,droits de traduction et de reproduction rservs ,,paris4--,,imp4 ,e4 ,,martinet1 ,,rue ,,mignon1 #b4 ,,dictionnaire ,,raisonn ,,de ,l',,architecture ,,fran,,aise ,,du ,x,ie ,,au ,x,v,ie ,,si,,cle ,,par ,m4 ,,viollet-,,le-,,duc ,,architecte ,,tome ,,neuvi,,me ,illustration ,,paris ,a4 ,,morel1 ,,diteur ,,rue ,,bonaparte1 #ac4 ,t ,,tabernacle1 s4 m4 ,nom que l'on donne aujourd'hui une petite armoire place sur l'autel1 au milieu du retable1 et qui sert dposer le ciboire4 ,l'tablissement des tabernacles sur les autels ne date que du dernier sicle4 ,les hosties taient dposes1 jusqu'au ,x,v,i,ie sicle1 dans des dicules placs ct de l'autel1 ou dans une suspension 7voyez ,,autel1 et dans le ,dictionnaire du mobilier franais1 l'article ,,tabernacle74 ,ces dicules placs prs de l'autel taient de bois1 de pierre ou de mtal1 avec lanterne pour loger une lampe4 ,on voit encore quelques-uns de ces tabernacles1 datant du ,x,v,ie sicle1 dans des glises de ,belgique4 ,souvent ces rserves de la sainte ,eucharistie taient mobiles1 et n'taient places prs de l'autel que pendant le service divin4 ,,taille1 s4 f4 ,on dit3 ,une bonne taille1 une taille nglige1 une taille laye1 pour indiquer la faon dont est trait un parement de pierre4 ,la nature de la taille est un des moyens les plus certains de reconnatre la date d'une construction2 mais1 ds le ,x,i,ie sicle1 les diverses coles de tailleurs de pierre ont des procds qui leur appartiennent1 et qu'il est ncessaire de connatre pour viter la confusion4 ,ainsi certaines provinces n'ont jamais adopt la laye ou bretture#a1 ou n'ont employ cet outil que trs-tard4 ,des tailleurs de pierre ne se sont servis que du ciseau troit ou large2 quelques contres ont employ de tout temps le marteau taillant sans dents1 avec plus ou moins d'adresse4 ,autant les ravalements des difices romains1 levs sous l'influence ou sous la direction d'artistes grecs1 sont faits avec perfection1 autant les parements de nos monuments gallo-romains de l'empire sont ngligs4 ,d'ailleurs les ,grecs1 comme les ,romains1 posaient la pierre d'appareil joints vifs sans mortier1 pannele1 et ils faisaient un ravalement lorsque l'oeuvre tait monte4 ,quand ils employaient des matires dures comme le granit ou le marbre1 la taille tait acheve avant la pose4 ,beaucoup de monuments grecs1 en pierre d'appareil1 sont rests pannels4 ,le temple de ,sgeste1 par exemple1 le grand temple de ,slinonte1 de l'poque dorienne1 ne montrent1 sur bien des points1 que des tailles prparatoires4 ,quant aux difices romains en pierre d'appareil1 il en existe trs-peu qui aient t compltement ravals4 ,le ,colise1 la porte ,majeure ,rome1 les arnes de ,nmes et d',arles1 celles de ,pola1 ne prsentent que des ravalements incomplets4 ,il est vident que1 la btisse acheve1 on s'empressait d'enlever les chafaudages1 et l'on se souciait peu de terminer les ravalements1 ou bien ils taient faits avec une ngligence et une hte telles1 que ces ravalements conservaient une apparence grossire4 ,il suffit d'examiner les nombreux dbris que nous possdons de l'poque gallo-romaine des bas temps1 pour constater l'infriorit de la taille des parements1 tandis que les lits et joints sont dresss avec une prcision parfaite2 si bien que les blocs de pierre1 mme dans des monuments d'une trs-basse poque1 sont exactement jointifs4 ,cette ngligence des parements tenait donc au peu d'importance que les ,romains attachaient la forme1 et non l'inhabilet des ouvriers4 ,les tailles prparatoires sont faites1 dans les monuments gallo-romains1 au moyen d'une ciselure sur l'arte2 le nu vu de la pierre conservant la taille de la carrire1 faite l'aide d'un taillant droit peu large4 ,quant aux lits et joints1 ils sont taills au moyen d'une ciselure trs-fine sur les artes bien dgauchies1 le milieu tant parfaitement aplani l'aide d'un taillant droit large et fin4 ,quelquefois ces lits et joints sont moulins1 probablement l'aide d'une pierre dure et rugueuse1 comme de la meulire1 par exemple1 ou de la lave4 ,l'emploi de la lave1 pour mouliner les lits et joints1 parait avoir t en usage dans les ,gaules1 car l o il existe des restes de constructions gallo-romaines1 nous avons frquemment trouv des morceaux de lave1 bien que les contres o existent ces restes soient fort loignes des pays volcaniques4 la chute de l'empire romain1 les connaissances de l'appareilleur se perdent entirement4 ,on ne construit plus qu'en moellon smill1 et les quelques blocs de pierre de taille qu'on met en oeuvre dans les btisses sont peine dgrossis4 ,cependant une faon nouvelle apparat dans la taille de ces parements de moellons4 ,on sait le got des races indo-germaniques pour les entrelacs de lignes4 ,les bijoux que l'on dcouvre dans les tombeaux mrovingiens prsentent une assez grande varit de ces combinaisons de lignes croises1 contraries1 en pis1 formant des mandres ou des chiquiers4 ,on voit apparatre l'poque mrovingienne les tailles dites en arte de poisson 7fig4 #a71 et ce genre de tailles persiste assez tard chez les populations qui conservent les traditions germaniques4 ,ces tailles en pis sont faites l'aide du taillant droit romain large4 ,jusqu' l'poque carlovingienne1 la ciselure semble abandonne4 ,on ne construit plus en pierres d'appareil4 ,nous voyons au contraire la ciselure employe partout dans les tailles de pierre appartenant aux ,v,i,i,ie et ,i,xe sicles1 ciselure inhabilement faite1 mais cependant cherche1 travaille4 ,les moulures sont compltement traites pendant cette poque1 l'aide du ciseau4 ,pour les parements simples1 ils sont grossiers1 faits la pointe et dresss avec le taillant droit large4 ,c'est en ,bourgogne et dans le ,charolais1 pays riches en pierres dures1 que vers la fin du ,x,ie sicle on voit apparatre une taille trs-bien faite l'aide du taillant droit troit1 sans ciselures4 ,alors les pierres d'appareil taient toutes entirement tailles avant la pose1 on ne faisait pas de ravalements3 l'habitude que les ouvriers avaient prise1 depuis la chute de l'empire romain1 de btir en moellon smill1 pos sur lits pais de mortier1 leur avait fait perdre la tradition des ravalements4 ,du moellon smill ils arrivaient peu peu employer des pierres d'un chantillon plus fort1 puis enfin la pierre d'appareil1 mais ils continuaient la poser comme on pose le moellon qui ne se ravale pas2 et ils taillaient chaque bloc sur le chantier1 soignant d'ailleurs autant les lits et joints que les parements4 ,les constructions du ,x,ie sicle que l'on voit encore en ,bourgogne1 et sur les bords de la ,sane1 prsentent de beaux parements1 dont la taille par lignes verticales sur les surfaces droites1 et longitudinales sur les moulures1 est gale partout1 fine et serre4 ,c'est cette poque que l'on reconnat souvent l'emploi du tour pour les colonnes et bases1 et le polissage parfois pour des moulures dlicates la porte de la main4 ,en ,auvergne1 vers ce mme temps1 les tailles1 quoique un peu plus lourdes que dans la ,bourgogne et le ,charolais1 sont bien faites1 rgulires1 et parfois rehausses par de la ciselure sur les moulures4 ,avant le ,x,i,ie sicle1 dans l'le-de-,france1 les tailles sont grossires1 mal dresses1 et rappellent celle des monuments gallo-romains4 ,dans le ,poitou1 le ,berri et la ,saintonge1 les tailles1 avant le ,x,i,ie sicle1 sont extrmement grossires1 faites l'aide d'un taillant pais1 coupant mal1 crasant le parement1 et laissant voir partout les coups du pic ou du poinon dgrossir4 ,la ciselure apparat dans les moulures1 mais elle est excute sans soin et par des mains inhabiles4 ,c'est avec le ,x,i,ie sicle1 au moment o se fait sentir en ,occident l'influence des arts grco-romains de la ,syrie1 que les tailles se relvent et arrivent trs-promptement une perfection absolue4 ,dans toutes les provinces1 et notamment en ,bourgogne1 dans la haute ,champagne1 dans le ,charolais et dans la ,saintonge1 les progrs sont rapides1 et les tailleurs de pierre deviennent singulirement habiles4 ,on voit alors apparatre certaines recherches dans la faon de traiter les diverses tailles3 les parements unis sont dresss au taillant droit1 tandis que les moulures sont travailles au ciseau et souvent polies4 ,l'emploi de la bretture commence se faire voir sur les bords de la ,loire1 dans le pays chartrain et dans le domaine royal4 ,c'est vers #aadj que cet outil parat tre d'un usage gnral dans les provinces au nord de la ,loire1 tandis qu'il n'apparat pas encore en ,bourgogne et dans tout le midi de la ,france4 ,les tailles la bretture ne se montrent en ,bourgogne que vers #abjj1 et elles n'apparaissent que cinquante ans plus tard sur les bords de la ,sane et du ,rhne1 en ,auvergne et dans le ,languedoc4 ,le choeur de l'glise abbatiale de ,vzelay1 qui date des dernires annes du ,x,i,ie sicle1 et qui prsente des tailles si merveilleusement excutes1 montre en mme temps l'emploi du taillant droit trs-fin1 du ciseau1 du polissage1 et1 dans quelques parties1 de la bretture larges dents4 ,les bases1 les tailloirs des chapiteaux1 les moulures des bandeaux1 sont polis et d'une puret d'excution incomparable4 ,mme excution dans l'glise de ,montral 7,yonne71 de la mme poque4 ,ces diffrences de natures de taille produisent beaucoup d'effet et donnent aux profils une finesse particulire4 dater du ,x,i,i,ie sicle1 l'cole de l'le-de-,france1 qui prend la tte de l'art de l'architecture1 n'emploie plus que la bretture1 mais elle polit souvent les profils la porte de la main1 tels que les bases des colonnes4 ,ce fait peut tre observ ,notre-,dame de ,paris1 ,notre-,dame de ,chartres1 la cathdrale de ,troyes1 ,saint-,quiriace de ,provins1 la sainte ,chapelle du ,palais1 et dans un grand nombre de monuments4 ,pendant ce temps1 dans les contres o le grs rouge abonde1 dans les ,vosges et sur les bords du ,rhin1 on continue de faire les tailles l'aide du poinon1 du large ciseau et du marteau de bois4 ,on voit beaucoup de tailles de ce genre ,strasbourg1 o l'on se sert encore aujourd'hui du mme outillage4 ,dans la cathdrale de cette ville1 on remarque une grande varit de tailles du ,x,ie au ,x,i,ve sicle1 obtenues avec les mmes outils4 ,ainsi1 dans la crypte de ce monument1 sur le mur nord1 on voit des tailles faites au poinon qui donnent ce dessin 7fig4 #b74 ,aux votes de cette mme crypte 7,x,i,ie sicle71 les tailles sont faonnes en pis l'aide du large ciseau strasbourgeois 7fig4 #c74 ,l'glise de ,rosheim1 prs de ,strasbourg 7,x,i,ie sicle71 prsente extrieurement et intrieurement des parements taills au ciseau large1 ainsi que l'indique la figure #d4 ,il faut dire que le grs rouge des ,vosges ne peut gure tre parement autrement qu' l'aide de ce large ciseau1 et les tailleurs de pierre de cette contre mettaient une certaine coquetterie obtenir des tailles d'une rgularit et d'une finesse que permettait la nature des matriaux4 ,dans l'le-de-,france1 nos tailleurs de pierre1 au ,x,i,i,ie sicle1 taillent non-seulement les parements1 mais aussi les moulures les plus dlicates1 la bretture1 ce qui exige une grande adresse de main4 ,cet outil 7la bretture7 est dentel avec d'autant plus de finesse1 que les profils deviennent plus dlicats4 ,au ,x,i,ve sicle1 ces profils acquirent souvent une telle tnuit1 que la bretture ne saurait les dgager2 alors on emploie la ripe1 sorte de ciseau recourb et dentel trs-fin1 et c'est perpendiculairement la moulure que cet outil est employ 7fig4 #e74 ,ainsi le tailleur de pierre modle son profil1 comme le ferait un graveur1 pour faire sentir les diverses courbures4 ,la ripe1 au ,x,ve sicle1 est l'outil uniquement adopt pour terminer tout ce qui est moulur1 et la bretture n'est plus employe que pour les parements droits4 ,dans des contres o l'on n'avait que des pierres trs-dures1 telles que certains calcaires jurassiques1 le grs1 la lave et mme le granit1 on continue employer le poinon1 le ciseau et le taillant droit4 ,la bretture1 et plus forte raison la ripe1 n'avaient pas assez de puissance pour entamer ces matires4 ,tous les profils taient dgags au ciseau et termins au taillant droit trs-troit1 employ longitudinalement4 ,on ne voit de traces de l'outil appel boucharde que dans certains monuments du ,midi btis de grs dur1 comme ,carcassonne1 par exemple1 et cet outil n'apparat-il que fort tard1 vers la fin du ,x,ve sicle4 ,encore n'est-il pas bien certain qu'il ft fabriqu comme celui que l'on emploie trop souvent aujourd'hui4 ,c'tait plutt une sorte de grosse bretture dents obtuses1 au lieu d'tre coupantes4 ,jusqu' la fin du ,x,ve sicle1 la taille de la pierre1 en ,france1 est faite avec une grande perfection1 souvent avec une intelligence complte de la forme et de l'effet obtenir4 ,les parements unis ne sont jamais traits comme les moulures4 ,le grain de la bretture1 et plus tard de la grosse ripe1 apparat sur ces parements1 tandis qu'il est peine visible sur les parties profiles4 ,des dtails polis viennent encore donner de la varit et du prcieux ces tailles4 ,avec le ,x,v,ie sicle1 trop souvent la ngligence1 l'uniformit1 le travail inintelligent1 remplacent les qualits de tailles qui ressortent sur nos vieux difices4 ,puis1 depuis le milieu du ,x,ve sicle1 on ne mettait plus gure en oeuvre que les pierres tendres grain fin et compacte1 comme la pierre de ,vernon1 les pierres de ,tonnerre1 le ,saint-,leu le plus serr4 ,il n'tait plus possible1 sur ces matriaux1 de se servir de la bretture1 on employait les ripes grosses et fines4 ,ces outils ont l'inconvnient1 pour les parements unis surtout1 si l'ouvrier n'a pas la main lgre1 d'entrer dans les parties tendres1 et de se refuser attaquer celles qui sont plus dures4 ,il en rsulte que les surfaces ripes sont ondules1 et produisent le plus fcheux effet sous la lumire frisante4 ,on en vient passer le grs sur ces parements pour les galiser1 et cette opration amollit les tailles1 leur enlve cette pellicule grenue et chaude qui accroche si heureusement les rayons du soleil4 ,les moulures1 les tapisseries1 prennent un aspect uniforme1 froid1 mou1 qui donne un difice de pierre l'apparence d'une construction couverte d'un enduit4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,note #a3 ,outil dont le taillant est dentel 7voyez ,,bretture74 ,,tailloir1 s4 m4--,voyez ,,abaque4 ,,tapisserie1 s4 f4 ,nom que l'on donne tout parement uni1 soit l'intrieur1 soit l'extrieur d'un difice4 ,on dit3 ,les tapisseries sont bien dresses1 pour indiquer qu'un parement est bien fait1 bien dgauchi et bien raval ou enduit4 ,,tapisserie1 tenture d'toffe4--,voyez le ,dictionnaire du mobilier franais4 ,,tas1 s4 m4 ,ensemble de l'oeuvre o sont mis en place les divers matriaux prpars sur les chantiers4 ,,tas ,,de ,,charge1 s4 m4 ,assises de pierres lits horizontaux que l'on place sur un point d'appui1 sur une pile ou un angle de mur entre des arcs1 pour recevoir des constructions suprieures4 ,se dit aussi de certains encorbellements1 comme1 par exemple1 des sries de corbeaux qui reoivent le crnelage d'une courtine ou d'une tour 7voyez ,m,,chicoulis74 ,on conoit aisment que lorsque plusieurs arcs viennent reposer sur la tte d'une pile dont la section n'est pas considrable1 les lits inclins des claveaux a 7fig4 #a7 ne prsentent pas une assiette propre recevoir une charge suprieure b4 ,celle-ci tend faire glisser ces claveaux ou les craser1 parce qu'ils prsentent leur angle d'extrados sous son action verticale4 ,alors 7voyez en ,b71 dans les constructions bien entendues1 ou on laisse entre l'extrados de ces claveaux des assises horizontales c pousant la courbure de l'arc1 ou1 si la place ne le permet pas1 on pose une srie de sommiers d 7voy4 en ,c7 avec lits horizontaux 7voyez ,,construction1 fig4 #df1 #df bis1 #dh ter1 #di bis1 #ha1 #if et #abg74 ,quelquefois les constructeurs du moyen ge ont form des arcs presque entirement composs d'assises en tas de charge1 pour viter les pousses sous une pression considrable4 ,telles sont appareilles les archivoltes des grandes baies des deux tours occidentales de la cathdrale de ,reims1 afin de supporter les flches de pierre projetes sur ces tours4 ,l'absence des tas de charge sur des piliers a occasionn l'crasement de ceux-ci4 ,cela se rencontre assez frquemment dans des constructions de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,il est clair que si l'on appareille sur une pile des arcs ainsi que ceux tracs en a 7fig4 #b71 tout le poids des constructions suprieures1 glissant le long des extrados de ces arcs1 vient faire coin en b et exercer sur ce seul point une pression qui et d tre rpartie sur toute la surface de la pile4 ,les arcs presss la clef en c tendent s'craser en d1 peuvent se disloquer1 ne plus pauler qu'imparfaitement le coin de pression4 ,celui-ci1 reposant sur son angle seulement1 s'crase1 et les pressions1 agissant trs-irrgulirement sur la pile1 brisent ses assises4 ,cet accident1 assez frquent1 ainsi que nous venons de le dire1 dans des difices btis au ,x,i,ie sicle1 o l'on n'avait pas encore acquis une parfaite exprience de l'effet des grandes constructions votes reposant sur des points d'appui grles1 doit veiller l'attention des architectes chargs de la restauration de ces constructions4 ,souvent1 en apercevant des piles crases1 bien que d'une section notable1 on croit l'insuffisance des matriaux employs1 et l'on se contente de remplacer les assises clates4 ,c'est l l'effet2 mais la cause rside presque toujours dans les sommiers qui n'ont pas de tas de charge ou de lits horizontaux au-dessus des chapiteaux1 la naissance des arcs4 ,il est donc urgent de supprimer cette cause4 ,l'opration est souvent prilleuse1 et demande de l'attention4 ,remplacer les assises crases d'une pile1 dans ce cas1 sans relancer les sommiers en tas de charge ou lits horizontaux1 la place des claveaux disposs comme il est dit ci-dessus1 c'est faire un travail inutile4 ,les accidents qui s'taient produits dans des difices du ,x,i,ie sicle1 cause de l'absence ou de l'insuffisance des tas de charge1 ne furent pas perdus pour les matres du ,x,i,i,ie1 sicle4 ,ceux-ci en vinrent bientt1 ainsi que nous le dmontrons dans l'article ,,construction1 ne plus donner de coupes aux claveaux que quand leur extrados chappait l'aplomb de la charge suprieure 7fig4 #c74 ,ce principe une fois admis1 ils en tirrent des consquences nombreuses2 ils parvinrent ainsi souvent neutraliser presque compltement des pousses d'arcs sur des murs1 ou diminuer considrablement le volume et le poids des maonneries destines contre-buter ces pousses4 ,la thorie de ce principe est celle-ci 7fig4 #d73 ,soit une nef vote en arcs d'ogives ,a1 avec triforium ,b et galerie ,c au-dessus1 la naissance des grandes votes1 avec bas ct ,d galement vot en arcs d'ogives4 ,il s'agit3 #a de ne pas craser les piles cylindriques ,e2 #b de ne pas avoir un cube de cules d'arcs-boutants ,f considrable4 ,les contre-forts ,g sont levs suivant une saillie assez prononce pour prsenter non-seulement une bute suffisante aux votes des collatraux1 mais encore une assiette assez large pour rsister une pression ingale4 ,les assises ,h de ces contre-forts sont tailles en tas de charge au droit de la naissance des arcs-doubleaux et arcs ogives ,i des votes des bas cts1 afin de recevoir sur leurs lits horizontaux le porte--faux de la pile ,f en ,k4 ,de mme en ,l1 les assises au droit de la naissance des arcs-boutants ,m sont tailles en tas de charge pour recevoir le pinacle ,n en porte--faux4 ,la ligne ponctue ,,no tant l'aplomb du parement intrieur ,p1 il est clair que si l'arc-boutant ,m n'existait pas1 tout le systme de la pile butante serait en quilibre avec une propension1 au moindre mouvement1 se dverser en ,l4 ,cet empilage d'assises tend donc s'incliner vers la grande vote1 et exercer par consquent sur celle-ci une pression4 ,c'est l'arc-boutant qui transmet cette pression4 ,au-dessus de la pile ou colonne ,e1 les assises sont tailles en tas de charge en ,r1 pour recevoir sur des lits horizontaux la pile ,s4 ,les assises de naissance des arcs-doubleaux et arcs ogives de la grande vote ,t sont tailles en tas de charge pour reporter la pression des claveaux sur la pile ,v et sur la colonne ,e4 ,ainsi c'est l'aide de ces tas de charge que l'quilibre du systme gnral est obtenu4 ,c'est grce l'quilibre de la pile ,f1 tendant s'incliner vers l'intrieur de l'difice1 que la bute de l'arc-boutant peut tre sensiblement rduite4 ,le chapiteau de la pile ,e tant plus saillant vers la nef que vers le bas ct1 a ainsi son axe sous la rsultante des pressions de la grande vote1 rsultante rendue presque verticale par la bute de l'arc-boutant4 ,les assises en tas de charge ,r ont encore pour effet d'empcher la pousse des votes des bas cts1 de faire rondir les piliers ,e vers l'intrieur1 en reportant la rsultante de pression de ces votes suivant l'axe de ces piliers4 ,c'est conformment cette thorie que l'glise si intressante de ,notre-,dame de ,dijon a t construite4 ,malheureusement l'excution peu soigne1 faite avec trop de parcimonie et par des ouvriers qui ne comprenaient pas parfaitement le systme adopt1 laisse trop dsirer4 ,la conception n'en est pas moins trs-remarquable et due un matre savant4 ,c'est en mettant d'accord l'excution avec la thorie1 que ce monument peut tre restaur sans beaucoup d'efforts4 ,il ne faudrait pas croire que ces combinaisons de structure nuisent l'effet1 car certainement l'glise de ,notre-,dame de ,dijon est un des beaux monuments de la ,bourgogne4 ,il ressort mme de l'adoption de ce systme d'quilibre une franchise de parti1 une nettet1 qui charment les yeux les moins exercs4 ,les matres des ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 trs-savants constructeurs1 ne ngligrent pas d'employer les tas de charge1 et ils en comprenaient si bien l'importance1 qu'ils avaient le soin de les faire tailler dans de trs-hautes assises1 pour supprimer les chances de rupture4 ,mais l'article ,,construction on trouvera de nombreux exemples de l'emploi de ce systme d'appareil4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,,temple1 s4 m4 ,neuf chevaliers1 compagnons d'armes de ,godefroy de ,bouillon1 firent voeu devant ,garimond1 patriarche de ,jrusalem1 de se consacrer la terre sainte#b4 ,vivant d'aumnes1 vous au clibat1 consacrant tous les instants de leur vie protger les plerins1 dtruire le brigandage et combattre les infidles1 ils obtinrent de ,baudouin ,,ii1 roi de ,jrusalem1 de demeurer prs du temple1 dans une des dpendances du palais de ce prince4 ,ds lors ils furent appels ,templiers ou chevaliers du ,temple1 ou encore soldats du ,christ 7,christi milites74 ,ces premiers chevaliers du ,temple taient soumis la rgle de ,saint-,augustin4 ,ayant t admis prs du pape ,honor ,,ii pour obtenir une constitution particulire1 ce pontife les envoya au concile de ,troyes1 en #aabh1 o saint ,bernard composa pour eux une rgle fixe qui fut adopte4 ,bientt cet ordre devint un des plus riches et des plus puissants de la chrtient4 ,du temps de ,guillaume de ,tyr1 le couvent de ,jrusalem comptait trois cents chevaliers et un nombre beaucoup plus considrable de frres servants4 ,des commanderies s'levrent sur tout le sol de l',occident1 en outre des tablissements de ,palestine et de ,syrie4 ,les templiers1 ds le ,x,i,ie sicle1 possdaient des chteaux1 des places fortes1 des terres en nombre prodigieux1 si bien que le ,p4 ,honor de ,sainte-,marie estime que les revenus de l'ordre s'levaient la somme de #ed #jjj #jjj de francs#c4 ,on donnait le nom de temples1 pendant le moyen ge1 aux chapelles des commanderies de templiers2 ces chapelles taient habituellement bties sur plan circulaire1 en souvenir du saint spulcre1 et assez exigus4 ,bien entendu1 les plus anciennes chapelles de templiers ne remontent qu'au milieu du ,x,i,ie sicle environ1 et elles furent presque toutes bties cette poque4 ,le chef-lieu de l'ordre1 aprs l'abandon de ,jrusalem par les ,occidentaux tait ,paris4 ,le ,temple de ,paris comprenait de vastes terrains dont la surface quivalait au tiers de la capitale2 il avait t fond vers #aadh1 ou1 d'aprs ,flibien1 au retour de la croisade de ,louis ,,vii4 ,au moment du procs des templiers1 c'est--dire en #acjg1 les btiments du ,temple ,paris se composaient de la chapelle circulaire primitive du ,x,i,ie sicle1 qui avait t englobe dans une nef du ,x,i,i,ie1 d'un clocher tenant cette nef1 de btiments spacieux pour loger et recevoir les frres hospitaliers4 ,mathieu ,paris raconte que ,henri ,,iii1 roi d',angleterre1 son passage ,paris1 en #abed1 logea au ,temple1 o s'levaient de nombreux et magnifiques btiments destins aux chevaliers1 lors de la tenue des chapitres gnraux2 car il ne leur tait permis de loger ailleurs#d4 ,en #acjf1 une anne avant l'abolition de l'ordre1 le donjon tait achev2 il avait t commenc sous le commandeur ,jean le ,turc4 ,ce donjon consistait en une tour carre fort leve1 flanque aux quatre angles de tourelles montant de fond1 contenant des escaliers et des guettes#e4 ,l'tendue1 la beaut1 la richesse et la force du ,temple ,paris1 provoqurent l'accusation porte contre eux4 ,en effet1 l'anne prcdente1 en #acjf1 le roi ,philippe le ,bel s'tait rfugi au ,temple pendant les meutes souleves contre les faux monnayeurs1 et1 de cette forteresse1 il put attendre sans crainte l'apaisement des fureurs populaires4 ,il songea ds lors s'approprier une rsidence plus sre1 plus vaste et splendide que n'taient le ,palais et le ,louvre4 ,l'hospitalit magnifique donne aux princes par les templiers1 possesseurs de richesses considrables1 sagement gouvernes1 ne pouvait manquer d'exciter la convoitise d'un souverain aussi cupide que l'tait ,philippe le ,bel4 ,plus tard l'hospitalit que ,louis ,,xiv voulut accepter ,vaux ne fut gure moins funeste au surintendant ,fouquet4 ,les derniers chevaliers du ,temple qui quittrent la ,palestine revinrent en ,occident1 possesseurs de #ej #jjj florins d'or et de richesses mobilires considrables4 ,ces trsors n'avaient fait que s'accrotre dans leurs commanderies par une administration soumise un contrle svre4 ,le mystre dont s'entouraient les dlibrations de l'ordre ne pouvait d'ailleurs qu'exagrer l'opinion que l'on se faisait de leurs biens4 ,ds qu'ils eurent t condamns et excuts1 ,philippe le ,bel s'installa au ,temple4 ,quant aux trsors1 ils passrent dans ses mains et dans celles du pape ,clment ,v1 complice du roi dans cette inique et scandaleuse procdure4 ,plus tard le ,temple de ,paris et les commanderies de ,france furent remis aux chevaliers de ,saint-,jean de ,jrusalem#f1 puis de ,rhodes et de ,malte4 ,sauval#g s'exprime ainsi au sujet du ,temple3 ,c'est une glise gothique1 accompagne devant la porte d'un petit porche ou vestibule antique1 et enrichi en entrant d'une coupe 7coupole71 dont la vote est gale celle du vaisseau1 et soutenue sur six gros piliers qui portent des arcades au premier tage1 et sur autant de pilastres au second1 qui s'lvent jusqu' l'arrachement de la vote4 ,cette coupe 7coupole7 est entoure d'une nef1 dont la vote a une lvation pareille ces arcades4 ,cette partie d'entre1 qui est l'unique en son espce que j'ai encore vue en ,france1 en ,angleterre et dans les dix-sept provinces1 non-seulement est majestueuse et magnifique par dedans1 mais encore fait un effet surprenant et plaisant la vue par dehors4 ,le circuit de ce lieu1 dit ,corrozet#h 7le ,temple1 ses dpendances et cultures71 est trs-spacieux et plus grand que mainte ville renomme de ce royaume2 il est clos de fortes murailles tourelles et carneaux larges1 pour y cheminer deux hommes de front4 ,l sont plusieurs chapelles et logis en ruyne1 qui servaient aux congrgations des templiers1 chacun en sa nation444 ,y sont aussi plusieurs riches bastimens nouveaux faits par les chevaliers de ,rhodes1 auxquels les biens desdits templiers furent donnez1 et par consquent ledit lieu du ,temple1 dont l'glise est faite la semblance du temple de ,jrusalem4444 ,runissant les renseignements que nous avons pu nous procurer sur le ,temple de ,paris#i1 nous donnons le plan de l'glise 7fig4 #a74 ,la rotonde datait de la premire moiti du ,x,i,ie sicle4 ,aprs la sortie des templiers de la ,palestine1 cette rotonde fut augmente au porche ,a1 dont parle ,sauval1 et un peu plus tard de la grande nef ,b4 ,le bas du clocher ,c datait galement du ,x,i,ie sicle1 et l'tage du beffroi du commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,le porche ,a tait claire-voie dans la partie infrieure1 et vitr dans la partie suprieure4 ,cette disposition1 adopte frquemment pour les clotres1 produisait ici un effet trs-pittoresque1 ainsi que le remarque ,sauval4 ,une coupe longitudinale 7fig4 #b7 fera saisir la disposition originale de ces constructions ajoutes la rotonde primitive4 ,en ,a1 est le porche avec ses claires-voies latrales2 au-dessus1 les fentres vitres4 ,c'est peu prs la disposition qui subsiste ,aix-la-,chapelle1 mais mieux entendue4 ,la rotonde englobe avait conserv ses votes et son tage suprieur1 qui formait saillie extrieurement sur les parois du narthex et de la grande nef#aj4 ,le triangle quilatral avait t le gnrateur du plan de la rotonde4 ,on sait que le triangle quilatral tait un des signes adopts par les templiers4 ,des fragments de vitraux fournis par ,m4 de ,penguern1 et provenant de la chapelle de la commanderie de ,brelvennez1 laissent voir la croix de gueules entoure de l'orle d'or des templiers et le triangle quilatral4 ,dans la chapelle de ,saint-,jean de ,creac'h1 prs de ,saint-,brieuc1 sont places plusieurs dalles tombales de chevaliers du ,temple4 ,sur l'une d'elles est grave une petite croix latine1 et au-dessous une pe pose diagonalement2 entre l'pe et la croix est un triangle quilatral#aa4 ,il ne faut pas oublier que les fondateurs de l'ordre du ,temple taient au nombre de neuf 7carr de #c71 qu'il ne leur fut permis d'ordonner de nouveaux frres qu'aprs neuf annes1 et que les nombres #c et #i se retrouvent frquemment dans les chapelles des commanderies4 ,la grande rotonde de ,paris possdait l'intrieur six piliers1 et extrieurement douze traves 7fig4 #a74 ,son trac n'avait pu tre obtenu donc que par deux triangles quilatraux se pntrant1 ainsi que l'indique la figure #c4 ,la chapelle de la commanderie de ,laon1 qui date du milieu du ,x,i,ie sicle environ1 est un octogone dont les cts1 intrieurement1 ont neuf pieds4 ,cette chapelle 7fig4 #d7 parait avoir t btie d'un seul jet1 sauf l'abside1 qui peut tre quelque peu postrieure4 ,elle possde un porche ou narthex1 avec tribune au-dessus1 btie aprs coup1 et qui tait mise en communication avec les logis de la commanderie4 ,les murs de l'octogone ont trois pieds d'paisseur1 les contre-forts trois pieds de largeur4 ,une assise de bancs de pierre est dispose la base des parois intrieures4 ,voici 7fig4 #e7 la coupe longitudinale de cette chapelle4 ,la vote est construite pans1 avec nervures saillantes sous les artes rentrantes4 ,les dispositions de ces chapelles exigus1 avec sanctuaire peu important1 indiquent assez que les chevaliers du ,christ ou du ,temple n'admettaient pas le public pendant les crmonies religieuses4 ,ces chapelles servaient aussi de lieu de sances pour les dlibrations1 qui1 d'ordinaire1 se tenaient la nuit4 ,d'ailleurs d'une extrme sobrit d'ornementation1 ces petits monuments du ,x,i,ie sicle se ressentent de l'influence de l'abb de ,citeaux1 qui avait rdig les statuts de l'ordre4 ,cette simplicit se retrouve sur les dalles tumulaires que l'on rencontre encore dans ces difices2 dpourvues d'inscriptions1 elles ne montrent que la croix de l'ordre1 une pe1 un triangle ou quelques attributs1 trs-rarement des cussons armoys#ab4 ,dans la chapelle de ,laon1 trois de ces tombes existent l'entre du sanctuaire2 elles sont ornes de la croix patte en gravure4 ,les templiers possdaient en ,syrie et en ,occident un grand nombre de chteaux et de forteresses#ac4 ,obligs de quitter la terre sainte aprs le sige d',acre1 en #abia1 rentrs en ,france1 en ,angleterre1 en ,espagne1 o ils possdaient des commanderies1 et rapportant avec eux de grandes richesses1 malgr les dsastres de leur ordre1 ils employrent ces trsors augmenter et embellir leurs rsidences2 leurs loisirs1 former1 dans l'tat fodal dj vers son dclin1 une corporation compacte1 puissante1 occupe d'intrigues diplomatiques1 hautaine1 avec laquelle tous les pouvoirs devaient compter4 ,leurs grands biens1 administrs avec conomie une poque o tous les propritaires terriens et les suzerains eux-mmes manquaient toujours d'argent1 leur permettaient de prter des sommes importantes3 il est croire que ce n'tait pas sans intrts4 ,une pareille situation leur cra de nombreux et puissants ennemis1 et le jour o ,philippe le ,bel1 qui tait parmi leurs dbiteurs1 se dcida les faire arrter et leur intenter le plus inique et le plus monstrueux procs1 le roi eut pour lui l'opinion de la fodalit1 du clerg et des tablissements monastiques4 ,le mystre dont s'entouraient les templiers prtait merveilleusement aux accusations absurdes auxquelles ils furent en butte4 ,il est certain que l'ordre des ,templiers1 la ,palestine perdue1 devenait pour les tats de l',occident un grand embarras1 sinon un grand danger4 ,le coup d'tat qui supprima cet ordre dlivra le pouvoir suzerain d'un des nombreux prils qui l'entouraient1 mais lui enleva dans l'opinion du peuple une partie de la foi en sa justice et en sa grandeur morale que ,louis ,,ix avait su imposer toutes les classes du pays4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,note #b3 ,ces neuf chevaliers sont3 ,hugues de ,payens1 ,godefroy de ,saint-,omer1 ,andr de ,montbard1 ,gundomar1 ,godefroy1 ,roral1 ,geoffroy ,bisol1 ,payen de ,montdsir1 ,archambaud de ,saint-,aignan1 ou1 suivant ,lejeune1 ,hugues1 comte de ,champagne1 fondateur de ,clairvaux4 ,note #c3 ,voyez l',histoire des chevaliers templiers1 par liz de ,montagnac4 ,paris1 #ahfd4 ,note #d3 ,voyez ,dubreul1 ,thtre des antiquits de ,paris1 livre ,,iii4 ,note #e3 ,c'est dans ce donjon que ,louis ,,xvi fut dtenu en #agib4 ,note #f3 ,c'est en #acag que par une transaction passe entre les chevaliers hospitaliers et ,philippe le ,long1 il est dmontr que le squestre des biens des templiers s'tait prolong jusqu'en #acac4 ,donc la couronne avait peru1 pendant une priode de six ans1 les normes revenus de ces biens2 de plus1 tous les biens meubles et les trsors taient rests entre les mains du roi4 ,note #g3 ,livre ,,iv1 p4 #ded4 ,note #h3 ,antiquitez de ,paris1 ,g4 ,corrozet ,parisien1 #aehf1 part4 ,i1 p4 #ajh4 ,note #i3 ,voyez le plan de ,paris de ,verniquet1 le grand plan de ,mrian1 les gravures d',isral ,sylvestre1 l'oeuvre de ,marot3 l',architecture franoise4 ,note #aj3 ,voyez les gravures de ,marot et d',isral ,sylvestre4 ,note #aa3 ,hist4 des chevaliers templiers1 par liz de ,montagnac4 ,paris1 ,a4 ,aubry1 #ahfd4 ,les francs-maons ont prtendu continuer l'ordre du ,temple1 et possder mme un testament ou charte de transmission d'un grand matre dont le pouvoir secret avait t reconnu par les frres postrieurement la mort de ,jacques de ,molay4 ,note #ab3 ,une des tombes de la chapelle de la commanderie1 prs du hameau de ,creac'h1 prsente une croix ancre1 accoste gauche d'une pe1 droite d'un cusson sept macles trois1 trois1 un1 qui est ,rohan ancien4 7,hist4 des chevaliers templiers1 ouvr4 dj cit1 p4 #ace47 ,note #ac3 ,parmi les chteaux importants que les templiers avaient levs en ,syrie1 nous citerons ceux de ,tortose 7,antarsous7 de ,safita1 d',areymeh1 de ,toron et d',athlit4 ,ces chteaux renferment habituellement un gros donjon carr ou sur plan barlong et leurs enceintes sont galement flanques de tours quadrangulaires4 ,les chteaux de ,safita1 d',areymeh1 d',athlit1 et surtout la forteresse de ,tortose1 dit ,m4 ,g4 ,rey1 dans son ,essai sur la domination franaise en ,syrie1 nous fournissent une srie de types permettant de donner une tude aussi complte que possible de cet art1 dont les meilleures productions se trouvent dans les principauts d',antioche et de ,tripoli1 si riches1 la premire particulirement1 en monuments byzantins4 ,tortose1 adosse la mer1 fut la dernire place qu'occuprent les templiers en ,orient4 ,ils n'vacurent cette forteresse que le #e juin #abia4 ,en ,occident1 les templiers adoptrent galement1 pour la construction de leurs donjons1 le plan carr ou barlong4 ,c'est sur cette donne qu'tait btie la tour dite de ,bichat1 ,paris1 et qui ne fut dtruite qu'en #ahee4 7,voy4 ,,tour47 ,,th,,tre1 s4 m4 ,pendant le moyen ge1 il n'existait pas de locaux destins aux reprsentations scniques4 ,les mystres1 les farces et mmeries1 les chansons de gestes dites par des acteurs1 taient reprsents dans les grand'salles des chteaux1 dans les glises1 dans les cimetires1 ou sur des chafauds dresss dans les carrefours1 ainsi que cela se pratique encore pendant les foires4 ,ce n'est qu'au ,x,v,i,ie sicle que l'on commena en ,france lever des salles uniquement destines aux jeux scniques4 ,le got pour le thtre1 cependant1 remonte chez nous une poque loigne1 et il existe des mystres et moralits qui datent de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,,tierceron1 s4 m4 7tierceret74 ,nervure de vote en tiers-point1 qui1 bande entre l'arc-doubleau et le formeret1 aboutit la lierne1 laquelle runit la clef de l'arc-doubleau ou du formeret celle des arcs ogives4 7,voy4 ,,vo,,te47 ,,tirant1 s4 m4 ,pice de fer ou de bois qui maintient l'cartement des arbaltriers d'une ferme1 ou le devers de deux murs parallles1 ou la pousse d'un arc4 ,les entraits1 dans les charpentes de combles1 sont de vritables tirants 7voy4 ,,charpente74 ,pour fermer leurs votes1 les constructeurs du moyen ge plaaient provisoirement des tirants1 afin d'viter les pousses1 en attendant que les piles fussent charges4 ,ces tirants taient habituellement de bois1 et taient scis au ras de l'intrados du sommier des arcs1 quand les constructions taient termines4 la cathdrale de ,reims1 ces tirants taient de fer1 avec des oeils passant dans des crochets qui sont rests en place4 ,il est peu de votes de collatraux o l'on n'ait l'occasion d'observer la trace de ces tirants4 ,,toiles 7,,peintes74 ,on employait souvent1 pendant le moyen ge1 les toiles peintes pour tapisser les intrieurs des appartements et pour dcorer les grandes salles et glises4 ,le trsor de la cathdrale de ,reims possde encore un certain nombre de toiles peintes de la fin du ,x,ve sicle1 qui sont d'un grand intrt4 ,ces toiles1 dans les intrieurs des chteaux et htels1 taient attaches des chssis1 ou simplement suspendues des tringles de bois ou de fer4 ,les clotets1 ces cabinets que l'on improvisait dans les grandes pices1 taient souvent composs de simples chssis de bois tendus de toiles peintes4 7,voyez le ,dictionnaire du mobilier franais47 ,,tombeau1 s4 m4 7sepouture1 sepoulture1 tumbe74 ,de tous les monuments1 les tombeaux sont ceux qui prsentent peut-tre le sujet le plus vaste aux tudes de l'archologue1 de l'ethnologue1 de l'historien1 de l'artiste1 et voire du philosophe4 ,les civilisations1 tous les degrs de l'chelle1 ont manifest la nature de leurs croyances en une autre vie par la faon dont elles ont trait les morts4 ,supprimez toute ide de la dure de l'individu au del de l'existence terrestre1 et le tombeau n'a plus de raison d'tre4 ,or1 depuis les races suprieures jusqu'aux noirs du sud de l',afrique1 on voit1 en tout temps1 les hommes ensevelir leurs morts avec l'ide plus ou moins nette d'une prolongation ou d'une transformation de l'existence4 ,on pourrait faire l'histoire de l'humanit l'aide des tombeaux1 et le jour o un peuple cessera de perptuer l'individualit des morts par un monument1 un signe quelconque1 la socit1 telle du moins qu'elle a vcu depuis les temps historiques1 aura cess d'exister4 ,le culte des morts est le ciment qui a constitu les premires socits1 qui en a fait des institutions permanentes1 des nationalits1 c'est--dire la solidarit du prsent avec le pass1 la perptuit des tendances1 des aptitudes1 des dsirs1 des regrets1 des haines et des vengeances4 ,faites que les morts1 chez un peuple1 soient confondus dans un engrenage administratif de salubrit1 et traits dcemment1 mais comme une matire dont il faut hter la dcomposition pour en rendre le plus tt possible les lments la nature inorganique1 ainsi qu'on traite un engrais2 faites que cela entre dans les moeurs et les nationalits1 ces agglomrations traditionnelles1 puissantes et vivaces1 ne seront plus que des socits anonymes constitues pour444 tant d'annes1 moins de supposer toutefois que les ides mtaphysiques les plus abstraites sur l'existence de l'me soient communment acceptes comme elles peuvent l'tre par une demi-douzaine de philosophes au milieu d'un pays de plusieurs millions d'habitants4 ,il sera bien difficile de faire admettre l'indiffrence absolue pour la dpouille prissable d'une personne que l'on a aime1 respecte ou connue4 ,et dans nos grandes villes1 s'il est une chose qui choque le sentiment populaire1 c'est ce qu'on appelle la fosse commune4 ,ce n'est que depuis le ,x,v,ie sicle que l'on a imagin de donner aux spultures un caractre funbre2 de les entourer d'emblmes1 d'attributs ou d'allgories qui rappellent la fin1 la dcomposition1 la douleur sans retour1 l'anantissement1 la nuit1 l'oubli1 le nant4 ,il est assez trange que ces ides se soient fait jour chez des peuples qui se piquent d'tre chrtiens1 et chez lesquels1 en chaire1 on montre la mort comme une dlivrance1 comme la fin des misres attaches la courte existence terrestre4 ,les paens1 par opposition1 ont donn aux monuments funraires un caractre plutt triomphal que dsol4 ,le moyen ge avait conserv cette saine tradition2 les tombeaux qu'il a levs n'adoptent jamais ces funbres attributs mis la mode depuis le ,x,v,ie sicle1 ces effets thtrals ou ces froides allgories qui exigent toujours pour tre comprises la prsence d'un cicerone4 ,de la mort il ne faut point tant dgoter les gens1 puisque chacun doit subir sa loi2 il ne parat pas ncessaire de l'entourer de toute cette friperie de mlodrame1 disgracieuse et ridicule4 ,c'est la fin de la renaissance que l'on leva les premiers mausoles dcors d'allgories funbres sorties de cerveaux malades3 d'os de mort1 de linceuls soulevs par des squelettes1 de cadavres rongs de vers1 etc4 ,l'art du grand sicle ne pouvait manquer de trouver cela fort beau1 et le ,x,v,i,i,ie sicle renchrit encore sur ces pauvrets4 ,ce moyen ge1 que plusieurs nous prsentent toujours comme maladif1 asctique1 mlancolique1 ne prenait pas ainsi les choses de la mort1 non plus que les ,grecs et les ,romains4 ,ceux-ci avaient1 comme on sait1 l'habitude de brler les cadavres1 ce qui avait beaucoup d'avantages4 ,le long des chemins qui rayonnaient vers les cits1 taient levs des tombeaux4 ,cette disposition seule indique assez que1 pour ces paens1 la spulture ne faisait pas natre les ides lugubres qui s'emparent de nous aujourd'hui dans les cimetires4 ,ces voies des tombeaux1 dont les faubourgs de ,rome taient entours1 n'empchaient pas les gens qui passaient sur les chemins de s'entretenir des sujets les moins graves1 sans que pour cela le respect pour les morts ft moins profond4 ,pendant le moyen ge1 les cimetires ne sont pas davantage pris au point de vue lugubre1 romantique4 ,le moyen ge1 pas plus que l'antiquit1 n'a peur de ses morts4 ,si les ,grecs aimaient s'asseoir et deviser au pied d'une tombe place sur le bord d'un chemin1 nos aeux se runissaient volontiers dans les cimetires pour traiter de certaines affaires4 ,la nuit1 ces enceintes1 indiques par un fanal1 servaient au besoin de refuge au voyageur1 qui ne songeait point aux revenants1 du moins dans nos contres franaises4 ,ces cimetires taient presque toujours entours d'un portique bas1 et c'tait sous cet abri que le pauvre et le voyageur attards1 qui ne pouvaient se faire ouvrir les portes de la ville1 attendaient le jour4 ,nous n'entreprendrons pas la description des cimetires gallo-romains et mrovingiens4 ,ce travail1 fait et bien fait sur une partie de la ,france par ,m4 l'abb ,cochet#ad1 nous dispensera de parler des spultures des premiers conqurants barbares des ,gaules1 d'autant que ces spultures n'affectent aucune apparence architectonique4 ,ce sont des ensevelissements dans des cercueils de bois1 de pierre1 ou mme le sol1 qui n'ont d'intrt qu'au point de vue de l'histoire ou de l'archologie4 ,il paratrait que l'usage d'lever des tombeaux le long des voies publiques ne fut pas entirement abandonn pendant la priode mrovingienne4 ,grgoire de ,tours cite plusieurs exemples de ces sortes de monuments#ae4 ,plus tard1 sous les premiers ,carlovingiens1 les personnages considrables tenaient tre ensevelis sous l'gout des toits des glises1 chapelles ou oratoires#af4 ,cette coutume persista jusque vers le milieu du ,x,i,ie sicle4 ,on enterrait aussi sous les porches des glises et dans les lieux voisins qui taient bnis4 ,ce ne fut qu' la fin du ,x,i,ie sicle que s'tablit l'usage d'enterrer dans les glises1 et d'lever des monuments ou de graver des dalles commmoratives sur les spultures4 ,les premiers chrtiens1 contrairement l'usage admis chez les ,grecs et chez les ,romains1 ne brlaient pas les corps1 ils les ensevelissaient dans des niches pratiques dans les parois de cryptes1 ou dans des sarcophages de pierre ou de marbre4 ,ces sarcophages1 si les personnages taient considrables1 restaient souvent apparents dans des chambres souterraines2 ils taient dcors de sculptures symboliques ou de signes religieux1 croix1 monogrammes du ,christ1 colombes1 etc4 ,habituellement ils taient poss sur des ds ou colonnettes1 afin de les isoler de terre4 ,ces sarcophages se composaient d'une auge oblongue quadrangulaire1 avec couvercle en forme de toit deux pentes ou bomb4 ,le corps du dfunt tait dpos dans cette auge#ag4 ,les tombeaux du moyen ge procdent de ce principe4 ,mais1 vers le milieu du ,x,i,ie sicle1 on plaa sur le couvercle l'effigie du mort1 et alors le sarcophage n'tait plus ordinairement qu'un simulacre et le corps tait dpos au-dessous1 dans une fosse ou un petit caveau4 ,ce fut aussi vers cette poque que l'on se contenta souvent de placer sur le cercueil enterr une dalle grave ou une lame de bronze reprsentant le dfunt4 ,la partie principale du tombeau1 le sarcophage1 ou plutt son simulacre1 ne fut bientt qu'un accessoire1 un vritable socle portant des figures couches1 et le monument1 outre ces statues1 se composa de dais levs ou de sortes de chapelles en faon de larges niches4 ,les tombeaux du moyen ge peuvent donc tre diviss en trois sries3 la premire comprend les sarcophages proprement dits1 plus ou moins dcors de sculptures1 mais sans reprsentation du dfunt2 sarcophages apparents1 placs au-dessus du sol2 la seconde1 les socles poss sur une spulture1 portant parfois l'effigie du mort1 et placs1 soit dans une sorte de niche ou petite chapelle1 soit sous un dicule en forme de dais2 la troisime1 les tombes plates poses au niveau du pav des glises1 graves ou en bas-relief1 et formant comme le couvercle de la fosse renfermant le cercueil4 ,les sarcophages contenant rellement les corps1 sans effigie1 ne se trouvent gure pass le ,x,i,ie sicle1 mais ils sont trs-nombreux pendant les priodes mrovingienne et carlovingienne4 ,voici 7fig4 #a7 quelques-unes des formes qu'affectent ces sarcophages#ah4 ,pendant les ,x,i,ie et ,x,i,ie sicles1 on creusa encore des sarcophages rectangulaires1 comme pendant la priode gallo-romaine1 avec bas-reliefs sculpts sur les parois4 ,nous citerons1 entre autres1 le sarcophage de saint ,hilaire le ,grand1 de ,poitiers1 dessin par ,gaignres 7,collect4 ,bodlienne71 et qui datait du ,x,ie sicle2 celui de saint ,hilaire1 prs de ,carcassonne1 du ,x,i,ie sicle2 ceux des comtes de ,toulouse1 placs contre les parois du transsept mridional de ,saint-,sernin de ,toulouse1 ,x,ie et ,x,i,ie sicles4 ,ces derniers ont t poss sur des colonnettes1 dans une sorte de petite chapelle extrieure1 vers la fin du ,x,i,ie sicle4 ,dans les provinces mridionales1 la ,provence1 le ,languedoc1 le ,lyonnais1 l'usage de dposer les corps dans des sarcophages de marbre persista longtemps3 c'tait une habitude antique conserve chez ces populations4 ,au muse de ,toulouse1 on voit des sarcophages du ,x,i,ve sicle1 qui affectent absolument la forme des cuves spulturales romaines1 mais qui sont dcors d'ornements et d'attributs qui appartiennent cette poque avance du moyen ge#ai4 ,les corps taient bien videmment renferms dans ces auges2 tandis que dans les provinces du ,nord1 ainsi que nous l'avons dit plus haut1 ils taient enterrs sous le simulacre du sarcophage1 qui tait alors un cnotaphe4 ,le sarcophage devenant cnotaphe1 il tait naturel de couvrir celui-ci d'un dais1 d'un arc1 d'en faire un monument honorifique1 de le considrer comme un lit de parade sur lequel l'effigie du mort tait pose4 ,les artistes du moyen ge ont apport1 dans la composition des tombeaux1 l'esprit logique que nous retrouvons dans leurs oeuvres4 ,le tombeau1 pour eux1 tait la perptuit de l'exposition du mort sur son lit de parade4 ,ce qui avait t fait pendant quelques heures avant l'ensevelissement1 on le figurait en pierre ou en marbre1 afin de reproduire aux yeux du public la crmonie des funrailles dans toute sa pompe4 ,mais cette pense se mle un sentiment qui exclut le ralisme4 ,des anges thurifraires soutiennent le coussin sur lequel repose la tte du mort4 ,sur les parois du sarcophage sont sculpts les pleureurs1 les confrries1 quelquefois les saints patrons du dfunt1 ou des anges4 ,c'est l'assistance potise4 ,nous allons tout l'heure prsenter des exemples de ces dispositions4 ,un curieux monument nous explique l'origine de ces tombeaux cnotaphes1 avec l'exposition du mort4 ,c'est un chapiteau du porche occidental de l'glise de ,saint-,sverin 7vulgairement ,saint-,seurin7 de ,bordeaux4 ,ce porche date du commencement du ,x,i,ie sicle4 ,l'une de ses colonnes engages est couronne par une reprsentation du tombeau de saint ,sverin1 formant chapiteau sous une naissance d'arc-doubleau4 ,le corps du saint 7fig4 #b71 envelopp d'un linceul1 ayant une crosse son ct gauche1 est plac sur une sorte de lit de parade support par des colonnettes#bj2 sur les parois de ce lit est grave l'inscription suivante#ba4 ,sur la face3 ,,scs ,,severinvs 3 ,sur la face de droite3 ,,significat ,,hac 7sic7 ,,petra ,,sepvlcrvm ,,scti ,,severini4 ,sur celle de gauche3 ,,qvando ,,migravit ,a ,,secvlo 444,m444 ,pour viter la confusion dans cet article1 nous poursuivrons l'examen des tombeaux en maintenant le classement que nous venons d'indiquer4 ,on peut considrer comme un des tombeaux les plus anciens parmi ceux accols des monuments religieux1 le tombeau que l'on voit ,toulouse1 entre les contre-forts des btiments des ,chartreux4 ,ce monument du ,x,i,ie sicle1 bien conserv1 se compose d'un sarcophage plac dans une niche leve au-dessus du sol1 sur des colonnettes4 ,une arcature formant claire-voie dfend le sarcophage4 ,la figure #c prsente le plan de ce tombeau1 et la figure #d son lvation et sa coupe4 ,les colonnettes sont de marbre1 ainsi que le sarcophage1 les arcatures en pierre1 et le reste de la construction en briques4 ,ce tombeau tait entirement peint4 ,on ne sait pour quel personnage il fut lev1 mais il est bien certain qu'ici le corps tait dpos dans le sarcophage mme1 plac sur cinq colonnettes au-dessus du soubassement1 conformment l'usage admis encore au ,x,i,ie sicle dans les provinces mridionales1 et qui semble driver de traditions fort anciennes1 trangres l'antiquit chrtienne gallo-romaine4 ,un sicle plus tard1 cet usage d'enfermer les corps dans des sarcophages juchs sur des colonnettes tait1 comme nous l'avons dit plus haut1 entirement abandonn dans les provinces septentrionales1 et trs-rarement pratiqu mme dans celles du ,midi4 ,les corps taient enterrs4 ,cependant la tradition influe sur la forme apparente des tombeaux4 ,on voit encore dans le clotre de l'glise de ,saint-,salvy 7d',alby7 un tombeau datant de la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle1 qui prsente une disposition analogue celle du monument des ,chartreux de ,toulouse donn ci-dessus4 ,saint-,salvy1 la claire-voie ne prservait point le sarcophage1 mais bien le massif lev sur la fosse et formant soubassement4 ,voici 7fig4 #e7 le plan du tombeau du clotre de ,saint-,salvy1 et 7fig4 #f7 son lvation4 ,la niche sous laquelle est plac le sarcophage est divise par une pilette contre laquelle est adosse une statue#bb4 ,deux petites votes d'artes couvrent cet enfoncement de #jm1#ig de profondeur4 ,au-dessus de l'arcature sont places trois statues3 la ,vierge1 et deux figures agenouilles1 un homme et une femme1 qui ne peuvent tre que les personnages pour lesquels le tombeau a t fait4 ,ces trois statues sont abrites sous une triple arcature couronne par un gble trs-obtus4 ,on retrouve encore les traces des peintures qui recouvraient entirement l'architecture et la statuaire4 ,des anges remplissaient les deux tympans de la niche infrieure au-dessus du sarcophage1 et nous ne pensons pas que l'homme et la femme en adoration des deux cts de la ,vierge aient t reprsents sur la dalle recouvrant leur spulture4 ,la pilette engage ,a 7voyez le plan7 formait une croix se dtachant sur les deux tympans 7voyez le dtail ,b1 fig4 #f74 ,un petit bnitier est engag dans la muraille du ct droit4 ,sur les flancs des glises collgiales et paroissiales1 il existait habituellement des clotres1 et ces clotres servaient de lieu de spulture1 non-seulement pour les clercs1 mais aussi pour les laques qui payaient fort cher l'avantage d'tre enterrs prs de l'glise#bc4 ,la place prfre tait toujours le mur de l'glise mme4 ,aussi1 le long de nos monuments religieux1 entre les contre-forts qui donnaient sur l'une des galeries du clotre1 trouve-t-on encore des traces nombreuses de ces spultures4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 les lois ecclsiastiques qui dfendaient d'enterrer des laques dans l'enceinte mme des glises tombrent en dsutude4 ,les chapitres des cathdrales seuls continurent gnralement d'observer ces rgles1 mais les paroisses1 les collgiales1 les glises abbatiales mmes1 tirrent un profit considrable de la vente du droit de spulture dans les glises1 et bientt les murs et les pavs des nefs furent couverts de monuments1 d'inscriptions et d'effigies4 ,les choeurs taient rservs pour les membres du clerg ou pour de trs-hauts personnages4 ,de mme que dans les cathdrales les vques taient ensevelis sous le pav du choeur ou entre les piliers du sanctuaire1 par exception des princes profitaient du mme privilge4 ,en fouillant le choeur de ,notre-,dame de ,paris pour y tablir le caveau actuel des archevques1 nous avons trouv la tombe d',isabelle de ,hainaut1 premire femme de ,philippe-,auguste1 qui dut tre enterre sous ce pav1 l'glise peine leve jusqu'aux votes#bd4 ,c'tait principalement dans les glises abbatiales que les princes se faisaient ensevelir4 ,les fondateurs d'abbayes se rservaient la facult d'tre enterrs1 eux et leurs successeurs1 dans l'glise rige avec leurs dons4 ,c'est ainsi que beaucoup de monuments remarquables ont pu tre conservs jusqu' la fin du dernier sicle1 et mme jusqu' nos jours4 ,les abbayes de ,saint-,denis1 en ,france1 de ,sainte-,genevive1 de ,saint-,germain des ,prs ,paris1 de ,braisne1 de ,vendme1 de ,jumiges1 de ,fcamp1 de ,longpont1 de ,royaumont1 d',eu1 des ,clestins ,paris1 de ,poissy1 renfermaient des spultures splendides de princes et seigneurs1 et quelques-uns de ces monuments nous sont rests4 ,l'abbaye de ,saint-,denis1 fonde par ,dagobert1 fut particulirement destine la spulture des rois franais1 et reut en effet les dpouilles de la plupart de ces princes1 depuis le fondateur jusqu' ,louis ,,xv4 ,l'glise ayant t rebtie par ,suger1 il est croire que les monuments anciens 7si tant est qu'il y ait eu des mausoles levs sur les tombes des princes7 furent dtruits ou fort endommags4 ,quand1 plus tard1 vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 on remplaa la plus grande partie des constructions du ,x,i,ie sicle1 que l'on reconstruisit la nef1 le transsept et tout le haut choeur1 les derniers restes des tombeaux antrieurs ,louis ,,ix furent disperss2 si bien que pour ne pas laisser perdre la mmoire de ces vnrables spultures1 saint ,louis rsolut de rtablir tous ces tombeaux1 commencer par celui de ,dagobert4 ,les ossements que l'on put retrouver dans les anciens cercueils furent replacs dans les nouvelles tombes4 ,parmi les tombeaux antrieurs saint ,louis1 un seul fut conserv et replac au milieu du choeur des religieux3 c'tait celui de ,charles le ,chauve1 qui tait de bronze1 avec parties mailles1 et qui dut probablement la solidit du mtal de ne pas tre dtruit1 comme les autres4 ,du tombeau de ,dagobert il restait1 sous le clotre de l'glise de ,suger1 un fragment dont parle dom ,doublet#be1 et que ,m4 ,percier a dessin en #agig4 ,c'tait une statue colossale1 assise1 couronne1 vtue d'une tunique longue et d'un pallium4 ,nous reproduisons ici 7fig4 #g7 le fragment conserv par le dessin de ,percier1 et qui ferait croire que ce monument n'tait pas antrieur au commencement du ,x,i,ie sicle4 ,quoi qu'il en ft1 nous n'avons pu trouver trace de cette figure1 non plus que de celles des deux princes ,clovis et ,sigebert1 qui faisaient partie du mme monument4 ,saint ,louis n'en leva pas moins un nouveau tombeau au fondateur de l'abbaye1 et le fit placer l'entre du sanctuaire1 ct de l'ptre#bf4 ,ce tombeau1 qui date par consquent du milieu du ,x,i,i,ie sicle1 est un des plus curieux monuments funraires de cette poque4 ,il se compose 7fig4 #h7 d'une grande niche surmonte d'un gble2 au bas de la niche est dpos un sarcophage#bg1 dont le couvercle sert de lit l'effigie du roi1 couche sur le ct gauche4 ,au fond de la niche se dveloppe1 par bandes superposes1 la lgende relative la mort de ,dagobert4 ,debout1 des deux cts de l'effigie royale1 sont les statues de ,nantilde1 seconde femme de ,dagobert1 et de ,sigebert1 son fils an1 qui furent enterrs prs de lui4 ,dans les voussures qui forment la niche1 sont sculpts des anges thurifraires1 et1 dans le tympan du gble1 le ,christ et deux vques1 saint ,denis et saint ,martin1 lesquels1 en compagnie de saint ,maurice1 au dire de la lgende1 dlivrrent l'me du roi des mains des dmons1 et la conduisirent en paradis4 ,le devant du sarcophage est fleurdelis1 ainsi que le socle#bh4 ,tout ce monument tait peint2 outre les traces encore visibles de ces peintures1 les dessins-minutes de ,percier fournissent tous les dtails de la coloration4 ,ce tombeau1 n'tant pas adoss1 laisse voir sa partie postrieure dans le bas ct4 ,celle-ci est de mme surmonte d'un gble avec figures1 crochets et fleurons1 la partie infrieure restant unie1 sans sculpture4 ,certaines parties de la statuaire du tombeau de ,dagobert sont trs-remarquablement traites4 ,la statue de ,nantilde1 laquelle1 au muse des ,petits-,augustins1 ,m4 ,lenoir avait fait adapter une tte d'homme#bi1 les groupes des vques dans les zones lgendaires1 les anges des voussures et la sculpture du tympan1 sous le gble1 sont d'un style excellent et d'une excution parfaite4 ,ce tombeau n'est point dans les donnes des monuments placs dans l'intrieur des glises3 c'est une chapelle1 un de ces dicules comme on en levait dans les clotres1 entre les contre-forts des glises1 et c'est pourquoi nous l'avons prsent ici2 cependant l'effigie du mort est sculpte sur le sarcophage vrai ou feint1 tandis que ni le tombeau de ,toulouse1 ni celui de ,saint-,salvy d',alby1 n'avaient de statues couches4 ,voici encore un de ces monuments en forme de niche dpourvue d'effigies3 c'est celui des deux prlats ,beaudoin ,,ii et ,beaudoin ,,iii1 vques de ,noyon1 qui tait plac contre la muraille de l'glise abbatiale d',ourscamp1 ct de l'vangile 7fig4 #i7cj4 ,beaudoin ,,ii mourut en #aafg4 ,les pitaphes taient peintes sur les parois de la niche1 et avaient t remplaces cent ans avant ,gaignres1 auquel nous empruntons ce dessin1 par des inscriptions sur vlin poses dans des cadres attachs avec des chanettes4 ,ici1 comme ,saint-,salvy1 la pilette qui forme claire-voie repose sur le sarcophage et protge son couvercle4 ,ce tombeau1 pas plus que ceux de ,saint-,salvy et de ,dagobert1 ne prsente d'attributs funbres4 ,des fleurs1 des feuillages1 des sujets lgendaires1 ou des personnages n'affectant en aucune manire les attitudes de la douleur1 dcorent ces dicules et en font des oeuvres d'art agrables voir1 o rien ne fait songer la dcomposition matrielle1 la nuit ternelle4 ,sur les tombeaux1 les artistes du moyen ge affectent1 au contraire1 de rpandre des fleurs et des feuillages profusion1 ainsi qu'on le faisait1 d'ailleurs1 autour des corps1 au moment de l'ensevelissement#ca4 ,des animaux1 des chasses1 des processions de personnages1 rappellent1 sur ces monuments1 la vie et non la mort4 ,quand les effigies des dfunts sont sculptes couches sur le sarcophage1 elles ne prennent l'attitude de la mort que fort tard4 ,habituellement ces figures1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 ont les yeux ouverts1 les gestes et les attitudes de personnes vivantes4 ,c'est vers le milieu du ,x,i,ve sicle que les statuaires leur donnent parfois l'apparence du sommeil1 mais sans aucun des signes de la mort4 ,ces personnages sont d'ailleurs vtus de leurs habits1 arms1 si ce sont des guerriers1 couverts de vtements religieux1 si ce sont des clercs4 ,avant de parler des tombeaux formant des dicules isols1 il nous faut citer encore quelques-uns de ces monuments en forme de niches ou chapelles1 mais avec effigies des morts poses sur le sarcophage4 ,dans le collatral du choeur de la cathdrale de ,rouen1 il existe un de ces tombeaux1 appartenant un vque1 qui date de la fin du ,x,i,ie sicle1 et qui est d'un trs-beau travail4 ,ce monument ne prsente d'ailleurs aucune particularit remarquable4 ,la statue du prlat est couche sous une arcature surmonte d'un gble peu lev4 ,comme toujours1 ce tombeau tait peint4 ,en voici un autre 7fig4 #aj7cb1 qui tait plac ,fontevrault1 contre le mur du bas ct1 la droite du matre autel 7ct de l'vangile74 ,c'tait celui de l'vque ,pierre de ,poitiers 7,x,i,i,ie sicle74 ,la statue1 couche sur un lit drap1 est entoure de figurines en ronde bosse reprsentant les religieux assistant aux funrailles de l'vque4 ,parmi ces religieux1 on distingue l'abbesse de ,fontevrault et un abb1 tous deux tenant la crosse1 signe de leur dignit4 ,les autres personnages portent des croix et des cierges4 ,la chasuble de l'vque tait d'un bleu verdtre1 aux croisettes d'or1 double de rouge2 sa mitre blanche avec un bandeau rouge1 l'aube blanche1 l'tole verte1 les chaussures noires4 ,l'abbesse tait vtue de noir1 et les religieux1 les uns de blanc1 les autres de vert1 se dtachant sur un fond rouge4 ,une arcature couvrait le sarcophage1 mais elle tait dj dtruite du temps de ,gaignres1 qui nous a laiss le dessin de ce curieux monument4 ,on voit encore dans la cathdrale de ,limoges1 adoss au collatral nord1 un de ces tombeaux en forme de niches ou chapelles1 datant du ,x,i,ve sicle3 c'est celui de l'vque ,bernard ,brun4 ,ce monument est grav dans l'ouvrage de ,m4 ,gailhabaud#cc4 ,au fond de la niche1 spare par une pile centrale1 des bas-reliefs reprsentent des sujets de la lgende de sainte ,valrie1 un crucifiement1 un couronnement de la ,vierge et un jugement dernier4 ,il faut citer aussi les deux jolis tombeaux appartenant la mme poque1 et qui sont adosss au mur de la chapelle de la ,vierge1 dans la cathdrale d',amiens4 ,ils sont en forme de niche couverte par une arcade basse surmonte d'un gble4 ,sur le socle1 portant les statues couches des dfunts1 sont sculpts1 dans de petites niches1 des personnages religieux1 chanoines et laques1 qui composent le cortge accompagnant les corps leur dernire demeure4 ,les cus armoys des deux personnages1 un vque et un chanoine1 sont peints au fond des niches4 ,un des monuments funraires les plus intressants1 affectant la forme d'une niche avec sujets1 est le tombeau du prtre ,bartholom1 plac dans l'glise de ,chnerailles 7,creuse71 et dont il fut probablement le fondateur4 ,ce tombeau1 engag dans la troisime trave du ct mridional1 est pos #b mtres au-dessus du pav1 et est taill dans un seul bloc de pierre calcaire4 ,son architecture prsente un arc en tiers-point avec deux contre-forts4 ,l'enfoncement est divis en zones1 dans chacune desquelles se dtachent des personnages en ronde bosse4 ,la zone infrieure reprsente la scne de l'ensevelissement du mort4 ,la sainte ,vierge occupe1 dans la zone du milieu1 le sommet d'un dicule avec escalier4 ,saint ,martial gravit l'escalier1 un encensoir la main4 ,sur le terrain la droite de la ,vierge1 est reprsent le martyre de saint ,cyr et de sa mre sainte ,julite4 sa gauche1 le prtre ,bartholom1 agenouill1 est prsent l'enfant ,jsus par son patron1 et saint ,aignan1 vque4 ,sous l'arcade est sculpt un crucifiement4 ,sur deux phylactres placs sous la seconde et la premire zone1 on lit3 ,hic4 jacet4 dominus4 ,bartholomeus4 de ,plathea4 presbiter4 qui4 obiit4 die4 fest4 ,v4 ,m4 7,virginis ,marioe7 anno4 ,dni4 ,m,,ccc#cd4 ,la sculpture de ce petit monument est d'un style mdiocre1 mais sa composition est heureusement trouve4 ,voici 7fig4 #aa7 un autre exemple de ces tombeaux adosss1 en forme de niche1 avec effigie du mort4 ,cet exemple date de #acjj environ4 ,le nom du dfunt ne nous est pas conserv4 ,ce tombeau fut incrust aprs coup dans le mur du collatral nord de l'glise de ,saint-,pre 7,saint-,pierre7 sous ,vzelay4 ,le fond de la niche est occup par un bas-relief d'un bon style4 ,au centre1 le ,christ assis reoit de saint ,pierre agenouill un objet bris qu'il tient dans sa main droite4 ,de l'autre ct1 la sainte ,vierge semble intercder auprs de son divin ,fils4 ,deux anges thurifraires terminent la scne4 videmment1 la ,vierge et saint ,pierre font ici valoir auprs du ,juge suprme les mrites du mort1 qui pourrait tre un des fondateurs des portions de cette glise reconstruites vers la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,l'objet que tenait saint ,pierre tait-il le simulacre de l'glise restaure8 ,cela parat plausible4 ,ce monument est d'ailleurs fort mutil1 et la statue du personnage vtu d'habits civils est compltement fruste4 ,la sculpture et l'architecture taient peintes et dores4 ,l'inscription1 galement peinte1 et dont on distingue peine quelques lettres sous le badigeon2 tait place sous le bas-relief4 ,on le reconnat facilement1 la donne de ce tombeau est la mme que celle adopte pour le beau monument de ,saint-,denis1 lev ,dagobert4 ,nous ne pensons pas qu'il soit ncessaire d'insister davantage sur ce genre de spultures en forme de niches ou chapelles adosses1 et nous passerons l'examen des tombeaux isols1 en commenant par les plus simples et qui sont aussi les plus anciens4 ,sur les sommets des ,vosges1 prs de ,saverne1 on trouve des restes d'enceintes et de dbris qui remontent une poque recule1 et particulirement1 entre ,saverne et ,dabo1 de nombreux cimetires ont t dcouverts4 ,la plupart des tombes qu'ils renferment prsentent une disposition singulire4 ,ces monuments funraires consistent en une auge ou un simple trou en terre1 entour de pierres sches1 contenant un vase cinraire2 le tout est couvert par une pierre en forme de prisme triangulaire1 lgrement convexe4 la base de la face antrieure est perc un trou en faon de petit arc1 et correspondant une cavit faite aux dpens du bloc#ce4 ,la figure #ab montre un de ces monuments en coupe 7,a71 et le couvercle spar en ,b4 ,parfois1 mais plus rarement1 ces couvercles ne sont pas curvilignes 7fig4 #ac74 ,la rouelle gauloise1 des imbrications ou des ornements dans le style gallo-romain les dcorent4 ,m4 le colonel ,morlet1 qui a mis en lumire ces dcouvertes1 considre en effet1 et avec raison1 ces tombeaux comme postrieurs la conqute des ,gaules par les ,romains2 les objets1 mdailles et vases trouvs autour d'eux1 les inscriptions qui sont graves sur leurs parois1 ne peuvent laisser de doutes cet gard4 ,les monuments funbres que reclent les sommets des ,vosges1 entre ,saverne et ,dabo1 n'taient pas rpandus au hasard sur ces hauts plateaux1 dit en terminant ,m4 le colonel ,morlet1 mais runis en de vritables cimetires entours de temples1 d'autels et d'habitations2 ils annoncent la prsence permanente d'une population nombreuse1 charge de dfendre les grands camps fortifis dont nous voyons les traces4 ,favorises par la configuration du sol qui descend en pente douce vers la ,lorraine1 tandis qu'il s'arrte brusquement pic du ct de l',alsace1 ces positions ont d tre occupes et fortifies ds la plus haute antiquit1 pour arrter les invasions d'outre-,rhin4 ,bien avant les ,romains1 il y eut donc de sanglants combats sur cette barrire naturelle1 o chaque invasion kymrique1 celtique et germanique1 vit s'lever de nouveaux travaux de dfense1 au-dessus desquels l'poque gallo-romaine a laiss une dernire empreinte4 ,c'est ainsi1 sans doute1 que les tombeaux dcrits ci-dessus se trouvent mls des ruines d'une poque plus ancienne1 telles que ces grandes murailles doubles du ,gros-,limmersburg1 o je ne puis reconnatre l'art romain4 ,la monnaie de ,titus trouve au ,kempel1 ainsi que la bonne facture du vase dcouvert au mme lieu1 annoncent que ces ncropoles existaient ds les premiers temps de l're chrtienne4 ,ces tombeaux n'ont rien de germanique2 ils sont gaulois de l'poque romaine4 ,leur caractre spcial consiste dans la petite ouverture que l'on voit toujours leur base1 et dans l'arc aigu qui termine gnralement leur sommet4 ,l'ouverture de la base est difficile expliquer1 moins d'admettre que ce soit un moyen de communiquer avec les cendres du mort et de faire des libations4 ,l'arc aigu1 dont on retrouve l'image exacte dans les monuments funbres de l',asie ,mineure1 ne serait-il pas l'indice d'une tradition antrieure l'invasion celtique1 qui se serait conserve chez une tribu campe au sommet des ,vosges8 ,en effet1 des tombeaux lyciens1 en grand nombre1 se terminent leur sommet par une sorte de couvercle ou de couverture imite d'un ouvrage de bois1 qui affecte la forme d'un prisme curviligne#cf1 et1 en pntrant dans l'extrme ,orient1 on retrouve des spultures hindoues qui prsentent la mme apparence gomtrique4 ,sans attacher ces rapports plus d'importance qu'il ne convient1 il est ncessaire d'en tenir compte1 car nous voyons cette forme de recouvrement du corps persister chez les populations sorties de l',orient septentrional4 ,la loi salique mentionne la construction1 la balustrade1 le petit difice ou le petit pont plac au-dessus d'un homme mort#cg4 ,grgoire de ,tours#ch propos d'un vol avec effraction commis dans la basilique ,saint-,martin de ,tours1 dit que les voleurs s'taient introduits par une fentre en montant sur un treillis qu'ils avaient enlev sur la tombe d'un mort 7,qui ponentes ad fenestram absidoe cancellum1 qui super tumulum cujusdam defuncti erat444474 ,les ,anglo-,saxons avaient pour habitude de poser sur la tombe du mort une sorte de berceau de bois ou de fer 7hearse71 que l'on recouvrait d'un pole#ch4 ,or1 la forme des tombeaux lyciens1 celle des tombes des ,vosges1 indiquent l'aristato#dj que cite la loi salique1 le hearse des ,anglo-,saxons1 les catafalques figurs dans la broderie de ,bayeux 7dite tapisserie de la reine ,mathilde72 et bien que les pierres des ,vosges recouvrent des urnes cinraires1 et que les ,francs ni les ,anglo-,saxons ne brlassent leurs corps1 il est difficile de ne pas admettre pour cette forme de tombeaux1 figurant un pole recouvrant une carcasse de bois ou de fer1 une origine pareille4 ,observons que cet aristato1 ce hearse1 recouvrent1 non pas le mort1 mais la spulture du mort2 c'est ce que nous appelons aujourd'hui un catafalque4 ,ce n'est pas la bire1 mais le signe honorable et visible qui indique la place de la tombe4 ,le tombeau lycien dpos au ,british ,museum prsente cette particularit curieuse 7fig4 #ad71 que le sarcophage proprement dit ,a1 qui est de marbre1 et dans lequel taient dposs les restes du mort1 prend la figure propre cette matire1 tandis que la partie ,,bc de recouvrement1 quoique taille de mme dans des blocs de marbre1 affecte l'apparence d'une structure de bois4 ,le sommet curviligne ,c est mme revtu de son pole1 simulant une toffe dont la broderie est figure par des bas-reliefs trs-plats1 et les ornements de mtal que ce pole pouvait recevoir1 par des mufles de lion saillants4 ,il y a donc1 dans ce tombeau1 la spulture proprement dite et le catafalque qui la surmonte4 ,mme disposition en petit1 dans les tombes des ,vosges1 pour les tombeaux dont parle ,grgoire de ,tours2 pour le monument de ,beauchamp1 o l'effigie du mort1 place sur le sarcophage1 est recouverte d'un berceau de fer sur lequel le pole tait pos4 ,mme disposition adopte pour le tombeau du religieux ,guillaume1 dpos autrefois prs de la porte du chapitre1 dans le clotre de l'abbaye de ,noaill 7fig4 #ae71 et qui date de la fin du ,x,i,ie sicle#da4 ,cette pierre n'est autre chose que le catafalque1 la reprsentation de l'aristato1 du pole pos sur une carcasse et recouvrant la place o repose le mort4 ,mais voici un exemple intressant qui se prsente et qui donne plus de valeur aux observations prcdentes4 ,la petite glise de ,saint-,dizier1 en ,alsace1 renferme plusieurs tombeaux1 et entre autres celui attribu saint ,dizier1 vque1 dit la lgende4 ,ce tombeau1 qui d'ailleurs ne remonte pas au del du milieu du ,x,i,ie sicle1 n'est autre chose qu'une pierre creuse en forme de petite cellule1 avec deux portes 7fig4 #af74 ,la cellule1 monolithe1 est termine sa partie suprieure par deux pentes recouvertes de riches ornements4 ,jusqu'en #ahce1 dit ,m4 ,anatole de ,barthlemy1 auquel nous empruntons ce dtail#db1 on faisait passer par ces ouvertures les personnes atteintes d'alination mentale44444 ,voil l'aristato1 le pole1 le catafalque antique recouvrant le corps d'un saint1 et pourvu de proprits miraculeuses4 ,le corps est enseveli1 et sa place est consacre par cet dicule qui reproduit toujours la disposition que nous trouvons en ,lycie1 sur les sommets des ,vosges1 l'abbaye de ,noaill1 et que nous allons voir se dvelopper avec l'art du ,x,i,i,ie sicle son apoge4 ,citons d'abord le charmant tombeau de ,saint-tienne1 plac dans l'glise d',obazine 7,corrze74 ,l'effigie du saint1 couche1 est garantie du contact par une arcature jour2 au-dessus de l'arcature est un riche pole formant comble deux pentes1 et couvert de bas-reliefs4 ,des moines sortent de leurs cercueils et viennent se prosterner devant la ,vierge4 ,des anges tenant des flambeaux apparaissent mi-corps entre les gbles sculpts sur les rampants1 termins par une crte feuillue#dc4 ,mais voyons comment1 sur des donnes beaucoup plus simples1 ce souvenir du tombeau antique s'est perptu4 ,dans le cimetire qui entoure encore l'glise de ,montral 7,yonne71 on remarque plusieurs tombes dont voici 7fig4 #ag7 la forme4 ,cette pierre1 en faon de comble crois1 recouvre1 sur des cales1 la spulture4 ,le trac ,a donne le dtail des trois pignons de l'extrmit postrieure et du croisillon4 ,quant au pignon ,b de l'extrmit antrieure1 il est muni d'une petite niche avec coupelle formant bnitier4 ,une croix plat est sculpte sur le fate de ce comble4 ,ne trouve-t-on pas l comme une dernire trace des traditions antiques1 christianise8 ,mais cette disposition devait fournir des motifs d'architecture autrement riches4 ,on n'enterrait gure dans les cimetires que des personnes peu considrables1 tandis qu' dater du ,x,i,i,ie sicle1 les glises taient rserves aux spultures des grands4 ,en outre des spultures adosses aux murs1 en forme de niches1 et des tombes plates dont nous parlerons tout l'heure1 on levait un assez grand nombre de monuments dont la donne se rapprochait du tombeau catafalque4 ,l'effigie du mort tait pose sur une sorte de crdence ajoure1 place sur la spulture4 ,un dais tenu par des pilettes formant clture tenait lieu du pole1 de l'aristato dont nous avons parl4 ,il ne semble pas que dans les provinces du nord de la ,france on ait adopt 7si ce n'est pendant les poques mrovingienne et carlovingienne7 la disposition de certaines spultures italiennes et orientales chrtiennes1 disposition qui consistait en un sarcophage recevant rellement le corps1 lev sur des pieds et surmont d'un dicule en faon de dais4 ,le tombeau du roi ,guillaume ,ier1 dpos dans la basilique de ,montreale1 ,palerme1 tait ainsi conu4 ,il consiste en une cuve de porphyre leve sur deux pieds ajours ,un toit reposant sur six colonnes de porphyre protge la cuve4 ,alors 7au ,x,i,ie sicle71 en ,france1 on plaait les corps en terre1 dans un cercueil de pierre1 de bois ou de mtal1 et le monument visible n'tait1 comme nous l'avons dj dit1 qu'un simulacre1 une indication de la place o reposait ce corps4 ,il est fort important de ne pas perdre de vue ce principe qui influe sur la composition de tous les monuments funraires franais1 depuis le ,x,i,ie sicle au moins4 ,quand saint ,louis fit refaire1 dans l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 la plupart des tombeaux de ses prdcesseurs1 l'artiste charg de ce travail adopta un parti mixte4 ,ne voulant pas encombrer le transsept au milieu duquel ces tombes sont places1 et ayant mnager la place1 n'ayant pas peut-tre des ressources suffisantes1 il ne put lever un dicule sur chaque spulture4 ,les rois et reines furent placs sur des socles deux par deux2 derrire leur tte fut dress un dais double en forme de chevet ou de dossier1 et deux colonnettes accompagnant et surmontant ces dais permirent de poser sur leurs chapiteaux1 et entre leurs fts1 des flambeaux4 ,peut-tre1 certains jours1 des poles d'toffe attachs ces colonnettes taient-ils tendus sur chaque tombe4 ,c'est ici l'occasion de parler des illuminations des tombes1 usage qui remonte une trs-haute antiquit4 ,les ,grecs illuminaient les monuments funbres1 et la plupart des tombeaux qui existent encore en si grand nombre dans la ,syrie centrale sont surmonts de pyramides disposes de faon placer des lampes sur de petites consoles mnages cet effet le long des pans inclins#dd4 ,depuis l'tablissement du christianisme dans les ,gaules1 on illuminait les cimetires l'occasion de certaines ftes1 et chaque nuit un fanal tait allum dans leur enceinte4 ,quelques tombeaux du moyen ge possdent encore les herses de fer qui taient destines porter des cierges1 et les tombeaux relevs par ,louis ,,ix ,saint-,denis adoptent ce parti4 ,la figure #ah reprsente un de ces tombeaux doubles#de4 ,cette disposition1 trs-originale1 ne parat pas tre une exception1 car souvent on remarque sur les parois des socles recevant des effigies de morts1 les traces de supports de pierre1 de mtal ou mme de bois1 portant ces herses de cierges et peut-tre des poles d'toffe4 ,les tombes avec dais fixes de pierre ou de bois ne sont qu'un driv du mme principe4 ,on en voyait beaucoup autrefois dans nos glises abbatiales1 ,royaumont1 aux abbayes de ,saint-,denis1 de ,longpont1 d',eu1 de ,braisne1 de ,saint-,seine1 de ,poissy2 aux ,jacobins1 aux ,clestins de ,paris4 ,quelques cathdrales en possdaient galement1 ,amiens1 ,rouen1 ,sens4 ,on en voit encore dans celles de ,limoges et de ,narbonne1 autour du choeur4 ,voici entre autres la tombe de ,charles1 comte d'tampes1 petit-fils de ,philippe le ,hardi1 qui tait place dans l'glise des ,cordeliers1 ,paris1 derrire le grand autel#df4 ,ce comte d'tampes mourut en #accf 7fig4 #ai74 ,la statue1 de marbre blanc1 repose sur une dalle de marbre noir1 avec socle orn d'arcatures de marbre blanc sur fond noir4 ,un dais d'un charmant travail protge la tte2 l'pitaphe est grave derrire ce dais4 ,l'dicule jour1 en pierre1 tait entirement peint et dor1 et le plan prsente une disposition curieuse4 tabli entre les deux gros piliers1 derrire le choeur1 ce plan est trac de manire chapper ces piliers et laisser l'architecture du dais indpendante 7fig4 #bj7dg4 ,les votes taient peintes d'azur avec fleurs de lis d'or1 et les petits contre-forts plaqus de compartiments de verres colors par dessous1 comme ceux que l'on voit encore dans certaines parties de la sainte ,chapelle de ,paris4 ,quelquefois le socle portant la statue tait ajour3 tel tait le tombeau d'un sire de ,coucy1 plac entre deux piliers1 gauche du grand autel de l'abbaye de ,longpont1 et qui datait de la fin du ,x,i,i,ie sicle#dh4 ,ce tombeau tait1 comme le prcdent1 entirement peint4 ,le vtement guerrier du personnage appartient aux dernires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,maintenir l'intgrit d'un principe et en tirer des consquences trs-varies1 c'est le fait d'un art qui a trouv sa voie4 ,le programme du monument catafalque est adopt ds le ,x,i,i,ie sicle1 pour la spulture des personnages considrables1 de prfrence au tombeau en forme de niche2 cependant quelle varit non-seulement dans les dtails de ces dicules1 mais aussi dans la faon d'interprter ce programme6 ,voici1 par exemple 7fig4 #ba71 encore un des monuments funraires de l'abbaye de ,longpont1 qui tait plac la gauche du grand autel4 ,c'est celui d'une femme4 ,l'effigie de la morte n'est plus place sur la crdence qui recouvre la place de la spulture1 mais sous cette crdence ajoure1 tandis qu'un crucifix richement dcor est dpos sur la crdence4 ,un dicule peu prs semblable au prcdent recouvre ce simulacre#di4 ,ce tombeau date du commencement du ,x,i,ve sicle4 ,citons encore1 parmi les tombeaux catafalques les plus remarquables de cette poque1 celui de l'archevque ,pierre de la ,juge1 plac entre deux des piliers du choeur de la cathdrale de ,narbonne 7ct mridional74 ,pourquoi la statue et l'un des charmants bas-reliefs de ce tombeau ont-ils t enlevs pour tre dposs au muse de ,toulouse8 ,nous ne saurions le dire4 ,comment la cathdrale de ,narbonne ne rclame-t-elle pas ces fragments1 afin de les rintgrer8 ,cela ne peut s'expliquer que par une indiffrence profonde pour ces prcieux restes1 devenus si rares dans nos anciennes glises1 et cependant laisss l'abandon ou mme dgrads journellement1 quand les fabriques ne les font pas enlever pour placer quelque dcoration nouvelle d'un got quivoque4 ,ce tombeau de la cathdrale de ,narbonne1 bien que mutil de la faon la plus sauvage1 est encore un vritable bijou1 conservant ses peintures d'un got charmant et des statuettes d'un style excellent4 ,nous en traons le plan 7fig4 #bb74 ,le choeur tant un mtre en contre-haut du collatral1 de ce ct un rang infrieur de bas-reliefs compense la diffrence de niveaux4 ,la figure #bc donne la coupe du monument avec l'indication des peintures qui se trouvaient au-dessus de la tte du prlat4 ,deux anges enlvent son me au ciel4 ,sous le formeret1 des quatrefeuilles armoys aux armes du dfunt alternent avec des oiseaux affronts4 ,les votes sont peintes en bleu1 et tous les profils de tons varis1 d'une harmonie trs-heureuse4 ,la figure #bd donne la face du tombeau du ct du collatral4 ,les deux bas-reliefs1 d'albtre dur1 reprsentent1 celui du haut des vques dans des niches avec gbles1 celui du bas des chanoines deux par deux1 assistant aux obsques4 ,ce tombeau1 ainsi que quelques autres qui existent encore dans la cathdrale de ,narbonne1 forme clture du choeur4 ,la mme disposition existe ,limoges1 et existait ,amiens1 avant l'tablissement des ridicules dcorations de pltre qui dshonorent le choeur de la cathdrale1 et qui sont dues l'un de ses vques du dernier sicle#ej4 ,parmi les tombeaux de la cathdrale de ,limoges1 citons celui qui est plac entre les piliers1 ct sud du choeur4 ,ce tombeau1 d'un vque1 prsente une de ces dispositions originales que les artistes du moyen ge savaient toujours trouver4 ,un trac perspectif 7fig4 #be71 en fera saisir l'effet du ct du collatral4 ,deux thurifraires entr'ouvrent un rideau qui laisse voir la statue couche du prlat4 ,la vote de l'dicule est en berceau1 et des bas-reliefs dcorent ses pieds-droits4 ,devant le socle1 des chanoines sont sculpts dans de petites niches4 ,ce monument date galement du ,x,i,ve sicle4 ,cette disposition fut conserve jusqu' l'poque de la renaissance1 et nous possdons un grand nombre de reprsentations de tombeaux1 avec dais plus ou moins riches1 protgeant l'effigie du mort4 ,on retrouve encore l'application de ce principe dans les clbres tombeaux de ,louis ,,xii1 de ,franois ,ier et de ,henri ,,ii1 rigs ,saint-,denis ,cependant le programme des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles est modifi sur un point capital4 ,dans ces derniers monuments1 les personnages sont reprsents avec les apparences de la mort sous le cnotaphe2 vtus1 vivants et agenouills au-dessus4 ,le monument recouvrant la spulture de ,franois ,ier montre non-seulement les figures nues du roi et de la reine ,claude sous le cnotaphe1 mais encore1 sur le couronnement1 les mmes figures agenouilles1 vtues et accompagnes du dauphin ,franois1 du prince ,charles d',orlans et de ,charlotte de ,france1 qui mourut ge de huit ans4 ,disons1 en passant1 que ce tombeau1 attribu par quelques-uns des artistes italiens1 est d ,philibert de l',orme1 comme architecte2 ,pierre ,bontems1 matre sculpteur1 bourgeois de ,paris1 qui s'engagea1 par un march en date du #f octobre #aeeb1 moyennant #afii livres1 faire une partie des clbres bas-reliefs du stylobate1 et une figure du couronnement2 ,germain ,pilon1 qui excuta pour #aajj livres les huit figures de ,fortune 7sous la vote du cnotaphe72 ,ambroise ,perret1 qui fit les quatre vanglistes2 et enfin1 pour l'ornementation1 ,jacques ,chantrel1 ,bastile ,galles1 ,pierre ,bigoigne et ,jean de ,bourgy4 ,les belles figures couches appartiennent l'cole franaise1 et paraissent tre sorties des ateliers de ,jean ,goujon4 ,quant la statuaire du tombeau de ,henri ,,ii1 elle est tout entire de la main de ,germain ,pilon#ea4 ,depuis la fin du ,x,ve sicle1 beaucoup de monuments funraires adoptrent cette disposition1 d'une reprsentation du mort sous le cnotaphe1 et du mme personnage vivant1 agenouill sur le couronnement2 puis on en vint supprimer parfois l'effigie du cadavre1 et ne plus montrer que les figures des personnages agenouills sur un socle1 ou sur le simulacre d'un sarcophage4 ,toutefois ces compositions n'apparaissent pas en ,france1 que nous sachions1 avant la seconde moiti du ,x,ve sicle4 ,au ,x,v,ie1 elles deviennent assez frquentes4 ,le tombeau de ,charles ,,viii1 ,saint-,denis1 prsentait cette disposition4 ,charles ,,viii mourut le #g avril #adih1 par consquent son tombeau appartient dj au style dit de la renaissance franaise4 ,il tait fort beau#eb1 et a t grav plusieurs fois4 ,gagnires1 dans sa collection#ec1 en a donn un bon dessin4 ,comme corollaire de ces tombeaux cnotaphes1 il faut citer les monuments appliqus contre les murs1 et qui prsentent sur une surface verticale comme le dveloppement de toutes les parties qui constituent le mausole1 avec soubassement1 image du mort et dais4 ,ces sortes de monuments sont assez rares en ,france2 le dfaut d'espace et aussi le dfaut d'argent faisaient parfois adopter ce parti4 ,nous en connaissons deux beaux exemples dans l'ancienne cathdrale de la cit de ,carcassonne4 ,l'un date du milieu du ,x,i,i,ie sicle1 c'est celui de l'vque ,radulphe4 ,le simulacre du sarcophage1 qui persiste tard dans les provinces mridionales de la ,france1 est pos sur trois colonnettes et parat engag dans la muraille4 ,des chanoines1 sous une arcature1 assistent aux obsques4 ,sur le sarcophage se dresse debout1 en bas-relief1 la figure de l'vque bnissant4 ,un gble orn de fleurons et de crochets couronne le tout4 ,l'autre tombeau 7fig4 #bf7 date du commencement du ,x,i,ve sicle3 c'est celui de l'vque ,pierre de ,roquefort1 qui fit rebtir le choeur de l'glise et deux chapelles voisines du transsept#ed4 ,ce monument1 ainsi que le montre notre trac1 prsente en rabattement1 dirons-nous1 la disposition des tombeaux cnotaphes2 l'vque n'est pas couch sur le socle1 qui n'est qu'un placage1 mais se dresse sur ce socle2 il est couronn par un dais plaqu2 un chanoine et un diacre accompagnent la figure principale dans deux arcatures latrales4 ,ainsi que nous le disions1 cette disposition est rare en ,france1 et nous n'en connaissons pas d'exemple1 encore existant1 dans les provinces du ,nord4 ,il nous reste parler des plates tombes1 avec effigies en relief ou simplement graves sur la pierre ou sur le mtal4 ,ces tombes sont de deux sortes3 ou les effigies des morts sont poses sur un socle trs-bas prsentant une faible saillie au-dessus du sol1 ou elles sont au ras mme du sol1 de faon permettre de marcher dessus comme sur un dallage4 ,nous ne doutons pas que les premiers de ces tombeaux taient garnis d'un pole d'toffe aux anniversaires ou certains jours solennels1 et nous en donnerions comme preuve les attaches de tiges de mtal ou les douilles dont on trouve frquemment la trace le long des socles4 ,pour les seconds1 ils n'taient qu'un signe apparent indiquant la place de la spulture4 ,il existe des plates-tombes d'une poque assez ancienne1 c'est--dire remontant au ,x,i,ie sicle1 mais qui1 tout en prsentant peu de relief1 formaient cependant assez de saillie sur le sol pour qu'on ne pt marcher dessus1 tandis que ce n'est que vers #abbe que l'on commence voir des plates-tombes au ras du sol1 et seulement graves4 ,il faut cependant mentionner ici une tombe trs-singulire1 qui autrefois tait place dans le choeur de l'glise ,saint-,germain des ,prs1 ,paris1 et qui est aujourd'hui dpose ,saint-,denis3 c'est celle de ,frdgonde4 ,dom ,bouillard#ee prtend que cette princesse avait t enterre dans la basilique de ,sainte-,croix et de ,saint-,vincent1 du ct du nord1 prs du gros mur qui soutenait le clocher4 ,la tombe actuelle ne remonte pas au del de la premire moiti du ,x,i,ie sicle4 ,c'est une plaque de pierre de liais incruste de fragments de ptes de verre et de pierres dures1 entremls de filets de cuivre4 ,des rserves laisses dans la pierre forment les linaments du vtement4 ,la tte1 les mains et les pieds1 entirement unis aujourd'hui1 taient trs-probablement peints4 ,nous ne connaissons pas d'autre exemple de ce genre de monuments funraires#ef2 et il est difficile de dcouvrir les motifs qui dterminrent les religieux de ,saint-,germain des ,prs faire excuter ce monument suivant un procd aussi peu usit4 tait-ce pour imiter une mosaque beaucoup plus ancienne qui aurait t faite par encloisonnements1 sur des indications d'artistes byzantins8 tait-ce l'essai d'un artiste occidental8 ,nous ne saurions le dire4 ,d'autres plates-tombes en mosaque existent en ,france1 celle1 entre autres1 de l'vque d',arras1 ,frumaldus1 mort en #aahjeg1 et celle trouve dans les ruines de l'abbaye de ,saint-,bertin1 avec la date de #aaji2 mais ces tombes sont excutes suivant le procd ordinaire du mosaste employ en ,italie et en ,france au ,x,i,ie sicle1 procd qui ne ressemble en rien celui adopt pour l'effigie de ,frdgonde4 ,il nous reste deux belles tombes datant du ,x,i,ie sicle1 qui reprsentent1 en plat relief les effigies des rois ,clovis ,ier et ,childebert ,ier4 ,ces tombes1 qui proviennent de l'abbaye ,saint-,germain des ,prs1 sont maintenant dposes ,saint-,denis4 ,le relief de ces figures est trouv aux dpens d'une cavit faite dans une paisse dalle de pierre4 ,elles avaient remplac1 dans l'glise ,saint-,germain des ,prs1 des monuments beaucoup plus anciens1 mais fort dgrads1 lorsque l'abbaye fut prise par les ,normands4 ,vers la fin du ,x,i,ie sicle et le commencement du ,x,i,i,ie1 on plaa dans les glises beaucoup de ces tombes avec effigie en demi-relief1 peu leves au-dessus du pav4 ,elles taient trs-frquemment excutes en bronze coul ou repouss1 maill1 et consistaient en une plaque de mtal pose aux quatre coins sur des colonnettes trs-trapues1 sur des lions1 ou simplement sur des cales4 ,la tombe de ,charles le ,chauve1 place au milieu du choeur des religieux de ,saint-,denis1 et dont la fabrication parat appartenir aux premires annes du ,x,i,i,ie sicle1 tait ainsi compose4 ,nous en donnons 7fig4 #bg7 une copie d'aprs le bon dessin de la collection ,gaignires4 ,l'empereur est reprsent en demi-relief2 sa tte repose sur un coussin1 ses pieds sur un lion4 ,la main droite tient le sceptre fleurdelis1 la gauche une sphre4 ,il est vtu des trois robes1 les deux de dessus fendues sur le ct1 et du manteau rond attach sur l'paule droite2 il porte la couronne fleuronne4 ,deux angelets1 placs dans les coinons du trilobe qui encadre la tte du prince1 tiennent des encensoirs et des navettes4 ,aux quatre coins ,a de la plaque sont assises quatre statuettes d'vques4 ,une inscription en creux formait la bordure de la tombe4 ,le fond de la plaque est entirement maill en bleu1 avec fleurs de lis et rseau or4 ,des plaques d'mail incrust dcoraient aussi les bordures des robes et du manteau4 ,quatre lions de bronze1 reposant sur des colonnettes jumelles trs-courtes1 de pierre1 supportaient cette table 7voyez l'lvation1 fig4 #bg bis71 laissant un vide de #jm1#ee environ au-dessous d'elle#eh4 ,nous ne possdons plus en ,france que quatre tombes de mtal dans le genre de celle de ,charles le ,chauve4 ,deux sont sans maux1 ce sont les tombes des vques d',amiens1 ,ewrard de ,fouilloy et ,godefroy2 l'un de ces deux monuments est d'une grande valeur comme art1 c'est celui de l'vque ,ewrard4 ,la tte1 les draperies1 admirablement modeles1 sont d'un style excellent4 ,nous donnons 7fig4 #bh7 une copie de ce tombeau4 ,le personnage1 demi ronde bosse1 est fondu avec la plaque1 et la table repose sur un socle de pierre trs-bas1 avec six lions issants4 ,l'vque bnit et porte la crosse4 ,deux anges thurifraires1 en bas-relief1 encensent sa tte1 qui repose sur un coussin richement dcor4 ,deux clercs1 galement en bas-relief1 tiennent des flambeaux4 ,les pieds du prlat reposent sur deux dragons4 ,une inscription et un bel ornement courant enveloppent la figure encadre par une sorte de dais sa partie suprieure4 ,l'vque ,ewrard de ,fouilloy fut le fondateur de la cathdrale actuelle d',amiens1 commence en #abbj4 ,il mourut en #abbc2 donc1 son tombeau1 plac autrefois l'entre de la nef1 dans l'axe1 date de la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle2 il possde d'ailleurs tous les caractres de cette poque4 ,les deux autres tombes de bronze qui nous restent encore sont celles de ,jean et de ,blanche de ,france1 enfants de saint ,louis1 et dposes1 avant la rvolution1 dans l'glise de l'abbaye de ,royaumont1 sous deux niches dcores de peintures4 ,ces tombes1 fort petites1 reprsentent1 en cuivre repouss1 dor et grav1 les deux enfants1 sur deux plaques de cuivre dor et maill1 avec riche bordure galement maille aux armes de ,france1 de ,castille et d',aragon4 ,le jeune prince pose ses pieds sur un lion1 et la princesse sur un lvrier4 ,des anges thurifraires1 en demi-relief1 sont fixs aux cts de la tte de chacun d'eux1 et des religieux1 aussi en demi-relief1 se dtachent sur les fonds d'mail aux cts des personnages4 ,ces deux plaques trs-intressantes sont aujourd'hui dposes dans l'glise de ,saint-,denis1 ct du matre autel1 en face du tombeau de ,dagobert#ei4 ,les tombes plates de cuivre1 isoles1 comme celles de ,charles le ,chauve et des deux vques d',amiens1 prcieuses par la matire et le travail1 taient trs-probablement1 comme nous l'avons dit plus haut1 protges certains jours par des poles de riches toffes1 et illumines au moyen de porte-lumires4 ,nous avons la preuve de cette dernire disposition dans les magnifiques tombeaux de cuivre dor et maill qui se voyaient1 avant #agic1 dans l'glise de ,villeneuve1 prs de ,nantes1 et dont les dessins nous sont conservs dans la collection de ,gaignires4 ,l'un de ces monuments1 lev sur la spulture de deux princesses qui sont ,alix1 comtesse de ,bretagne1 morte en #abba1 et sa fille ,yolande de ,bretagne1 qui mourut en #abab1 date de cette dernire poque4 ,le vtement de la comtesse ,alix appartient mme aux annes comprises entre #abbe et #abce4 ,cette figure tait-elle dj faite alors1 ou le statuaire voulut-il reproduire le costume de la princesse1 morte en #abba8 ,nous ne pourrions dcider la question2 cependant on peut admettre que la statue d',alix tait faite aprs sa mort1 ainsi que la plaque sur laquelle on l'avait fixe 7car l'ornementation maille de cette plaque est videmment plus ancienne que celle de ,yolande71 et qu'aprs la mort de celle-ci les deux tombes furent encadres dans un mme socle4 ,quoi qu'il en soit1 sur les bordures armoyes qui entourent et sparent les deux plaques1 sont disposes douze douilles en forme de fleurettes fermes1 qui taient destines videmment recevoir des bobches et des cierges1 ainsi que l'indique notre figure #bi4 ,les socles trs-bas de la tombe jumelle sont galement couverts d'maux armoys4 ,aux angles sont quatre lions issants de bronze dor4 ,le tout reposait sur une marche de pierre4 ,c'est aux angles de ce socle de pierre que l'on retrouve presque toujours la trace de scellements de mtal ou de bases de colonnettes1 soutenant l'armature de fer sur laquelle on jetait une toffe aux anniversaires ou certaines occasions4 ,la figure #bi rend compte de cette disposition4 ,rien n'gale la splendeur de ces monuments de mtal dor et maill4 ,l'abbaye de ,braisne1 les cathdrales de ,beauvais et de ,paris1 l'abbaye de ,royaumont1 en possdaient plusieurs#fj4 ,il y a une sorte de monument intermdiaire entre ces derniers tombeaux et les plates-tombes3 ce sont des statues couches sur un lit lgrement inclin1 et ayant au-dessus du pav un faible relief4 ,ces tombes taient places dans le choeurs des glises ou dans des chapelles1 de faon tre vues des fidles et ne pas gner la circulation4 ,il existait avant la rvolution1 dans l'glise de ,chaloch1 au milieu du choeur1 un tombeau ainsi compos3 c'tait celui de ,thibaut1 seigneur de ,motheflon1 de ,batrix de ,dreux1 sa femme1 de leur fils et de leur bru4 ,les quatre statues taient couches sur un socle peu lev1 en forme de lit de camp 7fig4 #cj72 les statues taient peintes2 les deux sires de ,motheflon avaient leurs mailles dores et portaient des cottes armoyes de leurs armes1 qui sont de gueules aux six cussons d'or poss #c1 #b et #a4 ,ce tombeau datait du commencement du ,x,i,ve sicle#fa4 ,les tombs plates graves ne remontent pas1 comme nous l'avons dit dj1 au del du ,x,i,i,ie sicle4 ,mais vers la fin du ,x,i,ie et le commencement du ,x,i,i,ie1 on plaait dans les glises beaucoup de pierres tombales1 au ras du sol1 qui prsentaient l'effigie du mort en bas-relief4 ,le respect que l'on avait pour les spultures faisait que les fidles ne marchaient point sur ces pierres2 mais s'il y avait foule dans l'glise1 il tait assez difficile d'viter de butter contre ces saillies1 si faibles qu'elles fussent3 aussi se contenta-t-on bientt de graver sur des dalles de pierre ou des plaques de bronze la figure entire du dfunt4 ,nous possdons en ,france un assez grand nombre de ces plates-tombes en bas-relief4 ,il nous suffira d'en donner ici un exemple qui se trouve aujourd'hui dpos dans la nef1 l'entre de l'glise de ,saint-,martin de ,laon 7fig4 #ca74 ,la tombe1 de pierre noire de ,belgique1 est celle d'un chevalier portant le costume militaire du commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,son cu est vair2 la sculpture du personnage1 de grandeur naturelle1 est trs-peu saillante sur le fond lgrement taill en cuvette4 ,d'ailleurs il est croire que ces plates-tombes taient1 au moins pendant un laps de temps aprs la mort du personnage et l'occasion des anniversaires1 surmontes de dais d'toffes4 ,la forme de ces dalles sculptes est souvent celle d'un trapze1 c'est--dire que la pierre est plus troite du ct des pieds que du ct de la tte4 ,les pavages de nos glises ne se composaient plus1 la fin du ,x,ve sicle dj1 que de dalles tombales juxtaposes1 et bien que depuis lors on ait dtruit une prodigieuse quantit de ces monuments si prcieux pour les tudes historiques et archologiques1 il en reste encore beaucoup4 ,plusieurs de ces plates-tombes sont mme d'une grande beaut de style1 et montrent quel degr de perfection l'art du dessin s'tait lev pendant le moyen ge4 ,les meilleures sont celles qui appartiennent aux ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,les plates-tombes de cuivre grav ou lgrement model ont toutes t fondues4 ,celles que nous possdons encore dans quelques glises sont de pierre1 parfois avec incrustations de marbre blanc pour les nus1 et noir pour certaines parties des vtements ou pour les fonds4 ,le trait grav est rempli de plomb ou de mastic noir et brun rouge4 ,la forme de ces tombes est trop connue pour qu'il soit ncessaire d'en donner ici des exemples4 ,nous citerons parmi les plus belles celles de la cathdrale et de l'glise ,notre-,dame de ,chlons-sur-,marne1 celles des glises de ,troyes1 de ,beaune1 de la sainte ,chapelle du ,palais ,paris1 etc4 ,gaignires nous a laiss les dessins de plusieurs de ces plates-tombes provenant de l'abbaye de ,jumiges1 et qui taient de terre cuite maille4 ,souvent ces plates-tombes n'taient dcores que par une inscription grave sur les bords et un emblme sur le milieu4 ,l'abb ,lebeuf cite un certain nombre de ces dalles places dans des paroisses du diocse de ,paris1 et qui avaient pour toute gravure un cu1 ou une croix1 ou un calice4 ,ces dernires sont des tombes de curs4 ,les pierres tombales poses sur les spultures des templiers ne portaient habituellement aucune inscription1 mais une simple croix grecque1 un cu1 et parfois un triangle quilatral 7voyez ,,temple7#fb4 ,on cessa de graver l'effigie du mort sur les dalles tombales vers le milieu du ,x,v,i,ie sicle4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 bis4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 ,note #ad3 ,la ,normandie souterraine1 par ,m4 l'abb ,cochet4 ,paris1 #ahee4 ,note #ae3 ,l'vque ,aravatius s'tant rendu dans la ville de ,maestricht1 y fut attaqu d'une fivre lgre dont il mourut4 ,son corps1 lav par les fidles1 fut enterr prs de la voie publique4 7,hist4 fran41 liv4 ,,ii1 chap4 ,v47 ,note #af3 ,un sarkeu fist apareillier 7,richard7 ,lez la meisiere del mustier 7contre le mur de l'glise71 ,a metre emprs sa mort sun core ,suz la gutiere de defors 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 7,le roman de ,rou1 vers #ehgi et suiv47 ,note #ag3 ,nous avons trouv1 dans l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 au-dessous du pav de la basilique de ,dagobert1 plusieurs sarcophages de pierre1 plus larges d'un bout que de l'autre4 ,sur le couvercle et l'un des bouts d'un seul de ces sarcophages sont graves grossirement des croix pattes2 les autres sarcophages sont unis4 ,ils contenaient des ossements compltement rduits en poussire1 des traces d'toffes et des fils d'or qui entraient dans le tissu1 quelques bouts de courroie de bronze 7dposs au muse de ,cluny74 ,plusieurs de ces corps avaient t ensevelis sans la tte1 ce qui ferait supposer que les chefs taient placs part dans des reliquaires4 ,note #ah3 ,a1 dessus et bout d'un des sarcophages mrovingiens de ,saint-,denis2 ,b1 sarcophage de saint ,andoche 7dom ,planchet1 ,hist4 de ,bourgogne1 t4 ,,ii1 p4 #ebj72 ,c1 couvercle d'un sarcophage dans l'glise de ,saint-,hilaire de ,poitiers1 ,v,i,i,ie sicle4 ,note #ai3 ,sur les sarcophages des derniers temps de l'empire romain1 on voit trs-souvent des reprsentations sculptes de chasses4 ,cette tradition se retrouve encore dans des monuments funraires du ,x,i,ie sicle4 ,il existe au muse de ,niort1 entre autres1 un sarcophage de cette poque1 sur le couvercle duquel sont reprsents un seigneur et sa femme1 cheval1 chassant au faucon1 puis1 au milieu d'arbres1 un homme qui tend des panneaux propres prendre des oiseaux1 un archer1 des chiens et des livres4 ,note #bj3 ,sur le sarcophage de saint ,hilaire le ,grand1 de ,poitiers1 est reprsent de mme le corps du saint pos sur une sorte de lit de parade2 l'archange ,michel est plac d'un ct1 un second ange de l'autre2 puis viennent divers personnages1 saints et assistants4 ,dans la crypte d',aix-la-,chapelle1 le corps de ,charlemagne1 embaum1 tait plac dans une chaire1 revtu de ses habits1 la couronne en tte1 l'pe son ct4 ,note #ba3 ,grce aux soins de ,m4 ,durand1 architecte ,bordeaux1 qui a fait estamper cette inscription1 il a t possible de la lire4--,voyez la ,notice qu'a publie ,m4 ,durand sur ce monument 7,bordeaux1 #ahdd74 ,note #bb3 ,cette statue1 mutile1 est celle de saint ,paul1 patron du dfunt probablement4 ,note #bc3 ,parler vueil de la saincte terre1 ,de lesglise1 ou lon enterre ,riches1 pouvres1 communement2 ,elle se vent moult chierement ,a tous ceulx qui ont de lavoir ,pour deux ou trois pas en avoir ,et toujours la terre demeure ,pour aultre fois mettre en euvre4 ,chiere terre se peut nommer ,sans riens la sainctet blasmer4 ,grans debas souventes fois ont ,les paroisses1 dont se meffont1 ,pour les corps mors mettre en terre4 ,ils sen playdoyent et font guerre4 ,helas ce nest pas pour le corps ,dont est issue l'ame hors1 ,cest pour avoir la sepulture2 ,du corps aultrement ils nont cure 444 7,complainte de ,franois ,garin1 ,x,ve sicle1 dit4 de #ahcb4 ,impr4 ,crapelet1 p4 #cb47 ,note #bd3 ,le sceau d'argent de cette princesse tait dpos dans le cercueil4 ,conserv pendant quelques annes dans le trsor de la cathdrale1 il a t vol4 ,note #be3 l'entre de cette porte 7celle du transsept donnant au midi1 dans le clotre des religieux71 entrant en iceux cloistres1 main droite1 se voit l'effigie du trs chrestien ,roy ,dagobert1 d'une grandeur extraordinaire1 assise en une chaire1 la couronne sur la teste et une pomme en la main droite2 ayant ses deux costez les effigies de ses deux enfans ,clovis et ,sigebert1 de pierre de liais444 7,dom ,doublet1 ,antiq4 et recherches de l'abbaye de ,sainct-,denis en ,france1 liv4 ,i1 chap4 ,,xliv47 ,note #bf3 ,ce tombeau est aujourd'hui replac en ce mme endroit1 aprs avoir t transport au muse des monuments franais1 puis de l rendu l'glise1 o les deux faces1 spares pour faire pendants1 avaient t places des deux cts du narthex4 ,note #bg3 ,ce sarcophage tait feint1 car le corps du roi ,dagobert avait t dpos sous le matre autel de l'glise primitive2 peut-tre tait-il enferm dans le cercueil dont nous avons donn le couvercle et un bout1 orns de croix pattes 7fig4 #a1 ,a74 ,cependant la pierre replace sous le rgne de saint ,louis avait t creuse comme pour y dposer un corps1 et des restes d'ossements y furent trouvs lors de la violation des spultures en #agic4 ,note #bh3 ,ce sarcophage a d tre refait1 ainsi que la statue couche et celle de ,sigebert1 qui1 dans les transports successifs qu'avait subis ce monument1 furent perdues4 ,d'ailleurs le sarcophage et les deux statues ont t copis aussi fidlement que possible sur les dessins 7minutes7 que ,percier avait faits de ce tombeau avant sa translation au muse des ,petits-,augustins4 ,le sarcophage primitif tait1 au dire de dom ,doublet1 de porphyre gris1 mais les fragments que nous en avons eus entre les mains taient d'un grs tendre1 gristre4 ,note #bi3 ,il faut noter que cette statue1 ainsi ridiculement dfigure1 a t moule1 rduite1 vendue partout comme une des oeuvres remarquables du moyen ge4 ,note #cj3 ,ce tombeau datait des premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #ca3 ,nous avons trs-frquemment trouv1 sous les restes des personnages ensevelis pendant les ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 des litires encore visibles d'herbes et de fleurs1 notamment des roses facilement reconnaissables leurs tiges garnies d'pines4 ,n'tait-il pas plus sens de porter ainsi une personne regrette1 son dernier sjour1 que de placer son corps dans ces chars noirs et blancs dont les formes sont ridicules1 les dcorations du plus mauvais got1 conduits par des cochers vtus d'une faon burlesque8 ,note #cb3 ,collect4 ,gaignres1 ,bibl4 ,bodlienne d',oxford4 ,note #cc3 ,l'architecture et les arts qui en dpendent4 ,note #cd3 ,voyez1 dans les ,annales archol41 ,didron1 la notice de ,m4 l'abb ,texier sur ce monument1 et la gravure de ,m4 ,gaucherel1 t4 ,,ix1 p4 #aic4 ,note #ce3 ,voyez l'intressante ,notice de ,m4 le colonel de ,morlet sur ces monuments 7,strasbourg1 #ahfc74 ,note #cf3 ,voyez1 entre autres1 les beaux exemples de ces tombeaux dposs au ,british ,museum4 ,note #cg3 ,le texte #e;e dit3 ,si quelqu'un a dtruit le petit difice1 qui est le petit pont1 tel qu'on le fait suivant l'usage de nos pres444 ,note #ch3 ,lib4 ,,vi1 cap4 ,x4 ,note #ci3 ,voyez l'ouvrage du docteur ,rock3 ,the ,church of our fathers1 et la notice de ,m4 ,ernest ,feydeau1 ,annales archol41 t4 ,,xv1 p4 #ch1--,voyez le monument de ,beauchamp4 ,note #dj3 ,voyez du ,cange1 ,gloss4 ,note #da3 ,voyez les portefeuilles de ,gaignres1 ,bibl4 ,bodlienne4 ,note #db3 ,annales archol41 t4 ,,xviii2 p4 #di4 ,note #dc3 ,voyez1 dans les ,annales archol41 la gravure de ce tombeau1 t4 ,,xix1 p4 #cae4 ,note #dd3 ,voyez l'ouvrage de ,m4 le comte ,melchior de ,voge1 ,syrie centrale4 ,note #de3 ,toutes les effigies de ces tombeaux replacs depuis peu dans le transsept1 o ils se trouvaient avant #agic1 sont anciennes4 ,les socles1 dossiers et colonnettes1 ont t rtablis d'aprs les dessins de ,gaignires et sur des fragments dposs dans les magasins de l'abbaye4 ,note #df3 ,l'effigie de l'arbre blanc existe encore ,saint-,denis4 ,c'est une statue d'un admirable travail4 ,note #dg3 ,voyez les portefeuilles de ,gaignires1 ,bibl4 ,bodlienne d',oxford4 ,note #dh3 ,ce tombeau n'existe plus1 mais il est reproduit par ,gaignires2 et bien que celui-ci n'en donne pas l'pitaphe1 les armoiries 7fasc de vair et de gueules7 ne laissent aucun doute sur la qualit du personnage4 ,note #di3 ,voyez la collection de ,gaignires1 ,bibl4 ,bodlienne d',oxford4 ,note #ej3 ,parmi ces ornements1 d'un got dplorable1 qui vinrent remplacer de prcieux monuments que leur caractre1 sinon leur valeur comme art1 et d au moins faire respecter1 il faut signaler une certaine ,gloire1 de bois dor1 qui vient taler ses rayons de charpente et ses nuages de pltre sur les piliers de l'abside jusqu' la hauteur de la galerie1 et dtruit ainsi l'effet merveilleux de ce rond-point avec sa chapelle absidale4 ,note #ea3 ,voyez1 pour de plus amples dtails sur ces tombeaux1 la ,monographie de l'glise royale de ,saint-,denis1 par ,m4 le baron de ,guilhermy1 #ahdh4 ,note #eb3 ,voici ce qu'en dit dom ,doublet 7,hist4 de l'abb4 de ,saint-,denys en ,france71 #afbe1 liv4 ,,iv4 ,son effigie 7du roi ,charles ,,viii7 revestue la royalle1 et de genoux au-dessus du tombeau1 est reprsente aprs le naturel1 laquelle est de fonte2 le haut du dit tombeau couvert de cuivre dor1 et au devant de l'effigie il y a un oratoire1 ou appuy1 et couvert de cuivre dor1 sur lequel est pose une couronne avec un livre ouvert1 aussi de cuivre dor4 ,pareillement y a aux quatre coins quatre anges de fonte bien dorez et eslabourez1 lesquels tiennent les armoiries des royaumes de ,naples et ,sicile1 aussi de fonte1 dores et peintes4 ,aux costs du tombeau y a des niches rondes1 et au dedans1 des bassins de cuivre bien dor1 et en iceux bassins de basses figures de fonte bien dores4 ,d4 ,millet1 dans son ,trsor sacr de l'abbaye royale de ,saint-,denys en ,france1 #afdj1 dit3 ,son sepulchre 7du roi ,charles ,,viii7 est le plus beau qui soit dans le choeur1 sur lequel on voit son effigie reprsente genouil prs le naturel1 une couronne et un livre sur un oratoire 7prie-,dieu71 et quatre anges genoux aux quatre coings du tombeau1 le tout de cuivre dor1 sauf l'effigie dont la robe est d'azur1 seme de fleurs de lys d'or4 ,note #ec3 ,de la ,bibl4 ,bodlienne4 ,voyez la gravure de l'ouvrage de ,flibien1 ,abbaye royale de ,saint-,denis4 ,note #ed3 ,voyez ,,cath,,drale1 fig4 #di4 ,le tombeau de ,pierre de ,roquefort est plac contre le mur occidental de la chapelle du nord4 ,ce prlat est mort en #acba4 ,note #ee3 ,histoire de l'abbaye royale de ,saint-,germain des ,prs4 ,paris1 #agbd ,note #ef3 ,cette tombe a t souvent reproduite par la gravure et la chromolithographie 7voyez la ,statistique de ,paris1 par ,m4 ,alb4 ,lenoir2 l'ouvrage de ,m4 ,gailhabaud1 l',architecture et les arts qui en dpendent2 ,d4 ,bouillard1 ,hist4 de l'abbaye de ,saint-,germain des ,prs2 ,alex4 ,lenoir1 ,muse des monuments franais2 de ,guilhermy1 ,monographie de l'glise royale de ,saint-,denis74 ,note #eg3 ,voyez l'ouvrage cit de ,m4 ,gailhabaud4 ,note #eh3 ,ce monument a t envoy la fonte en #agic4 ,note #ei3 ,l'une d'elles est grave dans la ,monographie de l'glise royale de ,saint-,denis par ,m4 le baron de ,guilhermy4 ,note #fj3 ,voyez ,gaignires1 ,bibl4 ,bodlienne1 et la ,monographie de saint ,yved de ,braisne1 par ,stanislas ,prioux 7,paris1 #ahei1 ,didron1 dit474 ,note #fa3 ,voyez ,gaignires1 ,bibl4 ,bodlienne4 ,note #fb3 ,nous aurons l'occasion1 dans le tome ,,ii du ,,dictionnaire ,,du ,,mobilier ,,fran,,ais1 de donner un grand nombre de ces gravures tombales si prcieuses pour l'tude des habillements2 c'est pourquoi nous n'en donnons point d'exemple ici3 d'ailleurs ces objets sortent du domaine de l'architecture4 ,,tour1 s4 f4 7tor74 ,dans l'ancienne fortification1 la tour est un ouvrage saillant sur les courtines1 plan carr ou circulaire1 et formant un flanquement suffisant avant l'emploi des bouches feu4 ,il serait difficile de remonter au premier emploi de la tour comme dfense4 ,ds la plus haute antiquit1 la tour est connue3 les ,asiatiques et les ,grecs1 les ,phniciens et les trusques btissaient des tours pour fortifier les murailles de leurs villes et forteresses4 ,ces tours taient gnralement leves sur plan carr ou barlong1 et dpassaient le niveau du chemin de ronde des courtines4 ,les ,romains avaient pris la tour aux trusques et aux ,grecs1 et ds l'poque des rois ils flanquaient les courtines au moyen de tours plan carr4 ,autour de ,rome1 sous les remparts de l'empire1 des bas temps et du moyen ge1 on retrouve encore d'assez nombreuses traces de ces ouvrages levs en gros blocs de pprin par les ,tarquins4 ,cependant il n'est pas rare de trouver des tours romaines d'une poque assez ancienne1 sur plan circulaire1 flanquant des portes4 ,arles1 on voit encore1 du ct oppos au ,rhne1 deux souches de tours qui flanquaient une porte1 qui datent d'une trs belle poque et sont sur plan circulaire4 ,ces tours ont #h mtres de diamtre et sont espaces l'une de l'autre de #ae mtres4 ,nmes1 la porte dite d',auguste tait flanque de deux tours circulaires4 ,il en tait de mme aux portes d',arroux et de ,saint-,andr1 ,autun 7,i,ve sicle71 la porte de ,vzone 7,prigueux71 l'est de l'ancienne cathdrale4 ,les tours romaines sur plan circulaire1 flanquant des courtines1 sont beaucoup plus rares3 on en voit quelques-unes sur le front occidental des remparts d',autun1 mais qui appartiennent une trs basse poque2 de mme ,rome4 ,les ,romains levaient aussi des tours isoles en dehors des remparts1 sortes d'ouvrages avancs qui protgeaient un point faible1 un passage de rivire1 et commandaient la campagne4 ,ces tours tenaient lieu de ce que nous appelons aujourd'hui des forts dtachs2 elles taient parfois relies par un vallum1 ou relief de terre avec foss1 soit avec d'autres tours1 soit avec les murailles de la ville4 ,l'difice auquel1 ,autun1 on donne le nom de temple de ,janus1 parat avoir t un de ces ouvrages1 qui formait le saillant d'une large tte de pont1 d'un camp retranch sur la rive droite de l',arroux4 ,quand les frontires de l'empire furent menaces1 les empereurs romains firent btir des tours isoles pour protger les passages et pour maintenir les populations voisines#fc4 ,ces tours1 comme plus tard les donjons fodaux1 n'avaient point de portes au niveau du sol1 mais une certaine hauteur1 de manire qu'on ft oblig de se servir d'une chelle pour entrer#fd4 ,la tour carre d',autun1 dont nous venons de parler1 parat avoir eu sa porte releve au-dessus du sol extrieur4 ,certaines tours romaines n'taient que des postes d'observation4 ,une ligne non interrompue de ces tours part de ,beuvray et se dirige1 par la ,vieille-,montagne1 vers le cours de l',aron1 jusqu' ,decize1 par ,cercy-la-,tour444 ,la plaine d',autun en offre une autre semblable qui longe la chane des montagnes au nord-ouest1 entre les camps de la valle d',arroux1 au-dessus et au-dessous de la ville4 ,elle commence au coude d',arroux1 sur la rive droite1 entre le ,mont-,dru et la ,perrire1 et1 franchissant le bassin d',autun1 sur les points culminants de la plaine1 va aboutir la valle de ,barnay1 en face du camp de la montagne de ,bar1 sans qu'aucune des tours qui composent cette ligne se perde jamais de vue l'une l'autre4 ,le souvenir de leurs fanaux s'est conserv presque partout1 soit dans leur nom1 soit dans la tradition populaire4 ,le nom de ,montigny1 ,mons ignis1 ,mons ignitus1 est rest plusieurs de ces localits#fe4 ,la colonne ,trajane nous montre1 dans ses bas-reliefs1 beaucoup de ces tours d'observation avec fanaux1 qui permettaient de concerter des oprations militaires pendant la nuit1 et de surveiller les mouvements d'ennemis ou de bandes de pillards pendant le jour4 ,quand un gouvernement approche de sa dissolution1 le premier symptme qui se manifeste bien avant les grandes crises finales1 c'est le brigandage4 ,l'empire romain son dclin1 mais longtemps avant le moment des dbordements des barbares1 tait rong par le brigandage2 des bandes armes se rpandaient non-seulement sur les frontires de l'empire1 mais autour des grands centres et jusque dans la campagne de ,rome4 ,les derniers empereurs se proccuprent1 non sans raison1 de gurir cet ulcre des gouvernements qui finissent1 sans y parvenir4 ,constance1 ,julien1 ,valentinien1 tablirent dans les ,gaules des lignes de postes sur les marches1 le long des valles voisines des frontires1 et l'entour des grandes villes4 ,ces postes n'taient autre chose que des tours leves sur des promontoires1 des monticules naturels ou factices 7mottes74 ,nous verrons bientt que ce systme romain fut longtemps observ pendant le moyen ge4 ,il convient donc tout d'abord de distinguer les tours flanquantes1 c'est--dire attaches aux courtines d'une place1 des tours isoles4 ,vitruve explique comment il faut tablir les tours flanquantes3 ,elles doivent1 dit-il#ff1 tre en saillie sur le parement extrieur du mur de telle manire que lorsque l'ennemi s'approche 7de la courtine71 il soit pris en flanc par deux tours1 l'une droite1 l'autre gauche444 ,les murs des forteresses doivent tre plants1 non sur plan carr ou prsentant des angles saillants1 mais suivant un primtre circulaire 7ou se rapprochant de cette figure71 afin que l'ennemi puisse tre vu de plusieurs points1 car les saillants sont difficilement dfendables1 et plus favorables aux assigeants qu'aux assigs444 ,l'intervalle entre les tours doit tre calcul en raison de la porte d'un trait1 afin que l'assigeant soit repouss par les machines de jet manoeuvrant sur les deux flancs4 ,il faut1 au droit des tours1 que les courtines soient interrompues par une coupure ayant une largeur gale au diamtre de ces tours4 ,de la sorte les chemins de ronde1 tant interrompus1 sont seulement complts intrieurement par des passerelles de charpente qui1 n'tant pas fixes avec des attaches de fer1 peuvent tre jetes bas si l'ennemi s'est empar d'une portion de courtine1 et rendre ainsi l'occupation des autres courtines et des tours impossible4 ,les tours doivent tre leves sur plan circulaire ou polygonal1 car1 tant carres1 les bliers les dtruisent plus facilement en ruinant leurs angles4 ,circulaires1 chaque pierre formant coin et reportant la percussion au centre1 ces tours rsistent mieux l'effort des machines4 ,mais rien n'est tel que de terrasser les remparts et les tours pour leur donner une grande puissance de rsistance444 ,ces prceptes1 sauf les modifications amenes par la porte des engins modernes1 sont les mmes que ceux admis de nos jours4 ,voir l'ennemi de plusieurs points1 viter1 par consquent1 les saillants qui sont difficiles flanquer2 mettre toujours l'assigeant entre des feux convergents2 faire qu'un ouvrage pris n'entrane pas immdiatement l'abandon des autres2 relier au besoin ou sparer les ouvrages1 tels sont les immuables principes de la fortification4 ,ils furent tablis1 notre connaissance1 par les ,grecs et les ,romains1 pratiqus pendant le moyen ge avec une supriorit marque1 singulirement dvelopps dans les temps modernes par suite de l'emploi des bouches feu4 ,en effet1 de la tour ronde court flanquement1 et ayant toujours des points morts1 au bastion moderne avec ses flancs et ses faces1 il y a une longue suite d'essais1 de tentatives et de transitions#fg4 ,la tour romaine sur plan circulaire ou carr 7car1 quoi qu'ait enseign ,vitruve1 les ,grecs et les ,romains ont lev beaucoup de tours flanquantes carres71 tait ouverte ou ferme la gorge1 c'est--dire du ct intrieur de la forteresse4 ,si elle tait ouverte1 le chemin de ronde des courtines voisines s'interrompait1 comme l'indique ,vitruve1 au droit de cette ouverture4 ,si elle tait ferme1 les rondes circulant sur la courtine devaient se faire ouvrir deux portes pour entrer et sortir de la tour1 