et graduellement1 le croquis cot du meuble1 et1 munis de ce document qui renferme la pense raliser1 ils passent l'excution4 ,le mme systme d'tudes rationnelles pralables1 par lesquelles la pense1 le raisonnement et le jugement entrent dans les travaux se retrouve dans l'excution de tous les objets4 ,les ,amricains considrent comme de nulle valeur ducative et comme de simples occupations manuelles les travaux dont l'lve ne possde pas1 dans le cerveau1 le plan pralablement raisonn4 ,c'est dans cette mthode que se trouve la vertu spciale des travaux manuels4 ,ainsi conduites1 les oprations se droulent avec la rigueur logique d'une suite de propositions gomtriques2 elles imposent l'lve la prvoyance dans l'tablissement du projet1 l'adaptation des moyens aux fins1 le principe du moindre effort4 ,cette mthode d'enseignement exige des directeurs chargs de l'organisation et de la surveillance des cours et des professeurs chargs de l'enseigner1 des connaissances et des aptitudes srieuses et diverses1 qu'ils ne sauraient acqurir fond par l'tude des travaux manuels1 comme une branche accessoire dans les coles normales gnrales4 ,pour suppler l'insuffisance de ces professeurs1 des institutions ont organis un vritable enseignement normal spcial pour les travaux manuels4 #d4--;,,enseignement ,,secondaire 7,,de #ad ,a #ah ,,ans74 ,dans l'cole secondaire amricaine s'est efface la limite entre la culture gnrale et l'instruction industrielle et commerciale4 ,le problme des tudes moyennes s'est prsent dans les mmes termes qu'en ,europe4 ,a ct de la vieille acadmie ou high school classique1 prparatoire aux collges1 ont t cres des coles moyennes qui cherchent rsoudre le problme qui proccupe tous les pays industriels3 la prparation1 par l'enseignement moyen1 aux fonctions de la vie relle en mme temps qu'aux tudes suprieures4 ,pour satisfaire la fois aux conditions imposes l'entre des universits et tablir les bases d'une prparation solide la vie pratique1 les programmes d'enseignement se bigarrrent de mille faons2 on y trouve des matires allant d',eschyle la comptabilit et l'arpentage4 ,de ce chaos se sont dgags des groupes de cours qui ont constitu3 #a la section grecque-latine2 #b la section latine2 #c la section scientifique que l'on retrouve dans l'organisation de notre enseignement moyen4 ,ces divisions existent dans la gnralit des grandes coles moyennes amricaines1 non comme un cadre fixe impos l'lve1 mais conues trs librement4 ,le rgime actuel d'un grand nombre des coles secondaires n'est pas celui des sections spares2 il est bas sur un noyau de branches prescrites tous1 qui se compltent d'un grand nombre de branches facultatives1 parmi lesquelles l'lve choisit librement1 sans aucune entrave rglementaire2 l'anglais 7trois ou quatre annes71 les mathmatiques 7deux annes7 sont1 en gnral1 les branches communes les plus usuelles2 l'histoire1 les sciences naturelles et les langues modernes y sont parfois incluses4 ,dans certaines coles1 #gj p4 #ajj du temps sont dvolus aux branches librement choisies2 dans les autres1 de #dj #gj p4 #ajj du temps4 ,chose curieuse1 les statistiques prouvent que le nombre d'lves qui tudient le latin se maintient4 ,les travaux manuels ont mme envahi les coles moyennes classiques4 ,a ,boston1 ils sont inscrits au programme comme branche facultative2 les lves sont si bien entrans par les travaux manuels1 universellement enseigns dans les coles lmentaires1 que la plupart de ceux qui passent dans les high schools participent volontairement ces travaux4 ,les jeunes filles font les travaux de cuisine1 de confection et s'exercent dans les arts domestiques1 tandis que les garons travaillent dans les ateliers4 ,sauf en ce point1 les cours des coles secondaires sont identiques pour les reprsentants des deux sexes4 ,les coles secondaires techniques ne donnent pas l'instruction professionnelle dans les arts mcaniques2 elles sont des institutions d'enseignement gnral au mme titre que nos athnes et lyces4 ,les cours de dessin et de travaux manuels sont des disciplines l'gal des mathmatiques1 de la gographie et de l'histoire4 ,leur enseignement scientifique1 littraire et manuel convient toutes les catgories sociales et tous les jeunes gens1 quelle que soit leur profession future1 qu'ils deviennent avocats1 mdecins1 directeurs d'tablissements industriels ou simples travailleurs4 ,a titre d'exemple1 citons comment est caractrise la mthode suivre dans l'enseignement de la gomtrie3 ,la gomtrie ne peut s'acqurir par la simple lecture des dmonstrations d'un livre ni par un expos oral2 il faut la complter de travaux indpendants1 attrayants et stimulants4 ,la gomtrie dans les coles amricaines est conue pour dvelopper le talent crateur4 ,les matriaux de la gomtrie sont simples1 concrets et admettent un nombre infini de combinaisons simples ou complexes4 ,la gomtrie lmentaire manque de mthode gnrale de dmonstration4 ,chaque thorme doit tre trait1 en soi1 par un procd diffrant plus ou moins de tout autre4 ,l'invention de ces procds de dmonstration est un exercice intellectuel beaucoup plus puissant que l'application mcanique de quelque mthode gnrale telle que le calcul diffrentiel et intgral4 ,la matire de la gomtrie plane ne diffre pas sensiblement de celle que nous enseignons dans nos coles2 mais dans l'enseignement de la gomtrie dans l'espace1 les ,amricains emploient des procds d'intuition dont nos professeurs et auteurs d'ouvrages de mathmatiques lmentaires pourraient utilement s'inspirer4 ,ils partent du principe que les constructions de la gomtrie dans l'espace ne peuvent se tracer avec le relief1 ni la rgle1 ni au compas1 ni l'aide d'aucun instrument de dessin2 or1 comme ils jugent l'intuition indispensable1 ils font les constructions l'aide de lignes et de plans matriels1 des tiges en acier1 des carreaux transparents1 des formes en bois4 ,a chaque leon sur ces matires1 le professeur se sert d'appareils ingnieusement intuitifs de grandes dimensions1 sur lesquels les lves cherchent1 avant toute dmonstration thorique1 l'explication des lments et mme la solution du problme ou du thorme4 ,,chapitre ,,iii ,l',enseignement des sciences exprimentales dans les coles de l',amrique4 #a4--;,,enseignement ,,de ,,la ,,physique4 ,dans les auditoires1 les professeurs exposent les lois fondamentales de la physique en illustrant leur expos d'expriences qualitatives3 dans le laboratoire1 l'lve ralise personnellement une srie complte d'expriences quantitatives qui confirment et prcisent les donnes du cours4 ,dans bien des cas1 le laboratoire est en avance sur les cours d'auditoire4 ,le laboratoire de physique est de cration essentiellement amricaine3 notre connaissance1 aucune cole secondaire de l',europe continentale ne pousse aussi loin le learning by doing1 l'tude par l'action1 que les high schools des tats-,unis4 ,nous avons visit une vingtaine de laboratoires d'coles secondaires en fonctionnement1 et c'est avec un intrt croissant que nous en avons apprci la saine et forte activit4 ,dans la ,crane ,manual ,training ,school1 au moment de notre visite1 l'exprience en cours d'excution se rapportait la vrification des lois du pendule4 ,le lecteur jugera de la satisfaction des jeunes gens et jeunes filles lorsque1 l'exprience termine1 ils purent mettre1 de science personnelle1 au bas de leurs notes3 ,lois sur le pendule3 les petites oscillations du pendule sont isochrones2 la dure des oscillations est indpendante de la masse2 elle est proportionnelle la racine carre de la longueur du pendule4 ,entre le phnomne produit1 d'une part1 l'oeil et le cerveau de l'lve d'autre part1 ne s'interposent ni phrasologie1 ni termes1 ni dfinitions1 ni formules retenir3 la vrit toute nue lui apparat2 elle entre dans sa mmoire comme sa proprit personnelle4 ,dans la plupart des coles1 le matriel est de construction rudimentaire et solide2 on y trouve des appareils emprunts la pratique1 tels que des leviers1 des balances1 des siphons1 des pompes de grandes dimensions et mme des moteurs hydrauliques1 des treuils1 des cabestans1 des plans inclins1 du matriel lectrique pour l'tude de l'lectricit exprimentale et mme industrielle2 tout cet appareillage a t dans la plupart des cas projet et construit par les lves eux-mmes dans les ateliers de l'cole4 ,les expriences s'appuient sur les text-books et sur un syllabus indiquant le but de chaque opration1 les prcautions prendre pour viter des erreurs1 les appareils utiliser1 etc4 ,ces travaux sont le plus possible quantitatifs4 ,l'lve inscrit soigneusement dans un carnet de notes le rsultat de ses observations4 ,le professeur surveille la marche des expriences1 tout en laissant l'lve la responsabilit et le mrite de ses rsultats4 #b4--;,,enseignement ,,de ,,la ,,chimie4 ,les plus petites high schools possdent un laboratoire de chimie o les lves peuvent accomplir le minimum de travail personnel de laboratoire jug ncessaire pour la vie1 ou prescrit par les examens d'entre des collges4 ,la chimie verbale d'auditoire1 quelque talent que mette le professeur faire des expriences1 n'est gure populaire aux tats-,unis4 ,dans aucun cas1 nous n'avons trouv d'cole qui se contentt de pareil enseignement2 l'enseignement verbal des sciences d'observation jure avec la mentalit amricaine et ne retiendrait pas les lves pendant une seule sance4 ,on ne trouve gure1 comme chez nous1 des auditoires de sciences pouvant runir des centaines d'lves devant un ameublement1 savamment machin1 aliment de gaz1 d'lectricit1 d'eau1 d'air sous pression et de vide2 on n'y voit pas le professeur agissant au nom des lves et leur communiquant de premire ou de seconde main les connaissances qu'il taye de fragiles expriences4 ,le pivot des tudes est pour toutes les sciences exprimentales1 et spcialement pour la chimie1 le laboratoire o l'lve pense et agit4 ,beaucoup d'coles ne prvoient pas des leons d'auditoire1 vu l'impopularit de ce genre de leons qui sont rendues superflues par l'abondance des manipulations de laboratoire4 ,celles qui organisent les cours thoriques ne dpassent pas vingt-cinq leons de trois quarts d'heure2 la plupart d'entre elles prescrivent des leons de rcitation o l'lve1 aprs avoir tudi la thorie des produits examins1 vient la dvelopper devant le professeur en prsence de ses camarades4 ,l'habitude de l'effort personnel1 du dbrouille-toi1 du help yourself1 qui est le rsultat le plus tangible de tout l'enseignement amricain1 rend trs lgantes les mthodes d'enseignement des sciences d'observation4 ,le problme exprimental rsoudre se trouve dans le text-book ou est remis aux lves sous forme de syllabus4 ,voici le texte de quelques-uns de ces documents que nous avons relevs la ,mac ,kinley ,manual training high school ,chicago4 ,ils sont assez explicites pour ne pas ncessiter de commentaires4 ,lors de notre visite1 les lves en taient la troisime exprience1 portant comme sujet3 ,les modifications physiques et chimiques du cuivre4 ,ils trouvaient dans leur syllabus les directions suivantes3 #a ,examinez un morceau de cuivre4 ,en le chauffant dans une prouvette d'essai1 observez-vous quelques modifications apparentes8 ,se dissout-il dans l'eau8 ,quelles autres proprits possde le cuivre8 #b ,placez un petit fragment de cuivre dans une prouvette contenant de l'acide nitrique concentr4 ,notez avec soin les phnomnes qui se produisent4 ,lorsque l'action de l'acide nitrique cesse1 versez le liquide dans une petite coupe en porcelaine1 vaporez-le dans la hotte en la plaant sur une toile mtallique au-dessus du bec ,bunsen2 chauffez doucement et gardez-vous surtout de chauffer fortement au moment o la dessiccation commence4 #c ,aprs refroidissement1 faites sur la substance qui s'est dpose les mmes essais que vous avez faits sur le cuivre1 suivant les prescriptions du #a4 #d ,si vous vaporez trois ou quatre gouttes d'acide nitrique dans une prouvette1 obtenez-vous le mme rsidu que vous avez trouv en vaporant le cuivre et l'acide nitrique8 ,en comparant #c et #a et1 en prenant en considration #d1 tirez vos conclusions et dfendez-les avec assurance en vous appuyant sur votre certitude exprimentale4 ,les cours se dveloppent progressivement par l'tude exprimentale d'un groupe de faits qui passent sous la main et sous les yeux des lves4 ,ceux qui connaissent l'horreur qu'prouvent les lves de nos athnes pour des cours de chimie bass sur le ,manuel seraient tonns de constater le plaisir intense que les jeunes ,amricains ressentent et le got qu'ils mettent dans l'tude de cette branche importante par ses applications industrielles et par sa valeur ducative4 ,nos lves considrent souvent la chimie verbale comme une chose part dans laquelle ils rencontrent des faits sans connexit directe avec la vie relle2 les thories chimiques leur semblent ne pas tre tires des faits4 ,l'impression invariable et tenace qu'on conserve de nos cours de chimie--appele exprimentale parce que le professeur fait de temps autre quelque manipulation sous le regard des lves--est que les thories et les lois seraient fondamentales et essentielles2 que les faits s'efforcent de se conformer aux thories2 que toute la science chimique est suspendue la thorie atomique et que1 sans cette dernire1 il ne peut y avoir ni dcouverte nouvelle1 ni analyse possible4 ,le dbutant croit avoir fait un progrs norme s'il sait appeler l'eau ,h#b,o1 quoiqu'il n'ait aucune ide quant l'origine et la signification relle des formules4 ,les mthodes d'expriences personnelles des coles amricaines ne versent pas dans ces tendances errones2 elles conduisent des impressions plus conformes la ralit3 les manipulations systmatiques font dcouvrir des faits nouveaux1 elles font apparatre les relations qui existent entre les faits et conduisent des lois et des thories1 qui facilitent l'investigation et la dcouverte de nouveaux faits4 ,aux yeux des lves1 ces thories restent subordonnes aux faits3 cette vrit fondamentale les guide dans leurs travaux et est pour leurs tudes futures un gage de succs4 ,a nos mthodes passives1 bases sur la mmoire des mots1 les high schools et les coles techniques amricaines opposent triomphalement leurs mthodes actives et ducatives qui mettent en oeuvre l'effort1 la volont1 l'habilet manipulatoire1 la logique4 ,dans bien des coles1 une importance spciale est attache aux manipulations de chimie quantitative4 ,ces travaux constituent d'excellents exercices de mesure et de prcision dans l'observation4 ,ils conduisent gnralement la vrification des lois que l'lve serait oblig d'accepter comme une vrit thorique4 ,nous relevons1 parmi ces expriences quantitatives1 des travaux sur la distillation1 l'quivalent de l'hydrogne1 l'ionisation1 la loi des proportions multiples1 la combinaison d'un mtal avec de l'oxygne1 etc4 ,a propos de l'oxygne1 on fait1 en gnral1 des expriences sur sa teneur dans l'air1 dans le ,k,cl,o#b1 le poids dans un litre d'air1 la solubilit dans les liquides1 etc4 ,les expriences quantitatives sont vivement recommandes3 les calculs ne sont pas pousss au del de la limite d'approximation donne par les peses et les lectures4 ,en ,amrique1 le monde enseignant est d'accord pour dire que les leons exprimentales donnes par le professeur et les rcitations sont ncessaires pour dgager les ides gnrales des faits1 mais qu'il est inutile d'essayer d'enseigner la chimie ailleurs que dans un laboratoire bien outill et bien conduit4 #c4--,,les ,,travaux ,,manuels ,,dans ,l',,enseignement ,,secondaire4 ,dans l'esprit des ,amricains1 le critre du progrs en ducation est l'avancement vers un rgime qui assure l'lve la plus grande activit personnelle2 le souci des professeurs est de rduire au minimum leur intervention1 de faon donner l'lve graduellement l'initiative1 le contrle sur ses actes1 l'empire sur soi1 la discipline interne qui le dispense de chercher des guides hors de lui4 ,sous cette haute proccupation1 toutes les sciences enseignes dans les coles secondaires1 dont nous avons dcrit les mthodes1 mais plus spcialement les travaux manuels sont devenus l'enseignement de l'activit1 de l'nergie1 de la volont appliques l'excution des travaux ducatifs par lesquels les lves acquirent des connaissances utiles4 ,les principes qui se trouvent la base des travaux manuels sont identiques ceux qui guident les travaux scientifiques des laboratoires de chimie1 de physique et de sciences naturelles1 les mthodes sont celles des sciences exprimentales4 ,que les travaux manuels soient inscrits comme branches facultatives aux programmes des coles secondaires ordinaires1 ou qu'ils fassent partie intgrante des programmes comme dans toutes les coles secondaires techniques1 ils comprennent toujours1 pour les garons3 #a ,le travail du bois3 la menuiserie1 le tournage1 le modelage industriel et1 dans certaines coles1 l'bnisterie2 #b ,le travail des mtaux3 le forgeage du fer et de l'acier1 l'ajustage la main et mcanique2 dans quelques coles1 les lments du moulage et de la fonderie4 ,nous avons vu enseigner1 en outre1 dans certaines coles1 le repoussage du mtal1 autant dans ses lments techniques que comme application de la composition dcorative4 ,les jeunes filles pratiquent les sciences domestiques3 la cuisine1 le lessivage1 l'entretien de la maison1 la couture1 l'conomie domestique1 et les arts domestiques3 la confection1 les modes4 ,comme dans l'enseignement lmentaire1 les travaux manuels prsentent un caractre purement ducatif4 ,les lves1 moyennement aptes1 acquirent nanmoins une habilet srieuse1 car chaque nouveau modle comporte1 dans une certaine mesure1 des procds dj appliqus dans les travaux antrieurs4 ,les travaux qui se font sans tre guids par une pense prcise n'ont1 aux yeux des ,amricains1 aucune valeur comme moyen d'ducation2 ils accusent les ducateurs sudois d'avoir retir la pense et la vie aux modles du sloyd1 force de l'purer et d'en expulser toute nuance technique2 le souci d'introduire dans les travaux une pense directrice explique le soin avec lequel les projets sont pralablement discuts par les lves4 ,dans ce but1 ils se groupent autour des professeurs1 changent leurs vues1 questionnent1 critiquent1 tant que la pense dvelopper dans le travail n'est pas nettement prcise4 ,de mme1 pour enseigner une opration nouvelle ou l'usage d'un outil non tudi1 le professeur runit les lves autour de lui1 dmonte l'outil1 en dcrit les parties1 l'affte1 le remonte1 en explique l'usage et les effets4 ,dans les coles normales pour professeurs de travaux manuels et dans les milieux scolaires1 les effets de chaque outil1 de chaque opration1 et de l'excution de chaque objet ont t expriments mticuleusement au point de vue ducatif4 ,si la doctrine tend s'unifier et se fixer1 la forme des objets auxquels se rattachent les travaux varie l'infini1 suivant la formation personnelle des professeurs et l'influence des milieux4 ,certaines coles secondaires accentuent1 plus que les autres1 le caractre artistique des travaux et cherchent dvelopper le sens du beau par l'excution d'objets qui prsentent de belles lignes et une dcoration de got4 ,aux modles de base1 imposs tous les lves et qui relvent plutt de la technique de la menuiserie industrielle1 elles ajoutent des objets auxquels les lves appliquent des incrustations1 le dcoupage et mme la sculpture1 travaux dcoratifs qui rpondent une proccupation d'art1 malgr leur caractre sommaire4 ,,conclusions ,l',europen envoie ses enfants l'cole pour y apprendre quelque chose2 l',amricain dsire que l'cole assure l'ducation intgrale1 physique1 intellectuelle et morale de ses enfants4 ,les grandes ides sur l'essor d'une nation par l'ducation sont l'arrire-plan dans nos coles2 les cadres de l'instruction sont fixes1 les mthodes ne font cas que des notions abstraites1 de l'argumentation purement logique et des conclusions tires du syllogisme2 les matires sont enseignes par des moyens conventionnels qui semblent s'loigner des formes de la vie relle2 les questions d'organisation1 les programmes1 les tendances ducatrices ne sont discutes que dans des cercles restreints3 le public ne comprend pas le langage de nos pdagogues1 il reste tranger et indiffrent ces discussions qui sont l'affaire de professionnels1 de fonctionnaires4 ,en ,amrique1 au contraire1 chaque cole a ses pulsations propres3 toutes les grandes questions qui touchent son patrimoine scientifique et classique sont en discussion permanente dans les livres1 dans les revues1 les journaux1 et surtout dans les assembles et congrs auxquels s'associe et s'intresse le peuple4 ,les innovations qui surgissent sont notes1 essayes1 excutes2 le public--qui est cordialement accueilli dans les classes1 les laboratoires1--se proccupe de leur ralisation et s'en dclare satisfait4 ,sous sa pousse1 la vie sociale et conomique s'est prolonge jusque dans le domaine scolaire et elle donne aux tudes de la fracheur et une allure rationnelle et vraie4 ,dans tout l'enseignement1 l'ide et sa ralisation par l'action sont associes indissolublement2 par l'ducation agissante1 la volont des enfants et des adolescents prend possession d'elle-mme4 ,l',amricain a aussi la conviction que l'avenir de son pays est entre les mains de la femme qui transmet intgralement l'ducation reue aux gnrations qui suivent4 ,alors que les pays europens ne lui font qu'une part infime dans la vie intellectuelle1 par une ducation factice dans les pensionnats ou par une instruction restreinte dans les coles moyennes1 rares et relativement peu frquentes1 toutes les institutions d'enseignement secondaire amricaines sont bondes de jeunes filles pauvres et riches1 qui viennent s'y former1 intellectuellement1 par les tudes littraires et scientifiques1 et professionnellement en vue de leur rle familial et social1 par des travaux de cuisine1 d'conomie et d'arts domestiques4 ,les cuisines et ateliers de confection1 annexs ces coles1 sont de vrais laboratoires1 o la future pouse acquiert1 par une pratique mthodique1 les aptitudes et le savoir ncessaires1 pour s'assurer une existence indpendante et pour soutenir et accentuer la vigueur physique et morale de la nation4 ,ainsi que dans les vieilles races1 nos sentiments nous portent tout naturellement vers un altruisme qui s'exalte dans des oeuvres de grande philanthropie telles que la mutualit et l'assistance sociale par la bienfaisance4 ,ces oeuvres sont palliatives et lnifiantes1 mais elles inclinent naturellement mnager l'effort des masses en vue de leur propre relvement4 ,les ,amricains1 que l'on dit volontiers individualistes outrance1 pratiquent une solidarit moins sentimentale coup sr1 mais agissante et prventive4 ,avec une gnrosit qui ne compte pas1 les villes comme les particuliers contribuent pcuniairement la cration et aux frais d'entretien des admirables bibliothques pour enfants et adultes1 et rivalisent de largesse envers les institutions d'ducation et toutes les oeuvres de relvement1 productrices d'nergie individuelle4 ,cette forme de solidarit nous apparat galement noble et grande et semble particulirement propice au progrs social et conomique du pays4 ,l'idal d'ducation qui procde de ce grand sentiment national est simple et dmocratique4 ,les tudes scolaires gnrales1 comme l'tude d'une profession manuelle1 reposent sur une large instruction fondamentale4 ,pour la mme raison de principe1 les divers degrs d'enseignement se greffent les uns sur les autres avec une simplicit qu'envient les systmes europens4 ,l'cole maternelle1 l'cole primaire1 l'cole moyenne1 les collges1 les instituts d'enseignement technique1 les universits1 les coles normales1 sont charpents en un tout harmonique qui ne prsente pas la moindre lacune ni surcharge4 ,l'cole europenne tmoigne de la plus grossire mconnaissance de la nature enfantine et humaine4 ,elle pratique le faonnage des cerveaux sans honte ni vergogne2 elle supprime l'originalit et fait passer1 avec un zle persistant1 les personnalits naissantes sous les rouleaux du laminoir galisateur4 ,l'cole amricaine exalte l'individualit1 lui laisse manifester ses qualits propres par son rgime de travaux dans lesquels l'lve conserve sa libert d'apprciation1 son discernement propre1 son action originale et sa responsabilit4 ,tous ces travaux renforcent l'quation personnelle des individus et tendent donner la jeunesse un capital prcieux de mthodes et d'expriences4 ,nulle part ne rsonne la parole niveleuse et sermonneuse du professeur1 exposant doctoralement les grises thories verbales et les dernires hypothses de la science et de la technologie2 on n'y voit pas les lves griffonner fivreusement des notes1 accumuler dans leurs cahiers et dans leurs cerveaux surmens le savoir de seconde main1 appris par ou-dire et le rciter1 sans y ajouter aucun lment de leur savoir personnel4 ,les coles amricaines portent ces sciences l'intelligence des lves par des mthodes de manipulations exprimentales qui forment les facults et dveloppent les aptitudes1 tout en puisant aux sources de saines et de fortes connaissances4 ,en faisant de l'lve1 non l'auditeur passif1 mais l'acteur de la vie scolaire1 l'cole amricaine l'incite se renseigner1 se former par lui-mme1 se complaire dans les recherches soutenues et le travail d'arrache-pied4 ,elle dveloppe1 en outre1 la qualit stimulante propre la nation amricaine et si bien caractrise par le mot push1 c'est--dire le besoin d'avancer dans le monde1 tout prix1 l'impatience et la volont de parvenir1 forme suprieure de l'arrivisme1 ressort puissant de son incessante activit4 ,a chaque moment des travaux scolaires1 depuis son entre dans les jardins d'enfants jusqu' sa sortie des collges1 le jeune ,amricain est amen faire acte d'initiative4 ,dans chacune de ses facults intellectuelles et morales1 il accumule ainsi1 au cours de ses tudes1 une somme d'nergie potentielle qu'il utilisera dans ses situations ultrieures1 dans les diverses circonstances de sa vie1 au gr de ses besoins4 ,c'est par leurs mthodes viriles que les coles dposent dans les muscles et dans les nerfs de la jeunesse1 les vertus qui font la valeur du peuple amricain1 le besoin d'activit tenace et persvrante1 l'nergie pour raliser l'effort4 ,,livre ,,iii ,l',,enseignement ,,universitaire ,,en ,,france ,,chapitre ,,premier ,la valeur des mthodes universitaires4 #a4--,,la ,m,,thode ,,mn,,monique4 ,quittant l',amrique1 nous allons revenir maintenant notre enseignement universitaire4 ,lorsque tout l'enseignement classique consistait uniquement bien apprendre le latin et les rudiments des sciences qui existaient alors1 les mthodes inaugures par les ,jsuites suffisaient parfaitement4 ,leurs lves crivaient assez correctement le latin1 et il ne leur fallait pas de grands efforts de mmoire pour retenir le petit bagage de notions scientifiques qui tait enseign4 ,la mthode mnmonique suffisait donc fort bien aux ncessits de l'poque4 ,mais avec le dveloppement considrable des connaissances modernes1 d'autres mthodes d'enseignement s'imposaient4 ,l',universit n'a pas su le comprendre4 ,la mthode mnmonique est la seule dont elle ait continu faire usage4 ,les matres de notre temps n'ont recours qu'aux exercices de la mmoire4 ,de l ces programmes surchargs o l'on inscrit constamment des sciences nouvelles1 o l'hygine1 le droit1 la palontologie1 l'archologie1 l'anthropologie ont leur place ct des langues mortes1 des langues vivantes1 des mathmatiques1 de l'histoire1 de la gographie1 etc4 ,on est tomb dans l'erreur de croire qu'on allait ainsi atteindre le srieux et le profond2 on n'a rencontr que le superficiel4 ,on s'est dit que l'enfant devait avoir cet ensemble de connaissances normes son entre dans le monde3 il ne sait plus rien#g4 ,note #g3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ede4 ,hanotaux1 ancien ministre1 ancien professeur l'cole des ,hautes-tudes4 ,il ne sait plus rien dans aucune branche des connaissances4 ,les dpositions de l'enqute vont nous le prouver4 ,elles se ressemblent tellement qu'il suffira d'en choisir quelques-unes relatives aux divers sujets enseigns par l',universit4 #b4--,,les ,r,,sultats ,,de ,l',,enseignement ,,du ,,latin ,,et ,,des ,,langues ,,vivantes4 ,l'enqute nous apprend que les neuf diximes des lves sont incapables1 aprs sept huit ans d'tudes1 de traduire livre ouvert l'auteur le plus facile1 dans l'impossibilit1 par consquent1 de lire les crivains latins4 ,inutile donc de disserter sur la vertu ducatrice d'une langue que l',universit est incapable d'enseigner4 ,sur ce point de l'ignorance totale de l'immense majorit des lves1 les dclarations ont t peu prs unanimes4 ,je me bornerai donner la dposition de ,m4 ,andler1 matre de confrences la ,sorbonne1 qui les rsume fort bien4 444 ,le latin appris fond n'est propre qu' former des professeurs de rhtorique2 appris mdiocrement1 comme aujourd'hui1 il n'est plus qu'un signe extrieur quoi se reconnat une certaine aristocratie bourgeoise4 ,si l'on pensait que le latin sert autre chose1 par exemple maintenir certaine tradition nationale1 cette tradition serait mal assure4 ,car les rsultats ne permettent pas de supposer qu'elle tienne cela2 mme1 il y a peine #aj des lves qui puissent se tirer d'un texte lmentaire de ,cicron4 ,j'assiste de trs prs tous les ans au dpouillement des copies latines du baccalaurat2 il y a une version passable sur dix4 ,si la tradition nationale repose sur la connaissance que nous avons de la culture latine1 elle est bien compromise4 ,toutes les phrases pathtiques sur l'ennoblissement des mes1 la culture morale1 le got artistique qui nous viendraient des ,latins ne sont plus vraies ds que les connaissances latines lmentaires sont aussi mal assures qu'elles le sont4 ,aprs une tude qui prend jusqu' dix heures par semaine et dure sept ans1 les lves ne sont pas capables de se tirer d'une version autrement qu' coups de dictionnaires4 ,c'est du temps gaspill#h4 ,note #h3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fc4 ,andler1 matre de confrences l'cole ,normale4 ,c'est peu prs1 d'ailleurs1 ce qu'avait dit ,m4 ,jules ,lematre1 dans une confrence qui fit beaucoup de bruit1 et dont je reproduis un extrait4 ,j'ai vu les cahiers et les devoirs de quelques adolescents1 pris au hasard3 c'est lamentable4 ,il est clair que leur latin ne leur servira pas mme crire en franais avec propret1 si ce don n'est infus en eux1 ou comprendre les latinismes de nos crivains classiques3 ce qui pourtant serait encore un assez petit gain et hors de toute proportion avec ce qu'il aurait cot4 ,ainsi ils auront deux fois perdu leur temps1 puisqu'ils l'auront pass ne pas apprendre une langue1 qui1 l'eussent-ils apprise1 leur serait peu prs inutile4 ,et ce temps aurait donc t mieux employ1 je ne dis mme pas l'tude des langues vivantes1 des sciences naturelles et de la gographie 7c'est trop vident71 mais au jeu1 la gymnastique1 la menuiserie-- n'importe quoi4 ,cette incapacit de l',universit enseigner le latin ou d'ailleurs une langue quelconque1 car bien entendu les lves ignorent autant les langues modernes que les langues anciennes1 a quelque chose de merveilleux et de bien propre exciter l'tonnement4 tant donn qu'il n'y a rien de plus facile apprendre qu'une langue1 que c'est mme la seule chose apprise sans difficult et sans exception par tous les enfants en bas ge1 l'incapacit de l',universit enseigner les langues est dconcertante4 ,il faut pntrer dans le dtail de ses mthodes pour comprendre comment il se fait qu'elle enseigne si mal ce que jadis les ,jsuites enseignaient si bien4 ,la cause gnrale de leur insuffisance est aise saisir4 ,avec quelques traductions interlinaires et de nombreuses lectures1 les lves apprendraient fort vite le latin peu prs sans professeurs4 ,ces derniers y ont mis ordre1 en ne considrant les traductions que comme une chose accessoire et obligeant les lves apprendre par coeur de savantes grammaires1 des tymologies1 l'histoire des mots1 des formes et de toutes les subtilits qui peuvent germer dans des cervelles d'universitaires4 ,je tiens dans les mains un livre classique dans lequel dix-sept sortes de vers sont scands1 o l'attention de l'lve est appele avec dtails sur les mtres les plus rares1 o l'hexamtre de ,virgile tient quelques lignes peine1 tandis que l'auteur s'tend sur les diverses formes de catalectiques1 les dimtres1 les trimtres et les octonaires1 pour passer aux asynarttes1 aux anapestiques et entrer enfin dans la distinction des logadiques qu'ils soient simples ou composs1 ou bien encore phrcratiens ou asclpiades#i4 ,note #i3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ea4 ,picot1 secrtaire perptuel de l',acadmie des ,sciences morales et politiques4 ,l'lve1 heureusement pour lui1 oublie ces chinoiseries le lendemain de l'examen4 ,quant au latin1 il n'a pas l'oublier1 puisqu'il ne l'a jamais su4 ,les langues vivantes sont naturellement enseignes de la mme faon1 c'est--dire en obligeant les lves apprendre par coeur des subtilits grammaticales4 ,aussi1 aprs sept ou huit ans d'tudes1 sont-ils incapables de lire un ouvrage quelconque4 ,les dpositions de ,m4 ,lavisse et d'autres membres de la commission ont t d'accord sur ce point4 ,parmi les tudiants que je connais la ,sorbonne1 il est trs-rare qu'il s'en trouve un capable de lire couramment l'anglais ou l'allemand#aj4 ,note #aj3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dd1 ,lavisse1 professeur la ,sorbonne4 #c4--,,les ,r,,sultats ,,de ,l',,enseignement ,,de ,,la ,,litterature ,,et ,,de ,l',,histoire4 ,mmes mthodes pour l'enseignement de la littrature et de l'histoire1 et par consquent mmes rsultats4 ,des dates1 des apprciations toutes faites1 des subtilits inutiles apprises dans les manuels et destines tre oublies le lendemain de l'examen4 ,qu'arrive-t-il aujourd'hui8 ,on donne aux enfants des apprciations faites par leurs professeurs1 on leur fait lire des critiques littraires rdiges par des auteurs contemporains de talent1 il est vrai1 mais qui ne sont ni ,racine1 ni ,pascal1 ni ,corneille1 ni ,bossuet1 ni ,lamartine1 etc4 ,nos lves sont donc forms avec les oeuvres de leurs professeurs ou d'crivains de second ordre1 mais ils ne lisent pas nos grands auteurs de gnie1 ni les auteurs latins ou grecs4 ,quant leurs compositions franaises1 elles sont absolument dfectueuses3 on leur donne des sujets trop techniques2 et les malheureux enfants cherchent se rappeler ce qu'on a bien pu leur dire sur tel ou tel sujet#aa4 ,note #aa3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #bca4 ,orain1 directeur l'cole de ,blois4 ,on a remplac l'tude de la littrature elle-mme par l'tude de l'histoire littraire1 en sorte qu'on sait moins ce qu'il y a dans les principales maximes de ,la ,rochefoucauld que la diffrence qu'il y a entre les ditions successives des ,maximes#ab4 ,note #ab3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #agb4 ,ren ,doumic1 professeur ,stanislas4 ,c'est l ce que les lves apprennent le mieux1 car c'est ce que savent le mieux leurs professeurs1 les concours d'agrgation tant surtout des concours d'ergotage4 ,les candidats ont appris ergoter et ne peuvent gure enseigner autre chose leurs lves4 ,le monde marche4 ,la concurrence des autres peuples nous menace4 ,pendant ce temps1 les professeurs ergotent4 ,tels les ,byzantins1 alors que ,mahomet les assigeait4 ,les ,barbares taient dans leurs murs4 ,ils ergotaient encore4 ,en faisant1 comme on le fait aujourd'hui dans tous les collges1 ergoter sur des ides1 couper des cheveux en quatre1 discuter des ides subtiles1 on va exactement contre la destination elle-mme de l'enseignement#ac4 ,note #ac3 ,enqute1 t4 ,i4 p4 #aga4 ,doumic1 professeur ,stanislas4 ,dans un article publi par la ,revue de ,paris1 ,m4 ,lavisse donne une excellente ide de la valeur de nos mthodes universitaires par les rponses des lves l'examen d'entre de ,saint-,cyr4 ,on y voit avec quel soin les professeurs s'attachent aux petits faits isols1 aux dtails faciles emmagasiner dans la mmoire et leur impuissance enseigner des ides gnrales sur les institutions1 les moeurs1 les coutumes d'une poque4 ,un candidat interrog sur ,cond1 un autre sur ,luxembourg1 ne savent ni l'un ni l'autre la vie1 le caractre1 la mthode de ces deux hommes de guerre1 mais la rponse est toute prte pour la question3 ,qui commandait l'avant-garde au passage du ,rhin8 ,et pas un nom ne manque dans l'numration des batailles de ,cond et de ,luxembourg4 ,m4 ,lavisse a fort bien rsum1 dans les lignes suivantes1 les mthodes d'enseignement de l',universit4 ,petits livres appris par coeur1 salis par des doigts ennuys2 mots incompris encombrant les mmoires distraites2 opinions d'autrui1 absorbes sans tre mme assimiles1 sur des chefs-d'oeuvre qu'on n'a pas lus2 formules pour examens2 la morale et ,dieu lui-mme mis en face d'accolades1 qui engendrent des sous-accolades4 ,et ce qui est pire encore1 des matres prparent leurs lves la rponse qu'ils savent devoir plaire l'examinateur#ad4 ,note #ad3 ,confrences sur le baccalaurat1 par ,lavisse1 professeur la ,sorbonne4 #d4--,,les ,r,,sultats ,,de ,l',,enseignement ,,des ,,sciences4 ,mmes mthodes d'enseignement pour les sciences4 ,des mots1 toujours des mots1 des manuels compliqus et subtils appris par coeur4 ,en chimie1 au lieu d'exiger la connaissance relle de la nomenclature et l'tude trs prcise1 trs pratique1 des grandes lois et d'une douzaine des corps les plus importants1 ce qui donnerait l'lve le got de la chimie et le dsir de complter ses connaissances1 l'opinion nous oblige d'exiger que notre lve soit un chimiste encyclopdique4 ,le slnium1 le tellure1 le brome1 l'iode1 le fluor1 le bore1 le silicium1 etc41 etc41 dfilent devant ses yeux3 le rsultat immdiat est le dgot2 le rsultat loign1 les lois de la mmoire outrageusement violes l'assurent1 c'est l'oubli4 ,en physique1 au lieu de l'attention constamment et vigoureusement appele sur les grandes lois gnrales1 c'est un abus fcheux de descriptions d'appareils compliqus1 comme si nous voulions faire de nos lves des ouvriers constructeurs3 aprs la machine d',atwood1 celle de ,morin1 qui n'ajoute rien la comprhension du principe4 ,aprs l'exprience de ,torricelli1 c'est le baromtre de ,fortin1 dont les lves ne se serviront jamais1 sauf s'ils font des tudes spciales1 puis celui de ,gay-,lussac1 puis celui de ,bunsen1 si bien que les lves finissent par ne plus apercevoir l'difice entour de tant d'chafaudages1 et trs forts sur la description des appareils1 ils perdent quelque peu de vue les lois elles-mmes4 ,ce mal est le mme partout1 en littratures ancienne et moderne1 en langues vivantes1 en sciences naturelles et mme en philosophie4 ,les lves1 isols de la vie1 de la ralit1 par des murailles de mots1 ne sont point habitus regarder en eux-mmes1 parce qu'ils sont distraits par le monde extrieur4 ,ce monde extrieur lui-mme ils le voient1 mais ils ne savent point le regarder4 ,toute leur vigueur intellectuelle est concentre sur des mots#ae4 ,note #ae3 ,jules ,payot4 ,revue ,universitaire1 #ae avril #ahii4 ,les rsultats de l'enseignement des mathmatiques au lyce ne sont pas suprieurs aux rsultats fournis par l'enseignement des autres sciences4 ,ce qui est trs frappant1 c'est que1 de tous les lves de rhtorique qui ont fait cependant pas mal de mathmatiques1 bien peu seraient capables de passer le brevet lmentaire l',htel de ,ville#af4 ,note #af3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #g4 ,beck1 directeur de l'cole ,alsacienne4 ,pour juger de la valeur des mthodes universitaires et des rsultats qu'elles produisent mme sur l'lite des lves1 on ne saurait trop mditer la dposition suivante de ,m4 ,buquet1 directeur de l'cole ,centrale1 dont l'examen d'entre est peine infrieur celui de l'cole ,polytechnique4 ,nous sommes trs proccups de constater parmi les jeunes gens qui nous arrivent de trs bons sujets prsents par les professeurs de lyces comme tant des premiers de leur classe ayant obtenu des accessits de concours gnral1 sachant admirablement l'analyse1 qui couvrent un tableau de formules sans s'arrter1 mais ne sachant absolument pas1 quand ils arrivent la fin1 ce qu'ils ont voulu faire et trouver4 ,ils ne comprennent rien sinon qu'ils ont rsolu une quation4 ,si1 des jeunes gens trs forts qui emploient trs bien les formules et l'analyse au tableau1 on propose de mettre la place de ,a des kilos et la place de ,b des kilomtres1 ils se drobent3 on ne trouve plus personne3 ils ne comprennent plus4 ,de l cette opinion parmi eux3 c'est que le professeur dont on ne comprend pas bien le cours est un grand homme2 on est dans ces ides-l4 ,moins on comprend ce qu'il indique1 plus on croit qu'il est suprieur aux autres4 ,tant qu'on reste dans des questions d'examen oral1 les jeunes gens rpondent bien4 ,si nous leur donnons une composition crite1 un problme comportant une application des sujets de cours1 #ge ne comprennent pas ce problme4 ,il est vraiment dplorable de voir des jeunes gens de vingt ans arriver l',ecole aprs avoir travaill et tre incapables de comprendre ce qu'ils ont cherch et voulu aprs plusieurs lignes de formules4 ,nous avons toutes les peines du monde leur faire comprendre que les cours pratiques que nous leur faisons suivre sont d'une utilit quelconque4 ,le cours d'analyse suprieure1 le cours de mcanique1 ils les suivent avec entrain3 ils sont entrans par les mathmatiques spciales4 ,mais faites un cours de ponts et chausses1 de chemins de fer1 d'architecture1 ils disent3 cela1 c'est bon pour les maons1 les ouvriers4 ,alors il faut pendant des mois faire campagne pour leur faire comprendre qu'on ne vit pas d'algbre#ag4 ,note #ag3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ejc4 ,buquet1 directeur de l'cole ,centrale4 #e4--,,les ,r,,sultats ,,de ,l',,enseignement ,,sup,,rieur ,,et ,,de ,l',,esprit ,,universitaire4 ,bien que la question de l'enseignement suprieur sorte du cadre de cet ouvrage1 je suis oblig d'en dire quelques mots1 car1 si notre enseignement secondaire est ce point dfectueux1 c'est que l'enseignement suprieur ne vaut pas davantage4 ,dans tous les pays o l'enseignement suprieur est bon1 l'enseignement secondaire l'est ncessairement4 ,l'enseignement suprieur se trouve caractris chez nous1 comme l'enseignement secondaire1 par la rcitation des manuels1 l'entassement dans la tte de thories1 qui n'y resteront que jusqu'au jour de l'examen4 ,le licenci1 le polytechnicien1 le normalien1 doivent en rciter plus que le bachelier1 et il n'y a pas entre eux d'autres diffrences4 ,la mme mthode mnmonique est applique toutes les formes de l'enseignement4 ,c'est elle qui rend notre production scientifique si mdiocre et nous met dans une position si infrieure l'gard de l'tranger4 ,nos agrgs1 nos docteurs1 nos ingnieurs1 ont appris bien plus de choses que leurs rivaux trangers1 et pourtant dans la vie ils leur sont infrieurs4 ,ils appartiennent trop souvent ce type spcial1 artificiellement cr par notre ,universit et qu'on a justement qualifis d'idiots savants4 ,lorsque l'tat fournit des places aux produits de l',universit1 leur infriorit ne se manifeste pas nettement1 mais lorsqu'ils sont livrs leurs propres forces et obligs de se crer une situation dans la vie1 la nullit de leur instruction apparat aussitt4 ,elle apparat surtout dans les mtiers1 celui d'ingnieur1 par exemple1 o les connaissances prcises sont indispensables4 ,on en a fourni des cas intressants devant la commission4 ,quand un ingnieur allemand sort de l'cole de ,freyberg1 par exemple1 il peut tre immdiatement utilis1 et rendre des services pratiques4 ,il a dj une valeur professionnelle4--,lorsqu'un jeune ,franais sort de l'cole ,centrale1 il sait beaucoup plus de choses que son collgue allemand3 on lui a enseign depuis l'apiculture jusqu'aux constructions navales4 ,il sait tout1 mais si superficiellement1 qu'en fait et pratiquement1 il est1 comme on l'a dit1 apte tout1 bon rien#ah444 ,note #ah3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ded4 ,maneuvrier1 directeur des tablissements de la ,vieille-,montagne4 ,dans l'industrie1 les grands patrons1 de parti pris1 choisissent leurs ingnieurs de moins en moins parmi les lves de l'cole ,polytechnique4 ,a peine s'ils prennent des lves de l'cole ,centrale2 ils s'adressent aux lves des coles d'arts et mtiers de ,chlons1 d',angers#ai4 ,note #ai3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cfj4 ,chailley-,bert1 professeur l'cole des ,sciences politiques4 ,aujourd'hui il a tout envahi1 ce terrible esprit universitaire qui croit que la valeur des hommes se mesure la quantit de choses qu'ils peuvent rciter4 ,il fait partie maintenant des ides hrditaires de notre race et fort peu de ,latins sont aptes comprendre que la rcitation des manuels n'est pas le seul idal possible de l'ducation4 ,qu'il s'agisse de sciences1 de mdecine1 d'art militaire1 d'agriculture1 etc41 c'est toujours le manuel remplaant la vue des choses4 ,un officier de marine1 ,m4 ,l4 de ,saussure1 rappelle1 dans une publication rcente1 les malheureux lves-officiers obligs de rciter par coeur pendant des mois la thorie du tir devant des canons auxquels on ne les laisse pas toucher1 et les amiraux passant l'inspection donnant les meilleures notes aux lves qui rcitent le mieux4 ,dans une cole vraiment ducatrice1 ajoute l'auteur1 on s'y prendrait autrement444 leur faisant mettre la main la pte1 on leur ferait dmonter seuls individuellement les pices4 ,le jour o un lve tirera un coup de canon avec une pice dont il aura dmont de sa propre main la culasse et le frein1 soyez certain qu'il connatra mieux son mtier que par deux annes de rcitatifs fastidieux4 ,on est presque honteux d'avoir rpter des choses si videntes4 ,il faut les avoir vues pour comprendre quel point l'esprit universitaire a pntr partout et ce qu'il nous a cot4 ,c'est l',universit surtout que nous devons d'tre un peuple de thoriciens1 trangers aux ralits1 oscillant toujours entre les extrmes1 incapables de nous plier aux ncessits1 et de jugement trs faible4 ,et1 bien que je me sois impos de citer presque exclusivement des universitaires dans ce livre1 je reproduirai encore quelques lignes de l'officier que je viens de nommer4 ,homme d'action1 il a beaucoup voyag et trs bien observ4 ,dans tous les pays qui ont chapp aux principes abstraits du rationalisme1 dans tous les pays adapts aux circonstances de l'volution et de la concurrence modernes1 dans tous les pays dont le commerce1 la population et le commerce vont grandissant1 en ,suisse1 en ,hollande1 en ,scandinavie1 en ,allemagne1 en ,angleterre1 aux tats-,unis1 l'ducation est peu prs ce qu'elle doit tre3 l'art de dvelopper les lments hrditaires de la nature humaine en vue de la meilleure utilisation4 ,la pratique1 l'exprience et les sciences naturelles ont fait comprendre que les facults de l'homme n'ont rien d'absolu1 qu'elles ne se dveloppent que par l'usage et en employant certains mobiles1 qu'elles sont fort diverses selon les individus1 et qu'il n'y a pas de dmarcation entre les facults du corps et celles de l'esprit4 ,la volont1 l'nergie1 le coup d'oeil1 le jugement aussi bien que l'intelligence proprement dite1 sont des facults hrditaires et variables1 mais qui1 pour une hrdit donne1 sont susceptibles de s'panouir plus ou moins suivant les occasions qu'on leur fournit4 ,ces occasions naissent de la vie quotidienne1 et l'ducation consiste les graduer et les multiplier4 ,pour que le sentiment des ncessits de la lutte pour l'existence puisse natre chez ceux qui dirigent l'opinion1 encore faut-il que leur ducation ne les ait pas rendus incapables de discerner ces ncessits4 ,or1 l'ducation actuelle tend isoler les jeunes ,franais du contact des ralits1 les endormir par une confiance illimite dans les destines de la ,patrie1 dans le triomphe assur des ,principes1 dans la ,justice immanente des choses1 par la conviction que les guerres modernes sont les dernires manifestations de l'esprit d'arbitraire et qu'une re de paix et de fraternit universelle va s'ouvrir pour aboutir l'apothose de la ,france4 ,cet tat d'esprit peut conduire un pays la dcadence1 car la dcadence n'implique nullement la dgnrescence3 les ,espagnols n'ont pas dgnr depuis ,charles-,quint1 mais ils n'ont pas su prendre conscience du changement des circonstances ambiantes2 leurs ducateurs les ont fait vivre dans un monde imaginaire et les ont endormis dans une confiance vaniteuse en des destines immanentes4 ,mme de nos jours1 alors que depuis cinquante ans les ,amricains s'immisaient dans leurs affaires de ,cuba1 ils n'ont pris aucune mesure dfensive1 et1 jusqu' la dernire heure1 ils se sont refuss admettre que leur chevaleresque patrie pt avoir quelque chose redouter d'une nation que la presse leur reprsentait comme compose de marchands de porcs1 uniquement mus par l'esprit de lucre4 ,a notre poque de progrs rapides et de transformations incessantes1 une nation qui ne sait pas modifier ses ides et refrner ses sentiments instinctifs mme les plus louables1 risque de perdre le sens du rel et d'tre surprise par les vnements4 #f4--,l',,opinion ,,de ,l',,universit ,,sur ,,la ,,valeur ,g,n,,rale ,,de ,,son ,,enseignement4 ,les citations prcdentes montrent que les professeurs clairs sont parfaitement difis sur la valeur de leur enseignement4 ,si1 comme je l'ai fait observer dans mon introduction1 ils ne peroivent pas clairement pourquoi cet enseignement est si dfectueux1 ils en voient au moins les rsultats4 ,les opinions mises devant la ,commission d'enqute ont t formules avec un pessimisme complet4 ,il nous suffira de citer4 ,la masse sort du collge1 ayant vu dfiler devant elle une srie d'esquisses rapides1 ayant plus ou moins absorb sans profit un amas de matires indigestes4 ,en gnral1 ils ne savent ni crire1 ni mme lire le latin2 ils n'ont aucune notion des beauts des littratures antiques dont ils ont pniblement essay d'expliquer quelques fragments1 sans avoir jamais lu en entier un des chefs-d'oeuvre de ces littratures2 la plupart ne peuvent pas crire une page sans faute d'orthographe et en un franais correct#bj4 ,note #bj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cib4 ,lavolle1 docteur s lettres4 ,examinez les copies du baccalaurat2 assistez quelques examens oraux1 vous verrez quel pnible avortement ont abouti1 pour la plupart des candidats1 les efforts de matres trs consciencieux et trs distingus1 rpts pendant six ou huit annes conscutives#ba4 ,note #ba3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ddi4 ,maneuvrier1 ancien lve de l'cole ,normale ,suprieure4 ,j'estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l'orthographe4 ,le mal n'est pas grand peut-tre2 mais si l'enseignement classique ne sert mme pas cela1 quoi peut-il servir8 ,je suis sr que la moiti des licencis en droit et s lettres ne sont pas capables de faire une rgle de trois ou d'extraire une racine carre1 et en gographie1 si vous posez une question quelconque tous les licencis du monde1 ils n'en sauront pas un mot4 444 ,comme examinateur l'cole navale1 nous reconnaissons tout de suite les produits de l'enseignement secondaire4 ,je ne sais pas d'ailleurs pourquoi on s'obstine lui donner ce nom3 il n'est ni secondaire1 ni primaire1 ni suprieur1 il est tout et il n'est rien4 ,c'est un fossile qui n'est plus de ce monde3 il date de l'ancien rgime et il a cess de vivre depuis plus de trente ans#bb4 ,note #bb3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bic4 ,brard1 matre de confrences la ,sorbonne1 examinateur l'cole ,navale4 ,la situation de l'enseignement classique est en ce moment exactement celle-ci3 cet enseignement min1 menac de tous les cts1 n'inspirant plus la mme confiance qu'autrefois1 tendrait de plus en plus devenir une sorte de spcialit1 en sorte que le latin et le grec seraient enseigns peu prs comme l'hbreu et le sanscrit1 rservs quelques mandarins et par consquent n'ayant plus aucune part la formation gnrale de l'esprit1 de l'intelligence et du caractre franais#bc4 ,note #bc3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #agj4 ,ren ,doumic1 professeur ,stanislas4 ,on doit reconnatre que notre enseignement actuel n'est pas suffisamment appropri aux besoins de notre poque4 ,il est1 en partie la cause de l'infriorit conomique dans laquelle se trouve aujourd'hui la ,france1 infriorit relative sans doute1 mais trs affligeante1 quand on compare le dveloppement si lent de notre industrie et de notre commerce avec les progrs considrables que font les peuples voisins1 les ,allemands surtout#bd4 ,note #bd3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dch4 ,blondel1 professeur de facult4 ,je n'hsite pas vous le dire tout crment1 je crois que l'enseignement classique actuel ne rpond plus aux besoins2 ceux qui le donnent n'y croient gure plus que ceux qui le reoivent#be4 ,note #be3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cfg4 ,brunot1 matre de confrences la ,sorbonne4 ,je vous dirai ma pense avec une trs grande franchise3 je suis convaincu que1 en tant que formant la base de l'ducation secondaire gnrale1 l'enseignement classique est destin tt ou tard disparatre1 faire place un enseignement nouveau2 je crois que c'est un fait qui appartient l'volution de la civilisation moderne#bf4 ,note #bf3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #hb4 ,gaston ,paris1 de l',institut4 ,,chapitre ,,ii ,les rsultats finals de l'ducation universitaire4 ,son influence sur l'intelligence et le caractre4 ,nous venons de voir que les mthodes universitaires1 employes aujourd'hui1 ne permettent l'lve d'apprendre rellement aucune des choses qui font partie des programmes4 ,le premier rsultat de l'enseignement classique est donc l'ignorance finale1 mais cet enseignement n'aurait-il pas d'autre rsultat plus dangereux encore8 ,ne serait-ce pas lui que nous devons1 d'une part1 cette lgion d'esprits faux1 aigris1 dclasss1 devenus fatalement de redoutables ennemis de la socit qui les a levs8 ,ne serait-ce pas au mme enseignement que nous devrions encore cet encombrement d'hommes sans caractre1 sans volont1 sans initiative1 incapables de rien entreprendre sans la protection de l'tat8 ,pour rpondre ces graves questions1 nous n'aurons qu' reproduire certains passages de l'enqute4 ,ils sont tout fait navrants4 ,qu'est-il besoin d'ajouter ces rquisitoires8 ,qui pourrait nier aprs les avoir lus le mfait social de l'enseignement secondaire8 pourrions-nous rpter avec un des rapporteurs chargs de rsumer les conclusions de l'enqute4 ,les vices essentiels dont souffre actuellement l'enseignement classique le condamnent produire de plus en plus non une lite d'hommes dignes de ce nom1 mais une foule d'aspirants aux fonctions publiques1 de littrateurs de vingtime ordre ou de dclasss4 ,ajoutez cela l'preuve finale qui le termine1 le baccalaurat1 et qui1 en raison mme du grand nombre des concurrents et de la rapidit des interrogations1 devient1 de plus en plus1 une loterie3 les lves le savent bien et sortent du collge imbus de cette ide qu'il en est de la vie entire comme du baccalaurat1 que tout s'y dcide par chance ou par protection#bg4 ,note #bg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cia4 ,lavolle1 docteur s lettres4 ,cette absence de force virile1 de persvrance1 cette inhabilet soutenir l'effort1 le conduire jusqu'au bout1 la comparaison de nos adolescents avec ceux de beaucoup d'autres pays1 les font clairement apparatre4 ,cela se manifeste d'abord par la faon dont le ,franais choisit sa carrire4 ,sur ce point1 je n'insiste pas3 il suffit de sortir de ,france pour se rendre compte quel point nos jeunes gens sont dans l'erreur1 lorsqu'ils choisissent une carrire2 ils se tournent vers celle qu'ils croient devoir leur donner le moins de lutte et se devoir terminer le plus doucement possible#bh4 ,note #bh3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ffa4 ,de ,courbertin1 charg de missions relatives l'tude des divers systmes d'ducation4 ,on nous reproche avec raison de ne pas marquer nos lves d'une empreinte morale assez profonde4 444 ,nous laissons chapper de nos mains des caractres sans couleur et sans relief1 que la vie fait muer ensuite sans rsistance en indiffrents1 en sceptiques et en jouisseurs#bi4 ,note #bi3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #feb4 ,rocafort1 professeur de rhtorique4 ,l'enseignement public est organis par le ,gouvernement de la ,france2 c'est au premier chef une oeuvre d'tat4 ,il devrait prparer nos jeunes gens la vie2 or nous ne les prparons pas la vie2 nous les prparons au rve et au discours2 nous ne les prparons pas l'action2 nous cultivons par-dessus tout leur imagination4 ,cet enseignement ne nous donne pas les hommes dont le pays a plus que jamais besoin#cj4 ,note #cj3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cac4 ,lveill1 professeur la ,facult de droit de ,paris4 ,rien n'est plus exact que cette dernire assertion4 ,notre ,universit ne fabrique que des rveurs et des discoureurs1 trangers au monde o ils sont appels vivre4 ,ils sont surtout incapables d'agir sans appui4 ,au foyer familial1 c'est la main maternelle qui les guide4 ,au collge1 c'est la main du pion4 ,jets dans la vie1 ils resteront dsorients tant que l'tat ne les guidera pas son tour4 ,la peur des responsabilits est signale aujourd'hui comme une des caractristiques du ,franais1 en particulier de la bourgeoisie4 ,ce qui tendrait prouver que le rgime scolaire des collges est bien pour quelque chose dans cette dangereuse maladie de la volont4 444 ,o trouverait-on en ,france de ces enfants que j'ai vus l'tranger8 ,l'un1 g de dix ans1 s'en allait seul de ,londres ,saint-,ptersbourg2--une escouade de huit ou dix collgiens taient tablis sous la tente dans une le du ,saint-,laurent pendant la moiti de leurs vacances4 ,ils vivaient de pche et de chasse4 ,a vingt-cinq ans ces lves pourront coloniser#ca4 ,note #ca3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #bfb4 ,pasquier1 recteur ,angers4 ,certes non1 on ne rencontre pas une telle valeur et de telles aptitudes chez nos pauvres lycens tout effars ds qu'ils n'ont plus un surveillant derrire eux1 pour les faire marcher4 ,prendre un billet de chemin de fer tout seuls1 pour rejoindre le domicile paternel pendant les vacances1 constitue une difficult laquelle peu de familles osent les soumettre4 ,toujours ils porteront les traces de ce dfaut d'ducation premire4 ,toutes les personnes qui ont voyag ont pu vrifier la justesse du passage suivant emprunt au rapport de ,m4 ,raymond ,poincar1 ancien ministre de l',instruction publique1 devant la ,commission4 ,je ne connais pas d'humiliation plus profonde que celle qu'on prouve quand on rencontre des ,franais l'tranger4 ,rien n'est aussi triste4 ,le ,franais1 hors de ,france1 est dpays1 incapable de rpondre quoi que ce soit#cb4 ,note #cb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fha4 ,r4 ,poincar4 ,et pourquoi est-il si dpays8 ,toujours pour la mme raison1 que n'ayant jamais appris se diriger1 il ne sait pas se conduire lorsque personne n'est plus l pour le guider4 ,il ne voit rien1 ne sait rien1 ne comprend rien4 ,on peut le dfinir avec ,m4 ,payot1 un emmur3 ,on a appel les aveugles du nom d'emmurs3 mais nos lves sont plus emmurs que les aveugles1 qui eux1 du moins1 ne sont privs que d'un seul sens4 ,a la suite de l'atrophie qui affaiblit progressivement les centres nerveux qui demeurent longtemps inactifs1 ils finissent par tre presque totalement privs de l'usage de leurs cinq sens#cc4 ,note #cc3 ,revue ,universitaire1 #ae avril #ahii1 ,j4 ,payot1 inspecteur d',acadmie4 ,aussi1 non seulement ne savent-ils pas se conduire1 mais encore sont-ils incapables de toute rflexion4 ,le mme auteur l'a exprim devant la ,commission dans les termes suivants3 ,ils ne savent pas penser personnellement parce qu'ils ont t toute leur vie d'coliers victimes d'un bourrage qui les a rendus incapables de rflexion4 ,d'autre part1 par ce procd1 on les dgote des lectures2 ils ne prennent aucun apptit pour les choses que nous leur enseignons4 ,ils sont dans la situation d'un enfant qu'on gaverait de nourriture#cd4 ,note #cd3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fdj4 ,j4 ,payot4 ,parmi les dfauts artificiellement crs par notre misrable systme d'ducation1 un des plus curieux au point de vue psychologique1 bien que des plus faciles prvoir1 est l'indiffrence profonde qu'prouvent nos jeunes gens pour le monde extrieur1 indiffrence gale celle du sauvage l'gard des merveilles de la civilisation4 ,tout ce qui ne fait pas partie des programmes d'examen n'existe pas4 ,parle-t-on devant eux de la guerre de #ahgj1 le sujet n'tant pas matire examen1 ils n'coutent pas4 ,devant eux fonctionne le tlphone4 ,cela ne se demande pas aux examens1 ils ne regardent pas4 ,et1 comme de telles assertions pourraient sembler invraisemblables1 il faut s'empresser de citer4 ,devant l'normit de telles constatations1 je ne mentionnerai que des autorits de premier ordre4 ,nous arrivons quelquefois constater des rsultats navrants4 ,je le disais rcemment la ,socit de l'enseignement suprieur1 et cela a t confirm par plusieurs de mes collgues1 il y a de malheureux candidats qui ne savent presque rien de la guerre de #ahgj1 qui ignorent que ,metz et ,strasbourg n'appartiennent plus la ,france4 ,je ne vous apporterais pas mon tmoignage s'il tait unique1 mais il a t confirm d'une faon trs nette l'autre jour par ,m4 ,hauvette et d'autres personnes4 ,il y a une inertie tout fait regrettable chez les jeunes gens#ce4 ,note #ce3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cjb4 ,darboux1 doyen de la ,facult des sciences de l',universit de ,paris4 ,le doyen de la ,facult de mdecine citait rcemment le cas d'un bachelier qui n'avait jamais entendu parler de la guerre de #ahgj4 ,cela est d une incuriosit totale3 beaucoup de jeunes gens ont horreur1 en sortant des classes1 d'apprendre et d'couter quoi que ce soit2 une fois sortis du lyce1 ils ne veulent plus rien voir1 rien entendre2 ils ont horreur de tout enseignement1 mme sur un fait presque contemporain4 ,un jeune homme que j'interrogeai sur le tlphone1 parut compltement tonn de ma question1 et je constatai qu'il n'avait jamais entendu parler du tlphone#cf4 ,note #cf3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cd4 ,lippmann1 professeur de physique la ,facult des sciences de ,paris1 membre de l',institut4 ,cette incuriosit complte1 signale par les membres les plus minents de l'enseignement1 s'accompagne d'un autre phnomne trs explicable psychologiquement--bien qu'il ait paru beaucoup surprendre le ,prsident de la ,commission--je veux parler de l'oubli rapide et total1 quelques mois aprs tre sortis du lyce1 de tout ce que les lves y ont appris4 ,ces malheureux qui1 le jour de l'examen1 savaient sans broncher la gnalogie des ,sassanides et toutes les dmonstrations de la gomtrie1 sont incapables1 au bout de quelque temps1 de rsoudre une rgle de trois4 ,de l le fait souvent remarqu1 que dans les examens lmentaires exigs par plusieurs administrations3 ,postes1 ,douanes1 ,contributions1 etc41 les bacheliers sont fort souvent refuss1 et quand ils sont reus1 classs gnralement aprs les lves des coles primaires1 qui ayant peu appris savent mieux ce