,,dictionnaire ,,raisonn ,,de ,l',,architecture ,,fran,,aise ,,du ,x,ie ,,au ,x,v,ie ,,si,,cle4 ,,ii ,,paris ,,imprim ,,chez ,,bonaventure ,,et ,,ducessois ,quai des ,augustins1 #ee1 prs du ,pont-,neuf4 ,,dictionnaire ,,raisonn ,,de ,l',,architecture ,,fran,,aise ,,du ,x,ie ,,au ,x,v,ie ,,si,,cle ,,par ,m4 ,,viollet-,,le-,,duc ,,architecte ,,du ,,gouvernement ,,inspecteur-,g,n,,ral ,,des ,,difices ,,dioc,,sains ,,tome ,,deuxi,,me ,illustration3 ,,paris ,b4 ,,bance1 ,,diteur ,,rue ,,bonaparte1 #ac4 ,l'auteur et l'diteur se rservent le droit de faire traduire et reproduire cet ouvrage dans les pays o la proprit des ouvrages franais est garantie par des traits4 ,,dictionnaire ,,raisonn ,,de ,l',,architecture ,,fran,,aise ,,du ,x,ie ,,au ,x,v,ie ,,si,,cle4 ,a 7,suite74 ,,arts 7libraux71 s4 m4 p4 ,les monuments des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles reprsentent frquemment les sept arts libraux4 ,la belle encyclopdie manuscrite intitule3 ,hortus deliciarum1 compose au ,x,i,ie sicle par ,herrade de ,landsberg1 abbesse du monastre de ,hohenbourg 7sainte ,odile71 en ,alsace1 et conserve la ,bibliothque de ,strasbourg#a1 renferme parmi ses vignettes une personnification de la philosophie et des sept arts libraux4 ,la figure principale1 la ,philosophie1 est reprsente assise2 sept sources sortent de sa poitrine2 ce sont les sept arts libraux3 la ,grammaire1 la ,rhtorique1 la ,dialectique1 la ,musique1 l',arithmtique1 la ,gomtrie et l',astronomie4 ,cette figure1 qui occupe le centre de la vignette1 est couronne d'un bandeau duquel sortent trois ttes2 les trois noms3 ,ethica1 ,logica1 ,physica1 les surmontent2 sous ses pieds1 ,socrate et ,platon crivent2 cette lgende les accompagne3 ,naturam universoe rei queri docuit philosophia4 ,autour du cercle qui inscrit le sujet principal sont tracs les sept compartiments dans lesquels ses sept arts sont figurs4 ,au sommet1 la ,grammaire est reprsente tenant des verges et un livre2 en suivant de gauche droite1 la ,rhtorique tient un style et des tablettes2 la ,dialectique1 une tte de chien1 caput canis1 et cette lgende3 ,argumenta sino concurrere more canino4 ,la ,musique porte une harpe1 cithara2 devant elle est une sorte de viole1 nomme lira2 derrire elle une vielle dsigne par le mot organistrum4 ,l',arithmtique porte une verge demi-circulaire laquelle sont enfiles des boules noires1 sorte d'abaque encore en usage en ,orient2 la ,gomtrie1 un compas et une rgle4 ,l',astronomie tient un boisseau plein d'eau1 probablement pour observer les astres par rflexion2 au-dessus du boisseau sont figurs des astres4 ,quatre potes paens sont assis sous le cycle des arts2 ils tiennent des plumes et des canifs ou grattoirs2 sur leur paule un oiseau noir 7l'esprit immonde7 semble les inspirer4 ,la porte de droite de la faade occidentale de la cathdrale de ,chartres prsente1 sculpts dans ses voussures1 les arts libraux4 ,chaque science ou chaque art est personnifi par une femme assise2 au-dessous d'elle1 un homme est occup crire sur un pupitre 7scriptionale7 pos sur ses genoux4 ,m4 l'abb ,bulteau1 dans sa ,description de la cathdrale de ,chartres#b1 dsigne chacune de ces figures2 et en effet la plupart d'entre elles1 sinon toutes1 sont faciles reconnatre aux attributs qui les accompagnent4 ,la ,musique frappe d'un marteau trois clochettes2 sur ses genoux est pose une harpe huit cordes2 des violes sont suspendues ses cts4 ,sous la ,musique1 ,pythagore crit2 il tient un grattoir de la main gauche4 ,l',arithmtique porte dans sa main droite un dragon ail1 et dans sa gauche un sceptre4 ,gerbert crit sous sa dicte2 il trempe sa plume dans son critoire4 ,la ,rhtorique discourt2 ,quintilien1 plac au-dessous d'elle1 taille sa plume4 ,la ,gomtrie tient un compas et une querre2 ,archimde crit4 ,la ,philosophie tient un livre ouvert sur ses genoux4 ,platon semble parler4 ,l',astronomie regarde le ciel et porte un boisseau1 comme dans le manuscrit d',herrade4 ,ptolme tient dans chaque main un objet cylindrique4 ,la ,grammaire tient dans sa droite une verge1 un livre ouvert dans sa gauche2 deux coliers sont accroupis ses pieds3 l'un tudie1 l'autre tend la main pour recevoir une correction2 sa figure est grimaante4 ,sous la ,grammaire1 ,chilon crit4 ,nous donnons 7#a7 la copie de cette dernire sculpture du ,x,i,ie sicle1 remarquablement traite4 ,chilon est fort attentif2 pench sur son pupitre1 il se sert du grattoir2 sa droite1 des plumes sont poses sur un rtelier4 ,les arts libraux ne sont pas toujours seulement au nombre de sept4 ,on les rencontre figurs en plus ou moins grand nombre4 la porte centrale de la cathdrale de ,sens1 qui date de la fin du ,x,i,ie sicle1 les arts et les sciences sont au nombre de douze2 malheureusement1 la plupart de ces bas-reliefs1 sculpts dans le soubassement de gauche1 sont tellement mutils1 qu'on ne peut les dsigner tous4 ,on distingue la ,grammaire2 la ,mdecine 7probablement71 reprsente par une figure tenant des plantes2 la ,rhtorique1 qui semble discourir2 la ,gomtrie2 la ,peinture1 dessinant sur une tablette pose sur ses genoux2 l',astronomie 7#b72 la ,musique2 la ,philosophie ou la ,thologie 7#c72 la ,dialectique 787 7#d74 ,sous chacune de ces figures est sculpt un animal rel ou fabuleux1 ou quelque monstre prodigieux1 ainsi qu'on peut le voir dans la fig4 #d4 ,on distingue un lion dvorant un enfant1 un chameau1 un griffon1 un lphant portant une tour1 etc4 ,il ne faut pas oublier que l'esprit encyclopdique dominait la fin du ,x,i,ie sicle1 et que dans les grands monuments sacrs tels que les cathdrales1 on cherchait rsumer toutes les connaissances de l'poque4 ,c'tait un livre ouvert pour la foule1 qui trouvait l1 sur la pierre1 un enseignement lmentaire4 ,dans les premiers livres imprims la fin du ,x,ve sicle ou au commencement du ,x,v,ie1 tels que les cosmographies par exemple1 on reproduisait encore un grand nombre de ces figures que nous voyons sculptes sur les soubassements de nos cathdrales1 et qui taient destines familiariser les intelligences populaires non-seulement avec l'histoire de l'ancien et du nouveau ,testament1 mais encore avec la philosophie et ce qu'on appelait alors la physique1 ou les connaissances naturelles4 ,dans la ,cosmographie universelle de ,sbastien ,munster#c1 nous trouvons des gravures sur bois qui reproduisent les singularits naturelles sculptes dans beaucoup de nos glises du ,x,i,ie sicle2 et pour n'en citer qu'un exemple1 ,sbastien ,munster donne1 la page #abbi de son recueil1 l'homme au grand pied qui est sculpt sur les soubassements de la porte centrale de la cathdrale de ,sens 7#e7d1 et voici ce qu'il en dit3 444,similmente dicesi di alcuni altri populi1 che ciascheduno di loro ha ne piedi che sono grandissimi una gamba sola1 sensa piegar giuocchio1 et pur sono di mirabili velocitade1 li qua li si adimandono ,sciopodi4 ,questi1 come attesta ,plinio1 nel tempo dell'estade1 distesi in terra col viso in su1 si fanno ombra col piede4 ,ces tranges figures1 que nous sommes trop facilement disposs considrer comme des fantaisies d'artistes1 avaient leur place dans le cycle encyclopdique du moyen ge1 et les auteurs antiques faisaient la plupart du temps les frais de cette histoire naturelle1 scrupuleusement figure par nos peintres ou sculpteurs des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 afin de faire connatre au peuple toutes les oeuvres de la cration 7voy4 ,,bestiaire74 ,mais revenons aux arts libraux4 ,une des plus belles collections des arts libraux figurs se voit au portail occidental de la cathdrale de ,laon 7de #abaj #abcj71 dans les voussures de la grande baie de gauche1 au-dessus du porche4 ,l1 les figures sont au nombre de dix4 ,la premire1 gauche1 reprsente la ,philosophie ou la ,thologie 7#f74 ,cette statuette tient un sceptre de la main gauche#e1 dans la droite un livre ouvert2 au-dessus un livre ferm4 ,il est prsumer que le livre ferm reprsente l'ancien ,testament1 et le livre ouvert le nouveau4 ,sa tte n'est pas couronne comme ,sens1 mais se perd dans une nue2 une chelle part de ses pieds pour arriver jusqu' son col1 et figure la succession de degrs qu'il faut franchir pour arriver la connaissance parfaite de la reine des sciences4 ,la seconde1 au-dessus1 reprsente la ,grammaire 7#g74 ,la troisime1 la ,dialectique 7#h72 un serpent lui sert de ceinture4 ,la quatrime1 la ,rhtorique 7#i74 ,la cinquime1 l',arithmtique2 la statuette tient des boules dans ses deux mains 7#aj74 ,la premire figure droite reprsente la ,mdecine 7probablement72 elle regarde travers un vase 7#aa74 ,la seconde1 la ,peinture 7#ab72 c'est la seule statue qui soit figure sous les traits d'un homme dessinant avec un style en forme de clou1 sur une tablette pentagonale4 ,la troisime1 la ,gomtrie 7#ac74 ,la quatrime1 l',astronomie 7#ad74 ,il est propos de remarquer que le disque que tient cette statue de l',astronomie est coup par un double trait bris2 mme chose ,sens4 ,chartres1 des anges tiennent galement des disques coups de la mme faon4 ,est-ce une manire de figurer les solstices8 ,c'est ce que nous laissons chacun le soin de dcouvrir4 ,la cinquime1 la ,musique 7#ae74 ,dans le socle de la statue du ,christ qui dcorait le trumeau de la cathdrale de ,paris1 taient sculpts les arts libraux4 ,sur l'un des piliers qui servent de supports aux belles statues du porche septentrional de la cathdrale de ,chartres 7#abdj environ71 on voit figurs le ,philosophe 7#af71 l',architecte ou le ,gomtre 7#ag71 le ,peintre 7#ah72 il tient de la main gauche une palette1 sur laquelle des couleurs paisses paraissent poses2 de la main droite1 il tenait une brosse dont il ne reste qu'un morceau de la hampe1 et les crins sur la palette4 ,le ,mdecin 7probablement7 7#ai72 des plantes poussent sous ses pieds2 le haut de la figure est mutil#f4 ,nous trouvons encore une srie assez complte des arts libraux figurs sous le porche de la cathdrale de ,fribourg en ,brisgau4 ,ici les noms des figures sont peints sous les pieds des statues4 ,cette collection est donc prcieuse1 en ce qu'elle peut1 avec le manuscrit d',herrade1 faciliter l'explication des figures sculptes ailleurs et qui ne sont accompagnes que d'attributs4 ,ainsi1 ,fribourg1 la ,dialectique semble compter sur ses doigts1 la ,rhtorique tient un paquet de fleurs1 la ,mdecine regarde travers une bouteille1 la ,philosophie foule un dragon sous ses pieds2 elle est couronne4 ,on voit par les exemples que nous donnons ici que1 dans les grandes cathdrales1 la fin du ,x,i,ie sicle et au commencement du ,x,i,i,ie1 les arts libraux occupaient une place importante2 c'est qu'en effet1 cette poque1 l'tude de la philosophie antique1 des sciences et des lettres1 tait en grand honneur1 et sur nos monuments les personnifications des arts libraux se trouvaient de pair avec les saints1 les reprsentations des vertus1 la parabole des vierges sages et folles4 ,l'ide de former un ensemble des arts1 de les rendre tous sujets de la philosophie1 tait d'ailleurs heureuse1 et expliquait parfaitement les tendances encyclopdiques des esprits levs de cette poque4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f et #g4 ,illustration3 ,fig4 #h et #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj et #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab et #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad et #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af et #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah et #ai4 ,note #a3 ,voy4 la notice sur le ,hortus deliciarum1 par ,m4 ,a4 ,le ,noble2 ,bibl4 de l'cole des ,chartes1 t4 ,i1 p4 #bch4 ,note #b3 ,descript4 de la cathd4 de ,chartres1 par ,m4 l'abb ,bulteau1 #ahej4 ,note #c3 ,sei libri della ,cosmog4 univ4 ,seb4 ,munstero1 dit4 de #aefc4 ,note #d3 ,nous donnons ici le fac-simile de cette gravure tire du chapitre intitul3 ,delle maravigliose et monstruose creature che si trovano nel' interne parti der ,africa4 ,note #e3 ,le sceptre est bris4 ,note #f3 ,il y a des lois qui prononcent des peines assez svres contre ceux qui mutilent les difices publics2 les cathdrales et les glises1 que nous sachions1 ne sont pas exceptes4 ,tous les jours1 cependant1 des enfants1 la sortie des coles1 jettent des pierres1 heures fixes1 contre leurs sculptures1 et cela sur toute la surface de la ,france4 ,il nous est arriv quelquefois de nous plaindre de cette habitude sauvage2 mais la plainte d'un particulier dsintress n'est gure coute4 ,les magistrats chargs de la police urbaine rendraient un service aux arts et aux artistes1 et aussi la civilisation1 s'ils voulaient faire excuter cet gard les lois en vigueur4 ,on le fait bien pour la destruction intempestive du gibier4 ,or un bas-relief vaut1 sinon pour tout le monde1 au moins pour quelques-uns1 une perdrix1 les lois s'excutent d'ordinaire1 quel que soit le petit nombre de ceux dont elles protgent les intrts 7voy4 art4 #beg du code ,napolon1 code pnal74 ,toutes les mutilations des figures si curieuses1 et belles souvent1 que nous avons donnes ci-dessus1 sont dues bien plus aux mains des enfants sortant de nos coles publiques1 qu'au marteau des dmolisseurs de #agic4 ,,assemblage1 s4 m4 ,on dsigne par ce mot la runion de pices de charpente 7voy4 ,,charpente74 ,,assise1 s4 f4 ,chaque lit de pierre1 de moellon ou de brique1 prend1 dans une construction1 le nom d'assise4 ,la hauteur des assises varie dans les difices du moyen ge en raison de la qualit des matriaux dont pouvaient disposer les constructeurs4 ,chacun sait que les pierres calcaires se rencontrent sous le sol1 disposes par bancs plus ou moins pais4 ,les architectes du moyen ge avaient le bon esprit de modifier leur construction en raison de la hauteur naturelle de ces bancs4 ,ils vitaient ainsi ces dchets de pierre qui sont si onreux1 aujourd'hui que l'on prtend soumettre la pierre une forme d'architecture souvent en dsaccord avec la hauteur des bancs naturels des pierres4 ,les constructeurs antrieurs l'poque de la renaissance ne connaissaient pas les sciages qui permettent de dbiter un banc calcaire en un plus ou moins grand nombre d'assises4 ,la pierre tait employe telle que la donnaient les carrires2 aussi la hauteur naturelle des assises a-t-elle une influence considrable sur la forme de l'architecture des difices d'une mme poque 7voy4 ,,construction74 ,,astragale1 s4 m4 ,c'est la moulure qui spare le chapiteau du ft de la colonne4 ,dans les ordres romains1 l'astragale fait partie du ft2 il est compos d'un cavet1 d'un filet et d'un tore 7#a74 ,cette forme est suivie gnralement dans les difices des premiers temps du moyen ge4 ,le ft de la colonne porte l'astragale2 mais1 partir du ,x,i,ie sicle1 on voit souvent l'astragale tenir au chapiteau1 afin d'viter l'videment considrable que son dgagement oblige de faire sur le ft4 ,tant que la colonne est diminue ou galbe1 cet videment ne se fait que dans une partie du ft2 mais quand la colonne devient un cylindre parfait1 c'est--dire lorsque son diamtre est gal du bas en haut1 dater des premires annes du ,x,i,i,ie sicle1 l'astragale devient1 sans exception1 un membre du chapiteau4 ,son profil varie du ,xe au ,x,v,ie sicle1 comme forme et comme dimension4 ,dans les difices de l'poque carlovingienne1 l'astragale prend1 relativement la hauteur du chapiteau et au diamtre de la colonne1 une plus grande importance que dans les ordres romains2 le cavet s'amoindrit au dpend du tore1 ou disparat compltement 7#b7g1 ou bien est remplac par un ornement4 ,la forme de l'astragale romain faisant partie du ft de la colonne est surtout conserve dans les contres o les monuments antiques restaient debout4 ,autun1 ,langres1 dans la ,bourgogne1 dans la ,provence1 en ,auvergne1 l'astragale conserve habituellement ses membres primitifs jusqu'au ,x,i,i,ie sicle2 seulement1 pendant le ,x,i,ie sicle1 ils deviennent plus fins1 et le cavet1 au lieu de se marier au ft1 en est spar par une lgre saillie 7#c7h4 ,quelquefois1 cette poque de recherche dans l'excution des profils1 le tore de l'astragale1 au lieu de prsenter en coupe un demi-cercle1 est aplati 7#d7i1 ou est compos de fines moulures1 ou taill suivant un polygone 7#e7aj4 mesure que la sculpture des chapiteaux devient plus lgante et refouille1 que les diamtres des colonnes deviennent moins forts1 les astragales perdent de leur lourdeur primitive et se dtachent bien rellement du ft4 ,voici 7#f7 un astragale de l'un des chapiteaux du choeur de l'glise de ,vezelay 7premires annes du ,x,i,i,ie sicle72 7#g7 des chapiteaux de la galerie des rois de ,notre-,dame de ,paris 7mme poque74 ,puis enfin nous donnons 7#h7 le profil de l'astragale adopt presque sans exception pendant le ,x,i,i,ie sicle2 profil qui1 conformment la mthode alors usite1 sert de larmier la colonne4 ,quelquefois dans les difices de transition1 l'astragale est orn2 dans le choeur de la cathdrale de ,paris1 quelques chapiteaux du triforium sont munis d'astragales composs de ranges de petites feuilles d'eau 7#i72 plus tard encore trouve-t-on1 surtout en ,normandie1 des astragales dcors1 ainsi qu'on peut le remarquer dans le choeur de la cathdrale du ,mans 7#aj74 ,pendant le ,x,i,ve sicle1 les astragales s'amaigrissent1 leurs profils deviennent moins accentus 7#aa74 ,au ,x,ve sicle1 ils prennent au contraire de la lourdeur et de la scheresse1 comme tous les profils de cette poque2 ils ont une forte saillie qui contraste avec l'excessive maigreur des colonnettes ou prismes verticaux 7#ab74 ,il n'est pas besoin d'ajouter qu'au moment de la renaissance l'astragale romain reparat avec les imitations des ordres de l'antiquit4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c et #d4 ,illustration3 ,fig4 #e1 #f et #g4 ,illustration3 ,fig4 #h1 #i et #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa et #ab4 ,note #g3 ,a1 de la crypte de l'glise ,saint-,lger ,soissons2 ,b1 de la crypte de l'glise de ,saint-,denis en ,france2 ,c1 de la nef de l'glise ,saint-,menou 7,bourbonnais74 ,note #h3 ,cathdrale de ,langres4 ,note #i3 ,clocher vieux de la cathdrale de ,chartres4 ,note #aj3 ,salle capitulaire de ,vzelay1 ,a2 glise de ,montral1 ,b 7,bourgogne74 ,,attributs1 s4 m4 p4 ,ce sont les objets emprunts l'ordre matriel1 qui accompagnent certaines figures sculptes ou peintes pour les faire reconnatre1 ou que l'on introduit dans la dcoration des difices1 afin d'accuser leur destination1 quelquefois aussi le motif qui les a fait lever1 de rappeler certains vnements1 le souvenir des personnages qui ont contribu leur excution1 des saints auxquels ils sont ddis4 ,l'antiquit grecque et romaine a prodigu les attributs dans ses monuments sacrs ou profanes4 ,le moyen ge1 jusqu' l'poque de la renaissance1 s'est montr au contraire avare de ce genre de dcoration4 ,les personnages divins1 les aptres1 les saints ne sont que rarement accompagns d'attributs jusque vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle 7voy4 ,,ap,,tre1 ,,saints71 ou du moins ces attributs n'ont pas un caractre particulier chaque personnage2 ainsi les prophtes portent gnralement des phylactres2 ,notre-,seigneur1 les aptres1 des rouleaux ou des livres#aa2 les martyrs1 des palmes4 ,la sainte ,vierge est un des personnages sacrs que l'on voit le plus anciennement accompagn d'attributs 7voy4 ,,vierge sainte74 ,mais les figures qui accompagnent la divinit ou les saints personnages1 les vertus et les vices1 sont plutt des symboles que des attributs proprement dits4 ,les attributs ne se sont gure introduits dans les arts plastiques que lorsque l'art inclinait vers le ralisme1 au commencement du ,x,i,ve sicle4 ,c'est alors que l'on voit les saints reprsents tenant en main les instruments de leur martyre1 les personnages profanes les objets qui indiquent leur rang ou leur tat1 leurs gots ou leurs passions4 ,il est essentiel dans l'tude des monuments du moyen ge de distinguer les attributs des symboles4 ,ainsi1 par exemple1 le dmon sous la figure d'un dragon qui se trouve sculpt sous les pieds de la plupart des statues d'vques1 mordant le bout du bton pastoral1 est un symbole et non un attribut4 ,l'agneau1 le plican1 le phnix1 le lion1 sont des figures symboliques de la divinit1 mais non des attributs2 les clefs entre les mains de saint ,pierre sont un symbole1 tandis que la croix en sautoir entre les mains de saint ,andr1 le calice entre les mains de saint ,jean1 le coutelas entre les mains de saint ,barthlemy1 l'querre entre les mains de saint ,thomas1 sont des attributs4 ,sur les monuments de l'antiquit romaine1 on trouve frquemment reprsents des objets tels que des instruments de sacrifice sur les temples1 des armes sur les arcs de triomphe1 des masques sur les thtres1 des chars sur les hippodromes2 rien d'analogue dans nos difices chrtiens du moyen ge 7voy4 ,d,,coration1 ,,ornement71 soit religieux1 civils ou militaires4 ,ce n'est gure qu' l'poque de la renaissance1 alors que le got de l'imitation des arts antiques prvalut1 que l'on couvrit les difices sacrs ou profanes d'attributs2 que l'on sculpta ou peignit sur les parois des glises1 des instruments religieux2 sur les murs des palais1 des trophes ou des emblmes de ftes1 et mme souvent des objets emprunts au paganisme et qui n'taient plus en usage au milieu de la socit de cette poque4 trange confusion d'ides1 en effet1 que celle qui faisait runir sur la frise d'une glise des ttes de victimes des ciboires ou des calices1 sur les trumeaux d'un palais des boucliers romains des canons4 ,note #aa3 444 ,et remarque1 dit ,guillaume ,durand1 que les patriarches et les prophtes sont peints avec des rouleaux dans leurs mains1 et certains aptres avec des livres1 et certains autres avec des rouleaux4 ,sans doute parce qu'avant la venue du ,christ la foi se montrait d'une manire figurative1 et qu'elle tait enveloppe de beaucoup d'obscurits au-dedans d'elle-mme4 ,c'est pour exprimer cela que les patriarches et les prophtes sont peints avec des rouleaux1 par lesquels est dsigne en quelque sorte une connaissance imparfaite2 mais1 comme les aptres ont t parfaitement instruits par le ,christ1 voil pourquoi ils peuvent se servir des livres par lesquels est dsigne convenablement la connaissance parfaite4 ,or1 comme certain d'entre eux ont rdig ce qu'ils ont appris pour le faire servir l'enseignement des autres1 voil pourquoi ils sont dpeints convenablement1 ainsi que des docteurs1 avec des livres dans leurs mains1 comme ,paul1 ,pierre1 ,jacques et ,jude4 ,mais les autres1 n'ayant rien crit de stable ou d'approuv par l'glise1 sont reprsents non avec des livres1 mais avec des rouleaux1 en signe de leur prdication444 ,on reprsente1 ajoute-t-il plus loin1 les confesseurs avec leurs attributs2 les vques mitrs1 les abbs encapuchonns1 et parfois avec des lis qui dsignent la chastet2 les docteurs avec des livres dans leurs mains1 et les vierges 7d'aprs l'vangile7 avec des lampes444 ,guillaume ,durand4 ,rational4 trad4 par ,m4 ,c4 ,barthlemy4 ,paris1 #ahed2 chap4 ,,iii4 ,,aubier1 s4 m4 ,c'est la partie blanche et spongieuse du bois de chne qui se trouve immdiatement sous l'corce et qui entoure le coeur4 ,l'aubier n'a ni dure ni solidit1 sa prsence a l'inconvnient d'engendrer les vers et de provoquer la carie du bois4 ,les anciennes charpentes sont toujours parfaitement purges de leur aubier1 aussi se sont-elles bien conserves4 ,il existait autrefois1 dans les forts des ,gaules1 une espce de chne1 disparue aujourd'hui1 qui possdait cet avantage de donner des pices d'une grande longueur1 droites1 et d'un diamtre peu prs gal du bas en haut2 ce chne n'avait que peu d'aubier sous son corce1 et on l'employait en brins sans le refendre4 ,nous avons vu beaucoup de ces bois dans des charpentes excutes pendant les ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 qui1 simplement quarris la hache et laissant voir parfois l'corce sur les artes1 sont peine chargs d'aubier4 ,il y aurait un avantage considrable1 il nous semble1 tenter de retrouver et de reproduire une essence de bois possdant des qualits aussi prcieuses 7voy4 ,,charpente74 ,,autel1 s4 m4 ,tout ce que l'on peut savoir des autels de la primitive glise1 c'est qu'ils taient indiffremment de bois1 de pierre ou de mtal4 ,pendant les temps de perscution1 les autels taient souvent des tables de bois que l'on pouvait facilement transporter d'un lieu un autre4 ,l'autel de ,saint-,jean de ,latran tait de bois4 ,l'empereur ,constantin ayant rendu la paix l'glise chrtienne1 saint ,sylvestre fit placer ostensiblement dans cette basilique l'autel de bois qui avait servi dans les temps d'preuves1 avec dfense qu'aucun autre que le pape n'y dt la messe4 ,ces autels de bois taient faits en forme de coffre1 c'est--dire qu'ils taient creux4 ,saint-,augustin raconte que ,maximin1 vque de ,baga en ,afrique1 fut massacr sous un autel de bois que les ,donatistes enfoncrent sur lui4 ,grgoire de ,tours se sert souvent du mot archa1 au lieu d'ara ou d'altare1 pour dsigner l'autel4 ,ces autels de bois taient revtus de matires prcieuses1 or1 argent et pierreries4 ,l'autel de ,sainte-,sophie de ,constantinople1 donn par l'impratrice ,pulchrie1 consistait en une table d'or garnie de pierreries4 ,il est d'usage depuis plusieurs sicles d'offrir le saint sacrifice sur des autels de pierre1 ou si les autels sont de bois ou de toute autre matire1 faut-il qu'il y ait au milieu une dalle de pierre consacre ou autel portatif4 ,il ne semble pas que les autels portatifs consacrs aient t admis avant le ,v,i,i,ie sicle1 et l'on pouvait dire la messe sur des autels d'or1 d'argent ou de bois4 ,thodoret1 vque de ,cyr1 qui vivait pendant la premire moiti du ,ve sicle1 clbra les divins mystres sur les mains de ses diacres1 la prire du saint ermite ,maris1 ainsi qu'il le dit dans son ,histoire religieuse#ab4 ,thodore1 archevque de ,cantorbry1 mort en #fij1 fait observer1 dans son ,pnitentiel#ac qu'on peut dire la messe en pleine campagne sans autel portatif1 pourvu qu'un prtre1 ou un diacre1 ou celui mme qui dit la messe1 tienne le calice et l'oblation entre ses mains4 ,les autels portatifs paraissent avoir t imposs dans les cas de ncessit absolue ds le ,v,i,i,ie sicle4 ,bde1 dans son ,histoire des ,anglais1 parle d'autels portatifs que les deux ,ewaldes portaient avec eux partout o ils allaient#ad4 ,hincmar1 archevque de ,rheims1 mort en #hhb1 permit1 dans ses ,capitulaires1 l'usage des autels portatifs#ae en pierre1 en marbre1 ou en mosaques4 ,pendant les ,x,ie et ,x,i,ie sicles1 ces autels portatifs devinrent fort communs2 on les emportait dans les voyages4 ,aussi l',ordre romain les appelle-t-il tabulas itinerarias4 ,les inventaires des trsors d'glises font mention frquemment d'autels portatifs4 ,sur les tables d'autels fixes1 il tait d'usage1 ds avant le ,i,xe sicle1 d'incruster des propitiatoires1 qui taient des plaques d'or ou d'argent sur lesquelles on offrait le saint sacrifice4 ,anasthase le ,bibliothcaire dit1 dans sa ,vie du pape ,pascal ,i1 que ce souverain pontife fit poser un propitiatoire en argent sur l'autel de ,saint-,pierre de ,rome1 un sur l'autel de l'glise de ,sainte-,praxde1 sur les autels de ,sainte-,marie de ,cosmedin1 de la basilique de ,sainte-,marie-,majeure4 ,le pape ,lon ,,iv fit galement faire un propitiatoire pesant #gb livres d'argent et #hj livres d'or pour l'autel de la basilique de ,saint-,pierre4 ,les autels primitifs1 qu'ils fussent de pierre1 de bois ou de mtal1 taient creux4 ,l'autel d'or dress par l'archevque ,angelbert dans l'glise de ,saint-,ambroise de ,milan tait creux1 et l'on pouvait apercevoir les reliques qu'il contenait par une ouverture perce par derrire#af4 ,l'vque ,adelhelme1 qui vivait la fin du ,i,xe sicle1 raconte qu'un soldat du roi ,bozon1 qui tait devenu aveugle1 recouvra la vue en se glissant sous l'autel de l'glise de ,mouchi-le-,neuf du diocse de ,paris1 pendant que l'on clbrait la messe4 ,les monuments viennent cet gard appuyer les textes nombreux que nous croyons inutile de citer#ag2 les autels les plus anciens connus sont gnralement ports sur une ou plusieurs colonnes#ah 7#a et #b74 ,la plupart des autels grecs taient ports sur une seule colonne4 ,l'usage des autels creux ou ports sur des points d'appui isols s'est conserv jusqu'au ,x,ve sicle4 ,l'autel n'tait considr jusqu'alors que comme une table sous laquelle on plaait parfois de saintes reliques1 ou qui tait leve au-dessus d'une crypte renfermant un corps saint1 car vrai dire les reliquaires taient plutt1 pendant le moyen ge1 poss1 certaines occasions1 sur l'autel que dessous#ai4 ,il n'existe plus1 que nous sachions1 en ,france1 d'autels complets d'une certaine importance antrieurs au ,x,i,ie sicle4 ,on en trouve figurs dans des manuscrits ou des bas-reliefs avant cette poque1 mais ils sont trs-simples1 presque toujours sans retables1 composs seulement d'une table supporte par des colonnes et recouverte de nappes tombant sur les deux cts jusqu'au sol4 ,l'usage des retables est cependant fort ancien1 tmoin le retable d'or donn par l'empereur ,henri ,,ii la cathdrale de ,ble1 en #ajai1 et conserv aujourd'hui au muse de ,cluni 7voy4 ,,retable72 le grand retable d'or maill et enrichi de pierreries dpos sur le matre autel de l'glise ,saint-,marc de ,venise1 connu sous le nom de la ,pala d'oro1 et dont une partie date de la fin du ,xe sicle2 celui conserv autrefois dans le trsor de ,saint-,denis4 ,l'autel tant consacr ds les premiers sicles1 aucune image ne devait y tre dpose en prsence de l',eucharistie2 mais le retable ne l'tant point1 on pouvait le couvrir de reprsentations de personnages saints1 de scnes de l',ancien et du ,nouveau ,testament4 ,sauf dans certaines cathdrales1 dater du ,x,i,ie sicle1 les autels sont donc surmonts de retables fort riches1 et souvent d'une grande dimension4 ,quant aux tables des autels1 jusque vers la moiti du ,x,i,ie sicle1 elles sont trs-frquemment creuses en forme de plateau4 ,saint ,remi1 archevque de ,lyon1 avait donn l'glise ,saint-tienne1 pendant le ,i,xe sicle1 un autel de marbre dont la table tait creuse de six centimtres environ1 avec de petits orifices chacun des coins#bj4 ,d4 ,mabillon reproduit1 dans le troisime volume de ses ,annales ,benedictini1 une table d'autel de sept palmes de long sur quatre de large1 donne par l'abb ,tresmirus son monastre de ,mont-,olivet1 du diocse de ,carcassonne1 galement creuse et remplie d'inscriptions et d'ornements gravs1 avec les quatre signes des vanglistes aux quatre coins#ba4 ,la grande table du matre autel de l'glise ,saint-,sernin de ,toulouse retrouve depuis quelques annes dans l'une des chapelles1 et conserve dans cette glise1 tait galement entoure d'une riche bordure d'ornements et creuse2 cette table parat appartenir la premire moiti du ,x,i,ie sicle4 ,il semble que ces tables aient t creuses et perces de trous afin de pouvoir tre laves sans crainte de rpandre terre l'eau qui pouvait entraner des parcelles des ,saintes espces4 ,voici 7#c7 la figure de l'autel de la tribune de l'glise de ,montral prs ,avallon1 dont la table porte sur une seule colonne est ainsi creuse et perce d'un petit orifice#bb4 ,le grand autel de la cathdrale de ,lyon1 dit le sieur de ,molon1 dans ses ,voyages liturgiques#bc1 est ceint d'une balustrade de cuivre assez lgre1 haute de deux pieds environ1 et elle finit au niveau du derrire de l'autel qui est large environ de cinq pieds4 ,l'autel1 dont la table de marbre est un peu creuse par-dessus1 est fort simple1 orn seulement d'un parement par devant et d'un autre au retable d'au-dessus4 ,sur ce retable sont deux croix aux deux cts2 ,scaliger dit qu'il n'y en avait point de son temps4 ,guillaume ,durand1 dans son ,rational1 que l'on ne saurait trop lire et mditer lorsqu'on veut connatre le moyen ge catholique#bd1 s'tend longuement sur l'autel et la signification des diverses parties qui le composent4 ,l'autel1 dit-il d'aprs les critures1 avait beaucoup de parties1 savoir la haute et la basse1 l'intrieure et l'extrieure444 ,le haut de l'autel c'est ,dieu-,trinit1 c'est aussi l'glise triomphante444 ,le bas de l'autel c'est l'glise militante2 c'est encore la table du temple1 dont il est dit3 ,passez les jours de ftes dans de saints repas1 assis et presss ma table prs du coin de l'autel444 ,l'intrieur de l'autel c'est la puret du coeur4444 ,l'extrieur de l'autel c'est le bcher ou l'autel mme de la croix444 ,en second lieu1 l'autel signifie aussi l'glise spirituelle2 et ses quatre coins1 les quatre parties du monde sur lesquelles l'glise tend son empire4 ,troisimement1 il est l'image du ,christ1 sans lequel aucun don ne peut tre offert d'une manire agrable au ,pre4 ,c'est pourquoi l'glise a coutume d'adresser ses prires au ,pre par l'entremise du ,christ4 ,quatrimement1 il est la figure du corps du ,seigneur2 cinquimement1 il reprsente la table sur laquelle le ,christ but et mangea avec ses disciples4 ,or1 poursuit-il1 on lit dans l',exode que l'on dposa dans l'arche du ,testament ou du ,tmoignage la dclaration1 c'est--dire les tables sur lesquelles tait crit le tmoignage1 on peut mme dire les tmoignages du ,seigneur son peuple2 et cela fut fait pour montrer que ,dieu avait fait revivre par l'criture des tables la loi naturelle grave dans les coeurs des hommes4 ,on y mit encore une urne d'or pleine de manne pour attester que ,dieu avait donn du ciel du pain aux fils d',isral1 et la verge d',aaron pour montrer que toute puissance vient du ,seigneur-,dieu1 et le ,deutronome en signe du pacte par lequel le peuple avait dit3 ,nous ferons tout ce que le ,seigneur nous dira4 ,et cause de cela l'arche fut appele l',arche du ,tmoignage ou du ,testament1 et1 cause de cela encore1 le ,tabernacle fut appel le ,tabernacle du ,tmoignage4 ,or1 on fit un propitiatoire ou couverture sur l',arche444 ,c'est l'imitation de cela que dans certaines glises on place sur l'autel une arche ou un tabernacle dans lequel on dpose le corps du ,seigneur et les reliques des saints444 ,donc1 ajoute ,guillaume ,durand plus loin1 par l'autel il faut entendre notre coeur2444 et le coeur est au milieu du corps comme l'autel est au milieu de l'glise4 ,c'est au sujet de cet autel que le ,seigneur donne cet ordre dans le ,lvitique3 ,le feu brlera toujours sur mon autel4 ,le feu c'est la charit2 l'autel c'est un coeur pur444 ,les linges blancs dont on couvre l'autel reprsentent la chair ou l'humanit du ,sauveur444 ,guillaume ,durand termine son chapitre de l',autel1 en disant que jamais l'autel ne doit tre dpouill1 ni revtu de parements lugubres ou d'pines1 si ce n'est au jour de la ,passion du ,seigneur 7ce que1 ajoute-t-il1 rprouve aujourd'hui le concile de ,lyon71 ou lorsque l'glise est injustement dpouille de ses droits4 ,dans son chapitre ,,iii 7des ,peintures1 etc471 il dit3 ,on peint quelquefois les images des saints ,pres sur le retable de l'autel444 ,les ornements de l'autel sont des coffres et des chsses 7capsis71 des tentures1 des phylactres 7philatteriis71 des chandeliers1 des croix1 des franges d'or1 des bannires1 des livres1 des voiles et des courtines4 ,le coffre dans lequel on conserve les hosties consacres1 signifie le corps de la ,vierge glorieuse444 ,il est parfois de bois1 parfois d'ivoire blanc1 parfois d'argent1 parfois d'or et parfois de cristal444 ,le mme coffre1 lorsqu'il contient les hosties consacres et non consacres1 dsigne la mmoire humaine2 car l'homme doit se rappeler continuellement les biens qu'il a reus de ,dieu1 tant les temporels1 qui sont figurs par les hosties non consacres1 que les spirituels1 reprsents par les hosties consacres 444 ,et les chsses 7caps7 poses sur l'autel1 qui est le ,christ1 ce sont les aptres et les martyrs2 les tentures et les linges de l'autel1 ce sont les confesseurs1 les vierges et tous les saints1 dont le ,seigneur dit au prophte3 ,tu te revtiras d'eux comme d'un vtement444 ,on place encore sur l'autel mme1 dans certaines glises1 le tabernacle 7tabernaculum71 dont il a t parl au chapitre de l',autel4 ,aux coins de l'autel sont placs demeure deux chandeliers1 pour signifier la joie des deux peuples qui se rjouirent de la nativit du ,christ2 ces chandeliers1 au milieu desquels est la croix1 portent de petits flambeaux allums2 car l'ange dit aux pasteurs3 ,je vous annonce une grande joie qui sera pour tout le peuple1 parce qu'aujourd'hui vous est n le ,sauveur du monde444 ,le devant de l'autel est encore orn d'une frange d'or1 selon cette parole de l',exode 7chap4 ,,xxv et ,,xxviii73 ,tu me construiras un autel1 et tu l'entoureras d'une guirlande haute de quatre doigts4 ,le livre de l'vangile est aussi plac sur l'autel1 parce que l'vangile a t publi par le ,christ lui-mme et que lui-mme en rend tmoignage4 ,en parlant des voiles1 l'vque de ,mende s'exprime ainsi3 ,il est remarquer que l'on suspend trois sortes de voiles dans l'glise1 savoir3 celui qui couvre les choses saintes1 celui qui spare le sanctuaire du clerg1 et celui qui spare le clerg du peuple444 ,le premier voile1 c'est--dire les rideaux que l'on tend des deux cts de l'autel1 et dont le prtre pntre le secret1 a t figur d'aprs ce qu'on lit dans l',exode 7,,xxxiv7444 ,le second voile1 ou courtine1 que1 pendant le carme et la clbration de la messe1 on tend devant l'autel1 tire son origine et sa figure de celui qui tait suspendu dans le tabernacle et qui sparait le ,saint des saints du lieu saint444 ,ce voile cachait l'arche au peuple1 et il tait tissu avec un art admirable et orn d'une belle broderie de diverses couleurs2444 et1 son imitation1 les courtines sont encore aujourd'hui tissues de diverses couleurs trs-belles444 ,dans quelques glises1 l'autel1 dans la solennit de ,pques1 est orn de couvertures prcieuses1 et l'on met dessus des voiles de trois couleurs3 rouge1 gris et noir1 qui dsignent trois poques4 ,la premire leon et le rpons tant finis1 on te le voile noir1 qui signifie le temps avant la loi4 ,aprs la seconde leon et le rpons1 on enlve le voile gris1 qui dsigne le temps sous la loi4 ,aprs la troisime leon1 on te le voile rouge1 qui signifie l'poque de la grce1 dans laquelle1 par la ,passion du ,christ1 l'entre nous a t et nous est encore ouverte au ,saint des saints et la gloire ternelle4 ,quelque longues que soient ces citations1 on comprendra leur importance et leur valeur2 elles jettent une grande clart sur le sujet qui nous occupe4 ,tant que le clerg maintint les anciennes traditions1 et jusqu'au moment o il fut entran par le got quelque peu dsordonn du ,x,v,ie sicle1 il sut conserver l'autel sa signification premire4 ,l'autel demeura le symbole visible de l'ancienne et de la nouvelle loi4 ,chacune des parties qui le composaient rappelait les saintes critures1 ou les grands faits de la primitive glise4 ,toujours simple de forme1 que sa matire ft prcieuse ou commune1 il tait entour de tout ce qui devait le faire paratre saint aux yeux des fidles1 sans que ces accessoires lui tassent ce caractre de simplicit et de puret que le faux got des derniers sicles lui ont enlev4 ,nous allons essayer1 soit l'aide des textes1 soit l'aide des monuments1 de donner une ide complte des autels de nos glises du moyen ge4 ,mais d'abord1 il est ncessaire d'tablir une distinction entre les diffrents autels4 ,dans les glises cathdrales1 le matre autel non-seulement tait simple de forme1 mais souvent mme il tait dpourvu de retable1 entour seulement d'une clture avec voiles et courtines1 et surmont au dossier d'une colonne avec crosse laquelle tait suspendue la sainte ,eucharistie4 ,sur les cts taient tablies des armoires dans lesquelles taient renfermes les reliques2 quelquefois1 au lieu de la suspension1 sur l'autel1 tait pos un riche tabernacle1 ainsi que nous l'apprend ,guillaume ,durand1 destin contenir les hosties consacres et non consacres4 ,toutefois1 il est prsumer que ces tabernacles ou coffres1 n'taient pas fixs l'autel d'une manire permanente4 ,sur l'autel mme se dressaient seulement la croix et deux flambeaux4 ,jusqu'au ,x,i,i,ie sicle1 les trnes des vques et les stalles des chanoines rgulier taient disposs gnralement1 dans les cathdrales1 au chevet2 le trne piscopal occupait le centre4 ,cette disposition1 encore conserve dans quelques basiliques romaines1 entre autres ,saint-,jean-de-,latran1 ,saint-,laurent hors les murs 7#d7be1 ,saint-,clment 7#e7bf1 etc41 et qui appartenait la primitive glise1 devait ncessairement empcher l'tablissement des contre-autels ou des retables1 car ceux-ci eussent cach le clbrant4 ,aussi ne voit-on gure les retables apparatre que sur les autels adosss1 sur ceux des chapelles1 rarement sur les autels principaux des cathdrales4 ,dans les glises monastiques1 il y avait presque toujours l'autel matutinal1 qui tait celui o se disait l'office ordinaire1 plac l'entre du sanctuaire au bout du choeur des religieux1 et l'autel des reliques1 pos au fond du sanctuaire1 et derrire ou sous lequel taient conserves les chsses des saints4 ,c'tait ainsi qu'taient tablis les autels principaux de l'glise de ,saint-,denis en ,france1 ds le temps de ,suger4 ,au fond du rond-point1 l'illustre abb avait fait lever le reliquaire contenant les chsses des saints martyrs1 en avant duquel tait plac un autel4 ,voici la description que donne ,d4 ,doublet de ce monument remarquable444 ,en ceste partie est le trs-sainct autel des glorieux saincts martyrs 7ou bien l'autel des corps saincts1 raison que leurs corps reposent soubs iceluy71 lequel est de porphyre gris beau en perfection3 et la partie d'au-dessus1 ou surface du mme autel1 couverte d'or fin1 aussi enrichi de plusieurs belles agathes1 et pierres prcieuses4 ,l se voit une excellente table couverte d'or 7un retable71 orne et embellie de pierreries1 qu'a fait faire jadis le roi ,pepin1 laquelle est quarre1 et sur les quatre costez sont des lettres en mail sur or1 les unes aprs les autres1 en ces termes3 ,bertrada ,deum venerans ,christoque sacrata4 ,et puis3 ,pro ,pippino rege flicissimo quondam444 ,au derrire de cet autel est le sacr cercueil des corps des saints martyrs1 qui contient depuis l'aire et pav cinq pieds et demy de hault1 et huict pieds de long sur sept pieds de large1 fait d'une assise de marbre noir tout autour du bas d'un pied de hault1 et sur la dicte assise huit pilliers quarrez aussi de marbre noir de deux pieds et demy de hault1 et sur iceux huit pilliers une autre assise de marbre noir1 plusieurs moulures anciennes1 et entre les dicts huit pilliers1 huit panneaux de treillis de fonte1 enchassez en bois1 de plusieurs belles faons de deux pieds et demy de long1 le pillier du milieu de derrire1 et pareillement le pillier de l'un des coings du dit derrire1 couverts chacun d'une bande de cuivre dor1 aussi iceux treillis et bois couverts de cuivre dor feuillages1 avec plusieurs maux ronds sur cuivre dor1 et plusieurs clous dors sur iceux2 et sur le marbre de la couverture1 dedans ledit cercueil1 une voulte de pierre revestue au dedans de cuivre dor1 qui prend jusque soubs l'autel1 qui est le lieu o reposent les sacrez corps des aptres de ,france saint ,denys l',aropagite1 saint ,rustic1 et saint ,eleuthre1 en des chsses d'argent de trs-ancienne faon1 pendantes des chainettes aussi et boucles d'argent1 pour lesquelles ouvrir il y a trois clefs d'argent444 ,au-dessus dudit cercueil il y a un grand tabernacle de charpenterie de ladite longueur et largeur en faon d'glise1 haute nef et basses votes1 garny de huict posteaux1 savoir chacun des deux pignons quatre1 les deux des coings ronds de deux pieds et demy de hault1 et les deux autres dedans oeuvre de six pieds et demy de hault1 aussi garny de bases et chapiteaux3 et entre iceux trois beez et regards de fenestres demy ronds portans leur plein centre1 et celle du milieu plus haulte que les autres3 le dessus des pilliers de dedans oeuvre en manire d'une nef d'glise de ladite longueur1 et de deux pieds et demy de large1 portant de cost et d'autre dix colombettes jour1 et deux aux deux bouts base et chapiteau d'ancienne faon3 au-dessus de ladite nef et colombettes de chacun cost est un appentil en manire de basses chapelles1 votes et alles1 les costez et ceintres demy ronds portans quatre culs de lampe2 chacun des deux pignons de ladite nef cinq petites fenestres1 trois par haut deux petits pilliers quarrez par voye1 et au-dessous deux1 au milieu un pillier rond2 le dedans de la nef remply par bas d'une forme de cercueil1 et les deux costez aussi remplis par bas d'une mme forme de cercueil de bois de la longueur dudit tabernacle1 celle du milieu plus haut esleve que les autres4 ,le devant du cercueil du milieu joignant ledit autel est garny en la bordure d'en bas de plusieurs beaux esmaux sur cuivre dor1 en faon d'applique de diverses faons1 et au-dessus desdits esmaux plusieurs belles agathes1 les unes en faon de camahieux faces d'hommes 7cames7 et les autres en fond de cuve 7chatons7444 ,tout le devant de cet autel est couvert d'or1 et enrichy de belles perles rondes d',orient1 d'aigues marines en fond de cuve1 de topazes1 grenats1 saphirs1 amatistes1 cornalines1 presmes d'esmeraudes1 esmaux d'applique et cassidoines1 avec trois belles croix poses sur la pointe de chacun pignon du cercueil1 dont celle du milieu est d'or1 et les autres d'argent dor1 enrichies de beaux saphirs1 de belles amatistes1 de grenats et presmes d'esmeraudes4 ,au derrire du cercueil prallgu ce vers-cy est escrit en lettres d'or sur laiton1 ainsi que s'ensuit3 ,facit utrumque latus1 frontem1 lectumque ,suggerus#bg4 ,cette description si minutieuse de l'autel des reliques de l'abbaye de ,saint-,denis fait voir que1 si le reliquaire tait important et aussi riche par son ornementation que par la matire1 l'autel plac en avant conservait la simplicit des formes primitives1 que cet autel tait indpendant du reliquaire1 que les trois chsses des saints taient places de faon pntrer jusque sous la table1 et que les cercueils suprieurs disposs dans le grand tabernacle trois nefs1 taient feints1 et ne faisaient que rappeler aux yeux des fidles la prsence des corps saints qu'ils ne pouvaient apercevoir4 ,sans prtendre faire ici une restauration de cet autel remarquable1 nous croyons cependant devoir en donner un croquis aussi exactement trac que possible d'aprs la description1 afin de rendre le texte intelligible pour tous 7#f7bh4 ,cet autel et son reliquaire1 placs au fond du rond-point de l'glise abbatiale1 n'taient pas entours d'une clture particulire1 car le sanctuaire tait lui-mme ferm et lev au-dessus du sol de la nef et du transept1 de trois mtres environ2 il n'tait accompagn que de deux armoires droite et gauche1 contenant le trsor de l'glise 7voy4 ,,armoire74 ,quant l'autel matutinal plac l'extrmit de l'axe de la croise et presque adoss la tribune forme par l'exhaussement du sanctuaire1 il tait entour de grilles de fer faites par beaux compartiments1 compos d'une table de marbre porte sur quatre piliers de marbre blanc2 il avait t consacr par le pape saint tienne#bi4 la fin du ,x,ve sicle1 cet autel tait encore environn de colonnes de vermeil surmontes de figures d'anges tenant des flambeaux1 et relies par des tringles sur lesquelles glissaient les courtines4 ,derrire le retable1 qui tait d'or1 avait t leve la chsse renfermant les reliques du roi saint ,louis4 ,un dlicieux tableau de ,van ,eyck1 conserv ,londres dans la collection de lord 9999991 nous donne la disposition et la forme des parties suprieures de cet autel2 le dessous de la table de l'autel est cach par un riche parement de tapisserie 7#g74 ,on retrouve ici le retable donn par ,charles le ,chauve et la croix d'or donne par l'abb ,suger#cj4 ,le tableau de ,van ,eyck est excut avec une finesse et une exactitude si remarquables1 que l'on distingue parfaitement jusqu'aux moindres dtails du retable et du reliquaire4 ,les caractres particuliers aux styles diffrents sont observs avec une scrupuleuse fidlit4 ,on voit que le retable appartient au ,i,xe sicle2 les colonnes1 les anges et le reliquaire la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,d4 ,doublet donne1 dans le chapitre ,,xlv de ses ,antiquitez de l'abbaye de ,saint-,denis1 une description minutieuse du retable d'or de cet autel1 qui se rapporte entirement au tableau de ,van ,eyck2 il mentionne la qualit et le nombre des pierres prcieuses1 des perles1 leur position1 les accessoires qui accompagnent les personnages4 ,guillaume ,durand semble admettre que tous les autels de son temps fussent entours de voiles et courtines1 et en effet les exemples donns par les descriptions ou les reprsentations peintes ou dessines 7car malheureusement de tous ces monuments pas un seul ne reste debout7 viennent appuyer son texte4 ,du temps de ,molon 7#agah71 il existait encore un certain nombre d'autels ayant conserv leur ancienne disposition4 ,cet auteur cite celui de ,saint-,seine1 de l'ordre de saint ,benoit#ca4 ,le grand autel est sans retable4 ,il y a seulement un gradin et six chandeliers dessus4 ,au-dessus est un crucifix haut de plus de huit pieds1 au-dessous duquel est la suspension du saint sacrement dans le ciboire2 et aux deux cts de l'autel il y a quatre colonnes de cuivre1 et quatre anges de cuivre avec des chandeliers et des cierges et de grands rideaux4 ,saint-tienne de ,sens 7la cathdrale71 mme disposition4 la cathdrale de ,chartres1 le grand autel est fort large2 il n'y a point de balustres1 mais seulement des colonnes de cuivre et des anges au-dessus autour du sanctuaire4 ,le parement est attach aux nappes un demi-pied sur l'autel2 la frange du parement est tout au haut sur le bord de la table4 ,au-dessus de l'autel il y a seulement un parement au retable1 et au-dessus est une image de la sainte ,vierge d'argent dor4 ,par derrire est une verge de cuivre1 et au haut un crucifix d'or de la grandeur d'un pied et demi1 au pied duquel est une autre verge de cuivre qui avance environ d'un pied ou d'un pied et demi sur l'autel1 au bout de laquelle est la suspension du saint ciboire1 selon le second concile de ,tours sub titulo crucis corpus ,domini componatur4 ,saint-,ouen de ,rouen1 le grand autel est simple1 spar de la muraille avec des rideaux aux cts1 une balustrade de bois1 quatre piliers et quatre anges dessus1 comme celui de l'glise cathdrale4 ,au-dessus du retable est la suspension du saint ciboire 7au pied de la croix71 et les images de saint ,pierre et de saint ,paul1 premiers patrons1 entre deux ou trois cierges de chaque ct4 ,il y a trois lampes ou bassins devant le grand autel avec trois cierges1 comme la cathdrale4 ,j4 ,b4 ,thiers#cb dmontre clairement que l'usage d'entourer les autels de voiles1 encore conserv de son temps dans quelques glises1 tait gnral dans les premiers sicles du christianisme4 ,nous donnons ici la copie de l'ancien matre autel de la cathdrale d',arras 7#h71 reprsent sur un tableau du ,x,v,ie sicle conserv dans la sacristie de cette glise#cc4 ,cet autel datait certainement du ,x,i,i,ie sicle1 sauf peut-tre la partie suprieure de la suspension1 la croix1 qui parat appartenir au ,x,ve4 ,ce charmant monument tait construit partie en marbre blanc partie en argent naturel ou dor4 ,la pile postrieure derrire le retable tait en marbre rehauss de quelques dorures1 elle portait une petite statue de la ,vierge sous un dais couronn d'un crucifiement en argent avec saint ,jean et la ,vierge2 trois anges reoivent le prcieux sang de ,notre-,seigneur dans de petites coupes4 ,derrire le dais de la ,vierge tait un ange en vermeil sonnant de l'olifant4 ,une crosse en vermeil laquelle s'attachait un ange aux ailes dployes soutenait le saint ciboire suspendu par une petite chane4 ,sur le retable taient poss des reliquaires4 ,six colonnes d'argent et de vermeil portaient six anges entre les mains desquels on distingue les instruments de la ,passion4 ,dans le tableau de la sacristie d',arras1 l'autel ainsi que le retable sont couverts de parements sems de fleurs de lis4 ,nous ne savons pas comment tait dcor le retable sous le parement2 quant l'autel1 il prsentait une disposition trs-remarquable1 disposition que nous reproduisons dans la gravure 7fig4 #h71 d'aprs un dessin de feu ,garnerey#cd4 ,le matre autel de la cathdrale de ,paris1 qui est reprsent dans une gravure de #affbce1 est dispos comme celui de la cathdrale d',arras4 ,quatre anges tenant les instruments de la ,passion sont poss sur quatre colonnes de cuivre portant les tringles sur lesquelles glissent les courtines4 ,notre-,dame de ,paris1 l'autel tait fort simple1 revtu d'un parement ainsi que le retable2 derrire l'autel s'levait le grand reliquaire contenant la chsse de saint ,marcel4 ,premirement1 dit le ,p4 ,du ,breul#cf1 derrire et au hault du grand autel1 sur une large table de cuivre1 soutenue de quatre gros et fort haults pilliers de mme estoffe est pose la chsse de saint ,marcel1 neufime vque de ,paris1 laquelle est d'argent dor1 enrichie d'une infinit de grosses perles et pierres prcieuses444 ,plus hault d'icelle1 est une fort grande croix1 dont le crucifix est d'argent dor4 ct de ce reliquaire tait un autre autel3 ,au ct droit1 poursuit ,du ,breul1 sur l'autel de la ,trinit1 dict des ,ardents1 est la chsse de ,notre-,dame1 d'argent dor444 ct senestre dudict autel 7principal7 est une chsse de bois1 ayant seulement le devant couvert d'argent dor1 en laquelle est le corps de sainct ,lucain1 martyr444 ,au-dessus dudict autel de la ,trinit sont plusieurs chsses444 ,voici1 d'aprs la gravure dont nous avons parl tout l'heure1 la vue de cet autel principal de ,notre-,dame de ,paris1 avec la chsse de saint ,marcel suspendue sous son grand baldaquin 7#i74 ,ce matre autel parat avoir t lev vers la fin du ,x,i,i,ie sicle2 peut-tre tait-il contemporain de la clture du choeur1 qui date du commencement du ,x,i,ve sicle4 ,l'autel des reliques de la cathdrale d',arras dispos au chevet de cette glise1 et qui est reproduit dans les ,annales archologiques de ,m4 ,didron1 d'aprs un tableau conserv dans la sacristie1 prsentait une disposition analogue celle de l'autel du chevet de ,notre-,dame de paris1 si ce n'est que le reliquaire est suspendu au-dessus de l'autel1 scell aux deux piles extrmes de l'abside1 et qu'on y accde par un petit escalier en bois pos la droite de cet autel#cg4 ,l'usage de poser des parements#ch devant les autels1 bien qu'ancien1 ne fut pas adopt uniformment en ,france4 ,cela explique pourquoi1 partir du ,x,i,ie sicle1 quelques tables d'autels anciens sont portes sur des massifs bruts1 tandis que d'autres sont soutenues par des colonnettes riches de sculptures1 des arcatures1 des plaques de pierre ou de marbre incrustes ou sculptes4 ,le sieur de ,molon#ci observe que dans les chapelles de l'glise cathdrale d',angers1 les autels 7selon l'ancien usage qui nous est encore rest le vendredi saint1 et il n'y a pas encore longtemps1 le samedi saint aussi7 sont nu1 et ne sont couverts de quoi que ce soit2 de sorte que ce n'est qu'un moment avant que d'y dire la messe qu'on y met les nappes1 qui dbordent comme celle qu'on met sur une table o l'on dne2 et il n'y a point de parement4 ,la forme la plus habituelle de l'autel1 pendant le moyen ge1 qu'il soit ou non revtu de parements1 est celle d'une table ou d'un coffre4 ,il est certain que les beaux autels des chapelles de l'glise abbatiale de ,saint-,denis en ,france dont nous donnons plus loin les dessins1 et tant d'autres1 ports sur des colonnes ou prsentant des faces richement dcores de sculptures1 de peintures et d'applications1 n'taient pas destins recevoir des parements2 tandis que trs-anciennement dj certains autels en taient garnis4 ,l'autel majeur de la cathdrale de ,reims avait un parement en partie d'or fin1 en partie de vermeil1 donn par les archevques ,hincmar et ,samson des ,prs4 ,l'autel des reliques de l'glise de ,saint-,denis tait galement revtu sur la face d'un parement d'or enrichi de pierres prcieuses qui avait t donn par ,suger4 ,mais le plus souvent les parements taient d'toffes prcieuses1 pour les devants d'autels comme pour les retables4 ,guillaume ,durand#dj n'admet pour les vtements ecclsiastiques que quatre couleurs principales3 le blanc1 le rouge1 le noir et le vert2 il ajoute1 il est vrai1 que l'emploi de ces quatre couleurs n'est pas absolument rigoureux2 l'carlate peut1 selon lui1 tre substitu au rouge1 le violet au noir1 la couleur bysse au blanc1 et le safran au vert4 ,il est probable que les parements des autels taient soumis1 comme les vtements ecclsiastiques1 ces lois1 et il faut les distinguer des couvertures ou nappes rouges1 grises et noires dont parle l'vque de ,mende dans son troisime chapitre1 cit plus haut4 ,en changeant la couleur des vtements ecclsiastiques suivant les diffrents temps de l'anne1 le clerg changeait galement1 comme cela se pratique encore aujourd'hui1 la couleur des parements d'autels1 lorsque ces parements taient faits en toffes4 ,il en tait de mme des voiles et courtines entourant les autels2 ces tentures taient variables4 ,nous ajouterons1 au sujet des voiles et courtines1 qu'ils n'taient pas uniformment disposs pendant le moyen ge autour des autels4 ,outre qu'aujourd'hui1 dit ,thiers 7chap4 ,,xiv7#da1 il y a peu de ciboires au-dessus des autels1 hors l',italie1 il n'y a point d'autels qui aient des voiles ou rideaux tout autour4 ,la vrit est qu'en plusieurs anciennes glises1 tant sculires que rgulires1 les principaux autels ont des voiles au ct droit et au ct gauche2 mais ils n'en ont ni au devant1 ni au derrire1 parce qu'au derrire il y a des retables1 des tableaux ou des images en relief1 et que le devant est entirement ouvert1 si ce n'est qu'en carme on y met ces voiles dont parlent ,beleth#db1 ,durand#dc1 et les ,uz de ,citeaux#dd4 ,en d'autres glises1 les autels n'ont point du tout de voiles1 quoiqu'il y ait apparence qu'ils en ont eu autrefois1 ou au moins droite et gauche1 ce qui se reconnot par les pilastres ou colonnes de bois ou de cuivre que l'on y voit encore prsent4 ,enfin il y a une infinit d'autels qui non-seulement n'ont point du tout de voiles1 mais qui ne paraissent pas mme en avoir eu autrefois1 n'ayant aucun vestige de pilastres ou colonnes4 ,il y en avoit cependant autour des anciens autels1 dans les glises d',orient1 comme dans celles d',occident1 et on les y tenoit dplis et tendus 7ferms7 au moins pendant la conscration et jusqu' l'lvation de la sainte hostie1 afin de procurer plus de vnration aux divins mystres4 ,aprs une dissertation tendue sur l'usage des voiles poss au devant des autels grecs1 ,thiers termine son chapitre en disant3 l'gard des glises d',occident1 nous avons des preuves de reste comme les autels y toient entours de voiles attachs aux ciboires1 leurs arcades1 ou aux colonnes qui les soutenoient4 ,il ne faut que lire les vies des papes crites par ,anasthase le bibliothcaire pour en tre convaincu1 et surtout celles de ,serge ,i1 de ,grgoire ,,iii1 de ,zacharie1 d',adrien ,i1 de ,lon ,,iii1 de ,pascal ,i1 de ,grgoire ,,iv1 de ,serge ,,ii1 de ,lon ,,iv1 de ,nicolas ,i2 on y verra que ces souverains pontifes ont fait faire en diverses glises de ,rome1 les uns vingt-cinq1 les autres huit1 et la plupart quatre voiles d'toffes prcieuses pour tre tendus autour des autels2 pour tre suspendus aux ciboires des autels2 pour tre attachs aux arcades des ciboires autour des autels444 ,guillaume le bibliothcaire1 qui a ajout les vies de cinq papes1 savoir3 d',adrien ,,ii1 de ,jean ,,viii1 de ,martin ,,ii1 ou ,marin ,i1 d',adrien ,,iii et d'tienne ,,vi1 celles qu',anasthase a finies par ,nicolas ,i1 parle encore de ces mmes voiles1 dans la vie d'tienne ,,vi1 o il dit que ce pape donna un voile de lin et trois autres voiles de soie pour mettre autour de l'autel de l'glise de ,saint-,pierre ,rome444 ,thiers1 qui ne va gure chercher ses documents que dans les textes1 ne parat pas certain que dans l'glise d',occident il y et eu des voiles devant les autels4 ,le fait ne nous semble pas douteux cependant1 au moins dans un certain nombre de diocses4 ,voici 7#aj7 comme preuve la copie d'un ivoire du ,x,i,i,ie sicle#de1 sur lequel le voile antrieur de l'autel est parfaitement visible4 ,dans cette petite sculpture1 que nous donnons grandeur d'excution1 le prtre est assis dans une chaire sous un dais2 devant l'autel1 trois clercs sont galement assis1 le voile antrieur est relev4 ,la suspension du saint sacrement est attache sous le ciborium4 ,on ne voit sur la table de l'autel qu'un livre pos plat1 l'vangile2 des clercs tiennent trois flambeaux du ct droit de l'autel4 ,nous trouvons des exemples analogues dans des vitraux1 dans des manuscrits et sculptures du ,x,ie au ,x,i,i,ie sicle4 ,plus tard les voiles antrieurs des autels sont rares et on ne les retrouve plus1 en ,occident1 que sur les cts1 entre les colonnes1 ainsi que le font voir les fig4 #g1 #h et #i4 ,il semblerait que les voiles antrieurs aient cess d'tre employs pour cacher les autels des glises d',occident pendant la conscration1 lorsque le schisme grec se fut tabli4 ,c'est aussi cette poque que le ciborium1 ou baldaquin recouvrant directement l'autel1 cesse de se rencontrer dans les glises de ,france1 et n'est plus remplac que par la clture de courtines latrales4 ,en effet1 dans tous les monuments de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 ainsi que dans ceux des ,x,i,ve et ,x,ve1 l'autel n'est plus couvert de cet dicule1 dsign encore en ,italie sous le nom de ciborium 7voy4 ce mot72 tandis que1 pendant la priode romane et jusque vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 on trouve1 soit dans les bas-reliefs1 les peintures1 les vitraux ou les vignettes des manuscrits1 des dicules ports sur des colonnes et recouvrant l'autel1 comme ceux qu'on peut encore voir ,rome1 dans les glises de ,saint-,clment1 de ,sainte-,agns 7hors les murs71 de ,s4 ,georgio in ,velabro2 ,venise1 dans l'glise de ,saint-,marc1 etc4 ,cependant du temps de ,guillaume ,durand1 comme le fait remarquer ,thiers1 les voiles antrieurs des autels taient encore poss pendant le carme1 et ,guillaume ,durand crivait son ,rational la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,il est remarquer1 dit-il#df1 que l'on suspend trois sortes de voiles dans l'glise1 savoir3 celui qui couvre les choses saintes1 celui qui spare le sanctuaire du clerg1 et celui qui spare le clerg du peuple444 ,le premier voile1 c'est--dire les rideaux que l'on tend des deux cts de l'autel1 et dont le prtre pntre le secret1 a t figur d'aprs ce qu'on lit dans l',exode 7,,xxxiv74 ,mose mit un voile sur sa figure1 parce que les fils d',isral ne pouvaient soutenir l'clat de son visage444 ,le second voile1 ou courtine1 que1 pendant le carme et la clbration de la messe1 on tend devant l'autel1 tire son origine et sa figure de celui qui tait suspendu dans le tabernacle qui sparait le ,saint des saints du lieu saint444 ,ce voile cachait l'arche au peuple1 et il tait tissu avec un art admirable et orn d'une belle broderie de diverses couleurs1 et il se fendit lors de la ,passion du ,seigneur2 et1 son imitation1 les courtines sont encore aujourd'hui tissues de diverses couleurs trs-belles444 ,le troisime voile a tir son origine du cordon de muraille ou tapisserie qui1 dans la primitive glise1 faisait le tour du choeur et ne s'levait qu' hauteur d'appui1 ce qui s'observe encore dans certaines glises444#dg ,mais le vendredi saint1 on te tous les voiles de l'glise1 parce que1 lors de la ,passion du ,seigneur1 le voile du temple fut dchir444 ,le voile qui spare le sanctuaire du clerg est tir ou enlev l'heure de vpres de chaque samedi de carme1 et quand l'office du dimanche est commenc1 afin que le clerg puisse regarder dans le sanctuaire1 parce que le dimanche rappelle le souvenir de la rsurrection444 ,voil pourquoi cela a lieu aussi pendant les six dimanches qui suivent la fte de ,pques444 ,l'autel de la ,sainte-,chapelle haute de ,paris ne parat pas avoir t dispos pour tre voil1 et l'dicule qui portait le grand reliquaire tait plac derrire et non au-dessus de lui4 ,nous donnons ici 7#aa7 le plan de cet autel et de son entourage4 ,l'autel semble tre contemporain de la sainte-,chapelle 7#abdj #abej72 quant la tribune sur laquelle est pose la grande chsse1 et dont tous les dbris sont aujourd'hui replacs1 elle date videmment des dernires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,quatre colonnes portant des anges de bronze dor taient places aux quatre coins de l'emmarchement de l'autel2 mais ces colonnes avaient t leves sous ,henri ,,iii4 ,au fond du rond-point1 derrire le matre autel ,a1 tait dress un petit autel ,b2 suivant un ancien usage1 ce petit autel tait dsign sous le nom d'autel de retro4 ,c'tait1 comme la cathdrale de ,paris1 comme ,bourges1 ,chartres1 ,amiens1 ,arras1 l'autel des reliques1 qui n'avait qu'une place secondaire1 le matre autel ne devant avoir au-dessus de lui que la suspension de l'eucharistie4 ,voici l'lvation perspective de cet autel 7#ab7 avec la tribune1 les deux petits escaliers en bois peint et dor qui accdent la plate-forme de cette tribune vote et la grande chsse en vermeil pose sur une crdence de bois dor1 surmonte d'un dais galement en bois enrichi de dorures et de peintures4 ,nous entrerons dans quelques dtails descriptifs propos de cet autel et de ses accessoires si importants1 conservs au muse des ,augustins et rtablis aujourd'hui leur place4 ,l'autel n'existe plus1 mais des dessins et une assez bonne gravure faisant partie de l'ouvrage de ,jrme ,morand#dh1 nous en donnent une ide exacte4 ,cet autel tait fort simple2 la table forme d'une moulure enrichie de roses1 porte sur un dossier et trois colonnettes1 n'tait pas surmonte d'un retable4 ,derrire cet autel s'ouvre une arcade formant l'archivolte d'une vote figurant une abside et s'tendant jusqu'au fond du chevet2 la grande arcade est accompagne et contre-butte par une arcature jour servant de clture4 ,deux anges adorateurs sculpts et peints se dtachent sur les coinons de la grande arcade1 orns d'applications de verre bleu avec fleurs de lis d'or4 ,sous la courbe ogivale de cet arc sont suspendus des anges plus petits2 les deux du sommet tiennent la couronne d'pine1 les quatre infrieurs les instruments de la ,passion4 ,l'arcature et les archivoltes en retour s'ouvrant sous la vote1 sont couverts d'applications de verre1 de gaufrures dores et de peintures4 ,la vote est compose de nervures galement gaufres1 enrichies de pierres fausses1 et de remplissages bleus avec toiles d'or4 ,les deux petits escaliers en bois qui montent sur la vote sont d'une dlicatesse extrme et trs-habilement combins comme menuiserie4 ,au roi de ,france seul tait rserv le privilge d'aller prendre la monstrance contenant la couronne d'pine renferme dans la grande chsse1 et de prsenter la trs-sainte relique l'assistance ou au peuple dans la cour de la ,sainte-,chapelle4 ,cet effet1 en bas de la grande verrire absidale1 tait laiss un panneau de vitres blanches1 afin que le reliquaire pt tre vu du dehors1 entre les mains du roi4 ,la suspension du saint sacrement tait devant la grande chsse au-dessus de l'autel4 ,notre gravure ne peut donner qu'une bien faible ide de ce chef-d'oeuvre1 o l'art l'emporte de beaucoup sur la richesse des peintures1 des applications1 des dorures4 ,il va sans dire que la grande chsse fut fondue et que nous n'en possdons plus que des dessins ou des reprsentations peintes4 ,derrire la clture1 l'arcature qui garnit le soubassement de la sainte chapelle continue2 seulement droite1 sous la premire fentre1 est pratique une piscine d'un travail exquis 7voy4 ,,piscine72 gauche une armoire4 ,deux des douze aptres1 dont les statues ont t adosses aux piliers1 sont placs ct des deux escaliers2 ce sont les statues de saint ,pierre et de saint ,paul4 ,au-dessus du petit autel de retro1 sous le formeret de la vote de la tribune1 est peint un crucifiement1 avec le soleil et la lune et deux figures1 dont l'une1 couronne1 est probablement saint ,louis#di4 ,deux marches montent l'autel principal4 ,on observera que les autels derrire lesquels s'lvent des reliquaires1 tels que ceux de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 de ,notre-,dame de ,paris et de la ,sainte-,chapelle1 sont placs de faon ce que le dessous du reliquaire forme comme une grotte ou crypte rez-de-chausse4 ,saint-,denis1 cette petite crypte tait occupe par les corps saints2 mais ,notre-,dame de ,paris1 la ,sainte-,chapelle1 les chsses sont fort leves au-dessus du sol1 comme suspendues en l'air1 de manire ce que l'on puisse se placer au-dessous d'elles4 ,cette disposition parat avoir t adopte fort anciennement4 ,il existe dans les cryptes de l'glise de ,saint-,denis1 du ct du nord1 proche l'entre du caveau central1 une arcature dpendant de l'glise carlovingienne2 sur l'un des chapiteaux de cette arcature1 est sculpt un autel 7#ab ,a71 derrire lequel est pos un dicule portant un reliquaire4 ,une petite glise du midi de la ,france1 l'glise de ,valcabrre prs ,saint-,bertrand de ,comminges1 a conserv dans son chevet1 dont la construction appartient l'poque carlovingienne1 un autel tabli trs-franchement au ,x,i,i,ie sicle d'aprs cette donne4 ,le plan 7#ab ,b7 de l'abside de cette glise1 l'lvation 7#ab ,c7 et la coupe 7#ab ,d7 de l'autel1 indiquent nettement la petite crypte place sous le reliquaire contenant la chsse4 ,un escalier conduit sur la vote qui reoit la chsse1 et les fidles peuvent circuler derrire l'autel sous cette vote1 pour se placer directement sous la protection du saint4 ,nous verrons tout l'heure comme ce principe est appliqu aux autels secondaires de l'glise abbatiale de ,saint-,denis4 ,il est une chose digne de remarque lorsqu'on examine ces restes prcieux1 ainsi que ceux qui nous sont encore1 et en si grand nombre1 conservs ,saint-,denis2 c'est que1 dans les dcorations des autels1 dans tout ce qui semblait fait pour accompagner dignement le sanctuaire des glises1 on s'est proccup au moyen ge1 surtout en ,france1 d'honorer l'autel1 plus encore par la beaut du travail1 par la perfection de la main-d'oeuvre que par la richesse intrinsque des matires employes4 la ,sainte-,chapelle1 ce gracieux sanctuaire n'est compos que de pierre et de bois2 les moyens de dcorations employs sont d'une grande simplicit3 du verre appliqu1 des gaufrures faites dans une pte de chaux1 des peintures et des dorures1 n'ont rien qui soit dispendieux4 ,la valeur relle de ce monument tient l'extrme perfection du travail lie l'artiste4 ,toutes les sculptures sont traites avec un soin1 un art1 et nous dirons avec un respect scrupuleux de l'objet1 dont rien n'approche4 ,n'tait-ce pas1 en effet1 la plus noble manire d'honorer ,dieu que de faire passer l'art avant toute chose dans son sanctuaire8 et n'y avait-il pas un sentiment vrai et juste dans cette perfection que l'artiste cherchait donner la matire grossire8 ,nous avouerons que nous sommes bien plus touchs la vue d'un autel de pierre sur lequel l'homme a puis toutes les ressources de son art1 que devant ces morceaux de bronze ou d'argent grossirement travaills1 dont la valeur consiste dans le poids1 et qui excitent bien plutt la cupidit qu'ils n'meuvent l'me4 ,nous avons dj parl des autels de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 et nous avons cherch donner une ide de ce que pouvait tre l'autel des reliques lev dans son sanctuaire2 mais ce n'est l qu'une restauration dont chacun peut contester la valeur1 heureusement plusieurs des autels secondaires de cette glise clbre ont t conservs jusqu' nous en dbris1 ou nous sont donns par de prcieux dessins excuts en #agig par feu ,percier#ej4 ,c'est surtout dans ces autels que l'oeuvre de l'artiste apparat4 ,l point de retables ni de parements d'or ou de vermeil4 ,la pierre est la seule matire employe1 mais elle est travaille avec un soin et un got parfaits1 recouverte de peintures1 de dorures1 de gravures remplies de mastics colors ou d'applications de verre qui ajoutent encore la beaut du travail1 sans que jamais la valeur de l'oeuvre d'art puisse tre dpasse par la richesse de la matire4 ,nous donnerons d'abord l'autel de la chapelle de la ,vierge situe au chevet dans l'axe de l'glise4 ,cet autel1 lev sur un pav en terre cuite d'une grande finesse et qui dpend de l'glise btie par ,suger1 est pos sur une seule marche en pierre de liais grave et incruste de mastics4 ,les gravures forment1 au milieu d'une dlicate bordure d'ornements noirs1 un semis de fleurs de lis et de tours de ,castille sur champ bleu verdtre et rouge 7voy4 ,,dallage74 ,porte sur trois colonnettes et sur un dossier richement peint1 la table de l'autel est simple et surmonte d'un retable en liais reprsentant1 au centre1 la sainte ,vierge couronne tenant l'enfant ,jsus2 droite1 la naissance du ,christ1 l'adoration des ,mages2 gauche1 le massacre des ,innocents et la fuite en gypte4 ,ces figures1 d'un travail remarquable1 sont entirement peintes sur fond bleu losang et sem de fleurs de lis d'or4 ,derrire le retable1 entre l'autel et le fond de la chapelle1 est un petit dicule sous lequel on peut passer1 et qui supporte au niveau du dessus du retable un tabernacle en pierre d'une excessive dlicatesse4 ,deux colonnes huit pans1 termines leur sommet par des fleurons feuillus1 poses aux deux cts du retable1 reoivent des crosses en fer dor1 auxquelles des lampes sont suspendues4 ,au-dessus du tabernacle1 sur un cul-de-lampe incrust dans la colonne centrale du fond de la chapelle1 est pose une jolie statue de la sainte ,vierge tenant l'enfant1 en marbre blanc1 demi-nature2 sur sa tte est un dais4 ,voici 7#ac7 un plan de cet autel avec la chapelle dans laquelle il est pos1 et 7#ac bis7 une vue de l'ensemble du petit monument4 ,dans le tabernacle1 derrire l'autel1 tait place une chsse contenant les corps de saint ,hilaire1 vque de ,poitiers1 et de saint ,patrocle1 martyr1 vque de ,grenoble4 ,cet autel1 comme la plupart des autels secondaires de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 avait t lev par les soins de saint ,louis lorsqu'il fit restaurer et rebtir en partie cette glise4 l'entre du rond-point de l'glise abbatiale1 du ct gauche 7nord71 tait autrefois la chapelle ddie saint ,firmin1 premier vque d',amiens1 martyr4 ,le pav de cette chapelle et la marche de l'autel1 qui est fort large1 taient en mosaques1 et dataient du ,x,i,ie sicle#ea4 ,l'autel est du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 ainsi que son retable1 qui existe encore en entier#eb4 ,d4 ,doublet mentionne le pavage en mosaque de cette chapelle1 dont nous avons dernirement retrouv des portions en place2 il donne la lgende de la chsse de saint ,firmin conquise par ,dagobert1 lgende qui tait peinte sur le devant de l'autel entre l'arcature dont il tait dcor#ec4 ,il parle de la chsse en bois dor pose derrire l'autel1 et d'une certaine bande de broderie au-dessus de l'autel1 toute pourfile de perles et enrichie de pierreries1 de la longueur d'yceluy1 laquelle sont suspendues soixante branslans 7glands7 d'argent dor4 ,voici 7#ad7 la face de l'autel avec son retable en pierre sculpte et peinte1 reprsentant le ,christ au centre1 avec les quatre vanglistes2 des deux cts les douze aptres avec leurs noms au-dessous4 ,en commenant par la droite de l'autel1 on lit3 ,simon1 ,bartholomeus1 ,jacobus1 ,johanns1 ,andreas1 ,petrus2 sous le ,christ1 ,apostolus2 puis en suivant1 ,paulus1 ,jacobus1 ,thomas1 ,filipus1 ,matheus1 ,judas 7,jude74 ,dans le quatre-feuilles qui entoure le ,christ1 on lit cette inscription3 ,hic ,deus est et homo quem presens signal imago ergo rogabit homo quem sculta figurat imago4 ,le corps de l'autel est compos d'une arcature feuillue soutenue par des colonnettes engages1 cylindriques et prismatiques alternes2 le tout est couvert de peintures2 les feuillages sont colors en vert ainsi que les chapiteaux2 les colonnettes sont divises par des compartiments trs-fins simulant des mosaques1 assez semblables celles qui couvrent les colonnettes des clotres de ,saint-,jean de ,latran et de ,saint-,paul hors les murs ,rome2 les intervalles entre les colonnettes sont couverts de sujets lgendaires1 ainsi qu'il vient d'tre dit4 ,la table de l'autel tait borde sur ses rives d'une inscription1 perdue1 et couverte sur le plat d'une mosaque compartiments4 ,nous donnons ici 7#ae7 le plan de cet autel1 avec la chsse de saint ,firmin place derrire le dossier1 sous une table porte sur des colonnes2 et 7#af7 le ct de l'autel qui fait comprendre la disposition de cette chsse1 des grilles dont elle tait entoure et de la petite lampe qui brillait sur le corps saint4 ,on voit combien1 malgr la richesse des dtails1 la forme gnrale de ce petit monument est simple et digne4 ,comme dans toutes les oeuvres du moyen ge1 surtout avant le ,x,i,ve sicle1 on remarque dans le petit nombre d'autels qui nous sont conservs par des dessins ou des monuments et surtout dans leurs accessoires1 tels que retables1 tabernacles1 reliquaires1 une grande varit2 que serait-ce si tous ces objets nous eussent t transmis intacts6 ,les deux derniers autels nous montrent des reliquaires disposs d'une faon trs-diffrente et parfaitement justifie par la situation4 ,en effet1 l'autel 7fig4 #ac7 de la chapelle de la ,vierge de ,saint-,denis est adoss1 et1 pour faire voir la chsse1 il fallait ncessairement l'lever au-dessus du retable2 au contraire1 l'autel de ,saint-,firmin est plac de manire que l'on peut tourner facilement tout autour 7fig4 #ae72 la chsse se trouvait alors au niveau du sol1 protge par un grillage4 ,au-dessus d'elle1 suspendue la grande tablette qui la recouvrait1 se voit la petite lampe4 ,il existait encore ,saint-,denis un grand nombre d'autels secondaires dont les dispositions accessoires diffraient de celles que nous venons de donner4 ,voici entre autres l'autel ,saint-,eustache1 qui se trouvait adoss au fond de la premire chapelle carre au nord1 au-dessus de la chapelle de la ,vierge ,blanche 7#ag74 ,ici le tabernacle recouvrant la chsse du saint tait compltement isol du retable et port sur deux colonnes et des consoles figures4 ,il parat difficile de donner une signification ces monstres accroupis sur des hommes vtus4 ,le sculpteur a-t-il voulu faire des syrnes1 en se conformant aux textes des bestiaires si fort en vogue pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles#ed1 et rappeler ainsi aux fidles le danger des sductions du sicle8 ,parmi les autels de ,saint-,denis1 il en est encore un autre dont la place n'a pu tre jusqu' prsent reconnue#ee1 mais qui prsente un grand intrt3 il se compose d'un massif en maonnerie entirement revtu sur le devant et les cts d'applications de verres taills en losanges et travers lesquels on aperoit des tours de ,castille sur fond carlate1 des fleurs de lis sur fond bleu1 des rosaces et des aiglettes sur fond pourpre4 ,sur le dossier est un retable galement incrust de verre bleu taill en polygones avec un crucifiement1 saint ,jean et la ,vierge1 l'glise et la ,synagogue1 en bas-relief4 ,la marche de cet autel est en liais avec bordure de fleurs de lis et tours de ,castille trs-fines se dtachant sur un fond de mastic bleu et rouge2 le milieu prsente des dessins d'une grande dlicatesse1 noirs1 bleus et rouges1 galement en mastic4 ,le pav de la chapelle tait en mosaque de terre cuite et de petites pierres de couleur avec carreaux menus de marbre blanc 7voy4 ,,pavages74 ,nous donnons ci-contre 7#ah7 une lvation perspective de cet autel4 ,dans quelques-uns des exemples donns ci-dessus1 on ne voit pas que l',eucharistie ait t place autrement que dans un ciboire suspendu1 et nous n'avons pas trouv de tabernacles ou custodes poss sur les autels pour contenir les hosties consacres et non consacres1 ainsi que le dit ,guillaume ,durand dans son ,rational4 ,l'usage de rserver l',eucharistie dans des rduits tenant aux retables des principaux autels ne remonte pas plus de deux cents ans1 et encore1 la fin du ,x,v,i,i,ie sicle1 conservait-on l',eucharistie dans des botes en forme de pavillons ou de tours1 ou dans des colombes d'argent1 suspendues au-dessus des autels majeurs des grandes cathdrales et des glises monastiques4 ,souvent aussi apportait-on les hosties sur la communion dans des ciboires que l'on posait sur la table de l'autel au moment de dire la messe4 ,dans ce cas1 le ciboire1 la bote de vermeil contenant l',eucharistie1 tait habituellement dpose dans un sacraire ou petite sacristie voisine de l'autel4 ,thiers parle1 dans ses ,dissertations sur les principaux autels des glises1 de tours destines contenir l',eucharistie2 il dit en avoir vu une de cuivre1 assez ancienne1 dans le choeur de l'glise paroissiale de ,saint-,michel de ,dijon4 ,cet usage tait fort ancien en effet1 car saint ,remi1 archevque de ,reims1 ordonna1 par son testament1 que son successeur ferait faire un tabernacle ou ciboire en forme de tour1 d'un vase d'or pesant dix marcs1 qui lui avait t donn par le roi ,clovis4 ,fortunat1 vque de ,poitiers1 loue saint ,flix1 archevque de ,bourges1 qui assista au quatrime concile de ,paris en #egc1 de ce qu'il avait fait faire une tour d'or trs-prcieuse pour mettre le corps de ,jsus-,christ4 ,les exemples abondent1 aussi bien pour les tours transportables que pour les colombes suspendues au-dessus des autels et contenant l',eucharistie4 ,peut-tre ,guillaume ,durand1 en parlant des tabernacles poss sur les autels1 entend-il dsigner ces tours ou custodes mobiles qui ne contenaient pas seulement les hosties consacres1 mais encore les non consacres et mme des reliques de saints2 ces custodes1 compltement indpendantes du retable1 se posaient devant lui1 sur l'autel mme1 au moment de la communion des fidles4 ,mais il faut reconnatre que le texte de l'vque de ,mende est assez vague1 et l'opinion de ,thiers sur les custodes ou tours mobiles nous parat appuye sur des faits dont on ne peut contester l'authenticit4 ,thiers regarde les tours comme des coffres destins non point contenir l',eucharistie1 mais les ustensiles ncessaires pour l'oblation1 la conscration et la communion1 et il incline croire que l',eucharistie tait toujours rserve dans une bote suspendue au-dessus de l'autel1 que cette bote ft faite en forme de tour1 de coupe ou de colombe4 ,saint ,udalric parle d'une colombe d'or continuellement suspendue sur l'autel de la grande glise de ,cluny1 dans laquelle on rservait la sainte ,eucharistie4 ,mais ces suspensions affectaient diverses formes1 sans parler de celle reprsente dans la figure #h2 il existe encore dans le trsor de la cathdrale de ,sens un ciboire en forme de coupe recouverte1 destin tre suspendu au-dessus de l'autel2 ce ciboire date du ,x,i,i,ie sicle4 ,quant aux ustensiles ncessaires pour l'oblation1 la conscration et la communion1 tels que le calice1 la patne1 la fistule1 les burettes1 le voile1 etc41 ils taient conservs ou dans ces coffres mobiles que l'on transportait prs de l'autel au moment de l'oblation1 ou dans ces petites armoires qui sont gnralement pratiques dans les murs des chapelles la droite de l'autel en face de la piscine1 ou dans de petits rduits pratiqus cet effet dans les autels mmes4 ,nous retrouvons un assez grand nombre d'autels figurs dans des peintures et des bas-reliefs o ces rduits sont indiqus4 ,voici entre autres 7#ai7 un autel provenant d'un bas-relief en albtre conserv dans le muse de la cathdrale de ,sez1 sur la paroi duquel est ouverte une petite niche contenant les burettes4 ,quant aux retables1 ils prirent une plus grande importance mesure que le got du luxe pntrait dans la dcoration intrieure des glises 7voy4 ,,retable74 ,dj trs-riches au ,x,i,i,ie sicle1 mais renferms dans des lignes simples et svres1 ils ne tardrent pas s'lever et dominer les autels en prsentant un chafaudage d'ornementation et de figures souvent d'une assez grande dimension1 ou une succession de sujets couvrant un vaste champ4 ,les cathdrales seules conservrent longtemps les anciennes traditions1 et ne laissrent pas touffer leurs matres autels sous ces dcorations parasites4 ,il faut rendre justice l'glise franaise1 cependant3 elle fut la dernire se laisser entraner dans cette voie fcheuse pour la dignit du culte4 ,l',italie1 l',espagne1 l',allemagne nous devancrent et couvrirent ds le ,x,i,ve sicle leurs retables d'un fouillis incroyable de bas-reliefs1 de niches1 de clochetons1 qui s'levrent bientt jusqu'aux votes des glises4 ,les retables des autels des glises espagnoles notamment sont surmonts de retables1 dont quelques-uns appartiennent au ,x,i,ve sicle1 et un plus grand nombre aux ,x,ve et ,x,v,ie sicles1 qui dpassent tout ce que l'imagination peut supposer de plus riche et de plus charg de sujets et de sculptures d'ornement4 ,sans tomber dans cette exagration1 les autels de ,france perdent la fin du ,x,i,ve sicle l'aspect svre qu'ils avaient su conserver encore pendant le ,x,i,i,ie4 ,les retables prennent assez d'importance 7except1 comme nous l'avons dit1 dans quelques glises cathdrales7 pour faire disparatre la belle disposition des autels de ,saint-,denis4 ,on n'tablit plus cette distinction entre l'autel et le reliquaire s'levant derrire lui2 tout se mle et devient confus2 l'autel1 le retable et le reliquaire ne forment plus qu'un seul dicule1 contrairement cette loi de la primitive glise1 que rien ne doit tre plac directement au-dessus de l'autel1 si ce n'est le ciboire4 ,il ne nous appartient pas de dcider si ces changements ont t favorables ou non la dignit des choses saintes1 mais il est certain qu'au point de vue de l'art1 les autels ont perdu cette simplicit grave qui est la marque du bon got1 depuis qu'on a surcharg leurs dossiers d'ornements parasites1 depuis qu'on a remplac les suspensions du saint ciboire par des tabernacles qui s'ouvrent au milieu du retable1 depuis que les retables eux-mmes1 convertis en gradins1 ont t couverts d'une quantit innombrable de flambeaux1 de vases de fleurs artificielles2 depuis que des tableaux avec encadrements prsentent des scnes relles aux yeux1 et viennent distraire plutt qu'difier les fidles4 ,notre opinion sur un sujet aussi dlicat pourrait au besoin s'appuyer sur celle d'un auteur ecclsiastique que nous avons dj cit bien des fois dans le cours de cet article4 ,thiers1 en parlant de ces movations qu'il regarde comme funestes1 dit#ef3 ,les petits esprits1 les esprits foibles1 les dvots de mauvais goust1 qui ont plus de zle que de lumires1 et qui ne sont pas prvenus de respect pour les antiquits ecclsiastiques1 louent1 approuvent ces nouvelles inventions1 jusqu' dire qu'elles entretiennent1 qu'elles excitent leur dvotion4 ,comme s'il n'y avoit point eu de dvotion dans l'antiquit2 comme si l'on ne pouvoit pas tre dvot sans cela2 comme s'il n'y avoit pas de dvotion dans les glises cathdrales1 o les tabernacles sont extrmement simples1 aussi bien que les autels1 quoique les embellissemens leur conviennent incomparablement mieux qu'aux glises des ,rguliers entre autres4 ,que dirait donc ,thiers aujourd'hui1 que toutes les glises cathdrales elles-mmes ont laiss perdre la vnrable simplicit de leurs autels sous des dcorations qui n'ont mme pas le mrite de la richesse de la matire1 ou de la beaut de la forme8 ,depuis l'poque o crivait notre savant auteur1 7#afeh71 que de tristes changements dans les choeurs de nos glises mres1 quelle monstrueuse ornementation est venue remplacer la grave et simple dcoration de ces anciens autels1 tmoins des faits les plus mouvants de notre histoire nationale6 ,qu'et dit ,thiers en voyant le chapitre de la cathdrale de ,chartres dmolir son jub et son autel du ,x,i,i,ie sicle2 le chapitre de ,notre-,dame de ,paris prsider la destruction de son ancien autel1 de ses reliquaires1 de ses tombes d'vques2 celui de la cathdrale d',amiens remplacer par du stuc1 du pltre et du bois dor le magnifique matre autel dont nous donnons plus bas la description8 ,peut-on1 aprs cet aveuglement qui entranait1 pendant le cours du dernier sicle1 le clerg franais jeter au creuset ou aux gravats des monuments si vnrables et si prcieux1 pour mettre leur place des dcorations thtrales o toutes les traditions taient oublies2 peut-on1 disons-nous1 trouver le courage de blmer les dmolisseurs de #agic1 qui renversaient leur tour ce qu'ils avaient vu dtruire quelques annes auparavant par les chapitres et les vques eux-mmes8 ,ces pertes sont malheureusement irrparables1 car1 admettant qu'aujourd'hui1 par un retour vers le pass1 on tente de rtablir nos anciens autels1 jamais on ne leur donnera l'aspect vnrable que le temps leur avait imprim2 on pourra faire des pastiches1 on ne nous rendra pas tant d'oeuvres d'art accumules par la pit des prlats et des fidles sous l'influence d'une mme pense2 car jusqu' la rformation1 sauf quelques lgres modifications apportes par le got de chaque sicle1 les dispositions des autels taient trs-peu de choses prs restes les mmes4 ,en voici une preuve4 ,le matre autel de la cathdrale d',amiens avait t rig pendant le ,x,ve sicle et au commencement du ,x,v,ie1 soit que l'ancien autel n'et t que provisoire1 soit qu'il et t ruin pendant les guerres dsastreuses des ,x,i,ve et ,x,ve sicles4 ,ce nouvel autel rappelait les dispositions de celui de la ,sainte-,chapelle1 ce qu'il est facile de reconnatre en examinant le plan 7#bj7eg que nous prsentons ici4 ,grce au zle d'un ,aminois dont tous les loisirs sont employs faire connatre l'histoire de son pays#eh et dont les recherches ont dj produit de prcieux travaux sur la ,picardie1 nous pouvons donner nos lecteurs une ide complte du matre autel de la cathdrale d',amiens4 ,cet autel tait en pierre blanche1 perc de trois niches destines contenir les chsses des trois saints les plus vnrs du diocse d',amiens2 il avait t consacr en #adhc par l'vque ,vers1 neveu de ,j4 ,coythier1 mdecin de ,louis ,,xi4 ,la table en marbre noir avait #dm1#ed de long sur #jm1#ff de largeur2 elle avait t donne en #adac par un chanoine de la cathdrale1 ,pierre ,millet4 ,le retable1 surlev au centre1 tait couvert de panneaux de bois peint reprsentant la ,passion1 qui1 en s'ouvrant comme des volets1 laissaient voir des bas-reliefs d'argent excuts de #adhe #adic4 ,six colonnes de cuivre1 dont les fts taient orns de statuettes de saints1 poses des deux cts de l'autel1 portaient six anges vtus de chapes et tenant les instruments de la ,passion4 ,des voiles glissant sur les tringles qui runissaient les trois colonnes1 de chaque ct1 fermaient le sanctuaire4 ,ces voiles furent conservs jusqu'en #afga4 ,les colonnes avaient t donnes par un chanoine d',amiens1 ,jehan ,leclre1 en #aeaa4 ,un lustre d',argent trois branches tait suspendu devant l'autel4 ,trois grands chandeliers de cuivre taient en outre placs dans le sanctuaire4 ,un dais en forme de carr long1 couvert d'une toffe de soie seme de fleurs de lis d'or1 tait suspendu la vote immdiatement au-dessus de la table de l'autel4 ,aux deux angles postrieurs de l'autel1 aux extrmits du retable1 taient plantes1 sur le dallage1 deux colonnes de cuivre en forme d'arbres chargs de fleurs et de fruits4 ,les corolles des fleurs portaient des cierges que l'on allumait aux jours de ftes devant les chsses des saints4 ,quant la suspension du saint sacrement1 elle avait t refaite pendant les ,x,v,i,ie et ,x,v,i,i,ie sicles4 ,il n'est pas fait mention dans les registres capitulaires d'o sont tirs ces renseignements1 de la clture qui1 comme la ,sainte-,chapelle de ,paris1 fermait le rond-point derrire l'autel2 mais il y a tout lieu de croire que cette clture double1 vote1 formait une galerie leve sur laquelle taient exposes les chsses qui1 la cathdrale d',amiens1 taient nombreuses et d'une grande richesse4 ,derrire le matre autel1 au fond du rond-point1 s'levait le petit autel de retro2 il tait dcor d'un groupe de statues reprsentant le ,christ mis au tombeau1 excut en #adhd4 ,pour clore dignement ce choeur1 des tombes d'vques surmontes d'arcatures jour1 termines par des pignons et clochetons1 taient disposes entre les piles du rond-point4 ,ce fut seulement en #agee que tout le sanctuaire de la cathdrale fut boulevers pour faire place des images de pltre et des rayons de bois dor1 avec grosses cassolettes1 draperies chiffonnes1 gros anges effarouchs galement en pltre4 ,il ne parat pas que jusqu'au ,x,ve sicle il ft d'usage dans le nord de la ,france de placer des statues de saints1 et plus forte raison le ,christ ou la sainte ,vierge1 sur le devant des autels au-dessous de la table#ei4 ,en admettant qu'il n'y et pas l une question de convenance1 les nappes des autels anciens descendant fort bas 7#ba7fj1 il tait inutile de placer sur les faces1 des bas-reliefs qui n'eussent point t vus4 ,mais pendant les ,x,ve et ,x,v,ie sicles on sculpta souvent des figures de saints sur les devants d'autel1 des anges1 des scnes de la ,passion2 on reprsenta mme1 sous la table de l'autel1 le ,christ au spulcre en ronde-bosse1 avec les saintes femmes et les soldats endormis#fa4 ,ce n'est qu'au ,x,v,ie sicle que l'autel cesse d'affecter la forme d'une table ou d'un coffre1 pour adopter celle d'un tombeau1 d'un sarcophage4 ,jusqu'alors l'autel n'est pas le tombeau du ,christ ou d'un martyr3 il recouvre le tombeau1 c'est la table pose sur le tombeau ou devant lui1 et mme sur la crypte renfermant le tombeau4 ,cette ide est dominante1 et les exemples que nous avons donns le prouvent surabondamment4 ,la faon dont sont disposs les corps saints sous l'autel des reliques de l'glise de ,saint-,denis1 derrire les autels de ,saint-,firmin1 de la ,vierge1 de ,saint-,eustache de la mme glise1 de ,valcabrre1 de la cathdrale d',amiens mme1 indique bien nettement que l'autel n'est pas un tombeau1 mais un meuble pos devant ou sur des reliques saintes4 ,un bas-relief de la porte ,sainte-,anne ,notre-,dame de ,paris1 donne d'une manire nave la vritable signification de l'autel 7#bb74 ,l1 on voit la crypte exprime par les arcs sous l'emmarchement2 trois petites baies s'ouvrent dans la partie suprieure de cette crypte et indiquent la place de la chsse du saint2 puis l'autel adoss s'lve sur la crypte et la chsse1 il est garni de ses nappes2 seul le ciboire est pos sur la table1 et une lampe est suspendue au-dessus de lui#fb4 ,mais partir du ,x,v,ie sicle c'est l'autel lui-mme qui devient la reprsentation du tombeau2 il affecte de prfrence la forme d'un sarcophage scell4 ,les autels pleins1 antrieurs au ,x,v,ie sicle1 tels que ceux de ,saint-,germer1 de ,paray-le-,monial 7#bc7 du ,x,i,ie sicle1 l'autel en verres appliqus de ,saint-,denis 7fig4 #ah71 celui mme de l'glise du ,foll-,goat 7,bretagne7 7#bd7fc qui date du commencement du ,x,v,ie sicle1 conservent toujours l'apparence d'un meuble4 ,cette forme traditionnelle se perd avec les derniers vestiges des arts du moyen ge4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ab ,a4 ,illustration3 ,fig4 #ab ,b4 ,illustration3 ,fig4 #ab ,c4 ,illustration3 ,fig4 #ab ,d4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ac bis4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba et #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,note #ab3 444 ,ego vero libenter obtemperavi1 et sacra vasa adferri jussi 7nec enim procul aberat locus74 ,diaconumque manibus utens pro altari1 mysticum et divinum ac salutare sacrificium obtuli4 ,note #ac3 ,cap4 ,,ii4 ,note #ad3 ,ducange1 ,gloss4 ,note #ae3 ,cap4 ,,iii4 444,nemo presbyterorum in altario ab episcopo non consecrato cantare presumat4 ,quapropter si necessitas poposcerit1 donec ecclesia vel altaria consecrentur1 et in capellis etiam qu consecrationem non merentur1 tabulam quisque presbyter1 cui necessarium fuerit1 de marmore1 vel nigra petra1 aut titro honestissimo1 secundum suam possibilitatem1 honeste affectatam habeat1 et nobis ad consecrandum offerat1 quam secum1 cum expedierit1 deserat1 in qua sacra mysteria secundum ritum ecclesiarum agere valeat4 ,note #af3 ,ughellus1 t4 ,,iv ,note #ag3 ,voy4 ,dissert4 eccls4 sur les princip4 autels des glises1 par ,j4 ,b4 ,thiers1 ,paris1 #afhh4 ,nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer nos lecteurs ce curieux ouvrage1 plein de recherches savantes4 ,note #ah3 ,la figure 7#a7 donne l'autel de la chapelle de la ,vierge de l'glise de ,montral 7,bourgogne72 cet autel est du ,x,i,ie sicle4 ,la figure 7#b72 le matre autel de l'glise de ,bois-,sainte-,marie 7,sane-et-,loire72 cet autel est du ,x,ie sicle4 ,a est le socle avec l'incrustement des colonnettes2 ,b le chapiteau de la colonnette centrale2 ,c la base d'une des quatre colonnes4 ,nous devons ce dessin l'obligeance de ,m4 ,millet1 l'architecte de la curieuse glise de ,bois-,sainte-,marie4 ,note #ai3 ,rien ne nous porte croire1 dit ,thiers dans ses ,dissertat4 sur les principaux autels des glises 7p4 #db71 qu'on ait mis des reliques des saints sur les autels avant le ,i,xe sicle2 nul canon1 nul dcret1 nul rglement1 nul exemple1 nul tmoignage des crivains ecclsiastiques1 ne nous le persuade2 ou1 si l'on y en a mis1 les saints de qui elles toient s'en sont offenss et les ont fait ter444 ,dans le ,xe sicle mme1 quelques saints ont cru qu'il y avoit de l'irrvrence mettre leurs reliques sur les autels4 ,en voici un exemple qui ne peut pas raisonnablement tre contest4 ,bernon ,i1 abb de ,cluni1 rapporte 7apud ,s4 ,odon1 abb4 ,cluniac41 ,l4 #b7 qu'aussitt qu'on eut mis1 pour quelques jours seulement1 les reliques de sainte ,gauburge sur l'autel d'une glise de son nom1 et voisine de ,cluni1 les miracles qui s'y faisoient cessrent2 et que cette sainte1 tant apparue l'un des malades qui imploroit son assistance1 lui dit que la raison pour laquelle il ne recouvroit pas la sant1 toit parce qu'on avoit mis ses reliques sur l'autel du ,seigneur1 qui ne doit servir qu' la clbration des mystres divins4 ,ce qui donna occasion de les en ter et de les rapporter dans le lieu o elles toient auparavant4 ,et au mme instant les miracles continurent de s'y faire ,guillaume ,durand1 dans son ,rational des divins offices 7chap4 ,,iii1 p4 ,,xxv71 qui date du ,x,i,i,ie sicle1 admet les chsses des saints sur les autels4 ,il dit3 444 ,et les chsses 7caps7 poses sur l'autel1 qui est le ,christ1 ce sont les aptres et les martyrs444 ,note #bj3 ,voyages liturgiques de ,france1 par le sieur de ,molon4 ,paris1 #agah1 p4 #hj4 ,note #ba3 ,l'inscription qui fait le tour de la table est ainsi conue3 ,tresmirus gratia dei abbas edificavit hanc domum1 et jussit dedicare in honore sancte ,trinitatis1 id est patris1 et filii1 et spiritus sancti4 ,deo gratias4 ,dans la longueur1 on lit cette autre inscription3 ,amelius nutu dei vicecomes4 ,en cercle sont graves les inscriptions suivantes3 autour de la tte de lion 7saint ,marc73 ,vox per deserta frendens leo cujus imaginem ,marcus tenet4 ,autour de la tte de l'aigle 7saint ,jean73 ,more volatur aquila ad astra cujus figuram ,johannes tenet4 ,autour de la tte du veau 7saint ,luc73 ,rile mactatur taorus ad aram cujus tipum ,lucas tenet4 ,autour de la tte de l'ange 7saint ,mathieu73 ,speciem tenet et naturam ,matheus ut homo4 7t4 ,,iii1 p4 #die7 ,note #bb3 ,cet autel date de la deuxime moiti du ,x,i,ie sicle4 ,note #bc3 ,page #dd4 ,note #bd3 ,rational1 chap4 ,,ii4 ,guillaume ,durand1 vque de ,mende1 mourut la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,trad4 par ,m4 ,c4 ,barthlemy2 ,paris1 #ahed4 ,note #be3 ,dans le plan que nous donnons ici1 l'autel est lev en ,a sur une crypte ou confession2 le trne piscopal est en ,b4 ,note #bf3 ,dans ce plan1 l'autel est en ,a1 le trne piscopal en ,b4 ,note #bg3 ,antiq4 de l'abbaye de ,sainct-,denys en ,france1 par ,f4 ,j4 ,doublet1 #afbe1 l4 ,i1 p4 #bhi et suiv4 ,note #bh3 ,nous donnons en ,a le plan de cet autel et reliquaire1 dress d'aprs les dimensions donnes par ,d4 ,doublet4 ,note #bi3 ,d4 ,doublet1 char4 ,,xxxviii4 ,note #cj3 ,on peut encore voir une reprsentation de cette croix dans le trsor de ,saint-,denis1 grav dans l'ouvrage de ,d4 ,flibien2 quant au reliquaire de vermeil1 les huguenots s'en emparrent lorsqu'ils prirent ,saint-,denis4 ,note #ca3 ,saint-,seine prs ,dijon4 ,voyages liturgiques en ,france1 p4 #aeg4 ,note #cb3 ,dissert4 eccls4 sur les princ4 autels des glises1 ch4 ,,xiv4 ,note #cc3 ,voy4 ,annales archologiques1 t4 ,,ix1 p1 #a1 l'article de ,m4 ,lassus et les notes de ,m4 ,didron1 ainsi que la gravure excute sur un calque de ce tableau4 ,note #cd3 ,nous devons la conservation de ce dessin ,m4 ,lassus1 qui1 du vivant de ,m4 ,garnerey1 en avait fait un calque4 ,ce dessin est reproduit dans les ,annales archologiques1 t4 ,,ix4 ,note #ce3 ,l',entre triomphante de ,leurs ,majests ,louis ,,xiv et ,marie-,thrse dans la ville de ,paris4 ,paris1 #affb1 in f4 ,note #cf3 ,tht4 des antiq4 de ,paris1 par ,r4 ,p4 ,f4 ,jacques ,du ,breul1 ,paris1 #afab1 p4 #cf4 ,note #cg3 ,annales archol41 t4 ,,viii4 ,nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer nos lecteurs la gravure donne par ,,mm4 ,lassus et ,gaucherel4 ,note #ch3 ,on entend par parements un revtement mobile que l'on place devant et sur les cts des autels ou retables1 et que l'on change suivant les ftes ou les poques de l'anne4 ,note #ci3 ,page #gi4 ,note #dj3 ,rationnal1 ,c4 ,,xviii1 ,l4 ,,ii4 ,note #da3 ,thiers crivait ceci en #afhh4 ,note #db3 ,in explicat4 divin4 offic41 ,c4 ,,lxxxv ,note #dc3 ,rational1 ,c4 ,,iii1 ,l4 ,i4 ,note #dd3 ,c4 #ae4 ,note #de3 ,moulage tir du cabinet de ,m4 ,alf4 ,grente4 ,cet ivoire parat appartenir la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle et au style rhnan4 ,note #df3 ,rational1 chap4 ,,iii1 ,l4 ,i4 ,note #dg3 ,c'est par suite de cette tradition que nous voyons encore sur les murs de quelques glises des peintures simulant des tentures suspendues4 7,voy4 ,,peinture47 ,note #dh3 ,hist4 de la ,sainte-,chapelle royale du ,palais1 par ,m4 ,s4 ,jrme ,morand4 ,paris1 #agij4 ,note #di3 ,ces peintures taient peine visibles4 ,note #ej3 ,m4 ,percier1 dont la prdilection pour les arts de l'antiquit ne saurait tre conteste1 tait avant tout un homme de got1 et mieux que cela encore1 un homme de coeur et de sens2 en revenant d',italie1 il vit l'glise de ,saint-,denis pille1 dvaste2 il ne put regarder avec indiffrence les restes pars de tant de monuments d'art amasss pendant plusieurs sicles1 alors mutils par l'ignorance ou le fanatisme2 il se mit l'oeuvre1 et fit dans l'ancienne abbatiale un grand nombre de croquis4 ,ces travaux portrent leur fruit1 et bientt1 aid de ,m4 ,lenoir1 il sauva d'une destruction complte un grand nombre de ces dbris1 qui furent dposs au muse des monuments franais4 ,nous emes quelquefois le bonheur d'entendre ,m4 ,percier parler de cette poque de sa vie d'artiste2 il tait1 sans le savoir peut-tre1 le premier qui avait voulu voir et faire apprcier notre vieil art national2 le souvenir des monuments mutils de ,saint-,denis1 mais qu'il avait vus encore en place1 avait laiss dans son esprit une impression ineffaable4 sa mort1 ,m4 ,vilain1 son neveu1 hritier de ses portefeuilles1 eut l'obligeance de nous laisser calquer toutes les notes et croquis recueillis dans l'glise ,saint-,denis2 grce ces renseignements si libralement accords1 nous pmes rassembler et recomposer les dbris sortis du muse des ,petits-,augustins4 ,quelques-uns des anciens autels de l'abbaye ont t ainsi facilement rtablis1 beaucoup d'autres pourraient l'tre coup sr2 car les nombreuses traces encore existantes dans les chapelles et les fragments dposs en magasin1 montrent combien les croquis de ,m4 ,percier sont fidles4 ,note #ea3 ,une partie de ce pavage existe encore3 c'est une mosaque compose de pierres dures1 porphyre1 vert antique1 serpentine1 de ptes colores et dores1 et de petits morceaux de terre cuite 7voy4 ,,mosa,,que74 ,note #eb3 ,le corps de l'autel a t coup en morceaux lors des restaurations entreprises de #ahcj #ahdj2 heureusement tous ces fragments existent encore1 et peuvent tre facilement recomposs l'aide d'un dessin trs-complet et dtaill de ,m4 ,percier4 ,note #ec3 ,on voit dans le dessin de ,m4 ,percier l'indication de cette peinture1 l'arme de ,dagobert au sige de ,picquigny1 etc4 ,note #ed3 ,voy4 les ,mlanges archol4 des ,,rr4 ,,pp4 ,martin et ,cahier1 t4 ,,ii1 p4 #agc4 ,physiologes dist que la seraine port samblance de feme de si al nombril1 et la partie d'aval est oisel4 ,la seraine a si doux chant qu'le dchoit cels qui nagent en mer2 et est lor mlodie tant plaisant or1 que nus ne les ot1 tant soit loing1 qu'il ne li conviegne venir4 ,et la seraine les fait si oblier quant le les i a atrait1 que il s'endorment2 et quant il sont endormi1 les les assaillent et ocient en trason que il ne s'en prennent garde4 ,ensi est de cels qui sont s richoises de cest sicle1 et s dlis endormis1 qui lor aversaire ocient3 ce sont li diable4 ,les seraines senefient les femes qui atraient les homes par lor blandissemens et par lor dchvemens els1 de lor paroles2 que les les mainent povert et mort4 ,les les de la seraine1 ce est l'amor de la feme qui tost va et vient4 7,manusc4 ,arsenal1 n #bhe47 ,note #ee3 ,les fouilles faites sous le pav actuel du choeur1 en faisant retrouver les dallages ou carrelages anciens1 permettent de replacer coup sr les autels dessins par ,m4 ,percier avec leurs pavages4 ,malheureusement ces fouilles ne peuvent tre entreprises que successivement par suite de la faiblesse des allocations annuelles1 et l'autel dont nous parlons n'a pas encore retrouv sa place1 bien que son retable et une grande partie de son devant existent encore1 ainsi que la marche4 ,note #ef3 ,dissert4 sur les princip4 autels des glises1 chap4 ,,xxiv1 ,p4 #bji4 ,note #eg3 ,ce plan nous a t communiqu par ,m4 ,duthoit1 d',amiens2 il est copi sur un dessin fait en #agbg1 et dpos aujourd'hui dans la prcieuse collection de ,m4 ,gilbert1 l'infatigable historien de nos anciennes cathdrales du nord4 ,note #eh3 ,m4 ,goze2 c'est cet archologue1 dont la complaisance ne nous a jamais fait dfaut1 que nous devons la description suivante1 extraite des registres dposs aujourd'hui dans la bibliothque communale d',amiens4 ,note #ei3 ,nous disons3 dans le nord1 parce qu'il existe dans la cathdrale de ,marseille un autel du ,x,i,ie sicle dont le devant est dcor d'une figure de la sainte ,vierge1 et de deux figures d'vques en bas-relief2 mais ,marseille ne faisait point alors partie de la ,france4 ,on voit encore dans l'glise d',avenas un autel sur la face duquel sont sculpts le ,christ1 les quatre vanglistes et les douze aptres4 ,cet autel est fidlement reproduit dans l',architecture du ,ve au ,x,v,i,ie sicle1 de ,m4 ,gailhabaud4 ,nous ne prtendons pas d'ailleurs affirmer qu'il n'y ait point eu en ,france de devants d'autels orns de figures de saints ou de personnages divins2 car les exemples d'autels anciens sont trop rares pour que l'on puisse rien affirmer cet gard4 ,note #fj3 ,l'autel que nous donnons ici est copi sur un des bas-reliefs du portail de la ,vierge dore de la cathdrale d',amiens4 ,ce bas-relief appartient la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #fa3 ,on voit un autel de ce genre dans le muse du ,grand-,jardin ,dresde2 cet autel appartient aux dernires annes du ,x,ve sicle4 ,note #fb3 ,cette sculpture appartient au second linteau de la porte ,sainte-,anne2 c'est une adjonction faite1 au ,x,i,i,ie sicle1 ce linteau1 qui date du ,x,i,ie4 ,note #fc3 ,l'autel de l'glise du ,foll-,goat est en pierre noire de ,kersantun2 les petites niches sont remplies par des figures d'anges tenant alternativement des phylactres et des cussons4 ,,auvent1 s4 m4 7,avant-vent74 ,c'est le nom que l'on donne un ouvrage charpente que l'on dresse d'une manire permanente ou provisoire devant une porte1 devant une boutique1 ou une salle s'ouvrant au rez-de-chausse1 pour abriter les personnes qui entrent ou qui sortent4 ,pendant le moyen ge on donnait aussi l'auvent le nom d'ague4 ,l'auvent se distingue du porche en ce que ce dernier est port sur des piliers en plus ou moins grand nombre1 tandis que l'auvent est comme suspendu la muraille au-dessus de la porte ou claire-voie qu'il est destin abriter4 ,la plupart des maisons leves pendant les ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles avaient leurs entres et leurs boutiques surmontes d'auvents attachs des corbeaux saillants que l'on rencontre encore en grand nombre aujourd'hui4 ,dans ce cas1 l'auvent avait la forme d'un appentis1 c'est--dire qu'il tait pente simple renvoyant les eaux pluviales dans le milieu de la rue4 ,les boutiques des marchands taient gnralement ouvertes1 et les acheteurs se tenaient dans la rue devant l'talage2 force tait donc de leur donner un abri1 aussi bien qu'aux marchandises1 au moyen d'un toit saillant ne pouvant gner la circulation 7voy4 ,,boutique74 ,ces auvents taient d'ailleurs fort simples1 composs de potences accroches aux corbeaux dont nous venons de parler 7#a74 ,beaucoup d'difices publics avaient leurs portes munies d'auvents4 ,les entres des hpitaux1 des maisons d'asiles1 des couvents1 taient abrites par des auvents pour permettre aux pauvres d'attendre couvert les secours qu'ils venaient rclamer4 ,on rencontre trs-peu de ces ouvrages de charpente conservs aujourd'hui2 leur fragilit1 les saillies gnantes qu'ils formaient sur la voie publique1 ont d les faire supprimer4 ,c'est surtout dans les manuscrits1 les anciennes gravures1 que l'on trouve des auvents figurs en grand nombre devant les portes des difices publics ou privs4 ,nous en voyons un encore attenant la porte principale de l',htel-,dieu de ,beaune1 qui date du ,x,ve sicle2 nous le donnons ici 7#b7fd4 ,il y en avait un devant le portail de l'ancien ,htel-,dieu de ,paris1 que l'on voit reprsent dans d'anciennes gravures du parvis ,notre-,dame4 ,ces auvents taient couverts presque toujours en matires lgres1 telles que l'ardoise1 les bardeaux1 ou en plomb orn et dor4 ,il est prsumer que ceux des boutiques accrochs des corbeaux de pierre n'taient mme souvent composs que de toiles mobiles maintenues par des traverses et des perches inclines1 ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui devant les magasins pour prserver les marchandises du soleil4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,note #fd3 ,voy4 l',architecture civile et domestique de ,,mm4 ,verdier et ,cattois1 ,in-#d2 chez ,victor ,didron4 ,,avant-,,bec1 s4 m4 ,on dsigne ainsi les renforts saillants levs en aval des piles des ponts et formant en plan un angle plus ou moins aigu pour rompre le courant ou garantir les piles contre l'effort des glaces 7voy4 ,,pont74 ,,axe1 s4 m4 ,en architecture1 c'est le nom que l'on donne la ligne qui coupe un difice en deux parties gales4 ,c'est aussi la ligne qui passe verticalement par le centre d'un pilier1 d'une colonne1 qui en lvation1 divise une trave1 un membre symtrique d'architecture en deux portions semblables4 ,dans la plupart des plans des glises du moyen ge du ,x,ie au ,x,i,ve sicle1 on observe que l'axe de la nef et celui du choeur forment une ligne brise au transept4 ,on a voulu voir dans cette inclinaison de l'axe du choeur 7ordinairement vers le nord7 une intention de rappeler l'inclinaison de la tte du ,christ mourant sur la croix4 ,mais aucune preuve certaine ne vient appuyer cette conjecture1 qui n'a rien de contraire d'ailleurs aux ides du moyen ge1 et que nous ne donnons ici que comme explication ingnieuse1 sinon compltement satisfaisante4 ,b ,,badigeon1 s4 m4 ,le badigeon est une peinture d'un ton unique l'on passe indistinctement sur les murs et les divers membres d'architecture extrieurs ou intrieurs d'un difice4 ,ce n'est gure que depuis deux sicles que l'on s'est mis badigeonner la colle ou la chaux les difices1 afin de dissimuler leur vtust et les ingalits de couleur de la pierre1 sous une couche uniforme de peinture grossirement applique4 ,la plupart de nos anciennes glises ont t ainsi badigeonnes l'intrieur plusieurs reprises1 de sorte que les couches successives de badigeon forment une paisseur qui mousse tous les membres de moulures et la sculpture4 ,souvent le badigeon est venu couvrir d'anciennes peintures dgrades par le temps2 il est donc important de s'assurer1 lorsqu'on veut enlever le badigeon1 s'il ne cache pas des traces prcieuses de peintures anciennes2 et dans ce cas il ne doit tre gratt ou lav qu'avec les plus grandes prcautions#fe4 ,note #fe3 ,on peut enlever le badigeon1 suivant sa qualit1 de plusieurs manires4 ,lorsqu'il est pais et qu'il se compose de plusieurs couches1 que la pierre sur laquelle il a t pos n'est pas poreuse1 on le fait tomber facilement par cailles au moyen de rcloirs de bois dur4 ,s'il cache d'anciennes peintures1 ce procd est celui qui russit le mieux1 car1 alors il laisse nu et n'entrane pas avec lui les peintures appliques directement sur la pierre4 ,si1 au contraire1 la couche de badigeon est trs-mince1 la mthode humide est prfrable4 ,dans ce cas1 on humecte l'eau chaude1 au moyen d'ponges ou de brosses1 les parties de badigeon que l'on veut enlever1 et lorsque l'humidit commence s'vaporer1 on rcle avec les bauchoirs de bois4 ,presque toujours alors le badigeon tombe comme une peau4 ,le lavage grande eau est le moyen le plus conomique1 et russit souvent2 on peut l'employer avec succs1 si le badigeon est mince et s'il ne recouvre pas d'anciennes peintures4 ,en tous cas1 il faut se garder d'employer des grattoirs de fer qui1 entre les mains des ouvriers1 enlvent avec le badigeon la surface de la pierre1 moussent et dforment les profils et altrent les sculptures1 surtout si la pierre est tendre4 ,,ba,e1 ,b,e1 s4 f4 ,ancien mot encore usit dans la construction1 qui signifie le vide d'une porte1 d'une fentre1 d'une ouverture quelconque perce dans un mur ou une cloison 7voy4 ,,fen,,tre1 ,,porte74 ,,bague1 s4 f4 ,on dsigne par ce mot un membre de moulure qui divise horizontalement les colonnes dans leur hauteur4 ,lorsqu'au ,x,i,ie sicle on remplaa les grosses piles carres ou cylindriques dans les difices par des faisceaux de colonnettes d'un faible diamtre1 ces colonnettes1 durent tre tires de morceaux de pierre poss en dlit1 qui n'avaient pas une longueur suffisante pour ne former qu'un seul bloc de la base au chapiteau4 ,leur petit diamtre relativement leur longueur obligeait les constructeurs mnager un ou plusieurs joints dans leur hauteur2 ces colonnettes taient d'autant plus minces qu'elles se trouvaient adosses une pile ou un mur1 et leurs joints devaient tre d'autant plus frquents qu'elles taient plus minces4 ,les joints taient une cause de dislocation2 force tait donc d'empcher les ruptures ou les drangements sur ces points4 ,la ncessit de parer ces inconvnients devint immdiatement un motif de dcoration4 ,en intercalant entre les longs morceaux des colonnettes en dlit une assise basse de pierre dure relie au massif des piles ou des murs1 les architectes du ,x,i,ie sicle les rendirent stables et les fixrent la construction4 ,pour nous faire mieux comprendre1 nous donnons ici une bague dispose comme nous venons de l'indiquer 7#a72 la figure ,a prsente la bague avant la pose des fts de colonnettes1 et la figure ,b la bague aprs la pose des fts4 ,ce principe une fois admis1 on ne cessa de l'appliquer que lorsque les colonnettes firent partie des assises de la construction1 lorsque les matriaux employs furent assez grands et assez rsistants pour permettre d'viter les joints dans leur hauteur1 ou lorsqu'au milieu du ,x,i,i,ie sicle on vita systmatiquement de couper les lignes verticales de l'architecture par des lignes horizontales4 ,les raisons de construction qui avaient fait adopter les bagues bien comprises 7voy4 ,,construction71 nous allons prsenter une suite d'exemples de ce membre d'architecture1 si frquemment employ pendant le ,x,i,ie sicle et le commencement du ,x,i,i,ie4 ,au ,x,i,ie sicle1 les bagues taient souvent dcores par des feuilles1 des perles1 des pointes de diamant4 ,voici des exemples1 #a d'une bague orne de feuilles tenant aux colonnettes du bas-ct du tour du choeur de la cathdrale de ,langres 7#b7 7milieu du ,x,i,ie sicle72 et #b d'une bague des colonnettes des bas-cts de la nef de la cathdrale de ,sens 7#c7 7fin du ,x,i,ie sicle7 prsentant un large profil avec billettes4 ,au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 les bagues ne se composent plus que de profils minces sans ornements1 ainsi qu'on peut l'observer dans le bas-ct du croisillon sud de la cathdrale de ,soissons1 dans la nef de la cathdrale de ,laon1 dans le choeur de l'glise de ,vzelay 7#d7 et dans un grand nombre d'difices du nord et de l'est de la ,france4 ,quelquefois aussi les bagues tiennent des colonnes isoles et ne sont alors qu'un ornement1 un moyen de dcorer la jonction de deux morceaux de fts4 ,un des plus beaux exemples de ce genre de bagues se trouve dans le rfectoire du prieur de ,saint-,martin-des-,champs ,paris 7#e74 ,les colonnes qui portent les grandes votes divisent la salle en deux traves4 ,ces colonnes sont trs-hautes et composes de deux morceaux de pierre runis par une bague2 la bague est d'autant plus ncessaire ici1 que le morceau infrieur est d'un diamtre plus fort que le ft suprieur 7voy4 ,,colonne74 ,voici encore un exemple d'une bague ou tambour moulur1 divisant une colonne en deux portions de fts 7#e bis74 ,la bague est ici une vritable assise entre deux morceaux de pierre poss en dlit4 ,cette colonne appartient l'une des maisons du ,x,i,i,ie sicle de la ville de ,dol en ,bretagne#ff4 ,nous ne pouvons omettre les bagues de mtal qui maintiennent les colonnettes de la cathdrale de ,salisbury1 bien que cet difice n'appartienne pas l'architecture franaise2 mais cet exemple est trop prcieux pour ne pas tre mentionn4 ,la cathdrale de ,salisbury1 comme chacun sait1 est construite avec un grand soin2 les piles de la nef1 leves par assises1 et qui1 en plan1 donnent une figure compose de quatre demi-cercles1 sont cantonnes1 dans les angles curvilignes rentrants1 de quatre colonnettes dont les fts sont en deux morceaux dans leur hauteur4 ,les joints qui runissent ces fts1 placs au mme niveau pour toutes les piles1 sont maintenus par des bagues ou colliers de bronze scells dans la pile au moyen d'une queue de carpe 7#f72 ,a reprsente une de ces bagues avec sa queue de carpe1 et ,b la coupe du cercle de bronze4 ,on donne aussi le nom de bague aux moulures saillantes1 ornes ou simples1 qui entourent la base des fleurons des couronnements de pinacles ou de pignons1 etc4 7,voyez ,,fleuron47 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d1 #e et #e bis4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,note #ff3 ,nous devons ce curieux dessin ,m4 ,ruprich ,robert4 ,,baguette1 s4 f4 ,c'est un membre de moulure cylindrique d'un petit diamtre1 qui fait partie des corniches1 des bandeaux1 des archivoltes1 des nervures4 ,la baguette n'a gure qu'un diamtre de #j1ja #j1je2 au-dessus de cette grosseur1 elle prend le nom de boudin 7voy4 ce mot74 ,mais ce qui distingue surtout la baguette du boudin c'est sa fonction secondaire4 ,ainsi dans les profils que nous donnons ici d'arcs-ogives du ,x,i,i,ie sicle 7#a71 ,a est une baguette et ,b un boudin4 ,dans l'architecture romane du ,poitou et de la ,normandie1 la baguette est parfois dcore de perles 7#b72 son profil ,c dans ce cas est souvent mplat1 pour que la lumire dcoupe nettement chacune des perles ou petits besans4 ,dans l'architecture des ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 les architectes se sont servis de la baguette parmi les faisceaux de colonnes pour faire valoir leur diamtre par opposition1 et leur donner plus de force 7#c7 l'oeil4 ,on trouve souvent dans les difices des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles des baguettes dgages dans les angles des piles carres1 et surtout dans les pieds-droits des portes1 pour viter les vives artes qui se dgradent facilement ou des aiguits qui peuvent blesser 7#d74 ,la baguette alors ne descend pas jusqu'au sol1 mais s'arrte sur l'angle vif rserv la partie infrieure1 soit en pntrant un bizeau ,d1 soit en tombant carrment ,e1 soit en se perdant derrire un ornement ,f1 ce qui se rencontre trs-frquemment dans les difices de ,bourgogne qui datent de la fin du ,x,i,ie sicle ou du commencement du ,x,i,i,ie 7voy4 ,,cong74 ,dans la menuiserie1 la baguette est un des membres de moulures les plus souvent employs4 ,illustration3 ,fig4 #a1 #b1 #c et #d4 ,,bahut1 s4 m4 ,c'est le nom que l'on donne un mur bas qui est destin porter un comble au-dessus d'un chneau1 l'arcature jour d'un clotre1 une grille1 une barrire4 ,lorsqu'au ,x,i,i,ie sicle on tablit sans exception1 dans tous les difices de quelque importance1 des chneaux en pierre dcors de balustrades la chute des combles1 on leva ceux-ci 7afin d'viter les dgradations que le passage dans les chneaux devait faire subir aux couvertures7 sur de petits murs qui protgeaient leur base1 et empchaient les filtrations causes par des amas de neige ou de fortes pluies4 ,les grands combles du choeur et de la nef de la cathdrale de ,paris sont ainsi ports sur des bahuts de #am1#be de hauteur1 dont nous donnons ici la figure 7#a74 ,ces bahuts1 dcors d'une assise de damiers sous les sablires1 sont en outre percs d'ajours pour clairer et arer la charpente du comble4 ,plus tard1 vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 les bahuts furent pourvus