,,le ,fminisme ,franais ,,ii ,l'mancipation politique et familiale de la ,femme ,,par ,charles ,,turgeon ,professeur d'conomie politique la ,facult de ,droit de l',universit de ,rennes ,illustration ,,paris ,librairie de la ,socit du ,recueil gnral des ,lois et des ,arrts ,,fond ,,par ,j4-,e4 ,,sirey1 ,,et ,,du ,,journal ,,du ,,palais ,ancienne ,maison ,l4 ,,larose et ,,forcel #bb1 rue ,soufflot1 #e;e arrondt4 ,l4 ,,larose1 ,directeur de la ,librairie #aijb ,,avant-,,propos ,non content d'manciper et de grandir individuellement la femme en rclamant pour elle une plus large accession aux trsors de la connaissance humaine1 non content mme de l'manciper et de la grandir socialement en poursuivant son admission aux mtiers et aux professions du sexe masculin1 le fminisme entend qu'elle exerce une influence plus agissante et plus efficace sur les affaires de l'tat et sur la direction du foyer4 ,c'est ainsi que l'mancipation individuelle et sociale conduit logiquement l'mancipation politique et familiale4 ,devenue plus libre de s'instruire et de travailler1 pourvue d'une culture intellectuelle plus soigne1 investie de fonctions conomiques plus indpendantes et plus rmunratrices qui la rehausseront infiniment ses propres yeux et ceux des hommes1 il n'est pas possible que la femme ne cherche accrotre et tendre son action dans la double sphre du gouvernement civique et du gouvernement domestique4 ,la laisserons-nous faire8 ,ds maintenant1 ct de l'mancipation intellectuelle2 pdagogique1 conomique et sociale1 dont nous nous sommes occup dans nos premires tudes1 les femmes libres inscrivent au cahier de leurs revendications l'mancipation lectorale1 civile1 conjugale et maternelle2--et c'est1 conformment notre plan gnral#a1 l'ordre mme que nous suivrons en ce livre4 ,ds maintenant1 pour parler avec plus de clart1 le fminisme dnonce avec humeur3 #a l'ingalit lectorale qui accorde tout au citoyen et rien la citoyenne2 #b l'ingalit civile qui assujettit la capacit de la femme marie l'autorisation pralable du mari2 #c l'ingalit conjugale qui enchane dans les liens du mariage lgal l'pouse l'poux2 #d l'ingalit maternelle qui soumet les enfants la puissance du pre plus troitement qu' celle de la mre4 ,ds maintenant1 mme1 d'excellents esprits ne se font pas faute de dclarer que la condition de la femme dans la cit et dans la famille est susceptible1 en plus d'un point1 d'amlioration et de progrs4 ,devons-nous appuyer ou combattre ces nouveauts8 ,note #a3 ,voir nos premires tudes sur le fminisme3 l'mancipation individuelle et sociale de la femme1 pp4 #f et suiv4 ,c'est sur quoi nous nous expliquerons1 en cette seconde srie d'tudes qui complte et achve la premire1 avec le souci persvrant de subordonner le prjug la justice et de sparer1 d'un geste net et franc1 la mauvaise herbe du bon grain4 ,rennes1 #f juin #aija4 ,,livre ,i ,,mancipation ,,lectorale ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,pourquoi la femme serait-elle exclue des prrogatives de la puissance virile ,,sommaire ,i4--,,th,,orie ,,surann,e ,,de ,l',,office ,,viril4--,,ses ,,origines ,,et ,,ses ,,motifs4 ,,ii4--,,le ,t,,moignage ,,de ,,la ,,femme4--,,droit ,,ancien1 ,,droit ,,nouveau4 ,,iii4--,,la ,,femme ,,tutrice4--,,extension ,d,,sirable ,,de ,,sa ,,capacit ,,actuelle4 ,,iv4--,,droit ,,accord ,,aux ,,commer,,antes ,d',,lire ,,les ,,juges ,,des ,,tribunaux ,,de ,,commerce4--,,sa ,,raison ,d',,tre4 ,v4--,,droit ,,revendiqu ,,par ,,les ,,patronnes ,,et ,,les ,,ouvri,,res ,,de ,,participer ,a ,,la ,,formation ,,des ,,conseils ,,de ,,prud',,hommes4--,,scrupules ,,inadmissibles4 ,c'est un fait d'exprience que l'mancipation conomique entrane tt ou tard l'mancipation politique4 ,une fois en possession d'un rle social plus libre et plus actif1 la femme ne manquera point de rclamer sa part des prrogatives lectorales4 ,dj mme le fminisme la revendique pour elle4 ,a ses assises internationales de #aijj1 la ,gauche fministe1 excluant toute mesure transitoire susceptible d'affaiblir la porte de sa manifestation1 a vot1 par acclamation unanime1 la dclaration suivante3 ,le ,congrs met le voeu que les droits civils1 civiques et politiques soient gaux pour les deux sexes#b4 ,note #b3 ,congrs de la ,condition et des ,droits des ,femmes3 sance du samedi soir #h septembre #aijj4 ,point de doute que cette motion catgorique ne rende plus d'un esprit perplexe4 ,si vous rabaissez trop la condition des hommes1 diront les uns1 les hommes se marieront moins4--,si vous ne relevez pas la condition des femmes1 rpliqueront les autres1 les femmes ne se marieront plus4 ,qu'on se rassure3 hommes et femmes se marieront toujours4 ,ce n'est pas l'accession des femmes au droit de suffrage qui empchera le commerce des sexes d'tre la douce attraction que l'on sait4 ,la femme change en homme par la politique1 par l'instruction1 par la libert1 est une mtamorphose qu'il ne faut pas vouloir1 sans doute1 parce qu'elle serait monstrueuse1 mais dont il serait peu srieux de s'effrayer outre mesure1 parce qu'elle n'loignera jamais des fins suprmes de la nature qu'une minorit imprudente et dtraque4 ,il suffit donc de combattre la chimre et l'outrance1 pour empcher qu'elles n'entament et ne pervertissent la masse des honntes femmes4 ,c'est un devoir auquel nous ne manquerons point4 ,de l notre constante proccupation de sparer ce que nous tenons pour un droit1 de ce qui nous en parat l'excs ou l'abus4 ,cela fait1 l'extension des droits civiques au sexe fminin n'attentera point gravement aux grces souveraines de l'amour4 ,d'ailleurs1 si l'ingalit est la loi de la vie1 l'galit est le rve de l'humanit4 ,cet idal est noble et bon1 pourvu qu'il consiste1 non pas rabaisser ce qui est en haut1 mais bien lever ce qui est en bas2 car il nous permet alors1 sans niveler les supriorits minentes1 d'tablir entre les conditions1 entre les classes1 entre les sexes1 un certain quilibre d'estime et de justice1 qui empche les forts de grandir sans mesure et sans frein1 et les faibles de diminuer jusqu' l'effacement et de dcrotre jusqu'au nant4 ,nous aurions tort1 consquemment1 de nous pouvanter d'une volution lente1 mais continue1 qui tend introduire plus d'quit dans les relations civiles et politiques des hommes et des femmes4 ,et c'est retracer ce progrs ininterrompu des moeurs et des lois que nous allons premirement nous attacher4 ,i ,fidles l'esprit de l'ancien droit1 les auteurs du ,code ,napolon ont refus de faire participer la femme la puissance publique4 tait-ce de leur part mfiance instinctive ou pense de subordination mortifiante8 ,pas