de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,la ,,philosophie ,,de ,,la ,,lib]t ,,c\rs ,,de ,,philosophie ,,morale ,,fait ,a ,,lausanne ,,p> ,,*>les ,,secr,,tan1 ,,anci5 ,,pr(esseur ,,de ,,philosophie ,a ,l',,acad,,mie ,,du ,,canton ,,de ,,vaud ,,tome ,,premi] ,,p>is1 ,,*ez ,l4 ,,ha*ette ,,et ,cie ,,rue ,,pi]re-,,s>raz91 #ab4 ,,lausanne1 ,,*ez ,,georges ,,bridel4 #ahdi ,,lausanne4 ,,imprim]ie ,,delisle4 ,,pr,,face4 ,cet ouvrage e/1 comme son titre l'annonce1 l'esquisse d'un sy/me de philosophie4 ,l'auteur1 conva9cu p> des considrations psy*ologiques et surt\t p> des considrations morales que le pr9cipe univ]sel e/ un pr9cipe de lib]t1 s'e/ ef=c de ju/ifi] son op9ion en re*]*ant les conditions auxquelles doit satisfaire l'ide de l'tre p\r qu'il soit vid5t que l'objet en exi/e de lui-mme4 ,cette analyse l'a conduit en effet reconnatre dans la pure lib]t l'ess5ce absolue et la cause suprme1 comme l'ont fait1 des poques diffr5tes1 ,duns ,scot1 ,desc>tes et ,m4 de ,s*ell+4 ,il a essay ensuite d'expliqu] le monde rel au moy5 de ce pr9cipe et de rs\dre1 p> une m?ode dc\lant du pr9cipe lui-mme1 non pas t\tes les que/ions que l'expri5ce suggre1 mais les que/ions les plus pressantes1 celles qui intress5t le plus directem5t l'humanit1 celles que n\s ne p\vons pas laiss] dans le d\te1 p>ce que notre activit pratique dp5d de leur solution4 ,cette m>*e l'a conduit sur le t]ra9 des ides religieuses4 ,considrant le ,monde comme le rsultat d'un acte volontaire1 il a d *]*] dans le ,monde lui-mme le motif et le b de la cration2 mais sa p5se n'a pu s'arrt] que sur un motif compatible avec le pr9cipe absolu4 ,l'am\r seul rpond cette condition4 ,d'un ct l'am\r suppose la lib]t de l'tre qui aime et p> consqu5t il la manife/e2 de l'autre1 il e/ vid5t que le monde e/ une manife/ation de la lib]t absolue1 puisque la p5se des habitants de ce monde arrive1 en s'analysant elle-mme1 reconnatre la lib]t absolue comme le pr9cipe premi]4 ,l'am\r e/ donc le motif de la cration3 t\t autre s]ait arbitraire1 t\t autre contr$irait l'ide mme d'un motif4 ,des raisons purem5t philosophiques ayant a9si port l'auteur plac] dans un acte absolu d'am\r le fondem5t de t\te explication positive1 il a tr\v dans cet acte la raison d'tre a priori de la lib]t huma9e que l'expri5ce con/ate comme un fait4 ,p\r concili] l'tat prs5t du monde avec l'am\r crateur1 il a d admettre une altration de t\tes *oses produite p> un mauvais emploi de la lib]t de l'tre cr4 ,l'am\r pris dans un s5s absolu implique l'impossibilit qu'une telle faute emp*e la crature d'arriv] sa f92 et cep5dant l'ide que la crature e/ libre p> l'effet d'un dcret absolu emporte que les dcisions de cette crature libre dploi]ont leurs consqu5ces4 ,il y a donc opposition dans l',am\r lui-mme p> la faute de la crature2 mais il faut que l',am\r surmonte cette opposition4 ,les doctr9es de la ,cration1 de la ,*ute1 de la ,rdemption1 de la ,tr9it1 se prs5t5t a9si d'elles-mmes1 p> le m\vem5t naturel de la p5se philosophique applique l'int]prtation des faits de l'hi/oire et de la consci5ce4 ,la valeur de ces rsultats n'e/ pas subordonne la "q de savoir si le *ri/ianisme les a suggrs ou s'ils se fuss5t produits de la mme manire dans un esprit qui n'aurait pas connu cette religion3 il suffit1 p\r tablir leur lgitimit philosophique1 qu'ils soi5t conclus rgulirem5t des vrits ncessaires de la raison et des donnes de l'expri5ce4 ,mais s'ils le sont en effet1 si la raison ne russit s'expliqu] les faits considrs la lumire de la consci5ce1 qu'en reproduisant le cont5u des dogmes *rti5s1 il y a l une preuve directe1 immdiate et positive de la vrit du *ri/ianisme4 ,une telle dmon/ration rpondrait mieux que t\tes les autres aux beso9s de l'intellig5ce et du coeur1 et peut-tre notre sicle e/-il arriv au po9t de ne p\voir se cont5t] d'aucune autre espce d'apologie4 ,l'on n'object]a pas srieusem5t qu'une vrit rvle ne saurait tre l'objet d'une dmon/ration philosophique1 att5du que ,dieu n'aurait pas rvl ce que l'esprit huma9 peut dc\vrir p> ses propres =ces4 ,en ralit n\s ne savons po9t qu& l'esprit huma9 e/ livr ses propres =ces et qu& il ne l'e/ pas4 ,mais ce que n\s savons1 c'e/ que la sphre de l'expri5ce s'agr&it *aque j\r4 ,peut-tre s]ait-il vrai de dire que la raison *ange elle-mme1 si du mo9s les axiomes de la philosophie doiv5t tre pris p\r l'ouvrage et p\r l'expression de la raison3 ne voyons-n\s pas les philosophes po/rieurs au *ri/ianisme les plus jal\x de la puret de la sci5ce1 pos] h>dim5t en pr9cipe la cration absolue1 laquelle la philosophie grecque ne s'e/ jamais leve et qui r5v]se ses axiomes les plus vid5ts8 ,a9si le fait expliqu] a v>i2 l'in/rum5t des dc\v]tes s'e/ modifi1 et si le *ri/ianisme n'e/ pas trang] ces trans=mations1 l'objection tombe d'elle-mme4 ,on ne dira pas qu'il e/ impossible l'intellig5ce huma9e d'atte9dre la vrit rvle1 mais on dira qu'il fallait que ,dieu rvlt la vrit p\r que l'intellig5ce huma9e pt la compr5dre et la dmontr]4 ,un sy/me philosophique indp5dant1 dont les conclusions s'accord5t avec la religion *rti5ne1 tmoigne en faveur de la vrit et p> consqu5t de la div9it du *ri/ianisme4 ,ce livre e/ en quelque s5s un essai d'apologie2 c'e/ s\s ce po9t de vue que j'aime surt\t le considr]4 ,cep5dant une philosophie qui fait t\t relev] de la lib]t ne saurait dduire les faits p> une ncessit de la p5se4 ,les ides dont n\s avons fait m5tion n'ont pas t dc\v]tes a priori1 mais p> le beso9 d'expliqu] ce qui exi/e4 ,la ,rvlation a p\r c5tre un fait hi/orique3 la vie1 la mort et la rsurrection de ,jsus-,*ri/4 ,la div9it de ,jsus-,*ri/ e/ l'objet propre de la foi *rti5ne4 ,mais si les pr9cipes gnraux du *ri/ianisme s'impos5t la raison guide p> la consci5ce1 il y a l1 comme n\s v5ons de le faire voir1 un motif puissant de croire au *ri/ianisme t\t enti]4 ,n\s t5ons donc p\r vrai le fait qu'il annonce2 ds lors un n\veau problme s'(fre notre tude3 n\s devons *]*] la signification de ce fait1 dont n\s avons reconnu la vrit4 ,n\s devons essay] de l'expliqu] l'aide de nos pr9cipes1 d'une manire satisfaisante p\r la raison et surt\t p\r la consci5ce morale1 qui e/ nos yeux le critre absolu de la vrit philosophique comme elle e/ le fondem5t de la foi4 ,une philosophie qui laisse la religion hors de sa sphre rejette la religion ou se contr$it elle-mme1 c> les pr9cipes de la philosophie ne saurai5t tre vrais s'ils ne sont univ]sels4 ,a9si les dogmes *rti5s entrai5t ncessairem5t dans mon cadre4 ,je me suis ef=c de les compr5dre sans les altr]4 ,ai-je russi8 je l'ignore4 ,peut-tre un vif s5tim5t de l'erreur des doctr9es qui compromett5t la lib]t huma9e en lui refusant t\te "p dans l'oeuvre de la rdemption1 m'a-t-il p\ss dans un excs contraire4 ,peut-tre n'ai-je pas su g>d] cet quilibre qui ne peut s'obt5ir qu'en surmontant les oppositions1 et saisir dans une p5se claire et di/9cte la syn?se p>faite que l'me *rti5ne ap]oit et rclame sans la =mul]2 mais du mo9s je crois avoir indiqu nettem5t le problme ess5tiel de la ?ologie1 en *]*ant l'h>monie absolue du dogme et de la consci5ce4 ,la "q ne saurait tre pose autrem5t4 ,si la consci5ce n\s amne au *ri/ianisme1 le *ri/ianisme son t\r doit satisfaire la consci5ce4 ,qu& leur accord devi5dra manife/e1 la ,dogmatique s]a a*eve et l',apologie avec elle4 ,des circon/ances accid5telles ont dt]m9 la =me de cet ouvrage4 ,le programme de ma *aire de ,lausanne m'appelait trait] la philosophie morale et t\te l'hi/oire de la philosophie dans un temps assez limit4 ,il ne donnait pas de place la mtaphysique4 ,p\r ne pas supprim] entirem5t le fond mme de la sci5ce dont j'tais le seul reprs5tant l',acadmie1 j'ai donc t oblig de faire r5tr] la mtaphysique dans la re*]*e du pr9cipe moral4 ,cette m>*e conv5ait du re/e assez bi5 l'exposition d'un sy/me qui envisage la lib]t comme la manife/ation la plus leve de l'tre et la consci5ce morale comme le critre suprieur de la vrit4 ,p5dant les huit annes de mon enseignem5t (ficiel1 j'ai fait deux fois le c\rs de philosophie morale3 en #ahdb et en #ahde4 ,eloign de ma *aire la suite de la rvolution vaudoise1 avec mes honorables collgues1 ,,mm4 ,v9et1 ,por*at1 ,meleg>i1 ,ed\>d ,secrtan1 ,zndel1 de ,fell5b]g et ,w>tmann#a1 j'ai rpt1 sans modifications considrables1 les leons de #ahde dans le c\rant de l'anne #ahdg1 quelques-uns de nos lves qui ont dsir ent5dre encore leurs anci5s pr(esseurs4 ,ce c\rs de #ahde et de #ahdg a s]vi de texte la publication actuelle4 ,j'y ai aj\t quelques complm5ts1 en p>ticuli] la leon sur ,desc>tes1 dont les d]nires expositions m'ont fait s5tir vivem5t la ncessit de rtablir la p5se1 p>ce que je puis invoqu] l'autorit de son gr& nom dans des que/ions considrables de m?ode et de doctr9e o je me sp>e des soi-disant c>tsi5s d'auj\rd'hui4 ,a "p cela j'ai *ang peu de *ose au canevas de ces leons4 ,c'e/ mon c\rs que mes lves m'ont dem&1 et c'e/ mon c\rs que je leur (fre avec t\tes ses imp]fections4 ,eusse-je v\lu faire autrem5t1 je ne l'aurais pas pu4 ,quoique cette publication ait t =t ret>de1 des travaux d'un g5re entirem5t diffr5t1 des proccupations multiplies m'ont emp* de la corrig] comme j'en avais le desse94 ,note #a3 ,,mm4 ,h]zog et ,*appuis v5ai5t de donn] leur dmission p> l'effet des tr\bles ecclsia/iques que cette rvolution a fait natre4 ,un seul pr(esseur de l',acadmie a t ma9t5u dans ses fonctions4 ,ces dtails tai5t ncessaires p\r excus] la =me du livre et p\r en expliqu] la m>*e4 ,il ne se compose que de la premire p>tie d'un c\rs de ,morale1 et cep5dant il prs5te1 dans le fond1 un t\t complet4 ,l'exposition directe du sy/me comm5ce la qu9zime leon4 ,a p>tir de l1 les dveloppem5ts sont un peu plus abondants que dans les leons qui prcd5t2 je me suis ef=c de donn] ma p5se la cl>t dont elle e/ susceptible1 en un mot1 de p>l] p\r t\t le monde4 ,les lecteurs qui n'ont pas fait de la philosophie une tude p>ticulire f]ont bi51 je crois1 de comm5c] cet endroit4 ,les trois premires leons ont p\r b de ratta*] l'objet pr9cipal au b d'un c\rs de ,morale1 en exam9ant les conditions remplir p\r que la sci5ce morale soit organise4 ,les onze leons qui suiv5t font voir comm5t le pr9cipe de la lib]t s'e/ dvelopp dans l'hi/oire de la philosophie4 ,le b de l'ouvrage a dt]m9 les proportions de cette revue trs-abrge1 trs-cond5se et trop incomplte4 ,j'ai d m't5dre davantage sur les auteurs dont relve ma p5se4 ,j'ai suppos la connaissance des textes3 la nature mme du travail m'int]disait de m'y replong]2 aussi ne saurais-je promettre qu'il ne me soit pas *app quelques erreurs4 ,cette p>tie e/ surt\t l'adresse des p]sonnes en mesure d'en corrig]1 au beso91 les dtails4 ,elle a p\r b de lgitim] mon sy/me au po9t de vue de l'hi/oire de la philosophie4 ,si l'on et trait celle-ci p\r elle-mme1 il aurait fallu s'y pr5dre autrem5t4 ,le sy/me esquiss dans ce livre a1 je crois1 l'espce d'orig9alit qu'on peut dem&] la philosophie1 c'e/--dire qu'il e/ le dveloppem5t indp5dant d'une p5se1 dont les lm5ts se tr\v5t dissm9s dans l'hi/oire4 ,scot1 ,desc>tes1 ,kant1 ,m4 de ,s*ell+ sont mes pr9cipaux matres2 mais aprs eux il faudrait cit] une f\le de noms encore p\r r5dre un compte exact de l'orig9e de ma ?orie4 ,on p\rrait l'appel] un clectisme1 si t\te philosophie n'tait pas clectique dans ce s5s4 ,une doctr9e qui rpond quelque beso9 p]man5t de l'esprit huma9 ne saurait manqu] d'antcd5ts hi/oriques2 une doctr9e qui fait faire un progrs l'intellig5ce doit concili] en elle les lm5ts de vrit cont5us dans les sy/mes antrieurs4 ,cet clectisme de fait diffre pr(ondm5t1 il e/ pe9e beso9 de le dire1 de l'clectisme considr comme m?ode4 ,j'ai mis pr(it1 p\r la composition de mes leons1 un c]ta9 nombre de travaux contempora9s4 ,il faut r5dre compte de ces emprunts1 dont quelques-uns ont beso9 d'excuse4 ,je n'en saurais allgu] d'autre que les ncessits d'un travail rapide sur un sujet imm5se1 et l'attrait qu'ont ex]c sur mon esprit des ides analogues celles que je *]*ais4 ,une fois ces lm5ts trang]s introduits dans mon texte1 je n'ai plus su comm5t les lagu]1 et vrai dire je n'ai pas essay de le faire4 ,la plup>t sont lis si troitem5t au dveloppem5t de ma p5se1 qu'il m'et t impossible de sp>] mon bi5 du bi5 d'autrui4 ,dans la p>tie critique j'ai mis pr(it et l les c\rs de ,m4 de ,s*ell+1 l',hi/oire de la philosophie mod]ne de ,m4 ,erdmann1 et l',introduction cette hi/oire p> ,m4 ,braniss4 ,ce d]ni] ouvrage m'a s]vi surt\t p\r les leons sur la philosophie du moy5 ge4 ,je lui ai fait plus lo9 deux emprunts de quelque importance1 signals dans le texte4 ,le premi] e/ relatif l'ess5ce et aux fonctions du paganisme et du judasme4 ,cette citation abrge et modifie a p\r b de combl] provisoirem5t une lacune en rs]vant mon op9ion4 ,le second extrait1 sur le m\vem5t de l'hi/oire mod]ne dans la sphre sociale et dans la sphre intellectuelle1 ne conti5t ri5 qui ne dc\lt naturellem5t de l'ensemble de mes ides4 ,l'articulation la plus importante de t\t le sy/me e/ peut-tre l'ide que l'am\r e/ la manife/ation p>faite de la lib]t4 ,j'ai tr\v cette vue dveloppe d'une manire trs-intressante dans un article de ,m4 le pr(esseur ,*alybaeus1 qui a p>u1 en #ahda1 si je ne me trompe1 dans le j\rnal philosophique de ,m4 ,j4-,h4 ,fi*te1 s\s ce titre3 ,des catgories morales de la mtaphysique4 ,l'ide pr9cipale de ce travail se liait si intimem5t aux op9ions que j'exprimais alors dans mes c\rs1 que je ne saurais indiqu] jusqu' quel po9t elle a influ sur leur disposition sy/matique4 ,je lus cet article avec un plaisir t\t sympa?ique et je le mis pr(it de mon mieux4 ,j'y ai pris1 en l'abrgeant1 la discussion sur le rapport des trois sphres de l'activit huma9e1 qui =me la premire p>tie de la d]nire leon4 ,ici encore l'id5tit du po9t de d"p devait am5] =cm5t des conclusions p>eilles2 mais l'en*anem5t dialectique dont mon rsum laisse subsi/] au mo9s quelques traces1 app>ti5t ,m4 ,*alybaeus4 ,enf9 je dois beauc\p la conv]sation d'un savant dont le nom n'e/ connu ni p> des publications t5dues1 ni p> un enseignem5t public1 mais qui a t\j\rs rp&u beauc\p d'ides dans les c]cles o il a vcu et qui a fait preuve d'un gnie crateur dans t\tes les bran*es de la sci5ce dont il s'e/ occup4 ,la "p qu'ont eue ces entreti5s la =mation de mes op9ions e/ de telle nature qu'il faudrait me condamn] un complet sil5ce si je v\lais ne leur ri5 emprunt]4 ,j'en ai tir ce que je dis sur les poques de la ,t]re a9si que sur le dveloppem5t de la vie organique1 et gnralem5t t\t ce qui1 dans ma manire de considr] la ,nature1 ne r5tre pas absolum5t dans le doma9e commun4 ,le g]me de ma ?orie sur l'individualit app>ti5t la mme s\rce4 ,les p5ses de l'ami dont je p>le sur la philosophie de la ,nature1 n'ont pas t publies p> leur auteur4 ,j'ignore le sort qui les att5d1 et si le peu que j'en ai laiss entrevoir n'e/ pas appr\v1 la faute en e/ sans d\te celui qui1 p> l'effet d'une ncessit facile compr5dre1 a prs5t quelques ides gnrales en les dta*ant de leur ensemble et de leurs preuves1 et qui1 peut-tre1 les a altres en se les assimilant4 ,ces motifs m'emp*5t de plac] ici le nom de mon matre4 ,si les vues que je lui dois p>aiss5t ju/es et fcondes1 il me s]a d\x de lui r5dre hommage4 ,et ma9t5ant1 le sy/me que je propose rpond-il quelque beso9 de l'intellig5ce et de l'me1 rpond-il p> les applications o il conduit1 p> les s5tim5ts qu'il doit inspir]1 quelque beso9 de la socit8 ,j'ai sujet de le p5s] en considrant cette poque d'orage et d'affaiblissem5t1 que le scepticisme dvore1 et qui maudit son mal sans v\loir en gurir4 ,cep5dant je connais ma faiblesse4 ,je s5s aussi qu'une raison imp>tiale n'e/ pas la s\rce la plus pr(onde de nos rpugnances1 et que notre app>5te indiffr5ce e/ trop s\v5t une ho/ilit qui r$\t]ait d'tre conva9cue4 ,mais il y a des d\tes s9cres1 il y a des coeurs de bonne volont4 ,puisse ma p5se les atte9dre1 puisse-t-elle les satisfaire1 puisse-t-elle surt\t ne pas les bless]4 ,,lausanne1 #ah m>s #ahdi4 ,,la ,,philosophie ,,de ,,la ,,lib]t4 ,,introduction4 ,,premi,,re ,,le,,on4 ,de la place de la morale dans la sci5ce4--,la ,philosophie *]*e connatre les *oses p> leur pr9cipe4 ,elle exige une re*]*e pralable de ce pr9cipe et compr5d a9si deux discipl9es3 la philosophie rgressive et la philosophie progressive4--,la morale *]*e la rgle de la volont huma9e4 ,p\r obt5ir une morale sci5tifique1 il faut la dduire de la sci5ce du pr9cipe premi]4 ,critique des sy/mes qui trait5t la morale comme une sci5ce indp5dante4 ,messieurs1 ,des vnem5ts dans lesquels n\s ne v\lons voir les uns et les autres qu'une disp5sation provid5tielle m'ont exclu de la *aire que j'occupais l',acadmie depuis huit ans4 ,votre bi5veillance m'appelle cont9u] dans cette mode/e salle l'enseignem5t que je v\s (frais nagure de la "p de l',etat4 ,je v\s en rem]cie1 ,messieurs1 du fond du coeur6 ,v\s me connaissez comme je v\s connais1 il n'e/ pas beso9 d'en dire davantage4 ,le dplacem5t que je rappelle p\r la premire et la d]nire fois n'ex]c]a aucune influ5ce ni sur l'esprit de ces leons ni sur leur =me4 ,veuillez accord] votre ami l'att5tion sur laquelle votre pr(esseur avait pris la d\ce habitude de compt]1 et s'il en abuse quelquefois1 ne v\s en plaignez pas trop haut4 ,je n'ai pas seulem5t beso9 de votre indulg5ce1 j'ai beso9 de votre appui4 ,le sujet de notre c\rs e/ le plus lev qui se puisse imag9]3 la philosophie morale4 ,il a p\r b direct d'excit]1 de =tifi]1 de fond] sur des convictions solides les rsolutions du coeur que l'ducation t\t entire *]*e produire2 nobles et sa9tes aspirations1 sem5ce fconde de la vie6 ,l'intrt des tudes et de la culture en gnral1 l'intrt p>ticuli] de la philosophie1 si les ,grecs l'ont bi5 nomme1 se conc5tr5t donc ici comme dans un foy]4 ,cet hiv]1 ,messieurs1 je ne p\rrai que v\s introduire dans la philosophie morale en en m>quant la place1 en en dt]m9ant le pr9cipe4 ,ce desse9 m'oblige remont] assez haut4 ,la sci5ce que n\s abordons s'annonce comme une p>tie d'un t\t plus va/e4 ,p\r compr5dre la p>tie1 il faut jet] un c\p-d'oeil sur le t\t4 ,qu'e/-ce donc que la ,philosophie8 ,l'usage ne p]met pas de compr5dre s\s ce beau nom t\te la sci5ce1 et cet usage1 le bi5 exam9]1 se fonde sur la nature de la sci5ce elle-mme comme sur la nature de l'ag5t qui la cre1 l'esprit huma94 ,la sci5ce a p\r objet t\t ce qui exi/e p\r l'esprit1 t\t ce qui le frappe et t\t ce qu'il peut atte9dre4 ,l'esprit de l'homme s'veille au milieu du monde3 assailli p> une f\le de s5sations div]ses1 il ragit bi5tt sur elles3 il s'ef=ce de les saisir1 de les fix]4 ,il les con/ate1 et guid p> des lois qu'il ignore1 il assigne *acune d'elles une cause1 un objet4 ,enumr]1 dcrire les objets1 les tres qui l'ent\r5t et les *angem5ts que ces tres subiss5t comme ceux qu'il pr\ve lui-mme1 en un mot con/at] des faits1 telle e/ la premire occupation de l'esprit4 ,de ce travail nat une sci5ce1 la sci5ce exprim5tale1 la sci5ce d'obs]vation1 une dans sa m?ode et dans son b1 quelle que soit la div]sit des objets qu'elle embrasse4 ,cette sci5ce s't5d *aque j\r1 il e/ impossible de lui assign] de limites4 ,mais les eussions-n\s atte9tes1 ces limites1 eussions-n\s recueilli t\s les faits1 nomm t\s les tres1 la curiosit de l'esprit n'en s]ait po9t satisfaite et le b de cette curiosit ne s]ait pas obt5u4 ,n\s ne v\lons pas seulem5t connatre ce qui e/ et ce qui se passe1 n\s v\lons le compr5dre4 ,si n\s accordons notre intrt aux faits1 c'e/ que n\s en esprons l'intellig5ce4 ,compr5dre donc1 compr5dre t\s les faits f\rnis p> l'obs]vation1 compr5dre l'expri5ce3 tel e/ le b de la p5se4 ,la vraie sci5ce e/ intellig5ce4 ,cette sci5ce s'appelle la philosophie2 n\s p\vons la df9ir3 l'intellig5ce de l'univ]s4 ,e/-il peut-tre beso9 de dire ce que c'e/ que compr5dre8 ,ce mot e/ clair p> lui-mme et son tymologie en m>que le s5s4 ,c'e/ runir1 c'e/ conc5tr]1 c'e/ li] les faits1 saisir leurs rapports1 leur unit1 leur pr9cipe4 ,c'e/ ram5] l'unit la pluralit des p]ceptions et des *oses4 ,l'esprit a beso9 de cette unit1 et p> sa con/itution mme il l'affirme4 ,cette affirmation e/ au fond de l'intellig5ce ou plutt elle en e/ le fond1 elle en con/itue la facult la plus intime et la plus leve la fois3 on la nomme la raison4 ,n\s p\vons diffr] d'op9ion sur la nature du pr9cipe univ]sel2 c>1 avant les re*]*es de la sci5ce1 n\s ignorons ce qu'il e/1 mais n\s ne p\vons pas1 en cont9uant d'affirm] et de p5s] quoi que ce soit1 mettre en d\te qu'il y ait un tel pr9cipe4 ,les a?es eux-mmes n'en conte/5t po9t la ralit2 t\t ce qu'ils conte/5t1 c'e/ que ce pr9cipe soit revtu des qualits qui p]mett5t l'homme de s\t5ir avec lui des rapports moraux et de le nomm] du nom de ,dieu qui implique de tels rapports4 ,ignorant si la philosophie exi/e dj ou si elle e/ encore faire1 n\s ne p\vons la df9ir que p> son idal1 c'e/--dire p> l'int5tion de l'esprit qui *]*e la produire4 ,l'idal de la philosophie n'e/ autre *ose que l'intellig5ce p>faite1 l'intellig5ce des *oses telles qu'elles sont rellem5t4 ,la philosophie doit donc compr5dre l'ess5ce du pr9cipe univ]sel et compr5dre t\tes *oses comme dc\lant du pr9cipe univ]sel con=mm5t sa nature4 ,elle expliqu]a les *oses p>ticulires telles qu'elles sont p\r le pr9cipe univ]sel1 c> c'e/ l leur vrit vraie et la philosophie doit n\s enseign] la vrit vraie4 ,ds lors elle con=m]a sa m>*e la m>*e de la ralit2 ses premires propositions auront p\r objet ce qui e/ le premi] dans l'ordre rel1 puis elle pass]a ce qui dans l'ordre rel vi5t ensuite1 et les li5s qu'elle tablira p\r la p5se entre les div]s objets dont elle s'occupe s]ont l'expression fidle des rapports qui uniss5t les sphres div]ses de la ralit4 ,en un mot1 elle reproduira dans son ordre et dans son en*anem5t l'ordre et l'en*anem5t de l'univ]s4 ,l'intellig5ce des effets p> leur cause1 voil la philosophie que l'esprit huma9 a *]* ds son premi] essor1 qu'il s'e/ ef=c d'atte9dre dans t\tes les poques vraim5t fcondes1 et qu'il p\rsuivra jusqu' ce qu'il l'obti5ne ou qu'il s'teigne4 ,la philosophie desc5d du pr9cipe univ]sel aux *oses p>ticulires4 ,suivant l'exemple d'un illu/re philosophe contempora9#b1 n\s exprim]ons p> un seul mot cette ide en disant qu'elle e/ progressive4 ,note #b3 ,m4 de ,s*ell+4 ,cep5dant n\s ne p\vons pas entrepr5dre une telle philosophie sans un travail prlim9aire4 ,p\r expos] la nature du pr9cipe univ]sel et la manire dont il produit ses consqu5ces1 il faut connatre ce pr9cipe avec c]titude et cl>t2 la div]sit des religions et des sy/mes contradictoires fait assez voir que n\s ne le connaissons pas a9si au db de nos re*]*es4 ,sa ralit e/ vid5te1 son ess5ce e/ un problme1 le problme p> excell5ce1 au se9 duquel e/ r5f]me la solution de t\s les autres4 ,desc5dre de l'univ]sel au p>ticuli]1 de l'absolu au relatif1 voil le b4 ,s'lev] l'absolu et l'univ]sel e/ la condition4 ,si n\s ne v\lons r5onc] au b1 n\s ne saurions n\s affran*ir de la condition4 ,n\s aspirons l'intellig5ce des effets p> leur cause1 mais n\s connaissons1 le plus s\v5t du mo9s1 les effets avant d'en compr5dre la cause4 ,il faut donc remont] des consqu5ces au pr9cipe4 ,avant d'atte9dre la philosophie progressive1 qui seule peut ralis] notre idal1 il faut con/ruire l'difice1 l'*afaudage si v\s v\lez1 d'une philosophie rgressive4 ,la sci5ce rgressive seule e/ insuffisante1 la sci5ce progressive seule e/ impossible4 ,l'ide de la ,sci5ce rclame l'une et l'autre4 ,ce d\ble m\vem5t de rgression et de progression1 d'induction et de dduction1 e/ m>qu plus ou mo9s di/9ctem5t dans t\s les sy/mes2 il rsulte de la nature mme de l'esprit huma94 ,voil1 ,messieurs1 en quelques traits l'ide gnrale de la philosophie4 ,ce n'e/ qu'un cadre ou plutt le cont\r extrieur d'un cadre dont n\s n'avons po9t dess9 les comp>tim5ts2 mais il suffit de cet ap]u p\r que n\s puissions abord] notre sujet p>ticuli]4 ,quelle e/ la place de la philosophie morale8 ,a laquelle des deux gr&es divisions que n\s v5ons de m>qu] app>ti5t-elle d'aprs la nature de son objet8 ,et d'abord1 quel e/ cet objet8 ,la morale e/ l'art de rgl] l'activit libre de l'homme1 l'art de la vie4 ,comme t\t art1 elle suppose avant elle une sci5ce2 cette sci5ce ne peut tre que celle du b de la vie4 ,le mot philosophie morale signifie dans notre langage philosophie de la morale ou morale philosophique1 t\t simplem5t4 ,ces ides sembl5t suffire p\r rpondre notre "q4 ,n\s passons notre vie dans le monde1 il agit sur n\s et n\s agissons sur lui2 p\r savoir rellem5t ce que n\s sommes1 il faut savoir ce qu'il e/1 et p\r connatre notre b1 il faut connatre le si54 ,mais au problme des de/9es s'enlace le problme des orig9es4 ,savoir une *ose c'e/ en connatre le comm5cem5t1 le milieu et la f94 ,n\s n'aurons l'ide de n\s-mme et du monde que si n\s connaissons l'auteur du monde et notre auteur4 ,la morale se place donc t\t naturellem5t dans la philosophie progressive1 elle en e/ le fate et la c\ronne1 c> la p]fection de la vie e/ le b d]ni] de t\s les travaux de la p5se2 ceci1 ,messieurs1 n'a pas beso9 de preuve et n\s r\girions d'en *]*]4 ,p\r mrit] le nom de sci5ce1 la morale doit tre dduite d'un pr9cipe4 ,elle devi5t philosophique lorsqu'on dduit son pr9cipe lui-mme du pr9cipe univ]sel4 ,la philosophie morale dp5d donc de la sci5ce du pr9cipe univ]sel ou de la mtaphysique1 puisque tel e/ le nom qu'on donne cette haute discipl9e4 ,t\t cela s'ent5d assez de soi-mme4 ,il faut voir ma9t5ant ce que la morale att5d de la mtaphysique1 ou ce dont la morale a beso9 p\r tre con/itue et p\voir m>*]4 ,ici n\s sortons des que/ions de =me et de nom5clature2 v\s ne m'accus]ez pas1 ,messieurs1 de v\s y avoir ret5u trop longtemps4 ,n\s entrons dj dans le fond des *oses1 l'intrt comm5ce1 les difficults comm5c]ont peut-tre aussi4 ,la morale1 disons-n\s1 e/ l'art de rgl] l'activit huma9e4 ,p\r que cette ide ait un objet1 p\r que la morale soit possible1 il faut deux *oses3 il faut d'abord que la volont soit libre1 puis il faut au-dessus d'elle un pr9cipe propre s]vir de rgle sa lib]t4 ,si la volont n'tait pas libre1 il n'y aurait pas de morale1 et plus gnralem5t il n'y aurait pas d'art4 ,la sci5ce de la volont se born]ait la description de ses phnomnes1 la ?orie de ses lois ncessaires4 ,la morale e/ autre *ose4 ,si la lib]t n'tait pas rgle intrieurem5t1 dans son ess5ce1 la prt5tion de lui impos] une rgle s]ait une folie4 ,la sci5ce1 mme la sci5ce pratique1 ne produit ri5 qui ne soit avant elle2 elle con/ate ce qui e/1 soit l'exi/5ce manife/e1 soit la puissance ca*e4 ,en rvlant cette puissance1 elle conc\rt sans d\te sa ralisation1 mais elle ne la cre pas4 ,une morale que les philosophes aurai5t faite s]ait une morale factice4 ,la sci5ce ne dicte po9t des devoirs la volont1 elle lui fait connatre ses devoirs4 ,les deux conditions que n\s v5ons d'nonc] sont donc bi5 relles4 ,mais e/-il beso9 de mtaphysique p\r les remplir8 ,a quoi bon1 direz-v\s peut-tre1 remont] jusqu'au pr9cipe de t\tes *oses8 ,ne tr\vons-n\s pas en n\s-mme t\t ce qu'il faut3 la c]titude immdiate de notre lib]t et le s5tim5t d'une obligation8 ,t\te la morale n'e/-elle pas dans ces deux faits intrieurs1 et ne p\vons-n\s pas la dploy] sans sortir de l'me1 comme une sci5ce indp5dante8 ,je m'empresse de reconnatre que n\s tr\vons en n\s ces deux gr&es *oses3 la lib]t et le devoir4 ,ces faits ont une imm5se valeur dans le sujet qui n\s occupe4 ,la morale repose sur eux t\te entire2 mais conclure de l qu'il faille la dta*] du tronc de la philosophie1 ce s]ait non pas exagr]1 mais affaiblir l'importance de ces pr9cipes et tomb] dans une assez grave erreur4 ,j'ai l'espoir de v\s en conva9cre si v\s me suivez avec att5tion4 ,rem>quez-le d'abord1 l'ide d'appuy] la morale uniquem5t sur des vrits psy*ologiques p>at une sugge/ion du dc\ragem5t1 j'ai presque dit du dsespoir4 ,la philosophie ne peut cons5tir aucune mancipation de ses prov9ces4 ,elle e/ une ou elle n'e/ pas4 ,le pr9cipe de l'tre et le pr9cipe de la connaissance se confond5t ncessairem5t en elle4 ,son alti] programme e/ l'explication univ]selle p> le pr9cipe univ]sel4 ,ri5 de plus1 ri5 de mo9s4 ,fond] la morale exclusivem5t sur des faits de consci5ce1 comme on les appelle1 ce s]ait donc r5onc] la philosophie et la dcl>] impossible#c1 mo9s peut-tre que l'on ne prt5dit l'absorb] t\te entire dans la morale en levant le sujet de la consci5ce1 l'esprit individuel1 le moi1 en un mot1 au rang du pr9cipe univ]sel et absolu4 ,ce po9t de vue qu'on a mis en avant#d ne p*e assurm5t pas p> un excs de timidit1 v\s s]iez t5ts plutt de lui repro*] autre *ose2 cep5dant1 ,messieurs1 n\s ne l'c>t]ons pas au moy5 de l'ordre du j\r1 n\s l'exam9]ons qu& le mom5t s]a v5u4 ,note #c3 ,hume1 ,kant1 les ,ecossais4 ,note #d3 ,fi*te4 ,a ceux qui dsespr5t de la philosophie1 n\s rpondrons d'abord qu'il s]a t\j\rs temps de les c\t] lorsque n\s aurons t5t l'av5ture1 mais surt\t n\s leur rpondrons qu'il faut1 s'ils ont raison1 dsespr] galem5t de la morale1 comme sci5ce du mo9s1 c> l'ide d'une morale indp5dante contr$it son propre po9t de d"p4 ,ce po9t de d"p1 c'e/ le s5tim5t d'une obligation intrieure d'agir4 ,n\s tr\vons en n\s ce s5tim5t d'obligation1 et n\s sommes contra9ts de lui reconnatre une autorit premptoire4 ,tel e/ le fait2 mais de ce fait1 que p\vons-n\s1 que devons-n\s =cm5t conclure8 ,une obligation ne se conoit pas sans un tre qui oblige2 une loi de la lib]t suppose un lgislateur1 une s5t5ce suppose un juge4 ,n'eussions-n\s aucun autre moy5 de connatre ,dieu1 ce qui e/ bi5 possible1 n\s le connatrions p> le cri de notre consci5ce4 ,la consci5ce e/ une m?ode qui conduit ,dieu2 mais si n\s reconnaissons un ,dieu1 n\s sommes =cs de n\s en occup] et de *]*] la sci5ce de ,dieu1 n\s n\s posons ncessairem5t le problme de la mtaphysique1 et la morale n'e/ plus une sci5ce indp5dante2 c> du mom5t que la mtaphysique exi/]a1 il faudra bi5 qu'elle produise sa morale4 ,la loi du devoir crite dans notre coeur n\s atte/e notre dp5dance1 elle n\s rvle l'exi/5ce d'un pr9cipe suprieur l'humanit4 ,ds lors n\s n\s abus]ions volontairem5t si n\s refusions de t5ir compte de ce pr9cipe et de le mettre sa place dans la sci5ce4 ,je ne sais1 ,messieurs1 si cette argum5tation v\s p>at claire1 mais l'hi/oire de la sci5ce n\s fait assez voir qu'elle ne manque pas de =ce4 ,les auteurs qui ont essay d'arra*] la morale l'empire de la mtaphysique se sont ef=cs de lui *app]1 les uns en niant le devoir1 les autres en niant que le devoir implique l'ide d'un pr9cipe suprieur l'homme4 ,rglons d'abord notre compte avec les premi]s au plus vite et p\r n'y plus rev5ir4 ,la ngation du devoir e/ une erreur de fait1 une violation du devoir lui-mme1 un outrage l'humanit4 ,ensuite elle r5d t\te morale impossible4 ,o tr\v]ons-n\s la rgle de la volont si la volont n'a pas de rgle en elle-mme8 ,la *]*]ons-n\s avec les utilitaires plus bas que la volont1 dans les consqu5ces agrables ou dsagrables des actions8 ,ce *em9 ne saurait n\s conduire au b4 ,l'expri5ce m'enseigne la manire d'atte9dre c]ta9s rsultats dans la supposition que je les veuille1 mais elle ne peut pas faire que je les veuille4 ,s'il me plat de nglig] mon pr(it1 p]sonne n'a ri5 me dire1 l'utilitaire mo9s que p]sonne4 ,il "p de ce fait suppos1 que l'homme *]*e t\j\rs son avantage p>ticuli]2 le fait e/ faux1 et ft-il vrai1 cet accord de nos dsirs ne s]ait qu'un accid5t si n\s sommes libres4 ,la morale utilitaire n'a de valeur que relativem5t ce fait accid5tel2 or la morale digne de ce nom ne porte pas sur une volont dj dt]m9e dans sa direction1 la morale e/ absolue1 n\s dem&ons une rgle qui n\s enseigne ce qu'il faut v\loir4 ,a9si l'utilit>isme n'e/ pas une morale4 ,o la morale f9it l'utilit>isme comm5ce4 ,l'utilit>isme ne s]ait vrai que si la volont n'tait pas libre dans le *oix des buts qu'elle se propose2 mais alors encore1 alors surt\t1 il n'y aurait pas de morale au s5s de notre df9ition4 ,des obs]vateurs plus att5tifs et plus s9cres de notre me#e ont reconnu que la volont se s5t la fois libre et oblige p> une loi qui ne cesse pas d'tre absolue1 quoiqu'on puisse lui dsobir4 ,mais v\lant t\t prix r5f]m] l'objet de la sci5ce dans l'esprit qui l'labore et tr\v] en lui son unit1 ils refus5t de conclure du fait de l'obligation l'exi/5ce d'un tre env]s qui n\s soyons obligs1 et s'ef=c5t de tr\v] la rgle de la lib]t dans la lib]t elle-mme4 ,sy/me +nieux1 et pr(ond1 dont il e/ facile d'indiqu] le vice1 difficile d'e/im] la valeur assez haut4 ,dans ce po9t de vue l'homme e/ isol de t\t4 ,il ne connat que lui-mme4 ,il ne relve que de lui-mme1 c> ce qu'il ne saurait connatre n'e/ ri5 p\r lui4 ,il se s5t oblig et cep5dant il e/ libre1 son ess5ce e/ la lib]t4 ,il n'y a ri5 au-dessus de sa lib]t4 ,cette lib]t qui lui p>at limite1 il faut pr\v] qu'elle e/ rellem5t illimite1 disons mieux1 il faut la r5dre illimite4 ,tel e/ le s5s de la loi morale1 le devoir n'e/ autre *ose que l'impulsion qui n\s porte l'affran*issem5t absolu4--,supposons qu'il en soit a9si1 admettons la p>faite rgul>it du sy/me1 admettons-en la conclusion2 je ne dem&e que la p]mission de l'analys]4 ,note #e3 ,fi*te et ,kant4 ,si le sy/me dont il s'agit e/ vrai1 voici1 ,messieurs1 ce qui e/ pr\v3 ,c'e/ que1 p\r se ralis] sans contradiction1 la lib]t doit suivre une ligne dt]m9e que n\s appell]ons le bi5 moral4 ,il y a une rgle inhr5te la lib]t dans ce s5s que1 p\r se ma9t5ir1 p\r se dvelopp]1 p\r se ralis] ple9em5t1 la lib]t doit se con=m] cette rgle4 ,ou bi5 la lib]t l'accomplira1 ou bi5 elle se mettra en contradiction avec elle-mme2 elle se dtruira1 elle s'anantira4 ,mais p\rquoi la lib]t1 la puissance de faire ou de ne pas faire e/-elle oblige de se ma9t5ir et de se dvelopp]8--,en se contr$isant elle s'anantit4--,je v\s l'accorde1 mais p\rquoi ne p\rrait-elle pas s'anantir8 ,l'expri5ce n\s atte/e qu'elle en a le p\voir1 et v\s le reconnaissez1 mais v\s lui df5dez d'en us]4 ,de quel droit8--,app>emm5t du droit de la raison4 ,il e/ absurde que la lib]t se contr$ise et se suicide4--,mais p\rquoi v\lez-v\s que la lib]t ne soit pas absurde8 ,cela n'e/ pas compris dans l'ide pure et simple de la lib]t4 ,en ralit v\s ne p>tez pas de l'ide de la lib]t pure et simple1 v\s p>tez de l'ide de la lib]t *>ge de l'obligation de se ma9t5ir et de se ralis]2 votre analyse a ram5 la ri*esse de la vrit morale l'ab/raction de la vrit logique1 v\s avez montr que t\s les devoirs de la volont libre se rsum5t p\r elle en un seul devoir1 celui de ne po9t se contr$ire3 mais en revan*e v\s avez revtu le pr9cipe de la vrit logique d'un c>actre moral qui demeure absolum5t inexpliqu4 ,v\s supposez tacitem5t ds l'abord que la volont consqu5te e/ le bi51 que la volont inconsqu5te e/ le mal2 c'e/--dire qu'au lieu de dduire les ides du bi5 et du mal moral de la pure lib]t selon votre promesse1 v\s p>tez d'une volont p\r laquelle il exi/e ds le pr9cipe un bi5 et un mal1 en d'autres t]mes d'une volont s\mise une obligation4 ,l'obligation que v\s prt5diez faire sortir de la volont plane t\j\rs au-dessus d'elle4 ,votre pr9cipe1 en un mot1 ne peut pas s'crire3 ,,je ,,suis ,,lib]t1 mais3 la lib]t doit tre4 ,votre lib]t re/e affecte d'un devoir inexpliqu1 il v\s re/e faire compr5dre p\rquoi la lib]t e/ oblige env]s elle-mme4 ,je ne dis pas1 ,messieurs1 que cette morale ne soit pas excell5te et qu'il ne soit pas =t beau de rsum] t\s les devoirs dans ce seul mot3 la lib]t doit tre4 ,je prt5ds simplem5t qu'il faudrait n\s dire p\rquoi4 ,il ne suffit pas d'invoqu] ici la logique1 puisque la "q e/ prcism5t de savoir d'o vi5t le c>actre moral de la vrit logique4 ,la *ose ne p>at vid5te de soi que p\r celui qui ne saisit pas o gt le vritable problme4 ,p\r avoir v\lu se pass] de mtaphysique1 la morale dont n\s p>lons se *ange elle-mme en mtaphysique et p]d son c>actre ess5tiel4 ,elle se nomme bon esci5t transc5dante1 c> elle passe d]rire son objet1 mais en passant d]rire elle le p]d4 ,elle re*]*e quels lm5ts1 quels facteurs donn]ont comme produit l'obligation morale primitive4 ,l'obligation morale que n\s s5tons devi5t p\r elle un phnomne2 elle explique ce phnomne1 mais elle en dtruit la porte en l'expliquant4 ,elle n\s fait voir que le mal moral e/ en d]nire analyse une contradiction logique3 je le crois volonti]s2 mais si l'ide morale e/ compltem5t absorbe p> l'ide logique1 qu'e/-ce dire1 s9on qu'au fond la sphre morale n'a pas de ralit propre8 ,ce n'e/ pas le rsultat que l'on *]*ait et qu'il fallait *]*]4 ,les obs]vations que je vi5s de prs5t] port5t sur le sy/me de morale indp5dante le plus sci5tifique et le plus consqu5t1 le sy/me idali/e4 ,t\te morale analogue conue en dehors de l'idalisme et qui prt5drait nanmo9s une valeur df9itive1 repos]ait sur un vice de m?ode4 ,elle s]ait c>te p> cette simple obs]vation3 ,si v\s reconnaissez un pr9cipe de l'tre suprieur au moi1 v\s devez en tir] votre sci5ce du moi et les rgles de sa conduite1 sans cela v\s *oquez les rgles de l'intellig5ce et v\s ne p\vez obt5ir aucun rsultat vraim5t c]ta94 ,ce n'e/ pas sans int5tion que j'attire d'abord votre att5tion sur ces que/ions de =me4 ,elles ont une importance dcisive4 ,en n\s rappro*ant du fond1 n\s reconnatrons dans t\s les sy/mes de morale exclusivem5t fonds sur le s5tim5t intime un dfaut facile prvoir4 ,ce dfaut c'e/ prcism5t l'abs5ce de fond1 de sub/ance1 de cont5u positif4 ,ils pr\v5t loquemm5t qu'il y a un devoir1 proposition peu contr$ite2 ils en tabliss5t m]veille la valeur absolue ou la sa9tet1 et puis c'e/ f9i4 ,qu& il s'agit de dire en quoi ce devoir consi/e1 v\s les voyez dans un cruel emb>ras4 ,ils allgu5t bi51 mais ils ne pr\v5t gure et surt\t ils ne pr\v5t pas ce qu'il faudrait pr\v]4 ,un pr9cipe n'e/ digne de ce nom que s'il produit ses consqu5ces de lui-mme4 ,le devoir en gnral n'e/ ri52 il faut qu'il se fractionne et se dbite dans la pluralit des devoirs4 ,si le s5tim5t gnral du devoir e/ notre unique pr9cipe1 n\s devons tr\v] dans ce s5tim5t l'ide de nos devoirs p>ticuli]s et p> consqu5t l'ide des relations morales ou des sphres d'activit dans lesquelles ces devoirs s'ex]c5t4 ,fi*te seul a compris la gr&eur du problme et s'e/ ef=c de le rs\dre4 ,de la consci5ce morale il conclut la ncessit des sexes1 de la famille1 de l'tat1 de l'glise1 et les introduit a9si dans la p5se4 ,sa dduction e/ insuffisante1 arbitraire1 artificielle1 mais enf9 c'e/ une dduction4 ,la f\le des morali/es vulgaires n'a pas pris tant de pe9e2 ils n'y ont pas mme song4 ,ils emprunt5t l'expri5ce l'ide des div]ses relations morales et donn5t l'individu1 sur la manire dont il doit se conduire dans cet ensemble de relations1 des conseils plus sages en eux-mmes que rig\reusem5t motivs4 ,cela ne suffit pas plus aux beso9s de la pratique qu' ceux de la sci5ce4 ,en effet les relations dont il s'agit1 les sphres o s'applique le devoir sont elles-mmes un produit de la lib]t morale4 ,l'ess5tiel n'e/ donc pas de me dire ce que je dois faire dans la famille1 dans l'tat1 dans l'glise1 etc41 tels qu'ils sont auj\rd'hui2 il n'e/ gure beso9 de sci5ce p\r cela4 ,l'ess5tiel e/ de m'enseign] ce que doiv5t tre la famille1 l'glise et l'tat4 ,si l'expri5ce n\s l'appr5d seule1 notre morale s]a rgie p> l'hi/oire1 t&is qu'elle devrait en ordonn] les m\vem5ts4 ,*angeant d'un sicle et d'un climat l'autre s\s l'empire d'une loi trangre qu'elle ne compr5d pas1 elle ne saurait acqurir l'autorit d'une sci5ce1 elle demeure incapable de faire avanc] l'humanit4 ,n\s ne sp>]ons donc pas l'art de la vie de la sci5ce des *oses1 n\s ne r5onc]ons pas l'unit que la p5se rclame1 avant d'y tre =cs1 n\s ne ds]t]ons pas sans combat le drapeau de la philosophie4 ,n\s dem&]ons avec ,desc>tes l'intellig5ce des effets p> les causes4 ,n\s *]*]ons la loi de notre activit dans le b de notre exi/5ce1 si du mo9s notre exi/5ce a sa raison dans un b1 et cette raison1 n\s la *]*]ons dans le pr9cipe absolu4 ,n\s laiss]ons la morale sa place dans l'organisme de la sci5ce1 n\s la trait]ons comme un corollaire de la mtaphysique1 de la philosophie premire1 qu& n\s aurons une philosophie premire4 ,,deuxi,,me ,,le,,on4 ,la morale doit tre dduite du pr9cipe univ]sel4 ,elle suppose que ce pr9cipe e/ un tre libre1 c> les effets d'une cause ncessaire le s]ai5t galem5t4 ,la connaissance du premi] pr9cipe e/ le b de la philosophie rgressive1 qui "p de l'ensemble des vrits immdiates1 savoir3 les faits d'expri5ce s5sible1 les faits d'expri5ce psy*ologique1 les vrits ncessaires de l'ordre rationel et les vrits ncessaires de l'ordre moral4--,l'expri5ce s5sible consulte seule ne f\rnit aucune connaissance du pr9cipe premi]4--,dans la consci5ce du moi1 l'expri5ce psy*ologique n\s donne l'ide de l'tre2 les vrits ncessaires de l'ordre rationel se rsum5t dans la notion de l'inconditionnel1 objet de la raison4--,l'ide de l'tre inconditionnel e/ le po9t de d"p de la philosophie4--,il faut dt]m9] cette ide de manire ce qu'elle r5de compte des faits d'expri5ce en gnral et des vrits ncessaires de l'ordre moral4--,celles-ci n\s oblig5t reconnatre la lib]t du premi] pr9cipe en atte/ant en n\s le devoir1 qui suppose notre propre lib]t4 ,messieurs1 ,l'ide de morale implique notre lib]t et l'exi/5ce d'un pr9cipe suprieur n\s4 ,le second po9t n'e/ pas mo9s ncessaire que le premi]4 ,n\s l'avons vu dans la leon d]nire4 ,si n\s *]*ons la rgle de la lib]t dans la lib]t elle-mme1 peut-tre russirions-n\s l'y dc\vrir2 mais1 comme n\s l'avons expliqu1 l'lm5t ess5tiel1 l'obligation s'van\irait4 ,une morale sci5tifique suppose donc la connaissance sci5tifique de la lib]t huma9e et d'un pr9cipe suprieur d'obligation4 ,n\s tr\vons ces deux vrits crites au fond de notre me2 n\s p\vons espr] ds lors que la sci5ce expliqu]a ce tmoignage intime1 et n\s avons beso9 qu'il en soit a9si4 ,en effet1 les notions que l'vid5ce rationelle et la consci5ce morale n\s f\rniss5t sur le pr9cipe suprme avant t\te re*]*e1 sont trop vagues1 trop incompltes p\r suffire aux beso9s d'une discipl9e prcise et rig\reuse4 ,il e/ ncessaire avant t\t de les concili] entr'elles1 c> leur accord e/ un problme4 ,la lib]t1 elle aussi1 doit pass] au creuset de la p5se4 ,n\s sommes c]ta9s de sa ralit lorsque n\s sommes c]ta9s du devoir2 n\s la connaissons comme fait avec une ple9e lumire2 mais un fait n'e/ pas propre entr] immdiatem5t dans l'difice de la philosophie4 ,c'e/ une pi]re brute2 n\s ne p\vons employ] que des pi]res tailles4 ,la vraie sci5ce e/ celle des effets p> leur cause2 notre lib]t a une cause1 il faut l'y *]*]4 ,n\s ne la connatrons comme il faut la connatre que si n\s la tr\vons sa place dans l'ordre univ]sel1 si n\s l'expliquons p> le pr9cipe univ]sel1 si n\s voyons en elle une consqu5ce de la nature de ce pr9cipe ou le produit de son action4 ,il app>ti5t donc la mtaphysique de n\s faire compr5dre la lib]t huma9e4 ,faisons des voeux p\r qu'elle y russisse1 c> la morale e/ ce prix4 ,la lib]t huma9e suppose1 ,messieurs1 l'absolue lib]t1 ou1 si v\s me p]mettez cette expression qui n'e/ pas encore ju/ifie1 la lib]t div9e4 ,n\s ne p\vons pas confondre notre tre avec le pr9cipe de t\te *ose1 p>ce que n\s n\s s5tons limit2 or le pr9cipe absolu tant un1 comme la raison n\s l'enseigne videmm5t1 il e/ ncessairem5t illimit1 dans ce s5s du mo9s qu'il n'e/ re/re9t p> aucun autre4 ,les consqu5ces de ce pr9cipe illimit sont des actes libres ou bi5 elles rsult5t d'une ncessit intrieure de sa nature4 ,il n'y a pas d'autre alt]native4 ,la prt5tion s\v5t affi*e de concili] la lib]t et la ncessit dans une ide suprieure ne se ju/ifie pas4 ,cette ide soi-disant suprieure n'e/ jamais que celle d'une activit ncessaire1 ncessit spontane1 ncessit intellig5te1 ncessit de p]fection si l'on veut1 mais enf9 c'e/ la ncessit4 ,eh bi51 si n\s concevons le monde comme rsultant de l'action ncessaire d'un pr9cipe inf9i1 il e/ impossible que n\s tr\vions une place en lui p\r la lib]t huma9e4 ,la porte des actes d'un tre inf9i e/ elle-mme inf9ie4 ,si l'univ]s e/ le produit d'une activit ncessaire1 il e/ ncessairem5t ce qu'il e/ jusque dans ses d]ni]s dtails1 n\s sommes ncessairem5t ce que n\s sommes1 et nos actes p>ticuli]s ne sont que la traduction1 la manife/ation1 le dr\lem5t dans le temps de cette ess5ce dt]m9e4 ,cette consqu5ce e/ 9vitable2 en va9 *]*]ait-on l'lud] en expliquant notre lib]t p> l'imp]fection inhr5te t\t tre f9i4 ,si ,dieu ne peut pas agir autrem5t qu'il n'agit p>ce qu'il e/ p>fait1 l'oeuvre o cette p]fection se rvle ne peut tre que ce qu'elle e/2 or la prs5ce de la lib]t implique dans un monde qui ne peut tre que ce qu'il e/4 ,la ralit de la lib]t consi/e prcism5t en ceci3 que le monde puisse tre autrem5t qu'il n'e/1 si les ag5ts libres le veul5t4 ,expliqu] la lib]t p> l'imp]fection1 c'e/ la faire van\ir comme une fume4 ,je dsire tre bi5 compris1 je ne prt5ds pas que de la lib]t div9e on puisse dduire immdiatem5t la lib]t huma9e2 je dis seulem5t que sans la lib]t div9e il e/ impossible de concevoir la lib]t huma9e4 ,on p\rrait infr] de l directem5t que le pr9cipe absolu e/ une activit libre1 puisque la foi de l'homme sa lib]t e/ ncessaire l'accomplissem5t du devoir1 la vrit de la consci5ce morale que n\s ne p\vons suspect] sans lui faire injure4 ,cette conclusion =t importante1 n\s ne la tirons pas encore d'une manire expresse4 ,n\s tablissons seulem5t ceci1 que1 p\r p\voir s]vir de base la morale ou n\s donn] une morale1 la mtaphysique doit dmontr] la lib]t du pr9cipe absolu4 ,il n\s re/e exam9] comm5t la mtaphysique peut arriv] un rsultat p>eil4 ,ceci n\s conduit jet] un c\p-d'oeil sur l'ensemble de la philosophie rgressive1 dont l'unique objet e/ de =mul] l'ide du pr9cipe4 ,la m>*e de cette discipl9e e/ rgle p> son po9t de d"p et p> son b4 ,le b1 n\s le connaissons4 ,le po9t de d"p e/ videmm5t l'ensemble des vrits immdiatem5t c]ta9es4 ,n\s appelons vrits immdiatem5t c]ta9es non-seulem5t celles que l'esprit possde avant t\t travail1 ce qui se rduirait excessivem5t peu de *ose1 mais t\tes celles que n\s possdons lgitimem5t au db des re*]*es philosophiques1 au mom5t o n\s n\s posons le problme de la philosophie1 tel que n\s l'avons circonscrit4 ,ces donnes premires sont assez complexes2 elles embrass5t des faits extrieurs p]u p> les s5s1 des faits intellectuels p]u p> la consci5ce1 des vrits ncessaires de l'ordre rationel et des vrits ncessaires de l'ordre moral4 ,les faits s5sibles sont l'objet des sci5ces naturelles2 les faits de consci5ce sont l'objet de la psy*ologie1 qui con/ate aussi les deux g5res de vrits ncessaires dont n\s v5ons de p>l]4 ,les quatre membres de notre classification se ramn5t donc la dualit s\s un d\ble po9t de vue4 ,quant la manire de con/at] les faits1 n\s opposons l'expri5ce s5sible l'analyse intrieure4--,quant la nature mme des vrits immdiates1 n\s tr\vons d'un ct des faits cont+5ts1 v>iables1 a po/]iori2 de l'autre des connaissances ncessaires1 immuables1 a priori4 ,il importe de ne pas confondre ces deux divisions1 qui p>t5t de pr9cipes bi5 di/9cts4 ,n\s ne n\s compromettrions pas beauc\p en disant1 ,,mm41 que1 p\r arriv] la premire vrit dans l'ordre des *oses1 il faut t5ir compte avec un gal s\ci de t\tes les donnes du problme que n\s v5ons d'numr] ou de t\tes les vrits premires dans l'ordre de l'acquisition de nos connaissances4 ,ce lieu commun pr5d de l'importance p> la revue exacte dont n\s l'avons fait prcd]4 ,celle-ci n'a du lieu commun que l'app>5ce4 ,l'esprit n'a pas t\j\rs accord la mme att5tion aux lm5ts qu'elle embrasse4 ,proccup tantt des uns1 tantt des autres1 ne les di/+uant pas t\j\rs1 il a t5t d'asseoir exclusivem5t sur quelques-uns d'entr'eux l'difice de la sci5ce4 ,de l vi5t la div]sit des sy/mes1 c> comme la logique e/ la mme p\r t\t le monde1 si le po9t de d"p tait id5tique1 il faudrait bi5 que le rsultat le ft aussi4 ,il en e/ de la philosophie comme des ma?matiques4 ,si les donnes sont trop insuffisantes1 le problme ne peut recevoir aucune solution2 s'il manque une donne1 on arrive une =mule applicable plusieurs quantits entre lesquelles le *oix e/ arbitraire4 ,l'expri5ce s5sible consulte seule ne f\rnit po9t de philosophie4 ,et d'abord1 ,messieurs1 les s5s isols1 considrs d'une manire ab/raite1 ne donn5t aucune espce de notion4 ,il n'y a po9t de connaissance s5sible rig\reusem5t p>lant4 ,p\r con/at] un fait extrieur quelconque1 il faut appliqu] aux donnes des s5s l'intellig5ce et les ides univ]selles ncessaires a priori qui con/itu5t l'intellig5ce3 a9si les notions de sub/ance1 de cause1 de possibilit1 de ralit1 que l'expri5ce s5sible ne f\rnit po9t1 mais que n\s appliquons in/9ctivem5t aux s5sations et dont n\s n'obt5ons une consci5ce di/9cte que p> cet emploi rxr4 ,ces vrits-l sont acquises1 aussi n'insi/]ons-n\s pas4 ,n\s acceptons l'expri5ce telle qu'elle e/1 sans discut] son orig9e4 ,n\s pr5ons la sci5ce de la nature dans t\te sa gr&eur1 dans sa m]veilleuse beaut1 et n\s rptons qu'elle ne donne pas de philosophie4 ,cela1 ,messieurs1 p\r deux raisons3 ,la sci5ce exprim5tale n'e/ pas c]ta9e p> elle-mme1 puis elle ne conduit ri5 d'inconditionnel4 ,la sci5ce exprim5tale n'e/ pas c]ta9e p> elle-mme1 pas du mo9s dans le s5s qu'il faudrait4 ,on ne peut pas d\t] que n\s ne voyions ce que n\s voyons1 mais on peut d\t] que ce que n\s voyons exi/e indp5damm5t de n\s4 ,la preuve c'e/ qu'on en a d\t4 ,on a mis en "q la ralit du monde extrieur en gnral4 ,or lorsqu'il s'agit de lev] un d\te qui porte sur l'expri5ce en gnral1 il e/ clair qu'on ne saurait en appel] l'expri5ce4 ,t\t doit tre rig\reux dans la sci5ce4 ,rig\reusem5t il faut une mtaphysique p\r lgitim] l'expri5ce s5sible2 l'expri5ce s5sible ne suffit donc pas p\r fond] la mtaphysique4 ,la sci5ce exprim5tale ne conduit aucun pr9cipe inconditionnel et ncessaire4 ,les faits que l'expri5ce con/ate directem5t ne peuv5t tre con/ats que comme faits4 ,n\s voyons qu'ils sont1 n\s ne voyons pas qu'ils soi5t ncessaires4 ,les causes des phnomnes que n\s p]cevons sont du mme ordre que ces phnomnes eux-mmes4 ,les procds de la sci5ce empirique ne peuv5t n\s conduire au del de l'accid5tel4 ,c]ta9s effets ont lieu1 donc ils sont produits p> c]ta9es =ces4 ,a9si la *aleur1 la lumire1 l'lectricit1 le magntisme1 la =ce organique1 ces puissances dont l'action explique une multitude de phnomnes div]s1 sont elles-mmes des faits expliqu]4 ,peut-tre l'esprit saisira-t-il un j\r leur unit1 peut-tre devi5dra-t-il vid5t que t\tes ces =ces ne sont que des manife/ations d'une seule =ce dont l'action v>ie selon les circon/ances dans lesquelles elle e/ place4 ,mais cette =ce plus gnrale ne s]a qu'un fait1 un accid5t1 dont il faudra *]*] la cause1 et dcidm5t la d]nire cause ne peut rsid] dans ri5 d'accid5tel4 ,ni l'expri5ce ni la rflexion qui "p de l'expri5ce ne saurai5t n\s conduire un pr9cipe inconditionnel1 p>ce qu'elles ne saurai5t tablir qu'il soit inconditionnel4 ,l'expri5ce peut bi5 n\s montr] la prs5ce d'une intellig5ce dans le monde p> exemple1 mais elle ne n\s appr5dra jamais si cette intellig5ce e/ vritablem5t le premi] pr9cipe ou si elle mane elle-mme d'un pr9cipe suprieur4 ,l'inconditionnel e/ ncessairem5t inf9i2 or dans le *amp de l'expri5ce n\s ne tr\vons ri5 d'inf9i2 le monde que n\s connaissons1 le pr5dre t\t enti]1 ne l'e/ pas rellem5t1 et si d'un effet f9i n\s v\lions conclure l'exi/5ce d'une cause inf9ie1 cette conclusion dpass]ait les prmisses4 ,la plup>t de ces considrations port5t galem5t sur les donnes de l'expri5ce int]ne1 de la consci5ce psy*ologique4 ,en dirigeant notre att5tion sur n\s-mmes1 n\s con/atons une autre espce de phnomnes passag]s1 limits et cont+5ts1 dont n\s ne p\vons ri5 conclure au-del du cont+5t et du limit4 ,il e/ donc p]mis de dire1 si l'on dsigne s\s le nom d'expri5ce la connaissance des faits p>ticuli]s1 que l'expri5ce ne n\s donne p> elle-mme aucune notion du premi] pr9cipe2 n\s ne p\rrions pas mme induire l'exi/5ce d'un tel pr9cipe des donnes qu'elle n\s f\rnit1 si n\s n'en tions assurs d'avance4 ,mais le mot expri5ce e/ quivoque4 ,t\te connaissance e/ exprim5tale en quelque faon1 puisqu'en p5sant n\s s5tons notre p5se4 ,la consci5ce psy*ologique n\s atte/e non-seulem5t des faits p>ticuli]s et v>iables1 mais des faits immuables et con/amm5t id5tiques2 elle n\s f\rnit des notions que n\s ne p\vons pas concevoir sans concevoir en mme temps leur ncessit4 ,les modifications de notre me sont l'objet d'un s5s intrieur1 et la connaissance que n\s en avons ressemble beauc\p d'g>ds la connaissance s5sible4 ,mais p\r savoir ce qui se passe en n\s-mme1 il faut que n\s n\s connaissions indp5damm5t de ces modifications passagres1 il faut que n\s ayons l'ide de cette unit p]man5te de notre tre que n\s appelons moi4 ,n\s la possdons en effet immdiatem5t4 ,le moi n'e/ pas une connaissance dduite1 le moi n'e/ pas la conclusion d'un raisonnem5t2 cep5dant il n'a ri5 p\r n\s de cont+5t ni de v>iable4 ,indisp5sable l'ex]cice du s5s intrieur1 l'ide du moi ne provi5t pas d'un s5s1 mais elle e/ l'objet d'une intuition p]man5te4 ,c'e/ la =me pure de l'activit rfl*ie4 ,p> cette intuition1 n\s ap]cevons directem5t le fond de notre tre1 du mo9s cela n\s p>at a9si1 c> il n\s e/ impossible de suppos] qu'il y ait d]rire le moi autre *ose que le moi4 ,le moi e/ un acte ou la =me d'un acte1 le moi e/ notre sub/ance4 ,les ides d'tre1 de sub/ance1 de =ce1 d'acte1 de cause1 t\tes ces notions univ]selles dans leur emploi1 qui sont p\r a9si dire les rayons de notre intellig5ce1 p>t5t de l'intuition du moi4 ,n\s saisissons immdiatem5t leur ralit dans le moi1 et sans en avoir la mme intuition1 n\s les appliquons au dehors1 p> analogie si l'on veut1 mais p> une analogie in/9ctivem5t ap]ue4 ,n\s les appliquons avant de n\s en r5dre compte et n\s arrivons les connatre dans leur gnralit p> cet emploi4 ,n\s les dgageons p> l'ab/raction des propositions p>ticulires de la sci5ce exprim5tale2 mais lorsque1 aprs les avoir a9si obt5ues p> l'ab/raction1 n\s les considrons en elles-mmes1 un exam5 att5tif n\s fait reconnatre en elles l'lm5t ncessaire1 immuable1 a priori de la sci5ce exprim5tale et de t\s nos jugem5ts4 ,les catgories 7c'e/ le nom qu'on leur donne7 sont l'expression de l'intellig5ce arrivant peu peu la consci5ce d'elle-mme4 ,primitivem5t les catgories sont des lois4 ,les ides gnrales de sub/ance et de cause1 p> exemple1 ne sont que l'expression ab/raite de la ncessit intrieure qui n\s oblige mettre la base de t\s les phnomnes un sujet p]si/ant1 reconnatre une raison d'tre de t\tes les exi/5ces et de t\s leurs *angem5ts4 ,ces lois ne sont ni les seules ni les plus leves1 et l'intellig5ce qui s'arrte aux catgories ne se connat pas encore dans son intimit4 ,il e/ ais de s'en conva9cre lorsqu'on voit1 en suivant les indications de ,kant et de ses successeurs1 que les catgories et leurs lois appliques la rigueur conduis5t des rsultats inadmissibles ou contradictoires4 ,a9si le pr9cipe rsum dans l'ide de cause se traduirait comme suit3 t\t ce qui e/ ou qui arrive a une cause2 il faut donc1 aprs la cause de l'effet dont on "p1 tr\v] la cause de la cause1 et a9si de suite l'inf9i4 ,si le pr9cipe de causalit e/ absolum5t vrai1 il exclut l'ide d'une cause premire1 c> celle-ci s]ait un tre ou un acte sans cause1 qui drog]ait au pr9cipe et le r5v]s]ait4 ,l'ide de cause et la vrit qu'elle exprime n'ont donc qu'une valeur limite et relative4 ,une premire obs]vation de n\s-mme le con/ate3 le premi] beso9 de la p5se et sa suprme loi e/ d'atte9dre l'inf9i et l'absolu4 ,primitivem5t et p> son ess5ce mme la raison affirme l'absolu1 c'e/--dire un tre qui exi/e p> lui-mme1 qui n'a beso9 de ri5 p\r exi/]4 ,l'absolu e/ en mme temps l'unit des *oses et la cause premire4 ,il exi/e p> lui-mme et t\t exi/e p> lui4 ,la loi fondam5tale de l'esprit n'e/ donc pas ce qu'on appelle le pr9cipe de causalit1 c> ce pr9cipe n'e/ pas vrai2 il conduit une srie inf9ie que l'intellig5ce rep\sse4 ,la vritable expression du pr9cipe fondam5tal e/ celle-ci3 ce qui a sa cause hors de soi n'e/ pas la ralit vritable2 le rel e/ l'inconditionnel1 l'tre qui possde en lui-mme t\tes les conditions de son exi/5ce4 ,n\s appell]ions ce pr9cipe le pr9cipe de l'inconditionnalit1 s'il tait beso9 p\r le dsign] clairem5t1 d'un t]me aussi b>b>e4 ,heureusem5t n\s p\vons n\s en pass]3 son nom e/ t\t tr\v1 c'e/ la ,raison4 ,en allant au fond de l'intellig5ce1 n\s y tr\vons la ,raison1 c'e/--dire l'affirmation a priori1 ncessaire de l'unit et de l'absolu1 le beso9 de remont] en t\te *ose l'unit et l'absolu4 ,les s5s ne donn5t que l'accid5tel et le limit1 la logique p>tant des s5s ne n\s conduit pas au del du limit et de l'accid5tel1 mais la raison pose immdiatem5t en face du limit et de l'accid5tel l'inf9i et le ncessaire4 ,la t*e de la sci5ce e/ d'unir ces deux t]mes en appr(ondissant l'un et l'autre4 ,ma9t5ant cet tre inconditionnel ou ncessaire pos p> la raison e/-il id5tique l'tre que la consci5ce du moi n\s fait ap]cevoir8 ,l'idali/e t5d les confondre1 et cette rduction p>at d'abord plausible1 c>1 relativem5t n\s-mme1 l'tre atte/ p> la consci5ce du moi n'a ri5 d'accid5tel4 ,cep5dant cette app>5te simplification du problme e/ une erreur4 ,en effet1 l'objet de la consci5ce du moi e/ limit1 t&is que l'tre absolu ne saurait tre limit1 puisque ri5 ne le limite4 ,la raison pose l'inf9i ct du moi f9i comme l'tre inconditionnel qui e/ sa cause lui-mme ct du monde accid5tel qui *]*e sa cause hors de lui2 et ces mots1 inconditionnel1 inf9i1 n'exprim5t pas deux ides1 mais deux aspects d'une seule et mme ide4 ,n\s tr\vons dans ces lois ncessaires de l'intellig5ce1 dans ces vrits a priori que l'obs]vation de l'esprit n\s fait dc\vrir1 le po9t de d"p que la philosophie rgressive dem&e va9em5t l'expri5ce4 ,ce po9t de d"p1 ,messieurs1 c'e/ l'ensemble des vrits immdiates a priori1 c'e/--dire l'esprit huma9 t\t enti]4 ,la consci5ce n\s donne l'intuition de l'tre4 ,la raison n\s suggre le beso9 d'atte9dre l'absolu1 et le problme de la sci5ce se pose a9si3 ,dt]m9] l'ide de l'tre absolu4 ,je dis3 en dt]m9] l'ide1 et non pas en pr\v] l'exi/5ce2 c> n\s n'en possdons pas encore l'ide1 puisque l'tre que n\s compr5ons n'e/ po9t absolu1 t&is que n\s sommes c]ta9s de son exi/5ce ds l'entre2 et si n\s n'en tions pas c]ta9s ds l'entre1 n\s ne la dmontr]ions jamais1 n\s m>*]ions de contradiction en contradiction1 d'accid5tel en accid5tel1 sans jamais atte9dre le t]me4 ,on peut1 sans les altr]1 =mul] ces ides d'une autre manire4 ,la consci5ce du moi n\s donne l'intuition de l'tre1 mais de l'tre f9i2 l'tre f9i e/ limit p> son contraire1 en d]nire analyse la limitation ab\tit la contradiction4 ,de quelque ct qu'on le pr5ne1 l'tre f9i e/ ptri de contradictions4 ,on ne peut ri5 affirm] de lui d'une manire pure et simple2 ri5 affirm] sans re/re9dre ce qu'on avance1 c'e/--dire1 sans le ni]4 ,mais la contradiction rpugne la raison4 ,le travail de l'esprit doit le purg] des contradictions dont il e/ infe/4 ,dt]m9] l'ide de l'tre absolu revi5t donc ceci3 concevoir l'tre de telle manire qu'il puisse exi/] p> lui-mme sans contradiction4 ,voil1 ,messieurs1 l'objet de la mtaphysique1 considre comme une sci5ce purem5t rationelle1 purem5t a priori4 ,la mtaphysique comm5ce avec ces donnes de la consci5ce et de la raison pure2 l'tre ou l'acte1 l'tre absolu4 ,mais elle ne saurait demeur] sur ces sommets ds]ts1 voile dans son au/rit1 lo9 de t\t contact avec le monde de l'expri5ce et les que/ions que ce monde fait natre4 ,une sci5ce spculative sans rapport avec l'expri5ce n'aurait aucun prix p\r l'humanit4 ,l'expri5ce seule ne donne po9t de philosophie1 il n'y en a pas non plus sans son conc\rs4 ,ce que n\s dem&ons la philosophie1 c'e/ l'explication des faits4 ,a9si le problme se complique2 il ne s'agit pas seulem5t de concevoir l'tre absolu sans contradiction2 il s'agit de dt]m9] l'ide de l'tre absolu de telle manire qu'elle r5de raison des faits en en faisant compr5dre la ncessit1 ou du mo9s la possibilit relle4 ,la sci5ce que n\s *]*ons1 la seule qui puisse n\s satisfaire1 e/ celle qui n\s f]a voir dans la totalit de l'expri5ce la consqu5ce rgulire du pr9cipe univ]sel4 ,n\s ne saurions donc faire ab/raction de l'expri5ce en *]*ant cette ide suprme4 ,l'expri5ce e/ la pi]re de t\*e des sy/mes4 ,ils sont jugs d'aprs la manire dont ils r5d5t compte des faits4 ,t\s travaill5t les expliqu]1 mais ils n'accept5t pas t\s cette t*e dans la mme t5due1 et ils n'y russiss5t pas galem5t4 ,la "q ab/raite de l'tre sans contradiction s]ait peut-tre susceptible de plusieurs solutions diffr5tes2 mais lorsqu'il s'agit d'une ide capable d'expliqu] le monde rel1 le *oix se ress]re1 et la p5se e/ contra9te de s'lev] p\r s'l>gir4 ,les deux s\rces de connaissance se confond5t dans le mme fleuve4 ,les donnes de l'expri5ce et celles de la raison se comb95t4 ,l'on ne saurait tr\v] un pr9cipe ncessaire que dans la p5se a priori2 on ne saurait dt]m9]1 enri*ir1 dvelopp] cette ide a priori de l'tre sans consult] l'expri5ce4 ,n\s sommes donc sur le *em9 qui conduit la mtaphysique1 ou plutt1 ,messieurs1 n\s entrevoyons ce *em92 mais ce que n\s tr\v]ons au t]me1 s]a-ce la mtaphysique que n\s *]*ons1 une mtaphysique propre s]vir de base la morale1 une mtaphysique qui n\s fasse compr5dre que le pr9cipe absolu des *oses e/ un tre libre8 ,n\s ne saurions dire qu'un tel rsultat soit impossible1 mais il n\s e/ p]mis de d\t] qu'il soit immanquable4 ,on s'avanc]ait beauc\p en affirmant qu'il y a une contradiction dans l'ide que l'tre absolu e/ ncessairem5t ce qu'il e/ et qu'il agit ncessairem5t comme il agit4 ,et quant l'expri5ce1 il ne s'ent5d pas non plus de soi-mme qu'un ,dieu libre soit indisp5sable p\r r5dre l'expri5ce intelligible4 ,une sil5cieuse de/9e prside aux rvolutions de la nature1 une loi p>eille s'accomplit dans l'humanit4 ,acteurs d'un drame que n\s ne compr5ons pas1 n\s ne tr\vons po9t les lois de l'hi/oire d'accord avec les lois crites dans notre propre coeur4 ,r>em5t la c\ronne du bonheur et de la gloire ce9t le front de la v]tu4 ,les s\pirs de la consci5ce sont t\ffs p> le flot qui n\s emporte4 ,le flambeau de la civilisation passe l5tem5t de climats en climats1 sans se rallum] aux lieux qu'il a quitts4 tats1 religions1 langues et races1 t\t cela nat1 fleurit comme l'h]be des *amps1 t\t cela meurt comme elle sans savoir p\rquoi4 ,t\t a sa raison d'tre dans le monde1 mais cette raison e/-elle une loi qui s'ignore1 e/-ce un b compris et v\lu8--,ignorants et savants sont gaux en face de cette "q sol5nelle1 *acun la rs\t suivant son secret dsir4 ,l'expri5ce ne n\s dicte pas de rponse4 ,l'hi/oire1 la nature mme n\s suggr5t sans d\te l'ide de lib]t1 mais elles n'en conti5n5t aucune trace irrcusable4 ,p\r tr\v] la lib]t il faut desc5dre dans notre propre coeur4 ,et ce tmoignage lui-mme1 ne p\rrait-il pas tre conte/8 ,le fait c]ta9 que n\s n\s s5tons libres suffit-il p\r pr\v] que n\s le sommes rellem5t8 ,il e/ p]mis d'en d\t]4 ,le s5tim5t intime peut avoir ses illusions comme les s5s extrieurs4 ,si notre lib]t d'action tait incompatible avec d'autres vrits clairem5t et di/9ctem5t reconnues1 le s5tim5t que n\s avons d'tre libres suffirait pe9e p\r faire rejet] ces vrits4 ,on n\s f]ait obs]v] d'abord que la rflexion psy*ologique ne jette qu'un faible rayon dans l'abme que n\s sommes4 ,n\s ne n\s connaissons jamais t\t enti]s et jusqu'au fond2 le fatali/e n\s en arra*]ait facilem5t l'aveu4 ,puis1 dcomposant l'ide de la lib]t1 il y tr\v]ait deux lm5ts3 la spontanx et le *oix4 ,il accord]ait la ralit de la premire p\r conc5tr] son attaque sur le second4 ,il dirait3 n\s sommes le pr9cipe de nos propres actions2 notre volont e/ une =ce relle2 n\s s5tons la spontanx de cette =ce et n\s l'appelons avec raison notre lib]t4 ,t\te notre lib]t e/ l4 ,avant d'agir1 durant l'action elle-mme et depuis1 il n\s semble la vrit que n\s p\rrions faire autre *ose que ce que n\s faisons rellem5t2 mais c'e/ une illusion1 n\s agissons con=mm5t notre nature que n\s ne connaissons pas entirem5t2 s'il y a plusieurs possibilits1 il n'y en a qu'une la fois4 ,n\s n\s dirigeons t\j\rs d'aprs des motifs1 et le motif le plus puissant l'emporte4 ,en ralit n\s ne connaissons pas t\j\rs nos vrais motifs1 ni ce qui en fait la =ce prpondrante1 p>ce n\s sommes un my/re p\r n\s-mmes4 ,je sais bi51 ,messieurs1 ce qu'il y aurait rpliqu]1 mais je crois que sur ce t]ra9 la "q p\rrait re/] longtemps susp5due4 ,d'ailleurs il ne s]ait peut-tre pas prud5t de se fi] sans rs]ve au s5tim5t intime4 ,son tmoignage p\rrait bi5 v>i] et n\s faire dfaut4 ,il ne faut pas *]*] bi5 lo9 le fatali/e que j'ai fait p>l]4 ,ce fatali/e1 t\t homme qui s'obs]ve le dc\vrira quelque j\r dans un repli de son propre coeur4 ,n\s sommes +nieux fuir le s5tim5t de nos fautes4 ,t\r t\r nos p5ses n\s condamn5t et n\s excus5t4 ,v\s le voyez1 ,messieurs1 la nature1 l'hi/oire1 la consci5ce psy*ologique1 les donnes a priori de la raison pure sembl5t insuffisantes p\r dt]m9] prcism5t la solution du problme de la mtaphysique4 ,plusieurs *em9s s'ouvr5t la p5se spculative1 et le *oix entre ces *em9s e/ inc]ta94 ,on peut concevoir le pr9cipe suprme comme une activit immuable dans sa p]fection1 on peut concevoir les *oses comme en*anes p> un li5 de ncessit4 ,loi1 p5se1 raison1 nature1 peu import5t les noms de ce pr9cipe et de ce li51 l'ide e/ t\j\rs la mme4 ,les phnomnes s'expliqu]ont selon cette ide1 il e/ p]mis de s'y att5dre1 et l'hi/oire des op9ions huma9es n\s autorise l'affirm]4 ,les *oses sont ce qu'elles sont2 la prt5tion d'un sy/me de lib]t1 c'e/ qu'elles p\rrai5t tre autrem5t4 ,rig\reusem5t il e/ impossible de le pr\v]2 la manire mme dont le problme e/ pos r5d cette impossibilit manife/e4 ,il y a plus1 ,messieurs3 un prjug naturel s'lve contre le sy/me de la lib]t4 ,il n'a pas fait =tune dans la sci5ce1 et cela se compr5d3 il e/ contraire l'intrt sci5tifique4 ,que *]*e la sci5ce1 en effet8 ,elle *]*e le p\rquoi de t\tes *oses1 et la lib]t e/ prcism5t ce qui n'a pas de p\rquoi4 ,la sci5ce compr5d les effets p> leurs causes1 elle veut prvoir2 or l'acte libre e/ la seule *ose qu'on ne puisse absolum5t pas prvoir4 ,on ne peut le connatre qu'aprs c\p1 lorsqu'il e/ accompli4--,si les effets ne procd5t pas de leur cause p> une ncessit logique1 la logique ne suffira pas p\r les manife/] dans leur cause4 ,l'ide de la lib]t dans le premi] pr9cipe vi5t donc tr\bl] l'espoir d'une sci5ce progressive4 ,elle augm5te t\t au mo9s s+ulirem5t la difficult de la t*e4 ,la p5se veut t\t embrass] dans l'unit d'un sy/me2 les plus =ts li5s ne sont-ils pas les li5s de la ncessit8 ,cep5dant1 s'il e/ impossible de pr\v] que les *oses p\rrai5t suivre un autre c\rs1 il ne l'e/ gure mo9s de pr\v] le contraire1 et cette ide peut1 elle aussi1 invoqu] en sa faveur un prjug in/9ctif4 ,cet in/9ct exi/e dans t\tes les mes1 il e/ puissant dans les nobles coeurs4 ,quels que soi5t les rapports qui uniss5t entr'eux les lm5ts du monde matriel et moral1 ce monde t\t enti] peut n'tre qu'un gr& accid5t1 que sais-je1 une gr&e in=tune6 ,si la lib]t du ,crateur n\s p]mettait de concevoir celle de la crature1 il y aurait l aussi peut-tre une explication4 ,c'e/ la solution religieuse1 l'antique tradition de l'humanit2 il vaudrait la pe9e de la sond]4 la premire vue du mo9s1 la raison n'a pas d'objection insurmontable contre l'ide d'une suprme lib]t1 c> cette ide ne conti5t pas de contradiction4 ,l'expri5ce ne saurait rfut] directem5t ce po9t de vue1 et si l'on arrivait la conclusion que la d]nire raison de t\s les faits ne peut pas tre indique avec c]titude1 il faudrait bi5 en pass] p> l4 ,a9si la p5se demeure indcise entre deux r\tes div]g5tes1 nulle conciliation n'e/ possible1 et le *oix semble arbitraire4 ,en quelque sorte il l'e/ en effet1 et n\s p\vons dire avec un illu/re philosophe#f1 que si n\s n\s dcidons p\r le sy/me de la lib]t1 c'e/ que n\s le v\lons a9si4 ,note #f3 ,m4 de ,s*ell+1 dans ses leons 9dites4 ,cep5dant n\s n'avons pas rassembl t\tes les valeurs connues qui fix5t le problme4 ,dans l'numration des vrits immdiatem5t c]ta9es qui doiv5t s]vir d'appui la p5se spculative et lui f\rnir les matriaux de son difice1 n\s en avons nglig une4 ,p>lons mieux1 n\s l'avons desse9 mise en rs]ve p>ce qu'elle e/ d'une nature t\t fait p>ticulire4 ,cette donne primitive1 c'e/ la consci5ce morale4 ,en dirigeant notre att5tion sur n\s-mmes1 n\s y lisons la loi du devoir4 ,n\s la d*iffrons avec pe9e1 n\s dem&ons la sci5ce de n\s en expliqu] l'orig9e1 de n\s en dvelopp] le cont5u1 mais n\s savons que c'e/ une loi4 ,le devoir1 s'il e/ c]ta91 pr\ve notre lib]t1 c> il la suppose4 ,il ne saurait tre "q de devoir p\r celui dont les actes ne s]ai5t pas libres4 ,si n\s sommes libres1 ,dieu e/ libre1 c> la lib]t dans le monde implique la lib]t dans son pr9cipe4 ,notre *oix entre les deux sy/mes qui se propos5t la raison n'e/ donc pas une affaire de caprice ou de has>d4 ,il e/ dict p> un motif imprieux4 ,aussi longtemps que t\s les lm5ts de la p5se ne sont pas prs5ts1 la direction suivre re/e inc]ta9e2 lorsque *acun e/ mis sa place1 la ligne e/ dt]m9e1 il n'y a plus qu' les runir4 ,mais e/-il vrai que le devoir soit absolum5t c]ta98 ,si l'on peut mettre en "q le tmoignage du s5tim5t intime1 ne peut-on pas mettre en "q le s5tim5t qui n\s atte/e le devoir8 ,ce d\te1 ,messieurs1 l'intellig5ce s'ef=c]ait en va9 de le dissip]2 le coeur en triomphe sans pe9e4 ,la sci5ce ne s'e/ jamais montre plus gr&e que le j\r o1 p> la b\*e d'un p5seur gnreux1 elle a rpt comme une humble colire la rponse que dicte le coeur3 ,oui c]tes1 il e/ possible de d\t] du devoir et de sa valeur absolue1 mais ce d\te e/ crim9el et n\s ne v\lons pas l'accueillir4 ,a9si le *oix de notre sy/me de philosophie e/ obligatoire ou facultatif1 selon qu'on v\dra l'ent5dre4 ,facultatif p\r l'intellig5ce ds9tresse1 imp>tiale1 indiffr5te2 obligatoire p\r les honntes g5s4 ,ce que l'intellig5ce dem&e1 c'e/ une explication consqu5te4 ,ce que le devoir comm&e1 c'e/ le respect4 ,n\s sommes libres d'c\t] la consci5ce ou de l'endormir1 et ri5 ne l'endormira mieux que le fatalisme4 ,mais si n\s v\lons croire au devoir1 n\s devons *]*] un sy/me dans lequel le devoir s'explique comme une ralit et non pas comme une illusion4 ,,troisi,,me ,,le,,on4 ,n\s avons acquis la c]titude de la lib]t div9e1 mais non l'intellig5ce de cette lib]t2 p\r l'obt5ir1 il faut arriv] la lib]t p> le dveloppem5t de l'ide de l'absolu4--,objection critique3 l'ide de l'absolu e/ inhr5te notre raison1 mais il ne s'en suit pas qu'elle corresponde la ralit4--,rfutation4--,la ?orie de la connaissance1 fixe p> les sy/mes successifs de ,desc>tes1 de ,locke1 de ,kant et de ,fi*te1 n\s pr\ve que t\te affirmation se fonde sur la foi de l'esprit en lui-mme4 ,on n'e/ pas en droit de d\t] de la raison sans d\t] du tmoignage des s5s et de t\te vrit quelconque1 scepticisme irrfutable1 mais impossible4--,n\s croyons donc la raison et p> consqu5t la ralit de l'absolu4--,n\s tudi]ons le dveloppem5t de l'ide de l'absolu dans l'hi/oire4 ,messieurs1 ,la morale n'e/ pas une sci5ce indp5dante1 p>ce qu'il n'y a qu'une sci5ce1 du tronc de laquelle t\tes les bran*es doiv5t p>tir3 c'e/ la sci5ce de l'unit1 la philosophie premire2 mais il y a quelque *ose de primitif dans la morale1 et la philosophie premire ne saurait se dvelopp] dans une direction c]ta9e sans t5ir compte de cet lm5t moral primitif4 ,qu& la plante a p>c\ru t\tes les phases de son dveloppem5t1 la sem5ce se retr\ve dans le fruit mr4 ,la volont morale *]*e se compr5dre af9 de se ralis]1 et p\r arriv] cette intellig5ce d'elle-mme1 elle produit la sci5ce univ]selle1 qui1 dans son comm5cem5t1 dans son c\rs et dans son t]me1 e/ l'oeuvre de la volont4 ,la "p de l'lm5t moral la re*]*e du pr9cipe e/ une initiative s\v]a9e4 ,la consci5ce *oisit le sy/me qui peut seul rpondre ses beso9s4 ,n\s ne m>*ons donc pas l'av5ture1 n\s *]*ons ce que n\s v\lons4 ,la philosophie de la lib]t comm5ce p> un acte libre4 ,cep5dant1 ,messieurs1 p>ce que le b e/ m>qu d'avance1 il ne faudrait pas s'imag9] qu'il soit atte9t et que n\s n'ayons plus ri5 faire4 ,notre mtaphysique n'e/ pas a*eve1 disons mieux1 elle n'e/ pas mme comm5ce1 quoique n\s en connaissions le b1 qui e/ la lib]t de ,dieu4 ,p\r notre consci5ce1 p\r notre coeur1 la lib]t de ,dieu e/ c]ta9e1 mais n\s ne savons pas comm5t elle