d'une dernire assise formant larmier pour viter que les eaux descendant de la couverture ne dgradassent les parements de pierre et pour les faire tomber directement dans le chneau 7#b74 ,on trouve ,amiens1 ,beauvais1 la ,sainte-,chapelle du ,palais1 des bahuts ainsi couronns4 ,ce profil saillant permettait d'ailleurs d'tablir des coyaux ,a1 et en laissant une circulation d'air entre les pieds des chevrons1 les sablires et la couverture1 il prservait ces pices de bois de la pourriture4 ,les bahuts des grands combles n'ont gure que #j1dj ou #j1fj centimtres d'paisseur et portent sur les formerets des votes hautes 7voy4 ,,construction1 ,,charpente71 en laissant le plus de largeur possible la tte des murs pour l'tablissement des chneaux4 ,quelquefois mme les bahuts des combles sont tablis sur des arcs de dcharge reportant le poids de la charpente sur les sommiers des votes intrieures2 alors toute l'paisseur des murs est rserve pour le placement des chneaux4 ,les colonnes des galeries intrieures1 pendant l'poque romane et au commencement de la priode ogivale1 sont souvent dresses sur de petits murs d'appui qui sont de vritables bahuts4 ,les colonnettes du triforium du porche de l'glise de ,vzelay sont ainsi disposes4 ,dans la nef et le choeur de la cathdrale d',amiens mme1 c'est encore sur un bahut que sont poses les colonnes du triforium 7voy4 ,,triforium74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,,bains1 s4 m4 7,voy4 ,,tuve47 ,,bain ,,de ,,mortier4 ,on dsigne ainsi1 dans les ouvrages de maonnerie1 le lit de mortier sur lequel on pose une pierre de taille ou des moellons4 ,paris1 depuis le commencement du ,x,v,i,ie sicle1 on pose les pierres de taille sur des cales de bois et on les fiche au mortier1 c'est--dire que l'on fait entrer du mortier dans l'espace vide laiss entre ces deux pierres par l'exhaussement des cales1 au moyen de lames de fer mince dcoupes en dents de scie4 ,ce procd a l'inconvnient de ne jamais remplir les lits d'un mortier assez compacte pour rsister la pression4 ,les ficheurs tant obligs1 pour introduire le mortier entre les pierres par une fente troite1 de le dlayer beaucoup1 lorsque la dessiccation a lieu1 ce mortier diminue de volume et les pierres ne portent plus que sur leurs cales4 ,heureusement pour nos difices modernes qu'on a le soin de mettre en oeuvre un cube de pierre trois ou quatre fois plus fort qu'il n'est besoin1 et que1 grce cet excs de force1 chaque pierre ne subit qu'une faible pression2 mais lorsqu'on btissait au moyen ge1 les architectes taient ports mettre en oeuvre un cube de pierre plutt trop faible que trop fort2 il devenait donc ncessaire de faire poser ces pierres sur toute la surface de leur lit1 afin de profiter de toute leur force de rsistance4 ,on posait alors les pierres bain de mortier1 c'est--dire qu'aprs avoir tendu sur le lit suprieur d'une premire assise de pierre une paisse couche de mortier peu dlay1 on asseyait la seconde assise sur cette couche1 en ayant le soin de la bien appuyer au moyen de masses de bois jusqu'au refus1 ce qui1 en terme de maons1 veut dire jusqu' ce que le mortier1 aprs avoir dbord sous les coups de la masse1 refuse de se comprimer davantage4 ,on obtenait ainsi des constructions rsistant une pression considrable sans craindre de voir les pierres s'pauffrer1 et on vitait des tassements qui1 dans des difices trs-levs sur des points d'appui lgers1 eussent eu des consquences dsastreuses 7voy4 ,,construction74 ,,balcon1 s4 m4 7,voy4 ,,bret,,che47 ,,balustrade1 s4 f4 ,chancel1 ,gariol4 ,le nom de balustrade est seul employ aujourd'hui pour dsigner les garde-corps hauteur d'appui1 le plus souvent jour1 qui couronnent les chneaux la chute des combles1 qui sont disposs le long de galeries ou de terrasses leves1 pour garantir des chutes4 ,on ne trouve pas de balustrades extrieures surmontant les corniches des difices avant la priode ogivale1 par la raison que jusqu' cette poque les combles ne versaient pas leurs eaux dans des chneaux1 mais les laissaient goutter directement sur le sol4 ,sans affirmer qu'il n'y ait eu des balustrades sur les monuments romans1 ne connaissant aucun exemple citer1 nous nous abstiendrons4 ,mais il convient de diviser les balustrades en balustrades intrieures1 qui sont destines garnir le devant des galeries1 des tribunes1 et en balustrades extrieures1 disposes1 sur les chneaux des combles ou l'extrmit des terrasses dalles des difices4 ,ce n'est gure que de #abbj #abcj que l'on tablit l'extrieur des grands difices une circulation facile1 tous les tages1 au moyen de chneaux ou de galeries1 et que l'on sentit1 par consquent1 la ncessit de parer au danger que prsentaient ces coursires1 troites souvent1 en les garnissant de balustrades2 mais avant cette poque1 dans les intrieurs des glises ou de grandes salles1 on tablissait des galeries1 des tribunes1 dont l'accs tait public1 et qu'il fallait par consquent munir de garde-corps4 ,il est certain que ces garde-corps furent souvent1 pendant l'poque romane1 faits en bois2 lorsqu'ils taient de pierre1 c'tait plutt des murs d'appui que des balustrades4 ,la tribune du porche de l'glise abbatiale de ,vzelay 7porche dont la construction peut tre comprise entre #aaej et #aafj71 est munie d'un mur d'appui que nous pouvons la rigueur classer parmi les balustrades1 ce mur d'appui tant dcor de grandes dents de scie qui lui donnent l'aspect d'un couronnement plus lger que le reste de la construction 7#a74 ,les galeries intrieures des deux pignons du transept de la mme glise1 construit pendant les dernires annes du ,x,i,ie sicle ou au commencement du ,x,i,i,ie1 possdent de belles balustrades pleines ou bahuts dcors d'arcatures1 sur lesquels sont poses les colonnettes de ce triforium4 ,nous donnons ici 7#b7 la balustrade de la galerie sud1 dont le dessin produit un grand effet4 ,mais on ne tarda pas1 lorsque l'architecture prit des formes plus lgres1 vider les balustrades2 un reste des traditions romanes fit que l'on conserva pendant un certain temps les colonnettes avec chapiteaux dans leur composition4 ,les balustrades n'taient que des arcatures jour1 construites au moyen de colonnettes ou petits piliers espacs1 sur lesquels venait poser une assise vide par des arcs en tiers-point4 ,les restes du triforium primitif de la nef de la cathdrale de ,rouen 7#abbj #abcj7 prsentent l'intrieur une balustrade ainsi combine1 se reliant aux colonnes portant la grande arcature formant galerie1 afin d'offrir une plus grande rsistance 7#c74 ,on concevra facilement1 en effet1 qu'une claire-voie reposant sur des points d'appui aussi grles1 ne pouvait se maintenir sur une grande longueur1 sans quelques renforts qui pussent lui donner de la rigidit4 ,mais c'est surtout l'extrieur des monuments que les balustrades jouent un rle important partir du ,x,i,i,ie sicle1 car1 ainsi que nous l'avons dit plus haut1 c'est dater du commencement de ce sicle que l'on tablit des chneaux et des galeries de circulation tous les tages4 ,les balustrades excutes pendant cette priode prsentent une extrme varit de formes et de constructions4 ,la nature de la pierre influe beaucoup sur leur composition4 ,l o les matriaux taient durs et rsistants1 mais d'un grain fin et faciles tailler1 les balustrades sont lgres et trs-ajoures2 l o la pierre est tendre1 au contraire1 les vides sont moins larges1 les pleins plus pais4 ,leur dimension est galement soumise aux dimensions des matriaux1 car on renona bientt aux balustrades composes de plusieurs morceaux de pierre placs les uns sur les autres1 comme n'offrant pas assez d'assiette1 et on les vida dans une dalle pose en dlit4 ,en ,normandie1 en ,champagne1 o la pierre ne s'extrait gnralement qu'en morceaux d'une petite dimension1 les balustrades sont basses et n'atteignent pas la hauteur d'appui 7#a m1#jj au moins74 ,dans les parties de la ,bourgogne o la pierre est trs-dure1 difficile tailler1 et ne s'extrait pas facilement en bancs minces1 les balustrades sont rares et n'apparaissent que fort tard1 lorsque l'architecture imposa les formes qu'elle avait adoptes dans le domaine royal1 toutes les provinces environnantes1 c'est--dire vers la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,les bassins de la ,seine et de l',oise offraient aux constructeurs des qualits de matriaux trs-propres faire des balustrades2 aussi est-ce dans ces contres qu'on trouve des exemples varis de cette partie importante de la dcoration des difices4 ,comme l'usage de scier les bancs en lames minces n'tait pas pratiqu au ,x,i,i,ie sicle1 il fallait trouver dans les carrires des bancs naturellement assez peu pais1 pour permettre d'excuter ces claires-voies lgres4 ,le cliquart de ,paris1 le liais de l',oise1 certaines pierres de ,tonnerre et de ,vernon1 qui pouvaient s'extraire en bancs de #j1ae #j1bj centimtres d'paisseur1 se prtaient merveilleusement l'excution des balustrades construites en grands morceaux de pierre poss de champ et vids4 ,partout ailleurs les architectes s'ingnirent trouver un appareil combin de manire suppler l'insuffisance des matriaux qu'ils possdaient1 et ces appareils ont eu1 comme on doit le penser1 une grande influence sur les formes adoptes4 ,il en est des balustrades comme des meneaux de fentres1 comme de toutes les parties dlicates de l'architecture ogivale des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles3 la nature de la pierre commande la forme jusqu' un certain point1 ou du moins la modifie4 ,ce n'est donc qu'avec circonspection que l'on doit tudier ces varits1 qui ne peuvent indiffremment s'appliquer aux diverses provinces dans lesquelles l'architecture ogivale s'est dveloppe4 ,dans l',ile de ,france1 une des plus anciennes balustrades que nous connaissions est celle qui couronne la galerie des ,rois de la faade occidentale de la cathdrale de ,paris2 elle appartient aux premires annes du ,x,i,i,ie sicle 7#abae #abbe7 comme toute la partie infrieure de cette faade 7#d74 ,avant la restauration du portail1 cette balustrade n'existait plus qu'au droit des deux contreforts extrmes1 ainsi qu'on peut s'en assurer#fg2 elle est construite en plusieurs morceaux1 au moins dans la partie jour1 et se compose d'une assise portant les bases1 de colonnettes poses en dlit avec renfort par derrire1 et d'une assise de couronnement vide en arcatures1 dcores de fleurettes en pointes de diamant4 ,il existe encore sur les galeries intermdiaires des tours du portail de la ,calende la cathdrale de ,rouen une balustrade du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 de mme construite par morceaux superposs 7#e74 ,ici les colonnettes reposent directement sur le larmier de la corniche formant passage1 et laissent entre elles les eaux s'couler naturellement sans chenal4 ,ce n'est gure que vers #abcj que l'on tablit des chneaux conduisant les eaux dans des gargouilles2 jusqu'alors les eaux s'gouttaient sur le larmier des corniches1 comme la cathdrale de ,chartres la chute des grands combles2 mais ces balustrades1 composes de petits piliers ou colonnettes isoles et scelles sur le larmier1 conservaient difficilement leur aplomb4 ,les constructeurs avaient tent quelquefois de les runir leur base au moyen d'une assise continue vide par dessous pour l'coulement des eaux1 ainsi qu'on peut le voir la base du haut choeur nord de la cathdrale de ,chartres 7#f72 mais ce moyen ne faisait que rendre le quillage plus dangereux en multipliant les lits1 et ne donnait pas ces claires-voies la rigidit ncessaire pour viter le bouclement2 on dut renoncer bientt aux colonnettes ou petits piliers isols runis seulement par l'assise suprieure continue1 et on se dcida prendre les balustrades dans un seul morceau de pierre2 ds lors les colonnettes avec chapiteaux n'avaient pas de raison d'tre1 car au lieu d'une arcature construite1 il s'agissait simplement de dresser des dalles perces d'ajours affectant des formes qui ne convenaient pas des assises superposes4 ,c'est ainsi que le sens droit1 l'esprit logique qui dirigeaient les architectes de ces poques1 leur commandaient de changer les formes des dtails1 comme de l'ensemble de leur architecture1 mesure qu'ils modifiaient les moyens de construction4 ,dans les balustrades construites1 c'est--dire composes de points d'appui isols et d'une assise de couronnement1 on remarquera que la partie suprieure des balustrades est1 comparativement aux points d'appuis1 trs volumineuse4 ,il tait ncessaire en effet de charger beaucoup ces points d'appui isols pour les maintenir dans leur aplomb4 ,quand les balustrades furent prises dans un seul morceau de pierre1 au contraire1 on donna de la force1 du pied leur partie infrieure1 et de la lgret leur partie suprieure1 car on n'avait plus craindre alors les dversements causs par la multiplicit des lits horizontaux4 ,les balustrades des grandes galeries de la faade et du sommet des deux tours de la cathdrale de ,paris sont tailles conformment ce principe 7#g72 leur pied s'empatte vigoureusement et prolonge le glacis du larmier de la corniche2 un ajour en quatre-feuilles donne une dcoration continue qui n'indique plus des points d'appuis spars1 mais qui laisse bien voir que cette dcoration est dcoupe dans un seul morceau de pierre2 un appui saillant1 mnag dans l'paisseur de la pierre1 sert de larmier et prserve la claire-voie4 ,aux angles1 la balustrade de la grande galerie est renforce par des parties pleines ornes de gros crochets saillants et de figures d'animaux1 qui viennent rompre la monotonie de la ligne horizontale de l'appui 7voy4 ,,animaux74 ,la balustrade extrieure du triforium de la mme glise1 plus lgre parce qu'elle couronne un ouvrage de moindre importance1 est encore munie de l'empattement infrieur ncessaire la solidit4 ,cet empattement1 pour viter les drangements1 est pos en feuillure dans l'assise du larmier 7#h74 ,il ne faudrait pas cependant considrer les principes que nous posons ici comme absolus2 si les architectes du ,x,i,i,ie sicle taient soumis aux rgles de la logique1 ils n'taient pas ce que nous appelons aujourd'hui des rationalistes2 le sentiment de la forme1 l'-propos avaient sur leur esprit une grande prise1 et ils savaient au besoin faire plier un principe ces lois du got qui1 ne pouvant tre formules1 sont d'autant plus imprieuses qu'elles s'adressent l'instinct et non au raisonnement4 ,c'est surtout dans les accessoires de l'architecture commands par un besoin et ncessaires en mme temps la dcoration1 que le got doit intervenir et qu'il intervenait alors4 ,ainsi1 en cherchant donner leurs balustrades prises dans des dalles dcoupes l'aspect d'un objet taill dans une seule pice1 il fallait que ces parties importantes de la dcoration ne vinssent pas1 par leur forme1 contrarier les lignes principales de l'architecture4 ,si les ajours obtenus au moyen de trfles ou de quatre-feuilles juxtaposs convenaient des balustrades continues non interrompues par des divisions verticales rapproches1 ces ajours produisaient un mauvais effet lorsqu'ils se dveloppaient par petites traves coupes par des pinacles ou des points d'appui verticaux2 alors il fallait en revenir aux divisions multiplies et dans lesquelles la ligne verticale tait rappele1 surtout si les balustrades servaient de couronnement suprieur l'architecture4 ,d'ailleurs les divisions des ajours de balustrades par trfles ou quatre-feuilles taient imprieuses1 ne pouvaient se rtrcir ou s'largir volont2 si une trave permettait de tracer cinq quatre-feuilles par exemple1 une trave plus troite ou plus large de quelques centimtres drangeait cette combinaison1 ou obligeait le traceur laisser seulement aux extrmits de sa trave de balustrade une portion de trfle ou de quatre-feuilles2 ce qui n'tait pas d'un heureux effet4 ,les divisions de balustrades par arcatures verticales permettaient au contraire d'avoir un nombre d'ajours complets1 et il tait facile alors de dissimuler les diffrences de largeur de traves4 ,nous ferons comprendre facilement par une figure ce que nous disons ici4 ,soit ,a ,b 7#i7 une trave de balustrade comprenant trois quatre-feuilles2 si la trave suivante ,a ,c est un peu moins longue1 il faudra que l'un des trois ajours soit en partie engag4 ,mais si la trave ,a ,b 7#i bis7 est divise en cinq arcatures1 la trave ,a ,c pourra n'en contenir que quatre1 et l'oeil1 retrouvant des formes compltes dans l'une comme dans l'autre1 ne sera pas choqu4 ,les divisions verticales permettent mme des diffrences notables dans l'cartement des axes1 sans que ces diffrences soient apprciables en excution2 leur dessin est plus facile comprendre dans des espaces resserrs qui ne permettraient pas des combinaisons de cercle de se dvelopper en nombre suffisant1 car il en est de l'ornementation architectonique comme des mlodies1 qui1 pour tre comprises et produire tout leur effet1 doivent tre rptes4 ,la balustrade suprieure de la nef et du choeur de ,notre-,dame de ,paris1 excuts vers #abcj1 est divise par traves ingales de largeur1 et c'est conformment ce principe qu'elle a t trace 7#aj74 ,de distance en distance1 au droit des arcs-boutants et des gargouilles1 un pilastre surmont d'un gros fleuron spare ces traves1 sert en mme temps de renfort la balustrade1 et maintient le dversement qui1 sans cet appui1 ne manquerait pas d'avoir lieu sur une aussi grande longueur#fh4 ,mais que l'on veuille bien le remarquer1 si cette balustrade a quelque rapport avec celles qui1 peu d'annes auparavant1 taient construites par assises1 on voit cependant que c'est un videment1 un ajour perc dans une dalle et non un objet construit au moyen de morceaux de pierre superposs2 cela est si vrai1 que l'on a cherch viter dans les ajours les videments angle droit qui peuvent provoquer les ruptures4 ,le pied des montants retombe sur le profil du bas1 non point brusquement1 mais s'y runit par un bizeau formant un empattement destin donner de la force ce pied et faciliter la taille 7#aa74 ,on voit ici en ,a la pntration des montants sur le profil formant traverse infrieure1 et en ,b la naissance des trilobes sur ces montants4 ,si les formes sont nettement accuses1 si les lignes courbes sont franchement spares des lignes verticales1 cependant1 soit par instinct1 soit par raison1 on a cherch viter ici toute forme pouvant faire supposer la prsence d'un lit1 d'une soudure4 ,mais1 nous le rptons1 les artistes de ce temps savaient1 sans renoncer aux principes bass sur la raison1 faire l'art une large part1 se soumettre aux lois dlicates du got4 ,si nous croyons devoir nous tendre ainsi sur un dtail de l'architecture ogivale qui semble trs-secondaire1 c'est que1 par le fait1 ce dtail acquiert en excution une grande importance1 en tant que couronnement4 ,l'architecture du ,x,i,i,ie sicle veut que la balustrade fasse partie de la corniche2 on ne saurait la plupart du temps l'en sparer2 sa hauteur1 les rapports entre ses pleins et ses vides1 ses divisions1 sa dcoration1 doivent tre combins avec la largeur des traves1 avec la hauteur des assises et la richesse ou la sobrit des ornements des corniches4 ,telle balustrade qui convient tel difice et qui fait bon effet l o elle fut place1 semblerait ridicule ailleurs4 ,ce n'est donc pas une balustrade qu'il faut voir dans un monument1 c'est la balustrade de ce monument2 aussi ne prtendons-nous pas donner un exemple de chacune des varits de balustrades excutes de #abjj #acjj1 encore moins faire supposer que telle balustrade de telle poque1 applique tel difice d'une province1 peut tre applique tous les difices de cette mme poque et de cette province4 ,nous voyons ici 7fig4 #aj7 une balustrade excute de #abcj #abdj4 ,cette balustrade est pose sur une corniche d'un grand difice1 o tout est conu largement et sur une grande chelle4 ,aussi ses espacements de pieds-droits sont larges1 ses trilobes ouverts1 pas de dtails2 de simples bizeaux1 des formes accentues pour obtenir des ombres et des lumires vives et franches1 pour produire un effet net et facile saisir une grande distance4 ,or1 voici qu' la mme poque1 cinq ans de distance peut-tre1 on lve la ,sainte-,chapelle du ,palais1 difice petit1 dont les dtails par consquent sont fins1 dont les traves1 au lieu d'tre larges comme la cathdrale de ,paris1 sont troites et coupes par des gbles pleins surmontant les archivoltes des fentres4 ,l'architecte fera-t-il la faute de placer sur la corniche suprieure une balustrade lche1 qui par les grands espacements de ses pieds-droits rtrcirait encore l'oeil la largeur des traves1 dont on saisirait difficilement le dessin1 visible seulement entre des pinacles et pignons rapprochs8 ,non pas2 il cherchera1 au contraire1 serrer l'arcature jour de sa balustrade1 la rendre svelte et ferme cependant pour soutenir son couronnement2 il obtiendra des ombres fines et multiplies par la combinaison de ses trilobes1 par des ajours dlicats percs entre eux2 il fera cette balustrade haute pour relier les gbles aux pinacles 7#ab71 et pour empcher que le grand comble ne paraisse craser la lgret de la maonnerie1 pour tablir une transition entre ce comble1 ses accessoires importants et la richesse des corniches et fentres2 mais il aura le soin de laisser cette balustrade son aspect de dalle dcoupe1 afin qu'elle ne puisse rivaliser avec les fortes saillies1 les ombres larges de ces gbles et pinacles4 ,dans le mme difice1 l'architecte doit couronner un porche couvert en terrasse par une balustrade4 ,prendra-t-il pour modle la balustrade du grand comble8 ,point2 conservant encore le souvenir de ces belles claires-voies du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 composes de colonnettes portant une arcature ferme et simple comme celle que nous avons donne 7fig4 #d72 comprenant que sur un difice couvert d'une terrasse il faut un couronnement qui ait un aspect solide1 qui prenne de la valeur autant par la combinaison des lignes et des saillies que par sa richesse1 et qu'une dalle plate perce d'ajours avec de simples bizeaux sur les artes ne peut satisfaire ce besoin de l'oeil1 il lvera une balustrade orne de chapiteaux supportant une arcature dcoupe en trilobes1 refouille1 dont les ombres vives viendront ajouter l'effet de la corniche en la compltant1 celui des pinacles en les reliant 7#ac74 ,mais nous sommes au milieu du ,x,i,i,ie sicle2 et si la balustrade du porche de la ,sainte-,chapelle est un dernier souvenir des primitives claires-voies construites au moyen de points d'appui isols supportant une arcature1 elle restera1 comme construction1 une balustrade de son poque1 c'est--dire que les colonnettes relies leur base par une traverse1 et les arcatures trilobes1 seront prises dans un mme morceau de pierre vid4 ,la tablette d'appui ,a sera seule rapporte4 ,c'est ainsi qu' chaque pas nous sommes arrts par une transition1 un progrs qu'il faut constater1 et que nous devons presque toujours rendre justice au got sr de ces praticiens du ,x,i,i,ie sicle qui savaient si bien temprer les lois sches et froides du raisonnement par l'instinct de l'artiste1 par une imagination qui ne leur faillait jamais4 ,longtemps les balustrades furent videmment l'un des dtails de l'architecture ogivale sur lesquels on apporta une attention particulire2 mais il faut convenir qu' la fin du ,x,i,i,ie sicle dj1 si elles prsentent des combinaisons ingnieuses1 belles souvent1 on ne les trouve plus lies aussi intimement l'architecture2 elles sont parfois comme une oeuvre part ne participant plus l'effet de l'ensemble1 et le choix de leurs dessins1 de leurs compartiments ne parat pas toujours avoir t fait pour la place qu'elles occupent4 ,la balustrade suprieure du choeur de la cathdrale de ,beauvais en est un exemple 7#ad72 l'alternance des quatre-feuilles poss en carr et en diagonale est heureuse2 mais cette balustrade est beaucoup trop maigre pour sa place1 les ajours en sont trop grands1 et1 de loin1 elle ne prte pas assez de fermet au couronnement4 ,sous cette balustrade1 la corniche1 bien que dlicate1 parat lourde et pauvre en mme temps4 ,nous retrouvons cette combinaison de balustrades1 amaigrie encore1 au-dessus des chapelles de l'glise de ,saint-,ouen de ,rouen 7#ae74 ,les dfauts sont encore plus choquants ici1 malgr que cette balustrade1 en elle-mme1 et comme taille de pierre1 soit un chef-d'oeuvre de perfection2 mais1 tant place sur des cts de polygones peu tendus1 elle ne donne que quatre ou cinq compartiments2 leur dessin ne se comprend pas du premier coup1 parce que l'oeil ne peut saisir cette combinaison alterne1 qui serait heureuse si elle se dveloppait sur une grande longueur4 ,l'excessive maigreur de cette balustrade lui donne l'apparence d'une claire-voie de mtal1 non d'une dcoupure faite dans de la pierre4 ,du reste1 partir de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 on ne rencontre plus gure de balustrades composes d'une suite de petits montants avec arcature2 on semble prfrer alors les balustrades formes de trfles1 de quatre-feuilles1 de triangles1 ou de carrs poss sur la pointe avec redents1 comme celle qui couronne le choeur et la nef de la cathdrale d',amiens4 ,nous avons fait voir comme la ,sainte-,chapelle du ,palais on avait heureusement rompu les lignes inclines des gbles couronnant les fentres par une balustrade points d'appui verticaux trs-multiplis 7voy4 fig4 #ab71 comme on avait tenu cette balustrade haute pour qu'elle ne ft pas crase par l'lvation des pinacles et gbles4 ,cette balustrade1 indpendante de ces pinacles et gbles1 passe derrire eux1 ne fait que s'y appuyer2 elle leur laisse toute leur valeur1 et parait ce qu'elle doit tre3 une construction lgre1 ayant une fonction part1 et n'ajoutant rien la solidit de la maonnerie1 pouvant tre supprime en laissant l'difice les formes qui tiennent sa composition architectonique4 ,on ne s'en tint pas longtemps ces donnes si sages4 ,de #abij #acaj1 on construisait ,troyes l'glise de ,saint-,urbain4 ,les fentres suprieures du choeur de ce remarquable difice sont surmontes de gbles jour qui viennent1 non pas comme la ,sainte-,chapelle de ,paris1 faire saillie sur la corniche de couronnement et son chneau1 mais qui les pntrent4 ,et telle est la combinaison recherche de cette construction1 que les deux pentes de ces gbles et les cercles appareills dans les coinons portent cette corniche formant chneau comme le feraient des liens en charpente4 ,il y avait craindre que ces gbles jour qui n'taient pas relis au mur1 et cette corniche-chneau qui reposait seulement sur la tte de ce mur1 sans tre retenue dans sa partie engage par une forte charge suprieure1 ne vinssent se dverser en dehors4 ,le constructeur imagina de se servir de la balustrade pour maintenir ce dvers 7#af72 et voici comment il s'y prit4 ,il faut dire d'abord qu'entre chaque trave s'lve un contre-fort avec pinacle bien reli la masse de la construction2 prenant ce pinacle ou contre-fort comme point fixe 7il l'est en effet71 l'architecte fit ses demi-traves de balustrades ,a d'un seul morceau chacune1 et1 ayant eu le soin de poser ses pinacles sur un plan plus avanc que celui dans lequel se trouvent les gbles1 il maintint le sommet de ceux-ci en les trsillonnant avec les balustrades1 ainsi que l'indique le plan 7#af bis74 ,soit ,b le pinacle rendu fixe par sa base portant chneau fortement engage dans la construction1 et ,c ,c les ttes des gbles2 les demi-traves de balustrades ,b ,c tant d'un seul morceau chacune1 et formant en plan un angle rentrant en ,c1 viennent trsillonner et butter les ttes des gbles ,c ,c1 de manire rendre impossible leur dversement en dehors4 ,mais pour rendre sa balustrade jour trs-rigide1 tout en la dcoupant dlicatement1 l'architecte de ,saint-,urbain la composa d'une suite de triangles chevauchs runis par leurs cts1 et formant comme autant de petits liens inclins se contre-buttant mutuellement de manire viter les chances de rupture4 ,c'tait l1 il faut le dire1 plutt une combinaison de charpente qu'une construction de maonnerie2 mais il faut dire aussi que la pierre laquelle on imposait cette fonction anormale est de la pierre de ,tonnerre1 d'une qualit1 d'une fermet et d'une finesse extraordinaires1 qui lui donnent1 une fois taille1 l'aspect du mtal4 ,certes1 cela tait ingnieux et bien raisonn comme appareil2 il tait impossible de dominer la matire d'une faon plus complte que ne le fit avec succs le savant architecte de ,saint-,urbain 7voy4 ,,construction72 mais pour ne parler que de la balustrade dont il est ici question1 cette suite de petits triangles semblables aux grands triangles forms par les gbles est fcheuse au point de vue de l'art4 ,l'oeil est tourment par ces figures gomtriques semblables mais ingales2 l'harmonie qui doit rsulter1 non de la similitude des diverses parties d'un difice1 mais de leur contraste1 est dtruite4 ,ici1 comme dans toutes les formes de l'architecture adoptes partir de cette poque1 le raisonnement1 la combinaison gomtrique prennent une place trop importante2 le sentiment1 l'instinct de l'artiste disparaissent touffs par la logique4 ,l'amour des dtails1 les raffinements dans leur application vinrent encore ter aux balustrades leur svrit de formes4 ,les architectes du ,x,i,i,ie sicle1 mus par ce sentiment d'art qu'on retrouve toutes les belles poques1 avaient compris que plus les membres de l'architecture sont d'une petite dimension1 et plus leurs formes veulent tre largement composes1 afin de ne pas dtruire l'aspect de grandeur que doivent avoir les difices2 car en multipliant les dtails sans mesure1 on rapetisse au lieu de grandir l'architecture4 ,si parfois1 au ,x,i,i,ie sicle1 dans quelques monuments excuts avec un grand luxe1 on s'tait permis de faire des balustrades trs-riches par leur combinaison et leur sculpture1 sentiment de la grandeur apparaissait toujours1 et les dtails ne venaient pas dtruire les masses2 tmoin la balustrade qui couronne le passage rserv au-dessus de la porte sud de ,notre-,dame de ,paris 7#ag71 leve en #abeg4 ,il est impossible de grouper plus d'ornements et de moulures sur une balustrade1 et cependant on remarque qu'ici ,jean de ,chelles1 l'auteur de ce portail1 avait compris que l'excs de richesse prodigu sur un petit espace pouvait dtruire l'unit de sa composition1 car il avait eu le soin de relier cette balustrade aux divisions gnrales de l'architecture par des colonnettes engages qui viennent la pntrer et la forcer1 pour ainsi dire1 participer l'ensemble de la dcoration#fi4 ,aussi raffins1 mais moins adroits1 les architectes du ,x,i,ve sicle arrivrent promptement la maigreur ou la lourdeur 7car ces deux dfauts vont souvent de compagnie dans les compositions d'art71 en surchargeant les balustrades de profils et de combinaisons plus surprenantes que belles4 ,ils cherchrent souvent des dispositions neuves et ne se contentrent pas toujours de la claire-voie perce dans une dalle de champ1 et couverte par un appui horizontal4 ,parmi ces nouvelles formes1 nous devons citer les crnelages4 ,les crneaux avec leurs merlons se dcoupaient vivement au sommet des difices1 et donnaient dj1 par leur simple silhouette1 une dcoration4 ,on se servit parfois1 pendant le ,x,i,ve sicle1 de cette forme gnrale1 pour l'appliquer aux balustrades4 ,c'est ainsi que fut couronne la corniche suprieure du choeur de la cathdrale de ,troyes#gj4 ,cet exemple de balustrade crnele ne manque pas d'originalit1 mais il a le dfaut de n'tre nullement en harmonie avec l'difice2 nous ne le donnons d'ailleurs que comme une exception 7#ah74 ,les merlons de cette balustrade crnele sont alternativement pleins et jour2 les appuis des crneaux sont tous jour4 ,derrire chaque merlon plein est un renfort ,a qui donne du poids l'ensemble de la construction et retient son dvers4 ,on remarquera que cette balustrade est compose d'assises de pierre d'un assez petit chantillon1 et cela vient l'appui de ce que nous avons dit au commencement de cet article3 que les matriaux et leurs dimensions exeraient une influence sur les formes donnes aux balustrades4 ,et1 en effet1 ,troyes on ne se procurait que difficilement alors des pierres basses1 mais longues et larges1 propres la taille des balustrades jour poses en dlit4 ,il fallait les faire venir de ,tonnerre2 elles devaient tre chres1 et ces rparations faites au ,x,i,ve sicle la cathdrale de ,troyes sont excutes avec une extrme parcimonie4 l'glise ,saint-,urbain de la mme ville1 presque contemporaine de ces restaurations de la cathdrale1 mais o la question d'conomie avait t moins imprieuse1 nous avons vu1 au contraire1 comme l'architecte avait profit de la qualit et de la dimension des pierres de ,tonnerre1 pour faire des balustrades minces et composes de grands morceaux4 ,il n'est pas rare de trouver dans les difices du commencement du ,x,i,ve sicle des balustrades pleines1 dcores d'un simulacre d'ajour4 ,c'est surtout dans les pays o la pierre1 trop tenace ou trop grossire1 ne se prtait pas aux dgagements dlicats des redents1 et ne conservait pas ses artes1 que ces sortes de balustrades ont t adoptes4 ,dans la haute ,bourgogne1 par exemple1 o le calcaire est d'une qualit ferme et difficile vider1 on ne fit des balustrades jour que fort tard1 et lorsque le style d'architecture adopt en ,france envahissait les provinces voisines1 c'est--dire vers le commencement du ,x,i,ve sicle2 et mme alors les tailleurs de pierre se contentrent-ils souvent de balustrades pleines1 de dalles poses de champ1 dcores de compartiments se dtachant sur un fond4 ,c'est ainsi qu'est taille la balustrade qui surmonte les deux chapelles du transept de l'glise ,saint-,bnigne de ,dijon 7#ah bis74 ,le clotre de l'glise cathdrale de ,bziers1 dont la construction date des premires annes du ,x,i,ve sicle1 est couronn d'une balustrade compose de la mme manire comme compartiments et comme appareil1 ce qui est motiv par la nature grossire de la pierre du pays1 qui est un calcaire alpin poreux1 tenant mal les artes4 ,seulement ici 7#ah ter7 l'appui forme recouvrement1 il est rapport sur le corps de la balustrade4 ,l'assise d'appui1 taille dans une pierre d'un grain plus serr1 protge les dalles de champ1 et 7fait qui doit tre not7 cet appui porte une dentelure1 sorte d'amortissement fleuronn couronnant la balustrade4 ,celle-ci1 tant pleine1 terminait lourdement les arcades du clotre2 sa ligne horizontale se dtachant sur le ciel 7car ce clotre est couvert par une terrasse71 reliait mal les pinacles qui terminent les contre-forts2 et c'est videmment pour rompre la scheresse de cette ligne horizontale1 laquelle la balustrade pleine n'apportait aucun allgement1 que fut mnage cette dentelure suprieure4 ,on trouve plusieurs exemples de ces balustrades fleuronnes1 mme lorsque celles-ci sont jour1 dans quelques glises de ,bretagne1 surtout pendant les ,x,ve et ,x,v,ie sicles 7voy4 fig4 #bg74 ,ce qui caractrise les balustrades excutes pendant le ,x,i,ve sicle1 c'est l'adoption du systme de panneaux de pierre percs chacun de leur ajour1 spars par un montant le long du joint1 et recouverts d'un appui les reliant tous ensemble4 ,si l'appareil y gagnait1 la succession de divisions verticales sparant chacun des panneaux juxtaposs tait aux balustrades l'aspect qu'elles avaient au ,x,i,i,ie sicle1 d'un couronnement continu1 d'une sorte de frise jour1 laissant aux lignes horizontales leur simplicit calme2 ncessaire dans des monuments de cette tendue pour reposer les yeux1 que les divisions rgulires verticales1 trop rptes1 fatiguent bientt4 ,les architectes taient conduits sacrifier l'art au raisonnement2 ils perdaient cette libert qui avait permis leurs prdcesseurs de mler les inspirations du got aux ncessits de la construction ou de l'appareil4 ,l'exercice de la libert dans les arts n'appartient qu'au gnie1 et le gnie avait fait place au calcul1 aux mthodes1 ds le commencement du ,x,i,ve sicle1 dans tout ce qui tenait l'architecture4 ,nous donnons ici 7#ai7 un exemple d'une balustrade excute en panneaux de pierre1 tir du bras de croix mridional de l'ancienne cathdrale de la cit de ,carcassonne4 ,la construction de cette balustrade remonte #acbe environ4 ,il faut dire cependant que les formes des balustrades adoptes par les architectes du ,x,i,i,ie sicle furent longtemps employes2 on les amaigrissait1 ainsi que nous l'avons vu dans l'exemple prsent dans la fig4 #ah1 on les surchargeait de moulures et de redents vids2 mais le principe tait souvent conserv2 toutefois1 on prfrait les formes anguleuses aux formes engendres par des combinaisons de demi-cercles2 les courbes brises taient en honneur2 et des votes1 des fentres1 elles pntraient jusque dans les plus menus dtails de l'architecture4 ,le simple bizeau qui1 au ,x,i,i,ie sicle1 tait seul destin produire des jeux d'ombre et de lumire dans les balustrades1 parut trop simple1 lorsque tous les membres de l'architecture se subdivisrent l'infini2 on le doubla par un temps d'arrt1 et les balustrades eurent deux plans de moulures2 l'un donnait la forme gnrale1 le thme1 le second tait destin former les redents1 la broderie4 ,un exemple est ncessaire pour faire comprendre l'emploi de ce nouveau mode4 ,voici 7#bj7 la balustrade qui couronne la corniche du choeur de l'glise que nous venons de citer1 la cathdrale de ,carcassonne#ga4 ,la forme gnratrice de cette balustrade1 le thme1 pour nous servir d'un mot qui rend parfaitement notre pense1 est une suite de triangles quilatraux curvilignes4 ,si nous examinons la coupe sur ,a ,b de cette balustrade1 nous voyons que le bizeau ,c est divis par un arrt rsultant d'une petite coupe angle droit ,d4 ,cette coupe produit un listel1 parallle la face de la balustrade4 ,c'est ce listel qui dessine les redents ,e1 et le second membre du bizeau qui leur donne leur model4 ,mais les parties pleines de l'architecture1 les points d'appui1 se perdaient de plus en plus sous les subdivisions des moulures1 des colonnettes2 les meneaux des fentres s'amaigrissaient chaque jour sous la main de constructeurs2 les balustrades charges de ce double bizeau taill suivant un angle de #de degrs1 et de ce listel du second plan1 recevaient trop de lumire2 elles paraissaient lourdes comparativement aux autres membres de l'architecture1 dont les plans renfoncs dcoupaient seulement quelques lignes fines de lumire1 sur des ombres larges4 ,ds lors on renona aux bizeaux coups suivant un angle de #de degrs dans le profil des balustrades1 et l'on voulut avoir des plans plus vivement accuss4 ,soit 7#ba7 fig4 ,a3 si le rayon lumineux ,b ,c tombe sur le bizeau ,e ,f1 lui tant parallle1 il le frisera et ne produira qu'une demi-teinte4 ,mais si1 fig4 ,d1 le bizeau ,e ,f donne un angle moindre de #de degrs1 le mme rayon lumineux ,b ,c laissera toute la partie ,e ,f dans une ombre franche4 ,les balustrades tant composes presque toujours de petites courbes1 la lumire frappe sur une grande partie des surfaces fuyantes2 pour obtenir des ombres larges1 il tait donc ncessaire de rapprocher1 autant que possible1 la coupe de ces surfaces fuyantes de la ligne horizontale1 afin de les drober la lumire2 et comme on ne donne de la finesse aux parties claires que par l'opposition d'ombres larges1 que les parties claires1 dans les formes de l'architecture1 comptent seules1 et qu'elles produisent1 suivant la largeur ou la maigreur de leurs surfaces1 la lourdeur ou la finesse1 les architectes1 voulant obtenir la plus grande finesse possible dans la coupe des balustrades1 arrivrent drober de plus en plus les surfaces fuyantes aux rayons lumineux4 la fin du ,x,i,ve sicle dj1 ils avaient entirement renonc aux bizeaux qui1 sur quelques points1 par le glissement de la lumire1 donnaient toujours des demi-teintes1 et ils les remplaaient par des profils lgrement concaves 7#bb7 qui donnent plus d'ombre et dcoupent plus vivement les plans4 ,mais alors ils amaigrissaient tellement les dalles jour1 qu'elles n'offraient plus de solidit2 pour remdier cet inconvnient1 ils leur donnrent plus d'paisseur1 et les balustrades qui1 en moyenne1 au ,x,i,i,ie sicle1 n'avaient gure que #j1ab centimtres d'paisseur dans leur partie jour1 prirent jusqu' #j1bj centimtres4 ,par l'effet de la perspective1 ces balustrades1 vues de bas en haut ou de ct1 prsentaient de si larges surfaces de champ1 qu'elles laissaient peine voir les ajours4 ,il fallut encore dissimuler ce dfaut1 et1 pour y arriver1 on profila les balustrades en dedans comme en dehors4 ,on avait voulu d'abord drober la lumire les surfaces fuyantes des paisseurs pour obtenir des ombres accentues2 par ce dernier moyen1 on drobait une partie de ces surfaces aux yeux 7#bc74 ,on nous pardonnera la longueur d'une thorie qu'il nous a paru ncessaire d'exposer1 afin de faire comprendre les motifs des diverses transformations que l'on fit subir aux balustrades jusqu'au ,x,ve sicle4 ,nous l'avons dit dj1 et nous le rptons1 cet accessoire de l'architecture du moyen ge est d'une grande importance2 il a proccup nos anciens architectes1 et cela avec raison4 ,une balustrade de couronnement complte heureusement ou gte un difice1 selon qu'elle est bien ou mal compose1 qu'elle est ou n'est pas1 dans son ensemble et ses dtails1 l'chelle des divers membres architectoniques de cet difice1 qu'elle aide ou contrarie son systme gnral de dcoration4 ,une balustrade bien lie la corniche qui lui sert de base1 en rapport de proportions avec le monument qu'elle couronne1 qui rappelle ses formes de dtail sans les reproduire une plus petite chelle1 dont les divisions font valoir les dimensions de ce monument1 est une oeuvre assez rare pour qu'il soit permis de croire que c'est l un des cueils de l'architecture du moyen ge1 et pour qu'il soit ncessaire d'tudier avec grand soin les quelques beaux exemples qui nous sont rests4 ,l'adoption du systme de panneaux diviss chaque joint par des montants verticaux dans l'appareil des balustrades fit quelquefois ajouter des terminaisons en forme de fleurons ou d'aiguilles sur ces montants1 car les architectes du ,x,i,i,ie sicle et1 plus forte raison1 du ,x,i,ve sicle n'admettaient pas dans les formes de l'architecture un montant vertical d'une certaine largeur sans le couronner par quelque chose4 ,pour eux1 le pilastre venant se perdre dans une moulure horizontale tait un membre tronqu4 ,mais c'est au commencement du ,x,v,ie sicle surtout que les balustrades panneaux spars par des montants verticaux le long du joint1 furent adoptes sans exception4 ,les compartiments jour dont elles se composaient ne permettaient plus1 par la complication de leur forme1 un autre appareil4 ,pendant le ,x,ve sicle1 les balustrades panneaux se rencontrent frquemment1 mais ne sont pas les seules4 ,ce sont alors les losanges1 les triangles rectilignes qui dominent dans la composition des balustrades4 ,il faut remarquer que ces formes se prtaient mieux l'assemblage d'ajours en pierre1 taient plus solides que les formes curvilignes2 et au ,x,ve sicle1 l'architecte tait surtout appareilleur4 ,un morceau de balustrade1 taill suivant la fig4 #bd1 prsentait beaucoup de rsistance et s'assemblait facilement par les extrmits ,a ,b4 ,l'appui1 souvent d'un autre morceau1 recouvrait et reliait ces claires-voies4 ,lorsque1 pendant le ,x,ve sicle1 les balustrades taient composes de panneaux1 les montants verticaux taient parfois saillants en forme de petits contre-forts1 ainsi que l'indiquent les fig4 #be et #bf4 ,ce fut aussi pendant le ,x,ve sicle que l'on eut l'ide de sculpter dans les ajours des balustrades1 des attributs1 des pices principales d'armoiries#gb4 ,nous donnons 7#be7 des panneaux de la balustrade couronnant la nef de la cathdrale de ,troyes1 et dans lesquels les tailleurs de pierre du ,x,ve sicle ont figur alternativement les clefs de saint ,pierre et des fleurs de lis4 ,la balustrade refaite1 au ,x,ve sicle1 la base du pignon de la ,sainte-,chapelle du ,palais1 ,paris1 prsente galement1 dans chacun de ses panneaux1 une belle et grande fleur de lis inscrite dans un cercle 7#bf74 ,un grand ,k couronn tenu par deux anges se dtache au milieu de cette balustrade2 c'est le chiffre ou la premire lettre du nom de ,charles ,,vii 7,karolus71 qui la fit refaire 7voy4 ,,chiffre74 ,la balustrade de l'oratoire1 bti par ,louis ,,xi sur le flanc sud du mme difice1 porte galement un grand ,l couronn4 ,cet usage de placer des chiffres1 des lettres dans les balustrades fut assez gnralement adopt la fin du ,x,ve sicle et au commencement du ,x,v,ie2 le chteau de ,blois porte1 sur la faade leve par ,franois ,ier1 des balustrads dans lesquelles on voit des ,f couronnes et des salamandres4 ,on alla mme jusqu' y sculpter de grandes inscriptions jour1 comme au choeur de l'glise de la ,fert-,bernard prs du ,mans1 comme au chteau de ,josselin en ,bretagne1 sur les balustrades duquel on lit la devise3 ,a ,,plus 7#bg7gc4 ,dans l'architecture civile de la fin du ,x,ve sicle et du commencement du ,x,v,ie1 on fit souvent aussi des balustrades aveugles qui n'taient1 sous les appuis des fentres1 que des bandeaux larges formant une riche dcoration4 ,telles taient les balustrades qui runissaient les allges des fentres du premier tage de l'htel la ,trmoille ,paris 7#bh71 balustrades qui sont toutes varies soit comme dessin1 soit comme division2 car il n'est pas rare de trouver une grande varit dans la composition d'une mme balustrade de la fin du ,x,ve sicle et du commencement du ,x,v,ie4 ,lorsque le got de l'architecture romaine antique eut effac1 vers le milieu du ,x,v,ie sicle1 les derniers vestiges des formes adoptes par le moyen ge dans les dtails de l'architecture1 on se complut faire des balustrades composes d'ordres rduits4 ,il existe une balustrade de ce genre la base du pignon de la petite glise de ,belloy prs ,beaumont2 c'est une suite de colonnettes doriques surmontes d'une corniche denticules avec soffites sculpts entre les chapiteaux4 ,saint-,eustache de ,paris1 on voit des balustrades formes de petits pilastres doriques ou composites spars par des arcades portes sur des pieds-droits avec leurs impostes#gd4 ,mais cette succession de lignes verticales donnes par les colonnettes ou pilastres rapprochs prenait trop d'importance dans l'ensemble de la dcoration1 et avait l'inconvnient de rappeler en petit les grandes divisions et dcorations de l'architecture alors en honneur2 c'tait l un dfaut majeur1 qui ne manqua pas de frapper les architectes de la renaissance2 on voulut rendre aux balustrades leur chelle1 et pour que les colonnettes formant la partie principale de leur dcoration ne parussent pas un diminutif des ordres de l'architecture1 on leur donna un galbe particulier1 qui les fait ressembler un potelet de bois tourn au tour4 ,les profils de ces supports se divisent en bagues1 gorges1 panses1 etc4 ,quelquefois mme les renflements des colonnettes ainsi galbes furent dcors de sculptures2 celles-ci prirent ds lors le nom de balustres qui leur est rest4 ,peu peu ces balustres s'alourdirent et arrivrent ce profil bizarre qui rappelle la forme d'un flacon avec son goulot1 et dont la runion1 comprise entre des pilastres et de lourds appuis1 couronne assez dsagrablement depuis le ,x,v,i,ie sicle la plupart de nos difices4 ,il faut croire que ces morceaux de pierre tourns parurent tre la dernire expression du got1 car1 une fois adopts1 les architectes ne se mirent plus en frais d'imagination pour composer des balustrades en harmonie avec leur architecture2 que celle-ci fut simple ou riche1 plate ou accusant de fortes saillies1 basse ou leve1 religieuse ou civile1 la balustrade fut toujours la mme ou peu s'en faut1 bien que les architectes du ,x,v,i,ie sicle aient prtendu la diviser en balustrade toscane1 ionique1 corinthienne1 etc4 ,on ne se contenta pas d'en placer l o le besoin demandait une barrire hauteur d'appui1 on s'en servit comme d'un motif de dcoration4 ,rien cependant n'autorisait1 dans l'architecture romaine antique que l'on voulait imiter1 un pareil abus de la balustrade1 ni comme emploi ni comme forme4 ,il faut dire mme que la corniche saillante de l'entablement romain porte mal ces ranges de morceaux de pierre tourns1 poss l'aplomb de la frise1 et qui1 par leur retraite1 n'indiquent pas la prsence du chneau4 ,la balustrade de l'architecture du moyen ge1 pose sur l'arte suprieure du glacis du larmier portant le chneau1 est non-seulement un garde-corps pour ceux qui passent dans ces chneaux1 mais elle arrte la chute des tuiles ou des ardoises1 et est une scurit pour les couvreurs qui sont obligs de poser des chelles sur la pente des combles lorsqu'il est ncessaire de les rparer2 elle fait partie de la corniche1 car le glacis du larmier demande un couronnement2 tandis que la balustrade moderne1 pose sur l'entablement romain1 l'aplomb de la frise1 est un grossier contre-sens1 puisque1 d'aprs la configuration de cet entablement1 le chneau se trouverait en dehors de la balustrade et non en dedans4 ,aussi1 jamais les architectes ,romains1 qui possdaient cette qualit prcieuse qu'on appelle le sens-commun1 n'ont eu l'ide bizarre de placer des balustrades sur les corniches suprieures de leurs difices1 faites pour porter les premires tuiles des combles4 ,nous ne devons pas omettre de parler des balustrades de bois frquemment employes pendant les ,x,ve et ,x,v,ie sicles4 ,quant aux balustrades en mtal1 il en est fait mention dans le mot ,,grille4 ,c'est l'intrieur des difices ou couvert qu'taient poses les balustrades de bois4 ,le peu d'exemples qui nous restent de ces claires-voies hauteur d'appui1 antrieures au ,x,v,ie sicle1 sont d'une grande simplicit2 ce sont presque toujours de petits potelets assembls haut et bas dans deux traverses1 ainsi que le dmontre la fig4 #bi1 copie sur une balustrade du ,x,ve sicle1 pose encore aujourd'hui le long du triforium de l'glise paroissiale de ,flavigny 7,cte-d',or74 ,au ,x,v,ie sicle1 la forme des balustres tourns convenait parfaitement aux balustrades de bois2 c'tait le cas de l'employer et les architectes ne s'en firent pas faute 7voy4 ,,menuiserie74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d et #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i et #i bis4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ah bis4 ,illustration3 ,fig4 #ah ter4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd et #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,note #fg3 ,cette balustrade est rtablie aujourd'hui sur toute la longueur de la faade1 et remplace celle qui avait t refaite au ,x,i,ve sicle et qui tombait en ruine4 ,note #fh3 ,cette balustrade n'appartient pas la construction premire de la nef1 qui remonte #abaj au plus tard2 elle a t refaite vers #abcj1 lorsque aprs un incendie la partie suprieure de la nef fut compltement remanie et rhabille 7voy4 ,,cath,,drale74 ,note #fi3 ,il n'existe plus que deux fragments de cette charmante balustrade sur les deux contreforts du portail1 mais ces fragments indiquent clairement la disposition de l'ensemble4 ,la richesse de cette balustrade est motive par l'extrme dlicatesse des parties d'architecture qu'elle accompagne et couronne4 ,note #gj3 ,le choeur de la cathdrale de ,troyes fut construit de #abdj #abej1 mais tous les couronnements extrieurs furent refaits au ,x,i,ve sicle4 ,note #ga3 ,toutes les fois que nous aurons parler des difices du ,x,i,ve sicle1 on ne s'tonnera pas si nous mettons en premire ligne la cathdrale de ,carcassonne1 qui est un chef-d'oeuvre de cette poque1 et qui comme style appartient l'architecture du ,nord4 ,note #gb3 ,voir l'htel de ,jacques ,coeur ,bourges1 sur les balustrades duquel on a sculpt des coeurs1 des coquilles1 et cette devise ,a ,,vaillans ,,riens ,,impossible4 ,note #gc3 ,cete baluslrade est taille dans des dalles de granit2 elle est surmonte d'une dentelure prsentant des couronnes et des fleurons alterns4 ,note #gd3 ,voy4 ,l'glise ,saint-,eustache ,paris1 par ,victor ,calliat4 ,paris1 #ahej4 ,,banc1 s4 m4 ,il n'tait pas d'usage1 avant la fin du ,x,v,ie sicle1 de placer dans les glises1 des chaises ou bancs en menuiserie pour les fidles4 ,les femmes riches qui se rendaient l'glise se faisaient suivre de valets qui portaient des pliants et coussins pour s'asseoir et se mettre genoux4 ,le menu peuple1 les hommes1 se tenaient debout ou s'agenouillaient sur les dalles4 ,rome1 dans presque toute l',italie et une partie de l',allemagne catholique1 encore aujourd'hui1 on ne voit aucun sige dans les glises4 ,mais quand1 au ,x,v,ie sicle1 des prches se furent tablis sur toute la surface de la ,france1 les rformistes placrent dans leurs temples des bancs spars par des cloisons hauteur d'appui destins aux fidles4 ,le clerg catholique1 craignant sans doute que la rigidit de la tradition ancienne ne contribut encore loigner le peuple des glises1 imita les rformistes et introduisit les bancs et les chaises4 ,l'effet intrieur des difices sacrs perdit beaucoup de sa grandeur par suite de cette innovation2 et pour qui a pu voir la foule agenouille sur le pav de ,saint-,pierre de ,rome ou de ,saint-,jean-de-,latran1 cet amas de chaises1 ou ces bancs cellulaires de nos glises franaises1 dtruisent compltement l'aspect religieux des runions de fidles4 ,il n'y avait autrefois1 dans nos glises1 de bancs que le long des murs des bas-cts ou des chapelles2 ces bancs formaient comme un soubassement continu entre les piles engages sous les arcatures dcorant les appuis des fentres de ces bas-cts ou chapelles 7voy4 ,,arcature74 ,quelquefois mme ces bancs fixes en pierre s'levaient sur un emmarchement1 comme on peut le voir l'intrieur de la cathdrale de ,poitiers 7fin du ,x,i,ie sicle7 7#a71 et le long des murs de la nef de la cathdrale de ,reims4 ,on en plaait presque toujours aussi sous les porches des glises1 dans les brasements des portails1 dans les galeries des clotres1 soit le long des claires-voies1 soit le long des murs4 ,voici 7#b7 quelle est la disposition des bancs formant soubassement intrieur de la claire-voie du clotre de ,fontfroide prs ,narbonne 7commencement du ,x,i,i,ie sicle74 ,ces bancs se combinent adroitement avec la construction des piles principales de ce clotre1 ainsi que nous le voyons dans la figure4 ,le bahut de la claire-voie lui tient lieu de dossier4 ,on voit encore des bancs avec une marche au devant dans les salles capitulaires1 dans les chauffoirs des monastres1 et dans les parloirs4 ,les grandes salles des palais royaux1 des chteaux1 les salles synodales taient toujours garnies de bancs au pourtour1 ainsi que les salles des gardes et les vestibules des habitations princires 7voy4 ,,salle74 ,on plaait aussi demeure des bancs de pierre le long des jambages des chemines1 particulirement dans les habitations de campagne1 dans les maisons de paysans1 les fermes1 dont l'unique chemine servait faire la cuisine et chauffer les habitants4 ,des deux cts des portes des maisons1 il tait galement d'usage de placer des bancs de pierre sur la voie publique1 soit taills dans une seule pierre1 soit composs d'une dalle et de montants avec ou sans accoudoirs4 ,nous avons encore vu de ces sortes de bancs de pierre trs-simples1 avec accoudoir1 le long de quelques maisons anciennes du midi de la ,france 7#c71 ,cordes1 ,saint-,antonin prs ,alby2 c'tait l que se reposaient les pitons fatigus1 les pauvres2 que le soir1 aprs le travail1 on venait s'asseoir et causer entre voisins4 ,si les faades des maisons taient garanties par des contreforts trs-saillants portant des galeries et les charpentes du comble1 les bancs taient alors poss le long de ces contreforts perpendiculairement au mur de face 7voy4 ,,maison74 ,lorsque les murs des maisons ou chteaux prsentaient une assez forte paisseur1 on rservait des bancs en pierre dans les brasements1 l'intrieur des fentres4 ,voici 7#d7 l'un de ces bancs tenant la fentre de premier tage d'une des maisons construites pendant le ,x,i,i,ie sicle dans la ville de ,flavigny 7,bourgogne74 ,il est plac dans l'brasement de la baie2 le meneau ,a spare ce banc en deux stalles et se termine en accoudoir2 les personnes assises tournaient le dos au jour4 ,mais ordinairement1 quand les murs sont trs-pais1 comme par exemple dans les chteaux fortifis1 les bancs sont disposs perpendiculairement au jour1 le long des deux brasements si la fentre est large 7#e71 ou d'un seul ct si la fentre est troite 7#f74 ,ce dernier exemple de banc est frquent dans les tours de guet1 o l'on plaait des sentinelles pour observer ce qui se passait l'extrieur par des fentres troites4 ,les meurtrires perces la base des courtines sous de grands arcs formant comme de petites chambres pouvant contenir facilement deux hommes1 sont toujours garnies de bancs poss le long des deux cts du rduit1 perpendiculairement au mur de face4 ,cette disposition de bancs demeure dans les brasements des fentres se conserva jusqu'au ,x,v,ie sicle 7voy4 ,,fen,,tre1 ,,meurtri,,re74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,,bandeau1 s4 m4 ,c'est une assise de pierre saillante dcore de moulures ou d'ornements sculpts ou peints qui spare horizontalement les tages d'un monument4 ,le bandeau indique un plancher1 un sol2 il ne peut tre indiffremment plac sur une faade ou dans un intrieur2 c'est un repos pour l'oeil1 c'est l'arase d'une construction superpose4 ,dans les glises de l'poque romane1 un bandeau intrieur indique presque toujours le sol du triforium1 il est interrompu par la ligne verticale des colonnes engages1 ou passe devant elles4 ,dans l'architecture domestique1 le niveau des planchers est marqu souvent1 l'extrieur1 par un bandeau de pierre4 ,sur les faades1 des bandeaux sparent les ordonnances d'architecture superposes4 ,ils ont cet avantage de garantir les parements extrieurs1 leur saillie empchant les eaux pluviales de laver les murs2 aussi les a-t-on fait gnralement en pierre plus dure que celle dont on se servait pour la construction des parements1 et leurs profils taient-ils1 surtout partir du ,x,i,i,ie sicle1 tracs de manire former une mouchette ou un larmier4 ,l'influence des profils antiques romains se fait sentir dans les bandeaux comme dans tous les autres membres de l'architecture romane4 ,pris dans une assise assez basse1 les bandeaux affectent1 jusqu'au ,x,i,ie sicle1 l'extrieur ou l'intrieur1 des formes trs-simples1 et se composent ordinairement d'un bizeau ,a1 d'un cavet ,b lgrement concave1 ou d'une doucine ,c sous un plan horizontal 7#a74 ,ces bandeaux sont frquemment orns de sculptures1 surtout partir de la fin du ,x,ie sicle1 et ils passent devant les saillies verticales de l'architecture1 piles1 contre-forts1 etc4 ,tels sont les bandeaux intrieurs de la nef de l'glise abbatiale de ,vzelay poss l'arase du dessus des archivoltes des bas-cts 7#b7 7commencement du ,x,i,ie sicle74 ,le lit suprieur de ces bandeaux forme encore une saillie horizontale4 ,on remarqua bientt que ces saillies l'intrieur des difices masquaient1 par leur projection1 une partie des parements levs au-dessus d'elles4 ,soit ,a le profil d'un bandeau intrieur 7#c71 la plus forte recule du point visuel tant suivant la ligne ,d ,c1 toute la hauteur sera perdue pour l'oeil1 la proportion de l'ordonnance architectonique place au-dessus de ,b sera dtruite par la perte de cet espace ,b ,c4 ,dcorant les bandeaux de sculptures1 surtout l'intrieur1 les architectes tenaient prsenter les ornements sur une surface perpendiculaire la ligne visuelle2 ils ne renoncrent pas facilement aux plans inclins ,e ,f1 et se contentrent de diminuer peu peu les saillies ,e ,b4 ,tel est le profil 7#d7 des bandeaux intrieurs du bras de croix sud de la cathdrale de ,soissons1 du choeur de ,saint-,remy de ,reims 7fin du ,x,i,ie sicle74 l'extrieur1 on avait galement reconnu que les bandeaux saillants dont le lit suprieur tait laiss horizontal avaient l'inconvnient de ne pas donner un coulement prompt aux eaux pluviales4 ,les bandeaux extrieurs taills suivant le profil ,a 7#e7 retenaient la neige1 faisaient rejaillir les gouttes de pluie projetes suivant ,c ,d jusqu'en ,e1 se dtrioraient facilement et taient une cause de ruine pour la base des parements ,f ,g levs au-dessus de leur saillie1 cause de ce rejaillissement4 ,jusqu'au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 on dcorait volontiers les bandeaux extrieurs1 comme ceux intrieurs1 d'ornements sculpts1 particulirement dans les provinces de la ,normandie1 du ,poitou1 de la ,saintonge1 du ,languedoc et de l'est2 on tenait ce que les sculptures fussent vues1 et en mme temps prserves des dgradations causes par les eaux pluviales4 ,ces ornements taient taills sur un bizeau1 une doucine ou un talon trs-plats et protgs par le lit horizontal suprieur2 les ornements les plus ordinaires taient des dents de scie1 des billettes1 des damiers 7voy4 ces mots74 ,mais lorsque au ,x,i,ie sicle1 dans les provinces du nord particulirement1 tous les membres de l'architecture furent soumis un systme gnral de construction1 tendant ne jamais prsenter la pluie des surfaces horizontales1 on protgea les bandeaux eux-mmes par des talus en pierre et une mouchette4 ,c'est ainsi que sont disposs les bandeaux de la tour ,saint-,romain 7#f7 de la cathdrale de ,rouen 7,x,i,ie sicle74 la mme poque1 dans les provinces mridionales1 on se contentait de donner aux bandeaux extrieurs une faible saillie1 mais on ne les surmontait pas d'une pente trs-prononce comme on le faisait dans l',ile de ,france1 la ,picardie et la ,normandie1 et leurs ornements n'taient pas abrits par une saillie formant mouchette4 ,entre autres exemples1 nous donnons ici 7#g7 un des bandeaux extrieurs du bas-ct nord de l'glise ,saint-,euthrope de ,saintes1 qui1 sans offrir la pluie des asprits pouvant tre facilement dtruites1 ne sont pas cependant garantis par une assise ou un profil formant larmier4 ,il n'est pas besoin de dire que ces dtails d'architecture prsentent une grande varit1 soit comme profils1 soit comme ornementation2 nous ne prtendons donner dans cet article que leurs dispositions gnrales4 ,nous ne saurions cependant passer sous silence les bandeaux extrieurs qui servent de soubassement au triforium des glises d',autun1 de ,beaune et de ,langres2 leur ornementation est trop empreinte des traditions romaines1 pour que nous ne reproduisions pas un de ces exemples4 ,voici le bandeau qui pourtourne le choeur de l'glise de ,beaune1 la hauteur du sol des galeries surmontant les bas-cts 7#h74 ,le mme bandeau1 peu de diffrences prs1 se retrouve la cathdrale d',autun2 ,langres1 les rosaces sont remplaces par un enroulement videmment copi sur des fragments antiques4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 les bandeaux deviennent plus rares dans l'architecture que pendant la priode romane4 ,dj1 cette poque1 les architectes semblaient exclure la ligne horizontale1 et ils ne lui donnaient qu'une importance relativement secondaire4 ,cependant l'architecte de la cathdrale d',amiens avait cru devoir accuser trs-vigoureusement la hauteur du sol du triforium dans l'intrieur de la nef1 par un large bandeau richement dcor de feuillages trs-saillants2 ce bandeau prend d'autant plus d'importance dans l'ordonnance architectonique de cet intrieur1 qu'il passe devant les faisceaux de colonnes et les coupe vers le milieu de leur hauteur 7#i74 ,a indique la coupe de ce bandeau avec l'appui du triforium4 videmment1 ici1 le matre de l'oeuvre a voulu rompre les lignes verticales qui dominent dans cette nef1 dont la construction remonte #abcj environ 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ce74 ,il y avait l comme un dernier souvenir de l'architecture romane#ge4 ,sans avoir une aussi grande importante1 il arrive presque toujours que les bandeaux1 dans les difices du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 passent devant les faisceaux de colonnes1 et servent de bagues pour maintenir leurs fts poss en dlit 7voy4 ,,bague74 ,quelquefois aussi les bandeaux s'arrondissent en corbeille1 et1 soutenus par un cul-de-lampe1 servent de point d'appui des faisceaux de colonnettes ne naissant qu'au-dessus des colonnes du rez-de-chausse entre les archivoltes4 ,cette disposition est particulirement adopte lorsque les piles de rez-de-chausse sont monocylindriques mais non composes de la runion des colonnes qui doivent porter les votes suprieures4 ,l'intrieur de l'glise de ,notre-,dame de ,semur en ,auxois prsente de ces bandeaux devenant tablettes de cul-de-lampe sous les bases des colonnettes suprieures 7#aj74 ,pendant le ,x,i,i,ie sicle1 l'extrieur1 les bandeaux ne sont plus gure que des moulures avec larmiers sans ornements2 car les architectes de cette poque craignaient videmment de dtruire l'effet des lignes verticales1 en donnant aux membres horizontaux de leur architecture une trop grande importance1 et la sculpture1 en occupant les yeux1 aurait prt aux bandeaux trop de valeur4 ,cependant on voit encore quelquefois1 cette poque1 des bandeaux avec ornements2 mais c'est lorsque l'on a voulu indiquer un tage ou sol4 ,c'est ainsi qu' l'extrieur de la ,sainte-,chapelle de ,paris il existe un grand bandeau dcor de feuilles et de crochets au niveau du sol de la chapelle haute4 ,si sduisante que soit l'architecture romane du ,poitou et des provinces de l'ouest1 il faut convenir qu'elle n'est pas si scrupuleuse1 et ses monuments sont parfois couverts de bandeaux sculpts dont la place est dtermine seulement par le got ou la fantaisie de l'artiste1 non par un tage1 une ordonnance d'architecture distincte4 ,pendant la priode romane1 beaucoup de membres horizontaux d'architecture dont la fonction est trs-secondaire1 comme les impostes des archivoltes1 les tailloirs des chapiteaux de colonnes engages1 des appuis de croises1 o les tablettes basses des arcatures de couronnement1 deviennent de vritables bandeaux1 c'est--dire qu'ils pourtournent toutes les saillies de la construction1 tels que les contre-forts1 par exemple4 ,jusqu' la fin du ,x,i,ie sicle1 cette mthode persiste2 mais quand le systme de l'architecture ogivale est dvelopp1 on ne voit jamais ces membres secondaires horizontaux devenir des bandeaux4 ,cela est bien vident la ,sainte-,chapelle de ,paris2 seul1 le profil dont nous venons de parler1 et qui indique le niveau du sol de la chapelle haute1 pourtourne l'difice1 passe sur les nus des murs comme sur les contre-forts4 la cathdrale d',amiens1 la cathdrale de ,reims et celle de ,chartres1 les appuis des fentres du rez-de-chausse forment bandeau1 mais sans ornements 7voy4 ,,chapelle72 partir de ce profil1 les contre-forts montent verticalement sans ressauts ni interruption horizontale sur les cts1 leurs faces tant seules munies de larmiers qui empchent les eaux de laver leurs parements exposs la pluie4 ,il ne peut en tre autrement2 lorsqu'on examine la structure des difices dans lesquels le systme ogival est franchement adopt et suivi1 toute la construction ne se composant que de contre-forts entre lesquels des fentres s'ouvrent dans toute la hauteur des tages1 il n'y avait pas de murs2 les bandeaux indiquent des repos horizontaux1 des arases1 taient contraires ce systme vertical2 leur effet et t fcheux2 leurs profils saillants sur les faces latrales des contre-forts seraient venus pntrer gauchement les pidroits des fentres1 sans utilit ni raison 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 ,,contrefort74 partir du ,x,i,i,ie sicle1 dans l'architecture religieuse1 le bandeau n'existe plus par le fait1 les murs pleins tant supprims2 on ne les rencontre1 comme dans le dernier exemple que nous venons de donner1 que lorsqu'ils sont le prolongement horizontal des appuis des fentres2 seulement1 leurs profils se modifient suivant le got du moment 7voy4 ,,profil74 ,dans l'architecture civile1 o les murs sont conservs forcment1 o la construction ne se compose pas uniquement de contre-forts laissant de grands jours entre eux1 des bandeaux indiquent le niveau des planchers 7voy4 ,,ch,,teau1 ,,maison74 ,parfois alors les bandeaux sont dcors de sculptures1 particulirement pendant le ,x,ve sicle4 ,composs de simples moulures profiles dans une assise basse pendant les ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 ils prennent1 au contraire1 de la hauteur et une saillie prononce au ,x,ve sicle1 coupent les faades horizontalement1 par une ornementation plus ou moins riche4 ,au ,x,v,ie sicle1 les bandeaux perdent leur aspect d'arase1 pour devenir de vritables entablements avec leur architrave1 leur frise et leur corniche1 mme lorsque l'absence d'un ordre antique devrait exclure l'emploi de tous ces membres4 ,les faades ne sont plus alors que des btiments superposs 7voy4 ,,ordre74 ,illustration3 ,fig4 #a et #b4 ,illustration3 ,fig4 #c1 #d et #e4 ,illustration3 ,fig4 #f et #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,note #ge3 ,nous avons entendu souvent louer ou blmer la disposition du grand bandeau de la cathdrale d',amiens1 par des personnes comptentes4 ,mais la vrit nous force d'ajouter que les louanges taient donnes par des amateurs de l'architecture gothique1 son apoge1 elle blme par des enthousiastes du style roman4 ,comme dans l'un ou l'autre cas il y avait contradiction entre les gots et les jugements de chacun1 nous ne savons trop quel jugement porter nous-mme4 ,nous dirons seulement que le parti adopt ,amiens est franc1 qu'il dnote une intention bien arrte1 que cet intrieur de nef nous parat tre le plus beau spcimen que nous possdions en ,france de l'architecture du ,x,i,i,ie sicle1 que nous nous rendons difficilement compte de l'effet que produirait cet intrieur dpourvu de cette riche ceinture de feuillages vigoureusement refouills1 s'il y gagnerait ou s'il y perdrait2 et prenant la chose pour for-belle1 excute par des artistes aussi bons connaisseurs que nous1 et plus familiers avec les grands effets1 nous ne pouvons qu'approuver cette hardiesse de l'architecte de la nef d',amiens4 ,,barbacane1 barbequenne4 s4 f4 ,on dsignait pendant le moyen ge1 par ce mot1 un ouvrage de fortification avanc qui protgeait un passage1 une porte ou poterne1 et qui permettait la garnison d'une forteresse de se runir sur un point saillant couvert1 pour faire des sorties1 pour protger une retraite ou l'introduction d'un corps de secours4 ,une ville ou un chteau bien munis taient toujours garnis de barbacanes1 construites simplement en bois1 comme les antemuralia1 procastria des camps romains1 ou en terre avec foss1 en pierre ou moellon avec pont volant1 large foss et palissades antrieures 7voy4 ,,architecture ,,militaire74 ,la forme la plus ordinaire donne aux barbacanes tait la forme circulaire ou demi-circulaire1 avec une ou plusieurs issues masques par la courbe de l'ouvrage4 ,les armes qui campaient avaient le soin d'lever devant les entres des camps de vastes barbacanes1 qui permettaient aux troupes de combiner leurs mouvements d'attaque1 de retraite ou de dfense4 ,au moment d'un sige1 en dehors des murs des forteresses1 on levait souvent des barbacanes1 qui n'taient que des ouvrages temporaires1 et dans lesquels on logeait un surcrot de garnison4 ,hordiz ot et bon et bel1 ,par defors les murs dou chastel ,ses barbacanes fist drecier ,por son chastel miauz enforcier4 ,sodoiers mande por la terre ,qu'il vaingnent li por conquerre4 ,sergens pi et cheval3 ,tant en y vint que tot un val ,en fu covert1 grant joie en fist ,renart1 et maintenant les mist ,es barbacanes por deffense#gf4 ,mais1 le plus souvent1 les barbacanes taient des ouvrages demeure autour des forteresses bien munies4 ,haut sont li mur1 et parfont li foss1 ,les barbacanes de fin marbre list1 ,hautes et droites1 ja greignors ne verrs#gg4 ,parmi les barbacanes temporaires1 une des plus clbres est celle que le roi saint ,louis fit faire pour protger la retraite de son corps d'arme et passer un bras du ,nil1 aprs la bataille de la ,massoure4 ,le sire de ,joinville parle de cet ouvrage en ces termes3 ,quant le roy et ses barons virent celle chouse1 et que nul autre remde n'y avoit 7le camp tait en proie la peste et la famine71 tous s'accordrent1 que le roy fist passer son ost devers la terre de ,babilonne1 en l'ost du duc de ,bourgoigne1 qui estoit de l'autre part du fleuve1 qui alloit ,damiette4 ,et pour retraire ses gens aisment1 le roy fist faire une barbacane devant le poncel1 dont je vous ai devant parl4 ,et estoit faite en manire1 que on pouvoit assez entrer dedans par deux coustez tout cheval4 ,quant celle barbacanne fut faite et appreste1 tous les gens de l'ost se armrent2 et l y eut ung grant assault des ,turcs1 qui virent bien que nous en allions oultre en l'ost du duc de ,bourgoigne1 qui estoit de l'autre part4 ,et comme on entroit en icelle barbacanne1 les ,turcs frapprent sur la queue de nostre ost3 et tant firent1 qu'ils prindrent messire ,errart de ,vallery4 ,mais tantoust fut rescoux par messire ,jehan son frre4 ,toutesfoiz le roy ne se meut1 ne toute sa gent1 jusques ce que tout le harnois et armeures fussent portez oultre4 ,et alors passmes tous aprs le roy1 fors que messire ,gaultier de ,chastillon1 qui faisoit l'arrire garde en la barbacanne4 ,quant tout l'ost fut pass oultre1 ceulx qui demourerent en la barbacanne1 qui estoit l'arrire garde1 furent grant malaise des ,turcs1 qui estoient cheval4 ,car ilz leur tiroient de vise force de trect1 pour ce que la barbacanne n'estoit pas haulte4 ,et les ,turcs pi leur gectoient grosses pierres et motes dures contre les faces1 et ne se povoient deffendre ceulx de l'arrire garde4 ,et eussent t tous perduz et destruitz1 si n'eust est le conte d',anjou1 frre du roy1 qui depuis fut roy de ,sicille1 qui les alla rescourre asprement1 et les amena sauvet#gh4 ,cette barbacane n'tait videmment qu'un ouvrage en palissades1 puisque les hommes cheval pouvaient voir par-dessus4 ,dans la situation o se trouvait l'arme de saint ,louis ce moment1 ayant perdu une grande partie de ses approvisionnements de bois1 campe sur un terrain dans lequel des terrassements de quelque importance ne pouvaient tre entrepris1 c'tait tout ce qu'on avait pu faire que d'lever une palissade servant de tte de pont1 pouvant arrter l'arme ennemie1 et permettre au corps d'arme en retraite de filer en ordre avec son matriel4 ,la vue vol d'oiseau que nous donnons ici 7#a7 fera comprendre l'utilit de cet ouvrage4 ,une des plus importantes barbacanes construites en maonnerie tait celle qui protgeait le chteau de la cit de ,carcassonne1 et qui fut btie par saint ,louis 7voy4 ,,architecture ,,militaire1 fig4 #aa1 #ab et #ac74 ,cette barbacane1 trs-avance1 tait ferme2 c'tait un ouvrage isol4 ,mais le plus souvent les barbacanes taient ouvertes la gorge et formaient comme une excroissance1 un saillant semi-circulaire1 tenant aux enceintes extrieures1 aux lices4 ,c'est ainsi que sont construites la barbacane leve en avant de la porte ,narbonnaise ,carcassonne 7voy4 ,,porte71 celle du chteau du ct de la cit1 et celle qui protge la poterne sud de l'enceinte extrieure de la mme ville4 ,cette dernire barbacane communique aux chemins de ronde des courtines de l'enceinte extrieure par deux portes qui peuvent tre fermes4 ,en s'emparant de la poterne ou des deux courtines1 les assigeants ne pouvaient se jeter immdiatement sur le chemin de ronde de l'ouvrage saillant1 et se trouvaient battus en charpe en pntrant dans les lices4 tant ouverte la gorge1 cette barbacane tait elle-mme commande par l'enceinte intrieure4 ,nous donnons 7#b ,a7 les vues cavalires de l'extrieur et 7#b ,b7 de l'intrieur de cet ouvrage de dfense4 ,jusqu' l'invention des bouches feu1 la forme donne aux barbacanes ds le ,x,i,ie sicle ne fut gure modifie1 encore les tablit-on mme souvent sur un plan semi-circulaire2 cependant1 vers le milieu du ,x,ve sicle1 on ne les regarda pas seulement comme un flanquement pour les portes extrieures2 on chercha les flanquer elles-mmes1 soit par d'autres ouvrages levs devant elles1 soit par la configuration de leur plan1 ,la barbacane qui dfend la principale entre du chteau de ,bonaguil1 lev au ,x,ve sicle1 prs ,villeneuve d',agen1 est une premire tentative en ce sens 7voy4 ,,ch,,teau74 ,des pices d'artillerie taient disposes rez-de-chausse et les parties suprieures conservaient leurs crnelages destins aux archers et arbaltriers4 ,en perdant leur ancienne forme1 la fin du ,x,ve sicle1 avec l'adoption d'un nouveau systme appropri aux bouches feu1 ces ouvrages perdirent leur ancien nom1 pour prendre la dnomination de boulevard4 ,lorsque les barbacanes du moyen ge furent conserves1 on les renfora extrieurement1 pendant les ,x,v,ie et ,x,v,i,ie sicles1 par des ouvrages d'une grande importance4 ,c'est ainsi que les dehors de la barbacane ,a 7#c7 du faubourg ,sachsenhausen de ,francfort sur le ,mein furent protgs au commencement du ,x,v,i,ie sicle2 vers la mme poque1 la barbacane ,a du chteau de ,cantimpr de ,cambrai 7#d7 devint l'occasion de la construction d'un ouvrage couronne ,b trs-tendu 7voy4 ,,boulevard74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b;,a4 ,illustration3 ,fig4 #b;,b et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,note #gf3 ,roman du ,renard1 t4 ,,ii1 p4 #cbg1 vers #ahdie4 ,note #gg3 ,le ,roman de ,garin4 ,note #gh3 ,histoire du roy saint ,loys1 par ,j4 sire de ,joinvile4 dit4 de ,dufresne ,du ,cange1 #afgh4 ,paris1 in-folio4 ,,bard1 s4 m4 ,est un chariot deux roues sur l'essieu desquelles porte un tablier et un timon arm de deux ou trois traverses4 ,ce chariot1 employ de temps immmorial dans les chantiers de construction1 sert transporter les pierres tailles pied d'oeuvre2 on le dsigne aussi sous le nom de binard4 ,six ou huit hommes s'attellent ce chariot1 et le font avancer en poussant avec les mains sur les traverses1 et en passant des courroies en bandoulire qui vont s'attacher des crochets en fer disposs l'extrmit antrieure du tablier et sur le timon4 ,lorsqu'on veut charger ou dcharger les pierres1 on relve le timon1 l'extrmit postrieure du tablier porte terre1 et forme ainsi un plan inclin qui facilite le chargement ou dchargement des matriaux4 ,on dit bardage pour exprimer l'action du transport des pierres pied d'oeuvre1 et les ouvriers employs ce travail sont dsigns dans les chantiers sous le nom de bardeurs4 ,par extension on dit barder des pierres sur les chafauds1 c'est--dire les amener de l'quipe qui sert les monter1 au point de la pose1 sur des plateaux et des rouleaux de bois4 ,ces dnominations sont fort anciennes4 ,le bardage des pierres1 du sol au point de pose1 se faisait souvent autrefois au moyen de plans inclins en bois4 ,le donjon cylindrique du chteau de ,coucy1 construit en pierres de taille d'un trs-fort volume de la base au fate1 fut lev au moyen d'un plan inclin en spirale qui tait maintenu le long des parements extrieurs par des traverses et des liens engags dans la maonnerie 7voy4 ,,construction1 ,,chafaud74 ,,bardeau1 s4 m4 ,bauche1 ,essente1 ,esseau4 ,c'est le nom que l'on donne de petites tuiles en bois de chne1 de chtaignier1 ou mme de sapin1 dont on se servait beaucoup autrefois pour couvrir les combles et mme les pans de bois des maisons et des constructions leves avec conomie4 ,dans les pays boiss1 le bardeau fut surtout employ4 ,ce mode de couverture est excellent2 il est d'une grande lgret1 rsiste aux efforts du vent1 et1 lorsque le bois employ est d'une bonne qualit1 il se conserve pendant plusieurs sicles4 ,quelquefois les couvertures en bardeaux taient peintes en brun rouge1 en bleu noir1 pour imiter probablement les tons de la tuile ou de l'ardoise4 ,ces fonds obscurs taient relevs par des lignes horizontales1 des losanges de bardeaux peints en blanc4 ,le bardeau est toujours plus long que large1 coup carrment1 ou en dents de scie1 ou en pans1 ou arrondis au pureau2 il est gnralement retenu sur la volige par un seul clou4 ,voici quelles sont les formes les plus ordinaires des bardeaux employs dans les couvertures des ,x,ve et ,x,v,ie sicles 7#a74 ,leur longueur n'excde gure #j1bb c4 et leur largeur #j1jh c4 ,ils sont souvent taills en bizeau leur extrmit infrieure1 ainsi que l'indiquent les deux figures ,a1 afin de donner moins de prise au vent et de faciliter l'coulement des eaux4 ,les bardeaux taient refendus et non scis1 de manire ce que le bois ft toujours parfaitement de fil2 cette condition de fabrication est ncessaire leur conservation4 ,le sciage permet l'emploi de bois dfectueux1 tandis que le dbitage de fil exige l'emploi de bois sains1 mailles rgulires et dpourvues de noeuds4 ,la scie contrarie souvent la direction du fil2 il en rsulte1 au bout de peu de temps1 sur les sciages exposs la pluie1 des clats1 des esquilles entre lesquelles l'eau s'introduit4 ,lorsque les bardeaux sont poss sur des surfaces verticales telles que les pans de bois1 ils affectent les formes que l'on donnait aux ardoises dans la mme position 7voy4 ,,ardoise72 le bois se dcoupant avec plus de facilit que le schiste1 les dentelures des bardeaux poss le long des rampants des pignons1 sur les sablires ou les poteaux corniers1 prsentent parfois des dentelures ouvrages et mme des ajours4 ,nous avons encore vu ,honfleur1 en #ahcagi1 une maison de bois sur le port1 dont les sablires taient couvertes de bardeaux dcoups en forme de lambrequins 7#b74 ,on voit beaucoup de moulins vent en ,france qui sont totalement couverts en bardeaux4 ,en ,allemagne1 on fait encore usage des bardeaux de sapin1 particulirement en ,bavire1 dans le voisinage du ,tyrol#hj4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,note #gi3 ,nous donnons cette date1 parce que tous les jours ces restes de revtements de maisons disparaissent1 et que la maison dont nous parlons peut avoir perdu son ornementation d'essente ou mme tre dmolie aujourd'hui4 ,note #hj3 ,le bardeau clou sur les pans de bois les prserve parfaitement de l'humidit extrieure1 et on ne saurait trop recommander son emploi pour les constructions isoles1 exposes aux vents de pluie4 ,tremp avant la pose dans une dissolution d'alun1 il devient incombustible4 ,,barre1 ,,barri,,re1 s4 f4 ,depuis les premiers temps du moyen ge jusqu' nos jours1 il est d'usage de disposer devant les ouvrages de dfense des villes ou chteaux1 tels que les portes1 des palissades de bois avec parties mobiles pour le passage des troupes4 ,mais c'est surtout pendant les ,x,ie1 ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles que les barrires jouent un grand rle dans l'art de la fortification4 ,les parties ouvrantes de ces barrires se composaient ou de vantaux claire-voie1 roulant sur des gonds2 ou de tabliers bascule 7voy4 ,,architecture ,,militaire1 fig4 #cj72 ou de simples barres de bois qui se tiraient horizontalement1 comme nos barrires de forts1 se relevaient au moyen d'un contre-poids 7#a71 et s'abaissaient en pesant sur la chaine4 ,ces dernires sortes de barres ne servaient que pour empcher un corps de cavalerie de forcer brusquement un passage4 ,on les tablissait aussi sur les routes1 soit pour percevoir un page1 soit pour empcher un poste d'tre surpris par des gens cheval#ha4 ,lorsqu'une arme venait mettre le sige devant une forteresse1 il ne se passait gure de jour sans qu'il se fit quelque escarmouche aux barrires2 et les assigeants attachaient une grande importance leur prise1 car une fois les dfenses extrieures en leur pouvoir1 ils s'y retranchaient et gnaient beaucoup les sorties des assigs4 ,ces barrires1 souvent trs-avances et vastes1 taient de vritables barbacanes1 qui permettaient un corps nombreux de troupes de se runir pour se jeter sur les ouvrages et les engins des assaillants2 une fois prises1 les assigs ne pouvaient sortir en masses compactes par les portes troites des dfenses construites en maonnerie2 forcs de passer la file par ces issues1 ils taient facilement refouls l'intrieur4 ,dans toutes les relations des siges des ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 il est sans cesse question de combats aux barrires extrieures des places fortes2 elles sont prises et reprises avec acharnement et souvent en perdant beaucoup de monde1 ce qui prouve l'importance de ces dfenses avances4 ,pour viter que les assaillants n'y missent le feu1 on les couvrait extrieurement1 comme les bretches et les beffrois1 de peaux fraches1 et mme de boue ou de fumier4 444,or avint ainsi que messire ,henri de ,flandre1 en sa nouvelle chevalerie1 et pour son corps avancer et accrotre son honneur1 se mit un jour en la compagnie et cueillette de plusieurs chevaliers1 desquels messire ,jean de ,hainaut toit chef1 et l toient le sire de ,fauquemont1 le sire de ,berghes1 le sire de ,baudresen1 le sire de ,kuck et plusieurs autres1 tant qu'ils toient bien cinq cents combattans2 et avoient avis une ville assez prs de l1 que on appeloit ,honnecourt1 o la plus grand partie du pays toit sur la fiance de la forteresse1 et y avoient mis tous leurs biens4 ,et j ,y avoient t messire ,arnoul de ,blakeben et messire ,guillaume de ,duvort et leurs routes2 mais rien n'y avoient fait3 donc1 ainsi que par esramie 7promptement71 tous ces seigneurs s'toient cueillis en grand dsir de l venir1 et faire leur pouvoir de la conqurir4 ,adonc avoit dedans ,honnecourt1 un abb de grand sens et de hardie entreprise1 et toit moult hardi et vaillant homme en armes2 et bien y apparut1 car il fit au dehors de la porte de ,honnecourt faire et charpenter en grand' hte une barrire1 et mettre et asseoir au travers de la rue2 et y pouvoit avoir1 entre l'un banc 7banchart7 et l'autre1 environ demi-pied de creux d'ouverture 7c'est--dire que les pieux taient carts l'un de l'autre d'un demi-pied72 et puis fit armer tous ses gens et chascun aller es gurites1 pourvu de pierres1 de chaux1 et de telle artillerie qu'il appartient pour l dffendre4 ,et si trs tt que ces seigneurs vinrent ,honnecourt1 ordonns par bataille1 et en grosse route et paisse de gens d'armes durement1 il se mit entre les barrires et la porte de ladite ville1 en bon convenant1 et fit la porte de la ville ouvrir toute arrire1 et montra et fit bien chre manire de dfense4 ,l vinrent messire ,jean de ,hainaut1 messire ,henri de ,flandre1 le sire de ,fauquemont1 le sire de ,berghes et les autres1 qui se mirent tout pied et approchrent ces barrires1 qui toient fortes durement1 chacun son glaive en son poing2 et commencrent lancer et jeter grands coups ceux de dedans2 et ceux de ,honnecourt eux dfendre vassalment4 ,l tait damp abb1 qui point ne s'pargnoit1 mais se tenoit tout devant en trs bon convenant1 et recueilloit les horions moult vaillamment1 et lanoit aucune fois aussi grands horions et grands coups moult apertement4 ,l eut fait mainte belle appertise d'armes2 et jetoient ceux des gurites contreval1 pierres et bancs1 et pots pleins de chaux1 pour plus essonnier les assaillans4 ,l toient les chevaliers et les barons devant les barrires1 qui y faisoient merveilles d'armes2 et avint que1 ainsi que messire ,henri de ,flandre1 qui se tenoit tout devant1 son glaive empoign1 et lanoit les horions grands et prilleux1 damp abb1 qui toit fort et hardi1 empoigna le glaive dudit messire ,henri1 et tout paumoiant et en tirant vers lui1 il fit tant que parmi les fentes des barrires il vint jusques au bras dudit messire ,henri1 qui ne vouloit mie son glaive laisser aller pour son honneur4 ,adonc quand l'abb tint le bras du chevalier1 il le tira si fort lui qu'il l'encousit dedans les barrires jusques aux paules1 et le tint l grand meschef1 et l'eut sans faute sach dedans1 si les barrires eussent t ouvertes assez4 ,si vous dis que le dit messire ,henri ne fut son aise tandis que l'abb le tint1 car il toit fort et dur1 et le tiroit sans pargner4 ,d'autre part les chevaliers tiroient contre lui pour rescourre messire ,henri2 et dura cette lutte et ce tiroi moult longuement1 et tant que messire ,henri fut durement grv4 ,toutes fois par force il fut rescous2 mais son glaive demeura par grand' prouesse devers l'abb1 qui le garda depuis moult d'annes1 et encore est-il1 je crois1 en la salle de ,honnecourt4 ,toutes fois il y toit quand j'crivis ce livre2 et me fut montr un jour que je passai par l et m'en fut recorde la vrit et la manire de l'assaut comment il fut fait1 et le gardoient encore les moines en parement 7comme trophes7#hb4 ,les barrires taient un poste d'honneur2 c'tait l que l'lite de la garnison se tenait en temps de guerre4 la porte ,saint-,jacques 7de ,paris7 et aux barrires toient le comte de ,saint-,pol1 le vicomte de ,rohan1 messire ,raoul de ,coucy1 le sire de ,cauny1 le sire de ,cresques1 messire ,oudart de ,renty1 messire ,enguerran d',eudin4 ,or avint ce mardi au matin 7septembre #acgj7 qu'ils se dlogrent 7les ,anglais7 et boutrent le feu s villages o ils avoient t logs1 tant que on les voit tout clairement de ,paris4 ,un chevalier de leur route avoit vou1 le jour devant1 qu'il viendroit si avant jusques ,paris qu'il hurteroit aux barrires de sa lance4 ,il n'en mentit point1 mais se partit de son conroi1 le glaive au poing1 la targe au col1 arm de toutes pices2 et s'en vint peronnant son coursier1 son cuyer derrire lui sur un autre coursier1 qui portoit son bassinet4 ,quant il dut approcher ,paris1 il prit son bassinet et le mit en sa tte3 son cuyer lui laa par derrire4 ,lors se partit cil brochant des perons1 et s'en vint de plein lai frir jusques aux barrires4 ,elles toient ouvertes2 et cuidoient les seigneurs qui l toient qu'il dt entrer dedans2 mais il n'en avoit nulle volont4 ,ainois quand il eut fait et hurt aux barrires1 ainsi que vou avoit1 il tira sur frein et se mit au retour4 ,lors dirent les chevaliers de ,france qui le virent retraire3 ,allez-vous-en1 allez1 vous vous tes bien acquitt444#hc ,il n'est pas besoin de dire qu'autour des camps on tablissait des barrires 7voy4 ,,lice1 ,,enclosure7#hd4 ,dans les tournois1 il y avait aussi le combat la barrire4 ,une barrire de cinq pieds environ sparait la lice en deux4 ,les jouteurs1 placs ses extrmits1 droite et gauche1 lanaient leurs chevaux l'un contre l'autre1 la lance en arrt1 et cherchaient se dsaronner2 la barrire1 qui les sparait1 empchait les chevaux de se choquer1 rendait le combat moins dangereux en ne laissant aux combattants que leurs lances pour se renverser4 ,ces barrires de tournois taient couvertes d'toffes brillantes ou peintes1 et parfaitement planchies des deux cts pour que les chevaux ou les combattants ne pussent se heurter contre les saillies des poteaux ou traverses4 ,quant aux barres proprement dites1 c'taient des pices de bois qui servaient clore et renforcer les ventaux des portes que l'on tenait fermer solidement4 ,les portes extrieures des tours1 des ouvrages isols de dfense1 lorsqu'elles ne se ferment que par un vantail1 sont souvent munies de barres de bois qui rentrent dans l'paisseur de la muraille4 ,en cas de surprise1 en poussant le vantail et tirant la barre de bois1 on le maintenait solidement clos et on se donnait le temps de verrouiller4 ,voici 7#b7 une des portes des tours de la cit de ,carcassonne ferme par ce moyen si simple4 ,du ct oppos au logement de la barre est pratiqu1 dans l'brasement de la porte1 une entaille carre qui reoit le bout de cette barre1 lorsqu'elle est compltement tire3 le vantail se trouvait ainsi fortement barricad2 pour tirer cette barre1 un anneau tait pos son extrmit1 et1 pour la faire rentrer dans sa loge1 une mortaise profonde1 pratiqu en dessous1 permettait la main de la faire sortir de l'entaille dans laquelle elle s'engageait 7#c74 ,les portes deux vantaux des forteresses se barricadaient au moyen d'une barre en bois flau1 comme cela se pratique encore aujourd'hui dans bien des cas4 ,ce flau1 pivotant sur un axe1 entrait dans deux entailles faites dans les brasements en maonnerie de la porte 7#d7 lorsque les vantaux taient pousss4 ,quelquefois1 comme la porte ,narbonnaise de la cit de ,carcassonne1 la barre des vantaux doubles tait fixe horizontalement l'un des deux vantaux1 venait battre sur l'autre et tait maintenue son extrmit par une forte clavette passant travers deux gros pitons en fer 7#e74 ,les deux vantaux se trouvaient ainsi ne former qu'une clture rigide1 pendant que l'on prenait le temps de pousser les verroux et de poser d'autres barres mobiles engages leurs extrmits dans des trous carrs pratiqus dans les brasements4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c et #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,note #ha3 ,les barrires contre-poids sont encore en usage dans le ,tyrol autrichien4 ,on dfendait les faubourgs des villes avec de simples barrires1 et souvent mme les rues de ces faubourgs1 en avant des portes4 ,l'attaque devenait alors trs-dangereuse1 car on garnissait les logis l'entour de combattants1 et les assaillants se trouvaient arrts de face et pris de flanc et en revers4 ,froissart rend compte d'une attaque de ces sortes de barrires1 et son rcit est trop curieux pour que nous ne donnions pas ce passage tout au long4 ,le roi d',angleterre est camp entre ,saint-,quentin et ,pronne 7#acci74 ,note #hb3 ,les ,chroniques de ,froissart1 liv4 ,i1 p4 #gh4 dit4 ,buclion4 ,note #hc3 ,les ,chroniques de ,froissart1 liv4 ,i1 ,i,ie partie1 p4 #fah4 ,note #hd3 ,en #achf1 lors du projet d'expdition en ,angleterre1 le conntable de ,france ,olivier de ,clisson fit ouvrer et charpenter l'enclosure d'une ville1 tout de bon bois et gros1 pour asseoir en ,angleterre l o il leur plairoit1 quand ils y auroient pris terre1 pour les seigneurs loger et retraire de nuit1 pour eschiver les prils des rveillemens 7surprises7444 ,on la pouvoit dfaire par charnires ainsi que une couronne et rasseoir membre membre4 ,grand foison de charpentiers et d'ouvriers l'avoient compasse et ouvre444 ,les ,chroniques de ,froissart1 liv4 ,,iii1 p4 #dih4 ,,bart1 s4 m4 ,vieux mot employ pour moellon1 pav4 ,,bas-,,cot1 s4 m4 ,c'est le nom que l'on donne aux nefs latrales des glises 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 ,,cath,,drale1 ,,glise74 ,,base1 s4 f4 ,on nomme ainsi l'empatement infrieur d'une colonne ou d'un pilier4 ,les ,grecs de l'antiquit ne plaaient une assise formant base que sous les colonnes des ordres ionique et corinthien2 l'ordre dorique en tait dpourvu4 ,sous l'empire1 les ,romains adoptrent la base pour tous leurs ordres1 et cette tradition fut conserve pendant les premiers sicles du moyen ge4 ,l'ordre toscan1 qui n'est que le dorique modifi par les ,romains1 fut trs-rarement employ pendant le ,bas-,empire2 on donnait alors la prfrence aux ordres corinthien et composite1 comme plus somptueux4 ,les bases appliques aux colonnes de ces ordres se composaient1 avec quelques varits de peu d'importance1 d'une tablette infrieure carre ou plinthe1 d'un tore1 d'une ou deux scoties spares par une baguette1 et d'un second tore2 le ft de la colonne portait le listel et le cong4 ,souvent la base tait pose sur un d ou stylobate1 simple ou dcor de moulures4 ,rien n'gale la grossiret des bases de colonnes appartenant aux difices des poques mrovingienne et carlovingienne1 comme profil et comme taille4 ,on y trouve encore les membres des bases romaines1 mais excuts avec une telle imperfection qu'il n'est pas possible de dfinir leur forme1 de tracer leur profil4 ,leur proportion1 par rapport au diamtre de la colonne1 est compltement arbitraire2 ces bases sont parfois trs-hautes pour des colonnes d'un faible diamtre1 et basses pour de grosses colonnes4 ,tantt elles ne se composent que d'un biseau1 tantt on y voit une srie de moulures superposes sans motif raisonnable4 ,il nous serait difficile de donner une suite complte de bases de ces temps de barbarie2 car il semble que chaque tailleur de pierre n'ait t guid que par sa fantaisie ou une tradition fort vague des formes adoptes pendant les bas temps4 ,nous ne pouvons que signaler les particularits que prsentent certaines bases de l'poque carlovingienne1 et surtout nous nous appliquerons expliquer la transition de la base romaine corrompue la base dfinitivement adopte la fin du ,x,i,ie sicle et pendant la priode ogivale4 ,un dtail trs-remarquable distingue la base antique romaine de la base du moyen ge ds les premiers temps2 la colonne romaine porte son extrmit infrieure une saillie compose d'un cong et d'un listel1 tandis que la colonne du moyen ge1 sauf quelques rares exceptions dont nous tiendrons compte1 ne porte aucune saillie infrieure1 et vient poser cru sur la base4 ,ainsi1 dans la colonne antique1 entre le tore suprieur de la base et le ft de la colonne1 il y a une moulure dpendant de celle-ci qui sert de transition4 ,cette moulure est supprime ds l'poque romane4 ,le cong et le filet infrieur du ft de la colonne exigeaient1 pour tre conservs1 un videment dans toute la hauteur de ce ft2 ces membres supprims1 les tailleurs de pierre s'pargnaient un travail considrable4 ,c'est aussi pour viter cet videment faire sur la longueur du ft que l'astragale fut runie au chapiteau au lieu de tenir la colonne 7voyez ,,astragale74 ,nous donnons tout d'abord quelques-unes des varits de bases adoptes du ,v,i,ie au ,xe sicle4 ,la fig4 #a est une des bases trouves dans les substructions de l'glise collgiale de ,poissy1 substructions qui paraissent appartenir l'poque mrovingienne#he4 ,la fig4 #a bis reproduit le profil de la plupart des bases de l'arcature carlovingienne2 visible encore dans la crypte de l'glise abbatiale de ,saint-,denis en ,france 7,xe sicle74 ,on retrouve dans ces deux profils une grossire imitation de la base romaine des bas temps4 ,la fig4 #b donne une des bases des piliers pans coups de la crypte de ,saint-,avit ,orlans3 c'est un simple biseau orn d'un trac grossirement cisel 7,v,i,ie ou ,v,i,i,ie sicle72 la fig4 #c1 les bases des piliers de la crypte de l'glise ,saint-tienne d',auxerre 7,i,xe sicle74 ,ici les piliers se composent d'une masse pan carr cantonne de quatre demi-colonnes2 la base n'est qu'un biseau reposant sur un plateau circulaire4 ,ce fait est intressant constater1 car c'est une innovation introduite dans l'architecture par le moyen ge4 ,l'ide de faire reposer les piliers composs de colonnes sur une premire assise offrant une assiette unique aux diverses saillies que prsentent les plans de ces piliers1 ne cesse de dominer dans la composition des bases des poques romane et ogivale4 ,nous en trouvons un autre exemple dans l'glise ,saint-,remy de ,reims4 ,les piliers de la nef de cette glise datent du ,i,xe sicle2 ils sont forms d'un faisceau de colonnes 7#d7 avec leur base romaine corrompue reposant sur une assise basse circulaire 7voy4 ,,pilier74 ,dans les contres o les monuments antiques restaient debout1 il va sans dire que la base romaine persiste1 est conserve plus pure que dans les provinces o ces difices avaient t dtruits4 ,dans le midi de la ,france1 sur les bords du ,rhne1 de la ,sane et du ,rhin1 on retrouve le profil de la base antique jusque vers les premires annes du ,x,i,i,ie sicle2 les innovations apparaissent plus tt dans le voisinage des grands centres d'art1 tels que les monastres4 ,jusqu'au ,x,ie sicle cependant1 les tablissements religieux ne faisaient que suivre les traditions romaines en les laissant s'teindre peu peu2 mais quand1 cette poque1 la rgle de ,cluny eut form des coles1 relev l'tude des lettres et des arts1 elle introduisit de nouveaux lments d'architecture1 parmi les derniers restes des arts romains4 ,dans les dtails comme dans l'ensemble de l'architecture1 ,cluny ouvrit une voie nouvelle 7voy4 ,,architecture ,,monastique72 pendant que le chaos rgne encore sur la surface de l',occident1 ,cluny pose des rgles1 et donne aux ouvriers qui travaillent dans ses tablissements certaines formes1 impose une excution qui lui appartiennent4 ,c'est dans ses monastres que nous voyons la base s'affranchir de la tradition romaine1 adopter des profils nouveaux et une ornementation originale4 ,les bases des colonnes engages de la nef de l'glise abbatiale de ,vzelay fournissent un nombre prodigieux d'exemples varis2 quelques-uns rappellent encore la base antique1 mais dj les profils ne subissent plus l'influence strile de la dcadence2 ils sont tracs par des mains qui cherchent des combinaisons neuves et souvent belles2 d'autres sont couverts d'ornements 7#e7 et mme de figures d'animaux 7#f74 la mme poque 7vers la fin du ,x,ie sicle71 on voit ailleurs l'ignorance et la barbarie admettre des formes sans nom1 confuses et sans caractre dtermin4 ,les bases de piliers appartenant la nef romane de l'glise ,saint-,nazaire de ,carcassonne 7fin du ,x,ie sicle7 dnotent et l'oubli des traditions romaines et le plus profond mpris pour la forme1 l'invention la plus pauvre3 7#g7 est une des bases des piles monocylindriques1 et 7#h7 une base des colonnes engages de cette nef4 ,toutes portent sur un d carr qui les inscrit4 ,ailleurs1 dans le ,berry1 dans le ,nivernais1 on faisait souvent alors des bases tournes1 c'est--dire profiles au tour2 ce procd tait galement appliqu aux colonnes 7voy4 ,,colonne74 ,nous donnons 7#i7 le profil de l'une des bases supportant les colonnes du tour du choeur de l'glise ,saint-tienne de ,nevers1 qui est taill d'aprs ce procd 7,x,ie sicle74 ,le tour invitait donner aux profils une grande finesse2 il permettait de multiplier les artes1 les filets2 et les tourneurs de bases usaient de cette facult4 ,la base tourne ,b1 compose d'une assise1 repose sur un socle huit pans ,a qui inscrit son plus grand diamtre4 ,dans le nord1 en ,normandie1 dans le ,maine1 dj ds le ,xe sicle les tailleurs de pierre avaient laiss de ct les moulures romaines corrompues1 et s'appliquaient excuter des profils fins1 peu saillants1 d'un galbe doux et dlicat4 ,naturellement les bases subissaient cette nouvelle influence4 ,c'est par la finesse du galbe et le peu de saillie que les profils normands se distinguent pendant l'poque romane 7voyez ,,profil74 ,voici une des bases des pidroits de l'arcature intrieure de la nef de la cathdrale du ,mans 7,xe sicle7 7#aj71 qui se rapproche plutt des profils des bas temps orientaux que de ceux adopts par les ,romains d'occident4 ,toutefois1 nous pourrions multiplier les exemples de bases antrieures au ,x,i,ie sicle1 sans trouver un mode gnral1 l'application d'un principe4 ,un monument antique encore debout1 un fragment mal interprt1 le got de chaque tailleur de pierre influaient sur la forme des bases de tel monument1 sans qu'il soit possible de reconnatre parmi tous ces exemples1 d'une excution souvent trs-nglige1 une ide dominante4 ,nous mettons cependant1 comme nous l'avons dit dj1 les monuments clunisiens en dehors de ce chaos4 ,dans les provinces o le calcaire dur est commun1 la taille de la pierre atteignit1 vers le commencement du ,x,i,ie sicle1 une rare perfection4 ,cluny tait le centre de contres abondantes en pierre dure1 et les ouvriers attachs ses tablissements mirent bientt le plus grand soin profiler les bases des difices dont la construction leur tait confie4 ,ce membre de l'architecture1 voisin de l'oeil1 la porte de la main1 fut un de ceux qu'ils traitrent avec le plus d'amour4 ,il est facile de voir dans la taille des profils des bases l'application d'une mthode rgulire2 on procde par pannelages successifs pour arriver du cube la forme circulaire moulure4 ,comme principe de la mthode applique au ,x,i,ie sicle1 nous donnons une des bases si frquentes dans les difices du centre de la ,france et du ,charolais 7#aa7hf4 ,les deux disques ,a et ,b sont1 comme la figure l'indique1 exactement inscrits dans le plan carr du socle ,d4 partir du point ,e1 le tailleur de pierre a commenc par dgager un cylindre ,e ,f1 puis il a vid la scotie ,c et ses deux listels1 se contentant d'adoucir les bords des deux disques ,a ,b1 sans chercher donner autrement de galbe son profil par la retraite du second tore ,b ou des tailles arrondies en boudins4 ,ce profil est lourd toutefois1 et ne peut convenir qu' des bases appartenant des colonnes d'un faible diamtre2 mais ce systme de taille est appliqu pendant le cours du ,x,i,ie sicle et reste toujours apparent2 il commande la coupe du profil4 ,soit 7#ab7 un morceau de pierre ,o destin une base3 #a laissant la hauteur ,,ab pour la plinthe1 on dgage un premier cylindre ,,ac1 comme dans la fig4 #aa1 puis un second cylindre ,,ed2 on obtient l'videment ,,dep4 #b on vide la scotie ,f4 #c ,on abat les deux artes ,,gh4 #d ,on cisle les filets ,,iklm4 #e ,on arrondit le premier tore1 la scotie et le second tore4 ,quelquefois mme1 ainsi que nous le verrons tout l'heure1 la base reste taille conformment au quatrime pannelage en tout ou partie4 ,le profil des bases du ,x,i,ie sicle conserve1 grce cet pannelage simple dont on sent toujours le principe1 quelque chose de ferme qui convient parfaitement ce membre solide de l'architecture et qui contraste1 il faut l'avouer1 avec la mollesse et la forme indcise de la plupart des profils des bases romaines4 ,le tore infrieur1 au lieu d'tre coup suivant un demi-cercle et de laisser entre lui et la plinthe une surface horizontale qui semble toujours prte se briser sous la charge1 s'appuie et semble comprim sur cette plinthe4 ,mais les architectes du ,x,i,ie sicle vont plus loin1 observant que1 malgr son empatement1 le tore infrieur de la base laisse les quatre angles de la plinthe carre vides1 que ces angles peu pais s'paufrent facilement pour peu que la base subisse un tassement2 les architectes1 disons-nous1 renforcent ces angles par un nerf1 un petit contre-fort diagonal qui1 partant du tore infrieur1 maintient cet angle saillant4 ,cet appendice1 que nous nommons griffe aujourd'hui 7voy4 ce mot71 devient un motif de dcoration et donne la base du ,x,i,ie sicle un caractre qui la distingue et la spare compltement de la base romaine4 ,nous donnons 7#ac7 le profil d'une des bases des colonnes monocylindriques du tour du choeur de l'glise de ,poissy taill suivant le procd indiqu par la fig4 #ab1 et le dessin de la griffe d'angle de cette base partant du tore infrieur pour venir renforcer la saillie forme par la plinthe carre4 ,il n'est pas besoin d'insister1 nous le croyons1 sur le mrite de cette innovation si conforme aux principes du bon sens et d'un aspect si rassurant pour l'oeil4 ,quand on s'est familiaris avec cet appendice1 dont l'apparence comme la ralit prsentent tant de solidit1 la base romaine1 avec sa plinthe isole1 a quelque chose d'inquitant2 il semble 7et cela n'arrive que trop souvent7 que ses cornes maigres vont se briser au moindre mouvement de la construction1 ou au premier choc4 ,c'est vers le commencement du ,x,ie sicle que l'on voit apparatre les premires griffes aux angles des bases2 elles se prsentent d'abord comme un vritable renfort trs-simple1 pour revtir bientt des formes empruntes la flore ou au rgne animal 7voy4 ,,griffe74 ,il nous serait difficile de dire dans quelle partie de l',occident cette innovation prit naissance1 mais il est incontestable qu'on la voit adopte presque sans exception dans toutes les provinces franaises1 partir de la premire moiti du ,x,i,ie sicle4 ,sur les bords du ,rhin1 comme en ,provence et dans le nord de l',italie1 les bases des colonnes sont presque toujours ds cette poque1 et pendant la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle1 munies de griffes4 ,nous reprsentons 7#ad7 une des bases des colonnes de la nef de l'glise de ,rosheim1 prs ,strasbourg 7rive gauche du ,rhin71 qui est renforce de griffes trs-simples 7premire moiti du ,x,i,ie sicle72 et 7#ae7 une base des colonnes engages de l'glise de ,schelestadt1 mme poque1 qui offre la mme particularit1 bien que1 de ces deux profils1 l'un soit trs-saillant et l'autre trs-peu accentu4 ,mais on remarquera que dans ces deux exemples1 comme dans tous ceux que nous pourrions tirer des monuments rhnans1 le got fait compltement dfaut4 ,les bases des colonnes de l'glise de ,rosheim sont ridiculement empates et lourdes1 celles de l'glise de ,schelestadt sont au contraire trop plates et leurs griffes fort pauvres d'invention4 ,c'est toujours dans l',ile de ,france ou les provinces avoisinantes qu'il faut chercher les beaux exemples de l'architecture du moyen ge1 soit comme ensemble soit comme dtails4 ,tandis que dans ces contres1 centre des arts et du mouvement intellectuel au ,x,i,ie sicle1 la base se soumettait1 ainsi que tous les membres de l'architecture1 des rgles raisonnes1 l'anarchie ou les vieilles traditions rgnaient encore dans les provinces du centre1 qui ne suivaient que tardivement l'impulsion donne par les artistes du ,x,i,ie sicle4 ,en ,auvergne1 dans le ,berry1 le ,bourbonnais et une partie du ,poitou1 la base reste longtemps dpourvue de son nouveau membre1 la griffe1 et les architectes paraissent livrs aux fantaisies les plus tranges4 ,c'est ainsi que nous voyons au clocher d'breuil 7,allier7 des colonnes dont les chapiteaux et les bases sont identiques de forme 7#af74 ,mme chose la porte de l'glise de ,neuvy-,saint-,spulcre 7,indre71 l'glise de ,cusset1 qui nous laisse voir encore une base dont la forme et la sculpture appartiennent un chapiteau 7#ag7hg4 ,l mme o les traditions romaines avaient conserv le plus d'empire1 ,langres1 par exemple1 mais o l'influence des coles d'art de la ,france pntrait1 nous voyons1 au ,x,i,ie sicle1 la base antique adopter la griffe4 ,les bases des colonnes du tour du choeur de la cathdrale de ,langres sont pourvues de griffes finement sculptes 7#ah74 ,le profil ,a de ces bases est presque romain1 sauf la scotie1 qui semble seulement pannele2 la plinthe 7voir le plan ,b71 au lieu d'tre trace sur un plan carr1 est brise suivant l'angle du polygone sur lequel les colonnes du choeur s'lvent4 ,il y a l une recherche qui dnote de la part des constructeurs de cet difice un soin tout particulier#hh4 ,cette recherche dans les dtails se retrouve pousse fort loin dans les bases des colonnettes du triforium du choeur de la cathdrale de ,langres4 ,les colonnettes jumelles qui reposent sur des bases tailles dans un mme morceau de pierre1 lorsqu'elles sont trs-charges1 portent toutes la charge aux deux extrmits de ce morceau de pierre1 et manquent rarement de le faire casser au milieu1 l o il est le plus faible1 puisqu'il n'a sur ce point que l'paisseur de la plinthe4 ,pour viter cet inconvnient1 les constructeurs du choeur de la cathdrale de ,langres ont eu l'ide de rserver entre les deux colonnettes jumelles1 sur la plinthe1 un renfort pris dans la hauteur d'assise de la base 7#ai74 ,cela est fort ingnieux1 et ce principe est galement appliqu aux chapiteaux de ce triforium 7voy4 ,,chapiteau74 ,il ressort dj de ces quelques exemples que nous venons de donner un fait remarquable3 c'est la propension croissante des architectes du ,x,i,ie sicle tablir des transitions entre la ligne verticale et la ligne horizontale1 ne jamais laisser porter brusquement la premire sur la seconde sans un intermdiaire4 ,et pour nous faire comprendre par une figure 7#bj73 soient ,a ,a deux assises horizontales d'une construction et ,b un point d'appui vertical2 les constructeurs ne laisseront jamais les angles ,c ,c vides1 mais ils les rempliront par des renforts inclins ,d ,d1 des transitions qui sont des paulements1 contreforts1 glacis1 quand on part de la ligne horizontale pour arriver la ligne verticale2 des encorbellements1 quand on part de la ligne verticale pour arriver l'horizontale4 ,tout est logique dans l'architecture du moyen ge1 dater de la grande cole du ,x,i,ie sicle1 dans les ensembles comme dans les moindres dtails2 le principe qui conduisait les architectes lever sur la colonne cylindrique un chapiteau vas pour porter les membres divers des constructions suprieures1 multiplier les encorbellements pour passer1 par une succession de saillies1 du point d'appui vertical la vote1 les amenait naturellement procder de la mme manire lorsqu'il s'agissait de poser un point d'appui vertical mince sur un large empalement4 ,aussi1 mettant part les marches1 les bancs qui doivent ncessairement1 dans les soubassements des difices1 prsenter des surfaces horizontales1 voyons-nous toujours la surface horizontale exclue comme ne fonctionnant pas1 ne portant pas4 ,en effet3 soit 7#ba7 ,a une colonne et ,b une assise servant d'empatement infrieur1 de base4 ,toute la charge de la colonne porte seulement sur la surface ,c ,d4 ,si forte que soit l'assise de pierre ,b1 pour peu que la surface ,c ,d s'affaisse sous la charge1 les extrmits ,c ,f1 ,d ,g non charges ne suivront pas ce mouvement1 et la pierre ne possdant aucune proprit lastique cassera en ,e ,e4 ,mais si 7#ba bis71 entre la colonne ,a et l'empatement ,b1 on place une assise ,o1 les chances de rupture n'existeront plus1 car la charge se rpartira sur une surface ,c ,d beaucoup plus large4 ,les angles ,e seront abattus comme inutiles2 ds lors1 plus de surface horizontale apparente4 ,telle est la loi qui commande la forme de toutes les bases de l'poque ogivale#hi4 ,voyons maintenant comment cette loi une fois tablie1 non-seulement les architectes ne s'en cartent plus1 mais encore l'appliquent jusque dans ses dernires consquences1 sans dvier jamais1 avec une rigueur de logique qui1 dans les arts1 aucune poque ne fut pousse aussi loin2 telle enfin1 que chaque tentative1 chaque essai nouveau dans cette voie1 n'est qu'un degr pour aller au del4 ,mais1 d'abord1 observons que la qualit des matriaux1 leur plus ou moins de duret1 influe sur les profils des bases4 ,lorsque les architectes du ,x,i,ie sicle employrent le marbre ou des calcaires compactes et d'une nature fire1 ils se gardrent de refouiller les scoties des bases2 ils multiplirent les artes fines1 les plans1 pour obtenir des ombres vives1 minces1 et de l'effet peu de frais4 ,dans le ,languedoc1 o les marbres et les pierres calcaires compactes froides se rencontrent peu prs seules1 on trouve beaucoup de profils de bases taills au ,x,i,ie sicle avec un grand soin1 une grande finesse de galbe1 mais o les refouillements profonds si frquents dans le ,nord sont vits4 ,nous prenons comme exemple une des bases des colonnes jumelles de la galerie du premier tage de l'htel de ville de ,saint-,antonin prs ,montauban 7#bb74 ,la pierre employe est tellement compacte et fire qu'elle clate sous le ciseau1 moins de la tailler trs-petits coups1 sans engager l'outil4 ,or le profil ,a de cette base montre avec quelle adresse les tailleurs de pierre ont vit les refouillements1 les membres saillants des moulures1 comme ils ont tir parti de la finesse du grain de la pierre pour obtenir1 par des ciselures faites petits coups1 des plans nettement coups1 des artes vives quoique peu accentues4 ,les traditions antiques1 l o elles taient vivantes1 comme en ,provence1 conservaient encore1 la fin du ,x,i,ie sicle1 leur influence1 tout en permettant l'introduction des innovations4 ,parmi un grand nombre d'exemples que nous pourrions citer1 il en est un fort remarquable3 ce sont les bases des piliers du tour du choeur de l'glise de ,saint-,gilles 7#bc74 ,les griffes d'angle viennent s'attacher au tore infrieur de la base ionique romaine2 leur sculpture rappelle la sculpture antique4 ,cette base qui1 en se retournant entre les piles1 forme le socle d'une clture1 porte sur le sol du choeur et n'est surleve que du ct du bas-ct en ,a4 ,il est prsumer que les colonnes portaient le filet et le cong comme la colonne antique#ij4 ,dans le choeur de l'glise de ,vzelay1 peu postrieur celui de ,saint-,gilles 7dernires annes du ,x,i,ie sicle71 nous retrouvons encore la tradition romaine1 mais seulement dans le ft de la colonne qui porte en ,b un tore1 un filet et un cavet 7#bd74 ,quant la base elle-mme1 outre ses griffes1 qui sont bien caractrises et n'ont rien d'antique 7voy4 ,,griffe71 son profil est le profil de la fin du ,x,i,ie sicle2 le bahut1 qui surlve cette base sur le bas-ct1 n'est pas couronn par le quart de rond antique de ,saint-,gilles1 mais par un profil beaucoup mieux appropri cette place1 en ce qu'au lieu de former une arte coupante1 il prsente un adouci4 ,ces quelques exceptions mises de ct1 la base ne dvie plus de la forme rationnelle que lui avaient donne les architectes franais du ,x,i,ie sicle2 elle ne fait que la perfectionner jusqu' l'abus du principe logique qui avait command sa composition4 ,un des plus beaux et derniers exemples de la base du ,x,i,ie sicle se rencontre dans une petite glise de ,bourgogne1 l'glise de ,montral prs ,avallon#ia4 ,nous donnons ici 7#be7 une des bases des colonnes engages de la nef de cette glise et son profil ,a moiti d'excution4 ,l'pannelage indiqu par la ligne ponctue est encore parfaitement respect ici4 ,les piles de cette glise prsentent parfois des pilastres pans coups au lieu de colonnes engages2 ,ces pilastres ne portent pas sur un profil de base rptant celui des colonnes3 ils ont leur base spciale 7#bf71 dont la composition vient appuyer notre thorie explique par la fig4 #ba bis4 ,ce n'est gure que dans les monuments levs sous une influence romaine1 comme les cathdrales de ,langres et d',autun1 comme beaucoup d'difices du ,charolais et de la haute ,bourgogne1 que les pilastres 7frquents dans ces constructions pendant le ,x,i,ie sicle7 posent sur des profils de bases semblable ceux des colonnes4 ,la vritable architecture franaise1 naissante alors1 n'admettait pas qu'un mme profil de base pt convenir un pilastre carr et un cylindre4 ,et en cela1 comme en beaucoup d'autres choses1 la nouvelle cole avait raison4 ,les tores et filets des bases1 fins1 dtachs1 prsentent dans les retours d'querre des aiguits dsagrables la vue1 et surtout fort gnants la hauteur o ils se trouvent placs2 car il est rare que le niveau suprieur des bases1 dater du ,x,i,ie sicle1 excde #am1#bj au-dessus du pav4 ,les artes saillantes des bases de pilastres se fussent donc trouves la hauteur des hanches ou du coude d'un homme2 et si les architectes du moyen ge avaient toujours en vue l'chelle humaine dans leurs compositions 7voy4 ,,architecture71 s'ils tenaient ce qu'une base ft plutt proportionne la dimension humaine qu' celle de l'difice1 on ne doit pas tre surpris qu'ils vitassent avec soin ces angles dont les vives artes menacent le passant4 ,tenant compte de la dimension humaine1 ils devaient naturellement penser ne pas gner ou blesser l'homme1 pour lequel leurs difices taient faits#ib4 ,ces raisons1 celles non moins imprieuses dduites du nouveau systme de construction adopt ds le commencement du ,x,i,i,ie sicle1 amenrent successivement les architectes modifier les bases4 ,c'est dans l',ile de ,france qu'il faut tudier ces transformations suivies avec persistance4 ,les architectes de cette province ne tardrent pas reconnatre que le plan carr de la plinthe et du socle tait gnant sous le tore infrieur1 quoique ses angles fussent adoucis et rendus moins dangereux par la prsence des griffes4 ,s'ils conservrent les plinthes carres pour les bases des colonnes hors de porte1 ils les abattirent aux angles pour les grosses colonnes du rez-de-chausse4 ,tmoin les colonnes monocylindriques du tour du choeur de la cathdrale de ,paris 7fin du ,x,i,ie sicle72 celles de la nef de la cathdrale de ,meaux1 du tour du choeur de l'glise ,saint-,quiriace de ,provins1 dont les bases sont leves sur des socles et des plinthes donnant en plan un octogone quatre grands cts et quatre petits4 ,toutefois1 comme pour conserver la base son caractre de force1 un empatement considrable sous le ft de la colonne1 les constructeurs reculent encore devant l'octogone cts gaux2 ils conservent la griffe1 mais en lui donnant moins d'importance puisqu'elle couvre une plus petite surface4 ,la fig4 #bf bis indique le plan1 et l'angle abattu avec sa griffe d'une des bases du tour du choeur dans la cathdrale de ,paris1 taille d'aprs ce principe4 ,mais que l'on veuille bien remarquer que ces bases1 plan octogonal irrgulier1 ne sont places que sous les grosses colonnes isoles du rez-de-chausse2 ces angles abattus ne se trouvent pas aux bases des colonnes engages d'un faible diamtre4 ,l'intention de ne pas gner la circulation est ici manifeste#ic4 ,autour du choeur de la cathdrale de ,chartres 7commencement du ,x,i,i,ie sicle71 les grosses colonnes qui forment la prcinction du deuxime bas-ct sont portes sur des bases dont le socle est cubique1 et la plinthe octogonale rgulire 7#bg74 ,mais la position de ces colonnes accompagnant un emmarchement justifie la prsence du socle pan carr4 ,en effet1 ces marches interdisant la circulation en tous sens1 il tait inutile d'abattre les angles des carrs4 ,ici la griffe est descendue d'une assise2 elle dgage la base dont la plinthe la porte de la main est franchement octogone4 ,dj mme le tore infrieur de cette base1 pour garantir par sa courbure les artes du polygone1 viter la saillie des angles obtus1 dborde les faces de ce polygone1 ainsi que l'indique en ,a le profil pris sur une ligne perpendiculaire au milieu de l'une d'elles4 ,en si beau chemin de raisonner1 les architectes du ,x,i,i,ie sicle ne s'arrtent plus4 la cathdrale de ,reims 7#bh71 nous les voyons conserver la plinthe carre avec ses griffes1 mais garder les passants des artes par la premire assise du socle ,b1 qui est taille sur un plan octogonal2 le tore infrieur ,c dborde les faces ,d4 la mme poque1 on construisait la nef de la cathdrale d',amiens et une quantit innombrable d'difices dont les bases des gros piliers