qu'ils ont appris4 ,ici encore htons-nous de citer4 ,quinze jours aprs l'examen1 il se produit un vritable dclenchement2 les candidats ne retiennent rien1 ou si peu1 qu'on peut dire rien#cg4 ,note #cg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #bff4 ,pasquier1 recteur ,angers4 ,vous savez1 ,messieurs1 que les ,facults des sciences ont maintenant une anne de prparation aux tudes mdicales4 ,eh bien1 au commencement de l'anne1 nous sommes obligs de donner des rptitions de mathmatiques nos nouveaux lves4 ,bien entendu ce n'est pas pour leur apprendre l'algbre ou la gomtrie2 non1 c'est simplement pour leur rappeler les lments de l'arithmtique la plus simple1 la rgle de trois1 par exemple1 ou la division1 qu'ils ont oublie#ch4 ,note #ch3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cje4 ,darboux1 doyen de la ,facult des sciences4 ,les meilleurs lves1 parmi les bacheliers1 passent la ,facult des lettres pour prparer leur licence2 or en ce moment on s'aperoit qu'ils ne savent pas faire un thme4 ,on a t oblig d'installer la ,facult des lettres de ,paris un professeur spcial1 qui fait aux tudiants une classe de lyce avec des thmes comme en quatrime4 ,on a constat que nombre de nos futurs mdecins1 bacheliers s sciences1 ne savent faire ni une division1 ni une rgle de trois4 ,on a donc t oblig de charger un des jeunes matres du ,p4 ,c4 ,n4 de ,paris d'enseigner aux lves en question de l'arithmtique lmentaire4 ,pour complter le tableau1 j'ajouterai que1 s'ils savent peu d'arithmtique lmentaire1 ils ignorent encore davantage l'algbre4 ,ils ne sont donc gure en tat de suivre un cours de physique lmentaire#ci4 ,note #ci3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cc4 ,lippmann1 professeur de physique la ,sorbonne4 ,cet oubli total1 que l'exprience a fini enfin par prouver tous les professeurs1 avait t parfaitement montr par ,taine1 dans le dernier ouvrage qu'crivit cet illustre philosophe4 ,voici comment il s'exprimait3 ,au moins neuf sur dix ont perdu leur temps et leur peine2 ils ont perdu des annes efficaces1 importantes ou mme dcisives3 comptez d'abord la moiti ou les deux tiers de ceux qui se prsentent l'examen1 je veux dire les refuss2 ensuite1 parmi les admis1 gradus1 brevets et diplms1 encore la moiti ou les deux tiers1 je veux dire les surmens4 ,on leur a demand trop en exigeant que tel jour1 sur une chaise ou sur un tableau1 ils fussent1 deux heures durant et pour un groupe de sciences1 des rpertoires vivants de toute la connaissance humaine4 ,en effet1 ils ont t cela ou peu prs1 ce jour-l1 pendant deux heures2 mais un mois plus tard1 ils ne le sont plus2 ils ne pourraient pas subir de nouveau l'examen2 leurs acquisitions trop nombreuses et trop lourdes glissent incessamment hors de leur esprit1 et ils n'en font pas de nouvelles4 ,leur vigueur morale a flchi3 la sve fconde est tarie2 l'homme fait apparat1 et souvent c'est l'homme fini4 ,voil ce que l',universit fait de la jeunesse qui lui est confie1 de cet espoir de la ,france1 dont elle ne russit qu' pervertir ou atrophier les mes4 ,que vont devenir les jeunes gens ainsi forms8 ,que seront-ils un jour8 ,ce qu'ils seront1 nous le savons dj1 des rsigns ou des dclasss4 ,rsigns1 ceux qui pourront entrer dans les emplois publics1 et devenir fonctionnaires1 professeurs1 magistrats1 etc4 ,les pions qui les dirigeaient au collge seront remplacs par d'autres pions ne diffrant des premiers que par leurs titres4 ,sous leur direction ils feront avec inertie et indiffrence de nouveaux devoirs4 ,ils s'achemineront lentement vers l'ge mr1 la vieillesse1 puis disparatront de ce monde1 aprs trente ou quarante ans de vie vgtative1 avec la certitude d'avoir t des tres nuls1 aussi inutiles eux-mmes qu' leur pays4 ,et les autres8 ,les autres pourraient se diriger vers l'agriculture1 l'industrie1 le commerce1 mais ils ne s'y rsignent qu'aprs avoir tout tent4 ,ils y entrent contre-coeur et1 par consquent1 n'y russissent gure4 ,ces professions1 qui font la richesse et la grandeur d'un pays1 l',universit leur en a enseign le mpris4 ,ce n'est certes pas un membre de l',universit qui et crit cette rflexion profonde d'un minent homme d'tat anglais3 ,l'homme capable de bien diriger une ferme serait capable de gouverner l'empire des ,indes4 ,sur les rsultats finals de notre enseignement universitaire1 l'accord a t1 je le rpte1 peu prs complet4 ,voici comment le ,prsident de la ,commission d'enqute1 ,m4 ,ribot1 a rsum les dpositions dans son rapport officiel3 ,notre systme d'ducation est1 dans une certaine mesure1 responsable des maux de la ,socit franaise4 ,la ,rvolution1 qui a renouvel tant de choses1 n'a pas eu le temps de donner la ,france un systme d'ducation secondaire4 ,avec l',empire1 nous avons repris et nous gardons encore les cadres1 dj vieillis la fin du ,x,v,i,i,ie sicle1 d'un enseignement qui ne rpondait plus au caractre et aux besoins du pays2 c'est pourquoi la question de l'enseignement secondaire est encore cette heure un des problmes les plus complexes1 et1 par certains cts1 les plus brlants que nous ayons rsoudre#dj4 ,note #dj3 ,enqute4 ,ribot1 ,rapport gnral1 t4 ,,vi1 p4 #c4 ,un systme qui classe les hommes vingt ans1 d'aprs les diplmes qu'ils ont obtenus1 prive l'tat du droit de choisir ceux qui se sont faits eux-mmes1 et que les professions libres ont mis hors de pair4 ,appliqu seulement certaines carrires1 comme celle d'ingnieur1 ce systme n'est pas sans inconvnient4 tendu la plupart des emplois publics1 il devient un danger parce qu'il pousse toute la jeunesse la poursuite de diplmes inutiles1 qu'il fausse les ides sur le rle de l'ducation1 qu'il affaiblit le ressort moral de la nation1 en faisant plus ou moins des dclasss de ceux qui chouent aux examens et qui n'ont pas la force d'entreprendre aprs coup une seconde ducation1 et en donnant ceux qui russissent l'illusion qu'ils n'ont plus qu' se mettre sur les rangs pour obtenir un emploi public4 444 ,m4 ,berthelot est du mme avis4 ,il critique les programmes et les procds de classement adopts pour l'entre aux grandes coles4 ,c'est l1 dit-il1 le minotaure qui dvore chaque anne une multitude de jeunes gens incapables de rsister la prparation des preuves si mal combines pour constater la vritable intelligence et la valeur personnelle1 mais si propres faire triompher la mnmotechnie et la prparation mcanique4 ,les plus forts passent malgr tout2 mais combien y prissent ou sont fausss pour toute leur vie4 ,aucun peuple n'a adopt de rgime analogue1 et tous s'accordent regarder le ntre comme une cause d'affaiblissement physique et intellectuel pour notre jeunesse#da4 ,note #da3 ,enqute4 ,ribot1 t4 ,,vi1 pp4 #de et #ej4 ,c'est donc trs justement que1 dans son rapport devant la ,commission1 un magistrat distingu1 ,m4 ,houyvet1 s'est exprim ainsi3 ,cet enseignement1 tel qu'il est donn1 fait des dclasss1 des propres rien1 il n'est pas la hauteur des besoins de l'poque2 il nous faut des industriels1 des agriculteurs1 des colonisateurs1 des gens qui sachent autre chose qu'nonner quelques mots de latin et de grec#db4 ,note #db3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cjb4 ,houyvet1 premier prsident honoraire4 ,notre enseignement classique fait surtout des dclasss et c'est l qu'est son danger4 ,je l'ai dj expliqu longuement dans un chapitre de ma ,psychologie du ,socialisme consacr aux inadapts4 ,j'y ai montr combien devient dangereuse et menaante la lgion des bacheliers et licencis sans emploi et quelles recrues redoutables elle apporte l'arme de l'anarchie1 des rvolutions et du dsordre4 ,ils sont prts toutes les destructions mais ne sont prts qu' cela4 ,cette vrit1 les universitaires eux-mmes commencent l'entrevoir4 ,ce bourrage encyclopdique qui laisse sommeiller les facults actives et principalement l'esprit d'observation et la sagacit d'interprtation des faits constitue1 dans un tat dmocratique1 un danger terrible4 ,le jeune homme1 jet dans la mle sociale avec toute la fougue de son ge1 avec son besoin d'affirmation et sans avoir t form la mditation tranquille et prolonge ni au doute philosophique1 ira grossir la clientle des journaux violents1 rdigs par quelque impulsif spirituel et inintelligent ou par quelque illumin haineux et sectaire et par la tourbe des rats1 pour qui la violence n'est qu'un moyen de gagner malhonntement le pain quotidien1 et aussi de satisfaire un fond trouble de jalousie4 ,les ducateurs sont directement responsables du naufrage de beaucoup d'intelligences et de caractres#dc4 ,note #dc3 ,revue ,universitaire1 #ae avril #ahii1 ,j4 ,payot1 inspecteur4 ,cette redoutable question n'a pas t nglige entirement devant la ,commission1 mais elle n'a t qu'effleure4 ,il y a des choses que chacun pense mais que peu de personnes osent dire tout haut4 ,m4 ,ducrocq1 professeur la ,facult de droit de ,paris1 y a rappel une discussion de la ,socit d'conomie politique de ,paris du #e mai #ahid dans laquelle ,lon ,say avait pos la question suivante3 ,les faits qui se sont produits depuis quarante ans justifient-ils les conclusions du pamphlet de ,bastiat3 ,baccalaurat et socialisme4 ,l'opinion de ,lon ,say et de la plupart des membres prsents fut que nos tudes classiques taient responsables des progrs actuels du socialisme4 ,le type de dclasss qu'elles fabriquent1 type destin se multiplier bientt1 est assez bien reprsent par l'anarchiste bachelier mile ,henry1 qui avait pouss ses tudes jusqu'au concours de l'cole ,polytechnique et finit sur l'chafaud1 se croyant1 comme tous les diplms sans emplois1 victime des iniquits sociales4 ,le demi-savoir1 qui porte mpriser le travail utile1 ne fait qu'aiguiser les apptits sans donner les moyens de les satisfaire4 ,tous ces malheureux bacheliers et licencis qui ont vu dfiler tant de choses sans en comprendre aucune1 sont absolument incapables d'apercevoir la complexit des phnomnes sociaux et ne peuvent en saisir que les injustices apparentes4 ,leur arme grandit chaque jour4 ,avec le mpris progressif du travail manuel1 elle ne peut que s'accrotre encore4 ,en #ahej1 #bj4jjj familles seulement rclamaient pour leurs fils l'enseignement secondaire4 ,leur nombre a dcupl maintenant#dd4 ,note #dd3 ,enqute1 t4 ,,vi1 #e;e partie1 p4 #c4 ,parmi les causes diverses de dcadence qui agissent sur les peuples latins1 l'avenir dira sans doute que nulle ne fut plus active que l'enseignement universitaire4 ,,chapitre ,,iii ,les ,lyces4 #a4--,,la ,,vie ,,au ,,lyc,e1 ,,le ,,travail ,,et ,,la ,,discipline4 ,il y a bien longtemps que la question de l'internat1 c'est--dire des lyces1 est agite1 et elle l'est bien vainement puisque ces discussions laissent toujours de ct l'opinion des intresss1 celle des parents4 ,or cette opinion est la seule qui puisse compter4 ,le lyce reprsente en ,france l'expression de certains besoins1 dsirs et sentiments des familles4 ,si elles ne gardent pas les enfants chez elles ou ne les placent pas chez des professeurs comme cela se pratique dans d'autres pays1 c'est videmment qu'elles ne le peuvent ou ne le veulent4 ,leur volont devrait donc avant tout tre modifie pour pouvoir changer l'tat de l'enseignement et ce n'est pas avec des rglements ou des projets en l'air qu'on y arrivera4 videmment les lyces sont de tristes casernes o se dforment le corps1 l'esprit et le caractre de la jeunesse4 ,tout ce qu'on peut dire en leur faveur c'est qu'ils constituent des ncessits4 ,il faut savoir s'accommoder ces ncessits1 jusqu' ce que l'opinion ait t transforme4 ,l'enqute dont nous allons reproduire quelques passages y contribuera peut-tre4 ,elle nous montrera surtout combien est difficile chez les peuples latins le problme de la rforme de l'ducation4 ,le lyce est une caserne fort mal tenue1 si l'on veut1 mais enfin une caserne4 ,cette dfinition a t plusieurs fois donne devant la ,commission4 ,dans les grands lyces1 vous avez #djj1 #ejj1 #fjj et jusqu' #hjj internes2 par consquent le lyce ne peut tre qu'une caserne1 chaque lve est un numro1 et il est impossible1 quels que soient l'attention et le scrupule du proviseur et du censeur1 qu'ils connaissent les lves mme par leur nom#de4 ,note #de3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bfg4 ,sailles1 professeur la ,sorbonne4 ,quand un lyce a #a4bjj internes1 sans prjudice de plusieurs centaines d'externes1 il est encombr4 ,pour y maintenir l'ordre matriel1 on ne peut qu'y adopter des rglements troits et rigoureux1 semblables ceux d'une caserne4 ,en tout cas1 il est impossible de faire autre chose que suivre la tradition aveuglment1 en se conformant de point en point aux prcdents#df4 ,note #df3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ae4 ,berthelot1 secrtaire perptuel de l',acadmie des sciences4 ,le lyce est sur tous les points du territoire gr par des rglements mticuleux et uniformes1 partout identiques4 ,les lves de nos lyces et collges1 en ce qui concerne le travail sdentaire1 sont diviss1 d'aprs leur ge1 en deux catgories3 a7 ,les enfants de sept treize ans1 qui sont astreints un travail de dix heures par jour2 b7 ,les enfants de treize ans et au-dessus1 qui sont astreints un travail de douze heures et mme treize heures par jour quand ils assistent la veille facultative4 ,la ,commission considre ce rglement comme tout fait contraire aux exigences d'une bonne hygine4 ,on ne saurait imposer1 sans de graves inconvnients1 des hommes faits1 dix et douze heures par jour de silence et d'immobilit1 d'application intellectuelle1 dans un local ferm et insuffisamment ar4 ,et ces exigences ne sont pas seulement nuisibles1 elles sont inutiles4 ,en effet1 une telle continuit d'efforts intellectuels tant presque impossible1 et la somme d'attention soutenue dont l'enfant le mieux dou est capable tant fort au-dessous de la limite rglementaire1 on produit la lassitude et l'ennui1 sans obtenir plus de travail utile4 ,par ces excs1 on compromet en quelque sorte la discipline en la rendant oppressive1 et on justifie la dissipation en la rendant presque ncessaire#dg4 ,note #dg3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dae4 ,maneuvrier1 ancien lve de l'cole ,normale4 ,dans tous les lyces de ,france1 on se lve la mme heure1 on se couche la mme heure2 mmes heures pour les repas1 les classes1 les rcrations4 ,de mme1 le rgime des tudes1 programmes1 exercices scolaires1 est rgl jusque dans les plus petits dtails#dh4 ,note #dh3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ch4 ,lavisse1 professeur la ,sorbonne4 ,le nombre d'heures de travail au lyce est excessif et trs suprieur celui qu'on impose aux forats4 ,l'hygine y est dplorable4 ,le rgime alimentaire gnralement dtestable4 ,je puis vous parler du rgime de l'internat1 au point de vue matriel1 intellectuel et moral4 ,au point de vue matriel1 c'est un rgime absurde premire vue4 ,si nous faisons le compte des moments que l'lve passe debout en plein air1 nous arrivons deux heures et demie au total4 ,il semble que1 pour des tres qui se dveloppent1 il y a l une situation dangereuse1 anormale2 tre deux heures et demie l'air libre1 sur vingt-quatre1 c'est trop peu4 ,nos promenades du jeudi et du dimanche sont sans intrt et sans utilit4 ,l'lve s'y trane dans les rues et sur les routes4 ,il en revient fatigu1 sans profit pour son dveloppement physique4 444 ,j'en viens la nourriture4 ,elle est1 en gnral1 franchement mauvaise1 parce que mal prpare#di4 ,note #di3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dag4 ,pequignat1 rptiteur au lyce ,henri ,,iv4 ,ce rgime abrutissant plonge les lves sinon dans la tristesse au moins dans une sorte de rsignation hbte que trahit leurs faces mornes4 ,la plupart de nos lves ne sont pas gais2 nous leur infligeons tant d'heures de travail que ncessairement leur sant laisse quelque peu dsirer1 et lorsque arrivent les vacances1 ils ont un vritable besoin de repos#ej4 ,note #ej3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fdj4 ,payot1 inspecteur d',acadmie4 ,aucun exercice physique ne vient rompre la monotonie de ce fastidieux labeur4 ,on a beaucoup parl des exercices physiques1 on a fond de belles ligues1 prononc d'loquents discours1 mais1 devant l'opposition sourde de l',universit1 qui mprise ces exercices rappelant pour elle le travail manuel1 objet de tous ses ddains1 ils ont progressivement disparu4 ,les exercices physiques n'existent mme pas4 ,chaque lve y consacre quarante minutes environ par semaine#ea4 ,note #ea3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cif4 ,potot1 surveillant gnral ,sainte-,barbe4 ,mais ce qui dpasse l'imagination1 c'est la discipline ou au moins la surveillance troite et mticuleuse laquelle sont soumis les lves4 ,leurs surveillants ne doivent pas les quitter d'une minute4 ,dans les lyces construits la campagne et qui possdent de vastes parcs1 ils n'ont mme pas le droit d'y jouer4 ,les choses touchant ici l'invraisemblable1 il faut bien vite nous abriter derrire des citations4 ,le lecteur sera suffisamment clair par le dialogue suivant qui s'est engag entre ,m4 ,ribot1 ,prsident de la ,commission1 et deux proviseurs1 sur cette interdiction faite aux lves de circuler avec libert aux heures de rcration4 ,m4 ,marc ,sauzet4 ,vous avez t au lyce de ,vanves1 qui est la campagne4 ,avez-vous remarqu quelque diffrence1 au point de vue du rgime des lves1 avec les autres lyces8 ,m4 ,bjambes4 ,le rgime est absolument le mme4 ,le lever et le coucher sont la mme heure4 ,la seule diffrence1 c'est que l't le matin les lves passaient une demi-heure dans le parc1 en promenade1 sous la surveillance des rptiteurs1 au lieu d'aller en tude directement4 ,m4 le ,prsident4 ,ils n'allaient pas en rang1 j'espre8 ,m4 ,bjambes4 ,en rang1 dans les alles du parc4 ,jamais je n'ai vu les lves aller jouer dans le parc4 ,il y avait des cours qui donnaient sur le parc1 mais il tait bien interdit aux lves de dpasser la limite de la cour#eb4 ,note #eb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #daf4 ,,mm4 ,marc ,sauzet1 ,bjambes et ,ribot4 ,m4 le ,prsident 7s'adressant ,m4 ,planon1 proviseur du lyce ,michelet74 ,vous n'avez pas os prendre la responsabilit de leur laisser une certaine indpendance8 ,m4 ,planon4 ,non1 d'abord pour des raisons de moralit1 puis parce que nous avons la garde du parc2 il faut y viter quelquefois des petites dprdations1 et nous ne pouvons naturellement pas ne pas veiller ce que le parc soit toujours en bon tat2 nous y avons intrt1 parce que d'abord c'est une proprit de l'tat que nous avons le droit de maintenir intacte et propre1 et ensuite pour les familles4 ,nous ne pouvons pas les laisser errer seuls dans le parc4 ,m4 le ,prsident4 ,on n'a jamais essay de leur laisser un peu plus de libert dans le parc8 ,m4 ,planon4 ,je ne crois pas que mes prdcesseurs l'aient essay#ec4 ,note #ec3 ,enqute1 t4 ,i1 pp4 #ehb et #ehc4 ,quelque peu interloqu et supposant peut-tre qu'il se trouvait en prsence de cas exceptionnels1 le ,prsident s'est tourn vers ,m4 ,staub1 proviseur du lyce ,lakanal1 et alors s'est engag le dialogue suivant1 digne1 comme le prcdent1 d'tre livr la mditation des crivains de l'avenir qui rdigeront l'invraisemblable histoire de l'ducation du peuple franais la fin du ,,xixe sicle4 ,m4 le ,prsident4 ,quelle est l'tendue du parc8 ,m4 ,staub4 #aj hectares4 ,m4 le ,prsident4 ,et vous croyez qu'il y aurait des inconvnients graves laisser les lves jouer dans le parc8 ,m4 ,staub4 ,trs graves4 ,m4 le ,prsident4 ,et ces inconvnients sont de nature assez dlicate pour que vous ne puissiez pas nous les dire8 ,m4 ,staub4 ,nullement4 ,ce sont nos moeurs qui s'y opposent4 ,le moindre accident nous amne les responsabilits les plus graves4 ,m4 le ,prsident4 ,ne peut-il pas arriver des accidents dans les cours aussi bien que dans le parc8 ,m4 ,staub4 ,les lves y sont surveills4 ,m4 le ,prsident4 ,et vous craignez les responsabilits pnales8 ,m4 ,staub4 ,ce n'est pas une crainte vaine4 ,m4 ,planon4 ,nous avons l'exemple de nos collgues de ,louis-le-,grand et de ,charlemagne1 celui-ci a t bel et bien condamn #e4jjj francs d'amende1 parce qu'un lve1 en jouant1 avait pass la main dans une vitre et s'tait bless4 ,m4 le ,prsident4 ,c'est donc la magistrature qui doit tre accuse du peu de libert des lves au lyce ,lakanal8 ,m4 ,staub4 ,tous les arrts rendus en ce sens ont recherch s'il y avait eu ou non manque de surveillance4 ,m4 le ,prsident4 ,si la jurisprudence tait modifie1 auriez-vous une raison d'exercer la mme surveillance sur les lves8 ,m4 ,staub4 ,oui1 monsieur le ,prsident4 ,m4 le ,prsident4 ,il est un peu pnible de ne pas mme procurer aux enfants cet agrment qui est un des meilleurs leur offrir4 ,vous ne voyez pas le moyen d'utiliser ces grands espaces pour l'ducation des enfants4 ,vous n'en sentez pas le besoin8 ,m4 ,staub4 ,je ne dis pas que ce serait une mauvaise chose1 mais ce serait une organisation spciale2 j'ai trouv une organisation toute faite en arrivant4 ,bien entendu1 avec un rgime pareil et conforme1 d'ailleurs1 la volont des parents1 ce lyce champtre ne saurait attirer plus d'lves que les lyces urbains4 ,la suite du dialogue entre le ,prsident et le proviseur indique bien que le digne fonctionnaire n'a jamais compris pourquoi4 ,m4 le ,prsident4 ,le lyce ,lakanal se dveloppe lentement4 ,m4 ,staub4 ,nous avons eu un moment de prosprit au dbut1 puis le lyce a baiss1 mais il a remont4 ,m4 le ,prsident4 ,combien pourrait-il loger d'lves8 ,m4 ,staub4 #fcj internes4 ,m4 le ,prsident4 ,et combien en a-t-il8 ,m4 ,staub4 #baj environ4 ,m4 le ,prsident4 ,de sorte que chacun doit revenir assez cher8 ,m4 ,staub4 ,en effet4 ,il est difficile de comprendre que les internes ne soient pas plus nombreux4 ,c'est le plus beau lyce de ,france4 ,le lyce de ,bordeaux est un beau lyce1 mais il n'est pas comparable ,lakanal#ed4 ,note #ed3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ehe4 ,eh6 oui1 sans doute1 c'est le plus beau lyce de ,france et j'imagine qu'il refuserait beaucoup d'lves s'il tait administr par un proviseur anglais avec des rglements anglais4 ,cependant encore faudrait-il supposer des parents assez audacieux pour y placer leurs enfants dans ces conditions de libert relative4 ,quel que soit le degr de routine et d'aveuglement atteint par la plupart des universitaires1 il ne faudrait pas supposer que quelques-uns n'aient pas entrevu tout ce qu'a d'absurde le rgime de surveillance tatillonne auquel sont soumis nos lycens1 mais leurs efforts pour y remdier ont toujours t rudement rprims4 ,je sais qu'un grand nombre d'administrateurs ne demanderaient pas mieux que d'entrer dans une voie plus librale2 mais ils ne se sentent pas la libert ncessaire4 ,j'ai fait1 une fois1 dans ma classe1 la tentative que voici3 j'ai dit mes lves3 ,je vais voir si je puis avoir confiance en vous1 je vais sortir pendant deux minutes2 je suis sr que vous vous conduirez bien4 ,je fis comme j'avais dit1 mais pendant ce temps1 le surveillant gnral vint passer1--c'tait en province1--,c'est pouvantable ce que vous venez de faire l1 me dit-il1 songez donc1 si1 pendant votre absence1 un enfant avait crev l'oeil de son voisin444 ,je lui rpondis que1 mme prsent1 il m'tait difficile1 moi comme tout autre1 d'empcher un lve de mettre une plume dans l'oeil de son camarade4 ,avec cet esprit-l1 on n'arrive rien#ee4 ,note #ee3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cgi4 ,weil1 professeur au lyce ,voltaire4 ,hlas6 si1 on arrive quelque chose6 ,on forme pour l'avenir ces tristes gnrations d'tres impuissants1 oscillant sans cesse entre la rvolution et la servitude4 ,quant aux consquences immdiates d'un tel rgime1 ,m4 ,lavisse les a nettement indiques4 ,nous nous exposons cette consquence si prilleuse3 des jeunes gens surveills outrance1 dont tous les mouvements ont t pis1 sont1 du jour au lendemain1 leurs tudes termines1 jets dans les rues des villes et exposs tous les abus d'une libert dont ils n'ont pas fait l'exprience#ef4 ,note #ef3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ch4 ,lavisse1 professeur la ,sorbonne4 #b4--,,la ,,direction ,,des ,,lyc,,es4 ,,les ,,proviseurs4 ,la valeur d'un tablissement industriel et commercial dpend troitement de la personnalit qui le dirige4 ,c'est l une banalit ne ncessitant1 je pense1 aucune dmonstration4 ,nous devons donc admettre que la valeur d'un lyce dpendra de l'homme qui est sa tte4 ,il en est rellement ainsi dans l'enseignement congrganiste4 ,il ne saurait en tre de mme dans les tablissements de l'tat et voici pourquoi3 ,chaque lyce est thoriquement administr par un proviseur4 ,en pratique1 ce directeur n'est gure qu'un modeste comptable guid dans ses moindres actes par les ordres que lui envoient les commis des bureaux du ministre4 ,sans autorit1 sans pouvoir1 suspect par ses suprieurs1 ddaign par les professeurs1 peu redout par les lves1 son rle est celui d'un humble bureaucrate et non celui d'un directeur4 ,c'est un fonctionnaire1 et1 dans les grands tablissements1 un fonctionnaire dbord de besogne administrative4 ,la centralisation1 qui rend le ministre lgalement1 parlementairement responsable de tout ce qui se passe dans chaque maison1 a cette consquence d'obliger le proviseur passer le meilleur de son temps1 non diriger cette vie intrieure1 mais en rendre compte4 ,ce sont incessamment des rapports1 des notices1 des statistiques1 une correspondance sans fin avec inspecteur1 recteur ou ministre4 ,comment1 dans les trs grands lyces1 le proviseur pourrait-il1 ainsi surcharg1 suivre chacun des lves1 en prendre la charge intellectuelle et morale8 ,ajoutez qu'il n'a aucun pouvoir sur les programmes2 il n'a aucun droit de modifier1 d'assouplir les cadres des enseignements pour rpondre aux besoins1 aux voeux1 de la ville1 de la rgion4 ,il est enferm dans son budget comme un simple comptable1 et l'tablissement de ce budget1 qu'arrte seule l'autorit centrale1 n'est pour lui1 comme l'a fort bien dit ,m4 ,poincar1 qu'une opration administrative#eg4 ,note #eg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fhf4 ,lon ,bourgeois1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,l'esprit bureaucratique1 en ,france1 envahit tout4 ,la besogne matrielle1 la correspondance1 la tenue des registres de toute sorte1 la paperasserie1 tiennent de plus en plus de place dans les fonctions des chefs d'une maison#eh4 ,note #eh3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #acj4 ,berns1 professeur de rhtorique au lyce ,lakanal4 ,aujourd'hui tout a t concentr entre les mains de l',administration centrale1 et notre initiative personnelle n'existe pour ainsi dire plus4 ,mme pour le renvoi d'un lve1 il faut recourir un conseil4 ,un recteur ne pourrait mme pas affecter un matre au grand ou au petit lyce d'une ville4 ,le ministre rgle les moindres dtails de l'administration#ei4 ,note #ei3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #eei1 ,dalimier1 proviseur du lyce ,buffon4 ,peu peu on nous a retir toutes nos prrogatives et nous sommes arrivs tre enserrs par les rglements d'une faon telle que1 si nous nous laissions faire1 nous n'aurions absolument qu' suivre l'impulsion qui nous viendrait d'en haut#fj4 ,note #fj3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dff4 ,follioley1 proviseur honoraire4 ,je crains que les proviseurs et principaux de collge n'aient pas plus d'autorit sur les professeurs que sur leurs matres rptiteurs4 ,par la fatalit mme du systme1 qui est administratif et paperassier1 on en est arriv les considrer comme des administrateurs et des bureaucrates1 et non pas comme des ducateurs4 ,et cela n'est pas tonnant6 ,ils n'ont ni initiative ni responsabilit1 pas plus pour l'instruction que pour l'ducation#fa6 ,note #fa3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #bie4 ,clairin1 prsident de la ,commission de l',enseignement4 ,nous avons vu1 a dit ,m4 ,ribot devant la ,chambre des dputs1 et cela sautait aux yeux1 que dans nos lyces s'tait introduit un systme de centralisation pouss si loin1 avec une minutie bureaucratique si perfectionne1 que nos proviseurs1 les chefs de nos tablissements1 ceux qui ont la charge de dvelopper l'initiative chez les lves1 qui on dit toujours3 ,faites des hommes et exaltez le sentiment de la responsabilit1 quand ils se regardent eux-mmes1 sont les serviteurs lis par les chanes les plus troites1 par les ordres venus soit de la rue de ,grenelle1 soit du cabinet d'un recteur4 ,la situation est vritablement pnible et je n'y veux pas insister4 ,un proviseur ne peut pas disposer d'une somme de #e francs pour gratifier un serviteur fidle2 il ne peut ordonner une promenade1 introduire une innovation quelconque--je ne parle pas des tudes1 mais de l'administration intrieure du lyce et de la discipline--sans se heurter des rglements2 un proviseur passe son temps accuser rception des circulaires qui viennent par centaines s'empiler sur son bureau2 bien plus1 un proviseur d'un de nos lyces1 que nous avons mis la campagne sans doute pour faire des expriences et pour donner aux lves la libert dans les champs reconquis1 ce proviseur se croit oblig de suivre fidlement la consigne donne aux proviseurs des lyces urbains1 de mettre en rang ses lves le dimanche ou le jeudi pour aller sur les routes poudreuses de nos villages de banlieue au lieu de leur ouvrir le parc de dix ou de quinze hectares que l'tat a acquis grands frais4 ,quand nous lui demandons3 pourquoi faites-vous ainsi8 ,parce que1 dit-il1 mes prdcesseurs ont fait ainsi et que je ne veux pas m'exposer des reproches en faisant autrement#fb4 ,note #fb3 ,sance de la ,chambre des ,dputs du #ac fvrier #aijb1 p4 #feg de l',officiel4 ,un proviseur1 en gnral1 ne sait pas toujours exactement ce qui se passe dans son tablissement4 ,il n'ose pas intervenir dans les classes4 ,il prouve l'gard du professeur un certain sentiment de dfiance et il ne prend pas la libert de lui donner des conseils4 ,de son ct1 le professeur le tient quelquefois en faible estime4 ,j'estime1--avec ,m4 le ,prsident--que le vritable dfaut de nos lyces1 c'est le manque de solidarit1 d'unit1 d'harmonie4 ,chacun va de son ct1 et il est fort heureux que1 malgr ce dfaut1 les lyces ne marchent pas plus mal#fc4 ,note #fc3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #bbc4 ,gautier1 professeur au lyce ,henri ,,iv4 ,en fait1 proviseurs et professeurs se dtestent cordialement et ne sont pas moins dtests par leurs lves4 ,il n'est pas admissible que1 dans de semblables conditions1 un tablissement puisse prosprer4 ,on ne saurait s'en prendre aux proviseurs du fonctionnement si dfectueux des tablissements qu'ils dirigent4 ,enserrs comme ils le sont1 ils ne peuvent mieux faire4 ,ds qu'on leur donne l'indpendance et la responsabilit1 ils se transforment4 ,m4 ,dupuy l'a trs bien marqu dans le passage suivant de son rapport3 ,les collges qui sont au compte du principal sont plus florissants que les autres2 l o le principal est plus directement intress au succs du collge1 le succs se manifeste assez vite4 ,je prendrai pour exemple certains collges de l',acadmie de ,lille3 ils taient languissants1 on les a mis au compte du principal1 et aujourd'hui1 ils sont florissants1 et ce changement s'est produit assez vite4 ,je crois que cela tient prcisment1 non seulement ce que le principal a un intrt plus direct1 mais ce qu'il est plus libre de ses actions1 ce qu'il peut modifier un peu le rgime son gr1 ce qu'il peut faire aux familles certaines concessions qu'un principal ordinaire ne peut pas faire#fd4 ,note #fd3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bda4 ,e4 ,dupuy1 inspecteur gnral de l',universit4 ,un malheureux proviseur est aujourd'hui enferm dans un lacis de rglements1 une surveillance mticuleuse et souponneuse qui le paralysent entirement et en font le plus tyrannis et le moins indpendant des fonctionnaires4 ,voici comment le ,prsident de la ,commission1 ,m4 ,ribot1 a rsum les voeux formuls ce sujet4 ,moins d'uniformit1 moins de bureaucratie1 un peu de libert3 c'est le voeu gnral qui se dgage de l'enqute4 ,les lyces touffent sous la centralisation4 ,on n'a fait1 depuis dix ans1 que la rendre plus pesante4 ,on s'est appliqu enlever aux proviseurs ce qui restait de leur initiative4 ,il n'est pas une acadmie1 pas un lyce d'o ne s'lve une plainte1 partout la mme et partout aussi vive#fe4 ,note #fe3 ,enqute4 ,ribot1 t4 ,,vi1 p4 #d4 #c4--;,,ce ,,que ,,coutent ,,les ,,lyc,,es ,a ,l',,tat4 ,il est utile de savoir ce que cote un pareil enseignement4 ,cela est d'autant plus intressant que nous aurons comme point de comparaison l'enseignement congrganiste4 ,c'est une rgle gnrale bien connue et sur laquelle nous avons insist dans un autre ouvrage1 que tout ce qui est gr par l'tat1 qu'il s'agisse de chemins de fer1 de navires ou de n'importe quoi1 cote de #be #ej plus cher que ce qui est gr par l'initiative prive4 ,les lyces1 bien entendu1 n'chappent pas cette loi4 ,alors que les maisons congrganistes1 qui ne reoivent aucune subvention1 ralisent des bnfices1 l'tat trouve le moyen de perdre des sommes normes avec les lyces4 ,en restant sur le terrain conomique mais en me plaant un point de vue plus gnral1 j'ai eu la curiosit de relever un point intressant de la statistique d'aprs le budget de l',instruction publique de #ahie2 je suis arriv cette conclusion que l'tat donne pour les collges une subvention de #ge francs par tte de collgien1 pour les lyces une somme de #cjj francs par tte de collgien1 pour les facults une subvention de #die francs par tte d'tudiant4 ,on voit que1 pour les enfants des classes dirigeantes1 l'tat fournit une subvention beaucoup plus considrable que celle qui est affrente l'enseignement primaire#ff4 ,note #ff3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dbg4 ,brocard1 rptiteur gnral ,condorcet4 ,en #ahfi1 il y avait #bb lyces qui ne demandaient aucune subvention l'tat2 en #ahgj1 #ai2 en #ahga1 #ab2 en #ahgb1 #aa2 en #ahgc1 #aj2 en #ahgd1 #ahge1 #ahgf1 #c ou #d4 ,aujourd'hui1 tous sans exception doivent tre subventionns#fg4 ,note #fg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ecj4 ,moreau1 inspecteur gnral des finances4 ,et quoi tiennent ces frais normes8 ,en voici les raisons principales3 d'abord le luxe entirement inutile des lyces4 ,les architectes actuels croient devoir btir somptueusement ces casernes4 ,tout est en faade--comme l'enseignement universitaire--mais ces faades se paient trs cher4 ,m4 ,sabatier#fh a fait remarquer que le lyce ,lakanal1 qui compte cent cinquante lves1 revient une dizaine de millions4 ,le logement de chaque lve revient #gej francs4 ,pour le mme prix1 on aurait pu donner chacun d'eux une petite villa et un jardin suffisants le loger lui et ses parents4 ,note #fh3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bja4 ,ceci est une premire raison1 mais il en existe bien d'autres4 ,le rglement tant uniforme pour tous les lyces1 les frais sont partout gaux4 ,alors mme qu'il n'y a pas d'lves1 on nomme des professeurs4 ,je pourrais citer tel collge qui cote #bj4jjj francs la ville et qui compte un lve en rhtorique1 un en deuxime1 deux en troisime et quatre en quatrime4 ,en tout1 #fj lves dans les petites classes#fi4 ,note #fi3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fbe4 ,grandeau1 reprsentant de la ,socit nationale d',agriculture4 ,quand on voit1 dans le budget d'un petit lyce1 qu'une classe de sixime1 qui compte quatre lves1 a un professeur agrg au traitement de plus de #e4jjj francs1 on peut se demander s'il ne serait pas possible de trouver l une conomie#gj4 ,note #gj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ecc4 ,ribot1 prsident de la ,commission d'enqute4 ,dans le mme lyce1 le professeur de cinquime1 galement agrg1 a cinq lves4 ,les exemples analogues sont frquents4 ,il serait difficile d'imaginer un plus complet gaspillage4 ,la troisime raison du prix excessif de l'enseignement des lyces est que les proviseurs n'ont absolument aucun intrt faire des conomies et ont mme un intrt srieux n'en pas faire4 ,s'ils conomisent1 ils gnent la comptabilit des bureaux4 ,immdiatement1 on rduit leur budget et on ne le rtablira plus1 mme en cas de ncessit1 ce qui1 pour l'avenir1 leur servira de leon4 ,le passage suivant de l'enqute est fort typique sur ce point4 ,une petite rforme pourrait tre intronise immdiatement4 ,elle consisterait permettre aux proviseurs1 sous contrle toujours1 de disposer librement des conomies qu'ils ralisent sur le budget de leur tablissement4 ,aujourd'hui1 lorsqu'un budget est fix1 le proviseur n'a aucun avantage faire des conomies4 ,s'il en a ralis #a4ejj francs par une surveillance attentive sur le chauffage1 l'clairage1 etc41 on lui dit3 ,cette anne vous pourrez faire les mmes conomies que l'an pass1 et on diminue d'autant son budget4 ,il faudrait laisser le proviseur appliquer ce qu'il croirait bon les conomies qu'il parviendrait raliser#ga4 ,note #ga3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ecg4 ,j4 ,payot1 inspecteur d',acadmie4 ,,chapitre ,,iv ,les professeurs et les rptiteurs4 #a4--,,les ,,professeurs4 ,nous venons de voir l'tat et l'administration des maisons scolaires o la jeunesse franaise est leve4 ,nous avons vu la qualit de l'enseignement qu'elle y reoit4 ,il nous reste examiner--toujours d'aprs les dpositions de l'enqute--la valeur pdagogique de ses professeurs4 ,les professeurs sont1 par dfinition1 des personnes qui enseignent et1 par consquent1 doivent savoir enseigner4 ,or1 l'ducation qu'ils ont reue ne leur a jamais rien appris de cet art si difficile4 ,ils savent par coeur beaucoup de choses1 mais trs peu sont capables d'en enseigner aucune4 ,c'est ce qui ressort nettement des dclarations faites devant la ,commission par les universitaires les plus autoriss4 ,l'incapacit ducatrice des professeurs tient surtout au mode de prparation l'agrgation4 ,m4 ,lon ,bourgeois l'a parfaitement marqu dans les lignes suivantes3 ,l'agrgation devrait tre1 non un grade des tudes suprieures1 mais un certificat d'aptitude l'enseignement secondaire4 ,or elle devient de plus en plus un concours entre candidats aussi savants et aussi spcialiss que possible4 ,spcialiss1 c'est ce dernier mot qui contient la condamnation du systme#gb4 ,note #gb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fid4 ,lon ,bourgeois1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,la valeur pdagogique des professeurs est nettement indique dans les dpositions dont j'extrais les passages suivants3 ,il y a normment de professeurs qui ne savent plus professer4 ,ils savent tout1 sauf leur mtier1 la partie pratique de leur mtier4 ,ce n'est pas tout que de gaver les jeunes gens d'un stock de questions sans leur faire comprendre le pourquoi des choses4 ,il faut les faire raisonner4 ,ce n'est pas la mmoire seulement qu'il faut exercer1 mais le jugement4 ,aujourd'hui1 c'est par le jugement que les lves pchent#gc4 ,note #gc3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #eje4 ,buquet1 directeur de l'cole ,centrale4 ,et c'est l peut-tre un des plus dangereux rsultats de notre ducation4 ,les produits de l',universit1 lves et professeurs1 pchent surtout par leur dfaut de jugement et leur incapacit raisonner correctement4 ,or le but fondamental de l'instruction devrait tre prcisment de dvelopper le jugement et le raisonnement4 ,la trs grande insuffisance pdagogique de nos professeurs est certainement une des causes principales des pauvres rsultats de notre ducation classique4 ,je crois que la prparation pdagogique des professeurs laisse dsirer4 ,il y a mme chez la plupart d'entre eux une sorte de prjug contre la pdagogie1 prjug dont ils sont les premiers victimes1 puisque beaucoup des plus brillants chouent dans leur classe1 faute d'avoir rflchi sur les procds employer pour communiquer leur savoir autrui4 ,mais ce n'est pas seulement sur ce point que la prparation des professeurs est insuffisante3 elle l'est aussi au point de vue historique et philosophique4 ,une des raisons de la crise incontestable chez la jeunesse actuelle1 qui manque videmment de direction1 c'est que les enfants ne reoivent pas1 ds le lyce1 les grandes ides directrices qui devraient les dominer4 ,cela tient ce que trop de professeurs n'ont pas eux-mmes des ides trs nettes ce sujet2 ils n'ont pas reu aussi l'enseignement pdagogique et civique qui leur dirait quel est le rle de l',universit dans la ,france rpublicaine d'aujourd'hui#gd4 ,note #gd3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fci4 ,payot1 inspecteur d',acadmie4 ,m4 ,lavisse1 qui l'on doit en grande partie les programmes d'aprs lesquels se formrent nos plus rcentes gnrations de professeurs1 ne s'est pas montr beaucoup plus tendre pour les ducateurs styls par les mthodes qu'il a contribu mieux que personne fortifier4 ,il sait qu'il sera professeur1 mais il n'a pas le temps d'y penser4 ,et quelques semaines aprs qu'il a conquis son titre d'agrg il tombe dans un lyce4 ,il ne connat ni les lois1 ni les rglements auxquels il doit obir2 il est expos se tromper sur ses droits1 mconnatre ses obligations1 regimber tort4 ,c'est le moindre des inconvnients4 ,il peut ne pas savoir enseigner du tout4 ,dans l'enseignement de l'histoire1 pour ne parler que de celui que je connais le mieux1 il faut savoir choisir entre les faits et les ides1 liminer ceux qui ne sont pas intelligibles1 n'employer que des mots clairs ou qui puissent tre clairement dfinis4 ,autrement1 l'enseignement de l'histoire ne laisse dans les esprits que des notions confuses enveloppes dans un verbalisme vague4 ,il perd toute puissance ducative4 ,il faudrait que le futur professeur ft averti de ces difficults1 habitu les vaincre#ge4 ,note #ge3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #db4 ,lavisse1 de l',acadmie franaise4 ,sans doute1 pourraient rpondre les professeurs4 ,mais qui aurait d nous avertir de ces difficults sinon ceux qui nous ont forms8 ,on commence voir maintenant les mauvais rsultats des mthodes qu'on nous a appliques1 mais est-ce bien nous qu'il faut s'en prendre8 ,les mthodes universitaires ne font du professeur qu'un subtil rhteur et nullement un ducateur4 ,elles lui laissent une mentalit trs dforme4 ,ne connaissant rien du monde ni des ncessits qui le mnent1 il vivra toujours dans le chimrique et l'irrel4 ,les professeurs de l',universit constituent une caste dont les contours sont aussi arrts que celle des militaires et des magistrats4 ,l'uniformit des programmes qu'ils ont d subir leur donne des penses identiques et des faons non moins identiques de les formuler4 ,trs indiffrents au fond des choses1 ils n'attachent gure d'importance qu' la faon de les exprimer4 ,ils redoutent fort les opinions nouvelles et ne s'y rallient que lorsqu'elles sont approuves par des matres d'une autorit reconnue1 acceptant alors sans difficult les opinions les plus extrmes4 ,leurs rares tentatives d'originalit n'aboutissent le plus souvent qu' donner une forme paradoxale des ides fort banales4 ,ce qu'ils savent le mieux1 c'est compliquer les choses les plus simples1 et c'est ce qui rend leur enseignement si mauvais4 ,m4 ,lon ,bourgeois a su le dire1 bien qu'en termes un peu voils1 devant la ,commission d'enqute4 ,il y a certaines manires de faire la classe que j'admire et que je redoute en mme temps4 ,je parle de beaucoup de professeurs distingus1 brillants mme1 qui y mettent toute leur ardeur et tout leur talent4 ,c'est une occasion pour eux de se distinguer personnellement1 en suivant et en faisant valoir leurs propres gots1 devant quelques lves d'lite auxquels ils se communiquent4 ,mais les autres1 dont nous avons cependant la charge8 ,certes1 ces professeurs sont trs aims de tous les lves3 ils laissent tranquilles les mdiocres et les mauvais1 et les forts sont ravis d'un matre dont ils semblent partager un peu la renomme4 ,je ne puis m'empcher de penser que le but de l'enseignement public1 qui doit s'adresser tous1 est mieux atteint1 et le profit pour l'tat encore plus considrable1 lorsqu'un professeur plus modeste parvient faire travailler l'ensemble de ses lves1 entraner la masse1 dont il a charge1 tirer de tous ce qu'ils peuvent vritablement donner#gf4 ,note #gf3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fic4 ,lon ,bourgeois1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,ce zle accidentel se refroidit d'ailleurs assez vite1 et au bout de fort peu de temps1 le rhteur disert devient un simple bureaucrate faisant son cours heure fixe sans s'occuper de ses lves4 ,c'est alors que1 comme je le faisais remarquer dans l'introduction1 il pourrait tre remplac par un phonographe4 ,m4 ,raymond ,poincar1 ancien ,ministre de l',instruction publique1 a fort bien marqu l'volution bureaucratique finale de l',universitaire4 ,le professeur arrive gnralement avec l'ide de partir la fin de sa classe1 il fait son travail trs consciencieusement1 mais il ne fait que son travail4 ,il vient1 comme un bureaucrate ou un employ de ministre1 passer deux heures dans le lyce4 ,il ne connat pas ses lves1 il n'a aucun rapport avec eux#gg4 ,note #gg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fgg4 ,raymond ,poincar4 ,il ne faut pas trop en vouloir au professeur de se transformer si vite en bureaucrate et d'avoir la plus parfaite indiffrence l'gard de ses lves4 ,il est le plus souvent un mcontent et un aigri4 ,le public a pour lui une considration assez faible1 et l',universit le traite un peu en fonctionnaire subalterne auquel on ne mnage pas les tracasseries4 ,le dfaut de prestige de l'universitaire en ,france est un point fort dlicat1 lourd de consquences de toutes sortes1 mais qu'il serait inutile de dissimuler4 ,ce qui contribue1 dans le public1 au manque de considration pour les professeurs de l',universit1 c'est l'insuffisance d'ducation extrieure de beaucoup d'entre eux4 ,cette absence d'ducation et ses causes ont t sobrement indiques devant la ,commission4 ,chacun connat la principale raison pour laquelle nombre de familles se portent de prfrence vers l'enseignement libre2--c'est qu'elles croient y trouver plus de garanties1 non pas assurment pour l'instruction1 mais pour l'ducation4 ,cela seul1 mon sens1 indique dans quelle voie on doit chercher amliorer l'enseignement public4 ,les professeurs et les matres d'tude offrent assurment toutes garanties au point de vue de l'enseignement et de l'instruction1 mais peut-tre n'en offrent-ils pas toujours autant au point de vue de l'ducation#gh4 ,note #gh3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #aej4 ,a4 ,leroy-,beaulieu1 de l',institut4 ,aujourd'hui1 nous recrutons encore nos candidats dans les couches profondes de la dmocratie ouvrire ou rurale4 ,nous recevons des fils d'ouvriers1 de paysans1 surtout des fils d'instituteurs1 qui nous arrivent aprs avoir pu faire1 grce aux secours des municipalits et de l'tat1 leurs tudes dans les collges1 puis dans le lyce du dpartement1 pour les terminer dans les lyces de ,paris#gi4 ,note #gi3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #aci4 ,perrot1 de l',institut1 directeur de l'cole ,normale ,suprieure4 ,sortis de couches fort modestes1 o naturellement l'ducation laisse un peu dsirer1 les jeunes professeurs n'ont pas trouv dans le milieu universitaire les moyens de rparer les lacunes de leur ducation premire4 ,ils ne connaissent rien du monde1 o ils sont brusquement lancs1 et ils y restent trop souvent dpayss4 ,cette raison d'origine ne suffirait pas expliquer le dfaut d'ducation et de tenue qu'on reproche trop souvent aux universitaires puisque l'enseignement congrganiste recrute ses professeurs dans des couches sociales tout aussi modestes4 ,mais les congrganistes ont toujours attach une importance trs grande aux formes extrieures4 ,ils ont des traditions perptues dans un milieu homogne1 et1 si l'on peut redouter leurs doctrines1 on ne saurait contester qu'au point de vue de l'ducation extrieure ils sont fort suprieurs aux professeurs de l',universit4 ,quelles que soient les causes de son dfaut de prestige1 l'universitaire est peu considr par le public1 et il en souffre vivement4 ,sa profession est tenue comme honorable assurment1 mais faiblement cote4 ,a peine au-dessus du vtrinaire et assez au-dessous du pharmacien4 ,bien qu'il soit trs convenablement rtribu1 les familles voient toujours en lui le monsieur lgrement rp1 besogneux et courant le cachet4 ,si par hasard on le reoit au moment des examens1 il passe toujours aprs l'ingnieur1 l'officier1 le magistrat et le notaire4 ,c'est l'invit sans importance qu'on met au bout de la table1 qu'on n'coute gure et que les hritires ne regardent pas4 ,un peu gauche1 un peu emprunt1 d'aspect assez fruste1 il se sent mal son aise dans le monde1 et redoute de s'y montrer4 ,ce dfaut de prestige que l'universitaire sent fort bien1 reste toujours un mystre irritant pour lui4 ,les illusions dont il est satur lui ont laiss croire que c'est par les diplmes que se marquent les diffrences intellectuelles et sociales entre les hommes4 ,persuad qu'avec ses parchemins il devrait tre aux meilleures places dans la vie1 il s'indigne secrtement d'en rester fort loin1 et finalement n'a qu'antipathie pour une socit qui ne lui donne pas la situation laquelle il s'imagine avoir droit4 ,de l en grande partie les tendances caches ou avoues de la plupart des universitaires pour les doctrines rvolutionnaires les plus avances4 ,un crivain qui a longtemps appartenu l',universit a trs bien marqu ces causes de l'antipathie des professeurs pour la socit1 et surtout pour l'arme1 dans les lignes suivantes3 ,quelques professeurs dtestent l'arme par jalousie plus que par politique4 ,chez les membres de l',universit1 l'ducation premire n'est pas toujours au niveau du savoir acquis4 ,c'est par les honorables et modestes fonctions de l'enseignement que beaucoup d'enfants du peuple font leur entre dans la bourgeoisie4 ,ils s'y trouvent d'abord un peu dpayss4 ,munis de leurs diplmes1 ils se jugent trs suprieurs au monde qui les entoure4 ,si leurs manires un peu gauches1 leurs vtements dpourvus d'lgance ne leur assurent pas dans la haute compagnie des petites villes la place qu'ils estiment due leur mrite1 ils rendent1 au fond de leurs coeurs froisss1 les ddains au centuple4 ,ils jurent une haine mortelle la socit futile ou ignorante qui les tient si injustement l'cart4 ,ainsi s'expliquent les opinions rvolutionnaires de certains professeurs4 ,au contraire1 l'officier1 avec son brillant uniforme1 est partout accueilli1 recherch1 ft4 ,il orne les salons de la prfecture1 il participe aux grandes chasses1 aux aristocratiques runions4 ,par surcrot1 le dcret de messidor lui assigne dans les crmonies la prsance sur les professeurs des lyces4 ,que fait-on de l'adage ,que les armes passent aprs la toge8 ,il y a de quoi gonfler de venin et faire crever de dpit les amours-propres vulgaires#hj4 ,note #hj3 ,h4 des ,houx1 ,figaro1 #a;er dcembre #aija4 ,et malheureusement la considration que l'universitaire n'obtient pas dans le monde1 il ne l'obtient pas beaucoup plus dans l',universit1 qui ne voit en lui qu'un fonctionnaire subalterne qu'on peut rudoyer son gr4 ,m4 de ,coubertin a trs bien marqu dans les lignes suivantes la situation actuelle des professeurs de notre ,universit4 ,a voir le professeur dans son lyce1 on le prendrait trop souvent pour le petit employ subalterne d'une administration publique1 avec cette diffrence qu'il n'y jouit pas du confort relatif qu'offre le bureau4 ,ds la porte1 l'absence de considration se marque dans le regard ddaigneux et les propos bourrus du concierge4 ,le professeur n'est pas l chez lui4 444 ,si l',universit veut que ses professeurs soient traits partout avec gards1 c'est elle commencer2 car elle est en grande partie responsable de leur effacement4 ,eux le sentent et ils en souffrent4 ,j'ai t surpris de constater quel point cette souffrance inavoue influait sur leur manire d'tre et sur leurs penses4 ,elle se traduit chez les plus gs par une sorte de raideur1 de froideur solennelle dont ils ont peine se dpouiller en dehors mme de leurs fonctions et qui leur devient comme une seconde nature2 l'exprience des mille tracas auxquels ils sont en butte leur donne en plus une circonspection exagre qui dgnre facilement en mfiance2 leur enseignement se fait alors austre et sec2 ils n'ont plus cette indulgente gaiet1 cette bonne humeur qui sont indispensables l'ducateur4 ,les autres--les jeunes--sont pousss inconsciemment au pessimisme2 ils voient le monde en noir et laissent percer1 lorsqu'ils en parlent1 de l'pret ou de l'ironie4 ,sortir de la carrire serait l'ambition secrte de beaucoup d'entre eux3 ils n'osent y songer#ha4 ,note #ha3 ,de ,coubertin4 ,revue ,bleue1 #ahih1 p4 #hj4 ,tel est le professeur que l',universit nous a fait4 ,c'est lui que revient le rle d'lever la jeunesse4 ,nous connaissons dj les rsultats de son enseignement4 ,il tait facile de les prvoir4 ,des exceptions existent assurment1 mais si rares1 qu'elles n'ont aucune action4 ,on doit les signaler cependant pour les encourager1 car l',universit ne les favorise gure4 ,deux ou trois professeurs ont expos devant la ,commission les efforts qu'ils avaient faits pour rendre aux lves leur enseignement utile et on ne saurait trop les donner en exemple4 ,parfois ma classe a lieu l',htel ,carnavalet1 au ,louvre1 au muse de ,cluny4 ,je choisis le moment o1 dans les textes1 nous avons rassembl un certain nombre de faits qu'il y a lieu d'lucider par la vue mme des choses4 ,traduisons-nous1 par exemple1 le discours o ,cicron reproche ,verrs d'avoir vol en ,sicile tant d'objets de prix1 je conduis mes lves au ,louvre1 la vitrine renfermant le trsor de ,bosco-,reale1 et je leur dis3 ,voil une collection qui est peu prs de l'poque de ,verrs1 voil quelques-unes des oeuvres d'art qu'il aimait2 voil1 sur des plats d'argent1 de ces figures en relief qu'il admirait tant4 ,regardez comment1 la plaque de mtal qui les porte tant soude au plat1 il pouvait faire dtacher ces hauts-reliefs pour se les approprier1 si le plat ne lui plaisait point1 etc4 ,m4 le ,prsident4 ,c'est trs intressant1 si c'est bien fait4 ,m4 ,rabaud4 ,je citerai encore le muse de ,montpellier1 qui est dirig par un ancien surveillant gnral de ,saint-,louis4 ,ce proviseur--il n'est pas apprci sa valeur--a organis des excursions ,nmes1 ,arles et dans toute cette admirable rgion du ,midi1 pleine de vestiges de l'antiquit4 ,m4 le ,prsident4 ,tient-on compte au professeur des efforts qu'il tente en ce sens8 ,m4 ,rabaud4 ,jamais1 monsieur le ,prsident#hb4 ,note #hb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #bce4 ,rabaud1 professeur au lyce ,charlemagne4 ,je suis persuad que le ,prsident de la ,commission d'enqute aurait rendu un grand service son pays en demandant immdiatement au nom de la ,commission1 la croix pour les deux ou trois professeurs qui ont donn de telles preuves d'initiative1 de zle et de vraie intelligence des mthodes d'ducation4 ,cette rcompense et rendu peut-tre de tels exemples un peu plus contagieux4 ,le jour semble bien loign o de semblables mthodes se vulgariseront1 et pendant longtemps encore nous aurons des professeurs aussi ignorants de la psychologie de l'enfance qu'incapables de modifier leurs mthodes d'enseignement4 ,quelques rares professeurs commencent d'ailleurs l'apercevoir4 ,il ne serait peut-tre pas mauvais que des hommes chargs d'instruire la jeunesse1 de l'lever1 au sens le plus complet et le plus noble du mot1 tudiassent ce que c'est que la jeunesse1 par quels procds1 depuis qu'on lve des enfants1 on les a levs1 quels ont t les meilleurs de ces procds1 comment on s'y est pris pour enseigner telle ou telle science1 pour en tirer le plus grand profit possible1 comment on s'y est pris pour former les caractres1 les coeurs des jeunes gens1 en un mot pour prparer des hommes4 ,or1 cela1 je suis bien oblig de dire qu'on ne l'apprend pas4 ,la plupart d'entre nous1 pour ne pas dire tous1 que nous ayons pass par l',ecole ,normale ou par une ,facult1 ou que nous nous soyons forms seuls1 nous avons1 au cours de nos tudes1 appris beaucoup de choses1 sauf la faon de les enseigner4 ,on nous a jets brusquement dans le torrent de l'enseignement en nous laissant nous dbrouiller4 ,les rformes proposes ont presque toutes surpris la majorit de l'opinion publique universitaire2 habitue certaines mthodes1 elle s'est trouve malhabile s'accommoder de mthodes nouvelles4 ,telle est la raison essentielle de l'chec de ces rformes1 et toutes les modifications qu'on pourra imaginer d'apporter dans l'enseignement secondaire risqueront toujours de rester lettre morte1 tant qu'on ne se proccupera pas d'abord de prparer un personnel qui les accepte volontairement1 les comprenne bien et les applique#hc4 ,note #hc3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fbg4 ,jules ,gautier1 inspecteur d',acadmie4 ,rien n'est plus juste que ces dernires lignes4 ,on ne saurait trop rpter qu'il n'y a pas de rformes possibles tant qu'on n'aura pas donn aux professeurs une ducation tout autre que celle qu'ils reoivent aujourd'hui4 ,l'auteur de la dposition prcdente est un des bien rares universitaires qui l'aient compris4 #b4--,,les ,r,p,,titeurs4 ,le rptiteur n'a gure d'autres fonctions que la surveillance des lves4 ,en relation constante avec ces derniers1 il pourrait rendre l'enseignement d'immenses services1 car il est le plus souvent trs instruit4 ,pratiquement il est rduit au rle pnible de simple surveillant4 ,mpris par les professeurs1 dtest par les lves1 tenu en dfiance par le proviseur1 il mne l'existence la plus dure et la plus ingrate qu'on puisse rver4 ,une difficult presque insoluble1 est celle du matre d'tudes4 ,c'est lui qui vit rellement avec les lves1 qui donc pourrait devenir leur ducateur8 ,c'est un subordonn1 qu'on ne parat pas apprcier beaucoup1 envers lequel1 s'il le rencontre1 le professeur se croit quitte quand il lui a envoy un petit salut4 ,les relations des lves avec les rptiteurs se ressentent des relations des rptiteurs avec les professeurs2 les rptiteurs ont1 leurs yeux d'enfants1 une infriorit marque1 ce sont des hommes sans prix4 ,au contraire1 une autorit morale trs grande est indispensable celui qui veut donner une ducation#hd4 ,note #hd3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fej4 ,rocafort1 professeur de rhtorique au lyce de ,nmes4 ,parmi eux il s'en rencontre parfois qui sont dsireux d'tre utiles aux lves4 ,l',administration les gurit vite de pareilles fantaisies4 ,je connais beaucoup de matres d'tudes qui ne demanderaient pas mieux que de bien faire1 mais c'est toujours difficile de bien faire4 ,il m'est arriv d'envoyer de ces jeunes gens dans les lyces1 et je leur disais qu'il n'y a pas de petite besogne1 que leur besogne est extrmement importante1 capitale mme dans un tablissement d'enseignement secondaire2 ils arrivaient pleins de zle1 d'ardeur2 ils s'efforaient de faire une discipline morale1 de connatre les lves1 de les attacher eux et d'agir par des procds ducateurs4 ,mais aussitt l'inquitude s'emparait de l',administration1 on disait3 il ne fait pas comme les autres1 c'est un mauvais esprit2 et parce que ce garon arrivait plein de zle et n'aspirait qu' bien faire1 on se dbarrassait de lui#he4 ,note #he3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bfh4 ,sailles1 professeur la ,sorbonne4 ,tant que les trois dernires lignes qui prcdent resteront l'expression de la vrit1 l'instruction et l'ducation des jeunes ,franais demeureront au bas degr o nous les voyons aujourd'hui4 ,l',administration se mfie tout fait des capacits ducatrices du rptiteur et s'obstine le maintenir dans son rle subalterne de surveillant4 ,c'est pour cela sans doute qu'elle redoute si fort de voir des relations cordiales s'tablir entre le rptiteur et l'lve4 ,dans un article publi par une revue1 je trouve le passage suivant3 ,un rptiteur fut un jour trs durement relev par son proviseur pour avoir serr la main un lve2 un autre fut rvoqu pour avoir fait de la gymnastique avec sa division4 ,et lui qui pourrait exercer une grande influence sur ses lves1 en est rduit se faire dtester#hf4 ,note #hf3 ,la ,france de demain1 #ahii1 p4 #dae4 ,il ne faut pas croire que ces malheureux rptiteurs soient des individus quelconques1 des sortes de manoeuvres4 ,ils sont traits en manoeuvres1 mais ne le sont nullement4 ,leur instruction est peu prs celle des professeurs1 et dans tous les cas beaucoup plus que suffisante pour instruire les lves4 ,la plupart sont licencis et beaucoup sont docteurs4 ,au lyce ,montaigne1 en particulier1 sur sept ou huit rptiteurs gnraux1 cinq taient ou sont docteurs en mdecine1 candidats la licence en droit444 ,ils tchent de trouver un dbouch de ce ct puisque le professorat leur est ferm4 ,un de mes camarades tait bi-licenci2 il n'avait jamais pu obtenir un poste de professeur2 il a pris son doctorat en mdecine4 ,quand il en trouvera l'occasion1 il s'en ira2 il reste dans le rptitorat comme pis-aller1 la carrire de mdecin tant1 elle aussi1 parat-il1 dj fort encombre#hg4 ,note #hg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #djg4 ,provost1 rptiteur gnral au lyce ,montaigne4 ,parmi les rformes proposes devant la ,commission1 la plus utile peut-tre serait de supprimer la distinction entre professeurs et rptiteurs4 ,avant d'tre professeur il faudrait avoir t rptiteur pendant cinq six ans4 ,dans ce milieu transitoire1 le professeur apprendrait l'art d'enseigner qu'il ignore totalement aujourd'hui4 ,j'ajouterai que l'enseignement donn par le rptiteur sera toujours suprieur celui donn par des agrgs1 simplement parce qu'il est moins bourr de choses inutiles1 et parce que1 possdant une science plus rcente1 se rappelant la peine qu'il eut pour l'acqurir1 il saura mieux se mettre la porte des lves4 ,si le lecteur a suffisamment mdit sur ce chapitre et sur ceux qui prcdent1 s'il a bien compris ce qu'est le lyce1 ce que sont les professeurs1 il doit commencer entrevoir nettement combien les rformes apparentes proposes sont peu de chose devant les rformes profondes qu'il faudrait accomplir1 mais que nul aujourd'hui ne pourrait1 ni mme n'oserait tenter4 ,c'est pourquoi1 sans doute1 on n'en parle pas4 ,,chapitre ,v ,l'enseignement congrganiste4 ,l'enqute parlementaire s'est beaucoup occupe des progrs de l'enseignement congrganiste4 ,elle a rappel certains faits connus de tout le monde1 mais elle a aussi rvl des choses que le public ne souponnait pas4 ,on n'et gure pens1 par exemple1 que les ,frres des coles chrtiennes1 jadis relgus dans l'enseignement primaire le plus humble1 arriveraient faire une trs srieuse concurrence l',universit dans l'enseignement secondaire et suprieur4 ,en quelques annes leurs progrs ont t foudroyants4 ,dans nos grandes coles1 l'cole ,centrale notamment1 sur les #acd lves prsents par eux en dix ans1 les neuf diximes ont t reus4 ,ils avaient #cj tablissements qui donnaient l'enseignement secondaire4 ,en outre1 le seul enseignement agricole vritable en ,france tait dans leurs mains4 ,ils possdaient des fermes de #ce hectares1 o les lves recevaient une instruction pratique et obtenaient tous les prix dans les concours4 ,ils dirigeaient galement des coles