e/ possible4 ,c'e/ l ce qu'il s'agit de faire voir1 c'e/--dire qu'il n\s faut dt]m9] a-priori1 spculativem5t1 l'ide d'absolue lib]t dont n\s avons tabli la valeur relle p> un raisonnem5t a po/]iori1 en p>tant de notre consci5ce p]sonnelle4 ,n\s croyons bon droit la lib]t de ,dieu2 il faut *]*] la compr5dre1 il faut voir t\t au mo9s s'il e/ possible de la compr5dre1 et p\r cela il faut essay]4 ,il n'y a ri5 eu de spculatif jusqu'ici dans nos raisonnem5ts4 ,en pr\vant la lib]t de ,dieu p> la ntre1 et celle-ci p> le s5tim5t du devoir1 n\s n'avons fait qu'affirm] des attributs connus d'avance1 de sujets donns galem5t1 sans acqurir p> l aucune intuition ni des uns ni des autres4 ,la philosophie spculative1 au contraire1 se fonde sur l'intuition de son objet et produit elle-mme dans son c\rs les ides qu'elle emploie4 ,c'e/ la gr&e faute de ,desc>tes d'avoir rapport aux jugem5ts seuls son d\te rgnrateur en en exceptant les ides1 comme si les ides tai5t tombes du ciel et ne prov5ai5t pas elles-mmes du jugem5t4 ,il e/ immdiatem5t vid5t p\r la raison1 n\s l'avons dj rem>qu1 qu'il exi/e un tre absolu1 un tre qui conti5t en lui-mme t\tes les conditions de son exi/5ce4 ,n\s *]*]ons pr\v] spculativem5t que l'tre absolu e/ libre1 en d'autres t]mes que l'ide d'tre absolu1 att5tivem5t considre1 se tr\ve r5f]m] en elle la notion de lib]t1 ou que1 p\r concevoir comm5t l'tre peut avoir en lui-mme t\tes les conditions de son exi/5ce1 il faut concevoir sa lib]t4 ,n\s *]*ons donc fond] la lib]t de ,dieu sur une ncessit dialectique4 ,ce desse9 p>at contraire ce que n\s avancions t\t l'heure1 que la prfr5ce donne au sy/me de la lib]t e/ l'effet d'un libre *oix2 n\s p>vi5drons1 je l'espre1 lev] cette difficult4 ,t\te dmon/ration repose sur l'vid5ce1 c'e/--dire sur la ncessit de la p5se2 il e/ impossible que la philosophie1 dans son c\rs1 ne fasse pas appel cette ncessit2 mais l'vid5ce dont il s'agit n'e/ pas immdiate1 sans cela t\t le monde s]ait d'accord sur le pr9cipe des *oses1 et la philosophie n'exig]ait aucun travail de l'esprit4 ,lorsque les int]mdiaires conv5ables sont dc\v]ts1 alors nat l'vid5ce2 mais1 p\r les obt5ir1 il faut les *]*]4 ,si1 ds l'orig9e1 n\s ne v\lions pas une philosophie de lib]t1 n\s n'arriv]ions po9t la dmon/ration qui n\s la donne4 ,t\s les sy/mes1 ,messieurs1 sont fonds sur l'vid5ce2 la "q e/ de savoir d'o ils p>t5t et s'ils p\ss5t la p5se jusqu'au b\t4 ,eh bi56 la volont int]vi5t dans le *oix du po9t de d"p1 et la =ce qui fait m>*] la p5se ou qui l'arrte1 c'e/ encore la volont4 ,la m?ode que n\s n\s proposons de suivre e/ lgitime au mme titre que notre po9t de d"p4 ,c'e/ p> l'vid5ce intrieure que n\s comptons procd] en analysant l'ide de l'tre inconditionnel4 ,c'e/ sur l'autorit de l'vid5ce intrieure que n\s affirmons la ralit d'un tel tre4 ,on p\rrait n\s conte/] la fois notre m?ode et notre po9t de d"p4 ,j'accorde1 n\s dira-t-on peut-tre1 que la raison se reprs5te ncessairem5t une cause premire exi/ant p> elle-mme1 et qu'en creusant cette ide1 elle la dveloppe et la dt]m9e de plus en plus2 mais cette soi-disant cause des *oses1 n'e/-ce pas la cause des reprs5tations8 cet tre que votre raison ap]oit1 n'e/-ce pas votre raison elle-mme qui se contemple comme en un miroir sans reconnatre son image8 ,en un mot1 la raison n'e/-elle pas la dupe d'une illusion8 ,les *oses que n\s concevons ncessairem5t sont-elles vraies p> cela mme8 ,ces que/ions exprim5t s\s une =me p>ticulire l'objection du scepticisme1 puisque ce qui e/ mis en d\te1 c'e/ que l'vid5ce rationelle soit une preuve de la vrit4 ,n\s rpondrons au scepticisme ds l'entre1 af9 de n'y plus rev5ir1 mais n\s le f]ons brivem5t4 ,il me t>de1 ,messieurs1 de sortir de ces l&es si s\v5t p>c\rues et de v\s conduire dans la moisson4 ,la ?orie de la connaissance e/ un des problmes philosophiques sur lesquels les ef=ts de la p5se mod]ne se sont plus p>ticulirem5t conc5trs4 ,ces ef=ts n'ont pas t t\t fait /riles4 ,si la solution n'e/ pas encore complte1 les gr&es lignes en sont p\rtant arrtes4 ,n\s laiss]ons donc p>l] l'hi/oire4 ,la "q de la ralit de nos connaissances1 ou1 comme on dit1 de leur valeur objective1 a p>c\ru depuis ,desc>tes jusqu' n\s une srie de rvolutions que l'on reprs5t]ait assez bi5 p> une ligne circulaire4 ,desc>tes et ,sp9osa1 les pres de notre philosophie1 ne mettai5t po9t en d\te que ce que n\s concevons ncessairem5t ne soit vrai4 ,ils faisai5t de l'vid5ce intellectuelle le critre de la vrit4 ,desc>tes =tifiait aprs c\p ce critre p> la rflexion que ,dieu1 l'tre p>fait1 e/ ncessairem5t vridique1 et qu'il ne saurait ds lors n\s avoir suggr des ides p\r n\s tromp]2 mais comme l'vid5ce intellectuelle e/ la seule autorit qui g>antisse au philosophe ,desc>tes l'exi/5ce de ,dieu1 il e/ clair que1 ds le comm5cem5t1 avant de s'tre dem& s'il y a un ,dieu1 ,desc>tes croit f]mem5t et df9itivem5t la valeur de l'vid5ce intellectuelle4 ,aussi n'invoque-t-il gure la vracit de ,dieu que p\r confirm] le tmoignage des s5s#g4 ,malebran*e et ,sp9osa n'e/im5t pas plus que lui qu'il soit beso9 d'une re*]*e prlim9aire p\r s'assur] que la ,raison a raison dans ses jugem5ts4 ,note #g3 ,n\s n\s atta*ons ici l'en*anem5t rel du sy/me c>tsi5 sans n\s arrt] aux explications peu concordantes et emb>rasses suite de la page prcd5te3 de l'auteur sur les rapports des deux critres4 ,ces explications ont t =t bi5 rsumes et =t bi5 juges p> ,m4 ,damiron3 ,essai sur l'hi/oire de la philosophie en ,france au ,x,v,i,ime sicle4 ,tome ,i]1 p4 #aca-ade4 ,le ,x,v,i,i,ime sicle reprit avec beauc\p d'app>eil la "q de l'orig9e de nos ides1 ce qui conduisit naturellem5t la p5se s'int]rog] sur leur valeur et sur leur autorit4 ,la philosophie du ,x,v,i,i,ime sicle avait une t5dance dcide1 et qui se prononce de plus en plus1 faire v5ir t\tes nos ides du dehors1 en d'autres t]mes considr] l'intellig5ce comme un rsultat et un phnomne1 non comme une cause et comme un pr9cipe rel4 ,kant comm5a une raction n]gique contre cette philosophie1 il r5dit les esprits att5tifs au c>actre de ncessit inhr5t c]ta9es ides dont n\s ne p\vons dcidm5t pas faire ab/raction1 et il dmontra facilem5t que les ides empre9tes de cette ncessit1 les ides que n\s ne p\vons pas ne pas avoir1 ne saurai5t v5ir du dehors4 ,nos ides ncessaires1 dit ,kant1 vi5n5t videmm5t de n\s-mmes2 elles sont l'expression de notre con/itution intellectuelle1 elles sont en n\s a priori4 ,kant rtablit donc contre le ,x,v,i,i,ime sicle la c]titude de cette vrit1 qu'il exi/e des ides ncessaires a priori2 mais1 rem>quons-le bi51 il ne rtablit pas l'autorit1 la valeur objective de ces ides dans le s5s o l'admettai5t ,desc>tes et son cole avant que la "q de leur orig9e et attir si =tem5t l'att5tion4 ,au contraire1 l'op9ion de ,kant1 c'e/ que ces ides ncessaires1 v5ant de n\s-mmes1 n'ont de valeur que p\r n\s4 ,elles exprim5t notre organisation intellectuelle1 mais elles ne n\s appr5n5t ri5 sur la vrit des *oses telles qu'elles sont indp5damm5t de n\s4 ,ce sont1 dirais-je volonti]s1 des lunettes tailles et colores qui *ang5t l'aspect des objets1 mais il e/ impossible de les t] et de savoir ce que sont les objets p\r un oeil qui v]rait sans lunettes4 ,kant laisse l'esprit en face d'un objet rel indp5dant de lui1 mais dont il e/ absolum5t sp> p> les facults mmes qui sembl5t de/9es l'en rappro*]4 ,les *oses qui sont1 n\s ne les connaissons pas2 les *oses que n\s connaissons ne sont pas3 tel e/ en deux mots1 ,messieurs1 le rsultat du criticisme de ,kant4 ,le pr9cipe qui le conduit ce rsultat e/ celui de la subjectivit de nos ides a priori1 de nos ides ncessaires4 ,elles ne n\s appr5n5t pas ce que sont les *oses1 puisque ce sont des lois de notre esprit t\t fait indp5dantes des *oses4 ,cet argum5t p>aissait sans rplique4 ,les successeurs de ,kant allr5t plus lo9 encore dans la mme direction1 et croyant m>*] t\j\rs en ligne droite1 ils se tr\vr5t avoir fait le t\r du problme4 ,ils ramn5t sans s'en d\t] l'esprit son po9t de d"p1 la foi l'vid5ce1 la foi en lui-mme4 ,kant prt5dait que nos jugem5ts n'ont qu'une valeur subjective ou relative n\s4 ,mais la subjectivit attribue nos reprs5tations et nos jugem5ts1 n'a de s5s que p> le contra/e avec une ralit qu'on suppose exi/] en dehors de notre sphre4 ,du mom5t o cette opposition cesse1 du mom5t o le mot subjectif p]d son contraire et son jumeau1 l'objectif1 le mot subjectif n'a plus de s5s4 ,p\r m5] la donne de ,kant jusqu'au b\t1 il fallait dtruire le re/e d'objectivit qu'il cons]vait encore4 ,fi*te conut ce desse9 et l'excuta2 il fit voir que l'ide d'une ralit indp5dante de n\s1 d'une *ose en soi 7c'e/ le mot te*nique7 n'a elle-mme d'autre fondem5t qu'un jugem5t ncessaire1 un jugem5t a priori de l'esprit huma91 p> consqu5t un jugem5t subjectif4 ,selon ,kant1 n\s n'ap]cevons nullem5t la *ose en soi4 ,n\s supposons qu'elle exi/e p\r expliqu] ce qu'il y a de v>iable et de cont+5t dans nos reprs5tations4 ,n\s la supposons p\r tr\v] la raison suffisante des phnomnes qui se pass5t en n\s4 ,n\s la supposons en v]tu du pr9cipe de causalit4 ,mais si le pr9cipe de causalit n'a qu'une valeur subjective dans t\tes les applications que n\s p\vons en faire1 il n'y a pas d'exception p\r la *ose en soi4 ,la consqu5ce ne peut pas avoir une valeur suprieure celle du pr9cipe4 ,la *ose en soi n'e/ qu'un phnomne de l'intellig5ce4 ,hors de l'intellig5ce1 il n'y a ri5 p\r l'intellig5ce4 ,n\s ne dem&]ons plus dsormais d'o vi5t l'objet2 il n'e/ pas1 la *ose e/ pr\ve4 ,il n'exi/e ri5 que le sujet1 le moi1 l'esprit et ses reprs5tations4 ,ce que l'on peut dem&] encore1 c'e/ d'o vi5t l'esprit1 d'o vi5t le sujet1 le moi limit1 qui se s5t et se sait limit8 ,cette "q donne naissance une n\velle re*]*e philosophique trs-srieuse4 ,la sci5ce n'e/ donc pas a*eve1 mais le problme de la connaissance e/ puis4 ,t\tes les solutions ont t t5tes et l'on e/ arriv un rsultat auquel l'esprit consqu5t e/ contra9t1 bon gr1 mal gr1 de s'arrt]4 ,la ?orie de la connaissance1 telle que la sci5ce l'a faite1 e/ dcidm5t idali/e4 ,ri5 ne peut s'introduire du dehors dans l'me4 ,t\tes nos reprs5tations1 t\tes nos ides1 t\t ce que r5f]me l'intellig5ce en un mot e/ produit p> l'intellig5ce elle-mme agissant selon ses lois4 ,cette manire de voir e/ la seule compatible avec l'op9ion que l'esprit e/ une =ce pure1 immatrielle2 elle e/ la seule qui s'accorde avec un exam5 att5tif des faits4 ,il implique qu'une activit pure soit jamais passive au s5s propre du mot4 ,dans la p]ception s5sible elle-mme1 l'intellig5ce n'e/ po9t passive4 ,non-seulem5t son activit spontane e/ ncessaire p\r trans=m] la s5sation en connaissance1 mais la s5sation elle-mme rsulte de cette activit4 ,la s5sation e/ un acte de l'me et non pas un acte du monde extrieur sur l'me1 seulem5t n\s n\s s5tons contra9ts cet acte1 t&is que dans d'autres circon/ances n\s agissons librem5t4 ,il e/ ais de s'en conva9cre si l'on rfl*it que les phnomnes de la s5sation se reproduis5t s\v5t id5tiquem5t dans l'abs5ce des objets extrieurs auxquels n\s les rapportons1 p> exemple dans les rves4 ,un m9imum d'att5tion e/ requis p\r que la s5sation se produise4 ,enf91 ,messieurs1 la physiologie elle-mme con/ate cette spontanx dans l'activit des s5s4 ,disons-le donc h>dim5t1 quelle que soit la =ce du prjug contraire1 le monde de nos reprs5tations e/ notre ouvrage4 ,l'esprit n'ap]oit jamais que ses reprs5tations2 il ne sort jamais de lui-mme4 ,ces rflexions n'ont pas la porte dang]euse qu'on p\rrait leur attribu] au premi] c\p d'oeil4 ,l'idalisme en psy*ologie et l'idalisme en mtaphysique sont deux *oses absolum5t diffr5tes4 ,de ce que n\s n'ap]cevons que notre esprit et ses actes1 il ne suit pas ncessairem5t que ce soit l l'unique ralit1 ce qui e/ le sy/me de l'idalisme proprem5t dit1 de l'idalisme mtaphysique4 ,cette consqu5ce e/ possible1 mais non c]ta9e4 ,ce qu'il e/1 en un s5s1 p]mis de dire1 c'e/ que n\s ignorons s'il exi/e autre *ose que n\s et si notre irrsi/ible in/9ct ne n\s trompe po9t4 ,le scepticisme s]ait lgitime2 au po9t de vue rig\reusem5t dmon/ratif ce s]ait mme la seule conclusion lgitime2 mais n\s n'avons pas beso9 ici d'une dmon/ration rig\reuse1 n\s n'avons beso9 d'aucune dmon/ration1 la nature y a mis ordre4 ,le s5s commun n\s dit que les *oses sont hors de n\s et que n\s les voyons telles qu'elles sont2 il ne peut pas tre "q de le dm5tir3 la t*e e/ de le compr5dre et de le concili] avec la sci5ce1 qui prt5d que nos reprs5tations sont le produit de notre activit4 ,il suffit cette f9 de traduire le s5s commun en langage sci5tifique4 ,le s5s commun e/ une affirmation sans preuve4 ,il n\s dit que les rsultats de notre activit intellectuelle rgulirem5t conduite correspond5t une ralit exi/ant indp5damm5t de n\s et l'exprim5t fidlem5t4 ,il faut p\r cela que les lois de l'intellig5ce soi5t aussi les lois de la ralit hors de n\s ou de l',univ]s4 ,cette op9ion n'a ri5 de contraire la ?orie idali/e de la p]ception2 elle ne s'applique pas la connaissance du monde extrieur seulem5t1 mais t\tes nos facults et leurs produits4 ,elle e/ sans preuve1 et n\s ne saurions quelle preuve en donn]1 c> c'e/ la base de t\te espce de dmon/ration4 ,la sci5ce comm5ce donc p> une affirmation sans preuve1 c'e/--dire1 p> un acte de volont1 ou p> un acte de foi3 la foi de l'esprit en lui-mme1 la f]me assurance qu'il exi/e une vrit et que n\s sommes faits p\r l'atte9dre4 ,la volont1 v\s le voyez1 e/ la base de l'intellig5ce4 ,n\s la tr\vons au comm5cem5t de t\t4 ,mais la volont ne saurait tre contra9te4 ,si quelqu'un refuse de croire que ce qui p>at vid5t lui-mme et t\t le monde soit vrai1 il e/ impossible de lui pr\v] qu'il se trompe4 quoi s'adress]ait cette preuve1 s9on son intellig5ce1 dont il d\te8 ,le scepticisme absolu e/ donc irrfutable4 ,heureusem5t1 ,messieurs1 il e/ impossible1 ce qui en dim9ue beauc\p le dang]4 ,on peut bi5 s'imag9] un mom5t qu'on e/ sceptique1 on ne peut pas l'tre srieusem5t4 ,j'ai dit que la foi l'vid5ce e/ un acte de volont2 aj\tons que cette volont app>ti5t notre ess5ce3 on n'e/ pas homme sans l'avoir4 ,ce qui rprim]ait bi5tt nos vellxs de scepticisme1 ce qui r5d p>eillem5t l'idalisme impossible1 c'e/ la ncessit d'agir inhr5te notre nature4 ,du mom5t o n\s devons agir1 n\s croyons notre raison1 n\s croyons aussi nos s5s1 la ralit des rapports au milieu desquels n\s n\s tr\vons1 la ralit du monde4 ,n\s n'avons donc po9t sujet de cra9dre la ?orie idali/e de la connaissance4 ,elle a trait la manire dont se produit en n\s l'ide des objets et non po9t ce qu'ils sont en eux-mmes4 ,le bon s5s affirme que les *oses sont2 il e/ t\t fait incompt5t p\r dcid] comm5t n\s arrivons les connatre1 et il n'y a jamais prt5du4 ,en revan*e1 cette ?orie idali/e n\s r5d un gr& s]vice1 en faisant voir que t\te espce de c]titude repose en d]nire analyse sur l'vid5ce intrieure et sur la foi de l'homme en ses facults4 ,il n'y a po9t de facult privilgie qui puisse se pass] de cette adhsion4 ,la p]ception s5sible en a beso9 plus qu'aucune autre2 t\s les p5seurs srieux l'ont compris4 ,la foi que n\s accordons au tmoignage des s5s n'e/ ni mo9s arbitraire ni plus ncessaire que la foi au tmoignage de la raison4 ,nos p]ceptions s5sibles sont notre ouvrage1 et c'e/ p> un jugem5t de l'intellig5ce que n\s les rapportons des objets extrieurs dont n\s affirmons l'exi/5ce4 ,croire au tmoignage des s5s1 c'e/ donc croire au tmoignage de l'intellig5ce4 ,aussi1 ,messieurs1 si le scepticisme absolu e/ irrfutable1 il n'en e/ pas de mme du scepticisme p>tiel qui nie l'inf9i et n'admet de sci5ce que celle des *oses matrielles4 ,celui-ci1 la rflexion le r5v]se sans pe9e en le =ant d'tre consqu5t4 celui qui ne veut croire que ce qu'il voit1 il e/ facile de pr\v] qu'il e/ encore beauc\p trop crdule1 cela suffit4 ,a9si la ralit de l'tre absolu e/ aussi c]ta9e que la ralit du soleil qui n\s claire4 ,je me trompe1 ,messieurs1 elle e/ beauc\p plus c]ta9e4 ,j'affirme l'un et l'autre sur l'autorit de ma p5se1 en v]tu du mme pr9cipe2 le second comme cause des phnomnes accid5tels de *aleur et de lumire qui se produis5t en moi1 le premi] comme cause ncessaire de t\te exi/5ce4 ,je puis faire ab/raction des objets de l'expri5ce s5sible1 je puis suppos] qu'ils n'exi/5t pas2 mais je ne puis pas suppos] que l'absolu ne soit pas4 ,les tres p>ticuli]s sont unis ma raison p> un li5 accid5tel1 l'absolu p> un li5 ncessaire4 ,les preuves de l'exi/5ce de ,dieu n'ont d'autre utilit que de mettre en relief1 de r5dre s5sible cette ncessit2 c> si elle n'exi/ait pas1 s'il fallait rellem5t pr\v] ,dieu1 n\s n'y russirions jamais4 ,voici donc notre rponse ceux qui mett5t en d\te l'exi/5ce d'un pr9cipe absolu3 ,d\t] de l'absolu1 c'e/ d\t] de votre raison2 mais si v\s d\tez de votre raison dans ses applications les plus leves1 v\s devez en d\t] galem5t dans ses applications les plus ord9aires2 v\s devez d\t] galem5t de l'expri5ce1 v\s devez d\t] de t\t2 faites-le si v\s p\vez2 quant n\s1 n\s passons outre4 ,la "q n'e/ pas de savoir s'il y a un pr9cipe absolu1 mais ce qu'il e/4 ,la philosophie rgressive en *]*e l'ide1 la philosophie progressive applique cette ide la solution des problmes de la nature1 de l'hi/oire et du coeur huma94 ,t\s les sy/mes ont une p>tie progressive plus ou mo9s dveloppe1 c> il faut bi5 qu'ils essai5t de r5dre compte de l'expri5ce2 ils ne sont faits que p\r cela4 ,mais il e/ clair que la t5tative de rs\dre les que/ions concrtes au moy5 d'un pr9cipe faux1 ne saurait russir4 ,la philosophie progressive e/ donc la contre-preuve de la rgressive1 et les sy/mes imp>faits dont l'hi/oire n\s (fre une longue srie ne cons]v5t de valeur que dans leur p>tie analytique4 ,ce sont les *elons p> lesquels l'esprit huma9 s'lve l5tem5t la conception du pr9cipe univ]sel2 il faut leur dem&] les lm5ts de cette p5se et non l'explication des phnomnes4 ,le livre du monde e/ dploy devant n\s1 mais les pages en sont c\v]tes de c>actres my/rieux4 ,il faut att5dre p\r le lire que le *iffre soit tr\v4 ,les esprits frivoles ne voi5t dans l'hi/oire de la philosophie qu'un in=me *aos d'op9ions contradictoires sur des *oses que l'homme ne peut pas savoir4 ,une cole de littrateurs indiffr5ts y admire le ret\r priodique des mmes contra/es1 qu'elle essaie de fondre dans une nuance indcise4 ,lorsqu'on l'tudie avec un esprit conva9cu1 on y tr\ve un con/ant progrs4 ,ce progrs1 il n\s importe1 ,messieurs1 de le con/at]4 ,t\t sy/me de philosophie doit comm5c] p> le comm5cem5t et ne relev] que de lui-mme4 ,cep5dant s'il y a une philosophie1 c'e/ qu'il y a des lois gnrales4 ,le dveloppem5t de la p5se huma9e e/ s\mis lui-mme des lois que la philosophie doit compr5dre4 ,un sy/me n\veau doit expliqu] ceux qui l'ont prcd et se mettre lui-mme en rgle avec eux4 ,il doit savoir quelle place il occupe1 quel beso9 de l'esprit il prt5d satisfaire1 et quelle e/ la s\rce de ce beso94 ,il doit prs5t]1 s9on ses lettres de noblesse1 du mo9s son acte d'orig9e rguli]4 ,p\r se faire accueillir1 il doit pr\v] qu'il fait faire un pas la p5se gnrale de son sicle1 qu'il rs\t la difficult devant laquelle ses devanci]s se sont arrts1 qu'il donne la rponse la "q demeure susp5due4 cet effet1 il importe d'tablir d'abord o l'on en e/4 ,n\s consacr]ons quelques sances relev] les comptes de la philosophie1 dont les sy/mes pr9cipaux v\s sont famili]s4 ,n\s ne les expos]ons po9t1 mais n\s n\s ef=c]ons de saisir dans son intimit la p5se qui les a produits4 ,n\s en gr\p]ons les traits pr9cipaux1 af9 de voir comm5t l'ide de l'absolu s'e/ l5tem5t labore durant le c\rs des ges1 et comm5t n\s sommes conduits p> le c\rant de la p5se spculative concevoir auj\rd'hui l'absolue lib]t4 ,les limites troites dans lesquelles n\s sommes obligs de n\s r5f]m] r5d5t cette tude difficile4 ,je n'invite m'y suivre que ceux d'entre v\s qui s'y tr\v5t prp>s2 elle n'e/ pas rig\reusem5t indisp5sable l'intellig5ce de mon po9t de vue4 ,si je l'essaie1 c'e/ mo9s p\r faire ent5dre mes ides que p\r en tablir en quelque sorte la lgitimit4 ,je s5s le beso91 ,messieurs1 de faire voir qu'elles n'ont ri5 d'arbitraire et que l'hi/oire de la sci5ce n\s amne pos] le problme de la mme faon que n\s l'avons dj fait en rfl*issant sa nature t]nelle4 ,,re*]*e ,,du ,,pr9cipe ,,absolu4 ,,quatri,,me ,,le,,on4 ,fonction de la philosophie dans l'humanit4 ,son rapport avec la religion4 ,philosophie anci5ne4 ,philosophie mod]ne1 d\ble c\rant dans celle-ci4 ,c\p d'oeil sur la philosophie grecque4 ,ioni5s1 ,py?agorici5s1 ,elates3 ces d]ni]s pos5t le problme3 l'absolu2 re/e le compr5dre4 ,sophi/es1 premi] scepticisme4 ,socrate le surmonte p> un appel la consci5ce morale4--,platon rsume la philosophie antrieure4 ,lacune au sommet4 ,il arrive l'unit de ,p>mnide et rep>t du ,dieu de ,socrate4--,p> son pr9cipe3 l'acte pur ou la pure p5se1 ,ari/ote explique l'ordre du monde1 mais non son orig9e4 ,il ne s'lve pas au-dessus du dualisme4--,les ,noplatonici5s comb95t ,platon et ,ari/ote4 ,ils expliqu5t l'orig9e du monde p> l'manatisme qui a l'idalisme sa base1 mais qui r5f]me une contradiction4 ,importance univ]selle du noplatonisme4--,philosophie *rti5ne4 ,les ,pres de l'glise =mul5t le dogme l'aide de la philosophie anci5ne4 ,la scola/ique l'accepte et le dmontre4 ,oppositions dans la scola/ique4 ,la scola/ique pure pose la di/9ction entre les vrits dmontrables et les vrits indmontrables1 et p> l ouvre la porte au rationalisme4 ,preuves de l'exi/5ce de ,dieu4 ,messieurs1 ,si n\s croyons saisir une loi progressive dans l'hi/oire de la p5se huma9e1 n\s n'ent5dons pas ce progrs comme le pan?isme idali/e1 p\r lequel la philosophie e/ la ralisation de l'esprit absolu4 ,l'intellig5ce n'e/ nos yeux que la rflexion de la volont sur elle-mme4 ,cette rflexion suppose un premi] ex]cice1 un premi] dploiem5t1 une premire dt]m9ation de la volont qui donne l'tre tant enti] son c>actre et fixe la nature de l'intellig5ce4 ,puis la volont huma9e n'e/ pas son propre pr9cipe1 elle n'e/ pas le pr9cipe de l'tre1 elle se dploie dans des conditions qu'elle n'a pas produites et dont il ne dp5d pas d'elle de s'affran*ir4 ,de l rsulte p\r l'intellig5ce une limitation n\velle1 dont elle ne saurait se r5dre compte aussi longtemps qu'elle y e/ s\mise1 mais qu'elle peut reconnatre plus t>d1 lorsque les circon/ances ont *ang4 ,la philosophie e/ un ef=t de l'esprit huma9 p\r se compr5dre lui-mme2 il ne peut se compr5dre que tel qu'il e/4 ,la philosophie d'une poque rpond la condition gnrale de l'humanit durant cette poque2 elle rpond ce qui fait la ralit de la vie1 c'e/--dire au rapport qui n\s unit au pr9cipe de t\tes *oses et qui se traduit d'abord p> la religion4 ,la doctr9e de la ncessit plane sur les religions antiques1 p>ce que l',humanit s'e/ ass]vie un j\g fatal2 aussi ne voyons-n\s pas que la philosophie anci5ne se soit rellem5t leve au-dessus de l'ide de la ncessit4 ,la lib]t de ,dieu y app>at un in/ant1 mais on ne sait d'o elle vi5t1 elle n'e/ po9t ju/ifie et contr$it t\t le re/e4 ,la condition de la philosophie *rti5ne e/ diffr5te4 ,le rapport ess5tiel entre l'homme et ,dieu1 la sub/ance mme de l'humanit e/ *ange p> les faits qui ont con/itu le *ri/ianisme2 l'homme e/ r5du la lib]t2 aussi peut-il s'lev] dsormais la conception de la lib]t4 ,mais ce *angem5t1 univ]sel en quelque s5s1 ne s'accomplit p\rtant que *ez ceux qui le veul5t4 ,p> l'effet du *ri/ianisme1 il se =me p\r a9si dire deux humanits2 ds lors aussi deux sci5ces1 deux philosophies1 dont les c\rants se press5t dans le mme lit sans confondre leurs flots4 ,di/9ctes1 et cep5dant entrelaces1 indisp5sables l'une l'autre1 l'une e/ la philosophie *rti5ne1 l'autre reproduit et cont9ue la philosophie anci5ne1 qu'elle oppose au pr9cipe n\veau dans un esprit d'ho/ilit t\j\rs plus prononce1 t\t en le s]vant p> cette opposition mme4 ,n\s di/+uons ces deux philosophies1 n\s ne p\vons pas les sp>]4 ,le b de ces tudes n\s conduit1 ,messieurs1 n\s atta*] ess5tiellem5t la philosophie mod]ne1 p>tir du mom5t o elle s'e/ con/itue comme sci5ce indp5dante4 ,n\s rappell]ons en quelques mots les priodes antrieures1 p\r facilit] p> ce rappro*em5t l'intellig5ce de la d]nire4 ,laissant de ct les doctr9es ori5tales1 dont l'influ5ce sur l'esprit mod]ne e/ relle sans d\te1 mais difficile nettem5t apprci]1 jetons d'abord un c\p d'oeil sur la ,grce4 ,l'cole d',ionie ne conut pas le problme de la sci5ce dans t\te sa gnralit4 ,elle *]*e le pr9cipe du monde physique1 et croit le tr\v] d'abord dans quelque *ose d'analogue aux phnomnes dont elle doit r5dre compte4 ,elle explique l'ensemble des faits s5sibles p> un fait du mme ordre4 ,ses pr9cipes sont des sub/ances ou des =ces physiques3 l'eau1 l'air1 le feu1 l'attraction1 la rpulsion4 ,les ,py?agorici5s *]*5t aussi la cause des phnomnes1 non plus du monde physique seulem5t1 mais aussi du monde moral4 ,leur p5se e/ assez mre p\r compr5dre que les vrais pr9cipes des phnomnes ne peuv5t pas app>t5ir eux-mmes l'ordre phnomnal2 aussi ne les *]*5t-ils po9t p>mi les *oses corporelles ou dans les affections morales1 mais dans le pur lm5t de la =me et de la p5se1 qui semble app>t5ir galem5t t\tes les sphres de la ralit4 ,ce ne sont plus l'air et le feu1 l'am\r et la ha9e1 c'e/ l'impair et le pair3 la monade1 pr9cipe de l'unit1 de la conc5tration1 de la =me et de la p5se2 la dyade1 pr9cipe de la pluralit1 de l'expansion et de la matire4 ,l'cole d'le eut la gloire de plac] la philosophie dans son c5tre1 en lui assignant p\r t*e le dveloppem5t de l'ide de l'inf9i4 ,l'inf9i exi/e3 ce mot e/ le drapeau des lates2 c'e/ aussi1 ,messieurs1 peu prs t\t leur sy/me4 ,la philosophie des lates a p\r objet le dploiem5t d'une seule ide4 ,cette ide1 ils ne la saisiss5t pas1 puisque l'inf9i1 tel qu'ils le compr5n5t1 e/ incompatible avec l'exi/5ce du monde2 lorsqu'il s'agit d'expliqu] le monde1 ,p>mnide e/ oblig de rec\rir d'autres pr9cipes4 ,le s5sualisme ioni51 en laissant la vrit sans critre c]ta91 la spculation d'le1 en niant les phnomnes1 favorisr5t le dveloppem5t d'un scepticisme dont les consqu5ces immorales blessr5t le noble coeur de ,socrate4 ,socrate affirme qu'il y a une vrit1 p>ce qu'il y a une v]tu4 ,il l'affirme et il le pr\ve6 ,se fondant sur les beso9s les plus levs de l'me1 il p>le ses amis de l'immortalit1 d'un ,dieu p]sonnel et libre1 sans rs\dre les difficults que ces gr&es ides (fr5t la raison4 ,anim de la foi de ,socrate1 *]*ant ralis] son programme en l'l>gissant1 ,platon s'lve1 mais l5tem5t et comme en frmissant1 sur le *em9 fray p> les ,py?agorici5s1 v]s l',unit de ,p>mnide4 ,le c>actre de sa philosophie se rvle dans la plus haute de ses ides3 celle du ,bi5 suprieur t\te intellig5ce1 suprieur l'tre4 ,platon a d'excell5tes raisons p\r mettre le dveloppem5t complet de cette mtaphysique dans la b\*e de ,p>mnide4 ,le ,dieu de ,p>mnide e/ bi5 celui auquel conduit rgulirem5t la dialectique platonici5ne4 ,cette ide app>at di/9ctem5t dans plusieurs dialogues et dans les plus importants4 ,de cette cime esc>pe et ds]te1 il e/ impossible de r$esc5dre aux *oses p>ticulires4 ,aussi ,platon comm5ce-t-il r$esc5dre en p>tant d'un po9t mo9s lev4 ,qu& il veut expliqu] la ralit1 il ne la dduit pas du pr9cipe premi]1 mais plutt des int]mdiaires1 qu'il a dc\v]ts en s'levant des faits au pr9cipe4 ,dans ces int]mdiaires1 qu'il appelle les ,ides1 il voit les puissances relles du monde intelligible et1 jusqu' un c]ta9 po9t1 de notre monde1 quoiqu'on ne s'explique pas bi5 en quoi consi/e cette p>ticipation des *oses t]re/res aux ,ides qui fait des *oses ce qu'elles sont et j\e un si gr& rle dans l'conomie du sy/me platonici54 ,les ,ides ess5tielles sont le pr9cipe de l'id5tit ou de la ralit gnrale1 et le pr9cipe de la diffr5ce ou de la privation3 le mme et l'autre2 on tr\ve en elles une ressemblance un peu quivoque1 indcise en t\t cas1 avec la monade et la dyade py?agorici5nes1 auxquelles ,platon rec\rt ailleurs4 ,celles-ci1 nommes galem5t l'illimit et le limit1 lui f\rniss5t les explications les plus pr(ondes des phnomnes4 ,enf91 ,messieurs1 dans le clbre dialogue o ,platon se propose expressm5t de dire comm5t t\tes *oses procd5t du premi] pr9cipe1 il ne place po9t au comm5cem5t l',unit de ,p>mnide1 mais un ,dieu que sa dialectique ne lui a pas f\rni1 un ,dieu que sa dialectique ne lui p]mettrait pas de considr] comme le pr9cipe premi]1 un ,dieu qui rfl*it et qui dlibre1 un ,dieu qui agit et qui se meut1 le ,dieu de ,socrate1 un ,grec dmirgos1 excell5t ordonnateur d'une matire prexi/ante4 ,platon retombe donc1 comme son matre ,p>mnide1 dans un dualisme que ses matres py?agorici5s n'avai5t pas surmont non plus1 malgr leur s9cre ef=t4 ,platon n'explique pas1 comme l'ont essay les noplatonici5s1 ses trs-libres int]prtes1 le rapport entre ce dmiurge et l'unit absolue2 non3 il sub/itue purem5t et simplem5t le dmiurge l'ineffable unit4 ,il y a donc une lacune1 une gr&e lacune1 ,messieurs1 entre la mtaphysique platonici5ne et le rcit de la cration cont5u dans le ,time4 ,ce rcit exprime peut-tre1 dans ses gr&s traits du mo9s1 les convictions p]sonnelles de ,platon1 mais il ne fait pas corps avec sa philosophie4 ,il faut en conv5ir1 bi5 qu'il en cote1 ,platon n'a pas pu s'avanc] jusqu' la philosophie progressive2--p\rquoi8 p>ce que son travail rgressif tait insuffisant4 ,il v\lait arriv] ,dieu1 il le *]*ait1 il ne l'a pas tr\v1 du mo9s sur le *em9 de la p5se4 ,les deux moitis de la doctr9e platonici5ne ne contra/5t pas mo9s p> la =me que p> le fond4 ,la =me de la premire e/ la pure analyse des notions univ]selles1 la dialectique la plus ab/raite et la plus svre4 ,la =me de la seconde e/ le my!2 c'tait la seule possible4 ,cette diffr5ce fait vivem5t ressortir *ez ,platon l'opposition des deux discipl9es1 la re*]*e du pr9cipe et l'explication des faits4 ,*ez ,ari/ote1 au contraire1 cette di/9ction t5d s'effac]4 ,ari/ote comm5ce p> analys] les conditions d'exi/5ce d'un tre p>ticuli] et s'lve graduellem5t la conception de l'tre p>fait1 qui possde en lui-mme t\tes les conditions de l'exi/5ce4 ,cet tre1 il le conoit comme la =me pure et sans matire1 comme l'activit pure ou l'acte pur4 ,c'e/ une p5se qui n'a d'autre sub/ance et d'autre objet qu'elle-mme4 ,la p5se qui se contemple elle-mme3 tel e/ le ,dieu d',ari/ote4 ,mais les tres p>ticuli]s1 p\r qui le pr9ce des naturali/es n'a po9t les dda9s de l'cole italique1 comm5t naiss5t-ils de cette pure consci5ce de soi8 voil ce qu',ari/ote ne se met pas mme en devoir d'expliqu]4 ,il essaie bi5 de faire compr5dre les rapports que les tres p>ticuli]s1 une fois poss dans leur hir>*ie1 s\ti5n5t avec l'intellig5ce absolue4 ,il n\s montre en ,dieu le p>fait rgulateur de l'univ]s4 ,le ,dieu d',ari/ote g\v]ne le monde sans le connatre1 sans y t\*]1 p>ce qu'il e/ l'enti] accomplissem5t de l'tre2 a9si t\t tre imp>fait1 t5dant sa ralisation la plus complte1 aspire naturellem5t lui4 ,les *oses tant donnes1 la philosophie d',ari/ote explique leur cons]vation et leur h>monie4 ,l'ordre de l'univ]s e/ le mme que celui de sa philosophie1 t\t conv]ge v]s le pr9cipe dans l'univ]s comme dans ses livres4 ,mais le problme des orig9es re/e dans l'ombre1 et si n\s *]*ons c>t] le voile qui le c\vre1 c'e/ encore le dualisme que n\s ap]cevons d]rire4 ,ari/ote p5sait tr\v] sans d\te la raison d'tre du monde dans l'opposition primitive de l'tre p>fait et de l'tre en puissance2 mais on ne voit po9t comm5t l'tre en puissance1 le sujet des dveloppem5ts1 la matire1 p\rrait procd] de l'tre p>fait4 ,le ,dieu d',ari/ote ne fait pas compr5dre l'exi/5ce du f9i4 ,le pripattisme ne donne aucune rponse la premire "q que se pose l'esprit lorsqu'il se met en qute d'un sy/me3 quel e/ le pr9cipe de l'tre8 ,dans ce s5s1 le pripattisme n'e/ pas un sy/me1 et c'e/ peut-tre p\r cela qu'il a pu subsi/] si longtemps en bonne h>monie avec la ?ologie *rti5ne4 ,comme la "q de la cration n'e/ pas t\*e dans ,ari/ote1 on fut longtemps sans p>atre s'ap]cevoir que le ,dieu d',ari/ote n'e/ pas un ,dieu crateur4 ,cep5dant la sci5ce m>*e4 ,l'ide de l'tre inconditionnel se dt]m9e peu peu1 les p]tes app>5tes qu'elle subit sont comp5ses p> des progrs suprieurs4 ,dieu n'e/ plus1 comme *ez ,platon1 le foy] des oppositions1 la s\rce des ides2 il a rompu t\t li5 avec la pluralit2 en revan*e1 il a acquis la consci5ce de soi-mme1 qui e/ ici clairem5t comprise et =mellem5t enseigne4 ,t\t en cons]vant avec so9 cette prcieuse conqute1 ,plot9 lui r5dra sa fcondit et complt]a la notion de l'intellig5ce4 ,le noplatonisme1 auquel n\s passons1 ,messieurs1 sans n\s arrt] aux sy/mes d'picure et de ,znon1 qui n'ont pas de mtaphysique orig9ale1 le noplatonisme1 lui1 pose fran*em5t la "q de l'orig9e des *oses4 ,il la rs\t p> l'manation4 ,les puissances infrieures et les *oses p>ticulires dc\l5t du pr9cipe suprme p> manation1 c'e/--dire p> l'effet d'une production ncessaire1 t]nelle4 ,il app>ti5t l'ess5ce de l'tre rel de produire son semblable2 sa vie se passe produire son semblable1 ou plutt la ralit de son tre consi/e en cela1 c> l'tre c'e/ l'activit2 tre c'e/ agir1 c'e/ produire4 ,l'tre premi] produit donc un tre semblable lui4 ,j'ai dit semblable et non id5tique4 ,ils sont pr(ondm5t di/+us p> cela seul que le second a une cause1 t&is qu'il n'y a ri5 avant le premi]4 ,il ne peut y avoir qu'un seul t]me absolum5t p>fait1 le second dj ne l'e/ plus2 or1 comme tre c'e/ produire1 la production du second e/ mo9s p>faite1 il se ralise mo9s compltem5t dans son image1 en sorte que le troisime t]me diffre plus du second que le second ne diffre du premi]2 la di/ance qui sp>e les *elons gr&it t\j\rs4 ,a9si de l'unit absolum5t simple1 incomprh5sible1 procde un pr9cipe mo9s pur1 o n\s tr\vons dj la dualit du sujet et de l'objet1 du savoir et de l'tre1 sans laquelle il n'y a pas d'intellig5ce possible4 ,de l'intellig5ce absolue nat son t\r le pr9cipe du m\vem5t1 de la vie et de la volont1 c'e/ l'me div9e1 le crateur4 ,de l'me univ]selle vi5t enf9 le monde1 c'e/--dire la hir>*ie des esprits du monde1 jusqu' ce qu'on arrive un pr9cipe trop imp>fait1 trop dp\ill p\r p\voir produire encore une image de lui-mme4 ,cet tre in]te et priv de l'tre1 c'e/ la matire4 ,si l'on dem&ait aux noplatonici5s p> quelle voie ils obti5n5t leur unit absolue et leur pr9cipe d'manation1 ils rpondrai5t que c'e/ un my/re1 un miracle1 un suprme lan de l'me contemplative qui s'lve l'en?\siasme p> la prire et s'unit immdiatem5t ,dieu dans l'extase4 ,n\s ne les contr$irons po9t1 mais n\s rappell]ons avec l'excell5t hi/ori5 de l'cole d',alex&rie1 ,m4 ,jules ,simon1 que l'unit absolue de ,plot91 le simple1 le ,dieu suprieur l'tre1 n'e/ autre *ose que l'tre des lates et le ,bi5 de la dialectique platonici5ne1 t&is que le second degr1 la seconde hypo/ase de la div9it1 l'intellig5ce1 reproduit le ,dieu d',ari/ote enri*i p> la doctr9e platonici5ne du monde idal4 ,enf91 dans l'me univ]selle1 n\s retr\vons le ,dieu des my!s1 le ,dieu du ,time4 ,le pr9cipe du m\vem5t progressif1 l'ide d'manation ou de production ncessaire1 se tr\ve galem5t en g]me dans la philosophie antrieure1 qui avait ap]u et proclam que l'activit e/ l'ess5ce de l'tre4 ,le noplatonisme a donc mis pr(it t\tes les conceptions prcd5tes1 qu'il s'e/ ef=c de concili]4 ,il l'a fait avec une extrme gr&eur4 ,rsumant l',ori5t et la ,grce1 la p5se antique t\t entire1 il pse d'un poids imm5se sur la philosophie mod]ne4 ,traduit p> l'arianisme en langage *rti51 il a failli b\lev]s] le dogme2 puis1 s'infiltrant p> de secrets canaux dans la p5se de sa9t ,augu/91 dont il =me la logique et la m?ode1 il circule comme une sve amre dans t\te la ?ologie sci5tifique du moy5 ge1 dont la ntre n'e/ qu'un dbris4 ,il a brill d'un n\vel clat aux temps fconds de la ,r5aissance2 il vit encore dans la philosophie contempora9e et jusque *ez ceux qui s'en d\t5t le mo9s4 ,la sup]/ition noplatonici5ne de ,leibnitz1 de ,hegel et de leurs disciples e/ l'un des pr9cipaux ob/acles l'avnem5t de la philosophie que n\s *]*ons1 bi5 qu' c]ta9s g>ds le noplatonisme l'ait peut-tre s]vie4 ,p]mettez-moi de conc5tr] mes objections ess5tielles contre lui en un mot1 que je livre vos rflexions3 ,une tude att5tive de l'ide d'manation fait voir qu'elle conduit l'idalisme1 qu'il faut bi5 di/+u] du spiritualisme vritable4 ,si t\te activit e/ idale1 les produits ne peuv5t tre que des images1 savoir3 des images du pr9cipe actif4 ,les tres drivs s]ai5t des ombres1 des ombres d'ombres1 et a9si de suite4 ,t\te cration s]ait ncessaire1 et l'activit cratrice se confondrait avec celle de la consci5ce4 ,mais le pr9cipe de l'idalisme e/ gratuit4 ,n\s p\vons admettre1 comme n\s le faisons1 qu'tre soit agir1 qu'agir soit produire1 sans arriv] encore l'image4 ,l'acte con/itutif de l'tre n'e/ pas la production d'une image1 c'e/ la production de soi-mme4 ,puis1 mme en accordant que l'tre n'exi/e qu'en crant incessamm5t un produit di/9ct de lui-mme1 n\s n'arrivons po9t encore la hir>*ie des manations4 ,l'explication noplatonici5ne du monde repose sur l'axiome que l'image e/ infrieure son modle1 l'oeuvre l'ouvri]4 ,eh bi51 cette proposition subrepticem5t introduite e/ une manife/e contradiction4 ,s'il e/ vrai qu'tre signifie3 produire son image1 la p]fection de l'tre rside dans la production p>faite2 l'image de l'tre p>fait e/ une p>faite image1 c'e/--dire1 une image gale au modle1 ce qui n\s conduit non po9t la srie dcroissante des manations de ,plot91 mais la tr9it d',a?anase4 ,l'lm5t vrai peut-tre1 de la p5se manationi/e ne conti5t pas l'explication des *oses f9ies2 il laisse subsi/] t\t enti] le problme de la cration2 il n'efface pas le c>actre accid5tel du monde2 il n'exclut pas la solution *rti5ne1 la lib]t1 que les ,grecs ont entrevue sans p\voir la saisir4 ,la philosophie anci5ne n'a surmont ni la fatalit ni le dualisme4 ,elle s'te9t1 laissant la t*e ina*eve4 ,t\t e/ recomm5c]1 mais ri5 ne s]a p]du4 ,l'glise *rti5ne dans le monde anci5 travaille l'laboration du dogme4 ,la philosophie proprem5t dite se tr\ve dans les hrsies1 et cette philosophie1 c'e/ t\t naturellem5t la philosophie des ,grecs1 la philosophie paenne4 ,il n'en re/e que trop dans la p5se des ,pres les plus or?odoxes4 ,cep5dant l'ide *rti5ne se =mule en mme temps que la *rti5t pr5d rac9e4 ,cette ide1 les auteurs *rti5s ne l'inv5t5t pas1 ils la tr\v5t en g]me dans leur foi et se born5t l'nonc]4 ,la p5se *rti5ne e/ trs pr(onde2 elle n'e/ pas libre4 ,elle =me un sy/me1 non une sci5ce4 ,qu& l'humanit *rti5ne fut con/itue p> la =mation de n\veaux peuples1 de langues et de lois n\velles1 l'opposition de la =me et du cont5u1 du dogme et de l'intellig5ce1 se rtablit4 ,il ne s'agit pas de dt]m9] le dogme1 il e/ arrt1 il e/ deb\t2 il s'agit de le ju/ifi] aux yeux de la p5se1 de le dmontr]4 ,le dogme et la raison sont en prs5ce l'un de l'autre1 il faut les concili]4 ,c'e/ l'oeuvre de la philosophie du moy5 ge1 de la scola/ique1 dont l'app>5te uni=mit rec\vre de pr(ondes oppositions4 ,la plus gnrale s'tablit d'assez bonne heure entre la scola/ique pure1 s\rce commune du rationalisme et de l'or?odoxie1 et la philosophie my/ique1 plus intimem5t *rti5ne que sa rivale et plus indp5dante p> l'effet de cette intimit4 ,l'une et l'autre reconnaiss5t l'autorit et la valeur absolue de la ,rvlation4 ,sa9t ,anselme e/ quelques g>ds leur auteur commun4 ,la scola/ique proprem5t dite tr\ve dans sa9t ,?omas d',aqu9 son expression la plus pure et la plus p>faite4 ,son rival1 ,scot1 le docteur subtil1 la p\sse au del de ses propres limites et la conduit au my/icisme d'un ct1 de l'autre la libre spculation4 ,le c>actre p>ticuli] de la scola/ique pure n\s p>at m>qu p> la di/9ction1 dev5ue si populaire1 entre les vrits *rti5nes dmontrables p> la raison1 et les vrits qui la pass5t4 ,cette di/9ction peu solide favorisait l'autorit de l'glise1 dans l'intrt de laquelle on l'imag9a peut-tre4 ,aussi longtemps que la div9it du *ri/ianisme tait place au-dessus du d\te1 il importait de s\/raire l'exam5 de la raison individuelle les vrits ncessaires au salut4 ,plus t>d la raison s'tant graduellem5t mancipe1 cette division fut cons]ve dans un esprit bi5 diffr5t4 ,les pr9cipes que l'on croyait p\voir pr\v] fur5t seuls ma9t5us s\s le nom de religion naturelle2 le re/e fut conduit1 d'abord avec des rvr5ces1 puis autrem5t4 ,la scola/ique fit a9si une oeuvre laquelle ses fondateurs ne songeai5t po9t4 ,de t\te cette mtaphysique religieuse1 ri5 n'e/ re/ plus populaire que les preuves de l'exi/5ce de ,dieu1 gr\pes depuis longtemps s\s trois *efs3 la preuve ontologique ou a priori1--la preuve cosmologique1 tire de l'exi/5ce du monde en gnral1 la preuve exprim5tale1 tire de la considration des m]veilles de la cration4 ,anselme a tr\v la premire *ez sa9t ,augu/94 ,desc>tes se l'e/ approprie1 sa9t ,?omas ne l'adopte pas4 ,on peut la rsum] a9si3 ,n\s avons l'ide d'un tre p>fait2 mais la p]fection de l'tre implique son exi/5ce relle1 l'ide d'un tre p>fait exi/ant s]ait plus p>faite que celle d'un tre p>fait1 ab/raction faite de son exi/5ce2 donc l'tre p>fait dont n\s avons l'ide1 exi/e4 ,un contempora9 de sa9t ,anselme objectait dj1 comme ,kant1 que la conclusion e/ exorbitante4 ,la conclusion lgitime s]ait seulem5t3 ,n\s avons l'ide d'un tre p>fait qui exi/e4 ,s'il e/ vrai que l'exi/5ce relle soit une p]fection de l'ide1 ce que je ne veux pas exam9]1 il en rsult]ait que l'exi/5ce de l'tre p>fait e/ ncessaire1 s'il exi/e1 ou que n\s avons l'ide d'un tre exi/ant2 mais p>ce que n\s tr\vons en n\s l'ide d'un tre exi/ant1 la ralit de cette exi/5ce n'e/ pas encore tablie4 ,cep5dant1 comme ,hegel le fait obs]v]1 l'argum5t ontologique n'e/ p\rtant pas sans quelque valeur4 ,il ne pr\ve pas1 mais il en appelle une c]titude immdiate4 ,de ce que n\s p5sons ncessairem5t une *ose1 il ne rsulte pas logiquem5t que cette *ose soit3 cela e/ vrai2 mais il n'e/ pas mo9s vrai de dire que t\te c]titude ab\tit en d]ni] ressort cette ncessit de p5s] les *oses4 ,la vrit de la logique elle-mme n'a pas d'autre g>antie1 et ne se pr\ve pas logiquem5t4 ,la "q srieuse s]ait de savoir si n\s possdons rellem5t a priori l'ide dt]m9e d'un tre p>fait4 cette "q n\s sommes obligs de rpondre3 ,non4 ,si l'ide de l'tre p>fait tait immdiatem5t dt]m9e dans notre esprit1 les religions et les philosophies ne la dvelopp]ai5t pas dans les directions les plus opposes4 ,la preuve a priori n\s laisse en face de l'ide ab/raite d'un tre inconditionnel1 d'un tre exi/ant de lui-mme1 quel qu'il soit1 c> c'e/ l ce que la p5se affirme immdiatem5t4 ,p> ce rsultat elle se rappro*e beauc\p du second argum5t que voici3 ,le fait de l'exi/5ce cont+5te implique un tre ncessaire4 ,t\s les tres ne peuv5t pas avoir leur cause hors d'eux-mmes2 il y en a ncessairem5t un qui e/ sa propre cause4 ,le raisonnem5t e/ solide1 mais il n\s appr5d peu de *ose sur la nature de l'tre premi]1 il ne rs\t po9t les difficults entre le pan?isme et la religion4 ,enf91 l'h>monie1 la beaut de l'univ]s f\rniss5t un texte des considrations trs-vulgaires ou trs-spculatives1 selon le t\r des esprits2 elles n\s conduis5t l'ide d'une sagesse excell5te1 mais non pas celle d'un tre inf9i2 c> le monde susceptible d'tre connu p> l'expri5ce e/ ncessairem5t f9i4 ,il n'e/ donc pas beso9 p\r l'expliqu] de suppos] une cause inf9ie2 mais1 en logique1 ce qui n'e/ pas indisp5sable n'e/ pas lgitime non plus4 ,les preuves que n\s rappelons suppos5t l'ide de ,dieu dj prs5te1 elles ne la produis5t pas2 elles ne suffirai5t pas elles seules p\r n\s faire connatre le ,dieu des *rti5s4 ,ceci s'applique la religion soi-disant naturelle du d]ni] sicle plutt qu'aux gr&s et srieux travaux des docteurs du moy5 ge4 ,la nature div9e fait l'objet ess5tiel de leurs rflexions4 ,ces tudes atteignir5t un degr rem>quable d'lvation et de pr(ondeur *ez ceux-l mme qui avai5t circonscrit la mission de la sci5ce dans des limites plus troites4 ,une gr&e ide dom9e la ?ologie de sa9t ,?omas1 c'e/ l'ide de sa9t ,augu/91 la ncessit de la p]fection4 ,?omas la prs5te avec beauc\p de sagesse et de prcautions1 mais les di/9ctions et les rs]ves dont il l'ent\re n'ont pas emp* le pr9cipe de port] ses fruits4 ,ceux-ci app>aiss5t assez di/9ctem5t dans la ,?odice de ,leibnitz1 ouvrage de scola/ique +nieuse que n\s p\vons bi5 rappel] ici1 puisque sa9t ,?omas en a f\rni la sub/ance4 ,d'aprs sa9t ,?omas1 ,dieu1 pure et p>faite activit1 se produit lui-mme p> une volont ncessaire1 qui peut tre connue a priori p>ce qu'elle rsulte de son ide mme2 cette ncessit e/ absolue4 ,la p]fection de la volont dont ,dieu se veut lui-mme1 e/ la cause de la cration1 c> ,dieu se veut tel qu'il e/1 comme l'tre p>fait1 comme la bont suprme3 la suprme bont consi/e se communiqu]4 ,dieu veut donc se communiqu]1 p>ce qu'il veut tre4 ,a9si la cration e/ ncessaire1 mais d'une ncessit drive1 t&is que l'exi/5ce de ,dieu e/ d'une ncessit absolue1 bi5 qu'elle rsulte de sa volont comme la cration4 ,le po9t dcisif tant tran*1 le re/e va de soi-mme4 ,la bont de ,dieu n'e/ autre *ose que sa ralit1 c> en ,dieu t\s les attributs se confond5t1 ou plutt il n'y a po9t d'attributs4 ,se communiqu]1 c'e/ rp&re son tre1 c'e/ produire un tre id5tique au si54 ,mais l'tre cr ne saurait tre vraim5t id5tique ,dieu1 il ne peut que lui ressembl]4 ,ce qui ressemble le plus la p>faite unit1 c'e/ la complte totalit1 l'ensemble h>monieux de t\s les degrs de l'tre4 ,le monde accompli que ,dieu cre et qu'il doit crer en v]tu de sa bont1 unit donc t\s les degrs de l'tre2 mais l'tre1 c'e/ le bi51 n\s l'avons vu2 le non-tre ou la limitation de l'tre e/ donc le mal1 et le mal app>ti5t l'ess5ce de la cration1 le mal e/ impliqu dans l'ide mme d'une cration4 ,*aque tre p>ticuli] e/ ncessairem5t mauvais p\r autant qu'il e/ limit1 et dans ce s5s le mal1 t\s les degrs du mal1 remont5t la causalit div9e4 ,mais la pluralit des degrs de l'tre e/ ncessaire la p]fection du t\t4 ,ce que ,dieu veut1 c'e/ cette p]fection4 ,dieu ne veut donc le mal qu'en vue du bi54 ,au po9t de vue de l'ensemble le mal e/ sans ralit1 et comme *aque tre p>ticuli] app>ti5t cet ensemble1 il e/ p> l-mme affran*i du mal1 de sorte que la bont de ,dieu se manife/e en lui pure et p>faite4 ,la hir>*ie de l'tre "p des corps et s'lve aux esprits4 ,sans la suivre jusqu'aux cle/es puissances dont le docteur anglique a dcrit l'arme avec un so9 m9utieux1 arrtons-n\s un in/ant au degr qui n\s intresse le plus3 ,l'me huma9e =me le li5 entre le monde corporel et celui des esprits purs4 ,elle e/ aussi bi5 l'tre naturel le plus p>fait que l'esprit le mo9s lev4 ,le b de sa volont e/ dt]m9 p> son ess5ce3 c'e/ la flicit1 la p>faite ralit1 la possession de ,dieu2 mais ce b n'e/ pas clairem5t ap]u4 ,l'intellig5ce imp>faite n\s prs5te plusieurs moy5s app>5ts de l'atte9dre1 c'e/--dire plusieurs buts pro*a9s entre lesquels il faut *oisir4 ,telle e/ l'orig9e1 telle e/ la place de la lib]t4 ,la "q du mal moral e/ rsolue p> ces pr9cipes4 ,les dveloppem5ts t5dus qu'elle reoit s]v5t plutt voil] la solution qu' l'claircir4 ,le mal moral rsulte d'une erreur de l'intellig5ce2 celle-ci e/ la suite de son imp]fection primitive1 de son dfaut d'tre1 ncessaire la ralisation de t\s les degrs du possible1 c'e/--dire la ralisation du monde p>fait1 la manife/ation de la bont div9e4 ,il faut croire que telle e/ la p5se *rti5ne1 puisque sa9t ,augu/9 et ,calv9 sont ici d'accord avec le pr9ce de l'cole4 ,il faut croire que ce fondateur de la ?ologie or?odoxe enseigne la vrit philosophique1 puisque ,leibnitz le copie4 ,mais d]rire ,leibnitz je vois ,sp9osa1 d]rire ,augu/9 je vois ,plot91 et je d\te4 ,je sais bi5 que si je crois en ,dieu1 il faudra f9ir p> un optimisme1 mais cet optimisme-ci ne satisfait pas aux beso9s de ma consci5ce1 j'en *]*e un autre1 qui peut-tre e/ dj tr\v depuis bi5 des sicles4 ,le rival de sa9t ,?omas au moy5 ge1 ,jean ,duns ,scot1 n\s semble effectivem5t avoir pos dans la =me la plus simple et la plus prcise1 le pr9cipe de la philosophie laquelle n\s aspirons4 ,si la doctr9e de ,?omas peut se rsum] dans cette =mule3 ,dieu e/ l'tre1 l'esprit de celle de ,scot s'exprim]ait mieux en disant3 ,l'tre e/ ,dieu#h4 ,il y a une gr&e diffr5ce entre ces deux ides1 qui conduis5t deux m?odes contraires4 ,sa9t ,?omas et sa gr&e cole s'ef=c5t de ram5] l'app>5te simplicit de l'ab/raction les rapports concrets du dogme et de la morale4 ,scot1 au contraire1 s'ef=ce de complt]1 d'enri*ir1 d'lev] et de trans=m] l'ide ab/raite qui lui s]t de po9t de d"p3 vivante spculation1 dont la pesanteur des =mes scola/iques ca*e demi les h>dis m\vem5ts4 ,ce qu'il *]*e compr5dre1 c'e/ ce qui1 dans l'tre inf9i1 fait le c>actre div94 ,sa preuve de l'exi/5ce de ,dieu e/ une va/e syn?se p> laquelle il unit et comb9e en une seule ide t\t ce que l'expri5ce et la raison n\s font entrevoir sur la nature de l'absolu4 ,il pr\ve d'abord trois ?ses diffr5tes1 puis il les ramne une seule conception1 enf9 il dmontre que cette ide totale ne convi5t qu' un seul tre4 ,il y a une premire cause1 un bi5 suprme1 un tre s\v]a9em5t p>fait2 mais *acune de ces primauts 7primitates7 implique les autres4 ,la cause premire ne peut tre que ,dieu dans la totalit de ses attributs div9s2 telle e/ la ?se fondam5tale1 et t\te l'argum5tation de ,duns ,scot a p\r b de dvelopp] l'ide de l'absolu en la tirant de la notion de cause4 ,aprs avoir tabli sur la ncessit de la cause premire la ncessit de l'exi/5ce de ,dieu dans la triplicit de ses c>actres ess5tiels d'tre absolu1 de cause absolue et de b absolu1 c>actres dont l'un compr5d ncessairem5t les autres et qui1 p> cette pntration rciproque1 =m5t une p>faite unit2 n\s le voyons tir] de cette conception fondam5tale les attributs ultrieurs de la ,div9it4 ,l'intellig5ce e/ implique dans l'ide de b1 la volont dans celle d'une cause dont aucune ncessit naturelle ne saurait dt]m9] l'action4 ,la p>faite simplicit de l'tre div91 l'inf9it de sa puissance dc\l5t de l'ide pr9cipale avec non mo9s de facilit4 ,du re/e1 t\s ces attributs1 ab/ractions de la p5se qui rfl*it sur la nature des tres f9is1 reoiv5t une valeur transc5dante lorsqu'on les applique ,dieu4 ,scot ne se borne pas rpt] cette ass]tion un peu vague2 il la pr5d au srieux et la fconde4 ,c'e/ a9si qu'il rs\t avec une nettet p>faite l'ide de la t\te-prs5ce div9e dans celle de la volont1 en faisant obs]v] qu'avant la cration il n'e/ po9t ncessaire de se reprs5t] ,dieu comme remplissant l'espace1 att5du qu'il n'e/ pas ncessaire de se reprs5t] l'espace comme exi/ant avant la cration4 ,dieu cre l'espace sans que p\r cela son ess5ce ait subi d'altration2 il n'e/ donc en rapport avec l'espace que selon sa volont4 ,t\t en lui se rs\t en volont4 ,si le savant m9orite n'a pas donn cette proposition sa =me suprme1 il en a du mo9s ap]u la porte inf9ie4 ,note #h3 ,conceptus deitatis 9 se p]fectior e/ conceptu inf9itatis1 quod ,deus concipi nequeat s9e inf9itate1 b5e v]o inf9itas s9e deitate4 ,,scot4 ,comme il s'lve ,dieu en p>tant du monde f9i p> l'int]mdiaire de l'ide de cause1 de mme il pr\ve la lib]t de ,dieu p> la prs5ce de la lib]t dans le monde f9i1 qui e/1 dit-il1 une vrit indmontrable1 mais immdiatem5t c]ta9e4 ,il y a dans le monde des causes libres d'agir ou de ne pas agir1 il y a des faits qui peuv5t se produire ou ne pas se produire4 ,il y a quelque *ose de cont+5t1 n\s ne saurions le mettre en d\te1 et la "q n'e/ pas l1 la "q e/ de savoir comm5t cette cont+5ce peut tre explique4 ,eh bi56 dit ,scot1 et n\s ne p5sons pas que ce raisonnem5t ait jamais t rfut3 p\r compr5dre comm5t il y a une cont+5ce dans le monde1 il faut absolum5t reconnatre la cont+5ce de l'acte crateur2 c> si la cause premire agit ncessairem5t1 elle imprime la seconde une action ncessaire1 et a9si la ncessit1 une fois tablie dans le premi] pr9cipe1 s't5d jusqu'aux extrmits4 ,si le monde n'e/ pas t\t enti] le rsultat d'un acte libre1 il ne peut y avoir aucune lib]t dans le monde#i4 ,note #i3 ,opus oxoni5se1 lib4 ,i1 fol4 #be1 comp4 fol4 #acj1 ed4 ,v5et4 #aeai4 ,le monde e/ le produit d'une volont absolue4 ,n\s n\s levons l'ide de cette volont en affran*issant celle de la ntre des limitations que dc\vre en elle une p5se att5tive4 ,a9si notre volont peut se dirig] v]s des objets opposs les uns aux autres1 mais elle ne le peut que successivem5t2 cette re/riction nat de la loi du temps laquelle elle e/ s\mise4 ,la volont absolue peut pos] les contraires et les pose en effet p> un acte id5tique et simultan4 ,la sagesse de ,dieu vi5t se rs\dre1 comme sa t\te-prs5ce1 dans cette absolue volont4 ,il e/ absurde de dem&] si ,dieu aurait pu crer un monde meilleur qu'il ne l'a fait4 ,cette "q suppose un idal di/9ct de ,dieu1 t&is que ,dieu e/ avant t\t4 ,dire que ,dieu veut le bi5 e/ une tautologie1 puisque la volont de ,dieu e/ la df9ition non mo9s que la s\rce du bi54 ,le bi51 c'e/ ce que ,dieu veut4 ,la cration du monde e/ donc un acte absolu de lib]t2 elle n'e/ dt]m9e p> aucune ncessit rsultant ni de l'intellig5ce de ,dieu ni de son ess5ce4 ,le monde p\rrait tre ou ne pas tre1 et la seule raison que l'on puisse assign] son exi/5ce1 c'e/ que ,dieu le veut4 ,les ides des *oses possibles sont sans d\te t]nellem5t prs5tes la p5se suprme1 mais dans l'inf9it des possibles ,dieu ralise ceux qu'il veut et comme il le veut4 ,p> un acte absolu ,dieu pose l'univ]s avec la totalit des oppositions qu'il r5f]me2 le temps et l'espace sont les =mes dans lesquelles se ralis5t les contraires4 ,cep5dant une volont libre implique un b2 n\s ne prt5dons po9t que la cration soit sans b1 et n\s m>quons ce b1 plus expressm5t encore que ne le fait ,?omas dans l'ide de l'am\r de ,dieu p\r l'tre dont il conoit l'exi/5ce possible2 mais n\s ne prt5dons pas1 comme ,?omas1 puis] p> cette notion d'am\r ou de bont la nature ess5tielle de ,dieu2 ce s]ait le sr moy5 de l'altr] et de la p]dre4 ,si la cration e/ libre p>ce que la crature e/ libre1 l'am\r1 qui seul explique cette cration1 e/ lui-mme un libre am\r4 ,c'e/ l'expression du fait1 c'e/ la =me suprme que revt l'absolue volont1 c'e/ le b que ,dieu s'e/ propos1 la premire int5tion1 qui se manife/e n\s comme la f9 suprme4 ,j'insi/e avec quelque =ce sur ces ides1 p>ce que je les adopte1 ,messieurs4 ,les occasions d'y rev5ir ne saurai5t n\s manqu]4 ,j'en ai dit assez auj\rd'hui p\r faire voir jusqu'o l'intellig5ce fconde p> le *ri/ianisme s'tait avance dans la re*]*e de son objet au sicle qui btit les ca?drales4 ,jean ,scot m\rut ,cologne4 ,sa tombe ignore repose au pi$ des murs1 alors fonds pe9e1 que de fidles ma9s s'ef=c5t auj\rd'hui de runir en votes h>monieuses2 mlancoliques dbris d'un ge imm5se1 o la pi]re et la p5se semblai5t fleurir au s\ffle puissant de l'inf9i4 ,,c9qui,,me ,,le,,on4 ,p>allle entre sa9t ,?omas et ,duns ,scot4 ,?omas dogmatique1 ,scot critique1 ,?omas fond sur les notions ncessaires de la raison1 ,scot sur la consci5ce du moi4 ,p> ce ct1 il se rappro*e du my/icisme4--,le my/icisme se fondant sur un mode p>ticuli] d'expri5ce intrieure1 se dta*e de la philosophie p\r laquelle il e/ un sujet srieux d'tude4 ,hugues et ,ri*>d de ,/4-,victor4 ,importance de leurs travaux p\r la psy*ologie4--,dduction de la tr9it div9e d',anselme1 fonde sur la notion de l'intellig5ce absolue4--,dduction de la tr9it div9e de ,ri*>d de ,/4-,victor fonde sur l'ide que ,dieu e/ am\r1 p>ce que l'am\r e/ la p]fection1 et que l'accomplissem5t de l'am\r p>fait exige trois p]sonnes p>faites4--- la base de cette ?orie e/ l'absolue lib]t4 ,elle tablit positivem5t la cont+5ce du monde ou la gratuit de la cration4 ,reymond de ,sabeyde fait de l'intrt moral le critre suprme de la vrit ?orique4 ,ce po9t de vue revi5t au fond celui d',anselme1 la consci5ce morale de l'humanit mod]ne tant fille du *ri/ianisme4 ,cette id5tit de la consci5ce morale et du *ri/ianisme fait la lgitimit sci5tifique d'une philosophie *rti5ne4--,la ngation du dogme comme tel tait une phase ncessaire de l'affran*issem5t de la p5se4--,dmolition du moy5 ge1 re/auration de l'antiquit4 ,philosophie de la r5aissance4 ,giordano ,bruno4--,cabale4 ,elle considre la cration comme une re/riction p>tielle de l'exi/5ce absolue4 ,elle pose l'unit de l'tre cr4--,my/icisme du ,x,v,ime sicle4--,jaques ,bhm4 ,la manire intuitive dont il expose l'acte de la vie div9e fait ap]cevoir la conciliation des ides d',anselme et de ,ri*>d de ,/4-,victor sur la ,tr9it4 ,il y a1 ,messieurs1 quelque *ose de =t in/ructif dans l'opposition si connue et si r>em5t appr(ondie de ,?omas et de ,scot4 ,ce sont deux *efs d'cole1 au vrai s5s du mot1 c> ils reprs5t5t deux t5dances1 deux beso9s imprissables de l'esprit huma94 ,la lutte des scoti/es et des ?omi/es recomm5a s\s d'autres noms aprs que la scola/ique fut tombe dans l'oubli4 ,elle n'e/ po9t encore vide4 ,leibnitz et ,sp9osa1 ,m4 ,c\s91 ,hegel quelques g>ds1 sont ?omi/es aussi bi5 que ,m4 l'abb ,rosm9i2 ,kant tait du p>ti de ,scot4 ,si n\s avions beso9 d'autorits p\r ju/ifi] notre prfr5ce1 celle-ci n\s ti5drait lieu de beauc\p d'autres4 ,la clef du sy/me de ,scot e/ l'ide de cause2 celle du sy/me de ,?omas1 l'ide d'tre4 ,cela explique leurs div]g5ces4 ,la notion de cause conduit directem5t celles d'activit et de volont4 ,l'esprit de la philosophie de ,scot e/ de t\t rs\dre en volont2 il t5d montr] qu'il n'y a en ,dieu que pure volont1 ds lors que l'tre e/ volont1 et que les diffr5ts ordres de l'exi/5ce ne sont que les degrs du dveloppem5t de la volont1 les dt]m9ations qu'elle se donne elle-mme4 ,?omas d',aqu9 incl9e au contraire voir dans la volont1 p>t\t o elle se prs5te1 une consqu5ce de la nature de l'tre qui veut2 a9si la volont div9e e/ dt]m9e p> l'ess5ce div9e1 et le monde1 dt]m9 dans son tre1 rsulte de ,dieu p> la ncessit de cette ess5ce4 ,l'en*anem5t univ]sel e/ immuable4 ,t\t se qui e/ doit tre2 ri5 ne saurait tre autrem5t qu'il n'e/4 ,le sp9osisme e/ au b\t de la p5te1 disons mieux1 ,messieurs1 le sp9osisme e/ l t\t enti]1 et n\s compr5ons p>faitem5t que les criva9s s5ss qui accept5t de telles prmisses trembl5t devant le sp9osisme4 ,c'e/ la fatalit des rationalismes de t\tes c\leurs3 ,t\t e/ nature1 t\t e/ ce qu'il e/1 il n'y a d'initiative nulle "p1 le m\vem5t n'e/ qu'un m5songe4 ,la p5se et le monde sont pris dans les glaces4 ,t\t e/ au fond libre action1--t\t e/ ncessit naturelle3 voil les deux ples de la philosophie2 il faut t\rn] le g\v]nail v]s l'un ou v]s l'autre1 on ne peut ni s'arrt] en *em91 ni tr\v] une voie mitoy5ne4 ,les conciliations t5tes entre la lib]t et la ncessit sont t\tes p>tiales2 elles ne montr5t que l'inquitude d'un fatalisme qui n'ose pas s'av\]1 et qui s\v5t n'ose pas se compr5dre lui-mme4 ,les deux sy/mes que n\s comp>ons sont opposs l'un l'autre dans la manire dont ils considr5t le problme de la sci5ce aussi bi5 que dans la solution que *acun d'eux en donne4 ,la ?ologie de ,scot envisage ,dieu surt\t comme cause ou comme ,dieu1 non sub ratione inf9itatis1 s$ ,deitatis4 ,elle pr5d donc son sujet p> un angle1 s\s le po9t de vue de ses relations avec le monde et avec n\s4 ,sans que cette di/9ction ft aussi tran*e qu'elle l'e/ dev5ue de nos j\rs1 on p\rrait presque dire que le sy/me de ,scot e/ subjectif1 p> opposition la ple9e objectivit du ?omisme4 ,scot essaie de faire voir ce qu'e/ ,dieu p\r n\s1 comm5t il faut le compr5dre p\r s'expliqu] son rle vis--vis de n\s4 ,dans son plan1 la sci5ce porte sur les rapports plutt que sur l'ess5ce2 s\s ce po9t de vue1 sa spculation e/ mo9s ambitieuse1 plus mode/e que le rationalisme de sa9t ,?omas1 qui1 firem5t assis au c5tre1 enseigne ce qu'e/ l'tre absolu en lui-mme4 ,il y a dans l'ide dom9ante de ,scot le g]me d'une philosophie critique4 ,la ?ologie de sa9t ,?omas e/ le dogmatisme p> excell5ce4 ,et p\rtant c'e/ celui qui promet le mo9s qui donne le plus4 ,?omas e/ plus raisonnable peut-tre1 mais il y a dans le docteur anglais une flamme sans laquelle1 en de tels sujets1 la raison n'e/ pas lum9euse4 ,on s5t dans sa p5se un suprme ef=t4 ,aussi l'ide de ,dieu qu'il n\s donne n\s p>at-elle plus haute1 plus vois9e de l'absolu que celle de son rival4 ,assurm5t elle e/ plus concrte et plus intuitive4 ,la t5dance de sa9t ,?omas et de son cole e/ d'expliqu] les diffr5ces qualitatives p> des v>iations dans la quantit1 de ram5] les notions plus ri*es et plus compliques des lm5ts simples1 mais pauvres1 de rs\dre en un mot le concret dans l'ab/rait4 ,l'tre1 dont il fait sa catgorie fondam5tale e/ l'tre ab/rait1 pris dans le s5s de la df9ition gnrale du mot tre1 ou plutt dans le s5s indf9issable que ce mot reoit lorsqu'on l'applique indiffremm5t t\s les objets de notre p5se4 ,scot1 au contraire1 luttant contre les habitudes de son sicle1 v\drait expliqu] l'ab/rait1 qui n'e/ po9t rel1 p> le concret1 qui seul exi/e4 ,l'tre qu'il connat et qu'il lve au rang de pr9cipe univ]sel n'e/ pas celui de la df9ition1 mais celui de la consci5ce4 ,la seule consci5ce1 en effet1 n\s fait s5tir et t\*] l'tre2 et cet tre que n\s p]cevons dans la consci5ce1 cet tre dont n\s avons l'intuition1 qu'e/-il1 ,messieurs1 s9on la volont8 ,la sub/ance du moi n'e/ et ne peut tre que volont4 ,il e/ difficile de s'expliqu] comm5t l'on a pu t>d] si longtemps le dire1 et conte/] cette ide aprs qu'elle et t nonce2 c>1 la bi5 pr5dre1 c'e/ l une vrit d'expri5ce4 ,le pripattisme a produit cette f*euse habitude1 si =tem5t enrac9e *ez sa9t ,?omas1 de considr] t\j\rs l'esprit s\s l'attribut de l'intellig5ce1 au po9t de faire de l'intellig5ce l'ess5ce mme de l'esprit4 ,c'e/ la s\rce =t peu ca*e de l'idalisme1 c> il e/ clair que l'intellig5ce ne peut produire que des ides4 ,c'e/ aussi la s\rce du dt]m9isme et du fatalisme2 la ncessit e/ la loi de l'intellig5ce1 comme ,scot le fait trs-judicieusem5t obs]v]4 ,que si donc la volont tr\ve primitivem5t sa rgle dans l'intellig5ce1 elle e/ p> l-mme assujettie la ncessit4 ,la d]nire raison des dt]m9ations libres de la volont e/ en elle-mme1 dit ,m4 ,roy]-,coll>d1 et s'il tait possible qu'on la dc\vrt ailleurs1 cette dc\v]te s]ait celle de la fatalit univ]selle4 ,la mtaphysique doit t5ir compte d'un mot si vrai4 ,eh bi56 si la d]nire raison des actes de la volont e/ en elle-mme1 c'e/ que la volont a sa rac9e en elle-mme1 c'e/ qu'elle e/ sub/antielle1 et comme l'intellig5ce ne peut tre une autre sub/ance1 il faut reconnatre en elle un c>actre1 un attribut1 un phnomne de la volont4 ,l'intellig5ce e/ la rflexion de la volont sur elle-mme1 elle e/ dt]m9e de sa nature1 dt]m9e p> la volont dont elle procde4 ,ces vrits indisp5sables la mtaphysique1 n\s les tr\v]ions dans une psy*ologie bi5 faite4 ,la supriorit de ,scot ti5t la fidlit de son obs]vation psy*ologique4 ,la manire dont il conoit le pr9cipe de l'tre se fonde sur l'intuition de l'me huma9e aussi bi5 que sur les intrts de la p5se morale et religieuse qui ordonn5t1 a9si qu'il le dit1 de sauv] la cont+5ce du monde4 ,p> ce ct et p> d'autres encore1 ,duns ,scot se rappro*e des my/iques du moy5 ge1 que n\s aurions d m5tionn] avant lui1 si l'ordre des ides ne n\s et sembl plus important que celui des dates4 ,le my/icisme des ,bonav5ture1 des ,suso1 des ,taul]1 des ,ruysbroeck1 des ,g]son1 e/ en effet d'orig9e plus anci5ne que les ,s5t5ces du ,lomb>d dont ,?omas et ,scot sont les plus illu/res comm5tateurs2 il procde de l'cole de ,sa9t-,victor au ,x,i,ime sicle1 et les mo9es de ,sa9t-,victor1 ,hugues et ,ri*>d1 n'ont laiss que peu de *ose faire la longue ligne de leurs disciples1 auj\rd'hui non mo9s oublis que les matres4 ,ils mritai5t t\s une meilleure mmoire4 ,il y a sur le my/icisme en gnral des jugem5ts t\t faits dont l'quit de l'hi/oire et l'intrt de la sci5ce sollicit5t la rvision4 ,si la base du my/icisme tait aussi *imrique qu'on aime le rpt]1 on s'expliqu]ait difficilem5t l'attrait qu'il a ex]c sur des intellig5ces =t leves4 ,lorsque les pr9cipaux criva9s de cette famille dcrie ont se prononc] sur des sujets trang]s leurs contemplations favorites1 lorsqu'ils sont placs sur le t]ra9 commun t\s les p5seurs1 ils s'y meuv5t avec assez d'aisance2 ils ne p>aiss5t ni obscurs1 ni confus1 ni proccups1 encore mo9s troits ou faibles4 ,au moy5 ge c'e/ eux qui criv5t de la manire la plus claire et la plus huma9e4 ,ils sont gnralem5t plus lisibles que les scola/iques proprem5t dits4 ,leurs bonnes int5tions et leur s9crit ne peuv5t tre mises en d\te4 ,enf9 l'on doit rem>qu] l'accord des solutions qu'ils prs5t5t sur les plus my/rieux problmes1 sans que cet accord puisse t\j\rs tre expliqu p> la tradition4 ,il n'e/ donc pas draisonnable1 et peut-tre mme1 le bi5 pr5dre1 e/-ce le p>ti le plus s5s1 de croire que1 lorsqu'ils en appell5t des expri5ces intrieures qu'ils ont faites1 ces expri5ces ne sont pas dp\rvues de t\te espce de ralit4 ,la sa9e critique rclame cette concession1 insuffisante d'ailleurs1 je m'empresse de le reconnatre1 p\r faire accept] de ple9 droit comme vrits sci5tifiques les rsultats obt5us p> une m?ode qui1 de l'aveu de ceux qui l'emploi5t1 n'e/ pas l'usage de t\t le monde4 ,le my/icisme n'e/ pas une autorit1 c'e/ un phnomne1 mais c'e/ un phnomne curieux1 important1 qui dem&e ce titre une srieuse att5tion et qui att5d encore une explication vritable4 ,si l'on peut avec quelque raison donn] au philosophe la recomm&ation de ne s'tonn] de ri51 le conseil de ne ri5 ddaign] e/ un avis plus sage encore4 ,trop s\v5t le dda9 n'e/ qu'une dfaite4 ,eh bi56 ,messieurs1 pr5dre les *oses froidem5t1 sans affectation1 sans prjug d'admiration ni de mpris1 l'tude du my/icisme n\s f]ait voir en lui un agr&issem5t de la psy*ologie4 ,les pr9cipaux crits du *ef de l'cole my/ique du ,x,i,ime sicle1 ,hugues1 prieur de ,sa9t-,victor1 et ceux de son disciple ,ri*>d1 ont p\r objet la m?ode sci5tifique et l'tude des facults huma9es4 ,l'un et l'autre apport5t dans ces sujets une puissance d'obs]vation et d'analyse qu'on n'a po9t assez rem>que4 ,l'cole franaise1 jal\se des gloires nationales1 devrait un s\v5ir ces deux mo9es qui philosophai5t s\s les praux d'un c\v5t de ,p>is4 ,les docteurs de ,sa9t-,victor dcriv5t les procds habituels de la p5se et ils en signal5t les imp]fections avec une gr&e lib]t d'esprit4 ,*acun des degrs du dveloppem5t intellectuel e/ m>qu p> des traits si prcis1 on se reconnat si bi5 dans les sphres infrieures1 on voit si bi5 ce qui en fait l'infriorit1 enf9 les int]mdiaires sont mnags avec un art si soigneux1 que la p5se du lecteur s'lve sans trop d'ef=t aux rgions inconnues de la contemplation pure et p>faite4 ,les livres de l'me de ,hugues =m5t un trait de psy*ologie complet et rem>quablem5t judicieux4 ,le ,b5jam9 major et m9or de ,ri*>d rappelle la fois le ,banquet de ,platon1 la ,phnomnologie de ,hegel et la ,critique de la ,raison pure4 ,mais1 ,messieurs1 la "q logique ou =melle n'e/ pas celle qui n\s occupe1 et les digressions n\s sont peu p]mises4 ,ce qu'il n\s importe de not] *ez les my/iques1 c'e/ la manire dont ils ont conu l'objet capital de la sci5ce3 l'ide de ,dieu4 ,la ?ologie *rti5ne a conc5tr ce problme dans le dogme de la ,tr9it4 ,les premi]s docteurs du moy5 ge ont essay de trans=m] ce dogme en p5se4 ,ils ne s'tai5t pas encore aviss de faire un d"p entre les vrits *rti5nes dmontrables la raison et les vrits accessibles la foi seule1 p>ce qu'ils ne reconnaissai5t pas le pr9cipe de cette di/9ction4 leurs yeux la raison e/ impuissante sans la foi4 ,le comm5cem5t n'e/ pas1 selon eux1 la raison pure1 la raison vide1 ab/raction artificielle dont on n'a pas t\j\rs compris la porte2 leur comm5cem5t1 c'e/ l'homme t\t enti]1 tel que l'a fait son hi/oire2 c'e/ le *rti5 possd du beso9 de compr5dre ce qu'il croit2 c'e/ la raison fconde p> la foi4 ,tel tait le po9t de vue des premi]s scola/iques1 ,abl>d et ,anselme4 ,les my/iques lui sont re/s fidles et l'ont complt4 ,*ez ,abl>d cep5dant l'quilibre des deux pr9cipes n'e/ pas p>fait1 et leur unit t5d se rompre p> des motifs que font assez dev9] la vie et le c>actre de cet illu/re in=tun4 ,sa raison n'e/ pas la raison *rti5ne2 il n'a pas les m?odes qui conduis5t au b2 aussi il le manque1 et r5\velle l'hrsie de ,sabellius4 ,sa tr9it n'e/ qu'une tr9it d'attributs3 la puissance1 la sagesse et la bont4 ,il l'explique p> des similitudes qui ne donn5t aucune intuition4 ,anselme entre plus pr(ondm5t dans l'esprit du sujet2 sa m?ode e/ beauc\p plus libre4 ,m>*ant sur les traces de sa9t ,augu/9 dans la voie o l'cole l'a suivi sans se dem&] quelle en e/ l'issue1 ,anselme voit dans l'intellig5ce l'attribut ess5tiel de la ,div9it4 ,le problme qu'il pose peut tre =mul en ces t]mes3 quelles conditions e/-il possible de concevoir une intellig5ce absolue8 ,ce problme1 il le rs\t spculativem5t1 en contemplant la vie de l'intellig5ce1 puis en levant le rsultat de cette intuition la puissance de l'inf9i4 ,l'intellig5ce absolue e/ cause d'elle-mme1 elle se produit p> sa p5se4 ,l'acte con/itutif de la ,div9it1 p\r a9si dire1 e/ la consci5ce de soi2 il faut donc di/+u] en lui1 comme en t\te consci5ce1 le sujet p5sant de la p5se elle-mme ou de l'objet p5s2 mais comme la consci5ce e/ ici p>faite1 il faut reconnatre en mme temps que la p5se e/ p>faitem5t id5tique son sujet1 sub/antielle comme son sujet4 ,dans un acte absolu de consci5ce1 l'id5tit du sujet et de l'objet e/ absolue1 la di/9ction entre les deux t]mes ne l'e/ pas mo9s4 ,il e/ donc ncessaire de considr] ,dieu la fois comme unit et comme dualit4 ,une fois cette ncessit comprise1 on ap]oit galem5t l'impossibilit de s'arrt] l4 ,la consci5ce de l'unit p]si/e dans l't]nelle di/9ction1 et cette unit n'e/ pas seulem5t s5tie1 elle e/ v\lue4 ,incessamm5t di/+us pas l'acte t]nel de la consci5ce1 le ,pre et le ,fils se runiss5t incessamm5t p> l'acte de la volont4 ,cette volont commune1 c'e/ la volont d'tre un1 volont fconde1 volont absolue1 dont l'effet possde p> consqu5t1 lui aussi1 l'absolue ralit4 ,ce produit t]nel de l'am\r rciproque du ,pre et du ,fils1 id5tique l'acte mme de son t]nelle production1 c'e/ le ,sa9t-,esprit#aj4 ,note #aj3 ,quelques explications ne s]ont pas dplaces3 ,les scola/iques dis5t avec beauc\p de s5s que1 p\r =m] l'ide de l'inf9i1 il faut le revtir des qualits des tres f9is1 en les affran*issant de leur limitation4 ,il ne suffit pas d'indiqu] cette trans=mation1 il faut l'accomplir4 ,c'e/ l ce qu',anselme a essay p\r l'intellig5ce4 ,n\s tr\vons en n\s-mmes l'image imp>faite de l'intellig5ce1 et1 de cette image1 n\s remontons au type absolu4 ,n\s aussi1 n\s semblons tre cause de n\s-mmes et produire le moi en le p5sant2 mais ce n'e/ qu'une =me1 une app>5ce1 c>1 en ralit1 n\s avons notre cause hors de n\s2 n\s sommes poss avant de n\s pos]1 comme on dirait en ,allemagne2 c'e/ p\rquoi la consci5ce du moi n'e/ *ez n\s qu'une production idale1 une image1 et non pas une production sub/antielle4 ,aj\tons qu'elle e/ une image =t imp>faite1 c> n\s ne n\s connaissons jamais t\t enti]s4 ,la rflexion n'e/ en n\s qu' l'tat d'bau*e impuissante4 ,elle ne va jamais fond2 le moi p5s n'e/ qu'une ombre efface du moi p5sant1 dont il devrait tre l'image s9cre4 ,la *ose se passe autrem5t dans l'tre qui e/ sa propre cause au s5s absolu1 dans le moi p>fait4 ,la consci5ce qu'il a de lui-mme e/ une vritable production1 puisqu'il n'a d'autre cause que cet acte2 a9si l'objet e/ idal et sub/antiel en mme temps2 et comme cette consci5ce e/ p>faite1 l'objet e/ gal au sujet1 ple91 concret1 p>fait comme lui1 div9 comme lui4 ,la consci5ce e/ une di/9ction1 une opposition au se9 de l'tre2 n\s di/+uons en n\s-mmes le moi qui p5se du moi p5s2 mais en n\s l'opposition ne va pas jusqu'au fond1 prcism5t p> la mme raison qui emp*e la p>faite id5tit des deux t]mes1 p>ce que n\s sommes un naturellem5t avant de produire en n\s cette dualit4 ,dans l'absolu1 au contraire1 si l'intellig5ce en e/ la =me1 la di/9ction s'accomplit entirem5t1 att5du que l'tre absolu n'exi/e que p> elle2 et l'unit vritable ou sub/antielle de l'tre ne se ralise que dans la tr9it p]sonnelle de ,dieu4 ,la dualit sort de l'unit virtuelle1 mais elle prcde l'unit relle4 ,l'unit div9e n'exi/e que p> la commune volont des deux premi]s pr9cipes1 qui devi5n5t a9si deux p]sonnes en produisant la troisime4 ,l'homme se s5t un1 malgr les contradictions qui le d*ir5t1 p> le fait d'un pr9cipe suprieur lui4 ,dieu se pose p> son propre fait comme l'unit absolue o se rsolv5t t\tes les oppositions4--,il