prcisment3 tmoin ce passage du ,discours prliminaire1 o ,portalis dclare contraire l'quit toute loi de succession qui rtablirait1 au profit des hritiers mles1 les anciens privilges de masculinit4 ,les rdacteurs du ,code civil n'taient donc pas si hostiles qu'on le croit l'ide de l'galit juridique des sexes4 ,mais ils n'admettaient point que la pudeur permt aux femmes de se mler la vie des hommes3 ,in coetibus hominum versari1 comme ,pothier disait autrefois4 ,ce n'est donc point dans un esprit d'exclusion jalouse et despotique1 mais par raison de convenance1 par dlicatesse1 en un mot1 par respect1 que nos aeux fermrent au sexe fminin l'accs des fonctions publiques1 conformment la vieille rgle romaine3 ,femin ab omnibus officiis civilibus et publicis remot sunt4 ,les rdacteurs du ,code civil ont t fministes leur manire4 ,mais vous pensez bien que ce n'est pas la bonne1--toute marque de dfrence tant considre aujourd'hui par les dames de la nouvelle cole comme un signe d'ingalit blessante4 ,qu' cela ne tienne6 diront les gens ports aux reprsailles1 enlevons nos gants et gardons notre chapeau6--,nous avons mieux faire4 ,outre qu'il serait affligeant de renoncer la politesse1 il nous parat opportun et juste de renoncer simplement la thorie suranne des offices virils4 ,nous entendons par l certaines prrogatives1 gnralement peu enviables1 qui ont t rserves au sexe masculin de temps immmorial4 ,sur la frontire indcise qui spare le domaine civil du domaine politique1 la tradition a plac un certain nombre de droits qui2 que privs par nature1 ont t qualifis publics par dfinition et tenus1 comme tels1 pour inaccessibles aux femmes4 ,ce sont les offices virils1 dont l'ide remonte l'antiquit romaine4 ,par application de cette doctrine1 il tait dfendu1 hier encore1 la femme de figurer en qualit de tmoin dans un acte public1 comme il lui est dfendu l'heure actuelle1-- moins d'tre la mre ou l'aeule d'un mineur1--d'exercer la tutelle ordinaire ou de faire partie d'un conseil de famille4 ,et par analogie1 la jurisprudence l'cart pareillement des fonctions de curatrice et de conseil judiciaire4 ,quel est l'esprit de ces exclusions traditionnelles8 ,ont-elles pour but de grandir le rle de l'homme et d'abaisser la condition de la femme8 ,les anciens auteurs leur assignent plutt comme motifs l'honneur et la continence du sexe4 ,il leur semble qu' se mler trop activement des choses de la vie extrieure1 #a;er femmes auraient plus perdre qu' gagner4 ,en tout cas1 quelle que soit la pense qui ait inspir la thorie de l'office viril1 pense de suspicion ddaigneuse ou de dfrence amicale1 son rsultat certain a t de diminuer l'influence des femmes dans la socit en renfermant leur activit dans la maison4 ,ces incapacits ont-elles aujourd'hui encore quelque raison d'tre8 tudions-les une une4 ,,ii ,a l'encontre du tmoignage de la femme1 on a fait valoir cette considration que les tmoins1 ayant pour mission de solenniser un acte1 sont des mandataires de la socit revtus d'un caractre officiel et investis d'une fraction de la puissance publique4 ,le droit qu'ils exercent relve donc1 de la capacit politique2 et ce titre1 la femme ne saurait y prtendre4 ,que cette ide ait t celle de nos lgislateurs1 il y a vraisemblance4 ,certaines dclarations des rdacteurs de #ahjd nous le font croire#c4 ,mais n'ont-ils pas t victimes d'une illusion8 ,le tmoin instrumentaire n'est pas une sorte de fonctionnaire1 dpositaire d'une parcelle de la souverainet nationale1 mais une simple caution charge d'assurer l'exactitude d'une dclaration reue par un officier public4 ,comment voir en son intervention une mission d'ordre politique8 ,ce n'est pas le tmoin qui rdige l'acte au bas duquel il appose sa signature2 ce n'est pas le tmoin qui lui confre la forme authentique ou qui lui imprime la force excutoire4 ,son rle est externe3 il atteste un fait4 ,la solennit des actes est l'oeuvre des notaires ou des officiers de l'tat civil1 chargs par la loi de les rdiger sur la foi des affirmations produites par le tmoin4 ,l'office que celui-ci remplit n'est donc point d'ordre public ou politique1 mais seulement d'ordre civil1 d'ordre priv4 ,pourquoi en exclure les femmes1 qui1 dans le domaine de la ralit1 ont gnralement de bons yeux pour en connatre et assez de langue pour en tmoigner8 ,note #c3 ,paul ,,viollet1 ,les tmoins mles4 ,nouvelle ,revue historique de droit franais et tranger3 #ahij1 n #e1 pp4 #gae et suiv4 ,a dfaut de cet argument de droit1 il est un argument de fait qui aurait suffi dterminer les lgislateurs de #ahig valider et gnraliser le tmoignage fminin4 ,puisque les femmes en taient venues prendre pour une injure ce qui n'tait qu'un hommage1 notre loi aurait eu grand tort de leur refuser le droit d'tre tmoins dans les actes de la vie civile4 ,en se plaant uniquement au point de vue de l'galit1 les anciennes exclusions ne se comprenaient gure4 ,si le bon ,pothier repoussait le tmoignage des femmes1 c'est qu'il les considrait comme incapables de toute fonction civique1 et que le contact trop frquent des hommes1 que suppose la vie publique1 lui paraissait choquant ou prilleux pour leurs grces et leurs vertus4 ,mais du moment qu'elles tiennent traiter d'gal gal avec les hommes1 il n'y avait plus de raison d'exclure leur sexe de ce modeste office1 qui consiste jouer le rle de tmoin dans les actes civils et notaris4 ,vous en doutez8 ,voici une ,franaise majeure dirigeant un commerce1 un domaine ou une industrie1 ayant sous ses ordres des ouvriers et des commis1 des domestiques et des employs2 voici une artiste1 peintre ou sculpteur1 une femme de lettres appartenant l'lite de la socit1 une doctoresse en mdecine ou en droit1 directrice d'cole normale1 membre du ,conseil suprieur de l',instruction publique1 honore des palmes acadmiques et peut-tre dcore de la ,lgion d'honneur3--et malgr tous ses titres1 cette femme1 admise jouer dans la vie un rle utile ou prpondrant1 ne serait point recevable figurer comme tmoin devant les officiers de l'tat civil dans les actes de naissance1 de mariage ou de dcs1 ni certifier devant notaire1 par sa signature1 l'identit d'un comparant1 d'un testateur1 par exemple1 ft-ce son ami ou son voisin6 ,ce que le premier passant venu peut faire lgalement1 cette femme considrable ne le pourrait pas8 ,avouez que l'inconsquence serait un peu forte4 ,cela n'est que choquant3 voici qui devient bouffon4 ,dans certains cas1 la sage-femme ou la doctoresse en mdecine reoit de la loi l'injonction formelle de dclarer la naissance d'un enfant sous peine d'amende ou mme de prison4 ,mais ne