sont profiles sur des plinthes et socles octogones4 ,la griffe alors disparat4 ,voici un exemple de ces sortes de bases socle octogone tir des colonnes monocylindriques des bas-cts du choeur de l'glise ,notre-,dame de ,semur en ,auxois 7#bi74 ,pendant que l'on abattait partout1 de #abcj #abdj1 les angles des plinthes et les socles des grosses piles1 afin de laisser une circulation plus facile autour de ces piliers isols1 on maintenait encore les bases plinthes et socles carrs pour les colonnes engages le long des murs1 pour les colonnettes des fentres1 des arcatures1 et toutes celles qui taient hors de la circulation2 seulement1 pour les colonnes engages1 on posait1 lorsqu'elles taient triples 7ce qui arrivait souvent afin de porter l'arc doubleau et les deux arcs ogives des votes71 les bases ainsi que l'indique la fig4 #cj4 ,il y avait cela deux raisons3 la premire1 que les tailloirs des chapiteaux tant souvent cette poque poss suivant la direction des arcs des votes1 les faces ,b des tailloirs taient perpendiculaires aux diagonales ,a2 que ds lors les bases prenaient en plan une position semblable celle des chapiteaux2 la seconde1 que les bases ainsi places prsentaient des pans coups ,b ne gnant pas la circulation4 ,dj1 ds #abcj1 la direction et le nombre des arcs des votes commandaient non-seulement le nombre et la force des colonnes1 mais la position des bases 7voy4 ,,construction74 ,supprimant les griffes aux bases des piliers isols1 on ne pouvait les laisser aux bases des colonnes engages et des colonnettes des galeries1 des fentres1 etc4 ,les architectes du ,x,i,i,ie sicle tenaient trop l'unit de style pour faire une semblable faute2 mais nous ne devons pas oublier leur aversion pour toute surface horizontale dcouverte et par consquent ne portant rien4 ,les griffes enleves1 l'angle de la plinthe carre redevenait apparent1 sec1 contraire au principe des paulements et transitions4 ,pour viter cet cueil1 les architectes commencrent par faire dborder de beaucoup le tore infrieur de la base sur la plinthe 7#ca7id2 mais les angles ,a1 malgr le bizeau ,c1 laissaient encore voir une surface horizontale1 et le tore ,b ainsi dbordant 7quoique le bizeau ,c ne ft pas continu sous la saillie en ,d7 tait faible1 facile briser2 il laissait voir par-dessous1 si la base tait vue de bas en haut1 une surface horizontale ,e4 ,on ne tarda gure viter ces deux inconvnients en entaillant les angles et en mnageant un petit support sous la saillie du tore4 ,la fig4 #cb ,a indique en plan l'angle de la plinthe dissimul par un cong1 et ,b le support rserv sous la saillie du tore infrieur4 ,la fig4 #cc donne les bases d'une pile engage du clotre de la cathdrale de ,verdun tailles d'aprs ce principe4 ,on voit que l les angles saillants1 contre lesquels il et t dangereux de heurter les pieds dans une galerie destine la promenade ou la circulation1 ont t vits par la disposition pan coup des assises infrieures ,p4 ,toutes ces tentatives se succdent avec une rapidit incroyable2 dans une mme construction1 leve en dix ans1 les progrs1 les perfectionnements apparaissent chaque tage4 ,de #abce #abde1 les architectes prirent le parti d'viter les complications de tailles pour les plinthes et socles des bases des colonnes secondaires1 comme ils l'avaient fait dj pour les grosses colonnes des nefs1 c'est--dire qu'ils adoptrent partout1 sauf pour quelques bases de colonnettes de meneaux1 la plinthe et le socle octogones4 la cathdrale d',amiens1 dans les parties infrieures du choeur1 la ,sainte-,chapelle de ,paris1 dans la nef de l'glise de ,saint-,denis1 dans le choeur de la cathdrale de ,troyes1 etc41 toutes les bases des colonnes engages ou isoles sont ainsi tailles 7#cd74 ,quelques provinces cependant avaient1 la mme poque1 pris un autre parti4 ,la ,normandie1 le ,maine1 la ,bretagne tablissaient les bases de leurs piliers1 colonnes ou colonnettes isoles ou engages1 sur des plinthes et socles circulaires concentriques ces tores4 ,telles sont les bases des piles de la nef de la cathdrale de ,sez 7#ce71 les bases des colonnes de la partie de l'glise d',eu qui date de #abdj environ1 du choeur de la cathdrale du ,mans de la mme poque1 etc42 car il est remarquer que1 pendant les premires annes du ,x,i,i,ie sicle1 ces dtails de l'architecture normande ne diffrent que bien peu de ceux de l'architecture de l',ile de ,france1 et qu'au moment o1 dans les diocses de ,paris1 de ,reims1 d',amiens1 d',auxerre1 de ,tours1 de ,bourges1 de ,troyes1 de ,sens1 on faisait passer le plan infrieur de la base du carr l'octogone1 on adoptait en ,normandie et dans le ,maine le socle circulaire4 ,cette dernire forme est molle1 pauvre1 et est loin de produire l'effet encore solide de la base sur socle octogone4 ,c'est aussi la forme circulaire que s'arrtrent les architectes anglais1 la mme poque4 ,l'influence du style franais se fait sentir en ,normandie la fin du rgne de ,philippe-,auguste2 plus tard1 le style anglo-normand semble prvaloir1 dans cette province1 dans les dtails sinon dans l'ensemble des constructions4 ,cependant le profil de la base avait subi des modifications essentielles de #abbj #abdj4 ,le tore infrieur 7fig4 #cd7 ,a s'tait aplati2 la scotie ,c se creusait et arrivait parfois jusqu' l'aplomb du nu de la colonne2 le tore suprieur ,b1 au lieu d'tre trac par un trait de compas1 subissait une dpression qui allgeait son profil et lui donnait de la finesse4 ,le but de ces modifications est bien vident3 les architectes voulaient donner plus d'importance au tore infrieur aux dpens des autres membres de la base1 afin d'arrter la colonne par une moulure large et se drobant le moins possible aux yeux4 ,mais ce n'est que dans les provinces mres de l'architecture ogivale que ces dtails sont soumis des rgles dictes par le bon sens et le got2 ailleurs1 en ,normandie1 par exemple1 o la dernire priode romane jette un si vif et bel clat1 on voit que l'cole ogivale est flottante1 indcise2 elle mle ses profils romans au nouveau systme d'architecture2 elle trace ses moulures souvent au hasard1 ou cherche des effets dans lesquels l'exagration a plus de part que le got4 ,le profil de la base que nous donnons 7fig4 #ce7 en est un exemple3 c'est un profil roman2 la scotie est maladroitement remplie par un perl qui amollit encore ce profil1 dj trop plat pour une pile de ce diamtre4 ,ce n'est pas ainsi que procdaient les matres1 les architectes tels que ,robert de ,luzarches1 ,pierre de ,corbie1 ,pierre de ,montereau et tant d'autres sortis des coles de l',ile de ,france1 de la ,champagne1 de la ,picardie et de la ,bourgogne2 ils ne donnaient rien au hasard1 et ils se rendaient compte1 dans leurs compositions d'ensemble comme dans le trac des moindres profils1 en praticiens habiles qu'ils taient1 des effets qu'ils voulaient produire4 ,qu'on ne s'tonne pas si1 propos des bases1 nous entrons dans des considrations aussi tendues4 ,les bases1 leur compositions leurs profils1 ont1 dans les difices1 une importance au moins gale celle des chapiteaux2 elles donnent l'chelle de l'architecture4 ,celles qui sont poses sur le sol tant prs de l'oeil deviennent le point de comparaison1 le module qui sert tablir des rapports entre les moulures1 les faisceaux de colonnes1 les nervures des votes4 ,trop fines ou trop accentues1 elles feront paratre les membres suprieurs d'un monument lourds ou maigres#ie4 ,aussi les bases sont-elles traites par les grands matres des oeuvres du ,x,i,i,ie sicle avec un soin1 un amour tout particulier4 ,si elles sont poses trs-prs du sol et vues de haut en bas1 leurs profils s'aplatiront1 leurs moindres dtails se prteront cette position 7#cf ,a74 ,si1 au contraire1 elles portent des colonnes suprieures telles que celles des fentres hautes1 des triforiums1 et si1 par consquent1 on ne peut les voir que de bas en haut1 leurs moulures1 tores1 scoties et listels prendront de la hauteur 7#cf ,b71 de manire que1 par l'effet de la perspective1 les profils de ces bases infrieures et suprieures paratront les mmes4 ,cette tude de l'effet des profils des bases est bien vidente dans la nef de la cathdrale d',amiens1 btie d'un seul jet de #abbe #abce4 ,l1 plus les bases se rapprochent de la vote et plus leurs profils sont hauts1 tout en conservant exactement les mmes membres de moulures4 ,depuis les premiers essais de l'architecture du ,x,i,ie sicle1 dans les provinces de ,france1 jusque vers #abbe environ1 lorsque des piles se composent de faisceaux de colonnes ingales de diamtre1 la runion des bases donne des profils diffrents de hauteur en raison de la grosseur des diamtres des colonnes2 du moins cela est frquent2 c'est--dire que la grosse colonne a sa base et la colonne fine la sienne1 les profils tant semblables mais ingaux4 ,ce fait est bien remarquable la cathdrale de ,laon#if1 dont quelques piles de la nef se composent de grosses colonnes monocylindriques flanques de colonnettes dtaches1 d'un faible diamtre 7#cg74 ,a donne le profil de la grosse colonne centrale et ,b le profil des colonnettes reposant tous deux sur un socle et une plinthe de mme paisseur4 ,mais dj1 de #abcj #abdj1 nous voyons les piles composes de colonnes de diamtres ingaux possder le mme profil de base pour ces colonnes1 indpendamment de leur diamtre4 ,il est certain que1 quelle que ft la composition de la pile1 les architectes du ,x,i,i,ie sicle voulaient qu'elle et sa base1 et non ses bases2 c'tait l une question d'unit4 la ,sainte-,chapelle de ,paris 7voy4 fig4 #cd71 les trois colonnes des piles engages et les colonnettes de l'arcature ont le mme profil de base1 qui se continue entre ces colonnettes le long du pied de la tapisserie2 seulement le profil appliqu aux colonnettes de l'arcature et courant le long du parement est plus camard que celui des grosses colonnes4 ,les architectes du ,x,i,i,ie sicle1 artistes de got autant au moins que logiciens scrupuleux1 avaient senti qu'il fallait1 dans leurs difices composs de tant de membres divers1 ns successivement du principe auquel ils s'taient soumis1 rattacher ces membres par de grandes lignes horizontales1 d'autant mieux accuses qu'elles taient plus rares4 ,la base place presque au niveau de l'oeil tait1 plus que le sol encore1 le vritable point de dpart de toute leur ordonnance2 ils cherchaient si bien viter1 dans cette ligne1 les ressauts1 les dmanchements de niveaux1 qu'ils runissaient souvent les bases des piles adosses aux murs par une assise continuant le profil de ces bases1 ainsi qu'on peut le voir la ,sainte-,chapelle de ,paris4 ,lorsque les difices se composent1 comme les grandes glises1 de ranges de piles isoles et de piles engages dans les murs latraux1 les bases atteignent des niveaux diffrents1 celles des grandes piles isoles tant plus hautes que celles des piles des bas-cts2 cela est fort bien raisonn1 car un niveau unique pour les bases des piles courtes et des piles lances devait tre choquant2 ce niveau et t trop lev pour les piles des bas-cts ou trop bas pour les piles isoles qui montent jusqu' la grande vote4 ,ainsi1 pour les grandes piles1 la base se compose gnralement de trois membres3 #a d'un socle infrieur circonscrivant les polygones1 #b d'un second socle avec moulure1 #c de la base proprement dite avec sa plinthe2 tandis que pour les piles des bas-cts1 la base ne se compose gure que de deux membres3 #a d'un socle la hauteur du banc1 #b de la base avec sa plinthe4 ,si le bas-ct est double1 le second rang de piles isoles est port sur des bases dont le niveau est le mme que celui des bases des piles engages1 puisque ce second rang de piles n'a que la hauteur de celles adosses aux murs latraux4 ,si grand que soit l'difice1 les bases dont le niveau est le plus lev ne dpassent jamais et atteignent rarement1 dans les monuments construits par les artistes de ,france au ,x,i,i,ie sicle1 la hauteur de l'oeil1 c'est--dire #am1#fj4 ,la hauteur de la base est donc le vritable module de l'architecture ogivale2 c'est le point de comparaison1 l'chelle2 c'est comme une ligne de niveau trace au pied de l'difice1 qui rappelle partout la stature humaine4 ,si le sol s'lve de quelques marches1 comme dans les choeurs des glises1 le niveau de la base ressaute d'autant1 retrace une seconde ligne de niveau1 indique un autre sol4 ,ces rgles sont bien loignes de celles qu'on a voulu baser sur les ordres romains1 et qui sont du reste rarement confirmes par les faits2 mais n'oublions pas qu'il faut tudier l'architecture antique et l'architecture ogivale deux points de vue diffrents4 ,en soumettant ainsi toutes les piles et les membres de ces piles un seul profil de bases1 sans tenir compte des diamtres des colonnes1 les architectes obissaient leur instinct d'artiste plutt qu' un raisonnement de savants2 ils avaient dvi de l'ornire logique4 ,nous ne saurions trop le dire 7parce que dans les arts1 et surtout dans l'art de l'architecture1 entre la science pure et le caprice1 il est un chemin qui n'est ouvert qu'aux hommes de gnie71 ce qui nous porte tant admirer nos architectes franais du ,x,i,i,ie sicle1 c'est qu'ils ont suivi ce chemin1 comme dans leur temps les ,grecs l'avaient parcouru2 mais malheureusement cette voie1 dans l'histoire des arts1 n'est jamais longue4 ,le got1 le gnie1 l'instinct ne se formulent pas1 et l'heure des pdants1 des raisonneurs1 succde bientt l'inspiration qui possde la science1 mais la possde prisonnire et soumise4 ,avant de passer outre et de montrer ce que devient ce membre si important de l'architecture ogivale1 la base1 nous ne devons pas omettre une observation de dtail qui a son importance4 ,si les bases des piles de rez-de-chausse excutes de #abcj #abfj ne prsentent que peu de varits dans la composition de leurs profils et de leurs plans2 si les architectes pendant cette priode attachaient une grande importance ces bases infrieures1 le point de dpart1 le module de leurs difices1 il semble qu'ils aient abandonn souvent l'excution des bases des colonnes secondaires des ordonnances suprieures aux tailleurs de pierre4 ,les ouvriers sortis de divers ateliers1 runis en grand nombre lorsqu'il s'agissait de construire un vaste difice 7et cette poque on construisait avec une rapidit qui tient du prodige7 7voy4 ,,construction71 se permettaient de modifier certains profils de dtails suivant leur got4 ,il n'est pas rare 7et ceci peut tre observ surtout dans les grands monuments7 de trouver1 dans les difices qui datent de #abdj #abgj1 des bases de colonnettes1 de meneaux de fentres1 de galeries suprieures1 prsentant des rangs de pointes de diamant dans la scotie1 des bases sans scoties1 avec tore suprieur d'une coupe circulaire1 avec plinthe carre simple ou avec angles abattus et supports sous la saillie du tore infrieur4 ,il y a donc encore cette poque une certaine libert1 mais elle se rfugie dans les parties des difices qui sont hors de la vue1 et se produit sans la participation de l'architecte4 ,au commencement du ,x,i,ve sicle1 la base s'appauvrit1 ses profils perdent de leur hauteur et de leur saillie4 ,dans l'glise ,saint-,urbain de ,troyes dj1 qui ouvre le ,x,i,ve sicle1 les bases des piliers et colonnettes comptent peine2 les deux tores se sont runis et la scotie a disparu 7#ch72 les moulures des socles sont maigres2 et partout1 au rez-de-chausse comme dans les galeries suprieures1 le profil est le mme4 ,on voit qu'alors les architectes cherchaient dissimuler ce membre d'architecture1 si important dans les difices des premiers temps de la priode ogivale1 viter des empatements dont l'importance tait en dsaccord avec le systme vertical des constructions4 ,en progressant1 l'architecture ogivale multiplie ses lignes verticales et efface ses membres horizontaux2 ceux-ci se rduisent de plus en plus pour disparatre compltement au ,x,ve sicle4 ,telle est la puissance d'un principe logique poursuivi outrance dans les arts1 qu'il finit par touffer ses propres origines4 ,pendant les premires annes du ,x,i,ve sicle1 les piliers possdent encore la base niveaux et profils uniques4 ,non-seulement les colonnes formant faisceaux se subdivisent 7voy4 ,,pilier71 mais elles commencent porter des artes saillantes destines multiplier les lignes verticales4 ,le profil des bases obit au contour donn par le plan de ces piliers2 et1 dans ce cas1 la plinthe conserve son plan carr1 dont l'angle saillant est couvert par l'excroissance que forme le tore infrieur de la base4 ,dans le choeur de l'glise ,saint-,nazaire de ,carcassonne 7#ci71 les piles engages prsentent en section horizontale ,a des runions de colonnettes portant1 la plupart1 des artes saillantes2 le profil de la base contourne ces artes1 et les saillies des tores infrieurs sont accompagnes encore de petits supports4 ,les surfaces horizontales sont soigneusement vites ici1 car les plinthes carres des bases pntrent un bizeau continu dpendant du socle qui circonscrit le plan de ces plinthes4 ,toutefois un fait curieux doit tre signal ici3 le choeur de l'glise ,saint-,nazaire de ,carcassonne conserve encore de grosses colonnes cylindriques1 et1 par exception1 l'architecte de cet difice n'ayant pas admis la plinthe polygonale sous les tores des bases1 fut entran faire encore des griffes pour couvrir les angles saillants des plinthes que le tore des bases des grosses colonnes ne pouvait masquer 7#dj74 ,ces exemples indiquent parfaitement la transition entre la base du ,x,i,i,ie sicle et la base du ,x,i,ve1 car la plinthe plan carr et la griffe ne se retrouvent plus partir de cette dernire poque4 ,saint-,nazaire de ,carcassonne1 nous voyons encore1 sous la plinthe1 le profil ,b 7#dj71 qui figure une assise sous cette plinthe1 bien que par le fait ce profil ,b soit pris dans l'assise mme de la base4 ,c'tait l un contre-sens qui ne fut pas souvent rpt4 ,bientt1 en effet1 le profil ,b du socle et la plinthe ne firent plus qu'un2 les deux profils des tores de la base arrivrent galement ne former qu'une seule moulure4 ,soit ,a 7#da7 le profil d'une base de la fin du ,x,i,i,ie sicle2 la scotie ,d est encore visible2 ce n'est plus qu'un trait grav2 l'ancienne moulure du socle ,e tient la plinthe et lui donne un empatement dtach comme s'il y avait un joint en ,f1 qui n'existe pas cependant4 ,la base se modifie encore2 ,b1 la scotie1 disparat entirement2 le profil ,e s'amaigrit1 son membre suprieur se dtache4 ,puis enfin1 vers #abcj1 ,c1 les deux tores1 se runissent1 et le profil ,e s'est fondu dans la plinthe4 ,les petits supports sous les saillies du tore infrieur sont conservs lorsque la plinthe plan carr persiste1 ce qui est rare4 ,la plinthe devient polygonale pour mieux circonscrire les tores4 ,ne comprenant plus les raisons d'art qui avaient engag les architectes du milieu du ,x,i,i,ie sicle faire rgner la mme hauteur et le mme profil de base sous toutes les colonnes1 quel que ft leur diamtre1 et tendant soumettre tous les dtails architectoniques une logique imprieuse1 les constructeurs du ,x,i,ve sicle reviennent aux bases ingales de hauteur en raison des diamtres des colonnes runies en un seul faisceau4 ,on peut en voir un exemple la cathdrale de ,paris1 dont les chapelles absidales ont t construites de #acbe #accj2 les piles de tte de ces chapelles sont portes sur des bases ainsi tailles 7#db74 ,toutefois1 ici1 les ingalits entre les hauteurs des bases sont peu sensibles1 et les tores sont profils au mme niveau4 ,l'oeil est ramen une seule ligne horizontale de laquelle les piles s'lancent4 ,pendant toute la dure du ,x,i,ve sicle1 cette mthode est suivie sans dviations sensibles4 ,ce n'est qu' la fin de ce sicle et au commencement du ,x,ve que les architectes imaginent de faire ressauter les bases et de ne conserver ni les tores ni les plinthes au mme niveau4 ,mais disons d'abord que les deux tores de la base1 aprs l'abandon de la scotie1 s'taient si bien souds qu'on avait fini par oublier l'origine de ce profil2 des deux moulures1 pendant le ,x,ve sicle1 on n'en formait plus qu'une seule2 et comme cette moulure se trouvait prise dans la mme pierre que la plinthe1 on ne la spara plus de celle-ci par une coupe vive angle droit1 coupe qui1 pour les raisonneurs de cette poque1 indiquait un lit qui n'avait jamais exist4 ,du profil ,a 7#dc7 on arriva au profil ,b1 et le membre ,c qui remplaait l'ancien tore1 au lieu d'tre trac sur un plan circulaire1 prit la forme polygonale de l'ancienne plinthe ,d1 la colonne restant cylindrique4 ,les architectes affectrent de profiler les bases d'une mme pile des niveaux diffrents1 comme pour mieux sparer chaque colonnette ou membre de ces piles1 et pour viter la continuit des lignes horizontales4 ,voici 7#dd7 un exemple de bases d'une pile du ,x,ve sicle tir de la nef de la cathdrale de ,meaux4 ,ces exemples sont trs-frquents1 et nous ne croyons pas avoir besoin de les multiplier2 d'ailleurs il en est des bases du ,x,ve sicle comme de tous les dtails et ensembles architectoniques de cette poque1 la complication des formes arrive la monotonie4 ,plus d'originalit1 plus d'art2 tout se rduit des formules d'appareilleur4 la fin du ,x,ve sicle1 les piles1 au lieu de se composer de faisceaux de colonnes cylindriques1 reviennent la forme monocylindrique ou aux groupes de prismes curvilignes4 ,dans le premier cas1 une seule base socle polygonal porte le gros cylindre 7#de71 dans le second1 on retrouve la base principale1 celle du corps du pilier1 dans laquelle viennent pntrer les petites bases partielles et ressautantes des prismes groups autour de ce pilier4 ,on se fait difficilement une ide de la confusion qui rsulte de ce trac2 mais les appareilleurs et tailleurs de pierre de ce temps se faisaient un jeu de ces pntrations de corps 7voy4 ,,trait74 ,nous donnons ci-contre 7#df7 la base d'une pile provenant du portique de l'htel de la ,trmoille ,paris2 cet exemple confirme ce que nous disons#ig4 ,on voit1 en coupe1 le profil principal ,d de la base du pilier1 exprim en ,d' dans le plan ,p4 ,les bases ressautantes des prismes accols ce pilier viennent pntrer dans le profil ,d de manire ce que les angles saillants ,a ,e ,f ,g ,c ,h des plinthes tombent sur la circonfrence de la courbe du socle infrieur4 ,la colonne engage ,b1 qui a une fonction particulire1 qui porte la retombe de l'arc doubleau et de deux arcs ogives1 possde sa base distincte4 ,les petites surfaces ,i restant entre le profil ,d de base et le fond des gorges1 sont tailles en pente1 ainsi que l'indique la coupe ,i'4 ,on en tait donc venu1 au ,x,ve sicle1 donner chaque membre des piliers sa base propre1 indpendante1 tout en laissant sous le corps du pilier une base principale destine recevoir les pntrations des bases secondaires 7voy4 ,,pilier1 ,p,n,,tration74 ,lorsqu'au commencement du ,x,v,ie sicle on fit un retour vers les formes de l'architecture romaine1 on reprit le profil de la base antique2 pendant quelque temps encore1 le systme de bases appliqu la fin du ,x,ve sicle se trouva ml avec le profil de la base romaine1 ce qui produit une singulire confusion2 mais du moment que les ordres furent rgulirement admis1 les dernires traces des profils des bases du ,x,ve sicle disparurent 7voy4 ,,profil74 ,illustration3 ,fig4 #a et #a bis4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c et #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad et #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba et #ba bis4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc et #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bf bis4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 ,illustration3 ,fig4 #cb4 ,illustration3 ,fig4 #cc4 ,illustration3 ,fig4 #cd4 ,illustration3 ,fig4 #ce et #cf4 ,illustration3 ,fig4 #cg4 ,illustration3 ,fig4 #ch4 ,illustration3 ,fig4 #ci4 ,illustration3 ,fig4 #dj4 ,illustration3 ,fig4 #da et #db4 ,illustration3 ,fig4 #dc4 ,illustration3 ,fig4 #dd4 ,illustration3 ,fig4 #de4 ,illustration3 ,fig4 #df4 ,note #he3 ,c'est au-dessous du sol de l'glise reconstruite au ,x,i,ie sicle que ces bases ont t dcouvertes leur ancienne place2 autour d'elles ont t trouvs de nombreux fragments de chapiteaux et tailloirs du travail le plus barbare1 des dbris de tuiles romaines4 ,il n'est pas douteux que ces restes dpendent de l'glise btie ,poissy par les premiers rois mrovingiens4 ,le sol de ces bases est #jm1#fj en contre-bas du sol de l'glise du ,x,i,ie sicle4 ,note #hf3 ,cette base provient de l'glise d',ebreuil 7,allier74 ,note #hg3 ,ces deux derniers exemples appartiennent au ,x,i,ie sicle4 ,c'est ,m4 ,millet1 architecte1 que nous devons les dessins de ces deux bases4 ,note #hh3 ,le choeur de la cathdrale de ,langres ouvre un large champ l'tude de la construction pendant le ,x,i,ie sicle2 nous avons l'occasion d'y revenir aux mots ,,construction1 ,,voute4 ,note #hi3 ,cette loi1 bien entendu1 ne s'applique pas seulement aux bases1 mais tout l'ensemble comme aux dtails des constructions du moyen ge1 partir du ,x,i,ie sicle 7voy4 ,,construction74 ,note #ij3 ,ce choeur est malheureusement dtruit1 et les bases restent seules leur place1 ainsi que l'indique notre dessin4 ,note #ia3 ,les profils de l'glise de ,montral sont d'une puret et d'une beaut trs-remarquables1 et leur excution est parfaite4 ,dans ce monument1 toutes les bases et profils la porte de la main sont polis1 tandis que les parements sont taills au taillant simple d'une faon assez rustique4 ,ce contraste entre la taille des moulures et des parements est frquent la fin du ,x,i,ie sicle et au commencement du ,x,i,i,ie2 il prte un charme tout particulier aux dtails de l'architecture 7voy4 ,,taille74 ,note #ib3 ,combien ne voyons-nous pas dans nos difices modernes de ces corniches de stylobates prsenter leurs angles vifs la hauteur de l'oeil8 de ces artes de pilastres ou de bases que l'on maudit avec raison lorsque la foule vous prcipite sur elles8 ,note #ic3 ,ces bases de la cathdrale de ,paris doivent avoir t tailles et mises en place entre les annes #aage et #aahj4 ,note #id3 ,base de l'glise de ,notre-,dame de ,semur1 de ,notre-,dame de ,dijon1 etc4 ,voyez aussi7#cg7 la figure d'une base de la cathdrale de ,laon1 commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #ie3 ,combien d'difices1 dont l'effet intrieur tait dtruit par ces amas de chaises ou de bancs encombrant leurs bases1 paraissent cent fois plus beaux une fois ces meubles enlevs4 ,note #if3 ,commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #ig3 ,cette construction datait des dernires annes du ,x,ve sicle4 ,,basilique1 ,s4 f4 ,chez les ,grecs et les ,romains de l'antiquit1 la basilique tait une salle plus longue que large1 souvent avec bas-cts et tribune au-dessus1 termine1 l'extrmit oppose l'entre1 par un hmicycle4 ,c'tait l qu'on rendait la justice1 que se traitaient les affaires commerciales comme dans nos ,bourses modernes4 ,parmi les difices qui entouraient le forum1 la basilique tenait une des premires places4 ,vitruve la dcrit1 en indique l'usage et les dimensions4 ,les basiliques antiques possdaient quelquefois des doubles bas-cts2 telle tait la basilique milienne dont le plan est trac sur les fragments de marbre du grand plan de ,rome lev sous ,septime-,svre4 ,lorsque les chrtiens purent pratiquer leur culte ostensiblement1 ils se servirent de la basilique antique comme convenant mieux aux runions de fidles que tout autre difice du paganisme2 les premires glises qu'ils levrent en adoptrent la forme4 proprement parler1 il n'y a pas en ,france1 depuis le ,xe sicle1 de basilique 7voy4 ,,architecture1 ,,architecture ,,religieuse74 ,ce nom fut seulement appliqu quelques glises primitives de ,rome1 telles que ,saint-,pierre#ih1 ,sainte-,marie-,majeure1 ,saint-,jean-de-,latran1 qui sont les trois grandes basiliques chrtiennes de premier ordre4 ,saint-,laurent1 ,sainte-,agns1 ,saint-,paul 7hors les murs7 et plusieurs autres glises de la cit antique1 conservent aussi le titre de basilique4 ,en ,france1 quelques-unes de nos glises obtinrent des papes le privilge d'tre dsignes comme basiliques2 mais1 au point de vue architectonique1 on ne peut leur donner ce nom4 ,le plan et les dispositions gnrales de la basilique antique peuvent convenir aux glises chrtiennes2 mais ces monuments ne doivent tre considrs que comme l'appropriation d'un difice antique un besoin moderne1 non comme la ralisation d'un programme arrt2 cela est si vrai1 que les constructeurs du moyen ge1 du moment qu'ils abandonnrent les traditions abtardies de l'antiquit1 cherchrent de nouvelles dispositions comme plan1 et un nouveau systme de construction2 c'est ce qui a fait dire beaucoup de personnes s'occupant des arts religieux1 que les glises romane et ogivale taient les seules qui fussent vraiment chrtiennes4 ,si cela n'est pas soutenable au fond1 puisque dans la ville chrtienne par excellence il n'existe pas une glise btie suivant la donne romane ou ogivale1 nous sommes bien forcs de reconnatre que le christianisme1 en ,occident1 a trouv une forme nouvelle qu'il a merveilleusement applique aux besoins du culte4 ,on peut adopter ou repousser cette forme1 elle n'appartient pas moins au catholicisme2 bonne ou mauvaise1 c'est son oeuvre4 ,note #ih3 ,si ,saint-,pierre de ,rome a conserv son nom de basilique1 il n'est pas besoin de dire que la disposition de l'difice actuel ne rappelle en rien celle des basiliques primitives4 ,,bassye1 vieux mot employ pour latrines1 priv 7voy4 ,,priv74 ,,bas-,,relief1 s4 m4 7voy4 ,,imagerie74 ,,bastarde1 s4 f4 ,vieux mot employ pour dsigner une pice de bois de moyenne grandeur4 ,,bastide1 s4 f4 ,bastille4 ,on entendait par bastide1 pendant le moyen ge1 un ouvrage de dfense isol1 mais faisant cependant partie d'un systme gnral de fortification3 ,on doit distinguer les bastilles permanentes des bastilles leves provisoirement2 les bastilles tenant aux fortifications d'une place1 de celles construites par les assigeants pour renforcer une enceinte de circonvallation ou de contrevallation4 ,le mot bastide est plutt employ jusqu' la fin du ,x,i,i,ie sicle pour dsigner des ouvrages provisoires destins protger un campement que des constructions demeure2 ce n'est que par extension que l'on dsigne1 partir de cette poque1 par bastide ou bastille1 des forts en maonnerie se reliant une enceinte4 ,le mot bastide est souvent appliqu une maison isole1 btie en dehors des murs d'une ville#ii4 ,lorsque les ,romains investissaient une place forte1 et se trouvaient dans la ncessit de faire un sige en rgle1 leur premier soin tait d'tablir des lignes de circonvallation et de contrevallation1 renforces de distance en distance par des tours en bois ou mme en maonnerie4 ,s'il tait facile d'lever les tours des lignes de circonvallation1 on comprendra que les assigs s'efforaient d'empcher l'tablissement des tours tenant aux lignes de contrevallation1 de dtruire ces ouvrages que l'on dressait en face des remparts de la place1 souvent une trs-petite distance4 ,cependant les armes romaines attachaient la plus grande importance ces ouvrages1 que nous ne pouvons comparer qu' nos batteries de sige et nos places d'armes4 lever en face des tours d'une ville assige des tours plus hautes afin de dominer les fortifications1 d'empcher les dfenseurs de se tenir sur les chemins de ronde1 et de protger ainsi le travail du mineur1 tait le moyen lent mais sr que les armes romaines mettaient en pratique1 avec autant de mthode et de persvrance que d'habilet4 ,nous ne pourrions nous occuper en dtail de la bastide1 sans avoir au pralable indiqu l'origine de cet ouvrage d'aprs les donnes antiques4 ,il faut convenir d'ailleurs que jamais les armes du moyen ge ne prsentrent un corps aussi disciplin et homogne que les armes romaines1 et que1 par consquent1 les moyens d'attaque rgulire qu'elles mirent en pratique ne purent rivaliser avec ceux employs par les ,romains4 ,lorsque le lieutenant ,c4 ,trbonius fut laiss par ,csar au sige de ,marseille1 les ,romains durent lever des ouvrages considrables pour rduire la ville1 qui tait forte et bien munie4 ,l'un de leurs travaux d'approche1 vritable bastide1 est d'une grande importance2 nous donnons ici la traduction du passage des ,mmoires de ,csar qui le dcrit1 en essayant de la rendre aussi claire que possible3 ,les lgionnaires1 qui dirigeaient la droite des travaux1 jugrent qu'une tour de briques1 leve au pied de la muraille 7de la ville71 pourrait leur tre d'un grand secours contre les frquentes sorties des ennemis1 s'ils parvenaient en faire une bastille ou un rduit4 ,celle qu'ils avaient faite d'abord tait petite1 basse2 elle leur servait cependant de retraite4 ,ils s'y dfendaient contre des forces suprieures1 ou en sortaient pour repousser et poursuivre l'ennemi4 ,cet ouvrage avait trente pieds sur chaque ct1 et l'paisseur des murs tait de cinq pieds2 on reconnut bientt 7car l'exprience est un grand matre7 qu'on pourrait au moyen de quelques combinaisons tirer un grand parti de cette construction1 si on lui donnait l'lvation d'une tour4 ,lorsque la bastille eut t leve la hauteur d'un tage1 ils 7les ,romains7 placrent un plancher compos de solives dont les extrmits taient masques par le parement extrieur de la maonnerie1 afin que le feu lanc par les ennemis ne pt s'attacher aucune partie saillante de la charpente4 ,au-dessus de ce plancher ils surlevrent les murailles de brique autant que le permirent les parapets et les mantelets sous lesquels ils taient couvert2 alors1 peu de distance de la crte des murs1 ils posrent deux poutres en diagonale pour y placer le plancher destin devenir le comble de la tour4 ,sur ces deux poutres1 ils assemblrent des solives transversales comme une enrayure1 et dont les extrmits dpassaient un peu le parement extrieur de la tour1 pour pouvoir suspendre en dehors des gardes destines garantir les ouvriers occups la construction du mur4 ,ils couvrirent ce plancher de briques et d'argile pour qu'il fut l'preuve du feu1 et tendirent dessus des couvertures grossires1 de peur que le comble ne ft bris par les projectiles lancs par les machines1 ou que les pierres envoyes par les catapultes ne pussent fracasser les briques4 ,ils faonnrent ensuite trois nattes avec des cbles servant aux ancres des vaisseaux1 de la longueur de chacun des cts de la tour et de la hauteur de quatre pieds1 et les attachrent aux extrmits extrieures des solives 7du comble71 le long des murs1 sur les trois cts battus par les ennemis4 ,les soldats avaient souvent prouv1 en d'autres circonstances1 que cette sorte de garde tait la seule qui offrit un obstacle impntrable aux traits et aux projectiles lancs par les machines4 ,une partie de la tour tant acheve et mise l'abri de toute insulte1 ils transportrent les mantelets dont ils s'taient servis sur d'autres points des ouvrages d'attaque4 ,alors1 s'tayant sur le premier plancher1 ils commencrent soulever le toit entier1 tout d'une pice1 et l'enlevrent une hauteur suffisante pour que les nattes de cbles pussent encore masquer les travailleurs4 ,cachs derrire cette garde1 ils construisaient les murs en briques1 puis levaient encore le toit1 et se donnaient ainsi l'espace ncessaire pour monter peu peu leur construction4 ,quand ils avaient atteint la hauteur d'un nouvel tage1 ils faisaient un nouveau plancher avec des solives dont les portes taient toujours masques par la maonnerie extrieure2 et de l ils continuaient soulever le comble avec ses nattes4 ,c'est ainsi que1 sans courir de dangers1 sans s'exposer aucune blessure1 ils levrent successivement six tages4 ,on laissa des meurtrires aux endroits convenables pour y placer des machines de guerre4 ,lorsqu'ils furent assurs que de cette tour ils pouvaient dfendre les ouvrages qui en taient voisins1 ils commencrent construire un rat 7musculus7#ajj1 long de soixante pieds1 avec des poutres de deux pieds d'quarrissage1 qui du rez-de-chausse de la tour les conduiraient celle des ennemis et aux murailles4 ,on posa d'abord sur le sol deux sablires d'gale longueur1 distantes l'une de l'autre de quatre pieds2 on assembla dans des mortaises faites dans ces poutres des poteaux de cinq pieds de hauteur4 ,on runit ces poteaux par des traverses en forme de frontons peu aigus pour y placer les pannes destines soutenir la couverture du rat4 ,par-dessus on posa des chevrons de deux pieds d'quarrissage1 relis avec des chevilles et des bandes de fer4 ,sur ces chevrons on cloua des lattes de quatre doigts d'quarrissage1 pour soutenir les briques formant couverture4 ,cette charpente ainsi ordonne1 et les sablires portant sur des traverses1 le tout fut recouvert de brique et d'argile dtrempe1 pour n'avoir point craindre le feu qui serait lanc des murailles4 ,sur ces briques on tendit des cuirs1 afin d'viter que l'eau dirige dans des canaux par les assigs ne vnt dtremper l'argile2 pour que les cuirs ne pussent tre altrs par le feu ou les pierres1 on les couvrit de matelas de laine4 ,tout cet ouvrage se fit au pied de la tour1 l'abri des mantelets1 et tout--coup1 lorsque les ,marseillais s'y attendaient le moins1 l'aide de rouleaux usits dans la marine1 le rat fut pouss contre la tour de la ville1 de manire joindre son pied4 ,les assigs1 effrays de cette manoeuvre rapide1 font avancer1 force de leviers1 les plus grosses pierres qu'ils peuvent trouver1 et les prcipitent du haut de la muraille sur le rat4 ,mais la charpente rsiste par sa solidit1 et tout ce qui est jet sur le comble est cart par ses pentes4 cette vue1 les assigs changent de dessein1 mettent le feu des tonneaux remplis de poix et de goudron et les jettent du haut des parapets4 ,ces tonneaux roulent1 tombent terre de chaque ct du rat et sont loigns1 avec des perches et des fourches4 ,cependant nos soldats couvert sous le rat branlent avec des leviers les pierres des fondations de la tour des ennemis4 ,d'ailleurs le rat est dfendu par les traits lancs du haut de notre tour de briques3 les assigs sont carts des parapets de leurs tours et de leurs courtines2 on ne leur laisse pas le temps de s'y montrer pour les dfendre4 ,dj une grande quantit des pierres des soubassements sont enleves1 une partie de la tour s'croule tout coup4#aja ,afin d'claircir ce passage1 nous donnons 7#a7 une coupe perspective de la tour ou bastille dcrite ci-dessus par ,csar1 au moment o les soldats romains sont occups la surlever couvert sous le comble mobile4 ,celui-ci est soulev aux quatre angles au moyen de vis de charpente1 dont le pas s'engage successivement dans de gros crous assembls en deux pices et maintenus par les premires solives latrales de chacun des tages1 et dans les angles de la tour2 de cette faon ces vis sont sans fin1 car lorsqu'elles quittent les crous d'un tage infrieur1 elles sont dj engages dans les crous du dernier tage pos2 des trous percs dans le corps de ces vis permettent six hommes au moins de virer chacune d'elles au moyen de barres1 comme un cabestan4 ,au fur et mesure que le comble s'lve1 les maons le calent sur plusieurs points et s'arasent4 ,aux extrmits des solives du comble sont suspendues les nattes de cbles pour abriter les travailleurs4 ,quant au rat ou galerie destine permettre aux pionniers de saper couvert le pied des murailles des assigs1 sa description est assez claire et dtaille pour n'avoir pas besoin de commentaires4 ,protger les travaux des mineurs1 possder prs des murailles attaques un rduit considrable1 bien muni1 propre contenir un poste nombreux destin couvrir les parapets de projectiles et prendre en flanc les dtachements qui tentaient des sorties1 telle tait la fonction de la bastille romaine1 que nous voyons employe1 avec des moyens moins puissants1 il est vrai1 aux siges d',alsia et de ,bourges4 ,l ce ne sont que des ouvrages en terre en forme de fer cheval1 avec fosss et palissades1 sortes de barbacanes destines permettre des corps de troupes de sortir en masse sur le flanc des assaillants jets sur les lignes4 ,il va sans dire que ces bastides taient garnies de machines de jet propres soit battre les tours de la place assige1 soit enfiler les fosss des lignes de circonvallation et de contrevallation4 ,ce systme est galement appliqu ds les premiers temps du moyen ge par les armes assigeantes et assiges pour battre les remparts et dfendre des points faibles1 ou plutt il ne cesse d'tre employ2 car vaincre un ennemi c'est l'instruire1 et les ,romains1 en soumettant les barbares1 leur enseignaient l'art de la guerre4 ,charles le ,chauve1 pour empcher les ,normands de remonter la ,seine1 avait fait lever ,pistes1 aux deux extrmits d'un pont1 qui est probablement le ,pont-de-l',arche1 deux forts1 vritables bastilles4 ,dans l'enceinte de l'abbaye de ,saint-,denis1 le mme prince1 en #hff1 afin de mettre le monastre1 l'abri d'un coup de main1 fit lever une petite bastide qui suffit pour empcher les ,normands de s'emparer dsormais de ce poste4 la mme poque1 les ponts situs aux embouchures de la ,marne et de l',oise1 ,charenton et ,auvers1 furent galement munis de bastides#ajb4 ,toutefois1 si les textes font mention d'ouvrages de ce genre pendant l'poque carlovingienne1 si quelques vignettes de manuscrits reprsentent des bastides1 nous ne connaissons aucun monument qui donne une ide aussi nette de la construction d'une bastide offensive que le texte de ,csar prcit4 ,nous en sommes rduits constater simplement que ces ouvrages sont gnralement levs en bois1 qu'ils affectent de prfrence la forme carre1 qu'ils sont plusieurs tages avec plate-forme pour le jeu des machines1 et crnelages pour garantir les soldats4 ,une des reprsentations les plus claires de bastides provisoires leves en dehors des murailles d'une place forte1 se trouve sculpte sur le cintre de la porte nord de la cathdrale de ,modne4 ,c'est un bas-relief du ,x,ie sicle retraant l'histoire d',artus de ,bretagne 7#b7ajc4 ,les deux bastides figures dans ce bas-relief sont videmment en bois et plusieurs tages4 ,nous ne saurions dire si elles appartiennent la ville1 ou si elles dpendent d'une ligne de contrevallation2 mais ce point est de mdiocre importance2 elles servent de refuge des soldats soit pour dfendre1 soit pour attaquer la ville4 ,car si les assigeants levaient des bastides sur la circonfrence de leurs lignes1 souvent aussi les assigs1 lorsque les murailles ne prsentaient pas une dfense trs-forte1 en construisaient en dehors des murs1 de distance en distance1 pour protger ces murs1 loigner les assaillants ou les prendre en flanc et en revers1 s'ils se prsentaient pour livrer l'assaut4 ,dans ce cas1 ces bastides taient entoures de palissades et de fosss2 elles se reliaient aux barbacanes des portes1 ou les surmontaient4 ,quelquefois mme les portes et les bastides ne faisaient qu'un seul corps d'ouvrages derrire une barbacane2 on en levait aussi pour commander une tte de pont1 un dfil1 un passage1 comme le fit ,charles le ,chauve au ,i,xe sicle4 ,l'enceinte de ,paris1 commence sous le roi ,jean et acheve sous ,charles ,v1 tait dfendue par des bastides relies entre elles par une courtine et de doubles fosss avec une braie entre eux deux#ajd4 ,ces bastides avaient la forme en plan d'un paralllogramme dont le grand ct faisait face l'extrieur4 ,les portes principales de ,paris sont aussi dsignes quelquefois par le mot bastide1 la bastide ,saint-,denis#aje1 la bastide ,saint-,antoine4 ,nous nous occuperons plus particulirement de cette dernire1 qui conserva le nom de bastide ou bastille par excellence4 ,ds le temps du roi ,jean1 ou mme avant cette poque1 il existait l'entre de la rue ,saint-,antoine une porte flanque de deux hautes tours2 ,charles ,v rsolut de faire de cette porte une forte bastide4 ,vers #acfi1 ce prince donna ordre ,hugues ,aubriot1 prvt de ,paris1 d'ajouter ces deux tours un ouvrage considrable1 compos de six autres tours relies entre elles par d'paisses courtines4 ,ds lors il paratrait que la ,bastille ne fut plus une porte mais un fort protgeant la porte ,saint-,antoine construite vers le faubourg au nord4 ,la bastille ,saint-,antoine conserva toutefois son ancienne entre2 dans la partie neuve1 trois autres portes furent perces dans les deux axes1 afin de pouvoir entrer dans le fort ou en sortir par quatre ponts jets sur les fosss4 ,c'tait l un vritable fort isol1 ferm la gorge1 commandant la campagne et la ville au loin1 indpendant de l'enceinte mais l'appuyant4 ,le nom de bastille par excellence donn ce poste indique clairement ce que l'on entendait par bastide au moyen ge4 ,nous donnons 7#c7 le plan de la bastille ,saint-,antoine4 ,les deux tours ,h ,i dpendaient de la porte primitive ,a4 ,en ,b s'ouvrait la porte du ct de l',arsenal1 au sud2 en ,f la porte en face la rue ,saint-,antoine1 et en ,c la porte du ct du nord se reliant l'enceinte de ,paris 7les boulevards actuels7#ajf4 ,la grande tapisserie de l'htel de ville reprsentant ,paris vol d'oiseau tel qu'il existait sous ,charles ,,ix1 fait voir la bastille ,saint-,antoine avec ses alentours4 ,nous avons essay1 l'aide de ce plan1 de donner une vue cavalire de cette forteresse 7#d71 prise du ct sud4 ,en ,a on aperoit le sommet de la porte ,saint-,antoine1 en ,b les murailles de la ville2 en ,c le pont de la ,bastille jet en face la rue ,saint-,antoine1 et en ,d un gros ouvrage en terre intitul1 sur la tapisserie en question1 le bastillon1 ouvrage qui datait probablement de la fin du ,x,ve sicle4 ,ce bastillon est un cavalier assez lev commandant les dehors et flanquant les vieilles murailles de ,charles ,v4 ,dans le mme plan dpos l'htel de ville1 on voit un gros bastillon peu prs semblable celui-ci1 construit ct et en dehors de la porte du ,temple4 ,mais nous reviendrons tout l'heure sur ces sortes d'ouvrages4 ,pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles il est fort souvent question de bastilles en terre1 en pierres sches ou en bois leves par des armes pour protger leurs camps et battre des murailles investies1 pour couper les communications ou tenir la campagne4 ,les ,anglo-,normands paraissent surtout avoir adopt ce systme pendant leurs guerres1 et il semblerait mme que chez eux cette habitude tait venue du nord plutt que par la tradition romaine4 ,lors de leurs grandes invasions sur le continent occidental au ,i,xe sicle1 les ,normands choisissent une le sur un fleuve1 un promontoire1 un lieu dfendu par la nature2 l ils tablissent des campements fortifis par de vritables blockaus1 y laissent des garnisons et remontent les fleuves sur leurs bateaux1 vont piller le pays1 attaquer les villes ouvertes1 les monastres1 et reviennent dposer leur butin dans ces camps1 o parfois ils hivernent4 ,plus tard1 lorsque les ,normands tablis dans les provinces du nord de la ,france vont faire la conqute de l',angleterre1 ils couvrent le pays de bastilles2 ils ne se sont pas plus tt empar d'une ville ou d'une bourgade1 qu'ils y lvent des ouvrages isols1 des postes militaires solidement construits1 au moyen desquels ils maintiennent les habitants4 ,c'est en grande partie ces prcautions1 cette dfiance salutaire la guerre1 qu'il faut attribuer le succs incroyable des armes de ,guillaume le ,conqurant au milieu d'un pays toujours prt se soulever1 la russite d'une conqute odieuse aux populations galloises et saxonnes de la ,grande-,bretagne4 ,c'est encore ces moyens que les ,anglo-,normands ont recours lorsqu'ils font invasion sur le sol franais pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles4 ,lorsque douard assige ,calais1 il entoure ses lignes de bastilles2 il en garnit les passages 7voy4 ,,architecture ,,militaire74 ,quand enfin la ville d',orlans est investie1 en #adbh1 le comte de ,sallebery y mis des bastilles du ct de la ,beausse#ajg4 ,les bourgeois d',orlans et la ,pucelle leur tte sont obligs1 pour faire lever le sige1 d'attaquer ces bastilles et d'y mettre le feu4 ,l'organisation des armes anglo-normandes1 leur gnie pendant le moyen ge1 se prtaient ces travaux2 en ,france1 au contraire1 la gendarmerie les ddaignait1 et l'infanterie1 indiscipline1 recrute de tous cts1 n'en souponnait pas l'utilit2 elle et t d'ailleurs incapable de les excuter4 ,les bastilles de campagne ou d'assigeants taient couronnes par une plate-forme afin de permettre l'tablissement de machines de jet et de pouvoir ainsi1 ou commander la campagne1 ou battre les tours des assigs4 ,il est croire qu'il en tait de mme pour les bastilles permanentes1 et que la grande bastille ,saint-,antoine eut1 de tout temps1 ses tours termines par des plates-formes4 ,sous ,charles ,v on faisait usage dj de l'artillerie feu1 et il est possible que ces plates-formes aient reu ds l'origine quelques bombardes4 ,assigs comme assigeants1 au moment de l'emploi de l'artillerie feu1 plaaient de prfrence leurs pices destines l'attaque ou la dfense sur des points levs1 et dans la position que l'on donnait aux machines de jet2 en substituant le canon aux trbuchets1 aux machines lanant des projectiles en bombe au moyen de contre-poids1 on ne changeait que le moteur1 et l'on conservait la position de l'engin4 ,les premires bombardes ne lanaient pas des projectiles de plein fouet1 mais suivant une parabole comme les trbuchets2 il y avait ds lors avantage dominer les points que l'on voulait battre1 et ce ne fut qu'au ,x,ve sicle que l'artillerie feu fut place prs du sol et que l'on reconnut l'avantage du tir rasant 7voy4 ,,architecture ,,militaire74 ,la bastille1 en tant qu'ouvrage lev et isol1 devint donc la dfense approprie l'artillerie feu4 ,pendant les guerres du ,x,ve sicle1 les vieilles enceintes du moyen ge parurent bientt insuffisantes pour rsister au canon2 des bastilles ou bastillons furent levs autour de ces enceintes1 soit en dehors1 soit en dedans1 mais de prfrence en dehors1 pour mettre des pices en batterie4 ,on tait press par le temps2 les malheurs publics ne permettaient pas d'employer des sommes considrables la construction de ces sortes d'ouvrages1 et ils furent presque toujours levs en terre avec revtissement de bois ou de pierre sche4 ,les bastillons de ,paris1 dont nous avons vu un exemple dans la fig4 #d1 peuvent donner l'ide des essais tents pour flanquer les vieilles murailles et placer de l'artillerie feu4 ,plus tard1 sous ,louis ,,xi1 ,charles ,,viii et ,franois ,ier1 beaucoup de ces ouvrages furent solidement tablis en maonnerie et prirent le nom1 conserv jusqu' nos jours1 de bastions4 ,quant aux bastilles de campagne1 nous les voyons encore employes au commencement du ,x,v,ie sicle3 ce sont1 comme nous l'avons dit plus haut1 de vritables blockaus propres contenir un poste et de l'artillerie4 ,voici 7#e7 un de ces ouvrages en bois entour d'un foss et d'une palissade1 reprsent dans le ,rcit des actions de l'empereur ,maximilien ,ier#ajh4 ,toutefois1 le nom de bastille cesse d'tre appliqu1 partir du ,x,v,ie sicle1 aux ouvrages isols ou flanquants2 ils prennent ds lors le nom de bastions1 et1 dans certains cas1 de boulevards 7voy4 ces mots74 ,seule peut-tre1 la bastille ,saint-,antoine de ,paris conserva son nom jusqu'au jour de sa dmolition4 ,il n'est pas besoin de rappeler que cette forteresse servit de prison d'tat depuis l'poque de sa construction jusqu' la fin du dernier sicle1 et1 commandant un faubourg populeux1 relie l',arsenal par des murs et des fosss1 elle tait reste le signe visible de la suzerainet royale au centre de ,paris1 depuis la reconstruction du vieux ,louvre4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,note #ii3 ,ducange1 ,gloss4 ,note #ajj3 ,isidorus1 libro duodevigesimo ,etymologiarum1 capite de ,ariete3 ,musculus1 inquit1 cuniculo similis sit1 quo murus perfoditur3 ex quo et appelatur1 quasi murusculus4 7,godesc4 ,stewec4 ,comm4 ad lib4 ,,iv ,veget1 #adib47 ,note #aja3 ,cs41 ,de ,bello civ41 lib4 ,,ii1 cap4 ,,viii1 ,,ix1 ,x1 ,,xi4 ,note #ajb3 ,voy4 ,hist4 des expd4 marit4 des ,normands1 par ,m4 ,depping4 ,paris1 #ahdd4 ,note #ajc3 ,ce curieux bas-relief nous a t signal par ,m4 ,didron1 qui l'a fait dessiner pendant son sjour ,modne2 nous le croyons indit2 la communication obligeante de ,m4 ,didron est donc d'un grand intrt4 ,note #ajd3 ,dans les extraits des comptes imprims la suite du ,mmoire de ,bouquet1 il est question des ,eschiffles et des ,bastides tant sur les murs de ,paris1 sur les fosss pleins d'eau1 par devers la porte ,saint-,denys en ,france 7p4 #agf47 ,voy4 les ,dissert4 archol4 sur les anciennes enceintes de ,paris1 par ,bonnardot1 #aheb4 ,note #aje3 ,mmoire de ,bouquet1 et ,journ4 de ,paris sous ,charles ,,vi1 #adbi4 ,note #ajf3 ,la tour ,g tait nomme tour du ,puits1 les tours ,h de la ,chapelle1 ,i du ,trsor1 ,k de la ,comt1 ,o de la ,bazinire1 ,n de la ,bertaudire1 ,m de la ,libert1 ,l du ,coin2 ,p ,q taient des btiments d'une poque assez rcente1 mais qui peut-tre remplaaient un ancien logis4 ,d tait la grande cour1 ,e la cour du ,puits1 ,r un corps de garde et ,s des magasins4 ,les portes ,a ,c ,f taient mures depuis longtemps lorsque la ,bastille fut dmolie4 ,note #ajg3 ,alain ,chartier1 ,hist4 de ,charles ,,vii4 ,note #ajh3 ,le ,roi sage1 ,rcit1 etc41 par ,m4 ,treitzaurwein1 grav4 par ,haunsen ,burgmayr4 ,vienne1 publ4 en #agge1 p4 #add4 ,,bastion1 s4 m4 ,ouvrage saillant de fortification1 adopt depuis le ,x,v,ie sicle pour flanquer les enceintes et empcher les approches par des feux croiss 7voy4 ,,architecture ,,militaire74 ,les bastions remplacrent les tours du moyen ge4 ,les mots bastide1 bastille1 bastillon1 expliquent l'origine du bastion4 ,la plupart des anciennes enceintes que l'on voulut renforcer la fin du ,x,ve sicle1 lorsque l'artillerie de sige eut acquis une grande puissance de destruction1 furent entoures de bastions en terre gazonne ou revtue de maonnerie1 lorsque le temps et les ressources le permettaient4 ,dans ce dernier cas1 on donna aux bastions primitifs plusieurs tages de feux1 afin de commander la campagne au loin et de battre les assigeants lorsqu'ils s'emparaient des fosss4 ,en ,france1 en ,allemagne et en ,italie1 on voit apparatre le bastion ds la fin du ,x,ve sicle2 les ,italiens prtendent tre les inventeurs de ce genre de dfense2 mais nous ne voyons pas que les faits viennent appuyer cette prtention4 ,en ,france et en ,allemagne1 les bastions ronds s'lvent en mme temps1 de #adij #aebj4 ,il nous semblerait plus raisonnable1 de supposer que1 pendant les guerres d',italie de la fin du ,x,ve sicle1 ,franais1 ,italiens1 ,suisses et ,allemands1 perfectionnrent l'envi les moyens d'attaque et de dfense4 ,le texte de ,machiavel que nous avons cit dans l'article ,architecture militaire#aji est loin de donner l',italie cette prdominance sur les autres contres occidentales de l',europe#aaj4 ,quoi qu'il en soit1 la ,france et l',allemagne1 qui1 pendant toute la dure du ,x,v,ie sicle1 eurent de longues et terribles guerres soutenir1 guerres civiles1 guerres trangres1 ne cessrent de fortifier nouveau leurs anciennes places1 de munir les chteaux de dfenses propres rsister l'artillerie4 ,en ,france1 les armes royales et les armes de la rforme1 assigeantes et assiges tour tour dans les mmes villes1 quelques mois de distance1 instruites par l'exprience1 ajoutaient tous les jours de nouveaux ouvrages de dfense aux forteresses ou perfectionnaient les anciens2 et il faut dire que si1 pendant ces temps malheureux1 un certain nombre d'ingnieurs italiens montrrent un vritable talent1 ce fut souvent au service des rois de ,france4 ,tous les hommes qui s'occupaient de construction dans notre pays1 pendant ce sicle1 taient familiers avec l'art de la fortification1 et ,bernard ,palissy lui-mme prtendit avoir trouv un systme de dfense des places l'abri des attaques les plus formidables#aaa4 ,parmi les premiers ouvrages demeure qui peuvent tre considrs comme de vritables bastions1 nous citerons les quelques grosses tours rondes qui flanquent les angles saillants de la ville de ,langres#aab4 ,le plus important de ces bastions est un ouvrage circulaire qui dfend une porte2 il est trois tages de batteries1 dont deux sont casemates4 ,la fig4 #a donne le plan du rez-de-chausse de ce bastion1 la fig4 #b le plan du premier tage1 et la fig4 #c la coupe4 ,les embrasures des deux tages casemats sont ouvertes de manire flanquer les courtines4 ,la batterie suprieure seule devait tre rserve pour battre la campagne au loin4 ,les bastions de la ville de ,langres ne sont pas levs en terre2 ce sont encore en ralit des tours en maonnerie d'un fort diamtre1 et dont les murs sont assez pais pour rsister au boulet4 ,la vue extrieure 7#d7 du bastion dont nous venons de donner les plans et la coupe1 a conserv l'apparence d'une tour du moyen ge1 si ce n'est que cet ouvrage est bas eu gard son diamtre1 et que les parements sont dresss en talus pour mieux rsister aux boulets de fer4 ,les gargouilles qui garnissent le pourtour de l'ouvrage dmontrent bien clairement qu'il n'tait point autrefois couvert par un comble1 mais par une plate-forme4 ,ce bastion fut d'ailleurs remani peu de temps aprs sa construction premire1 et exhauss2 l'intrieur les votes indiquent un changement1 et les deux rangs superposs des gargouilles 7fig4 #d7 ne peuvent faire douter que la plate-forme n'ait t surleve4 ,les premiers bastions circulaires n'taient pas toujours cependant dpourvus de combles1 sans parler des grosses tours rondes de la ville de ,nuremberg bties par ,albert ,durer 7voy4 ,,tour71 qui peuvent passer pour de vritables bastions dans l'acception primitive du mot1 et ont toujours t couvertes2 voici 7#e7 des bastions de l'ancienne enceinte de ,soleure galement couronns par des combles#aac4 ,on reconnut bientt que ces bastions circulaires n'taient pas assez vastes1 que leurs feux divergents ne pouvaient contrarier les approches des assigeants1 qu'ils ne flanquaient les courtines que par deux ou trois bouches feu1 qu'ils n'opposaient pas des faces tendues aux batteries de sige4 ,ils subirent ds le commencement du ,x,v,ie sicle diverses transformations4 ,quelques-uns1 pour bien flanquer les deux cts d'un angle saillant1 s'avancrent sur les dehors1 ainsi que l'indique la fig4 #faad1 et allongrent leurs flancs2 d'autres1 au contraire1 tendirent leurs faces pour protger un front4 ,albert ,durer1 dans son ,art de fortifier les villes et citadelles#aae1 adopte un systme de bastions qui mrite d'tre tudi avec soin2 cet artiste1 peintre et architecte1 ne fut pas seulement un ingnieux thoricien1 il prsida la construction d'une partie des dfenses de la ville de ,nuremberg2 et ces dfenses sont1 pour l'poque o elles furent leves1 un travail trs-remarquable4 ,on doit mme supposer que son systme eut une grande vogue dans une partie de l',allemagne et de la ,suisse au commencement du ,x,v,ie sicle1 car on trouve encore dans ces contres des restes nombreux de dfenses qui rappellent les principes dvelopps par ,albert ,durer dans son oeuvre1 et nous citerons entre autres la forteresse de ,schaffhausen 7voy4 ,,boulevard74 ,pour renforcer et flanquer un front1 ,albert ,durer construit de larges et hauts bastions avec batterie casemate au niveau du fond des fosss1 et batterie dcouverte au sommet4 ,ces bastions prsentent un norme cube de maonnerie2 il les isole des remparts ou les y runit la gorge4 ,le plan de son bastion est un arc de cercle ayant pour base un paralllogramme4 ,nous figurons 7#g7 ce plan au niveau du fond du foss2 du terre plein ,a au niveau du sol de la ville1 il communique la batterie casemate ,b par un ou deux escaliers ,c4 ,les deux escaliers ,d communiquent du terre-plein ,a1 la batterie suprieure et aux batteries infrieures4 ,la fig4 #h donne le plan du bastion sous le sol de la batterie suprieure1 et la fig4 #i le plan de cette batterie4 ,la construction se compose de murs concentriques peronns et relis par des murs rayonnants ou parallles dans la partie rectangle du bastion1 de manire former un grillage terrass prsentant une grande force de rsistance aux projectiles4 ,la batterie casemate peut contenir quatre bouches feu pour flanquer les deux courtines1 et huit bouches feu pour protger la face en arc de cercle4 ,la batterie dcouverte du sommet qui commande les glacis et la campagne contient deux bouches feu flanquantes1 et neuf bouches feu sur la face cintre4 ,ce bastion peut avoir environ #acj mtres de largeur d'un flanc l'autre1 et #fj mtres de flche la base4 ,la coupe transversale de cet ouvrage faite sur l'un des deux escaliers droits ,c est trs-curieuse 7#aj74 ,les murs1 de la base au sommet1 tendent un centre commun pos sur le prolongement de l'axe ,e1 et les assises de maonnerie sont perpendiculaires aux rayons1 en formant ainsi un angle plus ou moins ouvert avec l'horizon1 selon que les murs sont plus ou moins loigns du centre de tout l'ouvrage3 ,albert ,durer regarde ce moyen de construction comme prsentant une grande cohsion1 comme paulant puissamment le noyau du bastion2 et il ne se trompe pas4 ,il tablit un plancher de bois pour le service de la batterie suprieure1 afin de faciliter le mouvement des pices de canon4 ,les dtails de cet ouvrage sont assez bien tudis et expliqus2 la batterie casemate1 outre ses embrasures ,f1 est perce d'vents ,g pour la fume et de chemines ,h1 afin d'obtenir un tirage4 ,le parapet suprieur est bti suivant un arc de cercle en coupe1 pour faire ricocher les boulets ennemis2 les embrasures sont munies de mantelets en madriers tournant sur un axe et masquant les pices pendant que les canonniers sont occups les charger 7voy4 ,,embrasure74 ,ce bastion isol peut tenir encore si la courtine est au pouvoir de l'ennemi2 on retrouve encore l un reste de la fortification du moyen ge2 et ce bastion est une bastille que l'on suppose moins prenable que les courtines4 ,le foss est trs-large1 #bjj pas1 et sa cumette est creuse le long du bastion1 ainsi que l'indique le profil gnral ,x1 fig4 #aj4 ,la contrescarpe du foss est revtue4 ,la fig4 #aa donne l'lvation extrieure de la moiti de ce bastion4 ,on remarquera les grands arcs de dcharge qui accusent les embrasures et reportent tout le poids du mur extrieur sur les ttes des murs convergents4 ,cette lvation fait galement voir les trous des vents et chemines1 les mantelets de bois des embrasures suprieures et les courtines de la ville1 dont les chemins de ronde sont couverts par un appentis continu4 ,c'est l une fort belle construction1 et ce qu'on peut lui reprocher1 c'est l'norme dpense qu'elle exigerait4 ,il semble qu',albert ,durer ait attach une grande importance aux fosss2 il les fait trs-larges et profonds1 et les dfend souvent par de petits bastions circulaires isols1 comme nos ravelins modernes4 ,il laisse ces petits ouvrages au-dessous du niveau de la crte de la contrescarpe1 et ne les considre que comme des dfenses propres battre un ennemi dbouchant par un boyau de tranche au niveau dufond du foss1 et se disposant le passer pour attacher le mineur au pied des murailles1 ou pour les escalader au moyen d'chelles4 ,dans le chapitre de son oeuvre intitul3 ,antiqu civitatis muniend ratio1 o il explique comment on doit renforcer par des dfenses extrieures une ville dont on veut conserver l'ancienne enceinte munie de tours1 il construit de ces petits bastions isols au fond des fosss 7#ab7aaf4 ,le nom de bastion1 ou plutt de bastillon1 ne fut gure appliqu aux dfenses avances importantes pendant le ,x,v,ie sicle4 ,on dsigna plutt ces ouvrages par les noms de boulevard1 de plate-forme1 qu'ils ne perdirent que vers les premires annes du ,x,v,i,ie sicle1 pour reprendre dfinitivement la dnomination de bastion1 conserve jusqu' nos jours 7voy4 ,,boulevard74 ,illustration3 ,fig4 #a1 #b et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d et #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g1 #h et #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,note #aji3 ,t4 ,i1 p4 #abi4 ,note #aaj3 ,on est trop dispos croire gnralement que nous ayons tout emprunt l',italie au commencement du ,x,v,ie sicle4 ,peut-tre quelques capitaines italiens ayant tudi les auteurs romains avaient-ils cette poque certaines ides sur la tactique militaire qui n'avaient pas cours en ,france2 mais ce n'est pas dans ,vgce qu'ils avaient pu apprendre l'art de fortifier les places contre l'artillerie feu4 ,note #aaa3 ,o,euvres compltes de ,bernard ,palissy1 chap4 ,de la ville de ,forteresse1 dition ,dubochet1 #ahdd1 p4 #aac4 ,note #aab3 ,voy4 le plan gnral de la ville de ,langres1 ,,architecture ,,militaire1 p1 #daa4 ,note #aac3 ,della ,cosmog4 univers4 di ,seb4 ,munster4 ,note #aad3 ,angle ,est de la ville de ,huy1 sur la ,meuse4 ,introd4 la fortif41 par de ,fer4 #agbb1 ,paris4 ,note #aae3 ,alberti ,dureri1 pict4 et archit4 prstantissimi de urb4 arcib4 castellisque condendis1 etc41 nunc recens lingua germanica in latinam traduct8 ,parisiis1 #aece4 ,note #aaf3 ,voici le passage indiquant l'utilit de ces ouvrages444 ,inter hc deinde propugnacula ad foss alia passim construentur rotunda1 qu et ipsa humilia et sursum versus non nihil fastigiata1 tecti rationem superioribus non absimilem sortiantur4 ,in hc nimirum propugnacula seu foss stationes secretiora itinera quasi diffugia agentur1 qu aditus reditusque clancularios prstent4 ,est enim hoc genus munitionum non modo utile1 sed necessarium quoque1 cum hostis in fossam provolutus1 catervatim muris scalas admolitur444 7,voyez1 au mot ,,boulevard1 des petits bastions analogues ceux dont parle ,albert ,durer1 attachs aux flancs de la forteresse de ,schaffhausen47 ,,batons-,,rompus1 zigzags4 ,c'est un boudin ou une baguette brise que l'on rencontre frquemment dans les arcs1 archivoltes1 cintres1 bandeaux et pilastres mme de l'architecture du ,x,i,ie sicle4 ,les tailleurs de pierre de cette poque taient arrivs une excution parfaite1 et ils se plaisaient varier les membres nombreux des archivoltes1 les runions de moulures1 au moyen de combinaisons de tracs qui produisaient un grand effet par le jeu des lumires et des ombres4 ,les btons-rompus les plus ordinaires sont ceux que nous donnons dans la fig4 #a1 reproduisant l'archivolte d'une des fentres de la cathdrale de ,tulle4 ,cette ornementation se combine avec l'appareil des claveaux2 ceux-ci tant taills et ravals avant la pose1 rien n'tait plus simple que le trac du boudin rompu sur chacun d'eux1 comme le dmontre le voussoir ,a2 l'assemblage de ces voussoirs produisait beaucoup d'effet peu de frais4 ,mais c'est en ,normandie surtout que ce moyen de dcorer les archivoltes est fort employ du ,x,ie au ,x,i,i,ie sicle4 ,la pierre de taille employe dans cette contre se prtait ces recherches de moulures4 ,non-seulement en ,normandie on trouve un grand nombre d'arcs moulurs1 tracs suivant la fig4 #a1 mais les btons-rompus se doublent1 se contrarient 7#b7aag1 se pntrent mme parfois4 ,les monuments normands de l',angleterre nous donnent les plus nombreux et riches exemples de ce genre de dcoration#aah4 ,les architectes de l',ile de ,france n'usrent qu'avec discrtion de la moulure en btons-rompus4 ,ils vitaient les bizarreries1 les recherches1 et semblaient prendre tche dans leurs difices de laisser aux grandes lignes de l'architecture leur fonction1 de repousser les formes qui pouvaient dtruire leur simplicit4 ,s'ils adoptrent le boudin ou la baguette brise dans certains cas1 ce n'tait qu'en les subordonnant des membres de moulures conservant la puret des courbes principales1 en leur faisant jouer un rle trs-secondaire4 ,nous citerons cependant le grand arc doubleau de l'entre du choeur de l'glise de ,saint-,martin des ,champs ,paris1 qui est flanqu de deux gros boudins prsentant des zigzags trs-accentus et d'une dimension peu ordinaire2 mais il faut dire que cet arc doubleau n'est pas l'chelle de l'architecture du choeur1 et que le matre de l'oeuvre a voulu dissimuler la lourdeur de cet arc par une dentelure qui lui donne de la lgret2 c'est l une exception#aai4 ,l'abus de la moulure en btons-rompus1 dans les difices de la dernire priode romane en ,normandie et en ,angleterre1 fatigue et donne un aspect monotone l'architecture de cette poque4 ,cette moulure en zigzags porte mal sur les tailloirs des chapiteaux lorsqu'elle prend une certaine importance2 elle ne produit un bon effet que lorsqu'elle est comprise entre des nerfs accusant la courbe de l'arc1 comme dans le choeur de la cathdrale de ,canterbury 7#c7abj1 lorsque ses dentelures ne sont pas assez saillantes pour rompre cette courbe4 ,on voit encore des btons-rompus dans l'architecture de la premire priode ogivale1 comme la cathdrale de ,noyon1 dans le choeur de l'glise ,saint-,germer4 ,ils disparaissent compltement lorsque le systme de l'architecture adopt la fin du ,x,i,ie sicle se dveloppe1 c'est--dire vers #abjj4 ,illustration3 ,fig4 #a et #b ,illustration3 ,fig4 #c4 ,note #aag3 ,porte du clocher de ,saint-,loup1 ,bayeux4 ,note #aah3 ,voy4 ,a ,gloss4 of ,terms used in ,greec41 ,rom41 ,ital1 and ,gothic4 ,archit4 ,oxford1 ,j4 ,h4 ,parker1 #ahej4 ,note #aai3 ,cet arc doubleau a t dpos et repos avec surlvation au ,x,i,i,ie sicle1 lorsque la nef de cette glise fut reconstruite1 ainsi que les votes hautes du choeur4 ,note #abj3 ,en parlant de l'architecture franaise1 on ne s'tonnera pas si nous citons souvent la cathdrale de ,canterbury4 ,le choeur de cette cathdrale a t lev par des architectes sortis de ,france 7voy4 ,the ,architect4 ,histor4 of ,canterbury cathedral1 par le ,rv4 ,r4 ,willis4 ,london1 #ahde47 ,,beffroi1 s4 m4 ,baffraiz4 ,on dsigne par ce mot un ouvrage de charpente destin contenir et permettre de faire mouvoir des cloches2 prenant le contenant pour le contenu1 on a donn le nom de beffroi aux tours renfermant les cloches de la commune4 ,les tours roulantes en bois destines l'attaque des places fortes pendant le moyen ge1 et jusqu' l'emploi de l'artillerie feu1 sont aussi nommes beffrois ou bretches 7voy4 ce mot74 ,beffrois de charpente4 ,les clochers des glises sont toujours disposs pour contenir des beffrois en charpente1 au milieu desquels manoeuvrent les cloches4 ,ces beffrois sont poss sur une retraite ou sur des corbeaux mnags dans la construction des tours1 et s'lvent en se rtrcissant vers leur sommet1 afin de ne pas toucher les parois intrieures de la maonnerie lorsque le mouvement imprim aux cloches les fait osciller1 et aussi pour prsenter une plus grande rsistance l'action de va-et-vient de ces cloches mises en branle4 ,ds que l'usage des cloches d'un poids considrable fut adopt1 on dut les suspendre dans des beffrois de charpente indpendants de la construction en maonnerie4 ,en ,france1 en ,belgique1 en ,allemagne1 on construisait dj1 au ,xe sicle1 des clochers d'un diamtre tel1 qu'il fait supposer l'emploi de fortes et nombreuses cloches1 la construction de beffrois intrieurs de charpente trs-importants4 ,il ne nous reste pas une seule de ces charpentes antrieures au ,x,v,ie sicle4 ,nous ne pourrions donc donner un exemple appuy sur un monument existant4 ,avant #ahcf1 le clocher vieux de la cathdrale de ,chartres contenait un beffroi considrable du ,x,i,ve sicle2 malheureusement1 cette curieuse charpente fut brle cette poque1 et nous n'en possdons qu'un dessin donnant l'enrayure basse 7#a7 avec le premier tage4 ,deux gros poinons divisaient ce beffroi en deux traves dans toute la hauteur1 et les cloches taient suspendues dans chacune de ces deux traves2 les tourillons de leurs moutons posaient sur les deux pans de bois latraux et sur les chapeaux assembls dans ces poinons ports par les liens courbes infrieurs et soulags par des arbaltriers chaque tage1 ainsi que l'indique la fig4 #b4 ,un escalier en bois pos dans un des angles desservait tous les tages du beffroi et tait destin aux sonneurs4 ,avant le ,x,ve sicle1 les charpentiers paraissent s'tre proccups1 dans la construction des beffrois1 de maintenir le pan de bois central 7car les anciennes charpentes de beffrois sont toujours divises en deux traves7 par des arbaltriers ou pices inclines reportant la charge centrale sur les pans de bois latraux4 ,mais on dut reconnatre que des fermes tailles conformment la fig4 #b1 poses les unes sur les autres1 taient insuffisantes pour rsister la charge et surtout aux oscillations causes par le mouvement des cloches2 que les assemblages devaient se fatiguer1 tant successivement refouls ou arrachs par le balancement des cloches dont tout le poids se porte brusquement d'un cot l'autre4 la fin du ,x,ve sicle1 les pans de bois des beffrois furent composs d'une succession de croix de ,saint-,andr1 dont l'assemblage mi-bois les rendait beaucoup plus rigides1 et arrtait les effets de l'oscillation sur les tenons et mortaises4 ,en effet1 lorsque les tages des pans de bois des beffrois se composaient seulement du poinon central ,e1 des deux poteaux corniers ,f et des deux arbaltriers ,a ,b1 la cloche tant en branle et dans la position indique par la fig4 #c1 l'assemblage ,d tait refoul et l'assemblage ,c arrach2 il en rsultait que le chapeau ,k faisait bientt un mouvement de va-et-vient fort dangereux de ,l en ,m4 ,l'adjonction des deux pices ,g ,h arrta ce mouvement en reportant toujours le poids de la cloche1 quelle que ft sa position1 sur la verticale ,e4 ,partant de ce principe1 les charpentiers composrent les pans de bois des beffrois de grillages en lozange d'une grande rsistance 7#d71 moiss en ,x par des moises doubles avec clefs pour viter la pousse des pices ,p ,p sur les poteaux corniers4 ,l'oscillation des beffrois fut trs-rduite par cette combinaison4 ,mais le mouvement des grosses cloches est tellement puissant que ces pans de bois rendus rigides1 entrans tout d'une pice1 tantt d'un ct1 tantt de l'autre1 avaient pour effet1 la longue1 de faire pivoter l'ensemble de la charpente de faon placer l'enrayure basse et l'enrayure haute sur deux plans non parallles1 ainsi que l'indique la fig4 #e4 ,les quatre pans de bois latraux et le pan de bois central gauchissaient1 et la dernire enrayure du sommet arrivait battre les parois de maonnerie des tours en ,a2 les cloches manoeuvraient mal entre ces surfaces gauches1 et leurs battants1 prenant un lger mouvement de rotation1 frappaient les bords du bronze faux et brisaient les cloches4 ,pour parer cet inconvnient1 on tablit des goussets ,r aux angles de chaque enrayure tous les tages 7#f72 ds lors les pans de bois furent maintenus dans leurs plans4 ,ces perfectionnements apports successivement par les charpentiers habiles du ,x,ve sicle furent oublis un sicle plus tard1 et les beffrois1 en grand nombre1 qui datent du ,x,v,i,ie sicle1 sont1 malgr l'quarrissage dmesur du bois1 de pauvres charpentes fort mal combines1 mal excutes1 et qui s'affaissent sous leur propre poids4 ,les incendies1 le dfaut d'entretien1 de maladroites rparations ont dtruit ou altr les beffrois que les ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,ve sicles avaient levs2 ce que nous donnons ici ne peut tre que le rsultat de quelques observations faites sur des dbris informes aujourd'hui4 ,toutefois ces observations nous ont permis de reconstituer un norme beffroi d'aprs ces donnes1 celui de la tour sud de la cathdrale de ,paris2 et1 dfaut d'une ancienne1 charpente complte1 nous croyons pouvoir reprsenter celle-ci1 dans laquelle nous avons cherch profiter de l'exprience des charpentiers du moyen ge1 et qui rsume les principales rgles poses ci-dessus#aba4 ,la fig4 #g prsente le plan de l'enrayure basse de ce beffroi1 qui repose sur une saillie de la maonnerie mnage cet effet4 ,au lieu d'un seul pan de bois intermdiaire1 ici il y en a deux1 se coupant angle droit1 cause de l'norme hauteur de cette charpente et pour donner plus de fixit au poinon central4 ,l'un de ces deux pans de bois ne s'lve que jusqu'au second tage2 les deux derniers tages restants ne conservent plus qu'un seul pan de bois de refend pour permettre le jeu des grosses cloches4 ,la fig4 #h donne le plan de l'enrayure suprieure de ce beffroi1 au sommet duquel est pos un chemin de service et une galerie vitre recouverte de plomb4 ,la fig4 #i donne l'un des quatre pans de bois latraux1 la fig4 #aj le pan de bois de refend s'levant jusqu'au fate de la charpente4 ,le second pan de bois de refend1 angle droit1 est en tout semblable celui-ci1 si ce n'est qu'il n'existe que jusqu'au point ,a4 ,l'ensemble de l'ouvrage est garni tout autour d'abat-sons recouverts de plomb1 et ces abat-sons tenant seulement la charpente1 suivent ses mouvements sans que les oscillations puissent agir sur les piliers en pierre de la tour4 ,c'est donc l1 conformment la mthode ancienne1 un ouvrage compltement indpendant de la maonnerie1 garni de ses accessoires et garanti des intempries par les oues qui sont destines rabattre le son des cloches4 ,la pluie qui s'introduit par les longues baies de la tour1 fouette par le vent1 rencontre une construction isole bien couverte1 s'goutte d'un abat-son sur l'autre jusqu'au point ,b o un trottoir libre1 isol de la maonnerie et recouvert galement de plomb1 la renvoie sur les galeries en pierre extrieures4 ,lorsque le bourdon suspendu en ,c est en branle1 grande vole1 l'oscillation de ce beffroi son sommet est de cinq centimtres environ1 peine sensible au niveau ,b des galeries1 et inapprciable au-dessus de l'enrayure basse#abb4 ,dans le nord1 il tait d'usage souvent d'tablir des beffrois dans les charpentes mmes des flches en bois recouvrant des tours d'une dimension mdiocre2 ce systme fatiguait beaucoup les murs en maonnerie1 et on dut renoncer l'employer lorsque les cloches taient d'un poids considrable4 ,les flches des cathdrales de ,reims1 de ,paris1 de ,beauvais1 de ,rouen1 de la ,sainte-,chapelle du ,palais1 etc41 contenaient un grand nombre de cloches1 mais d'une petite dimension4 ,la cathdrale d',amiens1 qui a conserv sa flche du commencement du ,x,v,ie sicle1 contient un petit beffroi indpendant de la charpente dans sa basse lanterne4 ,dans ce cas1 les beffrois n'taient pas munis d'abat-sons2 leurs bois taient simplement garnis de plomb et posaient sur un terrasson recevant les eaux de pluie chasses par le vent au milieu de ces charpentes l'air libre4 ,beffroi de commune4 ,lorsqu'au ,x,ie sicle s'tablirent les premires communes1 elles s'assemblaient au son des cloches1 et presque toujours alors c'tait des tours des glises que partait le signal des runions4 ,le clerg rgulier et sculier tait gnralement oppos ces conqutes de la bourgeoisie1 ces conjurations qui tendaient secouer le joug fodal#abc4 ,les laques1 les abbs interdisaient les clochers des glises aux nouveaux citoyens1 et ne permettaient pas de sonner les cloches pour un autre motif que celui des offices4 ,souvent cette opposition tait la cause de scnes de violence que dploraient les chefs des villes affranchies4 ,plutt que de provoquer des luttes continuelles1 les bourgeois installrent des cloches au-dessus des portes des villes1 sur des tours destines tout autre usage qu' celui de clocher1 et ce ne fut qu' la fin du ,x,i,ie sicle et au commencement du ,x,i,i,ie que certaines communes purent songer lever les tours uniquement rserves aux cloches de la ville4 ,ces tours prirent le nom de beffrois4 ,elles furent d'abord isoles2 elles taient comme le signe visible de la franchise de la commune4 ,plus tard1 elles furent runies la maison de ville2 c'tait le donjon municipal4 ,il ne nous reste plus en ,france qu'un bien petit nombre de ces monuments1 tmoins des premiers et des plus lgitimes efforts des populations urbaines pour conqurir la libert civile1 et encore ces rares exemples que nous possdons ne remontent pas au del du ,x,i,ve sicle4 ,les premiers beffrois isols se composaient d'une grosse tour carre1 le plus souvent surmonte d'un comble en charpente recouvert d'ardoises ou de plomb1 dans lequel taient suspendues plusieurs cloches4 ,une galerie ou tage perc de fentres sur les quatre faces servait de poste pour les guetteurs qui1 le jour et la nuit1 avertissaient les citadins de l'approche des ennemis1 dcouvraient les incendies1 rveillaient les habitants au son des cloches ou des trompes4 ,c'tait du haut du beffroi que sonnaient les heures du travail ou du repos pour les ouvriers1 le lever du soleil1 le couvre-feu1 que l'on annonait au bruit des fanfares les principales ftes de l'anne4 ,la tour contenait ordinairement des prisons1 une salle de runion pour les chevins et quelques dpendances telles que dpt d'archives1 magasin des armes que l'on distribuait aux bourgeois dans les temps de trouble1 ou lorsqu'il fallait dfendre la cit4 ,pendant le ,x,i,ve sicle1 lorsque les grandes horloges furent devenues communes1 les beffrois reurent des cadrans marquant les heures4 ,le beffroi est longtemps la seule maison de ville1 le monument municipal par excellence4 ,lorsque le pouvoir fodal est le plus fort1 son premier acte d'autorit est la dmolition du beffroi4 ,en #acbb1 l'vque et le chapitre de ,laon obtiennent de ,charles ,,iv une ordonnance dans laquelle il est dit3 ,qu' l'avenir1 en la ville1 cit et faubourg de ,laon1 il ne pourra y avoir1 commune1 corps1 universit1 chevinage1 maire1 jurs1 coffre commun1 beffroi1 cloche1 sceau ni autre chose appartenant l'tat de la commune4#abd ,et plus tard1 en #acca1 ,philippe ,,vi rend une seconde ordonnance confirmative de la premire1 se terminant par cette clause3 ,il n'y aura plus ,laon de tour du beffroi2 et les deux cloches qui y taient en seront tes et confisques au roi4 ,les deux autres cloches qui sont en la tour de la ,porte-,martel y resteront1 dont la grande servira sonner le couvre-feu au soir1 le point du jour au matin1 et le tocsin2 et la petite pour faire assembler le guet#abe4 ,noyon1 ,laon1 ,reims1 ,amiens possdaient des beffrois4 ,cette dernire ville a conserv le sien jusqu' nos jours2 mais reconstruit plusieurs reprises et dnatur pendant le dernier sicle1 la base seule de la tour carre prsente encore quelques traces de constructions leves pendant les ,x,i,i,ie et ,x,ve sicles#abf4 ,les autres grandes cits que nous venons de nommer ont laiss dtruire compltement les leurs4 ,ce n'est plus1 en ,france1 que dans quelques villes de second ordre qu'on trouve encore des beffrois4 ,nous donnons ici 7#aa7 celui de la ville de ,bthune 7,pas-de-,calais7 qui est assez bien conserv et peut donner une ide de ces constructions municipales au ,x,i,ve sicle4 ,l'tage infrieur1 masqu derrire des maisons particulires1 contenait les services mentionns ci-dessus4 ,une grande salle perce de huit baies renfermait les grosses cloches2 au-dessus tait une salle perce de meurtrires et de petites ouvertures4 ,un escalier vis pos sur l'un des angles monte la galerie suprieure1 flanque aux angles d'chauguettes crneles4 ,un comble recouvert d'ardoise et de plomb contient un carillon et une lanterne suprieure avec galerie pour le guetteur4 ,suivant l'usage1 une girouette couronne la flche4 ,les villes d',auxerre1 de ,beaune ont encore leurs beffrois4 ,voici 7#ab7 celui d'vreux1 construit au ,x,ve sicle et qui est complet4 ,nous en donnons les plans1 avec la vue perspective1 aux trois tages ,,abc4 ,les municipalits dployaient un certain luxe dans ces constructions urbaines2 elles tenaient ce que leurs couronnements levs1 souvent orns de clochetons1 d'aiguilles1 de grandes lucarnes1 fussent aperus de loin1 et tmoignassent de la richesse de la cit4 ,nous avons dit1 en commenant1 que les cloches de la commune taient suspendues1 dans certains cas1 au-dessus d'anciennes portes de villes4 ,peut-tre est-ce en souvenir de cette disposition provisoire que beaucoup de beffrois isols furent construits dessein sous forme de porte surmonte d'une ou deux tours4 ,nous citerons parmi les beffrois servant de porte1 btis cheval sur une rue1 les tours de beffroi de ,saint-,antonin1 de ,troyes 7dmolie aujourd'hui71 d',avallon1 de ,bordeaux4 ,ce dernier beffroi est fort remarquable2 il se compose de deux grosses tours entre lesquelles s'ouvre un arc laissant un passage public4 ,au-dessus1 un second arc couronn par un crnelage et un comble couvre la sonnerie 7voy4 ,,porte74 ,dans quelques villes1 l'une des tours de l'glise principale servit et sert encore de beffroi4 ,metz1 ,soissons1 ,saint-,quentin1 une des tours de la cathdrale est reste destine cet usage4 ,quant aux beffrois tenant aux htels de ville1 nous renvoyons nos lecteurs au mot ,h,,tel ,,de ,,ville4 ,beffroi1 machine de guerre4 ,pendant les siges du moyen ge1 on se servait de tours de bois mobiles pour jeter1 sur les murailles attaques1 des troupes de soldats qui livraient ainsi l'assaut de plain pied 7voy4 ,,architecture ,,militaire74 ,ces tours prenaient le nom de beffrois4 ,cet engin de guerre tait en usage dans l'antiquit4 ,csar1 dans ses ,mmoires1 indique souvent leur emploi4 ,aprs avoir lev des terrassements qui permettaient d'approcher de grosses machines des murailles attaques1 combl les fosss et tabli des mantelets qui couvraient les travailleurs1 l'arme de ,csar1 au sige d'une place forte dfendue par les ,nerviens1 construit une tour de bois hors de la porte des traits des assigs4 ,lorsqu'ils nous virent dresser la tour1 dit ,csar#abg1 aprs avoir pos des mantelets et lev la terrasse1 les ,nerviens se mirent rire du haut de leurs murailles1 et demandrent grands cris ce que nous voulions faire1 une si grande distance1 d'une si norme machine2 avec quelles mains et quels efforts des hommes d'une si petite taille pourraient la remuer 7car les ,gaulois1 cause de leur haute stature1 mprisent notre petite taille72 prtendions-nous approcher cette masse de leurs murs8 ,mais lorsqu'ils la virent s'branler et s'avancer vers leurs dfenses1 tonns d'un spectacle si nouveau1 ils envoyrent ,csar des dputs pour traiter de la paix444 ,les ,gaulois imitateurs1 d'aprs le dire de ,csar lui-mme1 ne tardrent pas adopter1 eux aussi1 les tours de bois mobiles4 ,lorsque le camp des ,romains est assig par les ,nerviens rvolts#abh1 le septime jour du sige1 un grand vent s'tant lev1 les ennemis lancrent dans le camp des dards enflamms1 et avec la fronde des balles d'argile rougies au feu4 ,les baraques de nos soldats1 couvertes en paille la manire gauloise1 eurent bientt pris feu1 et en un instant le vent porta la flamme sur tout le camp4 ,alors1 poussant de grands cris comme si dj la victoire et t pour eux1 ils firent avancer leurs tours et leurs tortues1 et commencrent escalader les retranchements4 ,mais tels furent le courage et la solidit de nos troupes1 que1 de toutes parts environnes de flammes1 accables d'une grle de traits1 sachant que l'incendie dvorait leur bagage et leur fortune1 aucun soldat ne quitta son poste et ne songea mme regarder en arrire1 tous combattirent avec acharnement4 ,cette journe fut rude pour nous2 cependant beaucoup d'ennemis y furent tus ou blesss2 entasss au pied du rempart1 les derniers venus empchaient les autres de se retirer4 ,quand l'incendie fut un peu apais1 les assaillants ayant roul une de leurs tours prs du retranchement1 les centurions de la troisime cohorte posts sur ce point s'loignrent1 emmenrent tout leur monde1 et1 appelant les ennemis du geste et de la voix1 les invitrent entrer s'ils voulaient2 aucun n'osa se porter en avant4 ,on les dispersa par une grle de pierres1 et on brla leur tour4444 ,depuis lors1 et jusqu' l'emploi de l'artillerie feu1 on ne cessa1 dans les ,gaules1 d'employer ce moyen d'attaque pendant les siges4 ,il n'est pas besoin de dire qu'il ne nous reste aucun renseignement pratique sur ces normes machines4 ,nous devons nous en tenir aux descriptions assez vagues qui nous sont restes1 quelques vignettes de manuscrits excutes de faon qu'il est impossible de constater les moyens employs pour les faire mouvoir4 ,pendant le moyen ge1 ces tours mobiles taient assez vastes pour contenir une troupe nombreuse2 elles taient divises par des planchers formant plusieurs tages percs de meurtrires1 et leur sommet crnel1 dont la hauteur tait calcule de manire dominer la crte des tours ou murailles attaques1 recevait un pont s'abattant sur les parapets des assigs1 lorsque le beffroi tait amen le long des murs4 ,on garnissait extrieurement ces grandes charpentes de peaux fraches1 de grosses toffes de laine mouilles pour les prserver des projectiles incendiaires 7voy4 ,,architecture ,,militaire1 fig4 #ae et #af74 ,c'est au sige du chteau de ,breteuil par le roi ,jean 7#acef71 qu'il est fait mention une des dernires fois d'un beffroi mobile1 et la description que ,froissart donne de ce sige mrite d'tre transcrite1 car l'artillerie feu commence jouer un rle important en dtruisant les anciens engins d'assaut1 si formidables jusqu'alors4 ,et sachez que les ,franois qui toient devant ,breteuil ne sjournoient mie de imaginer et subtiller plusieurs assauts pour plus grver ceux de la garnison4 ,aussi les chevaliers et cuyers qui dedans toient1 subtilloient nuit et jour pour eux porter dommage2 et avoient ceux de l'ost fait lever et dresser grands engins qui jetoient nuit et jour sur les combles des tours1 et ce moult les travailloit4 ,et fit le roi de ,france faire par grand'foison de charpentiers un grand beffroy trois tages que on menoit roues quelle part que on vouloit4 ,en chacun tage pouvoit bien entrer deux cents hommes et tous eux aider2 et toit breteski et cuir pour le trait trop malement fort2 et l'appeloient les plusieurs un cas1 et les autres un atournement d'assaut4 ,si ne fut mie si tt fait1 charpent ni ouvr4 ,entrementes que on le charpenta et appareilla1 on fit par les vilains du pays1 amener1 apporter et acharger grand'foison de bois et tout renverser en ses fosss1 et estrain et trefs 7paille et pices de bois7 sus pour amener ledit engin sur les quatre roues jusques aux murs pour combattre ceux de dedans4 ,si mit-on bien un mois remplir les fosss l'endroit o on vouloit assaillir et faire le char 7le charroi74 ,quand tout fut prt1 en ce beffroy entrrent grand'foison de bons chevaliers et cuyers qui se dsiroient avancer4 ,si fut ce beffroy sur ces quatre roues about et amen jusques aux murs4 ,ceux de la garnison avoient bien vu faire ledit beffroy1 et savaient bien l'ordonnance en partie comment on les devoit assaillir4 ,si toient pourvus selon ce de canons jetant feu et grands gros carreaux pour tout drompre4 ,si se mirent tantt en ordonnance pour assaillir ce beffroy et eux dfendre de grand'volont4 ,et de commencement1 ainois que ils fesissent traire leurs canons1 ils s'en vinrent combattre ceux du beffroy franchement1 main main4 ,l eut fait plusieurs grands appertises d'armes4 ,quand ils se furent plent battus1 ils commencrent traire de leurs canons et jeter feu sur ce beffroy et dedans1 et avec ce feu traire paissement grands carreaux et gros qui en blessrent et occirent grand'foison1 et tellement les enfoncrent que ils ne savoient auquel entendre4 ,le feu1 qui toit grgeois1 se prit au toit de ce beffroy1 et convint ceux qui dedans toient issir de force1 autrement ils eussent t tout ars et perdus4 ,quand les compagnons de ,breteuil virent ce1 si eut entre eux grand'huerie1 et s'crirent haut3 ,saint-,george6 ,loyaut et ,navarre6 ,loyaut6 ,et puis dirent3 ,seigneurs franois1 par ,dieu1 vous ne nous aurez point ainsi que vous cuidez4 ,si demeura la greigneure partie de ce beffroy en ces fosss1 ni onques depuis nul n'y entra444#abi ,lorsqu' la fin du ,x,ve sicle1 les auteurs de l'antiquit furent en honneur1 on fit de nombreuses traductions de ,vgce1 de ,vitruve1 et leurs traducteurs ou commentateurs s'ingnirent trouver dans ces auteurs des applications l'art militaire de leur temps4 ,ces travaux1 utiles peut-tre quant la tactique1 ne pouvaient s'appliquer l'art des siges en face de l'artillerie feu1 et les combinaisons plus ou moins ingnieuses de machines de guerre que quelques savants s'amusaient mettre sur le papier1 restrent dans les livres2 ils ne pouvaient avoir et n'eurent aucun rsultat pratique2 nous n'en parlerons donc pas#acj4 ,illustration3 ,fig4 #a ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig #c et #d4 ,illustration3 ,fig4 #e et #f ,illustration3 ,fig4 #g et #h ,illustration3 ,fig4 #i ,illustration3 ,fig4 #aj ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,note #aba3 ,notre ,dictionnaire tendant avant tout vers un but pratique1 on ne nous saura pas mauvais gr1 nous l'esprons1 de donner un exemple d'une construction neuve1 leve d'aprs les rgles et des principes que les anciens exemples ne sauraient nous fournir dune manire complte4 ,le beffroi neuf de ,notre-,dame de ,paris fonctionne bien depuis cinq ans1 et sans qu'il soit possible de remarquer la plus lgre altration dans tout le systme4 ,note #abb3 ,cette charpente1 qui a remplac un beffroi du ,x,v,i,ie siecle1 a t excute en beau bois de chne par ,m4 ,bellu1 entrepreneur4 ,note #abc3 ,voy4 ,,architecture ,,civile4 ,note #abd3 ,a4 ,thierry4 ,lettres sur l'histoire de ,france1 lett4 ,,xviii4 ,note #abe3 ,ibid4--,les cloches taient places inter insignia de natura consulatus existentia4 7,les ,olim1 ordonnance ,,xi1 #fh1 art4 ,,ix47 ,retirer une ville ses cloches1 c'tait retirer au corps municipal de cette ville1 non-seulement le moyen1 mais le droit de s'assembler4 ,pendant toute la dure de l'interdiction1 les affaires restaient suspendues1 ou taient dvolues la dcision des officiers royaux4 ,un tel tat de choses ne durait pas longtemps1 et la ville pouvait d'ordinaire abrger sa dure en rachetant le droit des cloches4 7,les ,olim1 ,i1 p4 #hcf du texte1 note #abf47 ,note #abf3 ,voy4 la ,description du beffroi de la ville d',amiens1 par ,m4,h4 ,dusevel4 ,amiens1 #ahdg4 ,note #abg3 ,livre ,,ii1 ,de ,bello gallico4 ,note #abh3 ,livre ,v4 ,de ,bello gallico4 ,note #abi3 ,chron4 de ,froissart1 liv4 ,i1 part4 ,,ii1 chap4 ,,xxi4 dit4 ,buchon4 ,note #acj3 ,voy4 entre autres ,roberti ,valturii de re militari1 lib4 ,,xii2 #adic4 dit4 de #aecd2 ,paris1 pet4 in-f latin1 avec de nombreuses planches en bois1 donnant les plus tranges inventions de machines pour attaquer et prendre les places fortes4 ,b,,nitier1 s4 m4 ,benoistier4 ,petite cuve dans laquelle on laisse sjourner l'eau bnite pour l'usage des fidles1 l'entre ou la sortie des glises4 ,il y a deux sortes de bnitiers3 les bnitiers portatifs et les bnitiers fixes4 ,nous ne nous occuperons que de ces derniers1 les premiers faisant partie des ustensiles l'usage du culte4 ,il nous serait difficile de dire quelle poque les bnitiers fixes furent poss la porte des glises4 ,nous connaissons quelques bnitiers informes qui paraissent avoir t trs-anciennement scells dans les pidroits des portes d'glises d'une date recule2 mais il nous parat difficile de dire si ces bnitiers appartiennent l'poque de la construction de ces difices1 ou s'ils ont t placs aprs coup4 ,ces bnitiers1 en tant qu'ils soient primitifs1 ne sont gure que de trs-petites cuves en pierre et en forme d'une demi-sphre4 ,nous serions tent de croire 7bien que nous ne puissions appuyer notre opinion sur aucune preuve certaine7 que1 dans les glises antrieures au ,x,i,ie sicle1 le bnitier tait un vase de mtal que l'on plaait prs de l'entre des glises lorsque les portes taient ouvertes4 ,cette conjecture n'est base que sur l'absence de toute disposition indiquant la place de cet accessoire4 ,sous le porche des glises primitives de l'ordre de ,cluny1 il y avait presque toujours une table de pierre d'une dimension mdiocre pose prs de la porte4 ,cette table tait-elle destine recevoir un bnitier portatif8 ,c'est ce que nous n'oserions affirmer4 tait-elle1 comme semblent le croire quelques auteurs1 entre autres ,mabillon1 un autel8 ,l'absence de monuments existant aujourd'hui nous laisse cet gard dans le doute4 ,une gravure donne par ,dom4 ,plancher#aca1 dans son ,histoire de ,bourgogne1 et reprsentant le porche de l'glise abbatiale de ,moutier-,saint-,jean1 montre un bnitier fort important plac devant le trumeau de la porte centrale4 ,la faade de cette glise avait t leve vers #aacj1 et le bnitier semble appartenir la mme poque2 autant qu'on peut en juger par la gravure1 fort grossirement excute1 ce bnitier parat tre en bronze et pos immdiatement sous les pieds de la statue de la ,vierge qui fait partie du trumeau4 ,nous donnons ici 7#a7 une copie de ce bnitier avec son entourage#acb4 ,il tait port sur une colonne dont l'excessive maigreur nous fait supposer qu'elle tait en mtal4 ,l'absence des bnitiers d'une poque ancienne dans nos glises n'aurait pas lieu de surprendre1 s'il tait constat qu'ils eussent t gnralement excuts en bronze4 ,en effet1 les bnitiers en pierre1 que nous trouvons tenant des monuments des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 sont d'une extrme simplicit1 et nous ne les rencontrons que dans des glises pauvres4 ,on peut donc supposer avec assez de raison que les bnitiers des glises riches1 tant en bronze1 ont t vols1 dtruits et fondus l'poque des guerres religieuses4 ,dans les petites glises du ,soissonnais1 de l',oise1 construites la fin du ,x,i,ie sicle et au commencement du ,x,i,i,ie1 il existe un grand nombre de bnitiers taills comme l'indique la fig4 #a bis4#acc4 ,mais les architectes du ,x,i,i,ie sicle aimaient faire tenir aux difices tous les accessoires ncessaires2 ils taient ports prvoir1 dans la construction1 des objets qui jusqu'alors avaient t regards comme des meubles2 ils durent disposer des bnitiers faisant partie de l'difice1 prs des portes1 de mme qu'ils accusaient franchement les piscines1 les crdences4 ,ces accessoires devenaient pour eux autant de motifs de dcoration4 ,prs de la porte mridionale de l'glise de ,villeneuve-le-,roi1 on voit encore un bnitier tenant au pilier de droite2 ce bnitier est combin avec la construction 7#b74 ,ses assises rgnent avec les assises du pilier2 ce n'est pas un accessoire rapport aprs coup3 il est prvu en btissani4 ,la cuve polygonale est surmonte d'un dais finement taill4 ,cet dicule1 comme la construction laquelle il tient1 date de la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle#acd4 ,plus tard1 pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 les bnitiers reprennent leur apparence de meubles1 et se composent presque toujours d'une cuve polygonale ou circulaire porte sur une colonne2 ils ne font plus partie de l'difice4 ,quelquefois les sculpteurs se sont plu figurer1 au fond des cuves des bnitiers1 des serpents1 des grenouilles1 des poissons1 purilits d'assez mauvais got et qui font l'admiration de beaucoup de gens4 ,si ces fantaisies avaient pour but de rappeler aux fidles qu'ils doivent prendre de l'eau bnite en entrant dans l'glise1 il faut avouer que cette singulire faon d'attirer l'attention eut un plein succs4 l'poque o le zle religieux se refroidissait1 les artistes s'ingniaient souvent exciter la curiosit1 dfaut d'autre sentiment4 ,nous pensons qu'il faut classer ces sculptures d'animaux au fond des cuves des bnitiers parmi les fantaisies1 parfois burlesques1 des sculpteurs du ,x,ve sicle1 quoiqu'on ait voulu trouver ces figures un sens symbolique4 ,au pied des tombes1 dans les cimetires1 il tait d'usage de placer ou de creuser dans la pierre mme recouvrant la spulture de petits bnitiers2 on en voit encore un grand nombre en ,bretagne1 dans le ,poitou et le ,maine1 o cet usage s'est conserv jusqu' nos jours4 ,ces petits bnitiers taient quelquefois en mtal1 en fer ou en bronze1 accompagns d'un goupillon attach la cuve avec une chanette4 ,le sicle de la renaissance sculpta des bnitiers en marbre d'une grande richesse1 supports par des figures4 ,mais malheureusement les guerres religieuses dtruisirent en ,france ces petits monuments4 ,l',italie et l',espagne nous en ont conserv un grand nombre d'exemples4 ,illustration3 ,fig4 #a et #a bis4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,note #aca3 ,hist4 gnr4 et partic4 de ,bourgogne4 ,dijon1 #agci2 t4 ,i1 p4 #eag4 ,note #acb3 ,nous nous sommes permis1 tout en conservant aussi fidlement que possible les formes indiques par la gravure1 de rapprocher notre dessin du style du ,x,i,ie sicle1 la gravure tant compltement dpourvue de caractre4 ,note #acc3 ,ce bnitier provient de l'glise de ,saint-,jean-aux-,bois1 prs ,compigne4 ,note #acd3 ,le dessin de ce bnitier nous a t communiqu par ,m4 ,millet1 architecte1 qui nous devons dj de prcieux renseignements4 ,,berceau1 s4 m4 7,voy4 ,,architecture1 ,,construction1 ,,vo,,te74 ,,besants1 s4 m4 ,le besant1 en termes de blason1 est un disque de mtal pos sur le champ ou sur les pices principales de l'cu4 ,on dsigne1 en architecture1 par besants1 une srie de disques plats sculpts dans une moulure4 ,cet ornement est frquent dans les difices du ,x,i,ie sicle2 il est toujours d'une petite dimension1 plus gros que la perle1 plus petit que le bouton2 il dcore les bandeaux1 les archivoltes1 les canelures des pilastres2 c'est dans le ,poitou1 la ,saintonge et sur les bords de la ,loire qu'on le rencontre de prfrence4 ,on verra ci-contre 7#a7 un fragment d'une des arcatures du clocher de l'glise de la ,charit-sur-,loire1 dont l'archivolte et les pilastres sont orns de besants dlicatement sculpts4 ,le besant diffre surtout de la perle et du bouton en ce qu'il est plat au lieu de prsenter une portion de sphre4 ,il est gnralement taill1 ainsi que l'indique la fig4 #b1 quelque peu biseaut sur les bords pour viter la scheresse et la maigreur produites par des coupes angle droit4 ,les besants ont cet avantage1 dans la dcoration1 de donner1 peu de frais1 beaucoup de richesse et de lgret aux membres de l'architecture auxquels ils sont appliqus2 leur surface plane1 accrochant vivement la lumire1 les fait distinguer une grande distance malgr leur tnuit2 ils rompent la monotonie des moulures fines rptes et d'un profil plat1 prfres par les architectes du ,x,i,ie sicle2 ils ont enfin1 malgr leur peu d'importance comme dimension1 une fermet qui convient parfaitement des constructions de pierre4 ,les besants disparaissent au ,x,i,i,ie sicle1 pour ne plus reparatre dans la dcoration architectonique4 ,illustration3 ,fig4 #a et #b4 ,,bestiaires1 s4 m4 ,on dsigne par bestiaires les recueils1 fort en vogue pendant le moyen ge1 qui contiennent la description des animaux rels ou fabuleux de la cration4 ,ces descriptions sont presque toujours accompagnes de vignettes4 ,pendant les ,x,ie1 ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 ces bestiaires1 copis et annots dans les monastres1 sur les auteurs de l'antiquit1 avec force variantes et nouvelles histoires1 avaient un sens symbolique4 ,les qualits ou les dfauts de chaque animal taient prsents comme une figure de l'tat de l'me humaine1 de ses vices ou de ses vertus1 comme une personnification de l'glise ou mme de ,jsus-,christ4 ,le bestiaire en prose picarde du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 donn tout au long dans les ,mlanges archologiques des ,,rr4 ,,pp4 ,a4 ,martin et ,cahier#ace1 est prcd d'un court prologue qui indique parfaitement le but que les compilateurs des bestiaires se proposaient d'atteindre4 ,chi commence1 dit l'auteur1 li livres c'on aple ,bestiaire4 ,et par ce est il apels ensi1 qu'il parole 7parle7 des natures des bestes2 car totes les cratures que ,dex cra en terre1 cria il por home1 et por prendre essanple et de foi en eles et de crance4 ,du moment qu'il tait admis que les animaux de la cration avaient t crs pour l'homme et afin que l'tude de leurs moeurs ft pour lui un exemple1 on ne doit pas s'tonner si nous voyons sculpts sous les portails des glises1 autour des chapiteaux et jusque sur les meubles sacrs1 une foule d'animaux destins rappeler les vertus que les chrtiens devaient pratiquer ou les vices qu'ils devaient viter4 ,au moyen ge1 l'homme est le rentre de toutes choses sur la terre1 et l'glise lui montre sans cesse cette vrit dans les monuments qu'elle lve4 ,aprs avoir reprsent ,dieu1 ses rapports avec l'homme1 l'histoire de son sacrifice et la hirarchie cleste1 l'glise n'oublie aucun des tres secondaires1 et les fait entrer dans le grand concert de la cration4 ,c'est l le signe le plus vident de la tendance des ides du moyen ge vers l'unit1 l'ordre1 le classement4 ,tout a sa place dans la cration1 tout a un but et une fonction1 tout se rapporte l'homme1 qui doit compte ,dieu1 comme responsable cause de son intelligence1 de toute chose cre pour lui4 ,ne regardons pas1 dans nos monuments1 ces sculptures d'animaux1 souvent tranges1 comme des caprices d'artistes1 des bizarreries sans signification2 voyons-y1 au contraire1 l'unit vers laquelle tendait la pense du moyen ge1 les premiers efforts encyclopdiques des intelligences du ,x,i,i,ie sicle1 les premiers pas de la science moderne dont nous sommes si fiers#acf 7voy4 ,,cath,,drale1 ,,imagerie74 ,note #ace3 ,manusc4 de la bibliot4 de l',arsenal1 n#bhc1 fol4 ,,cciii4 ,note #acf3 ,nous renvoyons nos lecteurs aux ,mlanges archologiques des ,,rr4 ,,pp4 ,martin et ,cahier1 pour l'tude dtaille des bestiaires du moyen ge4 ,cette portion de l'ouvrage des ,,rr4 ,,pp4 est trs-complte et accompagne de planches nombreuses1 copies sur les manuscrits4 ,b,,ton1 s4 m4 ,c'est une maonnerie faite de mortier de chaux et sable et de caillou ou de pierres casses menu4 ,les ,romains ont fait grand usage du bton dans leurs constructions2 ils employaient des chaux bien cuites et bien teintes1 presque toujours hydrauliques1 des sables ou pouzzolanes parfaitement purs2 avec ces premiers lments1 ils ne pouvaient manquer de faire du bton excellent 7voy4 ,,construction74 ,les traditions romaines touchant la construction se conservrent assez bien jusqu' l'poque carlovingienne1 et on voit encore1 dans les constructions antrieures au ,xe sicle1 des massifs excuts en bton grossier conservs sans altration4 ,depuis le ,xe sicle jusqu' la fin de la priode ogivale1 les constructions leves en pierre ou en moellon ne laissent gure de place au bton1 que l'on ne rencontre que dans les intrieurs des massifs ou dans les fondations4 ,gnralement ces btons ou remplissages en maonnerie sont mal faits pendant la priode romane2 ils sont ingaux1 mal corroys et pilonns2 les chaux employes sont de mauvaise qualit1 les sables mlangs de terre4 ,d'ailleurs les btons veulent tre couls en grandes masses pour conserver leurs qualits2 et ces remplissages en mortier et dbris de pierres1 que l'on trouve au milieu des massifs romans revtus de pierre de taille1 se desschaient trop rapidement pour pouvoir acqurir de la duret4 ,dans les provinces mridionales1 l o le mode de construire des ,romains s'tait le mieux conserv1 nous trouvons1 jusqu'au ,x,i,ie sicle1 le bton employ pour les fondations1 pour les aires sur les votes4 ,il faut croire que dans ces contres on avait acquis mme une exprience consomme dans la fabrication du bton2 car nous voyons au chteau de la cit de ,carcassonne des fentres et des portes de la fin du ,x,ie sicle dont les linteaux1 d'une grande porte1 sont en bton coul dans une forme4 ,nous donnons ici 7#a7 une de ces fentres2 le linteau ,a est en bton d'une extrme duret1 et nous n'avons pas vu un seul de ces linteaux briss par la charge1 qui cependant est considrable4 ,ce bton1 coul et pilonn dans un encaissement1 est compos d'une chaux hydraulique mle avec le sable limoneux de l',aude et de petits fragments de brique2 le caillou est cass trs-menu et presque entirement compos de grs vert4 ,ici1 l'intention bien vidente des constructeurs a t de rserver ces pierres factices pour les grandes portes2 ils les estimaient donc plus rsistantes que le grs du pays1 qui cependant est trs-dur2 et ils ne se sont pas tromps1 car ces linteaux n'ont subi aucune altration#acg4 ,lorsqu'au ,x,i,i,ie sicle les constructions ne se composrent plus que de murs minces et de points d'appui grles1 le bton ne trouvait plus d'emploi qu'en fondation1 et encore on ne saurait donner ce nom aux maonneries bloques alors en usage 7voy4 ,,blocage74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,note #acg3 ,la colonnette qui divise en deux cette fentre est en marbre blanc des ,pyrnes1 ainsi que la base et le chapiteau2 les pidroits et le second linteau ,b sont en grs vert4 ,les constructeurs ont donc admis qu'un morceau de bton tait moins fragile que les pierres naturelles1 tant seulement soutenu ses extrmits et charg sur le milieu4 ,ce linteau n'a que #jm1#be d'paisseur sur une longueur de #am1#bj de porte et une largeur de #jm1#cj environ4 ,,biblioth,,que1 s4 f4 ,jusqu'au moment o l'imprimerie fut invente1 les bibliothques1 composes de manuscrits1 ne pouvaient tre trs-nombreuses1 les salles pour les contenir trs-vastes4 ,les monastres possdaient tous des bibliothques que les frres copistes augmentaient lentement4 ,ces bibliothques n'occupaient gure qu'une salle dit couvent1 de mdiocre tendue1 autour de laquelle des armoires en bois taient destines contenir les manuscrits4 ,les rois1 les grands personnages1 ds le ,x,i,ve sicle1 voulurent avoir des bibliothques dans leurs palais4 ,charles ,v runit au ,louvre une bibliothque fort nombreuse pour l'poque4 ,charles d',orlans avait form une bibliothque dans son chteau de ,blois4 ,en #adbg1 ce prince1 prisonnier en ,angleterre1 ayant su que les ,anglais mettaient le sige devant ,montargis1 donna pouvoir au sire de ,mortemart d'enlever de ,blois ses meubles et sa bibliothque1 et de tout transporter ,saumur#ach4 ,toutefois1 les salles dans lesquelles les manuscrits taient dposs ne paraissent pas avoir prsent1 avant l'invention de l'imprimerie1 des dispositions particulires4 ,note #ach3 cole des chartes1 t4 ,v1 p4 #ei4 ,voir l'inventaire de cette bibliothque4 ,,bief1 s4 m4 ,canal qui va prendre l'eau d'un ruisseau ou d'une rivire en aval1 pour la conduire niveau au-dessus de la roue d'un moulin1 en profitant de la diffrence de niveau qui existe entre le point de la prise et celui o l'usine est tablie4 ,le bief est ordinairement form par des digues en terre2 mais autrefois ce n'tait souvent qu'un canal form de planches poses sur des chevalets4 ,les grands tablissements monastiques du ,x,i,ie sicle possdaient des usines considrables pour l'poque1 et l'on voit encore la trace des travaux d'endiguement qu'ils excutrent pour diriger les cours d'eau sur leurs moulins et obtenir de puissants moteurs4 ,beaucoup de nos usines de la ,champagne et de la ,bourgogne profitent encore de ces ouvrages1 excuts souvent avec une grande intelligence et l'aide de labeurs immenses4 ,,bienfaiture4 ,vieux mot qui signifie une bonne construction4 ,,billettes4 s1 f4 ,c'est un terme de blason pour dsigner de petits paralllogrammes poss sur le champ ou les pices principales de l'cu4 ,en architecture1 on entend par billettes une srie de petits paralllogrammes ou portions de cylindres spars par des vides1 et dont les rangs plus ou moins nombreux chevauchent4 ,cet ornement se rencontre trs-anciennement sur les tailloirs des chapiteaux1 autour des archivoltes1 sur les bandeaux4 ,nous trouvons dj des billettes tailles sur des membres d'architecture de la priode mrovingienne4 ,parmi les fragments de cette poque dcouverts sous le sol de la partie romane de l'glise de ,poissy1 s'est rencontr un tailloir dcor de billettes que nous donnons ici 7#a74 ,mais c'est surtout pendant les ,x,ie et ,x,i,ie sicles que cet ornement prend une grande importance dans la dcoration des membres moulurs des difices4 ,les archivoltes1 bandeaux et corniches des monuments de cette poque1 reoivent une ou plusieurs ranges de billettes1 presque toujours cylindriques4 ,la fig4 #b reprsente l'un des bandeaux extrieurs de l'glise ,saint-tienne ,nevers de dcor d'un rang de billettes 7,x,ie sicle71 et la fig4 #c l'une des corniches extrieures de l'glise de ,saint-,sernin de ,toulouse1 qui en contient plusieurs4 ,les coupes des deux figures font voir comment sont taills ces ornements1 qui1 malgr leur simplicit1 donnent une grande richesse aux membres d'architecture auxquels ils sont appliqus1 en leur laissant leur fermet4 ,c'est surtout dans les provinces du ,centre et du ,midi1 dans le ,poitou et la ,saintonge1 que les billettes sont employes par ranges nombreuses1 au ,x,i,ie sicle4 ,en ,normandie et dans l',ile de ,france1 l'emploi des billettes est frquent la mme poque2 mais il est rare qu'elles se prsentent en rangs rpts1 et qu'elles couvrent les bandeaux1 archivoltes et corniches1 comme dans les provinces du centre4 ,les billettes alternent avec des moulures et n'ont gure qu'une importance secondaire4 ,comme exemple de ce que nous avanons ici1 nous donnons 7#d7 l'une des archivoltes des fentres de la tour ,saint-,romain de la cathdrale de ,rouen sur lequel les billettes une seule range alternent avec des surfaces plates et des boudins sans ornements4 ,dans ce cas1 les billettes1 comme les besans1 les boutons1 les perles 7voy4 ces mots71 ne font que rompre la monotonie des moulures fines et peu prs gales1 rptes4 ,les billettes disparaissent avec les dernires traces de l'architecture romane4 ,illustration3 ,fig4 #a et #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,,biseau1 s4 m4 ,se dit d'une arte abattue4 ,les constructeurs1 pendant la priode ogivale1 vitaient les artes vives1 angle droit1 surtout dans les parties infrieures des difices2 et lorsque ces artes n'taient pas masques par des colonnettes ou adoucies par des moulures1 ils se contentaient souvent de les tailler en biseau4 ,les tableaux des portes1 des fentres1 dans l'architecture civile1 sont presque toujours biseauts l'extrieur2 on vitait ainsi les cornures1 et plus encore les saillies gnantes des artes vives sur les points des difices o la circulation est active4 ,ce principe se trouve appliqu galement la charpente et la menuiserie2 les bois quarris sont souvent biseauts sur leurs artes4 ,voici 7#a7 un exemple d'une baie1 dont toutes les artes extrieures sont biseautes4 ,parfois le biseau n'existe que l seulement o l'arte saillante gnerait le passage2 le linteau et l'extrmit suprieure des pidroits hors de la porte de la main conservent leurs artes pures 7#b74 ,dans les ouvrages de charpente1 les biseaux s'arrtent au droit des assemblages1 afin de laisser aux bois toute leur force sur ces points4 ,la fig4 #c donne un poinon et un entrait biseauts1 conformment cette mthode4 ,les retraites de soubassements de la maonnerie sont toujours1 dans l'architecture ogivale1 ou moulures1 ou biseautes1 en raison de ce principe qui n'admettait pas les surfaces horizontales1 telles petites qu'elles fussent 7voy4 ,,base74 ,sur les artes horizontales1 ces biseaux1 forment presque toujours un angle au-dessus de #de degrs 7#d71 tandis que les biseaux sur les artes verticales sont taills suivant un angle de #de degrs4 ,cette loi est trop naturelle pour avoir besoin d'tre commente4 ,on voulait drober1 autant que possible1 les artes horizontales2 il tait tout simple de donner une forte inclinaison au biseau1 et l'angle #de degrs et encore prsent une trop grande acuit1 surtout dans les retours d'querre saillants2 tandis qu'il fallait abattre les artes verticales par une face formant1 avec les deux autres faces se coupant angle droit1 deux angles gaux 7#e74 ,les arcs doubleaux1 arcs ogives et formerets des votes construites avec conomie1 sont biseauts au lieu d'tre moulurs2 et1 dans ce cas1 le biseau est taill suivant un angle de #de degrs pour les arcs doubleaux larges ,a et de plus de #de degrs pour les arcs ogives ,b ou formerets 7#f74 ,on laissait ainsi plus de force aux arcs doubleaux1 et on donnait de la lgret aux arcs ogives4 ,le biseau n'est1 par le fait1 qu'un pannelage1 et1 dans l'architecture ogivale1 il est taill en raison de la moulure qu'il est destin prparer 7voy4 ,,pannelage74 ,illustration3 ,fig4 #a ,illustration3 ,fig4 #b et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #d1 #e et #f4 ,,blocage1 s4 m4 ,on dsigne par ce mot un massif en maonnerie form de blocs de pierre gros ou menus jets ple-mle dans un bain de mortier4 ,toutes les constructions romanes ne se composent gnralement que d'un revtement de pierre renfermant un blocage4 ,pendant la priode ogivale1 les membres rsistants de l'architecture1 sauf les contre-forts ou les soubassements des tours1 tant rduits la plus petite section horizontale possible1 ne contiennent gnralement pas de blocages2 on ne trouve alors les blocages qu'au centre des grosses piles1 des contre-forts pais ou dans les fondations 7voy4 ,,construction74 ,,blochet1 s4 m4 ,terme de charpente 7voy4 ,,charpente74 ,,boier1 s4 m4 ,vieux mot qui signifie gout1 cloaque 7voy4 ,,gout74 ,,bois1 s4 m4 ,on dsigne par ce mot1 en architecture1 la partie ligneuse des arbres propres la charpente ou la menuiserie4 ,le bois de construction par excellence est le bois de chne4 ,le sol des ,gaules tait renomm dans l'antiquit pour l'abondance et la qualit de ses bois de chne4 ,les ,romains tiraient de cette contre les bois qu'ils employaient dans la construction de leurs difices ou dans la marine2 et telle tait l'immense tendue de ses forts1 que longtemps aprs eux les constructeurs firent usage du bois de chne avec une incroyable profusion dans les constructions religieuses1 civiles et militaires4 ,pendant les priodes mrovingienne et carlovingienne1 les glises1 les monastres1 les palais1 les maisons1 les chausses1 les ponts et mme les enceintes des villes taient en grande partie levs en bois1 ou du moins cette matire entrait pour beaucoup dans la construction4 ,les premires chroniques franaises mentionnent sans cesse des dsastres terribles causs par le feu2 des villes tout entires sont consumes4 ,ce flau devint tellement frquent1 surtout pendant les expditions normandes1 que l'on dut songer rendre les difices publics et les habitations prives plus durables1 en remplaant le bois par de la maonnerie4 ,les votes furent substitues aux charpentes apparentes4 ,les palais et maisons eurent des murs de brique et de pierre au lieu de ces pans de bois si frquents du temps de ,grgoire de ,tours et longtemps encore aprs lui4 partir du ,x,ie sicle1 le bois n'est plus gure employ dans les difices publics1 que pour couvrir les votes et recevoir la tuile ou le plomb2 dans les habitations1 que pour les planchers et les combles4 ,lorsque ces dsastres causs par la ngligence1 le dfaut d'ordre et les guerres1 furent oublis2 lorsque les villes prirent une grande importance commerciale2 que le terrain municipal eut acquis de la valeur par suite de l'augmentation de la population dans des enceintes fortifies que l'on ne pouvait tendre1 les constructions prives en bois reparurent1 comme plus faciles lever1 et surtout perdant moins de terrain que les constructions de maonnerie4 ,et1 en effet1 c'est dans les villes commerantes du ,x,ve sicle1 telles que ,rouen1 ,caen1 ,paris1 ,reims1 ,troyes1 ,amiens1 ,beauvais1 que s'lvent surtout des maisons de bois la place des maisons de pierre des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles4 ,depuis le ,x,i,i,ie sicle1 les provinces du midi taient en dcroissance2 les enceintes des villes peine remplies ne ncessitaient pas ces conomies de l'espace2 les habitants continurent lever des maisons de pierre ou de brique2 d'ailleurs les forts de ces contres taient dj dvastes en grande partie ds l'poque des guerres religieuses du ,x,i,i,ie sicle1 et le climat est moins favorable la reproduction des bois durs que le ntre4 ,c'est donc surtout dans les provinces situes au nord de la ,loire qu'il faut aller chercher les constructions de bois1 que cette matire fut employe avec une parfaite connaissance de ses qualits prcieuses4 ,or1 si aujourd'hui nous possdons des ouvrages pleins d'observations savantes sur les bois1 si nous connaissons parfaitement leur pesanteur spcifique1 leur duret1 leur degr de rsistance2 si de nombreuses expriences ont t faites sur les moyens de les conserver1 sur la meilleure culture et l'amnagement des forts1 il faut cependant reconnatre que dans la pratique nous ne pensons gure ces savantes recherches1 ces observations approfondies2 que nous discourons merveille sur les bois1 et que nous les employons trop souvent en dpit de leurs qualits1 et comme si nous ne connaissions pas la nature de cette matire4 ,malheureusement1 de nos jours1 le praticien ddaigne l'observation scientifique2 le savant n'est pas praticien4 ,le savant travaille dans son cabinet1 et ne descend pas sur le chantier2 le praticien n'observe pas1 il cherche produire vite et bon march4 ,les mauvaises habitudes introduites par l'amour du lucre1 l'ignorance et la routine suivent leur cours1 pendant que le savant observateur compose ses livres1 tablit ses formules4 ,le moyen ge1 qui1 pour beaucoup de gens1 non praticiens il est vrai1 est encore une poque d'ignorance et de tnbres1 n'a1 que nous sachions1 laiss aucun livre sur la nature des bois et les meilleurs moyens de les employer dans les constructions2 cette poque a fait mieux que cela3 elle a su les mettre en oeuvre1 elle a su lever des ouvrages de charpente dont la conservation est encore parfaite2 tandis que nos bois employs il y a vingt ou trente ans peine sont pourris4 ,nous allons essayer de nous servir des observations purement pratiques des charpentiers du moyen ge sur les bois2 cet aperu aura peut-tre son utilit4 ,on a prtendu que beaucoup de charpentes du moyen ge taient faites en bois de chtaignier2 nous sommes oblig d'avouer que nous n'avons1 jusqu' prsent1 rencontr aucune pice de charpente de cette poque dont le tissu ressemble celui de cette essence4 ,toutes les charpentes que nous avons visites1 celles des cathdrales de ,chartres