commerciales et industrielles sans rivales4 ,et1 alors que nos tablissements d'instruction cotent si cher l'tat1 les leurs rapportaient des dividendes aux commanditaires qui avaient prt des fonds pour les crer4 ,quant aux autres maisons d'ducation congrganistes1 bien que ne recevant aucune rtribution du budget1 alors que les lyces lui sont si onreux1 ils faisaient ces lyces une concurrence des plus redoutables et leurs succs s'accroissent chaque jour4 ,toutes ces observations sont d'ailleurs de l'histoire dj ancienne4 ,l',universit ne pouvant lutter contre l'enseignement des ,frres a obtenu qu'il ft supprim4 ,les professeurs durent aller porter leurs mthodes dans des pays trangers qui les ont reus bras ouverts4 ,les rsultats obtenus par l'enseignement congrganiste sont incontestables1 mais l'enqute n'a pas su en montrer les causes4 ,elles sont pourtant bien videntes4 ,elles rsident simplement dans la qualit morale des matres4 ,tous avaient un idal commun et l'esprit de dvouement qu'un idal inspire4 ,cet idal peut tre scientifiquement trait de chimre1 mais la qualit philosophique d'un idal est absolument sans importance4 ,ce n'est pas sa valeur thorique qu'il faut le mesurer1 c'est l'influence qu'il exerce sur les mes4 ,or1 l'influence de l'idal qui guide les congrganistes est immense4 ,tous ces professeurs peine rtribus sont dvous leur tche et ne reculent pas devant les plus humbles besognes4 ,a la fois surveillants et professeurs1 ils s'occupent sans cesse de leurs lves1 les tudient1 les comprennent et savent se mettre leur porte4 ,leurs origines familiales sont au moins aussi modestes que celles des professeurs de l',universit1 mais leur tenue gnrale est infiniment suprieure1 et1 par contagion1 celle de leurs lves le devient galement4 ,il n'y a pas contester que ces lves ne soient1 au moins extrieurement1 beaucoup mieux levs que ceux de nos lyces4 ,les parents s'aperoivent trs bien de la diffrence et les libres penseurs eux-mmes envoyaient de plus en plus leurs enfants chez les congrganistes4 ,ils savaient d'ailleurs aussi que ces congrganistes s'intressaient personnellement leurs lves1 ce qui n'est pas le cas des professeurs des lyces1 et les faisaient trs bien russir dans la prparation aux examens ouvrant l'entre des grandes coles4 ,comme je ne vois aucun moyen d'infuser nos universitaires les qualits incontestables que les congrganistes devaient leurs croyances religieuses1 j'ignore de quelle faon on ralentira les progrs des derniers4 ,des rglements1 si rigides puissent-ils tre1 n'y pourront rien4 ,les supprimer est simplement les obliger changer de costume4 ,la diffusion de l'esprit clrical est assurment fcheuse dans un pays aussi divis que le ntre1 mais aucune perscution ne saurait l'entraver4 ,on peut videmment dcrter1 comme on l'a propos1 que l'tat ne laissera les fonctions publiques accessibles qu'aux lves ayant pass par le lyce1 mais une telle loi serait facile tourner1 car les congrganistes n'auraient qu' envoyer leurs lves au lyce le nombre d'heures suffisant pour obtenir les certificats ncessaires4 ,supposons cependant que par des moyens draconiens1 on les oblige tous fermer leurs tablissements comme il a dj t fait pour les plus prospres4 ,de telles lois auraient pour consquence immdiate de transformer en ennemis du ,gouvernement les parents tenant confier leurs enfants aux congrganistes4 ,elles auraient aussi cette autre consquence1 beaucoup plus grave encore1 de supprimer toute concurrence l',universit1 et par consquent de dtruire le seul stimulant qui l'empche de descendre plus bas qu'elle ne l'est aujourd'hui4 ,tout ce qui vient d'tre dit de l'enseignement congrganiste1 et surtout de la supriorit de son ducation1 a t trs bien mis en vidence dans l'enqute et cela par les professeurs de l',universit eux-mmes4 ,je n'ai maintenant qu' citer4 ,dans les maisons religieuses1 les professeurs sont trs souvent improviss3 peine deux ou trois qui ont voulu tre professeurs et qui ont leurs grades4 ,en revanche1 l'entranement particulier qu'ils subissent en vue de l'apostolat sacerdotal les prpare admirablement au mtier d'ducateur4 ,les penses leves sur lesquelles on les tient attachs1 les sentiments de dvouement et de sacrifice dont on les pntre1 les leons de psychologie pratique et de direction spirituelle qu'on leur enseigne1 tout cela constitue des ressources pdagogiques de premier ordre1 utilisables ds leur entre en fonctions#hh4 ,note #hh3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fea4 ,rocafert1 professeur d'histoire4 ,au point de vue moral1 il n'y a pas d'ducation1 de direction dans l',universit4 ,nous n'avons pas de doctrine morale comme nous n'avons pas de doctrine disciplinaire4 ,nous n'enseignons rien de prcis sur ce point important4 ,les maisons religieuses ont sur nous l'avantage d'enseigner au moins la morale d'une religion2 nous1 nous n'enseignons mme pas la morale de la solidarit1 qu'on enseigne dans les coles primaires4 ,nos lves n'ont part aux thories morales qu'en philosophie2 ce moment ils sont dj forms1 il est trop tard#hi4 ,note #hi3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dai4 ,pequignat1 rptiteur ,henri ,,iv4 ,les enfants1 dans les lyces1 ne vivent qu'entre eux1 n'ayant de rapport avec l',administration que pour en recevoir des ordres ou des punitions4 ,or1 la pire des coles1 c'est celle des enfants entre eux2 c'est ce qui rend si dangereuse l'cole de la rue4 ,un enfant ne peut tre lev que par quelqu'un de form1 de plus g1 de plus quilibr4 ,en somme1 nos jeunes gens ne sont pas assez avec des personnes qu'ils aiment et qui les aiment4 ,les tablissements religieux n'ont videmment pas une supriorit relle sur les tablissements laques1 mais ils tiennent compte des sentiments des enfants1 ils occupent leur imagination1 ils excitent leurs bons sentiments4 ,je lisais mme rcemment dans un livre sur les patronages catholiques que1 dans les coles classiques1 les grands garons sont peu peu habitus se proccuper de leurs futurs devoirs1 de leur futur rle dans la socit4 ,on leur enseigne s'intresser aux autres1 surtout aux petits1 aux faibles2 enfin1 on leur trace une sorte de programme moral1 tandis que ces prcautions d'ordre lev ne sont pas prises chez nous#ij4 ,note #ij3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dcf4 ,gaufrs1 ancien chef d'institution4 ,aux raisons qui prcdent1 il faut joindre les succs que les congrganistes font obtenir leurs lves4 ,aussi leurs progrs s'accroissaient-ils rapidement4 ,il y a une pousse de concurrence de la part des tablissements ecclsiastiques1 ce n'est pas douteux2 tandis que les tablissements publics ne s'accroissent plus gure1 les tablissements ecclsiastiques en particulier1 parmi les tablissements libres1 s'accroissent rapidement#ia4 ,note #ia3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #hc4 ,max ,leclerc1 charg de missions relatives a l'enseignement4 ,actuellement1 d'aprs les chiffres donns par ,,mm4 ,leclerc et ,mercadier devant la ,commission1 l'enseignement libre1 c'est--dire congrganiste1 possde #ec1d du nombre des lves1 celui de l'tat #df1e seulement4 ,la proportion au profit de l'enseignement congrganiste s'lve d'anne en anne1 et pour l'entre aux grandes coles1 il fait une rude concurrence aux lyces4 ,d'aprs ,m4 ,mercadier1 les tablissements congrganistes fournissent eux seuls #bd des lves de l'cole ,polytechnique4 ,pour d'autres coles du ,gouvernement1 la proportion est plus leve encore4 ,mais ce qui est beaucoup plus intressant et constitue une vritable rvlation1 ce sont les rsultats qu'obtenaient les ,frres des coles chrtiennes dans tous les ordres d'enseignement1 aussi bien ceux rgis par les programmes de l'tat que ceux crs par eux pour rpondre aux besoins modernes dont l',universit ne se proccupe nullement et dont les ,frres ont t peu prs les seuls s'occuper jusqu'ici4 ,la dposition du ,frre ,justinus1 assistant du ,suprieur gnral de ces coles1 a t aussi longue qu'intressante1 et montre quels merveilleux rsultats peuvent arriver des hommes de coeur1 d'initiative et de volont4 ,sans aucune assistance pcuniaire de l'tat1 alors que notre ,universit pse si lourdement sur le budget des contribuables1 ils russissaient donner des dividendes aux actionnaires qui leur avaient prt des fonds4 ,voyons d'abord les rsultats obtenus dans l'enseignement secondaire par les ,frres1 puisque c'est de lui qu'il s'agit maintenant4 ,je n'ai qu' leur laisser la parole4 ,ce ne seront plus les belles priodes1 les phrases sonores1 autant que vides1 des acadmiciens universitaires sur les beauts de l'enseignement classique1 la vertu ducatrice du latin1 etc41 mais des faits bien nets1 simplement exprims4 ,les ,frres ont montr tout le parti que l'on peut tirer des programmes et justifi une de mes assertions fondamentales1 savoir que ce ne sont pas les programmes1 mais les professeurs1 qu'il faudrait pouvoir changer4 ,d'aprs les renseignements donns la ,commission1 les ,frres possdaient #def coles1 dont #cdb en ,france1 les autres tablies dans huit colonies1 dont cinq sont franaises4 ,ces coles taient de toute nature3 primaires1 industrielles1 secondaires1 etc41 suivant les besoins du milieu o elles se trouvaient cres4 ,celles d'enseignement uniquement secondaire taient au nombre d'une trentaine environ4 ,dans les maisons d'enseignement secondaire de ,passy1 de #ahib #ahih1 ils ont prpar avec succs #cfe lves au baccalaurat4 #dh lves ont obtenu un double baccalaurat4 ,pour couronnement des tudes1 il a t organis1 ,passy1 un cours de prparation l',ecole ,centrale1 faisant immdiatement suite aux classes secondaires modernes4 ,de #ahhg #ahih1 le pensionnat de ,passy a eu quatre fois le major de la promotion1 deux fois le sous-major et un certain nombre d'lves dans les dix premiers4 ,sur #acd lves prsents durant cette priode1 #aai ont t admis1 soit plus de #hi4 ,a l',ecole des ,mines de ,saint-tienne1 durant les dix dernires annes1 nous avons eu #aa majors sur les #bj runis de l'entre et de la sortie4 #di de nos lves font actuellement partie de l'cole des ,mines1 et #bhg ont dj obtenu leur sortie le diplme d'ingnieur4 ,plusieurs occupent aujourd'hui les positions les plus honorables 7ingnieurs en chef ou directeurs7 dans les bassins de la ,loire1 de l',aveyron1 du ,gard1 du ,nord et du ,pas-de-,calais4 ,en ce qui concerne les carrires suivies par les lves sortis de nos tablissements secondaires1 voici les indications donnes par une statistique rcente3 ,commerce #ce ,agriculture #cc ,industrie #ae ,administration #g ,armes et colonies #e ,etudes #e ,la grande majorit se dirige donc vers les carrires du commerce1 de l'agriculture et de l'industrie#ib4 ,note #ib3 ,enqute1 t4 ,,ii1 pp4 #eib et suiv4 ,frre ,justinus4 ,ces rsultats indiquent la supriorit des mthodes employes1 mais une chose beaucoup plus intressante encore1 c'est le dveloppement que les ,frres ont su donner aux tablissements agricoles et industriels1 rendant ainsi d'immenses services dont on ne saurait leur tre trop reconnaissant4 ,je laisse de ct leurs coles d'agriculture1 notamment celle dont il est parl dans l'enqute1 comprenant une ferme de #ce hectares o les lves doivent excuter tous les travaux agricoles1 y compris ceux du labourage1 ce qui a valu au directeur de cette cole1 en #ahii1 le titre de premier laurat de la ,socit des ,agriculteurs de ,france4 ,je me bornerai reproduire le passage de la dposition o il est montr comment l'enseignement varie suivant les besoins des rgions4 ,nous avons organis pour l'industrie des cours pratiques analogues ceux qui existent pour l'agriculture4 ,aux derniers examens d'admission pour l'cole des apprentis lves-mcaniciens de la flotte1 nos tablissements de ,brest1 de ,quimper et de ,lambzellec ont fait admettre #bg de leurs lves4--,l'cole de ,brest a eu le n #a de la promotion2 le pensionnat de ,quimper1 le n #b2 celui de ,lambzellec1 le n #c4 ,a l'autre extrmit de la ,france1 #cj de nos lves de la seule cole ,saint-loi d',aix ont t dclars admissibles l'cole ,nationale d',arts et ,mtiers1 dans les examens du #cj juin au #b juillet #ahih4 ,notre pensionnat secondaire moderne de ,rodez possde galement une section industrielle trs prospre4 ,de #ahij #ahih1 on compte #hh de ses lves admis l'cole ,nationale d',arts et ,mtiers1 aux quipages de la flotte ou l'cole des contrematres de ,cluny4 ,des organisations semblables existent dans un certain nombre de nos tablissements4 ,plusieurs1 comme ,saint-,malo1 ,paimpol1 ,dunkerque1 ont des cours spciaux de rptitions de sciences1 de calculs nautiques1 etc41 pour les lves inscrits aux coles d'hydrographie4 ,il y a quelques semaines peine1 #bd de ces jeunes gens1 ainsi prpars ,saint-,malo et ,paimpol1 ont t reus capitaines au long cours et #f autres capitaines pour le cabotage4 ,en ce qui concerne les cours professionnels proprement dits1 le type le plus gnralement connu est offert par l'tablissement ,saint-,nicolas1 de ,paris4 ,dans sa sance du #ab juin #ahig1 l',acadmie des ,sciences morales et politiques dcernait cette oeuvre1 reconnue d'utilit publique1 le prix ,audoud4 ,voici comment s'exprimait ce sujet ,m4 ,lon ,aucoc1 dans son rapport3 ,la maison principale 7,paris7 compte elle seule #a4jcj lves2 celle d',issy1 #a4jej2 celle d',igny1 #hcj4 ,chaque anne1 le ,conseil d'administration est oblig de refuser des enfants1 faute de place4 ,selon le dsir des parents1 les enfants reoivent uniquement l'instruction primaire ses diffrents degrs ou une instruction spciale qui les prpare soit l'industrie1 soit l'horticulture4 ,les ateliers de la maison de ,paris sont un des traits caractristiques de l'oeuvre de ,saint-,nicolas4 ,la maison traite avec des patrons1 qui font toutes les dpenses et profitent de toutes les recettes qui rsultent du travail fait dans les ateliers1 sous la direction d'un contrematre choisi par eux4 ,suivant les professions1 l'apprentissage dure trois ou quatre ans4 ,il n'y a pas1 dans ces ateliers1 un instant perdu pour l'instruction professionnelle1 et les apprentis ne sont pas exposs subir1 ds l'ge de treize ans1 de mauvaises influences4 ,en gnral1 c'est des mtiers qui exigent une intelligence dveloppe et du got que sont prpars les enfants3 imprimeurs1 graveurs-gographes1 lithographes1 relieurs1 facteurs d'instruments de prcision1 mcaniciens1 sculpteurs sur bois1 monteurs en bronze1 ciseleurs sur mtaux4 ,chaque jour1 les apprentis reoivent1 des ,frres qui s'occupent de leur ducation1 des leons spciales de dessin et de modelage appropris leurs travaux4 ,les contrematres se louent beaucoup de leurs apprentis1 et chaque anne1 au moment des vacances1 le suprieur de la maison reoit un grand nombre de propositions qui lui sont faites pour donner de l'emploi ces jeunes gens4 ,les rsultats de l'instruction primaire proprement dite ont t1 dans toutes les expositions universelles1 ,chicago comme ,paris1 l'objet de distinctions clatantes4 ,ce que nous aimons surtout signaler1 c'est le travail de tous les jours3 #cdf certificats d'tudes1 #cf brevets d'instruction primaire lmentaire et #e d'instruction primaire suprieure1 tel est le rsultat de l'anne #ahie-ahif4 ,pour l'instruction agricole et horticole1 donne ,igny1 les jeunes apprentis ont obtenu #dd prix3 #ai au concours de ,reims1 #ac celui de ,paris1 #ab celui de ,versailles1 parmi lesquels un prix d'honneur et un premier grand prix4 ,tout ce travail est soutenu par une discipline douce et affectueuse1 qui produit les meilleurs rsultats4 ,l'oeuvre de ,saint-,nicolas a t ,paris la premire institution de travail manuel2 elle en est reste un des modles4 ,a ,lyon1 l'cole de ,la ,salle a t organise par les ,frres en faveur des lves d'lite de leurs coles4 ,les fondateurs offrent aux familles qui le dsirent pour leurs enfants1 avec une ducation religieuse et morale1 un complment d'instruction primaire et professionnelle4 ,les cours sont de trois annes l'cole de ,la ,salle4 ,l'instruction est la fois industrielle et commerciale4 ,elle comprend le dessin industriel et toutes les mathmatiques qu'il exige1 le franais1 la correspondance1 le droit usuel1 la comptabilit1 l'conomie sociale1 l'histoire et la gographie1 l'anglais1 l'tude de la physique et de la chimie appliques l'industrie4 ,des ateliers d'ajustage1 de forge1 de tissage1 de menuiserie1 de modelage1 de manipulations chimiques1 de typographie et de gravure1 permettent aux lves de connatre leurs aptitudes spciales et de prparer srement leur avenir4 ,le systme des ateliers extrieurs l'tablissement1 dirigs par de vritables chefs d'industrie1 et dans lesquels les lves restent sous la surveillance de l'cole1 parut donc au ,comit tre la vraie solution de la question de l'apprentissage4 ,ce fut aussi l'avis des principaux industriels de la rgion4 ,l'exprience a tabli que l'on avait bien jug1 car le systme adopt a donn les meilleurs rsultats4 ,il a aussi pour lui l'exprience de l'tranger4 ,dans les grandes villes industrielles de ,hollande1 d',allemagne1 de ,belgique1 de ,suisse1 qui sont nos rivales1 les coles professionnelles sont gnralement des fondations libres qu'encouragent par des subventions les villes ou le gouvernement4 ,les industriels de la localit leur prtent leur concours1 et c'est pour elles une garantie de progrs incessants#ic4 ,note #ic3 ,enqute1 t4 ,,ii1 pp4 #eih et suiv4 ,frre ,justinus1 assistant du ,suprieur gnral des ,frres des coles chrtiennes4 ,un fait trs caractristique et prouvant une fois de plus la supriorit de tout ce qui sort de l'initiative prive1 c'est que cet enseignement1 qui donne de si remarquables rsultats1 non seulement ne demandait comme je l'ai dj dit1 aucune subvention l'tat1 aucune assistance de personnes bienfaisantes1 mais constituait au contraire une source de bnfices pour ceux qui l'avaient fond4 ,voici d'ailleurs sur ce point la dclaration du ,frre ,justinus4 ,toutes les socits civiles1 propritaires des locaux dans lesquels nous avons organis nos pensionnats1 ont toujours distribu leurs dividendes annuels4 ,il n'en est pas une1 ma connaissance1 qui ait drog cette rgle4 ,nous nous sommes impos le devoir de ne point frustrer des lgitimes intrts de leurs capitaux les amis qui nous prtent leur concours dans notre oeuvre d'ducation4 ,aussi les directeurs de nos pensionnats s'attachent-ils scrupuleusement satisfaire toutes les obligations qui leur incombent envers les socits civiles propritaires4 ,c'est la premire de leurs obligations financires4 ,m4 le ,prsident4 ,vous arrivez faire une concurrence qui est redoutable1 non pas seulement aux tablissements publics1 mais aux collges ecclsiastiques4 ,partout on le constate#id4 ,note #id3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fjb4 ,frre ,justinus4 ,concurrence redoutable sans doute1 mais j'ajouterai1 bienfaisante et utile1 et il serait souhaiter qu'elle se ft dveloppe encore4 ,je ne suis pas suspect1 je pense1 de clricalisme1 mais j'avoue que si j'tais ,ministre de l',instruction publique1 mon premier acte serait de nommer directeur de l'enseignement primaire et secondaire en ,france le ,suprieur des coles chrtiennes qui a obtenu de tels rsultats4 ,je lui laisserais toute libert quant au choix des mthodes et des professeurs1 exigeant simplement qu'il renont rigoureusement toute prdication religieuse1 de faon laisser aux parents une libert totale sur ce point4 ,je me suis tendu sur la dposition qui prcde plus que sur aucune autre parce que au point de vue de l'enseignement secondaire1 les ,frres arrivent des rsultats suprieurs ceux de nos meilleurs lyces1 et qu'au point de vue de l'enseignement agricole et professionnel1 si ncessaire aujourd'hui1 ils sont sans rivaux4 ,la premire chose faire pour rivaliser avec eux serait d'tudier leurs mthodes4 ,on est libre d'avoir1 au point de vue religieux1 des opinions diffrentes des leurs1 mais nous devons tcher d'acqurir assez d'indpendance d'esprit pour reconnatre leur supriorit1 surtout quand elle est aussi manifestement crasante4 ,le ,directeur de tels matres mritait une statue4 ,leur sauvage expulsion doit tre considre comme un dsastre national4 ,personne et surtout l',universit n'est capable de donner l'enseignement industriel1 agricole et technique qui va nous manquer maintenant4 ,,livre ,,iv ,,les ,r,,formes ,,propos,,es ,,et ,,les ,r,,formateurs ,,chapitre ,,premier ,les rformateurs4 ,la transformation des professeurs4 ,la rduction des heures de travail4 ,l'ducation anglaise4 #a4--,,les ,r,,formateurs4 ,nous avons vu dans les pages qui prcdent que la plupart des personnes ayant dpos devant la ,commission d'enqute ont montr avec loquence l'insuffisance et les dangers de notre systme universitaire4 ,quand il s'est agi d'exposer les moyens de le remplacer1 cette loquence a t vite tarie et la plupart des rformateurs se sont montrs singulirement incertains dans leurs projets1 se bornant le plus souvent des modifications de programmes1 bien des fois essayes dj sans succs1 des conseils vagues1 des projets en l'air1 sans indication des procds capables de les raliser4 ,c'est trs bien de dire1 par exemple1 avec ,m4 ,grard1 recteur de l',acadmie de ,paris1 qu'il faut diversifier1 assouplir les formes de l'instruction secondaire4 ,mais combien cet loquent acadmicien n'aurait-il pas fait oeuvre plus utile en donnant1 au lieu de phrases trs vides1 des conseils un peu pratiques4 ,il est remarquer que ce sont justement les auteurs des critiques les plus vives qui se sont montrs le plus insuffisants dans leurs projets de rforme4 ,on aurait peine suivre1 en vrit1 des conseils comme celui de ,m4 ,jules ,lematre1 quand il propose de laisser l'enseignement un peu la merci du professeur1 qui1 dans la branche qui le concerne1 enseignerait ce qu'il saurait lui-mme et ce qu'il aimerait le mieux#ie4 ,note #ie3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ahg4 ,devant des propositions aussi vagues1 les critiques des critiques avaient une belle occasion d'exercer leur verve4 ,ils n'y ont pas manqu4 ,devant la ,commission1 ,m4 ,darlu s'est exprim de la faon suivante3 ,malgr sa sagesse et sa philosophie1 ,m4 ,fouille a cd une tentation laquelle nous ne rsistons gure1 et qui nous entrane concevoir chacun notre systme4 ,car il y a autour de chaque chose relle1 comme le dit ,leibniz1 une infinit de possibilits qui ont tout le charme que leur prte notre imagination1 tandis que les dfauts de la ralit frappent nos yeux4 ,je suis un peu effray1 je l'avoue1 de voir tant d'esprits en travail pour enfanter des systmes d'ducation nouveaux4 ,il y a quelque temps1 c'tait ,m4 ,jules ,lematre qui prenait en main la direction de l',instruction publique en ,france4 ,il est vrai qu'il l'a abandonne pour rclamer celle des ,affaires trangres et ensuite celle de l',intrieur4 ,eh bien1 ,m4 ,jules ,lematre avait commenc par demander la suppression pure et simple de l'enseignement classique1 sauf dans quatre ou cinq lyces qu'il conservait comme des chantillons d'une flore disparue4 ,puis il entendit parler du systme des cycles2 il se prcipita sur cette ide1 et quelques jours aprs c'tait la thse qu'il soutenait ardemment#if4 ,note #if3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ecb4 ,darlu1 matre de confrences4 ,la plupart des professeurs envisagent d'ailleurs avec une parfaite indiffrence tous ces projets de rforme1 dont ils peroivent aisment l'inanit4 ,m4 ,sabatier n'a pas hsit le dire devant la ,commission3 ,l'on constate que tous les essais de rforme de l'enseignement secondaire faits paralllement ont misrablement chou1 et n'ont servi qu' aggraver la situation de cet enseignement4 ,si bien que j'ai entendu plusieurs professeurs me dire3 ,au nom du ciel1 qu'on ne fasse plus de rformes1 qu'on ne change plus les programmes1 qu'on n'annonce plus d'res nouvelles#ig6 ,note #ig3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bjd4 ,sabatier1 doyen de la ,facult de thologie protestante4 ,tous ces projets sont1 je l'ai rpt1 la consquence1 de l'indracinable illusion latine qu'un peuple peut modifier son gr ses institutions4 ,en ralit1 il ne peut pas plus choisir ses institutions que sa littrature1 sa langue1 ses croyances1 ses arts1 ou tout autre lment de civilisation4 ,nous avons bien des fois montr dans nos ouvrages que ces lments sont le produit de l'me de la race et que pour les changer il faudrait changer d'abord cette me4 ,l'ducation ne saurait chapper une loi aussi gnrale4 ,bonne ou mauvaise1 elle est fille de ncessits sur lesquelles nous ne pouvons que bien peu de chose4 ,les rformes en bloc sont absolument sans valeur1 et alors mme qu'un tyran les imposerait par la force1 elles ne pourraient durer1 car1 pour les maintenir1 il faudrait rformer l'me des professeurs1 des parents et des lves4 ,tous ces pompeux projets de rforme radicale ne constituent qu'une inutile phrasologie4 ,pour l'ducation1 tout comme1 d'ailleurs1 pour les institutions1 les seules rformes possibles et efficaces sont les modifications de dtail1 accomplies d'une faon successive et continue4 ,elles constituent les grains de sable dont l'addition finit1 la longue1 par former des montagnes4 ,et mme ces petites rformes successives ne sont possibles qu' la condition d'tre en rapport avec les ncessits du moment et les exigences de l'opinion4 ,en matire d'ducation1 la volont et les prjugs des parents sont aujourd'hui tout-puissants4 ,nous allons essayer d'extraire du monceau de projets prsents devant la ,commission les quelques rformes possibles1 sinon aujourd'hui1 au moins plus tard1 c'est--dire lorsque les prjugs qui s'opposent leur ralisation auront t suffisamment branls4 ,voici l'numration des principales4 #b4 ,,transformation ,,du ,,professorat4 ,n,,cessit ,,pour ,,tous ,,les ,,professeurs ,,de ,,passer ,,par ,,le ,r,p,,titorat4 ,je ne crois pas cette rforme ralisable avant longtemps1 avec nos ides latines1 mais je la mentionne cependant en premier rang1 parce qu'elle a figur dans les projets prsents par un ministre la ,chambre des ,dputs4 ,elle est capitale1 et pourrait1 quand il sera possible de l'appliquer srieusement1 amener des rsultats considrables4 ,cette rforme entranerait deux consquences1 dont la premire est la suppression de l'agrgation1 la seconde un recrutement des professeurs fort diffrent du recrutement actuel4 ,la suppression de l'agrgation serait fort importante4 ,nous avons vu1 en effet1 par les dpositions de l'enqute1 que si notre corps de professeurs est si faible au point de vue pdagogique1 c'est que les ncessits du concours de l'agrgation en font des spcialistes au lieu d'en faire des professeurs4 ,un des meilleurs ministres de l',instruction publique1 ,m4 ,lon ,bourgeois1 l'a dit en termes excellents devant la ,commission4 ,le concours de l'agrgation pourrait tout au plus tre maintenu pour l'enseignement dans les ,facults1 bien qu'il ft infiniment prfrable d'agir comme en ,allemagne1 o les professeurs de l'enseignement suprieur sont choisis d'aprs la valeur de leurs travaux personnels1 le succs de leur enseignement libre1 et nullement d'aprs leur aptitude rciter ce qu'ils ont appris dans les livres4 ,la mthode allemande faonne des savants capables de faire avancer la science1 la mthode franaise ne fabrique que des perroquets4 ,mais nous n'avons nous occuper ici que de l'enseignement secondaire et non de l'enseignement suprieur4 ,or1 pour l'enseignement secondaire1 il n'est aucunement besoin de spcialistes verss dans les subtilits des livres4 ,de simples licencis1 dont la cervelle est moins bourre de choses inutiles1 sont infiniment prfrables1 et la meilleure preuve en est fournie par les professeurs de l'enseignement congrganiste1 qui sont tout au plus licencis4 ,la plupart de nos rptiteurs1 tant licencis1 sont trs aptes1 pourvu qu'ils possdent les qualits pdagogiques ncessaires1 donner l'enseignement secondaire4 ,ce qu'il importe uniquement de savoir1 c'est s'ils ont ces qualits pdagogiques4 ,supposons donc l'agrgation supprime entirement pour l'enseignement secondaire1 et voyons de quelle manire un jeune licenci pourrait devenir professeur4 ,il entrerait au lyce comme rptiteur1 mais avec le droit1 qu'il n'a gure aujourd'hui1 de donner des rptitions et de suppler le professeur en cong ou malade1 ce qui permettrait de juger de ses aptitudes pdagogiques4 ,au bout de quatre ou cinq ans de stage1 et s'il tait reconnu capable d'enseigner1 il serait nomm professeur titulaire d'une chaire lmentaire4 ,il avancerait ensuite l'anciennet1 comme le font actuellement les professeurs4 ,du mme coup serait supprim l'antagonisme entre les professeurs et les rptiteurs4 ,tous les professeurs obligs d'tre d'abord rptiteurs1 c'est--dire de vivre sans cesse avec les lves1 apprendraient les connatre et la pratique les rendrait d'excellents pdagogues4 ,cette rforme ne coterait absolument rien l'tat4 ,au lieu d'agrgs beaucoup trop pays et de rptiteurs trs insuffisamment pays1 les lyces auraient des professeurs moyennement pays1 mais auxquels la perspective de l'avancement et de la retraite serait un stimulant suffisant4 ,quant aux fonctions de surveillant3 conduite des lves1 inspection des dortoirs1 etc41 on pourrait les confier1 comme l'a propos ,m4 ,lon ,bourgeois1 de simples sous-officiers4 ,leurs habitudes de discipline en feraient des agents excellents1 qui excuteraient avec ponctualit et plaisir une besogne que les rptiteurs actuels excutent sans ponctualit et sans plaisir4 ,c'est un peu timidement qu'une telle rforme a t propose par ,,mm4 ,bourgeois et ,payot4 ,il est ais cependant de lire le fond de leur pense et je ne fais que la prciser4 ,voici d'ailleurs les parties essentielles de leurs dpositions4 ,au lieu de faire parmi eux des catgories distinctes1 j'admettrais que le professeur pt et dt mme1 dans certains cas1 prendre des enfants en dehors de la classe et les faire travailler2 j'admettrais aussi que les rptiteurs pussent contribuer l'enseignement pour certaines parties2 je les chargerais de cours complmentaires4 ,pourquoi ne feraient-ils pas des cours de langues vivantes1 de sciences lmentaires1 etc41 s'ils possdent des licences correspondantes8 ,m4 le ,prsident4 ,vous inclineriez les fondre dans le corps des professeurs1 ne plus faire une dmarcation aussi absolue8 ,ce seraient des professeurs adjoints8 ,m4 ,lon ,bourgeois4 ,oui#ih4 ,note #ih3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fij4 ,lon ,bourgeois1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,quant aux rptiteurs1 j'estime que nous ne savons pas les associer notre enseignement4 ,la plupart sont jeunes1 intelligents1 cultivs1 enthousiastes2 ils ont foi dans leurs fonctions d'ducateurs4 ,nous les confinons de faon un peu ddaigneuse dans des fonctions policires de pure surveillance4 ,nous pourrions tirer meilleur parti de leur ardeur1 notamment en leur confiant certaines parties de l'enseignement4 ,je voudrais aussi voir les professeurs ne pas considrer comme une dchance de s'associer la surveillance4 ,on pourrait commencer par dclarer interchangeables les heures du professeur et celles du rptiteur2 les professeurs chargeraient les rptiteurs plus spcialement attachs leur ordre d'enseignement de faire la classe pendant certains jours1 quitte pour les professeurs rendre ce travail sous forme d'heures de surveillance#ii4 ,note #ii3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p1 #fch4 ,payot1 inspecteur d',acadmie4 ,ajoutons enfin que le professeur1 un peu plus dmocratis et cessant de se croire autre chose que ce qu'il est rellement1 c'est--dire un modeste fonctionnaire1 sera oblig de s'occuper des lves1 et mme1 pour augmenter ses ressources1 d'en prendre en pension quelques-uns chez lui4 ,ce serait presque le systme du tutoriat1 trs en honneur en ,angleterre et en ,allemagne1 et que l',universit interdit aujourd'hui ses professeurs4 ,l'ducation1 ne l'oublions pas1 est la chose essentielle4 ,nous n'aurons rien fait1 tant que nous n'aurons pas reconnu sincrement les graves lacunes de notre systme4 ,ici je voudrais d'abord la franchise d'avouer le mal et la ferme volont d'y porter remde4 ,loin d'tre3 le plus d'internes possibles dans un lyce1 l'idal doit tre3 peu d'internes4 ,nous interdisons1 sous une forme ou sous une autre1 aux professeurs d'avoir des lves chez eux1 c'est une concurrence6 ,il faudrait les y encourager2 il faudrait crer des matres-rptiteurs externes1 maris1 ayant un groupe d'lves1 une petite famille2 il faudrait1 au lyce mme1 donner au matre-rptiteur un rle au moins gal celui du professeur#ajj4 ,note #ajj3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bfh4 ,sailles1 professeur la ,sorbonne4 ,donner au rptiteur un rle gal celui du professeur1 c'est justement la premire rforme que nous avons demande4 ,ce rle sera gal quand le rptiteur saura que son emploi est un dbut1 et que les futurs professeurs constateront qu'on ne peut arriver tre professeur qu'aprs avoir t rptiteur4 ,m4 ,couyba1 ancien agrg de l',universit1 a trs bien montr devant la ,chambre des ,dputs la ncessit de transformer les rptiteurs en professeurs aprs un stage suffisant4 ,mais je crains qu'il n'ait pas senti tout le poids des prjugs universitaires1 s'opposant absolument une telle rforme1 si capitale pourtant4 ,renoncez l'utopie du professeur-adjoint1 et prparez tous ces jeunes gens l'accs aux fonctions de professeur titulaire2 s'il le faut1 diminuez pendant quelques annes le nombre des boursiers de licence et d'agrgation et des normaliens1 et1 par consquent1 le nombre des licencis et des agrgs2 rservez1 au fur et mesure des extinctions1 les postes de professeurs de collge aux rptiteurs licencis4 ,je souscris d'avance1 monsieur le ,ministre1 et toute l',universit souscrira1 aux mesures transitoires qui auront pour but d'amliorer en ce sens la situation des rptiteurs4 ,mais--j'y insiste nouveau--toutes ces mesures ne peuvent avoir qu'un caractre provisoire4 ,ds aujourd'hui il faut prparer cette rforme profonde qui ralisera l'idal de l'ducation1 je veux dire l'union dans la personne d'un mme matre des fonctions de professeur et de rptiteur#aja4 ,note #aja3 ,couyba4 ,sance de la ,chambre des ,dputs du #ab fvrier #aijb2 p4 #fad de l',officiel4 ,malheureusement1 bien que1--un philosophe dirait parce que--sortis des rangs les plus humbles de la dmocratie1 les universitaires se croient des personnages importants1 et rougiraient d'tre confondus avec les rptiteurs1 personnages sans aucune valeur videmment1 puisqu'ils ne sont que licencis1 c'est--dire incapables de rciter autant de choses qu'eux6 ,en ,allemagne1 ces grotesques prjugs n'existent pas4 ,j'ai vu en ,allemagne un professeur1 trs vers dans la philosophie de ,kant1 enseigner la fois la danse1 l'histoire naturelle et la musique1 au lyce de jeunes filles#ajb4 ,note #ajb3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cce4 ,boutroux1 de l',institut1 professeur la ,sorbonne4 ,mais nous sommes en ,france1 pays dmocratique1 et non en ,allemagne1 pays aristocratique4 ,il faudrait donc qu'un ministre et la main prodigieusement nergique pour excuter la rforme dont il vient d'tre question dans ce paragraphe1 et qui est pourtant une des plus importantes raliser aujourd'hui4 #c4--,,la ,r,,duction ,,des ,,heures ,,de ,,travail4 ,la rduction des heures de travail1 plusieurs fois propose devant la ,commission1 serait videmment une excellente mesure1 mais bien difficilement applicable avec l'organisation actuelle des lyces4 ,on a fait remarquer trs justement devant la ,commission qu'il est impossible de travailler de tte douze heures par jour4 ,c'est de toute vidence1 et on peut tre bien certain que les lves ne travaillent pas pendant ces douze heures4 ,la vrit est que s'ils sont tenus assis douze heures par jour1 c'est simplement parce qu'on ne sait que faire d'eux4 ,parents1 professeurs1 surveillants1 chacun cherche simplement s'en dbarrasser4 ,m4 ,keller l'a dit nettement et avec raison4 ,il ne manque pas de parents qui mettent leurs enfants au collge pour s'en dbarrasser1 et l1 les matres se laissent aller garder leurs lves dans les salles d'tude pour les surveiller plus facilement#ajc4 ,note #ajc3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #eee4 ,keller1 vice-prsident de la ,socit gnrale d'ducation4 ,sans doute il vaudrait beaucoup mieux que les lves passassent une moiti de leur temps se promener1 faire de l'exercice1 etc4 ,mais1 devant l'opposition des proviseurs1 des professeurs1 et probablement aussi des parents1 je crois la rforme sinon impossible1 au moins d'une ralisation bien difficile4 ,cette unique raison1 tenir les lves assis pour n'avoir pas s'occuper d'eux1 est aussi celle qui prolonge la dure des classes et leur donne une absurde longueur4 ,dans nos lyces1 les classes ont une dure de deux heures conscutives4 ,or1 cette dure dpasse la capacit normale d'attention chez les adultes1 plus forte raison chez les enfants4 ,nous tous qui faisons des cours1 nous savons trs bien qu'une heure de suite est1 pour le professeur et pour les auditeurs1 l'extrme limite de l'effort utile4 ,j'avoue mme que je prfrerais encore le systme allemand proprement dit1 qui fixe la dure de toutes les classes cinquante minutes#ajd4 ,note #ajd3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ccc4 ,boutroux1 professeur la ,sorbonne4 ,cette rforme est une de celles qui ont t adoptes dans les nouveaux programmes4 ,je doute que les lves y gagnent quelque chose4 ,le temps qu'ils passaient assis dans une classe1 ils le passeront assis dans une tude4 ,on peut avoir la parfaite certitude qu'ils ne le passeront pas se promener ou faire des exercices1 qui leur seraient cependant si ncessaires4 #d4--,l',,ducation ,,anglaise4 ,la rforme consistant introduire l'ducation anglaise en ,france a t peine mentionne devant la ,commission4 ,ceux qui s'en taient faits les bruyants aptres n'ont pas song venir la dfendre4 ,je suis trs partisan de l'ducation anglaise1 dont j'ai parl bien souvent dans mes livres1 et dont j'ai montr les avantages fort longtemps avant ses propagateurs actuels4 ,mais cette ducation1 admirablement adapte aux besoins d'un peuple chez lequel la discipline est une vertu hrditaire1 ne l'est en aucune faon aux besoins de jeunes ,latins1 qui n'ont pas de discipline du tout et ne travaillent gure que lorsqu'ils y sont forcs4 ,le principal mirage fascinant les partisans du systme anglais1 ce sont les grandes coles confortables situes la campagne1 mais ils oublient que le prix de pension tant extrmement cher1 ces tablissements ne peuvent tre frquents que par les fils de l'aristocratie ou de la haute bourgeoisie4 ,l'ducation y est excellente1 l'instruction trs faible1 mais ceux qui en sortent sont assurs par l'influence de leurs parents d'entrer dans les hautes fonctions du ,gouvernement1 de la magistrature1 de l'industrie1 etc4 ,d'ailleurs il est bien inutile de discuter l-dessus1 puisque l'adoption du systme anglais obligerait renverser de fond en comble notre ,universit actuelle1 changer les ides des parents1 des professeurs et l'me hrditaire des enfants4 ,c'est d'ailleurs ce qu'a bien marqu ,m4 ,gaston ,boissier4 ,maintenant1 la mode est l'ducation anglaise4 ,il ne sera pas facile de l'introduire chez nous4 ,comment voulez-vous laisser la libert qu'on demande pour les grands lves dans des tablissements organiss comme les ntres8 ,il faudrait1 pour y arriver1 absolument dtruire ce qui est la condition mme de notre ducation2 il faudrait revenir sur tout ce qui a t fait sous l',empire1 renoncer l'internat1 changer la discipline1 crer enfin de toutes pices une autre ,universit sur des bases tout fait nouvelles4 ,est-on sr d'ailleurs que l'ducation secondaire anglaise mrite tous les loges qu'on lui prodigue#aje8 ,note #aje3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #fg4 ,gaston ,boissier1 de l',institut1 professeur au ,collge de ,france4 ,et puis1 il y a toujours ce facteur fondamental dont les rformateurs ngligent entirement de tenir compte1 la volont des parents4 ,croit-on que des tablissements anglais tablis en ,france auraient quelque succs8 ,en aucune faon4 ,les parents auraient trop peur que leurs rejetons s'enrhument ou se blessent en jouant1 et la libert accorde ne serait pas accepte par eux4 ,il ne faudrait pas me rpondre que je n'en sais rien1 aucun tablissement analogue n'existant en ,france4 ,je pourrais alors faire remarquer que nous avons des lyces qui se rapprochent des tablissements anglais au moins pour le sjour la campagne et le confortable4 ,or1 loin d'obtenir des succs1 ils dclinent1 et il en est de mme pour les tablissements congrganistes analogues4 ,le lyce ,michelet offre aux familles de superbes ombrages1 des terrains pour les jeux1 une piscine1 un mange1 des jardins1 l'espace dans le plein air1 sur une hauteur salubre1 toutes les conditions d'isolement propres au dveloppement d'une forte et saine ducation4 ,lakanal non plus n'a rien envier aux tablissements d',angleterre les plus justement renomms4 ,eh bien1 ,michelet est pour nous une inquitude4 ,pendant plusieurs annes il s'est dvelopp4 ,il a perdu1 il perd encore1 quoique moins sensiblement4 ,quant ,lakanal1 il a de la peine se peupler4 ,ce n'est pas au surplus une situation propre ,paris4 ,les petits lyces de ,talence ,bordeaux1 de ,saint-,rambert ,lyon1 de la ,belle-de-,mai ,nice1 n'ont pas meilleure fortune4 videmment1 ce mode d'ducation n'est point pour le moment en faveur#ajf4 ,note #ajf3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #aa4 ,grard1 vice-recteur de l',acadmie de ,paris4 ,voyez les trois tablissements de cette rgion3 l'tat1 reprsent par le lyce ,lakanal1 l'enseignement libre1 intermdiaire entre l'tat et les maisons religieuses1 reprsent par ,sainte-,barbe-des-,champs1 et1 tout ct1 les ,dominicains d',arcueil4 ,or1 aucun de ces trois tablissements n'a pu rsister cette sorte de rpugnance que les familles ont aujourd'hui envoyer leurs enfants la campagne4 ,voil trois tablissements tout fait diffrents1 dont pas un n'a chapp cette sorte de dsertion des familles4 ,et la crise continue1 en dpit des rformes de ,sainte-,barbe et malgr les efforts du ,p4 ,didon1 qui s'est transport ,arcueil pour essayer de donner lui-mme une nouvelle impulsion l'tablissement des ,dominicains4 ,l'tablissement de ,marseille a atteint le chiffre de #a4fhc lves2 mais le petit lyce1 construit avec tous les perfectionnements modernes1 a toujours t en dcroissant2 ,bordeaux galement1 cette crise existe1 comme partout ailleurs4 ,je citerai encore le cas du lyce de ,vanves1 qui n'est pas non plus en prosprit#ajg4 ,note #ajg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cej4 ,morlet1 censeur ,rollin4 ,et c'est ainsi qu'en pntrant dans le dtail des projets de rforme que chacun propose et qui semblent au premier abord d'une ralisation si facile1 nous voyons se dresser ce mur inbranlable des facteurs moraux1 que les rhteurs ne souponnent pas1 et qui rendent vains leurs beaux discours4 ,ce sont les ressorts invisibles du monde visible4 ,l'heure ne parat pas prochaine o nous serons soustraits leur empire4 ,,chapitre ,,ii ,les changements de programmes4 ,toutes les discussions de la ,commission d'enqute ont naturellement abouti de nouvelles modifications des programmes4 ,le ministre de l',instruction publique a fait adopter par la ,chambre des ,dputs un nouveau programme d'enseignement1 rdig par une ,commission1 dans lequel on a essay de concilier les opinions les plus contradictoires4 ,la seule partie utile des rformes adoptes1 si jamais elle est applique1 ce qui est fort douteux1 tant donnes les ides de nos professeurs1 serait que dsormais l'enseignement secondaire ft combin avec l'enseignement primaire de manire faire suite un cours d'tudes lmentaires de quatre annes4 ,tout le reste a eu pour rsultat la plus complte confusion4 ,un ancien ,ministre1 ,m4 ,hanotaux1 l'a signale dans les termes suivants3 ,visiblement on a voulu donner satisfaction tout le monde3 444 ,on a donc tout gard1 tout empil dans ce nouveau second cycle1 et on aboutit ainsi une complication qui ressemble beaucoup de la confusion4 ,par la crainte lgitime de surcharger les programmes1 on a divis les tudes1 dans le second cycle1 en un certain nombre de sections se compltant ou s'excluant l'une l'autre1 si bien que les programmes futurs ressembleront une sorte d'opration algbrique o il sera bien difficile de se reconnatre4 ,m4 ,fortoul avait invent la bifurcation2 on nous prsente aujourd'hui la dcifurcation1 la fourche dix dents2 c'est faire frmir4 ,efforons-nous d'tre clairs3 dj1 ds le premier cycle1 on distingue entre trois catgories d'lves3 ceux qui font du latin et du grec1 ceux qui font du latin et pas de grec1 enfin ceux qui ne font ni latin1 ni grec4 ,ainsi1 l'entre du second cycle1 on trouve les lves qui ont fait du latin et du grec et qui continuent1 soit le groupe ,a2 puis1 ceux qui ont fait du latin et pas de grec et qui continuent1 le groupe ,b2 enfin1 ceux qui ne font ni latin1 ni grec et continuent1 groupe ,c4 ,mais il y a1 dans chaque groupe1 ceux qui1 tout en continuant1 veulent joindre leurs nouvelles tudes1 soit l'tude des sciences1 groupe ,d1 soit l'tude des langues trangres1 groupe ,e4 ,il y a aussi ceux qui ont fait du latin et du grec et qui y renoncent tout en poursuivant l'tude des sciences et des langues1 ceux-l retombent dans la catgorie de ceux qui1 dans le premier cycle1 n'ont fait ni latin ni grec et forment1 auprs d'eux1 le groupe ,f4 ,il y a1 enfin1 ceux qui veulent tout continuer la fois2 on prvoit qu'il s'en trouvera1 et on forme ainsi un groupe ,g4 ,vous croyez que c'est fini3 pas du tout4 ,il y a un paragraphe insidieux1 intitul section nouvelle1 et qui cre1 au-dessus du premier cycle1 et ct du second1 une suite d'tudes plus courtes1 spcialement consacres aux sciences et aux langues vivantes et qui se rapprochent de ce que les ,allemands appellent l'enseignement rel4 ,c'est donc un groupe nouveau1 trs distinct des autres et que1 pour la commodit de la conversation1 nous qualifierons groupe ,h4 ,cela fait huit2 et j'en passe4 ,ainsi1 quand le grand garon1 frais moulu de la troisime1 arrivera aux portes de bronze du second cycle1 on lui posera gravement cette question3 jeune homme1 o prtendez-vous aller8 ,groupe ,c ou groupe ,h2 ou bien3 combinez-vous ,a avec ,c8 ,voyons1 rflchissez2 surtout1 ne vous trompez pas3 car ici1 quand on est entr1 on ne revient pas en arrire3 laissez toute esprance1 lasciate ogni speranza4 videmment1 tout le monde est content1 et1 plus que tout le monde1 notre vieille connaissance le prjug scolaire4 ,les lves suivront1 tant bien que mal1 par petits paquets1 ces voies diffrentes4 ,mais1 les professeurs1 comment feront-ils1 courant sans cesse aprs le petit bataillon sacr qui entrera1 sortira1 se dispersera1 se reconstituera1 s'gaillera1 et se retrouvera enfin1 pour livrer l'assaut dcisif1 en masse compacte1 au pied de la forteresse indestructible#ajh4 ,note #ajh3 ,gabriel ,hanotaux1 ancien ministre1 ,le ,journal1 #bg janvier #aijb4 ,l'erreur latine de la puissance des constitutions1 des institutions et des programmes est trop irrductible pour qu'il y ait intrt essayer de la combattre4 ,un tranger qui voudrait comprendre l'intensit de cette erreur n'aurait qu' parcourir le petit volume de #bcj pages publi en #ahij sous ce titre3 ,instructions1 programmes et rglements1 qui rgit encore notre enseignement universitaire4 ,il est sign de ,m4 ,lon ,bourgeois1 alors ,ministre de l',instruction publique1 qui en a rdig lui-mme une grande partie4 ,on pourrait difficilement citer1 sauf en ce qui concerne l'enseignement des langues1 un meilleur ouvrage sur l'enseignement1 et les professeurs ne trouveraient nulle part de conseils plus sages4 ,l'tranger qui lirait un tel programme dclarerait notre enseignement parfait4 ,aprs avoir visit nos lyces et examin leurs lves1 il dclarerait au contraire1 avec la ,commission d'enqute1 que notre enseignement est le plus infrieur1 peut-tre1 que possde aucun peuple civilis4 ,du mme coup1 il verrait se dgager l'vidence de cette notion que personne n'a expose devant la ,commission d'enqute1 probablement parce que personne ne l'a comprise1 que les programmes sont sans importance4 ,avec de bons professeurs1 tous les programmes sont excellents4 ,l'essentiel est donc1 je le rpte encore1 de rformer les mthodes et non les programmes4 ,la seule rforme utile des programmes consisterait supprimer les trois quarts des choses enseignes4 ,malheureusement1 loin de supprimer1 on ne fait qu'ajouter toujours4 ,il y a dj plusieurs annes1 un savant minent1 ,m4 ,armand ,gautier1 avait montr les consquences de cette surcharge4 444 ,une mme quantit de travail ou de volont applique un ensemble de matires et de programmes de plus en plus varis et de plus en plus amples1 produit1 rsultat invitable1 une mdiocrit de plus en plus vidente sur chaque sujet1 except sur celui ou sur ceux que l'lve prfre et conoit bien4--,augmenter indfiniment les programmes1 c'est effrayer les timides1 les faibles1 les moyens2 c'est surtout crer logiquement la mdiocrit gnrale et le superficialisme2 c'est habituer l'enfant savoir en vue de l'examen et par une srie d'artifices qui ne laissent presque rien dans l'esprit pass le jour de l'preuve2 c'est tendre dvelopper la mmoire aux dpens de l'intelligence et du jugement2 c'est faire du plaqu qui ait un jour1 une heure au moins1 l'aspect de l'or solide et pur4 ,je suis donc de l'avis de la plupart de mes collgues1 de ,,mm4 ,rochard et ,hardy en particulier1 lorsqu'ils demandent qu'on simplifie les preuves du baccalaurat4 ,je suis plus de cet avis qu'eux-mmes1 car1 sans regret1 je verrais disparatre cet examen1 principale cause1 sous sa forme actuelle1 de notre surmenage scolaire1 du travail en vue du diplme1 de ce cauchemar incessant des dernires annes passes au lyce3 la prparation au bachot6 mot bien trouv dans son enveloppe mprisante pour caractriser un rsultat mprisable en lui-mme4 ,si cette preuve n'est pas prise au srieux par l'lve qui n'y voit qu'un bon dbarras1 par le matre qui la prsente comme une amre pilule qu'il faut bien une fois avaler2 par l'examinateur enfin1 qui se sent de plus en plus dispos faiblir devant cette gnrale mdiocrit#aji4 ,note #aji3 ,armand ,gautier1 professeur la ,facult de ,mdecine4 7,communication faite l',acadmie de ,mdecine1 le #bf juillet #ahhg47 ,la ncessit de rduire les programmes a t signale galement devant la ,commission d'enqute4 ,si l'on consentait rformer les programmes1 il faudrait prendre le contre-pied des programmes actuels3 se contenter de ce qu'il est possible de demander1 mais le demander fond3 remettre l'esprit scientifique en honneur la place de l'esprit d'rudition#aaj4 ,note #aaj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cb4 ,lippmann1 professeur la ,sorbonne4 ,on ne saurait mieux dire1 mais une telle rduction des programmes semble peu ralisable aujourd'hui avec les thories actuelles4 ,l'ide persistante de l',universit est que la valeur des hommes se mesure la quantit de choses qu'ils peuvent rciter1 et1 loin de vouloir rduire cette quantit1 elle ne cherche qu' l'augmenter4 ,elle prouve d'ailleurs un tel besoin d'uniformit et de rglementation1 et a en outre une telle mfiance de ses professeurs1 qu'elle croit devoir indiquer mticuleusement1 pour ainsi dire page par page1 ce qui doit tre enseign4 ,l'ide d'apprendre peu de choses mais de les apprendre fond devrait tre l'ide matresse de l'enseignement4 ,il est douteux qu'elle rallie aujourd'hui beaucoup de suffrages aussi bien parmi les professeurs que parmi les parents4 ,je ne saurais donc trop rpter combien sont oiseuses toutes ces discussions sur des programmes4 ,un long temps s'coulera malheureusement avant qu'il soit possible de faire pntrer dans une cervelle d'universitaire que1 seules1 les mthodes d'enseignement ont de l'importance4 ,avec une bonne mthode les programmes peuvent1 je l'ai dit dj1 tenir en quelques lignes4 ,et telle est la force des prjugs latins sur la valeur des programmes que dans les innombrables enqutes publies en ,france propos de l'enseignement l'tranger il est peu prs impossible de dcouvrir des renseignements prcis sur les mthodes employes4 ,les auteurs de ces enqutes ont jug sans doute qu'il s'agissait l de dtails sans importance4 ,l'ducation d'un peuple ne peut videmment s'adapter de toutes pices un autre1 mais il y a toujours beaucoup apprendre en l'tudiant dans ses dtails4 ,et puisque nous prenons parfois la peine de copier les plans des tablissements trangers1 nous pourrions prendre aussi celle d'observer ce qui se passe leur intrieur4 ,ce qui a le plus contribu rendre les ,romains les matres du monde1 dit ,montesquieu1 c'est qu'ayant combattu successivement contre tous les peuples1 ils ont toujours renonc leurs usages sitt qu'ils en ont trouv de meilleurs4 ,il fait aussi remarquer que les ,gaulois ne surent jamais s'lever cette conception4 ,et ce qu'il y a de surprenant1 c'est que ces peuples1 que les ,romains rencontrrent dans presque tous les lieux et dans presque tous les temps1 se laissrent dtruire les uns aprs les autres1 sans jamais connatre1 chercher1 ni prvenir la cause de leurs malheurs4 ,notre enseignement universitaire est une des principales causes de notre infriorit actuelle1 mais nous ne le comprenons pas4 ,nous continuerons descendre la pente de la dcadence prcisment parce que nous ne le comprenons pas4 ,,chapitre ,,iii ,la question du grec et du latin4 #a4--,l',,utilit ,,du ,,grec ,,et ,,du ,,latin4 ,on connat les interminables discussions auxquelles a donn lieu1 depuis plus de trente ans1 la question du grec et du latin4 ,elle est entre maintenant dans cette phase sentimentale o la raison n'intervient plus4 ,toutes ces discussions ont fini cependant par branler un peu chez les gnrations nouvelles1 n'ayant pas encore d'opinion arrte1 le prestige des langues mortes4 ,les esprits indpendants remarquent facilement que ces langues n'ont plus gure pour dfenseurs--en dehors des pres de famille intimids par le fantme des traditions sculaires et d'un certain nombre de commerants illettrs--que les professeurs qui vivent de ces langues ou de vnrables acadmiciens qui en ont vcu4 ,ces derniers dfenseurs de l'ducation grco-latine se montrent eux-mmes de plus en plus hsitants1 de moins en moins affirmatifs4 ,tous d'ailleurs sont bien obligs de confesser que les langues anciennes sont si mal enseignes par l',universit1 qu'aprs sept ou huit ans d'tudes les lves n'en possdent que de vagues notions trs vite oublies aussitt l'examen pass4 ,les lves les plus forts sont peine capables de traduire en deux heures et coups de dictionnaire une page d'un auteur facile4 ,les dpositions de l'enqute vont1 d'ailleurs1 nous clairer sur l'utilit des langues qui forment encore la base de l'ducation classique et l'tude desquelles tant d'annes prcieuses sont consacres4 ,l'argument le plus invoqu en faveur du grec et du latin1 celui auquel on revient toujours1 est la mystrieuse vertu ducative que possderaient les langues mortes4 ,cet argument d'ordre sentimental impressionne toujours les cerveaux faibles par le fait seul qu'il a longtemps servi4 ,on peut prvoir cependant qu'il ne servira plus beaucoup1 car des autorits fort comptentes se sont charges d'y rpondre devant la ,commission d'enqute1 en montrant que la fameuse vertu ducative des langues anciennes rside tout autant dans les langues modernes1 qui possdent au moins le mrite de l'utilit4 ,voici1 d'ailleurs1 les parties les plus saillantes de ces dpositions3 ,les versions grecques et latines sont certainement1 je n'en disconviens pas1 une trs bonne gymnastique intellectuelle4 ,pourquoi8 ,parce qu'elles habituent les enfants dtacher les ides des mots et les objets des signes2 parce qu'elles les forcent1 par le fait1 rflchir sur les choses elles-mmes et1 en mme temps1 sur leurs diverses reprsentations nominales2 mais le bnfice de ce travail crbral se retrouve1 trs peu de chose prs1 dans la version allemande1 anglaise1 italienne#aaa4 ,note #aaa3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fgc4 ,raymond ,poincar1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,j'ai eu un second prix de discours latin au concours gnral4 ,il m'est donc permis1 ce me semble1 de parler librement de l'enseignement classique et de ses rsultats4 ,or1 j'estime qu'on peut initier les lves de l'enseignement moderne aux ides antiques1 la beaut antique1 d'une faon bien plus rapide1 plus sre et plus complte1 par de bonnes traductions convenablement commentes1 que par l'explication pnible1 ttonnante1 chaque jour abandonne et chaque jour reprise1 de fragments minuscules des grandes oeuvres4 ,jamais les lves de l'enseignement classique n'ont sous les yeux un ensemble4 ,courbs sur quelques vers qu'ils dchiffrent lentement1 ils ne voient jamais d'affile dans le texte un chant d',homre ou de ,virgile4 ,quand je m'interroge en toute sincrit1 je fais bon march de ce que j'ai appris de grec et de latin4 ,que n'ai-je song plutt faire de l'allemand ou de l'anglais1 m'initier aux questions artistiques#aab6 ,note #aab3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dic4 ,maldidier1 professeur agrg de l',universit4 ,le fait de traduire et de comparer des expressions est instructif au mme degr1 quelle que soit la langue dont il s'agit4 ,on parle de la valeur minemment ducative des auteurs anciens2 on a raison1 mais condition que l'lve possde des connaissances linguistiques suffisantes pour les apprcier4 ,or1 on se fait souvent des illusions sur les notions qu'ont les coliers4 ,je me demande si les enfants1 qui ont dj de la peine comprendre les dclinaisons et les conjugaisons1 qui trouvent une trs grande difficult traduire une version et ne remettent parfois qu'un devoir informe sans aucune espce de sens1 je me demande1 dis-je1 si ces enfants gotent la pense des auteurs qu'ils torturent#aac4 ,note #aac3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cgf4 ,weil1 professeur au lyce ,voltaire4 ,je ne crois pas que les langues mortes aient une vertu ducative particulire4 ,je crois1 au contraire1 que les langues vivantes1 par le fait mme qu'elles sont vivantes1 ont un avantage sur les autres#aad4 ,note #aad3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #def4 ,aulard1 professeur la ,sorbonne4 ,il faut1 en vrit1 possder un mysticisme spcial pour parler encore de la force ducative des langues anciennes1 des ides gnrales et universelles qu'elles nous livrent4 ,un des auteurs de l'instruction officielle de #ahij donne1 pour dmontrer l'utilit de la grammaire et de la langue latines1 l'trange argument que voici3 ,il s'agit1 en un mot1 d'apprendre la grammaire pour pouvoir lire ,virgile et ,tacite1 de lire ,virgile pour apprendre aimer la campagne et ,tacite pour prendre les sentiments de ,thrasas et d',helvdius ,priscus4 ,seules1 des cervelles d'universitaires peuvent enfanter des raisonnements d'une aussi pauvre psychologie4 ,tous nos jeunes lves seraient des hros pleins de hardiesse s'il leur suffisait de lire les exploits des grands hommes pour acqurir leurs sentiments4 ,en admettant mme l'invraisemblable conception que des lectures puissent possder une telle vertu1 pourquoi la perdraient-elles par une traduction que chacun comprendrait aisment alors que les originaux restent incomprhensibles pour l'immense majorit des coliers8 ,laissons entirement de ct la question utilitaire peu ngligeable cependant l'ge actuel1 et demandons-nous s'il n'y a pas d'autres connaissances possdant une vertu ducative suprieure celle du latin4 ,dans un discours prononc devant la ,chambre des dputs propos de la rforme de l'enseignement1 ,m4 ,mass rpondait cette question dans les termes suivants3 ,les humanistes1 dont tout l'heure ,m4 le ,ministre s'est fait l'interprte1 combattent cette volution en invoquant les qualits ducatives des langues mortes1 seules susceptibles1 selon eux1 de former le coeur et de donner une large culture intellectuelle4 ,mais les sciences n'ont-elles pas1 elles aussi1 leur vertu ducative1 et l'tude des grandes lois de la nature1 des phnomnes physiques et chimiques auxquels nous assistons1 des rvolutions dont notre globe a t le thtre1 l'vocation des espces disparues1 le lien qui unit les sciences entre elles et qui constitue l'objet mme de la philosophie1 tout cela n'est-il point de nature former le coeur des jeunes gnrations8 ,quant l'esprit1 sera-t-il moins fortement tremp lorsque1 au lieu d'tudier les abstractions de la logique1 il aura employ successivement les diffrents modes de raisonnement1 la dduction dans les mathmatiques1 l'induction dans les sciences physiques et naturelles#aae8 ,note #aae3 ,sance du #ac fvrier #aijb2 p4 #fcb de l',officiel4 ,parmi les arguments classiques en faveur du latin on a naturellement invoqu l'utilit qu'il pouvait avoir pour l'tude du droit4 ,la rponse a t faite d'une faon catgorique par des juristes dont personne ne discutera l'autorit1 notamment par ,m4 ,sarrut1 avocat gnral la ,cour de ,cassation4 ,de nos huit codes1 il n'y a videmment que le ,code civil qui ait quelques points de contact avec le droit romain2 on ne peut pas trouver la moindre trace de droit romain dans les sept autres codes4 ,en fait1 le droit romain n'est pas tudi4 ,sur quarante licencis en droit1 trente-neuf n'ont pas ouvert un livre de droit romain4 ,a peine un lve de nos lyces sur dix est-il en tat de traduire un texte de droit romain1 mme coups de dictionnaire#aaf4 ,note #aaf3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ege4 ,sarrut1 avocat gnral la ,cour de cassation4 ,dans la liste des arguments1 d'ailleurs peu varis1 que l'on a fait valoir devant la ,commission en faveur du latin1 il en est un que sa bizarrerie mrite de sauver de l'oubli4 ,son auteur est un professeur1 ,m4 ,boudhors1 qui a dcouvert que dans la littrature latine nous avons une littrature rpublicaine que nous ne retrouverons pas ailleurs4 ,l'antiquit grecque et latine reprsente1 dans l'opinion de ce brave universitaire1 des citoyens libres dans des pays libres#aag4 ,note #aag3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #adj4 ,on s'tonne de voir des ides aussi vieillottes et aussi fausses rpandues encore dans l',universit4 ,est-il vraiment ncessaire de les rfuter8 ,toutes ces rpubliques antiques n'taient que de petites oligarchies o des familles aristocratiques rgnaient souverainement sur une vile multitude1 et rien n'tait moins dmocratique qu'un tel rgime1 pas plus au temps de ,caton qu'au temps de ,csar ou celui des rpubliques grecques4 ,les luttes de ,cicron1 ,catilina1 etc41 n'taient pas des luttes de principes1 comme celles qui nous divisent aujourd'hui1 mais des rivalits d'ambition personnelle4 ,quant la prtendue libert des rpubliques grecques1 il faut avoir aussi peu pntr les choses de l'histoire que le font beaucoup d'historiens pour croire la libert de la ,grce antique et la vanter4 ,jamais divinit tyrannique ne tint ses adorateurs plus profondment plis sous son joug que ne le furent les peuples les plus civiliss de l'antiquit grecque et latine sous la main de fer de la coutume4 ,l'tat1 c'est--dire le faisceau de lois1 de traditions et d'usages dont il se constituait le