croyez point qu'elle et pu affirmer1 comme tmoin1 le fait mme que le ,code l'oblige dnoncer comme dclarante4 ,il fallait faire appel deux mles quelconques1 au commissionnaire et au cabaretier du coin1 qui1 sans rien savoir le plus souvent de l'vnement qu'ils attestaient1 appuyaient complaisamment l'acte de naissance de toute la solennit de leur tmoignage aveugle4 ,du ct de la barbe est l'infaillibilit6 ,a vrai dire1 des esprits chagrins1 largissant la question1 se demandent avec anxit si les femmes sont assez vridiques pour tre crues sur parole4 ,de fait1 il leur est difficile de raconter exactement les choses qu'elles ont faites ou qu'elles ont vues4 ,il est rare qu'elles soient simplement et entirement sincres4 ,une certaine fausset n'est-elle pas d'obligation mondaine8 ,est-ce trop dire mme que1 chez beaucoup d'mes fminines1 la dissimulation est passe en habitude ou devenue un art duquel on tire vanit8 coutez une conversation de salon entre femmes3 que de politesses feintes6 que d'amabilits mensongres6 ,m4 ,lombroso attribue prcisment ce dfaut de franchise1 la rpugnance des anciens peuples recevoir en justice le tmoignage des femmes#d4 ,d'aprs la loi de ,manou1 la seule affirmation d'un homme sans passion est dcisive en certains cas1 tandis que l'attestation d'une foule de femmes1 mme honntes1 ne saurait tre admise cause de la volubilit de leur esprit4 ,aujourd'hui encore1 parat-il1 le code ottoman dcrte que la dposition d'un homme vaut celle de deux femmes4 ,mais l1 comme ailleurs1 on nous assure que la valeur de la femme est en hausse#e4 ,note #d3 ,,lombroso1 ,la ,femme criminelle1 chap4 ,,vii1 p4 #acg-ach4 ,note #e3 ,voir ,la ,femme devant le ,parlement1 par ,m4 ,lucien ,,leduc1 pp4 #ee et #ef1 note #d4 ,au surplus1 il serait injuste de prtendre que toutes les femmes sont fausses4 ,notre vieille lgislation elle-mme n'a jamais profess vis--vis du sexe fminin une suspicion aussi malveillante et aussi grossire4 ,jamais elle n'a contest la femme1 par exemple1 le droit de tmoigner devant la justice criminelle et devant la justice civile1 c'est--dire de dposer sur des faits intressant la fortune1 l'honneur et la vie des citoyens4 ,et alors voyez cette nouvelle inconsquence3 si l'attestation d'une femme tait juge suffisante pour envoyer un homme l'chafaud1 comment expliquer que sa signature ft juge insuffisante pour confirmer la dclaration d'un contractant ou d'un disposant8 ,la justice pnale ne peut se passer de la premire1 a-t-on dit1 tandis que les officiers de l'tat civil peuvent se passer de la seconde4--,peut-tre2 avouons cependant qu'en fait de tmoignage1 il n'y a pas de motif lgitime pour maintenir une si grande diffrence entre les deux cas4 ,c'est ce que notre ,parlement a compris4 ,la loi du #g dcembre #ahig ne fait qu'une rserve3 le mari et la femme ne peuvent tre tmoins dans le mme acte4 ,au cas o ils y figureraient l'un et l'autre1 leurs deux tmoignages seront considrs comme n'en formant qu'un seul4 ,et pourtant1 si la valeur de la femme possde une valeur propre1 elle doit avoir1 semble-t-il1 une autorit distincte4 ,notre lgislation a craint1 sans doute1 les ententes frauduleuses et les connivences coupables entre les poux4 ,et cette diminution atteignant le mari comme la femme1 le fminisme ne saurait en prendre ombrage4 ,l'admission du tmoignage des femmes est donc une affaire gagne4 ,est-ce l une si grande victoire8 ,jouer le rle de tmoin dans la rdaction des actes publics et privs n'a rien d'extrmement glorieux4 ,les hommes le tiennent moins pour un honneur que pour un drangement et parfois un ennui4 ,mais puisque les dames voyaient en cette gne un privilge enviable1 pourquoi les en aurions-nous prives8 ,le ,code avait jug que cet office ne constituait point1 par lui-mme1 une fonction assez honorifique ou assez urgente pour distraire les femmes de leurs devoirs domestiques3 du moment1 toutefois1 que les plus susceptibles s'offensaient d'tre exclues de cette corve1 la loi ne pouvait persister plus longtemps les en affranchir4 ,la femme a donc le droit de tmoignage2 et nous devrons croire la parole de l'tre perfide6 ,attendons-nous donc lire dans les ,notes mondaines des journaux la mode1 qui rendent compte avec complaisance des grands mariages1 les noms de femmes plus ou moins titres1 choisies comme tmoins des poux ct des traditionnels magistrats1 gnraux ou acadmiciens4 ,par contre1 les femmes devront dfrer dornavant l'invitation des officiers publics qui voudraient en appeler leur tmoignage4 ,il sera loisible aux gens factieux de faire certifier1 en cas de besoin1 leur signature et leur identit par les deux plus jolies filles de leur voisinage4 ,en rsum1 personne n'a essay de conserver aux hommes le privilge dont le ,code civil les avait investis1 et qui n'avait plus de raison d'tre4 ,ce privilge tait mme beaucoup moins une faveur qu'une charge4 ,seulement la femme nouvelle n'aime pas tre traite en enfant gte2 et puisqu'elle voulait tre tmoin comme les hommes1 on a bien fait de lui donner cette marque de considration morale4 ,la seule chose qui puisse attribuer quelque prix cette concession1 c'est que la tradition en avait fait-- tort1 suivant nous1--une dpendance et un attribut de la capacit politique et1 qu'admise tmoigner1 la femme pourra souhaiter plus logiquement d'tre admise voter4 ,,iii ,du moment que la femme ne doit plus tre carte1 en tant que femme1 des offices virils1 il faut pour le moins1 aprs lui avoir accord le droit peu enviable1 d'tre tmoin1 lui accorder le droit plus important d'tre tutrice4 ,en soi1 la tutelle n'est pas une charge publique1 mais une institution destine suppler l'autorit paternelle4 ,elle a pour objet l'ducation de l'enfant et l'administration de sa fortune4 ,elle repose sur une fiction de paternit4 ,ses attributs sont d'ordre purement priv4 ,pourquoi en carter la femme8 ,habituellement les tuteurs sont d'excellents hommes d'affaires1 mais d'assez pauvres ducateurs4 ,l'enfant trouverait mieux1 chez une tutrice1 les qualits qui sont la raison mme de la tutelle1 savoir la tendresse dans la protection4 ,aujourd'hui les femmes ne peuvent exercer cette fonction1 qui leur conviendrait si bien1 qu' la condition d'tre mres ou aeules du pupille4 ,cependant il est frquent qu'une soeur1 une tante1 une cousine mme1 soit1 de toute la parent1 la plus attache aux orphelins survivants1 la plus dsireuse de se dvouer leur ducation1 la plus capable d'administrer leur fortune4 ,en refusant aux femmes1 autres que les ascendantes1 le droit d'exercer les fonctions tutlaires1 la loi franaise leur inflige