y a deux m?odes p\r concili] les contradictions de la p5se3 l'une consi/e les neutralis]1 dans le vague1 dans l'ab/raction1 dans l'indiffr5ce2 c'e/ le procd du faux my/icisme pay51 du pan?isme1 o t\te ide di/9cte s'van\it2--l'autre les surmonte en les cons]vant1 dans la conception la plus concrte1 la plus ri*e1 la plus vivante et la plus articule o l'esprit puisse s'lev]2 c'e/ le procd de la philosophie *rti5ne1 qui sans d\te n'atte9t pas le b du premi] c\p1 mais qui ne le p]d du mo9s jamais de vue4 ,notre jugem5t sur la ?orie d',anselme et des ,pres grecs e/ implicitem5t r5f]m dans ce que n\s avons dj dit plus haut2 il ressortira plus compltem5t de ce qui n\s re/e dire2 mais1 sans adopt] cette ?orie1 on e/ oblig de reconnatre qu'elle a droit au srieux exam5 des mtaphysici5s4 ,en effet1 elle se prs5te n\s comme le rsultat de la m?ode philosophiquem5t lgitime1 disons mieux1 philosophiquem5t ncessaire1 qui applique la raison1 ou la notion de l'inf9i1 aux donnes de l'expri5ce intrieure4 ,le fond de la ?orie que n\s v5ons de rsum] se tr\ve dj dans ,a?anase et dans les ,pres de la ,cappadoce1 dans ,grgoire de ,nysse en p>ticuli]4 ,la plup>t des int]mdiaires p> lesquels ,anselme s'ef=ce de la r5dre intelligible1 sont emprunts sa9t ,augu/94 ,la =me seule e/ n\velle1 mais cette n\veaut de la =me e/ un pas imm5se v]s l'mancipation de la philosophie4 ,dans l'exposition d',anselme n\s voyons le bronze ard5t de la p5se1 suivant sa p5te naturelle1 c\l] de lui-mme dans le m\le du dogme *rti54 ,cette ?ologie e/ de la philosophie t\te pure4 ,qu',anselme soit inspir p> sa foi1 je le veux1 mais il ne fait appel qu' la raison du lecteur4 ,la doctr9e de la ,tr9it se prs5te dans ses crits comme le dploiem5t naturel et ncessaire1 la vivante df9ition de l'ide d'une intellig5ce inf9ie4 ,ri*>d de ,sa9t-,victor a essay une dduction de la tr9it de ,dieu =t diffr5te de celle-ci1 mais qui prs5te le mme c>actre de ncessit logique1 la prmisse une fois admise1 comme elle peut l'tre1 p> la raison et p> la consci5ce indp5damm5t de t\te autorit4 ,cette prmisse de la simple religion comme de la p5se spculative e/ exprime dans le mot t\j\rs n\veau de ,jean le ,?ologi53 ,dieu e/ am\r4 ,p\r compr5dre cette p>ole et p\r la fcond]1 il faut la pr5dre dans le s5s absolu4 ,l'am\r e/ ce qu'il y a de plus excell5t1 l'am\r e/ la p]fection1 donc l'am\r e/ l'ess5ce div9e4 ,a9si1 l'ide de ,dieu1 c'e/ l'ide de l'am\r leve l'absolu1 ou l'ide de l'am\r absolu1 de l'am\r p>fait4 ,mais l'am\r rclame un objet et l'am\r p>fait un objet p>fait1 c'e/--dire1 d'aprs la df9ition de la p]fection que n\s v5ons de propos]1 un objet dans lequel rside galem5t la plnitude de l'am\r4 ,l'ide d'am\r1 considre comme exprimant l'ess5ce de ,dieu1 conduit donc ncessairem5t1 elle aussi1 une dualit de p]sonnes div9es1 de p]sonnes1 puisque l'am\r suppose la p]sonnalit1 de p]sonnes div9es1 puisqu'il e/ div94 ,mais ce n'e/ pas t\t1 la notion n'e/ pas puise1 elle n'e/ pas ralise4 ,un am\r exclusif dans sa rciprocit n'e/ pas la *>it p>faite1 et n\s n'avons pas encore satisfait aux conditions de la donne premire4 ,l'tre p>fait1 aim d'un am\r suprme1 ne peut pas1 en raison de son ess5ce mme1 qui e/ d'aim]1 v\loir conc5tr] sur lui cet am\r dont il s5t la valeur inf9ie4 ,il veut le rp&re1 et p> consqu5t il rclame l'exi/5ce d'un n\veau sujet propre le p>tag] avec lui4 ,celui dont il e/ aim cons5t ce dsir p>ce qu'il en e/ capable2 il peut t5dre sa dilection sans qu'elle p]de ri5 de sa plnitude1 mais il faut que le troisime1 objet d'une d\ble *>it1 soit capable de la recevoir1 c'e/--dire qu'il faut qu'il soit div91 lui aussi4 ,a9si les deux premires p]sonnes report5t d'un commun accord leur am\r sur une troisime1 qui provi5t galem5t de l'une et de l'autre2 p> l l'am\r de *acune d'elles e/ p>fait1 et la div9it rside galem5t dans *acune d'elles4 ,comme ,dieu e/ l'am\r p>fait et que l'am\r p>fait ne peut se tr\v] qu'en trois p]sonnes1 il faut que ,dieu soit en trois p]sonnes4 ,summe dilectorum1 summe dilig5dorum ut]que oportet ut p>i voto condilectum requirat1 p>i concordi pro voto possideat4 ,vides ergo quomodo *>itatis consommatio p]son>um tr9itatem requirat1 s9e qu 9 pl5itud9is su integritate subsi/]e nequit4 ,cette ?orie1 con=me l'esprit du my/icisme1 n'e/ cep5dant pas my/ique au s5s propre du mot4 ,son ambition ne va qu' ju/ifi] le dogme p> le raisonnem5t4 ,le pr9cipe sur lequel la dduction se fonde e/ peut-tre vid5t p\r le coeur1 qui abrge les calculs de la p5se1 mais il ne s]ait pas impossible de le dmontr] logiquem5t en faisant voir que l'am\r1 l'am\r gratuit1 la pure *>it dont p>le ,ri*>d1 e/ la lib]t ralise4 ,on concili]ait a9si dans une seule conception les deux ides les plus hautes1 peut-tre1 que la philosophie ait conues dans les gr&s sicles de la foi4 ,si l'am\r1 p]fection ralise1 manife/e la pure ess5ce de la lib]t1 a9si que n\s essai]ons de l'tablir1 il e/ pe9e beso9 d'indiqu] combi5 l'ide de l'am\r ralise p> la ,tr9it facilite l'intellig5ce de la cont+5ce du monde ou de la libre cration4 ,dieu e/ am\r2 l'am\r veut un objet2 t\tefois ,dieu n'a pas beso9 du monde1 p>ce qu'il tr\ve t]nellem5t en lui-mme l'objet de son t]nel am\r4 ,plus concrte et plus intime que t\t ce qu'on a dit depuis1 la doctr9e de ,ri*>d de ,sa9t-,victor prcde cep5dant l'enti] pan\issem5t de la scola/ique4 ,la puissance de la spculation s'explique *ez lui p> la f]veur de la croyance4 ,la philosophie *rti5ne jaillit de la foi2 mais durant t\te la priode scola/ique la raison et la foi t5d5t un divorce1 dont la consommation m>que une poque n\velle4 ,au po9t de vue provid5tiel ce divorce e/ un progrs sans d\te1 et n\s p\vons dj n\s expliqu] dans quel s5s2 au po9t de vue de la scola/ique elle-mme1 c'e/ une dcad5ce4 ,aprs ,?omas et ,scot il n'y a plus que des ?omi/es et des scoti/es2 laissons-les dormir en paix4 ,il e/ p\rtant une p5se que n\s devons recueillir dans cette c\rse trav]s les sicles1 o n\s *]*ons rassembl] les lm5ts p>s de notre philosophie4 ,elle se prs5te son heure1 au soir du moy5 ge1 au crpuscule de la ,r5aissance1 t&is que la foi e/ vive encore et que la philosophie indp5dante se *]*e elle-mme4 ,c'e/ une vue sur la m?ode4 ,reymond de ,sabunde1 que t\t le monde connat p> ,montaigne1 essaya dans sa ,?ologie naturelle de pr\v]1 mme aux incrdules1 la vrit de t\s les dogmes *rti5s4 ,ce n'e/ plus le po9t de vue de la scola/ique (ficielle1 qui n'accorde la raison qu'une "p2 ce n'e/ pas non plus celui d',anselme1 qui reconnat la ncessit de la foi p\r compr5dre2 c'e/ une philosophie n\velle4 ,reymond de ,sabunde1 le mdec9 my/ique1 *]*e ses preuves dans la nature2 son /yle e/ populaire2 il t5d la ma9 aux ,p>acelse1 aux ,bhm1 la philosophie orageuse du ,x,v,ime sicle4 ,la plus rem>quable de ses ides1 reproduite p> ,kant avec clat1 et de nos j\rs p> un autre mdec91 ,m4 ,bu*ez1 e/ d'lev] l'intrt de la vie morale au rang d'un critre de la vrit1 ce qu'il fait en t]mes =mels4 ,la vrit se tr\ve1 dit-il1 dans la doctr9e la plus propre n\s r5dre meilleurs4 ,c'e/ ess5tiellem5t p> leur utilit p\r la morale qu'il pr\ve ou croit pr\v] l'immortalit de l'me et l'exi/5ce de ,dieu4 ,s'il e/ vrai que la volont soit le pr9cipe et le b de notre tre1 deux axiomes impliqus l'un dans l'autre et dont *acun repose sur sa propre vid5ce1 il e/ impossible que la doctr9e de ,reymond de ,sabunde ne r5f]me pas le g]me d'une m?ode lgitime4 ,c'e/ une p5se excell5te2 mais1 comme t\tes les *oses excell5tes1 elle devi5t dte/able lorsqu'on l'ent5d mal4 ,l'intrt de la v]tu ne saurait remplac] l'vid5ce de la raison4 ,l'intrt pratique e/ une m?ode c]ta9e1 mais anticipe1 qui donne les ?ormes sans les preuves2 la logique e/ l'in/rum5t des dmon/rations4 ,le coeur f\rnit le ?me1 l'intellig5ce le dveloppe1 et la t*e de l'intellig5ce ne s]a accomplie que p> la con/itution d'une doctr9e qui subsi/e p> sa propre =ce1 sans l'appui du coeur4 ,le coeur ne dem&]ait ri5 l'intellig5ce s'il p\vait t\t lui donn]2 disons mieux1 ,messieurs1 il lui dem&e t\t1 p>ce qu'il lui donne t\t4 ,ce que n\s appelons ici le coeur p\rrait galem5t se nomm] la foi1 de sorte qu'en les gnralisant1 les pr9cipes d',anselme et de ,reymond de ,sabunde se rejoign5t4 ,en effet1 le *ri/ianisme a fait natre dans l'me des beso9s auxquels il peut seul satisfaire4 ,la morale *rti5ne e/ dev5ue celle de l'humanit2 mais1 quoiqu'un rationalisme sup]ficiel s'ef=ce de les sp>]1 la morale *rti5ne e/ insp>able du fait *rti54 ,celui qui accept]ait la morale t\t entire1 telle qu'elle e/ dans la consci5ce1 sans donn] crance aux promesses de l'vangile1 ne p\rrait ab\tir qu'au d*irem5t et au dsespoir4 ,au dsespoir1 p>ce que les p5ses de son coeur le condamn5t2 au d*irem5t1 p>ce que sa condition inexplicable contr$it l'ide de ,dieu4 ,telle tait l'ide fondam5tale de l'apologie dont ,pascal a laiss les dbris magnifiques1 et que notre matre1 ,m4 ,v9et1 a reprise#aa4 ,le ct positif de cette vrit1 c'e/ qu'il y a dans l'me huma9e un racc\rci de *ri/ianisme que la fidlit morale peut faire sortir de son obscurit1 une lumire qui claire t\t homme v5ant au monde1 p\rvu que la volont mauvaise ne l'teigne pas4 ,le *ri/ianisme e/ en n\s1 comme il e/ devant n\s2 l'un rpond l'autre et le complte4 ,croire l'intimit de la consci5ce morale ou croire au *ri/ianisme e/ donc la mme *ose4 ,mais p\r que la sci5ce *rti5ne soit vritablem5t une sci5ce1 il faut que la subjectivit de son inspiration disp>aisse entirem5t dans le produit4 ,note #aa3 ,il a d1 lui aussi1 la laiss] ina*eve4 ,le b de l'hi/oire e/ une complte assimilation de la volont huma9e la volont div9e1 et de la p5se huma9e la vrit div9e4 ,la sci5ce doit donc app>atre comme un libre produit de l'esprit huma94 ,l'affran*issem5t de l'esprit huma9 comm5ce ncessairem5t p> la ngation4 ,les ,pres de l'glise ont =mul le dogme *rti51 les docteurs du moy5 ge l'ont raisonn4 ,il ne suffit pas de le possd] et de le raisonn]1 il faut le recon/ruire librem5t1 en le tirant de n\s-mme1 af9 que sa p>faite con=mit avec notre ess5ce devi5ne manife/e4 ,t\te assimilation suppose une dcomposition pralable4 ,cette assimilation e/ le b m>qu la philosophie mod]ne1 que n\s ne p\vons pas considr] comme a*eve auj\rd'hui1 c> jusqu'ici n\s n'avons gures assi/ qu'au travail de dcomposition4 ,il faut donc que le *ri/ianisme disp>aisse de la surface p\r g]m] dans la pr(ondeur4 ,la dmolition du gr& difice de la *rti5t e/ en mme temps une re/auration1 la re/auration de l'esprit anci51 la re/auration du paganisme4 ,l'poque o s'accomplit ce d\ble travail s'appelle la ,r5aissance2 le nom e/ ju/e2 mais la ,r5aissance ne p\vait tre qu'une transition3 le produit f9al du m\vem5t qu'elle imprime l'humanit e/ entirem5t n\veau1 c'e/ l'esprit mod]ne4 ,la philosophie mod]ne1 qui =mule cet esprit1 doit f9alem5t exprim] la p5se du moy5 ge avec la lib]t de l'antiquit4 ,cette lib]t f]m5ta longtemps avant d'clat]1 et nanmo9s elle se dcl>a avant d'tre mre4 ,les premi]s pas sont inc]ta9s4 ,la raison veut s'affran*ir de t\te autorit2 elle n'y russit pas du premi] c\p1 mais elle prlude cette rvolution en *angeant de matres4 ,platon et le vritable ,ari/ote remplac5t l',ari/ote de la tradition4 ,t\tes les coles de la philosophie grecque et roma9e sont remises en honneur avec plus ou mo9s d'clat et de succs4 ,les t5tatives les plus orig9ales ab\tiss5t des comb9aisons clectiques4 ,tel e/ le c>actre gnral de la philosophie du ,x,v,ime sicle1 qui ne manque ni de tal5t1 ni d'ardeur1 ni mme de m?ode1 mais bi5 d'un po9t de d"p fixe et lgitime4 ,elle remonte le c\rs des sicles1 au lieu de se plac] au comm5cem5t t]nel de la p5se4 ,l',italie e/ alors le pr9cipal foy] du m\vem5t philosophique4 ,celui-ci n\s p>at avoir atte9t son plus haut po9t *ez ,giordano ,bruno1 qui simplifia le noplatonisme et complta p\r a9si dire t\te la philosophie anci5ne en corrigeant le pripattisme sur un po9t capital4 ,l'analyse d',ari/ote e/ impuissante rduire le pr9cipe matriel1 le ram5] l'unit1 c'e/--dire l'expliqu]4 ,di/+uant les conditions de l'exi/5ce d'un tre en cause matrielle1 cause effici5te1 cause =melle et cause f9ale1 elle dmontre bi5 l'id5tit intrieure des trois d]nires3 l'ag5t1 l'ide et le b2 t\tes trois sont de nature active et spirituelle2 mais la matire1 la puissance dont t\t e/ =m1 re/e en dehors3 l'tre suprme e/ l'acte pur sans puissance1 sans matire4 ,bruno1 repr5ant t\tes ces notions1 qu'il manie avec une aisance p>faite1 fait voir que la matire primitive e/ cont5ue dans l'acte absolu4 ,la matire1 en effet1 n'e/ que la puissance passive1 la puissance de dev5ir2 mais la puissance passive e/ implique dans la puissance active1 et celle-ci dans l'acte lui-mme2 a9si le pr9cipe de la matire e/ en ,dieu4 ,l'ag5t de t\tes les trans=mations en e/ aussi le sujet4 ,ce pan?isme concilie les pr9cipes de ,p>mnide et d',hraclite dans une =me beauc\p plus haute1 puisqu'aux yeux de ,bruno l'ess5ce e/ di/9cte1 du mo9s p\r la p5se1 de l'univ]s inf9i qui la manife/e4 ,la philosophie de ,bruno e/ plus ri*e que celle de ,sp9osa1 c> elle a de plus la vie1 ce qui e/ assurm5t quelque *ose2 c'e/ l'expression la plus avance du pan?isme et qui conti5t dj le g]me d'une philosophie suprieure au pan?isme2 mais ,bruno s'e/ cont5t d'expos] le pr9cipe sans le dvelopp] sy/matiquem5t4 ,cette ?orie e/ une anticipation sur les sicles v5ir2 elle s]a reprise plus t>d4 ,n\s la tr\v]ons sa vraie place dans l'ordre d'un dveloppem5t rguli]2 alors elle ne port]a plus le nom de ,bruno1 mais celui de ,s*ell+4 ,bornons-n\s donc cette indication rapide4 ,les p5seurs de la ,r5aissance *]*ai5t p>t\t la lumire avec une confiante ardeur4 l'antiquit pay5ne ils associr5t de bonne heure une autre tradition1 celle de la philosophie symbolique des ,juifs1 connue s\s le nom de ,cabale4 ,je rappelle ici la ,cabale p\r y relev] une seule ide1 qui a de l'importance et qui s]a peut-tre mise en oeuvre quelque j\r4 ,c'e/ l'ide que la cration des *oses e/ une re/riction apporte l'exi/5ce inf9ie du pr9cipe absolu4 ,les mtaphores dont cette ?orie s'enveloppe ne doiv5t pas en dissimul] la pr(ondeur spculative3 ,l't]nelle lumire remplit l'inf9i4 ,dieu1 v\lant crer le f9i1 se retire d'abord d'un espace qu'il laisse vide p\r le remplir ensuite de ses manations v>ies4--,ce po9t de vue1 que n\s signalons en passant1 e/ susceptible d'applications trs-div]ses4 ,il t\*e aux intrts de la p5se morale comme ceux de la p5se mtaphysique4 ,je le livre vos rflexions4--,il e/ encore un po9t que la philosophie cabali/ique a mis =tem5t en saillie1 sans rs\dre du re/e1 il va sans dire1 les innombrables problmes qu'il fait surgir4 ,c'e/ celui de l'unit et de la spiritualit ess5tielles ou primitives de la cration1 qui e/ selon elle l'humanit1 l'homme primitif3 ,adam-,cadmon4 ,l'unit de la cration e/ sans d\te un gr& my/re2 mais dans ce my/re il y a une affirmation que la raison rclame imprieusem5t2 vrit dang]euse1 comme t\te vrit incomplte1 et d'autant plus dang]euse qu'elle e/ plus vitale4 ,con/amm5t ap]ue et p\rsuivie p> les esprits spculatifs1 cette vrit a f\rni prtexte au pan?isme2 il app>ti5t au sy/me qui lui donn]a son fondem5t vritable1 de l'pur] en la compltant4 ,dans cette priode =t peu critique1 o les ennemis a*>ns de l'vangile1 les noplatonici5s1 passai5t auprs d'esprits excell5ts p\r en tre les meilleurs comm5tateurs1 les deux gr&s c\rants de la p5se mod]ne1 le c\rant *rti5 et le c\rant pay51 s'embran*5t1 se crois5t de mille faons et s\v5t se tr\bl5t p> le mlange de leurs flots4 ,la re/auration de la philosophie hbraque e/ l'int]mdiaire naturel entre le m\vem5t platonici5 de la ,r5aissance et le my/icisme *rti54 ,l'cole my/ique survcut la *ute du moy5 ge1 et p> la cont9uit de la tradition et p> la p]man5ce des beso9s qu'elle *]*ait satisfaire4 ,mais la p5se ne subsi/e qu'en se trans=mant4 ,l'cole my/ique du ,x,v,ime sicle1 plus empirique1 plus populaire que celle du ,x,i,ime1 cette cole t\te mod]ne1 t\te g]manique1 dont ,p>acelse e/ le naturali/e et ,jaques ,bhme le ?ologi51 n\s semble1 avec le scepticisme trs-littraire et trs-peu mtaphysique de ,montaigne1 ce que cette gr&e poque a produit de plus orig9al1 de plus prime-sauti] en fait de philosophie4 ,l'importance de cette secte allem&e1 dont ,poiret1 ,sa9t-,m>t91 l',anglais ,pordage et notre contempora9 ,franois ,baad] sont les disciples les plus connus1 ne doit pas se mesur] d'aprs le nombre1 auj\rd'hui considrablem5t affaibli1 de ses adeptes av\s4 ,les visions du cordonni] de ,grlitz1 nomm p> les si5s philosophus teutonicus1 ont ex]c sur la p5se de ses compatriotes plus clbres une influ5ce beauc\p plus gr&e qu'on ne l'accorde gnralem5t4 ,il e/ facile de le pr\v] sans beauc\p d'ef=ts d'esprit ni d'rudition littraire4 ,a9si n\s voyons ,s*ell+1 le prote de la spculation1 qui a traduit sa p5se dans t\tes les =mes et dans t\s les /yles1 la revtir p5dant quelque temps1 avec une int5tion bi5 m>que1 du co/ume et du langage de ,jaques ,bhme1 jusqu' ce que1 p> une volution brusque en app>5ce1 mais essaye et prp>e ds longtemps1 il se soit appropri1 p>tiellem5t du mo9s1 le fond mme de sa p5se4 ,bhme p>le de l'ess5ce div9e en vritable my/ique2 il raconte ses visions4 ,mais ces visions ne sont pas sans logique intrieure1 et n\s p\vons les traduire en p5ses3 ,dieu se produit lui-mme t]nellem5t p> sa volont2 cette production fait son tre4 ,l'exi/5ce relle de ,dieu sort donc d'un pr9cipe qui e/ div9 sans tre ,dieu4 ,ce pr9cipe1 c'e/ l'tre-nant de ,hegel#ab1 c'e/ l'ard5te obscurit d'une volont sans objet lorsqu'on la sp>e de l'acte p> lequel elle se ralise4 ,mais cet acte e/ t]nel4 ,dieu veut tre1 il veut se possd]1 et il se possde en effet dans la production de son ,fils4 ,p> la production de son ,fils1 qui e/ d\ceur et lumire1 le feu du premi] pr9cipe se trans=me lui-mme en lumire et en d\ceur4 ,p> la production du ,fils1 le primitif dsir e/ satisfait1 l'ess5ce div9e se possde et devi5t p]sonne4 ,a9si le ,fils produit la p]sonnalit1 et la div9it dans le ,pre en mme temps que le ,pre produit la p]sonnalit et la div9it dans le ,fils4 ,le ,pre aime le ,fils comme il en e/ aim4 ,il s'aime lui-mme dans le ,fils1 et ce d\ble am\r e/ la s\rce t]nelle dont procde le ,sa9t-,esprit1 li5 sub/antiel p> lequel le ,pre et le ,fils viv5t l'un dans l'autre1 se possd5t et s'aim5t l'un l'autre4 ,note #ab3 ,bhme l'appelle lui-mme le nant1 das ,ni*ts4 ,si n\s avions assez prcis cette ?orie de la ,tr9it p\r la comp>] aux dductions de sa9t ,anselme et de ,ri*>d de ,sa9t-,victor1 n\s reconnatrions1 je crois1 qu'elle concide assez compltem5t soit avec l'un soit avec l'autre1 de sorte que la spculation de ,bhme s]virait pr\v] que la doctr9e d',anselme et celle de ,ri*>d1 lo9 de s'exclure1 reprs5t5t deux aspects insp>ables du mme fait inf9i4 ,l'ide p> laquelle ,anselme *]*e r5dre raison du my/re div9 e/ celle de la consci5ce de soi4 ,l'opposition ncessaire du moi sujet et du moi objet dans la consci5ce1 devi5t le pr9cipe gnrateur de deux p]sonnalits cause du c>actre absolu qu'elle revt dans l'acte absolu4 ,l'am\r que ,dieu ress5t p\r lui-mme dans cette opposition p> laquelle il se reconnat et se possde1 e/ la s\rce du ,sa9t-,esprit4 ,cette ide de l'am\r1 subsidiairem5t employe p> ,anselme1 devi5t l'unique pr9cipe explicatif *ez les mo9es de ,sa9t-,victor4 ,dans la ?orie que n\s avons rsume il y a quelques in/ants1 ,ri*>d ne prt5d pas1 disions-n\s1 n\s donn] l'intuition de la tr9it de ,dieu1 mais seulem5t n\s contra9dre p> de ju/es raisons confess] que la triplicit des p]sonnes en ,dieu e/ une consqu5ce de sa p]fection absolue4 ,bhme1 en revan*e1 s'atta*e au comm5t plutt qu'au p\rquoi4 ,il dcrit la ,tr9it dans l'acte t]nel de sa ralisation4 ,mais le comm5t r5f]me le p\rquoi4 ,on voit sans pe9e que cet embrasem5t dont ,bhme n\s p>le1 cette explosion du dsir primitif1 n'e/ autre *ose que le dsir de se possd] soi-mme1 ou d'obt5ir la consci5ce de soi-mme4 ,la ,tr9it e/ donc p\r ,bhme comme p\r ,anselme1 la ralisation de l'intellig5ce4 ,mais si le pr9cipe ign sort de son obscurit primitive1 c'e/ p> une volont1 p> un am\r1 savoir l'am\r de la p]fection1 qui se ralise p> la gnration du ,fils4 ,aim] la p]fection et v\loir se connatre sont une seule et mme *ose en ,dieu4 ,l'ide que l'am\r e/ le fond de l'tre1 comme il en e/ la ralisation suprme1 se retr\ve a9si dans ,bhme1 qui reproduit en t]mes exprs la doctr9e ess5tielle de ,ri*>d de ,sa9t-,victor4 ,p\r rsum] en quelques mots la doctr9e de ,bhme sur l'tre de ,dieu1 j'ai d faire ab/raction de plusieurs lm5ts1 dont quelques-uns sont peut-tre ess5tiels4 ,j'ai moi-mme quelques scrupules sur l'exactitude de cette exposition2 mais les erreurs que j'entrevois sans p\voir les corrig] dans ce mom5t1 n'atteign5t pas le trait le plus orig9al du sy/me1 je veux dire l'ide d'une base de l'exi/5ce div9e di/9cte de cette exi/5ce elle-mme4 ,c'e/ cette volont1 ce feu1 que ,bhme appelle ,nature en ,dieu4 ,cette doctr9e lui s]t r5dre raison de la ,tr9it d'abord1 puis de la ,cration1 du li5 qui unit la crature au ,crateur1 de la lib]t de l'homme1 de sa vie intrieure et de sa de/9e4 ,comme l'exi/5ce t]nelle de ,dieu se fonde sur le dploiem5t t]nel et l't]nelle trans=mation de cette base1 la cration du monde1 son t\r1 peut rsult] d'un n\veau dploiem5t du mme pr9cipe que ,dieu possde en lui-mme et dont il dispose son gr4 ,a9si le pan?isme se tr\v]ait expliqu et rfut d'avance4 ,la ,cration n'e/ pas l'acte mme de la vie div9e1 elle en e/ la reproduction et l'image2 mais le pr9cipe qui repose t]nellem5t au se9 de l'tre et qui devi5t le ,pre1 e/ aussi le pr9cipe de l'exi/5ce cre2 il =me le li5 sub/antiel entre l'homme et ,dieu4 ,l'homme se con/itue sur cette base1 qui e/ la nature en lui1 c5trum natur1 base div9e1 mais div9e condition de re/] dans l'ombre1 dans le non-tre4 ,l'homme doit s'appuy] sur ce c5tre et *]*] sa vie ailleurs1 dans le ,fils1 dans la lumire1 p\r reproduire son t\r en lui-mme l'volution de la ,tr9it1 l'volution cratrice2 c'e/ la seconde naissance dont n\s p>le l'criture4 ,a9si l'homme a deux ples1 deux pr9cipes2 il peut se ralis] dans les tnbres ou dans la lumire1 il peut s'affirm] lui-mme en ,dieu ou hors de ,dieu4 ,telle e/ l'explication de sa lib]t1 qui conti5t en soi l'explication du mal et les prmisses de t\te la dogmatique spculative4 ,cette d]nire ide e/ p\r n\s d'un intrt p>ticuli]4 ,n\s tr\vons dans ,jacques ,bhme et dans les *rti5s my/iques en gnral des prcurseurs et des matres dans l'oeuvre que n\s t5tons4 ,ils ont conu comme n\s les problmes mtaphysiques qui intress5t le plus directem5t la consci5ce3 les problmes de la lib]t div9e1 de la lib]t huma9e et du b de la vie4 ,ils ont essay de les rs\dre compltem5t sans en altr] les donnes primitives telles que la consci5ce les tablit4 ,il y aurait beauc\p appr5dre d'eux1 quoique leur m?ode ne soit pas l'usage de t\t le monde et que la diffr5ce des m?odes influe t\j\rs sur les rsultats4 ,c'e/ cette aff9it de p5se et de s5tim5t qui m'a press de les m5tionn]1 malgr le peu de temps dont n\s disposons1 malgr l'impossibilit o je me voyais d'tre clair1 d'en dire assez1 peut-tre mme de r5dre leur p5se avec exactitude4 ,v\s avez compris t\t de suite1 ,messieurs1 que1 dans cette leon et dans la prcd5te1 je n'ai pas eu la prt5tion de rsum] la philosophie scola/ique ni celle de la ,r5aissance2 mon seul b a t d'en tir] quelques p5ses dta*es1 quelques matriaux1 prcieux1 je le crois1 bi5 qu'on les ddaigne4 ,n\s n'imit]ons po9t ce dda91 mais p>mi les ides que n\s f\rnit le pass n\s n'emploi]ons que celles qui se prs5t]ont naturellem5t n\s dans le dveloppem5t de notre pr9cipe4 ,,sixi,,me ,,le,,on4 ,desc>tes4 ,il a dess9 le plan de la philosophie1 qui de la premire vrit c]ta9e immdiatem5t passe1 au moy5 d'un critre subjectif immdiat1 la premire vrit en soi1 la connaissance du pr9cipe des *oses1 d'o se tire un n\veau critre2 et dduit t\t de ce pr9cipe4 ,selon ,desc>tes1 le pr9cipe univ]sel e/ une volont absolum5t libre4 ,il a compris t\te la porte de cette conception1 et sa psy*ologie e/ un reflet de sa mtaphysique2 mais son pr9cipe demeure /rile1 p>ce qu'il s'en ti5t la notion =melle de lib]t sans exam9] la nature de l'acte crateur4 ,d'ailleurs il ne dmontre pas la lib]t absolue1 il la considre comme une donne immdiate de la raison4 ,celle-ci ne conoit immdiatem5t qu'un absolu indt]m91 l'tre qui exi/e de soi-mme1 ce qui e/ la ,sub/ance de ,desc>tes et le ,dieu de ,sp9osa4 ,desc>tes ouvre a9si la porte au sp9osisme4 ,il lui f\rnit encore prtexte p> son dualisme de la p5se et de l't5due2 dualisme inconsqu5t1 c> il ne dc\le pas du pr9cipe premi]1 mais d'une application illgitime du critre subjectif de la vrit4 ,messieurs1 ,la philosophie de la ,r5aissance r5f]me ple-mle les pr9cipales ides que la philosophie mod]ne reproduit dans une progression rgulire4 ,j'essai]ai de v\s prs5t] les lm5ts de cette srie suivant la loi de leur gnration1 en les dgageant de t\s les accessoires4 ,notre *em9 va de cime en cime2 c'e/ le plus fatigant1 mais c'e/ le plus c\rt4 ,la philosophie mod]ne comm5ce avec ,desc>tes1 qui en a dess9 le plan d'une ma9 f]me4 considr] le m\vem5t philosophique des deux d]ni]s sicles dans son ensemble1 ce plan n'a jamais t ab&onn4 ,les p5seurs qui s'en sont c>ts se sont g>s4 ,le c>tsianisme e/ le programme immuable de la philosophie1 programme complet1 programme imm5se1 qui n'e/ pas encore entirem5t ralis4 ,il se propose3 #a de comm5c] la sci5ce p> son vrai comm5cem5t1 c'e/--dire p> la premire vrit c]ta9e2 #b de tir] de la premire vrit connue un crit]ium gnral de c]titude2 #c de s'lev]1 l'aide de ce crit]ium1 de la premire vrit connue la premire vrit en soi1 au pr9cipe univ]sel4 #d ,de la notion du pr9cipe univ]sel il dduit un critre de vrit suprieur1 qui confirme le premi]4 #e ,enf91 du pr9cipe univ]sel1 et p> le moy5 des deux critres1 il s'ef=ce de tir] les pr9cipes immdiats des *oses et de recon/ruire le monde rel avec ces donnes4 ,cette =mule1 d'une nettet admirable1 s]vira de mesure t\s les travaux ultrieurs4 ,desc>tes a mis un so9 extrme la suivre de t\t po9t1 et lorsqu'au fond il n'a pas pu y russir1 il a p\rtant v\lu en g>d] l'app>5ce4 ,la d\ble *ane e/ t5due du ciel la t]re1 mais et l des b\ts de corde remplac5t les anneaux d'or4 ,si n\s le jugeons1 non pas avec la sympa?ie de l'hi/ori51 mais avec l'inexorable rigueur de l'hi/oire elle-mme1 n\s devrons av\] que ,desc>tes n'a fait df9itivem5t que les deux premi]s pas dans la c>rire imm5se qu'il a trace3 il a ram5 la p5se son po9t de d"p2 il a dt]m9 le premi] critre de la vrit et1 p> le critre1 la m?ode2 c'tait plus qu'il n'en fallait p\r sa gloire4 ,c'tait assez p\r accomplir une rvolution4 ,ces deux degrs poss1 ,desc>tes ne s'arrte pas dans sa m>*e asc5dante4 ,il s'avance1 au contraire1 =t rsolum5t du ct de la vrit positive que n\s rev5diquons1 et fran*issant1 sans les ap]cevoir1 les sicles qui vont le suivre1 il esquisse1 p> quelques traits seulem5t1 mais p> quelques traits lum9eux1 t\te une philosophie de lib]t4 ,mais la prmisse sur laquelle il la fait repos] n'e/ pas ju/ifie avec assez de prcaution2 t\s les int]mdiaires requis p\r r5dre la vrit de cette prmisse manife/e et son emploi lgitime1 n'ont pas t trav]ss ou1 du mo9s1 n'ont pas t clairem5t indiqus4 ,celle-ci se prs5te ds lors avec l'app>5ce d'une hypo?se ou d'un emprunt fait la tradition1 et les consqu5ces que ,desc>tes en dduit sont encore des consqu5ces anticipes1 comme les sy/mes de la ,r5aissance et du moy5 ge2 priodes avec lesquelles il n'a pas rompu aussi compltem5t qu'il l'a cru et qu'on l'a dit4 ,l'esprit huma91 qui va trs-l5tem5t lorsqu'il m>*e sans lisires1 n'a pas suivi ,desc>tes jusqu'au b\t4 ,il a dvelopp1 non sans ef=t1 les int]mdiaires que ce gnie individuel avait ngligs1 et *acune de ces ides int]mdiaires e/ dev5ue le pr9cipe d'une gr&e philosophie4 ,r5onant au d]ni] appui que ,desc>tes empruntait1 sans le v\loir peut-tre1 la doctr9e *rti5ne1 il e/ tomb d'abord =t au-dess\s du po9t de vue c>tsi51 en reproduisant s\s la =me rfl*ie le pan?isme imp>fait de l',ori5t4 ,il s'e/ relev peu peu2 cep5dant le c>tsianisme n'e/ pas encore dpass1 il n'e/ pas encore puis4 ,les successeurs de ,desc>tes n'ont pas ap]u1 cela va sans dire1 l'importance spculative des ides qu'ils ne sur5t pas mettre en oeuvre1 de sorte qu'elles sont re/es peu prs dans l'oubli4 ,l'cole allem&e et l'cole franaise contempora9e1 hritire d'un spiritualisme affaibli p> le ,x,v,i,i,ime sicle1 se sont atta*es l'une et l'autre1 dans leurs expositions hi/oriques1 aux cts du c>tsianisme dont elles peuv5t s'autoris]4 ,d'ailleurs ,desc>tes lui-mme1 dont les convictions n'ont po9t v>i1 semble avoir subi l'influ5ce d'une proccupation qui l'a emp* de dvelopp] t\te sa philosophie dans l'esprit de sa conception premire2 il ne fait pas usage de t\s ses moy5s1 et aprs avoir surmont le pan?isme en s'levant h>dim5t v]s l'absolu vritable1 il en favorise le ret\r p> un dualisme exagr4 ,p\r suivre le c\rant secondaire de sa p5se1 il suffisait de laiss] all] la logique2 p\r m>*] jusqu'au b\t dans la direction pr9cipale1 il fallait un n\vel acte crateur ou t\t au mo9s une re/auration n\velle2 aussi cette voie royale fut-elle ab&onne4 ,aprs les premi]s ?ormes1 que t\s les sy/mes ont adopts1 le c>tsianisme se p>tage donc2 et comme la philosophie t\t entire s'e/ jete dans l'embran*em5t qui ramne au pan?isme1 on a f9i p> voir en lui le c>tsianisme t\t enti]4 ,il en rsulte que ,desc>tes e/ mo9s connu qu'il n'e/ clbre1 je dirais mme mo9s connu qu'il n'e/ lu4 ,on a imm5sm5t crit sur ,desc>tes1 ses oeuvres sont dans t\tes les biblio?ques1 et p\rtant1 avant de le discut]1 il faudrait1 p\r tre compris1 comm5c] p> le rtablir4 ,je suis =tem5t t5t de l'essay] avec v\s auj\rd'hui1 et la *ose aurait p\r moi de l'importance1 c> le sy/me dont je dois v\s expos] les lm5ts1 quoi qu'il se soit produit indp5damm5t de t\te influ5ce directe du c>tsianisme1 n'e/ en ralit que le dveloppem5t du ct du c>tsianisme jusqu'ici le plus nglig4 ,cette dc\v]te t>dive m'a =t agrablem5t surpris1 je v\s l'av\e3 si la doctr9e que j'enseigne n'e/ pas con=me de t\t po9t aux vues qui rgn5t dans l'cole1 il ne s]ait pas mal de la mettre s\s la protection d'un nom que l'cole elle-mme inscrit volonti]s sur son drapeau4 ,il vaut mieux auj\rd'hui relev] de ,desc>tes que d'un mo9e ignor comme ,scot4 ,mais1 p\r tablir compltem5t notre lgitimit c>tsi5ne1 il faudrait une discussion en rgle1 dont la place n'e/ pas ici4 ,je me borne1 bi5 regret1 quelques indications telles que le cadre d'une leon les comporte4 ,desc>tes1 disons-n\s1 a ram5 la p5se son po9t de d"p2 il a dt]m9 p\r jamais le critre de la vrit philosophique et1 p> le critre1 la m?ode4 ,le critre1 c'e/ l'vid5ce intrieure oppose t\te espce d'autorit4 ,c'e/ le prote/antisme introduit dans la philosophie1 et qui bi5tt ragira sur la religion4 ,le po9t de d"p1 c'e/ l'exi/5ce du moi p5sant4 ,je n'admets ri5 sur la foi d'une autorit trangre ou sur la foi d'une spculation sans contrle2 je d\te1 jusqu' meilleure in=mation1 de t\t ce dont il e/ possible de d\t]2 mais je ne puis pas d\t] de mon exi/5ce1 c> je ne puis pas d\t] de ma p5se1 je ne puis pas d\t] de mon d\te1 qui e/ une p5se4 ,j'exi/e donc1 et je suis un tre p5sant4 ,ce qui me l'atte/e1 c'e/ l'vid5ce2 il faut donc croire l'vid5ce4 ,les *oses que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t sont vraies4 ,ceci e/ =t simple1 v\s le voyez2 ce n'tait pas trs-n\veau1 et cep5dant l'nonc de ces propositions fut une gr&e oeuvre4 ,le mom5t de mettre ces vrits lm5taires leur place tait arriv4 ,jusqu'ici ,desc>tes a pos la base commune t\s les sy/mes mod]nes4 ,dsormais ce qu'il vi5t d'avanc] s]a tantt rpt1 tantt s\s-ent5du1 jamais conte/4 ,le troisime pas n\s fait entr] dans le c>tsianisme proprem5t dit4 ,ici ,desc>tes t\*e au b1 mais il le saisit trop tt et n'assure pas sa conqute4 ,le problme e/ de pass] de la premire vrit connue la premire vrit en soi1 c'e/--dire de tr\v] ,dieu p> l'vid5ce1 le moi p5sant tant seul donn4 ,il faut donc tr\v] ,dieu dans le moi4 ,j'ai l'ide d'un tre s\v]a9em5t p>fait1 dit le philosophe4 ,le s5s e/ sans d\te3 ,t\t esprit a ncessairem5t l'ide d'un tre p>fait2 l'ide de p]fection e/ ess5tielle l'intellig5ce4 ,c'e/ ce que ,desc>tes appelait une ide inne4 ,on a critiqu cette manire de s'exprim] avec beauc\p de raison4 ,il e/ clair qu'une ide n'exi/e que p> l'acte de l'esprit qui la conoit4 ,il n'y a donc proprem5t p>l] po9t d'ides innes4 ,mais si l'esprit huma9 e/ fait de telle sorte que la rflexion ne saurait s'ex]c] sans dc\vrir l'ide de l'tre p>fait1 il n'en faut pas davantage4 ,seulem5t1 au lieu d'ides innes n\s crirons ides ncessaires3 ,desc>tes ne l'ent5d pas autrem5t#ac4 ,note #ac3 ,lorsque je dis que quelque ide e/ ne avec n\s1 j'ent5ds seulem5t que n\s avons en n\s-mme la facult de la produire4 ,rponse aux ,i,i,imes objections4 d4 ,g>ni]1 tome ,,ii1 p4 #ajd4 ,l'ide de ,dieu tant donne dans la p5se1 ,desc>tes pr\ve son exi/5ce relle p> deux argum5ts1 dont l'un "p du cont5u mme de l'ide3 c'e/ l'anci5 argum5t ontologique3 ,l'exi/5ce relle e/ une p]fection1 donc l'tre p>fait n'exi/e pas dans la p5se seulem5t1 mais en ralit4 ,l'autre1 plus populaire p> sa =me1 se fonde sur la prs5ce de l'ide de ,dieu dans l'esprit3 ,imp>fait moi-mme1 je ne puis pas avoir produit l'ide de la p]fection2 elle doit avoir p\r auteur un tre rellem5t p>fait4 ,j'accepte ces preuves1 ,messieurs2 je me cont5t]ais mme mo9s1 c> l'exi/5ce ncessaire d'un pr9cipe inconditionnel n'e/ pas mo9s vid5te que la prs5ce de l'inconditionnel dans l'esprit2 c'e/ dans ce s5s que j'ent5ds l'argum5t ontologique1 mais la difficult n'e/ pas l4 ,la "q consi/e savoir si l'ide d'un tre p>fait telle que ,desc>tes la dveloppe1 e/ rellem5t une conception inhr5te l'esprit1 une ide ncessaire4 ,cette ide e/ celle du ,dieu p]sonnel des *rti5s1 avec les pr9cipaux attributs que lui confre la ?ologie4 ,e/-elle inhr5te l'esprit huma98--,en un s5s je l'accord]ais volonti]s4 ,elle l'e/1 oui1 comme g]me1 comme problme2 mais immdiatem5t1 comme p5se di/9cte1 elle l'e/ si peu1 que t\te la mtaphysique n'a d'autre b que de l'enfant] et de l'claircir4 ,a9si ,desc>tes n'a pas le droit de comm5c] en disant3 ,je tr\ve en moi l'ide d'un tre p>fait4 ,c'e/ l un fait p]sonnel1 accid5tel1 qui ti5t son ducation2 ce n'e/ pas le fait ncessaire4 ,le gr& r=mateur met pr(it le rsultat le plus lev de la scola/ique1 au lieu de le recon/ruire p> un travail indp5dant1 comme son programme l'et exig4 ,p> ce po9t capital1 ,desc>tes dp5d du moy5 ge et n'accomplit pas dans t\te son t5due la rvolution dont il a conu le projet4 ,il n'e/ pas exact de prt5dre que *acun tr\ve en soi d'entre l'ide d'un tre p>fait2 c>1 au db de la rflexion1 n\s ignorons ce qui e/ requis de l'tre p\r qu'il soit p>fait4 ,ce que n\s tr\vons rellem5t en n\s-mme1 ou plutt ce qu'un ret\r sur n\s-mme n\s oblige concevoir1 c'e/ l'tre au fond de t\te exi/5ce1 l'inconditionnel1 un tre1 quel qu'il soit d'ailleurs1 qui exi/e p> lui-mme et qui n'a beso9 d'aucun autre p\r exi/]1 c'e/--dire la sub/ance1 c> c'e/ la df9ition c>tsi5ne de la sub/ance que n\s v5ons d'nonc]2 quant aux attributs de l'tre inconditionnel1 il faut les dduire p> la raison de ce premi] attribut1 l'exi/5ce p> soi-mme2 il ne suffit pas de les tr\v] dans la rm9isc5ce4 ,le ,dieu de ,desc>tes n'e/ donc pas un produit lgitime de sa m?ode d'vid5ce2 ds lors il e/ en philosophie comme s'il n'tait pas1 et t\s les ?ormes fonds sur lui devi5n5t problmatiques4 ,il y a deux notions de l'absolu *ez ,desc>tes comme *ez ,platon4 ,le ,dieu qui =me l'univ]s dans le ,time n'e/ pas l'unit suprieure l'tre o vi5t ab\tir la dialectique du ,p>mnide2 du mo9s la concid5ce des deux ides n'e/-elle pas r5due manife/e4 ,desc>tes1 de mme1 tr\ve dans son esprit l'ide d'un ,dieu s\v]a91 t]nel1 inf9i1 immuable1 t\t-connaissant1 t\t-puissant1 et crateur univ]sel de t\tes les *oses qui sont hors de lui#ad4 ,il tr\ve galem5t dans son esprit ou dans le langage tel que l'ont =m ses devanci]s#ae1 l'ide de la sub/ance1 c'e/--dire d'une *ose qui n'a beso9 que de soi-mme p\r exi/]4 ,la sub/ance e/1 p> sa df9ition1 indp5dante1 inconditionnelle1 absolue4 ,voil donc1 s9on deux absolus1 ce qui e/ inadmissible et contraire au s5s de ,desc>tes1 au mo9s deux df9itions de l'absolu qu'il faudrait rduire l'unit p\r asseoir la mtaphysique4 ,cette rduction e/ demeure imp>faite4 ,desc>tes tablit bi5 que ,dieu e/ la sub/ance ou que1 s'il exi/e un tre p>fait au s5s de sa df9ition1 cet tre p>fait possde seul l'exi/5ce p> lui-mme1 de sorte que le nom de sub/ance n'e/ donn qu'improprem5t aux *oses cres2 mais il ne dmontre pas inv]sem5t que la sub/ance soit ,dieu1 c'e/--dire que l'tre exi/ant p> lui-mme possde ncessairem5t l'intellig5ce inf9ie1 la bont p>faite1 la puissance cratrice1 la lib]t s\v]a9e1 dont il fait les c>actres de la div9it4 ,sa rgression vi5t donc ab\tir deux t]mes1 et l'on peut fond] sur elle deux philosophies progressives1 l'une comm5ant p> son ide de ,dieu3 c'e/ celle qu'il a t5te lui-mme2 l'autre comm5ant p> sa df9ition de la sub/ance3 c'e/ celle de ,sp9osa4 ,la seconde seule a pris une importance univ]selle en dt]m9ant les m\vem5ts ultrieurs de la philosophie1 et cela1 ,messieurs1 je crois utile d'insi/] sur le po9t1 p>ce qu'elle seule tait lgitime4 ,desc>tes veut que n\s p>tions de l'ide inne de l'inf9i1 c'e/--dire de son ide immdiate2 or l'ide immdiate de l'inf9i1 dont n\s ne p\vons pas conte/] la ralit1 p>ce que n\s ne p\vons pas en faire ab/raction1 ce n'e/ pas la plus gr&e et la plus ri*e1 c'e/ au contraire la plus simple et la plus nue2 ce n'e/ pas le ,dieu de ,scot et de ,desc>tes1 c'e/ la sub/ance de ,sp9osa4 ,note #ad3 ,md4 ,,iii4 d4 ,g>ni]1 tome ,i1 p4 #aai4 ,note #ae3 ,desc>tes1 on s'en s\vi5t1 n't5d pas le d\te philosophique jusqu' mettre en "q les simples ides et p> consqu5t les df9itions4 ,la logique huma9e1 qui ne comporte pas de sauts1 dut pass] p> ,sp9osa1 ,leibnitz1 ,fi*te1 ,hegel et ,s*ell+1 p\r rev5ir au ,dieu c>tsi54 ,ce que n\s repro*ons ,desc>tes1 si t\tefois le mot de repro*e e/ de mise en cette occasion1 c'e/ d'avoir nglig la discussion dialectique dont il tait beso9 p\r manife/] la ncessit de sa conception suprme et prv5ir a9si les re*utes4 ,n\s ne l'accusons pas d'avoir mal compris l'inf9i4 ,au contraire1 il en a le s5s au plus haut degr2 et s'il et ap]u la lacune de son sy/me1 s'il en et prvu le dang]1 nul n'aurait pu mieux la combl]4 ,je n'en veux d'autres preuves que sa manire d'envisag] la lib]t div9e4 ,p\r lui cette lib]t e/ absolue4 ,la volont cratrice produit incessamm5t1 non-seulem5t l'exi/5ce des *oses1 mais leur ess5ce et leurs lois1 tellem5t que les pr9cipes univ]sels de la morale et de la logique elle-mme tir5t leur vrit de l'acte div9 et ne subsi/5t que p> cet acte4 ,ce n'e/ pas p\r avoir vu qu'il tait meilleur que le monde ft cr dans le temps que ds l't]nit1 qu'il a v\lu crer le monde dans le temps1 mais au contraire p>ce qu'il a v\lu crer le monde dans le temps2 p\r cela il e/ aussi meilleur que s'il et t cr ds l't]nit4 ,il n'en e/ po9t a9si de l'homme1 qui tr\ve dj la nature de la bont et de la vrit tablie et dt]m9e en ,dieu#af4 ,note #af3 d4 ,g>ni]1 tome ,,ii1 p4 #cfc4 ,c'e/ *ose curieuse1 ,messieurs1 d'ent5dre les objections de nos c>tsi5s du j\r et mme celles de ,leibnitz1 contre cette doctr9e h>die1 lorsqu'on sait comm5t ,desc>tes les a rfutes d'avance en rpondant ses contempora9s4 ,il crivait ,m]s5ne le #ae avril #afcjag3 ,note #ag3 d4 ,g>ni]1 tome ,,iv1 p4 #cjc4 ,les vrits mtaphysiques lesquelles v\s nommez t]nelles1 ont t tablies de ,dieu et en dp5d5t entirem5t1 a9si que t\t le re/e des cratures2 c'e/ en effet p>l] de ,dieu comme d'un ,jupit] ou d'un ,saturne et l'assujettir au ,/yx et aux de/9es1 que de dire que ces vrits sont indp5dantes de lui4 ,ne craignez po9t1 je v\s prie1 d'assur] et de publi] p>t\t que c'e/ ,dieu qui a tabli ces lois en la nature1 a9si qu'un roi tablit les lois en son royaume444 ,on v\s dira que si ,dieu avait tabli ces vrits1 il les p\rrait *ang] comme un roi fait de ses lois2 quoi il faut rpondre que oui1 si sa volont peut *ang]4--,mais je les compr5ds comme t]nelles et immuables4--,et moi je juge de mme de ,dieu4--,mais sa volont e/ libre4--,oui1 mais sa puissance e/ incomprh5sible1 et gnralem5t n\s p\vons bi5 assur] que ,dieu peut faire t\t ce que n\s p\vons compr5dre1 mais non pas qu'il ne peut faire ce que n\s ne p\vons pas compr5dre4#ah ,note #ah3 ,comp>ez ,rponses aux ,vmes objections1 d4 ,g>ni]1 tome ,h1 p4 #cah1 #cai4 ,rponses aux ,v,imes objections1 id4 p4 #cfb1 #cfg2 puis3 ,lettres1 tome ,,iv4 p4 #abc1 #acd4 ,a9si la p5se de ,desc>tes n'e/ po9t arbitraire4 ,elle porte en elle-mme les titres de sa lgitimit4 ,la lib]t p>faite e/ affirme comme l'9vitable dveloppem5t de l'ide de la p]fection1 de la ralit positive1 ou1 plus simplem5t1 de l'inf9i4 ,la preuve e/ inhr5te la ?se1 qu'il suffisait de dvelopp]4 ,en tirant de la lib]t absolue la loi selon laquelle doit s'opr] le d"p entre les vrits accessibles la raison huma9e et les sujets placs au del de sa sphre1 ,desc>tes fait faire un gr& pas sa philosophie et rpond en mme temps la pr9cipale objection contre la doctr9e de la lib]t elle-mme4 ,il a saisi t\te l'importance de cette ide et la reproduit ma9tes fois4 ,il crit un autre correspondant3 ,p\r la difficult de concevoir comm5t il a t libre et indiffr5t ,dieu de faire qu'il ne ft pas vrai que les trois angles d'un triangle fuss5t gaux deux droits1 ou gnralem5t que les contradictoires ne peuv5t tre ensemble1 on la peut aism5t t] en considrant que la puissance de ,dieu ne peut avoir aucune borne1 puis aussi en considrant que notre esprit e/ f9i1 et cr de telle nature qu'il peut concevoir comme possibles les *oses que ,dieu a v\lu tre vritablem5t possibles1 mais non pas telle qu'il puisse aussi concevoir comme possibles celles que ,dieu aurait pu r5dre possibles1 mais qu'il a v\lu t\tefois r5dre impossibles2 c> la premire considration n\s fait connatre que ,dieu ne peut avoir t dt]m9 faire qu'il ft vrai que les contradictoires ne peuv5t tre ensemble1 et que p> consqu5t il a pu faire le contraire2 puis l'autre n\s assure que1 bi5 que cela soit vrai1 n\s ne devons po9t t*] de le compr5dre1 p>ce que notre nature n'en e/ po9t capable4 ,et encore que ,dieu ait v\lu que quelques vrits fuss5t ncessaires1 ce n'e/ pas dire qu'il les ait ncessairem5t v\lues2 c>1 c'e/ t\t autre *ose de v\loir qu'elles fuss5t ncessaires et de le v\loir ncessairem5t ou d'tre ncessit le v\loir4 ,j'av\e bi5 qu'il y a des contradictions qui sont si vid5tes1 que n\s ne les p\vons reprs5t] notre esprit sans que n\s les jugions entirem5t impossibles1 comme celle que v\s proposez3 ,que ,dieu aurait pu faire que les cratures ne fuss5t po9t dp5dantes de lui2 mais n\s ne n\s les devons po9t reprs5t] p\r connatre l'imm5sit de sa puissance1 ni concevoir aucune prfr5ce ou priorit entre son ent5dem5t et sa volont2 c> l'ide que n\s avons de ,dieu n\s appr5d qu'il n'y a en lui qu'une seule action t\te simple et t\te pure#ai4 ,note #ai3 d4 ,g>ni]1 lettre ,,xlviii1 p4 #adg4 ,la difficult qui n\s emp*e de recevoir d'abord l'absolue lib]t e/ celle-ci3 ,n\s tr\vons en n\s-mme c]ta9es ides revtues du c>actre de la ncessit4 ,p\r compr5dre l'absolue lib]t1 il faudrait se les reprs5t] comme cont+5tes1 ce qui implique contradiction dans notre esprit4 ,desc>tes rpond3 ,ce qui e/ ncessaire nos yeux1 c'e/ ce que ,dieu a v\lu r5dre ncessaire4 ,il e/ auteur1 non-seulem5t du rel1 mais du possible2 les impossibilits que n\s ap]cevons sont les impossibilits qu'il a cres4 ,mais ce qu'il a r5du impossible l'e/ en effet1 et n\s ne saurions d'aucune manire en compr5dre la possibilit4 ,la solution df9itive laquelle il s'arrte n'e/ donc pas dogmatique2 elle e/ critique4 ,il ne p5se pas que n\s devions affirm]1 comme si n\s le compr5ions1 que ,dieu soit affran*i des lois ma?matiques1 p> exemple4 ,mais la "q tant pose a9si3 ,dieu peut-il faire que les trois angles d'un triangle ne soi5t pas gaux deux angles droits8 on rpondrait dans son esprit1 en t5ant compte de t\s les lm5ts de sa p5se3 ,n\s ne saurions concevoir un triangle dont les angles ne val5t pas deux angles droits4 ,n\s ne saurions pas davantage1 sans *oqu] les lois de notre raison1 limit] la lib]t div9e4 ,ce qui e/ c]ta91 c'e/ que l'auteur de cette raison e/ l'auteur des vrits qui la con/itu5t4 ,et sa volont cratrice n'obx pas des lois traces pralablem5t p> son intellig5ce1 c> l'intellig5ce ne prcde po9t en lui la volont et ne s'en sp>e po9t1 mais elles ne sont qu'un seul et mme acte4 ,la manire dont ,desc>tes conoit le rapport entre l'ent5dem5t et la volont mrit]ait une tude att5tive4 ,en ,dieu1 n\s voyons qu'il refuse avec beauc\p de s5s de subordonn] l'un l'autre4 ,t\tefois en s\mettant les lois du possible la lib]t div9e1 il fait bi5 compr5dre qu'au fond il voit dans la volont le c5tre et le pr9cipe de l'tre4 ,p\r lui la volont e/ la sub/ance div9e1 dont l'intellig5ce =me l'insp>able attribut4 ,il n'en va pas autrem5t en psy*ologie4 ,au premi] aspect1 le dualisme c>tsi5 p>at t5dre =tem5t au rationalisme et l'idalisme4 ,la p5se e/ une sub/ance1 l'me une *ose qui p5se4 ,l'homme ne sait ri5 de lui-mme1 s9on qu'il e/ un tre p5sant4 ,ces faons de p>l] ont ex]c une gr&e influ5ce1 que n\s ne saurions considr] comme avantageuse t\s les g>ds4 ,et p\rtant ce ne sont rellem5t que des faons de p>l]4 ,p5s] e/1 *ez ,desc>tes1 un t]me gnrique qui dsigne t\te espce d'activit intrieure4 ,p> le nom de p5se1 dit-il1 je compr5ds t\t ce qui e/ tellem5t en n\s que n\s l'ap]cevons immdiatem5t p> n\s-mme et en avons une connaissance intrieure2 a9si t\tes les oprations de la volont1 de l'ent5dem5t1 de l'imag9ation et des s5s sont des p5ses#bj4 ,la df9ition de l'me et les noms imposs aux deux ordres de sub/ances cres ne prjug5t donc en ri5 la "q4 ,p\r la rs\dre sa9em5t1 il faut s'atta*] mo9s aux mots qu'aux *oses et voir quels sont1 *ez ,desc>tes1 le rle et les c>actres des deux fonctions dont il s'agit4 ,n\s rem>quons d'abord que ,desc>tes affirme le libre arbitre de l'homme avec non mo9s d'n]gie que la lib]t div9e4 ,a9si l'ent5dem5t ne dt]m9e la volont que selon la p]mission et p> le conc\rs de la volont elle-mme4 ,l'action ne rsulte pas fatalem5t de la comp>aison des motifs1 mais l'me cons5t librem5t aux motifs1 et plus ceux-ci sont dcisifs1 plus elle e/ libre dans son entire et fran*e adhsion3 mme alors elle p\rrait la refus]4 ,en effet1 la lib]t consi/e en ceci que n\s p\vons faire une *ose ou ne la faire pas#ba1 et nanmo9s l'indiffr5ce que je s5s lorsque je ne suis po9t emport v]s un ct plutt que v]s un autre p> le poids d'aucune raison1 e/ le plus bas degr de la lib]t#bb4 ,a9si l'ent5dem5t agit t\j\rs sur la volont1 mais il n'ex]ce sur elle aucun empire4 ,la volont comm&e au contraire l'intellig5ce4 ,son rle dans les fonctions intellectuelles n'e/ pas un simple conc\rs1 c'e/ une suprme direction4 ,t\te activit de la p5se se t]m9e en effet dans le jugem5t1 et le jugem5t e/ produit p> la volont#bc4 ,aussi1 lo9 que les torts de notre conduite tr\v5t une excuse dans l'insuffisance de nos lumires1 n\s sommes responsables des erreurs de notre intellig5ce1 qui ont leur s\rce dans une faute du franc arbitre2 alors que volontairem5t n\s affirmons ou nions au del de ce dont n\s avons des ides claires et di/9ctes#bd4 ,je ne dem&e pas si la ?orie c>tsi5ne sur le jugem5t e/ irrpro*able2 je n'essay]ai pas de dgag] la vrit qu'elle conti5t de l'exagration qui la r5d p>adoxale et qui a s\lev contre elle tant de critiques2 je me borne relev] son importance dans l'conomie gnrale du c>tsianisme4 ,note #bj3 ,rponses aux ,i,imes objections1 tome ,,ii1 p4 #gd4 ,comp>ez ,pr9cipes1 tome ,i1 p4 #bca4 ,note #ba3 ,md4 ,,iv1 tome ,,ii1 p4 #adj4 ,note #bb3 ,id4 loc laud4 ,comp>ez tome ,,iv1 lettre ,,xlvii1 p4 #acf4 ,avant que notre volont soit dt]m9e1 elle e/ t\j\rs libre ou a la puissance de *oisir l'un ou l'autre des deux contraires1 mais elle n'e/ pas t\j\rs indiffr5te1 etc4 ,note #bc3 ,tome ,,iv4 ,pr9cipes1 #cd1 p4 #bde4 ,note #bd3 ,id4 #ce et #cf4 ,comp>ez la ,i,vme mditation t\t entire et surt\t #d1 p4 #acg2 #g1 p4 #aci2 #ab1 p4 #adc4 ,le po9t de vue qui dom9e la matire et dont jailliss5t les doctr9es que je vi5s de rappel]1 e/ nonc p> ,desc>tes en t]mes prcis dans une lettre son disciple ,rgis3 ,l'acte de la volont et l'intellection diffr5t entre eux comme l'action et la passion de la mme sub/ance2 c> l'intellection e/ proprem5t la passion de l'me et l'acte de la volont son action4 ,mais1 comme n\s ne saurions v\loir une *ose sans la compr5dre en mme temps1 et que n\s ne saurions presque ri5 compr5dre sans v\loir en mme temps quelque *ose1 cela fait que n\s ne di/+uons pas facilem5t en elle la passion de l'action#be4 ,s'il e/ vrai1 comme le veut un axime de mtaphysique1 qu'il y ait plus d'tre dans l'actif que dans le passif1 la supriorit de la volont sur l'ent5dem5t ne saurait tre mieux exprime4 ,la lettre o n\s tr\vons ce beau passage e/ de/9e pr\v] l'unit de l'me4 ,a9si l'me e/ une sub/ance et le v\loir son action4 ,il n'en faut pas davantage assurm5t p\r tablir que la volont e/ plus intime l'me que l'intellig5ce1 comme dit assez bi5 un des mod]nes comm5tateurs du c>tsianisme1 ou1 dans une =me plus absolue1 que la volont e/ l'ess5ce mme de l'me4 ,l'ess5ce de l'me1 en effet1 ne saurait tre que son action1 et qu& ,desc>tes l'appelle une *ose qui p5se1 c'e/ bi5 p> son action qu'il ent5d la df9ir2 mais1 dans cette p5se elle-mme1 le trait fondam5tal e/ la volont1 comme il ressort clairem5t de ce qui prcde4 ,aussi la volont e/-elle en n\s la seule *ose absolue4 ,si j'exam9e la mmoire1 l'imag9ation ou quelque autre facult qui soit en moi1 je n'en tr\ve aucune qui ne soit trs-petite et borne et qui1 en ,dieu1 ne soit imm5se et inf9ie4 ,il n'y a que la volont seule ou la seule lib]t du franc arbitre que j'exprim5te en moi tre si gr&e1 que je ne conois po9t l'ide d'aucune autre plus ample et plus t5due1 en sorte que c'e/ elle pr9cipalem5t qui me fait connatre que je porte l'image et la ressemblance de ,dieu#bf4 ,la possibilit de faillir elle-mme e/ une p]fection1 en ce s5s qu'elle e/ implique dans notre lib]t#bg4 ,note #be3 ,tome ,,iii1 p4 #cic4 ,note #bf3 ,tome ,i1 md4 ,,iv1 p4 #adj4 ,note #bg3 ,pr9cipes de phil4 #eg1 tome ,i1 p4 #bgf4 ,et comme la volont e/ l'ess5ce de l'me1 le reflet de ,dieu en n\s1 sa rectitude con/itue le s\v]a9 bi52 ,desc>tes l'exprime en t]mes prcis1 qui rappell5t un mot ju/em5t clbre de ,kant3 ,le s\v]a9 bi5 de *acun en p>ticuli] ne consi/e qu'en une f]me volont de bi5 faire et au cont5tem5t qu'elle produit4 ,dont la raison e/ que je ne rem>que aucun autre bi5 qui me semble si gr& ni qui soit entirem5t au p\voir d'un *acun4 ,c> p\r les bi5s du corps et de la =tune1 ils ne dp5d5t pas entirem5t de n\s1 et ceux de l'me se rapport5t t\s deux *oses1 qui sont3 l'une1 de connatre1 et l'autre1 de v\loir ce qui e/ bon2 mais la connaissance e/ s\v5t au del de nos =ces1 c'e/ p\rquoi il ne re/e que notre volont dont n\s puissions absolum5t dispos]#bh4 ,note #bh3 ,tome ,,iv1 p4 #agd4 ,le pr9cipe de la mtaphysique ne diffre po9t de celui de la morale4 ,le bi51 au s5s gnral1 n'e/ autre que la p]fection de l'tre4 ,si l'tre e/ intellig5ce1 le bi5 consi/e savoir1 comme veut le rationalisme2 si le s\v]a9 bi5 se tr\ve dans la v]tu1 le fond de l'tre e/ la volont4 ,n\s avons dj vu1 ,messieurs1 avec quelle nettet p>faite ,desc>tes di/+ue la lib]t absolue de ,dieu id5tique sa t\te-puissance1 de la lib]t relative de l'homme1 qui tr\ve avant elle la di/9ction du bi5 et du mal dans la volont div9e4 ,la doctr9e de la lib]t absolue semble conduire 9vitablem5t ,desc>tes l'empirisme4 ,t\te notre sci5ce e/ exprim5tale1 n\s ne connaissons que des faits1 c> t\te exi/5ce1 et celle de ,dieu lui-mme1 n'e/ qu'un fait4 ,il rpugn]ait ,desc>tes d'accord] =mellem5t que ,dieu n'ait pas la facult de se priv] de son exi/5ce#bi4 ,mais1 sans abord] cet effrayant problme1 il e/ clair que t\te exi/5ce cre procdant de la volont libre de ,dieu comme un fait cont+5t1 qui p\rrait galem5t ne pas tre1 n\s la connaissons p>ce qu'elle e/1 p>ce que ,dieu la veut1 mais non pas titre de vrit ncessaire4 ,le c>actre de ncessit e/ =mellem5t exclu de l'objet de notre connaissance4 ,note #bi3 ,tome ,,iv1 p4 #cji4 ,s'ensuit-il qu'il ne puisse pas y avoir ncessit dans la connaissance elle-mme8 ,devrons-n\s r5onc] cette sci5ce des effets p> les causes1 qui e/ la vraie sci5ce aux yeux de ,desc>tes1 et ne p\rrons-n\s pas scell] la vote t]nelle le premi] anneau de la *ane d'or8 ,en un mot1 la philosophie e/-elle possible8 ,desc>tes n'en d\te pas4 ,il la df5d de l'empirisme p> la doctr9e de l'immutabilit div9e1 comme il la prs]ve de l'idalisme sceptique p> la doctr9e de la vracit div9e1 autre aspect de la mme ide4 ,les lois gnrales de l'univ]s1 les vrits mtaphysiques qui n\s sembl5t ncessaires1 se fond5t sur la volont de ,dieu2 nanmo9s c'e/ avec raison que n\s les compr5ons comme t]nelles et immuables1 p>ce que la volont de ,dieu e/ elle-mme immuable et t]nelle4 ,telle e/ la doctr9e prs5te au ,pre ,m]s5ne dans le passage loqu5t que n\s avons cit t\t l'heure4 ,a9si le vrai po9t de d"p du c>tsianisme n'e/ pas l'ess5ce de l',absolu1 que1 selon ,desc>tes1 n\s atteignons sans russir le compr5dre1 di/9ction capitale sur laquelle le philosophe revi5t s\v5t#cj4 ,le vrai po9t de d"p c'e/ l'acte absolu de la volont div9e3 ,volont simple1 t]nelle1 immuable1 laquelle embrasse indivisiblem5t et p> un seul acte t\t ce qui e/ et s]a4 ,au premi] abord il semble qu'il y ait contradiction entre les ides d'absolue lib]t et d'acte immuable4 ,en disant avec ,desc>tes3 ,les vrits t]nelles dp5d5t de la volont div9e1 mais elles sont immuables p>ce que cette volont ne *ange po9t2 ne recule-t-on pas simplem5t le fatum qu'on prt5d surmont]8 ,n'impose-t-on pas ,dieu l'immutabilit comme une loi de sa nature8--,la difficult e/ srieuse1 mais non pas insoluble4 ,il ne faut1 p\r la lev]1 que bi5 ent5dre dans quel s5s n\s compr5ons l'inf9i et dans quel s5s n\s ne le compr5ons pas4 ,n\s n'affirmons pas que ,dieu ne peut ni *ang] sa volont ni la repr5dre2 n\s tirons de l'ide de l'absolu deux propositions di/9ctes sans tre contradictoires3 ,l'absolu e/ ce qu'il veut4 ,la volont absolue peut se manife/] et se manife/e naturellem5t p> des actes absolus4 ,n\s laissons subsi/] ces deux ?ses sur l'autorit de l'vid5ce1 bi5 que leur conciliation positive n\s *appe2 il n\s suffit que l'impossibilit de les concili] ne soit pas dmontre4 ,a9si n\s n'attribuons pas ,dieu l'immutabilit comme une ncessit de sa nature1 mais n\s considrons cette immutabilit elle-mme comme un fait dp5dant de sa volont1 comme le c>actre le plus m95t de la manire dont il se manife/e n\s4 ,notre raison e/ conduite confess] galem5t que ,dieu e/ absolu et qu'il e/ libre4 ,p\r ma9t5ir simultanm5t ces deux vrits1 il faut dire que l'acte p> lequel ,dieu se manife/e n\s e/1 de fait1 un acte absolu1 et p> consqu5t t]nel1 immuable4 ,en d'autres t]mes1 ,dieu e/ absolu p>ce qu'il veut l'tre1 et la preuve qu'il veut l'tre1 c'e/ que n\s ne saurions le compr5dre autrem5t#ca4 ,cette manire d'ent5dre ,desc>tes e/ t\t fait dans le s5s de ses ouv]tures sur la notion de l'inf9i1 que n\s possdons claire et di/9cte sans t\tefois l'embrass] ni la compr5dre entirem5t4 ,note #cj3 ,voyez en p>ticuli] ,md4 ,,iii1 tome ,i1 p4 #abf4 ,ceci ne laisse pas d'tre vrai encore que je ne compr5ds pas l'inf9i1 etc4 ,note #ca3 ,comp>ez la ,x,i,xme leon4 ,la vracit de ,dieu1 sur laquelle ,desc>tes essaie aprs c\p de fond] l'objectivit du monde s5sible1 a9si que la division des sub/ances t5due et p5sante1 n'e/ qu'une manire de prs5t] l'immuable unit de l'acte crateur3 ,dieu ne saurait n\s tromp]1 et les *oses sont ce qu'elles n\s p>aiss5t2 c'e/--dire que les lois de notre intellig5ce rpond5t celles de l'univ]s1 p>ce qu'elles ne sont en ralit qu'une seule et mme loi1 l'effet t]nel d'un acte id5tique4 ,la p]ptuit de la ,cration1 qui a f\rni le sujet de critiques un peu lgres1 repose galem5t sur le mme axime4 ,c'e/ encore de l'immutabilit de la volont div9e que ,desc>tes fait dc\l] les lois du m\vem5t d'o sort t\te sa physique1 la df9ition de la matire une fois accorde#cb4 ,note #cb3 ,de ce que ,dieu e/ immuable en sa nature et qu'il agit t\j\rs de mme sorte1 ,desc>tes dduit d'abord que la quantit de m\vem5t e/ t\j\rs la mme dans l'univ]s2 puis3 #a qu'un corps demeure naturellem5t dans le mme tat et ne *ange que p> la r5contre d'autres corps2 #b que t\t corps t5d cont9u] son m\vem5t en ligne droite4 ,cette rgle comme la prcd5te dp5d de ce que ,dieu e/ immuable et qu'il cons]ve le m\vem5t en la matire p> une opration trs-simple 7,,ii1 #ci72 #c que si un corps qui se meut en r5contre un autre plus =t que lui1 il ne p]d ri5 de son m\vem5t1 et que s'il en r5contre un qu'il puisse m\voir1 il en p]d autant qu'il en donne4 ,telles sont les lois fondam5tales d'aprs lesquelles on peut dt]m9] les effets que les corps produis5t les uns sur les autres en se r5contrant1 et con/ruire le sy/me du monde4 ,si l'argum5tation ne semble pas t\j\rs rig\reuse1 l'int5tion sy/matique e/ au mo9s p>faitem5t m>que4 7,voyez les ,pr9cipes de la philosophie1 ,i,ime p>tie1 #cf #dc4 d4 ,c\s91 tome ,,iii1 p #aej-aeh74 ,avant l'exposition des lois du m\vem5t1 l'unit de la matire a t pose comme une consqu5ce de sa df9ition1 a9si que sa divisibilit l'inf9i que ,desc>tes infre de la t\te-puissance div9e4 ,la vracit1 la t\te-puissance et l'immutabilit div9es =m5t donc la prmisse mtaphysique dont le sy/me du monde doit sortir4 ,sa philosophie revt donc la =me d'une dduction a priori1 telle qu'il l'a v\lue4 ,elle cons]ve cette =me jusqu'au b\t1 non t\tefois sans quelques solutions de cont9uit combles p> l'hypo?se4 ,mais cette philosophie progressive n'e/ gure qu'une physique4 ,s\s le nom de philosophie1 c'e/ ess5tiellem5t le sy/me du monde physique que ,desc>tes a *]*4 ,p> cette proccupation un peu exclusive il semble cont9u] la philosophie de la ,r5aissance4 ,l'explication du monde moral1 la philosophie de la religion1 la philosophie de l'hi/oire sont re/es en arrire1 soit p> des motifs de prud5ce1 soit surt\t p>ce que le pr9cipe ne f\rnit pas les moy5s de les abord]4 ,desc>tes1 en effet1 compr5d l'acte crateur d'une manire purem5t =melle2 il s'int]dit lui-mme la re*]*e des f9s que ,dieu s'e/ proposes en crant1 c'e/--dire l'intellig5ce relle du monde4 ,s\s ce po9t de vue encore1 la re*]*e du pr9cipe e/ insuffisante *ez lui4 ,d'ailleurs le li5 qu'il tablit entre les lois de ce monde et les p]fections div9es1 a quelque *ose d'artificiel4 ,en ralit ce n'e/ pas l'tude de ces p]fections qui lui donne la connaissance des *oses f9ies4 ,t\t son sy/me sur l'homme et sur l'univ]s e/ impliqu dans la sp>ation absolue entre la sub/ance p5sante et la sub/ance t5due1 sp>ation qu'il tablit ds l'entre1 avant de connatre ,dieu et de savoir si ,dieu exi/e4 ,l'id5tit de la p5se et de la sub/ance spirituelle comme celle de la matire et de l't5due se fond5t exclusivem5t sur le cogito ergo sum et sur le critre de vrit r5f]m dans ce clbre en?ymme3 ,ce que je conois clairem5t e/ le vrai2 or ce que je conois clairem5t en moi-mme e/ la p5se1 donc la p5se e/ mon ess5ce2 ce que je conois clairem5t dans les objets matriels1 l'lm5t intelligible en eux n'e/ autre que leur t5due1 donc l'ess5ce des corps e/ l't5due4 ,s'il en tait autrem5t1 nos facults n\s abus]ai5t3 ,dieu s]ait trompeur#cc4 ,note #cc3 ,pr9cipes de la philosophie ,i,ime "p1 tome ,,iii1 p4 #abj4 d4 ,c\s94 ,comp>ez ,md4 ,,iii1 #ac1 tome ,i1 p4 #abc1 d4 ,g>ni]4 ,dieu n'int]vi5t ici que d'une manire subsidiaire et1 p\r a9si dire1 titre de caution2 mais en ralit le dualisme c>tsi5 n'e/ pas fond sur la notion de ,dieu1 comme la m?ode l'exig]ait4 ,il y a plus3 si ,desc>tes prt5d expliqu] le monde s5sible p> ce qu'il en conoit clairem5t et di/9ctem5t1 c'e/--dire p> ce qu'il y a d'intellectuel en lui1 je dirais presque d'idal2 il ne fonde en ralit l'exi/5ce objective de ce monde que sur le prjug des s5s4 ,la confirmation de ce prjug p> la vracit div9e n'e/ pas seulem5t un aprs c\p1 c'e/ une dception4 ,en effet1 s'il tait vrai que l'emploi rguli] du raisonnem5t n\s conduist l'idalisme1 ,dieu lui-mme1 auteur de nos facults1 tmoign]ait en faveur de la doctr9e idali/e2 sa vracit e/ donc hors de cause2 la vracit div9e ne saurait tre invoque en philosophie que dans un s5s plus gnral1 comme l'expression religieuse ou absolue de la ncessit subjective qui oblige l'homme de croire sa propre raison4 ,ds lors1 si le d\te c>tsi5 sur les *oses matrielles tait lgitime avant la dmon/ration de l'exi/5ce de ,dieu1 il subsi/e encore aprs elle4 ,il e/ d'ailleurs p]mis de croire que ,desc>tes a abus de son crit]ium provisoire p\r en faire sortir un dualisme dont l'hi/oire a mis au j\r les inconvni5ts4 ,entre cette proposition gnrale3 ,ce que n\s compr5ons clairem5t e/ vrai1 et celle-ci1 qui s]t de base son difice3 ,les *oses dont n\s avons des ides di/9ctes sont ncessairem5t sp>es1 il y a un int]valle que les contempora9s de ,desc>tes ont =t bi5 signal et qu'il ne n\s p>at pas avoir russi combl] dans ses rponses leurs objections4 ,il ne suffit pas1 p\r tablir que la p5se et l't5due sont ncessairem5t les =mes de deux sub/ances opposes1 de rappel] que n\s concevons trs-bi5 la p5se sans l't5due et l't5due sans la p5se4 ,il faudrait pr\v] qu'il e/ absurde de suppos] que la p5se soit l'acte d'un tre d'ailleurs t5du1 ou l't5due une qualit de la sub/ance p5sante4 ,autre e/1 en un mot1 la possibilit de sp>]1 autre l'impossibilit d'unir4 ,desc>tes n\s semble insuffisant sur ce po9t t\t fait capital4 ,c'e/ donc en se fondant sur un argum5t vicieux qu'il prononce un divorce irrvocable entre le monde s5sible et le monde de nos p5ses1 que l'expri5ce ne n\s p]met pas de sp>] l'un de l'autre un seul in/ant4 ,sa df9ition de la matire le conduit au pur mcanisme en physique et en physiologie4 ,son dualisme r5d insoluble la "q des rapports de l'me et du corps4 ,il jette entre eux un abme que l'tre inf9i peut seul combl]2 mais au contact de l'inf9i les lm5ts du f9i disp>aiss5t4 ,comme aux t]mes de ,desc>tes la sub/ance t5due ne saurait ex]c] d'action sur l'tre p5sant1 n\s ne voyons proprem5t pas les *oses1 mais n\s voyons en ,dieu les ides des *oses1 a9si que le veut le ,pre ,malebran*e2 d'o suit non mo9s irrsi/iblem5t1 malgr les prote/ations et le c\rr\x de ,malebran*e1 que n\s n'avons aucune raison p\r affirm] l'exi/5ce objective de ces *oses avec lesquelles n\s ne s\t5ons aucun rapport4 ,a9si la sub/ance t5due s'van\it et le dualisme se trans=me en idalisme4 ,la p5se n'agit po9t sur l't5due1 pas plus que l't5due sur la p5se4 ,nos p]ceptions ne vi5n5t pas des corps1 mais elles rsult5t d'une action directe de ,dieu en n\s2 de mme ce n'e/ pas n\s qui mettons les corps en m\vem5t lorsque n\s croyons agir en eux1 mais c'e/ ,dieu qui produit en eux les *angem5ts correspondants nos volonts4 ,dans la s5sation1 dans le m\vem5t volontaire1 l'me se croit active et ne l'e/ po9t4 ,la sub/ance p5sante e/ le ?tre d'une activit trangre4 ,n\s ne sommes pas les auteurs de nos propres p5ses4 ,a9si la sub/ance spirituelle1 dont la p5se fait t\t l'tre1 s'van\it comme la sub/ance t5due2 l'activit des tres p>ticuli]s e/ illusoire1 leur ralit devi5t une app>5ce et le dualisme se trans=me en pan?isme4 ,on arrive plus directem5t au mme b en p>tant de la notion c>tsi5ne de la sub/ance4 ,mais la df9ition de la sub/ance que ,desc>tes recueille en passant ne se confond po9t dans sa p5se avec celle du pr9cipe absolu1 quoique les preuves dont il se s]t p\r tablir l'exi/5ce de ,dieu n'autoris5t pas rig\reusem5t l'introduction d'une ide plus haute que celle de la sub/ance4 ,le dualisme de la p5se et de l't5due n'e/ pas dduit de la connaissance du pr9cipe suprme2 il ne s'appuie donc pas sur le critre df9itif de la vrit1 il ne se ju/ifie pas mieux d'aprs le critre provisoire de l'vid5ce intellectuelle1 c> l'vid5ce invoque en sa faveur n'e/ rellem5t qu'une illusion4 ,p\r conduire le c>tsianisme au del des cueils sur lesquels il s'e/ bris1 il n'y aurait qu' suivre avec fidlit la r\te que ,desc>tes s'tait trace lui-mme4 ,il faudrait d'abord pr\v] la lib]t de ,dieu1 qu'il se cont5te d'affirm]4 ,en tablissant que l'tre exi/ant p> lui-mme e/ absolum5t libre1 on assur]ait l'unit du pr9cipe et l'on f]m]ait la porte ,sp9osa4 ,ensuite il faudrait donn]1 p\r a9si dire1 une sub/ance l'acte div9 en montrant quelle sorte d'activit convi5t la lib]t absolue1 ou1 comme l'acte e/ la manife/ation de la =ce1 il faudrait montr] dans quel acte dt]m9 la lib]t r5d manife/e sa nature absolum5t indt]m9e4 ,enf91 le c>actre positif de l'acte absolu tant reconnu1 il faudrait tir] de cet acte1 et de cet acte seul1 l'explication gnrale des phnomnes1 sans se born] au monde physique1 mais en embrassant le fait univ]sel4 ,,septi,,me ,,le,,on4 ,sp9osa4--,sa philosophie nat de la confusion qui rgne *ez ,desc>tes entre l'absolu vritable et l'ide immdiate de l'absolu1 la rigueur de ses dmon/rations n'e/ qu'app>5te1 c> elle se fait t\t accord] dans les aximes et dans les df9itions4 ,sp9osa df9it la sub/ance3 cause d'elle-mme2 mais il tire peu de p>ti de cette df9ition1 qui n'a *ez lui qu'une valeur ngative4 ,la causalit dont il p>le n'e/ pas un acte2 aussi n'arrive-t-il pas l'activit et ne russit-il pas r5dre compte du f9i4 ,messieurs1 ,la vritable p>tie progressive du c>tsianisme se tr\ve dans le sy/me de ,sp9osa4 ,en effet ,sp9osa accepte tacitem5t ce que ,desc>tes a dmontr4 ,il t5te l'explication des *oses en p>tant des notions vraim5t sci5tifiques du c>tsianisme1 des notions qui rsult5t d'un emploi svre de sa m?ode4 ,desc>tes p5se tr\v] immdiatem5t dans la consci5ce une ide suffisante du premi] pr9cipe2 il ne fait ri5 p\r lev] cette ide au-dessus de sa =me immdiate4 ,mais ce que n\s tr\vons immdiatem5t dans la consci5ce1 c'e/ la notion d'un tre inconditionnel en gnral1 d'un tre qui n'a pas hors de lui1 mais en lui-mme1 les conditions de son exi/5ce1 qui exi/e p> lui-mme ou qui n'a beso9 d'aucun autre p\r exi/]4 ,le pr9cipe premi] du c>tsianisme ent5du svrem5t n'e/ donc pas ce que ,desc>tes appelle ,dieu1 mais ce qu'il appelle la ,sub/ance2 et comme ,desc>tes n'a ri5 fond sur le pr9cipe a9si df9i1 c'e/ de l qu'il fallait p>tir p\r cont9u] le c>tsianisme4 ,le juif portugais accomplit c\rageusem5t le desse9 que le g5tilhomme franais avait firem5t annonc4 ,il c\pe le d]ni] li5 qui atta*ait la philosophie aux traditions religieuses de l'humanit1 p\r l'asseoir uniquem5t sur l'vid5ce rationnelle4 ,sp9osa tablit d'abord sans trop de difficult que la sub/ance qui exi/e p> elle-mme e/ une et inf9ie4 ,de cette sub/ance unique1 inf9ie et dont n\s ne savons autre *ose s9on qu'elle e/ la sub/ance1 il s'agit de pass] la pluralit des tres2 il faut en tir] un sy/me qui fasse droit nos convictions naturelles1 qui embrasse l'expri5ce t\t entire et qui l'explique4 ,s'il ne satisfait pas ces conditions1 n\s conclurons que le sy/me n'e/ pas vrai4 ,que si1 l'expri5ce faite et t\t bi5 considr1 n\s voyons qu'il e/ impossible de rpondre nos ju/es exig5ces en p>tant du pr9cipe tel que n\s l'avons df9i1 n\s jug]ons que le pr9cipe lui-mme e/ faux1 c'e/--dire que1 p\r connatre le pr9cipe rel du monde1 il ne suffit pas de savoir qu'il e/ la sub/ance ou1 comme dit ,sp9osa1 causa sui4 ,telle e/ en effet la conclusion o n\s contra9t l'exam5 du sp9osisme1 non-seulem5t p> ses rsultats inadmissibles1 mais encore p> la viol5ce que n\s lui voyons faire la m?ode p\r arriv] un rsultat quelconque4 ,la ,sub/ance de ,sp9osa1 si l'on a bi5 saisi la porte de sa phrase un peu quivoque1 compr5d une inf9it d'attributs4 ,qu'e/-ce dire1 ,messieurs1 s9on que l'ide de sub/ance e/ t\t fait indt]m9e et qu'il faudrait la dt]m9]8 ,elle compr5d des attributs1 c'e/--dire que1 p\r la connatre1 il ne suffit pas de savoir qu'elle e/ et qu'elle e/ causa sui1 qu'elle e/ sub/ance4 ,s'il y a une sub/ance1 elle e/ d'une c]ta9e manire1 elle e/ quelque *ose1 elle a une nature1 une ess5ce ou des attributs4 ,p\r la connatre rellem5t1 il faudrait m>qu] quelle e/ cette ess5ce1 il faudrait numr] ces attributs2 mais n\s ne le p\vons pas1 n\s ne connaissons pas ces attributs inf9is1 ,sp9osa ne les nomme pas4 ,je me trompe1 ,messieurs1 il en nomme deux3 la p5se et l't5due2 ce sont prcism5t les noms des sub/ances cres entre lesquelles ,desc>tes a p>tag les tres f9is4 ,sp9osa pr5d la df9ition c>tsi5ne de la sub/ance trop au srieux p\r p>l] de sub/ances cres2 il conv]tit donc la p5se et l't5due en attributs2 mais on ne voit pas dans son sy/me p\rquoi la p5se et l't5due sont des attributs de la sub/ance inf9ie2 on ne voit pas p\rquoi l'tre qui exi/e p> lui-mme doit possd] la p5se1 on ne voit pas p\rquoi il doit tre t5du4 ,cette dduction p\vait tre t5te1 j'en convi5s2 mais si ,sp9osa l'a t5te effectivem5t1 du mo9s ses crits n'en ont pas g>d la trace4 ,il p>at donc que l'ide des seuls attributs dont il p>le e/ emprunte l'expri5ce ou plutt la philosophie de ,desc>tes1 qui gnralise l'expri5ce sa manire4 ,si l'on dem&ait ,sp9osa p\rquoi il a fait de la p5se et de l't5due des attributs de la ,sub/ance ou de ,dieu1 il ne p\rrait gure1 mo9s de complt] sa p5se en la *angeant1 rpondre autre *ose que ceci3 ,la p5se et l't5due sont videmm5t quelque *ose l'une et l'autre2 ces deux *oses s'exclu5t rciproquem5t1 ,desc>tes doit l'avoir pr\v2 mais elles ne saurai5t tre des sub/ances1 puisqu'il n'y a qu'une sub/ance4 ,que v\lez-v\s donc qu'elles soi5t1 s9on des attributs de la ,sub/ance8 ,il e/ difficile de suppler autrem5t au sil5ce de ,sp9osa4 ,et cep5dant que signifi]ait une telle rponse1 s9on que les attributs sont appliqus la sub/ance dont ils devrai5t jaillir1 et que le m\vem5t progressif de cette philosophie n'e/ qu'une illusion8 ,mais la p5se et l't5due sont encore des ralits univ]selles ou du mo9s des notions univ]selles4 ,l'expri5ce n\s fait connatre des tres p>ticuli]s1 et proprem5t elle ne n\s fait connatre que cela4 ,comm5t la philosophie de ,sp9osa peut-elle expliqu] la prs5ce des tres p>ticuli]s8 en d'autres t]mes1 que sont les tres p>ticuli]s relativem5t la ,sub/ance1 pr9cipe de cette philosophie8 ,p\r le faire compr5dre1 il faudrait tr\v]1 soit dans la sub/ance inf9ie1 soit dans ses attributs1 s9on la puissance relle de produire les tres p>ticuli]s1 t\t au mo9s la ncessit logique de les cont5ir1 de se p>ticul>is] ou d'tre p>ticul>ise4 ,il n'y a ri5 de semblable dans le sy/me de ,sp9osa4 ,les tres p>ticuli]s s'impos5t la p5se comme un fait dont il ne peut r5dre raison d'aucune manire2 seulem5t1 comme on ne peut pas les appel] des sub/ances1 puisqu'il n'y en a qu'une1 et qu'il faut p\rtant leur donn] un nom1 puisqu'ils sont l1 il les appelle des modes1 c'e/--dire des manires d'tre de la sub/ance4 ,mais cette ide de mode e/ un problme4 ,p\rquoi la sub/ance inf9ie a-t-elle des modes8 que sont ces modes8 on n'en sait ri54 ,l'me de ,sp9osa e/ un mode de la sub/ance inf9ie considre s\s l'attribut de la p5se1 mais *acune des ides que cette me conoit ou possde e/ aussi un mode de la sub/ance inf9ie4 ,il y aurait donc des modes de plusieurs espces1 de plusieurs degrs1 une hir>*ie de modes4 ,on peut1 l'exemple d'un n\veau comm5tateur1 ,m4 le pr(esseur ,saisset1 btir l-dessus d'+nieuses hypo?ses1 mais le texte re/e muet4 ,l'ide du mode n'e/ pas arbitraire seulem5t1 elle e/ vague et insuffisante4 ,il y aurait eu moy51 semble-t-il1 d'expliqu] la production des modes p> l'action des attributs de la ,sub/ance l'un sur l'autre1 si on leur et accord une telle action2 mais cette ide d'une philosophie plus rc5te e/ t\t fait trangre au sp9osisme4 ,elle ne p\vait y tr\v] accs3 d'abord p>ce que les attributs sont absolum5t sp>s l'un de l'autre1 comme la sub/ance p5sante et la sub/ance t5due dans le sy/me de ,desc>tes1 puis p>ce que1 en ralit1 le sp9osisme n'accorde po9t de place l'ide d'action4 ,les modes sont compris dans la sub/ance comme les attributs4 ,ils y sont en v]tu d'une ncessit logique comme il e/ dans la nature du triangle d'avoir trois angles gaux deux angles droits4 ,il y a cep5dant cette