afin de reprendre l'autre courtine4 ,dans ce cas1 la tour formait obstacle la circulation continue de plain-pied sur le sommet des remparts2 ,les premires de ces tours sont1 proprement parler1 des tours retranches1 tandis que les secondes sont des postes ou petits forts espacs1 commandant les remparts4 ,ce qui prouverait que le systme des tours retranches a t de prfrence pratiqu par les ,romains1 c'est que nous voyons pendant le moyen ge l'emploi de ce systme persister dans les villes qui ont le mieux conserv les traditions romaines2 tandis que dans le ,nord1 o l'influence normande se fait sentir de bonne heure dans l'art de la fortification1 les tours sont toujours fermes1 moins toutefois qu'elles ne flanquent une enceinte extrieure commande par une enceinte intrieure4 ,nous diviserons donc cet article en3 ,,tours ,,flanquantes1 ouvertes ou fermes la gorge2 ,,tours ,r,,duite1 tenant lieu de donjons ou dpendant de donjons2 ,,tours ,,de ,,guet1 ,,tours ,,isol,,es1 postes1 tours de signaux1 de passages1 de ponts1 de phares4 ,tours flanquantes4 ,les tours flanquantes tablies suivant la tradition romaine1 qui se perptua en ,occident jusqu' l'poque des grandes invasions normandes1 sont 7 moins qu'elles ne dpendent de portes7 gnralement pleines jusqu' une certaine hauteur au-dessus du foss ou du sol extrieur1 afin de rsister l'effort des engins d'attaque ou la sape2 leur flanquement ne commence donc qu'au niveau des chemins de ronde des courtines1 et consiste en des ouvertures assez larges masques par des mantelets mobiles de bois4 ,ce premier flanquement est surmont de l'tage suprieur crnel1 formant couronnement et second flanquement4 ,cet tage suprieur est couvert par un comble1 de manire mettre le crnelage l'abri1 ou dcouvert1 le comble tant alors tabli en contre-bas du chemin de ronde ou au ras de ce chemin de ronde4 ,voici 7fig4 #a7 un type de ces tours de la fin de l'empire romain#fh1 ouvertes la gorge1 mais interrompant les chemins de ronde des courtines4 ,des plats-bords poss sur les poutres engages ,a permettaient de passer d'un chemin de ronde sur l'autre1 et d'entrer de plain-pied au premier tage de la tour4 ,ce premier tage est mis en communication avec le second et avec le crnelage au moyen d'chelles de bois4 ,une chelle mobile1 que l'on relve au moyen d'un treuil1 met le plancher du premier tage en communication avec le sol du chemin militaire intrieur4 ,cette portion d'chelle releve et les plats-bords enlevs1 le poste gardant la tour ne peut redouter une surprise2 il est compltement isol4 ,cependant il voit ce qui se passe dans la ville et peut tre surveill4 ,la tour1 occupe par l'ennemi1 ne peut battre le chemin militaire1 puisque les tages de cette tour sont ouverts sur ce chemin4 ,les approvisionnements de projectiles se font1 comme l'indique notre figure1 par ces ouvertures sur le chemin militaire4 ,la tour se dfend1 extrieurement1 par des ouvertures pratiques dans les deux tages et par le crnelage suprieur4 ,les larges crneaux en faon d'arcades sont masqus par des mantelets mobiles de bois roulant sur un axe4 ,la cit de ,carcassonne possde encore des tours datant de la domination des ,visigoths1 construites suivant cette donne1 si ce n'est que le chemin de ronde passe travers la tour1 et que celle-ci est perce de portes au niveau de ce chemin de ronde4 ,carcassonne1 les tours visigothes avaient leurs crnelages couverts1 des mantelets pour les crneaux suprieurs comme pour les crneaux des tages1 et des hourds de bois pour permettre de battre le pied de la dfense4 ,voici 7fig4 #b7 le plan d'une de ces tours#fi1 au niveau du chemin de ronde4 ,au-dessous de ce niveau1 l'ouvrage est de maonnerie pleine4 ,la figure #c montre la face latrale de cette tour1 avec la coupe du chemin de ronde de la courtine4 ,en ,a est trace en place une ferme des hourds#gj2 en ,b1 le dtail perspectif d'un des corbeaux des crneaux suprieurs1 destins recevoir les tourillons des mantelets1 et en ,c les pierres saillantes poses sous les arcades-crneaux pour supporter de mme les axes tourillons qui permettent de relever ou d'abaisser les volets fermant ces arcades4 ,au-dessus du plancher1 pos en ,d1 est ouvert1 sur la ville1 un arc qui laisse voir ce qui se passe l'tage suprieur et qui facilite les approvisionnements de projectiles4 ,cet arc surmonte le mur de fermeture ,c 7voyez le plan71 et porte sur les deux pieds-droits ,h1 ,i4 ,la question des approvisionnements rapides de projectiles destins dfendre ces tours ne parat pas avoir t examine avec assez d'attention4 ,on remarquera que ces tours1 d'une poque ancienne1 c'est--dire qui datent de la fin de l'empire romain aux derniers ,carlovingiens1 sont gnralement d'un faible diamtre1 et ne pouvaient1 par consquent1 contenir un approvisionnement trs-considrable de projectiles1 soit armes de trait1 soit pierres propres tre jetes sur les assaillants qui voulaient s'approcher du pied des ouvrages pour les saper4 ,en supposant qu'une tour1 comme celle que nous prsentons ici 7fig4 #b et #c71 soit attaque son pied2 que1 protgs par des chats1 les mineurs s'attachent la maonnerie1 les dfenseurs ne peuvent repousser cette attaque qu'en jetant sur les galeries1 sur les chats1 force pierres ou matires enflammes1 afin de les dtruire4 ,si l'attaque se prolongeait1 on peut estimer la quantit considrable de projectiles qu'il fallait avoir sous la main4 ,il tait donc ncessaire de renouveler chaque heure cette provision1 comme aujourd'hui il faut1 dans une place assige1 renouveler sans cesse les munitions des bouches feu places sur les ouvrages qui contribuent la dfense d'un point attaqu4 ,ces tours ouvertes la gorge se prtaient ces approvisionnements incessants1 car plus leur diamtre tait petit1 plus il fallait remplacer souvent les projectiles employs la dfense4 ,d'ailleurs l'attaque n'tant srieuse qu'autant qu'elle tait trs-rapproche1 c'tait le point attaqu qui se dfendait sans attendre secours des ouvrages voisins4 ,tous les efforts de l'attaque1 et1 par suite1 de la dfense1 tant ainsi limits un champ trs-troit1 les moyens de rsistance s'accumulaient sur ce point attaqu et devaient tre renouvels avec activit et facilit4 ,nous verrons comment cette partie du programme de la dfense des tours se modifie peu peu suivant les perfectionnements apports dans le mode d'attaque4 ,il est encore une observation dont il faut tenir compte4 ,dans les ouvrages de la fin de l'empire romain1 comme pendant les priodes grecque et romaine1 les tours ont sur les courtines un commandement considrable 7fig4 #d7ga3 cette disposition est assez rgulirement observe jusque vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 mais alors les courtines s'lvent2 le commandement des tours sur ces courtines diminue d'autant4 cette poque1 il arrive mme parfois que ces tours ne remplissent que la fonction de flanquement1 et n'ont plus de commandement ,sur les courtines4 ,c'est encore le systme de l'attaque qui provoque ces changements4 ,nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet4 ,en examinant les tours d'angle du chteau de ,carcassonne1 dont la construction remonte aux premires annes du ,x,i,ie sicle1 on peut se rendre un compte exact des moyens d'approvisionnement des dfenses suprieures de ces tours1 car ces ouvrages sont parfaitement conservs1 les anciennes charpentes ayant seules t supprimes4 ,la figure #e prsente le plan de la tour de l'angle nord-est1 dite tour du ,major1 au niveau du sol de la cour du chteau4 ,la salle ronde vote en calotte hmisphrique se dfend par cinq meurtrires qui battent le fond du foss4 ,la figure #f donne le plan du premier tage1 qui se trouve au niveau du chemin de ronde des courtines4 ,les meurtrires qui1 de la salle1 s'ouvrent sur les dehors au nombre de quatre1 ne sont pas perces au-dessus de celles du rez-de-chausse1 afin de laisser le moins de points morts possible4 ,la vote galement en calotte qui couvre cette seconde salle est perce d'un trou ,a1 ou porte-voix1 qui communique avec les tages suprieurs4 ,le deuxime tage n'est pas vot1 mais couvert par un plancher plac en contre-bas du chemin de ronde de la tour4 ,cette troisime salle n'tait destine qu'au logement du poste de la tour1 elle ne se dfend pas4 ,au-dessus s'lve le crnelage avec son chemin de ronde et ses hourds 7fig4 #g74 ,pour faciliter la pose de la charpente du comble1 l'intrieur du crnelage est pans4 ,ce comble tait ainsi pyramidal1 avec des coyaux qui formaient la transition entre la pyramide et le cne4 ,de ,b en ,c1 les fermes des hourds sont supposes places4 ,ces hourds taient videmment trs-saillants1 car les deux trous superposs rservs dans la construction pour recevoir les fermes1 indiquent un systme de liens avec corbelets#gb soulageant la bascule des pices horizontales destines porter le plancher4 ,la coupe1 faite sur la ligne ab1 du plan du rez-de-chausse 7fig4 #h71 montre la disposition des deux salles infrieures perces de meurtrires1 de la salle ,d1 chambre des hommes de garde1 et de l'tage suprieur1 poste du capitaine et dfense principale4 ,la corne ,e 7voy4 fig4 #g71 s'levant d'aplomb sur la cour du chteau1 permettait de hisser les munitions au sommet des dfenses1 sans qu'il ft ncessaire de les monter dos d'homme par l'escalier4 ,au moyen d'un treuil pos en ,g et d'une poulie passant en ,e travers le bout de l'entrait de la ferme principale du comble1 on levait facilement des poids assez considrables4 ,notre coupe 7fig4 #h7 indique ce mcanisme si simple4 ,le bourriquet hiss au niveau du plancher du hourd1 on fermait la trappe1 on lchait sur le treuil1 et les munitions taient disposes le long des hourds ou dans la salle suprieure2 car on remarquera que cette salle est mise en communication avec le chemin de ronde des hourds au moyen des crneaux4 ,cette salle bien garnie de pierres et les hourds de sagettes et de carreaux1 il tait possible de couvrir les assaillants de projectiles pendant plusieurs heures4 ,les mchicoulis de hourds1 aussi saillants1 taient habituellement doubles1 c'est--dire qu'ils permettaient de laisser tomber des pierres en ,i et en ,l4 ,les matriaux tombant en ,i ricochaient sur le talus ,k1 et prenaient les assaillants en charpe 7voyez ,m,,chicoulis74 ,la figure #i explique d'une faon claire1 pensons-nous1 le mode de montage des munitions4 ,le servant attend que le bourriquet soit hiss au niveau du plancher1 pour fermer la trappe et rpartir les projectiles o besoin est4 ,en ,a1 est trace la section horizontale des potelets doubles des hourds au droit des angles1 laissant entre eux la rainure dans laquelle s'engagent les masques du chemin de ronde4 ,le plancher de la salle suprieure1 tant #a mtre #bh centimtres en contre-bas de l'appui des crneaux1 permettait d'approvisionner une quantit considrable de projectiles que les servants1 posts dans cette salle1 passaient1 au fur et mesure du besoin1 aux dfenseurs des hourds1 de manire ne pas encombrer leur chemin de ronde4 ,pendant une attaque mme1 on pouvait hisser1 l'aide du treuil1 de la chaux vive1 de la poix bouillante1 de la cendre qui aveuglait les assaillants#gc 7voyez ,,si,,ge74 ,on observera que cette tour d'angle1 comme toutes celles des dfenses de la cit de ,carcassonne1 interrompt la circulation sur les chemins de ronde des courtines1 et force ainsi les patrouilles de se faire reconnatre chaque tour4 ,d'ailleurs1 c'tait dans les tours que logeaient les postes de dfense1 et chacun de ces postes avait dfendre une portion de courtine4 ,la tactique des assaillants consistait s'emparer d'une courtine en dpit des flanquements1 et de se rpandre ainsi dans la place4 ,alors les postes des tours s'enfermaient1 et il fallait les assiger sparment1 ce qui rendait possible un retour offensif de la garnison et mettait les assigeants dans une position assez prilleuse4 ,cependant on voulut1 ds le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 rendre les parties de la dfense plus solidaires1 et l'on augmenta le relief des courtines en renonant ainsi aux commandements considrables des tours4 ,dans le dernier exemple que nous prsentons1 le niveau des chemins de ronde des courtines est en ,n2 le commandement de la tour est donc trs-prononc4 ,dj ces commandements sont moins considrables au chteau de ,coucy1 bti vers #abbjgd4 ,les quatre tours d'angle de ce chteau sont trs-remarquables1 au double point de vue de la structure et de la dfense4 ,elles sont pleines dans toute la hauteur du talus4 ,cinq tages s'lvent au-dessus de ce talus2 deux sont vots1 deux sont ferms par des planchers1 le cinquime est couvert par le comble conique#ge4 ,les plans 7fig4 #aj7 prsentent en ,a la tour d'angle nord-ouest1 au niveau du sol du premier tage du chteau2 en ,c1 au niveau du sol du second tage2 en ,d1 au niveau du crnelage suprieur4 ,l'tage infrieur1 vot1 au niveau du sol de la cour1 ne possde aucune meurtrire2 c'est une cave provisions dont la vote est perce d'un oeil4 ,l'escalier ne monte que du niveau de la cour au sol du quatrime tage1 et l'on n'arrivait l'tage crnel que par un escalier de bois 7chelle de meunier7#gf4 ,en g1 sont des chemines2 en l1 des latrines#gg4 ,une ouverture laisse au centre des planchers permettait de hisser les munitions du rez-de-chausse au sommet de la tour sur les chemins de ronde4 ,les meurtrires sont alternes1 afin de laisser le moins possible de points morts4 ,les tours du chteau de ,coucy prsentent une particularit intressante1 c'est la transition entre le hourdage de bois et le mchicoulis de pierre#gh4 ,des corbeaux de pierre remplacent les trous par lesquels on passait 7comme nous l'avons vu dans l'exemple prcdent7 les pices de bois en bascule qui recevaient les chemins de ronde tablis en temps de guerre4 ,ces corbeaux demeure recevaient alors les hourds#gi4 ,la figure #aa donne la coupe 7sur la ligne ad du plan ,a7 de ce bel ouvrage4 ,outre les jours des meurtrires1 les salles des troisime et quatrime tages possdent une fentre chacune1 qui les claire4 ,les munitions taient montes l'aide d'un treuil plac dans la salle du quatrime tage1 ainsi que le fait voir notre figure1 et taient dposes sur le plancher suprieur mis en communication avec les hourds au moyen des crneaux couverts4 ,les hourds tracs en ,g expliquent le systme des dfenses de bois poses en temps de guerre sur les corbeaux demeure de pierre1 ,c4 ,le niveau du chemin de ronde des courtines se trouvant en ,r1 on voit que le commandement de la tour sur ce chemin de ronde tait moins considrable dj que dans l'exemple prcdent#hj4 ,en ,e1 commence l'escalier de bois qui1 passant travers un des arcs de l'hexagone1 montait du quatrime tage au niveau du plancher sup rieur1 trs-solidement construit pour recevoir la charge d'une provision de projectiles4 ,cette construction est merveilleusement excute en assises de #dj #ej centimtres1 et n'a subi aucune altration1 malgr le chevauchement des piles4 ,le talus extrieur descend #h mtres en contre-bas du niveau ,k1 sol de la cour4 ,une lvation extrieure prise en ,b 7voy4 le plan71 fig4 #ab1 complte notre description4 ,les hourds sont supposs placs sur une moiti des corbeaux4 ,ces dfenses du chteau de ,coucy sont construites au sommet d'un escarpement2 leur effet ne devait s'exercer1 par consquent1 que suivant un rayon peu tendu1 lorsque l'assaillant cherchait se loger au pied mme des murs4 ,les meurtrires1 perces chaque tage1 sont plutt faites pour se rendre compte des mouvements de l'ennemi que pour tirer4 ,il s'agissait ici d'opposer aux attaques un obstacle formidable par son lvation et par la dfense du couronnement4 ,sur trois cts1 en effet1 le chteau de ,coucy ne laisse entre ses murs et la crte du coteau qu'une largeur de quelques mtres1 un chemin de ronde extrieur qui lui-mme pouvait tre dfendu4 ,un trs-large foss et le gros donjon protgent le quatrime ct#ha4 ,il n'tait besoin que d'une dfense rapproche et presque verticale4 ,mais la situation des lieux obligeait souvent1 alors comme aujourd'hui1 de suppler l'obstacle naturel d'un escarpement par un champ de tir aussi tendu que possible1 horizontalement1 afin de gner les approches4 ,cette condition est remplie habituellement au moyen d'ouvrages bas1 d'enceintes extrieures flanques1 domines par le commandement des ouvrages intrieurs4 ,l'enceinte si complte de ,carcassonne nous fournit1 cet gard1 des dispositions d'un grand intrt4 ,on sait que la cit de ,carcassonne est protge par une double enceinte3 celle extrieure n'ayant qu'un commandement peu considrable2 celle intrieure1 au contraire1 dominant et cette enceinte extrieure et la campagne#hb4 ,or1 l'enceinte extrieure1 btie vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle par ordre de saint ,louis1 est flanque de tours1 la plupart fermes la gorge et espaces les unes des autres de #ej #fj mtres4 ,ces tours1 qui n'ont qu'un faible commandement sur les courtines1 et parfois mme qui s'unissent avec elles1 sont disposes pour la dfense loigne4 ,bien munies de meurtrires1 elles se projettent en dehors des murs et recevaient des hourdages saillants4 ,l'une de ces tours#hc1 entirement conserve1 prsente une disposition conforme en tous points au programme que nous venons d'indiquer4 ,la figure #ac donne le plan de cette tour au niveau du sol des lices1 c'est--dire de la route militaire pratique entre les deux enceintes4 ,la figure #ad donne le plan du premier tage4 ,le chemin de ronde de la courtine est en ,a1 et la tour n'interrompt pas la circulation4 ,la porte ,b met le chemin de ronde en communication avec le rez-de-chausse par l'escalier ,d1 avec le premier tage de plain-pied1 et avec les dfenses suprieures par l'escalier ,c4 ,les meurtrires1 nombreuses1 sont chevauches pour viter les points morts4 ,la figure #ae prsente le plan de ces dfenses suprieures1 les hourds tant supposs placs en ,e4 ,le crnelage est largement ouvert en ,g pour permettre les approvisionnements et pour que l'ouvrage ne puisse se dfendre contre l'enceinte intrieure1 qui1 du reste1 possde un commandement trs considrable4 ,en temps de paix1 l'espace circulaire ,h tait seul couvert par un comble demeure4 ,les combles des hourds poss en temps de guerre couvraient le chemin de ronde ,k et les galeries de bois ,l2 un large auvent protgeait l'ouverture ,g4 ,la coupe faite sur la ligne ab de ce plan est prsente dans la figure #af4 ,en ,m1 est trac le profil d'ensemble de cet ouvrage1 avec le foss1 la crte de la contrescarpe et le sol extrieur formant le glacis4 ,on voit comme les meurtrires sont disposes pour couvrir de projectiles rasants ce glacis1 et de projectiles plongeants la crte et le pied de la contrescarpe4 ,quant la dfense rapproche1 il y est pourvu par les mchicoulis des hourds1 ainsi qu'on le voit en ,p4 ,la figure #ag donne le trac gomtral de cette tour du ct intrieur1 les hourds n'tant poss que du ct ,r4 ,si l'assaillant parvenait s'emparer de cet ouvrage1 il se trouvait #bj mtres du pied de l'enceinte intrieure1 dont les tours plus rapproches1 mais moins saillantes sur les courtines1 prsentent un front avec courts flanquements trs-multiplis4 ,du haut de cette enceinte intrieure1 dont le relief est de #ae mtres au-dessus du chemin de ronde ,s1 il n'tait pas difficile de mettre le feu aux couvertures des tours de l'enceinte extrieure au moyen de projectiles incendiaires1 et d'en rendre ainsi l'occupation impossible1 d'autant que ces tours ne se dfendent pas sur le chemin militaire des lices4 ,avec les armes de jet et les moyens d'attaque de l'poque1 on ne pouvait adopter une meilleure combinaison dfensive4 ,ces tours pleines dans la hauteur du talus qui enveloppe la roche naturelle ne pouvaient tre ruines par la sape4 ,bien perces de meurtrires1 elles envoyaient des projectiles divergeants de plein fouet #fj mtres de leur circonfrence4 ,pour les aborder1 il fallait donc entreprendre une suite d'ouvrages qui demandaient du temps et beaucoup de monde2 tandis que pour les dfendre1 il suffisait d'un poste peu nombreux4 ,un ouvrage de cette tendue pouvait longtemps dfier les attaques avec un capitaine et vingt hommes#hd4 ,si l'attaque tait trs-rapproche1 les meurtrires infrieures devenaient inutiles1 et alors les vingt hommes rpandus sur les galeries des hourds couvraient les assaillants d'une pluie de projectiles4 ,nous avons dit ailleurs 7voyez ,,architecture ,,militaire7 que les assigeants dirigeaient plutt leurs attaques mthodiques contre les courtines que contre les tours1 parce que la courtine possdait moins de moyens dfensifs que les tours1 et qu'il tait plus difficile l'assig de les retrancher4 ,mais1 il va sans dire que1 pour emporter une courtine1 il fallait d'abord dtruire ou masquer les flanquements que donnaient les tours voisines4 ,tant que les tours enfilaient la courtine1 on ne pouvait gure avancer les chats et les beffrois contre cette courtine4 ,ainsi1 quoiqu'il ne ft pas conforme la tactique d'envoyer une colonne d'assaut contre une tour--et les beffrois n'taient qu'un moyen de jeter une colonne d'assaut sur la courtine1--il fallait toujours que l'assaillant rendt nulles les dfenses des tours sur les flancs1 avant de rien entreprendre contre la courtine4 ,mais admettant que les hourds des tours eussent t dtruits ou brls1 et que les dfenses de celles-ci eussent t rduites aux meurtrires des tages infrieurs1 que les beffrois fussent approchs de la courtine2 le chemin de ronde de la courtine tant toujours lev au-dessus du sol intrieur1 les assaillants qui se prcipitaient du beffroi sur ces chemins de ronde taient pris en flanc par les dfenseurs qui sortaient des tours voisines comme de rduits1 au moment de l'assaut4 ,c'est en prvision de cette ventualit que les tours1 bien qu'elles interceptent la communication d'un chemin de ronde l'autre1 possdent des portes donnant directement sur ces chemins de ronde et permettant aux postes des tours de se jeter sur les flancs de la colonne d'assaut4 ,voici 7fig4 #ah7 une des tours de l'enceinte extrieure de ,carcassonne1 btie par saint ,louis1 qui remplit exactement ce programme4 ,c'est la tour sur le front nord1 dite de la ,porte-,rouge4 ,cette tour possde deux tages au-dessous du crnelage4 ,comme le terrain s'lve sensiblement de a en b1 les deux chemins de ronde des courtines ne sont pas au mme niveau2 le chemin de ronde b est #c mtres au-dessus du chemin de ronde a4 ,en ,a1 est trac le plan de la tour au-dessous du terre-plein2 en ,b1 au niveau du chemin de ronde d2 en ,c1 au niveau du crnelage de la tour qui arase le crnelage de la courtine e4 ,on voit en d la porte qui1 s'ouvrant sur le chemin de ronde1 communique un degr qui descend l'tage infrieur ,a1 et en c la porte qui1 s'ouvrant sur le chemin de ronde plus lev1 communique un second degr qui descend l'tage ,b4 ,on arrive du dehors au crnelage de la tour par le degr g4 ,de plus1 les deux tages ,a et ,b sont en communication entre eux par un escalier intrieur hh'1 pris dans l'paisseur du mur de la tour4 ,ainsi les hommes posts dans les deux tages ,a et ,b sont seuls en communication directe avec les deux chemins de ronde4 ,si l'assigeant est parvenu dtruire les hourds et le crnelage suprieur1 et si croyant avoir rendu l'ouvrage indfendable1 il tente l'assaut de l'une des courtines1 il est reu de flanc par les postes tablis dans les tages infrieurs1 lesquels1 tant facilement blinds1 n'ont pu tre bouleverss par les projectiles des pierrires ou rendus inhabitables par l'incendie du comble et des hourds4 ,une coupe longitudinale faite sur les deux chemins de ronde de c en d permet de saisir cette disposition 7fig4 #ai74 ,on voit en e' la porte de l'escalier e1 et en d' la porte de l'escalier d 7du plan74 ,cette dernire porte est dfendue par une chauguette f1 laquelle on arrive par un degr de six marches4 ,en h'1 commence l'escalier qui met en communication les deux tages ,a et ,b4 ,une couche de terre pose en k empche le feu1 qui pourrait tre mis aux hourds et au comble l par les assigs1 de communiquer aux deux planchers qui couvrent ces deux tages ,a et ,b4 ,la figure #bj donne la coupe de cette tour suivant l'axe perpendiculaire au front4 ,en d''1 est la porte donnant sur l'escalier d4 ,les hourds sont poss en m4 ,en p1 est trac le profil de l'escarpement avec le prolongement des lignes de tir des deux rangs de meurtrires des tages ,a et ,b4 ,il n'est pas besoin de dire que les hourds battent le pied o de la tour4 ,une vue perspective 7fig4 #ba71 prise du chemin militaire entre ces deux enceintes 7point ,x du plan71 fera saisir les dispositions intrieures de cette dfense4 ,les approvisionnements des hourds et chemins de ronde de la tour se font par le crneau c 7du plan ,c71 au moyen d'un palan et d'une poulie1 ainsi'que le fait voir le trac perspectif4 ,ici la tour ne commande que l'un des chemins de ronde 7voy4 la coupe1 fig4 #ai74 ,lors de sa construction sous saint ,louis1 elle commandait les deux chemins de ronde2 mais sous ,philippe le ,hardi1 lorsqu'on termina les dfenses de ia cit de ,carcassonne1 on augmenta le relief de quelques-unes des courtines1 qui ne paraissaient pas avoir un commandement assez lev4 ,c'est cette poque que le crnelage ,g fut remont au-dessus de l'ancien crnelage ,h1 sans qu'on ait pris la peine de dmolir celui-ci2 de sorte qu'extrieurement ce premier crnelage ,h reste englob dans la maonnerie surleve4 ,en effet1 le terrain extrieur s'lve comme le chemin militaire de a en b 7voy4 le plan71 et les ingnieurs1 ayant cru devoir adopter un commandement uniforme des courtines sur l'extrieur1 aussi bien pour l'enceinte extrieure que pour l'enceinte intrieure1 on rgularisa vers #abhe tous les reliefs4 ,il faut dire aussi qu' cette poque1 on ne donnait plus gure aux tours un commandement important qu'aux angles des forteresses ou sur quelques parties o il tait ncessaire de dcouvrir les dehors4 ,pour les grands fronts1 les tours flanquantes n'ont pas de commandement sur les courtines1 et cette disposition est observe pour le grand front sud de l'enceinte intrieure de ,carcassonne1 rebti sous ,philippe le ,hardi4 ,la cit de ,carcassonne est une mine inpuisable de renseignements sur l'art de la fortification du ,x,i,ie au ,x,i,ve sicle4 ,l ce ne sont pas des fragments pars et trs-altrs par le temps et la main des hommes1 que l'on trouve1 mais un ensemble coordonn avec mthode1 presque intact1 construit en matriaux robustes par les plus habiles ingnieurs des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 comme tant un point militaire d'une trs-grande importance4 ,lorsque ,carcassonne fut comprise dans le domaine royal1 sous saint ,louis1 cette place devenait1 sur un point loign et mal reli aux possessions de la couronne1 une tte de pont garantissant une notable partie du ,languedoc contre l',aragon4 ,toutes les dispositions dfensives que l'on trouve encore en ,france datant de cette poque1 n'ont point l'unit de conception et la valeur des fortifications de ,carcassonne4 ,on comprendra ds lors pourquoi nous choisissons de prfrence nos exemples dans cette place de guerre1 qui1 heureusement aujourd'hui1 grce aux efforts du gouvernement1 l'intrt que la population de ,carcassonne apporte cette forteresse1 unique en ,europe1 est prserve de la ruine qui si longtemps l'a menace4 ,la disposition de la dernire tour de l'enceinte extrieure que nous venons de donner est telle1 que cet ouvrage ne pouvait se dfendre contre l'enceinte intrieure2 car1 non-seulement cette tour est domine de beaucoup1 mais elle est1 l'intrieur1 nulle comme dfense4 ,tous les ouvrages de cette enceinte extrieure sont dans la mme situation1 bien que varis dans leurs dispositions1 en raison de la nature du sol des dehors et des besoins auxquels ils doivent satisfaire4 ,il n'est qu'un point o l'enceinte extrieure est relie la dfense intrieure au moyen d'une tour btie cheval sur le chemin militaire qui spare les deux fronts4 ,c'est un ouvrage sur plan rectangulaire1 pos en vedette1 flanquant la fois les courtines extrieures1 les lices 7chemin militaire7 et les courtines intrieures2 permettant de dcouvrir1 sans sortir de la dfense intrieure1 la monte la porte de l',aude1 tout le front jusqu'au saillant occidental de la place dfendu par deux grosses tours du coin1 et la partie la plus rapproche du faubourg de la ,barbacane4 ,cette tour1 dite de l'vque1 parce qu'elle donnait sur le palais piscopal1 est un admirable ouvrage1 bti de belles pierres de grs dur avec bossages1 et dpendant des travaux termins sous ,philippe le ,hardi #he4 ,en voici 7fig4 #bb7 les plans diffrents tages4 ,en ,a1 au niveau des lices ou du chemin militaire entre les deux enceintes1--le crnelage de l'enceinte extrieure tant en a et la courtine de l'enceinte intrieure en b4--,le premier tage est trac en ,b4 ,du terre-plein de la cit1 on arrive cet tage par l'escalier d1 qui monte aux deux tages suprieurs4 ,le plan ,c donne l'tage du crnelage avec son hourd de face e4 ,on communique du chemin de ronde g au chemin de ronde h1 en passant par la porte i1 montant quelques degrs qui arrivent au niveau de la salle k et en redescendant par l'escalier vis4 ,deux mchicoulis en m et n 7voy4 le plan ,b7 commandent les deux arcs cheval sur le chemin militaire4 ,la figure #bc donne la coupe de cet ouvrage1 faite sur la ligne op4 ,le niveau des lices est en ,a1 le niveau du sol intrieur de la cit en ,b4 ,outre les deux mchicoulis percs dans les archivoltes des passages ,p1 on tablissait1 en temps de guerre1 des hourds au deuxime tage1 au-dessus de ces arcs1 ainsi que l'indiquent le trac ,d et le profil d2 hourds auxquels les baies ,c donnaient accs4 ,un hourd tabli en ,e1 sur la face de la tour1 commandait son pied et flanquait ses angles4 ,le profil ,f donne la coupe sur la courtine intrieure1 les lices et la courtine extrieure4 ,tous les tages sont mis en communication par les oeils percs au milieu des votes d'arte4 ,ces oeils permettent aussi d'approvisionner les tages suprieurs des munitions ncessaires au service des hourds4 ,la figure #bd prsente la vue perspective de cette tour en dehors de l'enceinte extrieure1 avec les hourds poss partout4 ,on voit que les meurtrires des crnelages ont leur champ de tir dgag au-dessous des hourds1 ce qui permet deux lignes d'arbaltriers ou d'archers de dfendre les ouvrages1 puisque les hourds possdent des meurtrires au-dessus des mchicoulis4 ,les tourelles d'angle1 octogones1 donnent un tir divergeant et sont flanques par les meurtrires des flancs des hourds4 ,cette tour a l'avantage d'enfiler le chemin militaire entre les deux enceintes1 de le couper totalement au besoin1 et de possder des flanquements sur l'escarpe de l'enceinte extrieure4 ,parfaitement conserve1 btie avec des matriaux inaltrables1 elle a pu tre utilise au moyen de travaux peu importants4 ,tous les ouvrages entrepris ,carcassonne1 sous ,philippe le ,hardi1 ont un caractre de puissance remarquable1 et indiquent de profondes connaissances dans l'art de la fortification1 eu gard aux moyens d'attaque de l'poque4 ,les flanquements tant courts1 il est impossible de les mieux combiner4 ,les garnisons taient composes alors de gens de toutes sortes1 hommes liges et mercenaires1 il fallait se tenir en dfiance contre les trahisons possibles4 ,ces tours taient des rduits indpendants1 interceptant le parcours sur les chemins de ronde1 mme sur les lices1 comme on le voit par l'exemple prcdent4 ,commandes chacune par un capitaine1 la reddition de l'une d'elles n'entranait pas la chute des autres4 ,les gens de la ville ne pouvaient monter sur les chemins de ronde1 qui avaient ,sur le terre-plein un relief considrable et n'taient mis en communication avec le sol intrieur que par des escaliers trs-rares passant gnralement par des postes4 ,toute tentative de trahison devenait difficile1 chanceuse1 parce qu'il fallait1 ou qu'elle pt mettre beaucoup de monde dans la confidence des moyens employer1 ou qu'elle restt isole1 et par suite promptement rprime4 ,quelquefois le chemin de ronde de la courtine tourne autour de l'ouvrage flanquant et contenant un poste2 mais alors la tour a tous les caractres d'un rduit1 d'un petit donjon possdant ses moyens de dfense1 de retour offensif et de retraite1 indpendants4 ,plusieurs des tours de l'enceinte intrieure de la cit de ,carcassonne sont conues suivant ce systme4 ,l'une d'elles1 dite tour ,saint-,martin1 est bien conserve et nous explique clairement cette disposition4 ,btie sur le front sud1 prs de la poterne de ,saint-,nazaire1 la tour ,saint-,martin s'lve de #be mtres au-dessus du chemin militaire des ces et de #aem1#ej au-dessus du sol de la cit4 ,elle possde deux tages infrieurs vots et deux tages suprieurs sous le comble1 avec plancher intermdiaire au niveau des hourds4 ,la figure #be donne en ,a les plans superposs des deux tages infrieurs1 et en ,b les plans superposs des deux tages suprieurs4 ,en examinant ces plans avec quelque attention1 on observera que le cylindre de maonnerie est plus pais vers l'extrieur que vers l'intrieur de la cit2 en d'autres termes1 que le cercle traant le vide n'est pas concentrique au cercle traant la priphrie de la tour2 que cette priphrie qui fait face l'extrieur1 est renforce par un peron ,c ou bec saillant4 ,cet peron et cette plus forte paisseur donne la maonnerie ont pour rsultat d'annuler les effets du bosson ou blier1 et de placer l'assaillant sous le tir direct des flanquements voisins 7voyez ,,architecture ,,militaire1 ,,porte74 ,de la ville1 on entre dans la tour par la porte ,p1 et la rampe droite qui monte au premier tage4 ,de ce premier tage1 par l'escalier vis1 on descend l'tage infrieur et l'on monte aux tages suprieurs4 ,l'tage crnel1 et pouvant tre muni de hourds1 est mis en communication avec le chemin de ronde des courtines par les deux portes ,k et ,l4 ,ce chemin de ronde pourtourne l'tage suprieur de la tour du ct de la ville en ,g4 ,une coupe faite sur ab 7fig4 #bf7 permet de saisir facilement ces dispositions4 ,l'tage ,h renferme une chemine et est clair par une fentre ,f donnant sur la cit4 ,les hourds taient poss en ,i1 conformment l'usage4 ,les meurtrires des deux salles infrieures sont chevauches1 ainsi que l'indique le plan#hf4 ,cet ouvrage1 comme le prcdent1 appartient aux constructions de ,philippe le ,hardi1 et qui datent1 par consquent1 des dernires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,quelquefois1 cette poque1 pour tendre les flanquements des tours1 on leur donne en plan la forme d'un arc bris#hg4 ,c'est sur ce plan que sont bties quelques-unes des tours du chteau de ,loches4 ,les grands engins d'attaque taient alors perfectionns3 on leur opposait des murs btis en pleine pierre de taille1 des merlons pais1 des hourds forms de gros bois2 on disposait plusieurs tages vots afin de mettre les postes l'abri des projectiles lancs en bombe4 ,parfois on revenait la tour carre comme prsentant des flancs plus tendus et des faces que l'on protgeait par des hourdages trs-saillants et bientt par des mchicoulis de pierre4 ,les tours d',aigues-,mortes1 bties par ,philippe le ,hardi1 sont sur plan quadrangulaire2 mme plan adopt pour la plus grande partie des tours de l'enceinte d',avignon4 ,il faut dire que tout un front de ces remparts fut ordonn sous le pape ,innocent ,,vi1 par ,jean ,fernandez ,heredia1 commandeur de ,malte1 et que les dispositions adoptes alors furent suivies successivement1 c'est--dire de #acej #acfdhh4 ,la plupart de ces tours sont trs-saillantes sur la courtine1 dont le chemin de ronde passe derrire elles ou qui se trouve interrompu par les flancs4 ,de plus1 ces tours sont gnralement ouvertes la gorge4 ,la figure #bg prsente le plan d'une de ces tours d',avignon1 rez-de-chausse4 ,un escalier ,e1 ferm par une porte1 permet de monter au premier tage 7fig4 #bh71 qui communique par deux issues avec les chemins de ronde des courtines ,voisines ,g1 ,h4 ,un second escalier en encorbellement monte jusqu' l'tage crnel suprieur 7fig4 #bi71 perc de mchicoulis4 ,cette tour ne se dfend1 comme on peut le voir1 que par son sommet4 ,la vue perspective 7fig4 #cj71 prise du ct de la ville1 explique compltement le systme de dfense1 et indique les moyens d'accs aux deux tages4 ,ouverte la gorge1 elle ne peut tre considre comme un rduit indpendant1 au besoin2 cependant les chemins de ronde des courtines sont interrompus la faon des tours romaines dont parle ,vitruve4 ,sa surface tendue permettait de runir son sommet un assez grand nombre de dfenseurs4 ,si l'assaillant parvenait saper sa face en ,k 7fig4 #bg71 il tait encore possible de dfendre la brche1 soit en remparant la gorge de ,l en ,m1 soit en accablant les ennemis de projectiles lancs travers le grand mchicoulis ouvert au milieu du plancher du premier tage4 ,un comble1 que nous avons suppos enlev1 afin de mieux faire voir le systme de dfense1 tait pos sur le vide suprieur et abritait le plancher du premier tage et le sol du rez-de-chausse4 ,dj1 au milieu du ,x,i,ve sicle1 on commenait faire usage de bouches feu4 ,ces premiers engins1 toutefois1 n'ayant qu'un faible4 calibre et une porte mdiocre1 ne pouvaient produire un effet srieux sur des monneries quelque peu paisses4 ,les anciens grands engins de sige1 pierrires1 mangonneaux1 trbuchets1 envoyant des projectiles de pierre pesant #ajj ou #aej kilogrammes1 et quelquefois plus1 suivant un tir parabolique1 taient plus redoutables que les premires pices d'artillerie4 ,les projectiles lancs par ces grands engins ne pouvaient produire d'effet qu'autant qu'ils passaient par-dessus les dfenses et qu'ils retombaient1 soit sur les combles des tours1 soit dans les places4 ,du ,guesclin1 bien qu'il ne ft pas trop usage de ces machines de guerre et qu'il prfrt brusquer les attaques1 les employa parfois1 et lorsqu'il les mit en batterie devant une forteresse1 ce fut toujours pour dmoraliser les garnisons par la quantit de projectiles dont il couvrait les rues et les maisons#hi4 ,si les dfenses taient trs-hautes1 les projectiles ne faisaient que frapper directement leurs parements et ne pouvaient les entamer#ij4 ,le trouvre ,cuvelier1 dans la ,vie de ,bertrand du ,guesclin1 raconte comment1 au sige du chteau de ,valognes1 chaque pierre que lanaient les engins des assigeants1 un homme de garde venait frotter les moellons1 par drision1 avec une serviette blanche4 ,il a le soin de nous dire aussi1 dans le mme passage1 comment la garnison avait fait blinder les tours avec du fumier1 pour viter l'effet des projectiles lancs la vole3 ,de fiens y ot4 on mis mainte grande charte4 ,la grande puissance donne alors aux engins obligeait les architectes militaires surhausser les tours et les courtines4 ,mais s'il s'agissait d'une place couvrant une grande superficie1 on ne pouvait donner ces courtines un relief trs-considrable sans de grandes dpenses2 aussi sous ,charles ,v prit-on de nouvelles dispositions4 ,jusqu'alors on n'avait song qu'exceptionnellement terminer les tours par des plates-formes propres recevoir des engins4 ,ces machines taient mises en position sur des plates-formes de bois charpentes intrieurement le long des courtines1 ou mme sur le sol1 derrire celles-ci1 lorsqu'elles n'avaient qu'un faible relief1 ou encore le long des lices1 quand les places possdaient une double enceinte1 afin d'loigner l'assaillant4 ,mais quand la premire enceinte tait prise1 il ne s'agissait plus que de pourvoir la dfense trs-rapproche1 et alors les machines de jet devenaient inutiles1 les hourds ou les mchicoulis suffisaient4 ,sous ,charles ,v1 disons-nous1 on modifia l'ancien dispositif dfensif4 ,on possdait dj de petites pices d'artillerie1 qui permettaient d'allonger les fronts1 d'loigner les flanquements par consquent4 ,on avait reconnu que les fronts courts avaient l'inconvnient1 si les deux flancs voisins avaient t dtruits1 de dfiler l'assaillant et de ne lui prsenter qu'un obstacle peu tendu1 contre lequel il pouvait accumuler ses moyens d'attaque4 ,aussi tait-ce toujours contre ces courtines troites1 entre deux tours1 que les dernires oprations d'un sige se concentraient1 ds qu'au pralable on tait parvenu ruiner les dfenses suprieures des tours par le feu1 si elles se composaient de hourds1 ou par de gros projectiles1 si les galeries des mchicoulis taient revtues d'un manteau de maonnerie4 ,vers #acfj1 les courtines furent donc allonges2 les tours furent plus espaces1 prirent une plus grande surface1 eurent parfois des flancs droits1--c'est--dire que ces tours furent bties sur plan rectangulaire1--et furent couronnes par des plates-formes4 ,le chteau de ,vincennes est une forteresse type conforme un nouveau dispositif4 ,le plan bien connu de cette place#ia prsente un grand paralllogramme flanqu de quatre tours rectangulaires aux angles1 d'une tour 7porte7 galement rectangulaire au milieu de chacun des petits cts1 de trois tours carres sur l'un des grands cts1 et par le donjon avec son enceinte sur l'autre4 ,les courtines entre les tours ont environ #ajj mtres de long1 ce qui dpasse la limite des anciennes escarpes flanques4 ,les tours d'angle sont plantes de telle faon1 que leurs flancs sont plus longs sur les petits cts du paralllogramme que sur les grands1 afin de mieux protger les portes4 ,voici en ,a 7fig4 #ca7 le plan d'une de ces tours d'angle1 rez-de-chausse1 c'est--dire au niveau du sol de la place4 ,de gros contre-forts reposant sur un talus montent jusqu' la corniche suprieure1 qui n'est qu'une suite de larges mchicoulis4 ,les trois tages taient vots1 et sur la dernire vote reposait une plate-forme dalle1 trs-propre recevoir1 ou de grands engins1 ou des bouches feu4 ,un crnelage protgeait les arbaltriers4 ,en ,b1 est trac le plan de cette plate-forme4 ,la figure #cb donne l'lvation de cette tour sur son grand ct1 avec la courtine voisine4 ,on reconnat ici que vers la seconde moiti du ,x,i,ve sicle1 on revenait aux commandements considrables des tours sur les courtines1 avec l'intention vidente de faire servir ce commandement au placement d'engins longue porte4 ,la vote suprieure1 couverte d'un pais blindage de cran#ib sous le dallage1 rsistait tous les projectiles lancs la vole1 en supposant que ces projectiles aient pu s'lever assez haut pour retomber sur la plate-forme4 ,la tour ne se dfend absolument que du sommet1 soit par les engins de position1 soit1 contre l'attaque rapproche1 par les crnelages et mchicoulis#ic4 ,il est curieux de suivre pas pas1 depuis l'antiquit1 ce mouvement d'oscillation constant1 qui1 dans les travaux de dfense1 tantt fait donner aux tours ou flanquements un commandement sur les courtines1 tantt rduit ce commandement et arase le sommet des tours au niveau des courtines4 ,de nos jours encore ces mmes oscillations se font sentir dans l'art de la fortification1 et ,vauban lui-mme1 vers la fin de sa carrire1 aprs avoir prconis les flanquements de niveau avec les courtines1 tait revenu aux commandements levs sur les bastions4 ,c'est qu'en effet1 quelle que soit la porte des projectiles1 ce n'est l qu'une question relative1 puisque les conditions de tir sont gales pour l'assig comme pour l'assaillant4 ,si l'on supprime les commandements levs1 on dcouvre l'assaillant de moins loin1 et on lui permet de commencer de plus prs ses travaux d'approche2 si l'on augmente ces commandements1 on donne une prise plus facile l'artillerie de l'assigeant4 ,aussi voyons-nous1 pendant le moyen ge1 et principalement depuis l'adoption des bouches feu1 les systmes se succder et flotter entre ces deux principes#id4 ,d'ailleurs une difficult surgissait autrefois comme elle surgit aujourd'hui4 ,le trac d'une place en projection horizontale peut tre rationnel1 et ne plus l'tre en raison des reliefs4 ,avec les commandements levs1 on peut dcouvrir au loin la campagne1 mais on enfile les fosss et les escarpes par un tir plongeant qui ne produit pas l'effet efficace du tir rasant4 ,il faut donc runir les deux conditions4 ,nous verrons tout l'heure comment les derniers architectes militaires du moyen ge essayrent de rsoudre ce double problme4 ,le chteau de ,vincennes n'en est pas moins1 pour le temps o il fut lev1 une tentative dont peut-tre on n'a pas apprci toute l'importance4 ,l'architecte constructeur des dfenses a prtendu soustraire les tours l'effet du tir parabolique1 en leur donnant un relief considrable1 et il a prtendu utiliser ce commandement1 inusit alors1 pour le tir des nouveaux engins feu1 et des grands engins perfectionns1 tels que les mangonneaux et trbuchets#ie4 ,sous le rgne de ,charles ,v1 on ne trouve nulle part1 en ,france1 en ,allemagne1 en ,italie1 en ,angleterre ou en ,espagne1 un second exemple de la disposition adopte pour la construction du chteau de ,vincennes4 ,c'est une tentative isole qui ne fut pas suivie2 en voici la raison3 ,alors 7de #acfe #acgj7if on commenait peine employer des bouches feu d'un assez faible calibre1 ou des bombardes de fer courtes1 frettes1 propres lancer des boulets de pierre la vole1 ainsi que pouvaient le faire les engins contre-poids4 ,on ne croyait pas que la nouvelle artillerie feu remplacerait un sicle plus tard ces machines encombrantes1 mais dont le tir tait trs-prcis et l'effet terrible jusqu' une porte de #aej #bjj mtres4 ,l'artillerie feu usite vers la fin du ,x,i,ve sicle dans les places consistait en des tubes de fer qui envoyaient des balles de deux ou trois livres au plus1 ou mme des cailloux arrondis4 ,ces engins remplaaient avec avantage les grandes arbaltes1 et pouvaient tre mis en batterie derrire les merlons des tours4 ,il y avait donc intrt augmenter le relief de ces tours1 car le tir de plein fouet tant faible1 plus on l'levait1 plus il pouvait causer de dommages aux assigeants1 ,d'ailleurs1 ainsi que nous l'avons dit tout l'heure1 il tait important de soustraire le sommet de ces tours aux projectiles lancs la vole par les anciens engins4 ,les courtines devaient1 relativement1 n'avoir qu'un relief moindre1 afin de poster les arbaltriers1 qui envoyaient leurs carreaux de but en blanc #fj mtres environ4 ,les machines et bouches feu des plates-formes des tours couvraient la campagne de gros projectiles dans un rayon de #bjj mtres1 et tenant ainsi les assigeants distance1 les courtines se trouvaient protges jusqu'au moment o1 par des travaux d'approche1 les assaillants arrivaient la crte du foss4 ,dans ce dernier cas1 les arbaltriers des courtines en dfendaient l'approche1 et ceux des tours prenaient en flanc les colonnes d'assaut par un tir plongeant4 ,mais bien que les progrs de l'artillerie feu fussent lents1 cependant1 la fin du ,x,i,ve sicle1 les armes assigeantes commenaient mettre des bombardes en batterie4 ,celles-ci1 couvertes par des paulements et des gabionnades1 n'avaient pas redouter beaucoup les rares engins disposs au sommet des tours1 concentraient leur feu sur les courtines relativement basses1 crtaient leurs parapets1 dtruisaient leurs mchicoulis1 rendaient la dfense impossible1 et l'assigeant pouvait alors procder par la sape pour faire brche4 ,les commandements levs des tours devenaient inutiles ds que l'ennemi s'attachait au pied de l'escarpe4 ,vers #adjj1 on changea donc de systme1 on leva les courtines au niveau des tours2 la dfense btie fut rserve pour l'attaque rapproche1 et en dehors de cette dfense on leva des ouvrages avancs sur lesquels on mit les bouches feu en batterie4 ,celles-ci furent donc rserves pour garnir ces ouvrages bas1 tendus1 battant la campagne1 et la forteresse ne fut plus qu'une sorte de rduit uniquement destin la dfense rapproche4 ,nous voyons1 en effet1 que les chteaux btis cette poque tablissent les dfenses des courtines presque au niveau de celles des tours1 ne laissant celles-ci qu'un commandement un peu plus lev1 pour la surveillance des dehors1 et que beaucoup de vieilles courtines des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles sont releves jusqu'au niveau des chemins de ronde des tours#ig4 ,on renonait compltement alors mettre des pices en batterie sur ces tours2 les plates-formes disparurent pour un temps1 et l'artillerie feu ne fut employe par la dfense que pour balayer les approches4 ,le chteau de ,pierrefonds1 bti entirement par ,louis d',orlans1 nous fournit cet gard des renseignements prcieux4 ,non-seulement les travaux de dblaiement et de restauration entrepris dans cette forteresse#ih ont permis de reconnatre exactement les dispositions des tours et courtines1 c'est--dire de la dfense rapproche1 mais ils ont mis en lumire une suite d'ouvrages avancs1 de peu de relief1 qui formaient une zone de dfense faite pour recevoir de l'artillerie feu4 ,ces ouvrages expliquent comment les troupes envoyes deux reprises par ,henri ,,iv1 avec de l'artillerie pour prendre ce chteau1 ne purent s'en emparer1 et comment il fallut1 sous la minorit de ,louis ,,xiii1 entreprendre un sige en rgle pour le rduire4 ,ces observations feront comprendre pourquoi les tours de ,vincennes1 qui datent du rgne de ,charles ,v1 possdent des plates-formes propres placer de l'artillerie1 et pourquoi elles ont sur les courtines un commandement considrable1 tandis que les tours du chteau de ,pierrefonds1 bties trente ans plus tard environ1 ne prsentent aucune disposition propre recevoir des bouches feu1 et n'ont sur les courtines qu'un commandement insignifiant4 ,nous voyons qu' partir de #adjj1 les architectes militaires suivent pas pas les progrs de l'artillerie feu1 tantt donnant ces engins un commandement sur la campagne1 tantt les plaant la base des tours et les rservant pour battre la crte des fosss2 tantt les rendant indpendants des anciennes dfenses conserves1 et les employant retarder les travaux d'approche au moyen d'ouvrages avancs1 de boulevards1 de cavaliers1 etc4#ii4 ,la figure #cc donne le plan du rez-de-chausse de l'une des tours du chteau de ,pierrefonds#ajj1 au niveau du sol de la cour et au-dessus des deux tages souterrains par rapport ce sol4 ,en ,a1 sont des btiments d'habitation adosss aux courtines ,b4 ,conformment la disposition habituelle1 il faut entrer dans la tour occupe par un poste pour arriver l'escalier qui monte tous les tages4 ,la porte du poste est en a4 ,trois fentres clairent cette salle1 auprs de laquelle se trouvent1 en b1 des latrines4 ,en c1 est une chemine4 ,la coupe sur fe 7fig4 #cd7 explique les divers services de cet ouvrage4 ,le niveau du chemin de ronde couvert des courtines est en ,n1 et le crnelage suprieur de ces courtines1 la base des combles des btiments1 est au niveau ,g du chemin de ronde des tours2 donc ces tours n'ont sur les courtines que le commandement ,,gk4 ,les quatre tages suprieurs1 compris le rez-de-chausse1 sont ferms par des planchers1 mais les deux tages au-dessous du sol de la cour1 qui est en ,l1 sont vots4 ,on remarquera mme que la vote ,v est couverte par une paisse couche de blocage qui met celle-ci a l'abri des incendies ou chutes des parties suprieures4 ,l'escalier vis s'arrte au niveau du sol ,a de la seconde cave1 car la premire cave ,b est un cachot dans lequel on ne descend que par l'oeil perc au milieu de la vote ellipsode construite par assises horizontales poses en encorbellement4 ,on ne peut douter que cette cave n'ait t destine servir de cachot1 de chartre1 puisqu'elle possde une niche avec sige d'aisances ,c et petite fosse4 ,le sol des lices1 ou du chemin militaire extrieur1 est1 le long de cette tour1 au niveau ,p4 ,le cachot ,b ne reoit ni air ni lumire de l'extrieur4 ,on observera que la maonnerie du cylindre1 au niveau ,p1 a #em1#bj d'paisseur 7#af pieds71 et que derrire les parements1 intrieur et extrieur1 en pierres d'appareil1 cette maonnerie est compose d'un blocage bien lit de gros moellons de caillasse d'une extrme duret #aja4 ,il n'tait donc pas ais de saper un ouvrage ainsi construit1 dfendu par la ceinture des mchicoulis du chemin de ronde ,g4 ,cet ouvrage date de #adjj4 ,nulle trace de plates-formes suprieures pour mettre de la grosse artillerie en batterie4 ,les bombardes1 les passe-volants1 veuglaires1 basilics1 coulevrines1 taient placs sur les ouvrages extrieurs1 c'est--dire sur la crte du plateau qui sert d'assiette au chteau1 de manire battre les vallons environnants4 ,les chemins de ronde suprieurs n'taient occups1 au moment de la construction du chteau de ,pierrefonds1 que par des arbaltriers ou des archers contre l'attaque rapproche4 ,cependant1 du jour que les assigeants possdaient des pices d'artillerie d'un assez gros calibre pour pouvoir battre les ouvrages extrieurs et teindre leur feu1 il fallait que la dfense dernire1 le chteau1 pt opposer du canon aux assaillants4 ,les architectes s'ingnirent donc1 ds l'poque de la guerre contre les ,anglais1 trouver le moyen de placer des bouches feu sur les tours#ajb4 ,pour obtenir ce rsultat1 on donna il celles-ci moins de relief1 on augmenta l'paisseur de leurs parois cylindriques1 on les vota pour porter une plate-forme2 ou bien1 conservant l'ancien systme de la dfense suprieure du ,x,i,ve sicle1 destine aux arbaltriers1 on pera des embrasures pour du canon la base de ces tours1 si elles taient bties sur un lieu escarp1 afin de battre les approches #ajc4 ,il faut dire qu'alors les bouches feu1 qui envoyaient des projectiles de plein fouet1 n'avaient qu'un faible calibre2 ces engins projetaient des balles de plomb1 mais plus souvent des pyrites de fer ou de petites sphres de grs dur4 ,ces derniers projectiles ne pouvaient avoir une longue porte4 ,quant aux grosses bouches feu rserves pour les dehors ou les plates-formes des tours1 elles n'envoyaient gure1 pendant le cours du ,x,ve sicle1 que des boulets de pierre la vole1 c'est--dire suivant une parabole4 ,les artilleurs d',orlans1 au moment du sige1 en #adbh1 possdaient cependant des canons envoyant des balles de plein fouet #fjj mtres #ajd2 ces canons furent tous placs sur les anciennes tours ou sur des boulevards #aje2 quant aux courtines1 elles taient garnies de mchicoulis et de hourdis de maonnerie ou de bois4 ,pendant long temps1 en effet1 l'artillerie feu est mise en batterie sur les tours pour commander les approches1 ou la base ,des tours pour enfiler les fosss1 protger les courtines1 qui ne se dfendent que contre l'attaque rapproche l'aide des anciennes armes4 ,ainsi le rle des tours1 la fin du moyen ge1 au lieu de diminuer1 prend plus d'importance4 ,moins rapproches les unes des autres1 puisqu'elles sont munies d'engins longue porte1 elles se projettent davantage en dehors des courtines afin de les mieux flanquer2 elles s'en dtachent mme parfois presque entirement1 surtout aux saillants2 elles tendent considrablement leur diamtre1 elles renforcent leurs parois et sont casemates4 ,souvent mme la batterie suprieure1 au lieu d'tre dcouverte1 est blinde au moyen d'une carapace de maonnerie et de terre4 ,nous ne pourrions dire si cette innovation des batteries suprieures blindes est due la ,france1 l',allemagne ou l',italie4 ,francesco di ,giorgio ,martini1 architecte de ,sienne1 qui vivait au milieu du ,x,ve sicle1 donne plusieurs exemples de ces tours avec batteries suprieures blindes dans son ,trait de l'architecture militaire#ajf4 ,nous avons trouv1 en ,france1 des traces de ces couvertures dans des ouvrages en forme de tours protgeant des saillants#ajg1 ce qui n'interdisait pas l'emploi des anciens mchicoulis et crnelages4 ,voici 7fig4 #ce7 un exemple de ces sortes de tours4 ,en ,a est trac le plan de l'ouvrage au niveau du sol de la place4 ,la salle ,d est perce d'embrasures pour trois pices de canon2 un escalier1 ouvert au centre de cette salle1 permet de descendre dans le moineau ,c'1 dont le plan est dtaill en ,c#ajh4 ,la salle ,d1 vote1 est ouverte du ct de la place1 tant pour aider la dfense que pour laisser chapper la fume4 ,la tour est munie d'un parapet crnel avec mchicoulis en forme de pyramides renverses pour faciliter le tir de haut en bas et mieux protger le talus4 ,sur la plate-forme est tablie une batterie casemate avec quatre embrasures1 ainsi que l'indique le plan ,b4 ,ces embrasures commandent les dehors par-dessus la crte des merlons4 ,une traverse en maonnerie ,e garantit les hommes posts derrire le parapet des coups d'enfilade et de revers4 ,la vote de la batterie et celle du moineau sont couvertes de cran et de terre battue et gazonne4 ,le systme dfensif de cette tour est facile comprendre4 ,la batterie basse1 avec les deux pices a1 enfile les courtines1 bat le foss2 et flanque les tours voisines2 avec sa pice b elle dfend la contrescarpe du foss en face du point mort4 ,la batterie haute protge les dehors2 le moineau empche le passage du foss2 les crnelages et mchicoulis protgent la base de l'ouvrage contre l'attaque rapproche et la sape4 ,l'incertitude qui apparat dans les ouvrages dfensifs de la seconde moiti du ,x,ve sicle est ici vidente4 ,on n'ose pas abandonner entirement la forme et la destination de l'ancienne tour4 ,les tours taient les parties fortes des places du moyen ge avant l'emploi des bouches feu4 ,on ne cherchait point1 pendant un sige1 entamer une forteresse par ses tours1 mais par ses courtines4 ,les architectes militaires du ,x,ve sicle n'avaient d'autre proccupation que d'approprier les tours aux nouveaux engins1 de les rendre plus paisses pour rsister aux coups de l'assaillant et l'branlement caus par l'artillerie qu'elles devaient contenir1 de les garantir contre les feux courbes et de leur donner un flanquement plus efficace4 ,on voulait leur conserver un commandement sur les dehors et mme sur les courtines1 et l'on craignait1 en les levant1 de les exposer trop aux coups de l'ennemi4 ,on sentait que ces crnelages et ces mchicoulis taient1 contre les boulets1 une faible dfense1 facilement bouleverse bien avant le moment o l'on en avait le plus besoin1 et cependant on ne pensait pas pouvoir les supprimer1 tant on avait pris l'habitude de considrer cette dfense rapproche comme une garantie srieuse4 ,toutefois ce furent ces mchicoulis et crnelages qui disparurent les premiers dans les dfenses fortement combines vers la fin du ,x,ve sicle4 ,le crnelage suprieur1 destin empcher l'approche1 descendit au niveau du foss1 devint une fausse braie couvrant la base des tours4 ,le tir ricochet n'tait pas encore employ4 ,les batteries de l'assigeant ne pouvaient dtruire ce qu'elles ne voyaient pas2 or la fausse braie primitive1 tant couverte par la contrescarpe du foss1 restait intacte jusqu'au moment o l'assaillant s'apprtait franchir ce foss pour s'attaquer aux escarpes et aux tours4 ,elle devenait ainsi un obstacle oppos l'attaque rapproche1 et qui restait debout encore quand toutes les dfenses suprieures taient crtes4 ,mais dj1 vers le milieu du ,x,ve sicle1 les armes assigeantes tranaient avec elles des pices de bronze sur affts1 qui envoyaient des boulets de fonte#aji4 ,ces projectiles1 lancs de plein fouet contre les tours1 couvraient les fausses braies d'clats de pierre et comblaient l'intervalle qui sparait ces fausses braies de la dfense1 si l'on ruinait celle-ci4 ,les tours court flanquement et de faible diamtre devenaient plus gnantes qu'utiles2 on songea les supprimer tout fait1 du moins les appuyer par de nouveaux ouvrages disposs pour recevoir de l'artillerie1 indpendamment des boulevards de terre que l'on levait en avant des points faibles4 ,ces nouveaux ouvrages tenaient au corps de la place4 ,btis distance d'une demi-porte de canon1 ils affectaient la forme de grosses tours cylindriques1 recevaient des pices longue porte leur sommet pour battre les dehors et enfiler les fronts et les fosss1 leur pied pour la dfense rapproche et pour envoyer des projectiles rasants sur les boulevards de terre qui couvraient les saillants ou les portes#aaj4 ,alors1 la fin du ,x,ve sicle1 le chteau fodal ne pouvait avoir assez d'tendue pour se dfendre efficacement contre l'artillerie feu4 ,le canon acheva la ruine de la fodalit4 ,il fallait1 pour pouvoir rsister l'artillerie feu1 des fronts tendus2 les villes seules comportaient ce genre de dfenses4 tendant les fronts1 il fallait les flanquer4 ,on ne pourvut d'abord cette ncessit1 indique par la nature des choses1 qu'au moyen de boulevards de terre tablis en dehors des saillants et des portes1 lesquels boulevards croisaient leurs feux2 puis comme il faut1 en toute fortification1 que ce qui dfend soit dfendu1 on ne trouva rien de mieux que d'tablir le long des vieilles enceintes1 en arrire des boulevards1 de grosses tours ayant assez de relief pour commander ces boulevards et les dehors par-dessus leurs parapets4 ,les systmes trouvs par les ingnieurs militaires depuis le ,x,v,ie sicle jusqu' nos jours sont donc en germe dans ces premires tentatives faites la fin du ,x,ve sicle en ,italie1 en ,france et en ,allemagne4 ,les ,allemands1 conservateurs par excellence1 possdent encore des exemples intacts de ces ouvrages1 transition entre l'ancien systme de la fortification du moyen ge et le systme moderne4 ,nuremberg est1 ce point de vue1 la ville la plus intressante tudier4 ,le plan gnral de ,nuremberg affecte la forme d'un trapze arrondi aux angles1 possdant un point culminant prs de l'un des angles1 occup par un ancien chteau4 ,une double enceinte des ,,xiv et ,x,ve sicles avec tours carres flanquantes et large foss extrieur plein d'eau1 avec contrescarpe1 entourait entirement la cit1 traverse par une rivire dans sa largeur4 chaque angle1 ,albert ,drer leva une grosse tour1 et une cinquime auprs du chteau1 sur le point culminant de la ville4 ,des portes sont perces dans le voisinage des quatre tours1 lesquelles sont protges par des ouvrages avancs4 ,du haut de chacune des cinq tours1 on dcouvre les quatre autres4 ,celles de l'enceinte protgent les saillants1 flanquent deux fronts1 commandent les portes1 enfilent les lices entre les deux enceintes1 et dcouvrent la campagne par-dessus les boulevards des portes4 ,ces tours ont environ #bj mtres de diamtre #e mtres du sol1 sont bties en fruit par assises de grs dur1 avec bossages en bas et prs du sommet4 ,au rez-de-chausse elles possdent une chambre vote1 mais trace de manire laisser la maonnerie une paisseur considrable du ct extrieur 7voyez le plan1 fig4 #cfaaa74 ,l'intrieur de la ville est en ,a2 en ,b sont les lices1 entre la porte de l'enceinte extrieure et celle ,c de l'enceinte intrieure2 la poterne ,d permet de descendre dans le foss4 ,en a est pratiqu un large mchicoulis qui dfend l'entre dans la salle basse1 et en b un oeil carr1 ouvert dans la vote1 met le premier tage1 galement vot1 en communication avec ce rez-de-chausse4 ,on ne monte la plate-forme suprieure que par un escalier pris dans l'paisseur du mur et partant du niveau du chemin de ronde des courtines4 ,en d sont deux chambres avec embrasures pour des pices d'artillerie4 ,la figure #cg donne la vue perspective de cette tour#aab4 ,les remparts datent du ,x,ve sicle2 ,albert ,drer n'a bti1 dans cet ouvrage1 que la tour et la porte qui s'y runit4 ,la salle du premier tage tait destine loger le poste1 car elle ne possde aucune embrasure4 ,sa vote paisse porte la plate-forme circulaire suprieure entoure d'un masque de gros bois de charpente1 avec crneaux volets#aac pour du canon4 ,un blindage1 galement de charpente1 reoit la toiture conique qui autrefois tait surmonte d'une guette#aad4 ,en ,a nous avons trac le profil de cette plate-forme suprieure4 ,ces commandements levs furent rarement adopts en ,france dater de la fin du ,x,ve sicle4 ,les ingnieurs franais cherchaient plutt largir les fronts1 tendre le champ de tir1 qu' obtenir des commandements considrables4 ,ils prfraient les batteries barbette ces batteries blindes o le service tait gn et o l'on tait touff par la fume1 comme dans l'entrepont d'un vaisseau de guerre4 ,d'ailleurs1 en supposant ces tours battues par de l'artillerie1 mme grande distance1 les feux convergents de l'ennemi devaient promptement dtruire ces masques de bois qui1 pareils des bordages de gros vaisseaux1 n'avaient pas l'avantage de la mobilit que donne la mer et servaient de points de mire4 ,si longue que ft la porte des pices mises en batterie sur la plate-forme1 ces pices ne pouvaient opposer qu'un tir divergent l'artillerie de l'assigeant et recevaient dix projectiles pour un qu'elles envoyaient#aae4 ,quelques tentatives en ce genre furent cependant faites de ce ct-ci du ,rhin1 mais les tours franaises du commencement du ,x,v,ie sicle ont un plus grand diamtre1 moins de hauteur et taient couronnes par des batteries barbette avec gabionnades1 ou par des caponnires1 comme celle prsente dans l'exemple prcdent4 ,le plus souvent on fit de ces tours de vritables porte-flancs1 c'est--dire qu'on leur donna1 en plan horizontal1 la forme d'un fer cheval1 et leurs batteries suprieures ne dpassrent gure le niveau de la crte des courtines 7fig4 #ch74 ,il y a toujours un avantage cependant1 pour l'assig1 obtenir des commandements levs1 ou tout au moins des guettes qui permettent de dcouvrir au loin les travaux d'approche de l'assigeant1 tablir sur les bastions retranchs des rduits cheval sur le foss du retranchement1 de manire rendre l'occupation du bastion difficile4 ,c'est ce besoin qui explique pourquoi on maintint si tard les vieilles tours des places du moyen ge en arrire des bastions ou des demi-lunes2 pourquoi ,vauban1 dans sa troisime manire1 tenta de revenir ces tours dominant les bastions1 et pourquoi aussi ,montalembert fit de ces tours dominantes en capitales un des principes de son systme dfensif4 ,de nos jours et depuis les progrs merveilleux de l'artillerie1 la question est de nouveau pose1 d'autant que ces tours peuvent servir de traverses pour garantir les dfenseurs des coups de revers et dfier les effets du tir en ricochet4 ,la difficult est de recouvrir ces tours d'une cuirasse capable de rsister aux projectiles modernes1 car1 si paisse que soit leur maonnerie1 celle-ci serait bientt bouleverse par les gros boulets creux de notre artillerie1 et un de ces projectiles pntrant dans une casemate y causerait de tels dsordres1 que la dfense deviendrait impossible4 ,ce n'est donc pas seulement la cuirasse qu'il s'agit de trouver1 mais aussi1 pour les embrasures1 un masque qui arrte compltement le projectile de l'ennemi1 tout en permettant de pointer les pices4 ,il existe encore un exemple peu prs intact du systme dfensif de transition o l'emploi des tours 7non point d'anciennes tours conserves1 mais des tours construites pour recevoir de l'artillerie feu7 entre dans le plan gnral d'une place forte suivant une donne mthodique3 c'est la place de ,salces1 commence en #adig et termine vers #aejc environ1 sous la direction d'un ingnieur nomm ,ramirez4 ,voisine de ,perpignan1 la place de ,salces est situe entre l'tang de ,leucate et les montagnes2 elle commande ainsi le passage du ,roussillon en ,catalogne4 ,btie avec un grand soin1 elle consiste en un paralllogramme flanqu aux angles de quatre tours4 ,deux demi-lunes couvrent deux des fronts4 ,un donjon occupe le troisime1 et une demi-lune forme saillant sur un des angles4 ,les ouvrages sont casemats2 les tours et demi-lunes couronnes par des plates-formes pour recevoir de l'artillerie4 ,de petites bouches feu taient en outre mises en batterie dans les tages infrieurs des tours pour enfiler les fosss4 ,les ouvrages que nous dsignons comme des demi-lunes sont de vritables tours isoles porte-flancs1 ouvertes la gorge et runies aux casemates des courtines par des caponnires1 ou galeries couvertes1 perces d'embrasures pour de la mousqueterie#aaf4 ,un foss de #ae mtres de largeur environ sur #g mtres de profondeur circonscrit tout le chteau4 ,ce foss1 qui peut tre inond jusqu'au niveau de la cour du chteau et mme au-dessus1 est mis en communication avec le chteau par des poternes troites4 ,en outre1 d'autres issues ouvertes dans la contrescarpe donnaient vraisemblablement sur les dehors1 car dans la lgende jointe au plan du chteau de ,salces donn par le chevalier de ,beaulieu#aag1 on lit3 ,il y a plus de logement soubs terre1 dans ce chteau1 qu'il n'y en a dehors2 car il est casemat et contre-min partout1 et l'on passe par dessoubs les fosss pour aller dans les dehors444 ,on ne passait certainement pas sous la cunette des fosss qui taient inonds1 mais on passait au fond du foss1 dans des galeries casemates qui communiquaient un chemin couvert pratiqu derrire la contrescarpe2 chemin couvert dont on retrouve certaines galeries creuses sur le foss et de l sur les dehors1 protgs par des ouvrages de terre avancs4 ,mais ce qui donne l'tude des tours du chteau de ,salces un intrt marqu1 c'est la manire dont elles sont disposes pour abriter les dfenseurs4 ,en effet1 la place de ,salces1 barrant la route entre l'tang de ,leucate et les derniers contre-forts des ,corbires1 est domine par ces hauteurs4 ,les tours1 les courtines1 les demi-lunes sont soumises des vues de revers et d'enfilade4 ,c'est en exhaussant les parapets des tours du ct dangereux et en tablissant la gorge des tours opposes des parados1 que l'ingnieur a couvert les plates-formes4 ,l'exhaussement des parapets du ct de la montagne met les embrasures couvert1 tandis que celles du ct oppos sont ciel ouvert4 ,la figure #ci prsente vol d'oiseau la perspective d'une de ces tours4 ,on voit en ,a le parapet exhauss dfilant les canonniers et les pices placs sur la plate-forme1 ainsi que le ferait un cavalier ou une traverse4 ,les courtines1 construites seulement pour de la mousqueterie1 ne sont pas munies d'embrasures1 mais possdent une banquette ,b et relvent leurs parapets en face des terrains levs qui ont des vues sur le chteau4 ,des chauguettes ,c occupent les angles rentrants des tours avec les courtines1 et peuvent recevoir des arquebusiers dont le tir flanque les escarpes4 ,de plus1 de petites pices places dans des tages vots et suffisamment ars enfilent les fosss la base et vers le sommet des talus des tours4 ,la figure #dj donne la perspective d'une des demi-lunes avec son parapet relev en ,e pour couvrir la plate-forme contre les vues d'enfilade des hauteurs voisines4 ,on observera1 dans cette figure1 le bec saillant qui renforce la demi-lune sur sa face1 et qui couvre une partie de l'angle mort dont l'assigeant pourrait profiter1 car ces demi-lunes sont incompltement flanques par les tours d'angle4 ,les plates-formes ne sont pas assez spacieuses pour pouvoir garnir la fois toutes les embrasures par de grosses pices de canon4 ,l'ingnieur comptait1 ou ne mettre en batterie que des fauconneaux1 ou changer les pices de place au besoin4 ,de grandes prcautions sont prises contre la mine1 dit ,m4 le capitaine ,ratheau#aah2 une galerie rgne le long des quatre courtines1 en avant des souterrains1 et de distance en distance sont des amorces de galerie d'coute ingnieusement disposes4 ,,tours-,r,,duits tenant lieu de donjons ou dpendant de donjons4--,les plus anciens donjons ne sont gure que de grosses tours voisines de l'un des fronts du chteau fodal1 commandant les dehors du ct attaquable et tous les ouvrages de la forteresse1 avec sortie particulire sur les dehors et porte donnant dans la cour du chteau 7voyez ,,architecture ,,militaire1 ,,ch,,teau1 ,,donjon74 ,mais certaines places fortes possdaient des rduits qui doivent tre plutt considrs comme des tours dominantes et indpendantes que comme des donjons4 ,puis1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 les donjons devenant de vritables logis1 renfermant les services propres l'habitation1 sont renforcs souvent de tours formidables qui commandent les dehors1 protgent ces logis et deviennent au besoin des rduits pouvant tenir encore1 si le donjon tait en partie ruin par la sape ou l'incendie4 ,on voit encore ,compigne les restes d'une grosse tour du commencement du ,x,i,ie sicle1 voisine de l'ancien pont sur lequel passa ,jeanne ,darc le jour o elle fut prise par les ,anglais1 et qui est un de ces ouvrages servant de rduit le long d'une enceinte4 ,villeneuve-sur-,yonne il existe galement1 sur le front oppos la rivire1 une grosse tour cylindrique indpendante1 qui servait de rduit et commandait la campagne4 ,cette tour appartient au ,x,i,i,ie sicle4 ,le chteau de ,carcassonne possde1 sur le front qui fait face au dehors1 du ct de la ,barbacane et de l',aude1 deux tours sur plans quadrangulaires presque juxtaposes1 qui tenaient lieu de donjon2 ces tours datent du ,x,i,ie sicle et furent encore surleves la fin du ,x,i,i,ie 7voyez ,,architecture ,,militaire1 fig4 #ab et #ac74 ,le chteau 7palais7 des papes1 ,avignon1 ne possde pas1 proprement parler1 de donjon1 mais plusieurs tours-rduits qui commandent les dehors et la forteresse et qui datent du ,x,i,ve sicle4 ,il est donc ncessaire de distinguer1 dans cet article1 les tours-rduits tenant des enceintes1 des tours-rduits tenant des chteaux et des tours tenant des donjons4 ,nous nous occuperons d'abord des premires4 ,c'est encore l'enceinte de la cit de ,carcassonne qu'il faut recourir pour trouver les exemples les mieux caractriss de ces tours1 sortes de donjons appuyant un front4 ,le long de la premire enceinte de cette cit1 vers le sud-est1 il existe une grosse tour cylindrique presque entirement dtache de cette enceinte1 et qui a nom1 tour de la ,vade ou du ,papegay#aai4 ,elle est btie sur un saillant et en face de la partie la plus leve du plateau qui1 de ce ct1 fait face aux remparts4 ,sa base est flanque par un redan de la courtine et par la tour que nous avons donne dans cet article#abj4 ,elle domine de beaucoup les alentours1 est compltement ferme1 et n'tait commande que par la tour qui1 derrire elle1 appartient l'enceinte intrieure4 ,elle renferme cinq tages1 dont trois sont vots4 ,son crnelage suprieur tait1 en cas de guerre1 garni de hourds#aba4 ,le sol de l'tage infrieur est un peu au-dessus du niveau du fond du foss4 ,cet tage infrieur possde un puits4 ,nous donnons les plans des tages de cette tour figure #da4 ,l'tage ,a est rez-de-chausse pour le chemin militaire des lices ,l1 entre les deux enceintes de la cit4 ,le chemin de ronde des courtines de l'enceinte extrieure est en c1 le foss en ,f4 ,de la route militaire ,l1 on monte sur le chemin de ronde par un degr d'une dizaine de marches d1 puis on se trouve en face de l'unique porte de la tour e qui donne entre dans la salle vote ,s4 ,en prenant l'escalier f1 on descend l'tage infrieur ,b1 galement vot4 ,cet escalier dbouche en g'4 ,une trmie1 tablie de g' en g1 permet de monter1 au moyen d'un treuil de l'eau ou des provisions au niveau du sol du rez-de-chausse4 ,le puits est en p4 ,cette cave n'est claire que par deux soupiraux relevs i4 ,de la salle du rez-de-chausse ,s1 en prenant l'escalier k1 on monte la salle du premier tage ,s'1 o l'on dbouche en l4 ,cette salle ,s'1 vote1 possde une chemine m et est claire pr quatre meurtrires et une baie releve4 ,de cette salle ,s''1 en prenant l'escalier n1 on monte la salle du second tage ,s''1 couverte par un plancher2 cet escalier dbouche en o4 ,en reprenant le degr q1 on arrive au crnelage suprieur4 ,ce second tage possde quatre fentres et des latrines en t4 ,on remarquera que la salle du rez-de-chausse ,s est perce de sept meurtrires qui enfilent la crte de la contrescarpe du foss4 ,si nous faisons une section sur ab1 et que nous prenions la partie de cette section du ct des lices1 nous obtenons la coupe figure #db1 coupe qui permet de se rendre compte de la disposition de toutes les issues des escaliers4 ,le niveau du fond du foss est en ,n et les niveaux des crnelages des courtines en ,r4 ,en ,e est trac le plan du crnelage suprieur1 au sol duquel on arrive par l'escalier h4 ,des hourds taient disposs tout autour de ce crnelage1 ainsi que nous l'avons indiqu partiellement en ,,vv'4 ,par les fentres rr 7voyez en ,d1 fig4 #da71 le poste enferm dans la tour voyait les parties suprieures de l'enceinte intrieure et communiquait ou recevait des avis4 ,trente hommes pouvaient facilement loger dans cette tour1 y amasser des provisions pour longtemps1 avoir de l'eau et faire la cuisine4 ,c'tait donc un rduit se dfendant encore si l'enceinte extrieure tombait au pouvoir de l'assigeant4 ,la seule entre1 troite1 tait barricade et ferme avec des barres paisses4 ,la tour du ,trsau1 de la mme cit de ,carcassonne1 attache l'enceinte intrieure et qui dpend des ouvrages dus ,philippe le ,hardi1 est aussi un rduit4 ,nous donnons cette belle tour l'article ,,construction fig4 #adi1 #aej1 #aea1 #aeb1 #aec et #aed4 ,la tour du ,trsau domine de beaucoup les courtines1 et1 de plus1 elle est munie de deux guettes qui permettaient de dcouvrir tous les abords de la cit de ce ct1 le chteau1 la tour du coin ouest au saillant oppos1 et tout le front du nord 7voyez le plan de la cit1 ,,architecture ,,militaire1 fig4 #aaabb74 ,il serait superflu de fournir un grand nombre d'exemples de ces tours1 qui ne diffrent des tours flanquantes fermes que par leur hauteur et leur diamtre relativement plus fort4 ,les enceintes bien dfendues possdaient toujours un certain nombre de tours-rduits plus ou moins considrable1 en raison de leur tendue2 quelques enceintes d'un dveloppement peu considrable n'en possdaient parfois qu'une seule4 ,telle est l'enceinte de ,villeneuve-sur-,yonne4 ,cette tour remplaait alors le chteau et tait entoure d'une chemise4 ,les tours dpendant de chteaux et tenant lieu de donjons prsentent1 au contraire1 comme les donjons eux-mmes1 une grande varit de formes4 ,les unes sont indpendantes1 peuvent au besoin s'isoler1 possdent une chemise1 ont leur porte releve au-dessus du sol extrieur2 les autres sont comme le rduit du donjon et y tiennent par un point3 elles sont au donjon ce que celui-ci est au chteau4 ,il ne faut pas perdre de vue la vritable fonction du donjon1 qui est l'habitation du seigneur2 or il est fort rare de trouver des donjons qui1 comme ceux du ,louvre et de ,coucy1 ne se composent que d'une grosse tour sans aucune dpendance4 ,nous voyons que les donjons normands1 par exemple ceux du ,berry1 du ,poitou1 consistent habituellement1 jusqu'au ,x,i,i,ie sicle1 en un gros logis quadrangulaire divis chaque tage en deux salles4 ,ce donjon tait toujours l'habitation seigneuriale4 ,les donjons du ,louvre et de ,coucy sont des exceptions1 et ne servaient de logis seigneurial qu'en temps de guerre 7voy4 ,,donjon74 ,dans tous les chteaux de quelque importance1 il est une partie plus forte1 dont les murailles sont plus paisses1 qui domine les autres ouvrages2 partie qui est rellement le donjon4 ,ou ce donjon est renforc d'une tour plus haute et plus forte que les tours de flanquements2 ou bien1 ct de la partie du chteau qui tait le plus spcialement rserve l'habitation du seigneur1 est une tour isole qui devient1 en cas de sige1 le rduit dans lequel le seigneur se retire avec ses fidles1 sa famille et ce qu'il possde de plus prcieux4 ,enferm dans cette tour1 il surveille les dehors 7car ces ouvrages sont levs sur le point le plus accessible72 il contient sa garnison et peut soutenir un second sige lorsque le chteau proprement dit est pris4 ,si le chteau n'occupait pas une assez grande surface de terrains propres recevoir des btiments pour les gens de la garnison1 une cour1 un logis pour le seigneur ou donjon complet1 s'il avait peu d'tendue1 en temps ordinaire le seigneur et les siens occupaient le logis2 en temps de guerre1 il appelait les hommes liges1 ceux qui lui devaient le service militaire1 il recrutait des gens de guerre solds1 et se retirait1 lui et ses proches1 dans une tour1 la plus forte1 qui devenait ainsi le donjon4 ,nous trouvons la trace bien vidente de cet usage jusqu'au ,x,i,ve sicle1 dans les places fortes intressantes1 mais petites1 de la ,guyenne4 ,plus anciennement1 dans des chteaux de l'le-de-,france d'une mdiocre tendue1 nous pouvons galement reconnatre cette disposition4 peine si les caractres effacs de notre sicle nous permettent de comprendre la vie1 en temps de guerre1 d'un seigneur possesseur de fiefs considrables et d'une belle et grande habitation seigneuriale2 mais combien nous sommes loin de nous reprsenter exactement l'nergie morale et physique de ces chtelains possesseurs de forteresses peu tendues1 et dans lesquelles1 cependant1 ils n'hsitaient pas1 au besoin1 se dfendre contre des voisins dix fois plus puissants qu'eux4 ,dans ces places resserres1 le chtelain1 entour d'un petit nombre de vassaux sur la fidlit desquels il pouvait toujours compter1 s'enfermait dans la tour matresse1 et de l devait pourvoir la dfense extrieure1 prvoir les trahisons1 et inspirer assez de crainte et de respect sa garnison pour qu'elle ne ft pas tente de l'abandonner4 ,alors 7ce fait se prsentait-il souvent7 le chtelain et quelques fidles1 les ponts coups1 les herses baisses1 les portes et fentres barricades1 enclos dans ce dernier refuge1 se dfendaient outrance jusqu' ce que les vivres vinssent manquer4 ,ce systme de rduit1 propre une dfense extrme1 est adopt d'une manire absolue dans la grosse tour ventre du chteau de ,montpilloy1 prs de ,senlis4 ,d'un ct1 cette tour donnait sur la baille du chteau1 de l'autre sur le chteau lui-mme1 qui avait peu d'tendue#abc4 ,nous parlons ici du chteau tel qu'il existait au ,x,i,ie sicle avant les adjonctions et modifications que lui fit subir ,louis d',orlans4 ,nous donnons 7fig4 #dc7 le plan du premier tage de cette tour1 au niveau duquel s'ouvrait la seule poterne donnant entre dans l'intrieur4 ,en ,a est la porte qui permet de descendre1 par un escalier vot1 dans l'paisseur du cylindre1 l'tage infrieur2 en ,b1 la porte qui1 par un long degr1 galement vot1 donne accs au second tage en ,c1 et la chambre ,d de la herse et du mchicoulis de la poterne4 ,en continuant l'ascension par le degr1 on arrive au troisime tage4 ,la poterne ,p est donc releve au-dessus du sol extrieur de toute la hauteur du rez-de-chausse4 ,on n'y arrive que par une passerelle de bois facile dtruire4 ,cette poterne tait ferme au moyen d'une grille1 d'une herse1 d'un mchicoulis et d'un vantail barr4 ,une petite chambre ,e1 propre contenir deux hommes1 est perce d'une meurtrire oblique qui enfile le tablier de la passerelle4 ,ce tablier tait perc d'une trappe1 par laquelle1 au moyen d'une chelle1 on descendait1 dfil par la pile du pont1 sur le chemin de ronde de la chemise ,g4 ,l'intervalle entre cette chemise et la tour formait donc comme un foss#abd4 ,la coupe faite sur ab 7fig4 #dd7 montre en ,a la tour de ,montpilloy telle qu'elle existait au ,x,i,ie sicle1 et en ,b avec les modifications qui furent apportes aux dfenses1 en #adjj1 dans les parties suprieures#abe4 ,on voit en ,c la coupe de la chemise1 en ,p la coupe de la poterne1 et en ,d celle de la chambre de la herse et du mchicoulis au-dessus de cette poterne4 ,on observera que le rez-de-chausse est vot1 ainsi que l'tage au-dessus1 au moyen d'arcs ogives section rectangulaire reposant sur cinq piles4 ,cette salle vote suprieure est divise par un plancher1 c'est le second tage4 ,le troisime tage1 dans lequel on dbouche par la porte ,i1 est rest tel qu'il tait au ,x,i,ie sicle1 seulement au ,x,ve sicle on entailla sa muraille sur un point pour y loger un escalier vis qui tait destin monter au quatrime tage et l'tage crnel1 avec mchicoulis1 ,m4 ,la hauteur de l'ancienne tour ne dpassait pas le niveau ,n4 ,alors les hourds ,h donnaient une plonge en dehors de la chemise1 comme l'indique la ligne ponctue4 ,ce quatrime tage tait destin l'approvisionnement des projectiles et la dfense suprieure qui se faisait par une srie d'arcades dont on distingue quelques restes englobs dans la maonnerie de #adjj2 arcades qui mettaient la salle suprieure en communication avec les hourds4 ,cette dfense n'ayant pas paru avoir un commandement suffisant1 en #adjj on surleva cet tage arcades2 on le vota en ,v1 et l'on tablit sur cette vote une plate-forme avec crnelage et mchicoulis ,m dont la plonge permettait de battre le pied de l'escarpe de la chemise1 ainsi que l'indique1 de ce ct1 la ligne ponctue4 ,il est clair que les passerelles ,s qui mettaient la tour en communication avec le chteau pouvaient tre enleves facilement4 ,en ,e est figure l'chelle qui1 de la trappe de cette passerelle1 permettait de descendre derrire la pile par le chemin de ronde de la chemise4 ,la figure #de donne le dveloppement de l'intrieur de la tour de ,montpilloy de e en f 7voyez au plan1 fig4 #dc74 ,les escaliers1 pris aux dpens de l'paisseur du mur cylindrique1 sont indiqus par des lignes ponctues4 ,en ,a est la poterne1 et en ,b1 au-dessus1 la chambre de la herse et du mchicoulis4 ,en ,c1 les arcades qui1 de l'tage suprieur1 donnaient sur la galerie des hourds avant la sur-lvation du ,x,ve sicle4 ,cette construction est bien faite1 en assises rgles de #jm1#cb de hauteur 7un pied71 et tout l'ouvrage serait intact si l'on n'avait pas fait sauter la mine la moiti environ du cylindre4 ,heureusement la partie conserve est celle qui prsente le plus d'intrt1 en ce qu'elle renferme les escaliers de la poterne4 ,naturellement on a fait sauter de prfrence les parties qui regardaient l'extrieur1 lorsqu'on a voulu dmanteler le chteau4 ,on comprend1 quand on visite le chteau de ,montpilloy1 pourquoi ,louis d',orlans jugea ncessaire de surlever la tour et de la terminer par une plate-forme4 ,possesseur du duch de ,valois1 prtendant faire de ce territoire un vaste rseau militaire propre dominer ,paris1 il tait important d'avoir prs de ,senlis1 sur la route de la capitale1 un point d'observation qui pt dcouvrir le parcours de cette route depuis sa sortie de ,senlis jusqu' ,crespy4 ,or1 on ne pouvait mieux choisir ce point d'observation qui1 occup par une garnison sur une hauteur1 permettait de couper le passage tout corps d'arme dbouchant de ,senlis4 ,cette garnison avait d'ailleurs la certitude d'tre soutenue par les troupes enfermes dans ,crespy1 ,bthisy1 ,vez et ,pierrefonds1 si ce corps d'arme tentait de forcer le passage4 ,les gens sortis de ,montpilloy n'avaient point s'inquiter s'ils taient coups eux-mmes de leur chteau1 puisqu'ils pouvaient battre en retraite jusqu' ,crespy1 et plus loin encore1 en dfendant pied pied la route qui pntre au coeur du ,valois4 ,mais pour que ces obstacles fussent efficaces1 il fallait avoir le temps3 #a de se mettre en travers de la route ou sur ses flancs1 au moment o une arme envahissante sortait de ,senlis2 #b de prvenir par des signaux ou des missaires les garnisons des chteaux de ,crespy et de ,bthisy situs chacun huit kilomtres de ,montpilloy1 afin de se faire appuyer sur les flancs4 ,or1 pour prendre ces dispositions militaires1 il tait d'une grande importance de donner la tour de ,montpilloy la hauteur que nous lui connaissons4 ,il faut considrer que l'lvation de ces sortes de tours tenait bien plus de leur situation stratgique que de leur dfense propre4 ,on fait habituellement trop bon march des dispositions stratgiques dans les forteresses du moyen ge4 ,on les tudie sparment1 avec plus ou moins d'attention1 mais on tient peu compte de l'appui qu'elles se prtaient pour dfendre un territoire appartenant un mme suzerain ou des seigneurs allis en vue d'une dfense commune1 fait qui se prsentait souvent4 ,la frquence des luttes entre chtelains n'empchait point qu'ils ne se runissent1 un moment donn1 contre un envahisseur2 et ce fait s'est prsent notamment lors du voyage de saint ,louis dans la valle du ,rhne pour se rendre ,aigues-,mortes4 ,ce prince rduisit les petites forteresses qui commandaient le fleuve1 et dont les possesseurs se dfendirent tous contre son corps d'arme1 bien que ces chtelains fussent perptuellement en guerre les uns avec les autres4 ,pour ne parler que d'une contre qui a conserv un grand nombre de restes fodaux1 le ,valois1 on remarquera que les postes militaires iaient disposs en vue d'une dfense commune au besoin1 bien avant la suzerainet de ,louis d',orlans1 et que ce prince ne fit qu'amliorer et complter une situation stratgique dj forte4 ,le ,valois tait born au nord-ouest et au nord par les cours de l',oise1 de l',aisne et de la ,vesle1 au sud-est par la rivire d',ourcq1 au sud par la ,marne4 ,il n'tait largement ouvert que du ct de ,paris1 au sud-ouest1 de ,gesvres ,creil4 ,or1 le chteau de ,montpilloy est plac en vedette entre ces deux points1 sur la route de ,paris passant par ,senlis2 il s'appuyait sur le chteau de ,nanteuil-le-,haudouin1 sur la route de ,paris ,villers-,cotterets1 et qui se reliait au chteau de ,gesvres1 sur l',ourcq4 ,c'tait une premire ligne de dfense couvrant les frontires les plus ouvertes du duch4 ,en arrire1 tait une seconde ligne de places s'appuyant l',oise et suivant le petit cours d'eau de l',automne3 ,verberie1 ,bthisy1 ,crespy1 ,vez1 ,villers-,cotterets1 la ,fert-,milon sur l',ourcq1 et ,louvry au del4 ,derrire ces deux lignes1 ,louis d',orlans tablit1 comme rduit seigneurial1 la place de ,pierrefonds1 dans une excellente position4 ,des tours isoles furent leves ou d'anciens chteaux augments sur les bords de l',aisne et de l',ourcq4 ,le passage de la ,champagne en ,valois1 entre ces deux rivires1 tait command par les chteaux d',ouchy1 sur l',ourcq1 et de ,braisne1 sur la ,vesle1 couverts par la fort de ,daule4 ,au nord1 en dehors du ,valois1 dans le ,vermandois1 ,louis d',orlans avait achet et restaur la place de ,coucy1 qui couvrait le cours de l',aisne4 ,tous ces chteaux 7,coucy except7 taient mis en communication par les vues directes qu'ils avaient les uns sur les autres au moyen de ces hautes tours1 ou par des postes intermdiaires4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que le chteau de ,pierrefonds tait mis en communication de signaux avec celui de ,villers-,cotterets par la grosse tour de ,ralmont1 dont on voit encore les restes sur le point culminant de la fort de ,villers-,cotterets4 ,les expditions tentes par ,louis d',orlans1 et qui n'eurent qu'un mdiocre succs1 ne prouveraient pas en faveur des talents militaires de ce prince1 mais il est certain que lorsqu'il rsolut de s'tablir dans le ,valois de manire se rendre matre du pouvoir et dominer ,paris1 il dut s'adresser un homme habile1 car ces mesures furent prises avec une connaissance parfaite des localits et le coup d'oeil d'un stratgiste4 ,aussi le premier acte du duc de ,bourgogne1 aprs l'assassinat du duc d',orlans1 fut-il d'envoyer des troupes dans le ,valois1 pour mettre la main sur ce rseau formidable de places fortes4 ,ainsi donc il ne faut pas confondre le donjon proprement dit1 ou habitation seigneuriale1 dernier rduit d'une garnison1 avec ces tours qui1 indpendamment de ces qualits1 ont t leves suivant une disposition stratgique1 afin d'tablir des communications entre les diverses places d'une province1 et de fournir les moyens des garnisons isoles de concerter leurs efforts4 ,la fodalit en ,france et en ,angleterre possde ce caractre militaire particulier2 caractre que nous ne voyons pas exprim d'une manire aussi gnrale en ,allemagne et en ,espagne1 si ce n'est1 dans cette dernire contre1 par les ,maures4 ,il semble chez nous que ces dispositions dfensives d'ensemble soient dues plus particulirement au gnie des ,normands1 qui1 au moment de leur entre sur le sol des ,gaules1 comprirent la ncessit de concerter les moyens dfensifs pour assurer leur domination4 ,aussi ne les voyons-nous jamais perdre du terrain ds qu'ils ont pris possession d'une contre2 et1 de toutes les conqutes enregistres depuis l'poque carlovingienne1 celles des ,normands ont t peu prs les seules qui aient pu assurer une possession durable aux conqurants3 la noblesse franaise profita1 pensons-nous1 de cet enseignement1 et1 malgr le morcellement fodal1 comprit de bonne heure cette loi de solidarit entre les possesseurs d'un pays4 ,l'unit que put tablir plus tard la monarchie avait donc t prpare1 en partie1 par un systme de dfense stratgique du sol1 par provinces1 par valles ou cours d'eau4 ,philippe-,auguste parat tre le premier qui ait compris l'importance de ce fait1 car nous le voyons rompre mthodiquement ces lignes ou rseaux de forteresses1 en s'attaquant toujours1 dans chaque noyau1 avec la sagacit d'un capitaine consomm1 celle qui est comme la clef des autres2 ,saint ,louis continua l'oeuvre de son aeul moins en guerrier qu'en politique4 ,quand les ,anglais furent en possession de la ,guyenne1 ils suivirent avec mthode ce principe de dfense1 et tous les chteaux qu'ils ont levs dans cette contre ont1 indpendamment de leur force particulire1 une assiette choisie au point de vue stratgique4 ,nous trouvons en ,bourgogne l'influence de la mme pense4 ,nulle contre peut-tre ne prsentait un systme de dfense solidaire plus marqu4 ,les cours d'eau1 les passages1 sont hrisss d'une suite de chteaux ou postes dont l'emplacement est merveilleusement choisi1 tant pour la dfense locale que pour la dfense gnrale contre une invasion4 ,ces points fortifis se donnent la main comme le faisaient nos tours de tlgraphes ariens2 et la preuve en est que la plupart de ces postes tlgraphiques1 en ,bourgogne1 s'tablirent sur les restes des forteresses des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,considrant donc les chteaux ce point de vue1 on comprend l'importance des tours dont nous nous occupons2 elles constituaient une dfense srieuse par elles-mmes1 et assuraient d'autant mieux ainsi la communication entre les garnisons fodales1 leur action commune4 ,il importait surtout1 si l'un de ces chteaux tait pris par trahison ou par un coup de main1 que des hommes dvous pussent tenir encore quelques jours ou seulement quelques heures dans ces rduits1 du haut desquels il tait facile de communiquer1 par signaux1 avec les forteresses les plus rapproches2 car1 alors1 les garnisons voisines pouvaient1 leur tour1 envahir la place tombe et mettre l'agresseur dans la plus fcheuse position4 ,c'est ce qui arrivait frquemment4 ,en ,france1 les cours d'eau ont un dveloppement considrable1 les bassins sont parfaitement dfinis2 il s'tablissait ainsi forcment1 par la configuration mme du terrain1 de longues lignes de forteresses solidaires qui prparaient merveilleusement l'unit d'action en un moment donn4 ,ce sont l des vues qui nous semblent n'avoir pas t suffisamment apprcies dans l'histoire de notre pays1 et qui expliqueraient en partie certains phnomnes politiques que l'on nonce trop souvent sans en rechercher les causes diverses4 ,mais toute notre histoire fodale est faire1 et1 pour l'crire1 il serait bon1 une fois pour toutes1 de laisser de ct ces lieux communs sur les abus du rgime fodal4 ,il est bien certain que nous ne pourrons possder une histoire de notre pays que du jour o nous cesserons d'apprcier notre pass avec les partis pris qui nous troublent l'entendement1 du jour o nous saurons appliquer cette tude l'esprit d'analyse et de mthode que notre temps apporte dans l'observation des phnomnes naturels1 du jour1 enfin1 o nous comprendrons que l'histoire n'est pas un rquisitoire ou un plaidoyer1 mais un procs-verbal fidle et impartial dress pour clairer des juges1 non pour faire incliner leur opinion vers tel ou tel systme4 ,mais laissons l ces considrations un peu trop gnrales relativement l'objet qui nous occupe1 et revenons nos tours4 ,parmi ces tours de la ,bourgogne dont la destination est bien marque1 c'est--dire qui servaient la fois de rduits au besoin et de postes d'observation1 il faut citer la tour de ,montbard1 du sommet de laquelle on aperoit la tour du petit chteau qui domine le village de ,rougemont1 sur la ,brenne1 et le chteau de ,montfort1 qui1 par une suite de postes1 mettait ,montbard en communication avec le chteau de ,semur en ,auxois1 sur l',armanon4 ,montbard tait un point trs-fort2 le chteau occupait un large mamelon escarp1 de roches jurassiques1 la jonction de trois valles4 ,de ce chteau il ne reste que l'enceinte1 et la grosse tour six pans1 qui occupe un angle de cette enceinte au point culminant1 de telle sorte qu'elle donne directement sur les dehors1 au-dessus de roches abruptes4 ,la figure #df donne les plans de cette tour1 qui date de la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,le rez-de-chausse ,a se compose d'une salle dans laquelle on n'entre que par la porte a1 perce au niveau du sol du terre-plein2 en b et c sont les deux courtines4 ,l'angle d profite d'une saillie du rocher et contient des latrines4 ,un caveau est creus dans le roc1 au-dessous de cette salle2 son orifice est en e4 ,la salle basse est claire par deux fentres et possde une meurtrire sur les dehors2 elle est vote en arcs d'ogive et n'est pas mise en communication avec les tages suprieurs4 ,on ne peut pntrer dans la salle du premier tage que par les chemins de ronde des courtines 7voyez en ,b74 ,l'angle g est couvert par un talus de pierre2 puis1 partir de ce niveau1 un pan coup h correspond au pan coup i4 ,le pan coup h est port sur l'arc infrieur j4 ,la salle du premier tage est claire par deux fentres donnant sur les dehors4 ,un escalier1 pratiqu dans l'paisseur du mur1 du ct du terre-plein1 monte au deuxime tage1 semblable en tout au troisime1 dont nous donnons le plan 7voyez en ,c74 ,ce troisime tage possde trois fentres et deux armoires k qui n'existent pas dans l'tage du dessous1 cause du passage de l'escalier4 ,ces pices sont votes comme le rez-de-chausse4 ,un escalier vis monte la plate-forme1 dont nous donnons le plan figure #dg4 ,cette plate-forme est dfendue par un crnelage1 et1 sur chaque face1 par un mchicoulis avec meurtrire#abf4 ,la figure #dh donne la coupe de cet ouvrage sur la ligne op4 ,des pinacles1 dresss sur le crnelage suprieur1 font reconnatre au loin le sommet de la tour4 ,le couronnement du donjon de ,coucy prsente une disposition analogue#abg4 ,ces pinacles pouvaient d'ailleurs faciliter l'intelligence des signaux1 puisqu'une bannire pose au droit de tel pinacle indiquait un mouvement de l'ennemi1 ou les dispositions prises par la garnison1 ou la nature des secours qu'elle attendait4 ,la porte ,a de l'tage infrieur tait masque par le terre-plein du chteau1 dont le niveau s'levait au-dessus de son linteau4 ,les dfenseurs prposs la garde de la tour1 posts dans les tages suprieurs1 commandaient les deux courtines1 et tous les efforts d'un assaillant qui1 aprs s'tre empar du chteau1 aurait cherch pntrer dans l'tage infrieur de la tour1--ce qui tait difficile1 puisque sa porte est perce dans un angle rentrant1--n'auraient abouti qu' le faire tomber dans une vritable souricire1 puisque cet tage n'a pas de communication avec les salles suprieures4 ,d'ailleurs1 un mchicoulis est directement plac au-dessus de cette porte et en rendait l'accs fort prilleux4 ,si1 du dehors1 l'assaillant1 au moyen d'chelles1 gravissant le rocher pic sur lequel la tour est btie1 parvenait attacher le mineur au pied de cette tour et pntrait dans la salle du rez-de-chausse1--opration qui n'tait gure praticable1--il n'tait pas pour cela matre de l'ouvrage4 ,ici le systme angulaire est adopt pour le plan de la tour1 conformment la mthode admise vers la fin du ,x,i,i,ie sicle pour les tours-rduits couronnes par des plates-formes1 particulirement dans les provinces mridionales4 ,cette configuration se prtait mieux au logement des hommes et aux dispositions d'habitation que la forme circulaire2 elle donnait des faces inabordables1 et l'on comptait sur la force passive des saillants pour rsister aux attaques4 ,ceux-ci taient d'ailleurs flanqus par des chauguettes suprieures1 ou1 vers le milieu du ,x,i,ve sicle1 domins par des mchicoulis4 ,c'est en #acah que l'archevque ,gilles ,ascelin construisit la grosse tour quadrangulaire du palais archipiscopal de ,narbonne4 ,cet ouvrage est un rduit1 en mme temps qu'il commande la place de la ville1 les quais de l'ancien port1 les rues principales et tous les alentours4 ,bti l'angle aigu form par les btiments d'habitation1 il peut tre isol1 puisqu'il n'avait1 avec ces corps de logis1 aucune communication directe#abh4 ,cette tour renferme quatre tages et une plate-forme ou place d'armes1 en contre-bas du crnelage1 bien abrite du vent1 terrible en ce pays1 et pouvant contenir une masse considrable de projectiles4 ,trois chauguettes flanquent1 au sommet de la tour1 les angles vus1 et le quatrime angle1 qui est engag dans le palais1 contient l'escalier couronn par une guette4 ,voici 7fig4 #di7 les plans de cette tour1 en ,a1 au niveau du sol extrieur1 et en ,b1 au niveau du premier tage4 ,l'tage ,a n'est qu'une cave circulaire vote en calotte hmisphrique1 ne prenant pas de jour l'extrieur4 ,le premier tage1 de forme octogone l'intrieur1 se dfend par des meurtrires sur chacune des trois faces vues du dehors4 ,on observera que les chambres de tir de ces meurtrires sont spares de la salle centrale1 qui est vote en arte4 ,au-dessus 7fig4 #ej7 est leve une salle quadrangulaire destine l'habitation 7plan ,c74 ,cette salle tait la seule qui possdt une chemine4 ,elle tait claire par trois fentres et couverte par un plafond de charpente4 ,le quatrime tage prsente galement une salle carre1 vote en arcs d'ogive1 possdant trois petites fentres et des meurtrires dont les chambres de tir sont1 de mme qu'au premier tage1 spares de la salle centrale 7plan ,d74 ,puis1 sur la vote est dispose la plate-forme1 dont la figure #ea donne le plan4 ,la partie centrale1 immdiatement sur la vote1 est en contre-bas du chemin de ronde1 dont le parapet n'est point perc de crneaux1 mais seulement de longues meurtrires4 ,les chauguettes flanquantes possdent trois tages de meurtrires4 ,les dfenseurs pntrent dans l'tage infrieur par les portes a1 perces un peu au-dessus du niveau de la place d'armes1 dans le premier tage par les portes b1 et arrivent au troisime tage1 ciel ouvert1 par les baies d4 ,de l'escalier vis on arrive la place d'armes par la porte c1 et au chemin de ronde du crnelage par la porte e4 ,les chemins de ronde pourtournent en f les chauguettes4 ,une coupe faite sur gh 7fig4 #eb7 explique cette intressante disposition4 ,en ,a est la salle destine l'habitation du seigneur1 tous les autres tages tant amnags pour la dfense4 ,cette tour ne possdait ni hourds ni mchicoulis2 elle se dfendait surtout par sa masse1 compose d'une excellente maonnerie de pierre de taille dure de ,sainte-,lucie4 ,les faces taient peine flanques par les chauguettes4 ,aussi pensons-nous qu'en cas de sige1 des mchicoulis de bois taient disposs au-dessus du parapet1 ou peut-tre seulement au-dessus des chauguettes1 pour pouvoir dcouvrir la base de la tour et la dfendre4 ,ce magnifique rduit est un chef-d'oeuvre de structure2 les assises1 rgles de hauteur1 sont choisies dans le coeur de la pierre et relies par un excellent mortier4 ,dans cette masse nul craquement1 nulle dchirure2 c'est un bloc de maonnerie homogne4 ,cette place d'armes1 pratique un niveau infrieur celui du chemin de ronde1 servait plusieurs fins4 ,c'tait une excellente assiette pour tablir des engins longue porte1 mangonneaux ou pierrires1 un abri pour les dfenseurs et un magasin projectiles4 ,vers le mme temps1 c'est--dire de #acbj #acbe1 tait leve1 au chteau de ,curton1 en ,guyenne 7arrondissement de ,libourne71 une tour-rduit dont le plan prsente certaines particularits remarquables4 ,ce chteau tait plutt dfendu par sa position et son double foss que par ses ouvrages2 seule1 la tour principale avait de l'importance#abi4 ,cette tour1 dont la figure #ec prsente les plans1 contenait cinq tages et un cachot1 tous vots en berceaux chevauchs4 ,la seule entre b1 dans la tour1 tait pratique du logis voisin au niveau du second tage ,a4 ,par l'escalier vis on descendait l'tage au-dessous ,b1 perc de deux meurtrires4 ,par une trappe c on descendait dans le cachot ,c1 compos de deux troites galeries se coupant angle droit et contenant un sige d'aisances4 ,l'escalier vis montait du second tage ,a aux trois salles suprieures1 bties sur le mme plan1 et la plate-forme ,d1 munie d'un crnelage et de mchicoulis4 ,les contre-forts qui paulent les quatre angles n'avaient d'autre fonction que de donner des flanquements1 car les murs de la tour sont assez pais pour n'avoir pas besoin de ces appendices4 ,si l'on examine le plan gnral du chteau#acj1 on verra en effet que l'angle ,g forme un saillant que flanquent 7incompltement1 il est vrai7 les chauguettes voisines4 ,ce renfort avec saillant avait encore l'avantage de rendre la tche du mineur beaucoup plus longue et plus difficile4 ,la tour de ,curton a d'ailleurs #cc mtres de hauteur1 du niveau du sol du cachot la plate-forme suprieure1 et les quatre contre-forts augmentent singulirement son assiette4 ,dans la mme contre1 il faut citer la tour carre du chteau de ,lesparre1 qui tait un rduit couronn par une plate-forme sur vote#aba1 un vritable poste1 car la surface de ce chteau en dehors de la tour carre n'est que de #gjj mtres4 ,beaucoup de ces chteaux de la ,guyenne anglaise du ,x,i,ve sicle n'ont qu'une trs-mdiocre tendue1 et paraissent plutt tre des forteresses propres garder le pays que des habitations seigneuriales telles qu'taient nos chteaux du ,nord4 ,ce n'est pas qu'alors la population de la ,gascogne ne ft compltement soumise la domination anglaise1 dont elle n'avait pas se plaindre et qui fut pour ce pays une re de prosprit1 mais il s'agissait de protger la ,guyenne contre les attaques presque continuelles du roi de ,france1 et ces petits chteaux1 nombreux1 bien tablis au point de vue stratgique1 commandant le cours de la ,garonne et les dbouchements des valles latrales1 taient plus propres garder la campagne que ne l'eussent t de vastes forteresses spares par de grandes distances4 ,aussi la plupart de ces petits chteaux1 btis ou restaurs cette poque1 se dfendent-ils par leur assiette mme1 quelques ouvrages peu importants et par des tours-rduits1 o des troupes d'hommes d'armes isoles pouvaient se retirer et attendre en sret qu'on les vnt dgager2 d'o elles pouvaient sortir et surveiller la contre4 ,en ,normandie1 o la domination anglaise1 au commencement du ,x,ve sicle1 fut conteste par une grande partie de la population1 o il s'agissait non-seulement de protger le pays contre des ennemis du dehors1 mais de se garder contre ceux du dedans1 les rares fortifications que les ,anglais ont leves ont un tout autre caractre4 ,elles tendent augmenter et renforcer les places importantes1 afin d'avoir des garnisons nombreuses centralises sur certains points stratgiques4 ,c'est ainsi que le chteau de ,falaise1 dont la position tait si importante1 fut renforc pendant la domination anglaise1 c'est--dire de #adah #adej1 par une grosse tour cylindrique qui formait une annexe au donjon normand du ,x,i,ie sicle 7fig4 #ed74 ,le chteau de ,falaise couvre une surface d'un hectare et demi#acb2 le donjon1 compos de btiments quadrangulaires juxtaposs1 suivant l'habitude normande1 tait peu lev et ne commandait pas suffisamment les dehors3 les ,anglais y ajoutrent la grosse tour ,a1 dite tour de ,talbot1 qui renferme six tages1 dont un cachot et l'tage de combles4 ,cette grosse tour-rduit est couronne par des mchicoulis avec chemin de ronde4 ,le crnelage suprieur et le comble n'existent plus depuis les guerres de religion du ,x,v,ie sicle4 ,plusieurs anciens donjons carrs de l'poque romane furent simplement considrs comme des logis la fin du ,x,i,ve sicle et au commencement du ,x,ve sicle1 logis que l'on renforait au moyen de grosses tours annexes4 ,cette disposition motiva un nouveau programme qui fut suivi1 cette poque1 dans des constructions leves d'un seul jet4 ,on se mit btir des donjons qui consistaient en un logis spacieux habitable pour le seigneur1 en tout temps1 et l'on flanqua ce logis de fortes et hautes tours commandant les dehors4 ,c'est suivant cette donne qu'a t conu le donjon du chteau de ,pierrefonds#acc4 ,sur les dehors1 ce donjon est en effet protg par deux grosses tours cylindriques dont le diamtre est de #ae mtres #ej centimtres hors oeuvre4 ,ces deux tours1 pleines dans la hauteur du talus1 pouvant par consquent dfier la sape1 renferment trois tages destins aux provisions et l'habitation1 et un tage suprieur de dfenses trs-important1 couronn par un crnelage double#acd4 ,des deux tours1 peu prs pareilles dans leurs distributions intrieures1 nous donnons celle d'angle1 dite tour de ,charlemagne#ace4 ,elle contient1 au niveau de la cour du chteau1 une cave vote1 claire par deux meurtrires 7fig4 #ee1 en ,a74 ,un couloir ,b permet de communiquer des salles basses du donjon cette cave4 ,par l'escalier ,c1 on monte la vis qui dessert tous les tages et la guette4 ,en ,e1 est une fosse pratique sous les garde-robes voisines de cette tour4 ,au-dessus de la cave ,a est une salle vote en arcs ogives surbaisss1 qui est de plain-pied avec le premier tage du logis et dont le plan est semblable celui de la salle ,g du second tage1 laquelle salle est de mme vote en arcs ogives et se trouve de plain-pied avec le deuxime tage du logis4 ,ces pices hexagones sont claires chacune par trois fentres1 possdent une chemine ,k et un couloir ,i communiquant aux garde-robes ,m4 ,en ,o1 est la cour des provisions#acf4 ,l'escalier de la guette ,n met ce couloir ,i1 et par consquent la salle ,g1 en communication avec le chemin de ronde ,p du mur de garde de la cour aux provisions1 qui lui-mme communique aux dfenses suprieures du chteau4 ,au-dessus de cette salle vote ,g est l'tage particulirement rserv la dfense et dont nous traons le plan 7fig4 #ef74 ,on monte cet tage par l'escalier vis4 ,une premire porte ,l donne entre de plain-pied sur l'aire ,s dalle sur la vote de la salle du deuxime tage4 ,une seconde porte perce au niveau de la rvolution suprieure de la vis donne accs sur le chemin de ronde ,r des mchicoulis4 ,des arcades perces dans le mur cylindrique donnent1 au moyen d'emmarchements en faon de gradins d'amphithtre2 du chemin de ronde ,r sur l'aire ,s place #c mtres au-dessous4 ,l'escalier vis permet d'atteindre1 au-dessus de cette salle1 un balcon circulaire intrieur ayant vue sur les dehors par un grand nombre de crneaux4 ,la coupe faite sur ab 7fig4 #eg7 explique l'importance de cet tage1 au point de vue de la dfense4 ,sur l'aire ,a taient accumuls les projectiles propres tre lancs par les mchicoulis1 pierres rondes1 cailloux de toutes grosseurs1 jusqu' #dj centimtres de diamtre1 puisque les trous des mchicoulis ont #db centimtres environ4 ,cet amas de projectiles pouvait1 la rigueur1 atteindre le niveau du chemin de ronde ,b1 en laissant un vide dans le milieu pour le service et pour le passage des hommes par la porte ,c4 ,les servants des mchicoulis se tenaient sur le chemin de ronde ,b1 ainsi que les arbaltriers4 ,des manoeuvres passaient les projectiles aux servants1 suivant les ordres donns par le capitaine de la tour1 qui tait post sur le balcon ,d dont nous avons parl plus haut4 ,par les crneaux nombreux donnant sur le balcon1 le capitaine dcouvrait tous les dehors1 et les gens posts dans la galerie1 non plus que ceux prposs aux projectiles1 n'avaient point s'enqurir des mouvements de l'ennemi1 mais seulement excuter les ordres qui leur taient donns4 ,l'tage crnel suprieur ,e tait en outre garni d'arbaltriers chargs du tir dominant et loign4 ,suivant que l'assigeant se portait vers un point1 le capitaine faisait accumuler les projectiles sur ce point sans qu'il pt y avoir de confusion4 ,si l'assaillant abordait le pied du talus de la tour1 par les trous des mchicoulis les servants le voyaient et n'avaient qu' laisser tomber des moellons pour l'craser4 ,le tir par les crneaux dcouverts ,e ne pouvait tre qu'loign1 ou au plus suivant un angle de #fj degrs1 cause du dfilement produit par la saillie de la galerie4 ,le tir par les crneaux du balcon ,d tait ou parabolique1 ou suivant un angle de #cj et de #fj degrs4 ,il en tait de mme du tir des arbaltriers1 posts sur le chemin de ronde ,b4 ,puis1 par les mchicoulis on obtenait un tir trs-plongeant et la chute verticale des projectiles1 qui1 ricochant sur le talus1 prenaient les assaillants en charpe4 ,ainsi1 dans un rayon de #aej #bjj mtres1 les dfenseurs pouvaient couvrir le terrain d'une quantit innombrable de carreaux1 de viretons et de pierres4 ,le sommet de la guette dpasse de plusieurs mtres le sommet du comble de la tour1 et son escalier vis possde un noyau jour de manire permettre au guetteur de se faire entendre des gens posts dans le chemin de ronde1 comme s'il parlait travers un tube ou porte-voix4 ,en ,g1 est trace la coupe sur le milieu des cts de l'hexagone intrieur1 c'est--dire suivant l'axe des fentres4 ,c'est l un des derniers ouvrages qui prcdent de peu l'emploi rgulier des bouches feu1 puisque le chteau de ,pierrefonds tait termin en #adjg2 aussi ces belles tours1 leves suivant l'ancien systme dfensif perfectionn1 sont-elles trs-promptement renforces d'ouvrages de terre avancs propres recevoir des bouches feu4 ,pierrefonds comme autour des autres places fortes1 au commencement du ,x,ve sicle1 on retrouve des traces importantes et nombreuses de ces dfenses avances faites au moment o les assigeants tranent avec eux du canon4 ,la plate-forme qui prcde ces tours vers le plateau est dispose pour pouvoir mettre en batterie des bombardes ou coulevrines4 ,la clbre tour de ,montlhry1 sur l'ancienne route de ,paris ,orlans1 est la fois rduit du donjon et guette4 ,ce qu'on dsigne aujourd'hui sous le nom de chteau de ,montlhry n'est1 proprement parler1 que le donjon1 situ au point culminant de la motte4 ,le chteau consistait en plusieurs enceintes disposes en terrasses les unes au-dessus des autres1 et renfermant des btiments dont on dcouvre peine aujourd'hui les traces4 ,chacune de ces terrasses avait plus de cent pieds de longueur1 et c'tait aprs les avoir successivement franchies qu'on arrivait au donjon ayant la forme d'un pentagone allong 7fig4 #eh74 ,lorsqu'on avait gravi les terrasses1 on se trouvait devant l'entre ,a du donjon1 dont la construction appartient la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,du chteau o rsida ,louis le ,jeune en #aadd1 il reste peut-tre des substructions1 mais toutes les portions encore visibles du donjon1 et notamment la tour principale1 rduit et guette1 ne remontent pas au del de #abbj1 bien qu'elle passe gnralement pour avoir t construite par ,thibaut1 forestier du roi ,robert1 au commencement du ,x,ie sicle4 ,cette tour ,b1 plus grosse et plus haute que les quatre autres qui flanquent le donjon1 a #im1#he de diamtre au-dessus du talus 7#cj pieds72 le niveau de sa plate-forme tait #ce mtres environ au-dessus du seuil de la porte du donjon4 ,son plan prsente des particularits curieuses4 ,une poterne releve1 ferme par une herse1 donne sur les dehors indpendamment de la porte qui s'ouvre sur la cour4 ,deux tages taient vots1 trois autres suprieurs ferms par des planchers4 ,une ceinture de corbeaux1 comme ceux du donjon de ,coucy1 recevait des hours double tage2 une porte s'ouvrait aussi sur le chemin de ronde de la courtine ,c4 ,cette entre passait travers la cage d'un escalier vis qui1 inscrit dans une tourelle cylindrique1 partait du niveau de ce chemin de ronde pour arriver tous les tages suprieurs4 ,du rez-de-chausse on montait au premier tage par un degr pris dans l'paisseur du mur du ct intrieur4 ,en ,d1 il existait un btiment d'habitation assez vaste1 dont on aperoit aujourd'hui seulement les fondations4 ,on sait quel rle important joua le chteau de ,montlhry pendant le moyen ge4 ,cette valeur tenait plus encore sa position stratgique qu' la puissance de ses ouvrages2 et la grosse tour ,b du donjon tait bien plus un point d'observation qu'une dfense4 ,il est vident que pour la garnison de ,montlhry1 l'essentiel tait d'tre prvenue temps1 car alors il devenait impossible des assaillants d'aborder la motte leve sur laquelle s'tageaient les dfenses2 quelques hommes suffisaient djouer un coup de main4 ,,tour ,,de ,,guet 7guettes74--,les chteaux1 les donjons1 avaient leur guette mais aussi les villes4 ,dans l'tat prsent de l',europe1 on ne saurait comprendre l'importance de ces observatoires levs sur les points dominants des chteaux et des villes4 ,si nous avons encore conserv les voleurs qui cherchent s'introduire la nuit dans les habitations des cits et des campagnes1 du moins cette corporation n'excute-t-elle ses projets qu'en se cachant du mieux qu'elle peut4 ,mais il n'en tait pas ainsi depuis l'empire romain jusqu'au ,x,v,i,ie sicle4 ,pendant l'administration des derniers empereurs1 les vill et mme les bourgades n'taient pas toujours l'abri des expditions de bandes d'aventuriers qui1 en plein jour1 ranonnaient les particuliers et les petites communes1 ainsi que nous voyons encore la chose se faire parfois en ,italie1 en ,sicile et sur une partie du territoire de l',asie4 ,le brigandage 7pour nous servir d'un mot qui ne date que du ,x,ve sicle7 existait l'tat permanent sous l'administration romaine1 aux portes mmes de la capitale de l'empire1 et il n'est pas quitable de faire remonter cette institution au moyen ge seulement2 elle appartient un peu tous les temps1 et aux socits particulirement qui inclinent vers la dissolution4 ,le moyen ge fodal ne pratiqua pas le brigandage et ne l'leva pas la hauteur d'une institution1 ainsi que plusieurs feignent de le croire pour arriver nous dmontrer que l'histoire de la civilisation ne date que du ,x,v,ie sicle4 ,la fodalit entreprit au contraire de dtruire le brigandage qui1 aprs la chute de l'empire romain1 tait pass dans les moeurs et s'tendait l'aise sur toute l',europe occidentale4 ,la fodalit fut une vritable gendarmerie1 une magistrature arme1 et malgr tous les abus qui entourent son rgne1 elle eut au moins cet avantage de relever les populations de l'affaissement o elles taient tombes la fin de l'empire et sous les ,mrovingiens4 ,ces premiers possesseurs terriens1 ces leudes1 surent grouper autour de leurs domaines les habitants effars des campagnes1 et si des colons romains ils ne firent pas du jour au lendemain des citoyens 7tche impossible1 puisque peine les temps modernes ont pu la remplir71 du moins leur enseignrent-ils par l'exemple se dfendre et se runir au besoin1 l'ombre du donjon1 contre un ennemi commun4 ,que des chtelains aient t des voleurs de grands chemins1 le fait a pu se prsenter1 surtout au dclin de la fodalit2 mais il serait aussi injuste de rendre l'institution fodale responsable de ces crimes qu'il serait insens de condamner les institutions de crdit1 parce qu'il se rencontre parfois des banqueroutiers parmi les financiers4 ,les ,assises de ,jrusalem1 ce code labor par la fodalit taillant en plein drap1 est1 pour l'tat de la socit d'alors1 un recueil d'ordonnances fort sages1 et qui indique une trs-exacte apprciation des conditions d'ordre social2 et les barons1 guerriers et lgistes qui ont rdig ce code1 eussent t fort surpris si on leur et dit qu'un sicle comme le ntre1 qui se prtend clair sur toutes choses1 les considrerait comme des dtrousseurs de plerins2 des soudards1 pillards sans vergogne4 ,la guette1 ou la tour de guet1 est le signe visible du systme de police arme tabli par la fodalit4 ,la tour de guet du chteau n'a pas seulement pour objet de prvenir la garnison d'une approche suspecte1 mais bien plus d'avertir les gens du bourg ou du village de se dfier d'une surprise et de se prmunir contre une attaque possible4 ,il n'tait pas rare de voir une troupe de partisans profiter de l'heure o les gens taient aux champs pour s'emparer d'une bourgade et la mettre ranon4 la premire alarme1 le chtelain et ses hommes avaient bientt fait de relever le pont et de se mettre l'abri des insultes2 mais ces garnisons1 trs-faibles en temps ordinaire1 n'eussent pas pu dloger des troupes d'aventuriers et empcher le pillage du bourg2 il fallait avoir le temps de rassembler les paysans disperss dans la campagne3 c'est cette fin que les tours de guet taient leves4 ,aux premiers sons du cor1 aux premiers tintements du beffroi1 les populations rurales se groupaient sous les murs du chteau et organisaient la dfense1 appuyes sur la garnison de la forteresse4 ,les villes possdaient1 par le mme motif1 des tours de guet sur les points qui dcouvraient la campagne au loin4 ,ces tours de guet tablies le long des remparts devinrent1 vers le ,x,i,ve sicle1 le beffroi de la ville2 outre les guetteurs1 elles renfermaient des cloches dont les tintements appelaient les habitants aux points de leurs quartiers dsigns d'avance1 d'o les quarteniers les dirigeaient d'aprs les instructions qui leur taient transmises par les chefs militaires4 ,dans les chteaux1 les tours de guet ne servaient pas seulement prvenir les dangers d'une surprise2 les guetteurs1 qui veillaient nuit et jour leur sommet1 avertissaient les gens du chteau de la rentre du matre1 de l'heure des repas1 du lever et du coucher du soleil1 des feux qui s'allumaient dans la campagne1 de l'arrive des visiteurs1 des messagers1 des convois4 ,la guette tait ainsi la voix du chteau1 son avertisseur2 aussi les fonctions de guetteur n'taient-elles confies qu' des hommes prouvs et taient-elles largement rtribues1 car le mtier tait pnible4 ,souvent les tours de guet ne sont que des guettes1 c'est--dire des tourelles accoles une tour principale et dpassant en hauteur ses couronnements#acg4 ,mais aussi existe-t-il de vritables tours de guet1 c'est--dire uniquement destines cet usage4 ,la cit de ,carcassonne en possde une trs-leve d'une poque ancienne 7fin du ,x,ie sicle71 entirement conserve4 ,cette tour dpend du chteau1 domine toute la cit et le cours de l',aude2 elle est btie sur plan rectangulaire#ach et ne contenait qu'un escalier de bois avec paliers4 ,son sommet pouvait tre garni de hourds#aci4 ,l'angle sud-ouest des murs romains de la ville d',autun1 point culminant de l'enceinte1 possde une tour de guet du ,x,i,ie sicle1 dont nous donnons 7fig4 #ei7 la vue prise au dehors des murs4 ,cette tour contenait plusieurs chambres les unes au-dessus des autres et un escalier de bois4 ,les fentres jumelles de la chambre suprieure s'ouvrent du ct de la ville4 ,la corniche de couronnement formait parapet1 et le chneau du comble en charpente1 chemin de ronde4 ,les eaux de ce comble plat1 pos en contre-bas du couronnement1 s'coulaient par des gargouilles#adj4 ,la tour de ,nesle1 ,paris1 qui commandait1 sur la rive gauche1 le cours de la ,seine sa sortie de la ville1 tait plutt une tour de guet qu'un ouvrage propre la dfense4 ,elle tait mise en communication par une estacade avec la tour de la rive droite 7dite tour qui fait le coin71 qui1 en amont du ,louvre1 terminait l'enceinte de la ville4 ,un fanal tait suspendu ses crneaux pour indiquer aux bateliers l'entre de l'estacade qui barrait une partie notable du fleuve4 ,de sa plate-forme on dcouvrait les enceintes de l'ouest 7rive gauche71 le faubourg ,saint-,germain1 le ,pr aux ,clercs1 le ,louvre et la ,cit4 ,la tour de ,nesle1 btie sous le rgne de ,philippe-,auguste1 en mme temps que l'enceinte de ,paris1 c'est--dire vers #abjj1 est dsigne dans un acte de #abaj3 ,tornella ,philippi ,hamelini supra ,sequanam#ada4 ,ce n'est qu'un sicle plus tard qu'elle est connue sous le nom de tour de ,nesle ou de ,nelle4 ,elle tait plante la place qu'occupe le pavillon oriental du palais de l',institut4 ,sur le quai1 prs d'elle1 s'ouvrait la porte de la ville dite porte de ,nesle 7voyez le plan1 fig4 #fj71 et en ,a s'tendait l'htel de mme nom4 ,la tour de ,nesle ,d avait1 hors oeuvre1 cinq toises de diamtre1 possdait deux tages vots et deux tages plafonns1 avec une plate-forme laquelle arrivait l'escalier vis ,e1 aprs avoir desservi tous les tages4 ,cet escalier dpassait de beaucoup le niveau de la plate-forme 7qui peut-tre tait primitivement couverte par un comble conique7 et servait de guette4 ,la vue perspective de cette tour 7fig4 #fa71 prise en dehors de la porte de ,nesle#adb1 en fait comprendre la valeur comme poste d'observation sur le fleuve4 ,de l des signaux pouvaient tre transmis au ,louvre1 et vice versa1 sur tout le front occidental des remparts de la rive gauche#adc et au palais de la ,cit4 ,en amont de ,paris1 deux autres tours peu prs semblables celle-ci barraient la rivire3 l'une1 dite tour ,barbeau1 formait tte du rempart sur la rive droite2 l'autre1 dite la ,tournelle1 avait la mme destination sur la rive gauche4 ,ces deux ouvrages1 qui se trouvaient au droit du milieu de l'le ,saint-,louis1 se reliaient avec deux autres tours leves sur les berges de cette le1 coupe alors par un foss que remplissait la ,seine#add4 ,la tour de ,villeneuve-lez-,avignon1 btie sur la rive droite du ,rhne1 au dbouch du pont de ,saint-,bnezet1 par ,philippe le ,bel1 en #acjg1 est une tour d'observation en mme temps qu'un donjon propre la dfense4 ,elle se reliait un vaste systme de fortifications qui dfendait de ce ct le territoire franais contre les empitements de la ,provence#ade1 et qui1 plus tard1 contribua enlever aux papes d',avignon tous droits de seigneurie sur le cours du ,rhne4 ,cette tour1 btie sur plan quadrilatre losang1 possde plusieurs salles votes et une guette carre au sommet1 avec tourelle propre encore recevoir un guetteur4 ,c'est un ouvrage admirablement construit1 avec plate-forme1 crnelage arm de mchicoulis1 et chauguettes aux angles4 ,ce genre de dfenses nous amne parler des tours considres comme postes isols1 sortes de blockaus permanents4 ,,tours-,,postes ,,isol,,es4 ,,tours ,d,,fenses ,,de ,,passages1 ,,de ,,ponts4--,le cours de nos fleuves1 les passages des montagnes1 certaines lignes de dfense d'un territoire1 laissent encore voir des traces de tours1 carres habituellement1 qui servaient assurer le page sur les cours d'eau1 rprimer le brigandage1 arrter les invasions1 les surprises de voisins trop puissants ou turbulents4 ,ces tours1 que l'on trouve encore en grand nombre dans les passages des ,pyrnes1 le long de la haute ,loire1 du ,rhne1 de la ,sane1 de l',aveyron et du ,tarn1 du ,doubs et de l',isre1 sur les frontires du ,morvan1 dans les ,vosges1 sont plantes sur des points levs et peuvent correspondre au moyen de signaux4 ,l'assiette choisie est habituellement un promontoire escarp ne se reliant aux hauteurs voisines que par une langue de terre1 de manire n'tre accessible que vers un point4 ,cette chausse naturelle est parfois coupe par un foss ou dfendue par un rempart qui sert de chemise la tour4 ,on ne peut pntrer dans l'intrieur de celle-ci que par une porte releve au-dessus du sol et par une chelle ou par un pont volant jet sur le chemin de ronde de la chemise4 ,un exemple type fera comprendre cette disposition adopte frquemment dans les passages des ,pyrnes 7fig4 #fb74 ,devant la porte de la chemise tait place une barrire de bois4 ,un mchicoulis dfendait cette premire porte4 ,pour pntrer dans la tour-poste1 on montait un degr qui aboutissait au chemin de ronde de la chemise4 ,ce chemin se prsentait latralement la face de la tour dans laquelle tait perce la porte4 ,un pont mobile qui s'abattait d'un encorbellement sur le chemin de ronde de la chemise au moyen d'un treuil plac dans le mchicoulis-chauguette1 permettait de pntrer dans ce rduit contenant plusieurs tages et une plate-forme suprieure destine la dfense et aux signaux4 ,ces postes sont souvent munis de chemines et mme d'un four et d'un puits allant chercher une source1 ou d'une citerne creuse dans le roc et recueillant les eaux de pluie de la plate-forme et du plateau4 ,les chevaliers du ,temple possdaient beaucoup de ces postes tablis1 sur une grande chelle1 en ,syrie4 ,les diverses places de guerre possdes au moyen ge par les chrtiens1 en terre sainte1 taient relies entre elles par de petits postes ou tours levs d'aprs un plan uniforme3 un grand nombre subsistent encore aujourd'hui1 savoir3 ,bord-ez-,zara1 ,bordj-,maksour1 ,om-el-,maasch1 ,an-el-,arab1 ,miar1 ,tokl1 etc4#adf4 ,ces tours-postes bties par les chevaliers du ,temple1 en ,syrie et en ,occident1 sont sur plan barlong4 ,m4 ,g4 ,rey1 auquel nous empruntons les renseignements concernant celles de la ,syrie1 donne les plans et la coupe d'une de ces tours1 celle de ,tokl1 que nous reproduisons ici d'aprs lui 7fig4 #fc74 ,on pntre dans la salle basse par une porte ,a4 ,au centre de cette salle est creuse une citerne4 ,pour aller chercher la porte qui donne dans les escaliers droits montant aux tages suprieurs1 il fallait atteindre le niveau du plancher ,b au moyen d'une chelle4 ,une vote en berceau forme le premier tage1 et une vote d'arte1 sans artiers1 supporte la plate-forme suprieure2 un second plancher divise ce second tage en deux pour rserver1 sous la plate-forme1 un magasin provisions4 ,un mchicoulis commande la porte4 ,le rez-de-chausse pouvait servir d'curie pour quelques chevaux4 ,il est intressant de retrouver ,paris une tour btie par les chevaliers du ,temple1 et qui prsente une disposition analogue celles que l'on rencontre en ,syrie dans les postes de cet ordre militaire4 ,cette dfense1 place en face du ,collge de ,france actuel1 tait connue sous le nom de tour ,bichat1 parce que le clbre professeur y fit longtemps ses cours#adg4 ,elle dpendait de la commanderie de ,saint-,jean de ,jrusalem1 qui plus tard1 au ,x,v,ie sicle1 prit le nom de ,saint-,jean de ,latran4 ,l'entre principale de la commanderie s'ouvrait1 dit ,m4 le baron de ,guilhermy#adh1 en face du ,collge de ,france4 ,les btiments les plus notables de l'enclos taient la grange aux dmes1 le logis du commandeur1 la tour1 l'glise et le clotre444 ,nous pensons que cette tour tait le donjon de la commanderie1 le dpt des titres1 des armes1 des objets prcieux1 le lieu de runion des chevaliers1 le signe de la suzerainet du commandeur sur les fiefs qui relevaient de ,saint-,jean4444 ,la tour de la commanderie de ,saint-,jean de ,jrusalem1 btie sur plan barlong1 se rattachait au logis du commandeur par un de ses angles2 par l'autre elle se reliait la courtine4 ,cette commanderie ayant t transforme plusieurs reprises1 il devenait difficile de reconnatre exactement quelle tait la position de la tour par rapport aux btiments de la mme poque4 ,cependant le plan de ,gomboust la montre comme faisant face sur les dehors du ct de l'occident1 et en effet ses dfenses principales se prsentaient de ce ct4 ,du reste1 les relevs sur place nous en apprendront plus que ne pourraient le faire les documents fournis par les plans anciens de ,paris4 ,voici donc 7fig4 #fd71 en ,a1 le plan de la tour rez-de-chausse4 ,ce rez-de-chausse consistait en une salle vote en deux traves d'arcs ogives1 avec une poterne basse a qui donnait autrefois sur les fosss extrieurs2 une porte b s'ouvrait galement sur l'escalier qui permettait d'atteindre le niveau h du sol de la cour en passant sur un pont mobile g1 car le foss intrieur f se prolongeait par un redan jusqu' cet escalier4 ,d tait donc le foss de clture de la commanderie2 f1 le foss spcial la tour4 ,la salle basse n'avait aucune communication avec les tages suprieurs4 ,pour arriver au premier tage ,b1 il fallait monter par l'escalier ,c accol la courtine occidentale4 ,ce premier tage ne communiquait pas avec le logis du commandeur situ en ,h2 il fallait reprendre l'escalier ,c pour atteindre le niveau du deuxime tage ,e4 ,de cette salle on pouvait entrer dans le btiment du commandeur par la porte e1 perce dans un pan coup4 ,c'tait encore par l'escalier ,c que l'on montait la plate-forme ,g1 qui tait couverte par un comble en pavillon4 ,cet escalier ,c tait de bois1 enferm dans une cage dont les murs de pierre taient minces4 ,du logis du commandeur1 mi-tage du premier1 on communiquait par une galerie crnele ,i 7voyez le plan ,k71 avec le chemin de ronde ,o de la courtine4 ,une coupe longitudinale faite sur mn expliquera plus clairement ces dispositions 7voyez fig4 #fe74 ,a est le fond du foss1 dont la contrescarpe ne parat pas avoir dpass le niveau ,b4 ,en ,c1 on retrouve la porte qui donne entre dans la cage de l'escalier4 ,en ,d1 des meurtrires sont perces au fond de trois niches ouvertes dans la salle du premier tage4 ,en ,e1 est le passage crnel communiquant1 mi-tage1 du logis du commandeur la courtine de l'ouest4 ,la salle basse n'tait claire que par des soupiraux2 quant aux deux salles votes au-dessus1 des fentres assez nombreuses y laissaient pntrer la lumire4 ,les crneaux suprieurs taient ferms par des volets de bois entrant en feuillure4 ,la figure #ff prsente la coupe en travers de la salle du premier tage du ct de la dfense4 ,on aperoit les trois niches pratiques au fond de la salle4 ,devant celle du milieu1 est plante une colonne double qui porte les deux arcs de dcharge sur lesquels repose le mur suprieur 7voyez le plan ,b et la coupe longitudinale74 ,car on observera que pour donner plus de solidit la construction et porter ses pressions vers l'intrieur1 les murs se retraitent intrieurement sur les formerets des votes4 ,de l'extrieur de la commanderie1 la tour avait un aspect svre4 ,nous en donnons la vue 7fig4 #fg71 avec la courtine1 la cage de l'escalier et l'amorce du logis du commandeur4 ,cette construction1 de petit appareil1 tait bien traite et n'avait subi d'autres altrations que celles causes par le voisinage de constructions modernes accoles ses flancs4 ,les votes des salles taient en bon tat1 et la restauration de ce curieux spcimen d'une tour de commanderie n'et t ni difficile ni dispendieuse4 ,la tour du ,temple1 ,paris1 datait de la fin du ,x,i,i,ie sicle et avait t acheve en #acjf1 peu avant la dissolution de l'ordre#adi4 ,cette tour tait sur plan carr1 avec quatre tourelles aux angles1 montant de fond4 ,elle servait de trsor1 de dpts de titres et de prison1 comme la plupart de ces donjons appartenant aux tablissements des chevaliers du ,temple4 ,cet difice fut dtruit en #ahje4 ,nous possdons encore ,paris un de ces ouvrages servant de retrait1 de trsor1 de lieu de sret1 dans les htels que les princes possdaient au milieu des villes3 c'est la tour que l'on voit encore dans la rue du ,petit-,lion1 et qui dpendait de l'htel des ducs de ,bourgogne4 ,l'difice1 dit notre savant ami ,m4 le baron de ,guilhermy#aej1 est solidement construit en pierres de taille soigneusement appareilles2 il est perc de baies en tiers-point et couronn de mchicoulis4 ,un large escalier vis monte l'tage suprieur1 comprenant une belle salle vote en arcs ogives4 ,les fentres qui clairent l'escalier sont rectangulaires et dcores de moulures4 ,les degrs tournent autour d'une colonne qui se termine par un chapiteau trs-simple2 mais ce chapiteau sert de support une caisse cylindrique d'o s'lancent des tiges vigoureuses figurant des branches de chne dont les entrelacs forment les nervures de quatre votes d'arte et dont le feuillage se dtache en saillie sur les remplissages de la maonnerie4 ,une chambre secrte est dispose au sommet de la tour1 et pouvait tre isole des passages au moyen d'une bascule4 ,la tour a t btie par le duc ,jean-sans-,peur1 dans les premires annes du ,x,ve sicle4 ,ce prince habitait cet htel lorsqu'il fit assassiner ,louis d',orlans dans la rue ,barbette4 ,l'htel de ,jacques ,coeur1 ,bourges1 possdait aussi sa tour1 rduit et trsor1 dont la pice principale1 au niveau du premier tage1 tait ferme par une porte de fer#aea4 ,nous ne saurions passer sous silence les tours-portes4 ,souvent des portes secondaires1 ou mme des poternes taient perces travers des tours1 au lieu d'tre flanques par elles4 ,cette disposition n'apparat gure qu' la fin du ,x,i,i,ie sicle1 et est-elle assez rare4 ,c'est encore dans la cit de ,carcassonne que nous trouverons un des exemples les plus remarquables de ces sortes d'ouvrages4 ,sur le front sud de la seconde enceinte s'lve une haute tour carre avec quatre chauguettes montant de fond1 qui1 l'extrieur1 ne laisse voir aucune issue1 mais sur l'un de ses flancs 7celui de l'est7 s'ouvre une porte ou plutt une large poterne dont le seuil est pos #b mtres au-dessus du sol extrieur4 ,la figure #fh prsente le plan de cette tour au niveau du rez-de-chausse4 ,pour atteindre le seuil ,a1 il fallait disposer en dehors une chelle ou un plan inclin de bois4 ,cette premire entre est dfendue par un mchicoulis a1 une herse b et des vantaux c4 ,on pntre alors sous la vote perce d'un oeil carr au centre2 puis il faut se dtourner droite1 et l'on se trouve en face d'une seconde porte galement dfendue par un mchicoulis d1 une herse f1 et des vantaux g4 ,cette seconde porte franchie1 on est dans la cit#aeb4 ,ls courtines de l'enceinte sont en ,b et en ,c4 ,les deux portes h et i donnent dans un couloir qui communique l'escalier vis montant la gurite l et aux tages suprieurs4 ,le premier tage 7fig4 #fi7 montre en o le mchicoulis extrieur1 qui est servi par-dessus la herse p1 lorsque celle-ci est baisse2 le second mchicoulis q et la seconde herse r1 servie par le passage t4 ,la salle du premier tage contient une chemine k avec four1 trois armoires s1 et un puits v1 qui possde aussi une ouverture sur les lices4 ,deux fentres f clairent la pice4 ,l'escalier vis monte1 au-dessus de cette salle1 sur un premier crnelage entourant une seconde salle vote en berceau1 couronne par une plate-forme propre recevoir un engin longue porte4 ,la figure #gj donne l'aspect de la tour du ct de la ville4 ,on observera que cette tour interrompt le chemin de ronde des courtines sur lesquelles1 d'ailleurs1 elle prend un commandement considrable4 ,un large degr rampe droite1 pos sur des arcs 7voyez en ,e1 fig4 #fh71 atteint le niveau d'un des chemins de ronde et dbouche en face d'une porte s'ouvrant sur l'escalier vis4 ,la pente du sol intrieur s'inclinant vers l'entre1 une gargouille est perce en ,g1 #b mtres environ au-dessus du sol des lices1 et pouvait1 au besoin1 servir de porte-voix pour des patrouilles rentrantes4 ,cet ouvrage1 qui appartient aux dfenses ajoutes la cit de ,carcassonne par ,philippe le ,hardi1 est construit comme la tour de l'vch1 en assises de grs dur1 bossages1 et appareill avec soin4 ,il domine la barbacane de l'enceinte extrieure et tous les alentours1 car il se trouve plant sur le point le plus lev du plateau4 ,sa masse sert de masque l'glise de ,saint-,nazaire1 distante seulement de #be mtres4 ,sa plate-forme est couverte de dalles1 et une guette ,h 7voyez fig4 #gj7 la surmonte1 afin de permettre au matre enginor de commander la manoeuvre du grand engin mis en batterie sur cette plate-forme#aec4 ,du dehors1 la tour de la poterne ,saint-,nazaire prsente un aspect plus imposant encore1 car le sol des lices est #c mtres en contre-bas du seuil de la seconde porte4 ,la figure #ga montre ces dehors du ct de la poterne1 les hourds tant supposs mis en place pour la dfense4 ,ces hourds ne sont poss que sur les trois faces de la tour1 devant le crnelage du chemin de ronde1 laissant les chauguettes libres et leurs meurtrires2 de sorte que ces chauguettes flanquent les hourds et sont flanques par les archres latrales de ceux-ci4 ,les hourds sont doubles et disposs ainsi que l'indique la coupe 7fig4 #ga bis74 ,suivant l'usage1 la communication entre le chemin de ronde ,a ordinaire et le chemin de ronde ,b de guerre se faisait par les crneaux percs dans le parapet4 ,de ce chemin de4 ronde ,b1 par un bout d'chelle de meunier1 les arbaltriers montaient sur le chemin relev ,c et pouvaient envoyer des carreaux par le mchicoulis ,d4 ,trois rangs d'arbaltriers tiraient ainsi simultanment4 ,de plus1 des projectiles taient jets verticalement1 au besoin1 par les mchicoulis ,m4 ,profitant du commandement de la plate-forme suprieure ,e1 un quatrime rang d'arbaltriers envoyait des carreaux au loin par les crneaux volets et les meurtrires percs dans le parapet ,f4 ,les lignes ponctues indiquent les angles de tir4 ,quelquefois la disposition des tours-portes tait adopte par raison d'conomie4 ,il tait moins dispendieux d'ouvrir une baie la base d'une tour que de flanquer cette baie de deux tours suivant l'usage le plus gnral4 ,plusieurs des bastides bties dans la ,guyenne1 sous la domination anglaise1 ont1 pour portes1 des tours carres4 ,on trouve mme avant cette poque1 dans la contre1 des traces de portes perces travers des ouvrages carrs ou barlongs4 ,telle est la porte ,brunet1 ,saint-milion1 dont la construction est encore romane1 bien qu'elle ne remonte gure plus loin que le commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,une des portes de ,cadillac offre une disposition curieuse1 parmi les ouvrages de cette nature4 ,ce ne fut qu'en #acae que la clture de la bastide de ,cadillac et ses portails furent commencs#aed4 ,les habitants devaient lever les murs1 et le seigneur du lieu1 ,pierre de ,grailly1 les quatre portails bons et suffisants4 ,il paratrait que de ces quatre portails1 le sire de ,grailly n'en leva que deux4 ,or1 voici l'un de ceux-ci1 dit porte ,garonne1 construit avec la plus grande conomie1 mais prsentant une disposition peu commune4 ,des fosss de #bj mtres de largeur environ1 remplis par les eaux de l',oeille1 entourent l'ancienne bastide4 ,la porte ,garonne projette toute son paisseur en dehors de la courtine1 dont les chemins de ronde continuent derrire elle1 et bat le foss4 ,voici 7fig4 #gb7 le plan de cette porte au niveau du rez-de-chausse1 en ,a1 et au niveau du premier tage1 en ,b4 ,dans ce dernier plan1 on voit en a le chemin de ronde de la courtine1 que l'ouvrage n'interrompt pas4 ,les mchicoulis et meurtrires b sont percs #b mtres en contre-haut du sol de ce chemin de ronde1 et ne pouvaient1 par consquent1 tre servis par les gens posts sur ce chemin1 mais bien par les soldats placs sur un plancher de bois que l'on voit trac en d dans la coupe longitudinale 7fig4 #gc72 or1 on ne pouvait se placer sur ce plancher qu'en passant par une porte perce au niveau du plancher du premier tage en e 7voyez le plan ,b71 et l'on ne pouvait monter sur ce plancher que par une chelle mobile trace en f 7voyez la coupe #gc7 et qui partait du sol de la porte4 ,les gardes de la porte avaient donc l'unique charge de veiller sa dfense et ne communiquaient pas avec les chemins de ronde des courtines4 ,comme1 d'aprs la charte d'tablissement des dfenses de ,cadillac1 ce sont les habitants qui construisent l'enceinte et le seigneur qui lve les portes1 il se pourrait que la garde de celles-ci et t confie seulement aux gens du sire de ,grailly4 ,eux seuls auraient pu ouvrir les portes1 eux seuls devaient les dfendre4 ,le seigneur aurait eu ainsi moins redouter les consquences de la faiblesse1 du dcouragement1 ou mme de la ngligence des bourgeois1 assez disposs en tout temps ne pas affronter les longueurs et les privations d'un sige4 ,s'entendre avec des ennemis et leur faciliter les moyens de passer un foss plein d'eau1 de #bj mtres de largeur1 et d'escalader un rempart de #aj mtres1 c'tait l un acte de trahison que de braves gens ne pouvaient accomplir2 mais laisser surprendre le poste d'une porte ou couter des propositions1 et consentir baisser le pont-levis devant une troupe qui fait de belles promesses1 c'tait ce qui arrivait frquemment aux milices4 ,il semble que le constructeur de la porte ,garonne de ,cadillac ait voulu prvenir ce danger1 en faisant de cette dfense1 malgr son peu d'importance1 un poste absolument indpendant des remparts de la ville4 ,dans notre coupe longitudinale 7#gc71 on voit que le chemin de ronde en n n'a point de vues sur l'intrieur de la tour1 et que ce chemin de ronde est facilement surveill par les hommes posts sur le plancher d4 ,la place de l'chelle mobile qui permettait d'atteindre la porte e 7voyez le plan #gb ,b1 et la coupe #gc7 est parfaitement visible encore4 ,le pied-droit p 7voyez le plan7 est plus large que le pied-droit q4 ,puis le mchicoulis et les meurtrires ne commencent qu'aprs la porte e 7voyez la coupe transversale #gd74 ,le mur de garde de ces meurtrires1 port sur deux corbeaux saillants et sur un arc1 laisse donc une sorte de rainure entre lui et le mur latral g2 rainure dans laquelle passait l'chelle4 ,celle-ci tait en deux parties3 l'un des jambages de la partie suprieure tait fixe1 pos sur un repos mnag sur le corbeau ct du mur de garde2 l'autre suivait le mur g jusqu'au sol4 ,la seconde partie de l'chelle f 7voyez la coupe #gc7 coulait au besoin sur le jambage i accol au mur1 et sur l'autre jambage l maintenu en l'air par la pice de bois m appuye sur le repos du corbeau s4 ,par la porte e1 au moyen d'un cordage1 il tait ais de faire glisser l'chelle descendante sur les montants de l'chelle fixe4 ,bien entendu1 un guide empchait cette chelle descendante de sortir de son plan4 ,les hommes de garde ayant remont l'chelle passaient par la porte e et redescendaient par la petite chelle sur le chemin de ronde spcial d4 ,de l ils pouvaient1 par trois meurtrires1 envoyer des carreaux sur la premire porte1 et servir le mchicoulis1 si l'ennemi arrivait jusqu' la porte-barrire t4 ,un petit pont-levis ,v fermait la premire porte4 ,le chemin de ronde d tait couvert par un simple appentis trs-inclin r4 ,c'tait galement par des chelles qu'on montait au second tage et la dfense suprieure1 consistant en des crneaux et merlons percs de meurtrires avec mchicoulis1 sur la face et les flancs de la tour4 ,si nous supposons une section faite de x en y 7du plan ,b7 en regardant vers l'intrieur de la tour1 nous obtenons la figure #ge4 ,ce trac nous montre l'arc de la porte en a1 le sol du chemin de ronde des courtines pour le service des milices en b1 et le chemin de ronde du poste spcialement affect la garde de la tour en c1 avec sa porte e donnant sur l'chelle mobile#aee4 ,cependant ces tours carres servant de portes ne paraissaient pas offrir assez de rsistance contre un assaillant dtermin2 leurs faces n'taient point flanques1 et la dfense srieuse ne commenait qu' l'intrieur mme de la tour1 lorsque la porte extrieure tait dj prise4 ,il y avait dans ce parti un inconvnient4 ,il a toujours t mauvais1 en fait de fortifications1 de rserver les moyens dfensifs les plus efficaces en arrire1 car les troupes sont alors disposes abandonner facilement les dfenses extrieures pour se rfugier dans celles qu'elles considrent comme plus fortes1 mais qui sont les dernires1 et qui1 par cela mme1 excitent les efforts nergiques de l'assaillant4 ,place entame est bientt prise1 l'assigeant devenant d'autant plus entreprenant et audacieux1 qu'il a dj obtenu un premier avantage4 ,il est un autre axiome de dfense qui n'a jamais cess d'tre applicable4 ,il est plus ais d'empcher un assaillant d'avancer qu'il ne l'est de le faire reculer lorsqu'il a gagn un poste4 ,une porte non flanque1 comme celle de la bastide de ,cadillac1 tait bientt force en comblant le foss4 ,alors l'assigeant se trouvait1 il est vrai1 en face d'une seconde dfense1 relativement forte et bien munie2 mais il lui tait facile de mettre le feu aux planchers de la tour en accumulant des fascines sous le passage1 et1 dans ce cas1 l'ouvrage n'avait plus de valeur4 la fin du ,x,i,ve sicle1 les tours cependant1 cause de leur commandement1 prenaient une nouvelle importance#aef1 et un homme de guerre clbre1 ,olivier de ,clisson1 persista les employer comme portes4 ,toutefois ,olivier de ,clisson renona au plan carr1 et adopta la forme cylindrique4 ,le chteau de ,blain1 situ entre ,redon et ,nantes1 fut bti la fin du ,x,i,ve sicle par le conntable ,olivier de ,clisson4 ,la porte d'entre de la baille est pratique dans une tour ronde1 dite tour du ,pont-levis1 qui montre encore l'extrieur et l'intrieur l',m couronne accoste d'un heaume4 ,ce chiffre quivaut une date certaine1 car on le retrouve sur le sceau d',olivier de ,clisson1 de #adjg1 et sur les btiments de l'htel du conntable1 bti ,paris vers #achh1 et compris aujourd'hui dans l'htel des ,archives de l'empire#aeg4 ,on sait1 d'ailleurs1 que vers #acff1 ,olivier de ,clisson1 qui avait jur de n'avoir jamais d',anglais pour voisins1 alla dmolir le chteau de ,gvre que le duc de ,bretagne venait de donner ,jean ,chandos1 et en fit porter les pierres ,blain pour les employer dans la btisse du nouveau chteau4 ,or1 il paratrait que le farouche conntable avait adopt1 dans les dfenses qu'il faisait lever1 un systme de portes passant travers le cylindre d'une tour ronde1 avec pont-levis1 long couloir1 vantaux1 mchicoulis et herses#aeh4 ,la tour ronde avait cet avantage sur la tour carre1 qu'elle envoyait des projectiles divergents1 ne laissait pas de points morts sous les mchicoulis et tait difficile attaquer par la mine4 ,ces tours-portes cylindriques d',olivier de ,clisson avaient sur les courtines un commandement considrable4 ,celle de ,blain est couverte par un comble conique1 et au-dessus du passage vot de la porte est une salle carre1 avec chemine1 cabinets et escalier montant aux chemins de ronde des mchicoulis4 ,le clbre chteau de ,montargis possdait une tour-porte construite peu prs suivant ce programme1 mais dvelopp4 ,nous en prsentons les plans 7fig4 #gf7aei4 ,en ,a1 est trac le plan du rez-de-chausse4 ,un pont-levis s'abattait en a1 sur une chausse2 b tait un large foss2 d1 la courtine isole de la tour2 e1 la grande salle crnele#afj2 f1 un second pont-levis1 de sorte que la tour pouvait tre compltement isole des dehors et de la cour du chteau g4 ,quand on avait franchi la premire porte a1 on se trouvait dans une cour cylindrique1 sorte de puits ciel ouvert1 n'ayant d'autre issue que la porte f vers la cour4 ,au premier tage ,b1 la tour tait mise en communication avec la courtine d au moyen d'une passerelle de bois aboutissant un petit poste h4 ,par deux couloirs rservs dans l'paisseur du cylindre1 on arrivait aux deux chambres de herses1 et l'on trouvait en face de la passerelle un escalier vis montant l'tage suprieur de la dfense1 dont le plan est figur en ,c4 ,cet tage ne consistait qu'en une galerie annulaire crnele l'extrieur et l'intrieur1 afin de permettre aux dfenseurs d'craser les assaillants qui se seraient aventurs dans la cour circulaire4 ,du rez-de-chausse on ne pouvait monter aux tages suprieurs4 ,de petits postes taient probablement mnags dans l'paisseur du cylindre1 entre l'tage des chambres de herses et la galerie de couronnement4 ,la figure #gg prsente la coupe de cette tour1 faite sur l'axe des portes en ,a1 et le dtail de la galerie suprieure en ,b4 ,nous ne saurions dire si cet ouvrage tait antrieur ou postrieur aux dfenses faites dans l',ouest sous les ordres du conntable de ,clisson2 mais il est certain qu'il appartient au mme ordre de dfenses4 ,nous avons montr1 dans l'article ,,pont1 des tours destines dfendre ces passages3 les unes sont carres1 comme celles du pont de ,cahors2 d'autres sont circulaires ou elliptiques1 comme la grosse tour du pont de ,saintes4 ,il est donc inutile de nous tendre plus longtemps ici sur ces tours cheval sur des passages4 ,il nous reste dire quelques mots des tours-phares4 ,une des plus anciennes est la tour d',aigues-,mortes1 dite tour de ,constance1 btie par saint ,louis4 ,cette tour cylindrique a #bi mtres de hauteur sur #bb mtres de diamtre2 une tourelle de #aa mtres s'lve prs du crnelage sur la plate-forme1 et portait les feux de nuit destins guider les navires entrant dans le port4 ,cette plate-forme est dispose pour recevoir les eaux pluviales qui s'coulent dans une citerne4 ,deux salles votes sont pratiques sous le crnelage et ne sont claires que par des meurtrires4 ,sur la tour carre du fort ,saint-,jean qui flanque le ct gauche de l'entre du vieux port de ,marseille1 et qui date du ,x,i,ve sicle1 existait autrefois une tourelle portant un feu4 ,sur les ctes de la ,mditerrane1 dans les environs d',aigues-,mortes1 on voit encore la trace de tours isoles qui servaient la fois de phares et de postes pour dfendre le littoral contre les descentes frquentes des pirates4 ,la plupart de ces ouvrages datent des rgnes de saint ,louis1 de ,philippe le ,hardi et de ,charles ,,vi4 ,le climat destructeur des ctes de l',ocan n'a pas laiss subsister de tours de phares d'une poque recule1 et l'on peut considrer comme une des plus anciennes la tour du port de la ,rochelle1 dite tour de la ,lanterne4 ,cet ouvrage1 attach aux remparts1 s'lve sur le bord de la mer1 #ajj mtres environ du goulet du port1 l'extrmit du front de gauche4 ,c'est une grosse tour de #af mtres de diamtre1 termine par une flche pyramidale de pierre4 ,nous donnons les plans 7fig4 #gh7 de ses trois tages1 en ,a rez-de-chausse1 en ,b au niveau du premier1 et en ,c au niveau du chemin de ronde#afa4 ,l'tage bas est vot2 il est mis en communication avec la ville par le couloir a1 mais n'est reli aux tages suprieurs par aucun escalier4 ,on n'entre au premier tage que par le couloir b donnant sur le chemin de ronde de la courtine4 ,de ce couloir on monte par un escalier vis jusqu'au chemin de ronde crnel de la tour1 ,c2 puis ce niveau on trouve le second escalier h qui monte la lanterne accole la flche4 ,la figure #gi prsente la coupe de la tour4 ,on remarquera que le chemin de ronde est perc de mchicoulis4 ,en ,a1 est la lanterne qui recevait le feu1 lequel1 vers certains points de l'horizon1 tait masqu par la flche4 ,il est vrai que la lanterne est tourne du ct de la haute mer1 et que son feu illuminait la pointe de la flche1 ce qui pouvait tre1 pour les navigateurs1 un moyen de ne point confondre ce phare avec un autre4 ,la construction de cette tour date de la fin du ,x,i,ve sicle4 ,la figure #hj prsente son lvation du ct de l'entre du port4 ,un balcon1 auquel on arrive par l'escalier vis1 est pratiqu mi-hauteur de la flche de pierre1 et permettait de placer des guetteurs ou encore des feux supplmentaires4 ,il a t reconnu1 de nos jours1 qu'il ne pouvait suffire de placer des phares l'entre des rades ou des fleuves pour indiquer les passes aux navigateurs1 mais qu'il importait1 avant tout1 de signaler la position du littoral4 ,or1 ce littoral prsente une srie de caps diversement accentus1 qui peuvent tre considrs comme les sommets d'un polygone circonscrit tous les cueils2 et l'on a plac un feu sur chacun d'eux1 de manire annoncer la terre aussi loin que le permettent la hauteur et la puissance des appareils4 ,on a tabli d'ailleurs une relation telle entre l'espacement des sommets et la porte des phares1 qu'il soit impossible d'approcher de la cte sans avoir au moins un feu en vue1 tant que l'atmosphre n'est pas embrume#afb4 ,on comprendra que pour faire un travail de cette nature1 et d'aprs cette mthode1 il faut1 avant tout1 possder des cartes ctires trs-exactes4 ,or1 la science topographique est une science toute moderne4 ,les ctes1 pendant le moyen ge1 aussi bien que pendant la priode de l'antiquit grecque et romaine1 n'taient reconnues que d'une manire incomplte1 assez cependant pour que les cueils ou les promontoires aient t signals par des tours ou de simples fourneaux dans lesquels on brlait des matires rsineuses pendant la nuit4 ,si l'on parcourt les ctes de ,france1 particulirement en ,normandie et sur la ,mditerrane1 il est bien rare que1 dans le voisinage des phares modernes1 tablis sur des promontoires1 on ne trouve pas les traces de constructions du moyen ge4 ,pendant cette priode1 comme pendant l'antiquit1 si l'on correspondait au moyen de signaux placs sur des points levs tant que durait le jour1 la nuit les feux devenaient un moyen habituel de correspondance entre des points loigns1 ainsi que cela se pratiquait encore dans les montagnes de la ,suisse et des ,cvennes1 avant l'tablissement des tlgraphes lectriques4 ,il n'est pas besoin de dire que ces phares portaient1 ou de simples grils rsine1 ou des feux fixes enferms dans des lanternes1 et qu'ils ne pouvaient avoir la porte de nos appareils modernes4 ,l'tendue que nous avons t oblig de donner cet article fait assez connatre de quelle importance taient1 dans l'architecture du moyen ge1 les constructions grands commandements4 ,ce dsir ou ce besoin d'lever des tour a exist chez toutes les civilisations qui ne sont point arrives un dveloppement complet4 ,ceux qui btissent tiennent voir au loin et tre vus4 ,la tour devient ainsi1 en mme temps qu'une sret1 un moyen de surveillance et une marque honorifique4 ,sous le rgime fodal1 les seigneurs seuls avaient le droit d'lever des tours2 les tenanciers ne pouvaient en possder 7voyez ,,ch,,teau1 ,,manoir74 ,bien entendu1 comme seigneurs fodaux1 les abbs usaient de ce mme droit1 qui1 pour les seigneurs laques aussi bien que pour les religieux1 tait soumis l'autorisation du suzerain4 ,c'est ainsi que sous ,philippe-,auguste et sous saint ,louis1 maint seigneur est contraint de dmolir les tours qu'il fait lever sans1 au pralable1 avoir obtenu la sanction royale4 ,les dmolitions de tours ordonnes par le suzerain taient presque toujours provoques par les plaintes de voisins4 ,les abbayes notamment1 et les vques1 veillaient scrupuleusement ce qu'il ne ft pas lev de chteaux avec tours dans leur voisinage4 ,leurs plaintes ce sujet sont frquentes1 et quand les parties ne pouvaient s'accommoder1 il fallait recourir l'autorit royale4 tait-elle toujours respecte8 ,cela est douteux2 de l1 entre seigneurs1 des conflits qui1 en fin de compte1 finissaient par provoquer l'intervention royale au dtriment de l'un des deux adversaires1 quelquefois de tous les deux1 et au profit du pouvoir suzerain4 ,le roi1 d'ailleurs1 en cas de guerre1 de dfense du territoire1 avait le droit d'occuper et de faire occuper par ses troupes les chteaux1 tours et donjons de ses vassaux4 ,or1 en dpit de ce droit1 il arriva parfois que les portes des chteaux restaient closes devant leur suzerain1 qui n'tait pas toujours en tat de les faire ouvrir par la force4 ,les chteaux et leurs tours formidables devinrent ainsi1 pour la royaut1 mesure qu'elle s'affermissait1 un souvenir d'insultes souvent demeures impunies4 ,louis ,,xi porta un premier coup ces nids fodaux4 ,la renaissance1 plus encore par mode que par politique1 en vit dtruire un grand nombre4 ,henri ,,iv1 ,richelieu et ,mazarin dmantelrent les derniers4 ,tel tait leur nombre1 cependant1 sur le territoire franais1 que nous trouvons beaucoup de ces dfenses et de ces postes encore debout4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 ,illustration3 ,fig4 #cb4 ,illustration3 ,fig4 #cc4 ,illustration3 ,fig4 #cd4 ,illustration3 ,fig4 #ce4 ,illustration3 ,fig4 #cf4 ,illustration3 ,fig4 #cg4 ,illustration3 ,fig4 #ch4 ,illustration3 ,fig4 #ci4 ,illustration3 ,fig4 #dj4 ,illustration3 ,fig4 #da4 ,illustration3 ,fig4 #db4 ,illustration3 ,fig4 #dc4 ,illustration3 ,fig4 #dd4 ,illustration3 ,fig4 #de4 ,illustration3 ,fig4 #df4 ,illustration3 ,fig4 #dg4 ,illustration3 ,fig4 #dh4 ,illustration3 ,fig4 #di4 ,illustration3 ,fig4 #ej4 ,illustration3 ,fig4 #ea4 ,illustration3 ,fig4 #eb4 ,illustration3 ,fig4 #ec4 ,illustration3 ,fig4 #ed4 ,illustration3 ,fig4 #ee4 ,illustration3 ,fig4 #ef4 ,illustration3 ,fig4 #eg4 ,illustration3 ,fig4 #eh4 ,illustration3 ,fig4 #ei4 ,illustration3 ,fig4 #fj4 ,illustration3 ,fig4 #fa4 ,illustration3 ,fig4 #fb4 ,illustration3 ,fig4 #fc4 ,illustration3 ,fig4 #fd4 ,illustration3 ,fig4 #fe4 ,illustration3 ,fig4 #ff4 ,illustration3 ,fig4 #fg4 ,illustration3 ,fig4 #fh4 ,illustration3 ,fig4 #fi4 ,illustration3 ,fig4 #gj4 ,illustration3 ,fig4 #ga4 ,illustration3 ,fig4 #ga4 bis4 ,illustration3 ,fig4 #gb4 ,illustration3 ,fig4 #gc4 ,illustration3 ,fig4 #gd4 ,illustration3 ,fig4 #ge4 ,illustration3 ,fig4 #gf4 ,illustration3 ,fig4 #gg4 ,illustration3 ,fig4 #gh4 ,illustration3 ,fig4 #gi4 ,illustration3 ,fig4 #hj4 ,note #fc3 ,castra extollens altius et castella1 turresque adsiduas per habiles locos et opportunos1 qu ,galliarum extenditur longitudo2 nonnunquam etiam ultra flumen dificiis positis snbradens barbaros fines4 7,ammien ,marcellin1 lib4 ,,xxviii1 cap4 ,,ii47 ,note #fd3 ,c'est ainsi que sont construites les tours romaines de ,besigheim1 au confluent du ,necker et de l',enz4 ,note #fe3 ,voyez ,essai sur le systme dfensif des ,romains dans le pays duen1 par ,m4 ,bulliot1 p4 #bf4 ,note #ff3 ,lib4 ,i1 cap4 ,v4 ,note #fg3 ,voyez ,la fortification dduite de son histoire1 par le gnral ,tripier4 ,paris1 #ahff4 ,note #fh3 ,tours visigothes de ,carcassonne2 tours d',autun1 de ,cologne1 de ,dax2 tours de ,rome du temps de ,blisaire4 ,note #fi3 ,la tour dite du ,four ,saint-,nazaire4 ,note #gj3 ,voyez ,,hourd4 ,note #ga3 ,mosaque gallo-romaine1 muse de ,carpentras4 ,note #gb3 ,voyez ,,hourd1 fig4 #a4 ,note #gc3 ,quant au plomb fondu1 l'huile bouillante1 ce sont l des moyens de dfense un peu trop dispendieux pour qu'on les puisse prendre au srieux4 ,d'ailleurs le plomb fondu1 tombant de cette hauteur1 serait arriv en bas en gouttes froides1 ce qui n'tait pas trs-redoutable4 ,ce n'tait que par exception qu'on avait recours ces moyens de dfense4 ,de simples cailloux du poids de #h #aj kilogrammes1 tombant d'une hauteur de #bj mtres1 taient les projectiles les plus dangereux pour des hommes arms et pavaiss4 ,note #gd3 ,il n'est question1 bien entendu1 que des constructions du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 dues ,enguerrand4 ,les courtines du chteau de ,coucy furent encore exhausses vers #adjj par ,louis d',orlans4 ,note #ge3 ,voyez1 pour le systme de structure de ces tours1 l'article ,,construction1 la figure #add4 ,note #gf3 ,ces escaliers ont t surlevs1 sous ,louis d',orlans1 jusqu'au niveau des combles4 ,note #gg3 ,voyez ,,latrines1 fig4 #a4 ,note #gh3 ,voyez ,,donjon1 ,,hourd1 ,m,,chicoulis4 ,note #gi3 ,voyez ,,hourd1 ,,porte 7la porte de ,laon ,coucy-le-,chteau74 ,note #hj3 ,la partie suprieure du crnelage1 dtruite aujourd'hui1 est restaure l'aide des gravures de du ,cerceau et de ,chtillon4 ,note #ha3 ,voyez ,,ch,,teau4 ,note #hb3 ,voyez ,,architecture ,,militaire1 fig4 #aa1 et ,,si,,ge1 fig4 #b4 ,note #hc3 ,tour dite de la ,peyre1 la gauche de la barbacane de la porte ,narbonnaise4 ,note #hd3 ,huit arbaltriers dans les deux tages intrieurs servaient facilement les seize meurtrires1 ci 444444444444444 #h hommes4 ,un servant chaque tage444444444444444444444444444 #b - ,huit arbaltriers dans les hourds4444444444444444444 #h - ,deux servants pour les mchicoulis444444444444444444 #b - ,un capitaine de tour2 ci 444444444444444444444444444 #a - ,total 44444444444444444444444444444 #ba hommes4 ,l'enceinte extrieure de ,carcassonne possde quatorze tours2 en les supposant gardes chacune en moyenne par vingt hommes1 cela fait 4444444444444444444444444444444444444444 444 #bhj hommes4 ,vingt hommes dans chacune des trois barbacanes 4444444 #fj - ,cent hommes pour servir les courtines sur les points d'attaque4444444444444444444444444444444 44444444444444 #ajj - reporter44444444444444444444444444444444 4444444444 #ddj hommes4 ,report4 4 4 4 4 44 444444444444444444444444444444444444 #ddj hommes4 ,l'enceinte intrieure comprend vingt-quatre tours1 vingt hommes par poste1 en moyenne 4444444444444444444 444444 #dhj - ,pour la porte ,narbonnaise 44444444444444444444444444444 #ej - ,pour garder les courtines 44444444444444444444444444444 #ajj - ,pour la garnison du chteau 444444444444444444444444444 #bjj - ,total 4444444444444444444444444444444444444444 44444444 #abgj hommes4 ,ajoutons ce nombre d'hommes les capitaines1 un par poste ou par tour1 suivant l'usage 44444444444444444444444444 #ej hommes4 ,nous obtenons un total de44444444444444444444444444444 #acbj hommes4 ,ce nombre tait plus que suffisant1 puisque les deux enceintes n'avaient pas se dfendre simultanment1 et que les hommes de garde1 dans l'enceinte intrieure1 pouvaient envoyer des dtachements pour dfendre l'enceinte extrieure1 ou que celle-ci tant tombe au pouvoir de l'ennemi1 ses dfenseurs se rfugiaient derrire l'enceinte infrieure4 ,d'ailleurs l'assigeant n'attaquait pas tous les points la fois4 ,le primtre de l'enceinte extrieure est de #adjj mtres en dedans des fosss1 donc c'est environ un homme par mtre de dveloppement qu'il fallait compter pour composer la garnison d'une ville fortifie comme l'tait la cit de ,carcassonne4 ,note #he3 ,voyez le plan gnral de la cit de ,carcassonne1 ,,architecture ,,militaire1 fig4 #aa1 ,b1 et les archives des ,monuments historiques4 ,note #hf3 ,les meurtrires du rez-de-chausse sont haches1 ainsi que la porte qui1 de cet tage1 donne dans l'escalier vis4 ,note #hg3 ,voyez ,,architecture ,,militaire1 fig4 #bd bis4 ,note #hh3 ,la plupart des ouvrages militaires des ordres du ,temple et de ,malte prsentent des tours carres4 7,voyez ,essai sur la dominat4 fran4 en ,syrie durant le moyen ge1 par ,e4 ,g4 ,rey1 #ahff47 ,note #hi3 ,et444 7du ,guesclin7 prit son chemin et son retour1 et tous les seigneurs de ,france en sa compagnie1 pour venir de rechef devant la cit d',usson1 en ,auvergne1 et l'assigrent2 et firent l le duc de ,berry1 le duc de ,bourbon et le conntable1 amener et charrier grands engins de ,riom et de ,clermont1 et dresser devant ladite forteresse1 et avec tout ce appareiller grands atournemens d'assaut4 7,froissart1 ,chron41 ,,cccxxix47 ,note #ij3 ,encontre ,bertran a la deffense leve3 ,n'i avoit sale amont qui ne fust bien seme2 ,de fiens y ot4 on mis mainte grande charte1 ,par coi pierres d'engien1 qui laiens soit gete1 ,ne mefface lons une pomme pele4 ,car ,bertran ot mand par toute la contre ,pluseurs engiens1 qu'il fist venir en celle ane1 ,de ,saint-,lo en y vint1 cette ville aloze2 ,bertran les fist lever sans point de l'arreste4 ,pardevant le chastel 7de ,valognes71 dont je fuis devise ,ont drciez4 ,,vi4 engiens getans de randonne1 ,mais en son de la tour1 qui fu haulte leve1 ,il avoit une garde toute jour ajourne1 ,qui sonnoit4 ,i4 becin1 quant la pierre est leve2 ,et quant la pierre estoit au chastel assene1 ,d'une blanche touaille 7serviette71 qui li fut prsente1 ,aloit frolant les murs1 faisait grande rise2 ,de ce avoit ,bertran forment la chire ire4 7,la ,vie vaillant ,bertran du ,guesclin1 par ,cuvelier1 trouvre du ,x,i,ve sicle1 v4 #ejgf et suiv47 ,note #ia3 ,voyez ,,architecture ,,militaire1 fig4 #da4 ,note #ib3 ,le cran est la poussire que produit la taille de la pierre1 et que l'on recueille sur les chantiers4 ,on s'en servait beaucoup1 pendant le moyen ge1 pour charger des votes que l'on voulait mettre l'abri des projectiles ou des incendies4 ,note #ic3 ,ces tours ont t drases au niveau des courtines en #ahad4 7,voyez les grandes gravures d',isral ,sylvestre1 ,les plus excellens bastimens de ,france de du ,cerceau1 etc47 ,note #id3 ,de notre temps nous avons vu la fortification allemande revenir aux commandements levs1 aux tours bastionnes4 ,note #ie3 ,voyez ,,engin4 ,note #if3 ,le chteau de ,vincennes1 dont il existe des restes considrables que nous voyons aujourd'hui1 fut commenc par le roi ,jean1 sur de nouveaux plans2 mais si l'on considre le style de l'architecture1 il ne parat pas que les prdcesseurs de ,charles ,v aient lev l'ouvrage au-dessus du sol de la place2 si mme ,charles ,v n'a pas entirement repris l'oeuvre4 ,note #ig3 ,ce fait est bien visible dans les ouvrages entrepris par ,louis d',orlans1 au chteau de ,coucy1 de ,montpilloy prs de ,senlis4 ,note #ih3 ,ces travaux ont t commencs en #aheh par ordre de l',empereur1 et en grande partie au moyen des crdits ouverts sur la cassette de ,sa ,majest4 ,note #ii3 ,voyez ,,architecture ,,militaire1 ,,boulevard4 ,note #ajj3 ,tour ,hector4 ,note #aja3 ,il a fallu vingt-sept jours un ouvrier habile pour pratiquer un trou d'un mtre carr environ dans l'un de ces murs1 au-dessus du talus1 c'est--dire au point o la maonnerie n'a que #d mtres d'paisseur4 ,note #ajb3 ,au sige d',orlans1 plusieurs des anciennes tours de l'enceinte furent terrasses pour recevoir des pices d'artillerie4 ,note #ajc3 ,voyez l'article ,,ch,,teau1 la description des dfenses du chteau de ,bonaguil 7fig4 #bh et #bi74 ,note #ajd3 ,voyez ,,si,,ge1 page #dbf4 ,note #aje3 ,voyez ,,boulevard4 ,note #ajf3 ,trattato di architettura civile e militare di ,f4,g4 ,martini1 publi pour la premire fois par les soins du chevalier ,csar ,saluzzo4 ,turin1 #ahfa4 ,voyez l'atlas1 pl4 ,v1 ,,xxii1 ,,xxiii et suiv4 ,note #ajg3 ,langres1 ,dijon1 ancien chteau1 ,x,ve sicle2 ,marseille1 fin du ,x,ve sicle 7front dmoli du ,nord72 peut-tre au chteau de ,ham1 avant la reconstruction de la plate-forme de la grosse tour1 btie par le comte de ,saint-,pol1 et dont les murs ont #aj mtres d'paisseur4 ,note #ajh3 ,on donnait le nom de moineau un petit ouvrage saillant bas1 plac au fond du foss1 le dfendant et pouvant contenir des arquebusiers ou mme des arbaltriers4 ,on croyait ainsi protger le point mort des tours circulaires4 7,voyez l'article ,,boulevard le grand ouvrage de ,schaffhausen1 les dfenses circulaires qui remplissaient exactement dans le foss d'office de moineaux47 ,note #aji3 ,on donne gnralement1 l'invention du boulet de fonte de fer1 une date trop rcente4 ,dj1 vers #adcj1 l'artillerie franaise et allemande s'en servait4 ,les inventaires d'artillerie de ,charles ,,vii en font mention4 ,des vignettes de manuscrits de #adcj #addj figurent des projectiles de fer4 ,au muse d'artillerie il existe un canon de #adbc1 de bronze1 provenant de ,rhodes1 fondu en ,allemagne1 qui ne pouvait servir qu' envoyer des boulets de fonte4 la dfense d',orlans1 en #adbh1 les artilleurs orlanais avaient des boulets de fonte4 ,note #aaj3 ,plus tard ,castriotto 7#aehd7 adopte de nouveau les tours rondes au milieu des bastions1 en capitales1 et au milieu des courtines4 ,vauban lui-mme1 dans sa dernire manire 7#afih71 tablit des tours bastionnes formant traverses en capitales1 entre les bastions retranchs d'une faon permanente et le corps de la place1 sortes de rduits qui devaient invitablement retarder la reddition de la place1 puisque la chute du bastion non-seulement n'entranait pas celle des dfenses voisines1 mais exigeait des travaux considrables pour prendre la tour bastionne formant saillant porte-flancs4 ,montalembert 7#aggf7 plaa galement en capitales1 la gorge des bastions1 des caponnires leves en maonnerie1 plusieurs tages1 qui ne sont autre chose que des tours casemates ayant un commandement considrable sur les dehors4 la base1 la caponnire de ,montalembert est entoure d'une srie de moineaux qui donnent en plan une suite d'angles saillants en toile1 se flanquant rciproquement1 pour poster des fusiliers4 ,les ,allemands de nos jours en sont revenus aux tours possdant un commandement sur les ouvrages4 ,mais en prsence des effets destructifs de la nouvelle artillerie1 ce systme ne peut tre d'une grande valeur1 moins qu'on ne puisse revtir ces tours casemates d'une cuirasse assez forte pour rsister aux projectiles4 ,ces tentatives rptes sans cesse depuis le moyen ge prouvent seulement que les commandements sur les dehors sont toujours considrs comme ncessaires1 et que la fortification du moyen ge 7eu gard aux moyens d'attaque7 avait sur la ntre un avantage4 ,note #aaa3 ,cette tour est celle qui commande la porte ,laufer4 ,note #aab3 ,les cinq tours sont bties sur le mme modle4 ,note #aac3 ,voyez ,,cr,,naux1 fig4 #ai4 ,note #aad3 ,sauf ces guettes1 les tours de ,nuremberg sont intactes4 ,les guettes sont indiques dans d'anciennes gravures 7voyez ,mrian1 ,cosmogr4 univers474 ,note #aae3 ,de notre temps1 la fumeuse tour ,malakof1 qui tait un ouvrage commandement lev1 fut dtruite ds les premiers moments du sige1 et la rsistance de ce point dpendit des ouvrages de terre qui furent levs autour de la premire dfense4 ,note #aaf3 ,voyez la ,monographie du chteau de ,salces par ,m4 le capitaine ,ratheau 7,paris1 #ahfj1 ,tanera74 ,cette tude1 trs-bien faite1 de cette ancienne place en donne l'ide la plus complte4 ,note #aag3 ,plans et profils des principales villes et lieux considrables de la principaut de ,catalogne4 ,paris1 #afh444 ,note #aah3 ,monogr4 du chteau de ,salces4 ,note #aai3 ,voyez ,,architecture ,,militaire1 fig4 #aa4 ,c'est la tour marque ,o sur le plan4 ,note #abj3 ,tour de la ,peyre1 fig4 #ac1 #ad1 #ae1 #af et #ag4 ,note #aba3 ,cet ouvrage dpend de l'enceinte btie sous le rgne de saint ,louis4 ,note #abb3 ,la tour du ,trsau est marque ,m sur ce plan4 7,voyez aussi l'article ,,porte1 fig4 #ah47 ,note #abc3 ,ce chteau1 qui dpendait du ,valois1 fut rebti en partie par ,louis d',orlans1 quand ce prince fortifia son duch pendant la maladie de ,charles ,,vi4 ,le chteau de ,montpilloy1 situ sur une hauteur1 commandant la route de ,senlis ,crespy1 servit de point d'appui aux armes des partis qui manoeuvrrent dans cette contre pendant les guerres du ,x,ve et du ,x,v,ie sicle4 ,il fut dmantel aprs l'entre de ,henri ,,iv ,paris4 ,note #abd3 ,plus tard ,louis d',orlans fit dtruire une partie de cette chemise1 et btir une courtine en ,f1 laquelle enfermait les nouveaux ouvrages4 ,note #abe3 ,pour plus de clart1 nous n'avons pas prsent la passerelle avec ses piles en coupe1 mais en lvation latrale4 ,note #abf3 ,voyez ,m,,chicoulis1 fig4 #f et #g4 ,note #abg3 ,beaucoup de ces tours taient couronnes de pinacles isols les uns des autres4 ,note #abh3 ,voyez le plan du palais archipiscopal de ,narbonne l'article ,,palais1 fig4 #aa1 #ab et #ac4 ,note #abi3 ,voyez la ,guyenne militaire1 par ,m4 ,lo ,drouyun1 t4 ,,ii1 p4 #aeh et suiv4 ,note #acj3 ,voyez la ,guyenne militaire1 t4 ,,ii1 p4 #afb4 ,m4 ,lo ,drouyn donne1 sur cette petite place1 de curieux dtails auxquels nous engageons nos lecteurs recourir4 ,note #aca3 ,voyez la ,guyenne militaire1 pl4 #acb4 ,note #acb3 ,voyez ,,ch,,teau1 fig4 #g4 ,note #acc3 ,voyez ,,ch,,teau1 fig4 #bd1 et ,,donjon1 fig4 #da1 #db1 #dc et #dd4 ,note #acd3 ,ces deux tours avaient t renverses par la mine4 ,leurs fragments1 en quartiers normes1 gisaient sur le sol2 c'est l'aide de ces dbris que ces ouvrages ont t restaurs4 ,les hauteurs d'tages taient d'ailleurs indiques par les amorces sur les btiments voisins conservs4 ,note #ace3 ,chacune des huit tours du chteau de ,pierrefonds portait le nom du preux dont la statue est place sur le parement extrieur4 ,la statue de ,charlemagne remplissait la niche pratique au sommet du cylindre de la tour d'angle du donjon4 7,voyez la ,notice sur le chteau imprial de ,pierrefonds1 #d;e dition47 ,note #acf3 ,voyez ,,donjon1 fig4 #da1 #db et #dc4 ,note #acg3 ,voyez l'article ,,construction1 fig4 #aed2 voyez aussi l'article ,,chauguette4 ,les deux tours extrieures du donjon de ,pierrefonds possdent chacune une guette 7voyez la figure prcdente74 ,note #ach3 ,une lgende prtend qu'elle salua ,charlemagne son passage ,carcassonne2 mais ,charlemagne est-il jamais pass ,carcassonne8 puis la tour n'est que du ,x,ie sicle4 ,note #aci3 ,voyez ,,architecture ,,militaire1 le plan du chteau de ,carcassonne1 fig4 #ab 7la tour de guet est en ,s71 et figure #ac1 la vue perspective de ce chteau4 ,voyez aussi les ,archives des monuments historiques1 ,gide diteur4 ,note #adj3 ,cette tour est dite aujourd'hui1 tour de ,franois ,ier4 ,note #ada3 ,voyez ,dissert4 archol4 sur les anciennes enceintes de ,paris1 par ,bonnardot ,parisien1 #aheb4 ,voyez les plans de ,gomboust1 de de ,fer1 de ,mrian1 la tapisserie de l'htel de ville1 les gravures de ,callot1 d',isral ,sylvestre1 les plans dposs aux ,archives de l'empire1 les dessins et gravures de della ,bella1 les dessins de ,le ,vau 7,archiv4 de l'empire74 ,cette tour ne fut dmolie qu'au moment o l'on commena le palais des ,quatre ,nations 7l',institut actuel71 vers #affj4 ,note #adb3 ,d'aprs les documents cits plus haut4 ,note #adc3 ,ces remparts suivaient la direction de la rue ,mazarine actuelle1 qui1 btie hors de la ville1 ds le ,x,ve sicle1 s'appelait la rue des ,fosss de ,nesle1 parce qu'elle s'levait sur la contrescarpe de ces fosss4 ,note #add3 ,voyez ,,architecture ,,militaire1 fig4 #gh4 ,note #ade3 ,voyez1 l'article ,,pont1 l'historique de la construction de cette tour et la figure #b4 ,note #adf3 ,voyez ,essai sur la domination franaise en ,syrie durant le moyen ge1 par ,e4 ,g4 ,rey1 #ahff4 ,note #adg3 ,il et t facile de conserver ce prcieux monument qui ne gnait pas srieusement le trac des voies nouvelles sur ce point de ,paris4 ,c'tait un trs-curieux exemple des travaux dus aux ,templiers vers la fin du ,x,i,ie sicle4 ,malgr des rclamations appuyes pur les personnages les plus autoriss1 la dmolition de la tour ,bichat fut dcide htivement1 et c'est peine si nous emes le temps de mesurer cet difice4 ,quelques chapiteaux provenant de cette dmolition ont t transports au muse de ,cluny2 mais ce n'tait pas par sa sculpture1 bien qu'elle soit belle1 que cet difice intressait l'historien4 ,note #adh3 ,voyez l'excellent ,itinraire archologique de ,paris du savant auteur de tant de travaux prcieux sur nos antiquits nationales4 ,m4 de ,guilhermy dplorait1 en #ahee1 comme tous ceux qui ont quelque souci de nos monuments historiques1 la destruction de la tour ,bichat4 ,la ville de ,paris1 disait-il1 qui a fait de si gnreux sacrifices pour sauver la tour ,saint-,jacques la ,boucherie1 s'est au contraire montre insouciante envers celle de ,latran1 ct cependant1 si la premire est en jouissance d'une plus grande renomme1 l'autre appartenait une meilleure poque de l'art et se rattachait une famille d'difices d'un caractre plus intressant4444 ,nous ajouterions que la tour de ,latran tait l'unique monument de ce genre en ,france4 ,note #adi3 ,voyez ,,temple4 ,note #aej3 ,itinraire archologique de ,paris1 p4 #bii4 ,note #aea3 ,voyez1 l'article ,,maison1 le plan1 fig4 #cd4 ,note #aeb3 ,voyez le plan gnral de la cit4 ,celle porte est celle de ,saint-,nazaire 7,,architecture ,,militaire1 fig4 #aa1 en ,d74 ,note #aec3 ,la pierrire est figure en batterie sur cette plate-forme4 ,note #aed3 ,voyez la ,guyenne militaire1 par ,m4 ,lo ,drouyn1 t4 ,,ii1 p4 #bee4 ,voyez aussi1 dans le mme ouvrage1 la porte de ,saint-,macaire1 dite porte de ,cadillac1 laquelle est sur plan barlong et couronne par une simple range de mchicoulis4 ,note #aee3 ,les relevs trs-complets de cet ouvrage nous ont t fournis par ,m4 ,durand1 architecte ,bordeaux ,note #aef3 ,ainsi que nous l'avons expliqu propos d'une des tours du chteau de ,vincennes4 ,les portes de ce chteau sont perces dans des tours sur plan barlong analogues celle reprsente fig4 #ca et #cb4 ,note #aeg3 ,renseignements extraits d'une note indite de ,m4 ,alfred ,ram4 ,note #aeh3 ,c'est sur ce programme qu'est construite la porte de la baille du chteau de ,blain dont nous venons de parler4 ,note #aei3 ,voyez du ,cerceau1 ,les plus excellens bastimens de ,france4 ,note #afj3 ,voyez ,,salle4 ,note #afa3 ,m4 ,lisch1 architecte1 qui a fait sur le port de la ,rochelle un travail trs-remarquable1 a bien voulu nous permettre de reproduire ses relevs de la tour de la ,lanterne4 ,note #afb3 ,voyez ,mmoire sur l'clairage et le balisage des ctes de ,france1 #ahfd1 par ,m4 ,lonce ,reynaud4 ,,tourelle 7,,tournelle71 s4 f4 ,diminutif de tour1 petite tour1 ou plutt tour d'un petit diamtre4 ,les manoirs ne pouvaient tre munis de tours1 mais de tourelles seulement#afc4 ,on donnait aussi le nom de tournelles de vritables tours flanquant des courtines1 mais dont l'troite circonfrence ne pouvait contenir qu'un trs-petit nombre de dfenseurs2 sortes de gurites ou d'chauguettes4 ,les portes1 les chtelets1 n'taient souvent munis que de tournelles4 ,aujourd'hui1 on dsigne habituellement par le mot tourelles les ouvrages cylindriques1 ou pans1 ports en encorbellement4 ,ces tourelles s'levaient1 soit sur un cul-de-lampe1 soit sur un contre-fort2 elles donnaient un flanquement peu tendu et des vues sur les dehors d'une habitation1 d'une porte ou d'une courtine4 ,on ne commence gure les employer que pendant le ,x,i,ie sicle2 les ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve1 ,x,ve et ,x,v,ie sicles mme en font un grand usage1 et certaines habitations du ,x,v,i,ie sicle en possdent encore#afd4 ,la tourelle est ferme et ne communique avec les logis ou chemins de ronde que par une porte4 ,elle forme ainsi intrieurement une petite pice circulaire1 un cabinet1 une gurite1 et est couverte le plus souvent par un cne de pierre ou de charpente1 plomb et ardoise4 ,souvent les tourelles contiennent un escalier vis pour communiquer d'un premier tage aux parties suprieures de l'difice4 ,la figure #a donne le plan et la vue d'une tourelle d'angle du ,x,i,ie sicle1 appartenant la partie la plus ancienne du chteau de ,ves 7,oise74 ,cette tourelle1 cylindrique1 est pose sur deux contre-forts et trois culs-de-lampe1 remplissant les trois angles rentrants2 elle n'tait1 par consquent1 vide que dans la hauteur du second tage4 ,sa couverture est un cne de pierre creux4 ,des cordons de pointes de diamant ornent sa naissance et sa corniche4 ,les cltures d'abbayes1 de courtils1 taient souvent renforces de tourelles aux angles1 ou de distance en distance1 pour poster des guetteurs4 ,quelquefois mme ces tourelles avaient deux tages1 l'un au niveau du chemin de ronde1 l'autre au-dessus1 auquel on montait par une chelle#afe4 ,ces sortes de tourelles taient de vritables chauguettes1 et les appelait-on ainsi pendant le moyen ge#aff4 ,les deux fuseaux cylindriques qui flanquent la porte de l'abbaye du ,mont-,saint-,michel en mer sont bien des tournelles1 dans l'ancienne acception du mot4 ,voici 7fig4 #b7 une perspective de ce bel ouvrage bti en assises de granit rose et gris alternes dans la hauteur du premier tage1 et qui date de #abfj environ#afg4 ,ces deux tourelles servaient la fois d'escaliers et de dfenses dans leur partie suprieure4 ,la porte qu'elles flanquent est prcde d'un chtelet1 et l'ensemble de la construction est intact#afh4 ,ce ne sont point des combles coniques qui couronnent les deux cylindres1 mais des plates-formes1 afin de laisser plus de libert aux dfenseurs4 ,la porte principale du palais des papes1 ,avignon1 est galement flanque de deux vritables tourelles1 dont la disposition mrite l'attention4 ,cette faade se compose d'une suite d'arcs percs de mchicoulis la hauteur de #ae mtres au-dessus du sol1 et portant un chemin de ronde crnel1 en arrire duquel le mur de face s'lve jusqu'aux combles et porte un second crnelage#afi4 ,les deux tourelles de la porte reposent1 en tas de charge1 sur deux piles des arcs formant mchicoulis1 et profitent de la saillie du chemin de ronde pour s'lever jusqu'au crnelage suprieur 7fig4 #c72 elles flanquent ainsi les deux chemins de ronde infrieurs ,a et ,b1 et ajoutent aux dfenses de la porte#agj4 ,les pyramides de couronnement de ces deux tourelles taient de pierre et dcores de crochets4 ,on observera que les culs-de-lampe qui les supportent sont sur plan circulaire1 tandis que les tourelles sont elles-mmes traces sur plan octogone1 avec nerfs saillants aux angles et au milieu des faces du prisme4 ,cette disposition n'est pas rare pendant le ,x,ve sicle4 ,beaucoup d'htels1 et de simples maisons mme1 possdaient des tourelles d'angle permettant de prendre des jours d'enfilade sur les rues1 ou des tourelles engages contenant des escaliers 7voyez ,,maison1 fig4 #ac1 #ad1 #ae1 #cc1 #cd1 #ce et #ci74 ,parfois aussi ces tourelles taient disposes pour donner de petits cabinets dans le voisinage des pices d'habitation4 ,il existait une charmante tourelle de ce genre dans l'angle de la cour de l'htel de la ,trmoille1 ,paris2 elle formait un porche rez-de-chausse1 devant le couloir qui conduisait au jardin#aga4 ,lorsque les tourelles sont poses en encorbellement1 les constructeurs du moyen ge ont apport un grand soin dans la disposition de l'appareil et dans la rpartition des charges1 pour viter la bascule4 ,ces encorbellements naissent beaucoup au-dessous du sol infrieur de la tourelle1 et le cylindre est complet1 afin de pouvoir tre maintenu dans son centre de gravit4 ,il est assez rare qu'une tourelle d'angle soit trace ainsi que l'indique le plan 7fig4 #d1 ,a71 c'est--dire ayant les trois quarts de sa surface en dehors de la construction infrieure4 ,le plus habituellement1 ou un contre-fort soulage une partie du porte--faux 7voyez en ,b71 ou plus d'un quart de la tourelle est engag dans l'angle 7voy4 en ,c74 ,mais le ,x,ve sicle se permettait des hardiesses de construction et aimait les montrer4 ,on leva donc parfois1 cette poque1 des tourelles d'angle suivant le trac ,a4 ,or1 pour maintenir la bascule de toute la portion abc du cylindre1 il fallait que le cul-de-lampe prt naissance assez bas pour tre charg par l'angle h1 avant de commencer le dgagement complet de l'intrieur de la tourelle4 ,les constructeurs procdaient ainsi4 ,soit 7fig4 #e7 une coupe faite sur bh2 soit g le niveau du sol de l'tage en communication avec le sol infrieur de la tourelle4 ,la naissance du cul-de-lampe tait place en n1 et assez bas pour que la charge du quart du plan nopq1 posant sur l'angle de pierre1 ft quivalente au moins la charge nst des trois quarts du cul-de-lampe en porte--faux4 cet effet1 il tait laiss en v un vide que l'on recouvrait avec un bout de plancher4 ,c'est ce vide que l'on prend1 dans les tourelles anciennes o il existe1 pour des cachettes prmdites#agb4 ,les trois quarts du cylindre en porte--faux taient facilement relis au quart engag dans l'angle1 mais encore fallait-il que ce quart engag ft1 lui seul1 aussi lourd que les trois quarts en porte--faux2 et c'est pourquoi les murs des tourelles en encorbellement sont trs-minces1 souvent vids1 et prsentent une section horizontale analogue celle trace en ,d dans notre figure #e4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b1 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,note #afc3 ,voyez ,,manoir4 ,note #afd3 ,on voit encore plusieurs tourelles tenant des htels du ,x,v,i,ie sicle1 dans la rue ,hautefeuille1 ,paris4 ,note #afe3 ,voyez ,,cl,,ture1 fig4 #e4 ,note #aff3 ,voyez ,,chauguette4 ,note #afg3 ,voyez1 l'article ,,architecture ,,monastique1 les figures #ah et #ai1 qui donnent les plans de cette porte1 en ,b et ,c fig4 #ah1 et en ,a fig4 #ai4 ,note #afh3 ,voyez1 dans les ,archives des monuments historiques1 le travail de ,m4 ,devrez1 architecte1 sur le mont ,saint-,michel en mer4 ,note #afi3 ,voyez ,,palais1 fig4 #ae et #af 7,x,i,ve sicle74 ,note #agj3 ,la partie suprieure de ces tourelles tait encore intacte au commencement du sicle2 l'ouvrage a t ras au niveau du chemin de ronde depuis lors1 mais il existe des dessins et tableaux1 dans la bibliothque d',avignon1 qui permettent de le rtablir dans son intgrit4 ,note #aga3 ,voyez ,,maison1 fig4 #cf et #cg4 ,des fragments de cette tourelle ont t dposs dans la cour de l'cole des ,beaux-,arts ,paris4--,voyez encore l',architecture civile et domestique de ,,mm4 ,verdier et ,cattois4 ,note #agb3 ,j'ai vu ruiner une tourelle dans laquelle le propritaire d'un manoir avait eu l'ide de faire enlever le massif d'angle formant contre-poids1 croyant que ce massif devait renfermer quelque trsor4 ,il serait tout aussi dangereux de faire remplir de maonnerie les prtendues cachettes4 ,,trabes1 s4 f4 ,mot latin trabs1 adopt par l'glise1 et signifiant3 les poutres de bois places en travers ou autour du choeur1 sur lesquelles on posait des lumires et auxquelles on attachait des lampes4 ,les glises abbatiales possdaient des trabes en avant de l'autel principal 7voyez ,,choeur74 ,un crucifix tait habituellement fix au milieu de la trabes4 ,ces poutres reposaient parfois sur quatre colonnes entourant l'autel4 ,elles taient sculptes et peintes1 ou revtues de pices d'orfvrerie de cuivre ou d'argent#agc1 surmontes d'arcatures entre lesquelles brlaient des lampes4 ,quelquefois des figures les dcoraient#agd4 ,il n'existe plus aucune de ces trabes dans nos anciennes glises franaises1 mais on en voit encore quelques-unes dans les glises d',italie4 ,la petite glise conventuelle de ,saint-,jean au ,bois1 dans la fort de ,compigne 7,oise71 laisse encore voir les deux extrmits scies d'une trabes du ,x,i,i,ie sicles couvertes de jolies peintures4 ,ces extrmits reposent sur deux chapiteaux mnags au droit des piliers de l'entre du choeur 7fig4 #a74 ,c'tait la trabes que1 pendant la semaine sainte1 on suspendait le voile funbre qui cachait l'autel et le sanctuaire4 ,l'usage des trabes est antrieur celui des jubs et date des premiers temps du christianisme4 ,il a t conserv1 comme beaucoup d'autres coutumes primitives1 dans l'glise grecque1 et nous ne saurions dire pourquoi ces poutres porte-lumires ont t supprimes en ,france4 ,les glises abbatiales de ,saint-,denis1 de ,cluny1 possdaient des trabes magnifiquement ornes d'orfvreries et de chandeliers de vermeil1 qui taient poses entre les stalles et le sanctuaire4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,note #agc3 ,voyez du ,cange1 ,gloss4 ,note #agd3 ,transpositam veterem trabem1 qu supra majus altare ponebatur1444 in qua etiam trabe series #ab4 ,patriarcharum et #ab4 ,apostolorum1 et in medio ,majestas cum ,ecclesia et ,synagoga figuratur4 7,vit abbatum ,s4 ,albani47 ,,trait 7,art du74 ,c'est ainsi que l'on dsigne l'opration qui consiste dessiner1 grandeur d'excution1 sur une aire1 les projections horizontales et verticales1 les sections et rabattements des diverses parties d'une construction1 de telle sorte que l'appareilleur puisse dcouper les panneaux d'appareil1 le gcheur faire tailler les pices de bois qui constituent une oeuvre de charpenterie2 le menuisier1 les membrures et assemblages des lambris1 portes1 croises1 etc4 ,le trait est une opration de gomtrie descriptive1 une dcomposition des plans multiples qui composent les solides mettre en oeuvre dans la construction4 ,l'art du trait1 dvelopp pendant l'antiquit grecque1 tait peu prs ignor par les constructeurs de la premire priode du moyen ge1 et il ne semble pas1 voir les monuments carlovingiens1 que les efforts tents par ,charlemagne pour faire enseigner la gomtrie aux architectes occidentaux aient produit des rsultats sensibles4 ,ce n'est qu'aprs les premires croisades que l'on s'aperoit d'un dveloppement notable de ces connaissances en ,france4 la fin du ,x,i,ie sicle1 les matres des oeuvres avaient repris possession de la gomtrie1 et1 depuis cette poque1 leur habilet en cette science s'accrut d'anne en anne1 jusqu' la fin du ,x,ve sicle4 ,la pratique de la gomtrie descriptive tait fort avance chez les peuples orientaux et chez les gyptiens ds une poque trs-recule4 ,aprs la translation de l'empire romain ,byzance1 les sciences mathmatiques eurent des foyers puissants ,byzance mme1 ,alexandrie1 et plus tard ,bagdad1 et dans les contres soumises la domination des kalifes4 ,les premiers croiss trouvrent en ,syrie des coles dont ils surent tirer profit1 et1 ds le commencement du ,x,i,ie sicle1 l'art de projeter les solides1 de dvelopper leurs surfaces1 tait dj mis en pratique en ,occident4 ,si les lments de la gomtrie semblent peine connus des constructeurs carlovingiens1 ils sont videmment familiers aux architectes clunisiens1 qui ont lev la nef de ,vzelay vers #aajj2 et1 trente ans plus tard1 on s'aperoit1 dans la construction du porche de la mme glise1 que ces constructeurs ont1 en gomtrie descriptive1 des connaissances dj tendues1 car toutes les parties de ce porche1 et l'appareil notamment1 sont traces avec sret et prcision4 ,bien plus1 on voit natre1 dans les tracs de cette belle cole clunisienne1 une mthode1 non plus empirique comme celle des constructeurs antrieurs du moyen ge1 mais appuye sur un principe qui1 nos yeux du moins1 est excellent1 puisqu'il est logique et vrai4 ,nous expliquerons cette mthode en quelques mots4 ,toute structure est leve pour remplir un objet1 se propose une fin2 il semble donc que ce soit l'objet qui doive imposer les moyens2 ces moyens sont ou doivent tre subordonns essentiellement l'objet4 ,une salle1 par exemple1 a pour objet un espace vide couvert2 c'est ce vide couvert qui est l'objet1 et non les piliers ou les murs2 ceux-ci ne sont et ne doivent tre que les moyens d'obtenir le vide4 ,supposons que la salle soit vote1 c'est la vote qui couvre l'espace vide1 c'est elle qui est la partie essentielle de la structure1 parce que c'est elle qu'il s'agit de maintenir en l'air2 c'est donc la vote1 sa forme1 son tendue et son poids qui commandent la disposition2 la forme et la rsistance des points d'appui4 ,par dduction logique1 la surface couvrir1 et le moyen de la couvrir 7soit une vote7 tant donns1 c'est la vote qu'il s'agit d'abord de tracer1 et c'est son trac qui doit imposer celui des piliers ou des murs4 ,en toute chose1 c'est la conclusion laquelle on veut arriver qui commande les prmisses1 et personne ne commencera un livre ou un discours sans savoir1 au pralable1 ce qu'il veut dmontrer4 ,une mthode aussi naturelle1 aussi simple1 aussi logique1 ouvrait alors un champ nouveau l'architecture1 comme elle l'ouvrirait encore aujourd'hui1 si l'on voulait se donner la peine de l'appliquer avec rigueur et en utilisant les lments dont nous disposons4 ,nous disons qu'alors1 au ,x,i,ie sicle1 cette mthode ouvrait un champ nouveau l'art1 parce que1 depuis la dcadence antique1 l'art ne vivait plus que sur des traditions assez confuses et corrompues1 traditions dont les lments taient oublis ou incompris1 parce qu'on ne se mettait gure en peine1 pas plus qu'aujourd'hui1 en architecture1 de faire concorder les prmisses avec la conclusion1 ou les moyens avec l'objet2 on parlait pour parler4 ,au milieu de cette confusion et de cette ignorance de la pratique de l'art1 l'introduction d'une mthode satisfaisante pour l'esprit1 facilement applicable1 qui ne demandait tout d'abord que des connaissances en gomtrie peu tendues1 qui d'ailleurs tait susceptible de perfectionnements infinis1 comme la suite l'a prouv1 et comme on le reconnat encore quand on veut l'appliquer1 devait produire un de ces dveloppements subits signals de loiu en loin dans l'histoire de l'art4 ,c'est ce qui arriva4 ,heureusement pour ce temps1 les monastres clunisiens renfermaient l'lite des intelligences en ,occident1 et taient la tte1 par l'enseignement1 de toutes les connaissances qui pouvaient alors donner une direction nouvelle aux arts et aux lettres4 ,si l'on examine les monuments que ces religieux ont levs pendant la premire moiti du ,x,i,ie sicle1 on constate jusqu' quel degr ils avaient pu s'assimiler cette architecture dont ils avaient pris les lments en ,syrie1 mais aussi comment ils allaient fertiliser ces lments en les soumettant une mthode gomtrique rigoureusement dduite de l'objet4 ,dornavant1 dans le trac de la structure1 c'tait la chose porte1 sa configuration1 sa pesanteur1 sa position logique1 qui allaient imposer les membres et les formes de la chose qui porte4 ,encore une fois c'tait l un progrs1 une ide nouvelle1 car cette ide n'avait t dveloppe avec cette rigueur1 ni chez les ,grecs1 ni dans les difices romains4 ,elle sera encore de nos jours un des lments de progrs en laissant faire au temps1 et en tenant compte des tudes qui se poursuivent malgr les entraves acadmiques1 parce qu'elle est singulirement propre l'emploi des nouveaux matriaux que l'industrie nous fournit4 ,il faut dire que pour appliquer rigoureusement la mthode de trac qu'inauguraient les matres1 ds le milieu du ,x,i,ie sicle2 il fallait que ceux-ci fussent eux-mmes traceurs1 et que les formes de l'architecture fussent combines en raison des ncessits de la structure4 ,il fallait qu'ils eussent sans cesse devant les yeux de leur intelligence les moyens pratiques applicables1 non-seulement la partie1 mais l'ensemble4 ,ils ne se fiaient point l'opration du ravalement1 si commode pour dissimuler des ngligences1 des oublis ou des erreurs2 car chaque pierre sortie de la main de l'ouvrier devait prendre exactement la place qui lui tait destine1 suivant la forme ncessaire et trace d'avance1 pour ne plus tre retouche4 ,le systme de vote trouv par ces matres1 vers #aaej1 et atteignant si rapidement son dveloppement logique1 systme dont les lments taient entirement neufs1 drivait d'une mthode de trac spciale1 rigoureuse dans son principe1 mais trs-tendue dans ses applications4 ,en tudiant les difices levs dans l'ancienne ,france de #aacj #aafj1 on dcouvre aisment les coles qu'ont d faire les constructeurs pendant cette priode1 les difficults qui surgissent d'une application encore incomplte de la mthode suivre1 les perfectionnements qui se dveloppent mesure que ces matres entrent plus avant dans l'application vraie du systme adopt4 ,c'est ainsi1 en effet1 que se forme un art1 et non par des essais vagues1 produits de ce que l'on croit tre une inspiration spontane1 ou d'un clectisme nuageux ne se rattachant aucun principe arrt4 ,en architecture1 tout est problme rsoudre2 des traditions tablies peuvent tre suivies et fournir longtemps une carrire l'artiste1 mais si ces traditions viennent manquer1 ou sont reconnues insuffisantes1 l'art1 pour ne pas tomber au dernier degr de l'affaissement1 a besoin de recourir des principes absolus1 doit adopter une mthode logique dans sa marche1 serre dans son application4 ,les matres du ,x,i,ie sicle comprirent ainsi leur rle1 et s'ils ne nous ont pas laiss d'crits pour nous le dire1 ils ont lev assez de monuments1 encore entiers1 pour nous le prouver4 ,alors les dveloppements de l'architecture religieuse et de l'architecture militaire taient ce qui proccupait le plus ces matres1 et cependant les principes qu'ils adoptent1 s'tendent sur toutes les autres branches de l'art4 ,une fois dans la voie logiquement trace1 ils ne s'en cartent pas1 car elle les conduit aussi bien la structure de l'glise1 sur des formes nouvelles1 qu' celle de la forteresse1 du palais ou de la maison4 ,nous avons t si fort dshabitus de raisonner1 quand il s'agit d'architecture2 les formules acadmiques sont tellement ennemies de l'examen1 de la critique1 de la juste apprciation de l'objet1 du besoin et des moyens pratiques1 que1 de nos jours1 la ncessit faisant loi et tant suprieure aux prjugs d'coles1 les architectes ont vu s'lever ct d'eux un corps puissant destin probablement les absorber4 ,ceux que nous appelons ingnieurs ne font pas autre chose1 tout prendre1 que ce que firent les matres laques vers le milieu du ,x,i,ie sicle4 ,ils prennent pour loi3 le besoin exactement rempli l'aide des moyens les plus vrais et les plus simples4 ,si leur mthode n'a pu encore dvelopper des formes d'art nouvelles1 il faut s'en prendre l'influence de ces prjugs d'coles auxquels ils n'ont os se soustraire encore entirement4 ,ils arriveront s'en affranchir1 on n'en saurait douter1 car1 encore une fois1 la ncessit les y pousse3 l'exemple que nous prsentons ici finira tt ou tard par les convaincre qu'il est des traditions abtardies avec lesquelles il faut rompre2 que l'on ne renouvelle pas un art comme l'architecture1 en s'assimilant des formes antrieures sans les passer au crible d'un examen scrupuleux1 mais bien plutt en partant d'un principe tabli sur le raisonnement et sur la logique4 ,peut-tre les moines du ,x,i,ie sicle exprimrent-ils leurs regrets de voir abandonner les traditions de l'art roman et les restes des arts antiques1 en face de la nouvelle cole des matres laques qui cherchaient tablir leur systme sur l'examen1 les procds gomtriques et la stricte observation du besoin4442 leurs dolances ne sont point parvenues jusqu' nous2 et1 d'ailleurs1 si elles se produisirent1 le mouvement social qui prtendait soustraire la civilisation leur influence exclusive fut le plus fort4 ,les coles des couvents elles-mmes1 bien que puissantes1 furent entranes1 en tant que les tablissements monastiques aient conserv des coles de matres des oeuvres1 le ,x,i,ie sicle coul4 ,il faut rendre cependant ces tablissements la justice qui leur est due1 ils avaient commenc 7les ,clunisiens entre tous7 la rvolution savante qui allait renouveler l'art de l'architecture4 ,dans leurs coles1 ainsi que nous le disions tout l'heure1 l'tude de la gomtrie tait videmment en honneur ds la premire moiti du ,x,i,ie sicle4 ,ils commencrent1 sans en avoir conscience peut-tre1 la ruine de l'art roman1 ou du moins ils ne prtendirent pas tablir l'hiratisme4 ,en supposant qu'ils aient reconnu le danger qui menaait les traditions romanes1 ils n'avaient pas1 pour le combattre1 cet clectisme irraisonn de nos ,acadmies d'art modernes1 puisqu'ils ne connaissaient gure qu'une forme architectonique1 celle qu'ils avaient pratique4 ,un moine de gnie semble mme avoir provoqu cette rvolution de l'art de btir4 ,suger fit reconstruire l'glise de ,saint-,denis en #aacg4 ,elle tait termine1 ou peu s'en faut1 en #aada4 ,or1 on voit apparatre dj1 dans ce qui nous reste de ce monument1 le systme de structure dit gothique4 ,les votes1 qui constituent la partie la plus importante de ce systme1 sont conues en dehors des donnes romanes4 ,la figure #are explique l'ensemble du trac de la partie4 conserve du tour du choeur lev par ,suger4 ,le plein cintre a compltement disparu2 tous les arcs sont tracs en tiers-point1 et c'est leur projection horizontale qui commande imprieusement dj la place et la forme des piliers4 ,en d'autres termes1 l'architecte a d tracer les votes d'abord sur son plan1 avant d'arrter la disposition des piliers4 ,son intention a t1 videmment1 de chercher1 autant que possible1 des branches d'arcs d'une porte gale1 puisque1 dans toute cette partie occupe par les chapelles et les doubles collatraux1 il tait ncessaire que les clefs des votes fussent de niveau1 ou trs-peu prs4 ,les piliers ,a1 ,b1 ,c1 ,d1 ,e1 et les archivoltes ,,ab1 ,,bc1 ,,cd1 ,,de1 ont t refaits sous saint ,louis1 mais les socles des piliers ,a1 ,b1 ,c1 datent de l'poque de ,suger4 ,quant aux votes hautes du sanctuaire1 elles ont t reconstruites galement au ,x,i,i,ie sicle4 ,nous ne nous occupons donc que de la partie comprenant les chapelles et le double collatral qui appartient la structure de #aacg4 ,on remarquera que les branches d'arcs ogives ab1 cd1 de1 df1 etc41 sont sensiblement gales4 ,du moment que l'arc bris tait admis1 les petites diffrences de longueur de ces branches n'empchaient pas que leurs clefs atteignissent un mme niveau4 ,les clefs des arcs-doubleaux ,,fg1 ,,hi 7arcs en tiers-point71 sont un niveau plus bas que les clefs b et d2 ce qui devait tre1 puisque les branches ,fg1 g,g1 etc41 de ces arcs1 sont plus courtes que celles des arcs ogives4 ,quant aux arcs doubleaux ,,kl1 tracs sur plan horizontal circulaire1 leurs clefs sont un niveau intermdiaire entre celui des clefs b d et celui des clefs g h4 ,les clefs m des formerets ef n'atteignent pas non plus le niveau des clefs d4 ,il en rsulte que les votes d'arte ,,lkife1 ,,lkfo1 sont bombes d'une manire sensible#age4 ,ces arcs de vote et leurs rabattements tracs1 le matre de l'oeuvre a projet leurs naissances sur les points o elles devaient porter1 ainsi que nous l'avons indiqu en ,p pour la colonne p1--le profil des arcs-doubleaux tant n et celui des arcs ogives s2--ces naissances ont impos la forme et la dimension des tailloirs1 et par suite celle du chapiteau et de la colonne3 de telle sorte que 7voyez le dtail ,r d'une chapelle7 ces colonnes prennent un diamtre en raison de la puissance ou du nombre des arcs qu'elles portent1 ce qui est parfaitement raisonn et logique4 ,il existe1 dans le trac gnral de ces chapelles et collatraux du choeur de l'glise de ,saint-,denis1 une irrgularit notable4 ,les projections d'arcs-doubleaux normaux au cercle du rond-point ,,abc ne tendent pas au centre ,q de ce cercle4 ,le centre de la seconde prcinction ,,lk est en ,t1 au del du centre ,q sur le grand axe1 tandis que le centre de la troisime prcinction d1 d'1 sur laquelle sont poss les centres des chapelles circulaires1 est en ,q1 et celui de la tte ,i des chapelles est en ,v4 ,l'arc-doubleau ce a donc plus d'ouverture que l'arc-doubleau ,,hi1 plus encore que celui xi1 plus encore que celui pr4 ,par contre1 l'arc-doubleau ,oa a moins d'ouverture que celui ,,fg1 etc4 ,si nous prolongeons jusqu'au grand axe les projections horizontales d'arcs-doubleaux ,ae1 ,,bi1 ,ci1 ,dp1 nous voyons que seule la ligne ,ae tombe sur le centre ,t1 et que les autres rencontrent le grand axe au del de ce point4 ,le traceur a fait danser ces lignes comme on fait danser les marches d'un escalier dans une partie tournante1 pour viter les diffrences trop grandes que donneraient les secteurs chacune de leurs extrmits4 ,en effet1 si le matre et trac les rayons tendants un centre1 les arcs d'entre des chapelles eussent eu une ouverture hors de proportion avec celle des archivoltes ,,ab du sanctuaire4 ,le trac des arcs des votes devenait plus difficile1 ou plutt les carts considrables entre les longueurs de branches d'arcs eussent t un embarras pour le constructeur1 sans compter le mauvais effet produit l'oeil4 ,il y a aussi dans ces irrgularits1 apprciables seulement sur un plan exactement rapport1 un effet de perspective cherch4 ,il faut se rappeler que la place ,z1 dans le sanctuaire1 tait occupe par un magnifique autel avec le reliquaire des martyrs1 le tout refait avec luxe par ,suger1 et que par suite de la dviation des rayons des chapelles1 les crmonies pratiques en avant de l'autel des reliques se faisaient ainsi rellement au centre de ces chapelles4 ,quant la plus grande ouverture des arcs-doubleaux ce1 relativement celles des arcs-doubleaux des chapelles antrieures1 c'tait un moyen de donner plus de profondeur l'glise suivant son grand axe1 et de combattre l'effet de raccourcissement de l'abside produit par la perspective4 ,ces dlicatesses nous paraissent tranges aujourd'hui1 et plutt que d'en chercher le sens ou d'en constater les rsultats1 nous prfrons mettre ces dfauts de plantation sur le compte de l'ignorance de ces artistes anciens1 quitte nous merveiller demain devant des irrgularits non moins importantes signales sur des monuments de l'antiquit grecque2 irrgularits qui sont le rsultat d'un besoin de l'oeil et d'une trs-dlicate apprciation des effets perspectifs4 ,ayant ainsi deux poids et deux mesures1 mprisant ici ce que nous admirons l-bas1 nous ne tenons point compte d'ailleurs1 dans nos constructions1 de ces consquences des lois de la perspective4 ,il faut convenir que1 s'il tait facile de modifier les largeurs des entre-colonnements ou les diamtres des colonnes dans un portique1 grec1 puisque ces recherches ne modifiaient point le systme de structure en plates-bandes1 il l'est beaucoup moins d'appliquer ces lois imposes par un besoin de l'oeil1 des difices vots4 ,il fallait que le systme de votes adopt se prtt ces liberts2 c'est aussi ce qui arriva lorsque l'on abandonna la vote romaine et la vote romane pour inaugurer la nouvelle structure4 ,aussi les matres du ,x,i,ie sicle1 si dlicats dans leurs conceptions1 profitrent largement des facilits donnes par le nouveau systme des votes franaises pour obtenir de grands effets1 l'aide de moyens simples et pratiques4 ,une fois le trac gnral obtenu1 il n'y avait aucun embarras bander un arc suivant un angle plus ou moins ouvert4 ,il suffisait de tracer sur l'aire la direction de cet arc et d'en faire le rabattement4 ,le patron du claveau1 pos perpendiculairement cette direction1 donnait la naissance de l'arc4 ,en runissant tous ces patrons sur un point1 on composait le sommier2 le sommier compos1 en raison de la forme des claveaux et de la direction des arcs1 on traait le chapiteau qui devait porter le sommier4 ,le chapiteau trac1 on avait la colonne ou la pile4 ,donc c'tait par le trac gnral des votes que le matre commenait l'opration graphique du plan4 ,une mthode pareille exigeait1 il est vrai1 une pratique trs-complte de la gomtrie1 non-seulement de la part1 du matre1 mais aussi chez les metteurs en oeuvre1 car il fallait chaque sommier se rendre compte de la pntration des surfaces qui venaient se grouper en faisceaux2 mais on ne prtendra pas1 probablement1 que ces connaissances pousses trs-loin chez le matre et facilement comprises par les aides1 aient jamais t une marque d'ignorance1 et de barbarie4 ,ayant mis sous les yeux de nos lecteurs un de ces tracs gnraux1 il est ncessaire de pntrer plus avant dans les mthodes de dtail4 ,prenons d'abord un des exemples les plus simples4 ,soit 7fig4 #b7 un pied-droit de porte avec brasement extrieur4 ,cet brasement devra tre ncessairement couvert par des arcs4 ,nous prendrons1 pour faire ces arcs1 des pierres d'une dimension proportionne leur porte4 ,soit en ,a une chelle d'une toise4 ,la dimension d'un pied sera donne aux claveaux2 l'brasement ayant quatre pieds de profondeur1 quatre rangs de claveaux superposs le fermeront4 ,sur le tympan ,t1 servant de cintre1 nous tracerons donc le premier rang ,b de claveaux2 sur ce premier rang le deuxime ,c1 et ainsi pour les deux autres ,d1 ,e4 ,un bandeau ,f d'archivolte sertira les quatre rangs4 ,la projection horizontale ,,bcde des naissances de ces claveaux donnera la dimension des chapiteaux dont les carrs suprieurs ,g auront ainsi un pied sur chacune des deux faces vues4 ,suivant la saillie que nous voudrons donner ces chapiteaux sur le ft des colonnes1 nous tracerons celles-ci4 ,s'ils doivent tre engags1 ces fts seront tracs tangents aux cts a1 b 7voyez le dtail ,h72 alors les chapiteaux seront eux-mmes engags et leurs milieux seront en d4 ,si nous prfrons que ces chapiteaux soient entiers1 nous tracerons le ft de la colonne1 le centre au milieu i du carr4 ,les deux partis ont t adopts au ,x,i,ie sicle1 le second plus rarement dans les provinces franaises que le premier4 ,la saillie du tailloir m sera franche et se profilera rgulirement autour de la tte des chapiteaux4 ,cette saillie recevra le bandeau d'archivolte ,f4 ,d'ailleurs la projection horizontale des chapiteaux et de leurs tailloirs donnera celle des bases et de leurs socles1 ainsi que le dmontre la projection verticale ,l4 ,ce dtail trs-simple1 puisqu'il ne s'agit que du trac d'une suite d'archivoltes concentriques1 fait ressortir le principe dominant4 ,ce sont les arcs1 leur projection horizontale1 qui commandent la forme des chapiteaux1 les fts et les bases des colonnes4 ,le matre a d tracer ces rangs d'arcs avant de tracer le plan par terre#agf4 ,s'il s'agit de tracer les arcs d'une nef et leurs supports1 l'opration 7cela va sans dire7 est plus complique4 ,en architecture1 comme en toute chose1 quand un principe nouveau est admis1 les premires applications que l'on en fait ne sont pas les plus simples4 ,nos moteurs vapeur sont moins compliqus que ne l'taient ceux du commencement du sicle2 ce n'est que par l'tude que l'homme arrive simplifier ce que son gnie lui fait trouver tout d'abord4 ,mettons en parallle deux systmes de piles de nefs portant des votes en arcs d'ogive 7fig4 #c74 ,l'un1 ,a1 appartient l'glise cathdrale de ,paris2 l'autre1 ,b1 l'glise cathdrale de ,reims4 ,le premier date de #aaie1 le second de #abbj environ4 ,jetons les yeux sur la coupe de la nef de l'glise ,notre-,dame de ,paris 7voy4 ,,cath,,drale1 fig4 #b74 ,nous verrons que des piliers cylindriques partent3 rez-de-chausse1 deux archivoltes1 un arc-doubleau1 deux arcs ogives et un faisceau de trois colonnettes destines porter les arcs des votes hautes2 au premier tage1 une galerie vote1 c'est--dire un arc-doubleau et deux arcs ogives2 la hauteur des fentres1 un contre-fort1 le mur perc de baies1 deux colonnettes pour les formerets1 l'arc-doubleau et les deux arcs ogives des votes hautes4 ,le matre de l'oeuvre1 en maintenant le systme des piles cylindriques1 croyait certainement partir d'une donne simple1 et cependant ce premier point devait lui causer des embarras et l'obliger des complications d'pures4 ,on voit sur notre figure #c1 en ,a1 la projection horizontale de tous ces membres superposs la demi-circonfrence du pilier cylindrique4 ,sur cette circonfrence1 le traceur a fait retomber l'arc-doubleau a et l'arc ogive b du collatral1 l'archivolte deux rangs de claveaux ccd portant l'ordonnance longitudinale1 la colonnette e et celle f destines porter l'arc-doubleau et l'arc ogive des votes hautes4 ,pour recevoir ces membres1 il a trac le tailloir du chapiteau opqr carr aux angles abattus1 ce qui n'empche pas qu'il reste des surfaces horizontales v ne portant rien4 ,ce premier trac reoit le plan des piliers au niveau de la galerie1 plan que l'on trouve en ghijk4 ,adosses la partie interne de ce pilier1 ont t traces les colonnettes l des arcs-doubleaux et m des arcs ogives des votes de cette galerie4 ,les projections horizontales des arcs de ces votes sont les mmes que celles des arcs ab des votes du collatral4 ,la claire-voie de la galerie tant enveloppe par une archivolte1 la projection horizontale de cette archivolte a t trace en n et s1 dbordant vers la nef1 en n'1 le nu du tympan de l'archivolte infrieure pour former saillie sur les chapiteaux du pilastre d'angle 7voy4 ,,cath,,drale1 fig4 #d74 ,quant l'archivolte interne s1 elle sert de formeret la vote de la galerie4 ,pour mieux ouvrir la claire-voie1 les petites archivoltes formant arcature 7voy4 ,,cath,,drale1 fig4 #d7 retombent en t sur le pilastre i1 et non sur une colonnette4 ,le nu extrieur du mur au-dessus de la galerie tant en u1 port sur le formeret s1 le contre-fort extrieur est en ,,xx'r 7voy4 ,,cath,,drale1 fig4 #b74 ,les colonnettes e1 f1 continuent s'lever et reoivent l'arc-doubleau e' et l'arc ogive f'1 dont la naissance est projete sur notre figure4 ,ces naissances donnent la forme des chapiteaux et des tailloirs tracs en y4 ,sur la saillie ,z de ce tailloir retournant d'querre1 repose la base de la colonnette ,w qui porte le formeret de la vote haute4 ,il ne faut pas oublier que ces votes hautes sont croises1 c'est--dire que les arcs ogives prennent deux traves1 et donnent1 par consquent1 une projection horizontale voisine de #de degrs4 ,les difficults de tracs eussent encore t augmentes1 si ces arcs ogives eussent t les diagonales d'une seule trave4 ,on voit1 par cet exemple1 quelles complications et quels ttonnements y entrane l'emploi incomplet d'une mthode1 une fois un principe admis4 ,l'ordonnance ne commence rellement qu'au-dessus du tailloir des gros chapiteaux1 et cette ordonnance est gne par cette ncessit d'un tailloir carr pos paralllement au grand axe de la nef4 ,l'architecte a procd logiquement pour la partie suprieure2 il a trac ses arcs de votes avant tout1 et ceux-ci lui ont donn la forme1 la place et la dimension des supports2 mais cette surface carre dans laquelle il fallait se renfermer et qui lui tait donne par le cylindre infrieur1 l'obligeait mler les membres1 les enchevtrer les uns dans les autres pour trouver leur place4 ,encore1 malgr ces efforts1 laissait-il sur ces tailloirs1 trop restreints en deux sens1 des surfaces non occupes4 ,voulant avoir1 rez-de-chausse1 des piliers cylindriques et adoptant l'ordonnance de la structure nouvelle1 il eut t plus logique et plus simple de poser les tailloirs diagonalement1 puisque c'tait paralllement et perpendiculairement au grand axe de la nef qu'il avait dvelopper les1 membres de la structure4 ,en effet1 si les tailloirs eussent t tracs ainsi que nous l'avons indiqu en ,g1 le traceur plaait les diagonales dans le sens du dveloppement des membres portants2 il tait moins gn et ne laissait pas des surfaces inoccupes4 ,ce raisonnement1 comme on le pense bien1 fut bientt suivi par les matres1 ds le commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,la cathdrale de ,reims fut fonde en #abab2 la partie de la nef voisine du transsept s'levait vers #abbj1 vingt-cinq ans aprs la construction des piles de la nef de ,notre-,dame de ,paris4 ,le plan ,b 7fig4 #c7 donne la moiti de la projection horizontale d'un des piliers de la nef de ,notre-,dame de ,reims 7partie ancienne71 avec les membres qui portent ces piliers4 ,l'architecte conserve la pile cylindrique1 mais il diminue comparativement son diamtre1 et il la cantonne de quatre colonnes engages#agg4 ,sur cette pile 7voy4 ,,cath,,drale1 fig4 #ad7 il pose un chapiteau1 ou plutt un groupe de chapiteaux 7voy4 ,,chapiteaux1 fig4 #cc71 dont les tailloirs runis adoptent la forme gnrale indique en ,g4 ,mais1 grce ces colonnes engages sur le cylindre et la forme franche des tailloirs1 l'ordonnance qui commence au-dessus de cette pile se lie la partie infrieure4 ,en effet1 la colonne engage ,c 7ct de la nef7 porte une autre colonne d'un diamtre un peu plus faible et deux colonnettes ,d qui monteront jusqu'aux votes hautes pour recevoir l'arc-doubleau ,f et les arcs ogives ,h4 ,la colonne engage ,k porte l'archivolte longitudinale1 dont la largeur est ,k',k''1 et au-dessus se dcoupe la pile ,,lmn du triforium avec sa colonnette ,o1 puis le jambage de la fentre suprieure ,,uu',u'' enveloppe par le formeret de la vote haute dont la colonnette est en ,i4 ,la colonne engage ,p porte l'arc-doubleau ,q2 au-dessus1 la pile postrieure du triforium ,r se reliant au mur de clture du passage intrieur ,,ss'4 ,sur la pile se dtache la colonne ,t'' adosse au contre-fort avec passage extrieur4 ,les arcs ogives des votes des collatraux se rangent en ,v1 leur trace sur le tailloir tant en ,v'#agh4 ,le progrs sur l'exemple prcdent est trs-sensible4 ,tous ces membres ont leur place1 ne se gnent plus rciproquement3 aussi1 ,notre-,dame de ,reims1 la stabilit est parfaite1 l'effet clair1 l'aspect rassurant4 ,les consquences logiques du principe devaient cependant tre pousses plus loin encore4 ,en #abca furent commencs les travaux de reconstruction de la nef de l'glise abbatiale de ,saint-,denis4 ,l'architecte charg de cette reconstruction est rest inconnu1 ainsi que la plupart des matres des oeuvres de cette poque4 ,mais l'difice qu'il nous a laiss indique dans toutes ses parties une sret et une perfection rares dans l'art du trait4 ,prenons1 ainsi que nous venons de le faire pour les cathdrales de ,paris et de ,reims1 une des piles de la nef1 et voyons comment les divers tages de la construction viennent se poser sur cette pile4 ,les dernires traces de la colonne cylindrique centrale qui s'accorde si peu avec les divers membres des votes sont effaces2 les arcs de ces votes commandent absolument la forme de la pile4 ,les archivoltes longitudinales se composent1 suivant l'usage1 de deux rangs de claveaux#agi2 les arcs-doubleaux des votes du collatral qui reoivent les dallages des terrasses sont composs d'un mme nombre de claveaux2 puis il faut la place des arcs ogives4 ,les votes hautes se composent d'un arc-doubleau1 ne portant que les remplissages1 et n'ayant qu'un seul rang de claveaux de #cc centimtres de largeur1 de deux arcs ogives et de deux formerets qui sertissent les meneaux des fentres4 ,la position ncessaire de ces membres de votes donne rigoureusement la forme et le nombre des membres de la pile4 ,en effet 7fig4 #d71 l'arc-doubleau des votes du collatral comprend les deux membres a et b2 l'archivolte longitudinale1 les deux mmes membres a' et b'2 l'arc ogive le membre c4 ,l'arc-doubleau des votes hautes se compose du membre d1 et l'arc ogive des mmes votes du membre e4 ,la projection horizontale de la naissance de ces divers arcs est trace sur notre figure avec leurs profils4 ,l'arc ogive c du collatral peut natre et prendre sa courbure avant la doublure b de l'arc-doubleau1 de sorte que cet arc ogive repose sur l'assiette qui sert de point d'appui cette doublure b2 aussi voit-on les deux projections se confondre en c4 ,la pile se compose donc d'une seule colonne engage pour ces deux membres confondus4 ,les projections des arcs sont d'ailleurs exactement comprises dans les lignes fghiklmnop se coupant angles droits et formant l'pannelage de la pile4 ,les colonnes engages sont traces en retraite de ces lignes1 leurs centres sur les diagonales1 de manire donner la saillie des chapiteaux dont la tte1 sous les tailloirs saillants1 est cette projection fghik1 etc4 ,pour les arcs des grandes votes est trac le faisceau spcial de colonnes engages qr2 les tailloirs des chapiteaux de ces arcs sont tracs en stuv2 les saillies des tailloirs des autres chapiteaux en f' h' k'1 etc4 ,du ct ,a de notre figure est trace la pile avec ses bases4 ,au-dessus des archivoltes longitudinales1 la hauteur du triforium1 se dgage la colonnette engage ,b1 qui porte le formeret l'intrieur4 ,en ,,defgh est trace la pile au niveau du triforium4 ,le passage est en ,p1 le mur ajour de clture de ce triforium en ,i1 et le contre-fort extrieur en ,,kl4 ,au-dessus du triforium est trace la fentre avec sa colonnette ,m qui porte extrieurement l'arc de sertissure1 qui n'est autre que le formeret lui-mme2 aussi le centre de cette colonnette ,m est-il sur la mme ligne que celui de la colonnette ,b4 ,au niveau des fentres est pose1 sur le contre-fort ,,kl1 la colonne isole ,n1 qui reoit la tte de l'arc-boutant et qui laisse un passage1 au-dessus du triforium1 entre elle et la pile ,,oq4 ,il est facile de reconnatre que ce dernier trac est prfrable aux deux premiers4 ,cela est plus clair et plus logique4 ,les arcs des votes ont chacun leur support2 les chapiteaux de ces supports sont nettement accuss par les pannelages de ces arcs compris entre des parties rectilignes4 ,les projections des bases et celles des chapiteaux sont les mmes1 sauf1 pour ces bases1 que les angles sont judicieusement abattus en ,w1 afin de ne pas gner la circulation4 ,dans cette voie1 les matres du moyen ge ne devaient s'arrter qu' la dernire limite4 ,on ne se soumet pas impunment1 dans notre pays1 la logique4 ,elle nous pousse1 nous entrane jusqu'aux confins du possible4 ,cinquante ans au plus aprs l'adoption de ces principes de tracs1 les architectes en taient arrivs donner exactement la section horizontale des piles la section des arcs2 on peut se rendre compte de ce fait en examinant les figures #ae1 #af et #ag de l'article ,,pilier4 ,ces mthodes les amenaient ne plus concevoir une construction que par des tracs de projections horizontales superposes1 et c'tait naturellement les plans des parties suprieures 7complment de l'oeuvre7 qui commandaient les sections horizontales des parties infrieures4 ,du temps de ,villard de ,honnecourt1 on s'en tenait encore aux tracs conus dans l'esprit de ceux que nous venons de prsenter4 ,on trouve1 parmi les croquis de cet architecte1 des indications qui se rapportent exactement aux mthodes que suggre l'tude des monuments de cette poque#ahj4 ,villard de ,honnecourt donne quelques plans d'difice vots1 et l'on peut constater que le trac de ces plans drive essentiellement de la ncessit de structure des votes4 ,ce fait est vident pour qui voudra jeter les yeux sur les plans des cathdrales de ,cambrai et de ,meaux#aha1 sur le plan conu et discut entre lui ,villard et ,pierre de ,corbie#ahb1 sur celui du choeur de ,notre-,dame de ,vaucelles1 de l'ordre de ,cteaux#ahc4 ,ce dernier plan1 dont nous donnons 7fig4 #e7 le principe1 est une des belles conceptions du commencement du ,x,i,i,ie sicle#ahd4 ,la mthode de trac de l'abside est simple4 ,le quart de cercle ,,ab a t divis en sept parties4 ,chacun de ces rayons donne1 ou la position des piles ab1 cd1 etc41 ou les centres des votes efgh1 etc4 ,les chapelles circulaires sont adroitement runies au collatral1 en laissant une circulation facile4 ,les arcs des votes sont combins de manire donner des branches d'arcs d'un dveloppement peu prs gal4 ,un plan gnral ainsi trac1 l'architecte avait la direction de chacun des arcs4 ,il arrtait leur section1 puis posant ces sections sur les naissances1 suivant la direction indique1 il en dduisait le trac des piles4 ,nous avons si souvent l'occasion1 dans le cours du ,dictionnaire1 de donner des tracs d'ensemble et de dtails d'difices1 qu'il ne parat pas utile ici d'insister sur les procds gomtriques de ces tracs4 ,ce qu'il est important de faire ressortir1 c'est le ct mthodique de ces procds1 soit qu'il s'agisse de la composition1 soit qu'il s'agisse de la structure et de la valeur ou de la forme donner aux divers membres4 ,ceux qui nient l'utilit qu'on peut tirer de l'tude de notre architecture du moyen ge1 parce qu'ils n'ont pas pris la peine1 le plus souvent1 d'en connatre l'esprit et les lments1 ou qui feignent de considrer nos recherches comme une tendance vers une renaissance purement matrielle des formes adoptes par les artistes de ces poques loignes 7bien que nous ayons toujours dit et crit que ces tudes ne doivent tre considres que comme un moyen et non comme le type d'un art immuable71 tantt ddaignent cette architecture parce qu'elle ne serait1 les croire1 qu'une structure1 non un art2 tantt l'accusent de se laisser entraner aux fantaisies les plus tranges1 ou encore d'tre subtile et hardie outre mesure2 d'tre le rsultat de l'ignorance subitement rveille1 ou de la science1 abstraction faite du choix de la forme2 d'tre pauvre d'invention1 ou riche l'excs dans ses dtails1 hiratique ou capricieuse442 de sorte que si l'on avait1 par aventure1 souci de runir ces apprciations1 la difficult1 avant de les combattre dans ce qu'elles ont d'excessif ou d'erron1 serait de les concilier4 ,cependant si l'on examine avec attention les mthodes employes par ces matres du moyen ge1 on reconnat tout d'abord qu'elles drivent de principes dfinis1 clairs1 tablis sur une observation profonde et judicieuse des conditions imposes l'architecture en gnral1 quel que soit le milieu ou le temps2 que ces mthodes se dveloppent suivant un procd logique dans sa marche1 sincrement appliqu dans la pratique4 ,aucune architecture ne saurait supporter mieux que la ntre1 pendant la belle priode du moyen ge1 cette superposition des plans d'une structure1 superposition qui fait voir qu'aucun membre n'est superflu1 que tous ont leur place marque ds la base4 ,qu'on essaye d'en faire l'preuve6 et avec la dose de bonne foi la plus lgre 7encore en faut-il71 on reconnatra bien vite que1 ni l'architecture grecque1 ni mme l'architecture romaine1 souvent si rationnelle1 ne possdent au mme degr ces qualits logiques de structure4 ,le systme de trac de notre architecture du moyen ge1 du ,x,i,ie sicle la fin du ,x,ve1 peut se rsumer en ces quelques mots3 ,c'est la chose porte qui commande la forme de la chose qui porte2 et cela sans qu'on puisse trouver une seule exception cette loi si simple et naturelle4 ,de ce systme l'absence de tout systme qui nous fait1 entre autres exemples1 lever des colonnes le long d'un mur pour ne rien porter du tout1 et pour occuper les yeux des badauds1 il y a loin1 nous en conviendrons volontiers2 mais considrer comme un progrs cet oubli des lois les plus naturelles de l'architecture1 et prendre des airs ddaigneux devant les oeuvres d'artistes qui ont appliqu une raison rigoureuse ce qu'ils faisaient1 quand on a perdu l'habitude de raisonner1 cela ferait sourire1 si ce n'tait pas si cher4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,note #age3 ,voyez ,,construction1 fig4 #fe1 ,h4 ,note #agf3 ,voyez ,,porte1 fig4 #ec1 #ei1 #fj1 #fb1 #fc et #fd4 ,note #agg3 ,une tentative de ce genre avait dj t faite dans la partie de la nef de ,notre-,dame de ,paris voisine des tours1 et dont la construction date de #abae environ4 ,note #agh3 ,pour bien saisir la place et la fonction de tous ces membres1 il est ncessaire de recourir la figure #ad de l'article ,,cath,,drale4 ,note #agi3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #cf4 ,cette gravure trace1 en perspective1 la coupe de la nef de l'glise abbatiale de ,saint-,denis4 ,note #ahj3 ,voyez l',album de ,villard de ,honnecourt4 ,d'aprs le manuscrit original1 publi par ,j4 ,b4 ,lassus et ,a4 ,darcel1 #aheh4 ,note #aha3 ,planches ,,xxvii et ,,xxviii4 ,note #ahb3 ,planche ,,xxviii4 ,note #ahc3 ,planche ,,xxxii4 ,note #ahd3 ,l'glise cistercienne de ,vaucelles s'levait quelques kilomtres de ,cambrai2 elle avait t ddie1 en #abce1 par ,henri de ,dreux1 archevque de ,reims4 ,en #agac1 elle tait encore debout1 et ne fut dtruite qu' la fin du dernier sicle4 ,,transsept1 s4 m4 7croise74 ,mot driv du latin et que plusieurs crivent transcept4 ,nous prfrons adopter l'orthographe transsept1 de trans et sepire1 enclore au del4 ,en effet1 dans les basiliques primitives et dans les anciennes glises conventuelles1 la clture du choeur est place dans le transsept1 l'abside tant rserve au sanctuaire4 ,la basilique romaine possdait parfois un transsept1 c'est--dire un espace transversal entre le tribunal et les nefs4 ,dans la basilique du forum de ,trajan 7basilica ,emilia71 le tribunal occupait la largeur des cinq nefs2 les basses nefs se retournaient devant l'hmicycle#ahe2 donc1 ou ces basses nefs formaient une sorte de transsept1 ou entre elles et le tribunal il restait un intervalle ncessaire la construction de la couverture4 ,plusieurs basiliques chrtiennes des premiers sicles possdaient un transsept4 ,c'est sur cette donne qu'est construite la basilique de la ,nativit ,bethlem1 qui date du ,v,ie sicle4 ,la basilique de ,saint-,paul hors des murs 7,rome71 commence en #chf et acheve compltement sous le rgne d',honorius1 restaure plusieurs reprises1 et notamment au ,x,i,i,ie sicle1 possdait un vaste transsept1 appartenant la disposition thodosienne4 ,ce transsept primitif formait comme une oeuvre part qui1 tudie avec les textes relatifs la premire liturgie chrtienne1 prsente une disposition d'un grand intrt1 et que l'on retrouve dans les plans des basiliques de ,saint-,pierre de ,rome1 de ,saint-,jean de ,latran1 de ,sainte-,marie ,majeure et de ,saint-,pierre s liens 7,rome7#ahf4 ,le plan de la basilique de ,saint-,paul hors des murs nous donne ce transsept de l'glise chrtienne primitive bien marqu4 ,la nef principale et les quatre nefs latrales 7fig4 #a7 sont spares de la croise par un mur perc d'un arc triomphal et de quatre arcs secondaires4 ,l'autel majeur1 plac en ,a1 avec sa clture1 sur la confession1 sparait le choeur ,b1 occup par les principaux parmi le clerg1 des fidles placs dans la nef4 ,les bras du transsept taient remplis par les clercs et les personnes revtues d'un caractre religieux4 ,il ne faut pas oublier que dans les premiers sicles du christianisme1 l'autel tait entour de voiles qui n'taient ouverts qu' certains moments de l'office2 le transsept tait ainsi le lieu sacr1 la cella dans laquelle ne pntraient point les laques4 ,dernire tradition du culte paen et aussi des usages des juifs1 que nous retrouvons conserve dans la liturgie des ,grecs4 ,le transsept1 peu tendu1 quand il existe1 dans la basilique romaine1 prend1 dans les grandes basiliques chrtiennes primitives1 une importance considrable3 c'est le transsept qui donne l'difice chrtien son caractre religieux1 car les nefs ne sont qu'un lieu d'assemble4 ,aussi ne cesse-t-il d'tre pratiqu dans les glises monastiques4 ,le plan de l'glise de l'abbaye de ,saint-,gall 7,suisse7 indique un transsept en avant de l'autel majeur1 transsept qui contient le choeur des religieux et les ambons4 ,les restes de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 btie par ,dagobert et retrouvs par nous sous le dallage de l'glise de ,suger1 montraient l'amorce d'un transsept devant l'abside semi-circulaire4 ,nous voyons une sorte de transsept accus en avant du sanctuaire de la petite glise de ,vignory 7,haute-,marne71 dont la construction remonte au ,xe sicle#ahg4 ,dans l'glise abbatiale de ,saint-,savin1 prs de ,poitiers1 qui date du ,x,ie sicle1 un transsept trs-accus spare la nef du sanctuaire#ahh4 ,toutefois le transsept ne se manifeste pas de la mme manire et en mme temps dans les coles diverses d'architecture religieuse de l'ancienne ,gaule4 ,s'il semble inhrent au plan de l'glise des provinces mridionales1 il n'apparat que plus tard et d'une manire moins franche dans les provinces du ,nord4 ,quant aux glises abbatiales1 les plus anciennes1 elles sont toujours pourvues de transsepts tendus4 ,cette disposition tait commande imprieusement par le service religieux des moines bndictins1 et elle fut suivie par les cisterciens dans les constructions qu'ils levrent au ,x,i,ie sicle4 ,l'abbaye de ,cluny possdait mme deux vastes transsepts spars seulement par deux traves de nefs#ahi4 ,avant l'adoption absolue des votes dans la structure des glises1 la disposition des transsepts prsentait dj aux architectes de srieuses difficults2 car1 s'il est facile de poser des fermes de comble sur les murs parallles d'une nef1 il est moins ais de couvrir en charpente un espace carr en ne disposant que des angles comme points d'appui4 ,aussi1 dans les basiliques les plus anciennes pourvues de transsepts1 ou les murs de ces transsepts s'lvent au-dessus de ceux de la nef haute1 et la charpente repose alors sur des arcs-doubleaux qui franchissent la largeur de la nef2 ou au contraire les murs de la croise sont plus bas que ceux de la nef1 et c'est la charpente de celle-ci qui repose sur des arcs franchissant la largeur du transsept4 ,quelquefois aussi quatre arcs-doubleaux sont bands l'intersection de la nef avec le transsept2 sur ces arcs s'lve une sorte de tour carre qui possde sa charpente spciale avec deux pignons4 ,cette disposition est adopte1 par exemple1 dans l'glise conventuelle de ,montreale1 prs de ,palerme#aij1 et dans la cathdrale de ,cefal 7,sicile71 bties toutes deux sous la domination normande1 au ,x,i,ie sicle4 ,il y a tout lieu de croire que les glises construites en ,france1 dans le ,nord et particulirement en ,normandie1 au ,x,ie sicle1 prsentaient cette disposition4 ,des votes ayant remplac1 dans ces difices1 toutes les charpentes apparentes1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 on ne peut cet gard que fournir des prsomptions2 mais la vote centrale du transsept normand1 formant lanterne1 semble tre une tradition de la charpente releve que nous trouvons encore ,cefal et ,montreale1 prs de ,palerme4 ,mais c'est 7nous l'avons dj dit7 dans les glises monastiques des ,gaules que nous voyons le transsept s'accuser franchement ds une poque ancienne4 ,le plan de l'glise primitive de ,saint-,rmi1 ,reims4 encore visible1 malgr les modifications qu'il a subies1 possde un transsept trs-tendu et sur lequel1 outre le sanctuaire1 s'ouvraient cinq chapelles orientes4 ,ce transsept1 ainsi que la nef1 tait primitivement couvert par une charpente avec quatre arcs-doubleaux l'intersection des murs4 ,nous en donnons le plan 7fig4 #b7aia qui ne diffre de celui de la grande basilique de ,saint-,paul hors des murs de ,rome que par le bas ct du choeur et l'adjonction des chapelles4 ,ici encore les religieux occupaient ce vaste croisillon1 et la nef tait rserve aux fidles4 ,saint-,rmi1 le choeur des religieux tait alors en ,a et l'autel en ,b2 la chsse de ,saint-,rmi en ,c4 ,les latraux de l'glise du ,xe sicle taient vots au moyen de berceaux portant sur des arcs-doubleaux et perpendiculaires aux axes de la nef et du transsept4 ,un triforium ou galerie couverte en charpente pose sur des arcs s'levait au-dessus des collatraux et sous les fentres hautes de la nef 7voy4 ,,trav,e1 fig4 #a74 ,plus tard1 le principe de la disposition primitive du transsept se perd1 les fidles envahissent les ailes2 un collatral pourtourne le sanctuaire1 sauf dans les glises peu importantes2 il se garnit de chapelles nombreuses2 les religieux n'occupent plus1 pendant les offices1 que le centre de la croise et les dernires traves de la nef centrale4 ,alors le milieu de l'abside devient un lieu sacr1 rserv au dpt des reliques1 des trsors1 et o les fidles ne sont point admis4 ,cette abside gagne en profondeur2 l'autel des religieux demeure sous son arc-doubleau d'entre ou s'avance au milieu du transsept4 ,cette transformation eut lieu dans l'glise abbatiale de ,saint-,rmi mme1 la fin du ,x,i,ie sicle4 ,le choeur des religieux fut port en ,d2 le rond-point1 derrire l'autel1 beaucoup plus profond1 contenait encore la chsse du saint vque1 mais les fidles tournaient autour de ce sanctuaire ferm par une clture et avaient accs aux chapelles rayonnantes bties sur une assez grande chelle4 ,lorsque vers la fin du ,x,ie sicle1 on dcida de remplacer les charpentes des hautes nefs par des votes1 on commena par tablir des berceaux3 on n'osait entreprendre de construire des votes d'arte d'une grande porte#aib2 mais au centre de la croise1 force tait1 ou de faire une vote d'arte1 la rencontre des berceaux1 ou une coupole4 ,c'est ce dernier parti que l'on s'arrta1 tant on se dfiait de la solidit des grandes votes d'arte la manire romaine4 ,les jolies glises d',auvergne1 bties toutes peu prs sur le mme patron1 vers #aajjaic1 nous fournissent plusieurs exemples de plans avec transsept trs-judicieusement conus4 ,le plan 7fig4 #c7 de l'glise d',issoire sort des donnes primitives quant la disposition du transsept4 ,sur les quatre piles de la croise sont bands quatre arcs-doubleaux qui portent1 dans les angles1 des trompillons arrivant l'octogone2 sur cet octogone s'lve une vote en coupole1 contre-bute latralement en a et b par des demi-berceaux#aid2 au-dessus de la coupole se dresse un clocher4 ,le sanctuaire ,a est relev de quelques marches au-dessus du pav du transsept et du collatral circulaire4 ,deux degrs descendent dans une crypte4 ,les fidles avaient accs partout1 hormis dans le sanctuaire1 et1 par le fait1 les deux croisillons c1 d1 ne sont que les appendices des chapelles orientes e1 f4 ,ce plan1 si bien conu1 devait donner1 en lvation1 un motif d'une grande originalit et qui sortait des donnes admises jusqu'alors4 ,voici 7fig4 #d7 la vue perspective de l'abside de l'glise d',issoire avec son transsept4 ,on voit que les deux extrmits du bras de croix1 au droit des chapelles orientes1 ne s'lvent pas au-dessus de la nef et de l'abside2 mais les deux parties a1 b1 du plan1 qui reoivent les demi-berceaux destins contre-buter la coupole1 forment un premier gradin1 d'un grand effet1 qui conduit l'oeil au deuxime gradin enfermant la coupole et portant le clocher central4 ,malheureusement1 ces parties suprieures ont t alourdies et dfigures diffrentes poques1 mais il est ais de reconnatre1 sur le monument mme1 et par l'examen des constructions1 la disposition primitive sous les superftations qui lui tent une partie de sa grce4 ,des matriaux de diverses couleurs forment1 en certaines places1 des mosaques qui donnent de la finesse et de l'lgance cette structure adroitement tage4 ,les plans auvergnats firent cole et eurent des imitateurs jusque dans le ,nivernais1 au nord2 jusque dans le ,limousin et le ,languedoc1 au sud4 ,toutefois1 dans ces dernires provinces mridionales1 ces imitations ne paraissent s'tre appliques qu' des glises abbatiales4 ,la plus importante de toutes est1 sans contredit1 la clbre glise de ,saint-,bernin 7,saint-,saturnin71 de ,toulouse1 dont le choeur et le transsept datent du commencement du ,x,i,ie sicle4 ,la figure #e donne en ,a la moiti du plan de son abside avec le transsept et l'amorce de la nef4 ,ici le transsept n'est plus rserv aux religieux1 ceux-ci se tenaient dans le choeur plac en ,c1 tandis que l'autel tait tabli en a sur la crypte renfermant le tombeau de ,saint-,saturnin4 ,en b tait un autel de retro1 rserv certaines solennits4 ,aux deux extrmits nord et sud du transsept sont perces de larges portes p1 p1 dont nous montrons le complment extrieur en ,p2 portes faites pour les fidles ou plutt les plerins qui affluaient en grand nombre1 certains jours1 dans l'glise de ,saint-,sernin4 ,la nef est pourvue de doubles collatraux1 et l'un des deux pourtourne compltement les bras du transsept et le sanctuaire4 ,un triforium vot surmonte ces collatraux4 ,cette disposition grandiose fut suivie vers la mme poque1 lors de la construction de l'glise de ,conques 7,aveyron74 ,nous donnons en ,b1 de mme1 la moiti du plan de son abside et de son transsept4 ,les religieux occupaient1 dans l'glise de ,conques1 la mme place qu' ,saint-,sernin4 ,conques1 les fidles n'avaient point accs dans l'glise par les extrmits des bras de croix1 mais seulement par les portes latrales m4 ,ces plans font assez ressortir l'importance que prenait le transsept dans les glises conventuelles4 ,rserv primitivement aux religieux1 aux clercs1 il est livr aux fidles ds le ,x,i,ie sicle2 ce moment1 il occupe mme une surface plus tendue1 afin de permettre aux plerins qui se rendaient dans ces glises abbatiales d'assister en grand nombre aux crmonies du culte et de voir facilement les corps-saints sortis des cryptes certaines poques de l'anne et exposs au milieu de l'glise#aie4 ,ce programme trac pour la construction des glises bndictines et cisterciennes1 vers le commencement du ,x,i,ie sicle1 fut rigoureusement suivi pendant les sicles suivants4 ,au contraire1 nous voyons les plans des cathdrales s'lever en ,france1 suivant les provinces1 sur des plans varis1 et1 dans ces difices1 le transsept1 si franchement et universellement adopt pour les glises bndictines et cisterciennes1 ne se montre que et l ou une poque relativement rcente4 ,certaines glises mridionales et du centre1 comme la cathdrale d',angoulme1 comme celles d',angers1 du ,mans 7ancienne71 de ,langres d',autun1 ont seules le privilge de possder des transsepts accuss#aif2 mais ces monuments sont antrieurs au mouvement qui1 dans le ,nord1 fit reconstruire toutes les glises piscopales4 ,nous avons suffisamment expliqu ailleurs la nature et l'importance de ce mouvement politique pour qu'il ne soit pas ncessaire de revenir ici sur ce sujet4 ,il nous suffira de constater ce fait3 que la majeure partie de ces cathdrales commences pendant la seconde moiti du ,x,i,ie sicle1 dans le domaine royal1 ont t primitivement leves sans transsept4 ,les cathdrales de ,senlis1 de ,meaux1 n'avaient point de transsepts2 celle de ,paris fut certainement projete sans cet appendice#aig2 celle de ,bourges n'en a point1 et ,sens il est facile de reconnatre comment il fut tabli longtemps aprs la construction de l'glise cathdrale4 ,des fouilles rcemment faites dans cet difice1 sur notre demande1 par ,m4 ,lance1 architecte diocsain1 et releves avec le plus grand soin par ,m4 ,lefort1 inspecteur des travaux1 ont mis dcouvert non-seulement les fondations1 mais les assises basses des piles anciennes dans l'axe du transsept actuel4 ,la figure #f donne le plan de la partie postrieure de la cathdrale de ,sens4 ,ce plan1 restitu d'aprs les fouilles1 ne laisse voir qu'un embryon de transsept indiqu par les deux chapelles1 ,c1 ,c#aih4 ,la nef et les collatraux sont diviss par traves gales sans interruption1 les espacements entre les piles sont mme d'une rgularit parfaite4 ,alors 7 la fin du ,x,i,ie sicle7 la cathdrale de ,sens se rattachait donc au plan qui semblait adopt pour les glises piscopales du domaine royal1 comme disposition gnrale1 bien qu'elle conservt des points de