et de ,paris1 de ,saint-,georges de ,bocherville1 de l'vch d',auxerre1 de l'glise de ,saint-,denis1 qui datent du ,x,i,i,ie sicle#aci1 celles des cathdrales de ,reims1 d',amiens1 de l'glise ,saint-,martin des ,champs1 de la chapelle ,saint-,germer1 de l'hpital de ,tonnerre1 et tant d'autres qu'il serait trop long d'numrer et qui datent des ,x,i,ve1 ,x,ve et ,x,v,ie sicles1 nous ont paru tre en chne1 et n'avoir aucune ressemblance avec le bois de chtaignier que nous possdons aujourd'hui dans nos forts4 ,cependant il faut dire que le bois de chne employ alors tait d'une autre essence que celui gnralement admis dans les constructions modernes4 ,les caractres particuliers de ces anciens bois sont ceux-ci3 galit de grosseur d'un bout l'autre des pices1 peu d'aubier1 tissu poreux1 soyeux1 fil droit1 absence presque totale de noeuds1 de gerures1 rigidit1 galit de couleur au coeur et la surface2 couches concentriques fines et gales1 lgret 7ce qui tient probablement leur scheresse74 ,il est certain que l'on possdait encore au moyen ge et jusqu'au ,x,v,i,ie sicle1 dans nos forts1 une essence de chnes parfaitement droits1 gaux de la base aux branches suprieures1 et trs-levs quoique d'un diamtre assez faible4 ,ces chnes1 qui semblaient pousss pour faire de la charpente1 n'avaient pas besoin d'tre refendus la scie pour faire des entraits1 des arbaltriers1 des poinons2 on se contentait de les quarrir avec soin2 n'tant pas refendus1 et le coeur n'tant pas ainsi mis dcouvert1 ils taient moins sujets se gercer1 se tourmenter1 et conservaient leur force naturelle4 ,ces bois 7ce qu'il est facile de reconnatre au nombre des couches concentriques7 ne sont pas vieux2 ils comptent habituellement soixante1 quatre-vingts ou cent annes au plus pour les pices d'un fort quarrissage4 ,les chevrons portant ferme sont eux-mmes des bois de brin non refendus1 et ces chevrons1 qui ne comptent gure que soixante annes1 atteignent rependant parfois douze et quinze mtres de longueur sur un quarrissage de #j1bj ,x #j1bj4 videmment nos forts ne produisent plus de ces bois4 ,les charpentiers du moyen ge semblent avoir craint d'employer1 mme dans les plus grandes charpentes1 des bois d'un fort quarrissage1 et trs-vieux par consquent2 s'ils avaient besoin d'une grosse pice1 telle qu'un poinon de flche par exemple1 ils runissaient quatre brins2 c'tait encore un moyen d'viter les torsions si frquentes dans les pices uniques4 ,avait-on une grande charpente excuter1 on allait la fort choisir les bois2 on les corait avant de les abattre2 on les emmagasinait plusieurs annes l'avance1 l'air libre1 mais abrits et tout quarris4 ,l'abatage se faisait en hiver1 et pendant la dure d'une certaine lune#adj4 ,vraie ou fausse1 cette croyance dmontre l'importance que l'on attachait ces oprations prliminaires4 ,les bois bien secs1 aprs un trs-long sjour l'air1 ou une immersion destine dissoudre et enlever la sve1 taient mis sur chantier4 ,a la pose1 on redoublait de soins2 le bois coup debout et pos contre la maonnerie aspire l'humidit de la pierre2 pour viter la pourriture qui rsulte bientt de cette aspiration1 on clouait quelquefois aux extrmits des pices touchant la maonnerie1 soit une lame de plomb1 soit une petite planchette coupe de fil2 d'ailleurs on prenait les plus grands soins pour tenir les sablires isoles de la pierre1 pour laisser circuler l'air autour du pied des arbaltriers ou des chevrons4 ,on vitait autant que possible les assemblages1 tant pour ne pas affaiblir les bois que pour loigner les chances de pourriture4 ,il arrivait souvent que les bois de charpente recevaient une couche de peinture qui semble n'tre qu'une dissolution d'ocre dans de l'eau sale ou alune2 et1 en effet1 une lessive de sel marin ou d'alun empche les insectes de s'attacher la surface du bois2 elle leur donne une belle teinte gris-jaune d'un aspect soyeux4 ,on a suppos que le bois de chtaignier avait la proprit d'loigner les araignes1 et on a conclu de l'absence des araignes dans les anciens combles que ceux-ci taient en bois de chtaignier2 mais les araignes ne se logent que l o elles peuvent vivre1 et les bois bien purgs de sve1 quelle que soit leur essence1 produisant peu ou point de vers1 de mouches1 ne peuvent servir de logis aux araignes4 ,quant aux bois employs dans les planchers et pans de bois pendant le moyen ge1 ils n'taient jamais enferms1 comme ils le sont aujourd'hui1 entre des enduits2 deux de leurs faces au moins restaient toujours l'air libre2 or cette condition est ncessaire leur conservation4 ,les planchers se composaient d'une srie de poutrelles ou solives apparentes recouvertes d'une aire1 sur laquelle on posait le carrelage2 les pans de bois laissaient voir leurs deux faces intrieure et extrieure4 ,dans cette situation1 la dure des bois est illimite1 tandis qu'ils s'chauffent1 fermentent et se pourrissent avec rapidit1 lorsqu'ils sont compltement enferms4 ,tous les jours nous voyons des planchers qui n'ont pas plus de vingt et trente ans d'ge1 dont les solives sont totalement pourries4 ,on objectera que ces planchers ont t excuts avec des bois verts2 cela est possible4 ,mais nous avons vu des poutres de planchers restes apparentes pendant deux ou trois sicles en parfait tat1 se pourrir en quelques annes lorsqu'on les avait enfermes dans des enduits2 ce n'est donc pas seulement la verdeur des bois qu'il faut attribuer leur dcomposition lorsqu'ils sont enferms1 mais au dfaut d'air qui produit leur fermentation4 ,on a cru1 surtout depuis le ,x,v,i,ie sicle1 que plus les bois taient gros et mieux ils rsistaient la destruction2 c'est l une erreur que ne partageaient pas les charpentiers du moyen ge4 ,nous l'avons dit dj3 les bois qu'ils employaient gnralement dans les charpentes n'taient pas d'un trs-fort quarrissage2 ils tenaient plus leur qualit1 l'galit de leur tissu1 leur longueur et rectitude naturelles1 qu' la grosseur du diamtre des pices4 ,le bois de chne ne devient trs-gros qu'aprs cent cinquante ou deux cents ans d'ge2 alors le coeur tend se dcomposer1 et c'est par le coeur que commence la pourriture si dangereuse des gros bois4 ,nous renvoyons nos lecteurs l'article ,,charpente1 dans lequel nous dmontrons1 par des exemples1 que si les charpentiers du moyen ge choisissaient les bois de construction avec grand soin1 ils n'taient pas moins scrupuleux dans la manire de les tailler1 de les monter et les poser4 ,note #aci3 ,l'ancienne charpente de la cathdrale de ,chartres fut incendie en #ahcf2 celle de l'glise de ,saint-,denis est dmolie1 mais il en existe de nombreux fragments4 ,note #adj3 cette croyance l'influence de la lune sur les bois au moment de l'abatage s'est encore conserve dans quelques provinces du centre en ,france1 ce point que les bois abattus pendant la lune favorable se vendent plus cher que les autres4 ,,boiserie1 s4 f4 7voy4 ,,menuiserie74 ,,bossage1 s4 m4 ,c'est le nom que l'on donne au parement saillant brut d'une pierre1 dont les artes seulement sont releves par une tiselure1 ainsi que le dmontre la fig4 #a4 ,dans des constructions de pierre de taille que l'on veut lever rapidement1 en n'employant que la main-d'oeuvre rigoureusement ncessaire pour permettre de poser les assises sans perte de temps1 on s'est quelquefois content de tailler les lits1 joints et les artes des pierres1 sans se proccuper de parementer les surfaces comprises entre ces artes4 ,les ,romains ont fait usage de ce mode rapide de construire1 et1 pendant le moyen ge1 nous voyons certaines btisses dans lesquelles on a laiss des bossages bruts sur la face vue de chaque pierre4 ,c'est particulirement dans les ouvrages de fortification de la fin du ,x,i,i,ie sicle que ce genre de construction apparat1 surtout dans les contres o la qualit trs dure de la pierre ne se prte pas la taille4 ,toutes les parties de l'enceinte de la cit de ,carcassonne1 bties sous ,philippe le ,hardi1 ont des parements bossages2 nous en voyons galement1 vers la mme poque1 la grosse tour de l'ancien archevch de ,narbonne1 ,aigues-,mortes1 etc4 ,les bossages disparaissent des parements de pierre pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 pour reparatre au ,x,v,ie1 avec l'imitation de l'architecture italienne4 ,ils deviennent mme alors un motif de dcoration dans l'architecture civile et militaire2 ils sont ou bruts1 ou taills en tables 7#b71 en pointes de diamant 7#c71 en demi-sphres 7#d71 comme on peut le voir dans quelques tours fortifies de la fin du ,x,ve sicle ou du commencement du ,x,v,ie#ada1 et notamment sur les parements de la grosse tour de la porte nord de l'enceinte de ,vzelay1 btie au commencement du rgne de ,franois ,ier4 ,pendant le dveloppement de l'architecture de la renaissance1 on voit les bossages se couvrir de divers ornements1 tels que vermiculures#adb1 emblmes1 chiffres1 rseaux1 etc4 ,le rez-de-chausse de la grande galerie du ,louvre1 du pavillon d',apollon au pavillon ,lesdiguires1 nous fournit de nombreux exemples de ce genre de dcoration de bossages4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b1 #c et #d4 ,note #ada3 ,ces bossages hmisphriques se trouvent souvent sur les parements des fortifications leves au moment de l'emploi rgulier de l'artillerie feu4 ,ils figuraient videmment des boulets4 ,note #adb3 ,ce genre d'ornementation est une imitation des effets que produit le salptre sur certaines pierres calcaires tendres1 particulirement l'exposition du sud4 ,les tailleurs de pierre et les carriers attribuent encore aujourd'hui cet effet singulier de dcomposition l'influence de la lune4 ,,bossil1 s4 m4 ,vieux mot qui signifie une braie1 un dos d'ne au milieu d'un foss2 aussi l'escarpement que produit la terre d'un foss jete sur berge 7voy4 ,,braie74 ,,boudin1 s4 m4 ,c'est un membre d'architecture de forme cylindrique qui dcore les archivoltes1 les arcs-doubleaux1 arcs-ogives1 bandeaux1 etc4 ,ds le ,i,xe sicle1 on voit apparatre le boudin dans les arcs-doubleaux pour les allger4 ,la crypte de l'glise cathdrale de ,saint-tienne d',auxerre prsente dj de gros boudins ou demi-cylindres saillants sur un arc-doubleau artes vives 7#a74 ,on voit aussi1 dans la crypte de l'glise ,saint-,euthrope de ,saintes 7commencement du ,x,i,ie sicle71 des arcs-doubleaux qui ne sont que de gros boudins 7#b74 ,lorsque la vote en arcs-d'ogives est adopte pendant le ,x,i,ie sicle1 la coupe des arcs-doubleaux reste souvent rectangle1 et les arcs-ogives prennent un ou trois boudins 7#c7adc4 ,mais les coupes rectangles ne devaient pas tre longtemps conserves pour les arcs-doubleaux2 ds le milieu du ,x,i,ie sicle1 nous voyons les boudins remplacer les artes vives 7voy4 ,,arc-,,doubleau1 ,,arc-,,ogive74 ,pendant le ,x,i,i,ie sicle1 les moulures des divers membres de l'architecture deviennent de plus en plus dlicates1 et les boudins donnent une forme trop molle pour tre longtemps conservs2 ils reoivent une arte saillante ,a 7#d74 ,au ,x,i,ve sicle1 l'arte aigu du boudin ne semble pas assez accuse2 on lui donne un mplat ,a 7#e7add4 ,dans les meneaux1 c'est un boudin qui forme le principal nerf de la combinaison des courbes 7voy4 ,,meneau72 dans ce cas1 il ne fait que continuer le diamtre de la colonnette4 ,le boudin disparat au ,x,ve sicle et fait place des formes prismatiques curvilignes 7voy4 ,,profil74 ,illustration3 ,fig4 #a et #b4 ,illustration3 ,fig4 #c1 #d et #e4 ,note #adc3 ,porche de l'glise abbatiale de ,vzelay4 ,note #add3 ,dj on trouve1 dans des difices du ,x,i,i,ie sicle1 des boudins taills suivant la coupe donne par la fig4 #e4 ,,boulevard1 s4 m4 ,boluvert1 boulevert4 ,on dsignait par ce mot1 la fin du ,x,ve sicle et pendant le ,x,v,ie1 un ouvrage de fortification avanc qui remplaait les barbacanes des anciennes forteresses 7voy4 ,,architecture ,,militaire74 ,le boulevard apparat en mme temps que l'application rgulire de l'artillerie feu4 ,il est d'abord lev en terre gazonne1 et c'est peut-tre son apparence verdoyante l'extrieur qu'il doit son nom2 bientt1 d'ouvrage provisoire lev la hte en dehors des vieilles murailles1 il passe l'tat de terrassement permanent revtu de pierre ou de construction de maonnerie paisse1 dfendue par des fosss1 des batteries couvertes et barbettes4 ,le boulevard devient la principale dfense des places2 il protge les anciens murs1 ou bien1 tabli sur un point faible1 il forme un saillant considrable et ne se relie l'ensemble de la forteresse que par des lignes tendues4 ,parmi les essais qui furent tents1 la fin du ,x,ve sicle et au commencement du ,x,v,ie1 pour mettre la dfense des places au niveau de l'attaque1 nous devons citer en premire ligne la belle forteresse de ,schaffhausen1 vritable boulevard1 qui prsente tout un ensemble d'ouvrages fort remarquable pour l'poque1 et parfaitement complet encore aujourd'hui4 ,mais pour faire comprendre l'importance de cet ouvrage1 il est ncessaire de se rendre compte de son assiette4 ,en sortant du lac de ,constance1 le ,rhin se dirige par ,stein vers l'ouest2 arriv ,schaffhausen1 il se dtourne brusquement vers le sud jusqu' ,kaiserstuhl4 ,ce coude est caus par de hautes collines rocheuses qui ont prsent un obstacle au fleuve et l'ont contraint de changer son cours4 ,stein1 ,schaffhausen et ,kaiserstuhl forment les trois angles d'un triangle quilatral dont ,schaffhausen est le sommet4 ,il tait donc d'une grande importance de fortifier ce point avanc1 frontire d'un tat1 d'autant mieux que la rive gauche du fleuve1 celle qui est dans le triangle1 est domine par les collines de la rive droite qui ont prsent au fleuve un obstacle insurmontable4 ,en cas d'invasion1 l'ennemi ne pouvait manquer d'occuper les deux cts du triangle et de tenter le passage du fleuve au point o il forme un coude2 il ne risquait pas ainsi d'tre pris en flanc4 ,ceci pos1 les ,suisses tablirent ds lors un pont reliant les deux rives du ,rhin et les deux parties de la ville de ,schaffhausen1 et sur la rive droite ils plantrent une grande forteresse au sommet de la colline commandant le fleuve1 en reliant cette citadelle au ,rhin par deux murs et des tours4 ,ces deux murs forment un vaste triangle1 sorte de tte de pont commande par la forteresse4 ,voici 7#a7 l'aspect gnral de cette fortification1 que nous devons tudier dans ses dtails4 ,la citadelle1 ou plutt le grand boulevard qui couronne la colline1 est trois tages de batteries1 deux couvertes et une ciel ouvert4 ,la batterie infrieure est place un peu au-dessus du fond du foss1 qui est trs-profond2 en voici le plan 7#b74 ,on arrive au chemin de ronde pentagonal ,a par une rampe spirale en pente douce ,b permettant le charroi de pices de canon4 chaque angle de ce chemin de ronde1 d'une largeur de #bm1#jj environ1 sont perces des embrasures biaises pour l'artillerie battant le foss2 en avant des cts du polygone sont levs trois petits ouvrages isols1 sortes de bastions dont nous donnons 7#c7 l'lvation perspective4 ,en supposant que l'assigeant ft parvenu dtruire un de ces bastions au moyen d'une batterie de brche tablie sur la contrescarpe du foss 7car le sommet de ces bastions ne dpasse pas le niveau de la crte de cette contrescarpe1 et ils sont compltement masqus du dehors71 on ne pouvait s'introduire dans la place2 non-seulement ces bastions sont isols et n'ont de communication qu'avec le foss1 mais ils sont arms d'embrasures de canon ,c la gorge1 perces dans le chemin de ronde 7fig4 #b71 et leur destruction ne faisait que dmasquer ces embrasures4 ,les bastions1 compltement btis en pierre1 sont couverts par des coupoles avec lanternons percs d'vents pour permettre la fume des pices de s'chapper4 ,le premier tage 7#d71 auquel on arrive par la mme pente douce spirale ,b1 laquelle est alors supporte par quatre colonnes montant de fond1 prsente l'extrieur un plan parfaitement circulaire1 la tour contenant la rampe formant seule une saillie sur ce pt1 du ct du fleuve4 ,vers le point oppos en ,e est un pont volant traversant le foss2 c'est de ce ct que l'architecte cru devoir renforcer son boulevard par une norme masse de maonnerie pleine1 et cela avec raison1 la forteresse ne pouvant tre battue en brche des plateaux voisins que sur ce point4 ,sur la droite du boulevard1 en amont du fleuve1 du ct o une attaque pouvait aussi tre tente1 est une batterie ,f casemate1 spare de la salle principale par une paisse maonnerie4 ,une brche faite en ,g ne pouvait permettre l'ennemi de s'introduire dans la place4 ,en ,h est une immense salle dont les votes d'artes sont soutenues par quatre gros piliers cylindriques4 ,quatre embrasures s'ouvrent dans cette salle1 deux flanquant les deux courtines qui descendent au fleuve1 et deux donnant dans le triangle4 ,outre les vents percs au-dessus de chacune des embrasures1 dans les votes de la grande salle s'ouvrent quatre lunettes ,m de prs de trois mtres de diamtre1 destines donner du jour et de l'air1 et laisser chapper promptement la fume de la poudre4 ,en ,i est un puits1 et en ,k deux petits escaliers vis communiquant la plate-forme suprieure pour le service de la garnison4 ,prs de la rampe est un troisime escalier vis qui monte de fond4 ,nous prsentons ici 7#e7 une des embrasures de la grande salle1 ingnieusement combine pour permettre des pices de petit calibre de tirer dans toutes les directions sans dmasquer ni ces pices ni les servants4 ,la fig4 #f donne le plan de l'tage suprieur ou plate-forme dont le parapet est perc de dix embrasures pour du canon1 et de quatre chauguettes flanquant la circonfrence de la forteresse1 perces de meurtrires plongeantes et horizontales1 pour poster des arquebusiers4 ,on voit que les deux premires embrasures droite et gauche battent l'intrieur du triangle et flanquent la tour de la rampe qui sert de donjon ou de guette tout l'ouvrage4 ,on retrouve sur ce plan les quatre grandes lunettes ,m1 le puits ,i et les petits escaliers de service4 ,les eaux de la plate-forme s'coulent par dix gargouilles places sous les embrasures4 ,en ,n1 ,o 7fig4 #d71 sont les deux courtines qui vont rejoindre le fleuve4 ,celle ,n1 en amont1 est plus fortement dfendue que l'autre2 sous les arcs qui portent le chemin de ronde et les hourds de bois1 encore en place aujourd'hui1 sont perces des embrasures qui battent les rampes du coteau1 du ct o l'ennemi devait se prsenter1 l'autre ct tant protg par la muraille du faubourg de ,schaffhausen4 ,pour bien faire comprendre l'ensemble de cette belle forteresse1 nous en donnons une vue 7#g71 prise en dedans du triangle form par les deux courtines descendant au fleuve4 ,on voit que la courtine ,n en amont est flanque par une haute tour carre4 ,nous avons rtabli la tour qui se trouvait la tte du pont1 et qui est aujourd'hui dtruite4 ,il ne reste plus que quelques traces des ouvrages qui environnaient cette tour4 ,l'ancien pont a t remplac par un pont moderne4 ,quant au corps principal de la forteresse1 aux courtines1 fosss1 etc41 rien n'y a t retranch ni ajout depuis le ,x,v,ie sicle4 ,la maonnerie est grossire1 mais excellente1 et n'a subi aucune altration4 ,les votes de la grande salle sont paisses1 bien faites1 et paraissent tre en tat de rsister aux bombes4 ,cette dfense de ,schaffhausen a un grand air de puissance1 et nous n'avons rien conserv de cette poque1 en ,france1 qui soit aussi complet et aussi habilement combin4 ,pour le temps1 les flanquements sont trs-bons1 et le plan du rez-de-chausse au niveau du fond du foss est rellement trac d'une manire remarquable4 ,si l'on trouve encore ici un reste des traditions de la fortification antrieure aux bouches feu1 il faut dire cependant que les efforts faits pour s'en affranchir sont trs-sensibles1 et la forteresse de ,schaffhausen nous parat suprieure aux ouvrages analogues excuts la mme poque en ,italie4 l'instar des tours du moyen ge1 la forme circulaire est prfre pour les premiers boulevards comme pour les premiers bastions4 ,albert ,durer trace des boulevards semi-circulaires avec flancs droits en avant des angles saillants des murailles4 ,il les compose d'une batterie barbette battant les dehors1 la contrescarpe et les glacis1 et d'une batterie couverte battant les fosss1 ainsi que l'indique le plan 7#h7 que nous donnons ici d'aprs son oeuvre4 ,le boulevard d',albert ,durer est isol de la courtine par un boyau ,,dd1 sorte de foss couvert par un plancher4 ,derrire le boulevard sont tablies1 au niveau du sol de la place1 de vastes casemates ,e 7#i7 destines au logement de la garnison et au dpt des munitions 7voyez la coupe sur ,a ,b du plan1 fig4 #h74 ,la batterie couverte est munie de grandes embrasures pour du canon et d'autres plus petites pour les arquebusiers4 ,des vents et chemines sont percs au-dessus de chaque embrasure4 ,les casemates ,e sont claires et ares par des lunettes perces au milieu de chaque vote d'arte1 comme ,schaffhausen4 ,contrairement l'usage adopt jusqu'alors1 ,albert ,durer ne fait pas commander les courtines par le boulevard2 au contraire1 ainsi que l'indique la face extrieure 7#aj71 il semble admettre que le boulevard tant pris1 en dtruisant le plancher pos sur le foss ,d 7fig4 #h et #i71 les courtines pourront commander cet ouvrage avanc et empcher l'assaillant de s'y maintenir#ade4 ,quelle que ft l'tendue des boulevards semi-circulaires1 leurs feux divergents flanquaient mal les courtines2 on comprit bientt qu'il fallait se proccuper de dfendre les saillants des boulevards plutt par les feux croiss des boulevards voisins que par leur armement propre2 que l'assaillant tendant toujours battre les points saillants1 il fallait faire converger sur le point attaqu des batteries prenant l'ennemi en charpe2 c'est alors que l'on renona aux boulevards semi-circulaires pour adopter les faces formant un angle1 ou que l'on renfora les batteries circulaires suprieures par des batteries basses avec redents1 comme ,augsbourg 7voy4 ,,architecture ,,militaire1 fig4 #fh74 ,le plan gnral des fortifications de cette ville1 au commencement du ,x,v,ie sicle1 que nous donnons ici 7#aa71 fait voir comme on entendait1 cette poque1 disposer les boulevards en avant des angles saillants des vieilles dfenses1 et comme on cherchait ds lors rendre ces boulevards plus forts par des redents flanquant leurs faces4 ,mais c'est en ,france que nous trouvons les boulevards les mieux conus ds le commencement du ,x,v,ie sicle4 ,il existe un plan 7manuscrit sur vlin7 de la ville de ,troyes1 conserv dans les archives de cette ville1 qui indique de la manire la plus vidente des grands bastions ou boulevards orillons et faces formant des angles aigus ou obtus2 et ce plan ne peut tre postrieur #aecj1 car il fut dress au moment o ,franois ,ier fit rparer les fortifications de ,troyes1 en #aebd4 ,voici 7#ab7 un fac-simile d'un des ouvrages projets sur ce plan4 ,le foss est plein d'eau2 on voit en ,a de petites batteries masques1 double tage1 probablement rserves en contrebas et en arrire des flancs couverts ,b construits derrire les orillons4 ,les batteries ,b enfilent le devant des anciennes tours conserves4 ,on remarquera que la maonnerie qui revt le boulevard est plus paisse la pointe qu'aux paules1 prsentant ainsi sa plus grande rsistance au point o la brche devait tre faite2 des contreforts viennent encore maintenir1 sous le terrassement1 tous les revtements4 ,cet ouvrage est intitul3 ,boulevard de la porte ,saint-,jacques4 ,en donnant1 chaque jour1 aux boulevards une plus grande tendue1 en protgeant leurs faces par des feux croiss1 en augmentant et masquant leurs flancs pour enfiler les fosss1 on cherchait encore1 la fin du ,x,v,ie sicle1 les isoler du corps de la place dans le cas o ils tomberaient au pouvoir de l'ennemi4 ,dans le trait de fortification de ,girolamo ,maggi et du capitaine ,jacomo ,castriotto1 ingnieur au service du roi de ,france#adf1 on voit des boulevards trs-troits la gorge1 et pouvant tre facilement rempars2 d'autres sont1 au contraire1 fort larges la gorge1 mais celle-ci est casemate1 et la galerie infrieure1 tant dtruite au moyen de fourneaux1 forme un foss entre le boulevard et le corps de la place4 ,voici le plan 7#ac7 de ces ouvrages qui mritent d'tre mentionns4 ,girolamo ,maggi dit#adg qu'un boulevard de ce genre avait t construit en #aeej prs de la porte ,liviana1 ,padoue1 par ,san ,michele de ,vrone4 ,ce boulevard tait entirement isol par une galerie casemate infrieure ,a au niveau du foss1 pouvant servir au besoin de logement pour la troupe et de magasins4 ,dans les piles de cette galerie taient mnages des excavations propres recevoir des fourneaux2 si les faces du boulevard tombaient au pouvoir de l'ennemi1 on mettait le feu ces fourneaux1 et l'ouvrage avanc se trouvait tout coup isol des courtines ,b par un foss impraticable4 ,pour la dfense des fosss1 des pices d'artillerie taient places en ,c aux deux extrmits de la galerie et masques par les paules ,d4 ,il faut convenir que des ouvrages de ce genre1 construits en assez grand nombre autour d'une place importante1 auraient occasionn des dpenses normes1 et qui n'eussent peut-tre pas t proportionnes aux avantages que l'on aurait pu en retirer2 mais1 jusqu'au commencement du ,x,v,i,ie sicle1 les ingnieurs militaires1 encore imbus des traditions du moyen ge1 ne craignaient pas1 comme on a pu le voir par les exemples que nous avons donns ci-dessus1 de projeter et d'excuter mme des travaux de fortification exigeant des amas considrables de matriaux et des combinaisons de construction dispendieuses4 ,les progrs de l'artillerie feu obligrent peu peu les ingnieurs simplifier les obstacles dfensifs des places1 donner un plus grand dveloppement aux ouvrages saillants et les rendre solidaires4 ,les boulevards ne sont encore1 au commencement du ,x,v,ie sicle1 que des fortifications isoles se dfendant par elles-mmes1 mais se protgeant mal les unes les autres4 ,le principe ce qui dfend doit tre dfendu n'est pas encore appliqu4 ,ce n'est gure que vers le milieu de ce sicle que l'on commence protger les places autant par le trac des ouvrages saillants1 l'ouverture des angles de leurs faces et de leurs flancs1 que par la solidit des constructions4 ,il est curieux de suivre pas pas toutes les tentatives des architectes et ingnieurs de cette poque3 comme toujours1 les dispositions les plus simples sont celles qui sont adoptes en dernier lieu4 ,l'art de battre en brche faisait des progrs rapides1 il fallait1 chaque jour1 opposer de nouveaux obstacles aux feux convergents des assigeants4 ,longtemps les constructeurs militaires se proccuprent de couvrir leurs batteries1 de les masquer jusqu'au moment de l'assaut1 plutt que de battre au loin les abords des forteresses1 et d'opposer une arme d'investissement un grand nombre de bouches feu pouvant faire converger leurs projectiles sur tous les points de la circonfrence4 ,ce ne fut que quand l'artillerie de sige fut bien monte1 nombreuse1 qu'elle eut perfectionn son tir1 et que les batteries de ricochet purent atteindre des dfenses masques1 que l'on sentit la ncessit d'allonger les faces des boulevards1 de remplacer les orillons1 qui ne prservaient plus les pices destines enfiler les courtines1 par des flancs tendus et enfilant les faces des boulevards voisins2 mais alors les boulevards prirent le nom de bastions#adh4 ,la dnomination de boulevard fut conserve aux promenades plantes d'arbres qui s'tablirent sur les anciens ouvrages de dfense4 ,la grande artre qui1 ,paris1 entoure la rive droite1 de la ,madeleine la ,bastille1 a longtemps laiss voir la trace des anciens boulevards sur lesquels elle passait4 ,les nivellements et alignements oprs depuis une vingtaine d'annes ont peu prs dtruit ces derniers vestiges des dfenses de l'enceinte du nord commence en #aecf1 et successivement augmente jusque sous ,louis ,,xiii4 ,en ce temps-l1 dit ,sauval#adi1 les ennemis toient si puissans en ,picardie1 qu'ils ne menaoient pas moins que de venir forcer ,paris2 le cardinal du ,bellay1 lieutenant gnral pour le roy1 tant dans la ville que par toute l',isle de ,france1 en tant averti1 pour les mieux recevoir1 outre plusieurs tranches1 fit faire des fosss et des boulevards1 depuis la porte ,saint-,honor jusqu' celle de ,saint-,antoine1 et afin que ce travail allt vite1 en #aecf1 les officiers de la ville s'tant assembls le #bi juillet1 deffendirent tous les artisans l'exercice de leur mtier deux mois durant1 avec ordre aux seize quarteniers de lever seize mille manoeuvres1 et de plus ceux des faux-bourgs1 d'en fournir une fois autant1 sinon que leurs maisons seroient rases444 ,en #aedd1 ,franois ,i ayant appris que ,charles-,quint avec son arme toit ,chteau-,thierry1 aussitt il envoya ,paris le duc de ,guise1 qui revtit de remparts les murs de la ville1 tant du ct des faux-bourgs du ,temple1 de ,montmartre et de ,saint-,antoine1 que de ceux de ,saint-,michel et de ,saint-,jacques444 ,la plupart de ces ouvrages n'taient point revtus1 mais simplement gazonns4 ,les buttes que l'on remarque encore entre la rue ,montmartre et la rue ,saint-,fiacre1 entre la rue ,poissonnire et la rue de ,clry1 au droit de la rue de ,bondy1 au boulevard du ,temple1 l'emplacement aujourd'hui bti du ,jardin ,beaumarchais1 taient autant de boulevards levs en dehors de l'enceinte de ,charles ,v4 ,illustration3 ,fig4 #a et #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e et #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i et #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,note #ade3 ,alb4 ,dureri1 pict4 et archit4 ,de struend4 aggerib4 ,parisiis1 #aece4 ,note #adf3 ,della fortif4 delle ,citt1 di ,m4 ,girol4 ,maggi1 et del capit4 ,jac4 ,castriotto1 #aehc4 ,in ,venetia4 ,note #adg3 ,lib4 ,,ii1 p4 #ei4 ,note #adh3 ,voy4 l'article ,,architecture ,,militaire4 ,parmi les ouvrages consulter3 ,della fortif4 delle ,citt1 di ,m4 ,girol4 ,maggi1 et del capitan ,jacomo ,castriotto2 #aehc1 ,venetia4--,disc4 sur plusieurs poincts de l'architecture de guerre1 par ,m4 ,aurel4 de ,pasino2 #aegi1 ,anvers4--,delle fortif41 di ,giov4 ,scala2 #aeif1 ,rome4--,le fortif41 di ,buonaiuto ,lorini2 #afji1 ,venetia4--,la fortif4 dmonstre1 par ,errard de ,bar-le-,duc2 #afbj4--,les ,fortifications1 du chev4 ,ant4 ,deville2 #afda1 ,lyon4--,la fort4 ,guardia difesa et expug4 delle fortezze4 ,tensini2 #afee1 ,venetia4--,fortif4 ou ,archit4 milit41 par ,s4 ,marolois2 #afbg1 ,amsterdam4 ,note #adi3 ,t4 ,i1 p4 #dc ,,bourse1 s4 f4 ,dans les anciennes villes franches du nord1 des ,flandres et de la ,hollande1 le commerce prit1 ds le ,x,i,ve sicle1 une si grande importance1 que les ngociants tablirent des locaux destins leurs runions journalires afin de faciliter les transactions4 ,ces btiments1 vritable forum des marchands1 se composaient de vastes portiques entourant une cour4 ,au-dessus des portiques taient mnages des galeries couvertes4 ,un beffroi1 muni d'une horloge1 accessoire indispensable de tout tablissement municipal1 tait joint aux btiments4 ,les villes de ,france ne prirent pas1 pendant le moyen ge1 une assez grande importance commerciale1 ou plutt les ngociants ne composaient pas un corps assez homogne et compacte pour lever des bourses4 ,paris1 on se runissait aux halles ou sous les piliers de l'htel-de-ville4 ,dans les grandes villes du ,midi1 qui conservrent leur rgime municipal au milieu de la fodalit1 comme ,toulouse par exemple1 c'tait sur la place publique que se traitaient1 en plein air1 les affaires de ngoce4 ,mais1 en ,france1 c'tait surtout dans les grandes assembles connues sous le nom de foires que toutes les transactions du gros commerce avaient lieu2 et ces foires1 tablies certaines poques fixes de l'anne sur plusieurs points du territoire1 dans le voisinage des grands centres industriels ou agricoles1 attiraient les ngociants des contres environnantes4 ,l1 non-seulement on achetait et l'on vendait des produits et denres apports sur place1 mais on traitait d'affaires long terme1 on faisait d'importantes commandes1 dont les dlais de livraison et les payements taient fixs presque toujours telle ou telle autre foire2 car le commerce1 pendant le moyen ge1 n'avait pas d'intermdiaires entre le fabricant et le dbitant4 ,les juifs1 qui alors taient les seuls capitalistes1 faisaient plutt l'usure que la banque4 ,un tel tat de choses1 qui existait sur tout le territoire de la ,france1 ne ncessitait pas1 dans les grandes villes1 l'tablissement d'un forum commercial1 tandis que les villes libres du nord1 ds le ,x,i,ve sicle1 villes la plupart maritimes ou en communication directe avec la mer1 avaient dj des correspondants l'tranger1 des comptoirs1 et spculaient1 au moyen de billets1 sur la valeur des denres ou produits dont la livraison tait attendue4 ,en ,france1 le ngociant faisait ses affaires lui-mme1 recevait et payait1 revendait au dbitant sans intermdiaire2 un local public destin l'change des valeurs ne lui tait pas ncessaire2 traitant directement dans les foires avec le fabricant ou le marchand nomade1 payant comptant la marchandise achete1 ou chance la marchandise commande telle autre foire1 il n'avait de relations qu'avec la clientle qu'il s'tait faite1 et ne connaissait pas le mcanisme moderne du haut ngoce2 mcanisme au moyen duquel le premier venu qui n'a jamais vendu un gramme d'huile et n'en vendra jamais1 peut acheter plusieurs milliers de kilogrammes de cette denre1 et1 sans en toucher un baril1 faire un bnfice de dix pour cent4 ,les grands marchs priodiques ont longtemps prserv le ngoce en ,france de ce que nous appelons la spculation1 ont contribu lui conserver1 jusqu'au commencement du sicle1 une rputation de probit traditionnelle4 ,nous ne pouvons donner nos lecteurs un exemple de bourse franaise du moyen ge1 ces tablissements n'existant pas et n'ayant pas de raison d'exister4 ,nous devons dire1 l'honneur des monastres 7car c'est toujours l qu'il faut revenir lorsque l'on veut comprendre et expliquer la vie du moyen ge en ,france71 que ces centres de religieux rguliers furent les premiers tablir des foires sur le territoire de la ,france4 ,possesseurs de vastes domaines1 d'usines1 agriculteurs et fabricants1 ils formaient le noyau de ces agglomrations priodiques de marchands2 certes1 ils tiraient un profit considrable de ces runions1 soit par la vente de leurs produits et denres1 soit par la location des terrains qu'ils abandonnaient temporairement2 vastes camps pacifiques dont la foire de ,beaucaire peut seule aujourd'hui nous donner l'ide4 ,mais ce profit1 outre qu'il tait fort lgitime1 tait une sauvegarde pour le commerce2 voici comment3 les monastres conservaient un droit de contrle sur les objets apports en foire1 et ils ne laissaient pas mettre en vente des marchandises de mauvaise qualit2 cela et peu peu discrdit le centre commercial2 quant aux denres ou produits sortis de leurs mains1 ils avaient intrt et tenaient coeur de leur maintenir une supriorit sur tous les autres4 ,les bois1 les crales1 les vins1 les fers1 les tissus1 les pelleteries1 les laines sortant des tablissements religieux taient toujours de qualit suprieure1 recherchs1 et achets de confiance2 car le couvent n'tait pas un fabricant ou un agriculteur qui passe et cherche gagner le plus possible sa vie durant1 quitte laisser aprs lui un tablissement discrdit2 c'tait1 au contraire1 un centre perptuel de produits1 travaillant plus pour conserver sa rputation de supriorit1 et par consquent un dbit assur tout jamais1 que pour obtenir un gain exagr1 accidentel1 en livrant des produits falsifis ou de mdiocre qualit1 au dtriment de l'avenir4 ,les tablissements religieux1 la fin du sicle dernier1 n'taient plus ce que les ,x,ie et ,x,i,ie sicles les avaient faits2 et cependant cette poque n'est pas assez loigne de nous pour que nous ayons oubli la rputation mrite dont jouissaient encore les vins1 par exemple1 des grands monastres1 pendant ces dernires annes de leur existence4 ,si des villes comme ,amsterdam1 ,anvers1 ,londres1 qui n'taient et ne sont1 par le fait1 que de grands entrepts1 ont besoin de bourses pour tablir la valeur journalire des produits qu'elles reoivent et exportent1 il n'en tait pas de mme en ,france1 pays plus agricole qu'industriel et commerant1 qui consomme chez lui la plus grande partie de ses produits4 ,,boulon1 s4 m4 ,c'est le nom que l'on donne une tige de fer rond1 munie d'une tte un bout et d'un crou l'autre bout4 ,les boulons sont communment employs aujourd'hui dans la charpente et la serrurerie4 ,avant le ,x,v,i,ie sicle1 ils n'taient pas munis d'un filet avec crou et pas-de-vis pour serrer1 mais simplement d'une clavette passant travers l'extrmit oppose la tte1 ainsi qu'on le voit ici 7#a74 ,du reste1 les charpentes anciennes ne sont maintenues que par la combinaison des assemblages1 des clefs de bois1 et ne recevaient pas de ferrures4 ,quelquefois1 cependant1 les sablires1 les longrines sont retenues ensemble par des broches de fer ou boulons avec clavettes1 comme celui reprsent ici4 ,mais ces sortes de boulons ne permettaient pas de serrer les pices de bois l'une contre l'autre comme on le fait aujourd'hui au moyen des crous4 ,le boulon moderne est un vritable perfectionnement2 il permet d'assembler des pices de charpente avec facilit1 conomie et prcision4 notre sens1 on en abuse comme de toute invention d'un usage commode et conomique2 on en est venu compter trop sur la puissance des boulons crous1 ngliger les assemblages1 et ces clefs de bois qui possdaient1 avec une grande lasticit1 l'avantage de ne pas endommager les bois par des trous et des tiges de fer qui souvent les font clater4 ,les boulons sont munis aujourd'hui de ttes carres1 afin qu'tant engages dans le bois1 la tige ne puisse tourner lorsque l'on serre l'crou4 ,autrefois1 les ttes des boulons taient gnralement rondes comme des ttes de clous4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,,boutique1 s4 f4 ,salle ouverte sur la rue1 au rez-de-chausse1 dans laquelle les marchands talent leurs marchandises4 ,il n'est pas besoin de dire que l'usage des boutiques appartient tous les pays1 toutes les poques et toutes les civilisations4 ,dans l'antiquit grecque et romaine1 des boutiques occupaient le rez-de-chausse des maisons des villes2 il en fut de mme en ,france pendant le moyen ge4 ,ces boutiques se composaient ordinairement d'une salle s'ouvrant sur la rue par un grand arc prenant toute la largeur de la pice1 avec un mur d'appui pour poser les marchandises4 ,ce mur d'appui tait interrompu d'un ct pour laisser un passage4 ,un arrire-magasin 7ouvroir7 tait souvent annex la boutique2 les ouvriers et apprentis travaillaient soit dans l'ouvroir1 soit dans la boutique elle-mme2 quelquefois aussi un escalier priv montait au premier tage1 et descendait sous le sol dans une cave4 ,les exemples anciens de boutiques ne sont pas rares1 et on peut en citer un grand nombre appartenant aux ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,rarement les boutiques1 jusqu' la fin de ce sicle1 taient fermes par une devanture vitre4 ,les volets ouverts1 le marchand tait en communication directe avec la rue4 ,la fermeture la plus ordinaire1 pendant la priode que nous venons d'indiquer1 se composait de volets infrieurs et suprieurs1 les premiers attachs l'appui1 s'abaissant en dehors de manire former une large tablette propre aux talages1 les seconds attachs un linteau de bois1 se relevant comme des chssis tabatire4 ,la fig4 #a explique ce genre de fermeture4 ,la nuit1 les volets infrieurs tant relevs et les suprieurs abaisss1 deux barres de fer1 engages dans des crochets tenant aux montants1 venaient serrer les vantaux et taient maintenus par des boulons et des clavettes1 comme cela se pratique encore de nos jours4 ,au-dessus du linteau1 sous l'arc1 restait une claire-voie vitre et grille pour donner du jour dans la salle4 ,presque tous les achats se faisaient dans la rue1 devant l'appui de la boutique1 l'acheteur restant en dehors et le marchand l'intrieur2 la boutique tait un magasin dans lequel on n'entrait que lorsqu'on avait traiter d'affaires4 ,cette habitude1 l'troitesse des rues expliquent pourquoi1 dans les rglements d'tienne ,boileau1 il est dfendu souvent aux marchands d'appeler l'acheteur chez eux avant qu'il n'ait quitt l'tal du voisin4 ,d'ailleurs1 pendant le moyen ge et jusqu' la fin du ,x,v,i,ie sicle1 les marchands et artisans d'un mme tat taient placs trs-proches les uns des autres1 et occupaient quelquefois les deux cts d'une mme rue2 de l ces noms de rues de la ,tixeranderie1 de la ,mortellerie1 o taient tablis les maons1 de la ,charonnerie1 o habitaient les charpentiers1 de la ,huchette1 de la ,tannerie1 etc41 que nous trouvons dans presque toutes les anciennes villes du moyen ge4 ,le samedi1 le commerce de dtail cessait dans presque tous les quartiers pour se rassembler aux halles 7voy4 ,,halle74 ,les journaux1 les affiches et moyens d'annonce manquant1 les marchands faisaient crier par la ville les denres qu'ils venaient de recevoir4 ,il y avait ,paris une corporation de crieurs tablie cet effet2 cette corporation dpendait de la prvt1 et l'autorit publique se servit des crieurs pour percevoir les impts1 particulirement chez les marchands de vin ou taverniers1 qui furent obligs d'avoir un crieur public1 charg en mme temps de constater la quantit de vin dbite par jour dans chaque taverne4 ,le roi saint ,louis ayant interdit le dbit du vin dans les tavernes1 les crieurs de vin se firent dbitants1 c'est--dire qu'ils se tenaient dans la rue1 un broc d'une main un hanap de l'autre1 et vendaient le vin aux passants pour le compte du tavernier#aej4 ,on rencontre encore beaucoup de boutiques des ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 ,cluny1 ,cordes 7,tarn71 ,saint-,yriex1 ,prigueux1 ,alby1 ,saint-,antonin 7,tarn-et-,garonne71 ,montferrand prs ,clermont1 ,riom1 et dans des villes plus septentrionales1 telles que ,reims1 ,beauvais1 ,chartres1 etc4 ,la disposition indique fig4 #a tait galement adopte ,paris1 autant qu'on peut en juger par d'anciennes gravures4 ,dans quelques villes du littoral de la ,manche1 il paratrait toutefois que l'obscurit ordinaire du ciel avait oblig les marchands ouvrir davantage les devantures des boutiques sur la rue4 ,dol1 en ,bretagne1 il existe encore un certain nombre de maisons des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles dont les boutiques se composent de colonnes en granit1 portant1 comme aujourd'hui1 des poitraux en bois 7#b72 et bien que les devantures primitives aient t remplaces par des fermetures rcentes1 il n'est pas douteux que1 dans l'origine1 ces grandes ouvertures carres n'eussent t destines recevoir de la boiserie pose en arrire des piliers4 ,dans les villes mridionales1 des corbeaux en pierre saillants portaient des auvents en bois ou en toile1 poss devant l'ouverture des arcades 7voy4 ,,auvent74 ,dj1 au ,x,ve sicle1 les marchands demandaient des jours plus larges sur la rue2 les boutiques ouvertes par des arcs plein cintre1 en tiers-point ou bombs1 ne leur permettaient pas de faire des talages assez tendus4 ,les constructeurs civils cherchaient1 par de nouvelles combinaisons1 satisfaire ce besoin imprieux2 mais cela tait difficile obtenir avec la pierre1 sans le secours du bois et du fer1 surtout lorsqu'on tait limit par la hauteur des rez-de-chausse1 qui ne dpassait gure alors trois ou quatre mtres1 et lorsqu'il fallait lever plusieurs tages au-dessus de ces rez-de-chausse4 ,voici un exemple d'une de ces tentatives 7#c74 ,c'est une boutique d'une des maisons de ,saint-,antonin2 son ouverture n'a pas moins de sept mtres2 sa construction remonte au ,x,ve sicle4 ,l 'arc surbaiss1 obtenu au moyen de quatre cintres1 est double dans les reins1 simple en se rapprochant de la clef2 celle-ci est soulage par une colonne4 ,quoique cet arc porte deux tages et un comble1 il ne s'est pas dform2 ses coupes sont d'ailleurs excutes avec une grande perfection1 et la pierre est d'une qualit fort dure4 ,mais au ,x,ve sicle1 dans les villes du ,nord surtout1 les constructions de bois furent presque exclusivement adoptes pour les maisons des marchands1 et ce mode permettait d'ouvrir largement les boutiques sur la rue au moyen de poteaux et de poitraux dont la porte tait soulage par des charpes ou des croix de saint ,andr disposes au-dessus d'eux dans les pans de bois4 ,les villes de ,rouen1 de ,chartres1 de ,reims1 de ,beauvais1 ont conserv quelques-unes de ces maisons de bois avec boutiques4 ,la fig4 #d donne une de ces boutiques1 complte au moyen de renseignements pris dans plusieurs maisons des villes cites ci-dessus 7voy4 ,,maison74 ,les devantures des boutiques du ,x,ve sicle taient encore fermes soit par des volets relevs et abattus comme ceux reprsents dans la fig4 #a1 soit par des feuilles de menuiserie se repliant les unes sur les autres 7voy4 fig4 #d74 ,dans quelques villes de ,flandre1 les boutiques taient situes parfois au-dessous du sol2 il fallait descendre quelques marches pour y entrer1 et ces marches empitaient mme sur la voie publique4 ,la rampe tait borde de bancs sur lesquels des chantillons de marchandises taient poss2 un auvent prservait la descente et les bancs de la pluie4 ,il est bon de remarquer que1 dans les villes marchandes1 les boutiquiers cherchaient autant qu'ils pouvaient barrer la voie publique1 arrter le passant en mettant obstacle la circulation4 ,cet usage1 ou plutt cet abus1 s'est perptu longtemps2 il n'a fallu rien moins que l'tablissement des trottoirs et des rglements de voirie rigoureusement appliqus grand'peine pour le faire disparatre4 ,les rues marchandes1 pendant le moyen ge1 avec leurs boutiques ouvertes et leurs talages avancs sur la voie publique1 ressemblaient des bazars4 ,la rue1 alors1 devenait comme la proprit du marchand1 et les pitons avaient peine se faire jour pendant les heures de vente2 quant aux chevaux et chariots1 ils devaient renoncer circuler au milieu de rues troites encombres d'talages et d'acheteurs4 ,pendant les heures des repas1 les transactions taient suspendues2 bon nombre de boutiques se fermaient4 ,lorsque le couvre-feu sonnait et les jours fris1 ces rues devenaient silencieuses et presque dsertes4 ,quelques petites villes de ,bretagne1 d',angleterre et de ,belgique peuvent encore donner l'ide de ces contrastes dans les habitudes des marchands du moyen ge4 ,sur ces petits volets abattus1 ne prsentant qu'une surface de quatre ou cinq mtres1 des fortunes solides se faisaient4 ,les fils restaient marchands comme leurs pres1 et tenaient conserver ces modestes devantures1 connues de toute une ville4 ,un marchand et loign ses clients1 s'il et remplac les vieilles grilles et les vieux volets de son magasin1 chang son enseigne1 ou dploy un luxe qui n'et fait qu'exciter la dfiance4 ,nous sommes bien loigns de ces moeurs4 ,les boutiques1 dans les villes du ,nord particulirement1 taient plus connues par leurs enseignes que par le nom des marchands qui les possdaient de pre en fils4 ,on allait acheter des draps la ,truie qui file1 et la ,truie qui file maintenait intacte sa bonne rputation pendant des sicles4 ,beaucoup de ces enseignes n'taient que des rbus2 et bon nombre de rues1 mme dans les grandes villes1 empruntrent leurs noms aux enseignes de certains magasins clbres4 ,les corps de mtiers taient1 comme chacun sait1 soumis des rglements particuliers4 ,un patron huchier1 bouclier1 potier1 gantier1 etc41 ne pouvait avoir qu'un certain nombre d'apprentis la fois1 et ne devait les garder en apprentissage qu'un certain temps2 les locaux destins contenir les ouvriers de chaque matre restaient donc toujours les mmes1 n'avaient pas besoin d'tre agrandis4 ,on ne connaissait pas1 pendant le moyen ge1 ce que nous appelons aujourd'hui le marchandage1 l'ouvrier en chambre1 tristes innovations qui ont contribu dmoraliser l'artisan1 avilir la main-d'oeuvre1 et rompre ces liens intimes1 et presque de famille1 qui existaient entre l'ouvrier et le patron4 ,les moeurs impriment leurs qualits et leurs dfauts sur l'architecture domestique1 plus encore que sur les monuments religieux ou les difices publics4 ,les boutiques du moyen ge refltent l'organisation troite1 mais sage1 prudente et paternelle1 qui rgissait les corps de mtiers4 ,il n'tait pas possible de voir alors des magasins de dbitants occuper un jour de vastes espaces1 puis disparatre tout coup1 laissant une longue liste de mauvaises crances sur la place1 et1 dans toute une ville1 des marchandises dfectueuses ou falsifies4 ,nous n'avons pas discuter1 dans cet ouvrage1 sur ces matires trangres notre sujet2 nous voulions seulement faire ressortir1 en quelques mots1 le caractre des anciens magasins de nos villes marchandes1 afin qu'en passant on ne jette pas un coup d'oeil trop mprisant sur ces petites devantures de boutique qui1 tout troites et simples qu'elles soient1 ont abrit des fortunes patientes1 laborieuses1 ont vu crotre et se dvelopper la prosprit des classes moyennes4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,note #aej3 ,voy4 l',introd4 au ,livre des mtiers1 d'tienne ,boileau1 par ,g4 ,b4 ,depping4 ,coll4 des ,doc4 ind4 sur l'hist4 de ,france4 ,paris1 #ahcg4 ,,boutisse1 s4 f4 ,on entend par ce mot des pierres de taille qui1 de distance en distance1 prennent toute l'paisseur d'un mur1 et relient ses deux parements extrieur et intrieur4 ,quand un mur ne se compose pas seulement de pierres faisant parpaing 7c'est--dire portant toutes l'paisseur du mur71 soit parce qu'on ne peut disposer de matriaux d'un volume assez gros1 soit par conomie1 on l'lve au moyen de carreaux de pierre relis de distance en distance par des boutisses2 on dit alors un mur construit en carraudages et boutisses4 ,la pierre ,a 7#a7 est une boutisse 7voy4 ,,construction74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,,bouton1 s4 m4 ,on entend dsigner par ce mot un ornement de sculpture qui figure un bouton de fleur4 ,le bouton est frquemment employ dans la dcoration architecturale pendant le ,x,i,ie sicle et au commencement du ,x,i,i,ie4 ,il est destin dcorer les gorges qui sparent des baguettes ou des boudins dans les bandeaux et les arcs2 les boutons sont runis comme les grains d'un chapelet1 ou espacs1 simples ou faonns4 ,simples1 ils affectent la forme indique dans la fig4 #a2 faonns1 ils sont recoups en trois1 en quatre ou cinq feuilles 7#b74 ,dans les monuments du ,poitou1 levs pendant le ,x,i,ie sicle1 on rencontre souvent des boutons qui sont diviss par ctes1 comme le pistil de certaines fleurs 7#c7aea4 ,quelquefois le bouton est perc d'un trou carr au milieu et stri sur les bords4 ,ces sortes de boutons sont frquents dans la dcoration des archivoltes des difices normands du ,x,i,ie sicle 7#d7aeb4 ,les roses qui s'ouvraient au-dessus du triforium de la cathdrale de ,paris1 avant le percement des grandes fentres du ,x,i,i,ie sicle1 sont dcores de boutons rapprochs taills en forme de petit mamelon avec un trou au centre 7#e7aec4 ,les riches arcatures de la grande galerie extrieure qui ceint les tours de la mme cathdrale1 ont leurs gorges dcores de gros boutons trifolis qui font un fort bel effet1 en jetant des lumires et des ombres au milieu des courbes concentriques1 et rompent ainsi leur monotonie 7#f74 ,les boutons disparaissent de la sculpture ornementale des difices pendant le ,x,i,i,ie sicle2 alors on ne cherche imiter que les fleurs ou feuilles panouies 7voy4 ,,flore74 ,on dsigne aussi par bouton une pomme de fer ou de bronze qui1 tant fixe aux vantaux des portes1 sert les tirer soi pour les fermer4 ,pendant le moyen ge1 les vantaux de portes sont plutt garnis d'anneaux que de boutons2 cependant1 vers la fin du ,x,ve sicle1 l'usage des boutons de porte n'est pas rare2 ils sont gnralement composs d'un champignon de fer forg1 sur le disque duquel on a rapport des plaques de tle dcoupe et formant1 par leur superposition1 des dessins en relief et plusieurs plans 7voy4 ,,serrurerie74 ,illustration3 ,fig4 #a et #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d1 #e et #f4 ,note #aea3 ,de l'glise de ,surgre4 ,note #aeb3 ,de la tour ,saint-,romain1 cathdrale de ,rouen4 ,note #aec3 ,cette singulire ornementation se voit aujourd'hui sur les roses1 de la fin du ,x,i,ie sicle1 qui ont t replaces au-dessous des fentres hautes1 dans les bras de croix4 ,,braie1 s4 f1 ,braye4 ,c'est un ouvrage de dfense lev en avant d'un front de fortification1 laissant entre le pied des murailles et le foss une circulation plus ou moins large1 servant de chemin de ronde1 et destin empcher l'assaillant d'attacher le mineur4 ,les braies taient le plus souvent un ouvrage palissad1 renforc de distance en distance d'chauguettes propres protger des sentinelles4 ,lorsque l'artillerie feu fut employe l'attaque des places fortes1 on leva autour des courtines1 des boulevards ou bastions1 des murs peu levs1 des parapets au niveau de la crte de la contrescarpe des fosss1 pour y placer des arquebusiers4 ,ces dfenses1 connues sous le nom de fausses braies1 avaient l'avantage de prsenter un front de fusiliers en avant et au-dessous des pices d'artillerie places sur les remparts1 et de gner les approches2 on dut y renoncer lorsque l'artillerie de sige eut acquis une grande puissance1 car alors1 les parapets des fausses braies dtruits1 celles-ci formaient une banquette qui facilitait l'assaut 7voy4 ,,architecture ,,militaire74 ,,bret,,che1 s4 f4 ,bretesche1 bretesce1 bertesche1 berteiche1 bretreske4 ,on dsignait ainsi1 au moyen ge1 un ouvrage de bois plusieurs tages1 crnel1 dont on se servait pour attaquer et dfendre les places fortes4 ,quand il s'agit de l'attaque1 la bretche diffre du beffroi en ce qu'elle est immobile1 tandis que le beffroi est mobile 7voy4 ,,beffroi74 ,la bretche se confond souvent avec la bastide2 la dnomination de bretche parat tre la plus ancienne4 ,on disait1 ds le ,x,ie sicle1 bretescher pour fortifier1 garnir de crneaux de bois1 ou de hourds 7voy4 ,,hourd74 ,la cit 7,rouen7 esteit close de mur de foss4 ,franceiz et ,alemanz1 quant il furent arm1 ,ont cels de ,roen un grant assalt don3 ,normanz se desfendirent come vassal prov2 ,as berteiches montent et al mur quernel2 ,n'i ont rienz par assalt cil de fors conquest444#aed ,ces bretches taient souvent des ouvrages de campagne levs la hte4 ,de cele part el chief del pont1 ,par o la gent vienent vont1 ,aveit cel tems un foss ,haut parfont rpar2 ,sor li foss ont heriun 7chevaux de frise71 ,et dedenz close une maison2 ,encore unt bertesches leves1 ,bien planchies kerneles444#aee4 ,les bretches se dmontaient et pouvaient tre transportes d'un lieu un autre1 suivant les besoins4 ,guillaume de ,normandie1 aprs s'tre empar de ,domfront1 veut fortifier ,ambrires sur la ,mayenne4 ,e li ,dus fist sun gonfanon ,lever porter el dangon 7donjon73 ,el chastel a altres miz ,od ki il out ,danfront assiz4 ,li bertesches en fist porter1 ,por ,ii ,conte ,giffrei grever1 ,a ,anbrieres les fist lever3 ,un chastel fist iloec fermer444#aef ,le duc prtend dfendre un chteau1 ou plutt un poste1 au moyen de bretches qu'il fait charrier de ,domfront ,ambrires4 ,beaucoup plus tard1 le roy d',angleterre1 qui ne pouvoit conquester la ville de ,calais fors par famine1 fit charpenter un chastel grand et haut de longs mesrins1 tant fort et si bien bretesch1 qu'on ne l'eust pu grever#aeg4 ,quand on voulait dfendre une brche faite par l'assigeant1 on tablissait1 le plus promptement possible1 en dedans de la ville1 un plis en arrire de cette brche1 et on renforait ce plis d'une ou plusieurs bretches 7voy4 ,,architecture ,,militaire1 fig4 #aj74 ,ces ouvrages s'tablissaient aussi pour protger un passage1 une tte de pont4 ,et par devant le pont dont je vous ai parl ,furent faites dfences1 brestques ou terr1 ,a la fin qu'il ne soient souspris ne engingni4 4 4 4 4 4 4 4 ,quant ,englois ont vu jus choir une tour1 ,a l'autre tour s'en sont fui pour le secour2 ,barrires y ont fait force et vigour1 ,s'ont sur arbalestrier et maint bon arc tour4 ,la tour fu breteche noblement tout entour444#aeh ,on breteschait des dfenses fixes en maonnerie1 soit par des charpentes demeure1 soit par des saillies provisoires en bois qui permettaient de battre le pied de ces dfenses1 des passages1 des portes4 ,dans ce cas1 ce qui distingue la bretche du hourd1 c'est que le hourd est une galerie continue qui couronne une muraille ou une tour1 tandis que la bretche est un appentis isol1 saillant1 adoss l'difice1 ferm de trois cts1 crnel1 couvert et perc de machicoulis4 ,voici 7#a7 une porte de ville surmonte d'une bretche#aei pose en temps de guerre et pouvant se dmonter4 ,nous connaissons quelques trs-rares exemp,ies encore existants de bretches demeure poses au niveau des combles des tours1 se combinant avec leurs charpentes1 et destines flanquer leurs faces2 et1 parmi ceux-ci1 nous citerons les bretches de la tour des deniers de ,strasbourg1 qui sont fort belles et paraissent appartenir aux dernires annes du ,x,i,ve sicle 7#b74 ,ces ouvrages de charpente sont assez saillants sur le nu des faces en maonnerie pour ouvrir de larges machicoulis et des crneaux latraux2 ceux-ci sont encore garnis de leurs volets4 ,leurs appuis sont couverts de tuiles en caille et leurs combles en tuiles creuses hourdes en mortier4 ,les poinons ont conserv leur plomberie et leurs pis avec girouettes4 ,les bretches en bois taient aussi poses sur des difices civils qui n'taient pas spcialement affects la dfense2 telles sont les deux bretches qui sont encore conserves aux angles du btiment de la ,douane de ,constance 7fig4 #c71 au-dessus de hourds galement en bois4 ,ce btiment fut lev en #achh1 et ces ouvrages de charpente datent de la construction primitive2 les bretches sont poses en diagonale aux angles des hourds1 et donnent ainsi1 outre les faces diagonales destines protger les angles1 deux machicoulis triangulaires doublant les machicoulis du hourdage4 ,ds le ,x,i,ve sicle1 les bretches ne furent pas seulement des ouvrages d'architecture militaire2 les maisons de ville taient garnies1 sur la faade du ct de la place publique1 d'une bretche1 en bois ou maonne1 sorte de balcon d'o l'on faisait les cries1 o on lisait les actes publics1 les proclamations et condamnations judiciaires4 ,on disait bretquer pour proclamer4 ,on voit encore l'htel de ville d',arras les restes d'une bretche couverte qui tait pose en encorbellement sur le milieu de la faade4 ,la bretche de l'htel de ville de ,luxeuil est encore entire4 ,cette disposition fut adopte dans tous les difices municipaux d',europe4 ,en ,italie1 ce sont des loges leves au-dessus du sol au moyen d'un emmarchement1 comme au palais de ,sienne1 ou des portiques suprieurs1 ou des balcons1 comme au palais des ,doges de ,venise4 ,en ,allemagne1 non-seulement les difices publics sont garnis de bretches1 mais les palais1 les maisons particulires ont presque toujours une bretche plusieurs tages1 sorte de demi-tourelle saillante pose souvent au-dessus de la porte4 ,nuremberg1 ,insbruck1 ,augsbourg1 ,prague1 les maisons des ,x,i,ve1 ,x,ve et ,x,v,ie sicles ont toutes une ou plusieurs bretches fermes sur leur faade1 qui permettent de voir couvert tout ce qui se passe d'un bout l'autre de la rue4 ,en ,france1 les bretches affectent plus particulirement la forme de tourelles 7voy4 ,,tourelles71 et sont alors poses de prfrence aux angles des habitations4 ,on peut considrer comme de vritables bretches les petits balcons deux tages en encorbellement qui flanquent la faade extrieure du chteau de ,blois 7aile de ,franois ,ier74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration2 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,note #aed3 ,le ,roman de ,rou1 ,ire part41 vers #djei et suiv4 ,note #aee3 ,le ,rom4 de ,rou1 ,i,ie part41 vers #iddd et suiv4 ,note #aef3 ,le ,rom4 de ,rou1 ,i,ie part41 vers #ifbe et suiv4 ,note #aeg3 ,froissart1 chap4 ,,cxliv4 ,note #aeh3 ,chron4 de ,b4 ,duguesclin1 vers #aiebe et suiv4 ,note #aei3 ,man4 de ,froissart1 ,x,ve sicle2 ,bib4 imp4 ,cy parle de la bataille ,meaux en ,brye o les ,jacques furent desconfitz par le ,conte de ,foix et le ,captal de ,beus2 et est le ,,ix-xx ,ve chapitre4 ,,bretture1 s4 f4 ,outil de tailleur de pierre1 faonn en forme de marteau tranchant et dentel 7#a74 ,les tailleurs de pierre du moyen ge commencent employer la bretture pour layer les parements vers le milieu du ,x,i,ie sicle4 ,jusqu'alors les parements taient dresss au taillant droit ou au ciseau sans dents4 ,la bretture cesse d'tre employe au ,x,v,ie sicle pour la taille des parements vus4 ,elle est dents larges dans l'origine1 c'est--dire vers la fin du ,x,i,ie sicle et le commencement du ,x,i,i,ie 7#b74 ,les dents se rapprochent la fin du ,x,i,i,ie1 et sont trs-serres au ,x,i,ve 7#c7 7voy4 ,,taille74 ,la faon des tailles des moulures et parements est donc un des moyens de reconnatre la date de la construction des difices4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b ,illustration3 ,fig4 #c ,,brique1 s4 f4 ,on dsigne par ce mot des tablettes de terre battues1 moules1 sches au soleil et cuites au four4 ,l'emploi de la brique remonte la plus haute antiquit4 ,les ,romains en firent grand usage1 surtout dans les contres o la pierre n'est pas commune4 ,pendant le ,bas-,empire1 ils levrent souvent les maonneries au moyen de blocages avec parements de petits moellons taills1 alterns avec des lits de briques poses de plat4 ,les constructions gallo-romaines et mrovingiennes conservent encore ce mode4 ,mais1 partir du ,i,xe sicle1 on rencontre trs-rarement des briques mles aux autres matriaux2 la brique n'est plus employe ou est employe seule4 ,nous devons toutefois excepter certaines btisses du midi de la ,france1 o l'on trouve la brique rserve pour les remplissages1 les votes1 les parements unis1 et la pierre pour les piles1 les angles1 les tableaux de fentres1 les arcs1 les bandeaux et corniches4 ,c'est ainsi que la brique fut mise en oeuvre1 au ,x,i,ie sicle1 dans la construction de l'glise ,saint-,sernin de ,toulouse4 ,cette partie du ,languedoc tant peu prs la seule contre de la ,france o la pierre fasse compltement dfaut1 les architectes des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles prirent franchement le parti d'lever leurs difices en brique1 n'employant la pierre que pour les meneaux des fentres1 les colonnes1 et quelques points d'appui isols et d'un faible diamtre4 ,un des plus beaux exemples de construction du moyen ge1 en brique1 est certainement l'ancien couvent des ,jacobins de ,toulouse1 qui date de la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,plus tard1 au ,x,i,ve sicle1 nous voyons lever en brique la jolie glise fortifie de ,simorre 7,gers71 le collge ,saint-,rmond et les murailles de ,toulouse1 des maisons de cette mme ville1 le pont de ,montauban2 plus tard encore1 la cathdrale d',alby1 grand nombre d'habitations prives de cette ville1 les glises de ,moissac1 de ,lombez1 le clocher de ,caussade1 etc4 ,la brique employe dans cette partie de la ,france1 pendant les ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 est grande1 presque carre 7ordinairement #j1cc centimtres sur #j1be centimtres et #j1jf centimtres d'paisseur74 ,souvent les lits de mortier qui les sparent ont de #j1jd #j1je centimtres d'paisseur4 ,la brique moule est rarement employe en ,france1 pendant le moyen ge1 tandis qu'elle est frquente en ,italie et en ,allemagne2 cependant on rencontre parfois de petits modillons dans les corniches1 des moulures simples1 telles que des cavets et quart-de-rond4 ,la brique du ,languedoc tant trs-douce1 les constructeurs prfraient la tailler2 ou bien ils obtenaient une ornementation en la posant en diagonale sous les corniches1 de manire faire dborder les angles1 ou en pis1 ou de champ et de plat alternativement 7voy4 ,,construction74 ,la brique fut trs-frquemment employe1 pendant le moyen ge1 pour les carrelages intrieurs2 elle tait alors maille sur incrustations de terres de diverses couleurs 7voy4 ,,carrelage74 ,dans les constructions en pans de bois du nord de la ,france1 des ,x,ve et ,x,v,ie sicles1 la brique est utilise comme remplissage entre les poteaux1 dcharges et tournisses2 et la manire dont elle est pose forme des dessins varis4 ,dans ce cas1 elle est quelquefois maille 7voy4 ,,pan ,,de ,,bois74 ,nous trouvons encore dans le ,bourbonnais1 au chteau de la ,palisse1 ,moulins mme1 des constructions leves en brique et mortier qui datent du ,x,ve sicle et dont les parements prsentent 7par l'alternance de briques rouges et noires7 des dessins varis1 tels que lozanges1 zigzags1 chevrons1 etc4 ,la faon dont ces briques sont poses mrite l'attention des constructeurs2 les lits et joints en mortier ont une paisseur gale celle des briques1 c'est--dire #j1jcd4 ,ces briques prsentent1 l'extrieur1 leur petit ct1 qui n'a que #j1ab c41 et leur grand ct1 de #j1bd c41 forme queue dans le mur4 ,la fig4 #a fait voir comment sont monts ces parements briquets#afj4 ,pendant la renaissance1 les constructions de pierre et brique mlanges jouirent d'une grande faveur2 on obtenait ainsi1 peu de frais1 des parements varis de couleur1 dans lesquels l'oeil distingue facilement les parties solides de la btisse1 des remplissages4 ,les exemples de ces sortes de constructions abondent4 ,il nous suffira de citer l'aile de ,louis ,,xii du chteau de ,blois1 certaines parties du chteau de ,fontainebleau1 et le clbre chteau de ,madrid1 bti par ,franois ,ier1 prs de ,paris1 o la terre cuite maille venait se marier avec la pierre1 et prsenter l'extrieur une inaltrable et splendide peinture#afa4 ,tout le monde sait quel parti ,bernard de ,palissy sut tirer de la terre cuite maille4 ,de son temps1 les nombreux produits sortis de ses fourneaux servirent non-seulement orner les dressoirs des riches particuliers et des seigneurs1 mais ils contriburent la dcoration extrieure des palais et des jardins4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,note #afj3 ,m4 ,millet1 architecte1 qui nous devons ces renseignements sur les briques du ,bourbonnais1 reconnat que les briquetages avec lits pais de mortier ont une force extraordinaire2 cela doit tre4 ,la brique1 tant trs-pre et poreuse1 absorbe une grande quantit d'eau2 lorsqu'elle se trouve spare par des lits minces de mortier1 elle a bientt dessch ceux-ci1 et nous n'avons pas besoin de rappeler que les mortiers1 pour conserver leur force1 doivent contenir1 l'tat permanent1 une quantit assez notable d'eau4 ,note #afa3 ,quelques fragments de ces terres cuites mailles1 du chteau de ,madrid1 sont dposs au muse de ,cluny4 ,,buffet 7,d',,orgues71 s4 m4 ,on dsigne ainsi les armatures en charpente et menuiserie qui servent renfermer les orgues des glises4 ,jusqu'au ,x,ve sicle1 il ne parat pas que les grandes orgues fussent en usage4 ,on ne se servait gure que d'instruments de dimensions mdiocres1 et qui pouvaient tre renferms dans des meubles1 poss dans les choeurs1 sur les jubs1 ou sur des tribunes plus ou moins vastes destines contenir non-seulement les orgues1 mais encore des chantres et musiciens4 ,ce n'est que vers la fin du ,x,ve sicle et au commencement du ,x,v,ie que l'on eut l'ide de donner aux orgues des dimensions inusites jusqu'alors1 ayant une grande puissance de son et exigeant1 pour les renfermer1 des charpentes colossales4 ,les buffets d'orgues les plus anciens que nous connaissions ne remontent pas au-del des dernires annes du ,x,ve sicle2 et ces orgues ne sont rien auprs des instruments monstrueux que l'on fabrique depuis le ,x,v,i,ie sicle4 ,cependant1 ds le ,x,i,ve sicle1 certaines orgues taient dj composes des mmes lments que celles de nos jours3 claviers superposs et pouvant se runir1 tuyaux d'tain en montre1 trois soufflets1 jeux de mutation1 et ce qui doit tre not ici particulirement1 ces orgues avaient un positif plac derrire l'organiste et dans lequel on avait mis des fltes dont l'effet est signal comme trs-agrable4 ,m4 ,flix ,clment1 qui nous devons des renseignements prcieux sur l'ancienne musique et sur les orgues1 nous fait connatre qu'il a trouv1 dans les archives de ,toulouse1 un document fort curieux sur la donation faite une confrrie1 par ,bernard de ,rosergio1 archevque de ,toulouse1 d'un orgue1 la date de #adfc4 ,il rsulte de cette pice que cinq orgues furent places sur le jub dans l'ordre suivant3 un grand orgue s'levait au milieu1 derrire un petit orgue dispos comme l'est actuellement le positif2 un autre orgue1 de petite dimension1 tait plac au haut du grand buffet et surmont d'un ange2 droite et gauche au jub se trouvaient deux autres orgues1 dont deux confrries taient autorises se servir1 tandis que l'usage des trois premiers tait exclusivement rserv aux chanoines et au chapitre de la cathdrale4 ,les cinq instruments pouvaient1 du reste1 rsonner ensemble la volont de l'archevque#afb4 ,l'glise de ,saint-,severin1 dit l'abb ,lebeuf#afc1 est une des premires de ,paris o l'on ait vu des orgues3 il y en eut ds le rgne du roi ,jean1 mais c'tait un petit buffet2 aussi l'glise n'toit-elle alors ni si longue ni si large4 ,j'ai lu dans un extrait du ncrologe manuscrit de cette glise que1 l'an #aceh1 le lundi aprs l',ascension1 matre ,reynaud de ,douy1 colier en thologie ,paris et gouverneur des grandes coles de la parouesse ,saint-,severin1 donna l'glise une bonne orgues et bien ordenes4 ,celles que l'on a vu subsister jusqu'en #agdg1 adosses la tour de l'glise1 n'avoient t faites qu'en #aeab444 ,au ,x,ve sicle1 on parle1 pour la premire fois1 d'orgues de seize et mme de trente-deux pieds2 les buffets durent donc prendre1 ds cette poque1 des dimensions monumentales4 ,au ,x,v,ie sicle1 tous les jeux de l'orgue actuel taient en usage et formaient un ensemble de quinze cents deux mille tuyaux4 ,l'orgue qui passe pour le plus ancien en ,france est celui de ,solis-,ville dans le ,var#afd4 ,celui de la cathdrale de ,perpignan date des premires annes du ,x,v,ie sicle2 nous en donnons ici 7fig4 #a7 la montre4 ,le buffet se ferme au moyen de deux grands volets couverts de peintures reprsentant l',adoration des ,mages1 le baptme de ,notre-,seigneur et les quatre vanglistes4 ,un positif1 plac la fin du ,x,v,ie sicle1 est venu dfigurer la partie infrieure de la montre2 le dessin que nous donnons ici le suppose enlev4 ,le positif n'est pas1 d'ailleurs1 indispensable dans les grandes orgues4 ,lorsque le facteur peut disposer son mcanisme sur une tribune assez spacieuse pour placer ses sommiers dans le corps principal du buffet1 le positif n'est plus qu'une dcoration qui cache l'organiste aux regards de la foule4 ,un clavier consoles est prfrable1 car il est ncessaire que l'artiste puisse voir ce qui se passe dans le choeur4 ,il est probable1 cependant1 que les anciens facteurs trouvaient plus commode de placer le sommier du positif une certaine distance des claviers1 cause du peu de largeur du mcanisme1 tandis qu'en plaant leurs sommiers dans l'intrieur du grand buffet1 ils taient obligs d'tablir la correspondance par des abrgs1 des registres1 etc41 dont la longueur devait amener des irrgularits dans la transmission des mouvements4 ,le buffet de la cathdrale de ,perpignan est bien excut1 en beau bois de chne1 et sa construction1 comme on peut le voir1 tablie sur un seul plan1 est fort simple2 elle ne se compose que de montants et de traverses avec panneaux jour4 ,presque tous les tuyaux de montre sont utiliss4 ,l'organiste1 plac derrire la balustrade1 au centre1 touchait les claviers disposs dans le renfoncement infrieur2 la soufflerie est tablie par derrire dans un rduit4 ,on va voir 7fig4 #b7 le buffet et la tribune des orgues de l'glise d',hombleux 7,picardie71 qui datent du commencement du ,x,ve sicle4 ,ici1 l'instrument est port par des encorbellements1 la partie infrieure n'ayant gure que la largeur ncessaire aux claviers et aux registres4 ,cette disposition permettait des musiciens1 joueurs d'instruments ou chanteurs1 de se placer dans la tribune autour de l'organiste1 assis dans la petite chaire porte sur un cul-de-lampe2 et1 sous ce rapport1 elle mrite d'tre signale4 ,du reste1 mme systme de menuiserie qu' ,perpignan et ,solis4 ,ce sont les tuyaux qui commandent la forme de la boiserie1 celle-ci les laissant apparents dans toute leur hauteur et suivant leur dclivit4 ,nous citerons encore les buffets d'orgues de la cathdrale de ,strasbourg1 des glises de ,gonesse1 de ,moret prs ,fontainebleau1 de ,clamecy1 de ,saint-,bertrand de ,comminges1 de la cathdrale de ,chartres1 qui datent de la fin du ,x,ve sicle et du ,x,v,ie4 ,la menuiserie de tous ces buffets est soumise l'instrument et ne fait que le couvrir2 les panneaux jour ne remplissent que les vides existant entre l'extrmit suprieure de ces tuyaux et les plafonds1 afin de permettre l'mission du son2 quant au mcanisme et aux porte-vent1 ils sont compltement renferms entre les panneaux pleins des soubassements4 ,il arrivait souvent que1 pour donner plus d'clat aux montres1 les tuyaux visibles taient gauffrs et dors1 rehausss de filets noirs ou de couleur2 la menuiserie elle-mme tait peinte et dore3 tel est le buffet des grandes orgues de la cathdrale de ,strasbourg4 ,presque tous les anciens buffets1 comme celui de la cathdrale de ,perpignan1 taient clos par des volets peints1 que l'organiste ouvrait lorsqu'il touchait de l'orgue4 ,illustration3 ,fig4 #a ,illustration3 ,fig4 #b ,note #afb3 ,rapport adress par ,m4 ,felix ,clment ,m4 le ,ministre de l',instruction publique et des ,cultes1 sur l'orgue de ,toulouse1 #ahdi4 ,note #afc3 ,hist4 de la ville et du diocse de ,paris1 t4 ,i1 p4 #afh4 ,note #afd3 ,l'orgue de ,solis-,ville est fort petit4 ,sa montre n'a pas plus de #bm1#ej sur #bm1#fj de haut2 cette montre est date de #adii4 ,nous prfrons donner nos lecteurs la montre de l'orgue de ,perpignan1 qui est plus grande et plus belle comme travail et comme composition1 et qui date de la mme poque4 ,d'ailleurs1 et malgr que l'attention des archologues ait t fixe sur les orgues de ,solis 7voy4 le #c;e vol4 du ,bulletin archol41 pub4 par le ,min4 de l',inst4 publique1 p4 #agf471 l'instrument a t enlev du buffet et refondu par un ,polonais4 ,l'inscription curieuse qui tait sculpte la base de la montre a t arrache1 et le cur actuel de ,solis mdite de faire de ce buffet vide un confessional4 ,,buize1 s4 f4 ,vieux mot encore usit en ,picardie et qui signifie canal1 conduit d'eau 7voy4 ,,tuyau de descente74 ,,byzantin 7style7 7v4 ,,style74 ,,byzantine 7architecture7 7v4 ,,architecture74 ,c ,,cabaret1 s4 m4 ,cabaust4 ,vieux mot qui signifie lieu ferm de barreaux1 d'o vient le nom de cabaret donn aux boutiques de dbitants de vin4 ,,cage1 s4 f4 ,dsigne l'espace dans lequel est tabli un escalier 7v4 ,,escalier74 ,,caminade1 s4 f4 ,vieux mot employ pour chambre feu1 chambre dans laquelle est une chemine4 ,,calvaire1 s4 m4 ,il tait d'usage1 pendant les ,x,ve et ,x,v,ie sicles1 de reprsenter les scnes de la ,passion de ,jsus-,christ dans les clotres1 les cimetires1 ou mme dans une chapelle attenant une glise1 au moyen de figurines ronde-bosse sculptes sur pierre ou bois1 et ranges soit dans un vaste encadrement1 soit sur une sorte de plate-forme s'levant en gradins jusqu' un sommet sur lequel se dressaient les trois croix portant ,notre-,seigneur et les deux larrons4 ,on voit encore un grand nombre de ces monuments1 qui datent du ,x,ve ou du ,x,v,ie sicle1 dans les cimetires de la ,bretagne4 ,beaucoup de retables en bois1 du commencement du ,x,v,ie sicle1 reprsentent galement toutes les scnes de la ,passion1 en commenant par celle du ,jardin des ,oliviers et finissant au ,crucifiement4 ,depuis le ,x,v,ie sicle1 on a remplac ces reprsentations groupes par des stations leves de distance en distance1 en plein air1 sur les pentes d'une colline1 ou sculptes ou peintes dans des cadres accrochs aux piliers des glises#afe4 ,note #afe3 ,l'ide de prsenter aux fidles les quatorze stations de ,notre-,seigneur1 depuis le moment o il fut livr par ,judas jusqu sa mort1 est certainement de nature inspirer les sentiments les plus fervents2 la vue des souffrances supportes avec patience par le fils de ,dieu est bien propre raffermir les mes affliges3 aussi1 n'est-il pas1 notre sens1 de spectacle plus touchant1 dans nos glises1 que la vue de ces femmes venant silencieusement s'agenouiller devant les terribles scnes de la ,passion1 et les suivre ainsi une une jusqu' la dernire4 ,pourquoi faut-il que ces prires si respectables 7car elles ne sont inspires ni par un dsir ambitieux1 ni par des souhaits indiscrets1 mais par la douleur et le besoin de consolation7 soient adresses ,dieu devant des images presque toujours hideuses ou ridicules1 qui dshonorent nos glises8 ,ces tableaux des stations sont fabriqus en bloc1 prix fixes1 se paient au mtre ou en raison du plus ou moins de couleur dont elles sont barbouilles2 elles sortent des mmes ateliers qui envoient en province des devants de chemine graveleux1 des scnes bachiques pour les tavernes1 et1 il faut bien le dire1 au point de vue de l'art1 ces peintures n'ont mme pas le mrite des papiers peints les plus vulgaires4 ,il nous semble que les images qui doivent trouver place dans les glises1 mme les plus humbles1 pourraient tre soumises un contrle svre de la part des membres clairs du haut clerg2 qu'elles soient parfaites1 cela est difficile2 mais faudrait-il au moins quelles ne fussent jamais ridicules ou repoussantes2 qu'elles ne fussent pas1 comme art1 au-dessous de ce que l'on voit dans les cabarets4 ,sinon1 mieux vaut une simple inscription2 si pauvre que soit l'imagination de celui qui prie1 elle lui peindra les scnes de la ,passion d'une manire plus noble et plus digne que ne le font ces tableaux grotesques4 ,,cannelure1 s4 f4 ,c'est une moulure en forme de petit canal creus verticalement sur la circonfrence des colonnes ou sur les faces des pilastres4 ,les ,grecs avaient adopt la cannelure sur les fts des colonnes des ordres dorique1 ionique et corynthien2 les ,romains l'employrent galement1 autant que les matires dont taient composes leurs colonnes le permettaient2 aussi voyons-nous1 en ,france1 la cannelure applique aux colonnes et pilastres de l'poque romane dans les contres o l'architecture romaine avait laiss de nombreux vestiges4 ,en ,provence1 le long du ,rhne et de la ,sane1 et jusqu'en ,bourgogne1 des cannelures sont parfois creuses1 pendant le ,x,i,ie sicle1 sur les colonnes1 mais plus particulirement sur les faces des pilastres4 ,il se faisait alors une sorte de renaissance1 qui1 dans ces contres couvertes de fragments antiques1 conduisait les architectes imiter la sculpture romaine1 que la filiation romane avait peu peu dnature4 ,ce retour vers les dtails de la sculpture antique est trs-sensible au portail de l'glise de ,saint-,gilles1 dans le clotre de ,saint-,trophyme ,arles1 au ,thor1 ,pernes1 ,cavaillon en ,provence1 dans toutes ces glises qui bordent le ,rhne2 puis1 plus au ,nord1 ,langres1 ,autun1 ,beaune1 ,semur en ,brionnais1 la ,charit sur ,loire1 ,cluny4 ,dans l'architecture de ces pays1 le pilastre est prfr la colonne engage1 et toujours le pilastre est cannel2 et1 il faut le dire1 sa cannelure est d'un plus beau profil que la cannelure romaine1 trop maigre et trop creuse1 mal termine au sommet par un demi-cercle dont la forme est molle1 confuse prs de la base1 lorsqu'elle est remplie par une baguette4 ,la cannelure occidentale du ,x,i,ie sicle se rapproche des profils et de l'chelle des cannelures grecques1 comme beaucoup d'autres profils de cette poque4 ,nous donnons 7fig4 #a7 un des pilastres du triforium de la cathdrale de ,langres1 dont la face prsente une seule cannelure2 et 7fig4 #b7 un des grands pilastres des piles intrieures de cette mme glise1 dont la face est orne de deux cannelures4 ,entre les cannelures1 des baguettes sont dgages2 l'ensemble de ces surfaces concaves et convexes alternes produit beaucoup d'effet4 la cathdrale d',autun1 dont la construction prcda de quelques annes l'rection de celle de ,langres1 les cannelures des pilastres se rapprochent davantage de la cannelure romaine 7#c74 ,lorsque les cannelures sont tranes sur des colonnes au ,x,i,ie sicle1 il est rare qu'elles soient simples2 elles sont ou chevronnes ou en zigzags1 ou torses1 ou rompues1 ou remplies par des ornements 7voy4 ,,colonne72 telles sont les cannelures d'une des colonnes de la porte principale de la cathdrale d',autun 7fig4 #d72 ce n'est gure qu'en ,provence que l'on rencontre des colonnes canneles simples4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 la cannelure disparat lorsque l'architecture ogivale est adopte4 ,un des derniers exemples de cannelures appliques des colonnes se voit l'extrieur du choeur de l'glise ,saint-,rmy de ,reims1 dont la construction remonte aux dernires annes du ,x,i,ie sicle4 ,mais il ne faut pas oublier qu' ,reims il existe de nombreux fragments d'antiquits romaines1 et que la vue de ces monuments eut une influence sur l'architecture et la sculpture de cette partie de la ,champagne4 ,les cannelures reparaissent sur les pilastres et sur les colonnes au moment de la ,renaissance2 souvent alors1 comme la faade du ,louvre1 ct de la rivire1 ou comme au rez-de-chausse de la galerie de ,philibert ,delorme au palais des ,tuileries1 elles alternent avec des assises formant bossage4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,,canton1 s4 m4 ,terme de blason4 ,,cantonn se dit1 en architecture1 des piliers dont les quatre faces sont renforces de colonnes engages ou de pilastres2 on dit alors3 pilier cantonn de quatre colonnes1 de quatre pilastres 7voy4 ,,pilier74 ,,carreau1 s4 m4 ,c'est le nom que l'on donne des tablettes de pierre1 de marbre ou de terre cuite1 qui servent paver l'intrieur des difices 7voy4 ,,carrelage74 ,on dsigne aussi par carreaux les morceaux de pierre peu profonds qui forment les parements d'un mur4 ,un mur est bti en carreaux ou carreaudages et boutisses 7voy4 ,,boutisse74 ,,carrelage1 s1 m4 ,assemblage de carreaux de pierre1 de marbre ou de terre cuite4 ,les ,romains couvraient ordinairement l'aire des salles rez-de-chausse de mosaques composes de petits cubes de marbre de diverses couleurs1 formant1 par leur juxtaposition1 des dessins colors1 des ornements et mme des sujets4 ,ils employaient souvent aussi de grandes tables de marbre ou de pierre carres1 oblongues1 polygonales et circulaires1 pour daller les salles qui devaient recevoir un grand concours de monde2 car la mosaque ne pouvait durer longtemps sous les pas de la foule4 ,la brique tait rserve pour les pavages les plus vulgaires4 ,pendant les premiers sicles du moyen ge1 en ,france1 ces traditions furent conserves2 mais les marbres1 dans le ,nord1 n'taient pas communs1 la faon de la mosaque dispendieuse2 elle ne fut que rarement employe pour les pavages 7voy4 ,,mosa,,que72 on lui prfra les dal,iages gravs et incrusts de mastics de couleur1 ou les terres cuites mailles4 ,partout1 en effet1 on pouvait fabriquer de la brique1 et rien n'est plus ais que de lui donner des tons varis par une couverte cuite au four4 ,il est vraisemblable que1 ds l'poque carlovingienne1 les carrelages en briques de couleur taient en usage2 on pouvait ainsi1 peu de frais1 obtenir des pavages prsentant peu prs l'aspect des mosaques4 ,cependant nous devons dire que nous ne connaissons aucun carrelage de terre cuite antrieur au ,x,i,ie sicle2 on n'en doit pas tre surpris1 quand on observe combien peu durent les maux dont on revt cette matire2 promptement uss1 les carrelages en terre cuite devaient tre souvent remplacs4 ,les carrelages les plus anciens que nous connaissions sont ceux que nous avons dcouverts1 il y a quelques annes1 dans les chapelles absidales de l'glise abbatiale de ,saint-,denis2 ces carrelages sont du temps de ,suger2 ils furent laisss la plupart en place1 cause probablement de leur beaut1 lorsque1 sous le rgne de saint ,louis1 ces chapelles furent remises neuf4 ,ils sont en grande partie composs de trs-petits morceaux de terre cuite maills en noir1 en jaune1 en vert fonc et en rouge1 coups en triangles1 en carrs1 en lozanges1 en portion de cercle1 en polygones1 etc42 ils forment1 par leur assemblage1 de vritables mosaques d'un dessin charmant4 ,le carrelage de la chapelle de la ,vierge1 publi dans les ,annales archologiques de ,m4 ,didron et dans l',encyclopdie d',architecture de ,m4 ,bance1 celui de la chapelle de saint-,cucuphas1 galement reproduit dans ce dernier ouvrage et dans les tudes sur les carrelages historis de ,m4 ,alfred ,ram1 et restaurs aujourd'hui1 sont deux trs-beaux spcimen des carrelages mosaques du ,x,i,ie sicle4 ,nous croyons inutile de reproduire ici les ensembles de ces carrelages1 et nous nous bornerons en donner des fragments1 afin de faire connatre la mthode suivie par les architectes de ce temps4 ,ces carrelages se composent gnralement de bandes formant des dessins varis1 spares par des bordures troites4 ,l'influence de la mosaque antique se fait encore sentir dans ces combinaisons1 car chaque carreau porte sa couleur1 et c'est par leur assemblage que les dessins sont obtenus4 ,les briquetiers du ,x,i,ie sicle avaient pouss fort loin l'art de mouler ces petits morceaux de terre1 et souvent ils composaient des dessins assez compliqus1 des ornements mme1 par l'enchevtrement de courbes les unes dans les autres4 ,l'exemple que voici 7fig4 #a7 d'un fragment de carrelage de la chapelle de la ,vierge de l'glise de ,saint-,denis1 nous fait voir des bandes formes de cercles noirs et rouges qui se pntrent1 et des compartiments trs-fins composs de morceaux triangulaires1 carrs1 ou en fuseaux qui n'ont pas plus de #j1jc centimtres de ct#aff4 ,nous trouvons mme dans le carrelage de la chapelle ,saint-,cucuphas de l'glise de ,saint-,denis des fleurs de lis jaune sur fond noir-vert ainsi combines 7#b74 ,la fig4 #b bis prsente la disposition des morceaux dont est forme cette sorte de mosaque4 ,quelquefois les carreaux sont pntrs d'une petite pice de terre cuite d'une autre couleur qui vient s'adapter dans le creux mnag pour la recevoir 7#c74 ,ces exemples sont tirs de la mme chapelle1 dont tout le carrelage est jaune et noir-vert4 ,m4 ,percier nous a laiss1 parmi ses prcieux croquis faits en #agig dans l'glise de ,saint-,denis1 quelques-uns de ces carrelages du ,x,i,ie sicle dont la composition est si originale4 ,nous donnons ici 7#d7 l'un des plus beaux2 l'exactitude de ces croquis nous est confirme par la dcouverte de carreaux qui1 quoique drangs1 concident parfaitement avec l'ensemble que nous reproduisons4 ,dans ce dernier carrelage1 beaucoup de morceaux de terre cuite simulent un marbre vert jasp#afg4 videmment1 les artistes du ,x,i,ie sicle1 imbus des traditions antiques1 cherchaient rendre l'effet des mosaques romaines des bas-temps1 dont ils possdaient encore de nombreux exemples2 n'ayant pas de marbres leur disposition1 ils les imitaient au moyen de l'mail dont ils revtaient leurs carreaux4 ,nous avons encore trouv en ,allemagne des combinaisons de carreaux de terre cuite de couleur formant des dessins varis par leur silhouette et leur assemblage4 ,ces carreaux datent des premires annes du ,x,i,i,ie sicle2 il ne faut pas oublier que les arts de l',allemagne taient alors en retard d'une cinquantaine d'annes sur les arts de la ,france4 ,nous pensons qu'il est utile de prsenter ici quelques-uns de ces exemples qui1 d'ailleurs1 appartiennent bien nettement au style du ,x,i,ie sicle1 et cela d'autant mieux que ces carreaux proviennent des environs de ,dresde1 et que ces contres recevaient alors tous leurs arts de l',occident4 ,ces fragments 7fig4 #e et #e bis7 sont aujourd'hui dposs dans le muse du ,grand ,jardin1 ,dresde1 et appartiennent au clotre de ,tzelle1 situ vingt-quatre kilomtres de cette ville4 ,les figures ,a et ,b font voir comment ces carreaux sont fabriqus et comment ils s'assemblent2 ils sont noirs et rouges2 les petites pices ,c sont seules bordes d'un filet blanc4 ,on remarquera que1 dans tous les exemples que nous venons de donner ci-dessus1 le noir-vert joue un grand rle2 c'est l un des traits caractristiques des carrelages du ,x,i,ie sicle1 tandis qu'au ,x,i,i,ie sicle c'est le rouge qui domine4 ,en rgle gnrale1 dans les dcorations intrieures1 au ,x,i,ie sicle1 les pavages sont d'un ton trs-soutenu et charg1 tandis que les peintures sont claires2 le vert1 le jaune1 l'ocre rouge et le blanc sont les couleurs qu'elles prfrent4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 au contraire1 les surfaces horizontales1 les pavages sont brillants1 clairs1 tandis que les peintures des parements sont trs-vigoureuses de ton1 et il n'est pas rare mme1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle et pendant le ,x,i,ve1 de voir le noir occuper des surfaces importantes dans la dcoration des parements verticaux 7voy4 ,,peinture74 ,mais ce n'est pas seulement par l'harmonie des tons que les carrelages du ,x,i,ie sicle diffrent de ceux du ,x,i,ie1 c'est aussi par le mode de fabrication2 en cela1 comme en toute chose1 le ,x,i,i,ie sicle rompt franchement avec les traditions2 au lieu de composer les dessins des carrelages au moyen de pices assembles de formes varies1 il adopta un systme de carreaux ordinairement carrs1 orns au moyen d'incrustations de terres de couleurs diffrentes1 rouges sur jaunes1 ou jaunes sur rouges4 ,les carreaux noirs furent employs1 le plus souvent alors1 comme encadrements2 le noir-vert devint plus rare1 pour reparatre au ,x,i,ve sicle4 ,les exemples de carrelages du ,x,i,i,ie sicle abondent dans nos anciennes glises1 dans les chteaux1 palais et maisons4 ,il faut toutefois remarquer ici que le carrelage en terre cuite maille n'est gure employ que dans les choeurs1 les chapelles1 ou les salles qui n'taient pas faites pour recevoir un grand concours de monde4 ,l'mail s'enlevant assez facilement par le frottement des chaussures1 on n'employait pas les carreaux maills dans les nefs ou collatraux1 dans les galeries ou grandes salles des chteaux et palais4 ,si la terre cuite tait mise en oeuvre dans les lieux trs-frquents1 elle tait pose sans mail et alterne souvent avec des dalles de pierre et mme des carreaux de marbre4 ,d'ailleurs1 il ne faut pas oublier qu' partir du ,x,i,ie sicle le sol des nefs servait de spulture1 et qu'tant ainsi boulevers sans cesse et recouvert de dalles funraires1 il n'tait gure possible d'y maintenir un dessin gnral compos de petites pices de terre cuite4 ,nous avons dit que le ,x,i,i,ie sicle avait remplac le carrelage en terre cuite mosaque par des carreaux incrusts d'ornements4 ,l'origine de ce mode de fabrication est facile dcouvrir3 ds l'poque mrovingienne1 on cuisait des briques pour pavage1 prsentant en creux des dessins plus ou moins compliqus2 ces dessins s'obtenaient au moyen d'une estampille applique sur la terre encore molle4 ,on retrouve dans l'glise de l'ancien prieur de ,latre-sous-,amance1 consacr en #ajgf1 des carreaux qui ne sont pas recouverts d'mail1 mais simplement estamps en creux4 ,ces briques#afh sont carres ou barlongues2 ces dernires ont #j1ji c4 de largeur sur #j1ah c4 de longueur4 ,elles offrent soit des lignes droites qui se coupent de manire former des carrs1 soit des rinceaux enferms entre deux bandes charges de hachures4 ,les briques barlongues formaient des encadrements dans lesquels on rangeait1 l'une ct de l'autre1 un certain nombre de briques carres4 ,nous avons trouv1 dans des fouilles faites ,saint-,denis1 quelques carreaux ainsi gravs de cercles et de lozanges recouverts d'un mail tendre1 opaque1 blanc sale1 produit par une lgre couche de terre plus fusible que le corps de la brique4 ,voici une copie1 moiti d'excution1 de carreaux ainsi estampills provenant des fouilles faites sur l'emplacement de l'ancienne glise de ,sainte-,colombe ,sens1 et dont la date parat fort ancienne 7#f7afi4 ,ils sont composs d'une terre blanc jauntre assez rsistante1 mais sans couverte4 ,du moment qu'on possdait des carreaux gravs en creux1 il tait naturel de chercher remplir cette gravure par une terre d'une autre couleur1 et de recouvrir le tout d'un mail transparent2 c'est ce que l'on fit ds le ,x,i,ie sicle et peut-tre mme antrieurement cette poque2 cette mthode de fabrication devint gnrale au ,x,i,i,ie4 ,par ce procd1 en supposant l'mail enlev1 la terre incruste ayant une paisseur de quelques millimtres1 le carreau conservait longtemps son dessin4 ,la gravure du carrelage tant remplie1 la poussire n'tait plus arrte par les intailles1 et on pouvait maintenir ces carrelages propres en les lavant et les balayant4 ,poss dans des chapelles ou dans des salles capitulaires1 ou des appartements intrieurs dans lesquels on n'entrait qu'avec des chaussures molles et lgres1 on ne risquait pas de glisser sur leur surface maille4 ,l'un des plus anciens carrelages incrusts connus est celui de l'glise de ,saint-,pierre-sur-,dive2 il est reproduit avec une scrupuleuse exactitude dans les ,annales archologiques#agj4 ,le carrelage de ,saint-,pierre-sur-,dive 7prs ,caen7 se compose d'une grande rosace de carreaux concentriques1 coupe par une croix de dalles de pierre1 et encadre de mme4 ,nous partageons compltement l'opinion de ,m4 ,alfred ,ram qui1 contrairement celle de ,m4 de ,caumont1 admet ce mlange de dalles de pierre et de carrelage de terre cuite1 comme tant de l'poque primitive1 c'est--dire de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,les irrgularits que l'on observe dans ce carrelage ne prouvent pas qu'il y ait eu remaniement1 mais simplement restauration2 nous avons remarqu1 d'ailleurs1 dans tous les anciens carrelages1 des dfauts de pose trs-frquents4 ,cela est facile expliquer2 les fabriques envoyaient1 sur commande1 un certain nombre de carreaux cuits depuis longtemps et emmagasins2 lorsqu'on les mettait en place1 moins de se rsoudre faire une commande partielle et spciale1 et attendre une nouvelle cuisson1 ce qui pouvait retarder l'achvement du pavage de deux ou trois mois1 il fallait se rsoudre employer tels quels les carreaux envoys par le briquetier2 de l souvent des combinaisons commences avec un dessin et acheves avec un autre1 des carreaux poss ple-mle1 ou par ranges sans relations entre elles4 ,saint-,pierre-sur-,dive1 le sujet principal1 la rosace centrale1 croise de dalles de pierre1 est rgulire2 mais le grand encadrement carr qui la cerne n'est compos que de rangs de briques de dessins divers1 la plupart de la mme poque cependant et fort beaux4 ,d'ailleurs1 il faut bien reconnatre que les artistes du moyen ge n'taient pas pntrs de ce besoin de symtrie purile qui fait loi aujourd'hui2 ils taient guids par une ide toute oppose3 la varit4 ,rien n'est plus ordinaire que de voir1 dans les carrelages anciens1 jusqu' l'poque de la renaissance1 de ces mlanges de dessins1 de ces divisions ingales de bandes1 de bordures1 de compartiments4 ,le carrelage de ,saint-,pierre-sur-,dive est incrust jaune sur noir-brun2 il est en cela conforme1 comme couleur1 aux carrelages mosaques du ,x,i,ie sicle1 o le noir domine1 o le rouge n'est qu'accessoire quand on le rencontre4 ,le procd de fabrication du carrelage de ,saint-,pierre-sur-,dive mrite d'tre mentionn2 il consiste en une couche de terre fine noircie1 pose sur une argile rouge grossire1 estampe1 incruste d'une terre jauntre et couverte d'un mail transparent2 le dessin de ces carreaux est noir sur jaune1 ou jaune sur noir4 ,la terre blanc-jauntre pntre travers l'engobe brune et vient s'incruster jusque dans l'argile rouge1 ainsi que l'indique la coupe 7fig4 #g72 l'mail1 tant safran1 donne un clat d'or la terre blanche4 ,nous prsentons 7,fig4 #h7 une portion de la rosace en terre cuite maille de ,saint-,pierre-sur-,dive1 qui est certainement une des belles compositions de ce genre4 ,les carreaux qui forment cette rosace excdent les dimensions ordinaires2 quelques-uns ont #j1ah c4 de ct1 ceux octogones des coinons ont jusqu' #j1bc c4 ,on voit encore1 dans la chapelle ,saint-,michel de l'ancienne collgiale de ,saint-,quentin1 un carrelage de la fin du ,x,i,ie sicle1 compos galement de bandes de pierre encadrant des briques de couleur brun fonc4 ,de mme ,saint-,denis1 si nous en croyons les croquis de ,m4 ,percier1 quelques carrelages des chapelles prsentaient des encadrements de pierres unies4 ,ce systme parat donc avoir t adopt au ,x,i,ie sicle1 tandis qu'au ,x,i,i,ie sicle les deux matires ne se trouvent plus runies1 le carrelage de terre cuite couvre sans mlanges les salles pour le pavage desquelles il est rserv1 et les dalles ne viennent plus s'y mler4 ,ainsi que nous l'avons dit dj1 le rouge domine dans1 les carrelages du ,x,i,i,ie sicle2 c'est qu'aussi le procd de fabrication change1 et se simplifie4 ,il est remarquer que1 dans tous les arts et industries qui se rattachent l'architecture1 le ,x,i,ie sicle a1 sur le ,x,i,i,ie1 une grande supriorit d'excution2 les vitraux1 les peintures1 les sculptures1 dallages incrusts et carrelages du ,x,i,ie sicle1 et nous dirons mme la construction des difices1 dnotent un soin et une recherche que le ,x,i,i,ie sicle1 proccup de ses grandes conceptions1 abandonne bientt4 ,le procd de fabrication des carrelages du ,x,i,ie sicle1 soit qu'ils fussent composs de pices enchevtres1 soit qu'ils fussent incrusts1 exigeait beaucoup de temps1 un grand nombre d'oprations successives1 une main-d'oeuvre lente4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 on se contente de la brique rouge estampe1 incruste d'une terre blanc-jaune1 et couverte d'un mail transparent4 ,quelquefois la terre blanche fait le fond1 plus frquemment elle fait le dessin2 dans l'un comme dans l'autre cas1 le procd de fabrication est le mme4 ,les carreaux noirs1 pour tre incrusts comme ceux de ,saint-,pierre-sur-,dive1 exigeaient cinq oprations successives1 sans la cuisson3 #a le moulage de la brique2 #b une premire couverte d'une terre fine1 noircie par un oxyde mtallique2 #c l'estampage du dessin en creux2 #d le remplissage du creux par une terre blanche1 le battage2 #e l'maillage4 ,les carreaux rouges incrusts de blanc n'en exigeaient que quatre3 #a le moulage de la brique2 #b l'estampage2 #c le remplissage du creux1 le battage2 #d l'maillage4 ,aussi1 pendant le ,x,i,i,ie sicle1 les carreaux noirs sont gnralement unis et ne sont employs que comme encadrements4 ,l'mail des carrelages du ,x,i,i,ie sicle est toujours1 comme celui du ,x,i,ie1 color en jaune2 il contribue donner ainsi de l'clat au blanc et au rouge4 ,les carreaux de brique rouge carre incruste1 si fort en vogue au ,x,i,i,ie sicle1 forment des dessins isols ou par quatre4 ,il n'est pas besoin de dmontrer comment ce systme permettait de trouver des combinaisons1 de dessins l'infini4 ,voici des carreaux incrusts et maills provenant du chteau de ,coucy1 faonns d'aprs cette donne4 ,la fig4 #i prsente deux carreaux dont le dessin est isol2 l'un d'eux est un cusson armoy4 ,les fig4 #aj et #aa donnent chacune un assemblage de quatre carreaux compltant un dessin circulaire#aga4 ,la fabrication de ces carreaux est grossire2 nous sommes ici bien loigns de la finesse et de la puret des carreaux de ,saint-,pierre-sur-,dive4 ,mais cependant1 en simplifiant l'excution pour obtenir des produits plus nombreux et moins longs fabriquer1 le ,x,i,i,ie sicle sut faire d'admirables carrelages1 et nous citerons entre autres ceux des chapelles de la cathdrale de ,laon1 dont nous figurons ici 7fig4 #ab et #ac7 quelques chantil,ions1 et le beau pav de la salle du trsor de l'ancienne cathdrale de ,saint-,omer1 reproduit en entier dans les ,annales archologiques de ,m4 ,didron#agb4 ,ce dernier carrelage1 qui date de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 prsente une suite de compartiments de seize carreaux rouges incrusts de jaune avec encadrements noirs unis4 ,les compartiments sont poss sur la diagonale1 et les carreaux ont environ #j1ab c4 de ct4 ,de deux en deux1 les compartiments offrent un mlange de carreaux noirs et blancs1 dessins mosaques trs-fins1 qui jettent de l'clat au milieu de cette riche composition4 ,les carreaux rouges et jaunes sont varis chaque compartiment1 et leurs dessins se combinent par quatre ou sont complets dans chaque brique4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 les dessins des carrelages incrusts sont encore larges1 simples comme disposition gnrale2 ils deviennent plus confus et plus maigres pendant le ,x,i,ve sicle4 ,une difficult de nature embarrasser les archologues1 lorsqu'il s'agit de reconnatre l'poque des carrelages1 se prsente frquemment partir du ,x,i,i,ie sicle4 ,les briquetiers1 qui possdaient dans leurs ateliers ces matrices en bois propres imprimer les dessins destins orner les carreaux1 s'en servirent longtemps aprs que ces estampilles avaient t graves1 et souvent des carrelages furent fabriqus au ,x,i,ve sicle avec des matrices faites pendant le ,x,i,i,ie2 cela explique comment on retrouve1 dans des carrelages poss videmment une certaine poque1 des chantillons de carreaux beaucoup plus anciens que les difices auxquels ils appartiennent4 ,comme principe dcoratif1 les carrelages ne se modifient gure du ,x,i,i,ie au ,x,ve sicle2 leur dessin s'amaigrit de plus en plus2 la fin du ,x,i,ve sicle1 on introduit profusion dans les carrelages des chiffres1 des inscriptions1 des armoiries1 quelquefois mme de petites scnes2 on voit apparatre les tons verts1 bleu clair2 le noir devient plus rare4 ,voici 7fig4 #ad et #ae7 deux portions de carrelages de cette poque qui proviennent des fouilles excutes en #ahdj dans les jardins de l'htel des ,archives ,paris 7ancien htel ,soubise71 et dont les dessins rouges sur jaunes sont excuts avec une rare perfection4 ,des fragments d'une bordure bleue et blanche furent dcouverts en mme temps4 ,les carrelages des ,x,i,ve et ,x,ve sicles abondent2 les villes de la ,champagne1 de la ,brie1 de la ,bourgogne en sont encore remplies1 et les ouvrages spciaux sur cette matire1 nous en prsenteront des exemples assez nombreux pour que nous nous dispensions de les reproduire ici4 ,pendant le ,x,v,ie sicle1 le carrelage en brique incruste se rencontre encore1 et nous en trouvons de beaux spcimen dans la ville de ,troyes 7fig4 #af7agc4 ,mais alors apparaissent les carrelages en faence peints1 dans lesquels les tons blancs1 bleus1 jaunes et verts dominent4 ,tout le monde connat les carrelages des chteaux d'couen1 de ,blois1 de l'glise de ,brou2 nous en citerons un toutefois qui surpasse tous ceux que nous avons vus de cette poque2 c'est le carrelage en faence de la chapelle situe au nord de la nef de la cathdrale de ,langres4 ,il est difficile de rencontrer une dcoration de pavage la fois plus riche1 mieux compose et plus harmonieuse de tons4 ,on ne se contenta pas1 pendant le moyen ge1 de faire des carreaux mosaques ou incrusts de terres de couleurs diffrentes1 on en fabriqua aussi avec des dessins en relief4 ,ces sortes de carrelages ne pouvaient s'excuter qu'avec des terres trs-dures1 autrement les dessins eussent t promptement uss par les chaussures4 ,ces dessins en relief avaient l'avantage d'empcher de glisser sur la surface du carrelage2 mais il devait tre difficile de le maintenir en bon tat de propret1 la poussire se trouvant arrte par les asprits des dessins4 ,nous possdons un chantillon de carreaux fabriqus suivant ce systme et qui nous paraissent appartenir au ,x,ve sicle#agd4 ,la fig4 #ag en donne le dessin2 les saillies n'ont pas plus de deux millimtres2 la terre en est fort compacte1 bien battue et bien cuite4 ,les carrelages en faence furent encore employs en ,france pendant le ,x,v,i,ie sicle1 et l'usage s'en est perptu en ,italie1 en ,espagne1 en ,afrique et en ,orient jusqu' nos jours4 ,chez nous1 on ne les emploie plus gure que pour carreler des fourneaux de cuisine1 et1 dans le midi1 des salles de bain ou des offices#age4 ,illustration3 ,fig4 #a1 #b1 #b bis et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e et #e bis4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 et #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,note #aff3 ,nous avons rendu les tons noir ou vert sombre par du noir1 le rouge par des hachures1 et le jaune par le blanc4 ,le rouge est couleur brique1 le jaune est d'un ton d'ocre clair fort doux4 ,note #afg3 ,ces morceaux sont rendus dans la gravure par un travail irrgulier4 ,note #afh3 ,voir l',essai sur le pavage des glises antr4 au ,x,ve sicle1 par ,m4 ,deschamps du ,pas 7,annales archol41 t4 ,x74 ,bullet4 monum4 de ,m4 de ,caumont1 #ahdh1 p4 #gdb4 ,note #afi3 ,le monastre de ,sainte-,colombe1 fond en #fcj par ,clotaire ,,ii1 est situ deux kilomtres de ,sens1 ces briques nous paraissent appartenir ces premires constructions4 ,note #agj3 ,annales archol41 pub4 par ,m4 ,didron an1 t4 ,,xii1 p4 #bha4 ,m4 ,alfred ,ram fait paratre en ce moment un ouvrage spcial sur les carrelages maills 7voy4 tud4 sur les carrelages historis du ,x,i,ie au ,x,v,i,ie sicle74 ,cet ouvrage1 accompagn de nombreuses planches excutes avec le plus grand soin1 ne saurait trop tre recommand4 ,c'est une tude complte de cette partie importante de la dcoration des difices au moyen ge4 ,un de nos jeunes architectes1 ,m4 ,am1 fait galement paratre un volume contenant les plus beaux carrelages des provinces de la ,bourgogne et de la ,champagne4 ,note #aga3 ,ces carreaux1 aujourd'hui dposs dans l'ancienne abbaye de ,prmontr1 ont #j1ab c4 de ct2 ils nous ont t donns par ,m4 de ,violaine4 ,ils servaient certainement de pavage aux salles du chteau de ,coucy1 qui datent de la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #agb3 ,voy4 ,annales archol41 pub4 par ,m4 ,didron an1 t4 ,xl1 p4 #fe4 ,nous renvoyons nos lecteurs aux belles planches de ce recueil2 elles donnent l'ensemble de ce carrelage4 ,note #agc3 ,de l'glise de ,saint-,nicolas ,troyes4 ,ce carrelage1 qui se compose de briques circulaires enfermes dans d'autres briques carres entailles en quart de cercle1 reprsente le monogramme du ,christ entour de la couronne d'pines4 ,la date de #aeeb est incruste au-dessous du monogramme4 ,note #agd3 ,ces carreaux nous ont t donns par ,m4 ,mallay1 architecte du ,puy-de-,dme2 ils proviennent de ,riom4 ,note #age3 ,quelques fabricants briquetiers ont fait renatre l'art du carreleur mailleur avec succs4 ,nous citerons1 entre autres fabriques1 celles de ,m4 ,dubois ,paris1 qui a fourni les carrelages neufs de l'glise de ,saint-,denis1 restaurs sur les fragments anciens2 celle de ,m4 ,millard ,troyes1 dont les produits sont beaux2 la fabrique de terres cuites mailles de ,langeais4 ,nous renvoyons nos lecteurs1 pour de plus amples renseignements sur cet article spcial1 l'ouvrage de ,m4 ,alfred ,ram cit ci-dessus4 ,,carri,,re1 s4 f4 ,originairement ce mot est employ comme chemin o peut passer un char1 puis comme lieu d'o l'on extrait de la pierre btir4 ,de tous temps1 en ,france1 on a extrait la pierre btir soit ciel ouvert1 soit dans des galeries creuses sous le sol4 ,la colline ,saint-,jacques ,paris est compltement excave par les constructeurs parisiens depuis les premiers sicles du christianisme4 ,c'est de cette colline et des environs d',arcueil que furent tirs tous les matriaux calcaires employs dans les constructions de la cit1 et notamment ceux qui ont servi l'dification de ,notre-,dame4 ,on employait alors1 comme aujourd'hui1 pour extraire les bancs calcaires1 des treuils munis de grandes roues poss l'orifice des puits4 ,on trouve1 dans le recueil des ,olim#agf1 quelques arrts touchant l'extraction des pierres btir2 ils sont relatifs aux indemnits payer par les carriers ou constructeurs pour rparations des chemins dfoncs4 ,nous citons ici un fragment d'un de ces arrts royaux qui date de #abgc4 ,cependant l'abb et les moines du couvent de ,saint-,port se plaignaient de ce que ceux qui rparaient le pont de ,melun taient venus dans leurs terres1 et y avaient creus pour faire une carrire de laquelle ils tiraient1 malgr eux moines1 des pierres ncessaires la construction dudit pont2 que par cela mme un tort considrable leur avait t fait1 en dtruisant presque entirement un chemin sur lequel on arrivait leur abbaye2 c'est pourquoi les moines demandaient qu'on poursuivit ces carriers pour faire cesser l'abus1 et leur faire rparer les dommages qu'ils avaient causs au couvent4 ,le bailli de la ,seine fut donc invit faire rparer le chemin de telle sorte que les moines pussent se rendre facilement et en toute sret l'abbaye1 comme auparavant1 et les indemniser des dommages qu'ils avaient soufferts par suite de l'exploitation de ladite carrire2 savoir1 en leur payant des deniers royaux une somme gale celle de la pierre extraite1 ou en leur faisant restituer cette somme par les entrepreneurs dudit pont444 une poque o il n'existait pas une lgislation uniforme1 propre rgler l'exploitation des carrires1 ces contestations taient frquentes2 les abbayes1 les seigneurs fodaux1 possesseurs du sol1 faisaient payer des droits pour permettre l'exploitation sur leurs terres1 ou exigeaient un charriage gratuit d'une portion des matriaux exploits pour leur usage particulier4 ,souvent mme les couvents faisaient exploiter eux-mmes et vendaient les matriaux4 ,les cottaux de carrire de ,saint-,denis appartenaient l'abb et aux moines de ,saint-,denis2 ceux-ci possdaient aussi des carrires prs ,pontoise4 ,les abbayes de ,royaumont1 du ,val-sur-l',oise1 tiraient profit des vastes et belles carrires dont leur sol est rempli4 ,les tablissements religieux se faisaient souvent un revenu considrable par l'extraction de la pierre1 car ils avaient1 autant que faire se pouvait1 le soin de btir leurs monastres dans le voisinage de dpts calcaires2 et1 sur le sol de la ,france1 on peut tre assur de trouver1 proche des abbayes1 de bonnes terres1 des cours d'eau et de la pierre propre btir4 ,agriculteurs1 industriels et constructeurs1 les moines furent les premiers ouvrir le sol et lui faire rendre tout ce qui est ncessaire aux besoins d'un peuple civilis4 ,les constructions qu'ils nous ont laisses font voir que les moyens d'exploitation qu'ils employaient taient bien organiss et d'une grande puissance1 car il n'est pas rare de trouver dans les glises abbatiales des blocs normes4 ,ainsi1 par exemple1 on voit1 dans le choeur de l'abbaye de ,vzelay1 des colonnes monolythes qui ne cubent pas moins de quatre mtres2 or1 ces colonnes proviennent des carrires de ,coutarnoux1 qui sont distantes de vingt-huit kilomtres de l'abbaye1 et il a fallu monter ces blocs au sommet d'une montagne escarpe1 et cela avec des efforts inouis4 ,dans beaucoup d'glises de ,bourgogne1 du ,mconnais1 on trouve des monolythes qui1 pour le cube1 ne le cdent en rien ceux-ci4 ,on ne peut douter que l'attention des moines ne se soit porte d'une manire toute particulire sur l'exploitation des carrires1 car ils ont su extraire des matriaux de choix en grande quantit1 et les faire transporter par des moyens mcaniques assez nergiques pour causer encore aujourd'hui notre tonnement4 ,nous n'avons pu jusqu' prsent savoir s'il n'existait pas1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 des corporations de carriers1 comme il existait des corporations de constructeurs de ponts 7pontifices72 la vue des monuments nous le ferait croire1 car nous avons trouv1 en examinant des matriaux de gros volume1 des traces de moyens de transport identiques dans des contres trs-loignes les unes des autres1 des choix de matriaux en raison de la place qu'ils occupent1 indiquant un systme d'extraction suivi avec mthode2 mais nous avons l'occasion de nous tendre sur ce sujet dans le mot ,,construction1 auquel nous renvoyons nos lecteurs4 ,il est certain1 par exemple1 que les carriers du moyen ge devaient possder une mthode simple pour extraire des pierres d'une grande longueur1 quoique faibles d'paisseur et de largeur4 ,pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 on a mis en oeuvre1 dans les constructions1 avec une profusion extraordinaire1 des colonnettes1 des meneaux de fentres1 dont le diamtre n'excde pas #j1bj c4 et dont la longueur varie de quatre cinq mtres1 quelquefois plus2 or1 aujourd'hui1 nous avons souvent de la peine faire extraire des matriaux1 remplissant ces conditions1 des mmes carrires d'o autrefois on les tirait en grande quantit4 ,en cela1 comme en bien d'autres choses1 nos progrs1 dont nous sommes si fiers1 ressembleraient fort une infriorit dans la pratique4 ,jusqu'au ,x,ve sicle1 on n'employait pas la scie pour dbiter la pierre dure2 la pierre arrivait de la carrire dans les dimensions demandes par le constructeur2 il fallait donc1 pour extraire et transporter ces blocs longs et fragiles1 des prcautions et des ressources ngliges ou perdues4 ,il est vraisemblable que1 pour obtenir ces pierres longues et minces1 on employait un procd encore usit dans quelques provinces en ,france1 et qui consiste faire une tranche troite dans le banc que l'on veut fendre2 placer dans cette tranche1 de distance en distance1 des coins de bois de frne schs au four1 sur lesquels on laisse tomber de l'eau goutte goutte2 les coins1 en se gonflant par l'humidit qui les pntre galement1 font fendre le bloc longitudinalement1 sans risquer de le casser par tronons comme le ferait infailliblement la percussion sur des coins de fer4 ,trop ddaigneux d'un pass que nous laissons dnigrer par quelques esprits troits et paresseux1 nous ngligeons aujourd'hui ces dtails qui1 autrefois1 proccupaient avec raison les constructeurs4 ,si les architectes regardent comme un de leurs devoirs de s'enqurir des carrires et de les visiter1 ils ne cherchent avoir aucune action sur la manire de les exploiter2 c'est1 nous le croyons1 un grand tort2 car la qualit de la pierre dpend parfois autant de son gisement que des procds employs pour l'extraire1 ou de la saison pendant laquelle on l'extrait4 ,beaucoup de carrires sont gches par des carriers ignorants ou malhabiles1 et ce serait un service rendre que d'tablir une police sur l'exploitation des pierres2 si cette police n'avait pas autrefois une action uniforme sur toute la surface de la ,france1 on ne saurait douter1 rien qu'en examinant les anciennes carrires abandonnes1 que chaque centre religieux1 ou peut-tre chaque province1 avait la sienne2 car presque toujours1 dans ces carrires anciennes1 on retrouve les traces d'une exploitation mthodique4 ,le mme fait nous frappa lorsque nous visitmes les carrires antiques de l',italie et de la ,sicile4 ,et1 en effet1 si les constructeurs du moyen ge avaient rompu avec la forme de l'architecture antique1 ils en avaient conserv l'esprit pratique beaucoup plus qu'on ne le croit peut tre4 ,ce qu'on ne saurait trop dire1 c'est que prcisment les amateurs exclusifs de la forme antique1 depuis la renaissance1 ont ddaign ces bonnes et sages traditions qu'avaient su conserver les architectes du moyen ge4 ,il est probable que le matre des oeuvres1 ,pierre de ,montereau 7 voir les matriaux admirables choisis pour btir la ,sainte-,chapelle1 on peut l'affirmer71 allait la carrire1 et voulait savoir d'o et comment taient tirs les grands blocs qu'il allait mettre en oeuvre4 ,note #agf3 ,les ,olim1 docum1 ind4 sur l'hist4 de ,france1 t4 ,i4 ,,cath,,drale1 s4 f4 ,de cathedra1 qui signifie sige1 ou trne piscopal4 ,cathdrale s'entend comme glise dans laquelle est plac le trne de l'vque du diocse#agg4 ,dans les glises primitives1 le trne de l'vque 7cathedra7 tait plac au fond de l'abside1 dans l'axe1 comme le sige du juge de la basilique antique1 et l'autel s'levait en avant de la tribune1 ordinairement sur le tombeau d'un martyr#agh4 ,l'vque1 entour de son clerg1 se trouvait ainsi derrire l'autel isol et dpourvu de retable2 il voyait donc l'officiant en face 7voy4 ,,autel74 ,cette disposition primitive explique pourquoi1 jusque vers le milieu du dernier sicle1 dans certaines cathdrales1 le matre autel n'tait qu'une simple table sans gradins1 tabernacles ni retables#agi4 ,la cathdrale du monde chrtien1 ,saint-,pierre de ,rome1 conserve encore le sige du prince des aptres enferm dans une chaire de bronze1 au fond de l'abside4 ,c'tait dans les glises cathdrales1 dans ce lieu rserv la cathedra1 que les vques faisaient les ordinations4 ,lorsque ceux-ci taient invits par l'abb d'un monastre1 on plaait une cathedra au fond du sanctuaire4 ,ce jour-l1 l'glise abbatiale tait cathdrale4 ,le sige piscopal tait et est encore le signe1 le symbole de la juridiction des vques4 ,la juridiction piscopale est donc le vritable lien qui unit la basilique antique l'glise chrtienne4 ,la cathdrale n'est pas seulement une glise approprie au service divin1 elle conserve1 et conservait bien plus encore pendant les premiers sicles du christianisme1 le caractre d'un tribunal sacr2 et comme alors la constitution civile n'tait pas parfaitement distincte de la constitution religieuse1 il en rsulte que les cathdrales sont restes longtemps1 et jusqu'au ,x,i,ve sicle1 des difices la fois religieux et civils4 ,on ne s'y runissait pas seulement pour assister aux offices divins1 on y tenait des assembles qui avaient un caractre purement politique2 il va sans dire que la religion intervenait presque toujours dans ces grandes runions civiles ou militaires4 ,jusqu' la fin du ,x,i,ie sicle1 les cathdrales n'avaient pas des dimensions extraordinaires2 beaucoup d'glises abbatiales taient d'une plus grande tendue2 c'est que1 jusqu' cette poque1 le morcellement fodal tait un obstacle la constitution civile des populations2 l'influence des vques tait gne par ces grands tablissements religieux du ,x,ie sicle4 ,propritaires puissants1 jouissant de privilges tendus1 seigneurs fodaux1 protgs par les papes1 tenant en main l'ducation de la jeunesse1 participant toutes les grandes affaires politiques1 les abbs attiraient tout eux1 richesse et pouvoir1 intelligence et activit4 ,lorsque les populations urbaines1 instruites1 enrichies1 laissrent paratre les premiers symptmes d'mancipation1 s'rigrent en communes1 il se fit une raction contre la fodalit monastique et sculire dont les vques1 appuys par la monarchie1 profitrent avec autant de promptitude que d'intelligence4 ,ils comprirent que le moment tait venu de reconqurir le pouvoir et l'influence que leur donnait l'glise1 et qui taient tombs en partie entre les mains des tablissements religieux4 ,ce que les abbayes firent pendant le ,xle sicle1 les vques n'eussent pu le faire2 mais1 au ,x,i,ie sicle1 la tche des tablissements religieux tait remplie2 le pouvoir monarchique avait grandi1 l'ordre civil essayait ses forces et voulait se constituer4 ,c'est alors que l'piscopat entreprit de reconstruire et reconstruisit ses cathdrales2 et il trouva dans les populations un concours tellement nergique1 qu'il dut s'apercevoir que ses prvisions taient justes1 que son temps tait venu1 et que l'activit dveloppe par les tablissements religieux1 et dont ils avaient profit1 allait lui venir en aide4 ,rien1 en effet1 aujourd'hui1 si ce n'est peut-tre le mouvement intellectuel et commercial qui couvre l',europe de lignes de chemins de fer1 ne peut donner l'ide de l'empressement avec lequel les populations urbaines se mirent lever des cathdrales4 ,nous ne prtendons pas dmontrer que la foi n'entrt pas pour une grande part dans ce mouvement1 mais il s'y joignait un instinct trs-juste d'utilit1 de constitution civile4 la fin du ,x,i,ie sicle1 l'rection d'une cathdrale tait un besoin1 parce que c'tait une protestation clatante contre la fodalit4 ,quand un sentiment instinctif pousse ainsi les peuples vers un but1 ils font des travaux qui1 plus tard1 lorsque cette sorte de fivre est passe1 semblent tre le rsultat d'efforts qui tiennent du prodige4 ,sous un rgime thocratique absolu1 les hommes lvent les pyramides1 creusent les hypoges de ,thbes et de ,nubie2 sous un gouvernement militaire et administratif1 comme celui des ,romains pendant l'empire1 ils couvrent les pays conquis de routes1 de villes1 de monuments d'utilit publique4 ,le besoin de sortir de la barbarie et de l'anarchie2 de dfricher le sol1 fait lever1 au ,x,ie sicle1 les abbayes de l',occident4 ,l'unit monarchique et religieuse1 l'alliance de ces deux pouvoirs pour constituer une nationalit1 font surgir les grandes cathdrales du nord de la ,france4 ,certes1 les cathdrales sont des monuments religieux1 mais ils sont surtout des difices nationaux4 ,le jour o la socit franaise a prt ses bras et donn ses trsors pour les lever1 elle a voulu se constituer et elle s'est constitue4 ,les cathdrales des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles sont donc1 notre point de vue1 le symbole de la nationalit franaise1 la premire et la plus puissante tentative vers l'unit4 ,si1 en #agic1 elles sont restes debout1 sauf de trs-rares exceptions1 c'est que ce sentiment tait rest dans le coeur des populations1 malgr tout ce qu'on avait fait pour l'en arracher4 ,o voyons-nous les grandes cathdrales s'lever la fin du ,x,i,ie sicle et au commencement du ,x,i,i,ie8 c'est dans des villes telles que ,noyon1 ,soissons1 ,laon1 ,reims1 ,amiens1 qui toutes avaient1 les premires1 donn le signal de l'affranchissement des communes2 c'est dans la ville capitale de l',ile de ,france1 centre du pouvoir monarchique1 ,paris2 c'est ,rouen1 centre de la plus