diffr5ce que la gomtrie dmontre la ncessit logique de son ?orme1 t&is que ,sp9osa se cont5te d'affirm] le si54 ,sp9osa n'a pas plus que ,desc>tes1 un sy/me dvelopp dans t\tes ses p>ties4 ,le matre s'tait atta* pr9cipalem5t la physique2 le disciple1 au contraire1 donne t\te son att5tion aux phnomnes du monde moral1 qu'il s'ef=ce d'expliqu] a priori4 ,la solution morale de ,sp9osa consi/e dire que t\tes nos actions sont dt]m9es p> l'immuable en*anem5t des effets et des causes2 a9si n\s sommes esclaves2 mais en compr5ant cette ncessit dans sa s\rce1 c'e/--dire dans la ,sub/ance1 n\s n\s rconcilions avec elle4 ,c'e/ l notre v]tu1 notre bonheur1 notre lib]t4 ,a9si le fatalisme conduit ,sp9osa au quitisme4 ,l'action e/ sans valeur ses yeux1 c> elle n'e/ pas libre2 la sci5ce seule a du prix4 ,du mme pr9cipe rsulte l'abs5ce d'imputabilit morale4 ,la socit se db>rasse des malfaiteurs comme on abat un *i5 enrag2 mais il n'y a pas lieu de les blm]1 c> ils sont t\t ce qu'ils p\vai5t tre4 ,s'il en e/ a9si1 le remords n'e/ qu'une folie1 un effet de l'ignorance qui n\s p]suade que n\s p\vions agir autrem5t que n\s n'avons fait1 et comme t\tes les fautes vi5n5t de l'ignorance1 le rep5tir e/ une faute de plus4 ,sp9osa n'a po9t recul devant ces consqu5ces1 qui s'impos5t irrsi/iblem5t la p5se2 il les prs5te avec une fran*ise digne1 d'loge et de respect4 ,mais ces consqu5ces sont horribles4 ,malgr notre s9cre admiration p\r le c>actre p]sonnel de ,sp9osa1 n\s sommes oblig de reconnatre l'immoralit de sa philosophie4 ,eh bi51 qu'e/-ce qu'une philosophie immorale1 ,messieurs8--,c'e/ une philosophie qui1 sa manire1 va contre les faits2 c'e/ une philosophie qui contr$it des vrits immdiatem5t c]ta9es4 ,si la notion de l'inconditionnel e/ inne1 dans ce s5s que l'esprit y arrive ncessairem5t1 la di/9ction du bi5 et du mal n'e/ pas mo9s inne4 ,les hommes se disput5t sur ce qui e/ bi5 et sur ce qui e/ mal1 ils ne dem&5t pas s'il y a un bi5 et un mal4 ,d'ailleurs une doctr9e qui supprime l'imputabilit morale ne peut que nuire au g5re huma9 p> ses consqu5ces2 or il e/ absurde de p5s] que la vrit soit jamais nuisible2 cette ide suppos]ait que l'intellectuel et le rel se contr$is5t1 que les fils dont e/ tissu le monde sont embr\ills et rompus1 qu'il n'y a pas d'ordre1 en un mot1 et que l'univ]s n'e/ pas un4 ,si l'on admet cette possibilit1 il faut reconnatre galem5t1 ce me semble1 que les lois de la p5se p\rrai5t aussi n'tre pas les lois de la ralit1 qu'on n'e/ pas sr1 en raisonnant bi51 d'arriv] la vrit des *oses1 et p> consqu5t que le fatalisme auquel on vi5t d'ab\tir e/ lui-mme inc]ta94 ,le scepticisme surgissant a9si du milieu d'un sy/me1 le r5v]se4 ,quoi qu'il en soit de cet argum5t1 la philosophie de ,sp9osa e/ condamne p> ses rsultats4 ,puis1 ,messieurs1 ces rsultats eux-mmes1 elle ne les dmontre pas1 elle les impose4 ,p\r diffr] de l'op9ion la plus rp&ue1 ce jugem5t n'e/ pas mo9s vrai4 ,je l'explique3 ,sp9osa e/ =t sy/matique en quelque s5s4 ,les trois df9itions de la sub/ance1 de l'attribut et du mode une fois admises1 t\t le re/e s'en dduit rgulirem5t1 je le crois1 bi5 que le nombre des propositions que ,sp9osa se fait accord] sans dmon/ration passe la qu>anta9e2 mais ces df9itions n'tant pas en*anes1 =m5t trois pr9cipes sp>s4 ,celle de la sub/ance repose sur une ncessit de la raison2 celles de l'attribut et du mode sont en l'air4 ,ri5 ne pr\ve que la sub/ance ait ncessairem5t des attributs1 surt\t tels ou tels attributs2 ri5 ne pr\ve que la sub/ance doive possd] des modes4 ,cette philosophie ne dc\le donc pas d'un seul pr9cipe1 et ds lors elle n'e/ pas rellem5t progressive4 ,indp5damm5t des autres conditions qu'un sy/me doit remplir1 la seule imp]fection de sa =me n\s oblig]ait rep\ss] celui-ci4 ,mais si le sy/me de ,sp9osa n'e/ pas a*ev1 il montre cep5dant ce que doit tre un sy/me4 ,sp9osa s'e/ atta* srieusem5t la solution du vrai problme sci5tifique3 compr5dre t\tes *oses dans leur pr9cipe et p> leur pr9cipe1 c'e/--dire les compr5dre comme rsultant du pr9cipe1 en les ratta*ant celui-ci p> un li5 fond sur sa nature4 ,ce li5 e/ ici la ncessit logique1 p>ce que le pr9cipe e/ lui-mme pure ncessit4 ,si la p5se tait arrive concevoir un pr9cipe libre1 les articulations du t\t p\rrai5t tre des motifs et des actions libres4 ,le sy/me de ,sp9osa p>at susceptible de quelques p]fectionnem5ts =mels1 qui en augm5t]ai5t la fois la s\plesse et la cohsion2 mais au fond il n'e/ gure possible d'arriv] quelque *ose de s5siblem5t diffr5t en p>tant de l'ide sp9osi/e de ,dieu1 tre ab/rait1 pur objet1 immobile1 absorbant t\t dans son id5tit4 ,cette conception rsume un po9t de vue qui ne se dveloppe1 mme incompltem5t1 que p> des t\rs de =ce1 et contr$it les beso9s de l'esprit aussi bi5 que ceux du coeur4 ,et p\rtant1 ,messieurs1 n\s ne saurions rep\ss] absolum5t le pr9cipe de ,sp9osa4 ,sa df9ition de la sub/ance e/ d'une inconte/able vrit1 n\s sommes obligs d'en conv5ir4 ,il y a un tre qui subsi/e de lui-mme2 cet tre e/ un1 il e/ inf9i4 ,mais cette dt]m9ation du pr9cipe e/ insuffisante1 il faut la p\ss] plus lo91 et si l'on veut le faire d'une manire sre1 il faut pes] les premi]s noncs avec l'att5tion la plus scrupuleuse4 ,ceci me conduit des que/ions de m?ode1 malheureusem5t un peu difficiles4 ,la philosophie tant la sci5ce proprem5t dite1 la sci5ce dans le s5s absolu du mot1 doit comm5c] p> le vritable comm5cem5t1 c'e/--dire p> une vrit qui soit la premire1 non-seulem5t p\r n\s1 mais en elle-mme4 ,elle a donc1 le bi5 pr5dre1 deux comm5cem5ts1 di/9cts au mo9s p\r la p5se3 la premire vrit p\r n\s1 dans l'ordre de l'acquisition de nos connaissances1 et la premire vrit en soi1 dans l'ordre de l'tre4 ,cette di/9ction e/ p>faitem5t m>que *ez ,desc>tes4 ,la premire vrit p\r n\s c'e/ le cogito2 la premire vrit en soi c'e/ ,dieu4 ,mais l'ide de ,dieu e/ une ide inf9im5t concrte1 qui s'labore progressivem5t1 comme n\s l'avons vu dj dans la philosophie anci5ne4 ,il y a donc une srie de df9itions de ,dieu t\j\rs plus compltes1 correspondant aux degrs successifs du dveloppem5t de la p5se4 ,cette rflexion1 qu'un c\p d'oeil sur l'hi/oire devrait suggr] t\t esprit srieux1 n\s conduit comb9] l'ordre de l'tre avec celui de la connaissance et reconnatre que la premire vrit1 le comm5cem5t de la philosophie au s5s absolu1 n'e/ ni le moi1 ni ,dieu1 mais une ide commune peut-tre en quelque s5s l'un et l'autre1 je veux dire la premire vrit c]ta9e et portant sur l'tre premi]1 la premire df9ition de ,dieu4 ,ce n'e/ pas l'ide de l'tre p>fait1 c>1 au db1 l'ide de l'tre p>fait n'e/ qu'un problme2 l'ide de l'tre p>fait s]ait ncessairem5t la plus p>faite des ides2 celle dont il s'agit e/1 au contraire1 la plus nue1 la plus ab/raite1 la plus imp>faite des conceptions de l'tre2 il e/ impossible de p5s] l'tre et d'en p5s] mo9s que cela4 ,desc>tes ne l'exprime donc po9t dans sa df9ition de ,dieu qui e/ inf9im5t suprieure4 ,il la possde cep5dant1 quoiqu'il ne la mette pas sa place et qu'il n'en prs5te que le ct ngatif dans sa df9ition de la sub/ance3 ,ce qui n'a beso9 d'aucun autre p\r exi/]4 ,en effet1 ,messieurs1 l'ide la plus ncessaire1 dont n\s ne p\vons pas faire ab/raction1 et qui c]ta9em5t doit rpondre quelque *ose de rel1 c'e/ celle de l'tre1 de l'tre exi/ant p> lui-mme1 de l'tre qui e/ cause de lui-mme ou de la ,sub/ance4 ,sp9osa le comprit1 il mit l'ide de la sub/ance au comm5cem5t de la philosophie1 mais il ngligea de l'appr(ondir1 et1 faute de l'appr(ondir1 il la laissa s'altr]4 ,la sub/ance de ,sp9osa1 telle qu'il la conoit habituellem5t1 n'e/ plus le vritable objet de notre intuition ncessaire1 ce n'e/ plus le vritable po9t de d"p de la p5se4 ,il la df9it =t bi51 mais il ne sait pas se s]vir de cette df9ition et semble n'en pas saisir lui-mme t\te la porte4 ,la sub/ance1 dit-il1 e/ cause d'elle-mme1 causa sui2 c'e/ bi5 cela2 mais aussitt il aj\te3 c'e/--dire qui n'a beso9 d'aucun autre p\r exi/]4 ,cette explication fait de l'attribut causa sui une dsignation extrieure et accid5telle1 qui n'appr5d ri5 sur l'tre en lui-mme4 ,l'ide de cause n'e/ po9t id5tifie avec celle d'tre comme il le faudrait p\r qu'on et la vraie notion de la sub/ance1 ce qui e/ au fond1 ce qui e/ en dess\s1 ce qui produit1 producit4 ,proprem5t1 dans le sy/me de ,sp9osa il n'y a po9t de cause1 et p>tant1 po9t de vritable sub/ance2 il n'y a que l'tre dploy1 manife/1 l'tre considr comme objet4 ,cela vi5t d'un dfaut d'analyse qu'il importe de signal]4 ,quelle e/ effectivem5t1 bi5 rfl*ir1 l'ide la plus ncessaire dans l'ordre rel1 ce qui1 absolum5t p>lant1 ne peut pas ne pas tre8 ,c'e/ le pr9cipe1 le fondem5t1 le sujet de l'exi/5ce une ou multiple1 f9ie ou inf9ie4 ,l'tre ncessaire e/ celui qui subsi/]ait encore dans l'anantissem5t de t\te exi/5ce4 ,n\s p\vons1 p> un suprme ef=t d'ab/raction1 suppos] que ri5 ne soit2 n\s ne p\vons pas suppos] que le sujet de l'exi/5ce ne soit pas4 ,la p5se s'y refuse absolum5t4 ,mais si les lois de la p5se sont les lois de l'tre1 comme l'implique l'ide de vrit1 il e/ clair que le comm5cem5t de la p5se e/ le comm5cem5t de l'tre4 ,en effet1 t\t ce qui exi/e manife/e1 ralise une ess5ce2 l'ess5ce e/1 p\r la p5se1 di/9cte de sa manife/ation1 antrieure sa manife/ation1 indiffr5te sa manife/ation2 qu'elle soit ou non ralise1 elle n'en subsi/e pas mo9s comme ess5ce ou comme sub/ance#cd4 ,la sub/ance e/ susceptible d'exi/] ou de n'exi/] pas1 elle e/ la possibilit relle1 la puissance de l'exi/5ce4 ,la sub/ance et la puissance sont id5tiques1 comme l'exi/5ce et l'acte4 ,cep5dant la puissance n'e/ pas absolum5t oppose l'acte1 p>ce que gnralem5t il n'y a pas d'oppositions absolues4 ,le contraire e/ t\j\rs impliqu dans son contraire4 ,une pure puissance ne s]ait ri51 t&is que l'expri5ce et la raison n\s montr5t que la puissance relle e/ quelque *ose4 ,la puissance relle n'e/ donc pas absolum5t dp\rvue d'tre1 je l'accorde2 elle e/ l'tre repli1 ca*1 contract1 l'tre au m9imum2 mais enf9 ce m9imum prcde le maximum1 la puissance prcde l'exi/5ce4 ,la premire =me de l'tre1 ce po9t de d"p de la p5se1 c'e/ proprem5t l'tre en puissance4 ,cette ide e/ m>que =tem5t dans les mots causa sui4 ,note #cd3 ,ces deux notions1 entre lesquelles c]ta9s scola/iques ont di/+u1 sont considres ici comme id5tiques4 ,cep5dant ,sp9osa ne s'y arrte pas1 il ne saisit pas l'tre dans sa s\rce1 dans son antcd5t1 dans la puissance2 il affirme immdiatem5t l'exi/5ce1 qui n'e/ et ne peut tre que le second t]me dans la srie de nos conceptions mtaphysiques4 ,il ne faut pas tre inju/e4 ,l'opposition entre la puissance et sa ralisation1 entre la sub/ance et l'exi/5ce se tr\ve bi5 dans le sy/me de ,sp9osa2 elle e/ exprime p> l'opposition de la natura naturans et de la natura naturata4 ,la natura naturans e/ la s\rce1 le fondem5t1 le sujet1 la sub/ance dans son id5tit1 dans la puissance4 ,la natura naturata dsigne l'exi/5ce dans la v>it de ses manife/ations1 c'e/ la srie inf9ie des modes qui sort5t ncessairem5t les uns des autres4 ,il faut bi5 que cette di/9ction soit quelque "p1 sans cela le sy/me de ,sp9osa se confondrait purem5t et simplem5t avec celui des lates1 qui1 p\r n'avoir po9t di/+u l'ess5ce de l'exi/5ce dans l'inf9i1 se sont vus conduits l'absurde extrmit de ni] le f9i4 ,sp9osa n'a pas l'int5tion de refus] aux tres f9is t\te ralit quelconque2 il v\drait seulem5t m>qu]1 en appuyant sur cette ide1 que t\tes les exi/5ces v>ies sont id5tiques dans leur ess5ce4 ,mais1 p\r accomplir effectivem5t son desse9 sans all] au del1 il faudrait tablir entre l'ess5ce et l'exi/5ce1 entre la natura naturans et la natura naturata1 une diffr5ce relle1 objective1 et non pas une diffr5ce de po9t de vue seulem5t4 ,la diffr5ce s]ait relle si la sub/ance produisait vritablem5t ses modes2 or elle ne les produit pas1 elle les conti5t4 ,elle n'e/ pas cause de l'exi/5ce1 de la natura naturata2 elle n'e/ pas vritablem5t cause1 p>ce qu'elle n'a po9t en elle de puissance2 la prt5due sub/ance n'e/ pas la puissance de l'exi/5ce1 elle e/ l'exi/5ce elle-mme4 ,la di/9ction entre la natura naturans et la natura naturata e/ donc purem5t subjective1 comme la t]m9ologie habituelle de ,sp9osa le m>que assez clairem5t#ce2 c'e/--dire que la natura naturata n'a qu'une valeur subjective1 et qu'au fond1 p\r celui qui voit bi5 les *oses1 les tres f9is n'exi/5t pas4 ,le sy/me de ,sp9osa revi5t donc rellem5t1 aux yeux d'une critique svre1 celui de ,p>mnide1 au-dessus duquel il ne s'lve que p> son ef=t4 ,nanmo9s cet ef=t e/ un progrs1 et il montre ce qui re/e faire4 ,note #ce3 ,le quat5us1 qui revi5t sans cesse4 ,p\r rsum] cette apprciation1 qui s'allonge trop1 n\s dirons que ,sp9osa a t5t de fond] un sy/me sur l'ide de sub/ance avant de l'avoir nettem5t saisie4 ,s\s ce po9t de vue il e/ infrieur ,giordano ,bruno1 qui a l'air mo9s sci5tifique et qui p\rtant l'e/ davantage1 p>ce qu'il a tir plus de p>ti des travaux de l'antiquit4 ,on a dit avec raison que la sub/ance de ,sp9osa e/ un abme o t\t entre et dont ri5 ne sort4 ,ri5 ne peut en sortir4 ,en p>tant de l'tre immobile de ,sp9osa1 on n'atte9dra jamais la pluralit de l'exi/5ce4 ,ce qui n\s emp*e d'arriv] l'exi/5ce1 c'e/ que n\s y sommes ds l'orig9e4 ,voil la faute4 ,il e/ clair1 ,messieurs1 que si l'tre absolu exi/e en tant qu'absolu1 ce n'e/ pas comme la totalit de l'tre1 mais comme un tre au-dessus des autres4 ,l'absolu e/ t\t1 sans d\te1 en tant que sub/ance1 c'e/--dire en tant que s\rce de l'tre1 en tant que puissance1 mais non pas en tant qu'exi/5ce2 sans cette di/9ction il e/ impossible d'expliqu] la pluralit des *oses4 ,p\r affirm] rellem5t l'exi/5ce de ,dieu1 il faut cons5tir ce qu'il se p>ticul>ise1 ce qu'il s'individualise1 non pas c]tes dans le f9i1 mais au-dessus du f9i4 ,si cette p>ticul>isation n\s rpugne1 alors il faut av\] que ,dieu n'exi/e pas1 mais qu'il subsi/e seulem5t comme le pr9cipe ca* de t\te exi/5ce4 ,affirm] son exi/5ce en refusant de le p>ticul>is] et de reconnatre une autre exi/5ce que la si5ne1 c'e/ ni] le f9i4 ,le tort de ,sp9osa consi/e donc en ceci1 ,messieurs1 qu'il n'a pas tabli d'une manire assez nette et assez f]me la di/9ction entre la sub/ance1 qui =me la base ou le sujet de l'exi/5ce1 et l'exi/5ce elle-mme4 ,la sub/ance de ,sp9osa e/ en ralit l'exi/5ce objective1 t&is que la vritable sub/ance ne peut tre conue que comme sujet4 ,ces deux mots1 un peu b>b>es1 mais prcieux1 s'expliqu5t p> leur tymologie4 ,le sujet1 comme la sub/ance#cf1 e/ au dess\s1 au fond2 au fond de quoi8 videmm5t au fond de l'tre4 ,l'objet1 c'e/ l'tre devant n\s1 vis--vis de n\s1 l'tre dploy1 l'tre manife/1 l'exi/5ce#cg4 ,la base de l'tre e/ di/9cte de l'tre lui-mme1 du mo9s p\r la p5se4 ,la base de l'tre1 c'e/ la sub/ance1 la puissance active1 le sujet4 ,sp9osa1 lui1 dp\ille la sub/ance de t\te subjectivit et p> l de t\te spiritualit4 ,il n'*appe au matrialisme que p> l'ab/raction4 ,ce dfaut et t prv5u1 et le sp9osisme aurait pris un c>actre t\t diffr5t1 s'il ft re/ fidle sa propre df9ition de la sub/ance3 causa sui4 ,l'esprit de la philosophie spculative exigeait que cette df9ition ft prise au srieux1 dans un s5s positif et n]gique1 c'e/--dire que la sub/ance1 qui e/ sa propre cause1 ft revtue d'une vritable causalit ou devnt un pr9cipe actif1 c> il n'y a de causalit positive que dans l'activit4 ,cette df9ition de la sub/ance n'e/ plus celle de ,sp9osa2 elle app>ti5t ,leibnitz4 ,note #cf3 ,sub-/>e1 sub-jic]e4 ,note #cg3 ,ex-/>e1 ex-i/]e4 ,,huiti,,me ,,le,,on4 ,leibnitz4--,t\t son sy/me e/ implicitem5t r5f]m dans l'ide que l'activit fondam5tale de la sub/ance e/ de nature intellectuelle1 supposition p> laquelle ,leibnitz explique la pluralit des tres4 ,il conoit ,dieu mo9s comme sub/ance que comme b4--cole de ,wolf4--,locke fait prdom9] la "q de l'orig9e des ides4 ,son empirisme ouvre la porte au scepticisme de ,hume4--,kant s'applique rfut] simultanm5t l'empirisme de ,locke et le dogmatisme des ,wolfi5s4 ,problme de la philosophie critique4 ,messieurs1 ,si les mod]nes doiv5t ,sp9osa une ide prcise de la =me et du b de la philosophie1 c'e/ ,leibnitz qui a mis cette sci5ce sur la voie qui conduit la dt]m9ation positive de son pr9cipe1 en df9issant la sub/ance3 un tre susceptible d'action4 ,la df9ition de ,leibnitz e/ cont5ue dans celle de ,sp9osa1 comme la df9ition de ,sp9osa dans celle de ,desc>tes4 ,l'tre qui n'a beso9 d'aucun autre p\r exi/] e/ cause de lui-mme2 l'tre qui e/ cause de lui-mme e/ actif1 l'activit e/ son ess5ce4 ,ceci n'e/ qu'une analyse1 mais une analyse progressive1 t&is que ,sp9osa1 qui comm5ait bi51 bron*e ds les premi]s pas4 ,il comm5ait bi51 disons-n\s1 ,messieurs2 en effet1 il comm5ait p> la ,sub/ance1 p> l'tre au fond de t\te exi/5ce1 p> ce qui ne peut pas ne pas tre et ne pas tre p5s4 ,mais il confond la base de l'exi/5ce avec l'exi/5ce elle-mme1 ou plutt il attribue immdiatem5t l'exi/5ce cette base1 sans avoir l'air de s\ponn] que c'e/ l une affirmation trs-grave1 qui ne s'ent5d pas d'elle-mme1 qui peut tre prise en plusieurs s5s1 et qu'il vaut la pe9e de pes]4 ,cette prcipitation te beauc\p de son prix la belle df9ition de la sub/ance que ,sp9osa vi5t de prs5t]4 ,n\s ne dem&]ions pas ,sp9osa d'en pr\v] la ju/esse1 c'e/ inutile2 n\s lui dem&]ions de s'en s\v5ir4 ,si la sub/ance e/ vraim5t cause d'elle-mme1 c'e/ p> un acte1 et cet acte1 il faudrait en r5dre compte1 il faudrait le dduire1 ou t\t au mo9s le signal]1 au lieu de le s\s-ent5dre4 ,essayons de suppler ce sil5ce et de n\s replac] dans la p5se gnratrice du sy/me de ,sp9osa3 ,la causalit1 l'activit1 la subjectivit sont une seule et mme notion ap]ue s\s des aspects div]s4 ,l'tre qui e/ cause de lui-mme e/ donc primitivem5t sujet2 p> l'acte con/itutif de son tre il se ralise et devi5t objet4 ,tel e/ le s5s intime de la di/9ction entre la natura naturans et la natura naturata4 ,mais ,sp9osa ne dit ri5 de cet acte1 il laisse ce rapport dans l'ombre et semble en gnral saisir la sub/ance aprs cet acte de sa propre ralisation1 comme pure exi/5ce objective1 dans laquelle t\te activit s'e/ te9te4 ,il rgne a9si dans son sy/me une quivoque qui l'emp*e de se dvelopp]4 ,si la sub/ance inf9ie exi/e comme telle1 le f9i e/ impossible2 si le f9i exi/e1 la sub/ance1 elle1 n'e/ que sub/ance et n'exi/e pas2 la d]nire alt]native exprime le vrai s5s de ,sp9osa2 mais *ez lui la =me et le fond ne sont pas d'accord4 ,leibnitz a repris t\te cette srie d'ides ds son orig9e2 il les a scrutes jusqu'au fond avec une cl>t p>faite1 mais il n'a pas crit sa philosophie2 cont5t d'en avoir jet et l les rsultats s\s une =me incomplte et fugitive4 ,sa*ant qu'il s]ait difficilem5t compris1 craignant peut-tre aussi de l'tre trop bi51 il n'a pas v\lu t\t dire4 ,j'ignore s'il l'aurait pu1 et si les v>iations inconte/ables de sa doctr9e ne ti5n5t pas1 en p>tie du mo9s1 l'abs5ce d'une m?ode qui l'obliget se r5dre un compte rig\reux de sa propre p5se4 ,j'ai expos ailleurs le sy/me de ,leibnitz#ch2 il s]ait inutile d'y rev5ir auj\rd'hui1 les dtails v\s en sont famili]s2 mais je v\drais essay]1 si v\s m'accordez quelque att5tion1 de donn] une =me la prmisse tacite de son sy/me et de v\s montr] dans cette prmisse le li5 dialectique =t troit qui en unit les div]ses p>ties1 en app>5ce assez indp5dantes les unes des autres1 ,leibnitz fait s\v5t allusion cette ide sans l'nonc] jamais expressm5t4 ,il s'agit donc p\r n\s de suppler au sil5ce du texte et de recon/ruire de notre mieux la doctr9e sotrique du gr& philosophe1 ou plus simplem5t de traduire le cont5u t\t spculatif de ses crits dans une =me spculative explicite4 ,note #ch3 ,la ,philosophie de ,leibnitz4 ,lausanne #ahdj1 *ez ,ducl\x 7,bridel74 ,la sub/ance e/ cause d'elle-mme1 dit ,sp9osa2 ,leibnitz traduit3 ,la sub/ance e/ ess5tiellem5t active4 ,elle se ralise elle-mme p> son acte4 ,il s'agit de compr5dre cet acte et de le compr5dre si bi51 qu'il n\s explique l'nigme du monde4 ,*ez ,sp9osa la sub/ance se trans=me immdiatem5t en exi/5ce1 elle fait explosion t\t la fois1 p\r a9si dire1 et p]d a9si la subjectivit1 l'activit4 ,ds lors il e/ impossible d'arriv] au f9i1 d'expliqu] l'expri5ce4 ,cette philosophie n'atte9t pas le b1 il faut recomm5c] sur n\veaux frais4 ,leibnitz place galem5t au po9t de d"p une sub/ance qui se ralise elle-mme ou se donne l'exi/5ce2 mais1 av]ti p> l'insuccs de ,sp9osa1 il p5se que1 t\t en se ralisant1 la sub/ance doit re/] sub/ance1 c'e/--dire cons]v] l'activit1 la subjectivit1 la puissance4 ,l'expansion de la sub/ance primitive n'e/ donc pas illimite1 mais limite3 en s'affirmant elle se rfl*it1 son pan\issem5t e/ accompagn d'un ret\r sur elle-mme2 elle se pose et se compr5d1 c'e/--dire1 ,messieurs1 qu'elle e/ intellig5ce2 l'acte d'affirmation rfl*ie que n\s v5ons d'analys] e/ l'acte con/itutif de l'intellig5ce2 n\s v5ons d'assi/] l'enfantem5t de l'ide d',intellig5ce4 ,la sub/ance e/ cause d'elle-mme1 elle se produit p> un acte intellectuel4 ,mais1 en se rfl*issant elle-mme1 elle trans=me en pluralit l'unit virtuelle de son ess5ce1 c> il n'y a pas rflexion sans dualit1 il n'y a pas intellig5ce sans disc]nem5t1 sans division4 ,la sub/ance se di/+ue elle-mme d'avec elle-mme1 si c'e/ la rflexion qui donne naissance son tre2 elle ne peut donc pas exi/] s\s la =me de l'unit1 mais seulem5t comme pluralit1 comme pluralit inf9ie4--,telle e/ l'orig9e spculative du pr9cipe des indisc]nables et du sy/me des monades4 ,nulle exi/5ce n'e/ p>eille une autre1 p>ce que le pr9cipe de l'exi/5ce e/ un pr9cipe d'absolue di/9ction4 ,l'tre ne se ralise qu'en se divisant1 donc il n'e/ rel que divis4 ,la division e/ absolue1 donc les tres rels sont en nombre inf9i2 l'unit virtuelle ne subsi/e qu'idalem5t4 ,si v\s y reg>dez de prs1 ,messieurs1 v\s tr\v]ez1 je crois1 le sy/me de ,leibnitz t\t enti] cond5s dans cette ide4 ,voici les pr9cipales ?ses que ,leibnitz a mises en avant1 sans pr5dre la pe9e de les en*an]3 #a ,la sub/ance n'e/ autre *ose que la puissance active ou la =ce4 #b ,il exi/e une multitude inf9ie de sub/ances4 #c ,l'activit de *acune d'elles e/ purem5t intrieure1 ou rfl*ie2 elles n'agiss5t po9t les unes sur les autres1 *acune se dveloppe spontanm5t selon ses lois1 sans subir d'influ5ce extrieure 7monades74 #d ,la loi du dveloppem5t des =ces e/ une loi ncessaire4 ,la srie des actes dont se compose l'exi/5ce de *acune d'elles e/ immuablem5t dt]m9e p> sa nature ess5tielle 7pr9cipe de la raison suffisante74 #e ,*aque sub/ance1 *aque =ce diffre intr9squem5t de t\tes les autres4 ,deux tres semblables ne saurai5t exi/] 7pr9cipe des indisc]nables74 #f ,le dveloppem5t successif de *aque =ce di/9cte correspond en quelque manire1 et p\r *acune d'une manire diffr5te1 au dveloppem5t de t\tes les autres1 de sorte que *aque tre1 =mant un monde "p en v]tu de sa p>faite inaltrabilit et de son individualit1 n'en e/ pas mo9s un lm5t intgrant d'un seul monde1 dont l'unit consi/e dans l'h>monie 7h>monie prtablie74 ,leibnitz n'a pas ju/ifi ces ides1 qu'il applique comme en se j\ant1 la solution de quelques problmes p>ticuli]s poss p> l'expri5ce1 mais dont il fait s5tir frquemm5t la porte univ]selle4 ,ce sont des colonnes h>dies sur lesquelles on p\rrait asseoir un difice dont ,leibnitz laisse dev9] le plan2 mais ces colonnes sont vivantes1 ce sont des tiges sortant d'une mme rac9e ca*e dans le sol4 ,en essayant de mettre nu cette rac9e1 n\s sommes fidle l'esprit de l'hi/oire1 n\s sommes fidle l'esprit de ,leibnitz4 ,mieux que p]sonne1 ce gnie accompli connaissait les exig5ces de la m?ode4 ,il rclame lui-mme une sci5ce d'un seul jet qui ramne t\t l'unit et dmontre t\t p> elle4 ,s'il ne n\s a pas donn la sci5ce dans une =me qui rponde cet esprit sy/matique1 c'e/ app>emm5t1 ,messieurs1 que sa bi5veillante ironie v\lait n\s laiss] quelque *ose faire4 ,n\s avons tr\v1 semble-t-il1 le noeud de l'nigme en rappro*ant ,leibnitz de son prdcesseur4 ,leibnitz ne se fait pas srieusem5t accord] au db la pluralit des sub/ances d'un ct1 et de l'autre leur activit ess5tielle4 ,ce s]ait p>tir de plusieurs pr9cipes1 or un philosophe qui a plusieurs pr9cipes n'en a po9t4 ,comme ,sp9osa pr\ve p> sa df9ition de la sub/ance que la sub/ance e/ =cm5t une1 ,leibnitz doit tir] de la si5ne la ncessit d'en admettre plusieurs4 ,d'ailleurs il e/ trop sage p\r plac] rellem5t et d'une manire absolue la pluralit de l'tre au po9t de d"p4 ,p\r ,leibnitz aussi la sub/ance e/ une en pr9cipe1 mais en pr9cipe seulem5t2 en fait elle e/ multiple2 elle devi5t multiple en se ralisant p>ce que cette ralisation implique ncessairem5t la multiplication4 ,le pr9cipe que ,leibnitz appelle monade c5trale1 bi5 que ses fonctions ne s'accord5t pas avec la df9ition de monade1 n'e/ autre que cette sub/ance ou ce sujet primitif qui se ralise t\t en re/ant puissance1 qui revi5t sur lui-mme en se dployant1 qui 7p\r mettre pr(it une mtaphore naturelle7 se dilate et se contracte en mme temps1 et p> consqu5t se brise4 ,l'id5tit de la sub/ance et de la =ce1 dj si s\v5t ap]ue et signale p> les philosophes1 se tr\vait implicitem5t dans le sp9osisme3 la sub/ance e/ sa propre cause4 ,leibnitz dveloppe cet axiome dans le s5s idali/e en prs5tant l'acte ess5tiel de l'tre comme un acte de rflexion de l'tre sur lui-mme1 prcism5t dans le b d'arriv] la pluralit des tres rels4 ,s\v5t il rpte que ,sp9osa aurait raison s'il n'y avait pas de monades4 ,un tel mot1 sorti d'une telle b\*e1 doit avoir un s5s srieux4 videmm5t ,leibnitz ne s'exprim]ait pas de la sorte si la monade n'tait ses yeux qu'une hypo?se empirique4 ,le s5s de son exclamation e/ celui-ci3 ,sp9osa aurait raison s'il n'y avait pas dans la p5se une ncessit qui n\s oblige concevoir les monades4 ,cette ncessit1 n\s la tr\vons dans l'ide d'intellig5ce1 que ,sp9osa applique la sub/ance inf9ie sans l'expliqu]1 t&is que ,leibnitz la saisit dans son n]gie3 ,la sub/ance se produit et s'affirme1 mais nanmo9s elle re/e sub/ance1 c'e/--dire qu'elle se rfl*it en s'affirmant1 et cette rflexion1 p\sse fond comme il faut la p\ss]1 puisqu'elle =me l'ess5ce de l'tre1 conduit la vivante p\ssire des monades1 l'inf9ie pluralit4 ,en effet il n'y a de rflexion que dans l'opposition du connaissant et du connu2 or comme ici la rflexion n'e/ pas un acte p>ticuli]1 mais un acte ess5tiel ou une loi1 la rduplication n'a pas de limite1 de sorte que l'on arrive la pluralit absolue4 ,c'e/ un dfaut du pripattisme de n'avoir pas ap]u que l'intellig5ce implique 9vitablem5t une sorte de pluralit4 ,plot91 que ,leibnitz suit d'assez prs1 a corrig l'erreur d',ari/ote en rtablissant dans le ,grec n#hs div9 la pluralit des ides4 ,l'intellig5ce disc]ne1 son activit int]ne produit dans l'unit virtuelle de l'tre les diffr5ces qu'elle y ap]oit4 ,si l'acte ess5tiel de l'tre e/ la rflexion1 il se diffr5cie p> l-mme4 ,il suffit de p\ss] cette donne l'inf9i1 comme la prcd5te1 p\r tr\v] le pr9cipe des indisc]nables4 ,mais en se di/+uant1 en se dt]m9ant1 l',intellig5ce se limite elle-mme1 les produits multiples de la rflexion absolue sont des produits limits1 la pluralit des monades e/ une pluralit f9ie2 t\s les tres qui exi/5t rellem5t sont des tres f9is1 leur activit e/ borne1 dans un s5s ils ne sont pas seulem5t actifs1 mais passifs1 pas seulem5t spirituels1 mais matriels4 ,la limitation e/ impose la monade p> l'acte mme qui la produit2 cette ide ngative e/ celle de la matire premire inhr5te la monade4 ,de cette matire premire1 c'e/--dire de cette limitation1 de cette imp]fection rsult5t la ncessit d'un dveloppem5t successif1 et le temps1 =me de la succession1 puis la ncessit de concevoir les uns hors des autres les lm5ts de la pluralit1 c'e/--dire l'espace1 et enf9 la matire phnomnale1 la matire seconde1 conception sans objet rel1 simple limite de l'activit4 ,le sy/me des monades dc\le donc t\t enti]1 sans ef=t1 de la df9ition de la sub/ance1 int]prte idali/em5t4 ,si la sub/ance e/ ess5tiellem5t active et si cette action consi/e dans un ret\r de la puissance sur elle-mme1 elle ne peut exi/] que dans la =me d'une pluralit inf9ie d'intellig5ces di/9ctes et f9ies1 qui =m5t p> consqu5t l'univ]selle ralit4 ,n\s tomb]ions dans des rptitions inutiles en dmontrant ici que t\t sy/me de mtaphysique ou de psy*ologie p\r lequel l'intellig5ce e/ l'lm5t ess5tiel de l'tre1 doit ab\tir proclam] la ncessit univ]selle4 ,le pr9cipe de la raison suffisante e/ donc impliqu1 lui aussi1 dans la donne primitive que n\s *]*ons mettre en saillie4 ,ce pr9cipe rsulte de la manire dont la sub/ance e/ cause d'elle-mme ou de l'acte gnrateur des monades4 ,enf9 la raison suffisante et les monades conduis5t irrsi/iblem5t cette ,h>monie1 qui rsume le sy/me de ,leibnitz p\r la p5se t\s les degrs de pr(ondeur4 ,dans l'inf9it de leurs diffr5ces1 les monades ralis5t en la limitant une ess5ce id5tique4 ,le m\vem5t d'volution cont9ue auquel *acune d'elles e/ livre1 "p d'une mme impulsion et n'e/ que la prolongation d'un mme acte4 ,individuelles et univ]selles la fois1 elles rfl*iss5t l'univ]s ou l'univ]sel en se rfl*issant4 ,leurs diffr5ces ne sont que le dploiem5t de l'inf9it virtuelle4 ,elles se complt5t donc et rpond5t les unes aux autres4 ,t\t en elles tant ncessaire et t\t p>tant du mme po9t1 il e/ impossible qu'il n'y ait pas entre elles un rapport quelconque1 ou que les modifications de *acune d'elles1 naissant de sa nature propre1 ne soi5t pas dt]m9es en mme temps p> t\tes les autres2 c> ce fond naturel e/ primitivem5t dt]m9 dans sa virtualit spontane p> celui de t\tes les autres4 ,l'h>monie prtablie n'e/ donc po9t une hypo?se n\velle qui vi5ne s'aj\t] aux monades2 elle e/ comprise dans l'ide mme des monades1 comme celle-ci e/ comprise dans la supposition tacite que la sub/ance se rfl*it en se ralisant4 ,l'h>monie se produit t\te seule2 il n'y a pas beso9 qu'elle soit tablie ou prtablie2 ds lors1 en appliquant ici les rgles d'une m?ode svre1 qui ne p]met pas d'attribu] la cause une ralit suprieure ce qui e/ exig p\r r5dre compte de l'effet1 il faut dire que l'h>monie n'e/ pas tablie4 ,la seule fonction de ,dieu1 dans le sy/me de ,leibnitz1 c'e/ de produire l'h>monie une fois p\r t\tes4 ,t\t e/ compris dans l'acte primitif de la cration3 une fois que les monades sont l1 t\t va de soi-mme4 ,si ,dieu n'e/ pas ncessaire l'h>monie1 comme n\s v5ons de le voir1 ,dieu e/ sup]flu2 ds lors sa place e/ usurpe2 p\r ram5] cette philosophie l'unit1 il faut en bannir ,dieu4 ,dieu n'e/ pas1 du mo9s comme tre rel1 comme sub/ance actuelle1 comme exi/5ce ou comme monade4 ,il e/ ais de pr\v] en effet1 l'insuffisance des preuves classiques de l'exi/5ce de ,dieu que ,leibnitz rajeunit1 dans l'conomie de son sy/me4 ,les contradictions entre l'ide de la monade c5trale telle que ,leibnitz la prs5te1 et l'ide gnrale de la monade1 ne sont pas mo9s vid5tes et f\rniss5t un argum5t plus dcisif3 ,il n'y a d'tres rels que les monades1 dont l'activit purem5t int]ne1 purem5t idale se t]m9e dans la p]ception4 ,si ,dieu e/ une monade1 ses produits sont des p]ceptions1 des ides1 des modes de la p5se1 comme p\r ,sp9osa2 et n\s p]dons la pluralit des sub/ances4 ,s'il en e/ autrem5t1 l'on peut concevoir dans l'tre simple1 dans la =ce1 une autre activit que la reprs5tation1 aveu qui sap]ait la base de la mtaphysique leibnitzi5ne4 ,il n'y a pas moy5 de fix] le sy/me de ,leibnitz2 le compr5dre c'e/ le trans=m]4 ,si l'on pr5d la pluralit des monades comme po9t de d"p immuable et absolu1 a9si que ,leibnitz p>at le faire1 il faudra df9ir le sy/me un atomisme idali/e4 ,l'unit n'e/ qu'idale1 l'unit e/ l'ordre1 l'unit e/ le b4 ,cette int]prtation1 dont plusieurs s'eff>\*]ont1 se fonde cep5dant sur le texte4 ,l'h>monie1 que ,leibnitz reprs5te ord9airem5t comme l'oeuvre de ,dieu1 il l'id5tifie quelquefois avec ,dieu lui-mme3 ,amor ,dei sive h>moni r]um4 ,mais je n'admets po9t sans rs]ve1 ,messieurs1 que ,leibnitz comm5ce p> la pluralit des sub/ances4 ,et d'abord1 sa p5se e/ le complm5t1 le p]fectionnem5t de celle de ,sp9osa1 aussi bi5 qu'elle en e/ l'anti?se2 il y a entre l'une et l'autre des rapports trop intimes et trop multiples p\r admettre une opposition aussi radicale dans le po9t de d"p4 ,cette considration1 qui pr5drait quelque =ce p> un p>allle t5du des deux sy/mes1 n'e/ p\rtant pas mes yeux la pr9cipale4 ,si je n'admets pas que ,leibnitz comm5ce p> la pluralit1 c'e/ t\t simplem5t1 ,messieurs1 p>ce que la *ose e/ impossible4 la "q de savoir d'o vi5n5t les monades1 il faut ncessairem5t une rponse1 et si la rponse de ,leibnitz ne cadrait po9t avec le re/e de son sy/me1 il ne re/]ait qu' la corrig]4 ,la seule manire consqu5te de dvelopp] le sy/me de ,leibnitz et d'en concili] les lm5ts1 d'en saisir l'intime p5se1 c'e/ de pr5dre le c\rant pr9cipal1 l'idalisme1 en le remontant d'abord jusqu' sa s\rce4 ,c'e/ l1 ,messieurs1 ce que n\s v5ons d'essay]4 ,la monade c5trale e/ donc quelque *ose1 bi5 qu'elle ne soit pas une monade1 c> elle n'exi/e pas2 mais elle e/ la base1 le sujet de t\te exi/5ce1 la sub/ance cause d'elle-mme et de t\t4 ,l'acte de sa propre ralisation e/ un acte de rflexion1 de di/9ction1 de spcification1 d'intellig5ce1 t]nelle gnration du multiple et du div]s4 ,ce qui occupe la scne1 ce qui exi/e1 ce sont les monades1 les p5ses p5santes1 consci5tes d'elles-mmes des degrs div]s1 relles p> consqu5t des degrs div]s1 puisque se ralis] c'e/ se compr5dre1 mais conspirant t\tes v]s un mme b4 ,le prs5t1 l'actuel1 l'univ]s1 l'exi/5ce1 en un mot1 e/ donc remplie p> la pluralit2 l'unit se retr\ve au-dess\s et au-dessus3 au fond1 comme la s\rce t]nelle1 comme la srie des possibles 7c'e/ une autre df9ition de ,dieu1 h>dim5t jete en avant p> ,leibnitz74 ,au-dessus1 comme l',ide1 comme le b1 comme l'h>monie des *oses4 ,l'unit n'e/ pas relle1 elle e/ idale et virtuelle seulem5t4 ,idal et virtuel1 ,messieurs3 dans un s5s c'e/ la mme *ose1 dans un autre c'e/ =t diffr5t4 ,la srie des possibles1 c'e/ le ,dieu virtuel2 l'h>monie des *oses1 c'e/ le ,dieu idal4 t]nellem5t virtuel1 t]nellem5t idal1 ,dieu n'e/ jamais rel1 mais t\j\rs impliqu dans le m\vem5t de ralisation qui va du virtuel l'idal et se traduit dans les monades4 ,en un mot1 comme p\r ,sp9osa1 mieux que *ez ,sp9osa1 ,dieu e/ la ,sub/ance4 ,mais ,leibnitz a compris plus clairem5t que la sub/ance1 en tant que sub/ance1 n'exi/e pas2 il se montre plus fidle cette donne1 il met le m\vem5t dans l'objet mme de la philosophie1 t&is que dans le sp9osisme il n'y a de m\vem5t que *ez le p5seur4 ,au fond1 malgr l'extrme diffr5ce d'excution et de manire1 les deux sy/mes sort5t de la mme s\rce et reproduis5t le mme type3 l'ess5ce univ]selle se ralisant elle-mme selon l'immuable ncessit de sa nature4 ,dans ,sp9osa les articulations sont faiblem5t indiques2 il a des di/9ctions au lieu de m\vem5ts4 ,le sy/me de ,leibnitz e/ plus l>ge1 plus pan\i1 plus vivant2 mais ,leibnitz en raconte des fragm5ts1 il y fait allusion plutt qu'il ne l'expose1 et ne s'assujettit pas t\j\rs la loi d'une consqu5ce rig\reuse4 ,l'?ique de ,sp9osa ne prs5te pas l'enti] et libre dveloppem5t de l'ide de sub/ance absolue2 elle re/e en dess\s4 ,leibnitz1 au contraire1 dpasse l'ide de sub/ance4 ,la notion qui dom9e dans son sy/me e/ celle de b4 ,l'unit virtuelle se ralise dans la pluralit des monades p\r se ressaisir comme unit idale1 comme l'h>monie1 qui e/ le b univ]sel4 ,a9si1 d'aprs la logique intime de ce po9t de vue1 que ,leibnitz e/ lo9 de suivre habituellem5t1 mais que1 p> int]valles du mo9s1 il a trs-di/9ctem5t ap]ue1 le pr9cipe absolu de l'tre n'e/ ri5 d'actuel1 ri5 d'exi/ant1 il n'e/ que b1 il n'e/ que loi1 il n'e/ qu',ide3 p\rquoi1 ,messieurs8--p>ce que ces notions sont les plus hautes que l'esprit ait conues jusqu'ici2 or la plus haute de nos ides s]a t\j\rs notre df9ition de ,dieu4 ,l'ide la plus haute e/ celle de lib]t2 aussi le sy/me de ,leibnitz1 s'levant au-dessus du sp9osisme1 n\s fait-il avanc] du ct de la lib]t1 quoiqu'il soit fond sur la ncessit univ]selle non mo9s que celui de ,sp9osa4 ,mais la ncessit de ,sp9osa e/ la pure ncessit de contradiction3 ,les *oses sont ce qu'elles sont p> la nature de la sub/ance1 p>ce qu'il e/ impossible qu'elles soi5t autrem5t4 ,la ncessit de ,leibnitz e/ la ncessit de la cause f9ale1 la ncessit intellig5te1 la ncessit de la p]fection3 ,les *oses sont ce qu'elles sont p>ce que l'accomplissem5t du b f9al ou du s\v]a9 bi5 le rclame4 ,qu'il y ait une diffr5ce bi5 relle entre ces deux po9ts de vue1 je ne le crois pas4 ,c'e/ le mme rsultat1 obt5u directem5t dans l'un des cas1 et dans l'autre1 au moy5 de quelques int]mdiaires4 ,mais s'il n'y a pas de diffr5ce relle1 il y a une diffr5ce d'int5tion qui e/ dj beauc\p4 ,la ncessit de ,leibnitz e/ possde du beso9 de lib]t4 ,l'ide d'un b suprme conduit irrsi/iblem5t l'esprit celle d'une intellig5ce qui conoit ce b et qui le p\rsuit1 soit avec rflexion1 comme ,leibnitz reprs5te la *ose ord9airem5t en s'accommodant aux doctr9es reues1 soit spontanm5t1 sans rflexion1 ce qui e/ la solution la plus con=me la df9ition gnrale de la sub/ance1 laquelle il faut t\t ram5] p\r tr\v] l'lm5t sy/matique et spculatif de cette p5se va/e1 lum9euse1 pntrante1 mais indcise4 ,l'indcision e/ de son ess5ce4 ,c'e/ comme le rond-po9t de la =t1 ou comme un massif o les eaux se p>tag5t4 ,on peut1 avec une gale consqu5ce1 p\ss] la p5se de ,leibnitz au ralisme ou l'idalisme1 la ncessit ou la lib]t1 l'atomisme ou au pan?isme4 ,inconsi/ante en sa fcondit prodigieuse1 elle ne peut subsi/] qu'en se trans=mant4 ,tel e/ ,leibnitz4 ,ma9t5ant1 ,messieurs1 mesurons du reg>d le *em9 p>c\ru1 rglons compte avec le ,x,v,i,ime sicle1 essayons d'apprci] les rsultats positifs acquis la p5se4 ,ce s]a bi5 c\rt1 c> si *aque sy/me vu du d$ans e/ un monde1 il n'e/ qu'un po9t1 vu du dehors4 ,desc>tes a pos le problme3 ,il faut tr\v] le pr9cipe de l'tre dans la pure p5se4 ,sp9osa comm5ce cette re*]*e1 et dit3 ,n\s concevons ncessairem5t le pr9cipe de l'tre comme la sub/ance univ]selle qui se produit elle-mme4 ,leibnitz "p de l p\r dem&] comm5t la sub/ance se produit elle-mme1 et *]*e une rponse telle qu'elle p]mette de concevoir l'exi/5ce du monde f9i2 il reproduit dans la sphre de la libre p5se une solution dj propose p> les ?ologi5s spculatifs1 mais en la dgageant des complm5ts et des correctifs de la ?ologie3 ,la sub/ance se produit en se rfl*issant1 p> l elle se limite et se diffr5cie l'inf9i4 ,a9si3 ,i4 ,l'ide de ,dieu e/ en n\s2 ,,ii4 ,dieu e/ la sub/ance qui produit l'exi/5ce2 ,,iii4 ,l'activit de la sub/ance e/ idale4 ,ces trois propositions rsum5t les trois gr&s sy/mes philosophiques du ,x,v,i,ime sicle au po9t de vue de la philosophie elle-mme4 ,le re/e app>ti5t l'hi/oire4 ,la mtaphysique con/ruite p> ,wolf et p> ses nombreux disciples sur les ides de ,leibnitz pr5d les allures d'un sy/me rguli]1 sy/me plus va/e et plus complet que t\s les prcd5ts quant son ordonnance extrieure4 ,mais il r\le sur des df9itions conv5ues1 il suppose les ides des *oses et ne les produit pas4 ,dans cette cole1 le travail de la p5se consi/e ratta*] c]ta9s attributs donns des sujets donns galem5t4 ,ce procd1 qui rappelle celui de la scola/ique1 dont le sy/me de ,wolf se rappro*e d'autres g>ds encore1 ne saurait conv5ir la spculation vritable4 ,l'intrt pr9cipal de la philosophie consi/e dans la cration d'ides n\velles4 ,wolf en introduisit peu4 ,son cole p>at avoir eu p\r mission de popul>is] l'idalisme et d'en tir] les consqu5ces en rduisant peu peu la sci5ce rationnelle aux proportions d'une psy*ologie4 ,le sy/me pr(ondm5t spculatif de ,leibnitz e/ affect ds le pr9cipe d'un lm5t empirique qui en tr\ble la puret4 ,cette bran*e g\rm&e attira peu peu t\s les sucs2 la psy*ologie exprim5tale remplaa la philosophie et la premire cole idali/e allem&e f9it a9si p> se tr\v] place peu prs sur le mme t]ra9 que la clbre cole anglaise de ,locke4 ,v\s savez1 ,messieurs1 comm5t ,locke s'tait appliqu dans son ,essai sur l'ent5dem5t huma91 code philosophique du ,x,v,i,i,ime sicle1 faire sortir t\tes nos ides de l'expri5ce s5sible et de l'activit spontane de l'esprit1 qui t5d1 re/re9t et comb9e les donnes exprim5tales sans produire aucun lm5t n\veau4 ,un demi-sicle plus t>d1 l'cossais ,hume avait conclu de ces prmisses la vanit de l'ide de cause1 allguant avec raison que l'expri5ce s5sible ne saurait tablir qu'un fait soit la cause d'un autre4 ,ceci conduisait naturellem5t au scepticisme4 ,hume accepte cette consqu5ce et la dveloppe avec esprit4 ,au fond1 ,messieurs1 il n'y avait ri5 d'excessivem5t r$\table dans ce m\vem5t de la p5se4 ,il tait naturel d'en infr] la fausset de la ?orie de ,locke sur l'orig9e de nos ides2 et si cette ?orie n'et pas t si pr(ondm5t enrac9e dans les t5dances du sicle1 la *ose n'et exig ni gr&s ef=ts ni gr& app>eil4 ,on aurait dit3 si t\tes nos ides vi5n5t de l'expri5ce comme ,locke le prt5d1 ,hume dmontre que n\s ne saurions avoir l'ide de cause1 c> l'expri5ce e/ incapable de la f\rnir4 ,mais n\s avons rellem5t cette ide1 et si bi51 que n\s ne p\vons pas n\s en pass] un in/ant2 p> consqu5t ,locke a tort1 t\tes nos ides ne vi5n5t pas de l'expri5ce4 ,le raisonnem5t tant rguli]1 l'vid5te fausset de la conclusion tablit la fausset du pr9cipe4 ,en effet1 les suppositions de ,hume sur la manire dont l'ide de cause se s]ait introduite en contreb&e dans l'intellig5ce et dans la langue huma9es ne support5t pas l'exam54 ,hume lui-mme n'apportait sa philosophie qu'un demi srieux4 ,il tait sans d\te un peu sceptique l'endroit de son scepticisme4 ,de bonne heure on recomm&e aux coli]s de ne pas conclure de la succession la causalit1 du po/ hoc au propt] hoc4 ,hume1 lui1 prt5d que le propt] hoc1 la cause ne signifie autre *ose que la succession4 ,il raconte que les hommes ayant pris l'habitude de voir tels faits se produire aprs tels autres1 ont imag9 d'appel] ceux qui vi5n5t ord9airem5t les premi]s1 cause de ceux qui les suiv5t1 de sorte que le rapport de cause effet dsign]ait seulem5t une succession acc\tume1 et p> suite1 une succession prvue4 ,les *oses se pass5t t\t autrem5t dans notre esprit2 il suffit p\r en tre conva9cu de s'obs]v] soi-mme1 et cette obs]vation n'e/ pas difficile faire4 ,n\s savons t\s ici que l'clair n'e/ pas la cause du tonn]re1 et p\rtant n\s att5dons le tonn]re avec c]titude qu& n\s avons vu brill] l'clair4 ,comm5t cela s]ait-il possible si la causalit n'tait qu'une succession prvue8 ,et s'il e/ beso9 d'obs]vations multiplies p\r imag9] que les phnomnes ont des causes naturelles1 la premire gnration des hommes a d vivre longtemps sans se d\t] qu'il y en et4 ,au po9t de vue ?orique il faudrait l'en flicit]1 puisque l'ide de cause e/ une ide vide2 mais n\s n'imag9ons gure comm5t elle a fait p\r s'en pass]4 ,il e/ inutile d'insi/]4 ,indp5damm5t des consqu5ces sceptiques qu'il e/ si facile d'en faire jaillir1 la ?orie de ,locke sur l'orig9e des ides1 et celle de la s5sation trans=me de ,condillac1 expression sy/matique du mme po9t de vue gnral1 sont enta*es d'un grave dfaut logique4 ,il e/ une f\le de notions dont l'esprit se s]t naturellem5t avant de s'tre r5du compte qu'il les possde2 on les emploie sans s'en d\t]1 sans les =mul]4 ,avec un peu de nglig5ce1 la proccupation sy/matique aidant1 ri5 n'e/ plus facile que de les introduire d'une manire inap]ue et de bonne foi dans l'analyse mme qui a p\r b d'expliqu] leur =mation4 ,on s'y trompe un mom5t1 mais une fois l'illusion signale1 elle disp>at4 ,il e/ inconcevable qu'elle ait *app t\t un sicle1 que l'on n'accus]a c]tes pas d'tre un sicle b>b>e4 ,cet aveuglem5t e/ d'autant plus extraord9aire que les vices du s5sualisme avai5t t indiqus avec beauc\p de prcision dans des ouvrages assez rp&us4 ,un tel spectacle n\s humilie4 ,on se dem&e si quelque *ose de p>eil ne n\s arrive pas n\s-mmes2 si peut-tre t\t un ct de l'vid5ce n'e/ pas drob aux p5seurs de nos j\rs8 ,ce d\te peut avoir une c]ta9e utilit morale4 ,p\r notre tude1 il n'importe gure4 ,n\s ne saurions ni *ang] nos yeux1 ni r5onc] n\s en s]vir4 ,cont5tons-n\s donc d'tre de notre sicle1 et si n\s v\lons le faire avanc]1 t*ons de le bi5 connatre4 ,n\s sommes au b]ceau de sa philosophie1 qui s'lve rapidem5t4 ,rpondre ,hume et t une t*e facile p\r un esprit qui n'aurait pas subi les mmes influ5ces2 mais1 en se bornant signal] une erreur manife/e1 on n'aurait pas fait faire de progrs la p5se4 ,heureusem5t ,kant tait aussi du ,x,v,i,i,ime sicle2 les argum5ts sceptiques de son contempora9 fir5t sur lui une impression trs-vive4 ,il entreprit de rfut] ,hume en rfutant ,locke1 son auteur2 la manire dont il s'acquitta de cette t*e montre que les ides de ,locke avai5t pntr pr(ondm5t son esprit4 ,kant s'e/ propos de dt]m9] l'lm5t univ]sel et ncessaire de la p5se huma9e1 les vrits a priori que n\s devons t\s reconnatre et qui sont la base de l'ex]cice de *acune de nos facults4 ,il s'agit p\r lui de pr\v] l'exi/5ce des vrits a priori et de mesur] l't5due de leurs applications lgitimes1 c'e/--dire de fix] la compt5ce de notre esprit4 ,ce programme e/ celui de la sci5ce qu'il dsigne s\s le nom de philosophie critique4 ,au premi] c\p d'oeil1 il ne semble pas que la solution du problme kanti5 puisse s'appel] une philosophie2 on p\rrait mme all] presque jusqu' d\t] que le problme1 tel que ,kant l'a circonscrit1 app>ti5ne la sci5ce philosophique4 ,en effet1 la philosophie e/ une et univ]selle2 t\t en elle se rapporte au pr9cipe absolu des *oses4 ,la sci5ce de l'esprit huma9 devi5t philosophique cette condition1 que l'esprit huma9 soit tudi dans son pr9cipe1 dans son rapport avec ,dieu4 ,il y aurait cep5dant de l'exagration dans un tel scrupule4 ,la "q reprise p> ,kant t\*e assurm5t l'absolu1 puisque la possibilit d'une sci5ce de l'absolu y e/ implique4 ,elle peut tre considre indiffremm5t comme un prlim9aire la philosophie t\t entire ou comme une p>tie intgrante de la philosophie rgressive4 ,le b de ces leons m'int]dit d'essay] une apprciation complte de la critique kanti5ne4 ,j'en r5drai compte aussi sommairem5t qu'il me s]a possible sans dtrim5t p\r la cl>t2 mais c'e/ uniquem5t af9 de m>qu] dans quel s5s elle a influ sur l'ide de l'absolu1 que n\s *]*ons4 ,aussi ne dirai-je qu'un mot de la premire "q que le criticisme suggre3 la "q de savoir s'il e/ rellem5t ncessaire ou conv5able de faire prcd] la sci5ce proprem5t dite p> une critique de l'esprit huma94 ,depuis la publication de l',essai sur l'ent5dem5t1 de ,locke1 auquel ,leibnitz avait oppos ses ,n\veaux ,essais1 la "q de l'orig9e des ides t5ait le premi] rang dans la philosophie4 ,on y ratta*ait dj1 p> une suite naturelle1 celle de la porte et de la compt5ce de l'esprit huma92 l'ide de la critique tait donc un produit de l'esprit du sicle en mme temps qu'une rnovation3 sa lgitimit e/ irrpro*able au po9t de vue hi/orique4 ,mais pr5dre les *oses en elles-mmes1 que faut-il p5s] de la place donne au problme de la connaissance8 ,l'analyse critique des facults huma9es1 dta*e des autres problmes philosophiques1 a-t-elle *ance de russir8 p\vons-n\s1 en d'autres t]mes1 en att5dre un rsultat p>faitem5t c]ta98 ,il e/ p]mis d'en d\t]4 ,il s'agit1 p\r ,kant1 de savoir si n\s sommes capables d'atte9dre la vrit1 et dans quelles limites4 ,si cette "q e/ prise au srieux1 il e/ clair qu'au mom5t o l'esprit la pose1 t\tes les facults sont dcl>es suspectes4 ,kant ne dem&e plus1 comme ,desc>tes3 ,de quoi suis-je c]ta98 mais il dem&e3 ,ai-je le droit d'tre c]ta98 ,ma9t5ant1 si t\tes nos facults sont mises en suspicion1 avec quel in/rum5t accomplirons-n\s l'oeuvre critique8 ,si la philosophie e/ impossible avant la ,critique de l'esprit huma91 comme ,kant le proclame et comme1 aprs lui1 tant d'autres l'ont rpt sur p>ole1 il faudrait1 ce semble1 au pralable1 une seconde ,critique qui n\s clairt sur l'usage et sur la porte des facults au moy5 desquelles n\s entrepr5ons la premire1 et a9si de suite4 ,il e/ donc clair1 ,messieurs1 que la ,critique elle-mme1 comme t\t ex]cice de l'intellig5ce1 dbute p> la foi dans l'intellig5ce4 ,mais1 si l'on se confie la p5se avant t\t exam51 si cette confiance e/ suprieure l'exam5 dont elle fonde la possibilit1 on ne voit pas p\rquoi il s]ait ncessaire de comm5c] p> l'analyse de nos facults plutt que p> t\te autre "q4 ,l'obligation de *oisir cet ordre implique une p>faite conviction de l'aptitude de l'esprit se compr5dre et se jug] lui-mme1 t&is que l'on ignore encore s'il e/ capable de pntr] t\t autre objet4 ,or1 ,messieurs1 la di/9ction qu'on tablit a9si1 lo9 d'tre axiomatique1 n\s p>at t\t fait arbitraire4 ,il n'y a donc pas de ncessit logique faire du problme de la connaissance la "q pralable en philosophie4 ,je dis plus1 ,messieurs2 non-seulem5t il n'e/ pas indisp5sable1 mais il e/ impossible de trait] isolm5t l'analyse de l'esprit huma92 ou du mo9s1 en la dta*ant a9si de l'ensemble des que/ions philosophiques1 il n'e/ pas p]mis d'en att5dre autre *ose qu'un rsultat provisoire et propdeutique4 ,p\r obt5ir de l'esprit huma9 une sci5ce vraim5t philosophique1 il faudrait l'tudi] sa place dans l'ordre gnral des *oses1 il faudrait p> consqu5t lui assign] sa place dans un tel ordre1 ou1 comme le dit ,leibnitz1 il faudrait une mtaphysique p\r fond] la psy*ologie4 ,mais si l'analyse des fonctions intellectuelles1 traite "p1 en guise de prlim9aire1 ne peut ni rvl] l'esprit lui-mme dans son pr9cipe1 ni lui donn] une confiance en son droit dont il n'a rellem5t pas beso91 elle peut au mo9s con/at] des faits1 et comme sci5ce de faits1 ri5 n'emp*e de l'abord] la premire4 ,l'usage qui fait s]vir la psy*ologie d'introduction aux tudes philosophiques1 se fonde sur des raisons de conv5ance dont je suis lo9 de mconnatre le poids4 ,si l'obs]vation att5tive de nos facults ne suffit pas p\r jug] df9itivem5t de leur valeur1 elle n\s appr5d du mo9s les dirig]4 ,malheureusem5t ce po9t de vue n'e/ pas celui de la ,critique4 ,elle ne veut pas con/at] seulem5t les faits1 mais expliqu] la possibilit des faits1 et ce mlange de psy*ologie et de mtaphysique1 d'expri5ce et de raisonnem5t a priori1 qui fait au kantisme pris en lui-mme une position difficile1 en r5d l'tude assez fatigante4 vrai dire1 ,messieurs1 je ne p\rrai v\s l'expos] que trs-sup]ficiellem5t4 ,une exactitude rig\reuse de t\s les t]mes m'oblig]ait entr] dans plus de dtails que notre plan ne le comporte4 ,je *]*]ai la vrit des apprciations et la fidlit de la c\leur1 mais il s]ait f*eux que v\s prissiez p\r base de votre tude hi/orique du criticisme les deux leons auxquelles je devrai me born]4 ,il y a t\t un ct du sy/me de ,kant1 celui du travail logique et de l'en*anem5t rig\reux1 que n\s s]ons =cs de nglig]4 ,,neuvi,,me ,,le,,on4 ,kant 7suite74 ,c\p d'oeil sur la ,critique de la raison pure4 ,dans cet ouvrage1 ,kant dmontre la prs5ce d'un lm5t a priori dans nos connaissances4 ,il fait l'inv5taire des ides a priori4 ,il ne leur attribue qu'une valeur subjective2 de sorte que1 selon lui1 n\s ne connaissons que nos propres facults1 t\t en s5tant qu'il exi/e hors de n\s un monde rel1 mais inaccessible4 ,cep5dant la p5se dborde la =mule4 ,kant e/ spirituali/e2 logiquem5t il doit ab\tir l'idalisme pur2 ses convictions intimes le ratta*5t au sy/me de la lib]t4 ,la subjectivit qu'il attribue aux ides a priori dp5d de celle du temps et de l'espace1 qui n'e/ enseigne elle-mme que p\r r5dre la lib]t intelligible4 ,notre lib]t1 comme l'exi/5ce de ,dieu et la vie v5ir devi5n5t c]ta9es p> la c]titude absolue de l'obligation morale4 ,messieurs1 ,kant se propose ess5tiellem5t1 dans ses trois ,critiques1 de dress] l'inv5taire des vrits a priori d'aprs lesquelles l'esprit se dirige dans l'ex]cice de ses div]ses facults4 ,dans ce travail d'analyse1 il suit le fil d'une psy*ologie qui n'e/ pas absolum5t orig9ale1 et qu'il a accepte sans peut-tre beauc\p l'appr(ondir au db2 du mo9s ne la ju/ifie-t-il pas d'une manire explicite4 ,il tudie les facults de l'me isolm5t1 il les sp>e mme dans ses crits plus qu'elles ne l'tai5t dans sa p5se4 ,cette division1 9vitable jusqu' un c]ta9 po9t1 de ce qui ne fait p\rtant qu'un t\t en ralit1 aj\te aux difficults de l'entreprise4 ,n\s comm5ons1 avec notre auteur1 p> l'apprciation des facults ?oriques qui ont p\r f9 la connaissance de l'univ]sel et du ncessaire4 ,ces facults1 ,kant semble les envelopp] s\s le nom de ,raison pure dans l'intitul de son pr9cipal ouvrage4 ,selon lui1 l'esprit n'agit pas sans quelque impulsion extrieure4 ,l'esprit reoit du dehors la matire de ses p]ceptions ou ce qui les diffr5cie accid5tellem5t les unes des autres1 mais il n'exi/e aucun rapport assignable entre la cause extrieure des p]ceptions et les p]ceptions elles-mmes1 att5du que celles-ci devi5n5t ce qu'elles sont en n\s p> l'effet du temps et de l'espace1 notions dont il e/ impossible d'attribu] l'orig9e au monde extrieur4 ,conditions ncessaires de t\t ex]cice de l'activit s5sible1 le temps et l'espace sont en n\s a priori4 ,ils =m5t l'lm5t a priori1 l'lm5t intelligible de la s5sibilit soit extrieure1 soit intrieure4 ,kant les nomme des intuitions a priori2 cette expression a des inconvni5ts analogues celle d'ide inne4 ,il les appelle aussi les =mes a priori de la s5sibilit1 ce qui s]ait mieux1 dans ce s5s que l'on considre volonti]s la =me comme insp>able du fond2 mais ,kant ne p>at pas l'ent5dre absolum5t a9si4 ,du re/e1 l'antique opposition de la matire et de la =me j\e un assez gr& rle dans son sy/me4 ,ri51 ses yeux1 n'e/ a priori s9on les =mes4--,de ce que le temps et l'espace exi/5t en n\s a priori1 comme la manire dont n\s concevons ncessairem5t les *oses1 ,kant en infre leur subjectivit4 ,le temps et l'espace vi5n5t de n\s1 donc ils ne vi5n5t pas des *oses et sont trang]s la nature des *oses2 de l rsulte la subjectivit de t\tes les reprs5tations t5dues et temporelles1 c'e/--dire de t\tes les reprs5tations quelconques4 ,elles ont un cont5u rel1 une cause indp5dante de n\s1 mais cette cause e/ absolum5t inconnue4 ,il e/ p]mis de conte/] la rigueur d'une telle conclusion1 dont la porte e/ imm5se4 ,au-dessus de la s5sibilit n\s tr\vons l'ent5dem5t1 qui conc5tre les p]ceptions et les trans=me en ides p> l'unit qu'il leur impose4 ,la loi suprme de l'intellig5ce e/ l'unit4 ,l'intellig5ce relie les uns aux autres les lm5ts div]s de l'exi/5ce intrieure1 en les rapportant une unit logique absolue que le philosophe appelle ap]ception du moi4 ,il ne faut pas pr5dre cette unit logique p\r une unit relle2 ce n'e/ pas le moi1 c'e/ la manire dont1 en v]tu des lois de notre intellig5ce1 n\s sommes obligs de concevoir le moi2 n\s le compr5ons ncessairem5t comme unit absolue2 mais qu'e/-il en lui-mme8 n\s n'en savons ri54 ,l'acte p> lequel l'ent5dem5t syn?tise les intuitions1 c'e/--dire en fait des units en les rapportant l'unit c5trale1 s'appelle jugem5t4 ,il n'y a qu'un c]ta9 nombre de =mes de jugem5t possibles2 ces =mes sont les manires dont l'intellig5ce s'ex]ce1 ses fonctions ou ses lois4 ,en y rfl*issant1 n\s tr\vons que le c>actre de *acune d'elles s'exprime dans une ide1 laquelle n\s donnons le nom dj consacr de catgorie4 ,l'ide de sub/ance1 p> exemple1 e/ une catgorie ou l'expression d'une =me de jugem5t2 elle exprime la ncessit intellectuelle en v]tu de laquelle n\s rapportons t\te espce d'intuition ou de p]ception l'unit d'un sujet p]si/ant1 dont n\s supposons =cm5t l'exi/5ce4 ,qu& je dis3 ,la rose e/ blan*e1 p> exemple1 ma p5se se dvelopp]ait comme suit3 ,l'impression p>ticulire que je reois et que je nomme blan*eur1 app>ti5t un sujet que je suis oblig de suppos]1 auquel je rapporte d'autres p]ceptions encore1 et qu'en raison de cet ensemble de p]ceptions j'appelle la rose4 ,les catgories sont donc les lm5ts a priori de l'intellig5ce1 mais des lm5ts purem5t =mels2 ce sont les diffr5tes manires de ram5] l'unit la div]sit des s5sations2 ce sont des facults1 si v\s v\lez4 ,*acune d'elles n'e/ autre *ose1 au fond1 qu'un mode de notre activit subjective4 ,l'activit de l'ent5dem5t ne peut s'ex]c] que sur une matire donne1 et cette matire1 ncessaire l'application des catgories1 doit tre une intuition du s5s int]ne ou des s5s extrieurs1 c> il n'y a pas d'autres intuitions4 ,c'e/ un gr& pr9cipe de la philosophie kanti5ne1 il le semble du mo9s au db1 que l'intuition seule f\rnit un cont5u nos p5ses4 ,kant ne ju/ifie pas ce pr9cipe2 il e/ clair qu'il l'emprunte l'empirisme de ,locke4 ,le sy/me de ,kant e/ un dveloppem5t autant qu'une rfutation du po9t de vue de ,locke4 ,p\r ,kant comme p\r ,locke1 t\te connaissance relle vi5t des s5s et de la spontanx de l'esprit s'appliquant aux donnes des s5s2 seulem5t ,kant1 entrant plus avant que ,locke dans l'analyse de cette activit spontane1 dmontre qu'elle e/ elle-mme une s\rce d'ides p>faitem5t orig9ale1 mais d'ides purem5t =melles1 subjectives dans leur porte comme p> leur orig9e2 ce sont les ides de ses propres lois4 ,le temps et l'espace ont dj ce c>actre1 ils sont les lois de l'intuition2 puis vi5n5t les catgories et d'autres encore4 ,cep5dant1 ,messieurs1 il e/ naturel l'intellig5ce de pr5dre p\r des ralits ces ides purem5t =melles et subjectives4 ,l'intellig5ce dev5ant son objet elle-mme1 t\tes les =mes qui lui sont inhr5tes se *ang5t en objets ses yeux4 ,a9si1 comme elle e/ oblige1 je l'ai dit1 de rapport] t\tes les p]ceptions un sujet logique p]man5t1 elle suppose inv9ciblem5t l'exi/5ce objective d'un tel sujet p]man5t et l'appelle sub/ance4 ,les causes de nos impressions sont p\r elle des sub/ances4 ,p\r compr5dre que la sub/ance ou la notion de sub/ance e/ une =me de notre ent5dem5t1 la ,critique tait ncessaire4 ,l'intellig5ce p\rsuit hors d'elle-mme cette t5dance l'unit qui la con/itue1 et s'ef=ce a9si de concevoir les *oses 7qu'elle ti5t p\r relles1 quoi qu'elles ne soi5t que des phnomnes de notre esprit dont la cause e/ inconnue71 comme =mant ensemble un t\t bi5 en*an qu'elle appelle le ,monde1 t\t dp5dant d'un pr9cipe unique1 qu'elle nomm]a ,dieu4 ,cette t5dance de ,l'esprit p\rsuivre l'application de ses lois au del de la sphre s5sible1 en composant des units suprieures celles des objets s5sibles 7qui sont dj son produit71 fait l'ess5ce de la ,raison4 ,au vrai1 la raison n'e/ que l'ent5dem5t lui-mme prolongeant ses lignes au del des phnomnes jusques au po9t o elles vi5n5t conv]g]4 ,a9si la loi qui lui fait ratta*] les p]ceptions int]nes ou ext]nes l'unit d'un sujet1 la conduit l'ide rationelle du sujet absolum5t simple des phnomnes intrieurs qu'elle appelle l'me4 ,la loi de causalit p\sse la raison concevoir t\s les vnem5ts comme compris dans un sy/me d'effets et de causes4 ,ce sy/me1 c'e/ le ,monde4 ,enf91 la loi de contradiction exige que t\t objet rel soit absolum5t dt]m91 c'e/--dire que l'on puisse lui donn] positivem5t ou ngativem5t t\s les attributs concevables4 ,l'tre effectif d'un objet se prs5te ncessairem5t la p5se comme une p>tie de l'tre possible4 ,c'e/ p> cette considration que l'esprit e/ engag1 selon ,kant1 concevoir l'ide d'un tre sur lequel se fond5t t\s les possibles et qui1 p> consqu5t1 compr5d en lui t\te ralit4 ,cette ide e/ l'ide de ,dieu1 telle du mo9s que l'avait dt]m9e1 l'poque o le p5seur de ,knigsb]g crivait1 la philosophie allem&e1 plus cultive et plus =te dans ce temps-l que n\s ne l'imag9ons d'ord9aire4 ,kant lui-mme avait publi1 en #agfc1 un ouvrage p>ticuli] p\r pr\v] l'exi/5ce de ,dieu comme fondem5t de t\te possibilit4 ,l'auteur se pr5d donc ici comme objet de son analyse4 ,p\r bi5 compr5dre la langue de ,kant et mme p>fois sa p5se1 il ne faudrait pas oubli] que la ,critique de la raison pure e/ en mme temps celle de la mtaphysique en vogue dans un sicle et dans un pays donns4 ,la raison1 *]*ant les premi]s pr9cipes de t\te *ose ou l'inconditionnel en t\t s5s1 conoit donc comme le po9t de d"p d'une explication absolue des faits1 les trois ides de la sub/ance simple1 du ,monde et de ,dieu4 ,ce sont l des ,ides dans le s5s platonici51 c'e/--dire des objets t5us p\r rels1 mais qui app>ti5n5t une sphre suprieure t\te expri5ce et qui ne saurai5t tre l'objet d'aucune intuition4 ,selon ,kant1 n\s n\s levons p> un m\vem5t naturel et ncessaire la conception de ces ides2 cep5dant n\s n'avons pas le droit de n\s prt5dre sci5tifiquem5t c]ta9s de leur exi/5ce objective1 n\s ne sommes pas mme srs que leur exi/5ce soit possible1 prcism5t p>ce que ce sont des ides dont la matire ne peut n\s tre f\rnie p> aucune expri5ce2 or la p5se ayant p\r objet de compr5dre l'expri5ce en la rsumant1 sa vrit n'tant jamais que relative l'expri5ce 7c'e/ ici le po9t capital71 elle reconnat la possibilit de l'expri5ce p\r limite infran*issable4 ,ce qui1 de sa nature1 e/ sans analogie avec nos p]ceptions1 ce qui app>ti5t une sphre o la p]ception n'atte9t pas1 tombe en dehors de la c]titude et de la sci5ce4 ,les notions de ,dieu1 de l'me et du ,monde exprim5t la condition absolue non de l'exi/5ce des objets rels1 mais de la manire dont opr5t nos facults subjectives4 ,n\s devons reconnatre que notre intellig5ce e/ organise de manire fonctionn] comme si n\s possdions c]ta9es solutions sur les gr&s problmes que s\lv5t ces mots sonores1 mais qu'en ralit n\s ne p\vons ri5 affirm] sur leur objet4 ,et la preuve1 c'e/ qu'en analysant les procds p> lesquels n\s p5sons les atte9dre1 on y dc\vre des vices de raisonnem5t ou qu'on arrive avec un droit gal deux solutions contradictoires3 a9si sur la "q de savoir si le monde e/ f9i ou inf9i1 s'il exi/e ou s'il n'exi/e pas de cause premire1 etc4 ,il y a donc p\r la raison une illusion 9vitable4 ,puisqu'elle e/ 9vitable1 on s]ait t5t de se dem&] p> quelle =tune un savant prussi5 s'en e/ dlivr2 mais je n'insi/]ai pas sur cette obs]vation1 que l'tude du criticisme suggre p\rtant plusieurs fois1 et qui *aque fois revi5t plus pressante4 ,je dem&e seulem5t l'auteur quelles sont les s\rces de l'erreur qu'il signale4-- cette "q le criticisme a deux rponses3 l'une se prs5te immdiatem5t1 l'autre e/ plus pr(onde4 ,et d'abord1 ,messieurs1 il e/ clair que l'on arrive l'erreur en p>tant d'un faux pr9cipe4 ,n\s *]*ons la sub/ance et la cause des *oses1 et n\s pr5ons p\r des *oses les reprs5tations de notre esprit4 ,a9si t\te notre sci5ce du monde e/ fanta/ique1 illusion qui se reflte dans la sci5ce de ,dieu4 ,l'unit vritable des *oses n'e/ pas objective1 mais subjective1 puisque les *oses sont en n\s4 ,et quant aux ralits qui produis5t l'tre phnomnal en se voilant dans les =mes du temps et de l'espace1 n\s n'en connaissons po9t la nature2 il e/ donc bi5 inutile de *]*] les lois de leur en*anem5t4 ,ne sa*ant ri5 des p>ties1 quelle ide n\s f]ions-n\s du t\t8 ,mais il y a plus2 si notre base e/ vicieuse1 les in/rum5ts qui n\s s]v5t btir le sont aussi4 ,n\s ne p\vons philosoph] qu'en suivant les lois de notre esprit1 le fil des catgories4 ,or les catgories n'ont qu'une valeur subjective2 leur seul emploi lgitime consi/e r5dre intelligibles les reprs5tations que la s5sibilit n\s f\rnit4 ,kant p\rrait affirm] purem5t et simplem5t la subjectivit des catgories1 comme il le fait p\r le temps et p\r l'espace1 et la pr\v] p> le mme argum5t3 ,les catgories vi5n5t de n\s1 donc elles ne val5t que p\r n\s4--,cep5dant1 guid p> des pr9cipes que n\s ap]cevrons plus t>d1 bi5 qu'il ne les ait pas =muls d'une manire explicite1 ,kant rpugne proclam] l'impuissance de la p5se dans cette =me absolue4 ,il arrive au mme rsultat p> un *em9 un peu plus long4 ,l'intellig5ce e/ sans repro*e1 mais la p]ception s5sible e/ dj condamne2 or n\s ne savons pas employ] les catgories de l'intellig5ce sans les plong] dans l'onde colore de la p]ception4 ,elles emprunt5t 9vitablem5t l'lm5t a priori de l'intuition en gnral1 c'e/--dire au temps1 une sorte de robe dont il e/ impossible de les dp\ill]4 ,a9si les catgories1 tant revtues de la =me du temps1 ne peuv5t videmm5t s'appliqu] qu'aux *oses du temps1 et p> consqu5t leur emploi n'e/ lgitime que dans le doma9e subjectif de l'expri5ce1 bi5 que dans la puret de leur df9ition elles fuss5t peut-tre capables d'atte9dre le rel et l'absolu4 ,qu'elles soi5t subjectives de leur ess5ce ou p> l'influ5ce 9vitable de l'imag9ation1 le rsultat e/ id5tique4 ,les seules vrits c]ta9es a priori que l'analyse de la raison n\s enseigne1 sont les lois =melles de cette raison1 lois qui diffr5t des catgories en ce que l'ent5dem5t ne peut pas ne pas appliqu] celles-ci et qu'il les applique t\j\rs de mme1 t&is que la raison e/ plus ou mo9s libre de se con=m] ou de ne pas se con=m] ses lois p>ticulires1 savoir les lois d'unit1 de v>it et de cont9uit4 ,voil1 ,messieurs1 dans une =me simple et sommaire1 mais assurm5t trs-imp>faite1 les conclusions de la ,critique de la raison pure4 ,elles sont1 comme v\s le saviez dj1 presque entirem5t ngatives4 ,non-seulem5t n\s ne sommes pas jugs capables d'arriv] la vrit philosophique1 la connaissance des pr9cipes des *oses1 de ,dieu1 de l'me et du ,monde considr dans son unit1 mais1 p> la di/9ction tablie entre le subjectif et l'objectif1 n\s sommes dpossds de t\te vrit quelconque4 ,que connaissons-n\s1 en effet1 selon ,kant8 ,n\s connaissons le mcanisme de nos facults intellectuelles1 n\s connaissons a priori les lois gnrales qui rgiss5t l'ex]cice de ces facults1 mais n\s savons en mme temps que les rsultats auxquels n\s p>v5ons p> cet ex]cice rguli]1 n'ont de valeur que relativem5t n\s4 ,ils =m5t un ensemble h>monique dont *aque p>tie se rapporte aux autres1 p>ce qu'ils sont t\s obt5us d'aprs les lois de notre nature2 ils sont l'expression de notre nature2 mais ils se donn5t naturellem5t1 ncessairem5t1 p\r autre *ose encore2 ils se prs5t5t comme l'image d'une ralit qui subsi/e indp5damm5t de n\s4 ,en cela ils n\s tromp5t4 ,t\tes nos facults n\s tromp5t1 c> elles n\s font croire que n\s possdons la connaissance d'objets nombreux1 di/9cts de notre esprit1 t&is que n\s n'en connaissons aucun4 ,le monde que n\s connaissons n'e/ qu'un fantme que n\s crons en n\s-mme d'aprs des lois uni=mes4 ,selon l'expression de ,leibnitz1 c'e/ un rve bi5 rgl4 ,cep5dant1 s'il n'exi/ait aucun autre monde que ce monde fanta/ique1 nos facults ne n\s tromp]ai5t po9t1 aussi longtemps du mo9s que n\s accept]ions les faits bonnem5t1 sans n\s engag] dans leur explication mtaphysique4 ,quelle que soit la nature du ,monde1 il suffit que1 tel que n\s le voyons1 il soit vraim5t le ,monde p\r que n\s n'ayions pas sujet de n\s pla9dre4 ,mais il exi/e rellem5t un monde indp5dant de n\s et de notre facult de connatre1 un monde qui e/ vis--vis de n\s prcism5t dans le rapport que n\s imag9ons entre n\s et le monde fictif de nos reprs5tations1 un monde qui n\s ent\re et qui agit sur n\s1 c> c'e/ lui qui donne la premire impulsion nos fonctions intellectuelles4 ,eh bi56 ce monde1 le monde des *oses en soi1 n\s ne le connaissons po9t1 n\s ne p\vons pas mme n\s en faire la mo9dre ide4 ,tel e/ le rsultat direct de la ,critique4 ,assurm5t elle n'apporte aucun enri*issem5t la notion du pr9cipe absolu des *oses que la philosophie possdait avant elle4 ,mais si la ,critique de la raison pure ne con/itue pas en elle-mme un progrs d'une sci5ce dont elle nie jusqu' la possibilit1 elle ne lui donne pas mo9s une impulsion fconde1 et l'on tr\ve en elle le g]me de plus d'un progrs4 ,d'abord1 la pr5dre simplem5t en elle-mme1 sans sortir de sa =me au!ntique et p\r a9si dire (ficielle1 elle ramne la philosophie avec puissance son t]nel objet1 l'lm5t a priori de la p5se1 aux vrits ncessaires4 ,la ,critique ne prs5te qu'un inv5taire de ces donnes a priori2 encore peut-on conte/] l'exactitude de son dp\illem5t4 ,elle ne =me pas un t\t des valeurs isoles qu'elle dprcie si =tem5t p> la subjectivit qu'elle attribue aux =mes de la p5se4 ,mais enf91 elle reconnat l'exi/5ce de l'a priori et le rtablit dans ses droits avec l'autorit d'une irrsi/ible vid5ce contre les ngations du scepticisme4 ,puis1 ,messieurs1 si n\s pntrons au del de la lettre et du mcanisme extrieur du sy/me p\r en saisir l'int5tion et l'esprit1 en suivant des indications p>t\t rp&ues1 il s]a facile de reconnatre dans ,kant le successeur lgitime de ,leibnitz1 le dpositaire des traditions de la philosophie spirituali/e1 qu'il ne cont9ue pas seulem5t1 mais qu'il agr&it1 qu'il corrige et qu'il prcise4 ,la diffr5ce fondam5tale entre les deux sy/mes de ,leibnitz et de ,sp9osa n\s a p>u se rsum] en ces mots3 ,sp9osa conoit la sub/ance ou l'tre univ]sel ess5tiellem5t comme objet2 le dynamisme de ,leibnitz n\s porte le concevoir comme sujet4 ,la consqu5ce f9ale du premi] po9t de vue s]ait le matrialisme2 aussi1 quoique ,sp9osa ne ft pas matriali/e1 mais qu'il prt5dt g>d] l'quilibre1 on p\vait y tre tromp4 ,le po9t de vue de ,leibnitz1 pris dans sa plus haute gnralit1 e/ le fondem5t du spiritualisme1 dont l'idalisme n'e/ que l'une des =mes possibles et peut-tre une dviation4 ,eh bi56 ,messieurs1 l'ide que l'tre rel doit tre considr comme sujet1 fait aussi le fondem5t de la philosophie de ,kant4 ,il a dvelopp ce g]me en deux directions presque opposes3 l'une e/ l'idalisme pur1 l'autre le vrai spiritualisme4 ,le sy/me de ,leibnitz e/ un semi-idalisme4 ,la notion c5trale y e/ la =ce4 ,leibnitz donne l'activit de cette =ce le nom de p]ception1 mais sans atta*] ce t]me un s5s bi5 prcis4 ,de l rsulte l'extrme flexibilit de son sy/me1 son ambigut1 l'impossibilit de le dploy] sans le trans=m]4 ,le ct p> lequel ,kant e/ entr dans la philosophie 7l'analyse des conditions selon lesquelles s'ex]ce l'intellig5ce huma9e71 le conduisit sur les limites de l'idalisme pur4 ,l'idalisme pur e/ la consqu5ce rig\reuse de son po9t de vue4 ,en effet1 l'ide que les lois de la p5se sont les lois de l'univ]s1 ide que t\te ?orie un peu pr(onde de la connaissance e/ oblige de =mul]1 p>ce que le fait de la connaissance e/ inexplicable sans elle1 cette ide1 qui p\sse ,leibnitz ne compos] l'univ]s que d'intellig5ces1 n'e/ pas trangre non plus la philosophie de ,kant4 ,t\tes *oses1 dit-il1 app>ti5n5t au mme t\t d'expri5ce2 ds lors le moi subjectif et le monde qu'il contemple doiv5t tre considrs comme les deux faces1 comme la d\ble manife/ation et le d\ble produit d'un mme pr9cipe et d'une mme ess5ce4 ,sans une id5tit intrieure du sujet connaissant et de l'objet connu1 il n'y a pas de sci5ce possible2 ,kant con/ate cette vrit avec la philosophie de t\s les sicles4 ,il l'explique p> un idalisme subjectif mitig1 en faisant de l'objet ou du monde le produit du sujet1 de l'esprit huma9 excit p> l'action inconnue d'une cause inconnue1 qu'il appelle la *ose en soi4 ,mais1 ,messieurs1 de cet idalisme mitig l'idalisme pur il n'y avait qu'un pas1 il n'y avait qu' effac]1 comme n\s l'avons dj m>qu dans une leon prcd5te1 cette *ose en soi dont n\s ne p\vons ri5 savoir1 c>1 p\r la connatre1 il faudrait se dp\ill] prcism5t de t\tes les facults au moy5 desquelles n\s connaissons4 ,et la suppression de la *ose en soi n'exig]ait pas gr& ef=t de logique4 ,quel motif n\s engage admettre son exi/5ce8 videmm5t c'e/ l'impossibilit d'expliqu] p> les lois a priori de la raison l'lm5t accid5tel et v>iable des *oses1 des phnomnes4 ,p\rquoi voyons-n\s ceci plutt qu'autre *ose8 ,les *angem5ts de nos p]ceptions ne dp5d5t pas de n\s2 il faut donc leur assign] une cause hors de n\s4 ,a9si n\s reconnaissons l'exi/5ce de la *ose en soi p> obissance au pr9cipe de causalit4 ,mais l'axiome de la causalit e/ une loi de l'intellig5ce qui1 selon les t]mes exprs de la ,critique1 ne tr\ve d'application lgitime que dans le doma9e t\t subjectif de l'expri5ce2 la *ose en soi e/ donc une inv5tion de notre esprit p\r expliqu] les phnomnes1 inv5tion ncessaire sans d\te1 mais enf9 c'e/ une inv5tion4 ,la *ose en soi e/ subjective1 et la seule ralit qui subsi/e e/ le sujet ou le moi4 ,le moi demeure l'objet unique de la connaissance2 ds lors aussi1 jusqu' ce que l'volution idali/e soit accomplie1 il doit tre considr comme l'ess5ce et le pr9cipe de t\t#ci4 ,dans cette doctr9e la p5se de ,leibnitz e/ prcise1 le mot qu'il emploie e/ pris au srieux1 s'il n'exi/e ri5 que le sujet et le produit de sa p5se2 l'unique activit1 l'unique =ce1 l'unique ralit e/ bi5 rellem5t la p]ception4 ,c'e/ ce rsultat que vi5t naturellem5t ab\tir le criticisme4 ,note #ci3 ,v4 ,leon ,,iii1 page #de4 ,mais1 si cette consqu5ce s'impose avec une sorte de ncessit logique au sy/me de ,kant2 si ,kant a prp> le triomphe exclusif du pr9cipe