vraiment une incapacit injustifie4 ,en cela1 notre ,code1 loin d'innover1 a subi1 trop servilement peut-tre1 l'influence des anciens principes4 ,par tout le monde chrtien1--et chez nous particulirement1--la condition lgale de la femme est domine encore par la conception latine qui1 pour mieux prserver la modestie et la dcence du sexe fminin1 a contribu jusqu' nos jours l'loigner des contacts et des compromissions de la vie extrieure4 ,rien de plus logique1 tant donn ce point de vue1 que de lui fermer l'accs des charges onreuses et des postes difficiles4 ,d'autant mieux que la tutelle est parfois obligatoire1 les hommes n'ayant pas toujours la facult de la dcliner sans excuse valable2 et il a paru excessif d'imposer cette mme obligation aux femmes qui ont moins la libert de leurs mouvements1 le got et l'habitude des affaires4 ,ce n'est donc pas dans un esprit d'exclusion malveillante1 mais plutt par dfrence sympathique1 que l'article #ddb du ,code civil les a cartes de la tutelle1 comme aussi des conseils de famille4 ,maintenant que les femmes sont moins confines qu'autrefois dans leur intrieur et qu'elles inclinent prendre les prvenances de l'homme pour des prcautions intresses de gelier1 on pourrait1 sans inconvnient1 les admettre siger dans les assembles de famille et leur permettre d'assumer les devoirs de la tutelle1 en leur laissant toutefois la facult de dcliner ces charges et ces responsabilits4 ,soyons srs qu'en leur mnageant ces facilits d'exemption1 elles n'abuseront pas des droits nouveaux qui leur seront confrs2 car elles auront tt fait de reconnatre qu'ils constituent moins des prrogatives honorables que des fardeaux pnibles et des obligations graves4 ,mais du moins la tante1 la bonne tante qui contribue si souvent lever ses neveux et nices1 pourra tre tutrice des petits qui se sont habitus la regarder et la chrir comme une seconde mre4 ,et de ce fait1 notre loi servira utilement les fins de la nature4 ,,iv ,o la femme contemporaine1--qui n'aime plus gure filer la laine dans la paix et l'ombre du foyer1--se plat encore dnoncer la loi de l'homme1 c'est en matire d'lections professionnelles4 ,ouvrire ou patronne1 elle entend participer l'lection des prud'hommes qui ont mission de trancher les diffrends du travail2 industrielle ou ngociante1 elle prtend prendre part l'lection des juges consulaires qui sigent dans les tribunaux de commerce4 ,et pourquoi pas8 ,en cent industries considrables1 telles que la couture1 la lingerie1 les modes1 les fleurs1 les confections1 il n'y a que des femmes1 ouvrires ou patronnes4 ,en mille autres fabrications1 dans les manufactures de tabac1 dans les imprimeries1 dans les grands magasins1 la femme travaille en compagnie de l'homme1 comme caissire1 employe ou manoeuvre4 ,oblige de mener ses cts une sorte d'existence virile1 on ne comprend plus que la loi civile ou commerciale lui impose une condition diffrente4 ,nous trouvons bon qu'ouvrire1 elle vive de son travail et tienne ses engagements1 que patronne1 elle supporte la responsabilit de sa direction et fasse honneur sa signature et ses chances1 que1 dans toutes les conditions1 elle paie sa part d'impts3 bref1 nous la traitons en homme pour tout ce qui est charge fiscale et obligation civile4 ,pourquoi la maintenir1 relativement ses droits1 en une subordination inconsquente8 ,n'oublions pas que l'exprience de la vie pratique l'a rendue aussi habile et aussi vaillante1 et parfois plus conome1 plus ingnieuse1 plus commerante que bien des hommes4 ,souvenons-nous encore que l'instruction l'a dote d'une culture moyenne que bien des ouvriers ou des marchands pourraient lui envier4 gale au sexe fort en lumires1 en activit1 en responsabilit1 pourquoi ne jouirait-elle pas1 au point de vue professionnel1 des mmes prrogatives et des mmes garanties8 ,pourquoi lui refuserait-on les mmes droits pour agir1 les mmes armes pour lutter1 les mmes appuis et les mmes secours pour se dfendre8 ,disons tout de suite qu'en matire commerciale1 l'galit est faite4 ,depuis la loi du #bc janvier #ahih1 les femmes commerantes sont admises concourir aux lections des tribunaux de commerce4 ,c'est justice4 ,du jour o le lgislateur avait tendu aux lections consulaires le principe du suffrage universel et considr le droit de vote comme une consquence lgale de la patente1 la raison exigeait qu'il en accordt l'exercice aux commerants patents des deux sexes1 indistinctement4 ,plaidant devant des juges1 l'lection desquels elles n'avaient pas particip1 les femmes taient places dans un tat d'infriorit choquante4 ,choisis seulement par les hommes1 les magistrats risquaient mme d'tre souponns de partialit vis--vis de leurs lecteurs masculins4 ,une fois le principe de l'lection admis1 les juges de tous devaient tre lus par tous4 ,l'galit entre le commerant et la commerante a soulev pourtant d'tranges objections4 ,on s'est mu la pense que la gardienne du foyer pt quitter son comptoir1 de rares intervalles1 pour dposer dans l'urne son bulletin de vote4 ,le scrupule tait plaisant4 ,les hommes ne tiennent gure l'honneur d'lire leurs juges3 dix pour cent des lecteurs inscrits consentent1 non sans peine1 se dranger pour le renouvellement des tribunaux de commerce4 ,c'et t tout profit pour la magistrature consulaire1 si l'admission des femmes au scrutin avait rveill le zle endormi des commerants4 ,cet espoir a t du4 ,l'exprience toute frache de la nouvelle loi a montr que les femmes prfrent1 autant que les hommes1 la maison de famille la salle de vote4 ,d'abord1 les commerantes ont mis bien peu d'empressement se faire inscrire sur les listes2 puis1 au jour du scrutin1 l'abstention a t gnrale4 ,mme ,paris1 il n'est gure que les dames de la ,halle qui aient pris coeur de dposer leur bulletin dans l'urne3 ce qui prouve qu'en dehors de quelques personnalits bruyantes1 pour lesquelles le fminisme est une profession ou une distraction1 les ,franaises1 qui sont simplement femmes1 se soucient mdiocrement des revendications1 mme lgitimes1 autour desquelles on mne si grand tapage4 ,ce n'est pas une raison de leur refuser ce qui leur est d4 ,crancire1 la femme a le droit de voter dans l'assemble des cranciers1 pour accorder1 ou non1 le bnfice du concordat au dbiteur failli2 actionnaire d'une compagnie ou d'une socit1 la femme a le droit de participer l'lection du conseil d'administration2 et commerante1 elle n'aurait pas le droit d'lire les juges qui tiennent en leurs mains sa fortune et son honneur8 ,pourquoi trouverait-on si extraordinaire l'lectorat consulaire de la femme1 quand on trouve si naturelle