belle province reconquise par ,philippe-,auguste4 ,mais il est ncessaire que nous entrions ce sujet dans quelques dveloppements4 ,au commencement du ,x,i,ie sicle1 le rgime fodal tait constitu2 il enserrait la ,france dans un rseau dont toutes les mailles1 fortement noues1 semblaient ne devoir jamais permettre la nation de se dvelopper4 ,le clerg rgulier et sculier n'avait pas protest contre ce rgime2 il s'y tait associ2 toutefois1 quoique seigneurs fodaux1 les abbs des grands monastres conservaient1 par suite des privilges exorbitants dont ils jouissaient1 une sorte d'indpendance au milieu de l'organisation fodale4 ,il n'en tait pas de mme des vques2 ceux-ci n'avaient pas profit de la position exceptionnelle que leur donnait le pouvoir spirituel2 ils venaient se ranger1 comme les seigneurs laques1 sous la bannire de leurs suzerains4 ,qui ne s'tonnerait pas1 disait saint ,bernard#ahj1 de voir que la mme personne qui1 l'pe la main1 commande une troupe de soldats1 puisse1 revtu de l'tole1 lire l'vangile au milieu d'une glise8 ,mais les vques ne tardrent pas reconnatre que cette position douteuse ne convenait pas au caractre dont ils taient revtus4 ,lorsque la monarchie eut laiss voir que son intention tait de dompter la fodalit1 le clerg sentit aisment#aha que1 dans la lutte qui allait s'engager1 les seigneurs seraient vaincus2 ds lors il rompit avec eux1 spara sa cause de la leur1 renona tout engagement1 dposa ses moeurs guerrires1 et mme1 abjurant tout souvenir1 il ne craignit pas de rivaliser d'ardeur avec le trne1 pour dpouiller les seigneurs de leurs prrogatives4 ,il commena par tendre au del de toutes limites sa juridiction1 qui1 dans l'origine1 tait toute spirituelle2 il lui suffit pour cela d'un mauvais raisonnement1 dont le succs fut prodigieux2 il consistait dire3 que l'glise1 en vertu du pouvoir que ,dieu lui a donn1 doit prendre connaissance de tout ce qui est pch1 afin de savoir si elle doit remettre ou retenir1 lier ou dlier4 ,ds lors1 comme toute contestation judiciaire peut prendre sa source dans la fraude1 le clerg soutenait avoir le droit de juger tous les procs2 affaires relles1 personnelles ou mixtes1 causes fodales ou criminelles444 ,le peuple ne voyait pas ces envahissements d'un mauvais oeil2 il trouvait dans les cours ecclsiastiques une manire de procder moins barbare que celle dont on faisait usage dans les justices seigneuriales3 le combat n'y avait jamais t admis2 l'appel y tait reu2 on y suivait le droit canonique1 qui se rapproche1 beaucoup d'gards1 du droit romain2 en un mot1 toutes les garanties lgales que refusaient les tribunaux des seigneurs1 on tait certain de les obtenir dans les cours ecclsiastiques4 ,c'est alors que1 soutenus par le pouvoir monarchique dj puissant1 forts des sympathies des populations qui se tournaient rapidement vers les issues qui leur faisaient entrevoir une esprance d'affranchissement1 les vques voulurent donner une forme visible un pouvoir qui leur semblait dsormais appuy sur des bases inbranlables2 ils runirent des sommes normes1 et jetant bas les vieilles cathdrales devenues trop petites1 ils les employrent sans dlai la construction de monuments immenses faits pour runir tout jamais autour de leur sige piscopal ces populations dsireuses de s'affranchir du joug fodal4 ,cela se passait sous ,philippe-,auguste1 et c'est en effet sous le rgne de ce prince que nous voyons commencer et lever rapidement les grandes cathdrales de ,soissons1 de ,paris1 de ,bourges1 de ,laon1 d',amiens1 de ,chartres1 de ,reims4 ,c'est alors aussi que l'architecture religieuse sort de ses langes monacals2 ce n'est pas aux couvents que les vques vont demander leurs architectes1 c'est ces populations laques dont les trsors apports avec empressement vont servir lever le premier difice vraiment populaire en face du chteau fodal1 et qui finira par le vaincre4 ,nous ne voudrions pas que cette origine la fois politique et religieuse donne par nous la grande cathdrale pt faire supposer que nous prtendons diminuer la valeur de cet lan qui se manifeste en ,france la fin du ,x,i,ie sicle4 ,il y a dans le haut clerg sculier de cette poque une pense trop grande1 dont les rsultats ont t trop vastes1 pour qu'elle ne prenne pas sa source dans la religion2 mais il ne faut pas oublier que1 chez les peuples naissants1 la religion et la politique vont de pair2 il n'est pas possible de les sparer2 d'ailleurs les faits parlent d'eux-mmes4 ,on tait aussi religieux en ,france au commencement du ,x,i,ie sicle qu' la fin2 cependant1 c'est prcisment au moment o les vques font cause commune avec la monarchie1 veulent se sparer de la fodalit1 qu'ils trouvent les ressources normes dont l'emploi va leur permettre d'largir l'enceinte de leurs cathdrales pour contenir tout entires les populations des villes4 ,non-seulement alors la cathdrale dpasse les dimensions des plus vastes glises d'abbayes1 mais elle se saisit d'une architecture nouvelle2 son iconographie n'est plus celle des glises monastiques2 elle parle un nouveau langage2 elle devient un livre pour la foule1 elle instruit le peuple en mme temps qu'elle sert d'asile la prire4 ,nous allons tudier tout l'heure1 sur les monuments mmes1 les phases de ce mouvement qui se manifeste vers la fin du ,x,i,ie sicle4 ,poursuivons4 ,l'alliance du clerg avec la monarchie ne tarda pas inquiter les barons2 saint ,louis reconnut bientt que le pouvoir royal ne faisait que changer de matre4 ,en #abce1 la noblesse de ,france et le roi s'assemblrent ,saint-,denis pour mettre des bornes la puissance que les tribunaux ecclsiastiques s'taient arroge4 ,en #abdf1 les barons rdigrent un acte d'union et nommrent une commission de quatre des plus puissants d'entre eux#ahb1 pour dcider dans quels cas le baronnage devait prendre fait et cause pour tout seigneur vex par le clerg2 de plus1 chaque seigneur s'tait engag mettre en commun la centime partie de son revenu1 afin de poursuivre activement le but de l'union4 ,ainsi l'on voit l'attitude du clerg franais quand saint ,louis monta sur le trne2 elle tait hostile et menaante4 ,au milieu de ces dangers1 par sa conduite la fois ferme et prudente1 le saint roi sut contenir les prtentions exorbitantes du clerg dans de justes bornes1 et faire prvaloir l'autorit monarchique sur la fodalit4 ,ds #abej1 le peuple1 rassur par la prdominance du pouvoir royal1 s'habituant le considrer comme la reprsentation de l'unit nationale1 trouvant sous son ombre l'autorit avec la justice1 ne montra plus le mme empressement pour jeter dans l'un des plateaux de la balance ces trsors qui1 cinquante ans auparavant1 avaient permis de commencer1 sur des proportions gigantesques1 les cathdrales4 ,aussi est-ce partir de cette poque que nous voyons ces constructions se ralentir1 ou s'achever la hte sur de moins vastes patrons1 s'atrophier pour ainsi dire4 ,faut-il attribuer cela un refroidissement religieux8 nous ne le pensons pas2 la nation1 sentant dsormais un pouvoir suprieur la fodalit1 portait ses regards vers lui1 et n'prouvait plus le besoin si vif1 si pressant1 d'lever la cathdrale en face de la forteresse fodale4 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 celles de ces vastes constructions qui taient tardivement sorties de terre n'arrivrent pas leur dveloppement2 elles s'arrtrent tout coup2 si elles furent acheves1 ce ne fut plus que par les efforts personnels d'vques ou de chapitres qui employrent leurs propres biens pour terminer ce que l'entranement de toute une population avait permis de commencer4 ,il n'est pas une seule cathdrale qui ait t finie telle qu'elle avait t projete2 et cela se comprend2 la priode pendant laquelle les grandes cathdrales eussent d tre conues et leves1 celle pendant laquelle leur existence est pour ainsi dire un besoin imprieux1 l'expression d'un dsir national irrsistible1 est comprise entre les annes #aahj et #abdj4 ,soixante ans6 ,si l'on peut s'tonner d'une chose1 c'est que dans ce court espace de temps1 on ait pu obtenir1 sur tout un grand territoire1 des rsultats aussi surprenants2 car ce n'tait pas seulement des manoeuvres qu'il fallait trouver1 mais des milliers d'artistes qui1 la plupart1 taient des hommes dont le talent d'excution est pour nous aujourd'hui un sujet d'admiration4 ,tel tait alors1 en ,france1 le besoin d'agrandir les cathdrales1 que1 pendant leur construction mme1 les premiers travaux1 dj excuts en partie1 furent parfois dtruits pour faire place des projets plus grandioses4 ,en dehors du domaine royal1 le mouvement n'existe pas1 et ce n'est que plus tard1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 lorsque la monarchie eut peu prs runi toutes les provinces des ,gaules la ,france1 que l'on entreprend la reconstruction des cathdrales4 ,c'est alors que quelques diocses remplacent leurs vieux monuments par des constructions neuves leves sur des plans sortis du domaine royal4 ,mais ce mouvement est restreint1 timide1 et il s'arrte bientt par suite des malheurs politiques du ,x,i,ve sicle4 la mort de ,philippe-,auguste1 en #abbc1 les principales cathdrales comprises dans le domaine royal taient celles de ,paris1 de ,chartres1 de ,bourges1 de ,noyon1 de ,laon1 de ,soissons1 de ,meaux1 d',amiens1 d',arras1 de ,cambrai1 de ,rouen1 d'vreux1 de ,sez1 de ,bayeux1 de ,coutances1 du ,mans1 d',angers1 de ,poitiers1 de ,tours2 or tous ces diocses avaient rebti leurs cathdrales1 dont les constructions taient alors fort avances4 ,si certains diocses sont politiquement unis au domaine royal et se reconnaissent vassaux1 leurs cathdrales s'lvent rapidement sur des plans nouveaux comme celles de la ,france2 les diocses de ,reims1 de ,sens1 de ,chalons1 de ,troyes en ,champagne1 sont les premiers suivre le mouvement4 ,en ,bourgogne1 ceux d',auxerre et de ,nevers1 les plus rapprochs du domaine royal1 reconstruisent leurs cathdrales2 ceux d',autun et de ,langres1 plus loigns1 conservent leurs anciennes glises leves vers le milieu du ,x,i,ie sicle4 ,dans la ,guyenne1 reste anglaise1 except ,bordeaux qui tente un effort vers #abbe1 ,prigueux1 ,angoulme1 ,limoges1 ,tulle1 ,cahors1 ,agen1 gardent leurs vieux monuments4 la mort de ,philippe le ,bel1 en #acad1 le domaine royal s'est tendu3 il a englob la ,champagne2 il possde le ,languedoc1 le marquisat de ,provence2 il tient l',auvergne et la ,bourgogne au milieu de ses provinces4 ,montpellier1 ,carcassonne1 ,narbonne1 ,lyon1 excutent dans leurs cathdrales des travaux considrables et tentent de les renouveler4 ,clermont en ,auvergne cherche suivre l'exemple4 ,les provinces anglaises et la ,provence rsistent seules4 la mort de ,charles ,v1 en #achj1 les ,anglais ne possdent plus que ,bordeaux1 le ,cotentin et ,calais2 mais la sve est puise3 les cathdrales dont la reconstruction n'a pas t commence pendant le ,x,i,i,ie sicle demeurent ce qu'elles taient2 celles restes inacheves se terminent avec peine4 ,nous avons essay de tracer sommairement un historique gnral de la construction de nos cathdrales franaises2 si incomplet qu'il soit1 nous esprons qu'il fera comprendre l'importance de ces monuments pour notre pays1 de ces monuments qui ont t la vritable base de notre unit nationale1 le premier germe du gnie franais4 nos cathdrales1 se rattache toute notre histoire intellectuelle2 elles ont abrit1 sous leurs clotres1 les plus clbres coles de l',europe pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles2 elles ont fait l'ducation religieuse et littraire du peuple2 elles ont t l'occasion d'un dveloppement dans les arts qui n'est gal que par l'antiquit grecque4 ,si les derniers sicles ont laiss prir dans leurs mains ces grands tmoins de l'effort le plus considrable qui ait t fait depuis le christianisme en faveur de l'unit1 esprons que1 plus juste et moins ingrat1 le ntre saura les conserver4 ,puisque nous prtendons dmontrer que la cathdrale franaise1 dans le sens moral du mot1 est ne avec le pouvoir monarchique1 il est juste que nous commencions par nous occuper de celle de ,paris2 d'ailleurs1 c'est la premire qui ait t commence sur un plan vaste destin donner satisfaction aux tendances la fois religieuses et politiques de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,la cathdrale de ,paris se composait1 en #hfj1 de deux difices1 l'un du titre de ,saint-tienne1 martyr1 l'autre du titre de ,sainte-,marie2 nous ne savons pas quelles taient les dimensions exactes de ces monuments1 dont l'un1 ,saint-tienne1 fut pargn par les ,normands moyennant une somme d'argent4 ,les fouilles qui furent faites au midi1 en #ahde1 laissrent dcouvert un mur pais qui venait se prolonger1 en se courbant1 sous les chapelles actuelles du choeur4 ,la portion visible du cercle donne lieu de croire que l'abside de cette premire glise n'avait gure plus de huit neuf mtres de diamtre4 ,en #aadj environ1 tienne de ,garlande1 archidiacre1 fit faire d'importants travaux l'glise de la ,vierge4 ,de ces ouvrages1 il ne reste plus que les bas-reliefs du tympan et une portion des voussures de la porte ,sainte-,anne1 replacs au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 lorsqu'on construisit la faade actuelle1 probablement parce que ces sculptures semblrent trop remarquables pour tre dtruites4 ,c'tait d'ailleurs un usage assez ordinaire1 au moment de cet entranement qui faisait reconstruire les cathdrales1 de conserver un souvenir des difices primitifs1 et l'exemple cit ici n'est pas le seul1 ainsi que nous le verrons4 ,en #aafj1 ,maurice de ,sully1 vque de ,paris1 rsolut de runir les deux glises en une seule1 et il fit commencer la cathdrale que nous voyons aujourd'hui#ahc1 sous l'unique vocable de ,sainte-,marie4 ,en #aaif1 ,maurice de ,sully mourut en laissant cinq mille livres pour couvrir le choeur en plomb2 donc1 alors1 le choeur tait achev jusqu'au transsept1 ce que vient confirmer le caractre archologique de cette partie de ,notre-,dame de ,paris4 ,il y a tout lieu de croire mme que la nef tait leve alors jusqu' la troisime trave aprs les tours1 quelques mtres au-dessus du sol4 ,eude de ,sully1 successeur de ,maurice1 continua l'oeuvre jusqu'en #abjh1 poque de sa mort4 ,la grande faade et les trois premires traves de la nef furent seulement commences la fin de l'piscopat de ,pierre de ,nemours1 vers #abah2 car ce fut seulement cette poque1 d'aprs le ,martyrologe de l'glise de ,paris cit par l'abb ,lebeuf1 qu'on dtruisit les restes de la vieille glise de ,saint-tienne qui gnaient les travaux4 la mort de ,philippe-,auguste1 en #abbc1 le portail tait achev jusqu' la base de la grande galerie jour qui runit les deux tours4 ,il y eut videmment1 cette poque1 une interruption dans les travaux2 le style du sommet de la faade et la nature des matriaux employs ne peuvent faire douter que les tours1 avec la grande galerie qui enceint leur base1 aient t levs1 vers #abce1 fort rapidement4 ,alors la cathdrale tait compltement termine1 sauf les flches qui devaient surmonter les deux tours4 ,nous donnons 7fig4 #a7ahd le plan de cette glise primitive dpouill des adjonctions faites depuis cette poque4 ,comme on peut le voir1 cette vaste glise tait dpourvue de chapelles1 ou1 s'il en existait1 elles n'taient qu'au nombre de trois1 fort petites1 et situes derrire l'abside en ,l2 car nous avons retrouv la corniche extrieure du double bas-ct sur presque tous les points de la circonfrence de ce double bas-ct absidal2 ces chapelles ne pouvaient donc tre perces qu'au-dessous de cette corniche1 et1 par consquent1 n'occuper qu'une faible hauteur et un petit espace4 ,nous serions plutt ports croire que trois autels taient placs contre la paroi de ce double bas-ct3 l'un ddi la ,vierge1 l'autre saint-tienne1 et le troisime la sainte-,trinit4 ,mais ce qu'on avait voulu surtout obtenir en traant ce plan si simple1 c'tait un vaste espace pour contenir le clerg et la foule devant et autour de l'autel principal plac au centre du sanctuaire4 ,en ,e tait une galerie deux tages1 dont les traces ont t retrouves1 communiquant de l'vch au choeur et aux larges galeries qui s'lvent sur le premier bas-ct4 ,en ,g1 les treize marches qui descendaient du parvis la berge de la ,seine4 gauche1 du ct nord1 contre le flanc de la faade1 s'levait la petite glise de ,saint-,jean-le-,rond1 probablement un ancien baptistre2 et1 de cette glise la ligne ponctue ,a1 les clotres et dpendances de la cathdrale qui s'tendaient assez loin4 ,ce n'tait pas assez de cette vaste surface couverte#ahe rez-de-chausse2 comme nous l'avons dit tout l'heure2 une large galerie pourtourne l'glise au-dessus du collatral intrieur#ahf2 on y arrive par quatre grands escaliers vis d'un emmarchement de #am1#ej environ4 ,les galeries suprieures1 de la mme largeur que le bas-ct et votes1 n'apparaissent gure pendant la premire partie de la priode ogivale1 que dans les cathdrales de l',ile de ,france2 on les retrouve ,noyon1 ,laon1 ,soissons 7voy4 ,,architecture ,,religieuse74 ,dans ces villes riches et populeuses1 on avait probablement senti le besoin d'offrir aux fidles ce supplment de surface1 pour les jours de grandes crmonies2 mais ces galeries avaient encore cet avantage de permettre d'ouvrir des jours larges propres clairer le centre de la nef1 et de donner une plus grande solidit aux constructions4 ,la coupe transversale que nous prsentons 7fig4 #b7 fera comprendre le systme de construction adopt par l'architecte de la cathdrale de ,paris1 de #aafj #abbj4 ,des dcouvertes rcentes du plus haut intrt nous engagent reproduire cette coupe1 trace dj1 mais d'une manire incomplte1 dans l'article ,,architecture ,,religieuse4 ,on voit en ,a les fentres de la galerie ou triforium1 dont la position indique nettement l'intention de donner du jour dans la nef1 que les fentres ,b du double bas-ct et les fentres ,c suprieures eussent laisse dans l'obscurit4 ,mais cette disposition incline des votes du triforium forait de relever le chneau ,d et par consquent le comble ,e2 il restait un espace ,,fg1 que nous supposions plein1 nous en tenant la premire trave de la nef laisse dans son tat primitif#ahg4 ,or cet intervalle entre l'appui de la fentre haute et l'arc du triforium tait perc de roses ,j meneaux trs-singuliers1 et destines autant allger la construction qu' donner de la lumire sous le comble ,e4 ,les jours de grandes crmonies1 ces roses taient utilises pour dcorer l'difice l'intrieur4 ,la grande lvation du mur du triforium portant le chneau ,d avait permis de construire les arcs-boutants ,h ,i double vole avec une pile ,k intermdiaire4 ,de plus1 la naissance des grandes votes tait maintenue par des sous arcs-boutants ,l portant les pannes du comble ,e4 ,ces arcs-boutants ,l taient eux-mmes contrebutts par les arcs-boutants infrieurs ,m1 qui maintenaient en mme temps les votes du triforium4 ,cette construction1 solide1 ingnieuse et belle en mme temps1 tait rendue stable tout jamais par les normes contreforts ,n1 qui seuls prsentent un cube considrable de matriaux poss l'extrieur de l'difice4 ,la figure #c donne l'aspect extrieur1 et la figure #d l'aspect intrieur 7coupe longitudinale7 de deux traves primitives de la cathdrale et d'une trave modifie pendant le cours du ,x,i,i,ie sicle4 ,la coupe fait voir avec quel soin le poids des constructions tait rparti sur les piles1 et combien dj1 cette poque1 les constructeurs cherchaient viter les murs4 ,en effet1 sous l'appui des grandes fentres ,a du triforium1 faites pour tre vues de la nef1 sont mnags des arcs de dcharge4 ,la tradition de la construction romane est donc dj compltement abandonne dans la cathdrale de ,paris de la fin du ,x,i,ie sicle2 il n'y a plus que des piles et des arcs4 ,le systme de la construction ogivale est franchement crit dans ce remarquable monument4 ,malheureusement1 cette glise reut trs-promptement d'importantes modifications qui sont venues en altrer le caractre si simple et grandiose4 ,de #abce #abdjahh un incendie1 dont l'histoire ne fait nulle mention1 mais dont les traces sont visibles sur le monument1 dtruisit les charpentes suprieures et les combles ,e du triforium de la cathdrale 7voyez la coupe transversale fig4 #b et la coupe longitudinale fig4 #d72 les meneaux des roses ,j furent calcins ainsi que leurs claveaux et les bahuts ,o du grand comble4 ,il est probable que la seconde vole ,i des arcs-boutants et les votes du triforium furent endommages4 ,dj1 cette poque1 d'autres cathdrales avaient t leves1 et on les avait perces de fentres plus grandes1 garnies de brillants vitraux2 cette dcoration prenait chaque jour plus d'importance4 ,au lieu de rparer le dommage survenu aux constructions de ,notre-,dame de ,paris1 on en profita pour supprimer les roses ,j perces au-dessus du triforium1 faire descendre les fentres hautes1 en sapant leurs appuis jusqu'au point ,p 7voyez la coupe fig4 #b1 la face extrieure fig4 #c et la coupe fig4 #d72 on enleva le chneau ,d1 on dmolit les arcs-boutants ,h ,i double vole2 on descendit le chneau ,d au niveau ,r1 on abaissa les triangles ,s des votes2 on fit sur ces votes un dallage double pente2 les grandes fentres ,a de la galerie furent coupes1 ainsi qu'il est indiqu en ,q1 fig4 #c2 et1 n'osant plus laisser isoles les piles ,k1 fig4 #b1 qui ne se trouvaient plus suffisamment trsillonnes par les couronnements ,d abaisss1 on tablit de grands arcs-boutants une seule vole de ,t en ,v4 ,les arcs-boutants sous-comble ,l1 dtruits par le feu1 furent supprims1 et les arcs-boutants ,m restrent seuls en place dans une situation anormale1 car ils taient trop hauts pour contrebutter les votes du triforium seulement4 ,les corniches et les couronnements suprieurs ,x furent refaits1 les pinacles ,z changs4 ,les fentres hautes1 agrandies1 furent garnies de meneaux 7fig4 #c et #d7 trs-simples1 dont la forme et la sculpture nous donnent prcisment l'poque de ce travail4 peine cette opration tait-elle termine la hte 7car l'examen des constructions dnote une grande prcipitation71 que l'on entreprit1 vers #abde1 de faire des chapelles ,u1 entre les saillies formes l'extrieur par les gros contreforts de la nef#ahi4 ,ces chapelles furent leves galement avec une grande rapidit2 leur construction eut pour rsultat de faire disparatre la claire-voie ,a' 7voyez les fig4 #b et #c7aij qui donnait du jour au-dessus des votes du deuxime bas-ct1 et de rendre l'coulement des eaux plus difficile4 ,en examinant le plan 7fig4 #a71 on peut se rendre compte du fcheux effet produit par cette adjonction4 ,les deux pignons du transsept se trouvaient alors dbords par la saillie de ces chapelles4 ,comparativement la nouvelle dcoration extrieure de la nef1 ces deux pignons devaient prsenter une masse lourde2 on les dmolit1 et1 en #abeg1 on les reconstruisit neuf1 ainsi que le constate l'inscription sculpte la base du portail sud4 ,entre les contreforts du choeur1 trois chapelles au nord et trois chapelles au sud1 compris la petite porte rouge qui donnait dans le clotre1 furent bties en mme temps1 pour continuer la srie des chapelles de la nef4 ,ces travaux1 vu leur importance et le soin apport dans leur excution1 durent exiger plusieurs annes4 ,en #abif1 ,matiffas de ,bucy1 vque de ,paris1 commena la construction des chapelles du choeur1 entre les contreforts du ,x,i,ie sicle1 en les dbordant de #am1#ej environ4 ,ce fut alors aussi que l'on refit les grands pinacles des arcs-boutants de cette partie de l'difice1 et que l'on ouvrit1 dans la partie circulaire du triforium1 de grandes fentres surmontes de gbles jour1 la place des fentres coupes prcdemment4 ,ces ouvrages durent tre termins vers #acaj4 ,en mme temps que l'on reconstruisait les pignons du transsept 7c'est--dire vers #abfj71 on refit1 au nord1 un arc-boutant double vole1 le premier aprs le croisillon4 ,c'tait un essai de reconstruction des anciens arcs-boutants du ,x,i,ie sicle1 probablement conservs jusqu'alors autour du choeur1 bien que l'on et fait subir aux fentres hautes1 vers #abcj1 le mme changement qu'on avait impos celles de la nef4 ,il n'tait plus possible de rien ajouter ce vaste difice1 achev vers #abcj et remani pendant prs d'un sicle4 ,son plan ne fut plus modifi depuis lors2 nous le donnons ici 7fig4 #j7 tel qu'il nous est rest#aia4 ,les tours de la faade demeurrent inacheves2 les flches en pierre dont la souche existe au sommet1 l'intrieur1 ne furent jamais montes4 ,une flche en bois1 leve au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 recouverte de plomb1 surmonta la croise du transsept jusqu' la fin du sicle dernier 7voy4 ,,fl,,che74 ,ces changements1 faits un monument complet1 immdiatement aprs sa construction1 donnent l'histoire des programmes de cathdrales qui se succdrent en ,france pendant tout le cours du ,x,i,i,ie sicle4 ,dans l'origine1 peu ou point de chapelles1 un seul autel principal1 le trne de l'vque plac derrire l'abside4 ,tout autour1 dans des collatraux larges1 la foule2 l'entre du choeur1 donnant sur le transsept1 une tribune pour lire l'ptre et l'vangile2 les stalles du chapitre dans le choeur des deux cts de l'autel4 ,la cathdrale1 dans cet tat1 c'est--dire au moment o elle prend une grande importance morale et matrielle1 se rapproche plus de la basilique antique que des glises monastiques1 dj toutes munies1 l'abside au moins1 de nombreuses chapelles4 ,c'est une immense salle1 dont l'objet principal est l'autel1 et la cathedra1 le sige du prlat1 signe de la justice piscopale4 ,le monument vient donc ici pleinement justifier ce que nous avons dit au commencement de cet article4 ,mais un seul exemple n'est pas une preuve2 ce peut tre une exception4 ,examinons d'autres cathdrales de la ,france d'alors4 ,bourges1 il existait encore1 au milieu du ,x,i,ie sicle1 une cathdrale btie pendant le ,x,ie1 d'une dimension assez restreinte1 si l'on en juge par la crypte qui existe encore au centre du choeur et qui donne le primtre de l'ancienne abside4 ,en #aagb1 l'vque tienne projette de btir un nouvel edifice#aib4 ,toutefois1 il ne parat pas que l'excution de ce grand monument ait t commence avant les premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,en voici le plan 7fig4 #f7aic4 l'abside1 seulement cinq trs-petites chapelles2 doubles collatraux comme ,notre-,dame de ,paris2 pas de transsept2 l'unit d'objet1 dans ce plan1 est encore plus marque que dans le plan de la cathdrale de ,paris4 ,outre les entres de la faade1 deux portes sont mnages en ,a et ,b2 et c'est 7comme ,notre-,dame de ,paris1 la porte ,sainte-,anne7 avec des fragments de sculpture appartenant au ,x,i,ie sicle que ces portes sont bties#aid4 ,on lve1 vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 deux porches en avant de ces portes4 ct sont mnags deux larges escaliers qui descendent une glise souterraine1 doubles bas-cts1 enveloppant l'ancienne crypte de la cathdrale du ,x,ie sicle4 ,les petites chapelles absidales n'apparaissent pas dans l'glise infrieure2 elles sont portes en encorbellement 7voy4 ,,chapelle7 ,sur un pilier accost de deux colonnes dgages4 ,cette glise infrieure n'est pas une ncessit du culte1 mais une ncessit de construction2 la fin du ,x,i,ie sicle1 les remparts romains de la ville de ,bourges s'levaient quelques mtres de l'abside de l'ancienne cathdrale1 qui ne dpassait pas le sanctuaire de celle actuelle4 ,voulant faire pourtourner les doubles collatraux1 les constructeurs se trouvaient obligs de descendre dans les fosss de la ville2 il y avait donc ncessit de faire un tage infrieur1 ce qui fut fait avec un luxe de construction remarquable2 car de toute la cathdrale de ,bourges1 c'est cet tage infrieur qui est le mieux bti2 l1 rien n'a t pargn1 ni les matriaux qui sont d'une belle qualit1 ni la taille1 ni mme la sculpture1 qui est du plus beau caractre4 ,mais la cathdrale de ,bourges tait en retard4 ,sa partie orientale1 sortie de terre seulement vers #abbj1 tait peine leve la hauteur des votes du deuxime collatral1 que les ressources taient moins abondantes4 ,la construction s'en ressentit1 et toutes les parties suprieures de cet immense vaisseau furent termines tant bien que mal1 la hte1 et probablement en rduisant la hauteur de la nef1 qui1 nous le croyons1 avait t projete sur une coupe plus lance 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #cd1 la coupe de cette cathdrale74 ,la partie antrieure de la nef ne fut acheve qu'au ,x,i,ve sicle1 et le sommet de la faade avec ses deux tours qu'au ,x,v,ie4 ,des chapelles latrales vinrent gter ce beau plan1 et entourer le colosse d'une dcoration parasite2 mais1 partir de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 bien peu de cathdrales en ,france purent se soustraire la manie de ces chapelles latrales4 ,la grande ide premire qui les avait fait lever tait sortie de l'esprit du clerg pendant le cours de ce sicle4 ,les confrries1 les corporations1 des familles mme1 en donnant des sommes pour achever ou rparer le monument national1 voulaient avoir leur chapelle2 on n'obtenait plus d'argent qu' ce prix4 ,les parties suprieures de la cathdrale de ,bourges se ressentent du dfaut d'unit2 dfigures aujourd'hui par des restaurations barbares qui n'appartiennent aucune poque1 aucun style1 on n'en peut plus juger2 mais nous les avons vues encore1 il y a quinze ans1 telles que les sicles nous les avaient laisses2 il semblait que l'emploi des sommes successives et t fait sans tenir compte du projet primitif2 c'tait comme une montagne sur laquelle chacun lve son gr la construction qui lui convient4 ,les architectes appels successivement la terminer ou consolider des constructions leves avec des moyens insuffisants1 y ajoutrent1 l'un un arc-boutant1 l'autre un couronnement de contrefort incompltement charg4 ,certainement celui qui avait conu le plan et lev le choeur jusqu' la hauteur des votes avait projet un difice qui ne prsentait pas ces superftations et cette confusion2 et il faut se garder de juger l'art des hommes du commencement du ,x,i,i,ie sicle avec ce que nous donne aujourd'hui la cathdrale de ,bourges#aie4 ,la cathdrale de ,bourges nous reprsente mieux encore une salle destine une grande assemble que la cathdrale de ,paris1 non-seulement dans son plan1 par l'absence du transsept1 mais dans sa coupe1 par la disposition des deux galeries tages1 l'une au-dessus du second bas-ct donnant dans le premier bas-ct1 l'autre au-dessus des votes de ce premier bas-ct donnant dans la nef centrale4 ,c'tait l un moyen de mnager des vues sur le milieu du vaisseau1 et de permettre de nombreux spectateurs de voir ce qui se passait dans la grande nef4 ,ne perdons pas de vue que les cathdrales n'taient pas1 au ,x,i,i,ie sicle1 seulement destines au culte2 on y tenait des assembles1 on y discutait1 on y reprsentait des mystres1 on y plaidait1 on y vendait1 et les divertissements profanes n'en taient pas exclus#aif1 par exemple1 la fte des ,innocents ,laon1 qui se clbrait le #bh dcembre2 la fte des ,fous1 etc42 ces farces furent difficilement supprimes1 et nous les voyons encore persister pendant le ,x,ve sicle4 ,mais les dispositions particulires la cathdrale de ,bourges nous ont fait sortir de la voie chronologique1 dans laquelle il est ncessaire de revenir pour mettre de l'ordre dans notre sujet4 ,en #aaca1 un incendie terrible dtruit la ville de ,noyon et sa cathdrale4 ,l'vque ,simon1 qui occupait alors le sige piscopal de ,noyon1 n'tait pas en tat de rparer le dsastre2 ses finances taient puises par la construction de l'abbaye d',ourscamp2 alors1 le mouvement qui1 quelques annes plus tard1 allait porter le haut clerg sculier et les fidles lever des cathdrales sur de vastes plans1 n'tait pas prononc4 ,le successeur de ,simon1 ,beaudoin ,,ii1 prlat rempli de prvoyance1 prudent1 rgulier1 sut administrer son diocse avec autant de sagesse que d'nergie2 il tait li d'amiti avec saint ,bernard1 honor de la confiance et de la faveur de ,suger4 ,dans son excellente notice archologique sur ,notre-,dame de ,noyon1 ,m4 ,vitet croit devoir faire remonter la construction de cette glise1 telle que nous la voyons aujourd'hui1 l'piscopat de ,beaudoin2 non-seulement nous partageons l'opinion mise par ,m4 ,vitet1 mais nous serons plus affirmatif que lui1 car nous appuierons ses preuves historiques de preuves plus sres encore1 tires de l'examen du monument mme4 ,nous venons de dire que ,suger honorait l'vque ,beaudoin d'une confiance particulire1 et ,suger tait1 comme chacun sait1 fort proccup de la construction des glises2 il fit rebtir entirement celle de son abbaye1 et les portions qui nous restent de ces constructions ont un caractre remarquable pour l'poque o elles furent leves4 ,elles font un grand pas vers le systme ogival2 elles abandonnent presque entirement la tradition romane4 ,qui ,suger employa-t-il pour lever l'glise abbatiale de ,saint-,denis8 cela nous serait difficile savoir4 ,l'illustre abb et ses successeurs ne nous en disent rien2 ils conservent pour eux 7et cela se conoit7 tout l'honneur de cette entreprise2 les en croire1 les moines suffirent tout4 ,mais il y a1 dans l'histoire de cette dification1 tant de fables1 de faits videmment prsents avec l'intention de frapper la foule de respect et d'admiration1 que nous ne pouvons y attacher une vritable importance historique#aig4 ,suger tait aussi bon politique que religieux sincre2 il tait plus qu'aucun autre mme de se servir des hommes que pourait lui fournir l'poque o il vivait2 c'tait un esprit clair1 et1 comme on dirait aujourd'hui1 amateur du progrs4 ,son glise le prouve2 elle est en avance de vingt ou trente ans sur les constructions que l'on levait alors1 mme dans le domaine royal4 ,qu'il ait t le premier former cette cole nouvelle de constructeurs1 ou qu'il ait su voir le premier qu' ct de l'cole monacale il se formait une cole laque d'architectes1 nos yeux le mrite serait le mme2 mais ce qui est incontestable1 c'est la physionomie1 nouvelle pour le temps1 des constructions leves par lui ,saint-,denis4 ,or nous retrouvons1 la cathdrale de ,noyon1 la mme construction1 les mmes procds d'appareil1 les mmes profils1 les mmes ornements qu' ,saint-,denis4 ,nous y voyons ce singulier mlange du plein cintre et de l'ogive4 ,l'glise de ,saint-,denis de ,suger et la cathdrale de ,noyon semblent avoir t bties par le mme atelier d'ouvriers4 ,l'abb et l'vque sont lis d'amiti2 ,suger est la tte du pays3 quoi de plus naturel que de supposer que l'vque ,beaudoin1 le voyant rebtir l'glise de son abbaye sur des dispositions et avec des moyens de construction neufs pour l'poque1 se soit adress lui pour avoir les matres des oeuvres et ouvriers ncessaires la reconstruction de sa cathdrale ruine par un incendie8 ,si ce ne sont pas l des preuves1 il nous semble que ce sont au moins des prsomptions frappantes4 ,m4 ,vitet a compris toute l'importance qu'il y a prciser d'une manire rigoureuse la date de la construction de la cathdrale de ,noyon4 ,cette importance est grande en effet1 car la cathdrale de ,noyon est un monument de transition1 et un monument de transition en avance sur son temps4 ,il prcde de quelques annes la construction des cathdrales de ,paris et de ,soissons4 ,faudrait-il donc voir1 dans l'glise de ,saint-,denis et dans les cathdrales de ,noyon et de ,senlis1 le berceau de l'architecture ogivale8 ,et ,suger1 la fois abb et ministre1 serait-il le premier qui et t chercher les constructeurs en dehors des monastres1 qui et compris que les arts et les sciences touffaient dans les clotres et ne pouvaient plus se dvelopper sous leur ombre8 ,voil des questions que nous laissons rsoudre plus habiles que nous4 ,mais avant d'entamer la description des monuments1 que l'on nous permette encore un argument4 ,saint-,bernard s'tait1 plusieurs reprises1 lev contre le got des sculptures rpandues dans les glises clunisiennes2 son esprit droit1 positif1 clair1 tait choqu par ces reprsentations des scnes singulirement travesties de l',ancien et du ,nouveau ,testament1 ces lgendes1 cette faon barbare de figurer les vices et les vertus qui tapissaient les chapiteaux des glises romanes4 ,vzelay mme1 au milieu de ces images les plus trangement sculptes1 il n'avait pas craint de qualifier ces arts de barbares et d'impies1 de les stigmatiser comme contraires l'esprit chrtien2 aussi1 lorsqu'il tablit la rgle de ,cteaux1 voulut-il protester contre ce qu'il regardait comme une monstruosit1 en s'abstenant de toute reprsentation sculpte4 ,les mes de la trempe de celle de saint-,bernard sont rarement comprises par la foule2 quand elles sont soutenues par des vertus clatantes1 une conviction inbranlable et une loquence entranante1 tant qu'elles demeurent au milieu de la socit1 elles exercent une pression sur ses gots et ses habitudes2 mais sitt qu'elles ont disparu1 ces gots et ces habitudes reprennent leur empire2 toutefois1 de la protestation d'un esprit convaincu1 il reste une trace ineffaable4 ,faites honte un homme de ses gots dpravs1 montrez-les-lui sous le ct odieux et ridicule1 il ne se corrigera peut-tre pas1 mais il modifiera la forme1 l'expression de ces gots4 ,la protestation de saint-,bernard ne changea pas les gots de la nation pour les arts plastiques1 heureusement2 mais il est certain qu'elle les modifia1 et les modifia en les forant de se diriger vers le vrai1 vers le beau4 ,cette rvolution se fait prcisment au moment o les arts se rpandent en dehors du clotre1 et deviennent le partage des laques4 ,saint-,denis1 les trangets contre lesquelles saint-,bernard s'tait lev ont dj disparu4 ,dans nos cathdrales des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 il n'en reste plus trace4 ,sur les chapiteaux et dans les intrieurs1 des ornements emprunts la ,flore locale2 jamais ou trs-rarement des figures1 des scnes sculptes2 il semble que la voix de saint-,bernard tonnait encore aux oreilles des imagiers4 ,dans nos cathdrales1 l'iconographie se rgle sous la haute direction des vques2 les ouvriers laques ne tombent plus dans ces bizarreries affectionnes par les moines des ,x,ie et ,x,i,ie sicles4 ,la sculpture cherche moins surprendre ou terrifier1 qu' instruire et expliquer2 ce n'est plus de la superstition1 c'est de la foi1 de la posie1 de la science4 ,ainsi1 constatons bien ce fait3 avec le besoin d'lever nos grandes cathdrales1 nat un systme de construction nouveau1 apparat un art nouveau1 en dehors de l'influence des ordres monastiques1 et presqu'en opposition avec l'esprit de ces ordres4 ,revenons la cathdrale de ,noyon4 ,c'est donc vers #aaej qu'elle fut commence2 l'glise de ,saint-,denis1 btie par ,suger1 avait t ddie en #aadj et #aadd4 ,nous donnons 7fig4 #g7 le plan de la cathdrale de ,noyon#aih4 ,le choeur1 le transsept appartiennent la construction de ,beaudoin2 la nef parat n'avoir t termine que vers la fin du ,x,i,ie sicle4 ,nous ne pouvons mieux faire ici que de citer ,m4 ,vitet#aii1 pour expliquer la forme de ce plan et le mlange prononc du plein cintre et de l'ogive dans cette glise dj toute ogivale comme construction3 ,lorsque ,beaudoin ,,ii entreprit la reconstruction de sa cathdrale1 il existait ,noyon une commune depuis longtemps tablie1 et consacre par une paisible jouissance1 mais place en quelque sorte sous la tutelle de l'vque4 ,c'est le reflet de cette situation que nous prsente l'architecture de l'glise4 ,le nouveau style avait dj fait trop de chemin cette poque pour qu'il ne ft pas franchement adopt1 surtout dans un difice sculier et dans une ville en possession de ses franchises2 mais en mme temps le pouvoir temporel de l'vque avait encore trop de ralit pour qu'il ne ft pas fait une large part aux traditions canoniques4 ,nous ne prtendons pas que cette part ait t rgle par une transaction explicite1 ni mme qu'il soit intervenu aucune convention ce sujet3 les faits de ce genre se passent souvent presque l'insu des contemporains4 ,que de fois nous agissons sans nous douter que nous obissons une loi gnrale2 et cependant cette loi existe1 c'est elle qui nous fait agir1 et d'autres que nous viendront plus tard en signaler l'existence et en apprcier la porte4 ,c'est ainsi que l'vque et les chanoines1 tout en confiant la conduite des travaux quelque matre de l'oeuvre laque1 parce que le temps le voulait ainsi1 tout en le laissant btir sa mode1 lui auront recommand de conserver quelque chose de l'ancienne glise1 d'en rappeler l'aspect en certaines parties1 et de l tous ces pleins cintres dont l'extrieur de l'difice est perc1 de l ces grandes arcades circulaires qui lui servent de couronnement tant au dedans qu'au dehors4 ,il est vrai que les profils dlis de ces arcades les rendent aussi lgres que des ogives2 l' obissance de l'artiste laque ne pouvait pas tre plus complte2 elle consistait dans la forme et non pas dans l'esprit4 ,c'est encore pour complaire aux souvenirs et aux prdilections des chanoines que le plan semi-circulaire des transsepts aura t maintenu3 la vieille glise avait probablement ses bras ainsi arrondis1 suivant l'ancien type byzantin4 ,mais tout en conservant cette forme1 on semble avoir voulu racheter l'antiquit du plan par un redoublement de nouveaut dans l'lvation4 ,remarquez en effet que ces transsepts en hmicycles sont percs de deux rangs de fentres ogive1 tandis que1 dans la nef1 bien qu'elle soit videmment postrieure1 toutes les fentres sont plein cintre4 ,il est trs-probable aussi que la forme arrondie de ces deux transsepts a t conserve en souvenir de la cathdrale de ,tournay1 cette soeur de notre cathdrale4 ,tournay1 en effet1 les deux transsepts byzantins subsistent encore aujourd'hui dans leur majest primitive1 avec leur ceinture de hautes et massives colonnes4 ,en #aaec1 la sparation des deux siges n'tait prononce que depuis sept annes4 ,la mmoire de ces admirables transsepts tait encore toute frache1 et c'est peut-tre en tmoignage de ses regrets1 et comme une sorte de protestation contre la bulle du ,saint-,pre#bjj1 que le chapitre de ,noyon voulut que les transsepts de sa nouvelle glise lui rappelassent1 au moins par leur plan1 ceux de la cathdrale qu'il avait perdue444 ,l'incendie de #aaca ne fut pas le seul qui attaqua la cathdrale de ,noyon2 en #aaeb1 la ville fut brle1 et la cathdrale fut probablement atteinte2 mais alors ou l'glise de ,beaudoin n'tait pas commence1 ou elle tait peine sortie de terre1 et l'incendie ne put dtruire que des constructions provisoires faites pour que le culte ne ft pas interrompu pendant la construction du nouveau choeur4 ,en #abch1 le feu dvasta1 pour la troisime fois1 une grande partie de la ville4 ,en #abic1 quatrime incendie1 qui brla les charpentes de la nouvelle cathdrale et lui causa des dommages considrables4 ,ces dvastations successives expliquent certaines singularits que l'on remarque dans les constructions de la cathdrale de ,noyon4 ,nous allons y revenir4 ,observons d'abord que le plan du choeur de la cathdrale de ,noyon est accompagn de cinq chapelles circulaires et de quatre chapelles carres2 or ces chapelles sont la partie la plus ancienne de toute l'glise4 ,nous avons vu et nous verrons que les plans des cathdrales bties vers la fin du ,x,i,ie sicle et le commencement du ,x,i,i,ie1 comme ,notre-,dame de ,paris1 ,bourges1 ,laon1 ,chartres1 sont totalement ou presque totalement dpourvues de chapelles4 ,mais ,noyon prcde le grand mouvement qui porte les vques et les populations lever de nouvelles cathdrales1 mais le plan de ,noyon est encore soumis l'influence canonique ou conventuelle1 mais enfin ,noyon suit la construction de l'glise de ,saint-,denis1 qui possde de mme des chapelles circulaires et des chapelles carres l'abside4 ,si nous examinons le plan de ,notre-,dame de ,noyon1 nous voyons encore qu' l'entre du choeur1 aprs les deux piles des transsepts1 sont leves deux piles aussi paisses4 ,en regard1 les maonneries des bas-cts ont galement une grande force1 et contiennent des escaliers4 ,des tours sont commences sur ce point1 elles ne furent jamais termines4 ,dans la nef1 dont la construction parait tre comprise entre les annes #aahj et #aaij1 nous voyons cinq traves presque carres portes par des piles formes de faisceaux de colonnes1 et divises par des colonnes monocylindriques4 ,cette disposition indique nettement des votes composes d'arcs ogives portant sur les grosses piles1 avec arcs doubleaux simples sur les piles intermdiaires 7fig4 #h74 ,c'est1 en effet1 le mode adopt pour la construction des votes de ,notre-,dame de ,paris1 de ,bourges et de ,laon2 cependant1 contrairement cette disposition si bien crite dans le plan de la nef1 les votes sont construites conformment l'usage adopt au ,x,i,i,ie sicle1 c'est--dire que chaque pile1 grosse ou fine1 porte arcs doubleaux et arcs ogives 7voy4 fig4 #g72 seulement les arcs doubleaux des grosses piles sont plus pais que ceux poss sur les piles intermdiaires4 ,il y a lieu de croire que ces votes de la nef furent en partie refaites aprs l'incendie de #abch1 les gros arcs doubleaux seuls auraient t conservs2 et1 au lieu de refaire ces votes ainsi qu'elles avaient exist1 c'est--dire avec arcs ogives portant seulement sur les grosses piles1 on aurait suivi alors la mthode adopte partout4 ,si nous examinons les profils de ces arcs ogives et des arcs doubleaux portant sur les piles intermdiaires1 nous voyons qu'en effet ces profils ne paraissent pas appartenir la fin du ,x,i,ie sicle4 ,les votes du choeur et des chapelles absidales seules sont certainement de la construction primitive2 leurs nervures sont ornes de perles1 de rosettes trs-dlicates1 comme les arcs des votes de la partie antrieure de l'glise de ,saint-,denis4 ,quoi qu'il en soit1 la cathdrale de ,noyon tait compltement termine la fin du ,x,i,ie sicle1 et1 sauf quelques adjonctions et restaurations faites aprs l'incendie de #abic et aprs les guerres du ,x,v,ie sicle1 elle est parvenue jusqu' nous peu prs dans sa forme premire4 ,noyon1 comme la cathdrale de ,paris1 et comme dans l'glise de ,saint-,denis construite par ,suger1 les collatraux sont surmonts d'une galerie vote au premier tage#bja4 ,en examinant la coupe du choeur1 on voit que l'arcature qui surmonte la galerie du premier tage n'est qu'un faux triforium1 simple dcoration plaque sur le mur qui est lev dans la hauteur du comble en appentis recouvrant les votes du premier tage4 ,dans la nef1 cette arcature est isole2 c'est un vritable triforium comme la cathdrale de ,soissons dans le croisillon sud 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ca74 ,une belle salle capitulaire et un clotre du ,x,i,i,ie sicle accompagnent1 du ct nord1 la nef de la cathdrale de ,noyon 7voy4 ,,clo,,tre1 ,,salle ,,capitulaire74 ,deux grosses tours1 fort dfigures par des restaurations successives1 et dont les flches primitives ont t remplaces1 si jamais elles ont t faites1 par des combles en charpente1 sont leves sur la faade4 ,quant au porche1 il date du commencement du ,x,i,ve sicle2 mais cette partie de l'difice n'offre aucun intrt4 ,il est une cathdrale qui remplit exactement les conditions imposes aux reconstructions de ces grands difices la fin du ,x,i,ie sicle et au commencement du ,x,i,i,ie1 c'est celle de ,laon4 ,on a voulu voir1 dans la cathdrale actuelle de ,laon1 celle qui fut reconstruite ou rpare aprs les dsastres qui signalrent1 en #aaab1 l'tablissement de la commune4 ,cela n'est pas admissible2 le monument est l1 qui1 mieux que tous les textes1 donne la date prcise de sa reconstruction1 et nous n'avons pas besoin de revenir l-dessus aprs les observations que ,m4 ,vitet a insres sur la cathdrale de ,laon dans sa ,monographie de ,notre-,dame de ,noyon4 ,la cathdrale de ,laon 7fig4 #i7 prsente en plan une grande nef avec collatraux1 coupe peu prs vers son milieu par des transsepts2 l'abside se termine carrment4 ,deux chapelles sont seulement pratiques vers l'est aux deux extrmits des bras de croix4 ,la ville de ,laon tait1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 une ville riche1 populeuse1 turbulente2 elle s'tablit main arme une des premires en commune1 et obtint de ,philippe-,auguste1 aprs bien des tumultes et des violences1 en #aaia1 une paix1 ou confirmation de la commune1 moyennant une rente annuelle de deux cents livres parisis#bjb4 ,c'est probablement peu de temps aprs l'octroi de cette paix que les citoyens de ,laon1 possesseurs tranquilles de leurs franchises1 aidrent les vques de ce diocse lever l'admirable difice que nous voyons encore aujourd'hui4 ,de toutes les populations urbaines qui1 dans le nord de la ,france1 s'tablirent en commune1 celle de ,laon fut une des plus nergiques1 et dont les tendances furent plus particulirement dmocratiques4 ,le plan donn leur cathdrale fut-il une sorte de concession cet esprit8 ,nous n'oserions l'affirmer2 il n'en est pas moins certain que ce plan est celui de toutes nos grandes cathdrales qui se prte le mieux1 par sa disposition1 aux runions populaires4 ,c'est dans ce vaisseau1 qui conserve tous les caractres d'une salle immense1 que pendant plus de trois sicles1 se passrent1 certaines poques de l'anne1 les scnes les plus tranges4 ,nous avons dit dj qu'on y clbrait1 le #bh dcembre1 la fte des ,innocents#bjc1 o les enfants de choeur1 portant chapes1 occupaient les hautes stalles et chantaient l'office avec toute espce de bouffonneries2 le soir1 ils taient rgals aux frais du chapitre#bjd4 ,huit jours aprs1 venait la fte des ,fous4 ,la veille de l'piphanie1 les chapelains et choristes se runissaient pour lire un pape1 qu'on appelait le patriarche des ,fous4 ,ceux qui s'abstenaient de l'lection payaient une amende4 ,on offrait au patriarche le pain et le vin de la part du chapitre1 qui donnait1 en outre1 chacun1 huit livres parisis pour le repas4 ,toute la troupe se revtait d'ornements bizarres1 et avait1 les deux jours suivants1 l'glise entire sa disposition4 ,aprs plusieurs cavalcades par la ville1 la fte se terminait par la grande procession des rabardiaux4 ,ces farces furent abolies en #aefj2 mais le souvenir s'en conserva dans l'usage1 qui subsista jusqu'au dernier sicle1 de distribuer1 la messe de l'piphanie1 des couronnes de feuilles vertes aux assistants#bje444 ,au ,x,ve sicle1 de nombreux mystres furent reprsents dans la cathdrale de ,laon1 et les chanoines eux-mmes ne ddaignrent pas d'y figurer comme acteurs#bjf4 ,en #adfb1 aux ftes de la ,pentecte1 on joua la passion de ,n4-,s4 ,jsus-,christ1 distribue en cinq journes444 ,le #bf aot #adgf1 on reprsenta un mystre intitul3 ,les ,jeux de la vie de ,monseigneur saint ,denys4 ,afin de faciliter la reprsentation1 la messe fut dite huit heures et les vpres chantes midi#bjg444 ,si le chapitre et les vques de ,laon croyaient ncessaire de faire de semblables concessions morales aux citoyens1 ne peut-on admettre que cette tolrance influa sur les dispositions primitives du plan de la cathdrale8 ,aprs les luttes et les scnes tragiques qui ensanglantrent l'tablissement de la commune de ,laon1 lorsque1 par l'entremise du pouvoir royal1 cette commune fut dfinitivement constitue1 il est probable que1 d'un commun accord1 le chapitre1 l'vque et les bourgeois levrent cet difice la fois religieux et civil4 ,c'est par des concessions de ce genre que le clerg put amener les citoyens d'une ville riche faire les sacrifices d'argent ncessaires la construction d'un monument qui devait servir non-seulement au culte1 mais mme des assembles profanes4 ,nous ne nous dissimulons pas combien ces conjectures paratront tranges aux personnes qui n'ont pas1 pour ainsi dire1 vcu dans la socit du moyen ge1 qui croient que cette socit tait soumise un rgime purement fodal et thocratique2 mais quand on pntre dans cette civilisation qui se forme au ,x,i,ie sicle et se dveloppe au ,x,i,i,ie1 on voit chaque pas natre un besoin de libert si prononc ct de privilges monstrueux1 une tendance si active vers l'unit nationale1 qu'on n'est plus tonn de trouver le haut clerg dispos aider ce mouvement et cherchant le diriger pour ne pas tre entran et dbord4 ,les vques aimaient mieux ouvrir de vastes difices la foule1 sauf lui permettre parfois des saturnales pareilles celles dont nous venons de donner un aperu1 plutt que de se renfermer dans le sanctuaire1 et de laisser bouillonner en dehors les ides populaires4 ,sous les votes de la grande cathdrale1 quoique profanes1 les assembles des citoyens taient fortement empreintes d'un caractre religieux4 ,les populations urbaines s'habituaient ainsi considrer la cathdrale comme le centre de toute manifestation publique4 ,les vques et les chapitres avaient raison2 ils comprenaient leur poque2 ils savaient que1 pour civiliser des esprits encore grossiers1 faciles entraner1 unis par un profond sentiment d'union et d'indpendance1 il fallait que le monument religieux par excellence ft le pivot de tout acte public4 ,laon est une ville turbulente qui1 pendant un sicle1 est en lutte ouverte avec son seigneur1 l'vque4 ,aprs ces troubles1 ces discussions1 le pouvoir royal qui1 par sa conduite1 commence inspirer confiance en sa force1 parvient tablir la paix2 mais on se souvient1 de part et d'autre1 de ces luttes dans lesquelles seigneurs et peuple ont galement souffert2 il faut se faire des concessions rciproques pour que cette paix soit durable2 la cathdrale se ressent de cette sorte de compromis2 sa destination est religieuse1 son plan conserve un caractre civil4 ,noyon1 d'autres prcdents amnent des rsultats diffrents4 ,en l'anne #ajih1 dit ,m4 ,a4 ,thierry#bjh1 ,baudri de ,sarchainville1 archidiacre de l'glise cathdrale de ,noyon1 fut promu1 par le choix du clerg de cette glise1 la dignit piscopale4 ,c'tait un homme d'un caractre lev1 d'un esprit sage et rflchi4 ,il ne partageait point l'aversion violente que les personnes de son ordre avaient en gnral contre l'institution des communes4 ,il voyait dans cette institution une sorte de ncessit sous laquelle1 de gr ou de force1 il faudrait plier tt ou tard1 et croyait qu'il valait mieux se rendre aux voeux des citoyens que de verser le sang pour reculer de quelques jours une rvolution invitable444 ,de son propre mouvement1 l'vque de ,noyon convoqua en assemble tous les habitants de la ville1 clercs1 chevaliers1 commerants et gens de mtier4 ,il leur prsenta une charte qui constituait le corps des bourgeois en association perptuelle1 sous des magistrats appels jurs1 comme ceux de ,cambrai444 ,m4 ,vitet a donc raison de dire#bji que lorsque ,beaudoin ,,ii entreprit la reconstruction de sa cathdrale1 il existait ,noyon une commune depuis longtemps tablie1 et consacre par une paisible jouissance1 mais place en quelque sorte sous la tutelle de l'vque4 ,aussi la cathdrale de ,noyon prsente-t-elle le plan d'un difice religieux3 abside avec chapelles1 transsepts avec croisillons arrondis4 ,l1 le clerg est rest le directeur de l'oeuvre1 il n'a besoin de faire aucune concession2 il n'a pas eu recours1 non plus que la commune1 lorsqu'il commena l'oeuvre1 l'intervention du pouvoir royal4 ,il entre dans la cathdrale de ,noyon moins d'lments laques que dans celle de ,senlis1 par exemple1 construite en mme temps1 et o l'ogive domine sans partage4 ,mais la cathdrale de ,noyon est de prs de cinquante annes antrieure celle de ,laon2 il n'est pas surprenant1 objectera-t-on1 que son plan se rapproche davantage des traditions clricales2 cela est vrai4 ,cependant1 nous avons vu le plan de la cathdrale de ,bourges1 contemporaine de celle de ,laon1 o la tradition clricale est encore conserve2 nous verrons tout l'heure le plan de la cathdrale de ,chartres1 o1 plus qu' ,bourges encore1 les donnes religieuses de l'architecture romane sont observes4 ,laon1 au contraire1 possde un plan dont le caractre est tranch2 il a fallu faire une large part aux ides laques4 ,peut-tre voudra-t-on prtendre encore que les vques de ,laon1 ayant eu de frquents rapports avec l',angleterre1 leur cathdrale aurait pris la disposition carre du plan de l'abside aux monuments de ce pays2 l'observation ne saurait tre admise1 par la raison que les absides carres anglaises sont postrieures celle de la cathdrale de ,laon2 le choeur de la cathdrale de ,cantorbry1 qui date du ,x,i,ie sicle1 est circulaire2 les absides carres d'ly1 de ,lincoln1 ne sont pas antrieures #abcj4 ,ce n'est pas seulement cette abside carre qui nous frappe dans le plan de la cathdrale de ,laon 7fig4 #i71 c'est encore la disposition des collatraux avec galeries suprieures votes1 comme ,notre-,dame de ,paris1 comme ,noyon1 comme la cathdrale de ,meaux dans l'origine2 c'est la place qu'occupent les chapelles circulaires des transsepts1 chapelles deux tages2 c'est la prsence de quatre tours aux quatre angles des deux croisillons et d'une tour carre sur les piles de la croise2 c'est cette grande et belle salle capitulaire qui s'ouvre au sud des premires traves de la nef2 ce sont ces deux salles1 trsors et sacristies1 qui avoisinent le choeur et sont rserves entre les collatraux et les chapelles circulaires4 ,on voit en tout ceci un plan conu et excut d'un seul jet1 une disposition bien franche commande par un programme arrt4 ,quant au style d'architecture adopt dans la cathdrale de ,laon1 il se rapproche de celui des parties de ,notre-,dame de ,paris qui datent du commencement du ,x,i,i,ie sicle2 il est cependant plus lourd1 plus trapu2 il faut dire aussi que les matriaux employs sont plus grossiers4 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 ce beau plan fut dfigur par l'adjonction de chapelles leves entre les saillies des contreforts de la nef4 ,une salle fut rige au milieu du prau du clotre4 ,c'est aussi pendant le cours du ,x,i,i,ie sicle que les dispositions premires du porche furent modifies4 ,les sept tours taient surmontes de flches1 dtruites aujourd'hui 7voy4 ,,clocher74 ,malgr son importance1 la cathdrale de ,laon fut leve avec une prcipitation telle1 que1 sur quelques points1 et particulirement sur la faade1 les constructeurs ddaignrent de prendre les prcautions que l'on prend d'ordinaire1 lorsque l'on btit des difices de cette dimension3 les fondations furent ngliges1 ou bloques au milieu des restes de substructions antrieures2 on ne laissa pas le temps aux constructions infrieures des tours de s'asseoir avant de terminer leurs sommets4 ,il en rsulta des tassements ingaux1 des dchirements qui compromirent la solidit de la faade#baj4 ,la cathdrale de ,laon conserve quelque chose de son origine dmocratique2 elle n'a pas l'aspect religieux des glises de ,chartres1 d',amiens ou de ,reims4 ,de loin1 elle parat un chteau plutt qu'une glise2 sa nef est1 comparativement aux nefs ogivales et mme celle de ,noyon1 basse2 sa physionomie extrieure est quelque peu brutale et sauvage2 et jusqu' ces sculptures colossales d'animaux1 boeufs1 chevaux1 qui semblent garder les sommets des tours de la faade 7voy4 ,,animaux71 tout concourt produire une impression d'effroi plutt qu'un sentiment religieux1 lorsqu'on gravit le plateau sur lequel elle s'lve4 ,on ne sent pas1 en voyant ,notre-,dame de ,laon1 l'empreinte d'une civilisation avance et police1 comme ,paris ou ,amiens2 l1 tout est rude1 hardi3 c'est le monument d'un peuple entreprenant1 nergique et plein d'une mle grandeur4 ,ce sont les mmes hommes que l'on retrouve ,coucy-le-,chteau1 c'est une race de gants4 ,nous ne quitterons pas cette partie de la ,france sans parler de la cathdrale de ,soissons4 ,cet difice fut certainement conu sur un plan dont les dispositions rappellent le plan de la cathdrale de ,noyon 7fig4 #aj74 ,comme ,noyon1 le transsept sud de la cathdrale de ,soissons1 qui date de la fin du ,x,i,ie sicle1 est arrondi1 et il est flanqu l'est d'une vaste chapelle circulaire deux tages1 comme celles des transsepts de ,laon4 ,soissons1 ce croisillon circulaire possde un bas-ct avec galerie vote au-dessus et triforium dans la hauteur du comble de la galerie 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #cj et #ca74 ,l'tage suprieur de la chapelle circulaire servait de trsor avant la rvolution2 tait-ce l sa destination primitive8 ,c'est ce que nous ne pourrions dire aujourd'hui1 n'ayant aucune donne sur l'utilit de ces chapelles deux tages1 que nous retrouvons encore ,saint-,remy de ,reims et dans la grande glise de ,saint-,germer4 ,que la cathdrale de ,soissons ait t leve compltement pendant les dernires annes du ,x,i,ie sicle1 ou seulement commence1 toujours est-il que le choeur et la nef furent construits pendant les premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,le choeur est accompagn de cinq chapelles circulaires et de huit chapelles carres4 ,c'est dj une modification au plan des cathdrales de cette poque4 ,le transsept nord ne fut termin que plus tard1 ainsi que la faade4 ,jusqu' prsent1 nous voyons rgner1 dans ces difices levs depuis le milieu du ,x,i,ie sicle jusqu'au commencement du ,x,i,i,ie#baa1 une sorte d'incertitude2 les plans de ces cathdrales franaises sont comme autant d'essais subissant l'influence de programmes varis4 ,on lve des cathdrales nouvelles plus vastes que les glises romanes1 pour suivre le mouvement qui s'tait si bien prononc pendant les rgnes de ,louis le ,jeune et de ,philippe-,auguste2 mais la cathdrale type n'est pas encore sortie de terre4 ,nous allons la voir natre dfinitivement et arriver1 en quelques annes1 sa perfection4 la suite d'un incendie qui dtruisit de fond en comble la cathdrale de ,chartres1 en #ajbj1 l'vque ,fulbert voulut reconstruire son glise4 ,les travaux furent continus par ses successeurs de longs intervalles4 ,en #aade1 les deux clochers de la faade occidentale1 que nous voyons encore aujourd'hui1 taient en pleine construction4 ,en #aaid1 un nouvel incendie ruina l'difice de ,fulbert peine achev4 ,les parties infrieures de la faade occidentale1 le clocher vieux termin et la souche du clocher neuf rest en construction chapprent la destruction4 ,sur les dbris encore fumants de la cathdrale1 ,mlior1 cardinal-lgat du pape ,clestin ,,iii1 fit assembler le clerg et le peuple de ,chartres1 et1 la suite de ses exhortations1 tous se mirent l'oeuvre pour reconstruire1 sur un nouveau plan1 l'ancienne glise de ,notre-,dame#bab4 ,l'vque ,reghault de ,mouon et les chanoines abandonnrent le produit total de leurs revenus et de leurs prbendes pendant trois annes4 444 borjois et rente et mueble ,abandonrent en aie ,chascun selon sa menantie#bac4 ,philippe-,auguste1 ,louis ,,viii et saint ,louis contriburent par leurs dons l'rection de la vaste glise4 ,dj1 en #abbj1 ,guillaume le ,breton parle de ses votes que l'on peut comparer1 dit-il1 une caille de tortue1 et qui sont assez solides pour dfier les incendies venir4 ,la fig4 #aa donne le plan de la cathdrale de ,chartres4 ,ici1 l'influence religieuse parat tout entire4 ,trois grandes chapelles l'abside1 quatre autres moins prononces entre elles1 doubles bas-cts d'une grande largeur2 autour du choeur1 vastes transsepts4 ,l1 le culte peut dployer toutes ses pompes2 le choeur1 plus qu' ,paris1 plus qu' ,bourges1 plus qu' ,soissons et ,laon surtout1 est l'objet principal2 c'est pour lui que l'glise est faite4 ,il faut supposer que l'glise de ,fulbert tait trs-vaste dj1 car les cryptes qui existent1 et datent de son piscopat1 occupent la surface entire du premier bas-ct2 la nef centrale et le choeur tant un terre-plein1 le ,x,i,i,ie sicle n'ajouta donc l'difice roman1 comme surface1 que le second bas-ct du choeur1 les chapelles absidales et les extrmits des deux transsepts4 ,nous voyons se reproduire ,notre-,dame de ,chartres un fait analogue ceux signals dans la construction des cathdrales de ,paris et de ,bourges4 ,non-seulement les architectes du ,x,i,i,ie sicle conservrent les deux clochers occidentaux de l'glise du ,x,i,ie sicle1 mais ils ne voulurent pas laisser perdre les trois belles portes qui donnaient entre dans la nef et taient autrefois places au fond d'un porche en ,a 7voyez le plan74 ,on voit encore entre les deux tours la trace des constructions de ce porche et l'amorce du mur de face4 ,les trois portes1 avec leurs belles statues1 les tympans1 voussures et fentres qui les surmontent1 replaces sur l'alignement des deux clochers1 furent couronnes par une rose s'ouvrant sous la vote de la nef centrale4 ,la construction de la cathdrale de ,chartres fut conduite avec une incroyable rapidit4 ,l'empressement des populations1 des seigneurs et souverains1 mener l'oeuvre fin ne fut nulle part plus actif4 ,aussi1 cet difice prsente-t-il une grande homognit de style2 il devait tre compltement achev vers #abdjbad4 ,de #abdj #abej1 on ajouta des porches aux deux entres des transsepts2 la sacristie fut btie au nord1 proche le choeur1 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 et1 vers le milieu du ,x,i,ve sicle1 on leva1 derrire l'abside1 la chapelle ,saint-,piat deux tages4 ,c'est aussi pendant la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle que fut pos l'admirable jub qui fermait l'entre du choeur il y a encore un sicle#bae4 ,notre-,dame de ,chartres1 la nef est courte comparativement au choeur2 c'est probablement pour lui donner deux traves de plus que l'ancien porche de la faade fut supprim et les portes avances au nu du mur extrieur des tours4 ,voulant conserver1 pour btir le choeur1 la crypte qui lui sert de fondations et les deux belles tours occidentales1 il n'tait pas possible de donner l'glise une plus grande longueur4 ,aux quatre angles du transsept1 quatre tours ,b furent commences 7voy4 fig4 #ab1 prsentant le plan du premier tage de la moiti du choeur et des transsepts de la cathdrale de ,chartres72 elles restrent inacheves1 ainsi que la tour centrale qui1 probablement1 devait s'lever sur les quatre gros piliers ,c de la croise4 ,deux autres tours ,a furent leves sur les deux dernires traves du second bas-ct du choeur prcdant les chapelles absidales2 ces tours restrent galement inacheves la hauteur des corniches suprieures du choeur4 ,c'taient donc neuf tours qui accompagnaient la grande cathdrale du pays chartrain4 ,les tours situes en ,a1 en avant du rond-point1 appartiennent une disposition normande2 beaucoup d'glises de cette province possdaient des tours ainsi leves sur les bas-cts au del des transsepts4 ,ce monument1 compltement achev avec ses neuf flches se surpassant en hauteur jusqu' la flche centrale1 et produit un effet prodigieux4 ,une seule chapelle fut leve au sud1 entre les contreforts de la nef1 en #adac4 ,au commencement du ,x,v,ie sicle1 on termina le clocher nord du portail qui tait rest inachev1 et on dressa la gracieuse clture du choeur que nous voyons encore aujourd'hui et qui seule a rsist en partie aux mutilations que les chanoines firent subir au sanctuaire pendant le dernier sicle4 ,toutes les verrires de cet difice sont de la plus grande magnificence et datent du ,x,i,i,ie sicle1 sauf celles des trois fentres du portail occidental1 qui furent replaces avec leurs baies et proviennent de l'glise du ,x,i,ie sicle4 ,guillaume le ,breton avait raison lorsque1 en #abbj1 il disait que la cathdrale de ,chartres n'avait plus rien craindre du feu4 ,en #ahcf1 un terrible incendie consuma toute la charpente suprieure et le beau beffroi du clocher vieux 7voy4 ,,beffroi74 ,la vieille cathdrale put rsister cette preuve2 elle est encore debout telle que les constructeurs du ,x,i,i,ie sicle nous l'ont laisse2 elle demeure comme un tmoin de l'nergique puissance des arts de cette poque2 et1 du haut de la colline qui lui sert de base1 sa mle silhouette1 qui de neuf flches n'en possde que deux1 est une cause d'tonnement et d'admiration pour les trangers qui traversent la ,beauce4 ,nous ne trouvons plus ,chartres la galerie suprieure vote2 un simple triforium1 dcor d'une arcature1 laisse une circulation intrieure tout au pourtour de la cathdrale1 derrire les combles en appentis des bas-cts4 ,cette glise1 la plus solidement construite de toutes les cathdrales de ,france#baf1 ne prsente1 dans sa coupe transversale1 rien qui lui soit particulier1 si ce n'est la disposition des arcs-boutants 7voy4 ,,arcs-,,boutants1 fig1 #ed74 ,afin de conserver un ordre logique dans cet article1 nous devons1 quant prsent1 laisser de ct certains dtails sur lesquels nous aurons revenir1 et poursuivre notre examen sommaire des cathdrales leves au commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,jusqu' prsent1 nous avons prsent des plans dans lesquels il se rencontre des indcisions1 des ttonnements1 l'empreinte de traditions antrieures4 ,chartres mme1 les fondations de l'glise de ,fulbert et la conservation des vieux clochers ne laissent pas aux architectes toute leur libert4 ,en #abaa1 l'ancienne cathdrale de ,reims1 btie par ,ebon1 et qui datait du ,i,xe sicle1 fut dtruite de fond en comble par un incendie4 ,cette glise tait lambrisse1 et affectait probablement la forme d'une basilique4 ,ds l'anne suivante1 en #abab1 ,albric de ,humbert1 qui occupait le sige archipiscopal de ,reims1 posa la premire pierre de la cathdrale actuelle2 l'oeuvre fut confie un homme dont le nom nous est rest1 ,robert de ,coucy4 ,si le monument tait champenois1 l'architecte tait d'une ville voisine du domaine royal2 il ne faut pas oublier ce fait4 ,le plan1 conu par ,robert de ,coucy1 tait vaste1 tabli sur des bases solides2 cet architecte doutait de pouvoir l'excuter tel qu'il l'avait projet2 il doutait de l'tendue des ressources1 et peut-tre de la constance des ,rmois4 ,ses doutes n'taient que trop fonds4 ,cependant le projet de ,robert fut rapidement excut jusqu' la hauteur des votes des bas-cts1 depuis le choeur jusqu' la moiti de la nef environ4 ,nous prsentons 7#ac7 le plan de la cathdrale de ,reims4 ,si nous comparons ce plan avec ceux de ,notre-,dame de ,paris1 des cathdrales de ,bourges1 de ,noyon1 de ,laon et de ,chartres1 nous serons frapps de l'paisseur proportionnelle des constructions formant le primtre de l'difice4 ,c'est que ,robert de ,coucy appartenait une cole de constructeurs robustes1 que cette cole s'tait leve dans un pays o la pierre est abondante2 c'est1 bien plus enrore1 que ,robert avait conu un difice devant atteindre des dimensions colossales4 ,la btisse avait peine atteint la hauteur des basses nefs1 que l'on dut renoncer excuter1 dans tous leurs dveloppements1 les projets de ,robert1 qu'il fallut faire certains sacrifices1 probablement cause de l'insuffisance reconnue des ressources futures4 ,le plan du premier tage de la cathdrale de ,reims est loin de rpondre la puissance des soubassements4 ,cependant il est certain que l'on suivit1 autant que possible1 en diminuant le volume des points d'appuis1 les projets primitifs2 et il faut une attention particulire1 et surtout la connaissance des constructions de cette poque1 pour reconnatre ces changements apports aux plans de ,robert de ,coucy4 ,nous essayerons toutefois de les rendre saisissables pour tout le monde1 car ce fait ne laisse pas d'avoir une grande importance pour l'histoire de nos cathdrales1 d'autant plus qu'il se reproduit partout cette poque4 ,voici d'abord 7fig4 #ad7 une coupe transversale de la nef de la cathdrale de ,reims4 ,il est facile de reconnatre que les contreforts1 dans la hauteur du collatral1 ont une puissance1 une saillie que ne motive pas la lgret de la partie suprieure recevant les arcs-boutants2 on sera plus frapp encore de la diffrence de force qu'il y a entre les parties infrieures et suprieures de ces contreforts1 en examinant la vue perspective extrieure d'un contrefort de la nef 7fig4 #ae74 ,dans la construction des deux pignons des transsepts1 la diffrence entre le rez-de-chausse et les tages suprieurs est encore plus marque4 ,robert de ,coucy avait probablement projet1 sur ce point1 des tours dont il fallut rduire la hauteur par des raisons d'conomie4 ,une observation de dtail vient appuyer la conjecture d'une modification dans les projets4 ,le larmier du couronnement des corniches qui passent au niveau des bas-cts devant les contreforts des transsepts et du choeur1 est muni de petits repos horizontaux1 espacs les uns des autres de #j1dj c4 #j1ej c41 qui forment comme des crneaux1 et que ,villart de ,honnecourt1 contemporain et ami de ,robert de ,coucy1 appelle1 dans ses curieuses notes1 des carniaux rservs sur la pente des larmiers pour permettre aux ouvriers de circuler autour des contreforts1 l'extrieur 7fig4 #af74 ,cela est fort ingnieux et bien entendu1 puisque la pente des larmiers ne permettrait pas1 sans ce secours1 de passer devant les parements des contreforts toutes hauteurs4 ,or ces carniaux1 dont parle ,villart1 n'existent que sur les larmiers couronnant le rez-de-chausse4 ,robert de ,coucy et cependant1 s'il et continu l'oeuvre1 rserv plus forte raison des passages semblables dans les parties leves de l'difice2 mais les parements qui se dressent au-dessus de ces larmiers carniaux1 au lieu d'affleurer l'arte suprieure du lit du larmier1 ainsi que l'indique la fig4 #ag1 sont en retraite1 comme l'indique la fig4 #ag bis4 ,donc1 alors1 les carniaux deviennent inutiles1 puisque derrire eux reste une partie horizontale permettant la circulation2 donc1 si ,robert et voulu retraiter ainsi brusquement ses contreforts partir du premier tage1 il n'et pas rserv des carniaux sur ses larmiers2 et puisqu'il les avait rservs1 c'est qu'il entendait continuer donner ses gros points d'appui une saillie1 et par consquent une force plus grande que celle laisse aprs l'abandon des premiers projets4 ,il y a donc lieu d'admettre que ,robert de ,coucy leva la cathdrale de ,reims jusqu' la hauteur des corniches des chapelles du choeur et bas-cts1 sauf les quatre premires traves de la nef1 qu'il ne commena mme pas2 qu'aprs lui1 la construction fut continue en faisant subir des changements aux projets primitifs afin de rduire les dpenses2 que cette ncessit de terminer l'difice moins de frais tait le rsultat d'une diminution dans les dons faits par les populations4 ,l'ornementation des parties infrieures du choeur et des transsepts de la cathdrale de ,reims1 jusques et y compris la corniche des chapelles rayonnantes1 porte encore le cachet de la sculpture de la fin du ,x,i,ie sicle2 tandis qu'immdiatement au-dessus du niveau des corniches de ces chapelles apparat une ornementation qui a tous les caractres de celle du milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,dans la trave de droite du pignon du transsept nord1 est perce une porte donnant aujourd'hui dans la petite sacristie tablie entre les contreforts2 cette porte1 dont les sculptures sont peintes1 date videmment des premires constructions commences par ,robert de ,coucy1 et les bas-reliefs pourraient mme tre attribus l'cole des sculpteurs de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,les parties infrieures du pignon du transsept sud1 qui ne furent pas modifies par l'ouverture de portes1 affectent une svrit de style qui ne le cde en rien aux constructions infrieures de la faade de ,notre-,dame de ,paris4 ,tout1 enfin1 dans le rez-de-chausse de la cathdrale de ,reims1 du choeur la moiti de la nef1 dnote l'oeuvre d'un artiste appartenant l'cole laque d'architectes ne la fin du ,x,i,ie sicle4 ,au-dessus1 le style ogival a pris son entier dveloppement1 mais la transition entre les deux caractres architectoniques est habilement mnage4 ,nous ne savons en quelle anne ,robert de ,coucy cessa de travailler la cathdrale2 cependant lui-mme1 en construisant1 modifia probablement quelques dtails de son projet primitif4 ,cet architecte n'en tait pas son coup d'essai lorsqu'il commena l'oeuvre en #abab1 et peut-tre tait il dj d'un ge assez avanc2 toutefois 7et les notes de ,villart de ,honnecourt sont l pour le prouver7 il cherchait sans cesse1 comme tous ses contemporains1 des perfectionnements l'art laiss par le ,x,i,ie sicle2 il ne pouvait ignorer ce que l'on tentait autour de lui2 c'est ainsi qu'il fut amen terminer les chapelles du choeur1 commences sur un plan circulaire comme celles de la cathdrale de ,noyon1 par des pans coups4 ,les ornements de la corniche de ces chapelles1 les carniaux des larmiers dont parle ,villart1 le style des statues d'anges qui surmontent les petits contreforts1 ne peuvent laisser douter qu'elles n'aient t acheves par ,robert de ,coucy1 de #abbj #abcj4 ,il avait fallu plusieurs annes pour jeter les fondements de cet difice commenc d'aprs un projet aussi robuste1 d'autant plus que le sol sur lequel la cathdrale de ,reims est assise n'est pas gal1 et ne devient bon qu' plusieurs mtres au-dessous du pav 7de quatre sept mtres d'aprs quelques fouilles faites au pourtour74 ,il n'est pas surprenant donc que ces normes constructions1 quelle que ft l'activit apporte leur excution1 ne fussent pas1 en #abcj1 c'est--dire dix-huit ans aprs leur mise en train1 leves au-dessus des votes basses4 la premire vue1 le rez-de-chausse des pignons des deux transsepts#bag parat plus ancien que les chapelles du choeur2 les fentres basses sont sans meneaux et encadres de profils et ornements qui rappellent l'architecture de transition2 tandis que les fentres des chapelles du choeur sont dj pourvues de meneaux dont les formes1 la disposition particulire et l'appareil sont identiquement semblables aux meneaux des bas-cts de la nef de la cathdrale d',amiens1 qui datent de l'anne #abcj environ4 ,robert de ,coucy avait bien pu amender lui-mme certains dtails de son projet1 en mme temps qu'il adoptait les pans coups pour ces chapelles au-dessus de la forme circulaire de leur soubassement4 ,quoi qu'il en soit1 le matre de l'oeuvre1 en mourant ou en abandonnant les constructions des architectes plus jeunes1 peut-tre aprs une interruption de quelques annes1 avait laiss des projets dont ses successeurs1 malgr les rductions dont nous avons parl1 se rapprochrent autant que possible4 ,c'est ce qui donne cet difice un caractre d'unit si remarquable1 quoiqu'il ait fallu un sicle pour conduire le travail jusqu'aux votes hautes4 ,reims1 plus que partout ailleurs1 on respecta la conception du premier matre de l'oeuvre4 ,aussi1 lorsque l'on veut se faire une ide de ce que devait tre une cathdrale conue par un architecte du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 de la plus belle poque de l'art ogival1 c'est ,reims qu'il faut aller4 ,et cependant1 combien ce grand monument ne subit-il pas de modifications importantes2 et1 tel que nous le voyons aujourd'hui1 combien il est loin des projets de ,robert de ,coucy et mme de ce qu'il fut avant l'incendie de la fin du ,x,ve sicle4 ,le plan de la cathdrale de ,reims est simple 7voy4 fig4 #ac72 les chapelles rayonnantes du choeur sont larges1 profondes2 la nef longue et dpourvue de chapelles4 ,les coupes et lvations des parties latrales de l'difice rpondent la simplicit du plan2 les contreforts et arcs-boutants1 adrables de conception et de grandeur2 les piles sont paisses1 les fentres suprieures profondment encadres4 ,cet difice a toute la force de la cathdrale de ,chartres1 sans en avoir la lourdeur2 il runit enfin les vritables conditions de la beaut dans les arts1 la puissance et la grce2 il est d'ailleurs construit en beaux matriaux1 savamment appareills1 et on retrouve dans toutes ses parties un soin et une recherche fort rares une poque o l'on btissait avec une grande rapidit et souvent avec des ressources insuffisantes4 ,ce ne fut gure qu'en #abdj que l'on continua les parties suprieures du choeur1 que l'on commena les premires traves de la nef et la faade4 ,celle-ci ne fut acheve1 sauf les deux flches des deux tours occidentales1 que vers le commencement du ,x,i,ve sicle2 on y travaillait encore pendant le ,x,ve sicle1 mais en suivant les dispositions et dtails des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,un clotre s'levait au nord de la nef et du transsept2 et c'tait probablement pour donner entre dans ce clotre qu'avait t faite la porte ouverte dans la trave de droite du pignon nord1 porte dont nous avons parl tout l'heure4 ,deux autres portes publiques furent ouvertes1 dans les deux autres traves de ce pignon1 vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 et richement dcores de voussures1 bas-reliefs et statues#bah4 ,deux tours s'lvent sur la faade occidentale2 quatre tours surmontent les quatre angles des transsepts1 et une tour centrale se dressait1 au centre de l'difice1 sur les quatre piles de la croise4 ,une flche en plomb couronnait le poinon de la croupe du comble au-dessus du sanctuaire4 ,le pignon du transsept sud donnant du ct de l'archevch ne fut jamais perc de grandes portes4 ,on arrivait du palais archipiscopal au choeur par des portes secondaires1 perces dans les soubassements de ce pignon 7voyez le plan74 ,pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 de petites chapelles furent bties du ct nord1 entre les contreforts de la nef et dans l'intervalle laiss par le clotre2 mais ces petites chapelles1 qui ne dpassent pas l'appui des fentres1 ne drangent en rien l'ordonnance intrieure du vaisseau2 elles ne s'ouvrent1 dans le bas-ct1 que par de petites portes4 ,si les projets de ,robert de ,coucy furent modifis1 c'est surtout dans la construction de la faade occidentale1 qui prsente tous les caractres de l'architecture la plus riche de la seconde moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,comme dcoration1 elle se relie encore aux faces latrales par ces admirables couronnements de contreforts dans lesquels sont places des statues colossales4 ,mais la multiplicit des dtails nuit l'ensemble2 cette faade1 quelque belle qu'elle soit1 n'a pas la grandeur des faces latrales4 ,l'archivolte de la porte principale vient entamer la base des contreforts intermdiaires1 ce qui tourmente l'oeil2 les nus1 les parties tranquilles font dfaut4 ,cependant1 et telle qu'elle est1 la faade occidentale de la cathdrale de ,reims est une des plus splendides conceptions du ,x,i,i,ie sicle2 elle a pour nous1 d'ailleurs1 l'avantage d'tre la seule4 ,notre-,dame de ,paris est encore une faade de l'poque de transition4 ,il en est de mme ,laon4 ,nous ne pouvons considrer ces portails comme appartenant au style purement ogival4 ,amiens n'a qu'une faade tronque1 non termine1 sur laquelle des poques diffrentes sont venues se superposer4 ,chartres n'est qu'une runion de fragments4 ,bourges et ,rouen sont des mlanges de styles de trois et quatre sicles4 ,les faades de ,bayeux1 de ,coutances1 de ,soissons1 de ,noyon1 de ,sens1 de ,sez1 sont restes inacheves1 ont t dnatures1 ou prsentent des amas de constructions sans ensemble1 leves successivement sans projet arrt4 ,la faade principale de ,notre-,dame de ,reims1 malgr cet excs de richesse1 a donc pour nous l'avantage de nous donner une conception franche en style ogival1 et1 sous ce point de vue1 elle mrite toute l'attention des architectes4 ,son iconographie est complte1 et ce fait seul est d'une grande importance4 ,mais nous reviendrons sur cette partie de la dcoration des cathdrales4 ,afin de donner une ide de ce que devait tre une cathdrale du ,x,i,i,ie sicle1 complte1 acheve telle qu'elle avait t conue1 nous donnons ici 7#ah7 une vue cavalire d'un difice de cette poque1 excute d'aprs le type adopt ,reims4 ,faisant bon march des dtails1 auxquels nous n'attachons pas ici d'importance1 on peut admettre que le monument projet par ,robert de ,coucy devait prsenter cet ensemble1 si ce n'est que les flches occidentales ne furent jamais termines et que les flches centrale et des transsepts taient en bois et plomb4 ,le #bd juillet #adha1 des ouvriers plombiers1 dont les noms nous sont rests#bai1 mirent le feu la toiture par ngligence4 ,l'incendie dvora toutes les charpentes4 ,c'tait1 autour de l'difice1 un tel dluge de plomb1 que l'on ne pouvait en approcher pour porter secours4 ,le dvouement des ,rmois ne put matriser le flau1 et ce fut une veritable dsolation non-seulement dans la province1 mais dans la ,france1 entire4 ,louis ,,xi prit fort mal la nouvelle de ce sinistre1 qu'on lui apporta au ,plessis-ls-,tours2 il fut question de remplacer le chapitre par des moines#bbj4 ,quels que fussent les sacrifices que s'imposrent le chapitre et l'archevque1 les dons royaux1 qui furent considrables1 on ne put songer rtablir le monument dans l'tat o il tait avant l'incendie4 ,la sve qui1 au ,x,i,i,ie sicle1 se rpandait dans ces grands corps tait puise4 ,on dut se borner refaire la charpente1 les galeries suprieures1 les pignons1 rparer les tours du portail et raser les quatre tours des transsepts au niveau du pied du grand comble4 ,c'est dans cet tat que nous trouvons aujourd'hui ce monument1 si splendide encore malgr les mutilations qu'il a subies4 ,la cathdrale d',amiens1 dvaste par le feu et les invasions normandes1 en #hej1 #ajai et #aajg1 fut totalement dtruite par un incendie en #abah4 ,en #abbj1 ,evrard de ,fouilloy1 quarante-cinquime vque d',amiens1 fit jeter les fondements de la cathdrale actuelle4 ,le matre de l'oeuvre tait ,robert de ,luzarches4 ,l'vque picard alla chercher son architecte dans l',ile de ,france4 ,les nouvelles constructions furent commences par la nef2 probablement les restes de l'ancien choeur furent conservs provisoirement afin de ne pas interrompre le culte4 ,en #abbc1 l'vque ,evrard mourut2 les fondations taient acheves sous la nef1 et probablement le pignon du transsept sud tait lev de quelques mtres au-dessus du sol4 ,sous l'piscopat du successeur de l'vque ,evrard1 ,geoffroy d',eu1 nous voyons dj les travaux confis un second architecte1 ,thomas de ,cormont4 ,robert de ,luzarches n'avait pu que laisser les plans de l'difice qu'il avait fond4 ,le second matre de l'oeuvre leva les constructions de la nef jusqu' la naissance des grandes votes2 nous arrivons alors l'anne #abbh4 ,son fils1 ,renault de ,cormont1 continua l'oeuvre et passe pour l'avoir acheve en #abhh1 ce qui n'est gure admissible1 si nous observons les diffrences profondes de style qui existent entre le rez-de-chausse et les parties hautes du choeur4 ,en #abcg1 l'vque ,geoffroy mourut2 son successeur ,arnoult termina les votes de la nef et fit lever sur la partie centrale de la croise une tour de pierre surmonte d'une flche en bois et plomb4 ,ce fut probablement aussi cet vque qui fit lever les chapelles du choeur#bba4 ,en #abdj1 l'vque ,arnoult avait pouss les travaux avec une telle activit que les fonds taient puiss2 il fallut suspendre les constructions et amasser de nouvelles sommes4 ,en #abeh1 un incendie consuma les charpentes des chapelles de l'abside2 on voit parfaitement1 encore aujourd'hui1 les traces de ce sinistre au-dessus des votes de ces chapelles4 ,ce dsastre dut contribuer encore ralentir l'achvement du choeur4 ,il est certain que le triforium de l'abside1 et par consquent toute l'oeuvre haute1 ne fut commenc qu'aprs cet incendie1 car1 sur les pierres calcines en #abeh1 sont poses les premires assises parfaitement pures de ce triforium4 ,les successeurs d',arnoult1 ,grard ou ,evrard de ,couchy 7pour ,c,oucy7 et ,alaume de ,neuilly1 ne purent que runir les fonds ncessaires la continuation des travaux4 ,amiens1 comme partout ailleurs1 les populations montraient moins d'empressement voir terminer le monument de la cit2 on mit un temps assez long recueillir les dons ncessaires l'achvement du choeur1 et ces dons ne furent pas assez abondants pour permettre de dployer dans cette construction la grandeur et le luxe que l'on trouve dans la nef et les chapelles absidales4 ,en #abfi1 cet vque faisait placer les verrires des fentres hautes du choeur#bbb1 et son successeur1 ,guillaume de ,mcon1 en #abhh1 mit la dernire main aux votes et parties suprieures du chevet4 ,en construisant la nef1 de #abbj #abbh1 on avait voulu clore1 avant tout1 le vaisseau1 et on ne s'tait pas proccup de la faade laisse en arrachement4 ,la porte centrale seule avait t perce au bas du pignon et la rose suprieure ouverte4 ,ce ne fut gure qu'en #abch1 lorsqu'une nouvelle impulsion fut donne aux travaux par l'vque ,arnoult1 que l'on songea terminer la faade occidentale4 ,mais dj1 probablement1 on pressentait l'puisement des ressources1 si abondantes pendant le rgne de ,philippe-,auguste1 et les projets primitifs furent restreints4 ,l'examen de l'difice ne peut laisser de doutes cet gard4 ,en jetant les yeux sur le plan 7fig4 #ai7 nous voyons une ligne ,e ,f tire paralllement au pignon du portail2 c'est la limite de l'arrachement de l'ancienne faade projete contre lequel on est venu plaquer le portail actuel4 ,de cette modification au projet primitif1 il rsulte que les deux tours ,g ,h1 au lieu d'tre leves sur un plan carr comme toutes les tours des cathdrales de cette poque1 sont barlongues1 moins paisses que larges2 ce ne sont que des moitis de tours dans toute leur hauteur1 et les deux contreforts1 qui devaient se trouver1 latralement1 dans les milieux de ces tours1 sont devenus contreforts d'angles4 ,la preuve la plus certaine de cette moditication apporte au projet de ,robert de ,luzarches1 c'est que les fondations existent sous le primtre total des tours telles qu'elles sont indiques sur le plan prsent ici4 ,de la faade primitive1 il ne reste que le trumeau et les deux pieds-droits de la porte centrale1 sur lesquels sont sculptes les vierges sages et folles1 et l'entourage de la grande rose perce sous la matresse vote4 ,les trois porches1 si remarquables d'ailleurs1 les pinacles qui les surmontent1 la galerie jour et la galerie des rois1 datent de #abdj environ1 ainsi que l'tage infrieur des tours4 ,quant aux parties suprieures de ces tours et la galerie entre deux1 ce sont des constructions successivement leves pendant le ,x,i,ve sicle4 ,ce fut aussi pendant le ,x,i,ve sicle que l'on ferma les parties suprieures des pignons des deux transsepts qui probablement taient restes inacheves1 et que l'on construisit des chapelles entre les contreforts de la nef1 adjonction funeste la conservation de l'difice et qui dtruisit l'unit et la grandeur de cet admirable vaisseau4 ,le ,x,i,ve sicle vit encore excuter les balustrades suprieures du choeur et de la nef4 ,les balustrades des chapelles et les meneaux des deux roses occidentale et mridionale1 la consolidation de la rose septentrionale furent entrepris au commencement du ,x,v,ie sicle4 ,le clocher central en pierre et charpente1 pos sur les quatre piliers de la croise1 sous l'piscopat d',arnoult1 vers #abdj1 fut dtruit par la foudre le #ae juillet #aebg4 ,on craignit un instant que le sinistre ne s'tendt toute la cathdrale2 heureusement les progrs du feu furent promptement arrts1 grce au dvouement des habitants d',amiens4 ,ce fut en #aebi que fut reconstruite la flche actuelle1 en charpente recouverte de plomb1 par deux charpentiers picards1 ,louis ,cordon et ,simon ,taneau 7voy4 ,,fl,,che74 ,nous avons dit que ,robert de ,luzarches avait pu voir non-seulement les fondations de sa cathdrale1 mais aussi quelques mtres du pignon du transsept sud1 levs au-dessus du sol4 ,en effet1 le portail perc la base de ce pignon1 dit portail de la ,vierge dore1 prsente des dtails d'architecture plus anciens que tous ceux des autres parties de l'difice2 ce portail fut cependant remani vers #abej2 le tympan et les voussures datent de cette poque et furent reposs aprs coup sur les pieds-droits et le trumeau du commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,la ,vierge qui dcore ce trumeau ne peut tre antrieure #abej2 le trumeau fut lui-mme alors doubl l'intrieur1 afin de recevoir une dcoration en placage qui n'existait pas dans l'origine4 ,le plan de la cathdrale d',amiens n'indique pas que les premiers matres de l'oeuvre aient eu la pense d'lever1 comme ,chartres1 ,laon et ,reims1 quatre tours aux angles des transsepts2 de sorte que nous voyons aujourd'hui la cathdrale d',amiens peu prs telle qu'elle fut originairement conue1 si ce n'est que les deux tours de la faade eussent d avoir une base plus large et une beaucoup plus grande hauteur4 ,cependant on remarque sur ce plan les escaliers poss l'extrmit des doubles bas-cts du choeur1 et prcdant les chapelles4 ,ces escaliers sont comme un dernier reflet des tours places sur ces points dans les glises normandes1 et qui1 comme nous l'avons dit1 se voient encore ,chartres4 ,nous les retrouvons dans les cathdrales de ,beauvais1 de ,cologne1 de ,narbonne1 de ,limoges1 qui sont toutes des filles de la cathdrale d',amiens4 ,du ct du nord s'levaient les anciens btiments de l'vch1 qui taient mis en communication avec la cathdrale par la grande porte du pignon septentrional et par une petite porte perce sous l'appui de la fentre de la premire trave du bas-ct4 ,sur le flanc nord du choeur tait place une sacristie avec trsor au-dessus4 ,un clotre du ,x,i,ve sicle1 dans les galeries duquel on entrait par les deux chapelles ,a et ,b1 pourtournait le rond-point irrgulirement1 en suivant les sinuosits donnes par d'anciens terrassements4 ,en ,d sont places des dpendances et une chapelle1 ancienne salle capitulaire qui date galement de la premire moiti du ,x,i,ve sicle4 ,ce clotre et la chapelle taient dsigns sous la dnomination de clotre et chapelle ,macabre1 des ,macabrs1 et1 par corruption1 des ,machabes4 ,les arcades vitres de ce clotre1 ou peut-tre les murs1 taient probablement dcors autrefois de peintures reprsentant la danse macabre#bbc4 ,voici 7#bj7 la coupe transversale de la nef de cette immense glise1 la plus vaste des cathdrales franaises1 dont le plan couvre une surface1 tant vides que pleins1 de #hjjj mtres environ#bbd4 ,il est intressant de comparer les deux coupes transversales des cathdrales de ,reims et d',amiens4 ,la nef de la cathdrale d',amiens1 leve rapidement d'un seul jet1 dix ans environ avant celle de ,reims1 prsente une construction plus lgre1 mieux entendue4 ,reims1 non-seulement dans le plan et les parties infrieures de l'difice on retrouve encore quelques traces des traditions romanes1 mais dans la coupe de la nef il y a un luxe d'paisseurs de piles qui indique1 chez les constructeurs1 une certaine apprhension4 ,reims 7voy4 fig4 #ad71 les arcs-boutants sont placs trop haut2 on ne comprend pas1 par exemple1 quelle est la fonction du deuxime arc4 ,le triforium est petit1 mesquin2 les arcs doubleaux1 afin de diminuer la pousse des votes1 sont trop aigus1 et prennent1 par consquent1 trop de hauteur2 leur importance donne de la lourdeur la nef principale2 il semble que ces votes1 qui occupent une norme surface1 vous touffent4 ,la construction proccupe4 ,dans la nef d',amiens1 au contraire1 on respire l'aise2 peine si l'on songe aux piles1 aux constructions2 on ne voit pas1 pour ainsi dire1 le monument2 c'est comme un grand rservoir d'air et de lumire4 ,bien que la cathdrale de ,reims soit un difice ogival1 on y sent encore l'empreinte du monument antique2 que cette influence soit due au gnie de ,robert de ,coucy1 ou aux restes d'difices romains rpandus sur le sol de ,reims1 elle n'en est pas moins sensible4 ,la cathdrale d',amiens1 comme plan et comme structure1 est l'glise ogivale par excellence4 ,en examinant la coupe 7fig4 #bj71 on n'y trouve nulle part d'excs de force#bbe4 ,les piles des bas-cts1 plus hautes que celles de ,reims1 ont prs d'un tiers de moins d'paisseur4 ,le triforium ,b est lanc et permet de donner aux combles des bas-cts une forte inclinaison4 ,les arcs-boutants sont parfaitement placs de faon contrebutter la grande vote4 ,la charge sur les piles infrieures est diminue par l'videment des contreforts adosss aux piles suprieures2 les arcs doubleaux sont moins aigus que ceux de ,reims4 ,on ne voit plus1 au sommet de la nef d',amiens1 cette masse norme de maonnerie1 qui n'a d'autre but que de charger les piles afin d'arrter la pousse des votes4 ,ici1 toute la solidit rside dans la disposition des arcs-boutants et l'paisseur des cules ou contreforts ,a4 ,cependant cette nef1 dont la hauteur est de #dbm1#ej sous clef1 et la largeur d'axe en axe des piles de #adm1#fj1 ne s'est ni dforme1 ni dverse4 ,la construction n'a subi aucune altration sensible2 elle est faite pour durer encore des sicles1 pour peu que les moyens d'coulement des eaux soient maintenus en bon tat4 ,amiens1 les murs ont disparu2 derrire la claire-voie du triforium en ,c1 ce n'est qu'une cloison de pierre1 rendue plus lgre encore par des arcs de dcharge2 sous les fentres basses en ,d1 ce n'est qu'un appui vid par une arcature2 au-dessus des fentres suprieures en ,e1 il n'y a qu'une corniche et un chneau1 partout entre la lumire4 ,les eaux du grand comble s'coulent simplement1 facilement et par le plus court chemin1 sur les chaperons des arcs-boutants suprieurs4 ,celles reues par les combles des collatraux sont dverses droite et gauche des contreforts par des gargouilles#bbf4 ,il est difficile de voir une construction plus simple et plus conomique1 eu gard sa dimension et l'effet qu'elle produit4 ,dans les parties hautes du choeur de la cathdrale d',amiens1 on voulut pousser le principe si simple1 adopt pour la nef1 aux dernires limites1 et on dpassa le but4 ,lorsque la construction de l'oeuvre haute du choeur fut reprise aprs une interruption de prs de vingt ans1 on avait dj1 dans l'glise de l'abbaye de ,saint-,denis1 dans les cathdrales de ,troyes et mme de ,beauvais1 adopt le systme des galeries de premier tage claire voie prenant des jours extrieurs4 ,le triforium se trouvait ainsi participer des grandes fentres suprieures et prolongeait leurs ajours et leur riche dcoration de verrires jusqu'au niveau de l'appui de la galerie4 ,ce parti tait trop sduisant pour ne pas tre adopt par l'architecte du haut choeur d',amiens4 ,mais examinons d'abord le plan de cette partie de l'difice1 qui sortait de terre seulement un peu avant #abdj1 c'est--dire au moment o l'on commenait aussi la ,sainte-,chapelle du ,palais ,paris#bbg4 ,on reconnat1 dans le plan du choeur de ,notre-,dame d',amiens1 une main savante2 l1 plus de ttonnements1 d'incertitudes2 aussi1 nos lecteurs ne nous sauront pas mauvais gr de leur faire connatre la faon de procder employe par le troisime matre de l'oeuvre de la cathdrale d',amiens1 ,renault de ,cormont1 pour tracer le rez-de-chausse du plan de l'abside4 ,soit ,a ,b la ligne de base de la moiti de l'abside 7fig4 #ba72 les espaces ,a ,c1 ,c ,b les cartements des axes des ranges de piles2 soit la ligne ,a ,x l'axe longitudinal du vaisseau4 ,sur cette ligne d'axe1 le traceur a commenc par poser le centre ,o #bm1#ej de la ligne ,a ,b2 les deux cercles ,c ,e1 ,b ,d ont t tracs en prenant comme rayons les lignes ,o ,c1 ,o ,b4 ,l'arc de cercle1 dont ,b ,o est la moiti1 a t divis en sept parties gales2 le rayon ,f ,o prolong a t tir2 ce rayon vient couper l'arc ,c ,e au point d'intersection du prolongement de l'axe ,c ,c'2 et1 passant par le centre ,o1 rencontre le point correspondant ,c4 ,comment le traceur aurait-il obtenu ce rsultat8 ,est-ce par des ttonnements ou par un moyen gomtrique8 ,les cts ,b ,f ,g ,h n'appartiennent pas un polygone divisant le cercle en parties gales4 ,il y a lieu de croire que c'est le trac primitif de l'abside qui a command l'ouverture de la nef principale1 et que ,renault de ,cormont n'a fait que suivre1 quant la plantation de cette abside1 ce que ses prdcesseurs avaient trac sur l'pure#bbh4 ,si le trac de l'abside n'avait pas command l'espace ,a ,c1 le hasard n'aurait pu faire que le point d'intersection de la ligne ,f ,o1 se prolongeant jusqu'au point correspondant ,c avec l'axe ,c ,c'1 se rencontrt sur l'arc ,c ,e4 ,il est donc vraisemblable que la largeur ,a ,b tant donne1 le centre ,o a t pos sur le grand axe2 que le grand arc de cercle ,b ,d a t trac et divis en sept parties1 et que le prolongement du rayon ,f ,o a donn1 par son intersection avec la ligne ,a ,b1 la largeur ,a ,c de la nef centrale4 ,ds lors1 traant l'arc ,c ,e1 la perpendiculaire ,c ,c' devait ncessairement rencontrer le rayon ,f ,o sur un point ,k de ce cercle1 qui devenait le centre de la deuxime pile du rond-point4 ,il ne faut pas oublier1 d'ailleurs1 que1 gnralement1 la construction des cathdrales tait commence par le choeur4 ,amiens fait exception2 mais tous les tracs et la plantation avaient d tre prpars par ,robert de ,luzarches1 le premier architecte4 ,quoi qu'il en soit1 ce fait indique clairement que les tracs de cathdrales taient commencs par le rond-point2 c'tait la disposition de l'abside qui commandait l'cartement relatif des piles de la nef et des bas-cts4 ,les rayons ,g ,o1 ,h ,o tirs donnaient1 par leur rencontre avec le petit arc ,c ,e1 les centres des autres piles du sanctuaire4 ,quant aux chapelles1 celles de la cathdrale d',amiens prsentent cinq cts d'un octogone rgulier4 ,voici comment on s'y prit pour les tracer3 la ligne ,n ,p1 axe de la chapelle1 tant tire1 les lignes ,g ,g'1 ,f ,f' ont t conduites parallles cet axe4 ,la base ,f ,g du polygone tant recule pour dgager la pile1 la ligne ,l ,m a t tire1 divisant en deux angles gaux l'angle droit ,f' ,l ,s4 ,l'angle ,m ,l ,s a t divis en deux angles gaux par une ligne ,l ,r4 ,l'intersection de cette ligne ,l ,r avec l'axe ,n ,p est le centre ,t de l'octogone4 ,les lignes ,t ,r1 ,t ,m1 ,t ,z1 ,t ,f' donnent la projection horizontale de quatre des arcs de la vote4 ,il en est de mme des lignes ,o ,c1 ,o ,k ,f1 ,o ,g1 etc4 ,pour tracer les arcs ogives des votes des bas-cts1 soit ,i le devant de la pile sparative des chapelles1 la ligne ,i ,i' a t divise en deux parties gales1 et1 prenant ,o ,j comme rayon1 un cercle a t dcrit4 ,la rencontre de ce cercle avec les axes des chapelles a donn le centre des clefs des votes 7voy4 ,,vo,,te74 ,voulant avoir une chapelle plus profonde que les six autres dans l'axe1 on a pris la distance ,h ,u sur le prolongement de la ligne tire du point ,h paralllement au grand axe2 puis1 partir du point ,u1 on a procd comme nous l'avons indiqu partir du point ,l4 ,la fig4 #ba bis prsente le trac des arcs des votes et piles des chapelles1 ainsi que des contreforts extrieurs qui viennent tous s'inscrire dans un grand plateau circulaire en maonnerie ,v ,q1 s'levant d'un mtre environ au-dessus du sol extrieur4 ,tout ce grand ensemble de constructions est admirablement plant1 rgulier1 solide2 les diffrences dans les ouvertures des chapelles sont de trois ou quatre centimtres en moyenne au plus4 ,on voit que ce sont les projections horizontales des arcs des votes qui ont command la disposition du plan 7voy4 ,,chapelle1 ,,construction1 ,,pilier1 ,,trav,e1 ,,vo,,te1 pour les dtails de cette partie de la cathdrale d',amiens74 ,la cathdrale d',amiens n'tait pas la seule qui se construisait sur ce plan1 dans cette partie de la ,france1 de #abbj #abfj4 ,beauvais1 en #abbe1 on jetait les fondements d'une glise aussi vaste2 mais la btisse tait1 suivant l'usage ordinaire1 commence1 dans cette dernire ville1 par le choeur2 et le plan de ce choeur vient appuyer l'opinion que nous mettions ci-dessus au sujet du trac de ces monuments1 savoir3 que c'tait le trac du sanctuaire qui donnait la largeur comparative des bas-cts et de la nef centrale4 ,si nous jetons les yeux sur le plan de la cathdrale de ,beauvais 7#bb7bbi1 nous voyons que si la largeur du choeur de la cathdrale de ,beauvais1 compris les bas-cts1 est moindre que celle du choeur de la cathdrale d',amiens1 cependant la largeur du sanctuaire de ,beauvais1 d'axe en axe des piles1 est plus grande que celle d',amiens#bcj4 ,procdant1 pour le trac des parties rayonnantes de l'abside1 comme nous l'avons indiqu fig4 #ba1 le centre tant port ,beauvais1 comme ,amiens1 de #bm1#ej environ sur le grand axe au-del de la ligne de base1 et le cercle extrieur diviser en sept parties gales tant plus petit1 il en rsultait ncessairement 7ces divisions n'tant pas d'ailleurs les cts de polygones rguliers7 que le rayon1 passant par la premire de ces divisions et le centre1 venait couper la ligne de base une distance plus grande du grand axe4 ,une figure fera comprendre ce que nous voulons dire3 soit 7#bc7 la ligne de base ,a ,b1 le grand axe ,c ,d2 ,o le point de centre1 traant deux arcs de cercle ,a ,d ,b1 ,g ,f ,e4 ,si nous divisons chacun de ces arcs de cercle en sept parties gales1 le rayon ,h ,o1 tir du point diviseur ,h de l'arc du grand cercle prolong1 viendra couper la corde ,a ,b au point ,k2 tandis que le rayon1 tir du point diviseur ,i de l'arc du petit cercle prolong1 viendra couper cette mme corde en ,l4 ,d'o l'on doit conclure1 si nous suivons la mthode adopte par les architectes des cathdrales d',amiens et de ,beauvais1 pour tracer une abside avec bas-cts et chapelles rayonnantes1 que le centre de l'abside tant fix une distance invariable de la ligne de base sur le grand axe1 la largeur du sanctuaire sera en raison inverse de la largeur totale comprise entre les axes des piles extrieures des bas-cts1 du moment que la portion du cercle absidal sera divise en sept parties4 ,nous avons vu1 dans le plan de l'abside de la cathdrale de ,chartres 7fig4 #ab71 que les chapelles sont mal plantes2 les arcs-boutants ne sont pas placs sur le prolongement de la ligne de projection horizontale des arcs rayonnants du sanctuaire2 que l'on trouve encore l les suites d'une hsitation1 des ttonnements4 ,rien de pareil ,amiens et ,beauvais2 la position des arcs-boutants venant porter sur les massifs entre les chapelles rayonnantes est parfaitement indique par le prolongement des rayons tendant au centre de l'abside4 ,amiens1 ,beauvais1 on ne rencontre aucune irrgularit dans la plantation des constructions absidales4 ,l'architecte de la cathdrale de ,beauvais avait voulu surpasser l'oeuvre des successeurs de ,robert de ,luzarches4 ,non-seulement 7fig4 #bb7 il avait tent de donner plus de largeur au sanctuaire de son glise1 mais il avait pens pouvoir donner aussi une plus grande ouverture aux arcades parallles du choeur1 en n'levant que trois traves au lieu de quatre entre le rond-point et la croise4 ,aux angles des transsepts1 il projetait certainement quatre tours1 sans compter la tour centrale qui fut btie4 ,ses chapelles absidales1 moins grandes que celles d',amiens et moins leves1 laissrent1 entre leurs votes et celles des bas-cts1 rgner un triforium avec fentres au-dessus#bca4 ,en lvation1 il donna plus de hauteur ses constructions centrales1 et surtout plus de lgret4 ,ses efforts ne furent pas couronns de succs2 la construction du choeur tait peine acheve avec les quatre piles de la croise et la tour centrale1 que cette construction1 trop lgre1 et dont l'excution tait d'ailleurs nglige1 s'croula en partie4 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 des piles durent tre intercales entre les piles des trois traves du choeur 7fig4 #bb7 en ,a1 en ,b et en ,c 7voy4 ,,construction74 ,une sacristie fut leve en ,d comme ,amiens1 et ce ne fut qu'au commencement du ,x,v,ie sicle que l'on put songer terminer ce grand monument4 ,toutefois1 ces dernires constructions ne purent s'tendre au del des transsepts1 ainsi que l'indique notre plan2 les guerres religieuses arrtrent tout jamais leur achvement#bcb4 ,la cathdrale d',amiens et celle de ,beauvais produisirent un troisime difice1 dans l'excution duquel on profita avec succs des efforts tents1 par les architectes de ces deux monuments2 nous voulons parler de la cathdrale de ,cologne4 ,nous avons vu que le choeur de la cathdrale d',amiens avait d tre commenc de #abce #abdj2 celui de la cathdrale de ,beauvais fut fond en #abbe2 mais nous devons avouer que nous ne voyons1 dans les parties moyennes de cet difice1 rien qui puisse tre antrieur #abdj2 cependant1 en #abgb1 ce choeur tait achev1 puisqu'on s'occupait dj1 cette poque1 de relever les votes croules4 ,en #abdh1 on commenait la construction du choeur de la cathdrale de ,cologne#bcc2 en #acbb1 ce choeur tait consacr4 ,on a prtendu que les projets primitifs de la cathdrale de ,cologne avaient t rigoureusement suivis lors de la continuation de ce vaste difice2 si cette conjecture n'est pas admissible dans l'excution des dtails architectoniques1 nous la croyons fonde en ce qui touche aux dispositions gnrales4 ,voici le plan de cette cathdrale 7#bd7bcd4 ,si nous comparons ce plan avec ceux d',amiens et de ,beauvais1 nous voyons entre eux trois un degr de parent incontestable2 non-seulement les dispositions1 mais les dimensions sont peu de chose prs les mmes4 ,amiens1 si ce n'est la chapelle de la ,vierge qui fait exception1 nous voyons le choeur compos de quatre traves parallles comme ,cologne2 dans l'une et l'autre glise1 les bas-cts sont doubles en avant des chapelles absidales2 ils se retournent dans les transsepts4 ,la diffrence la plus remarquable entre ces deux difices consiste dans les transsepts et la nef4 ,la nef du dme de ,cologne possde quatre collatraux2 celle de la cathdrale d',amiens n'en possde que deux4 ,les transsepts1 ,cologne1 se composent de quatre traves chacun1 ceux d',amiens n'en ont que trois4 ,beauvais1 la nef du ,x,i,i,ie sicle devait-elle avoir quatre bas-cts8 c'est ce que nous ne pourrions affirmer2 mais le plan des chapelles absidales de ,cologne semble calqu sur celui de ,beauvais4 ,cependant l'architecte du dme de ,cologne avait largi ses bas-cts et donn plus de force aux contreforts extrieurs2 il s'tait cart de la rgle suivie ,amiens et ,beauvais1 pour le trac de la grande vote du rond-point2 il avait su viter les tmrits qui causrent la ruine du choeur de ,beauvais2 si ses lvations et ses coupes se rapprochent de celles d',amiens1 elles s'loignent de celles de ,beauvais4 ,de ces trois choeurs levs en mme temps1 ou peut s'en faut1 celui de ,cologne est certainement le moins ancien2 et le matre de l'oeuvre de ce dernier monument sut profiter des belles dispositions adoptes ,beauvais et ,amiens1 en vitant les dfauts dans lesquels ses deux devanciers taient tombs4 ,mais1 nous devons le dire1 malgr la perfection d'excution du choeur de la cathdrale de ,cologne1 malgr la science pratique dploye par le constructeur de cet difice1 dans lequel il ne se manifesta aucun mouvement srieux1 la conception du choeur de ,beauvais nous parat suprieure4 ,si l'architecte du choeur de ,beauvais avait pu disposer de moyens assez puissants1 de matriaux d'un fort volume2 s'il n'et pas t contraint1 par le manque vident de ressources financires1 d'employer des procds trop au-dessous de l'oeuvre projete2 s'il n'et pas t gn par l'emplacement trop troit qui lui tait donn1 il et accompli une oeuvre incomparable2 car ce n'est pas par la thorie que pche la construction du choeur de la cathdrale de ,beauvais1 mais par l'excution1 qui est mdiocre1 pauvre4 ,n'oublions pas que la cathdrale de ,beauvais fut commence au moment o dj s'tait ralenti le mouvement politique et religieux qui avait provoqu l'excution des grandes cathdrales du ,nord4 ,cet art franais du ,x,i,i,ie sicle arrive si rapidement son dveloppement1 que dj1 vers le milieu de ce sicle1 on sent qu'il touffera l'imagination de l'artiste2 il se rduit souvent des formules qui tiennent plus de la science que de l'inspiration2 il tend devenir banal4 ,des ttonnements1 il tombe presque sans transition dans la rigueur mathmatique4 ,le moment pendant lequel on peut le saisir est compris entre des essais dans lesquels on sent une surabondance de force et d'imagination1 et un formulaire toujours logique1 mais souvent sec et froid4 ,cela tient non pas seulement aux arts de cette poque1 mais l'esprit de notre pays1 qui tombe sans cesse des excs de l'imagination dans l'excs de la mthode1 de la rgle2 qui1 aprs s'tre passionn pour les formes extrieures de l'art1 se passionne pour un principe abstrait2 qui1 pour tout dire en un mot1 ne sait se maintenir dans le juste milieu en toutes choses4 ,on nous a rpt bien des fois que nous tions latins3 par la langue1 nous en tombons d'accord2 par l'esprit1 nous penchons plutt vers les ,athniens4 ,comme eux1 une fois au pied de l'chelle1 nous arrivons promptement au sommet1 non pour nous y tenir1 mais pour en descendre4 ,si nous passons en revue l'histoire des arts de tous les peuples 7qui ont eu des arts71 nous ne trouverons nulle part1 si ce n'est ,athnes et dans le coin de l',occident que nous occupons1 ce besoin incessant de faire pencher les plateaux de la balance tantt d'un ct1 tantt de l'autre1 sans jamais les maintenir en quilibre4 ,ce qu'on a toujours paru redouter le plus en ,france1 c'est l'immobilit2 au besoin de mouvement1 l'on a sacrifi de tout temps1 chez nous1 le vrai et le bien1 lorsque par hasard on y tait arriv4 ,et pour ne pas sortir des questions d'art1 nous avons toujours fait succder une priode d'invention1 de recherche1 de dveloppement de l'imagination1 de posie1 si l'on veut1 une priode de raisonnement2 aux garements de la fantaisie et de la libert1 la rgle absolue4 ,de l'architecture si varie et si pleine d'invention du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 de cette voie si large qui permettait l'esprit d'arriver toutes les applications de l'art1 on se jette tout coup dans la science pure1 dans une suite de dductions imprieuses qui font passer cet art des mains des artistes inspirs aux mains des appareilleurs4 ,des abus de ce prinpipe naissent les architectes de la renaissance1 ceux-ci laissent pleine carrire leur imagination2 la fantaisie rgne en matresse absolue2 mais bientt1 s'appuyant sur une interprtation judaque de l'architecture antique1 on veut tre plus ,romain que les ,romains1 on circonscrit l'art de l'architecture dans la connaissance des ordres1 soumis des rgles imprieuses que les anciens se gardrent bien de reconnatre#bce4 ,cependant1 les excs en ,france sont presque toujours couverts d'un vernis1 d'une sorte d'enveloppe qui les rend supportables2 on appellera cela le got si l'on veut4 ,on arrive promptement l'abus1 et l'abus persiste parce qu'on le rend presque toujours sduisant4 ,l'architecture franaise tait en chemin1 ds le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 de franchir en peu de temps les limites du possible2 cependant on s'arrte aux hardiesses1 on n'atteint pas l'extravagance4 ,l'architecte du choeur de la cathdrale de ,beauvais1 si ce monument et t excut avec soin1 ft arriv1 cinquante ans aprs l'inauguration de l'art ogival1 produire tout ce que cet art peut produire2 il est croire que les fautes qu'il commit dans l'excution arrtrent l'lan de ses confrres3 il y eut raction2 partir de ce moment1 l'imagination cde le pas aux calculs1 et les constructions religieuses qui s'lvent la fin du ,x,i,i,ie sicle sont l'expression d'un art arriv sa maturit1 bas sur l'exprience et le raisonnement1 et qui n'a plus rien trouver4 ,mais avant de donner des exemples de ces derniers monuments1 nous ne pouvons omettre de parler de certaines cathdrales qui doivent tre classes part4 ,nous avons d'abord fait connatre les difices de premier ordre levs pendant une priode de soixante ans environ1 pour satisfaire aux besoins nouveaux du clerg et des populations1 dans des villes riches1 et au moyen de ressources considrables4 ,mais si l'entranement qui portait les vques rebtir leurs cathdrales tait le mme sur toute la surface du domaine royal et des provinces les plus voisines1 les ressources n'taient pas1 beaucoup prs1 gales dans tous les diocses4 ,pendant que ,reims1 ,chartres et ,amiens levaient leur glise mre sur de vastes plans1 aprs en avoir assur la dure par des travaux prliminaires excuts avec un grand luxe de prcautions1 d'autres diocses1 entours de populations moins favorises1 moins riches1 en se laissant entraner dans le mouvement irrsistible de cette poque1 ne pouvaient runir des sommes en rapport avec la grandeur des entreprises1 quelle que ft d'ailleurs la bonne volont des fidles4 ,de ce besoin de construire des glises vastes avec des moyens insuffisants1 il rsultait des difices qui ne pouvaient prsenter des garanties de dure4 ,pour pouvoir lever1 au moins partiellement1 les constructions sans puiser toutes les ressources disponibles ds les premiers travaux1 on se passait de fondations1 ou bien on les tablissait avec tant de parcimonie1 qu'elles n'offraient aucune stabilit4 ,lorsqu'on a vu comme sont fondes les cathdrales de ,paris1 de ,reims1 de ,chartres ou d',amiens1 on ne peut admettre que les matres des oeuvres des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles ne fussent pas experts dans la connaissance de ces lments de la construction4 ,mais tel vque voulait une cathdrale vaste1 promptement leve1 qui pt rivaliser avec celles des diocses voisins1 et ses ressources taient proportionnellement minimes2 il n'entendait pas qu'on enfout sous le sol une grande partie de ces sommes runies grande peine1 il fallait paratre2 le matre de l'oeuvre se contentait de jeter1 dans des tranches mal faites1 du mauvais moellon que l'on pilonnait2 puis il levait la hte1 sur cette base peu rsistante1 un grand difice4 ,habile encore dans son imprudence1 il achevait son oeuvre4 ,ces derniers monuments ne sont pas les moins intressants tudier1 car ils prouvent1 beaucoup mieux que ceux levs avec luxe1 deux choses3 la premire1 c'est que le nouveau systme d'architecture adopt par l'cole laque se prtait ces imperfections d'excution1 et pouvait1 la rigueur1 se passer de prcautions regardes comme ncessaires2 la seconde1 que1 dans des cas pareils1 les matres des oeuvres du moyen ge arrivaient1 par des artifices de construction qui dnotent une grande subtilit et beaucoup d'adresse1 lever peu de frais des difices vastes et d'une grande apparence4 ,si ces difices tombent aujourd'hui1 s'ils ont subi des altrations effrayantes1 ils n'en ont pas moins dur six sicles2 les vques qui les ont btis ont obtenu le rsultat auquel ils tendaient3 eux et leurs successeurs les ont vus debout4 ,parmi les cathdrales qui furent construites dans des conditions aussi dfavorables1 il faut citer en premire ligne la cathdrale de ,troyes4 ,le choeur et les transsepts de la cathdrale de ,troyes1 dont nous prsentons le plan 7#be71 appartiennent1 par leurs dimensions1 un monument du premier ordre4 ,le vaisseau principal n'a pas moins de #adm#ej d'axe en axe2 or1 que l'on compare le plan du choeur de la cathdrale de ,troyes avec celui du choeur de la cathdrale de ,reims1 par exemple1 qui1 dans oeuvre1 est peu prs de la mme dimension comme largeur2 quelle norme diffrence de cube de matriaux rez-de-chausse1 entre ces deux difices4 ,l'architecte de la cathdrale de ,troyes a tabli ce vaste monument sur des fondations composes uniquement de mauvais sable et de dbris de craie2 mais1 avec une connaissance parfaite du dfaut de sa construction1 il a cherch reporter ses pesanteurs sur le milieu du choeur1 en donnant aux piliers intrieurs une assiette comparativement large1 et aux contreforts extrieurs un volume moindre que dans les difices analogues4 ,il esprait ainsi1 en ne chargeant pas le primtre de son monument1 viter le dversement que devait ncessairement produire le poids des contreforts1 augment de la pousse des grandes votes4 ,il va sans dire qu'il ne russit qu'imparfaitement dans l'excution4 ,malgr leur peu de pesanteur1 les contreforts extrieurs se dversrent sous la pression oblique des arcs-boutants1 et1 au ,x,i,ve sicle1 il fallut dj prendre des mesures pour arrter les fcheux effets causs par le vice radical de la construction de la cathdrale de ,troyes4 ,ce n'est pas seulement dans les fondations que l'on remarque l'extrme parcimonie avec laquelle la partie orientale de cet difice fut leve2 en lvation1 tous les membres rsistants et pais de la btisse sont construits en matriaux petits1 ingaux1 d'une mauvaise qualit2 les meneaux1 corniches et colonnes sont seuls en pierre de taille2 les votes sont en craie4 ,le fondateur n'en vit pas moins ce vaste choeur lev2 son but tait atteint4 ,le choeur de la cathdrale de ,troyes est d'ailleurs fort beau comme composition2 l'intrieur on ne s'aperoit pas de cette pauvre excution4 ,la galerie ou triforium est1 comme dans le choeur de la cathdrale d',amiens1 claire-voie1 et toutes les fentres sont garnies de beaux vitraux4 ,la sculpture intrieure est sobre1 mais large et belle2 les chapelles sont d'une heureuse proportion4 ,vers le commencement du ,x,i,ve sicle1 la nef fut leve avec des doubles bas-cts2 peu aprs1 c'est--dire vers le milieu du ,x,i,ve sicle1 des chapelles vinrent encore s'ajouter cette nef4 ,la faade ne fut commence qu'au ,x,v,ie sicle et resta inacheve4 ,ces constructions des ,x,i,ve et ,x,v,ie sicles sont solidement fondes et savamment combines#bcf4 ,le choeur de la cathdrale de ,troyes prsente quelques particularits que nous devons signaler 7fig4 #be74 ,si la chapelle de la ,vierge 7dans l'axe de l'abside7 n'est pas aussi profonde qu' ,amiens1 cependant elle se distingue des quatre autres chapelles absidales2 elle possde deux traves en avant du rond-point au lieu d'une seule4 ,du ct du nord1 deux chapelles plus petites s'ouvrent l'extrmit des bas-cts1 avant les chapelles absidales2 l'une des deux est ouverte dans le second collatral4 ,au sud1 est une sacristie et un double bas-ct termin par une sorte d'abside peu prononce4 ,la grande vote n'est pas trace comme le sont celles d',amiens et de ,beauvais4 ,le centre du rond-point est pos sur le dernier arc doubleau1 et la pousse des arcs artiers est contrebutte par deux demi-arcs ogives franchissant la largeur de la dernire trave4 ,enfin1 si le choeur de la cathdrale de ,troyes est champenois1 bti une poque o cette province n'tait pas encore runie la ,france1 il appartient1 comme architecture1 au domaine royal4 ,sa construction fut certainement confie l'un de ces matres des oeuvres appartenant l'cole des ,thomas de ,cormont1 des architectes qui rebtirent1 au ,x,i,i,ie sicle1 le haut choeur de l'glise abbatiale de ,saint-,denis#bcg1 qui levrent le choeur de la cathdrale de ,tours1 dont nous prsentons ici le plan 7#bf74 ,comparativement aux plans que nous avons donns jusqu' prsent1 celui de la cathdrale de ,tours est petit#bch2 mais les constructions sont excellentes4 ,le triforium est claire-voie comme ceux de ,troyes et d',amiens4 ,tours tait cependant une ville trs-importante au ,x,i,i,ie sicle2 mais nous ne trouvons plus dans les populations des bords de la ,loire cet esprit hardi1 tmraire des populations de l',ile de ,france1 de ,champagne et de ,picardie4 ,plus sages1 plus mesurs1 les riverains de la ,loire n'excutent leurs monuments que dans les limites de leurs ressources4 ,la cathdrale de ,tours1 dans ses dimensions restreintes1 en est un exemple remarquable4 ,ce charmant difice est excut avec un soin tout particulier2 on n'y voit1 dans aucune de ses parties1 de ces ngligences si frquentes dans nos grandes cathdrales du nord4 ,les cathdrales de ,chartres et d',amiens particulirement1 paraissent avoir t leves avec une hte qui tient de la fivre2 il semble1 lorsqu'on parcourt ces difices1 que leurs architectes aient eu le pressentiment du peu de dure de cette impulsion laquelle ils obissaient4 ,tours1 on sent l'tude1 le soin1 la lenteur dans l'excution2 le choeur de la cathdrale est l'oeuvre d'un esprit rassis1 qui possde son art et n'excute qu'en vue des ressources dont il peut disposer4 ,on peut dire que ce gracieux monument suit pas pas les progrs de l'art de son temps2 mais aussi n'y sent-on pas l'inspiration du gnie qui conoit et devance l'excution1 qui anime la pierre1 et la soumet sans cesse de nouvelles ides4 ,il est ncessaire que nous revenions sur nos pas pour reprendre1 sa souche1 une autre branche des grandes constructions religieuses du ,x,i,i,ie sicle4 ,autun1 il existe encore une cathdrale btie vers le milieu du ,x,i,ie sicle2 ce monument rappelle les constructions religieuses de ,cluny2 il avait t lev sous l'influence des glises de cet ordre et des traditions romaines vivantes encore dans cette ville4 ,son plan1 que nous donnons ici 7#bg71 couvre une surface mdiocre comme tendue#bci2 il est d'une grande simplicit2 la nef et les collatraux se terminent par trois absides semi-circulaires2 le vaisseau principal est vot en berceau ogival1 avec arcs doubleaux2 les bas-cts en votes d'artes sans arcs ogives#bdj4 ,un vaste porche1 bti peu de temps aprs la construction de la nef1 la prcde1 comme dans les glises clunisiennes4 ,cet difice en produisit bientt un autre2 c'est la cathdrale de ,langres 7#bh74 ,langres1 le bas-ct pourtourne le sanctuaire2 une seule chapelle existait l'abside#bda2 dans les murs est des croisillons1 s'ouvrent deux petites absides4 ,le rond-point tait encore vot en cul-de-four2 mais1 dans la trave qui le prcde et dans le collatral circulaire1 apparaissent les votes d'artes avec arcs ogives4 ,les fentres et les galeries sont plein cintre2 tous les archivoltes1 formerets et arcs doubleaux1 en tiers point 7voy4 ,,vo,,te74 ,des arcs-boutants1 qui datent de la construction primitive1 contre-buttent les pousses reportes sur les contreforts4 ,le choeur de la cathdrale de ,langres date de la seconde moiti du ,x,i,ie sicle2 la nef1 des dernires annes de ce sicle ou des premires du ,x,i,i,ie4 ,nous prsentons 7#bi7 la coupe transversale de ce monument4 ,en examinant cette coupe1 il est facile de voir qu'il y a l tous les lments d'un art qui se dveloppe1 des dispositions simples et sages4 ,si la cathdrale d',autun1 avec son grand berceau ogival sans arcs-boutants1 n'offrait pas des conditions de stabilit suffisantes#bdb1 ,langres1 le problme tait rsolu1 les conditions de stabilit excellentes4 ,cette cole de constructeurs1 dont nous retrouvons les oeuvres la ,charit-sur-,loire1 dans le porche de ,vzelay1 dans celui de ,cluny1 dans la belle glise de ,montrale 7,yonne71 dans une grande partie du ,lyonnais1 de la ,bourgogne et du fond de la ,champagne1 s'levait paralllement l'cole sortie de l',ile de ,france2 elle fut absorbe par celle-ci4 ,la cathdrale de ,langres est la dernire expression originale de cette branche de l'art ogival issue des provinces du sud-est2 les deux rameaux se rencontrrent ,sens pour se mler et produire un difice d'un caractre particulier1 mais o cependant l'influence franaise prdomine4 ,nous prsentons le plan 7#cj7 de la cathdrale de ,sens#bdc1 termine la fin du ,x,i,ie sicle4 ,en comparant le choeur de cette cathdrale avec celui de ,langres1 on trouve entre eux deux une certaine analogie4 ,le sanctuaire est entour d'un collatral2 une seule chapelle est dispose dans l'axe2 dans les transsepts1 les absides1 dont nous trouvons l'embryon ,langres1 se dvelopent ,sens4 ,dans les dtails1 on rencontre galement1 entre les deux difices1 des points de rapport4 ,les arcs ogives1 par exemple1 des votes des bas-cts1 ,sens comme ,langres1 reposent sur des culs-de-lampes mnags au-dessus des chapiteaux1 ceux-ci ne recevant que les retombes des archivoltes et des arcs doubleaux4 ,mais1 ,sens1 plus de pilastres cannels2 dj le systme de la vote franaise est adopt dans les bas-cts#bdd4 ,autour du sanctuaire1 ce n'est plus1 comme ,langres1 une simple range de colonnes qui porte les parties suprieures1 mais des colonnes accouples suivant les rayons de la courbe1 et des piles formes de faisceaux de colonnettes4 ,ce systme de colonnes accouples entre des piles plus fortes1 se reproduit dans toute l'oeuvre intrieure de la cathdrale de ,sens1 et s'adapte parfaitement la combinaison des votes dont les diagonales ou arcs ogives comprennent deux traves2 c'est une disposition analogue celle de la nef de la cathdrale de ,noyon1 et qui fut gnralement adopte dans les glises de l',ile-de-,france de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,malheureusement1 la cathdrale de ,sens subit bientt de graves modifications2 des reconstructions et adjonctions postrieures sa construction changrent profondment ses belles dispositions premires4 ,pour bien nous rendre compte de l'difice primitif1 il nous faut passer la ,manche et aller ,canterbury4 ,nous ne possdons aucun renseignement prcis sur la fondation de la cathdrale actuelle de ,sens1 et le nom du matre de l'oeuvre qui la conut nous est inconnu2 on sait seulement que sa construction tait en pleine activit sous l'piscopat de ,hugues de ,toucy1 de #aadd #aafh1 dates qui s'accordent parfaitement avec le caractre archologique du monument4 ,nos voisins d'outre-mer sont plus soigneux que nous lorsqu'il s'agit de l'histoire de leurs grands monuments du moyen ge4 ,les documents abondent chez eux1 et depuis longtemps ont t recueillis avec soin2 grce cet esprit conservateur1 nous allons trouver ,canterbury l'histoire de la cathdrale snonaise4 ,en #aagd1 un incendie dtruisit le choeur et le sanctuaire de la cathdrale de ,canterbury2 l'anne suivante1 aprs que les restes de la partie incendie eurent t drass et qu'on eut tabli provisoirement les stalles dans l'ancienne nef1 on commena le nouveau choeur4 ,l'oeuvre fut confie un certain ,guillaume de ,sens#bde4 ,ce matre de l'oeuvre ne quitta l',angleterre qu'en #aagi1 la suite d'une chute qu'il fit sur ses travaux1 aprs avoir lev la partie antrieure du nouveau choeur et les deux transsepts de l'est#bdf4 ,avant de partir1 tant bless et ne pouvant quitter son lit1 ,guillaume de ,sens1 voyant l'hiver 7#aggh-aggi7 approcher1 et ne voulant pas laisser la grande vote inacheve1 donna la conduite du travail un moine habile et industrieux qui lui servait de conducteur de travaux4 ,ce fut ainsi que put tre termine la vote de la croise et des deux transsepts orientaux4 ,mais le matre1 s'apercevant qu'il ne recevait aucun soulagement des mdecins1 abandonna l'oeuvre1 et1 traversant la mer1 retourna chez lui en ,france4 ,un autre lui succda dans la direction des travaux ,william de nom1 ,anglais de nation1 petit de corps1 mais probe et habile dans toutes sortes d'arts4 ,ce fut ce second matre1 anglais de nation1 qui termina le choeur1 le chevet1 la chapelle de la ,trinit et la chapelle dite la couronne de ,becket4 ,or cette extrmit orientale1 dont nous donnons le plan au niveau de la galerie du rez-de-chausse 7#ca71 quoique leve par un architecte anglais1 conserve encore tous les caractres de l'abside de la cathdrale de ,sens1 non-seulement dans son plan1 mais dans sa construction1 ses profils et sa sculpture d'ornement1 avec plus de finesse et de lgret2 ce qui s'explique par l'intervalle de quelques annes qui spare ces deux constructions4 ,william l',anglais n'a fait que suivre1 nous le croyons1 les projets de son malheureux prdcesseur1 qui pourrait bien tre le matre de l'oeuvre de la cathdrale de ,sens4 ,le chevet de la cathdrale de ,canterbury nous donne le moyen de restituer le chevet de la cathdrale de ,sens1 ainsi que nous l'avons fait 7fig4 #cj7bdg4 ,ce qui caractrise la cathdrale de ,sens1 c'est l'ampleur et la simplicit des dispositions gnrales4 ,la nef est large1 les points d'appui rsistants1 levs seulement sous les retombes runies des grandes votes2 le choeur est vaste et profond4 ,l'architecte avait su allier la mle grandeur des glises bourguignonnes du ,x,i,ie sicle aux nouvelles formes adoptes par l',ile-de-,france4 ,mais il ne faut pas croire que ce monument nous soit conserv tel que l'avait laiss l'vque ,hugues de ,toucy4 ,dvast par un incendie vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 les votes1 les fentres hautes et les couronnements furent refaits1 puis la chapelle absidale4 ,des colonnes furent ajoutes entre les colonnes accouples du rond-point1 afin de porter de fond les archivoltes qui devaient1 comme ,canterbury1 porter sur des culs-de-lampe saillants entre les deux chapiteaux 7voy4 ,,pile74 la fin de ce sicle1 on pratiqua des chapelles entre les contreforts de la nef2 cette malheureuse opration1 que subirent toutes nos cathdrales franaises1 sauf celles de ,reims et de ,chartres1 eut pour rsultat d'affaiblir les points d'appui extrieurs et de rendre l'coulement des eaux difficile4 ,vers #abfj1 la tour sud de la faade s'croula sur la belle salle synodale btie vers #abdj1 en ,c2 cette tour fut remonte la fin du ,x,i,i,ie sicle et acheve seulement au ,x,v,ie sicle4 ,la tour du nord1 leve vers la fin du ,x,i,ie sicle1 n'tait termine que par un beffroi de bois1 recouvert de plomb1 mont vers le commencement du ,x,i,ve sicle#bdh4 ,au commencement du ,x,v,ie sicle1 le pignon du transsept sud1 qui datait du ,x,i,i,ie sicle1 fut repris dans toute sa partie suprieure2 celui du nord1 compltement rebti2 les fentres hautes des croisillons1 refaites avec leurs vitraux2 enfin1 deux chapelles de forme irrgulire vinrent s'accoter1 la fin du ,x,v,ie et au ,x,v,i,ie sicle1 contre les flancs du collatral de l'abside4 ,une salle du trsor et des sacristies qui communiquent avec l'archevch s'levrent en ,b4 ,l'entre principale du palais archipiscopal tait sous la salle synodale en ,a4 ,dans la cathdrale de ,sens1 le plein cintre vient se mler l'ogive1 comme dans le choeur de la cathdrale de ,canterbury4 ,c'est encore l une influence de l'cole bourguignonne4 ,les constructions acheves en #aafh avaient d s'arrter la seconde trave de l'entre de la nef4 ,les parties les plus anciennes de la faade ne remontent pas plus loin que les dernires annes du ,x,i,ie sicle2 il ne reste1 de cette poque1 que les deux portes centrale et nord et la tour nord tronque4 l'intrieur et l'extrieur1 sur ce point1 c'est un mlange incomprhensible de constructions reprises pendant les ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,v,ie sicles4 ,ce qui reste des vitraux du commencement du ,x,i,i,ie sicle et du ,x,v,ie1 dans la cathdrale de ,sens1 est fort remarquable 7voy4 ,,vitrail74 ,saint-tienne de ,sens est une cathdrale part1 comme plan et comme style d'architecture2 contemporaine de la cathdrale de ,noyon1 elle n'en a pas la finesse et l'lgance4 ,on y trouve1 malgr l'adoption du nouveau systme d'architecture1 l'ampleur des constructions romanes1 bourguignonnes et de ,langres1 comme un dernier reflet de l'antiquit romaine4 ,ce qui caractrise la cathdrale snonaise1 c'est surtout l'unique chapelle absidale et les deux absidioles des transsepts4 ,quoique ,sens et ,langres dpendissent de la ,champagne1 ces deux glises appartiennent bien moins cette province qu' la ,bourgogne1 comme disposition et style d'architecture4 ,nous en trouvons la preuve dans les substructions de la cathdrale d',auxerre4 ,la cathdrale d',auxerre1 rebtie aprs un incendie par l'vque ,hugues1 vers #ajcj1 possdait un sanctuaire circulaire avec bas-cts et chapelle unique dans l'axe2 la crypte de cette glise1 encore existante aujourd'hui1 est1 sous ce point de vue1 du plus grand intrt4 ,nous en donnons ici le plan 7#cb7bdi1 dpouill des contreforts extrieurs ajouts au ,x,i,i,ie sicle4 ,en comparant ce plan de crypte avec le plan du choeur et du chevet de la cathdrale de ,langres1 et surtout avec celui de la cathdrale de ,sens1 il est facile de reconnatre le degr de parent intime qui lie ces trois difices1 construits des poques fort diffrentes2 et on peut conclure1 nous le croyons1 de cet examen1 que les diocses d',autun1 de ,langres1 d',auxerre et de ,sens1 possdaient1 depuis le ,x,ie sicle1 certaines dispositions de plan qui leur taient particulires1 et qui furent adoptes dans la partie orientale de la cathdrale de ,canterbury4 ,nous retrouvons encore les traces de cette cole1 au ,x,i,i,ie sicle1 ,auxerre mme4 ,en #abae1 l'vque ,guillaume de ,seignelay commena la reconstruction de toute la partie orientale de la cathdrale d',auxerre2 l'ancienne crypte fut conserve1 et c'est sur son primtre1 augment seulement de la saillie de quelques contreforts1 que s'leva la nouvelle abside4 ,sur la petite chapelle absidale de la crypte1 on btit une seule chapelle carre dans l'axe1 en renforant par des piliers1 l'extrieur1 le petit hmicycle du ,x,ie sicle 7fig4 #cb74 ,certes1 cette poque1 si l'on n'avait pas regard cette forme de plan comme consacre par l'usage1 mme en conservant la crypte1 on aurait pu1 comme ,chartres1 s'tendre au dehors de son primtre1 soit pour lever un second bas-ct1 soit pour ouvrir un plus grand nombre de chapelles absidales4 ,le plan du ,x,ie sicle fut conserv1 et le choeur de la cathdrale auxerroise du ,x,i,i,ie sicle respecta sa forme traditionnelle4 ,cependant la construction du choeur de ,saint-tienne d',auxerre fut assez longue terminer4 ,guillaume de ,seignelay1 en prenant possession du sige piscopal de ,paris1 en #abbj1 laissa des sommes assez importantes pour continuer l'oeuvre2 son successeur1 ,henri de ,villeneuve1 qui mourut en #abcd1 parat avoir achev l'entreprise2 c'est l'opinion de l'abb ,lebeuf#bej1 opinion qui se trouve d'accord avec le style de cette partie de la cathdrale4 ,quant aux transsepts et la nef de l'glise ,saint-tienne d',auxerre1 commencs vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 on ne les acheva que pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles4 ,la faade occidentale resta incomplte2 la tour nord seule fut termine vers le commencement du ,x,v,ie sicle4 ,si les diocses mridionaux de la ,champagne avaient subi l'influence des arts bourguignons1 l'un de ceux du nord avait pris certaines dispositions aux difices religieux des bords du ,rhin4 ,au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 on reconstruisit la cathdrale de ,chlons-sur-,marne1 dont le sanctuaire 7#cc7 tait dpourvu de bas-cts1 et dont les transsepts allongs taient accompagns1 l'est1 de deux chapelles carres2 de deux petits sacraires et de tours1 restes d'un difice roman4 ,nous ne pouvons savoir si1 comme dans les glises rhnanes1 la nef tait termine1 l'ouest1 par des transsepts et par une seconde abside2 nous serions tents de le croire en examinant les dispositions rhnanes de ce plan du ct de l'est#bea4 ,toutefois1 si la cathdrale de ,chlons-sur-,marne rappelle1 dans le plan de son chevet1 celle de ,verdun1 par exemple1 qui est entirement rhnane1 les dtails1 le systme de construction et l'ornementation1 se rapprochent de l'cole de ,reims4 ,c'est l un monument exceptionnel1 sorte de lien entre deux styles fort diffrents1 mais qui se rduit un seul exemple4 ,ne pouvant nous occuper des admirables cathdrales de ,cambrai et d',arras#beb1 dtruites aujourd'hui1 et qui auraient pu nous fournir des renseignements prcieux sur la fusion de l'cole rhnane avec l'cole franaise1 nous ferons un dtour vers les provinces du nord-ouest et de l'ouest4 ,dans le ,nord1 les votes avaient paru tardivement2 les grandes glises du centre de la ,france1 des provinces de l'est et de l'ouest1 taient dj votes au ,x,ie sicle1 quand on couvrait encore les nefs principales des glises par des charpentes apparentes dans une partie de la ,picardie et de la ,champagne1 dans la ,normandie1 le ,maine et la ,bretagne4 ,pendant le ,x,i,ie sicle1 la ,normandie et le ,maine n'taient pas runis au domaine royal2 et1 quoique les ducs de ,normandie tinssent leur province en fief de la couronne1 chacun sait combien ils reconnaissaient peu1 de fait1 la suzerainet des rois de ,france4 ,ce qui reste des cathdrales normandes du ,x,ie au ,x,i,ie sicle1 en ,angleterre et sur le continent1 donne lieu de supposer que ces monuments1 dont le plan se rapprochait beaucoup de la basilique romaine1 taient1 en grande partie1 couverts par des lambris2 les votes n'apparaissaient que sur les bas-cts et les sanctuaires4 ,l'ancienne cathdrale du ,mans fut construite d'aprs ce principe au commencement du ,x,ie sicle4 ,nous en donnons le plan 7#cd7bec4 ,les bas-cts ,a taient ferms par des votes d'artes romaines1 les absides par des culs-de-four1 les transsepts ,b et la nef ,c par des charpentes lambrisses4 ,sur les quatre piles de la croise1 dans les glises normandes1 s'levait toujours une haute tour porte sur quatre arcs doubleaux4 ,au ,mans1 la faade occidentale existe encore1 ainsi que les murs latraux et la base du pignon du transsept nord4 ,on aperoit l'amorce des absidioles ,e4 ,la cathdrale de ,pterborough en ,angleterre1 d'une date plus rcente1 mais qui cependant1 sur presque toute son tendue1 est antrieure au ,x,i,ie sicle1 prsente encore une disposition analogue celle-ci4 ,pendant le ,x,i,ie sicle1 vers l'poque o l'on construisait les glises de l'abbaye de ,saint-,denis et de ,notre-,dame de ,noyon1 la nef romane de la cathdrale du ,mans fut remanie2 on reprit les piles et les parties suprieures de la nef1 qui fut alors vote ainsi que les transsepts4 ,ces votes se rapprochent1 comme construction1 non du systme adopt dans l',ile-de-,france et le ,soissonnais1 mais de celui qui drivait des coupoles des glises de l',ouest 7voy4 ,,vo,,te74 ,une porte1 dcore de sculptures et de statues qui ont avec celles du portail royal de la cathdrale de ,chartres la plus grande analogie1 fut ouverte au milieu de la nef au sud 7#ce74 ,on ne se contenta pas de ces changements importants4 ,vers #abbj1 les anciennes absides furent dmolies1 et on construisit l'admirable choeur que nous voyons figur dans ce plan4 ,mais alors le ,maine venait d'tre runi au domaine royal4 ,le diocse du ,mans payait sa bienvenue en reconstruisant un choeur qui1 lui seul1 couvre une surface de terrain plus grande que tout le reste de l'ancienne cathdrale4 ,le choeur de la cathdrale du ,mans1 si ce n'tait la profondeur inusite des chapelles absidales1 prsenterait une disposition absolument pareille celle de la cathdrale de ,bourges4 ,c'est--dire qu'il possde deux rangs de galeries2 le premier bas-ct1 tant beaucoup plus lev que le second1 a permis de pratiquer des jours et un triforium dans le mur sparant ces deux bas-cts au-dessus des archivoltes4 ,mais la construction1 la disposition des chapelles1 les dtails de l'architecture sont beaucoup plus beaux au ,mans qu' ,bourges4 ,les extrieurs sont traits d'une manire remarquable1 avec luxe1 et ne laissent pas voir la pauvret des moyens comme la cathdrale de ,bourges4 ,une belle sacristie s'ouvre au sud2 elle date galement du ,x,i,i,ie sicle4 ,les deux pignons des transsepts1 le seul clocher#bed bti l'extrmit du croisillon sud1 ne furent termins qu'au ,x,i,ve sicle4 ,il est croire que le maitre de l'oeuvre du choeur de la cathdrale du ,mans songeait reconstruire la nef dans le mme style2 les travaux s'arrtrent aux transsepts1 et si le monument y perd de l'unit1 l'histoire de l'art y gagne des restes fort prcieux de la cathdrale primitive4 ,au ,mans1 la chapelle de la ,vierge1 dans l'axe1 est beaucoup plus profonde que ses voisines et elle s'lve sur une crypte dans laquelle on descend par un petit escalier particulier4 ,cette disposition de chapelles absidales profondes1 celle centrale tant accuse par une ou deux traves de plus que les autres1 se retrouve galement dans le choeur de la cathdrale de ,sez4 ,cet difice1 compltement de style normand dans la nef1 qui date des premires annes du ,x,i,i,ie sicle1 se rapproche du style franais dans sa partie orientale2 il peut tre class parmi ceux qui1 levs au moyen de ressources insuffisantes1 comme ,troyes1 ,chlons-sur-,marne1 ,meaux1 ne furent point fonds1 ou le furent mal4 ,la nef 7#cf71 btie au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 fut remanie dans sa partie suprieure cinquante ou soixante ans aprs sa construction2 le choeur1 lev vers #abcj1 et presque entirement dtruit par un incendie1 dut tre repris1 vers #abfj1 de fond en comble1 sauf la chapelle de la ,vierge1 que l'on jugea pouvoir tre conserve4 ,le matre de l'oeuvre du choeur1 ne se fondant que sur des maonneries trs-insuffisantes1 avait cherch1 par l'extrme lgret de sa construction1 diminuer le danger d'une pareille situation2 et en ne considrant mme le choeur de la cathdrale de ,sez qu' ce point de vue1 il mriterait d'tre tudi4 ,les chapelles profondes absidales1 prsentant des murs rayonnants tendus1 se prtaient d'ailleurs une construction lgre et bien empatte4 ,en effet1 les traves intrieures du sanctuaire sont d'une lgret qui dpasse tout ce qui a t tent en ce genre 7voy4 ,,trav,e71 et la construction en lvation est des plus savantes2 cependant1 rien ne peut remplacer de bonnes fondations2 vers la fin du ,x,i,ve sicle1 on crut ncessaire de renforcer les contre-forts extrieurs du choeur2 mais ces adjonctions1 mal fondes elles-mmes1 contriburent encore1 par leur poids1 entraner la lgre btisse du ,x,i,i,ie sicle1 qui ne fit1 depuis lors1 que s'ouvrir de plus en plus4 ,au commencement de notre sicle1 les grandes votes du sanctuaire s'croulrent2 il fallut les refaire en bois4 ,la faade de la cathdrale de ,sez est couronne par deux tours avec flches leves au commencement du ,x,i,i,ie sicle et rpares ou reprises pendant les ,x,i,ve et ,x,ve4 ,ces tours1 ainsi que toute la nef1 ont fait de trs-srieux mouvements1 par suite de l'insuffisance des fondations4 ,c'est aujourd'hui un monument fort compromis#bee4 ,nous ne quitterons pas la ,normandie1 sans parler des cathdrales de ,bayeux et de ,coutances4 ,la cathdrale de ,bayeux1 dont nous donnons le plan 7#cg71 est un difice du ,x,i,i,ie sicle ent sur une glise du ,x,i,ie2 et1 de l'glise du ,x,i,ie sicle1 il ne reste que les piles1 les archivoltes et les tympans du rez-de-chausse de la nef4 ,comme au ,mans1 comme ,sez1 les transsepts sont simples1 sans collatraux2 ,bayeux1 deux chapelles trs-peu profondes1 dont nous trouvons galement la trace dans le mur oriental du croisillon sud de la cathdrale de ,sez1 s'ouvraient1 l'est1 sur les deux transsepts nord et sud4 ,c'est l un dernier souvenir des chapelles romanes des transsepts normands que l'on voit dveloppes dans le plan primitif de la cathdrale du ,mans 7fig4 #cd74 ,bayeux encore1 dans le plan du choeur du ,x,i,i,ie sicle1 on voit les deux tours normandes 7sur une petite chelle1 puisqu'elles ne contiennent que des escaliers7 qui terminaient la srie des chapelles carres avant les chapelles absidales#bef4 ,sur la faade1 deux grands clochers romans avec flches4 ,sur les quatre piles de la croise1 une tour existait ds le ,x,i,ie sicle2 elle fut rebtie au ,x,i,i,ie1 puis continue pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 pour tre termine1 pendant le sicle dernier1 par une coupole avec lanterne4 ,ces quatre piles de la croise furent successivement enveloppes de placages pendant les ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles#beg4 ,on remarquera la disposition des clochers romans de la faade occidentale2 ils sont compltement ferms rez-de-chausse et portent de fond2 c'est l une disposition normande1 que nous retrouvons ,rouen1 ,chartres mme1 encore indique ,bez et ,coutances 7voy4 ,,clocher7#beh4 ,bayeux1 il n'y a plus trace1 dans le style de l'architecture1 de l'influence franaise4 ,le mode normand domine seul2 c'est celui que nous retrouvons ,westminster1 ,lincoln1 ,salisbury1 ,ely1 en ,angleterre2 et cependant1 comme disposition de plan1 la cathdrale de ,bayeux se rapproche plus des cathdrales franaises du ,x,i,i,ie sicle1 au moins dans sa partie orientale1 que des cathdrales anglaises4 ,c'est qu'au ,x,i,i,ie sicle1 si la ,normandie possdait son style d'architecture propre1 elle subissait alors l'influence des difices du domaine royal4 ,la cathdrale de ,dol seule1 en ,bretagne1 parat s'tre affranchie compltement de l'empire qu'exeraient1 sur tout le territoire occidental du continent1 les dispositions de plan adoptes1 la fin du rgne de ,philippe-,auguste1 dans la construction des cathdrales1 ,la cathdrale de ,dol est termine1 l'orient1 par un mur carr1 dans lequel s'ouvre un immense fenestrage1 comme les cathdrales d',ely et de ,lincoln4 ,la cathdrale de ,coutances1 fonde en #ajcj et termine en #ajhc1 soit qu'elle menat ruine comme la plupart des grandes glises du ,nord de cette poque1 soit qu'elle part insuffisante1 soit enfin que le diocse de ,coutances1 nouvellement runi la couronne de ,france1 voult entrer dans le grand mouvement qui alors faisait reconstruire toutes les cathdrales au nord de la ,loire2 la cathdrale de ,coutances1 disons-nous1 fut compltement rdifie ds les premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,le choeur1 avec ses chapelles rayonnantes1 qui rappellent celles du choeur de la cathdrale de ,chartres1 parat avoir t fond vers la fin du rgne de ,philippe-,auguste4 ,les constructions de la nef durent suivre presque immdiatement celles du sanctuaire2 mais il est probable que les transsepts furent levs sur les anciennes fondations romanes du ,x,ie sicle1 et que mme les normes piliers de la croise ne font1 comme ,bayeux1 qu'envelopper un noyau de construction romane4 ,en effet1 si nous examinons le plan 7#ch7 de cette partie de l'difice1 nous y trouvons une sorte de gne dans l'ensemble des dispositions1 et la trace encore bien marque des chapelles normandes des croisillons4 ,quelle que ft la charge que le matre de l'oeuvre voulait faire porter aux quatre piliers de la croise 7charge norme1 il est vrai71 il nous parat difficile d'admettre1 qu'en plein ,x,i,i,ie sicle1 s'il n'et pas t command par des substructions antrieures1 il ne se ft pas tir avec plus d'adresse de cette partie importante de son projet4 ,quoi qu'il en soit1 il ne reste plus de traces visibles de constructions romanes dans la cathdrale de ,coutances2 c'est un difice entirement de style ogival pur2 la chapelle de la ,vierge1 l'extrmit de l'abside1 et les chapelles de la nef furent seules ajoutes aprs coup1 au ,x,i,ve sicle#bei4 ,la faade occidentale est surmonte de deux clochers avec flches en pierre1 sous lesquels1 outre les trois portes principales1 s'ouvrent deux porches latraux au nord et au sud1 d'un grand effet4 ,sur les quatre piles de la croise s'lve une norme tour octogonale1 flanque1 sur les quatre faces diagonales1 de quatre tourelles servant d'escaliers4 ,cette tour centrale1 qui devait certainement tre couronne par une flche1 est reste inacheve4 ,aux deux extrmits des croisillons sont adosses1 au sud1 une chapelle1 au nord1 une vaste sacristie4 ,on retrouve encore1 ,coutances1 en avant des chapelles rayonnantes1 les deux tourelles carres normandes1 qui1 comme ,bayeux1 contiennent des escaliers et sparent si heureusement l'abside du choeur proprement dit4 ,comme style d'architecture1 la cathdrale de ,coutances est compltement normande4 ,le diocse dans lequel le mlange du style normand et du style franais est le plus complet1 ce doit tre1 et c'est en effet le diocse de ,rouen4 ,la cathdrale de ,rouen occupait dj1 au ,x,i,ie sicle1 la surface de terrain qu'elle occupe encore aujourd'hui4 ,rebtie1 pour la troisime fois1 pendant le cours du ,x,ie sicle1 elle fut entirement rdifie pendant la seconde moiti du ,x,i,ie sicle dans le style normand de transition4 ,de ces constructions 7#ci71 il ne reste que la tour dite de ,saint-,romain1 qui s'lve au nord du portail occidental1 les deux chapelles de l'abside1 celles des transsepts et les deux portes de la faade s'ouvrant dans les deux collatraux2 ces derniers ouvrages mme paraissent appartenir aux dernires annes du ,x,i,ie sicle4 ,ainsi donc1 lorsque ,richard ,coeur-de-,lion mourut1 en #aaii1 la cathdrale de ,rouen avait dj l'tendue actuelle4 ,c'est en #abjd que ,philippe-,auguste arracha des mains de ,jean sans ,terre la ,normandie1 et qu'il runit la couronne de ,france cette belle province1 ainsi que l',anjou1 le ,maine et la ,touraine1 avec une partie du ,poitou4 ,peu aprs1 de grands travaux furent entrepris dans la cathdrale de ,rouen4 ,la nef1 les transsepts et le sanctuaire durent tre reconstruits1 la suite d'un incendie1 qui1 probablement1 endommagea gravement l'glise du ,x,i,ie sicle4 ,l1 comme dans les autres diocses franais1 s'lve une cathdrale au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 sous l'influence du pouvoir monarchique1 et1 chose remarquable1 ,rouen1 les constructions qui paraissent avoir t leves sous le rgne de ,philippe-,auguste1 c'est--dire de #abaj #abbj environ1 appartiennent au style franais1 tandis que celles qui datent du milieu du ,x,i,i,ie sicle sont empreintes du style ogival normand4 ,ce fait curieux1 crit avec plus de nettet encore dans l'glise d',eu1 est d'une grande importance pour l'tude de l'histoire de notre architecture nationale4 ,la ,normandie possde1 pendant toute la ,priode romane et de transition1 c'est--dire du ,x,ie au ,x,i,i,ie sicle1 une architecture propre1 dont les caractres sont parfaitement tranchs4 ,dans les difices levs pendant ce laps de temps1 la disposition des plans1 la construction1 l'ornementation et les proportions de l'architecture normande1 se distinguent entre celles des provinces voisines1 l',ile de ,france1 la ,picardie1 l',anjou et le ,poitou4 ,au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 lorsque l'architecture ogivale atteint1 pour ainsi dire1 sa pubert1 en sortant de son domaine elle touffe les coles provinciales2 si elle respecte parfois certaines traditions1 certains usages locaux qui n'ont d'influence que sur la composition gnrale des plans1 elle impose tout ce qui tient l'art1 savoir3 les proportions1 la construction1 les dispositions de dtails et la dcoration4 ,cette sorte de tyrannie ne dure pas longtemps1 car1 de #abbj #abcj1 nous voyons l'architecture normande se rveiller et s'emparer du style ogival pour se l'approprier1 comme un peuple conquis modifie bientt une langue impose1 pour en faire un patois4 ,disons tout de suite1 pour ne pas soulever contre nous1 non-seulement la ,normandie1 mais toute l',angleterre1 que le patois ogival de ces contres a des beauts et des qualits originales qui le mettent au-dessus des autres drivs1 et qui pourraient presque le faire passer pour une langue4 ,mais nous aurons l'occasion de dvelopper notre pense la fin de cet article4 ,la cathdrale de ,rouen1 reconstruite au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 adopta cependant certaines dispositions qui indiquent une singulire hsitation de la part des architectes1 probablement franais1 qui furent appels pour excuter les nouveaux travaux4 ,dans la nef1 le matre de l'oeuvre semble avoir voulu figurer une galerie de premier tage1 comme dans presque toutes les grandes glises de l',ile de ,france et du ,soissonnais1 mais s'tre arrt moiti chemin1 et1 au lieu d'une galerie vote1 avoir fait un simple passage sur des arcs bands au-dessous des archivoltes des bas-cts1 et pourtournant les piles 7voy4 ,,galerie7 au moyen de colonnettes portes en encorbellement4 ,dans l'glise d',eu1 mme tranget1 mais parfaitement explique4 ,le choeur1 les transsepts et la dernire trave de la nef de cet difice furent levs ds les premires annes de la conqute de ,philippe-,auguste1 c'est--dire de #abje #abaj1 en style franais parfaitement pur1 avec galerie vote au premier tage1 comme ,notre-,dame de ,paris4 ,de #abaj #abbj environ1 interruption2 de #abbj #abcj1 reprise des travaux2 la nef est continue conformment aux dispositions premires1 c'est--dire que tout est prpar pour recevoir une galerie vote de premier tage au-dessus des collatraux2 mais dj les tailloirs des chapiteaux et les socles des bases sont circulaires1 les ornements et moulures sont devenus normands2 puis1 en construisant1 on se reprend1 on coupe les chapiteaux destins recevoir les votes formant galerie1 on laisse seulement subsister les archivoltes dans le sens de la longueur de la nef entre les piles2 on ne construit pas les votes devant servir de sol la galerie de premier tage1 et ce sont les votes hautes de cette galerie qui deviennent votes des collatraux2 les fentres de cette galerie supprime et celles du rez-de-chausse se runissent1 en formant ainsi des baies dmesurment longues4 ,la nef de la cathdrale de ,rouen est de quelques annes antrieure celle de l'glise d',eu4 ,a-t-on voulu1 dans ce dernier difice1 imiter la disposition adopte ,rouen1 seulement quant l'effet produit 7les sous-archivoltes de la nef de l'glise d',eu tant sans utilit puisqu'on ne peut communiquer de l'un l'autre1 tandis qu' ,rouen ils forment une galerie78 ,c'est probable444 ,quel que fut le motif qui diriget l'architecte de la cathdrale de ,rouen1 toujours est-il que la disposition de sa nef ne fut plus imite ailleurs en ,normandie1 et que1 dans cette province1 ds que l'art ogival se fut affranchi de l'influence franaise et eut acquis un caractre propre1 on ne voit plus de galeries votes de premier tage1 ni rien qui les rappelle2 un simple triforium couronne les archivoltes des bas-cts4 ,la cathdrale de ,rouen1 rebtie presque totalement en style ogival franais1 est termine1 partir du niveau des votes des collatraux1 en style ogival normand4 ,les quatre tours qui flanquent les transsepts1 les fentres1 les corniches et les balustrades suprieures sont normandes4 ,mais la nef de la cathdrale de ,rouen tait1 comme toutes les nefs des cathdrales franaises du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 dpourvue de chapelles4 la fin de ce sicle1 on en construisit entre les contreforts 7#ci71 comme la cathdrale de ,paris4 ,en #acjb1 on commena la reconstruction de la chapelle de la ,vierge1 situe dans l'axe au chevet1 en lui donnant de grandes dimensions1 la place de la chapelle du ,x,i,ie sicle1 qui n'tait pas plus grande que les deux autres chapelles absidales encore existantes4 ,vers cette poque1 on refit les deux pignons nord et sud des transsepts 7portail de la ,calende et portail des ,libraires74 ,ces travaux1 du commencement du ,x,i,ve sicle1 surpassent comme richesse et beaut d'excution tout ce que nous connaissons en ce genre de cette poque4 ,alors1 la ,normandie possde une cole de constructeurs1 d'appareilleurs et de sculpteurs1 qui gale l'cole de l',ile de ,france4 ,les portails de la ,calende et des ,libraires1 la chapelle de la ,vierge de la cathdrale de ,rouen1 sont des chefs-d'oeuvre#bfj4 ,mais la cathdrale du ,x,i,i,ie sicle1 dont les dispositions primitives taient dj altres au commencement du ,x,i,ve sicle1 subit encore des changements importants qui1 malheureusement1 ne furent pas aussi heureux que ceux dont nous venons de parler4 ,en #adcj1 les chanoines firent agrandir les fentres du choeur1 non par ncessit1 mais parce que1 comme le dit ,pommeraye#bfa1 le choeur paraissait sombre et tnbreux4 ,les fentres de la nef et une grande partie des couronnements extrieurs1 des galeries intrieures1 furent galement modifis pendant le ,x,ve sicle4 ,en #adhe fut commence la construction de la tour qui flanque le portail au sud1 connue sous le nom de tour de ,beurre#bfb4 ,le cardinal ,george d',amboise commena la reconstruction de la faade occidentale1 qui ne fut jamais acheve4 ,dj1 au ,x,i,i,ie sicle1 il existait1 sur les quatre piliers de la croise1 une haute tour carre1 dont deux tages subsistent encore2 endommage par le vent en #acec1 puis rpare et brle en #aead par la ngligence des plombiers2 l'tage suprieur de cette tour fut reconstruit et surmont d'une immense flche en bois recouvert de plomb1 qui ne fut acheve qu'en #aedd4 ,la foudre y mit le feu en #ahba1 et on l'a voulu remplacer de nos jours par une flche en fonte de fer#bfc4 ,les dpendances de la cathdrale de ,rouen taient considrables1 et1 sous son ombre1 l'archevch1 un beau clotre1 des coles1 des bibliothques1 des sacristies1 salles capitulaires et trsors taient venus successivement se grouper du ct du nord et de l'est4 ,il reste encore de beaux fragments de ces divers btiments 7voy4 ,,clo,,tre74 ,jusqu' prsent1 nous avons vu l'architecture1 ne en ,france la fin du ,x,i,ie sicle1 se dvelopper avec le pouvoir royal et pntrer1 la suite de ses conqutes ou l'aide de son influence politique1 dans les provinces voisines de l',ile de ,france4 ,cette rvolution s'accomplit dans l'espace de peu d'annes1 c'est--dire pendant la dure du rgne de ,philippe-,auguste4 ,mais1 jusqu' la fin du ,x,i,i,ie sicle1 elle ne dpasse pas les territoires que nous venons de parcourir4 ,dans d'autres provinces1 au sud et l'ouest1 l'architecture romane suit paisiblement son cours naturel2 si elle se modifie1 ce n'est pas dans son principe1 mais dans les dtails de son ornementation4 ,l'glise abbatiale de ,saint-,front de ,prigueux avait t leve1 vers la fin du ,xe sicle1 l'imitation de l'glise de ,saint-,marc de ,venise 7voy4 ,,architecture ,,religieuse74 ,peu aprs1 ou en mme temps peut-tre1 on levait l'glise cathdrale de ,prigueux#bfd et l'glise cathdrale de ,cahors1 toutes deux sans transsepts1 et prsentant seulement une seule nef avec abside4 ,nous donnons 7#dj7 le plan de ce dernier difice4 ,il se compose de deux coupoles portes sur six gros piliers1 huit pendentifs et des arcs doubleaux4 ,l'abside est vote en cul-de-four1 et trois petites chapelles s'ouvrent dans le mur du sanctuaire4 ,l'glise abbatiale de ,saint-,front tait plus tendue et plus riche que les deux pauvres cathdrales de ,cahors et de la cit de ,prigueux4 ,dans les provinces de l'ouest1 comme en ,bourgogne1 en ,champagne1 en ,normandie1 les glises abbatiales1 pendant les ,xe et ,x,ie sicles1 attiraient tout elles2 mais si1 dans les provinces du centre et de l'ouest1 la renaissance piscopale fut moins active au ,x,i,ie sicle que dans le nord et l'est1 elle fit cependant de grands efforts1 sans trouver une cole d'architectes laques toute prte la seconder1 et1 dans les populations1 un dsir prononc de se constituer en corps de nation4 ,d'ailleurs1 l'architecture romane de ces dernires provinces avait adopt1 pour ses monuments religieux1 un mode de construction durable1 solide1 qui excluait les charpentes et1 par consquent annulait les causes d'incendie2 et nous voyons que1 dans le nord1 la fin du ,x,i,ie sicle1 la reconstruction de la plupart des cathdrales romanes est provoque par des incendies1 comme si ce flau avait voulu venir en aide aux tendances de l'piscopat et des populations urbaines4 ,angoulme1 une cathdrale avait t btie au commencement du ,x,i,ie sicle1 elle se composait d'une nef quatre coupoles1 avec une abside et quatre chapelles rayonnantes 7#da74 ,vers le milieu de ce sicle1 alors que sur une grande partie du territoire de la ,france actuelle on levait ou on songeait lever de nouvelles cathdrales plus vastes1 on se contenta d'agrandir la cathdrale d',angoulme1 par l'adjonction des deux transsepts surmonts de deux tours#bfe1 et on enrichit l'intrieur de la nef en incrustant des colonnes engages1 et quelques dtails d'architecture4 ,la faade occidentale fut reconstruite et couverte de sculpture4 ,de la primitive glise1 la premire trave de la nef demeure seule intacte4 l'extrieur1 les couronnements furent refaits4 ,nous donnons 7#db71 en ,a1 la coupe sur le transsept nord de cette glise1 et en ,b la coupe transversale sur la nef#bff4 ,les adjonctions et les rparations l'glise primitive de ,saint-,pierre d',angoulme ne modifient pas le systme de construction4 ,la tradition romane est conserve pure4 ,en se rapprochant des provinces du ,nord1 le style byzantin des glises de l',ouest allait1 ds le milieu du ,x,i,ie sicle1 subir l'influence des coles de l',ile de ,france et de ,picardie4 ,de #aade #aafe1 on btissait1 ,angers1 la nef de la cathdrale#bfg4 ,le plan de cette nef 7#dc7 se rapproche beaucoup de celui de la nef de la cathdrale d',angoulme 7fig4 #da74 ,mais1 ,saint-,maurice d',angers1 la coupole a fait place la vote d'artes4 ,au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 on lve les transsepts et le choeur1 en suivant encore le systme adopt au ,x,i,ie4 ,l'architecture du ,nord n'impose ici ni ses dispositions de plans1 ni mme son systme de construction2 car ces votes d'artes sont plutt des coupoles nerves que des votes en arcs d'ogives 7voy4 ,,vo,,te74 ,les nervures diagonales sont une dcoration plutt qu'un moyen de construction4 ,point de collatraux1 point de chapelles1 une nef1 des transsepts et un sanctuaire4 ,saint-,front de ,prigueux avait t l'origine de tous les monuments coupole btis dans les provinces de l',ouest pendant un sicle#bfh4 ,mais1 dans le ,poitou et les provinces du centre1 il s'tait1 ds le ,x,ie sicle1 form une cole de constructeurs dont le mode diffrait essentiellement de ceux adopts par les architectes romano-byzantins de l'ouest ou par ceux du ,nord4 ,une grande partie des glises romanes du ,poitou1 du ,limousin1 de la ,saintonge1 de la ,vende et mme du ,berry1 possdent une nef avec bas-cts1 dont les votes atteignent peu prs le mme niveau2 celles des collatraux1 plus troites1 en berceau ou d'artes1 servent de butte aux votes centrales en berceau 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ab74 ,c'est conformment ce principe que sont construites les glises de ,saint-,savin prs ,poitiers1 de ,notre-,dame la ,grande1 de ,melle1 de ,surgre1 de ,saint-,euthrope de ,saintes1 et mme dans des provinces loignes1 de la cit de ,carcassonne au ,x,ie sicle1 de ,brives et de ,limoges au ,x,i,i,ie4 ,ces trois nefs1 gales en hauteur1 sinon en largeur1 ne permettaient de prendre des jours que dans les murs des collatraux1 la vote centrale restant dans l'obscurit4 ,ce mode de construction fut adopt pour l'dification de la cathdrale de ,poitiers1 au commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,seulement1 l'architecte donna ses trois nefs une largeur peu prs gale1 et les votes furent faites en arcs d'ogives avec nerf portant des clefs centrales aux clefs des arcs doubleaux4 ,voici 7#dd7 le plan de la cathdrale de ,poitiers4 ,l encore1 dans les dispositions comme dans le systme de la construction1 l'influence du ,nord est nulle1 quoique tous les arcs soient en tiers-points1 ainsi que dans la cathdrale d',angers2 elle se fait sentir dans le style des moulures et dans l'ornementation4 ,grce la largeur et la hauteur des traves1 la grandeur des fentres jumelles ouvertes au-dessus de l'arcature des bas-cts1 cet intrieur est fort clair4 ,les transsepts ne sont1 vrai dire1 que des chapelles latrales orientes1 et les absides1 traces suivant une courbe peu prononce1 ne paraissent pas l'extrieur4 ,du dehors1 la cathdrale de ,poitiers1 couverte par un comble deux pentes1 termine l'orient par un norme mur pignon sans saillies et peine perc1 parat tre plutt une salle immense qu'une glise avec nef et collatraux4 ,rien1 dans le plan1 n'indique ni le choeur1 ni le sanctuaire4 ,nous sommes disposs croire que1 comme ,saint-,pierre d',angoulme1 des tours avaient t projetes sur les deux transsepts4 ,une faade de style franais du ,nord fut commence1 vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 l'ouest1 et flanque de deux petites tours non acheves4 ,les constructions suprieures de cette faade ne datent que des ,x,i,ve et ,x,ve sicles4 ,malgr sa grandeur1 la beaut de sa construction et de ses dtails1 c'est l1 nous l'avouons1 un monument trange1 une exception qui ne trouve pas d'imitateurs4 ,nous donnons 7#de7 la coupe transversale de la cathdrale de ,poitiers1 dont les votes se rapprochent plutt1 comme ,saint-,maurice d',angers1 de la coupole nerve que de la vote en arcs d'ogives 7voy4 ,,vo,,te74 ,dans la cathdrale de ,poitiers viennent se runir et s'teindre les anciennes dispositions de plan et de coupe des glises romanes du ,poitou1 trois nefs gales de hauteur1 et les traditions de la construction des coupoles byzantines4 partir du milieu du ,x,i,i,ie sicle1 l'architecture ogivale franaise s'impose dans toutes les provinces runies la couronne1 et mme dans quelques-unes de celles qui ne sont encore que vassales4 ,except en ,provence et dans quelques diocses du ,midi1 les styles provinciaux s'effacent1 et les efforts des vques tendent lever des cathdrales dans le style de celles qui faisaient l'orgueil des villes du ,nord4 ,c'est de #abfj #abge que nous voyons trois villes importantes du ,midi jeter bas leurs cathdrales romanes pour lever des difices dont la direction fut videmment confie un mme architecte du ,nord1 ,clermont en ,auvergne1 ,limoges et ,narbonne4 ,ces trois diocses commencent leurs1 cathdrales1 la premire en #abfh et la dernire en #abgb1 sur des plans tellement identiques1 qu'il est difficile de ne pas voir1 dans ces trois monuments1 la main d'un mme matre4 ,peut-tre1 cependant1 la cathdrale de ,narbonne1 tout en appartenant la mme cole que les deux autres1 fut-elle leve par un autre architecte2 mais1 quant aux cathdrales de ,clermont et de ,limoges1 non-seulement ce sont les mmes plans1 mais les mmes profils1 les mmes dtails d'ornementation1 le mme systme de construction4 ,nous reprsentons ici 7#df7 le plan de la cathdrale de ,clermont1 la premire en date#bfi4 ,la construction de la cathdrale de ,clermont fut commence par le choeur4 ,l'ancienne glise romane avait t laisse debout1 son abside ne venant gure que jusqu' l'entre du choeur nouveau#bgj4 ,le sanctuaire achev vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 l'glise romane fut dmolie1 sauf la faade occidentale1 et on continua l'oeuvre pendant les premires annes du ,x,i,ve sicle4 ,quatre traves de la nef furent compltes4 ,le travail1 alors suspendu1 ne fut plus repris1 et on voit encore les restes de la faade du ,x,ie sicle#bga4 ,la partie orientale de la cathdrale de ,clermont1 entirement btie en lave de ,volvic1 est admirablement construite1 bien que l'on s'aperoive de l'extrme conomie impose au matre de l'oeuvre4 ,absence d'arcature dans les soubassements des chapelles1 sculpture rare1 pas de formerets aux votes4 ,ce qui est surtout remarquable1 ,clermont comme ,limoges et ,narbonne1 c'est la concession faite videmment aux traditions mridionales par l'architecte du ,nord4 ,ainsi1 les bas-cots et les chapelles sont couverts en terrasses dalles1 quoique le triforium ne soit point claire-voie4 ,les fentres hautes ne remplissent pas compltement l'intervalle entre les piliers1 mais laissent entre elles des trumeaux d'une certaine largeur1 ce qui est tout fait contraire au systme adopt dans toutes les glises du ,nord de cette poque4 ,deux des chapelles carres du choeur1 au nord1 sont consacres au service de la sacristie1 avec trsor au-dessus4 la cathdrale de ,limoges1 dont nous donnons le plan 7#dg71 c'est au sud et de la mme manire que sont placs les services pris aux dpens de deux chapelles4 ,dans les chapelles absidales de ces deux plans1 qui prsentent non-seulement des dispositions1 mais encore des dimensions semblables1 on remarquera la petite trave d'entre qui precde le polygone2 c'est l un parti que nous ne trouvons adopt que dans les chapelles absidales de la cathdrale de ,reims4 ,du reste1 comme ,reims1 comme ,beauvais1 les chapelles rayonnantes sont toutes gales entre elles2 il n'y a pas de chapelle plus profonde dans l'axe1 comme ,amiens1 ,troyes1 etc4 ,la nef de la cathdrale de ,clermont appartient au ,x,i,ve sicle2 celle de la cathdrale de ,limoges au ,x,ve et mme au ,x,v,ie#bgb1 ainsi que le pignon du transsept nord4 ,l'histoire de la construction de ces deux monuments est donc semblable4 ,les ressources que les chapitres et les vques de ,clermont et de ,limoges avaient pu runir1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 pour rebtir leurs cathdrales1 furent promptement puises2 et1 ,limoges1 ce ne fut qu' la fin du ,x,ve sicle que les travaux purent tre repris1 pour tre de nouveau abandonns4 ,narbonne1 sige archipiscopal1 la cathdrale de ,saint-,just1 dont nous admirons aujourd'hui le choeur1 ne sortit de terre que vers les dernires annes du ,x,i,i,ie sicle2 entre cet difice et ceux de ,clermont et de ,limoges1 on remarque une diffrence notable dans le style des moulures et des dtails de la construction4 ,la cathdrale de ,narbonne1 conue d'aprs des donnes beaucoup plus vastes que ses deux devancires1 ne vit lever1 de #abgb #accj environ1 que son choeur 7#dh7bgc4 ,vers cette poque1 ,narbonne perdit son antique importance par suite de l'ensablement de son port4 ,l cathdrale resta inacheve2 les transsepts ne furent mme pas levs#bgd4 ,la construction de ce vaste choeur est admirablement traite1 par un homme savant et connaissant parfaitement toutes les ressources de son art4 ,il semble mme qu'on ait voulu1 avant tout1 ,narbonne1 faire preuve de savoir4 ,les chapiteaux des piles sont compltetement dpourvus de sculpture2 le triforium est d'une simplicit rare2 mais1 en revanche1 l'agencement des arcs1 les pntrations des moulures1 les profils1 sont excuts avec une perfection qui ne le cde aucun de nos difices du nord4 ,les votes sont admirablement appareilles et construites4 ,celles des chapelles et des bas-cts qui reoivent1 comme ,limoges et ,clermont1 un dallage presque horizontal1 ont #jm1#dj d'paisseur et sont maonnes en pierres dures4 ,l'ensemble de la construction1 bien pondr1 dont les pousses et les buttes sont calcules avec une adresse incomparable1 n'a pas fait le moindre mouvement2 les piles sont restes parfaitement verticales4 ,l'architecte1 afin de ne pas affaiblir ses points d'appui principaux par les passages des galeries1 a fait tourner le mur extrieur du triforium autour des piles 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ch74 ,cette mme disposition se retrouve galement la cathdrale de ,limoges4 ,mais outre la grandeur de son plan1 ce qui donne la cathdrale de ,narbonne un aspect particulier1 c'est la double ceinture de crneaux qui remplace les balustrades sur les chapelles1 et qui runit les cules des arcs-boutants termines en forme de tourelles 7voy4 ,,arc-,,boutant1 fig4 #fe74 ,c'est qu'en effet cette abside se reliait aux fortifications de l'archevch et contribuait1 du ct du nord1 la dfense de ce palais 7voy4 ,v,,ch74 ,c'tait1 dans les villes du ,midi1 un usage frquent de fortifier les cathdrales4 ,celle de ,bziers1 outre ses fortifications de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 laisse voir encore des traces nombreuses de ses fortifications du ,x,i,ie4 ,la partie de la cathdrale de ,carcassonne qui date du ,x,ie sicle se reliait aux fortifications de la cit4 ,au ,x,i,ve sicle1 nous voyons encore les archevques d',alby lever une cathdrale qui prsente tous les caractres d'une forteresse4 ,ce fait n'a rien d'extraordinaire1 quand on se rappelle les guerres fodales1 religieuses et politiques qui ne cessrent de bouleverser le ,languedoc pendant les ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,pour en revenir la cathdrale de ,narbonne1 on remarquera la disposition neuve et originale des chapelles nord du choeur1 laissant entre elles et le collatral un troit bas-ct qui produit un grand effet1 en donnant la construction beaucoup de lgret1 sans rien ter de la solidit4 ,il est vraisemblable que cette disposition devait tre adopte dans la nef1 qui1 comme celles de ,clermont et de ,limoges1 avait t projete avec des chapelles latrales4 ,narbonne1 la sacristie et le trsor sont disposs dans deux des chapelles du choeur1 au sud2 c'est encore l un point de ressemblance avec ,clermont et ,limoges 7voy4 fig4 #df et #dg74 ,les fentres de ces trois monuments furent garnies de vitraux2 mais ceux de la cathdrale de ,narbonne1 poss seulement pendant le ,x,i,ve sicle1 ne prsentent1 dans toutes les chapelles1 except dans celle de la ,vierge1 que des grisailles avec entrelacs de couleur et cussons armoys2 il semble que l'on ait tenu bannir la sculpture et la peinture de cette glise2 aussi est-elle d'un aspect passablement froid4 ,c'est plutt l l'oeuvre d'un savant que d'un artiste4 ,le sanctuaire de ,narbonne1 comme celui de ,limoges1 a conserv sa clture forme de tombeaux d'vques 7voy4 ,,tombeau74 ,la cathdrale de ,narbonne possde encore son clotre du ,x,ve sicle1 au flanc sud du choeur1 comme celle de ,bziers 7voy4 ,,clo,,tre71 et des dpendances1 entre autres une salle capitulaire d'un fort bon style4 ,saint-,just de ,narbonne est un difice unique dans cette contre du sol franais et par son style et par ses dimensions2 car les cathdrales du ,languedoc sont gnralement peu tendues1 et la plupart ne sont que des difices antrieurs aux guerres des ,albigeois1 rpares ou reconstruites en partie la fin du ,x,i,i,ie sicle et pendant le ,x,i,ve sicle4 ,toulouse1 seule peut-tre1 possdait1 au ,x,i,ie sicle1 une grande cathdrale nef unique sans collatraux1 autant qu'on peut en juger par le tronon qui nous reste de ce vaste et bel difice#bge4 ,mais ,toulouse tait1 au ,x,i,ie sicle1 une ville riche1 trs-populeuse1 et fort avance dans la culture des arts4 ,avec celle de ,bziers1 la cathdrale de ,carcassonne#bgf est une de celles qui nous prsente cette invasion du style ogival1 du ,nord1 dans un monument roman du ,midi4 ,nous donnons 7#di7 le plan de ce curieux monument4 ,la nef et ses deux collatraux1 jusqu'aux transsepts1 appartiennent une glise de la fin du ,x,ie sicle4 ,immdiatement aprs que ,carcassonne eut t runie la couronne de ,france sous saint ,louis1 l'vque ,radulphe fit construire1 l'extrmit du transsept sud 7qui alors tait roman et devait avoir l'tendue actuelle71 la chapelle teinte en gris sur le plan1 en style ogival quelque peu btard1 et la salle voisine#bgg4 ,au commencement du ,x,i,ve sicle1 l'vque ,pierre de ,roquefort ou ,rochefort dmolit le choeur1 les transsepts romans1 et btit la partie orientale de la cathdrale que nous voyons aujourd'hui1 en style ogival pur franais4 ,cependant1 soit qu'on ait voulu se tenir sur les fondations anciennes du chevet et des transsepts romans1 soit qu'on ait voulu conserver une disposition traditionnelle et que nous ne voyons gure adopte1 en dehors de ,carcassonne1 que dans l'glise d',obazine1 on donna la nouvelle construction un plan qui ne trouve d'analogue nulle part dans le ,nord2 mieux encore3 dans la nef romane1 il existe des piles alternativement carres1 cantonnes de demi-colonnes1 et cylindriques4 ,cette forme de pilier1 qui n'est pas ordinaire dans les constructions d'glises du ,x,i,i,ie et du ,x,i,ve sicle1 fut adopte pour les six piliers formant ttes des chapelles et du sanctuaire1 c'est--dire que les deux piles de la croise1 l'entre de l'abside1 rebties en face des deux piliers romans laisss en place1 prirent la section horizontale en plan de ces derniers1 et que les quatre autres piles sparant les chapelles des transsepts prirent la forme cylindrique1 comme pour se relier avec la vieille glise2 partout ailleurs les sections des piliers du ,x,i,ve sicle adoptent les formes usites cette poque4 ,l'vque ,pierre de ,roquefort1 en faisant rebtir la partie orientale de sa cathdrale1 avait donc l'intention de borner l son entreprise et de respecter la nef romane1 puisqu'il cherchait conserver1 entre les deux constructions1 une certaine harmonie1 malgr la diffrence de style4 ,ce n'tait plus cette confiance des vques du ,nord1 qui1 au ,x,i,i,ie sicle1 lorsqu'ils laissaient subsister1 pour le service du culte1 une portion d'glise antrieure1 ne le faisaient qu' titre provisoire1 et ne songeaient gure raccorder leurs nouveaux projets avec ces dbris romans destins tre jets bas aussitt que l'avancement de l'oeuvre nouvelle l'aurait permis4 ,on voit1 d'ailleurs1 combien les constructions dernires de la cathdrale de ,carcassonne sont exigus2 on rebtissait l'glise pour se conformer au got du temps1 mais on ne pensait pas l'agrandir#bgh2 tandis qu' ,clermont et ,limoges encore1 bien que ces cathdrales ne soient pas d'une grande dimension1 on avait cependant beaucoup augment1 au ,x,i,i,ie sicle1 le primtre des glises romanes#bgi4 ,si1 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 dans le ,nord1 la puissance qui avait fait lever les cathdrales commenait s'affaiblir1 il est vident que1 dans les provinces du ,midi1 et mme dans celles alors runies la couronne de ,france1 il n'y avait plus qu'un reste de l'impulsion provoque par le grand mouvement de la fin du ,x,i,ie sicle4 ,l'vque ,pierre de ,roquefort sembla vouloir1 du moins1 faire de sa petite cathdrale de ,saint-,nazaire1 si modeste comme tendue1 un chef-d'oeuvre d'lgance et de richesse4 ,contrairement ce que nous voyons ,narbonne1 o la sculpture fait compltement dfaut1 l'ornementation fut prodigue dans l'glise ,saint-,nazaire4 ,les verrires immenses et nombreuses 7car ce chevet et ces transsepts sont une vritable lanterne7 sont de la plus grande magnificence 7voy4 ,,vitrail7 comme composition et couleur4 ,le sanctuaire1 dcor des statues des aptres1 tait entirement peint4 ,les deux chapelles latrales de l'extrmit de la nef1 au nord et au sud1 ne furent probablement leves qu'aprs la mort de ,pierre de ,rochefort1 car elles ne se relient pas aux transsepts comme construction1 et dans l'une d'elles1 celle du nord1 est plac1 non pas aprs coup1 le tombeau de cet vque1 l'un des plus gracieux monuments du ,x,i,ve sicle que nous connaissions 7voy4 ,,tombeau74 ,les grands vents du sud-est et de l'ouest qui rgnent ,carcassonne avaient fait ouvrir la porte principale au nord de la nef romane2 une autre porte est perce dans le pignon du transsept nord4 ,le clocher de l'glise1 qui datait du ,x,ie sicle1 s'levait sur la premire trave de la nef et servait de dfense1 car il dominait la muraille de la cit1 qui1 alors1 passait au raz du mur occidental4 ,en ,a est le clotre2 il reliait les btiments du chapitre et de l'vch l'glise4 ,des deux cts du sanctuaire1 entre les contreforts1 sont rservs deux petits sacraires qui ne s'lvent que jusqu'au-dessous de l'appui des fentres4 ,ces sacraires sont garnis d'armoires doubles fortement ferres et prises aux dpens du mur4 ,ils servaient de trsors1 car il tait d'usage de placer1 des deux cts de l'autel principal des glises abbatiales ou des cathdrales1 des armoires destines contenir les vases sacrs1 les reliquaires et tous les objets prcieux4 ,saint-,nazaire1 on avait habilement profit des dispositions de la construction pour tablir d'une manire fixe ces sacraires qui1 le plus souvent1 n'taient que des meubles 7voy4 ,,autel74 ,les cathdrales des diocses de la ,france actuelle avaient tous1 ou peu s'en faut1 reconstruit leurs cathdrales pendant les ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles2 ceux dont l'oeuvre de reconstruction n'avait t commence que tardivement ne purent1 la plupart1 la terminer4 ,les guerres qui1 pendant la dernire moiti du ,x,i,ve sicle et le commencement du ,x,ve1 ensanglantrent le sol franais1 ne permirent pas de continuer ces monuments tardifs4 ,ce fut seulement la fin du ,x,ve sicle et au commencement du ,x,v,ie que l'on reprit les travaux4 ,alors1 comme nous l'avons dit en dcrivant quelques-uns de ces grands difices1 on fit de nouveaux efforts2 ,troyes1 ,auxerre1 ,tours1 vreux1 ,rouen1 ,beauvais1 ,limoges1 ,bourges1 ,nevers1 etc41 les vques et les chapitres consacrrent des sommes considrables parfaire des monuments que le refroidissement du zle des populations et les guerres avaient laisss incomplets4 ,quelques cathdrales1 en bien petit nombre1 furent commences cette poque4 ,le ,x,ve sicle vit fonder la cathdrale de ,nantes1 celles d',auch1 de ,montpellier1 de ,rhodez1 de ,viviers2 les guerres religieuses du ,x,v,ie sicle firent de nouveau suspendre les travaux4 ,nous ne devons pas quitter ce sujet sans parler de la cathdrale d',alby2 monument exceptionnel1 tant cause du principe de sa construction et de ses dispositions particulires1 que par la nature des matriaux employs1 la brique4 ,nous donnons 7#ej7 le plan de la cathdrale d',alby#bhj4 ,dj nous avons parl de deux cathdrales du midi de la ,france qui pouvaient1 au besoin1 servir de forteresses3 ,narbonne et ,bziers2 ce parti est plus franchement accus encore dans l'glise ,sainte-,ccile d',alby4 ,la tour occidentale est un vritable donjon1 sans ouvertures extrieures rez-de-chausse4 ,du ct mridional1 une porte fortifie se reliant une enceinte dfendait l'entre qui longeait le flanc de la cathdrale et s'levait au niveau du sol intrieur au moyen d'un large emmarchement4 ,du ct du nord1 des sacristies fortifies reliaient la cathdrale l'archevch1 fort bien dfendu par d'paisses murailles et un magnifique donjon4 ,sainte-,ccile d',alby1 commence vers le milieu du ,x,i,ve sicle1 n'est qu'une salle immense termine par une abside et compltement entoure de chapelles1 polygonales au chevet1 carres dans la nef4 ,ces chapelles sont prises entre les contreforts qui contrebuttent la grande vote2 deux tages1 ces chapelles communiquent toutes entre elles1 au premier tage1 par des portes perces dans les contreforts1 et forment ainsi une galerie4 ,ces chapelles du rez-de-chausse sont1 les unes votes en berceau ogival1 les autres en arcs d'ogives1 irrgulirement1 ainsi que l'indique le plan4 ,les votes du premier tage des chapelles sont toutes en arcs d'ogives4 ,les contreforts1 ou sparation des chapelles1 au-dessus du soubassement continu1 se dgagent en tourelles flanquantes dont la section horizontale donne un arc de cercle dont la flche est courte4 ,des fentres troites et longues1 perces seulement au premier tage1 dans les murs1 entre les contreforts1 clairent le vaisseau4 ,la construction de cette glise fut interrompue vers le commencement du ,x,ve sicle2 les couronnements projets1 et qui certainement ne devaient tre qu'un crnelage1 ne furent pas monts4 ,au commencement du ,x,v,ie sicle1 on se contenta de placer des balustrades aux diffrents tages de la tour1 de faire quelques travaux intrieurs1 le porche sud1 et la clture du choeur avec un jub qui occupe la moiti du vaisseau1 et forme ainsi comme un bas-ct autour du sanctuaire4 ,ce grand difice1 entirement bti en briques1 except les meneaux des fentres1 les balustrades et la clture du choeur qui sont en pierre1 fut enduit l'intrieur1 et compltement couvert de peintures de la fin du ,x,ve sicle et du ,x,v,ie#bha4 ,la cathdrale d',alby est certainement l'difice ogival le plus imposant des provinces du ,midi2 il est d'ailleurs original1 et n'a pas subi1 comme ,narbonne1 ,rhodez1 ,mende1 ,bziers1 les influences du ,nord4 ,il drive des glises de la ville basse de ,carcassonne1 de l'ancienne cathdrale de ,toulouse1 monuments religieux sans bas-cts1 qui n'taient eux-mmes qu'une application des constructions quasi-romaines de ,frjus1 de ,notre-,dame des ,dons d',avignon1 de la ,major de ,marseille1 glises rappellant le systme de construction adopt dans la basilique de ,constantin ,rome4 ,si la cathdrale d',alby est un difice ogival dans les moyens d'excution1 il faut reconnatre qu'il est1 comme disposition de plan1 comme structure1 compltement roman et mme antique4 ,le style ogival n'est l qu'une concession faite au got du temps1 l'application d'une forme trangre1 nullement une ncessit4 ,la vote de la cathdrale d',alby pourrait tre un grand berceau plein-cintre1 pntr par les petits berceaux transversaux fermant les traves entre les contreforts2 la stabilit de l'difice n'et rien perdu l'adoption de ce dernier systme roman ou romain2 et nous dirons mme que les votes en arcs d'ogives qui couvrent les traves entre les contreforts1 la hauteur de la grande vote1 sont un non-sens2 la vritable construction de ces votes et d tre faite en berceaux1 bands perpendiculairement la nef et portant sur ces contreforts4 ,ce parti et t plus solide et surtout plus logique4 ,c'est en tudiant les monuments qui ont admis les formes de l'architecture ogivale sans en bien comprendre l'esprit1 que l'on reconnat combien le style adopt1 la fin du ,x,i,ie sicle1 dans le nord de la ,france est imprieux2 combien il se spare nettement de tous les autres modes d'architecture antrieurs4 ,l'architecture romane est multiple2 drive du principe antique romain1 elle a pu pousser des rameaux divers1 ayant chacun leur caractre particulier2 il n'en est pas et ne peut en tre de mme de l'architecture ogivale2 il n'y a qu'une architecture ogivale1 il y a dix1 vingt architectures romanes4 ,nous voyons en ,aquitaine1 en ,auvergne1 en ,poitou1 en ,normandie1 en ,bourgogne1 en ,alsace1 en ,provence1 en ,picardie1 dans l',ile de ,france1 dans le ,maine1 en ,champagne1 des coles romanes qui se dveloppent chacune dans leur propre sphre1 bien qu'elles soient filles de la mme mre1 comme les langues italienne1 franaise1 espagnole se sont dveloppes chacune de leur ct1 quoique drives du latin4 ,pourquoi8 ,c'est que dans l'architecture romane1 comme dans l'architecture antique1 la forme d'art1 l'enveloppe ne dpend pas absolument de la construction1 du besoin satisfaire2 l'art est libre1 il ne dpend que de la tradition et de l'inspiration2 il n'est pas une dduction d'un principe absolu4 ,veut-on des exemples8 ,nous ne rpterons pas ici ce qu'on a dit du temple grec1 qui reproduit en pierre ou en marbre une construction de bois2 nous estimons trop ces matres dans tous les arts1 pour les accuser d'avoir ainsi manqu aux rgles les plus simples du bon sens1 et par consquent du bon got2 mais il est certain que1 dans l'architecture grecque1 les ordres prennent une importance1 comme art1 qui domine l'architecte2 l'art est le matre de son imagination1 plus fort que son raisonnement2 aussi1 que fait l'artiste8 ,il fait tendre toutes les facults de son esprit perfectionner cette forme qui l'treint2 ne pouvant l'assouplir1 il la polit4 ,les ,romains1 peu artistes de leur nature1 prennent la forme de l'art grec pour l'appliquer des monuments qui n'ont aucun rapport avec les principes de cet art4 ,ils trouvent des ordres2 entre tous1 ils adoptent volontiers le plus riche2 confondant1 comme tous les parvenus1 la richesse avec la beaut1 et ces ordres1 dont l'origine est parfaitement rigoureuse et dfinie1 ils les appliquent au rebours de cette origine2 les ,romains veulent des arcs et des votes2 les ,grecs ne connaissaient que la plate-bande4 ,on devrait conclure de ceci que les ,romains ont trouv ou cherch une forme nouvelle propre leur nouveau systme de construction2 point4 ,les ,romains prennent la forme grecque1 l'architecture grecque1 les ordres grecs1 et les plaquent1 comme une dpouille1 contre leur construction2 peu leur importe que la raison soit choque de ce contresens2 ils sont les matres1 mais ce sont des matres qui font passer le besoin1 la ncessit avant la satisfaction des yeux2 il leur faut de vastes monuments vots2 ils les construisent d'abord1 puis1 leur programme rempli1 trouvant un art tout fait1 ils s'en emparent1 et l'accrochent leurs murailles comme on accroche un tableau4 ,que ceux qui voudraient nous taxer d'exagration nous expliquent comment1 par exemple1 on trouve1 autour du ,colyse1 des ordres complets avec leurs plates-bandes 7des plates-bandes sur des arcs672 dans l'intrieur des salles des ,thermes1 des ordres complets1 avec leurs corniches saillantes1 sous des votes 7des corniches saillantes l'intrieur1 comme s'il pleuvait dans l'intrieur d'une salle674 ,il est vident que les ,grecs1 amants avant tout de la forme1 ayant trouv cette admirable combinaison des ordres1 tant parvenus1 guids par un got parfait1 donner ces ordres des proportions inimitables1 se sont mis adorer leur oeuvre et lui sacrifier souvent la ncessit et la raison2 car1 pour eux1 le premier de tous les besoins tait de plaire aux sens2 que les ,romains1 indiffrents au fond en matire d'art1 mais dsireux de s'approprier tout ce qui dans le monde avait une valeur1 ont voulu habiller leur architecture la grecque1 croyant que l'art n'est qu'une parure extrieure qui embellit celui qui la porte1 quelle que soit sa qualit ou son origine4 ,l'habitude prise par les ,romains de se vtir des habits d'autrui a fini par produire1 on le conoit facilement1 les costumes les plus tranges4 ,l'architecture romane1 drive de l'architecture romaine1 n'ayant plus mme sous les yeux ces principes grecs pills par les ,romains1 a interprt les traditions corrompues de cent faons diffrentes4 ,la forme n'tant pas intimement lie la matire1 n'en tant pas la dduction logique1 chacun l'interprtait sa guise4 ,c'est ainsi que l'art roman a pu1 son tour1 s'emparer des lambeaux du vtement romain1 sans en comprendre l'usage1 puisqu'il n'tait qu'une parure emprunte1 et arriver1 dans les diffrentes provinces des ,gaules1 former des coles spares et qui pouvaient se diviser l'infini4 ,il n'en est pas ainsi de l'architecture qui1 nat au ,x,i,ie sicle2 fille du rationalisme moderne1 chez elle le calcul prcde l'application de la forme2 bien plus1 il la commande1 il la soumet2 si1 par ce besoin naturel l'homme1 il veut qu'elle soit belle1 il faut que ce soit suivant la loi d'unit4 ,en entrant dans le domaine d'un autre art1 nous pourrons peut-tre nous faire mieux comprendre444 ,l'architecture antique1 c'est la mlodie2 l'architecture du moyen ge1 c'est l'harmonie4 ,l'harmonie1 dans le sens que nous attachons ce mot1 c'est--dire l'arrangement et la disposition des sons simultans1 tait inconnue chez les anciens ,grecs2 l'antiphonie1 au temps d',aristote1 tait seule pratique1 c'est--dire les octaves produits par des voix d'hommes et de femmes ou d'enfants chantant la mme mlodie4 ,ce ne fut que pendant les premiers sicles de notre re que l'usage des quartes et des quintes fut admis dans la musique grecque1 et encore l'chelle tonale de ses modes se prtait si peu aux sons simultans1 que la pratique de l'harmonie tait hrisse de difficults et son emploi fort restreint4 ,m4 ,vincent#bhb1 malgr des efforts persevrants pour dcouvrir les traces de l'harmonie chez les ,grecs1 n'a encore pu arriver aucun rsultat concluant4 ,dans l'glise latine1 au contraire1 l'harmonie n'a cess de prendre des dveloppements rapides1 et c'est principalement au moyen ge qu'il faut rapporter l'invention et l'tablissement des rgles qui ont lev cet art la plus merveilleuse puissance4 ,ds l'poque de ,charlemagne1 on trouve des traces de l'art de combiner les sons simultans1 et cet art s'appelle organum1 ars organandi4 ,il tait rserv ,huchald1 moine de ,saint-,amand au ,xe sicle1 de donner une grande impulsion l'harmonie1 en tablissant des rgles fixes et fcondes4 ,aux diaphonies mouvements semblables succda1 au ,x,ie sicle1 la diaphonie mouvements contraires et intervalles varis1 comme le prouvent les ouvrages de ,jean ,cotton et d'autres auteurs4 ,enfin1 pendant les ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 l'harmonie s'enrichit successivement de tous les accords qui forment la base de la composition musicale moderne2 et les traits de ,jean de ,garlande1 de ,pierre ,picard1 de ,jrme de ,moravie1 etc41 prouvent surabondamment l'emploi1 dans la symphonie1 des tierces1 des quartes1 des quintes1 des sixtes1 des septimes mme1 la rsolution des intervalles dissonants sur des consonnances par mouvement contraire2 et bien plus encore1 l'existence des notes de passage1 du contrepoint double et des imitations#bhc4 ,or1 s'il est deux arts qui peuvent tre compars1 ce sont certainement la musique et l'architecture2 ils s'expliquent l'un par l'autre2 ils ne procdent ni l'un ni l'autre de l'imitation de la nature2 ils crent4 ,pour crer1 il faut calculer1 prvoir1 construire4 ,le musicien qui seul1 sans instruments1 sans articuler un son1 entend1 la plume la main et le papier rgl devant lui1 la composition harmonique la plus complique1 qui calcule et combine l'effet des sons simultans2 l'architecte qui1 l'aide d'un compas et d'un crayon1 trace des projections sur sa planchette1 et voit1 dans ces tracs gomtriques et dans des chiffres1 tout un monument1 les effets des pleins et des vides1 de la lumire et des ombres2 qui prvoit1 sans avoir besoin de les peindre1 les mille moyens d'lever ce qu'il conoit2 tous deux1 musicien et architecte1 sont bien forcs de soumettre l'inspiration au calcul4 ,les peuples primitifs trouvent tous des mlodies2 c'est la cration d'instinct1 l'panchement extrieur par les sons d'un sentiment2 mais notre civilisation moderne seule appartient l'harmonie2 c'est la cration voulue1 prmdite1 calcule1 raisonne de l'homme qui est tourment par l'ternel ,pourquoi8 qui cherche1 travaille1 et veut1 en produisant un effet1 en obtenant un rsultat1 que son labeur paraisse1 qu'on apprcie les efforts de sa raison et la science qu'il lui a fallu dployer pour crer444 ,vanit6444 soit2 mais plus l'homme mordra au fruit de l'arbre de la science1 plus sa vanit crotra2 peut-tre 7,dieu veuille que nous nous trompions67 le jour n'est-il pas loign o l'amour de l'art sera remplac par la vanit de l'art4 ,l'architecture grecque est une mlodie rhythme2 mais ce n'est qu'une mlodie1 admirable1 nous en tombons d'accord4 ,enlevez d'une mlodie un membre1 ce qui restera n'en sera pas moins un fragment de mlodie2 enlevez un ordre d'un temple grec1 ce sera toujours un ordre que vous pourrez appliquer un palais1 une maison1 un tombeau4 ,d'un morceau d'harmonie1 d'une symphonie1 retirez une partie1 il ne reste rien1 puisque l'harmonie n'est telle que par la simultanit des sons4 ,de mme1 dans un difice ogival1 toutes les parties se tiennent2 elles n'ont adopt certaines formes que par suite d'un accord d'ensemble4 ,la lecture de ce ,dictionnaire le prouverait2 nous ne pouvons nous occuper d'un dtail de l'architecture ogivale1 et expliquer sa fonction1 qu'en indiquant sa place1 les circonstances qui ont impos sa forme1 sa raison d'tre1 indpendamment du got de l'artiste ou du style dominant4 ,le mme souffle moderne qui faisait substituer l'harmonie la mlodie dans la musique1 faisait1 au ,x,i,ie sicle1 remplacer1 dans l'architecture1 les traditions plus ou moins corrompues de l'art antique1 par une succession de combinaisons soumises un principe absolu4 ,les cathdrales sont le premier et le plus grand effort du gnie moderne appliqu l'architecture1 elles s'lvent au centre d'un ordre d'ides oppos l'ordre antique4 ,et1 pendant qu'on les construisait1 les tudes de la philosophie grecque1 du droit romain1 de l'administration romaine1 taient en grande faveur4 ,au ,x,i,ie sicle1 l'esprit moderne prit l'antiquit certains principes de vrit ternelle pour se les approprier et les transformer4 ,au ,x,v,ie sicle1 on s'empara de la forme antique1 sans trop se soucier du fond4 ,c'est donc une erreur1 nous le croyons1 de prsenter1 comme quelques crivains de notre temps ont voulu le faire1 l'architecture ne au ,x,i,ie sicle comme une sorte de dviation de l'esprit humain2 dviation brusque1 sans relations avec ce qui a prcd et ce qui doit suivre4 ,si l'on prend la peine d'tudier srieusement cet art1 en mettant de ct ces reproches banals engendrs par la prvention1 rpts par tous les esprits paresseux1 on y trouvera1 au contraire1 dvelopps avec une grande nergie1 les lments de ce que nous appelons nos conqutes modernes1 l'ordre gnral avec l'indpendance individuelle1 l'unit dans la varit2 l'harmonie1 le concours de tous les membres vers un centre commun2 la science qui s'impose la forme2 la raison qui domine la matire2 la critique enfin1 pour nous servir d'un mot de notre temps1 qui veut que la tradition et l'inspiration soient soumises certaines lois logiques4 ,et ce n'est pas seulement dans la combinaison gomtrique des lignes de l'architecture ogivale que nous trouvons l'expression de ces principes1 c'est encore dans la sculpture1 dans la statuaire4 ,l'ornementation et l'iconographie de nos grandes cathdrales du ,nord se soumettent ces ides d'ordre1 d'harmonie universelle4 ,ces myriades de figures1 de bas-reliefs qui dcorent la cathdrale composent un cycle encyclopdique1 qui renferme non-seulement toute la nature cre1 mais encore les passions1 les vertus1 les vices et l'histoire de l'humanit1 ses connaissances intellectuelles et physiques1 ses arts et mme ses aspirations vers le bien absolu4 ,le temple grec est ddi au culte de ,minerve1 ou de ,neptune1 ou de ,diane2 et1 considrant ces divinits au point de vue mythologique le plus lev1 on ne peut disconvenir qu'il y a l comme un morcellement de la ,divinit4 ,le temple de ,minerve est ,minerve seule2 son culte ne satisfait qu' un ordre d'ides4 ,le ,grec qui dsire se rendre propices les divinits1 c'est--dire la puissance surnaturelle matresse de l'univers et de sa propre existence1 doit aller successivement sacrifier la porte des douze dieux de l',olympe2 il ne peut1 son point de vue1 croire qu'un sacrifice fait ,crs pour obtenir de bonnes rcoltes1 lui rendra ,neptune favorable1 s'il doit faire un voyage sur mer4 ,nous admettons volontiers que les grands esprits du paganisme voyaient1 dans les diffrents mythes qu'ils adoraient1 les qualits diverses et personnifies d'une puissance divine2 mais1 enfin1 il fallait une mlodie pour chacun de ces mythes4 ,l'harmonie moderne ne pouvait entrer dans le cerveau d'un ,grec2 elle n'avait pas de raisons d'exister2 au contraire1 tout la repoussait4 ,avec le christianisme1 l'ide du morcellement des qualits de la divinit disparat2 en priant1 le chrtien implore la protection de ,dieu pour lui1 pour les siens1 pour ce qu'il possde1 pour l'humanit tout entire2 son ,dieu embrasse l'univers sous son regard4 ,or cette ide chrtienne1 chose singulire1 nous ne la voyons matriellement dveloppe qu'au ,x,i,ie sicle4 ,il semble que1 jusqu' ce rveil de l'esprit moderne1 la tradition paenne laissait encore des traces dans les esprits1 comme elle en laissait dans les formes de l'architecture4 ,jusqu'au ,x,i,ie sicle1 les glises1 mme monastiques1 conservent quelque chose du morcellement de la ,divinit antique4 ,en voyant les nombreuses sculptures romanes qui dcorent nos monuments occidentaux1 on ne sait trop comment rattacher ces imageries une ide commune4 ,les traditions locales1 le saint vnr1 les tendances ou l'histoire des populations1 dirigent le sculpteur4 ,l',ancien et le ,nouveau ,testament se mlent aux lgendes4 ,si nous nous trouvons dans une glise clunisienne1 saint ,antoine1 saint ,benoit1 l'archange saint ,michel jouent un rle important dans l'iconographie2 on retrouve ces personnages partout1 en dedans et en dehors1 sans qu'il soit possible d'assigner un ordre hirarchique ces reprsentations4 ,tout cela est entreml de figures d'animaux bizarres1 et nous ne croyons pas que la symbolique romane puisse jamais tre claire pour nous1 puisque saint ,bernard lui-mme traitait la plupart de ces sculptures de monstruosits paennes4 ,admettant1 si l'on veut1 que la fantaisie de l'imagier n'ait pas t pour beaucoup dans le choix des sujets1 toujours est-il que chaque glise1 sauf certaines reprsentations invariables1 possde son iconographie propre4 ,avec la cathdrale de la fin du ,x,i,ie sicle1 surgit l'iconographie mthodique2 et1 pour en revenir notre comparaison musicale1 chaque sculpteur1 en faisant sa partie1 concourt l'ensemble harmonique2 il est astreint certaines lois dont il ne s'carte pas1 comme pour laisser la symphonie sa parfaite unit4 ,beaucoup d'glises cathdrales1 avant cette grande poque de l'art franais1 se composaient de plusieurs glises et oratoires4 ,comme premier pas vers l'unit1 les vques qui reconstruisent ces monuments1 aux ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 englobent ces glises et ces chapelles dans la grande construction2 puis ils adoptent une iconographie dont nous allons essayer de prsenter sommairement le vaste et magnifique tableau4 ,disons d'abord que les cathdrales qui nous donnent un ensemble de sculptures peu prs complet sont les cathdrales de ,paris1 de ,reims1 d',amiens et de ,chartres1 toutes les quatre ddies la sainte ,vierge4 ,trois portes s'ouvrent la base de la faade occidentale4 ,sur le trumeau de la porte centrale est plac1 debout1 et bnissant de la droite1 tenant l'vangile de la main gauche1 le ,christ homme#bhd2 ses pieds reposent sur le dragon4 ,les douze aptres sont rangs des deux cts contre les brasements#bhe4 ,sur le socle du ,christ est la figure de ,david#bhf1 ou les prophtes qui ont annonc sa naissance1 et les arts libraux#bhg en bas-relief4 ,sous les aptres sont sculpts1 en bas-relief1 les vertus et les vices1 chaque vertu place au-dessus du vice contraire#bhh4 ,les quatre signes des vanglistes occupent les angles des brasements#bhi4 ,on voit s'lever1 sur les deux pieds-droits1 la droite du ,christ1 les vierges sages2 la gauche1 les vierges folles#bij2 au-dessous d'elles1 un arbre feuillu1 auquel sont suspendues des lampes1 du ct des vierges sages2 du ct des folles1 un arbre mort frapp d'une cogne#bia4 ,le linteau1 qui ferme la porte au-dessus du trumeau1 reprsente la rsurrection1 le psement des mes et la sparation des lus des damns4 ,au-dessus1 dans le tympan1 le ,christ au jour du jugement1 nu1 montrant ses plaies2 des anges tiennent les instruments de la ,passion2 la ,vierge et saint ,jean genoux implorent le divin ,juge#bib4 ,dans les voussures1 des anges#bic2 la gauche du ,christ1 les supplices des damns2 la droite1 les lus2 puis les martyrs1 les confesseurs1 les vierges martyres1 les rois1 les patriarches1 ou des prophtes1 quelquefois un arbre de ,jess#bid4 ,des deux cts de la porte1 l'glise et la ,synagogue#bie4 ,le trumeau de l'une des deux portes latrales est occup par la statue de la ,vierge tenant l'enfant ,jsus#bif2 ses pieds portent sur le serpent tte de femme4 ,sur le socle est sculpte la cration de l'homme et de la femme1 et l'histoire de la tentation#big4 ,sur la tte de la ,vierge1 et lui servant de dais1 l'arche d'alliance1 soutenue par des anges#bih4 ,des deux cts1 dans les brasements1 les rois ,mages1 l',annonciation1 la ,visitation1 la ,circoncision1 ,david#bii4 ,sur le linteau de la porte1 on voit les rois et les prophtes#cjj1 ou ,mose et ,aaron et des prophtes#cja4 ,au-dessus1 la mort de la ,vierge#cjb ou son ensevelissement par les aptres et l'enlvement de son corps par les anges#cjc4 ,dans le tympan1 son couronnement#cjd4 ,les voussures contiennent des anges1 les rois anctres de la ,vierge1 et les prophtes qui ont annonc sa venue#cje4 ,la troisime porte est ordinairement rserve au saint patron du diocse2 ,amiens1 c'est saint ,firmin qui occupe le trumeau2 des deux cts1 dans les brasements1 viennent les reprsentants de l'ordre religieux dans l'ancienne et la nouvelle loi2 ,aaron1 ,melchisedech et l',ange2 les premiers prtres martyrs1 saint tienne1 saint ,denis1 etc42 quelquefois des saints vnrs dans la localit1 comme sainte ,ulphe1 saint ,honor et saint ,salve ,amiens4 ,les linteaux et tympans de ces portes1 consacres au saint patron du diocse1 contiennent sa lgende et l'histoire de la translation de ses reliques#cjf4 ,sur les soubassements ou les pieds-droits de l'une de ces portes latrales sont sculpts1 en bas-relief1 un zodiaque et les travaux de l'anne#cjg4 ,amiens1 sur les faces des contreforts1 en avant des trois portes1 sont poses les statues des prophtes1 et1 au-dessous1 les prophties dans des mdaillons2 c'est comme une sorte de prologue aux scnes sculptes autour des portes et qui tiennent la nouvelle loi4 ,sur les faades des grandes cathdrales du titre de sainte ,marie1 mre de ,dieu1 au-dessus des portes1 on voit une srie de statues colossales de rois anctres de la ,vierge#cjh4 ,ils assistent sa glorification4 ,une galerie suprieure reoit la statue de la sainte ,vierge entoure d'anges#cji4 ,c'tait de ce balcon lev qu'au ,dimanche des ,rameaux le clerg entonnait1 en plein air1 le ,gloria devant le peuple assembl sur le parvis4 ,le sommet du pignon de la nef reoit une statue du ,christ bnissant1 ou un ange sonnant de la trompette1 comme pour rappeler la scne du ,jugement dernier trace sur le tympan de la porte centrale4 ,les sculptures des portes nord et sud des transsepts sont ordinairement rserves aux saints particulirement vnrs dans le diocse1 ou1 comme ,paris1 du ct sud1 consacrent le souvenir de l'une des glises annexes la cathdrale avant sa reconstruction#caj4 ,autour de la cathdrale1 sur les contreforts1 contre les parois des chapelles#caa1 des statues d'anges tiennent les ustensiles ncessaires au service religieux1 des instruments de musique#cab1 comme pour indiquer que l'glise est un concert ternel la gloire de ,dieu4 ,nous ne pouvons ici entrer dans tous les dtails de la statuaire de nos grandes cathdrales du ,nord2 ce serait sortir du cadre dj trs-large que nous nous sommes trac4 ,nous avons seulement voulu faire comprendre le principe d'unit qui avait d diriger les sculpteurs4 ,on a pu le voir1 par cet expos sommaire1 non contents de tracer l'histoire de la naissance du ,sauveur1 les vques voulaient1 aux yeux de tous1 tablir la gnalogie de la ,vierge1 sa victoire sur le dmon1 sa glorification1 les rapports qui existent entre l'ancienne et la nouvelle loi par les prophties1 et surtout frapper les imaginations par la reprsentation du jugement dernier2 de la rcompense des bons et de la punition des mchants4 ,comme pisodes de ce grand pome1 la parabole des vierges sages1 celle de l'enfant prodigue1 quelquefois des scnes tires de l',ancien ,testament1 la tentation et la chute d',adam1 la mort d',abel1 le dluge1 l'histoire de ,joseph1 de ,job1 celle de ,david1 les principaux exemples de la faiblesse1 de la rsignation ou du courage humain1 de la vengeance divine4 ,puis ces figures nergiques des vertus et des vices personnifis2 puis1 enfin1 l'ordre naturel1 les saisons1 les lments1 les travaux de l'agriculture1 les sciences et les arts4 ,l'iconographie de la cathdrale1 l'extrieur1 embrassait donc toute la cration4 ,dans l'glise1 la statuaire tait remplace par les peintures des verrires2 sur ces splendides tapisseries1 on retrouvait1 dans le choeur1 la passion de ,jsus-,christ1 les aptres1 les vanglistes et les prophtes1 les rois de ,juda2 dans la nef1 les saints vques4 ,les fentres basses retraaient aux yeux les lgendes des saints1 des paraboles1 l',apocalypse1 des scnes du jugement dernier4 ,celles de la chapelle du chevet consacre la ,vierge1 son histoire1 ses lgendes1 l'arbre de ,jess1 les prophties1 les sibylles4 ,le pavage venait son tour ajouter la dcoration en entrant dans le concert universel2 au centre de la nef tait incrust un labyrinthe 7voyez ce mot71 figure symbolique1 probablement1 des obstacles que rencontre le chrtien et de la patience dont il doit tre arm2 c'tait au centre de ce labyrinthe que les noms et les portraits des matres des oeuvres taient tracs1 comme pour indiquer qu'ils avaient eu1 les premiers1 traverser de longues preuves avant d'achever leur ouvrage4 ,sur les dallages des cathdrales1 on voyait aussi1 gravs1 des zodiaques#cac1 des scnes de l',ancien ,testament#cad1 des bestiaires#cae4 ,si nous ajoutons1 ces dcorations tenant aux monuments1 les tapisseries et les voiles qui entouraient les sanctuaires1 les jubs enrichis de fines sculptures1 les peintures lgendaires des chapelles1 les autels de marbre1 de bronze ou de vermeil1 les stalles1 les chsses1 les grilles admirablement travailles1 les lampes d'argent et les couronnes de lumire suspendues aux votes1 les armoires peintes ou revtues de lames d'or renfermant les trsors1 les statues en mtal ou en cire1 les tombeaux1 les cltures de choeur couvertes de bas-reliefs1 les figures votives adosses aux piliers1 nous pourrons avoir une ide de ce qu'tait la cathdrale1 au ,x,i,i,ie sicle1 un jour de grande crmonie1 lorsque les cloches de ses sept tours taient en branle1 lorsqu'un roi y tait reu par l'vque et le chapitre1 suivant l'usage1 aussitt son arrive dans une ville4 ,dpouilles aujourd'hui1 mutiles par le temps et la main des hommes1 mconnues pendant plusieurs sicles par les successeurs de ceux qui les avaient leves1 nos cathdrales apparaissent1 au milieu de nos villes populeuses1 comme de grands cercueils2 cependant elles inspirent toujours aux populations un sentiment de respect inaltrable2 certains jours de solennits publiques1 elles reprennent leur voix1 une nouvelle jeunesse1 et ceux mmes qui rptaient1 la veille1 sous leurs votes1 que ce sont l des monuments d'un autre ge sans signification aujourd'hui1 sans raison d'exister1 les trouvent belles encore dans leur vieillesse et leur pauvret#caf4 ,illustration2 ,fig4 #a4 ,illustration2 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration2 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad1 #ae1 #af1 #ag et #ag bis ,illustration3 ,fig4 #ah et #ai ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba et #ba bis4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 ,illustration3 ,fig4 #cb4 ,illustration3 ,fig4 #cc4 ,illustration3 ,fig4 #cd4 ,illustration3 ,fig4 #ce4 ,illustration3 ,fig4 #cf4 ,illustration3 ,fig4 #cg4 ,illustration3 ,fig4 #ch4 ,illustration3 ,fig4 #ci4 ,illustration3 ,fig4 #dj4 ,illustration3 ,fig4 #da4 ,illustration3 ,fig4 #db4 ,illustration3 ,fig4 #dc4 ,illustration3 ,fig4 #dd4 ,illustration3 ,fig4 #de4 ,illustration3 ,fig4 #df4 ,illustration3 ,fig4 #dg4 ,illustration3 ,fig4 #dh4 ,illustration3 ,fig4 #di4 ,illustration3 ,fig4 #ej4 ,note #agg3 ,cathedra1 proprie est sedes1 seu sessio honestior et augustior episcoporum in ,ecclesia1 cteris aliorum presbyterorum sedilibus excelsior3 ,ut in mentem revocarent1 inquit ,s4 ,august4 in ,psalm4 #abf1 altiore se in loco1 tanquam in specula constitutos1 quo oculorum acie pervigili1 atque indefessa1 in tutelam gregis incumbant1 tanto cteris virtute et probitate clariores1 quanto magis essent sedis honore ac sublimitate conspicui4 7,ducange1 ,gloss47 ,note #agh3 ,il existe encore quelques-uns de ces siges piscopaux4 ,en ,provence1 ,avignon1 on en voit un dans l'glise cathdrale2 il est en marbre1 et fut enlev de sa place primitive pour tre rang la droite de l'autel4 ,dans la cathdrale d',augsbourg1 le sige piscopal est rest sa place1 au fond de l'abside1 comme ceux que l'on voit encore dans les basiliques de ,saint-,clment et de ,saint-,laurent 7extra muros7 ,rome 7voy4 ,,chaire74 ,note #agi3 ,lyon1 le trne piscopal occupait encore1 il y a un sicle1 le fond de l'abside de la cathdrale1 et l'autel tait dpourvu de tout ornement au-dessus de la table2 une croix et deux flambeaux devaient seuls y tre placs4 ,note #ahj3 ,lettre #gh4 ,note #aha3 ,instit4 de saint ,louis1 p4 #agb4 ,le comte ,beugnot4 ,note #ahb3 ,instit4 de saint ,louis4 ,le comte ,beugnot4 ,note #ahc3 ,voir1 pour de plus amples dtails1 l',itinr4 archol4 de ,paris1 par ,m4 le baron de ,guilhermy4--,paris1 #ahee4 ,note #ahd3 ,l'chelle de ce plan1 ainsi que de tous ceux qui vont suivre1 est de #j1jjam pour mtre4 ,note #ahe3 ,la surface couverte de l'glise de ,notre-,dame de ,paris tait de #d1cgj mt42 dduisant les pleins et le sanctuaire1 restait environ #c1hjj mt4 rez-de-chausse1 pouvant contenir1 en supposant les espaces laisss libres pour les passages1 #g1ejj personnes4 ,note #ahf3 ,ces galeries peuvent contenir #aejj personnes1 en supposant qu'elles soient places seulement sur quatre rangs4 ,note #ahg3 ,c'est en rparant les fentres hautes de la nef de la cathdrale1 pendant le cours de la campagne de #ahed1 que nous avons dcouvert les roses s'ouvrant dans la nef au-dessus de la galerie du premier tage1 et clairant le comble de cette galerie4 ,des fragments de ces roses ont pu tre replacs dans la dernire trave de la nef et les deux traves ouest du croisillon sud4 ,note #ahh3 ,nous n'avons1 pour donner ces dates1 que le caractre architectonique des constructions2 mais1 dans l',ile de ,france1 les progrs sont si rapides1 que l'on aperoit1 dans un espace de dix ans1 des changements assez sensibles pour pouvoir1 coup sr1 fixer la date d'une construction4 ,note #ahi3 poque de la construction de la ,sainte-,chapelle4 ,ces chapelles prsentent des dtails et des profils identiques avec ceux de ce monument4 ,note #aij3 ,cette claire-voie est reste du ct nord1 derrire les couvertures de ces chapelles4 ,note #aia3 ,ce plan est le plan actuel1 avec la sacristie btie depuis #ahde la place de l'ancien archevch au sud4 ,note #aib3 ,en #aafj1 on jette les fondements de la cathdrale actuelle de ,paris2 en #aagb1 on projette la reconstruction de celle de ,bourges4 ,l'vque tienne donne ,odon1 clerc1 cette anne #aagb1 une place situe devant la porte de l'glise1 pour y btir une maison1 la condition de rendre l'emplacement aussitt que la construction de l'glise projete l'exigera4 ,la ,cathdrale de ,bourge1 par ,a4 de ,girardot et ,hip4 ,durand4 ,moulins1 #ahdi4 ,note #aic3 ,nous avons enlev de ce plan quelques chapelles ajoutes le long du bas-ct de la nef pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles4 ,note #aid3 ,nous avons entendu exprimer l'opinion que ces portes taient les restes1 demeurs en place1 d'une glise du ,x,i,ie sicle2 il n'est pas besoin d'tre trs-familier avec les dtails de sculpture et les moulures des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 pour reconnatre qu' la porte ,b du sud1 par exemple1 le trumeau portant la figure du ,christ est du ,x,i,i,ie sicle1 que les moulures de soubassements et quelques colonnes servant de supports aux statues sont du ,x,i,i,ie sicle1 tandis que les figures des brasements1 les linteaux et tympans sont du ,x,i,ie4 ,c'est encore l1 comme ,paris1 une collection de fragments prcieux1 un souvenir d'un difice antrieur qu'on a voulu conserver et enchsser dans la construction mme4 ,du reste1 comme ,paris1 ces sculptures mritaient bien cet honneur2 elles sont de la plus grande beaut4 ,note #aie3 ,on a reproch1 et on reproche chaque jour aux architectes de cette poque1 d'avoir conu des difices qui n'taient pas possibles2 et1 confondant les styles1 les poques1 ne tenant pas compte de l'puisement des sources financires qui se tarirent au milieu du ,x,i,i,ie sicle1 on les accuse de n'avoir pas su achever ce qu'ils avaient commenc4 ,mais les architectes qui1 en #adij1 levaient une cathdrale1 ne pouvaient supposer alors 7tel tait l'entranement gnral7 que les moyens dont ils disposaient viendraient s'amoindrir4 ,lorsqu'ils ont pu1 par hasard1 terminer l'oeuvre qu'ils avaient conue1 nous verrons avec quelle puissance de moyens et avec quelle science soutenue ils l'ont fait4 ,dj l'exemple de la cathdrale de ,paris que nous avons donn le prouve2 nous allons voir qu'il n'est pas le seul4 ,un fait curieux fait comprendre ce que c'tait que la construction dune cathdrale au commencement du ,x,i,i,ie sicle4 ,ce fait tant plus rapproch de nous1 bien connu1 convaincra1 nous le croyons1 les esprits les plus enclins au doute4 ,la cathdrale d',orlans fut dtruite de fond en comble par les protestants1 la fin du ,x,v,ie sicle4 ,les ,orlanais voulurent avoir non-seulement une cathdrale1 mais leur cathdrale1 celle qui avait t dmolie1 et pendant deux sicles ils poursuivirent cette ide1 malgr que le got des constructions ogivales ne ft gure de mode alors4 ,la cathdrale d',orlans fut rebtie1 et ce n'est pas la faute des populations si les architectes ne surent leur lever qu'un monument btard4 ,certes1 nous n'avons pas l'intention de donner cet difice comme un modle d'architecture ogivale2 mais sa reconstruction est un fait moral d'une grande porte4 ,orlans1 la ville centrale de la ,france1 avait seule peut-tre conserv1 en plein ,x,v,i,ie sicle1 le vieil esprit national2 seule elle tait reste attache son monument1 qui lui rappelait une grande poque1 de grands souvenirs1 les premiers efforts de la socit franaise pour se constituer4 ,nous l'avons dit dj1 si les chteaux1 si les abbayes furent brls et dvasts en #agic1 toutes nos grandes cathdrales restrent debout1 et beaucoup mme ne subirent pas de mutilations4 ,note #aif3 ,ces usages ne furent gure abolis qu' la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,jean de ,courtenai1 archevque de ,reims1 donna1 en #abfj1 des lettres de rformation pour la cathdrale de ,laon1 dans lesquelles on lit ce passage3 ,ecclesiam quoque1 qu domus orationis esse debet1 locum negociationis fieri prohibemus1 nec in eadem rerum quarumlibet merces vendi1 causas audiri vel decidi volumus1 seu mundana celebrari3 imo mundanis exclusis negotiis1 solum ibidem divinum negotium fiat4 ,cartul4 ,laudun41 ,essai sur l'gl4 de ,n4-,d4 de ,laon1 par ,j4 ,marion1 #ahdc4 ,note #aig3 ,tels sont1 par exemple1 les faits relatifs aux fondations1 que ,suger dit avoir fait excuter avec le plus grand soin2 or ces fondations sont aussi ngliges que possible3 aux colonnes du choeur1 qui auraient t rapportes d',italie1 elles proviennent des carrires de l',oise2 aux vitraux1 dans la fabrication desquels il entra une quantit considrable de pierres prcieuses1 saphirs1 meraudes1 rubis1 topazes3 or ces vitraux1 dont nous possdons heureusement de nombreux fragments1 quoique fort beaux1 sont1 bien entendu1 en verre color par des oxydes mtalliques4 ,on objectera peut-tre que les fabricants chargs de faire ces vitraux firent croire ,suger que1 pour obtenir des verrires d'une belle couleur1 il fallait y jeter des pierres prcieuses2 mais alors ces vitraux auraient donc t faits en dehors de l'abbaye1 et ,suger se servait donc d'artistes laques8 ,nous sommes plus dispos croire que ce rcit est une exagration4 ,suger1 tel que nous le reprsente l'histoire1 ne parait pas tre homme se laisser tromper d'une faon aussi grossire4 ,on devait savoir1 dans son abbaye1 comment se fabriquaient les vitraux4 ,note #aih3 ,ces plans sont tous la mme chelle1 #j1jjam pour mtre4 ,il est entendu que lorsque nous parlons du ct sud1 c'est la droite que nous prtendons indiquer2 du nord1 c'est la gauche pour celui qui regarde la planche1 toutes les cathdrales tant orientes de la mme manire1 sauf de trs-rares exceptions4 ,note #aii3 ,monog4 de l'gl4 ,n4-,d4 de ,noyon1 par ,m4 ,l4 ,vitet1 #ahde4 ,note #bjj3 ,la runion des deux vchs de ,tournay et de ,noyon fut maintenue jusque vers #aace2 cette poque1 les chanoines de ,tournay obtinrent une bulle qui prononait la sparation des deux diocses et donnait ,tournay un vque propre4 ,note #bja3 ,voyez la ,monog4 de l'gl4 ,n4-,d4 de ,noyon1 par ,m4 ,l4 ,vitet1 et l'atlas de planches1 par ,m4 ,d4 ,rame2 #ahde4 ,note #bjb3 ,lettres sur l'hist4 de ,france1 ,aug4 ,thierry 7,lettre ,,xviii74 ,note #bjc3 ,essai hist4 et archol4 sur l'gl4 cathd4 de ,n4-,d4 de ,laon1 par ,j4 ,marion1 #ahdc4 ,note #bjd3 ,dom ,bugntre4 ,note #bje3 ,dom ,bugntre4 ,note #bjf3 ,regist4 capit4 ,note #bjg3 ,idem4 ,note #bjh3 ,lettres sur l',hist4 de ,france1 par ,aug4 ,thierry 7,lettre ,,xv74 ,note #bji3 ,monog4 de la cathd4 de ,noyon4 ,note #baj3 ,cette partie de la cathdrale de ,laon est aujourd'hui en pleine restauration1 sous la direction de ,m4 ,boeswiswald1 architecte des monuments historiques4 ,la cathdrale de ,laon n'est plus sige piscopal depuis la rvolution2 elle dpend du sige de ,soissons4 ,note #baa3 ,nous comprenons la cathdrale de ,bourges dans cette priode1 parce qu'il y a lieu de prsumer1 en examinant son plan1 que les architectes du ,x,i,i,ie sicle qui la construisirent excutrent un projet antrieur1 peut-tre celui qui avait t conu dans la seconde moiti du ,x,i,ie sicle4 ,note #bab3 ,descript4 de la cathd4 de ,chartres1 par l'abb ,bulteau1 #ahej4 ,note #bac3 ,pome des ,miracles1 p4 #bg4 7,jehan le ,marchant47 ,note #bad3 ,notre-,dame de ,chartres fut ddie seulement le #ag octobre #abfj4 ,note #bae3 ,des fragments de ce jub ont t dcouverts en grand nombre sous le dallage2 ils sont de la plus grande beaut1 et dposs aujourd'hui dans la crypte et sous la chapelle ,saint-,piat 7voy4 ,,jub74 ,note #baf3 ,la cathdrale de ,chartres est btie en pierre de ,berchre2 c'est un calcaire dur1 grossier d'aspect1 mais d'une solidit toute preuve4 ,les blocs employs sont d'une grandeur extraordinaire4 ,nous aurons l'occasion de revenir sur ces dtails 7voy4 ,,arc-,,boutant1 ,,base1 ,,construction1 ,,porche1 ,,pilier1 ,,soubassement74 ,note #bag3 ,il est entendu que1 pour le pignon nord1 nous ne parlons pas des deux portes perces vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,note #bah3 ,seule1 la porte centrale est ouverte aujourd'hui4 ,note #bai3 ,jean et ,remi ,legoix4 ,note #bbj3 ,anquetil4 ,note #bba3 ,le ncrologe du chapitre en la fondation de l'obit de cet vesque le faict origenaire de la ville d',amiens1 fort dbonnaire et de grande estude1 et croyrois que c'est luy qui gist en marbre noir1 tout au plus haut1 s'il faut ainsi dire1 de l'glise1 vis--vis de la chapelle paroissiale 7la chapelle de la ,vierge dans l'axe7 justement derrire le choeur1 en mmoire qu'il acheva la summit d'icelle444 ,antiquitez de la ville d',amiens4 ,adrian de la ,morlire1 chan41 #afbg4 ,note #bbb3 ,l'inscription qui constate ce fait existe encore sur la verrire haute situe dans l'axe du choeur4 ,note #bbc3 ,de ces dpendances1 il ne reste aujourd'hui que la chapelle qui sert de grande sacristie2 elle est dcore par une belle tribune en bois sculpt de la fin du ,x,ve sicle4 ,une portion du clotre a t reconstruite depuis #ahdh1 ainsi que le petit btiment plac en ,d4 ,les restes anciens taient en ruine4 ,note #bbd3 ,le plan de la cathdrale de ,cologne termine couvre une surface de #h1ijj m1 environ2 celui de la cathdrale de ,reims une surface de #f1fej mtres2 celui de la cathdrale de ,bourges une surface de #fbjj mtres2 celui de la cathdrale de ,paris une surface de #eejj mtres4 ,note #bbe3 ,voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ce1 un ensemble perspectif de cette coupe4 ,note #bbf3 ,il est entendu que nous parlons ici de la nef de la cathdrale d',amiens telle qu'elle existait avant la construction des chapelles du ,x,i,ve sicle4 ,cette adjonction laisse d'ailleurs voir foute la disposition ancienne1 et l'intrieur1 dans le transsept1 les fentres des bas-cts sont restes en place4 ,note #bbg3 ,l'architecture des chapelles absidales de la cathdrale d',amiens a la plus grande ressemblance avec celle de la ,sainte-,chapelle de ,paris4 ,ce sont les mmes profils1 les mmes meneaux de fentres1 le mme systme de construction4 ,l'arcature de la ,sainte-,chapelle basse reproduit celle des chapelles du tour du choeur d',amiens4 ,note #bbh3 ,il faut se rappeler que la nef tait entirement leve lorsque le choeur tait peine commenc4 ,note #bbi3 l'chelle de #j1jjam pour mtre1 comme tous les autres plans contenus dans cet article4 ,note #bcj3 ,la nef centrale1 d'axe en axe des piles1 porte1 ,amiens1 #adm1#fj2 ,beauvais1 #aem1#fj4 ,note #bca3 ,voy4 ,,arc-,,boutant1 fig4 #fa4 ,note #bcb3 ,dans notre plan fig4 #bb1 la teinte grise indique les constructions du ,x,v,ie sicle1 et le trait le projet de la nef qui ne fut jamais mis excution4 ,note #bcc3 ,voyez l'excellente ,notice de ,m4 ,flix de ,verneilh sur la cathdrale de ,cologne1 dans les ,annales archologiques de ,m4 ,didron1 tire part2 #ahdh4 7,librairie archeol4 de ,m4 ,v4 ,didron47 ,note #bcd3 ,comme tous les autres1 ce plan est l'chelle de #j1jjdm pour mtre4 ,note #bce3 ,dans le temps o l'on croyait trs-srieusement faire en ,france de l'architecture romaine1 on portait des perruques colossales et des souliers talons1 des canons couverts de rubans1 des aiguillettes et des baudriers larges de six pouces1 nous n'y voyons pas de mal2 mais on nous dit1 trs-srieusement aussi1 lorsque nous croyons qu'on peut tirer quelque chose de l'architecture franaise du ,x,i,i,ie sicle1 et lorsque nous engageons les jeunes architectes l'tudier1 pour combattre cette opinion et ce dsir1 que nous ne nous habillons plus comme du temps de ,philippe-,auguste4 ,est-ce que nos habits se rapprochent davantage du costume romain que de celui de ,louis ,,xiv8 ,note #bcf3 ,en #ahde1 il fallut rebtir le pignon du transsept sud qui s'tait croul en partie2 dj1 au ,x,ve sicle1 on avait consolid celui du nord4 ,en #ahdi1 il fallut tayer les votes du choeur1 et1 depuis cette poque1 des travaux de reprise en sous-oeuvre des fondations ont t excuts avec une grande adresse2 les chapelles furent restaures1 et on reconstruit aujourd'hui toute la partie suprieure du sanctuaire4 ,note #bcg3 ,le haut choeur de l'glise abbatiale de ,saint-,denis a la plus grande analogie avec le choeur de la cathdrale de ,troyes4 ,note #bch3 ,le choeur seul de cet difice date du ,x,i,i,ie sicle 7premire moiti74 ,la nef appartient1 ainsi que les chapelles1 aux sicles suivants2 la faade ne fut leve qu'au commencement du ,x,v,ie sicle4 ,note #bci3 ,ce plan est #j1jjam pour mtre4 ,la cathdrale d',autun est mal oriente2 l'abside est tourne vers le sud-sud-est4 ,note #bdj3 ,voy4 ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #bj4 ,note #bda3 ,ce collatral circulaire a t entour1 au ,x,i,ve sicle1 de chapelles informes2 mais on retrouve facilement1 au-dessus des votes de ces chapelles1 fort lgrement construites1 les dispositions primitives du bas-ct4 ,note #bdb3 ,quoique la cathdrale d',autun ait t btie en excellents matriaux1 bien appareills1 d'un fort volume1 et poss avec soin1 le grand berceau ogival fit dverser les murs latraux immdiatement aprs le dcintrage2 on dut soutenir ces murs par des arcs-boutants1 qui furent refaits ou rhabills au ,x,ve sicle4 ,il y a dix ans1 il fallut reconstruire les grandes votes en poterie et fer2 elles menaaient ruine4 ,note #bdc3 l'chelle de #j1jjam pour mtre4 ,note #bdd3 ,nous ne parlons pas des votes hautes du choeur et de la nef qui1 dans la cathdrale de ,sens1 furent refaites1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 la suite d'un incendie4 ,note #bde3 ,il ne faut pas oublier que la cathdrale de ,canterbury avait conserv avec la ,france des relations suivies4 ,lanfranc1 ,saint-,anselme1 tous deux ,lombards1 tous deux sortis de l'abbaye du ,bec en ,normandie1 devinrent successivement archevques de ,canterbury1 primats d',angleterre4 ,saint ,thomas ,becket demeura longtemps ,pontigny et ,sens2 le trsor de cette cathdrale conserve encore ses vtements piscopaux4 ,note #bdf3 ,la cathdrale de ,canterbury est doubles croisillons2 les croisillons de l'ouest dpendent de la ,basilique primitive2 ceux de l'est appartiennent la construction commence par ,guillaume de ,sens 7voy4 ,the architectural history of ,canterbury cathedral1 par le professeur ,willis1 auquel nous empruntons ce curieux passage1 que l'auteur a lui-mme extrait de la chronique de ,gervase74 ,note #bdg3 ,la seule partie contestable de cette restitution serait la chapelle circulaire dans l'axe1 remplace par une chapelle plus profonde leve1 aprs l'incendie1 la fin du ,x,i,i,ie siecle4 ,mais il y a tant d'analogie entre le chevet de ,canterbury et celui de ,sens1 que nous sommes fort disposs croire que la couronne de ,becket n'est qu'une imitation d'une chapelle semblable btie ,sens par le matre ,guillaume1 avant son dpart pour l',angleterre4 ,n'oublions pas que c'est en #aafh que la cathdrale de ,sens est termine1 et que c'est en #aage que ,guillaume commence les constructions du choeur de ,canterbury4 ,nous renvoyons nos lecteurs1 pour de plus amples renseignements sur ce sujet1 l'excellent ouvrage dj cit du ,profr ,willis4 ,note #bdh3 ,ce beffroi n'existe plus2 il fut descendu1 pour cause de vtust1 il y a une dizaine d'annes4 ,note #bdi3 l'chelle de #j1jjam pour mtre4 ,note #bej3 ,mm4 concern4 l'hist4 civ4 et eccl4 d',auxerre1 par l'abb ,lebeuf1 #ahdh1 t4 ,i1 p4 #djb et suiv4 ,pour les dispositions intrieures de l'difice du ,x,i,i,ie sicle1 voyez au mot ,,construction4 ,ces dispositions appartiennent franchement l'cole bourguignonne4 ,note #bea3 ,au ,x,i,ve sicle1 un collatral circulaire et des chapelles furent leves autour du sanctuaire de la cathdrale de ,chlons1 et la nef fut presque entirement reconstruite4 ,la partie occidentale de cette cathdrale date du dernier sicle4 ,aprs un incendie qui causa les plus graves dommages cet difice et qui dtruisit la vote du sanctuaire1 une restauration1 entreprise sous le rgne de ,louis ,,xiv1 acheva de dnaturer ce qui restait du monument du ,x,i,i,ie sicle4 ,cependant on peut encore facilement reconnatre le plan primitif ent sur un difice roman4 ,note #beb3 ,la belle cathdrale d',arras ne fut dtruite que depuis la rvolution de #agib2 elle existait encore au commencement du sicle4 ,celle de ,cambrai tait l'oeuvre de ,villart de ,honnecourt1 ce matre dont nous avons parl plusieurs fois1 l'ami de ,robert de ,coucy4 ,vienne possde un modle de cette cathdrale dpendant d'un plan en relief enlev1 en #ahae1 du muse des ,invalides1 par les gnraux autrichiens4 ,note #bec3 ,ce plan est l'chelle de #j1jjam pour mtre4 ,il est entendu que nous n'avons eu1 pour le trac de l'abside principale1 que des donnes fort vagues4 ,mais nous prsentons ce plan comme un type plutt que comme un difice particulier4 ,note #bed3 ,la position inusite de ce clocher ne peut tre explique que par la dtermination1 prise la fin du ,x,i,i,ie sicle1 de ne pas tendre plus loin que les transsepts les nouvelles constructions1 et de conserver la nef romane restaure au ,x,i,ie sicle4 ,dans l'glise primitive1 dont nous avons donn le plan fig4 #cd1 le clocher unique devait tre pos sur les quatre piles de la croise1 suivant la mthode normande4 ,dmoli lorsqu'on refit le choeur1 en renonant la reconstruction totale1 on ne trouva pas d'autre place pour recevoir les cloches que l'extrmit du croisillon sud4 ,note #bee3 ,de funestes restaurations furent entreprises sur la faade et autour de la nef de la cathdrale de ,sez1 de #ahah #ahdi2 elles n'ont fait qu'empirer un tat de choses dj fort dangereux4 ,des travaux1 excuts avec intelligence et soin depuis cette poque1 permettent d'esprer que ce remarquable difice pourra tre sauv de la ruine dont il est menac depuis longtemps4 ,note #bef3 ,voir le plan du premier tage de la cathdrale de ,chartres1 o ce parti est largement dvelopp4 ,note #beg3 ,par suite de ces constructions successives1 faites d'ailleurs en matriaux peu rsistants1 des crasements si graves se sont manifests dans les quatre points d'appui1 sous l'norme charge qu'ils ont porter1 qu'il a fallu cintrer les quatre arcs doubleaux1 tayer les piliers1 et procder la dmolition des parties suprieures4 ,note #beh3 ,la cathdrale de ,bayeux possde encore1 des deux cts du choeur1 ses sacristies et salle de trsor1 et1 au nord de la faade occidentale1 une belle salle capitulaire du ,x,i,i,ie sicle 7voy4 ,,salle ,,capitulaire74 ,note #bei3 ,les chapelles de la nef prsentent une disposition si belle et si rare1 que nous avons cru devoir les donner sur ce plan1 bien qu'elles dnaturent les dispositions primitives4 ,ces chapelles sont mises en communication les unes avec les autres une hauteur de trois mtres environ1 par des claires-voies ou meneaux sans vitraux2 c'est comme un collatral qui serait divis par des cloisons transversales peu leves4 ,note #bfj3 ,le portail des ,libraires 7nord7 vient d'tre restaur par ,,mm4 ,desmarets et ,barthlemy1 avec un soin et une perfection qui font le plus grand honneur ces deux architectes4 ,note #bfa3 ,hist4 de l'gl4 cathd4 de ,rouen1 #afif1 ,rouen4 ,note #bfb3 ,chacun sait 7dit ,pommeraye dans son ,hist4 de l'gl4 cathd4 de ,rouen1 p4 #ce7 qu'elle a e ce nom cause de la permission que le cardinal ,guillaume d',estouteville obtint pour les fidelles du diocse de ,roen et d'vreux d'user de beurre et de laict pendant le carme444 ,robert de ,croismare 7archevque de ,rouen7 destina au btiment de cette tour les deniers qui furent offerts par les fidelles pour reconnoissance de cette faveur444 ,la tour ne fut acheve qu'en #aejg444 ,note #bfc3 la suite de l'incendie de #ahba1 une partie de la toiture des grands combles et les votes de la nef furent refaites neuf4 ,note #bfd3 ,nous dsignons ici l'ancienne cathdrale de ,prigueux et non la cathdrale actuelle1 rtablie dans l'glise abbatiale de ,saint-,front4 ,note #bfe3 ,seule la tour du nord existe aujourd'hui4 ,note #bff3 ,nous devons ces dessins notre ami1 ,m4 ,abadie1 architecte de la cathdrale d',angoulme1 qui vient de terminer avec autant de bonheur que de talent le dmontage et la reconstruction pice par pice de la belle tour dont nous donnons la coupe4 ,note #bfg3 ,voyez ,l',archit4 byzantine en ,france1 par ,m4 ,flix de ,verneilh4 ,paris1 #ahea1 p4 #bhc et suiv4 ,note #bfh3 ,voyez le mme ouvrage1 et l'article ,,architecture ,,religieuse4 ,note #bfi3 ,comme tous les autres plans1 celui-ci est l'chelle de #j1jjam pour mtre4 ,note #bgj3 ,en faisant quelques fouilles1 ,m4 ,mallay1 architecte1 a retrouv exactement le plan de la cathdrale du ,xe au ,x,ie sicle1 dont les dispositions se rapportaient celles de toutes les glises romanes d',auvergne4 ,note #bga3 ,deux tours qui subsistaient encore sur cette faade1 mais qui avaient t dnatures depuis longtemps1 ont d tre dmolies parce qu'elles menaaient de s'crouler4 ,note #bgb3 ,la nef de la cathdrale de ,limoges resta inacheve comme celle de la cathdrale de ,clermont4 l'ouest 7voy4 fig4 #dg71 on a laiss subsister un dbris de l'ancienne nef romane et les soubassements de la tour du ,x,ie sicle1 renforcs et surlevs au ,x,i,i,ie et au ,x,i,ve sicle 7voy4 ,,clocher74 ,note #bgc3 ,ce choeur est peu prs aussi lev que celui des cathdrales de ,beauvais et de ,cologne4 ,note #bgd3 ,l'un des archevques de ,narbonne1 pendant le dernier sicle1 voulut reprendre cette construction et lever l'glise au moins jusqu' la premire trave en avant des transsepts2 l'entreprise fut bientt suspendue2 les constructions1 reprises de nouveau il y a quinze ans1 n'ont fait qu'ajouter quelques assises celles laisses en attente la fin du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,dans notre plan1 la teinte grise indique les constructions dernires1 et le trait le projet probable4 ,note #bge3 ,cette nef dans oeuvre n'a pas moins de #bd mtres2 les votes sont en arcs d'ogives1 portes sur des piles et contrebuttes par des contreforts formant des traves intrieures profondes ou des chapelles entre eux4 ,il est probable que cette disposition tait une de celles adoptes dans ces provinces avant l'invasion du style franais1 aprs les guerres des ,albigeois4 ,note #bgf3 ,aujourd'hui l'glise de la ,cit1 le sige piscopal ayant1 depuis le concordat1 t transfr dans la ville basse4 ,note #bgg3 ,cette salle a t modifie au ,x,ve sicle4 ,le tombeau de l'vque ,radulphe est plac dans la chapelle 7voy4 ,,tombeau74 ,note #bgh3 ,ce plan est la mme chelle que les autres1 #j1jjam pour mtre4 ,note #bgi3 ,la crypte romane de l'glise cathdrale de ,limoges1 qui existe encore et tait place sous le chevet1 n'arrive gure qu'au milieu du sanctuaire actuel4 ,les fondations de la cathdrale romane de ,clermont ne dpassent pas la premire trave du choeur4 ,note #bhj3 l'chelle de #j1jjam pour mtre4 ,note #bha3 ,voir la coupe de la cathdrale d',alby1 l'article ,,architecture ,,religieuse1 fig4 #ea4 ,note #bhb3 ,membre de l',institut4 ,note #bhc3 ,si l'on doute de nos assertions1 on peut consulter l'excellent ouvrage de ,m4 de ,coussemaker sur cette matire1 et les travaux de ,m4 ,flix ,clment1 qui a bien voulu nous fournir tous ces renseignements scientifiques 7voy4 les ,annales archol4 de ,m4 ,didron74 ,note #bhd3 ,paris1 ,amiens1 ,chartres1 portail mridional2 ,reims1 portail septentrional4 ,note #bhe3 ,idem4 ,note #bhf3 ,amiens4 ,note #bhg3 ,paris4 ,note #bhh3 ,paris1 ,amiens4 ,chartres1 les vertus et les vices sont sculpts sur les piles du porche mridional4 ,note #bhi3 ,paris4 ,note #bij3 ,paris1 ,amiens1 ,sens4 ,note #bia3 ,amiens4 ,note #bib3 ,paris1 ,amiens1 ,reims1 ,chartres4 ,note #bic3 ,paris1 ,amiens1 ,reims1 ,chartres4 ,note #bid3 ,amiens4 ,note #bie3 ,paris4 ,note #bif3 ,paris1 la ,vierge est la porte de gauche1 en regardant le portail2 ,amiens1 la porte de droite4 ,note #big3 ,paris1 ,amiens4 ,note #bih3 ,idem4 ,note #bii3 ,amiens1 ,reims4 ,note #cjj3 ,paris4 ,note #cja3 ,amiens4 ,note #cjb3 ,paris4 ,note #cjc3 ,amiens1 ,senlis4 ,note #cjd3 ,paris1 ,amiens1 ,senlis1 ,reims4 ,note #cje3 ,amiens4 ,note #cjf3 ,reims1 portail septentrional2 ,amiens2 ,paris1 ,meaux1 portail mridional4 ,footntoe #cjg3 ,paris1 ,reims1 ,amiens4 ,note #cjh3 ,paris1 ,reims1 ,amiens1 on a voulu voir1 dans ces statues de rois1 la srie des rois de ,france2 et cette ide populaire date de fort loin1 puisqu'elle est dj exprime au ,x,i,i,ie sicle4 ,l'une de ces statues1 invariablement pose sur un lion1 est alors prise pour ,pepin4 ,dans les ,,xxiii manires de vilains1 manuscrit qui date de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 on lit ce passage3 ,li vilains ,babuins est cil ki va devant ,notre-,dame ,paris1 et regarde les rois et dist3 ,vs-la ,ppin1 vs-la ,charlemainne4 ,et on li coupe sa borse par derire4 ,nous ne voyons pas cependant que les vques qui1 la fin du ,x,i,ie sicle fixrent les rgles gnrales de l'iconographie des cathdrales1 aient voulu reprsenter les rois de ,france sur les portails des glises du titre de ,sainte-,marie1 mais bien plutt les rois de ,juda2 car rien ne rappelle l'histoire contemporaine dans ces grands monuments1 ou1 quand par hasard1 elle s'y montre1 ce n'est que d'une manire trs-accessoire2 le manuscrit cit ici est une satyre et son auteur a bien pu d'ailleurs1 en faisant ainsi parler le badaud parisien devant le portail de ,notre-,dame de ,paris1 vouloir rappeler une erreur populaire4 ,il nous parait bien plus conforme l'esprit de l'poque d'admettre que les statues des rois sont des rois de ,juda1 puisqu'ils compltent1 par leur prsence1 les reprsentations des personnages qui participent la venue du ,christ4 ,le roi toujours pos sur un lion1 et tenant une croix et une pe1 ne peut tre que ,david2 l'autre roi1 tenant galement une croix et un anneau1 ,salomon4 ,d'ailleurs1 avant le rgne de ,philippe-,auguste1 et mme jusqu' celui de saint ,louis1 les vques ne pouvaient avoir1 de la puissance royale1 les ides admises la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,il nous suffira1 pour faire comprendre ce qu'tait1 au ,x,i,ie sicle1 un roi de ,france aux yeux de l'vque et du chapitre de ,paris1 de citer un fait rapport par un crivain contemporain1 tienne de ,paris4 ,j'ai vu1 dit-il1 que le roi ,louis 7,,vii71 qui voulait arriver un jour ,paris1 tant surpris par la nuit1 se retira dans un village des chanoines de la cathdrale appel ,creteil 7,cristolium74 ,il y coucha2 et les habitants fournirent la dpense4 ,ds le grand matin1 on le vint rapporter aux chanoines2 ils en furent fort affligs et se dirent l'un l'autre3 ,c'en est fait de l'glise1 les privilges sont perdus3 il faut ou que le roi rende la dpense1 ou que l'office cesse dans notre glise4 ,le roi vint la cathdrale ds le mme jour1 suivant la coutume o il toit d'aller la grande glise1 quelque temps qu'il fit4 ,trouvant la porte ferme1 il en demanda la raison1 disant que si quelqu'un avoit offens cette glise1 il vouloit la ddommager4 ,on lui rpondit3 ,vraiment1 sire1 c'est vous-mme qui1 contre les coutumes et liberts sacres de cette sainte glise1 avez soup hier ,creteil2 non vos frais1 mais ceux des hommes de cette glise3 c'est pour cela que l'office est cess ici1 et que la porte est ferme1 les chanoines tant rsolus de plutt souffrir toutes sortes de tourments que de laisser de leur temps enfreindre leurs liberts4 ,ce roi trs-chrtien fut frapp de ces paroles4 ,ce qui est arriv1 dit-il1 n'a point t fait de dessein prmdit4 ,la nuit m'a retenu en ce lieu1 et je n'ai pu arriver ,paris comme je me l'tois propos4 ,c'est sans force ni contrainte que les habitants de ,creteil ont fait de la dpense pour moi2 je suis fch maintenant d'avoir accept leurs offres4 ,que l'vque ,thibaud vienne1 avec le doyen ,clment1 que tous les chanoines approchent1 et surtout le chanoine qui est prvt de ce village3 si je suis en tort1 je veux donner satisfaction2 si je n'y suis pas1 je veux m'en tenir leur avis4 ,le roi resta en prire devant la porte en attendant l'vque et les chanoines4 ,on fit l'ouverture des portes2 il entra en l'glise1 y donna pour caution du