gardien1 tait tout1 et l'individu rien4 ,aucune puissance n'et pu sauver le tmraire assez audacieux pour essayer de toucher ce dpt sacr4 ,et-il possd la sagesse de ,socrate1 le peuple entier se serait dress immdiatement contre lui4 ,l'empire des morts sur les vivants tait alors tout-puissant4 ,de ce que nous nommons la libert1 l'homme n'avait pas mme l'ide4 ,que les gouvernements s'appelassent aristocratie1 monarchie1 dmocratie1 aucun d'eux ne tolrait la libert individuelle1 et il est facile de comprendre qu'avec l'troite solidarit ncessaire aux nations qui voulaient rester puissantes1 nul ne pouvait la tolrer4 ,l'antiquit grecque ne connut ni la libert politique1 ni la libert religieuse1 ni la libert de la vie prive1 ni celle des opinions1 ni celle de l'ducation1 ni libert d'aucune sorte4 ,rien dans l'homme1 ni le corps1 ni l'me1 n'tait indpendant4 ,il appartenait tout entier l'tat1 qui pouvait toujours disposer de sa personne et de ses biens son gr4 ,dans ces ges antiques1 qu'on nous offre encore pour modles1 il n'tait pas permis au pre d'avoir un enfant difforme2 et1 s'il lui en naissait un contrefait1 cet enfant devait mourir4 ,a ,sparte1 l'tat dirigeait l'ducation1 sur laquelle le pre n'avait aucun droit4 ,la loi athnienne ne permettait pas au citoyen de vivre l'cart des assembles et de ne pas tre magistrat son tour4 ,quant la libert religieuse elle ne fut jamais rclame4 ,il venait fort rarement un ,athnien l'ide de douter des dieux de la cit4 ,socrate paya de sa vie un tel doute4 ,la loi punissait svrement quiconque se ft abstenu de clbrer religieusement une fte nationale4 ,l'tat interdisait mme l'homme les sentiments les plus naturels et n'autorisait chez lui qu'une sorte d'immense gosme collectif4 ,les ,spartiates ayant prouv une dfaite ,leuctres1 les mres des morts durent se montrer en public avec un visage gai et remercier les dieux1 alors que les mres des vivants devaient montrer de l'affliction4 ,quand ,rousseau admire ce trait1 il montre quel point il ignorait ce que fut1 dans l'antiquit1 la tyrannie de l'tat4 ,la prtendue libert antique dont les disciples de ce philosophe ont fait la base de leur systme politique n'tait que l'assujettissement absolu des citoyens4 ,l',inquisition1 avec ses bchers1 ne constituait pas un rgime plus dur4 ,le seul argument srieux que l'on pouvait invoquer1 jadis1 en faveur de l'ducation grco-latine1 c'est qu'elle avait contribu former les hommes minents des derniers sicles4 ,a cette poque1 elle reprsentait1 en effet1 l'encyclopdie des connaissances humaines4 ,la ,bible et les ouvrages grecs et latins constituaient peu prs les seules sources de connaissances auxquelles on pouvait puiser4 ,mais1 aujourd'hui1 le monde a entirement chang1 et les livres qui ont instruit tant de gnrations ne reprsentent plus gure que des documents historiques bons occuper les loisirs de quelques rudits4 ,du reste le fameux argument du trsor d'ides gnrales1 donn par l'ducation grco-latine1 n'a pas trop t invoqu devant la ,commission4 ,on s'est souvenu d'une confrence clbre de ,m4 ,jules ,lematre1 qui fut professeur avant d'tre acadmicien4 ,j'en reproduis quelques passages pouvant servir de conclusion ce qui prcde4 ,et qu'est-ce donc enfin que ce fameux trsor d'ides gnrales1 d'ides ducatrices1 dont les littratures grecque et latine auraient le monopole8 ,ne parlons pas du grec qui1 mme dans l'enseignement suprieur1 n'est trs bien su que de quelques spcialistes4 ,ce trsor1 prtendu unique et irremplaable1 ce sont quelques pages de ,lucrce1 dont le principal intrt est d'tre vaguement darwiniennes2 ce sont1 dans ,virgile1 quelques morceaux des ,gorgiques1 qui ne valent pas tels passages de ,lamartine ou de ,michelet1 et les amours de ,didon1 qui ne valent pas les amours raciniennes d',hermione ou de ,roxane2 ce sont les chapitres de ,tacite sur ,nron2 c'est1 dans les ptres d',horace1 la sagesse de ,branger et de ,sarcey2 c'est le spiritualisme dj cousinien des compilations philosophiques de ,cicron2 c'est le stocisme thtral des lettres et des traits de ,snque2 et c'est enfin la rhtorique savante1 mais presque toujours ennuyeuse1 de ,tite-,live et du ,conciones4 ,rien de plus1 en vrit4 ,or1 cela se trouve tout entier ramass dans ,montaigne1 et tout entier rpandu dans les crivains du ,x,v,i,ie sicle1 o nous n'avons qu' l'aller prendre4 ,non1 je le sens bien1 ce n'est pas aux ,grecs ni aux ,romains que je dois la formation de mon coeur et de mon esprit4 ,si donc le bnfice que j'ai pu retirer du latin m'chappe1 moi qui l'ai trs bien su il y a vingt-cinq ans1 de quel profit peut-il tre pour les neuf diximes de nos collgiens1 qui ont encore l'air de l'apprendre1 mais qui ne le savent pas et ne peuvent pas le savoir#aah8 ,note #aah3 ,j4 ,lemaire4 ,en admettant mme que les ouvrages latins contiennent un trsor d'ides gnrales1 il semble vident que pour le dcouvrir on devrait au moins les lire4 ,un document officiel va nous dire ce que les lves ont lu de livres classiques1 aprs sept ans d'tudes4 ,si toutes les pages de grec1 de latin1 de franais1 qui ont t lues et expliques1 dans un cours d'tudes1 taient rassembles1 on n'en ferait pas toujours un volume de l'paisseur du doigt4 7,instructions du ,ministre de l',instruction publique de #ahij1 p4 #bc47 ,je n'ai gure parl que du latin dans les pages qui prcdent4 ,il serait sans intrt de s'appesantir sur la question du grec1 qui a t peu prs entirement abandonn devant la ,commission4 ,on a reconnu que les notions qu'en possdent les lves sont presque totalement nulles et ne dpassent gure la connaissance de l'alphabet et la conjugaison de quelques verbes4 ,les professeurs ne paraissent pas1 eux-mmes1 bien ferrs sur la langue qu'ils enseignent4 ,m4 ,brunot1 matre de confrences la ,sorbonne1 a donn d'intressants documents sur ce point4 ,je puis vous dire qu' l'agrgation1 o nous avons institu1 depuis plusieurs annes1 des preuves improvises1 il est impossible de proposer nos futurs agrgs autre chose que certains textes trs faciles4 ,cette anne mme1 nous avons discut la question de mettre l'agrgation1 comme texte improvis1 de l',homre4 ,eh bien1 ce n'est pas possible#aai4 ,note #aai3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cfg4 ,brunot1 matre de confrences la ,sorbonne4 ,dans ces conditions1 l'enseignement du grec ne devrait donc pas tre conserv1 mon avis1 comme obligatoire mme dans l'enseignement classique ancien1 si ce n'est pour les jeunes gens ou les familles qui dsirent avoir cette culture spciale et qui ont un got suffisant pour s'y adonner de bonne volont#abj4 ,note #abj3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bd4 ,berthelot1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,en ,allemagne1 la question de l'ducation classique1 si suprieure pourtant la ntre1 a soulev aussi de violentes discussions4 ,dans une ,commission spciale runie ,berlin en #ahij1 l'empereur a prononc un vhment rquisitoire contre l'ducation grco-latine4 ,mais le tout-puissant csar ne put triompher entirement de l'opposition des ,universits et l'enseignement du grec et du latin n'a pas t modifi4 ,cependant1 comme le dit justement ,m4 ,lichtenberger1 ex-professeur d'allemand l',universit de ,nancy1 l'humanisme apparat l',allemagne moderne comme le culte strile d'un pass mort tout jamais1 d'un idal de beaut prim1 comme une religion dchue1 bonne tout au plus pour quelques attards et quelques dlicats1 mais sans action sur l'homme contemporain qui doit tre form en vue de l'action4 #b4--,l',,opinion ,,des ,,familles ,,sur ,l',,enseignement ,,du ,,grec ,,et ,,du ,,latin4 ,il ressort clairement de ce qui prcde que l'enseignement du grec et du latin quivaut une perte totale de temps4 ,ces langues sont dpourvues--d'aprs l'opinion des savants les plus autoriss--de toute utilit et1 alors mme qu'elles seraient utiles1 cela n'aurait aucun intrt1 puisque l',universit est oblige de se reconnatre incapable de les enseigner ses lves4 ,il est donc vident que les heures ainsi perdues pourraient tre consacres apprendre de trs utiles choses1 les langues modernes1 par exemple4 ,en conclurons-nous qu'une chance quelconque existe pour que l'enseignement du grec et du latin disparaisse des lyces8 ,en aucune faon4 ,devant cette rforme1 nous trouverions encore ce mur solide des facteurs moraux que nous avons dj rencontr plusieurs fois4 ,il est constitu ici par la volont des parents1 toute-puissante en ces matires4 ,le bourgeois franais est essentiellement conservateur1 et d'autant plus conservateur qu'il raisonne gnralement assez mal4 ,ses pres ont appris le latin1 lui-mme l'a appris1 ses fils doivent1 par consquent1 l'apprendre4 ,il est d'ailleurs persuad que la connaissance de cette langue confre une sorte de noblesse ses enfants et les fait entrer dans une caste spciale4 ,l'enqute va nous clairer ce sujet2 c'est une des rares questions sur lesquelles elle nous ait rvl des faits peu connus4 ,nous avons t frapps de l'unanimit des pres de famille demander le maintien de l'enseignement classique complet4 ,pour le grec seulement1 il y a eu quelques exceptions1 d'ailleurs trs rares4 ,mais1 part ce point particulier1 ces hommes1 qui sont dans des conditions de vie et de carrires trs diffrentes1 se sont tous prononcs avec ensemble et nergie pour le maintien des tudes classiques#aba4 ,note #aba3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #eee4 ,keller1 vice-prsident de la ,socit gnrale d'ducation4 ,la raison fondamentale qui a pouss tant de jeunes gens vers les carrires dites librales1 et vers l'enseignement grco-latin1 c'est une raison de vanit4 ,c'est par vanit pure que bien des pres de famille se sont obstins jusqu'ici demander pour leurs enfants 7quelles que fussent les aptitudes de ceux-ci7 l'enseignement secondaire classique4 ,une partie de notre bourgeoisie franaise et cru signer sa dchance1 si elle n'avait pas oblig ses enfants1 quelque mdiocres qu'ils fussent parfois1 apprendre le grec et le latin4 ,si les ,allemands ont plus de got que nous pour la vie conomique moderne1 s'ils n'ont pas les mmes superstitions vaniteuses en ce qui concerne les carrires industrielles et commerciales1 cela tient en grande partie ce que la bourgeoisie est en ,allemagne une classe rcente4 ,elle plonge ses racines immdiates dans le monde des industriels1 des marchands1 des boutiquiers4 ,et c'est aussi pour cela que les mres allemandes retiennent moins leurs enfants que les mres franaises1 les poussent beaucoup moins faire du latin ou du grec et rechercher les carrires et les positions tranquilles#abb4 ,note #abb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dci4 ,blondel1 ancien professeur la ,facult de ,droit de ,lyon4 ,je voudrais conserver le latin3 les familles y tiennent beaucoup plus qu'on ne croit1 tellement qu'on appelle encore1 j'hsite le dire1 l'enseignement moderne l'enseignement des piciers4 ,l'opinion courante inflige l'enseignement moderne un caractre de dchance1 d'amoindrissement qu'il vaudrait mieux viter pour beaucoup d'enfants qui ne sont pas faits pour les tudes littraires vritables et qui cependant mriteraient de ne pas tre mis dans la catgorie des piciers4 ,les enfants eux-mmes tiennent au latin pour une raison qui est un enfantillage1 mais d'une influence relle lorsqu'ils commencent leurs tudes3 c'est que les filles n'en font pas4 ,pour un garon de dix ans1 apprendre le latin1 c'est comme s'il mettait sa premire culotte4 ,ils sont fiers quand ils rentrent la maison3 leurs soeurs ne savent pas le latin1 ne le sauront jamais2 elles apprennent la physique1 la chimie1 la littrature2 elles en sauront autant que leurs frres et leurs maris3 mais elles n'ont pas appris le latin et les garons ont le sentiment de cette supriorit4 ,si donc on veut avoir un enseignement autre que l'enseignement classique complet1 qui runisse la grande majorit des enfants de ,france1 il y faut garder le latin#abc4 ,note #abc3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cjg4 ,girodon1 fondateur de l'cole ,fnelon4 ,il faut tenir compte des prjugs1 si puissants et si tenaces en ,france1 et de la vanit des familles4 ,trop souvent1 on place des enfants dans les lyces ou dans les collges1 non par suite d'un choix judicieux et rflchi1 mais par vanit et par amour-propre2 on tient1 avant tout1 ce que les enfants fassent leurs tudes classiques#abd4 ,note #abd3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #eac4 ,jacquemart1 inspecteur de l'enseignement technique4 ,a ,marseille1 en #ahfa ou #ahfc1 il y avait dj--c'tait alors une nouveaut due ,m4 ,fortoul ou ,m4 ,rouland--un enseignement commercial qui durait normalement cinq ans4 ,il n'a jamais fait fortune1 quoiqu'il et d'excellents professeurs4 ,mme dans une ville comme ,marseille1 le moindre bourgeois1 le moindre ngociant voulait que son fils1 puisqu'il y avait des bacheliers latins1 ft bachelier en latin comme celui du plus gros ngociant4 ,si nous dracinions la passion galitaire du corps des trente-huit millions de ,franais1 nous arriverions peut-tre quelque chose sur ce point#abe4 ,note #abe3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ahf4 ,brunetire1 matre de confrences l'cole ,normale suprieure4 ,il y a une maladie gnrale de la bourgeoisie qui domine en quelque sorte la question et l'empche d'aboutir4 ,nos classes bourgeoises ont une tendance fatale et invtre1 qui survit tous les rgimes1 vouloir se sparer rapidement du peuple et organiser pour elles-mmes une ducation de caste4 ,si l'on veut bien y rflchir1 notre enseignement secondaire est prcisment cette ducation de caste4 ,tel que nous le comprenons l'heure actuelle1 il n'est pas le complment de l'enseignement primaire1 il n'est pas non plus l'panouissement1 par slection1 de cet enseignement primaire1 il est autre chose1 il est un enseignement qui se juxtapose au prcdent1 qui ne le continue pas1 et qui tablit1 d'un ct un enseignement pour le peuple1 de l'autre un enseignement pour les riches1 auxquels vient se joindre l'lite populaire1 dont nous ne devons pas tenir compte1 pour cette raison qu'elle prend tous les dfauts ou toutes les qualits de la classe dite bourgeoise ou dite riche#abf4 ,note #abf3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dhi4 ,henry ,brenger1 publiciste4 ,le prjug des familles est d'ailleurs partag par les grandes administrations publiques4 ,m4 ,goblet en a donn une bien amusante preuve devant la ,commission4 ,en mme temps nous donnions cet enseignement ainsi transform les premires sanctions qui devaient y attirer les familles1 en ouvrant son baccalaurat l'accs de certaines grandes coles et de certaines administrations de l'tat4 ,je me souviens ce sujet que1 si j'obtins facilement des ministres de la ,guerre et de la ,marine que le baccalaurat du nouvel enseignement ft reu pour l'entre aux coles ,polytechnique et de ,saint-,cyr et l'cole navale1 il me fut impossible d'avoir l'adhsion de certaines administrations financires1 comme les contributions directes et l'enregistrement1 les honorables reprsentants de ces administrations soutenant qu'une des principales obligations de leurs agents tait de savoir rdiger un rapport et que la connaissance du grec et du latin y tait ncessaire#abg4 ,note #abg3 ,enqute t4 ,,ii1 p4 #ffb4 ,ren ,goblet1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,on ne saisit pas du tout l'influence que pourraient exercer quelques notions de grec et de latin sur les rapports que sont appels crire de modestes bureaucrates1 mais on saisit trs bien1 et ceci justifie ce que j'ai voulu dmontrer1 que1 devant des prjugs aussi tenaces1 les rformes srieuses sont totalement impossibles4 ,la force du latin rside1 on le voit1 dans le prestige qu'il exerce sur une foule de braves gens dont beaucoup n'en ont d'ailleurs jamais retenu un seul mot4 ,la corporation des piciers tient cette langue en haute estime et veut absolument que ses fils la connaissent4 ,c'est dans les ,chambres de ,commerce que l'ducation classique a rencontr le plus de dfenseurs4 ,ce fait a frapp le ,prsident de la ,commission d'enqute et il a eu soin de le noter dans son rapport4 ,c'est un fait noter qu'en dehors de l',universit1 qui lui reste profondment attache1 l'enseignement classique a partout des dfenseurs convaincus4 ,les ,chambres de commerce des grandes villes se sont nergiquement prononces en sa faveur#abh4 ,note #abh3 ,enqute1 ,ribot1 ,rapport gnral1 t4 ,,iv1 p4 #bc4 #c4--,l',,enseignement ,,du ,,grec ,,et ,,du ,,latin ,,avec ,,les ,,pr,,jug,s ,,actuels4 ,concilier les prjugs des parents avec la ncessit de substituer l'enseignement de choses utiles celui du grec et du latin semble un problme difficile4 ,il n'est pas cependant insoluble4 ,chez les peuples latins1 la forme l'emportant toujours de beaucoup sur le fond1 il suffit de conserver les faades pour satisfaire l'opinion4 ,conservons donc la faade grco-latine afin de respecter les prjugs1 mais changeons ce qui est derrire4 ,gardons le mot et supprimons presque entirement la chose4 ,en consacrant une heure par semaine l'tude du grec et du latin1 on arriverait concilier les intrts opposs et en apparence irrductibles que je viens de signaler4 ,et il ne faudrait pas supposer qu'avec cette heure unique de grec et de latin par semaine les lves en sauront moins qu'aujourd'hui4 ,un enseignement intelligent leur apprendra plus1 au contraire1 que ne savent les lves actuels et mme le plus savant des bacheliers six mois aprs son examen4 ,au lieu de consacrer cette heure de grec et de latin par semaine l'explication de chinoiseries grammaticales destines tre immdiatement oublies1 comme cela se fait actuellement1 nous la consacrerons apprendre les citations latines les plus courantes1 quelques racines grecques et lire des traductions interlinaires de quelques auteurs trs faciles4 ,nous aurons ainsi conomis un nombre immense d'heures qui pourra tre employ enseigner une foule de choses utiles3 langues vivantes1 sciences1 dessin1 etc4 ,du nombre norme d'heures ainsi gagnes1 quelques-unes pourront tre utilises pour faire lire dans des traductions franaises les principaux auteurs grecs et latins1 dont actuellement1 aprs sept ou huit ans d'ducation grco-latine1 les lves n'ont traduit pniblement que de vagues fragments4 ,malgr ce que cet enseignement peut avoir de superficiel en apparence1 je suis persuad que les lves qui l'auraient reu connatraient beaucoup mieux l'antiquit grco-latine que les bacheliers actuels4 ,l'enseignement de l'antiquit par la lecture de traductions#abi aurait en plus l'avantage d'intresser les lves4 ,au lieu d'avoir ,virgile et ,homre en horreur1 ils les liraient avec intrt1 car l'nide et l',iliade sont de vrais romans4 ,ce qui rend ces livres si antipathiques aux coliers1 c'est l'ennui d'en traduire des fragments coups de dictionnaire4 ,note #abi3 ,il y en a d'excellentes #j fr4 #be le volume4 ,le prix d'une bibliothque des anciens auteurs trs suffisante ne dpasserait gure #aj francs4 ,intressez les lves1 intressez-les tout prix3 c'est1 comme je l'ai dit1 l'ennui1 qu'on n'a pas su viter dans les tudes grecques et latines1 qui est1 en grande partie1 la cause de la dcadence de ces tudes4 ,c'est l'enseignement du grec et du latin qui s'est tu lui-mme4 ,si l'on continue dans cette voie1 le suicide sera complet2 le latin et le grec succomberont au discrdit gnral o ils seront tombs devant le monde1 devant les lves et devant un certain nombre de professeurs mme#acj4 ,note #acj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #aig4 ,belot1 professeur de philosophie au lyce ,louis-le-,grand4 ,quant l'tude des principales citations latines1 dont il existe plusieurs recueils1 et de quelques racines grecques et latines1 c'est l'unique moyen de conserver du grec et du latin ce qui peut avoir quelque ombre d'utilit1 non seulement au point de vue des tymologies1 mais surtout pour ne pas paratre ignorer des choses que connaissent nos contemporains instruits4 ,quoi de plus facile que de loger dans la mmoire toute neuve de nos lves un certain nombre de racines grecques et latines8 ,j'ai constat que les miens se prtent volontiers cet exercice4 ,je leur mets entre les mains un vocabulaire de deux cents mots ou radicaux grecs et latins1 quelque chose comme notre ancien ,jardin des racines grecques2 ils l'apprennent petites doses sans la moindre difficult et il suffit amplement tous leurs besoins prsents et futurs#aca4 ,note #aca3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #die4 ,maldidier1 professeur agrg l',universit4 ,j'ai t fort heureux de voir un universitaire distingu1 ,m4 ,torau ,beyle#acb1 adopter peu prs la mme conclusion que moi en ce qui concerne le temps consacrer l'tude du grec et du latin4 ,il propose1 lui aussi1 de les enseigner seulement pendant une heure par semaine titre de cours supplmentaire4 ,c'est peu prs le temps accord aujourd'hui l'escrime et la danse4 ,note #acb3 ,revue ,politique et ,parlementaire1 #aj mai #ahii4 ,un partisan convaincu des tudes grco-latines1 ,m4 ,hanotaux1 est arriv par une autre voie des conclusions analogues4 ,dans un article que publia le ,journal en faveur de l'enseignement du latin1 il formulait le souhait que tout jeune ,franais cultiv puisse comprendre l',epitome ,histori ,grc et le ,select4 ,je n'y dcouvre aucune utilit1 mais je n'y vois non plus aucun inconvnient1 attendu qu'un tel souhait est d'une ralisation extrmement facile4 ,cette lecture1 par les mthodes que j'indiquerai dans un autre chapitre1 ne demanderait pas au dernier lve d'une cole primaire plus d'un mois de travail#acc4 ,note #acc3 ,pour les personnes qui voudraient pousser plus loin l'tude du latin1 je signalerai le volume de ,m4 le professeur ,bzard1 dj auteur d'un livre sur la mthode littraire4 ,dans son nouvel ouvrage1 ,comment apprendre le latin1 l'auteur1 aprs avoir montr la pauvret des mthodes actuelles1 essaie d'unifier et de simplifier un peu cet enseignement4 ,au risque de sembler paradoxal1 j'ajouterai aux observations qui prcdent qu'il y aurait un grand intrt psychologique introduire le grec et le latin la dose que j'ai dite--une heure environ par semaine--dans l'enseignement primaire4 ,ce serait le seul moyen de faire perdre ces deux langues le prestige mystrieux qu'elles exercent encore dans l'esprit de la bourgeoisie actuelle4 ,quand l'on constatera que de jeunes maons ou des apprentis cordonniers peuvent hardiment citer propos une douzaine de citations latines1 personne ne se figurera plus que la connaissance de quelques mots de cette langue confre une sorte de noblesse4 ,son prestige s'vanouira alors trs vite4 ,ce sera comme si la plupart des ouvriers recevaient les palmes acadmiques en rcompense de leurs services4 ,les classes dites dirigeantes n'en voudraient bientt plus4 ,je n'imagine pas assurment que des rformes aussi simples aient la moindre chance d'tre jamais acceptes en ,france4 ,les grandes rformes imposes coups de dcrets seules nous tentent4 ,elles n'ont pourtant d'autres rsultats que de produire des rvolutions apparentes qui rendent impossible aucune volution4 ,,chapitre ,,iv ,la question du baccalaurat et du certificat d'tudes4 #a4--,,la ,r,,forme ,,du ,,baccalaur,,at4 ,les rsultats dsastreux de l'enseignement classique ayant t reconnus par la presque totalit des universitaires qui ont dpos devant la ,commission d'enqute1 ces derniers se sont naturellement demand comment y remdier4 ,avec cette logique simpliste si rpandue chez les ,latins1 ils ont vite dcouvert la cause secrte du mal1 le bouc missaire qu'il fallait charger des crimes d',isral4 ,le coupable1 c'tait le baccalaurat6 ,et avec ce radicalisme nergique1 produit ncessaire des raisonnements simplistes1 le remde a t immdiatement signal4 ,le baccalaurat tant la cause vidente de tout le mal1 il n'y avait qu' le supprimer4 ,sans perdre de temps1 un projet de loi fut dpos dans ce sens au ,snat4 ,supprimer est1 bien entendu1 une faon de parler4 ,l'esprit latin n'hsite jamais demander des rformes radicales1 mais tant dot1 de par son hrdit1 d'un conservatisme extrmement tenace1 il concilie ces deux tendances contraires en se bornant changer simplement les mots sans toucher aux choses4 ,l'infortun baccalaurat a suscit un intressant exemple de cette mentalit spciale4 ,aprs avoir propos de le supprimer1 on propose immdiatement1--et cela dans le mme projet de loi1--de le rtablir sous un autre nom4 ,il ne s'appellera plus baccalaurat1 il s'appellera certificat d'tudes1 l'imitation de ce qui se passe en ,allemagne et1 de cette faon1 notre enseignement classique vaudra videmment celui des ,allemands4 ,rien n'est1 comme on le voit1 plus simple4 ,une chose tout fait remarquable et digne d'tre offerte aux mditations des psychologues1 c'est que personne n'ait souponn1 ou du moins n'ait dit1 que les parchemins sur lesquels on aura remplac le mot baccalaurat par certificat d'tudes ne sauraient en aucune faon possder la vertu de modifier les mthodes qui rendent notre enseignement infrieur ce qu'il est chez la plupart des peuples4 ,sans doute1 on nous prvient que ce nouveau baccalaurat1 qualifi de certificat d'tudes1 sera prcd de sept huit baccalaurats spciaux1 dits examens de passage1 que l'lve sera oblig de subir devant un jury la fin de chaque anne scolaire4 ,j'ai dj montr1 dans un autre chapitre1 l'enfantillage d'un tel projet de rforme4 ,si les rsultats taient les mmes qu' l'examen final du baccalaurat actuel--et pourquoi seraient-ils diffrents--la moiti seulement des lves serait reue4 ,les lyces perdraient donc d'un seul coup la moiti de leurs lves et leur budget1 qui prsente dj des dficits normes1 serait si onreux pour l'tat que les professeurs arriveraient vite recevoir tous les candidats4 ,les choses redeviendraient donc exactement ce qu'elles sont aujourd'hui4 ,nous sommes loin de penser cependant que la campagne entreprise contre le baccalaurat ait t inutile4 ,elle a contribu montrer aux moins clairvoyants ce que valent nos tudes classiques et c'est pourquoi nous n'avons pas jug superflu de consacrer un chapitre la question4 ,les examens du baccalaurat ont mis en vidence la pauvret des rsultats produits par les tudes classiques4 ,ce baccalaurat si incrimin n'est en ralit qu'un effet et nullement une cause4 ,qu'on le maintienne ou qu'on le supprime1 ou encore qu'on change son nom1 cela ne changera en aucune faon les mthodes universitaires4 ,s'il est remplac par un certificat obtenu aprs un examen pass dans l'intrieur du lyce1 le seul avantage sera de dispenser les professeurs de faire constater au public l'ignorance des lves qu'ils ont forms4 #b4--,l',,opinion ,,des ,,universitaires ,,sur ,,le ,,baccalaur,,at ,bien que1 de toute vidence1 le baccalaurat ne soit pour rien dans l'tat actuel de notre enseignement classique1 la campagne mene contre lui a t des plus violentes et la violence s'est accentue chez les crateurs mmes des programmes actuels1 tels que ,m4 ,lavisse4 ,ne pouvant s'en prendre leurs mthodes et leurs programmes1 ce qui et t s'en prendre eux-mmes1 les universitaires accusent le baccalaurat et aucune injure ne lui est pargne4 ,m4 ,lavisse le qualifie de malfaiteur4 ,je suis l'ennemi convaincu du baccalaurat1 que je considre--passez-moi le mot violent--comme un malfaiteur#acd4 ,note #acd3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dj4 ,lavisse1 professeur la ,sorbonne4 ,est-il bien certain que ce soit le diplme qui mrite une qualification aussi svre8 ,j'en doute un peu4 ,le mme ,m4 ,lavisse a expliqu dans une confrence publique les origines des programmes actuels du baccalaurat4 ,du baccalaurat1 rgulateur des tudes1 le programme a t rdig1 ,paris1 par des hommes trs comptents1 trs mrs1 trop comptents1 trop mrs3 je suis un de ces messieurs4 ,nous l'avons dduit de conceptions coutumires1 qui peuvent avoir vieilli1 comme nous-mmes1 sans que nous le sachions4 ,ce programme1 nous le modifions assez souvent1 il est vrai1 preuve que nous ne sommes jamais tout fait contents1 et cette inquitude nous est une circonstance attnuante4 ,mais travers toutes les modifications1 nous gardons des principes fixes3 celui-ci1 que l'ducation qui a form des hommes comme nous1 est la meilleure de toutes videmment et que nous en devons le bnfice aux gnrations futures2 celui-ci encore1 qu'il faut que tout colier sache toutes choses un moment donn3 le grec1 le latin1 le franais1 une langue trangre1 l'histoire1 la gographie1 la philosophie1 les mathmatiques1 la physique1 la chimie1 l'histoire naturelle1 l'astronomie1 tout en un mot1 et quelques autres choses encore#ace4 ,note #ace3 ,lavisse4 ,confrence sur le baccalaurat4 ,en rsum1 l'lve est cens savoir par coeur une ,encyclopdie complte4 ,comme il ne peut videmment en retenir qu'une faible partie1 l'examen est pour lui uniquement une question de chance4 ,c'est ce que nous montre trs bien ,m4 ,lavisse4 ,aprs avoir constat que la faon dont on fait passer l'examen est scandaleuse1 il ajoute3 ,bien que je puisse affirmer1 que les jurys ont1 en somme1 des habitudes de large indulgence1--si large qu'tre bachelier cela ne signifie peu prs rien1--il est certain que1 dans l'examen oral comme dans l'examen crit1 des juges cotent plus haut et d'autres plus bas4 ,ici encore1 un candidat peut tre refus salle ,a1 qui aurait t reu en face1 salle ,b4 ,c'est le palier qui fait la diffrence4 ,les personnes qui ont dpos devant la ,commission d'enqute ne se sont pas d'ailleurs montres beaucoup plus indulgentes1 bien que n'ayant en aucune faon particip la confection des programmes4 ,voici quelques extraits de leurs dpositions4 ,le gros vnement que j'aperois dans le baccalaurat1 c'est que cet examen donne1 non pas le maximum de la constatation des efforts faits par l'enfant1 mais tout au contraire un minimum accidentel1 tir en quelque sorte la loterie1 sur deux ou trois points dtermins4 ,la part de chance y est tout fait excessive#acf4 ,note #acf3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fgf4 ,r4 ,poincar1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,bien entendu les lves sont fixs sur ce point et ont recours tous les moyens capables de fixer la chance4 ,recommandations par des gens influents1 sans parler de la fraude4 ,dois-je ajouter1 enfin qu'un trop grand nombre de candidats ont recours la fraude8 ,certainement l'examen1 comme il est pratiqu1 est dmoralisateur#acg4 ,note #acg3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dj4 ,lavisse1 professeur la ,sorbonne4 ,ce que les lves tudient spcialement1 ce sont les rponses chres au professeur4 ,devant tel examinateur1 on doit assurer que ,marat tait un grand homme1 et devant tel autre examinateur dclarer qu'il n'tait qu'un immonde gredin4 ,toute erreur de doctrine est fatale au candidat4 ,il y a des candidats qui tudient surtout les examinateurs1 qui relvent les questions poses par tel ou tel1 rptes d'annes en annes1 et qui ne se prparent que pour ces questions4 ,un professeur de ,facult voulait toujours qu'on lui parlt des cinq priodes du gnie de ,corneille2 les lves connaissaient sa petite faiblesse et1 forms par leurs professeurs1 ils apprenaient les cinq priodes du gnie de ,corneille4 ,un jour1 le professeur tait absent et remplac par son supplant4 ,un pauvre candidat croyant avoir affaire l'homme aux cinq priodes1 rpondit cette question3 ,que savez-vous de ,corneille83 ,on distingue cinq priodes4 ,mais l'examinateur lui dit3 ,vous vous trompez1 je ne suis pas ,m4 ,x444#ach4 ,note #ach3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #bfb4 ,pasquier1 recteur ,angers4 ,les questions poses par les professeurs sont parfois invraisemblables et dnotent de leur part une mentalit dconcertante4 ,il semble que leur principale proccupation ne soit par des rechercher ce que sait l'lve1 mais bien de l'embarrasser4 ,voici quelques-unes des questions poses dans diverses facults et cites devant la ,commission d'enqute4 ,quelles sont1 en ,france1 les terres propres la culture des asperges8 ,quelles sont les vertus curatives des eaux minrales de ,france8 ,pourriez-vous dire quelles ont t les rformes faites par l'lecteur de ,bavire au ,x,v,i,i,ie sicle#aci8 ,note #aci3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #efa4 ,malet1 professeur au lyce ,voltaire4 ,est-il beaucoup de membres de l',institut--en dehors de quelques spcialistes--capables de rpondre ces questions8 ,la seule rgle qui guide rellement les examinateurs est d'arriver une certaine moyenne constante de refuss et d'admis4 ,ils maintiennent soigneusement la proportion de #ej d'admis1 d'aprs la statistique prsente par ,m4 ,buisson la ,commission#adj4 ,la rgularit annuelle de ce chiffre indique la proccupation des examinateurs4 ,ils iraient plus vite et les rsultats seraient absolument les mmes si la rception des candidats tait tire simplement pile ou face4 ,note #adj3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dch4 ,malgr le hasard qui prside la rception des candidats1 les examinateurs ne cessent de se plaindre de leur insuffisance4 ,a les entendre1 la trs immense majorit des lves ne se composerait que de misrables crtins4 ,voici quelques extraits de dolances prsentes devant la ,commission4 ,les juges du baccalaurat1 les professeurs des ,facults de droit1 ne cessent de se plaindre de l'ignorance surprenante des jeunes gens4 ,un rapport rcent1 adopt l'unanimit par la ,facult de droit de ,grenoble1 rpond que ce qu'il faudrait apprendre aux tudiants en droit1 c'est le franais1 le latin1 l'histoire et la philosophie1 que1 pour la plupart d'entre eux1 l'enseignement secondaire serait refaire tout entier#ada4 ,note #ada3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #abd4 ,berns1 professeur au lyce ,lakanal4 ,la majorit des candidats au baccalaurat possde peu de notions prcises4 ,si l'on n'y mettait une complaisance parfois excessive1 la plupart des jeunes gens ne recevraient pas leur diplme de bachelier4 ,voil la vrit sur cet examen encyclopdique#adb4 ,note #adb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fbe4 ,grandeau1 reprsentant de la ,socit nationale d'encouragement l'agriculture4 ,le baccalaurat sera toujours un dtestable psychomtre3 il prend la mesure non des esprits1 mais des mmoires2 non de la force intellectuelle acquise1 mais des connaissances emmagasines4 ,il mesure des quantits plus qu'il n'est apte apprcier les qualits#adc4 ,note #adc3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #edj4 ,bertrand1 ancien professeur l'cole ,polytechnique4 ,plus le baccalaurat se complique et se hrisse1 plus les bacheliers sont mdiocres1 plus nous sommes obligs de leur verser flots l'indulgence et la piti#add4 ,note #add3 ,le ,baccalaurat et les tudes classiques1 in-#ah1 par ,gebhart1 professeur la ,sorbonne4 ,je ne suis pas bien sr que ce ne soient pas les professeurs qui auraient besoin d'indulgence et de piti1 mais ils n'en mritent gure1 puisqu'ils se montrent si incapables de comprendre quel point la surcharge des programmes est absurde4 ,oui1 sans doute1 plus on charge les programmes plus les bacheliers sont mdiocres1 et en vrit il est surprenant qu'une chose si simple semble incomprhensible aux universitaires4 ,vous grossissez sans cesse l'encyclopdie que les malheureux candidats doivent enfermer dans leur tte4 ,ils ne peuvent donc en retenir que de vagues lambeaux4 tes-vous bien certains qu'en dehors de votre spcialit1 votre ignorance ne soit pas aussi complte--peut-tre mme beaucoup plus--que celle des candidats8 ,ce qui fera longtemps encore la force du baccalaurat c'est1 comme l'tude du latin dont nous parlions tout l'heure1 son prestige aux yeux des familles4 ,elles l'estiment comme une sorte de titre nobiliaire destin sparer leurs fils de la multitude4 ,le ,prsident de la ,commission1 ,m4 ,ribot1 l'a marqu dans les termes suivants3 ,le baccalaurat ainsi compris est un des contreforts du dcret de messidor sur les prsances4 ,il n'est plus une garantie de bonnes tudes1 il est devenu une sorte d'institution sociale1 un procd artificiel qui tend diviser la nation en deux castes1 dont l'une peut prtendre toutes les fonctions publiques et dont l'autre est forme des agriculteurs1 des industriels1 des commerants1 de tous ceux qui vivent de leur travail et en font vivre le pays#ade4 ,note #ade3 ,ribot4 ,rapport gnral1 t4 ,,vi1 p4 #dd4 ,,chapitre ,v ,la question de l'enseignement moderne et de l'enseignement professionnel4 #a4--,l',,enseignement ,,moderne4 ,l'histoire de l'enseignement dit moderne constitue un exemple frappant de l'impossibilit d'accepter les rformes1 les plus simples1 les plus urgentes1 lorsqu'elles ont lutter contre les facteurs moraux--opinions1 prjugs1 etc41--que nous retrouvons chaque page de cet ouvrage4 ,un ministre entreprenant1 ,m4 ,lon ,bourgeois1 avait rv1 il y a quelques annes1 de rformer lui seul et sans bruit notre dtestable ducation classique4 ,a force de tnacit1 nous l'avons vu plus haut1 il obtint d'tablir ct de l'enseignement grco-latin1 un enseignement dit moderne1 que terminait un baccalaurat spcial4 ,le latin et le grec taient remplacs par des langues vivantes et des sciences4 ,les programmes de cet enseignement taient excellents1 la rforme thoriquement parfaite4 ,les rsultats furent pitoyables4 ,ils furent pitoyables parce que la rforme eut contre elle l'opposition sourde de toute l',universit4 ,l'enseignement dit moderne rpondait d'incontestables besoins1 et cependant il vgta misrablement4 ,nous allons en avoir la preuve en lisant quelques extraits des rapports prsents la ,commission4 ,montrons d'abord le but de cette ducation1 tel que l'a rsum un ancien ministre de l',instruction publique1 ,m4 ,berthelot4 ,l'ducation moderne1 si elle tait convenablement dirige1 devrait reposer essentiellement sur l'tude du franais1 des langues modernes et des sciences1 et prparer d'une faon fructueuse aux carrires par lesquelles les citoyens peuvent vivre et servir leur patrie d'une manire indpendante#adf4 ,note #adf3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bb4 ,berthelot4 ,certes1 ce programme tait excellent2 voyons comment l',universit en a tir parti3 ,au lieu de se borner dtruire les dfauts de l'enseignement classique1 on lui a juxtapos un nouvel enseignement fait son image2 une sorte de contrefaon1 de reproduction de second ordre2 on a cr une sorte d',odon ct du ,thtre-,franais4 ,le nouveau venu n'a rien innov1 rien guri4 ,il nous apparat avec les mmes dfauts de son ancien3--mme surcharge des programmes3--on a supprim les langues mortes1 mais on a ajout les langues vivantes1 la lgislation usuelle1 l'conomie politique1 etc41 etc444--,mme systme de classes rigides1 imposant des efforts gaux des esprits ingaux2 mme dchet dans les rsultats2 mme production de non-valeurs#adg4 ,note #adg3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ddi4 ,maneuvrier1 ancien lve de l'cole ,normale ,suprieure4 ,l'enseignement secondaire moderne est de cration toute rcente1 puisqu'il ne date que de sept ou huit annes2 il est encore difficile d'en apprcier les rsultats4 ,mais1 ds maintenant1 il est permis de craindre qu'au point de vue qui nous occupe ces rsultats ne soient pas sensiblement meilleurs que ceux de son frre an4 ,l'enseignement moderne n'est gure autre chose que l'enseignement classique dbarrass du grec et du latin et quelque peu fortifi du ct des sciences et des langues vivantes2 cet enseignement reste toujours et avant tout thorique1 tout ce qui1 dans ses programmes1 pourrait prsenter un caractre pratique tant relgu au second plan#adh4 ,note #adh3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #eab4 ,jacquemart1 inspecteur de l'enseignement4 ,vous rencontrez contre cet enseignement moderne la coalition de tous les classiques4 ,je lisais rcemment dans un livre de ,m4 ,renan3 ,il n'y a pas de gens qu'il soit plus difficile de faire changer d'avis que les pdagogues2 ils tiennent une ide1 il n'y a pas moyen de les en faire revenir4 ,ce sont des gens de parti pris hostiles4 ,il y a ,caen un homme minent1 ,m4 ,zvort1 recteur de l',acadmie4 ,il parlait en ces termes de l'enseignement spcial qui a prcd l'enseignement moderne3 ,a part des exceptions trs peu nombreuses1 recteurs1 inspecteurs d',acadmie1 proviseurs et principaux ne virent1 dans l'enseignement nouveau1 qu'un intrus1 une superftation plutt tolre regret que franchement accepte4 ,les professeurs firent galement dfaut au ministre rformateur2 la situation des matres des cours spciaux1 un peu amliore au point de vue matriel1 continua d'tre amoindrie au point de vue moral1 infrieure celle de leurs collgues de l'enseignement classique4 ,que si ces derniers1 pour complter le total des heures qu'ils devaient l'tat1 taient envoys dans des classes d'enseignement spcial1 leur prsence y tait plus nuisible qu'utile1 tant ils mettaient de mauvaise grce s'acquitter de leur tche1 qu'ils considraient comme la plus humiliante corve4 ,la mme chose se produit actuellement pour l'enseignement moderne4 ,on lui fait la mme guerre4 ,on veut lui rendre toute concurrence impossible4 ,on a voulu tenter un essai loyal1 mais on a fait l'essai le plus dloyal#adi4 ,note #adi3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cjc4 ,houyvet1 premier prsident honoraire4 ,a l'opposition de l',universit est venue se joindre aussi celle des parents4 ,une rforme de notre enseignement secondaire ne sera efficace que si elle se combine avec une rforme de l'esprit public1 de l'esprit qui rgne dans nos familles franaises4 ,nos familles franaises sentent vaguement la ncessit d'une rforme dans l'ducation1 mais elles ne comprennent pas suffisamment ce qu'elles ont faire pour y collaborer4 ,la plupart des parents persistent ambitionner pour leur fils des carrires tranquilles3 carrires du gouvernement1 de la magistrature1 de l'arme1 de l'administration444 carrires o on vite le plus possible les soucis et les tribulations4 ,ils ne se proccupent ni de rendre leurs enfants capables d'affronter par leur valeur personnelle les luttes de la vie1 ni de dvelopper chez eux le sentiment de la responsabilit4 ,et c'est pourquoi nos jeunes gens sont aujourd'hui soutenus beaucoup moins par leur volont propre que par le cadre dans lequel ils sont placs4 ,et ce cadre n'est pas celui qui convient notre socit dmocratique4 ,la principale proccupation des parents1 c'est de maintenir les enfants dans ce cadre le plus qu'ils peuvent1 et de les soustraire aux ncessits de la lutte pour l'existence4 ,ils ne sont pas encourags au travail4 ,c'est aux parents que j'impute la plus grande partie des erreurs actuelles de notre enseignement2 c'est de ce ct qu'il faudrait un grand changement1 c'est aux parents qu'il faut inculquer l'ide d'inspirer aux enfants plus d'ardeur pour le travail1 et de les pousser un peu1 leurs tudes une fois termines1 voyager l'tranger4 ,j'ai conseill moi-mme un certain nombre de jeunes gens des sjours l'tranger2 j'ai t attrist de voir le peu de profit qu'ils en avaient tir4 ,a peine taient-ils arrivs quelque part que leurs parents les pressaient de revenir1 ou bien ils se mettaient la recherche de jeunes gens avec qui ils pouvaient parler franais#aej4 ,note #aej3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ddd4 ,blondet1 ancien professeur la ,facult de droit de ,dijon4 ,l'histoire lamentable de l'essai d'enseignement moderne en ,france prouve mieux que tout autre la justesse de quelques-unes des propositions fondamentales de cet ouvrage et notamment celles-ci3 on ne rforme pas des prjugs coup de dcrets et les programmes n'ont en eux-mmes aucune vertu4 ,il n'y a pas de mauvais programmes avec de bons professeurs et pas de bons programmes avec des matres ignorant l'art d'enseigner4 ,de telles vrits ne sauraient tre considres comme banales1 puisque l',universit ne les a pas encore comprises1 non plus que les auteurs des divers projets de rforme4 ,le mouvement vers les tudes scientifiques auquel nous ne pouvons pas nous rsoudre1 les ,allemands l'ont entrepris depuis longtemps et s'y engagent de plus en plus rsolument chaque jour4 ,je viens de voir dans un journal allemand la toute rcente statistique des gymnases et des coles rales de ,prusse4 ,il y a seize ans1 en #ahhb1 le nombre total des lves recevant l'instruction sans le latin tait de #ab4jjj contre #abj4jjj recevant l'ducation latine et grecque4 ,aujourd'hui1--grce une srie de rformes qui ont consist multiplier les types intermdiaires1 avoir des tablissements trs divers dans lesquels il est fait soit beaucoup1 soit un peu1 soit pas du tout de latin1 les uns avec du grec1 les autres sans--la proportion des lves qui font des tudes secondaires1 classiques ou demi-classiques1 sans grec et sans latin1 sur #aej4jjj lves en tout s'est leve #fe4jjj contre #hf4jjj qui ont gard le type classique traditionnel#aea4 ,note #aea3 ,enqute1 ,m4 ,buisson1 t4 ,i1 p4 #dci4 ,en ,allemagne1 nous l'avons dit1 il y a des tablissements spciaux pour chaque genre d'enseignement1 gymnases1 ralgymnases1 coles rales1 coles techniques2 rien n'est ml et chaque genre d'enseignement a ses sanctions et ses dbouchs propres2 c'est l le secret du succs des ,allemands4 ,en ,france1 au contraire1 on veut ouvrir toutes les carrires tous1 en dpit des diffrences d'instruction et d'ducation1 par consquent de capacit gnrale4 ,les carrires doivent tre sans doute1 accessibles tous1 mais sous de communes conditions de prparation suffisante et d'aptitude suffisante4 ,au lieu de tout confondre et galiser1 les autres pays1 ,allemagne1 ,autriche1 ,angleterre1 tats-,unis1 ,italie1 etc41 distinguent et classent hirarchiquement#aeb4 ,note #aeb3 ,enqute1 ,fouille1 t4 ,i1 p4 #bgf4 ,toutes ces critiques ont t rptes devant la ,chambre des ,dputs1 propos de la discussion de la rforme qui aboutit de si mdiocres rsultats4 ,m4 ,mass s'est exprim de la faon suivante3 ,en dpit des transformations apportes au rgime des lyces et collges1 en dpit des modifications introduites dans nos programmes1 notre enseignement secondaire et suprieur continuera1 comme par le pass1 former uniquement des fonctionnaires1 si vous ne permettez pas l'enseignement primaire et l'enseignement professionnel de le pntrer davantage4 ,plus d'hommes se consacreraient au commerce1 l'industrie1 l'agriculture1 aux colonies1 si les tudes primitives qu'ils ont faites avaient dirig de ce ct leur activit4 ,ils sollicitent des emplois du ,gouvernement parce qu'en dehors des fonctions publiques1 leurs facults resteraient sans emploi4 ,et1 cependant1 dj les fonctions publiques sont encombres1 dj s'accrot chaque jour davantage le nombre de ceux qui constituent ce qu'on a appel le proltariat intellectuel1 c'est--dire le nombre de ces hommes chez lesquels l'instruction a dvelopp des besoins1 des gots1 des aspirations qu'ils sont absolument impuissants satisfaire4 ,si l'enseignement secondaire actuel dtourne du commerce1 de l'agriculture1 de l'industrie1 des colonies1 de tout ce qui constitue la richesse d'un peuple1 l'enseignement secondaire de demain doit poursuivre un but diamtralement oppos2 ses mthodes1 ses programmes1 ses plans d'tudes doivent diffrer4 ,ce qu'il doit avant tout se proposer1 c'est de dvelopper1 en mme temps que la personnalit1 l'esprit d'initiative1 l'nergie et la volont4 ,il est dangereux1 ,messieurs1 de tourner vers un but unique l'activit et les facults de tout un peuple1 alors surtout qu'on sait que ces facults et cette activit resteront fatalement sans emploi4 ,puisse notre systme d'enseignement et d'ducation ne point prparer la ,rpublique des lgions d'oisifs1 de mcontents et de dclasss1 qui1 un jour aussi1 pourraient tourner contre elle leurs facults sans emploi et empcher la ,france de poursuivre le rle glorieux qui doit tre le sien#aec4 ,note #aec3 ,m4 ,mass1 sance du #ac fvrier #aijb2 p4 #fcc de l',officiel4 ,m4 ,leygues1 ministre de l',instruction publique1 a appuy ces conclusions et trs bien montr les consquences de notre enseignement universitaire4 ,le travail de l'ouvrier n'est pas rmunr suffisamment dans bien des cas1 c'est vrai4 ,mais combien plus maigre encore est le salaire et plus misrable la condition de ceux qui sans fortune se sont engags dans des professions librales et qui n'ont ni clients ni causes1 qui errent dans la vie dsabuss1 dcourags1 meurtris de toutes leurs dceptions et de tous leurs dsespoirs4 ,il n'est pas de sort plus triste que le leur1 de misre plus sombre que leur misre2 il n'est pas d'tres plus dignes de piti4 ,que deviennent-ils1 ces dclasss8 ,selon la nature de leur me1 quand la souffrance est trop aigu1 ils tombent dans le servilisme ou la rvolte4 ,voil ce qu'il faut avoir le courage de dire pour enrayer l'migration perptuelle vers les villes o tant d'nergies s'usent1 o sombrent tant de courages1 pour que1 sous prtexte de favoriser la dmocratie1 nous ne soyons pas exposs voir ce qui serait la fin de la dmocratie3 l'atelier vide et la terre dserte4 ,dans un pays comme la ,france o la population professionnelle et active 7industriels1 ngociants1 agriculteurs7 reprsente #dh p4 #ajj de la population totale1 #ah millions d'individus sur #ch millions d'habitants1 o le capital industriel s'lve #if milliards #gjj millions de francs1 o le capital agricole atteint #gh milliards de francs2 o les exportations se sont chiffres en #aijj pour plus de #d milliards de francs1 l',universit ne peut se contenter de prparer les jeunes gens qui lui sont confis aux carrires librales1 aux grandes coles et au professorat2 elle doit les prparer aussi la vie conomique1 l'action#aed4 ,note #aed3 ,m4 ,leygues1 ministre de l',instruction publique1 sances des #ab et #ad fvrier #aijb pp4 #fae et #fff de l',officiel4 ,personne n'a jamais contest la justesse de telles assertions et l'on peut dire cependant que depuis le temps qu'on les rpte1 elles n'ont encore converti personne4 #b4--,l',,enseignement ,,professionnel4 ,l'enseignement professionnel est donn presque exclusivement en ,france par des universitaires1 et par consquent avec leurs mthodes thoriques4 ,le manuel appris de mmoire en tant l'unique base1 les rsultats obtenus sont naturellement aussi parfaitement nuls que ceux de l'enseignement classique4 ,si nous ne possdions pas un petit nombre d'coles techniques1 dues le plus souvent d'ailleurs1 comme celles des ,frres dont nous avons parl1 l'initiative prive1 on pourrait dire que l'enseignement professionnel n'existe pas en ,france4 ,les causes de son insuffisance ne sont pas uniquement imputables l',universit4 ,sous l'influence de prjugs hrditaires fortement dvelopps par notre ducation classique1 l'enseignement professionnel jouit auprs des familles d'une considration trs faible4 ,elles croient toujours que l'instruction grco-latine seule peut dvelopper l'intelligence et confrer ceux qui l'ont reue de grands avantages dans la vie4 ,nous sommes un ge de transition o peu de personnes comprennent qu'il y a dans cette opinion une double erreur4 ,en ralit1 notre enseignement classique dprime l'intelligence et n'assure ceux qui l'ont reue aucune supriorit relle dans la vie4 ,la principale cause de notre antipathie pour le travail manuel et tout ce qui s'en rapproche n'est pas tant l'effort qu'il demande que le mpris qu'il inspire4 ,ce sentiment1 nergiquement entretenu par l',universit et ses concours1 est un de ceux qui ont le mieux contribu prcipiter notre dcadence industrielle et conomique actuelle4 ,chez les peuples latins1 le plus infime clerc1 le plus humble commis1 le plus modeste professeur1 se jugent d'une caste fort suprieure celle d'un industriel ou d'un artisan1 bien que ceux-ci gagnent davantage et excutent des travaux exigeant beaucoup plus d'intelligence4 ,il rsulte de cette croyance gnrale que la plupart des parents tchent de faire entrer leurs fils dans la caste rpute suprieure et de les sortir de la caste considre comme infrieure4 ,une revue importante a publi sur ce sujet une lettre d'un industriel du nord de la ,france dont je reproduis l'extrait suivant3 ,il est dsolant de voir1 dans un arrondissement qui a t si vivant au point de vue industriel et qui possde de grandes ressources1 que la bourgeoisie se dsintresse de plus en plus des affaires pour les places administratives4 ,il en est malheureusement ainsi du peuple qui ne voit dans l'instruction que le moyen de faire de ses enfants1 soit des employs1 soit des fonctionnaires4 ,tout le monde veut des places4 ,pendant ce temps nous sommes peu prs coloniss par les ,belges1 qui dtiennent la plupart des grands tablissements industriels qui prosprent dans la rgion4 ,un exemple frappant est ce qui s'est pass dans le bassin industriel de ,maubeuge1 depuis l'tablissement des droits protecteurs4 ,ce pays s'est dvelopp1 depuis #ahib1 dans des proportions considrables1 mais sous l'influence des ,belges de ,lige et de ,charleroi qui sont venus crer en masse des tablissements la frontire et qui ont trouv chez eux tous les capitaux ncessaires4 ,nos nationaux assistaient cette invasion les bras croiss et employaient leurs capitaux en rentes ou en fonds portugais1 brsiliens ou grecs6 ,c'est navrant et dsesprant4 ,nous sommes bien malades4 ,c'est une consomption trs lente dont on ne s'apercevra que quand il sera trop tard#aee4 ,note #aee3 ,france de demain1 #ae janvier #ahii4 ,le mme journal a publi galement une lettre qui montre bien ce qu'ont cot nos colonies les prjugs qui rgissent l'enseignement thorique que nous donnons aux jeunes indignes4 ,l'indigne qui sait lire1 crire et compter regarde d'un oeil de mpris tous ceux qui bchent la terre ou qui transforment1 dans l'atelier1 le fer et la pierre inertes2 il se croit d'essence suprieure et indigne de peiner et de suer2 il se dit ,europen1 et il exige les mmes prrogatives que ce dernier4 ,on n'insiste pas assez l-bas1 dans nos coles1 sur l'utilit du cultivateur et de l'ouvrier1 sur la noblesse de leur tche1 sur leur rle dans le monde4 ,on ne montre jamais la fin des tudes et comme rcompense que le diplme et la sincure tant envie laquelle on pourra prtendre4 ,on dgarnit les champs1 les usines1 les ateliers1 pour encombrer les bureaux et sevrer ainsi la colonie de la partie la plus intelligente de sa population4 ,si au lieu de suivre les programmes mtropolitains et d'apprendre aux indignes la suite des rois de ,france depuis ,pharamond jusqu' ,napolon ,,iii1 on leur avait seulement donn les principes lmentaires de lecture1 d'criture et de calcul1 tout en leur indiquant le maniement des outils ou des instruments aratoires1 et la faon de tripler le rendement d'un champ de canne sucre1 de coton ou d'arachide1 croyez-vous qu'on n'aurait pas augment la richesse du pays1 et1 partant1 le chiffre des oprations commerciales8 ,qui peut numrer les services que rendrait nos colonies une arme indigne de bons contrematres et de bons fermiers choisis parmi les jeunes gens intelligents et laborieux4 ,nos colonies ne rapportent rien1 dit-on6 ,prcisment parce que nous nous empressons d'immobiliser ceux-l seuls1 qui pourraient produire et les enrichir#aef4 ,note #aef3 ,france de demain1 #ae janvier #aijb4 ,nous touchons ici un des points les plus fondamentaux de la question des rformes de l'enseignement4 ,les classes dirigeantes n'en comprennent aucunement l'utilit4 ,elles ne voient pas que notre enseignement classique--sous toutes ses formes--n'est plus en rapport avec les besoins de l'ge actuel1 que sa triste insuffisance et l'absence d'enseignement professionnel sont les causes de notre profonde dcadence industrielle1 commerciale et coloniale4 ,la bourgeoisie franaise ne comprend pas l'volution du monde moderne et par consquent ne pourra pas l'aider4 ,les rformes1 filles de la ncessit1 se feront ct d'elle1 sans elle1 et naturellement contre elle4 ,c'est surtout notre ,universit que l'volution conomique actuelle du monde chappe entirement4 ,fige dans de vieilles traditions1 les yeux fixs sur le pass1 elle ne voit pas qu'avec les progrs des sciences et de l'industrie1 le rle des grammairiens1 des rhteurs1 des rudits et de toutes les varits connues de vains parleurs1 s'efface chaque jour davantage4 ,le monde moderne est gouvern par la technique1 et la supriorit appartient ceux qui1 dans toutes les branches des connaissances1 sont le plus verss dans la technique4 ,on a essay1 mais sans grand succs1 de le faire comprendre la ,commission d'enqute4 ,en #ahgj1 nous avons t vaincus par un ennemi qui1 au point de vue militaire1 tait plus scientifiquement organis que nous4 ,aujourd'hui1 sur le terrain industriel et commercial1 nous sommes galement vaincus par un ennemi scientifiquement organis#aeg4 ,note #aeg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ddb4 ,blondel1 ancien professeur de facult4 ,cet enseignement professionnel qui nous manque et pour lequel il serait bien difficile d'ailleurs de trouver des professeurs1 pourrait avoir--sans les prjugs de l'opinion dont je viens de parler--un nombre immense d'lves4 ,les documents statistiques fournis l'enqute en donnent la preuve incontestable4 ,on peut se faire une ide1 par les chiffres suivants1 du prjudice caus notre prosprit conomique par ce vritable accaparement de la jeunesse par l'enseignement secondaire4 ,le nombre des lves recevant en ,france l'enseignement secondaire s'lve aujourd'hui cent quatre-vingt mille4 ,or la clientle de l'enseignement technique industriel1 commercial et mme agricole1 ne dpasse pas vingt-deux mille4 ,la proportion est donc de huit contre un1 au dsavantage de ce dernier4 ,or c'est le contraire qui devrait se produire1 si l'on remarque que la population commerciale1 industrielle et agricole de la ,france forme les neuf diximes de la population totale1 et que c'est en somme l'agriculture1 le commerce et l'industrie qui font vivre et grandir les nations#aeh4 ,note #aeh3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #eac4 ,jacquemart1 inspecteur de l'enseignement4 ,eh oui1 sans doute1 c'est l'agriculture1 l'industrie et le commerce qui font vivre et grandir les nations1 et nullement les avocats et les bureaucrates#aei4 ,tous les efforts d'une ,universit claire devraient tendre fortifier l'enseignement donn la fraction la plus importante d'un pays1 aussi bien par le nombre que par la richesse qu'elle lui procure4 ,or1 c'est justement le contraire qui se produit4 ,l'enseignement professionnel n'a pas seulement lutter contre les prjugs des parents1 il doit lutter encore contre la mauvaise volont de l',universit et l'incapacit de ses professeurs4 ,mauvaise volont et incapacit que nous avons dj signales propos de l'enseignement dit moderne4 ,note #aei3 ,les ,allemands le savent fort bien et c'est pourquoi ils multiplient chaque jour leurs coles professionnelles4 ,la ,saxe1 qui n'a que trois millions d'habitants1 possde trois coles d'art industriel1 trois coles d'industrie suprieure1 cent onze coles professionnelles pour les professions spciales1 quarante coles de commerce1 etc4 ,le plus important des enseignements professionnels devrait tre1 dans un pays agricole comme la ,france1 celui de l'agriculture4 ,les dmonstrations au tableau et la rcitation des manuels en forment malheureusement l'unique base4 ,un rapport de ,m4 ,mline1 insr l',officiel1 contient ce sujet des documents fort prcis4 ,ils montrent quel point toutes nos mthodes gnrales d'enseignement reposent sur les mmes principes4 ,sans parler de l',institut agronomique tabli ,paris1 la ,france possde #hb coles d'agriculture dites pratiques1 cotant annuellement plus de #d millions4 ,elles comptent #fea professeurs et #b4hej lves1 ce qui fait peine #d lves par professeur4 ,chaque lve revient1 on le voit1 un peu plus de #a4djj francs par an l'tat4 ,dans beaucoup d'tablissements il n'y a gure que des boursiers et sans eux1 il faudrait presque fermer l'cole4 ,il est parfois difficile de rendre pratique un enseignement donn beaucoup d'lves4 ,ce n'est plus le cas quand un professeur a une moyenne de #d lves4 ,on pouvait donc esprer que l'enseignement agricole de ces nombreuses coles aurait un caractre rellement utilitaire et que les jeunes agronomes si coteusement forms rendraient quelques services4 ,hlas6 il n'en a rien t1 et un psychologue connaissant un peu nos mthodes d'enseignement aurait pu le prvoir4 ,l'ducation des lves est reste si thorique que pas un agriculteur ne peut les utiliser1 ft-ce comme simples garons de ferme4 ,n'tant absolument bons rien1 ces agronomes qui devaient rgnrer notre agriculture demandent presque tous des emplois de l'tat et surtout des places de professeurs4 ,il y a plus de #ejj de ces demandes pour une quinzaine de places annuellement vacantes4 ,cela n'est-il pas grotesque8 conclut le journal ,le ,temps1 en rsumant ce rapport4 ,cet enseignement scientifique1 ce grand orchestre de formules abstraites a donc pour effet d'enlever des forces vives l'agriculture au lieu de lui en donner8 ,ces coles n'ont plus qu'un but1 qui est1 non de prparer des praticiens1 mais des concurrents bourrs de formules et de superfluits d'apparence scientifique1 pour mieux triompher dans les preuves des concours et arriver aux fonctions administratives4 ,tous mandarins ici comme ailleurs4 ,on a bien expliqu devant la ,commission d'enqute ce que sont ces cours d'agriculture pratique4 ,les professeurs se contentent de dicter purement et simplement un cours1 devant une classe d'lves qui crivent pendant une heure sur les matires fertilisantes1 ou sur un autre sujet1 des dveloppements auxquels ils ne comprennent rien#afj4 ,note #afj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fca4 ,jules ,gautier1 professeur au lyce ,henri ,,iv4 ,il est navrant de voir de telles copies1 et comment nos petits cultivateurs perdent rapidement toutes les notions apprises dans les manuels4 ,d'autre part1 les enfants qui sont prsents savent encore la lettre1 mais ils ne savent absolument pas ce qu'est la chose1 ils sont d'une ignorance inoue au point de vue pratique2 ils ont appris des mots au sujet des engrais1 du btail1 des plantes1 mais ils ne savent absolument pas les utiliser4 ,si vous n'arrivez pas organiser des visites de fermes et d'exploitations1 ce que vous faites actuellement ou rien1 c'est absolument la mme chose#afa4 ,note #afa3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ga4 ,duport1 prsident d'une ,commission suprieure d'enseignement agricole4 ,un de nos collgues disait nagure3 ,s'il faut s'tonner d'une chose1 c'est qu'il se trouve encore quelques jeunes gens disposs suivre la carrire agricole1 car tout les en dtourne4 ,rien n'est plus vrai1 et un simple coup d'oeil jet sur notre rgime scolaire suffira pour le dmontrer4 444 ,rien1 dans ses tudes1 ne rveille en lui le got de la vie rurale1 rien ne le ramne aux champs3 tout semble fait pour l'en loigner4 ,la nature de ses tudes1 d'abord3 elles sont1 comme disait ,montaigne1 purement livresques2 elles lui inspirent le ddain des travaux manuels2 exclusivement thoriques1 linguistiques et grammaticales1 elles ne dveloppent ni le sens pratique1 ni l'esprit d'observation1 ces deux conditions essentielles de succs en toute carrire1 mais principalement dans la carrire agricole#afb4 ,note #afb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #chh4 ,r4 ,lavolle1 docteur s lettres4 ,la consquence de