la participation des institutrices l'lection de leurs assembles professionnelles8 ,je sais l'objection3 l'ligibilit suivra l'lectorat4 ,l'un ne va point sans l'autre4 ,erreur6 ,les lecteurs qui n'ont pas quarante ans ne sont pas ligibles au ,luxembourg2 les lecteurs qui n'ont pas vingt-cinq ans ne sont pas ligibles au ,palais-,bourbon4 ,si tout le monde a le droit d'tre reprsent1 tout le monde n'a pas le droit d'tre reprsentant4 ,et c'est heureux6 ,on sait que la femme magistrat nous inspire peu de confiance4 ,l'impartialit n'est pas son fort1 la justice n'est pas son fait4 ,contentons-nous1 pour le moment1 d'admettre les commerantes choisir leurs juges sans les admettre personnellement juger4 ,l'exprience des dernires lections montre que ce droit de vote n'a rien qui puisse effrayer les hommes4 ,v ,il y a mme raison d'admettre les femmes la nomination des ,conseils de prud'hommes4 ,cette juridiction de famille est saisie frquemment de litiges qui intressent les ouvrires4 ,sur #cheh affaires juges par elle1 en une seule anne1 #acfj ont concern des femmes#f4 ,ici donc1 les rclamations fminines sont d'accord avec l'quit1 le bon sens et l'utilit gnrale2 et nous les appuyons de toutes nos forces4 ,note #f3 ,la ,femme devant le ,parlement1 par ,lucien ,,leduc1 p4 #gf4 ,sait-on qu'en #ahib1 la ,chambre des dputs1 remaniant la loi sur les ,conseils de prud'hommes1 s'tait laisse aller voter l'lectorat des femmes8 ,mais aprs les avoir admises lire1 concurremment avec les hommes1 les membres de ce tribunal professionnel1 certains parlementaires trop presss se demandrent pourquoi les femmes ne seraient pas aussi valablement lues4 ,a cette question1 la majorit rpondit par une distinction prudente et sage3 lecteurs1 oui2 ligibles1 non4 ,toutefois1 le motif qui dtermina surtout nos dputs est le plus amusant du monde4 ,proclamez1 fut-il dit1 non pas seulement l'lectorat1 mais encore l'ligibilit des femmes2 faites qu'un beau jour certaines dames ou demoiselles soient lues3 comment appellerez-vous ces nouveaux juges8 ,des femmes prud'hommes ou des prud'hommes femmes8 ,des prud'femmes ou des femmes prudes8 ,m4 ,floquet lui-mme1 qui prsidait les dbats1 se dclara trs embarrass pour trouver un titre la loi nouvelle4 ,et l'ligibilit des femmes fut enterre sous les plaisanteries4 ,nos dputs ont1 vraiment1 beaucoup d'esprit4 ,l'galit a pris sa revanche au cours de la lgislature suivante4 ,si le ,snat entre dans les vues de la ,chambre des dputs1 les femmes pourront bientt juger les diffrends qui intressent le travail4 ,souhaitons qu'enferm dans ces questions d'ordre professionnel1 leur esprit de justice1 dont beaucoup d'hommes se mfient1 donne pleine satisfaction aux justiciables des deux sexes6 ,quoi qu'il en soit1 le ,moyen ,age1 qui fut souvent plus libral que notre poque1 ne s'tait pas arrt nos scrupules de fond ou de forme4 ,les tisserandes de couvre-chefs avaient une reprsentation professionnelle1 et les patronnes qui la composaient s'appelaient bel et bien preudofemmes#g4 ,sans mme les admettre juger1 il faudrait du moins les admettre voter1 puisque les femmes employes dans l'industrie peuvent1 depuis la loi du #ba mars #ahha1 se constituer librement en syndicats ouvriers ou patronaux4 ,au moment o l'on s'apprte leur ouvrir de plus en plus largement nos bureaux de bienfaisance1 nos commissions scolaires et nos administrations hospitalires1 on ne comprendrait pas qu'on hsitt plus longtemps leur concder le droit d'intervenir dans le choix de leurs juges professionnels4 ,nous opposera-t-on que1 pour maintenir l'harmonie dans les familles1 il importe de laisser la femme en dehors des luttes lectorales8 ,mais ce souci de paix sociale n'a pas empch notre ,parlement d'accorder aux commerantes l'lectorat consulaire2 et s'il n'y a pas d'inconvnient ce que la patronne exerce le mme droit que le patron1 on ne voit point qu'il y ait pril ce que l'ouvrire exerce le mme droit que l'ouvrier4 ,note #g3 ,,leroy-,,beaulieu1 ,le ,travail des femmes au ,x,i,xe sicle1 pp4 #ab et suiv4 ,plus gnralement1 toutes celles qui apportent la socit leur labeur quotidien dans l'industrie1 le commerce ou l'agriculture1 nous paraissent galement qualifies pour lire les mandataires chargs de reprsenter leurs intrts et de rsoudre leurs diffrends4 ,il serait juste autant que rationnel de leur accorder l'lectorat aux ,conseils de prud'hommes1 et mme aux ,chambres d'agriculture dont la cration est l'tude4 ,sur nos #ag #dce #jjj paysans1 on compte #g #ejj #jjj femmes1 dont beaucoup dirigent une exploitation rurale4 ,dans l'industrie1 on trouve #bj patronnes sur #ajj patrons1 #ce ouvrires pour #ajj ouvriers4 ,pourquoi ces femmes seraient-elles prives du droit de participer1 avec les hommes1 l'lection de leur reprsentation professionnelle8 ,faites-leur cette grce1 nous dit-on enfin1 et vous veillerez en elles d'autres ambitions plus graves4--,cet aveu nous livre le secret des rsistances1 que beaucoup d'esprits timors opposent aux revendications les plus lgitimes de la femme4 ,a les entendre1 l'lectorat professionnel serait la prface et comme l'avant-got de l'lectorat politique4 ,les fministes1 vrai dire1 y comptent bien4 ,ces craintes des uns et ces esprances des autres nous sont une transition la grosse question des droits civiques de la femme3 et l'tude de ce problme irritant nous entranera forcment d'assez longs dveloppements4 ,,chapitre ,,ii ,vicissitudes et progrs du suffrage fminin ,,sommaire ,i4--,,position ,,de ,,la ,,question4--,,traditions ,,juridiques ,,et ,,religieuses ,,hostiles ,a ,l',,lectorat ,,politique ,,des ,,femmes4--,,la ,r,,volution ,a-,t-,,elle ,t ,f,,ministe8--,,olympe ,,de ,,gouges ,,et ,,sa ,d,,claration ,,des ,,droits ,,de ,,la ,,femme ,,et ,,de ,,la ,,citoyenne4 ,,ii4--,,appels ,,de ,,quelques ,,fran,,aises ,,au ,,pouvoir ,,judiciaire ,,et ,,au ,,pouvoir ,l,,gislatif4--,,les ,,exp,,riences ,,am,,ricaines4--,,les ,,innovations ,,anglaises4 ,en ce qui concerne le rle politique de la femme1 j'ai deux ides trs arrtes que je tiens noncer sur-le-champ4 ,c'est d'abord1 chez moi1 une conviction solidement assise que la femme devrait tre lecteur au mme titre que l'homme2 ensuite1 et si dsirable que soit le droit de voter que je rclame pour elle1 j'ai la ferme assurance qu'elle n'est pas prs de l'obtenir en notre libre et galant pays de ,france4 ,i ,reconnaissons tout de suite que le suffrage des femmes est une de ces nouveauts hardies qu'il est naturel de trouver dangereuses et rvolutionnaires1 parce qu'elles se heurtent l'opposition immmoriale des hommes4 ,c'est dans