,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,l',,id,e ,,de ,,dieu ,,dans ,,la ,,philosophie ,,religieuse ,,de ,,la ,,*9e ,,conf,,r5ce faite p> ,m4 ,l,,on ,,de ,,rosny ,salle du ,muse ,social1 le jeudi #bc m>s #ahii ,l',,id,e ,,de ,,dieu ,,dans ,,la ,,philosophie ,,religieuse ,,de ,,la ,,*9e ,depuis plus d'un sicle1 la "q du disme ou de l'a?isme de la ,*9e a t controv]se p> des criva9s et p> des p5seurs plus ou mo9s en tat de runir1 de compr5dre et d'apprci] les pices du procs4 ,voltaire1 p> exemple1 sans ri5 connatre des docum5ts indignes1 repro*ait avec aigreur aux ?ologaux d',occid5t de s\t5ir que les ,*9ois tai5t a?es1 et la dcl>ation de la ,sorbonne en #agjj1 suivant laquelle s]ait rput hrtique quiconque s\ti5drait que l',emp]eur de ,*9e croyait en ,dieu1 avait eu p\r rsultat de l'exaspr]4 ,du mom5t o il s'agissait de r5dre un v]dict aussi grave contre les ,*9ois1 le mo9s et t peut-tre de bi5 s'expliqu] sur ce qu'il faut ent5dre p> un a?e4 ,un a?e1 suivant le paganisme grec ou roma91 tait un homme qui ne pr(essait qu'un mdiocre respect p\r les habitants de l',olympe o ,jupit] lui-mme et son p\se ,junon ne j\issai5t pas prcism5t du privilge de moeurs exemplaires4 ,au moy5 ge1 c'tait quelqu'un qui ne pr5ait gure plus au srieux les lohim de la ,bible que ces vieill>ds b>be blan*e dont les pe9tres lui montrai5t l'image comme une reprs5tation de l'tre suprme4 ,de nos j\rs1 un a?e--je ne p>le pas de quelques g5s qui s'affubl5t de ce titre dans le seul b de provoqu] de c\pables surexcitations religieuses--un a?e1 dis-je1 n'e/ s\v5t ri5 autre *ose qu'un sceptique1 c'e/--dire un *]*eur qui ne tr\ve pas qu'on lui donne des preuves suffisantes p\r admettre une individualit cratrice de notre globe1 des autres b\les du mme g5re qui r\l5t dans l'espace1 et enf9 de t\t ce qui exi/e ou peut exi/] encore au del de ce que n\s connaissons ou de ce que n\s croyons connatre4 ,eh bi56 ,lorsqu'on a s\t5u que les ,*9ois tai5t a?es1 on a oubli de n\s dire auquel de ces trois g5res d'a?es ils app>t5ai5t4 ,on a fait plus mal encore3 on a englob une nation imm5se et ses div]ses doctr9es philosophiques en un t\t qui n'a ri5 d'homogne1 a9si que n\s n\s proposons de le dmontr]4 ,cep5dant1 il e/ hors de conte/e qu'il peut y avoir *ez un peuple des a?es et des di/es1 sans qu'il soit p]mis p\r cela de dire que ce peuple e/ lui-mme a?e ou di/e4 ,or1 il me semble qu'il y a avantage ratta*] la "q du disme ou de l'a?isme des ,*9ois au mo9s trois gr&es manife/ations religieuses ou philosophiques de l',asie ,ori5tale1 savoir3 la doctr9e cosmogonique prconfuci/e qu'on peut appel] la ?orie du ,ta-kih1--l'enseignem5t moral et politique de ,confucius et de son cole1--et enf9 la philosophie tao/e1 dont on considre d'habitude ,lao-tse comme le fondateur4 ,i ,la doctr9e cosmogonique1 dont un des t]mes les plus importants e/ celui de ,ta-kih#a1 semble remont] aux orig9es mmes de l'volution intellectuelle des ,*9ois1 ou du mo9s l'poque o l'exi/5ce premire de cette nation n\s e/ signale p> l'hi/oire4 ,je suis encl9 mettre cette manire de voir1 p>ce que plus j'tudie les oeuvres littraires de la dyna/ie des ,t*e\1 c'e/--dire les premi]s monum5ts crits que n\s possdons dans des conditions srieuses d'au!nticit1 plus j'arrive me conva9cre que la ,*9e avait longtemps vcu avant que de telles oeuvres ai5t pu se produire1 et p>ce qu'un exam5 m9utieux des textes de la gr&e poque de ,confucius me conduit reconnatre qu'ils sont la rsultante de plusieurs sy/mes cosmogoniques successifs trs diffr5ts les uns des autres4 ,un s9ologue qui s'e/ livr l'tude de la philosophie n'admettra jamais que le premi] des c9q livres dit canoniques1 c'e/--dire le ,yih-k+ p> exemple1 puisse app>t5ir la mme s\rce d'ides que les autres ,k+4 ,je crois donc que1 p\r dc\vrir la p5se qui s'atta*e au ,ta-kih1 il faut opr] une sorte de classem5t m?odique pralable des passages o n\s en tr\vons la m5tion dans les livres de l'antiquit *9oise4 ,t\tefois1 avant de t5t] un p>eil classem5t1 il me semble utile de dem&] aux gr&s travaux lexicographiques de la ,*9e ce qu'il faut ent5dre philologiquem5t1--je dirais presque tymologiquem5t--p> ,ta-kih1 c'e/--dire le ,gr& ,kih1 expression qui dsigne1 dans la ?orie cosmogonique dont n\s n\s occupons en ce mom5t1 la =ce ou puissance initiatrice de l',univ]s4 ,les meilleurs lexiques de la ,*9e auxquels j'ai eu rec\rs n\s f\rniss5t sur le mot kih des int]prtations trs nombreuses1 p>fois assez div]g5tes1 qui ne sont pas sans jet] une c]ta9e somme de d\te sur la valeur qu'il convi5t d'attribu] ce mot1 lorsqu'il figure dans les textes cosmogoniques de l'antiquit4 ,on arrive mme bi5tt croire1 p> la v>it et p> l'incohr5ce de ces explications1 que non seulem5t il a v>i de s5s dans les div]ses coles antrieures notre re1 mais qu'il a f9i p> p]dre sa porte philosophique en pntrant dans le langage des classes populaires4 tablir ces v>iations de s5s con/itu]ait sans d\te une oeuvre intressante1 mais elle exig]ait de longues re*]*es dans une f\le de livres non encore traduits qu'il s]ait peut-tre prmatur d'entrepr5dre auj\rd'hui1 et il y a lieu de cra9dre que1 mme au prix de ces pnibles re*]*es1 on ne puisse ab\tir un rsultat prcis et satisfaisant4 ,je me born]ai donc1 p\r l'in/ant1 signal] un *oix d'int]prtations que m'ont f\rnies les