subjectif dans la philosophie1 en *]*ant le p\rquoi d'une croyance dont l'absolue ncessit g>antit seule la ju/esse au po9t de vue spculatif2 il e/ ju/e de rem>qu] qu'il a t\j\rs et t\j\rs plus hautem5t dsav\ l'idalisme auquel semblait le condamn] une dduction rig\reuse mais exclusive4 ,il ne veut pas tre idali/e1 il veut tre spirituali/e2 il veut concevoir l'tre rel comme esprit dans la signification totale du mot esprit1 c'e/--dire qu'outre l'lm5t intellectuel1 outre l'activit de reprs5tation1 il veut encore tr\v] dans la sub/ance l'lm5t de l'activit proprem5t dite1 l'lm5t moral4 ,telle e/ la raison p\r laquelle il a con/amm5t ma9t5u l'opposition du phnomne et du n\mne1 de la connaissance s5sible et logique1 la seule que n\s possdions1 et de l'intuition intellectuelle qui1 p]mettant la contemplation directe des *oses en soi1 n\s donn]ait la vrit objective4 ,p> cette di/9ction =tem5t accuse1 la ,critique de la raison pure a p\ss l'esprit philosophique la re*]*e de n\velles m?odes4 ,kant1 qui donne beauc\p de so9 la t]m9ologie1 n'e/ pas t\j\rs heureux de ce ct-l4 ,le titre de son pr9cipal ouvrage s]virait au beso9 le pr\v]2 il n'e/ pas trs-clair1 et dans le fond il e/ peu con=me aux df9itions kanti5nes4 ,la ,critique de la raison pure e/ proprem5t une critique des facults intellectuelles p> lesquelles n\s obt5ons la connaissance des *oses f9ies4 ,les catgories de l'ent5dem5t n'ont pas d'autre usage1 et c'e/ l'impuissance de ces catgories exprim] l'inconditionnel ou l'inf9i qui amne les difficults sur lesquelles ,kant s't5d si longuem5t dans sa dialectique s\s le nom de p>alogismes et d'ant9omies de la raison pure4 ,dans la sphre de l'intellig5ce spculative il ne connat pas d'autres facults2 mais1 p> la critique qu'il en fait1 il met l'esprit sur la voie des dc\v]tes4 ,puisqu'il sait que nos connaissances sont subjectives1 il conoit ou t\t au mo9s imag9e un autre mode de connaissance4 ,en dmontrant que nos m?odes n\s jett5t infailliblem5t dans des contradictions lorsqu'on les p\sse l'inconditionnel1 il fait natre le beso9 d'une m?ode qui explique ces contradictions et qui en triomphe1 c> on ne peut pas admettre que l'ess5ce de l'esprit huma9 soit de se contr$ire lui-mme4 l'intuition dans le temps et dans l'espace il oppose l'intuition intellectuelle1 qu'il n\s refuse1 il e/ vrai2 mais t\t au mo9s il en entrevoit la possibilit2 il en fait ressortir la ncessit avec =ce2 il suggre donc t\t naturellem5t des p5seurs plus h>dis l'ide de f\ill] plus pr(ondm5t leur me p\r y tr\v] cette intuition1 et de fond] sur elle une m?ode absolue4 ,ce n'e/ pas le mom5t de recueillir les g]mes spculatifs sems abondamm5t dans t\s les crits du philosophe de ,knigsb]g et p>ticulirem5t dans la ,critique de la raison pure4 ,je n'aj\te qu'une rflexion1 p\r ratta*] cette matire la p>tie des travaux de ,kant qui t\*e de plus prs l'objet de nos re*]*es1 et dont je v\s entreti5drai dans notre pro*a9e leon4 ,ce qui fait l'insuffisance des catgories de l'ent5dem5t1 ce qui oblige le criticisme les t5ir p\r subjectives1 c'e/ l'impossibilit de les appliqu] sans faire int]v5ir l'lm5t du temps4 ,le *apitre o ,kant fait voir comm5t les catgories s'alli5t ncessairem5t avec l'intuition du temps 7s*matisme de la raison pure71 e/ l'un des plus admirables de la ,critique p> la sagacit pntrante de l'analyse4 ,mais le temps e/ une =me du f9i comme l'espace4 ,on peut prolong] volont le temps et l'espace1 c'e/--dire qu'on peut en recul] volont les limites2 mais c'e/ t\j\rs la nature du f9i1 seulem5t c'e/ un f9i dont n\s n'atteignons pas les bornes2 on ne conoit pas mme que le temps et l'espace puss5t avoir des bornes1 mais on ne les conoit pas non plus rellem5t illimits4 ,le temps inf9i1 l'espace inf9i ne sont pas compris p> n\s dans l'unit d'un seul acte de la p5se1 p>ce qu'en vrit1 quoiqu'on ait v\lu corrig] ,kant sur ce po9t1 l'espace et le temps ne tomb5t pas dans le doma9e de la p5se1 mais dans celui de l'imag9ation1 qui a t\j\rs des limites quelque "p4 ,le temps inf9i ne s]ait plus le temps1 l'espace inf9i ne s]ait plus l'espace4 ,p\r appliqu] les catgories la ralit inconditionnelle1 il faudrait p\voir les affran*ir de cet alliage du temps2 et les catgories db>rasses de l'lm5t du temps ne s]ai5t plus les mmes catgories1 mais des catgories t\tes n\velles1 que ,kant ne fait qu'entrevoir4 ,a9si la causalit conue dans le temps revi5t la ncessit4 ,les lois qui rgiss5t notre intellig5ce s\ffrirai5t une exception1 c'e/--dire qu'elles s]ai5t violes1 si n\s concevions un phnomne sans une cause antrieure dans le temps4 ,quoique cette priorit ne soit qu'un mom5t imp]ceptible et t\t idal1 puisque la cause n'e/ cause qu' l'in/ant o elle produit son effet1 cep5dant il e/ impossible de ne pas admettre que la cause prcde l'effet4 ,l'imag9ation a beso9 du temps1 elle l'introduit l mme o il n'a proprem5t po9t affaire1 et dans la simultanx elle produit la succession#dj4 ,l'acte que je vi5s d'accomplir1 p> exemple1 a ncessairem5t sa cause en un fait antrieur1 qui a lui-mme une cause1 et a9si de suite1 mo9s d'admettre un effet dans le temps qui n'ait po9t de cause dans le temps1 ce qui e/ absurde4 ,eh bi51 cette succession de causes n'e/ autre *ose que la ncessit univ]selle4 ,si n\s p>v5ions dgag] le rapport de causalit des ides de succession et de temps qui s'y associ5t1 n\s arriv]ions peut-tre compr5dre la lib]t4 ,a9si n\s compr5drions que la cause immuable1 intemporelle de t\s nos actes1 quel que soit l'ordre dans lequel ils se succd5t1 e/ notre c>actre moral1 et que ce c>actre moral e/ ce qu'il e/ p> le fait de notre volont1 p> notre libre dt]m9ation1 non p> une dt]m9ation prise une fois p\r t\tes dans le temps au comm5cem5t de la srie d'actes dont notre exi/5ce phnomnale se compose1 mais p> une dt]m9ation t\j\rs id5tique1 une1 t]nelle1 c'e/--dire indp5dante du temps4 ,or1 ,messieurs1 cette causalit intemporelle ne s]ait plus la causalit que n\s compr5ons4 ,il faudrait la compr5dre1 cette causalit intemporelle1 p\r compr5dre notre lib]t1 et n\s ne la concevons pas4 ,p\rquoi1 ,messieurs8 p>ce que notre imag9ation s'y refuse4 ,c'e/ l'imag9ation que le temps e/ indisp5sable4 ,le temps e/ la =me de notre s5sibilit2 mais la s5sibilit ne se sp>e po9t de l'intellig5ce1 dont l'imag9ation1 l'intuition intrieure =me un lm5t ess5tiel4 ,l'intellig5ce pure1 dp\ille de t\t lm5t s5sible1 n\s app>ti5t si peu1 que n\s ne p\vons pas mme n\s en faire une ide4 ,kant a raison de p5s] que l'intellig5ce e/ une syn?se d'intuitions4 ,n\s ne compr5ons donc pas notre lib]t4 ,mais1 que n\s la compr5ions ou non1 n\s ne saurions en d\t]1 et il n'e/ pas p]mis non plus d'en d\t]2 d\t] de la lib]t s]ait d\t] du devoir1 or il n'e/ pas p]mis de d\t] du devoir4 ,note #dj3 ,comp>ez l'analyse du phnomne oppos1 leon ,,xvii4 ,la causalit intemporelle dont je p>le1 cette causalit incomprh5sible et p\rtant c]ta9e de la lib]t e/ incompatible avec une srie de causes et d'effets successifs1 incompatible p> consqu5t avec les catgories qui rgiss5t l'expri5ce4 ,il n'y a pas moy5 qu'elles exprim5t t\tes les deux galem5t la vrit1 mo9s que la vrit ne se contr$ise elle-mme4 ,tel e/ le motif pr(ond qui engage ,kant dgrad] le temps et les catgories du temps1 et considr] le monde qu'elles expliqu5t comme un monde de pure app>5ce4 ,quoiqu'il n\s int]dise l'autre monde1 le monde rel1 celui-ci semble s'ouvrir p\r lui sur un po9t1 je veux dire la lib]t4 ,l'intuition intellectuelle1 dont le press5tim5t dom9e t\te sa p5se1 s]ait prcism5t l'intuition de la lib]t4 ,si l'on n'admet pas qu'il avait cette intuition1 plusieurs passages de ses crits1 quelques-unes de ses ?ories mme1 demeur5t inexplicables4 ,cep5dant il n\s la refuse4 ,l'objet de notre intuition n'app>ti5t pas au monde suprieur1 c'e/ le reflet de ce monde dans le ntre4 ,ce reflet1 cet clair produit au contact des deux sphres1 n\s l'appelons la consci5ce de l'obligation morale4 ,cette consci5ce e/ absolum5t irrcusable4 ,kant ddaigne de le pr\v]4 ,l'obligation qu'elle impose e/ premptoire2 la loi morale a sa sanction en elle-mme3 dire que n\s devons lui obir p\r tel ou tel motif1 c'e/ ne pas la compr5dre2 n\s le devons p>ce que n\s le devons1 et ri5 de plus4 ,altr] le mo9s du monde cette position de devoir dans notre me1 s]ait mconnatre ce que la consci5ce n\s dicte et faire m5tir son tmoignage4 ,ri5 n'e/ absolum5t bon qu'une volont droite2 cette s5t5ce du sage mod]ne p]drait sa sublimit en cessant d'tre un axiome4 ,la volont droite1 c'e/--dire l'id5tit p>faite du v\loir et de l'obligation a donc quelque *ose d'absolu2 elle =me le po9t de contact entre n\s et l'absolu4 ,de l'obligation morale ,kant conclut directem5t notre lib]t1 et p> l'int]mdiaire d'une autre ide1 celle du mrite insp>able de la dignit morale ou de l'accomplissem5t du devoir1 il infre l'exi/5ce d'un ordre moral1 d'un monde de lib]t et d'un pr9cipe de cet ordre moral1 d'un ,dieu moral et p> consqu5t p]sonnel1 t\t autant de vrits qui app>ti5n5t l'ordre objectif et qui1 bi5 lo9 de rsult] d'un emploi consqu5t de la p5se dans le doma9e purem5t spculatif1 sont incompatibles avec les lois de la p5se spculative que la ,critique de la raison pure n\s a enseignes4 ,ici p\r la premire fois v\s voyez l'ide morale1 introduite dans la philosophie rgressive1 s]vir de base la ?ologie rationelle ou1 ce qui revi5t au mme1 la mtaphysique4 ,kant ne has>de cette gr&e innovation qu'avec des prcautions et des rs]ves dont n\s exam9]ons la porte dans notre pro*a9e runion4 ,,dixi,,me ,,le,,on4 ,kant 7suite74 ,critique de la raison pratique4 ,c>actre absolu de l'obligation morale4 ,de ce c>actre absolu de l'obligation1 on peut infr] l'ess5ce du monde objectif1 que n\s ne saurions connatre ?oriquem5t4 ,kant tablit a9si1 en dehors de la sci5ce et sur la base de la foi1 la lib]t huma9e1 l'exi/5ce de ,dieu et la vie v5ir4 ,mais cette foi n'e/ aprs t\t qu'une =me de la sci5ce2 a9si la ,critique de la raison pratique contr$it le subjectivisme absolu de la ,raison pure1 ce qui devi5t manife/e dans la ?orie de ,kant sur le mal4 ,la ,critique de la raison pratique fait de la consci5ce morale le pr9cipe d'une m?ode de dc\v]te qui reconnat la libre volont comme le pr9cipe et le fond de l'tre4--,critique du jugem5t4 ,elle con/ate la prs5ce d'un pr9cipe intellig5t dans la nature4 ,l'hypo?se d'une =ce inconsci5te qui ralis]ait l'idal de la raison1 t5d concili] les deux premires ,critiques au del des limites du criticisme4 ,elle conti5t le g]me du pan?isme subsqu5t4--,rsum4 ,messieurs1 ,n\s savons1 avec une c]titude suprieure celle de la sci5ce1 qu'il exi/e un devoir1 mais n\s ne savons pas aussi bi5 en quoi ce devoir consi/e4 ,le cont5u de la loi morale n'e/ pas clairem5t donn dans la consci5ce immdiate4 ,il faut dvelopp] sci5tifiquem5t cette loi en p>tant de ce que n\s en connaissons d'abord1 c'e/--dire en p>tant du fait simple que notre volont se s5t oblige4 ,quel e/ donc le devoir compris dans l'ide mme d'une obligation impose la volont8 ,messieurs1 c'e/ le devoir d'tre volont1 le devoir p\r la volont d'tre gale elle-mme1 le devoir d'tre absolue1 puisque l'obligation gnrale e/ absolue4 ,la loi morale exige que notre volont pr5ne un c>actre absolu2 elle n\s ordonne de v\loir ce que n\s v\lons p\r t\s les hommes et dans t\tes les circon/ances1 de n'avoir d'autres volonts p>ticulires que celles que n\s levons en mme temps la hauteur de rgles univ]selles4 ,en un mot1 p\r qu'une action soit morale1 il faut que le pr9cipe qui l'a dicte soit susceptible d'tre univ]sellem5t suivi4 ,cette ide rsume la philosophie pratique de ,kant4 ,a9si dans t\t v\loir contraire la rgle1 la p5se dmle une contradiction4 ,ce que n\s v\lons p\r n\s1 n\s ne le v\lons pas en gnral4 ,les milieux o n\s vivons1 le temps et l'espace1 r5d5t cette contradiction possible4 ,n\s v\lons ici1 cet in/ant1 ce que n\s ne v\lons pas p>t\t et t\j\rs1 et c'e/ a9si que n\s dev5ons c\pables4 ,la volont ne p\rrait donc pas dvi] de sa r\te1 l'infraction au devoir ne se concevrait pas1 ds lors le devoir lui-mme1 ou l'impratif 7l'impratif catgorique71 ne se concevrait pas non plus1 si le temps et l'espace n'tai5t po9t4 ,le temps et l'espace sont subjectifs1 p> consqu5t le devoir lui-mme app>ti5t au monde subjectif2 mais l'empire absolu qu'il rclame avec autorit n\s pr\ve que le monde objectif se rvle en lui4 ,il n'y a ri5 d'absolum5t bon qu'une bonne volont1 disons-n\s2 mais le bon c'e/ le vrai1 et l'axiome que je rappelle n\s ouvre un j\r inatt5du sur la vrit4 ,la volont e/ notre ess5ce objective2 la volont bonne e/ celle qui1 dans le milieu phnomnal1 suit encore les lois intemporelles1 inconditionnelles du monde objectif4 ,il e/ donc clair que ri5 du monde objectif ne n\s e/ connu d'une manire intuitive1 et comme n\s n'obt5ons des ides que p> la trans=mation des intuitions s\s l'influ5ce des catgories1 n\s n'avons pas d'ide du monde objectif4 ,il le faut donc confess]1 n\s n'avons proprem5t pas d'ide de la lib]t2 la lib]t *oque les lois de notre intellig5ce2 n\s sommes obligs d'infr] la lib]t du devoir4 ,il faut pratiquem5t croire la vrit p\r p\voir accomplir son devoir4 ,a9si la lib]t n'e/ pas un objet de la sci5ce1 mais un article de foi4 ,il en e/ de mme de t\tes les vrits qui app>ti5n5t cette sphre lum9euse et voile1 p>ticulirem5t de l'exi/5ce de ,dieu4 ,l'exi/5ce de ,dieu e/ l'objet d'une foi pratique dont voici le fondem5t3 ,la loi du devoir ne n\s impose pas la re*]*e du bonheur1 mais il n\s e/ impossible de ne pas dsir] le bonheur4 ,la raison pratique 7pntre du s5tim5t de l'obligation morale et s'appliquant rgl] la pratique de la vie7 juge donc irrsi/iblem5t que la v]tu mrite le bonheur2 n\s devons1 *acun dans notre sphre1 travaill] ce que la v]tu obti5ne sa rcomp5se4 ,p\r qu'un tel ef=t soit possible1 il ne faut pas en considr] le b comme illusoire2 n\s devons croire la ralit de l'ordre que n\s n\s ef=ons d'tablir4 ,mais un ,dieu1 un ,dieu t\t sage1 t\t puissant et t\t bon1 peut seul en assur] le rgne2 p> consqu5t n\s devons croire l'exi/5ce de ,dieu4 ,n\s devons y croire1 p>ce qu'en d\t] s]ait r5onc] l'esprance qui n\s donne la =ce de pratiqu] le devoir1 et presque r5onc] au devoir lui-mme1 quoique la sa9tet des obligations que le devoir n\s impose soit absolum5t indp5dante de cette esprance4 ,n\s devons croire ,dieu1 mais n\s ne savons ri5 de ,dieu1 n\s ne p\vons obt5ir aucune preuve sci5tifique de son exi/5ce4 ,t\tes les preuves qu'on a t5t d'en donn] sont fallacieuses1 et la conviction morale que n\s mettons leur place n'e/ po9t une preuve au po9t de vue de la sci5ce1 pas mme un comm5cem5t de probabilit1 puisque son po9t de d"p e/ trang] la sci5ce1 dont il contr$it les donnes4 ,kant insi/e sur ce po9t avec beauc\p de =ce4 ,son premi] ouvrage avait eu p\r b de pr\v] mtaphysiquem5t l'exi/5ce de ,dieu2 l'impossibilit d'atte9dre cette preuve =me p\r a9si dire son te/am5t philosophique4 ,sy/me biz>re1 ou plutt1 ,messieurs1 expression pr(onde du d*irem5t de la consci5ce huma9e6 ,le kantisme e/ =m de deux p>ties3 une sci5ce qui n'e/ pas vraie1 une vrit qui n'e/ pas sue4 ,la p5se ne p\vait re/] dans cet tat1 les deux moitis violemm5t sp>es devai5t incessamm5t faire ef=t p\r se runir2 c'e/ un attrait puissant et lgitime que l'attrait de la vrit p\r la sci5ce4 ,du re/e1 ,messieurs1 ne considr] la *ose qu'au po9t de vue de la dialectique ou de la consqu5ce =melle1 la situation prise p> la ,critique tait ins\t5able4 ,on a dit que1 dans sa philosophie morale1 ,kant s'e/ montr infidle ses pr9cipes2 un criva9 mod]ne veut y voir une concession de l'auteur du criticisme aux croyances hi/oriques du g5re huma94 ,cette op9ion1 qu'il exprime avec une spirituelle imp]t95ce1 n'e/ en ralit qu'une mprise assez l\rde1 et si l\rde mme que n\s s]ions t5t d'en suspect] la s9crit4 ,un tel s\pon s]ait plus p>donnable que celui de l'auteur des ,reisebild] contre la bonne foi de l'honnte ,kant4 ,la ,critique de la raison pratique e/ si peu contraire aux t5dances de la ,critique de la raison pure1 que le gros livre de la ,raison pure a p\r b unique de fond] la ,raison pratique4 ,a9si que son contempora9 ,jacobi1 ,kant a cru voir que la p5te naturelle de la p5se mtaphysique conduit irrsi/iblem5t au fatalisme1 c'e/--dire la ngation de la morale2 c'e/ p\r cela qu'il a1 comme ,jacobi1 dcl> la gu]re la mtaphysique2 mais il ne s'en e/ pas t5u aux loqu5tes prote/ations de son mule2 il a fait bonne et rude gu]re1 et r5v]s son ennemi4 ,en proclamant la subjectivit de t\tes nos connaissances1 il v\lait laiss] le *em9 libre la lib]t4 ,son int5tion e/ vid5te4 ,cep5dant1 ,messieurs1 il re/e vrai qu'au fond la ?orie morale de ,kant t\t entire1 et non pas seulem5t les po/ulats qu'il y ratta*e3 ,dieu1 l'ordre moral et l'immortalit1 ne s'accorde pas avec le subjectivisme qu'il pr(esse dans la ?orie4 ,le monde que n\s voyons et que n\s compr5ons e/ aussi le monde o n\s agissons1 le monde o n\s n\s proposons d'agir4 ,si l'objet de la p5se e/ purem5t phnomnal1 il ne peut tre "q de bi5 et de mal dans les dcisions relatives un tel objet4 ,cette contradiction se manife/e d'une manire p>ticulirem5t saillante dans la ?orie de ,kant sur le mal moral4 ,kant e/ p]sonnellem5t trop srieux1 le coeur e/ *ez lui trop pr(ond1 si n\s p\vons n\s exprim] a9si1 p\r qu'il se cont5te de rs\dre le mal moral dans une simple imp]fection mtaphysique4 ,ce po9t de vue blesse la consci5ce1 qu'il veut satisfaire avant t\t4 ,le pr9cipe du mal moral ne peut rsid]1 ses yeux1 que dans une dcision de la lib]t intelligible1 intemporelle1 objective4 ,mais en quoi consi/e cette dcision de la lib]t intelligible qui fait1 aux yeux de ,kant1 l'ess5ce du mal moral8 ,avec les lm5ts dont il dispose il ne peut l'expliqu] qu'en disant que la lib]t intelligible subordonne son intrt1 c'e/--dire sa loi propre1 l'intrt s5sible1 dt]m9 p> les phnomnes du monde s5sible2 et telle e/ en effet la solution qu'il propose4 ,e/-il une manire plus n]gique de reconnatre la ralit du monde des s5s8 ,comm5t ce qui n'e/ pas p\rrait-il ex]c] une influ5ce dt]m9ante sur ce qui e/8 ,je ne p>le pas de l'inconsqu5ce non mo9s flagrante qu'il y a de la "p de ,kant dt]m9] sci5tifiquem5t1 dans un intrt spculatif et non dans un intrt pratique1 les c>actres p>ticuli]s d'une dcision de la lib]t intelligible1 dont la connaissance ?orique n\s e/ int]dite absolum5t et sans re/riction4 ,v\s le voyez ici clairem5t1 ,messieurs1 la sp>ation radicale entre le monde subjectif et le monde objectif1 que le kantisme s'e/ ef=c d'tablir avec tant de so91 n'e/ pas respecte p> ,kant lui-mme4 ,les b>rires poses entre la sci5ce et la foi s'cr\l5t p>eillem5t dans la p5se mme de leur auteur4 ,kant a beau dire1 cette foi t\te rationelle et trs-c]ta9e n'e/ qu'une =me de la sci5ce2 c'e/ une sci5ce produite p> d'autres facults1 p> une autre m?ode1 p> une m?ode et p> des facults suprieures1 selon ,kant1 la m?ode et aux facults purem5t spculatives1 telles du mo9s qu'il les compr5d4 ,la sci5ce et la foi de ,kant sont deux espces d'un mme g5re1 deux modes de la connaissance4 ,l'une et l'autre ont p\r objet la vrit1 la foi surt\t4 ,mais t\tes les m?odes1 t\s les procds qui conduis5t la vrit app>ti5n5t de droit la sci5ce4 ,la ,critique de la raison pratique n'e/ donc autre *ose qu'une t5tative de rgression philosophique pr5ant son po9t d'appui dans une sphre jusqu'ici nglige1 dans la consci5ce morale de l'humanit1 et ab\tissant1 p> l'analyse des conditions requises p\r s'expliqu] le fait de la consci5ce1 aux doctr9es de l'immortalit de l'me1 d'un ,dieu p]sonnel et d'un ordre moral de l'univ]s4 ,il y a l une aff9it avec le my/icisme d'autant plus rem>quable1 que le my/icisme e/ l'objet d'un gr& d*anem5t de la "p des kanti5s4 ,jusqu'ici l'on avait fond la morale sur la religion1 c'e/--dire1 puisqu'il ne s'agit ici que de la sci5ce huma9e1 sur la mtaphysique1 et sur une mtaphysique l'tablissem5t de laquelle la morale tait demeure trangre4 ,kant1 le premi] 7le premi] du mo9s dans la philosophie mod]ne1 puis qu'au moy5 ge il eut des prcurseurs71 conut l'ide de faire repos] la religion sur la morale4 ,aux preuves de l'exi/5ce de ,dieu proposes avant lui1 preuves dont il montra bi5 les cts faibles et qu'il juge peut-tre mme avec trop de svrit1 il sub/itua une preuve morale fonde sur la ncessit de la p5se morale4 ,il reconnat donc une activit morale dans le premi] pr9cipe de t\tes *oses1 non p> une affirmation seulem5t1 ce qui n'e/ et n'tait po9t r>e1 mais p> la =ce mme de t\te sa m?ode4 ,le ,dieu moral e/ une ide qui se dta*e de t\t le re/e2 elle e/1 au dire du kantisme1 trangre la sci5ce2 mais elle e/ l4 ,elle e/ l1 ,messieurs1 et c'e/ elle qui fait le trait di/9ctif du spiritualisme de ,kant et le progrs de sa p5se sur la p5se de ,leibnitz4 ,c'e/ l aussi ce qui emp*e ,kant de s'ab&onn] la p5te de l'idalisme4 ,kant ne peut *]*] le trait ess5tiel de l'tre ni dans la p]ception ni dans la p5se1 p>ce qu'il a reconnu l'importance fondam5tale de la volont4 ,il ne peut pas non plus considr] le ,monde comme un pur phnomne sans cause sub/antielle hors de n\s1 quoique sa ?orie de la connaissance l'y conduise1 p>ce qu'il e/ pr(ondm5t conva9cu de la ralit de nos actions4 ,que l'lm5t moral1 lors de sa premire app>ition1 se soit tr\v en opposition avec t\t le re/e de la sci5ce1 n\s n'en s]ons po9t surpris1 puisque cet lm5t surgissait dans la p5se en face d'une sci5ce dveloppe qui jusqu'ici n'en avait t5u aucun compte4 ,il n'e/ pas tonnant non plus que le p5seur *ez lequel l'lm5t moral a p\r a9si dire fait ruption1 se soit ef=c de lui faire une place "p4 ,mais1 n\s v5ons de le voir1 c'e/ l'intrt de l'lm5t moral qui impose des limites au subjectivisme de ,kant2 a9si t\te sa p5se en subit dj l'influ5ce1 quoiqu'il y ait encore lo9 de l jusqu' une complte assimilation4 ,kant a mis la morale la base mme de l'difice sci5tifique2 c'e/ le rsultat le plus durable de sa philosophie4 ,aprs lui il n'e/ plus p]mis d'lev] une mtaphysique sans consult] les beso9s de la p5se morale4 ,ceux qui l'ont t5t sont dpasss et jugs p> le kantisme4 ,n\s avons indiqu les pr9cipales ides p> lesquelles ,kant a fait avanc] la mtaphysique4 ,p\r t]m9] cette revue1 il me re/e rappel] les conclusions de son troisime ouvrage fondam5tal1 la ,critique du ,jugem5t4 ,le mot ,jugem5t dsigne ici une facult de l'esprit p>ticulire et s\mise des lois p>ticulires4 ,ce n'e/ donc pas la facult de port] des jugem5ts logiques quelconques1 c> celle-ci se confondrait avec la p5se en gnral4 ,le jugem5t dont ,kant fait la critique e/ la facult p> laquelle n\s apprcions les phnomnes dans ce qu'ils ont d'accid5tel4 ,la ,critique du jugem5t re*]*e si le cont+5t et le div]s ne sont pas s\mis leurs lois propres1 indp5damm5t de ces lois con/itutives de l'intellig5ce1 et p> consqu5t absolum5t ncessaires1 dont traite la ,critique de la raison pure4 ,si n\s pntrons jusqu'au fond1 le jugem5t et la raison pure sont bi5 rgis p> le mme pr9cipe absolu1 d]ni] a priori1 condition de t\te intellig5ce1--savoir le pr9cipe dj nonc que1 s\mis aux mmes rgles1 la p5se et l'objet de la p5se =m5t un seul t\t4 ,mais les conditions selon lesquelles s'applique le pr9cipe ne sont pas les mmes dans la sphre du cont+5t ou de ce qui n\s semble tel1 et dans celle de la pure ncessit logique4 ,peut-tre la loi suprme de la raison se rvle-t-elle n\s d'une manire plus intime1 plus frappante1 lorsque n\s considrons le ct v>iable et cont+5t des *oses4 ,si ce pr9cipe1 o n\s ne v\lons voir p\r le mom5t qu'une hypo?se contrl]1 e/ rellem5t la vrit2 si le ,monde et l'intellig5ce =m5t les deux moitis d'un mme t\t1 ou plutt1 p\r p>l] la langue du criticisme1 si n\s ne p\vons concevoir le ,monde que comme rgi p> les mmes lois que l'esprit et p> consqu5t homogne l'esprit2 cette aff9it de nature se manife/]a p>t\t4 ,n\s la con/at]ons non-seulem5t dans ce qu'il y a d'intelligible dans le ,monde1 c'e/--dire dans les lois univ]selles qui correspond5t aux catgories de l'ent5dem5t1 mais encore dans ce qu'il y a d'in9telligible en lui1 dans ce qui p>at accid5tel1 =tuit1 dans ce que n\s ne p\vons que con/at] et non compr5dre4 ,l mme o n\s ne compr5ons pas1 l o il n'y a1 semble-t-il1 ri5 compr5dre1 l surt\t1 peut-tre1 n\s reconnatrons l'intime rapport du monde phnomnal et de notre intellig5ce4 ,la preuve que cette supposition n'e/ po9t *imrique se tr\ve d'abord dans t\t cet ordre de phnomnes ou de jugem5ts que n\s appelons le ,beau4 ,n\s ne savons pas en quoi le ,beau consi/e2 n\s ne compr5ons pas quelle proprit des objets n\s oblige les tr\v] beaux4 ,le jugem5t p> lequel n\s prononons sur la beaut d'un objet n'exprime donc ri5 sur ce qu'e/ l'objet lui-mme1 mais il exprime seulem5t une relation de l'objet avec n\s1 avec notre esprit1 avec nos facults4 ,avec quelles facults8 ,il ne re/e plus que ce po9t dt]m9]1 puisque n\s avons r5onc *]*] ce qu'e/ le ,beau p\r l'objet lui-mme4 ,en y rfl*issant mrem5t n\s sommes conduits reconnatre que les jugem5ts p> lesquels n\s prononons que c]ta9es *oses sont belles et la satisfaction ds9tresse qui accompagne ces jugem5ts1 ne peuv5t se fond] que sur quelques aff9its entre leur objet et nos facults intellectuelles4 ,en effet1 les jugem5ts que n\s portons sur le ,beau prt5d5t une valeur univ]selle4 ,lorsque n\s disons qu'une *ose e/ belle1 n\s ent5dons que t\s la tr\v5t belle1 et n\s prononons1 p> l'nonc mme de notre jugem5t1 que les p]sonnes d'un gt diffr5t n'ont pas bon gt2 c'e/ a9si que n\s s5tons1 quoiqu'il n\s soit impossible de pr\v] notre dire4 ,mais l'univ]salit de porte laquelle les jugem5ts e/htiques aspir5t t\j\rs1 et qui p> consqu5t ti5t leur nature ess5tielle1 ne peut se fond] que sur l'intellig5ce1 c> c'e/ l'intellig5ce qui e/ *ez les hommes l'lm5t de l'id5tit4 ,puisque la vrit e/ la mme p>t\t1 puisque n\s discutons p\r t*] de n\s conva9cre rciproquem5t et que n\s y russissons quelquefois1 les facults p> lesquelles on reconnat la vrit doiv5t tre les mmes *ez t\s4 ,le mme objet devra donc ex]c] une influ5ce analogue sur l'intellig5ce de t\s et rveill] p> l *ez t\s un s5tim5t p>eil4 ,on explique donc cette circon/ance c>actri/ique de la ncessit qui n\s p\sse impos] notre op9ion aux autres en matire de gt1 en disant que1 p> l'effet de proprits dont n\s ne savons pas la nature1 l'objet beau ex]ce une influ5ce favorable sur le jeu de nos facults intellectuelles et produit a9si le plaisir p>ticuli] dont sa prs5ce e/ accompagne4 ,si1 p\ssant la curiosit jusqu'au b\t1 n\s dem&ons d'o peut v5ir cette proprit my/rieuse d'excit] h>moniquem5t les =ces de la p5se1 il s]a bi5 difficile de ne pas l'attribu] l'action d'un pr9cipe analogue la p5se1 pr9cipe dont n\s con/at]ions a9si la prs5ce dans les objets naturels#da4 ,note #da3 ,ce pr9cipe rside-t-il dans la *ose en soi ou dans l'objet phnomnal8 videmm5t dans l'objet phnomnal1 puisque c'e/ celui-ci que n\s attribuons la beaut4 ,il n'e/ po9t surpr5ant1 selon l'hypo?se gnrale du criticisme1 que n\s tr\vions quelque aff9it avec notre esprit dans les produits de cet esprit lui-mme4 ,la ,critique du jugem5t e/htique sembl]ait donc n'tre qu'une confirmation de l',e/htique transc5dantale et de t\te la ,critique de la raison pure4 ,cep5dant la p5se de ,kant va plus lo94 ,sans croire avoir atte9t la *ose en soi1 elle se dirige de ce ct4 ,t\te la ,critique du jugem5t suppose en quelque sorte l'objectivit du monde extrieur4 ,p\r bi5 l'ent5dre1 il faut di/+u] l'activit spontane de l'esprit qui cre les *oses1 de son activit rfl*ie qui les ap]oit et les tudie 7,fi*te71 di/9ction qui1 p> une p5te t\te naturelle1 n\s conduit reconnatre deux moi 7,s*ell+71 vu la difficult de s\t5ir srieusem5t l'op9ion que le moi qui produit les *oses soit l'individu p>ticuli]4 ,a9si ,kant a m>qu lui-mme le passage qui conduit de l'idalisme subjectif l'idalisme absolu4 ,t\te la philosophie spculative des ,allem&s e/ pr=me dans ,kant1 mais on y tr\ve aussi le g]me d'une philosophie diffr5te et meilleure4 ,mais la p5se1 ,messieurs1 n'e/ pas l'lm5t le plus pr(ond de notre nature4 ,s'il e/ des objets qui excit5t des s5tim5ts agrables en n\s p> leur h>monie secrte avec notre intellig5ce1 d'autres tableaux rveill5t un s5tim5t analogue p> leur contra/e avec nos facults morales1 p> le m\vem5t qu'ils imprim5t la volont4 ,en p>lant de tels objets n\s ne disons plus qu'ils sont beaux1 mais qu'ils sont sublimes4 ,il y a de l'intellig5ce dans les *oses belles1 il n'y en a pas dans les *oses sublimes4 ,un cygne1 un palmi] sont beaux2 un pic de montagne1 un orage1 l',ocan sont sublimes4 ,d'o vi5t le sublime8 ,il peut v5ir de deux s\rces3 ou de l'incapacit de l'imag9ation saisir la totalit d'un objet trs-gr&1 ou de l'insuffisance de nos =ces p\r lutt] contre les puissances de la nature1 comme celles de l'inc5die1 de l'ouragan1 de la cat>acte4 ,dans l'un et l'autre cas cette faiblesse n\s ramne au s5tim5t de notre =ce vritable4 ,l'impuissance de l'imag9ation embrass] la gr&eur extrieure suggre la p5se de l'inf9i vritable que conoit la seule raison4 ,notre impuissance physique lutt] contre la =ce physique rveille en n\s le s5tim5t de la =ce morale1 le s5tim5t de la lib]t#db4 ,le sublime jaillit des contra/es qui branl5t en n\s les puissances suprieures1 la raison et la lib]t4 ,il y a t\j\rs dans le s5tim5t du sublime quelque *ose de religieux4 ,note #db3 ,comp>ez le clbre morceau de ,pascal sur les trois ordres de gr&eur4 ,on voit p> cette analyse du beau et du sublime1 que le premi] repose sur une qualit confusm5t ap]ue dans les *oses elles-mmes1 t&is que le sublime e/ t\t enti] en n\s4 ,c'e/ donc le privilge du beau de rvl] ou plutt de faire press5tir l'intellig5ce dans la nature2 mais en y faisant entrevoir l'intellig5ce1 elle laisse s\ponn] quelque *ose qui ressemble la lib]t1 quelque *ose d'analogue notre nature morale4 ,il y a donc dans le s5tim5t du beau une p>5t plus ou mo9s loigne avec le s5tim5t moral4 ,la ,nature semble se rappro*] de n\s p>ce qu'elle n\s p>at intellig5te2 n\s la prsumons intellig5te1 sans t\tefois la compr5dre1 p> l'attrait sympa?ique qu'elle ex]ce sur notre esprit4 ,mais1 ,messieurs1 cette intellig5ce de la ,nature se manife/]a d'une autre manire encore1 plus directe1 s9on plus claire1 lorsque1 dt\rnant notre att5tion des s5tim5ts qu'elle excite en notre coeur1 n\s l'tudi]ons en elle-mme4 ,le gr& fait de l'organisation n\s dmontre avec une irrsi/ible vid5ce qu'il y a en elle autre *ose et mieux qu'un mcanisme aveugle1 savoir une =ce qui p\rsuit des buts4 ,en effet1 les tres organiss ne saurai5t tre compris si l'on n'admet pas que *acun d'eux e/ son b lui-mme4 ,l'exi/5ce et la vie de *aque p>tie sont la fois la cause et l'effet de la vie totale4 ,la vie totale e/ donc la cause de ce qui la produit son t\r4 ,elle e/ donc la cause idale1 la cause f9ale ou le b des organes et de l'organisme4 ,p\r tudi] les tres organiss1 n\s sommes obligs de suppos] que t\t en eux a un b relatif la vie totale1 et de *]*] quel e/ ce b lorsque n\s ne le connaissons pas4 ,la considration de ces vrits =t lm5taires n\s conduit n\s dem&] si les tres dont *acun1 pris en lui-mme1 e/ un b1 ne se tr\v5t pas dans des rapports de b moy5 les uns vis--vis des autres1 si peut-tre mme cette loi de f9alit ne s't5drait pas au del du monde organique o n\s la voyons si manife/em5t applique4 ,l'expri5ce confirme cette conjecture1 en p>tie du mo9s4 ,dans la ,nature1 les individus s]v5t videmm5t de moy5s l'espce1 qui e/ le b1 puisque les individus sont organiss de manire reproduire l'espce4 ,les espces sont p>eillem5t ordonnes les unes vis--vis des autres dans un rapport de b moy54 ,a9si le vgtal e/ un moy5 p\r l'animal qui le br\te4 ,une fois entre dans cette voie1 la p5se s'lve bi5tt l'ide que t\tes *oses sont en*anes p> le rapport de b moy51 comme elles le sont inconte/ablem5t1 ses yeux1 p> le rapport de cause effet4 ,il faudrait donc admettre que la ,nature entire conspire v]s une commune f94 ,mais le b f9al de la ,nature ne saurait rsid] en aucun tre p>ticuli] de la ,nature elle-mme4 ,*acun d'eux e/ son propre b la vrit1 mais il ne saurait tre le b f9al de t\s les autres1 c> on peut se dem&] au sujet de *acun d'eux3 quoi s]t-il8 quel e/ son b8 ,il faut *]*] cette f9 absolue dans un tre suprieur la ,nature entire1 dans un tre dont il ne soit pas p]mis de *]*] le b hors de lui1 p>ce que1 possdant une valeur absolue1 il e/ ncessairem5t son propre b4 ,mais n\s ne connaissons ri5 qui possde une valeur absolue1 s9on la moralit2 nul tre ne saurait tre son propre b dans le s5s du b f9al1 s9on l'tre moral2 p> consqu5t il faut *]*] le b f9al de la ,nature dans le seul tre moral que l'expri5ce n\s montre s\t5ant quelques rapports avec la ,nature4 ,a9si1 ,messieurs1 v\s voyez s'abaiss] bi5tt les hautes murailles que le criticisme avait leves1 non sans ef=t1 entre la morale et la sci5ce4 ,kant ne se dissimule pas les prils de sa position4 ,il t]m9e p> les mots suivants le dveloppem5t ple9 de *>me et de pr(ondeur des ides que n\s v5ons d'indiqu]3 ,les considrations qui prcd5t sont naturelles notre esprit1 mais n\s n\s abus]ions en leur attribuant quelque valeur sci5tifique1 puisque la c]titude que l'homme e/ son propre b ne relve pas de la sci5ce1 mais qu'elle app>ti5t l'ordre moral et =me proprem5t un article de foi4 ,il y a donc un t]ra9 commun sur la limite des deux empires4 ,au lev] d'un gr& sicle1 ,kant dsignait la ,nature et l',art comme les deux r\tes qui mn5t la vrit4 ,l'expri5ce f\rnit ,kant cette gr&e ide de la cause f9ale qu'il n'a pas dc\v]te dans les lois ncessaires de l'intellig5ce4 ,c'e/ p\rtant la catgorie de l'intellig5ce4 ,n\s ne concevons pas l'exi/5ce d'un b sans une intellig5ce qui le pose2 n\s devons donc reconnatre la prs5ce d'une intellig5ce dans la ,nature1 et comme n\s savons c]ta9em5t a priori que t\s les phnomnes de la nature se produis5t con=mm5t aux lois d'un mcanisme ncessaire1 il faut t5ir qu'une intellig5ce dispose ce mcanisme ncessaire de manire lui faire produire t\s ces effets ple9s de sagesse1 c'e/--dire ralis] t\s les buts que n\s con/atons4 ,ceci n\s oblige considr] le ,monde s\s un po9t de vue religieux4 ,cep5dant on se tromp]ait en croyant tr\v] dans cet ordre de faits une dmon/ration solide de l'exi/5ce de ,dieu3 qu& n\s *]*ons une telle preuve1 c'e/ un tre inf9i que n\s *]*ons2 or la ,nature1 qui e/ f9ie1 ne saurait n\s f\rnir un motif suffisant p\r conclure l'exi/5ce d'un tre inf9i2 sans rappel] ce que la premire ,critique n\s appr5d sur la subjectivit de ce que n\s nommons la ,nature4 ,il n'y a donc rellem5t d'autre preuve de l'exi/5ce de ,dieu que la preuve morale1 et celle-l mme n'e/ pas une preuve1 quoique la c]titude de la vrit morale soit absolue1 et prcism5t p>ce qu'elle e/ absolue1 c> la croyance l'exi/5ce de ,dieu n'aj\te ri5 l'autorit du devoir4--,d'ailleurs1 p\rsuit ,kant1 et cette d]nire ide mrite t\te notre att5tion1 quelle e/ l'esprance directem5t associe la moralit8 c'e/ l'esprance que la moralit n'e/ pas une *imre1 c'e/ la conviction que le m\vem5t univ]sel t5d la ralisation d'un ordre moral4 ,voil t\t6 ,l'exi/5ce d'un ,dieu p]sonnel e/ une manire de s'expliqu] la ralisation d'un tel ordre1 la seule manire peut-tre dont n\s puissions la concevoir4 ,mais de ce que ,dieu e/ la seule manire dont notre esprit sa*e compr5dre l'avnem5t f9al de l'ordre moral1 il ne suit nullem5t p\r n\s le droit d'affirm] que ce soit rellem5t la condition indisp5sable de cet avnem5t4 ,n\s n'avons pas le droit de dcl>] une *ose impossible p> cela seul que n\s ne la compr5ons pas4 ,n\s ne p\vons donc pas dire qu'il soit impossible que1 p> le simple effet du mcanisme naturel et sans l'int]v5tion d'une ,provid5ce1 t\tes *oses conv]g5t v]s le triomphe df9itif de la vrit morale4 ,en un mot1 n\s ignorons si la morale ne peut pas tre la f9 de t\tes *oses sans que le comm5cem5t des *oses soit un tre moral4 ,t\t ceci n'e/ dit qu'en passant1 et vraim5t je ne crois pas que cette considration ait vivem5t branl la foi p]sonnelle de ,kant l'exi/5ce de ,dieu4 ,cep5dant1 ,messieurs1 il e/ impossible de ne pas voir ici une t5tative p\r concili]1 dans les tnbres1 la faveur de notre ignorance1 les donnes de la raison pure1 que ,kant incl9e croire a?e et fatali/e1 avec les exig5ces opposes de la raison pratique4 ,kant ne p\vait pas1 sans trop s'c>t] de la voie critique1 p\ss] beauc\p cette ide1 qui conti5t le g]me de plus d'un sy/me4 ,le problme que n\s v5ons de s\lev] avait occup les philosophes de la ,grce4 ,avant ,socrate dj les coles s'tai5t p>tages sur la "q de savoir si le meilleur e/ au comm5cem5t ou la f94 ,les philosophies nes de ,kant qui s'ef=cr5t de fran*ir les infran*issables limites poses p> le criticisme1 ont ce trait commun qu'elles plac5t le meilleur la f94 ,elles avai5t compris que la sci5ce vritable doit imit] dans son m\vem5t le m\vem5t rel des *oses et reproduire l'en*anem5t du monde dans l'en*anem5t de ses propositions1 axiome du c>tsianisme qui n'avait pas encore reu d'application complte et que l'on avait s+ulirem5t oubli4 ,les successeurs de ,kant rajeunir5t ce pr9cipe de la m?ode avec assez d'clat p\r qu'il ne soit plus p]mis d'en mconnatre l'vid5ce4 ,mais la di/9ction non mo9s vid5te assurm5t entre le m\vem5t rgressif et le m\vem5t progressif de la philosophie1 ne se prs5ta pas nettem5t leur esprit4 ,ils v\lur5t donc donn] leur sy/me t\t enti] l'ordre de la ralit1 ou plutt leur idalisme n'admit pas que le dveloppem5t de l'univ]s pt suivre une autre loi que leur p5se4 ,a9si1 comme la p5se s'avance ncessairem5t des ides les mo9s p>faites aux plus p>faites1 on imag9a que le m\vem5t de la ralit doit all] de mme du mo9s p>fait au plus p>fait4 ,ds lors1 ,messieurs1 si n\s cont9uons appel] du nom de ,dieu la p]fection exi/ante1 il fallait dire que ,dieu ne peut exi/] qu' la f91 aprs le ,monde et p> le ,monde2 t\t au reb\rs de la p5se commune qui met ,dieu au comm5cem5t1 avant le ,monde1 et qui fait exi/] le ,monde p> lui4 ,ce po9t de vue e/ commun aux trois gr&es philosophies allem&es de ,fi*te1 de ,s*ell+ et de ,hegel1 qui du re/e diffr5t s5siblem5t les unes des autres1 et p> leur m>*e et p> leur conception suprme4 ,a9si dans ces philosophies le m\vem5t rgressif et le m\vem5t progressif se confond5t2 v\s ap]cevez dj ce que cote une telle simplification4 ,la p5se dom9ante se tr\ve *ez ,kant2 c'e/ ,kant que l'cole spculative l'a emprunte1 comme l'exam5 du sy/me de ,fi*te le pr\ve surabondamm5t4 ,la sphre de la troisime ,critique e/ celle o les deux directions opposes de l'esprit huma91 la raison pure et la raison pratique1 se rappro*5t et se t\*5t4 ,elles se runiss5t dans l'ide d'un b absolu des *oses1 puisque c'e/ en rfl*issant aux donnes de l'expri5ce dans un intrt t\t spculatif que n\s sommes conduits ncessairem5t appliqu] la ,nature l'ide de b1 qui n'e/ pas mo9s ess5tielle la sphre de l'activit morale4 ,une fois l'en*anem5t de b moy5 bi5 con/at dans la ,nature1 n\s devons n\s pos] la "q de savoir si la ,nature entire n'a pas un seul et mme b1 mais n\s ne saurions lui en assign] aucun sans faire int]v5ir l'ide morale4 ,le bi5 moral possdant seul une valeur absolue et ple9em5t vid5te1 peut seul tre conu comme b univ]sel4 ,tels sont les rsultats obt5us4 ,mais p\r concili] vritablem5t1 p> cette ide d'un b moral univ]sel1 les exig5ces opposes de la raison pure et de la raison pratique1 il faut que *acune d'elles se s\mette la ,critique et rabatte un peu de ses prt5tions4 ,la raison pure veut que t\te *ose et t\t *angem5t ai5t leur raison d'tre dans une cause antcd5te2 elle en*ane t\t p> un li5 de ncessit4 ,son pr9cipe s]ait une activit dt]m9e2 son sy/me le fatalisme4 ,la raison pratique int]roge seule conduirait naturellem5t1 a9si qu'on l'a vu1 l'ide d'un ,dieu p]sonnel4 ,son pr9cipe s]ait la lib]t div9e2 son sy/me1 le libre arbitre dans ce monde1 la rtribution dans un autre1 p> la volont de ,dieu4 ,kant ma9ti5t en gnral l'opposition des deux sphres1 et grce la manire dont il a conu le problme du criticisme1 il *appe l'obligation de *oisir absolum5t entre les solutions4 ,il dit en sub/ance3 ,dans l'apprciation des phnomnes de la ,nature1 il e/ raisonnable de v\s dirig] comme un p>tisan de la ncessit univ]selle4 ,dans la pratique de la vie1 v\s devez v\s conduire comme si v\s croyiez l'exi/5ce d'un ,dieu rmunrateur4 ,qu'en e/-il au fond8 ,le philosophe refuse de se prononc]1 c> le p\r et le contre se balanc5t4 ,d'un ct la subjectivit du temps et de l'espace p]mett5t de concili] la lib]t ess5tielle de l'tre moral avec la ncessit des phnomnes4 ,d'ailleurs1 en cas de conflit1 la supriorit app>ti5drait la raison pratique1 att5du que la f9 suprme de la vie et de la p5se se tr\ve dans l'excell5ce pratique1 dans la v]tu4 ,d'autre "p1 l'ide de ,dieu n'e/ pas le fondem5t de la vrit pratique1 elle n'en =me pas un lm5t indisp5sable2 l'a?e et le dvot se s5t5t galem5t obligs p> la loi du devoir4 ,a9si les plateaux re/5t en quilibre4 ,mais dans la ,critique du jugem5t1 ,kant1 allant au del de ses propres pr9cipes1 *]*e la conciliation positive des deux po9ts de vue dans l'ide d'un mcanisme qui1 p> le seul effet de ses lois ncessaires1 amn]ait la ple9e ralisation du bi5 moral4 ,quelque obscure que soit cette ide1 quelque peu d'importance que son auteur semble lui accord]1 elle reoit un haut intrt de la place qu'elle occupe dans le sy/me4 ,c'e/ la seule voie ouv]te la mtaphysique1 si l'esprit huma9 veut se replong] dans cet abme o ,kant dsesprait p\r son compte de r5contr] la vrit4 ,v\s le voyez3 les trois ,critiques de ,kant sont trois fragm5ts de rgression philosophique1 p>tant *acun d'un comm5cem5t indp5dant et que l'auteur n'a pas runis dans une syn?se complte1 quoiqu'on en tr\ve le g]me *ez lui4 ,elles conti5n5t la li/e des vrits a priori qui dirig5t nos div]ses facults dans la rgression philosophique et n\s montr5t quelles conclusions on arrive sur le pr9cipe univ]sel en p>tant de ces vrits4 ,la ,critique de la raison pure n\s donne d'abord les =mes subjectives de l'intuition ou de la p]ception1 le temps et l'espace1 puis les lois de l'ent5dem5t1 subjectives aussi dans la pratique1 p> la ncessit de concevoir leur application dans le temps4 ,voil le ct =mel et subjectif4 ,quant au fond1 l'analyse de la raison pure1 considre s\s le po9t de vue de ce qu'elle n\s enseigne relativem5t l'objet1 donne p\r rsultat le n\m5on ou la *ose en soi1 c'e/--dire l'tre absolum5t indt]m93 ,l'tre e/2 il y a au fond de nos reprs5tations autre *ose que la reprs5tation4 ,la ,critique de la raison pure ne n\s en dit pas davantage4 ,la ,critique du jugem5t n\s f\rnit l'ide de b1 notion importante jo9dre la table des catgories4 ,les catgories de l'ent5dem5t sont les catgories de la ncessit1 le b e/ la catgorie de la lib]t4--,quant l'objet1 la ,critique du jugem5t n\s suggre l'ide d'une intellig5ce agissant dans le monde ou d'une nature intellig5te4 ,elle n\s conduit p5s] que le n\m5on1 l'tre objectif1 e/ probablem5t un tre spirituel4 ,je dis1 ,messieurs1 qu'elle fait natre en n\s cette op9ion1 mais elle n'en g>antit po9t la vrit positive1 c> le monde dont l'tude n\s l'inspire1 le monde auquel s'applique la facult dsigne ici s\s le nom de jugem5t1 n'e/1 aprs t\t1 que le monde de nos reprs5tations4 ,enf91 la ,critique de la raison pratique n\s apporte l'ide du devoir1 la c]titude de notre lib]t et la foi l'exi/5ce d'un ordre de *oses1 quel qu'il soit1 qui n\s g>antit la ralisation des buts dont le devoir n\s comm&e la p\rsuite4 ,elle n\s fait compr5dre que le vrai moi1 le moi objectif ou l'tre intelligible 7n\m5on7 qui e/ au fond de notre activit temporelle1 e/ une volont pure et absolue4 ,cette vue sur le monde objectif n'e/ que p>tielle1 mais c'e/ la plus claire1 la plus leve et la plus c]ta9e que n\s puissions obt5ir4 ,la ,critique de la raison pure se rsume dans une ide ngative4 ,elle tablit la subjectivit ou1 ce qui revi5t au mme1 l'insuffisance des catgories de l'ent5dem5t telles que n\s les appliquons aux *oses t5dues et temporelles3 ,autres sont les lois de la p5se dans le doma9e du f9i1 autres lorsqu'il s'agit de l'inf9i et de l'absolu que p\rsuit la philosophie4 ,de t\t l'app>eil de la ,critique1 voil proprem5t ce qui e/ re/ dans les esprits p\r lesquels la ,critique de ,kant n'e/ pas *ose non av5ue4 ,le livre de la ,raison pratique attire surt\t l'att5tion p> son rsultat positif3 l'autonomie de l'ide morale1 l'lvation1 presque involontaire1 de la c]titude morale au rang d'un critre de la vrit mtaphysique2 d'o rsulte p\r les p5seurs v5ir1 mo9s rsigns que leur matre ne plus *]*] ce que l'humanit v\drait savoir1 la ncessit d'organis] le travail de la p5se de telle faon que les rsultats rpond5t aux beso9s de la consci5ce morale4 ,tels sont1 ,messieurs1 les deux po9ts les plus saillants de cette rgression philosophique comm5ce avec pr(ondeur1 p\rsuivie avec le so9 le plus att5tif1 mais qui s'e/ arrte assez lo9 du b4 ,dans ces deux po9ts il y a deux sy/mes1 deux sci5ces3 ,la philosophie allem&e a tir la consqu5ce de la ,critique de la raison pure1 dans le s5s plus ou mo9s di/9ctem5t m>qu p> la ,critique du jugem5t4 ,arme de n\velles catgories et d'une dialectique n\velle1 elle a p\rsuivi l'ide d'une ,ncessit intellig5te qui dom9e dans ce d]ni] ouvrage1 en la dgageant peu peu du rapport avec l'ide morale qui en fait *ez ,kant la gr&eur et l'obscurit4 ,il app>ti5t la philosophie contempora9e de fcond] la meilleure moiti du kantisme1 en con/ruisant cette philosophie1 dont ,kant a donn le pr9cipe et le critre dans la ,critique de la raison pratique4 ,,onzi,,me ,,le,,on4 ,fi*te4 ,antipode de ,sp9osa1 il a*ve le sy/me de ,leibnitz4 ,p\r lui1 la sub/ance e/ le sujet pur1 le moi4 ,il arrive donc la lib]t1 mais en sacrifiant l'unit4 ,son sy/me ne lui f\rnit aucun moy5 d'expliqu] le monde extrieur4--,m4 de ,s*ell+1 appr(ondissant le sy/me de ,fi*te1 "p d'un moi gnrique1 antrieur l'acte de rflexion1 et retr\ve a9si l'unit sub/antielle4 ,le primitif sujet se ralise comme objet1 t\t en cons]vant la subjectivit2 a9si la dualit sort de l'unit4 ,le m\vem5t univ]sel des *oses consi/e dans le ret\r graduel de l'objet la subjectivit1 c'e/--dire dans la ralisation de l'esprit4 ,cette ralisation e/ ncessaire4 ,pan?isme du progrs4--,hegel *]*e s'expliqu] la prpondrance croissante de l'idal p> le rel1 qui proprem5t n'e/ p\r ,m4 de ,s*ell+ qu'une hypo?se de/9e r5dre raison de l'expri5ce4 ,il l'explique p> l'idalisme absolu4 ,le procs univ]sel e/ la ralisation de l'ide1 p>ce que l'ide e/ la sub/ance univ]selle4 ,cet idalisme insaisissable comporte les int]prtations les plus diffr5tes2 l'unit du sy/me se tr\ve dans sa m?ode4 ,le po9t de d"p de ,hegel e/ l'id5tit de l'tre dans la p5se et de l'tre rel2 le t]me e/ l'ide de l'tre telle qu'elle doit tre conue p\r qu'il soit possible l'esprit d'en affirm] la ralit sans se contr$ire lui-mme4 ,ce t]me1 c'e/--dire l'absolu tel que ,hegel le conoit1 e/ la pure =me de l'intellig5ce4 ,messieurs1 ,au comm5cem5t de ce c\rs#dc1 en exposant les conclusions auxquelles la philosophie mod]ne e/ arrive sur le problme de la connaissance1 n\s avons dj indiqu la manire dont l'idalisme subjectif de ,fi*te se dgage des pr9cipes poss p> ,kant dans la ,critique de la raison pure4 ,je ne revi5drai pas sur ce po9t1 qui n'(fre pas de difficults4 ,il e/ vid5t que la *ose en soi de ,kant e/ une hypo?se imag9e p\r expliqu] la s5sation1 un produit de l'intellig5ce1 une reprs5tation du moi1 lequel e/ absolum5t circonscrit dans la sphre de ses reprs5tations4 ,axiome ou ?orme1 ce p>adoxe s\v5t mal compris e/ l'ide la plus connue du sy/me de ,fi*te4 ,mais ,fi*te ne relve pas de ,kant seulem5t1 il relve aussi de ,leibnitz2 ,fi*te rsume dans l'unit de sa p5se le po9t de vue de ,leibnitz et celui de ,kant2 c'e/ un ,leibnitz trans=m p> le criticisme1 et comme il r5\velle ,leibnitz1 il ramne aussi ,sp9osa3 c'e/ p> l surt\t qu'il n\s intresse4 ,note #dc3 ,leon ,,iii1 page #dd4 ,v\s avez vu1 ,messieurs1 l'objet propre de la mtaphysique se dt]m9]1 dans le c>tsianisme1 p> la di/9ction entre le comm5cem5t subjectif de la philosophie1 c'e/--dire la premire vrit connue1 et le comm5cem5t objectif1 ou la premire vrit en soi4 ,desc>tes indique cette di/9ction plutt qu'il ne l'accomplit1 p>ce que son gnie impati5t1 anticipant sur les rsultats de la m?ode1 enri*it la premire vrit de dt]m9ations ju/es peut-tre1 mais non ju/ifies4 ,la premire vrit1 le comm5cem5t qu'il importe de saisir avec une p>faite nettet p\r s'expliqu] le m\vem5t gnral de la p5se1 n'e/ autre *ose que ce que n\s p\vons affirm] immdiatem5t t\*ant le pr9cipe de l'exi/5ce4 ,ce que l'esprit a le droit d'affirm] immdiatem5t1 ,messieurs1 c'e/ ce qu'il e/ contra9t d'affirm]1 ce dont il ne peut absolum5t pas ab/raire4 ,tel e/ le po9t de d"p de la spculation1 c'e/ l'tre indt]m91 l'tre qui peut t\t dev5ir et qui n'e/ ri5 encore1 l'tre qui n'e/ que puissance d'tre4 ,je v\s ai dit que ,sp9osa a saisi fugitivem5t cet antcd5t oblig de t\te p5se1 et qu'on tr\ve la trace de cette intuition dans la manire dont il df9it la sub/ance2 mais j'ai aj\t que ,sp9osa ne s'y e/ po9t arrt1 de sorte que le comm5cem5t effectif de sa philosophie n'e/ pas la puissance d'tre1 mais l'tre exi/ant1 l'tre fix4 ,a9si le mot de causa sui n'a pas *ez lui de s5s positif1 inhr5t la sub/ance2 il n'exprime ri5 de vivant1 ri5 de spculatif1 mais seulem5t une circon/ance extrieure1 indiffr5te p\r a9si dire l'ess5ce mme de l'tre1 savoir qu'il n'a pas de cause hors de lui4 ,de l rsulte p\r ,sp9osa l'impossibilit d'atte9dre l'exi/5ce f9ie4 ,la sub/ance de ,sp9osa n'e/ qu'objet sans subjectivit1 exi/5ce sans puissance1 c'e/ p\rquoi elle demeure l'illimit1 l'inf9i excluant le f9i4 ,leibnitz1 disions-n\s encore1 r5d l'tre la puissance et la subjectivit4 ,puisqu'il exi/e quelque *ose1 p5se-t-il1 il y a un tre qui exi/e p> lui-mme1 p> son propre fait2 ds lors1 p\r cet tre1 qui e/ la sub/ance de t\t1 et p> consqu5t p\r la sub/ance en gnral1 tre e/ un fait1 tre e/ une activit4 ,il exi/e1 lui1 p>ce qu'il se ralise1 mais1 t\t en se ralisant1 il reti5t en lui-mme le pr9cipe de cette ralisation1 la possibilit de t\te ralisation1 la puissance4 ,en affirmant il se rfl*it1 en se dployant il se conc5tre4 ,l'affirmation de soi-mme1 qui fait le fond de t\te exi/5ce1 e/ donc une affirmation rfl*ie4 ,la =me ess5tielle de l'tre e/ la rflexion sur soi-mme1 c'e/ une activit intrieure1 et p\r t\t exprim] en un mot1 c'e/ l'intellig5ce4 ,dans le fond1 ou plutt dans la =me1 qui e/ le vritable fond1 t\te sub/ance e/ intellig5ce2 d'o rsulte immdiatem5t la pluralit indf9ie des sub/ances1 c> l'expansion et la conc5tration ne peuv5t concid] que dans la division4 ,il n'y a pas de rflexion sans dualit et p>tant sans le nombre4 ,la sub/ance1 en se ralisant1 se diffr5cie1 et cette diffr5ciation va l'inf9i4 ,l'unit n'e/ donc plus qu'en puissance ou1 ce qui revi5t au mme1 l'unit n'e/ qu'idale4 ,l'unit ne se tr\ve que dans la loi selon laquelle l'exi/5ce se ralise1 ou dans l'h>monie2 mais1 dans l'exi/5ce proprem5t dite1 il n'y a que pluralit4 ,tel s]ait1 selon n\s1 le sy/me de ,leibnitz ram5 sa =me spculative2 mais1 en le ram5ant cette =me spculative1 n\s l'avons trans=m4 ,ce n'e/ plus le sy/me de ,leibnitz1 c'e/ le sy/me de ,fi*te dp\ill de ce qu'il a lui-mme d'accid5tel1 je veux dire de son alliage avec le po9t de vue critique ou subjectif2 et le sy/me de ,fi*te1 dgag de cette app>5ce de subjectivit1 e/ presque celui de ,hegel4 ,fi*te e/ la vrit de ,leibnitz4 ,fi*te ralise dans sa philosophie l'ide de subjectivit de l'tre1 qui comm5ce p]c] *ez ,leibnitz4 ,la sub/ance de ,sp9osa e/ l'objet pur1 l'tre qui n'e/ qu'tre2 la sub/ance de ,fi*te e/ le sujet pur1 la pure activit2 sa doctr9e se rsume dans cette maxime expressive3 ,le philosophe n'a plus d'oeil p\r l'tre1 il ne voit p>t\t que loi4 ,a9si ,fi*te et ,sp9osa sont deux antipodes4 ,leibnitz avait fait un pas v]s l'ide de la lib]t en concevant la sub/ance comme active1 t&is qu'il n'y a proprem5t aucune activit *ez ,sp9osa4 ,t\t e/ dt]m9 p> une ncessit logique2 ds lors t\t doit tre immobile1 c> ce qui e/ appel se ralis] a eu1 ds l't]nit1 une t]nit p\r le faire4 ,la ncessit pure et p>faite revi5t l'immobilit1 comme la plnitude et la p]fection de l'activit ne se tr\v5t que dans la lib]t4 ,mais l'activit telle que ,leibnitz l'attribue la sub/ance e/ encore purem5t ncessaire1 prcism5t p>ce que ce n'e/ pas l'activit vritable4 ,leibnitz n'a compris philosophiquem5t que l'activit intellectuelle2 or la ncessit e/ en effet un c>actre de l'intellig5ce1 p>ce que l'intellig5ce n'e/ que le reflet de l'activit primitive2 ,leibnitz confond cet acte driv et dp5dant avec l'acte ess5tiel et primordial2 il re/e donc en*an dans la ncessit et son po9t de vue ne conduit pas encore la morale4 ,les travaux de ,kant dans cette d]nire bran*e1 la supriorit qu'il accordait l'activit pratique sur la ?orie1 la t5dance de t\te sa philosophie1 en un mot1 ex]a une influ5ce dcisive sur ,fi*te1 qui ne fut et ne v\lut tre qu'un disciple de ,kant4 ,aussi ,fi*te ne se cont5te pas de l'activit intellectuelle ou de la p]ception p\r la df9ition de sa sub/ance4 ,celle-ci n'e/ plus1 comme la monade de ,leibnitz1 un embryon de moi1 mais un moi vritable2 elle n'e/ plus seulem5t intellig5te1 elle e/ active au s5s propre du mot1 elle se manife/e au dehors p> l'action4 ,c'e/ mme cette activit proprem5t dite1 cette activit morale du moi1 qui oblige ,fi*te reconnatre une pluralit de moi et p> suite un monde extrieur1 une ,nature1 l'aide de laquelle ces moi entr5t en rapport les uns avec les autres et devi5n5t rellem5t capables d'agir4 ,la ?orie de la connaissance dtruit t\te objectivit dans la p5se de ,fi*te1 la ?orie de l'activit morale recon/ruit le monde objectif1 non pas seulem5t le monde spirituel1 l'autre ,monde1 mais le monde d'ici-bas4 ,a9si le pr9cipe pos p> ,kant e/ p\ss ses d]nires consqu5ces4 ,fi*te e/ galem5t disciple de ,kant sur la "q de la lib]t2 il ne dmontre pas la lib]t huma9e1 il en e/ c]ta92 elle e/ son po9t de d"p1 c'e/ la vrit dont t\tes les autres dp5d5t et aut\r de laquelle gravite t\te sa philosophie4 ,dans un s5s1 ,fi*te a donc p\ss la mtaphysique jusqu'au po9t que n\s n\s ef=ons d'atte9dre3 il a conu la ,sub/ance1 l'tre inconditionnel1 comme une activit libre1 comme une activit morale1 comme un moi4 ,mais1 s\s un autre po9t de vue1 il n'e/ c>t du b plus que t\s les autres1 puisque cet tre inconditionnel n'e/ ses yeux1 du mo9s dans la premire =me de son sy/me1 autre *ose que son propre moi4 ,fi*te1 en effet1 ne se dta*e po9t de son analyse des conditions du savoir1 dont le rsultat d]ni] e/ qu'il n'exi/e p\r n\s que le moi et ses reprs5tations4 ,t\t ce qu'il peut y avoir au del ne conc]ne pas la sci5ce4 ,les autres moi ne sont eux-mmes que des reprs5tations auxquelles j'attribue une valeur objective1 p>ce que leur objectivit e/ indisp5sable la ralisation de mon tre moral4 ,et si1 faisant ab/raction des subtilits de la m?ode1 n\s *]*ons simplem5t saisir la conviction p]sonnelle de ,fi*te sur ce qui fait la ralit du ,monde1 n\s tr\vons une pluralit d'activits libres1 une pluralit de moi qui doiv5t travaill] ensemble leur p]fectionnem5t rciproque2 mais l'unit sub/antielle ne se tr\ve nulle "p4 ,l'unit du sy/me1 le ,dieu du sy/me1 si v\s v\lez1 c'e/ la loi qui rgit l'activit des individus1 c'e/ le b moral qu'ils se propos5t et qui ne peut tre ralis que p> leurs ef=ts4 ,v\s retr\vez ici cette h>monie de ,leibnitz1 laquelle la ,critique du jugem5t semble v\loir se ratta*]1 en lui prtant une signification morale2 *ez ,fi*te elle n'e/ plus que morale4 ,le ,dieu de ,fi*te e/ l'ordre moral ab/rait1 sans sub/ance et sans p]sonnalit2 ce n'e/ pas1 c\p sr1 l'tre absolum5t libre que n\s *]*ons2 mais enf9 le sy/me de ,fi*te a puissamm5t contribu faire envisag] l'activit1 l'activit morale1 la lib]t1 comme l'ess5ce mme de l'tre4 ,kant s'lve aux vrits mtaphysiques ou religieuses en p>tant de la morale2 ,fi*te fait r5tr] absolum5t la mtaphysique dans la morale1 en supprimant l'objet de la religion4 ,a9si la morale devi5t p\r lui une sci5ce absolum5t indp5dante1 po9t de vue que n\s avons r5contr t\t au comm5cem5t de ce c\rs et que n\s avons rfut1 en faisant voir l'impossibilit o il n\s laisse d'expliqu] le fait de l'obligation4 ,cette critique s'adressait ess5tiellem5t ,fi*te4 ,je me borne la rappel]1 en v\s faisant obs]v] le rapport troit qui unit cette =me de la sci5ce au fond mme de sa p5se1 qui n'e/ autre *ose que l'a?isme2 il le faut bi5 confess]1 quoique cette p5se (frt dj des lm5ts que l'on p\rrait mettre pr(it p\r s'lev] la philosophie religieuse o n\s t5dons4 ,fi*te lui-mme ne s'arrta pas cette premire philosophie4 ,indp5damm5t de son tranget av5tureuse1 le sy/me de ,fi*te p*ait p> une gr&e lacune2 je veux dire p> l'abs5ce d'une philosophie de la ,nature1 ou plutt de t\te intellig5ce de la ,nature4 ,fi*te dit bi51 en gros1 dans son droit naturel1 quoi la ,nature e/ bonne et p\rquoi il faut qu'elle n\s app>aisse1 mais il ne fait nullem5t compr5dre comm5t se produis5t en n\s les reprs5tations1 videmm5t indp5dantes de notre volont1 que n\s appelons ,nature4 ,cette imp]fection du sy/me de ,fi*te e/ l'orig9e de celui de ,m4 de ,s*ell+1 qui n'eut d'abord d'autre desse9 que de fix] le s5s de ,fi*te1 comme celui-ci avait eu d'abord p\r seule prt5tion de prcis] et de complt] le criticisme de ,kant4 ,au mom5t o la consci5ce s'veille1 n\s n\s tr\vons au se9 d'un ,monde absolum5t dt]m91 auquel n\s ne p\vons ri5 *ang]4 ,si ce ,monde1 comme on le prt5d1 n'exi/e que p> le moi et p\r le moi1 du mo9s faut-il reconnatre que le moi l'a produit bi5 innocemm5t ou1 p\r re/] dans la gravit du sujet1 qu'il l'a produit p> une activit reprs5tative involontaire1 inconsci5te1 antrieure au premi] rveil de la rflexion1 antrieure au mom5t o le moi dit moi1 et qui cons]ve aprs ce mom5t son c>actre primitif de ncessit inconsci5te4 ,p\r expliqu] le monde extrieur dans l'esprit de l'idalisme et de ,fi*te1 ,m4 de ,s*ell+ se tr\va donc conduit ds l'entre l'tude d'une activit antrieure au moi de la consci5ce et dont1 p> la supposition primitive1 le monde extrieur et le moi de la consci5ce doiv5t tre l'un et l'autre des rsultats4 ,si le moi et le non-moi sont les produits simultans d'un mme acte1 on compr5d qu'ils soi5t ncessaires l'un p\r l'autre2 or l'app>5te objectivit du ,monde n'e/ autre *ose que la ncessit qui n\s oblige l'imag9] tel que n\s l'ap]cevons4 ,il y a plus2 le moi de la consci5ce e/ seul individuel4 ,c'e/ p> un ret\r sur moi-mme que je dis moi et que je me di/+ue de v\s4 ,s*ell+ tait donc am5 naturellem5t se reprs5t] ce moi antrieur la consci5ce ou ce pr9cipe qui doit dev5ir le moi1 comme un pr9cipe univ]sel1 comme la s\rce commune de t\s les moi4 ,ce po9t de vue donnait un moy5 d'expliqu] comm5t n\s p]cevons t\s le monde extrieur de la mme manire1 sans sortir de la donne idali/e4 ,c'e/ n\s qui avons fait la ,nature1 suivant cette philosophie1 n\s l'avons conue p> une activit idale et son exi/5ce n'e/ qu'idale2 n\s l'avons produite en rvant1 mais qu& n\s dormions ce sommeil magique1 n\s n'tions pas di/9cts les uns des autres1 n\s =mions un seul et mme tre4 ,ce gr& songeur1 pre et sub/ance de la ,nature et de t\s les esprits1 c'e/ l'tre inconditionnel1 l'tre absolu du sy/me de ,m4 de ,s*ell+1 du mo9s dans ses premires =mes4 ,la modification que ,m4 de ,s*ell+ apporta au po9t de vue de la philosophie prcd5te1 peut s'exprim] d'une manire trs-simple et pas trop infidle en disant que1 p\r lui1 la ralit ne consi/e plus dans les individus1 mais dans l'espce4 ,a9si ,s*ell+ se retr\ve en possession d'une sub/ance univ]selle1 et cette sub/ance une n'e/ que pure activit2 c'e/ une activit reprs5tative comme les monades de ,leibnitz2 mais l'ide de la reprs5tation ou de la p]ception e/ plus appr(ondie p> ,s*ell+ qu'elle ne l'avait t p> ,leibnitz4 ,le dualisme ess5tiel t\te p]ception e/ mieux compris1 le rapport de la production proprem5t dite la rflexion mieux analys4 ,s*ell+ se replace l'orig9e du m\vem5t de la ralisation de l'tre que la spculation doit reproduire#dd4 ,son po9t de d"p e/ l'tre qui n'exi/e pas encore1 l'inf9i qui n'e/ pas encore ralis1 la subjectivit inf9ie ou la virtualit inf9ie4 ,en se ralisant1 en s'affirmant1 l'inf9i se dt]m9e1 il devi5t f9i1 c'e/--dire 9gal lui-mme1 le contraire de lui-mme4 ,l'inf9i ne saurait se ralis] qu' ce prix1 c> se ralis] c'e/ se dt]m9]4 ,mais comme la virtualit primitive e/ inf9ie1 elle ne peut pas non plus se p]dre1 s'absorb] dans cette premire dt]m9ation4 ,le sujet inf9i ne se trans=me pas en objet ou en exi/5ce1 non1 mais en sp>ant de lui-mme l'objet ou l'exi/5ce dont il r5f]mait la possibilit1 il se ma9ti5t nanmo9s comme sujet1 comme puissance1 mais comme puissance place dsormais vis--vis d'un objet1 c'e/--dire comme l'intellig5ce de cet objet4 ,a9si1 en p>tant d'un seul pr9cipe1 l'tre indt]m91 l'tre qui n'e/ ri5 encore que la puissance inf9ie de l'exi/5ce1 la sub/ance inf9ie ou le sujet inf9i1 n\s arrivons l'opposition fconde de deux pr9cipes3 le pr9cipe de passivit1 d'objectivit1 d'exi/5ce1 le rel2 et le pr9cipe de l'activit1 de la subjectivit1 de l'intellig5ce1 l'idal2 et n\s retr\vons a9si les ides de la ,grce4 ,note #dd3 ,la spculation n'e/ pas autre *ose que cette reproduction4 ,l',idal et le ,rel1 sortant d'une s\rce commune1 sont d'abord opposs l'un l'autre4 ,l'idal plac hors du rel ne peut se ralis] qu'en pntrant le rel p\r le trans=m]2 le rel1 son t\r1 ne peut reconqurir l'inf9it1 qui e/ sa primitive ess5ce1 qu'en s'idalisant4 ,l'opposition primitive de ces deux lm5ts r5d donc ncessaire un m\vem5t progressif ou1 comme on dit en allem&1 un procs1 ide qui dom9e t\te la philosophie de ,s*ell+ et qui la rsume4 ,ce procs1 ,messieurs1 c'e/ le ,progrs4 ,a9si la croyance du ,x,v,i,i,ime sicle1 cette religion assez sup]/itieuse1 il faut en conv5ir1 reoit en ,allemagne une conscration spculative4 ,la philosophie de ,s*ell+1 gnralem5t dsigne s\s le nom de philosophie de l',id5tit#de1 p\rrait s'appel]1 avec non mo9s de ju/esse1 la philosophie du ,progrs4 ,le progrs dont n\s p>lons consi/e proprem5t en ceci3 que la subjectivit absolue1 qui ne peut se ralis] immdiatem5t sans dev5ir le contraire d'elle-mme1 se ralise enf91 p> une srie de gradations successives1 comme absolue subjectivit1 comme esprit1 comme ,dieu4 ,note #de3 ,id5tit du rel et de l'idal dans leur pr9cipe4 ,la cosmogonie e/ en mme temps une ?ogonie2 la ,nature et l',hi/oire m>qu5t les phases de cette g5se t]nelle4 ,le sujet primitif1 ralis d'abord comme ,matire1 se manife/e dans sa subjectivit vis--vis de l'objet s\s la =me de ,lumire4 ,la pntration de la matire p> la lumire1 premi] degr de l'intellig5ce1 produit la ,matire =me1 r5due s5sible p> ses qualits1 qui sont autant d'activits ou de manife/ations du pr9cipe subjectif id5tifi la matire premire2 mais1 en face de cette matire dj =me et p> consqu5t dj spiritualise en quelque faon1 le pr9cipe subjectif se relve comme ,vie et1 pntrant la matire s5sible1 donne naissance l',organisme1 o cette matire s5sible n'e/ plus qu'un attribut et un in/rum5t4 ,en produisant l'organisme a*ev1 celui de l'homme1 le pr9cipe idal s'affran*it de ce n\veau li51 et la vie1 jusqu'ici la plus haute =me de la subjectivit1 devi5t son t\r objet p\r l',intellig5ce4 ,la lacune que prs5tait l'idalisme se tr\ve a9si comble1 le sy/me de ,fi*te e/ corrig1 n\s compr5ons l'exi/5ce de la nature extrieure1 idale dans son pr9cipe1 mais relle quant n\s4 ,cep5dant l'impulsion qui a fait natre le sy/me n'e/ pas encore puise1 le t]me du progrs n'e/ pas atte9t4 ,l'intellig5ce devi5t son t\r moy5 et matire p\r l',activit libre dans laquelle l'homme se pr5d lui-mme comme objet1 en dt]m9ant l'emploi qu'il veut faire de ses facults4 ,enf91 p> le dveloppem5t de cette activit libre dans l',hi/oire1 dans l',art1 dans la ,religion1 dans la ,philosophie1 l'homme reconnat qu'il n'e/ t\t enti] qu'un organe1 un objet2 objet1 organe de l',esprit pur qui e/ son gnie et son intime ess5ce1 mais qui1 de sa nature1 e/ suprieur t\tes les =mes individuelles4 ,a9si dans l'hi/oire1 dans l'art1 qui vit d'inspiration1 dans la religion1 dans la philosophie1 ,dieu se ralise comme ,dieu p> l'int]mdiaire de l'esprit huma94 ,la pure subjectivit1 le pur esprit atte9t donc la vrit de son tre en trav]sant t\tes les =mes de l'imp]fection4 ,dans cette philosophie l'unit du pr9cipe sub/antiel e/ mieux cons]ve que *ez ,leibnitz2 elle va mme jusqu'au po9t d'absorb] les individus1 comme le fait ,sp9osa1 et de ne laiss] voir en eux que des ombres passagres4 ,comme *ez ,leibnitz et *ez ,fi*te la subjectivit1 l'activit demeure l'attribut dom9ant1 la df9ition de l'tre2 mais n\s ne tr\vons pas encore la lib]t4 ,le sy/me de ,s*ell+ repose sur la supposition que le sujet primitif1 en dev5ant objet1 ne p]d pas ncessairem5t t\te sa subjectivit1 t\te sa puissance1 et que p> consqu5t la subjectivit ou la puissance e/ suprieure t\te exi/5ce objective quelconque1 mme un objet inf9i1 puisque la primitive ralisation de la puissance ne peut tre qu'un objet inf9i1 une exi/5ce illimite4 ,a9si t\te exi/5ce1 mme illimite1 e/ f9ie au reg>d du vritable inf9i4 ,il y a contradiction entre les deux ides d'objet et d'inf9it4 ,la philosophie de ,m4 de ,s*ell+ fait ressortir cette contradiction2 c'e/ a9si qu'elle explique la prs5ce d'un pr9cipe idal en face du pr9cipe rel1 qu'elle concilie le dualisme de l'expri5ce avec l'unit qu'exige la raison1 et qu'elle r5d compte du progrs4 ,aprs avoir dpos le rel ou la matire1 le pr9cipe idal veut encore se manife/] dans son inf9it2 mais il ne peut pas le faire si le rel re/e en dehors de lui2 il *]*e donc pntr] le rel1 le subjugu]1 l'idalis]4 ,de l rsulte le progrs univ]sel1 qui n'e/ autre *ose que la srie des victoires du pr9cipe idal sur le pr9cipe rel1 jusqu' la ralisation de l'esprit absolu4 ,a9si le progrs1 tel que le conoit cette philosophie1 e/ un progrs ncessaire4 ,la lib]t n'app>at qu'un in/ant1 p\r tre aussitt nie4 ,en effet1 si la subjectivit inf9ie ou l'activit inf9ie doit tre ralise dans sa vrit1 elle ne peut y p>v5ir qu'en trav]sant t\tes les phases du procs que reproduit la philosophie4 ,la lib]t du premi] pr9cipe e/ donc absolum5t conditionnelle4 ,il re/]a dans la puissance et ri5 n'exi/]a1 ou bi5 le procs se dr\l]a de la manire dont ,m4 de ,s*ell+ l'a conu4 ,je v\s r5ds att5tifs la re/riction considrable que l'ide de la lib]t subit ds sa premire app>ition1 p>ce qu'il ne me semble pas que ,m4 de ,s*ell+ ait jamais russi l'en affran*ir4 ,mais1 ,messieurs1 dans la premire phase de sa philosophie1 cette lib]t conditionnelle elle-mme n'e/ pas l'objet d'une affirmation positive2 on l'entrevoit comme une possibilit2 la p5se ne s'y arrte pas1 ou plutt elle la rep\sse4 ,il e/ de la nature du pr9cipe absolu de se ralis]4 ,a9si l'acte p> lequel il sort de la virtualit et se manife/e dans une =me inadquate son ess5ce1 le comm5cem5t du procs1 la premire ,cration1 si v\s v\lez1 e/ bi5 libre dans ce s5s qu'il e/ une vritable action3 le sujet primitif cre p> son activit spontane4 ,mais cette cration1 c'e/ sa propre ralisation1 sa propre vie4 ,vivre1 en effet1 qu'e/-ce autre *ose1 s9on traduire en exi/5ce ce qui e/ virtuellem5t1 en puissance8 ,la ,cration e/ donc la vie du sujet inf9i4 ,s'il ne cre pas1 il ne vit pas4 ,il e/ donc dans sa nature de crer1 et mme en *oisissant l'int]prtation la plus favorable au po9t de vue que n\s n\s ef=ons d'atte9dre1 l'on ne peut pas dire qu'il soit plus libre de ne pas entr] dans l'volution cratrice qu'un homme n'e/ libre de ne pas faire une *ose d'o dp5d l'accomplissem5t de t\s ses voeux1 qu& elle ne prs5te aucun inconvni5t de quelque espce que ce soit4 ,en effet1 l'accomplissem5t de t\s les voeux d'un tre capable de dsir1 e/ de ralis] sa nature4 ,et cette comp>aison re/e insuffisante1 c> la volont libre e/ dj ralise2 elle e/ concrte1 elle e/ satisfaite dans la mesure o elle e/ vraim5t libre1 t&is que le pr9cipe de ,s*ell+ e/ une puissance ab/raite4 ,la puissance t5d d'elle-mme pass] l'acte4 ,a9si le pr9cipe de ,s*ell+ e/ un pr9cipe spontan2 ce n'e/ pas encore un pr9cipe libre4 ,le procs e/ ncessaire1 p> consqu5t le ,monde e/ ncessaire1 et si le ,monde e/ ncessaire1 il e/ ncessairem5t tel qu'il e/1 d'o suit qu'il n'y a de lib]t nulle "p4 ,cette philosophie s]ait bi5 nomme le pan?isme du progrs4 ,p\r en apprci] la valeur logique1 il faut se dem&] sur quoi se fonde la possibilit de la cration ou du procs tel qu'il e/ conu p> elle4 ,comm5t se fait-il1 dem&]ons-n\s donc1 que le sujet primitif1 qui d'abord produit le contraire de lui-mme1 arrive p\rtant en df9itive se ralis] en tant que sujet1 en tant qu'esprit8 ,cela rsulte1 dira-t-on1 de la prpondrance de la subjectivit sur l'objectivit4--,mais d'o vi5t cette prpondrance8 ,e/-elle rig\reusem5t fonde sur une ncessit de la p5se8 ,voil la "q4 cette "q ,m4 de ,s*ell+ rpondrait h>dim5t3 ,non4 ,il n'y a pas a priori de ncessit absolue reconnatre la prpondrance de la subjectivit sur l'objectivit4 ,on p\rrait concevoir que le sujet1 dans sa ralisation t]nelle1 dev9t objet et ri5 qu'objet1 que ri5 ne ft p> consqu5t1 s9on l'exi/5ce illimite1 uni=me1 aveugle4 ,cela n'e/ pas absurde2 mais si l'on s'en ti5t l1 l'on se condamne ne ri5 compr5dre4 ,on demeure arrt devant la porte qui f]me t]nellem5t au sp9osisme l'intellig5ce de la vie4 ,la prpondrance de la subjectivit que n\s avons imag9e1 ,leibnitz et moi1 c'e/ la vie ou1 si v\s v\lez1 c'e/ une hypo?se que n\s a suggre la ncessit d'expliqu] la vie4 ,le progrs e/ une ide empirique1 le progrs e/ le rsum de l'expri5ce2 et le triomphe de l'esprit sur la matire1 la prpondrance du sujet sur l'objet n'e/ autre *ose que le progrs4 ,j'ai reconnu le fait du progrs1 et j'ai *]* =mul] l'ide du premi] pr9cipe de telle faon qu'elle en p]mt l'intellig5ce4 ,voil ce que rpondrait ,m4 de ,s*ell+1 ou plutt voil ce qu'il dcl>e effectivem5t auj\rd'hui1 et je ne d\te pas qu'il ne prs5te avec une fidlit trs-judicieuse la vritable orig9e de sa philosophie2 mais1 au mom5t o son gnie la conut1 il ne se r5dait pas un compte aussi net de la nature de son inspiration et ne l'av\ait pas avec autant de fran*ise4 ,on dvelopp]ait donc le sy/me primitif de ,m4 de ,s*ell+ d'une manire assez con=me l'esprit qui l'a dict1 en *]*ant dmontr] la ncessit a priori de la prpondrance croissante de l'lm5t subjectif sur l'lm5t objectif1 qui e/ proprem5t son pr9cipe4 ,p\r =tifi] le sy/me il faut l'appr(ondir1 au risque de le trans=m] en l'appr(ondissant4 ,ce fut la t*e du plus illu/re disciple de ,m4 de ,s*ell+1 ,hegel1 auteur d'une philosophie qui1 p5dant quelques annes1 clipsa presque entirem5t celle de son matre4 ,le *angem5t apport p> ,hegel la philosophie de l',id5tit consi/e uniquem5t en ceci1 qu'il en appr(ondit mieux la base ou1 en d'autres t]mes1 qu'il la ram5a plus prs de son po9t de d"p1 je veux dire des re*]*es de ,kant et de ,fi*te sur la nature de la connaissance et du rsultat mtaphysique de ces re*]*es4 ,ce rsultat1 ,messieurs1 n\s le connaissons2 c'e/ le sy/me de l'h>monie prtablie conu dans sa ncessit4 ,la p5se =me une totalit impntrable2 il n'exi/e aucun po9t de contact entre elle et les *oses1 mais son activit rgulire correspond la ralit des *oses4 ,du mme c\p ,hegel s'ef=a de saisir le p\rquoi du rapport entre la p5se et l'objet1 c'e/--dire le p\rquoi de la sci5ce1 et le p\rquoi de la loi qui rgit l'objet1 c'e/--dire le p\rquoi du ,monde1 ou le p\rquoi du progrs1 qui e/ selon ,s*ell+ l'explication1 selon lui l'nigme du ,monde4 ,a9si le problme de la connaissance et celui de la nature des *oses n'en =m5t qu'un seul ses yeux4 ,ce problme univ]sel1 v\s savez comm5t ,hegel le rs\t4 ,si la p5se1 dit-il1 lorsqu'elle se dveloppe rgulirem5t1 correspond p>faitem5t la ralit1 c'e/ que ce que v\s appelez ralit n'e/ autre *ose1 au fond1 que la p5se elle-mme4 ,la di/9ction entre la *ose exi/ante et la *ose p5se n'a de fondem5t que dans une ncessit subjective de la p5se elle-mme4 ,il n'y a de ralit dans les *oses que celle qu'y met la p5se4 ,hegel dit3 celle qu'y met la p5se1 et non pas3 ce que n\s y mettons p> notre p5se2 et cette di/9ction e/ ess5tielle1 c> le moi lui-mme1 la p>ticul>it des diffr5ts individus n'e/1 elle non plus1 