rapports avec les monuments de ,champagne1 et notamment avec la cathdrale de ,langres#aii4 ,la place de l'archevque tait en ,a et celle du matre autel en ,b4 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 on commena la construction d'un pignon de bras de croix en ba4 ,ces travaux semblent avoir t longtemps suspendus1 car ce n'est qu'au commencement du ,x,v,ie sicle que ce pignon fut achev et que celui e f s'leva au nord#bjj4 ,alors les traves g1 h1 de l'glise ancienne furent abattues1 ainsi que les piles i1 k1 et l'on refit de grandes votes pour couvrir ce transsept trouv aux dpens de ces deux anciennes traves4 ,ce fut probablement cette poque que le choeur du chapitre s'allongea jusqu'aux piliers p1 p2 car lorsque le transsept tait peine accus par les deux chapelles orientes ,c1 ,c1 le clerg se tenait dans le rond-point2 la nef1 jusqu'au devant de l'autel1 tait laisse aux fidles4 ,ne perdons pas de vue que les grandes cathdrales leves cette poque1 c'est--dire de #aaej #abjj1 s'loignaient1 par leur programme1 autant que faire se pouvait1 de la donne des glises monastiques4 ,dans les cathdrales de la fin du ,x,i,ie sicle1 pas de cltures1 peu ou pas de chapelles1 le choeur de plain-pied avec le collatral1 relev seulement de deux ou trois marches au-dessus de la nef#bja4 ,l'vque se rservait l'abside1 tout le reste du monument tait livr au public4 ,cette faon de dmocratiser l'glise1 d'en faire la basilique de la cit1 parat surtout avoir t adopte dans l'le-de-,france1 et appartenir aux dernires annes du ,x,i,ie sicle1 car les cathdrales rebties au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 comme celles de ,reims1 de ,laon1 d',amiens1 de ,chartres1 ont t conues avec des transsepts4 ,toutefois1 jamais ces transsepts des cathdrales du ,nord n'atteignent les dimensions relatives des transsepts d'glises conventuelles2 ils sont d'ailleurs moins varis dans leurs dispositions1 en considrant comme des exceptions les rares transsepts dont les extrmits sont termines en rond-point4 ,citons ceux des cathdrales de ,tournay1 de ,noyon1 de ,soissons1 qui ne sont pas postrieurs la moiti du ,x,i,ie sicle#bjb4 videmment1 le programme des glises monastiques1 en ce qui regardait le transsept1 varia suivant les ordres1 suivant les provinces et le temps2 car1 dans ces monuments1 en ,france1 nous dcouvrons des dispositions de transsepts trs-diffrents1 et c'est surtout dans les provinces de l',ouest que les transsepts d'glises abbatiales prennent un dveloppement relatif extraordinaire4 ,dans l'glise abbatiale de ,saint-,front de ,prigueux 7fin du ,xe sicle71 le transsept est gal1 comme surface1 la nef et au choeur1 c'est--dire que le plan prsente une croix1 dite grecque#bjc4 ,le transsept de l'glise abbatiale de ,saint-,hilaire de ,poitiers1 qui datait du ,x,ie sicle1 tait trs-vaste4 ,une nef centrale et six collatraux y aboutissaient#bjd4 ,les rares glises bndictines rebties au ,x,i,i,ie sicle occupent encore des transsepts dvelopps1 bien qu'alors les nouveaux ordres prdicants et mendiants levassent des glises dpourvues de transsepts#bje4 ,il demeure acquis que les transsepts taient considrs par les anciens ordres et par les cisterciens comme ncessaires au service du culte4 ,les glises antrieures aux ordres mendiants1 les plus simples comme composition de plans1 possdent toutes des transsepts relativement tendus4 ,nous choisirons un spcimen parmi ces derniers monuments levs avec parcimonie1 l'glise d',obazine 7,corrze71 dpendant de l'abbaye fonde par saint tienne d',obazine et reconstruite au ,x,i,ie sicle2 d'autant que le plan de cet difice prsente une disposition assez rare en ,france 7fig4 #g74 ,outre le sanctuaire1 six chapelles orientes donnent sur le transsept1 dont les croisillons dbordent de beaucoup la nef4 ,le degr a communiquait au premier tage des btiments du clotre4 ,le tombeau de saint tienne est plac en b4 ,il est vident que ce transsept tait rserv aux religieux et que la clture tait pose en cc4 ,la figure #h donne la coupe sur ef de ce transsept1 couronn1 sur la croise1 par un clocher4 ,ainsi1 du bas choeur1 les religieux pouvaient sonner les cloches2 ils officiaient aux chapelles sans sortir de leur clture1 et la nef n'tait que le lieu de runion des fidles1 compltement indpendant des parties rserves au culte4 ,les glises cisterciennes prsentent des dispositions analogues1 permettant aux fidles d'assister aux crmonies sans pntrer dans les cltures4 ,il ne parat pas qu'au ,x,i,i,ie sicle1 du moins1 les bndictins aient tenu conserver ces usages claustraux4 ,le plan de l'glise abbatiale de ,saint-,denis nous en fournirait la preuve1 soit que l'exemple des vques qui avaient livr toute la surface des nouvelles cathdrales aux fidles ait fini par modifier les rgles monastiques1 soit que les bndictins1 en prsence de ces dispositions librales de l'piscopat1 et peut-tre aussi de l'affluence que les moines prcheurs attiraient dans leurs vastes glises ouvertes tous et dpourvues de cltures1 aient senti la ncessit de ne plus se sparer des fidles1 habitus circuler librement dans les glises2 toujours est-il que les religieux de ,saint-,denis semblent avoir cherch 7lorsque leur glise fut en grande partie reconstruite vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle7 provoquer l'affluence du public dans leur basilique par de larges dispositions1 bien loignes des habitudes claustrales des sicles prcdents4 ,il fallait lutter contre la vogue qui entranait les populations vers ces moines prcheurs dont les glises n'taient que de larges salles de confrences1 et ce n'tait pas certes en maintenant ces obstacles nombreux1 qui1 dans les glises clunisiennes mmes1 gnaient la vue et la circulation1 que l'on pouvait esprer ramener la foule vers les reliques dont le prestige se perdait tous les jours4 ,aussi n'est-ce plus dans le fond des cryptes que les chsses sont conserves2 elles sont places dans les sanctuaires1 entoures d'objets prcieux4 ,on les exhibe d'autant plus1 que le peuple perd peu peu la vnration qu'il leur portait4 ,la pompe des crmonies1 les facilits donnes aux fidles d'y assister1 remplacent chez les bndictins la discipline svre maintenue jadis dans leurs glises2 dfaut de la foi qui s'endort ou vacille1 on excite du moins la curiosit4 ,or1 les plans successifs de l'glise de ,saint-,denis nous font1 pour ainsi dire1 toucher du doigt cette modification dans les habitudes religieuses des grandes abbayes4 ,ils mritent donc une tude attentive4 ,voici 7fig4 #i7 ces plans prsents les uns sur les autres et tels que les fouilles et les traces de constructions encore existantes ont pu les faire reconnatre4 ,on voit en a les restes des soubassements de l'abside et du transsept de l'glise de ,dagobert1 btie avec des dbris de monuments gallo-romains#bjf4 ,pendant la priode carlovingienne1 l'glise fut trs-allonge en b au del de l'abside de ,dagobert#bjg2 puis viennent s'implanter les constructions de ,suger#bjh1 encore visibles au-dessus du sol en c4 ,alors les deux descentes aux cryptes plus anciennes furent mnages en e#bji2 le sanctuaire se dveloppa largement au-dessus des caveaux de l'glise carlovingienne1 et l'on dut y monter par des degrs tablis en g1 des deux cts de l'autel1 et en h4 ,un caveau vot qui existe encore entier en f montre clairement que le mur i donnait sur le dehors1 puisqu'il possde une fentre releve2 les murs j du fond du collatral du transsept existent encore1 et l'on retrouve en ,k les fondations qui indiquent que les constructions de ,suger ne s'tendaient pas au del des pignons actuels4 ,la nef de l'glise de ,suger tait plus troite que celle de l'glise actuelle1 ainsi qu'il est ais de le reconnatre l'entre occidentale et par des fouilles pratiques en l4 ,donc le transsept de l'glise abbatiale du ,x,i,ie sicle1 muni d'un bas ct vers le sanctuaire1 comprenait l'espace mnop4 ,ce bas ct ,,aa tait d'ailleurs ncessaire pour recevoir les emmarchements qui montaient au sanctuaire et ceux qui descendaient aux cryptes4 ,ces constructions1 en partie tablies sur les restes assez mal btis de l'glise de ,dagobert1 ou sur des fondations insuffisantes1 ainsi qu'il est ais de le reconnatre1 menaaient ruine trs-probablement vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,que cette raison ait t dterminante1 ou que l'difice ne rpondit plus parfaitement aux ncessits du moment1 on se rsolut le rebtir presque entirement1 et notamment toutes les parties du transsept1 sous le rgne de saint ,louis 7#abcj #abdj74 ,notre figure indique1 en noir1 toutes les constructions refaites alors4 ,un coup d'oeil sur ce plan fait comprendre l'importance nouvelle que l'on donne au transsept et aux collatraux qui l'accompagnent4 ,la nef fut sensiblement largie et se raccorda avec le sanctuaire1 dont les cartements de piles furent conservs1 par des biais1 qui paraissent fort tranges si l'on ne se rend compte de l'tat des constructions antrieures que l'on prtendait conserver vers l'abside4 ,les piles ,b du sanctuaire furent refaites neuf1 celles ,t du rond-point sur des socles du ,x,i,ie sicle4 ,celles ,b furent fondes nouveau dans la crypte1 en passant travers les votes carlovingiennes4 ,on se contenta de rebtir sur la vieille fondation les piles qui portent sur l'angle de l'abside mrovingienne2 mais au lieu des trois traves ,d1 on n'en fit que deux1 et les emmarchements montant au sanctuaire furent reports en ,e4 ,des chapelles furent tablies en ,f au niveau du sol du sanctuaire4 ,une des portes de l'ancien transsept de ,suger fut remonte en ,g#baj4 ,saint ,louis voulut refaire neuf les tombeaux de ses prdcesseurs4 ,ces tombeaux furent disposs en ,h1 c'est--dire sur l'emplacement qu'ils avaient occup dans les glises prcdentes4 ,celui de ,dagobert s'leva en ,l1 trs-probablement sur le lieu o la tradition plaait sa spulture#baa4 ,alors le choeur des religieux s'tendit dans la nef depuis le transsept jusqu'au point ,m1 et le public put circuler dans les collatraux et traverser les bras de croix4 ,des chapelles furent ddies en ,n et en ,p4 ,beaucoup plus tard cette dernire fut occupe par le tombeau de ,franois ,ier4 ,au ,x,i,ve sicle1 on leva d'autres chapelles le long du collatral nord en ,r4 ,les spultures des abbs remplirent le croisillon ,s4 ,ces plans superposs ont cela d'intressant1 qu'ils nous font reconnatre les modifications que le temps apporta dans les usages monastiques de l'une des plus puissantes abbayes de ,france4 ,d'abord1 comme dans l'glise primitive1 le transsept1 trs-tendu1 relativement la largeur de la nef1 est fait pour contenir et enclore les religieux qui n'ont1 avec les fidles1 aucune communication4 ,puis1 sous les carlovingiens1 tout en maintenant la disposition du transsept primitif1 on y ajoute un sanctuaire profond1 qui fait comme une seconde glise propre l'exhibition des reliques4 ,sous ,suger1 ce sanctuaire s'largit1 se garnit de chapelles nombreuses et le transsept s'ouvre davantage sur la nef4 ,enfin1 au ,x,i,ie sicle1 la clture monastique1 dans l'glise1 n'est plus absolue2 le choeur des religieux est compltement entour des fidles1 qui ont accs partout comme dans les cathdrales1 except dans le sanctuaire occup par les reliques1 et dans le choeur entour de stalles1 clos par un jub vers la nef1 et par des grilles basses sur les deux croisillons4 ,on observera que1 dans cette glise particulirement vnre1 ce qui se modifie le moins1 c'est le transsept2 jusqu'aux derniers travaux entrepris1 il demeure la mme place4 ,l'autel reste encore au ,x,i,i,ie sicle1 en ,v1 au-dessus du point consacr par la tradition#bab4 ,ce transsept est mis en communication avec les btiments de l'abbaye1 par une large porte4 ,il s'ouvre galement du ct extrieur1 donnant sur l'ancien cimetire1 dit des ,valois4 ,d'amples emmarchements permettent aux fidles de circuler dans le collatral du sanctuaire et d'assister aux offices des chapelles4 ,mais si le transsept a conserv sa position et presque ses dimensions primitives1 il ne se trouve plus au ,x,i,i,ie sicle dans les conditions o il se trouvait au ,v,ie et mme au ,x,i,ie4 ,autour de lui1 l'glise s'est dveloppe1 et cela au profit de l'assistance4 ,cependant ces transformations ne se manifestaient que dans les glises des grandes abbayes1 les petits tablissements religieux conservaient peu prs les dispositions anciennes du transsept rserv aux moines4 ,l'glise de ,saint-,jean aux ,bois1 prs de ,compigne1 est un exemple d'une de ces constructions monastiques leves au ,x,i,i,ie sicle sur de petites dimensions4 ,dpourvue de collatraux1 cette glise se compose d'une large nef et d'un sanctuaire1 spars par un transsept dont les croisillons sont chacun diviss par une colonne sur le prolongement des murs latraux#bac4 ,cette jolie disposition1 si convenable pour une petite glise conventuelle1 est prsente dans la vue perspective 7fig4 #aj74 ,on aperoit dans cette figure la trabes de l'entre du sanctuaire#bad4 ,les stalles des religieux taient adosses aux croisillons1 et ceux-ci1 derrire ces stalles1 laissaient des espaces libres pour les htes ou les personnages qui avaient accs dans le monastre4 ,la nef tait ainsi rserve aux gens du dehors4 ,on ne pntrait dans les croisillons que par de petites portes donnant dans l'enceinte du couvent4 ,les glises paroissiales subissaient l'influence des abbayes ou cathdrales voisines4 ,ds une poque recule1 elles possdaient1 la plupart1 des transsepts1 principalement dans les provinces du ,nord1 du ,centre et de l',est4 ,dans le ,poitou1 la ,saintonge et l',angoumois1 au contraire1 il n'est pas rare de trouver des glises paroissiales des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles dpourvues de transsepts4 ,le centre de la croise de ces glises paroissiales est habituellement surmont de tours dans les provinces de l'le-de-,france1 de la ,normandie1 de la ,bourgogne et de l',auvergne4 ,les croisillons sont1 ou percs de portes1 ou ferms1 surtout quand ils s'ouvrent sur des chapelles orientes1 afin que les entrants et sortant ne puissent gner les fidles4 ,nous avons un bel exemple de ces croisillons ferms1 de transsepts paroissiaux1 dans l'glise si remarquable de ,notre-,dame de ,dijon 7fig4 #aa74 ,ici la galerie du triforium s'interrompt pour laisser la place de la rose1 simplement garnie d'une armature de fer#bae4 ,le passage sous cette rose est port sur deux colonnettes et trois arcs bombs4 ,un autre passage infrieur se trouve entre ces colonnes et le fenestrage du rez-de-chausse4 ,la chapelle du croisillon s'ouvre en face du collatral de la nef qui ne pourtourne pas le sanctuaire1 de telle sorte que chacun de ces croisillons laisse un espace libre et tranquille pour les fidles assistant aux offices dits dans ces chapelles4 ,c'est bien l une disposition convenable pour une glise paroissiale de peu d'tendue4 ,le plan horizontal explique parfaitement l'heureuse composition du transsept de l'glise paroissiale de ,notre-,dame de ,dijon4 ,mais ce plan est1 un autre point de vue1 intressant tudier4 ,quand on veut connatre une architecture1 il ne suffit pas d'en apprcier le style1 d'en analyser les formes et les moyens pratiques2 il est ncessaire de dcouvrir les principes gnraux qui ont servi la constituer1 lui donner l'homognit rsultant de l'emploi d'une mthode4 ,c'est en prtendant tudier l'architecture des anciens1 indpendamment de ces lois primordiales1 que l'on est tomb dans les plus graves erreurs et que l'anarchie s'est empare des esprits en raison mme de l'tendue de ces tudes4 ,on nous dit parfois1 il est vrai1 que ce que nous appelons anarchie1 absence de mthode1 n'est autre chose qu'une inspiration pleine de promesses1 et que l'art de l'avenir sortira tout arm1 quelque jour1 de ce chaos de styles et de formes adopts sans critique et sans examen4 ,cette esprance n'est1 suivant notre sentiment1 qu'illusion2 car les travaux de l'esprit n'atteignent un dveloppement qu'autant qu'ils reposent sur un principe ayant toute la rigueur d'une formule4 ,quand cette base est bien tablie1 que l'artiste se livre l'inspiration3 ,s'il a reu du ciel l'influence secrte4 ,c'est pour le mieux2 mais il lui faut s'appuyer sur un terrain solide1 pour pouvoir s'lever4 ,quand il s'agissait de couper les nefs d'une basilique par ce transsept et de couvrir le tout avec des charpentes1 ou bien quand des rangs de piliers taient destins porter des berceaux de votes1 le trac d'un transsept ne prsentait point de srieuses difficults3 il en tait autrement lorsque le systme franais d'architecture votes en arcs d'ogive fut dfinitivement adopt au commencement du ,x,i,i,ie sicle2 alors ces tracs demandaient une attention particulire4 ,il fallait songer aux pousses qui allaient agir en tous sens2 dgager ces espaces qui demandaient des points d'appui d'autant plus solides1 qu'ils taient plus larges2 combiner l'arrive des bas cts dans cette grande nef transversale de manire que leur ordonnance s'accordt avec les croisillons2 penser aux retours des galeries suprieures1 un clairage qui ft en rapport avec l'tendue du vaisseau2 proportionner la dimension du choeur celle du transsept2 ordonner1 soit les chapelles orientes des croisillons1 soit la reprise du collatral autour du choeur1 etc4 ,quand1 pour remplir ces conditions si diverses1 on n'a pour toute mthode que sa propre inspiration1 ou le vague souvenir de ce qui a t fait en ce genre avant nous1 qu'il faut saisir le crayon et le compas1 convenons franchement qu'on ne sait gure par quel bout s'y prendre1 et que l'on ne peut arriver un rsultat peu prs satisfaisant qu'aprs de longs ttonnements2 encore n'a-t-on pas l'esprit bien tranquille1 et peut-on craindre que cette inspiration derrire laquelle s'abritent tant de vagues esprits n'ait failli sur quelque point4 ,or1 si nous prenons des plans d'glises de cette poque1 nous reconnaissons que les mthodes de tracs adopts gnralement alors1 non sans raison1 sont suivies avec plus d'attention encore lorsqu'il s'agit de planter les transsepts4 ,nous choisirons donc pour exemple d'une mthode de trac le plan du transsept de ,notre-,dame de ,dijon 7fig4 #ab74 ,soit en ,e une chelle de six toises4 ,toute la partie de l'glise1 depuis le transsept jusqu' l'abside1 est comprise dans un triangle quilatral dont la moiti est abc4 ,les cts de ce triangle quilatral ont chacun quatorze toises2 donc1 la moiti ab a sept toises4 ,suivant la ncessit impose par le systme d'architecture vote1 c'est le trac des votes qui dtermine le trac des piles4 ,l'paisseur du mur b' du transsept tant fixe trois pieds1 la ligne ab1 dduction faite de cette paisseur de mur1 a t divise en trois parties gales3 la premire ligne de division donnant l'axe p des piles de la nef1 et la seconde l'axe des piles de recoupement de la vote du bras de croix4 ,le trac des piles a t arrt ainsi qu'on le voit en ,a pour les grosses piles1 et en ,b pour celles de la nef4 ,bien entendu 7voyez ,,trait71 ces tracs de piles rsultent de la forme et de la dimension des arcs des votes1 dimensions et formes fixes tout d'abord en raison de la porte de ces arcs4 ,la pile1 dont un quart est trac en ,a1 tant connue1 il ne s'agit plus que de faire courir la ligne d'axe de cette pile sur la ligne d'axe p de division1 suivant le cas1 ainsi que nous allons le voir4 ,l'paisseur du mur e de l'abside tant fixe trois pieds1 on a prtendu d'abord obtenir les ouvertures gh1 hi1 ij1 jk1 des formerets de la vote absidale1 gales4 ,pour ce faire1 la moiti lj du dcagone a t trace de manire que les rayons i'o soient gaux la moiti op de la nef1 dduction faite de l'paisseur rs 7voyez le dtail ,a71 la colonnette r' tant destine l'arcature basse et au formeret de la vote haute4 ,alors de j en k1 on a port un ct gal ij4 ,ce point k connu1 le patron de la pile ,a a t prsent1 le point k tant le centre de la colonnette r'1 toujours l'axe s sur l'axe p4 ,on a eu ainsi l'axe de l'arc-doubleau q4 ,sur la base ab1 sa rencontre avec l'axe p1 le patron de la pile ,a a t prsent4 ,restait dterminer la position de l'axe t4 ,or1 la distance de cet axe la base ab est gale la distance de cette base l'axe ,v d'un arc-doubleau de trave de la nef1 trave qui est plus longue que large de quelques pouces2 c'est--dire que tu gale u,v4 ,le reste de la plantation s'ensuit naturellement4 ,la distance tq est plus courte que celle tu1 ce qui tait la consquence du mode de trac et ce qui donne d'ailleurs une meilleure proportion que si ces distances eussent t gales1 car alors le choeur et paru trop profond pour le transsept4 ,un autre monument de la mme poque 7#abcj #abdj7 et de la mme province1 prsente une disposition de transsept fort remarquable1 c'est l'glise de ,notre-,dame de ,semur 7,cte-d',or74 ,mais ,semur le bas ct pourtournant le choeur1 l'architecte a tabli des chapelles latrales paralllement aux parties droites de ce bas ct1 de manire laisser 7la nef tant trs-troite7 la place ncessaire aux fidles les jours de ftes#baf4 ,il est rare de rencontrer dans nos glises paroissiales ou collgiales de l'le-de-,france1 de la ,champagne1 de la ,picardie et de la ,normandie des partis aussi larges et bien appropris au service4 ,dans ces dernires provinces1 les transsepts des glises paroissiales du ,x,i,ie sicle et du commencement du ,x,i,i,ie sont peu tendus1 encombrs par des piliers pais1 eu gard aux vides1 et ce n'est qu'en #abej que ces difices religieux du second ordre prennent de l'ampleur4 ,par compensation1 les dispositions des transsepts de nos cathdrales du ,nord qui en sont pourvues1 comme ,laon1 ,reims1 ,amiens1 ,chartres1 sont traces avec une largeur et une entente des grandes runions publiques qui ne laissent rien souhaiter 7voyez l'article ,,cath,,drale les plans de ces difices74 ,largement clairs par les roses qui s'ouvrent dans les pignons des croisillons et par des galeries ajoures1 donnant entre1 du ct du choeur1 dans de doubles collatraux1 percs le plus souvent de portes sur les voies publiques1 ces transsepts de nos grandes cathdrales sont la plus belle disposition qui ait jamais t adopte pour runir sur un point une grande affluence de monde4 ,aussi les ,x,i,ve et ,x,ve sicles n'apportrent-ils aucun changement ces dispositions4 ,les doubles transsepts1 avec doubles absides1 l'une l'orient1 l'autre l'occident1 adopts assez frquemment par l'cole rhnane pendant la priode romane et jusqu'au ,x,i,ie sicle1 ne se trouvent en ,france que dans les provinces de l',est4 ,les cathdrales de ,verdun et de ,besanon possdaient de doubles transsepts1 avec tours dans les angles rentrants des absides1 celles-ci n'tant point entoures de bas cts 7voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ci2 voyez aussi le plan de l'abbaye de ,saint-,gall1 ,,architecture ,,monastique1 fig4 #a74 ,en ,france1 beaucoup de nos glises abbatiales et cathdrales du ,nord avaient des tours leves sur les ailes des transsepts4 ,cette disposition existe ,notre-,dame de ,reims1 ,chartres1 ,laon1 aux glises abbatiales de ,saint-,denis1 de ,cluny1 de ,vzelay1 etc4 ,quelquefois de vastes porches s'ouvrent sur les extrmits des bras de croix1 mais ce parti1 si franchement adopt la cathdrale de ,chartres1 est postrieur de quelques annes la construction du transsept4 ,aprs les dsastreuses guerres contre les ,albigeois1 la plupart des glises que l'on rebtit dans le ,languedoc furent leves sans transsepts4 ,telle est la cathdrale d',alby4 ,les glises de la ville nouvelle de ,carcassonne1 celles de ,montpezal1 de ,moissac 7,tarn-et-,garonne71 etc41 ne se composent que d'une nef avec chapelles4 ,c'est qu'en effet la construction d'un transsept ncessite des dpenses considrables1 et que si l'on prtend lever une glise l'aide de faibles ressources1 il faut viter ces appendices4 ,il est rare de trouver dans les glises postrieures #abej des dispositions nouvelles dans la construction des transsepts4 ,cependant une glise champenoise1 ,saint-,urbain de ,troyes1 fait exception4 ,son transsept1 trs-ingnieusement conu1 satisfait entirement au programme de l'glise paroissiale#bag4 ,deux porches abritent1 l'extrmit de chacun des croisillons1 des portes doubles1 et l'intrieur les votes de ces croisillons sont traces sur une donne nouvelle4 ,la vue intrieure 7fig4 #ac7 de l'un de ces croisillons explique la disposition originale de ce transsept4 ,divis par un trumeau clair dans le pignon par deux fentres perces au-dessus du porche extrieur et par deux autres fentres ouvertes dans les murs latraux au-dessus du bas ct de la nef et de la chapelle qui flanque le choeur1 chacun de ces croisillons est1 dans sa partie suprieure1 une vritable lanterne4 ,l'aspect du transsept de ,saint-,urbain est saisissant4 ,l'architecte a su viter la pauvret de ces revers de pignons clairs ordinairement par des roses au-dessus de murs pleins percs seulement de portes rez-de-chausse4 ,ce parti nous parat prfrable celui qui fut adopt dans quelques difices1 tels que les cathdrales de ,metz et de ,soissons#bah1 l'glise de ,moret1 etc41 et qui consiste remplacer les roses par d'immenses verrires s'ouvrant sous les formerets des pignons et descendant jusqu'aux archivoltes des portes#bai1 ou considrer les roses elles-mmes1 avec la galerie jour qui les supporte1 comme de vritables fentres comprenant la largeur totale du croisillon4 ,mais il faut ajouter que l'glise de ,saint-,urbain de ,troyes est un chef-d'oeuvre1 que l'on considre la conception gnrale ou l'entente des dtails4 ,trs-rarement les transsepts des glises du moyen ge possdent-ils des tribunes l'intrieur des pignons des croisillons2 et quand ils existent1 comme la cathdrale de ,laon et dans l'glise d',eu1 par exemple1 ces ouvrages datent d'une poque postrieure celle de la construction primitive de l'difice4 ,on doit aussi considrer comme une exception les porches de transsepts surmonts d'une tour4 ,le croisillon sud de la cathdrale du ,mans nous en fournit un exemple datant de la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,note #ahe3 ,voyez les fragments du plan du ,capitole4 ,note #ahf3 ,nous engageons nos lecteurs consulter1 ce sujet1 l'excellent ouvrage de ,m4 ,henri ,hubsch3 ,monuments de l'architecture chrtienne1 traduit par ,m4 l'abb ,guerber 7#ahff1 ,morel diteur74 ,ce recueil d'glises des premiers sicles1 fait avec un soin rare1 montre comme nos voisins d'outre-,rhin sondent scrupuleusement le champ des tudes archologiques4 ,note #ahg3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #b4 ,note #ahh3 ,voyez ibidem1 fig4 #aa4 ,note #ahi3 ,voyez ,,architecture ,,monastique1 fig4 #b4 ,note #aij3 ,voyez l'ouvrage du duc de ,serradifalco3 ,del duomo di ,montreale4 ,palerme1 #ahch4 ,note #aia3 ,dans ce plan1 toutes les parties teintes en noir existent encore2 celles haches sont remplaces par des constructions datant de la fin du ,x,i,ie sicle et ne sont plus visibles que dans les fondations4 ,les parties anciennes datent du ,xe sicle4 ,note #aib3 ,la nef de l'glise abbatiale de ,vzelay1 btie vers #aajj1 fait exception4 ,l on essaya de construire des votes d'arte 7voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ba1 et ,,trav,e1 fig4 #d71 qui sont plutt des coupoles avec plis aux retombes4 ,note #aic3 ,notre-,dame du ,port1 ,saint-,nectaire1 ,issoire1 breuil2 l'glise ,saint-tienne de ,nevers doit tre range parmi les monuments religieux de cette belle cole auvergnate4 ,note #aid3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #aj bis4 ,note #aie3 ,voyez ce sujet l'article ,,architecture ,,monastique4 ,note #aif3 ,voyez ,cathdrale1 fig1 #da et #dc1 #bg1 #bh et #cd4 ,note #aig3 ,nous en avons acquis la preuve dans les fondations et au-dessus des votes de la croise4 ,trs-probablement on ne se dcida1 ,paris1 donner un transsept la cathdrale qu'aprs l'achvement du choeur1 c'est--dire aprs la mort de ,maurice de ,sully4 ,note #aih3 ,les parties du plan qui ont t modifies pendant les ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,v,ie sicles sont huches4 ,note #aii3 ,voyez ,,cath,,drale1 fig4 #bh et #cj4 ,note #bjj3 ,voyez ,,cath,,drale1 fig4 #cj4 ,note #bja3 ,notre-,dame de ,paris1 primitivement1 le sanctuaire tait de plain-pied avec son collatral4 ,note #bjb3 ,voyez la ,monographie de la cathdrale de ,noyon1 par ,,mm4 ,vitet et ,d4 ,rame4 ,voy4 aussi ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #cj et #ca2 ,,cath,,drale1 fig4 #g et #aj4 ,note #bjc3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #d4 ,note #bjd3 ,l'glise abbatiale de ,saint-,hilaire de ,poitiers fut ddie en #ajdi4 ,voyez ,notes of a tour in the west of ,france 7,parker1 ,london1 #aheb74 ,note #bje3 ,voyez ,,architecture ,,monastique4 ,note #bjf3 ,les hachures de gauche droite indiquent ces restes4 ,note #bjg3 ,les hachures larges1 de droite gauche1 indiquent ces constructions encore visibles dans les cryptes4 ,note #bjh3 ,les hachures serres1 de droite gauche1 indiquent ces ouvrages4 ,note #bji3 ,ces descentes existent encore4 ,note #baj3 ,une opration analogue fut faite la cathdrale de ,paris1 celles de ,bourges et de ,chartres4 ,les sculptures du ,x,i,ie sicle furent juges dignes d'tre conserves et furent remontes dans les constructions du ,x,i,i,ie4 ,note #baa3 ,en fouillant tout le centre du transsept1 nous avons trouv1 au-dessous du sol de l'glise de ,dagobert1 de nombreux sarcophages mrovingiens4 7,voyez ,,tombeau1 fig4 #a47 ,note #bab3 ,pour se rendre compte de la disposition ancienne du transsept qui composait en partie le choeur des religieux de ,saint-,denis1 voyez l'article ,,choeur1 fig4 #b4 ,aujourd'hui les monuments sont rtablis dans le transsept1 suivant la disposition adopte sous saint ,louis4 ,note #bac3 ,voyez les plans et lvations de ce joli difice dans l'ouvrage de ,m4 de ,baudot3 glises de bourgs et villages 7,morel1 diteur74 ,note #bad3 ,voyez ,,trabes4 ,note #bae3 ,voyez ,,armature1 fig4 #f et #g4 ,note #baf3 ,voyez1 ,archives des monuments historiques1 les plans et les coupes de cet difice4 ,note #bag3 ,voyez le plan de cette glise l'article ,,construction1 fig4 #ajb4 ,note #bah3 ,bras de croix nord4 ,note #bai3 ,voyez ,,pignon4 ,,travaison1 s4 m4 ,vieux mot correspondant ce que l'on entend aujourd'hui par entablement1 mais ne s'appliquant qu'aux ouvrages de bois4 ,,trav,e1 s4 f4 ,mot employ pour dsigner toute ordonnance entre les points d'appuis principaux ou pices matresses d'une construction3 ainsi1 on dit trave de plancher1 pour indiquer le solivage compris entre deux poutres4 ,trave de pont1 est la portion du tablier de bois comprise entre deux files de pieux ou entre deux piles4 ,trave de salle ou d'glise1 est l'ordonnance comprise entre deux piles matresses1 entre deux arcs-doubleaux4 ,une trave de comble est l'espace entre deux fermes de charpente4 ,du moment qu'une salle est divise par des points d'appuis espacs1 dans sa longueur1 pour porter soit une vote1 soit des fermes ou des poutres1 cette salle se compose d'autant de traves qu'elle contient de divisions4 ,dans la structure du moyen ge1 en ,france1 l'histoire de la trave est intressante1 parce qu'elle dtermine les essais successifs par lesquels1 de la basilique romaine couverte en charpente1 on arrive la nef vote en arcs d'ogive4 ,personne n'ignore que la basilique romaine se composait habituellement d'une nef principale1 dont les murs ports sur des ranges de colonnes taient flanqus latralement de collatraux simples ou doubles4 ,les collatraux taient parfois surmonts de galeries ou tribunes au-dessus desquelles s'ouvraient les jours qui clairaient la charpente lambrisse4 ,cette disposition fut suivie dans la construction des premires glises et des grandes salles d'assemble leves dans les ,gaules4 ,chaque entre-colonnement de la basilique constituait une trave4 ,le plan de la basilique romaine fut suivi1 dans le nord des ,gaules1 jusque vers le milieu du ,x,ie sicle2 mais dj1 antrieurement cette poque1 le mode de structure avait subi des modifications par suite des rapports frquents des peuples occidentaux avec l',orient4 ,le plus ancien monument de ce temps que nous possdions sur des dimensions considrables1 dans la ,france septentrionale1 est certainement la nef de l'glise abbatiale de ,saint-,rmi de ,reims4 ,cette nef tait--ainsi qu'il est facile encore de le reconnatre--primitivement couverte par une charpente apparente1 tandis que les collatraux1 vots rez-de-chausse1 taient surmonts d'une galerie couverte par des charpentes avec arcs-doubleaux4 ,la figure #a donne une trave de la nef de l'glise abbatiale de ,saint-,rmi#bbj4 ,le grand mur ,a repose sur une file de piles composes de colonnes en faisceaux1 rez-de-chausse1 et sur des piliers section quadrangulaire au niveau de la galerie du premier tage4 ,des colonnes avec arcatures divisent les ouvertures donnant sur cette galerie4 ,au-dessus des combles des collatraux s'ouvrent les deux rangs de fentres ,b et ,c4 ,les votes des bas cts1 rez-de-chausse1 se composent d'arcs-doubleaux ,d et ,f1 portant des berceaux perpendiculaires la nef et concentriques aux archivoltes ,e4 ,les pilettes ,g1 qui formaient comme un second collatral troit1 avaient pour objet de diminuer l'effet de pousse qu'aurait exerc l'arc-doubleau unique sur le mur de clture ,h4 ,au premier tage1 l'arc-doubleau ,i1 ne portant qu'un solivage de bois1 ne pouvait exercer sur le mur ,h une pousse que ce mur renforc de contre-forts cylindriques ne put maintenir4 ,le grand mur ,a se trouvait trsillonn par ces berceaux du rez-de-chausse et par les arcs-doubleaux de la galerie4 ,il n'tait dcor1 suivant l'usage du temps1 que par des peintures#bba4 ,cet exemple d'une nef construite au commencement du ,x,ie sicle indique un premier effort pour sortir des donnes de la basilique romaine antique4 ,ce sont des faisceaux de colonnettes qui remplacent les colonnes monostyles1 et des votes portent dj le sol de la galerie suprieure4 ,cependant ces grands murs n'taient relis dans leur dveloppement qu' leur sommet1 par les entraits des charpentes2 ils n'taient pas construits avec les excellents matriaux et mortiers qu'employaient les ,romains2 ils bouclaient souvent ou se dversaient d'un ct ou de l'autre4 ,leur aspect ne laissait pas d'tre froid1 et les peintures dont on les dcorait1 vues obliquement1 poudres par le temps1 perdaient bientt leur clat4 ,les charpentes1 cette hauteur1 ne pouvaient tre que difficilement rpares1 et si le feu y prenait1 l'difice entier tait perdu4 ,on songea donc diviser franchement les nefs par traves apparentes1 accuses par de grands arcs-doubleaux4 ,un autre difice du milieu du ,x,ie sicle nous fournit un exemple de ce nouveau parti4 ,c'est l'glise de ,notre-,dame du ,pr1 au ,mans4 ,dans la nef de cet difice1 chaque trave comprend deux arcades 7fig4 #b74 ,une grosse pile section quadrangulaire1 flanque de colonnes engages1 alterne avec une pile cylindrique4 ,au droit de chacune des grosses piles ,a est band un arc-doubleau ,b4 ,une ferme de charpente est pose au droit de la pile cylindrique ,c4 ,les collatraux ,d sont ferms par des votes d'arte avec arcs-doubleaux reposant sur les colonnes engages des grosses piles et sur les chapiteaux des piles cylindriques4 ,les chevrons de la charpente1 poss longitudinalement1 comme un solivage1 portaient sur les pignons des grands arcs-doubleaux ,b et sur la ferme intermdiaire4 ,ce solivage plus ou moins dcor1 avec entrevous en madriers1 formait lambris sous la couverture4 ,en ,f est figur l'un des pignons des grands arcs-doubleaux avec le lambris#bbb4 ,il y a tout lieu d'admettre que la nef de la cathdrale du ,mans tait originairement construite suivant ce principe4 ,notre-,dame du ,pr1 des votes ont t refaites au ,x,i,ve sicle sous l'ancienne charpente1 en supprimant partie des arcs-doubleaux primitifs1 dont on retrouve facilement la trace4 ,prenant ainsi deux arcades de la nef pour faire une trave1 il en rsultait un plan carr ou approchant1 c'est--dire que l'espace ,,aa tait gal1 ou peu prs1 la largeur de la nef principale2 de sorte que si l'on voulait dfinitivement voter cette nef1 il tait tout simple d'adopter tout d'abord une vote sur plan carr1 avec arc-doubleau intermdiaire2 c'est--dire une vote donnant en projection horizontale le plan trac en ,p 7fig4 #b74 ,alors les arcs-doubleaux ab1 cd1 n'taient que la reproduction des arcs-doubleaux des grosses piles1 et l'arc-doubleau intermdiaire ef remplaait la ferme de charpente2 les arcs ogives ad1 cb1 portaient les remplissages de votes bands la place qu'occupaient les lambris4 ,mais avant de passer outre l'examen des dveloppements de ce principe1 il est ncessaire de mentionner un systme de traves issu d'un autre mode de structure4 ,les ,romains n'avaient pas seulement adopt1 pour la construction de grandes salles1 le systme de files de colonnes portant des murs au-dessus des plates-bandes dcharges par des arcs noys dans ces murs2 ils avaient lev1 sur des piles isoles et largement espaces1 de grandes archivoltes portant les murs longitudinaux4 ,des berceaux1 concentriques ces archivoltes1 fermaient les collatraux1 et des charpentes ou des votes 7comme la basilique de ,constantin ,rome7 couvraient la nef principale4 ,le ,bas-,empire avait construit des difices en grand nombre d'aprs ce systme1 en conservant parfois les charpentes sur la nef centrale1 ainsi que le constatent certaines basiliques de la ,syrie septentrionale4 ,de ce systme tait driv1 ds les premiers sicles du christianisme1 un mode mixte qui consistait diviser les grandes traves carres1 portant des votes d'arte sur la nef principale1 en deux arcades1 de manire pouvoir trouver des votes d'arte galement carres sur les bas cts1 dont la largeur tait ainsi gale ou peu prs la moiti de celle de la nef principale4 ,c'est sur ce plan que fut conue1 ,milan1 la clbre glise de ,saint-,ambroise1 ds la fin du ,i,xe sicle2 du moins le fait parat-il probable#bbc4 ,or1 ce type fut adopt dans la construction d'un grand nombre d'glises carlovingiennes1 notamment sur les bords du ,rhin1 et se perptua jusqu'au ,x,i,i,ie sicle4 ,comme dans l'exemple que nous venons de donner 7fig4 #b71 chaque trave de l'glise carlovingienne du ,rhin se composait de deux grosses piles et d'une pile intermdiaire d'une section plus faible2 mais cette pile intermdiaire ne portait plus que l'arc-doubleau des votes du collatral et elle ne remplissait aucune fonction du ct de la nef principale4 ,la trave que nous prsentons ici 7fig4 #c71 de la nef de la cathdrale de ,worms1 nef qui date de la moiti du ,x,i,ie sicle1 explique suffisamment ce systme4 ,une grande vote d'arte carre ,a1 nervures1 couvre chaque trave de la nef1 sans arcs-doubleaux intermdiaires2 et la pile ,b n'est place l que pour obtenir1 sur le collatral ,c1 deux votes d'arte romaines4 ,la question tait d'avoir des surfaces carres1 ou approchant1 pour fermer les votes1 qui drivaient toujours de la tradition romaine2 or1 les collatraux ayant1 en largeur1 la moiti environ de la largeur de la nef1 il fallait1 pour avoir des espaces carrs sur ces collatraux comme sur la nef1 doubler les piles4 ,le trac ,t nous dispense de plus longues explications ce propos4 ,la ncessit de voter les grands difices1 les basiliques1 les glises1 tait reconnue partout en ,occident1 aussi bien dans l',italie du nord qu'en ,france et sur les bords du ,rhin2 seulement les diverses coles d'art de ces contres ne rsolvaient pas le problme de la mme faon4 ,pour ne considrer les choses que d'une manire gnrale1 l'cole que nous appellerons carlovingienne1 et qui s'inspirait principalement de l'architecture romaine des bas temps1 n'avait en vue que la vote romaine1 berceau1 vote d'arte ou coupole2 cette cole n'abandonna cette tradition que quand elle adopta le systme de structure import de ,france vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,l'cole proprement franaise abandonna au contraire de bonne heure le systme des votes romaines1 chercha autre chose1 et le trouva3 tout est l4 ,que l'on dcouvre en ,lombardie ou ailleurs des piles cantonnes de colonnes et des archivoltes dans des nefs1 quelques dtails de dcoration analogues et antrieurs notre architecture romane franaise1 et qu'on en conclue que nous avons pris chez les autres cette architecture romane1 nous ne voyons pas trop l'intrt qui s'attache cette priorit4 ,chacun puisait au fonds commun latin pour les arts comme pour les langues d',occident1 du ,v,i,i,ie au ,x,ie sicle2 mais qu'on nous montre ailleurs qu'en ,france1 et qu'au nord de la ,loire1 avant #aacj1 un systme de votes tel que celui admis dans les constructions de ,vzelay ds le commencement du ,x,i,ie sicle1 et ,saint-,denis en #aadj1 alors nous serons les premiers reconnatre ce qu'on voudrait si bien nous prouver en ,france1 savoir3 que nous n'avons jamais possd une architecture propre1 pas plus au ,x,i,ie sicle qu'au ,x,i,xe sicle4 ,jusqu' ce que cette preuve soit faite1 nous continuerons rpter3 ,il n'y a d'architecture originale que celle qui s'appuie sur un nouveau principe1 sur un principe non encore admis4 ,le systme de votes inaugur en ,france1 au nord de la ,loire de #aacj #aaej1 ne se trouve nulle part avant cette poque2 ce systme n'est pas seulement une forme1 nouvelle alors1 ou un procd2 c'est tout un principe qui s'tend aux diverses parties constituant un difice et qui oblige de coordonner ces parties suivant certaines lois dduites conformment la logique3 or1 l'architecture inaugure en ,france de #aacj #aaej tait vritablement neuve alors1 sans prcdents1 indpendante des formes acceptes jusqu'alors2 donc cette architecture peut1 au meilleur titre1 tre appele franaise#bbd4 ,laissons pour le moment le systme de traves des nefs rhnanes1 et reprenons l'tude des difices qui appartiennent nos coles4 ,nous venons de voir 7fig4 #b7 une trave compose de deux grosses piles portant des arcs-doubleaux sur la nef principale1 avec pile intermdiaire plus faible1 divisant le collatral pour le pouvoir fermer par des votes carres1 et portant une ferme de charpente sur cette nef principale pour diminuer la porte des lambris de bois4 ,voici maintenant un autre systme moins ancien que celui de la figure #b1 et appartenant une autre province1 o les piles sont gales et1 divisant le collatral en votes sur plan carr1 donnent1 sur la nef centrale1 des plans barlongs que l'on a prtendu voter1 suivant une donne dj compltement trangre au systme romain4 ,il s'agit de la nef de l'glise abbatiale de ,vzelay 7fig4 #d72 premires annes du ,x,i,ie sicle4 ,cette nef1 dont nous donnons une trave en ,a1 possde des arcs-doubleaux sur les collatraux comme sur la partie haute1 au droit de chacune des piles dont la section est trace en ,b4 ,ces arcs sont plein cintre1 ainsi que les formerets1 et bien que la naissance de ceux-ci soit releve1 cependant leur clef n'atteint pas le niveau de la clef des arcs-doubleaux4 ,il en rsulte que pour bander la vote haute1 dans chaque trave1 et ne pas faire des pntrations1 mais un semblant de vote d'arte1 il a fallu ttonner et chercher des formes d'ellipsodes qui ne sauraient tre traces gomtriquement4 ,c'tait une premire tentative vers une forme de votes non encore admise4 ,trente ans plus tard1 vers #aacb1 on levait le porche de la mme glise 7voyez en ,p72 les traves de ce narthex1 un peu plus larges que celles de la nef1 portent sur des piles dont la section est semblable celles ,b4 ,de mme que dans la nef1 des arcs-doubleaux sont bands au droit de chacune des piles1 soit sur la partie centrale1 soit sur les collatraux1 mais ces arcs-doubleaux sont en tiers-point#bbe4 ,les formerets ont leur naissance au mme niveau que celle des arcs-doubleaux4 ,il en rsulte que1 la trave tant barlongue1 les clefs de ces formerets sont beaucoup au-dessous des clefs de ces arcs-doubleaux4 ,la vote ferme sur cet espace est annulaire1 d'un arc-doubleau l'autre1 pntre par des ellipsodes dont les formerets sont une section4 ,cela pouvait tre dfini gomtriquement1 et ce systme prsentait une parfaite solidit4 ,d'ailleurs des votes d'arte rampantes1 bandes sur la galerie du premier tage#bbf1 contre-butent parfaitement la vote centrale4 ,deux des votes de ce porche1 de la mme poque que les autres1 possdent mme dj des arcs ogives4 ,le constructeur1 en fermant ces votes d'aprs la mthode que nous venons d'indiquer 7fig4 #d1 ,p71 sentait bien que1 tout en se rapprochant d'un corps ellipsode1 elles possdaient cependant des artes saillantes 7ces votes tant bties de moellons irrguliers7 maintenues seulement par l'adhrence des mortiers2 que1 par consquent1 il y avait bander sous ces artes un cintre permanent de pierre1 remplaant le cintre provisoire de charpente destin les maonner4 ,c'tait donc un acheminement vers la vote en arcs d'ogive4 ,mais revenant notre figure #b1 on allait1 dans d'autres provinces1 dduire de ce systme mixte d'arcs et de lambris un mode complet de votes1 sur un principe absolument neuf1 mode qui devait se fondre bientt avec celui qu'inaugurait le porche de l'glise abbatiale de ,vzelay4 ,c'est en #aaej que l'vque ,baudouin ,il1 comme on sait1 entreprit la reconstruction de la cathdrale de ,noyon1 qui fut acheve bien avant la fin du ,x,i,ie sicle4 ,en #abic1 un violent incendie rduisit en cendres la ville et1 dit la chronique1 la cathdrale de ,noyon4 ,il est clair que les charpentes seules furent brles et que les votes furent peut-tre altres4 ,aussi les votes de la nef1 ainsi que l'indiquent les profils des arcs et leur genre de construction1 appartiennent-elles cette dernire poque4 l'origine1 c'est--dire au ,x,i,ie sicle1 ces votes1 comme beaucoup d'autres datant de cette poque1 avaient leurs arcs ogives bands de deux en deux piles avec un arc-doubleau simple intermdiaire 7fig4 #e74 ,la pile intermdiaire qui1 dans la figure #b1 porte seulement la ferme de charpente divisant en deux l'espace entre les arcs-doubleaux1 portait alors l'arc-doubleau intermdiaire destin remplacer la ferme de charpente4 ,les arcs ogives 7fig4 #e7 taient bands d'une grosse pile l'autre4 ,la trave tait encore constitue comme celle de la figure #b4 ,c'est--dire que la pile intermdiaire ,a1 destine porter un simple arc-doubleau des grandes votes1 tait plus grle que les piles ,b portant les arcs-doubleaux principaux et les arcs ogives4 ,cela tait conforme la logique4 ,alors les arcs reposant sur les piles ,b taient seuls contre-buts par des arcs-boutants4 ,la coupe ,c de la nef et du collatral complte l'intelligence de ce systme de constructions4 ,la plupart des premires votes bandes d'aprs le principe admis au ,x,i,ie sicle1 dans l'le-de-,france1 sont ainsi traces4 ,la trave des nefs centrales est gale1 ou trs-peu prs1 la largeur mme de ces nefs1 mais elle se divise en deux1 au moyen d'une pile intermdiaire qui sert porter les arcs des votes du collatral et recouper les arcs ogives des hautes votes4 ,mais ce systme1 justifi dans une construction assez vaste1 n'tait gure admissible pour de petits difices4 ,les piles intermdiaires1 dans ces derniers monuments1 eussent t trop grles1 inutiles et encombrantes4 ,les architectes les suppriment1 ils ne conservent que les piles principales ,a 7fig4 #f71 mais ils ne construisent pas moins les votes conformment au principe que nous venons d'indiquer4 ,cette dernire trave qui appartient la nef de la petite glise de ,nesle1 prs de l'le-,adam1 montre comme le constructeur a seulement lev la pile destine porter l'arc-doubleau intermdiaire ,i sur la clef de l'archivolte du collatral#bbg1 parce qu'il et t inutile1 en effet1 de faire porter cette pile intermdiaire sur le sol4 ,en ,b est trace la coupe de la trave1 et en ,d le dtail des bases des colonnettes sur les chapiteaux des piles monocylindriques4 ,ces deux exemples appartenant deux difices de dimensions trs-diffrentes1 mais construits peu prs la mme poque1 font ressortir une des qualits principales de cette belle architecture franaise de la fin du ,x,i,ie sicle1 l'unit d'chelle#bbh4 ,les cartements des piles1 les hauteurs de galeries de circulation ,g1 les largeurs des baies1 les membres des moulures1 sont peu prs les mmes dans les deux monuments4 ,nous pourrions saisir ces analogies dans les cathdrales de ,paris1 de ,senlis1 de ,soissons1 de ,laon1 dans les glises de ,saint-,leu d',esserent1 de ,braisne1 etc#bbi4 ,examinons maintenant une trave de nef de l'un des plus grands monuments du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 la cathdrale de ,bourges#bcj4 ,ce vaisseau comprend une nef centrale et des doubles collatraux dont les votes sont des niveaux diffrents4 ,ainsi 7fig4 #g71 les votes du premier collatral sont bandes au niveau ,a1 et celles du second collatral au niveau ,b1 d'o il rsulte que la nef centrale est claire par les fentres ,c1 perces au-dessus du comble qui couvre les votes du second collatral4 ,dans la hauteur de ce comble rgne une galerie de circulation ,d1 de mme qu'il en existe une seconde en ,e1 au-dessus des votes du premier collatral4 ,les fentres ,f clairent la vote haute4 ,ces votes sont construites d'aprs le systme prcdemment dcrit2 et l'on observera que les piles ,g1 qui portent seulement les arcs-doubleaux d'intersection1 sont d'un plus faible diamtre que celles ,h1 qui portent les arcs-doubleaux et les arcs-ogives4 ,la belle disposition de la nef de la cathdrale de ,bourges1 avec son premier collatral trs-lev1 disposition qui ne se trouve gure rpte en ,france que dans le tour du choeur de la cathdrale du ,mans#bca1 est videmment inspire des glises du ,poitou4 ,c'est un compromis entre les systmes de construction des nefs de cette contre et de l'le-de-,france4 ,la nef centrale de la cathdrale de ,bourges reoit des jours dans sa partie haute1 au-dessus des combles des bas cts1 ainsi que les nefs de nos glises de l'le-de-,france1 ce qui n'a pas lieu dans la cathdrale de ,poitiers2 mais le collatral intrieur comprend1 sous votes1 une hauteur considrable1 et n'est plus1 comme ,notre-,dame de ,paris1 comme autour du choeur de ,notre-,dame de ,chartres1 comme ,cologne1 gal en hauteur au second collatral4 ,voici1 en effet1 une trave de la nef de la cathdrale de ,poitiers1 dont la construction1 un peu antrieure celle de la cathdrale de ,bourges1 conforme d'ailleurs aux traditions romanes du ,poitou et de la ,vende1 accuse l'importance du collatral dans ces difices#bcb4 ,notre figure #h suppose1 en ,a1 la coupe faite sur l'axe longitudinal du bas ct1 et en ,b1 sur l'axe de la nef centrale4 ,les votes des collatraux1 paules par des contre-forts pais1 contre-butent les votes hautes4 ,ces collatraux sont chacun presque gaux en largeur la nef1 de sorte que ce vaisseau est plutt une grande salle trois nefs qu'une glise suivant la tradition de la basilique transforme4 ,l'arcature porte au niveau ,c une sorte de balcon1 ou chemin de ronde continu1 qui passe derrire chacune des piles1 dans l'paisseur des contre-forts4 ,un seul comble deux pentes couvre la nef et ses collatraux4 ,cette construction1 monte avec beaucoup de soins1 est remarquable par ses belles proportions et l'heureuse concordance de toutes ses parties4 ,les votes1 traces suivant la mthode du ,poitou et de l',anjou1 tiennent de la coupole et de la vote en arcs d'ogive 7voyez ,,vo,,te74 ,il y a dans cette composition une ampleur1 une raison et une sobrit qui sont la vraie marque de la puissance chez l'artiste4 ,ce mlange de qualits suprieures1 trop rare aujourd'hui1 se retrouve dans la composition des traves de vaisseaux vots de #aaej #abej1 que ces vaisseaux soient destins un service religieux ou civil4 ,aprs la composition de la coupe transversale1 en effet1 c'est celle de la trave qui dtermine les proportions et l'aspect de l'intrieur d'un vaisseau1 avec ou sans collatraux4 ,or1 ces larges traves des monuments du ,poitou1 de l',anjou1 du ,maine1 de l',angoumois1 surprennent par leur disposition grandiose1 bien que la plupart de ces constructions soient d'une dimension mdiocre4 ,paratre grand est certainement une qualit pour un intrieur destin contenir la foule4 ,on s'y trouve l'aise1 mme quand l'espace vient matriellement manquer4 ,la cathdrale de ,poitiers est d'une dimension mdiocre#bcc1 et cependant1 grce la belle disposition de ses larges traves1 l'impression qu'elle laisse est celle d'un trs-vaste intrieur4 ,certaines glises de la mme contre1 de l',anjou et du ,maine1 se composent de vaisseaux une seule nef1 et l encore la composition des traves est largement comprise4 ,nous citerons1 entre autres1 la nef de l'glise abbatiale de ,notre-,dame de la ,coulture1 au ,mans 7fin du ,x,i,ie sicle71 divise par traves sur plan carr1 avec balcon relev1 comme la cathdrale de ,poitiers1 port sur de grands arcs de dcharge d'un bel effet#bcd4 ,voici 7fig4 #i7 une trave de cette nef1 dpourvue de collatraux4 ,il n'est pas besoin d'tre architecte pour comprendre le parti que l'on peut tirer de cette disposition grandiose1 simple1 se prtant tous les modes de structure#bce4 ,l'influence de ce systme de larges traves votes1 simples ou avec des collatraux presque gaux la nef centrale1 ne s'tendit gure au del du ,maine et du ,berry vers le nord2 et1 ainsi que nous le disions tout l'heure1 on peut en retrouver un dernier souvenir dans la composition des traves de la cathdrale de ,bourges4 ,de ce ct-ci de la ,loire1 le systme indiqu dans les exemples que nous avons donns 7fig4 #e et #f7 persiste pendant le ,x,i,i,ie sicle1 mais on abandonne alors 7sauf quelques cas assez rares7 le mode de votes avec arc-doubleau intermdiaire1 recoupant les arcs ogives1 c'est--dire que les traves1 au lieu d'tre doubles1 sont simples et portent chacune leur vote propre4 ,n'est-il pas vident qu'il rgne dans ces compositions de traves1 pendant la priode comprise entre #aacj et1 #abcj1 une libert dont on ne saurait mconnatre la valeur et l'tendue8 ,aucune autre architecture ne se prterait des formes et des aspects aussi varis sans sortir des principes qui la dirigent4 ,or1 cette souplesse n'est-elle pas la consquence du systme de structure admis8 ,et de ce que ce systme de structure se concilie avec la libert et y conduit1 en faut-il conclure que cette architecture n'est autre chose qu'un procd surann1 n'ayant plus aujourd'hui d'application8 ,l'tude attentive des proportions ne ressort-elle pas des divers exemples qui viennent de passer sous les yeux de nos lecteurs8 dater de #abbj environ1 la trave des nefs collatraux1 dans les difices du ,nord1 est dtermine d'une manire plus prcise4 ,les piliers1 gaux en paisseur1 portent chacun les nerfs complets des votes d'arte1 haute et basse2 les murs1 entre ces votes1 s'ouvrent largement1 et sont remplacs mme par des fentres qui prennent toute la surface comprise entre les piliers et les formerets4 ,c'est d'aprs ce principe qu'est conue la nef de la cathdrale d',amiens1 btie entre #abbj et #abcjbcf4 ,nous donnons 7fig4 #aj7 une trave de cette nef1 qui n'a pas moins de #dbm#ej sous clef#bcg4 ,le plan des piliers1 au niveau du rez-de-chausse1 est trac en ,d1 au niveau de la galerie 7triforium7 en ,c4 ,cette galerie est ferme par un mur mince ,m1 auquel s'adosse le comble en appentis qui couvre le collatral4 ,on voit en ,g la fentre du collatral qui1 leve sur une arcature et mur d'appui1 comprend toute la surface qui existe entre les piles engages et l'arc formeret4 ,mme systme pour les fentres hautes ,f4 ,on voulut bientt supprimer mme les pleins qui formaient1 derrire le comble du collatral1 le triforium#bch2 les murs minces ,m furent ajours1 et les combles couvrant les collatraux tablis en pavillons sur chaque vote basse1 avec chneau sur les arcs-doubleaux4 ,alors la fentre suprieure se liait au triforium1 et la claire-voie vitre descendait jusque dans la galerie4 ,c'est d'aprs ce principe qu'en #abdj on reconstruisit la nef de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 le choeur des cathdrales de ,troyes et de ,beauvais1 et un peu plus tard 7#abfj environ7 celui de la cathdrale de ,ses1 dont nous traons en ,a 7fig4 #aa7 une des traves#bci4 ,le sol du choeur est au niveau ,b1 celui du collatral en ,c4 ,la galerie 7triforium71 sous la fentre haute1 est ajoure jusqu'au niveau d'un appui ,d1 derrire lequel passe le chneau4 ,la claire-voie postrieure de cette galerie ne reproduit pas exactement le dessin de l'arcature antrieure 7voy4 ,,triforium74 ,comme la cathdrale d',amiens1 tous les espaces laisss entre les piliers1 sous les votes1 sont remplis par des fentres dcores de vitraux2 de telle sorte que ces traves prsentent une surface considrable de peinture translucide de l'effet le plus brillant4 ,en ,o1 est donne la section d'une pile sur plan ovale1 afin de laisser aux vides le plus de surface possible4 ,c'est toujours suivant ces donnes qu'au ,x,i,ve sicle on construisit la nef de l'glise abbatiale de ,saint-,ouen de ,rouen 7fig4 #aa71 dont nous prsentons une trave en ,b4 ,ces trois derniers exemples montrent comment les matres des oeuvres tendaient diminuer les pleins et augmenter les surfaces des vitraux dans les glises votes4 ,ce principe ne se modifie gure jusqu'au ,x,v,ie sicle2 les portions des cathdrales d',auxerre1 de ,troyes1 de ,sens1 de ,beauvais1 qui datent des ,x,ve et ,x,v,ie sicles1 reproduisent1 sauf dans les dtails1 le parti que nous voyons adopt au ,x,i,ve sicle ,saint-,ouen de ,rouen4 ,ce parti convenait parfaitement1 d'ailleurs1 dans notre climat1 de trs-grands vaisseaux4 ,grce aux vitraux colors ou grisailles1 on attnuait l'effet des rayons du soleil1 et cependant partout pntrait une lumire chaude et douce qui ne laissait aucun point obscur4 ,la rpartition de la lumire dans de grands espaces couverts et ferms est une difficult contre laquelle1 trop souvent1 le mrite de nos architectes modernes vient se heurter4 ,aussi la plupart des grandes salles bties de notre temps ont-elles un aspect froid et triste4 ,de larges places sombres1 soit sur les parois1 soit sur le sol1 coupent ces vaisseaux1 les rapetissent aux yeux et ne se prtent point la dcoration4 ,la foule mme1 rpandue dans ces salles1 forme des taches noires d'un aspect dsagrable4 ,au contraire1 au milieu de ces anciens difices entirement ajours entre les nerfs principaux de l'ossature1 il circule comme une atmosphre lumineuse et colore qui satisfait les yeux autant que l'esprit4 ,on se sent l'aise dans ces vastes cages qui participent de la lumire extrieure en l'adoucissant4 ,c'est en grande partie cette judicieuse introduction des rayons lumineux que ces vaisseaux doivent de paratre beaucoup plus vastes qu'ils ne le sont rellement4 ,aussi l'glise abbatiale de ,saint-,ouen1 qui n'est1 aprs tout1 que d'une dimension trs-ordinaire#bdj1 parat-elle rivaliser avec nos grandes cathdrales4 ,on se rendra compte de la disposition des traves des salles de palais et chteaux en recourant aux articles ,,construction1 ,,palais1 ,,salle4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,note #bbj3 ,voyez une portion du plan de cette nef l'article ,,transsept1 fig4 #b4 ,note #bba3 ,au ,x,i,ie sicle1 des votes ayant t construites sur cette nef et appuyes sur des colonnettes accoles aux piliers avec assez d'adresse1 des arcs-boutants durent les contre-buter4 ,les berceaux des collatraux furent dtruits1 ainsi que les pilettes ,g1 et des votes d'arte les remplacrent4 ,cependant la disposition des votes en berceaux perpendiculaires aux murs fut conserve dans le transsept4 ,ces travaux ne purent qu'altrer la solidit de l'difice bti de matriaux de petites dimensions2 si bien qu'on dut 7il y a quelques annes7 reconstruire les votes hautes en matriaux lgers et restaurer les parties intrieures4 ,ces travaux ont malheureusement fait disparatre des traces curieuses de la disposition premire4 ,on voit encore cependant1 sur plusieurs points1 les sommiers ,s des arcs-doubleaux des collatraux primitifs4 ,note #bbb3 ,cette disposition fut adopte dans l'glise de ,san-,miniato1 prs de ,florence2 elle tait assez frquente au milieu du ,x,ie sicle dans nos provinces du ,nord1 et notamment dans la ,champagne4 ,note #bbc3 ,voyez1 ce sujet1 tude sur l'architecture lombarde par ,m4 de ,dartein1 ingnieur des ponts et chausses4 ,toutefois1 si nous ne contestons pas l'anciennet de la disposition du plan de l'glise de ,saint-,ambroise de ,milan1 il nous semble que l'auteur de cet excellent ouvrage1 dans la notice qu'il donne sur cette glise1 ne tient pas assez compte des restaurations qu'elle eut subir1 et qu'il s'appuie d'une manire peut-tre trop absolue sur des textes4 ,combien n'avons-nous pas d'difices en ,france1 par exemple1 dont la reconstruction presque totale n'est mentionne que d'une manire incidente1 ou ne l'est pas du tout6 ,aucun texte ne fait mention de la reconstruction de la faade de ,notre-,dame de ,paris1 entre autres2 en faut-il conclure que cette faade est celle d'tienne de ,garlande1 #aadj1 ou date de l'piscopat de ,maurice de ,sully 7#aafj-aaij78 ,aprs le grand dsastre de #aaif1 c'est--dire aprs la ruine des votes de l'glise de ,saint-,ambroise de ,milan1 ce monument dut subir un remaniement presque total4 ,des votes ne s'croulent pas sans cause2 un sinistre aussi grave est habituellement la consquence d'un dversement des piles2 or1 les piles actuelles de ,saint-,ambroise ne paraissent pas avoir subi des altrations de nature pouvoir occasionner la chute des grandes votes4 ,de l'examen que nous avons fait de cet difice1 il y a peu d'annes1 il rsulte que nous ne pourrions assigner sa nef 7les votes non comprises7 la date du ,i,xe sicle4 ,les profils1 les sculptures de toutes les parties suprieures1 la structure mme de ces parties1 semblent appartenir au ,x,i,ie sicle1 poque brillante pour l'art en ,lombardie comme en ,france4 ,les monuments levs sur le sol du nord de l',italie et dont la date carlovingienne ne saurait tre discute1 ont un caractre barbare1 comme structure1 que l'on ne retrouve pas dans ,saint-,ambroise de ,milan4 ,toutefois1 nous le rptons1 nous croyons bien1 comme ,m4 de ,dartein1 que la disposition du plan appartient au ,i,xe sicle1 ainsi qu'une partie des constructions infrieures1 l'autel1 etc4 ,note #bbd3 ,en #ahde1 ,m4 ,vitet crivait ceci3 ,que tous ceux qui ces questions inspirent un srieux intrt cessent de s'vertuer prouver1 les uns que l'ogive nous est venue d',orient1 les autres qu'elle est indigne3 querelles vides et oiseuses6 ,qu'ils cherchent par qui a t mis en oeuvre le systme ogive2 pourquoi l'influence de ce systme a t si grande et si universelle1 comment pendant trois sicles il a pu exercer sur une moiti de l',europe une absolue souverainet2 qu'ils cherchent enfin si la naissance et les progrs de ce systme ne sont pas insparablement lis la grande rgnration des socits modernes1 dont le ,x,i,ie sicle voit clore les premiers germes444 ,les rvolutions architecturales ainsi envisages ne se confondent plus avec ces fantaisies futiles et phmres qui font prfrer telle toffe telle autre pendant un certain temps2 elles sont de srieuses1 de vritables rvolutions1 elles expriment des ides4 7,monographie de ,notre-,dame de ,noyon1 p4 #acj47 ,note #bbe3 ,voyez ,,construction1 fig4 #ai1 la coupe de ce porche4 ,voyez ,,porche et ,,ogive1 fig4 #c1 #d et #e4 ,note #bbf3 ,voyez la coupe4 ,note #bbg3 ,la construction de l'glise de ,nesle 7,seine-et-,oise7 date de #aage environ4 ,cet difice est contemporain de la cathdrale de ,senlis1 de l'glise abbatiale et de ,saint-,leu d',esserent4 ,note #bbh3 ,voyez ,,chelle4 ,note #bbi3 ,voyez1 l'article ,,cath,,drale1 une trave de ,notre-,dame de ,paris1 fig4 #d4 ,note #bcj3 ,voyez le plan de cette glise l'article ,,cath,,drale1 fig4 #f1 et sa coupe1 ,,proportion1 fig4 #g4 ,note #bca3 ,voyez ,,cath,,drale1 fig4 #ce4 ,note #bcb3 ,voyez ,,cath,,drale1 fig4 #dd et #de1 le plan et la coupe transversale de la cathdrale de ,poitiers4 ,note #bcc3 ,voyez son plan1 ,,cath,,drale1 fig4 #dd4 ,note #bcd3 ,une disposition analogue existe dans la nef de l'glise abbatiale de ,sainte-,radegonde1 ,poitiers1 et existait1 au ,x,i,ie sicle1 dans la nef de la cathdrale de ,bordeaux4 ,note #bce3 ,en ,a est trac le plan de la pile1 avec le chemin de ronde au niveau a4 ,note #bcf3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ce2 ,,cath,,drale1 fig4 #ai et #bj4 ,note #bcg3 ,notre figure1 cause du manque d'espace1 et pour conserver la mme chelle que celle des prcdentes 7#j1jje pour mtre71 divise la trave en deux parties4 ,la partie ,b surmontant1 en excution1 la partie ,a4 ,note #bch3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #cf4 ,note #bci3 ,trave des parties parallles du choeur4 ,note #bdj3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #fb4 ,,tr,,fle1 s4 m4 ,nom que l'on donne un membre d'architecture de forme gomtrique1 obtenu au moyen de trois cercles dont les centres sont placs aux sommets des angles d'un triangle quilatral4 ,on dit aussi trilobe 7fig4 #a74 dater de la fin du ,x,i,ie sicle jusqu'au ,x,v,ie1 on s'est beaucoup servi de cette figure dans la composition des meneaux1 des roses1 des arcatures1 et en gnral des claires-voies4 ,quelquefois les points de rencontre des cercles sont termins par un ornement feuillu ,a1 par une tte humaine ou d'animal4 ,il arrive souvent qu'un trfle inscrit trois autres trfles1 ainsi que l'indique le trac ,b4 7,voy4 ,,balustrade1 ,,fen,,tre1 ,,meneau1 ,,rose47 ,quelques auteurs ont voulu voir dans cette figure un symbole4 ,rien ne vient appuyer cette opinion4 ,le trfle rsultait tout naturellement de l'emploi1 trs-frquent1 du triangle quilatral1 dans l'architecture du moyen ge1 comme figure gnratrice 7voy4 ,,proportion74 ,il avait l'avantage1 pour les claires-voies des meneaux1 par exemple1 de pouvoir inscrire facilement dans un arc en tiers-point ab des figures engendres par le triangle quilatral4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,,treillage1 s4 m4 ,claire-voie compose de lattes ou de bois lgers runis1 pendant le moyen ge1 par des pointes ou de petites chevilles de bois2 puis1 vers la fin du ,x,ve sicle1 par du fil de fer4 ,dj1 vers la fin du ,x,i,ie sicle1 des treilles taient tablies dans les jardins privs1 et1 sous saint ,louis1 ce mode de former des berceaux avec de la vigne tait fort rpandu4 cette poque1 les treilles du jardin du ,palais1 sur l'emplacement de la place ,dauphine actuelle1 taient en grande rputation4 ,les treillages consistaient habituellement alors1 si l'on s'en rapporte aux vignettes des manuscrits1 en des bois souples croiss1 retenus par des pointes ou des liens d'osier quelquefois entrelacs4 ,la mode des architectures en treillages ne parat pas remonter au del du commencement du ,x,v,ie sicle4 ,c'tait une importation italienne1 et non point une des plus heureuses4 ,,treillis1 s4 m4 ,clture de fentre de fer lger1 mais trs-serre2 sorte de grillage 7voy4 ce mot71 mais capable d'opposer une rsistance srieuse4 ,il est souvent question1 dans les romans des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 de fentres ainsi treillisses au dehors d'une manire permanente 7voy4 ,,grille74 ,on donnait aussi le nom de treillis des grilles en faon de chevaux de frise1 pour dfendre la contrescarpe des fosss des chteaux4 ,tout l'environ de ,plessis1 il fist faire 7,louis ,,xi7 un treillis de gros barreaux de fer1 et planter dedans la muraille des broches de fer1 ayant plusieurs poinctes1 comme l'entre par o l'on eu pu entrer aux fosss dudit ,plessis#bda4 ,,tr,,sor1 s4 m4 ,pice rserve1 ct des glises abbatiales et cathdrales1 aussi dans les chteaux1 pour renfermer les objets les plus prcieux2 tels que vases sacrs1 reliquaires1 pices d'orfvrerie1 puis encore les chartes1 les titres1 etc4 ,la cathdrale de ,paris avait son trsor au-dessus de la sacristie 7voy4 ,,sacristie1 ,,palais74 ,la sainte ,chapelle du ,palais1 ,paris1 possdait galement un joli difice annexe1 qui contenait les sacristies et le trsor des chartes4 ,de mme1 la chapelle du chteau de ,vincennes 7voy4 ,,chapelle74 ,souvent aussi les trsors des glises taient pratiqus dans l'intrieur mme de l'difice4 ,on voit encore la cathdrale de ,reims1 dans le bas ct du bras de croix septentrional1 le trsor entresol1 grill1 qui renfermait les beaux objets que possdait le chapitre de cette glise4 la cathdrale de ,rouen1 dans celle d'vreux1 le trsor n'tait qu'une chapelle grille4 ,sens1 ,troyes1 les trsors des cathdrales sont annexs l'glise1 au ct mridional du choeur1 et l'on y accde par des escaliers donnant dans le collatral4 ,dans les chteaux1 les trsors des chartes taient placs dans le donjon1 ceux de la vaisselle dans une tour1 proche de la grand'salle1 et celui de la chapelle ct ou au-dessus de la sacristie4 ,ces trsors1 habituellement vots et ainsi l'abri des incendies1 n'taient clairs que par des fentres leves au-dessus du sol et soigneusement grilles4 ,leurs portes taient de fer et doubles1 ou tout au moins munies de deux serrures4 ,on voit encore1 dans l'htel de ,jacques ,coeur1 ,bourges1 la pice qui servait de trsor4 ,l'habitude de disposer1 dans les chteaux ou htels1 des pices spcialement affectes la conservation des trsors1 et particulirement des archives1 ne parat gure remonter1 chez les seigneurs laques1 au del de ,philippe-,auguste4 ,jusqu'alors il tait d'usage1 parmi les nobles1 d'emporter partout avec soi les titres prcieux et la plupart des objets prcieux que l'on possdait4 ,c'tait une habitude mrovingienne que l'on trouve rpandue chez tous les peuples de race indo-europenne4 ,le chef ne se fiait qu' lui seul pour garder son bien et sa famille1 et pendant l'poque romaine on voit que les armes de barbares ne marchent qu'accompagnes des lourds chariots qui portent les vieillards1 les femmes1 les enfants et les dpouilles amasses la guerre4 ,pendant la campagne de #aaid1 contre ,richard1 le bagage de ,philippe-,auguste tomba dans une embuscade tendue prs de ,frteval1 en ,vendmois1 par le roi d',angleterre1 qui mit ainsi la main1 non-seulement sur la vaisselle et les joyaux de son rival1 mais aussi sur les registres de cens1 de taille1 de servage1 bref1 le chartrier complet de ,france1 que les rois avaient coutume de porter avec eux dans tous leurs voyages4 ,ce fut1 disent les chroniques de ,saint-,denis1 une rude tche que de rparer cette perte et de rtablir toute chose en lgitime tat#bdb4 ,ce fut dater de cet vnement que les rois franais dposrent les registres d'tat dans une rsidence fixe4 ,le chartrier de ,france1 plac d'abord au ,temple1 fut transfr partie dans la grosse tour du ,louvre1 partie dans le trsor de la sainte ,chapelle1 dont nous avons parl ci-dessus4 ,note #bda3 ,mmoires de ,philippe de ,commines1 liv4 ,,vi1 chap4 ,,vii4 ,,tribune1 s4 f4 7du lat4 tribuna74 ,partie principale des difices sacrs1 suivant les acadmiciens de la ,crusca4 ,en effet1 dans les basiliques chrtiennes primitives1 la tribune est l'hmicycle qui forme l'abside1 o se tenait l'vque ou l'abb entour de son clerg 7voy4 ,,choeur1 ,,transsept71 en souvenir de la place qu'occupait1 dans la basilique romaine antique1 le prteur4 ,des pres de l'glise donnent parfois le nom de tribunal l'un des ambons placs des deux cts du choeur1 notamment celui du haut duquel on lisait l'vangile aux fidles assembls dans les nefs#bdc4 ,le dessus des jubs1 d'o on lisait galement l'vangile et d'o l'on instruisait les fidles1 prit ds lors le nom de tribune4 ,par extension2 on donna le nom de tribune1 dans l'glise1 toute partie leve au-dessus du sol1 soit sur des colonnes et des arcs1 soit sur des encorbellements#bdd4 ,c'est ainsi que ces difices religieux eurent leurs tribunes du jub1 des orgues1 de l'horloge1 du trsor2 parfois aussi des tribunes particulires rserves quelques fidles privilgis1 de grands personnages1 aux familles des fondateurs1 etc4 ,on monte ces loges1 releves au-dessus du pav1 par des escaliers donnant1 soit dans l'glise1 soit dans des btiments voisins1 quand elles sont prives1 c'est--dire rserves certains personnages4 ,les tribunes taient encore un moyen d'augmenter les surfaces donnes aux fidles dans de petites glises4 ,nous n'avons nous occuper ici que des tribunes comprises comme annexes intrieures et leves des glises1 non comme sanctuaires1 ambons ou jubs 7voy4 ,,jub1 ,,choeur74 ,or1 l'usage des tribunes remonte assez loin4 ,galbert raconte comment1 en #aabg1 ,charles le ,bon fut assassin dans la tribune o il tait mont pour prier avec ,thancmar1 chtelain de ,bourbourg2 tribune pratique dans l'glise de ,saint-,donatien1 ,bruges4 ,les corps de ces deux personnages ayant t transports dans le choeur par les religieux pour tre inhums1 le parti qui avait fait consommer le meurtre rsolut de les enlever3 ,la nuit suivante1 le prvt ordonna de munir d'armes l'glise et de garnir de sentinelles la tribune 7solarium7 et la tour1 afin qu'il pt s'y retirer avec les siens en cas d'attaque de la part des citoyens4 ,d'aprs l'ordre du prvt1 des chevaliers entrrent arms cette nuit dans la tribune de l'glise#bde444 ,ces misrables 7les partisans7 ne pouvant s'emparer des lieux infrieurs de l'glise1 avaient encombr de bois et de pierres l'escalier qui menait la tribune1 en sorte que personne ne pouvait y monter et qu'eux-mmes ne pouvaient descendre1 et ils cherchrent seulement se dfendre du haut de la tribune et de la tour4 ,ils avaient tabli leurs repaires et leur demeure entre les colonnes de la tribune1 avec des tas de coffres et de bancs1 d'o ils jetaient des pierres1 du plomb1 et toutes sortes de choses pesantes sur ceux qui attaquaient444 ,enfin1 les chanoines de l'glise1 montant du choeur dans la tribune1 par des chelles#bdf444 ,ces curieux passages font connatre que la tribune en question tait place sous une tour de l'glise1 qu'elle avait un escalier communiquant avec les logis extrieurs1 et qu'elle tait voisine du choeur4 ,c'tait une pice de premier tage1 s'ouvrant sur l'glise par des arcatures claire-voie1 comme le sont les galeries suprieures des collatraux de nos glises des ,x,ie et ,x,i,ie sicles4 ,si cette pice servait de tribune1 c'est--dire d'oratoire lev au-dessus du sol de l'glise1 elle n'avait point la forme tout exceptionnelle que nous attachons aujourd'hui cette partie de l'difice religieux4 ,on voit une tribune d'un caractre bien franc et d'une poque assez ancienne 7#aacj environ7 dans le narthex de l'glise abbatiale de ,vzelay#bdg4 ,nous en trouvons une autre dans la petite glise de ,montral 7,yonne71 qui est adosse la faade et regarde le choeur1 dont les dispositions sont trs-remarquables4 ,la figure #a prsente en ,a le plan de cette tribune1 et en ,b la coupe faite sur ab4 ,on monte cette tribune par deux escaliers donnant dans les collatraux1 et pris aux dpens de pierre l'paisseur du mur de face4 ,entirement construite en belles dalles de dure1 elle repose sur une colonne jumele monolithe et quatre grandes consoles composes de longues pierres en encorbellement4 ,l'arrangement de la colonne avec un cul-de-lampe et des corbeaux est extrmement intressant1 comme construction1 en ce qu'il se combine avec le trumeau de la porte#bdh4 ,une table d'autel porte sur la balustrade pleine et sur une seule colonne jumele1 est place dans l'axe de la tribune1 en ,c4 ,les queues des claveaux ,d d'archivolte de la porte et le tympan ,e dgagent naturellement1 en s'abaissant1 les portes d'entre ,p de la tribune4 ,une rose1 d'un excellent style1 s'ouvre en ,g1 au-dessous des votes de la nef4 ,la figure #b donne la vue perspective de cette tribune1 prise de la nef4 ,cet ouvrage a t conu et lev en mme temps que la faade1 qui date de la fin du ,x,i,ie sicle1 puisque la construction des encorbellements se relie intimement cette faade1 et que les deux escaliers ont t rservs dans le mur en le btissant4 ,l'glise de ,montral est petite1 et est termine par un sanctuaire carr avec un transsept et deux petites chapelles1 galement sur plan carr1 orientes4 ,la tribune1 qui peut contenir facilement vingt vingt-cinq personnes1 ajoutait donc sa surface4 ,peut-tre tait-elle rserve au seigneur1 car l'glise tait attenante un chteau dont il ne reste plus traces4 ,la position du petit autel ,c le ferait croire4 ,cette tribune pouvait ainsi servir de chapelle prive4 ,construite en magnifiques matriaux taills avec une puret remarquable1 cette glise1 et sa tribune 7si rare71 est1 entre les monuments de la ,bourgogne1 un de ceux qui prsentent le plus d'intrt4 ,tout le monde connat la tribune de la cathdrale de ,paris1 qui1 l'intrieur1 s'lve sous la grande rose occidentale1 entre les deux tours1 et dont l'arc sert d'trsillonnement la base de ces tours4 ,cette tribune1 construite en mme temps que la partie infrieure de la faade1 et qui date1 par consquent1 de #abaj environ1 sert aujourd'hui porter le buffet des grandes orgues4 ,elle se compose seulement d'un arc qui franchit toute la largeur du vaisseau central1 et d'une vote en arcs d'ogive4 ,en largeur1 elle occupe la moiti de l'paisseur des tours et met en communication les belles salles votes du premier tage de ces deux clochers1 par de larges arcades4 ,deux autres arcades semblables1 s'ouvrant dans ces salles1 donnent directement sur la nef4 ,nous ne parlerons pas ici des salles de premier tage1 des porches ou clochers poss dans l'axe des nefs principales1 et qui1 s'ouvrant sur ces nefs1 sont de vritables tribunes1 parce que nous avons l'occasion ailleurs de signaler ces dispositions#bdi4 ,au ,x,i,ve sicle1 on leva1 dans l'intrieur de la cathdrale de ,laon1 trois tribunes sous les pignons de la faade occidentale et des deux bras de croix1 pour trsillonner les piliers des six tours qui flanquent ces pignons4 ,ces trois tribunes n'ont donc point une destination dfinie1 c'est un moyen de consolidation utilis4 ,elles consistent simplement en un arc bomb1 avec vote en arcs d'ogive bande entre les piliers de la premire trave4 ,pendant la seconde moiti du ,x,ve sicle1 une tribune fut leve entre la premire trave de la nef de la cathdrale d',autun#bej4 ,cette tribune1 destine porter un buffet d'orgues1 est dispose sur un plan original1 ainsi que le montre la figure #c1 en ,a4 ,elle occupe un trapze abcd1 dont les angles b1 c1 sont contre-buts par les arcs bf1 ce4 ,la vote1 avec arcs ogives1 tiercelets1 liernes1 etc41 est complique et assez plate4 ,c'est une construction bien conue1 si l'on a gard aux dispositions des piliers anciens que l'on prtendait ne pas modifier4 ,on arrive au sol de la tribune par deux escaliers vis anciens1 qui1 primitivement1 donnaient accs une sorte de loge extrieure1 qui1 vers la fin du ,x,i,ie sicle1 fut remplace par un beau porche#bea4 ,la vue perspective de cette tribune en fait saisir la construction et le caractre4 ,en ,b1 est un des deux arcs-boutants qui maintiennent la pousse de la vote1 dont l'arc de tte bc est port sur les deux clefs de jonction oblique b et c4 ,il y a l une combinaison trs-simple dans son principe1 dont on pourrait tirer un excellent parti4 ,les redents et poinons avec liens courbes n'ajoutent rien la solidit1 et ne sont pas du meilleur style1 appliqus une construction de pierre4 ,indpendamment de ces tribunes ouvertes1 faites pour recevoir des chanteurs1 des jeux d'orgues1 ou un public privilgi1 on pratiquait parfois1 dans les glises abbatiales ou paroissiales1 et surtout dans les chapelles de chteaux1 de petites tribunes fermes1 destines certains personnages4 ,cet usage devint frquent pendant le ,x,ve sicle4 ,les abbs ne descendaient plus au choeur et avaient leur tribune4 ,les seigneurs avaient aussi leur tribune spciale1 soit dans l'glise paroissiale1 soit dans leur propre chapelle4 ,voici 7fig4 #d7 une de ces petites tribunes closes1 pratique dans le mur de face du bas ct de l'glise abbatiale de ,montivilliers 7,seine-,infrieure74 ,cette glise est romane2 mais1 au ,x,ve sicle1 on rtablit un bas ct1 dans le mur duquel est mnage une tribune#beb4 ,en ,a1 est trac le plan de la tribune avec l'escalier qui y conduit1 et en ,b l'lvation sur le collatral4 ,ces claires-voies taient garnies intrieurement de courtines1 afin que les assistants aux crmonies pussent voir dans l'glise sans tre vus4 ,le service des tribunes prenait parfois1 dans les chapelles de chteaux1 une grande importance#bec4 ,l'une tait dispose pour le seigneur et les siens1 d'autres pour les habitants du chteau1 pour les familiers4 ,la garnison et tout le service se tenaient sur le pav1 rez-de-chausse4 ,il arrivait souvent mme que ces tribunes taient faites de bois4 ,les grand'salles des chteaux possdaient galement de ces sortes de tribunes de menuiserie peinte et dcore d'toffes4 ,on y plaait les musiciens les jours de fte et de banquets1 les femmes1 ou des personnes trangres auxquelles on voulait faire honneur les jours de plaids4 ,ces sortes de tribunes taient leves dans un angle de la salle1 et l'on y arrivait par des escaliers extrieurs4 ,dans les glises1 on suspendait aussi des tribunes de bois pour recevoir des orgues1 des choeurs ou des personnes privilgies4 la cathdrale de ,reims1 on voit encore les restes d'une de ces sortes de tribunes accole au pignon nord du transsept1 et qui date du ,x,ve sicle4 ,au-dessus de la porte d'entre principale de la cathdrale d',amiens1 il existe galement une tribune de bois1 dont la construction remonte #aejj environ1 et qui porte sur une ferme arme1 masque derrire trois arcs en menuiserie4 ,l'glise de ,saint-,andoche1 de ,saulieu 7,cte-d',or71 possde encore une jolie tribune de bois de la fin du ,x,ve sicle1 au-dessus de la porte centrale4 ,la figure #e en donne l'lvation perspective1 prise de l'intrieur de la nef4 ,en ,a1 est trac le systme de construction de ces tribunes de charpente et menuiserie4 ,l'entrait ,b est entaill mi-bois pour laisser passer le poinon ,c1 qui s'lve jusqu' la longrine ,d et reoit les deux arbaltriers ,e4 ,les liens ,g soulagent les parties intermdiaires de l'entrait1 le pied de ces liens reposant sur les murs latraux en ,i et venant s'assembler l'extrmit infrieure du poinon ,c rendu fixe par les deux arbaltriers ,e4 ,une doublure dcore masque l'entrait1 et la balustrade de menuiserie fixe de ,b en ,d sur cette doublure et sur la longrine ,d roidit tout le systme4 ,le solivage repose sur une lambourde fixe derrire l'entrait4 ,c'est un systme analogue qui est appliqu la cathdrale d',amiens1 quoique la porte soit beaucoup plus grande#bed4 ,la forme de charpente1 formant le devant de la tribune1 est divise en trois traves 7voyez en ,p74 ,de mme les poinons ,f sont entaills mi-bois dans l'entrait ,h4 ,le trapze ,,klmn maintient la tte de ces poinons qui reoivent les pieds des liens ,o4 ,les assemblages des arbaltriers sont maintenus dans l'entrait par des triers boulonns et par les deux contre-fiches ,k1 ,n4 ,une triple arcature en menuiserie1 qui parat suspendue1 masque les poinons1 les liens1 et contribue encore donner du roide tout l'ensemble4 ,ces arcatures retombant sur des culs-de-lampe en l'air ne sont donc pas un vain ornement1 mais sont la vritable dcoration de la structure en charpente4 ,on levait aussi des tribunes sur les places pendant les ftes publiques1 pour y placer des choristes et des acteurs qui rcitaient des mystres devant la foule4 ,pendant les tournois1 des tribunes de charpente recouvertes d'toffes et d'cus armoys taient construites sur l'un des cts de la lice et servaient d'abri aux seigneurs et aux dames4 ,mais ces ouvrages provisoires sortent du domaine de l'architecture4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,note #bdb3 ,chronique de ,saint-,denis 7,histoire de ,france de ,m4 ,henri ,martin1 t4 ,,iii1 p4 #eea74 ,note #bdc3 ,encore en #aebg1 au concile de ,lyon3 ,evangelium alta voce in tribuna et capella crucis more solito444 dixit et evangelizavit4 ,note #bdd3 ,en latin solarium4 ,note #bde3 ,galbert1 ,vie de ,charles le ,bon1 chap4 ,,iii1 trad4 de ,m4 ,guizot4 ,note #bdf3 ,id41 ibid4 chap4 ,,xiv4 ,note #bdg3 ,voyez ,,porche1 fig4 #d4 ,note #bdh3 ,voyez ,,porte1 fig4 #fc et #fd4 ,note #bdi3 ,voyez ,,clocher1 ,,porche4 ,note #bej3 ,la construction de la cathdrale d',autun remonte au ,x,i,ie sicle 7voyez ,,cath,,drale1 fig4 #bg74 ,note #bea3 ,voyez ,,porche1 fig4 #ab et #ac4 ,note #beb3 ,ces dtails nous ont t fournis par ,m4 ,pratel1 architecte au ,havre4 ,note #bec3 ,la chapelle royale de ,vincennes possde une belle tribune sous la rose occidentale1 qui consiste en un arc en tiers-point avec vote d'arte franchissant la largeur du vaisseau4 ,note #bed3 ,la porte de la tribune de l'glise ,saint-,andoche de ,saulieu n'est que de #em1#fe2 celle de la cathdrale d',amiens est de #ad mtres4 ,,triforium1 s4 m4 ,mot en usage dans la basse latinit 7form du grec71 introduit dans le vocabulaire de l'architecture par les archologues anglais1 et qui s'applique aux galeries pourtournant intrieurement les glises1 au-dessus des archivoltes des collatraux#bee4 ,le triforium occupe toute la largeur du collatral1 ou n'est qu'une troite galerie de service adosse aux combles des bas cts4 ,la plupart de nos grandes glises du ,nord possdent un triforium1 qui n'est qu'une tradition de la galerie 7ambulatoire7 de premier tage de la basilique romaine4 ,quand le triforium prend toute la largeur du collatral1 il est vot dater du commencement du ,x,i,ie sicle1 et1 ds l'origine1 sa fonction est dtermine plus encore par une ncessit de stabilit que par les besoins du service de l'glise4 ,tant que les nefs des glises taient couvertes par des charpentes apparentes1 l'instar de la basilique romaine1 si l'architecte levait une galerie de premier tage1 comme ,saint-,rmi de ,reims1 par exemple#bef1 il ne pouvait gure songer la voter2 il se contentait de bander un arc-doubleau au droit de chaque pile1 arc-doubleau qui recevait le solivage inclin portant la couverture en appentis1 qui tayait les grands murs de la nef1 mais qui ne pouvait exercer sur ces murs une pousse que la charge des parties suprieures ne pt neutraliser4 ,ce fut tout autre chose quand on prtendit remplacer les charpentes apparentes par des votes1 et par des votes en berceau4 ,ces votes s'affaissrent bientt entre les murs dverss sous l'action de leur pression oblique2 il fallut penser maintenir ces murs dans leur plan vertical4 ,c'est alors qu'on eut l'ide de jeter longitudinalement sur les galeries de premier tage un demi-berceau ou arc-boutant continu1 pour contre-buter la pousse du berceau central4 ,ds la fin du ,x,ie sicle1 l'cole auvergnate arrivait ce rsultat1 dont on peut encore constater l'efficacit1 si l'on visite les glises d',issoire1 de ,saint-,nectaire1 de ,notre-,dame du ,port ,clermont1 de ,saint-,etienne de ,nevers1 et mme de ,saint-,sernin de ,toulouse4 ,les arcs-doubleaux des galeries primitives 7voyez la figure #a de l'article ,,trav,e7 taient conservs1 et le solivage de bois inclin tait remplac par ce demi-berceau sur lequel on posait cru la couverture de tuiles ou de dalles4 ,la figure #a explique cette modification dans les procds primitifs4 ,en ,a1 on voit encore la trave de la galerie avec ses arcs-doubleaux au droit des piles1 et son solivage portant la couverture2 en ,b1 le solivage est remplac par un demi-berceau contre-butant la pousse continue du berceau central ,c4 ,n'oublions pas1 d'ailleurs1 qu'avant de se dcider jeter des votes sur les hautes nefs1 on avait commenc par se contenter d'arcs-doubleaux portant1 en partie1 la charpente et la couverture#beg4 ,dans les provinces o l'on osa tout d'abord supprimer les charpentes pour leur substituer des berceaux entre chaque arc-doubleau de la nef1 il tait naturel de remplacer de mme les lambris des combles en appentis des galeries par des demi-berceaux4 ,mais ce nouveau systme de structure obstruait les fentres hautes1 perces autrefois sous les charpentes des nefs centrales4 ,aussi ces glises d',auvergne dont nous parlons1 n'en ont-elles point1 tandis que de petites baies clairent le triforium4 ,les berceaux des hautes nefs ne furent pas tout d'abord bands1 concentriques aux arcs-doubleaux4 ,on voit que dans les nefs couvertes par des charpentes1 pendant le ,x,ie sicle1 l'arc-doubleau portait un pignon avec claire-voie1 sur les pentes duquel s'appuyait le solivage du comble#beh4 ,on laissa donc l'arc-doubleau sa place1 ainsi qu'on le voit en ,p 7fig4 #a7bei1 en jetant le berceau en ,d la place du lambris4 ,le demi-berceau ,e du triforium venait contre-buter le berceau central1 tandis que l'arc-doubleau ,g contre-butait l'arc de la nef ,h4 ,la claire-voie du triforium s'ouvrait alors en ,i4 ,cependant on ne gagnait rien laisser les arcs-doubleaux de la nef centrale au-dessous du berceau1 ce n'tait l qu'une tradition d'une disposition antrieure des difices couverts par des charpentes apparentes2 on releva donc ces arcs-doubleaux1 de manire rendre leur extrados concentrique au berceau1 ainsi qu'on le voit en ,m#bfj4 ,la figure #b prsente l'aspect perspectif du triforium de la nef de l'glise d',issoire4 ,dans cette nef1 qui date des dernires annes du ,x,ie sicle1 les traves sont doubles1 c'est--dire que les colonnes engages ,a et les arcs-doubleaux ,b n'existent que de deux en deux piles2 la pile ,c tant seulement destine recevoir les arcs-doubleaux et retombes des votes des collatraux4 ,mais on voit en ,d un arc-doubleau de galerie comme il en existe un au droit des piles ,a4 ,en ,e1 est la naissance du berceau continu de la nef haute1 et1 travers l'arcature du triforium en ,g1 on aperoit le demi-berceau qui contre-bute cette vote centrale4 ,mme disposition ,notre-,dame du ,port1 ,saint-tienne de ,nevers4 ,dans ces difices1 le triforium a exactement le caractre qui convient sa destination4 ,le mur de la nef est ajour pour permettre de profiter de cette galerie ncessaire la stabilit du monument1 et qui donne un peu de lumire aux votes hautes de l'glise4 ,si ce parti tait convenable pour des nefs d'une dimension mdiocre1--les fentres basses des collatraux donnant alors assez de lumire1 cause du peu de largeur du vaisseau1--il tait inadmissible dans la construction d'une grande glise1 telle que ,saint-,sernin de ,toulouse1 pourvue de doubles collatraux2 car1 dans ce dernier cas1 la nef centrale et t laisse dans l'obscurit4 ,ne pouvant ouvrir des fentres sous les naissances des berceaux1 fallait-il au moins que celles des galeries fussent assez hautes et assez larges pour clairer cette nef centrale travers l'arcature du triforium2 aussi1 dans ce dernier difice1 le triforium prend-il une tout autre importance qu' ,issoire et ,notre-,dame du ,port4 ,on en jugera par le gomtral que nous donnons ici 7fig #c74 ,en ,a1 est trac le plan de cette galerie avec une pile d'angle ,b2 car le triforium de l'glise ,saint-,sernin se retourne aux extrmits du transsept4 ,de larges fentres ,c clairent et la galerie et le milieu du vaisseau4 ,le demi-berceau avec arcs-doubleaux1 qui nat au-dessus de ces fentres1 contre-bute la vote centrale en berceau1 renforce d'arcs-doubleaux4 ,c'est le systme adopt dans les glises auvergnates1 mais plus dvelopp#bfa4 ,le dveloppement du triforium dans l'glise de ,saint-,sernin de ,toulouse ne permettait pas cependant d'ouvrir des jours directs dans la nef4 ,sous le climat du ,midi1 ce moyen pouvait suffire2 mais1 sous le ciel brumeux du ,nord1 la lumire transmise par ces seconds jours n'clairait qu' peine les nefs hautes3 il fallait que des fentres s'ouvrissent directement sur ces nefs au-dessus du triforium4 ,aussi1 dans les provinces situes au nord de la ,loire1 on ne cessa point de pratiquer des ouvertures directes sous les charpentes1 et1 quand on renona aux charpentes1 sous les votes qui durent les remplacer4 ,ce fut une des causes qui empchrent les architectes du ,nord d'adopter la vote en berceau 7voy4 ,,vo,,te71 et qui les contraignirent chercher des combinaisons de votes d'arte4 ,les tympans sous les formerets des votes permettaient1 en effet1 d'ouvrir des baies dans la hauteur mme de ces votes4 ,toutefois on ne renonait point au triforium vot1 qui tait regard comme un moyen propre maintenir les murs des hautes nefs dans le plan vertical1 et contre-buter les votes qui les surmontaient4 ,plusieurs glises de l'poque de transition nous montrent les diverses tentatives faites en ce sens par les matres des provinces franaises du ,nord4 ,nous citerons en premire ligne l'glise abbatiale de ,saint-,germer 7,oise71 dont la construction remonte la moiti du ,x,i,ie sicle#bfb4 ,les traves du choeur de cette glise possdent1 au-dessus du collatral1 un triforium vot la romaine1 sans arcs ogives4 ,cette galerie s'ouvre sur l'glise par une arcature1 et le comble qui la surmonte recouvre des arcs-boutants destins maintenir la pousse des votes hautes4 ,la coupe 7fig4 #d7 faite sur cette galerie explique le systme de structure adopt4 ,les demi-pignons ,,ab qui s'lvent sur les arcs-boutants servaient aussi porter la couverture1 qui se composait d'un solivage avec demi-fermes dans les parties circulaires4 ,des baies ,c sont perces sous ce comble en appentis1 et donnent dans l'glise1 au-dessous d'un troit passage de service mnag en ,d1 afin de faciliter l'entretien des verrires des fentres suprieures ,f4 ,la figure #e donne l'lvation intrieure de ce triforium1 avec les fentres quadrangulaires ,e du comble et le passage de service ,g#bfc4 ,en ,h1 est trace une des traves parallles du choeur1 et en ,l une des traves du rond-point1 dveloppe sur plan rectiligne4 ,on observera que la claire-voie colonnes jumelles repose sur un bahut 7voy4 la coupe fig4 #d74 ,ce bahut empchait les personnes qui occupaient la galerie de plonger leurs regards dans l'glise1 moins de se mettre plat-ventre sur ce mur d'appui4 ,les architectes des cathdrales de ,noyon1 de ,senlis1 de ,soissons1 de ,paris1 des glises de ,mantes1 du choeur de l'abbatiale de ,saint-,rmi de ,reims1 de celui de l'abbaye d',eu1 etc41 renoncrent ce mur d'appui1 et firent porter les bases des colonnes de la claire-voie directement sur le sol de la galerie4 ,des balustrades de bois ou de fer1 places entre ces colonnes1 permirent alors aux assistants1 dans les tribunes1 de voir le pav de l'glise4 ,le parti mi-roman1 mi-gothique1 adopt ,saint-,germer1 conserve les fentres hautes ,m 7fig4 #e7 de la basilique primitive1 grce l'application du systme de votes d'arte en arcs d'ogive1 tout nouveau alors#bfd4 ,cependant ces fentres suprieures1 trs-leves au-dessus du pav de l'glise1 n'clairaient gure que les votes2 les fentres perces dans le mur du triforium 7voy4 la coupe en ,p7 taient trop loignes de la claire-voie pour pouvoir donner de la lumire l'intrieur du vaisseau sur le sol2 d'autant que ce triforium est bas1 profond et que le bahut fait cran4 ,l'architecte du choeur de ,notre-,dame de ,paris adopta rsolment un autre parti2 comme nous venons de le dire1 il supprima le bahut et leva la vote du triforium4 ,le matre qui1 peu aprs1 vers #aaie1 construisit la nef de la mme glise1 amliora encore1 au point de vue de l'introduction de la lumire dans la partie centrale du vaisseau1 les dispositions prises par son devancier4 ,il construisit les votes du triforium transversalement rampantes1 afin de dmasquer compltement les fentres de cette galerie pour le public qui se tenait sur le pav de la nef4 l'article ,,cath,,drale 7fig4 #b1 #c et #d71 nous rendons compte de cette disposition1 assez clairement pour qu'il ne soit pas ncessaire d'y revenir ici4 ,notre-,dame de ,paris1 des roses remplacent les fentres rectangulaires1 qui1 dans l'glise de ,saint-,germer1 sont ouvertes dans le mur auquel le comble en appentis est adoss4 ,le passage de service intrieur qui1 ,saint-,germer1 surmonte ces fentres1 n'existe pas ,paris1 mais il existe la cathdrale de ,noyon#bfe2 et l1 comme dans le croisillon semi-circulaire de la cathdrale de ,soissons1 c'est un deuxime triforium1 ou galerie troite avec claire-voie en faon d'arcature1 qui remplace les roses et les fentres rectangulaires#bff4 ,ces larges triforiums vots taient d'une construction dispendieuse et ne pouvaient convenir qu' d'assez grands difices4 ,ils exigeaient1 pour trouver des fentres dans les tympans des votes hautes1 une sur-lvation des murs1 afin d'adosser les combles en appentis qui couvraient les galeries de premier tage4 ,leur utilit ne se faisait sentir que lors des grandes solennits1 et encore les deux ou trois premiers rangs de fidles pouvaient1 de ces galeries1 voir ce qui se passait dans l'glise1 si toutefois1 comme ,notre-,dame de ,paris1 ,mantes1 ,saint-,rmi de ,reims1 les bahuts de pierre taient supprims4 ,pour des glises bties avec plus d'conomie et dans lesquelles il n'y avait pas d'occasion de recevoir un grand concours de fidles1 le triforium vot ne pouvait faire partie du programme4 ,aussi des glises qui datent de la mme poque que celles dsignes ci-dessus1 et qui appartiennent la mme cole d'architectes1 n'en sont-elles pas pourvues4 ,cependant nous retrouvons dans l'le-de-,france une tendance prolonge conserver ce parti4 ,ce n'est plus le triforium vot occupant toute la largeur du collatral1 mais ce n'est pas non plus le triforium laissant une galerie troite1 un passage de service en dedans de l'adossement du comble des bas cts1 comme dans les cathdrales de ,reims1 d',amiens1 de ,bourges et de ,chartres4 ,ce systme intermdiaire est adopt dans l'glise conventuelle de ,saint-,leu d',esserent 7,oise7#bfg4 ,voici 7fig4 #f7 la coupe du triforium de la nef de cette glise4 ,le mur d'adossement du comble ,a du collatral ne s'lve pas assez pour interdire l'ouverture de petites fentres ,b4 dfaut de la vote1 un arc de dcharge ,c reoit la partie suprieure du mur1 et le passage porte en plein sur la vote du collatral4 l'intrieur1 cette disposition prsente l'aspect reproduit en perspective dans la figure #g4 ,comme pour rappeler la vote des grands triforiums1 l'architecte a band l'arc ,d1 qui n'est plus qu'un simulacre1 puisque le vritable arc de dcharge est beaucoup plus bas et simplement bomb 7voy4 la coupe74 ,le triforium ainsi rtrci n'ayant plus besoin d'tre couvert par un comble en appentis1 mais simplement par un dallage ,g 7voy4 la coupe71 on pouvait ouvrir les fentres hautes immdiatement au-dessus de l'arc ,d 7voy4 la fig4 #g71 et mme1 si le constructeur n'avait pas tenu la conservation de cet arc1 il et pu descendre l'appui de la fentre beaucoup plus bas4 ,bien entendu1 ce parti exigeait imprieusement la structure d'arcs-boutants pour maintenir les hautes votes1 car on n'avait plus la ressource des demi-pignons noys sous les combles en appentis du triforium vot1 pour remplir cette fonction1 ainsi que cela avait t pratiqu ,saint-,germer4 ,un autre monument1 contemporain de l'glise de ,saint-,leu d',esserent1 donne la fois le triforium avec votes et le triforium troit clair par des fentres3 c'est la petite glise de ,moret 7,seine-et-,marne74 ,les parties parallles du choeur de cette glise possdaient une galerie de premier tage ou triforium vot au-dessus des ailes2 mais l'abside1 semi-circulaire1 sans collatraux1 possde1 au-dessus d'un rang de fentres basses1 un triforium dont la composition originale nous montre une suite de lunettes ou roses sans meneaux1 entre lesquelles est mnag un passage4 ,la vue perspective 7fig4 #g bis7 explique cette singulire structure4 ,en ,a1 est le triforium projet conformment la mthode de l'le-de-,france1 c'est--dire vot4 ,un degr pos derrire le parement ,b monte au triforium de l'abside1 qui n'est plus qu'un passage traversant les piles et s'ouvrant sur le dehors et sur l'intrieur de l'glise par des roses4 ,on remarquera que ces roses 7voy4 le plan en ,p7 ne sont pas perces normalement la courbe de l'abside1 mais sont biaises de manire tre vues de l'entre du choeur4 ,pntrant un cylindre1 ces oeils n'ont jamais t garnis de meneaux2 leurs vitraux1 qui sont poss dans le cercle extrieur1 ne sont maintenus que par des armatures de fer4 ,les dtails de cette partie de l'glise de ,moret sont du meilleur style des premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,il ne faut point oublier qu' l'glise de ,mantes 7,seine-et-,oise71 il existe un large triforium vot comme celui de la cathdrale de ,paris1 clair par des roses ou oeils circulaires1 et que ce triforium1 au-dessus du collatral de l'abside1 prsente une disposition qui1 bien que conue d'aprs des donnes trs-monumentales1 parat avoir fourni l'ide de la composition de celui de ,moret4 ,le triforium absidal de ,mantes date des dernires annes du ,x,i,ie sicle4 ,soit que l'architecte ait voulu viter les difficults rsultant de la combinaison de votes sur plan annulaire1 soit qu'il ait craint la pousse de ces votes l'extrieur du cylindre 7pousse qui1 ,notre-,dame de ,paris1 est neutralise par une suite d'arcs-boutants assez compliqus1 levs sur le second collatral71 parce qu'il n'avait qu'un bas ct et que la construction tait faite videmment avec parcimonie2 le fait est que cet architecte a vot le triforium absidal de l'glise de ,mantes au moyen d'une suite de berceaux convergents4 ,la coupe 7fig4 #g ter7 explique ce systme de construction2 les colonnes ,a reposent sur l'arc-doubleau infrieur2 elles portent des linteaux de pierre dure1 sur lesquels reposent les berceaux ,b4 ,mais comme ces colonnes sont1 en plan1 poses normalement la courbe du rond-point1 les traves sont plus larges en ,c1 le long de la claire-voie qui s'ouvre extrieurement2 il en rsulte que ces berceaux sont ou rampants1 ou prsentent des surfaces curvilignes gauches4 ,l'architecte de ,notre-,dame de ,mantes parat s'tre arrt cette dernire disposition1 aprs quelques ttonnements2 c'est--dire qu'il a voulu maintenir la section ab des clefs du berceau en tiers-point de niveau ou trs-peu prs4 ,alors la trace ac du berceau n'est pas concentrique la trace bd 7voy4 en ,m74 ,les baies ,f sont des roses4 ,il est clair que l'architecte de l'glise de ,moret n'a fait qu'interprter une petite chelle ce qui avait t fait ,mantes quelques annes avant lui4 ,ces exemples1 ces dductions varies1 montrent combien ces matres cherchaient sans cesse perfectionner ce qu'ils voyaient faire autour d'eux4 ,sans abandonner le principe admis1 et sans imiter platement ce qui semblait prsenter les rsultats les plus satisfaisants1 ils prtendaient au contraire dvelopper ce principe1 en tirer toutes les consquences2 et1 avant tout1 ils savaient qu'un systme de structure doit tre modifi en raison de la dimension des difices4 ,mais1 dans d'autres provinces1 on procdait diffremment3 le triforium n'tait1 ds le ,x,ie sicle1 qu'une claire-voie ouverte dans le mur d'adossement du comble du collatral2 claire-voie laissant pntrer le regard1 de l'intrieur1 sous la charpente4 ,cependant1 l'origine1 ces ouvertures taient plutt des fentres perces de distance en distance dans les tympans d'une arcature aveugle1 qu'une galerie 7voy4 ,,trav,e1 fig4 #b74 ,ce n'est que vers le milieu du ,x,i,ie sicle que l'arcature aveugle1 avec fentres donnant sous les combles des bas cts1 se transforme en claire-voie4 ,le choeur de la cathdrale de ,langres1 qui date de cette poque1 nous fournit un bel exemple de ces arcatures s'ouvrant dans le mur d'adossement de la charpente du collatral4 ,la figure #h donne le gomtral du triforium de la cathdrale de ,langres1 en supposant la trave dveloppe sur un plan droit1 cette abside tant circulaire4 ,en ,a1 est trac le plan4 ,la vote ,b est un cul-de-four en tiers-point dans lequel pntrent les fentres hautes ,c4 ,des colonnettes jumelles#bfh supportent la double arcade qui compose la galerie entre chaque pilier du rond-point4 ,ce parti pouvait tre adopt dans une abside1 l o les traves sont troites4 ,il et t dangereux de faire porter des tympans larges et pais sur une suite de colonnettes4 ,aussi1 dans la nef de la mme glise1 le triforium n'est-il qu'une arcature aveugle perce d'une baie cintre chaque trave4 ,mme systme adopt la cathdrale d',autun1 qui est quelque peu antrieure celle de ,langres4 ,les architectes tenaient cependant occuper l'espace compris entre les archivoltes des collatraux et les fentres hautes par des claires-voies2 les arcatures aveugles ne prsentaient qu'une dcoration plate et sans utilit4 ,le matre auquel on doit la cathdrale de ,sens1 dont la construction prsente des dispositions si intressantes1 eut l'ide1 vers la fin du ,x,i,ie sicle1 d'tablir un triforium d'aprs un principe nouveau alors4 ,afin de bien porter les parties suprieures1 qui se composaient primitivement d'un fenestrage avec haut appui et pile intermdiaire1 il divisa de mme la galerie en deux traves1 avec pile intermdiaire portant sur la clef de l'archivolte du collatral4 ,puis1 dans chacune des traves1 il tablit une arcature jumele reposant sur une colonnette et deux pieds-droits4 ,la figure #i donne en ,a le plan et en ,b l'lvation du triforium de la nef de la cathdrale de ,sens4 ,en ,c1 est la colonne qui porte l'arc-doubleau de recoupement de la vote haute4 ,des fentres refaites1 aprs l'incendie1 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 ont remplac les anciennes baies ,d1 qui taient jumeles comme l'arcature principale du triforium4 ,cette construction1 qui date de #aahj environ1 nous montre un triforium simplement perc dans le mur d'adossement du comble du collatral1 comme l'abside de la cathdrale de ,langres1 sans cloison sparative entre ce comble et la claire-voie4 ,une disposition analogue1 mais avec des formes architectoniques trs-diffrentes1 se retrouve dans une autre province4 la cathdrale d'vreux1 dans la premire trave de la nef1 en partie masque par le buffet d'orgues1 est un reste du triforium du ,x,i,ie sicle1 qui1 perc simplement dans le mur d'adossement du comble de l'ancien bas ct1 aujourd'hui occup par un clocher1 se compose d'une arcature avec tympans reposant sur des pilettes isoles4 ,nous en donnons 7fig4 #aj7 l'lvation et le plan horizontal4 ,ce triforium1 peu prs contemporain de celui de ,sens1 est beaucoup moins bien entendu1 au point de vue de la structure2 car ces arcs1 entrecroiss1 constituent une assez mdiocre dcharge1 et ces tympans-linteaux peuvent tre briss facilement1 ou briser les portes des chapiteaux au moindre mouvement de la construction4 ,cependant cet exemple fait ressortir encore une fois les ressources varies dont ces architectes du ,x,i,ie sicle savaient profiter4 ,c'est l une disposition toute normande1 et que l'on retrouve en ,angleterre1 dans les monuments de cette poque4 ,le triforium1 s'ouvrant directement sous le comble du collatral1 prsentait des inconvnients qu'il est facile d'apprcier4 ,il donnait du froid et de l'humidit dans l'glise1 car les couvertures de tuiles ou d'ardoises1 si bien faites qu'elles soient1 laissent toujours passer l'air extrieur4 ,la vue des charpentes travers ces claires-voies n'tait pas agrable4 ,il tait difficile d'entretenir la propret sous ces combles1 et1 dans les grands vents1 la poussire se rpandait dans l'glise4 ,aussi on ne tarda gure isoler le triforium du comble1 c'est--dire lever entre celui-ci et la claire-voie une cloison de pierre qui formait ainsi mur d'adossement4 ,on l'avait bien tent ,saint-,leu d',esserent1 ainsi que nous l'avons vu1 mais l c'est un moyen terme entre ce dernier parti et celui du triforium vot4 ,la nef de la cathdrale d',amiens parat tre une des premires constructions religieuses dans lesquelles l'architecte ait cherch sparer franchement la galerie du triforium du comble en appentis1 au moyen d'une cloison fixe4 ,voici 7fig4 #aa71 en ,a1 le plan d'une demi-trave de ce triforium#bfi4 ,en ,b1 est le trac de la pile au niveau de la galerie et au niveau du rez-de-chausse2 en ,c1 le contre-fort qui porte la colonne recevant la tte de l'arc-boutant#bgj1 et en ,d la cloison de maonnerie avec arc de dcharge4 ,en ,e est donne l'lvation de ce triforium sur la nef4 ,on aperoit en ,g l'arc de dcharge de la cloison4 ,comme ,sens1 la claire-voie est divise en deux traves1 la pilette ,p portant le meneau central de la fentre et reposant sur la clef de l'archivolte du collatral#bga4 ,en ,h1 est trace1 a une plus grande chelle1 la projection horizontale de la pilette ,p1 avec les tailloirs des chapiteaux1 celle d'une des colonnettes2 et en ,i1 la section du profil de l'arc ,i'4 ,on remarquera que cette galerie tant place une grande hauteur1 et la largeur de la nef ne pouvant donner beaucoup de recule1 les profils horizontaux1 tels que bases et tailloirs1 sont trs-dvelopps en hauteur et peu saillants1 afin de ne pas tre masqus par les projections perspectives#bgb4 ,souvent les chapiteaux des colonnettes de ces triforiums du milieu du ,x,i,i,ie sicle sont trs-bas d'assises et trs-vass1 afin de dvelopper leur corbeille aux yeux des personnes places sur le sol4 ,on trouve un trs-remarquable exemple de ce parti1 adopt en raison de l'effet perspectif1 dans la cathdrale de ,chlons-sur-,marne4 ,notre-,dame d',amiens1 on voit que l'architecte1 proccup de la diminution perspective de son ordonnance de galerie1 en a exagr les proportions1 comme hauteur1 par rapport la largeur4 ,c'est de telles attentions dans la conception des diverses parties d'un difice1 que l'on reconnat les matres4 ,ceux-ci1 en traant le gomtral1 se rendaient videmment compte des dformations produites par la hauteur1 l'loignement et la place relative2 ils obtenaient l'effet voulu sans tre obligs1 comme cela se voit souvent aujourd'hui1 de ttonner et de modifier sur place des portions tout entires des difices1 pour n'obtenir1 aprs ces essais dispendieux1 que des proportions indcises ou des effets incomplets4 ,la coupe du triforium de la nef de la cathdrale d',amiens 7fig4 #ab71 faite sur ab1 montre l'habilet du constructeur4 ,dans cette coupe1 on voit en ,a et ,b les deux arcs concentriques en tiers-point qui forment archivolte de la galerie4 ,en ,c1 est le renfort intrieur au droit des grosses piles1 en ,d un linteau de liaisonnement4 ,l'archivolte ,b nat sur le chapiteau du petit renfort intrieur de la pilette ,p du plan1 et vient pntrer les renforts ,c4 ,en ,e1 est le plafond du triforium faisant chemin de ronde au-dessus du comble ,f des collatraux4 ,en ,g1 la colonne isole qui reoit la tte des arcs-boutants#bgc et qui porte sur le contre-fort ,h4 ,en ,k1 est l'arc de dcharge marqu ,g sur le trac 7fig4 #aa72 en ,i1 la cloison fermant le comble1 et en ,l un arc de dcharge portant cette cloison et laissant sous son intrados passer la vote du bas ct2 ,les grandes fentres suprieures s'ouvrent en ,m immdiatement au-dessus de la galerie#bgd4 ,cependant les murs d'adossement du comble des bas cts1 vus derrire la claire-voie du triforium1 paraissaient nus2 on dcida bientt qu'ils devaient tre ajours1 et1 dans la mme glise 7,notre-,dame d',amiens71 l'architecte qui leva l'oeuvre haute du choeur tablit sur le collatral des combles en pavillon1 afin de pouvoir ouvrir des jours dans les murs de clture du triforium4 ,ces galeries participrent ainsi bientt des fentres suprieures#bge4 ,c'est vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle que ce parti fut adopt dans un grand nombre d'glises du domaine royal1 notamment la cathdrale de ,troyes et l'abbaye de ,saint-,denis1 en grande partie reconstruite sous le rgne de ,louis ,,ix4 ,le triforium de la nef et du choeur de cette dernire glise est trs-remarquable comme composition4 ,nous donnons 7fig4 #ac7 le plan ,a et l'lvation ,b d'une demi-trave de ce triforium4 ,en ,c1 est trace la claire-voie postrieure ,c' du plan1 laquelle reoit le vitrage2 de sorte que l'on aperoit les vitraux de cette claire-voie ,c travers l'arcature antrieure4 ,ici le triforium se relie plus intimement avec les grandes fentres suprieures qu' ,amiens1 au moyen des colonnettes de meneaux ,d4 ,mais les tympans ,t des deux arcatures sont encore pleins1 tandis qu'un peu plus tard1 comme ,notre-,dame de ,paris1 sous les roses du transsept 7#abfj71 dans le choeur des cathdrales de ,beauvais et de ,troyes 7#abej71 dans le choeur de la cathdrale de ,ses 7#abgj71 dans l'glise abbatiale de ,saint-,ouen de ,rouen 7#acjj71 ces tympans sont eux-mmes ajours4 ,alors le triforium n'est que la continuation de la fentre suprieure1 et n'est spar de celle-ci que par une dalle formant plafond de la galerie vitre et sol du chemin de ronde qui la surmonte4 ,la figure #ad explique cette disposition adopte dans l'glise abbatiale de ,saint-,denis4 ,en ,a1 est le sol du triforium2 en ,b1 le sol du chemin de ronde4 ,saint-,denis1 la galerie a partout la mme largeur et n'est plus rtrcie par des renforts au droit des piles1 comme la cathdrale d',amiens4 ,le contre-fort ,c porte la colonne ,d qui reoit les ttes des arcs-boutants#bgf4 ,le collatral tait couvert par des combles en pavillon1 avec chneau ,e1 afin de permettre d'ouvrir les jours dans la cloison ,g#bgg4 ,l'exemple le plus complet et le plus dvelopp peut-tre du triforium1 se reliant absolument la fentre suprieure1 se trouve ,ses1 dans le choeur de la cathdrale1 dont la construction date de #abgj environ#bgh4 ,ce monument1 conu d'une manire trs-savante1 mais mal fond1 sur un mauvais sol1 a beaucoup d'analogie avec le choeur de l'glise de ,saint-,ouen de ,rouen4 ,les dfauts de structure1 qui en ont compromis la dure1 tiennent une excution insuffisante1 faute de ressources probablement4 ,au point de vue de la thorie1 le choeur de la cathdrale de ,ses dpasserait mme en valeur celui de l'glise abbatiale de ,saint-,ouen1 s'il et t fond sur un bon sol1 et si les matriaux eussent t convenablement choisis et d'une rsistance proportionne aux charges qu'ils ont porter#bgi4 ,la figure #ae donne le triforium d'une des traves parallles du choeur de la cathdrale de ,ses4 ,l'archivolte ,a du collatral est surmonte d'un gble1 derrire le rampant duquel s'amorcent les colonnettes qui composent la claire-voie du triforium et la fentre haute4 ,l'ordonnance de cette partie suprieure commence donc immdiatement au-dessus des archivoltes 7voy4 ,,trav,e1 fig4 #aa72 et1 ds le niveau ,b1 les sections de l'arcature du triforium et des meneaux des fentres sont indiques4 ,une seule dalle ,c1 qui fait appui des fentres1 recouvre la galerie du triforium et sert de chemin de ronde extrieur au-dessus de cette galerie4 ,comme ,saint-,denis1 comme dans le choeur de la cathdrale d',amiens1 la claire-voie vitre extrieure ,d n'est pas semblable la claire-voie intrieure1 ce qui est fort bien calcul2 car si les formes des arcatures jour sont pareilles l'extrieur et l'intrieur1 il en rsulte en perspective des superpositions de lignes d'un mauvais effet4 ,au contraire1 ces arcatures tant diffrentes1 l'oeil les spare assez naturellement1 et les intersections des courbes produisent des combinaisons varies et riches4 ,ses1 comme ,saint-,ouen de ,rouen1 ce n'est plus un bahut plein1 mais une balustrade jour qui forme appui de la galerie1 de sorte que1 pour les personnes places sur le sol infrieur1 les vitraux de la claire-voie postrieure ,d se voient travers cette balustrade4 ,l'intention d'ajourer de plus en plus les traves au-dessus des collatraux1 et d'en faire comme une sorte de tapisserie translucide1 sans interruption1 devient vidente dater de la seconde moiti de ,x,i,i,ie sicle1 et se manifeste jusque vers la fin du ,x,i,ve sicle1 dans l'le-de-,france et les provinces voisines1 sauf de rares exceptions4 ,comme les hautes fentres elles-mmes1 les galeries du triforium occupent alors tout l'espace compris entre les piles4 ,trois monuments religieux de cette poque 7fin du ,x,i,i,ie sicle71 dus un mme architecte1 trs-probablement1 font exception cette rgle3 ce sont les cathdrales de ,clermont 7,puy-de-,dme71 de ,limoges et de ,narbonne1 dont les choeurs furent seuls termins avant le ,x,i,ve sicle4 ,dans ces trois glises1 les fentres hautes n'occupent pas entirement tout l'espace libre entre les piles portant les arcs des votes2 elles sont plus troites1 et la claire-voie du triforium n'occupe galement que la largeur des fentres4 ,ces galeries du triforium ne sont point ajoures extrieurement1 mais possdent un mur d'adossement plein1 bien que les collatraux soient couverts en terrasses1 disposition qui1 notre avis1 n'tait d'ailleurs que provisoire4 ,de plus1 ces galeries pourtournent les piliers1 au lieu de passer travers1 comme dans nos glises du ,nord#bhj4 ,il s'en faut que ce parti ait la franchise du mode de structure adopt dans nos provinces du ,nord4 ,les arcatures de triforium1 isoles des piles et laissant un plein droite et gauche de celles-ci1 ne produisent pas un bon effet1 ne s'expliquent pas nettement4 ,et1 de fait1 aucune ncessit de construction ne motive ces sortes de trumeaux alourdissant les piles sans raison4 ,pendant que le triforium se dveloppait ainsi en ne faisant plus qu'un avec la fentre suprieure dans le ,nord1 en ,bourgogne les architectes procdaient autrement pendant le ,x,i,i,ie sicle4 ,ils conservaient le mur d'adossement plein pour appuyer le comble en appentis du collatral1 et1 au lieu de rserver au-dessus du triforium un chemin de ronde extrieurement1 ils le disposaient intrieurement4 ,la fentre suprieure de la trave se trouvait ainsi leve l'aplomb de ce mur d'adossement1 et non point l'aplomb de la claire-voie intrieure1 comme dans les exemples prcdents#bha4 ,voici 7fig4 #af7 un exemple de cette structure1 pris dans la jolie glise de ,saint-,martin de ,clamecy4 ,on voit combien1 dans ces monuments bourguignons1 le triforium prend d'importance4 ,c'est un vritable portique lev au-dessus des archivoltes du collatral4 ,ce systme ne peut conduire relier la galerie avec le fenestrage suprieur1 pos en retraite2 aussi ne le voyons-nous adopt en ,bourgogne1 et dans une partie du ,nivernais1 que quand1 dans ces provinces1 on abandonne les traditions locales1 vers la fin du ,x,i,ve sicle1 pour recourir au style de l'architecture du domaine royal4 ,l'ordonnance du triforium-portique bourguignon devait ncessairement entraner les architectes dcorer d'une manire particulire ces arcatures qui prenaient une si grande importance dans les nefs4 ,les colonnettes ne reposaient plus ici sur un bahut comme ,amiens1 ou sur une balustrade1 mais directement sur le sol de la galerie1 accus par un bandeau saillant2 disposition qui contribuait encore donner de la grandeur cette ordonnance4 ,semur en ,auxois1 les arcatures du triforium de l'glise de ,notre-,dame sont dcores de ttes saillantes trs-habilement sculptes4 ,dans la nef de la cathdrale de ,nevers1 de petites caryatides supportent les colonnettes1 et des figures d'anges remplissent les tympans 7fig4 #ag74 ,ces portiques sont levs en grands matriaux1 et1 dans leur hauteur1 les piliers eux-mmes sont souvent composs de monostyles groups#bhb4 ,habituellement1 dans les glises bourguignonnes1 les fentres suprieures n'ont pas l'importance relative 7par suite de la grandeur du triforium7 qu'elles prennent1 au ,x,i,i,ie sicle1 dans les monuments religieux du domaine royal4 ,la figure #af en est la preuve4 ,quelquefois mme le triforium se confond avec le fenestrage suprieur4 ,l'glise abbatiale de ,saint-,seine 7,cte-d',or7 nous fournit un exemple de cette singulire disposition1 datant du commencement du ,x,i,i,ie sicle 7fig4 #ah74 ,ici c'est le formeret de la vote haute qui circonscrit l'arcature du triforium1 qui n'est plus qu'une dcoration4 ,ce dernier parti a t frquemment adopt dans les glises normandes des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 en ,france comme en ,angleterre4 ,mais le triforium dans les glises normandes mrite une tude particulire4 ,il se compose1 pendant la premire priode1 c'est--dire au ,x,ie sicle1 d'un tage lev au-dessus du collatral et couvert par une charpente apparente et d'un chemin de ronde suprieur au niveau des fentres hautes4 ,on ne peut douter aujourd'hui 7depuis les travaux entrepris par ,m4 ,ruprich ,robert dans les deux glises abbatiales de ,caen1 l',abbaye-aux-,dames et l',abbaye-aux-,hommes7 que les nefs de ces glises n'aient t couvertes originairement par des charpentes apparentes#bhc4 ,or1 il existe toujours1 dans les monuments religieux d'une grande dimension1 en ,normandie1 une galerie de circulation au-dessus du triforium1 sous la charpente suprieure4 ,voici une coupe de la nef primitive de l',abbaye-aux-,hommes 7fig4 #ai7bhd1 qui explique clairement ce que nous venons de dire4 ,en ,a1 est le triforium avec sa charpente2 en ,b1 le chemin de ronde au droit des fentres suprieures1 sous la grande charpente ,c4 ,il est ais de se rendre compte de l'usage de ce chemin de ronde4 ,les charpentes apparentes taient composes de pices de bois formant des saillies1 des entrevous2 elles taient dcores de peintures4 ,ces sortes d'ouvrages exigent un entretien frquent1 ne serait-ce mme qu'un poussetage1 car les araignes ne tardent pas garnir de leurs toiles les creux laisss entre les chevrons ou solives4 ,ces bois ont besoin d'tre visits pour viter la pourriture cause par des infiltrations4 ,le chemin de ronde ,b facilitait donc cet entretien et cette inspection constante4 ,de plus1 il permettait de visiter et de rparer les vitraux des fentres suprieures1 et de donner passage aux couvreurs pour rparer les toitures4 ,en ,e1 est trace une trave1 ou plutt une demi-trave intrieure1 car1 dans la nef de l'glise ,saint-tienne de ,caen1 les traves sont doubles suivant la mthode normande#bhe4 ,la ligne ponctue abcd indique la coupe longitudinale du chemin de ronde ,b4 ,au ,x,i,ie sicle1 on remplaa1 dans presque toutes les nefs normandes-franaises1 les charpentes apparentes par des