oeuvres lexicographiques les plus autorises1 int]prtations que je m'ef=c]ai de ratta*] aux diffr5tes t5tatives d'exgse entreprises sur la df9ition du ,ta-kih p> les p5seurs *9ois4 ,dans les textes o cette expression figure comme t]me fondam5tal de l'ide cosmogonique1 le mot kih veut dire le pr9cipe et la f91 la condition suprme#b4 ,c'e/ la ,loi suprme qui prside aux trans=mations#c ou1 en d'autres t]mes1 la condition immuable qui rsulte de la ,ju/ice fatale1 intransigeante et in9flu5able4 ,jo9t au qualificatif ta qui signifie gr&1 il n\s e/ donn comme la dnom9ation de l',unit absolue et primordiale#d1 antrieure la sp>ation orig9elle des lm5ts *aotiques de l'univ]s#e4 ,cette ,unit absolue et primordiale1 que n\s v]rons bi5tt id5tifie un ,ciel plus ou mo9s dp\rvu de p]sonnalit1 e/ une =ce rationnelle 7,li7 qui reprs5te la ,raison d'tre du firmam5t1 de la t]re et de t\s les tres#f4 ,puis l'ide cosmogonique se dveloppant dj d'une faon rem>quable dans l'esprit de la race ,jaune1 cette priode trs anci5ne1 le ta-kih se tr\ve associ aux deux pr9cipes gnrateurs du ,dualisme *9ois1 le y9 ou pr9cipe femelle et le yang ou pr9cipe mle4 ,la doctr9e duali/e elle-mme n\s e/ prs5te s\s plusieurs =mes qui pr\v5t les ttonnem5s des premi]s philosophes de la ,*9e p\r arriv] r5dre intelligible leur sy/me relatif la cration4 ,de la sorte1 la place du pr9cipe mle et du pr9cipe femelle1 n\s voyons m5tionns les ,leang-i ou ,deux ,i#g1 qui reprs5t5t les manife/ations primordiales cratrices de la ,raison initiatrice 7,li71 lorsque celle-ci devi5t active dans la ,nature ou1 en d'autres t]mes1 se matrialise4 ,ces deux manife/ations cratrices primordiales sont contraires l'une l'autre2 elles con/itu5t1 dans la p5se *9oise1 deux conditions ncessaires la production de la vie et du m\vem5t4 ,opposes de la sorte dans leur mode d'action1 l'une reprs5te le pr9cipe actif1 l'autre le pr9cipe passif2 mais ces deux pr9cipes sont eux-mmes inhr5ts au ,ta-kih1 dont le pr9cipe mle ou yang drive p> son tat d'activit et le pr9cipe femelle ou y9 p> son tat de repos#h4 ,plus t>d1 le sy/me se dveloppe et le ,ta-kih devi5t multiple p> son id5tification avec les ,san ,tsa ou ,trois ,pr9cipes volutifs de l'univ]s et p> d'autres complications que je crois inutile de signal] p\r rs\dre le problme dont je m'occupe en ce mom5t4 ,je me born]ai aj\t] que lorsque les cosmogoni/es *9ois id5tifi5t le ,ta-kih au ,ciel1 ils n'accord5t pas celui-ci la puissance cratrice sans le conc\rs des deux pr9cipes duali/es qui man5t de lui4 ,le ,ciel1 dis5t-ils1 seul ne peut produire ou crer1 pas plus que le pr9cipe mle ou le pr9cipe femelle isolm5t4 ,le conc\rs des trois =ces e/ ncessaire p\r que la cration devi5ne effective#i4 ,p\r en rev5ir la "q que je me propose d'tudi] ici1 les ,*9ois1 qui compr5n5t de la sorte leur ,ta-kih1 sont-ils oui ou non des a?es8 ,ils ne le sont pas p\r ceux qui se refus5t atta*] l'ide de ,dieu celle d'une individualit plus ou mo9s conue l'image de l'tre huma9 et qui aurait cr le monde p> un acte de son bon plaisir2 ils le sont c\p sr p\r ceux qui admett5t que ,dieu e/ un p]sonnage capable de pr5dre =me et mme de p>l]1 comme le ,jehovah de la ,bible1 ou d'ent5dre les rcrim9ations des hommes comme les ,dieux d'une f\le de cultes anci5s et mod]nes4 ,tant qu'il demeure dans le doma9e peu prs exclusif de la re*]*e philosophique1 le ,ta-kih semble exempt de t\te matrialisation1 de t\t an?ropomorphisme2 et1 comme je l'ai dit1 je suis port croire que cette manire d'en compr5dre le c>actre e/ celle qui remonte le plus haut dans ce qui n\s e/ possible de dc\vrir des orig9es philosophiques et religieuses de la race ,jaune4 ,la matrialisation du ,ta-kih comm5ce alors que n\s voyons ce gr& pr9cipe primordial id5tifi avec le ,ciel#aj4 ,on ne peut pas dire cep5dant que les ,*9ois1 p> cette id5tification1 en soi5t arrivs ds l'abord l'ide soit an?ropomorphique1 soit mme individuali/e de ,dieu4 ,le ,ciel1 qu'ils n\s donn5t comme assimil au ,ta-kih1 e/ quelque *ose d'autre que le firmam5t3 c'e/ une pure ,loi directrice1 qui1 plus t>d seulem5t1 devi5t une p]sonnalit4 ,on n\s explique bi5 les mots ,ta-kih p> une =mule qui signifie l'air du ,ciel#aa1 si l'on fait seulem5t acte de traducteur sans s'tre d'abord pntr suffisamm5t du gnie de la cosmogonie primitive de la ,*9e1 mais qu'il faut expliqu] p> manation cle/e1 int]prtation qui e/ d'ailleurs ju/ifie p> cette autre qui veut dire ,v]tu cle/e#ab4 ,et1 dans ce cas encore1 il faut pr5dre les plus gr&es prcautions p\r ne pas dvoy]4 ,p> ,v]tu cle/e1 en effet1 il ne faut pas compr5dre les bons s5tim5ts ou les actes gnreux du ,ciel#ac1 mais la ,v]tu dans le s5s de ,c>actre spcial1 comme lorsqu'on dit la v]tu d'un pr9cipe1 la v]tu d'un mdicam5t4 ,j'insi/e sur la ncessit de t5ir compte de p>eilles nuances dont les s9ologues se sont malheureusem5t trop peu proccups lorsqu'ils ont traduit des textes philosophiques1 cosmogoniques ou religieux4 ,faute d'y avoir prt att5tion1 ils ont fait dire des crits dignes de t\t notre respect1--j'os]ais peut-tre aj\t]1 de notre admiration1-- des p>oles incohr5tes et mme des insanits dont les anci5s ,*9ois ne saurai5t tre r5dus responsables aucun titre4 ,j'ai acquis de la sorte la conviction qu'en rec\rant aux s\rces orig9ales1 il tait possible de suivre en quelque sorte