qu'un phnomne produit p> le dveloppem5t de la p5se absolue1 qui e/ l'ess5ce de t\t4 ,mais cette p5se1 ,messieurs1 n'e/ pas la p5se d'un sujet absolu1 d'une intellig5ce suprme qui cre les *oses en se les reprs5tant2 elle n'a pas une intellig5ce p\r antcd5t1 elle e/ elle-mme la sub/ance univ]selle et le pr9cipe4 ,que si v\s me dem&ez comm5t j'ent5ds la *ose1 je ne v\s rpondrai pas2 je ne l'ent5ds pas du t\t et je ne crois pas que p]sonne l'ait jamais ent5due4 ,on ne peut compr5dre le po9t de vue de ,hegel qu'en le compltant1 c'e/--dire en le *angeant1 et qu& on a *]* le saisir dans son rsultat df9itif1 comme l'expression d'une croyance1 on e/ arriv des rsultats trs-diffr5ts les uns des autres1 ce qui a fait natre au se9 de l'cole hegeli5ne de pr(ondes div]g5ces sur le s5s du matre4 ,en ralit les expressions de ,hegel sont con/amm5t quivoques sur les que/ions dcisives p\r la consci5ce et p\r l'humanit4 ,ce n'e/ pas dans les solutions qu'il faut *]*] le trait di/9ctif du sy/me de ,hegel et l'unit de son cole2 c'e/ dans la m?ode4 ,mais enf91 ,messieurs1 t\te vague1 t\te insaisissable qu'elle soit1 la doctr9e que le fond des *oses e/ idal1 que la p5se e/ la sub/ance univ]selle ou que le vrai nom de l'tre e/ la p5se1 donnait au sy/me de ,s*ell+ la base dont il a beso94 ,l'exi/5ce objective e/ une =me de l',ide4 ,le pr9cipe de l'tre1 l'tre encore indt]m91 le sujet primitif qui doit se ralis] e/1 dans son ess5ce1 idal4 ,le pr9cipe que la p5se e/ oblige de concevoir au comm5cem5t de t\tes *oses e/ absolum5t rel1 et cep5dant il n'e/ que p5se4 ,en un mot1 le pr9cipe idal e/ le vrai1 le rel n'e/ qu'une app>5ce2 tel e/1 dans sa plus gr&e gnralit1 le po9t de vue hegeli52 dans cette gnralit mme il fait assez compr5dre p\rquoi la vie du monde1 c'e/--dire le m\vem5t qui t5d manife/] ce qui e/ vritablem5t au fond des *oses e/1 comme le veut ,m4 de ,s*ell+1 un triomphe p]ptuel de l'idal sur le rel4 ,au fond1 ,messieurs1 il n'y a ri5 de n\veau dans cette doctr9e1 ri5 qui ne ft dj dans celle de ,s*ell+1 sans que peut-tre il s'en r5dt p>faitem5t compte4 7,cette prmisse idali/e e/ l'atta*e qui lie ,m4 de ,s*ell+ son prdcesseur74 ,le sy/me de ,hegel n'e/ autre *ose que le sy/me primitif de ,s*ell+ lev la consci5ce de lui-mme2 ce progrs de la rflexion en fait l'orig9alit4 ,du re/e1 il ne t5d pas faire p>atre le sy/me plus ri*e1 mais plus pauvre4 ,dans t\tes les phases de sa p5se et jusqu' la d]nire1 ,m4 de ,s*ell+ a t\j\rs cru possd] plus qu'il n'avait2 disons mieux1 ,messieurs1 il a t\j\rs possd1 compris1 v\lu plus qu'il n'a pr\v4 ,son intime p5se e/ plus haute que sa =mule4 ,en prcisant celle-ci p\r lagu] t\t ce qui la dborde1 on rejette prcism5t le meilleur4 ,je dis1 ,messieurs1 que l'idalisme e/ re/ au fond du sy/me de l'id5tit1 malgr ses l\ables ef=ts p\r surmont] l'idalisme4 ,j'essay]ai de le pr\v]1 en v\s priant de p>donn] ce qu'une telle discussion p\rra prs5t] d'trange et de difficile4 ,cette discussion n'e/ autre *ose que l'exposition du pr9cipe hegeli53 ,l'tre en puissance1 encore indt]m9 quant son tre1 la puissance qui peut dev5ir exi/5ce ou1 p\r p>l] la langue de cette philosophie1 l'indiffr5ce primitive du sujet et de l'objet1 premi] pr9cipe de ,m4 de ,s*ell+1 n'exi/ait que dans la p5se de ,m4 de ,s*ell+1 c> ce n'e/ pas une *ose d'expri5ce2 or ri5 ne saurait tre p\r n\s s9on dans la p5se ou dans l'expri5ce4 ,l'antcd5t absolu de t\t dveloppem5t et de t\te ralit n'exi/ant donc que dans la p5se1 n'tait1 proprem5t p>l]1 qu'une p5se1 la premire des p5ses1 l'antcd5t p\r la p5se4 ,mais1 quoiqu'il ne soit proprem5t p>l] que cela1 ,m4 de ,s*ell+ ne l'ent5dait pas a9si2 il pr5ait la puissance primitive dans le s5s d'une puissance univ]selle1 mais relle1 et non pas dans le s5s d'une ab/raction mtaphysique4 ,qu& il p>lait de l'tre1 soit de l'tre exi/ant1 soit de l'tre en puissance1 quoiqu'il ne possdt rellem5t que l'ide ab/raite d'tre1 il v\lait p>l] de l'tre rel1 de l'tre sub/antiel1 ou pris comme sub/antif1 de ce qui e/4 ,sa p5se tait3 l'tre premi]1 ens primum1 ce qui e/ la base de t\te expri5ce1 c'e/ une puissance inf9ie2 en d'autres t]mes1 un inf9i rel indiffr5t l'exi/5ce#df ou la ngation de l'exi/5ce1 la subjectivit ou l'objectivit1 p>ce qu'il re/e au fond le mme1 soit qu'il se manife/e comme exi/5ce objective1 soit qu'il re/e en puissance4 ,voil le s5s que ,m4 de ,s*ell+ atta*e sa ?se4 ,mais sur quoi repose cette ass]tion8 p\rquoi ,m4 de ,s*ell+ affirme-t-il que ce qui e/ la base de t\te ralit e/ la pure puissance8 ,cette op9ion n'e/-elle pas simplem5t une hypo?se l'aide de laquelle il espre donn] une explication a priori de l'ensemble des phnomnes8--,oui1 dans le fond c'e/ bi5 cela4 ,cep5dant cette hypo?se n'e/ pas arbitraire2 elle repose sur un fondem5t logique1 et ce fondem5t logique1 ,messieurs1 c'e/ que la pure puissance e/ la premire des ides ab/raites1 la premire des catgories4 premire vue il semble que ,m4 de ,s*ell+ n'ait pas le droit de p>l] de l'tre dans le s5s de ce qui e/1 du ,grec3 to on1 de l'tre comme sub/antif1 mais seulem5t de l'tre dans le s5s de catgorie ou d'attribut1 du ,grec3 to e9ai4 ,en effet1 n\s ne sommes pas srs de connatre1 p> la pure p5se1 le ,grec on1 l'tre rel1 mais bi5 le ,grec e9ai1 c> le ,grec e9ai1 c'e/--dire le fait1 la qualit d'tre1 n'e/ que p5se4 ,n\s ne savons pas ce qui e/ sans l'avoir appris1 mais n\s ne p\vons pas ignor] ce que c'e/ qu'tre4 ,p\r ma9t5ir la philosophie dans la sphre de la pure p5se ou de la pure dduction a priori1 il fallait donc id5tifi] ,grec on et ,grec e9ai1 c'e/--dire l'tre rel1 ce qui e/1 avec l'tre dans la p5se1 l'tre comme attribut1 ce que c'e/ qu'tre4 ,eh bi51 ,messieurs1 cette id5tification e/ le fond mme de l'idalisme2 c'e/1 le bi5 pr5dre1 le fond de t\t rationalisme2 c'e/ le po9t capital de la philosophie de ,hegel4 ,note #df3 ,exi/5ce signifie exi/5ce extrieure1 ex-/>e4 ,s*ell+ ent5dait p> l'tre plus que la qualit ab/raite d'tre1 et cep5dant sa propre m?ode n'tait rig\reuse que si l'tre dont il p>le tait pris dans le s5s de cette qualit ab/raite4 ,hegel v\lait r5dre la m?ode rig\reuse et1 cet effet1 il rduisit l'tre dont la mtaphysique p>le en dbutant1 ne signifi] que la qualit ab/raite d'tre1 le fait d'tre2 mais1 comme il v\lait en mme temps que sa philosophie ft objective1 il tablit en axiome3 ,ce qui e/1 c'e/ le fait d'tre2 l'tre rel conti5t prcism5t ce qui e/ compris dans notre p5se lorsque n\s prononons le mot tre4 ,c'e/ un p>adoxe effroyable2 mais une fois ce p>adoxe con/at et compris1 autant que la *ose e/ possible1 on a la clef de t\te la philosophie de ,hegel1 et l'on s'y meut avec lib]t4 ,ce p>adoxe3 ,l'tre rel n'e/ autre *ose que ce que n\s p5sons qu& n\s compr5ons le s5s du v]be tre1 il e/ impliqu1 je le rpte1 dans t\t rationalisme consqu5t4 ,hegel se croyait autoris l'avanc] p> la ?orie de la connaissance que je v\s ai rsume1 et dont le rsultat vritable1 c'e/ qu'il n'y a d'objet p\r n\s que dans notre p5se4 ,hegel a dvelopp la mme ?orie1 con=mm5t aux beso9s de son sy/me1 dans son livre de la ,phnomnologie de l'esprit4 ,il n'e/ pas impossible d'admettre ce rsultat de l'analyse et de l'ent5dre autrem5t que ,hegel2 mais l'int]prtation de ,hegel tait logiquem5t trop naturelle p\r ne pas se faire j\r3 ,comme ri5 n'e/ p\r n\s que ce que n\s p5sons1 l'tre e/ tel que n\s le p5sons4 ,l'tre univ]sel1 ,grecto onts o1 c'e/ ce que n\s ent5dons p> tre1 c> ce que la p5se voit dans les *oses con/itue l'intimit de leur sub/ance4 ,cep5dant1 ,messieurs1 j'exagre desse9 le p>adoxe p\r fix] votre att5tion1 et si je m'arrtais ici on p\rrait m'accus] d'avoir expos comme le pr9cipe de l'idalisme mod]ne le vieux pr9cipe du grec ,p>mnide4 ,c'e/1 en effet1 sur l'id5tification de l'tre objectif et de la notion ab/raite d'tre que se fond5t ces v]s fameux3 ,pome ,grec4#dg ,note #dg3 c\te donc att5tivem5t ce que je te dis2 quelles sont les seules voies de l'inve/igation qui re/5t connatre8 celle-ci1 que t\t e/1 et que le non-tre e/ impossible2 tel e/ le *em9 de la c]titude1 c> la vrit s'y tr\ve4 ,mais celle-ci3 ,quelque *ose n'e/ pas1 le non-tre e/ ncessaire1 je te la signale comme la voie de l'erreur qu'il ne faut pas suivre2 c> le non-tre ne peut tre ni connu1 ni saisi2 p]sonne n'a pu dire ce qu'il e/4 ,le sy/me de ,hegel n'e/ pas le mme1 assurm5t1 que l'latisme1 mais il se dveloppe en p>tant de la mme donne4 ,n\s en avons =mul le premi] axiome en disant3 ,ce qui e/1 c'e/ la qualit d'tre4 ,p\r tre ju/e1 il faut complt] la p5se comme suit3 ,ce qui e/1 c'e/ la qualit d'tre1 et t\tes les autres qualits qu'une bonne logique montre impliques dans celle d'tre1 c'e/--dire dont une bonne logique fait voir qu'elles doiv5t ncessairem5t s'aj\t] la qualit d'tre p\r que l'affirmation de celle-ci soit possible et ne r5f]me pas de contradiction4 ,la vritable df9ition de ce qui e/ s]a donc le rsultat de t\te la logique4 ,v\s voyez que1 dans le sy/me de ,hegel1 la logique se confond avec la mtaphysique et presque avec la ?ologie spculative4 ,hegel veut dtruire l'opposition que la logique ord9aire tablit entre la sub/ance et l'attribut4 ,la logique ord9aire reprs5te les attributs comme ratta*s je ne sais quel noyau opaque absolum5t inconnu1 qu'elle appelle l'tre ou la sub/ance4 ,d'aprs ,hegel1 ce po9t de vue1 dont il e/ bi5 difficile notre esprit de s'affran*ir1 n'e/ p\rtant qu'une erreur4 ,le noyau opaque e/ une illusion3 t\t e/ transp>5t1 la sub/ance concrte n'e/ autre *ose que la somme de t\tes les qualits dans la ncessit logique de leur en*anem5t4 ,mais1 ,messieurs1 l'ensemble des qualits d'un tre s'exprime p> la df9ition de cet tre4 ,l'ensemble des qualits d'un tre telles que n\s les concevons1 en =me l'ide1 le concept4 ,hegel p5se donc que l'tre rel consi/e dans l'ensemble des qualits que sa df9ition r5f]me4 ,l'tre rel e/ le concept4 ,l'tre absolu e/ l'ensemble des qualits qu'il faut ncessairem5t concevoir p\r concevoir l'tre exi/ant p> lui-mme1 le concept absolu ou l',ide4 ,a9si l'absolu c'e/ l',ide4 ,ce qui e/1 ce n'e/ donc pas simplem5t la qualit ab/raite d'tre1 mais cette qualit ab/raite e/ la base1 la premire qualit de l'tre p>fait1 qui e/ l',ide4 ,la logique se compose d'une srie de df9itions de l'absolu ou de df9itions de ,dieu1 qui se rfut5t les unes les autres4 ,a9si la logique rsume dans le m\vem5t d'une seule intellig5ce t\te l'hi/oire de la philosophie c> la succession des sy/mes revi5t la succession de ces df9itions4 ,et ce dveloppem5t hi/orique et logique la fois de la p5se huma9e1 reproduit fidlem5t l't]nel dveloppem5t de l'objet que la p5se huma9e s'ef=ce d'embrass]4 ,considre en elle-mme1 la logique e/ la vie de ,dieu4 ,l'absolu e/ donc l'tre1 le fait d'tre2 mais l'tre absolum5t indt]m9 n'e/ ri52 l'absolu n'e/ donc ri51 bi5 qu'il soit2 mais l'tre et le nant se concili5t dans le dev5ir1 c> ce qui devi5t1 pr5dre le mot au s5s absolu1 n'e/ pas1 puisqu'il devi5t seulem5t1 et cep5dant l'on ne peut pas non plus lui refus] t\te exi/5ce3 l'absolu e/ donc le dev5ir4 ,la contradiction se manife/ant dans l'ide ab/raite de dev5ir1 comme elle s'e/ produite dans l'ide ab/raite d'tre1 conduit de n\velles dt]m9ations1 et a9si de suite jusqu' la f9 de la logique4 ,en voici1 ,messieurs1 le rsultat df9itif1 dans une =me imp>faite peut-tre1 mais saisissable3 ,l'absolu e/ l'activit inf9ie qui se p>ticul>ise incessamm5t dans des =mes f9ies1 p\r manife/] p> l son inf9it en dtruisant ces =mes passagres et en se compr5ant elle-mme p> cette de/ruction comme la ralit de t\tes1 comme l'activit inf9ie1 qui les produit et les engl\tit t\r t\r4 ,telle e/ la seule manire dont il soit possible1 selon ,hegel1 de concevoir l'tre exi/ant p> lui-mme4 ,t\tes les df9itions prcd5tes1 considres comme exprimant l'absolu1 impliqu5t des contradictions qui oblig5t l'esprit les complt] en les trans=mant4 ,mais il e/ ais de reconnatre que la =mule laquelle n\s n\s sommes arrts1 df9it ou dcrit le procd de l'intellig5ce4 ,l'absolu e/ donc conu p> ,hegel comme intellig5ce ou plutt comme la =me pure de l'intellig5ce1 c> qui dit intellig5ce dit sujet1 sub/ance1 dans le s5s dont ,hegel ne veut plus ent5dre p>l]4 ,l'absolu n'e/ pas une ess5ce qui se p>ticul>ise1 mais l'acte mme de la p>ticul>isation et du ret\r l'id5tit4 ,v\s reconnaissez le disciple fidle de ,fi*te1 qui ne reconnat pas l'tre et ne voit p>t\t que des lois4 ,l'ide de ,hegel e/ une loi1 la loi des lois4 ,son ,dieu e/ la logique univ]selle1 la logique des *oses2 il ne reconnat d'autre ,dieu que celui-l4 ,,note ,les lecteurs auxquels le po9t de vue de l'idalisme allem& n'e/ pas famili]1 tr\v]ont de prcieux claircissem5ts sur le sujet de cette leon dans le livre de la ,philosophie allem&e de ,m4 ,c4 de ,rmusat1 p>ticulirem5t dans l'article sur la philosophie de ,hegel1 pages1 ,,cxii ,,cxxxv4 ,,d\zi,,me ,,le,,on4 ,le sy/me de ,hegel ab\tit la pure ncessit logique4 ,s'il ne conduit pas au rsultat que n\s *]*ons1 sa m?ode peut n\s aid] y arriv]4 ,c>actre de cette m?ode3 ,t\te notion ab/raite appelle son contraire4 ,la vrit e/ dans la conciliation des t]mes opposs4 ,la vrit logique de cette proposition =t anci5ne e/ indp5dante de l'application qu'elle reoit dans l'idalisme absolu4 ,on a t5t d'appliqu] la m?ode de ,hegel la =mation d'un sy/me de philosophie qui1 consacrant la p]sonnalit div9e et la lib]t huma9e1 satisf]ait les beso9s moraux de l',humanit4--,la ncessit provid5tielle d'un ret\r de la philosophie aux ides *rti5nes e/ m>que p> le m\vem5t des esprits qui t5d au r5v]sem5t des glises tablies et de l'autorit traditionnelle4--,n\veau sy/me de ,m4 de ,s*ell+4 ,ce sy/me1 aussi anci5 que celui de ,hegel1 se propose comme le hegelianisme d'expliqu] le fait du progrs1 tel qu'il se prs5te comme rsultat de la philosophie de la ,nature4 ,messieurs1 ,n\s avons dit qu'en d]nire analyse le pr9cipe absolu de ,hegel e/ la loi logique1 qui rgit le ,monde et se manife/e successivem5t dans la nature1 dans l'hi/oire et dans la p5se4 ,je n'ai pas le desse9 de p\rsuivre l'explication de la philosophie hegeli5ne au del de ce po9t dcisif1 et de montr] quelles difficults l'assimilation des notions de sub/ance et de loi prp>e l'intellig5ce lorsqu'il s'agit d'expliqu] l'exi/5ce du monde s5sible4 ,en vrit1 le dualisme fatal de la philosophie grecque n'e/ pas va9cu p> celle-ci2 le pr9cipe ngatif1 matriel1 le ,grec3 m on y e/ dguis1 il n'en e/ pas extirp2 en le niant1 ,hegel le suppose1 p>ce qu'il ne saurait s'en affran*ir4 ,la manire dont ,hegel opre le passage de l'idal au rel ressemble plus de la pre/idigitation qu' de la dialectique srieuse4 ,mais1 de peur d'allong] le *em91 je n'essay]ai pas de ju/ifi] ces allgations1 non plus que d'exam9] dans leur ensemble les consqu5ces du hegelianisme4 ,je m'en ti5s ce qui n\s importe1 la "q de la lib]t4 ,il e/ clair1 ,messieurs1 que si le pr9cipe de t\tes *oses e/ une loi logique ou1 p\r r5dre cette ide intelligible1 au risque de l'altr]1 une =ce dont le dveloppem5t n'a d'autre rgle que la logique1 et d'autre f9 que de manife/] la maje/ des lois logiques dans l'esprit huma9 qu'elle produit cet effet2 le sy/me de l'univ]s e/ un sy/me de ncessit o la lib]t n'a po9t de place1 c> la ncessit logique e/ la ncessit p> excell5ce4 la vrit1 ,hegel p>le frquemm5t et non sans quelque affectation de la lib]t de l',ide2 mais il ent5d p> l simplem5t que le dveloppem5t de l',ide e/ t\t spontan2 le mot lib]t ne signifie jamais dans sa b\*e que l'abs5ce de contra9te1 non l'abs5ce de ncessit4 ,au contraire1 la lib]t vritable se confond p\r lui avec la ncessit absolue4 ,la mtaphysique de ,hegel ne n\s donne donc po9t ce que n\s *]*ons4 ,si n\s la comp>ons celle de ,s*ell+ et surt\t celle de ,fi*te1 lo9 de voir en elle un progrs dans le s5s de la lib]t1 n\s s]ions port la considr] comme un pas rtrograde4 ,cep5dant1 ,messieurs1 il ne faut ri5 exagr]1 et surt\t ri5 oubli]4 ,hegel aussi a fait une oeuvre positive4 ,il apporte mieux qu'une pi]re l'difice1 il apporte un levi] n\veau p\r aid] les travailleurs4 ,n\s l'avons dj dit1 le gr& ct de son sy/me n'e/ pas le rsultat1 mais la m?ode4 ,si le rsultat de ,hegel e/ la ngation de t\te lib]t1 d'o suit1 p> une consqu5ce qu'il a dsav\e1 mais qui n'app>at que trop manife/em5t auj\rd'hui1 la ngation de t\te morale1 n\s ne p\vons pas en conclure avec c]titude que la m?ode hegeli5ne soit incapable de port] d'autres fruits4 ,p\r en jug]1 il faudrait t\t au mo9s r5\vel] l'preuve2 mais d'abord il faut *]*] se faire une ide exacte de cette m?ode clbre4 ,p]mettez-moi donc de l'exam9] un mom5t4 ,si n\s considrons la m?ode de ,hegel en elle-mme1 ab/raction faite de t\te supposition prlim9aire1 il e/ facile de reconnatre qu'elle consi/e dans l'application de l'ide du procs1 de ,s*ell+1 la p5se logique4 ,hegel1 p>tant de l'ide que t\t e/ vie dans l'esprit1 ne peut considr] les catgories que comme un rsultat de cette vie4 ,la vie de l'esprit1 qu'il s'agisse de l'esprit inf9i1 de l',ide1 ou de l'esprit individuel1 la vie de l'esprit consi/e produire les catgories4 ,p\r compr5dre la valeur des notions logiques1 p\r leur assign] leur vraie place1 il faut donc les saisir dans l'acte mme de l'esprit qui les fait tre2 au lieu d'en con/at] simplem5t la prs5ce1 il faut les crer une seconde fois4 ,il faut donc p>tir de l'ide gnrale la plus simple1 la plus pauvre1 la plus vide possible1 de ce m9imum de p5se sans lequel il n'y aurait po9t de p5se2 il faut vid] le vase af9 d'obs]v] comm5t il se remplit4 ,eh bi51 ,messieurs1 ce qui re/e au fond du vase1 aprs qu'on l'a vid1 ce qui e/ impliqu dans t\tes les autres ides et ce qui ne peut pas ne pas tre p5s1 du mom5t o l'on p5se1 c'e/ l'tre dans la pure ab/raction de son ide lm5taire4 ,le pr9cipe de m\vem5t qui =ce le vase se remplir de n\veau1 c'e/ la contradiction4 ,t\te ide ab/raite1 isolm5t considre1 r5f]me une contradiction qui oblige l'esprit la complt] p\r la cons]v]4 ,elle conti5t sa propre ngation ou le contraire d'elle-mme2 l'esprit se meut ncessairem5t trav]s une srie de t]mes contraires qui se rfut5t rciproquem5t4 ,*acun des deux a p\rtant sa vrit2 l'esprit ne peut ab&onn] ni l'un ni l'autre1 ils lui sont galem5t indisp5sables4 ,p\r les cons]v] il faut qu'il les concilie1 et s'il p\rsuit son volution naturelle1 il f9it p> les concili] en effet dans une troisime ide1 plus relle1 plus concrte1 expression plus fidle de la vrit1 o le tran*ant de l'opposition premire subsi/e sans russir t\tefois dtruire les t]mes opposs4 ,on a donc tort de =mul] le premi] pr9cipe de la logique en disant3 ,il e/ impossible que ,a soit et ne soit pas1 ou3 il e/ impossible que l'esprit admette la vrit simultane de deux propositions contradictoires4 ,il faudrait dire3 ,il e/ impossible que ,a soit et ne soit pas dans un s5s absolu1 il e/ impossible que ,a et-,a subsi/5t la fois s'ils ne sont compris dans ,b2 impossible1 en un mot1 que l'esprit admette l'exi/5ce simultane de deux t]mes contradictoires sans les subordonn] l'un et l'autre un troisime4 ,l'opration de la p5se qui relve la contradiction inhr5te *aque ide et t5d a9si p\r son compte la dtruire1 s'appelle la dialectique4 ,la fonction p> laquelle l'esprit saisit intuitivem5t la manire dont les t]mes de l'opposition peuv5t se concili]1 l'ide suprieure dans laquelle ils coexi/5t1 e/ la spculation1 dans le s5s le plus troit de ce mot4 ,a9si1 p\r n\s en t5ir l'exemple dj cit1 l'tre ab/rait e/ une conception ncessaire et p> consqu5t une conception vraie2 il n\s e/ impossible de ne pas p5s] l'tre et de ne pas affirm] qu'il e/4 ,c'e/ la ?se commune t\s les esprits4 ,mais l'tre1 au s5s absolu du mot1 e/ compltem5t indt]m92 n\s ne saurions dire en quoi l'tre consi/e1 sans lui donn] des attributs qui impliqu]ai5t la ngation des attributs contraires2 or l'tre absolu ne comporte aucune ngation2 il e/ donc absolum5t impossible de dire ce qu'il e/1 c'e/--dire qu'il n'e/ ri54 ,voil l'anti?se dialectique4 ,l'tre absolu n'e/ ri51 en effet1 et cep5dant il e/1 c> il devi5t quelque *ose2 l'tre et le nant coexi/5t dans le dev5ir4 ,en tant qu'absolu1 l'tre n'e/ ri51 mais il devi5t t\t2 il e/ la puissance inf9ie du dev5ir2 telle e/ la premire syn?se spculative qui1 v\s le dev9ez aism5t1 donne le ton t\t le sy/me4 ,l',ide absolue que n\s tr\vons comme rsultat df9itif et suprme1 n'e/ autre *ose que cette puissance du dev5ir dont la notion se complte et se prcise p> l'indication de la =me et des phases de son dveloppem5t4 ,c'e/ la gloire de ,hegel d'avoir signal la loi de cette logique intrieure p> laquelle les ides univ]selles a priori surgiss5t1 p\r a9si dire1 t\tes seules et se dispos5t1 en se =mant1 selon leur ordre vritable4 ,du re/e1 le pr9cipe de cette dc\v]te1 l'ide que t\te proposition mtaphysique absolue appelle irrsi/iblem5t la proposition contraire et que la vrit rside dans la syn?se de ces contraires1--cette ide fconde a t plus ou mo9s clairem5t ap]ue dans t\s les temps4 ,les lates et ,platon 7p\r ne pas remont] jusqu' ,py?agore7 ont =t bi5 connu la dialectique et l'ont manie avec vigueur4 ,le t]naire de la ?se1 de l'anti?se et de la syn?se e/ la m?ode de ,proclus2 analogie qui n'e/ pas l'une des mo9dres causes de l'admiration des ,hegeli5s p\r l'cole d',alex&rie4 ,la dialectique1 au s5s que ce mot pr5d ici1 e/ aussi vieille que la philosophie2 mais1 p5dant quelque temps1 elle p>ut oublie4 ,elle rev5diqua bi5tt sa place2 on en tr\ve *ez ,kant des applications rem>quables4 ,fi*te et ,s*ell+ s'en s]v5t comme d'une m?ode con/ante1 mais ils n'en avai5t pas trac les lois1 et peut-tre e/-il vrai de dire que ,hegel s'en r5dit un compte plus exact que ses devanci]s4 ,comme ces d]ni]s et comme ,platon1 il applique rsolum5t le procd dont n\s v5ons d'indiqu] le mcanisme1 la solution du problme mtaphysique4 ,sans adopt] entirem5t le pr9cipe idali/e sur lequel ,hegel se fonde1 on peut reconnatre le droit qu'il avait d'en us] a9si4 ,ce droit repose sur la conviction qu'il y a un inf9i et que la connaissance de l'inf9i ne peut v5ir que du d$ans1 conviction que ,desc>tes exprimait en disant3 ,je tr\ve en moi-mme l'ide d'un tre p>fait1 donc il exi/e un tel tre4 ,desc>tes avait raison2 l'ide de l'tre p>fait se tr\ve en n\s-mme1 mais non pas1 je l'ai dj dit1 au db de t\te rflexion1 sans prp>ation et sans travail4 ,l'ide que n\s tr\vons a9si1 celle que n\s ne saurions pas ne pas avoir1 dont n\s ne p\vons pas faire ab/raction1 n'e/ pas la notion complte de l'tre p>fait1 quoiqu'elle en =me un lm5t2 lo9 d'tre la plus p>faite des ides univ]selles1 cette premire notion a priori e/ la mo9dre de cet ordre4 ,l'ide vraie de l'tre p>fait doit rsult]1 ceci e/ une donne du bon s5s1 du ple9 dveloppem5t de l'lm5t a priori de notre intellig5ce4 ,ce n'e/ pas celle dont il n'y a pas moy5 d'ab/raire1 c'e/ celle au-dessus de laquelle il e/ impossible de s'lev]4 ,la premire notion ontologique e/ celle de l'tre dans son ab/raction2 la d]nire s]a celle qui a surmont t\tes les contradictions qui s'oppos5t ce qu'elle subsi/e dans la p5se d'une manire indp5dante1 et1 p> consqu5t1 ce qu'on puisse y voir la df9ition de l'tre qui subsi/e rellem5t d'une manire indp5dante4 ,a9si la d]nire ide de la mtaphysique e/ celle de l'tre qui possde en lui-mme t\tes les conditions de l'exi/5ce ou de l'tre inconditionnel4 ,la m?ode de ,hegel tr\ve donc les titres de sa lgitimit dans la con/itution mme de l'esprit huma94 ,quant au rsultat il n'a ri5 d'absolum5t df9itif4 ,il e/ =t possible que le t]me auquel ,hegel s'e/ arrt ne soit pas le vritable a*vem5t de la logique spculative1 soit que t\s les int]mdiaires p> lesquels il passe ne possd5t pas une gale valeur1 soit qu'il y ait encore dans l'ide absolue de ,hegel le g]me d'une contradiction que l'auteur n'aurait pas ap]ue et qui n\s =c]ait p\ss] au del1 suppositions qui1 du re/e1 ne s'exclu5t po9t l'une l'autre4 ,plusieurs philosophes contempora9s en ont a9si jug4 levs dans la discipl9e de ,hegel et dom9s p> l'influ5ce irrsi/ible de sa dc\v]te1 ils ont espr s'avanc] plus lo9 que leur matre en suivant le mme *em91 p>ce que la valeur de la m?ode dialectique tait dev5ue vid5te leurs yeux p> l'habitude de s'en s]vir1 t&is que d'autres considrations1 plus ou mo9s sci5tifiques1 de l'ordre de celles que n\s avons prs5tes au db de ce c\rs1 les portai5t croire que le b e/ effectivem5t plus loign4 ,ils ont donc1 les uns p\rsuivi1 les autres recomm5c le travail de la logique spculative1 p\r tablir que la seule ide de l'tre dans laquelle il ne re/e plus de contradictions n'e/ pas l'absolue ncessit de l'intellig5ce1 mais l'ide d'un pr9cipe moral1 d'un pr9cipe de volont libre1 susceptible de recevoir le nom de ,dieu4 ,ne p\vant entr] ici dans aucun dtail sur leurs doctr9es1 il p>at sup]flu de les numr]2 mais leur exemple v\s montre dans quel s5s la m?ode de ,hegel peut tre un moy5 d'arriv] la philosophie de la lib]t4 ,les hommes qui1 les premi]s dans notre sicle1 ont dirig de ce ct la p5se mtaphysique1 sont ,f4 ,baad]1 comm5tateur +nieux et biz>re du my/icisme de la ,r5aissance1 puis1 ,messieurs1 l'illu/re auteur de la philosophie de la ,nature1 ,m4 de ,s*ell+4 ,au po9t de vue logique1 cette trans=mation du pr9cipe premi] et p> l de la philosophie t\t entire1 e/ un progrs vritable2 n\s essay]ons de le dmontr]4 ,au po9t de vue de la philosophie de l'hi/oire1 c'e/ un ret\r1 brusque en app>5ce1 mais en ralit prp> de div]ses manires1 la vrit sub/antielle sur laquelle se fonde la civilisation mod]ne1 que la p5se mod]ne a p\r mission de s'assimil]1 et dont la sci5ce hte son insu l'laboration1 alors mme qu'elle s'en loigne et qu'elle la r5ie4 ,avant qu'un tel ret\r et lieu1 il fallait1 semble-t-il1 que t\tes les autres voies euss5t t t5tes4 ,l'esprit mod]ne n'e/ rev5u son orig9e que p> la ncessit con/ante d'avanc]1 et p> l'impossibilit de le faire autrem5t4 ,mais ici1 comme p>t\t sans d\te1 la ncessit n'e/ qu'une =me que revt l'action de la volont div9e4 ,la re/auration du pr9cipe *rti5 dans la philosophie e/ un fait provid5tiel4 ,en rappro*ant cet vnem5t du m\vem5t gnral des p5ses et des *oses dans notre poque1 on en dc\vre le s5s4 ,n\s vivons au milieu d'une rvolution dont le comm5cem5t date de la jeunesse de nos pres4 ,une rvolution1 c'e/ l'hi/oire qui f9it et qui recomm5ce4 ,la p5se mod]ne trav]se1 elle aussi1 les crises d'une rvolution2 mais1 incapable de se donn] un po9t de d"p elle-mme1 elle ne saurait1 sans se dtruire1 rpudi] absolum5t celui qu'elle a reu4 ,la sub/ance de notre p5se1 la s\rce fconde de nos moeurs1 de nos lois1 de nos arts1 de t\te cette civilisation qu'on a pu branl]1 mais qu'on ne remplace pas1 v\s convi5drez1 ,messieurs1 que c'e/ le *ri/ianisme4 ,il faut l'accord]1 p\r peu que l'on exam9e les faits sans prv5tion1 quelque op9ion qu'on ait d'ailleurs sur ce gr& vnem5t et sur cette gr&e doctr9e4 ,le *ri/ianisme a rgn longtemps comme fait social sur le fondem5t de l'autorit1 s'imposant aux consci5ces individuelles et les dom9ant avant de les trans=m]4 ,auj\rd'hui le *ri/ianisme social t5d s'effac]1 t\tes les =mes de la foi d'autorit sont branles4 ,l'oeuvre que la ,r=me a comm5ce sans le v\loir1 en proclamant le droit de *aque fidle int]prt] les sa9tes critures1 la philosophie et la ,rvolution franaise l'ont m5e f94 ,la philosophie du ,x,v,i,ime sicle a rep\ss la tradition1 p>ce qu'elle ne v\lait pas en t5ir compte4 ,la philosophie du ,x,v,i,i,ime sicle a rep\ss la tradition1 p>ce qu'elle en avait p]du le s5s et la t5ait p\r une impo/ure4 ,la philosophie du ,x,i,xme sicle rep\sse la tradition1 p>ce qu'elle croit l'avoir absorbe4 ,elle se flatte de possd] dans ses =mules l't]nelle vrit du *ri/ianisme1 et nie le fait hi/orique1 qu'elle e/ime en contradiction avec ce *ri/ianisme t]nel4 ses yeux il ne saurait y avoir de rvlation dans le s5s d'un dialogue entre ,dieu et l'esprit huma91 puisque son ,dieu1 elle1 n'acqui]t la facult de p>l] qu'en dev5ant lui-mme l'esprit huma92 mais la tradition *rti5ne s'explique p\r elle comme un my! successivem5t labor selon les lois con/antes de l'intellig5ce1 qui1 dans son premi] m\vem5t1 saisit t\j\rs la vrit s\s la =me de my!4 ,je suis lo9 d'accept] les ?ses de la critique ngative de/9es ju/ifi] cette int]prtation en pr\vant que les livres de l'vangile ne sont pas au!ntiques2 mais elles p>aiss5t assez plausibles p\r suggr] un d\te des esprits imp>tiaux4 ,quoi qu'il en soit1 en r5onant t\te autre autorit que celle de la ,rvlation crite1 le prote/antisme s'e/ impos la t*e de pr\v] sci5tifiquem5t l'au!nticit de cette ,rvlation et de fix] son cont5u2 en faisant du *ri/ianisme une affaire individuelle1 il a impos le mme devoir t\s les *rti5s pris individuellem5t2 mais1 lo9 que *aque membre de l'glise soit capable d'accomplir une oeuvre p>eille1 elle surpasse peut-tre les =ces des plus savants et des plus sages4 ,a9si la ,r=me du ,x,v,ime sicle1 en se fondant sur l'autorit et en tablissant la ,rvlation crite comme autorit exclusive1 se plonge dans des emb>ras insolubles qui t5d5t au r5v]sem5t de t\te espce d'autorit4 ,les hommes s9cres se mettront facilem5t d'accord sur ces faits1 mais ils n'en tir]ont pas t\s les mmes consqu5ces4 ,en rappro*ant cette situation du prote/antisme des trans=mations que subit l'glise roma9e et du m\vem5t gnral des esprits1 les incrdules s]ont fonds p5s]1 en dpit de quelques ractions passagres1 que le *ri/ianisme se meurt4 ,ceux qui croi5t le *ri/ianisme immortel jug]ont que la crise prs5te n'atte9dra pas la sub/ance div9e de la religion1 mais seulem5t ses rapports avec la socit et son intellig5ce sci5tifique4 ,la religion ne saurait dev5ir une "q p\r eux1 mais bi5 l'glise et la ?ologie1 graves problmes dont on n'a pas t\j\rs assez compris la solid>it4 ,si le *ri/ianisme lgal et social se dcompose1 s'ils voi5t les ef=ts t5ts p\r arrt] cette dissolution conspir] la r5dre plus rapide1 ils en concluront que le mom5t du *ri/ianisme individuel e/ v5u1 et1 sans s'effray] de leur petit nombre1 ils remplac]ont l'tablissem5t d'autrefois1 qui n'e/ plus auj\rd'hui qu'un m5songe1 p> la libre association4 ,s'ils r5contr5t de gr&s ob/acles dans la t5tative de lgitim] sci5tifiquem5t la valeur de l'autorit commune t\s les fidles1 ils se rfugi]ont sur le t]ra9 o leur conviction p]sonnelle s'e/ aff]mie1 et concluront de la foi la ,bible comme on a conclu jusqu'ici de la ,bible la foi4 ,le *rti5 prote/ant qui veut demeur] fidle au prote/antisme1 e/ oblig de *]*] les raisons de sa croyance au-dessus de la sphre o se meut la critique4 ,et la "q n'e/ pas p>ticulire au prote/antisme3 ,ce que la philosophie conte/e1 c'e/ la possibilit mme d'une ,rvlation4 ,si la religion veut cons]v] un rapport positif avec la sci5ce1 s'il doit subsi/] encore une sci5ce de la religion1 c'e/ la possibilit d'une ,rvlation qu'il faut pr\v]4 cet effet il e/ beso9 d'une philosophie assez leve1 assez comprh5sive1 p\r mettre le pr9cipe de la religion rvle1 la libre p]sonnalit de ,dieu l'abri des objections du pan?isme2 en tablissant la supriorit de ce pr9cipe sur le pr9cipe du pan?isme4 ,qu'il s'agisse de la ,rvlation comme fait hi/orique1 ou du cont5u de cette ,rvlation qu'il faut concili] avec elle-mme p\r l'accept] srieusem5t et t\t entire1 c'e/ t\j\rs au pr9cipe univ]sel qu'il faut remont]1 c'e/ t\j\rs une philosophie qu'il faut acqurir4 ,la preuve traditionnelle a p\r corrlatif une religion sociale2 la preuve d'expri5ce p]sonnelle1 indisp5sable la ralit de la foi1 ne produit qu'une conviction incommunicable4 ,p\r se ma9t5ir sur le t]ra9 de la libre discussion1 la religion *]*]a ses titres dans des vrits univ]sellem5t dmontrables1 c'e/--dire que la philosophie reproduira1 sans l'altr]1 le pr9cipe de la religion1 et que la ?ologie1 son t\r1 se fond]a dsormais sur la philosophie4 ,telle e/1 ce n\s semble1 la seule manire dont le *ri/ianisme puisse re/] deb\t dans la situation prs5te de l'humanit et cons]v] sa valeur univ]selle1 t\t en dev5ant p>faitem5t individuel4 ,si le *ri/ianisme e/ t]nel1 cette m>*e s]a suivie4 ,n\s voyons qu'en effet la p5se *rti5ne s'apprte la suivre4 ,ce n'e/ pas le *ri/ianisme qui s'en va1 c'e/ la foi d'autorit4 ,les fondem5ts de l'autorit s'branl5t1 il e/ vrai1 mais p\rquoi8 ,t\t simplem5t p>ce que l'autorit n'e/ plus ncessaire du mom5t o l'esprit huma9 e/ arriv au po9t de reconnatre librem5t dans le *ri/ianisme le moy5 de satisfaire ses beso9s intellectuels aussi bi5 que ses beso9s moraux4 ,le passage de la foi d'autorit cette libre s\mission fonde sur des motifs intrieurs ne saurait s'effectu] sans une crise d'autant plus =te que l'acceptation du *ri/ianisme suppose t\j\rs un s5tim5t plus ou mo9s vif du mal auquel il apporte un remde1 c'e/--dire un dveloppem5t plus ou mo9s complet de la consci5ce morale d'o suit qu'elle re/e l'affaire d'un petit nombre4 ,jadis le prjug plaidait p\r le *ri/ianisme1 ma9t5ant il lui e/ contraire1 et c'e/ t\j\rs une position difficile que d'avoir le prjug p\r ennemi4 ,cep5dant une foi s9cre v]ra l plus de sujet de se rj\ir que de s'afflig]1 et n'aura pas de pe9e s'expliqu] comm5t il arrive qu'au mom5t o les in/itutions *rti5nes s'branl5t et s'affaiss5t1 la p5se philosophique ret\rne au pr9cipe *rti54 ,les convictions philosophiques dont je p>le se sont =mes p> un m\vem5t assez naturel4 ,la philosophie idali/e o le criticisme vi5t ab\tir1 e/ comme un t\rbillon =m p> des v5ts opposs4 ,elle tait ncessairem5t obscure1 cette philosophie1 p>ce qu'elle tait quivoque2 elle p\vait se dvelopp] dans plusieurs directions contraires4 ,t\tes ces directions devai5t tre suivies1 t\tes les possibilits devai5t se manife/]4 ,le trait dom9ant de la philosophie dont n\s p>lons e/ le pan?isme4 ,le sujet et l'objet1 l'homme qui p5se et la vrit1 n'avai5t t jets p> ,kant une di/ance inf9ie l'un de l'autre que p\r se runir aussitt plus troitem5t de l'autre ct4 ,cette runion fut d'abord une absorption de l'un des t]mes p> l'autre4 ,le sujet et l'objet fur5t confondus4 ,on reconnut que t\tes nos conceptions vi5n5t de n\s-mmes1 que le sujet produit l'objet1 que la p5se cre ,dieu comme elle cre le monde4 ,en dgageant cette doctr9e de l'analyse sur laquelle elle se base1 p\r n\s atta*] au rsultat1 seul intelligible p\r le gr& nombre1 n\s dirons1 en un mot1 qu'elle enseigne l'id5tit de la p5se huma9e et du pr9cipe absolu4 ,mais cela mme e/ obscur4 ,la raison e/ ?ogonique1 la bonne heure6 l'hi/oire semble le pr\v]4 ,mais cette cration idale e/-elle une cration proprem5t dite ou le ret\r naturel de l'me ,dieu8 ,la "q re/e en susp5s4 ,l'idalisme p\vait se dvelopp] dans le s5s d'une an?ropologie a?e ou rev5ir la ?ologie4 ,l'id5tit de la p5se et du pr9cipe univ]sel prs5tait d'abord la signification suivante3 ,il n'y a po9t de ,dieu1 mais t\t e/ div91 et ce qu'il y a de plus div91 l'ess5ce1 l'intellig5ce1 le c5tre de t\t1 c'e/ moi1 qui ai compris cette vrit pr(onde4 ,ri5 n'e/ plus div9 que l'homme et t\t e/ div9 dans l'homme1 t\tes ses t5dances1 t\tes ses passions1 t\tes ses p5ses1 et sa *air1 sans laquelle il n'y aurait pas de p5se4 ,l'idalisme p\vait se dvelopp] dans cette direction2 aussi l'a-t-il fait4 ,c'e/ la consqu5ce la plus logique peut-tre des sy/mes de ,s*ell+ et de ,hegel2 quelques naturali/es assez connus l'ont tire des premi]s travaux de ,s*ell+2 h>dim5t pr*e p> une fraction puissante de l'cole hegeli5ne1 elle e/ dev5ue la religion des lettrs dans une gr&e p>tie de l',allemagne4 ,il n'tait pas trs-difficile de prvoir ce qui devait sortir de l4 ,mais l'idalisme1 je le rpte1 p\vait accomplir son volution autrem5t1 et ram5] la p5se ,dieu4 ,il y t5d p> l'effet de cet in/9ct qui porte l'esprit huma9 ne pas ab&onn] ,dieu p\r ne pas re/] orphel9 sur la t]re4 ,la logique ne le contra9t pas le faire1 mais la logique le lui p]met1 et cela suffit4 ,le criticisme et le pan?isme sont un d\ble foss qu'il fallait fran*ir p\r arriv] d'une philosophie qui laissait la religion hors de sa sphre et d'une religion qui laissait hors de soi la p5se1 l'intellig5ce spculative de l'ide *rti5ne4 ,le ret\r du pan?isme la religion fait l'intrt pr9cipal de la n\velle philosophie de ,m4 de ,s*ell+1 qui s'lve sur la base du pan?isme4 ,le n\veau sy/me de ,m4 de ,s*ell+ =me une articulation importante dans la srie de p5ses qui n\s occupe4 ,il mrite de notre "p une att5tion trs-srieuse4 ,quoique insuffisants1 les r5seignem5ts publis jusqu'ici sur cette doctr9e sont assez nombreux et assez t5dus p\r me p]mettre de v\s en entret5ir sans indiscrtion4 ,je rectifi]ai de mon mieux1 d'aprs mes s\v5irs1 ce qu'il peut y avoir d'inexact dans ces expositions4 ,je s]ais mme autoris les complt]1 mais le plan que n\s n\s sommes trac m'emp*e de pr(it] auj\rd'hui comme je le v\drais de cette faveur prcieuse4 ,je suis oblig de m'atta*]1 ici encore1 au po9t c5tral du sy/me1 sans abord] les applications magnifiques que ,m4 de ,s*ell+ en fait la philosophie de l'hi/oire4 ,c'e/ un malheur p\r v\s1 ,messieurs1 c> ces applications donn]ai5t de l'intrt et du *>me aux ab/ractions mtaphysiques dont v\s me repro*ez peut-tre dj l'excs4 ,c'e/ presque une inju/ice vis--vis de mon noble matre1 qui voit avec raison dans l'int]prtation des faits la pi]re de t\*e de son pr9cipe4 ,que la ncessit soit mon excuse p\r un tort qu'il me s]ait bi5 d\x de rp>] le plus tt possible4 ,ce qu'on appelle la n\velle philosophie de ,m4 de ,s*ell+ e/1 proprem5t p>l]1 l'oeuvre de t\te sa vie4 ,il en fit connatre les bases il y a qu>ante ans1 peu prs au mom5t o ,hegel1 qui jusqu'alors avait t son collaborateur1 entrait dans une direction plus indp5dante4 ,le premi] crit o se rvl5t clairem5t les t5dances actuelles de ,m4 de ,s*ell+1 e/ dat de #ahji4 ,c'e/ une diss]tation t5due et appr(ondie sur la manire dont le pr9cipe de la mtaphysique doit tre compris p\r donn] une place la lib]t huma9e4 ,alors dj l'illu/re philosophe avait clairem5t ap]u la vrit qui n\s s]t de b\ssole1 savoir que1 p\r cons]v] dans son intgrit le fait vid5t de la lib]t huma9e1 il faut s'lev] la lib]t div9e2 et c'e/ proprem5t la lib]t div9e qu'il *]*ait en p>tant des prmisses poses dans sa philosophie de la ,nature4 ,quoiqu'il n'ait attir que plus t>d l'att5tion gnrale1 le sy/me actuel de ,m4 de ,s*ell+ e/ donc contempora9 du sy/me de ,hegel4 ,ils se propos5t l'un et l'autre de complt]1 en l'appr(ondissant1 la philosophie de l',id5tit2 l'un et l'autre comm5c5t p> des re*]*es psy*ologiques2 mais1 dans sa ,phnomnologie1 ,hegel s'atta*e au dveloppem5t de l'intellig5ce1 t&is que l'att5tion de ,s*ell+ se conc5tre sur la volont4 ,cette circon/ance n'e/ ri5 mo9s qu'indiffr5te4 ,la philosophie de l'id5tit reposait sur l'intuition et rsumait dans une ide sublime l'expri5ce univ]selle4 ,l'ensemble des faits1 le ,monde1 en un mot1 s'expliquait p\r elle p> la lutte de deux puissances3 le sujet ou la pure activit d'un ct1 de l'autre le pr9cipe oppos1 la matire premire des ,grecs1 objet de cette activit1 et p> la prpondrance croissante du sujet sur l'objet ou de l'esprit sur la matire4 ,a9si le ,monde ne =me qu'un seul tissu1 une trame et une *ane2 la ,nature et l'hi/oire sont un dveloppem5t cont9u2 l'ide qui le dom9e e/ celle de l'homme1 son b la p>faite ralisation de l'humanit4 ,l'homme rsume le ,monde1 l'homme e/ le ,dieu du ,monde1 le ,dieu-monde2 le progrs e/ l'hi/oire de ce ,dieu4 ,tel e/ le fait2 p\r le reconnatre il suffit d'un s5tim5t pr(ond des *oses2 p\r voir il faut des yeux sans d\te1 mais lorsqu'on le possde1 ce reg>d pntrant de l'intellig5ce1 il suffit de s'en s]vir4 ,a9si p>lait ,m4 de ,s*ell+1 et jusqu' un c]ta9 po9t n\s croyons l'ent5dre4 ,mais cette intuition qui n\s livre le fait ne n\s enseigne pas le p\rquoi du fait4 ,la philosophie de ,m4 de ,s*ell+ =mulait bi5 la loi du phnomne2 elle laissait la "q de la cause en susp5s4 ,le sy/me de ,hegel e/ une manire de rs\dre cette "q1 sans faire int]v5ir aucun pr9cipe suprieur ceux qui sont donns dans le fait lui-mme4 ,si le pr9cipe idal l'emporte con/amm5t sur le pr9cipe de rsi/ance dans la ,nature et dans l'hi/oire1 c'e/1 n\s dit ,hegel1 p>ce que le pr9cipe idal e/ seul vraim5t sub/antiel2 le pr9cipe matriel n'en e/ que l'ombre4 ,c'e/ l',ide qui produit elle-mme les ob/acles sa ralisation p\r se donn] le plaisir de les surmont]1 ou plutt1 ,messieurs1 htons-n\s de corrig] ce langage1 l',ide n'a pas le *oix2 elle produit son contraire p>ce que c'e/ l'ess5ce mme de l',ide de se dvelopp] p> la syn?se des contraires4 ,l'arbitraire de cette solution e/ dissimul s\s une quivoque qu'on a dj s\v5t releve4 ,il e/ vrai qu'une dt]m9ation de la p5se appelle la dt]m9ation contraire dans l'intellig5ce1 comme dans le monde rel t\te action provoque une raction4 ,il e/ encore vrai que1 dans le doma9e des ab/ractions logiques et dans l'ordre de la vie1 le progrs consi/e concili] les t]mes opposs1 de telle sorte qu'ils se pntr5t sans t\tefois se neutralis]4 ,mais de t\t cela il n'e/ pas encore p]mis de conclure que la p5se en gnral produise d'elle-mme le contraire de la p5se3 la matire ou l'objectivit1 p\r se trans=m]1 p> cette opposition qu'elle se s]ait donne elle-mme1 en quelque *ose qui ne s]ait ni l'objet ni la p5se1 mais la vrit de l'un et de l'autre1 l'esprit rel1 l'esprit vivant4 ,cette syn?se c\ronne magnifiquem5t t\tes les autres2 elle n\s montre la =mule logique la plus haute et la plus fconde leve la puissance de l'absolu2 n\s r5dons une ple9e ju/ice son lgance2 mais ce mrite e/htique1 qui p\rrait aism5t n\s sduire1 ne la ju/ifie pas4 ,p\r la ju/ifi]1 ,messieurs1 il faudrait1 avant t\t1 la r5dre intelligible1 c> elle ne l'e/ aucunem5t4 ,n\s ne compr5ons pas comm5t la ,p5se dans son ab/raction 7l',ide en soi71 peut faire jaillir de son se9 le contraire d'elle-mme1 et cela t\t d'abord1 p>ce que n\s ne p\vons pas arrt] notre esprit sur cette ,p5se dans son ab/raction4 ,le dfaut de l'idalisme ne peut tre corrig p> aucun app>eil d'argum5tation2 son dfaut1 c'e/ d'tre l'idalisme1 c'e/ d'exig] que n\s n\s reprs5tions une ide relle qui ne soit pas l'acte et le produit d'une intellig5ce4 ,selon ,hegel1 en effet1 ce n'e/ pas l'esprit qui donne naissance l',ide1 mais c'e/ l',ide qui donne naissance l'esprit2 et voil ce qu'il e/ impossible non-seulem5t de se reprs5t]1 mais d'admettre4 ce vice capital de la solution hegeli5ne au po9t de vue de la raison1 aj\tons les consqu5ces fatali/es qui la condamn5t aux yeux de la consci5ce1 et la ncessit de t5t] une autre explication des faits s]a suffisamm5t dmontre4 ,m4 de ,s*ell+1 je le rpte1 *]*a la rponse cette "q du p\rquoi en mme temps que ,hegel1 et d'une manire t\t fait indp5dante des travaux hegeli5s4 ,ds le comm5cem5t de ses inve/igations il fit r5tr] dans les donnes du problme un lm5t que les philosophies de ,kant et de ,fi*te avai5t mis trs en relief1 mais que la philosophie de la ,nature avait jusqu'ici laiss dans l'ombre1 savoir le gr& fait de la lib]t huma9e4 ,le hegelianisme fond ensemble dans un pan?isme absolu la ?orie idali/e de ,fi*te sur la connaissance et le naturalisme de ,s*ell+4 ,le sy/me dont n\s allons n\s occup] *]*e son t\r concili]1 non plus dans le pan?isme1 mais dans le mono?isme1 les gr&s rsultats de la philosophie morale de ,kant avec la =mule du progrs univ]sel qui rsume l'expri5ce dans une intuition spculative4 ,le po9t de d"p e/ donc1 ici encore1 le fait du ,monde tel qu'il e/ gnralis p> le sy/me de l',id5tit3 ,lutte con/ante de deux pr9cipes1 le rel et l'idal2 triomphe graduel du pr9cipe idal4 ,la t*e e/ d'expliqu] cette prpondrance de manire faire place l'lm5t de la lib]t4 ,j'ai dj fait s5tir1 ,messieurs1 que dans ma p5se la solution idali/e devait se prs5t] la premire1 p>ce qu'elle tait plus ou mo9s implique dans la manire dont ,m4 de ,s*ell+ posait orig9airem5t la "q4 ,il "p1 en effet1 d'un sujet pur ou d'une puissance primitive dont l'acte intemporel produit d'abord le contraire de la puissance et de la subjectivit1 la pure exi/5ce ou la matire premire4 ,en se ralisant a9si dans son contraire1 cette puissance se r$\ble1 p>ce qu'elle e/ inf9ie1 et que ds lors l'exi/5ce passive1 mme l'inf9it de l'exi/5ce1 ne saurait l'absorb] entirem5t4 ,m4 de ,s*ell+ obti5t p> l deux facteurs1 une sub/ance et une cause1 id5tiques dans leur ess5ce1 opposes dans leur manife/ation2 et qu& il a ses deux facteurs1 l'imag9ation aidant1 il en dduit bi5tt t\t le re/e4 ,mais1 il e/ pe9e beso9 de le dire1 t\t ceci n'e/ pas la gnralisation du fait1 t\t ceci n'e/ pas donn dans l'intuition du ,monde2 c'e/ une manire d'expliqu] le fait f\rni p> l'intuition2 c'e/ une hypo?se1 hypo?se conte/able1 et dont l'orig9e remonte ,fi*te4 ,cette subjectivit pure qu'on suppose au comm5cem5t1 c'e/ le moi transc5d5tal imag9 p> ,fi*te p\r expliqu] le moi de l'expri5ce et pris p> ,m4 de ,s*ell+ dans un s5s univ]sel4 ,a9si l'idalisme absolu e/ dj dans ,s*ell+2 p\r lui dj le rel n'e/ au fond qu'une ombre et une app>5ce4 ,la pr9cipale diffr5ce entre ,hegel et lui1 c'e/ qu'avant de projet] cette ombre1 ,hegel fait excut] l',ide une srie d'volutions dont la ncessit pralable n'e/ ri5 mo9s qu'tablie4 ,il e/ donc p]mis de d\t] que le pr9cipe objectif1 matriel1 commun t\tes les sphres de l'expri5ce1 rsulte du dploiem5t d'une puissance primitivem5t idale4 ,il n'e/ pas pr\v qu'il soit l'acte d'un sujet qui sort de lui-mme p\r se rfl*ir en lui-mme4 ,cette supposition e/ h>die1 elle e/ belle1 probable si l'on veut1 c> de puissantes analogies n\s la suggr5t1 mais ce n'e/ pas une donne de l'intuition4 ,acceptons cep5dant la puissance primitive4 ,on suppose qu'elle devi5t exi/5ce extrieure p>ce qu'il faut expliqu] cette exi/5ce extrieure2 mais on aj\te qu'elle ne saurait s'absorb] et se p]dre dans l'exi/5ce2 l'idal1 dit-on1 surpasse et dom9e t\j\rs la ralit1 mme inf9ie4 ,ceci e/ encore une hypo?se1 non le rsultat d'une ncessit logique4 ,il n'e/ pas vid5t de soi que la puissance ne puisse pas se neutralis] t\t entire dans son produit2 seulem5t si l'on admettait cette supposition1 le ,monde1 inexpliqu jusqu'ici1 devi5drait inexplicable4 ,n\s n\s s]ions enlev t\t moy5 de compr5dre la pluralit des tres1 l'intellig5ce et le progrs4 ,la philosophie de ,leibnitz n\s a dj suggr des rflexions analogues4 ,et en effet1 ,s*ell+ n\s ramne peu prs au po9t de vue de ,leibnitz4 ,le sujet pur de l'idalisme transc5d5tal j\e le mme rle que la monade c5trale de ,leibnitz2 seulem5t1 dans le n\veau sy/me1 la dialectique e/ plus vid5te1 et la gr&e ide du progrs j\e un rle plus important4 ,il faut donc bi5 di/+u] dans la philosophie de ,m4 de ,s*ell+ entre ce qui con/itue l'intuition proprem5t dite ou la conception du fait1 et les ef=ts t5ts p\r remont] au del du fait4 ,la conception intuitive du fait e/ le vritable po9t de d"p du sy/me dans l'esprit qui l'a conu2 elle en =me aussi l'lm5t le plus important4 ,c'e/ elle que ,m4 de ,s*ell+ a v\lu cons]v] en y ratta*ant sa n\velle philosophie1 et cette conception1 je le rpte1 e/ celle du progrs4 ,dans la ,nature1 dans l'hi/oire1 dans l'me huma9e1 p>t\t enf91 n\s ap]cevons deux pr9cipes opposs3 la sub/ance et la cause1 l'esprit et la matire1 le sujet et l'objet2 les noms div]s s\s lesquels on peut les dsign] m>qu5t les trans=mations qu'ils subiss5t2 l'ess5tiel e/ le rapport4 ,t\te ralit e/ produite p> une sorte d'quilibre entre ces deux pr9cipes2 mais1 dans t\tes les sphres de la ralit1 n\s voyons le pr9cipe spirituel acqurir une prdom9ance t\j\rs plus gr&e1 de sorte que la totalit des tres ne =me rellem5t qu'une srie asc5dante1 depuis le po9t o l'exi/5ce aveugle e/ affecte le mo9s possible p> le pr9cipe oppos1 jusqu' celui dans lequel la spiritualit rgne seule1 aprs avoir surmont t\tes les rsi/ances et fait van\ir dans ses rayons l'opacit du pr9cipe matriel4 ,,treizi,,me ,,le,,on4 ,n\velle philosophie de ,m4 de ,s*ell+4--,exposition abrge de sa p>tie rgressive4--,le ,monde s'explique p> la lutte de puissances univ]selles1 le pr9cipe objectif et le pr9cipe subjectif t5dant ralis] le sujet-objet3 l'esprit4 ,cette lutte suppose une opposition fondam5tale et une unit suprieure l'opposition4 ,le ,monde se prs5te a9si comme le rsultat d'un acte libre p> lequel ,dieu a oppos les unes aux autres les puissances indissolublem5t lies en lui4 ,ne p\vant se sp>] cause de leur union en ,dieu1 les puissances t5d5t rtablir leur h>monie2 ce rtablissem5t graduel de l'h>monie entre les puissances div9es con/itue la ,cration4 ,effectivem5t1 l'analyse de l'ide de ,dieu n\s fait retr\v] les mmes puissances que l'analyse spculative du ,monde exprim5tal conduit di/+u]4 ,messieurs1 ,comme la n\velle philosophie de ,m4 de ,s*ell+ e/ peu prs 9dite1 je ne puis pas en suppos] *ez v\s la connaissance pralable4 ,avant de la discut]1 il faut bi5 que je l'expose1 du mo9s jusqu'au po9t que le b de notre re*]*e n\s appelle tudi]4 ,il faut que je v\s montre p> quels int]mdiaires ,m4 de ,s*ell+ s'lve de l'ide du ,monde1 telle que sa premire philosophie la lui f\rnit1 celle de la lib]t de ,dieu4 ,je ne puis me flatt] d'tre compris de t\s4 ,peut-tre ,m4 de ,s*ell+ lui-mme n'y russirait-il pas du premi] c\p2 mais du mo9s il v\s dom9]ait p> l'clair de son reg>d et v\s captiv]ait p> la gravit prcise de sa p>ole4 ,s\s l'ab/raction des =mules v\s v]riez p]c] une p5se sre d'elle-mme1 qui rsume en un seul mot une inf9it d'ides1 et1 la sympa?ie excitant la curiosit1 v\s f9iriez p> surmont] t\s les ob/acles4 ,p\r moi1 je n'ai d'espoir que dans votre bonne volont1 dans votre att5tion p]svrante2 heureusem5t v\s m'avez p]mis d'y compt]4 ,la philosophie de la ,nature livre ,m4 de ,s*ell+ les lm5ts du monde1 les pr9cipes univ]sels de l'expri5ce4 ,selon cette philosophie1 la ,nature1 l'hi/oire et l'esprit huma9 s'expliqu5t p> l'opposition de deux pr9cipes3 l'tre illimit ou le pur objet et l'activit pure1 le sujet pur4 ,l'expri5ce n\s montre ces pr9cipes dans un rapport dt]m92 p>t\t le pr9cipe objectif1 matriel1 se montre plus ou mo9s modifi p> le pr9cipe subjectif1 et l'on p\rrait dispos] t\s les tres rels de la nature1 t\tes les puissances de l'me et t\s les produits de notre activit1 dans une seule srie asc5dante1 p>tant de l'tre ou de la sphre dans laquelle l'objet e/ modifi le mo9s possible1 jusqu'au po9t o l'objet e/ compltem5t trans=m p> le sujet4 ,l'objet pur et le sujet pur n'app>ti5n5t ni l'un ni l'autre cette srie2 en effet1 n\s ne les tr\vons pas dans l'expri5ce2 ils n'exi/5t que p\r l'esprit1 qui reconnat en eux les pr9cipes de l'expri5ce1 p>ce qu'ils lui f\rniss5t les moy5s de la compr5dre4 ,mais ils ne saurai5t tomb] ni l'un ni l'autre s\s le reg>d de l'expri5ce directe1 pas plus de l'expri5ce psy*ologique que de l'expri5ce s5sible4 ,il vaut la pe9e de ju/ifi] cette ass]tion4 ,si l'on *]*ait l'objet pur quelque "p1 ce s]ait1 d'aprs l'ide que n\s comm5ons n\s en =m]1 dans le *amp de l'expri5ce s5sible ou dans le monde matriel4 ,mais l'objet pur ne saurait tre p]u d'aucune manire1 c> il ne devi5t s5sible qu'en recevant l'empre9te du pr9cipe subjectif4 ,en effet un objet ne peut tre p]u et connu que p> ses qualits1 p> sa =me1 ou1 ce qui revi5t au mme1 p> ses limites1 7t\te qualit dt]m9e tant une limite1 en ce qu'elle exclut la qualit contraire72 mais la dt]m9ation1 la =me1 les limites1 les qualits1 ne vi5n5t pas de l'exi/5ce objective1 elles vi5n5t du pr9cipe oppos1 du pr9cipe de l'intellig5ce4 ,il e/ clair que la limitation de l'exi/5ce n'e/ pas implique dans l'exi/5ce elle-mme et qu'elle atte/e l'influ5ce d'un pr9cipe contraire2 cep5dant l'tre ne peut tre connu que s'il e/ limit1 d'o rsulte que le pr9cipe ngatif qui le circonscrit1 le r5d seul p]ceptible et intelligible4 ,c'e/ desse91 ,messieurs1 que j'insi/e sur un argum5t dont la valeur mrite d'tre soigneusem5t pese4 ,n\s tr\vons ici gr\ps et conc5trs plusieurs axiomes mtaphysiques que la philosophie franaise a un peu p]dus de vue depuis ,desc>tes4 ,la srieuse att5tion dont les p5seurs grecs sont l'objet depuis quelques annes1 les a remis en mmoire1 mais pas assez p\r r5dre t\te explication sup]flue4 ,le premi] des axiomes dont je p>le enseigne l'id5tit de la s5sation et de la p5se4 ,la p]ception s5sible n'e/ qu'une =me1 une fonction1 un degr infrieur de l'intellig5ce4 ,l'objet s5sible e/ donc p> cela mme intelligible dans une c]ta9e mesure4 ,le second axiome tablit l'id5tit1 ou1 p\r re/] dans les vraies limites1 l'aff9it de l'intellig5ce et du pr9cipe qui r5d les *oses intelligibles4 ,la vrit consi/e1 de l'aveu de t\s1 dans l'accord entre la p5se et son objet4 ,puisqu'il faut que la p5se ressemble l'objet p\r tre une connaissance1 on doit accord] galem5t que l'objet1 p\r tre connu1 doit ressembl] la p5se4 ,a9si t\te sci5ce repose sur une analogie2 le semblable seul compr5d le semblable2 la sympa?ie e/ la base de l'intellig5ce1 et les *oses ne devi5n5t accessibles la p5se que p> l'influ5ce et la prs5ce du mme pr9cipe qui1 se dployant librem5t en n\s1 reoit le nom de p5se4 ,cette aff9it ncessaire du sujet intellig5t et de l'objet intelligible tait univ]sellem5t admise p> les anci5s4 ,l'cole d',ionie mit ce pr9cipe vid5t au s]vice du matrialisme2 l'idalisme l'exploite avec plus d'app>5ce2 il n'e/ pas impossible1 n\s le croyons1 de le t\rn] au pr(it d'un vrai spiritualisme1 en suivant la voie ouv]te p> ,m4 de ,s*ell+ et p> ,ma9e de ,biran2 mais1 quoi qu'il en soit1 et bi5 qu'il t\*e aux my/res1 c'e/ un pr9cipe en lui-mme inconte/able et r5f]m implicitem5t dans les propositions les plus communes4 ,leibnitz1 de nos j\rs1 le remit en honneur2 ,kant en a fait un usage que n\s appell]ions volonti]s excessif2 il e/ indisp5sable de l'avoir con/amm5t prs5t l'esprit p\r ent5dre les successeurs de ce d]ni]2 il faut compr5dre sur quel fondem5t repose cette proposition p\r r5dre ju/ice au srieux de leurs t5tatives4--,il y a donc quelque *ose de l'intellig5ce dans t\t tre intelligible et p> consqu5t dans t\t tre s5sible4 ,le troisime axiome impliqu dans le raisonnem5t de ,m4 de ,s*ell+ porte sur la df9ition de l',intellig5ce elle-mme4 ,p\r la philosophie des anci5s1 de quelques scola/iques pr(onds et de l',allemagne contempora9e1 il y a dans l'intellig5ce quelque *ose de ngatif4 ,t\te p5se e/ une limitation1 t\te df9ition implique une ngation2 la rflexion e/ le contraire de l'expansion1 et l'intellig5ce le contraire de l'exi/5ce4 ,compr5dre1 c'e/ absorb]1 digr]1 diss\dre1 dtruire1 non pas t\t absolum5t1 mais prcism5t ce qu'il y a dans l'tre de rebelle l'intellig5ce1 et ce pr9cipe rebelle c'e/ l'objectivit1 l'extriorit1 l'exi/5ce dans le s5s prcis que l'tymologie donne au mot exi/5ce1 l'expansion sans rflexion1 sans contrepoids1 et p> consqu5t aussi sans ralit4 ,p\r bi5 ent5dre cette ide il faut all] jusqu'au b\t et dire1 sans se proccup] outre mesure de l'ambigut des mots dans des langues imp>faites1 qu'exi/] et connatre sont deux fonctions corrlatives du mme pr9cipe1 savoir la pure activit4 ,exi/] c'e/ s'pan\ir1 s'affirm] sans rflexion1 sortir de soi2 connatre1 c'e/ se rfl*ir1 rev5ir de cette extase1 r5tr] en soi4 ,a9si la connaissance e/ le contraire de l'exi/5ce1 l'exi/5ce le contraire de la connaissance1 et si1 con=mm5t l'exemple de la philosophie que n\s essayons d'claircir1 on pr5d l'exi/5ce p\r la fonction positive1 il e/ t\t naturel de dire que l'intellig5ce e/ une ngation2 c'e/ la ngation de l'exi/5ce au s5s ab/rait que n\s donnons cette expression4 ,l'objet1 intelligible ou s5sible1 e/ donc t\j\rs affect p> le pr9cipe ngatif2 l'objet pur ne peut pas tre connu directem5t1 il ne tombe pas dans le doma9e de l'expri5ce4 ,il en faut dire autant du sujet pur4 ,si n\s *]*ions celui-ci quelque "p1 ce s]ait en n\s-mme1 n\s le dem&]ions la consci5ce psy*ologique4 ,eh bi56 la t5tative s]ait va9e2 le pr9cipe subjectif e/ actif dans t\tes les oprations de l'intellig5ce1 mais la ralit de l'intellig5ce ne s'explique pas p> l'ide du sujet pur ou de l'activit pure1 qui e/ la mme *ose4 ,l'activit de l'intellig5ce a t\j\rs quelque rsi/ance surmont]1 et n\s ne p\vons l'ap]cevoir qu'aux prises avec ce pr9cipe de rsi/ance4 ,l'intellig5ce1 en agissant1 produit t\j\rs un effet quelque "p4 ,o donc1 ,messieurs8--,dans la sub/ance mme de l'esprit4 ,a9si le dualisme du pr9cipe de l'exi/5ce et du pr9cipe de l'activit se retr\ve dans l'intellig5ce elle-mme1 dans t\tes ses fonctions1 dans t\tes ses oprations2 la consci5ce psy*ologique ne n\s laiss]a jamais ap]cevoir l'activit pure et primitive1 quoique la consci5ce psy*ologique ne s'explique pas sans cette activit4 ,p\r abrg]1 n\s dsign]ons dsormais l'objet pur p> la lettre ,b1 le sujet pur p> la lettre ,a1 et n\s dirons que le progrs dans la nature et dans l'hi/oire se prs5te n\s comme la succession des triomphes de ,a sur ,b1 ou comme la srie des trans=mations de ,b1 pr9cipe de rsi/ance1 qui s'idalise de plus en plus1 en dev5ant d'abord p]ceptible1 puis s5sible1 puis intelligible et enf9 intellig5t4 ,l'expri5ce n\s f\rnit donc deux pr9cipes opposs s\t5ant entre eux un rapport ncessaire4 ,elle n\s donne ces pr9cipes dans ce s5s qu'elle s'explique p> leur rapport ncessaire2 mais la plus haute gnralisation de l'expri5ce ne n\s fait pas compr5dre p\rquoi les deux pr9cipes dont il s'agit se tr\v5t placs l'un vis--vis de l'autre dans le rapport la fois con/ant et v>iable que n\s obs]vons4 ,le rsultat net de l'analyse e/ l'ide du procs univ]sel1 d'o la p5se s'lve la conception des facteurs immdiats de ce procs3 l'objet pur et la puissance qui t5d produire en lui la subjectivit ou la spiritualit4 ,mais un exam5 att5tif du procs fait voir que n\s n'en avons pas encore indiqu t\tes les conditions4 ,puisque ,b e/ l'objet d'une action cont9uelle de ,a1 qui t5d le trans=m]1 il e/ vid5t que ,b n'e/ pas ce qui doit tre1 la ralit vritable ou le b4 ,a ne l'e/ pas davantage1 puisqu'il n'e/ que l'ag5t d'une trans=mation2 videmm5t le procs a p\r t5dance de produire autre *ose que ,b et que ,a1 savoir un tre dans lequel ces deux pr9cipes se pntr5t et se confond5t1 l'id5tit de l'exi/5ce et de la puissance1 une exi/5ce ple9e de puissance1 une puissance exi/ante ou1 en d'autres t]mes1 l'esprit1 que n\s dsign]ons p> ,a#b4 ,je m'atta*e cons]v]1 autant que possible1 la =me au!ntique de cette analyse1 dont la signification ne peut tre comprise qu' la f94 ,t\tefois1 ,messieurs1 ici dj1 v\s p\vez voir que n\s ne j\ons pas simplem5t avec des mots et des lettres4 ,la df9ition mtaphysique de l'esprit o n\s sommes conduits a de la valeur p\r l'intuition4 ,en effet l'esprit exi/e1 puisqu'il a consci5ce de lui-mme4 ,et cep5dant il n'exi/e que dans son activit et p> son activit4 ,si v\s supposez l'esprit compltem5t inactif1 v\s ne p\vez plus1 sans tomb] dans le matrialisme1 compr5dre en quoi consi/e son tre4 ,l'esprit e/ donc bi5 df9i3 la puissance qui exi/e1 l'id5tit de l'exi/5ce et de la puissance4--,v\s me l'accord]ez1 mais v\s object]ez peut-tre que l'esprit seul e/ vraim5t quelque *ose1 t&is que l'exi/5ce et la puissance pures ne sont que des ab/ractions logiques1 dont la valeur e/ t\te subjective et dont1 ici comme ailleurs1 on fait mal propos les lm5ts con/itutifs du rel4--,j'ai quelques raisons p\r ne pas trop combattre cette ide2 je rappelle seulem5t que les notions d'exi/5ce et de puissance sont des notions ncessaires notre p5se et que1 selon le pr9cipe allem&1 qu'il n'e/ pas si facile de rfut]1 il faut une h>monie vritable entre les lm5ts de notre intellig5ce et les lm5ts des *oses p\r que la sci5ce en gnral soit possible4 ,je repr5ds donc ma traduction sommaire3 ,si ,b ne re/e pas ce qu'il e/1 c'e/ qu'il n'e/ pas ce qui doit tre2 il e/ donc l'accid5tel4 ,nanmo9s il n'y aurait aucune raison p\r que cet tre accid5tel ne re/t pas en repos1 s'il n'apportait aucun ob/acle la ralisation de ce qui doit exi/]4 ,a9si le fait mme que ,b subit une trans=mation n\s pr\ve la ncessit de rec\rir un troisime pr9cipe1 b vritable de t\t le procs1 et dont le procs lui-mme n\s fait compr5dre la nature3 ce pr9cipe c'e/ la subjectivit exi/ante2 n\s l'avons appel ,a#b4 ,voici donc les puissances suprieures l'expri5ce qui r5d5t le monde de l'expri5ce intelligible3 #a4 ,n\s tr\vons d'abord ,b1 la sub/ance id5tique de t\tes *oses1 le sub/rat des trans=mations1 la matire du procs1 le contraire de la spiritualit1 l'accid5tel3 c'e/ le comm5cem5t4 #b4 ,vi5t ensuite ,a1 que n\s ne saurions ap]cevoir directem5t#dh2 n\s ne le connaissons que p> ses effets1 p> sa fonction2 ds lors n\s ne p\vons en dire autre *ose s9on qu'il e/ la puissance qui t5d produire en ,b la subjectivit ou la spiritualit4 ,si ,b e/ la ,sub/ance p> excell5ce1 ,a e/ la ,cause2 il ne j\e d'autre rle que celui de cause effici5te1 cause du m\vem5t1 cause de la trans=mation1 cause du progrs1 p>t\t o il y a progrs1 trans=mation1 m\vem5t4 ,a e/ la cause p> son ess5ce1 cause ncessaire1 mais hypo?tiquem5t ncessaire2 l'activit qu'il dploie dp5d de la position de ,b4 ,si ,b exi/e1 comme il n'e/ pas ce qui doit tre1 il faut ncessairem5t qu'il soit trans=m1 et p> consqu5t il faut qu'il y ait une puissance occupe le trans=m]4 ,a e/ donc l'ag5t univ]sel1 insaisissable du *angem5t1 la puissance int]mdiaire du procs1 dont ,b1 l'exi/5ce aveugle et illimite1 e/ le comm5cem5t et la base p]man5te4 ,note #dh3 ,il n'en e/ pas de mme de ,b1 n\s ap]cevons ,b directem5t1 et mme n\s ne voyons jamais que lui soit dans la nature1 soit dans la consci5ce3 mais n\s ne le voyons pas dans sa puret2 il e/ p>t\t plus ou mo9s modifi p> le pr9cipe spirituel4 #c4 ,b n'e/ ri5 p\r lui-mme1 c> il ne se possde pas1 il e/ hors de soi1 pure exi/5ce 7ex /asis74 ,a n'e/ ri5 non plus p\r lui-mme1 c> t\te son activit s'absorbe dans ,b2 il n'e/ occup qu' rduire ,b et produire a9si la troisime puissance1 ,a#b4 ,celui-ci1 l'objet ram5 la subjectivit1 se possde lui-mme2 il r5f]me en lui la puissance2 il peut agir1 sans avoir beso9 d'agir1 sans tre1 comme le prcd5t1 contra9t d'agir p\r se ralis]1 c> il e/ dj rel1 il exi/e4 ,il e/ donc libre1 cet tre1 qui e/ l'tre vraim5t ncessaire1 p>ce qu'il e/ le b4 ,il e/ libre1 mais il suppose avant lui les deux autres puissances2 il ne saurait exi/] sans elles et1 s\s ce po9t de vue1 il en dp5d4 ,il e/ la f9 du procs dont n\s possdons a9si t\s les lm5ts1 le comm5cem5t1 le milieu et la f92 la ,sub/ance1 la ,cause et le ,b4 ,la sub/ance du procs1 c'e/--dire du ,monde1 e/ le contraire de la spiritualit2 la cause1 c'e/ la =ce encore inconnue qui produit la spiritualit2 le b1 c'e/ l'esprit exi/ant4 ,t\te spiritualit relle1 tombant dans le doma9e de l'expri5ce1 e/ ente sur son contraire4 ,au fond de la d\ceur1 la passion4 ,au fond du gnie1 la folie4 ,on peut gnralis] davantage2 puisque t\t ce qui exi/e a quelques traits1 un s\ffle au mo9s1 de la spiritualit1 on peut gnralis] davantage et dire3 ,t\te *ose e/ dev5ue ce qu'elle e/2 mais dev5ir c'e/ pass] du contraire au contraire4 ,si le t]me du m\vem5t univ]sel de production e/ la ralit de l'exi/5ce spirituelle1 comme n\s ne p\vons gure en d\t]1 il faut bi5 que le po9t de d"p de ce m\vem5t soit le contraire de l'esprit4 ,on ne s'tonn]a donc po9t de tr\v] ce po9t de d"p in9telligible3 c'e/ sa proprit1 c'e/ son rle d'tre in9telligible1 puisqu'il e/ l'oppos de l'esprit4--,il faut aussi qu'il y ait une cause quelconque qui *ange en esprit ce pr9cipe anti-spirituel4--,tels sont les lm5ts du ,monde1 impliqus dans le ,monde lui-mme1 comme l'ide de *acun d'eux e/ implique dans celle du progrs pris dans un s5s univ]sel4 ,ceux d'entre v\s1 ,messieurs1 qui ont tudi un peu la ,mtaphysique d',ari/ote1 les fragm5ts des py?agorici5s et les ,dialogues de ,platon1 tr\v]ont matire de nombreux rappro*em5ts4 ,je v\s rappelle1 en p>ticuli]1 quelques pages =t rem>quables du ,philbe4 ,voil donc p\r le procs1 p\r le ,monde2 mais il s'agit de tr\v] dans le procs le moy5 de n\s lev] au-dessus de lui4 ,en effet1 si l'ide du procs telle que n\s l'avons analyse explique et rsume l'expri5ce1 le procs lui-mme e/ encore inexpliqu4 ,il comm5ce p> le cont+5t1 il a sa base dans ce qui ne doit pas tre4 ,n\s avons appel ,b le pr9cipe anti-spirituel1 l'accid5tel1 ce qui ne doit pas tre4 ,p\rquoi cela8 ,ce n'e/ pas arbitrairem5t1 ce n'e/ pas a priori2 mais c'e/ que dans le procs lui-mme n\s voyons ,b t\j\rs limit1 re/re9t1 rduit1 trans=m4 ,n\s sommes donc autoriss p> les pr9cipes de la m?ode inductive1 l'appel] accid5tel4 ,jusqu'ici1 quoi qu'il en semble1 notre m>*e e/ t\j\rs empirique4 ,c'e/ un empirisme d'une nature p>ticulire1 trs-leve1 t\te spculative2 c'e/ de l'empirisme p\rtant4 ,n\s re*]*ons1 comme les ,grecs1 les lm5ts du monde4 ,mais1 si le fondem5t du procs e/ accid5tel1 le procs t\t enti] doit l'tre2 le procs ne s'explique pas p> lui-mme1 il n'e/ pas t\t1 il n'e/ pas ,dieu1 comme le pan?isme contempora9 l'imag9e2 c> le pan?isme contempora9 ne s'e/ pas lev au-dessus de cette ide d'un procs t]nel4 ,au-dessus du procs et des pr9cipes qui le con/itu5t1 causes secondes1 pr9cipes engags dans le produit1 il faut reconnatre une cause absolue hors du procs1 et cette cause absolue mrite seule le nom de ,dieu4 ,c'e/ ,dieu qui assure la prpondrance du pr9cipe idal sur le rel durant le procs1 c'e/ ,dieu qui amne la ralisation de l'tre spirituel1 b du procs2 enf9 c'e/ ,dieu qui donne la premire puissance cette position inexplicable en elle-mme et lorsqu'on la considre isolm5t1 qui1 r5dant sa trans=mation ncessaire1 produit le m\vem5t univ]sel4 ,ce m\vem5t gnrateur1 c'e/ ,dieu qui l'in/itue1 c'e/ ,dieu qui l'amne ses f9s4 ,le procs suppose au comm5cem5t un tre illimit qui e/ en fait et qui cep5dant ne doit pas tre4 ,il e/ clair que1 puisqu'il ne doit pas tre ce qu'il e/ au comm5cem5t1 c'e/--dire illimit1 il n'e/ pas ncessairem5t et de lui-mme dans cette position o n\s le tr\vons en *]*ant n\s expliqu] la g5se univ]selle4 ,il n'a pas pris cette position de lui-mme1 il l'a prise p> l'effet d'un p\voir suprieur1 capable de se s]vir de lui comme d'un moy54 ,et n\s concevons en effet que l'tre illimit1 anti-spirituel1 soit un moy5 dans les ma9s de ,dieu1 p>ce qu'il e/ indiffr5t ,dieu que l'tre soit limit ou illimit2 ,dieu e/ p> lui-mme suprieur l'tre#di4 ,mais1 si le premi] acte de ,dieu consi/e dploy] l'tre sans limites1 il e/ clair qu'avant t\t acte1 naturellem5t1 l'tre n'e/ pas sans limites1 mais limit4 ,dieu le possde naturellem5t comme limit1 et s'il le laisse s't5dre sans limites1 ce n'e/ pas p\r l'tre lui-mme1 c'e/ en vue du procs et du b m>qu au procs4 ,aux lm5ts du procs1 aux trois causes imman5tes du monde1 rpond5t trois causes transc5dantes ou trois manires d'agir de ,dieu4 ,note #di3 l'tre du ,monde3 c'e/ dans ce s5s qu'il e/ appel transc5dant4 ,a4 la premire puissance1 ,b1 l'exi/5ce illimite1 anti-spirituelle1 rpond l'acte de ,dieu qui la dploie4 ,la seconde puissance1 cette activit ncessaire qui produit la subjectivit dans l'exi/5ce aveugle1 e/ une n\velle manire d'agir1 une n\velle manife/ation de ,dieu4 ,dieu e/ bi5 le mme lorsqu'il donne essor l'exi/5ce illimite et lorsqu'il la fait r5tr] en elle-mme2 cep5dant il n'e/ pas le mme absolum5t et s\s t\s les po9ts de vue1 c> ces deux actes sont simultans et non pas successifs1 autrem5t le second s]ait un m\vem5t rtrograde1 inconcevable dans l'absolu4 ,dieu ne revi5t pas en arrire4 ,non1 l'acte p> lequel il pose ,b e/ un acte p]man5t2 l'acte p> lequel il le ramne e/ donc un autre acte p]man5t1 une autre volont1 une autre puissance de la ,div9it1 mais ce n'e/ pas un autre ,dieu4 ,il en e/ de mme du troisime t]me4 ,v\s le voyez1 ,messieurs1 l'tre du ,monde se prs5te ici comme di/9ct de ,dieu1 mais ,dieu le possde et le dom9e4 ,il peut lui donn] c>rire1 ou le laiss] dormir dans son se94 ,dieu se prs5te n\s comme matre de l'exi/5ce4 ,le rsultat de notre analyse rgressive1 tel qu'il se prs5te n\s ma9t5ant1 e/ encore un dualisme1 mais c'e/ un dualisme qui n'(fre aucun des inconvni5ts du dualisme ord9aire1 puisque l'un des pr9cipes e/ absolum5t subordonn l'autre4 ,le nom mme de ,dieu semble se rapport] ce dualisme2 ,newton a dit que le mot ,dieu dsigne une relation2 ,deus vox relativa1 ,deus significat ,dom9us4 ,le mot ,dieu se rapporte l'tre et signifie ,seigneur de l'tre4 ,n\s concevons l'tre de trois manires et n\s concevons ,dieu comme ,seigneur de l'tre de trois manires3 ,l'tre e/ primitivem5t limit ou cont5u en ,dieu2 ,dieu le possde en lui-mme comme limit1 lat5t1 en puissance4 ,il le possde a9si naturellem5t et sans aucun acte4 ,c'e/ le premi] tat dans lequel n\s concevons le pr9cipe de l'tre1 et ,dieu comme ,seigneur de l'tre4 ,mais l'tre n'e/ pas ncessairem5t limit2 il peut aussi se dploy] sans limites1 et n\s sommes obligs d'admettre un tel dploiem5t p\r compr5dre le procs1 qui suppose sa base une exi/5ce aveugle1 illimite4 ,si l'tre sort a9si de lui-mme1 c'e/ que ,dieu le veut1 p>ce qu'il sait que1 mme alors1 il en s]a t\j\rs le matre4 ,dieu p]met donc l'tre de se dploy] sans limites4 ,c'e/ le second tat dans lequel n\s compr5ons l'tre1 et ,dieu1 ,seigneur de l'tre4 ,enf91 si l'tre e/ incessamm5t produit1 mis au dehors comme exi/5ce illimite1 ce n'e/ pas af9 d'assur] la ralit de cette exi/5ce hors de ,dieu1 mais c'e/ af9 d'assur] la ralit de ce qui doit s'lev] sur elle4 ,l'tre e/ mis dehors p\r ret\rn] ,dieu1 p\r r5tr] en lui-mme et dans le se9 de ,dieu4 ,n\s voyons donc l'tre illimit recevoir dans le c\rs du procs une limitation progressive qui le =ce r5tr] de plus en plus en lui-mme jusqu' la f9 du procs1 o cet tre objectif1 extrieur1 t\t en cont9uant d'exi/] au dehors p> l'acte qui le produit et le fait jaillir1 e/ p\rtant r$ev5u entirem5t subjectif1 intime1 spirituel4 ,n\s concevons que c'e/ ,dieu qui imprime lui-mme cette limitation graduelle l'tre qu'il pose comme illimit4 ,telle e/ la troisime manire dont n\s concevons l'tre1 et ,dieu comme ,seigneur de l'tre4 ,s\s ces trois =mes l'tre e/ le mme tre2 dans ces trois actes#ej ou dans ces trois tats ,dieu e/ le mme ,dieu4 ,il n'e/ ,dieu dans aucun de ces actes en p>ticuli]1 mais dans t\s4 ,il possde l'tre1 il le produit1 il le g\v]ne4 ,dans ce triple rapport avec l'tre1 il se fait et se s5t le mme ,dieu2 c'e/ en cela que consi/e l'unit concrte de ,dieu4 ,note #ej3 ,au po9t de d"p1 ,dieu possde l'tre sans agir1 mais alors nanmo9s1 l'exi/5ce div9e e/ un acte4 ,ces ides suffirai5t l'explication du procs1 c'e/--dire de l'orig9e et de la de/9e des tres p>ticuli]s dont l'ensemble =me le ,monde4 ,cep5dant ,m4 de ,s*ell+ n'en e/ pas encore satisfait4 ,il ne tr\ve pas en elles la solution du problme capital de la philosophie1 et cela1 ,messieurs1 v\s le compr5ez sans pe9e1 cause de ce dualisme dont il a fran*em5t confess la prs5ce4 ,si le dualisme1 comme ,bayle dit quelque "p1 r5d compte assez facilem5t des faits d'expri5ce1 il n'en *oque pas mo9s la raison1 et le meilleur des dualismes e/ encore une mtaphysique imp>faite4 ,le ,dieu que n\s compr5ons jusqu'ici n'a1 vis--vis de l'tre1 qu'une lib]t conditionnelle2 il le possde et ne le cre pas4 ,tel que n\s l'avons df9i1 ,dieu n'e/ pas l'absolu2 l'absolu c'e/ ,dieu1 plus le pr9cipe de l'tre di/9ct de ,dieu2 c'e/--dire que proprem5t il n'y a po9t d'absolu2 or la p5se a beso9 de l'absolu1 et ce que n\s v\lons c'e/ de compr5dre ,dieu comme absolu4 ,p\r atte9dre notre b1 il faudrait donc faire r5tr] entirem5t en ,dieu ce pr9cipe sub/antiel de t\te exi/5ce 7extrieure7 ou de t\te cration1 que n\s avons tr\v jusqu'ici compltem5t s\mis ,dieu quant la manire dont il se manife/e1 mais plus ou mo9s indp5dant de lui dans la rac9e mme de son tre4 ,jusqu'ici n\s voyons bi5 p> quelle volution ,dieu tire t\t de la sub/ance premire1 mais n\s exigeons qu'il cre la sub/ance premire elle-mme1 et n\s sommes c]ta9s que1 p\r compr5dre ,dieu philosophiquem5t1 il faut compr5dre comm5t il la cre4 ,n\s sommes donc obligs d'admettre que cet tre en puissance1 ce pr9cipe limit1 mais susceptible de se dploy] sans limites1 que n\s avons considr jusqu'ici comme demeurant en ,dieu1 mais di/9ct de ,dieu et1 dans un s5s du mo9s1 cot]nel ,dieu1 e/ ,dieu lui-mme1 non pas ,dieu t\t enti]1 non pas l'ess5ce de ,dieu1 mais quelque *ose qui1 sans tre son ess5ce1 e/ p\rtant lui1 c'e/--dire1 ,messieurs1 sa ,volont4 ,dans son tat primitif1 ce pr9cipe t]nel de l'exi/5ce cont+5te e/ une volont en puissance1 la simple facult de v\loir1 volont qui ne veut po9t ou qui ne se ralise po9t4 ,mais lorsqu'elle passe l'exi/5ce actuelle1 lorsqu'elle se dploie et se roidit1 en un mot1 lorsqu'elle veut1 elle devi5t cette sub/ance1 ce ,b dont