l'intrt de l'ordre et des bonnes moeurs1 lisons-nous dans le beau livre de ,m4 ,gide sur la ,condition prive de la femme1 que tous les lgislateurs ont1 comme d'un commun accord1 refus la femme toute participation aux droits politiques4 ,de tout temps1 l'instinct des peuples a senti que la femme1 en sortant de l'ombre et de la paix du foyer pour s'exposer au grand jour et aux agitations de la place publique1 perdrait quelque chose du charme qu'elle exerce et du respect dont elle est l'objet#h4 ,telle est bien1 en effet1 l'objection traditionnelle3 elle est d'ordre moral4 ,les stociens de l'ancienne ,rome l'invoqurent unanimement pour fermer aux femmes l'accs de la vie publique4 ,le jurisconsulte ,ulpien trouvait inconvenant qu'elles exerassent des offices virils1 ne virilibus officiis fungantur mulieres4 ,une telle libert s'accorderait mal avec la pudeur de leur sexe1 ne contra pudicitiam sexui congruentem alienis causis se immisceant#i4 ,non qu'elles manquent de jugement1 ajoutait le jurisconsulte ,paul1 non quia non habent judicium2 mais la coutume s'oppose ce qu'elles remplissent les charges civiques1 sed quia receptum est ut civilibus officiis non fungantur#aj4 ,note #h3 ,de la condition prive de la femme1 p4 #g4 ,note #i3 ,loi #a1 #e1 ,digeste3 ,de postulando1 liv4 ,,iii1 tit4 ,i4 ,note #aj3 ,loi #ab1 #e1 ,digeste3 ,de judiciis1 liv4 ,v1 tit4 ,i4 ,le christianisme n'enseigne pas autre chose4 ,d'aprs saint ,paul1 les femmes doivent tre exclues des affaires publiques2 elles n'ont point lever la voix dans les assembles3 ,qu'elles coutent en silence et avec une pleine soumission1 leur dit l'aptre sans le moindre mnagement4 ,je ne leur permets pas d'enseigner ni de dominer sur les hommes2 car ,adam a t form le premier1 et c'est ve qui fut cause de la prvarication#aa4 ,on peut donc opposer au suffrage des femmes et la tradition romaine et la tradition ecclsiastique4 ,paens et chrtiens1 juristes et canonistes1 professent sur le rle politique de la femme les mmes sentiments peu aimables1 les mmes ides de mfiance et d'exclusion4 ,note #aa3 ,ire ptre ,timothe1 ,,ii1 #aa et suiv4 ,et les modernes ne pensent gure autrement que les anciens4 ,certes1 on ne peut pas dire que les scrupules juridiques et1 encore moins1 les objections religieuses aient embarrass beaucoup les hommes de la ,rvolution2 et pourtant1 malgr leur fivre d'mancipation1 ils se montrrent peu favorables l'accession des femmes la vie publique4 ,je ne vois gure que le gnreux ,condorcet qui1 dans son ,essai sur la constitution et les fonctions des ,assembles provinciales1 paru en #aghh1 ait rclam le vote politique des femmes4 ,en tout cas1 nos fministes actuels ne peuvent s'autoriser des grands anctres de #ic4 ,un dcret spcial de la ,convention interdit expressment les clubs et socits populaires de femmes4 ,l'excentrique ,olympe de ,gouges1 plus renomme par sa beaut que par ses oeuvres1 avait runi autour d'elle un petit cercle de femmes patriotes1 et c'est en leur nom qu'elle adressait aux reprsentants de la ,nation ses discours et ses brochures4 ,cette agite fut la premire des fministes4 ,elle avait de la bravoure et aimait la franchise4 ,elle ne mnageait point ses contemporaines1 dont la plupart1 disait-elle1 ont le coeur fltri1 l'me abjecte1 l'esprit nerv et le gnie malfaiteur4 ,mais elle rvait justement de les relever de ces infriorits morales et intellectuelles1 en rclamant pour son sexe l'ducation qu'on donnait aux jeunes gens4 ,qu'on nous mette des hauts-de-chausse1 crivait-elle1 ds #aghh1 en l'un de ses romans1 et qu'on nous envoie au collge3 vous verrez si on ne fera pas de nous des milliers de hros4 ,plus tard1 elle exposa1 dans une brochure ddie la reine1 toutes les dolances fminines4 ,en #agia1 s'adressant directement l',assemble nationale1 elle l'invita complter son oeuvre par la ,dclaration des ,droits de la femme et de la citoyenne4 ,et ce propos1 elle dveloppa1 en dix-sept articles1 les droits naturels1 inalinables et sacrs de son sexe4 ,voici un chantillon de cette profession de foi qui1 une fois admis les principes de la ,constitution nouvelle1 se recommandait par la plus parfaite logique3 ,la femme nat libre et gale l'homme en droits2 les distinctions sociales ne peuvent tre fondes que sur l'utilit commune4--,le principe de toute souverainet rside essentiellement dans la nation1 qui n'est que la runion de l'homme et de la femme4--,la loi doit tre l'expression de la volont gnrale2 toutes les citoyennes1 comme tous les citoyens1 doivent concourir sa formation personnellement ou par leurs reprsentants4--,elle doit tre la mme pour tous4 ,toutes les citoyennes et tous les citoyens1 tant gaux ses yeux1 doivent tre galement admissibles toutes les dignits1 places et emplois publics1 selon leur capacit et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents4--,la femme a le droit de monter l'chafaud2 elle doit avoir galement celui de monter la tribune#ab4 ,la ,rvolution ne lui accorda que l'galit devant la guillotine3 arrte le #bj juillet #agic1 ,olympe de ,gouges mourut courageusement4 ,note #ab3 ,,lairtullier1 ,les ,femmes clbres de #aghi #agic1 t4 ,,ii1 pp4 #ih et suiv4 ,en somme1 la ,constituante seule a fait mention des femmes dans le dernier article de sa ,constitution1 et 'a t pour remettre le dpt de son oeuvre la vigilance des pres de famille1 aux pouses et aux mres4 ,les femmes rvolutionnaires se virent rebutes mme par la ,commune de ,paris4 ,a une de leurs dputations le doux ,chaumette criait du haut de la tte3 ,depuis quand est-il permis aux femmes d'abjurer leur sexe1 d'abandonner les soins pieux de leur mnage et le berceau de leurs enfants1 pour venir1 dans la tribune aux harangues1 usurper les devoirs que la nature a dpartis l'homme seul#ac8 ,note #ac3 ,,lairtullier1 op4 cit41 t4 ,,ii1 p4 #agi4 ,,ii ,depuis lors1 les femmes ont sollicit vainement leur inscription sur les listes lectorales4 ,en #ahhj1 quelques fortes ttes refusrent de payer leurs contributions1 laissant aux hommes1 qui s'arrogent le privilge de gouverner1 d'ordonner et de s'attribuer le budget1 le privilge de payer les impts qu'ils votent et rpartissent leur gr4 ,a cette protestation ironique1 le ,conseil de prfecture de la ,seine rpondit1 le plus srieusement du monde1 que les droits politiques n'taient point le corrlatif ncessaire de l'obligation fiscale4 ,en #ahhe et en #ahic1 nouvelles rclamations1 nouveaux refus4 ,une citoyenne entte se pourvut en ,cassation1 invoquant le principe du suffrage universel et la ,constitution de #ahdh1 aux termes de laquelle1 sont lecteurs1 tous les ,franais gs de vingt et un ans et jouissant de leurs droits civils et politiques4 ,cette formule masculine1 disait-elle1 n'est pas exclusive du sexe fminin1 conformment cette vieille rgle d'interprtation3 ,pronunciatio sermonis in sexu masculino ad utrumque sexum plerumque porrigitur4 ,la ,cour de cassation rejeta le pourvoi1 en s'appuyant sur l'esprit de la loi et la pratique constante du suffrage viril#ad4 ,note #ad3 ,cassation3 ,chambre civile1 #af mars #ahhe1 ,,dalloz1 #ahhe1 ,i1 #aje2--ba mars #ahic1 ,,dalloz1 #ahic1 ,i1 #eee4 ,battues devant les autorits judiciaires1 les femmes se sont tournes1 de guerre lasse1 du ct du pouvoir lgislatif4 ,sans obtenir du ,parlement la reconnaissance de leurs droits politiques1--et elles ne l'obtiendront pas de sitt6--leur persvrance1 toutefois1 a t partiellement rcompense4 ,on a vu1 en effet1 qu'une loi du #bc janvier #ahih avait confr aux femmes commerantes le droit d'lire les juges des tribunaux de commerce2 et en #aija1 la ,chambre des dputs leur a concd une facult analogue pour les lections des conseils de prud'hommes4 ,mais il est craindre que ce projet ne reste en dtresse au ,snat4 ,a part cette double dmonstration1 dont la dernire est platonique1 les fministes franaises n'ont pas encore1--les malheureuses1--de victoires positives inscrire sur leur drapeau4 ,comment ne pas les plaindre1 quand on songe que certaines femmes amricaines possdent et exercent les droits politiques depuis un quart de sicle8 ,et si heureux ont t les rsultats de cette rforme librale1 que la reprsentation du ,wyoming a dcid d'en faire part au monde entier4 ,lisez plutt3 ,attendu que1 sans l'aide d'une lgislation violente et oppressive1 sans causer aucun dommage1 le suffrage fminin a contribu bannir de l'tat la criminalit1 le pauprisme et le vice2 qu'il a assur la paix et l'ordre dans les lections et donn l'tat un bon gouvernement2 que1 depuis vingt-cinq ans de suffrage fminin1 aucun comt de l'tat n'a d tablir de refuge pour les pauvres2 que les prisons sont peu prs vides1 et qu' la connaissance de tous1 aucun crime n'a t commis dans l'tat1 si ce n'est par des trangers3--par ces motifs1 le parlement de ,wyoming dcide que les rsultats de son exprience seront transmis toutes les assembles lgislatives des nations civilises1 en les engageant octroyer leurs femmes les franchises politiques dans le plus bref dlai possible#ae4 ,note #ae3 ,maurice ,,lambert1 ,le ,fminisme1 p4 #bf4 ,ce manifeste est mditer4 ,est-il croyable que l'immixtion des femmes dans les affaires publiques ait eu de si admirables effets1 sans que la pudeur de leur sexe en ait t srieusement atteinte8 ,que faut-il donc penser de la vieille maxime3 ,verecundia sexus non permittit mulieres se virorum immiscere coetibus8 ,ce qui fut ncessaire aux femmes d'autrefois serait-il inutile aux femmes d'aujourd'hui8 ,aprs tout1 le temps marche si vite qu'il est difficile d'admettre que le monde reste en place4 ,sait-on qu' l'heure actuelle1 dans la plus grande partie de l',australie1 les femmes jouissent de l'lectorat politique1 et que citoyens et citoyennes y votent sur un pied de complte galit8 que1 plus prs de nous1 en ,angleterre1 les femmes sont lecteurs pour les conseils de comt qui correspondent nos conseils gnraux1 lecteurs et mme ligibles pour les conseils de district qui rappellent nos conseils d'arrondissement8 ,sans aller jusqu'au droit de reprsentation parlementaire1 pourquoi n'admettrait-on pas chez nous1 comme de l'autre ct de la ,manche1 la coopration de la femme lettre aux commissions scolaires1 et mme la participation de la femme contribuable aux lections municipales8 ,bien plus1 le mercredi #c fvrier #ahig1 le ,parlement anglais s'est prononc1 une majorit de #ga voix1 en faveur de l'admissibilit des femmes l'lectorat politique4 ,je sais bien que l',angleterre n'est pas un pays de suffrage universel ni de service militaire obligatoire1 et que ces diffrences de situation ne permettent pas d'tendre la ,france1 par simple analogie1 l'initiative qu'ont prise nos voisins d',outre-,manche4 ,ajoutons que la ,chambre des ,lords ne semble point partager les vues de la ,chambre des ,communes4 ,mais si la question de l'lectorat fminin n'est pas encore rsolue en ,europe1 elle a cess1 du moins1 d'tre un problme de philosophie sociale pour entrer dans les ralits vivantes de la politique4 ,,chapitre ,,iii ,le suffrage universel et l'lectorat des femmes ,,sommaire ,i4--,,tactique ,,habile ,,des ,,anglo-,,saxonnes4--,,en ,,france1 ,,le ,,suffrage ,,universel ,,ne ,,remplit ,,pas ,,sa ,d,,finition4--,,pourquoi ,,les ,,fran,,aises ,,devraient ,,tre ,,admises ,,voter4 ,,ii4--,,exclure ,,la ,,femme ,,du ,,scrutin ,,est ,,irrationnel ,,et ,,injuste4--,,galit ,,pour ,,les ,,hommes1 ,,in,,galit ,,pour ,,les ,,femmes4 ,,iii4--,l',,exemption ,,du ,,service ,,militaire ,,justifie-,t-,,elle ,l',,incapacit ,,politique ,,du ,,sexe ,f,,minin8--,,que ,,le ,,vote ,,soit ,,un ,,droit ,,ou ,,une ,,fonction ,,de ,,souverainet1 ,,les ,,femmes ,,peuvent ,y ,,pr,,tendre4 ,i ,la question de l'mancipation politique des femmes a t fort bien pose par les ,anglaises et les ,amricaines2 et c'est une raison de plus pour qu'elle fasse son chemin4 ,les ,anglo-,saxonnes ont distingu d'abord entre l'lectorat et l'ligibilit1 se bornant sagement rclamer le droit de voter sans prtendre1 pour l'instant1 au droit de reprsentation4 ,en effet1 beaucoup de ceux qui inclinent laisser les femmes participer largement nos lections1 prouvent1 par contre 7et c'est mon cas71 toutes sortes de rpugnances les voir jouer un rle actif dans nos assembles dlibrantes4 ,ensuite1 procdant par une gradation mthodique1 le fminisme anglo-amricain s'est attach dmontrer que les femmes ont intrt et qualit pour prendre part aux lections communales2 puis1 ce premier droit acquis1 il a revendiqu leur coopration aux lections provinciales2 enfin1 ce second point gagn1 il s'est appliqu rclamer le droit de voter pour les assembles lgislatives4 ,la question en est l4 ,savez-vous plus habile tactique et plus adroite diplomatie8 ,et il y a des gens qui prtendent que les femmes n'ont pas l'esprit politique6 ,notons1 en outre1 que cette marche progressive1 ce sens pratique des difficults et des rsistances1 ce got de l'action prudente et mesure1 n'a pas empch la femme anglo-saxonne d'apercevoir que la commune1 la province et l'tat ne sont1 au fond1 que trois circonscriptions plus ou moins larges de la socit politique1 et que le droit d'lectorat pour la premire emporte logiquement le droit d'lectorat pour les deux autres4 ,qu'il s'agisse donc