pas pas les trans=mations de la philosophie laquelle app>ti5t cette haute expression de ,ta-kih4 ,,ii ,l'app>ition de ,confucius e/ un vnem5t gigantesque dans l'hi/oire de la civilisation *9oise4 ,ce gr& morali/e1 qui pr(essait une doctr9e ess5tiellem5t utilitaire1 c'e/--dire une doctr9e qui se rappro*e bi5 des g>ds de ce que n\s appelons auj\rd'hui le ,positivisme1 ,confucius1 dis-je1 avait jug opportun1 p\r le succs de son oeuvre1 de se prs5t] comme le re/aurateur de la sagesse antique et de s'appuy] sur des docum5ts qu'il attribuait aux ges primitifs de son pays4 ,ses dcl>ations cet g>d laiss5t beauc\p dsir]4 ,non seulem5t n\s savons qu'il n'eut aucun scrupule d'altr] les textes (f]ts p> lui la vnration publique1 alors que ces textes ne se prtai5t pas aux succs de ses ?ories politiques et sociales1 mais il suffit de lire avec att5tion les ,k+ ou livres ,canoniques dont il e/ considr comme l'diteur1 et les ,sse-*\ qui r5f]m5t les *os de ses enseignem5ts recueillis p> ses disciples1 p\r se conva9cre que son esprit tait inapte t\t travail de spculation intellectuelle et mme d'exgse et de critique4 ,il tait c\p sr un m]veilleux obs]vateur1 et nul mieux que lui ne sut compr5dre1 ni son poque1 ni plus t>d1 ce qui rpondait le mieux aux s5tim5ts et aux aspirations de sa race4 ,son contempora91 ,lao-tse1 ne l'avait t\tefois qu'en assez mdiocre e/ime1 et il n'eut pas de scrupule le lui dcl>] lui-mme4 ,que p\vait faire ,confucius dans de telles conditions1 alors qu'il se tr\vait en prs5ce d'une philosophie cosmogonique dont il n'tait pas capable de saisir les concepts et dans laquelle il ne voyait1 en t\t cas1 ri5 qui puisse s]vir sa nation au po9t de vue pratique1 le seul qu'il tait mme d'embrass] dans t\te son t5due8 ,la rponse n\s la tr\vons dans les livres primitifs de la ,*9e et1 en att5dant que n\s les ayons compulss avec le so9 dsirable1 dans les gr&s et trs rem>quables travaux de philosophie publis d'ge en ge p> les criva9s *9ois4 ,p\r ab\tir son b1 ,confucius avait jug propos de faire accept] p> ses compatriotes le culte de ce qu'il nomme le ,hiao1 mot que n\s avons l'habitude de traduire p> ,pit filiale1 mais qui possde une signification bi5 autrem5t l>ge dans les traits de morale et dans t\t ce qui t\*e l'difice politique et intellectuel des ,*9ois1 aussi bi5 de ceux des temps anci5s que de ceux qui viv5t encore de nos j\rs dans le plus vieil empire du monde4 ,faisant repos] sa doctr9e sur la ,pit ,filiale1 ,confucius a tabli comme une in/itution indisp5sable p\r un peuple le ,culte des ,anctres4 ,il a su1 de la sorte1 faire vivre les hommes dans le respect du pass et n'avoir aucune ambition plus haute que celle de survivre p> le s\v5ir *ez leurs desc5dants4 ,dans nos pays civiliss1 n\s ambitionnons des honneurs p5dant notre vie2 les ,*9ois en ambitionn5t mme aprs leur mort1 et les lois du ,cle/e-,empire p]mett5t de confr] des titres1 des grades1 des dcorations des dfunts comme rcomp5se des s]vices r5dus p> leur progniture4 ,cette manire de donn] satisfaction l'orgueil huma9 n\s fait s\rire4 ,sur les bords du fleuve ,jaune1 on la pr5d au srieux et l'on n'aurait g>de de ri5 dire1 de ri5 faire qui lui soit att5tatoire4 ,si n\s n\s moquons des ,*9ois en cette circon/ance1 ils n\s r5d5t bi5 la p>eille1 ne ft-ce que p> le dda9 qu'ils pr(ess5t p\r une f\le de nos progrs matriels et de nos in/itutions politiques4 ,avec une telle manire de compr5dre la vie1 le clbre morali/e de ,l\ ne voyait aucun avantage s'occup] de la loi initiatrice reprs5te p> le ,ta-kih1 et les raisonnem5ts fonds sur les deux pr9cipes du ,dualisme primitif lui semblai5t p\r le mo9s des spculations infructueuses4 ,il avait t\tefois des motifs p\r ne pas le dire t\t haut2 nul d\te ne subsi/e cet g>d sur sa manire de voir4 ,ayant pris coeur de concili] les intrts du peuple et ceux du mon>que1 de proclam] hautem5t les prrogatives de celui-ci1 t\t en r5dant les abus de son autocratie difficiles et mme prilleux1 il comprit combi5 il p\vait tir] p>ti p\r dom9] la masse d'une doctr9e tablissant l'exi/5ce d'autorits extra-t]re/res4 ,ces autorits imag9aires1 il en tr\va d'abord la =mule dans celle du ,ciel immatriel de la philosophie antique2 mais1 dans les livres qui exi/ai5t de son temps1 cette =mule tait exprime en des t]mes =t au dessus de la comprh5sion des masses4 ,il *]*a donc la mettre la porte du gr& nombre4 ,le ,ta-kih fut en consqu5ce reprs5t comme l'anctre de t\tes les cratures#ad et p> suite comme le pr9cipe magnanime et gnreux qui a produit la vie sur la t]re#ae4 ,l'ide de premi] anctre des cratures devait conduire rapidem5t celle qui avait p\r effet de p]sonnalis] la ,loi suprme1 c'e/--dire la m5tion de cet tre suprieur appel ,*ang-ti1 expression que beauc\p de s9ologues considr5t comme l'quival5t de notre mot ,dieu4 ,t\tefois1 la mme poque sans d\te1 cette dnom9ation en app>5ce mono?i/e v9t s'associ] aux rm9isc5ces populaires d'un poly?isme grossi] dont quelques anci5s livres1 notamm5t le ,*ang-ha ,k+1 n\s fait connatre l'exi/5ce dans la haute antiquit *9oise4 ,le ,*ang-ti reprs5te de la sorte le gr& pr9ce ou *ef de t\s les gnies#af4 ,ces gnies1 associs sans cesse aux ,k\e1 mot qu'on a quelquefois traduit p> dmons1 tai5t trs nombreux4 ,on r5dait aux uns et aux autres des hommages dans les sacrifices#ag4 ,puisque c'e/ surt\t propos de cette expression ,*ang-ti qu'ont t engages les gr&es disputes au sujet du ,disme ou de l',a?isme des ,*9ois1 il ne me semble pas inutile de m'y arrt] un in/ant et de faire connatre les pr9cipales explications des lexicographes *9ois sur son compte4 ,dans cette expression ,*ang-ti1 il y a le mot ti qui isolm5t e/ d'habitude traduit p> ,emp]eur1 et le mot *ang qui e/ un qualificatif signifiant lev1 d'o l',emp]eur lev4 ,on a prfr traduire3 le suprme ,emp]eur4 ,ce mot ti signifie en outre g\v]n]#ah2 c'e/ communm5t le titre que l'on donne au pr9ce#ai et la dnom9ation honorifique de celui qui g\v]ne le monde#bj4 ,a une poque recule1 c'e/--dire celle o il convi5t de faire remont] la rdaction des ,k+ ou ,livres canoniques1 n\s le tr\vons dj1 avec son qualificatif *ang suprme assimil au ,ciel#ba4 ,p> suite de c]ta9es int]prtations des lexicographes *9ois les plus autoriss1 il re/e peu d\teux qu'il s'agisse alors d'un ,ciel idal1 di/9ct du ,ciel matriel4 ,c> si le mot ti dsigne celui qui e/ arriv p> sa v]tu se mettre en accord avec le ,ciel#bb1 ou bi5 encore celui qui p> sa v]tu1 en s'id5tifiant au ,ciel et la ,t]re1 se ti5t dans la rectitude et n'a po9t d'gsme#bc1 on n\s dit aussi qu'il exprime l'ide de ,gnie ,cle/e#bd1 c'e/--dire quelque *ose qu'on peut assimil] au ,dieu du mono?isme smitique1 bi5 qu'une telle assimilation soit peut-tre un peu excessive4 ,le ,*ang-ti1 dans le ,*\-k+ ou ,bible des ,*9ois#be1 n\s e/ bi5 prs5t comme une div9it suprieure1 mais cette div9it n'e/ pas seule l'objet du culte indigne3 on lui associe d'autres puissances qu'on (fre la vnration de la f\le1 voire mme les montagnes et les rivires1 a9si qu'un nombre indt]m9 de gnies4 ,et comme p>mi ces objets de vnration1 on m5tionne les saisons1 le froid et le *aud1 le soleil1 la lune1 les toiles et la s*]esse1 on s'ap]oit bi5tt combi5 il tait difficile p\r ces anci5s cosmogoni/es d'arriv] une notion ab/raite de ,dieu1 dta*e de t\te assimilation avec le ,ciel matriel et les phnomnes de l'atmosphre4 ,il me p>at t\tefois peu conte/able que1 ds une haute antiquit1 les ,*9ois ont admis l'exi/5ce d'une p]sonnalit cle/e g\v]nant le monde et appele ,*ang-ti2 mais il me semble en mme temps qu'il y avait l une croyance populaire qu'il faut di/+u] de la ?orie cosmogonique suivant laquelle ce ,*ang-ti aurait t le ,ciel initiateur#bf considr comme la ,loi ou la ,cause primordiale de l',univ]s#bg4 ,le ,yih-k+ ou ,livre traditionnel des ,trans=mations fait bi5 p>tie de la collection des ouvrages dits canoniques que ,confucius se crut la mission de runir et de transmettre la po/rit2 mais l'esprit qui en a inspir la composition e/ tellem5t diffr5t de celui des autres ,k+ qu'on a une t5dance l'en sp>] compltem5t p\r y voir un autre g5re de manife/ations philosophiques et morales de la ,*9e primitive4 ,or1 dans ce livre trange et sur lequel on a fond les ?ories les plus biz>res1 au po9t de v\loir lui attribu] une orig9e babyloni5ne#bh1 il e/ galem5t fait m5tion du ti1 et plusieurs s9ologues autoriss1 notamm5t le ,rev4 ,james ,legge1 n'ont pas hsit y voir une m5tion de ,dieu#bi4 ,le ,p4 ,gaubil et ,m$hur/1 t\t en adoptant la mme manire de traduire1 n'avai5t cep5dant pu ca*] au sujet du s5s de ce mot une c]ta9e hsitation#bi4 ,s'il e/ vrai que le d\te n'e/ plus gure possible l'poque du philosophe ,t*\-hi1 qui df9it le ti p> seigneur et g\v]neur du ,ciel et mme au temps plus recul de c9q sicles o vivait le clbre ,wang-pi 7,i,i,ie sicle de notre re71 il n'en e/ pas a9si p\r le sicle de ,confucius et surt\t p\r les priodes qui ont prcd ce clbre in/ituteur4 ,ces priodes1 il e/ vrai1 sont tellem5t obscures1 on p\rrait peut-tre dire hypo?tiques1 qu'il e/ bi5 difficile de ri5 affirm] =mellem5t au sujet de ce qui s'y passait2 il e/ nanmo9s aussi sr que possible que l'closion des ?ories cosmogoniques auxquelles se ratta*5t les t]mes de ,ta-kih et de ,*ang-ti sont de beauc\p antrieures l'ge durant lequel vcur5t les deux gr&s philosophes *9ois ,lao-tse et ,confucius4 ,l'obscurit pr(onde du ,yih-k+ p]met malheureusem5t d'y tr\v] peu prs t\t ce qu'on veut sur la cosmogonie4 ,il e/ mme assez probable qu'il doit cette obscurit le plus gr& nombre de ses admirateurs4 ,p>mi ceux-ci1 il convi5t de cit] ,confucius qui1 dans sa vieillesse1 n'hsita pas dire qu'il avait commis la faute de trop nglig] son tude alors qu'il tait jeune et qu'il ne cultivait plus d'autre ambition que celle de p>v5ir le bi5 compr5dre avant sa mort#cj4 ,je ne v\drais pas me prononc] d'une faon trop svre1 et encore mo9s en t]mes trop en?