votes4 ,alors1 pour contre-buter ces votes1 dans le triforium ,a1 on construisit le demi-berceau continu ,d1 avec arcs-doubleaux f au droit des anciens pilastres f'4 ,ce demi-berceau1 non plus que la vote suprieure1 n'exigrent la destruction du chemin de ronde ,b2 au contraire1 ce chemin de ronde fut ouvert plus largement sur la nef et dcor de colonnettes 7fig4 #bj74 ,les fentres a1 ainsi que les passages1 furent conservs en relevant leur appui d'une assise1 afin de trouver la nouvelle pente du comble4 ,le sol du chemin de ronde au niveau b1 dans la disposition romane1 fut abaiss en d1 pour donner une proportion plus svelte la galerie suprieure4 ,l'architecte n'osa pas probablement ouvrir en g de nouvelles arcades1 comme il l'avait fait contre la pile centrale de la trave1 dans la crainte d'affaiblir les piles principales1 et aussi parce que la perspective des arcs ogives les masquait en partie4 ,ainsi1 la raison d'utilit qui avait fait pratiquer les chemins de ronde sous les charpentes suprieures des glises normandes primitives devenait1 lorsque ces glises furent votes1 un motif de dcoration qui persiste dans les monuments de cette province jusqu' la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,le chevet de la cathdrale de ,lincoln 7,angleterre7 nous fournit un exemple des plus remarquables de la persistance de cette tradition 7fig4 #ba74 ,l le triforium est encore couvert par une charpente apparente comme celui de l'glise normande romane1 et le chemin de ronde suprieur se combine avec le fenestrage ouvert sous les formerets4 ,ce chemin de ronde n'a plus alors une utilit relle1 puisque les vitraux pourraient1 s'il n'existait pas1 tre rpars du dehors en passant sur la tablette de recouvrement du comble du triforium4 ,la claire-voie intrieure du chemin de ronde se relie la fentre vitre au moyen de linteaux formant l'assise du tailloir des chapiteaux4 ,il y a dans ce parti un dsir de produire de l'effet par le jeu de ces deux claires-voies dont l'une1 celle intrieure1 n'est qu'une dcoration4 ,on remarquera1 dans cet exemple1 combien est charge de moulures et d'ornements l'arcature du triforium1 et combien cette richesse contraste avec l'aspect nu de la charpente apparente4 ,il est vident que1 dans cette architecture normande du ,x,i,i,ie sicle1 la tradition romane conserve son empire et devient souvent l'occasion de formes et de partis qui ne sont plus justifis par suite des changements introduits dans le mode de structure4 ,une disposition analogue a t adopte dans le choeur de la cathdrale d'ly1 disposition qui reproduit plus exactement encore celle des chemins de ronde suprieurs des glises normandes romanes4 ,dans notre architecture franaise1 au contraire1 l'cole laque du ,x,i,ie sicle laisse de ct toutes les traditions romanes1 et ne s'inspire plus que des ncessits imposes par le nouveau mode de structure2 elle procde toujours d'une manire logique1 claire1 ne met en oeuvre que ce qui est ncessaire1 et peut toujours rendre raison de ce qu'elle fait4 ,il serait souhaiter qu'on en pt dire autant de nos coles modernes d'architecture4 ,mais nous devons nous borner1 les documents abondent1 et nous ne pouvons ici que signaler les principaux1 ceux qui prsentent un caractre tout particulier4 ,ces exemples suffisent1 nous l'esprons1 faire ressortir la varit que nos matres du moyen ge savaient apporter dans leurs conceptions1 sans jamais abandonner un principe admis4 ,nous ne parlerons qu'incidemment du triforium1 dont la forme est inusite4 ,la petite glise de ,champeaux 7,seine-et-,marne7 possde un triforium s'ouvrant directement sous le comble du collatral par des roses1 aujourd'hui bouches1 et trs-probablement garnies1 dans l'origine1 par des meneaux dans le genre de ceux qui remplissent les roses perces au-dessus du triforium de la cathdrale de ,paris4 ,dans quelques glises1 le triforium ne consiste qu'en une baie simple ou jumelle s'ouvrant galement sous le comble4 ,la cathdrale de ,bziers1 dans les parties de la nef refaites au ,x,i,ve sicle1 nous montre un triforium ainsi compos 7fig4 #bb74 ,sa claire-voie1 ouverte sous le comble du collatral1 consiste en deux baies carres prolongeant les meneaux de la fentre suprieure4 ,quelquefois1 mais trs-rarement1 dans la bonne architecture franaise1 le triforium est simul et n'est alors qu'une arcature en placage1 une simple dcoration occupant la hauteur du comble du collatral4 ,les dispositions adoptes ,saint-,denis1 dans les cathdrales de ,troyes1 de ,beauvais1 de ,ses1 dans l'glise abbatiale de ,saint-,ouen de ,rouen1 persistent pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles4 ,les dtails du triforium deviennent plus dlis1 les profils plus maigres1 mais on ne voit apparatre aucun parti nouveau4 ,les arcatures se modifient en raison du got du moment1 mais elles continuent se relier au fenestrage suprieur4 la fin du ,x,ve sicle1 cependant1 il arrive parfois que la galerie du triforium prend une ordonnance spciale1 charge de dtails1 de redents1 de contre-courbes1 de sculptures1 en laissant entre elle et le fenestrage un intervalle plein4 ,an ,x,v,ie sicle1 on se contente de substituer1 comme ,saint-,eustache de ,paris1 par exemple1 des formes se rapprochant de l'architecture romaine aux formes gothiques4 ,ces tentatives1 plus ou moins heureuses1 ne constituent pas une invention1 un perfectionnement2 ce sont l des questions de dtail sur lesquelles il ne parat pas utile de s'tendre4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #g4 bis4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ter4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,note #bee3 ,voyez du ,cange1 ,glossaire4 ,note #bef3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #a4 ,note #beg3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #b4 ,note #beh3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #b4 ,note #bei3 ,coupe de la nef de l'glise ,notre-,dame du ,port ,clermont4 ,note #bfj3 ,disposition de la nef de l'glise d',issoire 7,puy-de-,dme74 ,note #bfa3 ,voyez l'article ,,proportion1 fig4 #b1 la coupe transversale de l'glise de ,saint-,sernin de ,toulouse4 ,voyez aussi les ,archives des monuments historiques1 publies sous les auspices du ministre des ,beaux-,arts4 ,note #bfb3 ,l'glise abbatiale de ,saint-,germer est1 comme structure1 en retard sur l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 et sur les cathdrales de ,noyon1 de ,senlis et de ,paris2 elle appartient a une cole moins avance1 qui tient encore par bien des points au systme roman3 c'est pour cela que nous la mettons ici en premire ligne1 sinon par la date 7car elle ne fut leve qu'en #aafj71 mais par le style4 ,note #bfc3 ,voyez1 dans les ,archives des monuments historiques1 la ,monographie de ,saint-,germer1 par ,m4 ,boeswilwald4 ,note #bfd3 ,voyez ,,construction1 ,,ogive1 ,,trav,e1 ,,vo,,te4 ,note #bfe3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #e4 ,note #bff3 ,voyez l'article ,,architecture ,,religieuse1 la vue perspective du beau triforium vot du bras de croix sud de la cathdrale de ,soisson4 ,voyez aussi1 l'article ,,construction1 fig4 #da et #dc1 la disposition du triforium du choeur de l'glise ,notre-,dame de ,chlons-sur-,marne4 ,note #bfg3 ,cette glise date des premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #bfh3 l'article ,,chapiteau1 voyez la figure #ae4 ,note #bfi3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #aj4 ,note #bgj3 ,voyez la coupe1 ,,cath,,drale1 fig4 #bj4 ,note #bga3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #aj4 ,note #bgb3 ,voyez ,,profil1 fig4 #bf4 ,note #bgc3 ,voyez la coupe de la nef1 ,,cath,,drale1 fig4 #bj4 ,note #bgd3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #aj1 et ,,fen,,tre1 fig4 #bj4 ,note #bge3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #aa2 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #cf1 et ,,fen,,tre1 fig4 #bd4 ,note #bgf3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #cf4 ,note #bgg3 ,pour se rendre compte de la position de ce triforium au droit des piles1 voyez l'article ,,trait1 fig4 #d4 ,note #bgh3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #aa4 ,note #bgi3 ,les fondations du choeur de la cathdrale de ,ses ne sont que des maonneries appartenant un monument beaucoup plus ancien1 sur lesquelles les constructions sont appuyes tant bien que mal1 et ces fondations mal maonnes ne sont pas tablies sur le sol rsistant4 videmment il y a eu l une ncessit d'conomie4 ,note #bhj3 ,voyez ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ch4 ,note #bha3 ,voyez ,,construction1 fig4 #gh1 #gi bis et #hh4 ,note #bhb3 ,comme dans l'glise de ,semur en ,auxois1 dans l'glise ,notre-,dame de ,dijon 7voyez ,,construction1 fig4 #hj71 dans l'glise cathdrale d',auxerre 7voyez ,,construction1 fig4 #hh74 ,note #bhc3 ,voyez la notice de ,m4 ,ruprich ,robert1 l'glise de la ,sainte-,trinit et l'glise de ,saint-tienne ,caen1 #ahfd4 ,note #bhd3 ,d'aprs ,m4 ,robert4 ,note #bhe3 ,voyez ,,trav,e1 fig4 #b4 ,,trilobe1 s4 m4 ,ornement1 baie1 rosace jour1 trois lobes4 7,voy4 ,,tr,,fle47 ,,trinit1 s4 f4 ,le moyen ge a essay de reprsenter matriellement le mystre de la sainte ,trinit4 ,c'est l'cole d',alexandrie qu'il faut avoir recours si l'on veut connatre les diverses phases par lesquelles a d passer la pense de la ,trinit avant d'arriver l'tat de dogme4 ,nous n'avons pas1 bien entendu1 nous occuper de l'exposition du dogme1 mais rendre compte de la forme sensible donne la conception de la ,trinit dans nos monuments du moyen ge4 ,ds le ,i,ve sicle1 crit ,m4 ,didron#bhf1 avec saint ,paulin1 vque de ,nole1 qui est n en #cec et est mort en #dca1 apparaissent les groupes de la ,trinit4 l'abside de la basilique de ,saint-,flix1 btie ,nole par ,paulin lui-mme1 on voyait la ,trinit excute en mosaque4 ,saint ,paulin expliquait1 dans les vers qu'il fit cette occasion1 que le ,christ tait reprsent sous la forme d'un agneau1 l',esprit-,saint sous celle d'une colombe1 et que la voix du ,pre retentit dans le ciel4 ,le mme vque1 dans la basilique leve ,fondi sous le vocable de ,saint-,flix1 avait fait reprsenter le ,fils sous la forme d'un agneau avec la croix1 le ,saint-,esprit en colombe1 et le ,pre sous l'apparence d'une main 7probablement7 qui couronnait le ,fils4 444441 et rutila genitor de nube coronat4 ,comme l'observe trs-bien ,m4 ,didron#bhg3 ,l'anthropomorphisme1 qui avait effarouch les premiers chrtiens et qui semblait rappeler le paganisme1 ne trouva pas la mme rsistance pendant le moyen ge proprement dit4 ,une fois arriv au ,i,xe sicle1 on n'eut plus rien craindre des ides paennes444 ,le ,pre ternel1 dont on n'avait os montrer que la main encore1 ou le buste tout au plus1 se fit voir en pied4 ,cependant il ne prit pas une figure spciale2 mais il emprunta celle de son ,fils1 et1 ds lors1 il devint fort difficile de les distinguer l'un de l'autre4 ,le ,fils continua d'apparatre tel qu'on l'avait vu sur la terre444 ,la colombe quitta quelquefois aussi son enveloppe d'oiseau1 pour prendre la forme humaine4 ,comme le dogme dclarait nettement que les trois personnes taient non-seulement semblables1 mais gales entre elles1 les artistes tendirent aux reprsentations la similitude et quelquefois mme l'galit des hypostases divines4 ,en effet1 bon nombre de peintures de manuscrits des ,x,ie et ,x,i,ie sicles#bhh reprsentent les trois personnes divines sous la forme de trois hommes de mme ge et de mme apparence4 ,au portail de l'glise collgiale de ,mantes1 on voit1 dans la voussure de la porte occidentale1 la ,trinit figure par une croix que portent deux anges 7le ,fils71 par le ,pre sous forme d'un homme jeune1 et l',esprit en colombe4 ,mais les artistes prtendirent identifier les trois personnes divines1 afin de faire comprendre aux fidles la fois leur individualit et leur runion en une seule puissance4 ,il existe1 sous le porche occidental1 non termin1 de ,saint-,urbain de ,troyes1 un bas-relief de bois datant des dernires annes du ,x,i,i,ie sicle1 qui reprsente la ,trinit 7fig4 #a7 ,le ,pre est au milieu1 coiff de la tiare triple couronne1 comme un pape2 de la main droite1 il bnit2 de la gauche1 il tient la terre4 sa droite est le ,fils couronn d'pines et portant la croix4 sa gauche1 l',esprit1 sous la figure d'un jeune homme imberbe1 tenant une colombe4 ,ces trois personnages n'ont ensemble que quatre jambes1 adroitement drapes de faon faire croire qu'ils en ont deux chacun4 ,de petites figures d'un homme et d'une femme agenouills 7les donateurs7 sont sculptes aux deux extrmits du groupe4 ,l'impossibilit de sparer les trois personnes divines est ainsi matriellement indique par la disposition des jambes4 ,quelquefois la ,trinit est reprsente sous la forme d'un homme ayant une tte trois visages1 une de face et deux de profil1 et deux yeux seulement2 ou bien encore1 c'est une figure gomtrique ainsi dispose 7fig4 #b74 ,ce triangle mystique tait visible encore sur la faade d'une maison de ,bordeaux1 il y a peu d'annes4 ,des vitraux1 des vignettes de manuscrits1 le reprsentent assez frquemment pendant les ,x,ve et ,x,v,ie sicles4 la mme poque1 dans beaucoup de portails d'glises1 la ,trinit se montre ainsi3 ,le ,pre assis1 coiff de la tiare1 tient le ,christ en croix devant lui4 ,de la bouche du ,pre descend la colombe sur le crucifix4 ,ces diverses reprsentations ont un intrt2 elles indiquent la marche de l'art comme expression sensible des ides thologiques selon le temps4 ,pendant les premiers sicles1 on redoute videmment l'expression trop matrielle d'un mystre qui doit rester impntrable4 ,le ,fils est un agneau1 l',esprit une colombe1 le ,pre une voix ou une main sortant d'une nue4 ,plus tard1 l'artiste se rassure1 il donne aux trois personnes divines l'individualit4 ,elles sont spares1 distinctes1 mais semblables et assises sur un trne commun4 ,puis on cherche faire comprendre1 par un artifice matriel1 l'unit des trois personnes4 ,au ,x,ve sicle1 c'est une sorte de problme gomtrique pos devant la foule et dont la solution est pose comme une nigme2 ou encore c'est un jeu d'artiste1 comme cette tte trois visages4 ,au ,x,v,ie sicle1 on adopte une forme antrieure1 mais peu rpandue1 celle de la distinction absolue des trois personnes1 en raison du rle que leur attribue l'ide chrtienne4 ,le ,pre est le personnage immuable2 le ,fils1 le rdempteur2 et l',esprit1 l'missaire man du ,pre2 amour1 selon saint ,augustin et saint ,thomas d',aquin4 ,jsus1 ayant t baptis1 sortit de l'eau sur-le-champ1 et voil que les cieux lui furent ouverts et qu'il vit l',esprit de ,dieu descendant sous la forme d'une colombe et venant sur lui4 ,alors une voix du ciel dit3 ,celui-ci est mon fils bien-aim en qui je me suis complu#bhi4 ,il est donc assez important de faire ces distinctions des caractres donns la ,trinit figure dans les monuments anciens4 ,le moyen ge admet aussi une ,trinit du mal4 ,de mme que les thologiens avaient prtendu trouver le reflet de la ,trinit sainte dans l'me humaine3 volont1 amour1 intelligence1 confondues en une substance1 ils supposrent le mal avec des facults correspondantes4 ,des sculptures1 des peintures de vitraux et de manuscrits reprsentent en effet la ,trinit satanique 7fig4 #c7bij4 ,cette miniature du ,x,i,i,ie sicle montre le pcheur soumis aux lois de la ,trinit du mal1 arme d'un glaive et couronne4 ,satan est souvent reprsent ainsi dans les bas-reliefs du jugement dernier4 ,outre ses trois visages qui correspondent1 dans le mal1 aux trois hypostases de ,dieu1 son corps est couvert parfois d'autres faces humaines1 comme pour marquer que la puissance du mal est plus tendue1 par ses facults1 que celle du bien4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,note #bhf3 ,iconogr4 chrtienne1 par ,m4 ,didron4 ,paris1 #ahdc4 ,note #bhg3 ,ibid41 p4 #eci4 ,note #bhh3 ,entre autres1 le beau manuscrit d',herrade de ,landsberg1 ,hortus deliciarum1 bibl4 de ,strasbourg4 ,note #bhi3 ,matthieu1 ,,iii1 #af1 #ag4 ,note #bij3 ,mss4 ancien fonds ,saint-,germain1 n #cg1 ,psalm41 ,bibl4 impr4 ,,trompe1 s4 f4 ,appareil de claveaux1 ayant la figure d'une coquille1 qui sert porter en encorbellement1 soit un angle saillant sur un pan coup1 soit un parement droit sur un angle rentrant4 ,les constructeurs du moyen ge ont fait un grand usage des trompes pour porter les flches de pierre huit pans sur les tours carres1 des chauguettes sur des parements1 des tourelles en encorbellement2 ils ont employ les trompes la place des pendentifs pour tablir des coupoles sur des arcs-doubleaux reposant sur quatre piles4 ,les trompes sont appareilles1 soit au moyen d'une suite d'arcs concentriques1 soit en forme de cne4 ,la figure #a donne une trompe compose d'arcs concentriques biseauts #de degrs1 de manire pntrer les cts du carr4 ,en ,a est trace la projection horizontale d'une de ces trompes1 en ,b son lvation1 en ,c sa coupe4 ,ces sortes de trompes sont les plus anciennes1 on en trouve dans les monuments du ,x,ie sicle2 elles sont d'un appareil facile1 chaque arc tant indpendant4 ,on en voit souvent la base des pans des flches des ,x,ie et ,x,i,ie sicles pour passer du carr l'octogone4 ,au ,x,i,ie sicle apparaissaient aussi dj des trompes coniques1 ainsi que le montre la figure #b4 ,pour viter la runion des angles trs-aigus des claveaux composant la trompe1 au sommet du cne1 les appareilleurs ont souvent tabli un morceau de pierre demi-circulaire la place de ce sommet en a2 ils formaient ainsi un petit cintre sur lequel repose l'intrados des claveaux4 ,telles sont les trompes que l'on voit encore aux tourelles de l'abbaye de ,chailly 7,oise7 7fin du ,x,i,ie sicle7 7fig4 #c74 ,alors cette premire pierre pose au sommet de l'angle rentrant en b1 vide en cne1 est appele trompillon4 ,s'il s'agit1 comme dans les deux exemples prcdents1 d'obtenir un plan #de degrs1 coupant un angle droit rentrant1 en projection horizontale1 la construction des trompes ne prsente aucune difficult4 ,les claveaux1 dans ce cas1 ont leur extrados trac sur un cylindre paralllement son axe et leur intrados sur un cne2 mais si l'on veut tablir un angle saillant suspendu sur un angle rentrant1 les difficults se prsentent4 ,ainsi 7fig4 #d71 soit un angle rentrant ,,abc1 sur lequel il s'agit de suspendre une construction formant l'angle saillant ,,adc1 l'appareilleur commencera par tablir une suite de corbeaux suivant la diagonale ,,bd du carr 7voyez la projection verticale ,p71 puis il remplira les deux vides ,,ad1 ,,cd1 au moyen de deux trompes coniques biaises4 ,le second claveau a formera tas de charge1 pour porter l'angle saillant b4 ,la bascule des corbeaux est maintenue par la charge qui porte sur leur queue de d en e et qui s'lve jusqu'au-dessus de l'extrados des arcs4 la fin du ,x,ve sicle1 on se plaisait soulever des difficults de coupe de pierre1 pour faire preuve de savoir4 ,les constructeurs cherchrent alors supprimer ces corbeaux1 et soutenir les angles saillants sur un angle rentrant ou sur un pan coup1 par un systme d'appareil des claveaux4 ,mais alors il fallait que ces claveaux fussent taills crossettes1 ce qui1 en principe1 est une mauvaise mthode1 la pierre n'tant plus charge paralllement son lit4 ,ce sont l des artifices de strotomie qui n'ont rien voir avec l'art srieux du constructeur1 et qui sont faits pour amuser les esprits curieux de problmes inutiles4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,,trompillon1 s4 m4--,voyez ,,trompe4 ,,trone1 s4 m4--,voyez ,,chaire4 ,,trou ,,de ,,boulin1 s4 m4--,voyez ,,chafaud4 ,,trumeau1 s4 m4 ,ce mot s'applique gnralement toute portion de mur d'tage comprise entre deux baies4 ,de mme qu'un crnelage se compose de crneaux1 qui sont les vides1 et de merlons1 qui sont les pleins1 le mur d'une habitation comprend des trumeaux et des fentres chaque tage4 ,on donne le nom de trumeaux1 spcialement dans l'architecture du moyen ge1 aux piliers qui divisent en deux baies les portes principales des grandes salles1 des nefs d'glises1 des courtils1 des praux1 etc4 ,pour les grandes portes monumentales1 les architectes du moyen ge ne pensaient pas que les vantaux de bois battant en feuillure l'un sur l'autre1 prsentassent une fermeture suffisamment solide4 ,entre ces deux vantaux ils levaient une pile de pierre formant battement fixe1 pile dans la large feuillure de laquelle venaient s'engager les verrous horizontaux1 les flaux ou barres des vantaux de bois#bia4 ,ce parti devint un des beaux motifs de dcoration des portes principales2 il permettait aussi de porter les linteaux de pierre sous les tympans1 lesquels taient chacun1 sauf de trs-rares exceptions1 d'une seule pice4 ,nous ne trouvons1 dans l'antiquit grecque ou romaine1 aucun exemple de portes divises par un trumeau2 cette disposition appartient exclusivement1 paratrait-il1 au moyen ge1 et ne date que de la fin du ,x,ie sicle4 ,elle permettait d'tablir facilement1 par une seule issue1 deux courants pour la foule1 sans qu'il y et confusion1 l'un entrant1 l'autre sortant4 ,les baldaquins de bois1 transportables1 recouverts d'toffes1 qu'on appelle dais1 et que le clerg1 en ,france particulirement1 fait porter au-dessus du prtre desservant ou de l'vque en certaines circonstances1 dais qui atteignent les dimensions d'une petite chambre1 ne pouvant passer par l'une des deux baies des portes principales des glises1 on supprima parfois1 dans le dernier sicle1 les trumeaux milieux2 des objets d'art d'une grande valeur furent ainsi dtruits4 ,ces mutilations1 heureusement1 exigeaient des dpenses assez considrables pour soutenir les linteaux et tympans2 aussi existe-t-il encore un bon nombre de portes garnies de leurs trumeaux4 ,l'une des plus anciennes et des plus remarquables est la grande porte de la nef de l'glise abbatiale de ,vzelay4 ,le trumeau de cette porte est franchement accus et prsente un profil d'un trs-beau caractre#bib4 ,les baies sont larges2 les deux linteaux et le tympan qui les surmontent reposent solidement sur les deux encorbellements de ce pilier central 7voyez fig4 #a74 ,la statue de saint ,jean-,baptiste1 vtu d'une robe et d'une peau1 portant l'agneau dans un nimbe1 occupe l'axe du pilier2 il prcde1 pour ainsi dire1 l'assemble qui garnit le tympan4 sa droite et sa gauche sont deux figures de prophtes1 et ses pieds reposent sur un beau chapiteau4 ,l'intention vidente de l'architecte a t de laisser l'espace le plus large possible pour la foule1 et de soulager la porte des linteaux au moyen de ces puissantes saillies latrales dcores de figures4 ,quand les vantaux sont ouverts1 l'effet de ce trumeau se dtachant sur le vide de la nef est imposant4 ,rien1 dans l'antiquit1 ne rappelle ces formes1 ces silhouettes d'un effet trange4 ,l'artiste qui a compos cette porte1 qui a su profiler ce trumeau1 savait son mtier4 ,l nulle hsitation1 la dcoration est en parfaite harmonie avec la structure1 et1 en examinant cette oeuvre1 l'ide ne vous vient pas qu'elle pt tre conue autrement4 ,il est rare que les trumeaux de portes aient cette ampleur magistrale4 ,pendant le ,x,i,ie sicle1 ils ne consistent qu'en une pile que l'architecte projette aussi grle que possible pour ne pas gner la circulation1 et qui est dcore habituellement par la statue du personnage divin ou du saint sous le vocable duquel est place l'glise4 ,c'est sur ces donnes qu'est compos le trumeau de la porte centrale occidentale de la cathdrale de ,sens 7fig4 #b72 cette porte date de #aagj et fut restaure la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,la statue de saint tienne1 patron de l'glise1 dcore le trumeau1 sur les parois duquel s'lvent des ornements du meilleur style#bic4 ,les bas-reliefs qui dcoraient la partie infrieure du pilier ont t mutils la fin du dernier sicle4 ,on voit1 la porte ,sainte-,anne de la cathdrale de ,paris 7ct droit de la faade71 un trumeau un peu antrieur celui-ci1 sur la face duquel se dresse la statue de saint ,marcel4 ,sous les pieds du saint est reprsent le spulcre de la femme damne qui servit d'habitation au dragon tu par le saint vque1 dont la tte est protge par un dais4 ,les piliers sparatifs des portes taient traits d'une manire beaucoup plus simple1 lorsque l'difice ne comportait pas une dcoration luxueuse4 ,nous donnons ici 7fig4 #c7 le trumeau de la porte principale de l'glise de ,souvigny 7,yonne71 glise de la fin du ,x,i,ie sicle1 btie avec une extrme simplicit4 ,ce trumeau est un monostyle quadrangulaire dcor par une colonnette prise aux dpens de l'pannelage1 et surmonte de deux corbeaux qui sont destins soulager la porte des linteaux4 ,ce n'est certes pas par la richesse des dtails que se recommande ce morceau de pierre2 cependant la puret des profils1 l'lgance du trac1 en font une de ces oeuvres qui plaisent aux yeux4 ,les belles poques de l'art ont seules le secret de charmer par leurs productions les plus simples aussi bien que par leurs splendides conceptions4 ,quand un art n'a plus1 pour plaire1 d'autres ressources que la profusion de la sculpture et la richesse de la matire1 il est jug3 c'est un art de dcadence2 s'il surprend un instant1 la satit suit bientt cette premire impression4 ,prenons encore exemple dans ces compositions simples qui ne sduisent que par une heureuse proportion1 une tude dlicate du trac4 ,voici 7fig4 #d7 le trumeau de la porte de l'glise de la ,nativit ,villeneuve-le-,comte 7,seine-et-,marne7#bid4 ,une statue surmonte d'un dais dcore seule ce monostyle4 ,l'arcature1 formant linteau1 nat sur la pile et encadre des figures bas-reliefs1 reprsentant la sainte ,vierge et les trois rois mages4 ,la statue de l'vque repose sur un stylobate section quadrangulaire1 dont la proportion est tudie avec beaucoup de soin4 ,on reconnat1 dans la composition de cette porte1 la main d'un de ces matres de l'le-de-,france qui savaient donner leurs compositions les plus simples le cachet de distinction particulier cette cole4 ,les glises de ,bourgogne bties pendant la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle fournissent de remarquables exemples de portes avec trumeaux4 ,la beaut des matriaux de cette province permettait de donner ces monostyles une faible section1 par consquent une apparence de lgret que l'on ne trouve point ailleurs4 ,malheureusement1 les iconoclastes de #agic ont fait1 en ,bourgogne1 toute la statuaire1 une guerre acharne2 bien peu de trumeaux ont conserv leurs statues4 ,la composition demeure toutefois1 et c'est ce qui nous proccupe ici spcialement4 ,voici 7fig4 #e7 le trumeau de la porte centrale de l'glise de ,semur 7,cte-d',or74 ,ce trumeau1 dont la section horizontale est trace en ,a1 est troit1 mais profond1 de manire porter deux arcs de dcharge au-dessus des deux baies4 ,la partie extrieure est dcore par une colonnette avec chapiteau tailloir circulaire1 portant la statue de la sainte ,vierge#bie2 sur les flancs de la pile sont sculptes les armes de ,bourgogne et la fleur de lis de ,france entremles de quelques petits personnages finement traits4 ,deux corbeaux avec figurines soulagent les linteaux qui descendent en contre-bas de la statue1 de telle sorte que celle-ci se dtache en partie sur le tympan1 disposition qui donne de la grandeur la composition4 ,cette statue tait surmonte d'un dais qui fut refait vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 ainsi que le montre notre figure4 l'glise ,notre-,dame de ,dijon1 qui date de la mme poque#bif1 et qui a beaucoup de points de ressemblance avec celle de ,semur1 le trumeau de la porte centrale1 trs-mince1 se compose d'une colonnette l'extrieur2 portant la statue1 et d'une seconde colonnette plus haute intrieurement1 formant battement 7voyez la section1 fig4 #f1 en ,a1 faite au niveau de l'adossement de la statue74 ,sur le ft de la colonnette intrieure est sculpte une tte servant de gche #f aux verrous des deux vantaux4 ,ce dtail1 d'un travail remarquable1 indique le soin que les artistes apportaient jusque dans les menus accessoires1 comme ils savaient prvoir les moindres ncessits de la structure et en faire un motif de dcoration4 ,la pierre employe ici tant d'une extrme duret1 l'architecte a rduit autant que possible la section du trumeau4 ,la qualit des matriaux employs a donc videmment influ sur la forme de ces piliers sparatifs des baies de portes4 ,quelquefois un bnitier tenait au trumeau1 l'intrieur1 si celui-ci tait assez profond pour permettre le dgagement des deux vantaux4 ,pendant le ,x,i,ve sicle1 la forme donne aux trumeaux de portes se modifie peu2 le principe admis ds le ,x,i,i,ie sicle persiste1 c'est--dire que la pile se compose d'un soubassement plus ou moins riche sur lequel se dresse une statue adosse1 surmonte d'un dais 7voyez ,,porte74 ,on voit de beaux trumeaux sparatifs aux portes des cathdrales de ,paris1 d',amiens1 de ,chartres1 de ,bourges1 de ,rouen4 dater de la fin du ,x,i,ve sicle1 les trumeaux ne s'arrtent pas toujours sous les linteaux2 ils pntrent le tympan1 prsentent une dcoration saillante sur celui-ci1 qui prend beaucoup d'importance4 ,tels sont1 par exemple1 les trumeaux des portes de la faade de la cathdrale de ,tours qui datent du commencement du ,x,v,ie sicle1 ceux des glises de ,saint-,eustache de ,paris1 de ,saint-,wulfrand d',abbeville1 etc4 ,les articles ,,porte et ,,tympan rendent compte de ces dispositions1 qui appartiennent la fin du ,x,ve sicle4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,note #bia3 ,on donnait aussi ces trumeaux de portes le nom d'estanfiches4 ,note #bib3 ,voyez ,,porte1 flg4 #ea4 ,note #bic3 ,voyez ,sculpture1 fig4 #eb4 ,note #bid3 ,cette glise date des premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #bie3 ,cette statue n'existe plus4 ,note #bif3 #abcj #abdj4 ,,tuile s4 f4 ,tablettes de terre cuite employes pour couvrir les btiments4 ,il serait difficile de trouver l'origine de la tuile3 les ,asiatiques se servaient de ce moyen de couverture avant la civilisation grecque2 les ,doriens faisaient usage de la tuile et la fabriquaient avec perfection2 les ,romains ne couvraient gure leurs difices qu'en tuiles ou en mtal1 et partout o ils ont pass1 on trouve quantit de fragments de ces tuiles1 dites romaines1 dont la forme est connue de tout le monde4 ,la couverture romaine se composait de rangs juxtaposs de tuiles-canal plates1 rebords et recouvrement1 sur les joints desquels on posait des tuiles creuses galement recouvrement4 ,la tuile plate romaine1 comme la tuile grecque2 tait de forme rectangulaire2 ses dimensions variaient de #jm1#dj #jm1#cd de long sur #jm1#bg #jm1#bc de largeur4 ,les longs cts parallles munis de rebords se recouvraient au moyen d'encoches pratiques au-dessous des rebords1 leur extrmit infrieure4 ,ce systme exigeait une main-d'oeuvre assez difficile et beaucoup de soins pendant la mise au four4 ,les premiers sicles du moyen ge continurent tant bien que mal ce procd de fabrication2 mais il est facile de distinguer les tuiles faites depuis le ,i,ve sicle jusqu'au ,xe1 des tuiles romaines4 ,ces tuiles des premiers temps du moyen ge sont grossires1 gauches1 se recouvrent mal et sont d'une dimension plus petite que les tuiles romaines4 ,c'est vers le ,x,ie sicle que l'on renona aux encoches de recouvrement4 ,on donna1 dans les provinces du midi de la ,france qui avaient conserv les traditions antiques la forme d'un trapze aux tuiles-canal plates1 de manire qu'elles pussent se recouvrir sans encoches et par l'introduction du petit ct dans le plus grand4 ,la figure #a explique ce systme de couverture de tuiles que nous trouvons adopt1 ds la fin du ,x,ie sicle1 dans nos provinces du ,languedoc et de la ,provence4 ,relativement leur longueur1 ces sortes de tuiles sont plus larges que ne l'est la tuile romaine1 afin de laisser un cartement suffisamment dgag entre les tuiles de couvre-joints1 qui elles-mmes devaient tre assez ouvertes pour couvrir l'intervalle occup par les rebords de la tuile-canal4 ,les tuiles-canal taient primitivement poses cru sur les chevrons1 ainsi que l'indique notre figure1 sans endlement4 ,la difficult dans ces sortes de couvertures tait de combiner les artiers4 ,les tuiles d'artiers1 qui se posent aisment sur un comble dont les pans sont plans1 ne peuvent tre fixes sur les rencontres de pans composs de tuiles-canal avec recouvrements4 ,c'est l'aide du mortier que l'on parvient retenir tant bien que mal ces tuiles d'artiers2 mais il n'est pas besoin de dire que ce moyen est contraire aux conditions d'une bonne structure4 ,les charpentes qui reoivent les tuiles sont sujettes des mouvements produits par les changements de temprature2 dans ce cas1 ces renformis de mortier se brisent1 les tuiles d'artiers se descellent et sont retournes par le vent4 ,on vitait cet inconvnient1 pendant les ,x,ie et ,x,i,ie sicles1 en posant1 lorsque les difices taient vots1 des artiers de pierre trs-puissants1 avec rebords de recouvrement sur les pans des couvertures4 ,on voit encore les restes de l'emploi de ce systme dans quelques difices de la ,provence et du ,languedoc1 notamment dans l'glise de sainte ,madeleine de ,bziers4 ,la figure #b explique la disposition de ces artiers de pierre#big1 termins leur extrmit infrieure par un antfixe ,a tenant au premier morceau1 lui donnant du poids et de l'assiette l'angle de la corniche4 ,en ,b est trac le profil de l'artier1 et en ,c son plan1 avec la position des tuiles-canal rebords4 ,les tuiles biaises taient moules exprs pour la place ou simplement coupes4 ,l'espace ab tait suffisant pour loger l'paisseur de la tuile-canal plate et de la tuile couvre-joints4 ,sur le dos de l'artier1 une entaille e rejetait l'eau de pluie sur la couverture et empchait qu'elle ne lavt les joints1 simplement garnis de ciment#bih4 ,si ce systme de couverture tait entirement pos sur des charpentes sans votes sous-jacentes1 il n'tait pas possible d'employer les artiers de pierre que donne la figure #b2 ces artiers devaient tre1 comme les tuiles des pans1 de terre cuite4 ,alors1 pour les constructions faites avec soin1 on fabriquait des tuiles d'artiers spciales1 en raison de la pente de la toiture4 ,ces tuiles d'artiers taient munies d'oreillons qui s'embotaient sur les tuiles couvre-joints des pans 7voy4 la fig4 #c7bii4 ,ainsi n'tait-on pas oblig de sceller ces artiers l'aide du mortier4 ,il ne faut pas omettre les tuiles gouttires poses la base des combles en guise de chneaux1 pour recevoir les eaux pluviales et les conduire dans des tuyaux de descente de terre ou dans des gargouilles saillantes4 ,il n'est pas besoin de dire que ces tuiles gouttires n'taient employes que dans les constructions les plus ordinaires leves en brique ou en moellon4 ,c'tait un moyen de recueillir les eaux de pluie et de les approvisionner dans des citernes4 ,les tuiles gouttires que l'on trouve encore dans le midi et l'ouest de la ,france sont trs-grandes2 elles mesurent en longueur #jm1#fe 7#b pieds71 et ont d'un ct un rebord ,a prolong qui servait les sceller la tte du mur sous l'gout du toit 7voy4 fig4 #d74 ,bien entendu1 ces tuiles taient poses suivant un plan inclin1 et se trouvaient ainsi plus loignes de l'gout du comble1 l'extrmit infrieure du chenal qu' son point le plus lev4 ,ce moyen ne pouvait donc convenir qu' des faades de peu d'tendue4 ,c'est vers la fin du ,x,i,ie sicle que les terres cuites pour couvertures1 pour carrelages1 pour cintres et fatires1 atteignent un assez grand dveloppement4 ,les moyens de fabrication se perfectionnrent encore pendant le ,x,i,i,ie sicle4 ,la tuilerie de cette poque est remarquablement belle et bonne4 ,les terres1 soigneusement pures et corroyes1 sont bien cuites et souvent en trs-grandes pices4 ,dans les provinces du nord de la ,france1 ds la fin du ,x,ie sicle1 on avait abandonn le systme romain pour les couvertures de tuiles4 ,c'est qu'en effet ce systme ne convient gure aux climats brumeux4 ,bientt la poussire arrte dans ces canaux1 l'humidit aidant1 dveloppe des mousses et des vgtations qui envahissent les toitures4 ,par les bourrasques d'hiver1 la neige s'introduit sous les couvre-joints et pourrit les charpentes2 son poids augmente beaucoup celui de ces couvertures dj trs-lourdes1 et fatigue les chevronnages4 ,si la pente est trs-faible1 par les temps de pluie fine chasse par le vent1 l'eau s'introduit entre les tuiles1 qui se recouvrent seulement d'un tiers4 ,si la pente est assez prononce pour assurer l'coulement des eaux1 les tuiles1 branles par le vent1 glissent les unes sur les autres1 et il faut sans cesse les relever4 ,on chercha donc un autre systme de couverture de terre cuite1 et l'on commena par fabriquer de grandes tuiles plates de #jm1#cc 7#a pied7 de long sur #jm1#bg 7#aj pouces7 de largeur1 et d'une paisseur de #jm1#jbb 7#aj lignes74 ,ces premires tuiles plates 7nous disons premires1 parce que ce sont les plus anciennes que nous ayons pu trouver et dont la fabrication remonte la fin du ,x,ie sicle7 paraissent avoir t fort en usage en ,bourgogne et dans une partie du ,nivernais pendant le ,x,i,ie sicle4 ,elles sont bien planes1 avec un rebord la tte par-dessous1 formant crochet continu4 ,ce rebord 7voy4 fig4 #e7 reposait sur des lattes de merrain1 paisses1 larges et formant presque un endlement 7voyez en ,a74 ,cluny1 ,mcon1 ,vzelay1 on trouve encore de ces sortes de tuiles depuis longtemps hors d'usage et employes comme tuileaux1 ou abandonnes dans les dbris qui remplissent les reins des votes d'anciens difices4 ,mais la province o la tuile parat avoir t tudie avec le plus de soin1 est la ,champagne4 ,il y a la tuile dite ordinaire et la tuile dite du comte ,henri4 ,la premire a #jm1#ce sur #jm1#bae de largeur 7#ac pouces sur #h74 ,ces tuiles 7dont les plus anciennes remontent au ,x,i,i,ie sicle7 sont perces d'un trou et munies d'un crochet par-dessous4 ,nous allons expliquer pourquoi4 ,alors les chevronnages taient poss1 tant pleins que vides2 c'est--dire que l'espace laiss entre chaque chevron tait gal la largeur mme du chevron4 ,ces chevrons avaient1 lorsqu'il s'agissait de couvrir en tuiles1 #jm1#aa 7faible7 de large 7#d pouces72 ils laissaient donc entre eux un intervalle de #d pouces4 ,mais ces chevrons n'taient pas gaux d'paisseur 7voy4 fig4 #e bis73 les matres chevrons portant fermes avaient #jm1#ad 7de #e #f pouces72 les chevrons intermdiaires1 ou chanlattes1 n'avaient que #jm1#jh 7#c pouces3 voy4 en ,a74 ,l'espace entre les axes a1 b1 c tait donc de #jm1#bb 7faible74 ,sur ces chevrons taient cloues les lattes de chne1 espaces les unes des autres de #jm1#aae4 ,or1 la tuile 7voy4 en ,b7 possde1 comme nous l'avons dit1 un crochet e par-dessous1 et un trou t1 crochet et trou mnags au tiers de la largeur de la tuile4 ,donc1 lorsque l'ouvrier voulait couvrir1 il accrochait la tuile la latte de manire que le trou se trouvt sur le chevron1 puis il enfonait un clou ou mme une cheville de bois1 par ce trou1 pntrant dans le chevron4 ,les trous se trouvant tantt la droite1 tantt la gauche1 les rangs de tuiles superposs avaient toujours les trous et les crochets sur une mme ligne2 c'est--dire1 les crochets au droit des lattes1 les trous au droit des chevrons 7voy4 en ,c une portion de couverture o les tuiles sont prsentes la pose en train1 et en ,c' le gomtral de la couverture avec la pose des tuiles74 ,ces tuiles1 que l'on trouve encore frquemment sur les difices de la ,champagne1 et particulirement ,troyes1 sont trs-bien faites1 les crochets bien souds avec empattements latraux 7voy4 en ,b74 ,elles sont lgrement convexes pardessus pour bien pincer la pente et ne donner point de prise au vent4 ,les crochets ont #jm1#jaf de saillie4 ,ceux-ci1 se trouvant toujours entre les chevrons1 mordaient compltement la latte2 la tuile tait dj maintenue toute seule1 sans que le couvreur et besoin d'y mettre la main4 ,il pouvait alors enfoncer le clou ou la cheville dans le trou1 clou ou cheville qui mordait en plein bois du chevron4 ,nous avons dit que l'espace entre les chevrons d'axe en axe tait de #jm1#bb 7faible74 ,or les tuiles ayant #jm1#bae1 en tenant compte des #j1jjb ou #j1jjc de jeu entre chaque tuile1 on voit que la largeur de ces tuiles correspondait exactement aux entre-axes des chevrons4 ,on comprend combien devait tre durable une couverture ainsi faite1 les tuiles tant d'excellente qualit4 ,le pureau de ces tuiles n'est que de #jm1#aae4 ,or ces tuiles ayant #jm1#ce de longueur1 il y a toujours1 sur le comble1 trois paisseurs de lames de terre cuite4 ,l'paisseur de ces tuiles champenoises est de #jm1#jbb 7#aj lignes74 ,il tait fabriqu des tuiles en forme de trapze pour la partie des couvertures le long des artiers1 et encore aujourd'hui les tuiliers champenois sont tenus de fournir ces tuiles biaises sans augmentation de prix 7voy4 en ,d74 ,voici quelles taient la dimension et la forme de la tuile dite du comte ,henri 7fig4 #f74 ,cette tuile1 plus petite que la prcdente1 est habituellement maille sur le pureau1 c'est--dire de a en b4 ,sa rive infrieure d est biseaute pour donner une couverture plus unie et ne laisser aucune prise au vent4 ,son crochet est bien taill au couteau1 avec une lgre encoche au-dessus1 en e1 afin que le couvreur1 dans le tas1 puisse avec la main reconnatre1 sans les retourner1 quelles sont les tuiles du rang qu'il pose4 ,ces dernires tuiles s'attachaient sur des chevronnages plus dlicats que ceux de la tuile ordinaire1 et parfois sur un endlement1 c'est--dire sur de fortes lattes quivalant des voliges1 poses presque jointives1 de manire laisser seulement le passage du crochet4 ,alors les clous taient enfoncs dans ces lattes paisses et larges1 sans tenir compte du chevronnage#cjj4 ,la tuile du comte ,henri est fabrique avec plus de perfection encore que la tuile ordinaire de ,champagne4 ,on remarquera que le trou est plus large par-dessous que par-dessus et carr4 ,cela tait fait pour empcher le clou de fendre la tuile1 si celle-ci prouvait quelques oscillations par l'effet du vent1 ou lorsqu'on clouait la tuile sur l'endlement4 ,cet largissement laissait alors une certaine libert la tuile 7voy4 en ,a1 fig4 #f74 ,les tuiles d'artiers de ces couvertures en tuiles plates sont de mme fabriques avec une grande perfection2 elles taient maintenues sur la fourrure d'artier de la charpente par des clous ou chevilles1 et rendues solidaires souvent par un crochet soud extrieurement sur le dos du rampant 7voy4 fig4 #g74 ,les tuiles de noues taient faites de mme que celles d'artiers1 si ce n'est qu'elles ne portaient pas de crochets et qu'elles taient naturellement tournes leur surface concave l'extrieur4 ,quant aux fatires1 nous leur avons consacr un article spcial 7voy4 ,,fa,,ti,,re74 ,on voit en ,champagne1 et en ,bourgogne 7pays de la tuile par excellence7 des tuiles crochet dont les angles intrieurs1 vus1 sont abattus1 comme ceux des bardeaux1 et biseauts4 ,ces sortes de tuiles troites1 mailles au pureau1 sont fabriques principalement pour couvrir les combles coniques 7voy4 fig4 #h74 ,en effet1 les tuiles larges ne peuvent convenir ces sortes de toitures1 et leurs angles1 suivant des tangentes la courbe1 donnent beaucoup de prise au vent et produisent un mauvais effet4 ,pour couvrir en tuiles des combles coniques1 il est ncessaire de modifier les largeurs de ces tuiles tous les quatre ou cinq rangs1 suivant le diamtre de la base du cne et sa hauteur1 afin de couper toujours les joints4 cet effet1 les tuiliers du moyen ge fabriquaient des tuiles de largeurs varies1 et leur donnaient la forme d'un trapze plus ou moins accus1 suivant que le comble conique tait plus ou moins trapu 7voy4 fig4 #h74 ,c'tait au couvreur donner au tuilier la forme de la tuile1 quand le comble tait trac1 ce qui tait facile faire4 ,c'tait aussi au couvreur profiter des dimensions diffrentes 7en largeur7 des tuiles1 pour raccorder les joints et faire qu' chaque rang1 ils tombassent au milieu des tuiles du rang infrieur4 ,dans quelques contres du centre1 sur les bords de la ,loire1 du ,nivernais1 du ,poitou1 on fabriquait aussi1 vers la fin du ,x,i,ie sicle1 des tuiles plates en forme d'cailles#cja4 ,ces tuiles1 plus troites que les tuiles de ,champagne et de ,bourgogne1 sont parfois mailles et creuses sur le pureau de trois cannelures qui facilitent l'coulement des eaux 7fig4 #i74 ,elles sont perces de deux trous1 sont munies1 par-dessous1 d'un crochet qui s'appuie sur la tte de la tuile infrieure1 et taient poses sur un endlement de merrain4 ,ces sortes de tuiles sont paisses 7la terre de ces contres n'tant pas trs-dure71 et n'ont pas rsist aux agents atmosphriques aussi compltement que les tuiles de ,champagne et de ,bourgogne4 ,toutes les tuiles dont nous venons de donner les formes et les dimensions taient moules sur sable1 la main1 coupes au couteau1 et non moules dans des moules1 comme le sont la plupart des tuiles faonnes modernes2 leur cuisson 7au bois7 est rgulire et complte4 ,les tuiles de ,bourgogne anciennes sont inaltrables et aussi bonnes aujourd'hui qu'au moment de leur mise en place4 ,l'mail qui les couvre 7surtout l'mail noir brun7 et la couverte transparente qui fait ressortir leur teinte rouge ont rsist au temps4 ,les maux jaunes et verts sont ceux qui se sont le plus altrs4 ,dans les provinces du ,nord-,est1 dans les ,flandres1 on employait1 ds le ,x,ve sicle1 la tuile en forme d',s1 encore en usage aujourd'hui et connue sous le nom de tuile flamande4 ,cette tuile n'est bonne que pour des couvertures lgres et qui n'ont pas prserver absolument les parties sous-jacentes4 ,par les grands vents1 elles laissent passer l'eau de pluie et se drangent facilement4 ,ds une poque ancienne1 peut-tre le ,x,i,i,ie sicle1 on cessa d'employer dans les ouvrages ordinaires des provinces mridionales la tuile-canal avec couvre-joints1 que donne la figure #a4 ,on se contenta d'employer les tuiles creuses1 c'est--dire que les tuiles formant couvre-joints1 en les retournant1 remplacrent les tuiles-canal plates4 ,ce genre de couverture est encore usit dans tout le midi de la ,france1 partir du ,lyonnais1 de l',auvergne1 d'une partie du ,limousin1 du ,prigord et en remontant jusqu'en ,vende2 il n'est pas sans inconvnients4 ,la tuile creuse tant moule sur sable1 la partie sablonneuse se trouve dans la concavit1 c'est--dire dans le canal4 ,cette surface sablonneuse qui reoit toute l'eau de pluie1 est plus poreuse que la surface convexe2 elle conserve l'humidit1 arrte la poussire1 et dveloppe des vgtations qui encombrent les rigoles1 ce qui ncessite un entretien frquent4 ,ce mode n'est bon que dans les contres o la chaleur du soleil est assez puissante pour empcher ces vgtations de se former4 ,en adoptant le systme de tuiles plates pour les combles fortes pentes1 les constructeurs du ,nord avaient videmment reconnu les inconvnients du systme antique romain et de ses drivs1 savoir3 la persistance de l'humidit sur les charpentes et le dveloppement des mousses dans les concavits des toitures4 ,le soin avec lequel ils ont fabriqu ces tuiles plates1 l'emploi de l'mail qui empchait la pntration de l'humidit et la naissance des mousses1 le systme d'attaches1 indiquent que les matres1 en vritables architectes1 ne ddaignaient pas ces dtails importants de la construction4 ,les tuiles plates donnes dans les deux figures #e bis et #f font ressortir l'intelligence prvoyante de ces constructeurs des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,il est remarquer que cette industrie du tuilier ne fit que dcrotre dater de la fin du ,x,ve sicle jusqu'au commencement de celui-ci4 ,les tuiles de ,bourgogne et de ,champagne fabriques pendant le dernier sicle sont relativement grossires et ingales de cuisson1 et ce n'est gure que depuis une dizaine d'annes que l'on s'est occup en ,france de cette partie si intressante de l'art de btir4 ,nous avons t pousss dans cette voie nouvelle de l'emploi de la terre cuite aux couvertures par nos voisins les ,anglais et les ,allemands1 qui nous avaient devancs1 ou plutt qui n'ont jamais cess de pratiquer ces utiles industries1 ddaignes gnralement chez nous par les artistes1 trop proccups de leurs conceptions grandioses et peu pratiques pour entrer dans ces menus dtails de la btisse4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #e4 bis4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,note #big3 ,de l'glise ,sainte-,madeleine de ,bziers4 ,note #bih3 ,ce systme de couverture a t remploy d'une manire complte dans la restauration des combles de l'glise de ,saint-,sernin de ,toulouse4 ,note #bii3 ,ds le ,x,i,ie sicle on employait ces tuiles d'artiers dans les provinces mridionales et de l',ouest4 ,note #cjj3 ,c'est avec cette tuile maille qu'tait couverte la cathdrale de ,troyes1 de manire former une mosaque1 de couleur rouge1 noire et blanc jauntre4 ,note #cja3 ,sur les bas-reliefs de cette poque1 on voit souvent reprsentes des tuiles de cette forme4 ,on en rencontre parfois aussi sur les monuments et dans les dbris4 ,,tuyau1 s4 m4--,voy4 ,,conduite4 ,,tympan1 s4 m4 ,partie pleine comprise entre le cintre d'une porte 7archivolte7 et le linteau4 ,on donne aussi le nom de tympan aux surfaces pleines comprises entre les extrados d'une arcature et le bandeau qui les couronne4 ,la surface ,a 7fig4 #a7 est un tympan de porte2 la surface ,b1 un tympan d'entre-deux d'arcature4 ,les tympans de porte1 tant poss sur le linteau1 peuvent tre faits de diverses manires2 composs de petits matriaux en faon de remplissage1 ou de grands morceaux de pierre parements dcors de peintures ou de bas-reliefs4 ,il arrive aussi que les tympans de porte sont claire-voie1 donnent des jours d'impostes2 mais cette disposition n'est gure adopte qu' dater du milieu du ,x,i,i,ie sicle1 notamment dans les monuments de la ,champagne4 ,la place occupe par le tympan1 sous les archivoltes des portes1 tait particulirement favorable la sculpture4 ,dans cette position1 les bas-reliefs ne pouvaient pas manquer de produire un grand effet1 et n'avaient pas redouter 7protgs qu'ils taient par la saillie des voussures ou des porches7 l'action destructive de la pluie et de la gele4 ,beaucoup de nos glises conservent encore de magnifiques tympans sculpts 7voy4 ,,porte74 ,nous citerons parmi les plus remarquables1 datant du ,x,i,ie sicle1 ceux des portes des glises de ,vzelay1 de ,saint-,benot-sur-,loire1 de ,charlieu1 du portail occidental de la cathdrale de ,chartres1 de la porte ,sainte-,anne de ,notre-,dame de ,paris1 de la porte centrale de la cathdrale de ,senlis2 parmi ceux du ,x,i,i,ie sicle1 les tympans des portes latrales des cathdrales de ,chartres1 de ,reims1 des portails des cathdrales de ,paris1 d',amiens1 de ,bourges1 etc4 ,jusque vers le commencement du ,x,i,i,ie sicle1 le tympan de porte1 s'il est sculpt1 ne comporte gure qu'un sujet2 quelquefois1 s'il est trs-grand1 il se compose de deux zones1 ainsi qu'on peut le voir la porte centrale et la porte de la ,vierge de ,notre-,dame de ,paris1 rarement d'un plus grand nombre4 dater de #abdj environ1 les tympans se composent gnralement de plusieurs zones4 ,les sujets se superposent et se multiplient1 ou bien ils sont enferms dans des compartiments architectoniques4 ,la statuaire perd ainsi de son importance magistrale1 elle est soumise une chelle plus petite4 ,au parti si large qui consistait placer un linteau possdant sa sculpture1 et au-dessus un grand bas-relief1 on substitua une superposition de linteaux 7voy4 ,,porte71 plusieurs bandes de bas-reliefs dont les figures sont d'autant plus petites d'chelles que ces linteaux superposs sont plus multiplis4 ,au ,x,i,ve sicle1 la sculpture des tympans est de plus en plus absorbe par les formes gomtriques de l'architecture4 ,vers la fin du ,x,ve sicle1 les trumeaux se dveloppent en avant des tympans1 par des statues et des pinacles qui s'lvent jusque sous la clef des archivoltes4 ,le trumeau n'est plus seulement alors un support1 mais une sorte de contre-fort1 de pilier trs-orn qui coupe la porte1 son linteau et son tympan en deux parts4 ,malgr la rigidit de ses principes1 l'architecture du moyen ge 7et l'on a occasion de le reconnatre dans le cours de cet ouvrage7 vite la monotonie1 la banalit1 ce qu'on appelle dans le langage des arts1 les poncifs4 ,rarement trouve-t-on1 dans les conceptions1 mme les plus vulgaires1 ces chevilles1 ces remplissages insignifiants1 si frquents dans les monuments que nous levons aujourd'hui grands frais4 ,le luxe des matriaux1 l'exagration de la dpense1 ne rachtent pas le dfaut d'invention1 la pauvret de l'ide2 nos matres des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles taient1 semble-t-il1 bien pntrs de cette vrit4 ,aussi1 tout en restant soumis aux principes fondamentaux de leur art1 ils savaient en dduire les consquences les plus varies2 partant1 les plus attrayantes1 les plus nouvelles aux yeux du vulgaire4 l'article ,,porte1 nous donnons d'assez nombreux types de tympans1 disposs dj d'une faon assez varie2 mais1 ici1 force nous est de suivre une mthode1 et d'exclure les cas exceptionnels qui1 cependant1 fournissent des exemples prcieux de ce que le vritable gnie sait tirer de l'application raisonne d'un principe vrai4 ,nous allons procder1 propos d'un de ces exemples1 comme a d procder l'architecte du ,x,i,i,ie sicle1 afin de faire saisir la mthode critique de ces matres1 auxquels on ne saurait refuser1 avec le savoir1 une modestie que nous n'avons pas le courage de leur reprocher#cjb4 ,on sait que pour soulager les linteaux des portes1 les architectes terminaient les pieds-droits par des corbeaux qui diminuaient de toute leur saillie la porte de ces linteaux monolithes 7voy4 fig4 #b74 ,bien que ces linteaux ,a fussent dchargs par les archivoltes ,b1 cependant ils avaient encore porter le tympan ,c2 parfois ils se brisaient sous cette charge1 surtout lorsqu'ils ne pouvaient tre faits de pierre rsistante4 ,si1 la place des corbeaux ,d1 nous plaons deux goussets de pierre ,e se contre-butant en ,f1 il est vident que le linteau est compltement soulag1 que sa hauteur entre lits peut tre singulirement rduite au profit du tympan4 ,c'est en raisonnant ainsi1 que l'architecte auteur du portail mridional de l'glise de ,saint-,sverin ,bordeaux a d procder 7fig4 #c74 ,le linteau de cette porte est en effet rduit la hauteur d'un bandeau4 ,au-dessous1 les corbeaux sont remplacs par une arcature trilobe avec demi-tympans couverts d'une dlicate sculpture de ceps de vigne au milieu desquels se jouent des oiseaux4 ,une inscription qui donne la date de cette porte 7#abdg7 pourtourne l'orle du trilobe4 ,au-dessus se place1 dans le linteau1 le bas-relief du ,jugement dernier2 puis dans le tympan suprieur1 le ,christ assis sur un trne1 montrant ses plaies1 assist des deux anges qui portent les instruments de la passion1 et implor par la ,vierge et par saint ,jean4 ,dans les voussures1 des cordons de feuillages1 les martyrs et les vierges4 ,sur les jambages en brasement1 et dvelopps latralement entre les colonnettes1 dans la hauteur1 des demi-tympans de l'arcature1 les ,aptres1 l'glise et la ,synagogue4 ,cette porte est accompagne de deux arcades aveugles avec tympans dans lesquels sont figures des scnes de la vie de saint ,sverin4 ,l'ensemble de cette composition1 que donne la figure #c1 est fort remarquable et produit un grand effet4 ,en ,a nous prsentons1 une grande chelle1 l'un des demi-tympans du trilobe1 d'un dessin la fois original et gracieux4 ,la sculpture en est plate1 en faon de broderie1 mais dlicatement traite1 et devait produire tout son effet1 avant que ce portail et t abrit sous un porche plus rcent4 ,le programme est d'ailleurs celui de beaucoup de portes d'glises2 on voit cependant que l'architecte1 grce ce dveloppement des corbeaux supportant le linteau1 a su en tirer un parti entirement neuf4 ,l'auteur du portail de ,saint-,pierre-sous-,vzelay n'avait-il pas aussi tir un parti nouveau de la composition du tympan de la porte centrale 7voy4 ,,porte1 fig4 #fe71 en supprimant cette fois le linteau et en le remplaant par un dveloppement des corbeaux8 ,plus tard1 vers la fin du ,x,i,ve sicle1 les linteaux supportant les tympans furent frquemment remplacs par des arcs surbaisss4 ,les corbeaux taient ainsi supprims2 ces arcs surbaisss s'appuyaient sur les jambages et sur le trumeau ayant une saillie prononce et dcoupant son couronnement en avant du tympan1 le plus souvent ajour et garni de vitraux4 ,les sujets en ronde-bosse qui remplissaient ordinairement les tympans du ,x,i,i,ie sicle faisaient ainsi place un fenestrage garni de vitraux4 ,comme nous l'avons dit1 la ,champagne avait1 la premire1 adopt ce parti ds le ,x,i,i,ie sicle4 ,les portes de la faade occidentale de la cathdrale de ,reims le prouvent4 ,dans ce cas1 le linteau portait une vritable fentre avec ses vitraux colors1 la place des bas-reliefs4 ,il semble toutefois que la disposition des tympans pleins1 dcors de sujets en ronde bosse1 est prfrable ces fenestrages4 ,en effet1 les voussures garnies de statuettes forment un entourage1 une sorte d'assistance au sujet principal dcorant le tympan2 si ce tympan est vide1 ces ranges de voussures n'ont plus de raison d'tre au point de vue de l'iconographie4 ,les matres de la meilleure priode du ,x,i,i,ie sicle dans l'le-de-,france l'avaient compris ainsi4 ,mais les belles conceptions iconographiques s'altrent dj dans les provinces voisines ds le milieu de ce sicle1 et les architectes n'admettent plus1 souvent alors1 la sculpture que comme un motif de dcoration1 sans trop se proccuper de l'unit des compositions d'ensemble4 ,ce n'est pas nous leur en faire un reproche1 car1 dans les difices religieux que nous levons1 il est rare que la statuaire sortie des ateliers de divers artistes et faite sur commandes isoles1 prsente un ensemble iconographique dirig par une pense4 ,admettant que chaque figure ou chaque bas-relief soit un chef-d'oeuvre1 ce dfaut dans la conception gnrale1 ce manque d'unit dans l'intention produit un assez triste effet4 ,il faut dire que le clerg1 peu familier avec ces questions1 proccup d'autres intrts1 plus importants peut-tre au point de vue religieux1 ne donne plus ces beaux programmes d'imageries qui sont si complets et si largement conus dans les grandes glises du domaine royal de #aahj #abdj4 ,son got ne le porte plus aimer la belle et grave statuaire si bien ordonne pendant notre meilleure priode du moyen ge4 ,le joli1 un peu fade1 inaugur au ,x,v,ie sicle par l'cole des ,jsuites1 ou le style italien de la basse renaissance1 dominent toujours dans l'esprit des personnages qui1 par leur situation dans l'glise1 pourraient contribuer rendre aux ouvrages de statuaire religieuse la virilit et le beau style qu'ils ont perdus4 ,il est cependant quelques-unes de ces compositions de tympans du ,x,ve sicle qui ne manquent pas de grandeur4 ,nous citerons1 entre autres1 les tympans du portail principal de la cathdrale de ,tours1 qui date de la fin de ce sicle4 ,celui de la porte centrale 7fig4 #d7 est claire-voie1 avec une sorte de double linteau ou plutt de double imposte en arcs surbaisss4 ,le trumeau central1 saillant1 dcoupe la statue1 son dais et la croix archipiscopale qui le surmonte1 en avant de la claire-voie vitre4 ,c'est l1 nous le rptons1 un parti souvent adopt la fin du moyen ge et jusqu'au ,x,v,ie sicle4 ,on trouve1 dans notre article ,,porte1 un assez grand nombre de compositions de tympans pour qu'il ne soit pas utile d'insister ici sur le systme dcoratif de ces membres de l'architecture du moyen ge4 ,nous ne dirons que quelques mots des tympans d'arcatures compris entre leurs archivoltes4 ,la sculpture d'ornement ou la statuaire jouent un rle important sur ces sortes de tympans1 d'une petite dimension gnralement4 ,ces sculptures1 faites pour tre vues de prs1 sont traites avec amour et habilement composes en vue de la place qu'elles occupent4 ,on voit de trs-remarquables tympans d'arcatures3 aux portails de l'glise de ,notre-,dame la ,grande1 ,poitiers2 la cathdrale d',angoulme 7,x,i,ie sicle72 la sainte ,chapelle du ,palais1 ,paris2 aux portails des cathdrales de ,paris1 de ,bourges1 d',auxerre 7,x,i,i,ie sicle72 dans les chapelles de la nef des cathdrales de ,bordeaux et de ,laon 7,x,i,ve sicle71 etc4 7voyez ,,ange1 ,,arcature1 ,,autel1 ,,clo,,tre1 ,,sculpture1 ,,triforium74 ,souvent ces tympans1 lorsqu'ils sont d'une petite dimension1 sont remplis par des animaux fantastiques4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,note #cjb3 ,peu d'architectes du moyen ge en ,france ont grav leurs noms sur les monuments qu'ils levaient1 contrairement l'habitude de leurs confrres italiens4 ,cette indiffrence1 ou cet excs de modestie leur a t reproch par un clbre critique comme un aveu d'infriorit4 ,cependant il semblerait que c'est l'oeuvre qui doit tre juge1 et que le nom de son auteur ne fait rien l'affaire4 ,u ,,unit1 s4 f4 ,dans toute conception d'art1 l'unit est certainement la loi premire1 celle de laquelle toutes les autres drivent4 ,en architecture1 cette loi est peut-tre plus imprieuse encore que dans les autres arts du dessin1 parce que l'architecture groupe tous ces arts pour en composer un ensemble1 pour produire une impression4 ,l'architecture tend un rsultat suprme3 satisfaire un besoin de l'homme4 ,la pense de l'artiste1 en composant un difice quelconque1 ne doit jamais perdre de vue ce but atteindre1 car il ne suffit pas que sa composition satisfasse matriellement ce besoin1 il faut que l'expression de ce besoin soit nette3 or1 cette expression1 c'est la forme apparente1 le groupement en faisceau1 de tous les arts et de toutes les industries auxquels l'architecte a recours pour parfaire son oeuvre4 ,plus une civilisation est complique1 plus la difficult est grande de composer d'aprs la loi d'unit2 cette difficult s'accroit de la masse des connaissances d'arts antrieurs1 des traditions du pass1 auxquelles la pense de l'artiste ne peut se soustraire1 qui l'obsdent1 s'imposent son jugement1 et entranent1 pour ainsi dire1 son crayon dans des sillons dj tracs4 ,un de nos prdcesseurs1 dont les crits sont justement estims1 a dit3 ,aussi faut-il qu'un monument mane d'une seule intelligence qui en combine l'ensemble de telle manire qu'on ne puisse1 sans en altrer l'accord1 ni en rien retrancher1 ni rien y ajouter1 ni rien y changer#cjc4 ,on ne saurait mieux parler1 mais on comprendra qu'il est difficile un architecte qui1 pour exprimer sa pense1 va puiser des sources trs-diverses1 de remplir ce programme4 ,nous reconnaissons volontiers que beaucoup d'architectes1 de nos jours1 n'admettent pas la loi d'unit1 qu'ils en nient la puissance1 et prconisent une sorte d'clectisme vague1 permettant la pense de l'artiste d'aller chercher dans le pass1 au nord et au midi1 les expressions propres donner une forme cette pense4 ,ces artistes affirment que1 de cet amas de documents mls1 il sortira l'architecture de l'avenir4 ,peut-tre2 mais1 en attendant1 celle du prsent n'exprime le plus souvent que le dsordre et la confusion dans les ides4 ,nous ne sommes pas de ceux qui nient l'utilit de l'tude des arts antrieurs1 d'autant qu'il n'est donn personne d'oublier ou de faire oublier la longue suite des traditions du pass2 mais1 ce que tout esprit rflchi doit faire en face de cet amas de matriaux1 c'est de les mettre en ordre1 avant de songer les utiliser4 ,que fait celui qui hrite d'une riche bibliothque1 si ce n'est d'abord d'en classer les lments suivant un ordre mthodique1 afin de pouvoir s'en servir le jour o il en aura besoin8 ,faut-il encore1 qu'aprs ce premier classement1 il ait fait au moins un rsum analytique de chacun des ouvrages de cette bibliothque1 dans son cerveau1 afin de pouvoir choisir et profiter judicieusement de ses choix4 ,parmi toutes les architectures qui mritent d'tre signales dans l'histoire du monde1 il n'en est pas une qui ne procde d'aprs la loi d'unit4 ,sur quoi s'tablit cette loi d'unit8 ,c'est l d'abord ce qu'il convient de rechercher4 ,les besoins auxquels l'architecture se propose de satisfaire ne sont pas trs-varis4 ,il s'agit toujours d'abriter l'homme1 soit en famille1 soit en assemble1 et de lui permettre1 sous ces abris1 de vaquer des occupations1 ou de remplir des fonctions plus ou moins tendues1 suivant que son tat social est plus ou moins compliqu4 ,si ces premires conditions diffrent peu1 la manire d'y satisfaire est trs-varie4 ,en effet1 l'abri peut tre fait de bois ou de pierre2 il peut tre creus dans le tuf ou faonn en terre2 il peut se composer de parties juxtaposes ou superposes2 il peut n'avoir qu'une destination transitoire ou dfier l'action du temps4 ,c'est alors que l'art intervient et que la loi d'unit s'tablit1 et s'tablit naturellement1 parce que tout1 dans l'ordre cr1 n'existe que par l'unit d'intention et de conception4 ,on veut faire une cabane de bois1 on coupe des arbres3 unit d'intention4 ,on runit ces arbres en utilisant leurs proprits3 unit de conception4 ,quoi qu'on puisse dire et faire1 c'est donc sur la structure1 d'abord1 qu'en architecture la loi d'unit s'tablit1 qu'il s'agisse d'une cabane de bois ou du ,panthon de ,rome4 ,la nature n'a pas procd autrement1 et il est plus que tmraire de chercher des lois en dehors de celles qu'elle a tablies1 ou plutt de nous soustraire ces lois1 nous qui en faisons partie4 ,les dcouvertes dans les sciences physiques nous montrent chaque jour1 avec plus d'vidence1 que si l'ordre des choses cres manifeste une varit infinie dans ses expressions1 il est soumis un nombre de lois de plus en plus restreint mesure que nous pntrons plus avant dans le mystre du mouvement et de la vie2 et qui sait si la dernire limite de ces dcouvertes ne sera pas la connaissance d'une loi et d'un atome6 ,en deux mots1 la cration1 c'est l'unit2 le chaos1 c'est l'absence de l'unit4 ,sur quoi tablirait-on1 en architecture1 la loi d'unit1 si ce n'tait sur la structure1 c'est--dire sur le moyen de btir8 ,serait-ce sur le got8 ,mais le got1 en architecture1 est-il autre chose que l'emploi convenable des moyens8 ,serait-ce sur certaines formes adoptes arbitrairement par un peuple1 par une secte8 ,mais alors1 si nous avons ct de ces formes d'autres formes arbitrairement adoptes par un autre peuple ou une autre secte1 nous aurons deux units4 ,nous voyons l'architecture des ,hellnes parfaitement conforme aux lois de l'unit1 parce que cette architecture ne ment jamais ses moyens de structure2 de mme1 chez les ,romains 7quand il s'agit des monuments btis suivant le mode romain72 de mme chez les ,occidentaux du moyen ge1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles4 ,cependant ces monuments sont fort dissemblables1 et ils sont dissemblables parce qu'ils obissent la loi d'unit tablie sur la structure4 ,le mode de structure changeant1 la forme diffre ncessairement1 mais il n'y a pas une unit grecque1 une unit romaine1 une unit du moyen ge4 ,un chne ne ressemble point un pied de fougre1 ni un cheval un lapin2 vgtaux et animaux obissent cependant l'unit organique qui rgit tous les individus organiss4 ,de fait1 l'unit ne peut exister dans l'architecture que si les expressions de cet art dcoulent du principe naturel4 ,l'unit ne peut tre une thorie1 une formule2 c'est une facult inhrente l'ordre universel1 et que nous voyons adapte aussi bien aux mouvements plantaires qu'aux plus infimes cristaux1 aux vgtaux comme aux animaux4 ,m4 ,quatremre de ,quincy1 dans son ,dictionnaire d'architecture#cjd distingue1 dans l'art de l'architecture1 diffrentes sortes d'units partielles1 d'o rsulte l'unit gnrale d'un difice4 ,cet auteur divise ainsi ce qu'il appelle les units partielles1 sans dfinir1 d'ailleurs1 ce que peut tre une unit partielle3 ,unit de systme et de principe4 ,unit de conception et de composition4 ,unit de plan4 ,unit d'lvation4 ,unit de dcoration et d'ornement4 ,unit de style et de got4 ,l'illustre auteur du ,dictionnaire d'architecture ne nous dit pas comment l'unit de systme se distingue de l'unit de conception1 ni comment ces deux units peuvent se sparer de l'unit de style et de got2 comment l'lvation d'un difice1 qui semblerait driver ncessairement du plan1 possde cependant son unit distincte de celle qui rgit la composition de ce plan4 ,nous pensions que l'unit possdait cette proprit de ne pouvoir tre divise1 et que ce qu'on peut diviser est pluralit4 ,cette colonne de six units 7et nous ne voyons pas pourquoi on s'en tiendrait ce nombre7 prcde le paragraphe o il est dit que l'unit de systme et de principe ne permet pas de poser des arcs sur des colonnes1 ni un chapiteau corinthien sur un style ionique4 ,c'est1 semble-t-il1 un prambule bien solennel pour une mince conclusion4 ,plus loin1 cependant1 l'auteur du ,dictionnaire1 propos de l'unit d'lvation1 crit ces lignes que l'on ne saurait trop soumettre aux mditations de l'architecte3 ,ce qui constitue particulirement1 dans l'architecture1 l'unit d'lvation1 c'est d'abord une telle correspondance de l'extrieur de sa masse avec l'intrieur1 que l'oeil et l'esprit y aperoivent le principe d'ordre et la liaison ncessaire qui en ont dtermin la manire d'tre4 ,le but principal d'une faade ou lvation de btiment n'est pas d'offrir des combinaisons ou des compartiments de formes qui amusent les yeux4 ,l1 comme ailleurs1 le plaisir de la vue1 s'il ne procde pas d'un besoin ou d'une raison d'utilit1 loin d'tre une source de mrite et de beaut1 n'est plus qu'un brillant dfaut4 ,mais l1 comme ailleurs1 le plus grand nombre se mprend en transportant les ides1 c'est--dire en subordonnant le besoin au plaisir4 ,de l cette multitude d'lvations d'difices1 dont les formes1 les combinaisons1 les dispositions1 les ordonnances1 les ornements1 contredisent le principe d'unit fond sur la nature propre de chaque chose4 ,ce qui importe donc l'unit dont nous parlons1 ce n'est pas qu'une lvation ait plus ou moins de parties1 plus ou moins d'ornements1 c'est qu'elle soit telle que la veulent le genre1 la nature et la destination de l'difice2 c'est qu'elle corresponde aux raisons1 sujtions et besoins qui ont ordonn de sa disposition intrieure2 c'est que l'extrieur de cet difice soit uni par le lien visible de l'unit la manire d'tre que les besoins du dedans auront commande4 ,nous n'avons pas essayer1 heureusement1 d'accorder les opinions de l'ancien secrtaire perptuel de l',acadmie des beaux-arts avec les enseignements qui dcoulent des oeuvres d'architecture laisses par les membres passs et prsents de la docte assemble4 ,ce sont affaires de famille2 nous constatons seulement que cette dfinition de l'unit des lvations1 quant au fond1 peut s'appliquer l'unit dans les oeuvres d'architecture1 sans qu'il soit utile de diviser cette unit4 ,ne mentir jamais au besoin1 l'ordonnance qu'impose ce besoin1 aux moyens que fournit la matire en oeuvre1 aux ncessits de la structure1 ce sont les premires conditions de l'unit en architecture1 et ces conditions ne sauraient sparer le plan de l'lvation1 la conception du style#cje4 ,nous ne concevons pas plus un architecte faisant un plan sans prvoir les lvations que donne ce plan1 que nous ne concevrions l'ombre sans la lumire1 ou la lumire sans l'ombre4 ,d'ailleurs qu'entend-on par l'unit de plan8 ,est-ce que chaque partie de l'difice projete sur un plan horizontal possde les dimensions ncessaires1 qu'elles soient places en raison des besoins exprims1 qu'elles satisfassent pleinement ces besoins en mme temps qu'aux ncessits de la stabilit1 de l'conomie1 de la dure1 de l'orientation1 de l'aspect intrieur et extrieur8 ,que chaque partie ne puisse tre arbitrairement augmente1 diminue1 change1 sans qu'il en rsulte quelque chose de moins bon8 ,que les pleins soient en raison de ce qu'ils doivent porter et que le mode de btir soit en rapport avec les matriaux employer et avec les usages locaux8 ,si c'est l ce que l'on entend par l'unit de plan1 c'est fort bien1 notre avis2 mais nous ne pourrions comprendre la conception d'un plan ainsi dress sans la conception simultane des lvations2 car1 prendre les choses la lettre1 le plan n'est que la projection horizontale de ce qu'on appelle l'lvation3 or1 comment concevoir et tracer la projection horizontale d'une chose qui serait crer1 qui n'existerait pas8 ,mais si1 par l'unit de plan1 on entend une image trace sur le papier suivant certaines donnes symtriques1 une sorte de dessin de broderie plaisant aux yeux par certaines pondrations de masses1 de pleins et de vides1 en torturant d'ailleurs les besoins auxquels tout difice doit satisfaire1 afin de rendre cette image plus agrable1 alors nous avouons ne rien comprendre cette unit2 mais nous comprenons que cette unit peut tre distincte de l'unit d'lvation1 puisqu'elle n'a rien voir avec les ncessits auxquelles il faut satisfaire1 avec le mode de btir1 avec la nature des matriaux employer1 avec l'conomie et le bon sens1 qui commande1 parat-il1 de ne rien faire en architecture qui n'ait une raison d'tre et dont on ne puisse justifier4 ,il est un seul moyen de donner une oeuvre d'architecture l'unit3 c'est le programme et les forces connues--nous entendons par forces les ressources en hommes1 argent et matriaux1--de trouver les combinaisons qui permettent de satisfaire ce programme1 et d'employer ces forces de manire leur faire produire le rsultat le plus complet4 ,il est vident que si1 pour satisfaire sa fantaisie1 l'artiste jette une notable partie des ressources dont il dispose sur un point d'un difice pour produire un effet1 au dtriment des autres2 que si son difice prsente des chantillons de tous les moyens de structure et d'ornementation par amour de l'clectisme2 que s'il ment la structure que lui fournit son temps pour imiter des formes appartenant un mode pass2 que si le monument qu'il lve n'a aucun lien avec les moeurs du temps2 s'il choque ces moeurs par des dispositions appartenant une civilisation diffrente ou un autre climat1 son oeuvre ne peut prtendre l'unit4 ,l'unit n'existe qu'autant qu'il y a relation intime entre l'architecture et l'objet4 ,un temple dorien prsente un type de l'unit architectonique2 mais1 si vous faites d'un temple dorien une bourse ou une glise1 l'unit est dtruite3 car1 pour approprier cet difice une destination autre que celle pour laquelle on l'a lev1 il faut torturer ses dispositions1 dtruire ce qui constitue son unit4 ,nous ne saurions trop le rpter1 ce n'est qu'en suivant l'ordre que la nature elle-mme observe dans ses crations que l'on peut1 dans les arts1 concevoir et produire suivant la loi d'unit1 qui est la condition essentielle de toute cration4 ,si1 dans l'ordre des choses cres1 on a cru voir parfois des dviations au principe de l'unit1 l'tude plus approfondie a fini toujours par faire connatre que l'exception1 au contraire1 confirme la rgle2 et c'est une des gloires de la science moderne d'avoir rattach de plus en plus1 par l'observation1 l'organisme universel la loi d'unit1 ce qui ne fait pas et ne peut faire que cet organisme ne soit vari l'infini4 ,nous disons3 en architecture1 procdez de mme2 partez du principe un1 n'ayez qu'une loi1 la vrit2 la vrit toujours1 ds la premire conception jusqu' la dernire expression de l'oeuvre4 ,nous ajoutons3 voici un art1 l'art hellnique1 qui a procd ainsi son origine et qui a laiss des ouvrages immortels2 voil un autre art1 sous une autre civilisation1 la ntre1 sous un autre climat1 le ntre1 l'art du moyen ge franais1 qui a procd ainsi son origine et qui a laiss des ouvrages immortels4 ,ces deux expressions de l'unit sont cependant dissemblables4 ,il faut donc1 pour produire un art1 procder d'aprs la mme loi4 ,avec cette persistance aveugle1 qui donne souvent au dfaut de comprhension les allures de la mauvaise foi1 on nous rpte3 ,vous prtendez nous faire adopter aujourd'hui les formes admises par les matres du moyen ge2 et pourquoi celles-l plutt que d'autres8 toutes nous sont bonnes1 toutes peuvent nous servir1 car elles sont toutes du domaine de l'humanit4 ,nous rpondons3 ,l'objection part d'une pense premire laquelle l'analyse fait dfaut4 ,depuis le ,x,v,ie sicle1 nous avons pris en ,france des formes produites en architecture par l'application du principe d'unit1 dans certains milieux1 pour l'unit mme1 sans recourir la loi d'o dcoulaient ces formes4 ,on a cru remplir les conditions d'unit parce qu'on adoptait plus ou moins fidlement certaines formes des architectures antrieures notre temps1 formes qui taient les consquences du principe d'unit1 mais qui1 par cela mme qu'elles taient les consquences d'un principe1 ne sont pas le principe4 ,ceux qui ont pris l'habitude de procder ainsi1 c'est--dire de prendre la forme sans tenir compte du principe qui l'avait fait clore1 ne sauraient admettre qu'on puisse procder autrement2 et1 nous voyant tudier et analyser les applications de la loi gnrale faite par les matres du moyen ge1 ils admettent que nous devons procder ainsi qu'eux-mmes le font1 c'est--dire que1 prenant la forme1 l'apparence purement plastique de l'architecture du moyen ge1 nous considrons cette forme comme notre unit prfre1 non comme une consquence de la loi gnrale d'unit1 et que1 ds lors1 nous aurions cette prtention de prescrire l'emploi de cette forme4 ,pour tre plus clair1 ayons recours une comparaison que chacun peut saisir4 ,il y a1 dans la nature inorganique que nous avons sous les yeux1 une quantit innombrable de cristaux qui sont la consquence d'une loi de la cristallisation4 ,reproduire l'apparence plastique de ces cristaux en n'importe quelle matire1 ou tablir des conditions physiques ou chimiques l'aide desquelles ces cristaux peuvent se former d'eux-mmes sous l'empire de la loi gnrale1 sont deux oprations trs-distinctes4 ,la premire est purement mcanique et ne donne qu'un rsultat sans porte2 la seconde met un attribut de la cration au service de l'intelligence humaine4 ,la question est donc ainsi rduite sa plus saisissante expression3 copier en une matire quelconque des cristaux qui sont le produit d'une loi rgissant la cristallisation2 ou chercher la loi1 afin qu'en l'appliquant1 il en rsulte naturellement les cristaux propres la matire employe4 ,pour trouver cette loi1 il faut ncessairement dfinir les qualits de ces cristaux1 analyser leur substance et les conditions sous lesquelles ils prennent la forme que nous leur connaissons4 ,et serait-on bien venu1 dans le domaine de la science1 de dire un chimiste qui cherche la loi de la cristallisation1 qu'il prtend nous faire vivre dans une gode8 ,malheureusement1 ce qu'on ne se permettrait pas dans le domaine de la science1 on se le permet1 sans scrupules1 dans le domaine de l'architecture1 par suite de l'obscurit que l'on s'est complu depuis longtemps jeter sur l'tude de cet art et ses principes4 ,l'architecture n'est pas une sorte d'initiation mystrieuse2 elle est soumise1 comme tous les produits de l'intelligence1 des principes qui ont leur sige dans la raison humaine4 ,or1 la raison n'est pas multiple1 elle est une4 ,il n'y a pas deux manires d'avoir raison devant une question pose4 ,mais la question changeant1 la conclusion1 donne par la raison1 se modifie4 ,si donc l'unit doit exister dans l'art de l'architecture1 ce ne peut tre en appliquant telle ou telle forme1 mais en cherchant la forme qui est l'expression de ce que prescrit la raison4 ,la raison seule peut tablir le lien entre les parties1 mettre chaque chose sa place1 et donner l'oeuvre non-seulement la cohsion1 mais l'apparence de la cohsion1 par la succession vraie des oprations qui la doivent constituer4 ,si large qu'on veuille faire la part l'imagination1 elle n'a1 pour constituer une forme1 que la voie trace par la raison4 ,les gnies n'ont pas procd autrement1 et leurs ouvrages ne nous charment que parce qu'ils s'emparent de notre esprit ou de notre coeur1 en passant par le chemin de notre raison4 ,nos monuments du moyen ge possdent par excellence l'unit3 #a parce qu'ils remplissent exactement1 scrupuleusement1 servilement1 les programmes donns1 et qu'ils sont ainsi la plus vive expression de la civilisation au sein de laquelle ils ont t construits2 #b parce que leur forme n'est que le rsultat combin des moyens employs2 #c parce que toutes leurs parties sont conues de manire satisfaire aux besoins pour lesquels ils sont levs1 et assurer leur stabilit et leur dure2 #d parce que leur dcoration procde suivant un ordre logique et est toujours soumise la structure2 #e parce que cette structure elle-mme est sincre1 qu'elle ne dissimule jamais ses procds et n'emploie que les forces ncessaires4 ,nos monuments du moyen ge n'ont pas six units1 ils ont l'unit4 ,les articles du ,dictionnaire font assez ressortir cette qualit1 pensons-nous1 pour qu'il ne soit pas ncessaire de s'tendre plus longtemps sur son importance4 ,note #cjc3 ,quatremre de ,quincy1 ,dict4 d'architect41 ,,unit4 ,note #cjd3 ,voyez l'article ,,unit4 ,note #cje3 ,voyez les articles ,,go,t1 ,,style4 ,v ,,vantail1 s4 m4 7ventail1 wis1 huis74 ,valve de menuiserie1 tournant sur des gonds ou pivots1 fermant la baie d'une porte4 ,il tait d'usage1 dans l'antiquit grecque1 de suspendre souvent les vantaux au moyen de deux tourillons tenant au montant de feuillure4 ,ces tourillons entraient dans deux trous cylindriques mnags sous le linteau et l'extrmit du seuil4 ,ce procd primitif obligeait de poser le vantail en construisant la porte4 ,on voit encore des vantaux ainsi suspendus aux portes de monuments de la ,syrie septentrionale qui datent des ,i,ve et ,ve sicles4 ,il faut savoir que ces vantaux sont de pierre 7basalte gnralement71 et qu'il n'tait pas possible de les suspendre autrement1 puisqu'on ne pouvait y attacher des pentures4 ,toutefois ce procd fut appliqu dans les ,gaules aux portes de bois1 et nous retrouvons cette tradition4 conserve jusque vers la fin du ,x,v,ie sicle pour les constructions rustiques1 notamment dans le ,nivernais et en ,auvergne4 ,ces vantaux primitifs se composent d'un montant de feuillure ,a 7fig4 #a71 pris dans un arbre branchu1 de manire trouver la traverse haute ,b dans le mme morceau4 ,cette traverse haute s'assemble en ,c dans un montant de rive ,d1 qui reoit galement le tenon ,e d'une traverse basse4 ,des planches paisses sont chevilles sur cette membrure1 qui n'est apparente qu' l'intrieur4 ,les deux tourillons a et b entrent dans les trous cylindriques a'1 b'1 mnags dans le seuil et dans une pierre tenant au jambage4 ,dans cette structure1 il n'y a pas un clou2 le tout est maintenu par des chevilles de bois4 ,ces sortes de vantaux sont doubles habituellement1 et leurs montants de rive battent sur un arrt tenant au seuil et sur une traverse haute de bois4 ,ils taient ferms1 l'intrieur1 par une barre de bois entrant dans les chantignoles ,g chevilles sur les montants de battement4 ,il y a tout croire que cette faon de vantail remonte aux ,gaulois1 puisqu'on trouve encore la trace1 dans des constructions prives de l'poque gallo-romaine1 de ces trous cylindriques destins recevoir les tourillons des montants4 ,on comprend sans peine combien ce grossier moyen de suspension des vantaux tait dfectueux4 ,les tourillons de bois roulaient difficilement dans leurs douilles de pierre b'2 si les portes taient d'une assez grande dimension1 il fallait employer beaucoup de force pour faire pivoter les vantaux4 ,ds l'poque gallo-romaine1 les pentures taient en usage1 puisqu'on en retrouve encore1 et ce moyen de suspendre les huis fut gnralement adopt dater de la priode carlovingienne 7voyez ,,serrurerie74 ,toutefois les vantaux furent composs au moyen de membrures sur lesquelles on appliquait des frises1 si les portes taient d'une assez grande dimension4 ,le systme de dcharges pour empcher les vantaux de donner du nez1 c'est--dire de flchir dans le sens de leur largeur sous leur propre poids1 est toujours admis2 on se sert mme encore parfois1 pendant le ,x,i,ie sicle1 de bois branchus pour former ces dcharges1 ou du moins l'une d'elles2 et les pentures de fer sont1 ou apparentes l'extrieur sur les frises1 ou prises entre celles-ci et la membrure1 comme dans l'exemple que nous donnons ici 7fig4 #b71 qui est tir d'une porte de l'ancienne glise de ,saint-,martin d',avallon4 ,on voit1 dans cette figure qui prsente l'un des vantaux vu du ct intrieur1 que le montant de feuillure ,a est taill dans un arbre branchu4 ,des paulements ,b et ,c1 mnags dans ce montant1 reoivent les pieds des dcharges qui soulagent encore l'extrmit de la traverse haute ,d et le montant de battement ,e4 ,un gousset ,g runit ce montant la traverse basse ,h4 ,les pentures de fer sont prises entre cette membrure et les frises extrieures de revtement1 qui ne laissent voir que les chevilles qui les retiennent aux dcharges et les ttes de clous qui les attachent ces pentures4 ,ce travail assez grossier est cependant fort bien entendu au point de vue de la solidit et de l'usage4 ,bientt l'excution devint plus dlicate1 et les vantaux reurent extrieurement diverses sortes de dcorations1 soit par l'application de pentures de fer forg1 soit par des revtements de bois finement travaills1 soit par des peintures1 des ttes de clous1 des plaques de bronze ou de fer battu4 ,habituellement ces dcorations dpendent de la structure4 ,ainsi1 par exemple1 dans la figure #c que nous donnons ici#cjf1 on voit que le systme de structure du vantail1 compos d'un treillis de dcharges compris entre les montants et les traverses1 reproduit extrieurement1 sur les frises1 un treillis de moulures fines1 perles1 avec ttes de clous aux rencontres 7voyez le dtail ,a74 ,ces clous s'engagent de quelques millimtres dans la saillie de ces moulures1 ainsi que l'indique le profil ,b en ,c4 ,les ttes de clous sont garnies d'une rondelle de fer battu orne 7voy4 en ,g74 ,les pentures sont1 comme dans l'exemple prcdent1 prises entre la membrure et les frises de revtement4 ,bien entendu la membrure est l'intrieur4 ,les moulures en treillis sont cloues sur ces frises et correspondent au treillis des dcharges4 ,les frises sont donc parfaitement maintenues par le parti dcoratif1 et les clous consolident les assemblages mi-bois de la membrure treillisse4 ,ces bois croiss en tous sens1 clous ensemble1 ne peuvent jouer1 et la solidit de l'ouvrage est complte4 ,ces dcorations rapportes extrieurement sur les frises ne sont pas toujours la reproduction de la structure des membrures2 elles consistent souvent en des moulures cloues suivant certains compartiments gomtriques1 ainsi que l'ont pratiqu de tout temps les ,arabes1 en des formes empruntes l'architecture1 telles que frises1 arcatures1 gbles1 etc4#cjg4 ,on voit encore1 sur les vantaux des portes occidentales de la cathdrale de ,ses des applications de ce genre qui figurent une sorte de grille compose de rangs de petites arcatures finement travailles4 ,les ranges d'arcatures1 au nombre de six1 dans la hauteur du vantail1 y compris le couronnement 7voy4 fig4 #d71 sont simplement cloues sur les frises qu'elles maintiennent planes4 ,en ,a1 est trac le dtail en coupe d'une de ces arcatures avec sa colonnette1 et en ,b la section de celle-ci4 ,les colonnettes1 leurs chapiteaux et bagues sont faits au tour4 ,les rangs d'arcatures sont vids dans une planche1 et clous1 ainsi que l'indique notre trac4 ,toute cette dcoration tait peinte1 ainsi que le fond1 de vives couleurs4 ,on trouve dans l'article ,,menuiserie une assez grande varit de ces vantaux dcors1 soit par application1 soit par la combinaison des assemblages#cjh4 ,nous ne croyons donc pas ncessaire de nous tendre plus longuement ici sur ces ouvrages de bois4 ,il arrivait aussi que l'on recouvrait les vantaux de portes au moyen de plaques de mtal1 bronze ou fer1 et cela indpendamment des pentures#cji4 ,on voyait encore la porte de gauche de la faade occidentale de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 au commencement du dernier sicle1 des vantaux de portes rapports de ,poitiers par ,dagobert1 et qui taient recouverts de lames de bronze ajoures reprsentant des rinceaux avec des animaux4 ,ces vantaux avaient t replacs sur cette faade lors de sa reconstruction sous l'abb ,suger1 comme des ouvrages dignes d'tre conservs#caj4 ,les moines et les chapitres dtruisirent bon nombre de ces prcieux objets depuis le rgne de ,louis ,,xiv1 et la rvolution de #agib jeta au creuset ce qui restait1 si bien qu'aujourd'hui on a grand'peine1 en ,france1 retrouver quelques traces de ces vantaux garnis de mtaux plus ou moins habilement dcors4 ,quelques dbris d'ouvrages de fer ont seuls chapp1 cause de leur peu de valeur1 ces dvastations4 ,des portes de trsors1 de sacraires1 laissent encore voir leurs revtements de fer battu4 ,ces revtements sont toujours faits au moyen de bandes de fer1 car on ne fabriquait pas alors de la tle3 c'tait au marteau que l'on pouvait obtenir des fers minces en pices d'une faible dimension4 ,ces bandes taient1 le plus souvent1 poses en treillis avec un clou chaque point de rencontre4 ,la figure #e prsente un de ces vantaux bards de bandes croises de fer battu et relies par des clous avec rosaces formant rondelles4 ,en ,a1 est donne l'une de ces rosaces2 en ,b1 la section avec le croisement des fers1 et en ,c1 la section de la bordure d'encadrement#caa4 ,ces sortes de vantaux n'ont que des dimensions mdiocres4 ,dans la figure #e1 entre les bandes croises1 on aperoit le bois1 mais il n'en tait pas toujours ainsi3 des ornements de fer battu dcoups taient parfois poss dans les intervalles de ces bandes 7fig4 #f72 ils formaient des rosaces maintenues au centre par un clou et par les bandes1 sous lesquelles leurs extrmits taient pinces4 ,ainsi le bois du vantail tait presque totalement couvert par une armature solide qui composait une riche ornementation4 ,le fragment que nous donnons ici parat dater du ,x,i,ve sicle1 et provient de la collection des dessins de feu ,garneray#cab4 ,on bardait aussi les vantaux de bandes de fer horizontales poses recouvrement4 ,ces bandes taient unies ou dcoupes en manire d'cailles ou de lambrequins 7fig4 #g71 maintenues les unes sur les autres1 ainsi que l'indique la section ,a1 avec force clous qui pntraient dans le bois4 ,ce vantail tait attach une porte de l'abbaye de ,saint-,bertin1 ,saint-,omer#cac4 ,il parat galement remonter au ,x,i,ve sicle4 ,c'tait ainsi 7sauf les ornements7 qu'taient habituellement bards des vantaux de poternes des chteaux1 quelquefois mme des habitations prives4 ,on se contentait le plus souvent1 pour les vantaux de portes des maisons et htels1 de garnitures de ttes de clous plus ou moins ouvrages 7voyez ,,clou71 poses en quinconce ou suivant la trace des traverses et dcharges contre lesquelles les frises s'appliquaient4 ,ainsi que nous l'avons dit plus haut1 il ne nous reste1 en ,france1 aucune trace de vantaux de portes du moyen ge revtus de bronze2 cependant plusieurs glises en possdaient4 ,dom ,doublet#cad parle des portes faites d'aprs les ordres de l'abb ,suger pour la faade occidentale de la nouvelle glise4 ,ces portes taient1 paratrait-il1 trs-richement dcores de lames de bronze dor et maill4 ,il fit venir 7,suger71 dit ,d4 ,doublet1 plusieurs fondeurs et sculpteurs expriments1 pour orner et enrichir les battans de la porte principale de l'entre de l'glise1 sur laquelle se void la ,passion1 ,rsurrection1 ,ascension1 et autres histoires 7avec la reprsentation dudit abb prostern en terre71 le tout de fonte2 et qu'il luy a convenu faire de grands frais1 tant pour le mtail1 que pour l'or qui y a est employ pareillement aussi pour les battans de la porte de main droite1 en entrant1 qu'il a fait enrichir de mtail1 or et esmail1 laissant les anciens battans de la troisiesme porte de main gauche1 qui estoient an premier bastiment de l'glise4 ,une inscription en vers tait apparente sur le bronze de la porte principale4 ,nous la transcrivons ici d'aprs dom ,doublet3 ,portarum quisquis attollere quris honorem1 ,aurum nec sumptus1 operis mirare laborem1 ,nobile claret opus1 sed opus quod nobile claret2 ,clarificet mentes1 ut cant per lumina vera1 ,ad verum lumen1 ubi ,christus janua vera1 ,quale sit intus in his determinat aures porta1 ,mens hebes ad verum per materialia surgit1 ,et demersa prius bac visa ,ince resurgit4 ,et sur le linteau au-dessus des vantaux3 ,suscipe vota tui judex districte ,suggeri1 ,inter oves proprias ,cac me clementer haberi4 ,si le latin est mdiocre1 les penses sont assez belles et bien appropries l'objet4 ,nous ne chercherons pas1 en l'absence de tout document graphique1 donner une restauration de ces monuments qui devaient tre si intressants4 ,on connat les belles portes de bronze de la basilique normande de ,monreale prs ,palerme1 celles de la cathdrale de ,pise1 celles de ,vrone4 ,ces vantaux sont composs par panneaux dans lesquels sont inscrits des sujets en bas-relief1 avec ouvrages niells et damasquins4 ,il est prsumer que les vantaux des portes principales de l'glise abbatiale de ,saint-,denis taient conus de la mme manire4 ,on voit aussi sur le flanc mridional de la cathdrale d',augsbourg des vantaux de portes revtus de bronze1 par panneaux1 qui datent du ,x,i,ie sicle1 mais qui contiennent des fragments provenant d'un monument beaucoup plus ancien4 ,si l'on s'en rapporte certaines vignettes de manuscrits1 on pourrait croire aussi que le moyen ge posait1 sur les vantaux de portes1 des revtements de bronze par bandes horizontales1 comme des frises superposes1 dcores d'ornements et de figures4 ,quant aux vantaux de bois composs par panneaux1 nous renvoyons le lecteur l'article ,,menuiserie4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,note #cjf3 ,tir de vantaux des portes de la cathdrale de ,coutances1 et d'une porte1 aujourd'hui dtruite1 que l'on voyait sur le ct de l'glise du ,mont-,saint-,michel en mer1 ,x,i,i,ie sicle4 ,note #cjg3 ,voyez ,,menuiserie1 fig4 #aa4 ,note #cjh3 ,voyez ,,menuiserie1 fig4 #ab4 ,note #cji3 ,voyez1 l'article ,,serrurerie1 quelques exemples de ces pentures4 ,note #caj3 ,sur les anciens battans de la porte ancienne de l'glise que fit bastir le ,roy ,dagobert1 cecy est escrit en lettres trs antiques et entrelaces l'unes dans l'autres1 assez difficiles lire3 ,hoc opus ,airardus coelesti munere fretus4 ,offert ecce tibi ,dyonysi pectore miti4 7,d4 ,doublet1 ,antiq4 et recherches de l'abbaye de ,st-,denys en ,france1 liv4 ,i1 chap4 ,,xxxiii47 ,note #caa3 ,il existe encore des vantaux de ce genre ,sens1 ,rouen 7cathdrales74 ,nous en avons vu dans beaucoup d'glises1 d'o ils ont t enlevs depuis une vingtaine d'annes1 cause probablement de leur tat de vtust4 ,l'exemple donn ici t dessin par nous1 dans un magasin de ferrailles ,rouen4 ,note #cab3 ,sans indication de provenance4 ,note #cac3 ,dessin de la collection ,garneray4 ,note #cad3 ,antiq4 et recherches de l'abbaye de ,saint-,denys en ,france1 liv4 ,i1 ch4 xxxiii4 ,,vergette1 ,s4 f4 7tringlette74 ,barre de fer carre ou ronde1 mince1 qui sert maintenir les panneaux des vitraux entre les barlotires4 ,les panneaux de vitraux s'attachent aux vergettes au moyen de petites bandes de plomb soudes aux plombs de sertissure des verres 7voyez ,,vitrail74 ,,verri,,re1 s4 f4--,voyez ,,vitrail4 ,,verrou1 s4 m4--,voyez ,,serrurerie4 ,,vertevelle1 s4 f4--,voyez ,,serrurerie4 ,,vertu1 s4 f4 ,l'iconographie du moyen ge met souvent en parallle la personnification des vertus et des vices4 ,l'antagonisme du bien et du mal est1 comme on sait1 une de ces ides admises chez presque tous les peuples de races suprieures4 ,nous la voyons se manifester dans les ,vdas1 chez les ,iraniens1 chez les gyptiens1 et pendant l'antiquit paenne4 ,le monothisme smitique devait ncessairement repousser cette double influence1 qui tait1 pour ainsi dire1 le fondement du panthisme4 ,les ,juifs n'admettaient pas une puissance rivale de leur ,jhovah4 ,le pch1 pour les ,juifs1 n'tait qu'une infirmit attache l'homme1 mais n'tait pas suppos inspir par une puissance suprieure lui4 ,la ,gense fait intervenir1 il est vrai1 entre le premier homme et la premire femme1 le serpent#cae3 ,le serpent toit plus rus que tous les animaux de la terre que l'ternel ,dieu avoit faits2 il dit la femme444 etc4 ,dans cet exemple1 il n'est nullement question d'une puissance rivale1 de l',esprit du mal4 ,le serpent donne un conseil perfide2 il n'est pas dit qu'un esprit ait revtu sa forme1 qu'il y ait un intrt1 qu'il en doive profiter2 aucun esprit ne conseille ,can de tuer son frre4 ,l'ternel1 voyant ,can abattu lorsque son sacrifice est repouss1 lui dit3 ,certes1 si tu te conduis bien1 tu seras considr2 si tu ne te conduis pas bien1 le pch t'assige la porte1 il veut t'atteindre1 mais tu peux le matriser#caf4 ,pour les ,grecs comme pour tous les peuples de race aryenne1 le ,mal tait une force naturelle comme le ,bien1 force rivale1 vaincue ncessairement1 mais immortelle1 luttant sans trve1 indpendante et vnre1 cause de sa qualit divine4 ,l'homme n'tait qu'un jouet entre ces deux puissances1 invoquant l'intervention de la bonne contre les actes de la mauvaise1 mais ne croyant pas que sa volont personnelle pt lutter contre cette dernire4 ,le panthisme--nous parlons du panthisme primitif appuy sur l'observation des phnomnes naturels1 et non du panthisme nerv et superstitieux des derniers temps--considrait l'action des forces divines comme agissant bien au-dessus de la frle humanit1 comme engageant des luttes et exerant sa puissance dans une sphre trs-suprieure aux intrts humains4 ,l'homme tait fatalement soumis des dcrets dont il ne pouvait pntrer les motifs1 et s'il invoquait les dieux1 ce n'tait jamais avec l'espoir de leur faire modifier en sa faveur le cours des choses4 ,l'gosme smitique admet que ,jhovah arrte la marche du soleil pour permettre ,josu d'craser ses ennemis2 on ne trouverait pas une lgende analogue dans toute l'histoire religieuse des ,aryas4 ,pour eux1 les forces de la nature agissent dans la plnitude de leur puissance indpendante4 ,une divinit peut lutter contre le soleil1 elle ne saurait lui commander d'arrter son cours4 ,ce prambule tait ncessaire pour expliquer un phnomne philosophique qui se produit dans l'iconographie chrtienne de l',occident1 vers la fin du ,x,i,ie sicle4 ,alors les artistes1 videmment inspirs par les ides du temps1 ne font plus intervenir1 absolument1 l',esprit du mal2 ils admettent des qualits bonnes et mauvaises1 qualits inhrentes l'homme2 ils les personnifient4 ,c'est un panthisme circonscrit dans l'me humaine au lieu d'avoir pour sige l'univers4 ,il est vident que le mot panthisme ici ne peut rendre entirement notre pense2 on n'adorait pas la ,charit ou le ,courage1 on les personnifiait2 on leur donnait un corps1 des attributs1 le nimbe mme parfois2 et si l'on ne rendait pas un culte ces abstractions mtaphysiques1 la foule arrivait les considrer comme des forces possdant une apparence sensible1 des manations divines4 ,il faut observer d'ailleurs que si les vertus sont personnifies1 les vices ne le sont point4 ,les vices1 en opposition avec les vertus1 sont reprsents par un fait1 non par un personnage2 du moins est-ce le cas le plus habituel4 ,avant l'cole laque de la fin du ,x,i,ie sicle1 les vertus comme les vices sont figurs par des faits tirs des critures4 ,dans la reprsentation des vices1 le diable intervient toujours2 c'est lui qui conseille et prside l'excution de l'acte mauvais1 tandis que l',esprit du mal n'intervient plus dans la reprsentation du vice oppos la vertu1 dater de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,ainsi1 sur les brasements de la porte centrale de ,notre-,dame de ,paris1 sont sculptes dans des mdaillons douze ,vertus1 reprsentes par douze femmes drapes portant certains attributs2 les ,vices1 en opposition1 sculpts au-dessous de ces mdaillons1 sont figurs par des scnes4 ,exemples3 ,la ,foi1 la premire place la droite du ,christ1 porte un cu rempli par une croix4 ,au-dessous1 un homme est agenouill devant une idole4 ,le ,courage1 la premire ,vertu la gauche au ,christ1 est vtu d'une armure complte3 cotte de maille sur sa robe1 heaume sur la tte1 bouclier sur lequel est un lion rampant son bras gauche1 pe nue dans sa main droite4 ,au-dessous1 la ,lchet3 c'est un homme qui fuit devant un livre2 il se retourne effar et laisse tomber son pe#cag4 ,c'est seulement vers la fin du ,x,i,ie sicle1 ainsi que nous le disions1 qu'apparaissent1 sur nos monuments1 ces reprsentations des ,vertus1 et1 parmi ces sculptures1 on peut citer comme des plus anciennes celles qui dcorent les soubassements de la porte de gauche de la faade de la cathdrale de ,sens4 ,elles montrent la ,largesse1 et en regard l',avarice4 ,la ,largesse 7fig4 #a7 est une femme drape1 couronne1 assise4 ,de ses deux mains1 elle ouvre deux coffres remplis de sacs et d'cus4 ,deux lampes en forme de couronne sont suspendues ses cts2 ses pieds sont deux vases de fleurs4 ,l',avarice 7fig4 #b7 est une des belles sculptures de cette poque 7#aagj environ74 ,les cheveux pars sous un lambeau d'toffe1 la main gauche crispe1 crochue1 elle est assise sur un coffre qu'elle a ferm violemment de la main droite2 sous ses pieds sont des sacs pleins d'cus4 ,l',avarice est ici personnifie#cah4 ,guillaume ,durand dit que les ,vertus sont reprsentes sous la figure de femmes1 parce qu'elles nourrissent et caressent l'homme#cai2 mais encore les artistes du moyen ge leur donnaient-ils un caractre nergique et militant4 ,dans les vitraux de la grande rose occidentale de ,notre-,dame de ,paris1 les ,vertus sont armes de lances et combattent les ,vices1 reprsents par des personnages historiques parfois4 ,sardanapale reprsente la ,folie2 ,tarquin1 la ,dissolution2 ,nron1 l',iniquit2 ,judas1 le ,dsespoir2 ,mahomet1 l',impit1 etc4 ,c'est la cathdrale de ,chartres que les artistes du ,xl,i,ie sicle ont donn aux reprsentations des ,vertus le plus complet dveloppement4 ,l#cbj les ,vertus ne sont point opposes aux ,vices1 elles se droulent sur les voussures1 en pied1 et sont divises en trois ordres3 les ,vertus publiques et les ,vertus prives4 ,les ,vertus de l'homme priv sont places dans la voussure intrieure1 les ,vertus de l'homme social dans la voussure extrieure2 dans la voussure intermdiaire sont sculptes les ,vertus domestiques4 ,chaque rang contient quatorze figures1 en commenant par le voussoir de droite4 ,chartres1 les ,vertus publiques prsentent un grand intrt iconographique4 ,la premire a perdu son titre2 son bouclier est charg de roses4 ,didron#cba la considre comme personnifiant la ,mmoire4 ,la deuxime 7fig4 #c7 reprsente la ,libert 7,libertas73 son cu est charg de trois couronnes2 elle tenait une lance dans sa main droite4 ,la troisime est l',honneur 7,honor72 son cu est charg de mitres4 ,la quatrime1 qui a perdu son titre1 est1 d'aprs ,didron1 la ,prire 7,oratio72 en effet1 sur son cu est sculpt un ange tenant un livre4 ,la cinquime1 l',adoration2 un ange tenant un encensoir charge son cu4 ,la sixime1 la ,vitesse1 la ,promptitude 7,velocitas72 trois flches chargent son cu4 ,la septime1 le ,courage 7,fortitudo72 sur son cu est un lion rampant4 ,la huitime1 la ,concorde 7,concordia72 son cu est charg de deux paires de colombes4 ,la neuvime1 l',amiti 7,amicitia72 mmes armes4 ,la dixime1 la ,puissance2 un aigle tenant un sceptre charge son cu4 ,la onzime1 la ,majest 7,majestas72 trois sceptres sur son cu4 ,la douzime1 la ,sant 7,sanitas7#cbb2 trois poissons sur son cu4 ,la treizime1 la ,scurit 7,securitas72 un donjon sur son cu4 ,la quatorzime1 dont l'inscription est efface1 est dsigne par ,didron comme tant la ,religion3 un dragon mort sur son cu2 un dragon vivant 7le symbole du dmon7 sous ses pieds4 ,cette figure tient un tendard1 et nous la dsignerions plus volontiers comme reprsentant la ,foi4 ,toutes ces statues tiennent des lances1 des croix ou des tendards dans leur main droite1 sont couronnes et nimbes4 ,la sculpture est d'un beau style2 leur allure est fire1 les ttes expressives et les draperies jetes avec art4 ,remarquons1 en passant1 que la ,libert et la ,promptitude1 l',activit1 si l'on aime mieux1 sont considres comme des vertus du premier ordre1 des vertus publiques2 et avouons sincrement qu'au milieu du ,x,i,xe sicle1 nous ne les placerions pas sur nos glises4 ,pourrions-nous les sculpter mme sur nos difices civils8 ,nous y figurons l',abondance1 la ,justice1 l',industrie2 ou bien encore1 la ,religion1 la ,charit1 la ,foi1 l',esprance1 et nous leur donnons l'apparence famlique et un peu niaise que l'on considre de notre temps comme l'attribut convenable ces personnifications4 ,les oeuvres de nos artistes du ,x,i,i,ie sicle nous paraissent plus vraies1 plus vigoureuses et plus saines4 ,personne n'ignore que la plupart des critiques qui1 par hasard1 veulent dire un mot des arts du moyen ge1 confondant volontiers les coles et les poques1 sans avoir pris la peine d'en examiner les produits1 ne ft-ce que pendant un jour1 reproduisent ce clich accept sans contrle1 savoir3 que la sculpture du moyen ge est asctique1 maladive et comprime sous une thocratie nervante444 ,nous n'avons nul dsir de voir revenir la socit vers ces temps1 la chose serait-elle possible2 mais nous voudrions que nos artistes montrassent dans leurs oeuvres1 et dans la pense qui les dirige1 quelque chose de cette virilit si profondment empreinte dans la statuaire franaise des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles4 ,s'il s'agit de sculpture religieuse1 on cherche aujourd'hui satisfaire nous ne savons quelle pense ple1 tiole1 malsaine1 sans vie1 sorte de compromis entre des traditions affadies1 mal comprises1 et un canon classique2 tandis que nous trouvons1 dans cette statuaire de notre architecture du ,x,i,i,ie sicle1 un dbordement de sve1 un besoin d'mancipation de l'intelligence qui raffermit le coeur et pousse l'esprit en avant4 ,peu devrait nous importer qu'alors les vques fussent des seigneurs fodaux1 et que les seigneurs fodaux fussent de petits tyrans1 si1 sous ce rgime1 les artistes savaient relever le ct moral de l'homme et prparer des gnrations viriles4 ,ces artistes taient ds lors en avant sur les ntres1 qui1 trop peu soucieux de leur dignit1 subissent la mythologie abtardie et snile de l',acadmie1 ou la religiosit fade des sacristies1 sans oser exprimer une pense qui leur soit propre4 ,si l'excution1 de nos jours1 est belle1 tant mieux1 mais elle n'est qu'un vtement qui doit couvrir une ide vivante1 non des mannequins sortis d'un ,olympe fan ou de l'oratoire des dvotes2 ,certes1 les statuaires du moyen ge ont fait beaucoup de sculpture religieuse1 ou du moins attache des difices religieux1 puisqu'on en levait un grand nombre4 ,jamais cependant--que cela dpendt d'eux ou des inspirations auxquelles ils obissaient--ils ne sont descendus ces mivreries avilissantes ou ces platitudes que l'on donne aujourd'hui pour de l'art religieux4 ,les mles sculptures de ,chartres1 de ,reims1 d',amiens1 de ,paris1 en sont la preuve4 ,il suffit de les regarder444 sans avoir d'avance son sige fait4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 l'glise ne repoussait point du portail de ses difices ces vertus civiles1 le ,courage1 l',activit1 la ,largesse1 la ,libert1 la ,justice1 l',amiti1 la ,sant de l'esprit3 prs d'elles1 les labeurs journaliers taient reprsents1 comme ,notre-,dame de ,chartres2 au-dessous d'elles les ,vices2 puis les sciences1 les arts1 les travaux de l'intelligence4 ,ainsi se compltait le cycle encyclopdique que montrait au peuple la cathdrale franaise1 autant que le permettait l'tat des connaissances de l'poque4 ,en un mot1 l'glise alors vivait et tait digne de vivre1 puisqu'elle entrait dans le mouvement social qui tendait constituer une grande nation aux confins de l',europe occidentale4 ,c'tait sa premire vertu1 elle1 d'tre vraiment nationale1 d'activer les dveloppements intellectuels4 ,qu'elle ait pu s'en repentir2 que1 se sentant dborde par des esprits trop avancs suivant ses vues1 elle ait essay d'arrter le mouvement qu'elle-mme avait provoqu au coeur des diocses1 il n'en est pas moins certain qu'alors elle prenait l'initiative1 que les arts s'en ressentaient1 et que ces arts ne sauraient tre considrs comme nervs1 touffs sous une thocratie tracassire et mesquine4 ,les ,vertus n'taient pas seulement reprsentes sur les portails des glises2 elles avaient leur place encore aux portes des palais1 dans les grand'salles des chteaux1 sur les faades des htels4 ,les preux sculpts sur les tours du chteau de ,pierrefonds1 les preuses sur celles du chteau de la ,fert-,milon1 sont des personnifications de vertus hroques1 guerrires4 ,ces figures donnaient leurs noms aux tours4 ,ainsi1 ,pierrefonds1 les preux sont au nombre de huit1 comme les tours4 ,ces statues de #c mtres de hauteur et d'un beau travail1 sont celles de ,csar1 de ,charlemagne1 de ,david1 d',hector1 de ,josu1 de ,godefroy de ,bouillon1 d',alexandre et du roi ,artus4 ,sur la faade de l'htel de la chambre des comptes bti par ,louis ,,xii1 en face de la sainte ,chapelle du ,palais ,paris1 on voyait quatre statues des ,vertus1 qui taient3 la ,temprance1 tenant une horloge et des lunettes2 la ,prudence1 tenant un miroir et un crible2 la ,justice1 ayant pour attributs une balance et une pe2 le ,courage1 qui embrassait une tour et touffait un serpent#cbc4 ,le combat des ,vertus et des ,vices tait le sujet de beaucoup de peintures et de tapisseries qui dcoraient les salles des chteaux4 ,les romans1 les inventaires1 font souvent mention de ces sortes de tentures dsignes sous le nom de moralits4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,note #cae3 ,gense1 chap4 iii1 trad4 de ,cahen4 ,note #caf3 ,gense1 chap4 iv4 ,note #cag3 ,voici quelles sont les ,vertus reprsentes sur ces brasements1 avec les actes vicieux en opposition4-- la droite du ,christ3 #a ,la ,foi4 ,au-dessous1 l'adoration d'une idole4--#b ,l',esprance1 femme drape portant un tendard sur son cu4 ,au-dessous1 un homme se transperce avec son pe4--#c ,la ,charit1 tenant une brebis sur son giron 7figure mutile74 ,au-dessous1 l',avarice1 tenant une bourse et enfermant des sacs dans un coffre4--#d ,la ,justice3 une salamandre couvre son cu 7symbole du juste prouv par l'adversit74 ,au-dessous1 l',injustice 7figure dtruite74--#e ,la ,prudence3 son cu porte un serpent enroul autour d'un bton4 ,au-dessous1 un homme errant1 les vtements dchirs1 tenant une torche de la main droite et de la gauche un cornet3 c'est la ,folie4--#f ,l',humilit3 sur l'cu1 un aigle au vol abaiss4 ,au-dessous1 l',orgueil1 reprsent par un homme emport par un cheval fougueux qui le jette la renverse4 la gauche du ,christ3 #a ,la ,force4--#b ,la ,patience3 un boeuf couvre son cu4 ,au-dessous1 la ,colre3 une femme1 les cheveux pars1 chasse un religieux avec un bton4--#c ,la ,mansutude3 un agneau est sculpt sur son cu4 ,au-dessous1 la ,duret3 femme couronne assise sur un trne1 pousse du pied un suppliant agenouill devant elle4--#d ,la ,concorde3 sa main droite droule une banderole sur laquelle elle jette les yeux2 sa gauche tient un cartouche sur lequel sont gravs un lis et une branche d'olivier4 ,au-dessous1 deux hommes se battent4--#e ,l',obissance3 un chameau agenouill se voit sur son cu4 ,au-dessous1 un homme fait un geste de mpris devant un vque qui l'exhorte4--#f ,la ,persvrance1 une couronne suspendue sur l'cu4 ,au-dessous1 un religieux quitte son monastre4 7,voyez la ,descript4 de ,notre-,dame de ,paris1 par ,,mm4 de ,guilhermy et ,viollet-le-,duc1 #ahef47 ,note #cah3 ,c'est ainsi qu'un trouvre du ,x,i,i,ie sicle dcrit la ,largesse et l',avarice3 ,les 4il4 choses vi vis vis3 ,l'une fu grande et bien taillie1 ,d'un blanc samit appareillie2 ,cote en ot1 sorcot et mantel ,afubli 4i4 poi en chantel2 ,la face ot doucement forme1 ,qui fu si point colore ,com nature le pot miex fre4 ,bouche et vermeille1 et par miex plre ,ot vairs iex1 rians et fenduz1 ,les braz bien fez et estenduz1 ,blanches mains1 longues et ouvertes4 ,aux templires que vi aperte4 ,apparut qu'ele et teste blonde1 ,je croi1 plus que nule du monde4 ,corone et bele ou chief assise ,qui li sist bien grant devise4 ,son non enquis en tele manire3 --,je vous pri1 douce dans chire1 ,que me le diez de vous le non4 -- ,sire1 fist-ele1 mon renon ,fu jadis chiri et am2 ,mon non est ,,larguece clam4-- ,de l'autre errez je la manire3 ,ele et forme et grande plenire2 ,noire estoit et descolore1 ,fade en tout1 et fu afuble ,d'une robe de vert esreuse2 ,a vir fu pou deliteuse3 ,d'une vielle pane l'orre ,de menu vair entrepele4 ,tenues levres et bouche unquaise ,ot2 je ne sai s'el fu pusnaise2 ,ou nez ot estroites narrines ,qu'ele ot gresle et lone et verrines2 ,les vaines parmi son visuge ,qu'elle ot traits grant outrage1 ,le col ot lonc1 nervu et gresle1 ,noirs cheveus dont l'un l'autre mesle2 ,si ot granz mains et longue brache ,dont el tient fort cels qn'ele embrache4 ,corone ot d'or trop merveilleuse1 ,mainte pierre i ot prcieuse2 ,ele ot noirs iex1 fens et poingnanz4 ,a regarder mult resoingnanz4 ,quant je l'oi grant pose esgarder ,et sa contenance avise1 ,je enquis ma dame ,larguece ,qui estoit cele dablesse ,el me dist estoit ,,avarice1 ,qui perist chascun par son visce4 7,additions aux posies de ,rutebeuf1 dition des ,o,euvres de ,rutebeuf1 par ,a4 ,jubinal1 #ahci47 ,note #cai3 ,virtutes vero in mulieris specie depinguntur1 quia mulcent et nutriunt4 7,rationale divin4 offic41 lib4 ,i1 cap4 ,,iii47 ,note #cbj3 ,voussure de gauche du porche nord4 ,note #cba3 ,voyez l'intressant article de ,didron sur les ,vertus de ,notre-,dame de ,chartre4 7,annales archologiques1 t4 ,,vi1 p4 #ce74 ,note #cbb3 ,la sant est un don et non une vertu2 mais il est vident que le mot sanitas s'entend ici au moral4 ,c'est de la sant de l'esprit qu'il s'agit1 non de la sant physique4 ,note #cbc3 ,dubreul1 ,antiquits de ,paris1 liv4 ,i4 ,,vierge 7,,sainte74 ,c'est vers le milieu du ,x,i,ie sicle que le culte vou la sainte ,vierge prend un caractre spcial en ,france4 ,jusqu'alors les monuments sculpts ou peints donnent la sainte ,vierge une place secondaire3 c'est la femme dsigne par ,dieu pour donner naissance au ,fils4 ,elle est un intermdiaire1 un moyen divin1 mais ne participe pas la ,divinit4 ,si au ,x,i,ie sicle1 le dogme1 en cela1 ne change pas1 les arts en modifient singulirement le sens2 et les arts ne sont1 bien entendu1 qu'une expression d'un sentiment populaire qui exagrait ou dpassait la pense dogmatique4 ,les vques1 en faisant rebtir leurs cathdrales dans le nord de la ,france1 vers la fin du ,x,i,ie sicle1 sous une inspiration essentiellement laque#cbd1 crurent devoir abonder dans le sens religieux des populations4 ,la plupart de ces grands difices furent placs sous le vocable de ,notre-,dame2 et la place de la mre de ,dieu prit une importance toute nouvelle dans l'iconographie religieuse4 ,notre-,dame de ,senlis1 l'histoire de la sainte ,vierge occupe le portail principal2 ,notre-,dame de ,paris1 deux des portes furent rserves aux reprsentations de la ,vierge1 celle de gauche de la faade occidentale1 et celle du transsept du ct septentrional4 ,reims1 la statue de la sainte ,vierge occupe le trumeau de la porte centrale4 ,notre-,dame de ,chartres1 une des portes du ,x,i,ie sicle est consacre la ,vierge1 etc4 ,le sentiment populaire1 qui tendait dj considrer la ,vierge comme un personnage quasi divin1 ne fit que crotre4 ,des glises et des chapelles sans nombre furent leves la mre du ,sauveur4 ,les statues abondaient non-seulement dans les monuments religieux1 mais dans les carrefours1 au coin des maisons1 sur les faades des htels1 sur les portes des villes1 des chteaux4 ,la reprsentation du ,christ tait1 avant cette poque1 admise dans les monuments comme personnage divin1 visible et tangible1 tandis que celle de ,dieu le ,pre n'tait que trs-rarement reproduite 7voy4 ,,trinit74 ,cela tait d'ailleurs conforme au dogme catholique2 il tait naturel de reprsenter le ,fils de ,dieu1 puisque le ,pre avait voulu qu'il descendt sur la terre et se ft homme4 ,on voit1 par exemple1 sur un grand nombre de sarcophages chrtiens du ,ve au ,v,i,i,ie sicle1 le ,christ reprsent au milieu des aptres1 sous la figure d'un jeune homme imberbe4 ,le ,pre n'est figur1 dans ces sculptures1 que par une main qui sort d'une nue4 ,quant la ,vierge1 il n'en est gure question1 ou1 si elle apparat1 elle occupe une place infime1 infrieure mme celle des aptres4 ,les artistes se conformaient en cela la lettre des vangiles4 ,la ,vierge ne commence prendre une place apparente qu'au moment o l'on reprsenta le crucifiement1 c'est--dire1 en ,occident1 vers le ,v,i,i,ie ou ,i,xe sicle4 ,alors1 conformment au texte de l'vangile de saint ,jean1 elle occupe la droite de la croix et saint ,jean la gauche4 ,dans les scnes du jugement dernier du commencement du ,x,i,ie sicle1 comme ,vzelay1 par exemple1 et un peu plus tard ,autun1 la ,vierge n'intervient point2 tandis que nous la voyons agenouille la droite de son fils1 priant pour les humains1 dans les scnes du jugement qui datent du commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,mais1 avant cette poque1 c'est--dire vers #aadj1 dj elle est assise sur un trne1 tenant le ,christ enfant entre ses genoux4 ,elle est couronne2 des anges adorateurs encensent l',enfant divin4 ,nous voyons la ,vierge ainsi reprsente aux portes du ct droit des faades des cathdrales de ,chartres et de ,paris1 dans les tympans1 portes qui datent de cette poque#cbe4 ,la figure #a reproduit la ,vierge de la cathdrale de ,paris1 mieux conserve que celle de ,notre-,dame de ,chartres1 mais semblable1 quant la pose et aux attributs4 ,la mre du ,sauveur maintient1 de la main gauche l',enfant dans son giron2 de la droite1 elle porte un sceptre termin par un fruit d'iris4 ,elle est nimbe1 ainsi que le ,christ2 celui-ci bnit de la main droite1 et tient de la gauche le livre des vangiles4 ,l'excution de cette figure1 beaucoup plus grande que nature1 est fort belle1 et les ttes ont un caractre qui se rapproche beaucoup de la sculpture grecque archaque4 ,cette manire de reprsenter la sainte ,vierge tait emprunte aux artistes grecs2 c'tait une importation byzantine due aux ivoires et peintures qui furent1 en si grand nombre1 rapports d',orient par les croiss4 ,dans ces reprsentations peintes ou sculptes grecques1 il est vident que le ,christ1 par la place qu'il occupe1 par son geste bnissant1 est le personnage principal2 que la ,vierge1 toute vnre qu'elle est1 n'est l qu'un support1 la femme lue pour enfanter et lever le ,fils de ,dieu4 ,le milieu du ,x,i,ie sicle ne sort pas de cette donne1 et l'on voit encore1 dans l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 une ,vierge de bois de cette poque1 provenant du prieur de ,saint-,martin des ,champs1 qui reproduit exactement cette attitude#cbf4 ,l'archasme grec1 dont ces objets d'art taient empreints1 ne pouvait longtemps convenir aux coles laques de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,on voit encore la ,vierge assise tenant le divin ,enfant1 au milieu de son giron 7dans l'axe71 suivant le mode grec1 dans quelques difices du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 comme la cathdrale de ,laon1 comme l'une des portes nord de ,notre-,dame de ,reims2 puis c'est tout4 dater de cette poque1 la ,vierge n'est plus reprsente assise et tenant son fils dans son giron que dans les scnes de l'adoration des mages4 ,si elle occupe une place honorable1 elle est debout1 couronne1 triomphante1 tenant son fils sur son bras gauche1 une branche de lis 7arum7 ou un bouquet dans la main droite1 ou bien encore elle tend cette main comme pour accorder un don4 ,sa physionomie est calme1 elle regarde devant elle2 c'est elle que les hommages sont adresss4 ,le ,christ est un enfant qui1 dans les monuments les plus anciens1 bnit encore de sa petite main droite et tient une sphre ou un livre dans sa main gauche1 mais qui1 plus tard1 passe son bras droit derrire le cou de sa mre et joue avec un oiseau4 ,alors le visage de la mre sourit et se tourne parfois vers la tte de l'enfant4 ,c'est la mre par excellence1 la femme revtue d'un caractre divin1 et c'est bien elle1 en effet1 que la foule s'adresse2 c'est elle qu'elle implore1 c'est en son intervention toute-puissante qu'elle croit1 et l',enfant n'est plus dans ses bras que pour marquer l'origine de cette puissance4 ,bien entendu1 nous ne prtendons ici1 en aucune faon1 discuter la question dogmatique2 nous ne faisons que rendre compte des transformations qui furent la consquence de l'intervention laque dans la reprsentation de cette partie de l'iconographie sacre4 ,le mouvement des esprits religieux vers le culte de la ,vierge acquit1 pendant le ,x,i,i,ie sicle1 une importance telle1 que parfois le haut clerg s'en mut2 mais il n'tait pas possible d'aller l'encontre4 ,on ne s'adressait plus1 dans ses prires1 qu' la ,vierge1 parce qu'elle tait1 aux yeux des fidles1 l'intermdiaire toujours compatissant1 toujours indulgent et toujours cout entre le pcheur et la justice divine4 ,on conoit combien ce sentiment fut1 pour les artistes et les potes1 une inpuisable source de sujets4 ,cela convenait d'ailleurs l'esprit franais1 qui n'aime pas les doctrines absolues1 qui veut des