cet enseignement est que l'lve1 qui devrait acqurir le got de l'agriculture1 prend au contraire cette profession en horreur1 comme aussi tous les mtiers manuels qu'il voit mpriss partout4 ,aujourd'hui l'ouvrier ne veut plus que son fils travaille de ses mains2 il prfre en faire un petit employ1 mal pay1 et nos coles primaires ne contribuent que trop cultiver ces illusions4 ,a la campagne1 beaucoup d'agriculteurs ne veulent plus que leurs fils cultivent la terre2 ils cherchent en faire de petits fonctionnaires4 ,c'est une vritable contagion1 si bien qu'en ,france1 pour les travaux manuels1 le terrassement1 la culture1 nous sommes obligs de faire venir des ,italiens ou des ,belges4 ,l',algrie se peuple de ,maltais1 d',espagnols1 et pendant ce temps-l nos villes fourmillent de scribes1 qui1 en vertu de la loi de l'offre et de la demande1 se contentent de traitements tout fait insuffisants#afc4 ,note #afc3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #eee4 ,keller1 vice-prsident de la ,socit gnrale d'ducation4 ,les ncessits conomiques de l'ge actuel deviennent de plus en plus pressantes1 et1 chez les peuples latins1 ni les familles1 ni l',universit ne les comprennent4 ,un ancien ministre1 ,m4 ,hanotaux1 a propos devant la ,commission d'enqute la cration d'coles professionnelles parallles l'enseignement classique actuel4 ,ce dernier enseignement1 dit-il1 ne serait maintenu que pour le trs petit nombre de futurs rudits qui tudieraient le grec et le latin tout comme on tudie ailleurs le persan et l'armnien4 ,de tels projets sont excellents et leur ralisation assure le jour o nous aurons chang l'me des parents1 des professeurs et des lves4 ,mais alors mme que cette transformation serait effectue1 on ne voit gure o se recruteraient les professeurs du nouvel enseignement4 ,sans doute les ,frres des coles chrtiennes ont bien su en trouver pour l'enseignement technique1 o ils peuvent servir de modles1 mais leurs professeurs sont des techniciens auxquels--imitant en cela les ,amricains--on ne demande que de connatre leur profession sans s'occuper un seul instant de savoir s'ils possdent aucun diplme4 ,du jour o cet enseignement serait organis par l'tat1 c'est--dire par l',universit1 il y aurait immdiatement des concours1 une agrgation et l'instruction serait donne uniquement par ces mthodes thoriques dont nous connaissons les rsultats4 ,toute grande rforme sur ce point tant irralisable avant une rforme totale de l'opinion1 il ne faut songer aujourd'hui qu' de modestes changements accomplis sur une petite chelle4 ,un des meilleurs proposs devant la ,commission consisterait transformer les petits collges de province en tablissements d'enseignement professionnel4 ,devant l'impossibilit de trouver des professeurs capables de donner cet enseignement1 on doit bien se contenter d'un enseignement exclusivement thorique qui1 si mauvais soit-il1 est encore suprieur l'enseignement classique4 ,nous avons eu occasion1 notamment pendant ma direction1 de sauver un certain nombre de ces petits collges en y introduisant un peu d'agriculture thorique1 c'est--dire un peu d'histoire naturelle1 de physique et de chimie1 de faon initier les enfants aux choses de la vie rurale4 ,cette introduction seule a suffi pour sauver ces petits collges4 ,l'cole de ,neubourg1 qui comprend des btiments superbes1 tait compltement tombe4 ,on nous a demand d'y introduire un peu d'enseignement agricole primaire suprieur2 aussitt l'cole s'est remplie et elle est aujourd'hui prospre4 ,c'est la preuve que les programmes doivent s'adapter aux milieux et au temps#afd4 ,note #afd3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fbf4 ,tisserand1 reprsentant de la ,socit nationale d'agriculture4 ,j'estime qu'il faudrait transformer nos petits tablissements secondaires1 suivant les besoins des rgions1 comme le disait si bien ,m4 ,tisserand1 en coles industrielles ou agricoles prparatoires nos coles spciales d'un ordre suprieur4 ,cela vaudrait beaucoup mieux pour les budgets des villes et pour l'avenir des enfants#afe4 ,note #afe3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fbe4 ,grandeau1 reprsentant de la ,socit nationale d'agriculture4 ,ce sont l des rformes de dtail qui ne sauraient conduire bien loin4 ,de vraies rformes ne seront possibles1 comme je l'ai dit tant de fois dj1 que lorsque les mthodes d'enseignement des professeurs1 et surtout l'opinion des familles1 auront chang4 ,de tels changements ne peuvent tre amens que par des ncessits imprieuses1 et ni les programmes ni les discours ne sauraient les dterminer4 ,les ncessits imprieuses qui transformeront peut-tre un jour l'opinion des parents commencent se dessiner un peu4 ,aujourd'hui les classes vraiment influentes1 et par consquent vraiment dirigeantes1 tendent de plus en plus se composer exclusivement d'individus possdant une certaine aisance4 ,or1 il devient vident que dans un avenir assez prochain ce seront surtout les industriels1 les artisans1 les colons1 les agriculteurs1 les commerants qui possderont cette aisance4 ,avec le dveloppement des besoins actuels et l'invariabilit de leurs salaires1 depuis longtemps fixs par l'tat1 les ressources des classes lettres3 magistrats1 fonctionnaires1 professeurs1 etc41 deviennent absolument insuffisantes1 alors que l'aisance des autres classes grandit chaque jour4 ,les classes jadis dirigeantes devenant chaque jour plus besoigneuses1 et jouant par consquent un rle de plus en plus effac1 finiront peut-tre par comprendre qu'elles doivent orienter autrement l'ducation de leurs fils4 ,la dernire supriorit des classes jadis dirigeantes rside aujourd'hui dans le port habituel d'un vtement lgant4 ,mais il devient si rp1 que bientt tout son prestige disparatra4 ,quand ce prestige sera totalement vanoui1 comme il l'est depuis longtemps en ,amrique et en ,angleterre1 une rvolution profonde s'accomplira dans l'me des peuples latins4 ,elle sera termine le jour o on admettra comme exactes les dfinitions suivantes des diverses catgories sociales donnes par un des dposants de l'enqute4 ,le bon industriel1 le bon agriculteur1 le bon commerant1 le bon fonctionnaire1 le bon officier1 ce sont termes qui se valent4 ,d'une manire gnrale1 ce sont des hommes qui remplissent dans les cadres d'une dmocratie des professions diverses1 mais une mme fonction sociale4 ,la diffrence des carrires ne supprime pas l'galit des mrites4 ,en dfinitive1 ils sont tous de la classe dirigeante future2 cette classe ne peut pas se composer d'esprits faonns sur le mme patron1 rpondant au mme signalement2 elle doit se composer des meilleurs dans toutes les spcialits4 ,qu'ils diffrent par la spcialit de la profession1 mais qu'ils se ressemblent par la supriorit de l'homme#aff4 ,note #aff3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dda4 ,buisson1 ancien directeur de l',enseignement primaire au ,ministre de l',instruction publique4 ,il y a longtemps dj que ,diderot avait dit la mme chose4 ,les tudes thoriques1 crivait-il1 sont propres remplir les villes d'orgueilleux raisonneurs et de contemplateurs inutiles et les campagnes de petits tyrans1 ignorants1 oisifs et ddaigneux4 ,on a bien plus lou des hommes occups faire croire que nous tions heureux que les hommes occups faire que nous le fussions en effet4 ,nos artisans se sont crus mprisables1 parce qu'on les a mpriss4 ,apprenons-leur mieux penser d'eux-mmes1 c'est le seul moyen d'obtenir des productions parfaites4 ,avant d'arriver rpandre de telles ides1 il faudra subir pas mal de bouleversements et de rvolutions accomplis par l'arme des bacheliers1 licencis et professeurs sans emploi4 ,aujourd'hui1 des assertions analogues celles contenues dans les citations que je viens de reproduire1 appartiennent l'immense catgorie des choses que chacun rpte volontiers1 que l'on est prt applaudir bruyamment1 mais dont personne ne croit un seul mot4 ,il ne faut pas se lasser cependant de les redire4 ,lorsque le rabot et la lime1 crivait jadis ,jules ,ferry alors qu'il tait ,ministre de l',instruction publique1 auront pris ct du compas1 de la carte gographique et du livre d'histoire1 la mme place et qu'ils seront l'objet d'un enseignement raisonn et systmatique1 bien des prjugs disparatront1 bien des oppositions de castes s'vanouiront1 la paix sociale se prparera sur les bancs de l'cole primaire1 et la concorde clairera de son jour radieux l'avenir de la socit franaise4 ,on ne peut pas dire que de telles ides soient tout fait irralisables1 puisque les ,amricains les ont peu prs ralises4 ,aux tats-,unis la sparation des classes est trs faible et le passage de l'une l'autre frquent et facile4 ,mais ces peuples n'ont pas derrire eux le poids des traditions sculaires qui psent sur les ,latins4 ,ils n'ont pas eu lutter contre une ,universit toute puissante1 infiniment peu dmocratique et hostile tous les progrs4 ,ce qui gne surtout les socits latines dans leur volution et les oblige procder par bonds dsordonns qui ne font souvent que les ramener un peu plus en arrire1 c'est la lourde tyrannie des morts4 ,la raison cherche vainement repousser ces ombres formidables4 ,le temps seul russit quelquefois les dominer4 ,dans la lutte violente que les ,latins soutiennent contre les morts depuis un sicle1 ce ne sont pas les vivants qui ont triomph4 ,,chapitre ,,vi ,la question de l'ducation4 #a4--;,,incertitude ,,des ,,principes ,,universitaires ,,en ,,mati,,re ,d',,ducation4 ,le problme de l'ducation est beaucoup plus important encore que celui de l'instruction4 ,c'est le caractre des hommes bien plus que leur savoir qui dtermine leurs succs dans la vie4 ,l',universit ne s'est pas malheureusement montre plus apte donner une bonne ducation qu'une instruction convenable4 ,a la vrit on ne peut dire qu'en matire d'ducation les mthodes de l',universit soient bonnes ou mauvaises1 attendu qu'elle ne possde aucune mthode1 aucune ide directrice4 ,pendant longtemps1 elle a cru que l'ducation se faisait avec des manuels et des prceptes appris par coeur4 ,commenant revenir d'une aussi vidente erreur1 elle en est encore chercher les moyens de remplacer les manuels4 ,pour le moment1 elle se borne proclamer trs haut les bienfaits d'une bonne ducation4 ,lorsqu'on se rfre aux manifestations officielles de l',universit1 aux circulaires des ministres et des recteurs1 aux discours de distribution de prix1 qui sont comme les professions de foi du corps enseignant1 on y trouve constamment rpte cette affirmation que le but de l'enseignement secondaire est de former l'homme et le citoyen4 ,l-dessus1 tout le monde est d'accord4 ,c'est un truisme4 ,mais lorsqu'on descend de la rgion des principes celle de l'application et du fait1 on voit combien nous sommes loin de cet idal et combien on a fait peu de choses pour le raliser#afg4 ,note #afg3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ddd4 ,maneuvrier1 ancien lve de l'cole ,normale ,suprieure4 ,en ralit1 on n'a rien fait du tout et on s'en est tenu ces brillants discours si chers aux professeurs4 ,les rsultats obtenus sont indiqus dans le passage suivant de l'enqute4 ,c'est parce que l'ducation de notre dmocratie franaise est insuffisante1 que notre rgime politique et social actuel n'a pas port tous les fruits qu'on en pouvait attendre1 et c'est aussi l'une des causes qui permet ceux qui n'aiment pas ce rgime de multiplier leurs attaques#afh4 ,note #afh3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #dch4 ,blondel1 ancien professeur la ,facult de ,droit de ,dijon4 ,quant aux moyens employer pour donner la bonne ducation rve1 les auteurs de l'enqute semblent les ignorer totalement4 ,beaucoup s'imaginent qu'elle s'inculque uniquement par les exercices physiques et dplorent leur raret4 ,cette raret parat en effet trs grande1 malgr d'loquentes circulaires ministrielles et la fondation de socits spciales4 ,il n'y a rien derrire toutes ces brillantes faades4 ,si le temps ne nous pressait1 j'aurais parl de l'ducation physique4 ,en fait1 elle n'existe pas et c'est une lacune dplorable4 ,je voudrais que l'ducation physique ft mise sur la mme ligne et mme1 dans les premires annes1 au-dessus de l'ducation intellectuelle4 ,en ,allemagne1 cette ducation est trs dveloppe4 ,elle est mise au mme rang que l'enseignement du grec1 des mathmatiques ou de telle autre branche4 ,elle est obligatoire pour tous4 ,j'ai vu en ,allemagne le professeur de grec tre en mme temps professeur de gymnastique1 et il me semble que c'est d'un bon exemple4 ,l'insuffisance de notre ducation physique me parat constituer un danger inquitant pour l'avenir de notre race#afi4 ,note #afi3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cdj4 ,boutroux1 de l',institut1 professeur de philosophie la ,sorbonne4 ,tout cela est fort juste1 mais les exercices physiques ne constituent qu'une trs faible partie de l'ducation4 ,on peut faire des hercules avec de bons exercices gymnastiques1 mais je ne vois pas trs bien en quoi ces exercices dvelopperont beaucoup les qualits que doit cultiver l'ducation3 initiative1 persvrance1 jugement1 matrise de soi-mme1 volont1 etc4 ,on peut juger quel point les ides des universitaires sur l'ducation sont confuses1 en examinant le programme de rformes propos par ,m4 ,payot devant la ,commission4 ,c'est le seul d'ailleurs qui ait t formul avec quelques dtails4 ,si vous voulez me permettre d'numrer les conditions ncessaires pour former les volonts nergiques et persvrantes dont le pays a besoin1 les voici1 mon avis3 #a ,il faut considrablement rduire le temps de la sdentarit4 ,il faut que les lves passent beaucoup de temps au grand air1 qu'ils s'amusent au soleil2 #b ,il faut lutter contre le prjug anglais et contre la faveur accorde aux exercices violents2 #c ,il faut substituer partout aux mthodes passives hrites des jsuites et qui dominent encore notre enseignement1 les mthodes qui provoquent l'activit d'esprit des lves1 qui dveloppent leur esprit d'observation1 leur jugement1 leurs facults de raisonnement2 #d ,il faut donner aux ides directrices de la vie morale et aux sentiments moraux une force1 une cohsion qui ne peut tre que l'oeuvre lente et patiente de tout le personnel d'un collge ou lyce1 des rptiteurs1 des professeurs1 des principaux1 des proviseurs#agj4 ,note #agj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fdb4 ,payot1 inspecteur d',acadmie4 ,on voit le vague et l'imprcision d'un tel programme4 ,substituer aux mthodes des ,jsuites des mthodes qui provoquent l'activit d'esprit des lves1 leur esprit d'observation1 leur jugement4 ,parfait1 mais quelles sont ces mthodes8 ,c'est justement ce que ,m4 ,payot1 et tous les auteurs de l'enqute1 omettent de nous dire4 ,et s'ils ne le disent pas1 c'est assurment qu'ils ne le savent pas4 ,quant donner aux ides directrices de la vie morale et aux sentiments moraux1 une force1 une cohsion qui ne peuvent tre que l'oeuvre lente et patiente de tout le personnel1 n'est-ce pas videmment parler pour ne rien dire8 ,puisque le personnel en question n'a pas obtenu jusqu'ici les rsultats demands1 c'est qu'il est incapable de les obtenir4 ,croit-on vraiment avec d'aussi vaines objurgations modifier sa mentalit actuelle8 ,des conseils un peu plus pratiques eussent t avantageusement substitus ces considrations enfantines4 ,m4 ,payot n'est pas le seul qui ait formul devant l'enqute d'aussi vagues conseils4 ,nombreux sont les dposants ayant aperu les qualits qu'il faudrait donner aux lves4 ,aucune perspicacit n'tait ncessaire pour cela4 ,il faudrait donner aux lves non pas le got de l'abstrait1 mais du concret1 dvelopper chez eux l'esprit d'observation et d'initiative1 toutes qualits qu'on rencontrera assez difficilement chez nos lves1 parce que rien dans notre ducation ne les y dispose#aga4 ,note #aga3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #efd4 ,potel1 professeur au lyce ,voltaire4 ,rien n'est plus vrai1 mais encore une fois1 quelles sont les mthodes employer pour donner les qualits requises8 ,l'auteur a sans doute prfr se taire que de donner des conseils de force analogue ceux de ,m4 l'inspecteur ,payot4 ,en fait1 les professeurs forms par l',universit n'ont absolument aucune ide arrte1 bonne ou mauvaise1 en matire d'ducation4 ,un d'entre eux1 et des plus distingus1 ,m4 ,belot1 professeur ,louis-le-,grand1 a trs bien exprim leur embarras et leur incertitude dans un discours de distribution de prix dont voici un extrait3 ,on nous demande1 et plus que jamais aujourd'hui1 de faire oeuvre d'ducateurs1 de fournir des principes la jeunesse1 de discipliner les volonts4 ,comment le ferons-nous sans empiter sur les droits de la personnalit qui se forme1 sans compromettre la libert de ses choix futurs1 sans exercer une pression sur son originalit native8 ,notre devoir se prsente ainsi sous deux faces contradictoires4 ,il nous faut d'un ct exercer une action1 tre des initiateurs1 des directeurs1 des matres enfin2 et d'autre part nous devons respecter la libert de la rflexion et la spontanit de la nature individuelle4 ,si nous ngligeons cette seconde partie de notre tche1 on nous reprochera d'tre des dogmatiques et de paralyser l'nergie naissante2 et si nous oublions l'autre1 on nous accusera de faire des sceptiques1 de jeter l'me de nos lves dsempare et sans boussole au milieu des tourbillons de la vie6#agb ,note #agb3 ,le ,temps1 #cj juillet #ahii4 #b4--,,la ,,discipline ,,scolaire ,,comme ,,base ,,unique ,,de ,l',,ducation ,,universitaire4 ,avec de pareilles incertitudes1 on conoit que l',universit laisse peu prs exclusivement de ct dans la pratique toute ducation et n'en parle que dans des discours destins au public4 ,en fait toute l'ducation qu'elle donne se borne la lourde et brutale discipline du lyce1 destine uniquement maintenir le silence dans les salles o sont enferms les lves4 ,il ne faut certes pas mdire de la discipline4 ,c'est une des qualits du caractre la plus indispensable peut-tre acqurir4 ,pour apprendre commander aux autres1 il faut d'abord avoir appris se dominer soi-mme1 et on n'y arrive que par la pratique de l'obissance4 ,malheureusement la discipline troite1 tatillonne1 formaliste1 des lyces est la pire de toutes4 ,c'est trs vainement cependant que les dposants de l'enqute ont cherch les moyens de la remplacer4 ,partageant une illusion trop rpandue et qui montre quel point la psychologie de l'enfance est ignore1 le ,prsident de la ,commission d'enqute1 ,m4 ,ribot1 a demand si l'on ne pourrait pas obtenir de bons rsultats en s'adressant la raison des lves4 ,il lui a t rpondu de la faon suivante3 ,je suis persuad du contraire4 ,il faut vivre avec nos lves pour se douter de cette difficult2 nous ne pouvons pas attendre un rsultat en nous adressant la raison de nos lves#agc4 ,note #agc3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #dai4 ,pequignat1 rptiteur divisionnaire au lyce ,henri ,,iv4 ,ce n'est pas assurment en s'adressant la raison de l'enfant qu'on peut le discipliner4 ,ceux qui connaissent sa psychologie sont fixs4 ,trs tort1 on s'imagine que les ducateurs anglais s'adressent la raison de leurs lves4 ,ils ne s'adressent pas leur raison1 base trs fragile1 mais uniquement leur intrt1 substratum fort solide sur lequel on peut btir avec scurit4 ,l'lve fait ses devoirs comme il veut et quand il veut4 ,il a toute libert de circuler librement dans l'tablissement4 ,mais si son devoir est mal fait1 il le refait2 s'il abuse de sa libert et commet une faute grave1 il reoit publiquement le fouet1 quel que soit son ge2 s'il ne travaille pas ou ne laisse pas les autres travailler1 on le renvoie4 ,il a donc tout intrt se bien conduire et il le comprend vite4 ,je me hte de rpter que le systme anglais1 qu'on ne cesse de nous recommander1 ne vaudrait rien pour de jeunes ,latins possdant un degr trs faible le sentiment de la responsabilit4 ,le directeur d'une grande cole anglaise tablie en ,france1 ,azay1 l'a indiqu dans les termes suivants1 en s'adressant un journaliste qui visitait son tablissement3 --,l'adolescent anglais ne ressemble pas plus l'adolescent franais que le lait au vitriol4 ,la mthode qui profite au premier serait funeste au second4 ,l',anglais est raisonnable1 rflchi1 assidu son devoir4 ,je n'ai pas besoin de le plier la discipline1 il se l'impose lui-mme2 il sait ce qui est permis et ce qui est dfendu1 et jamais il n'outrepasse le rglement qui lui est trs paternellement inflig4 ,avec le ,franais1 il m'en faudrait un froce2 j'aurais rprimer des rbellions1 des excs d'indpendance4 ,que voulez-vous1 cher monsieur8 ,chaque peuple a ses qualits et ses dfauts4 ,la jeunesse franaise est gnreuse1 mais imptueuse1 ardente1 impatiente du joug4 ,ajouterai-je qu'elle est un peu libertine8 ,ses sens s'veillent de bonne heure2 ceux de nos jeunes ,anglais1 assoupis par de violents exercices1 s'usent aux fatigues de tennis1 du foot-ball1 du polo4 ,ces rflexions sont fort justes4 ,les ,anglais possdant en eux-mmes par hrdit une discipline interne1 aucune discipline externe ne leur est ncessaire4 ,m4 ,bellessort1 professeur au lyce ,janson-de-,sailly1 qui a beaucoup voyag1 notait ce fait fondamental dans un discours de distribution de prix3 444 ,j'entends de tous cts des voix qui vous exhortent prendre modle sur les ,anglo-,saxons1 et je me reprocherais de rompre1 ne ft-ce qu'une minute1 un si beau concert4 ,imitez-les donc1 si vous croyez en avoir besoin4 ,j'en ai rencontr dans des pays o leur libert s'tale3 ils avaient tous un admirable respect de l'autorit1 tous dpendaient religieusement de leurs traditions sculaires et semblaient obir une consigne reue de toute ternit#agd4 ,note #agd3 ,le ,temps1 #cj juillet #ahii4 ,sans vouloir entreprendre la tche aussi inutile que dangereuse d'imiter l'ducation anglaise1 il est facile de voir ce qu'on pourrait aisment modifier dans la discipline des lyces4 ,la surveillance constante et harcelante exaspre l'enfant4 ,laissez-lui un peu de libert jusqu' ce qu'il ait viol les rglements4 ,c'est alors seulement que la discipline devrait peser sur lui de tout son poids4 ,a un certain ge on pourrait parfois le laisser sortir seul4 ,sachant que cette facult lui serait retire s'il se conduisait mal1 son intrt suffirait lui faire comprendre qu'il y a des inconvnients abuser de la libert4 ,c'est l ce que quelques professeurs1 en nombre infiniment restreint d'ailleurs1 commencent comprendre4 ,j'ai fait quelques expriences dans le sens de la libert et de la confiance accorde aux grands4 ,sans entrer dans les dtails1 je citerai un exemple4 ,quand je suis arriv ,sainte-,barbe1 on ne laissait sortir un lve seul sous aucun prtexte2 pour aller chez le dentiste1 par exemple1 on le faisait conduire par un garon2 j'ai eu beaucoup de peine obtenir qu'ils sortissent seuls2 il a fallu que je trouvasse un de mes lves au ,salon avec le garon auquel il avait pay l'entre1 et que je pusse le dire au directeur4 ,j'ai1 depuis1 obtenu de laisser quelquefois sortir les lves seuls sur parole4 ,je n'ai jamais eu le regretter#age4 ,note #age3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #egb4 ,lucien ,lvy1 directeur des tudes ,sainte-,barbe1 examinateur d'admission l'cole ,polytechnique4 ,la cause de ce rsultat se saisit aisment4 ,il faudrait supposer l'lve infiniment born pour croire qu'il abusera immdiatement d'une libert qu'on lui retirerait au premier abus4 ,pour que les jeunes gens apprennent se conduire quand ils seront seuls dans la vie1 il faut au moins leur accorder quelques lueurs de libert4 ,en ,france1 au dbut des chemins de fer1 on enfermait les voyageurs clef dans leur compartiment afin qu'ils ne pussent s'chapper en route4 ,tout rcemment encore1 on les enfermait dans les salles d'attente jusqu' l'arrive des trains1 pour qu'ils n'allassent pas se prcipiter sous les roues des locomotives4 ,aujourd'hui on ne ferme plus clef les compartiments1 on laisse les voyageurs circuler sur les quais1 et les ,compagnies ont constat avec surprise que les voyageurs ne s'chappent pas durant le voyage et ne se font pas craser dans les gares par les locomotives4 ,ce n'est qu'en accordant un peu de libert aux hommes ou aux enfants qu'on leur apprend ne pas en abuser4 ,nos universitaires sont fort loigns encore de telles conceptions4 ,la scne suivante rapporte par ,m4 de ,coubertin montre quel point est faible leur psychologie en matire d'ducation4 ,un jeudi1 dans un lyce de ,paris1 se passa cette scne poignante dont j'ai gard un souvenir amer4 ,quinze lves1 moyens et grands1 autoriss par leurs parents1 devaient aller au ,bois de ,boulogne pour disputer une des preuves du championnat interscolaire de foot-ball contre une quipe d'un autre lyce4 ,au dernier moment1 le matre d'tudes dsign pour les accompagner se trouva empch4 ,qu'allait-on faire8 ,leur chef d'quipe1 leur capitaine1 un bon lve1 aim et respect de ses camarades1 se porta garant que tout se passerait comme si le matre d'tudes tait l4 ,ils m'ont promis1 dit-il1 j'engage ma parole d'honneur4 ,et celui qui il parlait rpondit3 ,mon ami1 est-ce que je puis accepter la parole d'honneur d'un lve8--,toute notre pdagogie est dans ce mot3 la parole d'honneur ne vaut point4 ,l'lve le sentit et baissa la tte444 ,de telles scnes ne sont-elles point faites pour fausser toute une vie#agf8 ,note #agf3 ,de ,coubertin4 ,revue ,bleue1 #ahih1 p4 #cjc4 ,quelques professeurs ont cit les dsastreux effets de cette surveillance tatillonne de toutes les minutes laquelle sont soumis les lves4 ,voici comment s'exprime cet gard le ,pre ,didon4 ,l'enfant qui se sent soumis une surveillance de tous les instants est tent de se tenir toujours sur ses gardes1 et ce principe de la dfiance est un des plus dangereux de l'ducation4 ,il amne la compression1 l'oppression2 et c'est lui qui produit les passifs et les esclaves1 les rvolts et les finauds1 qui1 eux1 chappent toujours la surveillance en la bravant ou en la trompant#agg4 ,note #agg3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4#dei4 ,pre ,didon1 professeur l'cole d',arcueil4 ,ds qu'il ne sent plus cette surveillance autour de lui1 l'enfant se croit tout permis4 ,les parents s'en aperoivent vite4 ,l'enfant ne les respecte gure1 alors que chez l',anglais l'autorit paternelle est quelque chose d'immense qui n'est mme pas discut4 ,la dfrence des enfants pour les parents diminue de plus en plus chez les ,latins4 ,lorsque j'tais au lyce1 les enfants osaient peine parler1 sans autorisation1 la table de leur pre2 quel changement6 aujourd'hui1 les pres laissent les enfants exprimer leur opinion sur toutes choses et se taisent mme volontiers pour les laisser parler1 sinon pour les admirer4 ,la fermet paternelle a donc beaucoup faibli depuis quelques annes1 mais les parents veulent l'autorit chez ceux qui ils confient l'ducation de leurs enfants4 ,on a diminu l'autorit des chefs d'tablissement au moment o elle tait le plus ncessaire2 on a relch la discipline chez nous au moment o on aurait d la relever#agh4 ,note #agh3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #eeg4 ,dalimier1 professeur au lyce ,buffon4 ,si les parents franais ne savent pas se faire respecter de leurs enfants1 il y a certes beaucoup de leur faute4 ,ils se familiarisent trop avec eux pour avoir aucun prestige4 ,pour ma part1 je ne crois pas que l'enfant soit naturellement bon4 ,il est mchant et1 avant de s'en faire aimer1 il faut s'en faire craindre4 ,la peur sera pour lui le commencement de la sagesse et quand il est sage1 on s'en fait facilement aimer#agi4 ,note #agi3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cic4 ,potot1 surveillant gnral ,sainte-,barbe4 ,le modeste surveillant qui a mis cette assertion me semble beaucoup mieux connatre la psychologie de l'enfant que l'immense majorit des parents et des professeurs4 ,l'enfant1 qui rpte dans les premires phases de sa vie la srie ancestrale1 a tous les dfauts des primitifs1 avec leur force en moins4 ,il est mchant quand il peut l'tre sans inconvnient pour lui4 ,la crainte seule1 et non la raison1 peut limiter ses mauvais instincts4 ,si on sait se faire craindre1 on sait se faire obir4 ,le ,pre ,didon a dit avec raison devant la ,commission3 ,quand on commande bien1 on est toujours obi1 et quand on commande mal1 on ne l'est jamais1 mme par les tres disciplins qu'on a cru former#ahj4 ,note #ahj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #deh4 ,l'art de commander manque tout fait1 malheureusement1 la plupart de nos professeurs4 ,c'est un art qui ne s'enseigne pas dans les livres4 ,l'insupportable discipline du collge1 ne laissant aucune initiative l'lve1 jointe aux tolrances de la vie familiale et au dfaut de prestige des parents1 transforme vite le lycen en un petit tre intolrable1 frocement goste1 et incapable de faire un pas sans tre dirig4 ,le jeune ,anglais1 qui ne se sent pas protg par ses parents ni surveill par ses professeurs au collge1 est conduit une conception de la vie toute diffrente de celle de nos lycens4 ,habitu ds le jeune ge ne compter sur personne1 donner et recevoir des coups1 il apprend vite le respect des autres1 la matrise de ses dsirs1 et la nette connaissance de ce qui est dfendu et de ce qui est permis4 ,l'exprience lui enseigne que l'on ne peut avoir de camarades et d'amis qu' la condition de leur sacrifier en partie son gosme1 de cder la collectivit une partie de son individualit4 ,c'est son ducation surtout que le ,latin doit son gosme individuel1 gosme si funeste pour la stabilit d'un peuple4 ,c'est son ducation galement que l',anglo-,saxon doit cet gosme collectif qui le rend si dangereux pour les autres nations1 mais a t un des premiers facteurs de la puissance politique de l',angleterre4 ,,livre ,v ,,psychologie ,,de ,l',,instruction ,,et ,,de ,l',,ducation ,,chapitre ,,premier ,les bases psychologiques de l'instruction4 #a4--;,,fondements ,,psychologiques ,,de ,l',,instruction ,d',,apr,s ,,les ,,id,,es ,,universitaires4 ,la partie critique de notre livre est peu prs termine4 ,nous avons montr ce que valent1 d'aprs les dpositions mmes des universitaires1 l'instruction et l'ducation donnes par eux4 ,ayant prouv galement l'impossibilit actuelle de toute rforme1 nous pourrions nous dispenser d'en proposer aucune4 ,aussi n'en proposerons-nous gure1 et si nous continuons notre tude1 c'est parce qu'il nous a sembl intressant de dterminer les principes psychologiques de l'instruction et de l'ducation1 si totalement ignors encore de nos universitaires4 ,aprs avoir expos ces principes1 il sera ncessaire1 pour justifier leur importance1 de montrer comment ils s'appliquent toutes les branches de l'enseignement4 ,au point de vue exclusivement utilitaire1 une telle tude est dpourvue d'intrt aujourd'hui4 ,elle en trouvera le jour o des ncessits conomiques et sociales imprieuses auront russi modifier l'tat mental actuel des professeurs1 des parents et des lves4 ,avant d'exposer les principes psychologiques qui devraient servir de base l'enseignement1 rappelons en quelques mots ceux que l',universit admet4 ,nous avons dj fait observer1 propos de l'enqute officielle1 qu'il tait frappant de voir tant d'hommes minents disserter longuement sur l'instruction et l'ducation sans s'tre demand une seule fois comment les choses pntrent dans l'entendement et comment elles s'y fixent4 ,a vrai dire1 ils n'avaient aucune raison de se le demander4 ,dans une runion1 on ne discute jamais les principes sur lesquels tout le monde est d'accord4 ,or1 tous les universitaires de race latine tiennent pour un principe l'abri de la discussion que seule la mmoire verbale fixe les choses dans l'esprit4 ,si donc l'instruction classique donne de navrants rsultats1 cela n'est explicable que par l'emploi de mauvais programmes et de mauvais manuels4 ,pourquoi ds lors chercher d'autres raisons8 ,de ce principe fondamental1 indracinable aujourd'hui chez les ,latins1 nous avons vu les consquences4 ,il a conduit notre enseignement un degr au-dessous duquel il ne peut plus descendre4 ,les lves perdent inutilement huit ans au collge1 et six mois aprs l'examen rien absolument ne leur reste de ce qu'ils ont appris dans les livres4 ,de leurs huit annes de bagne1 ils n'ont gard qu'une horreur intense de l'tude1 et un caractre dform pour longtemps4 ,les plus intelligents en seront rduits refaire dans la seconde partie de leur vie l'ducation manque dans la premire4 #b4--,,th,,orie ,,psychologique ,,de ,l',,instruction ,,et ,,de ,l',,ducation4 ,,transformation ,,du ,,conscient ,,en ,,inconscient4 ,mais si la mmoire n'est pas la base de l'instruction et de l'ducation1 sur quels lments psychologiques doivent reposer les mthodes qui permettent de fixer d'une faon durable les choses dans l'entendement8 ,les vritables bases psychologiques de l'instruction et de l'ducation sont indpendantes des programmes et applicables avec tous les programmes4 ,on ne les trouve pas formules dans les livres1 mais beaucoup d'ducateurs trangers ont su les deviner et les appliquer4 ,c'est justement pour cette raison que nous voyons les mmes programmes produire1 suivant les peuples et les lieux1 des rsultats extrmement dissemblables4 ,rien ne diffre en apparence1 puisque les programmes sont les mmes1 mais tout diffre en ralit4 ,le principe psychologique fondamental de tout enseignement peut tre rsum en une formule que j'ai rpte plusieurs fois dans mes livres4 ,toute ducation consiste dans l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient4 ,lorsque ce passage est effectu1 l'ducateur a1 par ce seul fait1 cr chez l'duqu des rflexes nouveaux1 dont la trame est toujours durable4 ,la mthode gnrale qui conduit ce rsultat--faire passer le conscient dans l'inconscient--consiste crer des associations1 d'abord conscientes et qui deviennent inconscientes ensuite4 ,quelle que soit la connaissance acqurir3 parler une langue1 monter bicyclette ou cheval1 jouer du piano1 peindre1 apprendre une science ou un art1 le mcanisme est toujours le mme4 ,il faut1 au moyen d'artifices divers1 faire passer le conscient dans l'inconscient par l'tablissement d'associations#aha qui engendrent progressivement des rflexes4 ,note #aha3 ,la loi des associations est trop connue videmment des lecteurs de cet ouvrage pour qu'il soit ncessaire d'en exposer le principe ici4 ,je me bornerai rappeler que les deux formes de l'association auxquelles se ramnent toutes les autres1 sont les associations par contigut1 et les associations par ressemblance4 ,le principe des associations par contigut est le suivant3 ,lorsque des impressions ont t produites simultanment ou se sont succd immdiatement1 il suffit que l'une soit prsente l'esprit pour que les autres s'y reprsentent aussitt4 ,le principe des associations par ressemblance peut se formuler de la faon suivante3 ,les impressions prsentes ravivent les impressions passes qui leur ressemblent4 ,c'est surtout sur le principe des associations par contigut qu'est difie toute l'ducation des tres vivants4 ,c'est en se basant sur le principe des associations par contigut que se fait le dressage du cheval et que l'on obtient de lui les choses les plus contradictoires en apparence1 par exemple s'arrter quand il reoit un coup de cravache tant au galop4 ,si on a associ pendant plusieurs jours ces deux oprations successives3 #a coup de cravache2 #b arrt brusque avec la bride2 la premire opration1 le coup de cravache1 suffira bientt 7association par contigut7 dterminer l'arrt sans qu'il soit besoin de passer la seconde opration3 action sur la bride4 ,la formation de la morale elle-mme--on pourrait dire surtout--n'chappe pas cette loi4 ,la morale n'est srieusement constitue que quand elle est devenue inconsciente4 ,alors seulement elle peut servir de guide dans la vie4 ,la raison1 quoi qu'on puisse penser1 en serait incapable4 ,les enseignements des livres encore moins4 ,la psychologie moderne a montr que le rle de l'inconscient dans la vie de chaque jour est immensment suprieur au rle du raisonnement conscient4 ,le dveloppement de l'inconscient se fait par formation artificielle de rflexes rsultant de la rptition de certaines associations4 ,rptes suffisamment1 ces associations crent des actes rflexes inconscients1 c'est--dire des habitudes4 ,rptes pendant plusieurs gnrations1 ces habitudes deviennent hrditaires et constituent alors des caractres de races4 ,le rle de l'ducateur est de crer ou de modifier ces rflexes4 ,il doit cultiver les rflexes inns utiles1 tcher d'annuler ou tout au moins affaiblir les rflexes nuisibles4 ,dans certaines limites1 nous pouvons former notre inconscient1 mais une fois form1 il est matre son tour et nous dirige4 ,ces rflexes artificiels1 modificateurs de l'inconscient1 se crent toujours par des associations d'abord conscientes4 ,l'apprentissage de la marche chez l'enfant1 celui du piano ou d'un art manuel quelconque chez l'adulte1 montrent les rsultats de ces associations4 ,les rflexes engendrs par l'ducation n'ont pas naturellement la fixit de ceux qu'a consolids l'hrdit1 et c'est pourquoi l'ducation ne peut qu'attnuer les caractres des races4 ,s'ils ne sont pas exercs sans cesse1 les rflexes acquis par l'ducation tendent se dissocier4 ,issus de l'habitude1 ils ne sont maintenus que par l'habitude4 ,l'quilibriste1 l'cuyer1 le musicien ont besoin de s'exercer constamment pour viter la dissociation des rflexes qu'ils ont pniblement acquis4 ,les rflexes peuvent tre opposs aux rflexes4 ,une volont forte suffit souvent les dominer4 ,lorsqu'une main trangre s'approche de l'oeil1 il se ferme par un mouvement rflexe1 mais un peu d'exercice et de volont suffisent pour apprendre dominer ce rflexe et maintenir l'oeil ouvert lorsque la main s'approche4 ,un des buts principaux de l'ducation est1 comme il a t dit plus haut1 de crer des rflexes artificiels qui puissent1 suivant les cas1 dvelopper1 ou au contraire affaiblir1 les rflexes hrditaires4 ,tous les primitifs1 femmes1 sauvages1 enfants1 et mme des hommes trs civiliss certaines heures1 sont guids par leurs rflexes hrditaires4 ,cdant aux impulsions du moment sans songer aux consquences1 ils se conduisent comme le ngre qui vend le matin pour un verre d'alcool la couverture qu'il sera oblig de racheter le soir quand le froid sera venu ou1 comme ,esa1 auquel la lgende fait cder son droit d'anesse1 droit important mais d'une utilit lointaine1 pour un plat de lentilles1 avantage peu important mais d'une utilit immdiate4 ,l'homme n'a commenc sortir de la barbarie1 o par tant de racines il plonge encore1 qu'aprs avoir appris se discipliner1 c'est--dire dominer ses rflexes hrditaires4 ,l'individu arriv un haut degr de culture sait se servir de ses rflexes comme le pianiste de son instrument4 ,la prvision des effets lointains de ses actes lui enseigne dominer les impulsions auxquelles il serait tent de cder4 ,a cette tche immense d'acqurir une discipline interne1 une faible partie de l'humanit a russi1 malgr des sicles d'efforts1 malgr la rigidit des ,codes et leurs menaces redoutables4 ,pour la majorit des hommes1 la discipline externe cre par les ,codes remplace la discipline interne qu'ils n'ont pas su acqurir4 ,mais la discipline qui n'a pas d'autre soutien que la peur des lois n'est jamais trs sre1 et une socit ne reposant que sur la crainte du gendarme n'est jamais bien solide4 ,la puissance d'un peuple a toujours pu se mesurer assez exactement sa richesse en hommes possdant cette discipline interne1 qui permet de dominer ses rflexes et par consquent de substituer les prvisions lointaines aux impulsions du moment4 ,une ducation intelligente ou les ncessits du milieu peuvent crer cette discipline4 ,fixe par l'hrdit1 elle devient un caractre de race4 ,c'est avec raison que les ,anglais placent au premier degr des qualits de caractre1 le self control1 c'est--dire la domination de soi-mme4 ,elle constitue un des grands lments de leur puissance4 ,ce n'est pas connais-toi toi-mme1 mais domine-toi toi-mme1 que le sage antique aurait d crire sur le fronton de sa demeure4 ,se connatre est bien difficile1 et cela ne sert qu' rendre infiniment modeste4 ,se dominer1 on y arrive quelquefois1 et cette qualit donne une force considrable dans la vie4 ,le rle de l'ducateur doit tendre agir sur l'inconscient de l'enfant et non sur sa faible raison4 ,on peut quelquefois raisonner devant lui1 mais jamais avec lui4 ,il est donc tout fait inutile de lui expliquer le but de la volont qu'on lui impose4 ,la plus petite discipline1 pourvu qu'elle soit suffisamment inflexible1 est toujours suprieure au plus parfait et au plus raisonn des systmes d'thique1 parce qu'elle finit1 grce aux rptitions d'associations1 par crer des rflexes qui1 s'ajoutant ou se superposant aux rflexes hrditaires1 peuvent les fortifier1 ou au contraire les modifier1 quand cela est ncessaire4 ,la discipline externe cre la discipline interne lorsqu'on ne possde pas hrditairement cette dernire4 ,l'habilet manuelle de l'ouvrier1 les vertus professionnelles des militaires et des marins1 sont formes par la cration progressive de tels rflexes4 ,les mthodes employer pour engendrer ces rflexes varient naturellement suivant les choses enseigner1 mais le principe fondamental est toujours le mme3 rptition de la chose excuter jusqu' ce qu'elle soit parfaitement excute4 ,alors seulement les rflexes ncessaires sont crs et1 peut-on ajouter1 fixs durablement4 ,pour atteindre ce but1 le professeur peut agir sur l'lve par des moyens divers1 que la psychologie lui enseigne1 ou du moins devrait lui enseigner4 ,l'imitation1 la suggestion1 le prestige1 l'exemple1 l'entranement1 sont des procds qu'il doit savoir manier4 ,le raisonnement et la discussion sont les seules mthodes qu'il faille rejeter absolument1 bien que la plupart des universitaires pensent exactement le contraire4 ,ils ne le pensent d'ailleurs que parce qu'ils n'ont jamais pris la peine d'tudier l'me de l'enfant1 de se demander comment se forment ses conceptions et les mobiles capables de le faire agir4 ,les brves gnralits qui prcdent sembleront1 j'imagine1 suffisamment videntes pour quelques-unes des connaissances que j'ai mentionnes4 ,le bicycliste1 le pianiste1 l'cuyer1 qui se souviennent de leurs dbuts1 se rappellent par quelles difficults ils ont pass1 les efforts inutiles de leur raison1 tant que les rflexes ncessaires n'taient pas crs4 ,l'application consciente ne leur donnait ni l'quilibre sur la bicyclette ou le cheval1 ni l'habilet des doigts sur le piano4 ,ce n'est que quand1 par des rptitions d'associations convenables1 des rflexes ont t constitus1 et que leur travail est devenu inconscient1 qu'ils ont pu monter sans difficult bicyclette et cheval1 ou jouer du piano4 ,or1 ce que les ducateurs de race latine semblent ignorer compltement1 c'est3 #a que le mcanisme rgissant l'enseignement de certains arts s'applique invariablement tout ce qui peut s'enseigner2 #b que parmi les procds divers permettant d'tablir des associations cratrices de rflexes1 l'enseignement par les livres et la mmoire est peut-tre le seul qui ne saurait conduire au rsultat cherch4 ,chacun comprend bien que l'on pourrait tudier pendant l'ternit les rgles de la musique1 de l'quitation ou de la peinture1 tre capable de rciter tous les livres composs sur ces arts1 sans pouvoir jouer du piano1 monter cheval ou manier des couleurs4 ,il n'y a pas de contestation possible au sujet de tels arts4 ,l'erreur est de croire que pour l'immense domaine de l'instruction classique1 existent des lois d'acquisition diffrentes4 ,c'est seulement le jour o le public et les professeurs commenceront souponner que pour toutes les branches de l'enseignement les lois d'acquisition sont les mmes1 que les mthodes actuelles de l'ducation latine pourront se transformer4 ,nous n'en sommes pas encore l1 mais ds que l'opinion sera oriente vers ces ides1 il suffira1 je pense1 d'une vingtaine d'annes de discussions et de polmiques pour que l'absurdit de notre enseignement purement mnmonique clate tous les yeux4 ,alors il s'croulera de lui-mme1 comme les vieilles institutions que personne ne dfend plus4 #c4--;,,comment ,,la ,,th,,orie ,,des ,,associations ,,conscientes ,,devenues ,,inconscientes ,,explique ,,la ,,formation ,,de ,,certains ,,instincts ,,et ,,celle ,,des ,,caract,,res ,,des ,,peuples4 ,les principes que je viens d'exposer sont absolument gnraux4 ,ils s'appliquent l'ducation de l'homme aussi bien qu' l'acquisition des instincts des animaux et la formation des caractres des peuples4 ,la base de toutes les acquisitions mentales durables est toujours la formation de rflexes inconscients produits par des associations d'abord conscientes4 ,il n'y a pas d'autres moyens de faire passer le conscient dans l'inconscient4 ,et pour montrer la gnralit et la fcondit de ces principes fondamentaux de l'ducation1 nous allons les appliquer des cas difficiles1 tels que la formation de certains instincts et des caractres psychologiques des races4 ,beaucoup d'instincts sont constitus par le mcanisme des associations qui permet au bicycliste de monter bicyclette1 au violoniste de jouer du violon1 l'quilibriste de marcher sur une corde1 l'enfant d'acqurir une morale4 ,parmi les associations infinies que le bicycliste1 le violoniste1 l'quilibriste1 etc41 peuvent raliser1 la rptition finit par fixer les plus utiles4 ,elles deviennent alors inconscientes et forment des rflexes4 ,les relations entre les lments constitutifs du systme nerveux1 c'est--dire les neurones1 relations d'abord accidentelles1 difficiles et variables1 finissent par devenir rgulires et faciles4 ,l'acte est alors inconscient1 mais non pas encore hrditaire et ne peut constituer1 par consquent1 un instinct4 ,il ne pourra le devenir qu'aprs avoir t rpt pendant un grand nombre de gnrations4 ,c'est seulement lorsqu'il est devenu hrditaire1 et n'a besoin1 par consquent1 d'aucune ducation pour se manifester1 que l'acte inconscient mrite le nom d'instinct4 ,il suffit d'observer les animaux qui nous entourent pour voir comment les rflexes crs par des associations1 d'abord conscientes1 naissent1 se fixent au moyen de l'hrdit1 et se transforment suivant l'ducation et les ncessits d'existence auxquelles ils sont soumis4 ,c'est un sujet bien peu tudi encore1 mais sur lequel l'attention se fixera ds que l'on s'apercevra qu'il peut avoir pour la dtermination des mthodes employer dans l'ducation de l'enfant une importance prpondrante4 ,les exemples connus d'instincts nouvellement crs chez les animaux domestiques ne sont pas encore nombreux4 ,on sait cependant que l'arrt chez le chien1 devenu hrditaire aujourd'hui1 et par consquent instinctif1 a t cr autrefois par le dressage4 ,nous voyons d'autres actes analogues en train de devenir hrditaires1 mais qui ne le sont pas encore tout fait4 ,tel1 par exemple1 celui consistant djouer la ruse spciale du cerf qui substitue un autre cerf lui-mme lorsqu'il est fatigu par la poursuite des chiens4 ,il y a soixante ans seulement1 d'aprs ,m4 ,couteaux1 que dans le ,poitou1 on a su dresser les chiens combattre cette ruse4 ,ils n'excutent pas encore d'une faon instinctive les manoeuvres ncessaires1 et l'ducation doit intervenir chaque gnration1 mais elle intervient de moins en moins1 et1 ds leurs premires annes1 ils commencent faire ce que leurs anctres ne pouvaient accomplir que vers la troisime ou quatrime anne4 ,toutes les remarques qui prcdent nous permettent de comprendre le rle que peut jouer l'ducation dans la formation des qualits ou des dfauts d'un peuple4 ,forms par certaines ncessits d'existence et de milieu persistant pendant plusieurs gnrations1 ils ont fini par devenir hrditaires et survivent aux conditions qui les ont fait natre4 ,les caractres psychologiques des peuples constituent en ralit des instincts que la ncessit a crs4 ,il est vident1 par exemple1 qu'une nation pauvre1 habitant une le au dur climat1 et oblige de vivre d'expditions maritimes pendant des sicles1 deviendra forcment1 sans ducation spciale1 entreprenante et hardie4 ,ces ncessits de milieu que nous ne saurions crer pourraient tre remplaces par une ducation convenable4 ,dirige avec des rgles sres1 elle finirait par crer des rflexes hrditaires et par modifier la longue le caractre d'un peuple4 ,ainsi se justifierait le mot de ,leibniz qu'avec l'ducation on changerait en un sicle la face d'un pays4 ,un sicle ne suffirait probablement pas1 comme le croyait l'illustre philosophe1 pour crer des caractres hrditaires1 mais il suffirait srement pour crer certaines aptitudes4 #d--,,la ,p,,dagogie ,,actuelle ,tout ce que nous venons de dire montre l'importance extrme de possder des rgles d'ducation drives des principes que nous avons exposs4 ,ces rgles ne pourront tre tablies que lorsque1 ayant tudi avec beaucoup de soin la psychologie des animaux et des enfants1 nous saurons dans les moindres dtails comment fixer chez eux les habitudes et crer les instincts4 ,on peut dire de ce sujet qu'il est pein effleur4 ,c'est seulement lorsqu'il sera bien connu qu'un vritable trait de pdagogie pourra tre crit4 ,ce serait un des livres les plus utiles composs depuis les origines de l'histoire4 ,en attendant1 il faut nous rsigner n'avoir que l'empirisme pour guide1 et nous borner tirer des principes fondamentaux que nous avons exposs quelques rgles gnrales pour les cas particuliers qui se prsentent4 ,c'est videmment demander beaucoup l'intelligence des ducateurs1 et voil pourquoi nous voyons si peu d'entre eux russir dans leur tche4 ,les bons ducateurs sont aussi rares que les bons dresseurs4 ,les universitaires les plus clairs reconnaissent eux-mmes combien leur pdagogie est rudimentaire et incertaine4 ,il ne peut tre question1 crit justement ,m4 ,compayr1 d'tablir une pdagogie dfinitive1 qui ne sera possible que lorsqu'une psychologie rationnelle aura t constitue4 ,dans le volume1 ,instructions1 programmes et rglements1 publi en #ahij1 et qui rgit toujours notre enseignement1 ,m4 ,lon ,bourgeois1 alors ministre de l',instruction publique1 recommande aux professeurs de tcher de contribuer pour leur part cette science1 qui n'existe encore qu' l'tat de fragments1 la psychologie de l'enfant1 et cette autre qui n'existe pas du tout1 la psychologie du jeune homme4 ,trs judicieux sont ces conseils4 ,il est tout fait surprenant que l'tude d'une science aussi utile n'ait jamais tent personne4 ,les gnrations de professeurs se succdent sans qu'un seul songe tudier la psychologie des jeunes gens qui les entourent4 ,ce ne sont pourtant que les personnes vivant avec la jeunesse qui pourraient l'observer4 ,les savants de laboratoire ont russi1 en dissquant un nombre infini de grenouilles et de lapins1 constater quelques faits intressants1 tels que la vitesse de l'agent nerveux1 les rapports mathmatiques reliant l'excitation la sensation1 mais1 en matire de psychologie usuelle1 ils ne nous ont encore rien appris#ahb4 ,note #ahb3 ,je suis persuad1 comme je l'ai dit plus haut1 que pour donner une base srieuse la psychologie si complexe de l'enfant1 il faut commencer par tudier celle1 beaucoup plus simple1 des animaux4 ,on dcouvre alors trs vite des choses qu'on ne souponnait gure et dont l'application l'ducation est immdiate4 ,le lecteur en trouvera la preuve en parcourant le mmoire que j'ai autrefois publi dans la ,revue ,philosophique1 sur les bases psychologiques de l'ducation du cheval et que j'ai dvelopp ensuite dans un ouvrage spcial 7l'quitation actuelle et ses principes71 dont la #d;e dition a paru rcemment avec un atlas montrant au moyen d'images cinmatographiques les changements d'allure qu'on peut imprimer au cheval par le dressage4 ,l'quitation ayant toujours constitu ma principale distraction1 j'ai eu l'occasion de dresser des chevaux difficiles et d'apprendre ainsi certains principes fondamentaux qui sont applicables toute la srie des tres et qu'on ne trouve pas formuls dans les livres4 ,a dfaut d'un trait de pdagogie qui ne saurait tre crit aujourd'hui1 une enqute--non sur des gnralits et des programmes comme toutes celles publies jusqu'ici--mais sur le dtail des mthodes employes dans les divers tablissements d'enseignement l'tranger1 serait d'une utilit immense4 ,elle seule pourrait montrer les rsultats des diverses mthodes pdagogiques4 ,des procds de chaque tablissement1 il y aurait apprendre quelque chose4 ,comme indication ce sujet1 voici un extrait concernant quelques-unes des mthodes d'ducation utilises1 la clbre cole allemande de ,koenigsfeld1 que je trouve dans le ,temps du #be septembre #aija1 sous la signature de ,m4 ,masson-,forestier4 ,leur systme pdagogique consiste rduire au minimum--deux heures par jour--l'effort de contention personnelle que rclame le travail des devoirs4 ,six autres heures sont consacres des cours o l'lve apprend par les oreilles comme par les yeux4 ,jamais aucun d'eux ne se prolonge au del de trois quarts d'heure4 ,beaucoup de rcrations et aussi beaucoup de repas4 ,le jeune homme suit dans chaque classe1 les cours de sa force1 c'est--dire que si un lve de seconde est en retard pour les mathmatiques1 il suivra1 pour cette partie1 les cours de troisime1 voire de quatrime4 ,aucun professeur n'a jamais plus de #ab #ac lves4 ,l'enfant qui n'a pas bien saisi une explication peut1 aussitt aprs la classe1 venir demander s'entretenir part avec son professeur4 ,la punition la plus usite est la stillstrafe ou silence4 ,ce silence subsiste pendant toutes les rcrations d'une journe4 ,il parat que c'est fort pnible4 ,la stillstrafe est pourtant inflige frquemment1 les ,moraves la considrant1 en outre1 comme un excellent rgime4 ,un jeune homme qui l'a subie assez souvent prend peu peu l'habitude de ne parler que rarement4 ,de la sorte1 les lves les plus punis ne seront ni dissips1 ni brouillons1 ni vantards4 ,sachant se dominer ils couteront beaucoup1 pseront leurs mots1 mditeront leurs actions4 ,ils ne blesseront pas leurs semblables par des railleries1 seront de caractre plus accommodant et ds lors auront moins d'ennemis dans la vie4 ,je prie un des jeunes ,franais de l'cole de m'accompagner dans une promenade4 ,alors je le presse de questions4 ,comment peut-il supporter une discipline si dure8 ,n'a-t-il pas hte de rentrer dans sa famille8--,monsieur1 me rpond ce garon1 un petit ,bordelais intelligent1 je me sens si peu malheureux qu'au mois d'aot1 au lieu de me rendre dans ma famille1 j'ai demand rester1 afin de pouvoir participer l'excursion que l'cole fait l'tranger chaque anne4 ,vingt de mes camarades ont sollicit la mme faveur de leurs parents4 ,a l'instant nous arrivons du ,tyrol4 ,en attendant que nous possdions des mthodes d'ducation et d'instruction applicables toutes les choses susceptibles d'tre enseignes1 nous connaissons au moins les principes gnraux d'o ces mthodes drivent4 ,sachant que le but de toute ducation est de faire passer le conscient dans l'inconscient1 le problme se ramnera toujours dterminer pour chaque cas particulier1 les associations qui permettent de crer le plus vite possible les rflexes ncessaires4 ,la pratique a dj fait connatre plusieurs de ces mthodes4 ,nous aurons y revenir dans divers chapitres et notamment dans celui qui traitera l'ducation4 ,ce qui empchera longtemps sans doute les peuples latins d'attacher aucune importance aux mthodes d'instruction et d'ducation1 c'est que les rsultats obtenus ne sauraient tre valus par des diplmes et des concours4 ,ds qu'il s'agit de notions n'ayant besoin d'tre fixes dans l'entendement que pour peu de temps1 la mmoire suffit parfaitement4 ,en outre1 les qualits de caractre acquises au moyen de l'ducation n'tant apprciables par aucun examen1 ne provoqueront jamais chez les ,latins d'efforts pour tre acquises4 ,les ,anglais ont eu rcemment l'occasion de voir l'erreur fondamentale des concours1 qui ne tiennent compte que des qualits de mmoire1 lorsque1 pour rpondre aux campagnes de presse faites par les indignes de l',inde1 ils consentirent mettre au concours les emplois du civil service1 c'est--dire de l'administration gnrale de l'empire4 ,les ,babous du ,bengale1 qui ont une mmoire merveilleuse1 l'emportaient toujours sur leurs concurrents europens1 mais comme on a constat qu'ils ne manifestaient dans leurs emplois aucune trace de moralit1 de jugement et d'nergie1 et que leur administration et vite conduit l',inde l'anarchie1 il fallut trouver des moyens dtourns pour les priver du droit thorique qu'ils possdaient d'occuper des fonctions importantes4 ,la prosprit des colonies anglaises est due la supriorit de leur administration1 que ne contestent aucun de ceux qui ont pu l'tudier de prs4 ,ce n'est pas l'tude des livres qui peut inculquer les qualits de caractre ncessaires pour faire des administrateurs intgres et capables1 au jugement sr1 sachant diriger les hommes et conduire avec succs une entreprise4 ,les concours tous les degrs sont d'ailleurs aussi impuissants rvler les qualits de caractre que celles de l'intelligence4 ,les ,allemands l'ont compris depuis longtemps1 et pour toutes les fonctions importantes1 celle de professeur de ,facult par exemple1 ce n'est pas par des examens qu'ils jugent les candidats1 mais d'aprs leurs travaux personnels4 ,ainsi ont-ils pu crer un corps de professeurs qui est assurment le premier du monde1 alors que le ntre se maintient un niveau fort bas4 ,les malheureux forats de la mmoire que nous voyons en ,france passer1 jusqu'au del de quarante ans1 des examens1 pour tre professeurs1 agrgs1 etc41 sont incapables1 lorsqu'ils arrivent la place souhaite1 d'aucun travail personnel4 ,leur usure mentale est complte1 la science n'a plus compter sur eux4 #e4--,l',,instruction ,,exp,,rimentale4 ,la thorie psychologique que nous avons donne de l'instruction et de l'ducation aboutit cette conclusion que l'enseignement ne doit pas tre mnmonique4 ,ne devant pas tre mnmonique1 il ne peut tre qu'exprimental4 ,la faible valeur de l'instruction mnmonique a t signale depuis longtemps4 ,savoir par coeur n'est pas savoir1 disait dj ,montaigne4 ,quand un enfant1 dit ,kant1 ne met pas en pratique une rgle de grammaire1 peu importe qu'il la rcite2 il ne la sait pas4 ,celui-l la sait infailliblement qui l'applique1 peu importe qu'il ne la rcite pas4 ,le meilleur moyen de comprendre1 dit encore le grand philosophe1 c'est de faire4 ,ce que l'on apprend le plus solidement et ce que l'on retient le mieux1 c'est ce que l'on apprend en quelque sorte par soi-mme4 ,la mthode mnmonique consiste enseigner oralement ou par les livres2 la mthode exprimentale met d'abord l'lve en contact avec les ralits et n'expose les thories qu'ensuite4 ,la premire est exclusivement adopte par les ,latins1 la seconde par les ,anglo-,saxons1 les ,amricains notamment4 ,le jeune ,latin apprend une langue avec une grammaire et des dictionnaires et ne la parle jamais4 ,il apprend la physique ou telle autre science avec des livres et ne sait jamais manier un instrument de physique4 ,s'il devient apte appliquer ses connaissances1 ce ne sera qu'aprs avoir refait toute son ducation4 ,un jeune ,amricain n'ouvrira gure de grammaires ni de dictionnaires4 ,il apprend une langue en la lisant ou en parlant4 ,il apprend la physique en manipulant des instruments de physique1 une profession quelconque1 celle d'ingnieur par exemple1 en la pratiquant1 c'est--dire en commenant par entrer comme ouvrier dans un atelier ou chez un constructeur4 ,la thorie viendra ensuite4 ,c'est par des mthodes si simples que les ,anglais et les ,amricains ont cr cette ppinire de savants et d'ingnieurs qui comptent parmi les premiers du monde4 ,je ne suis en aucune faon un utilitaire1 ou du moins ne le suis pas la faon de ceux qui voudraient qu'on n'enseignt aux lves que des choses immdiatement utilisables4 ,ce que je demande l'instruction et l'ducation1 c'est de dvelopper l'esprit d'observation et de rflexion1 la volont1 le jugement et l'initiative4 ,avec ces qualits-l l'homme russit toujours dans ce qu'il entreprend et apprend ce qu'il veut quand cela lui est ncessaire4 ,peu importe comment on acquiert de telles qualits4 ,s'il m'tait dmontr que la confection de vers latins et de thmes grecs ou sanscrits conduist cette acquisition1 je serais le premier dfendre thmes et versions4 ,si je dfends renseignement exprimental1 c'est qu'il parat le seul susceptible d'apprendre observer1 rflchir et raisonner4 ,il n'est pas besoin de raisonner du tout pour apprendre une leon et trs peu pour fabriquer un discours compos de rminiscences4 ,il faut au contraire raisonner avec justesse et avoir acquis l'habitude de la prcision pour excuter correctement une exprience4 ,si l'on voulait rsumer d'un mot les diffrences psychologiques fondamentales qui sparent l'enseignement mnmonique et l'enseignement exprimental1 on pourrait dire que le premier repose uniquement sur l'tude des livres1 et le second exclusivement sur l'exprience4 ,les ,latins croient la toute-puissance ducatrice des leons1 alors que les ,anglais et les ,amricains n'y croient aucunement4 ,ces derniers veulent que l'enfant1 ds le dbut de ses tudes1 s'instruise surtout par l'exprience4 ,j'engage fortement les jeunes gens1 crit ,s4 ,blakie1 professeur l',universit d',edimbourg1 commencer leurs tudes par l'observation directe des faits1 au lieu de se borner aux exposs qu'ils trouvent dans les livres444 ,les sources originales et relles de la connaissance ne sont pas les livres2 c'est la vie mme1 l'exprience1 la pense1 le sentiment1 l'action personnelle4 ,quand un homme entre ainsi muni dans la carrire1 les livres peuvent combler mainte lacune1 corriger bien des ngligences1 fortifier bien des points faibles2 mais sans l'exprience de la vie1 les livres sont comme la pluie et le rayon de soleil tombs sur un sol que nulle charrue n'a ouvert4 ,les consquences de ces deux mthodes d'instruction peuvent tre juges d'aprs leurs rsultats4 ,le jeune ,anglais1 le jeune ,amricain1 la sortie du collge1 n'ont aucune difficult pour trouver leur voie dans l'industrie1 les sciences1 l'agriculture ou le commerce1 tandis que nos bacheliers1 nos licencis1 nos ingnieurs1 ne sont bons qu' excuter des dmonstrations au tableau4 ,quelques annes aprs avoir termin leur ducation1 ils ont totalement oubli leur inutile science4 ,si l'tat ne les cage pas1 ce sont des dclasss4 ,s'ils se rabattent sur l'industrie1 ils n'y seront accepts que dans les emplois les plus infimes jusqu' ce qu'ils aient trouv le temps de refaire entirement leur ducation1 tche qui leur sera trs difficile4 ,s'ils crivent des livres1 ce ne seront que de ples rditions de leurs manuels1 aussi pauvres dans la forme que dans la pense4 ,actuellement il n'est peut-tre pas un professeur de l',universit sur cent qui de telles ides ne sembleront absurdes4 ,l'enseignement par les livres1 mme pour les notions les plus pratiques1 l'agriculture par exemple1 leur apparat comme le seul possible4 ,le meilleur lve1 qu'il s'agisse d'un lycen1 d'un polytechnicien1 d'un licenci1 d'un lve de l'cole ,centrale1 de l'cole ,normale1 ou de toute autre cole1 est celui qui rcite le mieux ses manuels4 ,quelques expriences montres distance1 quelques manipulations sommaires1 semblent l',universit le maximum des