\sia/es sur ce que peut valoir ce premi] des c9q ,k+1 et cela p\r un motif trs srieux1 savoir que1 dans ma p5se1 il n'a pas t jusqu' ce j\r tudi d'une faon satisfaisante1 surt\t au po9t de vue philosophique et religieux qui m'occupe en ce mom5t4 ,qu'il me suffise de s\t5ir qu'en t\t cas l'ide d'un ,dieu ou ,pr9cipe invisible1 immatriel et directeur de l'univ]s y e/ nonce dans des t]mes suffisamm5t clairs p\r qu'on ne puisse aucun g>d le considr] comme une oeuvre de s\rce a?i/e4 ,,iii ,il me re/e1 p\r complt] cet ap]u rapide des ides *9oises relatives la ,loi directrice de l',univ]s1 v\s dire quelques mots de ce qu'a t cette conception dans la gr&e cole *9oise du ,taosme4 ,la doctr9e que reprs5te le ,tao-teh ,k+ tmoigne d'une puissance de p5se et de conception telle que je ne puis me rs\dre croire qu'elle ait t l'oeuvre d'un seul homme1 d'un seul philosophe1 dans un pays o le travail de nombreuses gnrations antrieures ne lui aurait pas prp> t\tes les voies4 ,j'admets comme une c]titude l'exi/5ce du progrs1 mais je sais que le progrs s'accomplit l5tem5t et avec le conc\rs indisp5sable d'un nombre considrable de collaborateurs dv\s1 t5aces et intellig5ts4 ,lorsque je songe que ,lao-tse a vcu six sicles avant notre re et dans un milieu en app>5ce aussi peu favorable que le pays des anci5s ,*9ois1 j'pr\ve un c]ta9 tr\ble p\r indiqu] la place relle qu'il convi5t de lui affect]1 dans le travail volutif de l'ide religieuse *ez les riv]a9s du fleuve ,jaune4 ,autant l'app>ition de ,confucius1 la mme poque qui fut celle de kya-m\ni et de ,py?agore#ca1 semble une rsultante logique des faits qu'on n\s rapporte sur les sicles antrieurs au si51 autant la prs5ce dans cette mme rgion d'un gnie aussi pntrant et aussi orig9al que le fut ,lao-tse me p>at difficile compr5dre avec les donnes que n\s possdons jusqu' prs5t sur l'tat volutif de la ,*9e antique4 ,j'avais1 en consqu5ce de cette considration1 suppos priori durant la premire priode de mes tudes sur le ,taosme1 l'exi/5ce en ,*9e d'une philosophie absolum5t di/9cte de l'enseignem5t moral et sociali/e de ,confucius1 philosophie qui aurait vu le j\r aux poques dites prhi/oriques de la civilisation *9oise4 ,de pati5tes re*]*es dans les textes orig9aux et dans les crits de plusieurs s9ologues autoriss ont eu p\r rsultat de me conva9cre que mon hypo?se relative aux orig9es du ,cle/e-,empire rpondait une ralit hi/orique4 ,je n'ai donc plus aucune hsitation s\t5ir dsormais que la philosophie tao/e a t la consqu5ce d'un labeur intellectuel dont les premires manife/ations se p]d5t dans la nuit des temps ou ont t du mo9s =t antrieures au ,v,ie sicle avant notre re4 ,de longs dveloppem5ts et l'numration d'une f\le de petits faits qui ne peuv5t gure intress] que les spciali/es s]ai5t ncessaires p\r tablir la doctr9e que je pr(esse auj\rd'hui sur les dbuts du ,taosme et sur les ef=ts de p5se qu'il a fallu accomplir en ,*9e p\r r5dre possible l'app>ition dans ce pays d'un homme de la trempe de ,lao-tse4 ,on me p>donn]a de ne pas entrepr5dre un tel dploiem5t d'rudition dans une confr5ce o je ne me suis propos en somme qu'un seul b1 celui de dmontr] que non seulem5t les ,*9ois croyai5t en ,dieu1 mais en plus qu'ils avai5t nonc sur l'exi/5ce de ,dieu des ides d'une rem>quable porte et dignes t\s g>ds de la respectueuse sollicitude des *]*eurs du monde contempora94 ,je ne m'occup]ai donc po9t ici des prcurseurs de ,lao-tse sur lesquels on comm5ce seulem5t runir quelques indices qui ont beso9 d'tre exam9s de trs prs et discuts avec connaissance de cause avant qu'on soit en droit d'en faire un usage srieux p\r l'hi/oire de la philosophie *9oise4 ,je me born]ai p>l] du ,taosme tel qu'il rsulte de l'tude de son livre canonique1 le ,tao-teh ,k+4 ,cet ouvrage d'une valeur considrable1 mais dont l'intellig5ce prs5te d'normes difficults1 a t dj l'objet de plusieurs traductions en langues europennes4 ,t\tefois1 si le prov]be traductore traditore e/ s\v5t vrai1 je n'hsite pas dcl>] qu'il l'e/ d'une faon t\t fait exceptionnelle lorsqu'on l'applique l'oeuvre de ,lao-tse4 ,malgr le pr(ond respect que je pr(esse p\r les connaissances s9ologiques de mon anci5 matre ,/anislas ,juli51 l'un des deux premi]s traducteurs du ,tao-teh ,k+#cb1 j'ai le devoir de dire qu'il n'a pas compris les p>ties ess5tielles de la gr&e oeuvre de l'illu/re contempora9 de ,confucius1 de cet homme extraord9aire qu'un savant ori5tali/e anglais1 ,m4 ,*alm]s1 n'a pas hsit plac] au premi] rang des philosophes de la ,*9e antique#cc4 ,pau?i]1 le concurr5t malheureux de ,/anislas ,juli51 qui avait traduit quelques annes avant celui-ci le livre fondam5tal du ,taosme#cd1 connaissait insuffisamm5t la langue *9oise1 mais il n'tait pas beauc\p prs un homme sans tal5t1 et en ma9tes circon/ances il suppla p> son esprit clair l'insuffisance de son savoir1 au po9t de vue philologique4 ,s'il n'a pas compris lui non plus dans son ensemble l'oeuvre de ,lao-tse1 il a su du mo9s lui donn] une app>5ce acceptable en c]ta9s endroits dont l'nonc semble rvoltant dans la v]sion de son savant rival4 ,de graves div]g5ces ont dj t =mules sur les essais de ces deux rudits#ce4 ,t\tefois la valeur exceptionnelle du texte antique qu'ils avai5t eu l'int5tion de faire connatre au monde europen et qui e/ encore auj\rd'hui assez mdiocrem5t connu1 mrite que ces critiques soi5t reprises en s\s-oeuvre et mme longtemps discutes avant qu'une traduction acceptable puisse enf9 tre mise au j\r4 ,un ori5tali/e de mrite1 ,abel-,rmusat1 matre de ,/anislas ,juli51 s'tait lui aussi occup du ,tao-teh ,k+#cf sur lequel les travaux des anci5s missionnaires de ,pk+#cg avai5t appel t\t p>ticulirem5t son att5tion4 ,faute de p\voir lire et compr5dre les nombreux comm5taires composs d'ge en ge p> les ,*9ois p\r facilit] l'intellig5ce de ce livre1 il s'tait tr\v hors d'tat d'y dc\vrir les importantes ides qu'il r5f]me4 ,il se livra donc des obs]vations enfant9es sur quelques passages o l'on avait cru dc\vrir des rapports entre l'enseignem5t tao/e et la religion juive4 ,p>mi ces