n\s avons p>l jusqu'ici4 ,la sub/ance de t\tes *oses n'e/ donc qu'une volont actuelle1 un v\loir t]nel de ,dieu1 v\loir dont il possde p> lui-mme la puissance et qu'il peut1 son gr1 dploy] ou laiss] dormir dans son se94 ,cette volont n'e/ que volont1 pure n]gie2 une fois dploye elle ne se possde plus elle-mme4 ,sans objet dt]m91 sans rflexion1 ce v\loir primitif e/ naturellem5t un v\loir aveugle4 ,en n\s exam9ant att5tivem5t n\s-mme1 n\s tr\v]ions des faits qui rpond5t cette ide et qui l'expliqu5t1 ne ft-ce que l'impati5ce maladive dont n\s sommes saisis p>fois sans p\voir en dire la cause4 ,le fond de t\te *ose e/ donc un tre aveugle1 c'e/--dire un v\loir aveugle4 ,aussi le progrs ne s'accomplit-il pas sans ef=t1 puisqu'il doit triomph] d'une volont2 mais ce qui r5d le progrs concevable1 c'e/ prcism5t le fait que la matire du progrs1 la sub/ance univ]selle1 e/ une volont4 ,la volont e/ la seule *ose qui rsi/e1 la seule aussi qu'il soit possible de s\mettre et de *ang]4 ,la sub/ance du monde e/ donc un v\loir de ,dieu1 mais ,dieu n'e/ pas en lui t\t enti]1 puisque1 tel que n\s le concevons ma9t5ant1 ce v\loir e/ l'accid5t1 ce qui ne doit pas tre4 ,dieu e/ ce v\loir primitif1 sub/ance de t\tes *oses2 et1 en effet1 la sub/ance des *oses prise en elle-mme ne se conoit que comme une =ce1 c'e/--dire comme une volont1 et1 rapporte ,dieu1 comme une volont de ,dieu4 ,dieu e/ ce v\loir1 il e/ dans ce v\loir1 mais il cons]ve t\j\rs la puissance de le rduire4 ,il e/ donc cette volont primitive2 il e/ la puissance oppose qui la subjugue et la trans=me2 il e/ la consci5ce de leur id5tit orig9elle et du b qu'elles p\rsuiv5t en commun dans leur opposition4 ,c'e/ ,dieu qui entre lui-mme dans le m\vem5t et qui devi5t la sub/ance du ,monde2 il se dp\ille lui-mme de sa div9it p\r donn] essor la cration4 ,mais1 s'il y cons5t1 c'e/ qu'il le peut sans compromettre sa div9it absolue4 ,la premire explication que n\s avons donne du procs univ]sel1 tel qu'il e/ gnralem5t compris1 cette premire manire de ratta*] le procs son orig9e repose sur le dualisme de l'tre et de ,dieu4 ,elle rappelle trs-di/9ctem5t l'hellnisme4 ,s\s les noms de ,monade et de ,dyade1 d'tre et de non-tre1 de ,dieu et de matire1 les py?agorici5s et ,platon dsign5t videmm5t les pr9cipes qui n\s ont occups1 et ils s'ef=c5t de les concevoir dans le rapport que n\s avons nettem5t tabli4 ,t\t p]fectionn qu'il e/1 ce dualisme ne n\s a pas sembl suffisant1 et n\s v5ons de le corrig]4 ,comm5t cela1 ,messieurs8 ,il le faut confess]3 p> le pan?isme4 ,le po9t de vue que n\s v5ons de lui sub/itu] e/1 dans une sphre plus haute1 p>allle au pan?isme des ,indi5s4 ,p\r l',inde aussi1 le monde nat d'un abaissem5t de ,dieu4 ,b\ddha se dp\ille lui-mme de sa div9it af9 de donn] une place aux *oses p>ticulires4 ,le ,dieu que n\s avons essay de df9ir e/ la sub/ance id5tique des puissances dont le jeu produit le ,monde2 il =me l'unit1 le li5 des puissances2 il e/ le mme1 au fond1 dans t\tes les puissances4 ,s'il peut se ralis] comme exi/5ce 7,b71 c'e/ qu'il peut le v\loir1 c'e/ que sa div9it ess5tielle n'e/ pas compromise p> cette ralisation dans une =me oppose la div9it1 c'e/ qu'il re/e le matre de g\v]n] cette puissance1 qui e/ sa propre sub/ance et qu'il projette cep5dant hors de lui4 ,dans la p5se indi5ne1 il n'en e/ pas autrem5t de ,b\ddha4 ,le pan?isme ne s'explique que p> un pr9cipe suprieur au pan?isme4 ,les pr9cipes cosmologiques1 les puissances qui agiss5t dans le monde1 ne sont les puissances de la div9it que p>ce que ,dieu e/ l'unit t]nelle de ces puissances1 unit suprieure au ,monde1 indp5dante du ,monde et du rle des puissances dans le ,monde4 ,le pan?isme p\sse lui-mme cette affirmation2 mais p\r sortir philosophiquem5t du pan?isme1 il faut compr5dre l'unit de ,dieu suprieure au ,monde4 ,jusqu'ici1 ,messieurs1 n\s la rclamons1 n\s ne la compr5ons pas encore1 et cette imp]fection de nos t5tatives ne n\s p]met pas de n\s y arrt]4 ,les re*]*es qui prcd5t n\s ont fait connatre ,dieu dans sa causalit ou1 ce qui e/ la mme *ose1 dans son rapport avec le ,monde2 n\s avons vu ce qu'il doit tre p\r produire le ,monde1 tel que n\s le connaissons p> l'expri5ce1 le ,monde que le mot procs n\s semble rsum] et df9ir4 ,n\s exprimons l'ide de ,dieu dans sa causalit en disant3 ,dieu e/ la puissance qui devi5t1 en se ralisant1 l'exi/5ce aveugle et sans bornes2 il e/ la puissance capable de limit]1 de rduire1 de spiritualis] cette exi/5ce2 il e/ en mme temps la puissance qui peut et qui doit exi/] comme esprit4 ,n\s savons donc que les pr9cipes qui prsid5t la =mation et au dveloppem5t du ,monde1 sont les puissances de ,dieu2 mais n\s ne savons pas ce qu'e/ ,dieu indp5damm5t de t\te production4 ,n\s le connaissons comme cause1 n\s ne le connaissons pas encore en lui-mme1 dans son tre1 comme sub/ance4 ,a9si n\s n'avons d'autre ide que celle d'un rapport possible1 n\s ne connaissons po9t encore ,dieu comme tre rel4 ,n\s croyons que ,dieu e/ un tre rel1 actuellem5t exi/ant1 mais nos inve/igations laborieuses ne t\*5t en ri5 jusqu'ici l'exi/5ce actuelle de ,dieu4 ,en effet n\s disons qu'il e/ la puissance de dev5ir exi/5ce extrieure1 exi/5ce aveugle1 la puissance de dev5ir ,b1 et qu'il e/ autre *ose encore2 cela signifie qu'il possde cette puissance4 ,mais cette puissance qu'il possde n'e/ pas la ralit de son tre1 cette puissance n'e/ pas son exi/5ce1 c> la puissance e/ le contraire de l'exi/5ce4 ,aussi longtemps qu'elle re/e puissance1 elle n'exi/e proprem5t pas4 ,les deux autres puissances n'exi/5t pas davantage1 il le semble du mo9s1 c> elles n'ont de signification que relativem5t la premire4 ,aussi longtemps que la possibilit de dev5ir objet demeure l'tat de possibilit1 la seconde puissance1 c'e/--dire l'activit qui s'emploie faire r5tr] en soi cet objet1 n'a ri5 faire et p> consqu5t n'e/ ri5 qu'une possibilit plus recule4 ,enf9 la troisime n'e/ ri5 non plus1 puisqu'il faudrait la df9ir3 la possibilit de ressortir en =me spirituelle d'une objectivit qui n'e/ pas4 ,c'e/ donc ri5 ent sur ri54 ,t\t e/ enseveli dans la nuit du possible1 n\s n'atteignons le rel nulle "p4 ,a9si1 ,messieurs1 si l'on n\s dem&e ce qu'e/ vraim5t ,dieu1 non dans sa qualit de ,dieu1 s'il e/ p]mis de s'exprim] a9si1 c'e/--dire comme cause et crateur du ,monde1 mais ce qu'il e/ comme tre absolu1 indp5damm5t du ,monde1 n\s devrons1 p\r tre s9cres1 rpondre que n\s n'en savons ri54 ,et cep5dant n\s sommes obligs d'admettre qu'indp5damm5t du ,monde ,dieu n'e/ pas une simple puissance1 mais un tre rel1 puisque n\s attribuons l'orig9e du ,monde sa lib]t4 ,n\s ne p\vons donc pas re/] dans notre ignorance2 il faut t*] de compr5dre comm5t l'tre absolu peut exi/]4 ,n\s *]*]ions va9em5t n\s lev] directem5t cette ide en p>tant des puissances telles que n\s les connaissons2 ces puissances-l1 les lm5ts du ,monde1 ne saurai5t tre les lm5ts de l'ide de ,dieu1 sans quoi ,dieu ne s]ait pas libre vis--vis du ,monde4 ,p\r cons]v] l'ide de la cration libre1 il faut dire que les puissances ouvrires sont elles-mmes un produit de la volont div9e3 ,dieu cre le possible comme le rel2 ,dieu lui-mme e/ l'auteur des puissances qu'il met en acte4 ,en effet s'il crait au moy5 de ses propres puissances con/itutives1 sans crer les puissances elles-mmes1 il s]ait dt]m9 p> la nature de ces puissances1 il ne s]ait pas vraim5t libre4 ,n\s v]rons bi5tt1 ,messieurs1 quelle e/ la porte de ces propositions1 n\s v]rons jusqu' quel po9t se ralis5t les promesses qu'elles r5f]m5t4 ,auj\rd'hui cont5tons-n\s de les enregi/r] et d'en tir]1 avec ,m4 de ,s*ell+1 la consqu5ce immdiate4 ,le *em9 qui n\s conduit des faits accid5tels leur loi con/ante1 et de la loi aux causes immdiates et multiples du fait1 aux puissances1 n\s fait arriv] aux d]nires limites du cont+5t1 et l n\s ab&onne4 ,il faut donc quitt] la m?ode empirique1 il faut laiss] l les puissances du ,monde et *]*] ailleurs les lm5ts de la sci5ce div9e4 ,ailleurs1 c'e/--dire dans ce que n\s savons dj de ,dieu4 ,en effet n\s en savons dj quelque *ose2 il ne s]ait pas ju/e de prt5dre que n\s n'ayons aucune ide de ,dieu2 il ne n\s e/ pas sci5tifiquem5t dmontr qu'il exi/e1 mais n\s savons ce que n\s *]*ons s\s son nom4 ,et d'abord1 ,messieurs1 ,dieu e/ l'ess5ce univ]selle1 le fond de t\tes *oses1 ou simplem5t l',ess5ce2 t\te ngation de ce pr9cipe n\s rejett]ait dans le dualisme4 ,d'un autre ct1 ,dieu e/ un tre rel1 il exi/e4 ,c'e/ la contradiction inf9ie1 le miracle des miracles1 que ,dieu soit l',ess5ce et que cep5dant il exi/e4 ,p>t\t ailleurs la p5se di/+ue le fond et la =me1 la puissance et l'acte1 l'ess5ce et l'exi/5ce4 ,a9si l'ess5ce des individus c'e/ l'espce1 mais l'espce n'exi/e pas comme espce2 ce qui exi/e1 ce sont les individus4 ,dieu e/ l'ess5ce qui exi/e2 cette df9ition s'impose la p5se de t\t homme qui croit en ,dieu1 du mom5t qu'il en compr5d les t]mes4 ,desc>tes v\lait pr\v] l'exi/5ce de ,dieu en faisant voir que l'exi/5ce e/ une p]fection de l'ess5ce1 d'o s'ensuivrait que l'exi/5ce e/ implique dans la notion de l'ess5ce absolue1 dont n\s ne p\vons pas faire ab/raction4 ,desc>tes se trompait2 l'exi/5ce n'e/ po9t cont5ue dans l'ide de l'ess5ce4 ,au contraire1 la p5se tr\ve de gr&es difficults concevoir que l',ess5ce exi/e1 et ces difficults ne peuv5t tre surmontes que p> un acte de volont1 p> un acte de foi4 ,il n'y a pas beso9 de foi p\r croire l'ess5ce absolue1 univ]selle1 c> la raison n\s y conduit d'elle-mme2 mais1 p\r croire qu'elle exi/e1 il faut un acte de foi4 ,on ne peut donc pas pr\v]1 directem5t du mo9s1 que l',ess5ce exi/e1 mais1 si on croit en ,dieu1 on le suppose1 et lorsqu'on "p d'une telle supposition1 il e/ naturel de re*]*] quelles conditions l'ide de l'ess5ce doit satisfaire p\r qu'elle puisse exi/]4 ,m4 de ,s*ell+ analyse donc a priori l'ide de l'ess5ce qui exi/e4 ,cette analyse1 dont il me s]ait trs difficile de v\s reproduire avec cl>t le m\vem5t dialectique1 me semble s'appuy] plus ou mo9s sur les donnes psy*ologiques qui sont au fond du my/icisme de ,jaques ,bhme4 ,il y a une p>5t troite entre l'ide mre du sy/me de ,s*ell+ et la p5se de ,bhme1 p>5t que ,m4 de ,s*ell+ semble admettre lui-mme lorsqu'il repro*e ,bhme de ne pas sortir de son comm5cem5t1 qui e/1 dit-il1 magnifique4 ,ici1 ,messieurs1 je m'en ti5drai une indication trs-abrge1 suffisante p\r v\s faire compr5dre v]s quel b le sy/me e/ dirig1 sans ri5 prononc]1 et sans ri5 prjug] sur la manire dont ce b e/ atte9t1 ni sur la valeur logique des int]mdiaires employs4 ,cette "q doit re/] rs]ve1 c> il faudrait1 p\r n\s mettre en mesure de la rs\dre1 une exposition plus dtaille1 plus appr(ondie1 peut-tre aussi plus rig\reuse4 ,dieu1 disons-n\s1 e/ l'ess5ce qui exi/e3 mais l'ess5ce1 comme telle1 ne saurait exi/]2 il y a1 entre l'ide d'ess5ce et celle d'exi/5ce1 une contradiction qui ne saurait tre leve directem5t4 ,il faut donc1 en ,dieu1 di/+u] l'ess5ce de l'exi/5ce1 t\t en con/atant l'id5tit au se9 mme de la di/9ction4 ,a9si ,dieu e/ l',ess5ce en elle-mme3 l',ess5ce ou la ,puissance1 c'e/--dire la possibilit d'une ralisation inf9ie2 cette possibilit ne doit pas se ralis]2 la puissance doit re/] puissance2 c'e/ en re/ant a9si dans la virtualit1 dans le non-tre1 dans l'intimit d'une conc5tration p>faite1 qu'elle con/itue ,dieu comme ,ess5ce4 ,mais dans cette =me1 la pr5dre seule1 ,dieu n'exi/]ait proprem5t pas4 ,si ,dieu n'tait que cela1 le pan?isme aurait raison1 ,dieu s]ait la rac9e de t\t tre1 sans proprem5t tre lui-mme4 ,l'exi/5ce e/ donc un second lm5t de l'ide de ,dieu et1 p> consqu5t1 en v]tu de l'incompatibilit que n\s avons signale1 une seconde puissance de l'tre absolu4 ,en tant que ,dieu exi/e effectivem5t1 rellem5t3 il n'e/ pas l'inf9ie puissance2 il e/1 d'un ct1 puissance inf9ie1 de l'autre1 exi/5ce inf9ie4 ,cette exi/5ce n'e/ pas celle qui rsult]ait du dploiem5t de la puissance ou qui vi5drait aprs la puissance1 mais c'e/ une exi/5ce cot]nelle la puissance1 t]nellem5t supporte p> la puissance1 et qui ne se dploie librem5t dans son inf9it que si la puissance re/e puissance4 ,si la puissance tait seule 7et l'ide d'une puissance n'e/ pas1 je le rpte1 la ngation ab/raite de l'tre1 mais l'tre dans l'absolue contraction1 l'tre au m9imum de ralisation71 si la puissance tait seule1 dis-je1 elle ne re/]ait pas l'tat de puissance1 mais1 obissant sa t5dance naturelle1 elle se ralis]ait1 c'e/--dire qu'en se trans=mant en exi/5ce1 elle se p]drait4 ,la puissance n'e/ donc pas seule2 ct d'elle1 au-dessus d'elle1 se tr\ve l'exi/5ce inf9ie4 ,a9si ,dieu1 l'ess5ce qui exi/e1 se tr\ve1 d'un ct puissance inf9ie1 de l'autre exi/5ce inf9ie4 ,mais ce n'e/ pas t\t2 c>1 s'il n'tait que cela1 l'unit de son tre s]ait compromise et1 avec l'unit1 la vrit de son tre4 ,je dis la vrit de son tre2 en effet s'il n'tait que ce que n\s v5ons de dire1 il ne s]ait pas vritablem5t1 puisqu'il ne s]ait pas p\r lui-mme4 ,la puissance1 en tant que puissance1 n'e/ pas p\r elle-mme1 c> elle ne se manife/e pas elle-mme1 elle ne se ralise pas4 ,l'exi/5ce pure n'e/ pas non plus p\r elle-mme1 c> elle n'a pas la puissance1 et p> consqu5t elle ne se connat pas4 ,l'intellig5ce suppose t\j\rs1 ,messieurs1 que le sujet qui connat possde en lui-mme comme puissance ce qui e/ ralis dans l'objet connu4 ,l'tre absolu n'e/ donc pas seulem5t1 d'un ct1 puissance absolue1 de l'autre1 exi/5ce absolue2 mais il e/ encore1 primitivem5t1 t]nellem5t1 l'id5tit de l'une et de l'autre1 c'e/--dire qu'il possde t]nellem5t la consci5ce de sa puissance1 et c'e/ dans cette consci5ce que proprem5t il exi/e en tant qu',absolu1 indp5damm5t de t\te cration et de t\te relation4 ,en un mot1 ,messieurs1 l'exi/5ce de ,dieu1 l'exi/5ce inf9ie1 ne s'pan\it pas seulem5t lum9euse sur la base de son p\voir1 mais cette lumire e/ un reg>d4 ,elle revi5t sur cette base p\r l'lev] jusqu' soi1 p\r se la reprs5t]1 p\r la compr5dre2 et cette intellig5ce ineffable de l'imm5sit qui sommeille en son se91 fait proprem5t la vie de l'absolu4 ,dieu vit dans le s5tim5t de sa puissance1 comme1 son t\r1 je le crois1 aussi longtemps qu'elle re/e puissance1 la puissance vit elle-mme p> l'intellig5ce de la ,div9it4 ,dieu compr5d1 il e/ compris2 c'e/ a9si qu'il se compr5d lui-mme4 ,flux et reflux t]nel1 con/ante h>monie des fonctions1 dont la p]man5ce produit au se9 de l'unit les di/9ctions les plus relles que l'intellig5ce puisse concevoir4 ,a9si ,messieurs3 #a ,puissance ou sujet pur ,a#a2 #b ,exi/5ce1 objet pur ,a#b2 #c ,consci5ce de la puissance1 esprit pur ,a#c3 ,tels sont les lm5ts con/itutifs de l'ess5ce qui e/1 les lm5ts con/itutifs de l'tre de ,dieu en tant que ,dieu4 ,v\s p\viez aism5t le prvoir1 ,messieurs1 cette analyse n\s donne p\r rsultat les mmes puissances que n\s avons dj appris connatre comme puissances cratrices ou comme les lm5ts du ,monde2 mais n\s les tr\vons dans une autre situation1 non plus comme puissances cratrices1 mais comme les pr9cipes qui con/itu5t l'tre de ,dieu lui-mme1 de sorte qu'il dp5d de lui d'en faire ou de ne pas en faire les puissances de la ,cration1 et p> consqu5t1 dans ce s5s1 de crer ces puissances gnratrices ou de ne pas les crer4 ,dans la situation des puissances que n\s v5ons de dcrire1 t\t e/ tranquille4 ,dieu exi/e t]nellem5t comme tre absolu p> la consci5ce de la puissance absolue4 ,il ne sort de cet tat que s'il veut produire une autre exi/5ce que la si5ne1 s'il veut tre ,dieu4 ,s'il le veut1 il le peut2 c> il possde en lui-mme une puissance d'tre inf9ie1 laquelle re/ant puissance ou sujet1 e/ la base de l'exi/5ce div9e1 t&is que1 dev5ant objet1 elle s]t de base une autre exi/5ce4 ,que si ,dieu veut1 en effet1 crer1 et se ralis] a9si non-seulem5t comme tre absolu1 mais encore comme tre relatif ou comme ,dieu1 alors le rapport des puissances s]a *ang4 ,il laiss]a se dploy] la puissance qu'il recle en lui-mme1 invisible et p]due dans la transp>5ce de son tre4 ,c'e/ cette puissance qui dsormais remplira l'espace inf9i de l'exi/5ce inf9ie4 ,p> l l'exi/5ce pure et primitive de ,dieu n'e/ pas altre1 mais elle r5contre une limite contraire sa nature1 elle e/ gne1 nie1 ref\le en elle-mme1 et devi5t a9si puissance1 c'e/--dire que1 son empire tant conte/1 elle pr\ve l'irrsi/ible beso9 de le rtablir4 ,l'h>monie des deux premi]s pr9cipes tant dtruite1 le troisime1 qui n'e/ que la consci5ce de cette h>monie1 se tr\ve1 lui aussi1 ni1 et rduit la condition de puissance4 ,l'tre primitif de ,dieu e/ t\j\rs objet p> son ess5ce2 il lui e/ naturel d'tre objet1 c'e/--dire dploy1 manife/2 mais1 p> l'lvation s\da9e d'un autre objet1 il e/ ref\l dans la puissance1 il devi5t sujet et t5d se rtablir dans l'objectivit absolue4 ,il entrepr5dra donc sur le n\vel objet1 l'objet faux1 ou qui1 p> sa de/9ation ess5tielle1 ne doit pas demeur] objet1 le travail de limitation1 de trans=mation1 d'assujettissem5t et d'assimilation que n\s avons dj dcrit1 et1 ram5ant a9si la fausse exi/5ce#ea l'tat de puissance qui lui convi5t1 il se rtablira lui-mme dans l'exi/5ce1 et p> consqu5t ramn]a la troisime puissance au rang suprme qu'elle occupait4 ,a9si comm5ce le ,procs tel que n\s le connaissons2 ri5 n'e/ *ang dans l'ide du procs2 t\t ce que n\s avons gagn p> ce dveloppem5t dialectique de la df9ition de ,dieu1 c'e/ de voir que les puissances cratrices ou les lm5ts du ,monde sont1 dans leur ess5ce primitive1 les puissances con/itutives de l'tre absolu4 ,elles ne devi5n5t les puissances con/itutives d'un autre tre1 les pr9cipes de la vie du ,monde1 que si ,dieu les y appelle p> un acte de libre volont4 ,p\r compr5dre la possibilit d'une telle rsolution1 il faut reconnatre en ,dieu non-seulem5t l'unit de fait des puissances1 mais leur unit ncessaire1 absolue4 ,leur unit subsi/e en lui alors mme qu'elle e/ brise ou r5v]se2 c> la vritable inf9it des puissances consi/e en ceci1 qu'elles peuv5t s'oppos] entre elles en *angeant leur situation respective1 et produire a9si l',univ]s1 t\t en demeurant dans leur pr9cipe absolum5t unies4 ,a9si ,dieu n'e/ pas seulem5t la cause absolue du procs1 n\s compr5ons ,dieu en lui-mme1 indp5damm5t du procs ou du ,monde2 et n\s compr5ons comm5t il peut1 s'il le veut1 donn] naissance au procs1 en faisant de ses propres puissances les puissances du procs4 ,note #ea3 ,m4 de ,s*ell+ l'appelle fausse p>ce qu'elle se prs5te d'abord comme exi/5ce inf9ie1 t&is qu'elle n'e/ po9t appele j\] ce rle df9itivem5t4 ,l'adoration de ce pr9cipe con/itue le faux mono?isme1 pr9cipe et po9t de d"p des religions my?ologiques4 ,mais t\t ce dveloppem5t repose sur l'ide de l',ess5ce qui exi/e1 c'e/--dire sur une base hypo?tique ou1 si v\s le prfrez1 sur la base de la foi en ,dieu4 ,s'il e/ un ,dieu1 n\s savons ce qu'il e/2 en d'autres t]mes1 si l',ess5ce exi/e1 n\s savons comm5t elle exi/e2 n\s n'avons pas encore tabli sci5tifiquem5t le fait de son exi/5ce4 ,p\r le dmontr]1 qu'y a-t-il faire1 ,messieurs8 ,il n'y a qu' voir si les faits s'accord5t avec cette hypo?se1 ou1 ce qui e/ la mme *ose1 s'ils s'expliqu5t p> son moy54 ,il faudra donc analys] a priori l'ide du procs hypo?tique dont n\s connaissons les facteurs1 et comp>] les phases div]ses du procs que le dveloppem5t de cette ide a priori n\s conduit dt]m9]1 avec les diffr5tes sphres de l'exi/5ce relle4 ,si le dveloppem5t logique de ce procs1 p> lequel une puissance primitivem5t spirituelle ret\rn]ait la spiritualit dont elle e/ sortie1 n\s explique dans leur intimit l'ensemble des vrits exprim5tales1 n\s s]ons c]ta9s que ce procs n'e/ po9t une *imre1 mais la base mme de l'expri5ce1 d'o n\s conclu]ons ncessairem5t que les facteurs de ce procs exi/5t1 et enf91 t\j\rs avec la mme ncessit1 que l'unit absolue des puissances1 qui seule peut les ma9t5ir dans le rapport con/itutif du ,procs1 exi/e galem5t4 ,telle e/ la t*e de la philosophie progressive1 qui ju/ifie la ralit des pr9cipes exposs jusqu'ici1 en int]prtant p> leur moy5 la ,nature et l'me huma9e1 la religion et l'hi/oire4 ,la philosophie rgressive n\s f\rnit donc l'ide de ,dieu2 la philosophie progressive n\s donne la preuve de son exi/5ce3 preuve exprim5tale1 comme il convi5t qu'elle soit1 c> n\s ne devons jamais faire ab/raction de la ralit2 mais dont la m>*e e/ a priori1 comme il le faut galem5t1 c> n\s n'avons de connaissance relle qu'en saisissant l'effet dans sa cause4 ,la dmon/ration de l'exi/5ce de ,dieu n'e/ pas un sujet p>ticuli] de la philosophie2 c'e/ la philosophie t\t entire4 ,et cette dmon/ration ira t\j\rs se p]fectionnant et s'appr(ondissant1 mesure que la sci5ce exprim5tale se dvelopp]a1 et que le monde lui-mme avanc]a v]s l'accomplissem5t de ses de/9es4 ,,quatorzi,,me ,,le,,on4 ,n\velle philosophie de ,m4 de ,s*ell+4--,rsum de l'exposition prcd5te4--,ide de ,dieu et de la ,cration1 de l'homme1 de la ,*ute1 de la ,re/auration4--,apprciation du sy/me4 ,la ?orie des puissances repose sur l'intuition1 mais elle ne r5d pas raison de la lib]t absolue4 ,la lib]t de ,dieu selon ,m4 de ,s*ell+1 consi/e dans la facult de dploy] ou de comprim] une puissance dt]m9e4 ,c'e/ une lib]t limite et non pas absolue4 ,or les mmes motifs qui n\s oblig5t attribu] ,dieu la lib]t de crer ou de ne pas crer1 n\s port5t reconnatre en lui une lib]t absolue1 et n\s p\ss5t au del du sy/me de ,m4 de ,s*ell+4 ,messieurs1 ,n\s avons vu comm5t ,m4 de ,s*ell+ *]*e saisir l'inf9ie spiritualit de ,dieu dans les puissances qui la con/itu5t4 ,dieu e/ l'unit ncessaire de ces puissances1 et cette ncessit fait sa lib]t vis--vis d'elles1 puisque1 sans altr] son unit1 il peut1 s'il le veut1 les *ang] en puissances cratrices1 en les opposant les unes aux autres4 ,le trait c>actri/ique de ce po9t de vue e/ l'ide d'un pr9cipe div9 qui1 sans tre prcism5t ,dieu1 =me cep5dant la base de l'exi/5ce div9e1 quoiqu'il soit susceptible d'exi/] hors de ,dieu4 ,la puissance gnratrice rside proprem5t dans ce pr9cipe1 en ce s5s qu'il f\rnit la sub/ance1 la matire premire de t\te cration4 ,si n\s considrons en lui-mme et dans sa puret le pr9cipe dont il s'agit1 n\s ne p\vons le dsign] p> aucun nom emprunt l'expri5ce1 soit extrieure1 soit mme intrieure1 p>ce qu'en effet n\s ne l'ap]cevons jamais pur2 l'expri5ce ne n\s le montre jamais sans que l'influ5ce des autres puissances l'ait en quelque faon modifi4 ,cep5dant il convi5t de lui donn] un nom tir de l'expri5ce1 p\r faire s5tir que ce n'e/ pas une ab/raction de la p5se1 mais une =ce relle4 ,n\s *]*]ons donc suivre l'analogie la plus exacte possible1 et n\s l'appell]ons ,volont4 ,en effet sa nature ne se rvle nulle "p aussi bi5 que dans la volont4 ,a9si l'exi/5ce immuable1 t]nelle de ,dieu repose sur la base de sa volont4 ,aussi longtemps que cette volont re/e en puissance1 ,dieu la possde comme sa puissance1 et l'exi/5ce de ,dieu di/9cte de cette puissance consi/e la possd]2 c'e/ en elle qu'il se s5t vivre1 c'e/ en elle qu'il tr\ve la flicit1 qui e/ proprem5t l'acte t]nel de son tre4 ,il exi/e donc comme esprit1 p>ce qu'il possde dans la pr(ondeur de son ess5ce la puissance de la volont4 ,son exi/5ce objective1 comme esprit inf9i1 n'a ri5 de contraire cette puissance aussi longtemps qu'elle demeure puissance1 et la consci5ce de cette h>monie entre son exi/5ce relle et la puissance d'tre qui rside en lui1 e/ la vritable =me de sa vie1 la troisime puissance de la ,div9it4 ,il e/ donc puissance ou sujet pur1 acte pur ou objet pur1 enf9 id5tit de la puissance et de l'acte1 de l'objet et du sujet3 esprit pur4 ,il e/ cela sans aucune volont1 aussi longtemps qu'il ne suscite pas ce v\loir o gt la possibilit d'une exi/5ce autre que la si5ne4 ,mais sur ce pr9cipe repose l'av5ir de t\tes les crations4 ,il voit t]nellem5t les crations futures dans la puissance qu'il possde4 ,cette puissance t5d naturellem5t se dploy]1 elle e/ l'attrait qui invite l't]nel crer4 ,cep5dant cet attrait n'e/ pas une ncessit4 ,une impulsion aveugle e/ sans =ce sur ,celui qui e/ esprit4 ,s'il cre1 c'e/ p> un motif4 ,ce motif1 c'e/ l'int5tion rfl*ie d'tre connu1 d'tre aim4 ,la cration a donc p\r f9 de multipli] l'exi/5ce spirituelle2 le b de ,dieu e/ de produire un tre semblable lui4 ,cep5dant l'exi/5ce qui rsulte immdiatem5t de l'acte crateur ou du dploiem5t de la puissance cratrice1 ne saurait tre semblable l'exi/5ce div9e2 ce qui la c>actrise1 c'e/ qu'elle e/ une autre exi/5ce2 p\r dev5ir semblable la premire sans se confondre avec elle1 il lui faut subir une srie de limitations et de trans=mations4 ,l'acte crateur1 donnant essor une puissance inf9ie1 produit une exi/5ce inf9ie1 qui gne et comprime ncessairem5t l'exi/5ce inf9ie que ,dieu possde avant t\t acte2 c> il peut bi5 y avoir plusieurs pr9cipes inf9is1 mais non plusieurs inf9is exi/ant actuellem5t4 ,a9si l'acte crateur e/ un m\vem5t1 mais un m\vem5t dans le se9 de ,dieu1 c> t\t e/ en ,dieu4 ,c'e/ un r5v]sem5t des puissances con/itutives de la ,div9it qui =me la base et l'ess5ce de l',univ]s2 l',univ]s e/ l'unit r5v]se4 ,la puissance inf9ie d'tre1 sujet ou sub/rat primitif1 dev5ant objet1 l'objet primitif devi5t1 son t\r1 dans le ,monde du mo9s1 dans la ,cration1 puissance ou sujet2 mais1 comme cette position e/ contraire sa nature ess5tielle1 t]nelle1 il travaille la quitt] et r$ev5ir objet1 regagn] la surface ou l'empire1 en s'assujettissant la n\velle exi/5ce1 la seconde exi/5ce1 la fausse exi/5ce1 qui doit r$ev5ir base ou puissance p\r s]vir de fondem5t une seconde exi/5ce spirituelle1 l'esprit cr1 comme elle e/1 avant t\t acte1 base et sub/ance de l'esprit incr4 ,dieu peut1 s'il le veut1 mettre a9si les puissances de son tre en lutte les unes contre les autres1 p>ce qu'il n'e/ pas seulem5t l'unit de fait des puissances univ]selles 7en ralit1 t\t esprit et mme t\t tre rel1 quelque ordre qu'il app>ti5ne1 n\s prs5te une telle unit de fait72 mais il e/ leur unit ncessaire1 l'unit des puissances suprieure aux puissances1 l'unit des puissances dans leur h>monie et dans leur contradiction4 ,tel e/ le secret de sa ,lib]t4 ,a9si1 ce qui exi/e1 ce qui fait proprem5t la sub/ance de t\t tre cr1 c'e/ une volont div9e qui sort incessamm5t du se9 de ,dieu et qui p\rtant n'e/ pas ,dieu1 puisque dans l'exi/5ce div9e elle e/ lat5te1 et qu'aprs l'avoir dgage1 ,dieu ne cesse pas d'tre lui-mme4 ,la puissance proprem5t div9e1 celle en qui rside l'tre de ,dieu1 e/ con/amm5t active dans le procs qui produit et ma9ti5t l'exi/5ce du ,monde1 dans la cration1 mais dans le ,monde elle n'exi/e nulle "p s\s sa =me propre4 ,l'tre du ,monde n'e/ donc pas le mme que l'tre de ,dieu1 mais le m\vem5t du ,monde t5d assimil]1 en les unissant1 l'tre du ,monde et l'tre de ,dieu1 en sorte qu' la f9 ,dieu soit t\t en t\s4 ,le pr9cipe con/itutif de l'exi/5ce div9e n'e/ pas rel dans le ,monde1 disons-n\s2 il ne s'y tr\ve qu'a l'tat de puissance1 et c'e/ prcism5t p\r cela qu'il y j\e le rle de pr9cipe actif1 de cause du progrs2 il e/ la cause p> excell5ce1 la cause effici5te ou la cause motrice1 selon l'analyse si ju/e des pripattici5s1 c> le m\vem5t1 p>t\t o il a lieu1 rsulte de l'ef=t d'une puissance qui t5d se ralis]4 ,la =me de l'exi/5ce div9e *]*e donc s'imprim] sur le ,monde1 l'exi/5ce div9e *]*e se ralis] dans le ,monde1 et elle s'y ralise en effet1 la f9 du procs crateur2 t\tefois1 mme alors1 ce n'e/ proprem5t pas elle1 ce n'e/ pas la seconde puissance qui exi/e ou qui occupe la surface1 ce n'e/ pas elle qui e/ manife/e2 elle n'exi/e que dans son id5tit avec la premire4 ,ce qui exi/e la f91 c'e/ la premire1 compltem5t assimile la seconde p> l'influ5ce de celle-ci2 c'e/--dire1 ,messieurs1 p\r exprim] enf9 la vrit de la *ose1 ce qui exi/e n'e/ ni la premire1 ni la seconde1 mais la troisime4 ,le t]me du procs e/ une n\velle unit des trois puissances1 dans laquelle la troisime1 l'esprit1 occupe d]e*ef le premi] rang1 et donne l'tre son c>actre4 ,ce t]me de la cration1 c'e/ l',homme1 produit commun des trois puissances1 unit des trois puissances1 dieu n\veau l'image du ,dieu t]nel4 ,en lui1 les puissances qui1 dans leur opposition1 sorties du se9 de l'unit suprme1 ne se compr5ai5t plus les unes les autres1 sont de n\veau concilies4 ,a9si la v5ue de l'homme amne la paix dans la ,nature1 p>ce qu'il e/ l'a*vem5t de la ,nature4 ,il e/ libre1 p>ce qu'aucune puissance n'ex]ce sur lui d'empire exclusif1 et1 comme la puissance cratrice de l'tre e/ r$ev5ue puissance en lui1 il peut dev5ir crateur son t\r4 ,mais sa mission n'e/ pas d'veill] une seconde fois ce r$\table my/re1 c> la ,cration e/ t]m9e4 ,cette =ce apaise qui sommeille en son se9 s]ait plus gr&e que lui4 ,ce n'e/ pas sa volont1 c'e/ la volont de ,dieu2 il en e/ le g>di51 non le matre4 ,s'il l'excite1 absorb p> elle1 il tombe s\s son empire2 elle rgne de n\veau exclusivem5t1 elle ref\le de n\veau les =ces proprem5t spirituelles dans l'obscurit du non tre ou de la puissance1 et ne peut tre s\mise une seconde fois que p> un second procs4 ,mais1 comme le procs qui fait surgir la ,nature e/ un drame qui se j\e dans le se9 de ,dieu1 le second ,procs e/ un drame qui se j\e dans le se9 du n\veau crateur1 dans l'me huma9e4 ,les crations qui naiss5t de ce procs et qui en m>qu5t les phases1 correspond5t aux crations naturelles2 mais elles n'ont de ralit que dans la p5se4 ,telle e/ l'orig9e des my?ologies1 des ?ogonies1 reproduction idale de la cosmogonie primitive4 ,comme la premire cration e/ un accid5t div91 l'effet de la volont incalculable de ,dieu1 la seconde cration e/ un accid5t huma91 un effet de la volont incalculable de l'homme4 ,la cause en e/ le dsir que l'homme conoit de s'lev] en dployant la puissance cratrice qui fait la base de son tre spirituel4 ,en cdant ce dsir1 il amne un r5v]sem5t des puissances1 une *ute4 ,la ,*ute1 au s5s o n\s pr5ons ce mot ici1 explique seule la condition primitive de l'humanit et le c>actre dramatique de son hi/oire4 ,p\r donn] un s5s aux docum5ts des premi]s ges1 il faut ncessairem5t admettre que les religions my?ologiques se sont succd dans la consci5ce1 d'abord collective1 de l'humanit1 d'une manire irrfl*ie1 involontaire1 p> l'effet d'une ncessit intrieure analogue celle qui produit les songes2 et que la libre rflexion1 le d\te1 le raisonnem5t1 l'individualit morale1 n'ont comm5c que plus t>d1 p> le ret\r graduel de l'esprit sa primitive h>monie4 ,comme le premi] ,procs se t]m9e p> la cration de l'homme1 image relle 7naturelle7 de ,dieu1 le second ,procs se t]m9e p> le rtablissem5t de l'ide du vrai ,dieu1 du ,dieu triple et un1 dans la p5se huma9e4 ,je ne p\rsuivrai pas1 ,messieurs1 le dveloppem5t de ce sy/me et la dmon/ration exprim5tale de sa vrit dans la philosophie de la ,my?ologie et dans la philosophie de la ,rvlation2 ce que j'en ai dit suffit notre desse94 ,v\s ap]cevrez au premi] c\p d'oeil que le /yle de cette mtaphysique1 s'il e/ p]mis de s'exprim] a9si1 diffre entirem5t de celui du pan?isme rationali/e1 auquel elle t5d se sub/itu]4 ,ici l'explication des faits n'e/ plus *]*e uniquem5t dans la loi de leur production ou dans une =mule ab/raite1 mais dans des puissances relles4 ,la "q suprme n'e/ plus de connatre la loi des faits1 la =mule univ]selle1 prcism5t p>ce que la seule exi/5ce de fait p\r n\s1 c'e/--dire le ,monde1 n'e/ plus id5tifie l'absolu4 ,au-dessus des faits qui font l'objet de notre expri5ce1 au-dessus de l'ensemble auquel ces faits app>ti5n5t1 l'esprit reconnat une cause sub/antielle des faits1 et la philosophie reoit p\r mission de dt]m9] quelle e/ cette cause sub/antielle4 ,aprs s'tre leve du fait la =mule et de la =mule la cause1 elle *]*e r$esc5dre de la cause au fait p> le mme int]mdiaire4 ,les pr9cipes qui doiv5t r5dre raison des phnomnes sont ici des puissances relles1 susceptibles1 dit ,m4 de ,s*ell+1 de dev5ir elles-mmes un objet d'expri5ce1 non-seulem5t dans ce s5s qu'elles expliqu5t l'expri5ce univ]selle1 mais encore directem5t4 ,en effet ce reg>d intrieur1 qui fait seul la psy*ologie1 ap]oit au fond de notre me la lutte des puissances dont n\s n\s sommes entret5us1 et les saisit l dans leur n]gie4 ,a9si1 dans la production potique ou philosophique1 comme dans t\t dploiem5t puissant de la volont1 n\s con/atons l'ef=t de la raison1 de l'intellig5ce proprem5t dite1 de la seconde puissance1 p\r s'assujettir le pr9cipe sub/antiel de l'esprit1 la pure expansion1 la pure =ce1 la premire puissance1 qui d'elle-mme n'e/ pas la raison et n'a pas de raison1 mais qui e/ susceptible d'c\t] la raison1 et qui1 lui re/ant s\mise1 fait la fcondit du gnie1 la virilit du c>actre4 ,cette obs]vation psy*ologique e/ d'une inconte/able vrit2 son anci5net ne n\s en f]a pas mconnatre la pr(ondeur4 ,s\s des =mes div]ses1 n\s la retr\v]ions aism5t *ez ,platon1 *ez ,ari/ote1 p>t\t o s'e/ manife/ l'esprit philosophique4 ,la philosophie de ,m4 de ,s*ell+ e/ donc pr(onde1 dans ce s5s qu'elle repose sur une intuition pr(onde4 ,si cette intuition fait dfaut1 la porte du sy/me re/e f]me4 ,de l vi5t1 sans d\te1 le repro*e de my/icisme qu'on a dirig contre le po9t de vue de ,m4 de ,s*ell+4 ,en effet1 ce qu'il y a de plus intressant et de plus spculatif *ez les criva9s gnralem5t dsigns s\s le nom de my/iques1 ce sont prcism5t leurs vues sur l'me huma9e4 ,dans la b\*e du vulgaire1 le mot my/ique s'applique t\t homme qui donne une att5tion srieuse aux *oses de la religion4 ,en philosophie il ne convi5t qu'aux p5seurs qui croi5t dc\vrir la vrit p> quelque facult p>ticulire dont t\s les hommes ne j\iss5t pas4 ,m4 de ,s*ell+ n'lve pas cette prt5tion2 mais1 comme il n'e/ pas t\j\rs facile de di/+u] entre une diffr5ce de nature et une diffr5ce de degr1 l'accusation de my/icisme porte contre lui ne doit pas surpr5dre4 ,sans contr$it1 il faut le s5tim5t des problmes p\r arriv] aux solutions4 ,je revi5s celles que propose ,m4 de ,s*ell+4 ,entre les *oses f9ies et le ,dieu absolu1 il place comme int]mdiaire des puissances qui sont la fois les causes du monde engages dans le monde1 les pr9cipes cosmiques1 et les pr9cipes con/itutifs de la ,div9it4 ,mais1 ces puissances tant inf9ies1 il admet qu'elles peuv5t se tr\v] les unes vis--vis des autres dans une d\ble relation3 ici unies et concilies dans l'tre inaltrable de ,dieu1 l sp>es et opposes dans les procs successifs et simultans qui =m5t l'exi/5ce du monde4 ,a9si se tr\ve accuse et presque rsolue la contradiction qui semble 9vitable1 dans t\s les po9ts de vue o l'on reconnat ,dieu3 ,t\s admett5t en effet que ,dieu e/ l'tre absolu1 et qu'il ne p]d po9t ce c>actre bi5 qu'un tre diffr5t de lui vi5ne le limit]4--,l'inf9it positive de ,dieu consi/e en ceci1 qu'il peut se limit] lui-mme p\r donn] place une autre exi/5ce4 ,c'e/ l'inf9i de la lib]t1 suprieur celui de l'exi/5ce ab/raite4 ,t\tefois l'ide de l'exi/5ce inf9ie doit tr\v] une place3 il faut que ,dieu soit inf9i et absolu dans le s5s de l'actualit2 mais1 p> l'accomplissem5t de la cration1 cette exig5ce de la p5se se concilie avec la ralit de la crature dans la pure sphre de la vie morale1 =me suprme de la ralit4 ,c'e/ l'am\r de ,dieu p\r la crature et l'am\r de la crature p\r ,dieu qui rtabliss5t l'inf9i dans son droit et font triomph] l'unit4 ,qu& la crature aime ,dieu comme elle en e/ aime1 l'idal e/ ralis1 l'exi/5ce univ]selle e/ div9e comme la sub/ance univ]selle1 p>ce que ,dieu e/ t\t en t\s4 ,m4 de ,s*ell+ admet donc que les mmes puissances s\ti5n5t entre elles deux rapports opposs et =m5t a9si1 d'un ct la triplicit des pr9cipes cosmiques1 de l'autre la ,tr9it des puissances div9es4 ,la puissance qui proprem5t exi/e dans le ,monde1 n'exi/e pas en ,dieu2 elle e/ en lui lat5te1 l'tat de base1 t&is que la puissance qui exi/e en ,dieu n'exi/e pas dans le ,monde2 elle y agit comme cause du m\vem5t4 ,on peut donc dire que l'tre du ,monde n'e/ pas le mme que celui de ,dieu2 mais1 pr5dre les mots dans leur acception gnrale1 il faut av\] que ,m4 de ,s*ell+ considre le ,monde comme =m de sub/ance div9e4 ,plusieurs en conclu]ont1 sans hsit]1 que son sy/me e/ un pan?isme4 ,ce repro*e s]ait bi5 inju/e4 ,la rac9e du pan?isme e/ c\pe du mom5t o l'orig9e des *oses f9ies e/ rapporte un acte libre1 et si le sy/me e/ attaquable1 ce n'e/ pas de ce ct4 ,mais ,m4 de ,s*ell+ p5se tre remont jusqu'au pr9cipe sur lequel se fonde la lib]t div9e2 il dduit la lib]t de ce pr9cipe et1 p> l1 il se tr\ve conduit la s\mettre des conditions qui me sembl5t incompatibles avec la notion de l'absolu telle que la raison la conoit ncessairem5t a priori4 ,les difficults qui m'arrt5t ti5n5t peut-tre la =me plutt qu'au fond de la p5se1 et se lv]ai5t d'elles-mmes dans une exposition plus l>ge et plus f]me que la mi5ne4 ,t\tefois1 ,messieurs1 je v\s dem&]ai la p]mission de les prs5t]3 ,la lib]t de ,dieu1 selon ,m4 de ,s*ell+1 consi/e dans la facult qu'il possde de dploy] ou de t5ir ca*e la puissance de crer une autre exi/5ce que la si5ne4 ,cette puissance e/ le fondem5t de l'exi/5ce de ,dieu lui-mme1 elle e/ la base sur laquelle s'lve l'unit concrte de la vie div9e4 ,m4 de ,s*ell+ e/ oblig de la considr] a9si p>ce qu'il ne saurait concevoir un tre qui n'et pas son pr9cipe en ,dieu4 ,mais comme1 p\r j\] ce rle1 il faut que la puissance demeure puissance1 ,dieu ne la suscite qu'aux dp5s de sa propre unit4 ,la production d'une n\velle exi/5ce e/ la ngation de l'exi/5ce div9e4 ,en crant un monde ,dieu devi5t monde1 et cep5dant il peut crer sans cess] d'tre ,dieu1 p>ce qu'il e/ l'unit des puissances1 dans un s5s plus pr(ond que celui d'une simple unit de fait2 il e/ l'unit ncessaire des puissances1 l'unit suprieure aux puissances1 l'unit des puissances dans leur h>monie et dans leur contradiction4 ,sur ces explications textuelles je ne f]ai qu'une obs]vation3 c'e/ qu'en proclamant ,dieu l'unit des puissances suprieure leur contradiction1 on ne le df9it proprem5t pas1 on l'affirme1 et la seule *ose qu'on df9isse1 ce sont les puissances4 ,en effet1 ,messieurs1 si l'on admet la ?orie des puissances comme le fruit d'une induction lgitime1 ce que je ne veux po9t conte/] lgrem5t2 si l'on admet que le monde rel e/ l'oeuvre des puissances telles que n\s les avons conues1 il faut bi5 admettre aussi une unit suprieure aux puissances2 il faut l'admettre1 n\s l'avons vu1 p\r expliqu] le rapport que les puissances s\ti5n5t entre elles1 rapport qui n\s a f\rni la solution du problme du ,monde4 ,s'il n'y avait ri5 de suprieur aux puissances1 s'il n'y avait pas entre elles un li5 qui les =ce re/] unies lorsqu'elles t5d5t se sp>]1 elles s'isol]ai5t en effet1 elles con/itu]ai5t *acune un monde "p2 n\s ne les tr\v]ions pas dans cet tat de t5sion et de lutte qui rsume nos yeux l'expri5ce2 le monde rel1 le monde progressif1 le monde huma9 n'exi/]ait pas4 ,si l'on admet les puissances1 il faut donc admettre une unit libre1 suprieure aux puissances1 mais de ce qu'on e/ oblig de l'admettre il ne s'ensuit pas qu'on la compr5ne en son intimit1 et les dveloppem5ts de ,m4 de ,s*ell+ ne n\s l'expliqu5t pas4 ,ils n\s appr5n5t que les puissances sont insp>ables1 que leur ess5ce inf9ie leur p]met de re/] unies en ,dieu1 t&is qu'ailleurs elles se combatt5t4 ,n\s compltons a9si notre tude des puissances1 n\s n'arrivons pas l'ess5ce de ,dieu4 ,je ne puis ni ne veux en dire davantage sur la ?orie des puissances cosmogoniques4 ,je n'aj\t]ai pas que si cette doctr9e s'appuie sur des vues physiologiques et psy*ologiques pr(ondes1 l'intuition y fait p\rtant quelquefois dfaut4 ,je ne dem&]ai pas si ,m4 de ,s*ell+ fait compr5dre aussi clairem5t la fonction de la seconde puissance dans l'unit div9e absolue que son rle dans le ,monde4 ,je ne dem&]ai pas si la troisime1 l'id5tit du sujet et de l'objet1 a vritablem5t le c>actre d'un pr9cipe di/9ct et sub/antiel1 d'une ,cause1 ou si plutt elle ne se prs5te pas con/amm5t comme un produit2 en un mot1 je ne dem&e pas si la ?orie des puissances e/ a*eve4 ,cet exam5 difficile n\s dt\rn]ait de notre sujet2 il exig]ait au pralable une exposition beauc\p plus appr(ondie et plus complte que la mi5ne4 ,j'accepte donc les puissances comme pr9cipes gnrateurs du f9i2 mais1 ,messieurs1 j'insi/e sur cette obs]vation que la doctr9e des puissances ne n\s fait pas connatre ,dieu en lui-mme1 prcism5t p>ce que1 comme le dit ,m4 de ,s*ell+1 il e/ suprieur aux puissances1 suprieur toto coelo4 ,t\te autre m?ode p\r arriv] la lib]t de ,dieu e/ donc au mo9s aussi lgitime que la ?orie des puissances2 c>1 aprs t\t1 la ?orie des puissances n'e/ pas une m?ode qui n\s y conduise4 ,elle n\s fait remont] jusqu' un c]ta9 po9t dans l'int]prtation spculative de l'univ]s1 elle n\s amne jusqu'aux m>*es du trne3 arrivs l1 la *ane du raisonnem5t philosophique e/ brise4 ,l'*elle dresse sur la t]re ne va pas jusqu'au haut de la muraille4 ,lorsqu'on e/ au sommet de l'*elle1 il faut rassembl] son c\rage1 saisir le crneau et saut] dans la place1 c'e/--dire affirm] l'9vitable in9telligible4 ,la lib]t de ,dieu n'e/ ici qu'une affirmation n]gique1 fonde sur un beso9 rel de la p5se2 ce n'e/ pas le rsultat d'une dduction1 et n\s ne connaissons pas ,dieu dans son prius1 comme ,m4 de ,s*ell+ p5se n\s le faire connatre#eb4 ,le dfaut du sy/me que n\s v5ons d'tudi] consi/e prcism5t en ce qu'il ne s'e/ pas cont5t d'affirm] la lib]t de ,dieu1 mais qu'il veut remont] sa cause4 ,n\s v5ons de dire que cette prt5tion n'e/ pas fonde4 ,encore une fois1 si ,dieu e/ suprieur aux puissances1 sa nature ess5tielle n'e/ pas explique p> la nature des puissances4 ,exam9ons ma9t5ant les consqu5ces de la t5tative1 lgitime ou non1 de remont] au prius de la lib]t div9e4 ,note #eb3 ,voyez la prface de ,m4 de ,s*ell+ la traduction allem&e des ,fragm5ts philosophiques de ,m4 ,c\s94 ,le desse9 d'expliqu] la nature du ,dieu libre au moy5 de ses puissances1 n\s semble conduire l'esprit se reprs5t] la lib]t div9e comme une lib]t conditionnelle et limite p> les puissances1 po9t de vue que n\s ne saurions concili] avec l'ide de l'absolu4 ,dans ce sy/me1 en effet1 la cration e/ dt]m9e p> la nature de ,dieu4 ,crer1 ici1 c'e/ dploy] une puissance que n\s connaissons dj2 crer1 c'e/ ralis] l'exi/5ce illimite1 oppose la spiritualit1 af9 que cette ngation soit surmonte p> l'action du pr9cipe de l'exi/5ce spirituelle1 rduit l'tat de puissance4 ,comme dans les philosophies pan?i/es1 t\tes les phases de la ,cration sont cont5ues dans l'ide de la cration possible1 et cette ide e/ dt]m9e avec ncessit4 ,crer1 c'e/ comm5c] le procs dont n\s avons analys les pr9cipes4 ,si ,dieu cre1 il crera de cette manire et pas autrem5t4 ,la lib]t div9e e/ donc re/re9te dans les limites rig\reuses d'une alt]native3 un oui ou un non2 le veto et le placet4 ,dieu1 peut1 s'il le veut1 crer ou ne pas crer dans le s5s absolum5t dt]m9 que n\s v5ons de m>qu]2 mais il ne peut pas crer ce qu'il lui plat et comme il lui plat4 ,s\s ce po9t de vue1 la lib]t de ,dieu n'e/ ni plus ni mo9s p>faite que la lib]t primitive de l'homme4 ,comme la lib]t de ,dieu e/ dt]m9e p> la nature de ses puissances1 la lib]t de la crature primitive e/ dt]m9e p> sa position4 ,la crature spirituelle se tr\ve1 elle aussi1 en face d'une simple alt]native3 elle peut rveill] ou ne pas rveill] la premire puissance1 re/] immobile ou se pos] en second crateur4 ,elle n'a de *oix qu'entre ces deux alt]natives1 et les consqu5ces1 de l'une et de l'autre sont absolum5t ncessaires4 ,si la crature veut crer son t\r1 elle tombe dans le faux ?isme1 dans l'adoration du pr9cipe de la nature1 d'o rsulte infailliblem5t le procs my?ologique1 dont l'issue e/ le rtablissem5t du ?isme vrai4 ,v\s voyez donc clairem5t1 ,messieurs1 quelle espce de conciliation ce sy/me tablit entre les deux pr9cipes colluctans de la lib]t et de la ncessit4 ,t\s les fils de la p5se se ratta*5t un noeud que la lib]t tran*e3 ds ce mom5t la ncessit repr5d son empire1 la p5se a priori t5d de n\veau ses fils1 qui se s]r5t dans un n\veau noeud1 dont la solution rclame une n\velle int]v5tion de la lib]t4 ,la ncessit pose les conditions et tire les consqu5ces2 mais ri5 n'e/ rel que p> la lib]t4 ,cette solution e/ suprieure1 je le crois1 celle du pan?isme mod]ne4 ,celui-ci1 dans son plan du monde1 met la ncessit au c5tre et ne laisse que d'insignifiants dtails la lib]t1 qu'il rejette l'extrme surface1 o elle se confond avec le has>d#ec4 ,mais1 la considr] en elle-mme1 la solution propose p> ,m4 de ,s*ell+ n\s suffit-elle entirem5t8 ,peut-on rellem5t affirm] que ,dieu e/ libre1 lorsqu'on ent5d sa lib]t la manire de ,m4 de ,s*ell+8 ,ne peut-on pas du mo9s concevoir cette lib]t d'une manire encore plus leve8 ,n\s sommes conduits n\s pos] cette "q p> le sy/me de ,m4 de ,s*ell+ lui-mme1 et ,m4 de ,s*ell+ lui-mme ne saurait en mconnatre la lgitimit4 ,le m\vem5t de la p5se qui l'a fait sortir du pan?isme et qui lui a suggr son sy/me de lib]t conditionnelle1 le mme m\vem5t1 le mme intrt1 la mme vid5ce1 n\s font d\t] de cette lib]t conditionnelle et n\s p\ss5t v]s l'absolue lib]t4 ,note #ec3 ,voyez ,m4 ,c\s94 ,c\rs de ,philosophie de #ahbh1 ,leon ,x1 sur les gr&s hommes4 ,selon la ?orie hegeli5ne dveloppe dans cette leon1 leur gr&eur consi/e en ceci1 qu'ils ne sont po9t eux-mmes1 qu'ils ne sont po9t libres1 qu'ils ne sont po9t hommes4 ,en effet1 ,messieurs1 dans la p5se de ,m4 de ,s*ell+1 la lib]t1 telle qu'il la compr5d1 e/ ce qu'il y a de plus excell5t2 la lib]t e/ le trait di/9ctif de l'absolu2 la lib]t fait de l'absolu ce qu'il e/4 ,mais1 si la lib]t fait de l'absolu ce qu'il e/1 ne s'ensuit-il pas que cette lib]t elle-mme ne saurait tre conue comme re/re9te et conditionnelle1 mais qu'elle doit tre absolue8 ,disons-le1 ,messieurs3 du mom5t o l'intellig5ce a conu l'ide de la lib]t absolue1 la valeur objective de cette ide ne peut plus faire "q2 elle s'impose l'esprit au nom de sa propre autorit4 ,du mme droit que ,m4 de ,s*ell+ s'crie avec c\rage3 ,je ne veux ri5 du pan?isme2 je veux un sy/me qui m'explique le monde p> l'acte positif d'un ,crateur libre2 du mme droit n\s p\vons dire1 notre t\r3 ,je ne veux pas d'une lib]t emprisonne entre les cornes d'un dilemme2 je ne veux pas mettre sur le trne de l'univ]s un roi con/itutionnel qui n'ait qu' se prononc] p> oui ou p> non sur les propositions qui lui sont faites4 ,je veux une lib]t ple9e1 entire1 qui cre les possibilits et qui les ralise4 ,j'attribue ,dieu cette lib]t absolue1 illimite1 insondable1 p>ce que c'e/ la plus haute ide laquelle mon esprit s'lve1 et que plus mon ide de ,dieu s]a haute1 plus elle s'appro*]a de la vrit4 ,c'e/ l1 ,messieurs1 la vraie m?ode et la plus c]ta9e1 qui se rsume en un seul po9t3 l>gissez vos p5ses6 ,quelle e/ la df9ition rig\reuse de la lib]t8 quel e/ le nom de l'absolu1 le mot suprme1 le miracle vid5t1 l'9vitable impossible8 ,m4 de ,s*ell+ le sait bi54 ,dem&ez-lui comm5t ,dieu s'appelle1 il rpondra3 ,,je ,,suis ,,ce ,,que ,,je ,,veux4 ,quelle que soit la h>diesse de ce p>adoxe1 n\s ne p\vons pas mettre en "q sa vrit3 n\s devons df9ir ,dieu p> la lib]t absolue1 p>ce que l'absolue lib]t e/ la plus haute conception dont n\s soyons capables4 ,or il e/ impossible que ,dieu ne soit pas ce qu'il y a de plus gr&4 ,si n\s p\vons imag9] quelque *ose de plus gr& que ,dieu1 il e/ clair que n\s n'avons pas encore compris ,dieu4 ,mais l'absolue lib]t1 quoique n\s ne puissions ni l'imag9] ni la compr5dre1 e/ telle nanmo9s que n\s devons reconnatre en elle ce qu'il y a de plus gr& et de plus excell5t1 malgr l'obscurit1 le p>adoxe et l'ironie que r5f]me cette ide la fois la plus ab/raite et la plus concrte1 la plus ngative et la plus positive1 la plus insaisissable et la plus c]ta9e4 ,n\s v]rons bi5tt1 ,messieurs1 le s5s de ce p>adoxe et le srieux de cette ironie2 mais1 ds ce mom5t1 n\s acceptons la df9ition propose sur l'autorit de son vid5ce immdiate2 n\s en faisons le critre de nos apprciations1 et1 sans mconnatre t\t ce que ,m4 de ,s*ell+ a fait p\r lui conqurir sa place1 n\s disons qu'elle n\s oblige sortir du sy/me de ,m4 de ,s*ell+1 ou du mo9s n\s affran*ir de la =me qu'il a donne son sy/me en le ratta*ant ses travaux prcd5ts2 c> il e/ possible que cette =me n\s en ait plus ou mo9s dissimul le s5s intime et que ,m4 de ,s*ell+ ait t5u compte d'avance de nos pr9cipales objections4 ,plusieurs de ses ides1 plusieurs mots sortis de sa b\*e me port]ai5t le suppos]4 ,quoi qu'il en soit1 ,messieurs1 tel qu'il ressort de notre exposition sans d\te imp>faite1 le n\veau sy/me de ,m4 de ,s*ell+ n\s semble port] la m>que d'une p5se dont le dveloppem5t n'e/ pas encore a*ev2 je veux dire que1 comme dans t\s les sy/mes prcd5ts1 la conclusion n'en concide pas entirem5t avec le po9t de d"p4 ,m4 de ,s*ell+ e/ df9itivem5t sorti du pan?isme1 en faisant sa place la vrit incomplte sur laquelle le pan?isme se fonde2 mais1 d'un ct1 il prt5d expliqu] ,dieu p> ses puissances1 de l'autre1 il reconnat que l'unit div9e e/ suprieure aux puissances1 ce qui semble dtruire la possibilit d'une telle explication4 ,plus gnralem5t1 il veut r5dre compte de l'ess5ce div9e1 et cep5dant il enseigne la lib]t absolue de ,dieu1 d'o rsulte nos yeux l'impossibilit de sond] ,dieu dans son ess5ce4 ,n\s r5dons ju/ice la gr&eur de ce sy/me1 qui claire d'un j\r puissant les problmes les plus my/rieux de la nature1 de l'hi/oire et de la consci5ce1 en mme temps qu'il rsume dans une p5se orig9ale les spculations pr(ondes des ,grecs1 des philosophes juifs1 des ,pres de l'glise et du vieux my/icisme allem&2 mais n\s pr\vons cep5dant le beso9 de t5t] une autre voie p\r n\s lev] au b qu'il a signal4 ,comme le ,monde rsulte d'un acte libre de ,dieu et non pas d'une ncessit de la nature div9e1 a9si que l'implique l'ide de la lib]t que n\s acceptons sur la foi de son vid5ce et que n\s avons accepte ds l'orig9e sur la foi de la consci5ce morale2 il e/ clair qu'en p>tant du ,monde n\s ne p\vons pas arriv] compr5dre ce que ,dieu e/ en lui-mme1 mais seulem5t ce qu'il veut tre relativem5t ce monde4 ,m4 de ,s*ell+ l'a bi5 ap]u1 et n\s avons vu que lorsqu'il s'agit d'atte9dre l'ide pure du ,dieu absolu1 il laisse de ct la ?orie des puissances fonde sur l'intuition1 p\r *]*] un n\veau comm5cem5t dans une df9ition de ,dieu dj philosophique3 l'ess5ce qui exi/e4 ,mais le ?isme seul accorde cette df9ition1 et la discussion mtaphysique que n\s avons imp>faitem5t rsume1 n'a d'autre b que de retr\v] les puissances du monde rel dc\v]tes p> l'analyse prcd5te1 dans la notion de ,dieu telle que la f\rniss5t le ?isme et le *ri/ianisme1 ou1 ce qui revi5t au mme1 de pr\v] aux croyants la vrit du sy/me de ,m4 de ,s*ell+4 ,n\s concevons la t*e un peu diffremm5t4 ,n\s v\lons1 s'il e/ possible1 dvelopp] s\s la =me d'une dmon/ration rgulire cette vrit immdiatem5t c]ta9e1 que l'tre absolu e/ pure lib]t4 ,n\s p>tirons donc1 n\s aussi1 d'une df9ition de ,dieu1 ou1 p\r mieux dire1 d'une df9ition du pr9cipe des *oses1 mais d'une df9ition que t\t le monde soit oblig d'accept]4 ,n\s p>tirons de la base commune au ?isme et au pan?isme1 l'incrdulit comme la foi3 ,le pr9cipe univ]sel e/ un tre qui subsi/e de lui-mme2 et n\s n\s ef=c]ons d'tablir p> la pure p5se que l'tre exi/ant de lui-mme ne saurait tre conu que comme pure lib]t4 ,ce s]a l'objet de notre pro*a9e leon4 ,n\s exam9]ons ensuite la porte de cette df9ition quant l'conomie gnrale de la sci5ce1 et n\s t5t]ons de rs\dre1 au moy5 de cette clef1 les problmes les plus importants que l'expri5ce n\s suggre4 ,,qu9zi,,me ,,le,,on4 ,,re*]*e ,,sy/,,matique ,,du ,,pr9cipe ,,premi]4 ,i4 ,le pr9cipe de t\te exi/5ce e/ un4 ,preuve3 ,la raison affirme immdiatem5t l'unit du pr9cipe de l'tre4 ,n\s avons beso9 la fois de ratta*] nos connaissances un pr9cipe unique et de donn] p\r base la sci5ce le pr9cipe de la ralit4 ,rem>que3 ,ce premi] axiome e/ le fondem5t du pan?isme1 qui ne rpond po9t nos beso9s1 mais dont n\s ne p\vons n\s affran*ir qu'en le surpassant4 ,,ii4 ,le pr9cipe de l'exi/5ce e/ absolue lib]t4 ,preuve3 ,le pr9cipe de l'exi/5ce exi/e p> lui-mme2 donc #a il e/ cause de son exi/5ce objective ou relative1 c'e/--dire qu'il e/ une activit qui produit sa propre exi/5ce2 il e/ sub/ance4 #b ,il produit lui-mme l'activit intrieure p> laquelle il se manife/e2 il se produit comme sub/ance2 il e/ vie4 #c ,il se donne lui-mme la loi de sa production spontane2 il dt]m9e la =me de sa vie2 il e/ libre2 il e/ esprit4 #d ,il produit sa propre spiritualit2 il e/ absolue lib]t4--,la lib]t absolue e/ la seule notion qui1 de sa nature1 ne puisse conv5ir qu' l'tre absolu1 la seule ds lors p> laquelle n\s puissions le df9ir1 s'il e/ possible d'obt5ir une connaissance c]ta9e de cet tre1 en d'autres t]mes1 si la sci5ce peut comm5c]1 ou si la sci5ce e/ possible2 elle conti5t donc en elle-mme les titres de sa lgitimit1 ce qui ressort immdiatem5t du fait qu'elle e/ la plus haute conception laquelle notre p5se se puisse lev]4 ,messieurs1 ,la philosophie tant la sci5ce des *oses p> leur pr9cipe1 son premi] so9 doit se port] sur la dc\v]te de ce pr9cipe lui-mme1 c'e/--dire1 p\r n\s s]vir des t]mes consacrs1 qu'elle devrait *]*] d'abord les preuves de l'exi/5ce de ,dieu4 ,mais l'ide de pr\v] l'exi/5ce de ,dieu app>ti5t une poque o la sci5ce ne s'tait pas encore r5due un compte assez exact de sa propre nature4 ,cette manire de pos] le problme vi5t de la scola/ique et d'une maxime p> laquelle ,desc>tes a transplant la scola/ique dans la sci5ce mod]ne1 en bornant le d\te philosophique aux jugem5ts sans l't5dre aux ides4 ,le desse9 de pr\v] l'exi/5ce de ,dieu suppose qu'on a dj l'ide de ,dieu au db2 et cep5dant cette ide suprme ne saurait tre conue sans un suprme ef=t4 ,si l'on se cont5te de la notion commune t\s les sy/mes1 celle d'un pr9cipe indt]m9 de l'tre1 alors la ralit d'un tel pr9cipe e/ immdiatem5t vid5te1 de sorte qu'il n'y a ri5 pr\v]4 ,le vrai problme consi/e donc dt]m9] l'ide de ,dieu4 ,pr\v] l'exi/5ce de ,dieu1 c'e/ pr\v] que le pr9cipe de l'tre e/ ,dieu2 en d'autres t]mes1 c'e/ pr\v] que ce pr9cipe e/ un pr9cipe libre1 c> un pr9cipe libre mrite seul le nom de ,dieu4 ,a9si la dmon/ration de la lib]t div9e occup]a dans notre mtaphysique la place rs]ve aux preuves de l'exi/5ce de ,dieu dans la mtaphysique des coles4 ,aprs avoir dt]m9 cette ide1 n\s *]*]ons rs\dre p> son moy5 les problmes que l'expri5ce n\s suggre2 si le succs c\ronne notre entreprise1 la ralit de l'objet conu s]a pr\ve4 ,a9si l'exi/5ce d'un ,dieu libre ressortira non d'une dmon/ration ou d'une discipl9e spciale1 mais de la sci5ce t\t entire4 ,l'anci5ne m?ode tait videmm5t imp>faite en ceci qu'elle comm5ait p> dmontr] l'exi/5ce de ,dieu p\r en dvelopp] l'ide ensuite1 dans la ?orie de ses attributs mtaphysiques et moraux1 c'e/--dire qu'elle posait une inconnue1 quitte se dem&] aprs la preuve1 ce que proprem5t l'on avait pr\v4 ,n\s corrig]ons ce vice de l'anci5ne m?ode2 n\s tablirons l'ide et l'exi/5ce p> un seul et mme acte de la p5se1 en dmontrant que l'tre capable d'exi/] et d'tre conu p> lui-mme e/ absolue lib]t4 ,il s'agit donc d'une dmon/ration univ]selle a priori4 ,notre critre e/ celui de ,desc>tes3 la lumire naturelle4 ,notre po9t de d"p e/ la df9ition de ,sp9osa ju/ifie p> le critre de ,desc>tes3 ,p] sub/antiam intelligo quod 9 se e/ et p] se concipitur3 ,sub/antia hujus modi esse nequit nisi una4 ,v\s m'accord]ez1 ,messieurs1 l'unit du pr9cipe de l'tre comme un axiome qui n'a pas beso9 d'tre dmontr4 ,s'il tait possible de le pr\v]1 il faudrait le faire2 c> les axiomes dmontrables ne sont pas de vrais axiomes1 et qu& les philosophes s'occup5t1 suivant le conseil de ,leibnitz1 lgitim] l'vid5ce elle-mme1 ils ne p]d5t nullem5t leur temps4 ,c'e/ p\r eux un po9t d'honneur de ne pas accept] titre de concession ce qu'ils peuv5t arra*] de =ce4 ,le nombre des vrits soi-disant premires doit tre rduit autant que possible2 l'lgance et la solidit de la sci5ce ti5n5t cette condition4 ,mais il en e/ de l'unit du pr9cipe rel comme de l'aptitude de l'esprit huma9 connatre le vrai1 ?ses connexes et solidaires1 qui ne sont au fond qu'une seule et mme ?se considre s\s deux aspects diffr5ts4 ,elles comm&5t t\t et ne dp5d5t de ri54 ,il n'e/ pas possible de les pr\v]1 il n'e/ pas possible de les conte/] s9crem5t4 ,elles rsum5t en elles l'vid5ce immdiate de la raison4 ,il n'e/ pas possible de pr\v] p> la logique1 c'e/--dire p> le moy5 d'une autre vrit plus vid5te1 que le pr9cipe de l'tre e/ un4 ,il n'y a pas de contradiction proprem5t dite suppos] plusieurs tres qui exi/5t p> eux-mmes1 plusieurs pr9cipes ou plusieurs dieux1 et si le d\te sur ce po9t tr\vait accs dans notre me1 on f]ait va9em5t appel l'expri5ce p\r le combattre4 ,le raisonnem5t que l'on essay]ait de fond] sur l'expri5ce revi5drait ceci3 ,les *oses que n\s connaissons =m5t un t\t p> les rapports inf9is qui les uniss5t1 et puisqu'elles =m5t un t\t1 elles ne saurai5t avoir qu'un pr9cipe4 ,mais il e/ t\j\rs loisible de suppos] d'autres sphres d'exi/5ce absolum5t sp>es de celle laquelle n\s app>t5ons et inaccessibles t\te espce d'expri5ce4 ,qui sait mme1 p\rrait-on dire en se plaant avec ,bayle au po9t de vue empirique1 si le dsordre que n\s tr\vons aut\r de n\s et surt\t en n\s-mmes1 ne provi5t pas d'un conflit entre les sphres de l'tre1 d'une lutte entre les pr9cipes qui les rgiss5t8 ,je sais bi5 qu'en p>tant de l'inf9i il e/ ais d'arriv] l'unit2 mais c'e/ une gr&e "q de savoir s'il e/ logiquem5t ncessaire que l'tre exi/ant p> lui-mme soit en t\s s5s un tre inf9i4 ,cep5dant si l'unit du pr9cipe n'e/ pas dmontrable1 elle n'e/ pas non plus srieusem5t conte/able1 et si la raison n'e/ pas trs-svre sur les preuves de cette vrit1 c'e/ qu'elle en e/ conva9cue avant t\s les essais de preuve4 ,si n\s supposons plusieurs pr9cipes t]nels1 soit que n\s les mettions en contact les uns avec les autres dans la mme sphre d'exi/5ce1 soit que n\s les considrions comme absolum5t sp>s et g\v]nant *acun un univ]s1 t\j\rs faut-il que n\s p5sions simultanm5t cette pluralit de pr9cipes2 c> des pr9cipes auxquels n\s ne p5s]ions po9t ne s]ai5t ri5 p\r n\s3 la "q de leur exi/5ce devi5drait absolum5t transc5dante1 ou plutt elle ne saurait tre pose4 ,dire qu'il peut exi/] des pr9cipes inaccessibles notre p5se1 c'e/ prononc] des p>oles qui se dtruis5t elles-mmes1 c> n\s p5sons ces pr9cipes en affirmant leur possibilit4 ,dans l'hypo?se1 n\s p5sons donc plusieurs pr9cipes1 et p> cela seul n\s les mettons en rapport1 p> cela seul n\s crons entre eux une unit idale1 p> cela seul n\s n\s imposons le devoir de *]*] et de tr\v] leur unit4 ,kant avait raison de le dire1 l'unit e/ p\r la raison le premi] beso9 et la suprme loi4 ,l'esprit n'e/ satisfait que dans l'unit4 ,n\s ne croyons savoir les *oses et n\s ne les savons en effet comme n\s v\lons les savoir1 que lorsque n\s sommes p>v5us les compr5dre au moy5 d'un seul et mme pr9cipe4 ,mais1 s'il faut un seul pr9cipe la sci5ce en v]tu de l'imprissable idal grav dans notre me1 il faut aussi1 p\r rpondre ce mme idal1 que la sci5ce explique les phnomnes p> leurs causes relles4 ,aussi longtemps que le pr9cipe p> lequel n\s compr5ons les *oses n'e/ pas celui qui les fait tre1 la sci5ce n'e/ pas a*eve et son b n'e/ pas atte9t4 ,l'unit ncessaire de la connaissance n\s atte/e donc l'unit de l'tre1 ou plutt l'unit de la connaissance et l'unit de l'tre sont une seule et mme ?se4 ,au fait1 ,messieurs1 l'vid5ce n'e/ autre *ose qu'une ncessit intrieure qui n\s oblige telle ou telle affirmation2 n\s croyons l'unit du pr9cipe de l'tre p> l'effet d'une ncessit qui s'impose notre raison3 p> consqu5t l'unit de l'tre e/ vid5te4 ,la mettre en "q c'e/ mettre en "q l'autorit de la raison elle-mme1 ce qui e/ t\j\rs possible il e/ vrai1 mais jamais dang]eux4 ,je n'insi/]ai pas davantage#ed1 mais j'pr\ve le beso9 de faire ici une rem>que dont v\s apprci]ez aism5t l'importance4 ,note #ed3 ,comp>ez ,leon troisime1 p4 #da-di4 ,l'unit du pr9cipe de l'tre ou de l'tre exi/ant p> lui-mme implique rig\reusem5t1 c'e/ en va9 qu'on fe9drait de le mconnatre1 l'id5tit de t\t tre dans son pr9cipe1 ?se fondam5tale du pan?isme4 ,a9si n\s acceptons le pan?isme ds l'entre4 ,le pan?isme devi5t notre prmisse4 ,n\s n'aurons plus le cra9dre1 puisque n\s lui faisons loyalem5t sa "p4 ,la ju/ice et notre propre intrt n\s le comm&5t galem5t4 ,le pan?isme de ,s*ell+ et de ,hegel a pr\v p> le fait sa supriorit logique sur le ?isme qu'il a combattu4 ,de =t bonne heure1 peut-tre mme un peu trop facilem5t1 mais non sans des raisons plausibles1 on a reconnu dans le sp9osisme la consqu5ce rgulire des pr9cipes de ,desc>tes1 qui enseignait cep5dant la doctr9e d'un ,dieu sp> du monde et le dualisme de l'esprit et de la matire dans le monde4 ,la scola/ique du moy5 ge1 comm5taire philosophique du dogme *rti5 dont n\s n'avons po9t mconnu la pr(ondeur1 tait rellem5t pan?i/e p> sa base1 je veux dire p> sa doctr9e de l'tre p>fait1 qu'elle df9it3 la totalit de l'tre ou la ralit de t\s les possibles4 ,p\r faire sortir le pan?isme de ce pr9cipe1 il ne s'agissait que d'os] s'av\] l'vid5ce4 ,une philosophie srieuse ne peut donc ni faire ab/raction du pan?isme1 ni le combattre avec des armes dj brises4 ,le matre qui s'ob/9]ait demeur] dans un po9t de vue dpass laiss]ait l'esprit de ses disciples sans df5se contre la puissante sduction intellectuelle de sy/mes logiquem5t suprieurs1 quoique mo9s bons peut-tre d'int5tion et mo9s vrais dans leurs rsultats gnraux4 ,ds lors si le pan?isme ne satisfait pas aux beso9s de la raison et du coeur1 s'il ne rpond pas aux intrts de l'humanit1 il faut n\s ef=c] de n\s l'assujettir et non pas le laiss] plan] au-dessus de nos ttes4 ,cette vrit se fait j\r4 ,n\s obissons donc aux exig5ces actuelles de la situation comme aux exig5ces de la p5se1 en pr5ant notre po9t de d"p dans le pan?isme4 ,n\s n\s ef=c]ons1 p> le dveloppem5t rguli] de sa donne fondam5tale1 de le rfut] en le dpassant2 mais n\s comm5ons1 comme lui1 p> l'unit de l'tre2 comme lui1 n\s dem&ons3 ,qu'e/-ce que l'tre8 et n\s raisonnons a9si3 ,i4 tre signifie t\t d'abord3 exi/] p\r n\s1 tre p]u2 p> les s5s ou p> la p5se1 peu importe4 ,cette exi/5ce relative ou passive doit avoir une cause3 la raison n\s l'enseigne videmm5t4 ,il y a donc une cause de l'exi/5ce2 cette cause1 n\s la tr\v]ons ou dans l'tre exi/ant ou hors de lui4 ,s'il s'agit d'une exi/5ce p>ticulire1 on peut admettre qu'elle ait sa cause hors d'elle-mme2 mais alors elle n'e/ pas ce que n\s *]*ons1 puisque p\r exi/] et p\r tre conue elle suppose autre *ose qu'elle-mme4 ,l'exi/5ce dont il s'agit e/ t\te relative n\s1 extrieure1 objective ou phnomnale4 ,l'exi/5ce phnomnale e/ le premi] et le plus faible degr de l'tre1 ou plutt ce n'e/ pas mme un degr de l'tre1 c'e/ l'tre app>5t1 l'tre faux4 proprem5t p>l]1 le phnomne n'e/ pas2 ce qui e/ vritablem5t1 ce n'e/ pas lui2 il n'e/ que la manire d'exi/] d'autre *ose4 ,c'e/ le mode de ,sp9osa4 ,la matire1 j'ent5ds la matire purem5t passive telle qu'on la conoit gnralem5t1 tr\ve ici la seule place qui lui convi5ne#ee4 ,,ii4 ,l'tre vritable exi/e p> lui-mme1 il e/ lui-mme la cause de son exi/5ce1 son exi/5ce phnomnale e/ un effet2 son tre vritable e/ la cause de cet effet4 ,mais il e/ impossible de concevoir une cause relle autrem5t qu'active4 ,l'tre vritable e/ donc actif1 ou plutt il e/ activit2 c'e/ une activit cont9uelle qui se dp5se produire son exi/5ce phnomnale4 ,telle e/ l'ide la plus lm5taire1 le premi] degr positif de l'tre3 il e/ cause de son exi/5ce#ef4 ,n\s voyons a priori que l'tre en gnral doit tre cela1 c'e/--dire qu'tre signifie cela4 ,l'expri5ce n\s (fre p>t\t des exemples de cette notion gnrale4 ,n\s ne p\vons pas hsit] sur le nom qui lui convi5t1 elle e/ ds longtemps connue et nomme3 on l'appelle la ,sub/ance4 ,le mot sub/ance pris dans le s5s absolu signifie l'tre qui p> son activit produit sa manife/ation ou son exi/5ce app>5te2 et dans le s5s relatif1 qu& on dit3 la sub/ance de telle ou telle *ose1 sub/ance dsigne l'activit qui produit l'exi/5ce4 ,note #ee3 ,ens phnom5on4 ,note #ef3 ,ens reale1 causa phnom5i4 ,si les corps inorganiques sont de vritables sub/ances1 c'e/ que leur tre vritable e/ une activit1 une =ce qui produit les qualits p> lesquelles ces corps exi/5t p\r n\s3 leur expansion ou leur volume1 leur impntrabilit1 leur pesanteur1 et les qualits qui affect5t div]sem5t nos s5s p>ticuli]s4 ,il faut l'av\] ou reconnatre que les soi-disant sub/ances corporelles ne sont pas des sub/ances1 mais des phnomnes1 des effets1 des modes d'une autre sub/ance2 que celle-ci soit ,dieu1 ou la ,nature1 ou peut-tre le moi1 comme le p5s5t les idali/es4 ,la nature inorganique ne s]ait donc pas morte1 son app>5te immobilit ne s]ait que l'uni=mit du m\vem5t1 sa passivit qu'une activit qui se t]m9]ait en elle-mme2 mais c'e/ l un po9t secondaire p\r notre objet1 et sur lequel n\s ne v\lons pas insi/]4 ,avant de p\rsuivre1 arrtons-n\s un in/ant sur les deux ides capitales de sub/ance et de cause que n\s v5ons d'employ]4 ,sub/ance et cause ne sont pas synonymes1 mais ce sont deux notions du mme degr ou plutt susceptibles de gradations correspondantes4 ,ici n\s les concevons sans gradation1 dans leur =me lm5taire1 comme la simple sub/ance et la simple cause1 et dj n\s ap]cevons leur solid>it4 ,dj n\s p\vons dire3 ,t\te sub/ance e/ cause1 il n'y a de causes relles que les sub/ances4 ,,iii4 ,cette =me lm5taire ne suffit po9t au b que n\s p\rsuivons4 ,n\s v\lons dvelopp]1 dr\l] ce qui e/ impliqu dans l'ide d'tre4 ,n\s v\lons n\s r5dre un compte aussi exact que possible des conditions auxquelles l'tre doit satisfaire p\r p\voir tre conu p> lui-mme1 indp5damm5t de t\te relation1 et n\s reconnaissons d'abord que l'tre exi/ant p> lui-mme1 l'tre absolu1 e/ sub/ance ou cause de son exi/5ce4 ,ce n'e/ po9t assez3 ,l'tre qui produit les signes de son exi/5ce n'e/ pas encore cause de lui-mme1 c> en lui-mme il e/ sub/ance2 n\s p\vons donc dem&] encore d'o lui vi5t sa sub/antialit1 et si n\s le p\vons1 n\s le devons2 p> consqu5t n\s ne le compr5ons pas encore comme tre absolu1 mais seulem5t comme tre relatif1 qui en suppose un autre4 ,p\r tre cause de lui-mme1 il devrait non-seulem5t produire son exi/5ce1 mais se produire lui-mme comme sub/ance4 ,l'tre vraim5t indp5dant e/ cause de lui-mme dans le s5s que n\s indiquons4 ,la s\rce de son exi/5ce s'alim5te elle-mme4 ,n\s ne compr5drions pas sans d\te comm5t la *ose e/ possible1 si l'expri5ce ne n\s en f\rnissait dans la nature vivante un exemple admirable quoique imp>fait4 ,les tres organiss sont des sub/ances1 ils produis5t leur exi/5ce app>5te p> leur activit intrieure4 ,la matire dont ils sont =ms e/ la fois l'in/rum5t et le produit de cette activit qui con/itue leur tre vritable2 mais ce n'e/ pas l proprem5t ce qui en fait des tres organiss4 ,le trait ess5tiel de l'organisme consi/e en ceci1 que la vie du t\t individuel produit une pluralit de p>ties vivantes elles-mmes1 une pluralit de vies p>tielles ou de fonctions1 qui produis5t leur t\r la vie du t\t2 c> la s\t5ir c'e/ la produire4 ,la vie e/ la fois la cause de l'exi/5ce des organes et l'effet des fonctions des organes4 ,les organes sont galem5t les effets et les causes de la vie ou du t\t4 ,*aque fonction e/1 directem5t ou p> quelques int]mdiaires1 cause et effet de t\tes les autres4 ,l'organe facilite et s\ti5t la fonction1 la fonction produit l'organe4 ,il y a donc un d\ble et con/ant m\vem5t du c5tre aux extrmits et des extrmits au c5tre4 ,l'unit intime produit la pluralit des manife/ations1 et la pluralit des manife/ations produit son t\r l'unit intime1 c'e/--dire que l'unit se ralise comme telle1 p> l'int]mdiaire de la pluralit4 ,en dcrivant les tres organiss1 je vi5s1 ,messieurs1 de df9ir la vie1 et l'ide de la vie1 suprieure aux ides plus simples de sub/ance1 de cause1 de =ce et d'activit que n\s avons trav]ses1 se prs5te n\s comme id5tique celle de b4 ,l'tre susceptible d'tre connu d'une manire indp5dante e/ cause de lui-mme2 l'tre cause de lui-mme e/ vivant2 l'tre vivant e/ son propre b4 ,ari/ote1 le gr& obs]vateur1 avait tr\v dans la nature les secrets de sa mtaphysique4 ,l'tude de la ralit lui rvla les vrais rapports de la cause f9ale et de la cause effici5te4 ,la cause f9ale e/ le vrai comm5cem5t1 la vraie cause2 la cause effici5te n'e/ que le milieu1 le moy51 ou plutt1 dirons-n\s1 la cause f9ale et la cause effici5te se confond5t2 le vritable ag5t c'e/ le b qui produit lui-mme les int]mdiaires p> lesquels il se ralise dans son unit4 ,le b1 comme idal qui doit tre ralis1 e/ la cause des moy5s p> lesquels il se ralise1 la cause effici5te des organes1 qui sont leur t\r cause effici5te de la ralisation du b4 ,l'ide de b n\s prs5te un c]cle f]m3 ,l'tre qui e/ son propre b e/ la fois cause et effet de lui-mme4 ,cette ide d'un b inhr5t l'tre ou plutt id5tique l'tre1 manquait ,sp9osa4 ,aussi longtemps que la sub/ance n'e/ cause que des phnomnes1 on ne peut pas1 je le rpte1 dire avec vrit qu'elle soit sa propre cause2 elle e/ plutt cause d'autre *ose1 mais elle devi5t sa propre cause ple9em5t et rellem5t lorsque le rapport des modes la sub/ance e/ aussi positif1 aussi actif que celui de la sub/ance aux modes4 ,alors ceux-ci reoiv5t le nom d'organes1 et la sub/ance se produit rellem5t elle-mme p> l'int]mdiaire de ses organes4 ,elle e/ cause de son unit1 de son intimit1 de sa ralit1 cause d'elle-mme dans le vritable s5s de ce t]me4 ,cette ide1 dont ,sp9osa s5tait le beso9 sans l'atte9dre1 e/ indisp5sable l'intellig5ce de la cause aussi bi5 qu' celle de l'tre4 ,la vraie cause e/ cause p> son ess5ce et non p> accid5t4 ,son ess5ce e/ d'tre cause1 c'e/--dire qu'elle exi/e comme cause ou qu'elle e/ cause d'elle-mme4 ,mais l'tre cause de lui-mme e/ le seul dont on n'ait pas sujet de dem&] la cause1 le seul qui puisse tre conu comme possdant l'tre p> lui-mme#eg4 ,note #eg3 ,causa sui2 ,grec entelexeia ,,iv4 ,l'tre premi] e/ donc un b sub/antiel1 un organisme1 une vie4 ,n\s voyons clairem5t que p\r subsi/] de lui-mme et s'expliqu] p> lui-mme1 il doit satisfaire ces conditions2 mais n\s ignorons si la li/e des conditions qu'il doit remplir e/ dj close4 ,un exam5 att5tif du problme n\s f]a reconnatre qu'il n'en e/ ri54 ,p>tant du fait de l'exi/5ce1 n\s avons dit3 ,l'tre rel produit lui-mme son exi/5ce2 l'exi/5ce vi5t de l'activit de la sub/ance4 ,d'o vi5t son t\r l'activit de la sub/ance8 ,si elle la reoit d'une autre sub/ance1 elle n'e/ pas ce que n\s *]*ons4 ,l'tre rel ne produit donc pas seulem5t son exi/5ce p> son activit1 mais il s'imprime lui-mme cette activit2 il e/ cause de son activit intrieure aussi bi5 que de son exi/5ce app>5te2 il e/ vivant4 ,cette dc\v]te n\s ouvre les portes du monde idal4 ,l'tre exi/ant p> lui-mme e/ la fois rel et idal4 ,l'organisme e/ l',ide vivante qui produit les moy5s de se ralis]3 comme ,ide1 l'organisme prexi/e sa propre ralisation2 l'organisme e/ son propre b4 ,mais il e/ malais de concevoir un b sans une intellig5ce1 spontane ou rfl*ie1 qui le pose et qui le p\rsuit4 ,l'ide que n\s avons obt5ue n'e/ pas encore1 sans d\te1 celle d'une vritable intellig5ce di/9cte de son b et libre vis--vis de lui1 mais n\s entrevoyons dj l'intellig5ce4 ,la vie e/ un g]me d'intellig5ce1 c> dans la vie il n'y a pas simple dploiem5t2 la vie e/ un ret\r1 une rflexion de l'tre sur lui-mme1 aussi bi5 qu'un m\vem5t expansif4 ,ce c>actre de rflexion naturelle inhr5t la vie1 n\s explique p\rquoi il n'y a pas de vie sans une pluralit de fonctions di/9ctes4 ,di/9ction1 spcification1 rflexion1 sont autant d'ides insp>ables4 ,ces rem>ques v\s font press5tir1 ,messieurs1 un rsultat qu'il faut dem&] la pure analyse4 ,l'tre rel e/ son propre b2 l'ide de b conduit celle d'intellig5ce2 celle-ci mne la div]sit p> laquelle n\s p\rrions r$esc5dre aux phnomnes2 elle mne aussi la ,loi1 qui n\s (fre les moy5s de n\s lev] au vrai pr9cipe4 ,l'exi/5ce de l'tre e/ ncessairem5t une exi/5ce dt]m9e2 n\s ne saurions en concevoir une autre comme relle4 ,l'tre produit donc son exi/5ce1 il se produit lui-mme dans sa sub/antialit p> le moy5 de cette exi/5ce d'une manire dt]m9e4 ,la circulation de la vie obx des lois4 ,l'activit de l'tre exi/ant p> lui-mme e/ une activit rgle4 ,d'o lui vi5t cette rgle8 ,l'tre rel e/ un b vivant1 une loi vivante4 ,d'o vi5t sa loi8 ,si l'on id5tifie la cause et la loi1 si l'on dit3 ,l'tre se produit lui-mme selon une loi immuable1 la loi e/ l'ess5ce et le pr9cipe1 elle e/ ce qu'elle e/1 n\s la