ddommagement la personne de l'vque mme4 ,le prlat remit en gage aux chanoines ses deux chandeliers d'argent2 et le roi1 pour marquer par un acte extrieur qu'il vouloit sincrement payer la dpense qu'il avait cause1 mit de sa propre main une baguette sur l'autel1 laquelle toutes les parties convinrent de faire conserver soigneusement1 cause que l'on avoit crit dessus1 qu'elle toit en mmoire de la conservation des liberts de l'glise4 7,hist4 des ,dioc4 de ,paris1 l'abb ,lebeuf1 t4 ,,xii47 ,nous le demandons1 est-il possible d'admettre que1 quarante ou cinquante ans aprs une scne de ce genre1 l'vque et le chapitre de ,paris eussent fait placer1 sur le portail de la cathdrale neuve1 au-dessus des trois portes1 au-dessus du ,christ1 des statues colossales des rois de ,france1 quand on commenait peine se faire une ide du pouvoir monarchique8 ,note #cji3 ,a ,paris4 ,autrefois ,amiens4 ,note #caj3 ,on n'a pas oubli qu' ,paris l'une des deux glises cathdrales tait place sous le titre de saint tienne4 ,le tympan de la porte sud retrace la prdication et le martyre de ce saint1 dont la statue tait pose sur le trumeau2 dans les brasements taient ranges les statues de saint ,denis1 de ses deux compagnons1 et de quelques autres saints vques du diocse4 ,la statue de saint tienne se voyait encore dans l'une des niches latrales de la faade4 ,ce fut1 en effet1 pour btir cette faade que l'on dtruisit les restes de la vieille glise de ,saint-tienne2 et lors de la construction de cette faade1 le portail sud actuel n'tait point lev4 ,note #caa3 ,reims4 ,note #cab3 ,paris1 sur les pignons des fentres des chapelles du choeur2 ,reims4 ,note #cac3 ,canterbury4 ,note #cad3 ,saint-,omer4 ,note #cae3 ,genve2 ,canterbury4 ,note #caf3 ,un jour quelqu'un nous dit1 en parcourant l'intrieur de ,notre-,dame d',amiens3 ,oui1 c'est fort beau3 mais c'est folie de vouloir conserver1 quand mme1 ces monuments d'un autre ge qui ne disent plus rien aujourd'hui2 vous pourrez galvaniser ces grands corps2 la manie de l'archologie et du gothique leur donnera quelques annes d'existence de plus2 mais1 cette mode passe1 ils tomberont dans l'oubli1 au milieu de populations qui ont besoin de chemins de fer1 d'coles1 de marchs1 d'abattoirs1 de tout1 enfin1 ce qui est ncessaire la vie journalire4 ,a quelques jours de l1 une grande solennit publique appelait dans la cathdrale un immense concours de monde2 elle tait pare de quelques maigres tentures1 son choeur tincelait de lumires4 ,notre interlocuteur ne se souvenait plus de son discours prcdent2 il s'criait alors3 ,vraiment1 c'est bien l le monument de la cit2 tout ce qu'on peut faire pour donner de l'clat une crmonie publique n'a jamais cet aspect imposant du vieux monument qui appelle toute la population de la ville sous ses votes4 ,voyez comme cette foule donne la vie ce grand vaisseau si bien dispos pour la contenir6 ,combien d'illustres personnages ont abrits ces arceaux6 ,quelle ide merveilleuse d'avoir voulu et su lever la cathdrale comme un tmoin ternel de tous les grands vnements d'une cit1 d'un pays2 d'avoir fait que ce tmoin vit1 parle1 en prsentant au peuple ces exemples tirs de l'histoire de l'humanit1 ou plutt du coeur humain6 ,pour un peu1 notre interlocuteur1 entran par la grandeur du sujet1 nous et accus de froideur4 ,telle est aujourd'hui la cathdrale franaise3 aime au fond du coeur par les populations2 tour tour flatte et honnie par ceux qui sont charms de s'en servir1 mais qui ne songent gure la conserver2 occupe par un clerg sans ressources1 et souvent insouciant2 nigme pour la plupart1 dernier vestige des temps d'ignorance1 de superstition et de barbarie pour quelques-uns1 texte de phrases creuses pour ces rveurs1 amateurs de posie nbuleuse1 qui ne voient qu'ogives lances vers le ciel1 dentelles de pierre1 sculpture mystrieuse ou fantastique1 dans des monuments o tout est mthodique1 raisonn1 clair1 ordonn et prcis2 o tout a sa place marque d'avance1 et retrace l'histoire morale de l'homme1 les efforts persvrants de son intelligence contre la force matrielle et la barbarie1 ses preuves et son dernier refuge dans un monde meilleur4 ,,cavalier1 s4 m4 ,on dsigne ainsi un ouvrage en terre lev au milieu des bastions ou boulevards1 pour en doubler le feu et commander la campagne4 ,ce n'est gure qu'au ,x,v,ie sicle que l'on eut l'ide d'excuter ces ouvrages pour renforcer des points faibles ou pour dominer des fronts4 ,on en excuta beaucoup1 pendant les guerres de sige de cette poque1 en dedans des anciens fronts fortifis du moyen ge1 et on leur donnait alors gnralement le nom de plate-forme2 ils prsentaient comme une suite de fortins dtachs1 possdant des feux de face et de flanc1 avec une pente douce du ct de la ville pour amener les pices et pouvoir les mettre en batteries4 ,les cavaliers taient ou semi-circulaires ou carrs4 ,les plus anciennes reprsentations de cavaliers se voient figures sur les bas-reliefs en marbre du commencement du ,x,v,ie sicle qui garnissent les parois du tombeau de ,maximilien1 ,inspruck4 ,voici 7#a7 un de ces cavaliers copi sur l'un de ces bas-reliefs reprsentant la ville d',arras4 ,il est en portion de cercle1 tabli en arrire d'un bastion ,a possdant un orillon avec deux batteries dcouvertes ,c et une batterie casemate au niveau du fond du foss4 ,le cavalier ,b est revtu et plant cheval sur la gorge du bastion2 il commande ainsi les dehors1 le bastion et les deux courtines voisines4 ,la fig4 #b nous montre un autre cavalier carr ferm sur ses quatre faces1 lev au milieu d'un bastion dont les parapets sont munis de fascines et de gabions4 ,ce cavalier est galement revtu1 perc d'une porte2 ses parapets sont garnis de fascines4 ,cette seconde figure est copie sur le bas-relief reprsentant l'enceinte de la ville de ,vrone4 ,lorsque l'on leva1 au ,x,v,ie sicle1 des bastions en avant des anciennes enceintes du moyen ge1 on conserva souvent1 de distance en distance1 les tours les plus fortes de ces enceintes1 en dtruisant seulement les courtines2 on remplit ces tours de terre1 on enleva leurs crnelages1 et on tablit des plates-formes sur leur sommet pour recevoir une ou plusieurs pices de canon4 ,les tours furent ainsi converties en cavaliers4 ,mais en ,france1 ces dispositions ne furent prises qu'accidentellement et pour profiter d'anciennes dfenses1 tandis qu'en ,allemagne1 nous les trouvons1 ds le ,x,v,ie sicle1 riges en systme1 ainsi qu'on peut le voir encore ,nuremberg4 ,dans la fortification moderne mme1 les ,allemands n'ont pas renonc aux tours isoles1 bties1 de distance en distance1 en arrire des ouvrages extrieurs4 la ,rochelle1 pendant les siges que cette ville eut subir la fin du ,x,v,ie sicle1 des cavaliers en terre d'une grande importance furent levs en arrire des anciennes enceintes1 et1 tant arms de pices longue porte1 firent beaucoup de mal aux assigeants4 ,les cavaliers tiennent lieu aussi1 dans certains cas1 de traverses1 c'est--dire que leur lvation au-dessus des courtines et des bastions empche l'artillerie des assigeants d'enfiler des ouvrages domins du dehors2 ou bien1 comme ,saint-,omer encore1 au ,x,v,i,ie sicle1 du ct de la porte ,sainte-,croix 7#c71 ils commandent au loin des plaines s'abaissant vers les abords d'une place1 et forcent l'assigeant ne commencer ses travaux d'approche qu' une grande distance4 ,ce cavalier de la porte ,sainte-,croix de ,saint-,omer se composait d'une haute batterie semi-circulaire revtue ,a1 protge par un foss plein d'eau3 elle doublait les feux du saillant ,e ,c de la ville le plus facilement attaquable1 et1 au moyen du foss qui l'entourait presque entirement1 donnait aux assigs une dernire dfense assez forte pour arrter l'ennemi qui et pu se loger dans le bastion saillant1 et le forcer1 pour passer outre1 de faire un nouveau sige4 ,c'est encore l une dernire trace du donjon du moyen ge4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,,cave1 s4 f4 tage souterrain vot1 pratiqu sous le rez-de-chausse des habitations4 ,de tout temps1 les palais1 les maisons ont t btis sur caves4 ,les caves ont l'avantage d'empcher l'humidit naturelle du sol d'envahir les rez-de-chausse des habitations1 et procurent un lieu dont la temprature gale1 frache1 permet de conserver des provisions de bouche qui entreraient en fermentation si elles restaient exposes aux changements de la temprature extrieure4 ,mais c'est surtout dans les pays de vignobles que les caves ont t particulirement pratiques sous les maisons4 ,en ,bourgogne1 en ,champagne1 dans le centre et le sud-ouest de la ,france1 on voit des maisons anciennes1 d'assez chtive apparence1 qui possdent jusqu' deux tages de caves votes1 construites avec soin1 quelquefois mme tailles dans le roc4 ,pendant le moyen ge1 les villes1 tant entoures de murailles1 ne pouvaient s'tendre2 il en rsultait que les terrains rservs aux constructions particulires1 lorsque la population augmentait1 devenaient fort chers2 on prenait alors en hauteur et sous le sol la place que l'on ne pouvait obtenir en surface1 et les caves taient quelquefois habites4 ,on y descendait ordinairement par une ouverture pratique devant la faade sur la voie publique4 ,dans quelques villes de province1 et particulirement en ,bourgogne1 on voit encore un grand nombre de ces descentes de caves qui empitent sur la rue1 et sont fermes par des volets lgrement inclins pour faire couler les eaux pluviales 7voy4 ,,maison74 ,,cavel1 s4 m4 ,vieux mot qui signifie une cheville de bois1 une clef 7voy4 ,,clef74 ,c,,ne 7la74 ,dernier repas de ,jsus-,christ entour de ses aptres4 ,la ,cne est quelquefois sculpte sur les tympans des portes de nos glises du moyen ge4 ,on la voit figure en bas-relief sur le linteau de la porte occidentale de l'glise abbatiale de ,saint-,germain des ,prs 7,x,i,ie sicle74 ,une des plus belles reprsentations de la ,cne se trouve sur le linteau de la porte principale de l'glise de ,nantua 7,x,i,ie sicle74 ,cette sculpture est fort remarquable2 on ne voit la table de ,jsus-,christ que onze aptres2 ,judas est absent4 ,le nom de chaque aptre est grav au-dessus de lui4 ,voici l'ordre dans lequel sont placs les aptres1 en commenant par la gauche du spectateur3 ,simon1 ,taddus1 ,bartholomeus1 ,jacobus1 ,matheus1 ,petrus1 7le ,christ71 ,johannes1 ,andreas1 ,jacobus1 ,philippus1 ,thomas4 ,saint ,jean appuie sa tte sur la poitrine de ,notre-,seigneur4 ,dans le tympan au-dessus1 on voit le ,christ entour des quatre signes des vanglistes2 mais ce bas-relief a t compltement mutil1 ainsi que les anges qui garnissaient la premire voussure4 ,sur les chapiteaux qui portent les voussures1 on voit1 sculpts1 l',annonciation1 la ,visitation1 la naissance du ,sauveur1 le voyage des ,mages et l',adoration des bergers et des ,mages4 ,sur le linteau de la porte de droite de la faade de ,notre-,dame de ,dijon 7,x,i,i,ie sicle71 au-dessous du crucifiement sculpt dans le tympan1 on voit aussi une reprsentation de la ,cne1 malheureusement fort mutile4 ,la passion de ,notre-,seigneur est frquemment reprsente en sujets lgendaires sur les verrires des glises4 ,la ,cne ouvre la srie de ces sujets1 et l'aptre saint ,jean1 plac le plus souvent la droite du ,christ1 y est encore reprsent inclin sur la poitrine de son matre4 ,dans les monastres1 on peignait souvent la ,cne sur un des murs du rfectoire2 mais nous n'avons jamais pu rencontrer en ,france une seule de ces peintures complte4 ,,cerpeli,,re1 s4 f4 ,vieux mot qui est employ comme cercle1 enceinte circulaire4 ,,chaffaut1 s4 m4 ,vieux mot dont on a fait chafaud4 ,chaffaut s'employait principalement pour dsigner un appentis1 un hourd 7voyez ce mot74 ,en ,champagne1 en ,bourgogne1 on dit encore chaffaut pour chafaud4 ,,cha,,nage1 s4 m4 ,ce mot s'applique aux longrines de bois1 aux successions de crampons de fer poss comme les chanons d'une chane1 ou mme aux barres de fer noys dans l'paisseur des murs1 horizontalement1 et destins empcher les cartements1 la dislocation des constructions en maonnerie4 ,les ,romains et1 mme avant eux1 les ,grecs avaient l'habitude1 lorsqu'ils construisaient en assises de pierres de taille ou de marbre1 de relier les assises entre elles par de gros goujons de fer1 de bronze ou mme de bois1 et les blocs entre eux par des crampons ou des queues d'aronde4 ,mais les ,grecs et les ,romains posaient les blocs de pierre taills ct les uns des autres et les uns sur les autres saus mortier 7voy4 ,,joint1 ,,lit74 ,le mortier n'tait employ1 chez les ,romains1 que pour les blocages1 les ouvrages de moellon ou de brique1 jamais avec la pierre de taille4 ,ds l'poque mrovingienne1 on avait adopt une construction mixte1 qui n'tait plus le moellon smill des ,romains et qui n'tait pas l'ouvrage antique en pierre de taille3 c'tait une sorte de grossier blocage revtu de parements de carreaux de pierre assez mal taills et runis entre eux par des couches paisses de mortier 7voy4 ,,construction74 ,du temps de ,csar1 les ,gaulois posaient1 dans l'paisseur de leurs murailles de dfense1 des longrines et des traverses de bois assembles entre les rangs de pierre4 ,peut-tre cet usage avait-il laiss des traces mme aprs l'introduction des arts romains dans les ,gaules4 ,ce que nous pouvons donner comme certain1 c'est que l'on trouve1 dans presque toutes les constructions mrovingiennes et carlovingiennes1 des pices de bois noyes longitudinalement dans l'paisseur des murs1 en lvation et mme en fondation#cag4 ,ces pices de bois prsentent un quarrissage qui varie de #j1ab;c4 #j1ab;c4 #j1bj;c4 #j1bj;c4 ,jusqu' la fin du ,x,i,ie sicle1 cette habitude persiste1 et ces chanages sont poss1 comme nos chanages modernes1 la hauteur des bandeaux indiquant des tages1 la naissance des votes et au-dessons des couronnements suprieurs4 ,les travaux de restauration que nous emes l'occasion de faire excuter dans des difices des ,x,ie et ,x,i,ie sicles nous ont permis de retrouver un grand nombre de ces chanages en bois1 assez bien conservs pour ne pas laisser douter de leur emploi4 ,dans la nef de l'glise abbatiale de ,vzelay1 qui date de la fin du ,x,ie sicle1 il existe un premier chanage de bois au-dessus des archivoltes donnant dans les collatraux1 et un second chanage1 interrompu par les fentres hautes1 au niveau du dessus des tailloirs des chapiteaux la naissance des grandes votes4 ,ce second chanage de bois offre cette particularit qu'il sert d'attache des crampons en fer destins recevoir des tirants transversaux d'un mur de la nef l'autre la base des arcs doubleaux4 ,ces tirants taient-ils destins demeurer toujours en place pour viter l'cartement des grandes votes8 nous ne le pensons pas4 ,il est croire qu'ils ne devaient rester poss que pendant la construction1 jusqu' ce que les murs goutterols fussent chargs1 ou jusqu' ce que les mortiers des votes eussent acquis toute leur duret1 c'est--dire jusqu'au dcintrage 7voy4 ,,construction74 ,voici 7#a7 comment sont poses les chanes de bois et les grands crampons ou crochets destins recevoir un tirant1 en supposant les assises suprieures enleves2 et 7#b7 la coupe du mur avec la position du chanage ,a et du crochet en fer ,b sous le sommier des grands arcs doubleaux4 ,en dmolissant la tour de l'eglise abbatiale de ,saint-,denis1 qui datait du milieu du ,x,i,ie sicle1 on trouva1 chaque tage1 un chanage en bois d'un fort quarrissage chevill par des chevilles en fer aux retours d'querre1 ainsi que l'indique la fig4 #c1 et noy dans le milieu des murs4 ,la pourriture de ce chanage formant un vide de prs de #j1cj c4 de section dans l'paisseur de la maonnerie et sur tout son pourtour1 n'avait pas peu contribu dterminer l'crasement des parements intrieurs et extrieurs4 ,des croix horizontales en bois venaient en outre s'assembler dans les milieux des longrines1 chaque tage1 comme l'indique la fig4 #d1 et devaient relier les quatre trumeaux de la tour entre les baies2 mais ces croix1 visibles l'intrieur1 avaient t brles1 au ,x,i,i,ie sicle1 avant la construction de la flche4 ,nous trouvons encore1 pendant la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle1 des chanages en bois dans les constructions militaires et civiles4 ,le donjon du chteau de ,coucy laisse voir1 tous ses tages1 au niveau du sommet des votes1 des chanages circulaires en bois1 de #j1cj #j1be c4 d'quarrissage environ1 sortes de ceintures noyes dans la maonnerie1 desquelles partent des chanes rayonnantes galement en bois1 passant sous les bases des piles engages portant les arcs de la vote et venant se runir au centre 7voy4 ,,donjon74 ,cependant1 la fin du ,x,i,ie sicle dj1 on reconnut probablement le peu de dure des chanages en bois1 car on tenta de les remplacer par des chanages en fer4 ,la grande corniche damiers qui couronne le choeur de la cathdrale de ,paris1 et qui dut tre pose vers #aaie1 se compose de trois assises de pierre dure formant parpaing1 dont les morceaux sont tous runis ensemble par deux rangs de crampons1 ainsi que l'indique la fig4 #e4 ,cela constituait1 au sommet de l'difice1 au-dessus des votes1 un puissant chanage2 mais ces crampons1 en s'oxydant1 et prenant1 par suite de cette dcomposition1 un plus fort volume1 eurent pour effet de fler presque toutes ces pierres longitudinalement1 et de faire1 de cette tte de mur homogne1 trois murs juxtaposs4 ,en construisant la ,sainte-,chapelle de ,paris1 ,pierre de ,montereau se rapprocha davantage du systme des chanages modernes4 ,au niveau du dessous des appuis des fentres de la chapelle haute1 la naissance des votes et au-dessous de la corniche suprieure1 il posa une suite de crampons de #j1cj c4 #j1ej c4 de longueur1 qui1 au lieu d'tre scells dans chaque morceau de pierre1 vinrent s'agrafer les uns dans les autres1 conformment la fig4 #f4 ,cette chane1 pose dans une rigole taille dans le lit de l'assise1 fut coule en plomb4 ,le chanage1 au niveau de la naissance de la vote1 se reliait1 chaque trave1 une forte barre de fer de #j1je c4 d'quarrissage1 passant au-dessus des chapiteaux des meneaux travers ceux-ci et faisant ainsi partie de l'armature des vitraux4 mi-hauteur des fentres1 il existe des barres semblables1 qui sont relies entre elles dans l'paisseur des piles4 ,ce systme de chanage tait certainement moins dangereux que celui employ au sommet du choeur de la cathdrale de ,paris2 cependant il eut encore1 malgr la masse de plomb dont il est envelopp1 l'inconvnient de faire casser un grand nombre de pierres4 ,pour donner une ide de la puissance du gonflement du fer1 lorsqu'il passe l'tat d'oxyde ou de carbonate de fer1 nous ferons observer que le chanage plac au-dessous des appuis des grandes fentres de la ,sainte-,chapelle1 en gonflant1 souleva les assises composant ces appuis et les meneaux qu'elles supportent1 au point de faire boucler ces meneaux et de les briser sur quelques points1 bien qu'ils soient d'une grande force4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 le fer ne se travaillait qu' la main1 et on ne possdait pas des forges comme celles d'aujourd'hui1 qui fournissent des fers passs au cylindre1 gaux et d'une grande longueur4 ,pierre de ,montereau et pu cependant chaner la ,sainte-,chapelle au moyen de pices de fer d'une plus grande longueur que celles indiques dans la fig4 #f1 puisque1 dans le vide des fentres1 les traverses se reliant aux chanages ont plus de quatre mtres de long2 mais il faut croire qu'alors la difficult de faire forger des fers de cette longueur et d'une forte paisseur tait telle qu'on vitait d'en employer1 moins de ncessit absolue4 ,au ,x,i,ve sicle1 on voit dj de longs morceaux de chanes en fer poss dans les constructions4 ,nous citerons1 entre autres exemples1 la faade de la cathdrale de ,strasbourg1 qui1 de la base jusqu' la hauteur du pied de la flche1 est chane avec un grand soin tous les tages1 au moyen de longues barres de fer plat bien forges1 noyes entre les lits des assises2 le choeur de l'ancienne cathdrale de ,carcassonne1 qui est de mme solidement chan au moyen de longues et fortes barres de fer passant travers les baies1 et servant d'armatures aux vitraux2 l'glise ,saint-,ouen de ,rouen1 la cathdrale de ,narbonne4 ,les architectes du ,x,i,i,ie sicle n'employrent pas seulement les chanages demeure1 noys dans les constructions1 ils s'en servirent aussi comme d'un moyen provisoire pour maintenir les pousses des arcs des collatraux sur les piles intrieures1 avant que celles-ci ne fussent charges4 ,dans le choeur et la nef des cathdrales de ,soissons et de ,laon1 dans la nef de la cathdrale d',amiens1 dans le choeur de celle de ,tours1 constructions leves de #abaj #abcj1 on observe1 au-dessus des chapiteaux portant les archivoltes et les votes en arcs d'ogives des bas-cts1 entailles dans le lit infrieur des sommiers1 des pices de bois scies au ras du ravalement2 ces pices de bois n'ont gure que #j1ab c4 #j1ab c4 d'quarrissage4 ,ce sont des tirants poss1 en construisant les votes1 entre les cintres doubles sur lesquels on bandait les archivoltes et les arcs doubleaux et laisss jusqu' l'achvement de l'difice1 c'est--dire jusqu'au moment o les piles intrieures taient charges au point de ne plus faire craindre un bouclement produit par la pousse des votes des bas-cts4 ,on pouvait ainsi1 sans risques1 dcintrer ces votes1 se servir des bois pour un autre usage1 et livrer mme ces bas-cts la circulation4 ,la construction termine1 on sciait les tirants en bois4 ,la fig4 #gcah fera comprendre l'emploi de ce procd fort ingnieux et simple4 ,on voit en ,a le bout du chanage de bois sci2 ,ce moyen avait t indiqu par l'exprience2 beaucoup de piles intrieures d'glises1 bties la fin du ,x,i,ie sicle1 sont sorties de la verticale1 sollicites par la pousse des votes des bas-cts avant l'achvement de la construction2 car1 pour interrompre le culte le moins longtemps possible1 peine les bas-cts taient-ils levs1 on fermait les votes1 on les dcintrait1 on tablissait un plafond sur la nef centrale la hauteur du triforium1 et on entrait dans l'glise4 la cathdrale de ,reims1 dont la construction est excute avec un grand luxe1 on avait substitu aux chanes provisoires en bois poses sous les sommiers des arcs des piles des bas-cts1 des crochets en fer dans lesquels des tirants en fer1 portant un oeil chaque extrmit1 venaient s'adapter2 la construction charge autant qu'il tait ncessaire pour ne plus craindre un bouclement des piles1 on enleva les tirants2 les crochets sont rests en place4 ,on retrouve les traces de ces chanages provisoires jusqu' la fin du ,x,i,ve sicle4 ,les chanages en fer noys dans la maonnerie demeure et dont nous avons parl plus haut taient1 autant que les ressources des constructeurs le permettaient1 couls en plomb dans les scellements ou les rigoles qui les renfermaient1 quelquefois scells simplement au mortier4 ,nous avons vu aussi de ces chanes scelles leurs extrmits et dans leur longueur au moyen d'un mastic gras qui parat tre compos de grs pil1 de minium1 de litharge et d'huile1 ou dans un bain de rsine4 ,les tirants scells par ce procd1 dans des difices de la fin du ,x,i,i,ie sicle1 se sont moins oxyds que ceux scells au plomb ou au mortier4 ,la prsence du plomb parat mme avoir ht quelquefois la dcomposition du fer1 surtout lorsque les chanes sont places au coeur de la maonnerie1 loin des parements4 ,pendant le ,x,ve sicle1 les constructeurs ont prfr souvent placer leurs chanes libres le long des murs1 au-dessus des votes1 transversalement ou longitudinalement4 ,on avait d reconnatre dj1 cette poque1 les effets funestes que produisait le fer noy dans la maonnerie par les matres des oeuvres des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles4 ,ces chanes libres sont ordinairement composes de barres de fer carr de deux six mtres de longueur1 runies leurs extrmits par des boucles et des clavettes1 ainsi que l'indique la fig4 #hcai4 ,on tendait la chane fortement en frappant sur les clavettes1 comme on le fait aujourd'hui pour les chanages dont les bouts sont assembls traits-de-,jupiter4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b et #c4 ,illustration3 ,fig4 #d et #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,note #cag3 ,il n'est pas besoin de dire que le bois a disparu1 et se trouve rduit en poussire2 mais son moule existe dans les maonneries4 ,le bois1 totalement priv d'air et entour de l'humidit permanente de la maonnerie1 est bientt pourri4 ,note #cah3 ,de l'une des piles de la nef de la cathdrale d',amiens4 ,note #cai3 ,ce dtail est copi sur le grand chanage qui fut plac1 la fin du ,x,ve sicle1 sur le sol du triforium de la cathdrale d',amiens pour arrter le bouclement des quatre piles de la croise1 fatigues par la charge de la tour centrale1 avant l'incendie de cette tour4 ,,chaine4 ,pendant le moyen ge et jusque vers le commencement du ,x,v,i,ie sicle1 il tait d'usage de placer aux angles des rues1 aux portes des villes et des faubourgs1 l'entre des ponts1 des chanes que l'on tendait la nuit1 ou lorsqu'on craignait quelque surprise4 ,ces chanes1 fort lourdes1 taient scelles d'un bout un gros anneau fixe et de l'autre venaient s'accrocher un crochet#cbj ou une barre de fer1 sorte de verrou garni d'un moraillon entrant dans une serrure que l'on fermait clef pour empcher les premiers venus de dtendre la chane4 ,lorsque les chanes taient tendues dans une ville1 il devenait impossible de la cavalerie de circuler2 les pitons mme se trouvaient ainsi arrts chaque pas#cba4 ,dans les rues1 les maisons permettaient de sceller les chanes leurs parois2 mais sur les routes1 l'entre des ponts ou des faubourgs1 en dehors des portes et passages1 les chanes taient attaches des poteaux de bois avec contrefiches4 ,ces supports taient dsigns sous le nom d'estaques4 ,en temps de paix1 les portes des villes restaient souvent ouvertes la nuit1 et on se contentait de tendre les chanes1 attaches l'extrieur1 d'une tour l'autre4 ,on voit encore1 la porte ,narbonnaise de ,carcassonne1 la place de la chane2 elle tait scelle d'un bout la paroi de l'une des tours2 l'autre bout tait introduit1 par un trou pratiqu cet effet1 dans la salle basse de la tour en face2 on passait une barre de fer dans le dernier chanon1 et1 du dehors1 il n'tait plus possible de dtendre la chane4 ,la fig4 #a explique cette manoeuvre trs-simple4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,note #cbj3 ,on voit encore un de ces grands crochets l'angle du mur sud de la cathdrale d',amiens1 prs de la faade4 ,note #cba3 ,deniers payez pour la coutence des kaisnes que on a fait en aucunes rues4--,compte de recette et dpense de ,valenciennes1 anne #adad4--,les chanes nouvellement faites1 sans compter les anciennes2 taient au nombre de quatre-vingt-treize4 ,,cha,,ne 7,,de ,,pierre74 ,dans la btisse on dsigne1 par chanes1 des piles formes d'assises de pierre ou de matriaux rsistants se reliant aux maonneries et ne prsentant pas de saillies sur le nu des murs4 ,on ne trouve que rarement ce procd employ dans les constructions du moyen ge4 ,quand les murs sont en maonnerie ordinaire1 et qu'on veut les renforcer par des points d'appui espacs plus rsistants1 la chane de pierre forme presque toujours une saillie extrieure1 et prend alors le nom de contrefort4 ,cependant les constructions rurales1 militaires ou civiles1 bties avec conomie prsentent quelquefois des chanes de pierre noyes dans les murs et ne portant pas une saillie l'extrieur1 mais formant un pilastre intrieur pour porter une poutre1 une charge quelconque4 ,alors1 pour conomiser les matriaux et pour viter les videments1 ces chanes sont appareilles et poses ainsi que l'indique la fig4 #a2 les pierres ,a formant boutisse1 les pierres ,b parement extrieur1 les pierres ,c morceau du pilastre sans liaisons2 ainsi de suite de la base au sommet du mur4 ,dans les constructions militaires de ,normandie qui datent des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 on rencontre des chanes de pierre destines renforcer des angles obtus lorsque les murs sont btis en moellons4 ,le donjon de la ,roche-,guyon en prsente un exemple remarquable 7voy4 ,,donjon74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,,chaire ,a ,,pr,,cher1 s4 f4 ,pupitre4 ,sorte de petite tribune leve au-dessus du sol des glises1 des clotres ou des rfectoires de monastres1 destine recevoir un lecteur ou prdicateur4 ,dans les glises primitives1 il n'y avait pas1 proprement parler1 de chaires prcher1 mais deux ambons ou pupitres placs des deux cts du choeur pour lire l'ptre et l'vangile aux fidles4 ,on voit encore cette disposition conserve dans la petite basilique de ,saint-,clment ,rome et dans celle de ,saint-,laurent hors les murs4 ,ds le ,x,i,ie sicle1 cependant1 il paratrait qu'outre les ambons destins la lecture de l'ptre et de l'vangile1 on avait aussi parfois1 dans l'glise1 un pupitre destin la prdication4 ,guillaume ,durand1 dans son ,rational1 s'exprime ainsi l'gard du pupitre#cbb3 ,le pupitre plac dans l'glise1 c'est la vie des hommes parfaits1 et on l'appelle ainsi pour signifier en quelque sorte un pupitre public ou plac dans un lieu public et expos aux regards de tous4 ,en effet1 nous lisons ces mots dans les ,paralipomnes3 ,salomon fit une tribune d'airain1 la plaa au milieu du temple1 et1 se tenant debout dessus et tendant la main1 il parlait au peuple de ,dieu4 ,esdras fit aussi un degr de bois pour y parler1 et lorsqu'il y montait1 il tait lev au-dessus de tout le peuple444 ,on donne encore ce pupitre le nom d'analogium1 parce qu'on y lit et qu'on y annonce la parole de ,dieu ,on444 l'appelle aussi ambon1 de ambiendo1 entourer1 parce qu'il entoure comme d'une ceinture celui qui y monte4 ,mais le plus souvent c'tait sur une estrade mobile que se tenait le prdicateur lorsqu'une circonstance voulait que l'on exhortt les fidles runis dans une glise ou dans le prau d'un clotre4 ,les glises italiennes ont conserv des chaires prcher d'une poque assez ancienne1 des ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles2 elles sont en pierre1 ou plutt en marbre1 ou en bronze4 ,celle de la cathdrale de ,sienne1 qui date du ,x,i,i,ie sicle#cbc est fort belle2 elle est porte sur des colonnes poses sur des lions1 et son garde-corps est orn de bas-reliefs reprsentant la ,nativit4 ,a ,saint-,marc de ,venise1 les ambons placs droite et gauche des jubs affectent la forme de chaires prcher et sont composs de marbres prcieux1 de porphyre et de jaspe4 ,on voit galement1 dans l'glise ,san-,miniato de ,florence1 dans la chapelle royale de ,palerme1 des pupitres pouvant servir de chaires1 placs la gauche de l'autel1 l'entre du choeur4 ,mais en ,france1 aucune de nos anciennes glises n'a conserv1 que nous sachions1 de chaires prcher1 ou pupitres pouvant en tenir lieu1 antrieurs au ,x,ve sicle4 ,l'usage1 partir du ,x,i,ie sicle surtout1 tait1 dans nos glises du ,nord1 de disposer l'entre des choeurs des jubs1 sur lesquels on montait pour lire l'ptre et l'vangile et pour exhorter les fidles1 s'il y avait lieu 7voy4 ,,jub74 ,toutefois ces prdications1 avant l'institution des frres prcheurs1 ne se faisaient qu'accidentellement4 ,jacques de ,vitry1 crivain du ,x,i,i,ie sicle1 dit que ,pierre1 chantre de ,paris1 voulant faire connatre les talents extraordinaires de ,foulques1 son disciple1 le fit prcher en sa prsence et devant plusieurs habiles gens dans l'glise de ,saint-,severin2 et que ,dieu donna une telle bndiction ses sermons1 quoiqu'ils fussent d'un style fort simple1 que mme tous les savans de ,paris s'excitoient les uns les autres venir entendre le prtre ,foulques1 qui preschoit1 disoient-ils1 comme un second saint ,paul44 ,ces faits sont d'environ l'an #aahj444cbd ,il est probable que1 dans ces cas particuliers1 les prdicateurs se plaaient dans une chaire mobile dispose en quelque lieu de l'glise pour la circonstance4 ,la chaire n'tait alors1 ainsi que l'indique la fig4 #acbe1 qu'une petite estrade en bois ferme de trois cts par un garde-corps recouvert sur le devant d'un tapis4 ,mais1 au ,x,i,i,ie sicle1 quand les ordres prcheurs se furent tablis pour combattre l'hrsie et expliquer au peuple les vrits du christianisme1 la prdication devint un besoin auquel les dispositions architectoniques des difices religieux durent obir4 ,pour remplir exactement ces conditions1 les dominicains1 les jacobins entre autres1 btirent des glises deux nefs1 l'une tant rserve pour le choeur des religieux et le service divin1 l'autre pour la prdication 7voy4 ,,architecture ,,monastique1 fig4 #bd et #bd bis74 ,alors les chaires devinrent fixes et entrrent dans la construction4 ,elles formaient comme un balcon saillant l'intrieur de l'glise1 port en encorbellement1 accompagn d'une niche prise aux dpens du mur1 et ordinairement claire par de petites fentres2 on y montait par un escalier pratiqu dans l'paisseur de la construction4 ,la nef sud de la grande glise du couvent des jacobins de ,toulouse possdait1 son extrmit occidentale1 une chaire de ce genre laquelle on montait par un escalier s'ouvrant en dehors de l'glise dans le petit clotre2 nous en avons vu encore les traces1 quoique la saillie du cul-de-lampe et t coupe et la niche bouche4 ,c'est ainsi qu'taient disposes les chaires des rfectoires des monastres1 destines contenir le lecteur pendant les repas des religieux4 ,l'une des plus anciennes et des plus belles chaires de rfectoire qui nous soient conserves est celle de l'abbaye ,saint-,martin-des-,champs2 nous en donnons ici 7#b7 le plan1 7#b bis7 la coupe1 et 7#c7 l'lvation perspective4 ,on remarquera la disposition ingnieuse de l'escalier montant cette chaire3 pratiqu dans l'paisseur du mur1 il n'est clos du ct de l'intrieur que par une claire-voie2 mais pour viter que la charge du mur au-dessus n'crast cette claire-voie1 le constructeur a pos un arc de dcharge ,a qui vient la soulager1 et1 afin que cet arc ne pousst pas son arrive en ,b1 les deux premiers pieds-droits ,c ,c de la claire-voie ont t inclins de faon opposer une bute cette pousse4 ,aujourd'hui on trouverait trange qu'un architecte se permit une pareille hardiesse2 incliner des pieds-droits6 ,on lui demanderait d'user d'artifices pour obtenir ce rsultat de bute sans le rendre apparent2 au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 on n'y mettait pas autrement de finesses4 ,sauval cite la chaire du rfectoire de l'abbaye ,saint-,germain-des-,prs1 bti par ,pierre de ,montereau1 comme un chef-d'oeuvre en ce genre4 ,elle tait1 dit-il1 porte sur un gros cul-de-lampe1 charg d'un grand cep de vigne coup et fouill avec une patience incroyable#cbf4 ,lebeuf parle aussi de la chaire du rfectoire de ,saint-,maur-des-,fosss1 comme tant remarquable et revtue de dix images ou petites statues de saints d'un travail antique1 mais grossier#cbg4 ,les exemples de ces chaires de rfectoires ne sont pas rares2 elles sont toujours disposes peu prs comme celle reprsente fig4 #b et #c4 ,en #aaji1 un morceau considrable de la vraie croix fut rapport de ,jrusalem ,paris par la voie de terre1 en traversant la ,grce1 la ,hongrie1 l',allemagne et la ,champagne4 ,il fut provisoirement dpos ,fontenet-sous-,louvre1 puis transport en grande pompe ,saint-,cloud pour y tre gard jusqu'au premier d'aot1 jour dsign pour sa rception solennelle dans la cathdrale de ,paris4 ,il y eut une grande affluence de peuple dans la plaine de ,saint-,denis pendant la translation de cette prcieuse relique de ,fontenet ,saint-,cloud1 pour la voir passer4 ,depuis lors1 tous les ans1 le second mercredi du mois de juin1 le morceau de la vraie croix tait rapport dans la plaine situe entre la ,chapelle1 ,aubervilliers et ,saint-,denis1 afin d'tre expos la vnration des fidles1 trop nombreux pour pouvoir tre reus dans la cathdrale4 ,au sortir de ,notre-,dame1 dit l'abb ,lebeuf#cbh1 on passoit au cimetire de ,champeaux1 dit depuis des ,innocens4 ,aprs une pause faite en ce lieu1 et employe quelques prires pour les morts1 l'vque commenoit la rcitation du ,pseautier qui toit continue jusqu'au lieu indiqu 7ci-dessus7 usque ad indictum4 ,l1 aprs une antienne de la croix1 l'vque ou une autre personne en son nom1 tant au haut d'une tribune dresse exprs1 faisoit un sermon au peuple3 aprs quoi le mme prlat1 aid de l'archidiacre1 donnoit la bndiction toute la multitude avec la croix apporte de ,paris1 se tournant d'abord l'orient d'o cette relique est venue1 puis au midi vers ,paris1 ensuite au couchant1 et enfin au septentrion du ct de ,saint-,denis444 ,cet exemple de prdication en plein air n'est pas le seul4 ,saint ,bernard prcha1 mont sur une estrade1 du haut de la colline de ,vzelay1 devant l'arme des croiss rassembls dans la valle d',asquin1 en prsence de ,louis le ,jeune4 ,la chaire du prdicateur n'tait alors qu'une petite plate-forme sans garde-corps2 car1 au milieu d'un vaste espace1 en plein air1 le prdicateur devait tre vu en pied2 sa posture dans une bote semblable nos chaires et t ridicule#cbi4 ,les prdications en plein air taient frquentes au moyen ge et jusqu'au moment de la rformation4 ,les prdicateurs se retirrent sous les votes des glises quand ils purent craindre de trouver parmi la foule assemble des contradicteurs4 ,ceux qui se seraient permis de provoquer un scandale au milieu d'un champ ou sur une place publique1 n'osaient et ne pouvaient le faire dans l'enceinte d'une glise4 ,nous trouvons encore des chaires leves dans les clotres et cimetires pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 et mme sur la voie publique tenant l'glise4 ,le clotre de la cathdrale de ,saint-,di en contient une en pierre1 place vers le commencement du ,x,v,ie sicle1 et que nous donnons figure #d4 ,ce petit monument est recouvert par un auvent galement en pierre1 destin garantir le prdicateur contre les ardeurs du soleil et surtout rabattre la voix sur l'assistance3 car1 pour les chaires leves en plein air ou dans les glises1 on sentit bientt la ncessit de suspendre au-dessus du prdicateur un plafond pour empcher la voix de se perdre dans l'espace2 cet appendice de la chaire prit le nom d'abat-voix4 l'un des angles de l'glise ,saint-,l1 sur la rue1 on trouve encore une de ces chaires extrieures en pierre1 dont la porte communique avec un escalier intrieur1 et qui est recouverte d'un riche abat-voix termin en pyramide#ccj4 ,cette chaire date de la fin du ,x,ve sicle4 ,mais c'est particulirement pendant le ,x,v,ie sicle et au moment de la rformation que l'on tablit des chaires dans la plupart des glises franaises4 ,la prdication tait1 cette poque1 un des moyens de combattre l'hrsie avec ses propres armes2 on plaa les chaires dans les nefs 7ce qui ne s'tait pas fait jusqu'alors71 afin que le prdicateur se trouvat au milieu de l'assistance4 ,les cathdrales de ,strasbourg et de ,besanon ont conserv des chaires en pierre de cette poque2 celle de ,strasbourg particulirement est d'une excessive richesse et du travail le plus prcieux4 ,son abat-voix est couronn par une pyramide charge de dtails et dcoupures infinies2 ce monument est d'ailleurs1 comme composition et ornementation1 d'un assez mauvais got1 se rapprochant du style adopt en ,allemagne la fin de l're ogivale4 ,bientt on cessa de faire des chaires en marbre ou en pierre2 on se contenta de les tablir en bois1 en les adossant et les accrochant mme parfois aux piliers4 ,nous ne saurions donner nos lecteurs des chaires dont la construction remonterait aux ,x,i,i,ie et ,x,i,ve sicles1 par la raison qu'il n'y en avait point alors dans les glises se rapprochant de la forme adopte depuis le ,x,v,ie sicle4 ,ce meuble est cependant aujourd'hui indispensable1 et si les architectes des ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles eussent d excuter des chaires1 ils leur auraient certainement donn des formes parfaitement en harmonie avec leur destination et les matriaux employs1 marbre1 pierre1 mtal ou bois4 ,en l'absence de tout document1 nous croyons devoir nous abstenir1 laissant chacun le soin de satisfaire ce nouveau programme4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #b bis4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,note #cbb3 ,rational ou ,manuel des divins offices1 par ,guill4 ,durand1 vque de ,mende1 chap4 ,ier1 parag4 ,,xxxiii4 ,x,i,i,ie sicle4 ,trad4 ,barthlemy4 ,note #cbc3 ,l'escalier est du ,x,v,ie sicle4 ,cette chaire est place dans le choeur et non dans la nef4 ,note #cbd3 ,hist4 de la ville et du diocse de ,paris1 par l'abb ,lebeuf1 t4 ,i1 p4 #afj4 ,note #cbe3 ,le ,miroir historial4 ,manusc4 de la ,bib4 imp41 n #fgca4 ,x,ve sicle4 ,prdic4 de saint ,paul4 ,note #cbf3 ,hist4 de ,paris1 ,sauval1 t4 ,i1 p4 #cda4 ,note #cbg3 ,hist4 de la ville et du diocse de ,paris1 par l'abb ,lebeuf1 t4 ,v1 p4 #aed4 ,ce rfectoire datait du ,x,i,ve sicle4 ,note #cbh3 ,hist4 de la ville et du diocse de ,paris1 t4 ,,iii1 p4 #bec4 ,note #cbi3 ,en ,italie1 certaines prdications en plein air se font encore sur des estrades2 les gestes et la pose de l'orateur produisent alors un grand effet1 pour peu qu'il soit dou de quelque talent4 ,note #ccj3 ,ce monument est reproduit dans le grand ouvrage de ,,mm4 ,taylor et ,nodier1 ,france pittoresque4 ,,chaire1 s4 f4 ,sige piscopal 7cathedra74 ,dans les glises primitives1 le sige de l'vque tait plac au fond de l'abside1 derrire l'autel 7voy4 ,,cath,,drale74 ,cette disposition existe encore dans quelques basiliques italiennes2 on la retrouve conserve dans la cathdrale de ,lyon1 le sanctuaire tant ferm et dpourvu de collatraux4 ,le sige de l'abb1 dans les glises abbatiales antrieures au ,x,i,ie sicle1 tait plac de la mme manire4 ,ces chaires taient gnralement fixes 7c'est pourquoi nous nous en occupons ici71 en marbre1 en mtal1 en pierre ou en bois1 et se reliaient des bancs ou stalles disposs de chaque ct le long des murs de l'abside4 ,nous possdons encore en ,france quelqus exemples1 en petit nombre1 de ces meubles fixes tenant la disposition architectonique du sanctuaire2 seulement ils ont t dplacs4 ,nous avons vu encore en ,allemagne une de ces chaires absidales en pierre1 demeure en place1 quoique mutile1 dans la cathdrale d',augsbourg4 ,le style de ce monument1 fort ancien#cca1 n'est pas tellement particulier au pays d'outre-,rhin que nous ne puissions le considrer comme appartenant l'poque carlovingienne d',occident4 ,nous croyons donc devoir donner cette chaire 7#a71 l'un des plus anciens meubles fixes que possde l'architecture romane du ,nord4 ,sa forme se rapproche beaucoup de celle des chaises antiques que possdent les muses d',italie et de ,france4 ,dans la sacristie de l'glise de l'ancien prieur de ,saint-,vigor prs ,bayeux1 il existe une chaire en marbre rouge autrefois place au fond du sanctuaire4 ,le nouvel vque venait s'asseoir dans cette chaire la veille de son entre ,bayeux4 ,de l1 le prlat1 avant son intronisation1 donnait sa premire bndiction au peuple1 revtu de ses habits pontificaux#ccb1 puis s'acheminait cheval1 processionnellement1 vers la ville4 ,on voit dans l'glise ,notre-,dame-des-,dons1 cathdrale d',avignon1 la chaire en marbre blanc vein qui tait autrefois fixe au fond du sanctuaire2 elle est aujourd'hui pose la droite de l'autel1 et sert encore1 nous le croyons1 de sige piscopal4 ,cette chaire date du ,x,i,ie sicle2 elle est fort belle comme composition et travail 7#b74 ,d'un ct est sculpt le lion de saint ,marc1 de l'autre le boeuf de saint ,luc4 ,on sent encore l'influence antique dans ce meuble1 comme dans l'architecture de la ,provence cette poque4 ,mais il existe une chaire en pierre1 du ,x,i,i,ie sicle1 conserve dans la cathdrale de ,toul1 et connue sous le nom de chaire de saint ,grard1 dont la forme ainsi que les dtails sont trangers aux traditions antiques4 ,les accoudoirs sont composs avec ce respect pour les usages ou les besoins qui caractrise les arts de cette poque4 ,la sculpture est franche1 parfaitement l'chelle de ce petit monument1 riche sans tre charge4 ,il est difficile de rencontrer une composition la fois plus simple et mieux dcore#ccc4 ,des coussins pais taient naturellement poss sur la tablette de ces meubles4 ,au fond du sanctuaire de la cathdrale de ,reims1 dit ,m4 ,didron dans ses ,annales archologiques#ccd1 derrire le matre autel1 on voyait1 avant #agic1 un sige en pierre1 haut d'un mtre soixante-dix centimtres1 et large de soixante-dix centimtres4 ,c'est l qu'on intronisait les nouveaux archevques4 ,ce monument de ,reims s'appelait la chaire de saint ,rigobert444 ,dans cette chaire1 on plaait1 pendant la vacance du sige archipiscopal1 la crosse la plus ancienne de tout le trsor de la cathdrale4 ,par l1 saint ,nicaise1 saint ,remi1 saint ,rigobert ou mme ,hincmar1 auxquels cette crosse pouvait avoir appartenu1 taient censs gouverner le diocse en attendant la nomination d'un nouvel archevque4 ,on suspendait au-dessus de la chaire piscopale un dais en toffe2 mais plus tard1 pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 ces dais entrrent dans la composition mme du monument1 et furent faits comme eux en pierre ou en bois4 ,il existe encore1 dans l'glise ,saint-,seurin ou ,saint-,severin de ,bordeaux1 une chaire piscopale en pierre de la fin du ,x,i,ve sicle1 ainsi complte d'une faon magnifique 7#c74 ,au centre du dais1 sur le devant1 entre les deux gbles1 est sculpte une mitre d'vque soutenue par deux anges4 ,le sige et les accoudoirs sont dlicatement ajours4 ,les quatre pieds-droits qui supportent le dais taient autrefois dcors de statuettes1 aujourd'hui dtruites4 ,deux autres figures devaient tre places galement sur deux consoles incrustes dans la muraille1 sous le dais1 au-dessus du dossier4 ,cette chaire est aujourd'hui dplace2 elle tait autrefois fixe au fond du sanctuaire1 suivant l'usage4 ,en ,normandie1 en ,bretagne1 et plus frquemment en ,angleterre1 on voit1 dans les sanctuaires des glises dpourvues de bas-cts1 des siges mnags dans l'paisseur de la muraille1 la gauche de l'autel1 et formant une arcature renfonce1 sous laquelle s'asseyaient l'officiant et ses deux acolytes4 ,ces chaires demeure sont quelquefois de hauteurs diffrentes1 comme pour indiquer l'ordre hirarchique dans lequel on devait s'asseoir4 ,le ,glossaire d',architecture1 de ,m4 ,parker d',oxford1 en donne un assez grand nombre d'exemples1 depuis l'poque romane jusqu'au ,x,v,ie sicle4 ,nous renvoyons nos lecteurs cet excellent ouvrage4 ,en ,france1 ces sortes de siges sont fort rares1 et il est probable que1 ds une poque assez recule1 on les fit en bois1 ou tout au moins indpendants de la construction1 comme celui que nous donnons 7fig4 #c74 ,ces chaires1 ou formes anglaises1 se combinent ordinairement avec la piscine2 dans ce cas1 il y a quatre arcatures au lieu de trois1 la piscine tant sous la trave la plus rapproche de l'autel4 ,mais la fin du ,x,ve sicle1 on tablit de prfrence les chaires piscopales1 les trnes1 la tte des stalles du choeur1 la gauche de l'autel 7voy4 ,,stalle74 ,dans les salles capitulaires1 il y avait aussi1 au milieu des siges1 la chaire du prsident du chapitre1 de l'vque ou de l'archevque4 ,mayence1 on voit encore une de ces chaires qui date du ,x,i,ie sicle1 dans la salle carre attenante au clotre de la cathdrale4 ,on donnait aussi le nom de chaires1 pendant le moyen ge et jusqu'au ,x,v,i,ie sicle1 aux stalles des religieux ou des chapitres4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,note #cca3 ,nous le croyons du ,i,xe sicle4 ,le sige1 son appui et son socle sont sculpts dans un seul bloc2 les lions tiennent des rouleau dans leurs pattes de devant4 ,note #ccb3 ,voir le ,bullet4 monument41 pub4 par ,m4 de ,caumont1 #ahdg1 p4 #ebh4 ,note #ccc3 ,voir dans les ,annales archol41 t4 ,,ii1 p4 #age1 une gravure de cette belle chaire4 ,note #ccd3 ,t4 ,,ii1 p4 #age4 ,,chambre1 s4 f4 ,pice retire dans un palais1 un htel ou une maison1 destine recevoir un lit4 ,par suite de cette destination1 on donna le nom de chambre aux salles dans lesquelles le roi tenait ou pouvait tenir un lit de justice2 aux salles dans lesquelles1 chez les grands1 tait plac le dais sous lequel s'asseyait le seigneur lorsqu'il exerait ses droits de justicier2 on appelait ces chambres3 chambre du dais1 chambre de parement4 ,la grand'chambre du ,palais ,paris avait t btie par ,enguerrand de ,marigny1 sous ,philippe le ,bel#cce2 elle fut richement dcore en #aejfccf4 ,jean sans ,peur1 duc de ,bourgogne1 fit faire1 dans l'htel d',artois1 aprs le meurtre du duc d',orlans1 une chambre toute de pierres de taille1 pour sa sret1 la plus forte qu'il put1 et termine de machicoulis1 o toutes les nuits il couchait#ccg4 ,dans les donjons1 il y avait la chambre du chtelain1 qui se trouvait toujours prs du sommet et bien munie2 quelquefois mme on ne pouvait y arriver que par des couloirs dtourns1 ou au moyen d'chelles ou de ponts volants que l'on relevait la nuit4 ,les chambres des riches htels taient somptueusement dcores4 ,les solives des plafonds en taient sculptes1 peintes et dores2 les fentres garnies de vitraux et de volets quelquefois doubles1 ajours de fines dcoupures et pleins2 les parements tendus de tapisseries1 les lambris en bois travaills avec art et se reliant des bancs fixes 7banquiers7 garnis de dossiers en toffe et de coussins2 le pav de carreaux de terre cuite maille avec tapis2 une grande chemine1 souvent avec bas-reliefs sculpts1 armoiries peintes1 occupait l'un des cts3 elle tait accompagne de ses accessoires1 de tablettes latrales pour poser un flambeau1 quelquefois d'une petite fentre s'ouvrant prs de l'un des jambages ou sous le manteau mme de la chemine1 pour voir le dehors en se chauffant2 de ses crans et escabeaux4 ,les portes perdues derrire la tapisserie taient troites et basses4 ,le lit1 plac perpendiculairement la face oppose la chemine1 tait large1 garni de courtines et d'un dais gouttires2 il se trouvait ordinairement plus rapproch d'un mur que de l'autre1 de faon laisser un petit espace libre qu'on appelait la ruelle4 ,quelquefois1 dans l'brasement profond de l'une des fentres1 on plaait une volire et des fleurs1 car les oiseaux devenaient les compagnons ordinaires des femmes nobles1 dont les distractions1 hormis les grandes ftes publiques1 taient rares4 ,une chaire 7chaise dossier7 se trouvait au fond de la ruelle2 un dressoir1 une petite table1 des escabeaux et carreaux pour s'asseoir1 compltaient l'ameublement 7voy4 le ,dictionnaire du ,mobilier74 ,adonc est li sires lev ,et est entrez dedenz sa chambre ,qui tote estoit ovre l'ambre4 ,n'a el monde beste n'oisel ,qui n'i soit ovr cisel1 ,et la procession ,renart ,qui tant par sot engin et art1 ,que rien a fere n'i lessa ,cil qui si bel la conpassa4 ,qu'en li sust onques nomer#cch4 4 4 4 ,nous donnons 7#a7 un plan d'une de ces chambres prives1 que l'on avait le soin1 autant que faire se pouvait1 de placer l'angle des btiments et de mettre1 par ce moyen1 en communication avec une tourelle qui servait de boudoir ou de cabinet de retraite4 ,la disposition que nous indiquons ici se retrouve frquemment1 quelques dtails prs1 dans les chteaux des ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,ve sicles4 ,en ,a est le lit1 en ,b la ruelle avec sa chaire ,c et ses carreaux ,d2 en ,e le dressoir1 en ,f des bancs fixes1 bahuts destins contenir la garderobe2 en ,g la chemine avec sa petite fentre ,h et sa tablette ,i2 en ,k les portes1 en ,l la tourelle1 en ,m la petite table avec son banc dossier ,n1 en ,o des escabeaux mobiles1 en ,x une armoire destine au linge et aux objets de toilette4 ,les femmes recevaient souvent le matin ou le soir couches1 et alors ce n'tait que les intimes et les membres de la famille qui taient admis dans la ruelle4 ,le jour1 on recevait les visites sur le banc plusieurs places pos prs de la chemine2 les hommes se tenaient sur les escabeaux ou carreaux2 les gens que l'on faisait attendre ou les infrieurs s'asseyaient prs de l'entre sur les bancs bahuts4 ,les femmes de haut rang tendaient leurs chambres en noir pendant les quinze premiers jours de grand deuil et restaient couches1 les contrevents ferms4 ,pendant leurs couches1 les chambres taient richement dcores1 mais galement fermes et claires aux flambeaux#cci4 ,les poux1 mme dans les classes leves1 n'avaient habituellement qu'une chambre2 chez les bourgeois1 les enfants couchaient1 pendant leurs premiers ans1 dans des berceaux que l'on plaait tout ct du lit dans la ruelle4 ,aussi ne trouve-t-on qu'un petit nombre de chambres dans des maisons1 mme vastes1 souvent une seule2 les familiers couchaient dans les galetas4 ,quand on recevait un parent ou un tranger auquel on voulait faire honneur1 les matres1 dans la bourgeoisie comme chez les paysans1 abandonnaient leur chambre et allaient coucher dans la salle1 c'est--dire dans la grande pice qui servait la fois de salon1 de lieu de runion et de salle manger2 ou bien1 ce qui arrivait souvent1 on dressait un lit dans la chambre des matres1 et matres et trangers couchaient dans la mme chambre 7voy4 ,h,,tel1 ,,maison74 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,note #cce3 ,sauval1 t4 ,,iii1 p4 #h4 ,note #ccf3 ,dubreul1 liv4 ,i4 ,note #ccg3 ,sauval1 t4 ,,ii1 p4 #fd4 ,note #cch3 ,roman du ,renart1 vers #bbafb et suiv4 ,note #cci3 ,les ,honneurs de la ,cour4 ,alinor de ,poictiers1 ,x,ve sicle4 ,,chancel1 s4 m4 ,canchel1 chaingle4 ,enceinte1 clture2 le chancel du choeur1 pour la clture du choeur d'une glise2 s'employait aussi comme balustrade4 ,,chanfrein1 s4 m4 ,arte abattue suivant un angle de #de degrs4 ,dans l'architecture du moyen ge1 surtout dater de l'poque ogivale1 les artes la porte de la main1 au lieu d'tre laisses angle droit1 sont souvent abattues4 ,les chanfreins sont trs-frquemment appliqus la charpente et la menuiserie de cette poque 7voy4 ,,bizeau1 ,,charpente1 ,,menuiserie74 ,,chantier1 s4 m4 ,place vague1 espace dcouvert sur lequel on dpose les matriaux qui doivent servir la construction d'un difice 7voy4 ,,construction74 ,on dsigne aussi par ce mot des pices de bois que l'on pose terre horizontalement1 pour isoler et soustraire l'humidit du sol des charpentes ou des planches1 des tonneaux contenant des boissons4 ,,chantignolle1 s4 f4 ,petite pice de charpente qui sert empcher les pannes de glisser sur l'arbaltrier4 ,la pice ,a 7#a7 est une chantignolle4 ,la chantignolle est toujours assemble dans l'arbaltrier tenon et mortaise et cheville1 pour viter qu'elle ne se relve par suite de la pression que la panne exerce sur sa partie suprieure4 ,souvent1 dans les charpentes de la priode ogivale1 les pices verticales sont moises2 mais1 comme alors on n'employait pas de boulons mais simplement des clefs de bois pour serrer les moises contre les pices moises1 on posait des chantignolles ,a sous ces moises pour que leur poids ne fatigut pas les clefs1 ainsi que l'indique la fig4 #b 7voy4 ,,charpente74 ,illustration3 ,fig4 #a et #b4 ,,chape1 s4 f4 ,crouste4 ,vieux mot employ pour vote1 lieu vot4 ,aujourd'hui on entend par chape l'enduit que l'on pose sur l'extrados d'une vote pour le protger4 ,toutes les votes ogivales taient couvertes d'une chape en mortier ou en pltre4 ,en cas d'incendie1 cette prcaution suffit pour empcher la braise de calciner l'extrados des votes1 surtout si la chape est en pltre4 ,nous avons vu aussi des chapes de votes faites en ciment de brique dans les difices du ,languedoc4 ,la chape a cet avantage encore de garantir les votes des filtrations d'eau pluviale1 lorsque les couvertures sont en mauvais tat ou lorsqu'on fait des rparations aux toitures4 ,sur les votes ogivales1 les chapes sont faites avec soin2 elles taient surtout destines les garantir pendant le laps de temps qui s'coulait entre leur achvement et le montage des charpentes4 cet effet1 dans les reins des votes1 sont mnages des cuillers en pierre avec gargouille extrieure1 qui ne servaient que pendant cet intervalle de temps et aussi dans le cas de dgradations la couverture#cdj 7v4 ,,gargouille1 ,,vo,,te74 ,note #cdj3 ,ces gargouilles existent encore la ,sainte-,chapelle du ,palais sous les pignons des fentres1 et ,amiens2 dans ce dernier difice1 ce sont des baies assez grandes pour qu'un homme puisse y passer2 ces baies correspondent aux gargouilles qui desservent les chneaux l'arrive des arcs-boutants4 ,,chapelle1 s4 f4 ,dans ,plusieurs endroits on appelle les prtres1 dit ,guillaume ,durand#cda1 chapelains 7capellani71 car de toute antiquit les rois de ,france1 lorsqu'ils allaient en guerre1 portaient avec eux la chape 7capam7 du bienheureux saint ,martin1 que l'on gardait sous une tente qui1 de cette chape1 fut appele chapelle 7a capa1 capella74 ,et les clercs la garde desquels tait confie cette chapelle reurent le nom de chapelains 7capellani a capella72 et par une consquence ncessaire1 ce nom se rpandit1 dans certains pays1 d'eux tous les prtres4 ,il y en a mme qui disent que de toute antiquit1 dans les expditions militaires1 on faisait1 dans le camp1 de petites maisons de peaux de chvre qu'on couvrait d'un toit1 et dans lesquelles on clbrait la messe1 et que de l a t tir le nom de chapelle 7a caprarum pellibus1 capella74 ,la premire de ces deux tymologies est tablie sur un fait4 ,la petite cape que saint ,martin revtit aprs avoir donn sa tunique un pauvre1 tait religieusement conserve dans l'oratoire de nos premiers rois1 d'o cet oratoire prit le nom de capella4 ,l'oratoire1 depuis lors appel chapelle1 se trouvait compris dans l'enceinte du palais royal#cdb4 ,le nom de chapelle fut1 par extension1 donn aux petites glises qui ne contenaient ni fonts baptismaux ni cimetires#cdc2 aux oratoires dans lesquels on renfermait les trsors ds glises1 des monastres1 des chteaux ou des villes#cdd1 les chartes1 les archives#cde des reliques considrables2 puis aux succursales1 des paroisses1 aux dicules annexs aux grandes glises cathdrales1 conventuelles ou paroissiales1 et contenant un autel1 et mme la cuve baptismale2 aux oratoires levs dans l'enceinte des cimetires1 sur un emplacement sanctifi par un miracle ou par la prsence d'un saint4 ,nous diviserons donc cet article #a en chapelles 7saintes72 #b chapelles ou oratoires de chteaux1 d'vchs2 #c isoles1 des morts1 votives2 #d annexes d'glises2 #e chapelles faisant partie des glises1 et renfermes dans leur primtre4 ,note #cda3 ,rational1 liv4 ,,ii1 chap4 ,x1 parag4 #h4 ,note #cdb3 ,capella1 postmodum appellata des ipsa1 in qua asservata est capa1 seu capella ,s4 ,martini1 intra ,palatii ambitum inedificata3 in quam etiam prcipua ,sanctorum aliorum ,grec leiphana illata1 unde ob ejusmodi ,reliquiarum reverentiam dicul ist sanct capell vulgo appellantur4 ,ducange1 ,gloss4 ,note #cdc3 ,ibid4 ,joan4 de ,janua4 ,note #cdd3 ,ibid4 ,note #cde3 ,cancellaria3 ita vero dicta qnod in ,capella ,principis1 seu oratorio ,archivum1 diplomata et regni monumenta olim1 ut hodie1 asservarentur4 ,in ,francia enim ,chartarum ,regiarum1 ut vocant1 thesaurus1 in ,sacra ,capella ,parisiensi etiamnum asservatur4 7,ibid47 ,,chapelles 7,,saintes74 ,ds les premiers sicles du christianisme1 on avait lev un grand nombre d'oratoires sur les emplacements tmoins du martyre des saints4 ,ces oratoires se composaient le plus souvent d'une crypte avec petite glise au-dessus4 ,lorsque les saincts ,denis1 ,rustic1 et ,eleuthre1 souffrirent le martyre1 dit ,dubreul#cdf1 une bonne dame chrtienne nomme ,catulle1 demeuroit en un village1 que l'on surnommoit de son nom3 laquelle ensevelit et enterra les corps des susnomms martyrs en une petite chapelle 7au-bas de la butte ,montmartre71 jusques en laquelle 7par grand mircle7 sainct ,denys avoit apport sa teste entre ses bras1 aprs que l'on la luy eust tranche1 laquelle 7chapelle7 fut rebastie du temps de saincte ,geneviefve444 ,cette chapelle est double1 savoir la plus petite qui est presque dans terre1 et l'autre plus grande qui est rige au dessus d'icelle4 ,mais au dessoubs de tout ce bastiment il y avoit encore une chapelle ou cave sousterraine1 qui toutefois a demeure incognee nos pres jusques en l'an #afaa444 ,cette disposition de chapelle double en hauteur demeure traditionnelle pendant les premiers sicles du moyen ge4 ,nous la voyons conserve encore dans la clbre ,sainte-,chapelle du ,palais btie par saint ,louis ,paris2 mais ce n'tait pas avec l'intention de consacrer la chapelle infrieure au dpt des reliques4 ,au contraire1 ,paris1 c'est dans la chapelle haute que la couronne d'pines1 les morceaux de la vraie croix et les saintes reliques recueillies par ,louis ,,ix furent dposs2 la chapelle basse tait rserve aux familiers du palais et au public2 elle servit aussi de spulture aux chanoines4 ,de toutes les chapelles palatines qui existaient en ,france1 celle de ,paris est aujourd'hui la plus complte et l'une des plus anciennes4 ,elle fut commence en #abdb ou #abde et termine en #abdg1 sur l'emplacement de deux oratoires1 l'un bti en #aaed en l'honneur de ,notre-,dame1 l'autre bti en #aafj sous le titre de ,saint-,nicolas4 ,jrme ,morand#cdg prtend que c'est pour rappeler ces deux fondations que la ,sainte-,chapelle actuelle est double4 ,nous voyons l plutt l'influence de traditions antrieures1 comme nous l'avons dit1 et surtout une ncessit commande par la disposition mme du palais4 ,ainsi1 la chapelle haute communiquait de plein pied avec les salles du premier tage et les appartements royaux1 tandis que la chapelle basse1 au niveau du sol extrieur1 pouvait tre abandonne au public4 ,de tous temps1 cet difice1 d au matre ,pierre de ,montereau1 fut considr avec raison comme un chef-d'oeuvre4 ,le roi saint ,louis n'pargna rien pour en faire le plus brillant joyau de la capitale de ses domaines2 et si une chose a lieu de nous tonner1 c'est le peu de temps employ sa construction4 ,en prenant les dates les plus larges1 on doit admettre que la ,sainte-,chapelle fut fonde et compltement acheve dans l'espace de cinq ans2 huit cent mille livres tournois auraient t employes sa construction1 sa dcoration et l'acquisition des prcieuses reliques qu'elle renfermait4 ,si l'on observe avec une scrupuleuse attention les caractres archologiques de la ,sainte-,chapelle1 on est forc de reconnatre l'exactitude des dates historiques4 ,le mode de construction et l'ornementation appartiennent cette minime fraction du ,x,i,i,ie sicle4 ,pendant les rgnes de ,philippe-,auguste et de saint ,louis1 les progrs de l'architecture sont si rapides1 qu'une priode de cinq annes y introduit des modifications sensibles2 or la plus grande unit rgne dans l'difice1 de la base au sommet4 ,ce n'est plus la fermet un peu rude des sommets de la faade de ,notre-,dame de ,paris 7#abcj71 et ce n'est pas encore1 il s'en faut de beaucoup1 la maigreur des deux extrmits des transsepts de la mme glise 7#abeg74 ,pierre de ,montereau fut galement charg d'lever une chapelle ddie la ,vierge1 dans l'enceinte de l'abbaye de ,saint-,germain-des-,prs4 ,cette chapelle avait t fonde1 en #abde1 par l'abb ,hugues2 or les fragments assez nombreux qui nous restent de cette construction#cdh accusent une certaine recherche1 un travail dj maigre dans l'ornementation et les moulures1 qui se rapproche de l'excution du portail ,saint-tienne de ,notre-,dame de ,paris et s'loigne de celle de la ,sainte-,chapelle2 c'est qu'en effet la chapelle de la ,vierge de ,saint-,germain-des-,prs n'avait t acheve que sous l'abb ,thomas1 mort en #abee4 ,il y avait donc cinq annes de diffrence environ entre la construction de la ,sainte-,chapelle du ,palais et la chapelle de ,saint-,germain-des-,prs2 cette diffrence se fait sentir dans le style des deux difices2 donc1 la sainte-,chapelle du ,palais a d tre leve en quatre ou cinq annes au plus1 puisqu'elle ne laisse pas voir1 mme dans ses parties suprieures1 cette tendance la recherche et la maigreur4 ,on nous pardonnera d'insister sur ce point2 nous dsirons constater ainsi1 une fois de plus1 la rapidit avec laquelle les matres des oeuvres construisaient leurs difices au ,x,i,i,ie sicle1 lorsqu'ils n'taient pas entravs par le manque de ressources1 et dtruire une opinion trop gnralement accrdite1 mme parmi les personnes claires1 savoir3 que les difices de cette poque n'ont pu tre levs qu'avec lenteur4 ,lorsqu'on parcourt la ,sainte-,chapelle du ,palais1 on ne peut concevoir comment ce travail1 surprenant par la multiplicit et la varit des dtails1 la puret d'excution1 la richesse de l'ornementation et la beaut des matriaux1 a pu tre achev pendant un laps de temps aussi court4 ,de la base au fate1 elle est entirement btie en pierre dure de choix1 liais cliquart2 chaque assise est cramponne par des agrafes en fer1 coules en plomb2 les tailles et la pose sont excutes avec une prcision rare2 la sculpture en est compose et cisele avec un soin particulier4 ,sur aucun point on ne peut constater ces ngligences1 rsultat ordinaire de la prcipitation2 et cependant1 telle qu'elle est aujourd'hui1 la ,sainte-,chapelle du ,palais est prive d'une annexe importante qui1 elle seule1 tait un monument3 nous voulons parler du trsor des chartes accol son flanc nord1 bti et termin en mme temps qu'elle4 ,nous donnons 7#a7 le plan de la chapelle basse du ,palais#cdi4 ,un porche prcde la porte principale2 un bas-ct troit fait le tour du vaisseau4 ,l'architecte a d l'tablir pour ne pas tre contraint ou de trop lever le sommet de la vote1 ou de poser les naissances des arcs prs du sol4 ,il tait command par la hauteur des sols des appartements du premier tage1 qui dj existaient1 et il tenait placer le dallage de la chapelle haute de plain-pied avec ces appartements et galeries4 ,deux escaliers de service communiquent du rez-de-chausse au premier tage et au comble4 ,la chapelle basse est claire par des fentres occupant tout l'espace compris entre les formerets et l'appui dcor d'une arcature1 de sorte que ces fentres affectent la forme de triangles dont deux cts sont curvilignes2 elles sont admirablement composes pour la place 7voy4 ,,fen,,tre71 et taient autrefois garnies de vitraux colors ou en grisaille4 ,cette chapelle laisse voir de nombreuses traces de peintures du ,x,i,i,ie sicle#cej1 et1 dans l'arcature1 des mdaillons enrichis d'incrustations de verre avec dorures d'une finesse rare1 de gaufrures et de petites figures d'aptres en bas-relief sculptes dans un stuc autrefois peint4 ,le dallage de cette chapelle est entirement compos de pierres tombales4 ,au premier tage 7fig4 #b71 un porche prcde le vaisseau1 comme au rez-de-chausse4 ,avant #agic1 au trumeau de la porte tait adosse une statue du ,christ bnissant et tenant l'vangile4 ,au-dessus1 dans le linteau1 tait sculpt un ,jugement dernier1 le ,psement des mes1 et1 dans le tympan1 le ,fils de l',homme montrant ses plaies1 ayant la sainte ,vierge sa droite1 saint ,jean sa gauche1 tous deux agenouills comme la porte centrale de la cathdrale de ,paris4 ,toutes ces sculptures ont t compltement dtruites4 ,le porche servait de communication1 du ct du nord1 avec les galeries du paiais royal1 et formait comme un vaste balcon couvert1 de plain-pied avec l'glise4 ,lorsqu'on entre dans la ,sainte-,chapelle haute1 ce qui frappe surtout1 c'est l'extrme lgret apparente de la construction4 ,au-dessus d'une arcature trs-riche1 s'ouvrent de grandes fentres qui occupent tout l'espace compris entre les contreforts sous les formerets des votes2 de sorte que la construction ne parat consister qu'en lgers faisceaux de colonnes portant ces votes4 ,les vitraux qui garnissent les fentres1 cause de leur puissante coloration1 ne laissent pas voir les contreforts extrieurs qui constituent eux seuls la solidit de l'difice4 ,l'arcature rgnant sous les appuise des grandes fentres repose sur un banc continu1 et prsente1 dans des quatre-feuilles1 des scnes de martyres 7voy4 ,,arcature1 fig4 #h74 ,les statues des douze aptres1 portes sur des culs-de-lampe1 sont adosses aux piliers4 l'abside1 un dicule avec clture fut lev derrire l'autel aprs la mort de saint ,louis1 pour porter la grande chsse contenant les saintes reliques 7voy4 ,,autel1 fig4 #aa et #ab74 ,l'intrieur de la ,sainte-,chapelle tait entirement couvert de riches peintures et de dorures avec incrustations de verres colors et dors4 ,mais les vitraux forment certainement la partie la plus brillante de cette dcoration2 ils sont1 comme couleur et composition1 d'une grande beaut1 quoique1 dans l'excution1 on s'aperoive de la prcipitation avec laquelle ils durent tre fabriqus4 ,nous prsentons 7#c7 la coupe transversale de la ,sainte-,chapelle du ,palais1 qui fera comprendre mieux qu'aucune description la construction simple et hardie en mme temps de ce charmant difice4 ,le plan #b indique en ,a l'annexe1 le trsor des chartes1 avec le passage ,b communiquant la chapelle4 ,cet annexe tait divis en trois tages2 celui du rez-de-chausse servait de sacristie la chapelle basse2 celui du premier1 de trsor et de sacristie la chapelle haute2 et le dernier tage1 auquel on arrivait par un escalier vis1 de dpt des chartes4 ,une autre porte de service1 perce dans l'arcature en ,c1 mettait la galerie du nord longeant les premires traves en communication avec la chapelle haute4 ,sous les deux fentres ,d ,d1 deux renfoncements d'un mtre environ de profondeur sur la largeur de la trave taient les places d'honneur rserves au roi et la reine4 ,mais ,louis ,,xi1 qui probablement trouva ces places trop en vidence1 fit btir en ,e un rduit entre les contreforts1 dans lequel il se retirait pour entendre les offices2 une petite ouverture biaise et grille lui permettait de voir l'autel sans tre vu4 ,sous ,charles ,,vii1 des travaux importants vinrent modifier certaines parties de la ,sainte-,chapelle4 ,ce prince fit refaire la rose en pierre et ses vitraux1 les couronnements des deux escaliers et les crochets du grand pignon4 ,dj1 au ,x,i,ve sicle1 on avait chang la dcoration des pignons ou gbles des fentres2 des crochets dans le got de cette poque et des statues d'anges taient venus remplacer les fleurons et les crochets du ,x,i,i,ie sicle4 ,charles ,,vii fit galement excuter la flche en charpente recouverte de plomb qui surmontait le comble1 ainsi que les crtes et dcorations de la toiture4 ,nous ne savons pas si la ,sainte-,chapelle de saint ,louis possdait une flche2 aucune vignette antrieure au ,x,ve sicle ne la reprsente1 aucun texte n'en parle#cea4 ,le fait parat douteux1 car1 contrairement aux habitudes des architectes du ,x,i,i,ie sicle1 rien1 dans la construction en maonnerie1 n'indique que cette flche ait d tre leve4 ,peut-tre quelque tour du palais1 dans le voisinage de la ,sainte-,chapelle1 tenait-elle lieu de clocher1 ,louis ,,xii1 tant goutteux et ne pouvant monter la ,sainte-,chapelle par les escaliers du palais qu'il n'habitait pas1 fit faire le long du flanc sud un vaste degr couvert par des votes et un comble4 ,ce degr tait assez doux pour que des porteurs pussent monter sa litire jusque sous le porche4 ,les votes de cet escalier furent dtruites par l'incendie de #afcjceb1 et remplaces par un appentis en charpente4 l'imitation du roi de ,france1 les grands vassaux de la couronne se firent btir1 dans leur rsidence habituelle1 une sainte chapelle1 et le roi lui-mme en leva quelques autres4 ,celle du chteau de ,saint-,germain-en-,laye est mme antrieure de quelques annes celle du ,palais2 son achvement ne saurait tre postrieur #abdj4 ,ce trs-curieux monument1 fort peu connu1 engag aujourd'hui au milieu des constructions de ,franois ,ier et de ,louis ,,xiv1 est assez complet cependant pour que l'on puisse se rendre un compte exact1 non-seulement de ses dimensions1 mais aussi de sa coupe1 de ses lvations latrales et des dtails de sa construction et dcoration4 ,la sainte chapelle de ,saint-,germain-en-,laye a cela de particulier qu'elle n'appartient pas au style ogival du domaine royal1 mais qu'elle est un driv des coles champenoise et bourguignonne4 ,nous en donnons 7#d7 le plan#cec4 ,conformment aux constructions champenoises et bourguignonnes1 les votes portent sur des piles saillantes l'intrieur1 laissant au-dessus du soubassement une circulation4 ,la coupe transversale 7#e71 faite sur le milieu d'une trave1 explique la disposition principale de cet difice4 ,les formerets ,a des votes1 au lieu de servir d'archivoltes aux fentres1 sont isols1 laissent entre eux et les baies un espace ,b couvert par le chneau4 ,les fentres sont alors prises sous la corniche et mettent jour tout l'espace compris entre les contreforts4 ,si nous examinons la coupe longitudinale 7#f71 faite sur une trave1 et 7#f bis71 faite sur la pile intrieure en ,b ,c 7voy4 fig4 #e71 nous pourrons nous rendre un compte exact du systme de construction adopt4 ,les fentres n'tant plus circonscrites par les formerets sont carres2 les tympans1 tant ajours et faisant partie des meneaux1 ne laissent comme pleins visibles que les contreforts4 l'extrieur1 chaque trave est conforme la fig4 #f ter2 le monument tout entier ne consiste donc qu'en un soubassement1 des contreforts et une claire-voie fort belle et combine d'une manire solide2 car les contreforts 7trs-minces7 sont trsillonns par ces puissants meneaux portant l'extrmit de la corniche suprieure et le chneau4 ,ces meneaux ne sont rellement que de grands chssis vitrs poss entre des piles et les maintenant dans leurs plans4 ,le systme de la construction ogivale admis1 nous devons avouer que le parti de construction adopt la sainte chapelle de ,saint-,germain nous semble suprieur celui de la ,sainte-,chapelle de ,paris1 en ce qu'il est plus franc et plus en rapport avec l'chelle du monument4 ,la richesse de l'architecture de la ,sainte-,chapelle de ,paris1 le luxe de la sculpture ne sauraient faire disparatre des dfauts graves vits ,saint-,germain4 ,ainsi1 ,paris1 les contreforts1 entirement reports l'extrieur1 gnent la vue par leur saillie2 ils sont trop rapprochs2 la partie suprieure des fentres est quelque peu lourde et encombre de dtails2 les gbles qui les surmontent sont une superftation inutile1 un de ces moyens de dcoration qui ne sont pas motivs par le besoin4 ,si l'effet produit par les verrires entre des piles minces et peu saillantes l'intrieur est surprenant1 il ne laisse pas d'inquiter l'oeil par une excessive lgret apparente4 ,saint-,germain1 on comprend comment les votes sont maintenues par ces piles qui se prononcent l'intrieur4 ,les meneaux ne sont qu'un accessoire1 qu'un chssis vitr indpendant de la grosse construction4 ,ce petit passage champenois mnag au-dessus de l'arcature infrieure1 en reculant les fentres1 donne de l'air et de l'espace au vaisseau2 il rompt les lignes verticales dont1 la ,sainte-,chapelle de ,paris1 on a peut-tre abus4 ,les fentres elles-mmes1 au lieu d'tre relativement troites comme ,paris1 sont larges2 leurs meneaux sont tracs de main de matre1 et rappellent les beaux compartiments des meilleures fentres de la cathdrale de ,reims4 ,les fentres de la ,sainte-,chapelle de ,paris ont un dfaut1 qui paratrait bien davantage si elles n'blouissaient pas par l'clat des vitraux1 c'est que les colonnettes des meneaux sont dmesurment longues et que les entrelacs suprieurs ne commencent qu' partir de la naissance des ogives 7voy4 ,,fen,,tre74 ,cela donne ces fentres une apparence grle et pauvre que l'architecte a voulu dissimuler l'extrieur1 o les vitraux ne produisent aucune illusion1 par ces dtails d'archivoltes et ces gbles dont nous parlions tout l'heure4 la chapelle de ,saint-,germain1 aucun dtail superflu3 c'est la construction seule qui fait toute la dcoration2 et sans vouloir faire tort ,pierre de ,montereau1 on peut dire que si l'architecte 7champenois probablement7 de la chapelle de ,saint-,germain et eu sa disposition les trsors employs la construction de celle de ,paris1 il et fait un monument suprieur1 comme composition1 celui que nous admirons dans la ,cit4 ,il a su 7chose rare7 conformer son architecture l'chelle de son monument1 et1 disposant de ressources modiques1 lui donner toute l'ampleur d'un grand difice4 la ,sainte-,chapelle de ,paris1 on trouve des ttonnements1 des recherches qui occupent l'esprit plutt qu'elles ne charment4 ,saint-,germain1 tout est clair1 se comprend au premier coup d'oeil4 ,le matre de cette oeuvre tait sr de son art2 c'tait en mme temps un homme de got et un savant de premier ordre#ced4 ,l'intrieur de ce monument tait peint et les fentres garnies probablement de vitraux4 ,inutile de dire que leur effet devait tre prodigieux cause des larges surfaces qu'ils occupaient4 ,rien n'indique qu'une flche surmontt cette chapelle4 ,on ne voit point non plus que des places spciales aient t rserves dans la nef1 comme la ,sainte-,chapelle du ,palais1 pour des personnages considrables4 ,il faut dire que la chapelle de ,saint-,germain-en-,laye n'tait que le vaste oratoire d'un chteau de mdiocre importance4 ,tous les dtails de ce charmant difice sont traits avec grand soin2 la sculpture en est belle et entirement due l'cole champenoise1 ainsi que les profils4 ,de riches abbayes voulurent aussi rivaliser avec le souverain en levant de grands oratoires indpendants de leur glise4 ,nous avons dit que les abbs de ,saint-,germain-des-,prs chargrent l'architecte ,pierre de ,montereau de leur btir la chapelle de la sainte ,vierge prs de leur rfectoire 7voy4 ,architecture monastique1 fig4 #ae74 ,les abbs taient seigneurs fodaux1 et1 comme tels1 voulaient imiter ce que faisait le suzerain dans ses domaines2 beaucoup d'abbayes virent donc1 vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 lever1 dans leur enceinte1 de grandes chapelles isoles1 dont la construction n'tait pas toujours justifie par un besoin urgent4 ,le prieur de ,saint-,martin-des-,champs ,paris btit aussi1 vers cette poque1 deux grandes chapelles1 l'une ddie ,notre-,dame1 l'autre saint ,michel4 ,voici 7#g7 le plan de la chapelle de la ,vierge de l'abbaye ,saint-,germain-des-,prs#cee1 qui se distingue surtout de celui de la ,sainte-,chapelle du ,palais par la disposition de ses votes1 dont les arcs ogives1 s'il faut en croire un dessin de ,m4 ,alexandre ,lenoir relev avant la destruction de ce beau monument1 comprenaient deux traves1 et dont l'abside tait plante d'une faon peu conforme aux habitudes des constructeurs du milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,mais ,pierre de ,montereau avait certainement1 dans la construction de la chapelle de la ,vierge1 t forc de se renfermer dans une dpense assez peu leve1 relativement la dimension donne l'difice4 ,ce genre de votes est moins dispendieux que celui adopt pour la ,sainte-,chapelle du ,palais1 et les fragments des couronnements qui existent encore accusent une excution peu dispendieuse4 ,l'abbaye ,saint-,germain-des-,prs n'avait pas1 telle riche qu'elle ft1 les ressources du roi de ,france4 ce point de vue1 la comparaison de ces deux difices1 levs presque en mme temps par le mme architecte1 est intressante4 ,mais saint ,louis ne fut pas le seul roi de ,france qui leva des saintes chapelles4 ,le vaste chteau de ,vincennes1 commenc par le roi ,jean1 tait achev1 au point de vue militaire1 sous ,charles ,v4 ,son fils commena1 sur de grandes proportions1 la construction d'une sainte chapelle1 au milieu de son enceinte4 ,charles ,,vi leva le btiment vers l'abside jusqu'aux corniches suprieures1 dans la nef jusqu'aux naissances des archivoltes des fentres1 et sur la faade jusqu'au-dessous de la rose4 ,les malheurs de la fin de ce rgne ne permirent pas de continuer l'difice1 qui resta en souffrance pendant un sicle4 ,franois ,ier reprit les constructions vers #aebe1 elles ne furent acheves que sous ,henri ,,ii4 ,les deux sacraires et le trsor deux tages annexs la chapelle taient termins la fin du ,x,i,ve sicle ou au commencement du ,x,ve4 ,deux poques bien distinctes ont donc concouru l'dification de la sainte chapelle de ,vincennes1 et cependant1 au premier abord1 ce monument prsente une grande unit4 ,les architectes de la renaissance chargs de l'achever ont1 autant qu'il tait possible cette poque1 cherch conserver l'ordonnance de l'ensemble1 le caractre des dtails4 ,il faut examiner la sculpture1 reconnatre les dgradations causes aux parties suprieures des constructions laisses inacheves pendant un sicle1 par les pluies et la gele1 pour trouver les points de soudure des deux poques4 ,la fig4 #h donne le plan de la sainte chapelle de ,vincennes#cef1 avec ses annexes4 ,ce sont d'abord deux oratoires double tage ayant vue sur le sanctuaire par deux petites ouvertures biaises4 la suite1 droite1 un escalier conduisant l'tage suprieur de l'oratoire1 aux terrasses et aux combles4 gauche1 la sacristie avec son trsor1 galement deux tages1 le trsor ayant1 comme la ,sainte-,chapelle du ,palais1 la forme1 en plan et en lvation1 d'une petite chapelle4 ,un escalier particulier conduit au premier tage du trsor et au comble4 ,il est vraisemblable que l'oratoire construit par ,louis ,,xi entre deux des contreforts de la ,sainte-,chapelle de ,paris1 pendant la seconde moiti du ,x,ve sicle1 est une imitation de ceux de la sainte chapelle1 de ,vincennes1 cette disposition ayant paru plus commode que celle adopte par saint ,louis1 et ne consistant qu'en deux renfoncements dans l'paisseur de la muraille 7voy4 fig4 #b1 en ,d74 ,le roi1 la reine se trouvaient ainsi spars des assistants1 et voyaient le prtre l'autel sans tre vus4 ,vincennes1 une tribune large est porte par une vote au-dessus de l'entre2 elle occupe toute la premire trave4 ,paris1 cette tribune n'est qu'une simple galerie d'un mtre de largeur tout au plus4 ,les statues des aptres et de quatre anges1 derrire l'autel1 taient1 ,vincennes comme ,paris1 adosses aux piliers1 la hauteur de l'appui des fentres1 supportes par des culs-de-lampe et surmontes de dais#ceg4 ,les murs d'appui sous les meneaux n'taient point dcors d'arcatures ,vincennes1 mais probablement garnis autrefois de bancs en bois avec des tapisseries4 ,les fentres de l'abside ont seules conserv leurs vitraux1 qui sont peints1 au ,x,v,ie sicle1 par ,jean ,cousin et reprsentent le ,jugement dernier4 ,parmi les vitraux de la renaissance1 ceux-ci peuvent prendre le premier rang2 ils sont bien composs et d'une belle excution4 ,le comble de la sainte chapelle de ,vincennes1 construit en bois de chne1 est combin avec une grande perfection2 il ne fut jamais surmont que d'une flche fort petite et simple1 qui n'existe plus4 ,voici 7#i7 la coupe transversale de la sainte chapelle de ,vincennes2 si elle couvre une superficie plus grande que celle de ,paris1 elle est loin de prsenter en coupe une proportion aussi heureuse4 ,sous clef1 la ,sainte-,chapelle du ,palais a un peu plus de deux fois sa largeur1 tandis que celle de ,vincennes n'a1 du sommet de la vote au pav1 que les neuf cinquimes de sa largeur4 ce sujet1 qu'il nous soit permis de faire remarquer combien on se laisse entraner propager les erreurs les plus faciles constater cependant1 lorsqu'on parle des difices de l'poque ogivale4 ,on veut toujours que ces difices affectent des proportions lances1 et qu'ils aient des hauteurs exagres relativement leur base2 d'une part1 on loue les architectes de ces temps d'avoir ainsi accumul des matriaux sur une base troite2 d'autre part1 on les blme4 ,or ces monuments ne mritent ni cette louange ni ce blme2 les rapports de leur hauteur avec leur largeur sont ceux que1 de tous temps1 on a donns aux difices vots3 une fois et demie1 deux fois la largeur4 ,s'ils adoptent des proportions plus sveltes1 c'est pour prendre des jours au-dessus des collatraux1 lorsqu'ils en possdent4 ,ce dont il faut louer ou blmer les architectes du moyen ge1 suivant les gots de chacun1 c'est d'avoir eu le mrite ou le tort de faire paratre les intrieurs de leurs difices beaucoup plus levs qu'ils ne le sont rellement4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,note #cdf3 ,dubreul1 liv4 ,,iv1 p4 #aaeb4 dit de #afab4 ,note #cdg3 ,hist4 de la ,sainte-,chapelle roy41 par ,jrme ,marand1 chanoine2 ,paris1 #agij4 ,note #cdh3 ,la porte principale dpose dans le cimetire des ,valois ,saint-,denis2 des gargouilles et portions de couronnements dposs dans une cour d'une des maisons de la rue de l',abbaye1 ct nord4 ,note #cdi3 ,ce plan est l'chelle de #j1jjbe pour mtre1 ainsi que tous les plans suivants4 ,note #cej3 ,elle fut eu grande partie repeinte sous ,louis ,,xiii4 ,note #cea3 ,la flche de ,charles ,,vii vient d'tre rtablie sous la direction de notre confrre ,m4 ,lassus 7voy4 ,,fl,,che72 elle avait t brle en #afcj et remplace par une flche dans le got de ce temps1 qui fut dtruite la fin du dernier sicle4 ,note #ceb3 ,nous avons encore vu quelques restes de cet escalier que les dernires restaurations ont fait disparatre4 ,voy4 les gravures d',isral ,sylvestre1 le tableau dpos au muse de ,versailles reprsentant la visite de ,louis ,,xv enfant au palais4 ,note #cec3 l'chelle de #j1jjbe pour mtre4 ,nous devons ces dessins ,m4 ,millet1 architecte du chteau de ,saint-,germain-en-,laye4 ,note #ced3 ,la chapelle du chteau de ,saint-,germain-en-,laye est aujourd'hui fort dnature2 les contreforts ont t revtus1 au ,x,v,i,ie sicle1 de placages dans le got du temps2 le sol intrieur a t relev de plus d'un mtre4 ,l'arcature a t dtruite1 ainsi que la balustrade extrieure4 ,cependant nos dessins 7sauf la dcoration des contreforts1 sur laquelle nous n'avons aucune donne7 prsentent rigoureusement l'ensemble et les dtails de cette belle construction4 ,des fouilles faites avec intelligence par l'architecte ,m4 ,millet1 ont mis nu les bases intrieures4 ,des fragments de l'arcature et de la balustrade ont t retrouvs2 les piles ont t dgages4 ,quant aux autres parties de l'difice1 elles sont conserves1 et la construction n'a subi aucune altration4 ,on ne saurait trop tudier cette chapelle1 qui nous parat tre un des exemples les plus caractriss de cet art du ,x,i,i,ie sicle1 au moment de sa splendeur4 ,si l'on avait quelques doutes sur la date1 il surfirait de comparer ses profils et sa sculpture avec les profils et la sculpture des monuments champenois du ,x,i,i,ie sicle1 pour tre assur que la chapelle du chteau de ,saint-,germain est contemporaine des chapelles absidales de la cathdrale de ,reims1 des parties infrieures du choeur de la cathdrale de ,troyes1 de la chapelle de l'archevch de ,reims1 constructions qui sont antrieures #abdj4 ,la corniche suprieure et la balustrade dont on a retrouv des fragments peuvent mme remonter #abcj4 ,note #cee3 l'chelle de #j1jjbe pour mtre4 ,note #cef3 l'chelle de #j1jjbe pour mtre4 ,note #ceg3 ,ces figures ont t brises2 leur trace est seule visible1 ainsi que les culs-de-lampe et des amorces des dais4 ,,chapelles ,,de ,,chateaux1 ,d',v,,ch,s4 ,chaque seigneur fodal voulait possder1 dans l'enceinte de son chteau1 une chapelle1 desservie par un chapelain ou mme par un chapitre tout entier4 ,ces chapelles ne furent donc pas seulement de simples oratoires englobs dans l'ensemble des constructions1 mais de petits monuments presque toujours isols1 ayant leurs dpendances particulires1 ou se reliant aux btiments d'habitation par une galerie1 un porche1 un passage4 ,trs-frquemment1 ces chapelles sont double tage1 afin de placer l'oratoire du matre au niveau des appartements qui se trouvaient toujours au-dessus du rez-de-chausse1 de sparer le seigneur et sa famille des domestiques et gens gages qui habitaient l'enceinte du chteau1 et aussi par suite de cette tradition dont nous avons parl au commencement de cet article4 ,il va sans dire que les vques1 dans l'enceinte du palais piscopal1 avaient leur chapelle4 ,l'vque ,maurice de ,sully en avait lev une ,paris1 deux tages1 du ct de la rivire1 et qui existait encore avant le sac de l'archevch en #ahca4 ,l'archevch de ,reims possde la sienne1 qui est fort belle1 deux tages1 et dont la construction remonte #abcj environ4 ,son rez-de-chausse1 dont nous donnons le plan 7#aj71 est construit avec une grande simplicit1 tandis que le premier tage est richement dcor l'inirieur par de fines sculptures4 ,la fig4 #aa prsente le plan de ce premier tage4 ,suivant le mode de construction adopt en ,champagne1 les piles forment saillie l'intrieur1 de faon diminuer l'extrieur la saillie des contre-forts2 ces piles1 isoles de la muraille jusqu' quatre mtres du sol1 donnent un troit bas-ct autour de la chapelle et produisent un charmant effet4 ,les murs sont dcors par une arcature pose sur un banc continu1 et les fentres ouvertes au-dessus de cette arcature sont sans meneaux4 ,voici 7#ab7 la coupe de ce petit difice1 d'une bonne excution1 et qui1 malgr les plus regrettables mutilations1 passe avec raison pour un chef-d'oeuvre2 on y trouve1 en effet1 toutes les qualits la fois gracieuses et solides de la bonne architecture champenoise1 et1 ct de ,notre-,dame de ,reims1 la chapelle de l'archevch parat encore une des meilleures conceptions du ,x,i,i,ie sicle4 ,pendant l'poque romane1 les chapelles de chteaux ou d'vchs sont gneralement d'une grande simplicit1 comprenant une nef courte avec une abside2 quelquefois de petits bras de croix formant deux rduits pour le chtelain et sa famille1 des bas-cts troits accompagnent la nef1 et deux absidioles flanquent l'abside centrale4 ,telle tait la chapelle du chteau de ,montargis 7voy4 ,,chateau74 ,certains chteaux d'une grande importance possdaient deux chapelles2 l'une situe dans la basse-cour pour les gens de service et la garnison1 l'autre au milieu des btiments d'habitation intrieurs pour le seigneur du lieu4 ,cette disposition existait ,coucy1 ainsi que le fait voir le plan de ,ducerceau#ceh4 ,la chapelle de la basse-cour parat tre de l'poque romane2 celle du chteau1 dont le rez-de-chausse est encore visible1 datait du commencement du ,x,i,i,ie sicle2 elle communiquait directement1 au premier tage1 avec la grande salle2 c'tait un admirable difice1 en juger par les nombreux fragments qui jonchent le sol autour des piles ruines du rez-de-chausse1 quoique d'une simplicit de plan peu ordinaire 7voy4 ,,chateau74 dater du milieu du ,x,i,i,ie sicle1 la construction de la ,sainte-,chnpelle du ,palais et une influence sur les chapelles seigneuriales1 et son plan servit de type4 l'exemple du saint roi1 les fondateurs de chapelles seigneuriales les dcoraient de la faon la plus somptueuse1 et augmentaient leurs trsors de vases et d'ornements prcieux4 ,l'htel ,saint-,pol1 ,paris1 qui devint une des rsidences les plus habituelles des rois pendant les ,x,i,ve et ,x,ve sicles1 possdait une chapelle dans laquelle ,charles ,v avoit fait placer des figures de pierre reprsentant les aptres1 dit ,sauval2 ,charles ,,vi les fit peindre richement par ,franois d',orliens1 le plus clbre peintre de ce temps-l2 leurs robes et leurs manteaux toient rehausss d'or1 d'azur et de vermillon glac de fin sinople2 leurs ttes1 accompagnes d'un diadme 7nimbe7 rond de bois1 que l'on avait oubli1 qui portoit un pied de circonfrence1 brilloient encore d'or1 de vert1 de rouge et de blanc1 le plus fin qui se trouvt444 ,au ,louvre1 ,charles ,v entoura encore la principale chapelle de treize grands prophtes1 qui tenoient chacun un rouleau dans un petit clocher de menuiserie termin d'une tourelle1 o il fit mettre une petite cloche3 les vitres furent peintes d'images de saints et de saintes couronnes d'un dais1 et assises dans un tabernacle4 ,les oratoires tenant aux chapelles royales1 comme ceux encore existant ,vincennes1 contenaient eux-mmes des reliques1 et taient munis d'une chemine1 de tapis et de prie-,dieu4 ,la chapelle de l'htel de ,bourbon tait une des plus riches parmi celles des rsidences princires ,paris4 ,louis ,,ii 7duc de ,bourbon71 dit encore ,sauval1 comme prince dvot et libral1 prit un soin tout particulier du btiment de la chapelle1 aussi bien que de ses ornemens3 sa vote rehausse d'or1 les enrichissements dont elle est couverte1 ses croises qui l'environnent coupes si dlicatement1 ses vitres charges de couleurs si vives1 dont elle est claire2 enfin les fleurs de lis de pierre qui terminent chacune de ses croises1 et si bien penses pour la chapelle d'un prince du sang1 tmoignent asss qu'il ne plaignoit pas la dpense444 ,il fit faire ct gauche de l'autel un oratoire de menuiserie claire-voie o il arbora quatre grands cussons2 dans le premier toient graves les armes de ,charles ,,vi cause que cette chapelle fut acheve sous son rgne2 celles de ,charles1 dauphin1 remplissoient le second2 dans le troisime toient les siennes2 et dans le dernier celles d',anne1 dauphine d',auvergne1 sa femme4 ,c'est dans cet oratoire que le roi se retire ordinairement pour entendre la messe4 ,ce n'est pas seulement ,paris qu'on dployait ce luxe de peinture et de sculpture dans les chapelles particulires4 ,le chteau de ,marcouci1 dit l'abb ,lebeuf1 possdait deux chapelles l'une sur l'autre1 peintes toutes deux2 celle du rez-de-chausse toit ddie la sainte ,trinit1 l'autre toit au niveau du premier tage444 la vote sont peints les aptres1 chacun avec un article du symbole1 et des anges qui tiennent chacun une antienne de la ,trinit note en plein-chant4 ,sur les murs sont les armes de ,jean de ,montaigu et celles de ,jacqueline de la ,grange1 sa femme2 il y a aussi des aigles ployes et des feuilles de courge444 ,on peut encore voir aujourd'hui la charmante chapelle de l'hotel de ,jacques ,coeur1 ,bourges1 dont les votes sont peintes d'azur avec des anges vtus de blanc portant des phylactres1 comme ceux du chteau de ,marcouci4 ,mais nous ne multiplierons pas les citations2 il suffit de celles-ci pour donner une ide de la recherche que l'on apportait dans la dcoration des chapelles prives pendant le moyen-ge4 ,vers la fin du ,x,ve et le commencement du ,x,v,ie seulement1 on s'carta parfois du plan type de la ,sainte-,chapelle de ,paris1 pour adopter les plans crois grecque#cei1 les rotondes avec croisillons#cfj1 les salles carres#cfa avec tribune pour le seigneur du lieu4 ,illustration3 ,fig4 #aj et #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,note #ceh3 ,des plus excellens bastimens de ,france4 ,note #cei3 ,voy4 la chapelle du chteau d',amboise4 ,note #cfj3 ,anet4 ,note #cfa3 couen4 ,,chapelles ,,isol,,es1 ,,des ,,morts1 ,,votives4 ,beaucoup de nos grandes glises conventuelles ne furent d'abord que des oratoires1 successivement agrandis par la munificence des rois ou de puissants seigneurs4 ,le sol des ,gaules1 pendant les premiers temps mrovingiens1 taient couverts d'oratoires btis souvent la hte1 pour perptuer le souvenir d'un miracle et la prsence d'un saint4 ,ces dicules furent le centre autour duquel vinrent se fonder les premiers tablissements monastiques4 ,plus tard1 des vques1 des abbs ou des seigneurs fondrent des chapelles autour de ces abbayes1 dans le voisinage des glises1 soit pour remplir un voeu1 soit pour y trouver un lieu de spulture pour eux et leurs successeurs4 ,saint ,germain fit btir1 prs le portail de l'glise ,saint-,vincent 7,saint-,germain-des-,prs71 une chapelle en l'honneur de ,saint ,symphorien1 et voulut y tre enterr#cfb4 ,en #ged1 sous le rgne de ,ppin1 les restes de ce saint vque furent transfrs de cette chapelle dans la grande glise4 ,le cardinal ,pierre ,bertrand fonda plusieurs chapelles1 et1 entre autres1 une1 vers #acjj1 au couvent des ,cordeliers1 ,annonay1 o fut enterre sa mre#cfc4 ,philippe de ,maisires1 conseiller du roi ,charles ,v1 se retire aux ,clestins en #achj1 sans toutefois prendre l'habit2 il y mourut en #adje1 dans la mme infirmerie qu'il avoit fait bastir ses propres cousts et dspens1 avec une belle chapelle et un petit clotre pour recrer les malades#cfd4 ,les maisons d'asile1 les maladreries1 les collges et htels-,dieu possdaient des chapelles plus ou moins vastes1 mais toutes fort riches des dons des fidles et1 par consquent1 dcores avec luxe et remplies d'ornements prcieux4 ,des oratoires plus modestes1 et qui n'taient souvent qu'une petite salle couverte d'un comble en charpente ou d'une vote en moellons surmonte d'un campanile ou seulement d'un pignon perc d'une baie pour recevoir une cloche1 s'levaient prs d'un ermitage ou dans les passages difficiles des montagnes1 sur quelque sommet escarp4 ,ces monuments isols consacrs par quelque tradition religieuse1 ou levs par suite d'un voeu1 taient et sont encore1 dans certaines provinces de ,france1 en grande vnration2 on s'y rendait1 processionnellement1 un jour de l'anne1 pour y entendre la messe2 l'assistance se tenait dans la campagne1 autour du monument1 et la porte ouverte laissait voir le prtre l'autel4 ,ces chapelles sont souvent bties sur des plans assez tranges1 imposs soit par les dispositions du terrain1 comme la chapelle de ,saint-,michel du ,puy-en-,velay1 par exemple1 soit par un souvenir1 une tradition1 la prsence d'un tombeau1 les traces de quelque miracle1 peut-tre mme les restes d'un rticule antique4 ,il serait donc difficile de classer ces monuments qui1 la plupart d'ailleurs1 n'ont aucun caractre architectonique4 ,nous devons cependant faire connatre nos lecteurs quelques-unes de ces trangets monumentales1 et nous choisirons1 parmi elles1 les exemples prsentant des formes qui permettent de leur donner une date peu prs certaine1 ou qui sortent des donnes ordinaires4 ,la chapelle de ,plans1 dans le ,roussillon1 situe six kilomtres de ,mont-,louis1 peut passer pour un de ces caprices de construction que l'on rencontre en recueillant ces monuments levs au milieu des dserts4 ,elle se compose d'une coupole porte sur une base triangulaire et sur trois grandes niches ou culs-de-four4 ,construite grossirement en moellons1 il serait assez difficile de lui assigner une date prcise4 ,cependant le systme de la btisse et la forme du plan ne nous permettent pas de la regarder comme antrieure au ,x,i,i,ie sicle4 ,voici le plan 7#ac7 de cet dicule4 ,la porte est perce en ,a prs de l'un des angles du triangle quilatral4 ,la fig4 #ad prsente sa vue extrieure1 et la fig4 #ae sa coupe sur la ligne ,b ,c4 moins de supposer que la chapelle de ,plans ait t leve en l'honneur de la sainte ,trinit1 nous ne saurions expliquer la disposition trilobe du plan4 ,quoi qu'il en soit1 nous ne donnons cet exemple que comme une de ces exceptions dont nous avons parl4 ,il existe1 dans l'enceinte de l'abbaye de ,montmajour prs ,arles1 une chapelle leve sous le titre de la ,sainte-,croix1 et qui mrite toute l'attention des architectes et archologues4 ,c'est un difice compos de quatre culs-de-four gaux en diamtre1 dont les arcs portent une coupole base carre2 un porche prcde l'une des niches qui sert d'entre4 ,en voici 7#af7 le plan4 ,l'intrieur n'est clair que par trois petites fentres perces d'un seul ct4 ,la porte ,a donne entre dans un petit cimetire clos de murs4 ,la chapelle de ,sainte-,croix de ,montmajour est bien btie en pierres de taille1 et son ornementation1 trs-sobre1 excute avec une extrme dlicatesse1 rappelle la sculpture des glises grecques des environs d',athnes4 ,sur le sommet de la coupole s'lve un campanile4 ,la fig4 #ag prsente l'lvation extrieure de cette chapelle1 et la fig4 #ah sa coupe sur la ligne ,b ,c4 ,l'intrieur est compltement dpourvu de sculpture1 et devait probablement tre dcor par des peintures4 ,nous voyons1 dans cet difice1 une de ces chapelles des morts que l'on levait1 pendant le moyen ge1 au milieu ou proche des cimetires1 non point une glise pouvant tre utilise pour le service journalier d'une communaut1 mme provisoirement1 ainsi que le suppose ,m4 ,vitet#cfe4 ,sa forme ni ses dimensions n'eussent pu permettre de runir1 dans son enceinte1 les moines d'une abbaye comme celle de ,montmajour1 et de disposer les religieux d'une faon convenable prs de l'autel4 ,pourquoi1 d'ailleurs1 adopter un plan en forme de croix grecque pour une glise destine aux religieux d'une abbaye qui doivent tre placs dans un choeur suivant un ordre hirarchique et sur deux lignes parallles8 ,pourquoi cette absence presque totale de fentres8 ,pourquoi cette porte latrale donnant sur un petit terrain clos de murs et compltement rempli de tombes creuses dans le roc1 si l'on ne veut voir dans l'glise ,sainte-,croix de ,montmajour la chapelle funraire de l'abbaye8 ,si1 au contraire1 nous admettons cette hypothse1 sa forme1 ses dispositions et sa dimension sont parfaitement expliques4 ,les moines apportent le mort1 processionnellement2 on le dpose sous le porche2 les frres restent en dehors4 ,la messe dite1 on bnit le corps et on le transporte travers la chapelle1 en le faisant passer par la porte latrale ,a pour le dposer dans la fosse4 ,on traverse la chapelle pour entrer dans le cimetire1 qui cependant avait une porte extrieure4 ,les seules fentres qui clairent cette chapelle s'ouvrent toutes trois sur l'enclos servant de champ de repos4 ,la nuit1 une lampe brlait au centre du monument1 et1 conformment l'usage admis dans les premiers sicles du moyen ge1 ces trois fentres projetaient la lueur de la lampe dans le charnier4 ,pendant l'office des morts1 un frre sonnait la cloche suspendue dans le clocher au moyen d'une corde passant par un oeil1 rserv1 cet effet1 au centre de la coupole4 ,la chapelle ,sainte-,croix de ,montmajour fut btie en #ajaicff4 ,ce n'tait pas seulement dans le voisinage des cimetires particuliers1 des tablissements religieux que l'on levait des chapelles des morts4 ,tous les charniers placs au milieu des villes ou prs des glises possdaient un oratoire2 quelquefois mme cet oratoire n'tait qu'une sorte de dais ou de pyramide en pierre porte sur des colonnes1 laissant des ajours entre elles1 de manire permettre l'assistance de voir le prtre qui1 le jour des ,morts1 disait la messe et donnait ainsi la bndiction en plein air4 ,il existe encore une trs-jolie chapelle de ce genre ,avioth 7,meuse71 qui date du ,x,ve sicle4 ,nous en donnons le plan 7#ai71 la coupe 7#bj7 et la vue perspective 7#ba7cfg4 ,cette chapelle est place prs de la porte d'entre du cimetire2 elle s'lve sur une plate-forme leve d'un mtre environ au-dessus du sol2 l'autel est enclav dans la niche ,a1 fig4 #ai et #bj2 ct est une petite piscine4 ,au milieu de la chapelle est plac un tronc en pierre ,b1 d'une grande dimension1 pour recevoir les dons que les assistants s'empressaient d'apporter pour le repos des mes du purgatoire4 ,la messe dite1 le prtre sortait de la chapelle1 s'avanait sur la plate-forme pour exhorter les fidles prier pour les morts1 et donnait la bndiction4 ,on remarquera que cette chapelle est adroitement construite pour laisser voir l'officiant la foule et pour l'abriter autant que possible du vent et de la pluie4 ,au-dessus des colonnes courtes1 qui1 avec leur base et chapiteau n'ont plus de deux mtres de haut1 est pose une claire-voie2 sorte de balustrade qui porte des fentres vitres4 ,il est croire que du sommet de la vote pendait un fanal allum la nuit1 suivant l'usage2 la partie suprieure de la chapelle devenait ainsi une grande lanterne 7voy4 ,,lanterne des morts74 ,on trouve encore1 dans quelques cimetires de ,bretagne1 de ces chapelles ou abris pour dire la messe le jour des ,morts4 ,le petit monument1 compos d'un mur d'appui avec un comble en pavillon lev sur quatre colonnes1 que l'on voyait encore1 la fin du sicle dernier1 dans l'enceinte du charnier des ,innocents ,paris1 et qui se trouve reproduit dans la ,statistique monumentale de ,m4 ,alb4 ,lenoir1 sous le nom de ,prchoir1 n'est autre chose qu'une de ces chapelles des morts destines abriter le prtre1 le jour de la fte des ,morts1 pendant la messe et la bndiction#cfh4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad et #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,note #cfb3 ,dubreul1 ,antiq4 de ,paris1 #a1 ,,ii4 ,note #cfc3 ,ibid4 ,note #cfd3 ,ibid41 #a ,,iii4 ,note #cfe3 ,l',archit4 byzant4 en ,france1 rponse ,m4 ,flix de ,verneilh1 par ,m4 ,l4 ,vitet4 7,journal des ,savants1 janv41 fv4 et mai #ahec47 ,note #cff3 ,voy4 des fragments de la charte de fondation de cette chapelle et d'une histoire manuscrite de la ville d',arles1 cits dans les ,notes d'un voyage dans le midi de la ,france1 par ,m4 ,mrime2 pices communiques par ,m4 ,c4 ,lenormant4 ,note #cfg3 ,nous devons ces dessins l'obligeance de ,m4 ,boeswilwald4 ,note #cfh3 ,ce monument parat remonter au ,x,i,ve sicle4 ,,chapelles ,,annexes des grandes glises4 ,jusqu'au ,x,i,i,ie sicle1 les glises les plus importantes ne possdaient qu'un petit nombre de chapelles2 les cathdrales elles-mmes en taient souvent dpourvues 7voy4 ,,cath,,drale1 ,,glise74 ,lorsqu'au ,x,i,i,ie sicle il se fut tabli des modificatious importantes dans les habitudes du clerg1 que l'on sentit la ncessit de multiplier les offices pour se conformer aux dsirs des fidles1 qui ne pouvaient tous1 une mme heure1 assister au service divin1 ou pour satisfaire les corps privilgis qui voulaient avoir leur chapelle1 leur glise particulire1 on btit des chapelles plus ou moins vastes sur les flancs ou l'abside des grandes glises1 dans leur voisinage1 et en communication avec elles4 ,les glises conventuelles avaient un choeur ferm par des stalles et des jubs2 l'assistance ne pouvait que difficilement voir les offices4 ,les monastres btirent donc des chapelles o les religieux ordins pouvaient dire les offices pour les fidles en dehors du choeur cltur4 ,quelquefois aussi1 des chapelles anciennes1 en grande vnration1 furent laisses prs des glises nouvelles4 ,c'est ainsi que les religieux de ,saint-,bnigne de ,dijon conservrent la curieuse rotonde qui renfermait les reliques de ce saint en reconstruisant leur nouveau choeur 7voy4 ,s,,pulcre 7saint771 et qu'une chapelle deux tages1 qui date du ,xe sicle1 fut laisse debout1 la fin du ,x,i,ie sicle1 par les religieux qui rebtirent l'glise de ,neuwiller 7,bas ,rhin74 ,cette chapelle1 dont nous donnons le plan 7#bb71 tait place sous le vocable du fondateur1 saint ,adelphe1 et prsente une disposition des plus curieuses4 ,c'est une petite basilique1 deux tages1 dont le rez-de-chausse est vot et le premier tage couvert par une charpente apparente4 ,ce premier tage est presque de plain-pied avec le sanctuaire de la grande glise1 tandis que le rez-de-chausse est1 relativement au sol du choeur de l'glise1 une vritable crypte4 ,nous en prsentons 7#bc7 la coupe transversale#cfi4 ,vers la fin du ,x,i,i,ie sicle1 on leva1 derrire l'abside de la grande glise abbatiale de ,saint-,germer 7prs ,gournay71 une grande chapelle copie sur la ,sainte-,chapelle haute de ,paris1 et communiquant avec le sanctuaire de l'glise au moyen d'une charmante galerie4 ,ce monument1 excut avec un grand soin1 tait dcor de vitraux en grisailles et de peintures2 son autel portait le beau retable en pierre peinte qui est aujourd'hui dpos dans le muse de ,cluny ,paris1 et qui est un des chefs-d'oeuvre de la statuaire de cette poque#cgj4 ,la cathdrale de ,mantes1 btie la fin du ,x,i,ie sicle1 ne possda aucune chapelle jusqu'au ,x,i,ve2 cette poque1 on leva contre le bas-ct sud du choeur une belle chapelle1 compose de quatre votes retombant sur une pile centrale1 mise en communication avec ce bas-ct par l'ouverture de deux arceaux percs entre les anciennes piles4 ,nous donnons 7#bd7 une vue extrieure de cette chapelle1 l'un des meilleurs exemples de l'architecture du commencement du ,x,i,ve sicle qu'il y ait dans l'le de ,france1 et 7#be7 une vue intrieure prise de l'ancien bas-ct du ,x,i,ie sicle4 ,cette adjonction fut faite avec adresse2 en conservant les votes du bas-ct1 dont les arcs ,a ,b sont anciens1 l'architecte du ,x,i,ve sicle remplaa la pile ,c en sous-oeuvre1 accola les deux piles d'entre ,d ,d aux piles ,e du collatral du ,x,i,ie sicle1 conserva les anciens contreforts ,f2 et1 supprimant celui qui existait derrire la pile ,c1 y substitua un arc aigu venant reporter le poids des constructions suprieures sur la pile ,g4 ,une charmante arcature dcore l'appui des quatre grandes fentres dont les meneaux offrent un dessin d'une puret remarquable4 ,les ,x,i,ve1 ,x,ve et ,x,v,ie sicles btirent proximit1 ou attenant aux grandes glises1 une quantit innombrable de chapelles2 parmi les plus belles1 on doit citer la chapelle de la ,vierge btie l'abside de la cathdrale de ,rouen 7,x,i,ve sicle71 les grandes chapelles leves sur le flanc sud de la cathdrale de ,lyon et nord des cathdrales de ,chlons et de ,langres 7,x,v,ie sicle74 ,,chapelles 7comprises dans le plan gnral des glises74 quelle poque prcise des chapelles vinrent-elles entourer le sanctuaire des glises8 ,il serait difficile1 nous le croyons1 de rpondre d'une faon catgorique cette question dans l'tat actuel des connaissances archologiques2 nous n'essayerons mme pas de la discuter2 nous nous bornerons constater quelques faits4 ,mais1 avant tout1 nous devons dire que nous ne donnons le nom de chapelles qu'aux absidioles plus ou moins profondes et larges1 circulaires1 carres ou pans1 qui s'ouvrent sur les bas-cts d'une glise2 nous rangeons les chapelles poses l'extrmit des bas-cts1 comme dans la fig4 #bb de cet article1 ou celles qui s'ouvrent des deux cts du sanctuaire sur les transsepts1 au nombre des absides secondaires4 ,or nous voyons des chapelles absidales donnant sur le bas-ct qui pourtourne le sanctuaire1 dans des glises dont la construction remonte au ,i,xe ou ,xe sicle1 comme1 par exemple1 l'glise de ,vignory4 ,dans le centre de la ,france1 nous trouvons des chapelles absidales ds le ,xe sicle#cga4 ,l'glise de ,saint-,savin 7,poitou7 nous donne cinq chapelles s'ouvrant dans le bas-ct du sanctuaire 7,x,ie sicle74 ,l'glise ,saint-tienne de ,nevers 7,x,ie sicle7 en prsente trois2 celle de ,notre-,dame-du-,port de ,clermont 7,x,ie sicle71 quatre4 ,dans d'autres provinces1 les chapelles absidales apparaissent beaucoup plus tard4 ,en ,normandie1 par exemple1 les sanctuaires demeurent longtemps1 jusqu' la fin du ,x,i,ie sicle1 sans bas-cts et1 par consquent1 sans chapelles absidales4 ,en ,bourgogne1 nous ne les voyons adoptes qu'au ,x,i,ie sicle4 ,les abbayes commencent1 dans les provinces du ,nord et de l',est1 lever des chapelles absidales ds le ,x,ie sicle#cgb4 ,au ,x,i,ie sicle1 elles se dveloppent en nombre et en tendue#cgc4 ,la cathdrale franaise1 qui nat la fin du ,x,i,ie sicle1 semble protester contre ce besoin de multiplier les autels4 rige sous une pense dominante1 l'unit1 elle n'admet les chapelles qu'assez tard 7voy4 ,,cath,,drale74 ,si nous les voyons poindre1 au ,x,i,ie sicle1 dans les deux cathdrales de ,noyon et de ,senlis1 c'est que ces deux monuments s'lvent sous l'influence vidente de l'glise abbatiale de ,saint-,denis1 et encore1 la cathdrale de ,senlis1 par exemple1 dont la construction n'est pas aussi directement soumise celle de l'abbaye que la construction de la cathdrale de ,noyon1 ces chapelles absidales osent peine se dvelopper2 elles ne forment en plan1 l'extrieur1 qu'un arc de cercle trs-ouvert2 elles peuvent difficilement contenir un petit autel1 et ne prsentent qu'une faible excroissance en dehors du primtre du bas-ct4 ,bientt1 cependant1 il y a raction contre le principe qui avait fait exclure les chapelles des cathdrales2 on augmente en nombre et en tendue d'abord celles de l'abside1 puis on en construit aprs coup le long des bas-cts des nefs4 ,cet exemple est suivi dans les glises paroissiales4 ,nous ne nous occuperons pas des chapelles leves entre les contreforts des bas-cts des nefs1 car elles ne consistent rellement qu'en une vote et une fentre2 mais nous essayerons de prsenter une srie de chapelles absidales en prenant les types principaux classs par ordre chronologique1 ou suivant leur ordonnance4 ,les chapelles absidales romanes ne consistent l'intrieur qu'en une demi-tour ronde vote en cul-de-four1 perce d'une1 de deux ou trois fentres cintres1 simples1 ou ornes de colonnettes des deux cts de l'brasement4 ,ces chapelles1 destines tre peintes1 ne sont pas dcores de sculptures4 ,quelquefois le soubassement reoit une arcature#cgd4 l'extrieur1 au contraire1 elles sont enrichies de moulures1 de dlicates sculptures et quelquefois d'incrustations de pierres de diverses couleurs4 ,telles sont les chapelles absidales de l'glise de ,notre-,dame-du-,port ,clermont1 dont nous donnons 7#bf7 une vue intrieure1 et 7#bg7 une vue extrieure4 ,ces chapelles sont double tage1 c'est--dire qu'elles rgnent dans la crypte comme au rez-de-chausse2 cela leur donne l'extrieur une proportion trs-allonge1 les votes de la crypte tant au-dessus du niveau du sol extrieur afin d'obtenir des jours par de petites baies perces dans le soubassement4 ,les deux figures #bf et #bg font voir que l'ordonnance des chapelles est indpendante de celle du bas-ct4 ,les corniches ne sont pas poses au mme niveau4 ,cependant1 ,notre-,dame-du-,port1 la diffrence du niveau entre la corniche du bas-ct et celle des chapelles n'est pas telle1 que la couverture en dalle de ces chapelles ne dpasse l'arase de la corniche du bas-ct4 ,pour viter le mauvais effet des pntrations des couvertures des chapelles sur les dallages du collatral1 on a lev les petits pignons ,a 7fig4 #bg7 qui arrtent le dallage des chapelles et masquent une couverture deux gouts pntrant le dallage continu du bas-ct4 ,cela est adroitement combin1 quoique un peu recherch2 mais les dispositions les plus simples ne sont pas celles qu'on adopte tout d'abord4 ,les formes primitives des chapelles absidales romanes des provinces du centre et de l',aquitaine varient peu2 et si nous avons choisi cet exemple1 c'est qu'il est un des plus anciens et des plus beaux4 ,les chapelles absidales de ,notre-,dame-du-,port sont encore empreintes d'un certain parfum de bonne antiquit qui leur donne nos yeux un caractre particulier4 ,ce n'est plus l'architecture antique1 mais ce n'est pas l'architecture romane du ,nord et de l',est4 ,d'o venait cet art1 comment tait-il n dans ces provinces centrales de la ,france8 ,comment se fait-il que1 ds le ,x,ie sicle1 il se distingue entre tous les styles d'architecture des autres provinces par son extrme finesse2 par son excution dlicate1 la puret de ses profils et l'harmonie parfaite de ses proportions8 ,la faon dont est dispose la dcoration de l'extrieur de ces chapelles dnote un art arriv un haut degr4 ,la sculpture n'est pas prodigue1 elle est fine et cependant produit un grand effet par son judicieux emploi4 ,les incrustations de pierre noire 7lave7 entre les modillons et au-dessus des archivoltes des fentres contribuent donner de l'lgance la partie suprieure de ces chapelles1 sans leur rien enlever de leur fermet4 ,lorsqu'au ,x,i,ie sicle on abandonne les votes en cul-de-four pour adopter dfinitivement la vote en arcs d'ogive1 les constructeurs profitent de ce nouveau mode pour agrandir les fentres des chapelles et pour les orner de colonnes dgages qui reoivent les arcs et les formerets4 ,c'est d'aprs ce principe que sont construites les chapelles de l'glise abbatiale de ,saint-,denis et celles de la cathdrale de ,noyon 7milieu du ,x,i,ie sicle71 dont nous avons prsent 7#bh7 l'aspect intrieur4 ,quant aux chapelles de la cathdrale de ,senlis1 elles ne se composent que de deux traves dont une seule est perce d'une fentre4 ,en voici 7#bi7 le plan1 7#cj7 la vue extrieure et 7#ca7 l'aspect intrieur4 ,noyon1 l'arc doubleau d'entre est plein cintre2 ,saint-,leu d',esserent et ,senlis1 il est ogival2 cependant ces chapelles sont construites la mme poque1 ou peu s'en faut4 ,les chapelles de ,noyon sont dcores d'une petite arcature plein cintre1 celles de ,saint ,leu et de ,senlis en sont dpourvues4 ,il faut mentionner un fait important3 soit que ces chapelles se composent de deux traves1 comme ,senlis1 ou de quatre travies1 comme ,noyon et ,saint-,leu1 l'autel de chacune d'elles est plac suivant l'axe du chevet1 de faon tre toujours orient1 et1 par consquent1 dans l'une des traves latrales1 ainsi que l'indique la fig4 #ca4 ,cependant les chapelles absidales de l'glise abbatiale de ,saint-,denis faisaient exception cette rgle2 leurs autels taient tous poss perpendiculairement au rayon partant du centre du sanctuaire et formant l'axe de chacune des chapelles4 ,dans les grandes glises de l'ordre de ,cluny et dans les cathdrales de l',oise cites plus haut1 bties vers le milieu du ,x,i,ie sicle1 les chapelles absidales sont semi-circulaires2 elles sont carres dans les glises de l'ordre de ,citeaux4 ,clairvaux1 ,pontigny1 c'est un parti franchement adopt1 et qui nous parat command par la rgle de cet ordre1 qui voulait que les constructions monastiques se renfermassent dans les donnes les plus simples4 ,en effet1 les chapelles circulaires entranent des dpenses importantes1 parce qu'elles compliquent les constructions1 ncessitent des dveloppements considrables de murs1 exigent une main-d'oeuvre dispendieuse1 des couvertures difficiles excuter1 des pntrations1 des coupes particulires1 et1 par suite1 un grand dtail de prcautions4 ,les chapelles carres1 au contraire1 ne font qu'ajouter une prcinction au bas-ct1 ne demandent qu'un mur de clture trs-simple et des couvertures qui ne sont que le prolongement de celles du collatral de l'abside2 les contre-forts ncessaires la butte des votes suprieures leur servent de murs de sparation2 les votes composes de deux arcs ogives se construisent plus conomiquement que les votes couvrant une surface semi-circulaire1 une seule fentre les claire au lieu de deux4 ,ces chapelles carres ne sont donc rellement qu'un second bas-ct divis par des murs de refend construits suivant les rayons partant du point centre du sanctuaire#cge4 ,les constructeurs de l'glise de ,pontigny 7,yonne7 voulurent cependant1 tout en se conformant cette donne de l'ordre1 faire une concession au got du temps4 ,le choeur de cette glise abbatiale1 lev pendant les dernires annes du ,x,i,ie sicle1 conserve le principe des chapelles absidales carres l'extrieur1 tandis qu' l'intrieur ces chapelles sont plantes sur un polygone irrgulier4 ,voici 7#cb7 le plan d'une de ces chapelles4 ,la couverture ne tient pas compte de cette forme polygonale2 elle passe uniformment sur toutes1 laissant seulement les souches des arcs-boutants percer l'appentis4 ,nous devons reconnatre toutefois qu'il y eut de l'indcision dans la faon de couvrir les chapelles absidales de l'glise de ,pontigny1 car les filets solins des combles1 mnags sur les flancs des souches des arcs-boutants1 ne suivent pas la direction de ces combles1 et donnent croire qu'on avait voulu faire1 soit des combles briss1 soit un appentis sur le bas-ct1 pntr par des combles double pente avec pignon sur chacune des chapelles4 ,ces ttonnements1 quant la manire de couvrir les chapelles absidales des glises monastiques1 ne sont pas seulement apparents ,pontigny4 ,il y avait l une difficult qui1 videmment1 embarrassa longtemps les architectes des grandes glises d'abbayes pendant les ,x,ie et ,x,i,ie sicles4 ,on arrivait couvrir ces chapelles par des procds qui n'ont rien de franc et accusent une certaine indcision4 ,cela est visible dans le choeur de l'glise ,saint-,martin-des-,champs de ,paris1 dans le choeur de l'glise de ,vzelay1 o les couvertures des chapelles circulaires1 au lieu d'tre coniques1 forment une surface gauche qu'il n'tait possible d'obtenir que par un massif pos sur les votes4 ,dans les glises de l',auvergne1 du ,poitou et de l',aquitaine1 les chapelles absidales tant plus basses que le collatral1 les couvertures venaient naturellement buter contre le mur de ce collatral1 sous sa corniche2 mais1 dans l',est et le ,nord1 on voulut de bonne heure donner aux chapelles absidales la hauteur du collatral1 et les constructeurs1 aprs avoir aras les corniches1 ne savaient plus trop comment couvrir ces surfaces ingales1 et reculaient devant les difficults que prsentent des pntrations de combles en charpente4 ,dans l'le de ,france et les provinces voisines1 les glises de quelque importance possdaient toutes1 au-dessus des bas-cts1 une galerie aussi large que lui1 formant au premier tage un second collatral4 ,cette disposition permettait d'viter les difficults que nous venons de signaler1 puisque le mur de prcinction de la galerie du premier tage prsentait une surface verticale assez haute pour permettre d'appuyer une couverture contre elle4 ,ce que nous disons ici est parfaitement expliqu par la vue extrieure des chapelles absidales de la cathdrale de ,senlis 7fig4 #cj74 ,mais aussi ces chapelles n'avaient-elles qu'une faible profondeur1 et n'taient-elles pas1 cause de leur exigut1 d'un usage commode4 ,avant de passer outre1 nous devons revenir sur ce que nous venons de dire des chapelles absidales des glises du ,poitou et de l',aquitaine4 ,dans ces provinces1 les bas-cts des glises ont peu prs la hauteur du vaisseau principal 7voy4 ,,architecture ,,religieuse1 ,,cath,,drale71 afin de contrebuter la pousse des votes centrales2 quoique ce mode et l'inconvnient d'empcher d'ouvrir des jours au-dessus des collatraux sous les votes hautes1 il avait l'avantage d'viter la construction des arcs-boutants1 et de donner des bas-cts fort levs contre lesquels on pouvait adosser des chapelles d'une bonne dimension comme diamtre et hauteur1 sans que leur couverture vnt dpasser le niveau des corniches de ces collatraux4 ,la chapelle tait alors une absidiole semi-circulaire accole un mur lev2 elle tait un appendice l'difice1 un dicule indpendant pour ainsi dire1 ayant son ordonnance particulire4 ,l'exemple pris sur le plus beau monument de ce