obs]vations1 l'une d'elles provoqua avec raison les remontrances de son lve ,/anislas ,juli51 qui en fit ju/ice dans la prface de son livre4 ,je veux p>l] de l'id5tification du nom de ,jehovah avec trois p>ticules cont5ues dans un des *apitres du k+ ou texte traditionnel de ,lao-tse#ch4 ,on me p>donn]a1 je l'espre1 si j'ai cru utile de donn] ici ces explications presque exclusivem5t bibliographiques1 avant de p>l] des passages du ,tao-teh ,k+ qui n\s p]mett5t de discut] la "q de savoir si les adeptes de la doctr9e du ,tao doiv5t tre considrs comme des a?es1 ou bi5 comme des di/es4 ,dans ce d]ni] cas1 dont j'ai la prt5tion d'tablir l'exactitude1 il y aura lieu de dt]m9] quel g5re de di/es app>t5ait ,lao-tse4 ,j'insi/e sur cette dcl>ation1 c> je ti5s ess5tiellem5t s\t5ir que les prt5dus sectateurs de ce puissant gnie n'ont plus que quelques r>es rapports logoma*iques avec l'enseignem5t de celui qu'ils appell5t leur ,matre4 ,c'e/ p\r ce motif que j'ai jug indisp5sable de faire usage du mot ,taosseisme p\r dsign] la religion de ces d]ni]s et ne pas la confondre avec la philosophie orig9ale et si rem>quable du ,tao que je nomme ,taosme4 ,la "q que je dsire discut] dp5d du s5s qu'il convi5t d'attribu] au ,tao1 expression fondam5tale sur laquelle repose la doctr9e de ,lao-tse4 ,j'ai consacr l'exam5 de ce mot un *apitre enti] d'un ouvrage que j'ai publi sur cette antique doctr9e de la race ,jaune#ci4 ,je rsum]ai mes re*]*es aussi brivem5t que possible p\r arriv] aux conclusions que j'ai en vue1 sans abus] outre mesure de votre bi5veillante att5tion4 ,si l'on *]*e le s5s de ce mot ,tao dans les dictionnaires *9ois composs p\r l'usage des ,europens1 on tr\ve qu'il en a plusieurs et de =t di/9cts1 ce qui en r5d l'int]prtation difficile lorsqu'il s'agit de son emploi dans le langage philosophique4 ,les pr9cipaux de ces s5s1--ou du mo9s les plus habituels1 sont1 r\te1 p>l] et doctr9e4 ,/anislas ,juli5 a cru devoir *oisir celui de voie#dj4 ,pau?i] s'e/ beauc\p plus rappro* de la vrit en employant celui de ,raison primordiale ou ,pr9cipe suprme#da4 ,la signification en langue vulgaire de p>l]1 l'a fait id5tifi] p> quelques auteurs au ,grec3 logos des ,no-platonici5s et celle de lumire la ,bdhi ou ,connaissance absolue des ,b\ddhi/es4 ,plusieurs ori5tali/es#db1 et je suis du nombre1 n'ont pas hsit le r5dre p> ,dieu1 dans l'espoir que cette traduction s]ait1 t\t bi5 calcul1 mo9s obscure que celle qui rsult]ait de longs considrants aussi difficiles compr5dre que le mot ,dieu lui-mme4 ,on doit nanmo9s t5ir compte1 mais avec de gr&es rs]ves1 de l'explication suivant laquelle le ,tao s]ait la ,raison t]nelle1 antrieure ,dieu1 et sans laquelle ,dieu n'aurait jamais pu exi/]#dc4 ,j'aurais sans d\te des rem>ques intressantes v\s faire sur cette s+ulire explication qui rvolt]a non sans motif plus d'un p5seur2 mais ces rem>ques m'entran]ai5t trop lo9 et je dois rev5ir1 sans plus de p>5?ses1 la =mule de l'ide de ,dieu1 suivant la doctr9e de ,lao-tse1 telle qu'elle s'e/ prs5te mon esprit aprs plusieurs annes d'tude du ,tao-teh ,k+ et des travaux de ses comm5tateurs les plus autoriss4 ,faute de p\voir v\s prs5t] auj\rd'hui mes ides avec t\s les dveloppem5ts v\lus1 je me born]ai v\s dire que je ne puis pas admettre que le ,tao de ,lao-tse soit quelque *ose d'autre que ,dieu et qui ait prcd la manife/ation de la div9it4 ,seulem5t il s'applique la conception d'un ,dieu d'une nature non seulem5t immatrielle1 mais indf9issable4 ,lao-tse s'exprime cet g>d de la faon la plus =melle3 ,le ,dieu qu'on peut df9ir1 dit-il1 n'e/ pas le ,dieu absolu 7en *9ois3 ,tao ko tao1 fe ,t*ang ,tao47 ,en d'autres t]mes1 n\s ne p\vons avoir qu'une simple intuition du ,dieu vritable4 ,l'enseignem5t b\ddhique des coles les plus avances1 en adoptant la mme manire de voir au sujet de ,dieu1 aj\te t\tefois que cette intuition peut tre de plus en plus complte1 de plus en plus sugge/ive1 suivant la mesure dans laquelle n\s p>v5ons p> nos ef=ts anantir en n\s le s5tim5t g/e1 le s5tim5t de notre p]sonnalit1 p\r n\s associ] et n\s confondre avec le ,gr&-,t\t4 ,sans la cra9te d'abus] outre mesure de votre bi5veillante att5tion1 je v\s aurais entret5u d'un autre t]me fondam5tal du ,taosme1 savoir de la ,teh dont le nom figure dans le titre du ,tao-teh ,k+ de ,lao-tse1 titre que ,/anislas ,juli51 comme je l'ai dit1 a r5du p> le ,livre de la ,voie et de la ,v]tu1 int]prtation que je me refuse absolum5t accept]4 ,je v\s ai f\rni t\t l'heure quelques explications sommaires au sujet du mot ,tao4 ,le mot ,k+1 qu'on traduit d'habitude p> ,livre sacr signifie1 simplem5t un crit traditionnel4 ,quant au mot ,teh1 il veut bi5 dire v]tu dans le langage ord9aire1 mais dans celui de la philosophie tao/e1 il a une bi5 autre porte3 il y exprime l'lm5t muable1 qui e/ la seconde c>actri/ique de ,dieu1 dont la premire e/ l'immuabilit4 ,en d'autres t]mes1 il dsigne l',activit slective et le ,dev5ir4 ,c'e/ seulem5t1 je crois1 en raisonnant de la sorte1 et nullem5t avec les argum5ts dont ont fait usage ce propos plusieurs ori5tali/es1 que n\s p\vons tablir l'exi/5ce en ,*9e1 ds le ,v,ie sicle avant notre re1 de la notion ?ologique tr9itaire qui n\s reprs5te ,dieu t\t la fois crateur de l'univ]s et en voie de se crer lui-mme p> l'appo9t indisp5sable de l'univ]salit de ses