palliatifs la loi1 et qui croit volontiers qu'avec de l'esprit1 un heureux tour1 un bon sentiment1 on peut tout se faire pardonner4 ,pour le peuple1 la ,vierge redevenue femme1 avec ses lans1 son insistance1 sa passion active1 sa tendresse de coeur1 trouvait toujours le moyen de vous tirer des plus mauvais cas1 pour peu qu'on l'implort avec ferveur#cbg4 ,dans les lgendes des miracles dus la ,vierge1 si nombreuses au ,x,i,i,ie sicle1 parfois potiques1 souvent puriles1 il y a toujours un ct gaulois4 ,c'est avec une dignit douce et fine que la ,vierge sait faire tomber le diable dans ses propres piges4 ,les artistes1 particulirement1 semblent possder le privilge d'exercer l'indulgente sollicitude de la mre du ,christ2 musiciens1 potes1 peintres et sculpteurs lui rendent-ils aussi l'envi un hommage auquel1 en sa qualit de femme1 elle ne saurait demeurer insensible4 ,toujours prsente l o son intervention peut sauver une me ou prvenir un danger2 exigeant peu1 afin de trouver plus souvent l'occasion de faire clater son inpuisable charit2 ses conseils1 quand parfois elle en donne1 sont simples et ne s'appuient jamais sur les rcriminations ou les menaces4 ,telle est la ,vierge que nous montrent les lgendes1 les posies1 et dont les sculpteurs et les peintres ont essay de retracer l'image4 ,c'est l1 on en conviendra1 une des plus touchantes crations du moyen ge et qui en claire les plus sombres pages4 ,la ,vierge possde d'ailleurs les privilges de la ,divinit1 car c'est de son propre mouvement1 et sans recourir son fils1 qu'elle accomplit ses actes misricordieux2 elle parat pourvue de la procuration la plus tendue sur les choses de ce monde4 ,en s'tendant ainsi1 le culte rendu la ,vierge devenait un motif d'oeuvres d'art innombrables4 ,les statues de la sainte ,vierge faites pendant les ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,ve sicles se comptent par centaines en ,france1 et beaucoup sont trs-bonnes2 toutefois celles de ces statues qui remontent la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle doivent tre considres comme tant du meilleur style4 ,la fin de ce sicle et le commencement du ,x,i,ve nous ont laiss plusieurs de ces ouvrages1 qui1 au point de vue de la grce et du naturalisme le plus lgant et le plus dlicat1 sont des chefs-d'oeuvre4 ,nous citerons les statues du portail nord de la cathdrale de ,paris#cbh2 celle du portail dit de la ,vierge dore ,amiens2 une vierge d'albtre oriental 7cathdrale de ,narbonne72 une vierge de marbre 7demi-nature71 dans l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 etc4 ,pour faire saisir ces transformations1 vers le naturalisme1 de l'image de la sainte ,vierge1 nous donnons1 figure #b1 celle de la porte de droite de la face occidentale de ,notre-,dame d',amiens1 qui date du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 et figure #c1 celle du portail de la ,vierge dore de la mme glise1 qui date de la fin de ce sicle4 ,la premire figure est grave1 elle tend la main en signe d'octroi d'une grce4 ,l',enfant bnit2 sa pose est1 de mme que celle de la mre1 calme et digne4 ,la seconde est tout occupe de l',enfant1 auquel s'adresse son sourire4 ,la premire a l'aspect d'une divinit2 elle reoit les hommages et semble y rpondre2 de son pied droit elle crase la tte du dragon tte de femme1 et1 sur le pidestal qui la porte1 sont reprsentes la naissance d've et la chute d',adam4 ,la seconde statue est une mre charmante qui semble n'avoir d'autre soin que de faire des caresses l'enfant qu'elle porte sur son bras4 ,en examinant ces deux oeuvres de sculpture1 on mesure le chemin parcouru par les artistes franais dans l'espace d'un sicle4 ,ce qu'ils perdent du ct du style et de la pense religieuse1 ils le gagnent du ct de la grce1 dj un peu manire et du naturalisme4 ,l'excution de la statue de la ,vierge dore est merveilleuse4 ,les ttes sont modeles avec un art infini et d'une expression charmante2 les mains sont d'une lgance et d'une beaut rares1 les draperies excellentes4 ,mais cette ,vierge est une noble dame tout heureuse de s'occuper de son enfant1 et qui ne semble point attaque de cette maladie de langueur dont une certaine cole de critiques d'art entend gratifier la statuaire du moyen ge4 ,plus de dragon sous les pieds de la ,vierge dore d',amiens2 son nimbe1 richement orn de pierreries et de cannelures gironnes1 est soutenu par trois angelets d'un charmant travail4 ,pendant le moyen ge1 la ,vierge n'est reprsente sans l',enfant que dans les sujets lgendaires o elle intervient directement1 ou dans la scne de l',assomption4 ,mais alors elle tient dans la main un livre des vangiles1 comme pour la rattacher toujours la vie du ,christ4 ,tous les amateurs quelque peu clairs connaissent la charmante sculpture de ,notre-,dame de ,paris1 qui reprsente l',assomption#cbi1 et dont nous reproduisons ici la partie principale1 c'est--dire la figure de la ,vierge4 ,six anges enlvent l'aurole de nues qui entoure la figure2 deux autres l'encensent la hauteur de la tte4 ,le voile de la mre du ,sauveur s'enroule dans la partie suprieure du nimbe nuageux4 ,la ,vierge est dpourvue de la couronne au moment o son corps est enlev par les anges1 puisqu' cette apothose succde le couronnement par son fils1 qui l'attend sa droite4 ,les couronnements de la ,vierge sont trs-frquemment reprsents1 soit en sculpture1 soit en peinture4 ,c'est un des sujets affectionns par les artistes des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,la cathdrale de ,paris en possde deux qui sont trs-remarquables3 celui de la porte de gauche de la faade occidentale1 qui date des premires annes du ,x,i,i,ie sicle#ccj1 et celui de la porte dite ,rouge1 du ct nord1 qui date de #abfj environ4 ,on voit aussi1 sur les tympans des cathdrales de ,senlis et de ,paris1 de trs-beaux bas-reliefs qui reprsentent la mort de la ,vierge4 cette scne le ,christ est prsent1 et reoit l'me de sa mre dans ses bras#cca4 ,le nombre et la nature des vtements que les artistes du moyen ge donnent la ,vierge ne se modifient pas du ,x,i,ie au ,x,ve sicle4 ,la diffrence n'est que dans la manire de porter ces vtements1 qui se composent toujours d'une robe de dessous1 ample et longue1 montant jusqu'au cou1 avec manches troites et ceinture1 d'un manteau et d'un voile par-dessus les cheveux1 sous la couronne4 ,ce voile descend sur les paules jusqu'au milieu du dos4 ,pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 le manteau laisse voir le devant de la robe et se drape plus ou moins amplement sur les bras2 mais1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 le manteau revient d'un bras sur l'autre sur le devant1 et masque la robe1 dont on n'aperoit plus que le sommet et le bord infrieur4 ,les couleurs donnes aux vtements de la ,vierge sont le rouge et le bleu3 le rouge1 quelquefois le blanc1 pour la robe1 le blanc pour le voile1 et le bleu pour le manteau4 ,les broderies qui sont figures en or sur ces toffes sont3 le lion de ,juda rampant1 dans un cercle2 des petites croix fiches1 et la rose hraldique4 ,,vierges ,,sages ,,et ,,folles4 ,la parabole des ,vierges sages et des ,vierges folles est sculpte sur un grand nombre de nos monuments religieux4 ,dans nos cathdrales1 les ,vierges sages sont presque toujours sculptes sur le jambage de la porte principale1 la droite du ,christ2 les ,vierges folles1 sur le jambage de gauche4 ,au-dessous des ,vierges sages1 qui1 habituellement1 sont au nombre de cinq1 est figur un arbre feuillu1 et au-dessous des ,vierges folles1 en nombre gal1 un arbre au tronc duquel mord une cogne4 ,au-dessus des ,vierges sages1 une porte ouverte2 au-dessus des folles1 une porte ferme4 la cathdrale de ,sens1 les jambages de la porte principale possdent leur collection de vierges1 qui datent de #aagj environ1 bien que sur le trumeau soit leve la statue de saint tienne2 mais tout porte croire que cette statue de saint tienne a t pose l aprs la chute de la tour mridionale1 au moment o1 par suite de cette chute1 on dut remanier une bonne partie de la faade occidentale1 et que l'on refit le tympan de la porte principale4 ,pour nous1 cette statue de saint tienne occupait le trumeau de la porte de droite avant la ruine de la tour4 ,sa position au trumeau central drange compltement toute l'iconographie de la partie ancienne de cette porte1 faite pour accompagner la statue du ,christ4 la cathdrale d',amiens1 on voit les ,vierges sages et folles sculptes sur les jambages de la porte centrale1 des deux cts du ,christ2 de mme ,notre-,dame de ,paris4 la cathdrale de ,strasbourg1 les ,vierges sages et folles sont sculptes1 non pas en bas-reliefs sur des jambages1 mais occupent des brasements4 ,ce sont de charmantes statues#ccb qui datent du commencement du ,x,i,ve sicle4 ,ces statues des ,vierges sages et des ,vierges folles sont particulirement intressantes tudier1 parce qu'elles reproduisent minutieusement l'habit des femmes du temps o elles ont t sculptes2 car il ne faudrait pas croire que toutes les statues du moyen ge reproduisent les vtements de l'poque o elles ont t faites4 ,si quelques personnages lgendaires1 quelques saints du diocse1 des vques1 des religieux et des donateurs sont revtus de l'habit que l'on portait au moment o ils ont t sculpts1 la ,vierge1 les aptres1 les personnages de l',ancien ,testament1 ceux dont il est fait mention dans le ,nouveau1 sont vtus d'aprs une tradition dont l'origine se trouve dans les premiers monuments chrtiens et chez les artistes byzantins4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,note #cbd3 ,voyez ,,cath,,drale4 ,note #cbe3 ,il ne faut pas perdre de vue que le tympan de la porte de droite de la faade occidentale de ,notre-,dame ,paris provient de l'glise du ,x,i,ie sicle btie par tienne de ,garlande1 et fut replac1 lors de la construction de cette faade1 au commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,on voit dans le baptistre de ,saint-,valrien1 ,rome1 une peinture qui ne parat pas d'ailleurs antrieure au ,i,xe sicle1 et qui reprsente la ,vierge tenant l'enfant ,jsus dans son giron2 elle n'est pas couronne1 mais sa tte est couverte d'un voile bleu trs-ample1 par-dessus une coiffe blanche4 ,l'enfant tient un volumen dans la main gauche1 et bnit de la droite1 la manire grecque4 7,voyez les ,catacombes de ,rome1 par ,l4 ,perret1 pl4 ,,lxxxiii47 ,note #cbf3 ,il en est beaucoup d'autres exemples en ,france1 soit en statuaire1 soit en vitraux1 qui datent galement du milieu du ,x,i,ie sicle4 ,note #cbg3 ,voyez la lgende de ,thophile 7,rutebeuf74 ,voyez le ,livre des miracles de la ,vierge1 manuscrits de la biblioth4 du sminaire de ,soissons4 ,note #cbh3 ,voyez1 l'article ,,sculpture1 la tte de cette statue1 fig4 #bd4 ,note #cbi3 ,cette sculpture fait partie des bas-reliefs qui ornaient autrefois le clotre de ,notre-,dame et que l'on voit encore sur les parois des chapelles du chevet1 ct nord4 ,elle date des premires annes du ,x,i,ve sicle4 ,note #ccj3 ,voyez ,,sculpture1 fig4 #af4 ,note #cca3 ,les litanies de la ,vierge sont parfois figures sur nos glises2 on les voit sculptes dans l'une des chapelles du ,x,v,ie sicle de la curieuse glise de la ,fert-,bernard4 ,note #ccb3 ,porte de gauche de la faade occidentale 7voyez1 l'article ,,sculpture1 la figure #be74 ,,vitrail1 s4 m4 7verrire1 verrine74 ,nous ne sommes plus au temps o de graves personnages prtendaient que le verre tait inconnu aux ,grecs et aux ,romains4 ,tous les muses de l',europe1 aujourd'hui1 possdent des objets de verre qui remontent une haute antiquit1 et qui1 par la perfection de la fabrication1 ne le cdent en rien ce que ,byzance et ,venise ont vendu toute l',europe pendant le moyen ge4 ,les ,asiatiques et les gyptiens obtenaient des ptes de verre colores de diverses couleurs1 et les tombes gauloises nous rendent des objets de cuivre ou d'or sertissant de petits morceaux de verres colors1 des bracelets1 des bulles et des grains de collier en ptes vitrifies4 ,les ,romains employaient le verre pour garnir les fentres de leurs habitations4 ,garnissaient-ils des chssis de croise de verres colors8 ,nous savons qu'ils employaient des matires naturelles translucides1 des albtres1 des talcs1 des gypses1 qui tamisaient1 dans les intrieurs des appartements ou des monuments1 une lumire nuance2 mais jusqu' prsent il n'a point t dcouvert de panneaux de vitrages antiques composs de verres de diverses couleurs4 ,il faut dire que1 dans les monuments des ,romains et de la ,grce antique1 les fentres taient petites et rares4 ,dans les grands difices1 comme les thermes1 par exemple1 la lumire du jour tait habituellement tamise par des claires-voies de mtal ou de marbre sans interposition de verres4 ,l'immensit de ces vaisseaux1 l'orientation bien choisie1 permettaient l'emploi de ce procd sans qu'on et souffrir de l'action de l'air extrieur2 d'autant que ces baies taient perces une grande hauteur1 et qu'elles n'influaient sur l'air ambiant des parties infrieures que comme moyen de ventilation4 ,outre que les ,romains1 aussi bien que les ,grecs1 taient habitus vivre dehors1 le climat de la ,grce et de la partie mridionale de l',italie ne ncessitait pas des prcautions habituelles contre le froid4 ,mais si l'on ne peut affirmer que les ,grecs et les ,romains de l'antiquit aient employ les verres colors pour les vitrages1 on peut admettre que les ,asiatiques possdaient ce mode de dcoration translucide ds une poque recule4 ,c'est dater des rapports de ,rome avec l',asie que nous voyons introduire en ,italie les mosaques composes de cubes de ptes de verre colores4 ,quand l'empire s'tablit ,byzance1 c'est d',orient que viennent ces vases de verre color auxquels1 en ,occident1 on attachait1 ds le ,v,i,ie sicle1 un si grand prix4 ,les choses se modifient peu en ,orient1 et les claires-voies de stuc ou de marbre sertissant des morceaux de verre de couleurs varies1 que nous voyons attaches des monuments des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles en ,asie et jusqu'en gypte1 doivent tre une trs-ancienne tradition dont le berceau parait tre la ,perse4 ,quoi qu'il en soit de ces origines plus ou moins lointaines1 on fabriquait des vitraux colors en grand nombre ds le ,x,i,ie sicle en ,occident1 et le moine ,thophile1 qui appartient cette poque1 ne prsente pas les moyens de fabrication de ces objets comme tant une nouveaut4 ,son texte1 au contraire1 dnote une longue pratique de ce genre de peinture translucide1 et les vitraux que nous possdons encore1 datant de ce sicle1 sont1 comme excution1 d'une telle perfection1 qu'il faut bien supposer1 pour obtenir ce dveloppement d'une industrie dont les moyens sont passablement compliqus1 une longue exprience4 ,il est trange1 objectera-t-on1 qu'il ne reste pas un seul panneau de vitrail color authentique avant le ,x,i,ie sicle1 tandis que nous possdons encore des objets bien antrieurs cette poque4 ,mais quand on sait avec quelle facilit1 chez nous1 on laisse prir les choses qui ne sont plus de mode1 et comment les vitraux se dtruisent aisment ds qu'ils sont dplacs1 cette objection perd beaucoup de sa valeur4 ,de toutes les verrires qui1 pendant la rvolution1 avaient t transportes au muse des monuments franais1 que reste-t-il8 ,une dizaine de panneaux ,saint-,denis1 quelques-uns couen et ,chantilly1 et c'est tout#ccc4 ,il nous faut donc prendre l'art du verrier au moment o apparaissent les monuments1 c'est--dire vers #aajj2 et l'on peut dire que ces monuments du ,x,i,ie sicle sont les plus remarquables1 si l'on considre cet art au point de vue dcoratif4 ,l'ouvrage du moine ,thophile est le plus ancien document crit que l'on possde sur la fabrication des vitraux1 et ce religieux vivait dans la seconde moiti du ,x,i,ie sicle#ccd du moins les recettes qu'il donne1 le got de l'ornementation qu'il prescrit1 semblent-ils indiquer cette date4 ,ce n'est pas en thoricien que ,thophile crit son livre1 mais en praticien2 aussi a-t-il pour nous aujourd'hui un intrt srieux1 d'autant que les procds qu'il indique concordent exactement avec les monuments qui nous restent de cette poque4 ,il nous faut donc analyser ces documents4 ,il commence#cce par donner la manire de composer les verrires4 ,d'abord1 dit-il1 faites une table de bois plane et de telle largeur et longueur que vous puissiez tracer dessus deux panneaux de chaque fentre4 ,cette table est enduite d'une couche de craie dtrempe dans de l'eau et frotte avec un linge4 ,c'est sur cette prparation bien sche que l'artiste trace les sujets ou ornements avec un style de plomb ou d'tain2 puis1 quand le trait est obtenu1 avec un contour rouge on noir1 au pinceau4 ,entre ces linaments1 les couleurs sont marques pour chaque pice au moyen d'un signe ou d'une lettre4 ,des morceaux de verre convenables sont successivement poss sur la table1 et les linaments principaux1 qui sont ceux des plombs1 sont calqus sur ces verres1 lesquels alors sont coups au moyen d'un fer chaud et du grsoir#ccf4 ,thophile ne dit pas clairement s'il indique sur la table 7que nous appellerons le carton7 le model complet des figures ou ornements4 ,il ne parle que du trait2 cependant1 lorsqu'il s'agit de peindre1 c'est--dire de faire le model sur les verres dcoups1 il dit qu'il faudra suivre scrupuleusement les traits qui sont sur le carton4 ,ce passage s'explique naturellement1 si l'on examine comment sont peints les vitraux du ,x,i,ie sicle4 ,sur ces morceaux de verre1 le model n'est autre chose qu'une suite de traits dans le sens de la forme4 ,nous allons revenir tout l'heure sur cette partie importante de l'art du verrier4 ,thophile#ccg indique la recette pour faire la grisaille1 le model1 le trait rpt sur les verres4 ,tous ceux qui ont regard de prs des vitraux fabriqus pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 savent que les verres employs sont colors dans la pte1 et que le model n'est obtenu qu'au moyen d'une peinture noire ou noir brun applique au pinceau sur ces verres et vitrifie au feu4 ,c'est de cette couleur noire que parle ,thophile dans son chapitre ,,xix4 ,il la compose de cuivre mince brl dans un vase de fer1 de verre vert et de saphir grec4 ,il ne nous dit pas ce qu'il entend par saphir grec4 tait-ce une substance naturelle ou artificielle1 un fondant1 un oxyde8 ,il y a tout lieu de croire que le saphir grec tait un verre bleutre des fabriques de ,venise qui avait une proprit fondante4 ,et en effet1 les verres de ,venise possdent cette qualit un degr trs-suprieur nos anciens verres4 ,ces trois substances sont broyes sur une tablette de porphyre1 mles en parties gales2 savoir un tiers de cuivre1 un tiers de saphir grec1 un tiers de verre vert1 et dlayes avec du vin ou de l'urine4 ,cette couleur1 place dans un pot1 est applique au pinceau1 soit claire1 soit plus sombre1 soit paisse1 pour faire des traits noirs et fins2 ou bien elle est tendue sur le verre en couche mince et est enleve avec un style de bois1 de faon former des ornements trs-dlis ou des touches se dtachant en lumire sur un fond obscur1 mais encore translucide4 ,les verres1 ainsi prpars1 sont mis au four afin de vitrifier cette peinture monochrome4 ,d'aprs ,thophile1 ce serait donc l'aide d'un oxyde de cuivre que cette couleur brune serait obtenue4 ,cependant les morceaux de vitraux peints des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 que nous avons pu faire analyser1 n'ont donn1 pour cette coloration vitrifie noire-brune1 que des oxydes de fer1 et c'est encore le protoxyde de fer que l'on emploie aujourd'hui pour cet objet#cch4 ,du reste1 un protoxyde de cuivre calcin donne une poudre brune qui1 mise au four avec un fondant1 peut produire un effet analogue celui que prsente le protoxyde de fer1 mais avec une nuance verdtre4 ,une question importante dans la fabrication des vitraux1 en dehors de celles qui concernent l'artiste1 c'est la manire d'obtenir les feuilles de verre4 ,au ,x,i,ie sicle1 d'aprs ,thophile1 les plaques de verre taient obtenues l'aide de deux procds qu'on n'emploie plus de nos jours4 ,avec la canne souffler1 l'ouvrier cueillait dans le creuset une masse de verre incandescent2 il soufflait de manire obtenir une bouteille en forme de vessie allonge4 ,approchant l'extrmit de cette vessie de la flamme du fourneau1 cette extrmit se liqufiait et se perait4 ,avec un morceau de bois1 l'ouvrier dilatait cette ouverture de faon qu'elle arrivt au diamtre le plus large de la vessie4 ,alors de ce cercle infrieur1 en rapprochant les deux bords opposs1 il formait un huit4 ,le verre1 ainsi prpar1 tait dtach de la canne au moyen du frottement d'un morceau de bois humide sur le col de la bouteille4 ,faisant chauffer l'extrmit de la canne au four1 avec les parcelles de verre incandescent qui y tenaient encore1 il collait le bout de la canne au milieu du huit4 ,l'extrmit suprieure de la bouteille tait alors prsente la flamme2 puis on oprait comme prcdemment en largissant l'ouverture4 ,le morceau de verre ainsi dispos1 on le sparait de la canne et on le portait au four de refroidissement4 ,ces verres1 qui avaient la forme que donne la figure #j1 taient remis au feu pour tre dilats1 fendus et aplanis#cci4 ,on employait aussi le procd des verres en boudines1 plus rapide et plus simple4 ,l'ouvrier soufflait une vessie2 il en prsentait l'extrmit infrieure la flamme1 comme il est dit plus haut2 puis1 dilatant cette extrmit1 il faisait pivoter trs-rapidement la canne3 les bords dilats du verre1 par l'effet de la force centrifuge1 tendaient s'loigner du centre1 et l'on obtenait ainsi un disque concentriquement stri1 plus pais au centre que vers les bords4 ,les verres ainsi aplanis1 soit d'aprs la premire mthode1 soit d'aprs la seconde1 taient primitivement colors dans le creuset au moyen d'oxydes mtalliques4 ,thophile ne parle pas de verres doubls2 et1 en effet1 les vitraux des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles n'en montrent point1 sauf pour le rouge4 ,encore voit-on des morceaux d'un beau rouge orang du ,x,i,ie sicle1 qui sont teints dans la masse#cdj1 ou tout au moins moiti environ de leur paisseur4 ,cette fabrication du rouge doit tre une tradition antique4 ,en effet1 les cubes de verre qui composent les mosaques de l'intrieur de l'glise ,sainte-,sophie de ,constantinople1 et sur lesquels une feuille d'or est applique1 sont gnralement d'un beau rouge chaud1 translucide1 avec strates d'un ton sombre opaque4 ,les strates rouges translucides ont #c ou #d millimtres d'paisseur1 et donnent une belle coloration qui rappelle celle de certains verres rouges du ,x,i,ie sicle4 ,mais ds cette poque on obtenait le verre rouge par un autre procd4 ,l'ouvrier souffleur avait deux creusets remplis de verre blanc verdtre au four4 ,dans l'un des deux on jetait des raclures ou paillettes de cuivre rouge1 et l'on remuait2 immdiatement le souffleur cueillait une boule de verre blanc dans l'un des creusets1 et il la plongeait dans le second creuset tenant en suspension des lamelles de cuivre4 ,il galisait la prise sur une pierre chaude1 soufflait et oprait comme il est dit ci-dessus4 ,ainsi obtenait-on des verres doubls1 dans la moiti1 au plus1 de l'paisseur desquels la coloration rouge se prsente comme fouette4 ,si l'on casse un de ces morceaux de verre1 la coloration rouge se montre par stries ou paillettes ingalement rparties dans cette doublure du verre blanc verdtre1 ainsi que l'indique la section 7fig4 #a74 ,ce procd de coloration par paillettes s'entrecroisant ingalement donne au ton rouge un aspect jasp1 miroitant1 d'une grande puissance4 ,on comprendra1 en effet1 que la lumire passant travers le verre et venant frapper les lamelles de rouge fouettes dans la ple1 se refltant rciproquement1 doive produire une coloration d'une intensit et d'une transparence sans gales4 ,chaque lamelle de pte rouge produit l'effet d'un paillon1 et l'on voit la fois une coloration rouge translucide et un clat rouge reflt des lamelles voisines4 ,plus tard1 dater du milieu du ,x,i,ve sicle1 le verre rouge est obtenu au moyen d'une doublure extrmement mince sur un verre blanc verdtre2 le rouge n'est plus fouett dans la pte1 mais appos sur elle1 en faisant la boudine4 ,aussi ce verre rouge donne-t-il une coloration plus gale et1 de prs1 plus puissante que celle des verres des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles3 mais1 distance1 l'clat de ces verres doubls est moins lumineux1 moins fin2 il est souvent lourd1 crasant dans l'ensemble2 en un mot1 l'effet dcoratif est moins bon4 ,cependant l'opration de la doublure des boudines donnait encore certaines ingalits1 des stries plus ou moins colores1 qui conservaient au ton une certaine transparence4 ,aujourd'hui1 les verres rouges doubls sont parfaitement gaux de ton1 et pour les employer1 les peintres verriers sont obligs1 s'ils veulent obtenir une coloration fine distance1 de les jasper par des moyens factices4 ,au ,x,i,ie sicle1 on n'avait pas les jaunes obtenus avec des sels d'argent2 les jaunes taient des verres blancs enfums1 et c'tait le hasard qui les donnait1 ainsi que l'indique ,thophile#cda4 ,les jaunes de sels d'argent ne datent que du ,x,i,ve sicle2 ils ne sont qu'appliqus sur le verre blanc4 ,au point de vue dcoratif1 les verres en boudines1 ou grossirement tendus1 prsentaient un avantage4 ,comme ces verres taient teints dans la masse1 au moins pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles 7sauf le rouge71 les diffrences d'paisseur de la feuille de verre laissaient apparatre des dgradations de tons que les artistes verriers employaient avec beaucoup d'adresse1 en coupant le verre de manire que la partie la plus mince se trouvt du ct du clair4 ,mme pour les fonds unis1 ces diffrences d'paisseur donnaient toute coloration un aspect chatoyant qui1 distance1 augmente singulirement l'intensit des tons4 ,tous les coloristes savent que pour donner un ton toute la valeur qu'il doit avoir1 il faut qu'il ne se prsente l'oeil que par parcelles1 par chappes1 si l'on peut ainsi parler4 ,les ,vnitiens1 les ,flamands1 connaissaient bien cette loi1 et1 pour s'en convaincre1 il suffit de regarder leurs peintures4 ,ce qui est vrai pour la peinture applique sur un panneau ou sur un mur est encore plus rigoureux1 s'il s'agit de peinture translucide4 ,dans les vitraux1 les couleurs participent de la lumire qui les traverse1 et ont un clat tel1 que la moindre parcelle colore prend1 distance1 par le rayonnement1 une importance prodigieuse4 ,mais il faut dire que les rayonnements des couleurs translucides ont des valeurs trs-diffrentes4 ,ainsi1 en ne prenant que les trois couleurs fondamentales1 celles du prisme1 le bleu1 le jaune et le rouge1 ces trois couleurs appliques sur des verres1 et translucides par consquent1 rayonnent plus ou moins4 ,le bleu est la couleur qui rayonne le plus1 le rouge rayonne mal1 le jaune pas du tout s'il tire vers l'orang1 un peu s'il est paille4 ,ainsi1 supposons un dessin de vitrail compos d'aprs la figure #b4 ,les traits noirs indiquent les plombs 7voy4 en ,a74 ,les compartiments ,r sont rouges1 les compartiments ,l sont bleus1 et les filets ,c1 blancs4 ,voici l'effet qui se produira une distance de #bj mtres environ 7voy4 en ,b74 ,les compartiments circulaires l1 bleus1 rayonneront jusqu' la circonfrence ponctue1 et le rouge ne restera franc que dans les milieux de chacun des compartiments r4 ,il rsultera de ceci3 que toutes les surfaces o seront rouges glaces de bleu1 c'est--dire violettes2 que les blancs isolateurs entre les tons1 mais n'ayant pas de rayonnement colorant1 seront glacs lgrement en bleu en v1 ainsi que les plombs eux-mmes2 que l'effet gnral de cette verrire sera froid et violac dans la plus grande partie de sa surface1 avec des taches r rouges1 criardes si vous n'tes pas trs-loign de la verrire1 sombres si vous tes spar d'elle par une grande distance4 ,mais si 7voy4 en ,a7 nous diminuons le champ des disques bleus ,l par de la peinture noire1 ainsi qu'on le voit en ,d1 nous neutralisons en partie l'effet de rayonnement de ces disques4 ,si la place des filets blancs ,c1 nous mettons des filets blanc jauntre ou blanc verdtre1 et si nous traons sur ces filets des lignes comme il est marqu en e1 ou des perls comme il est marqu en f1 alors nous obtenons un effet beaucoup meilleur4 ,les bleus1 ainsi puissamment entours de dessins noirs et redessins en noir intrieurement1 perdent de leur facult rayonnante4 ,les rouges sont beaucoup moins violacs par leur voisinage4 ,les tons jauntres ou blanc verdtre des filets acquirent de la finesse par le glacis bleu qui1 mordant sur chacune de leurs extrmits1 laisse entre ces extrmits une partie chaude qui s'allie avec le rouge1 surtout si nous avons eu le soin d'augmenter la valeur des plombs par ces perls ou par de simples traits intrieurs4 ,admettons1 au contraire1 que les carrs ,r 7voy4 en ,a7 soient bleus et les disques ,l rouges4 distance1 le rayonnement puissant de ces grandes surfaces bleues1 relativement aux taches rouges1 sera tel1 que ces taches rouges paratront noires ou violet sombre1 et qu'on ne pourra souponner la prsence du rouge4 ,les filets blancs paratront gris sale1 ou verts1 s'ils sont jaunes1 ou vert azur1 s'ils sont blanc verdtre4 ,l'effet sera mauvais1 sans oppositions4 ,le rayonnement du bleu affadissant et salissant les autres tons1 ceux-ci n'auront plus la puissance de donner au bleu sa finesse et sa transparence4 ,la coloration gnrale sera froide1 laqueuse1 d'une tonalit fausse2 car1 dans les vitraux1 plus encore que dans la peinture1 chaque ton n'acquiert une valeur que par l'opposition d'un autre ton4 ,un bleu clair prs d'un vert jaune devient turquoise2 ce mme bleu prs d'un rouge est azur4 ,un rouge prs d'un jaune-paille a un aspect orang1 tandis qu'il sera violac prs d'un bleu4 ,ces principes lmentaires1 et d'autres que nous aurons l'occasion de dvelopper1 taient mis en pratique par les peintres verriers du ,x,i,ie sicle1 avec une sret et une exprience telles1 qu'il faut bien admettre chez ces artistes une longue suite d'observations4 ,nous ne pensons pas qu'ils eussent tabli1 sur ces relations des couleurs translucides1 une thorie crite1 une sorte de trait scientifique1 comme on le pourrait faire de nos jours2 ils procdaient par la mthode exprimentale1 et les traditions acquises se perptuaient dans l'atelier4 ,comme style du dessin applicable la peinture sur verre et comme entente de l'effet simultan des couleurs translucides1 le ,x,i,ie sicle a sur le ,x,i,i,ie une supriorit incontestable4 ,alors1 au ,x,i,ie sicle1 le dessin procde d'aprs la mthode grecque byzantine2 le nu impose la forme1 les draperies ne font que l'envelopper1 rien n'est laiss au hasard2 l'ensemble et les dtails sont conus et excuts suivant des principes tablis sur une observation profonde3 tandis que plus tard on constate souvent1 au milieu de belles oeuvres1 des ngligences ou des oublis de ces principes4 ,les verres employs par les artistes du ,x,i,ie sicle peuvent tre classs ainsi3 ,,bleus#cdb #a ,bleu limpide lgrement turquoise4 #b ,bleu saphir1 mais verdissant4 #c ,bleu indigo1 intense4 #d ,bleu azur1 trs-clair1 gris de lin4 ,,jaunes #a ,jaune-paille1 fumeux4 #b ,jaune safran ou or bistr4 ,,rouges #a ,rouge non doubl1 orang trs-doux et gal de ton4 #b ,rouge intense1 jasp4 #c ,roux clair1 fumeux4 ,,verts #a ,vert jaune1 limpide4 #b ,vert-meraude4 ,ce ton1 la main1 parat se rapprocher plutt du gris que du vert2 il prend son clat distance1 et surtout par l'opposition des tons bleus et rouges4 #c ,vert-bouteille4 la main1 ce vert parat froid2 il prend sa qualit comme le prcdent4 ,,pourpres #a ,pourpre clair1 chaud4 #b ,pourpre limpide1 azur4 #c ,pourpre sombre1 vineux4 #d ,pourpre trs-clair1 fumeux1 pour les chairs4 ,,tons ,,rares #a ,mordor1 couleur vin d',espagne4 #b ,vert sombre1 chaud4 ,,blancs #a ,blanc jauntre1 fumeux4 #b ,blanc gris1 glauque4 #c ,blanc nacr4 ,toutes les oprations chimiques des verriers du moyen ge tant empiriques1 le compte des imprvus1 des varits1 tait long4 ,thophile laisse assez comprendre que le hasard seul donnait certains tons1 dont l'artiste savait profiter4 ,la palette du verrier tait ainsi trs-tendue1 et il ne faudrait pas prendre la classification que nous donnons ici comme absolue4 ,nous n'avons fait qu'indiquer les valeurs2 mais comme tonalit1 ces valeurs prsentent des varits nombreuses4 ,le talent des verriers consistait surtout ne jamais juxtaposer deux valeurs gales et profiter avec un sentiment rel de coloriste des varits tonales4 ,nous l'avons dit dj1 tous ces tons1 sauf le rouge1 sont rpartis dans la masse du verre1 et non doubls1 ainsi qu'on les fabriqua plus tard4 ,cette palette compose1 les verriers procdaient comme l'indique le moine ,thophile4 ,ils traaient sur un carton les linaments principaux des figures et ornements4 ,ces linaments principaux donnaient les plombs2 ou plutt les plombs n'taient que le dessin scrupuleux de toutes les parties4 ,en composant son carton1 l'artiste pensait la mise en plomb2 cela ressort clairement de l'examen attentif des verrires du ,x,i,ie sicle1 puisque les contours sont toujours appuys par un plomb qui fait ainsi le trait gnral4 ,sur ces cartons1 les artistes peignaient-ils toutes les ombres1 demi-teintes et linaments intrieurs8 ,nous ne le croyons pas1 pour deux raisons3 la premire1 c'est qu'il arrive parfois que des pices de verre n'ont t que dcoupes1 et1 par manque de temps ou par oubli1 elles n'ont point t acheves de peindre2 la seconde1 que parfois aussi un mme carton a servi pour deux figures1 en pendant par exemple1 et que le model intrieur diffre dans ces deux figures4 ,il y a tout lieu d'admettre que le matre traait les contours sur le carton1 avec quelques linaments intrieurs principaux2 que les ouvriers coupaient les verres sur ce carton en calquant les linaments principaux comme points de repre1 et que les verres assembls provisoirement sur le chssis1 l'oppos de la lumire du jour1 on les peignait d'inspiration1 sans recourir un carton opaque model d'avance4 ,la figure #ccdc fera comprendre cette faon de procder4 ,en ,a1 nous avons trac le carton prpar par le matre2 en ,b1 le model fait sur les verres mmes1 lorsqu'ils ont t coups et assembls provisoirement sur le chssis contre-jour4 ,on conoit comment avec un dessin aussi prcis1 donnant les plombs1 il n'tait gure ncessaire d'indiquer sur le carton tout le model4 ,les lignes ponctues sur la figure ,a donnent les plombs de jonction qui contrarient les contours4 ,pour viter de trop grande1 pices de verre1 le matre a trac1 sur le manteau1 la bande a1 qui est d'une autre couleur et que les plombs dessinent franchement4 ,il fallait ncessairement que les ouvriers peintres chargs d'apposer la grisaille ou le model sur les morceaux de verre dcoups d'aprs le carton1 sussent dessiner4 ,il est vrai de dire qu'alors en ,occident1 comme dans les coles byzantines1 on avait de vritables procds pour peindre une tte ou un vtement#cdd2 et ces procds taient1 tout prendre1 tablis sur une longue et profonde observation des effets dcoratifs4 ,il suffisait donc1 ds que le matre avait trac le carton 7et alors le style lui appartenait71 de trouver des ouvriers habiles de la main et assez imbus des procds traditionnels pour peindre sur les verres coups le model convenable4 ,nous ne comprenons pas l'art de la peinture de cette faon aujourd'hui1 et il ne faut pas le regretter1 s'il s'agit de tableaux faits pour tre placs en dehors d'un effet dcoratif gnral1 comme des objets possdant leurs qualits propres indpendamment de ce qui les entoure4 ,mais si la peinture participe d'un ensemble1 si elle entre dans le concert d'harmonie gnrale que tout difice semble devoir offrir aux yeux1 elle est ncessairement soumise des lois purement physiques que l'on ne peut mconnatre et qui sont suprieures au talent ou au gnie de l'artiste4 ,en effet1 le gnie d'un matre ne peut modifier les lois de la lumire1 de la perspective et de l'optique4 ,nous savons bien qu'un assez grand nombre d'artistes de notre temps sont dous d'un sentiment trop fougueux ou indpendant pour se soumettre d'autres lois que celles dictes par leur fantaisie2 mais nous savons avec non moins de certitude que la lumire1 l'optique1 la perspective1 n'ont pas encore modifi les lois qui les rgissent pour complaire ces esprits insoumis4 ,si la lumire1 l'optique et la perspective sont des conditions physiques d'un autre ge1 si elles ont rgn dans des temps de barbarie1 elles rgnent encore l'heure qu'il est1 et ne paraissent pas encore disposes abdiquer1 ni mme vieillir4 ,or1 les artistes qui ont compos les verrires des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles manifestaient au contraire leur soumission absolue ces lois1 ils s'en aidaient avec autant d'intelligence que de modestie4 ,cette soumission nous donne un enseignement dont nous ne profitons gure1 mais qui1 pour cela1 n'en est pas moins bon et vaut la peine d'tre examin4 ,personne n'ignore les tentatives faites depuis une trentaine d'annes pour rendre la peinture sur verre un clat nouveau4 ,nos verriers les plus habiles ont fait parfois d'excellents pastiches2 ils ont complt d'anciennes verrires avec une perfection d'imitation telle1 qu'on ne saurait distinguer les restaurations des parties anciennes4 ,ils ont donc ainsi pris ample connaissance des procds1 non-seulement de fabrication matrielle1 mais d'art1 appliqus ces sortes de peintures#cde4 ,ils ont pu reconnatre les qualits remarquables des anciens vitraux comme effet dcoratif et harmonie1 et la perfection1 difficile atteindre1 de certains procds d'excution1 l'habilet matrielle des ouvriers1 et apprcier le style des matres1 si bien appropri l'objet4 ,cet art du verrier n'est donc pas un mystre1 un secret perdu4 ,ce qui a t oubli pendant plusieurs sicles1 ce sont les seuls et vrais moyens qui conviennent la peinture sur verre1 moyens indiqus par l'observation des effets de la lumire et de l'optique2 moyens parfaitement connus et appliqus par les verriers des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 ngligs dater du ,x,ve1 et ddaigns depuis1 en dpit1 comme nous l'avons dit1 de ces lois immuables imposes par la lumire et l'optique4 ,vouloir reproduire ce qu'on appelle un tableau1 c'est--dire une peinture dans laquelle on cherche rendre les effets de la perspective linaire et de la perspective arienne1 de la lumire et des ombres avec toutes leurs transitions1 sur un panneau de couleurs translucides1 est une entreprise aussi tmraire que de prtendre rendre les effets des voix humaines avec des instruments cordes4 ,autre procd1 autres conditions1 autre branche de l'art4 ,il y a presque autant de distance entre la peinture dite de tableaux1 la peinture opaque1 cherchant produire l'illusion1 et la peinture sur verre1 qu'il y en a entre cette mme peinture opaque et un bas-relief4 ,le bas-relief serait-il peint1 que jamais il ne pourrait rendre l'effet d'une peinture opaque sur un mur ou sur une toile2 ce bas-relief ainsi enlumin ne sera jamais qu'un assemblage de figures sur un seul plan4 ,dans une peinture opaque1 dans un tableau1 le rayonnement des couleurs est absolument soumis au peintre qui1 par les demi-teintes1 les ombres diverses d'intensit et de valeur suivant les plans1 peut le diminuer ou l'augmenter sa volont4 ,le rayonnement des couleurs translucides dans les vitraux ne peut tre modifi par l'artiste2 tout son talent consiste en profiter suivant une donne harmonique sur un seul plan1 comme un tapis1 mais non suivant un effet de perspective arienne4 ,quoi qu'on fasse1 une verrire ne reprsente jamais et ne peut reprsenter qu'une surface plane1 elle n'a mme ses qualits relles qu' cette condition2 toute tentative faite pour prsenter l'oeil plusieurs plans dtruit l'harmonie colorante1 sans faire illusion au spectateur3 tandis qu'une peinture opaque a et doit avoir pour effet de faire pntrer l'oeil dans une srie de plans1 de prsenter une succession de solides4 ,n'y et-il qu'une figure dans une peinture1 et cette figure ft-elle pose sur un fond uni1 que le peintre prtend donner cette figure l'apparence d'un corps ayant une paisseur4 ,si le peintre n'atteint pas ce rsultat ds ses premiers essais1 il n'est pas moins certain que c'est le but vers lequel il tend1 aussi bien dans l'antiquit1 grecque que dans les temps modernes4 ,transposer cette proprit de la peinture opaque dans l'art de la peinture translucide est donc une ide fausse4 ,la peinture translucide ne peut se proposer pour but que le dessin appuyant aussi nergiquement que possible une harmonie de couleurs1 et le rsultat est satisfaisant comme cela4 ,vouloir introduire les qualits propres la peinture opaque dans la peinture translucide1 c'est perdre les qualits prcieuses de la peinture translucide sans compensation possible4 ,ce n'est point ici une question de routine ou d'affection aveugle pour un art que l'on voudrait maintenir dans son archasme1 ainsi qu'on le prtend parfois2 c'est une de ces questions absolues1 parce que 7nous ne saurions trop le rpter7 elles sont rsolues par des lois physiques auxquelles nous ne pouvons rien changer4 ,vous ne ferez jamais chanter une guitare comme ,rubini1 et si quelques personnes prennent plaisir entendre jouer l'ouverture de ,guillaume ,tell sur le flageolet1 cela ne peut tre du got des amateurs de musique4 ,nous croyons que cette discussion est ici sa place1 parce que nous avons entendu maintes fois rpter3 ,que si les vitraux des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles sont beaux1 ce n'est pas une raison pour reproduire ternellement les meilleurs types qu'ils nous ont laisss2 qu'il faut tenir compte des progrs faits dans le domaine des arts2 que ces figures archaques ne sont plus dans nos gots1 etc4 ,certes1 il n'est point ncessaire de calquer ternellement ces types des beaux temps de la peinture sur verre1 de faire des pastiches en un mot2 mais ce qu'il ne faut point perdre de vue1 ce sont les procds d'art si habilement appliqus alors cette peinture2 ce qu'il faut viter 7parce que cela n'est pas un progrs1 mais bien une dcadence71 c'est cette transposition d'une forme de l'art dans une autre qui lui est oppose4 ,avec plus de persistance que de bonne foi1 on affecte souvent de nous ranger parmi les fanatiques du pass1 parce que nous disons3 ,profitez de ce qui s'est fait2 faites mieux si vous pouvez1 mais n'ignorez pas les chemins dj parcourus1 les rsultats dj obtenus dans le domaine des arts4 ,or1 ce que vous nous donnez souvent comme une inspiration pleine d'avenir1 n'est qu'un oubli de longs et utiles travaux1 ou un assemblage incohrent de formes mal comprises ou de procds faussement appliqus4 ,les vitraux du ,x,i,ie sicle sont maintenus en place1 comme ceux du ,x,i,i,ie1 par des plombs qui sertissent chaque morceau de verre1 en composent des panneaux2 des vergettes on tringlettes maintiennent ces panneaux dans leur plan et les empchent de s'affaisser sous leur propre poids4 ,ces panneaux sont poss dans des armatures de fer 7voyez ,,armature74 ,il est clair que ces panneaux ne peuvent dpasser certaines dimensions1 puisqu'ils doivent rsister la pression du vent4 ,la mise en plomb laisse une lasticit trs-ncessaire la conservation de ces panneaux4 ,le compositeur verrier doit tenir compte de ces lments matriels de l'oeuvre4 ,ce sont l des conditions non moins imprieuses que celles imposes par la lumire et l'optique4 ,ce sont des conditions de solidit1 de dure1 et qui1 par cela mme1 doivent influer sur la conception de l'artiste1 et dont il s'aide1 s'il est habile4 ,les armatures de fer dessinent les grandes divisions dcoratives et donnent l'chelle de l'objet1 chose plus utile qu'on ne le pense gnralement4 ,les plombs accusent le dessin et sparent les couleurs par un trait ferme1 condition ncessaire l'effet harmonieux des tons translucides4 ,reste le model intrieur4 ,c'est l que les verriers du ,x,i,ie sicle1 particulirement1 ont montr leur profonde observation des effets de la peinture translucide4 ,ces artistes savaient3 #a que les tons n'ont qu'une valeur relative2 #b que le rayonnement de certaines couleurs translucides est tel1 qu'il altre ou modifie mme la qualit de ces couleurs2 #c que le model appliqu sur le verre doit1 dans les parties les plus ombres1 laisser apparatre le ton local1 non travers un glacis1 mais par chappes pures2 car une ombre qui couvre un verre color donne distance un ton opaque qui ne participe pas de la couleur de ce verre qu'elle couvre1 mais du rayonnement des couleurs voisines1 en raison de la proprit rayonnante de ces couleurs4 ,ainsi1 pour rendre notre explication claire3 supposons 7fig4 #d7 un disque de verre rouge ,a entour de verre bleu2 si nous avons pos autour de ce disque une ombre 7ft-elle translucide elle-mme1 comme un glacis un peu opaque71 cette ombre participera1 non du ton local rouge du verre1 mais du rayonnement bleu du verre d'entourage4 ,cette ombre prendra ds lors un ton faux et sale1 mlange de brun et de bleu1 qui fera paratre le bleu creux1 sans solidit1 et le ton rouge criard4 ,si1 au contraire 7voy4 en ,b71 nous avons eu le soin de poser cette ombre sur le disque1 non plat1 mais par hachures et en laissant un orle rouge pur tout autour1 cet orle et les interstices laisss entre les hachures donneront l'ombre une localit rouge1 et le bleu conservera sa qualit4 ,l'orle et les interstices des hachures prendront assez de valeur1 cause de l'opposition des traits noirs1 pour lutter contre le rayonnement du ton bleu et laisser l'ombre du disque sa localit rouge4 ,voyons l'application de cette formule4 ,voici 7fig4 #e7 un fragment de la belle verrire de la cathdrale de ,chartres#cdf1 qui reprsente un arbre de ,jess4 ,cette verrire date du milieu du ,x,i,ie sicle#cdg4 ,le fond est bleu1 de ce bleu limpide1 un peu nuanc de vert1 qui appartient la fabrication de cette poque1 et qui rappelle la couleur de certains ciels d'automne1 entre la bande orange du soleil couchant et la pourpre voisine du znith4 ,la robe du roi est d'un ton vineux1 pourpre chaud1 le manteau vert d'meraude1 le pallium et la couronne sont jaune fume1 les chaussures et les parements des manches rouges4 ,on voit que le model peint sur ces vtements ne se compose que d'une succession de hachures laissant entre elles1 et notamment prs des bords percer le ton local2 de telle sorte que le rayonnement du verre bleu du fond est neutralis par ces chappes des tons locaux des vtements travers les interstices des hachures4 ,ces observations1 qui sembleraient contredire en partie la dmonstration qui accompagne la figure #b1 n'en sont cependant qu'un corollaire4 ,dans la figure #b1 nous avons vu que pour neutraliser l'effet du rayonnement des tons bleus sur les tons rouges1 nous avons diminu la surface de ces tons bleus par une peinture opaque1 une sorte d'cran dcoup qui soumet leur contour des formes redentes4 ,or1 distance1 lorsque les couleurs translucides sont trs-rayonnantes1 on diminue bien la proprit de ces couleurs l'aide d'crans dcoups2 mais1 par l'effet de cette proprit rayonnante1 les crans dcoups paraissent diffus1 et les interstices laisss purs perdent simplement de leur valeur colorante relative4 ,l'effet contraire se produit pour les couleurs faible rayonnement1 leur intensit colorante augmente en raison du peu de surface que vous laissez pur entre les dcoupures d'un cran4 ,exemple 7fig4 #f73 soit un verre bleu ,a1 dont on a diminu la surface rayonnante par la peinture opaque ou cran ,b4 distance1 ce verre bleu produira l'effet indiqu en ,c4 ,plus on l'loignera1 plus la peinture cran sera confuse1 mais aussi plus le bleu tendra grisonner4 ,soit un verre rouge peint de la mme manire3 plus on s'loignera1 plus la peinture cran prendra d'tendue1 en perdant un peu de sa qualit opaque2 si bien qu' une grande distance1 on ne distinguera plus le rouge que par touches aigus1 ainsi qu'on les voit figures en ,e1 mais ces touches gagneront en intensit colorante ce qu'elles perdent en tendue4 ,nous admettons que le verre rouge est fouett2 s'il tait uni1 distance il paratrait lie de vin ou marron4 ,d'aprs ce principe1 chaque couleur translucide doit donc recevoir une peinture cran en raison de sa proprit rayonnante4 ,les verriers du ,x,i,ie sicle prouvent par les oeuvres qu'ils nous ont laisses qu'ils avaient une parfaite connaissance de ces lois1 et nous avouons1 quant nous1 ne les connatre que par l'tude attentive de ces oeuvres4 ,qu'ils soient arrivs ces rsultats par un empirisme prolong ou par des observations savantes recueillies en ,orient1 cela1 au fond1 nous importe assez peu2 le fait donne raison leurs mthodes4 ,car1 de toutes les verrires connues1 celles du ,x,i,ie sicle possdent seules cette harmonie claire et sre qu'on ne peut se lasser d'admirer2 harmonie si franche1 qu' une trs-grande distance1 et sans avoir besoin d'examiner le style des dessins1 on reconnat une de ces verrires au milieu de beaucoup d'autres#cdh4 ,connaissant donc les proprits plus ou moins rayonnantes des verres colors1 les verriers du ,x,i,ie sicle ont pos et peint ces verres en raison de ces proprits1 et aussi de l'influence que les couleurs translucides exercent les unes sur les autres4 ,sachant1 par exemple1 que ce bleu limpide dont nous parlions tout l'heure a1 par-dessus toutes les autres couleurs1 une qualit rayonnante1 ils ne l'ont employ en grandes parties que dans des fonds2 et pour empcher le rayonnement de ces surfaces bleues d'influer d'une manire fcheuse sur les tons voisins 7tous moins rayonnants1 des degrs diffrents71 ils ont charg ceux-ci de linaments1 de hachures1 de dtails opaques en faon d'crans1 afin de rendre ces tons une intensit plus grande en vertu de la loi explique figure #f2 mais1 d'ailleurs 7toujours en vertu de cette loi et de celle explique galement4 figure #d71 ils se sont bien gards de salir ces tons par des ombres unies1 eussent-elles t mme translucides1 et ont laiss toujours percer des parcelles du ton local travers les rseaux ombres les plus chargs4 ,ces artistes ont encore us des verres blancs 7nacrs71 comme appoint indispensable pour donner aux couleurs leurs rapports relatifs4 ,ainsi1 dans l'exemple donn 7fig4 #e71 le branchage de l'arbre de ,jess1 quelques feuilles des bouquets1 sont coups dans du verre blanc2 mais ces parties lumineuses sont charges de dtails peints qui en attnuent l'clat et la duret#cdi4 ,le fond bleu qui entoure l'arbre1 sujet principal1 et qui occupe tout le milieu de la fentre1 est combattu par deux larges bordures dont voici 7fig4 #g7 la rpartition2 car c'est par l'ensemble autant que par les dtails que se recommande cette composition4 ,en ,a1 rgne le fond bleu sur lequel se dtachent en vigueur les tons des personnages et en lumire les branchages de l'arbre4 ,en ,b1 sont des prophtes sur fond rouge4 ,ces prophtes sont principalement vtus de bleu et de jaune fume1 ils tiennent des phylactres blancs4 ,cette tonalit chaude 7car le bleu n'est plus ici le mme que celui du fond1 mais plus intense ou plus vert7 donne une transparence lumineuse au fond bleu du centre4 ,pour relier ces fonds rouges des prophtes1 l'artiste a drap le ,jess couch en ,c d'un large manteau rouge2 il repose sur un lit tendu de blanc qui sert de point de dpart1 de souche la tonalit de l'arbre4 ,une robe bleu sombre qui revt le haut du corps du ,jess1 ce blanc et quelques franges jaunes1 donnent un clat incomparable au rouge du manteau4 ,les demi-cercles rouges qui servent de champ aux prophtes sont sertis d'une bande bleue dans le ton du fond ,a et d'un lisr blanc charg de dtails2 puis les coinons ,g sont sur fond d'un beau vert d'meraude chaud et limpide4 ,autour se dveloppe une bordure splendide comme composition et clat1 dont nous donnons 7fig4 #h7 le dtail au sixime de l'excution4 ,en ,a1 sont les fonds rouges des prophtes2 en ,b1 le filet bleu qui rappelle le ton du fond du ,jess1 puis le lisr blanc ond1 enlev au style sur un ton bistr appos sur le verre2 en ,c1 le fond vert des coinons4 ,ceux-ci sont chargs d'un carr bleu bistr de peinture1 avec des dtails extrmement dlicats enlevs au style1 conformment la mthode indique par ,thophile4 ,ces carrs bleus sont coups par des ornements pourpre chaud qui mordent sur le fond vert4 ,un lisr blanc1 galement bistr et enlev1 entoure le carr bleu4 ,le rouge apparat de nouveau en ,r4 ,un perl jaune fait le bord intrieur de la bordure2 il est doubl d'un filet bleu ,f1 du mme ton que le fond du ,jess4 ,le rouge rapparat en ,g1 et le bleu du fond du ,jess en ,l4 ,pour l'entrelacs perl1 il est fait sur verre blanc4 ,les cercles et les feuilles en lancettes sont jaune fume2 les feuilles1 vertes et pourpre2 le perl extrieur est jaune douteux4 ,dans cette verrire1 il n'y a donc que les verres dont voici les tons3 #a ,blanc nacr2 blanc fumeux2 #b ,bleu limpide2 #c ,bleu intense verdtre1 et par exception indigo2 #d ,vert d'meraude2 #e ,vert se rapprochant du ton de la turquoise2 #f ,pourpre chaud2 #g ,rouge2 #h ,jaune deux tons2 #i ,les tons des chairs sont pourpre clair1 fumeux4 ,il tait donc facile au matre1 suivant ce que dit ,thophile1 de marquer sur son carton les couleurs par des lettres1 et d'tablir ses rapports harmoniques plus srement qu'il ne l'et pu faire en ttonnant avec une palette de tons4 ,le ton bleu du sujet principal command toute la tonalit du reste4 ,il fallait laisser clater la splendeur lumineuse dans ce milieu4 ,cette donne a command les fonds rouges des prophtes1 le rappel du bleu du fond principal sur les filets demi-circulaires4 ,pour faire valoir1 et la vigueur de la coloration rouge et la transparence rayonnante du bleu1 on a plac les fonds vert d'meraude des coinons4 ,puis encore a-t-on rappel le fond bleu1 mais en lui donnant une valeur solide par l'adjonction de cette dlicate ornementation des carrs4 ,enfin1 la bordure rsume tous les tons rpartis dans les sujets principaux1 mais par petits fragments2 de manire que cette bordure1 d'un effet solide et puissant1 ne rivalise pas cependant avec les larges dispositions des parties centrales4 ,ces entrelacs blancs perls sont comme une marge brillante aux peintures principales2 marge qui se rattache aux sujets par ces carrs bleus dlicatement niells et sertis de lisrs blancs4 ,si maintenant nous examinons les dtails de cette bordure 7fig4 #h71 nous observons que les feuillages pourpres1 verts et jaunes1 qui se dtachent sur le fond bleu ,l1 sont models conformment la mthode indique par la figure #d1 c'est--dire que ce model laisse toujours voir des parties pures du verre entre les hachures1 et notamment sur les bords de l'ornement1 afin de lutter contre le rayonnement du fond bleu1 qui1 d'ailleurs1 n'est visible qu'en pices relativement petites4 ,on croit trop facilement que les peintures sur verre anciennes doivent en partie leur harmonie la salissure que le temps a dpose sur leur surface2 et nous avons souvent entendu des peintres verriers mmes prtendre que ces vitraux des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles devaient produire un effet criard lorsqu'ils taient neufs4 ,cette opinion peut tre soutenue s'il s'agit de certaines verrires de pacotille1 comme on en a fabriqu dans tous les temps1 et surtout pendant le ,x,i,i,ie sicle2 elle nous semble errone s'il s'agit des verrires du ,x,i,ie sicle que nous possdons encore1 en trop petit nombre malheureusement1 et des bonnes verrires du ,x,i,i,ie4 ,en examinant les figures #c1 #e et #h1 il est facile de reconnatre que les peintres ont parfaitement par aux effets criards par la multiplicit et la disposition des traits ou hachures composant le model4 ,en laissant les fonds limpides1 et choisissant pour ces fonds des tons francs1 mais d'une belle qualit colorante1 lumineuse1 ils ont eu le soin d'occuper tous les tons entrant dans la composition des figures et ornements1 par un model serr ou des dtails dlicats qui donnent ces tons la valeur relative convenable4 ,on remplace habituellement aujourd'hui ce travail dlicat et si bien entendu pour faire valoir la qualit de chaque ton1 par une salissure factice mise de faon laisser apparatre par chappes les tons purs1 et l'on obtient ainsi parfois une harmonie bon compte4 ,mais il faut avouer que ce procd est barbare1 et permet de supposer que nos verriers n'ont pas une thorie bien nette des conditions de l'harmonie des vitraux4 ,c'est peu prs comme si1 pour dissimuler le dfaut d'accord entre des instrumentistes excutant une symphonie1 on faisait dominer1 du commencement la fin1 une basse continue1 une sorte de ronflement neutre1 avec quelques rares intervalles laissant entendre par chappes une ou deux mesures dbarrasses de cet accompagnement monotone4 ,faire de la peinture1 translucide surtout1 c'est--dire d'un clat sans rival1 pour la salir sous prtexte de l'harmoniser1 est une ide qui peut entrer dans le cerveau d'amateurs passionns de la patine des objets d'art plutt que de ces objets mmes1 mais ne pouvait venir l'esprit d'artistes qui cherchaient par tous les moyens sincres et profondment tudis rendre leurs conceptions4 ,il est vident toutefois que dj au ,x,i,i,ie sicle1 on apposait certains glacis par parties sur des verrires communes#cej2 mais ces lgers glacis apposs froid1 et probablement sur la verrire mise en place1 ont des expdients pour obtenir un effet d'ensemble1 et non une salissure mise au hasard sur les panneaux4 ,les verrires du ,x,i,ie sicle des cathdrales de ,chartres et du ,mans1 de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 de ,vendme et d',angers1 pouvaient et peuvent se passer de cette patine1 puisque 7sauf les fonds qui1 ne l'oublions pas1 sont faits avec des verres d'une qualit harmonieuse incomparable7 tous les dtails de l'ornementation et des figures sont couverts d'un travail au pinceau4 ,il y avait donc alors pour les artistes verriers deux oprations distinctes propres obtenir l'harmonie gnrale d'un vitrail quand le carton tait dessin3 #a la dsignation des tons des verres sur ce carton2 #b le travail au pinceau sur ces verres1 qui compltait l'harmonie en donnant chaque ton l'importance relative convenable4 ,la mthode adopte par les artistes du ,x,i,ie sicle pour la premire partie de ce travail est donne par ,thophile2 c'tait au moyen de lettres que le matre indiquait les couleurs sur le carton4 ,or1 cette mthode devait se rapprocher de celle que nous allons indiquer en nous appuyant sur les exemples de verrires de cette poque4 ,en supposant les cinq voyelles exprimant3 ,a le blanc4 couleurs composes ,e le pourpre fonc4 ,i le pourpre clair4 ,o le vert d'meraude4 ,u le vert bleu turquoise4 les consonnes exprimant3 couleurs simples#cea4 ,b le bleu4 ,j le jaune4 ,r le rouge nous partons de cette premire loi3 que toute couleur simple dominant dans un sujet1 formant le fond1 par exemple1 il faut1 avec elle1 employer en majorit les couleurs composes2 que si1 avec cette couleur simple du fond1 on met d'autres couleurs simples1 il faut1 ou que ces couleurs soient en petites parties1 ou isoles par un appoint blanc important4 ,exemple3 dans la figure #e de l'arbre de ,jess de ,chartres 7premier roi71 le fond tant ,b1 les voyelles doivent dominer dans la composition4 ,en effet1 l'artiste a mis3 manteau1 ,o2 robe1 ,i2 branchage1 ,a2 fleurs1 ,e1 ,u1 ,i1 ,o4 ,les consonnes n'apparaissent plus que pour de petites parties3 couronne1 pallium1 deux feuilles infrieures dans les bouquets du haut1 feuille centrale dans les bouquets du bas1 ,j2 agrafe1 manchettes1 souliers du roi1 ,r4 ,si nous prenons les autres rois au-dessus du premier et la ,vierge du sommet1 la loi est la mme1 c'est--dire que le fond tant la consonne ,b1 ce sont les voyelles qui composent les personnages et ornements4 ,dans le bas1 le ,jess est couvert d'un ample manteau rouge1 pour une raison d'harmonie indique plus haut1 mais ce manteau est entirement entour de la consonne ,a1 c'est--dire de blanc4 ,mme rgle pour la bordure3 le fond des bouquets est ,b1 les bouquets sont ,i1 ,o1 la lancette centrale et la rouelle sont ,j2 mais la lancette centrale est trs-menue1 se rattache au blanc1 ainsi que la rouelle4 ,cependant les fonds des prophtes sont ,r1 et le ,b entre pour une forte part dans les vtements de ces prophtes1 ainsi que le ,j2 mais c'est l un de ces procds d'harmonie frquents cette poque et qui confirme la rgle ci-dessus donne4 ,d'abord le ,b ou le bleu employ est1 dans la plupart de ces vtements1 ou verdtre ou azur clair1 ce qui n'en fait plus une couleur simple2 le ,j est ou paille ou trs-fumeux4 ,il y a ici un cas particulier1 la donne harmonique de l'artiste tait celle-ci3 obtenir un milieu brillant1 limpide1 lger1 doux l'oeil4 ,pour arriver ce rsultat1 il fallait avoir autour de cette partie centrale une coloration vigoureuse1 un peu dure mme1 une sorte de dissonance qui ft repoussoir4 ,de l ces alliances de rouge et de bleu4 ,mais si l'on regarde cette belle verrire1 avec quel art de coloriste cet effet est-il obtenu6 ,dans ces vtements bleus des prophtes passent des bandes pourpres2 puis1 sur des parties voisines d'un bleu azur1 des tons vert d'meraude trs-lumineux2 de longs phylactres blancs1 mme des robes blanches1 viennent dtruire ce qu'il y aurait de trop forc dans les tons de ces deux bordures des prophtes4 ,la puissance du fond vert d'meraude des coinons1 spar du fond rouge des prophtes par un filet blanc et un filet ,b pur qui est le ,b du fond des rois1 ajoute encore l'effet solide de la tonalit1 et ce vert d'meraude est rendu fin et doux cependant par les larges feuilles pourpres qui mordent dessus et qui partent des carrs bleus niells 7voy4 la fig4 #h74 ,les peintres verriers du ,x,i,ie sicle ont employ parfois ces fonds verts1 mais seulement pour des parties accessoires1 des ornements1 et pour faire participer ces fonds un systme de bordure dans le genre de celui que nous venons de dcrire4 ,d'ailleurs1 pour les sujets1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 les fonds bleus et rouges2 c'est--dire des couleurs simples d'une coloration puissante1 sont seuls employs1 et cela se conoit4 ,ds l'instant que les verriers avaient reconnu qu'avec une couleur dominante1 comme un fond1 il ne faut plus qu'exceptionnellement des couleurs de mme ordre1 c'est--dire qu'avec une couleur consonne dominante 7pour en revenir notre thorie71 il ne faut employer que des couleurs voyelles1 et vice versa1 force tait de prendre pour les fonds les couleurs simples2 car1 en supposant qu'on et pris un fond pourpre 7couleur compose72 par exemple1 les objets compris dans ce fond ne pouvaient tre que le bleu1 le rouge et le jaune 7couleurs simples74 ,cela diminuait les ressources de la palette du verrier trois couleurs et au blanc1 pour tous les vtements1 nus et ornements du sujet1 ce qui prsentait une harmonie monotone et borne4 ,en adoptant les fonds bleus et rouges1 bleus surtout1 le peintre verrier avait1 pour colorer les sujets et ornements1 deux verts1 deux pourpres1 le bleu gris de lin et le bleu turquoise1 c'est--dire six couleurs1 sans compter le blanc et les blancs rompus4 ,d'ailleurs1 avec le fond bleu1 il pouvait1 au moyen de quelques artifices1 employer encore le rouge et le jaune1 et avec le fond rouge1 le bleu et le jaune4 ,il est encore une autre considration3 le bleu et le rouge seuls peuvent1 comme ton de fond1 se passer de peinture1 sans paratre creux4 ,le jaune est trop absorbant1 non par son rayonnement1 puisqu'il n'en a pas1 mais par son clat2 quant aux tons composs et rompus1 s'ils ne sont pas chargs de peinture1 c'est--dire models1 ils ne se soutiennent pas3 le regard1 pour ainsi parler1 passe travers et cherche quelque chose au del4 ,le bleu et le rouge translucides seuls1 dpourvus de peinture1 de model1 offrent l'oeil une surface colore solide1 intense1 sur laquelle il s'arrte4 ,nous avons vu 7fig4 #b et #f7 que les peintres attnuaient le rayonnement du bleu par l'apposition1 sur le bleu1 d'une peinture cran qui en diminuait la surface et qui altrait sa tonalit au profit des couleurs voisines moins rayonnantes4 ,mais pour les fonds des sujets1 au ,x,i,ie et au ,x,i,i,ie sicle1 il tait trs-rare que les fonds bleus fussent chargs d'une peinture cran2 aussi1 pour lutter contre le rayonnement de ces fonds bleus1 les verriers avaient-ils le soin de placer beaucoup de filets ou de dtails blancs ou bleu gris trs-clair dans les sujets envelopps par ces fonds4 ,en effet1 le blanc gris bleu1 qui a un rayonnement gal au bleu saphir1 conserve auprs de ce bleu saphir toute sa valeur2 il en est de mme1 ou peu prs1 de certains pourpres ples et lilas1 de certains verts glauques4 ,aussi ces tons sont-ils trs-frquemment employs dans les sujets ou ornements se dtachant sur fond bleu franc4 ,pour empcher les fonds bleus de rayonner en dehors de leur primtre1 les artistes des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles ont us d'un moyen qui ne manque jamais son effet4 ,ils plaaient autour de ce fond un filet rouge1 puis un filet blanc4 ,voici le phnomne qui se produit alors3 la prsence du filet blanc empche le rouge d'tre violac par le rayonnement du bleu4 ,soit 7fig4 #i7 un sujet ,a sur fond bleu2 si ce fond bleu est entour d'un filet rouge ,b1 et celui-ci envelopp d'un filet blanc ,c1 le rayonnement du bleu n'a pas d'action sur le filet rouge1 ne le rend pas violet2 ce rouge conserve toute sa puret et fait d'autant mieux valoir la finesse du ton bleu4 ,l'action du filet blanc sera encore plus efficace1 si ce filet est perl1 comme il est indiqu en ,p1 parce que le blanc1 rduit des touches rptes1 prend d'autant plus de fermet4 ,mais si l'on fait le contraire1 c'est--dire si l'on met le filet blanc en ,b1 l'intrieur1 et le filet rouge en ,c1 l'extrieur1 le blanc sera quelque peu azur par le voisinage du bleu1 et ne prsentera plus1 pour le rouge1 une opposition qui fera ressortir son clat2 partant le rouge sera terni par le rayonnement du bleu passant travers le blanc4 ,il est facile1 par une exprience que chacun peut faire1 de se rendre compte de cet effet4 ,si le filet rouge est compris entre deux filets blancs 7perls surtout71 il conserve de mme sa valeur1 et l'on obtient une harmonie d'une extrme dlicatesse2 car alors entre le rouge1 qui ne perd rien de sa qualit1 et le bleu1 il s'interpose un orle nacr qui fait une transition des plus heureuses entre le rouge et le bleu4 ,en effet1 la juxtaposition du rouge et du bleu est prilleuse2 elle est une vritable dissonance1 et c'est avec beaucoup d'adresse que les peintres verriers des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles s'en sont servis4 ,si par l'extraposition du blanc1 le rouge conserve sa qualit et n'est plus soumis au rayonnement du bleu1 l'harmonie est dure2 si le blanc fait dfaut1 le rouge est violac et prend une qualit fausse3 l'interposition d'un blanc verdtre ou jauntre entre le rouge et le bleu 7 la condition d'avoir du blanc galement l'extrieur du rouge7 produit l'effet le plus heureux4 ,les peintres qui ont fait les belles verrires de ,chartres1 de ,bourges1 etc41 ont us largement de ce moyen de sertir les fonds bleus4 ,aprs avoir tudi nos plus belles verrires franaises1 on pourrait tablir qu'au point de vue de l'harmonie des tons1 la premire condition pour un artiste verrier est de savoir rgler le bleu4 ,le bleu est la lumire dans les vitraux1 et la lumire n'a de valeur que par les oppositions4 ,mais c'est aussi cette couleur lumineuse qui donne tous les tons une valeur4 ,composez une verrire dans laquelle il n'entrerait pas de bleu1 vous n'aurez qu'une surface blafarde ou crue1 que l'oeil cherchera viter2 rpandez quelques touches bleues au milieu de tous ces tons1 vous aurez immdiatement des effets piquants1 sinon une harmonie savamment conue4 ,aussi la composition des verres bleus a-t-elle singulirement proccup les verriers des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles4 ,s'il n'y a qu'un rouge1 que deux jaunes1 que deux ou trois pourpres et deux ou trois verts au plus1 il y a des nuances infinies de bleu1 depuis le bleu clair gris de lin jusqu'au bleu fonc violac1 et depuis le bleu glauque et le bleu turquoise jusqu'au bleu saphir verdissant2 or1 ces bleus sont poss avec une trs-dlicate observation des effets qu'ils doivent produire sur les autres tons et que les autres tons doivent produire sur eux4 ,il y a1 par exemple1 des harmonies trs-heureuses produites avec des tons bleus glauques et des rouges 7le rouge comme fond1 bien entendu71 avec ces mmes bleus1 et des bleus indigo et avec des verts d'meraude4 ,l'association du vert et du bleu1 si prilleuse1 donne ces artistes coloristes des tonalits d'une finesse extraordinaire1 et dont on ne peut trouver d'exemples que dans certains maux persans et dans les fleurs de nos champs4 ,tout le monde a pu reposer ses regards sur l'harmonie si douce de la fleur du lin sur la verdure4 ,mais de mme que la nature a mis toujours des verts assortis chaque coloration de fleur1 de mme ont fait ces artistes1 et peut-tre s'inspiraient-ils de ces modles4 ,toujours est-il que1 dans les grands vitraux ou dans les vitraux sujets lgendaires des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 jamais le regard n'est heurt par ces taches qui apparaissent dans les verrires des poques postrieures4 ,l'harmonie n'est jamais drange par une touche mise mal propos2 tout se tient1 se lie1 comme dans les beaux tapis d',orient4 ,il y a videmment1 pour chaque composition1 pour chaque vitrail1 une tonalit admise par le compositeur2 on pourrait presque dire qu'il y a des verrires en ton mineur1 des verrires en ton majeur4 ,cela est sensible dans les difices o il existe un grand nombre de ces verrires1 comme les cathdrales de ,sens1 de ,bourges1 du ,mans1 de ,chartres1 de ,tours1 de ,troyes1 d',auxerre4 ,jamais cependant ces verrires anciennes n'affectent ces colorations rousses1 revtues d'un glacis ambr que l'on a donn parfois certains vitraux du ,x,v,ie sicle1 que nos verriers modernes prennent pour une coloration chaude1 mais qui a le grand inconvnient de manquer de lumire et de donner aux intrieurs un ton faux1 sans air et sans profondeur2 si bien que dans un vaisseau tamisant cette coloration de lampe1 il semble qu'on touffe et que tous les objets se rapprochent de l'oeil4 ,c'est en partie au judicieux emploi des bleus dans leurs vitraux que les artistes des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles doivent de donner aux vaisseaux vitrs une profondeur et une atmosphre nacre qui les font paratre plus levs et plus vastes qu'ils ne le sont rellement4 ,le bleu est donc la base de la coloration des vitraux2 mais c'en est aussi l'cueil1 cueil sur lequel les artistes du ,x,i,i,ie sicle ont parfois chou en donnant quelques-unes de leurs verrires une tonalit violette dsagrable ou une tonalit froide l'excs1 qui affecte le sens de la vue comme un acide affecte le palais#ceb4 ,dans les vitraux du ,x,i,ie sicle2 les bordures prennent beaucoup d'importance1 comme on peut le reconnatre par l'exemple que nous avons donn 7fig4 #g et #h72 quant aux fonds entre les sujets1 ils sont rduits autant que possible1 et se composent d'ornements plutt que de semis ou quadrills1 ainsi qu'on le pratiqua au ,x,i,i,ie sicle4 cette poque1 o l'on multiplia les vitraux lgendaires1 c'est--dire composs de petits sujets compris dans un mme vitrail et jets sur une sorte de tapisserie uniforme1 on prtendit donner cette tapisserie formant fond1 et sur laquelle brochaient les panneaux sujets1 un ton qui ne pt rivaliser avec les couleurs dont ces sujets taient composs4 ,pour ces sujets lgendaires1 le rouge ne convenait gure4 ,son intensit absorbait les dtails rpandus dans ces sujets2 il rendait l'emploi des pourpres trs-difficile1 sinon impossible1 et s'alliait mal avec le jaune2 de telle sorte que pour colorer sur les fonds rouges les vtements des personnages1 les peintres en taient rduits aux nuances du bleu1 certains verts et au blanc4 ,ils adoptrent donc1 sauf de trs-rares exceptions1 pour les sujets lgendaires1 les fonds bleus1 qui permettaient l'emploi de tous les tons composs1 et mme du jaune et du rouge1 quand on les posait avec adresse pour la tapisserie sur laquelle brochaient les sujets1 il fallait donc trouver une coloration relativement neutre1 qui laisst briller les mdaillons4 ,voulant atteindre cet effet1 la coloration ne pouvait que chercher une tonalit relativement sourde1 mais en mme temps veloute1 pleine4 ,le rouge et le bleu taient les couleurs qui devaient remplir le mieux cet objet par leur mlange1 mais en vitant les tons violacs1 lesquels dtruisent toute harmonie4 ,voici donc quelques-uns de ces fonds du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 choisis parmi ceux qui sont les mieux russis 7fig4 #aj7cec4 ,le premier1 ,a1 prsente une alternance gale de verres rouges et bleus1 c'est--dire que les carrs r sont rouges et les carrs b bleus4 ,le verrier a laiss en contact les rouges purs et les bleus purs1 spars seulement par les plombs2 il a obtenu ainsi un rayonnement du bleu sur le rouge et un ton violac1 mais il a peint au milieu de chacun des carrs un ornement cran dont les noirs sont assez puissants pour arrter le rayonnement1 de sorte que les touches rouges vues l'intrieur des crans restent trs-franchement rouges et que le rayonnement du bleu est diminu4 distance1 la teinte violace des bords des carrs est rendue neutre1 sourde1 par l'clat vif des verres rouges rduits au moyen des peintures crans1 et par la fracheur des tons bleus galement rduits4 ,ainsi1 l'effet gnral est celui-ci3 ton neutre1 pourpr1 tenant du bleu et du rouge1 sur lequel tincellent des touches rouges et bleues trs-pures4 ,comme ce ton neutre pourpr n'est que le produit des deux couleurs juxtaposes dont on retrouve l'clat pur sur quelques points1 il en rsulte un ton gnral harmonieux et velout 7quoique un peu sombre7 d'un bon effet4 ,le second exemple1 ,b1 prsente des carrs bleus spars par des bandes rouges4 ,les rouges sont laisss purs1 tandis que les carrs bleus sont couverts d'une grisaille cran qui attnue beaucoup leur rayonnement4 ,grce cette peinture1 le bleu prend lui-mme un ton sourd1 et ce sont les bandes rouges seules qui conservent un clat quelque peu pourpr sur les bords par le voisinage des lisrs bleus laisss le long des plombs4 ,la bordure du premier exemple1 ,a1 est compose de fleurs bleues au sommet1 et blanches ou jaunes alternes1 pour la partie infrieure1 se dtachant sur un fond rouge4 ,on observera que le rouge est pur2 que le bleu1 le blanc ou le jaune sont couverts d'ornements4 ,les filets a sont blancs1 et les filets b bleus4 ,la bordure du second exemple prsente des losanges blanches et jaunes alternes1 spares par des disques bleus sur fond rouge2 les filets sont de mme qu'au-dessus4 ,le rouge1 dans ces bordures1 par la prsence du blanc et du jaune1 est compltement soustrait au rayonnement du bleu1 lequel1 d'ailleurs1 est attnu par la peinture cran4 ,ces bordures prennent ainsi un clat trs-vif qui assourdit encore les fonds et les relgue au second plan de l'harmonie gnrale4 ,prsentons encore deux autres exemples de ces fonds 7fig4 #aa71 dans lesquels le blanc et le jaune interviennent4 ,dans le premier exemple1 ,a1 les cailles peintes sont bleues1 leur naissance est jaune et leur cern rouge2 le rouge n'est teint que par un simple trait4 ,quant au bleu1 la grisaille cran attnue son rayonnement1 pas assez cependant pour que le rouge ne soit point pourpr4 ,mais les touches jaune-paille1 voisines de la runion des bords rouges1 rendent ceux-ci leur clat prs de ces rencontres4 ,l'effet est singulirement harmonieux et chaud4 ,dans le second exemple1 ,b1 les cailles sont galement bleues1 les bords rouges et les petits disques fleuronns blanc verdtre2 toujours les bleus sont peints1 et ce sont ces points blancs qui attnuent1 avec cette peinture1 le rayonnement du bleu4 ,on observera donc que les principes de coloration poss plus haut sont suivis avec un tact parfait dans ces fonds4 ,les grisailles sur les bleus laissent toujours un cern bleu pur prs du plomb1 afin de profiter du rayonnement d'une valeur suffisante pour adoucir les bords du rouge4 ,mais pour que ce ronge1 distance1 ne paraisse point trop pourpr par les bleus1 ou le rouge est occup par un dessin noir1 comme dans l'exemple ,a 7fig4 #aj71 ou le blanc et le jaune-paille viennent lutter contre le rayonnement du bleu1 comme dans la figure #aa4 ,mais si1 dans la composition des vitraux1 comme dans toutes les branches de l'architecture du moyen ge1 il est des principes dont les artistes ne s'cartent pas1 lorsqu'il s'agit d'appliquer ces principes1 ils font preuve d'une grande libert et d'une fertilit peu ordinaire4 ,ces fonds entre les sujets lgendaires1 ces tapisseries1 ne se composent pas seulement de ces semis1 de ces quadrills1 de ces squamatures1 mais aussi d'enroulements1 d'entrelacs disposs1 comme dessin et couleur1 de manire laisser les sujets se dtacher nettement4 ,voici 7fig4 #ab7 un exemple de ces sortes de fonds#ced4 ,le bleu sert de fond aux sujets1 le rouge la tapisserie1 les mdaillons ,a sont jaunes teints par une grisaille1 entours d'un orle blanc galement attnu par de la grisaille4 ,pour les enroulements1 ils se composent de verres blanc verdtre1 bleu 7cendre bleu71 bleu verdtre1 blanc1 blanc bleut1 jaune1 bleu intense1 et vert d'meraude1 ces trois derniers tons en petite quantit4 ,ces bleus de diverses nuances rayonnent d'une manire suffisante1 malgr la peinture qui les couvre1 pour violacer un peu le rouge sur les bords1 ce qui donne cette tapisserie l'clat velout ncessaire1 tout en restant brillant4 ,les sujets sont entours d'un filet rouge cern de deux perls blancs4 ,le perl qui spare la bordure de la tapisserie est vert ple1 la bordure est sur fond bleu1 les feuillages alternativement blancs et pourpre sombre4 ,le filet d'entourage1 suivant l'usage1 est blanc4 ,ici1 la bordure est dans une tonalit froide1 nacre1 et fait briller les tapisseries fond rouge4 ,les sujets sont gnralement tenus aussi dans une tonalit froide et nacre1 de sorte qu'ils se dtachent par la dlicatesse de leur coloration sur le fond puissant de la tapisserie qui leur sert de fond2 et cette dlicatesse de coloration des sujets est rappele par la bordure4 ,les mdaillons jaunes servent de liaison entre la puissance de coloration de la tapisserie et l'clat fin des sujets et bordures4 ,nous voudrions abrger ces dtails infinis de l'art du verrier1 mais il est difficile d'tre plus court1 si l'on prtend en faire une critique pouvant conduire un rsultat pratique4 ,nous sommes assez port croire que dans ces questions de coloration1 l'instinct joue le principal rle2 il peut tre utile de faire connatre que l'observation et la connaissance de certaines lois sont non moins essentielles l'artiste1 d'autant que jamais cette connaissance n'a t une gne pour ceux qui1 tant naturellement dous des qualits du coloriste1 sont appels dcorer les difices4 ,avant de pousser plus avant l'tude des transformations des procds de coloration des vitraux1 il parat ncessaire de revenir sur la partie si essentielle de la composition et du dessin des cartons4 ,le peu que nous avons dit ce propos suffit cependant1 pensons-nous1 faire ressortir un point important1 savoir3 que les procds de composition et de dessin des vitraux s'cartent des procds de composition et de dessin de la peinture opaque4 ,l'art dit verrier diffre essentiellement de l'art du peintre4 ,la lumire passant travers des surfaces colores a1 sur les rapports de ces couleurs entre elles1 une influence diffrente de celle qu'elle exerce sur des surfaces opaques2 la lumire passant travers un dessin modifie galement ses contours1 fait qui ne se produit pas1 si elle frappe directement une surface dessine4 ,supposons1 par exemple1 deux inscriptions identiques comme dimension et forme1 l'une enleve en blanc dans un cran noir1 l'autre trace en noir sur un verre blanc ou bleu trs-clair4 ,si la lumire du jour passe travers ces deux inscriptions juxtaposes1 la distance qui permettra de lire encore l'inscription se dtachant en clair sur un fond noir ne permettra plus de dchiffrer l'inscription trace en noir sur un fond clair4 ,la diffrence sera telle1 que si l'inscription trace en noir se lit 7comme dernire limite de distance7 #aj mtres1 l'inscription claire sur fond noir se lira encore #ae mtres4 ,si l'on s'loigne davantage1 l'inscription noire disparatra tout fait1 et l'inscription claire tracera une lueur blanche sur le fond noir1 mais ne disparatra point entirement tant que l'objet sur lequel elle se dtache sera visible4 ,c'est l'effet du rayonnement de la lumire1 dont nous avons indiqu dj les effets1 lorsqu'elle traverse des surfaces colores4 propos du dessin1 il nous faut revenir un instant sur ces effets4 ,le rayonnement de la lumire1 passant travers un verre blanc sur lequel on appose un cran1 fait paratre les parties rserves travers cet cran plus grandes qu'elles ne le sont rellement1 et cela aux dpens des bords du vide4 ,passant travers un verre bleu1 le rayonnement de la lumire rend les bords de l'cran confus et bleuit une zone de la surface opaque environnante4 ,passant travers un verre rouge jasp1 le rayonnement se manifeste par tincelles trs-vives1 mais sans colorer les bords opaques d'une manire diffuse2 si ce verre rouge est d'un ton uni et intense1 la teinte relle disparat presque entirement distance et semble tre une tache d'un brun livide4 ,passant travers un verre jaune1 le rayonnement dtache les contours du vide bien nets1 sans bavures1 ne modifie pas sa dimension l'oeil1 mais la teinte jaune parat plus obscure au centre que sur les bords4 ,suivant que les tons verts et pourpres se rapprochent du bleu1 du jaune ou du rouge1 l'espace vide laiss dans l'cran participera plus ou moins ces trois qualits4 ,la figure #ac donne une ide de ce phnomne4 ,le carr ,c est le vide rel laiss au milieu de l'cran4 ,le blanc et les trois couleurs simples produiront dans ce vide1 une certaine distance1 les apparences que nous prsentons ici4 ,ces apparences ont donc sur le dessin une influence dont il faut tenir compte1 et dont les artistes verriers des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles se sont fort proccups4 ,ainsi ont-ils employ le blanc et le jaune pour cerner1 rendre nettes1 les formes principales du vitrail1 et notamment pour faire autour des verrires une marge de #b ou #c centimtres de largeur qui les dtache des tableaux ou meneaux de maonnerie2 ainsi ont-ils procd autour des panneaux1 des vitraux lgendaires4 ,s'ils peignent les traits de dessin et d'ombres sur un bleu1 ils ont le soin de les tenir plus larges et plus fermes que sur un rouge1 et surtout que sur un jaune ou un blanc4 ,d'ailleurs1 ils se servent des influences des tons les uns sur les autres pour neutraliser les effets du rayonnement trop puissants4 ,sur les filets blancs1 ils peindront des perles ou un filet noir droit ou tremblot4 ,pour les vtements des figures1 ils se garderont d'employer les qualits du bleu limpide des fonds2 qui1 par son rayonnement1 fait disparatre les traits que l'on appose dessus2 ils emploieront des bleus gris1 des bleus turquoise ou verdtres4 ,le plus ou moins de fermet donner aux hachures peintes produisant les ombres1 n'tant pas indiqu sur le carton2 si1 comme nous l'avons expliqu plus haut1 le matre faisait couper le verre sur un trait avant l'indication de ces hachures1 les verres tant coups et assembls sur le chssis peindre oppos la lumire du jour1 le peintre forait ou diminuait le model en raison de la qualit plus ou moins rayonnante de chaque pice4 ,l'influence des tons sur le dessin tant ainsi reconnue1 nous allons examiner comment les matres procdaient pour composer1 tracer et modeler les figures et les ornements des verrires4 ,dans leurs compositions1 ils vitaient1 autant que faire se pouvait1 les agglomrations de personnages ou de parties d'ornement1 afin de laisser deviner le fond dans toute l'tendue d'un motif4 ,en cela la composition du vitrail diffre de celle de la peinture opaque4 ,autant il convient1 dans cette dernire1 de grouper les personnages d'une scne de manire les dtacher1 le plus souvent1 les uns sur les autres1 autant il est ncessaire1 dans un vitrail1 de distinguer ces personnages en faisant apparatre frquemment le fond autour de chacun d'eux4 distance1 par suite de la vivacit des tons translucides1 si des personnages sont groups en assez grand nombre1 il devient difficile1 pour l'oeil1 de les comprendre sparment4 ,l'absence de toute perspective linaire ou arienne1 l'impossibilit d'teindre les tons1 moins de les pousser l'opacit1 ce qui fait tache1 produisent la confusion1 si l'on ne retrouve pas1 au moins par chappes1 le fond qui dessine le contour de chaque figure4 ,de mme pour les ornements2 non-seulement le plomb doit les dessiner nettement1 mais aussi le ton de fond4 ,les peintres verriers des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles n'ont gure failli cette rgle lmentaire4 ,par une raison analogue1 les mouvements1 les gestes des personnages sont vivement accentus1 exagrs1 les formes des ornements trs-vigoureusement dessines4 ,la translucidit des tons tend amollir les contours2 les brouiller3 il fallait donc parer cet effet par un dessin trs-ferme1 exagr1 dtach2 il fallait augmenter souvent le trait vigoureux du plomb par un cern noir2 et1 afin d'viter la lourdeur1 laisser entre ce cern noir et le plomb un filet pur du ton local1 ainsi que nous l'avons vu pratiquer dans les exemples du ,x,i,ie sicle 7fig4 #e et #h74 ,le procd de dessin adopt au ,x,i,ie sicle1 tout empreint encore des traditions de l'cole grecque-byzantine1 procd qui convient d'ailleurs si bien la peinture sur verre1 ne pouvait se perptuer en ,france une poque o se dveloppaient les coles laques1 qui1 en peinture comme en sculpture1 penchaient vers le naturalisme4 ,les peintres verriers du ,x,i,ie sicle1 comme les grco-byzantins dans leurs peintures1 cherchaient toujours faire apparatre le nu en dpit des draperies qui le couvrent2 les vtements les plus amples paraissaient1 dans ces oeuvres1 colls sur les parties saillantes du corps1 et se dveloppaient en dehors de la forme humaine comme entrans par le vent4 ,on sent1 dans cette manire de traduire la nature1 une tradition antique1 un souvenir de l'importance que les ,grecs donnaient au nu dans leurs ouvrages d'art4 ,les ides chrtiennes ne permettaient plus la reproduction du nu2 on le recouvrait d'toffes1 mais de manire faire comprendre qu'on n'oubliait pas entirement ce qui avait fait la gloire de l'art grec antique4 ,les artistes verriers1 comme les sculpteurs du ,x,i,i,ie sicle1 tudiaient la nature telle qu'elle se prsentait leurs yeux1 et n'avaient pas de raisons pour conserver l'hiratisme si cher aux byzantins4 ,ds le commencement de ce sicle1 on reconnat1 dans les peintures sur verre1 l'influence de l'tude de la nature par la manire dont sont traites les draperies1 dans la physionomie des ttes1 l'expression vraie du geste4 ,ces modifications apportes dans l'art du verrier par l'cole laque ont une telle valeur1 que nous croyons ncessaire d'insister par des exemples4 ,la figure #c a fait voir un fragment d'un vitrail de la premire moiti du ,x,i,ie sicle tout empreint du faire grec-byzantin4 ,la figure #e montre dj un progrs accompli1 une tendance vers l'observation de la nature1 dans la manire dont les draperies sont traces4 ,or1 ce roi de ,juda reprsent figure #e ne peut avoir t peint avant #aade1 puisqu'il appartient la partie de la cathdrale de ,chartres qui date de #aadj4 ,voici maintenant 7fig4 #ad7 un panneau d'un vitrail de la cathdrale de ,bourges1 replac dans les verrires du ,x,i,i,ie sicle1 mais qui provient videmment de l'glise btie pendant la seconde moiti du ,x,i,ie sicle#cee4 ,le dessin de ce panneau1 qui reprsente les deux aptres ,pierre et ,paul1 affecte encore de soumettre les plis des draperies aux nus2 cependant il y a1 dans les poses1 les gestes et le faire des draperies1 une tendance s'affranchir de l'archasme grco-byzantin4 ,cette tendance vers l'tude de la nature1 en abandonnant les traditions grecques1 est marque d'une manire dfinitive dans les figures d'anges qui accompagnent la reprsentation de la sainte ,vierge du vitrail de la cathdrale de ,chartres1 dit ,notre-,dame de la belle verrire4 ,ce vitrail nous montre la figure de la ,vierge assise1 appartenant l'cole du ,x,i,ie sicle4 ,mais ce sujet a t entour de bordures et d'anges qui datent d'une restauration faite pendant les premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,les tentatives vers le naturalisme sont videntes dans ces restaurations ou adjonctions4 ,nous prenons1 de cette verrire1 un panneau 7fig4 #ae71 reprsentant un des anges qui tiennent des flambeaux aux pieds de la ,vierge toute empreinte du style archaque du ,x,i,ie sicle#cef4 ,les plis du vtement de cet ange ne sont plus traits suivant la tradition hiratique de l'cole byzantine2 il n'y a plus l'affectation faire apparatre le nu en dpit du mouvement naturel des draperies4 ,l'artiste d'ailleurs s'est efforc de laisser voir le fond1 afin de profiler nettement la silhouette de la figure4 ,les jambes1 les bras1 les ailes1 se dtachent autant que possible4 ,avec le style du dessin1 le mode d'excution change galement4 ,dans les vitraux du ,x,i,ie sicle1 les plus anciens1 les demi-teintes sont employes2 et cette partie essentielle du model des vitraux mrite un examen attentif1 d'autant qu'elle a t le sujet de discussions plus tendues que concluantes4 ,thophile#ceg indique clairement le procd employ pour poser les demi-teintes4 ,il dit3 ,lorsque vous aurez fait les ombres principales 7priores umbras7 sur les draperies de ce genre1 et qu'elles seront sches1 tout ce qui reste de verre sera couvert d'une teinte lgre1 non aussi dense que la seconde ombre1 non aussi claire que la troisime1 mais qui tienne le milieu entre deux4 ,cela sec1 avec la hampe du pinceau1 vous ferez1 de chaque ct des premires ombres poses1 des traits fins 7enlevs71 de sorte qu'il reste des linaments dlicats 7clairs7 entre les premires ombres et la seconde teinte4 ,thophile admet donc trois oprations pour faire le model3 une premire1 qui consiste tracer avec le pinceau les premires ombres ou plutt les ombres principales1 une seconde1 qui consiste passer une lgre demi-teinte comme un glacis2 puis une troisime1 qui consiste poser une demi-teinte lave assez intense ct de ces ombres1 en enlevant des clairs1 pour laisser entre cette demi-teinte et l'ombre des traits dlis1 aussi pour obtenir les grandes lumires4 ,voil le procd sommairement indiqu2 voyons1 en examinant les vitraux du ,x,i,ie sicle1 comment on obtenait ce rsultat4 ,sur ces vitraux1 on remarque en effet un premier travail d'ombres fait par hachures1 non absolument opaques1 trs-fines et transparentes leur naissance1 trs-pleines aux points o l'ombre prend de l'importance1 mais encore transparentes4 ,aprs ce premier travail1 le verre a d subir une premire cuisson1 ce que ne dit pas ,thophile1 mais ce qu'indiquent parfaitement les anciens verres4 ,cette premire ombre1 tant ainsi vitrifie1 ne pouvait se dlayer par l'apposition d'une deuxime teinte4 ,le peintre posait donc cette seconde teinte1 qui faisait la demi-teinte forte1 et il avait le soin de limiter son tendue1 de dessiner son contour1 en grattant le verre avec la hampe du pinceau1 notamment entre cette demi-teinte forte et l'ombre4 ,il n'avait pas craindre d'enlever celle-ci dj vitrifie1 ce qui facilitait l'excution de ce travail dlicat4 ,posait-il la demi-teinte la plus lgre avant celle plus intense8 ,cela est probable1 rien ne l'empchait de le faire2 mais ce qui est important1 et ce dont ,thophile ne dit mot1 c'est que1 par-dessus l'ombre principale cuite1 sombre1 mais transparente1 le peintre posait des traits opaques1 le pinceau tant charg d'une couleur paisse1 pour obtenir des renforts d'ombres sans aucune translucidit4 ,les verres taient de nouveau remis au four1 et les demi-teintes1 ainsi que les traits de force1 se vitrifiaient#ceh4 ,ceux-ci ont une saillie trs-sensible au toucher1 sont empts2 en un mot1 parfaitement nets1 sans bavures ni fusion avec la premire ombre4 ,c'est ainsi que sont models les beaux vitraux du ,x,i,ie sicle1 de ,notre-,dame de ,chartres1 de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 de la cathdrale de ,bourges 7anciens74 ,prenons 7fig4 #af7 un morceau d'un vitrail du ,x,i,ie sicle que nous reproduisons grandeur d'excution4 ,avec la couleur brune1 sombre1 mais encore translucide1 le peintre a trac les plis principaux de cette manche1 puis la pice a t mise au four4 ,cette premire prparation vitrifie1 il a pos les demi-teintes en enlevant les clairs avec un style1 et sur l'ombre vitrifie les traits opaques pais1 empts4 la partie infrieure du coude1 le peintre a pos une demi-teinte par hachures fondues par-dessus la premire ombre videmment vitrifie1 car autrement les linaments dlis de cette premire ombre auraient t dtremps et brouills par le liquide tenant la demi-teinte en suspension4 ,on voit que1 suivant l'indication de ,thophile1 des filets clairs ont t enlevs parfois entre la demi-teinte et l'ombre pour retrouver la localit du ton1 ainsi qu'il est dit ci-dessus4 ,la pose des demi-teintes sur les vitraux du ,x,i,ie sicle avait donc une grande importance2 elle exigeait deux cuissons et augmentait d'autant le prix de ces ouvrages4 ,aussi1 ds le commencement du ,x,i,i,ie sicle1 lorsque la dimension plus grande des fentres donna aux artistes verriers des surfaces normes couvrir1 on chercha des procds la fois plus rapides et moins dispendieux4 ,les verres ne sont cuits au four qu'une fois2 les demi-teintes se posent ct et sur les ombres1 et se fondent un peu avec elles1 parce que le pinceau1 si lgrement mani qu'il soit1 entrane des parcelles de cette ombre en posant cette demi-teinte4 ,on se sert toujours d'ailleurs du style ou de la hampe du pinceau pour nettoyer les bords des demi-teintes et pour obtenir des filets purs1 mais ils ne peuvent plus avoir la nettet de ceux qui sont tracs sur les verres du ,x,i,ie sicle4 ,c'est ainsi qu'est model l'ange de la belle verrire de ,chartres 7fig4 #ae74 ,le dtail ,a 7fig4 #af7 explique ce procd4 ,plus tard la demi-teinte est pose plat1 le trait d'ombre tant sec1 comme on ferait un lavis rapidement pass avec le pinceau peu charg de ton4 ,l'ombre se fond peine avec ce lavis lger4 ,ces moyens matriels se modifient encore vers la fin du ,x,i,ve sicle et pendant le ,x,ve1 comme nous le verrons tout l'heure4 ,il n'est pas besoin d'avoir vu beaucoup de peintures grco-byzantines1 soit dans des manuscrits1 soit dans des monuments de l',orient1 pour constater les rapports intimes qui existent entre les procds employs par les artistes grecs et ceux d',occident au ,x,i,ie sicle4 ,c'est le mme mode archaque de trac des plis1 c'est le mme faire4 ,on peut donc facilement constater la diffrence profonde qui spare ces procds de peinture de ceux adopts au commencement du ,x,i,i,ie sicle pour les vitraux4 ,le style du dessin subit de mme une transformation complte2 la tendance vers l'ide dramatique1 vers l'expression1 vers l'lude de la nature1 apparat dans l'art du verrier lorsque cet art est pratiqu par les coles laques4 ,le geste perd son allure archaque1 les ttes ne sont plus dessines suivant un type de convention1 les vtements sont ceux du temps et fidlement rendus2 l'excution est plus libre1 moins svre1 moins fine et serre1 elle vise l'effet4 ,elle dnote une exprience approfondie des moyens pratiques pour obtenir le rsultat le plus complet l'aide des moyens les plus simples4 ,la proccupation dramatique est surtout marque chez les artistes du commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,la cathdrale de ,bourges1 si riche en trs-beaux vitraux de cette poque1 est1 ce point de vue1 une mine inpuisable4 ,plusieurs de ces vitraux sont excuts avec perfection1 d'autres la hte1 videmment1 mais sur des cartons de matres habiles4 ,prenons un de ces panneaux 7fig4 #ag71 qui reprsente les enfants de ,jacob apportant les vtements ensanglants de ,joseph leur pre4 ,on retrouve bien ici quelques traces du faire byzantin2 les draperies accusent encore les nus sur quelques points4 ,mais le naturalisme occidental1 l'intention dramatique1 percent dans cette composition4 ,la figure de ,jacob notamment n'a plus rien d'archaque2 elle est tout entire inspire par un sentiment vrai1 l'observation de la nature prise sur le fait2 plus de rminiscences de l'antiquit4 ,si nous examinons les dtails de ces derniers vitraux1 nous serons plus vivement convaincus encore des changements que le ,x,i,i,ie sicle apportait dans l'art du verrier comme dans l'architecture mme4 ,la figure #ah est une tte de femme provenant d'une verrire du milieu du ,x,i,ie sicle#cei4 ,dans cet exemple1 on ne peut mconnatre l'influence antique transmise par la tradition byzantine4 ,la ressemblance entre cette image et certaines peintures des catacombes de ,rome est frappante4 ,ce sont des arts frres4 ,la figure #ai est le calque1 grandeur d'excution1 de la tte du saint ,paul du panneau 7fig4 #ad74 ,ces deux exemples montrent une excution cherche pour obtenir un effet en raison de la distance du spectateur et du rayonnement du verre pourpre clair bistr4 ,mais1 quand les verriers du ,x,i,ie sicle voulaient atteindre une plus grande perfection1 soit parce que les vitraux taient vus de prs1 soit parce que ces verriers tenaient employer toutes les ressources de leur art1 ils sont arrivs des rsultats qui1 jusqu' prsent1 n'ont pas t dpasss2 car1 sans abandonner les principes de la peinture sur verres colors et le style large du dessin qui convient ce genre de peinture1 ils ont obtenu des finesses de model qui rivalisent avec les oeuvres les plus dlicates4 ,m4 ,a4 ,grente1 dont les amateurs connaissent la collection choisie1 possde une tte provenant d'un vitrail du ,x,i,ie sicle1 qui est un vritable chef-d'oeuvre4 ,il a bien voulu nous la confier1 et nous en donnons ici 7fig4 #ai bis7 un calque fait avec le soin le plus scrupuleux4 ,on constate parfaitement dans cette pice le procd de la double cuisson4 ,le peintre a pos d'abord les demi-teintes les plus fortes1 comme un camaeu lger1 qui indiquait les masses du model2 on a pass la pice au four2 puis on est revenu avec de la peinture paisse1 empte1 pour former les traits principaux1 les ombres noires des cheveux1 de la barbe1 et des enlevures trs-fines ont t faites au style4 ,les plus dlicates parmi ces enlevures ont peine l'paisseur d'un cheveu4 ,on en voit sur les sourcils1 sur la barbe et mme sur le sommet de la tte4 ,il est certain que ces ombres paisses1 emptes1 trs-apprciables au toucher1 ont t poses aprs une premire cuisson2 car1 sur quelques points1 cet mail opaque s'est caill1 et dessous on aperoit la premire couche de demi-teinte qui adhre au verre4 ,les demi-teintes les plus lgres ont d tre poses de mme aprs la premire cuisson2 car1 passes sur la premire demi-teinte en quelques points1 elles n'ont pas dlay cette premire demi-teinte4 ,du reste1 avec les moyens de peinture actuellement en usage1 nous ne pouvons obtenir de pareils rsultats1 ces demi-teintes laves1 fondues1 dont le grain n'est pas apprciable1 mme la loupe2 nos grisailles d'oxyde de fer sont toujours un peu graveleuses1 si bien broyes qu'elles soient4 ,la grisaille pose sur cette tte 7#ai bis7 est transparente1 chaude1 ton de bistre1 et ne refroidit pas le ton local pourpre clair bistr du verre1 comme le ferait la grisaille du ,x,i,i,ie sicle1 ou celle qu'emploient nos verriers4 ,il n'est pas besoin1 pensons-nous1 de faire ressortir la grandeur de style de cette peinture1 qui1 une distance de #aj mtres1 conserve toute son nergie4 ,on ne voit plus trace1 dans cette tte1 des formes de convention de l'cole byzantine4 ,la bouche1 les yeux1 sont dessins par un matre avec une savante observation de la nature1 non plus avec les procds ou recettes que nous avait transmis l'cole grecque dgnre4 ,aussi regardons-nous cette oeuvre comme appartenant la fin du ,x,i,ie sicle1 l'poque o l'art tendait s'affranchir de l'hiratisme1 sans abandonner compltement les moyens d'excution si parfaits employs pendant la premire moiti de ce sicle4 ,dans cette image1 comme dans celle du saint ,paul1 l'artiste cherche l'expression personnelle1 il s'affranchit 7surtout dans la dernire1 figure #ai bis7 des types consacrs par les ,byzantins4 ,cependant1 entre cette image et celle que nous donnons 7fig4 #bj71 qui est calque sur la tte du ,jacob du panneau fig4 #ag1 il y a toute une rvolution dans l'art4 ,ici l'expression atteint l'exagration4 ,ce dessin est videmment conu de manire produire l'effet cherch en raison de la distance et de la lumire translucide#cfj4 ,ce trait hardi1 puissant1 trangement vrai dans son exagration1 n'a plus rien de l'art byzantin1 et rappellerait bien plutt certaines peintures de vases grecs de la haute antiquit4 ,c'est l le moment de l'apoge de la peinture sur verre1 le point de contact entre les derniers vestiges des arts inspirs par les ,byzantins1 et les tendances vers le naturalisme4 ,dj 7fig4 #ba7 cette tte calque sur un vitrail de la sainte ,chapelle1 de ,paris 7#abdj environ7 indique l'abandon du vrai style dcoratif1 et celle-ci 7fig4 #bb71 provenant du vitrail de la lgende de saint ,thomas de la cathdrale de ,tours 7#abej environ7#cfa1 incline visiblement vers le dramatique4 ,il est vident que pendant cette priode comprise entre #aaij et #abej1 les artistes abandonnent les types admis1 et bientt les procds dcoratifs inhrents la peinture sur verre4 ,ils procdent toujours par traits1 la sertissure en plomb accusant le dessin des contours1 mais la touche remplace le model large qui seul donne de la solidit ces images translucides4 ,parfois mme1 comme dans l'exemple fig4 #bb1 lorsque les vitraux taient excuts trs-rapidement1 la demi-teinte fait dfaut4 ,pour mieux faire saisir la diffrence d'excution entre les vitraux du milieu du ,x,i,i,ie sicle et ceux du ,x,i,ie1 nous donnons 7fig4 #bb bis1 en ,a7 une tte copie aux deux cinquimes de la grandeur1 sur un fragment de #aahj environ1 qui se trouve compris dans la rose septentrionale de la cathdrale de ,paris1 et qui appartenait trs-probablement aux verrires de l'ancien transsept commenc sous l'piscopat de ,maurice de ,sully4 ,comme l'exemple figure #bb1 cette tte dpendait d'une verrire place une grande hauteur1 destine par consquent tre vue de loin et se dtachant en plein sur le ciel4 ,on voit comme les procds employs par les peintres diffrent dans ces deux exemples4 ,de prs1 la tte ,a 7fig4 #bb bis7 est d'une brutalit d'excution qui dpasse tout ce qu'on pourrait oser en ce genre4 ,cependant cette tte1 vue une distance de #aj mtres1 se traduit par l'apparence ,b4 ,le verre employ est un pourpre clair bistr4 ,ce ton1 dont le rayonnement est faible1 produit1 avec les ombres opaques qui y sont apposes1 un effet singulier que nous laissons expliquer aux savants comptents4 ,ces ombres1 distance1 se fondent en gagnant sur les clairs minces et en perdant dans le voisinage des clairs larges4 ,on peut se rendre compte de ce fait en dcalquant la tte #bb bis sur l'original1 et en reportant ce dcalque1 ainsi que ,m4 ,grente a bien voulu le faire pour faciliter cette tude1 sur un verre de la nuance indique ci-dessus2 on apposera ce fragment contre une vitre1 en ayant soin qu'il se dtache sur la partie moyenne du ciel4 #d ou #e mtres de distance1 dj les plombs ont disparu et se sont fondus avec les ombres2 les ombres du ct de fuite du masque ont influ sur la demi-teinte1 la bouche est dj modifie4 #aj mtres de distance1 l'apparence est exactement celle que donne l'image ,b4 ,ainsi le plomb qui dessine l'os maxillaire1 compris entre les deux grands clairs de la joue et du cou1 est rduit un trait lger1 tandis qu'il prend une grande largeur sous le menton1 l o les clairs voisins ont peu d'tendue4 ,de mme le plomb qui spare les cheveux du front gagne sur celui-ci et se change en une ombre porte1 ce clair du front tant troit4 ,une partie du clair des paupires se fond dans l'ombre des sourcils1 de mme que l'extrmit claire fuyante de la lvre infrieure1 tout entoure d'ombres1 se fond entirement dans cette ombre4 ,les demi-teintes aident produire ces illusions1 car si on les fait disparatre et qu'on se borne aux ombres opaques1 l'effet n'est plus le mme2 tous les clairs rongent les ombres1 qui se rduisent simplement d'paisseur et ne se fondent plus4 ,il faut ncessairement que dans le voisinage de l'ombre1 le verre soit moins translucide1 par l'apposition d'une demi-teinte1 afin que la lumire rayonne avec moins de vivacit1 ou que son rayonnement claircisse les ombres sans leur rien faire perdre de leur largeur4 ,nous ne savons si les tudes rcemment faites sur la lumire peuvent donner sur ces phnomnes des explications scientifiques1 mais les expriences sont pour nous des dmonstrations auxquelles chacun peut recourir4 ,il est certain que ces artistes tant ddaigns avaient acquis une longue pratique de ces proprits lumineuses des verres colors1 et que sous ce rapport1 comme sous quelques autres1 ils pourraient en remontrer ceux qui1 aujourd'hui1 semblent faire si peu de cas de leurs oeuvres4 ,voil en quoi consiste ces secrets perdus de la peinture sur verre2 perdus parce qu'on ne prend pas la peine d'analyser les moyens et procds employs par les anciens matres4 ,c'est surtout dans les peintures sur verre reprsentant des personnages d'une grande dimension qu'apparat d'une manire vidente la science d'observation des peintres verriers4 ,il ne nous reste pas1 malheureusement1 de figures du ,x,i,ie sicle une chelle au-dessus de la taille humaine2 mais1 du ,x,i,i,ie sicle1 on en possde un grand nombre dans les verrires de ,bourges1 de ,chartres1 d',auxerre1 de ,reims1 et ces figures sont traites avec cette connaissance approfondie des effets de la lumire sur des surfaces translucides colores4 ,souvent dans ces personnages de dimension colossale1 pour les nus comme pour les draperies1 les demi-teintes n'existent pas4 ,la grisaille est presque opaque1 et n'acquiert un peu de transparence que vers les bords des touches d'ombre4 ,on peut citer parmi les plus anciennes figures d'une grande dimension1 un certain nombre de fragments du choeur de l'glise abbatiale de ,saint-,rmi de ,reims4 ,beaucoup de ces vitraux datent de l'poque de la construction du choeur1 c'est--dire de la fin du ,x,i,ie sicle ou des premires annes du ,x,i,i,ie4 ,ces verrires1 qui1 plusieurs reprises1 ont t fort maladroitement remises en plomb avec des interpositions de panneaux1 furent excutes videmment par des matres d'un talent consomm4 ,plusieurs fragments sont d'un beau caractre et conus avec une adresse rare pour produire distance un effet compltement satisfaisant4 ,nous avons eu entre les mains une de ces ttes1 qui tait dpose avec d'autres panneaux dans les greniers du presbytre1 et nous en donnons la copie 7fig4 #bb ter1 ,a71 au cinquime de l'excution4 ,le masque est compos de huit morceaux pris dans un verre pourpre chaud4 ,les yeux sont coups dans du vert blanc verdtre2 les cheveux1 dans un verre pourpre violac4 ,la couronne est jaune1 avec pierres bleues et rouges4 ,elle est compltement couverte d'une teinte de grisaille1 et les clairs sont enlevs au style1 conformment au procd du ,x,i,ie sicle4 la distance de #bj mtres1 cette tte1 d'une excution si brutale1 prend un tout autre caractre4 ,ce sont les traits d'un jeune homme la barbe naissante4 ,nous prsentons cette apparence1 figure #bb ter1 ,b4 ,le plomb qui1 du coin de l'oeil droit1 rejoint l'aile du nez1 disparat entirement en passant sur les grandes lumires1 et ne fournit qu'une lgre demi-teinte ses points de contact avec les ombres4 ,la touche violente du nez du ct du clair passe l'tat de demi-teinte se perdant vers l'extrmit infrieure4 ,le sourcil de l'oeil droit s'adoucit grce au filet clair qui passe dans l'ombre4 ,la bouche se modle avec une douceur toute juvnile1 ainsi que le menton4 ,quant la couronne1 elle semble1 grce ces enlevures dlies1 un joyau model avec la plus exquise dlicatesse4 ,les grands personnages reprsents sur les verrires du ,x,i,i,ie sicle1 comme ceux de ,notre-,dame de ,chartres1 prsentent souvent ces phnomnes1 bien qu'ils soient gnralement d'une excution trs-infrieure celle de l'exemple que nous venons de donner3 cependant le principe est le mme4 ,le sentiment dcoratif ne fait jamais dfaut1 jusque vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle2 quant la composition du dessin1 au geste1 les artistes inclinent vers la donne dramatique4 ,cette tendance nouvelle alors est bien sensible dans les compositions des vitraux de la sainte ,chapelle de ,paris1 de ,notre-,dame de ,chartres1 des cathdrales de ,tours et de ,bourges1 qui datent de la fin de la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,voici 7fig4 #bc7 un panneau tir d'une des verrires de cette cathdrale de ,bourges1 et qui reprsente le martyre de saint tienne4 ,il est difficile1 dans un petit espace1 de mieux exprimer1 par la composition1 la scne de la lapidation du saint4 ,les gestes sont exprims avec une vrit absolue4 ,les personnages1 cependant1 conformment notre prcdente observation1 se dtachent autant que possible sur le fond1 tout en formant groupe4 ,le dessinateur ne s'est pas astreint d'ailleurs rester dans les limites du cadre1 il les franchit2 ce qui contribue encore donner plus de vivacit la scne4 ,plus rien d'archaque dans les plis2 leur dessin est fidlement interprt d'aprs la nature4 ,les vtements sont ceux du temps1 et abandonnent les traditions byzantines encore si marques dans les draperies des personnages sculpts et peints vers la fin du ,x,i,ie sicle4 ,ces qualits nouvelles sont surtout apprciables dans les vitraux de notre cole de l'le-de-,france1 toujours contenue1 mme dans les oeuvres les plus ordinaires4 ,les vitraux de la sainte ,chapelle de ,paris1 si remarquables comme effet d'ensemble1 ont d tre excuts avec une grande rapidit2 y dcouvre-t-on aussi bien des ngligences3 verres mal cuits1 sujets tronqus1 excution souvent abandonne des mains peu exerces4 ,cependant on peut reconnatre partout la conception d'un matre dans la composition des cartons4 ,les scnes sont clairement crites1 les personnages adroitement groups2 le dessin est parfois pur et le geste toujours vrai4 ,ce guerrier assis 7fig4 #bd7 en fournit la preuve1 bien que l'excution des dtails soit insuffisante4 ,il faut avoir eu entre les mains un grand nombre de vitraux1 les avoir analyss1 pour ainsi dire1 pice par pice1 pour se rendre un compte exact des procds de cet art4 ,la lumire translucide dvore si facilement les parties opaques1 comme les fers1 les plombs1 et les traits chargs1 que le peintre doit tenir grand compte de ce phnomne4 ,or1 ce n'est pas en largissant les ombres outre mesure qu'il peut combattre cette influence de la lumire1 car alors il n'arrive qu' faire des taches obscures qui dtruisent la forme1 au lieu de l'accuser#cfb4 ,cependant1 malgr cette l'acuit dvorante de la lumire1 le moindre trait faux1 ct de la forme1 choque plus les yeux qu'il ne le ferait sur une peinture opaque4 ,ce qui dmontre que si dlicats qu'ils soient1 les traits1 dans la peinture sur verre1 ont leur valeur4 ,s'ils sont leur place1 peine les aperoit-on2 s'ils sont poss contrairement la forme1 ils tourmentent l'oeil4 ,souvent les vitraux du ,x,i,i,ie sicle1 excuts avec prcipitation et ngligence1 laissent voir un travail insuffisant ou grossier1 mais jamais ce travail n'est inintelligent2 chaque trait porte coup1 accuse la forme1 et cela avec les procds qui sont inhrents ce genre de peinture4 ,ce n'est pas sans motifs que les peintres donnent1 par exemple1 aux extrmits des membres1 une maigreur exagre2 la lumire se charge de parer ce dfaut1 qui est apparent lorsqu'on tient le morceau de verre prs de l'oeil1 mais qui disparat si ce morceau est sa place4 ,exemple3 voici une main 7fig4 #be1 en ,a7 calque sur un panneau du ,x,i,i,ie sicle4 ,la main dessine sur la nature donnerait le trait ,b4 ,si le peintre s'tait content de la tracer ainsi sur le verre avec le model1 distance ce dessin1 admettant qu'il ft parfait1 ne prsenterait qu'une masse confuse1 molle1 sans forme2 toute la dlicatesse mise dans le trait et le model serait peine perdue4 ,en accentuant la forme1 en amaigrissant la lumire1 en exagrant certains dtails1 l'artiste du ,x,i,i,ie sicle obtenait l'effet voulu distance1 le geste et la silhouette taient compris4 ,encore cet exemple1 que nous avons choisi exprs1 est-il de ceux qui se rapprochent le plus de la forme relle4 ,mais en voici un autre 7fig4 #bf7 qui est bien mieux dans la donne de la peinture translucide4 ,la courbure exagre de l'index1 la grosseur de l'extrmit du pouce1 sont observes pour accuser le geste et pour contraindre la lumire faciliter la comprhension de la forme4 ,c'est grce l'emploi de ces procds que les sujets de nos vitraux lgendaires du ,x,i,i,ie sicle1 gnralement d'une trs-petite dimension1 sont si visibles1 que les scnes se peuvent lire1 et que les personnages qui les composent semblent prendre vie1 qu'ils sont en action4 ,il nous est arriv frquemment de toucher du doigt des panneaux qui1 distance1 produisent un excellent effet1 et d'tre surpris des moyens employs par les artistes verriers pour obtenir cet effet1 des exagrations1 des tricheries qu'ils se sont permises4 ,les figures qui paraissent les plus parfaites sont1 vues de prs1 d'une tranget singulire1 au point de vue du dessin rigoureux4 ,des parties de ces figures sont d'une maigreur hors de toute proportion1 d'autres sont dessines avec exagration2 des gestes sont forcs jusqu' l'impossibilit1 des traits accuss jusqu' la charge4 ,le panneau de ,bourges que nous donnons fig4 #ag et #bj1 et dont l'aspect est excellent distance1 prsente de prs tous les moyens d'excution forcs que nous signalons4 ,la tte1 figure #bj1 est1 sous ce rapport1 une des oeuvres les plus intressantes tudier4 ,il fallait une longue pratique de ces effets de la lumire et de la distance pour en arriver cette exagration de la forme1 ces hardiesses justifies par l'effet obtenu4 ,il est clair que plus les sujets sont compliqus et les scnes vives1 plus les artistes ont du recourir ces procds qui consistent jouer avec la lumire pour obtenir un effet voulu2 car dans les figures d'une composition simple ils sont rests bien plus prs de la ralit4 ,le personnage que nous donnons ici 7fig4 #bg7 est dans ce dernier cas#cfc4 ,la peinture sur verre est le trac ,a1 l'apparence distance est le trac ,b4 ,les plombs se fondent dans la lumire2 la duret des traits disparat et compose un model doux et clair4 ,cependant les demi-teintes comme les ombres sont poses plat1 sans tre fondues2 mais le voisinage des parties laisses pures de tout travail1 le voisinage des lumires1 influent sur ces teintes et en dvorent les bords1 si bien qu' distance1 on supposerait un model trs-dlicat1 une succession de nuances entre l'ombre et le clair1 qui1 de fait1 n'existe pas4 ,si1 au contraire1 ce model tait fondu2 si1 au lieu de se composer de touches d'ombres d'une mme valeur et d'une trs-petite quantit de demi-teintes gales d'intensit1 le peintre avait suivi toutes les transitions que la nature donne entre l'ombre et la lumire1 cette figure1 distance1 ne prsenterait qu'une masse confuse1 ou plutt des formes mousses1 molles1 rondes1 sans accent4 ,or1 ce dfaut choque dans les vitraux qui1 beaucoup plus tard1 furent traits comme on traite la peinture opaque4 ,les traditions du ,x,i,ie sicle persistrent dans certaines provinces jusque vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,si1 dans l'le-de-,france et en ,champagne1 l'art du verrier penche vers l'tude plus attentive de la nature1 en ,bourgogne1 par exemple1 on retrouve encore1 au milieu du ,x,i,i,ie sicle1 des traces de ce dessin et de ce model grco-byzantin4 ,les vitraux de ,notre-,dame de ,dijon1 ceux de ,notre-,dame de ,semur1 qui datent de #abdj #abej1 qui1 par consquent1 sont contemporains de ceux de la sainte ,chapelle de ,paris1 ont un caractre archaque perdu dj dans les provinces franaises4 ,ce saint ,pierre 7fig4 #bh7 tir d'un vitrail de la chapelle de la ,vierge de ,notre-,dame de ,semur 7,cte-d',or7 nous fournit un exemple de la continuation peu altre des procds de dessin du ,x,i,ie sicle4 ,d'ailleurs ces vitraux sont excuts avec un soin minutieux4 ,les artistes redoutent les grandes surfaces des lumires2 ils multiplient le travail des plis des draperies1 les traits1 pour attnuer l'effet de la coloration translucide2 il en rsulte une harmonie un peu sourde1 mais d'une valeur soutenue4 ,les verres choisis par cette cole sont particulirement beaux et pais1 d'une coloration veloute4 ,malheureusement il ne reste pas un grand nombre de ces vitraux bourguignons du ,x,i,i,ie sicle1 car les verrires de la cathdrale d',auxerre n'appartiennent pas franchement cette cole1 et se rapprochent plutt de la facture champenoise4 ,disons aussi que dans les vitraux d'un mme difice et d'une mme poque1 on observe le travail de mains trs-diffrentes4 ,des artistes vieux et des jeunes travaillaient en mme temps1 et si les jeunes introduisaient dans ces ouvrages une excution avance1 nouvelle1 les peintres appartenant aux coles du pass continuaient employer leurs procds4 ,c'est ainsi1 par exemple1 qu' la sainte ,chapelle de ,paris1 on signale des panneaux qui ont encore conserv des traces de la facture du commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,peut-tre au ,x,i,ie sicle fabriquait-on des vitraux de pacotille d'une excution htive et nglige4 ,de ces sortes de vitraux il ne reste pas trace4 ,il est vrai que les verrires de cette poque qui sont conserves furent replaces au ,x,i,i,ie sicle ou laisses en place exceptionnellement#cfd1 ce qui ferait supposer que cette conservation est due leur perfection1 tandis que les oeuvres d'un ordre infrieur auraient t remplaces4 ,toujours est-il que nous ne connaissons du ,x,i,ie sicle que des vitraux d'une beaut incomparable1 soit comme choix de verre1 soit comme composition ou excution des sujets d'ornements1 soit comme mise en plomb2 on n'en peut dire autant des vitraux fabriqus pendant le ,x,i,i,ie sicle1 et surtout de ceux qui appartiennent la seconde moiti de ce sicle4 ,leur harmonie n'est pas toujours heureuse1 leur composition est souvent nglige et l'excution dfectueuse2 les verres peints sont irrgulirement cuits et grossirement mis en plomb4 ,ces ngligences s'expliquent1 si l'on a gard la quantit prodigieuse des vitraux demands alors aux peintres verriers4 ,il ne faut pas croire d'ailleurs que ce procd dcoratif ft obtenu bas prix1 les vitraux devaient coter fort cher4 ,telle corporation runissait des ressources pour fournir une verrire#cfe1 et gnralement ces verrires donnes par un corps de mtier sont les plus belles comme excution parmi celles qui dcorent les fentres de nos grandes cathdrales4 ,un prince donnait une verrire1 ou un chanoine1 ou un abb4 ,c'taient donc l des objets de prix4 ,la valeur de la matire premire tait considrable1 et l'on attachait beaucoup d'importance1 non sans raison1 la bonne qualit et la beaut des verres4 ,la mise en plomb devait naturellement atteindre des prix levs4 ,les plombs taient obtenus1 non la filire1 comme on les obtient aujourd'hui1 mais au rabot1 ce qui exigeait beaucoup de temps et de soin4 ,or1 quand on suppute la quantit de mtres linaires de plombs qui entrent dans un panneau de vitrail lgendaire1 par exemple1 on reconnat qu'il y a l1 comme matire et main-d'oeuvre1 une valeur assez considrable4 ,aujourd'hui1 la mise en plomb d'un mtre superficiel de vitraux lgendaires bien faits1 avec des verres pais1 cote environ #ej francs4 ,les verres tant1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 beaucoup moins gaux que les ntres1 ce prix1 eu gard la valeur de l'argent1 ne pouvait tre au-dessous de cette somme4 ,ainsi que nous l'avons dit1 cette ingalit d'paisseur des verres1 qui rend la mise en plomb si difficile1 est une des conditions d'harmonie et de vivacit des tons4 ,quand les verres sont plans et gaux comme paisseur1 la lumire les frappe tous1 sur une verrire1 suivant un mme angle1 d'o rsulte une rfraction uniforme2 mais quand1 au contraire1 ces verres sont bossus et ingaux comme paisseur1 ils prsentent1 extrieurement la lumire1 des surfaces qui ne sont pas toutes sur un mme plan vertical2 d'o rsulte une rfraction varie qui ajoute singulirement l'clat relatif des tons1 et qui contribue l'harmonie4 ,c'est ainsi que la perfection des produits est souvent en raison inverse de la qualit de l'effet1 en matire d'art4 ,pour sertir ces verres ingaux d'paisseur et bossus1 les verriers des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles employaient des plombs peu larges1 mais ayant beaucoup de champ 7fig4 #bi71 pousss au rabot sur lingots4 ,les ailes de ces plombs1 paisses1 permettaient l'ouvrier metteur en plomb de les rabattre sur les ingalits du verre1 de manire maintenir