con/atons sans l'expliqu]2 il faut conv5ir que l'on s'arrte arbitrairem5t1 au mpris des rgles de la m?ode2 c> dans la re*]*e de l'inconditionnel il n'e/ p]mis de s'arrt] que devant une impossibilit bi5 con/ate d'all] plus lo94 ,ici il n'y a aucune impossibilit de ce g5re4 ,l'tre se donne l'exi/5ce lui-mme p> une activit dt]m9e4 ,si la rgle de cette activit lui vi5t d'ailleurs1 il e/ relatif3 supposant un autre tre1 il e/ limit p> celui-ci2 mais s'il possde cette rgle en lui-mme1 comme l'exige la notion de l'absolu1 c'e/ qu'il se la donne3 il e/1 dans un s5s positif1 cause de sa propre loi2 il se fait ce qu'il e/1 il produit la manire dont il se produit4 ,comme la notion prcd5te a son nom1 qui e/ la ,vie1 p>ce que l'expri5ce n\s fait connatre la vie1 celle-ci tr\ve aussi dans l'expri5ce la preuve de sa valeur objective2 son nom e/ bi5 ais dc\vrir3 c'e/ l',esprit ou la volont4 ,dj1 ,messieurs1 n\s appro*ons1 dj n\s voyons blan*ir l'aurore4 ,dt]m9] soi-mme la nature de son activit1 la manire dont on e/ cause de soi-mme1 c'e/ tre esprit4 ,l'expri5ce intrieure n\s atte/e la ralit de l'esprit4 ,n\s-mmes n\s sommes cause de notre activit1 cause de la manire dont n\s sommes cause1 cause des lois selon lesquelles n\s n\s produisons4 ,nos actions sont l'effet de notre c>actre4 ,notre tat moral1 le dveloppem5t de notre intellig5ce1 sont les causes p]man5tes1 intimes1 des actions extrieures et des m\vem5ts intrieurs de p5se1 de s5tim5t et de volont qui1 dans leur multiplicit cont9ue1 manife/5t seuls aux autres et n\s-mmes l'exi/5ce de notre esprit1 c'e/--dire1 en pr5ant les mots dans leur vrai s5s1 qui con/itu5t seuls t\te cette exi/5ce4 ,notre esprit n'exi/e que dans ses actes1 et notre c>actre1 nos convictions1 nos facults1 sont la sub/ance de ces actes4 ,eh bi51 ce c>actre1 ces convictions et jusqu' ces facults1 n\s n\s les sommes donnes n\s-mmes1 non pas absolum5t1 non pas compltem5t1 mais p\rtant il e/ c]ta9 que n\s n\s les sommes donnes n\s-mmes4 ,si v\s tes savant1 c'e/ que v\s avez tudi2 si v\s tes intellig5t1 c'e/ qu'en p5sant v\s avez appris p5s]2 si v\s tes gnreux1 c'e/ que v\s avez dompt votre gsme2 si n\s sommes m*ants1 c'e/ que n\s avons fait le mal4 ,n\s sommes donc cause de notre causalit ou plutt de sa loi2 c'e/ n\s qui dt]m9ons la manire dont n\s sommes causes1 c'e/ n\s qui dt]m9ons notre sub/ance et notre vie4 ,en un mot1 n\s sommes libres4 ,esprit et ,lib]t1 c'e/ la mme *ose4 ,la notion que n\s v5ons d'introduire n'e/ donc po9t *imrique1 puisque l'expri5ce la confirme2 n\s voyons d'ailleurs clairem5t qu'elle e/ rclame p> notre desse9 de runir dans la conception de l'tre t\tes les conditions de son exi/5ce4 ,l'tre exi/e2 mais il n'exi/e pas seulem5t1 il se fait exi/]1 il e/ sub/ance2 il n'e/ pas simplem5t sub/ance1 mais il se fait sub/ance2 il e/ vivant1 il e/ son propre b et se ralise selon sa loi2 plus encore1 il se m>que son b et se donne sa loi2 il e/ esprit1 il e/ libre4 ,voil1 ,messieurs1 ce qu'il faut p\r remplir le mot sonore de ,sp9osa ,causa sui4 ,v4 ,il semble que n\s ayons tr\v ce que n\s *]*ions4 ,cep5dant la "q de la cause peut se produire une d]nire fois4--,l'tre e/ libre1 disons-n\s4 ,on peut dem&] d'o vi5t la lib]t de l'tre2 d'o vi5t la facult qu'il possde de dt]m9] lui-mme la manire dont il e/ cause8 ,il se peut qu'il l'ait reue4 ,n\s compr5drions dans ce cas qu'il ne la possdt que p>tiellem5t1 d'une faon re/re9te1 comme n\s la possdons1 n\s autres hommes2 mais c'e/ l l'ide d'un tre relatif1 d'un tre f9i2 ce n'e/ pas celle que n\s *]*ons4 ,l'tre qui exi/e p> lui-mme ne ti5t videmm5t la lib]t que de lui-mme1 c'e/--dire1 au s5s positif1 qu'il se la confre4 ,sub/ance1 il se donne l'exi/5ce3 ,vivant1 il se donne la sub/ance3 ,esprit1 il se donne la vie3 ,absolu1 il se donne la lib]t4 ,l'tre absolu1 cause de sa propre lib]t1 la possde ple9em5t1 sans limitation1 puisque n\s ne tr\vons ri5 dans son ide qui puisse la limit]4 ,il e/ ,,absolue ,,lib]t4 ,il e/ absolue lib]t3 tel e/ le t]me que n\s n\s proposions d'atte9dre6 ,n\s y sommes arrivs en suivant une m?ode lgitime1 c> n\s n'avons fait autre *ose qu'appliqu] le pr9cipe de causalit la notion gnrale de l'tre1 jusqu' complte pntration4 ,il n'y a ri5 d'illusoire dans notre rsultat1 puisque les degrs de l'tre que n\s avons con/ats comme autant de puissances progressives1 se di/+u5t p>faitem5t les uns des autres et prs5t5t *acun une ide nette et prcise3 ,la sub/ance e/ cause de ses manife/ations2--la vie s'alim5te elle-mme en produisant les organes qui la ralis5t selon une loi dt]m9e2--l'esprit se donne des lois lui-mme et dt]m9e sa propre vie4 ,mais il y a dans l'esprit f9i cette contradiction1 que d'un ct il se dt]m9e1 t&is que de l'autre il e/ primitivem5t dt]m93 c'e/--dire que l'esprit f9i e/ la fois esprit et nature1 et non pas seulem5t esprit4 ,la p]fection de l'esprit s]ait d'tre pur esprit1 sans nature3 l'esprit pur n'e/ que ce qu'il se fait1 c'e/--dire qu'il e/ absolue lib]t4 ,mais ici n\s sommes arrts4 ,il e/ impossible de remont] au del de la =mule de la lib]t absolue3 ,,je ,,suis ,,ce ,,que ,,je ,,veux2 cette =mule e/ donc la bonne4 ,n\s devons df9ir ,dieu3 l'absolue lib]t2 p>ce que l'absolue lib]t e/ la plus haute ide laquelle n\s soyons capables de n\s lev]2 or il e/ vid5t que ,dieu e/ la suprme gr&eur ou1 comme le disait la scola/ique1 l'tre s\v]a9em5t p>fait1 la ralit p> excell5ce4 ,si n\s p\vons imag9] ou concevoir quelque *ose de plus gr& et de plus excell5t que ,dieu1 n\s n'avons pas compris ,dieu2 mais l'ide de lib]t absolue e/ telle que n\s sommes obligs de reconnatre en elle ce qu'il y a de plus gr&1 ce qu'il y a de plus excell5t1 malgr son 9vitable obscurit1 malgr son 9vitable ab/raction1 malgr ce qu'elle a ncessairem5t de p>adoxal et d'impossible4 ,le possible1 ,messieurs1 c'e/ ce que n\s compr5ons1 ce que n\s croyons embrass] p> la p5se2 or il rpugn]ait1 on l'a fait s5tir bi5 s\v5t sans ap]cevoir peut-tre t\te la porte de cette rflexion1 il rpugn]ait que notre p5se f9ie mesurt la ralit de l'inf9i4 ,l'ide suprme ne doit donc pas1 d'aprs les donnes premires du problme1 tre celle d'un tre possible1 mais celle d'un tre suprieur au possible2 c'e/--dire une ide qui =me la limite immuable de nos conceptions1 une ide que n\s atteignons1 que n\s v5ons t\*]1 p\r a9si dire1 sans y pntr] jamais1 sans en faire jamais le t\r4 ,il ne faut pas que n\s en ayions l'intuition1 il ne faut pas que n\s puissions la compr5dre1 il suffit que la raison n\s en dmontre la vrit1 la ncessit2 et c'e/ prcism5t le cas de la =mule que n\s avons donne4 ,si haut que s'lve le vol de notre p5se1 l'ide laquelle n\s n\s lanons s]a t\j\rs dom9e p> celle-ci3 ,,je ,,suis ,,ce ,,que ,,je ,,veux4 ,on peut r5dre plus saisissable l'vid5ce sur laquelle n\s n\s fondons1 en empruntant la =me consacre de l'argum5t ontologique4 ,ce syllogisme concluait a9si3 ,l'ide de ,dieu e/ celle de l'tre p>fait2 or la p]fection implique l'exi/5ce relle3 donc l'ide de ,dieu implique l'exi/5ce relle de son objet4 ,n\s t\rnons la prmisse du raisonnem5t au pr(it de la lib]t et n\s disons3 ,l'ide de ,dieu e/ celle de l'tre p>fait2 mais un tre p>fait de sa nature le s]ait mo9s que celui qui se donn]ait librem5t la mme p]fection2 l'ide d'un tre p>fait de sa nature e/ donc une ide ab/raite et contradictoire2 l'tre p>fait de sa nature s]ait encore imp>fait2 l'tre p>fait e/ celui qui se donne lui-mme la p]fection qu'il possde1 c'e/--dire l'tre absolum5t libre3 donc ,dieu e/ absolue lib]t4 ,n\s arrivons au mme rsultat en analysant l'ide d'activit4 ,quel e/ le plus gr&1 le plus =t1 le plus rel1 de l'actif ou du passif8 videmm5t ce qui e/ actif e/ le plus rel3 l'activit e/ le ct positif de l'tre1 et qu& v\s auriez retran* d'un tre t\te activit1 soit sur lui-mme1 soit au dehors1 qu& il ne produirait absolum5t plus aucun effet1 il s]ait comme s'il n'tait pas1 ou plutt il ne s]ait pas2 v\s auriez dtruit cet tre4 ,l'tre1 c'e/ l'activit2 la passivit n'e/ que relative1 l'tre passif n'e/ que l'tre p\r un autre2 mais1 au fond et p\r lui-mme1 t\t tre e/ actif4 ,c'e/ faire quelque *ose que d'tre1 et t\s les tres font quelque *ose2 c'e/ en cela que leur tre consi/e4 le bi5 pr5dre1 activit et ralit sont des synonymes3 plus il y a d'activit1 plus il y a de ralit4--,mais si l'activit e/ la vraie ralit1 il n'e/ pas mo9s vid5t que la vritable activit ne se tr\ve que dans la lib]t4 ,la pi]re que je lance produit des effets p> son *oc1 et dans ce s5s elle e/ active2 cep5dant v\s savez qu'en lui donnant cet attribut1 on s'exprime improprem5t3 ce n'e/ pas la pi]re qui e/ active1 c'e/ la ma9 qui la jette4 ,il n'y a d'activit vritable que l'activit spontane4 ,a9si l'activit spontane1 tel e/ le c>actre ess5tiel de la ralit4 ,mais une activit spontane et dt]m9e p> une loi ncessaire n'e/ pas encore la vritable spontanx1 ni p> consqu5t la vritable activit2 ce n'e/ pas la spontanx p>faite1 ce n'e/ donc pas la ralit p>faite4 ,s'il y a plus d'activit1 plus de spontanx1 plus d'tre dans la plante qui p\sse et qui fleurit d'elle-mme que dans la pi]re lance p> mon bras1 il y en a plus dans l'homme qui rfl*it et dlibre1 qui fait ce qu'il veut1 p>ce qu'il le veut1 qu'il n'y en a dans la plante qui1 sans le savoir et sans le v\loir1 obx aux lois de son espce4 ,si l'activit relle d'un tre e/ seulem5t celle qu'il s'imprime lui-mme1 il e/ clair que l'activit que l'tre s'imprim]ait selon une loi qu'il se donn]ait galem5t lui-mme1 s]ait plus relle que celle qu'il s'imprim]ait selon une loi dt]m9e p> sa nature1 c'e/--dire indp5damm5t de son fait4 ,mais l'tre qui se donne lui-mme la loi de son activit1 l'tre qui dcide lui-mme comm5t il doit agir et ce qu'il veut tre1 e/ l'tre absolum5t libre2 l'tre absolum5t libre e/ donc l'tre actif p> excell5ce1 l'tre absolum5t libre e/ l'tre rel p> excell5ce4 ,l'absolue lib]t e/ le trait c>actri/ique de la p>faite ralit4 ,ncessit1 passivit1 immobilit1 ngation1--ralit1 activit1 spontanx1 lib]t1 il e/ plus facile d'ap]cevoir les li5s troits qui uniss5t ces deux classes d'ides que de tr\v] les int]mdiaires requis p\r dmontr] ma?matiquem5t leur solid>it4 ,t\s les *em9s conduis5t cette ide de la lib]t pure1 qui semble revtir une vid5ce immdiate4 ,une fois produite1 on s5t qu'il n'y a ri5 au-dessus d'elle1 et c'e/ l notre argum5t dcisif4 ,cep5dant la doctr9e que n\s essayons de rajeunir1 tant contraire aux traditions de la ?ologie comme celle du rationalisme1 ne s'tablira pas sans opposition4 ,il importe donc de lev]1 s'il e/ possible1 t\s les d\tes1 de prv5ir t\tes les difficults et d'tablir que notre rsultat1 t\t insaisissable qu'il e/1 n'en doit pas mo9s tre accept sur l'autorit de la m?ode et sur l'autorit de sa propre vid5ce4 ,n\s avons re*]* la nature de l'absolu2 la conclusion de notre analyse e/ celle-ci3 l'absolu n'a po9t de nature2 t\te nature e/ ne1 drive1 secondaire4 ,la nature e/ ce qui e/ dt]m92 le pr9cipe de t\te dt]m9ation n'en comporte lui-mme aucune4 ,la conception o n\s v5ons ab\tir e/ en mme temps la plus concrte des ides et l'ide du pur indt]m94 ,ce rsultat1 la fois trs-positif et trs-ngatif1 a quelque *ose de surpr5ant4 ,il s\lve d'abord une objection que j'essay]ai de v\s r5dre sans l'm\ss]4 ,on me dira3 ,votre dialectique e/ illusoire1 v\s t\rnez dans un c]cle1 et1 croyant dmontr]1 v\s affirmez2 ou plutt v\s niez gratuitem5t4 ,la base de t\te votre ?orie1 c'e/ que l'tre ne peut avoir de qualits que celles qu'il a reues4 ,v\s n'admettez pas de nature primitive ou de ncessit spontane1 de ncessit id5tique l'ess5ce mme de l'tre et p> consqu5t id5tique la lib]t4 ,a9si v\s excluez arbitrairem5t une ide =t importante1 qui s]t de base aux sy/mes les plus accrdits et qui a ses rac9es au plus pr(ond de l'esprit huma92 c> enf9 l'ide de la p]fection ne saurait tre purem5t ngative2 l',esprit absolu implique la ,raison absolue1 qui ne se conoit pas sans des lois4 ,l'tre p>fait e/ l'tre immuable1 il e/ ncessairem5t ce qu'il e/4 ,faut-il plac] au sommet de t\t la ncessit de la p]fection ou la lib]t de *oix8 ,on peut hsit] entre ces deux alt]natives1 mais t\t au mo9s deviez-v\s t5ir compte de la premire2 elle e/ t\t aussi lgitime que l'autre et se conoit plus aism5t4--,je suis lo91 ,messieurs1 de mconnatre le poids de ces considrations4 ,d'avance j'ai confess que la ,lib]t et la ,ncessit sont le dilemme suprme4 ,d'avance j'ai dit que si je me prononais p\r la lib]t div9e1 c'e/ ess5tiellem5t af9 de r5dre raison de la lib]t huma9e1 dont la ralit se fonde1 mes yeux1 sur l'autorit du devoir4 ,il y a entre la preuve mtaphysique et la preuve morale une solid>it que je crois inutile de dissimul]2 c> il faut bi5 qu'une fois1 au sommet1 t\tes les m?odes se r5contr5t4 ,p\r croire que la lib]t huma9e suppose la lib]t div9e1 il faut considr] la lib]t comme la p]fection de l'me huma9e1 et c'e/ sans d\te p>ce que la lib]t de l'esprit f9i me p>at en tre la p]fection que j'ai *]* la p]fection absolue dans la pure ess5ce de la lib]t4 ,a9si t\t repos]ait en df9itive sur la preuve morale ou sur l'vid5ce morale4 ,mais si la volont morale donne la p5se son impulsion1 celle-ci1 mise une fois sur la voie1 ne doit plus en appel] qu' ses propres =ces1 af9 d'apport] aux anticipations du coeur une confirmation srieuse4 ,il faut donc *]*] rpondre p> la raison pure l'objection qu'on vi5t de s\lev]4 ,eh bi56 la difficult n'e/ pas insoluble p\r la raison bi5 ori5te4 ,la rponse se tr\v]a dans un exam5 scrupuleux des conditions du problme3 ,il s'agit de concevoir l'tre absolu1 l'tre qui runit en lui-mme t\tes les conditions ncessaires p\r exi/]4 ,c'e/ le comm5cem5t de la sci5ce2 ds lors si la sci5ce e/ possible1 l'ide de cet tre doit apport] avec elle les preuves de sa vrit4 ,l'absolu n'e/ donc pas simplem5t un tre qui puisse tre conu comme exi/ant p> lui-mme4 ,s'il suffisait de cela1 il p\rrait y avoir plusieurs conceptions diffr5tes remplissant cette condition1 et le *oix entre elles s]ait arbitraire ou dict p> des raisons trangres l'intimit du sujet4 ,a9si s'explique la div]sit des sy/mes3 elle nat d'une imp]fection de la m?ode4 ,l'ide de l'absolu e/ celle d'un tre qui non-seulem5t peut tre conu comme exi/ant p> lui-mme1 mais encore et surt\t1 qui ne peut pas tre conu autrem5t4 ,l'ide de l'absolu e/ donc ncessairem5t telle que l'expri5ce ne saurait n\s f\rnir aucune analogie p\r l'claircir2 elle e/1 de sa nature1 p>adoxale1 insaisissable4 ,mais la ju/esse de la rgle que n\s v5ons d'nonc] t\t l'heure ne peut pas tre conte/e4 ,et si1 l'ayant accepte1 on cons5t l'appliqu]1 on reconnatra que la pure lib]t rpond seule cette exig5ce du problme4 ,n\s concevons la sub/ance inf9ie p> l'analogie des sub/ances f9ies1 la vie univ]selle p> celle des tres organiss1 l'esprit libre p> le ntre3 en passant du f9i l'inf9i1 du cr l'incr1 ces ides ne *ang5t pas ess5tiellem5t4 ,si l'on peut concevoir une nature1 une loi quelconque comme primitive et absolue1 on peut la concevoir galem5t comme donne et drive2 au contraire1 comprh5sible ou non1 l'tre qui n'e/ que lib]t1 l'tre qui se donne lui-mme la lib]t1 ne peut tre que l'absolu4 ,que si donc le scepticisme a tort 7et le scepticisme sur les vrits suprmes implique1 p5sez-y bi51 le scepticisme univ]sel71 si la raison peut arriv] la vrit sur le pr9cipe des *oses1 et si1 aprs avoir dc\v]t la vrit1 elle peut acqurir la c]titude qu'elle la possde en effet1 il faut *]*] cette vrit dans notre =mule3 ,,je ,,suis ,,ce ,,que ,,je ,,veux4 ,l'ide qu'elle exprime ne s'applique pas l'absolu p> ext5sion ou p> analogie2 elle n'a de s5s que relativem5t l'absolu4 ,,seizi,,me ,,le,,on4 ,,iii4 ,l'absolue lib]t e/ incomprh5sible4 ,n\s en con/atons la place1 n\s n'en possdons pas l'ide1 c> n\s n'avons pas d'intuition qui lui corresponde4 ,t\te intuition e/ au fond intuition de n\s-mme4 ,les sy/mes de philosophie sont d'autant plus clairs que leur ide fondam5tale e/ plus intuitive4 ,le ntre a son po9t de d"p au del de l'intuition4 ,,iv4 ,la volont e/ l'ess5ce univ]selle4 ,les diffr5ts ordres de l'tre sont les degrs de la volont4 ,exi/]1 c'e/ tre v\lu4 tre sub/ance1 c'e/ v\loir2 vivre1 c'e/ se v\loir2 tre esprit1 c'e/ produire sa propre volont1 v\loir son v\loir4 ,messieurs1 ,dans notre d]ni] entreti51 j'ai dvelopp avec v\s l'ide du pr9cipe de l'tre et j'ai essay d'tablir a priori1 p> la pure p5se1 que ce pr9cipe e/ l'absolue lib]t1 comme n\s avions dj d le reconnatre en p>tant de la lib]t huma9e4 ,je rappelle les traits pr9cipaux de notre dmon/ration1 en en modifiant un peu les t]mes1 p\r les prs5t] s\s un aspect n\veau4 ,l'exi/5ce en gnral a ncessairem5t un pr9cipe4 ,que ce pr9cipe exi/e lui-mme indp5damm5t des *oses p>ticulires ou qu'il exi/e seulem5t dans les *oses p>ticulires1 dans le ,monde1 peu importe2 mais ce qui e/ c]ta91 c'e/ qu'il n'a pas la cause de son tre hors de lui2 sans cela il ne s]ait pas le pr9cipe4 ,il y a donc un tre cause de son propre tre et de t\te exi/5ce4 ,l'ide de cet tre doit dev5ir le pr9cipe de la sci5ce3 de la possibilit de concevoir cette ide dp5d la possibilit de la sci5ce4 ,compr5dre implique la c]titude d'avoir compris4 ,l'ide du pr9cipe de l'tre doit donc tre dt]m9e de telle sorte qu'elle ne puisse absolum5t s'appliqu] qu' lui1 c'e/--dire qu'il soit impossible la p5se de remont] au del4 ,la simple ide de sub/ance ou de cause de l'exi/5ce ne remplit pas cette condition4 ,l'activit qui produit l'exi/5ce p\rrait avoir sa cause en dehors d'elle4 ,il faut qu'elle ait sa cause en elle-mme1 il faut qu'elle se produise elle-mme comme activit1 c'e/--dire qu'elle soit une vie4 ,ceci n'e/ pas encore assez1 c> la loi de la vie p\rrait v5ir d'ailleurs2 p\r que l'ide mme de cette vie implique en elle qu'il n'en e/ pas a9si1 il ne suffit pas qu'elle soit l'ide d'une vie1 mais l'ide d'une vie qui se donne elle-mme ses lois4 ,ceci n'e/ plus simplem5t la vie1 c'e/ l'esprit1 c'e/ la libre volont4 ,enf9 l'tre p\rrait avoir reu sa lib]t2 il ne faut pas se cont5t] de dire qu'tant l'tre inf9i et le pr9cipe1 il ne l'a pas reue2 il faut que le contraire soit positivem5t r5f]m dans l'ide que n\s n\s en =mons1 sans quoi n\s n'avons pas cette ide4 ,l'ide de l'tre inf9i n'e/ donc pas seulem5t celle d'un esprit libre1 mais celle d'un tre qui se fait libre1 qui se pose lui-mme comme libre et qui n'e/ absolum5t que ce qu'il se fait4 ,il e/ impossible de remont] davantage4 ,la "q con/amm5t reproduite jusqu'ici n'aurait plus aucun s5s si n\s la posions au sujet de l'tre libre p>ce qu'il le veut1 et ,celui que n\s df9issons a9si sans le compr5dre ne peut tre que l'absolu et le premi]4 ,les trois premi]s degrs de l'tre rpond5t aux diffr5ts ordres de ralits f9ies3 la nature inorganique1 l'organisme1 l'me huma9e4 ,le quatrime1 l',absolu1 *appe t\te analogie et surpasse notre intellig5ce dont il semble =c] les ressorts2 mais il e/ naturel1 il e/ conv5able qu'il en aille a9si3 lorsqu'il s'agit de l'inf9i1 t\t ce que n\s p\vons espr]1 c'e/ de voir clairem5t la raison de notre ignorance4 ,cette raison ne se tr\ve po9t dans la nature de notre esprit1 mais dans la nature de l'objet1 qui se voile dans sa propre lumire4 ,l'absolu e/ ce qu'il veut tre4 ,lorsque n\s savons ce qui le r5d incomprh5sible1 n\s l'avons compris4 ,il faut donc l'av\]1 ,messieurs1 t\te notre dialectique ne n\s donne aucune intuition de l'absolu4 ,une ncessit logique n\s oblige proclam] que l'tre univ]sel e/ la lib]t absolue1 sans que n\s sa*ions en quoi cette lib]t consi/e4 ,c]ta9s qu'elle doit tre1 n\s ignorons encore comm5t elle peut tre2 c> n\s ne compr5ons rellem5t comme possibles que les *oses dont n\s avons l'intuition4 ,mais1 encore une fois1 n\s n'avions aucune raison de n\s flatt] que n\s arriv]ions l'intuition de l'absolu4 ,nul objet inf9i ne peut tre saisi dans son inf9it d'une manire intuitive4 ,le monde s5sible e/ le seul *amp de l'imag9ation comme de la p]ception2 le moi dans son exi/5ce ou dans la srie de ses actes p>ticuli]s1 e/ le seul objet de l'intuition proprem5t dite2 et si n\s ap]cevons son ess5ce immuable1 c'e/ t\j\rs dans les actes p>ticuli]s qui la manife/5t4 ,aussi1 ,messieurs1 la lueur d'intuition qui semble n\s accompagn] dans la discussion de cette matire1 ne vi5t-elle pas de l'absolu en tant qu'absolu1 mais de l'absolu se manife/ant en n\s4 ,plus simplem5t1 p\r ne pas anticip] ni prt] aux mal5t5dus1 n\s dirons qu'elle vi5t de n\s4 ,n\s avons l'intuition de n\s-mme1 et cette intuition n\s s]t pntr] la nature intime de l'tre dans notre degr4 ,n\s saisissons dans notre esprit ce qu'il y a de commun t\s les esprits1 mais l'intuition ne monte pas plus haut et ne desc5d pas plus bas4 ,a9si1 des quatre degrs de l'tre que la logique n\s a p]mis de di/+u]1 n\s n'en compr5ons qu'un seul3 le troisime1 et cela =t incompltem5t4 ,notre esprit e/ activit1 c'e/ une activit complexe et rfl*ie2 p> cette rflexion1 qu'on nomme la consci5ce1 n\s ram5ons l'unit la pluralit des fonctions4 ,n\s avons le s5tim5t de ce qu'e/ un tel esprit1 quoiqu'il soit bi5 difficile d'en p>l] comme il faut4 ,mais l'activit simple1 monotone1 sans rflexion de la simple sub/ance1 n\s n'en avons po9t d'intuition1 s9on peut-tre une trs-faible1 due ce que dans c]ta9s cas n\s p\vons obs]v] en n\s-mme quelque *ose qui lui ressemble4 ,p> l'effet d'une illusion naturelle1 les ef=ts que n\s cote l'ide de la sub/ance la font p>atre trs-pr(onde1 trs-admirable et trs-p>faite4 ,on s'explique p> une telle illusion comm5t de gr&s philosophes ont cru possd] l'ide de l'absolu dans la df9ition de la sub/ance1 sans s'ap]cevoir qu'ils mettai5t a9si l'absolu beauc\p au-dess\s de notre propre nature4 ,les sy/mes du pan?isme mod]ne occup5t les degrs int]mdiaires entre notre catgorie de la sub/ance et notre catgorie de l'esprit4 ,ils se gr\p5t aut\r de la notion du b4 ,l',ide absolue que ,hegel place au sommet de sa philosophie1 ne diffre pas ess5tiellem5t du b1 tel que n\s l'avons df9i4 ,au fond1 le sy/me de ,hegel e/ plus clair1 plus intuitif que ceux de ses devanci]s1 p>ce qu'il repose sur une ide plus vois9e de celle que l'homme ralise et qu'il compr5d4 ,mais s'il e/ plus clair que le sp9osisme1 p> exemple1 il n'e/ pas encore bi5 clair1 ce sy/me illu/re1 att5du qu'il se meut encore dans l'ab/rait1 et qui dit ab/rait1 dit impossible4 ,t\tes les conditions de l'tre ne sont pas encore runies dans l'absolu de ,hegel4 ,hegel ne s'e/ pas ap]u ou n'a pas v\lu s'ap]cevoir qu'un b suppose une intellig5ce qui le conoit et une volont qui le pose4 ,l',ide dont il fait son ,dieu produit incessamm5t les moy5s1 les milieux de sa propre ralisation4 ,elle vit dans la ,nature et s'accomplit dans l',hi/oire4--,c'e/ bi51 mais la p5se ne dem&e pas mo9s imprieusem5t savoir ce qu'elle e/ en elle-mme1 avant la nature1 avant l'hi/oire1 c'e/--dire indp5damm5t de la nature et de l'hi/oire4-- cette "q il faut rpondre1 ou que l',ide prise en elle-mme n'e/ ri51 ce qui e/ absurde1 ou bi51 avec n\s1 que l',ide prise en elle-mme1 l',ide en soi e/ une vritable ide1 c'e/--dire le produit d'une intellig5ce relle1 l'acte d'un esprit qui la p5se4 ,a9si l',esprit prcd]ait l',ide et le pan?isme se trans=m]ait en ?isme4 ,la philosophie devi5t beauc\p plus comprh5sible1 beauc\p plus intuitive1 elle arrive la lumire du j\r lorsqu'on a p\ss l'ide de l'tre jusqu' p\voir dire3 ,l'tre e/ esprit4 ,cela vi5t1 ,messieurs1 je le rpte1 de ce que n\s sommes n\s-mmes esprit4 ,cette philosophie n'e/ pas seulem5t plus claire1 elle e/ plus vraie1 elle e/ la vraie4 ,seulem5t il ne faut pas oubli] qu'il y a deux sortes d'esprit3 l'esprit f9i et l'esprit inf9i1 l'esprit cr et l'esprit incr4 ,je veux dire qu'il y a entre l'esprit cr et l'esprit incr une diffr5ce de degr et de qualit1 une diffr5ce spcifique1 dont il e/ ess5tiel de t5ir compte1 p>ce qu'elle trans=me le fond mme de nos conceptions4 ,n\s sommes esprit--n\s sommes libres3 ces deux propositions sont id5tiques2 il e/ impossible de concevoir un tre libre qui ne soit pas un esprit1 il e/ impossible de concevoir un esprit qui ne soit pas libre4 ,l'esprit1 n\s l'avons dit1 et cette df9ition repose sur l'vid5ce1 l'esprit n'e/ autre *ose qu'un tre qui dt]m9e lui-mme son activit1 l'activit produisant l'activit1 la seconde puissance de l'activit1 ou de la sub/ance4 ,la pesanteur1 la rsi/ance des corps1 l'lectricit1 le magntisme1 la *aleur1 la lumire1 sont de simples manife/ations de la sub/ance1 ou de simples n]gies1 des actes simples1 dploiem5t d'une puissance simple4 ,l'irritabilit musculaire1 que des physiologi/es considrables ont rappro*e de l'lectricit1 lui ressemble en ceci du mo9s qu'elle e/ du mme degr1 du mme ordre2 c'e/ aussi une simple n]gie1 un simple effet de la sub/ance4 ,elle se montre telle dans les convulsions4 ,mais dans le m\vem5t volontaire1 cette =ce e/ dt]m9e1 dirige1 rgle1 possde p> une autre =ce que j'appelle esprit4 ,l'esprit e/ donc une =ce qui agit sur des =ces1 une activit dont les effets sont eux-mmes des activits4 ,l'analyse du m\vem5t volontaire en f\rnit la preuve4--,mme r$\blem5t dans la p]ception4 ,la s5sation e/ une production1 une imag9ation1 l'effet d'une activit spontane1 et ce que l'esprit p]oit c'e/ proprem5t cette activit4 ,a9si la vision e/ un acte de l'esprit auquel l'acte du n]f optique s]t d'objet et de matire4 ,voil p\r les rapports de l'me et du corps1 o les deux =ces se di/+u5t assez facilem5t4 ,mais dans les phnomnes purem5t spirituels n\s tr\vons la mme dualit ou plutt la mme rduplication4 ,n\s ne p\vons en exprim] le c>actre qu'en disant3 ,l'esprit e/ la puissance de lui-mme4 tre esprit consi/e se possd] soi-mme4 ,t\t acte rel de l'esprit ou de l'me nat du conc\rs de deux =ces bi5 di/9ctes quoique id5tiques dans leur pr9cipe1 et dont l'une se subordonne l'autre4 ,la premire v>ie1 la plus leve e/ t\j\rs id5tique3 elle s'appelle la volont4 ,a9si compr5dre n'e/ pas la mme *ose que v\loir compr5dre2 mais il n'y a pas d'intellig5ce sans att5tion1 c'e/--dire sans une volont qui dirige et possde l'intellig5ce4 ,aim] e/ un v\loir1 et cep5dant n\s n'aimons pas vritablem5t t\tes les fois que n\s v\lons aim]4 ,l'am\r rel e/ en n\s l'h>monie d'une d\ble volont3 qu& n\s v\lons aim] sans y p>v5ir1 la subord9ation t5te ne s'effectue pas1 cause de la rsi/ance du pr9cipe infrieur1 qui dans ce cas e/ videmm5t une volont1 lui aussi1 comme il l'e/1 au fond1 dans t\s les cas possibles4 ,en somme1 n\s ne faisons ri51 n\s ne sommes ri5 sans la volont1 et ce que n\s faisons sans le v\loir ce n'e/ pas n\s qui le faisons4 ,la volont e/ donc le c>actre m95t de l'esprit1 la volont e/ la puissance qui rgit nos puissances div]ses et dont ces puissances sont elles-mmes les tats infrieurs ou les trans=mations4 ,c'e/ la volont qui fait l'unit de notre tre1 c'e/ elle qui fait que nos facults sont rellem5t les facults du mme tre4 ,vi5t-elle dfaillir dans un esprit2 les facults de cet esprit ne sont plus des facults1 des in/rum5ts qu'il emploie1 mais des puissances indp5dantes et ho/iles1 qui le dom95t et qui le d*ir5t4 ,plus il y a de volont dans un esprit1 plus il e/1 et plus il e/ un4 ,une puissance qui dt]m9e l'activit1 qui la suscite et qui l'eng5dre1 s'appelle volont2 or comme il e/ impossible de concevoir une volont qui ne soit pas libre1 du mo9s dans son pr9cipe1 n\s sommes contra9ts d'av\] la fois que la volont e/ la rac9e1 l'unit1 la sub/ance de l'esprit1 et que t\t esprit e/ libre p>ce qu'il e/ esprit4 ,n\s savons t\t cela1 grce la connaissance que n\s avons de n\s-mmes4 ,du mom5t o n\s avons reconnu1 sur la foi d'une dmon/ration m?odique1 que l'tre absolu doit tre comme n\s une activit s\rce d'activit1 ou un esprit1 n\s sommes autoriss lui appliqu] ces donnes de l'intuition4 ,la notion intuitive de l'absolu ne peut tre qu'an?ropomorphique1 du mo9s s'il s'agit de l'intuition de la seule intellig5ce2 mais cet an?ropomorphisme 9vitable e/1 jusqu' un c]ta9 po9t1 lgitime4 ,il e/ entirem5t dans son droit vis--vis des pr9cipes pan?i/es que n\s avons tr\vs sur notre *em92 il les dom9e et1 p>tant1 les rfute4 ,au re/e1 ,messieurs1 on aurait mauvaise grce se montr] trop svre env]s l'an?ropomorphisme1 lorsque l'on croit avec le *ri/ianisme que l'homme e/ l'image de ,dieu1 ou seulem5t lorsque1 avec les mtaphysici5s1 on e/ime que l'homme peut connatre ,dieu4 ,tu es p>eil l'esprit que tu compr5ds#eh1 dit le spirituel compagnon du docteur ,fau/1 qui n\s p>donn]a cette citation4 ,le rus dmon p>le ici comme l'cole1 o l'on rpte depuis quelques mille ans1 que l'intellig5ce repose sur l'id5tit de ce qui connat et de ce qui e/ connu4--,cette s5t5ce e/ vraie1 peu prs comme t\tes les s5t5ces1 condition de la bi5 ent5dre4 ,note #eh3 ,du glei*/ dem ,gei/ d5 du begreif/4 ,on arrive1 dit encore l'cole1 la conception de l'inf9i en affran*issant de leurs limites les qualits positives du f9i4 ,eh bi51 l'ide de l'esprit que n\s obt5ons en n\s considrant n\s-mme1 e/ ple9e de re/rictions qui la contr$is5t et qui ne saurai5t se concili] avec le c>actre de l'tre absolu4 ,n\s produisons notre propre activit1 n\s faisons jaillir la s\rce des actes qui compos5t notre exi/5ce1 n\s sommes cause de cette exi/5ce1 n\s sommes cause de ses causes et n\s en dt]m9ons la loi1 c'e/ p\rquoi n\s sommes vritablem5t libres1 de vrais esprits1 des crateurs4 ,en effet n\s donnons naissance nos s5tim5ts1 nos passions1 nos convictions1 et1 fconds leur t\r1 ces s5tim5ts1 ces passions1 ces convictions produis5t nos actes p>ticuli]s4 ,la vritable cration e/ la production de =ces vivantes4 ,mais si l'on peut affirm] avec raison que n\s produisons ces =ces1 on peut dire avec non mo9s de vrit que n\s ne les produisons po9t1 c> n\s en tr\vons en n\s les g]mes prexi/ants t\te action de notre "p4 ,qu'e/-ce qu'un g]me8 ,messieurs1 c'e/ un tre en puissance1 c'e/ une puissance4 ,n\s n\s faisons donc n\s-mmes ce que n\s sommes1 n\s n\s r5dons n\s-mmes capables de produire ce que n\s produisons1 dans ce s5s que p> notre lib]t n\s accordons ou refusons1 en un mot1 que n\s mesurons l'essor1 le dveloppem5t ou l'exi/5ce ces puissances prexi/antes et p> l mme inexpliques4 ,n\s laissons nos facults en fri*e1 dans le non-tre1 ou bi5 n\s les dployons1 n\s les ralisons1 n\s leur donnons l'tre4--,mais leur tre dans le non-tre ou dans la puissance1 n\s ne le produisons pas n\s-mmes1 il faut bi5 l'av\]1 et notre lib]t se tr\ve primitivem5t dt]m9e1 limite p> le nombre et p> la nature de ces puissances qui ne vi5n5t pas de n\s-mmes4 ,a9si n\s sommes les auteurs de n\s-mmes dans un s5s born2 n\s sommes libres1 sans tre compltem5t libres4 ,tel e/ notre esprit4 ,tel e/ le seul esprit dont n\s ayons l'intuition4 ,une philosophie qui prt5d l'intuition de son premi] pr9cipe ne peut gure s'lev] au-dessus de cette catgorie4 ,la n\velle philosophie de ,m4 de ,s*ell+1 qui tire sa sub/ance de l'intuition psy*ologique1 comme je crois v\s l'avoir dit1 s'e/ arrte ce degr4 ,s\s l'app>5ce de l'ab/raction1 c'e/ un vritable an?ropomorphisme spculatif4 ,dieu e/ libre1 selon ce sy/me1 dans des conditions qui rsult5t de la nature de ses puissances4 ,il cre p> le moy5 de ses puissances2 mais1 quoi qu'en dise ,m4 de ,s*ell+1 qui v\drait sans y russir p>ce que le problme e/ insoluble mme aux ef=ts du plus beau gnie1 concili] l'absolu logique et l'intimit de l'intuition1 ,dieu ne cre pas ses puissances4 ,seulem5t il e/ libre1 prcism5t comme n\s1 de les ralis] ou de ne pas les ralis]1 libre d'en faire les puissances cratrices du ,monde ou de les laiss] dormir dans son se94 ,l'esprit f9i tel qu'il e/ connu p> l'expri5ce1 l'esprit absolu tel que le conoiv5t ,m4 de ,s*ell+ et t\te philosophie an?ropomorphique1 se r5d donc lui-mme crateur d'une manire dt]m9e p> sa nature prexi/ante2 la lib]t cratrice r5tre elle-mme dans cette nature4 ,n\s p\vons avoir l'intuition de cet esprit l1 p>ce que n\s sommes esprit dans ce s5s l4 ,mais l'esprit conu de cette manire ne r5f]me pas t\tes les conditions requises p\r qu'il soit p> lui-mme2 du mo9s n'e/-il pas tellem5t df9i qu'il ne puisse tre que p> lui-mme2 seul critre de nos rsultats4 ,la ncessit logique1 la fidlit la raison1 si v\s aimez mieux que je dise a9si1 n\s p\sse donc au del de cette ide1 dussions-n\s ab&onn] l'intuition4 ,n\s ne m>*ons plus1 n\s nageons1 n\s nageons dans la nuit1 mais le c\rant n\s guide et n\s amn]a4 ,du mom5t o l'on p>le d'une nature prexi/ante1 de puissances prexi/antes1 de facults cratrices prexi/antes et mme d'une lib]t prexi/ante1 n\s devons n\s dem&] d'o vi5n5t ces puissances1 d'o vi5t cette lib]t4 ,et si l'on a le droit de dcl9] la rponse en disant3 elles sont2 c'e/ un fait2 il faut bi5 comm5c] p> un comm5cem5t1 il faut bi5 reconnatre un premi] tre1 une premire ralit dt]m9e qui n'a po9t de cause1 alors t\t le mal que n\s n\s sommes donn tait bi5 inutile4 ,p\rquoi *]*] la cause des exi/5ces p>ticulires et l'unit du multiple8 ,les *oses sont1 et voil t\t4 ,p\rquoi la matire ne s]ait-elle pas l'absolu8 ,p\rquoi ne sommes-n\s pas matriali/es et fti*i/es8 ,p\rquoi remontons-n\s ce pr9cipe d'activit que n\s appelons sub/ance8 ,p\rquoi passons-n\s de la sub/ance1 qui e/ l'activit naturellem5t fixe1 dt]m9e de fait1 la vie1 qui e/ l'activit dt]m9e p> sa f9 et se produisant elle-mme en vue de cette f98 p\rquoi du b se ralisant dans la vie tel qu'il e/ donn1 l'esprit qui pose librem5t les buts8 ,du mom5t o la fatigue e/ une raison de s'arrt]1 il ne faut pas se mettre en r\te4 ,rptons-le1 ,messieurs3 la loi de l'esprit qui n\s fait *]*] la cause des *oses n'e/ satisfaite que p> la conception d'une ralit dont il soit impossible de dem&] la cause4 ,l'tre absolu e/ celui qui ne peut tre qu'absolu4 ,il se donne lui-mme sa nature1 ses puissances et sa lib]t4 ,il n'e/ pas esprit1 il se fait esprit4 ,sa volont n'e/ pas1 comme la ntre1 un lm5t de sa nature qui se meut dans des conditions qu'elle n'a po9t traces4 ,ce n'e/ pas une volont1 c'e/ la volont1 la volont pure1 inconditionnelle1 qui se donne elle-mme ses conditions4 ,ici1 ,messieurs1 oui6 n\s p]dons pi$1 l'intuition n\s ab&onne1 et si1 p\r savoir1 il faut l'intuition1 comme je l'accorde1 n\s ne savons pas ce qu'e/ la pure volont1 mais ce que n\s savons1 et ce qu'on ne saurait trop rpt]1 c'e/ qu'il n'e/ pas raisonnable de prt5dre atte9dre l'intuition de l'absolu4 ,si n\s tr\vons ,dieu p> l'intuition1 ce n'e/ pas ,dieu comme absolu1 mais ,dieu rvl1 ,dieu tel qu'il veut se rvl] n\s4 ,p\r le mom5t1 n\s r5onons donc l'intuition1 et c'e/ les yeux b&s1 sans le compr5dre1 p>ce qu'il le faut1 que1 sur la foi de la logique1 n\s prononons3 ,l'tre exi/ant de lui-mme e/ pure volont4 ,n\s sommes arrivs ce rsultat en p>tant de la notion ab/raite de l'tre en gnral1 telle qu'elle se tr\ve *ez t\t le monde2 n\s avons nomm les degrs de l'tre mesure que n\s les r5contrions1 conduits p> la ncessit de la p5se qui n\s oblige *]*] la cause de t\t ce qui e/ susceptible d'en avoir une4 ,n\s n'avons prononc le mot de volont qu'assez t>d1 alors seulem5t que l'ide qu'il exprime tait v5ue d'elle-mme pr5dre sa place dans notre esprit4 ,la conclusion de ce travail purem5t analytique sur la plus univ]selle des ides1 a ncessairem5t une porte univ]selle4 ,elle claire d'un j\r n\veau t\t le *em9 que n\s avons p>c\ru4 ,si l'ess5ce de l'tre exi/ant p> lui-mme e/ la libre volont1 il e/ manife/e que la volont e/ le pr9cipe de t\t tre1 ou l'unique sub/ance2 ces deux propositions sont trop troitem5t lies p\r qu'une dmon/ration semble ici ncessaire4 ,ni] leur solid>it s]ait prt5dre qu'un tre qui a son pr9cipe hors de lui peut le tr\v] ailleurs que dans l'tre exi/ant p> lui-mme1 ce qui ne saurait se p5s]4 ,peut-tre ceci s]a-t-il s\ponn de pan?isme8--,on se tromp]ait4 ,la "q du pan?isme n'e/ po9t l4 ,n\s la tr\v]ons en son lieu et n\s f]ons voir aism5t1 s'il en e/ beso91 qu'un sy/me reposant sur l'absolue lib]t div9e e/ l'antipode du pan?isme4 ,mais l'accusation ft-elle fonde1 encore vaudrait-il mieux tre pan?i/e que de mconnatre une *ose vid5te4 ,n\s l'nonons donc en t]mes exprs3 ,l'tre p>fait tant la volont p>faite1 t\t tre e/ volont dans son ess5ce2 les degrs de l'tre sont les degrs de la volont4 ,exi/] c'e/ tre v\lu4 tre sub/ance1 c'e/ v\loir2 vivre1 c'e/ se v\loir2 tre libre1 c'e/ v\loir son v\loir1 se faire v\loir4 ,ces df9itions v\s font sans d\te un effet trange2 cep5dant1 ,messieurs1 elles v\s p>atront bi5tt naturelles2 elles v\s p>atront vid5tes si v\s cons5tez v\s plac] dans mon po9t de vue1 c'e/--dire considr] les *oses non du dehors1 mais du d$ans1 telles qu'on peut suppos] qu'elles sont en elles-mmes et non pas seulem5t dans l'effet qu'elles produis5t sur n\s4 ,p]mettez-moi de df5dre mes ass]tions en quelques mots1 et de repr5dre a9si1 une d]nire fois1 l'en*anem5t des ides ontologiques sur lesquelles je m'appuie4 ,dieu m]ci6 cette ontologie comm5ce sortir de l'ab/raction4 ,il semble ridicule1 j'en convi5s de bonne grce1 de prt5dre que les mots3 cette pi]re exi/e1 soi5t synonymes de ceux-ci3 ,cette pi]re e/ v\lue4 ,cela e/ ridicule p>ce qu'effectivem5t cela n'e/ pas vrai4 ,mais dans le disc\rs ord9aire1 que signifie donc3 cette pi]re exi/e8--,cela signifie3 cette pi]re frappe mes s5s1 c'e/--dire1 en d]nire analyse3 je suis modifi de telle ou telle faon4 ,c'e/ un jugem5t dont1 au po9t de vue de la raison1 le sujet vritable e/ moi1 non la pi]re4 ,mais p\r la pi]re elle-mme1 que signifie l'affirmation qu'elle exi/e1 s9on qu'elle e/ produite1 qu'elle e/ pose8 et si l'on veut donn] ces mots un s5s intelligible1 il faut bi5 aj\t]3 qu'elle e/ v\lue4--,rep\ss] cette proposition1 c'e/ confess] que l'affirmation de l'exi/5ce e/ une affirmation vide relativem5t son objet2 c'e/ ouvrir la porte l'idalisme d'un ct1 de l'autre la ngation de la sci5ce4 ,exi/] e/ donc tre v\lu1 et produire l'exi/5ce1 tre cause de l'exi/5ce1 c'e/ v\loir4 ,ici encore il faut s'ent5dre3 il e/ clair que les causes s5sibles ne sont pas des volonts4 ,la *aleur et l'humidit ne font pas p\ss] les plantes p> le fait de leur volont4 ,mais les causes s5sibles ne sont pas des causes p\r la raison2 les causes s5sibles ne sont que des effets int]mdiaires entre l'effet dont on s'occupe et l'action de la vraie cause4 ,une cause vritable l'e/ en elle-mme1 p> sa nature1 et non p> accid5t2 c'e/ donc une =ce relle qui produit c]ta9s effets p> une action ou p> un m\vem5t dont le pr9cipe e/ en elle-mme3 df9ition qui revi5t entirem5t celle de la sub/ance4 ,il s'agit donc de savoir ce que c'e/ que produire un effet de soi-mme1 en se plaant au po9t de vue de la =ce ou du sujet qui le produit4--,n\s rpondons3 ,c'e/ v\loir4 ,la =ce veut son effet ou elle ne le produit pas d'elle-mme4 ,v\loir suppose t\j\rs la possibilit mtaphysique de ne pas v\loir1 mais non la possibilit de fait4 ,en fait ce v\loir1 qui con/itue la sub/ance1 peut tre un v\loir ncessaire1 c'e/--dire un v\loir dt]m91 un v\loir fix1 un v\loir pos1 un v\loir v\lu4 ,il e/ v\lu tel qu'il e/1 ou tel qu'il veut1 et p> consqu5t il ne peut pas v\loir autrem5t4 ,l'expri5ce de la vie n\s (fre des exemples trs-propres faire compr5dre comm5t une activit libre son orig9e1 peut dev5ir ncessaire4 ,a9si nos passions sont des directions dt]m9es de la volont1 des volonts durcies1 immobilises1 s'il e/ p]mis d'employ] ce langage2 elles produis5t des effets qui ont t\j\rs le mme c>actre2 arrives un c]ta9 degr1 elles devi5n5t des puissances fatales comme les puissances de la nature2 ce sont des volonts qui1 p> le fait1 ne peuv5t pas v\loir autrem5t qu'elles ne veul5t4 ,s\/raites l'empire de la lib]t1 elles se drob5t galem5t au reg>d de la consci5ce qui les pntrait dans le pr9cipe4 ,en se roidissant1 elles devi5n5t opaques2 l'un des *angem5ts e/ insp>able de l'autre4 ,mais les passions qui n\s (fr5t de tels traits n'ont pas leur orig9e en elles-mmes2 primitivem5t elles procd5t de notre lib]t1 qui s'e/ dt]m9e dans ce s5s3 elles sont une trans=mation1 une alination de notre lib]t1 et p\rtant la lib]t ne se p]d pas t\t entire dans les passions2 elle se ma9ti5t avec plus ou mo9s de succs dans sa fluidit vis--vis de ces volonts fixes auxquelles elle a donn naissance4 ,a9si1 mme au se9 d'une individualit f9ie1 le multiple sort de l'unit2 l'inconsci5t1 du consci5t2 la nature1 de l'esprit2 la ncessit1 de la lib]t4 ,les volonts p>ticulires se sp>5t de leur tige1 elles acquir5t une sorte d'individualit di/9cte1 et l'me devi5t le ?tre d'une lutte qui f9it1 qu& la passion se *ange en folie1 p> d*ir] la consci5ce et bris] la p]sonnalit4 ,la passion1 =ce fatale et aveugle1 e/ donc un v\loir issu de la lib]t1 que la lib]t possdait dans l'orig9e et qu'elle ne possde plus4 ,c'e/ une volont ab&onne1 sortie d'elle-mme et qui ne peut plus y r5tr]4 ,l'obs]vation de ces faits ouvre quelque j\r sur deux gr&s problmes3 celui de savoir ce que sont dans leur pr9cipe les =ces de la nature1 et celui de la pluralit des tres en gnral4 ,mais l'abus de l'analogie aurait ici de gr&s dang]s4 ,p\r y p>] il faut obs]v] que1 dans l'tre f9i1 dans l'esprit cr1 les dveloppem5ts dont n\s p>lons ici sont irrguli]s1 maladifs#ei1 prcism5t p>ce qu'il e/ cr1 con/itu dans son unit p> un acte suprieur lui1 t&is que l'absolu se donne son unit lui-mme et ne saurait la compromettre en di/+uant de lui les degrs infrieurs de l'tre4 ,note #ei3 ,la maladie corporelle e/ aussi une t5tative d'une puissance ou d'une fonction p>ticulire p\r se con/itu] en organisme indp5dant et p\r se crer un corps au dp5s du corps dans lequel elle s'eng5dre4 ,t\te dynamique au db1 elle se matrialise de plus en plus4 ,n\s p\vons donc concevoir la simple sub/ance comme une volont p>ticulire1 primitivem5t dt]m9e dans sa direction p> l'esprit1 mais qui1 s'tant dta*e de sa s\rce1 a p]du t\te lib]t p> le fait mme de son mancipation4 ,l'esprit1 en revan*e1 e/ la volont conc5tre sur elle-mme1 se ralisant sans cess] d'tre puissance1 p>ce qu'elle se ralise dans les volonts multiples qu'elle relie et qu'elle possde4 ,ces volonts multiples1 dt]m9es1 et nanmo9s dt]m9ables1 di/9ctes1 mais non sp>es de l'unit du moi1 sont les facults1 les puissances de l'esprit4 ,la rduplication p> laquelle l'unit p]man5te se di/+ue de ses actes et de ses tats successifs1 s'appelle l'intellig5ce ou la consci5ce4 ,t\te intellig5ce e/ consci5ce1 et t\te consci5ce1 rflexion4 ,a9si l'esprit e/ intellig5ce p>ce qu'il e/ libre1 c'e/--dire p>ce qu'il se possde lui-mme4 ,ce n'e/ que dans ce degr suprieur que la volont mrite proprem5t son nom1 p>ce qu'alors seulem5t elle devi5t pntrable la consci5ce qu'elle produit4 ,si n\s avons dsign les simples =ces p> le mme t]me1 c'e/ p\r m>qu] l'id5tit de leur orig9e et de leur ess5ce4 ,o les espces sont des degrs1 la meilleure donne son nom au g5re4 ,la volont spirituelle1 la volont vraie e/ donc celle qui produit et possde la volont2 mais l'esprit f9i e/ son t\r produit et pntr p> une volont suprme1 dont il doit tre la matire1 comme l'organisme vivant lui s]t de matire lui-mme4 ,c'e/ l'tre absolu1 qui compr5d en lui t\t tre et t\tes les puissances de l'tre4 ,t\t se rs\t donc en volont4 ,c'e/ la gloire de ,m4 de ,s*ell+ d'avoir proclam cette vrit fconde4 ,il a concili p> l les prt5tions du ralisme et de l'idalisme1 il a jet les bases du spiritualisme vritable1 dont l'idalisme n'a que l'app>5ce4 ,inconte/ablem5t1 ,messieurs1 il y a quelque *ose de srieux dans l'id5tit de la p5se et de l'tre1 qu'on a si s\v5t et si bruyamm5t proclame4 ,le fait d'une connaissance quelconque implique ncessairem5t une telle id5tit1 sauf savoir comm5t il faut l'ent5dre4 ,mais on ne concilie jamais les deux t]mes d'une opposition sans subordonn] plus ou mo9s l'un l'autre4 ,a9si fait l'idalisme3 p\r lui1 l'lm5t pr9cipal e/ la p5se2 le rel e/ ses yeux une =me de l'idal2 le fond des *oses e/ p5se4 ,cela ne saurait tre vrai1 c> il e/ impossible que la p5se soit quelque *ose p> elle-mme4 ,la consci5ce1 la rflexion1 la p5se sont ncessairem5t quelque *ose de driv1 d'accessoire1 l'accid5t ou la =me de l'tre1 non pas le fond4 ,en effet t\te ide e/ l'ide de quelque *ose2 il y a dans la p5se un dualisme 9vitable3 la p5se et son objet4 ,dans la consci5ce du moi n\s ap]cevons manife/em5t l'id5tit de la p5se et de l'objet1 aussi devons-n\s ram5] t\te connaissance la consci5ce du moi4 ,dans la ?orie de la connaissance1 t\t ce que n\s appelons des ralits sont les modifications du moi p5s1 comme t\tes les ides sont des modifications du moi p5sant4 ,mais l'id5tit du moi n'efface pas la di/9ction4 ,le moi qui p5se n'e/ pas le moi p5s1 et le plus intime1 le plus pr(ond des deux n'e/ videmm5t pas le premi]1 c'e/ le second1 c> la rflexion n'puise jamais la ri*esse de l'tre4 ,n\s ne n\s connaissons n\s-mmes que trs-sup]ficiellem5t et trs-mal4 ,ma9t5ant1 si l'on appelle intellig5ce le moi qui p5se ou le ct du moi qui p5se1 comm5t nomm]ons-n\s la face rfl*ie1 le moi p5s8 ,c'e/ la consci5ce elle-mme qui n\s comm&e de l'appel] volont4 ,n\s s5tir vivre1 c'e/ n\s s5tir v\loir4 ,et la logique e/ ici d'accord avec l'expri5ce4 ,l'acte primitif p> lequel l'tre se pose lui-mme ne peut pas tre une rflexion3 c'e/ ncessairem5t une n]gie pure et directe1 un v\loir4 ,desc>tes en avait le s5tim5t lorsqu'il faisait de l'affirmation et de la ngation des actes de la volont4 ,cette ?orie psy*ologique ne peut pas tre appr\ve sans re/riction1 mais1 comme la plup>t des ?ories incompltes du c>tsianisme1 elle "p d'une ide ju/e et pr(onde2 l'affirmation con/ante et fondam5tale1 l'affirmation p> excell5ce qui con/itue le moi e/ la volont4 ,a9si l'intellig5ce e/ la =me du moi1 dont la pure n]gie de la volont e/ le fond4--,ds lors1 s'il e/ vrai que les pr9cipes de la sci5ce doiv5t tre puiss dans la consci5ce du moi1 ce qui e/ un lieu commun de philosophie1 il faut dire aussi que la volont e/ le fond de l'tre en gnral4 ,,dix-,,septi,,me ,,le,,on4 ,v4 ,l'ess5ce de l'absolu e/ insondable4 ,il e/ ce qu'il veut4 ,la "q de son ess5ce a priori e/ puise p> l'ide d'absolue lib]t4 ,,vi4 ,cep5dant les attributs mtaphysiques de ,dieu1 tels que la t\te prs5ce1 la t\te sci5ce1 la t\te puissance1 sont t\s compris dans l'ide d'absolue lib]t et ne reoiv5t qu'en elle leur vritable c>actre4 ,il en e/ de mme des attributs moraux considrs comme app>t5ant l'ess5ce div9e4 ,,vii4 ,*aque acte de volont de l'tre absolum5t libre doit tre conu comme inf9i1 et comme con/ituant p> lui-mme un absolu4 ,preuve3 ,t\tes les limites qu'on p\rrait suppos] un tel acte tant comprises et v\lues avec lui1 tomb]ai5t dans l'acte lui-mme4 ,,viii4 ,la "q de savoir si l'absolu se manife/e effectivem5t ne peut tre rsolue que p> l'expri5ce4 ,on ne saurait pass]1 p> la logique seule1 de l'ide d'absolue lib]t celle d'une manife/ation quelconque4 ,la lib]t e/ incalculable4 ,messieurs1 ,nos re*]*es n\s ont conduits un rsultat que l'on ne saurait trop mdit]4 ,n\s avons tr\v que l'tre e/ au fond volont1 et que la p]fection de l'tre e/ la p]fection de la volont1 la lib]t absolue4 ,cette ide p>at d'abord t\t fait ngative4 ,n\s ne savons pas ce que c'e/ que l'absolue lib]t1 non-seulem5t p>ce que n\s ne sommes pas faits de manire en obt5ir l'intuition1 mais plutt p>ce que l'absolue lib]t exclut t\te intuition4 ,elle e/ ce qu'elle veut1 elle n'e/ que ce qu'elle veut2 il e/ impossible quelque intellig5ce que ce soit d'en savoir davantage a priori4 ,dire que l'tre absolu e/ pure lib]t1 c'e/ la fois indiqu] son ess5ce et m>qu] l'impossibilit de la connatre4 vrai dire1 la lib]t e/ la ngation de t\te ess5ce4 ,n\s ne p\vons donc pas appr5dre ce qu'e/ l'absolu en lui-mme1 indp5damm5t des dt]m9ations qu'il se donne2 n\s ne p\vons pas l'appr5dre1 dis-je1 p>ce que ds l'entre n\s le savons3 l'absolu e/ ce qu'il veut tre4 ,voil t\t4 ,il n'y a plus ri5 dem&]1 plus ri5 *]*] lorsqu'on sait t\t4 ,l'absolu e/ lib]t1 il e/ ce qu'il se fait1 il n'e/ ri5 que ce qu'il se fait4 ,proprem5t la notion de l'absolu n'e/ pas une ide1 ce n'e/ pas une connaissance1 c'e/ une limite1 l'extrme limite de nos p5ses4 ,n\s allons jusqu' la lib]t absolue1 n\s p\vons l'atte9dre1 non l'embrass]4 ,cep5dant1 ,messieurs1 si l'on peut dire avec raison que la lib]t e/ t\t ce qu'il y a de plus ngatif et de plus indt]m91 puisque c'e/ la ngation de t\te dt]m9ation2 si ce po9t de vue dom9e mme absolum5t la sci5ce dont il fixe la valeur1 comme n\s l'expliqu]ons2 il n'e/ pas mo9s vrai1 quoique d'une vrit peut-tre infrieure la prcd5te1 que la lib]t1 envisage autrem5t1 se prs5te comme la conception la plus dt]m9e1 la plus positive et la plus concrte4 ,exam9ons-la s\s cet angle1 essayons d'ouvrir cette ide de la lib]t absolue et de mettre au j\r quelques-unes des ri*esses qu'elle r5f]me4 ,n\s sommes arrivs la lib]t p> une m?ode a priori1 en p>tant de l'ide d'tre2 mais1 le bi5 pr5dre1 l'ide d'tre elle-mme n'e/ pas a priori2 il n'y a po9t d'ides a priori4 ,c'e/ l'expri5ce qui n\s f\rnit primitivem5t l'ide de l'tre et de t\s ses attributs4 ,l'expri5ce n\s donne les attributs de l'tre limits p> leur contraire4 ,il app>ti5t la raison de les dgag] de cette limite p\r les concevoir dans leur inf9it1 c'e/--dire dans leur vrit4 ,a9si notre premire ide de la lib]t vi5t de la connaissance que n\s avons de n\s-mmes4 ,la raison n\s obligeant concevoir l'tre exi/ant de lui-mme comme libre1 n\s lui appliquons l'ide de notre lib]t2 mais n\s savons que notre lib]t e/ borne1 t&is que la si5ne ne l'e/ pas2 n\s l'appelons donc lib]t absolue1 et p> ce mot n\s n\s imposons la t*e d'affran*ir l'ide de lib]t des re/rictions s\s lesquelles n\s la possdons d'abord1 af9 de compr5dre vritablem5t ce que c'e/ que la lib]t absolue4 ,les =mes de l'exi/5ce f9ie1 le temps et l'espace1 sont les limites immuables1 et p\rtant la/iques1 de notre lib]t4 ,n\s ne sommes qu'en un lieu la fois2 p\r accomplir les desse9s que n\s =mons1 il faudrait en occup] plusieurs2 or l'impossibilit de l'excution emp*e jusqu' un c]ta9 po9t le v\loir lui-mme2 on ne veut pas ce qu'on sait tre absolum5t impossible4 ,le prs5t s'envole incessamm5t1 le prs5t n'e/ ri51 et le prs5t seul e/ n\s4 ,n\s ne p\vons ri5 *ang] au pass2 n\s ne p\vons ri5 faire dans l'av5ir2 la vie n\s e/ mesure g\tte g\tte4 ,qu& n\s avons acquis la prud5ce de l'ge mr1 n\s avons p]du l'n]gie de la jeunesse et la grce de l'adolesc5ce4 ,n\s ne sommes jamais simultanm5t1 une bonne fois1 t\t ce que n\s sommes4 ,cep5dant1 ,messieurs1 l'esprit1 libre p> son ess5ce1 se fatigue recul] les limites de l'espace et du temps2 il les recule imp]ceptiblem5t1 mais il ne peut s'en affran*ir4 ,il lutte contre l'espace idalem5t p> la vue1 p> l'imag9ation1 p> le calcul2 rellem5t p> la vitesse1 c'e/--dire p> le temps4 ,il lutte contre le temps p> la mmoire et p> la prvision4 ,si le fond de l'tre e/ ,volont1 le fond de l'intellig5ce e/ ,mmoire4 ,t\t acte de la p5se e/ une syn?se1 et la syn?se fondam5tale1 qui se retr\ve dans t\tes les autres et qui les r5d possibles1 c'e/ l'acte lm5taire de mmoire1 syn?se immdiate du temps4 ,ma9t5ir dans le prs5t l'in/ant c\l1 saisir dj comme prs5t celui qui n'e/ po9t encore1 telle e/ la premire affaire de l'esprit4 ,si n\s n'avions pas cette facult1 si t\t ce qui e/ pass dans le s5s ab/rait du mot pass1 tait pass vritablem5t1 pass p\r l'me2 si l'av5ir1 lui aussi1 ne cdait une p>celle au prs5t1 notre vie n'aurait aucune l>geur1 aucune pr(ondeur1 aucun cont5u4 ,heureusem5t il n'en e/ pas a9si4 ,v\s connaissez ces c]cles lum9eux que les enfants trac5t dans l'air en faisant m\voir rapidem5t un *>bon allum4 ,l'impression reue p> *aque po9t de la rt9e met plus de temps s'effac] que le *>bon p>c\rir le c]cle enti] dans l'espace4 ,a9si le *>bon1 quoiqu'il n'occupe qu'une place la fois1 produit cep5dant une impression simultane sur plusieurs po9ts de la rt9e et n\s laisse l'image d'une ligne cont9ue4 ,quelque *ose de p>eil se passe dans t\s les actes de la vie spirituelle4 ,l'me arrive a9si possd] plusieurs *oses la fois1 le successif devi5t simultan1 l'in/ant n'e/ plus un po9t1 mais une sphre o il y a place p\r quelque *ose2 le prs5t n'e/ pas une ab/raction1 il e/ rel1 et c'e/ l'esprit qui le cre1 faisant a9si sa t*e d'esprit#fj4 ,c'e/ l'ess5ce de l'esprit de va9cre le temps1 je dirais1 si je ne craignais votre gravit1 de tu] le temps1 et si l'esprit n'y russissais pas jusqu' un c]ta9 po9t1 il ne s]ait pas esprit1 il ne s]ait pas libre1 c> il ne f]ait ri5 et ne s]ait ri54 ,note #fj3 ,dans *acun des in/ants successifs de la vie relle1 une succession e/ ram5e la simultanx1 comme la mlodie se compose de notes dont *acune e/ dt]m9e p> la dure de ses vibrations4 ,il y a succession abrge dans les lm5ts de la succession relle4 ,l'in/ant ab/rait e/ un atome1 c'e/--dire ri52 l'in/ant rel1 une molcule1 c'e/--dire un inf9i4 ,mais l'esprit que n\s connaissons n'e/ pas l'esprit vritable1 dans la plnitude de sa ralit1 c'e/--dire de sa lib]t4 ,si l'esprit ralisait son idal1 ri5 ne pass]ait1 ri5 ne m\rrait p\r lui4 ,p\r un tel esprit il n'y aurait pas de succession1 dans ce s5s du mo9s que la succession n'amn]ait en lui aucune p]te4 ,t\t s]ait prs5t p\r lui1 p>ce que t\t lui s]ait prs5t4 ,c'e/ a9si qu'il manife/]ait sa lib]t vis--vis du temps comme vis--vis de l'espace4 ,l'ide d'absolue lib]t conduit plus lo9 encore1 plus lo9 que notre intellig5ce ne saurait all]4 ,l'absolue lib]t ne triomphe pas du temps et de l'espace1 c> le temps et l'espace1 conditions mtaphysiques de l'exi/5ce f9ie1 trame et *ane du monde o n\s vivons1 ne sont ni son milieu1 ni son po9t de d"p4 ,l'absolue lib]t ne les a pas devant elle2 le temps et l'espace n'exi/5t pas indp5damm5t de ,dieu2 ils sont p>ce que ,dieu les veut1 tels qu'il les veut1 autant qu'il les veut2 il en dispose absolum5t1 il les produit et les mesure1 mais il n'e/ po9t limit p> eux4 ,lib]t1 p>faite lib]t vis--vis du temps et de l'espace1 telle e/ l'ide positive cont5ue dans les attributs de la ,t\te-prs5ce et sans d\te aussi de la ,t\te-sci5ce1 c> le rel et l'idal se pntr5t dans le vritable absolu mieux que dans l'absolu des pan?i/es4 ,dieu e/ prs5t p> la p5se et p> la volont qui =me son tre2 il e/ prs5t p>t\t1 mais non pas p>t\t au mme titre2 il e/ prs5t o il veut1 et il se retire d'o il veut4 ,ce qu'il y a de plus gr&1 ce n'e/ pas l'illimit qui e/ ncessairem5t illimit1 c'e/ ,celui qui1 naturellem5t sans limites1 e/ capable t\tefois de s'impos] des limites lui-mme1 c'e/ la puissance gale du f9i et de l'inf9i4 ,il e/ inf9i s'il le veut1 et f9i s'il le veut2 c'e/ alors peut-tre que son inf9itude clat]a plus magnifique4 ,ces considrations n\s ouvr5t des j\rs sur la ,cration1 laquelle implique la ralit di/9cte de la crature1 c'e/--dire quelque *ose que ,dieu ne soit pas4 ,n\s ap]cevons dj le moy5 d'expliqu] la lib]t huma9e et de la concili] soit avec la ,t\te-puissance1 soit avec la ,t\te-sci5ce de ,dieu2 mais il ne faut pas n\s ht] de c\rir aux explications1 n\s risqu]ions d'en compromettre l'exactitude4 ,il n'e/ pas beso9 d'un n\veau travail d'analyse p\r faire voir que la lib]t implique l'intellig5ce1 ou que l'tre libre se r5d compte de ce qu'il veut2 la *ose e/ assez vid5te p> elle-mme2 il importe plutt d'tablir nettem5t1 s'il se peut1 en quoi consi/e la p]fection de l'intellig5ce ou la ,t\te-sci5ce4 ,l'ide de l'absolu applique aux rapports du temps et de la p5se 7ces deux gr&s adv]saires71 semble n\s conduire d'abord la complte simultanx4 ,l'idal et le rel se confond5t comme la sphre et le po9t1 comme le maximum et le m9imum3 t\s les rayons de l'tre se runiss5t en un seul foy]2 le pass et l'av5ir ne se di/+u5t po9t1 c> t\t e/ prs5t l'oeil div91 t\t e/ absolum5t conc5tr dans cette unit idale de t\tes *oses1 et cette unit idale de t\tes *oses e/ leur vritable ralit4 ,la succession n'e/ donc qu'une app>5ce1 t\t e/ simultanm5t rel1 et si t\t e/ simultanm5t rel1 il faut aj\t]3 t\t e/ ncessaire2 c> il n'y a pas de diffr5ce apprciable entre ces deux ides4 ,la ,t\te-sci5ce1 prise ab/raitem5t1 n\s ramne donc au sp9osisme et au del du sp9osisme1 la ngation du *angem5t1 la complte immobilit4 ,ces consqu5ces s'impos5t la p5se et l'accabl5t4 ,il n'y a qu'un moy5 de leur *app]3 c'e/ de ne pas isol] l'ide de l'intellig5ce1 mais de la mettre sa place dans l'ensemble1 de l'envisag] comme un corollaire1 disons mieux1 comme un aspect de la lib]t4 ,de cette manire1 sans d\te1 n\s n'arriv]ons pas rs\dre a priori les que/ions suprmes1 mais du mo9s n\s laiss]ons le *amp libre aux solutions et n\s ne crerons pas d'avance un ob/acle insurmontable l'intellig5ce de l'univ]s4 ,n\s p\rrons admettre des di/9ctions dans la sci5ce div9e2 n\s compr5drons qu'elle devi5ne presci5ce s'il plat ,dieu d'entr] en rapport avec la succession qu'il tablit2 n\s compr5drons mme que cette presci5ce puisse ne pas s't5dre t\t1 s'il plat ,dieu1 p\r l'accomplissem5t de quelque desse91 de mnag] une sphre o son reg>d ne plonge pas4 ,il n'e/ pas plus difficile d'admettre quelque *ose que ,dieu ne sa*e pas que d'admettre quelque *ose qu'il ne fasse pas2 c> s'il pntre t\t p> son intellig5ce1 il doit galem5t t\t pntr] p> sa =ce et p> sa volont4 ,naturellem5t1 il en s]ait bi5 a9si2 mais ,dieu e/ surnaturel1 et ce s]ait le born] que de l'oblig] tre sans bornes4 ,en un mot1 si la lib]t et la ncessit sont la gr&e anti?se dont il e/ impossible de neutralis] les t]mes1 p> sa propre dignit1 la lib]t dom9e et l'emporte4 ,la ,t\te-puissance1 la ,t\te-sci5ce sembl5t conduire directem5t la ncessit1 mais elles se retr\v5t dans la lib]t s\s une =me inatt5due et suprieure t\tes les prvisions4 ,la ,t\te-sci5ce e/ donc la p>faite intellig5ce de ce que l'absolu veut tre et de ce qu'il veut produire1 dans les conditions poses p> cette volont4 ,le rel et le possible ne sont po9t ncessaires p\r elle1 mais elle conoit le rel comme rel et le possible comme possible4 ,l'inf9it des possibilits div]ses qui se prs5t5t la p5se de ,dieu et qui n'att5d5t que son v\loir p\r tre1 ne s'exclu5t po9t les unes les autres4 ,le *oix1 =me ncessaire de notre lib]t1 n'e/ donc pas la =me ncessaire de la lib]t absolue2 ,dieu *oisit peut-tre1 mais s'il *oisit1 c'e/ qu'il le veut4 ,dieu n'e/ jamais dans l'alt]native de faire ceci ou cela1 il peut t\j\rs1 son gr1 faire t\s les deux4 ,p\r n\s1 la rigueur1 n\s ne p\vons faire qu'une *ose la fois1 et si n\s n\s proposons simultanm5t plusieurs buts1 l'un n\s fait nglig] les autres ou n\s n'en atteignons aucun4 ,il n'en va pas a9si de ,dieu3 p\r lui la ralisation d'un desse9 ne saurait tre un ob/acle la ralisation d'un autre2 c> t\t e/ possible1 mme les contraires1 l'absolue lib]t4 ,les contraires6 il semble que ce soit la b>rire immuable qui n\s oblige rtrograd] en ab&onnant l'ide que n\s avons p\rsuivie jusqu'ici4 ,la lib]t ne peut pas all] jusqu' faire qu'une *ose soit et ne soit pas en mme temps2 elle e/ donc assujettie une loi1 savoir la loi de la raison4 ,il y a ici une objection en app>5ce insurmontable4 ,cep5dant1 ,messieurs1 ce n'e/ qu'une app>5ce2 une rflexion att5tive la dissip]a4 ,la lib]t absolue n'e/ pas s\mise la raison1 elle e/ le pr9cipe de la raison4 ,dieu e/ l'auteur de notre raison2 c'e/ n\s1 et non pas lui1 qui sommes s\mis l'empire de la raison2 mais si n\s ne p\vons pas n\s s\/raire ses lois1 n\s p\vons les ass\plir et les t5dre tellem5t qu'elles n'apport5t aucune re/riction relle la manire dont n\s concevons l'absolu4 ,c'e/ a9si qu'il faut en us] p\r leur tre fidle4 ,n\s ne concevons pas sans d\te que ,dieu veuille et ne veuille pas la mme *ose p> le mme acte et s\s le mme po9t de vue4 ,une telle volont se neutralis]ait et se dtruirait elle-mme4 ,lorsque n\s reconnaissons que ,dieu a v\lu quelque *ose1 n\s avons donc le droit d'affirm] comme vrai t\t ce qui e/ compris dans l'ide de cette volont4 ,n\s p\vons con/at] p> la pure analyse1 p> la ncessit de la p5se1 ce qu'un tel acte r5f]me1 et admettre sur la foi de cette ncessit ce que l'analyse n\s fait dc\vrir en lui4 ,il y a donc t\j\rs une ncessit1 mais une ncessit qui procde de la lib]t et qui en relve4 ,cette ncessit n'e/ que la ralit1 le srieux de notre affirmation4 ,c'e/ la ncessit p\r n\s de p5s] ce que n\s p5sons2 ce n'e/ po9t une ncessit p\r ,dieu1 ce n'e/ po9t une loi impose ,dieu4 ,en effet si n\s ne concevons pas la coexi/5ce des contraires dans l'ab/rait1 n\s la concevons =t bi5 dans le concret1 tellem5t que le concret n'exi/e que p> les contraires4 ,dire que ,dieu peut v\loir les contraires p> sa lib]t1 c'e/ donc t\t simplem5t dire que sa volont e/ concrte4 ,il e/ important1 ,messieurs1 de se r5dre bi5 compte de la di/9ction prcd5te et de ne pas confondre la contradiction dans les propositions avec la contradiction dans les *oses4 ,dans le langage1 dans l'ab/raction1 la contradiction e/ inadmissible1 c> les deux t]mes contradictoires s'annul5t rciproquem5t4 ,mais dans le rel ri5 n'emp*e que les contraires ne se dvelopp5t1 soit dans des sujets diffr5ts1 soit dans le mme sujet4 ,a9si la beaut exclut la laideur dans la p5se1 et il e/ impossible que le beau soit laid2 mais il n'e/ pas impossible que le mme tre soit la fois beau et laid1 beau c]ta9s g>ds1 p> c]ta9s traits1 laid p> d'autres4 ,dans le f9i les contraires ne s'exclu5t po9t les uns les autres1 ils s'appell5t4 ,le f9i n'e/ f9i que p> la prs5ce des contraires1 p> le mlange de l'tre et du non-tre1 du mme et de l'autre1 comme dit ,platon4 ,le f9i e/ une moy5ne proportionnelle entre l'tre et le nant4 ,il e/1 si v\s le comp>ez au nant2 il n'e/ pas1 si v\s le mettez en reg>d de l'tre4 ,la contradiction logique n'implique donc pas impossibilit relle1 c> t\t ce que n\s connaissons repose sur la contradiction logique4 ,le monde e/ et n'e/ pas4 ,cette vrit gnrale e/ susceptible d'un dveloppem5t inf9i2 on peut dire de t\tes les qualits des tres multiples qu'elles sont et ne sont pas2 elles sont1 mais limites p> leur contraire4 ,a9si les contraires se limit5t sans s'exclure au se9 du f9i1 et p> cette limitation le con/itu5t4 ,la jeunesse e/ le contraire de la vieillesse1 le s\rire e/ le contraire des pleurs2 cep5dant l'homme unit en lui le jeune homme et le vieill>d1 et il y a des pleurs dans t\s nos s\rires4 ,un c>actre n'e/ vraim5t individuel que p> la prs5ce de qualits qui logiquem5t s'exclu5t4 ,dans l'tre f9i le temps et l'espace =m5t le milieu qui p]met la ralisation des contraires4 ,la vie e/ une succession d'tats opposs dont le g]me1 plac en n\s ds l'orig9e1 =me la sub/ance de notre tre4 ,les contraires s'exclu5t en acte1 non pas en puissance2 la vie e/ le passage cont9u de la puissance l'acte4 ,l'inv9cible rpugnance de la p5se concevoir l'exi/5ce de la contradiction e/ confondue incessamm5t p> la vie4 ,voil ce que l'expri5ce n\s enseigne au sujet des tres p>ticuli]s1 et n\s concevons qu'il en soit a9si1 p>ce qu'ils sont des tres p>ticuli]s1 fixs1 dt]m9s1 v\lus d'une c]ta9e manire4 ,mais si les contraires se limit5t rciproquem5t et se manife/5t successivem5t dans les tres f9is1 si la mesure de cette limitation rciproque et la loi de cette manife/ation successive con/itu5t la nature p>ticulire de *acun d'eux1 il en e/ autrem5t de l'tre univ]sel1 s\rce de t\te nature et lui-mme sans nature4 ,en lui1 p> lui1 les contraires peuv5t exi/] simultanm5t sans se limit]1 sans se heurt]2 il y a place6 ,l'ide de la lib]t n\s conduirait cette proposition lors mme que n\s ne l'ent5drions po9t2 or il n'e/ pas absolum5t impossible de l'ent5dre4 ,dire que l'absolu peut ralis] les contraires absolum5t1 c'e/ reconnatre dans la lib]t la possibilit de plusieurs v\loirs di/9cts1 et voil t\t1 puisque des volonts qui se limit]ai5t les unes les autres ne =m]ai5t en ralit qu'une seule volont4 ,ceci e/ une vrit de pure analyse que l'esprit ap]oit immdiatem5t dans l'ide de l'absolu4 ,n\s p\vons donc l'admettre sans scrupule4 ,ce que ,dieu veut1 il le veut ple9em5t et sans re/riction1 dans ce s5s que les re/rictions dont son v\loir p\rrait tre accompagn f]ai5t p>tie elles-mmes de ce v\loir2 elles tomb]ai5t dans l'acte de volont lui-mme et non pas en dehors4 ,la volont de l'absolu ne r5contre aucune limite dans la nature des *oses2 elle e/ donc p> elle-mme sans re/riction et sans limites2 et comme la lib]t implique la possibilit de plusieurs volonts1 ou plutt d'un nombre inf9i de volonts di/9ctes1 n\s devons dire que *aque volont de l'absolu e/ elle-mme absolue et con/itue1 dans un s5s n\veau1 un absolu4 ,le temps et l'espace1 les rapports1 les moy5s requis p\r atte9dre le b1 sont compris dans le v\loir qui le pose4 ,la pluralit1 la succession1 mme inf9ie1 qu'un tel b peut embrass]1 sont r5f]mes dans l'unit simultane de ce v\loir4 ,dieu a t\t vu1 il a t\t prvu2 sans cela il n'aurait pas t\t v\lu4 ,une dt]m9ation de notre volont amne aussi une inf9it de consqu5ces1 mais n\s ne v\lons pas1 n\s1 t\tes ces consqu5ces1 et n\s ne saurions les prvoir1 p>ce que1 agissant dans un milieu qui ne dp5d pas de n\s1 nos actes ne sont pas la cause unique de leurs soi-disant effets1 mais seulem5t une cause qui conc\rt avec plusieurs autres4 ,a9si n\s ne possdons plus notre volont une fois qu'elle e/ dploye4 ,il n'en e/ pas de mme de l'absolu3 il se possde absolum5t et possde t\t en lui-mme2 sa volont e/ une cause ple9e et entire2 a9si t\tes les consqu5ces de sa volont sont v\lues dans un seul et mme acte4 ,la simplicit et la pluralit inf9ies se rec\vr5t et se pntr5t dans l'unit concrte d'une volont absolue4 ,un tel acte =me donc un t\t1 un univ]s1 une t]nit2 c'e/ la p5se et la sub/ance d'un univ]s1 c'e/ la loi d'une t]nit4 ,rem>quez-le bi51 ,messieurs1 ces dveloppem5ts n'ont pas p\r t5dance d'assujettir la lib]t telle ou telle =me4 ,n\s ne prt5dons po9t enlev] ,dieu la facult de se re/re9dre1 de v\loir conditionnellem5t et p\r un temps4 ,mais ce n'e/ pas une volont p>eille qu'on arrive d'abord en p>tant de la lib]t absolue2 on arrive d'abord au v\loir absolu1 t]nel1 embrassant dans son unit t\tes les conditions de sa ralisation inf9ie4 ,il ne faut1 p\r s'lev] cette notion1 que pr5dre le mot v\loir dans la plnitude de son s5s1 en le dgageant des re/rictions qui l'accompagn5t *ez n\s4 ,si n\s concevons en ,dieu une volont conditionnelle1 n\s la tr\v]ons comprise dans un acte absolu de volont4 ,il s]ait ais de p\ss] plus lo9 ces rflexions1 mais difficile de les conduire avec l'ordre et la m?ode qui leur donn]ai5t seuls un c>actre sci5tifique1 difficile surt\t de tempr] la sublimit fatigante du sujet4 ,je r5once donc le trait] entirem5t4 ,je v\s ai mis sur la voie3 dfaut de preuves1 je v\s ai f\rni les moy5s de tr\v] v\s-mmes les preuves4 ,v\s me p]mettrez1 avant de p\rsuivre1 de complt] mes conclusions en les rsumant4 ,la lib]t tant le vritable inconditionnel1 son ide conti5t ce que les mod]nes ont *]* s\s le nom d'absolu et les scola/iques s\s le nom de ,dieu4 ,les attributs mtaphysiques de ,dieu1 l'unit1 la simplicit1 l'inf9it1 la ,t\te-prs5ce1 la ,t\te-puissance1 se ramn5t t\s la ,lib]t1 o ils vi5n5t p\r a9si dire se diss\dre4 ,il en e/ de mme des attributs moraux1 autant du mo9s qu'il e/ p]mis de les considr] comme dsignant la nature de l'tre ou son ess5ce1 et non la =me qu'il revt p> sa libre action4 ,n\s l'avons vu de la sagesse1 on l'tablirait galem5t de la bont4 ,les qualits de l'tre n'exi/5t pas indp5damm5t de ,dieu2 a9si la diffr5ce du bi5 ou du mal n'e/ pas antrieure lui1 et ne =me pas une condition dans laquelle son activit se dploie2 mais elle nat du fait de ,dieu1 et doit tr\v] en ,dieu son explication4 ,dieu n'e/ donc pas oblig p> sa bont faire le bi51 mais ce qu'il fait e/ le bi5 p> cela mme qu'il le fait1 et sa bont ess5tielle n'e/ autre *ose que sa lib]t4 ,c'tait l'op9ion de ,desc>tes1 que ,leibnitz contr$it sans la rfut]4 ,une telle analyse semble faire p]dre aux attributs div9s t\te signification positive4--,je l'accorde2 il faut qu'il en soit a9si2 ri5 n'e/ positif que le fait4 ,d'autre "p cette ngativit elle-mme donne aux attributs de l'tre une =ce imprvue et s\v]a9e4 ,au-dessus de t\te inf9it naturelle1 n\s voyons plan] la lib]t4 ,n'e/ po9t inf9i qui l'e/ ncessairem5t2 mais ,celui qui peut son gr se pos] comme f9i ou comme inf9i1 celui-l seul possde l'inf9it vritable4 ,t\te la sci5ce a priori se rsume dans le mot lib]t4 ,l'tre libre ne ralise pas des possibilits prexi/antes1 mais il cre le possible comme le rel4 ,il n'e/ po9t oblig de *oisir entre ces possibilits celles qu'il prfre ralis]1 c> il peut1 s'il lui plat1 les ralis] t\tes1 comme il peut n'en ralis] aucune4 ,on ne saurait dt]m9] a priori s'il agit ou s'il n'agit pas1 s'il agit d'une seule manire ou de plusieurs2 mais il peut agir de plusieurs1 il peut avoir plusieurs volonts di/9ctes1 opposes mme1 sans que ces volonts se re/reign5t mutuellem5t4 ,*acune d'elles peut occup] une imm5sit1 une t]nit4 ,les limitations d'un v\loir div9 tomb5t dans ce v\loir lui-mme1 a9si n\s p\vons dire que les volonts de l'absolu sont absolues4 ,n\s di/+uons donc l'absolu dans son ess5ce ou dans sa puissance de l'absolu en acte1 de l'absolu exi/ant4 ,n\s appelons le premi] ngatif1 p>ce qu'il e/ la ngation de t\te nature2 c'e/ l'abme insondable de la pure lib]t4 ,l'absolu positif e/ un fait1 une volont immuable1 t]nelle et p>faite1 embrassant dans un seul acte t\t ce qui e/ et s]a2 c'e/ cet absolu positif que convi5t proprem5t le nom de ,dieu4 ,ce qu'il e/1 l'expri5ce seule peut n\s l'appr5dre4 ,cette ide d'un acte absolu de volont e/ p\r n\s de la plus haute importance4 ,elle prp>e l'intellig5ce du ,monde2 elle fait droit un beso9 de la p5se que n\s avons ref\l trop longtemps peut-tre1 le beso9 de la ncessit4 ,il y a aussi quelque *ose en n\s qui1 s\s les noms d',ordre1 de ,raison1 de ,de/91 de ,nature ou de ,provid5ce1 n\s p>le de ncessit4 ,c'e/ l'intellig5ce1 qui ne peut r5onc] *]*] les effets dans les causes2 c'e/ l'expri5ce1 qui n\s enseigne l'immutabilit des lois de l'univ]s2 c'e/ peut-tre un in/9ct plus pr(ond4 ,je reconnais t\t cela2 mais il me semble que la voix qui n\s p>le de ncessit n\s dit1 qu& on l'c\te bi51 de remont] plus haut encore4 ,il y a une ncessit des *oses1 mais une ncessit v\lue2 il y a d'immuables /atuts1 mais ils ont t poss4 ,t\te ncessit s'explique1 t\te ncessit e/ drive1 t\te ncessit e/ un fait4 ,le s5tim5t intime semble tmoign] en faveur de cette manire de voir4 ,n\s l'avons appuye1 dans les leons prcd5tes1 p> une considration assez =te3 c'e/ qu'il e/ t\j\rs possible la p5se de suppos] quelque *ose au-dessus de la ncessit1 t&is qu'il e/ impossible de suppos] quoi que ce soit au-dessus de la lib]t2 mais enf9 cet argum5t ne tran*e pas t\t4 ,je ne suis pas assez inconsqu5t p\r v\loir que le sy/me d'aprs lequel il n'y a nulle "p de ncessit absolue1 se fonde lui-mme sur une ncessit absolue4 ,ds l'entre1 il v\s en s\vi5t1 je l'ai fait repos] sur l'obligation morale1 c'e/--dire sur une libre adhsion4 ,ma pr9cipale raison e/ t\j\rs celle-ci3 ,il faut admettre la lib]t absolue p\r croire la ralit de la ntre2 il faut croire la ntre p\r croire au devoir1 ce qui e/ un devoir4 ,je s5s donc que la ncessit peut lev] des prt5tions lgitimes au po9t de vue de l'intellig5ce4 ,les sy/mes de ncessit expliqu5t la lib]t comme une pure app>5ce1 et r5v]s5t a9si l'ordre moral4 ,le sy/me de la lib]t doit aussi expliqu] l'app>5ce de la ncessit2 il peut le faire sans c\rir des dang]s aussi graves3 la ncessit c'e/1 comme n\s v5ons de le voir1 le c>actre absolu de la volont div9e4 ,n\s dirons bi5tt son nom augu/e et d\x4 ,,f9 ,,du ,,premi] ,,volume4 ,ouvrage du mme auteur3 ,,la ,,philosophie ,,de ,,leibnitz4 ,fragm5t d'un c\rs d'hi/oire de la mtaphysique1 fait l',acadmie de ,lausanne4 #ahdj4 #a vol 9-#h de #ahd pages3 #c fr4 ,on tr\ve la mme librairie3 ,,ouvrages ,,de ,a4 ,,v9et4 tudes sur ,blaise ,pascal4 #a vol 9-#h1444 #d fr4 ,essais de philosophie morale et de morale religieuse4 #a vol 9-#h1444 #f fr4 ,essai sur la manife/ation des convictions religieuses1 et sur la sp>ation de l'glise et de l'tat1 envisage comme consqu5ce ncessaire et comme g>antie du pr9cipe #a =t vol 9-#h1444 #f fr4 #ej c4 tudes sur la littrature franaise au ,x,i,xme sicle4 ,tome3 #a;er ,mme de ,/al et ,*ateaubri& #a =t vol 9-#h1444 #g fr4 #ej c4 ,disc\rs sur quelques sujets religieux4 #a vol 9-#h1444 #e fr4 ,n\veaux disc\rs sur quelques sujets religieux4 #a vol 9-#h1444 #c fr4 tudes vangliques4 #a vol 9-#h1444 #f fr ,deux conseils de la sagesse4 ,essai en deux disc\rs sur ,lux ,,xii1 #cc2 bro*ure 9-#h1444 #ge c4 ,secrtan1 ,*>les ,la ,philosophie de la lib]t