cratures4 ,dans une autre occasion1 je me propose de dmontr] la valeur t\t fait exceptionnelle de cette ide qui se retr\ve dans l'antiquit ori5tale non seulem5t *ez les ,indi5s 7la trim\rti71 mais encore *ez d'autres peuples1 notamm5t *ez les ,japonais1 au se9 de leur ,s9tauisme primitif#dd4 ,malgr l'admirable puissance de sa ?orie philosophique1 ,lao-tse ne devait obt5ir d'*o dans les masses ignorantes que lorsque sa doctr9e aurait t matrialise de fond en comble et abt>die de faon dev5ir intelligible p\r la f\le inculte et satisfaire ses in/9cts grossi]s4 ,a ce po9t de vue1 il a eu la de/9e de t\s les gr&s in/ituteurs religieux3 ri5 dans la pratique n'a survcu de son oeuvre qu'une grossire et m]cantile contrefaon de son enseignem5t4 ,n'hsitons pas le reconnatre avec tri/esse3 tel e/ le sort des p5seurs qui espr5t trop de la pauvre humanit ou qui1 du mo9s1 devanc5t avec trop de gnie le travail l5t et sans cesse int]rompu de son mancipation4 ,du mom5t o la s\ffrance a t l'apanage de t\t ce qui vit1 il tait 9vitable que l'homme qui s\ffre ait la vellx de croire un tre de sa propre nature1 mais plus puissant que lui1 auquel il puisse dem&] de mettre un t]me ses maux et p>fois mme de lui accord] des j\issances ici-bas4 ,quelque soit l'tat de son esprit1 il ne peut s'ab/5ir d'invoqu] p\r son s]vice et ses beso9s un ou plusieurs magots fabriqus son image4 ,de gr&s progrs intellectuels devront tre accomplis avant qu'on puisse retir] aux malheureux la d\ce illusion de la prire et le droit de p\ss] le cri qui *appe sans cesse1 aussi bi5 aux savants qu'aux ignorants1 aux =ts et aux faibles d'esprit3 ,ah6 mon ,dieu4 ,au db de cette confr5ce1 j'ai signal les graves inconvni5ts qui rsult5t de l'emploi insuffisamm5t rfl*i du mot a?e p\r dsign] un individu et bi5 plus encore p\r qualifi] une race ou une fraction quelconque de l'humanit4 ,il n'e/ pas mo9s f*eux de s\t5ir qu'un peuple e/ suprieur ou infrieur p>ce qu'on l'a qualifi plus ou mo9s la lgre de mono?i/e1 de poly?i/e1 de pan?i/e1 de fti*i/e ou d'idoltre4 ,le mono?isme e/ p>fois la consqu5ce d'un puissant et spl5dide travail intellectuel2 p>fois aussi1 il n'e/ ri5 de plus que la rsultante d'un dfaut d'imag9ation4 ,le ,disme e/1 sans aucun d\te1 une trs haute conception de l'homme suprieur1 mais alors seulem5t qu'il rpond la culture d'une ide intuitive dont *aque tre a le devoir de provoqu] la naissance dans son organisation intime4 ,si le temps ne m'avait pas manqu p\r s\t5ir devant v\s cette manire de voir1 je v\s aurais entret5u de l'tat dplorablem5t rudim5taire de l'ide di/e *ez de nombreuses populations du globe4 ,je v\s aurais p>l notamm5t des ,corens qui sculpt5t plaisir de petits dieux grotesques sur des b*es de bois et qui les ent\r5t de fleurs et de p>fums lorsque le has>d leur fait croire qu'ils leur doiv5t les faveurs dont ils leur ont adress la dem&e en prire4 ,en revan*e1 lorsque p> malheur ces petits dieux de bois ne leur sont pas propices1 ils se font une fte avec leurs amis de les dmolir c\ps de pi]re4 ,on ne peut cep5dant pas dire que ces ,corens sont des a?es1 puisqu'ils r5d5t un culte une f\le de div9its de leur inv5tion2 mais il me rpugne de les compt] p>mi les di/es p\r lesquels t\tes les cratures honntes et intellig5tes doiv5t pr(ess] des s5tim5ts de haute e/ime et d'9puisable admiration4 ,il e/ temps de m'arrt]4 ,je me crois autoris1 en t]m9ant1 s\t5ir que la civilisation *9oise ne pr(esse pas plus l'a?isme qu'aucune autre des gr&es civilisations du monde1 et que le ,disme de la ,*9e1 ds la haute antiquit1 a mme atte9t une hauteur de conception que notre orgueilleuse ,europe ne peut gure prt5dre avoir srieusem5t dpasse4 ,c'e/ l ce que je t5ais surt\t v\s dire dans cette petite improvisation4 #a3 ,ta-kih1 litt4 le gr& t]me1 le gr& extrme4 #b3 ,en *9ois3 p5 t*\ng4 #c3 ,en *9ois3 t*i hoa t*i t*i ye2 w\h kih hoe t*i pi54 #d3 ,en *9ois3 ,ta-,yih ye4 #e3 ,en *9ois3 ,ta-kih oe ti5-ti we-f5 i-tsi5 y\5-ki oell we yih4 7,voy4 ,pe-w5-yun-f\1 t4 ,,cii1 a1 p4 #aeh47 #f3 ,ti5 ti wan-w\h t*i li4 7,voy4 ,pe-w5 yun-f\1 loc4 cit47 #g3 ,le sy/me des ,leang-i se r5contre dans t\tes les manife/ations religieuses de l'antiquit asiatique4 ,je crois qu'il y aurait un gr& intrt l'tudi] dans ses rapports avec l'ide tr9itaire que j'ai r5contre jusque dans les les de l',extrme-,ori5t4 #h3 ,d'aprs le ,ta-kih t\-*\eh4 #i3 ,voy4 ,k\h-liang1 ,comm5taire du ,t*un-tsie\ le ,pr9temps et l',automne de ,confucius1 cit p> le ,y\5-ki5 l\i-han1 t4 ,,xii1 p4 #bd1 et la m5tion de ce passage dans ma traduction de ,ni-hon-,syo-ki1 publie dans la collection des travaux de l'cole des ,langues ,ori5tales1 t4 ,,ii1 p4 ,,xxix4 #aj3 ,en *9ois3 ,ta-kih ti5 ye4 #aa3 ,en *9ois3 ,ti5-ki ye4 #ab3 ,en *9ois3 ,ti5 t*i teh4 #ac3 ,en *9ois3 ,ti5 t*i k\an4 #ad3 ,voy4 le ,t*e\-li m\h-loh4 #ae3 ,en *9ois3 ,ti5-t*e *i-s5g4 #af3 ,voy4 ,ho-k\an-tse1 ,ti5-k\an4 #ag3 ,voy4 ,li-ki1 *ap4 ,kioh-li1 "p4 #a4--,l'abb ,call]y traduit les mots k\e-*91 litt4 les ,dmons et les ,gnies1 p> les ,esprits et les ,dieux4 ,il croit p\voir1 de la sorte1 con/at] l'exi/5ce du poly?isme dans le ,gr&-,rituel de l'cole dite des ,lettrs1 et m5tionne1 sans en indiqu] clairem5t la diffr5ce1 deux sortes d'tres surnaturels qui ont droit au culte des hommes4 ,ce fameux ,rituel n\s appr5d d'ailleurs comm5t n\s