parfaitement leurs bords1 comme on fait de la bte qui sertit un chaton4 ,la section de ces plombs1 quelquefois trs-fins1 donne ou des plans droits1 ou des surfaces externes convexes 7voy4 en ,b74 ,leur champ1 prononc relativement l'paisseur1 permettait de les contourner facilement pour suivre toutes les sinuosits des pices de verre4 ,ils taient runis par des points de soudure4 ,les plombs que nous possdons encore1 datant du ,x,i,ie sicle1 sont trs-troits2 ils deviennent gnralement plus larges aux ,x,i,i,ie sicle1 surtout dans les verrires grands sujets1 et1 entre eux et le verre1 on constate souvent la prsence d'un corps gras rsineux1 qui tait destin calfeutrer les interstices4 ,si les artistes de la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle ont excut parfois des verrires avec ngligence1 il faut reconnatre cependant qu'ils en ont produit une grande quantit dont l'aspect1 au point de vue de l'harmonie des tons1 du dessin et de l'excution1 ne laisse rien dsirer4 ,parmi ces dernires1 nous citerons les panneaux de fentres de la galerie du choeur de l'glise de ,saint-,urbain de ,troyes 7#abie environ74 ,trois de ces panneaux placs du ct du nord sont excuts avec une rare perfection4 ,ils se dtachent sur une grisaille2 leurs fonds rouge1 vert et bleu sont damasquins de dessins d'une dlicatesse extrme1 enlevs sur une teinte pose en dehors du vitrail1 et non du ct de la peinture1 ce qui donne un flou particulier ces dessins4 ,les trois sujets reprsents sont3 l'entre de ,jsus ,jrusalem1 le lavement des pieds1 et ,jsus discutant dans la synagogue4 ,voici 7fig4 #cj7 une copie de ce dernier sujet4 ,ce panneau n'a que #jm1#ee de largeur2 les figures sont modeles avec des demi-teintes en partie poses en dehors et les traits peints l'intrieur1 suivant l'usage4 ,les ttes cherchent l'expression individuelle et dramatique1 mais manquent de la grandeur et du style que l'on trouve dans les vitraux antrieurs cette poque2 les draperies sont videmment tudies sur la nature et ne laissent plus apercevoir trace de la recherche du nu encore apparente au milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,la figure #ca reproduit la tte du ,christ grandeur d'excution3 on croirait difficilement qu'un sicle peine spare cette peinture de celle donne figure #bj4 ,il est vrai de dire que ces trois panneaux de l'glise de ,saint-,urbain sont exceptionnels1 que ce sont des miniatures sur verre4 ,ils n'en constatent pas moins le degr d'avancement de l'art du verrier1 l'abandon complet de traditions du ,x,i,ie sicle1 les tendances de la nouvelle cole vers le naturalisme et mme le manir4 ,jusqu'alors il tait peu ordinaire que les panneaux colors fussent entours par des fonds en grisaille4 ,m4 ,steinhel1 dont les connaissances en peinture sur verre sont connues1 signale cependant des panneaux colors de la fin du ,x,i,ie sicle se dtachant sur des ornements galement colors1 mais sur fond blanc4 ,ces vitraux appartiennent la cathdrale de ,chlons1 qui1 bien que datant en presque totalit du ,x,i,i,ie sicle1 conserve d'assez nombreux fragments de vitraux du ,x,i,ie sicle1 entre autres de fort belles bordures4 ,nous reproduisons ici le dessin de ces ornements sur fond blanc qui entourent des panneaux sujets lgendaires sur fond bleu4 ,l'ensemble de la verrire donne les compartiments prsents en ,a 7fig4 #cb74 ,les sujets sont rpartis dans les quarts du cercle ,c4 ,en ,b1 est trac un dtail des coinons d4 ,nous avons indiqu par des lettres1 conformment la mthode prcdemment donne1 les tons des verres dans ce dtail3 c'est--dire que les lettres b1 r et j indiquent le bleu1 le rouge et le jaune2 les lettres a1 e1 i1 o1 u1 le blanc1 le pourpre fonc1 le pourpre clair1 le vert d'meraude et le vert bleu turquoise2 le jaune du cercle est paille celui j de l'ornement est plus chaud4 ,l'harmonie est svre1 nacre1 et fait ressortir puissamment les mdaillons sujets4 ,ce fait rare aujourd'hui1--les vitraux du ,x,i,ie sicle tant peu communs1--devait1 pensons-nous1 se prsenter assez frquemment cette poque1 la tendance des peintres verriers du ,x,i,ie sicle tant de trouver les harmonies claires et limpides d'aspect4 ,il existe la cathdrale d',augsbourg des vitraux dont les grandes figures1 qui paraissent dater de la fin du ,x,i,ie sicle1 se dtachent sur des fonds blancs damasquins de grisailles4 ,les vitraux lgendaires ou grandes figures du ,x,i,i,ie sicle sont au contraire d'une tonalit puissante1 et les artistes de cette poque ne pensaient pas que cette coloration monte pt s'allier la clart des grisailles4 ,cependant1 si tendues que fussent les surfaces vitres dans les monuments1 leur coloration rendait les intrieurs des vaisseaux trs-sombres4 ,ds la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle1 on songea donc donner plus de lumire dans l'intrieur des difices en composant des verrires partie en grisailles1 partie en panneaux colors4 ,on conoit sans peine que cette innovation dut changer compltement les conditions d'harmonie4 ,les surfaces blanc nacr des parties en grisailles devaient faire paratre lourdes et obscures les surfaces colores-voisines4 ,on introduisit donc dans ces dernires de grandes parties claires1 des bleus limpides et verdtres1 des jaunes1 des rouges et pourpres trs-clairs1 des blancs verdtres ou ross4 ,d'ailleurs les panneaux lgendaires ou les grandes figures isoles taient toujours entours d'un fond bleu1 le plus souvent avec filets d'encadrement4 ,outre la plus grande masse de lumire1 on obtenait ainsi une conomie notable sur la vitrerie des grands difices1 car les grisailles1 mme les plus charges1 ne cotent pas la moiti du prix de revient des vitraux colors4 ,dans les fentres hautes de la cathdrale d',auxerre1 qui datent de la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle1 on avait dj tent l'emploi de ce moyen2 mais l les grisailles sont d'un dessin trs-large et ferme qui combat la trop grande lucidit de ces surfaces claires1 incolores1 opposes1 dans une mme fentre1 des surfaces colores4 ,la grisaille n'occupe qu'une faible partie du vitrail1 et compose comme une marge entre le sujet principal et la bordure toujours colore4 ,voici un exemple tir des hautes fentres du choeur de cette cathdrale 7fig4 #cc7cff4 ,le fond de la figure et du dais qui la surmonte est bleu2 les tons du dais sont3 le blanc1 le jaune1 le vert ple avec touches rouges dans les deux petites baies latrales4 ,cette harmonie trs-claire sert de liaison entre les deux bandes ,b de la grisaille4 ,il en tait de mme du socle1 dtruit aujourd'hui et remplac par un panneau du ,x,v,ie sicle2 le personnage porte une robe vert d'meraude1 un manteau pourpre clair1 un bonnet vert1 un phylactre blanc4 ,la bordure est compose de feuilles vert bleutre et jaunes sur fond rouge4 ,la lumire donne par ces sortes de verrires est d'autant plus brillante1 qu'elles se dtachent sur la partie suprieure du ciel4 ,pour combattre l'effet dvorant de cette lumire dans les bandes en grisailles1 celles-ci sont peintes en traits pais avec treilliss trs-fourni entre les ornements1 si bien que1 prs de l'oeil1 la surface des lumires est moins importante que celle occupe par la grisaille opaque4 ,dans le mme fenestrage du choeur de la cathdrale d',auxerre1 des grisailles occupant la mme place sont mles de touches et de filets en couleur4 ,l'effet est moins franc1 moins comprhensible4 ,c'est cependant ce dernier parti que les peintres verriers de la fin du ,x,i,i,ie sicle s'attachrent dans la composition de beaucoup de fentres grands sujets ou personnages4 ,les charmants panneaux des fentres de la galerie du choeur de l'glise de ,saint-,urbain de ,troyes1 dont nous avons donn un chantillon 7fig4 #cj71 sont compris entre des compartiments de grisailles avec filets colors4 ,les fentres hautes du choeur de cette mme glise prsentent une srie de grandes figures de prophtes surmontes de dais1 se dtachant sur un fond bleu et comprises entre des panneaux de grisailles avec filets colors 7voyez fig4 #cd74 ,les vtements de ces grandes figures sont gnralement clairs et vifs4 ,les bordures sont larges et solides de ton4 ,celle de la verrire que nous donnons ici se compose des armes de ,france2 c'est--dire d'un fond bleu charg de fleurs de lis d'or 7jaunes7 sans nombre1 et d'un cu de gueules la croix d'argent 7blanche7 et de quatre clefs de mme dans les quatre cantons1 les pannetons opposs4 ,contrairement au parti adopt ,auxerre quarante ans auparavant environ1 la grisaille de ,saint-,urbain est fine1 claire1 peu charge1 de manire laisser briller les filets et les touches de couleur4 ,ce parti a t adopt dans beaucoup de monuments de la fin du ,x,i,i,ie sicle et du commencement du ,x,i,ve1 notamment ,saint-,ouen de ,rouen1 dans les cathdrales de ,narbonne1 d',amiens#cfg1 de ,cologne1 etc4 ,quelquefois les dais d'architecture prenaient une grande importance et se composaient de tons clairs1 blancs1 jaunes1 vert d'eau1 avec des taches rouges et bleues4 ,pendant le ,x,i,i,ie sicle1 ces dais1 bien que tenus toujours dans des tons clairs1 sont simples comme dessin1 assez peu importants comme dimension4 ,ils prennent plus de place la fin du ,x,i,i,ie sicle1 et occupent souvent pendant le ,x,i,ve autant de surface que les figures qu'ils couvrent4 ,ils se chargent de dtails d'architecture1 tels que clochetons1 gbles1 roses1 fentres meneaux1 crochets et fleurons4 ,jusqu'alors les formes d'architecture reprsentes dans les vitraux sont traduites d'une manire toute de convention2 mais vers le commencement du ,x,i,ve sicle1 les artistes verriers affectent de rechercher l'imitation plus relle de ces formes4 ,on peut citer1 comme un premier exemple de ces tentatives1 des verrires des chapelles de la cathdrale de ,beauvais qui datent de #acaj environ4 ,la figure #ce1 au quart de l'excution1 donne une partie des dcorations architectoniques qui accompagnent les sujets de ces verrires et qui sont d'une extrme finesse4 ,les tons de cette architecture sont blancs et jaunes avec quelques touches rouges1 sur un fond bleu4 ,l'clat non rayonnant du jaune acquiert la nettet et la dlicatesse de lumires mtalliques travers ces larges redessins noirs1 ce qui produit un effet saisissant#cfh4 ,mais cette recherche1 ce dessin maigre et dcoup1 font regretter les fonds richement colors1 les bordures larges1 les ornements si grassement composs qui donnent aux vitraux des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles cette harmonie veloute et profonde qui n'a son gale nulle part4 ,les bordures du ,x,i,ve sicle sont gnralement troites et composes de dessins trop petits d'chelle4 ,les meneaux qui alors divisaient les fentres en compartiments verticaux d'une largeur de deux pieds deux pieds et demi 7#jm1#fe #jm1#ge7 obligeaient les verriers rduire les bordures et diminuer les figures isoles4 ,les pages donnes ces artistes n'avaient plus l'ampleur que nous leur voyons prendre pendant le ,x,i,ie sicle et jusque vers #abcj4 ,les armatures de fer ne se composaient plus que de barlotires1 c'est--dire de barres horizontales1 et les panneaux comprenaient la composition centrale et la bordure4 ,l'exemple fig4 #cd est dj pour cette poque une exception2 mais1 ,saint-,urbain de ,troyes1 les vides prennent une surface norme2 il est rare que les traves de vitraux entre meneaux aient cette largeur dater de la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,les vitraux lgendaires du ,x,i,ve sicle sont beaucoup moins communs que ceux du ,x,i,i,ie4 ,cet art dclinait alors visiblement2 les principes de la peinture translucide que nous avons exposs1 et qui avaient dirig les artistes pendant deux sicles1 se perdaient comme se perdaient les principes de la sculpture monumentale4 ,deux causes contribuaient cet affaissement de l'art du verrier3 la recherche du rel1 de l'effet dramatique1 et les ressources moins abondantes1 au milieu d'une socit chez laquelle se dveloppait chaque jour davantage la vie civile4 ,les corporations1 proccupes de leurs intrts matriels1 ne donnaient plus ces belles verrires qui avaient dcor les cathdrales et les glises paroissiales pendant la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle2 les vques et les chapitres avaient1 grand'peine terminer leurs cathdrales restes inacheves et ne pouvaient consacrer des sommes importantes l'excution de ces peintures merveilleuses4 ,la fodalit laque tait dj fort appauvrie et ne songeait qu' se fortifier dans ses chteaux4 ,puis1 dans l'architecture religieuse alors en honneur1 on avait tellement dvelopp les surfaces des fentres1 qu'il devenait impossible1 moins de dpenses exagres1 de garnir ces vides de vitraux sujets4 ,aussi est-ce une fortune rare de trouver une glise du ,x,i,ve sicle qui soit entirement garnie de ses vitraux4 ,nous n'en connaissons qu'une en ,france qui prsente un spcimen complet1 ou bien peu prs1 d'une suite de verrires faites d'un jet de #acbj #accj3 c'est l'glise de ,saint-,nazaire1 ancienne cathdrale de ,carcassonne 7voyez ,,cath,,drale1 fig4 #di1 et ,,construction1 fig1 #aji et #aaa74 ,le choeur et le transsept de cette glise prsentent une norme surface de baies toutes garnies de leurs vitraux du commencement du ,x,i,ve sicle#cfi4 ,ces vitraux sujets lgendaires sont d'une harmonie brillante sans tre crue1 ce qui se rencontre rarement cette poque1 et appartiennent une cole dont nous ne connaissons pas le centre1 mais que nous serions disposs placer ,toulouse1 et dont on retrouve les produits jusqu' ,beziers4 ,le panneau 7fig4 #cf7 provenant de la fentre qui contient la lgende de saint ,nazaire donne une ide du style de cette cole#cgj2 les compositions sont assez bonnes1 le sentiment dramatique est cherch1 et le geste1 par suite1 tombe souvent dans la manire4 ,les draperies sont moins bien entendues que dans nos coles du ,nord1 mais le choix des tons1 l'entente de l'harmonie gnrale1 l'emportent de beaucoup sur ce qui se faisait au nord de la ,loire cette poque4 ,les verres sont grossirement tendus1 ingaux l'excs1 pais1 mais d'une valeur de ton trs-belle4 ,quelques parties qui semblent peintes par des mains habiles1 comme par exemple la figure de la femme du panneau 7#cf71 sont excutes avec beaucoup d'entrain et d'adresse4 ,parmi ces verrires de ,saint-,nazaire1 il faut citer celle qui reprsente le ,christ en croix1 avec la tentation d',adam1 les prophtes tenant des phylactres sur lesquels sont crites les prophties relatives la venue et la mort du ,messie1 comme une des plus remarquables par sa composition1 le choix des tons et le dessin ferme1 solide1 trs-model1 digne des verrires les plus belles du ,x,i,i,ie sicle4 dater de cette poque 7le commencement du ,x,i,ve sicle71 hormis quelques vitraux assez remarquables comme entente gnrale de l'effet1 le dessin incline visiblement vers le manir4 ,comme couleur1 les belles harmonies des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles sont perdues1 et les peintres recherchent les tons brillants faisant contraste avec des tons de grisaille4 ,les jaunes d'argent1 nouvellement trouvs1 prennent une trop grande place et donnent un aspect fade aux verrires4 ,on cherche remplir les fonds de damasquinages1 pour viter leur rayonnement sur les figures traites avec maigreur et dont le model est trop cherch4 ,on vite les grandes figures1 et les grisailles prennent chaque jour plus d'importance4 ,on ne savait plus comme prcdemment tablir une diffrence tranche entre l'art du peintre sur mur ou panneau et l'art du peintre verrier2 au contraire1 la peinture sur verre tendait chaque jour davantage chercher les effets qui conviennent la peinture opaque4 ,l'tat dsastreux de la ,france pendant les dernires annes du ,x,i,ve sicle et la premire moiti du ,x,ve ne permit gure aux peintres verriers d'exercer leurs talents4 ,aussi les vitraux de cette poque sont-ils fort rares1 et le peu qui nous reste de ces oeuvres est-il d'une mdiocre valeur4 ,on fabriquait cependant des grisailles1 et l'art ne se perdait pas1 puisque vers la fin du ,x,ve sicle1 on le voit reprendre une nouvelle vie1 mais dans des conditions trangres l'art ancien4 ,trois coles principales se relevrent alors1 l'cole de l'le-de-,france1 celle de ,troyes et celle de ,toulouse2 cette dernire1 la plus leve certainement au point de vue o l'on doit se placer lorsqu'il s'agit de la peinture translucide4 ,l'cole de l'le-de-,france reporte sur verre des compositions qui conviendraient aussi bien et mieux mme1 peintes sur surfaces opaques4 ,tels sont1 par exemple1 les vitraux de la rose de la sainte ,chapelle1 qui datent de la fin du ,x,ve sicle4 ,l'cole de ,troyes est moins loigne des conditions qui conviennent la peinture translucide2 elle possde encore un sentiment assez juste de l'harmonie des tons1 et les sujets sont traits de faon profiter des qualits essentielles au vitrail4 ,quant l'cole de ,toulouse1 elle atteint parfois la perfection3 son style1 comme dessin1 est large1 lev2 sa valeur1 comme emploi des couleurs translucides1 rivalise avec les belles oeuvres du ,x,i,i,ie sicle4 ,mais ce n'est gure qu'au commencement du ,x,v,ie sicle que cette cole atteint l'apoge4 ,les vitraux de la cathdrale d',auch#cga1 ceux des glises de ,lombez1 de ,fleurance1 sont rellement fort beaux et d'une tonalit puissante et harmonieuse4 ,d'ailleurs les verriers de cette poque1 au nord et au midi1 avaient trouv des perfectionnements dans le dtail de la fabrication1 qui leur permettaient de produire des effets inconnus jusqu'alors4 ,ils doublaient certains verres1 le rouge1 le vert1 le bleu ple1 le pourpre mordor1 et en enlevant la molette partie de ces doublures1 ainsi qu'on le fait aujourd'hui pour les verres dits de ,bohme1 ils obtenaient des broderies1 des dtails dlicats1 qu'ils pouvaient encore colorer avec le jaune d'argent ou certaines couleurs d'mail#cgb4 ,toutefois ces dlicatesses1 charmantes dans des vitraux d'appartement1 sont compltement perdues dans la grande dcoration monumentale et n'ajoutaient rien l'effet4 ,la palette des verriers s'tait enrichie de tons nouveaux4 ,ces moyens de doublage leur permettaient d'obtenir certains tons d'une puissance inconnue jusqu'alors3 ils avaient des verres violets obtenus avec un doublage rouge sur un bleu ple1 des verts obtenus au moyen de plusieurs couches de verres blanc1 jaune et bleu superposs#cgc1 des mordors obtenus avec une couche jaune sur un pourpre2 ils employaient dj aussi les couleurs d'mail sur le blanc1 de manire obtenir des colorations douces et fondues1 des bleus ples1 des roses 7pourpre d'or71 des lilas4 ,la rose de la sainte ,chapelle de ,paris fournit maint exemple de ces applications de couleur d'mail qui tiennent bien1 ce que l'on ne sait faire aujourd'hui4 ,tous ces perfectionnements de fabrication ne pouvaient cependant relever un art qui abandonnait ses vritables principes4 ,les derniers beaux vitraux de la renaissance que l'on voit ,bourges1 ,paris1 ,vincennes1 ,sens1 ,troyes1 ne sont que des cartons de peintres reports sur verre4 ,ces oeuvres peuvent avoir de grandes qualits comme composition1 comme dessin et model1 elles n'en ont aucune au point de vue dcoratif4 ,leur aspect est confus1 blafard ou dur2 l'oeil cherche pniblement un dessin qu'il prfrerait voir sur une surface opaque2 les plombs1 au lieu de faciliter la comprhension1 la gnent1 parce que le dessin a t conu sans en tenir compte4 ,la perspective1 la succession des plans1 manquent absolument leur effet et ne produisent que la fatigue4 ,nous convenons volontiers que le manir du ,x,ve sicle et mme du ,x,i,ve tait une dviation funeste de l'art chez les verriers1 mais alors cependant les grands principes dcoratifs de cet art n'taient pas oublis4 ,nous prfrons encore ces dfauts ou ces faiblesses la pdanterie des artistes du ,x,v,ie sicle1 qui prtendaient transporter sur le verre des compositions plus ou moins inspires des peintures des coles italiennes de ce temps1 et qui1 pour montrer leur savoir comme dessinateurs1 ngligeaient absolument d'observer les conditions qui conviennent seules la peinture translucide4 ,nous ne devons pas omettre de parler d'une cole de peinture sur verre qui1 tout en n'appartenant pas la ,france1 n'a pas t cependant sans exercer une influence sur les coles des provinces voisines de l',est4 ,de mme que l'architecture rhnane du ,x,i,ie sicle a pouss des rameaux jusque dans la ,lorraine et mme la basse ,champagne1 de mme l'cole des verriers rhnans s'est quelque peu infuse dans nos ateliers franais4 ,au sein de cette cole rhnane les traditions du ,x,i,ie sicle se prolongent trs-tard1 soit comme style1 soit comme procds de fabrication4 ,au ,x,i,i,ie sicle encore1 on fabriquait ,strasbourg des vitraux qui semblent appartenir une poque trs-antrieure4 ,les figures conservent leur caractre archaque1 et l'ornementation est tout empreinte d'un style roman trs-prononc4 ,en ,france1 ds le milieu du ,x,i,ie sicle1 l'ornementation possde son allure particulire1 qui se distingue parfaitement du dessin encore admis dans la sculpture2 il n'en est pas ainsi mme au commencement du ,x,i,i,ie sicle en ,alsace4 ,l'ornementation peinte des vitraux s'inspire des mmes modles qui ont servi la composition des ornements de l'architecture4 ,les procds employs dans la peinture sur verre ont une rigidit qui ne se rencontre pas dans nos vitraux4 dater du ,x,i,i,ie sicle1 la grisaille1 destine former le dessin et les traits d'ombres1 est absolument noire et opaque1 les demi-teintes sont faites par hachures et n'ont pas la translucidit chaude de nos teintes4 ,voici 7fig4 #cg7 une bordure d'un des vitraux de la nef de la cathdrale de ,strasbourg qui montre combien les traditions romanes s'taient conserves encore au milieu du ,x,i,ie sicle1 et combien ce dessin se rapproche des formes admises dans l'ornementation sculpte4 ,les tons de ces vitraux se rapprochent d'ailleurs de la coloration habituelle du ,x,i,ie sicle3 ils sont clairs2 les blancs1 les bleus1 les jaunes et les verts clairs dominent4 ,ainsi les ttes d'animaux sont bleu clair1 les cercles blancs1 les feuilles vert d'meraude et jaune-paille4 ,les fonds sont rouges2 le filet de gauche1 turquoise1 et le filet perl ct1 jaune or2 le filet droite commence par un blanc1 puis des plaques pourpres alternent avec des bagues jaunes entre lesquelles est un vert2 un filet bleu est accol cette bordure1 et1 prs des cercles1 un filet blanc4 ,le bleu saphir et le rouge occupent les moindres surfaces2 les tons rompus clairs sont en majorit4 ,une architecture dans les tons verts1 blancs1 jaunes et bleus clairs1 compose de deux colonnes avec une archivolte1 ajoute ces bordures et enveloppe le fond rouge sur lequel se dtachent les personnages1 tenus galement dans des tons limpides#cgd4 ,pour les chairs1 les verriers rhnans emploient gnralement des verres moins colors que ceux choisis par nos artistes franais4 ,nous reproduisons ici 7fig4 #ch7 une tte d'un personnage 7saint ,timothe7 qui se voit dans une fentre de la chapelle de ,saint-,sbastien accole l'glise de ,neuwiller4 ,ce vitrail1 dont il ne reste que la partie suprieure1 parat appartenir1 comme style1 une poque trs-ancienne2 cependant la forme des lettres de l'inscription place au-dessus du nimbe ne saurait faire remonter ce vitrail au del du milieu du ,x,i,ie sicle4 ,le caractre de la tte du saint est tout empreint de la tradition grecque et rappelle les plus anciennes mosaques de ,saint-,marc de ,venise#cge2 ici les demi-teintes sont poses par hachures1 retouches sur quelques points au grattoir4 ,au total1 l'excution de ce vitrail n'indique pas l'habilet que l'on observe dans l'exemple que nous avons donn 7fig4 #bi bis74 ,c'est la fin du ,x,i,i,ie sicle seulement que les verriers rhnans paraissent abandonner entirement les traditions de l'art du ,x,i,ie sicle4 ,c'est aussi cette poque1 ainsi que le prouve la construction du choeur de la cathdrale de ,cologne1 que le style dit gothique s'empare de l'architecture4 ,les matres architectes1 comme les matres peintres1 veulent alors dpasser les modles franais qui leur servent de types1 ils prtendent aller au del1 et cette poque dj ils tombent dans le style manir1 que nous ne voyons apparatre dans nos provinces que cinquante ans plus tard4 ,cependant certains vitraux 7anciens7 du choeur de la cathdrale de ,cologne possdent des qualits de dessin et de style qu'on ne peut mconnatre2 quant l'harmonie des tons1 elle semble livre au hasard1 et ne tient aucun compte des rgles si bien observes encore par nos artistes pendant cette priode4 ,comment expliquer que nous ayons perdu en ,france ces qualits de coloristes si videntes dans nos vitraux et nos peintures des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles2 qualits dont on peut suivre la trace jusqu'au ,x,v,ie sicle1 et qui1 dater de ce moment1 disparaissent de jour en jour de nos difices pour se rfugier1 trs-rarement d'ailleurs1 dans quelques toiles de chevalet de nos peintres8 ,c'est peut-tre l'tude mal comprise ou mal dirige des oeuvres de l'antiquit et de la dcadence italienne que nous devons la perte de cette facult possde par nos devanciers4 ,ddaignant leurs oeuvres1 il tait tout simple de ne pas tenir compte des enseignements qu'elles fournissent4 ,plutt que d'y revenir1 on a prfr admettre une bonne fois que les ,franais ne sont pas ns coloristes4 ,on aime chez nous donner aux prjugs une sorte de conscration dogmatique1 cela va bien la paresse d'esprit2 c'est un arrt fatal contre lequel nous nous persuadons aisment que notre volont ou notre rflexion ne saurait ragir3 les consciences se rassurent1 ainsi on se dispense de tout effort4 ,il est bien certain que le sentiment et l'exprience de l'harmonie colorante sont perdus en ,france depuis plus de deux sicles1 et les ples tentatives faites de nos jours pour colorer l'architecture en sont une preuve sans rplique4 ,n'est-ce pas1 par exemple1 se mprendre sur les conditions de l'harmonie colorante applique l'architecture1 que de supposer qu'on obtiendra un effet heureux en faisant intervenir le marbre comme lment de couleur au milieu d'une structure de pierre8 ,le marbre1 dont la tonalit est chaude et dure souvent1 qui prend des reflets heurts1 ne peut s'allier aux tons lgers et transparents de la pierre2 c'est pis encore si1 avec le marbre1 on emploie le mtal aux lumires tincelantes4 ,alors la pierre perd l'oeil toute solidit1 ses tons et ses formes mmes s'moussent1 s'alourdissent4 ,on voudrait la fouiller1 redessiner ses artes1 ses contours4 ,aucun peuple ayant laiss des oeuvres d'architecture recommandables n'est tomb dans une erreur aussi profonde4 ,les ,grecs ont color le marbre blanc1 qu'ils employaient cause de la finesse de sa contexture2 mais ils l'ont color en totalit1 et n'ont jamais tent de placer des marbres de couleur ct de marbre blanc1 et surtout ct d'une pierre calcaire4 ,les ,romains1 qui n'avaient pas d'ailleurs un sentiment bien lev de l'harmonie1 n'ont jamais employ les marbres de couleur simultanment avec la pierre laisse dans son tat normal4 ,saint-,marc de ,venise1 qui prsente extrieurement comme intrieurement une harmonie colore d'un si heureux effet1 est entirement revtu de plaques de marbre d'un ton trs-fin1 de mosaques et de dorures2 de la pierre on ne voit pas trace4 ,les artistes du moyen ge ont admis la peinture l'extrieur et l'intrieur de leurs difices2 mais la peinture n'a pas la rigidit du marbre2 on ne subit pas sa tonalit1 on la cherche et on la trouve4 ,ils avaient1 pour les intrieurs des grands vaisseaux1 la peinture4 ,la coloration des vitraux avait l'avantage de jeter sur les parois opaques un voile1 un glacis colorant d'une extrme dlicatesse1 quand1 bien entendu1 les verrires taient elles-mmes d'une tonalit harmonieuse4 ,si les ressources dont ils disposaient ne leur permettaient pas d'adopter un ensemble de vitraux colors1 ou s'ils voulaient faire pntrer d'une manire plus pure la lumire du jour dans les intrieurs1 ils avaient adopt cette belle dcoration des grisailles qui est encore une harmonie colorante obtenue l'aide d'une longue exprience des effets de la lumire sur des surfaces translucides4 ,beaucoup de nos glises conservent des verrires en grisailles fermant soit la totalit de leurs baies1 soit une partie seulement4 ,dans ce dernier cas1 les grisailles sont rserves pour les fentres latrales qu'on ne peut apercevoir qu'obliquement1 et alors les verrires colores ferment les baies du fond1 les ouvertures absidales que l'on aperoit de loin1 en face4 ,ces grisailles latrales sont toutefois assez opaques pour que les rayons solaires qui les traversent ne puissent clairer en revers les vitraux colors4 ,ces rayons solaires cependant jettent1 certaines heures de la journe1 une lueur nacre sur les vitraux colors1 ce qui leur donne une transparence et des finesses de tons indescriptibles4 ,les vitraux latraux du choeur de la cathdrale d',auxerre1 mi-partie grisailles1 mi-partie colors1 rpandent ainsi sur la fentre absidale1 entirement colore1 un glacis d'une suavit dont on ne peut se faire une ide4 ,la lueur d'un blanc opalin qui passe travers ces baies latrales1 et qui forme comme un voile d'une extrme transparence sous les hautes votes1 est traverse par les tons brillants des fentres du fond qui produisent les chatoiements des pierres prcieuses4 ,alors les formes semblent vaciller comme les objets aperus travers une nappe d'eau limpide4 ,les distances ne sont plus apprciables1 elles prennent des profondeurs o l'oeil se perd4 chaque heure du jour ces effets se modifient1 toujours avec des harmonies nouvelles dont on ne peut se lasser d'tudier les causes1 quand toutefois on tient tudier les causes des effets perus par les sens3 or1 plus cette tude est approfondie1 plus on demeure merveill de l'exprience acquise par ces artistes1 dont les thories sur les effets des couleurs 7admettant qu'ils en eussent7 sont pour nous inconnues1 et que les plus bienveillants d'entre nous traitent en enfants nafs4 ,n'admettant pas que la navet toute seule puisse arriver des rsultats aussi complets dans les choses d'art2 tant bien convaincu1 au contraire1 qu'il faut aux artistes une connaissance trs-suprieure des causes et des effets pour produire des oeuvres toujours russies1 et cela dans de vastes monuments1 nous allons essayer de donner un aperu du systme adopt par les verriers du moyen ge dans la composition et la fabrication des grisailles4 ,les plus anciennes grisailles connues ne remontent pas au del du ,x,i,i,ie sicle1 et ces premires grisailles ne sont mles d'aucune partie colore4 ,il existait certainement au ,x,i,ie sicle des vitraux simplement composs d'ornements qui taient fort clairs d'aspect1 et dans lesquels par consquent la grisaille remplissait un rle important4 ,mais de ces sortes de vitraux nous ne connaissons qu'un seul exemple1 et cet exemple a-t-il t tellement dfigur par des restaurations grossires1 que nous ne pourrions le considrer comme complet4 ,il s'agit de la clbre verrire de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 dans laquelle on voit des griffons au milieu de mdaillons carrs4 ,si l'on s'en rapporte au dessin que ,percier fit de cette verrire ,saint-,denis avant qu'elle et t transporte au ,muse des monuments franais1 ces griffons formaient le milieu de la verrire1 qui possdait trois larges bordures d'ornements dans lesquelles le blanc tenait une grande surface4 ,mais ce dessin ferait supposer que les griffons du ,x,i,ie sicle et leurs mdaillons avaient t encadrs beaucoup plus tard1 peut-tre au ,x,v,ie sicle#cgf4 ,on peut conclure nanmoins1 de l'existence de ces fragments1 qu'au ,x,i,ie sicle on fabriquait des vitraux d'ornements avec coloration4 ,les grisailles pures1 dont nous n'avons d'exemples qu'au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 devaient cependant exister avant cette poque1 car le dessin de celles que nous possdons accuse la trace de traditions antrieures au ,x,i,i,ie sicle4 ,dans les magasins de ,saint-,denis1 ,chlons-sur-,marne1 ,saint-,rmi de ,reims1 on retrouve encore des fragments de verres blancs peints qui proviennent trs-probablement de grisailles du ,x,i,ie sicle4 ,ces anciens dbris sont puissamment models1 avec demi-teintes1 suivant la mthode adopte pour les ornements de couleur4 ,le dessin en est plein1 large1 fortement redessin avec fonds relativement rduits et remplis d'un treillis en noir ou enlev au style sur noir4 ,les verres employs alors sont pais1 lgrement verdtres ou enfums1 souvent remplis de bouillons1 ce qui leur donne une qualit chatoyante trs-prcieuse4 ,habituellement ces verres blancs sont peu fusibles et ont t moins altrs par les agents atmosphriques que les verres colors1 lesquels sont profondment piqus1 surtout l'orientation du midi#cgg4 ,voici 7fig4 #ci7 une grisaille qui provient de l'glise abbatiale de ,saint-,jean au ,bois prs ,compigne4 ,elle est compltement dpourvue de verres colors et date de #abcj environ1 bien qu'elle conserve encore1 surtout dans sa bordure1 le caractre de dessin du ,x,i,ie sicle4 ,c'est surtout dans ces compositions de grisailles que l'on peut reconnatre combien les artistes verriers savaient profiter de la mise en plomb pour appuyer le dessin4 ,les plombs forment les compartiments principaux1 combins de manire viter les angles aigus trop fragiles4 ce point de vue1 le beau panneau que nous retraons ici 7fig4 #dj71 provenant de la chapelle de la ,vierge de la cathdrale d',auxerre1 est un chef-d'oeuvre de composition4 ,cette grisaille est de mme dpourvue de verres colors2 elle occupe une large fentre1 et chaque carr porte d'angle en angle #jm1#ee4 ,une bordure blanche filets unis l'encadre4 ,son aspect est blanc nacr1 d'un ton extrmement fin et doux4 ,dans ces deux exemples1 les fonds sont couverts par un treillis noir assez ferme1 fait au pinceau2 quelques demi-teintes sont poses sur les ombres des feuilles en hachurs larges4 ,le dessin est une grisaille opaque noir brun1 un peu transparente sur les bords4 ,la cathdrale de ,soissons possde dans la nef de belles grisailles du ,x,i,i,ie sicle sans couleur1 d'un grand effet dcoratif2 les traits du dessin sont larges1 fournis2 quelques verres prsentent des varits de blanc pour mieux accuser la charpente principale de la composition4 ,c'tait l une ressource dont les verriers du ,x,i,i,ie sicle ne se privaient pas4 ,mais ce n'tait pas uniformment qu'ils plaaient ces verres blancs de qualits diffrentes4 ,parfois1 par exemple1 la charpente de la composition se dtache sur le fond verdtre par un ton lgrement enfum1 puis ct le contraire a lieu2 de telle sorte que l'artiste obtenait ainsi les effets chatoyants des damas de soie dans lesquels suivant que la lumire frappe les surfaces1 le dessin se dtache en ton obscur sur un fond clair ou en clair sur un fond obscur4 ,la fin du ,x,i,i,ie sicle employa encore les grisailles sans couleur4 ,la cathdrale de ,troyes nous fournit de beaux exemples de ces vitraux incolores4 ,nous en donnons ici deux panneaux 7fig4 #da et #db71 dont l'excution est d'une extrme dlicatesse et la composition charmante4 ,ces grisailles paraissent dater des dernires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,mais dj des bordures colores les accompagnent1 en laissant toujours entre elles et le tableau de la baie un filet blanc4 ,nous avons vu qu' cette poque1 les verriers employaient souvent les grisailles avec les figures colores sur fond de couleur2 mais1 avant le ,x,v,ie sicle1 nous ne connaissons en ,france aucun exemple de figures peintes en grisaille sur verres blancs4 ,les artistes du ,x,i,ve sicle avaient cependant employ la peinture opaque en camaeu pour les figures1 dans certains cas2 il parat donc surprenant qu'ils n'aient pas eu l'ide de le faire pour la peinture translucide1 ou que1 s'ils l'ont fait1 il ne nous en reste pas des fragments4 ,en observant attentivement les effets de la peinture translucide en grisaille1 on se rend cependant compte des raisons qui ont d empcher ces artistes d'appliquer ce procd aux figures4 ,si clairement compose que soit une verrire d'ornements en grisaille1 si vigoureux que soit le dessin1 si bien accuss que soient les fonds1 il rsulte toujours de ces compositions un effet miroitant l'oeil1 qui rappelle l'aspect d'une toffe damasse1 c'est--dire un ensemble vibrant dont il est difficile1 moins d'une attention fatigante1 de dmler la trame4 ,la condition essentielle de toute grisaille incolore1 c'est qu'il ne reste sur aucun point une surface de verre qui ne soit recouverte par le travail du pinceau4 ,il faut une rpartition gale1 rgulire1 de ce travail1 pour qu'en apparence l'oeil ne croie pas voir un trou1 un vide dans la surface translucide4 ,or1 en peignant des figures1 il fallait ncessairement laisser des surfaces claires ingales et plus ou moins larges1 en raison du model de la forme4 ,il en rsultait une suite de taches lumineuses et obscures rparties sans ordre1 qui produisaient un trs-fcheux effet1 et n'invitaient pas reposer les yeux sur ces surfaces4 distance1 les blancs prenaient une importance dmesure1 et les ombres1 rduites1 faisaient taches4 ,on peut se rendre compte de l'aspect dsagrable de ces sujets en grisailles translucides si l'on examine certains vitraux de la renaissance o l'on a cherch rendre des cartons trs-lisiblement colors4 ,l'oeil a grand'peine dmler les figures1 suivre leurs contours et le model travers ces clairs entremls de points obscurs4 ,il n'en est pas du vitrail en grisaille comme du vitrail color2 on peut sans fatigue porter les yeux sur ce dernier1 si sa coloration est harmonieuse1 tandis que la grisaille n'est faite que pour donner une tapisserie translucide qui ne proccupe pas4 ,le regard ne saurait longtemps se reposer sur cette surface chatoyante1 qui semble vibrer1 et qui cause des blouissements si l'on persiste dmler le dessin qui la compose4 ,tous ceux qui ont essay de dessiner des grisailles en place ont pu prouver cet effet1 tandis qu'on peut copier sans fatigue une verrire colore4 ,il tait donc sens de ne point peindre des sujets en grisaille4 ,on peut admettre que le phnomne de vibration caus par les verrires incolores1 et aussi la ncessit de ne pas avoir1 ct des surfaces colores1 des surfaces absolument incolores1 engagrent les peintres verriers entremler des filets de couleur dans les grisailles4 ,cet appoint les rendait plus faciles comprendre1 les dessinait plus nettement1 et leur tait cet aspect chatoyant qui devenait insupportable si les fentres occupaient une grande surface4 ,c'est en effet au moment o les baies vitres occupent tous les espaces laisss entre les piles et les formerets des votes que l'on renonce aux grisailles incolores4 ,les derniers panneaux que nous venons de donner1 et qui appartiennent la cathdrale de ,troyes1 occupent des fentres troites1 sans meneaux2 mais quand il s'agit de garnir de larges baies meneaux1 comme celles qui s'ouvrent sur nos vaisseaux dater du milieu du ,x,i,i,ie sicle1 les peintres verriers renoncent la grisaille incolore2 ils la zbrent de filets rouges ou bleus1 ils y sment des rosaces et l'entourent de bordures colores4 ,parmi ces grisailles on peut considrer comme tant des plus anciennes celles qui garnissent les fentres meneaux de la chapelle absidale de l'glise abbatiale de ,saint-,germer4 ,la construction de cette chapelle suit de peu celle de la sainte ,chapelle du ,palais ,paris1 c'est--dire qu'elle remonte au commencement de la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,btie d'un jet1 ses vitraux en grisaille datent de l'poque de sa construction1 et dj ils montrent des bordures1 quelques filets et des semis de rosaces colors4 ,dans l'exemple 7fig4 #dc71 la bordure est compose de feuilles jaune safran sur fond bleu avec filet intrieur rouge4 ,les quatre lobes ,r sont galement rouges4 ,dans l'exemple 7fig4 #dd71 la bordure se compose de fleurs de lis jaunes sur fond rouge sans filet intrieur color1 et les rosaces sont formes d'un carr vert entour de quatre demi-cercles rouges#cgh4 ,on remarquera que dj dans ces grisailles les filets blancs ne sont plus cerns par un plomb que d'un seul ct1 l'autre ct tant peint4 ,c'tait une simplification sur le procd du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 mais l'effet gnral perd l'ampleur et la fermet de ces premires grisailles4 ,les fonds sont toujours un treillis trs-fin fait au pinceau4 ,cependant1 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 les filets de couleur deviennent plus nombreux1 les rosaces plus importantes2 les treillis des fonds sont remplacs par un ton uni assez ingal1 sorte de glacis qui a l'inconvnient de colorer ces fonds en bistre1 ce qui te de la finesse aux grisailles4 ,parmi les plus belles grisailles de cette poque1 ou du commencement du ,x,i,ve sicle1 il faut citer celles de la cathdrale de ,narbonne4 ,voici 7fig4 #de et #df7 deux de ces panneaux varis4 ,dans le premier1 la bordure est compose de carrs jaunes peints1 ,j1 entre lesquels sont placs un verre bleu et un verre rouge1 ,b1 ,r4 ,pour le corps de la grisaille1 les filets rectilignes sont bleus1 les filets courbes1 rouges1 les rosaces ont le coeur jaune1 le trilobe circulaire rouge et le trilobe angulaire vert1 ou le contraire4 ,sur les verres blancs1 l'ornement peint laisse entre lui et les filets de couleur une marge dpourvue de grisaille1 qui fait ressortir trs-habilement les tons rouge et bleu des entrelacs4 ,le trac de cette verrire est mentionner4 ,la largeur du panneau ,,ax entre les bordures a t divise en six parties4 ,de chacun des points diviseurs ont t tires des lignes #de2 les centres des courbes1 les filets courbes aussi bien que les filets rectilignes1 se trouvent sur ce quadrill diagonal4 ,ainsi les centres des courbes ab se trouvent aux points c2 etc4 ,il va sans dire qu'un filet blanc cerne extrieurement la bordure4 ,dans le second exemple 7fig4 #df71 les couleurs occupent une grande partie de la surface4 ,la bordure se compose de fleurs de lis jaunes sur fond bleu2 puis est pos un filet interne rouge4 ,les armoiries sont d'argent la croix de gueules2 ou mi-parties au premier coup d'argent la croix patte de gueules et d'or charg d'une tour de sable2 au second d'or trois fasces de gueules4 ,d'autres cus dcorent ce vitrail3 le premier se dcoupe sur un fond jaune perl entour de deux carrs croiss vert et pourpre violet2 le second est pos sur un fond bleu avec carrs de mme que dessus1 mais les tons alterns4 ,l'effet de cette grisaille est trs-beau2 si toutefois on peut donner le nom de grisaille une verrire o les couleurs occupent plus de la moiti de la surface4 ,la cathdrale de ,saint-,nazaire de ,carcassonne conserve aussi de trs-remarquables grisailles du commencement du ,x,i,ve sicle1 o la couleur remplit un rle trs-important4 ,dans les deux roses nord et sud notamment1 ces grisailles sont de vritables mosaques colores4 ,vers le milieu du ,x,i,ve sicle1 alors qu'on tait arriv appliquer le jaune au moyen de sels d'argent1 on rehaussa parfois les grisailles blanches avec des touches jaunes4 ,on voit de jolies grisailles de ce genre dans la chapelle de ,vendme de la cathdrale de ,chartres4 ,les magasins de ,saint-,denis en possdent galement un trs-joli panneau1 qui a t reproduit par ,m4 ,a4 ,grente4 ,il faut dire que ce genre de grisaille convient mieux des baies d'appartements qu'aux fenestrages des grands vaisseaux4 ,ces moyens dcoratifs sont trop maigres pour produire de l'effet de loin sur de grandes surfaces translucides4 ,au ,x,ve sicle1 le mode des grisailles tapisseries se perd1 et est remplac par des tracs d'architecture blanche et jaune1 avec quelques figures colores d'un effet mdiocre4 ,le ,x,v,ie sicle fit beaucoup de grisailles1 ou plutt des camaeux avec sujets et arabesques4 ,nous ne croyons pas ncessaire de revenir sur ce que nous avons dit de ce procd de peinture sur verre4 ,on sait que les cisterciens n'admettaient pas dans leurs glises les peintures et la sculpture des figures4 ,privs de ces moyens dcoratifs1 ces religieux fermrent les baies de leurs glises au moyen de verres blancs disposs de manire former de riches dessins par la mise en plomb4 ,ds l'anne #ahdb nous avions pris note de vitraux de ce genre datant des premires annes du ,x,i,i,ie sicle1 dans l'glise abbatiale de ,pontigny1 qui dpendait de l'ordre de ,cteaux4 ,plus tard1 en #ahej1 ,m4 l'abb ,texier signala des vitraux de ce genre dans les glises de ,bonlieu 7,creuse7 et d',obasine 7,corrze7#cgi1 toutes deux cisterciennes4 ,ces vitraux incolores et non peints datent du ,x,i,ie sicle4 ,les dessins des vitraux de l'glise de ,bonlieu sont peut-tre de quelques annes antrieurs ceux de l'glise d',obasine1 mais d'ailleurs le systme adopt est le mme dans l'un et l'autre monument4 ,ces dessins sont bien composs1 larges1 d'un beau caractre4 ,on peut en juger par l'exemple que1 nous donnons ici 7fig4 #dg71 tir de l'glise de ,bonlieu4 ,sur quelques points1 ainsi que le remarque ,m4 l'abb ,texier1 le plomb ne sertit pas le verre1 mais est appos dessus sur un seul ct#chj4 ,il n'tait l que pour complter le dessin et faire viter des coupes trop difficiles4 ,c'est d'ailleurs un expdient trs-rarement employ4 ,m4 ,am a relev une partie des vitraux blancs de l'glise cistercienne de ,pontigny4 ,quelques-uns de ces vitraux se rapprochent beaucoup1 comme dessin1 de ceux d',obasine1 mais d'autres en diffrent essentiellement et prsentent des combinaisons en partie rectilignes4 ,voici 7fig4 #dh7 un de ces panneaux dont la disposition rappelle celle des belles grisailles du commencement du ,x,i,i,ie sicle#cha4 ,une fois sur la voie1 ,m4 ,e4 ,am dcouvrit des vitraux de ce genre dans un certain nombre d'difices du dpartement de l',yonne1 particulirement dans les glises de ,mgennes1 de ,chblis1 dans la chapelle de l'ancien hpital de ,sens4 ,nous en avions dessin galement en #ahdb dans la petite glise de ,montral1 qui datent d'une poque beaucoup plus rcente1 ,x,ve ou ,x,v,ie sicle4 ,ce systme de vitrage n'tait donc pas seulement employ par les cisterciens1 puisque ces derniers difices ne dpendaient pas de cet ordre4 ,il dut tre adopt toutefois lorsque les ressources manquaient pour faire excuter des vitraux colors ou en grisailles peintes4 ,depuis que notre attention a t porte sur ce genre de vitrerie1 nous en avons dcouvert beaucoup de fragments dans des glises des ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve1 ,x,ve et ,x,v,ie sicles2 fragments qui prsentent des combinaisons l'infini4 ,on en voyait encore des panneaux entiers et varis1 en #ahdc1 dans l'glise abbatiale de ,beaulieu1 prs de ,saint-,antonin 7,tarn-et-,garonne71 qui date de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 et qui alors dpendait d'un fermage4 ,voici 7fig4 #di7 un de ces panneaux d'une disposition originale4 ,les verres de ces vitraux ne sont pas d'une transparence blanche gale1 mais ingaux comme paisseur1 et plus ou moins verdtres ou jauntres1 ce qui contribue l'effet de ce genre de vitrerie4 ,la mise en plomb de ce dernier exemple est trs-soigne4 ,dans la partie suprieure de notre figure est indiqu le mode de trac1 le moyen de trouver les centres des quarts de cercle qui constituent le compartiment4 ,il n'y a pas douter que la vitrerie des fentres d'habitations ne ft ainsi compose dans le plus grand nombre de cas1 puisque les vignettes des manuscrits nous montrent toujours des verres blancs mis en plomb suivant des compartiments varis1 dans les intrieurs d'appartements4 ,souvent un cusson armoy brochait sur le milieu de ces panneaux blancs1 dans les vitrages des chteaux et palais1 ou une devise1 ou un emblme1 et donnaient quelques points de couleur qui gayaient la surface blanche des grandes fentres1 sans rien enlever la lumire ncessaire dans toute pice servant l'habitation4 ,la peinture sur verre exigerait1 certes1 de plus longs dveloppements1 si l'on voulait en faire une histoire complte et indiquer les diffrents procds employs par les diverses coles franaises1 pendant l'espace de trois ou quatre sicles4 ,il y a dans l'tude de cet art ou de cette industrie1 si l'on veut1 reprise depuis peu par quelques artistes distingus1 un champ d'observation trs-tendu parcourir4 ,nous ne pouvons qu'indiquer les points saillants de cette tude pour rester dans les limites du ,dictionnaire4 ,peut-tre mme trouvera-t-on que nous nous sommes tendu trop longuement sur une des parties de la dcoration architectonique2 mais il nous parat qu'il y a1 dans cet art de la dcoration translucide1 des ressources qu'on pourrait utiliser d'une manire plus large qu'on ne le fait de nos jours4 ,dans un climat comme le ntre1 o la lumire du soleil est souvent voile1 o les intrieurs des difices et des habitations ne sont clairs que par un jour blafard1 il tait naturel que l'on chercht colorer cette lumire ple4 ,c'tait l un sentiment de coloriste4 ,nous avons laiss touffer ce sentiment sous un classicisme troit dans ses vues1 prtentieux dans ses expressions1 qui ne demande pas que l'on comprenne1 mais qu'on admire de confiance ce qu'il admet comme licite dans l'art4 ,il faudrait1 certes1 une longue exprience et des tudes srieuses pour retrouver les traces ngliges de cette industrie du peintre verrier4 ,quelques hommes dvous ont fait des efforts et des sacrifices considrables1 de nos jours1 pour retrouver ces traces4 ,ils ont mme ainsi ouvert1 pour notre pays1 une source de production assez riche2 mais1 mal seconds par les fabricants de verre1 qui ne se proccupent pas des conditions ncessaires la coloration translucide2 obligs de lutter contre une concurrence de produits bon march qui dprcient ce bel art aux yeux des gens de got2 repousss systmatiquement des grands travaux publics par de puissantes coteries1 c'est grand'peine s'ils peuvent maintenir leurs ateliers ouverts4 ,qu'ils ne se dcouragent pas cependant2 leur industrie doit1 dans un temps o l'architecture tend de plus en plus lever de vastes difices largement clairs1 trouver une belle place2 mais qu'ils emploient les loisirs que leur fait une opposition systmatique connatre les vritables ressources de cet art dcoratif par excellence4 ,le jour de la raction contre l'insignifiance acadmique arriv1 ils seront prts4 ,illustration3 ,fig4 #j4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 bis4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 bis4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ter4 ,a4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ter4 ,b4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 ,illustration3 ,fig4 #cb4 ,illustration3 ,fig4 #cc4 ,illustration3 ,fig4 #cd4 ,illustration3 ,fig4 #ce4 ,illustration3 ,fig4 #cf4 ,illustration3 ,fig4 #cg4 ,illustration3 ,fig4 #ch4 ,illustration3 ,fig4 #ci4 ,illustration3 ,fig4 #dj4 ,illustration3 ,fig4 #da4 ,illustration3 ,fig4 #db4 ,illustration3 ,fig4 #dc4 ,illustration3 ,fig4 #dd4 ,illustration3 ,fig4 #de4 ,illustration3 ,fig4 #df4 ,illustration3 ,fig4 #dg4 ,illustration3 ,fig4 #dh4 ,illustration3 ,fig4 #di4 ,note #ccc3 ,sachant que beaucoup de ces vitraux avaient t transports dans les magasins de ,saint-,denis1 aprs la dispersion du muse des ,petits-,augustins1 nous demandmes1 ds que nous fmes chargs des restaurations de l'glise abbatiale1 o taient dposs ces vitraux444 ,on nous montra trois ou quatre caisses contenant des milliers de morceaux de verre empils444 peine s'il en restait trois morceaux unis par des plombs444 ,les caisses sont encore attendre la fe qui voudra bien dbrouiller ce chaos4 ,note #ccd3 ,diversarum artium schedula4 ,note #cce3 ,lib4 ,,ii1 cap4 ,,xvii4 ,note #ccf3 ,le diamant remplace avantageusement aujourd'hui le fer chaud4 ,note #ccg3 ,lib4 ,,ii1 cap4 ,,xix1 ,de colore cum quo vitrum pingitur4 ,note #cch3 ,m4 ,oudinot1 peintre verrier1 a fait analyser de son ct des fragments de verrires des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 peints2 et l'analyse n'a galement donn que du protoxyde de fer4 ,aujourd'hui cette peinture est obtenue au moyen de battitures de fer que l'on ramasse chez les forgerons1 que l'on tamise pour en sparer les parcelles mtalliques et que l'on broie avec un fondant4 ,on employait aussi autrefois et l'on emploie encore un minerai de fer appel ferret d',espagne1 qui est un oxyde de fer naturel plus brun que la sanguine4 ,cette substance donne la grisaille un ton plus chaud que la battiture de fer des forgerons4 ,note #cci3 ,voyez ,thophile1 ,diversarum artium sched41 lib4 ,,ii1 cap ,,vi et ,,ix4 ,note #cdj3 ,on fabrique encore ,venise des verres rouges d'un ton trs-doux1 teints dans la masse4 ,ces verres rappellent beaucoup certains chantillons du ,x,i,ie sicle4 ,note #cda3 ,lib4 ,,ii1 cap4 ,,vii4 ,note #cdb3 ,les verres bleus du ,x,i,ie sicle possdent une qualit particulire et qui les fait reconnatre entre tous ceux des autres poques3 c'est qu'ils paraissent bleus la lumire de la lampe1 tandis que ceux des poques postrieures passent au gris laqueux1 au vert ou au violet4 ,cette observation nous a t suggre par des peintres verriers1 habiles praticiens1 et l'exprience nous l'a confirme4 ,note #cdc3 ,d'un vitrail de la cathdrale du ,mans1 commencement du ,x,i,ie sicle1 reprsentant l',ascension4 ,note #cdd3 ,voyez le ,manuel d'iconographie chrtienne grecque et latine1 avec une ,introduction par ,m4 ,didron1 traduit du manuscrit byzantin par le docteur ,paul ,durand1 ,paris1 #ahde4 ,note #cde3 ,on peut citer1 entre ces fac-simile1 comme remarquables3 les panneaux des restaurations de la sainte ,chapelle1 dus ,,mm4 ,lusson et ,steinheil2 ceux des fentres du ,x,i,ie sicle de l'abbaye de ,saint-,denis1 dus ,m4 ,a4 ,grente2 des restaurations des vitraux de ,bourges et du ,mans faites par ,m4 ,coffetier4 ,note #cdf3 ,faade occidentale4 ,ce dessin est au sixime de l'excution4 ,note #cdg3 ,voyez ,,cath,,drale4 ,note #cdh3 ,voyez1 entre autres1 les verrires occidentales de ,notre-,dame de ,chartres2 celles de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 fabriques sous l'abb ,suger2 quelques verrires du ,mans1 de ,vendme1 d',angers4 ,note #cdi3 ,voyez1 pour la coloration gnrale de cette verrire1 la ,monographie de ,notre-,dame de ,chartres1 par ,j4 ,b4 ,lassus4 ,cette verrire est trs-fidlement copie par ,m4 ,p4 ,durand4 ,l'exactitude du dessin et du model ne saurait tre plus complte1 mais la coloration donne par la chromolithographie ne peut rendre l'effet des rapports des couleurs translucides4 ,ainsi les bleus sont lourds et sombres1 les verts durs1 etc4 ,note #cej3 ,nous avons reconnu la prsence de ces patines factices sur des vitraux qui avaient t enferms dans du pltre peu aprs leur excution4 ,note #cea3 ,les peintres verriers employaient plusieurs valeurs de chaque ton1 comme nous l'avons indiqu plus haut4 ,il tait facile de dsigner chaque valeur par un signe3 ainsi1 le ,b 7bleu7 pouvait tre ,b #a1 ,b #b1 ,b #c1 indiquant ainsi le bleu limpide1 clair1 turquoise2 le bleu saphir1 le bleu indigo1 etc4 ,note #ceb3 ,parmi ces verrires d'une tonalit violace1 nous citerons l'une de celles de la sainte-,chapelle de ,paris 7ct sud1 prs du sanctuaire71 et parmi celles d'une tonalit froide excessive1 la rose du nord de ,notre-,dame de ,paris4 ,note #cec3 ,des vitraux lgendaires de la chapelle absidale de l'glise de ,notre-,dame de ,semur 7,cte-d',or74 ,note #ced3 ,des vitraux du bras de croix nord de l'glise de ,notre-,dame de ,dijon 7#abcj environ74 ,note #cee3 ,on sait qu' la cathdrale de ,bourges il existe encore des fragments importants des sculptures appartenant au ,x,i,ie sicle 7porches nord et sud74 ,note #cef3 ,voyez l'ensemble de cette verrire dans la ,monographie de la cathdrale de ,chartres1 publie sous la direction de ,lassus 7dessin de ,m4 ,paul ,durand74 ,note #ceg3 ,diversarum artium schedula1 lib4 ,,ii1 cap4 ,,xxi4 ,note #ceh3 ,nos peintres verriers qui ont habilement restaur des verrires du ,x,i,ie sicle1 notamment ,,mm4 ,coffetier et ,a4 ,grente1 ont d procder de cette manire4 ,des fragments de ces verrires entre nos mains prouvent la double opration de la cuisson4 ,note #cei3 ,calque d'un fragment appartenant ,m4 ,oudinot4 ,note #cfj3 ,ces calques nous ont t fournis par ,m4 ,coffetier4 ,note #cfa3 ,ce dernier trac est moiti d'excution4 ,note #cfb3 ,ce dfaut est bien sensible dans certains vitraux modernes excuts comme de la peinture opaque1 mais en forant les ombres4 ,note #cfc3 ,des panneaux de la sainte ,chapelle4 ,note #cfd3 ,comme1 par exemple1 dans les chapelles absidales de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 dans les cathdrales du ,mans1 de ,bourges et de ,chartres4 ,note #cfe3 ,aux cathdrales de ,chartres1 de ,bourges1 de ,tours1 d',auxerre1 de ,troyes4 ,note #cff3 ,voyez l'ensemble de ce fenestrage dans l'ouvrage du ,r4 ,p4 ,martin4 ,voyez l'ouvrage de ,m4 ,f4 de ,lasteyrie4 ,note #cfg3 ,il ne reste plus ,amiens que des traces de ces verrires dans le triforium du choeur4 ,note #cfh3 ,les calques de ces vitraux nous ont t communiqus par ,m4 ,oudinot4 ,note #cfi3 ,dans le choeur1 deux des anciennes verrires ont t seulement remplaces au ,x,v,ie sicle4 ,ces deux vitraux de la renaissance sont d'ailleurs d'une excellente excution4 ,note #cgj3 ,saint ,nazaire prend soin des pauvres1 des veuves et orphelins4 ,note #cga3 ,voyez la ,monographie de la cathdrale d',auch1 par ,m4 l'abb ,caneto4 ,note #cgb3 ,voyez la belle verrire de l'arbre de ,jess de l'glise de ,saint-tienne de ,beauvais1 qui prsente un emploi prodigieusement habile de ces procds d'enlevure la molette4 ,note #cgc3 ,nous avons entre les mains un de ces verres verts1 provenant d'une de ces verrires du ,x,v,ie sicle de la cathdrale de ,carcassonne 7,saint-,nazaire71 qui est compos d'une assiette blanche verdtre1 d'une couche jaune1 d'une couche blanche1 d'une couche bleue1 d'une fine lamelle blanche et d'une couche jaune4 ,nous inclinons croire que ces verres sont de fabrication vnitienne4 ,note #cgd3 ,ces vitraux de la cathdrale de ,strasbourg se voient encore aujourd'hui dans les fentres du bas ct septentrional de la nef1 qui date du ,x,i,i,ie sicle2 mais ils ont videmment t replacs l et appartenaient l'glise du ,x,i,ie sicle4 ,le style des figures ne laisse pas de doute ce sujet4 ,note #cge3 ,le fac-simile de ce vitrail nous a t communiqu par ,m4 ,steinheil4 ,la chapelle laquelle il appartient passe pour avoir t btie sous ,charlemagne1 et en effet sa construction peut remonter cette poque2 mais nous ne pensons pas que la verrire donne ici puisse avoir t peinte avant le commencement du ,x,i,ie sicle4 ,note #cgf3 ,la verrire dont il est ici question a t fidlement reproduite dans l'ouvrage de ,m4 ,j4 ,gailhabaud1 l',architecture et les arts qui en dpendent1 tome ,,ii4 ,mais cette reproduction donne1 avec les griffons et leur entourage du ,x,i,ie sicle1 les restaurations sans aucun caractre et d'une harmonie de ton dplorable qui ont t faites il y a trente ans4 ,note #cgg3 la cathdrale de ,chartres notamment1 certains verres sont tellement piqus et recouverts de lichens1 qu'ils ont perdu toute translucidit4 ,il faut observer que les verres du ,x,i,i,ie sicle sont plus altrs que ceux du ,x,i,ie1 ce qui ferait supposer qu'au ,x,i,i,ie sicle dj on avait cherch rendre les verres plus fusibles par des fondants4 ce compte1 les vitraux que nous faisons aujourd'hui seront perdus dans deux ou trois sicles4 ,note #cgh3 ,nos figures sont au quart de l'excution4 ,ces dessins nous ont t fournis par ,m4 ,boeswilwald1 qui a dirig la restauration de la sainte ,chapelle de ,saint-,germer4 ,note #cgi3 ,voyez les ,annales archologiques1 t4 ,x1 p4 #ha et suiv4 ,note #chj3 ,ces plombs non sertisseurs sont marqus par un trait vid4 ,note #cha3 ,voyez ,recherches sur les anciens vitraux incolores du dpartement de l',yonne1 par ,m4 mile ,am 7,didron71 #ahed4 ,,voirie1 s4 f4 ,sous le rgime fodal1 les routes et chemins appartenaient au seigneur sur la terre duquel s'ouvraient ces voies publiques4 ,le seigneur avait donc le droit de changer la direction de ces voies et de percevoir les pages destins leur entretien4 ,dans les villes1 la voirie dpendait1 soit de la municipalit1 soit du suzerain1 soit du seigneur possesseur de droits fodaux4 ,paris1 avant le ,x,i,i,ie sicle1 la voirie ne dpendait que du roi et de l'vque dans la circonscription de sa juridiction4 ,ce n'est qu' dater du rgne de ,philippe-,auguste que la lgislation de la voirie passe entre les mains du prvt4 ,dans la plupart des villes du ,languedoc qui avaient conserv presque intactes leurs formes municipales romaines1 le droit de voirie appartenait aux consuls qui1 ds lors1 exeraient la police des rues et places4 ,souvent la police de la voirie appartenait en commun deux pouvoirs dans une mme ville4 ,cette police consistait empcher qu'on ne ft des caves sous les rues1 qu'on n'tablit des perrons pouvant gner la circulation1 des saillies d'auvents prjudiciables aux passants ou aux voisinages1 qu'on y dpost des ordures4 ,les voyers veillaient l'entretien du pavage et l'coulement des eaux1 la rparation des puits banals et des fontaines1 la conservation des chanes4 ,on comprendra comment les droits de voirie1 souvent partags dans une mme localit entre plusieurs seigneurs1 furent l'occasion de nombreux conflits4 ,les ,olim contiennent en effet bon nombre d'arrts intervenus propos de ces discussions4 ,nous donnons ici un de ces arrts datant de #acab1 qui explique clairement la nature de ces conflits et comment ils taient tranchs par la cour du roi4 ,item de l'article ou quel li dit religieux disoient que li habitant de ladite ville 7de ,saint-,riquier7 ne povoient edefier1 faire1 refaire1 rapparelier 7rparer71 ni empeschier 7encombrer7 les fros 7terrains publics1 places1 voies7 de ladite ville en faisant1 edefiant1 refaissant ou rappareillant issues1 saillies1 huisseries1 huvrelas 7auvents71 appentiz1 estaures 7baies7 ou manoueles puys1 ne autres manires de ouvrages ou edefices1 viez ou noviaus1 es fros desus diz ne sur yceaus1 ne es lieus marchissans 7aboutissant7 as diz fros senz prendre congie au froquier 7voyer7 de ladite eglise 7du monastre de ,saint-,riquier72 les diz maieur1 jurez et commune proposanz au contraire3 ,oyes les raisons proposees d'une partie et d'autre1 veu et considere la vertu de leurs privileges1 termine est1 et par droit1 que li habitant de la dite ville ne povent ne pourront des ore en avant faire edefier1 refaire1 ne rapparelier tels manieres de edefices ne de ouvrages comme desus est dit1 senz requerre le congie dou dit froquier2 et se li requis1 il n'en woloit donner congie1 il le pourront faire1 mais il l'en doivent premierement requerre1 excepte que se il avenoit par aucune aventure que les manoueles des puis1 seans es fros de la dite ville1 cheoient ou brisoient1 et touz li autres edefices de celluy puis demourast en son estat1 et se aucune des parois des maisons de la dite ville1 tenanz es fros desus diz1 estoient percee ou crevee par faute de closture de verge1 de late ou de mortier1 le sueil1 les potiaus1 et toute l'autre charpenterie et mazonnerie de ladite paroy demoranz en leur estat2 termine est et esclarci que li habitant de la dite ville pourront refaire1 rapparelier1 mettre et remettre les dites manoueles des puis1 et refaire les pertuis des parois et edefices desus diz en la maniere que il est desus devise1 et faire huis et fenestres1 senz requerre le congie dou dit froquier1 sauf ce que se toute la charpenterie et mazonnerie demouroient en leur estat1 et les parois entre deuz cheoient jusques en la terre1 li habitant de la dite ville ne le povent faire ne refaire sans requerre congie ou dit froquier1 en la manire desus ditez4 ,et n'est mie oblier que se li mur et les portes dont la dite ville est fermee1 joignanz as fros1 depezoient en aucune partie ou cheoient dou tout jusques au reys de terre1 li habitant desus dit les porront faire et refaire senz requerre le congie dou dit froquier1 pour ce que la fermete de la dite ville est nostre#chb4 ,il rsulte de la teneur de cet arrt que1 malgr les prtentions de l'abb de ,saint-,riquier possdant sur la ville des droits fodaux1 les habitants peuvent rparer les maisons donnant sur les voies et places de ladite ville1 en prvenant le voyer de l'abbaye1 moins d'un cas de force majeure1 tel que la ruine d'un mur1 d'une maison1 d'une manivelle de puits1 auxquels cas les habitants peuvent immdiatement procder la rdification sans avertissement pralable4 ,en tout tat1 l'avis donn au voyer est inutile lorsqu'il s'agit de rparer les dfenses de la ville4 ,c'est ainsi que le pouvoir royal1 sans dtruire au fond les droits de voirie des seigneurs fodaux1 les annulait de fait en bornant ces droits une simple dclaration faite au voyer fodal1 dclaration qui d'ailleurs ne pouvait tre suivie d'une opposition aux rparations dclares4 ,quant aux murs de ville1 considrs par le suzerain comme lui appartenant1 s'il y avait lieu de les rparer1 il n'tait mme pas ncessaire de prvenir le voyer du seigneur ayant des droits fodaux sur les terrains de la cit4 ,ce n'tait que peu peu que le pouvoir royal parvenait ainsi prendre possession de la voirie des routes et des cits1 et les ordonnances des rois de ,france dater du ,x,i,i,ie sicle sont remplies de dcisions qui tendent centraliser entre les mains du suzerain les questions de viabilit4 ,avant cette poque1 les charges de voyers sont cres dans les villes riges en communes par le seigneur qui octroie la charte4 ,auxerre1 par exemple1 en #aaid1 la charte du comte de ,nevers qui institue la commune1 cre une charge de voyer et fixe la juridiction de cette charge#chc4 ,toutes les contestations dfres la cour du roi provoquaient gnralement un arrt qui pouvait tre considr comme un empitement du suzerain sur les droits fodaux ou des communes4 ,note #chb3 ,les ,olim1 publis par le comte ,beugnot1 t4 ,,ii1 p4 #efb1 ,collection des documents indits sur l'histoire de ,france1 #are srie4 ,note #chc3 ,baluze1 ,miscell41 ,,vii1 #cbf4 ,,volet1 s4 m4 ,fermeture de bois plein d'une fentre pose l'intrieur ou l'extrieur 7voyez ,,menuiserie74 ,,voussoir1 s4 m4--,voyez ,,claveau4 ,,voussure1 s4 f4 ,rangs de claveaux d'archivoltes qui enveloppent le tympan d'une porte 7voyez ,,porte74 ,on donne aussi aujourd'hui le nom de voussures des surfaces cintres qui forment la transition entre les murs d'une salle et le plafond2 mais ce genre de construction n'tait pas admis pendant le moyen ge3 il ne date que de la fin du ,x,v,ie sicle4 ,,vo,,te1 s4 f4 ,nous avons1 dans l'article ,,construction1 expliqu d'une manire gnrale comment1 du systme admis par les ,romains pour voter leurs difices1 les architectes du moyen ge taient arrivs des combinaisons de votes entirement nouvelles et se prtant tous les plans4 ,nous n'avons pas revenir ici sur ce que contient cet article1 sur les moyens employs pour rsister la pousse des votes1 mais dvelopper les divers procds admis en ,france du ,x,ie au ,x,v,ie sicle pour tracer ces votes et les tablir sur leurs points d'appui4 ,tout d'abord un fait doit fixer l'attention de l'observateur qui examine les votes construites sous l'empire par les ,romains3 c'est l'conomie apporte dans la construction de ces votes4 ,si grands btisseurs qu'ils fussent1 les ,romains apportaient dans leurs travaux des principes d'conomie que nous ne saurions trop mditer4 ,or1 puisqu'il s'agit ici des votes1 personne n'ignore que les causes de dpenses les plus importantes peut-tre dans la construction des votes1 ce sont les cintrages de bois qui sont ncessaires pour les porter jusqu'au moment o elles sont fermes et o elles peuvent se soutenir par la juxtaposition complte des matriaux qui les composent4 ,quand on examine quelques-uns de ces grands difices romains vots1 tels que les thermes d',antonin ,caracalla1 de ,diocltien1 la basilique de ,constantin ,rome1 etc41 on est tout d'abord dispos croire qu'il a fallu1 pour former ces vastes concrtions1 un norme cube de bois1 des cintrages d'une puissance prodigieuse2 par suite1 des dpenses provisoires perdues1 considrables4 ,cependant une tude plus attentive de ces votes fait bientt reconnatre qu'au contraire1 ces btisseurs1 pratiques avant tout1 avaient su fermer ces normes concrtions l'aide de moyens conomiques et d'une grande simplicit4 ,si l'on prend la peine d'analyser ces larges votes romaines1 berceaux1 votes d'arte1 coupoles1 on constate que ces surfaces courbes1 en apparence uniformes et homognes1 sont formes d'une suite de nerfs et mme de cellules de brique dont les intervalles sont remplis par un blocage compos de pierres lgres et de mortier4 ,ainsi1 pour fermer une trs-grande vote1 suffisait-il de poser un certain nombre de cintres de charpente1 relativement restreints et d'une force mdiocre1 de les runir par une forme de planches sur lesquelles la vote tait construite1 ainsi que nous allons le voir4 ,il arrivait mme que1 pour ne pas faire subir aux cintres lgers de charpente une pression laquelle ils n'eussent pu rsister1 les constructeurs formaient les nerfs principaux de rangs de briques superposs1 le premier servant de cintre demeure pour les suivants et dchargeant ainsi le cintre provisoire de charpente4 ,souvent mme le constructeur bandait sur des cintres trs-espacs1 runis seulement par des planches1 une vote en grandes briques poses plat1 vote qui n'avait qu'un poids insignifiant1 et sur cette vote1 sur cette coque lgre1 mais dj trs-rsistante1 il formait les nerfs principaux1 les cellules de brique1 et remplissait de blocage les intervalles4 ,notre figure #a expliquera cette mthode de construire les votes4 ,soit un berceau voter4 ,des cintres lgers de charpente ,a1 relevs1 ont t poss intervalles gaux1 leurs courbes commenant au niveau de la portion de vote qui a dj pu tre leve sans le secours d'un cintrage1 mais l'aide d'une simple tige de bois ou de cerces4 ,ces cintres ont t runis par des planches ou couchis ,b1 qu'il n'a pas t ncessaire de poser jointifs1 planches assez paisses pour ne pas plier sous la charge d'un homme4 ,sur ces planches1 les maons ont fait le carrelage ,c avec de grandes briques plates1 comme on construit encore de nos jours des votes en tuiles ou carreaux de terre cuite1 ciment ou pltre#chd4 ,ds lors les ouvriers opraient sur une crote solide1 homogne et pouvant rsister une charge4 ,les nerfs ,d ont t poss l'aplomb de chaque cintre et forms de grandes briques carres4 ,ces nerfs ont t disposs ainsi que l'indique le dtail ,x1 avec des doubles briques ab1 de distance en distance1 de manire pouvoir couler dans la rainure laisse entre elles des planches ,p normales la courbe4 ,le long de ces planches considres comme dossiers1 ont t poses les entretoises ,e en grandes briques se chevauchant4 ,aprs la prise du mortier maintenant les briques de ces entretoises1 les planches ,p ont t enleves1 puis les cellules restant vides ont t remplies d'un blocage de tuf ou de pierre ponce et de mortier4 ,il est vident que si1 partir du niveau ,n1 les maons avaient d bander une vote de #jm1#dj #jm1#ej d'paisseur en briques ou moellons par le procd ordinaire1 c'est--dire en montant peu peu les rangs de claveaux partir de ce niveau ,n jusqu' la clef1 il aurait fallu des cintres de charpente et des couchis trs-rsistants2 car1 ayant atteint le niveau ,m de la vote1 la pression de la btisse sur le cintrage et t trs-considrable et aussi forte sur les couchis que sur les cintres eux-mmes4 ,d'ailleurs les cintres de charpente se desschent1 jouent toujours quelque peu dans leurs assemblages1 et conservent difficilement leur courbure pendant plusieurs semaines1 s'ils sont coups sur un grand diamtre4 ,le carrelage ,c devant tre fait trs-rapidement et formant lui seul un cintrage1 les cintres de charpente pouvaient1 sous ce carrelage1 se desscher et se dformer sans inconvnients4 ,ils n'taient plus maintenus en place avec leurs couchis1 que comme un surcrot de prcautions4 ,on voit encore les traces de ce carrelage1 simple ou doubl1 dans beaucoup de votes romaines#che4 ,il recevait les enduits intrieurs qui adhraient sa surface au moyen des bavures du pltre ou du mortier qui runissait les briques poses plat4 ,si la vote tait d'arte1 le systme employ tait le mme1 et des arcs diagonaux de brique marquaient la pntration des demi-cylindres4 ,ces arcs diagonaux 7fig4 #b7 ne pouvaient tre poss la fois dans les deux plans courbes1 qui ne donnent un angle droit qu' la naissance de l'arte4 ,en effet1 lorsque deux demi-cylindres se coupent angle droit1 on sait que l'angle de rencontre des courbes devient de plus en plus obtus mesure qu'on s'approche du sommet ou de la clef de la vote4 ,un arc de brique ne pouvait mouler cette forme1 puisqu'il et fallu autant d'angles diffrents qu'il y avait de briques dans une branche d'arc4 ,les constructeurs romains posrent donc les cintres de charpente diagonaux suivant la ligne vraie de pntration1 puis ils placrent sur la courbe des cintres des veaux de bois b 7voyez en ,a71 laissant entre eux1 de distance en distance1 des intervalles c de moins en moins profonds mesure qu'on approchait du sommet de l'arc4 ,sur ces veaux le maon posait alors l'arc diagonal perpendiculaire au plan diagonal 7voy4 en ,b74 ,la section de cet arc est figure par le carr efgh1 les veaux comblant la diffrence ij1 et le cintre tant en k4 ,dans les intervalles c1 des briques doubles cornes taient poses1 ainsi que l'indiquent les trapzes opqr1 leur bord suivant la direction horizontale des deux cylindres4 ,on obtenait ainsi la structure indique en ,e4 ,deux rangs de ces briques parallles aux plans des votes permettaient de poser en l les planches qui 7comme il a t montr dans l'exemple prcdent7 permettaient de bander les entretoises m formant le cloisonnage dans lequel on maonnait les remplissages de blocage4 ,les saillies des briques espaces parallles aux plans des votes servaient tracer et maintenir l'arte1 faite en mme temps que l'enduit4 ,s'il s'agissait d'une coupole1 ou les nerfs de brique formaient comme des ctes engages dans la portion de sphre1 ainsi qu'on peut le voir la vote du temple dit de ,minerva ,medica1 ,rome1 ou ces nerfs composaient une suite d'arcs en faon d'imbrication1 comme dans la vote de la petite salle ronde des thermes de ,diocltien4 ,cette structure des votes prsentait donc les avantages suivants3 #a conomie de cintres2 #b rapidit d'excution1 sans avoir craindre cependant les accidents qui rsultent d'une interruption momentane dans le travail2 #c facilit d'employer des ouvriers de qualits diffrentes2 car1 pour remplir les cellules de blocage1 il n'tait besoin que de manoeuvres2 #d possibilit de dcintrer immdiatement aprs le remplissage des cellules1 et mme avant ce remplissage1 si l'on tenait remployer les cintres ailleurs1 puisque la crote compose de briques plat suffisait et au del pour recevoir ces remplissages des cellules2 #e lasticit pendant la dure du travail1 ce qui permettait d'viter les ruptures qui se manifestent dans une construction absolument homogne et qu'il faut un certain temps pour complter2 #f aprs le remplissage des reins1 concrtion parfaite4 ,dans la construction des trs-grandes votes1 qui1 par leur dveloppement mme1 ne peuvent tre fermes en un court espace de temps1 il se manifeste souvent des ruptures pendant le travail des ouvriers ou immdiatement aprs leur fermeture4 ,ces accidents se produisirent pendant la construction de la coupole de ,sainte-,sophie de ,constantinople1 d'une manire tellement grave1 qu'il fallut recommencer l'opration2 mais les ,romains des bas temps ne savaient plus btir comme leurs devanciers4 ,aprs la construction de la coupole de ,saint-,pierre de ,rome des dchirures se manifestrent4 ,il est ais de concevoir comment des surfaces courbes de cette tendue1 maonnes peu peu1 prsentent1 aprs l'achvement du travai1 des parties parfaitement sches et prises1 d'autres encore molles1 pour ainsi dire1 ou tout au moins lgrement compressibles4 ,c'est cette ingalit dans la prise des mortiers1 et par suite dans la compressibilit de ces surfaces1 qu'il faut attribuer les dsordres que l'on signale dans les grandes votes de maonnerie leves depuis les belles poques de l'empire4 ,mais si1 au lieu d'lever ces votes par assises1 par zones1 comme on le fait encore de nos jours1 on maonne rapidement une ossature bien entendue suivant la forme mme de la vote et les proprits de sa courbure1 ce qui est facile1 on peut prendre tout le temps ncessaire pour remplir les intervalles laisss entre cette ossature2 car celle-ci tablie1 la vote est faite1 elle prend son quilibre1 subit ses tassements sans tre gne1 sans se dchirer4 ,cette mthode devait conduire tout naturellement les constructeurs romains adopter les caissons pour leurs votes1 et surtout pour les votes sphriques4 ,voici pourquoi4 ,pour faire une vote sphrique1 il est ncessaire d'tablir des cintres rayonnants divisant la demi-sphre par ctes1 comme les degrs de longitude divisent la terre2 mais les couchis qui vont d'un cintre l'autre donnant des lignes droites1 il en rsultait1 ou que la vote tait compose d'une suite de plans1 ou qu'il et fallu faire une forme sur ces couchis pour arriver la courbe sphrique4 ,cela exigeait beaucoup de bois1 tait long1 et dispendieux par consquent4 ,des difficults plus graves surgissaient si la vote sphrique avait un trs-grand diamtre1 comme celle du ,panthon de ,rome1 par exemple#chf4 ,en supposant qu'on et voulu lever une vote couvrant une aussi grande surface par la mthode adopte dans les temps modernes1 c'est--dire par zones maonnes successivement sur cintres1 on comprend quelle puissance il et fallu donner ces cintres1 et comme il et t ncessaire d'assurer leur parfaite immobilit pendant un laps de temps trs-considrable2 or1 les bois l'air en aussi grande quantit1 et vu le nombre de leurs assemblages1 travaillent de telle sorte1 que1 malgr toutes les prcautions1 un cintrage de cette importance s'affaisserait peut-tre de #jm1#ej son sommet au bout de trois ou quatre mois4 ,il n'en faut pas tant pour compromettre l'excution d'une coupole de cette dimension4 ,mais si1 sur un cintrage relativement lger1 les constructeurs peuvent en trs-peu de temps bander une ossature lgre1 mais assez rsistante cependant pour permettre de complter la structure de l'norme demi-sphre1 sans se presser et sans craindre les tassements ou affaissements partiels1 le problme sera rsolu1 et l'on ne courra aucun risque1 car le dcintrage de la vote se rduira un enlvement de pices de bois dont la fonction sera devenue insignifiante2 il pourra se faire sans qu'il y ait prendre ces prcautions dlicates1 faute desquelles il peut survenir une catastrophe4 ,dans les constructions1 il ne faut jamais que l'oubli d'une prcaution1 une maladresse puissent occasionner un sinistre2 les procds pratiques doivent offrir toute scurit1 et rien ne doit tre livr au hasard ou la chance plus ou moins heureuse4 ,c'tait bien videmment ainsi que les architectes romains entendaient lever leurs btisses4 ,piranesi a donn une gravure de la construction de la coupole du ,panthon de ,rome2 mais nous ne savons sur quelle donne il a fait sa planche1 car de son temps1 pas plus qu'aujourd'hui1 on n'en pouvait reconnatre exactement la structure4 ,nous pensons que le systme qu'il indique est celui de l'extrados de la coupole qu'il aura pu voir pendant qu'on rparait la couverture de plomb2 il aura suppos que la combinaison visible l'extrieur devait se reproduire l'intrieur2 or1 cela n'est pas possible1 si l'on considre la disposition de cet intrieur et l'paisseur de la vote1 qui1 prs de la lunette1 n'a pas moins de #am1#ej4 ,les briques que l'on peut voir l'extrados ne traversent certainement pas l'paisseur de la vote2 donc la structure1 l'ossature visible l'intrieur peut tre diffrente de celle visible l'extrieur4 ,nous irons plus loin1 nous dirons que ces deux ossatures doivent tre absolument diffrentes1 et nous allons expliquer pourquoi4 ,quand les ,romains construisaient un arc-doubleau1 une tte de berceau portant charge1 ou mme un arc de dcharge1 ils avaient le soin de procder ainsi que l'indique la figure #c en ,a3 ils maonnaient1 partir de la naissance1 le quart de l'arc environ en rangs de briques liaisonnes1 puis les deux quarts restant en rangs de briques extradosses4 ,comme ils construisaient les arcs de dcharge avant les remplissages que ces arcs avaient pour fonction de soulager1 il fallait ncessairement cintrer ces arcs4 ,le systme des rangs d'arcs extradosss permettait de ne pas charger outre mesure le cintre de charpente son point le plus faible1 puisqu'on commenait par poser le premier rang de claveaux ,,de4 ,ce rang pos1 le cintre n'avait plus rien porter1 et l'on pouvait bander les deux autres arcs4 ,si cependant les constructeurs romains avaient eu seulement l'intention de ne pas charger le cintre de charpente1 du moment que le premier arc et t band1 ils auraient maonn le reste de l'paisseur de l'arc de briques liaisonnes1 en se servant du premier arc comme d'un cintre trs-suffisamment rsistant2 mais nous voyons au contraire que1 sans exception1 les parties suprieures des arcs-doubleaux ou de dcharge sont maonnes en rangs de briques extradosses4 ,cette mthode tait justifie par l'exprience4 ,si nous supposons l'arc ,a 7arc de dcharge du mur de prcinction du ,panthon de ,rome7 construit entirement en briques liaisonnes1 ainsi qu'il est trac en ,b1 et qu'il survienne un cartement dans les cules ,f1 ,g1 par suite d'une commotion telle1 par exemple1 qu'un tremblement de terre1 ou un tassement1 cet arc se rompra l'extrados en ,h1 et l'intrados la clef1 en ,i2 toutes les pressions viendront ds lors agir sur les deux artes ,k et sur l'arte ,l1 lesquelles1 si la charge est forte1 s'paufreront de telle sorte1 que le segment ,,kk ne portera plus4 ,mais si cet arc de dcharge a t construit ainsi que ceux du ,panthon 7voy4 en ,a71 et que l'cartement ait lieu dans les cules 7voy4 en ,c71 les trois arcs extradosss s'inflchiront1 s'ouvriront1 et les charges se rpartiront sur six artes d'intrados en ,m et trois artes d'extrados en ,n1 la clef4 ,les angles de brisures seront moins allongs et le dsordre moins considrable que dans l'exemple ,b4 ,on comprend donc pourquoi ces arcs de brique sont toujours extradosss dans leur partie suprieure1 c'est--dire dans la partie qui porte la charge2 c'tait pour conserver une certaine lasticit que ne pouvaient avoir des arcs homognes dans leur paisseur4 ,ce principe appuy sur l'observation1 si simple d'ailleurs1 mais si peu suivi dans l'architecture moderne1 tait1 plus forte raison1 appliqu aux coupoles d'un grand diamtre4 ,conformment la mthode explique dans la figure #a et par les raisons donnes plus haut1 il tait ncessaire qu'une coupole comme celle du ,panthon ft rapidement bauche1 pour ainsi dire1 sur ces cintrages1 que les ,romains tenaient faire lgers et avec des bois courts autant que possible1 afin d'viter les dpenses inutiles1 les difficults de pose et le gaspillage des charpentes4 ,pour expliquer clairement la mthode des constructeurs romains lorsqu'ils voulaient fermer de grandes coupoles1 nous prenons comme type le ,panthon de ,rome4 ,la figure #d prsente une section de cette vote hmisphrique4 ,le mur de prcinction1 avec ses chambres de dcharge si habilement combines1 a t lev jusqu'au niveau ,n avec le commencement de la vote1 divise par vingt-huit caissons dans son pourtour et qui laissaient entre eux vingt-huit bandes pleines comme autant de ctes qui se perdent dans la partie unie de la calotte comprise entre le point a et la lunette ,l4 ,ces vingt-huit bandes indiquent la place des cintres de charpente ,c aboutissant une lanterne de charpente compose de vingt-huit poteaux et de deux fortes enrayures4 ,nous supposons ces cintres faits de bois courts et suivant la mthode des charpentes romaines reproduites sur les bas-reliefs de la colonne ,trajane4 ,il n'y avait pas songer1 moins de dpenses prodigieuses1 poser des cintres portant de fond1 avec entraits4 ,ce systme de cintrage1 qui1 du reste1 est encore usit ,rome et dans une partie de l',italie1 est solide1 mais ne saurait supporter une trs-lourde charge4 ,les vingt-huit demi-fermes de cintres poses1 il s'agissait de les runir par des entretoises et de composer les couchis qui devaient recevoir la vote de maonnerie4 ,si les constructeurs avaient prtendu sur ces charpentes fermer une calotte telle que celle dont nous donnons la section1 il est vident que les cintres auraient t dforms par la charge ds que les maons seraient arrivs au point ,p1 car il n'tait pas possible1 sur une aussi grande surface1 de bander en mme temps toute une zone de la coupole4 ,certains points eussent t accidentellement plus chargs que d'autres1 d'o il et pu s'ensuivre des dsordres irrmdiables4 ,on voit en ,a un huitime du plan horizontal de ce systme de cintrage4 ,en coupe1 les caissons se profilent de telle sorte que leurs listels sont vus du centre de l'difice sur le pav4 ,c'est--dire 7voyez en ,r le dtail de la section de l'un des caissons de la deuxime zone7 que l'oeil du spectateur plac au centre de l'difice sur le sol aperoit les listels o dans toute leur largeur1 les coupes de leurs paisseurs tendant ce point visuel4 ,le cintrage ainsi dispos1 il s'agissait de trouver la mthode la plus expditive et la plus conomique pour maonner cette norme calotte hmisphrique4 ,le dtail de cette opration est expliqu dans la figure #e4 ,en ,a sont les cintres4 ,pour relier les courbes et pour poser les entretoises1 des liens a ont t clous latralement1 comme on le ferait pour des plates-bandes4 ,ces liens portent chacun deux entailles qui reoivent les entretoises ,e1 lesquelles sont entailles mi-bois en e pour recevoir les cerces de doublures ,c4 ,des planchettes-couchis p runissent les deux entretoises et reposent en feuillure4 ,il reste donc des chssis vides ,f qu'il s'agit de fermer4 ,or1 l'ossature de la charpente ainsi combine1 parfaitement solide et aussi lgre que possible1 indiquait le travail incombant aux maons4 ,ceux-ci profitant de la membrure de bois pour poser des nerfs de brique1 il tait inutile de remplir l'intervalle entre ces nerfs par une pleine maonnerie4 ,c'tait le cas de profiter1 au contraire1 de ces vides ,f laisss entre la membrure pour allger cette maonnerie4 ,donc1 au lieu de fermer ces vides ,f avec des couchis ordinaires sur le chssis1 compos des entretoises et des cerces de doublures1 on posa un autre chssis saillant g1 sur celui-ci un second chssis galement saillant h1 puis un troisime i1 puis1 toujours en retraite1 un panneau de planches4 ,en coupe1 ces trois chssis et le panneau donnaient le profil indiqu en ,r dans la figure #d2 ainsi se trouvait indiqu en saillie sur le cintrage le moule du caisson4 ,les maons pouvaient ds lors excuter trs-rapidement leur travail1 comme l'indique le trac ,b figure #e4 ,ils bandaient sur les cintres les nerfs de brique ,g1 runis au droit des entretoises par les trsillonnements ,h1 galement de brique1 lgrement bombs et poss sur une cerce de bois que l'on enlevait sitt l'trsillon band4 ,cette membrure de brique1 rptant exactement la membrure de bois1 laissait visibles les caissons1 sur lesquels il n'y avait plus qu' maonner un blocage de matriaux lgers et mortier 7voyez en ,s74 ,il est clair qu'au droit des panneaux ,m1 ce blocage tait beaucoup plus mince qu'il ne l'tait le long des membrures4 ,ce blocage cellulaire formait alors comme autant de votains carrs compris entre les nerfs ctiers1 ou longitudes1 et les bandes zonales1 ou latitudes1 de brique4 ,cette premire opration1 qui pouvait tre rapidement termine1 formait une crote trs-rsistante1 bien pondre1 lgre cependant1 et qui rendait dornavant le cintrage de bois superflu4 ,celui-ci pouvait se desscher1 jouer dans ses assemblages1 sans qu'il pt en rsulter le moindre dsordre4 ,mais une vote hmisphrique de cette tendue1 d'une paisseur de #jm1#ej environ1 au droit des nerfs1 n'et pu offrir des garanties de dure srieuses pour des constructeurs qui prtendaient ne rien abandonner aux chances d'accidents1 tels qu'un ouragan1 une forte pression atmosphrique1 une oscillation du sol 7et ,rome n'en est pas exempte74 ,il fallait que ce rseau tout compos de nerfs relativement minces ft prserv1 enserr1 brid par une enveloppe protectrice4 ,la calotte hmisphrique rgularise l'extrados par un btonnage1 ou plutt un enduit grossier1 les constructeurs cherchrent le moyen le plus propre garantir cette coque lgre et fragile4 ,c'est alors qu'ils durent adopter le systme entrevu par ,piranesi1 systme qu'explique la figure #f4 ,de toutes les grandes coupoles connues et encore entires1 celle du ,panthon d',agrippa est la seule qui ne soit pas lzarde4 ,celle de ,sainte-,sophie a d tre restaure plusieurs reprises2 celle de ,saint-,pierre de ,rome est fissure d'une manire assez grave#chg4 ,nous croyons donc que c'est grce ce systme double que la coupole du ,panthon de ,rome doit de s'tre conserve intacte1 malgr des commotions terrestres qui1 plusieurs reprises1 causrent des accidents certains difices de cette ville4 ,nous n'avons pu vrifier le fait de ce rseau d'arcs doublant la calotte caissons2 seule l'indication de ,piranesi peut fournir un renseignement4 ,mais certaines dispositions du tambour de l'difice ne nous laissent gure de doutes cet gard4 ,en effet1 si l'on jette les yeux sur la figure #d1 on voit que ce tambour 7voy4 le huitime du plan en ,a7 prsente une suite de parties pleines et de vides qui concident avec les points d'appui et les niches infrieures formant aujourd'hui chapelles4 ,sachant que les ,romains1 dans leurs constructions1 ne font jamais rien qui ne soit motiv1 on ne pourrait comprendre pourquoi ces contre-forts ,t ont t ainsi rservs1 s'ils ne devaient pas contribuer d'une manire efficace au maintien de la coupole4 ,ces contre-forts ,t ne sont pas disposs au droit des nerfs des caissons2 ils ont une fonction distincte2 fonction explique par le rseau d'enveloppe que reprsente la figure #f4 ,pour former ce rseau1 la calotte caissons servait de cintrage1 et il suffisait de cerces de bois lgres pour bander les arcs appuys sur l'extrados de cette calotte4 ,ces arcs bands1 il n'y avait plus qu' garnir les intervalles avec une maonnerie 7blocage7 de matriaux lgers1 ainsi qu'il est indiqu en ,b sur la figure #f4 ,l'conomie des cintres proccupait si fort les constructeurs romains1 que mme lorsqu'ils ont fait des votes en pierre appareilles1 d'une assez grande largeur 7ce qui est rare71 comme par exemple dans le monument de ,nmes connu sous le nom des ,bains de ,diane1 ils ont pos des arcs-doubleaux sur cintres1 et ces arcs-doubleaux ont eux-mmes servi de cintres pour poser de grandes dalles entre eux1 comme on pose des couchis4 ,notre figure #g explique ce genre de construction de votes4 ,dans ce dernier cas1 les constructeurs ont fait l'conomie de tous les couchis de bois1 puisque les paisses dalles de pierre reposent chacune de leurs extrmits sur les arcs-doubleaux4 ,il est vident1 donc1 que dans la construction de leurs votes1 les ,romains ont conomis1 autant que faire se pouvait1 la matire et le temps1 par consquent n'ont jamais fait de dpenses inutiles4 ,on cite peine un ou deux exemples de votes d'arte avec coupes appareilles dans tous les difices de la ,rome antique4 ,par ce mme motif d'conomie1 ont-ils vit les pntrations1 les arrire-voussures1 les pendentifs d'appareil1 dont nos architectes modernes qui prtendent avoir tudi l'architecture antique pour en tirer un profit1 se montrent si prodigues1 au grand dommage de nos finances#chh4 ,nous devions nous tendre quelque peu sur le systme de structure des votes romaines pour mieux faire saisir certaines analogies entre ce systme et celui adopt en ,france vers le milieu du ,x,i,ie sicle4 ,analogies de principes1 comme on va le voir1 non de formes2 ce qui prouve une fois de plus que des principes vrais1 tablis sur une observation juste et un raisonnement logique1 ne sont point une entrave dans l'art de l'architecture1 mais au contraire la seule force productrice4 la fin de l'empire dj1 ces mthodes employes dans la construction des votes s'taient altres2 les constructeurs ngligeaient d'appliquer rgulirement les procds admis dans les difices romains jusqu'aux ,antonins4 ,byzance1 les grandes votes de l'glise de ,sainte-,sophie sont grossirement faites4 ,il va sans dire que pendant les premiers sicles du moyen ge1 les dernires traces de ces traditions de la bonne poque romaine taient effaces4 ,on cherchait reproduire sur de petites dimensions les formes apparentes des votes romaines1 mais on n'en connaissait plus la vritable structure4 ,ce n'est qu'au commencement du ,x,i,ie sicle qu'il se manifeste tout coup un progrs dans la structure des votes1 et qu'apparat l'embryon d'un systme nouveau en ,occident4 ,ce phnomne se produisant au moment des premires croisades1 il tait assez naturel d'attribuer ce brusque dveloppement une influence orientale2 mais les documents que l'on avait pu recueillir jusqu' ces dernires annes ne venaient gure confirmer ces conjectures priori1 lorsque ,m4 le comte ,melchior de ,vog entreprit un voyage dans la ,syrie centrale4 ,accompagn par un jeune architecte1 habile dessinateur1 ,m4 ,duthoit1 ,m4 le comte de ,vog rapporta de ces contres une masse de documents d'une haute importance pour l'histoire de notre art franais1 car ils nous donnent l'explication des progrs qui se manifestrent si rapidement en ,occident ds les premires annes du ,x,i,ie sicle#chi4 ,en effet1 ces monuments de la ,syrie centrale dus une civilisation grco-romaine prsentent un caractre particulier4 ,dans leur structure1 les lments grec et romain ne sont pas juxtaposs1 comme il arrive dans les difices de la ,rome impriale2 ils se mlent sous l'influence de l'esprit clair et logique du ,grec4 ,nous avons maintes fois fait ressortir cette singulire disposition de l'architecture romaine de l'empire#cij1 qui ne considrait l'art grec que comme une dcoration quasi indpendante de la structure2 si bien que1 dans tout difice romain1 on peut enlever cette parure emprunte l'art grec sans affecter l'organisme1 pour ainsi dire1 de la btisse romaine4 ,les difices grco-romains de la ,syrie centrale procdent tout diffremment3 les deux structures grecque et romaine se prtent un mutuel concours3 il n'y a plus l'ossature et le vtement qui la couvre1 mais un corps complet dans toutes ses parties4 ,l'arc et la plate-bande ne sont plus runis en dpit de leurs proprits1 ainsi que cela se voit si frquemment dans l'architecture de l'empire1 mais remplissent leurs vritables fonctions4 ,ce rationalisme dans l'art exera videmment une influence sur les ,occidentaux1 qui se prcipitrent en masses compactes dans ces contres la fin du ,x,ie sicle4 ,il ne s'agissait plus de suivre de loin les traditions affaiblies de l'art imprial2 les croiss trouvaient dans les villes dj abandonnes1 mais encore debout1 du ,hauran1 une architecture nouvelle pour eux1 claire dans ses expressions comme une leon bien faite1 fertile en dductions1 facile comprendre et pouvant tre approprie tous les besoins4 ,dans ces difices1 la vote d'arte n'existe pas1 tout tant bti d'appareil1 mais bien le berceau1 la coupole et le cul-de-four4 ,les arcs-doubleaux et archivoltes sont frquents1 et ces arcs-doubleaux qui forment traves portent1 ou des plafonds de pierre1 ou des charpentes1 suivant que les localits possdaient ou ne possdaient pas de bois4 ,nous allons rechercher comment ces dispositions ont d avoir une influence directe sur la construction de nos votes occidentales1 et firent abandonner le mode de structure des ,romains4 ,voici 7fig4 #h7 un fragment de la basilique de ,chagga#cia1 dont la construction date du ,i,ie ou du ,i,i,ie sicle de notre re4 ,les traves de cette basilique sont troites 7#bm1#ej d'axe en axe des piles1 en moyenne7 et sont couvertes1 entre les arcs-doubleaux1 par des dalles paisses2 une couche de terre battue revtue d'un enduit formait une terrasse tanche sur le dallage suprieur4 ,la construction se compose de piles section carre portant des arcs-doubleaux sur la nef principale1 contre-buts par d'autres arcs-doubleaux bands sur les collatraux1 lesquels soutiennent une galerie de premier tage donnant sur cette nef centrale4 ,le caractre particulier cette construction1 ce sont ces arcs-doubleaux qui composent l'ossature intrieure de l'difice4 ,rien de semblable dans les constructions romaines occidentales de l'empire4 ,la vote romaine maonne comme nous venons de le montrer au commencement de cet article1 possde rarement des arcs-doubleaux apparents#cib1 puisque ces arcs sont noys dans l'paisseur mme de la vote1 ne sont que des nerfs cachs4 ,pour les architectes occidentaux1 si fort empchs1 cette poque1 lorsqu'ils prtendaient tablir des votes sur le plan de la basilique romaine 7voyez ,,architecture ,,religieuse71 la vue d'un difice comme la basilique de ,chagga1--et la ,syrie centrale en possde encore plusieurs conformes ces dispositions1--devait leur faire natre la pense d'appliquer ce mode de structure en remplaant les dallages1 qui ne pouvaient convenir aux climats de l',occident1 ni la nature des matriaux dont ils disposaient1 par une vote en berceau sur la nef centrale1 par des votes d'arte sur les nefs basses1 et par un demi-berceau sur le triforium pour permettre l'tablissement de couvertures inclines et contre-buter le berceau central4 ,ces dductions se prsentaient naturellement l'esprit des constructeurs occidentaux1 si nafs qu'on les veuille supposer4 ,la coupe de la basilique de ,chagga 7fig4 #i7 donne le trac ,a2 deux traves du plan tant projetes en a4 ,subissant la ncessit de couvrir leurs difices par des pentes assez roides pour recevoir de la tuile1 et ne pouvant par consquent employer le systme de dallages des architectes syriens1 les artistes occidentaux1 en voulant appliquer le principe si simple de ces basiliques1 n'avaient qu' relever les grands arcs-doubleaux de la nef1 comme l'indique en ,c la coupe ,b1 runir ces arcs-doubleaux par un berceau concentrique leur extrados1 bander un demi-berceau ,d sur le triforium1 entre les arcs-doubleaux ,e et des votes d'arte1 suivant le mode byzantin#cic1 entre les arcs-doubleaux infrieurs ,f des collatraux4 ,la substitution des votes aux dallages entranait forcment l'cartement des piles ,p4 ,les archivoltes ,g taient conserves1 mais avec un diamtre gal celui des arcs-doubleaux ,f1 et d'autres archivoltes ,i1 ou une claire-voie portait le berceau central4 ,mais les archivoltes ,g destines recevoir les votes des collatraux s'avanaient au ras intrieur des piles ,p1 et alors1 pour porter les arcs-doubleaux suprieurs ,c1 il fallait ajouter ces piles un appendice ,l sous la forme d'une colonne engage4 ,d'une construction dans laquelle l'arc et la plate-bande taient simultanment employs avec un sentiment exquis du vrai1 les architectes occidentaux arrivaient faire1 sans trop d'efforts1 un monument entirement vot4 ,cependant cette modification1 en apparence si simple1 suscitait des difficults de dtail qui ne furent rsolues que peu peu4 ,mais telle est la puissance d'un premier enseignement clair et logique1 que tout travail qui en dcoule se fait sous cette premire influence4 ,les constructeurs occidentaux1 en voyant cette architecture grecque de la ,syrie1 apprenaient raisonner2 aussi1 dater de cette poque1 leurs oeuvres si confuses jusque-l1 toutes bourres de traditions mal comprises1 reproduisant1 en les abtardissant de plus en plus1 les formes de l'antiquit romaine1 s'lvent1 progressent en s'appuyant sur le raisonnement1 sur ces principes lgus par les derniers des ,grecs4 ,cette coupe ,b est celle de la plupart de nos glises romanes construites au commencement du ,x,i,ie sicle en ,auvergne1 dans le ,languedoc1 la ,provence et le ,lyonnais4 ,on peut aisment constater qu'il y a moins de dissemblance entre la coupe ,a et la coupe ,b qu'entre un monument vot quelconque de ,rome et cette coupe ,b4 ,cet arc-doubleau plein cintre ,e du triforium1 que l'on retrouve dans les galeries des basiliques romanes de l',auvergne et du ,languedoc1 et qui ne peut s'expliquer avec la vote en demi-berceau 7voyez ,,triforium71 est un vestige persistant de cette influence du monument syrien4 ,quant aux difficults de dtail dont nous venons de parler1 voici en quoi elles consistaient tout d'abord4 ,les piles de la basilique de ,chagga 7voy4 en a7 sont section carre1 ce qui tait naturel1 puisque ces piles ne reoivent que deux arcs-doubleaux1 et que l'archivolte qui unit ces piles nat en pntration au-dessus de la naissance des deux arcs-doubleaux 7voy4 la figure #h74 ,mais nous voyons que dj dans la coupe ,b les archivoltes ,g qui runissent les piles ont leur naissance au niveau des naissances des arcs-doubleaux ,f 7voy4 la figure #i74 ,l'extrados de ces archivoltes ,g ne se dgage donc qu'au-dessus de cette naissance1 et1 par suite1 la naissance de la vote d'arte ne pouvait s'tablir qu'au point relev de ce dgagement1 ce qu'indique le trac perspectif 7fig4 #aj74 ,il y avait l un embarras1 une de ces difficults de dtail dans l'art du constructeur1 qui contraint bientt celui-ci1 pour peu qu'il raisonne1 trouver une solution satisfaisante2 or1 tous ceux qui ont pratiqu cet art et qui ne se contentent pas d' peu prs1 qui veulent trouver la solution vraie1 savent combien ces recherches entranent modifier certaines formes qui paraissent consacres par le temps4 ,et c'est prcisment dans la manire de rsoudre ces difficults dater des premires annes du ,x,i,ie sicle1 que l'on reconnat la puissance de cet enseignement logique puis en ,orient par nos matres franais de cette poque4 ,d'abord ces matres raisonnent ainsi3 puisqu'il y a deux arcs-doubleaux et deux archivoltes naissant au mme niveau1 et qu'entre ces arcs-doubleaux et ces archivoltes il faut 7sur leur extrados7 bander des votes d'arte1 il est de toute ncessit que la pile donne exactement la section des claveaux de ces arcs1 qu'ils trouvent sur elle leur place1 par consquent la section carre ne peut convenir pour la pile2 alors ils tracent la pile ,h 7voyez figure #i74 ,ainsi les arcs-doubleaux trouveront leur assiette en d1 les archivoltes en b1 et les artes des votes natront dans les angles rentrants e qui sont les points de rencontre des extrados de ces arcs4 ,mais bientt1 quand les monuments vots prennent plus d'ampleur1 ces architectes reconnaissent que les archivoltes qui portent les murs latraux et la vote en berceau doivent avoir plus d'paisseur que les arcs-doubleaux qui n'ont pas de charge1 que ces naissances de votes d'arte dans les angles demandent1 ou un appareil spcial1 ou affament la pile en rduisant les tas de charge2 alors ils tracent les piles suivant le plan ,k4 ,les archivoltes se dgagent en f1 l'arc-doubleau des latraux en g2 les angles h reoivent les naissances des votes d'arte2 les angles i1 les archivoltes de dcharge au-dessus de la claire-voie du triforium1 et le grand arc-doubleau du berceau central1 ayant la largeur mm1 porte sur le tailloir d'un chapiteau reposant sur la colonne engage4 ,mais les archivoltes f et l'arc-doubleau g ont une paisseur plus grande que n'est l'espace op1 d'o il rsulte que l'arte h de la vote doit s'lever verticalement jusqu'au moment o l'paisseur rp des claveaux se dgage de cette arte2 alors les constructeurs ajoutent encore une colonne engage au devant des pilastres des archivoltes et de l'arc-doubleau postrieur1 afin d'avancer les claveaux de ces arcs de manire les dgager entirement ds leur naissance4 ,ainsi se compose peu peu1 et commande par les dductions tires de la construction des votes1 la pile romane du ,x,i,ie sicle4 ,tant qu'on n'avait pas sous les yeux ces monuments de la ,syrie centrale1 il tait difficile de se rendre compte des motifs qui avaient fait adopter1 pendant la dernire partie de la priode romane1 ces arcs-doubleaux sparant les traves des difices vote1 puisque les ,romains ne sparaient pas leurs traves de votes par des arcs-doubleaux4 ,les difices syriens nous donnent la solution de cette question4 ,dans ces difices1 les arcs-doubleaux sont1 par suite d'un raisonnement trs-juste1 faits pour franchir des espaces trop larges pour tre couverts par des plates-bandes ou par des charpentes1 dans un pays o les bois longs taient rares2 ces arcs portent de grandes dalles1 comme dans l'exemple prcdent1 ou des pannes4 ,c'est ce qui nous fait dire que ces artistes syriens avaient su allier1 mieux que ne l'avaient fait les ,romains1 l'arc et la plate-bande4 ,les architectes occidentaux ont conserv les arcs-doubleaux comme l'ossature naturelle de tout difice bti de pierre2 seulement1 entre ces arcs1 ils ont band des votes suivant la tradition romaine1 soit en berceau1 soit d'arte4 ,mais ,byzance1 ,sainte-,sophie1 dj la vote d'arte romaine s'tait modifie4 ,sa clef centrale tait habituellement alors pose au-dessus du niveau des extrados des clefs d'arcs-doubleaux 7voyez figure #aa71 si toutefois on peut donner le nom d'arcs-doubleaux des arcs peine saillants sur le nu interne de la vote4 ,l'arc ,a1 par exemple1 de la figure #aa n'tait que le nerf de brique1 romain qui1 au lieu d'tre entirement noy dans l'paisseur de la vote1 ressortait quelque peu4 ,on remarquera d'ailleurs que ces arcs ,a1 ,b1 ,c sont au nu de la vote1 sa naissance en ,d sur les tailloirs carrs des chapiteaux1 et ne prononcent leur saillie qu'en se rapprochant de la clef4 ,en un mot1 ces arcs ne sont pas concentriques la vote1 laquelle est une sorte de compromis entre la coupole et la vote d'arte4 ,or1 c'est ce principe de structure qu'adoptent gnralement nos architectes occidentaux dans la construction de leurs votes d'arte la fin du ,x,ie sicle2 c'est suivant ce systme que sont faites les votes de la nef de l'glise abbatiale de ,vzelay1 qui datent des premires annes du ,x,i,ie sicle1 et ce n'tait pas sans raison que ce parti avait t adopt4 ,ces votes bombes offraient plus de rsistance que les votes engendres par deux cylindres se pntrant angle droit4 ,nous dveloppons tout ce qui touche cette question dans l'article ,,construction1 il n'est donc pas ncessaire de revenir ici sur ce sujet1 d'autant qu'alors1 au commencement du ,x,i,ie sicle1 on n'apportait pas1 dans la pratique de la structure1 les soins que les ,romains avaient su y mettre4 ,on ne fabriquait plus ces belles et grandes briques carres qui permettaient de noyer des nerfs rsistants dans l'paisseur des votes et d'obtenir des artiers bien bands2 faits de tuf ou de moellons irrguliers1 trs-rarement de moellons piqus1 les artiers n'offraient pas de cohsion et tendaient se dtacher4 ,plus le constructeur se rapprochait de la coupole1 plus il vitait les chances de rupture des artiers1 puisque ceux-ci formaient peine un pli saillant l'intrados jusqu' la moiti environ de leur dveloppement1 pour se perdre dans un ellipsode en se rapprochant de la clef4 ,d'ailleurs1 pour tracer les cintres diagonaux de charpente1 il n'tait pas besoin de chercher la courbe de rencontre des deux cylindres1 il suffisait de tracer un demi-cercle dont le diamtre tait la diagonale du paralllogramme voter#cid4 ,sur ces arcs diagonaux et sur l'extrados des arcs-doubleaux et formerets1 on posait des couchis1 puis on faisait avec de la terre la forme bombe ncessaire sur chacun des triangles1 de manire se rapprocher plus ou moins d'une coupole4 ,on maonnait alors sur ce moule1 sans qu'il ft besoin de prendre des dispositions particulires pour les artiers1 sensibles seulement au dpart et inapprciables la clef4 ,ces sortes de votes ont intrieurement l'apparence que prsente notre figure #ab1 et toute la surface courbe comprise entre les points ,a1 ,c1 ,b1 ,d1 tait1 ou un sphrode1 si la vote tait ferme sur un plan carr1 ou un ellipsode1 si elle tait ferme sur un plan barlong4 ,mais avant d'entrer dans quelques dveloppements ce sujet1 il est ncessaire de faire connatre les ttonnements qui prcdrent et provoqurent la rvolution qui se fit dans l'art de construire les votes au milieu du ,x,i,ie sicle4 ,nous avons dit que les ,romains vitaient autant que possible les pntrations de berceaux de votes1 comme prsentant des difficults et des pertes de temps pour le constructeur4 ,les ,romains1 en effet1--et cela ressort de l'tude de leurs monuments1--cherchaient conomiser sur le temps1 c'est--dire qu'ils prtendaient1 tout en btissant de manire assurer une parfaite solidit et une longue dure aux constructions1 obtenir un rsultat dans le plus court espace de temps4 ,ils vitaient donc les appareils demandant un trac compliqu et une taille longue4 ,s'ils avaient un berceau de vote faire pntrer dans une salle vote1 ils tenaient la clef de ce berceau pntrant au-dessous de la naissance du berceau qui et d tre pntr4 ,exemple 7fig4 #ac71 soit une galerie ,a vote en berceau3 le berceau de la galerie ,b communiquant la premire tait band1 sa clef ,c au-dessous de la naissance du berceau ,d4 ,le ,colise ,rome1 les arnes d',arles et de ,nmes prsentent cette structure chaque pas4 ,mais encore les claveaux de ces berceaux1 lorsqu'ils sont appareills en pierre1 au lieu d'tre relis1 sont juxtaposs1 ainsi que le montre notre figure4 ,ce systme d'appareil est visible1 non-seulement dans les arnes d',arles et de ,nmes1 mais aussi l'aqueduc du ,gard et dans beaucoup d'autres difices de l'empire4 ,il est clair que cette mthode conomisait le temps et la dpense2 car il n'tait besoin que d'un panneau pour les tailleurs de pierre1 et chaque joint1 d'un cintre de charpente1 au lieu d'une suite de couchis sur cintres4 ,la pose1 en ce cas1 se fait beaucoup plus rapidement que lorsqu'on veut croiser les joints des claveaux4 ,les architectes du moyen ge usrent parfois de ce procd1 notamment en ,provence1 o ils avaient sous les yeux les exemples de l'antiquit2 mais les plans qu'ils adoptaient pour certaines parties d'difices1 comme les bas cts pourtournant les sanctuaires des glises1 bas cts sur lesquels s'ouvrent des chapelles1 ncessitaient des berceaux annulaires pntrs normalement par d'autres berceaux4 ,il y avait l une difficult relle pour la solution de laquelle on ne pouvait recourir aux structures romaines1 qui ne prsentent pas d'exemples de ce genre de votes4 ,les ,byzantins avaient essay de construire des votes reposant sur des colonnes et formant des pntrations de cylindres1 de cnes ou d'ellipsodes2 mais il faut reconnatre que ces tentatives sont grossires1 ne procdent que par ttonnements1 et ne donnent pas comme rsultat une mthode gomtrique pouvant tre formule4 ,malgr les difficults que soulevait la construction des votes d'un collatral pourtournant un sanctuaire reposant sur des colonnes1 en partant de la donne romaine ou byzantine1 il est croire que l'on tenait fort cette disposition du plan1 car les architectes occidentaux ne cessrent de chercher la solution de ce problme depuis le commencement du ,x,i,ie sicle jusqu' ce qu'ils l'aient rsolu d'une manire complte la fin de ce sicle4 ,il faut reconnatre mme que cette longue suite d'essais ne contribua pas mdiocrement dvelopper le systme d'o procde la vote d'arte du ,x,i,i,ie sicle2 systme excellent1 puisqu'il permet toutes les combinaisons imaginables en n'employant toujours qu'un mme procd4 ,rien n'est tel1 pour faire apprcier la marche progressive d'un travail qui demande les efforts de l'intelligence et les combinaisons successives de l'exprience appuye sur une science positive comme la gomtrie1 que de suivre pas pas les solutions approximatives plus ou moins heureuses du problme pos1 que de montrer chaque perfectionnement1 l'abandon de certaines mthodes qui ne sauraient conduire la solution dfinitive4 ,c'est ce que nous allons essayer de faire1 propos de ces votes pourtournant les sanctuaires1 en passant successivement par les combinaisons qui se prsentrent aux architectes du moyen ge depuis le point de dpart qui leur tait donn1 jusqu' la complte solution du problme pos par eux-mmes4 ,les ,romains avaient band des votes d'arte sur des piles isoles section carre1 ds les premiers temps de l'poque impriale et peut-tre mme sous la rpublique1 pour couvrir des citernes1 des tages infrieurs4 ,ces votes ne possdaient pas d'arcs-doubleaux2 c'taient des demi-cylindres se croisant angle droit1 conformment au plan 7fig4 #ad74 ,lorsque les ,byzantins voulaient voter des galeries circulaires portes d'un ct sur des colonnes isoles1 ils bandaient des archivoltes d'une colonne l'autre1 et au-dessus des clefs de ces archivoltes ils construisaient un berceau annulaire1 ou bien1 du mur de prcinction1 ils levaient un demi-berceau qui appuyait sa ligne de clefs sur le mur lev au-dessus des archivoltes4 ,ils vitaient ainsi les votes d'arte1 c'est--dire les pntrations des archivoltes dans le berceau annulaire1 et en cela ils suivaient la tradition romaine4 ,mais ce mode de structure obligeait les architectes perdre une hauteur considrable au-dessus des archivoltes1 et lever d'autant les constructions1 si l'on voulait trouver au-dessus de ces collatraux circulaires1 soit une galerie de premier tage1 soit un fenestrage4 ,on prit donc le parti1 la fin du ,x,ie sicle1 en ,occident1 de faire pntrer les archivoltes dans le berceau annulaire4 ,or1 en ce cas1 voici d'abord la difficult qui se prsente4 ,dans un sanctuaire port par des colonnes 7fig4 #ae71 ou1 si les tailloirs des chapiteaux sont carrs1 comme en ,a1 les archivoltes sont plus larges en ab qu'en cd1 ou si l'on veut que les douelles des claveaux de ces archivoltes soient parallles1 les tailloirs des colonnes doivent donner des trapzes en projection horizontale1 comme en ,b4 ,dans le premier cas1 ces archivoltes sont des portions de cnes2 dans le second1 elles sont prises dans un cylindre3 mais ces tailloirs en forme de trapzes1 si la courbe du sanctuaire n'est pas trs-dveloppe1 sont d'un effet trs-dsagrable l'oeil1 et donnent des angles aigus qui rsistent mal la charge4 ,vus sur la diagonale1 ces chapiteaux paraissent plus saillants d'un ct que de l'autre1 et semblent mal reposer sur les fts 7voyez en ,d74 ,on essaya donc de s'en tenir aux tailloirs carrs2 mais1 au lieu de bander les votes normales la courbe du sanctuaire sur une surface conique1 on maintint leurs clefs sur une ligne horizontale1 et la courbe ab tait en anse de panier1 tandis que la courbe cd tait plein cintre2 ou bien la naissance de l'archivolte tait biaise de a en c et de b en d1 de manire avoir en cd comme en ab une courbe plein cintre1 et cette dernire donnait alors la section d'un berceau qui pntrait le berceau annulaire4 ,c'est ainsi que sont construites les votes du collatral du sanctuaire de l'glise de ,notre-,dame du ,port1 ,clermont 7fig4 #af74 ,mais 7voyez le plan ,a7 si l'on voulait que l'arc ab1 trac le long du mur du collatral1 ft plein cintre1 le diamtre ab tant plus grand que le diamtre cd et que le diamtre ef1 la naissance de l'arc et devait tre place un niveau trs-suprieur celui de la naissance de l'arc ab2 si bien qu'une lvation faite perpendiculairement l'axe ,,xo donnait la projection trace en ,b4--,toujours en supposant les clefs de niveau--et qu'en coupe faite suivant ,,ox1 on obtenait la projection trace en ,d1 la naissance de l'archivolte suivait sur le sommier ,s la ligne ponctue gh4 ,des votes ainsi conues ne pouvaient tre traces sur l'pure avec rigueur2 on ne les obtenait que par des ttonnements et une mthode empirique4 ,cependant l'archivolte ef1 qui n'tait qu'une pntration et ne se dtachait pas de la vote1 devait porter le mur de l'abside et ne pouvait tre faite de moellons ou de blocage sur forme1 il fallait qu'elle ft construite en pierres appareilles4 ,ds lors on conoit les difficults qui assaillaient les constructeurs4 proprement parler1 il n'y a pas d'archivoltes ici1 mais des berceaux gauches pntrant dans un berceau annulaire4 ,on reconnut donc bientt qu'il y avait avantage distinguer l'archivolte de la vote1 la rendre indpendante4 ,mais alors comment faire porter les sommiers de ces archivoltes sur les tailloirs carrs des chapiteaux8 o trouver leur assiette et la naissance des votes8 ,voici le tailloir trac 7fig4 #ag7 7voyez en ,a74 ,les archivoltes sont projetes en ,,dd4 ,nous traons les sommiers1 ou le premier claveau de ces archivoltes en aa2 il ne restera1 entre leur extrados1 que le tas de charge b1 et l'espace cd pour la naissance de la vote4 ,mais comme les naissances des archivoltes sont plus leves que celle de la section de la vote annulaire1 il en rsultera que1 si l'on veut que les artes partent du tailloir1 ces artes se dtacheront des verticales cd et formeront des angles rentrants ecf1 gdh1 d'un effet maigre et peu rassurant1 indiqu dans le trait perspectif ,a'4 ,s'il y avait de bonnes raisons pour poser des archivoltes indpendantes de la vote1 on en devait trouver de tout aussi bonnes pour bander les arcs-doubleaux partant de la colonne isole pour aboutir la colonne engage du collatral2 arcs-doubleaux qui devaient faciliter la construction des votes tournantes en divisant le berceau annulaire primitif par traves4 ,mais o loger1 sur le tailloir carr1 le sommier1 le premier claveau de cet arc-doubleau8 ,si 7voy4 en ,b1 fig4 #ag7 nous prtendons laisser les deux premiers claveaux d'archivoltes et le premier claveau d'arc-doubleau1 indpendants1 sur le tailloir du chapiteau1 il nous faudra1 ou donner peu de lit chacun de ces claveaux1 ou augmenter beaucoup la surface suprieure du tailloir1 et dans ce cas il restera deux angles de ce tailloir inoccups2 toutes les charges viendront se reporter en ,m1 c'est--dire en dehors de l'axe de la colonne et tendront faire incliner celle-ci4 ,de plus 7voyez le trac perspectif ,b'71 les naissances des archivoltes tant un niveau suprieur celui de la naissance de l'arc-doubleau1 il restera au-dessus de la naissance de cet arc un triangle ,t vertical1 et l'arte de la vote ne pourra commencer qu'en i1 au point o la courbe de la pntration ,p viendra toucher l'extrados de l'arc-doubleau4 ,il n'est pas besoin d'insister sur le mauvais effet de cette combinaison4 ,si 7voy4 en ,c1 fig4 #ag7 de ces trois membres d'arcs nous formons un sommier compos par la pntration des lits de ces arcs1 ceux-ci ne deviendront indpendants que lorsque leur courbure d'extrados se dtachera de la verticale2 mais comme les naissances de ces arcs ne sont pas au mme niveau 7voyez le trac perspectif ,c'71 nous aurons encore en t un triangle vertical qui dportera la naissance de l'arte en s4 ,pour des artistes qui cherchaient les formes les mieux appropries l'objet1 ces artes dportes1 ne naissant pas dans le fond de l'angle rentrant1 ayant l'air de reposer sur les reins de l'arc-doubleau1 ne pouvaient tre une solution satisfaisante4 ,ces archivoltes et arcs-doubleaux reposant en bec de flte sur le tailloir ne prsentaient pas une structure conforme aux principes de la vote porte sur des arcs saillants2 principes qui veulent que chacun de ces arcs conserve sa forme et sa dimension dans la totalit de son dveloppement4 ,les matres essayrent donc d'autres combinaisons1 ,d'abord ils pensrent que l'arc-doubleau1 qui ne porte pas charge1 pouvait tre diminu de largeur1 ce qui laissait1 en apparence1 plus de lit aux premiers claveaux des archivoltes et permettait la vote de prendre plus bas sa naissance4 ,pour quelque temps1 ils s'en tinrent ce dernier parti1 en trichant1 autant que faire se pouvait1 soit en donnant plus de profondeur au tailloir que de largeur1 soit en posant le premier claveau un peu en encorbellement sur ce tailloir1 de manire le dgager4 ,cependant la structure des votes elles-mmes avait suivi ces progrs4 ,faites d'abord de moellons jets sur forme1 on tablit bientt leur naissance en pierre1 puis on essaya de les construire entirement en moellons taills1 appareills4 ,pour des appareilleurs qui n'taient pas familiers avec l'art du trait1--nous parlons des premires annes du ,x,i,ie sicle1--il n'tait point ais de tracer l'appareil de votes d'arte tournantes2 aussi ces premires votes appareilles prsentent-elles les coupes les plus bizarres1 les expdients les plus nafs4 dfaut d'exprience1 ces artistes avaient la tnacit1 entrevoyaient un but dfini1 et ce n'est pas un petit enseignement qu'ils nous donnent quand nous voulons suivre pas pas les tapes qu'ils ont faites dans l'art de la construction1 sans abandonner un seul jour la voie trace ds leurs premiers essais4 ,leurs dductions s'enchanent avec une rigueur de logique dont on ne saurait trouver l'quivalent une autre poque2 et c'est dans l'le-de-,france particulirement que l'on constate la persistance des constructeurs poursuivre les consquences d'un principe admis4 ,les bas cts du choeur de l'glise collgiale de ,poissy taient levs de #aabe #aacj4 ,portes du ct du sanctuaire sur des colonnes monostyles1 les votes de ce collatral possdent dj des arcs-doubleaux sparatifs et des archivoltes dont les naissances sont au mme niveau2 il en rsulte que les votes d'arte naissent dans l'angle rentrant form par les extrados de ces arcs qui sont peu prs indpendants4 ,nous disons peu prs1 parce que l'architecte a trich afin de dgager1 autant que faire se pouvait1 les naissances de ces arcs sans charger trop ingalement les colonnes4 ,pour cela1 il a donn un