genre qu'il y ait en ,saintonge1 et que nous donnons 7#cc71 expliquera nettement ce qu'est la chapelle absidale dans les glises romanes de l',ouest4 ,saintes1 il existe une charmante glise du ,x,i,ie sicle1 ,saint-,euthrope1 qui possde une vaste crypte1 ou plutt une glise basse1 rez-de-chausse1 sous le choeur4 ,l'abside de cette glise est flanque de trois chapelles dont nous reproduisons l'aspect extrieur4 ,ces chapelles rgnent dans la crypte comme au niveau du choeur1 ainsi que le fait voir notre gravure2 leurs fentres ne sont pas de la mme dimension que celles du collatral ,a2 elles sont plus petites4 ,les chapelles de ,saint-,euthrope de ,saintes sont donc1 comme nous le disions1 un petit difice accol un autre plus grand4 ,si ce parti peut tre adopt dans l'architecture romane de l',ouest1 dont l'chelle n'est pas soumise des proportions fixes1 qui ne tient pas compte de l'unit dans ses dispositions architectoniques1 il n'aurait pu tre admis par les architectes des provinces du ,nord la fin du ,x,i,ie sicle1 alors que l'architecture ne se permettait plus ces dsaccords d'chelle1 et que l'on revenait des lois imprieuses d'unit4 ,d'ailleurs on n'avait pas1 dans le ,nord1 cette ressource des collatraux levs2 il fallait les tenir assez bas pour pouvoir clairer largement le vaisseau central au-dessus de leur couverture4 ,force fut donc1 lorsqu'on voulut1 au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 ouvrir des chapelles l'abside des glises1 de leur donner la hauteur des bas-cts et de les couvrir sans trop de difficults1 sans gner l'coulement des eaux et sans nuire l'ordonnance gnrale4 ,on procda timidement d'abord2 ,bourges1 par exemple1 les chapelles absidales ne formrent que des demi-tourelles attaches au bas-ct1 couvertes par des terrassons coniques en dalles#cgf4 ,chartres1 les chapelles absidales ne furent gure aussi que des niches couronnes par des pavillons dalls4 ,c'est en ,champagne que les chapelles absidales paraissent prendre1 ds la fin du ,x,i,ie sicle1 un dveloppement considrable4 ,le choeur de l'glise ,saint-,remy de ,reims est contemporain de celui de la cathdrale de ,paris1 c'est--dire qu'il dut tre lev vers #aahj2 il y a mme entre ces deux difices une trs-grande analogie4 ,cependant les doubles bas-cts du choeur de ,notre-,dame de ,paris n'avaient pas de chapelles ou n'en possdaient que de trs petites1 tandis qu' ,saint-,remy de ,reims on voit apparatre autour de l'abside une disposition particulire la ,champagne1 disposition que nous retrouvons amoindrie dans les chapelles du tour du choeur de ,notre-,dame de ,chlons-sur-,marne1 et qui consiste ouvrir les chapelles sur le bas-ct1 de faon ce que leur vote soit inscrite dans un cercle4 ,ainsi1 ,saint-,remy de ,reims 7#cc bis7#cgg1 les chapelles absidales sont parfaitement circulaires1 votes au moyen de quatre arcs ogives1 de cinq formerets et de trois arcs doubleaux ouverts sur le bas-ct4 ,deux colonnes ,a ,a sparent la chapelle du collatral et compltent les huit points d'appui sur lesquels reposent les quatre arcs ogives4 ,ces chapelles1 l'extrieur1 ne laissent voir qu'un segment de cercle assez peu tendu1 cause de la saillie des gros contreforts qui les sparent et sont destins contrebuter les arcs-boutants des votes hautes4 ,dans l'axe1 une chapelle beaucoup plus profonde ,b termine le chevet4 ,au-dessus de l'arcature qui dcore l'intrieur le soubassement de ces chapelles rgne un passage traversant les piles qui portent les arcs2 les fentres occupent tout l'espace laiss entre ces piles et sont termines leur sommet par des berceaux ogives concentriques aux formerets4 ,les votes sont contrebutes par les piles formant contreforts l'intrieur4 ,chlons-sur-,marne1 les chapelles prsentent1 l'extrieur1 des contreforts qui ne sont qu'une demi-colonne cannele termine par une statue et un dais 7voy4 ,,contrefort74 ,ce plan circulaire1 les piles formant contreforts intrieurs1 les deux colonnes poses l'entre de la chapelle sur le collatral1 et jusqu'aux demi-colonnes canneles extrieures1 sont des dispositions qui rappellent encore l'architecture antique romaine4 ,son influence1 surtout apparente dans la ,haute ,marne1 ,langres1 et le long de la ,sane1 se fait encore sentir jusqu' ,reims 7ville qui possde encore un monument antique71 et mme jusqu' ,chalons1 pendant les premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,les chapelles absidales de la cathdrale de ,reims1 leves vingt ou vingt-cinq ans aprs celles de l'glise de ,saint-,remy1 sont videmment drives de ces dernires4 ,mais la cathdrale de ,reims1 ,robert de ,coucy a supprim les colonnes isoles de l'entre1 et a donn son plan plus d'ampleur4 ,les chapelles absidales de la cathdrale de ,reims mritent d'tre tudies avec soin4 ,commences sur un plan circulaire1 comme celles de ,saint-,remy1 elles deviennent polygonales au niveau de l'appui des fentres2 c'est la transition entre les deux systmes roman et ogival4 ,les architectes soumis aux principes de l'cole ogivale reconnaissaient3 #a que les archivoltes des fentres perces dans un mur cylindrique poussaient au vide2 #b que les meneaux ne pouvaient tre tablis solidement qu'autant qu'ils se trouvaient dans un plan droit2 que leur taille1 suivant un plan courbe1 prsentait des difficults insurmontables4 ,ainsi1 en adoptant les meneaux comme chssis de fentres et pour maintenir les vitraux1 on se trouvait forcment entran abandonner la forme cylindrique dans les absidioles aussi bien que dans les grandes absides4 ,mais la rencontre des meneaux avec les talus circulaires du soubassement ncessitait des pntrations compliques1 un raccordement prsentant certaines difficults2 on trouva bientt plus naturel de prolonger la forme polygonale jusqu'au sol4 ,pour nous rsumer1 l'habitude des constructions romanes fait commencer1 au ,x,i,i,ie sicle1 des chapelles sur plan circulaire2 le principe de la construction adopte fait renoncer au plan circulaire en construisant les fentres1 surtout lorsque celles-ci sont garnies de meneaux2 ce principe1 une fois admis1 fait abandonner la forme cylindrique mme pour les soubassements1 et commande la forme polygonale ou prismatique dans les plans des chapelles4 ,il y avait dans tout le systme ogival des donnes imprieuses qui foraient ainsi les architectes1 de dductions en dductions1 l'appliquer avec plus de rigueur1 quelle que ft la force des traditions antrieures4 ,toutefois1 ,reims1 l'architecte sut se tirer avec adresse du mauvais pas o il s'tait engag en fondant les chapelles sur plan circulaire2 mais la tentative de concilier les deux systmes ne fut gure renouvele depuis2 on avait fait l1 videmment1 ce que nous appelons une cole#cgh4 ,nous donnons 7#cd7 le plan infrieur d'une des chapelles absidales de la cathdrale de ,reims#cgi1 et 7#ce7 le plan au niveau des fentres1 qui indique comment les meneaux viennent pntrer le talus conique couronnant le soubassement l'extrieur4 ,suivant le mode champenois1 il existe une circulation au-dessus du soubassement dcor d'une arcature l'intrieur4 ,les fentres se trouvent ainsi1 comme ,saint-,remy1 comme la chapelle de l'archevch de ,reims1 comme la chapelle du chteau de ,saint-,germain-en-,laye1 ouvertes dans un renfoncement produit par la saillie intrieure des piles4 ,reims1 cependant1 on ne retrouve pas le formeret isol de la fentre par un plafond portant le chneau 7ce qui est du reste une disposition bourguignonne72 c'est un brasement concentrique au formeret qui spare celui-ci de la baie4 ,la fig4 #cf1 donnant la vue intrieure de l'une de ces chapelles1 nous dispensera de plus longues explications ce sujet2 elle fait voir le passage pratiqu au-dessus de l'arcature et toute l'ordonnance intrieure4 ,la proportion de ces chapelles est des plus heureuses2 leur aspect est solide1 les dtails de la sculpture et les profils sont traits avec la plus rare perfection4 l'extrieur1 ces chapelles ne sont pas moins belles et simples1 et n'tait la malencontreuse galerie jour place1 vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 sur la corniche suprieure1 dont le moindre inconvnient est de faire paratre ces chapelles petites1 on pourrait les prsenter comme un modle parfait et complet d'architecture ogivale primitive4 ,la fig4 #cg reproduit leur aspect extrieur4 ,s'levant jusqu'au niveau suprieur du collatral1 elles sont couvertes par des charpentes formant pavillons pyramidaux isols1 revtues de plomb4 ,entre ces pavillons et l'appentis recouvrant le bas-ct1 est un beau chneau de pierre pos sur les arcs doubleaux d'entre des chapelles1 et rejetant les eaux travers les gros contreforts sparatifs1 par des canaux dans lesquels un homme peut entrer debout1 et des gargouilles4 ,ce canal principal est coup en croix par un autre canal d'gale hauteur1 recevant les eaux des chneaux poss sur la corniche du couronnement des chapelles4 ,malgr que les chapelles absidales de la cathdrale de ,reims soient fort bien composes1 elles n'ont pas encore compltement abandonn les traditions romanes2 on en retrouve la trace dans le soubassement circulaire1 dans les piles saillantes l'intrieur1 dans ce bandeau horizontal qui1 couronnant l'arcature1 coupe les colonnettes1 et dans la construction qui est quelque peu lourde4 ,si nous voulons voir des chapelles absidales de l'poque ogivale arrives leur complet dveloppement1 il faut nous transporter dans la cathdrale d',amiens2 celles-ci sont d'autant plus intressantes tudier qu'elles ont servi de type toutes les constructions leves depuis lors1 entre autres pour les chapelles des cathdrales de ,beauvais1 de ,cologne1 de ,nevers1 de ,sez1 et1 plus tard1 de ,clermont1 de ,limoges1 de ,narbonne1 de l'glise de ,saint-,ouen de ,rouen1 etc4 ,les chapelles absidales de la cathdrale d',amiens sont hautes1 largement ouvertes et claires2 leur construction ne comporte exactement que le volume de matriaux ncessaires leur stabilit2 elles sont aussi simplement conues qu'lgantes d'aspect4 ,nous donnons 7#ch7 le plan d'une de ces chapelles pris au niveau des fentres1 7#ci7 une vue intrieure1 et 7#dj7 une vue extrieure4 ,trois grandes verrires1 qui n'ont pas moins de quatorze mtres de hauteur1 et l'arcature infrieure avec sa piscine1 font toute leur dcoration l'intrieur2 les fentres1 comme la ,sainte-,chapelle de ,paris1 occupent tout l'espace compris entre cette arcature1 les piles et les votes1 auxquelles leurs archivoltes servent de formerets4 l'extrieur1 une belle corniche crochets et feuilles les couronne2 les contreforts1 dont toute la saillie est reporte en dehors1 reoivent des archivoltes abritant les fentres et dont l'paisseur porte le chneau suprieur4 ,les bahuts de la charpente reposent directement sur les formerets des votes4 ,il est impossible d'imaginer une construction vote plus simple et plus sage4 ,les sommets des contreforts sont brusquement termins par des talus sur lesquels viennent se reposer des animaux1 chevaux1 griffons et dragons4 la chapelle de la ,vierge1 ces animaux sont remplacs par des rois de ,juda 7voy4 ,,amortissement74 ,nous ne pensons pas que ce couronnement soit complet1 car on aperoit1 au sommet des contreforts1 comme des assises recoupes1 des repentirs1 des ngligences qui marquent une certaine hte de finir tant bien que mal1 et qui ne rpondent pas l'excution soigne1 prcise des constructions jusques et y compris la corniche4 ,ce qui nous confirme dans l'opinion que les couronnements des contreforts des chapelles de la cathdrale d',amiens#chj n'ont pas t termins comme ils avaient t projets1 ou que l'incendie qui dtruisit leur couverture1 avant l'rection de la partie haute du choeur1 les ayant calcins1 ils furent refaits avec parcimonie et la hte1 c'est qu' ,beauvais et la cathdrale de ,cologne particulirement1 les chapelles copies sur celles d',amiens portent des pinacles trs-levs et dont la proportion lance forme un complment indispensable au bon effet de ces contreforts saillants et minces1 et plus encore1 assurent leur parfaite stabilit par leur poids4 ,il est intressant de comparer ces deux difices1 ,amiens et ,cologne1 qui ont entre eux des rapports si intimes4 ,les chapelles absidales de ,cologne1 comme celles d',amiens1 reposent sur un plateau circulaire qui les inscrit et sert de base tout le chevet2 leur proportion est pareille1 les meneaux des fentres identiques4 ,amiens1 deux gargouilles prises dans la hauteur du larmier rejettent les eaux des chneaux chaque contrefort2 ,cologne1 c'est une seule gargouille prise dans la hauteur de la corniche feuillue sous le larmier qui remplit cet office4 ,amiens1 les balustrades refaites au ,x,v,ie sicle devaient1 nous le croyons1 rappeler la balustrade de la ,sainte-,chapelle de ,paris2 ,cologne1 la balustrade est semblable celle de ,beauvais4 ,restent les sommets des contreforts1 incomplets ou inachevs ,amiens1 termins ,cologne1 quelques annes aprs la construction des chapelles1 vers le commencement du ,x,i,ve sicle1 par de hauts pinacles jour renfermant des statues4 ,dans l'une comme dans l'autre de ces deux cathdrales1 les chapelles absidales sont couvertes par des pavillons en charpente isols et pyramidaux4 ,beauvais1 les couvertures des chapelles taient en dalles2 mais il ne faut pas oublier que1 dans ce dernier monument1 il y a un double triforium2 et que l'architecte avait voulu laisser cette belle disposition toute son importance l'extrieur1 et ne point la masquer par des combles4 ,clermont en ,auvergne1 ,limoges et ,narbonne1 et plus tard vreux1 les chapelles absidales furent protges par un dallage formant une seule et mme pente1 trs-faible1 avec celui tabli sur le bas-ct2 mais nous ne pouvons considrer ce mode de couverture comme dfinitif2 il nous sera facile de le dmontrer4 ,clermont1 ,limoges et ,narbonne1 ces dallages sans ressauts1 mais presque planes1 sont couverts d'pures traces sur la pierre comme sur une aire4 ,ces pures sont celles1 naturellement1 de constructions postrieures l'rection des chapelles2 ce sont les tracs des arcs-boutants1 des portails des transsepts1 des fentres hautes4 ,dans les villes du moyen ge1 l'espace manquait pour tablir des chantiers avec tous leurs accessoires4 ,sitt les chapelles et bas-cts du chevet achevs1 on les recouvrait d'une aire dalle1 et cette surface servait de chantier aux appareilleurs pour tracer leurs pures2 ce qu'ils faisaient avec le plus grand soin1 puisque1 encore aujourd'hui1 nous pouvons les relever exactement et tailler dessus des panneaux4 ,or1 ,clermont1 quoiqu'il y ait un dallage1 on voit tout autour des souches des arcs-boutants qui percent l'aire1 des chneaux disposs pour recevoir des combles2 bien mieux1 le mur du triforium porte un filet de comble et des corbeaux destins soutenir les fatages de l'appentis en charpente que l'on projetait sur le bas-ct4 ,limoges1 des restaurations rcentes ont fait disparatre des traces analogues dont probablement on n'a pas compris l'importance au point de vue archologique4 ,ces dispositions indiquent videmment qu'au ,x,i,i,ie sicle on ne songeait pas lever des chapelles absidales polygonales sans combles pyramidaux1 et que ces dallages n'taient que des couvertures provisoires destines fournir un emplacement aux traceurs d'pures pendant la construction des parties suprieures1 et en mme temps protger les votes jusqu'au moment o on aurait pu1 l'oeuvre acheve1 tablir des combles dfinitifs4 ,la forme polygonale des chapelles de chevet adopte depuis le ,x,i,i,ie sicle jusqu'au ,x,v,ie demande une couverture pyramidale1 et les architectes de ces temps avaient un sentiment trop juste de l'effet des masses architectoniques pour ne pas tre choqus par l'absence de ce couronnement indispensable2 car c'est un principe gnral1 l'architecture ogivale1 que toute partie d'un monument doit porter sa couverture propre1 lorsqu'elle se dtache tant soit peu de la masse4 ,nous voulons bien admettre qu' la cathdrale de ,narbonne on n'a jamais song couvrir autrement les chapelles absidales que par une plate-forme dalle1 mais ces chapelles taient couronnes par un crnelage au lieu d'une balustrade4 ,la cathdrale de ,narbonne tait presque une forteresse en mme temps qu'une glise1 et dans ce cas les plates-formes taient justifies2 c'est l une exception4 ,quant aux chapelles absidales de la cathdrale de ,limoges1 l'absence de combles pyramidaux jure avec leur composition1 qui appartient exclusivement l'cole d'architecture du ,nord4 ,l'une de ces chapelles1 celle du chevet 7fig4 #da71 offre une particularit rare1 mme au ,x,i,ve sicle1 c'est que les fentres sont couronnes par des gbles jour2 or cette partie de la cathdrale de ,limoges date de la fin du ,x,i,i,ie sicle4 ,pour le reste de la composition de la chapelle du chevet de la cathdrale de ,limoges1 on retrouve les lments fournis par ,amiens1 ,beauvais et ,cologne4 ,la fig4 #da fera reconnatre la parent qui existe entre ces monuments4 ,toutefois1 outre les gbles jour qui font exception1 ,limoges comme ,clermont1 la balustrade des chapelles absidales passe au-devant des gros contreforts sparatifs1 et on peut regretter que cette disposition n'ait pas t adopte antrieurement par les architectes d',amiens et de ,cologne1 car elle sert de transition entre le gros contrefort infrieur et celui suprieur servant de butte aux arcs-boutants2 et de plus1 elle rend l'entretien facile1 ainsi que le nettoyage des gargouilles4 ,les chapelles du chevet de la cathdrale de ,limoges portent sur un norme soubassement en granit qui englobe leur base dans sa masse4 partir de ce moment 7les dernires annes du ,x,i,i,ie sicle71 on ne voit plus que des dispositions particulires aient t prises pour la construction des chapelles absidales2 les mmes errements sont suivis par les architectes jusqu'au ,x,v,ie sicle1 quant l'ensemble1 et les diffrences que l'on pourrait signaler1 entre les chapelles du ,x,ve et celles du ,x,i,i,ie1 ne tiennent qu'aux dtails de l'architecture qui se modifient4 ,nous terminerons donc ici cet article1 puisque nous avons1 dans le cours du ,dictionnaire1 l'occasion de revenir sur chacun de ces dtails4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 ,illustration3 ,fig4 #cb4 ,illustration3 ,fig4 #cc4 ,illustration3 ,fig4 #cc bis4 ,illustration3 ,fig4 #cd4 ,illustration3 ,fig4 #ce4 ,illustration3 ,fig4 #cf4 ,illustration3 ,fig4 #cg4 ,illustration3 ,fig4 #ch4 ,illustration3 ,fig4 #ci4 ,illustration3 ,fig4 #dj4 ,illustration3 ,fig4 #da4 ,note #cfi3 ,ce monument vient d'tre restaur et dblay par ,m4 ,boeswilwald1 qui nous devons encore ces dessins4 ,note #cgj3 ,ce retable est reproduit aussi compltement que possible dans la ,revue d'architecture de ,m4 ,c4 ,daly4 ,note #cga3 ,une importante dcouverte vient ajouter un fait nouveau ceux dj connus4 ,des fouilles1 excutes dans le sanctuaire de la cathdrale de ,clermont1 sous la direction de ,m4 ,mallay et la ntre1 viennent de faire reconnatre l'ancien plan de la cathdrale primitive1 qui date du ,xe au ,x,ie sicle2 ces fouilles ont laiss voir quatre chapelles autour du bas-ct du sanctuaire1 comme dans l'glise de ,notre-,dame-du-,port4 ,note #cgb3 ,prieur de ,saint ,martin-des-,champs4 ,note #cgc3 ,cluny1 ,clairvaux1 ,saint-,denis2 la fin du ,x,i,ie sicle1 ,pontigny2 ,vzelay1 l'abbaye aux hommes de ,caen1 ,saint-,remi de ,reims4 ,note #cgd3 ,saint-,savin prs ,poitiers4 ,note #cge3 ,voir le plan de l'abbaye de ,clairvaux1 ,architecture monastique1 fig4 #f4 ,note #cgf3 ,plus tard1 ces couvertures furent remplaces par des pyramides en pierre fort leves qui ne sont pas d'un heureux effet4 ,note #cgg3 ,plan l'chelle de #j1jje pour mtre4 ,note #cgh3 ,les chapelles du chevet de la cathdrale de ,tours sont de mme prismatiques sur un soubassement circulaire4 ,note #cgi3 l'chelle de #j1jje pour mtre4 ,note #chj3 ,voy4 au mot ,,cath,,drale l'historique de la construction de la cathdrale d',amiens4 peine les chapelles de l'abside sont-elles termines1 que les travaux restent suspendus et ne sont repris qu'aprs un incendie des couvertures infrieures4 ,,chapiteau1 s4 m4 ,nom que l'on donne l'vasement que forme la partie suprieure d'une colonne ou d'un pilastre1 et qui sert de transition entre le support et la chose porte4 ,les ,romains1 partir de l'poque impriale1 n'employaient plus1 sauf de rares exceptions1 dans leurs difices1 que l'ordre corinthien4 ,plus riche que les autres1 se prtant aux grandes dimensions des monuments1 il convenait au got et aux programmes romains4 ,mais1 dans les derniers temps de la dcadence1 les sculpteurs taient arrivs pervertir trangement les formes des chapiteaux antiques4 ,des chapiteaux ionique et corinthien1 on avait fait un mlange que l'on est convenu d'appeler le chapiteau composite1 mais qui1 par le fait1 n'est qu'un amalgame assez disgracieux de deux lments destins rester spars4 ,dj mme les ,romains avaient introduit dans le chapiteau composite des figures1 des victoires ailes1 des aigles2 ils avaient charg le tailloir d'ornements1 et cherch1 dans cette partie importante de la dcoration architectonique1 la richesse plutt que la puret du galbe1 si bien comprise par les ,grecs4 ,lorsque dans les ,gaules1 sous les rois mrovingiens1 on voulut lever de nouveaux difices sur les ruines qui couvraient le sol1 les matriaux ne manquaient pas2 la sculpture tait un art perdu2 on employa donc tous les anciens fragments que l'on put recueillir dans la construction des btisses nouvelles4 ,des colonnes et des chapiteaux1 diffrents de diamtre et de hauteur1 vinrent se ranger tant bien que mal dans un mme monument4 ,les anciennes basiliques de ,rome ne sont elles-mmes qu'une runion de fragments antiques4 ,cette varit d'ornementation1 impose par la ncessit1 fut cause que les yeux s'habiturent voir1 dans un mme difice1 des chapiteaux fort diffrents par la composition1 l'ge1 le style et la provenance4 ,lorsque les fragments antiques vinrent manquer1 il fallut y suppler par des oeuvres nouvelles1 et les sculpteurs1 depuis le ,v,ie sicle jusqu'au ,i,xe1 cherchrent imiter les vieux dbris romains qu'ils avaient sous les yeux4 ,ces imitations1 faites par des mains inhabiles1 avec des outils grossiers1 sans aucune ide de la mise au point rgulire1 ne furent que d'informes rminiscences des arts antiques1 dans lesquelles on chercherait vainement des rgles1 des principes d'art4 ,toutefois1 il faut reconnatre que1 ds cette poque recule1 il se fit une vritable rvolution dans la manire d'employer le chapiteau2 ce membre de la colonne reut une destination plus vraie que celle qui lui avait t affecte par les ,grecs et les ,romains4 ,certains dveloppements sont ncessaires pour faire comprendre toute l'importance de ce changement de destination donne au chapiteau4 ,les ordres grecs se composent1 comme on sait1 de la colonne avec son chapiteau supportant un entablement1 autrement dit1 une superposition de plates-bandes comprenant l'architrave1 la frise et la corniche4 ,il en est de mme des ordres romains4 ,avant les dernires annes du ,bas-,empire1 pas de colonnes grecques ou romaines sans l'entablement1 et ce n'est que fort tard1 dans quelques difices de la dcadence1 que l'on voit1 par exception1 l'archivolte romain pos sur le chapiteau sans entablement4 ,dans les ordres grecs et romains1 le chapiteau est plutt un arrt destin satisfaire les yeux1 qu'un appendice ncessaire la solidit de l'difice1 car la premire plate-bande ne dpasse pas l'aplomb du diamtre suprieur de la colonne1 et le chapiteau est ainsi 7au point de vue de la solidit7 un membre inutile1 dont la forte saillie ne porte rien sur deux de ses faces4 ,la fig4 #a1 qui donne un chapiteau d'un des temples d',agrigente avec son entablement1 exprime clairement ce que nous voulons indiquer4 ,supposant les parties ,a du chapiteau coupes1 l'architrave portera tout aussi bien sur le ft de la colonne4 ,en gens de sens et de got1 les ,athniens furent videmment frapps de ce dfaut1 car1 dans la construction du ,parthnon1 ils firent saillir l'architrave sur le nu de la colonne1 ainsi que l'indique la fig4 #b4 ,la fonction du chapiteau est l bien marque2 c'est un encorbellement plac sur le ft cylindrique de la colonne pour donner une large assiette la plate-bande4 ,ces finesses chapprent aux ,romains2 ils ne virent dans le chapiteau qu'un simple ornement1 et ne profitrent pas de son vasement pour porter une plate-bande plus large que le diamtre suprieur du ft de la colonne4 ,ds les premiers temps du moyen ge1 l'entablement disparat totalement1 pour ne plus reparatre qu'au ,x,v,ie sicle1 et le chapiteau avec son tailloir porte l'archivolte sans intermdiaire4 ,alors1 le chapiteau prend un rle utile2 du cylindre il passe au carr par un encorbellement1 et reoit le sommier de l'arc2 ce rle1 il le conserve jusqu' l'poque de la renaissance4 ,cependant1 jusqu'au ,x,ie sicle1 en posant un sommier d'arcs sur le tailloir du chapiteau1 on n'osait pas toujours profiter de l'vasement donn par la saillie de ce tailloir1 et on tenait le lit de pose du sommier l'aplomb de la colonne4 ,c'est ainsi que sont disposs les chapiteaux de la nef de l'glise ,saint-,menoux 7,allier71 qui datent du ,i,xe ou ,xe sicle 7#c74 ,ce n'tait que successivement qu'on arrivait se servir de l'vasement du chapiteau comme d'un encorbellement pouvant tre utilis pour porter un sommier dont le lit de pose dbordait le diamtre de la colonne4 ,nous verrons quelles furent les consquences importantes de cette innovation dans la construction des difices1 et comme le chapiteau dut peu peu abandonner les formes antiques pour se prter cette fonction impose par les principes de l'architecture du moyen ge4 ,dans les difices mrovingiens et carlovingiens1 on plaait souvent des colonnes aux angles saillants1 ainsi que l'indique la fig4 #d1 afin de dgager et d'orner ces angles2 si une vote en berceau venait se reposer sur le mur ,a ,b1 le chapiteau de la colonne formait support de la tte du berceau et venait affleurer le nu ,a ,b suivant la ligne ,b ,b' ,c2 le tailloir seul formait saillie sur le nu du mur4 ,c'est dans cette position que nous voyons les premiers chapiteaux porter une maonnerie en encorbellement2 car1 dans un mme difice1 les colonnes isoles portent des sommiers d'archivoltes dont le lit de pose inscrit exactement le diamtre suprieur du ft1 tandis que les colonnes d'angle sont dj surmontes de chapiteaux dont l'vasement1 comme dans la fig4 #d1 sert supporter un sommier saillant4 ,la crypte de l'glise ,saint-tienne d',auxerre nous prsente ces deux exemples1 qui datent de la mme poque 7,i,xe ou ,xe sicle74 ,la fig4 #d bis est l'lvation perspective du plan #d1 et la fig4 #e le chapiteau d'une colonne isole4 ,on voit que si le chapiteau de la colonne d'angle porte un sommier plus saillant que le nu de la colonne1 il n'en est pas encore de mme pour la colonne isole4 ,ces trois chapiteaux1 fig4 #c1 #d bis et #e1 font voir comment les sculpteurs carlovingiens interprtaient le feuill du chapiteau romain2 les uns1 ne sachant comment rserver et dgager dans la pierre le revers de la feuille1 posaient celle-ci de profil et comme rabattue sur la corbeille2 les autres se contentaient de quelques cannelures ciseles en ventail pour simuler les nerfs et dcoupures de la feuille romaine4 ,ces artistes primitifs tentaient cependant de se soustraire parfois la tradition antique1 et taillaient dj1 ds le ,xe sicle1 des figures sur les corbeilles de leurs chapiteaux1 ou des formes dont il serait difficile de dcouvrir l'origine1 des traits1 des zigzags1 de grossiers linaments2 souvent aussi ils se contentaient de les panneler4 ,mais nous ne voulons pas fatiguer nos lecteurs par des reproductions de ces premiers et informes essais1 qui n'ont qu'un attrait de curiosit2 nous arriverons au ,x,ie sicle1 poque pendant laquelle la forme des chapiteaux1 leur fonction et leur sculpture peuvent tre parfaitement dfinies4 ,il nous faut d'abord distinguer les chapiteaux1 partir de cette poque1 en chapiteaux de colonnes isoles1 monocylindriques1 et en chapiteaux de colonnes engages4 ,dans les glises1 les colonnes monocylindriques sont ordinairement rserves pour le tour des sanctuaires2 partout ailleurs la colonne est presque toujours engage au moins d'un tiers dans une pile1 un pilastre ou un mur4 ,la fonction de la colonne engage tant1 dans l'intrieur des monuments1 de supporter un archivolte1 et son diamtre ne dpassant gure un pied 7de #j1cc c4 #j1dj c41 voy4 ,,colonne71 il fallait donner au chapiteau un vasement assez considrable pour recevoir le lit du sommier de cet archivolte qui devait soutenir un mur pais ou tout au moins un contrefort4 ,ds l'instant que le systme de la construction des votes romanes tait adopt1 le chapiteau n'tait plus un simple ornement1 il entrait dans la construction comme une des parties les plus importantes1 puisqu'il devenait l'assiette1 le point de dpart des votes 7voy4 ,,construction1 ,,pile74 ,donc1 aprs ces ttonnements et ces grossiers essais des architectes et sculpteurs1 nous voyons tout coup1 au ,x,ie sicle1 le chapiteau compos pour remplir une fonction nouvelle et utile4 ,cela est particulirement sensible dans les difices de l',auvergne1 du ,nivernais et de la ,bourgogne1 qui datent de cette poque4 ,dans ces provinces1 les archivoltes prsentent une section carre qui exige un point d'appui solide pour recevoir le sommier2 le chapiteau est alors muni d'un double tailloir1 le premier tenant l'assise mme du chapiteau1 et le second formant tablette saillante2 or c'est ce premier tailloir qui embrasse exactement la surface donne par le lit de pose du sommier4 ,la fig4 #f1 copie sur l'un des chapiteaux du tour du choeur de l'glise de ,saint-tienne de ,nevers 7seconde moiti du ,x,ie sicle71 fera comprendre le rle utile du chapiteau roman4 ,dans l'le de ,france et la ,normandie1 l'indcision dure plus longtemps2 les archivoltes sont munis souvent de gros boudins1 sont maigres et ne viennent pas franchement se reposer sur la saillie du chapiteau4 ,cela est apparent dans la nef de la cathdrale d'vreux1 o quelques piles du ,x,ie sicle1 qui ont conserv leurs chapiteaux et archivoltes primitifs1 nous prsentent une disposition reproduite ici 7#g74 ,c'est toujours dans le voisinage des grands centres monastiques qu'il faut tudier l'architecture romane1 c'est l qu'elle se dveloppe avec le plus de vigueur et de franchise4 ,en ,bourgogne1 l'ordre de ,cluny forme une cole1 au ,x,ie sicle1 nulle autre comparable2 c'est donc lui que nous irons demander les exemples les plus beaux de cette poque4 ,c'est ,vzelay1 puisque l'glise mre de ,cluny est dtruite aujourd'hui4 ,la nef de l'glise de ,sainte-,madeleine de ,vzelay prsente une srie de quatre-vingt-quatorze chapiteaux dcors d'ornements et de figures2 leur galbe1 leur proportion et la faon monumentale dont la sculpture est traite1 sont un riche sujet d'tudes auquel on revient toujours aprs avoir examin d'autres difices du mme temps4 ,parmi ces chapiteaux1 on en remarque quelques-uns1 vers les transsepts1 qui appartiennent une poque antrieure1 et ont t replacs1 lors de la reconstruction de la nef1 la fin du ,x,ie sicle4 ,il ne semble pas que le matre de l'oeuvre ait suivi un ordre mthodique dans le classement de ces chapiteaux2 tant tous appareills de la mme manire et sculpts1 comme toujours1 avant la pose1 il est vraisemblable que les poseurs les ont monts et scells leur place sans suivre un ordre1 mais au fur et mesure qu'ils sortaient des mains des sculpteurs4 ,outre les chapiteaux feuillus et qui n'ont aucune signification1 il en est un grand nombre1 parmi ceux figures1 qu'il est difficile1 pour nous du moins1 d'expliquer4 ,quelques-uns reprsentent des scnes de l',ancien ,testament2 par exemple1 la bndiction de ,jacob1 la mort d',absalon1 ,david et ,goliath1 ,mose descendant du ,sina 7#h74 ,ce chapiteau est un de ceux qui sont traits avec le plus de verve2 son tailloir est dcor de gros boutons orls qui rappellent les oves antiques4 ,le dmon s'chappe par la bouche du ,veau d'or la vue de ,mose1 un homme apporte un chevreau pour le sacrifier l'idole et parat interdit4 ,les gestes sont justes1 bien sentis et fortement accentus2 la figure du dmon est d'une nergie sauvage qui ne manque pas de style4 ,en somme1 si les dtails de ces sculptures sont souvent barbares1 jamais on ne peut leur reprocher d'tre vulgaires4 ,dans les compositions1 il y a toujours quelque chose de grand1 de vrai1 de dramatique qui captive l'attention et fait songer4 ,beaucoup de ces chapiteaux reprsentent des paraboles3 le mauvais riche1 l'enfant prodigue2 des lgendes3 celles de ,can1 tu par son fils ,tubal1 de saint ,eustache2 des scnes de la vie de saint ,antoine et de saint ,benot2 puis des vices et leur punition 7le diable joue un grand rle dans ces compositions72 des travaux de l'anne3 la moisson1 la mouture du grain1 la vendange1 etc42 des animaux bizarres tirs des bestiaires 7#i72 des lions et des oiseaux adosss ou affronts au milieu de feuillages4 ,tous ces ornements et figures se renferment dans le mme pannelage1 consistant en un cne tronqu renvers pntr par un cube donnant en projection horizontale 7#aj7 le trac ,a1 et en projection verticale le trac ,b4 ,l'astragale tient toujours au ft1 et le second tailloir saillant est pris dans une autre assise2 du reste1 tous les tailloirs sont varis comme profil ou dcoration4 ,si les chapiteaux figures de la nef de l'glise de ,vzelay sont d'un style tant soit peu sauvage1 il n'en est pas ainsi de ceux composs uniquement de feuillages2 ces derniers sont d'une puret d'excution et d'une beaut incomparable4 ,mais c'est surtout pendant le ,x,i,ie sicle que la sculpture des chapiteaux atteignit une singulire perfection4 ,leur fonction dsormais arrte1 supports avant d'tre ornements1 ils conservent cette forme dominante en se couvrant de la parure la plus riche1 la plus dlicate et la plus varie4 ,depuis longtemps dj il tait admis que les chapiteaux d'un mme monument1 en se renfermant dans un galbe uniforme1 devaient tous tre varis2 c'tait donc l1 pour les sculpteurs1 une occasion de se surpasser les uns les autres1 de faire preuve de talent dans la composition1 de finesse d'excution1 de patience et de soin4 ,c'taient1 dans les intrieurs des monuments1 de nombreuses pages remplir1 destines captiver l'attention et instruire la foule4 ,les chapiteaux figures tiennent essentiellement l'architecture romane1 surtout dans les provinces loignes de l'le de ,france4 ,ils persistent1 jusque vers la fin du ,x,i,ie sicle1 dans le ,poitou1 le ,berry1 la ,bourgogne1 l',aquitaine et l',auvergne1 tandis que les feuillages1 les entrelacs sont adopts de prfrence dans les provinces dpendant du domaine royal4 ,nous ne trouvons ces grands chapiteaux avec tailloirs trs saillants et large sculpture qu' ,vzelay et dans le voisinage de cette clbre abbaye4 ,ailleurs1 pendant les ,x,ie et ,x,i,ie sicles1 ils sont plus trapus1 moins saillants sur la colonne1 moins hauts1 et ne sont pas couronns par ces normes tailloirs d'un effet si monumental4 ,vzelay1 les chapiteaux des colonnes engages des bas-cts ont en hauteur1 compris le tailloir1 le quart de la hauteur du ft1 tandis que gnralement1 en ,auvergne et dans le ,berry1 ils n'ont gure que le cinquime ou le sixime de la hauteur du ft4 ,en ,normandie1 dans le ,maine1 l',anjou et le ,poitou1 ils sont plus bas encore1 comparativement la longueur de la colonne4 ,la dimension des matriaux employs tait pour quelque chose dans ces diffrences de proportion4 ,en ,bourgognes1 les bancs de pierre sont hauts et ont toujours t extraits en blocs d'une grande dimension1 tandis que1 dans les provinces que nous venons de dsigner1 la pierre tait1 de temps immmorial1 extraite par bancs d'une faible paisseur4 ,or1 pendant la priode romane1 les chapiteaux sont toujours sculpts dans une hauteur d'assise2 jamais un lit ne vient les sparer en deux assises4 ,les chapiteaux tant1 comme tous les membres de l'architecture1 taills et termins avant la pose1 il et t impossible de raccorder des sculptures faites sur deux pierres4 ,ce ne fut que plus tard que l'on composa des chapiteaux en deux ou trois assises1 et nous verrons comment s'y prirent les appareilleurs et sculpteurs pour rassembler ces divers morceaux termins sur le chantier4 ,il va sans dire que1 si la hauteur des bancs calcaires influe sur la proportion donne aux chapiteaux1 la qualit de la pierre1 pendant toute la priode romane1 vient en aide au sculpteur si elle est fine et compacte1 gne son travail si elle est grossire et poreuse4 ,l o les matriaux permettent une grande dlicatesse de ciseau1 les chapiteaux sont sculpts avec une rare perfection2 ils se couvrent de dtails peine visibles la distance o ils sont placs4 ,il est tel chapiteau1 du ,x,i,ie sicle1 des provinces favorises par la nature des matriaux1 qui peut passer pour une oeuvre destine tre vue de prs comme le serait un meuble4 ,les exemples abondent2 nous en choisirons un entre tous1 tir des ruines de l'glise de ,dols 7,bourg-,dieu7 prs ,chteauroux 7#aa74 ,ce chapiteau est1 comparativement ceux de la ,bourgogne de la mme poque1 bas2 son tailloir est fin1 peu saillant1 les ornements excuts avec une dlicatesse remarquable2 il prsente ces singuliers enchevtrements d'animaux que l'on rencontre si souvent dans les provinces voisines de la ,loire et jusque dans l',angoumois4 ,ce n'est plus l cet art imposant de la ,bourgogne1 ce galbe hardi des chapiteaux du porche de ,vzelay1 contemporain de l'glise de ,dols4 ,la sculpture n'est pas dcoupe sur le fond1 mais trs-modele2 les traditions antiques ne paraissent pas avoir domin l'artiste1 qui semble plutt inspir par ces dessins d'toffes1 ces ivoires1 ces bijoux vernis d',orient et si fort priss au ,x,i,ie sicle 7voy4 ,,sculpture74 ,mais c'est surtout dans les contres mridionales comprises entre la ,garonne1 la ,loire et la mer1 que1 ds le ,x,ie sicle1 les chapiteaux se couvrent d'animaux traits avec une rare nergie1 models simplement1 d'un caractre trange et plein de style4 ,on en jugera par l'exemple que nous donnons 7#ab71 copi sur un chapiteau du porche de l'glise de ,moissac 7partie du ,x,ie sicle74 ,cette sculpture1 dessine avec vigueur1 coupe dans une pierre dure par une main habile1 n'est cependant pas exempte de finesse2 la nettet de la composition1 la franche disposition des masses1 n'excluent pas la dlicatesse des dtails1 comme le fait voir1 autant que possible1 notre gravure4 ,les articulations1 les mouvements de ces lions fantastiques ayant une seule tte pour deux corps sont vrais1 bien compris dans le sens de la dcoration monumentale2 la sculpture est peu saillante1 afin de ne pas dranger la silhouette du chapiteau1 dont la forme est trapue comme celle de tous les chapiteaux de grosses colonnes4 ,car il est1 ds l'poque romane1 un fait remarquer1 c'est que la hauteur d'assises commandant la hauteur du chapiteau1 il en rsulte que1 dans le mme difice1 les chapiteaux des grosses colonnes sont bas1 larges1 crass1 tandis que ceux des colonnettes sont sveltes1 lancs4 ,il ne faut pas croire que ce principe est adopt d'une faon absolue1 mais il a toujours une influence sur les proportions des chapiteaux qui sont d'autant plus allonges1 relativement au diamtre des colonnes1 que celles-ci sont plus grles4 ,nous avons dit qu' partir des temps mrovingiens1 les chapiteaux portent directement les sommiers des arcs et ne sont plus1 comme dans l'architecture antique grecque et romaine1 destins soutenir une plate-bande4 cette rgle1 quelque gnrale qu'elle soit1 il y a cependant des exceptions4 ,dans les provinces du centre1 en ,auvergne1 dans le ,poitou et l',aquitaine1 ds le ,x,ie sicle1 on rencontre souvent des colonnes tenant lieu de contreforts sur les parois extrieures des absides ou chapelles circulaires 7voy4 au mot ,,chapelle1 les fig1 #bg et #cd74 ,les chapiteaux alors portent directement la corniche sous la couverture1 l'intervalle entre ces chapiteaux tant soulag par des corbeaux4 ,on trouve de beaux exemples de ces chapiteaux autour des absides des glise d',issoire1 de ,saint-,necttaire1 de ,chamaillres1 de ,notre-,dame du ,port ,clermont 7#ac71 qui datent du ,x,ie sicle2 nous les rencontrons encore au ,mas-d',agenais1 sur les bords de la ,garonne1 ,saint-,sernin de ,toulouse1 la cathdrale d',agen1 et jusqu' ,saint-,papoul sur les frontires du ,roussillon4 ,la corniche n'est1 dans ce cas1 qu'une simple tablette destine recevoir les premires dalles de la couverture et protger les murs par sa saillie4 ,on sent encore l'influence antique dans le chapiteau 7fig4 #ac7 d'une des chapelles de ,notre-,dame du ,port2 mais ces rminiscences sont peu communes1 et les chapiteaux appartenant ce style et l'architecture des ,x,ie et ,x,i,ie sicles de ces provinces1 ont un caractre original4 ,pour rencontrer des chapiteaux dans la composition desquels les traditions gallo-romaines ont une grande influence jusqu'au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 il faut aller dans certaines localits de l',est et du ,sud-,est1 ,autun1 ,langres1 le long de la ,sane et du ,rhne4 ,les chapiteaux des colonnes monocylindriques du sanctuaire de la cathdrale de ,langres1 qui datent de la seconde moiti du ,x,i,ie sicle1 sont videmment imits de chapiteaux corinthiens gallo-romains2 on y retrouve mme le faire de la sculpture1 les trous nombreux de trpan percs pour dessiner les sparations des membres des feuilles1 la dcoupure dentele des feuillages1 les volutes1 culots et retroussis1 le tailloir curviligne avec ses quatre fleurons et la corbeille corinthienne4 ,souvent1 ct de ces chapiteaux imits de l'antiquit1 le got particulier l'poque apparat1 et les feuillages corinthiens sont remplacs par des figures1 comme la cathdrale d',autun1 par des entrelacs ou des rosaces1 genre d'ornement frquemment adapt aux chapiteaux pendant le ,x,i,ie sicle1 ainsi que le fait voir la fig4 #ad1 reproduisant un chapiteau de l'ancien clotre roman de l'abbaye de ,vzelay#cha4 ,il faut reconnatre que1 mme dans les contres o la tradition gallo-romaine persiste1 cause surtout du voisinage de fragments antiques qui couvraient encore le sol1 cette influence n'a d'effet que sur les chapiteaux poss sur des colonnes monocylindriques comme les colonnes antiques1 et sur des pilastres disposs comme le sont les pilastres antiques4 ,sur les colonnes engages1 d'angles1 et les colonnettes1 le chapiteau roman prend sa place1 comme si ces genres de supports appartenaient exclusivement ce style et ne pouvait admettre de mlanges4 ,cela est bien visible dans la cathdrale de ,langres4 ,ce monument ne prsente l'intrieur et l'extrieur que les colonnes monocylindriques du choeur1 dont nous avons parl tout l'heure1 et des pilastres4 ,les chapiteaux de ces colonnes et pilastres rappellent avec plus ou moins de fidlit la sculpture et la composition des chapiteaux corinthiens romains4 ,mais le triforium du choeur prsente une suite d'arcatures supportes par des colonnettes accouples4 ,ces colonnettes sont surmontes de chapiteaux jumeaux portant les sommiers des petits archivoltes4 ,cela est une disposition toute romane2 or les chapiteaux jumeaux des colonnes accouples ont1 la plupart1 un caractre tranger aux arts antiques2 on en jugera par l'exemple que nous donnons ici 7#ae74 ,le mur supportant le triforium du choeur de la cathdrale de ,langres est pais2 pour le porter sans avoir des colonnettes d'un fort diamtre1 l'architecte a d loigner passablement ces colonnettes l'une de l'autre1 suivant la section du mur2 voulant aussi que les chapiteaux jumeaux fussent pris dans une seule pierre1 afin de ne pas donner trop de quillage ses colonnettes1 il les a runis par une grosse tte de lion1 ainsi que le fait voir notre figure4 ,un procd analogue avait t suivi pour la taille des bases jumelles de ces colonnettes1 qui sont galement dgages dans un seul morceau de pierre 7voy4 ,,base1 fig4 #ai74 ,ainsi1 d'une part1 nous voyons la forme primitive de la colonne ou des pilastres antiques faire conserver1 ,langres1 la forme et la composition du chapiteau corinthien2 et1 de l'autre1 l'adoption d'une disposition toute romane de colonnettes1 faire adopter le chapiteau roman dans lequel les traditions antiques ne sont plus apparentes4 ,c'est1 nous le rptons1 pendant la seconde moiti du ,x,i,ie sicle1 que ces influences diverses agissent ,langres4 ,mais il fallait que cette tradition de la forme antique ft bien forte dans cette contre1 puisque1 pendant les dernires annes du ,x,i,ie sicle ou les premires du ,x,i,i,ie1 lorsque l'on construit la nef de la cathdrale1 en conservant le pilastre antique cantonnant les piles1 on voit encore1 dans la composition des chapiteaux de ces pilastres1 la disposition corinthienne conserve avec certains dtails et ornements qui appartiennent la sculpture la plus belle et la plus caractrise de la premire priode ogivale4 ,ainsi nous trouvons 7#af7 dans un mme chapiteau1 comme masse1 les divisions des feuilles sur la corbeille corinthienne1 les restes des volutes avec leurs caulicoles et bagues1 puis les retroussis1 et un beau crochet appartenant franchement la sculpture des premires annes du ,x,i,i,ie sicle4 ,un autre chapiteau de la mme nef prsente1 avec un souvenir plus effac mais persistant encore du chapiteau corinthien1 des dtails qui1 quoique fort tranges1 sont empreints du style des premires annes du ,x,i,i,ie sicle2 c'est ce chapiteau dont les retroussis des feuilles viennent couvrir des ttes humaines 7#ag74 ,la ,bourgogne nous prsente quelques autres exemples de chapiteaux de cette poque dcors de ttes en guise de crochets2 nous en avons vu un dans la petite glise de ,sainte-,sabine 7,cte-d',or71 entre ,saint-,thibaut et ,arnay le-,duc4 ,la ,normandie et le ,maine en possdent aussi en assez grand nombre1 mais d'une date plus recule4 ,aucune poque de notre architecture ne fournit une aussi grande quantit de chapiteaux varis de forme et de dtails que le ,x,i,ie sicle4 aucune poque aussi la sculpture de ce membre important de la colonne ne fut excute avec plus d'amour4 ,nous ne pouvons que donner quelques types bien caractriss et en petit nombre1 en essayant de les classer mthodiquement4 ,puisque nous en sommes l'interprtation plus ou moins exacte des formes antiques1 nous ne saurions passer sous silence ces chapiteaux des bords de la ,haute-,garonne qui ont une physionomie bien tranche1 et qui1 en conservant peu prs les masses du chapiteau corinthien1 subdivisent les grandes feuilles en gracieux fleurons s'enroulant les uns prs des autres comme une sorte de damasquinage4 ,l'glise de ,saint-,sernin de ,toulouse en fournit de beaux chantillons excuts avec une rare perfection4 ,voici 7#ah7 un de ces chapiteaux4 ,dans le mme monument1 il en est d'autres qui ne donnent que l'pannelage de cette riche ornementation2 quelques-uns1 poss sur les colonnes monocylindriques du sanctuaire1 sont des copies assez fidles de chapiteaux romains1 copies dans lesquelles cependant on trouve un style1 un got et une puret d'excution1 qui rendent ces sculptures suprieures aux chapiteaux des bas-temps4 ,il est un fait que nous devons signaler1 car il est particulier l'glise de ,saint-,sernin ainsi qu' certaines glises mridionales du ,x,i,ie sicle1 c'est qu' l'intrieur de ces difices les chapiteaux sont seulement dcors de feuillages1 sauf de rares exceptions1 tandis que ceux qui dcorent les portails l'extrieur sont presque tous couverts de figures lgendaires1 symboliques1 ou d'animaux bizarres4 ,les colonnes du portail s'ouvrant l'extrmit du transsept sud de l'glise de ,saint-,sernin sont surmontes de chapiteaux sur lesquels on a figur la personnification des vices et leur punition4 ,le portail de la nef1 du mme ct1 reproduit1 sur ses chapiteaux1 l',annonciation1 la ,visitation1 le massacre des ,innocents1 etc4 ,cette mthode de figurer des scnes de l',ancien et du ,nouveau ,testament sur les chapiteaux des portails est gnralement adopte1 au ,x,i,ie sicle1 non-seulement dans le ,midi1 mais encore dans quelques-unes de nos glises du ,nord4 ,le portail royal de la cathdrale de ,chartres1 par exemple1 dveloppe sur ses chapiteaux une srie de scnes sacres qui se suivent et forment comme une frise pourtournant les ressauts produits par la disposition des colonnes en retraite les unes sur les autres4 ,mais c'est dans les clotres surtout que les chapiteaux sont1 au ,x,i,ie sicle1 couverts de scnes empruntes l'histoire sacre ou aux lgendes des saints4 ,les clotres de ,saint-,trophyme d',arles1 de ,moissac1 d',elne1 sont particulirement riches en reprsentations de ce genre1 ainsi que les admirables clotres1 dtruits aujourd'hui1 des glises de ,toulouse et d',avignon4 ,les muses de ces villes renferment encore quelques-uns de ces fragments qui sont de la plus grande beaut et d'une finesse d'excution incomparable4 ,les chapiteaux des clotres romans sont presque toujours doubles1 les colonnes supportant les arcatures des galeries tant jumelles2 et1 dans ce cas1 ces chapiteaux ne sont souvent qu'une frise sculpte supporte par un rang de feuilles au-dessus de chacune des astragales4 ,quelques-uns des chapiteaux dposs dans le muse de ,toulouse et provenant1 dit-on1 du clotre de ,saint-,sernin 7,x,i,ie sicle71 sont ainsi composs4 ,nous donnons 7#ai7 une copie de l'un d'eux4 ,il reprsente une chasse l'ours au milieu d'enroulements d'un got exquis4 ,l'ours est remarquablement imit1 contrairement aux habitudes des sculpteurs du ,x,i,ie sicle1 qui donnaient presque toujours leurs animaux une forme conventionnelle2 on voit que le voisinage des ,pyrnes a permis l'artiste de prendre la nature sur le fait4 ,quant aux chapiteaux du clotre de ,moissac1 ils reprsentent des scnes diverses1 dont les figurines sont sculptes avec la plus grande dlicatesse1 ou des ornements dans le genre de ceux du chapiteau de ,saint-,sernin 7fig4 #ah74 ,mais1 dans ces provinces mridionales1 l'cole des sculpteurs qui taient arrivs1 au ,x,i,ie sicle1 une si rare habilet1 s'teint pendant les guerres des ,albigeois1 et il nous faut retourner vers le ,nord pour trouver la transition entre le chapiteau roman et le chapiteau appartenant au style ogival4 ,cette transformation suit pas pas celle de l'architecture2 elle est1 cause de cela mme1 fort intressante tudier4 ,dans les provinces septentrionales1 et particulirement dans le domaine royal1 la sculpture avait atteint1 au ,x,i,ie sicle1 une perfection d'excution qui ne le cde gure aux coles mridionales4 ,toutefois1 dans les chapiteaux de cette poque et appartenant aux difices de ces contres1 les figures sont rares1 l'ornementation1 compose de feuillages ou d'enroulements1 domine4 ,l'influence du chapiteau corinthien antique se fait souvent sentir1 mais elle est dj soumise des formes particulires2 c'est plutt un souvenir qu'une imitation4 ,l'artiste adopte un galbe1 certaines dispositions des masses qui lui appartiennent2 il ne ttonne plus1 il a trouv un type auquel il se soumettra de plus en plus jusqu'au moment o il abandonnera compltement les dernires traces de l'art romain4 ,la transition entre le chapiteau roman plus ou moins fidlement inspir de la tradition antique1 et le chapiteau appartenant l'art ogival1 peut tre observe dans un assez grand nombre d'difices construits pendant la premire moiti du ,x,i,ie sicle4 ,nous prendrons un exemple1 entre beaucoup d'autres analogues1 dans l'glise de ,sainte-,madeleine de ,chteaudun 7#bj74 ,les piliers de la nef de cette glise 7ct nord7 sont cantonns de colonnes engages de diamtres diffrents2 cependant tous les chapiteaux pris dans la mme assise sont de la mme hauteur1 qu'ils appartiennent aux grosses ou minces colonnes4 ,la corbeille du chapiteau de la colonne mince s'entoure de feuilles peu recourbes leur extrmit1 tandis que dj le chapiteau de la grosse colonne retourne vigoureusement les bouts de ses feuilles de faon former1 chaque extrmit1 une masse assez volumineuse pour accrocher la lumire et faire prvaloir ainsi1 au milieu du groupe de feuillages1 certaines masses fortement accentues4 ,c'est1 en effet1 dans les gros chapiteaux que l'on voit se dvelopper d'abord ces extrmits de feuilles qui peu peu prennent une grande importance1 jusqu' figurer ces volumineux bourgeons1 ces paquets de folioles que l'on dsigne aujourd'hui sous le nom de crochets4 ,les puissants tailloirs carrs des chapiteaux romans1 encore conservs dans l'architecture du ,x,i,ie sicle1 supportant des sommiers d'arcs dont le lit tait lui-mme inscrit dans des angles droits1 obligeaient les sculpteurs donner aux angles du chapiteau une grande rsistance pour ne pas tre briss sous la charge4 ,ces retroussis de feuilles1 non point vids comme les volutes du chapiteau corinthien antique qui n'ont rien porter1 mais pleins1 formaient comme une console1 un encorbellement ncessaire la solidit4 ,c'est pourquoi nous voyons ces retroussis adopts d'abord dans les gros chapiteaux portant les arcs principaux1 tandis qu'ils ne paraissent pas ncessaires dans les chapiteaux plus grles qui n'ont que des arcs ogives soutenir4 plus forte raison donnait-on aux angles des chapiteaux des colonnes isoles1 portant de trs-lourdes charges et rpartissant cette charge sur un ft assez mince comparativement1 un trs-grand dveloppement4 ,cela est bien accus dans les chapiteaux des colonnes monocylindriques du tour du choeur de l'glise de ,saint-,denis1 quoique l encore on sente l'influence de la sculpture romane4 ,le dveloppement est complet dans les chapiteaux du sanctuaire de l'glise de ,saint-,leu d',esserent 7#ba74 ,nous n'avons pas besoin de faire ressortir les belles qualits de cette dernire sculpture1 qui runit au plus haut degr la finesse la fermet4 ,dans cet exemple1 nulle confusion1 pas de ttonnements4 ,les angles de l'pais tailloir sont puissamment soutenus par les gros crochets1 composs avec un art infini2 entre eux on voit paratre la corbeille circulaire qui fait le fond du chapiteau2 des ttes d'animaux sortant la runion des larges feuilles dcoupes occupent et dcorent la partie moyenne4 ,les feuilles1 afin de prsenter l'oeil une masse plus ferme1 sont cernes par deux nerfs qui servent de tige au crochet d'angle1 en s'enroulant sur eux-mmes4 ,pour tout artiste de got1 c'est l1 quelle que soit l'cole laquelle il appartienne1 une oeuvre digne de servir d'exemple1 autant par la manire dont elle est compose que par son excution1 la fois sobre1 fine et monumentale4 ,la rvolution qui s'opre dans la forme et les dtails des chapiteaux1 vers la fin du ,x,i,ie sicle1 arrive promptement1 dans le domaine royal et les provinces environnantes1 son entier dveloppement1 comme nous le verrons tout l'heure2 elle se fait moins rapidement en ,bourgogne4 ,l'influence romane persiste plus longtemps4 ,dans les provinces de l',est1 sur les bords du ,rhin et de la ,moselle1 le chapiteau roman se dcore de dtails plus dlicats1 mais conserve sa forme primitive4 ,le chapiteau roman rhnan est bien connu2 c'est une portion de sphre pose sur l'astragale et pntre par un cube4 ,la fig4 #bb nous dispensera de plus longues explications au sujet de cette forme singulire que l'on rencontre dans presque toute l',allemagne1 et dont on trouve la trace dans certains difices du ,xe sicle1 du nord-est de l',italie et en ,lombardie4 ,ces chapiteaux ont leurs faces plates dcores souvent1 soit par des peintures1 soit par des ornements dlis1 dcoups1 peu saillants1 comme une sorte de gravure4 ,au ,x,i,ie sicle1 lorsque tous les profils de l'architecture prirent plus de finesse1 la forme cubique de ces chapiteaux dut paratre grossire2 on divisa donc les gros chapiteaux en quatre portions de sphres se pntrant et pntres ensemble par un cube1 ainsi que l'indique la fig4 #bc2 puis on orna chacune de ces parties qui formaient comme un groupe de quatre chapiteaux runis4 ,la nef de l'glise de ,rosheim prs ,strasbourg1 qui date du ,x,i,ie sicle1 nous donne un bel exemple de ces sortes de chapiteaux 7#bd74 ,on voit que l'ornementation n'est qu'accessoire dans les chapiteaux rhnans2 ce n'est gure qu'une gravure peine modele qui ne modifie pas le galbe gomtrique du sommet de la colonne2 on sent l l'influence byzantine1 car si l'on veut examiner les chapiteaux de ,saint-,vital de ,ravenne et de ,saint-,marc de ,venise1 on reconnatra que dans ces difices la plupart des chapiteaux1 appartenant aux constructions primitives1 ne sont dcors que par des sculptures trs-plates1 dcoupes1 ou mme quelquefois1 comme dans le bas-ct nord de cette dernire glise1 par des incrustations de couleur4 ,quelle que soit la beaut de travail de ces sculptures1 la forme romane1 mme la fin du ,x,i,i,ie sicle1 reste matresse2 il ne semble pas que cet art puisse se transformer4 ,l'architecture comme la sculpture romane du ,rhin ne peuvent se dbarrasser de leurs langes carlovingiennes2 elles tournent dans le mme cercle jusqu'au moment o les arts franais imports viennent prendre leur place4 ,cette immobilit ou ce respect pour les traditions1 si l'on veut1 existent1 quoique avec moins de force1 en ,normandie4 ,la forme du chapiteau normand roman persiste1 sans modification sensible dans les masses1 jusqu'au moment o le style franais fait invasion dans cette province lors de la conqute de ,philippe-,auguste4 ,le chapiteau cubique simple ou divis se rencontre aussi dans cette province2 il est souvent dcor de peintures1 comme on peut le voir encore dans l'glise de ,saint-,georges de ,boscherville et dans celle de l'abbaye de ,jumiges4 ,nous retrouvons mme ces chapiteaux dans des parties carlovingiennes des glises franaises de l',est4 ,la crypte de l'glise ,saint-,lger de ,soissons contient encore un chapiteau cubique peint1 fort remarquable1 qui parat dater du ,xe sicle4 ,nous en donnons une copie 7#be74 ,les ornements sont blancs sur fond jaune ocre4 ,la pntration du cube dans la sphre est trace par une lgre entaille double1 ainsi que l'indique le profil fait sur l'axe ,a ,b1 ce qui donne ce chapiteau une physionomie particulire4 ,ce n'est pas l le pur chapiteau rhnan4 ,de tous ces divers styles romans1 dont la varit est infinie et dont nous n'avons pu que tracer les caractres les plus saillants1 un seul arrive une transformation la fin du ,x,i,ie sicle2 c'est le style franais proprement dit1 car les chapiteaux suivaient naturellement les progrs de l'architecture 7voy4 ,,architecture1 ,,cath,,drale74 ,les autres se tranent sur des traces vieillies1 se perdent1 ou tombent dans des raffinements purils4 ,nous allons donc pouvoir suivre pas pas les transformations successives du chapiteau franais1 sans plus faire d'excursions1 comme dans la premire partie de cet article4 ,ainsi que nous l'avons fait voir1 il avait toujours exist une diffrence marque dans la composition des chapiteaux romans appartenant des colonnes isoles monocylindriques d'un diamtre assez fort par consquent1 et des chapiteaux de colonnettes et colonnes engages4 ,toutefois1 cette diffrence est plutt le rsultat d'un instinct naturel d'artiste que d'un systme arrt4 ,en abandonnant la tradition romane pour entrer dans l're ogivale inaugure1 la fin du ,x,i,ie sicle1 dans les provinces du domaine royal1 de la ,champagne1 de la ,picardie et de la ,bourgogne1 la composition des chapiteaux se soumet un mode fixe2 elle devient logique comme le principe gnral de l'architecture4 ,ce sera dornavant le sommier des arcs support par le chapiteau qui commandera la forme du tailloir2 ce sera la forme du tailloir qui commandera la composition du chapiteau4 ,notons encore une fois ce fait1 sur lequel nous reviendrons souvent1 et dont nous ne saurions trop faire ressortir l'importance3 dans l'architecture ogivale1 c'est la vote et ses divers arcs qui imposent aux membres infrieurs de l'architecture1 aux supports1 leur nombre1 leur place et leur forme jusque dans les moindres dtails4 la fin du ,x,i,ie sicle1 le chapiteau devient1 comme tous les membres nombreux de l'architecture1 un moyen de construction2 il est comme une expansion intelligente de la pile2 il prend ses fonctions de support au srieux4 ,dans l'le de ,france on avait1 la fin du ,x,i,ie sicle1 adopt frquemment la colonne monocylindrique comme pile1 non-seulement autour des sanctuaires1 mais aussi dans les nefs1 peut-tre parce que cette forme est celle qui prend le moins d'espace1 gne moins que toute autre la circulation1 et dmasque le mieux les diverses parties intrieures d'un difice4 ,mais la colonne cylindrique d'une nef devait porter3 #a deux archivoltes de traves1 #b l'arc doubleau et les deux arcs ogives du collatral1 #c le faisceau de colonnettes montant jusqu'aux naissances des grandes votes4 ,ces membres compliqus1 se pntrant1 ayant chacun leur fonction1 demandaient une assiette large1 sur laquelle ils devaient s'asseoir1 et qui ne pouvait se renfermer dans la section horizontale d'un cylindre1 dans un cercle1 ni mme dans le carr qui aurait inscrit ce cercle4 la cathdrale de ,paris1 par exemple1 dont le choeur et la nef sont ports sur des colonnes monocylindriques1 la section de la colonne tant un cercle dont le centre est en ,a 7#bf71 les lits de sommiers des archivoltes tracent la projection horizontale ,b2 ceux de l'arc doubleau du bas-ct et des deux arcs ogives1 les projections ,c1 ,d ,d2 et1 enfin1 les bases des faisceaux de colonnettes montant jusqu'aux grandes votes1 la projection horizontale ,e4 ,qu'ont fait les constructeurs8 ,ils ont trac simplement le tailloir du chapiteau suivant le carr ,f ,g ,h ,i qui inscrit tous les lits de ces divers membres1 et se sont contents d'abattre ses angles pour viter des aiguits dsagrables1 lorsque l'on regarde le chapiteau paralllement ses diagonales4 ,mais ce tailloir n'inscrit pas exactement les traces donnes1 sur plan horizontal1 par le lit des sommiers et bases des colonnettes2 il reste deux surfaces ,k inutiles2 on ne tarda pas les viter4 ,avant de passer outre1 nous faisons voir 7#bg7 l'lvation de ces chapiteaux des gros piliers cylindriques de la cathdrale de ,paris1 du ct de la nef4 ,les bancs de beau cliquart dont sont composs ces piles et leurs chapiteaux sont bas d'assises et ne portent gure plus de #j1dj c4 #j1de c4 de hauteur4 ,force tait donc1 pour donner aux chapiteaux une proportion convenable par rapport au diamtre de la colonne1 de les sculpter dans deux assises4 ,notre fig4 #bg montre comment l'ornementation de ces chapiteaux concorde avec la hauteur des assises1 et comment on a pu raccorder les deux tambours des chapiteaux trs-facilement1 quoiqu'ils aient t sculpts avant la pose#chb4 ,les chapiteaux des piles du choeur1 sculpts et poss quelques annes avant ceux de la nef1 prsentent les mmes dispositions d'ensemble2 seulement leurs crochets d'angles sont plus forts1 plus larges1 les feuilles plus grasses et moins dcoupes4 ,il est1 du reste1 une observation faire au sujet des chapiteaux du choeur de ,notre-,dame de ,paris1 que nous ne devons pas omettre1 c'est que les chapiteaux des colonnettes isoles de la galerie du premier tage paraissent d'un travail plus ancien que les chapiteaux des grosses piles cylindriques du rez-de-chausse4 ,ils ont d tous cependant tre taills en mme temps1 et s'il y a quelques annes de diffrence entre leur sculpture1 videmment ceux du triforium sont postrieurs ceux du rez-de-chausse4 ,mais1 cette poque de transition1 encore rapproche de la priode romane1 il n'est pas rare de rencontrer de ces sortes d'anachronismes en sculpture4 ,noyon1 ,senlis nous en offrent des exemples4 ,cela tenait ce que l'on employait en mme temps1 pour sculpter les nombreux chapiteaux de ces grands monuments1 des artistes d'ge diffrent2 les uns appartenaient encore la vieille cole romane1 d'autres plus jeunes suivaient les nouveaux errements4 ,or1 comme en ,france on a toujours t enclin prfrer la nouveaut aux traditions1 on confiait les sculptures les plus en vue1 les plus importantes1 aux artistes appartenant la nouvelle cole1 et les oeuvres des vieux sculpteurs taient relgues dans les parties des difices le moins en vue4 ,les corporations laques d'artisans ou d'artistes qui1 la fin du ,x,i,ie sicle1 taient l'origine de leur puissance1 avaient cette intelligence des corps qui s'organisent dans le but de produire et de progresser2 elles ne cherchaient pas monopoliser les oeuvres d'art entre les mains de quelques hommes dans un intrt personnel2 elles favorisaient1 au contraire1 les innovations1 et les patrons taient dbords et supplants par leurs apprentis devenus rapidement plus hardis et plus habiles4 ,les corporations1 pour tout dire en un mot1 taient des corps et non des coteries#chc4 ,dans le mme monument1 la cathdrale de ,paris1 nous voyons les chapiteaux des piles sparant les deux collatraux dj combins pour recevoir exactement les retombes des diffrents arcs des votes4 ,mais nous reviendrons tout l'heure sur les fonctions si bien crites du chapiteau appartenant la priode ogivale4 ,pour faire ressortir l'influence exerce par la nature des matriaux employs1 sur la sculpture des chapiteaux1 nous prsenterons un exemple tir du tour du choeur de la grande glise de ,mantes1 contemporaine du choeur de ,notre-,dame de ,paris1 et qui parat avoir t leve par les mmes matres4 ,les murs du sanctuaire de l'glise de ,mantes sont ports sur des colonnes en grs qui n'ont pas plus de #j1ej c4 de diamtre4 ,pour rsister la charge suprieure1 les chapiteaux durent tre galement sculpts dans un grs trs-rsistant1 difficile travailler et qu'il et t dangereux de trop vider2 ils devaient encore prsenter un vasement considrable pour recevoir1 sur le lit suprieur du tailloir1 le sommier de deux archivoltes1 de deux arcs ogives1 d'un arc doubleau1 et le dpart de la colonnette montant jusqu' la naissance des votes hautes4 ,afin d'viter les brisures qui pouvaient se manifester aux angles de ces chapiteaux trs-vass1 il fallait que ces angles fussent soutenus par la sculpture entourant la corbeille1 que cette sculpture formt comme un encorbellement reportant la charge d'un large sommier sur un ft trs-mince4 ,les sculpteurs rsolurent exactement ce problme1 ainsi que le fait voir la fig4 #bh4 ,a est l'arc doubleau du collatral4 ,la composition de ce chapiteau a cela d'trange que1 sur quatre volutes d'angles1 deux se retournent dans un sens1 deux dans l'autre1 mais toutes quatre sont fortement paules sous le retroussis4 ,cette mthode avait dj t employe1 quelques annes auparavant1 autour du choeur de l'glise de ,saint-,denis1 pour les chapiteaux des colonnes monocylindriques qui datent de la construction de ,suger1 et qui portent les cules des arcs-boutants reconstruits au ,x,i,i,ie sicle4 ,il est donc facile de reconnatre qu'au moment o l'architecture ogivale se dveloppe1 le chapiteau se soumet au systme de construction adopt1 sa fonction est ncessaire et sa forme se modle sur les membres des arcs dont il doit porter la charge4 ,si rapides que soient les transformations dans un art1 il est certains usages1 certaines traditions qui persistent1 dont on ne s'affranchit qu'avec peine4 ,dj la section horizontale du pilier roman tait abandonne depuis longtemps1 le pilier ogival1 dans les nefs1 se composait d'un cylindre cantonn de quatre colonnes1 qu'autour des sanctuaires on conservait encore la colonne monocylindrique1 soit parce que cette forme tait traditionnelle et que le clerg y tenait1 soit parce qu'elle dgageait mieux les bas-cts du choeur et permettait aux fidles assembls autour du sanctuaire de mieux voir les crmonies1 soit enfin parce que les traves de rond-point tant plus troites que les autres1 on voulait donner une grande lgret apparente aux points d'appui1 et ne pas diminuer la largeur des vides 7voy4 ,,pile1 ,,pilier74 ,cependant le systme gnral de la construction des votes ogivales franchement appliqu ne pouvait concorder avec la colonne monocylindrique4 ,l'esprit imprieusement logique des constructeurs excluait les surfaces horizontales ne supportant rien1 inutiles par consquent1 quelque peu tendues qu'elles fussent 7voy4 ,,base74 ,passer d'un lit de sommier tel que celui donn 7#bi71 par exemple1 un cercle1 en vitant les surfaces horizontales sur le tailloir du chapiteau1 devenait difficile2 on pouvait bien inscrire le lit des diffrents arcs ,c ,c'1 ,d ,d'1 ,e dans un octogone rgulier1 et de l'octogone rgulier passer au cercle1 mais les trois colonnettes ,a ,b ,b'1 destines recevoir trois nerfs des votes hautes1 sortaient avec leur base de l'octogone2 il fallait ajouter un appendice au tailloir pour les soutenir1 et cet appendice du tailloir devait tre lui-mme soutenu par un ornement du chapiteau2 de l des combinaisons que les architectes faisaient concourir avec un art exquis la dcoration de l'ensemble4 ,le plan de tailloir et la trace de sommier1 fig4 #bi1 provenant du choeur de la jolie glise de ,smur en ,auxois1 donne1 en lvation perspective1 la fig4 #cjchd4 ,on voit avec quel scrupule l'architecte a vit des angles saillants prsentant des surfaces horizontales sans emploi1 comment il a su conduire l'oeil du ft cylindrique la rencontre complique des diffrents membres des votes et des colonnettes1 de manire faire voir que ce chapiteau porte rellement et qu'il n'est pas seulement une dcoration banale4 ,une fois le principe admis1 il y a dans ces combinaisons une sincrit et une grce bien loignes de notre architecture moderne1 dont la plupart des membres se superposent sans qu'il soit possible de dire quelle est leur fonction1 pourquoi ils occupent une place plutt qu'une autre4 ,la pierre mise en oeuvre pour la construction des glises de ,smur en ,auxois est1 il faut le dire1 fort rsistante2 c'est un gros grs 7pierre de ,pouillenay7 qui1 bien qu'il se taille assez facilement en sortant de la carrire1 acquiert la duret du granit4 ,l'assise du chapiteau reprsent fig4 #cj n'a pas moins de #j1hf c4 de hauteur1 non compris le tailloir pris dans une autre assise4 ,les constructeurs n'avaient pas partout des matriaux de cette hauteur de banc et de cette force4 ,alors1 s'ils voulaient maintenir la colonne monocylindrique dans les sanctuaires 7comme ils l'ont fait plus tard encore dans la ,bourgogne71 ils lui donnaient1 comparativement au sommier1 un plus fort diamtre1 et ils sculptaient le chapiteau dans deux assises1 ainsi qu'on peut le voir la cathdrale d',auxerre4 ,cependant on ne tarda pas s'affranchir de la difficult rsultant de la retombe des membres des votes sur un chapiteau unique1 et oublier ce dernier vestige des traditions romanes4 ,admettant dfinitivement1 vers #abbe1 que les votes devaient commander la section horizontale des piliers1 on cantonna les colonnes monocylindriques de deux ou de quatre colonnes2 cette nouvelle combinaison vint dranger l'ordonnance des chapiteaux 7voy4 ,,pile1 ,,pilier74 ,un des premiers exemples de cette transformation se rencontre l'entre de la nef de la cathdrale de ,paris2 les premires traves de cette nef sont d'une poque un peu postrieure aux suivantes 7voy4 ,,cath,,drale74 ,l'architecte1 en laissant subsister au centre du groupe de colonnes le gros pilier monocylindrique adopt dans le reste du monument1 lui conserva son chapiteau2 seulement il l'interrompit au droit de chacune des colonnes engages4 ,la fig4 #ca rendra notre description plus claire4 ,on voit en ,a la colonne qui porte1 comme un renfort ajout au pilier1 les colonnettes montant jusqu' la naissance des votes hautes2 en ,b l'une des trois autres colonnes qui portent les deux archivoltes et l'arc doubleau du collatral2 les arcs ogives posent sur les sections circulaires du tailloir du gros chapiteau1 laisses encore inutiles1 en partie1 du ct de la nef4 ,si le gros chapiteau est form de deux assises1 les trois chapiteaux des colonnes engages ,b sont sculpts dans une seule4 ,l'instinct de l'artiste lui commandait cette diffrence de hauteur donne des chapiteaux de colonnes de diamtres diffrents4 ,quant la colonne engage ,a ne portant pas d'arc1 mais un groupe de colonnettes1 elle n'a pas de chapiteaux4 ,ce fait indique bien clairement que l'on n'admettait alors le chapiteau 7comme dj pendant la priode romane7 que pour porter des arcs de votes1 et servir de transition1 d'encorbellement1 entre le sommier large de ces arcs et les fts minces des colonnes4 ,ce moyen transitoire trouv1 les architectes ne purent manquer d'tre choqus par ces dmanchements d'assises ornes1 ce tailloir d'une forme assez peu gracieuse et complique en plan4 ,ils cherchrent concilier l'effet d'unit donn par le chapiteau unique possdant un seul tailloir avec les ncessits de proportions qui obligeaient d'avoir des hauteurs de chapiteaux en rapport avec le diamtre des fts des colonnes runies4 ,ils rsolurent ce problme avec beaucoup d'adresse dans la construction des piliers latraux du choeur de la cathdrale d',auxerre 7#abcj environ71 ainsi que le fait voir la fig4 #cb4 ,les colonnes engages ne viennent ici qu'pauler quatre des faces du tailloir octogone du chapiteau de la grosse colonne centrale4 ,l'astragale des petits chapiteaux passe galement sur le gros1 indique le lit2 et au-dessous1 ce gros chapiteau1 entre l'astragale fausse et sa vritable astragale1 prsente une sculpture plus simple1 plus en rapport avec son diamtre4 ,l'ornementation de la partie suprieure du gros chapiteau participe1 comme chelle de celle des petits1 tandis qu'elle lui appartient en propre dans la partie infrieure o il reste seul visible4 ,ce n'est pas l1 il faut bien en convenir1 l'effet du hasard ou d'une fantaisie d'artiste1 mais la consquence d'un principe qui cherche devenir de plus en plus absolu jusque dans les moindres dtails de la construction et de la dcoration des difices4 ,entre le chapiteau de ,notre-,dame de ,paris 7fig4 #ca7 et celui que nous reprsentons ici 7#cb71 il y a un grand pas de fait vers l'unit d'aspect2 mais les quatre colonnes engages viennent encore couper le gros chapiteau1 et le dmanchement qui choque1 dans la fig4 #ca1 n'est pas vit malgr le passage de l'astragale des petits chapiteaux sur la corbeille du gros4 ,on voulut tout concilier ,reims en construisant les piliers de la cathdrale 7#abcj #abdj7che4 ,le gros chapiteau conservera son ordonnance propre au milieu des quatre autres#chf4 ,ceux-ci prirent toute la hauteur du gros chapiteau en deux assises2 mais une seconde astragale vint les diviser mi-hauteur 7#cc74 ,on remarquera1 en outre1 dans les chapiteaux de la nef de la cathdrale de ,reims1 la forme des tailloirs2 celui du gros chapiteau est un carr pos diagonalement1 ceux des petits chapiteaux sont octogones2 ils sont combins de manire circonscrire exactement la trace du lit du sommier des arcs et des bases des cinq colonnettes montant jusqu' la naissance des grandes votes1 ainsi que le dmontre la section horizontale 7#cd74 ,la ligne ponctue indique le pilier2 en ,a1 ,b ,b1 ,c ,c sont les cinq colonnettes qui1 posant sur un des quatre chapiteaux octogones1 portent le gros arc doubleau1 les deux arcs ogives et les deux formerets des votes hautes2 en ,d ,d les traces des sommiers des archivoltes sur lesquels reposent les coinons entre les piles1 le triforium et les grandes fentres suprieures2 en ,e ,e les deux arcs ogives des votes des bas-cts2 en ,f l'arc doubleau de ces mmes votes2 ,le tailloir du chapiteau principal avait ses deux diagonales ,g ,h1 ,i ,k parallles et perpendiculaires l'axe de la nef1 ce qui tait motiv par la trace du sommier de tous les arcs4 ,on arrivait ainsi successivement prendre le lit infrieur du sommier comme gnrateur du tailloir du chapiteau4 ,ce que l'on ne saurait trop remarquer dans la structure de la cathdrale de ,reims1 c'est la mthode1 la rgularit de toutes les parties4 ,le trac de ces sommiers d'arcs est trs-savant1 et nous avons l'occasion d'y revenir aux mots ,,construction1 ,,sommier1 ,,vo,,te4 ,il nous suffira de faire observer ici que la disposition du groupe de chapiteaux1 n'ayant pour eux tous qu'un seul tailloir1 se soumettant dj au nombre des arcs principaux et leur section1 est un acheminement vers les chapiteaux isols appartenant chaque colonne4 ,la transition est encore plus sensible dans la disposition des chapiteaux du tour du choeur de la cathdrale d',amiens 7#abdj environ74 ,leurs tailloirs prennent des formes rectangulaires qui1 non-seulement se modlent exactement sur la trace du lit infrieur du sommier1 mais encore accusent chacun des arcs des votes4 ,ainsi 7#ce73 soit la ligne ponctue la section horizontale du pilier2 en ,a est la colonnette qui monte jusqu'aux votes hautes1 le tailloir ne fait que la pourtourner comme une bague sans chapiteau2 en ,b les archivoltes et leurs doubles claveaux ,c2 en ,d l'arc doubleau du collatral1 et en ,e les arcs ogives4 ,on voit que chacun de ces arcs porte sur une portion du tailloir qui lui appartient en propre2 ce n'est plus un tailloir commun pour plusieurs arcs4 ,en lvation perspective du ct du collatral1 ces chapiteaux affectent la disposition donne par la fig4 #cf4 ,si la naissance du chapiteau est compose comme celle des chapiteaux des piliers du choeur de la cathdrale d',auxerre1 son tailloir se dcoupe1 se spare en autant de membres qu'il y a d'arcs4 ,il n'y a encore que quatre chapiteaux1 un gros et trois plus petits et il y a dj six tailloirs4 ,du moment que les architectes se laissaient ainsi entraner par une suite de raisonnements1 la pente tait irrsistible4 ,les arcs des votes 7 cause de cette sorte d'horreur que les matres avaient pour les surfaces horizontales inoccupes71 en forant de subdiviser le tailloir du chapiteau1 influrent bientt sur les piles4 ,ds #abej1 on donnait dj aux piles autant de colonnes qu'il y avait d'arcs1 et par suite autant de chapiteaux2 on arriva donner aux piles autant de membres que les arcs avaient de nerfs1 et les chapiteaux perdirent alors leur vritable fonction de support1 d'encorbellement1 pour ne plus devenir que des bagues ornes1 mettant une assise de sparation entre les lignes verticales des piles et les naissances des arcs4 ,puis enfin1 comprenant que les chapiteaux n'avaient plus de raisons d'exister1 les matres les supprimrent compltement1 et les arcs1 avec toutes leurs moulures1 vinrent descendre jusque sur les bases des piliers4 ,c'est ainsi que par l'observation rigoureuse d'un principe on tombe du vrai dans l'absurde1 par l'excs mme de la vrit2 car la vrit 7dans les arts du moins7 a ses excs4 ,on est fond soutenir que l'art ogival1 son dclin1 aboutit des recherches ridicules2 quand on le considre isolment1 de #adjj #aejj1 il est impossible1 en effet1 de deviner son origine et de prdire jusqu' quelles extravagances il pourra s'abaisser2 mais si l'on suit pas pas les transformations par lesquelles il passe1 de sa naissance sa dcrpitude1 on est forc de reconnatre que l'excs n'est1 chez lui1 que l'exagration d'un principe juste bas dans l'origine sur l'application du vrai absolu1 trop absolu puisqu'il a conduit par une pente rapide de tels rsultats4 ,le got peut seul1 dans les arts1 comme en toute chose1 opposer une barrire l'exagration1 mme dans l'application du vrai2 mais le got ne peut exister dans une socit qui1 ayant rompu avec les traditions1 se trouve l'tat d'enfantement perptuel2 le got n'est alors qu'un sens individuel propre chaque artiste1 il n'existe pas l'tat de doctrine4 ,l'architecture de la fin du ,x,i,ie sicle prend sa source dans la raison des artistes2 ceux-ci ne font que poser des principes matriels trangers aux principes admis jusqu'alors2 la forme1 si belle qu'ils l'aient trouve1 n'est qu'un moyen1 qu'une enveloppe soumise aux calculs de l'esprit4 ,une fois engags dans cette voie1 les artistes qui suivent ne cherchent qu' la pousser plus avant2 entrans par une succession de lois qui se dduisent fatalement comme des problmes de gomtrie1 ne possdant pas ce temprament de l'esprit qu'on appelle le got1 ils ne peuvent revenir en arrire ni mme s'arrter1 et ils tendent si loin leurs raisonnements qu'ils perdent de vue le point de dpart4 ,c'est toujours la mme voie parcourue dans le mme sens2 mais elle va si avant1 que ceux qui sont forcs de la suivre ne savent o elle les conduira4 ,les arts antiques conservent un talon auquel ils peuvent recourir1 car pour eux la forme domine le raisonnement2 les arts du moyen ge n'ont d'autre guide qu'un principe abstrait auquel ils soumettent la forme2 cela nous explique comment1 dans un espace de temps trs-court1 des raisonnements justes1 le savoir1 l'exprience1 peuvent aboutir l'absurde1 si une socit n'est pas rgle par le got 7voy4 ,,go,t74 ,on voudra bien nous pardonner cette digression propos de chapiteaux2 mais c'est que1 dans l'architecture ogivale1 ce membre est d'une grande importance2 il est comme la mesure servant reconnatre les doses de science et d'art qui entrent dans les combinaisons architectoniques2 il permet de prciser les dates1 de constater l'influence de telle cole1 ou mme de tel monument2 il est comme la pierre de touche de l'intelligence des constructeurs1 car1 jusque vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 le chapiteau est non-seulement un support1 mais aussi le point sur lequel s'quilibrent et se neutralisent les pressions et pousses des constructions ogivales 7voy4 ,,construction74 ,l'histoire que nous avons trace1 de la transition entre le chapiteau roman et le chapiteau appartenant dfinitivement l're ogivale1 devait tre trop succincte pour que nous n'ayons pas t forcs de ngliger de nombreux dtails4 ,du jour o chaque colonne ou colonnette porte son chapiteau propre1 ce n'est plus qu'une question de dcoration4 ,mais cette question a sa valeur1 et nous devons la traiter4 ,elle ne peut cependant tre spare de la forme et des dispositions donnes aux tailloirs4 ,vers le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 lorsque1 dans l'le de ,france1 la ,champagne et la ,picardie1 les architectes s'efforaient de tracer les tailloirs des chapiteaux suivant des figures qui inscrivaient mthodiquement les lits des sommiers des arcs1 en ,normandie on tranchait brusquement la difficult2 au lieu de formes anguleuses1 on donnait aux tailloirs la figure d'un cercle sur lequel venaient s'asseoir les arcs avec leurs divers membres4 ,l'architecture en ,normandie et en ,angleterre a cela de particulier1 cette poque1 qu'elle emploie des moyens que nous pourrions appeler mcaniques dans l'excution des dtails4 ,ainsi se rvlait dj l'esprit pratique de ce peuple plus industrieux que raisonneur4 ,cette observation s'applique galement la sculpture qui1 en ,angleterre et en ,normandie1 partir du ,x,i,i,ie sicle devient d'une monotonie insupportable2 on y sent le travail manuel1 mais point l'empreinte de l'imagination de l'artiste4 ,nous reviendrons sur ce fait4 ,les raisons qui font donner au chapiteau telle ou telle forme1 qui l'influent sur le trac du tailloir tant connues d'une faon sommaire1 on remarquera que1 pendant la seconde moiti du ,x,i,ie sicle1 l'ornementation tend de plus en plus prendre une fonction utile4 ,les retroussis ou crochets qui sont destins soutenir les angles du tailloir deviennent plus volumineux1 plus solidement greffs sur la corbeille 7voy4 fig4 #ba72 cependant la saillie de ces crochets ne dpasse pas l'angle du carr du tailloir tenant au chapiteau3 c'est--dire que ,a tant le sommet de l'angle de la tablette du tailloir tenant au chapiteau1 le crochet sera pris dans l'pannelage ,b ,c ,d ,e 7#cg74 ,on ne trouve que bien peu d'exceptions cette rgle jusqu'au moment o les tailloirs commencent tre tracs sur des polygones1 vers #abcj4 ,au contraire1 partir de ce moment1 les crochets dbordent plus ou moins les angles de la tablette suprieure du chapiteau1 et il est certaines provinces1 par exemple1 o ils sortent de sa corbeille comme des vgtations vigoureuses1 pour s'panouir en dehors de l'aplomb des moulures les plus saillantes des tailloirs4 ,cette premire observation faite sur le plus ou le moins d'tendue que prend la sculpture dans les chapiteaux1 il en est une autre1 non moins importante1 c'est celle relative au caractre mme de cette sculpture4 ,pendant la priode romane1 la dcoration des chapiteaux suit des traditions1 rpte ou arrange certains ornements pris soit l'antiquit1 soit aux meubles1 aux bijoux1 aux toffes venus de ,lombardie ou d',orient1 tout en s'appropriant ces ornements et leur donnant une allure franaise1 bourguignonne1 normande1 champenoise1 poitevine1 etc42 cependant on voit bien qu'il y a l l'interprtation d'un autre art4 ,ce sont des plantes acclimates1 modifies par la culture locale1 mais ce ne sont pas des plantes indignes4 ,vers la fin du ,x,i,ie sicle1 c'est tout autre chose2 une nouvelle plante nat sur le sol mme et finit par touffer celle qui tait exotique4 ,on voit1 vers le milieu du ,x,i,ie sicle1 percer autour de la corbeille du chapiteau certains bourgeons peu dvelopps d'abord1 qui se mlent aux entrelacs romans1 leurs feuilles1 leurs animaux fantastiques4 ,peu peu ces bourgeons s'tendent1 ils s'ouvrent en folioles grasses1 encore molles de duvet2 les tiges charnues1 tendres1 ont cette apparence vigoureuse des jeunes pousses4 ,mais dj cette premire vgtation a expuls les enroulements perls et la feuille anguleuse1 dcoupe1 du commencement du ,x,i,ie sicle2 elle est luxuriante1 quoique encore chiffonne et replie sur elle-mme comme le sont les premires feuilles qui crvent leur enveloppe4 ,entre ces feuilles replies1 on aperoit les boutons des fleurs4 ,dj les tiges deviennent plus nerves1 elles accusent des angles dans leur section4 ,mais1 chose singulire1 il ne faut pas croire que cette floraison de l'ornementation des chapiteaux1 au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 imite la floraison de telle ou telle plante2 non1 c'est une sorte de flore de convention qui ressemble la flore naturelle et procde comme elle1 mais laquelle on ne pourrait donner un nom d'espce4 ,les beaux exemples de ce printemps de la sculpture franaise d'ornement sont innombrables2 nous en choisirons un parmi les chapiteaux si remarquablement excuts du choeur de l'glise abbatiale de ,vzelay 7#ch74 ,malheureusement la gravure ne peut donner l'ide de l'extrme finesse de model de ces feuilles replies1 qui ont toute la grasse souplesse et la puret de contours des bourgeons qui s'panouissent4 ,jamais la sculpture d'ornement n'avait atteint ce degr de perfection dans l'excution1 avec une entente aussi complte de l'effet des masses4 ,en ,bourgogne et dans le ,nivernais1 ce commencement de vgtation est abondant2 puissant2 il se dveloppe dans le mme sens4 ,dans l',ie de ,france1 et en ,champagne surtout1 il est plus dlicat2 la plante est moins vigoureuse1 son dveloppement est aussi plus maigre4 ,ces observations pourront paratre tranges2 elles sont cependant tablies sur des faits tellement nombreux1 que chacun peut vrifier dans tous les monuments de la priode ogivale1 qu'on ne saurait en contester la ralit 7voy4 ,,flore74 ,mais en mme temps que se dveloppait cette sorte de vgtation de pierre1 l'esprit des matres1 comme nous l'avons vu1 ne restait pas inactif4 ,la corbeille#chg du chapiteau roman tait forme par la pntration d'un cne dans un cube4 ,en voulant donner plus de souplesse la sculpture1 et plus de grce au chapiteau1 on avait successivement1 pendant la seconde moiti du ,x,i,ie sicle1 supprim le cube et creus le cne4 ,mais le solide qui servait de transition entre le cylindre de la colonne et le carr du tailloir ne pouvait tre gomtriquement trac2 c'tait un solide dont la forme n'tait pas dfinie d'une faon rigoureuse1 et qu'on laissait chaque sculpteur la facult de tailler son gr4 ,il en rsultait que les chapiteaux analogues d'un mme difice prsentaient souvent des galbes trs-diffrents4 ,cela ne devait point satisfaire les architectes du ,x,i,i,ie sicle1 qui tendaient chaque jour davantage ne rien laisser au hasard et qui procdaient mthodiquement4 ,on arriva donc adopter pour les chapiteaux une corbeille indpendante du tailloir1 et ne venant plus s'y relier tant bien que mal1 comme on le voit dans la fig4 #ch1 par des surfaces gauches4 ,en cela1 on se rapprochait de l'ordonnance du chapiteau corinthien antique4 ,mais1 dans le chapiteau corinthien antique1 le diamtre suprieur de la corbeille n'excde pas les cts curvilignes du tailloir1 et le tailloir n'est qu'une tablette horizontale par dessous1 dont les angles saillants ne sont soutenus que par les volutes jour qui terminent les caulicoles4 ,cela n'avait nul inconvnient1 parce que les angles du chapiteau corinthien antique n'avaient rien porter1 et qu'on ne craignait pas1 par consquent1 qu'une charge suprieure les ft casser4 ,mais toute autre est la fonction du chapiteau du ,x,i,i,ie sicle2 les angles de son tailloir sont utiles1 ils reoivent la charge considrable des sommiers des arcs2 il tait donc important de leur donner la plus grande solidit4 ,nous avons vu qu' ,saint-,leu d',esserent 7voy4 fig4 #ba71 ds les dernires annes du ,x,i,ie sicle1 on avait adopt une corbeille circulaire dont le bord suprieur n'excdait pas les cts du tailloir1 et que les angles en porte--faux de ce tailloir n'taient supports que par des crochets auxquels on avait d 7 cause de ce porte--faux7 donner un volume exagr4 ,lorsqu'on voulut que les chapiteaux prissent un galbe plus lgant1 une apparence moins crase1 et qu'on sculpta des crochets d'angles plus fins1 il fallut suppler au manque de force qui en tait la consquence par un plus grand dveloppement donn la corbeille2 on traa donc le bord suprieur de celle-ci de faon le faire dborder les cts du carr du tailloir1 ainsi que l'indique la fig4 #ci4 ,il ne restait plus alors en porte--faux que les petits triangles ,a facilement soutenus par les crochets d'angles4 ,ces petits triangles mme ne furent pas laisss plats1 mais vinrent pntrer le revers des crochets d'angles et le bord suprieur de la corbeille par un biseau qui vita toute surface horizontale1 toute maigreur1 tout porte--faux si minime qu'il ft4 ,le trac ,b explique cet arrangement de l'angle du tailloir sur le crochet destin le supporter4 ,on conviendra que si le hasard a seul inspir les architectes du ,x,i,i,ie sicle1 ainsi qu'on l'a quelquefois1 prtendu1 ceux-ci ont eu un rare bonheur2 le hasard et t cette fois bien prvoyant et subtil4 ,ces transformations1 ces perfectionnements s'enchanent si rapidement1 qu'il faut une grande attention pour en suivre toutes les phases4 ,la corbeille dbordant les cts du tailloir carr restait fort en vue2 on dcora son bord suprieur par un profil simple 7#dj71 ou mme quelquefois par un profil orn de sculpture 7#da74 ,en ,bourgogne1 les tailloirs des chapiteaux sont trs-dvelopps par rapport au diamtre de la colonne1 parce que dans cette contre la pierre1 tant forte1 permettait de mettre en oeuvre des colonnes minces comparativement aux sommiers qu'elles avaient supporter2 aussi la corbeille s'vase-t-elle d'autant plus que le tailloir prend plus d'importance4 ,en ,champagne et en ,picardie1 au contraire1 o la pierre n'a pas une trs-grande rsistance1 les chapiteaux ne portent pas une grande saillie1 et leurs corbeilles1 par consquent1 ne sont pas trs-vases2 les crochets se serrent contre elle et ne se projettent que peu en dehors de son bord suprieur4 ,pendant que se produisaient ces diverses modifications dans la forme et la dcoration des chapiteaux1 les archivoltes1 arcs doubleaux et arcs ogives changeaient leurs profils2 au lieu d'tre pris dans un pannelage rectangulaire dont les faces taient parallles aux faces des tailloirs carrs1 on commenait les tailler suivant un pannelage pans abattus ou anguleux4 ,les cornes du tailloir carr excdaient alors inutilement les lits infrieurs des sommiers des arcs2 on les abattit et on donna ces tailloirs des formes polygonales1 ou on les posa diagonalement4 ,la corbeille alors n'eut plus besoin de prendre autant d'vasement2 son bord suprieur fut seulement assez saillant pour inscrire peu prs exactement les angles du polygone du tailloir1 ainsi que l'indique la fig4 #db4 ,cependant on n'adopta pas sans transition le tailloir polygonal pour les chapiteaux4 ,on commena par abattre les cornes du tailloir carr1 de manire former un octogone quatre grands et quatre petits cts1 et l'on maintint seulement quatre crochets sous les petits cts de l'octogone2 pour meubler la partie moyenne de la corbeille1 on posa un rang infrieur de feuilles ou crochets issant entre les tiges des crochets suprieurs l'aplomb des quatre grandes faces du tailloir octogonal4 ,le chapiteau que voici 7#dc71 l'un de ceux qui supportent les votes du rfectoire de ,saint-,martin-des-,champs ,paris 7#abbj environ71 explique ce premier pas vers le chapiteau tailloir octogonal du milieu du ,x,i,i,ie sicle4 ,la transition est vidente dans les exemples tirs de ,saint-,martin-des-,champs2 quelques-uns ont dj des corbeilles bord suprieur moulur1 comme l'indique la fig4 #dj2 d'autres1 comme celui donn fig4 #dc1 ont aussi une corbeille1 mais sans bord suprieur1 et dont la courbe vient se perdre sous le biseau du tailloir4 ,ds que la corbeille est bien distincte du tailloir1 son galbe est trac de faon prolonger peu prs jusqu'aux deux tiers de sa hauteur le ft de la colonne1 au-dessus de l'astragale2 tandis que1 pendant la priode romane1 et mme encore la fin du ,x,i,ie sicle1 la corbeille commence s'vaser tout de suite en sortant de l'astragale1 ou quelque peu au-dessus d'elle4 ,il faut observer mme1 qu'au commencement du ,x,i,i,ie sicle1 la corbeille du chapiteau est lgrement trangle au-dessus d'un filet qui surmonte l'astragale2 cette forme est indique dans le chapiteau qu'on voit ici4 ,dans la fig4 #ch1 nous avons laiss les crochets et folioles qui entourent la corbeille du chapiteau l'tat de bourgeons peine dvelopps2 nous les trouvons panouis vers #abbj2 les feuilles sont ouvertes la base du crochet 7voy4 fig4 #dc72 celui-ci est plus refouill1 plus dgag1 les boutons de fleurs ne sont plus envelopps dans le paquet de feuilles1 ils poussent de leur ct4 ,la sculpture conserve encore cependant quelque chose de monumental1 de symtrique1 de conventionnel qui n'exclut pas la souplesse1 non cette souplesse molle de la jeune pousse1 mais la souplesse vigoureuse1 puissante de la vgtation qui arrive son dveloppement et peut braver les intempries4 ,si nous ne consultions que notre got particulier1 nous dirions que c'est l le point o la sculpture et d s'arrter4 ,car1 malgr leur exubrance de vgtation1 ces magnifiques chapiteaux du rfectoire de ,saint-,martin-des-,champs conservent un caractre de force1 de rsistance qui est en rapport avec leur fonction4 ,ce sont1 en mme temps1 et de riches couronnements de colonnes1 et des encorbellements dont la forme nergique est en rapport avec la charge norme qui s'appuie sur leur tte4 ,l'oeil est la fois rassur et charm4 ,mais l'ornementation de l'poque ogivale ne pouvait s'arrter en chemin1 pas plus que le systme gnral de l'architecture4 ,chaque jour les membres des moulures des arcs tendaient se diviser2 on excluait les plans planes1 et on les remplaait par des tores1 des boudins nervs1 spars par de profondes gorges4 ,les chapiteaux qui portaient ces nerfs dlis devaient subir de nouvelles transformations4 ,d'abord ces larges feuilles si monumentales parurent lourdes2 on alla chercher dans les forts des feuillages plus lgers1 plus dcoups2 les crochets perdirent peu peu leur forme primitive de bourgeons pour n'tre plus que des runions de feuilles dveloppes se recourbant l'extrmit de la tige4 ,ces transitions sont si rapides qu'il faut les saisir au passage2 d'une anne l'autre1 pour ainsi dire1 les changements se font sentir4 ,dans la cathdrale de ,nevers1 monument qu'on ne saurait tudier avec trop de soin1 cause des curieuses modifications qu'il a subies1 on voit encore1 dans la nef1 un triforium qui date de #abcj environ4 ,les chapiteaux de ce triforium sont excuts par d'habiles sculpteurs1 et ils prsentent les dernires traces de l'ornementation plantureuse1 grasse du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 avec une tendance marque vers l'imitation de la nature4 ,nous donnons l'un de ces chapiteaux 7#dd74 ,ses feuilles1 bien qu'elles ne soient pas encore scrupuleusement reproduites d'aprs la flore1 rappellent cependant dj les feuilles des arbres forestiers de la ,france2 cela peut passer pour du poirier sauvage4 ,la grosse tige du crochet est encore apparente derrire la branche de feuillage4 ,les ttes des crochets ne sont plus des bourgeons1 mais se dveloppent4 ,le tailloir est un polygone irrgulier2 c'est un carr dont les angles ont t abattus2 ce chapiteau conserve encore ses quatre crochets primitifs sous les petits cts du polygone4 ,vers #abcj1 il s'opre un nouveau changement2 on pose un crochet sous chacun des angles du tailloir2 autant d'angles saillants1 autant de crochets1 ou1 pour mieux dire1 de supports2 cela tait logique4 ,mais alors aussi les crochets1 se trouvant plus nombreux autour de la corbeille1 diminuent de volume1 deviennent moins puissants4 ,quand les chapiteaux taient d'un fort diamtre1 il fallut occuper l'intervalle laiss entre ces crochets par des feuillages multiplis 7voy4 fig4 #cb et #cc72 lorsqu'ils taient fins1 poss sur des colonnettes grles1 on se contenta d'un crochet sous chaque angle du tailloir1 d'abord avec une feuille en premier rang entre eux1 puis1 plus tard1 vers #abdj1 la feuille fut remplace par un crochet4 ,ce fait est remarquable dans les chapiteaux des meneaux des fentres1 et peut servir reconnatre leur date4 ,nous devons ce sujet entrer dans quelques explications4 ,tant que les meneaux ne se composrent que d'un boudin avec deux biseaux1 l'aspect de force que prsentait ce genre de moulure exigeait que les chapiteaux portant les compartiments suprieurs conservassent eux-mmes une apparence de rsistance4 ,d'un autre ct1 le chapiteau adapt aux meneaux se trouvait en dehors de la rgle commune impose par le systme ogival2 il ne portait rien1 puisque la moulure suprieure au chapiteau est identiquement semblable la colonnette infrieure 7voy4 ,,meneau74 ,cela embarrassa fort des architectes habitus donner une fonction chaque membre de l'architecture1 si peu important qu'il ft4 ,la raison et indiqu de ne pas mettre de chapiteaux aux meneaux1 mais cela et t d'un aspect mou1 dsagrable2 d'ailleurs le chapiteaux du meneau se trouvait l'extrmit d'une colonnette pose en dlit1 servait d'assiette aux compartiments suprieurs1 et de point de scellement pour la barre en fer transversale qui est toujours pose la naissance des courbes4 ,admettant donc le chapiteau comme ncessaire sur ce point1 on lui donna d'abord un tailloir carr suivant l'usage admis 7#de71 comme dans les meneaux des fentres suprieures de la cathdrale de ,paris 7#abbe #abcj71 et un seul rang de crochets soutenant les angles de ce tailloir2 mais les deux angles ,a ne portaient rien1 n'avaient aucune raison d'exister2 on changea de systme4 ,ce chapiteau des colonnettes des meneaux tait une bague1 non point un support2 on le reconnut promptement2 on supprima le tailloir carr1 qui fut remplac par un tailloir circulaire 7vers #abce72 on maintint la corbeille saillante sous ce tailloir1 l'astragale1 et un rang de crochets comme ornement 7#df74 ,des rationalistes du temps allrent mme jusqu' supprimer les crochets et se contentrent de la bague1 qui seule marquait la transition entre les verticales et les courbes des meneaux4 ,on peut voir de ces chapiteaux de meneaux tailloirs circulaires aux fentres de la ,sainte-,chapelle de ,paris1 des chapelles absidales de la cathdrale d',amiens1 des chapelles de la nef de la cathdrale de ,paris 7#abdj environ74 ,la section horizontale des meneaux commenait alors donner1 non plus seulement une ou trois colonnettes avec deux biseaux1 mais des moulures plus compliques2 cela tait motiv par des raisons que nous n'avons pas examiner ici 7voy4 ,,meneau74 ,la multiplicit de ces nerfs verticaux1 les ombres qu'ils projetaient absorbaient le chapiteau dont la dcoration simple ne pouvait lutter avec ces effets de lumire et d'ombre2 il fallut orner davantage la corbeille du chapiteau2 on ajouta au-dessous des crochets un rang de feuilles qui pousaient la forme de la corbeille leur naissance et s'en dtachaient leur extrmit suprieure2 puis bientt ces feuilles elles-mmes ne parurent pas prendre assez d'importance1 et on les remplaa par une premire range de crochets panouis 7#abde #abej7 7#df bis1 ,a et ,b74 ,le chapiteau du meneau1 par le relief de son ornementation1 put ainsi arrter le regard proccup de la multiplicit des ombres verticales4 ,c'est ainsi que peu peu la sculpture devenait plus dtaille1 plus complique1 mesure que les membres de l'architecture se subdivisaient2 les matres1 en restant esclaves d'un principe1 perdaient de vue l'effet gnral4 ,une moulure de plus ajoute un arc1 des meneaux1 les obligeait changer l'chelle de tous les dtails de la sculpture4 ,dans certaines provinces mme1 de #abce #abde1 en ,champagne et en ,normandie1 on ne considra le chapiteau des meneaux que comme un simple ornement destin marquer le point de dpart des courbes2 on supprima quelquefois le tailloir qui prsentait une saillie1 un encorbellement1 l'assiette d'un corps plus large que le ft de la colonnette2 les crochets ou feuillages vinrent seuls arrter l'extrmit des colonnettes des meneaux4 ,voici un exemple de ce dernier parti1 tir des fentres suprieures de la nef de la cathdrale d'vreux 7#abdj environ7 7#dg74 ,afin de produire plus d'effet1 ces chapiteaux sont peints l'intrieur2 la corbeille 7si on peut donner ce nom ce qui n'est que la continuation du ft de la colonnette7 reste couleur de pierre1 les feuilles suprieures sont vert-olive bordes de noir et doubles de pourpre sombre2 celles infrieures sont blanches bordes1 cteles de noir et doubles aussi de pourpre2 l'astragale est vermillon4 ,en ,champagne1 les meneaux des fentres suprieures de la nef de la cathdrale de ,chlons-sur-,marne 7mme date7 ont aussi des chapiteaux sans tailloirs4 ,comme nous l'avons dit dj souvent1 les matres voulaient sans cesse perfectionner1 donner plus d'unit l'architecture4 ,les tailloirs circulaires avaient1 au milieu des aiguits voisines1 un aspect mou1 indcis qui ne pouvait les satisfaire2 ils voulurent leur trouver des angles1 mais ne pas cependant tomber dans le dfaut reconnu au tailloir carr 7voy4 fig4 #de74 ,ils adoptrent frquemment le parti dont nous donnons un exemple 7#dh72 c'est--dire qu'ils posrent le tailloir en angle saillant sur la face1 comme l'indique la section horizontale ,a1 ayant le soin de ne pas faire dborder ce tailloir et les ornements de la corbeille en dehors de l'pannelage du meneau1 pour viter les dchets ou videment de pierre sur toute sa longueur2 prcaution d'appareilleur qui n'avait pas toujours t prise par les architectes de la premire moiti du ,x,i,i,ie sicle4 ,cette position donne au tailloir du chapiteau n'est pas seulement rserve aux colonnettes des meneaux1 elle est encore adopte1 ds #abdj #abde1 pour les chapiteaux d'arcs doubleaux dont les membres de moulures1 comme la ,sainte-,chapelle du ,palais1 par exemple1 s'inscrivent dans un angle droit prsentant son sommet l'intrados4 ,plus tard1 vers la fin du ,x,i,i,ie sicle et le commencement du ,x,i,ve1 l'angle droit prsentant son aiguit sur la face du tailloir du chapiteau des meneaux parut trop vif1 trop saillant1 trop important1 donnant une ombre trop prononce2 en conservant le principe de l'angle sur la face1 on traa le tailloir des chapiteaux de meneaux suivant un hexagone rgulier4 ,nous prsentons 7voy4 #dh bis7 un chapiteau des montants simples appartenant aux fentres des chapelles absidales de ,notre-,dame de ,paris2 son tailloir1 ainsi que l'indique la section horizontale ,a1 est un hexagone4 ,le ft de la colonnette se prolonge jusque sous le bord suprieur de la corbeille1 ce qui est encore un des caractres particuliers aux chapiteaux de la fin du ,x,i,i,ie sicle2 cette corbeille est dcore de bouquets de feuilles empruntes la flore indigne1 le crochet a disparu4 ,ces chapiteaux datent des premires annes du ,x,i,ve sicle2 ils sont peints l'intrieur2 la corbeille est rouge1 les feuilles or1 ainsi que le bord suprieur de la corbeille1 l'astragale pourpre1 la gorge du tailloir bleu verdtre1 son filet est pourpre et son tore dor4 ,c'est vers #abdj que les feuilles dcoratives des chapiteaux s'panouissent compltement1 et qu'au lieu d'tre copies sur des plantes grasses1 des herbaces1 elles sont de prfrence cueillies sur les arbres haute tige1 le chne1 l'rable1 le poirier1 le figuier1 le htre1 ou sur des plantes vivaces1 comme le houx1 le lierre1 la vigne1 l'glantier1 le framboisier4 ,l'imitation de la nature est dj parfaite1 recherche mme1 ainsi que le fait voir un des chapiteaux de l'arcature de la ,sainte-,chapelle haute de ,paris 7#di74 ,on trouve encore1 dans cet exemple1 le crochet du commencement du ,x,i,i,ie sicle2 mais sa tte n'a plus rien du bourgeon1 c'est un bouquet de feuilles2 sur la corbeille dj serpentent des tigettes2 la feuille ne tient plus l'architecture1 elle est indpendante2 c'est comme un ornement attach autour de la corbeille4 ,on comprendra tout le parti que des mains aussi habiles que celles des sculpteurs de cette poque pouvaient tirer de ce systme de dcoration2 et1 en effet1 une quantit innombrable de ces chapiteaux du milieu du ,x,i,i,ie sicle sont1 comme excution et comme composition gracieuse1 des oeuvres charmantes4 ,les ensembles architectoniques perdent de leur grandeur cependant du jour o la sculpture commence s'attacher plutt l'imitation de la nature qu' satisfaire aux donnes gnrales de l'art4 ,les chapiteaux de cette poque deviennent dj confus2 mais la corbeille bien visible1 bien galbe1 et le tailloir encore largement profil 7dans l'le de ,france surtout7 soutiennent les membres suprieurs que les chapiteaux sont destins porter4 ,en ,champagne1 la dcadence se fait sentir plus tt2 ds #abdj1 les tailloirs des chapiteaux deviennent d'une excessive maigreur2 les bouquets de feuilles1 plus nombreux1 plus serrs1 plus dcoups1 apportent une extrme confusion dans ces parties importantes de la dcoration des difices4 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 le chapiteau n'existe dj plus que comme ornement1 il n'a plus de fonction utile2 les piles se sont divises en faisceaux de colonnettes en nombre gal1 au moins1 au nombre des arcs2 la forme d'encorbellement donne aux chapiteaux du commencement de ce sicle n'avait plus de raison d'tre2 ils perdent de leur saillie et de leur hauteur2 sculpts dsormais dans une seule assise1 le tailloir compris1 pour les colonnettes de diamtres diffrents1 ils ne forment plus gure qu'une sorte de guirlande de feuillages la naissance des arcs4 ,la trace des crochets ou des bouquets se fait longtemps sentir cependant1 mais ceux-ci sont tellement serrs1 leurs intervalles si bien bourrs de feuillages et de tiges1 qu' peine si l'on souponne la corbeille4 ,non contents d'avoir apport la confusion dans ces belles compositions du commencement du ,x,i,i,ie sicle1 les sculpteurs se plaisent chiffonner leurs feuillages1 les contourner et en exagrer le model4 ,de cette recherche et de cet oubli de l'effet d'ensemble dans l'excution des dtails1 il rsulte une monotonie qui fatigue1 et autant on aime voir1 tudier ces larges et plantureux chapiteaux primitifs de l're ogivale1 autant il faut de courage1 nous dirons1 pour chercher dmler ces fouillis de feuillages dont les artistes de la fin du ,x,i,i,ie sicle garnissent les corbeilles de leurs chapiteaux4 ,il faut cependant les connatre1 car rien ne doit tre nglig dans l'tude d'un art2 on n'arrive en comprendre les beauts qu'aprs en avoir signal les dfauts et les abus1 lorsque ces dfauts et ces abus ne sont que l'exagration d'un principe pouss aux dernires limites4 ,nous ne fatiguerons pas nos lecteurs en multipliant les exemples2 ce serait inutile d'ailleurs1 car s'il y a1 dans les dtails des chapiteaux de la fin du ,x,i,i,ie sicle et du commencement du ,x,i,ve1 une grande varit1 ils ont une uniformit d'aspect qui doit nous dispenser d'en donner un grand nombre de copies4 ,il n'est pas possible d'admettre qu' la fin du ,x,i,ie sicle et jusqu' la moiti du ,x,i,i,ie les architectes ne se soient proccups de la composition et de la dcoration des chapiteaux4 ,ce membre de l'architecture tenait trop alors la construction2 il avait1 au point de vue de la solidit et de la rpartition des forces1 une trop srieuse importance1 pour que l'architecte n'impost pas1 non-seulement sa forme gnrale1 son galbe1 mais encore la disposition de ses dtails4 ,l'architecte crait alors une architecture2 tous les divers ouvriers qui concouraient l'oeuvre n'taient que des mains travaillant sous l'inspiration d'une intelligence qui savait seule quel rsultat devaient tendre ces efforts isols4 la fin du ,x,i,i,ie sicle1 il n'en tait plus ainsi2 l'architecture tait cre2 le matre de l'oeuvre pouvait dsormais se reposer sur les appareilleurs et les sculpteurs pour excuter des conceptions qui ne sortaient jamais d'une loi fixe4 ,un sommier d'arcs donn exigeait une pile trace d'une certaine manire1 des chapiteaux de telle forme1 l'assise portant ces chapiteaux tait livre au sculpteur1 et celui-ci1 trouvant les angles du tailloir et les astragales taills qui indiquaient les sommiers des arcs et la section de la pile1 n'avait rien demander2 il pouvait travailler son oeuvre personnelle en toute assurance2 il s'y complaisait1 ne se proccupait gure1 au fond de son atelier1 de la place assigne ce bloc de pierre1 et souvent sculptait des feuillages dlicats autour de chapiteaux destins une grande hauteur1 des ornements larges autour de ceux qui devaient tre placs prs de l'oeil4 ,ainsi l'excs de la mthode1 le prvu en toute chose amenait la confusion dans l'excution des dtails4 ,nous choisirons donc parmi les chapiteaux de cette priode de l'art ogival ceux qui paraissent avoir t plus judicieusement sculpts pour la place qu'ils occupent et l'apparence de fonction qu'ils remplissent encore4 ,la fig4 #ej donne un chapiteau du triforium de la cathdrale de ,limoges 7dernires annes du ,x,i,i,ie sicle74 ,ce chapiteau ne porte rien2 il n'est qu'un ornement1 car les profils de l'arcature poss sur les tailloirs sont exactement ceux de la pile4 ,on voit avec quelle finesse sont rendus et exagrs mme les moindres dtails des feuilles2 ici plus de crochets1 mais toujours deux rangs de feuillages2 quant la corbeille1 son bord est perdu sous la couronne suprieure4 ,il faut dire en passant que cette sculpture est excute dans du granit2 ainsi1 cette poque1 l'architecture adopte est tellement imprieuse1 faite1 qu'elle ne tient plus compte de la nature des matriaux1 mme dans l'excution des dtails de la sculpture4 ,la fig4 #ea prsente un chapiteau de naissance d'arc ogive de la cathdrale de ,carcassonne 7commencement du ,x,i,ve sicle74 ,la sculpture en est large relativement celle de cette poque1 convenable pour la place1 l'chelle du monument2 on voit encore dans ce chapiteau une dernire intention de faire paratre la masse du crochet2 mais le dsir d'imiter la souplesse de la plante1 le ralisme enfin1 comme on dit aujourd'hui1 domine l'artiste et lui fait perdre de vue l'effet monumental4 distance1 ce chapiteau1 malgr les qualits qui distinguent sa sculpture1 ne produit que confusion1 et c'est1 parmi les bons1 un des meilleurs4 la fin du ,x,i,ve sicle1 les chapiteaux prennent1 dans les monuments1 si peu d'importance1 qu' peine on les distingue4 ,alors toute ligne horizontale1 toute sculpture qui arrtait le regard et l'empchait de suivre sans interruption les lignes verticales de l'architecture1 gnaient videmment les matres2 pour dissimuler l'importance dj si minime des chapiteaux1 les architectes rduisent le tailloir un filet ou un boudin trs-fin masqu par la saillie des feuillages2 si ce tailloir existe encore1 on le souponne peine2 il n'est plus qu'un guide pour le sculpteur1 une assiette1 pour qu'en posant le sommier1 on ne brise pas les sculptures4 ,vers le milieu du ,x,ve sicle1 on supprime gnralement le chapiteau1 qui ne reparat qu'au commencement de la renaissance1 en cherchant se rapprocher des formes antiques4 ,si1 par exception1 le chapiteau existe encore de #adjj #adhj1 il est bas1 dcor de feuillages trs-dcoups1 de chardons1 de ronces1 de passiflores2 son astragale est lourde1 paisse1 et son tailloir maigre4 ,ce dernier chapiteau n'est plus rellement qu'une bague4 ,parfois aussi1 dans les difices du ,x,ve sicle1 on rencontre des chapiteaux figures1 mais qui sont plutt des caricatures ou des reprsentations de fabliaux en vogue que des lgendes sacres4 ,nous avons dit un mot des chapiteaux normands du ,x,i,i,ie sicle1 lorsque l'architecture de cette province cesse d'tre une copie de l'architecture franaise du rgne de ,philippe-,auguste4 ,au moment o les architectes de l'le de ,france1 de la ,champagne1 de la ,picardie et de la ,bourgogne abandonnent le tailloir carr pour adopter les formes polygonales se pntrant en raison de la disposition des arcs des votes1 et afin d'viter les angles saillants et les surfaces horizontales inutiles1 les appareilleurs normands ne prennent pas tant de soin2 ils vitent ces tracs compliqus et qui ne pouvaient tre arrts que lorsque les lits des sommiers1 et par consquent la place1 la forme et la direction des arcs1 taient connus2 ils prennent un parti qui supprime les combinaisons gomtriques rectilignes1 et donnent1 vers #abcj1 aux tailloirs des chapiteaux1 la forme circulaire toutes les fois que la disposition des piles le leur permet1 et surtout 7cela va sans dire7 lorsque ces piles sont monocylindriques4 ,les cathdrales de ,coutances1 de ,bayeux1 de ,dol1 du ,mans1 de ,sez1 l'glise d',eu nous donnent de nombreux exemples de ces chapiteaux tailloirs en forme de disque4 ,ce qu'ils font pour les chapiteaux1 ils le font galement pour les bases 7voy4 ,,base74 ,voici 7#eb7 un chapiteau en deux assises d'une des piles de la nef de la cathdrale de ,sez1 construite vers cette poque 7#abcj71 et 7#ec7 un chapiteau d'une des colonnettes de l'arcature intrieure de la mme glise appartenant aux mmes constructions4 ,dj1 dans le gros chapiteau1 les feuilles sont sculptes d'une faon sche et manire1 qui est bien loigne de la souplesse des ornements du mme genre appartenant l'le de ,france ou la ,bourgogne4 ,il y a quelque chose d'uniforme dans le faire et la composition de cette sculpture1 une grande pauvret d'invention et le dsir de produire de l'effet par la multiplicit des dtails et la recherche de l'excution4 ,ce dfaut est plus sensible encore dans les difices anglais de cette poque4 ,il faut dire aussi que les sommiers des arcs paraissent mal soutenus par ces tailloirs circulaires qui n'indiquent plus1 comme les faces anguleuses du tailloir du chapiteau franais1 l'assiette de chacun des arcs1 et leur direction4 ,dans le choeur de la cathdrale du ,mans1 on trouve cependant des chapiteaux tailloirs circulaires dont les rangs de crochets sont fort beaux4 ,mais1 au ,mans1 la sculpture n'est pas normande2 elle tient plutt l'cole des bords de la ,loire et du pays chartrain4 ,les exemples donns plus haut sont pris sur des chapiteaux ayant pour fonction de porter des arcs de vote4 ,les architectes du moyen ge n'employaient pas seulement la colonne pour soutenir des votes2 ils s'en servaient aussi comme de supports destins soulager des poitraux de maisons1 des matresses poutres de planchers4 ,dans ce cas1 il tait ncessaire que le chapiteau ft trs-vas ou trs-saillant dans le sens de la porte1 tandis que1 dans l'autre sens1 il n'tait pas ncessaire qu'il prt une largeur plus forte que celle de la pice de bois supporte4 ,en d'autres termes1 le chapiteau n'tait plus qu'un double corbeau pos l'extrmit de la colonne1 comme on pose un chapeau avec ses liens la tte d'un poteau en bois1 lorsqu'il s'agit de soulager la porte d'une pice de charpente horizontale4 ,les habitations prives des ,x,i,ie1 ,x,i,i,ie1 ,x,i,ve et ,x,ve sicles nous ont conserv un grand nombre de ces sortes de chapiteaux corbeaux4 ,gnralement ils sont dpourvus d'ornements2 on en voit encore dans les maisons de ,dol en ,bretagne1 au mont ,saint-,michel-en-,mer1 en ,normandie et en ,picardie1 dans les contres enfin o le bois entrait pour beaucoup dans la construction des habitations prives4 ,voici 7#ed7 un de ces chapiteaux que nous avons pu dessiner1 il y a dj plusieurs annes1 dans une maison que l'on dmolissait ,gallardon1 prs de ,chartres2 il datait des premires annes du ,x,i,ve sicle4 ,l'assise superpose tait videmment destine porter une seconde colonne en pierre l'tage suprieur4 ,le chapiteau est si bien admis1 dans l'architecture civile1 comme un chapeau destin soulager les portes des poutres1 que nous en trouvons dans la cour de l',htel-,dieu de ,beaune 7,x,ve sicle71 qui1 reposant sur des fts huit pans1 se divisent la tte en trois corbeaux1 pour recevoir les poitraux de faade et la poutre transversale supportant les solives du portique 7#ee74 ,il n'est pas ncessaire1 nous le pensons1 de multiplier des exemples bass sur un principe aussi vrai4 ,avec les progrs de la renaissance du ,x,v,ie sicle disparaissent ces combinaisons ingnieuses et raisonnes toujours1 belles quelquefois4 ,les ordres antiques moduls d'une faon beaucoup plus rigoureuse que les anciens ne l'avaient fait1 prennent possession de l'architecture vers la fin du ,x,v,ie sicle1 aprs de longues luttes entre le bon sens des constructeurs et les formules de quelques thoriciens qui avaient pour eux tous les gens qui se piquaient de bon got4 ,les chapiteaux du commencement de la renaissance nous donnent encore un grand nombre de charmantes compositions1 dans lesquelles l'lment antique ne fait pas disparatre l'originalit native2 mais ces chapiteaux ne sont plus qu'une dcoration2 leur fonction1 comme support1 est supprime2 la plate-bande reparat avec l'entablement1 et le chapiteau1 pendant le cours du ,x,v,i,ie sicle1 n'est plus qu'une copie abtardie de la sculpture antique4 ,illustration3 ,fig4 #a4 ,illustration3 ,fig4 #b4 ,illustration3 ,fig4 #c4 ,illustration3 ,fig4 #d4 ,illustration3 ,fig4 #d bis4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,illustration3 ,fig4 #g4 ,illustration3 ,fig4 #h4 ,illustration3 ,fig4 #i4 ,illustration3 ,fig4 #aj4 ,illustration3 ,fig4 #aa4 ,illustration3 ,fig4 #ab4 ,illustration3 ,fig4 #ac4 ,illustration3 ,fig4 #ad4 ,illustration3 ,fig4 #ae4 ,illustration3 ,fig4 #af4 ,illustration3 ,fig4 #ag4 ,illustration3 ,fig4 #ah4 ,illustration3 ,fig4 #ai4 ,illustration3 ,fig4 #bj4 ,illustration3 ,fig4 #ba4 ,illustration3 ,fig4 #bb4 ,illustration3 ,fig4 #bc4 ,illustration3 ,fig4 #bd4 ,illustration3 ,fig4 #be4 ,illustration3 ,fig4 #bf4 ,illustration3 ,fig4 #bg4 ,illustration3 ,fig4 #bh4 ,illustration3 ,fig4 #bi4 ,illustration3 ,fig4 #cj4 ,illustration3 ,fig4 #ca4 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avec un soin extrme1 prsente une srie varie de compositions du meilleur style4 ,note #chc3 ,si des faits ne paraissent pas une preuve suffisante en faveur de notre opinion1 on peut consulter les ,rglements d'tienne ,boileau2 on y verra avec quelle sollicitude ils s'occupent de l'apprenti3 s'ils obligent celui-ci rester auprs de son patron1 ils veulent que le patron lui donne un travail assur4 ,un labeur constant entre les mains de jeunes gens devait naturellement amener des progrs rapides1 et il tait de l'intrt du patron de l'encourager4 ,note #chd3 ,cette partie du choeur de l'glise de ,smur en ,auxois dut tre construite de #abbj #abcj4 ,note #che3 ,nous parlons des piliers de la partie la plus ancienne de la nef avoisinant les transsepts ,note #chf3 ,par exception1 les quatre colonnes engages dans les piliers portent chacune un chapiteau au mme niveau1 les colonnettes suprieures reposant sur le chapiteau de la colonne engage du ct de la nef 7voy4 ,,cath,,drale1 fig4 #ad1 ,,pilier74 ,note #chg3 ,on dsigne par corbeille1 dans le chapiteau1 l'vasement qui sert de transition entre le ft et le tailloir1 vasement autour duquel vient se grouper la sculpture4 ,,fin ,,du ,,tome ,,second4 ,paris4--,imprim chez ,bonaventure et ,ducessois1 #ee1 quai des ,grands-,augustins4 ,,table ,,provisoire ,,des ,,mots ,,contenus ,,dans ,,le ,,tome ,,deuxi,,me ,a 7suite7 ,arts 7libraux7 ,assemblage ,assise ,astragale ,attributs ,aubier ,autel ,auvent ,avant-bec ,axe ,b ,badigeon ,bae1 ,be ,bague ,baguette ,bahut ,bains ,bain de ,mortier ,balcon ,balustrade ,banc ,bandeau ,barbacane ,bard ,bardeau ,barre1 ,barrire ,bart ,bas-ct ,base ,basilique ,bassye ,bas-relief ,bastarde ,bastide1 ,bastille ,bastion ,btons-rompus1 zigzags ,beffroi ,beffrois de charpente ,beffroi1 machine de guerre ,bnitier ,berceau ,besants ,bestiaires ,beton ,bibliothque ,bief ,bienfaiture ,billettes ,biseau ,blocage ,blochet ,boier ,bois ,boiserie ,bossage ,bossil ,boudin ,boulevard ,bourse ,boulon ,boutique ,boutisse ,bouton ,braie1 braye ,bretche ,bretture ,brique ,buffet 7d'orgues7 ,buize ,byzantin 7style71 byzantine 7architecture7 ,c ,cabaret ,cage ,calvaire ,caminade ,cannelure ,canton ,carreau ,carrelage ,carrire ,cathdrale ,cavalier ,cave ,cavel ,cne 7la7 ,cerpelire ,chaffaut ,chanage ,chane ,chane 7de pierre7 ,chaire prcher ,chaire 7sige piscopal7 ,chambre ,chancel ,chanfrein ,chantier ,chantignolle ,chape ,chapelle ,chapiteau ,,fin ,,de ,,la ,,table ,,provisoire ,,du ,,tome ,,deuxi,,me4