concessions que l'on puisse faire l'ducation exprimentale4 ,tout ce qui ressemble1 mme de loin1 au travail manuel1 est tenu en mpris par elle4 ,on provoquerait un rire de piti chez la plupart des professeurs en leur assurant qu'un travail manuel quelconque1 si peu important soit-il1 exerce beaucoup plus le raisonnement que la rcitation de tous les traits de logique1 et que l'exprience seule cre les associations au moyen desquelles les notions se fixent dans l'esprit4 ,on les tonnerait fort en essayant de leur persuader qu'un homme qui connat bien un mtier a1 par ce seul fait1 plus de jugement1 de logique1 d'aptitude rflchir1 que le plus parfait des rhtoriciens fabriqus par l',universit4 ,ce sont des tours d'esprit1 tout autant que des tours de main1 que donne le travail manuel4 ,il ne faudrait pas supposer que les sciences dites exprimentales puissent seules tre enseignes par l'exprience4 ,nous verrons bientt que les langues1 l'histoire1 la gographie1 la morale1 etc41 en un mot tout ce qui fait partie de l'instruction et de l'ducation1 peut et doit tre enseign de la mme faon4 ,l'exprience doit toujours prcder la thorie4 ,ce point est absolument fondamental4 ,la gographie1 par exemple1 ne devrait tre aborde que lorsque l'lve1 muni d'un morceau de papier quadrill1 d'un crayon et d'une boussole de poche1 aurait fait la carte des rgions qu'il parcourt dans ses promenades1 appris ainsi comprendre la figuration du terrain1 et passer de la vue perspective du sol--la seule que l'oeil puisse saisir-- sa reprsentation gomtrique4 ,quand les notions ne peuvent entrer dans l'esprit par la mthode exprimentale directe1 il faut remplacer les livres par la reprsentation de ce qu'ils dcrivent4 ,un lve qui aura vu1 sous forme de projections1 de photographies ou de collections dans les muses1 les dbris des anciennes civilisations1 aura une ide autrement nette et autrement durable de l'histoire que celle qu'il puiserait dans les descriptions des meilleurs livres4 ,les ,anglais et les ,allemands sont alls trs loin dans cette voie1 et c'est pourquoi leur enseignement1 dont les programmes sont souvent identiques aux ntres1 est gnralement excellent4 ,dans notre expos des moyens employer pour inculquer les connaissances et les principes qui font l'objet de l'instruction et de l'ducation1 c'est uniquement la mthode exprimentale que nous prconiserons4 ,par elle1 et par elle seule1 on peut arriver faire passer le conscient dans l'inconscient et former des hommes4 ,,chapitre ,,ii ,les bases psychologiques de l'ducation4 #a4--;,,but ,,de ,l',,ducation4 ,on parle plus que jamais aujourd'hui d'ducation morale1 de la ncessit de former des hommes1 de dvelopper leur caractre1 etc4 ,c'est l matire de beaux discours4 ,mais o sont les professeurs qui aient tent de raliser l'oeuvre dont ils vantent l'utilit8 ,o sont ceux qui aient mme cherch dterminer les mthodes employer8 ,les six volumes de l'enqute ne contiennent sur l'ducation proprement dite que les gnralits les plus vagues4 ,elles montrent quel point les notions relatives l'ducation sont incertaines dans l'esprit de ceux qui les formulent4 ,et cependant il n'est gure de sujet prsentant une importance plus grande4 ,l'instruction a certainement une utilit beaucoup moindre que celle de l'ducation4 ,par quoi est constitue1 en effet1 la valeur d'un individu8 ,par ce qu'il a appris1 c'est--dire par le nombre de diplmes qu'il possde1 rpondra un ,latin4 ,un ,anglais ou un ,amricain estimeront1 au contraire1 que la valeur d'un homme se mesure trs peu son instruction1 et beaucoup son caractre1 c'est--dire son initiative1 son esprit d'observation1 son jugement et sa volont4 ,avec de telles qualits1 peu importe que l'individu ait un bagage scientifique faible4 ,il apprendra1 quand cela lui sera ncessaire1 tout ce qu'il aura besoin d'apprendre1 et russira le plus souvent devenir quelqu'un1 s'il n'est pas toujours certain de devenir quelque chose4 ,l'homme pourvu seulement de diplmes mnmoniques1 n'est bon rien si l'tat ne l'utilise pas dans des carrires o1 la besogne lui tant toute trace1 le dispense de la plus lgre trace d'initiative1 de rflexion1 de dcision1 de volont4 ,toute sa vie il restera un mineur qu'on devra diriger4 ,le vrai but de l'ducation est1 je le rpte1 de dvelopper certaines qualits du caractre1 telles que l'attention1 la rflexion1 le jugement1 l'initiative1 la discipline1 l'esprit de solidarit1 la persvrance1 la volont1 etc4 ,on ne les dveloppe naturellement qu'en les exerant4 ,il faut exercer surtout celles dont l'lve est le plus dpourvu4 ,ces qualits varient suivant les races1 voil pourquoi l'ducation adapte aux besoins d'un peuple ne saurait convenir un autre4 ,un ,italien1 un ,russe1 un ,anglais et un ngre ne peuvent pas tre duqus de la mme faon4 ,l'ducation doit fortifier le caractre d'une race et corriger ses dfauts4 ,or1 loin de tendre amliorer nos dfauts nationaux1 notre rgime universitaire ne fait que les dvelopper4 ,les ,latins possdent trs peu d'esprit de solidarit#ahc1 fort peu de sympathie les uns pour les autres1 et nous nous empressons d'touffer les faibles traces de solidarit qu'ils possdent et de dvelopper leurs rivalits et leur gosme par cet odieux rgime de prix et de concours1 si justement condamn depuis longtemps par les ,anglais et les ,allemands4 ,note #ahc3 ,que l'on compare1 par exemple1 la tenue des journaux anglais aprs les humiliantes dfaites infliges par une poigne de paysans aux armes anglaises dans le ,transvaal1 celle des journaux franais aprs l'chauffoure de ,langson4 ,aucun journal anglais n'essaya d'branler le ,gouvernement4 ,nous renversmes le ntre en quelques heures4 ,les ,latins ne possdent qu'une capacit trs minime d'initiative1 et nous leur imposons un rgime de surveillance permanente1 de vie rgle1 de devoirs heures fixes1 qui ne leur laisse pas1 dans leurs sept huit ans de vie scolaire1 une seule minute o ils aient prendre la plus lgre dcision1 la plus modeste initiative4 ,comment auraient-ils appris se gouverner1 puisqu'ils ne sont pas sortis sans matres un seul jour8 ,les professeurs et les parents jugeraient trs redoutable de leur laisser prendre l'initiative de monter seuls en omnibus pour aller visiter un muse4 ,les ,latins ont fort peu de volont1 mais comment en possderaient-ils1 puisqu'ils n'ont jamais eu vouloir quelque chose8 ,enfants1 ils sont dirigs dans leurs moindres actes par leurs parents2 adolescents1 par leurs professeurs4 ,devenus hommes1 ils rclament bien vite la protection de l'tat1 et1 sans cette protection1 ne savent rien entreprendre4 ,les ,latins sont intolrants et sectaires1 ils oscillent de l'intransigeance clricale l'intransigeance jacobine4 ,mais comment en serait-il autrement1 puisqu'ils ne voient autour d'eux qu'intolrance8 ,intolrance libre penseuse et intolrance religieuse4 ,c'est toujours avec mpris qu'ils entendent traiter les opinions d'autrui4 ,professeurs universitaires et professeurs congrganistes sont saturs de l'esprit sectaire et n'ont de commun que la haine rciproque qui les anime4 ,ce n'est pas avec de tels sentiments qu'ils pourraient guider leurs lves dans ces rgions sereines des causes1 o la comprhension de la gense des croyances remplace la haine et l'invective4 ,l'intolrance est peut-tre le plus terrible dfaut des ,latins1 celui contre lequel une ,universit claire1 possdant un peu d'esprit philosophique1 devrait ragir chaque jour4 ,la perte en bloc de leurs colonies n'a pas amen les ,espagnols faire trve aux perptuelles dissensions religieuses qui les dchirent4 ,l',italie donne le mme spectacle1 la ,france galement4 ,il semblerait que la notion de solidarit1 si puissante chez les ,anglo-,saxons1 s'efface de plus en plus chez les peuples latins4 ,c'est l peut-tre une des principales raisons pour lesquelles ces peuples1 si longtemps au premier rang de la civilisation1 descendent lentement des rangs infrieurs4 ,a cette dcadence1 l'esprit universitaire1 comme l'esprit congrganiste1 aura contribu pour une large part4 #b4--,m,,thodes ,,psychologiques ,d',,ducation4 ,les bases psychologiques de l'ducation sont les mmes que celles de l'instruction4 ,plus encore de l'ducation que de l'instruction1 on peut dire qu'elle est seulement complte lorsque le conscient est pass dans l'inconscient4 ,les qualits du caractre3 volont1 persvrance1 initiative1 etc41 ne sont pas filles de raisonnements abstraits et ne s'apprennent jamais dans les livres4 ,elles ne sont fixes que lorsque--hrditaires ou acquises--elles se trouvent devenues des habitudes chappant entirement la sphre du raisonnement4 ,la morale qui discute est une pauvre morale1 une morale qui s'vanouira au premier souffle de l'intrt4 ,ce n'est pas par le raisonnement1 mais le plus souvent l'encontre de ses suggestions1 qu'on expose sa vie avec hrosme ou qu'on se dvoue de nobles causes4 ,toutes les qualits du caractre ne s'acquirent pas par l'ducation4 ,il y en a d'hrditaires1 consquence d'un long pass4 ,ce sont les qualits de race4 ,des sicles sont ncessaires pour les crer4 ,mais si l'ducation ne suffit pas donner certaines qualits1 elle peut au moins dvelopper en quelque mesure1 les aptitudes n'existant qu' un faible degr4 ,il devrait tre de toute vidence que cette ducation du caractre ne peut se faire avec des prceptes1 mais uniquement par l'exprience4 ,nous avons indiqu dj le principe gnral des mthodes1 toujours exprimentales1 sur lesquelles doit reposer l'ducation4 ,il faudrait crire tout un volume pour entrer dans le dtail des procds employer suivant les cas4 ,je me bornerai ici quelques exemples1 choisis parmi les plus faciles4 ,dveloppement de l'esprit d'observation et de prcision4--,ces qualits de caractre ont parmi les plus utiles acqurir et pourtant des moins rpandues4 ,il y a des gens1 crit ,s4 ,blakie1 qui passent dans la vie les yeux ouverts et ne voient rien4 ,rien d'trange comme notre faon d'aller les yeux ouverts sans rien voir4 ,la cause en est que l'oeil1 comme tout autre organe1 a besoin d'exercice2 trop asservi aux livres1 il perd sa force1 son activit et finalement n'est plus capable de remplir son office naturel4 ,regardez donc comme les vraies tudes primaires1 celles qui apprennent l'enfant connatre ce qu'il voit et voir ce qui autrement lui chapperait4 ,faut-il des procds bien savants pour crer les rflexes inconscients qui donneront l'lve l'habitude d'observer exactement et de dcrire avec prcision ce qu'il a observ8 ,en aucune faon4 ,la mthode d'enseignement est trs simple1 bien que peu connue4 ,on arrive au rsultat cherch par divers moyens et notamment en utilisant les promenades o chaque objet peut fournir matire des observations prcises4 ,nous habituerons d'abord l'lve ne regarder qu'un dtail dtermin d'un ensemble1 ft-ce simplement les fentres des maisons ou la forme des voitures rencontres1 et le dcrire ensuite avec nettet1 ce qui exige de sa part beaucoup d'attention4 ,au bout de quelque temps1 il percevra les moindres diffrences existant entre des parties de choses presque semblables4 ,on passera alors un autre dtail des mmes objets4 ,aprs quelques semaines1 l'lve aura appris voir d'un coup d'oeil1 c'est--dire inconsciemment1 les diffrences sparant des groupes de formes auprs desquels il et pass jadis sans les discerner4 ,si alors1 au lieu de ces compositions ridicules de style o l'colier doit dcrire des temptes qu'il n'a pas vues1 des combats de hros qu'il ne connat que par les livres1 on lui fait rsumer ce qui l'aura frapp dans une simple promenade1 on sera tout surpris des habitudes d'observation1 de prcision1 et1 plus tard1 de rflexion1 ainsi acquises4 ,je n'ai pas employ d'autre mthode pour apprendre1 en ,asie1 dans des rgions non explores1 couvertes de monuments en apparence semblables1 distinguer trs vite les analogies et les diffrences de ces monuments1 ce qui m'a permis de comprendre ensuite l'volution de toute leur architecture4 ,quand l'lve aura ainsi accompli quelques progrs1 nous tendrons le champ de ses observations4 ,nous lui ferons dcrire1 par exemple1 le magasin devant lequel il a pass1 le monument qu'il a rencontr et nous l'habituerons aider ses descriptions d'un dessin schmatique sans nous proccuper des imperfections de ce dessin1 ne le considrant que comme un moyen d'abrger ses descriptions4 ,c'est alors qu'il reconnatra par lui-mme la difficult de voir les dtails les plus importants d'un objet qu'on croit avoir bien regard4 ,essayez de reproduire de mmoire1 par une description ou un dessin1 un monument devant lequel vous passez tous les jours depuis des annes et vous serez tonn des normes inexactitudes et des oublis que vous commettrez alors mme que votre esquisse sera parfaite au point de vue artistique4 ,il faut recommencer bien des fois de tels exercices pour apprendre voir et acqurir quelque prcision dans l'observation4 ,ce sont l des mthodes d'enseignement que ne comprennent gure nos universitaires4 ,j'ai eu occasion de rencontrer en voyage1 dans un des plus curieux pays de l',europe1 quelques ,normaliens que j'ai observs4 ,regardaient-ils le pays1 ses habitants1 ses monuments8 ,hlas6 non4 ,ils cherchaient dans de savants livres des jugements tout faits sur les paysages et les arts qu'ils avaient sous les yeux et ne songeaient mme pas se crer de tout cela une comprhension personnelle4 ,dveloppement de la discipline1 de la solidarit1 du coup d'oeil1 de l'esprit de dcision1 etc4--,les qualits que je viens d'numrer ont une utilit capitale dans la vie et c'est pour cette raison que les ,anglais tiennent tant les dvelopper chez les jeunes gens4 ,ils y arrivent par les jeux dits ducateurs1 jeux qu'il serait inutile d'expliquer ici1 car tant violents et parfois dangereux1 les familles ne les accepteraient jamais4 ,les parents franais sont1 comme on le sait1 fort craintifs pour leurs enfants#ahd4 ,d'ailleurs les directeurs d'tablissements tant rendus pcuniairement responsables par les tribunaux des accidents qui se produisent1 il est vident qu'aucun d'eux ne consentirait courir de pareils risques4 ,note #ahd3 ,la terreur des mres franaises pntre jusqu'au rgiment1 crit ,m4 ,max ,leclerc2 elle paralyse mme des officiers de cavalerie4 ,j'ai vu1 pendant mon volontariat1 un capitaine instructeur qui n'osait pas faire galoper nos prcieuses personnes travers champ1 de peur des chutes et des rclamations des familles4 ,au collge anglais de ,harrow1 lisons-nous dans la ,france de demain1 les lves se rendent la piscine1 suivant leur bon plaisir1 sous la seule garde des principes d'hygine qui leur ont t inculqus4 ,s'ils y contreviennent1 tant pis pour eux4 ,l'anne dernire1 l'un d'eux se noya4 ,dans son estomac on trouva une livre et demie de cerises4 ,a cette occasion1 tous furent runis dans la grande salle des speeches1 et un mdecin leur expliqua pourquoi leur camarade tait mort4 ,nulle autre prcaution prventive ne fut prise et les parents n'en rclamrent pas4 ,qu'on rapproche cette attitude si sage de celle de ces pres franais--cits dans l'enqute--qui intentent des poursuites contre le proviseur1 parce que leurs fils ont t lgrement blesss dans les jeux4 ,ce n'est pourtant qu'en exposant le jeune homme quelques accidents1 d'autant moins graves qu'il possdera un peu les qualits de discipline1 d'endurance1 de hardiesse1 de dcision1 de coup d'oeil1 de solidarit1 dveloppes par ces exercices1 qu'on peut lui faire acqurir de telles aptitudes4 ,elles font la force des ,anglais1 mais1 pour les raisons que je viens de dire1 les ,latins doivent renoncer les acqurir4 ,nos ridicules exercices de gymnastique ne sauraient les dvelopper en aucune faon4 ,le service militaire1 avec quelques campagnes lointaines1 peut seul les donner un peu4 ,un des plus grands bienfaits de ces jeux ducateurs des ,anglais est l'esprit d'troite solidarit qu'ils donnent ceux qui s'y livrent4 ,j'ai rappel dans un de mes livres l'exemple suivant dont fut frapp plus d'un observateur4 ,dans les jeux de balle avec des ,anglais1 les jeunes ,franais perdent gnralement la partie1 simplement parce que le joueur anglais1 proccup du succs de son quipe et non d'un succs personnel1 passe son voisin la balle qu'il ne peut garder1 alors que le joueur franais s'obstine la conserver1 prfrant que la partie soit perdue plutt que la voir gagne par un camarade4 ,le succs de son groupe lui est indiffrent1 il ne s'intresse qu'au sien propre4 ,cet gosme le suivra naturellement dans la vie et1 s'il devient chef militaire1 il lui arrivera parfois de laisser craser un collgue auquel il aurait pu porter secours pour viter de lui procurer un succs4 ,nous avons vu d'aussi tristes exemples dans notre dernire guerre4 ,ce que les mmes jeux ducateurs donnent galement1 c'est un grand empire sur soi1 ce self control que les ,anglais mettent au-dessus de toutes les autres qualits et qu'ils travaillent sans cesse perfectionner quand ils ne le possdent pas un haut degr4 ,je me souviens d'une rflexion que me fit ce propos un major anglais au mont ,abou1 rgion de l',inde situe au milieu de jungles paisses infestes de tigres et de serpents et qu'il est fort dangereux de parcourir la nuit4 ,comme il sortait un soir du bungalow que nous habitions1 je lui demandai o il pouvait bien aller seul dans une localit aussi mal frquente4 ,aprs quelques moments d'hsitation1 il me rpondit en rougissant que1 ne possdant pas encore assez de sang-froid et d'empire sur ses nerfs1 il allait s'exercer tous les soirs en acqurir4 ,ce fut indirectement que je sus la nature de cet exercice4 ,il consistait se poster au fond d'un ravin absolument dsert et o l'on ne pouvait esprer aucun secours1 pour guetter l'afft le tigre quand il vient se dsaltrer4 ,l'attente peut durer des heures ou mme une nuit entire sans succs4 ,pendant tout ce temps1 on tche de rflchir sur l'utilit de dominer ses nerfs1 car1 lorsque le tigre a paru1 on a juste deux ou trois secondes pour le viser la tte et le tuer net4 ,si on se borne le blesser1 on est infailliblement perdu4 ,l'exercice est videmment fort chanceux1 mais1 aprs s'y tre livr quelque temps1 on est sr de soi-mme et on ne redoute rien dans la vie4 ,quand une nation possde beaucoup d'hommes ainsi tremps1 elle est destine dominer le monde4 ,dveloppement de la persvrance et de la volont4--,de telles qualits sont le plus souvent hrditaires et ne s'acquirent pas facilement4 ,on peut cependant les dvelopper quelque peu par l'ducation4 ,il n'y a d'autre mthode employer que de placer le plus souvent possible l'lve dans des circonstances o il ait rflchir avant de se dcider et de l'obliger1 quand il a pris une rsolution1 l'excuter compltement4 ,s4 ,blakie rapporte que le pote ,wordsworth1 ayant un jour rsolu de faire une excursion dans une montagne1 la continua malgr un violent orage1 donnant pour raison qu'abandonner un projet pour viter un lger inconvnient est dangereux pour le caractre4 ,les ,anglais connaissent bien la valeur de ces qualits viriles1 et c'est pourquoi elles provoquent toujours chez eux une vive admiration1 mme quand ils les rencontrent chez leurs ennemis4 ,j'emprunte au journal la ,france de demain l'extrait suivant d'un discours prononc au collge d',epsom par lord ,roseberry3 ,lorsque nous apprenons qu'un homme1 en quelque lieu que ce soit1 s'est lev au-dessus de ses compagnons1 par ses qualits viriles1 nous l'admirons et nous l'honorons1 sans nous soucier du pays auquel il appartient4 ,je veux vous donner en exemple un homme dont le nom est familier la plupart d'entre vous4 ,je veux parler du colonel ,marchand4 ,c'est un ,franais4 ,il y a peu de temps1 il accomplit un voyage de trois annes travers l',afrique1 de l',ouest l',est1 au prix d'incroyables fatigues1 entour et suivi par des sauvages qu'il sut s'attacher1 et il russit dans son entreprise d'une manire qui couronne jamais son nom de gloire4 ,et j'ajoute qu'aprs avoir accompli son devoir il se comporta avec une telle dignit et modestie qu'il est un des hommes que les ,anglais ont plaisir honorer4 ,l'an dernier1 comme quelques-uns d'entre vous le savent1 son devoir le plaa dans une collision momentane avec les intrts de l',angleterre4 ,mais1 je suis convaincu que malgr cet incident passager1 si le colonel ,marchand venait en ,angleterre1 il aurait une rception le cdant seulement celle qu'il eut dans son propre pays4 ,et toujours il en a t ainsi en ,angleterre4 ,les plus chaleureuses rceptions qui ont t faites ,londres1 dans la dernire moiti du sicle1 ont t faites des trangers4 ,j'ai assist l'enthousiasme en l'honneur de ,kossuth1 dont bien peu d'entre vous peut-tre ont entendu parler4 ,les ,anglais voyaient en lui un homme1 et leur coeur bondissait pour le saluer4 ,ma mmoire d'enfant se rappelle les drapeaux et les dcorations qui l'accueillirent4 ,l'autre rception fut offerte ,garibaldi4 ,garibaldi fut reu avec un tel honneur que personne jamais1 except la princesse de ,galles1 son arrive1 n'en reut un semblable4 ,pour quelle raison8 ,parce qu'il tait un homme4 ,les ,latins possdant peu de persvrance et de volont1 il faudrait multiplier normment les occasions pouvant se prsenter pour eux d'exercer ces qualits matresses4 ,elles suffisent assurer le succs d'un homme dans la vie1 si modestes et difficiles que soient ses dbuts4 ,rien ne rsiste une volont forte et persvrante1 les physiologistes savent qu'elle triomphe de la douleur mme#ahe4 ,l'histoire nous montre qu'elle peut triompher aussi des hommes et des dieux et que par elle se sont fonds les plus puissants empires4 ,note #ahe3 ,jusqu'ici1 crit le ,dr ,eifer1 on a peu tenu compte de la volont du sujet dans l'apparition de phnomnes regards comme hystriques4 ,je rapprocherai des faits divers observs de divers cts le cas d'un amateur europen que j'ai connu aux ,indes4 ,ayant vu les exercices des fakirs1 il voulut les imiter4 ,en appliquant fortement sa volont1 il s'enfonait de longues aiguilles dans les joues et dans les mains sans souffrir aucunement1 et les plaies restaient exsangues4 ,s'il ngligeait de vouloir1 au contraire1 il souffrait et la plaie saignait4 ,pour gagner sa vie comme prodige1 il suffit donc de vouloir1 mais il faut vouloir fortement et longtemps1 cela n'est pas donn tout le monde4 ,l'histoire nous apprend aussi que c'est par l'affaiblissement de leur caractre--et jamais par celle de leur intelligence--que les peuples prissent4 ,quand on lit les rcits de la dsastreuse campagne de #ahgj1 ce qui frappe d'abord1 c'est l'absence totale1 chez les chefs de tout grade1 des qualits de caractre4 ,on constate en eux le mme manque total de dcision1 de hardiesse et surtout d'initiative4 ,les combinaisons stratgiques des ,allemands taient des plus simples1 mais les officiers1 quel que ft leur grade1 possdaient de l'initiative et savaient ce qu'il fallait faire dans un cas donn1 alors mme qu'ils ne recevaient pas d'ordres4 ,nous ne possdions que le courage1 qualit pouvant suffire avec les petites armes de jadis qui manoeuvraient sous les yeux d'un chef4 ,elles valaient ce que valait le chef et un homme capable suffisait pour les diriger4 ,aujourd'hui1 chaque officier doit jouer le rle que jouait jadis un gnral en chef et1 dans l'avenir1 le succs sera aux armes qui possderont le plus d'officiers au caractre vigoureusement tremp4 ,ce n'est pas par la lecture des livres que se forment de tels hommes4 ,,chapitre ,,iii ,l'enseignement de la morale4 ,il est un point fondamental de l'ducation1 l'enseignement de la morale1 dont l'importance est trop grande pour que nous ne lui consacrions pas un chapitre spcial4 ,le niveau moral d'un peuple1 c'est--dire la faon dont il observe certaines rgles de conduite1 marque sa place dans l'chelle de la civilisation et aussi sa puissance4 ,ds que sa morale se dissocie1 tous les liens de l'difice social se dissocient galement4 ,les rgles de conduite peuvent varier d'une race une autre1 d'un temps un autre1 mais1 pour un temps donn et un peuple donn1 elles sont invariables4 ,l'ducation morale doit tre1 comme toute ducation1 uniquement base sur l'exprience et jamais enseigne par les prceptes des livres4 ,tout enseignement moral sera insuffisant tant que le matre ne saura pas apprendre exprimentalement l'lve distinguer nettement ce qui est bien de ce qui est mal et lui inculquer une claire notion du devoir4 ,comment arrivera-t-il un tel rsultat8 ,sera-ce au moyen de rgles de morale apprises par coeur et de sentencieux discours8 ,il faut avoir une grande ignorance de la constitution mentale d'un enfant pour supposer qu'on puisse exercer ainsi sur sa conduite l'influence la plus lgre4 ,les lments de l'ducation morale de l'enfant doivent driver de son exprience personnelle4 ,l'exprience seule instruit les hommes et seule aussi elle peut instruire la jeunesse4 ,la rprobation gnrale suivant certains actes1 l'approbation s'attachant d'autres montrent bientt l'enfant ce qui est bien et ce qui est mal4 ,l'exprience lui indique les consquences avantageuses ou fcheuses de certaines actions et les ncessits qu'entranent les rapports avec ses semblables1 surtout si l'on a toujours soin de lui faire supporter les consquences de ses actes et rparer les dommages qu'il a causs4 ,il doit apprendre par lui-mme que le travail1 l'conomie1 l'ordre1 la loyaut1 le got de l'tude ayant pour rsultat final d'accrotre son bien-tre et satisfaire sa conscience1 portent en eux leur rcompense4 ,le matre ne peut intervenir utilement qu'en condensant sous forme de prceptes les rsultats de cette exprience4 ,l'ducation morale n'est complte que lorsque l'habitude de faire le bien et d'viter le mal est devenue inconsciente4 ,alors seulement la morale se trouve forme4 ,il est trs beau de savoir lutter contre une tentation4 ,il est beaucoup plus sr de n'avoir mme pas lutter contre elle4 ,l'ducation morale doit surtout apprendre se gouverner soi-mme et acqurir un respect inviolable du devoir4 ,c'est vers ce but essentiel que tend l'ducation anglaise et il faut avouer qu'elle l'atteint parfaitement4 ,le souci constant de ceux qui la dirigent est d'habituer l'enfant distinguer lui-mme le bien et le mal et savoir se dcider tout seul1 alors que nous ne lui apprenons qu' se laisser conduire#ahf4 ,il faut avoir observ de prs deux enfants1 l'un franais et l'autre anglais1 du mme ge1 en prsence d'une difficult1 les irrsolutions du premier1 la dcision du second1 pour comprendre la diffrence de rsultats des deux ducations4 ,note #ahf3 ,on donne l'enfant anglais1 crit ,m4 ,max ,leclerc1 confiance en lui-mme en le livrant de bonne heure ses seules forces1 on fait natre le sentiment de la responsabilit en lui laissant1 une fois prvenu1 le choix entre le bien et le mal4 ,s'il fait le mal1 il supportera la peine de sa faute ou les consquences de son acte444 ,on lui inspire l'horreur du mensonge1 on le croit toujours sur parole jusqu' preuve qu'il a menti4 ,un des plus puissants facteurs de l'ducation morale est le milieu4 ,les suggestions engendres par le milieu jouent un rle tout fait prpondrant dans l'ducation de l'enfant4 ,sa tendance l'imitation tant inconsciente se trouve par cela mme trs forte4 ,c'est d'aprs la conduite des tres qui l'entourent que se forment ses rgles instinctives de conduite et que se cre son idal4 ,dis-moi qui tu hantes1 je te dirai qui tu es1 est un de nos plus sages proverbes4 ,l'enfant estime ce qu'il voit estim et mprise ce qu'il voit mpris4 ,ces suggestions1 subies d'abord1 se transformeront chez lui en des rflexes qui finiront par se fixer pour la vie4 ,de l le rle immense--utile ou funeste--des parents ou des professeurs4 ,l'action inconsciente de l'entourage et du milieu est une des plus importantes formes de l'ducation morale4 ,bien que s'occupant beaucoup de leurs enfants1 les parents franais sont cependant de trs insuffisants moralisateurs4 ,ils ont trop de faiblesse pour possder beaucoup d'autorit1 et leur dfaut d'autorit rduit singulirement leur prestige4 ,conscients de cette faiblesse1 ils mettent le plus tt possible leurs enfants au lyce1 persuads que les professeurs sauront imposer l'ducation qu'ils se sentent impuissants donner4 ,mais le lyce constitue gnralement un triste milieu d'ducation morale4 ,chez les lves1 la seule loi reconnue est celle du plus fort4 ,le surveillant reprsente pour eux un ennemi1 qu'ils subissent en professant pour lui une antipathie d'ailleurs rciproque4 ,quant aux professeurs1 ils considrent que leur unique tche est de faire leur cours sans avoir s'occuper en aucune faon de moraliser les lves4 ,quand le professeur1 crit ,m4 ,fouille1 aura dit qu'il faut aimer sa famille et mourir pour sa patrie1 il sera au bout de sa morale4 ,ce seront seulement les trs zls qui iront aussi loin4 ,les autres se montrent en gnral fort sceptiques pour tout ce qui concerne de telles notions1 et gardent leur gard un ddaigneux silence ou se bornent d'ironiques allusions sur l'incertitude des ides morales4 ,trs rompus aux mthodes de critique ngative1 ils possdent trop peu d'exprience des hommes et des choses pour comprendre que ce n'est pas l'enfant qu'il faut enseigner des incertitudes4 ,ils oublient souvent que leur rle n'est pas de combattre1 ft-ce simplement au moyen d'un mprisant silence1 trop bien interprt par la jeunesse1 les traditions et les sentiments qui sont la base mme de la vie d'un peuple et sans lesquels il n'est pas de socit possible4 ,avec une philosophie moins livresque1 et par consquent plus haute1 ils verraient vite que si la morale1 comme la science1 comme toute chose en un mot1 ne prsente au point de vue philosophique qu'une valeur relative1 cette valeur relative devient trs absolue pour un peuple donn1 un moment donn1 et doit tre rigoureusement respecte4 ,une socit ne peut durer que lorsqu'elle possde des rgles communes et surtout un idal commun1 capable de crer des coutumes morales admises par tous ses membres4 ,peu importe la valeur thorique de cet idal et de la morale qui en drive1 peu importe qu'il soit constitu par le culte de la patrie1 la gloire du ,christ1 la grandeur d',allah1 ou par toute autre conception du mme ordre4 ,l'acquisition d'un idal quelconque a toujours suffi pour donner un peuple des sentiments communs1 des intrts communs et l'lever de la barbarie la civilisation4 ,c'est sur cet hritage de traditions1 d'idal1 ou1 si l'on veut1 de prjugs communs1 que se fonde la discipline intrieure1 mre de toutes les habitudes morales1 qui dispense de subir la loi d'un matre4 ,mieux vaut encore obir aux morts qu'aux vivants4 ,les peuples qui ne veulent plus supporter la loi des premiers sont condamns subir la tyrannie des derniers4 ,relis aux tres qui nous prcdent1 nous faisons tous partie de cette chane ininterrompue qui constitue une race4 ,un peuple ne sort de la barbarie que lorsqu'il a un idal dfendre4 ,ds qu'il l'a perdu1 il ne forme plus qu'une poussire d'individus sans cohsion1 et retourne bientt la barbarie4 ,la grande difficult de l'enseignement de l'thique1 chez les peuples catholiques1 c'est que pendant de longs sicles leur morale n'a eu d'autres fondements que des prescriptions religieuses aujourd'hui sans force4 ,la morale1 c'tait simplement ce qui plaisait un ,dieu punissant par des supplices ternels les coupables osant transgresser ses lois4 ,la religion et la morale1 si intimement lies dans les cultes smitiques1 ont toujours t compltement indpendantes dans d'autres1 ceux de l',inde par exemple4 ,cette indpendance1 si contraire nos ides hrditaires1 nous devons tcher de l'acqurir4 ,sa dmonstration est facile4 ,il suffit1 en effet1 de rflchir un instant pour reconnatre que la religion et la morale sont choses entirement distinctes4 ,au gr de nos sentiments et de nos intrts1 nous pouvons adopter ou rejeter la premire1 mais nous sommes tous obligs de subir la seconde4 ,aussitt que des tres vivants1 animaux ou hommes1 sont constitus en socit1 ils doivent ncessairement obir certaines rgles1 sans lesquelles l'existence de cette socit serait impossible4 ,le dvouement aux intrts de la collectivit1 le respect de l'ordre et des coutumes tablies1 l'obissance aux chefs1 la protection des enfants et des vieillards1 etc41 sont des ncessits sociales indpendantes de tous les cultes1 puisque les religions peuvent changer sans que se modifient ces ncessits4 ,les banalits du ,dcalogue ne sont que la mise en formules de rgles cres par des obligations sociales imprieuses4 ,en matire d'enseignement de la morale1 il faut1 comme je l'ai dit dj1 crer chez l'enfant des habitudes mentales1 et ne pas perdre son temps lui enseigner des rgles ou lui faire de sentencieux discours4 ,que si1 cependant1 le professeur se croyait oblig de disserter sur la morale1 il lui serait possible de le faire de faon intresser ses lves4 ,commenant par l'tude de la morale chez les animaux1 le professeur dcrirait les socits animales1 puis montrerait comment on peut donner1 par cration de rflexes1 certains animaux1 des sentiments de moralit suprieurs1 parfois1 ceux de l'homme parce que la raison ne vient pas comme chez ce dernier se superposer aux rflexes acquis4 ,passant ensuite l'histoire des civilisations1 il montrerait de quelle faon les peuples sont sortis de la barbarie ds qu'ils ont pu acqurir des rgles morales assez stables1 et comment ils y sont retourns quand ils les ont perdues4 ,descendant ensuite de ces gnralits pour arriver l'individu1 le professeur ferait voir l'lve que celui-ci n'est qu'un fragment de sa famille et ne serait rien sans elle1 d'o ses devoirs envers sa famille1 que cette famille n'est qu'un fragment de la socit et ne vivrait pas sans elle1 d'o ses devoirs envers la socit4 ,ayant chaque jour nous appuyer sur l'ordre social1 nous sommes aussi intresss sa prosprit qu' la ntre4 ,la socit a1 dans une trs petite mesure1 besoin de chacun de nous individuellement1 mais nous avons beaucoup plus besoin d'elle4 ,de ces considrations videntes dcoule la ncessit d'observer certaines rgles de conduite4 ,leur ensemble constitue la morale4 ,ces rgles varient ncessairement d'un peuple un autre1 puisque les socits ne sont pas partout identiques et voluent lentement1 mais pour un temps et un peuple donns elles demeurent1 je le rpte1 invariables4 ,c'est seulement quand elles sont solidement fixes dans les mes qu'un peuple peut s'lever au sommet de la civilisation4 ,la vritable force de l',angleterre1 ce n'est pas seulement la valeur de l'ducation donne ses fils1 ce n'est pas sa richesse1 ce ne sont pas ses flottes innombrables1 c'est1 avant tout et au-dessus de tout1 la puissance considrable de son idal moral4 ,elle a des traditions stables et respectes1 des chefs obis et dont l'autorit n'est jamais conteste4 ,elle possde un ,dieu national1 synthse des aspirations1 de l'nergie et des besoins de la race qui l'a cr4 ,l'antique ,jhovah de la ,bible est devenu depuis longtemps un ,dieu exclusivement anglais1 gouvernant le monde au profit de l',angleterre1 et donnant pour base au droit et la justice les intrts anglais4 ,les autres peuples ne reprsentent qu'une masse confuse d'tres infrieurs1 destins devenir tributaires de la puissance britannique4 ,en essayant de soumettre les peuples lointains leurs lois1 les ,anglais sont persuads qu'ils ne font qu'accomplir leur divine mission de civiliser le monde et le sortir de l'erreur4 ,les ,arabes1 eux aussi1 croyaient obir la volont du ,dieu de ,mahomet1 quand ils russirent--grce cette croyance-- conqurir une partie du monde grco-romain et fonder un des plus vastes empires qu'ait connus l'histoire4 ,le philosophe doit s'incliner devant de telles croyances1 quand il voit la grandeur de leurs effets4 ,elles font partie des forces de la nature1 et vainement essaierait-on de les combattre4 ,c'est en dehors des sphres de la raison que naissent et meurent les traditions et les croyances4 ,quand la discussion semble provoquer leur chute1 elles taient dj bien branles4 ,aujourd'hui1 rien de ce qui touche l'idal anglais n'est discut ni discutable sur le sol britannique4 ,aucun argument rationaliste ne saurait l'entamer4 ,petits et grands vnrent profondment leur ,dieu national1 respectent des traditions fixes par une hrdit sculaire et les principes de morale invariables qui en dcoulent4 ,possdant en outre un haut degr le sens du rel1 et comprenant la puissance des faits1 ils savent s'y accommoder et y accommodent aussi leurs principes4 ,aussi les revers les plus humiliants ne sauraient les accabler4 ,que peuvent signifier d'ailleurs des vnements transitoires contre le peuple de ,dieu1 qui est ternel8 ,les ,franais1 eux aussi1 ont possd jadis un idal assez fort1 mais ds qu'il n'a plus sembl s'adapter leurs besoins1 ils l'ont dtruit violemment et n'ont pas russi encore le remplacer4 ,ayant perdu leurs traditions et leurs dieux1 ils cherchrent baser sur la raison pure des principes nouveaux destins soutenir l'difice social1 mais ces principes incertains sont devenus de plus en plus discuts et flottants4 ,la raison humaine ne s'est pas montre encore assez forte ni assez haute pour construire les bases d'un difice social4 ,elle n'a servi qu' btir des monuments fragiles1 qui tombent en ruines avant mme d'tre termins4 ,elle n'a rien lev de solide1 mais a tout branl4 ,les peuples qui se sont confis elle ne croient plus leurs dieux1 leurs traditions et leurs principes4 ,ils ne croient pas davantage leurs chefs et les renversent aprs les avoir acclams4 ,ne possdant aucun degr le sens des possibilits et des ralits1 ils vivent de plus en plus dans l'irrel1 poursuivant sans cesse d'hallucinantes chimres4 ,comment russir difier un idal social sur d'aussi inconstantes bases1 sur d'aussi fragiles incertitudes8 ,sous peine de prir1 il faut y arriver pourtant4 ,une nation peut bien subsister quelque temps sans idal1 mais l'histoire nous apprend que1 dans ces conditions1 elle ne saurait durer4 ,un peuple n'a jamais survcu longtemps la perte de son idal4 ,l'idal dfendre est toujours fils du temps et non de nos volonts4 ,ne pouvant le crer par notre vouloir1 nous sommes condamns l'accepter sans chercher le discuter4 ,trop de choses ont t dtruites en ,france pour que beaucoup d'idals aient survcu4 ,il nous en reste un cependant1 constitu par la notion de patrie4 ,c'est peu prs le seul demeur debout sur les vestiges des religions et des croyances que le temps a brises4 ,cette notion de patrie qui1 heureusement pour nous1 survit encore dans la majorit des mes1 reprsente l'hritage de sentiments1 de traditions1 de penses et d'intrts communs dont je parlais plus haut4 ,elle est le dernier lien qui maintienne encore l'existence des socits latines4 ,il faut ds l'enfance apprendre l'aimer et le dfendre et jamais le discuter4 ,c'est parce que pendant prs d'un sicle les ,universits allemandes ont sans cesse exalt l'ide de patrie que l',allemagne est devenue si forte et si grande4 ,en ,angleterre1 un tel idal n'a pas besoin d'tre enseign1 car il se trouve depuis longtemps fix par l'hrdit dans les mes4 ,en ,amrique1 o l'ide de patrie est encore un peu neuve et pourrait tre branle par l'apport constant de sang tranger1--si dangereux pour les pays qui ne sont pas assez forts pour l'absorber1--il constitue un de ceux sur lesquels les ducateurs insistent le plus4 ,que le professeur1 crit l'un d'eux1 n'oublie jamais que chaque lve est un citoyen amricain1 et que1 dans tous les enseignements1 et en particulier dans celui de la gographie et de l'histoire1 c'est la question de patriotisme qui doit dominer1 afin d'inspirer l'enfant une admiration presque sans bornes pour la grande nation qu'il doit appeler sienne4 ,ce ne sont plus malheureusement de telles ides qui semblent dominer dans notre ,universit4 ,elle est trs imbue de socialisme1 de cosmopolitisme et de rationalisme4 ,la notion de patrie parat beaucoup de jeunes professeurs une vieillerie quelque peu mprisable#ahg4 ,un universitaire minent1 devenu depuis acadmicien1 a marqu en termes trs forts1 longtemps avant de verser dans la politique1 ce vice profond de notre ,universit1 vice qui rend si dangereuse l'ducation qu'elle donne4 ,note #ahg3 ,quelques-uns vont beaucoup plus loin encore4 ,le ministre de l',instruction publique s'est vu forc de rvoquer un professeur qui enseignait ses lves que le drapeau franais devrait tre plant dans du fumier1 et assimilait les soldats des cambrioleurs4 ,une souscription fut immdiatement ouverte en sa faveur par un professeur la ,sorbonne1 contre lequel le ,ministre dut galement svir4 ,interpell la ,chambre des dputs propos de ces faits1 le ,ministre pronona les paroles suivantes qui--heureusement--furent couvertes d'applaudissements3 444 ,c'en serait fait1 non pas de l',universit seulement1 mais de la ,france elle-mme1 si le drapeau pouvait tre outrag1 si l'ide suprieure de la patrie1 du dvouement et des sacrifices qu'aux heures de pril chacun doit tre prt lui consentir1 pouvait tre renie et condamne par ceux-l mmes qui sont chargs de prparer la ,france de demain4 ,les faits que le ministre de l',instruction publique a d rprimer jettent le plus triste jour sur l'tat mental de certains de nos professeurs4 ,des faits semblables seraient impossibles en ,allemagne et en ,angleterre1 o le respect de l'ide de patrie est universel4 ,une guerre rcente a montr sa puissance au ,japon4 ,quand on n'a pas assez de philosophie pour comprendre les ncessits qui crent un idal1 il faut au moins ne pas oublier que1 sans cet idal1 il n'est pas de socit possible4 ,critiquer l'ide de patrie1 vouloir affaiblir les armes qui la dfendent1 c'est se condamner subir les invasions1 les rvolutions sanglantes1 les ,csars librateurs1 c'est--dire toutes les formes de cette basse dcadence par laquelle tant de peuples ont vu clore leur histoire4 ,l'esprit nouveau qui se rpand de plus en plus dans l',universit constitue1 je le rpte1 un redoutable danger pour notre avenir4 ,la menace en est trop visible pour ne pas avoir frapp tous les esprits qui s'intressent aux destines de notre pays4 444 ,il semble1 disait dans un discours un ancien ministre1 ,m4 ,raymond ,poincar1 que1 depuis quelque temps1 un vent mauvais ait souffl sur certaines mes franaises et ait effac en elles des souvenirs qu'on aurait pu croire ineffaables6 ,il s'est trouv1 jusque dans l',universit1 des esprits qui se sont laiss sduire et dvoyer par une sorte de mysticisme humanitaire4 ,il s'est rencontr des gens pour ne plus reconnatre dans le drapeau tricolore l'emblme de notre unit nationale1 le symbole sacr de nos regrets et de nos esprances1 et pour profrer contre l'arme des injures criminelles4 ,maudite soit la philosophie mensongre dont se couvrent ces attentats contre la patrie6 ,elle mconnat1 sous prtexte d'humanit1 les sentiments qui contribuent le plus lever le coeur des hommes1 fortifier leur caractre et ennoblir leur destine4 ,ce qui est grave1 dans certaine affaire rcente1 dit de son ct ,m4 ,p4 ,deschanel1 ,prsident de la ,chambre des ,dputs1 dans un de ses discours1 ce n'est pas seulement qu'un ,franais1 un matre de la jeunesse1 un professeur de l',universit1 ait outrag le drapeau et trait d'escarpes les soldats et les marins franais morts ,madagascar3 c'est qu'il se soit trouv dans les premiers rangs de la hirarchie universitaire d'autres professeurs pour le dfendre1 un parti pour organiser des manifestations en son honneur1 c'est qu'ici mme1 au milieu de nos populations si pondres1 si sages1 et qui ont vu1 il y a trente ans1 l'invasion1 plusieurs journaux1 au lieu de se faire l'cho de l'indignation publique1 aient cherch des excuses de pareilles insultes contre nos soldats et contre le drapeau4 ,et quelle est la cause profonde de pareils accs d'humanitarisme apparent8 ,simplement cette soif intense d'ingalit qui fait le fond secret des principes d'galit que nous proclamons bien haut4 ,sortis gnralement des couches les plus obscures de la dmocratie1 nos professeurs ne veulent souffrir aucun contact avec les membres de la classe o ils sont ns4 ,leurs diplmes leur confrent1 suivant eux1 une vritable aristocratie1 qui doit leur viter de telles promiscuits4 ,m4 ,georges ,goyau a fort bien mis nu ces mobiles dans un article de la ,revue des ,deux ,mondes dont voici quelques extraits3 444 ,on entrevoyait1 ds #ahid1 que si la servitude du militarisme1 dnonce par ces crivains1 leur en faisait oublier la grandeur1 c'est que cette servitude avait choqu surtout1 en eux1 une certaine indolence d'agir et un aristocratique besoin d'ingalit4 ,le temps et l'audace aidant1 ils ont mis leurs mes nu2 si laides soient-elles1 il nous faut regarder4 ,ce qui l'irrite et l'exaspre1 durant son sjour la caserne1 c'est qu'il a pour camarades des faubouriens et des paysans1 rustres pour tout de bon1 grossiers sans morbidesse1 brutaux sans raffinement1 faisant l'amour sans rotisme4 ,un rveur voluptueux et distingu se rpute dclass1 lorsque la caserne l'oblige de pareils contacts4 ,mais ce qu'il y a d'minemment paradoxal et--pourquoi ne pas le dire8--de sophistique1 c'est de s'emparer du mot de dmocratie et de le faire vibrer comme on claque un fouet1 pour venger certaines susceptibilits et certaines souffrances de caserne provenant prcisment1 chez nos intellectuels1 d'un dgot inn de la dmocratie4 ,la masse proltarienne1 assure un crivain1 n'a aucun intrt rendre un culte cette entit indfinie1 embrouillarde1 qui est la patrie4 ,ds lors1 faisons savoir au proltaire que les consquences d'une dfaite intressent peu sa destine1 et que son bien personnel ne lui commande point de se battre2 il ne se battra plus4 ,voil l'avant-dernier mot de la propagande antimilitariste3 c'est une leon de lchet1 qui fait intervenir l'gosme comme mobile4 ,en un pareil tournant1 c'est un vilain spectacle que celui de l'humanitarisme4 ,l'homme qui faillit son devoir aime bien se donner l'illusion d'un motif lev1 se considrer1 au moment mme o il se dsintresse de ses semblables1 comme un fragment de l'humanit en mue1 et intercaler sa dfaillance dans l'volution de cette humanit4 ,on ne saurait trop insister sur cette question1 elle est vitale aujourd'hui4 ,un peuple ne peut subsister qu'en possdant quelques ides communes4 ,il ne nous en reste plus qu'une1 qui soit dfendable par tous les partis3 l'ide de patrie4 ,et pas n'est besoin de considrations mtaphysiques ou sentimentales pour enseigner la jeunesse la valeur de cet idal4 ,il n'y a qu' lui montrer ce que deviennent les peuples ayant perdu leur patrie4 ,l'histoire de l',irlande1 de la ,pologne1 de l',armnie1 de l',alsace1 etc41 nous disent le sort des nations qui tombent sous la loi de matres trangers4 ,polonais btonns par les ,allemands1 btonns aussi par les ,russes1 et de plus expdis en ,sibrie ds qu'ils protestent contre ce rgime de fer1 ,alsaciens fustigs au rgiment par des chefs soucieux de bien montrer qu'ils sont leurs matres1 ,irlandais condamns des avanies journalires par les ,anglais1 etc41 montrent le sort des peuples qui n'ont plus de patrie4 ,en la perdant1 ils ont tout perdu1 jusqu'au droit d'avoir une histoire4 ,l'ide de patrie implique naturellement le respect de l'arme charge de la protger4 ,certes1 le militarisme est une des plaies de l',europe4 ,il est dangereux et ruineux1 mais beaucoup plus dangereuse et beaucoup plus ruineuse encore serait sa suppression4 ,les gendarmes sont galement d'un entretien fort coteux4 ,personne ne parle cependant de s'en passer1 parce que chacun sait bien que sans eux nous serions promptement victimes des voleurs et des assassins4 ,rien n'est plus funeste pour l'avenir d'un pays que les discours de quelques philanthropes courte vue1 parlant de dsarmement1 de fraternit et de paix universelle4 ,leur humanitarisme vague finirait par saper entirement notre patriotisme et nous laisserait dsarms devant des adversaires qui ne dsarment jamais4 ,attendons pour couter tous ces discoureurs que nous n'ayons plus d'ennemis4 ,et nous sommes bien loin1 hlas6 de n'en plus avoir4 ,a la vrit1 nous n'en avons jamais eu davantage4 ,il faut tre singulirement aveugl par des chimres pour ne pas le voir4 ,m4 ,faguet a montr dans de belles pages1 dont je vais reproduire quelques fragments1 qu'en ne se plaant mme qu' un point de vue strictement utilitaire1 nous devons respecter profondment notre patrie et respecter profondment aussi l'arme charge de la dfendre4 ,la ,france1 crit-il1 est presque universellement dteste et ces trois mobiles3 la haine1 la crainte et la cupidit1 qui ont runi contre la ,pologne ses puissants voisins1 animent parfaitement contre la ,france des voisins tout aussi redoutables4 ,la disparition de la ,france est en train de devenir un rve europen4 ,comme la ,pologne1 la ,france a longtemps troubl l',europe par ses incursions2 comme la ,pologne1 elle l'a longtemps gne du contre-coup de ses agitations intrieures2 comme la ,pologne1 elle est un peuple qu'on juge trop brave et trop aventureux1 bien que1 sans perdre sa bravoure1 elle semble avoir perdu le got des aventures2 comme la ,pologne1 elle est facile partager1 ayant des voisins de tous les cts444 ,il faut donc aimer la patrie profondment2 mais comment convient-il de l'aimer8 ,ne cherchons ni subterfuges ni circonlocutions1 et disons nettement qu'il faut l'aimer dans son moyen de dfense1 c'est--dire dans son arme1 comme tous les peuples du monde ont aim leur pays dans la force organise pour le dfendre4 ,le patriotisme n'est pas le militarisme2 il va plus loin1 il va1 si vous voulez1 plus haut1 il va ailleurs2 mais c'est l qu'il va d'abord1 et le militarisme est le signe et la mesure du patriotisme4 ,qu'il y ait une majorit antimilitariste dans un pays1 c'est parfaitement le signe que ce pays se renonce2 qu'il y ait seulement un parti antimilitariste dans un pays1 c'est un trs mauvais signe et il y a dj lieu de pousser le cri d'alarme444 ,la ,patrie1 c'est l'arme1 l'arme c'est la ,patrie elle-mme1 en ce sens qu'elle est l'organe que1 lentement1 depuis des sicles1 la ,patrie s'est construit et a ajust au milieu qui lui a t fait1 pour subsister et se maintenir4 444 ,l'arme n'est pas seulement l'arme de la nation1 elle en est l'armature4 ,c'est l'arme qui fait que la nation n'est pas un tre invertbr2 c'est l'arme qui fait que la nation se tient debout444 ,ce n'est qu' titre de soldats1 ce n'est que comme membres de l'arme1 que les ,franais se connaissent1 comme cooprant une mme oeuvre1 et comme runis bien manifestement dans la mme ide4 ,les peuples trs civiliss qui ont oubli d'tre militaires ont pri et1 en prissant1 ont laiss reculer1 ce qui revient dire1 ont fait reculer la civilisation4 ,il serait souhaiter que beaucoup d'universitaires partageassent les ides qui prcdent1 au lieu de professer plus ou moins ouvertement des thories diamtralement contraires4 ,si l'esprit qui s'infiltre progressivement chez nos professeurs continuait s'y rpandre1 nous serions menacs d'une dissociation rapide4 ,un peuple peut perdre des batailles1 perdre des provinces et se relever encore4 ,il a tout perdu et ne se relve pas quand il ne possde plus les sentiments qui formaient l'armature de son me et le ressort de sa puissance4 ,,chapitre ,,iv ,l'enseignement de l'histoire et de la littrature4 #a4--,l',,enseignement ,,de ,l',,histoire4 ,ce sont principalement les universitaires ayant le plus contribu surcharger les programmes d'enseignement de l'histoire1 qui les ont maltraits devant la ,commission d'enqute4 ,l'exprience devait ncessairement leur apprendre que l'enseignement mnmonique de l'histoire1 tel qu'il est donn par l',universit1 constitue une perte totale de temps pour les lves4 ,aujourd'hui1 les plus savants professeurs reconnaissent eux-mmes1 avoir inutilement surcharg les programmes4 ,l'histoire est une mnmotechnie ou une philosophie4 ,tant qu'elle restes une mnmotechnie1 elle risque d'tre pour l'enfant une fatigue en pure perte2 elle ne devient une philosophie qu'avec l'ge et surtout lorsque l'adolescent est appel appliquer sa rflexion au monde voisin de celui o il doit vivre4 ,pour l'enfant1 n'y aurait-il pas avantage ne lui prsenter que les grandes tapes de l'histoire ancienne et des premiers sicles de notre propre histoire sous forme de tableaux qui frappent son imagination et1 en provoquant des comparaisons avec ce qu'il voit journellement autour de lui1 lui laissent une impression durable#ahh8 ,note #ahh3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #aj4 ,grard1 vice-recteur de l',acadmie de ,paris4 ,actuellement1 l'enseignement historique1 pendant toute la classe de troisime et une partie de la classe de seconde1 est consacr au ,moyen ,age4 ,c'est beaucoup trop1 et pour un rsultat trs mince4 ,pour la trs grande majorit des coliers1 et je crois que je pourrais dire pour tous1 l'histoire du ,moyen ,age1 sauf les grands faits que l'on pourrait exposer en beaucoup moins de temps1 est peu prs inintelligible4 ,il serait donc possible de faire de grandes conomies sur le temps consacr aux ,mrovingiens1 aux ,carlovingiens et aux premiers ,captiens#ahi4 ,note #ahi3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #ci4 ,lavisse1 professeur la ,sorbonne4 ,fatigue en pure perte1 dit ,m4 ,grard4 ,enseignement de choses peu prs inintelligibles1 dit ,m4 ,lavisse4 ,voil le bilan de l'enseignement universitaire de l'histoire4 ,sous peine de refus aux examens1 les infortuns lves sont bien obligs d'accumuler dans leur tte l'norme entassement de dates de batailles1 de gnalogies de souverains1 qui constituent les programmes classiques4 ,hors cela1 ils ne veulent rien apprendre4 ,et c'est pourquoi1 connaissant trs bien l'histoire des ,perses et la liste de tous les rois achmnides1 ils ne savent que quelques mots de l'histoire moderne4 ,beaucoup de bacheliers1 nous l'avons vu dans une prcdente citation1 n'ont jamais entendu parler de la guerre de #ahgjaij4 ,note #aij3 ,comme tout rcemment encore1 elle ne faisait pas partie des programmes1 la plupart des lves des coles primaires n'en avaient pas entendu parler davantage4 ,le ,temps du #h mars #aija publiait la lettre d'un chef d'escadron qui1 tous les ans1 fait une petite enqute sur les #ej recrues qu'il reoit et qui doivent rpondre par crit aux questions trs simples qu'on leur pose4 ,sur ces #ej recrues1 #cj n'ont jamais entendu parler de nos dsastres1 #aj ont des notions trs vagues leur sujet1 #aj seulement1 les ,parisiens surtout1 savent ce que fut cette guerre4 ,en fait1 on peut dire que plus de la moiti des ,franais de la gnration actuelle n'a jamais entendu parler de la guerre franco-allemande et ne souponne par consquent aucun des enseignements profonds que nos dfaites comportent4 ,je suis tout fait de l'avis de ,,mm4 ,lavisse et ,grard sur la ncessit de rduire l'tude de l'histoire ancienne quelque bref tableau facile renfermer dans un fort petit nombre de pages4 ,je serai peut-tre moins d'accord avec eux en assurant que l'enseignement dtaill de l'histoire1 comme on le trouve expos dans les livres classiques1 n'est propre qu' fausser le jugement de l'lve et pervertir un peu sa moralit4 ,les faits historiques reprsentant presque toujours le triomphe de la ruse1 de la violence et de la force1 ne paraissent pas trs aptes former l'esprit des enfants4 ,pour peu d'ailleurs que ces derniers parcourent quelques oeuvres d'historiens--et ils le feront tt ou tard--ils s'apercevront bien vite que les mmes faits sont prsents et jugs de la faon la plus oppose par des auteurs diffrents4 ,cette constatation1 qu'ils tendront naturellement ce qu'on leur enseigne1 affaiblira leur confiance dans l'autorit des professeurs4 ,il y aurait cependant beaucoup tirer de l'enseignement de l'histoire pour la formation de l'intelligence de la jeunesse1 si cet enseignement tait donn dans un tout autre esprit que celui qui rgne chez nos universitaires4 ,au lieu des gnalogies de souverains et des rcits de bataille1 il faudrait montrer l'lve ce que chaque peuple a laiss derrire lui1 c'est--dire expliquer l'histoire de sa civilisation4 ,elle s'claire surtout par l'tude des monuments et des diverses oeuvres d'art4 ,si ces oeuvres sont mises sous les yeux de l'lve par des photographies1 des projections1 des visites dans les muses1 il est intress et retient toujours ce qu'il a vu1 alors qu'il ne retient pas ce qu'il a appris par coeur#aia4 ,note #aia3 ,comme exemple des documents que peuvent fournir l'histoire les oeuvres d'art et les monuments1 je renvoie le lecteur mon ,histoire des ,civilisations de l',orient1 #c vol4 in-#do avec #abjj gravures1 excutes la plupart d'aprs des photographies recueillies dans mes voyages4 #b4--,l',,enseignement ,,de ,,la ,,litt,,rature4 ,l'tude de la littrature se borne1 dans les lyces1 des analyses d'auteurs clbres1 dont on ne fait lire l'lve que de courts fragments1 des tymologies1 des exceptions grammaticales et toutes les subtilits qui peuvent germer dans des cervelles de cuistres inoccups4 ,l'lve saura trs bien dfinir1 au moment de l'examen1 ce que c'est que la pastourelle1 la fatrasie1 etc4 ,il n'aura lu aucun auteur1 mais pourra rciter les byzantines discussions des commentateurs sur les grands crivains4 ,voici d'ailleurs comment un universitaire distingu1 ancien professeur l'cole ,normale1 ,m4 ,fouille1 juge la valeur de l'ducation littraire de nos lycens4 ,voulez-vous voir maintenant les rsultats intellectuels de toutes ces tudes mnmotechniques8 ,qu'on lise les rapports de la ,facult des lettres de ,paris sur le baccalaurat4 ,vous y verrez que les compositions franaises deviennent de plus en plus des compositions de mmoire sur l'histoire littraire et thtrale1 qu'elles finissent par atteindre chez la masse des lves un degr d'uniforme mdiocrit qui rend presque impossible le classement444 444 ,l'tude de la littrature1 telle qu'elle est comprise par les plus lettrs1 si elle tait pousse fond1 serait une dmoralisation de la jeunesse2 heureusement elle est superficielle et au lieu de corrompre le coeur1 elle se contente d'hbter l'intelligence en surchargeant la mmoire#aib4 ,note #aib3 ,a4 ,fouille4 ,l'chec pdagogique des lettrs et des savants1 p4 #dha4 ,la littrature est peu prs la seule connaissance qui puisse s'enseigner utilement par la lecture des livres1 et c'est justement la seule pour laquelle l',universit proscrive l'emploi des livres4 ,on se plaint du lamentable franais de la plupart des bacheliers4 ,s'il n'est pas plus lamentable encore1 c'est que les lves lisent un peu en cachette malgr leurs professeurs4 ,pour apprendre penser clairement1 connatre la littrature de son pays1 et s'exprimer correctement1 il n'y a qu'un moyen4 ,jeter d'abord au feu les grammaires savantes1 les recueils de morceaux choisis1 les rsums des manuels et surtout les dissertations des commentateurs1 puis lire et relire une centaine de chefs-d'oeuvre classiques4 ,pour le prix de deux ou trois de ces grammaires savantes1 de ces traits de rhtorique insupportables avec lesquels on dprime aujourd'hui la jeunesse1 les bibliothques #j fr4 #be le volume donneraient l'lve une centaine de chefs-d'oeuvre des auteurs classiques anciens et modernes4 ,avec deux cents volumes on aurait une bibliothque trs complte4 ,le professeur pourrait alors se borner faire analyser1 non pas des analyses1 mais bien ce que l'lve a lu1 et les compositions consisteraient uniquement traiter un sujet dj trait par un crivain1 une simple anecdote1 par exemple4 ,le professeur montrerait ensuite1 ce que d'ailleurs la plupart des lves apercevraient trs bien eux-mmes1 la diffrence entre leur style et celui des grands auteurs4 ,la comparaison leur apprendrait se rectifier4 ,ils verraient vite les phrases longues et enchevtres1 les pithtes trop abondantes1 les ides mal enchanes1 etc4 ,par des corrections successives1 l'lve arriverait rapidement et inconsciemment modifier son style1 trouver le mot juste1 prciser ce qui tait confus4 ,je n'insiste pas d'ailleurs sur une mthode trop simple et beaucoup trop efficace pour tre jamais applique par l',universit1 mais que chaque lve peut heureusement appliquer tout seul4 ,pendant de longues annes encore1 les ,universits latines donneront au monde le grotesque et stupfiant spectacle d'obliger des garons de quinze ans1 ne sachant rien de la vie et ne pouvant comprendre les mobiles qui ont fait agir les hros de l'histoire1 composer ces ridicules harangues dont les grands concours donnent de si pitoyables exemples4 ,sans vouloir dfendre davantage la mthode que j'indique1 j'ajouterai qu'elle viterait aux lves leur ignorance presque totale des auteurs de l'antiquit grecque et latine1 dont ils ne connaissent que quelques pages pniblement traduites coups de dictionnaire4 ,homre est fastidieux quand on en lit des fragments au hasard en cherchant les mots un un4 ,il devient intressant quand on le lit entirement dans une traduction1 et ainsi est-il de beaucoup d'auteurs grecs et latins4 ,le nombre de pages traduites par un lve en huit ans d'tudes classiques est lamentablement restreint4 ,le nombre des chefs-d'oeuvre d'auteurs grecs1 latins1 allemands1 anglais et franais1 que l'on pourrait lire et relire en moins de deux ans1 dans des traductions1 serait au contraire considrable4 ,cette lecture aurait de plus le grand avantage d'intresser l'lve1 et elles sont singulirement rares1 dans notre ,universit1 les choses enseignes de faon intresser4 ,,chapitre ,v ,l'enseignement des langues4 ,on sait combien sont variables les aptitudes mentales des hommes4 ,tel qui apprendra sans difficult la mcanique n'apprendra jamais la peinture1 et l'on peut tre un grand physicien sans possder la moindre disposition musicale4 ,ce devrait tre mme un des rles les plus importants des professeurs de diagnostiquer les vraies aptitudes d'un lve et de le diriger vers les tudes pour lesquelles il a des dispositions naturelles4 ,mais1 si varies que soient les aptitudes des individus1 si grande soit l'impossibilit de leur apprendre tous les mmes choses1 il en est une cependant1 la langue parle autour d'eux1 que tous les enfants1 des plus intelligents aux plus borns1 apprennent sans difficult et sans travail4 ,seuls font exception les individus atteints d'idiotie congnitale complte4 ,le fait mme qu'un individu ne peut apprendre sa langue maternelle suffit1 sans autre examen1 le faire enfermer dans un tablissement d'alins4 ,et il ne s'agit pas1 bien entendu1 uniquement de la langue maternelle1 pour laquelle on pourrait supposer des aptitudes hrditaires spciales4 ,un enfant quelconque1 transport dans un pays quelconque1 ne mettra jamais plus de six mois1 et gnralement beaucoup moins1 pour parler et comprendre la langue des individus qui l'entourent4 ,il y arrivera par un travail tout fait inconscient1 sans avoir jamais ouvert un dictionnaire ou une grammaire4 ,et pourtant cette chose si facile apprendre1 la seule que puissent acqurir les esprits les plus borns1 l',universit ne russit pas l'enseigner pendant les sept annes de travail qu'elle impose ses lves4 ,nous avons vu qu'au moment de l'examen1 l'immense majorit de ces lves est incapable de lire sans dictionnaire une langue ancienne ou moderne1 et plus forte raison d'en parler quelques mots4 ,l',universit le sait d'ailleurs parfaitement1 mais elle s'en console1 en faisant la trs gratuite et trs errone supposition1 que les lves ont retir quelque chose de leurs