peu plus de saillie extrieurement aux tailloirs des chapiteaux1 et ceux-ci ne sont pas carrs1 mais leurs cts normaux la courbe du chevet 7voyez la figure #ah1 en ,a74 ,ce constructeur a1 de plus1 doubl ces archivoltes du ct du collatral1 afin de surhausser les votes1 et de faire que l'extrados de cet arc doublant et un rayon plus tendu4 ,de a en b1 il existe un pais formeret dont le rayon-vu l'cartement des piles engages ,p1 ,p--est beaucoup plus grand que ne sont les rayons des archivoltes et arcs-doubleaux4 ,aussi l'architecte a-t-il plac la naissance de ce formeret au-dessous de celle des autres arcs1 ainsi que l'indique la coupe ,c faite sur l'axe ,,oa4 ,malgr l'abaissement de cette naissance1 la clef du formeret s'lve au-dessus de celle des archivoltes doubles1 et la vote prsente une section rampante1 qui du reste est favorable l'introduction de la lumire4 ,il s'agissait de bander les votes qui n'ont point encore d'arcs ogives 7diagonaux74 ,ces votes tant construites en moellon piqu1 le constructeur a procd ainsi que l'indique la perspective 7fig4 #ai74 ,il a enchevtr les claveaux la rencontre des berceaux formant artes au moyen de coupes biaises faites sur le tas4 ,on conoit que cette structure ne pouvait tre trs-solide1 et que ces artes ne se soutenaient que parce que les angles qu'elles forment sont trs-obtus4 ,l'aspect n'en tait pas satisfaisant1 aussi on ne tarda gure parer ces inconvnients4 ,mais il nous faut jeter un coup d'oeil sur ce qui se faisait vers la mme poque dans d'autres provinces o l'cole romane avait jet un vif clat4 ,en ,auvergne1 ds la fin du ,x,ie sicle1 l'cole des constructeurs avait apport1 ainsi que nous l'avons vu1 dans la structure des votes tournantes1 des perfectionnements notables1 sans toutefois chercher avec autant de tnacit que le faisaient les coles du ,nord la solution des problmes poss4 ,nous trouvons un exemple curieux de ce fait dans l'glise ,saint-,julien de ,brioude1 dont le choeur fut entirement reconstruit en #aadj4 ,avant de passer outre et de suivre la marche rapide des constructeurs du nord de la ,france1 il est ncessaire de nous arrter un instant devant les votes du collatral absidal de ce monument4 ,pendant qu' ,saint-,denis en ,france1 ,suger faisait reconstruire l'glise de son abbaye d'aprs un systme de structure entirement nouveau1 on levait l'abside de l'glise de ,brioude4 ,l le systme annulaire1 sans arcs-doubleaux1 est encore admis2 seules les archivoltes donnant sur le sanctuaire se dtachent de la vote1 qui se compose d'un berceau annulaire pntr par des berceaux normaux la courbe du sanctuaire1 et formant1 par consquent1 des votes d'arte4 ,au droit des fentres qui clairent le collatral1 entre les chapelles1 des berceaux d'un diamtre plus petit que ceux des traves pntrent le berceau annulaire4 ,mais ce qui doit faire l'objet d'un examen attentif dans ces votes1 c'est qu'elles sont compltement appareilles et non plus construites en blocages ou en moellons enduits1 ou encore en moellons taills et enchevtrs comme dans le collatral de l'glise ,saint-,louis de ,poissy4 ,de leur ct1 les ,auvergnats cherchaient aussi le progrs1 mais seulement dans le mode d'excution1 sans rien changer au systme roman4 ,voici 7fig4 #bj7 l'appareil d'une de ces votes d'arte tournantes4 ,en ,a est l'archivolte donnant sur le sanctuaire4 ,on voit que les architectes auvergnats n'avaient pas encore1 au milieu du ,x,i,ie sicle1 admis les arcs-doubleaux sparatifs1 et que la vote de pierre repose directement sur le tailloir du chapiteau4 ,tout irrgulier qu'il est1 l'appareil des artes est conforme la thorie1 compos de pierres d'un assez gros volume tailles avec soin4 ,entre les chapelles absidales1 voici 7fig4 #ba7 comment sont disposes les pntrations des baies qui clairent le collatral4 ,les colonnes engages portent la vote elle-mme1 et non les arcs1 qui1 dans les provinces du ,nord1 cette poque1 sont dj chargs de la soutenir4 ,cependant1 dans la premire trave du bas ct du choeur de l'glise de ,notre-,dame du ,port1 ,clermont1 dont la construction est de plus de cinquante ans antrieure celle de l'glise de ,saint-,julien de ,brioude1 on remarque un arc-doubleau sparatif1 trs-peu saillant1 il est vrai1 en partie noy par consquent dans la vote mme1 mais enfin qui indique dj la tendance diviser les votes annulaires par traves4 ,cet exemple ne fut pas suivi dans le collatral circulaire de ,brioude1 dont les votes sont encore franchement romanes comme combinaison1 mais construites avec plus de savoir et de soins4 ,ayant constat la tendance de cette province centrale ne pas abandonner ses traditions romanes1 mme pour la construction des votes tournantes poses sur piles isoles qui exigeaient des combinaisons entirement neuves1 nous allons suivre la marche des perfectionnements rapides introduits dans la structure des votes appartenant aux difices du ,nord4 ,en se reportant aux figures #a1 #b1 #e et #h de cet article1 on observera que les votes romaines1 qui prsentent une structure parfaitement homogne1 si on ne les considre que superficiellement1 se composent en fait1 de nerfs et de parties neutres1 ou1 si l'on prfre cette dfinition1 d'une membrure et de remplissages rendus aussi lgers et aussi inertes que possible4 ,nous avons donn les deux raisons principales qui avaient fait adopter ce parti3 la premire1 l'conomie des cintres de charpente2 la seconde1 l'avantage de bander les votes suivant une mthode rapide qui assurait l'homognit de leur structure1 une gale dessiccation des mortiers1 et qui permettait d'obtenir1 en mme temps qu'une parfaite solidit1 la plus grande lgret possible4 ,nous avons vu que1 dans la construction des votes d'arte1 les ,romains noyaient des artiers de brique dans l'paisseur mme de la vote1 comme ils noyaient des arcs-doubleaux dans l'paisseur des berceaux et des ctes dans l'paisseur des coupoles4 ,cette mthode tait judicieuse1 inattaquable au point de vue de la solidit2 l'tait-elle autant au point de vue de l'art8 ,si l'architecture a pour objet de ne dissimuler aucun des procds de structure qu'elle emploie1 mais au contraire de les accuser en leur donnant les formes convenables1 il est vident que les ,romains ont souvent mconnu ce principe2 car1 les votes enduites1 recouvertes intrieurement de stucs et de peintures1 suivant des combinaisons indpendantes de la membrure1 il tait impossible de savoir si ces votes possdaient ou non des arcs-doubleaux1 des nerfs dans leur contexture4 ,cette ossature rsistante1 juge ncessaire sa stabilit1 n'tait pas toujours visible2 si elle est en partie accuse dans la coupole du ,panthon1 elle ne l'est pas dans les votes des thermes d',antonin ,caracalla1 dans celles de la basilique de ,constantin1 dans la grande salle des thermes de ,diocltien4 ,la question est ainsi rduite ses limites les plus troites4 ,toute structure ne doit-elle pas tre pour l'architecte le motif d'une disposition comprhensible pour l'oeil4 ,les ,grecs1 tant vants comme artistes1 avec raison1 et si peu compris1 s'il s'agit d'appliquer leurs principes1 ont-ils fait autre chose1 dans leur architecture1 que de considrer la structure comme la raison dterminante de toute forme8 ,en ont-ils jamais dissimul les moindres membres8 ,et ces petits difices de la ,syrie centrale1 dont nous avons parl plus haut1 ne sont-ils pas la plus vive expression de ce sentiment du ,grec1 qui le porte1 dans les choses d'architecture1 considrer toute structure comme l'lment constitutif de la forme visible1 mme aprs qu'il a subi l'influence romaine1 influence si contraire aux gots du ,grec4 ,mais ces ,grecs des bas temps n'ont pas1 dans la ,syrie centrale1 fait des votes d'arte sur de grandes dimensions4 ,ils n'ont accept1 de l'hritage romain1 que l'arc1 le berceau et la coupole4 ,cependant ils se sont appropris ces formes en y ajoutant leurs dispositions rationnelles1 et ces tendances sont assez marques pour que les ,occidentaux1 qui virent ces monuments la fin du ,x,ie sicle1 aient pu suivre cette voie1 mais en allant beaucoup plus loin que n'avaient pu le faire les habitants de ces petites cits semes sur le chemin de la ,perse ,byzance4 ,or1 on peut le demander tous les gens de bonne foi3 admettre le principe de la structure des votes romaines1 et s'inspirer de l'esprit analytique du ,grec1 de son got pour le vrai1 de son sentiment inn de la forme1 pour1 de ces lments1 constituer un systme complet1 n'est-ce pas un progrs8 ,et est-on en droit de repousser comme surann ce systme1 si d'ailleurs on ne sait que reproduire la forme apparente de la structure romaine1 sans y prendre mme ce qui en constitue le mrite principal1 l'conomie des moyens et la simplicit d'excution8 ,il suffit1 pensons-nous1 de poser ces questions1 pour que chacun puisse dterminer o s'est arrt le progrs et o commence la dcadence4 ,adopter la vote romaine1 mais raisonner ainsi que l'ont fait ces artistes occidentaux du ,x,i,ie sicle1 est1 nos yeux1 une des rvolutions les plus compltes1 les mieux justifies qui aient jamais t faites dans le domaine de l'architecture4 ,que se sont-ils dit ces artistes8 ,en construisant leurs votes1 les ,romains ont considr deux objets1 une ossature et un remplissage neutre2 mais de ces deux objets distincts ils n'ont tir qu'une forme apparente1 une concrtion1 confondant ainsi la chose qui soutient1 la chose essentielle et la chose soutenue1 inerte4 ,si l'intention est excellente1 si le rsultat matriel est satisfaisant1 le rsultat1 comme art1 est vicieux2 car dans l'art de l'architecture1 qui est une sorte de cration1 la fonction relle de chaque membre doit tre accuse par une forme en rapport avec cette fonction4 ,si une vote ne peut se soutenir que par un rseau de nerfs1 ce rseau n'est pas destin par l'art tre cach1 il doit tre apparent1 d'autant plus apparent1 qu'il est plus utile4 ,les ,grecs ont admis cette loi1 sans souffrir d'exceptions444 ,que les architectes occidentaux aient fait ce raisonnement en plein ,x,i,ie siecle1 nous ne l'affirmerons pas2 mais leurs monuments le font pour eux1 et cela nous suffit4 ,les architectes romans avaient adopt tout d'abord la voute en berceau comme tant la plus simple et la plus facile construire4 ,dj1 vers la fin du ,x,ie sicle1 ils avaient nerv ces berceaux1 non plus par des arcs plus rsistants1 comme nature de matriaux1 noys dans l'paisseur mme de la vote1 mais par des arcs-doubleaux saillants#cie donnant une plus grande rsistance ces berceaux au droit des points d'appui4 ,la pousse continue de ce genre de votes les fit bientt abandonner4 ,restaient donc1 pour voter de grands espaces1 des salles1 des nefs1 la vote d'arte et la coupole sur pendentifs1 parfaitement connue alors en ,occident1 puisque1 depuis plus d'un sicle1 des coupoles sur pendentifs avaient t construites dans l'ouest et le centre de la ,france#cif4 ,la vote d'arte romaine1 forme par la pntration de deux demi-cylindres1 donnait1 comme courbe de pntration1 une courbe plate qui inquitait1 avec raison1 des constructeurs ne possdant plus les excellents mortiers de l'empire#cig4 ,la coupole sur pendentifs demandait beaucoup de hauteur et exigeait un cintrage de charpente compliqu et trs-dispendieux4 ,ces matres du ,x,i,ie sicle cherchrent donc1 comme nous l'avons dj dit1 un moyen terme entre ces deux structures2 ils rehaussrent la vote d'arte la clef1 ainsi1 du reste1 que l'avaient fait les ,byzantins 7voyez fig4 #aj74 ,mais1--et c'est alors qu'apparat la vritable innovation dans l'art du constructeur1--ils firent sortir de la vote d'arte romaine ou byzantine le nerf noy dans son paisseur1 le construisirent en matriaux appareills1 rsistants1 et le posrent sur le cintre de charpente2 puis1 au lieu de maonner la vote autour1 ils la maonnrent par-dessus1 considrant alors cet arc laiss saillant1 en sous-oeuvre1 comme un cintre permanent4 ,dans le porche de l'glise abbatiale de ,vzelay on voit dj deux votes ainsi construites 7#aacj environ72 mais c'est dans l'glise abbatiale de ,saint-,denis 7#aadj7 que le systme est compltement dvelopp4 ,l les votes sont plutt des coupoles que des votes d'arte1 mais elles sont toutes1 sans exception1 nerves paralllement et diagonalement par des arcs de pierre saillants1 et ces arcs sont tous en tiers-point1 c'est--dire forms d'arcs de cercle briss la clef4 ,les dductions logiques de ce systme ne se font pas attendre4 ,dans la vote romaine1 forme de cellules1 comme nous l'avons vu figure #a et suivantes1 le remplissage de ces cellules est maintenu1 mais est inerte1 n'affecte aucune courbure qui puisse en reporter le poids sur les parois des cellules4 ,puisque les constructeurs du ,x,i,ie sicle dtachaient les nerfs de la vote1 qu'ils en faisaient comme un cintrage permanent1 il tait naturel de voter les remplissages sur ces nerfs1 c'est--dire de leur donner en tout sens une courbure qui reportt rellement leur pesanteur sur les arcs4 ,ainsi la vote tait un compos de plusieurs votes1 d'autant de votains qu'il y avait d'espaces laisss vides entre les arcs4 ,du systme concret romain1--malgr les diffrents membres qui constituaient la vote romaine1--les matres du ,x,i,ie sicle1 en sparant ces membres1 en leur donnant chacun leur fonction relle1 arrivaient au systme lastique4 ,bien mieux1 ils inauguraient un mode de structure par lequel on vitait toutes les difficults dont nous avons indiqu plus haut quelques-unes1 et qui leur donnait la libert de voter1 sans embarras1 sans dpenses extraordinaires1 tous les espaces1 si irrguliers qu'ils fussent1 en prenant les hauteurs qui leur convenaient1 soit pour les naissances des arcs1 soit pour les niveaux des clefs4 ,les votes du porche de ,vzelay 7#aacj71 dont quelques-unes dj sont bandes sur des arcs diagonaux1 sont maonnes en moellons irrguliers noys dans le mortier1 mais ce maonnage ne reporte pas exactement sur les artes la charge des triangles maonns2 celles-ci enleves1 la vote tiendrait encore1 comme se tiennent les votes du mme difice dpourvues de ces arcs diagonaux4 ,ici l'arc diagonal est plutt un moyen de donner de la rsistance un point faible1 de l'accuser1 qu'une structure commande par une ncessit1 ,c'est un expdient1 non un principe4 ,il ne serait donc pas exact de considrer les nerfs saillants1 les arcs ogives 7pour leur donner leur vritable nom7 des votes du porche de ,vzelay1 comme la premire tentative d'un principe nouveau2 c'est un acheminement vers un principe qui n'est pas encore entrevu4 ,en effet1 dans l'art de l'architecture1 et surtout dans la pratique de cet art1 les principes ne naissent pas tout forms dans le cerveau des constructeurs1 il y a toujours comme une intuition des principes avant l'nonc de ces principes4 ,remplacer des cintres provisoires de bois par des cintres permanents de pierre1 tait une ide ingnieuse1 dduite de la thorie romaine sur la solidit des votes2 ce n'tait pas un nouveau principe3 ce n'est pas un principe nouveau de faire saillir sous la vote le nerf noy dans la vote2 c'est une simple dduction logique4 ,mais considrer ces nerfs1 ressortis de la vote1 comme une membrure indpendante1 et combiner1 sur cette membrure1 des successions de votes qui ne peuvent se soutenir que parce qu'elles portent sur cette membrure1 c'est alors un nouveau principe qui s'tablit1 qui n'a plus de rapport avec le principe de la structure romaine2 c'est une dcouverte1 et une dcouverte si importante dans l'art de la construction1 que nous n'en connaissons pas qui puisse lui tre compare4 ,les constructeurs s'affranchissaient ainsi de toutes les difficults qui se prsentent lors de l'tablissement des votes sur des plans irrguliers1 et notamment sur des plans curvilignes4 ,il faut se placer ce point de vue1 si l'on veut se rendre compte de la valeur de cette innovation2 ne pas considrer seulement l'apparence des votes1 mais leur mode de structure4 ,or1 il existe beaucoup de votes nerves qui ne sont point des votes en arcs d'ogive1 c'est--dire qui ne sont point construites d'aprs ce principe ignor jusqu'alors1 consistant en une succession de votes portes sur des arcs bands en tous sens1 quelle que soit la configuration du plan couvrir4 ,nous avons essay1 dans l'article ,,construction1 de faire ressortir la diffrence entre le principe de la coupole nerve1 et le principe de la vote en arcs d'ogive1 bien qu'en apparence ces deux votes aient le mme aspect#cih1 ou peu s'en faut2 il semblerait que nos dveloppements ce sujet ne sont pas assez tendus1 puisque de savants critiques n'ont pas paru apprcier toute l'importance de cette diffrence4 ,cependant elle est telle1 que le systme de coupole nerve1 successivement amlior1 amplifi1 conduit une structure borne dans les moyens et qui ne peut aboutir des rsultats tendus1 tandis que le systme de la vote en arcs d'ogive se prte toutes les combinaisons possibles1 sans qu'il en rsulte jamais pour le constructeur des difficults d'excution1 soit dans le trac1 soit dans le mode de cintrage1 soit dans l'appareil4 ,c'est d'abord dans l'glise de l'abbaye de ,saint-,denis1 btie par ,suger1 qu'apparat franchement l'application de ce dernier systme4 ,dans des articles dus notre savant ami ,f4 de ,verneilh1 trop tt enlev aux tudes archologiques#cii1 il est dit que les votes du choeur de l'glise abbatiale de ,saint-,denis sont une dduction1 une consquence de celles qui pourtournent le choeur de l'glise collgiale de ,poissy1 dont nous avons montr la structure 7fig4 #ah et #ai74 ,nous ne pouvons nous rendre cette opinion2 les votes du collatral circulaire de ,poissy n'accusent point l'origine du principe admis dans l'glise de ,saint-,denis4 ,ces votes de ,poissy sont des votes romanes qui essayent de s'affranchir des difficults tenant au mode de structure roman1 mais qui ne laissent en rien souponner le nouveau systme inaugur ,saint-,denis4 ,nous persistons donc dire que les embryons de ce systme nous font dfaut1 qu'ils n'existent plus1 ou que l'glise de ,saint-,denis prsente tout coup en #aadj un premier exemple complet de ce mode de structure des votes4 ,on va en juger4 ,la figure #bb prsente en ,a le plan d'une demi-chapelle du tour du choeur de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 avec le double collatral pourtournant4 ,ce plan tant donn1 que l'on se pose le problme de le voter l'aide du systme romain ou du systme roman1 la solution sera impossible4 ,par quels artifices de pntrations pourrait-on voter les chapelles8 ,par des coupoles8 ,peut-tre2 mais alors il faudrait que ces coupoles reposassent sur des arcs1 tablir des pendentifs1 et alors prendre une hauteur considrable4 ,d'ailleurs ces pendentifs biais1 irrguliers1 produiraient un trs-mauvais effet4 ,en tablissant son plan1 l'architecte de l'abside de ,saint-,denis savait comment il allait le voter2 ou1 pour parler plus vrai1 c'tait le systme de votes employer qui lui donnait les dispositions de son plan4 ,d'abord le cercle intrieur qui lui sert tracer le primtre de la chapelle rencontre en a le tailloir de la colonne monostyle b1 de sorte que les branches d'arcs ogives ac1 de1 ec1 sont gales entre elles4 ,ayant trac l'arc-doubleau f et l'archivolte g1 il prend le milieu de l'axe gf1 en i1 et il trace les deux branches d'arcs ogives bi1 hi1 puis il trace les arcs-doubleaux hb1 bi4 ,il est clair que tous ces arcs sont indpendants2 l'architecte est le matre de placer o bon lui semble leur naissance4 ,mais 7et c'est l o apparaissent les consquences forces du nouveau systme adopt71 s'il et trac ces arcs en plein cintre1 ou il et fallu que les naissances de ces arcs eussent t des niveaux trs-diffrents1 si l'on et voulu que leurs clefs fussent leves un mme niveau1 puisque ces arcs sont de diamtres trs-diffrents1 et alors surgissaient les difficults que nous avons signales plus haut pour fermer les remplissages triangulaires vots2 ou si les naissances de ces arcs eussent t places au mme niveau1 leurs clefs atteignaient des niveaux trs-variables4 ,l'architecte emploie donc l'arc en tiers-point ou bris1 qui lui assure toute libert pour donner aux clefs les niveaux convenables4 ,ainsi1 le rabattement ,b indique en l'b' l'arc-doubleau lb1 en b'h' l'arc-doubleau bh1 en c'e' une des branches d'arcs ogives de la chapelle1 en ob' l'arc-doubleau bf1 en b''i' la branche d'arc ogive bi1 et en b''p celle hi4 ,il rsulte de ce trac que les clefs cfi sont au mme niveau1 et que les clefs des deux arcs-doubleaux hb1 bl1 sont aussi sur une mme ligne de niveau1 infrieure celle des trois clefs cfi4 ,reste1 sur cette ossature1 bander les triangles vots1 lesquels reposent sur ces arcs en tiers-point4 ,les lignes de clefs de ces remplissages aboutissent ncessairement au point culminant de chacun de ces arcs et donnent les projections ponctues iq1 cr1 et passent par la ligne d'axe cg4 ,une petite difficult se prsentait dans la partie pleine de la chapelle4 ,l'architecte avait d percer les fentres ,d1 non pas au milieu de la courbe ke1 mais plus rapproches de la pile centrale e1 afin d'chapper le contre-fort ,c4 ,or1 l'archivolte de cette fentre tenant lieu de formeret1 sa clef se trouve en t2 la ligne de clefs ct divisait donc trs-irrgulirement le triangle kec2 et il restait1 de k en s1 un espace entre l'extrados de cette archivolte et celui de la branche d'arc kc1 qui pouvait embarrasser le maon charg de bander la vote sur le triangle kec4 ,la figure perspective ,e montre en ,f comment cette petite difficult fut rsolue4 ,le remplissage vot commence comme commencerait une coupole sur une partie circulaire2 puis la surface courbe1 gauchissant mesure qu'elle s'lve1 va chercher l'extrados de l'archivolte et celui de la branche d'arc ogive4 ,en ,g1 une projection horizontale indique la disposition des rangs de moellons taills1 la naissance de la surface courbe entre les arcs4 ,sur le trac perspectif ,e on voit que les archivoltes des fentres faisant fonction de formerets pntrent dans la branche d'arc ogive d'axe1 sa naissance4 ,on remarquera aussi que les naissances des arcs ogives de la chapelle sont un niveau plus bas que les naissances des autres arcs1 et que1 par suite1 les tailloirs des chapiteaux descendent d'une assise 7voy4 en y74 ,sauf quelques ttonnements1 quelques points vaguement tudis1 le systme est complet1 franc2 la libert de l'architecte est acquise1 et de ce premier essai il est facile d'arriver aux consquences les plus tendues4 ,le trac perspectif ,e montre bien que les remplissages triangulaires en moellons taills reportent leur charge sur les nervures1 sont bands sur leur extrados1 et que celles-ci remplissent exactement1 ,saint-,denis dj1 l'office de cintres permanents portant la vote ou plutt une runion de votes4 ,par un reste de respect pour la tradition1 peut-tre aussi par un dfaut de confiance absolue en la bont du systme nouveau1 les clefs des formerets et arcs-doubleaux latraux sont tenues plus bas que celles des arcs ogives1 afin de laisser encore la runion des votains triangulaires une forme gnrale domicale4 ,ce parti persista jusqu'aux premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,ce qui prouve combien le systme de votes admis dans la reconstruction de l'glise abbatiale de ,saint-,denis est radical1 est nouveau1 ce sont les monuments contemporains de celui-ci ou mme un peu postrieurs1 dans lesquels on aperoit encore des hsitations1 des restes de traditions romanes dont les architectes n'osent ou ne peuvent s'affranchir4 ce point de vue1 les votes de la cathdrale de ,sens mritent un examen approfondi4 ,m4 ,challe1 au ,congrs scientifique d',auxerre de #ahei1 a parfaitement tabli que la cathdrale de ,sens ne pouvait avoir t reconstruite aprs l'incendie de #aahd2 mais on ne peut admettre qu'elle ait t commence par l'archevque ,henri de ,france ds son intronisation1 c'est--dire en #aabb1 dix ans avant le narthex de l'glise abbatiale de ,vzelay4 ,les caractres de l'architecture1 des profils et de la sculpture ne peuvent faire supposer que la cathdrale de ,sens ait t commence avant #aadj1 peu avant la mort de l'archevque ,henri4 ,et en effet1 les textes disent qu'il commena cet difice1 mais ils ne disent pas quel moment de son piscopat cette fondation eut lieu4 ,or1 c'est en #aacg que l'abb ,suger commence la reconstruction de son glise2 en trois ans et trois mois il avait achev le choeur4 ,en admettant que la cathdrale de ,sens soit contemporaine de l'glise de ,saint-,denis1 on y travaillait encore en #aagj1 et son dification tait poursuivie avec lenteur4 ,la cathdrale de ,sens ne peut donc passer pour avoir servi de point de dpart pour les travaux de ,saint-,denis1 et les votes de ,saint-tienne de ,sens accusent une indcision 7surtout les votes basses71 des ttonnements qui n'apparaissent plus ,saint-,denis4 ,examinons 7fig4 #bc7 une demi-trave de la nef de la cathdrale de ,sens4 ,les votes des collatraux ,a possdent des arcs-doubleaux ,c qui sont plein cintre 7voy4 le rabattement ,c'74 ,mais les traves de la nef tant doubles1 c'est--dire alternativement composes de grosses piles ,p pour porter les arcs-doubleaux et les arcs ogives des hautes votes1 et de piles intermdiaires ,s composes de colonnes accouples destines porter seulement les arcs de recoupement de ces votes hautes1 les arcs ogives des votes basses se placent assez gauchement sur ces piles4 ,les arcs ogives rabattus en ,d ont leurs deux branches ingales1 celle ab tant plus courte que celle bc4 ,en c1 le constructeur1 n'ayant pas rserv une colonnette pour recevoir cette branche bc1 a d poser un corbeau dans la hauteur du sommier de l'arc-doubleau et de l'arc formeret 7voy4 le trac perspectif ,g72 ainsi a-t-il pu diminuer une partie de la diffrence de longueur entre les deux branches des arcs ogives4 ,ces branches d'arcs ogives reposent d'autre part sur la saillie du tailloir des chapiteaux des colonnes accouples ,s et sur des colonnettes engages tenant aux grosses piles4 ,bien que les arcs-doubleaux ,c soient plein cintre1 les archivoltes ,e de la nef sont en tiers-point 7voy4 leur rabattement en ,e'74 ,d'ailleurs les clefs des arcs ogives atteignent un niveau d suprieur au niveau des clefs des arcs-doubleaux et des archivoltes2 de sorte que ces votes sont fortement bombes et construites en moellons taills1 comme il a t dit ci-dessus4 ,ce mlange du plein cintre et de l'arc en tiers-point pour les arcs-doubleaux et archivoltes ne se trouve nulle part ,saint-,denis dans les constructions de ,suger4 ,saint-,denis1 les branches d'arcs sont plus adroitement places4 ,on n'y voit point de ces culs-de-lampe qui paraissent avoir t un expdient ,sens1 et que nous retrouvons aussi dans les votes basses d'un autre monument de la ,champagne1 ,notre-,dame de ,chlons-sur-,marne4 ,maintenant1 si nous passons aux votes hautes1 faites quelques annes plus tard 7d'autant que1 comme nous l'avons dit1 les travaux ,sens furent conduits avec lenteur71 nous trouvons un systme de votes trs-intressant tudier1 en ce qu'il claircit plusieurs questions touchant la construction de ces parties importantes de nos difices de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,ces votes hautes sont sur plan carr avec arc-doubleau de recoupement2 mthode adopte1 sauf de rares exceptions1 pour les nefs de la seconde moiti du ,x,i,ie sicle et du commencement du ,x,i,i,ie#djj4 ,sens1 cette disposition des votes hautes est parfaitement accuse par la forme et la dimension des piles4 ,les arcs ogives 7arcs diagonaux7 ,,pm sont plein cintre#dja2 leur rabattement est en pm4 ,l'arc-doubleau de recoupement ,,sm est rabattu en sm4 ,les arcs-doubleaux ,,po sont rabattus en ro4 ,pour les formerets 7anciens71 ils taient plein cintre et sont rabattus en nt4 ,on observera que la courbe d'extrados de l'arc ogive 7rabattue7 vient rencontrer en v le formeret au niveau de l'extrados de sa clef 7en projection verticale71 de sorte que la ligne des clefs du remplissage triangulaire ,mg 7en projection horizontale7 est donne par la courbe d'extrados vm4 ,le demi-triangle ,mgh est donc une section de coupole1 et pourrait tre construit suivant le mode propre ce genre de votes1 c'est--dire par une suite de rangs de moellons concentriques4 ,c'est l un point qu'il ne faut pas perdre de vue1 car il indique clairement que1 comme nous prtendons l'tablir dans l'article ,,ogive1 la forme de la coupole proccupait encore les architectes de la premire priode dite gothique4 ,cependant les rangs de moellons de ces remplissages sont poss paralllement la ligne ,mg des clefs1 afin de reporter le poids de ces remplissages en entier sur les arcs-doubleaux et arcs ogives4 ,mais on pourra objecter que les formerets plein cintre n'existant plus et ayant t remplacs la fin du ,x,i,i,ie sicle par d'autres1 en tiers-point et beaucoup plus levs1 nous n'tablissons notre trac que sur une hypothse4 ,voici donc 7fig4 #bd7 la preuve de l'exactitude du trac prcdent4 ,en ,a1 est le plan horizontal de la naissance de ces grandes votes de la cathdrale de ,sens4 ,b est l'arc-doubleau2 ,c1 l'arc ogive2 ,d1 l'arc-doubleau de recoupement4 ,en ,e1 est trace la coupe1 suivant le grand axe1 de cette portion de vote4 ,les colonnettes c existent encore en place avec leurs chapiteaux1 et dans les traves du choeur les branches be d'arcs formerets ont t laisses au-dessous des formerets surlevs la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,ces lments suffiraient pour indiquer la hauteur et la forme prcise des anciens formerets qu ,x,i,ie sicle4 ,mais voici qui vient encore appuyer notre restitution4 ,tout le long de la nef1 la corniche ,f du ,x,i,ie sicle est conserve2 au-dessous est une ornementation de petits arcs plein cintre qui reposent sur une arcature qui autrefois s'ouvrait ncessairement au-dessus des votes1 ainsi que l'indique la coupe ,g4 ,la corniche ,f tait surleve pour permettre aux entraits de la charpente de passer au-dessus de l'extrados des votes2 et cette arcature ,g donnait du jour et de l'air sous le comble4 ,dans le choeur de l'glise abbatiale de ,vzelay1 qui date de #aahj #aaij1 les formerets sont galement plein cintre et ainsi disposs en contre-bas des clefs de la vote4 ,les votes hautes de l'glise ,notre-,dame de ,chlons-sur-,marne possdent1 dans le choeur1 des formerets plein cintre surbaisss4 ,il n'y a donc rien dans cette disposition qui ne soit conforme la structure des votes des difices voisins de ,sens ou appartenant la mme province4 ,la ligne ponctue gh indique la place des formerets refaits la fin du ,x,i,i,ie sicle1 formerets qui enveloppent de grandes fentres meneaux dont les archivoltes viennent aujourd'hui pntrer les restes de l'arcature autrefois ajoure au-dessus des votes4 ,la figure #be donne cette arcature l'extrieur2 les traces encore en place et de nombreux fragments permettent de la restituer sans difficults#djb4 ,en perant les nouvelles fentres1 les architectes du ,x,i,i,ie sicle se sont contents de boucher les baies donnant autrefois sous le comble1 et d'entailler les pieds-droits et archivoltes plein cintre suivant la courbe de l'archivolte de ces nouvelles baies4 ,on voit encore en place1 sur quelques points1 les chapiteaux ,c1 des portions d'archivoltes et toute la partie suprieure ,b4 ,en ,a1 sont les arrives des arcs-boutants qui datent de la construction primitive4 ,cette arcature suprieure donnant au-dessus des votes se retrouve dans beaucoup d'glises romanes des provinces rhnanes1 et avait pntr jusque dans les parties orientales de la ,champagne4 ,sa prsence ,sens n'en est pas moins un fait assez remarquable4 ,il ressort de cette tude que les votes hautes de ,saint-tienne de ,sens taient trs-bombes1 prsentaient des triangles concaves fortement inclins vers l'extrieur2 que les constructeurs n'osaient encore s'affranchir de la forme gnratrice donne par la coupole1 quant au trac1 bien qu'ils eussent dj adopt le mode de structure des votains triangulaires de remplissages reportant les charges sur les arcs-doubleaux et formerets2 du moins cela parat-il probable1 puisque ce mode est adopt pour les votes des collatraux1 plus anciennes1 et pour les votes hautes des choeurs de ,vzelay et de ,notre-,dame de ,chlons-sur-,marne1 qui sont du mme temps1 ou peu s'en faut1 que celles hautes de la cathdrale de ,sens4 ,les triangles prenant pour base les formerets1 ayant ,sens t refaits la fin du ,x,i,i,ie sicle1--quoique les arcs ogives et arcs-doubleaux n'aient point t modifis1--nous ne pouvons affirmer toutefois que les rangs de moellons de ces triangles aient t poss paralllement la ligne des clefs 7voy4 figure #bd74 ,il serait possible que les rangs de moellons du demi-triangle ilm eussent t poss paralllement la ligne des clefs lm1 et que les moellons du demi-triangle nlm eussent t poss par rangs horizontaux1 puisque la ligne lm n'tait qu'un segment de l'arc ogive 7extrados71 et que1 par consquent1 ce demi-triangle nlm tait une tranche de sphre pntre par le formeret4 ,cette structure et t assez trange et exceptionnelle pour qu'on ne puisse l'admettre4 ,cependant il y avait alors une telle libert dans la manire de poser les remplissages des votes d'arte1 qu'on ne doit repousser absolument aucune conjecture4 ,c'est grce cette libert que les architectes de la seconde moiti du ,x,i,ie sicle arrivent voter sans difficults les surfaces irrgulires1 et notamment des espaces triangulaires1 entre piles1 ainsi qu'on le peut voir autour du choeur de la cathdrale de ,paris4 ,le sanctuaire de ,notre-,dame de ,paris est envelopp d'un double collatral 7voy4 ,,construction1 fig4 #dd72 la seconde zone de piles tant naturellement plus dveloppe que la premire1 et la troisime que la seconde1 l'architecte a multipli les points d'appui de manire prsenter toujours des arcs d'ouvertures peu prs gales4 ,la figure #bf donne une trave ,a du sanctuaire de ,notre-,dame de ,paris1 le premier collatral ,b et la seconde prcinction ,c de colonnes monocylindriques4 ,d sont les archivoltes2 ,e1 les arcs-doubleaux concentriques2 ,f1 les arcs-doubleaux rayonnants2 et ,g les arcs-doubleaux diagonaux4 ,tous ces arcs sont en tiers-point1 de sorte que leur brisure1 leur point culminant est en d pour les premiers1 en e pour les seconds1 en f pour les troisimes1 et en g pour les quatrimes4 ,pour voter ces surfaces triangulaires1 le constructeur a runi les extrados des points culminant des arcs ,f et ,g par des courbes ou lignes de clefs bombes fg1 gg1 gf4 ,il a vot en surfaces courbes1 par rangs parallles ces lignes de clefs1 les triangles gg,o1 gf,i1 en posant1 suivant la mthode ordinaire1 chacun de ces rangs de moellons piqus sur les extrados des branches d'arcs ,og1 ,ig1 ,if4 ,le point culminant des lignes de clefs fg1 gg1 est en h1 et ce point culminant est un niveau sensiblement suprieur aux points culminants d et e des archivoltes ,d et arcs-doubleaux ,e1 puisque les arcs-doubleaux rayonnants et diagonaux ,f et ,g sont tracs sur un plus grand diamtre1 et que leurs clefs se trouvent1 par cela mme1 plus leves dj que celles d et e4 ,ces clefs1 aux points culminants dh1 eh1 ont donc t runies par une courbe2 puis des lignes fictives ont t tires de l en h1 de ,k en h1 de i en h3 ces lignes sont des courbes par lesquelles doivent passer les rangs de moellons4 ,les extrados l1 e des arcs-doubleaux ont t diviss en un nombre de divisions gales suivant l'paisseur des rangs de moellons2 un mme nombre de divisions gales a t fait sur la courbe lh1 par exemple2 puis les lignes qui ont runi ces points ont donn les joints des rangs de moellons1 ce que prsente la structure trace en ,h et en ,p4 ,ainsi ces triangles concaves viennent-ils reposer leur poids sur les arcs de pierre qui runissent les piles4 ,il est clair que tout autre systme de votes ne pouvait permettre de rsoudre d'une manire aussi simple le problme de construction pos en ce cas1 et nous ajouterons mme que le systme de la vote gothique seul se prtait sans difficults fermer ces triangles laisss entre des arcs en tiers-point4 ,voici donc o les architectes en taient arrivs dj dans l'le-de-,france en #aafe environ4 ,cependant1 bien des perfectionnements restaient encore introduire dans le mode de construire ces votes1 surtout dans la manire de poser les arcs sur les piles4 ,ajouter des artes la vote soit d'arte1 soit cellulaire1 soit en coupole sphrique ou ctele1 ou plutt poser sous ces votes des cintres permanents de pierre1 au lieu de cintres provisoires de charpente1 c'tait une ide nouvelle2 c'tait1 comme nous l'avons expliqu au commencement de cet article1 sortir le squelette englob dans l'paisseur de la vote romaine pour le laisser apparatre sous cette vote2 c'tait l'utiliser non plus seulement comme un renfort1 mais comme un support1 et bientt l'unique support2 c'tait enfin rendre ce squelette indpendant de la vote elle-mme et permettre l'emploi de tous les systmes possibles de votage4 ,toutefois les dductions tendues de ce systme ne se prsentent que successivement4 ,ainsi1 la vote d'arte byzantine bombe tant donne1 renforcer les lignes de pntration de surfaces courbes au moyen d'artes de pierre sous-jacentes2 extraire de la vote bombe les arcs noys dans l'paisseur des lignes de pntration1 pour les placer sous ces lignes1 afin de reposer les triangles de la vote sur les arcs1 c'est videmment la premire ide qui se prsente l'esprit des constructeurs au ,x,i,ie sicle2 mais cette extraction d'un membre de la vote byzantine1 noy dans son paisseur1 pour le placer sous cette vote1 ne modifie pas la vote2 celle-ci subsiste1 son ossature est visible extrieurement1 voil tout4 ,or1 il faut trouver la place propre recevoir cette ossature2 la prsence nouvelle de cette ossature exigera un supplment d'assiette4 ,c'est en effet ce qui arriva4 ,soit 7fig4 #bg7 un sommier ,a de votes d'arte bombes byzantines1 portes sur des piles isoles4 ,le constructeur a l'ide de sortir les artes de brique a1 noyes dans l'paisseur de ces votes1 pour maonner la vote non plus autour de ces nerfs1 mais au-dessus4 ,l'opration qui se prsente tout d'abord est celle-ci3 il corne les angles du sommier1 et pose1 non plus en brique1 mais en pierres appareilles1 les claveaux b en dehors des angles4 ,il aura de mme fait sortir des faces c des arcs-doubleaux d4 ,l'ensemble du sommier ainsi modifi occupera donc une surface fghi1 plus tendue que celle occupe par le sommier de la vote primitive4 ,il faudra1 ds lors1 ou que le chapiteau prenne un vasement considrable1 ou que la pile soit plus grosse4 ,mais cependant les architectes1 au ,x,i,ie sicle1 sentaient dj qu'il tait ncessaire de rduire autant que possible les points d'appui dans les intrieurs des difices4 ,le nouveau systme adopt paraissait donc en contradiction avec cette ncessit admise4 ,on vasa les chapiteaux2 mais n'osant pas porter toute la saillie de ces arcs ressortis1 en encorbellement sur le nu des piles1 on ajouta celles-ci1 non pas une augmentation uniforme de surface1 mais des membres portants1 ainsi que nous l'avons fait voir dans la figure #i1 ce qui permettait d'ailleurs de diminuer le corps principal de la pile4 ,ainsi naissent ces faisceaux de colonnes engages1 qui sont une premire dduction logique du nouveau mode de votage4 ,puisque les arcs-doubleaux et arcs ogives 7diagonaux7 taient extraits de la vote byzantine pour paratre sous sa surface interne1 il tait naturel d'extraire du corps de la pile elle-mme des membres pour porter ces arcs4 ,l'ide de rduction absolue de l'ensemble ne vient que successivement4 ,on voit mme1 dans les monuments vots suivant la mthode gothique les plus anciens1 que les piles1 par suite de l'opration que nous venons d'indiquer1 occupent une surface suprieure1 relativement1 celle occupe par les piles des derniers monuments de la priode romane4 ,on croyait ncessaire de trouver en supplment les surfaces propres recevoir les arcs nouvellement adopts4 ,cette disposition est surtout sensible dans les provinces o le travail de transition de la vote romane la vote gothique se fait avec lenteur1 avec timidit4 ,ainsi les piles de la nef 7sans collatraux7 de l'glise de la ,trinit1 ,laval1 qui date du milieu du ,x,i,ie sicle1 portent un systme complet d'arcs-doubleaux et d'arcs ogives 7fig4 #bh74 ,ici l'architecte a cru ncessaire de trouver sur les tailloirs des chapiteaux la place franche1 ou trs-peu prs1 de chacun de ces arcs1 qui sont indpendants les uns des autres ds le sommier4 ,dans l'le-de-,france cependant1 ds #aadj1 les arcs se pntrent leur naissance1 ainsi qu'on le voit autour du choeur de l'glise abbatiale de ,saint-,denis4 ,on signale bien encore des ttonnements1 des embarras1 mais le principe de pntration des arcs au sommier est dj admis4 la cathdrale de ,senlis1 dont la construction est peu postrieure celle de l'glise de ,saint-,denis 7partie de l'abside71 on voit que l'architecte a cherch faire pntrer l'arc ogive des chapelles dans l'arc-doubleau d'ouverture4 ,la figure #bi donne en ,a la pile d'angle de ces chapelles 7peu profondes comme celles de l'glise de ,saint-,denis74 ,l'arc-doubleau d'entre est en a et l'arc ogive en b4 ,cet arc ogive nat sur la colonne destine l'arc-doubleau4 ,le trac perspectif ,b montre en a' cet arc-doubleau et en b' l'arc ogive pntrant4 ,bien entendu1 les sommiers de ces deux arcs ne sont plus indpendants1 mais sont pris dans les mmes assises jusqu'au niveau n4 ,bientt ces arcs1 leur naissance1 se groupent de plus en plus1 se pntrent1 ce qui permet de diminuer d'autant la section des piles qui les portent4 ,les arcs se resserrant en faisceau1 ne sont plus1 de fait1 un renfort1 une ossature pour porter la vote1 mais deviennent la vote1 et les remplissages qui ferment les intervalles entre ces arcs sont de plus en plus rduits la fonction des votains4 ,la preuve1 c'est qu'entre les arcs-doubleaux et arcs ogives1 ds le ,x,i,i,ie sicle1 on ajoute de nouveaux arcs supplmentaires4 ,ainsi se dveloppe le principe admis au ,x,i,ie sicle1 l'insu1 pour ainsi dire1 de ceux qui les premiers l'avaient reconnu1 par une succession de consquences rigoureusement enchanes4 ,telle est1 en effet1 la proprit des principes admis en toute chose1 qu'ils deviennent une source fconde1 ncessaire1 fatale de dductions4 ,c'est pourquoi nous rptons sans cesse3 ,tenez peu de compte des formes1 si vous ne les trouvez pas de votre got1 mais adoptez un principe et suivez-le2 il vous donnera les formes ncessaires et convenables l'objet1 au temps1 aux besoins4 ,et c'est pourquoi aussi ceux qui n'aiment gure se soumettre un principe1 parce qu'il oblige l'esprit raisonner1 esprent donner le change au public en prtendant que les tudes sur notre architecture franaise du moyen ge ont pour rsultat de faire adopter des formes surannes4 ,en tout ceci il ne s'agit pas de formes1 il s'agit d'une mthode2 c'est ce que n'admettront jamais1 il est vrai1 les architectes pour qui toute mthode est considre comme une entrave au dveloppement de l'imagination1 ou1 pour parler plus vrai1 la satisfaction de leurs dispendieuses fantaisies4 ,dans les grands difices1 les votes tablies comme le sont les votes hautes de la cathdrale de ,sens prsentent en somme l'apparence de coupoles cteles4 ,les constructeurs n'osent pas encore tenir les clefs de ces grandes votes1--clefs d'arcs ogives1 clefs d'arcs-doubleaux et de formerets1--sur le mme niveau4 la cathdrale de ,paris cependant1 les votes hautes du choeur1 termines avant #aaij1 sont beaucoup moins bombes que celles de ,saint-tienne de ,sens4 ,il est clair que plus les votes sont bombes1 plus il est ncessaire d'lever les murs latraux au-dessus des formerets pour porter les entraits de la charpente1 lesquels doivent passer francs au-dessus de l'extrados de ces votes4 ,il rsulte de cette disposition un emploi inutile de matriaux1 une ordonnance lourde qu'il faut occuper par une claire-voie1 si l'on prtend l'allger2 mais alors aussi une dpense considrable pour un objet secondaire4 ,en remontant les clefs de tous les arcs au mme niveau1 il n'y avait plus poser au-dessus des formerets que la corniche et le bahut propre recevoir la charpente du comble4 ,c'est donc vers ce rsultat pratique que tendent les efforts des constructeurs partir du commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,le nouveau systme se prtait d'ailleurs parfaitement au nivellement des clefs1 puisque les votains de remplissage reportent toutes les charges sur les arcs ogives et doubleaux1 nullement sur les formerets1 dont1 la rigueur1 on peut se passer#djc4 ,dans la nef de la cathdrale d',amiens dj1 les clefs des formerets1 des arcs-doubleaux et arcs ogives sont trs-peu prs au mme niveau4 ,il en est de mme la sainte ,chapelle du ,palais1 ,paris1 et dans beaucoup d'autres difices btis de #abcj #abdj4 ,les votains conservent une courbure en tous sens1 ils sont concaves1 de sorte que leurs rangs de clefs sont courbes4 l'article ,,construction1 ce mode de structure est suffisamment dtaill pour que nous n'ayons pas nous tendre ici sur cet objet4 ,nous constaterons cependant que1 malgr la courbure donne aux surfaces triangulaires des votains de remplissage1 s'ils taient d'une trs-grande dimension1 mesure que l'on nivelait les clefs des arcs1 on craignait le relchement de ces larges surfaces courbes1 et l'on cherchait les renforcer entre les arcs-doubleaux et les arcs ogives par des arcs1 auxquels on donna jusqu'au ,x,v,ie sicle le nom de tiercerets ou tiercerons4 ,ces arcs supplmentaires venaient aboutir la lierne pose de la clef de l'arc-doubleau la clef de l'arc ogive4 ,c'est peut-tre la vote centrale du transsept de la cathdrale d',amiens que ce systme fut appliqu pour la premire fois#djd4 ,cette vote carre1 qui porte #adm1#dj en moyenne d'axe en axe des piliers1 parut probablement trop large aux constructeurs de cet difice pour tre faite suivant la mthode admise jusqu'alors4 ,nous prsentons 7fig4 #cj7 le plan du quart de cette vote4 ,au centre ,c est une clef en lunette pour le passage des cloches de la flche4 ,les liernes sont projetes en ab1 les tiercerons en ef4 ,ces arcs viennent se runir au milieu des tiercerons4 ,en ,,ab1 nous avons trac le rabattement des arcs-doubleaux2 en ,,ge1 celui des arcs ogives2 en ,,gf1 celui des tiercerons1 et en ,,he la projection verticale des liernes4 ,on voit que les clefs de ces arcs atteignent trs-peu prs le mme niveau4 ,les liernes ont une courbure1 sont bandes pour pouvoir se porter d'elles-mmes1 et reoivent en ,f' la tte des tiercerons4 ,les rangs de moellons des votains n'en sont pas moins poss paralllement aux lignes de clefs1 c'est--dire aux liernes1 et les tiercerons ne sont l qu'un nerf pour renforcer ces rangs de moellons vers le milieu de leur courbure1 dont la lierne ab donne la flche4 ,en ,angleterre1 l'adoption de ce systme s'tait combine avec une disposition particulire cette contre1 de rangs de moellons des votains 7voyez ,,construction1 fig4 de #fb #gb72 ce qui amena des combinaisons de votes tout fait diffrentes de celles admises par l'cole franaise4 ,en ,normandie1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 on voit dj des votes dont les arcs-doubleaux et arcs ogives ont leurs clefs au mme niveau1 et qui sont runies par des liernes non plus courbes1 mais horizontales4 ,c'est une sorte de systme mixte entre le systme anglais1 sur lequel nous reviendrons tout l'heure1 et le systme franais4 ,la vote centrale du transsept de la cathdrale de ,bayeux1 qui date de cette poque1 nous donne un exemple remarquable de ce genre de structure 7fig4 #ca74 ,en ,a1 est projet le quart du plan de cette vote1 perce d'un oeil pour le passage des cloches4 ,de a en b sont les liernes horizontales1 sans tiercerons4 ,les arcs-doubleaux sont rabattus en ,,bc1 les arcs ogives en ,,de1 les liernes projetes en ,,ge4 ,ces liernes horizontales ne sont point appareilles en plates-bandes1 leur grande longueur et leur faible section ne l'ont pas permis2 elles passent travers les remplissages de moellons1 qui viennent ainsi les soutenir comme une ligne de clefs4 ,la section ,h fait comprendre cet appareil4 ,dans leur plus grande courbure1 c'est--dire prs de l'arc-doubleau1 les rangs de moellons sont inclins suivant les lignes gh1 et1 en se rapprochant de la lunette1 ces rangs prennent naturellement la courbure beaucoup plus plate ih4 ,la lierne est donc pince par la bute de ces rangs de moellons1 elle charge et affermit leur point de jonction4 ,en pareil cas1 les remplissages triangulaires sont plutt des portions cylindriques que des concavits1 comme dans l'exemple prcdent4 ,le trac ,m donne la projection de la clef-oeil avec l'arrive d'un des arcs ogives ,o et d'une lierne ,l4 ,ces arrives sont renforces par des redents en manire de goussets1 qui donnent de la puissance aux points de rencontre4 ,voici 7fig4 #cb7 comme sont appareilles ces rencontres d'arcs avec la clef-oeil4 ,la clef-oeil est compose de huit morceaux4 ,les quatre qui correspondent aux arcs ogives sont naturellement maintenus leur1 place par la coupe normale l'arc2 les quatre qui correspondent aux liernes sont maintenus galement par une coupe oblique a1 de sorte que le dernier morceau b de la lierne est plus large l'intrados1 de e en f1 qu' l'extrados1 de g en h4 ,mais toutefois ce morceau1 pas plus que ceux qui le prcdent1 ne peut choir1 puisqu'ils sont les uns et les autres pincs et maintenus par les triangles des remplissages1 la queue p4 ,la figure #cb permet d'apprcier l'utilit des redents qui renforcent les arrives des branches d'arcs et des liernes1 et empchent ainsi les ruptures qui1 se produisant au collet1 occasionneraient de graves dsordres dans l'conomie de la vote4 ,comme toujours1 l'lment pratique1 une ncessit d'appareil ou de structure1 fournit ici un motif de dcoration4 ,il est ncessaire de nous tendre quelque peu sur le systme de votes anglo-normand4 ,cette tude est intressante1 parce qu'elle fait voir comment1 en partant d'un mme point1 d'un mme principe1 les deux systmes anglais et franais sont arrivs des rsultats trs-diffrents1 tout en demeurant rigoureusement fidles l'un et l'autre ce principe4 ,c'est la meilleure rponse que l'on puisse faire ceux qui considrent les principes comme une gne1 et qui ne croient pas qu'au contraire1 c'est de leurs dductions seulement qu'on peut tirer des formes nouvelles#dje4 ,ds le ,x,i,i,ie sicle on reconnat1 dans la structure des votes1 l'influence du gnie anglo-normand ou anglo-saxon1 si l'on veut1 car nos voisins n'adoptent pas volontiers la qualification d'anglo-normand4 ,il est donc entendu que nous ne nous brouillerons pas sur un mot4 ,nous avons vu qu'en ,france1 ou plutt dans l'le-de-,france1 dj au milieu du ,x,i,ie sicle1 les remplissages des votes en arcs d'ogive sont ferms au moyen de rangs de moellons piqus1 poss perpendiculairement 7en projection horizontale7 aux formerets1 de telle sorte que ces rangs de moellons viennent se joindre paralllement sur la ligne des clefs1 ou ligne fatire4 ,pour obtenir ce rsultat1 nous avons montr 7voyez ,,construction1 fig4 #ee7 comment l'appareilleur traait sur l'extrados de la courbe du formeret et sur l'extrados de la courbe de l'arc ogive un nombre gal de divisions qui formaient les joints des rangs de moellons4 ,or1 comme la courbe de l'arc ogive est toujours plus tendue que ne peut l'tre celle du formeret1 les divisions sur l'arc ogive1 tant en nombre gal celles faites sur le formeret1 sont plus grandes4 ,en ,normandie et de l'autre ct de la ,manche1 jusque vers #abbj1 on procde exactement de la mme manire2 mais en ,angleterre1 particulirement1 ds le commencement du ,x,i,i,ie sicle1 il se manifeste une indcision dans cette faon de tracer les remplissages des votes2 on cherche videmment un moyen plus pratique1 plus expditif1 et surtout qui puisse tre dfini d'une faon plus nette4 ,en effet1 les remplissages des triangles de la vote franaise tant concaves1 ces rangs de moellons ne peuvent tre gomtriquement tracs sur l'pure2 ils sont poss par le maon1 qui les taille mesure1 la demande du cintre-planchette dont nous avons parl dans l'article ,,construction et dont nous reparlerons tout l'heure4 ,il tait ncessaire donc que l'ouvrier charg de cette besogne ft assez intelligent1 et une dose d'initiative suffisante1 pour pouvoir disposer seul1 sans le concours du matre appareilleur1 ces rangs de moellons concaves l'intrados et plus pais1 par consquent1 au milieu du rang qu'aux deux extrmits4 ,il y avait dans ce mode de procder un peu prs1 un sentiment1 peut-on dire1 qui n'entrait pas dans le gnie prcis et pratique de l',anglais1 lequel prtend ne rien livrer au hasard dans l'ordre des choses qui peuvent tre matriellement prvues et dfinies4 ,donc1 pour en revenir l'objet qui nous occupe1 les constructeurs anglais1 ayant1 comme les ntres1 adopt les arcs ogives pour la structure des votes d'arte1 divisent le formeret et l'arc ogive pour bander les rangs de moellons de remplissage1 non plus en un nombre gal de divisions1 mais en divisions gales4 ,ainsi 7fig4 #cc71 soit une vote d'arte sur plan carr2 le rabattement du formeret tant ab1 et celui de l'arc ogive cd1 si chaque rang de moellons donne sur le formeret les divisions ae1 ef1 fg1 etc41 on aura report ces mmes divisions sur l'arc ogive de c en l1 de l en m1 etc4 ,on aura ainsi 7ces divisions tant gales7 un plus grand nombre de largeurs de rangs de moellons sur l'arc ogive que sur le formeret4 ,runissant donc les points e'l'1 f'm'1 etc41 on aura la direction de ces rangs de moellons qui en o viendront se rencontrer sur la ligne des clefs4 ,le poseur pourra ainsi n'avoir placer que des moellons galement pais2 les lignes de joints s'inclineront vers l'arc ogive1 bien que les surfaces triangulaires passent par une succession de lignes droites horizontales4 ,les triangles pourront tre bands sans cintres ni mme sans cintre-planchette1 et il suffira d'une lierne de bois pose de ,v en ,x pour recevoir provisoirement les rencontres des derniers rangs de moellons4 ,ce n'est pas du jour au lendemain qu'on arrive en ,angleterre cette solution pratique1 on constate des ttonnements dont il est utile de se rendre compte4 ,dans le clotre de l'abbaye de ,westminster 7fig4 #cd71 ces ttonnements sont visibles4 ,plusieurs votes sont fermes conformment la mthode franaise 7voyez en ,a le triangle ,b71 d'autres prsentent pour la combinaison des remplissages la projection ,c4 ,cette combinaison est obtenue par le procd suivant3 l'angle aef a t divis en deux par la ligne ab1 les rangs de moellons du triangle oppos ont t bands perpendiculairement cette ligne ab3 ces rangs de moellons viennent donc se chevaucher sur la ligne des clefs2 ou bien1 comme on le voit en ,d1 les rangs de moellons coupent angle droit cette ligne ad'4 ,c'est le cas de l'exemple prsent dans la figure #cc4 ,parfois aussi1 dans d'autres votes1 ,ely notamment1 les rangs de moellons piqus sont poss perpendiculairement aux branches d'arcs ogives1 comme le montre le triangle ,g1 et se chevauchent toujours sur la ligne des clefs ou se runissent en sifflets4 ,les votes du transsept de l'glise de ,westminster1 qui datent de #abcj environ1 sont faites conformment au trac indiqu dans le triangle ,d et dans la figure #cc2 c'est--dire que les divisions sont gales sur la courbe du formeret ,f 7voyez le trac perspectif ,p1 fig4 #cd7 et sur l'arc ogive ,o4 ,cet arc ayant un plus grand dveloppement que le formeret1 il y a donc plus de divisions sur l'arc ogive que sur ce formeret1 et les rangs de moellons lgrement concaves s'inclinent sur cette branche ,o d'arc ogive4 ,il n'y a pas de lierne transversale pour masquer le chevauchage des rangs de moellons sur la ligne des clefs1 mais il en existe longitudinalement dj1 comme l'indique la figure1 de ,m en ,n4 ,la naissance de la courbe des formerets tant en ,r1 c'est--dire beaucoup au-dessus de la naissance des arcs ogives1 il y a donc en ghi un triangle vertical faisant partie du tas de charge1 et de la ligne ih1 pour aller prendre le rang de moellons m 7le premier qui commence la srie des divisions gales71 le constructeur a lev une surface trapzodale ihmn1 gauche 7en aile de moulin74 ,ce n'est donc qu' partir de la ligne mn que les divisions gales ont t faites la fois sur le formeret et sur la branche d'arc ogive4 ,il est facile de reconnatre qu'ici le praticien n'a pas eu d'autre ide que de simplifier son travail au moyen de ces divisions gales sur les deux arcs1 de poser des rangs de moellons parallles dans leur tendue1 et d'viter ainsi la taille de ces moellons sur le tas1 exige par le systme franais4 ,les consquences de l'adoption de ce procd simplificateur ne se firent pas attendre4 ,dans la vote franaise1 les remplissages de moellons sont des votains courbes en tous sens1 concavits reportant leur poids sur les nerfs de pierre1 sur les cintres permanents4 ,chaque triangle de la vote franaise est une cellule indpendante se maintenant d'elle-mme4 ,d'aprs ce qui prcde1 on voit que les constructeurs anglais ne considrent pas les triangles de remplissages comme des votains1 mais1 comme des panneaux1 ou plutt encore comme une suite de couchis4 ,en effet1 admettons que l'on ait poser sur des cintres combins1 comme le sont les arcs-doubleaux1 formerets et arcs ogives 7c'est--dire possdant chacun leur courbe propre7 des couchis de planches1 il est vident que ces couchis1 ayant une gale largeur dans toute leur tendue1 donneraient exactement la figure que reproduit le trac ,p 7fig4 #cd72 que ces couchis ne pourraient se runir paralllement suivant la ligne des clefs du triangle1 mais se chevaucheraient4 ,les ,anglais ont-ils fait des votes originairement composes d'arcs de pierre ou de courbes de bois1 sur lesquelles ils auraient pos des madriers1 des couchis1 en un mot8 ,c'est possible2 d'autant qu'il existe encore en ,angleterre1 dans le clotre de la cathdrale de ,lincoln1 entre autres exemples1 des votes ainsi construites et qui datent du ,x,i,ve sicle4 ,il ne faut pas perdre de vue que les constructions de bois ont de tout temps tenu une place importante dans l'architecture anglaise1 comme dans l'architecture de toutes les races du ,nord4 ,le systme de votains projection horizontale triangulaire de la vote franaise ne peut en aucune faon se prter l'emploi de planches ou de madriers1 puisqu'il et fallu tailler chacun d'eux pour lui donner plus de largeur au milieu qu'aux extrmits2 tandis que le systme anglais primitif indiqu ci-dessus permet la mise en oeuvre du bois2 bien plus1 il l'indique1 il en est une consquence4 ,les drivs des exemples prcdents viennent encore accuser cette proccupation des constructeurs4 ,la vote anglaise arrive1 au ,x,ve sicle1 tre une combinaison de charpenterie bien plutt qu'une combinaison de maonnerie4 ,ds le ,x,i,i,ie sicle1 les liernes apparaissent1 puis les tiercerons4 ,les liernes taient une consquence toute naturelle du chevauchement des rangs de moellons sur la ligne des clefs4 ,les tiercerons--pour les votes d'une grande porte du moins--taient commands pour empcher le flchissement de ces rangs de moellons qui n'ont qu'une flche inapprciable et qui semblent figurer des couchis4 ,ces plans courbes dans un sens1 mais nullement concaves ou trs-peu concaves1--puisque ces rangs de moellons remplissaient l'office de couchis1--avaient besoin d'tre maintenus dans le milieu de leur dveloppement1 pour ne point se dformer1 s'inflchir2 les tiercerons furent donc poss pour parer cette ventualit4 ,bientt les consquences de ce principe conduisent des combinaisons d'arcs dont nous ne trouvons pas1 en ,france1 les analogies2 et c'est toujours un mode simplificateur qui est la cause de ces combinaisons4 ,tout ce qui est du ressort de l'architecture du moyen ge est si lgrement apprci1 mme1 il faut bien l'avouer1 par les architectes1 qu'on s'en tient l'apparence1 qu'on juge les mthodes adoptes sur cette apparence1 et qu'on ne prend pas la peine de rechercher si derrire la forme visible il y a un procd trs-simple qui l'a commande4 ,dj en #ahdb1 un des hommes les plus distingus en ,angleterre parmi les archologues s'occupant de l'architecture1 avec le sens pratique que dans ce pays on apporte toute chose1 ,m4 le professeur ,willis1 avait publi sur la construction des votes anglaises du moyen ge un travail trs-tendu et savamment dduit#djf4 ,ce travail est peut-tre la premire tude srieuse qui ait t faite sur le systme de structure des votes anglaises1 et certes les observations recueillies depuis n'ont fait que confirmer les aperus de ,m4 ,willis4 ,toutefois1 n'ayant pas un point de comparaison en dehors du systme anglais1 le savant professeur ne peut en apprcier tout le ct pratique4 ,en nous aidant de son remarquable travail et de nos observations personnelles1 nous essayerons de faire comprendre comment ces votes1 en apparence si compliques1 sont la dduction la plus simple du systme dont nous venons d'exposer les principes lmentaires4 ,puisque1 pour maintenir la flexion des rangs de moellons1 considrs comme des couchis1 les constructeurs anglais avaient jug ncessaire d'tablir un tierceron dans chaque triangle de votes1 aboutissant la lierne de clefs1 il tait naturel qu'ils en tablissent bientt plusieurs4 ,ainsi firent-ils 7fig4 #ce74 ,les tiercerons venaient aboutir de la naissance au milieu des liernes1 en aa'4 ,ces constructeurs jugrent que pour les grands triangles1 les espaces a'b1 a'c taient trop grands encore pour se passer d'un renfort intermdiaire4 ,ils tablirent donc les contre-tiercerons gh1 gi1 aboutissant au milieu des demi-liernes1 en h et en i4 ,n'oublions pas que chaque arc de la vote franaise possde sa courbe particulire1 qui est toujours une portion de cercle1 sauf de rares exceptions4 ,si donc1 en se conformant ce principe1 le constructeur anglais avait d adopter pour chacun de ces arcs1--lesquels ont tous une base diffrente1--une courbe particulire1 il lui et fallu tracer3 #a la courbe du formeret gb2 #b celles des deux tiercerons ga'1 ga2 #c celle de l'arc ogive gc2 #d celles des deux contre-tiercerons gh1 gi2 #e celle de l'arc-doubleau gl3 en tout1 sept courbes4 ,de plus1 en admettant que1 comme dans la vote franaise1 tous ces arcs eussent t des portions de cercle1 ou il et fallu que leurs naissances eussent t places des niveaux trs-diffrents1 ou que les clefs de ces arcs eussent t elles-mmes des niveaux trs-diffrents4 ,dans le premier cas1 il existait1 entre le chapiteau de la pile et la naissance de la courbe des arcs ayant la plus faible base1 une verticale gnante pour placer les moellons de remplissage suivant le mode admis par les ,anglais2 la vote le long du formeret semblait ne plus tenir la structure1 se dtacher1 comme on peut le voir dans quelques-unes de ces votes primitives1 notamment dans les choeurs des cathdrales d',ely et de ,lincoln4 ,pour viter cet inconvnient1 ds la fin du ,x,i,i,ie sicle1 les constructeurs anglais adoptent une courbe compose1 de telle sorte que1 toutes ces courbes1 partir du niveau du chapiteau des piles1 ont le mme rayon4 ,ainsi 7fig4 #ce7 l'arc ogive tant la plus longue courbe1 c'est elle qu'on trace au moyen d'un premier arc de cercle g'm1 puis d'un second arc de cercle mn2 le point n tant fix comme hauteur de la vote sous clef4 ,bien entendu1 le centre de cette seconde courbe se trouve sur le prolongement de la ligne passant par le point m et le centre e de l'arc g'm4 ,la courbe du formeret gog' est donne par le mme rayon em4 ,ceci fait1 toutes les courbes des autres arcs sont donnes4 ,tous ont une base plus courte que celle de l'arc ogive4 ,donc1 rabattant le contre-tierceron g'h sur la ligne de base g'c1 en h'2 de ce point h' levant une perpendiculaire1 celle-ci viendra rencontrer en h'' la courbe matresse g'n4 ,la courbe de ce contre-tierceron sera donc la courbe g'h''4 ,rabattant le tierceron g'a'1 idem en a''2 levant une perpendiculaire de ce point a''1 celle-ci rencontrera la courbe matresse en a'''4 ,la courbe de ce tierceron sera donc la courbe g'a'''4 ,rabattant le deuxime contre-tierceron g'i1 idem en i'2 levant une perpendiculaire de ce point i'1 celle-ci rencontrera la courbe matresse en i''4 ,la courbe du deuxime contre-tierceron sera donc la courbe g'i''4 ,on procdera de mme pour le tierceron g'a du long triangle1 tierceron dont la courbe sera donne de g'en p2 de mme aussi pour l'arc-doubleau g'l1 dont la courbe sera donne de g' en q4 ,ces clefs atteignent toutes des niveaux diffrents4 ,pour tracer les liernes transversales cb1 il suffira d'lever des perpendiculaires des points ha'ic sur la ligne cb 7projection horizontale de cette lierne transversale71 et de prendre sur ces perpendiculaires des longueurs gales h'h''1 a''a'''1 i'i''1 cn1 qui donneront les points r1 s1 t1 u1 points d'intersection des tiercerons avec la lierne cb4 ,si l'on veut que le formeret ait la mme courbe que tous les autres arcs1 on procdera comme ci-dessus4 ,nous rabattrons la ligne g'b sur la base g'c2 du point ,v1 nous lverons une perpendiculaire qui1 rencontrant la courbe matresse en ,v'' donnera la courbe g',v'' du formeret4 ,cette courbe en projection transversale donnera la hauteur b,v'1 tandis que le formeret1 rabattu en go1 donnera la hauteur bo'4 ,employant le mme systme de trac1 nous aurons en uy la projection longitudinale des branches de liernes cl4 ,tout ceci n'est que de la gomtrie descriptive trs-lmentaire1 et ne demande pas de grands efforts d'intelligence de la part du traceur1 mais les consquences au point de vue de la structure sont importantes4 ,d'abord1 puisque nous n'avons qu'une seule courbe compose pour tous les arcs2 ou plutt1 que tous les arcs ne sont qu'un segment plus ou moins tendu d'une mme courbe compose1 les panneaux d'appareil d'un arc peuvent servir pour tous les arcs2 de plus1 les arcs1 en pivotant autour de la verticale leve dans l'axe de la pile g1 devant ncessairement passer par un mme plan courbe1 puisqu'ils ont tous la mme courbe1 donnent l'extrados une forme conode concave en manire de pavillon de trompette1 qui simplifie singulirement la pose des moellons de remplissage4 ,si bien 7voy4 fig4 #cf7 qu'en traant la projection horizontale de cette vote1 on voit comment se peuvent poser aisment les rangs de ces moellons ne remplissant plus que la fonction de planches ou bardeaux poss entre des nervures de charpenterie4 ,mais la suite de dductions logiques qui avait amen les constructeurs anglais considrer ces arcs multiplis comme des nerfs d'une charpente1 les conduisait 7 cause surtout du peu de courbure de ces arcs dans la partie suprieure de la vote7 les relier entre eux par des goussets et contre-liernes1 ainsi que l'indique la figure #cfdjg4 ,les points de rencontre de ces goussets et contre-liernes avec les arcs et les liernes donnent des motifs de clefs qui renforaient d'autant ces points de jonction4 ,on obtenait ainsi un rseau rsistant d'arcs puissamment trsillonns1 sur lesquels on pouvait poser les moellons de remplissage comme on pose des planches sur une membrure de charpente4 ,la figure #cg donne le trac perspectif d'une de ces clefs 7celle ,a de la figure #cf74 ,les contre-liernes et goussets sont tracs suivant un plan vertical1 ainsi que l'indique la section ,b 7fig4 #cg71 des feuillures ,f tant rserves pour poser les moellons de remplissage1 et la queue de ces contre-liernes arasant l'extrados de ces moellons4 ,on observera que l'arc ,c 7qui est ici l'arc ogive7 possde en ,d une joue plus large au-dessous de la contre-lierne qu'en d1 ce que motive la position verticale de cette contre-lierne1 et ce qui est parfaitement conforme aux conditions de rsistance de ces arcs1 lesquels n'ont plus besoin d'avoir autant de force l o ils participent au rseau qu'au-dessous de ce rseau4 ,revenant la figure #cf1 nous voyons que les clefs ,a1 ,b1 ,c1 sont poses sur un cercle dont le point ,d est le centre2 de sorte que les branches d'arcs ,,dc1 ,,da1 ,,db1 sont identiques4 ,les clefs ,e1 ,c1 ,f1 divisent la branche de liernes transversale en quatre parties gales1 comme la clef ,g divise la branche de liernes longitudinale en deux parties gales4 ,la clef ,h divise la branche d'arc ,,ao en deux parties gales1 et1 pour poser la clef ,i1 on a runi les points ,,bh1 ,,ak1 par des lignes1 ainsi qu'on le voit en ,m4 ,ces deux lignes ont coup le tierceron en deux points a1 b2 divisant en deux cet espace ab1 on a marqu le point ,p1 centre de la clef ,i4 ,en multipliant ainsi les arcs des votes destines maintenir les remplissages1 qui ne sont plus que des panneaux de pierre1 il tait naturel de construire ces arcs eux-mmes tout autrement que ne le sont les arcs des votes franaises4 ,les arcs des votes franaises sont1 avec raison1 bands au moyen de claveaux ayant entre lits peu d'paisseur4 ,c'est--dire que dans un arc de vote franaise1 le constructeur a multipli les joints1 afin de laisser cet arc une plus grande lasticit1 d'viter les jarrets et brisures1 qui eussent t1 pour les votains1 une cause de dislocation4 ,quoique ces votains conservent eux-mmes une certaine lasticit1 il tait important de prserver de dformations sensibles les cintres permanents 7arcs7 qui les portent4 ,en bandant ces arcs en claveaux peu pais1 en multipliant les joints1 le constructeur franais estimait avec beaucoup de justesse que 7en admettant un mouvement1 un tassement7 la multiplicit de ces joints1 toujours pais1 permettait l'arc1 de suivre ces mouvements ou tassements sans dformer sa courbure4 ,mais1 ds l'instant que les ,anglais remplissaient les votains de remplissage par des panneaux de pierre1 et qu'ils adoptaient des courbes composes de deux segments de cercle1 dont l'un avait un trs-grand rayon1 il et t prilleux de bander ces arcs l'aide de claveaux peu pais4 ,aussi1 quand les votes anglaises sont faites conformment aux tracs que nous venons de donner en dernier lieu1 les arcs sont composs au contraire de longs morceaux de pierre1 comme le seraient des courbes de charpente4 ,les liernes ou contre-liernes1 qui sont des trsillons1 sont tailles souvent dans un seul morceau de pierre d'une clef l'autre4 ,cette mthode tait consquente au systme de votes admis par ces constructeurs ds la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,de tout ce qui prcde il ressort que les constructeurs anglais1 malgr l'apparence complique de ces figures1 ont adopt au contraire un procd simplificateur1 soit pour le trac de ces votes1 soit pour leur structure4 ,il est intressant d'observer comment nos voisins1 dj1 taient pntrs de cet esprit pratique qui tend faire converger les efforts communs vers un but1 en laissant peu de part l'initiative individuelle4 ,il est vident que1 pour faire une vote franaise la mme poque1 c'est--dire pendant la premire moiti du ,x,i,ve sicle1 il fallait de la part de chaque ouvrier plus d'intelligence et d'initiative qu'il n'en tait besoin pour construire une vote comme celle que nous venons d'analyser4 ,l'pure faite suivant cette dernire mthode1 la besogne de l'ouvrier se bornait un travail quasi mcanique4 ,il n'en tait pas ainsi de nos votes1 qui demandaient pendant la pose des combinaisons que le matre devait prescrire pas pas1 mais qu'il ne pouvait gomtriquement tracer1 que le maon ne pouvait mettre excution que par suite d'un effort de son intelligence4 ,nous croyons qu'il y a plus d'art dans nos votes1 d'apparence si simple1 qu'on n'en saurait trouver dans ce systme purement gomtrique1 trs-simple comme procd pratique1 mais d'apparence si complique4 ,les gnies des deux peuples se montrent ainsi de part et d'autre avec leurs qualits et leurs dfauts4 ,on n'est point surpris toutefois que les hommes qui dj possdaient un esprit collectif et simplificateur aussi manifeste fussent galement pntrs de ce sentiment de discipline et d'ordre qui nous fut si funeste aux journes de ,crcy et de ,poitiers4 ,tout se tient dans l'histoire d'un peuple1 quand on y veut regarder de prs1 et c'est ce qui fait de l'tude de l'architecture de ces temps1 si compltement empreinte du gnie des peuples qui la pratiquaient en ,france et en ,angleterre1 un sujet inpuisable d'observations intressantes4 ,on a vu dans la figure #ce comment les constructeurs anglais1 ayant adopt une seule courbe compose pour tous les arcs d'une vote1 appliquaient mme parfois cette courbe au formeret1 et par suite l'archivolte de la fentre ouverte sous ce formeret4 ,c'est un procd simplificateur de construction des votes1 qui n'exigeait qu'une seule pure pour tous les arcs1 qui explique pourquoi beaucoup de ces archivoltes des fentres appartenant des difices vots au ,x,i,ve sicle sont obtenues au moyen de courbes composes4 ,il y a1 dans cette forme observe par tous1 ceux qui ont visit l',angleterre1 non pas un caprice1 une question de got1 mais l'application rigoureuse d'un systme suivi1 comme nous venons de le dmontrer1 avec un esprit mthodique rigoureux dans ses dductions4 ,une fois la courbe admise par une ncessit de construction1 on s'y habitua et l'on s'en servit dans des circonstances non commandes par le systme de structure4 ,cependant les constructeurs anglais ne s'en tinrent pas la vote que nous venons de donner 7fig4 #ce et #cf72 ils prtendirent1 vers la mme poque1 c'est--dire au commencement du ,x,i,ve sicle1 avoir1 avec des arcs forms de courbes composes1 des liernes sur un plan horizontal et non plus inclines vers les formerets et arcs-doubleaux4 ,voici 7fig4 #ch7 comment ils s'y prirent pour arriver ce rsultat4 ,soit un quart de vote d'arte ,,abcd1 un tierceron tant trac en ,,ae4 ,pour les naissances de tous ces arcs1 c'est--dire du formeret ,,ab1 du tierceron ,,ae1 de l'arc ogive ,,ac1 de l'arc-doubleau ,,ad1 et de tous les autres arcs1 s'il plat d'en tracer d'autres1 comme dans le prcdent exemple1 un seul arc ,,af a t trac1 le centre de cet arc tant en ,d4 ,rabattant les longueurs de chacun de ces arcs sur la ligne ,,ac considre comme base1 et1 de ces points de rabattement1 levant des perpendiculaires sur la base1 la ligne ab tant considre comme le niveau auquel doit atteindre chacun de ces arcs1 on trace les segments ,fa1 ,fg1 en prenant leurs centres en m et n sur la ligne ,fo prolonge2 le segment ,ih1 en prenant son centre en r sur la ligne ,io prolonge2 le segment ,kb1 en prenant son centre en q sur la ligne ,ko prolonge4 ,les clefs de tous ces arcs sont sur un mme plan de niveau1 et par consquent les liernes ,,cd1 ,,cb1 sont horizontales4 ,cependant les sommiers des arcs possdent tous la mme courbe1 au moins jusqu'au point ,k1 ce qui sauve la difficult des naissances dont les courbes sont diffrentes4 ,une fois ce niveau ,k chapp1 il y a une si faible diffrence entre les courbures des arcs1 que les rangs de moellons de remplissage peuvent toujours tre poss conformment la mthode indique prcdemment4 ,voyons 7figure #ci7 comment ce systme de structure des votes anglaises incline vers une mthode de plus en plus mcanique4 ,soient en ,,abcd un quart de vote carre1 et en ,,ebfg un quart de vote barlongue4 ,dans la premire1 l'arc ogive est l'arc ,,ad2 dans la seconde1 l'arc ogive est l'arc ,,eg4 ,ayant admis1 comme le montre la figure #cf1 que les tiercerons doivent tre multiplis1 afin de ne plus considrer les remplissages que comme des panneaux1 non plus comme des votains1 il s'ensuit naturellement que ces panneaux doivent1 autant que faire se peut1 tre semblables comme tendue4 ,pour tracer les tiercerons1 ce ne sera donc plus les liernes que nous diviserons en parties gales1 comme dans l'exemple #cf1 mais nous dcrirons le quart de cercle ,,bc pour le quart de la vote carre1 et nous diviserons ce quart de cercle en parties gales4 ,par les points diviseurs faisant passer des lignes ,aa1 ,ab1 ,ac1 nous aurons la projection horizontale des tiercerons d'un huitime de la vote4 ,ds lors les angles ,,daa 7,a sommet71 a,ab1 b,ac1 c,,ac1 seront gaux et les panneaux compris entre leurs cts semblables4 ,nous trsillonnerons ces tiercerons par des contre-liernes e1 f1 g1 h1 etc41 comme dans l'exemple figure #cf1 mais ici traces de telle sorte que leurs points de rencontre se trouvent sur les quarts de cercle ,,bc1 ei4 ,ou nous voulons adopter pour tous ces arcs une seule et mme courbe compose1 comme dans l'exemple fig4 #ce1 ou nous voulons que les liernes ,,bd1 ,,dc1 soient de niveau4 ,dans le premier cas1 nous prenons l'arc ogive ,,ad comme tant le plus tendu1 nous le rabattons sur la ligne ,a',d'1 nous levons la perpendiculaire ,d',d 7,d tant la hauteur de la vote sous clef71 et nous traons1 au moyen de deux centres1 la courbe compose ,a',d4 ,procdant comme il a t dit ci-dessus2 prenant les longueurs ,aa1 ,ab1 ,ac1 ,,ac1 et les reportant sur la ligne ,a',d' en ,a'a'1 en ,a'b'1 en ,ac'1 en ,a',c'1 et de ces points1 a'1 b'1 c'1 ,c'1 levant des perpendiculaires la ligne ,a',d'1 ces perpendiculaires rencontreront la courbe ,a',d en des points qui donneront les hauteurs sous clef de chacun des arcs ,aa1 ,ab1 etc41 et par suite1 pour la lierne ,,dc1 la projection verticale ,c''',d'''4 ,mais si nous prtendons poser ces liernes de niveau1 alors il nous faudra chercher1 au moyen du procd indiqu figure #ch1 les courbes ,a',k1 ,a'l1 etc41 en conservant toujours pour les sommiers la mme courbe ,a'n4 ,s'il s'agit d'une vote barlongue1 dont le quart est ,,ebfg1 nous procdons exactement de la mme manire que pour la vote carre2 seulement l'arc formeret ,,ef et les tiercerons joignant ce formeret tant plus courts que ne l'est le formeret et ne le sont les tiercerons ,aa1 ,ab1 ,ac de la vote carre1 les clefs de ces arcs seront 7en supposant que nous n'adoptions qu'une seule courbe7 plus basses que dans la vote carre1 c'est--dire que les points hauteurs de ces clefs seront en m pour le formeret ,,ef1 en o pour le tierceron ,eo'1 en p pour le tierceron ,ep'1 en q pour le tierceron ,eq'1 etc41 et que la ligne des liernes ,,fg donnera la projection verticale ,f',d'''4 ,mais si nous voulons que les liernes de cette vote barlongue soient de niveau1 alors il faudra chercher les courbes composes comme ci-dessus1 et la courbe du formeret ,,ef rabattue en ,a',i conservera toujours une partie de la courbe primitive infrieure de ,a' en s1 pour les sommiers4 ,on voit ainsi comment sont donns1 par l'application d'un principe de construction dduit rigoureusement1 ces arcs briss en lancettes ,a',i1 ou surbaisss composs ,am1 si frquemment adopts pour les fentres des nefs anglaises votes1 ces fentres tant circonscrites par l'arc formeret4 ,cependant1 ces courbes engendres tout naturellement par un procd de structure1 on a voulu trouver les origines les plus saugrenues4 ,ces courbes prtendaient imiter le bonnet d'un vque1 ou bien elles avaient une signification mystico-symbolique2 en se rapprochant de la ligne droite au-dessus d'un certain point1 elles devaient indiquer la disposition de l'me chrtienne1 qui devient de plus en plus ferme mesure qu'elle s'lve vers le ciel6444 ,mais nous ne rapporterons point ces rvasseries de tant d'auteurs qui ont crit sur l'architecture du moyen ge sans avoir leur service les premiers lments de la gomtrie et de la statique4 ,il est clair que les artistes que tout raisonnement fatigue1 et qui seraient aises qu'il ft interdit de raisonner1 mme en architecture1 par une bonne loi bien faite1 et surtout rigoureusement applique1 s'empressent de rpter ces pauvrets l'endroit de la structure gothique1 et aiment bien mieux voir l'imitation d'un bonnet d'vque dans une courbe qu'un principe de structure3 le bonnet d'vque1 en ce cas1 ou l'aspiration de l'me dispense de toute tude et de toute discussion1 et la vote gothique passe ainsi au compte des niaiseries humaines2 ce qui simplifie la question4 ,lorsqu'une seule courbe sert pour tous les arcs d'une vote1 et si ces arcs pivotent sur la pile support1 il est clair que1 au-dessus de chaque pile1 chaque partie de vote donne exactement la forme d'un pavillon de trompette#djh4 ,lorsque la portion suprieure de ces courbes composes seule est modifie1 afin de poser toutes les clefs et les liernes1 par consquent1 de niveau ou dans un mme plan horizontal1 la forme en pavillon n'en existe pas moins jusqu' une certaine hauteur au-dessus des naissances1 et la varit des courbes suprieures modifie un peu la forme en pavillon1 mais ne saurait la dtruire pour l'oeil4 ,il est clair aussi que les architectes devaient1 par suite de l'adoption de ces arcs rayonnants donnant entre eux des angles gaux1 quelle que ft la disposition des traves1 soit carres1 soit barlongues1 abandonner l'arc ogive1 et donner tous ces arcs rayonnants qui remplissent chacun une fonction semblable une section semblable4 ,c'est ce qui arriva4 ,il tait conforme la marche logique des procds adopts par les constructeurs anglais de ne plus poser entre ces arcs des rangs de moellons1 mais de les remplacer par de vritables panneaux de pierre1 des dalles4 ,ce parti est adopt de l'autre ct de la ,manche ds le ,x,ve sicle1 soit sur des arcs disposs en pavillon de trompette1 soit sur des arcs formant une suite de pyramides curvilignes avec portion de berceau4 ,c'est ainsi qu'est construite la vote de la chapelle de ,saint-,george1 ,windsor#dji4 ,la figure #dj montre une de ces pyramides de votes l'extrados2 comment sont disposs les arcs portant feuillures ,a1 et comment entrent dans ces feuillures les panneaux ,b de remplissage4 ,les arcs tiercerons1 compris entre les arcs ogives ,o1 aboutissent une ligne de niveau ,,dd'4 partir de cette ligne jusqu' la ligne des clefs ,,cc'1 la vote forme un berceau compos de panneaux de pierre clavs1 portant en relief1 les compartiments simulant alors des pntrations d'artes1 de tiercerons1 de contre-liernes1 etc4 ,la ligne des clefs1 ou la lierne qui runit la clef ,e du formeret la ligne ,,dd'1 est horizontale1 de telle sorte que les tiercerons compris entre les arcs ogives ,o et ces formerets sont taills sur des courbes diffrentes2 de mme pour les tiercerons compris entre les arcs ogives1 d'aprs la mthode indique prcdemment4 ,ainsi1 dans cette vote de la chapelle de ,windsor1 plusieurs systmes sont mis en pratique3 le systme des votes en portions de pyramides curvilignes1 avec arcs pris sur des courbes diffrentes 7sauf pour les sommiers72 le systme des grands claveaux larges et peu pais1 comme des dalles claves1 enchevtres1 compltant la vote par un berceau1 dans sa partie suprieure4 ,plus tard encore les arcs sont supprims1 et les votes anglaises ne se composent plus que d'un appareil de grandes dalles1 avec nerfs saillants l'intrieur pris dans la masse et figurant encore les arcs de la structure qui n'existent plus de fait4 ,c'est ainsi que sont construites les votes les plus rcentes de la cathdrale de ,peterborough et celles de la chapelle de ,henri ,,vii ,westminster4 ,ces sortes de votes sont trs-plates4 ,ainsi la vote dont la figure #dj prsente l'extrados n'a1 comme flche1 qu'un peu plus du quart de son diamtre4 ,cela seul indique les avantages que l'on pouvait tirer de ce mode de structure4 ,nous avons cru ncessaire de nous tendre quelque peu sur les combinaisons qui ont amen les constructeurs anglais aux formes de votes en apparence si diffrentes des ntres1 bien que partant d'un mme principe4 ,cette digression tend dmontrer que1 d'un mme principe1 quand on le suit avec mthode1 il peut sortir des dductions trs-varies4 ,il est certain que du principe gnrateur de la vote gothique on peut tirer d'autres consquences encore2 que par consquent il ne peut y avoir aucune bonne raison pour repousser ce principe excellent en lui-mme1 et laissant l'architecte la plus grande libert quant aux applications qu'on en peut faire1 en raison des programmes1 de la nature des matriaux et de l'conomie4 ,revenons la vote franaise4 ,nous l'avons laisse au moment o1 tant arrive son dveloppement1 elle permet de couvrir l'aide des arcs ou cintres permanents1 portant des votains de moellon piqu1 toutes les surfaces possibles4 ,ayant atteint au milieu du ,x,i,i,ie sicle un degr de perfection absolu1 conformment au mode admis ds le milieu du ,x,i,ie sicle1 le systme franais ne se modifie plus2 il procde toujours de l'arc-doubleau1 des arcs ogives et formerets avec ou sans tiercerons et liernes4 ,ce n'est gure que dans les provinces les plus septentrionales1 et notamment en ,normandie mme1 que l'application des tiercerons et liernes devient frquente dater de la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,dans l'le-de-,france1 en ,champagne1 en ,bourgogne1 les constructeurs s'en tiennent aux arcs ogives et aux arcs-doubleaux jusqu' la fin du ,x,ve sicle4 ce point de vue1 comme procd de structure1 la vote franaise ne se modifie pas4 ,les perfectionnements ou innovations--si l'on peut appeler innovation la consquence logique d'un systme admis toul d'abord--ne portent que sur les naissances de ces votes4 ,nous avons vu qu'en ,angleterre1 au moyen des courbes composes1 on avait vit les difficults rsultant des courbes de rayons diffrents pour bander les remplissages1 puisque1 dans ces votes anglaises1 ds le ,x,i,ve sicle1 la courbe infrieure est la mme pour lous les arcs d'une vote4 ,en ,france1 sauf de trs-rares exceptions1 qui appartiennent une poque relativement rcente1 la courbe compose n'est pas employe1 les formerets1 arcs-doubleaux et arcs ogives ont chacun leur courbe1 qui est toujours un segment de cercle4 ,comme on sentait de plus en plus la ncessit de placer les clefs de ces arcs au mme niveau1 afin de ne pas perdre de place et de pouvoir passer les entraits des charpentes immdiatement au-dessus de l'extrados des votes1 lorsque ces arcs avaient des ouvertures trs-diffrentes1 il fallait1 ou que leur brisure donnt des angles trs-diffrents1 c'est- dire que les uns fussent trs-aigus1 les autres trs-obtus1 ou que les naissances de ces arcs fussent places des niveaux diffrents#daj4 ,c'est ce dernier parti qui prvalut1 car les constructeurs cherchaient donner aux arcs en tiers-point d'un mme difice1--au moins pour les arcs-doubleaux1 formerets et archivoltes1--des angles de brisure la clef qui ne fussent pas trop ingaux4 ,les naissances de ces divers arcs furent donc une de leurs plus grandes proccupations4 ,le choeur de la cathdrale de ,narbonne1 commenc la fin du ,x,i,i,ie sicle et conu videmment par un matre trs-habile1 prsente1 sous le rapport de la construction des votes1 de prcieux renseignements#daa4 ,le dernier pilier des traves parallles l'axe du choeur1 qui commence les traves rayonnantes1 est dispos rigoureusement et le plus conomiquement possible pour recevoir les arcs qu'il doit porter4 ,la figure #da donne la section horizontale de ce pilier sous les votes du collatral4 ,l'archivolte de la partie parallle l'axe du choeur occupe toute la largeur ab1 et celle de la premire trave tournante la mme largeur a'b'4 ,ces archivoltes ont l'paisseur totale de la pile1 quelques centimtres prs4 ,la colonnette ,c monte jusqu' la haute vote1 pour porter un seul arc 7voyez ,,cath,,drale1 fig4 #dh71 puisque nous sommes dans la partie gironnante du choeur2 la colonnette ,d porte la fois et l'arc-doubleau ,a et les deux arcs ogives ,o du collatral gironnant4 ,les traves ,t tant plus troites que celles parallles ,t' au grand axe1 il en rsulte que le nerf ,g vertical1 qui reoit le boudin principal ,g' de l'archivolte1 se trouverait1 dans la trave ,t tournante1 en retraite du nu ,h1 et qu'il ne parat point4 ,ainsi ce sont les arcs qui ont donn rigoureusement la position des nerfs et colonnettes de cette pile cylindrique4 ,si nous montrons la vote du collatral 7fig4 #db71 avec une des piles de la partie gironnante1 nous voyons comment les archivoltes pntrent dans la pile1 et comment les arcs-doubleaux et arcs ogives du collatral1 cause de leur plus grande ouverture1 ont leur naissance place plus bas que celle de ces archivoltes4 ,nous voyons aussi comment sont tracs ces arcs ogives1 suivant une courbe dans leur plan horizontal4 ,la figure #dc explique ce trac4 ,en ,a1 sont les grosses piles du sanctuaire2 en ,b1 les piles d'entre des chapelles4 ,les clefs ,c des arcs ogives sont poses au milieu de la ligne ab de clef des votains de remplissage1 qui runit le sommet de l'arc-doubleau d'entre des chapelles au sommet de l'archivolte4 ,afin de ne pas avoir en e un angle trop aigu1 le constructeur a donn1 en projection horizontale1 une courbure l'arc ogive e,c4 ,ainsi les remplissages s'tablissent-ils plus galement dans les deux triangles voisins ayant pour bases l'arc-doubleau du collatral et l'arc-doubleau d'entre des chapelles4 la cathdrale de ,bourges1 les votes des collatraux du choeur 7#abbe environ7 sont dj traces suivant ce principe4 ,mais nous voyons1 dans la perspective figure #db1 qu'entre l'arc ogive et l'archivolte1 le remplissage est abandonn et pntre dans la pile mme1 continuant au-dessus de la bague formant chapiteau4 ,il y a l un point incomplet1 car les votains de remplissage doivent toujours reposer sur des extrados d'arcs4 ,au ,x,i,ve sicle1 le constructeur de l'glise abbatiale de ,saint-,ouen de ,rouen prend un parti plus franc1 plus logique1 bien qu'en apparence beaucoup plus compliqu 7fig4 #dd74 ,les archivoltes prennent tout l'espace ab1 c'est--dire exactement la largeur de la pile1 moins le nerf ,c destin recevoir l'arc-doubleau et les arcs ogives des votes hautes1 et le profil de ces archivoltes n'est autre que celui de la pile1 ou1 pour tre plus exact1 la section de la pile n'est autre que la section de l'archivolte4 ,l'arc-doubleau du collatral n'est galement que le profil g de la pile1 et l'arc ogive le profil h4 ,en lvation1 ces arcs se pntrent ainsi que l'indique le trac perspectif4 ,il n'y a plus de chapiteau1 puisqu'il n'a plus de raison d'tre1 et les sommiers1 lits horizontaux1 s'lvent jusqu'au niveau ,n1 c'est--dire beaucoup au-dessus des naissances des arcs4 ,c'est la dernire expression de la combinaison des naissances d'arcs de votes en ,france1 et ce parti fut suivi jusqu' l'poque de la renaissance4 ,ce sont l des consquences rigoureuses du principe de la vote trouve au ,x,i,ie sicle2 mais1 quant au mode de structure1 il ne varie pas1 c'est--dire que les arcs remplissent toujours les fonctions de cintres permanents recevant des votains de remplissage entre leurs branches1 votains qui ne deviennent jamais des panneaux1 mais sont construits par petits claveaux dont les rangs courbs partent toujours de l'arc-doubleau1 archivolte ou formeret1 pour venir reposer l'autre extrmit en biais1 sur les arcs ogives4 ,dans l'article ,,construction1 il est dit comment1 l'aide de ce systme de votes1 on peut couvrir toutes les surfaces1 si peu rgulires qu'elles soient2 comment on peut1 sans difficults d'appareil1 faire des votes biaises1 rampantes1 gauches1 etc4 ,ce systme franais est donc essentiellement pratique2 il prsentait1 sur le systme romain1 un perfectionnement1 et par consquent il tait plus raisonnable de chercher le perfectionner encore que de l'abandonner pour recourir au mode romain4 ,mais l'engouement du ,x,v,ie sicle pour les arts italiens l'emporta chez nous sur les raisons qui militaient en faveur de notre systme de votes franaises1 dont il tait facile de tirer des consquences de plus en plus tendues4 ,philibert de l',orme1 dans son ,trait d'architecture#dab1 s'exprime ainsi au sujet de ces votes3 ,ces faons de votes ont t trouves fort belles1 et s'en voit de bien excutes et mises en oeuvre en divers lieux du royaume1 et signamment en ceste ville de ,paris1 comme aussi en plusieurs autres4 ,aujourd'huy ceux qui ont quelque cognoissance de la vraye ,architecture1 ne suivent plus ceste faon de voulte1 appelle entre les ouvriers la mode franaise1 laquelle vritablement je ne veux despriser1 ains plustot confesser qu'on y a faict et pratiqu de fort bons traicts et difficiles4 ,mais pour autant que telle faon requiert grande boute1 c'est--dire grande force pour servir de poulser et faire les arcs-boutans1 afin de tenir l'oeuvre serre1 ainsi qu'on le voit aux grandes glises1 pour ce est-il que sur la fin de ce prsent chapitre1 pour mieux faire entendre et cognoistre mon dire1 je descriray une voulte avec sa monte1 telle que vous la pourrez voir soubs la forme d'un quarr parfaict1 autant large d'un cost que d'autre1 ou vous remarquerez la croise d'ogives1 etc4 ,ainsi1 quoi que puissent prtendre les critiques plus ou moins officiels de notre ,acadmie des beaux-arts1 au ,x,v,ie sicle encore1 ces votes taient considres comme franaises 7par les ouvriers1 il est vrai2 mais1 en fait de traditions1 le langage des ouvriers est le plus certain74 ,or1 comme l'architecture du moyen ge drive en trs-grande partie du systme de votes1 il faut en prendre son parti1 et admettre que nous avions une architecture franaise et reconnue comme telle du ,x,i,ie au ,x,ve sicle4 ,mais le texte de ,philibert de l',orme est intressant plus d'un titre4 ,notre auteur admet que ceux qui ont quelque cognoissance de la vraye architecture ne suivent plus ceste faon de voulte1 et le premier exemple qu'il donne d'une vote propre couvrir un vaste vaisseau1 aprs ce prambule1 est une vote gothique en arcs d'ogive sur plan carr1 avec liernes et tiercerons4 ,quant aux exemples qu'il fournit sur la fin de son chapitre1 ce sont des tracs de votes sphriques pntres par un plan quadrangulaire1 votes qui ne peuvent tre faites sur de grandes dimensions1 qui sont d'un appareil difficile1 dispendieux1 qui sont trs-lourdes1 et poussent beaucoup plus que ne le font les votes gothiques4 ,et en effet1 jusqu'au commencement du ,x,v,i,ie sicle1 les constructeurs franais1 quelque cognoissance qu'ils eussent de la vraye architecture1 continuaient btir des votes sur les vaisseaux larges1 avec arcs-doubleaux et arcs ogives3 l'glise de ,saint-,eustache1 ,paris1 en est la preuve1 et elle n'est pas le seul exemple4 ,la pratique tait en ceci plus forte que les thories sur la vraye architecture1 et1 n'ayant point trouv mieux1 on continuait employer l'ancien mode1 jusqu'au moment--et cela sous ,louis ,,xiv seulement--o l'on adopta1 pour les grands vaisseaux1 des berceaux de pierre avec pntrations1 comme ,saint-,roch de ,paris1 comme la chapelle de ,versailles1 comme dans la nef des ,invalides1 etc4 ,or1 ce genre de votes est un pas en arrire1 non un progrs4 ,les berceaux ont une pousse continue et non rpartie sur des points isols2 ils sont trs-lourds1 s'ils sont de pierre2 leur effet n'est pas heureux1 et les pntrations des baies dans leurs reins produisent des courbes trs-dsagrables1 que les ,romains1 avec juste raison1 vitaient autant que faire se pouvait4 ,on voit donc percer dans le texte naf du bon ,philibert de l',orme ce sentiment d'exclusion quand mme1 l'gard des procds du moyen ge1 qui s'est dvelopp depuis lui avec moins de bonhomie4 ,en effet1 en marge du texte que nous venons de citer1 il est dit en manire de vedette3 ,l'auteur approuver la faon moderne 7de l',orme dsigne1 ainsi les votes gothiques7 des votes1 toutes fois ne s'en vouloir ayder4 ,pourquoi1 puisqu'il les approuve8 ,il ne nous le dit pas4 ,quoi qu'il en soit et bien qu'il ne s'en aidt pas1 il construisit1 comme tous ses confrres1 des votes en arcs d'ogive1 et il eut raison1 car la plupart des exemples qu'il donne comme des nouveauts n'ont rellement rien de pratique ni de srieux1 s'il s'agit de fermer de grands espaces4 ,en ceci ,philibert de l',orme prlude la critique 7si l'on peut donner ce nom un blme irraisonn7 de la structure du moyen ge4 ,depuis lui1 cette critique1 quoique moins nave1 ne raisonne pas mieux2 mais elle est plus exclusive encore1 et ne dirait pas1 en parlant de la faon des votes du moyen ge1 laquelle vritablement je ne veux despriser1 ains plustt confesser qu'on y a faict et pratiqu de fort bons traicts et difficiles4 ,ce sont choses qu'on ne confesse plus au ,x,i,xe sicle1 parce que les esprits logiques de notre temps pourraient rpondre3 ,si vous confessez que le mode a du bon1 pourquoi ne vous en servez-vous pas8 ,mieux vaut ne rien dire1 ou battre l'eau1 que de provoquer de pareilles questions4 ,la renaissance1 quoi qu'en dise ,philibert de l',orme1 ne change donc pas de systme de votes pour les grands vaisseaux1 et pour cause2 mais elle compliqua ce systme4 ,elle multiplia les membres secondaires plutt comme un motif de dcoration que pour obtenir plus de solidit4 ,et en effet les votes qu'elle construisit sont en assez mauvais tat ou mne sont tombes1 tandis que la dure des votes des cathdrales de ,chartres1 de ,reims1 d',amiens1 dfieront encore bien des sicles4 ,les votes hautes de l'glise ,saint-,eustache de ,paris ne furent faites que pendant les dernires annes du ,x,v,ie sicle1 elles ne sont pas trs-solides2 leurs sommiers ne sont pas combins avec adresse1 les arcs sont bands en pierres ingales de lit en lit1 ce qui1 comme nous le disions plus haut1 est une cause de dformations4 ,parmi ces votes datant du ,x,v,ie sicle1 on peut citer1 comme remarquables1 celles qui fermaient le choeur de l'glise ,saint-,florentin 7,yonne71 et qui dataient du milieu de ce sicle#dac4 ,nous donnons 7fig4 #de7 la projection horizontale de la moiti de ces votes1 au chevet de l'glise4 ,l'arc-doubleau et l'arc ogive composent1 comme dans la vote du moyen ge1 l'ossature principale de la structure2 mais les tiercerons qui partent de la pile pour se joindre au milieu des liernes n'existent plus ici1 et sont remplacs par des intermdiaires ab1 qui1 s'ils produisent un effet dcoratif piquant1 ont le tort de reporter une pousse latrale sur les flancs des formerets1 ce qui est absolument contraire au principe de la structure des votes gothiques1 et1 qui pis est1 au bon sens4 ,cette pousse est encore augmente par les arcs ad1 qui eux-mmes contre-butent les liernes de4 ,aussi ces formerets 7rabattus en ,,aa',b7 s'taient-ils inclins en dehors sous la pression de ces arcs qui viennent les pousser en a'a''1 ce qui ne serait point arriv si1 au lieu de ces arcs ab1 l'architecte et pos des tiercerons ,ad4442 mais on n'aurait pas eu ce compartiment en toile1 et le dsir de produire une apparence nouvelle l'emportait sur ce que commandait la raison4 ,on voit donc que dj se manifestait cette tendance1 si dveloppe aujourd'hui en architecture1 de sacrifier le vrai1 le sage1 le raisonn1 une forme issue du caprice de l'artiste4 ,bien d'autres entorses la raison se rencontrent dans cette vote4 ,ainsi1 nous avons rabattu l'arc-doubleau en ,,ac1 et l'arc ogive ,ae en ,,af2 le grand arc ,,ad contre-butant la clef du chevet1 en ,,ag4 ,la rencontre de ce grand arc ,,ad avec l'arc ogive donne la clef ,h2 or1 comme cet arc ogive est trac1 le niveau de cette clef ,h est donn et se trouve en h4 ,nous reportons ce niveau en h' sur le rabattemtnt de l'arc ,,ad4 ,le niveau de la clef ,i est donn2 il est le mme que celui de la clef ,h1 puisque l'arc ogive ,,ae est trac4 ,il faut donc que l'arc ,,ki atteigne ce niveau ,i2 nous le rabattons en ,,kii1 la flche ,ii tant gale la ligne ,ih4 ,rabattant sur l'arc de cercle ,ki la clef ,o1 nous obtenons le point o'1 et la hauteur ,oo' donne1 sur la courbe ,ki aussi bien que sur celle du grand arc ,,ad1 le niveau de la clef ,o en o' et en o''4 ,donc il faut que cette grande courbe butante ,,ad passe en ,g1 en h' et en o''4 ,de o'' en ,g1 elle se rapproche videmment trop de l'horizontale et bute mal l'arrive des arcs ogives et liernes du chevet2 aussi cette branche d'arc o'',g s'tait-elle tordue et releve1 par suite le grand arc-doubleau ,,kl s'tait dform4 ,la clef b tant donne en projection horizontale1 son niveau est donn sur le rabattement de l'arc ogive en b'2 la rencontre a sur le formeret tant donne en projection horizontale1 son niveau est donn en a'' sur le rabattement du formeret1 donc la longueur ab en projection horizontale2 l'arc a''b'' est connu4 ,il en est de mme pour l'arc bm1 rabattu en b''m'1 puisque le niveau de la clef m est connu4 ,quant aux liernes de1 elles sont prises sur un arc de cercle qui runirait la clef ,b du formeret la clef e des arcs ogives4 ,cet arc de lierne est rabattu de n en e1 n donnant le niveau de la clef ,b du formeret par rapport au niveau de la clef e des arcs ogives4 ,en ,m sont rabattus les arcs ogives pq du chevet 7le niveau de la clef tant celui de l'arc-doubleau71 les branches des liernes en rq1 et les tiercerons en ps4 ,tous les arcs1 liernes1 fausses liernes1 faux tiercerons1 sont poss dans un plan vertical1 quelle que soit leur position par rapport la courbure des arcs principaux 7voyez en ,p74 ,mais les arcs secondaires1 pntrant plus ou moins obliquement les arcs principaux1 suivant que ceux-ci se rapprochent ou s'loignent de la verticale1 les joues de ces arcs secondaires1 poss dans un plan vertical1 se trouvent l'une au-dessus1 l'autre au-dessous de l'extrados de l'arc principal2 il en rsultait une difficult pour maonner les votains4 ,pour sauver cette difficult1 les architectes de la renaissance tracent une clef pendante ces points de rencontre 7fig4 #df7dad2 clef pendante qui se compose d'un corps cylindrique dans lequel viennent pntrer les divers arcs#dae4 ,les arcs secondaires tant1 comme les arcs principaux1 poss dans un plan vertical1 l'extrados de la fausse lierne ,a arrive horizontalement contre le corps cylindrique1 tandis que l'extrados de l'arc ogive ,b le pntrerait en b du ct de sa naissance1 et en c du ct de son sommet2 il y aurait donc une diffrence de niveau entre le point b et le point c4 ,et de b en c1 comment poser les moellons de remplissage8 ,les constructeurs ont donc augment la hauteur des joues de ces arcs principaux en arrivant prs de ces clefs1 ainsi que l'indique le supplment g1 pour araser le point e1 et cela en raison du niveau de ces points d'arrive des liernes1 fausses liernes ou faux tiercerons4 ,il y aurait1 par exemple1 un dcrochement en h l'arrive de l'arc ogive ,b1 puisque l'extrados du faux tierceron l n'arriverait pas au niveau de l'extrados de la fausse lierne ,a4 ,on voit quelles complications de coupes produisaient ces fantaisies des architectes de la renaissance1 beaucoup plus proccups d'obtenir un effet dcoratif que des conditions d'une sage construction4 ,si nous ajoutons ces difficults gratuitement accumules le manque des connaissances du trac gomtrique1 qui dj se faisait sentir dans les chantiers1 nous ne serons pas surpris du peu de dure de ces votes du ,x,v,ie sicle4 ,cependant on reconnat que l'habitude de raisonner sur l'application des formes convenables l'objet n'est point encore perdue chez les matres4 ,ainsi la forme allonge de ces clefs pendantes1 dont l'axe est habituellement vertical1 est bien motive par ces pntrations d'arcs des niveaux diffrents4 ,ces longues pierres qui semblent l'oeil des fiches plantes aux rencontres d'arcs1 ne sont pas l par un caprice d'artiste1 mais une ncessit de structure1 et les queues tombantes plus ou moins ornes de sculptures que ces artistes leur donnent en contre-bas des arcs ne font qu'accuser la fonction de ces clefs de rencontre d'arcs4 ,au point de vue de la structure1 l'art du ,x,v,ie sicle tait1 pour les votes comme pour le reste1 l'tat d'infriorit sur les arts antrieurs4 ,les arcs-boutants1 par exemple1 cette poque1 ne sont plus disposs conformment aux lois de la statique et de l'quilibre des forces 7voy4 ,,arc-,,boutant72 les archivoltes ne sont plus rgulirement extradosses1 les lits d'assises ne correspondent plus aux membres de l'architecture2 les claires-voies1 les meneaux1 adoptent des formes contraires la nature et la rsistance des matriaux mis en oeuvre4 ,il est vident que les architectes1 proccups avant tout d'appliquer certaines formes appartenant un autre mode de structure que celui adopt en ,france en raison des matriaux et de leur emploi judicieux1 abandonnent des mains subalternes le trac de cet appareil1 qui n'est plus d'accord avec ces formes empruntes ailleurs4 ,les matres du ,x,ve sicle taient meilleurs constructeurs1 meilleurs praticiens et traceurs que ceux du ,x,v,ie2 ceux du ,x,i,ve sicle l'emportaient sur les matres du ,x,ve1 et peut-tre ceux du ,x,i,i,ie l'emportaient-ils encore sur ceux du ,x,i,ve4 ,cependant les appareilleurs du ,x,i,ie sicle taient des gnies1 si nous les comparons ceux du ,x,v,i,ie sicle1 car il n'est pas de structure plus grossire et plus mal trace en ,france1 moins de remonter aux plus mauvaises poques de l'cole romane1 que celle de ce ,x,v,i,ie sicle1 que l'on s'efforce d'imiter aujourd'hui4 ,les votes franaises et anglaises1 parties toutes deux du mme point au ,x,i,ie sicle1 taient arrives au ,x,v,ie1 dans l'un et l'autre pays1 des rsultats trs-diffrents et qui donnent la mesure exacte des aptitudes des deux peuples4 ,d'aprs ce que nous avons vu prcdemment1 on observera qu'en se perfectionnant conformment la mthode admise ds le ,x,i,i,ie sicle1 les votes anglaises1 malgr leur apparence complique1 arrivent de fait1 au contraire1 l'emploi d'un procd trs-simple1 en ce qu'une courbe peut suffire tous les arcs d'une vote1 ou que 7si ces arcs doivent atteindre la clef un mme niveau7 les courbes diffrentes dans une partie seulement de leur dveloppement1 sont traces par un procd trs-simple2 que tous ces arcs restent indpendants1 et ne sont relis que par des entretoises d'un seul morceau1 qui n'ont qu'un rle secondaire et ne peuvent en rien influer sur la courbe principale admise pour les arcs2 que les remplissages ne sont plus que des panneaux1 aussi faciles tracer qu' poser4 ,dans les votes franaises1 nous voyons que les constructeurs en viennent multiplier les arcs2 ils les croisent1 de telle faon que la courbure de ces arcs doit tre distincte pour chacun d'eux2 que ces courbures sont commandes par des niveaux donns par le trac pralable sur plan horizontal2 que ces arcs sont dpendants les uns des autres1 et que1 par consquent1 ces constructeurs ne sont plus les matres1 ainsi1 de donner ces courbes les flches ncessaires en raison de leur fonction1 de leur rsistance ou de leur action de pousse et de bute2 qu'en un mot1 ces constructeurs franais du ,x,v,ie sicle abandonnent un systme judicieux et parfaitement entendu 7celui du ,x,i,i,ie sicle71 pour se lancer dans des combinaisons indiques seulement par la fantaisie4 ,le rseau de la vote anglaise de la fin du ,x,ve sicle est solide1 mthodique3 c'est la consquence d'une longue exprience fidle au principe pos4 ,le rseau de la vote franaise au ,x,v,ie sicle n'est pas solide1 parce que les arcs qui s'entrecroisent par suite d'un caprice de l'artiste1 sans l'intervention d'une ncessit et de la raison1 ont des actions diffrentes1 les unes molles et faibles1 les autres actives et puissantes4 ,au lieu de rendre la vote franaise en arc d'ogive plus solide qu'elle ne l'tait1 par l'adjonction de tous ces arcs secondaires1 les architectes franais l'altrent1 lui enlvent ses qualits d'lasticit1 de force et de libert4 ,aussi ces votes du ,x,v,ie sicle sont-elles1 la plupart1 proches de leur ruine1 lorsqu'elles ne sont pas dj tombes4 ,alors1 au ,x,v,ie sicle1 nos architectes cherchent1 l'aide d'un savoir mdiocre d'ailleurs1 faire des tours de force1 et notre ,philibert de l',orme lui-mme1 malgr son rare mrite1 n'est pas exempt de ce travers4 ,le pdantisme s'introduit dans l'art1 et le vrai savoir1 le savoir pratique1 fait dfaut4 ,on veut oublier et l'on oublie les vieilles mthodes1 les principes tablis sur une longue exprience2 mthodes et principes que l'on pouvait perfectionner sans se lancer dans des thories enfantines et trs-superficielles4 ,il n'est pas douteux1 rien qu' examiner les monuments existants1 que les matres du ,x,i,i,ie sicle savaient la gomtrie et en comprenaient surtout les applications beaucoup mieux que les matres du ,x,v,ie sicle4 ,mais les premiers ne s'amusaient pas la montre1 ils se servaient de la science1 ainsi que les vrais savants s'en servent1 comme d'un moyen1 non pour en faire parade4 ,les architectes de la renaissance prenaient dj le moyen pour la fin2 et1 comme il arrive toujours en pareil cas1 on possde une classe de thoriciens spculatifs passablement pdants1 et en arrire une masse compacte ignorant les procds les plus simples4 ,au ,x,v,ie sicle1 on faisait des livres dans lesquels on discutait ,vitruve tant bien que mal1 o l'on donnait les proportions des ordres1 o l'on couvrait des pages d'pures destines blouir le vulgaire1 mais on inclinait construire trs-mal1 trs-grossirement1 dans un pays o l'art de la construction avait atteint un dveloppement prodigieux1 comme science d'abord1 puis comme emploi raisonn des matriaux et de leurs qualits4 ,l'art s'chappait des mains du peuple1 de ces corporations d'artisans1 pour devenir l'apanage d'une sorte d'aristocratie de moins en moins comprise1 parce qu'elle laissait de ct les principes issus du gnie mme du pays pour une sorte de formulaire empirique1 inexpliqu et inexplicable comme une rvlation4 ,il tait vident que tout ce qui pouvait tendre discuter ce formulaire prsent en manire de dogme devait tre repouss par ce corps aristocratique des nouveaux matres1 dont l',acadmie des beaux-arts conserve aujourd'hui encore les doctrines avec plus de rigueur que jamais4 ,c'est pourquoi1 de temps autre1 nous voyons1 du sein de ce corps et de ses adeptes les plus fervents1 s'chapper une protestation contre l'tude de notre art franais du moyen ge et les applications tendues qu'on en peut faire4 ,c'est pourquoi aussi nous ne cessons pas et nous ne cesserons pas de tenter de dvelopper cette tude1 de faire entrevoir ses applications1 bien convaincu de cette vrit affirme par l'histoire3 que les corps ne sont jamais plus exclusifs qu'aux jours o ils sentent leur pouvoir branl4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 ,illustration3 ,fig4 #cb4 ,illustration3 ,fig4 #cc4 ,illustration3 ,fig4 #cd4 ,illustration3 ,fig4 #ce4 ,illustration3 ,fig4 #cf4 ,illustration3 ,fig4 #cg4 ,illustration3 ,fig4 #ch4 ,illustration3 ,fig4 #ci4 ,illustration3 ,fig4 #dj4 ,illustration3 ,fig4 #da4 ,illustration3 ,fig4 #db4 ,illustration3 ,fig4 #dc4 ,illustration3 ,fig4 #dd4 ,illustration3 ,fig4 #de4 ,illustration3 ,fig4 #df4 ,note #chd3 ,le pltre a t employ par les ,romains dans les circonstances indiques ici1 notamment au thtre de ,taormine1 en ,sicile1 et dans les thermes d',antonin ,caracalla1 ,rome4 ,note #che3 ,notamment aux votes des thermes d',antonin ,caracalla4 ,note #chf3 ,la vote du ,panthon d',agrippa a #dc mtres #cf centimtres de diamtre4 ,note #chg3 ,il faut dire que ces deux coupoles sont leves sur pendentifs2 mais la nature des lzardes qui se sont produites dans la coupole de ,saint-,pierre de ,rome n'indique pas que ces dsordres soient dus uniquement des tassements4 ,il y a eu ruptures dans la calotte mme causes par un lger relvement de la zone des reins de la coupole4 ,les dchirures causes par des tassements se sont au contraire produites 7et cela devait tre7 la base mme de la demi-sphre1 ce qui motiva la pose d'un cercle de fer cette base2 ces lzardes sont suivant les longitudes4 ,les fissures observes l'extrados de la zone en contre-bas de la lanterne sont au contraire suivant les latitudes1 et produisent une pression l'intrados qui fit dtacher des parties d'enduits et de mosaques4 ,note #chh3 ,un jeune ingnieur franais1 ,m4 ,choisy1 va publier prochainement un travail trs-complet sur la structure des votes romaines1 d'aprs les monuments4 ,ce recueil1 que nous avons eu entre les mains1 donne en dtail les divers procds employs par ces grands constructeurs1 et dmontre1 de la manire la plus vidente1 que l'conomie dans la dpense tait une de leurs principales proccupations4 ,nous engageons les architectes qui veulent srieusement connatre les procds employs par les ,romains dans les constructions recourir aux travaux de ,m4 ,choisy sur cette matire4 ,note #chi3 ,voyez la ,syrie centrale2 architecture civile et religieuse du ,ier au ,v,i,ie sicle1 par ,m4 le comte ,melchior de ,vog4 ,baudry1 diteur4 ,note #cij3 ,voyez ,entretiens sur l'architecture4 ,note #cia3 ,voyez la ,syrie centrale1 pl4 xvi4 ,note #cib3 ,l'exemple du temple de ,diane de ,nmes est une exception4 ,il ne faut pas perdre de vue que les monuments romains levs dans la ,province sont1 beaucoup plus que ceux d',italie1 pntrs de l'esprit grec1 surtout en se rapprochant de ,marseille4 ,il est intressant de constater les analogies qui existent entre ces monuments antiques de la ,province romaine et ceux de la ,syrie centrale4 ,note #cic3 ,nous expliquerons tout l'heure en quoi consiste ce mode4 ,note #cid3 ,toute cette thorie est dveloppe dans l'article ,,construction4 ,note #cie3 ,voyez ,,construction1 fig4 #c4 ,note #cif3 ,voyez ,,coupole4 ,note #cig3 ,voyez ,,construction1 fig4 #d4 ,note #cih3 ,voyez ,,construction1 fig4 #fb et suivantes jusqu' la figure #gb bis4 ,note #cii3 ,voyez les ,annales archologiques1 t4 ,,xxiii1 p4 #a #ah et #aae #acb4 ,note #djj3 ,voyez ,,construction1 ,,ogive1 ,,trav,e4 ,note #dja3 ,aujourd'hui le centre de ces arcs serait en ,i2 mais il y a eu1 aprs le dcintrage1 un lger abaissement de la clef1 puis plus tard un faible cartement des murs1 qui a d dformer quelque peu ces arcs1 dont les centres devaient tre poss sur la ligne suprieure des tailloirs4 ,note #djb3 ,c'est grce l'obligeance de ,m4 ,lance1 architecte diocsain de ,sens1 et aux sondages intelligents faits par son inspecteur1 ,m4 ,lefort1 que nous avons pu relever exactement cette arcature1 qui prsente une disposition si curieuse4 ,dans notre restitution1 la forme des fentres est seule douteuse1 bien que les pieds-droits de ces fentres soient encore accuss l'extrieur et concident avec les pieds-droits de l'arcature du triforium4 7,voyez ,,triforium47 ,note #djc3 ,il existe en effet un assez grand nombre de votes des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles sans formerets4 ,les votes de la cathdrale de ,clermont 7,puy-de-,dme71 par exemple1 en sont dpourvues4 ,note #djd3 ,la construction de cette vote parat dater de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 peut-tre de #abgj4 ,elle fut rpare en partie plus tard1 assez maladroitement1 aprs l'incendie de la premire flche2 mais il est certain que les tiercerons et liernes existaient avant cette poque1 car les points de dpart sont anciens4 ,note #dje3 l'article ,,construction1 nous avons dj indiqu les consquences tires par les ,anglo-,normands de la vote du ,x,i,ie sicle4 ,note #djf3 ,ce travail1 insr dans le premier volume des ,transactions de l',institut des architectes britanniques1 a t traduit1 en #ahdc1 par ,m4 ,daly1 dans la ,revue d'architecture 7t4 ,,iv74 ,le traducteur1 dans l'introduction qui prcde le texte de ,m4 ,willis1 ne fait pas ressortir les diffrences profondes qui sparent la structure des votes anglaises de celle des votes franaises1 et ne semble pas avoir tudi ces dernires2 mais en #ahdc personne n'tait en tat de se livrer un travail critique sur cet objet4 ,note #djg3 ,salle voisine de la cathdrale d',ely1 ct nord1 ,x,i,ve sicle4 ,note #djh3 #jn a donn cette forme la qualification de vote en ventail2 mais un ventail se dveloppe dans un seul plan3 il n'est pas besoin de faire ressortir le dfaut de prcision de cette dnomination4 ,note #dji3 ,voyez le mmoire de ,m4 le professeur ,willis1 sur les votes anglaises du moyen ge1 ou1 dans le tome ,,iv de la ,revue d'architecture de ,m4 ,daly1 la traduction de ce travail et les planches l'appui4 ,note #daj3 ,voyez1 ce sujet1 l'article ,,construction1 le chapitre ,,vo,,te4 ,note #daa3 ,voyez ,,cath,,drale1 fig4 #dh4 ,la cathdrale de ,narbonne est singulirement pauvre en sculptures4 ,il semble que le matre de l'oeuvre ait concentr toutes ses ressources pour obtenir une construction irrprochable comme conception et comme excution4 ,note #dab3 ,l',architecture de ,philibert de l',orme4 ,paris1 #aegf1 livre ,,iv1 chap4 ,,viii4 ,note #dac3 ,les arcs-boutants qui contre-butaient ces votes taient mal combins1 comme il arrive presque tous les arcs-boutants de cette poque2 puis les parements extrieurs des contre-forts avaient t saps diverses poques2 quelques tassements s'taient produits4 ,il y a vingt ans1 ces votes menaaient ruine1 il fallut les refaire4 ,m4 ,piplu1 architecte du dpartement de l',yonne1 s'acquitta de ce travail avec beaucoup d'adresse1 il y a quelques annes2 mais1 par des raisons d'conomie1 on se contenta de votes simples en arcs d'ogive4 ,nous donnons ici les votes anciennes1 releves avant la dmolition4 ,note #dad3 ,nous supposons1 dans cette figure1 la clef marque ,x dans la figure prcdente 7#de74 ,note #dae3 ,voyez ,,clef4 ,y ,,ymagerie1 s4 f4--,voyez ,,sculpture4 ,,yraigne1 s4 f4 7vieux mot74 ,panneau de fil de fer4 ,voyez ,,grillage4 ,,yre1 s4 f4 7vieux mot74 ,cour1 aire4 ,z ,,zigzag1 s4 m4--,voyez ,,batons ,,rompus4 ,,zodiaque1 s4 m4 ,zone de l'ther que le soleil semble parcourir dans l'espace d'une anne1 et dont l'cliptique est la ligne mdiane4 ,personne n'ignore que la zone zodiacale1 divise en douze parties1 une pour chaque mois1 ds la plus haute antiquit1 porte en chacune de ces parties un signe qu'on appelle les signes du zodiaque4 ,ces signes sont3 le ,blier 7mars71 le ,taureau 7avril71 les ,gmeaux 7mai71 l'crevisse 7juin71 le ,lion 7juillet71 la ,vierge 7aot71 la ,balance 7septembre71 le ,scorpion 7octobre71 le ,sagittaire 7novembre71 le ,capricorne 7dcembre71 le ,verseau 7janvier71 et les ,poissons 7fvrier74 ,ces figures correspondant aux mois de l'anne sont souvent reprsentes sur nos monuments du moyen ge1 et en regard sont figurs les travaux ou occupations de l'homme pendant chacun de ces mois4 ,ds le ,x,ie sicle1 les portails de nos glises possdent des zodiaques sculpts sur les archivoltes des portes4 ,nos grandes cathdrales des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles sont toutes pourvues de ces signes1 sculpts toujours d'une manire trs-apparente4 la porte principale de l'glise abbatiale de ,vzelay 7premires annes du ,x,i,ie sicle71 le cordon de mdaillons qui entourent le grand tympan reprsentant le ,christ et les douze aptres1 renferme les douze signes du zodiaque entremls des travaux mensuels correspondants4 ,ce zodiaque est un des plus complets que nous connaissions4 ,la porte de droite de la faade de l'glise abbatiale de ,saint-,denis montre encore sur ses pieds-droits quelques sujets et signes d'un zodiaque qui peut-tre tait complet1 mais qui a t dtruit en partie4 ,dans ce zodiaque1 le mdaillon qui correspond au premier mois de l'anne reprsente un homme deux ttes1 l'une vieille1 l'autre jeune4 ,du ct de la tte de vieillard1 le bras pousse une petite figure barbue dans un dicule dont la porte se ferme3 c'est l'anne expire2 l'autre main attire une figure imberbe hors d'un dicule dont la porte s'ouvre3 c'est l'anne qui commence4 ,notre-,dame de ,paris1 sur les jambages de la porte de la ,vierge de la faade occidentale1 est sculpt un trs-beau zodiaque1 dont les sujets et signes sont du meilleur style4 ,ce zodiaque date de #abbj environ4 ,des zodiaques sont frquemment figurs en peinture1 sur les vitraux des roses de nos grandes glises des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles4 ,des zodiaques taient galement reprsents sur des pavages4 ,l'glise ,saint-,bertin de ,saint-,orner1 celle de l'abbaye de ,saint-,denis1 celle de l'abbaye de ,westminster1 possdaient et possdent encore en partie des zodiaques en mosaques ou en incrustations de mastics de couleur dans des dalles graves4 ,quelquefois ce sont seulement les travaux ou reprsentations des occupations de l'anne 7comme la chapelle de ,saint-,firmin1 ,saint-,denis7 qui remplacent les signes4 ,c'est un homme qui coupe du bois1 un autre qui chasse1 un troisime taille sa vigne2 puis viennent les mois de la belle saison3 un faucheur1 un moissonneur1 un batteur en grange1 un vendangeur1 etc4 ,parfois1 dans les difices d'un caractre civil2 comme les chteaux1 les htels1 les maisons mmes1 des plaisirs remplacent les travaux4 ,certains mois sont rservs aux banquets1 aux jeux2 des personnages se chauffent devant l'tre d'une chemine1 des jeunes gens tressent des couronnes4 ,on chasse au faucon ou aux lacs2 on pche1 on danse4 ,il y avait alors comme aujourd'hui1 pour les gens de loisirs1 une sorte de rgularit dans les plaisirs de la ville et de la campagne4 ,certains zodiaques commencent ,pques1 c'est--dire en avril 7le ,taureau72 d'autres1 celui de ,vzelay1 par exemple1 commencent en janvier 7le ,verseau74 ,mais souvent ces signes1 dans nos monuments1 ne sont pas leur place4 tant sculpts sur des morceaux de pierre1 avant la pose1 claveaux ou assises1 les ouvriers ne suivaient pas toujours l'ordre dans lequel ils devaient tre placs1 et cet ordre tait interverti4 ,,fin ,,du ,i,xe ,,et ,,dernier ,,volume4 ,,table ,,provisoire ,,des ,,mots ,,contenus ,,dans ,,le ,,neuvi,,me ,,volume4 ,t ,tabernacle ,taille ,tailloir ,tapisserie ,tas ,tas de charge ,temple ,thtre ,tierceron ,tirant ,toiles 7peintes7 ,tombeau ,tour ,tourelle ,trait ,transsept ,travaison ,trave ,trfle ,treillage ,treillis ,trsor ,tribune ,triforium ,trilobe ,trinit ,trompe ,trompillon ,trne ,troudeboulin ,trumeau ,tuile ,tuyau ,tympan ,u ,unit ,v ,vantail ,vergette ,verrire ,vertevelle ,vertu ,vierge 7sainte7 ,vitrail ,voirie ,volet ,voussoir ,voussure ,vote ,y ,ymagerie ,yraigne ,yre ,z ,zigzag ,zodiaque ,,fin ,,de ,,la ,,table ,,provisoire ,,du ,,neuvi,,me ,,volume4 ,,paris4--,,imp4 ,e4 ,,martinet1 ,,rue ,,mignon1 #b4