devons *]*] obt5ir la solution de nos d\tes4 ,il suffit p\r cela de les s\mettre au sort2 on ne s]a jamais induit en erreur7674 7,voy4 ,mmorial des ,rites1 p4 #e47--;,je ne crois pas all] trop lo9 en disant que p\r bi5 saisir l'ide des ,*9ois sur les *9 et les k\e1 il s]ait ncessaire de produire les df9itions des indignes les plus autoriss relatives ces deux classes de p]sonnifications mtaphysiques de leur pan?on1 travail qui ne me p>at pas encore t accompli d'une faon quelque peu satisfaisante4 #ah3 ,en *9ois3 ti4 #ai3 ,suivant l'antique dictionnaire oell-ya4 #bj3 ,voy4 ,pe-w5 yun-f\1 t4 ,,lxvii1 "p4 ,,ii1 p4 #g4 #ba3 ,li-ki 7,gr& ,rituel71 *ap4 ,m+-l+4 #bb3 ,en *9ois3 ,teh hoh ti5 t*e1 *+ ti4 #bc3 ,en *9ois3 ,teh pe ti5-ti1 tsa t*+1 p\h tsai sse1 y\eh ti4 #bd3 ,en *9ois3 ,ti ti5-*9 ye4 #be3 ,en *9ois3 ,*\-k+ 7,bible de l'antiquit *9oise71 *ap4 ,*un-ti54 #bf3 ,en *9ois3 ,y\5-ti54 #bg3 ,ta-yih1 expression que ,wells ,williams traduit p> ! primordial ,cause2 ! gr\nd or reason (4 ,c'e/ aussi le nom d'une toile dans la con/ellation du ,dragon4 #bh3 ,t]ri5 de la ,c\p]ie4 #bi3 ,! ,sacr$ ,books ( ,*9a1 "p ,,ii1 ,introduction1 p4 #ea4 #cj3 ,legge1 dans les ,sacr$ ,books ( ! ,ea/1 de ,f4 ,max ,mull]1 t4 ,,xvi1 pp4 #a-b et pass4 de l',introduction jo9te cet ouvrage4 ,aj\tons que quelques auteurs *9ois ont t jusqu' prt5dre qu'on r5contrait dans le ,yih-k+ des traces manife/es de plusieurs gr&es vrits sci5tifiques dc\v]tes depuis p> les savants du monde occid5tal4 7,op]4 supr4 cit41 p4 #ed47 #ca3 ,inutile de dire que ces syn*ronismes ont fait rv] bi5 des savants et mme des p5seurs4 ,je crois nanmo9s qu'on ne saurait montr] trop de rs]ve adopt] les suppositions de quelques ori5tali/es au sujet de ce sicle considrable dans les fa/es de l'humanit intellectuelle1 comme p> exemple celle qui rsulte des ressemblances de noms signales p> le ,dr ,leitn]1 de ,wok+1 entre le b\ddhi/e ,b\ddhagoras et le philosophe ,py?agore2 etc41 etc4 7,voy4 ,congrs int]national des ,sci5ces ,e?nographiques1 session de ,p>is1 #ahgh2 compte-r5du1 p4 #cjg47 #cb3 ,/anislas ,juli51 ,le ,livre de la ,voie et de la ,v]tu1 compos dans le ,v,ie sicle avant l're *rti5ne p> le philosophe ,lao-tseu4 ,traduit en franais1 et publi avec le texte *9ois et un comm5taire p]ptuel4 ,p>is1 #ahdb2 9-#ho4 #cc3 ,cette op9ion e/ d'ailleurs celle de quelques-uns des plus clbres criva9s de la ,*9e4 ,le gr& hi/oriographe ,sse-ma ,tsi51 p> exemple1 avait plus d'e/ime p\r ,hoang-tao 7,lao-tse7 que p\r les six ,k+1 communm5t dsigns comme les livres sacrs p> excell5ce de l',ecole de ,confucius4 7,voy4 le ,p4 ,prm>e1 dans les ,annales de ,philosophie ,*rti5ne de ,bonnetty1 sixime srie1 t4 ,,viii1 p4 #ai47 #cd3 ,g4 ,pau?i]1 ,le ,livre rvr de la ,raison suprme et de la ,v]tu1 p> ,lao-tseu1 traduit en franais et publi p\r la premire fois en ,europe1 avec une v]sion lat9e et le texte *9ois en reg>d1 accompagn du comm5taire complet de ,sie-hoi1 d'orig9e occid5tale1 et de notes tires de div]s autres comm5tateurs *9ois4 ,p>is1 #ahch2 9-#ho 7ouvrage dont la publication n'a pas t t]m9e74 #ce3 ,voy4 notamm5t le ,dr ,james ,legge1 ,! ,religions ( ,*9a1 p4 #bbj2 ,may]s1 ,! ,speculations ( ! ,old ,philosoph] ,lao-tse1 ,introduction1 p4 ,,xi2 ,g4 de ,h>lez1 dans les ,mmoires c\ronns p> l',acadmie ,royale de ,belgique1 #ahhd2 ,balf\r1 ,! ,div9e ,classic ( ,nan-hua1 ,excursus1 p4 xxxv2 ,call]y1 dans les ,memorie della ,r4 ,accademia delle ,sci5ze1 de ,tur91 ,sci5ces morales1 srie ,,ii1 t4 ,,xv1 p4 #de2 ,c>lo ,pu9i1 ,il ,buddha1 ,confucio e ,lao-tse1 p4 #dgc2 ,fr4 ,neumann1 de ,muni*1 ,das ,bu* von d] ,kraft und ,wirkung2 ,*antepie de la ,saussaye1 ,lehrbu* d] ,religionsges*i*te1 t4 ,i1 p4 #bec4 #cf3 ,abel-,rmusat1 ,mmoire sur la vie et les op9ions de ,lao-tseu1 philosophe *9ois du ,v,ie sicle avant notre re qui a pr(ess les op9ions communm5t attribues ,py?agore1 ,platon et leurs disciples4 ,p>is1 #ahbc2 9-#do4 #cg3 ,notamm5t le ,p4 ,amyot1 dans les ,mmoires conc]nant les ,*9ois1 t4 ,i4 #ch3 ,abel-,rmusat1 ,libr4 cit41 p4 #db2 ,/anislas ,juli51 ,le ,livre de la ,voie et de la ,v]tu1 introduction1 p4 ,v4 #ci3 ,voy4 dans mon ,taosme1 *ap4 ,v1 la df9ition du ,tao et mon article sur la ,philosophie du ,tao-teh-k+1 dans les ,mmoires de la ,socit ,s9ico-,japonaise1 #ahhg1 t4 ,,vi1 p4 #e4 #dj3 ,voy4 les motifs allgus p> ,juli5 p\r traduire le mot tao p> voie1 dans son ,livre de la ,voie et de la ,v]tu1 introduction1 p4 ,,xiii4 #da3 ,voy4 ,pau?i]1 ,le ,tao-te-k+1 p4 #e4 #db3 ,notamm5t ,m4 ,victor von ,/raus1 ,lao-tse's ,tao-te-k+1 #ahgj4 #dc3 ,lao-tzes ,tao-teh-k+1 trad4 ,c>us1 ,introd41 p4 #ac4 #dd3 ,j'ai runi les lm5ts d'un mmoire t5du sur la "q de la ,teh dans le taosme3 je diffre cep5dant sa publication1 p>ce qu'il me re/e lire et tudi] plusieurs ouvrages *9ois1 notamm5t l'oeuvre de ,s\ ,tse-ye\1 auxquels j'atta*e la plus srieuse importance4--,quant la ,tr9it du ,s9tauisme primitif1 j'en ai dc\v]t l'exi/5ce en prp>ant ma traduction du ,ni-hon ,syo-ki 7la ,bible de l'antiquit japonaise1 accompagne d'un comm5taire que j'ai cru devoir rdig] en langue *9oise1 ouvrage dont le second volume e/ s\s presse74 ,j'espre avoir le temps d'en expos] un j\r le c>actre et la haute porte philosophique qui font le plus gr& honneur la civilisation orig9elle des insulaires de l',extrme-,ori5t4