inutiles efforts4 ,voici d'ailleurs comment elle s'exprime dans un document officiel4 ,si grand est le nombre des lves qui sortent des lyces et collges sans tre en tat de lire un texte latin1 grec1 anglais ou allemand1 que notre systme d'tudes serait vraiment criminel si ces lves n'avaient tir cependant quelque srieux profit des efforts qu'ils ont faits et du temps qu'ils ont consacr pour les apprendre sans parvenir les savoir#aic4 ,note #aic3 ,instructions concernant les plans d'tudes de l'enseignement secondaire classique1 p4 #ad 7cit dans l'enqute parlementaire1 t4 ,,vi1 rapport gnral1 p4 #cc74 ,je ne puis qu'approuver l'expression de criminel applique notre systme d'enseignement des langues par un document officiel4 ,j'ajouterai seulement que c'est une criminelle btise d'insinuer que les lves pourraient avoir retir un profit quelconque de tout ce temps inutilement perdu1 de tout ce gaspillage d'heures prcieuses qui ne reviendront plus et pendant lesquelles tant de choses intressantes ou utiles auraient pu tre apprises4 ,au point de vue de la psychologie pure1 les rsultats ngatifs obtenus par l',universit sont fort curieux et pleins d'enseignements4 ,ce n'est d'ailleurs qu' une poque rcente1 depuis le dveloppement de l'agrgation et de la formation de professeurs par les concours subtils et savants1 que ces rsultats ngatifs ont t observs4 ,de l'poque de la ,renaissance au dernier sicle1 le latin tait la langue courante des examens1 des livres savants et de la correspondance des lettrs4 ,tous les lves des ,jsuites la lisaient et l'crivaient trs suffisamment4 ,on ne connaissait pas1 il est vrai1 cette poque1 les grammaires savantes des rudits1 les byzantines discussions des commentateurs et toutes les chinoiseries que1 sous prtexte d'enseignement linguistique1 on fait apprendre aujourd'hui par coeur aux lves4 ,il n'y a pas esprer que l'enseignement des langues se modifie tant que les professeurs resteront imbus des mmes principes et se recruteront1 comme aujourd'hui1 parmi des normaliens et des agrgs1 qui1 se croyant des savants1 se jugeraient dshonors s'ils ne consacraient pas leur temps discuter des subtilits grammaticales et piloguer sur les grands auteurs4 ,,mm4 ,berthelot et ,poincar1 tous deux anciens ,ministres de l'instruction publique1 ont fort bien mis ce point fondamental en vidence devant la ,commission4 ,un certain nombre de professeurs de langues vivantes ddaignent leur besogne2 ils la considrent comme au-dessous d'eux4 ,eux aussi sont des agrgs1 eux aussi ont des prtentions1 d'ailleurs lgitimes1 tre des littrateurs ou des savants1 et ils ddaignent d'tre des matres de langues#aid4 ,note #aid3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fha4 ,poincar1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,l'esprit de ces professeurs est rompu ainsi de certaines mthodes1 en dehors desquelles ils ne comprennent pas leur rle ducateur4 ,j'ai entendu maintes fois des professeurs d'allemand ou d'anglais1 qui se considreraient comme dshonors s'ils apprenaient leurs lves parler et crire pour l'usage courant les langues qu'ils enseignent4 ,c'est aux matres de langues faire cette besogne1 et ils la mprisent4 ,l'ide fondamentale de ces professeurs1 fort honorables et fort instruits d'ailleurs1 c'est qu'ils doivent enseigner avant tout les auteurs classiques allemands ou anglais1 c'est qu'ils doivent commenter ,goethe1 ,shakespeare1 ,schiller1 comme on le fait dans les classes de lettres1 pour les grands auteurs grecs ou latins1 ,homre1 ,sophocle1 ,cicron#aie4 ,note #aie3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #be4 ,berthelot1 ancien ministre de l',instruction publique4 ,un prjug assez rpandu consiste croire que les ,franais sont rfractaires l'tude des langues alors qu'en ralit il n'y a pas d'tres humains1 comme je le disais plus haut1 rfractaires cette tude4 ,la vrit c'est que ce sont les professeurs de l',universit qui demeurent totalement rfractaires l'enseignement des langues4 ,la preuve en est fournie par les rsultats obtenus dans certains tablissements congrganistes qui savent recruter des professeurs convenables4 ,la chose n'est pas difficile1 puisqu'il suffit d'individus parlant la langues qu'ils veulent enseigner et ignorant le plus possible les grammaires savantes1 les auteurs obscurs1 les critiques des rudits1 etc4 ,on n'aurait qu' procder comme les ,pres ,maristes dont il a t parl devant la ,commission d'enqute4 ,les ,pres ,maristes1 qui rsident ct de nous et nous font une concurrence srieuse1 ont chez eux des ,frres anglais et allemands1 ils font des changes avec leurs maisons de l'tranger2 ces ,frres parlent toute la journe anglais ou allemand1 en rcration comme en classe1 et ils font chez eux ce que nous ne pouvons pas faire chez nous#aif4 ,note #aif3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #efa4 ,dalimier1 professeur au lyce ,buffon4 ,telle est la trs simple mthode par laquelle on apprend srement un enfant quelconque comprendre et parler une langue trangre sans lui imposer aucun travail4 ,les peuples qui ont besoin de connatre les langues trangres1 tels que les ,suisses1 les ,hollandais1 les ,allemands1 n'en utilisent pas d'autres1 et c'est grce en partie la connaissance des langues ainsi acquises qu'ils envahissent de plus en plus nos marchs et nous opposent une si redoutable concurrence l'tranger4 ,le fait est trop connu pour qu'il soit utile d'y insister4 ,voici cependant quelques-unes des dpositions faites ce sujet devant la ,commission4 ,les ,allemands ont des heures de rcration1 pendant lesquelles les enfants sont obligs de parler franais ou anglais2 ils s'en tirent comme ils peuvent2 certaines classes sont faites entirement en franais1 les questions comme les rponses4 ,je crois que c'est ce systme vivant qu'il faut appliquer aux langues vivantes1 sinon on arrivera d'aussi misrables rsultats que ceux qu'on obtient pour le grec et le latin#aig4 ,note #aig3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bje4 ,sabatier1 doyen de la ,facult de ,thologie4 ,leur mthode 7des ,hollandais7 est si parfaite qu'elle donne des rsultats srieux1 mme dans des conditions dfavorables4 'a t pour moi une grande surprise de voir ,java des jeunes gens qui n'taient jamais venus en ,europe1 qui n'avaient jamais ou presque jamais occasion de parler nos langues1 et qui cependant1 par la seule application des mthodes de leurs coles1 savaient parfaitement l'anglais1 l'allemand et le franais#aih4 ,note #aih3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #cfd4 ,chailley-,bert1 professeur l'cole des ,sciences politiques4 ,il existe en ,suisse des coles pratiques--je le sais1 parce que j'ai un neveu qui a t dans une de ces coles--o1 dans l'espace d'une anne scolaire ou mme d'un semestre1 on met des enfants en tat de se servir convenablement de trois langues2 or1 jamais1 dans nos lyces1 les enfants ne seraient capables d'arriver ce rsultat1 par la raison trs simple qu'on leur apprend les langues vivantes comme le grec et le latin et nullement d'une faon active#aii4 ,note #aii3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #fdd4 ,payot1 inspecteur d',acadmie4 ,c'est avec raison1 il faut bien l'avouer1 que les ,allemands se montrent pleins de mpris pour notre systme d'enseignement des langues aussi bien d'ailleurs que pour tout notre systme universitaire4 ,voici une conversation releve dans le ,temps du #f janvier #ahii1 entre un ,allemand et le rdacteur de ce journal3 ,tandis que nous autres1 ,allemands1 nous nous sommes fait un devoir de rduire1 pour la grande majorit de la nation1 le temps d'tudes et de modifier en consquence les programmes de nos tablissements d'instruction1 vous autres1 ,franais1 vous vous appliquez au contraire les surcharger de plus en plus1 retenir sur les bancs de l'cole vos enfants1 jusqu' l'heure o le service militaire vous les prend1 leur donner tous1 dans la classe bourgeoise1 une ducation suranne1 capable videmment de faire d'eux1 dans toute l'acception du mot1 des lettrs1 incapable de leur fournir aucune arme dans cette lutte de plus en plus srieuse pour la vie1 laquelle toutes les nations prsent se trouvent accules4 ,a l'heure o nos enfants savent un minimum de trois langues et se jettent dans l'inconnu1 comme j'ai fait1 courant le monde1 les vtres se prparent encore ce ridicule examen du baccalaurat4 ,ils y dpensent le meilleur de leurs forces1 et quand ils sont bacheliers1 que savent-ils8 ,un atome de grec1 quelques mots de latin qui leur seront parfaitement inutiles4 ,il n'y a pas esprer une modification de nos pitoyables mthodes d'enseignement1 et nous continuerons longtemps1 par notre ignorance des langues trangres1 tre la rise des autres peuples4 ,tout a t inutilement essay1 et ce n'est pas avec des rglements qu'on changera la mauvaise volont et l'incapacit des professeurs4 ,il faut donc y renoncer entirement1 jusqu'au jour o l'opinion publique1 suffisamment rvolte1 obligera l',universit voluer4 ,en attendant cet ge lointain1 force est bien de s'accommoder de ce qui existe4 ,recherchons donc si1 dfaut de l'art de parler et comprendre une langue trangre1 que nous sommes incapables d'enseigner aux lves1 nous ne pouvons au moins leur apprendre l'art de la lire couramment1 ce qui serait dj un fort utile rsultat4 ,nous allons voir que1 sans professeur1 sans grammaire1 sans dictionnaire1 et presque sans travail1 un individu quelconque peut1 comme je l'ai constat sur moi-mme et sur d'autres1 atteindre ce but en moins de deux mois1 pour une langue de difficult moyenne1 comme l'anglais1 avec une dpense de temps de deux heures par jour4 ,je me hte d'ajouter que je ne suis nullement l'inventeur de cette trs ancienne mthode1 qui fut employe jadis pour enseigner rapidement le latin la reine ,anne d',angleterre4 ,elle repose sur notre principe gnral de substituer le plus rapidement possible le travail inconscient au travail conscient1 et je lui ai seulement ajout la condition de choisir des livres tellement captivants que l'lve les lise par curiosit et n'ait par consquent aucun labeur fastidieux4 ,dans les deux mois dont j'ai parl1 quinze jours au plus1 en effet1 sont consacrs un travail ennuyeux4 ,quinze jours de travail1 deux heures par jour1 sont en ralit le seul effort que je demande l'individu le plus obtus pour apprendre dire couramment l'anglais4 ,durant les six semaines ajoutes ces quinze jours1 je lui propose1 non du travail1 mais une intressante distraction4 ,et d'ailleurs cette application de quinze jours est bien peu fatigante1 puisqu'elle n'exige pas qu'on ouvre une seule fois une grammaire1 ni un dictionnaire4 ,il faut mme viter soigneusement d'en possder pour viter de perdre son temps les consulter4 ,voici du reste comment j'ai opr sur moi-mme l'poque lointaine o j'ignorais l'anglais4 ,puisque pour lire il suffit de reconnatre visuellement les mots sans ncessit de les apprendre par coeur--chose beaucoup plus difficile--il fallait tout d'abord tre capable d'en reconnatre un certain nombre4 ,je pris simplement un livre anglais quelconque1 le ,vicaire de ,wakefield1 ayant sur une page le texte anglais1 et sur l'autre page1 le mot mot franais#bjj4 ,je lisais d'abord une ligne d'anglais1 puis une ligne de franais et rptais la mme opration jusqu' ce que je pusse comprendre la ligne anglaise sans regarder le texte franais4 ,je passais alors la ligne suivante4 ,au bout de quelques jours1 reconnaissant dans le texte anglais un grand nombre de mots dj vus1 j'tais de moins en moins oblig d'avoir recours au texte franais4 ,note #bjj3 viter absolument les traductions dites interlinaires qui maintiennent toujours devant les yeux le texte franais sous le texte tranger4 ,elles constituent un dtestable moyen d'apprendre lire une langue4 ,aprs une quinzaine de jours j'avais lu une bonne partie du livre anglais1 mais comme l'histoire tait passablement ennuyeuse et que je ne trouvais pas dans le commerce d'autres traductions analogues1 je me demandai si je ne pourrais pas lire un texte anglais facile sans traduction4 ,je fis alors venir d',angleterre les oeuvres d',alexandre ,dumas1 traduites en anglais1 et que je n'avais jamais lues4 ,je commenai par essayer de dchiffrer ,monte-,cristo4 ,comme je m'y attendais1 je ne comprenais que fort peu de mots et le sens gnral m'chappait peu prs entirement4 ,me fiant au lent travail de l'inconscient1 qui finirait par deviner les mots inconnus d'aprs les indications des mots connus1 je continuai la lecture incomprise du livre1 me bornant pour tout travail relire trois fois la mme page4 ,au bout de quelques jours le texte commena s'clairer et l'histoire tant fort captivante1 je m'y intressai vivement4 ,le plaisir devint bientt tel1 mesure que se dveloppait inconsciemment ma connaissance de la langue1 que je dvorai la moiti du second volume en une seule nuit4 ,un mois juste s'tait coul depuis que j'avais commenc l'anglais4 ,je profitai de ce que je me trouvais dans une priode de vacances pour lire ainsi une vingtaine de romans1 toujours des traductions de franais en anglais4 ,ce n'tait pas sans intention que je choisissais des auteurs franais traduits en anglais1 et toujours le mme auteur1 me doutant bien que lorsque j'aborderais un auteur anglais1 dont la pense et le style sont diffrents1 les difficults deviendraient beaucoup plus considrables4 ,ayant puis cependant la lecture des oeuvres de ,dumas1 j'entrepris celle d'un romancier anglais1 et1 ds les premires pages1 ces difficults apparurent4 ,je ne comprenais gure que le quart de ce que je lisais4 ,je continuai cependant1 et de mme que pour ,monte-,cristo1 il arriva1 par un travail inconscient de l'esprit1 un moment o la lecture devint facile4 ,je pus lire ensuite aisment d'autres auteurs1 mais toujours avec un peu de difficult au dbut quand il s'agissait d'un nouvel auteur4 ,ce dernier point a des causes psychologiques trs simples1 et je ne le signale que pour montrer en passant l'intense absurdit des collections de morceaux choisis d'auteurs diffrents mises par l',universit dans les mains des lycens4 ,il ne faudrait pas supposer que l'lve qui aura ainsi appris lire une langue en ignorera la grammaire1 il la connatra au contraire parfaitement1 l'ayant apprise inconsciemment par la pratique4 ,quand il aura lu des centaines de fois les mots unhappy1 unchangeable1 unacceptable1 uncertain1 il saura que un en anglais plac devant un mot indique la ngation4 ,de mme en allemand4 ,le sens invariable des prfixes tels que aus1 mit1 durch1 etc41 se dgagera nettement de la lecture rpte des mots tels que auf gehen 7se lever71 mit gehen 7accompagner71 um gehen 7aller autour71 nach gehen 7suivre71 aus gehen 7sortir71 durch gehen 7traverser71 etc4 ,si l'lve capable de bien lire l'anglais1 veut passer ensuite une autre langue1 l'allemand par exemple1 il devra d'abord prendre un livre allemand1 dont la traduction littrale soit faite1 non en franais1 mais en anglais1 c'est--dire un livre l'usage des ,anglais qui veulent apprendre l'allemand4 ,quand il saura reconnatre quelques mots1 il vitera soigneusement d'essayer de lire d'abord les grands auteurs classiques4 ,il commencera toujours par des traductions de franais en allemand d'ouvrages intressants1 tels par exemple les ,mille et une ,nuits1 dont il existe une bonne traduction allemande en deux volumes1 ou encore les innombrables romans franais1 ceux d',alexandre ,dumas notamment1 traduits en allemand dans la collection #be centimes le volume4 ,la mthode que je viens d'exposer1 est naturellement applicable toutes les langues1 y compris le latin4 ,elle n'implique qu'une seule condition fondamentale1 lire au moins une vingtaine de volumes4 ,comme elle rend absolument inutile l'intervention des professeurs1 il est de toute vidence qu'elle n'a aucune chance d'tre jamais conseille par eux4 ,si je l'ai expose1 c'est parce que1 parmi mes lecteurs1 il pourrait se trouver peut-tre un pre de famille comprenant que son fils perd totalement son temps au collge1 et voulant le rendre capable de lire une ou deux langues trangres4 ,,chapitre ,,vi ,l'enseignement des mathmatiques4 ,au point de vue de leur rle ducateur1 on peut classer les sciences de la faon suivante3 #a ,les sciences naturelles1 qui exercent l'esprit d'observation2 #b ,les sciences physiques et chimiques qui exercent la fois l'esprit d'observation et le jugement2 #c ,les sciences mathmatiques1 qui sont considres comme des sciences exclusivement de raisonnement1 mais que nous montrerons tre exprimentales et devant tre apprises d'abord d'une faon exprimentale4 ,l'enseignement des mathmatiques est trs dvelopp chez tous les peuples latins4 ,ce sont les connaissances qui exercent chez eux le plus de prestige4 ,elles constituent le moyen de slection employ pour recruter les candidats des grandes coles4 ,les programmes d'admission l'cole ,polytechnique ou l'cole ,centrale1 roulent presque exclusivement sur les mathmatiques1 et l'enseignement y est surtout mathmatique4 ,les dmonstrations au tableau y remplacent entirement les expriences4 ,ce n'est pas ici le lieu de rechercher si l'aptitude aux mathmatiques constitue une supriorit transcendante1 comme pourraient le faire croire les programmes d'admission aux grandes coles4 ,on montrerait aisment que c'est une facult analogue toute autre disposition pour un art ou une science quelconques4 ,prtendre que le dveloppement de l'enseignement des mathmatiques1 tel qu'il est donn par nos grandes coles1 fortifie le raisonnement et dveloppe le jugement1 constitue une assertion illusoire4 ,cet avis est1 du reste1 celui des savants qui sont le mieux mme de connatre les lves adonns presque exclusivement ces tudes4 ,voici1 par exemple1 comment s'est exprim ,m4 ,buquet1 directeur de l'cole ,centrale1 devant la ,commission d'enqute3 ,c'est par les mathmatiques lmentaires1 par la gomtrie1 que les lves se rendent compte des choses1 raisonnent4 ,quand on s'enfonce plus avant dans les mathmatiques spciales1 on arrive une certaine gymnastique de chiffres1 de lettres et de formules1 qui ne forme pas beaucoup l'intelligence1 et pas du tout le jugement quand ils ne sont pas suivis d'explications qu'on devrait donner et qu' mon avis on ne donne pas assez1 ou prcds d'tudes approfondies#bja4 ,note #bja3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ejc4 ,buquet1 directeur de l'cole ,centrale4 ,les mathmatiques peuvent dvelopper le got des raisonnements subtils1 mais il est fort douteux qu'elles exercent le jugement4 ,les mathmaticiens les plus minents ne savent souvent pas se conduire dans la vie et sont embarrasss par les choses les plus simples4 ,napolon le constata quand il eut fait de ,laplace1 le plus illustre mathmaticien de son temps1 un administrateur4 ,voici comment il raconte lui-mme l'aventure3 ,gomtre de premier rang1 ,laplace ne tarda pas se montrer administrateur plus que mdiocre4 ,ds son premier travail1 nous reconnmes que nous nous tions tromp4 ,laplace ne saisissait aucune question sous son vritable point de vue2 il cherchait des subtilits partout1 n'avait que des ides problmatiques et portait enfin l'esprit des infiniment petits jusque dans l'administration#bjb4 ,note #bjb3 ,cit par ,a4 ,rebierre1 ,mathmatiques et ,mathmaticiens1 #b;e dition1 p4 #ahe4 ,ce fut1 on le sait1 un des plus clbres mathmaticiens modernes1 qu'un factieux escroc vendit1 pendant plusieurs annes1 des autographes fabriqus de toutes pices1 de divers savants illustres1 autographes qui furent d'ailleurs reproduits dans les comptes rendus de l',acadmie des sciences4 ,parmi les documents ainsi achets par le candide mathmaticien1 il y en avait1 parat-il1 de ,cloptre et de ,jsus-,christ6 ,on peut raisonner parfaitement sur les quantits toujours trs simples qui entrent dans une quation et ne rien comprendre l'enchanement des phnomnes4 ,les mathmatiques constituent une langue dont la connaissance ne dveloppe pas plus l'intelligence que celle des autres langues4 ,un idiome ne s'apprend pas pour exercer l'intelligence1 mais uniquement parce qu'il est utile connatre4 ,or l'habitude d'crire les choses les plus simples en langage mathmatique est tellement rpandue aujourd'hui qu'il y a ncessit pour les lves d'apprendre ce langage1 tout comme ils seraient obligs d'apprendre le japonais ou le sanscrit si tous les livres de sciences taient crits dans ces langues4 ,le seul point important est de savoir comment on peut arriver rapidement comprendre puis parler la langue spciale des mathmaticiens4 ,les dbuts seuls de cette tude1 comme ceux de toutes les langues1 sont difficiles4 ,il faut la commencer ds l'enfance1 en mme temps que la lecture et l'criture1 mais d'une faon diamtralement oppose celle qui s'emploie aujourd'hui4 ,elle doit s'enseigner par l'exprience1 en substituant aux raisonnements effectus sur des symboles1 l'observation directe de quantits qu'on peut voir et toucher4 ,ce qui rend si difficile l'instruction mathmatique pour l'enfant1 c'est l'indracinable habitude latine de toujours commencer par l'abstrait sans passer d'abord par le concret4 ,si l'ignorance de la psychologie infantile tait moins universelle et moins profonde1 tous les pdagogues sauraient que l'enfant ne peut comprendre les dfinitions abstraites de grammaire1 d'arithmtique ou de gomtrie1 et qu'il les rcite comme il le ferait pour les mots d'une langue inconnue4 ,seul le concret lui est accessible4 ,quand les cas concrets se seront suffisamment multiplis1 c'est son inconscient qui se chargera d'en dgager les gnralits abstraites4 ,donc les mathmatiques doivent1 leur dbut surtout1 s'enseigner exprimentalement1 car1 contrairement l'ide courante1 ce sont des sciences exprimentales4 ,c'est une opinion que j'ai t heureux de voir dfendre par un illustre mathmaticien1 ,m4 ,laisant3 ,je considre1 dit-il1 que toutes les sciences sans exception sont exprimentales au moins dans une certaine mesure4 ,en dpit de certaines doctrines qui ont voulu faire des sciences mathmatiques une suite d'oprations de pure logique reposant sur des ides pures1 il est permis d'affirmer qu'en mathmatiques aussi bien que dans tous les autres domaines scientifiques1 il n'existe pas une notion1 pas une ide qui pourrait pntrer dans notre cerveau sans la contemplation pralable du monde extrieur et des faits que ce monde prsente notre observation#bjc4 ,note #bjc3 ,laisant1 examinateur l'cole ,polytechnique4 ,l',instruction mathmatique1 ,revue ,scientifique1 #ahii1 p4 #ceh ,joignant l'exemple la thorie1 ,m4 ,laisant montre comment on peut1 avec la rgle1 le compas1 quelques morceaux de carton et du papier quadrill1 apprendre exprimentalement un enfant une partie de l'algbre1 y compris les quantits ngatives et une foule de connaissances gomtriques1 telles que l'quivalence du paralllogramme et du rectangle de mme base et de mme hauteur1 l'aire du triangle1 le carr de l'hypotnuse1 etc4 ,j'ajouterai qu'avec un ruban gradu et un cylindre1 on peut lui faire trouver tout seul le rapport du diamtre la circonfrence et bien d'autres choses encore4 ,m4 ,duclaux1 membre de l',acadmie des sciences1 a trait le mme sujet dans un mmoire sur l'enseignement des mathmatiques#bjd et arrive des conclusions analogues4 ,note #bjd3 ,revue ,scientifique1 #ahii1 p4 #cec4 ,ce savant pense1 comme ,m4 ,laisant et nous-mme1 que c'est ds la plus tendre enfance1 c'est--dire l'ge o se crent certaines habitudes d'esprit1 qu'il faut commencer l'tude des mathmatiques1 de la gomtrie notamment4 ,il s'est rencontr avec le clbre philosophe ,schopenhauer1 sur les dangers pdagogiques de la gomtrie d',euclide1 livre que #b4jjj ans de vnration respectueuse ont aurol d'une autorit presque divine dans l'enseignement1 et qui n'a gure russi qu' infuser chez des milliers d'tres l'horreur intense de la gomtrie4 ,voici comment s'exprime ,schopenhauer3 ,nous sommes certainement forcs de reconnatre1 en vertu du principe de contradiction1 que ce qu',euclide dmontre est bien tel qu'il le dmontre2 mais nous n'apprenons pas pourquoi il en est ainsi4 ,aussi prouve-t-on presque le mme sentiment de malaise qu'on prouve aprs avoir assist des tours d'escamotage1 auxquels1 en effet1 la plupart des dmonstrations d',euclide ressemblent tonnamment4 ,presque toujours1 chez lui1 la vrit s'introduit par la petite porte drobe1 car elle rsulte1 par accident1 de quelque circonstance accessoire2 dans certains cas la preuve par l'absurde ferme successivement toutes les portes1 et n'en laisse ouverte qu'une seule1 par laquelle nous sommes contraints de passer1 pour ce seul motif4 ,dans d'autres1 comme dans le thorme de ,pythagore1 on tire des lignes1 on ne sait pas pour quelle raison2 on s'aperoit1 plus tard1 que c'taient des noeuds coulants qui se serrent l'improviste1 pour surprendre le consentement du curieux qui cherchait s'instruire2 celui-ci1 tout saisi1 est oblig d'admettre une chose dont la contexture intime lui est encore parfaitement incomprise1 et cela tel point qu'il pourra tudier l',euclide entier sans avoir une comprhension effective des relations de l'espace2 leur place1 il aura seulement appris par coeur quelques-uns de leurs rsultats444 ,a nos yeux1 la mthode d',euclide n'est qu'une brillante absurdit#bje4 ,note #bje3 ,le monde comme volont et comme reprsentation1 t4 ,i1 p4 #gf4 ,m4 ,duclaux qualifie trs justement l'ouvrage d',euclide de livre terriblement ennuyeux1 mticuleux1 pdant et qui subtilise sur tout4 ,il montre l'absurdit de vouloir dmontrer des vrits qu'on saisit par intuition1 telles par exemple celle-ci3 un ct quelconque d'un triangle est plus petit que la somme des deux autres--proposition connue du plus humble caniche1 qui sait fort bien que la ligne droite est le plus court chemin d'un point un autre4 ,pourquoi vouloir dmontrer l'enfant que deux circonfrences de mme rayon sont gales8 ,l'lve s'apercevra parfaitement tout seul que si aprs avoir trac une circonfrence avec son compas ouvert1 il en fait une seconde sans changer l'cartement du compas1 il tracera la mme courbe que la premire fois4 ,rien n'est plus pitoyable1 conclut ,m4 ,duclaux1 que l'enseignement de la gomtrie4 ,voici plus de trente ans que je fais passer des examens du baccalaurat et que je constate cette dcadence4 ,je ne crois pas qu'il y ait en ce moment plus d'un lve sur vingt qui ait le sentiment net de la mthode euclidienne4 ,c'est bien la peine de l'avoir suivie1 et vraiment je crois que l'enseignement secondaire ferait bien d'y renoncer4 ,peu d'auteurs ont tent de prsenter les mathmatiques sous forme concrte1 ou du moins de n'arriver l'abstrait qu'aprs tre pass par le concret#bjf4 ,il faudrait1 il est vrai1 avoir presque du gnie pour russir crire un livre qui conduirait l'lve par des mthodes exprimentales de l'enseignement primaire jusqu'au calcul infinitsimal4 ,un tel ouvrage n'ayant aucune chance d'tre adopt dans les coles ne sera certainement jamais crit4 ,note #bjf3 ,je ne vois que quatre auteurs citer4 ,mac pour l'arithmtique1 ,clairaut pour la gomtrie1 ,lagout1 ingnieur en chef des ,ponts et ,chausses1 pour l'algbre et la gomtrie1 et ,laisant pour l'enseignement gnral des mathmatiques4 ,pour qu'il puisse l'tre1 les pdagogues devraient d'abord essayer de se faire une ide de la psychologie de l'enfant1 qu'ils ne souponnent gure1 en juger par leurs mthodes d'enseignement4 ,seulement alors ils pourraient comprendre l'absurdit de commencer l'enseignement de toutes choses1 langues1 mathmatiques1 etc41 par l'apprentissage mnmonique de rgles et de symboles abstraits1 alors que l'intelligence de l'enfant--et sur ce point beaucoup d'hommes restent longtemps enfants--ne peut saisir que le concret4 ,le principe gnral de tout ce qui prcde3 donner la notion exprimentale des choses avant d'expliquer les transformations de leurs symboles1 ne s'applique pas seulement l'enseignement primaire des mathmatiques1 mais bien l'enseignement secondaire et mme suprieur4 ,il existe une mthode1 la mthode graphique1 qui a transform l'art de l'ingnieur et qui permet de reprsenter les diverses phases des phnomnes1 les variations des grandeurs1 et rvle1 tout aussi bien aux mathmaticiens qu'aux lves1 les relations voiles sous les symboles4 ,une grandeur quelconque1 force1 poids1 dure1 temprature1 etc41 peut s'exprimer soit par des chiffres ou des lettres quivalentes1 soit par des lignes4 ,l'expression par des chiffres ou des lettres reprsente les mthodes numrique et algbrique1 l'expression par des lignes1 la mthode graphique4 ,quand il s'agit de traduire1 et surtout de comparer les rapports et les changements de grandeurs variables1 la seconde est la premire ce que serait la carte d'un fleuve la description en langage ordinaire des sinuosits de ce fleuve4 ,rien n'est plus facile que d'amener un jeune lve comprendre par la mthode graphique les principes fondamentaux de la gomtrie analytique1 qui ne fait que traduire les relations existant entre les coordonnes d'une courbe4 ,on montre trs facilement1 d'une faon exprimentale1 qu'une courbe quelconque est graphiquement dtermine quand on connat la distance de plusieurs de ses points deux axes fixes1 perpendiculaires l'un l'autre4 ,il sera bien ais ensuite de faire saisir que le gomtre1 l'astronome1 le gographe1 l'architecte1 n'emploient pas d'autre mthode que ce procd graphique pour dterminer sur la carte la position d'un point quelconque4 ,il suffit de montrer exprimentalement que la position d'une partie quelconque d'un objet est dtermine sur un plan quand on connat ses distances horizontales et verticales ce plan4 ,on explique alors l'lve que le nom seul de ces deux longueurs1 dites coordonnes1 varie suivant les choses auxquelles on les applique4 ,en gographie1 les deux coordonnes d'un point s'appellent longitude et latitude2 en astronomie1 ascension droite et dclinaison2 en gomtrie analytique1 abscisse et ordonne4 ,sous des noms diffrents1 c'est exactement la mme chose4 ,si l'lve arrive en rflchissant1 voir qu'avec l'emploi de deux coordonnes on ne donne que deux des dimensions d'un mme objet1 c'est--dire la longueur et la largeur1 mais non son paisseur1 il sera bien simple de lui montrer exprimentalement que la troisime dimension des corps1 la hauteur d'une montagne par exemple1 peut tre reprsente galement par la mthode graphique4 ,il suffira de lui indiquer avec un verre d'eau et un corps solide quelconque plus ou moins immerg comment se construisent les courbes dites d'gal niveau1 avec lesquelles sont fabriqus les plans en relief et qu'un enfant peut apprendre facilement construire4 ,les quations et les formules par lesquelles les mathmaticiens expriment les relations entre les diverses grandeurs1 constituent un mode de raisonnement trs abrg1 trs utile connatre1 mais qui prsente1 surtout au dbut de l'enseignement1 l'inconvnient de faire perdre de vue la nature des faits sous les transformations des signes qui les reprsentent4 ,les rsultats de la mthode graphique sont fort diffrents4 ,elle donne aux grandeurs des valeurs figures1 dont l'aspect est frappant1 et dont il est facile de saisir les relations1 alors mme que ces relations ne pourraient tre traduites que par des quations d'une complexit extrme4 ,sans doute de telles lignes sont1 elles aussi1 des symboles1 mais ces symboles figurs ont une clart que les chiffres ou les lettres ne sauraient offrir l'esprit#bjg4 ,note #bjg3 ,on connat les applications de la mthode graphique la statistique4 ,elle a t aussi1 bien que trop rarement1 applique l'histoire4 ,elle y remplacerait utilement bien des pages de littrature4 ,je citerai comme exemple de cette application le graphique construit autrefois par ,minard et destin reprsenter les pertes de l'arme franaise dans la campagne de ,russie de #ahab4 ,il constitue la plus concise1 la plus loquente et la plus instructive des pages d'histoire que je connaisse4 ,l'arme franaise1 au moment o elle franchit le ,nimen1 est reprsente par un ruban qui va en dcroissant toujours dans la proportion des pertes qu'elle subit4 ,la large bande du dpart n'est plus qu'un mince filet au retour4 ,ce tableau montre tout de suite combien sont errones les ides qu'on se fait souvent de cette campagne1 en rptant que ce sont les froids et la neige qui anantirent la ,grande ,arme4 ,la vrit est que plus des trois quarts en taient dtruits avant que la retraite ft commence4 ,des #dbb4jjj hommes qui franchirent le ,nimen1 et dont #aj4jjj peine devaient le revoir1 #cbb4jjj hommes taient morts avant d'arriver ,moscou1 et1 quand les grands froids commencrent1 des #ajj4jjj repartis de ,moscou1 il en restait peine la moiti4 ,le froid n'eut donc svir que sur des dbris1 et sans son action1 la campagne n'en ft pas moins reste un des plus grands dsastres des temps modernes4 ,applique la recherche des relations des diverses grandeurs entre elles1 la mthode graphique possde sur l'expression algbrique et numrique une supriorit incontestable1 et il serait fort utile de l'introduire dans l'enseignement des mathmatiques lmentaires4 ,on leur terait ainsi ce qu'elles ont parfois d'empirique et d'abstrait4 ,loin de dvelopper l'aptitude raisonner1 les mathmatiques1 telles qu'on les enseigne1 produisent souvent un rsultat tout fait contraire4 ,la plupart des raisonnements mathmatiques sont d'ailleurs d'une trs grande simplicit4 ,c'est uniquement la difficult de manier des formules1 dont on ne saisit pas le sens pendant la srie de leurs transformations1 et l'impossibilit de considrer les choses en elles-mmes1 qui rendent ces formules d'un emploi compliqu4 ,ce qui a pu faire illusion quelques esprits1 dit le grand mathmaticien ,poinsot1 sur cette espce de force qu'ils supposent aux formules de l'analyse1 c'est qu'on en retire avec assez de facilit des vrits dj connues1 et qu'on y a pour ainsi dire soi-mme introduites1 et alors il semble que l'analyse nous donne ce qu'elle ne fait que nous rendre dans un autre langage4 ,la simplicit des raisonnements mathmatiques est prouve d'ailleurs par ce fait que l'on construit des machines peu compliques rsolvant aisment les plus difficiles problmes de l'algbre et du calcul intgral4 7,rsolution des quations1 quadrature des surfaces1 etc47 ,on ne voit pas d'autres sciences o le raisonnement direct pourrait tre remplac par les oprations d'une machine4 ,,chapitre ,,vii ,l'enseignement des sciences physiques naturelles4 ,les connaissances dont nous nous sommes prcdemment occup1 les langues notamment1 doivent tre apprises fort jeune1 parce que pendant l'enfance la mmoire est trs vive4 ,elles ont une utilit considrable1 mais ne possdent aucune vertu ducative et ne dveloppent ni l'esprit d'observation1 ni le jugement4 ,seules les sciences physiques et naturelles peuvent exercer un tel rle4 #a4--,l',,enseignement ,,des ,,sciences ,,naturelles4 ,de tous les moyens d'exercer chez l'enfant1 le jeune homme ou l'adulte1 l'esprit d'observation sans fatigue ni ennui1 il n'en est pas de meilleur que l'enseignement des sciences naturelles4 ,elles apprennent voir et montrent que l'objet en apparence le plus insignifiant1 l'herbe ou la plante foule par nos pieds1 l'insecte qui voltige1 sont des mondes de faits merveilleux1 qu'on dcouvre ds qu'on apprend les observer4 ,de cette tude1 si attrayante et si utile comme facteur d'ducation1 l',universit a trouv moyen de faire la plus lourde des corves1 la plus fastidieuse des rcitations mnmoniques4 ,continuant appliquer son principe de remplacer la vue des choses par leur description1 elle oblige l'lve entasser dans sa mmoire la dfinition d'objets qu'on ne lui montre jamais et des classifications qu'il ne peut comprendre4 ,et pourtant ce n'est pas le matriel qui serait coteux1 puisque avec les plantes1 les pierres1 les insectes rencontrs dans une promenade1 un professeur dou d'un peu d'esprit pdagogique1 pourrait enseigner l'lve les points les plus essentiels de la zoologie1 de la botanique et de la minralogie4 ,il est de toute vidence que ce ne sont pas les manuels1 mais la vue des tres1 qui peuvent enseigner les sciences naturelles4 ,voici du reste comment s'exprime ce sujet un savant minent1 doubl d'un philosophe1 ,m4 ,dastre1 professeur de physiologie la ,sorbonne3 ,je comprendrais l'enseignement des sciences naturelles d'une manire toute diffrente4 ,il se ferait non point entre quatre murs1 devant un tableau noir et avec un morceau de craie2 il se donnerait en plein air1 dans des excursions1 dans des visites aux jardins zoologiques1 dans les muses anatomiques ou dans les galeries d'histoire naturelle4 ,en d'autres termes1 pour que l'enseignement des sciences naturelles portt tous ses fruits1 il devrait avoir lieu en prsence de la nature mme4 ,alors il remplirait son but ducationnel4 ,tandis que les sciences mathmatiques dveloppent la rflexion interne et la facult logique1 l'tude des sciences naturelles aurait pour fonction de dvelopper l'esprit d'observation4 ,les premires apprennent l'enfant et l'homme regarder au dedans de lui-mme2 les autres le transportent au dehors et le rendent attentif l'immensit des phnomnes qui se droulent sous ses yeux#bjh4 ,note #bjh3 ,leons d'anatomie1 de ,besson4 ,prface4 ,il n'y a pas esprer que les professeurs forms par l',universit consentent employer d'aussi fcondes mthodes4 ,mieux vaudrait donc la suppression totale de l'enseignement de l'histoire naturelle dans les lyces4 ,les lves ne seront ni plus ni moins instruits qu'aujourd'hui1 car six mois aprs l'examen1 ils ont oubli toutes les dfinitions et les classifications apprises1 mais au moins n'auront-ils pas acquis l'horreur profonde d'une science qui est peut-tre de toutes la plus attrayante et certainement la plus facile enseigner4 #b4--,l',,enseignement ,,universitaire ,,des ,,sciences ,,exp,,rimentales4 ,quand on possde une mthode1 on l'applique ncessairement au plus grand nombre de sujets possible4 ,l',universit applique naturellement la sienne tout ce qu'elle enseigne4 ,les sciences exprimentales1 telles que la physique et la chimie1 sont apprises comme l'histoire naturelle ou les langues1 coups de manuels4 ,si par hasard un instrument est montr l'lve1 c'est de loin1 de faon que personne ne puisse y toucher4 ,le professeur y touchera lui-mme le moins possible1 d'abord parce qu'il n'est pas trs sr de pouvoir le faire fonctionner1 et ensuite parce qu'un maniement trop frquent finirait par altrer le poli des cuivres dont l'clat fait trs bon effet dans les vitrines4 ,ces rares exhibitions sont d'ailleurs de pure forme4 ,professeurs et lves se soucient fort peu des expriences4 ,on n'en demande pas aux examens1 et il semble bien prfrable de consacrer son temps tudier dans les livres la description d'instruments sur lesquels l'examinateur pourra tcher de coller un candidat4 ,en prvision de ces futures colles1 les manuels grossissent chaque anne1 et pour peu qu'un appareil ait t imagin rcemment par un examinateur1 il figure bientt dans la totalit des manuels4 ,on devine ce que doit tre un semblable enseignement et ce que peuvent tre de tels manuels4 ,un de nos plus distingus universitaires1 ,m4 ,h4 ,le ,chtelier1 professeur au ,collge de ,france1 l'a fort bien montr au cours d'un mmoire sur l'enseignement scientifique paru dans la ,revue des ,sciences1 et dont j'extrais le passage suivant3 ,on arrive1 sous la proccupation dominante des examens1 augmenter outre mesure le nombre des appareils dcrits1 ce qui prsente de graves inconvnients4 ,quand1 par exemple1 on donne treize mthodes calorimtriques1 comme dans certains ouvrages destins l'enseignement1 on trompe les lves en leur laissant croire qu'elles ont une existence relle2 en fait1 il y en a deux3 la calorimtrie eau et la calorimtrie glace4 ,en outre1 en dcrivant ces mthodes au pas de course1 comme on est oblig ncessairement de le faire1 on passe sous silence la seule chose intressante et utile connatre3 le degr de prcision4 ,on ne trouverait pas un lve sur cent qui souponne quel intrt il y a se servir en calorimtrie de thermomtres donnant le centime de degr plutt que le dixime4 ,la seule impression qui puisse rester de ces descriptions d'appareils est que leur choix est surtout une question de mode4 ,il n'en rsulte aucune notion de ce que peut tre une exprience de mesure4 ,l'enseignement de la chimie n'est pas naturellement meilleur4 ,voici comment s'exprimait le grand chimiste ,dumas dans l'instruction de #ahed sur le plan d'tudes des lyces propos de cette science4 ,les lignes suivantes sont aussi vraies aujourd'hui qu'elles l'taient de son temps4 ,rien de plus facile1 avec la souplesse et la sret de mmoire qu'on rencontre chez nos jeunes lves1 que de leur faire apprendre par coeur un cours de chimie4 ,ils retiendront tout1 principes gnraux1 formules1 chiffres1 dveloppements1 et pourront se faire illusion sur leur savoir rel1 mais1 peine sortis du lyce1 il s'apercevront qu'ils s'taient bien tromps1 car il ne restera rien de ce qu'ils avaient si aisment appris4 ,plus d'un demi-sicle s'est coul et l'enseignement n'a pas t amlior4 ,voici ce qu'crit ,m4 ,h4 ,le ,chtelier dans le travail cit plus haut4 ,l'enseignement de la chimie est celui qui est le plus en souffrance2 il a conserv de la tradition des alchimistes1 des collections de recettes1 de prparations souvent dmodes1 et des listes de petits faits certainement intressants en eux-mmes1 mais dont la place serait plutt dans les dictionnaires de chimie4 ,les lois gnrales1 ou tout au moins les relations qualitatives d'analogie et de causalit1 l o les lois prcises font dfaut1 sont tout fait laisses au second plan4 ,les listes des petits faits sont striles1 parce qu'il y a bien peu de chances que ceux que l'on a appris soient prcisment ceux que l'on ait besoin de connatre plus tard4 ,c'est une erreur trop rpandue de penser que l'idal1 en fait d'enseignement scientifique1 est d'infuser de jeunes esprits des ides toutes faites1 choisies parmi celles qui passent pour les plus exactes4 ,de l le systme actuel d'occuper la moiti du temps des tudes prendre des notes et l'autre moiti les apprendre4 ,on oublie trop facilement que1 si la formule apprise est adquate la formule enseigne1 l'ide attache dans les deux cas cette mme formule est toute diffrente4 ,pour le professeur1 derrire les mots employs il y a tout un ensemble de faits1 emprunts son exprience personnelle1 qui viennent se presser dans sa mmoire2 pour l'lve1 il n'y a rien1 moins que1 par un effort personnel1 il n'ait1 en rapprochant une srie de faits antrieurement connus de lui1 fait cette ide sienne4 ,ce sont ces ides personnelles qui seules ont une valeur pratique quelconque2 les autres1 celles qui ont t apprises mcaniquement1 glissent sur l'entendement sans y pntrer4 ,au bout de quelques annes leur trace est totalement efface4 ,m4 ,h4 ,le ,chtelier attribue1 tout le monde1 dit-il1 est d'accord sur ce point1 l'tat de stagnation de notre enseignement scientifique aux examens et aux concours qui uniformisent et immobilisent l'enseignement aprs lui avoir imprim la direction la plus funeste4 ,il indique aussi comme cause de notre dcadence scientifique l'insuffisance de nos professeurs4 ,il faudrait avant tout et surtout avoir un recrutement de professeurs de l'enseignement secondaire pour lesquels la proccupation de l'examinateur ne soit pas le commencement et la fin de la sagesse4 ,tout cela est assurment trs juste1 mais comme1 avec les ides latines actuelles1 les concours et les professeurs ne sont pas modifiables1 on ne peut esprer aucune rforme de notre enseignement scientifique4 ,ce n'est donc qu' un point de vue philosophique pur et tout en sachant trs bien que les ides qui vont tre exposes ne sont pas ralisables aujourd'hui que nous indiquerons ce que pourrait tre un enseignement des sciences physiques1 organis de faon ce que l'lve pt en retirer grand profit4 #c4--;,,importance ,,de ,l',,enseignement ,,des ,,sciences ,,exp,,rimentales ,,dans ,l',,enseignement ,,primaire4 ,l'enseignement exprimental a une telle puissance ducative qu'on ne saurait le commencer trop tt4 ,il faut s'y prendre de trs bonne heure pour tcher d'inculquer l'enfant de l'esprit d'observation et du jugement4 ,avant donc de rechercher ce que devrait tre l'tude des sciences exprimentales dans l'enseignement secondaire1 nous allons montrer ce qu'elle pourrait tre dans l'enseignement primaire4 ,ce n'est pas d'aujourd'hui1 d'ailleurs1 que des pdagogues minents ont compris l'importance des sciences exprimentales dans l'ducation de l'enfant4 ,on sait les rsultats obtenus en ,allemagne par ,froebel et ,pestalozzi1 au moyen de ce qu'ils appelaient les leons de choses4 ,malheureusement tout ce qui est exprimental et ressemble au travail manuel se trouve tenu en grand mpris par les ,universits latines1 et c'est l1 je le rpte1 une des causes de l'impossibilit pour elles d'accomplir aucune rforme srieuse4 ,cette disposition d'esprit1 les ,allemands l'ont partage longtemps1 mais ils ont su s'y soustraire1 et c'est parce qu'ils sont arrivs comprendre l'importance de l'enseignement exprimental que les sciences et l'industrie ont pris chez eux le dveloppement prodigieux constat aujourd'hui4 ,les ,anglais n'avaient pas faire d'efforts pour entrer dans cette voie1 car ils n'en ont jamais connu d'autre4 ,leur enseignement a toujours t exprimental4 ,l'ducation de leurs ingnieurs se fait exclusivement dans les ateliers4 ,ds l'cole primaire1 les ,anglais manifestent leur got pour l'enseignement exprimental et leur conviction bien arrte que rien n'entre dans l'esprit que par la voie de l'exprience4 ,a l'cole de ,bradford1 frquente par des enfants de petite classe moyenne1 j'ai vu1 dit ,m4 ,leclerc1 des lves de douze quinze ans travaillant chacun pour son compte et de son ct1 chacun sachant ce qu'il avait faire1 dessinant1 maniant des produits chimiques ou des appareils de physique1 tous faisant en toute libert1 silencieusement et srieusement1 leur besogne sans perdre une minute#bji4 ,note #bji3 ducation des classes moyennes en ,angleterre4 ,mme dans les grandes coles anglaises1 dont le prix ne permet l'accs qu'aux enfants des classes riches ne devant jamais avoir le besoin de gagner leur vie1 le travail manuel est tenu en grande estime cause de son rle ducateur4 ,a ,harrow1 dont les professeurs reoivent de #bj #fj4jjj francs d'appointements et le directeur #bjj4jjj francs1 il existe un atelier de menuiserie dirig par un contrematre et o travaillent tour tour les lves4 ,il y a quelques annes1 le professeur de rhtorique tait en mme temps menuisier et mcanicien tellement habile qu'il fut charg d'installer entirement l'lectricit dans l'tablissement4 ,c'est ds les classes primaires que l'instruction exprimentale devrait tre commence1 pour continuer ensuite dans l'enseignement secondaire et suprieur4 ,cette opinion n'a t soutenue devant la ,commission d'enqute que par quelques rares professeurs4 ,je citerai parmi eux ,m4 ,morlet1 qui a prconis le travail manuel1 la vue des objets ou la projection de leurs images1 alors que trop souvent les leons des meilleurs matres ne laissent pas plus de traces que de beaux caractres marqus dans le sable#baj4 ,note #baj3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #cdg4 ,morlet1 censeur ,rollin4 ,on ne saurait mieux dire1 ni dans un sens plus contraire notre esprit universitaire4 ,l'opinion qui rsume le mieux cet esprit propos des leons de choses a t traduite de la faon suivante1 par un inspecteur gnral de l',universit3 ,les leons de choses constituent un petit enseignement scientifique trs prmatur4 ,les enfants ne sont pas aptes le recevoir1 car ils n'ont encore leur disposition que la mmoire4 ,cette facult leur permet d'emmagasiner des mots1 dont ils n'arrivent pas toujours comprendre le sens4 ,ils saisissent les mots par leur ressemblance extrieure1 ils les confondent ensuite et diront volontiers acide pour silice ou inversement#baa4 ,note #baa3 ,enqute1 t4 ,i1 p4 #bdg4 ,dupuy1 inspecteur gnral de l'enseignement1 ancien professeur de rhtorique4 ,la pauvret d'un tel raisonnement montre une fois de plus quel point la psychologie de l'enfant est ignore dans l',universit4 ,que l'enfant confonde les mots silice et acide1 quelle importance cela peut-il bien avoir8 ,ce qui importe1 c'est qu'il ne confonde pas les choses qu'on lui montre1 or quand il les aura vues et touches1 il ne les confondra jamais4 ,si on lui met dans la main des morceaux de coke et d'anthracite ou des fragments de plomb et d'aluminium1 il pourra confondre le nom de ces substances1 mais les reconnatra toujours leur diffrence de densit quand on les lui prsentera de nouveau4 ,ce sont des ralits et non des mots que doivent lui enseigner les leons de choses4 ,voil ce que les universitaires1 qui raisonnent comme l'inspecteur que je viens de citer1 n'ont pas encore russi comprendre4 ,dans une confrence fort intressante1 ,m4 ,laisant a insist longuement sur l'utilit1 pour le dveloppement de l'esprit1 de donner l'enfant ds le jeune ge l'habitude de l'observation et de la rflexion par des expriences scientifiques1 faites avec les objets usuels4 ,des savants minents n'ont pas ddaign de consacrer des ouvrages spciaux ces rcrations scientifiques4 ,elles permettent de constater d'importantes lois physiques avec des objets qu'on trouve partout sous la main ou de petits instruments trs peu coteux4 ,ainsi peuvent tre tudies les lois de la gravitation1 de la chute des corps1 les proprits du centre de gravit1 du levier1 de l'quilibre des liquides1 les principales donnes de l'acoustique et de l'optique et mme certaines oprations chimiques1 telles que la production du gaz d'clairage avec un fourneau de cuisine1 un peu de terre glaise et une pipe4 ,les hommes chargs1 par leurs fonctions1 du dveloppement intellectuel de la jeunesse1 dit ,m4 le professeur ,laisant#bab1 auraient d se prcipiter avec avidit sur les nouveaux moyens qui leur taient offerts1 les analyser1 les tudier1 en tirer la quintessence1 rformer de fond en comble l'enseignement avec le secours de ces lments inesprs4 ,tout au contraire ils sont passs ct de ces tentatives avec une suprme indiffrence1 accompagne d'un ddain non dissimul4 ,les auteurs des ,rcrations scientifiques n'taient leurs yeux que de vulgaires amuseurs4 ,songez donc6 apprendre quelque chose l'enfant sans l'ennuyer1 quelle folie6 ,lui mettre dans le cerveau une longue suite d'observations1 de faits1 de rsultats1 et le prparer ainsi recevoir plus tard des ides justes1 rflchir1 raisonner2 quelle entreprise rvolutionnaire6 ,le spectacle que nous donne l'administration pdagogique m'autorise dire que nous ne sommes pas beaucoup plus avancs ce point de vue qu'on ne l'tait au ,moyen ge4 ,note #bab3 ,revue ,scientifique1 #i mars #aija4 ,c'est galement mon avis4 #d4--,l',,enseignement ,,des ,,sciences ,,exp,,rimentales ,,dans ,l',,instruction ,,secondaire4 ,l'enfant1 prpar comme il vient d'tre dit1 aborderait1 au lyce1 sans difficult l'tude de la physique et de la chimie4 ,la valeur ducative de ces sciences est immense condition que leur enseignement soit exclusivement exprimental4 ,le matriel de la plupart des expriences n'est ni encombrant ni coteux et aucune manipulation n'est dangereuse quand on opre sur de petites quantits4 ,pour la chimie1 quelques tubes et prouvettes1 une lampe alcool et un petit nombre de produits chimiques suffisent4 ,plusieurs auteurs ont dj montr dans divers ouvrages le parti qu'on peut tirer de pareils lments4 ,pour la physique1 les expriences seraient peine plus onreuses4 ,il n'y aurait qu' imiter ce que font les ,anglais et les ,allemands4 ,grce l'ingniosit de leurs constructeurs1 ils ont pu mettre entre les mains des enfants1 des prix insignifiants1 des collections d'instruments de physique1 de chimie1 de mcanique1 etc41 qui leur permettent de rsoudre exprimentalement des problmes difficiles4 ,en matire de physique seulement1 je citerai une collection d'appareils que j'ai achete par curiosit#bac4 ,pour #ce francs1 on a tout ce qui concerne l'optique1 y compris la polarisation et la diffraction 7banc d'optique1 lentilles1 prisme1 matriel d'analyse spectrale71 c'est--dire une collection d'objets qui1 construits en ,france1 avec le luxe des appareils de nos fabricants coterait plus d'un millier de francs4 ,pour la mme somme1 on possde les instruments fondamentaux de l'lectricit4 ,le plus souvent l'lve doit fabriquer lui-mme les appareils avec le matriel qui lui est livr4 ,la brochure qui les accompagne lui pose environ cinq cents problmes rsoudre1 qui embarrasseraient la plupart des licencis de notre ,universit4 ,en voici quelques-uns3 mesurer la rsistance de la bobine d'un galvanomtre1 d'un lment thermolectrique1 la rsistance intrieure d'une pile1 combiner des rsistances de #a1 #b1 #e ohms1 etc41 fabriquer avec le matriel livr un spectroscope et dterminer les raies des mtaux incandescents1 fabriquer un polariscope1 un sextant rflexion1 un appareil de diffraction1 une longue-vue terrestre rticule et mesurer son grossissement1 rechercher si des lames de verre ont leurs faces parallles1 etc41 etc4 ,note #bac3 ,chez ,meiser et ,mertig1 ,dresde4 ,en ,angleterre et en ,amrique1 les lves apprennent travailler dans des laboratoires bien outills4 ,l1 les tudiants font des expriences relatives la science qu'ils tudient1 sous la direction d'un professeur qui fait ensuite la critique des rsultats obtenus4 ,on met en pratique la mthode de redcouverte 7the method of rediscovery74 ,sans doute1 on ne va pas jusqu' esprer que les lves pourront eux-mmes retrouver les lois de la nature2 mais un mlange harmonieux de dcouvertes1 de vrifications et de corrections1 semble tre l'idal des meilleurs professeurs de sciences naturelles4 ,on attache beaucoup d'importance au compte rendu exact des observations et des expriences4 ,les carnets d'observations et de notes des lves sont considrs comme une des meilleures preuves de l'excellence de leur travail#bad4 ,note #bad3 ,le ,temps1 #ac octobre #aija4 ,il n'y a rien de nouveau assurment dans ce qui prcde et les ,allemands comme les ,anglais n'ont fait qu'appliquer chez eux des ides exposes depuis bien longtemps chez nous4 ,voici comment s'exprimait ce propos1 il y a plus d'un demi-sicle1 l'illustre savant franais ,dumas1 dans une instruction sur le plan d'tudes des lyces1 instruction dont les principaux passages ont t reproduits dans le rglement de #ahij4 ,ces recommandations n'ont pas eu d'ailleurs plus de succs auprs des professeurs de #ahij qu'auprs de leurs prdcesseurs4 444 ,c'est dans la nature bien plus que dans les livres qu'il faut chercher des inspirations444 ,l'homme n'a pas invent la physique2 il a saisi des observations donnes par le hasard2 il en a vari les conditions1 et il en a dduit les consquences4 ,persuader aux jeunes gens que l'esprit humain pouvait se passer du fait qui sert de base chaque dcouverte importante1 qu'il pouvait crer la science par le raisonnement seul1 c'est prparer au pays une jeunesse orgueilleuse et strile444 ,on ne saurait trop recommander aux professeurs de physique de commencer l'exposition de toutes les grandes thories par un prcis historique trs fidle1 et1 au besoin1 par l'exacte reproduction de l'exprience d'o l'inventeur est parti4 ,ils n'oublieront pas que la physique est une science exprimentale qui tire parti des mathmatiques pour coordonner et pour exposer ses dcouvertes1 et non point une science mathmatique qui se soumettrait au contrle de l'exprience4 ,les professeurs de physique ne sauraient trop se dfier d'ailleurs d'une particularit de leur enseignement qui se rattache plus qu'il ne semble la considration prcdente4 ,on veut parler de ces appareils de luxe que l'usage a introduits dans leurs cabinets4 ,le plus souvent1 la pense premire de l'inventeur1 dnature dans ces appareils pour revtir une forme qui en fait disparatre toute la navet1 s'loigne trop des dispositions premires qu'il avait adoptes4 ,presque toujours1 ces appareils offrent des dispositions accessoires compliques1 sur lesquelles l'attention des lves s'gare et qui les distraient de l'objet essentiel de la dmonstration4 ,leur prix lev loigne de l'esprit des lves toute pense de s'occuper un jour de physique1 cette science leur semble rserve aux personnes qui disposent d'un grand cabinet ou d'une grande fortune4 ,nous ne saurions donc trop rappeler aux lves de l'cole ,normale l'utilit des travaux d'atelier qu'ils ont accomplir2 aux proviseurs1 le parti qu'ils peuvent tirer1 au profit de l'enseignement1 d'un cabinet plac prs du cabinet de physique comme sa dpendance ncessaire2 nous ne saurions trop encourager les professeurs de physique simplifier leurs appareils2 les construire eux-mmes toutes les fois qu'ils le peuvent2 n'y employer que des matriaux communs2 se rapprocher dans leur construction des appareils primitifs des inventeurs2 viter ces machines double et triple fin dont la description devient presque toujours inintelligible pour les lves4 ,quoi de plus simple que les moyens l'aide desquels ,volta1 ,dalton1 ,gay-,lussac1 ,biot1 ,arago1 ,malus1 ,fresnel1 ont fond la physique moderne8 ,il y a quarante ou cinquante ans1 lorsque cette gnration de physiciens illustres reconstituait sur de nouvelles bases tout l'difice de la science1 elle y parvenait avec des outils si communs1 d'un prix si modique et d'une dmonstration si facile1 qu'on a le droit de se demander si l'enseignement de la physique ne s'est pas trop soumis l'empire des constructeurs d'instruments444 ,prtendre1 par exemple1 qu'on ne peut parler de la dilatation des gaz par la chaleur sans faire connatre les appareils dlicats qui en ont donn la dernire mesure1 c'est une erreur444 444 ,gay-,lussac s'tait assur que tous les gaz se dilatent de la mme manire1 au moyen de tubes gradus contenant des quantits de divers gaz et disposs dans une tuve qu'on chauffait de #aj #ajj degrs4 ,la mesure directe du volume occup par chaque gaz au commencement et la fin de l'exprience lui avait suffi pour donner la loi du phnomne4 ,on ne saurait trop insister sur la justesse des ides qui viennent d'tre exposes4 ,leur vrit profonde ne peut tre nettement comprise que par les personnes ayant explor des champs nouveaux de la science4 ,il y a bien d'autres noms1 ceux d',o,ersted et de ,faraday1 par exemple1 ajouter ceux des savants cits par ,dumas1 qui ont fait de trs grandes dcouvertes avec des appareils infiniment simples4 ,beaucoup d'inventions rcentes1 le tlphone1 par exemple1 ont t faites avec des appareils fort rudimentaires1 comme on pouvait s'en convaincre en parcourant les salles consacres aux instruments de science rtrospective la grande ,exposition de #aijj4 ,les appareils compliqus ne sont ncessaires que lorsqu'on veut vrifier avec une grande prcision des rsultats dj trouvs avec des appareils simples4 ,l'emploi des appareils coteux1 compliqus et ncessairement longs manier empche souvent de bien observer les phnomnes4 ,si l'on a mis vingt ans dcouvrir--et encore par hasard--que toutes les fois qu'on fait fonctionner un tube de ,crookes il en sort des rayons particuliers1 dits rayons ,x1 c'est que de tels tubes1 tant jadis difficiles fabriquer1 on s'en servait fort rarement4 ,si1 dans les expriences que j'ai publies pendant dix ans sur la dmatrialisation de la matire1 la phosphorescence invisible1 l'opacit de certains corps pour les ondes hertziennes1 la gnralit dans la nature des phnomnes radio-actifs1 etc41 il m'a t possible de dcouvrir quelques faits entirement nouveaux1 c'est en partie parce que1 travaillant dans mon propre laboratoire et mes frais1 j'tais toujours oblig de me servir d'instruments simples et peu coteux4 ,dans le passage prcdemment cit1 ,dumas insiste avec raison sur l'utilit de rpter les expriences avec des instruments aussi simples que ceux dont les inventeurs faisaient usage4 ,il serait tout fait capital pour le dveloppement mental de l'lve de lui montrer1 ce que les livres n'indiquent gure1 comment les grands fondateurs de la science ont ralis leurs dcouvertes et les difficults auxquelles ils se sont heurts4 ,la chose est d'autant plus facile que ces illustres novateurs1 comme le dit fort bien ,dumas1 ont presque toujours fait usage d'appareils rudimentaires qui ne sont devenus compliqus que plus tard4 ,l'exprience fondamentale d',o,ersted1 de la dviation de la boussole par un courant1 peut tre rpte avec une dpense de quelques francs et le professeur ne manquera pas de montrer l'lve pourquoi ,o,ersted n'arriva pas la russir pendant longtemps4 ,il lui montrera aussi pourquoi l'exprience fondamentale de l'induction 7dviation d'un galvanomtre reli aux deux ples d'un aimant1 quand on introduit un morceau de fer entre les deux branches de l'aimant7 demanda beaucoup de recherches ,faraday1 bien qu'elle soit des plus faciles rpter4 ,l'histoire de la dcouverte de la longue-vue peut tre refaite avec quelques lentilles ne valant pas plus de #a franc1 etc4 ,un professeur ayant un peu de philosophie dans l'esprit pourrait crer1 avec l'histoire des dcouvertes scientifiques et la lecture des fragments des mmoires originaux1 un cours qui remplacerait fort avantageusement la lecture des plus volumineux traits de logique4 ,alors seulement l'lve comprendrait l'volution de l'esprit humain1 les difficults auxquelles se heurtent toujours les exprimentateurs1 comment on sort des sentiers battus et avec quelles difficults un chercheur se soustrait au poids des ides antrieurement admises4 ,il faut donc attacher une importance spciale l'histoire des dcouvertes scientifiques1 si parfaitement ignore et ddaigne par l',universit1 aussi bien dans l'enseignement secondaire que dans l'enseignement suprieur4 ,le nombre des savants qui ont compris la force ducatrice de cet enseignement est fort restreint4 ,je puis cependant1 outre ,dumas1 en citer deux1 l'un ,anglais1 l'autre ,franais1 occupant chacun des situations minentes dans l'enseignement4 ,l'entranement esprer de la science est le rsultat1 non de l'accumulation des connaissances scientifiques1 mais de la pratique de l'enqute scientifique4 ,un homme peut connatre fond tous les rsultats obtenus et toutes les opinions courantes sur une branche quelconque1 ou mme sur toutes les branches de la science1 et ne pas avoir l'esprit scientifique1 mais personne ne saurait mener bien la plus humble recherche sans que l'esprit scientifique lui reste dans une certaine mesure4 ,cet esprit peut d'ailleurs tre acquis1 mme sans recherche d'une vrit nouvelle4 ,l'lve peut tre amen de plus d'une faon de vieilles vrits2 il peut tre mis en leur prsence brutalement comme un voleur sautant par-dessus un mur1 et malheureusement la hte de la vie moderne pousse beaucoup de gens adopter cette voie rapide4 ,mais il peut aussi tre amen aux mmes vrits en suivant les voies suivies par ceux qui les mirent en vidence4 ,c'est par cette dernire mthode1 et par l seulement1 que l'lve peut esprer acqurir au moins quelque chose de l'esprit du chercheur scientifique#bae4 ,note #bae3 ,michael ,forster4 ,discours politique au ,congrs de l',association britannique pour l'avancement des sciences4 ,revue ,scientifique1 #ahii1 p4 #cic4 ,la mthode indique ici pour retrouver les vieilles vrits est la mthode exprimentale1 si chre aux ,anglais4 ,m4 ,h4 ,le ,chtelier1 sans contester nullement sa valeur1 recommande avec raison la lecture de mmoires originaux des crateurs de la science4 ,on pourrait faire analyser les mmoires scientifiques originaux qui sont rests classiques3 ceux de ,lavoisier1 ,gay-,lussac1 ,dumas1 ,sadi-,carnot1 ,regnault1 ,poinsot1 en demandant de bien mettre en relief leurs points essentiels1 ou discuter les avantages comparatifs de deux mthodes exprimentales ayant un mme objet1 celle du calorimtre glace et du calorimtre eau1 par exemple2 faire des programmes d'expriences pour des recherches sur un sujet donn2 en un mot1 imiter ce qui se fait avec beaucoup de raison dans l'enseignement littraire4 ,avant tout1 ce qu'il faudrait emprunter cet enseignement est la lecture rgulire des auteurs classiques4 ,en apprenant dans un cours les rsums des expriences de ,lavoisier ou de ,dumas1 on n'tudie pas mieux la science qu'on tudierait la posie dramatique en apprenant des rsums des pices de ,corneille4 ,a ct et autour des faits1 il y a tout un cortge d'ides dans un cas1 de sentiment et de mlodie dans l'autre1 qui constituent bien plus que les faits matriels la science ou la posie4 ,les rsums1 bons pour la prparation aux examens1 sont striles pour le dveloppement de l'esprit et de l'imagination4 ,mais avant tout1 pour communiquer l'esprit des jeunes gens cette activit indispensable1 il faut d'abord l'obtenir de leurs professeurs4 ,pour apprendre leurs lves penser et vouloir1 il faut qu'ils commencent par penser et par vouloir eux-mmes4 ,s'ils ne sont pas activement mls au mouvement des recherches scientifiques1 s'ils ne parlent de la science que par ou-dire et sans conviction1 ils ne peuvent avoir de prise sur l'esprit de leurs auditeurs4 ,ils prpareront peut-tre d'excellents candidats aux examens1 ils ne formeront pas d'intelligences#baf4 ,note #baf3 ,le ,chtelier4 ,l',enseignement scientifique4 ,revue des ,sciences4 ,bien rares sont les professeurs ne se bornant pas parler de la science autrement que par ou dire et c'est pourquoi bien rares aussi sont les intelligences qu'ils russissent former4 ,dans un discours prononc devant la ,chambre des ,dputs1 ,m4 ,ribot1 prsident de la ,commission d'enqute1 a parfaitement montr en quelques lignes cette importance de l'histoire des dcouvertes4 ,tout le monde semble donc bien d'accord en thorie--en thorie seulement--sur ce point4 ,si l'on apprend aux lves1 non pas seulement les notions positives1 les chiffres1 tout ce qui est technique1 tout ce qui s'oublie1 si on leur enseigne la voie qu'on a suivie pour crer la science de nos jours1 si on leur montre par quel effort et par quelle mthode l'esprit humain s'est lev1 jusqu' ces vrits ternelles1 si on leur fait l'histoire des dcouvertes d'un ,pasteur1 on peut saisir l'intelligence et quelque chose encore de plus noble que l'intelligence1 le coeur de l'enfant4 ,je crois qu'on peut inspirer l'enfant1 pour notre socit1 pour les prodiges qu'elle cre en dveloppant la science1 cet amour et cette admiration1 qui font de lui un vritable citoyen de la socit moderne4 ,je le crois de toutes mes forces1 c'est une question de mthode et1 je le rpte1 d'ducation des professeurs eux-mmes#bag4 ,note #bag3 ,chambre des dputs1 sance du #ac fvrier #aijb4 ,page #feg du ,journal officiel4 coutant ou lisant l'histoire des dcouvertes scientifiques1 rptant les expriences des crateurs de la science1 ainsi que celles qui en dcoulent1 et pouvant ainsi juger des progrs accomplis1 l'lve acquerrait vite1 avec le jugement et l'habitude de l'observation1 ce qu'on peut appeler l'esprit scientifique4 ,il oublierait sans doute1 aprs la sortie du lyce1 les formules et les thories1 mais il aurait le jugement form1 saurait rflchir et possderait l'art d'apprendre quand cela lui deviendrait ncessaire4 ,il n'oublierait jamais1 parce que cela serait pass dans son inconscient1 ce qu'il y a de plus fondamental connatre dans les sciences1 les mthodes4 ,ces mthodes et ces qualits de jugement s'appliquent aussi bien aux obligations courantes de la vie qu' des entreprises scientifiques1 industrielles ou commerciales4 ,et telle est la force d'une bonne mthode qu'elle donne mme aux esprits mdiocres l'aptitude au travail utile4 ,un des dposants de l'enqute1 ,m4 ,blondel1 l'a fort bien marqu dans le passage suivant3 ,l'essor conomique du peuple allemand est si inquitant pour nous parce qu'il fait de l'industrie et de la science comme il fait de la guerre1 en calculant tout d'avance1 en apprenant aux tudiants si nombreux qui1 aprs une bonne prparation gnrale1 viennent frquenter les laboratoires des ,universits1 non pas seulement la science faite1 mais le mtier de savant1 mtier qui ne s'improvise pas1 qui exige un apprentissage1 et que les dons naturels ne sauraient remplacer4 ,ce qui caractrise la production allemande1 c'est que grce un enseignement mieux conu que le ntre1 un grand nombre de travaux de dtail1 secondaires mais utiles1 sont faits et bien faits par des jeunes gens mdiocres1 qui n'ont pas l'intelligence aussi vive que les ntres1 mais qui savent en dfinitive 7faonns par une meilleure formation7 produire une somme plus considrable de travail utile4 ,la force de certaines usines allemandes1 j'en ai visit cette anne un bon nombre1 c'est le caractre de laboratoires de recherches scientifiques qu'on a su leur donner#bah4 ,note #bah3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #ddb4 ,blondel1 ancien professeur la ,facult de ,lyon4 ,la consquence finale de l'enseignement des ,universits allemandes a t ce prodigieux essor de la science et de l'industrie1 attribue bien vainement des laboratoires ne dpassant pas matriellement les ntres1 puisque nous les avons copis4 ,cet essor est d tout entier des mthodes d'enseignement que nous n'avons pas su saisir4 ,grce elles les ,allemands absorbent de plus en plus toutes les industries bases sur des mthodes scientifiques4 ,il faut aller en ,allemagne pour trouver des usines d'lectricit employant #ag4jjj ouvriers1 des usines mtallurgiques qui en occupent #dj4jjj1 des tablissements capables de fournir #cjj locomotives par an1 des usines de produits chimiques fabriquant annuellement pour #a milliard de produits#bai4 ,et la force de production de l'industrie allemande est telle que1 pour viter les droits de douane protecteurs1 les patrons n'hsitent pas aller tablir des usines dans les pays trangers4 ,il existe ,paris une fabrique allemande d'objectifs photographiques et microscopiques qui occupe dj plus de #cjj ouvriers1 et dont les produits sont tellement suprieurs aux ntres que1 en quelques annes1 les objectifs franais sont devenus invendables et ne sont plus utiliss que pour les instruments de pacotille4 ,note #bai3 ,on trouvera tous les dtails ncessaires dans les catalogues collectifs des industries de chimie et de physique allemandes de l',exposition de #aijj4 ,deux vol4 in-#ho4 ,et pendant que se poursuit un si formidable mouvement1 nos enfants continuent apprendre les connaissances les plus futiles1 enseignes de la plus futile faon4 ,ils prparent des examens et des concours1 pendant que les autres peuples prparent leurs fils aux ralits de la vie4 ,vainement nous nous dbattrons tant que nous ne comprendrons pas les causes de notre impuissance4 ,,chapitre ,,viii ,l'ducation des indignes aux ,colonies4 ,exportes dans les colonies que nous gouvernons nos mthodes universitaires ont produit des consquences encore plus lamentables qu'en ,france4 ,un de leurs premiers rsultats a t de transformer en ennemis irrductibles tous les indignes auxquels on les appliquait4 ,m4 ,paul ,giran1 administrateur en ,indochine1 a bien voulu consigner pour nous dans les pages qui vont suivre ce que devrait tre notre enseignement aux colonies4 ,je lui laisse entirement la parole maintenant3 ,l'exprience dmontre que la plupart des peuples colonisateurs1 la ,france notamment1 ont chou dans leurs tentatives d'ducation de races trangres4 ,l'ducation de race race ne peut se comprendre1 qu'autant que l'ducatrice1 faisant abstraction de son propre idal1 ne proposera qu'un idal immdiatement accessible son lve1 c'est--dire un idal de trs peu suprieur celui que l'lve a dj pu lui-mme concevoir1 sous l'influence du milieu o il vit4 ,or1 en raison de certaines dispositions d'esprit particulires qui nous font considrer tous les peuples comme semblables nous1 l'ducation d'un peuple infrieur a toujours t synonyme d'assimilation4 duquer une race signifie nos yeux3 modifier l'idal social de cette race et lui proposer comme principe directeur notre propre idal2 on lui demande donc en ralit d'abandonner ses institutions1 transformer ses moeurs1 modifier sa mentalit1 choses impossibles4 ,c'est en rformant les institutions que nous prtendons agir sur les esprits2 c'est en agissant sur les esprits1 par l'instruction1 que nous prtendons former les caractres4 ,nous commenons la construction par le sommet4 ,nous agissons sur l'effet pour modifier la cause4 ,nous renversons l'ordre naturel4 ,les rsultats obtenus dans ces conditions ne peuvent tre que ngatifs4 ,nous allons le constater4 ,c'est une thorie admise par la plupart des peuples civiliss que l'ducation peut tre donne par l'instruction4 ,or1 celle-ci s'adresse surtout la mmoire2 elle sert meubler l'esprit1 et peut1 dans une certaine mesure1 contribuer former le jugement4 ,mais l s'arrte son action4 ,l'instruction ne saurait servir l'ducation morale4 ,la morale n'est pas une affaire de mmoire ou de raisonnement4 ,or1 c'est l'exemple et non le livre qui peut produire la formation d'habitudes morales4 ,aussi1 le facteur le plus important de l'ducation morale est-il le milieu4 ,on commet donc une faute contre la logique naturelle si l'on veut1 par la seule instruction1 transformer les ides et les sentiments d'un peuple4 ,et la faute est double si cette instruction est dispense en une langue trangre l'lve4 ,il y a en effet derrire les vocables de toute langue1 des ides et des sentiments que les mots trangers ne permettent pas d'atteindre4 ,a des mots mme d'un usage gnral tous les peuples1 correspondent1 suivant les latitudes ou les poques1 des conceptions diffrentes4 ,l'idal de beaut est-il le mme chez les ,hottentots que chez les ,chinois1 les ,japonais1 le ,franais du moyen ge et le ,franais moderne8 ,la bont chrtienne a-t-elle rien de commun avec la bont de l',hindou ou du ,musulman8 ,lorsqu'un peuple emprunte1 de gr ou de force1 la langue d'un autre peuple1 il peut en acqurir les mots1 non les ides et les sentiments que ces mots sous-entendent4 ,l'volution linguistique correspond une lente transformation physiologique du cerveau4 ,or1 le cerveau n'tant pas conform de la mme faon suivant les races1 et le nombre de ses circonvolutions et son volume augmentant mesure qu'on s'lve au point de vue intellectuel1 on comprend qu'une langue suprieure ne puisse tre adopte par un peuple infrieur1 sans tre aussitt dforme1 c'est--dire adapte sa complexion mentale4 ,du latin import chez les ,gaulois est sorti le franais2 notre franais import aux ,antilles est devenu le parler crole4 ,ce qui prcde permet de pressentir quels rsultats peut donner l'instruction moderne dispense des peuples infrieurs en une langue europenne4 ,nous avons pu le constater bien des fois chez les ,annamites4 ,l',annamite1 comme tout autre peuple1 transforme1 dfigure toutes les ides trangres1 pour les adapter sa mentalit2 c'est une vrit que nous ne concevons aisment que lorsqu'il ne s'agit pas de nos propres ides4 ,nous admettons bien que l',annamite ait pu dformer jusqu' la rendre mconnaissable la doctrine bouddhique importe chez lui il y a plusieurs sicles2 mais nous ne voulons pas convenir qu'il ne puisse s'assimiler les ides d'galit1 de libert1 de solidarit que nous avons1 nous-mmes1 acquises depuis un sicle peine4 ,il serait intressant1 mais trop long1 de montrer ici comment toutes ces ides se sont trouves fausses ds qu'on a voulu les introduire en ,annam4 ,notre culture intellectuelle ne convient en rien la mentalit annamite2 elle ne donnera jamais que des produits anormaux1 parfois monstrueux2 nos thories transplantes en ,extrme-,orient ne pourront qu'y apporter tt ou tard le trouble et la dsorganisation4 ,on s'en est dj rendu compte et on a d enrayer le mouvement commenc4 ,on a notamment supprim l',universit indochinoise cre en #aijf qui comprenait diverses coles suprieures de droit et d'administration1 de sciences1 de lettres1 etc41 et dont le but tait de rpandre en ,extrme-,orient1 surtout par l'intermdiaire de la langue franaise1 la connaissance des sciences et des mthodes europennes4 ,tout comme aux ,indes1 l'universit indigne ne nous et donn que des dclasss1 des exalts1 des individus dangereux pour nous et pour leurs compatriotes4 ,notre colonie avait vite d'ailleurs prouv les premiers symptmes de cette malsaine effervescence des esprits6 ,les peuples sont soumis des volutions dtermines par des lois prcises1 dont il leur est impossible de s'affranchir4 ,c'est cependant un des traits particuliers de notre psychologie nationale que la croyance la toute puissance des rvolutions1 des rformes a priori4 ,nous croyons1 crit ,m4 ,fouille1 qu'il suffit de proclamer des principes pour en raliser les consquences1 de changer d'un coup de baguette la constitution pour mtamorphoser lois et moeurs1 d'improviser des dcrets pour hter le cours du temps4 ,article ,i1 tous les ,franais seront vertueux2 article ,,ii1 tous les ,franais seront heureux4 99 99 99 99 99 ,l'exprience a largement confirm la rgle prcdemment tablie3 que l'ducation ne saurait tre efficace lorsqu'elle ne se trouve pas en rapport avec les habitudes hrditaires de l'lve4 ,ds lors comment duquer utilement les indignes8 ,nous devons nous occuper surtout de leur instruction4 ,celle-ci ne porte ses fruits qu'autant qu'elle est convenablement adapte la mentalit de l'lve4 ,a un peuple infrieur1 une instruction lmentaire peut seule convenir4 ,on ne se pntre pas assez de cette vrit qu'il y a des peuples adultes et des peuples en bas ge1 et que c'est seulement la suite d'une longue volution que les peuples de la dernire classe pourront monter la premire4 ,si l'on tient compte1 en outre1 des diffrences fondamentales qui1 degr gal de civilisation1 sparent les peuples au point de vue mental1 on comprend que l'instruction trangre dispense un peuple donn doit1 pour tre rendue accessible1 et pour amener un progrs certain1 remplir des conditions nettement dtermines4 ,nous carterons tout d'abord de notre programme l'enseignement de la philosophie1 de la morale1 du droit1 de la politique1 etc444 ,quel champ nous reste alors ouvert8 ,celui des sciences pratiques4 ,il est suffisamment vaste pour satisfaire notre dsir de rpandre l'instruction4 ,de plus les sciences pratiques sont un excellent moyen d'ducation intellectuelle4 ,c'est l'cole des ralits exprimentales1 c'est avec elle1 et non avec les livres qu'on forme vritablement les esprits4 ,notre enseignement sera surtout technique et professionnel4 ,nous ferons ainsi de nos indignes de bons auxiliaires4 ,la premire cole crer dans un pays nouveau est donc une cole professionnelle4 ,et son programme doit consister d'abord exclusivement amliorer les mthodes employes dans le pays4 ,en agriculture1 par exemple1 il sera1 videmment inutile1 dans un pays tropical1 d'enseigner aux lves la culture des pays temprs4 ,c'est un principe qu'il est bon d'noncer malgr son vidence1 notre tendance tant de donner l'enseignement pour lui-mme et de faire apprendre ainsi l'lve toutes sortes de choses dont il n'aura jamais se servir plus tard4 ,donc le premier effort d'ducation directe doit consister amliorer la technique des mtiers dj existants1 des petites industries locales4 ,et encore faut-il en cela beaucoup de discernement4 ,vouloir aller trop vite1 agir inconsidrment1 c'est dtruire purement et simplement ce qu'on voulait amliorer4 ,la dchance actuelle des petites industries du ,tonkin en est la preuve4 ,pas de rvolution et progresser lentement1 telle doit tre la devise de l'ducateur4 ,pour les professions nouvelles introduites dans le pays1 il faut user des mmes prcautions que pour les professions dj existantes3 aller lentement toujours4 ,mme si on se trouve en prsence de peuples dj civiliss1 tels que les ,hindous1 les ,annamites1 les ,arabes1 il ne faut pas vouloir les transformer d'un seul coup en ingnieurs ou en mdecins2 mais commencer d'abord par en faire de bons mcaniciens ou de bons ouvriers4 ,ainsi se trouvera prpar le terrain o pourra tre jete plus tard la semence d'une ducation plus leve4 ,,chapitre ,,ix ,l'ducation par l'arme4 #a4--,,role ,,possible ,,du ,,service ,,militaire ,,dans ,l',,ducation4 ,nous avons montr que1 si l'instruction universitaire est trs faible1 son ducation est tout fait nulle4 ,or1 dans l'volution actuelle des civilisations1 ce qu'il importe le plus de dvelopper1 ce sont surtout les qualits du caractre4 ,sur la nullit de l'ducation donne par l',universit1 tout le monde1 nous l'avons vu1 est d'accord et l'on peut rpter aujourd'hui ce qu'crivait1 il y a dj longtemps un ancien ministre de l',instruction publique1 ,jules ,simon4 ,il n'y a plus d'ducation2 on fait un bachelier1 un licenci1 un docteur1 mais un homme1 il n'en est pas question2 au contraire1 on passe quinze annes dtruire sa virilit4 ,on rend la socit un petit mandarin ridicule qui n'a pas de muscles1 qui ne sait pas sauter une barrire1 qui a peur de tout1 qui1 en revanche1 s'est bourr de toutes sortes de connaissances inutiles1 qui ne sait pas les choses les plus ncessaires1 qui ne peut donner un conseil personne1 ni s'en donner lui-mme1 qui a besoin d'tre dirig en toutes choses1 et qui1 sentant sa faiblesse et ayant perdu ses lisires1 se jette pour dernire ressource au socialisme d'tat4--,il faut que l'tat me prenne par la main1 comme l'a fait jusqu'ici l',universit4 ,on ne m'a appris qu' tre passif4 ,un citoyen1 dites-vous8 ,je serais peut-tre un citoyen1 si j'tais un homme4 ,que l'on considre la valeur et le sort de l'individu ou la dignit et la destine de la nation1 crivait rcemment un autre ,ministre de l',instruction publique1 ,m4 ,lon ,bourgeois1 le caractre pse d'un bien autre poids que l'esprit4 ,qu'importe ce que sait un homme en comparaison de ce qu'il veut1 et qu'importe ce qu'il pense au prix de ce qu'il fait#bbj4 ,note #bbj3 ,lon ,bourgeois4 ,instructions1 etc41 p4 #ahc ,ce qui manque le plus aux ,latins1 ce sont les qualits qui font la force des ,anglais3 la discipline1 la solidarit1 l'endurance1 l'nergie1 l'initiative et le sentiment du devoir4 ,ces qualits1 non seulement l',universit ne les donne pas1 mais son pesant rgime les te qui les possde4 ,existe-t-il un moyen de faire des hommes de cette arme de bacheliers et de licencis impuissants1 ridicules et nuls que l',universit nous fabrique8 tant donn que le rgime universitaire n'est pas modifiable avec les ides latines actuelles et que tous les projets de rforme sont d'irralisables chimres1 il faut chercher ailleurs1 mais ne chercher que dans le cycle des choses possibles1 c'est--dire dans le cycle des choses ne heurtant pas trop le courant des opinions actuelles4 ,or1 ce moyen existe et il n'en existe qu'un seul4 ,aujourd'hui1 la totalit de nos bacheliers et licencis est oblige de faire un service militaire4 ,l'arme pourrait les transformer1 car elle est1 ou au moins devrait tre un centre ducateur par excellence4 ,elle peut devenir l'agent efficace du perfectionnement et du relvement de la race franaise dgrade par l',universit4 ,d'minents officiers1 tels que les gnraux ,bonnal et ,gallini1 ont dmontr exprimentalement de quel dveloppement physique et moral est susceptible le soldat bien command4 ,si l'on voulait complter fort utilement la loi sur le service obligatoire de trois ans1 obtenir un corps de sous-officiers excellent et rduire un peu le nombre crasant des candidats fonctionnaires1 il y aurait seulement promulguer que1 en dehors de quelques professions techniques--magistrats et ingnieurs1 par exemple--nul ne pourra entrer dans une administration de l'tat avant d'avoir t sous-officier pendant cinq ans4 ,aprs un an de surnumrariat1 un bon sous-officier est parfaitement apte remplir tous les emplois publics n'exigeant de lui que l'application des rglements1 c'est--dire la trs immense majorit de ces emplois4 ,il faut bien reconnatre malheureusement que le service militaire a produit uniquement jusqu'ici chez les intellectuels une antipathie croissante pour l'arme1 dont ils ne voient que les cts gnants4 ,l'expansion de tels sentiments parmi la masse populaire1 qui fut seule pendant longtemps subir les durets ncessaires du rgime militaire1 marquerait la fin irrmdiable de la ,france comme nation4 ,ce sont les sentiments subsistant encore dans la foule1 non intellectualise1 qui rendent possible le maintien de l'arme1 dernier soutien d'une socit en proie aux plus profondes divisions et prte se dissocier suivant le rve des socialistes4 ,la raison qu'on invoquait autrefois pour dispenser toute une classe de la nation du service militaire1 c'est qu'il constituait une entrave aux tudes1 mais personne n'a jamais pu fournir une seule preuve l'appui d'une telle assertion4 ,durant leurs trois annes de service militaire1 les jeunes gens pourraient acqurir des qualits qui leur seraient bien autrement utiles au cours de la vie que ce qu'ils apprendraient dans leurs manuels pendant le mme temps4 ,si d'ailleurs la raison invoque tait srieuse1 elle serait applicable toutes les professions4 ,personne1 crit ,m4 ,gouzy1 ne s'est jamais inform si une interruption de trois ans dans leurs travaux ne diminuait pas la valeur professionnelle des charpentiers1 des serruriers ou des laboureurs1 catgorie de citoyens tout aussi intressante dans une dmocratie1 que celle des avocats1 des mdecins ou des receveurs de l'enregistrement4 ,on a accept comme tout naturel le sacrifice qu'ils font leur pays d'aptitudes acquises par un pnible apprentissage4 ,on semble avoir dit1 sans s'en soucier autrement3 ,si aprs trois ans de service militaire ils ont oubli leur mtier1 eh bien1 ils le rapprendront4 #b4--,,les ,,cons,,quences ,,sociales ,,des ,,anciennes ,,lois ,,militaires4 ,la loi qui multipliait1 il y a quelques annes1 le nombre des exempts1 a multipli du mme coup le nombre des diplms4 ,elle a dtourn des fonctions utiles l'lite de la jeunesse franaise pour la lancer dans des carrires ultra-encombres et crer un nombre chaque jour plus grand de mcontents et de dclasss4 ,les documents statistiques fournis ce propos devant la ,commission d'enqute1 et dont je vais reproduire quelques-uns1 sont catgoriques4 ,la loi militaire de #ahhi a supprim le volontariat et a tabli d'autres cas de dispense dont les consquences sociales et conomiques sont infiniment plus profondes4 444 ,en ,france1 sous une apparence trompeuse d'encouragement aux tudes spciales1 la loi militaire a nui profondment au commerce et l'industrie4 ,elle a fauss nombre de vocations1 elle a jet dans certaines carrires1 dites librales1 une foule de jeunes gens qui se seraient tourns1 naturellement vers les professions productives4 444 ,pour la mdecine1 il y avait #eij docteurs en #ahge1 #eia en #ahia1 avant que la loi ait pu produire ses effets1 et #a1bjb en #ahigbba4 ,note #bba3 ,l'augmentation est analogue pour les docteurs en droit4 ,il y en avait #aag par an en #ahhi et #ddf en #ahii1 d'aprs le rapport de ,m4 ,raiberti4 ,la dispense1 telle que la loi de #ahhi l'a comprise1 crit cet auteur1 abaisse donc la valeur des examens ou la niveau d'entre dans les grandes coles4 ,elle encombre les carrires librales et elle carte des affaires1 du commerce et de l'industrie1 un grand nombre de jeunes gens qui y auraient russi et qui choueront ailleurs4 ,elle frappe donc le pays dans les forces vives de sa production4 444 ,a l'cole des langues orientales1 le nombre des lves a dcupl en #ad ans1 passant de #ch #cgb4 ,je vous demande si ces jeunes gens1 qui vont prendre l quelques notions de persan1 de grec moderne1 d'armnien1 d'arabe ou de javanais1 le font parce qu'ils seront consuls1 drogmans1 professeurs1 traducteurs1 ou parce qu'ils se fixeront dans le pays dont ils auront commenc d'apprendre la langue2 non1 c'est parce qu'ils cherchent la dispense de deux ans de service militaire4 444 ,a l'cole des ,beaux-,arts1 vous voyez le mme phnomne d'afflux artificiel se produire3 de #ehf candidats l'entre1 en #ahij-ahia1 nous passons #hcj en #ahif-ahig2 et1 la sortie1 il y avait #bj dispenss en #ahij1 et1 en #ahig1 il y en avait #gh4 444 ,a l',institut agronomique1 la situation est presque aussi extraordinaire qu' l'cole des langues orientales4 ,l',institut agronomique forme des ingnieurs agronomes1 et je ne crois pas que notre agriculture ait besoin d'un nombre infini d'ingnieurs1 elle a surtout besoin de gens qui apprennent l'agriculture par la pratique1 il y avait #cb candidats l',institut agronomique l'entre en #ahgf2 et en #ahic1 peu de temps aprs le vote de la loi militaire1 il y en avait #cdh2 et en #ahif1 il y en a encore #cab4 444 ,a l'cole ,centrale1 phnomne analogue3 en #ahhi1 avant l'application de la loi militaire1 il y avait #cgf candidats1 et en #ahif ce chiffre monte #gba4 ,et je vous demande si notre industrie a1 d'aprs les chiffres que vous savez1 profit en quoi que ce soit de cet afflux vers les coles spciales#bbb4 ,note #bbb3 ,enqute1 t4 ,,ii1 p4 #hi4 ,max ,leclerc1 charg de missions scientifiques par le ,gouvernement4 ,le mme auteur donne des chiffres analogues pour les coles dites commerciales1 coles de thorie pure et dont le diplme confre galement la dispense4 ,le modeste et ignor ,institut commercial de ,paris1 qui comptait dix candidats par an avant la loi1 en a compt une centaine ensuite4 ,on voit quel point le service militaire est redout en ,france des classes lettres4 ,ceux qui le fuient ne se doutent pas combien ils gagneraient le subir4 ,certes1 comme l'a dit justement un ministre de l',instruction publique dans un discours1 le but de l'enseignement classique devrait tre de former une lite1 car c'est cette lite qui fait la grandeur du pays1 mais elle n'est apte remplir son rle que si son caractre est la hauteur de son instruction4 ,pour pouvoir commander un jour1 il faut d'abord qu'elle apprenne obir4 ,elle doit avant tout acqurir l'esprit de solidarit et de discipline dont manquent si compltement les peuples latins4 ,a l'arme1 on apprend se supporter1 puis s'aider et enfin s'aimer4 ,on apprend la discipline quand on en subit la ncessit4 ,on apprend se dominer et on acquiert le sentiment du devoir quand le milieu l'impose4 ,pour se discipliner soi-mme1 si on ne l'est pas hrditairement1 il faut d'abord avoir t disciplin par d'autres4 ,a la discipline externe la discipline interne succde bientt par association inconsciente de rflexes4 ,l'homme qui ne sait pas subir la premire pour acqurir la seconde restera1 dans le cours de sa vie1 une insignifiante pave4 ,le sjour au rgiment1 surtout quand le soldat passe quelque temps aux colonies1 lui apprend bien autre chose encore4 ,il lui enseigne surtout se dbrouiller1 comme on dit vulgairement4 ,on sait tout le parti qu'un gnral habile sut tirer ,madagascar de soldats transforms en colons comme les anciens lgionnaires romains4 ,dans tous les pays du monde o l'on a eu occasion d'utiliser des soldats1 on a t frapp des rsultats qu'il est possible d'en tirer4 ,pour ne citer qu'un fait1 crit ,m4 ,lon ,chom1 dans la ,belgique militaire1 les chemins de fer qu'on a russi tablir jusqu'ici en ,afrique intertropicale anglaise1 franaise1 allemande1 portugaise et surtout congolaise sont dus des hommes appartenant l'arme4 ,toutes les grandes missions scientifiques ont t confies des soldats4 ,c'est donc sans doute que cette ducation militaire tant honnie des intellectuels a encore quelque vertu efficiente1 et pour notre part nous le dclarons trs nettement1 cette ducation est reste la premire de toutes1 et elle le montre toutes les fois que l'occasion lui en est fournie2 aussi bien dans les milieux clairs que dans le milieu humble des travailleurs1 o l'ancien bon soldat prime toujours4 #c4--,,le ,,role ,,ducateur ,,des ,,officiers4 ,l'action tout fait prpondrante que pourrait produire le service militaire universel a t signale depuis longtemps par divers crivains4 ,voici comment s'exprimait ce sujet1 il y a dj plusieurs annes1 ,m4 ,melchior de ,vog3 ,le service militaire universel jouera un rle dcisif dans notre reconstitution sociale4 ,le legs de la dfaite1 le lourd prsent de l'ennemi1 peut tre l'instrument de notre rdemption4 ,nous ne sentons aujourd'hui que ses charges2 j'en attends des bnfices incalculables3 fusion des dissidences politiques1 restauration de l'esprit de sacrifice dans les classes aises1 de l'esprit de discipline dans les classes populaires1 bref de toutes les vertus qui repoussent l'ombre du drapeau444 ,malheureusement1 les rsultats obtenus n'ont rpondu en aucune faon ces esprances4 ,les crivains militaires les plus autoriss commencent le reconnatre4 ,il faut attribuer principalement les causes d'un tel chec ce que les officiers ne sont nullement prpars au rle d'ducateurs qu'ils devraient remplir4 ,le premier moyen de les y prparer consisterait leur enseigner ce rle1 dans toutes les coles militaires1 l'cole suprieure de ,guerre surtout4 ,le second1 fort suprieur au prcdent1 est d'obliger tous les futurs officiers1 ainsi d'ailleurs qu'on le fait peu prs maintenant1 servir d'abord comme simples soldats pendant un an4 ,c'est uniquement en vivant parmi les hommes qu'ils russiront comprendre leur psychologie4 ,dans le rang1 ils apprendront d'abord obir1 seule faon d'arriver ensuite commander4 ,aujourd'hui1 nos officiers ne saisissent pas encore trs bien leur rle d'ducateurs4 ,et1 pour qu'il ne reste aucun doute sur ce point1 je vais reproduire quelques passages des confrences faites l'cole de ,saint-,cyr1 avec approbation du ministre de la ,guerre1 par un professeur cette cole1 ,m4 ,ebener4 ,elles sont exagres peut-tre mais pleines de trs graves enseignements4 ,le service obligatoire1 en faisant passer toute la nation par les mains de l'officier1 a grandi dans la mesure la plus large son rle d'ducateur4 ,la prparation du corps d'officiers ce rle1 sa formation morale1 intressent donc la socit tout entire4 ,il ne la remplit qu'imparfaitement1 parce que1 s'il y est apte1 il n'y est nullement prpar1 et que l'ide de sa mission sociale ne tient presque aucune place1 ni dans son ducation1 ni dans l'exercice de sa profession4 ,nous sommes seuls ne pas nous apercevoir que nous avons ct de notre rle de prparation la guerre1 remplir une mission sociale d'une importance capitale1 et qu'il nous appartient de contribuer l'ducation de la dmocratie4 ,de l ce malentendu entre les classes intelligentes et le corps d'officiers1 malentendu qu'il serait puril de nier444 ,on pourrait s'attendre retrouver dans le peuple la trace d'une influence heureuse et durable exerce par l'officier sur les jeunes ,franais qui1 chaque anne1 lui passent par les mains4 ,il s'en faut malheureusement1 et nous sommes obligs de constater que les rsultats ne sont pas ce qu'ils pourraient tre4 ,en somme1 ce que nous rendons au pays ne parat pas valoir beaucoup mieux que ce que nous en avons reu2 dans le bain de l'arme1 le fer ne se change pas en acier4 444 ,les officiers1 dit-on1 ne savent pas profiter des longues heures d'oisivet dont jouissent les militaires--si toutefois c'est une jouissance de se traner dans les rues ou d'errer dans les corridors des quartiers--et qui1 mises bout bout1 forment un total respectable4 ,ils ne savent pas les employer en partie cultiver l'esprit de leurs soldats1 faonner leur caractre1 transformer leurs mes1 en faire1 en un mot1 des individualits solidaires et conscientes1 prparer l'tat des citoyens au courant de toutes leurs obligations sociales4 ,il n'y a que dans l'arme1 ajoute-t-on1 que se rencontre un pareil gaspillage de temps4 444 ,dans les rgiments1 la partie ducation se borne presque toujours quelques thories1 dites morales1 prvues l'avance comme toutes les autres parties du service4 444 ,les officiers esprent sauvegarder leur supriorit en tenant l'homme distance1 en se renfermant dans une sorte de morgue indiffrente4 ,les gnraux de notre glorieuse poque taient loin d'avoir vis--vis de leurs compagnons d'armes la morgue et le ddain qu'affichent beaucoup trop de jeunes officiers de nos jours4 ,il est vrai que ceux-ci ont pour excuse de n'avoir fait que passer des examens un ge o leurs anciens avaient gagn des batailles4 444 ,nous avons1 nous1 officiers1 remplir un devoir dont beaucoup d'entre nous ne se doutent mme pas4 ,il n'est pas inutile de le rappeler1 notre poque o l'arme se dresse encore debout1 mais o elle sent sa base entame par les thories subversives1 tel un phare dont les fondations sont mines par les flots4 444 ,le dsir de paratre n'est pas le seul reproche qu'on fasse1 dans l'arme1 aux dernires gnrations d'officiers prises dans leur ensemble4 ,on trouve le plus grand nombre d'entre eux trop personnels1 trop occups du culte de leur moi4 444 ,un fait certain1 c'est qu'on est assez mcontent1 dans l'arme1 de l'tat d'esprit des jeunes officiers3 on leur trouve trop de prtentions et pas assez de zle1 plus proccups de leur propre carrire que de l'accomplissement de leurs devoirs professionnels#bbc4 ,note #bbc3 ,rle social de l'officier1 confrences faites aux lves de l'cole spciale militaire1 par le commandant ,ebener4 ,in-#ho1 ,paris1 ,librairie militaire4 ,le tableau n'est pas brillant sans doute4 ,lorsque la dmoralisation et l'indiffrence s'tendent l'arme1 l'heure de la dcadence finale est bien proche4 ,ds qu'une arme cesse d'tre le soutien d'une socit1 elle en devient le danger4 ,les nouvelles gnrations formes l'cole de ,guerre comprennent d'ailleurs parfaitement la grandeur et l'importance du rle ducateur qui leur incombe4 ,malgr les nuages qui s'amoncellent1 il ne faut donc pas dsesprer de l'avenir4 ,l'ducation peut nous donner les qualits indispensables aux peuples qui veulent ne pas finir4 ,l',universit et l',arme ont pris1 en ,allemagne1 une influence qu'elles pourraient avoir en ,france1 mais qu'elles n'ont pas su exercer encore4 ,y russiront-elles8 ,l est le problme4 ,les gnrations qui grandissent sont appeles les rsoudre4 ,si elles n'y parviennent pas1 ce sera la continuation d'une lente dcadence1 puis des dfaites conomiques et sociales qui marqueront la fin de notre histoire4 99 99 99 99 99 ,et voici enfin termin un livre qui restera sans doute le plus inutile de tous ceux que j'ai crits4 ,rcriminer contre des fatalits est toujours une pauvre tche1 indigne en vrit des labeurs d'un philosophe4 ,si1 cependant1 j'ai publi cet ouvrage sans grandes illusions sur son efficacit1 c'est que les ides semes par la plume finissent quelquefois par germer1 si dur soit le roc o elles sont tombes4 ,malgr tant d'apparences trompeuses1 les penses qui mnent les hommes de chaque race ne se modifient gure dans le cours des ges4 ,elles changent cependant quelquefois4 ,il semble que nous soyons arrivs un de ces rares moments de l'histoire o nos ides puissent se transformer un peu4 ,le choix des mthodes d'enseignement est autrement capital pour un peuple que celui de ses institutions ou de son gouvernement4 ,si l'enqute parlementaire a prouv que le problme de l'ducation est gnralement fort peu compris1 elle a montr en mme temps que ce sujet commence proccuper les esprits4 ,souhaitons qu'il les proccupe davantage encore et que l'opinion finisse par se transformer4 ,l'avenir de la ,france dpend surtout de la solution qu'elle saura donner au problme de l'ducation4 ,le monde volue rapidement et1 sous peine de prir1 il faut savoir s'adapter cette volution4 ,l'loquence1 le beau langage1 le got des finesses grammaticales1 les aptitudes littraires et artistiques pouvaient suffire maintenir un peuple la tte de la civilisation l'poque o il remettait ses destines entre les mains des dieux ou des rois qui les reprsentaient4 ,aujourd'hui1 les dieux sont morts et il ne reste gure de nations qui soient compltement dans la main d'un matre4 ,les vnements chappent de plus en plus l'action des gouvernements4 ,les volonts des plus autocratiques souverains sont actuellement conditionnes par des ncessits conomiques et sociales1 proches ou lointaines1 hors de leur sphre d'action4 ,l'homme1 gouvern jadis par ses dieux et ses rois1 est rgi maintenant par un engrenage de ncessits qui ne flchissent pas4 ,les conditions d'existence de chaque pays deviennent toujours davantage subordonnes des lois gnrales que les relations commerciales et industrielles des peuples imposent4 ,n'ayant plus esprer l'aide de la ,providence bienveillante qui guidait jadis le cours des choses1 l'homme moderne ne doit compter que sur lui-mme pour trouver sa place dans la vie4 ,elle n'est pas marque seulement par ce qu'il sait1 mais surtout par ce qu'il peut4 ,dans la phase d'volution o la science et l'industrie ont conduit le monde1 les qualits de caractre jouent un rle de plus en plus prpondrant4 ,l'initiative1 la persvrance1 le jugement1 l'nergie1 la volont1 la domination de soi-mme sont des aptitudes sans lesquelles tous les dons de l'intelligence restent peu prs dnus d'efficacit4 ,l'ducation seule peut les crer un peu quand l'hrdit ne les a pas donnes4 ,nous avons vu combien est misrable notre ducation et quel point cette dernire laisse l'homme dsarm dans la vie4 ,nous avons montr que notre instruction universitaire1 tous ses degrs1 est plus misrable encore1 puisqu'elle se borne entasser dans la mmoire un chaos de choses inutiles destines tre oublies totalement quelques mois aprs l'examen4 ,nous avons fait voir aussi combien seront illusoires nos projets de rforme tant que nos professeurs resteront ce qu'ils sont aujourd'hui4 ,nos citations ont prouv que1 si les tristes rsultats de notre enseignement clatent tous les yeux1 les causes profondes de ces rsultats demeurent gnralement mconnues4 ,l'difice entier de notre enseignement1 de sa base son sommet1 serait refaire4 ,ce livre a prouv pourquoi une telle tche ne saurait tre maintenant tente4 ,tout ce que nous pouvons esprer1 c'est de parvenir utiliser le moins mal possible les lments si dfectueux que nous avons entre les mains4 ,un peu de bonne volont y suffirait sans doute1 mais qui demander cette petite dose de bon vouloir devant la lourde indiffrence de l',universit et du public pour toutes ces questions4 ,elles passionnent parfois un court instant1 mais l'oubli les submerge bientt4 ,quoi qu'il en soit1 j'ai termin ma tche4 ,elle devait se borner clairer une opinion trs incertaine et trs gare aujourd'hui4 ,c'est aux aptres maintenant agiter les foules1 pour provoquer ces grands courants auxquels les institutions uses ne rsistent gure4 ,il s'agit ici d'une oeuvre qui ne peut rencontrer les hostilits d'aucun parti et qu'appuieront srement un jour tous les partis4 ,de son succs l'avenir de la ,france dpend4 ,ce grand pays1 qui fut pendant longtemps un des phares de la civilisation1 s'loigne chaque jour du premier rang qu'il occupait jadis4 ,si notre ,universit ne change pas1 il descendra bientt ce degr o une nation ne compte plus et devient la victime de tous les hasards4 ,,fin ,,table ,,des ,,mati,,res ,,chapitre ,,premier4--,les conceptions des matres de l',universit en matire d'enseignement #f ,constants insuccs de toutes les tentatives faites pour rformer l'enseignement universitaire4--,les matres de l',universit sont d'accord pour proclamer l'infriorit de cet enseignement mais ils sont incapables d'en dcouvrir les causes4--,preuves fournies par les rcents discours de ,,mm4 ,lippmann et ,appell4--,l'enseignement en ,angleterre et en ,allemagne4--,complte diffrence des principes directeurs4 ,,chapitre ,,ii4--,documents psychologiques rvls par l'enqute sur l'enseignement4 ,pourquoi les rformes sont impossibles #bd ,importance documentaire de l'enqute4--,principes psychologiques qui ont dirig les dpositions4--,les discussions ont port sur des programmes et non sur les mthodes de l'enseignement4--,importance illusoire attache aux programmes4--,puissance que leur attribue l',universit4--,faible importance qu'elle attache aux mthodes4--,pourquoi l'infriorit de notre ducation a t vue facilement par les auteurs de l'enqute et pourquoi les causes de cette infriorit leur ont chapp4--,raisons qui rendent actuellement impossibles les rformes4--,les illusions et la volont des parents4--,l'tat mental des professeurs4--,comment ils sont forms en ,france et ce qu'ils enseignent4--,comment ils sont forms en ,allemagne4--,but de cet ouvrage4 ,,livre ,,ii ,l',,instruction ,,et ,l',,ducation ,,aux ,,tats-,,unis ,,chapitre ,,premier4--,principes gnraux de l'ducation en ,amrique #ea ,,chapitre ,,ii4--,dtails des mthodes usites dans les coles amricaines #ef ,,chapitre ,,iii4--,l'enseignement des sciences exprimentales dans les coles de l',amrique #fd ,,livre ,,iii ,l',,enseignement ,,universitaire ,,en ,,france ,,chapitre ,,premier4--,la valeur des mthodes universitaires #gc #a4 ,la ,mthode mnmonique4--,cette mthode est la seule accepte par l',universit4--,examen successif des rsultats qu'elle produit dans les diverses branches de connaissances4--#b4 ,les rsultats de l'enseignement du latin et des langues vivantes4--,rapports prsents la ,commission d'enqute sur le degr de connaissance des langues par les lves de l',universit4--,ignorance totale de l'immense majorit des lves aprs sept ans d'tudes4--#c4 ,les rsultats de l'enseignement de la littrature et de l'histoire4--,les lves se bornent apprendre des dates1 des subtilits1 des dissertations sur des auteurs qu'ils ne lisent jamais4--,leur ignorance complte de la littrature et de l'histoire4--,extraits des rapports prsents la ,commission d'enqute4--#d4--,les rsultats de l'enseignement des sciences4--,les mthodes d'enseignement des sciences sont les mmes que celles employes pour les autres branches de connaissances et produisent les mmes rsultats ngatifs4--,documents prsents la ,commission d'enqute4--#e4--,les rsultats de l'enseignement suprieur et l'esprit universitaire4--,l'enseignement suprieur est caractris comme l'enseignement secondaire par la rcitation des manuels4--,le licenci1 le polytechnicien1 le normalien1 l'lve des coles d'industrie et d'agriculture sont soumis aux mmes procds mnmoniques4--,l',universit considre que la valeur des hommes se mesure uniquement la quantit des choses qu'ils peuvent rciter4--#f4 ,l'opinion de l',universit sur la valeur gnrale de l'enseignement universitaire4--,extraits des rapports de la ,commission d'enqute montrant quel point les professeurs eux-mmes sont convaincus de la nullit de leur enseignement4--,leur conviction que notre enseignement classique est destin disparatre4 ,,chapitre ,,ii4--,les rsultats finals de l'enseignement universitaire4 ,son influence sur l'intelligence et le caractre #hg ,les rsultats de l'enseignement classique ne sont pas seulement l'ignorance finale de l'lve4--,c'est cet enseignement qu'est due une production croissante d'esprits faux1 aigris1 dclasss et rvolts4--,l'enseignement secondaire1 qualifi de mfait social par un des rapporteurs de la ,commission4--,extraits des divers rapports4--,les lves sont incapables de rflexion1 d'initiative1 de jugement et ne savent pas se conduire dans la vie4--,leur incuriosit et leur indiffrence4--,leur oubli total de ce qu'ils ont appris quelques mois aprs l'examen4--,conclusion gnrale du ,prsident de la ,commission d'enqute sur les funestes effets de l'enseignement universitaire4--,opinion d'anciens ,ministres de l',instruction publique4 ,,chapitre ,,iii4--,les lyces #ih #a4 ,la vie au lyce4--,le travail et la discipline4--,l'internat constitue une ncessit impose par la volont des familles4--,les grands lyces4--,rglements mticuleux et uniformes qui les rgissent4--,exagration du nombre d'heures de travail4--,insuffisance de l'hygine et de l'alimentation4--,absence d'exercices physiques4--,etroitesse de la surveillance4--,la vie dans les lyces difis la campagne4--,interdiction aux lves de circuler dans les parcs entourant les tablissements4--#b4 ,la ,direction des lyces4--,les proviseurs4--,le proviseur n'est qu'un comptable rgi par des rglements mticuleux et ne pouvant s'occuper de la maison qu'il est cens diriger4--,les bureaux du ,ministre rglent les moindres dtails4--,extraits des rapports de la ,commission d'enqute4--#c4 ,ce que cotent les lyces l'tat4--,l'tat perd des sommes normes avec les lyces1 alors que les tablissements congrganistes dus l'initiative prive ralisent des bnfices4--,causes des dpenses des lyces4--,classes comptant quatre lves et un professeur pay #e4jjj francs4--,gnralit du gaspillage4--,pourquoi les proviseurs n'ont aucun intrt raliser des conomies4 ,,chapitre ,,iv4--,les professeurs et les rptiteurs #aab #a4 ,les professeurs4--,leur insuffisance pdagogique comme consquence de leur mode de prparation4--,dclaration des chefs de l',universit4--,psychologie du professeur universitaire4--,il est maltrait par l',universit et peu considr par le public4--,insuffisance de son ducation extrieure4--,son dfaut de prestige4--,pourquoi il devient vite indiffrent pour ses lves1 mcontent et ennemi de l'ordre social4--#b4 ,les rptiteurs4--,les rptiteurs ne sont aujourd'hui que des surveillants4--,leur impuissance tre utiles aux lves malgr leur bonne volont1 alors qu'ils pourraient tre beaucoup plus utiles que les professeurs4--,l',administration tient les maintenir dans un rle subalterne4--,opinion de la ,commission d'enqute sur la ncessit de supprimer la distinction entre professeurs et rptiteurs4--,importance considrable qu'aurait cette mesure si elle pouvait tre ralise4 ,,chapitre ,v4--,l'enseignement congrganiste #abf ,importance des faits nouveaux rvls devant la ,commission d'enqute4--,concurrence redoutable des tablissements congrganistes4--,raisons psychologiques de leurs succs4--,pourquoi les professeurs congrganistes1 malgr leurs connaissances lmentaires1 font trs bien russir les lves4--,rapports des ,frres des ,ecoles chrtiennes4--,succs de leurs lves dans l'enseignement industriel1 agricole1 secondaire et suprieur4--,chiffres prsents la ,commission4--,leur enseignement d entirement l'initiative prive ne cote rien l'tat et laisse des bnfices aux actionnaires4--,dangers de l'esprit clrical1 mais utilit de la concurrence1 des tablissements congrganistes4 ,,livre ,,iv ,,les ,r,,formes ,,propos,,es ,,et ,,les ,r,,formateurs ,,chapitre ,,premier4--,les rformateurs4 ,la transformation des professeurs4 ,la rduction des heures de travail4 ,l'ducation anglaise #ach #a4 ,les ,rformateurs4--,les rapports de la ,commission d'enqute s'tendent longuement sur la nullit de notre enseignement universitaire1 mais sont trs brefs et trs vagues sur les moyens de le remplacer4--,faible valeur de la plupart des rformes proposes4--,raisons gnrales de leur inutilit4--,examen des principales rformes proposes4--#b4 ,transformation du professorat4--,ncessit pour les professeurs de passer par le rptitorat4--,cette rforme1 plusieurs fois propose devant la ,commission d'enqute1 serait la plus importante de celles proposes1 mais elle est irralisable avec les prjugs latins4--,pourquoi les rptiteurs pourraient donner un enseignement suprieur celui des professeurs4--#c4 ,la rduction des heures de travail4--,ct illusoire de ce projet de rforme4--,les lves sont maintenus assis douze heures par jour simplement parce que parents et professeurs ne savent qu'en faire4--,absurdit de la longueur des classes4--,leur dure en ,allemagne4--#d4 ,l'ducation anglaise4--,elle n'est nullement adapte aux besoins des ,latins et ne serait jamais accepte par les parents4--,le mur des facteurs moraux4 ,,chapitre ,,ii4--,les changements de programmes #aea ,modifications de programmes proposes par la ,commission et votes par le ,parlement4--,confusion de ces nouveaux programmes4--,persistance de l'erreur latine sur la puissance des institutions1 des constitutions et des programmes4--,impossibilit actuelle de toute rforme srieuse avec les ides rgnantes4--,ce sont les mthodes1 les professeurs et non les programmes qu'il faudrait rformer4--,tous les programmes sont bons quand on sait s'en servir4--,les motifs de l'insuffisance de l',universit chappent entirement aux rformateurs4 ,,chapitre ,,iii4--,la question du grec et du latin #aeg #a4 ,l'utilit du grec et du latin4--,toute discussion sur l'utilit de ces langues est sans objet1 puisque les lves n'en connaissent que quelques mots4--,opinions des universitaires les plus autoriss sur les langues anciennes4--,les prtendues vertus ducatives du latin4--,pourquoi les langues modernes possdent la mme vertu ducative4--,ce que les lves connaissent en matire de langues aprs sept annes d'tudes4--,la question du grec et du latin en ,allemagne4--#b4 ,l'opinion des familles sur l'enseignement du grec et du latin4--,les familles sont tout fait opposes la suppression de l'enseignement du grec et du latin4--,cette opposition a t partage par les ,chambres de commerce4--,rsultats de l'enqute sur les exigences des familles4--,raisons psychologiques des ides de la bourgeoisie sur les avantages de l'enseignement du latin4--#c4 ,l'enseignement du grec et du latin avec les prjugs actuels4--,ncessit de conserver la faade grco-latine pour satisfaire les prjugs des familles4--,une heure de latin par semaine suffirait4--,comment avec cette heure bien employe les lves sauraient beaucoup plus de latin qu'aujourd'hui4--,le prestige du latin ne disparatra qu'avec son introduction dans l'enseignement primaire4 ,,chapitre ,,iv4--,la question du baccalaurat et du certificat d'tudes #age #a4 ,la rforme du baccalaurat4--,les maux attribus au baccalaurat4--,le projet de rforme propos au ,snat4--,aprs avoir supprim le diplme du baccalaurat on propose aussitt de le remplacer par un autre ne diffrant du premier que par le nom4--,enfantillage de la rforme4--,les examens dits de passage et leurs consquences4--,le baccalaurat est un effet et non une cause4--#b4 ,l'opinion des universitaires sur le baccalaurat4--,violence de la campagne mene contre le baccalaurat par des professeurs les plus minents de l',universit4--,l'examen du baccalaurat4--,absurdit des questions poses4--,le hasard seul prside aux admissions4--,principes qui dirigent les examinateurs4--,conclusions svres du ,prsident de la ,commission4 ,,chapitre ,v4--,la question de l'enseignement moderne et de l'enseignement professionnel #ahc #a4 ,l'enseignement moderne4--,histoire de cet enseignement4--,pourquoi1 avec des programmes excellents1 il a abouti des rsultats pitoyables4--,l'opposition de l',universit4--,opinion du ,ministre de l',instruction publique sur le sort des dclasss crs par l',universit et sur l'impuissance de cette dernire prparer la vie conomique et l'action4--#b4 ,l'enseignement professionnel4--,il est donn en ,france par les mthodes universitaires1 c'est--dire par l'emploi exclusif des dmonstrations au tableau et des manuels4--,les prjugs des classes dirigeantes4--,l'volution conomique actuelle du monde leur chappe entirement4--,importance de la technique4--,insuffisance complte de l'enseignement professionnel en ,france et son dveloppement en ,allemagne4--tat misrable de notre enseignement industriel et agricole4--,extraits des rapports4--,ce sont surtout les prjugs de l'opinion qui entravent l'volution des socits latines et les obligent procder par bonds dsordonns qui ne font1 le plus souvent1 que les ramener en arrire4--,la tyrannie des morts4 ,,chapitre ,,vi4--,la question de l'ducation #bjb #a4 ,incertitude des principes universitaires en matire d'ducation4--,l',universit ne s'est pas montre plus apte donner une bonne ducation qu'une instruction convenable4--,elle proclame bien haut les bienfaits d'une bonne ducation1 mais est encore la recherche des mthodes4--,pauvret des rares projets d'ducation formuls devant la ,commission4--,la plupart des professeurs n'ont aucune ide bonne ou mauvaise en matire d'ducation4--#b4 ,la discipline universitaire comme base unique de l'ducation universitaire4--,en pratique1 toute l'ducation universitaire se borne la lourde discipline du lyce1 destine principalement maintenir le silence dans les salles o se trouvent les lves4--,illusions de quelques auteurs de l'enqute sur l'utilit de s'adresser la raison des lves4--,rsultats obtenus par les ducateurs anglais en s'adressant l'intrt de l'lve et non sa raison4--,motifs de l'impuissance des parents franais duquer convenablement leurs enfants4--,c'est l'ducation universitaire que les ,latins doivent en partie leur gosme individuel4--,c'est leur ducation que les ,anglais doivent l'gosme collectif qui est un des grands facteurs de la puissance politique de l',angleterre4 ,,livre ,v ,,psychologie ,,de ,l',,instruction ,,et ,,de ,l',,ducation ,,chapitre ,,premier4--,les bases psychologiques de l'instruction #bad #a4 ,les fondements psychologiques de l'instruction1 d'aprs les ides universitaires4--,pourquoi les dposants de l'enqute ont dissert longuement sur l'instruction sans se demander comment les choses pntrent dans l'esprit et s'y fixent4--,tout le monde tant d'accord sur le principe de l'enseignement mnmonique1 personne ne pouvait songer le discuter4--#b4 ,thorie psychologique de l'instruction et de l'ducation4--,transformation du conscient en inconscient4--,toute ducation consiste dans l'art de faire passer le conscient dans l'inconscient4--,on y arrive par la cration d'associations1 d'abord conscientes1 qui deviennent inconscientes ensuite4--,la loi des associations et la cration des rflexes4--,la dissociation des rflexes4--,leur domination4--,l'homme n'est sorti de la barbarie qu'aprs avoir appris dominer ses rflexes hrditaires4--,la discipline interne4--,l'ducation doit agir sur l'inconscient de l'enfant et non sur sa faible raison4--,les principes qui prcdent s'appliquent toutes les choses qui peuvent s'enseigner4--,les lois d'acquisition sont les mmes pour toutes les branches de l'instruction et de l'ducation4--#c4 ,comment la thorie des associations conscientes devenues inconscientes explique la formation des instincts et celle des caractres des peuples4--,application des principes gnraux qui prcdent des cas particuliers4--,formation des instincts des animaux4--,formation des caractres des peuples4--,comment l'exprience cre l'habitude et comment celle-ci finit par devenir hrditaire1 c'est--dire un instinct1 et constitue alors un caractre de race4--#d4 ,la pdagogie actuelle4--,opinion des professeurs sur la faible valeur des rgles pdagogiques4--,ignorance gnrale de la psychologie de l'enfant4--,notre pdagogie n'a que l'empirisme pour base4--,possibilit de lui donner une base psychologique4--#e4 ,l'instruction exprimentale4--,tout enseignement doit tre d'abord exprimental4--,l'exprience doit toujours prcder la thorie4--,la supriorit de l'instruction anglaise et allemande tient l'application constante de ce principe4--,ce ne sont pas les sciences seulement1 mais l'histoire1 les langues1 la gographie1 etc41 qui doivent tre enseignes par la mthode exprimentale4 ,,chapitre ,,ii4--,les bases psychologiques de l'ducation #bcf #a4 ,but de l'ducation4--,l'ducation du caractre a beaucoup plus d'importance que l'instruction4--,la valeur d'un homme et son succs dans la vie se mesurent surtout au dveloppement de son caractre4--,qualits de caractre que l'ducation doit savoir dvelopper4--,jugement1 initiative1 discipline1 rflexion1 esprit d'observation1 solidarit1 volont1 etc4--,loin de dvelopper ces aptitudes1 l'ducation universitaire les dtruit chez ceux qui les possdent4--#b4 ,mthodes psychologiques d'ducation4--,application de nos principes gnraux des cas dtermins4--,dveloppement de l'esprit d'observation et de prcision4--,dveloppement de la discipline1 de la solidarit1 du coup d'oeil1 de l'esprit de dcision1 etc4--,dveloppement de la persvrance et de la volont4--,importance et ncessit des mthodes employer4--,les peuples ne prissent jamais par l'abaissement de leur intelligence1 mais par l'affaissement de leur caractre4--,dans l'volution actuelle du monde1 les qualits de caractre deviennent de plus en plus ncessaires4 ,,chapitre ,,iii4--,l'enseignement de la morale #bdi ,importance de l'enseignement de la morale4--,le niveau moral d'un peuple marque sa place sur l'chelle de la civilisation4--,les rgles morales sont invariables pour un peuple donn dans un temps donn4--,la seule base de l'ducation morale est l'exprience4--,mthodes d'enseignement employer4--,ncessit d'apprendre l'enfant se gouverner lui-mme4--,ncessit d'un idal pour un peuple1 quelque faible que puisse tre la valeur philosophique de cet idal4--,indpendance de la religion et de la morale4--,la morale est l'expression de ncessits sociales4--,force des peuples ayant un idal moral hrditaire solidement constitu4--,la raison peut dtruire un idal mais ne peut en crer aucun4--,idal qui peut tre enseign aujourd'hui4--,le culte de la ,patrie4--,sa puissance en ,angleterre1 en ,amrique et en ,allemagne4--,dangers de l'humanitarisme pour les peuples latins4--,action dissociante des philanthropes4--,le rle des armes4 ,,chapitre ,,iv4--,l'enseignement de l'histoire et de la littrature #bfe #a4 ,l'enseignement de l'histoire4--,l'enseignement du lyce en fait une mnmotechnie et non une philosophie4--,les gnalogies et les rcits de batailles4--,l'enseignement exprimental de l'histoire4--,les monuments et les oeuvres d'art4--,comment il faut enseigner4--,l'histoire des civilisations4--#b4 ,l'enseignement de la littrature4--,comment elle est enseigne par l',universit et comment elle pourrait l'tre4--,mthodes employer4--,principe des lectures rptes et des rectifications successives4--,comment on apprend un lve modifier de lui-mme son style4--,la lecture des chefs-d'oeuvre4--,inutilit des commentateurs4--,valeur des harangues et des discours dont on impose la composition aux lves4 ,,chapitre ,v4--,l'enseignement des langues #bga ,les langues reprsentent le seul ordre des connaissances qu'on puisse enseigner tous les lves1 quelles que soient leurs aptitudes4--,raisons de l'impuissance de l',universit enseigner les langues4--,pourquoi cette impuissance n'existait pas autrefois et existe aujourd'hui4--,les mthodes des professeurs actuels4--,comment s'y prennent les congrganistes pour enseigner rapidement les langues4--,rsultats obtenus par les ,allemands1 les ,suisses et les ,hollandais4--,comment1 devant l'impossibilit de rformer les mthodes universitaires1 les lves doivent s'y prendre pour arriver lire seuls une langue en deux mois sans grammaire1 sans dictionnaire et sans professeur4--,expos dtaill de la mthode4--,absurdit des recueils de morceaux choisis et ignorance psychologique qu'ils rvlent chez leurs auteurs4 ,,chapitre ,,vi4--,l'enseignement des mathmatiques #bhb ,classification des sciences au point de vue de leur rle ducateur4--,les sciences mathmatiques considres gnralement comme des sciences de raisonnement sont en ralit des sciences exprimentales devant tre enseignes par l'exprience4--,opinions de mathmaticiens minents sur la dformation du jugement produite par les mthodes actuelles d'enseignement des mathmatiques4--,ncessit de l'enseignement du langage mathmatique ds le plus jeune ge1 en substituant aux raisonnements effectus sur des symboles l'observation directs de quantits qu'on peut voir et toucher4--,danger de l'habitude latine de toujours commencer par l'abstrait1 sans d'abord passer par le concret4--,comment on peut enseigner exprimentalement les mathmatiques4--,inconvnients de la gomtrie d',euclide et pourquoi elle donne aux lves l'horreur de la gomtrie4--,la mthode graphique4--,elle permet de saisir facilement les relations existant entre les grandeurs qui ne pourraient tre souvent traduites que par des formules compliques4--,la simplicit des raisonnements mathmatiques explique pourquoi les problmes les plus compliqus de l'algbre et du calcul intgral peuvent tre rsolus par des machines4 ,,chapitre ,,vii4--,l'enseignement des sciences physiques et naturelles #bic #a4 ,l'enseignement des sciences naturelles4--,elles constituent un excellent moyen de dvelopper l'esprit d'observation quand on ne remplace pas la vue des choses par leur description comme le fait l'enseignement universitaire4--,comment elles sont enseignes aujourd'hui et comment elles devraient tre enseignes4--#b4 ,l'enseignement universitaire des sciences exprimentales4--,l',universit les enseigne galement par la mthode mnmonique4--,opinions des professeurs sur la valeur de l'enseignement universitaire des sciences exprimentales4--#c4 ,importance de l'enseignement des sciences exprimentales dans l'enseignement primaire4--,puissance ducative de cet enseignement4--,c'est ds l'enfance qu'il faut le commencer4--,son enseignement dans les classes primaires en ,angleterre et en ,allemagne4--,comment des expriences faciles excuter donnent aux enfants l'habitude de l'observation et de la rflexion4--#d4 ,enseignement des sciences exprimentales dans l'enseignement secondaire4--,mthode employer4--,problmes qu'on peut rsoudre avec des appareils simples et peu coteux4--,les collections de petits instruments scientifiques en ,allemagne4--,inutilit et inconvnients des appareils compliqus4--,simplicit des appareils employs par les crateurs de chaque science et utilit de rpter leurs dcouvertes avec les mmes appareils4--,opinions formules ce sujet par les plus illustres savants4--,l'esprit scientifique4--,importance de l'histoire des dcouvertes4--,les bonnes mthodes rendent les esprits mdiocres aptes entreprendre des travaux utiles4--,l'essor conomique du peuple allemand est d la qualit de son enseignement4 ,,chapitre ,,viii4--,l'ducation des indignes aux ,colonies #cac ,exportation des mthodes universitaires dans nos colonies4--,rsultats obtenus4--,causes de notre insuccs4--,en quoi consiste l'ducation d'une race4--,mthode d'ducation applicables aux colonies4 ,,chapitre ,,ix4--,l'ducation par l'arme #cbj #a4 ,rle possible du service militaire dans l'ducation4--,le passage par l'arme aurait pu donner aux diplms de l',universit la discipline et les qualits de caractre qui leur manquent4--,l'ancien rgime militaire n'a fait qu'accrotre le foss existant entre les diverses classes de la nation4--#b4 ,les consquences sociales des anciennes lois militaires4--,elles ont amen l'encombrement de toutes les carrires entretenues par l'tat et cr un nombre immense de dclasss4--,documents statistiques4--#c4 ,le rle ducateur des officiers4--,pourquoi ce rle est presque nul aujourd'hui4--,opinions formules par les chefs actuels de l'arme4--,l'officier n'ayant jamais t prpar au rle ducateur qu'il devrait exercer ne s'en proccupe pas4--,comment on pourrait l'y prparer4--,une arme qui n'est plus le soutien d'une socit en devient vite le danger4--,conclusions de l'ouvrage4 99 99 99 99 99 #bchb-g-bj4--,,paris4--,,imp4 ,,hemmerl1 ,,petit et ,cie ,rue de ,damiette1 #b1 #d et #d bis4