de nos lections municipales1 dpartementales ou lgislatives1 la femme franaise n'a qu'un seul et mme argument prsenter1 un argument trs simple1 mais trs fort1 puisqu'elle le tire du principe le plus dmocratique1 le plus galitaire de notre constitution rpublicaine3 j'ai nomm le suffrage universel1 qui gouverne aujourd'hui presque toutes nos lections politiques4 ,beaucoup en gmissent2 mais combien peu le discutent encore8 ,imagine-t-on pourtant une institution plus mal nomme8 ,peut-on la dire universelle sans drision ou sans duperie1 lorsqu'elle exclut la moiti des membres de la socit8 ,en ralit1 notre prtendu suffrage universel d'aujourd'hui n'est qu'un suffrage restreint1 un privilge viril1 un monopole masculin4 ,avons-nous donc de bons motifs pour en rserver exclusivement la jouissance au sexe fort8 ,pas du tout2 et voil bien o l'argumentation fministe est embarrassante4 ,si discutable qu'il soit en thorie1 le suffrage universel est considr aujourd'hui comme la base des gouvernements dmocratiques4 ,taine en a formul trs heureusement la raison d'tre dans les termes suivants3 ,que je porte une blouse ou un habit1 que je sois capitaliste ou manoeuvre1 personne n'a le droit de disposer sans mon consentement de mon argent ou de ma vie4 ,pour que cinq cents personnes runies dans une salle puissent justement taxer mon bien ou m'envoyer la frontire1 il faut que1 tacitement ou spontanment1 je les y autorise2 or1 la faon la plus naturelle de les autoriser est de les lire4 ,il est donc raisonnable qu'un paysan1 un ouvrier1 vote tout comme un bourgeois ou un noble2 il a beau tre ignorant1 lourd1 mal inform1 sa petite pargne1 sa vie sont lui et non d'autres2 on lui fait tort1 quand on les emploie sans le consulter de prs ou de loin sur cet emploi#af4 ,note #af3 ,h4 ,,taine1 ,du ,suffrage universel et de la manire de voter2 ,paris1 #ahgb1 in-#ab1 p4 #h4 ,si telle est bien l'ide fondamentale du suffrage universel1 qui ne voit qu'elle est aussi dmonstrative en faveur du droit lectoral des femmes qu'en faveur du droit lectoral des hommes8 ,qu'il s'agisse1 en effet1 de la commune1 du dpartement ou de l'tat1 il n'est pas juste que les femmes en supportent les charges sans tre appeles les consentir1 sans participer consquemment l'lection de ceux qui les tablissent2 il n'est pas juste qu'elles soient prives du droit de dfendre leur pargne et la vie de leurs enfants1 parce qu'elles portent une robe au lieu d'une blouse ou d'un habit4 ,lorsqu'une femme paie dans une commune les taxes syndicales1 on l'admet concourir l'lection du syndicat2 lorsqu'elle dtient le nombre rglementaire d'actions fix par les statuts1 elle a le droit de sance et de vote aux assembles gnrales de la ,compagnie du ,nord ou de la ,banque de ,france#ag4 ,et la femme possdant quelque fortune propre et inscrite au rle des contributions1 la veuve ou la clibataire matresse de sa personne et de ses biens1 rclamera vainement1--ft-elle fixe dans la commune depuis plus de vingt ans1--son inscription sur les listes lectorales6 ,n'est-il donc pas de la plus lmentaire quit que cette femme1 qui participe a toutes les charges de sa ville1 concoure de mme la nomination du conseil qui l'administre8 ,note #ag3 ,gabriel ,,alix1 ,l'lectorat municipal et provincial des femmes4 ,rforme sociale du #a;er novembre #ahif1 p4 #fbe4 ,franaise1 elle est justiciable du ,code civil et du ,code pnal2 commerante1 elle doit faire honneur sa signature sous peine de faillite2 locataire1 elle doit payer exactement son loyer sous peine de saisie2 contribuable1 elle doit supporter sa part des impts sous peine de poursuite4 ,soumise1 en un mot1 aux obligations et aux charges sociales1 pourquoi serait-elle dclare inadmissible aux droits lectoraux qui en sont le correctif et la compensation8 ,puisque nous la considrons comme pleinement responsable de ses actes au point de vue priv1 pourquoi serait-elle traite en incapable par la loi politique8 ,pourquoi la socit lui imposerait-elle des devoirs sans lui confrer1 par une juste rciprocit1 les droits que les hommes peuvent invoquer en retour8 ,puisque vous trouvez notre argent bon prendre1 diront-elles1 vous devez prendre aussi notre avis4 ,c'est un des premiers principes de votre droit public que nul n'est oblig de payer ses contributions1 s'il ne les a d'abord librement discutes et consenties par l'intermdiaire de ses reprsentants4 ,faites donc que nous votions1 ou nous refusons de payer nos impts4 ,qu'est-ce que les hommes peuvent bien rpondre cette argumentation pressante8 ,diront-ils 7c'est le raisonnement ractionnaire7 que le suffrage universel est une institution malfaisante1 excrable1 et qui n'existe pas encore dans tous les pays d',europe8 que1 si en ,france on l'a concd aux hommes1 ce n'est pas une raison pour en investir les femmes1 et qu'eu gard aux jolies consquences qu'il a produites1 il serait folie de l'tendre et sagesse de le restreindre8 ,c'est un peu la faon de penser de ,m4 ,brunetire1 qui ne voit aucune ncessit remettre une arme charge aux mains de qui ne sait point la manier4 ,certes1 je me dciderais facilement refuser tout droit politique aux femmes1 si je pouvais croire que le suffrage universel ft une institution de passage1 une fausse divinit que les peuples brleront aprs l'avoir idoltre4 ,mais puisqu'il n'est pas douteux que l'avenir est la dmocratie1 comment s'imaginer qu'il ne soit pas au suffrage universel8 ,si absurde et si dplorable qu'il puisse paratre1 le vote populaire est l'instrument ncessaire1--et d'ailleurs perfectible1--des socits futures4 ,et le jour mme o la ,france a proclam le suffrage universel de nom1 sans le rendre universel de fait1 il tait prvoir que la logique1 qui est la raison des simples et la loi dterminante des foules1 l'tendrait graduellement tous les hommes et toutes les femmes1 hormis seulement les interdits et les indignes4 ,et cette ide est en marche4 ,qu'elle progresse plus lentement dans l'ancien monde que dans le nouveau1 cela rien d'tonnant4 ,les ,anglaises mme voteront chez elles bien avant que les ,franaises votent chez nous4 ,il n'est point de pays plus attach que le ntre ses habitudes et ses prjugs4 ,mais quelque lenteur qu'une ide mette se vider de son contenu1 il est invitable que la chose tende s'accorder avec le mot4 ,je crois donc1 avec ,m4 ,faguet1 que1 suivant la loi gnrale du dveloppement logique1 le suffrage universel remplira tt ou tard sa dfinition et sera un jour le suffrage de tous#ah4 ,c'est une question de temps4 ,note #ah3 mile ,,faguet1 ,mesdames au vote6 cho de la semaine du #bh novembre #ahig1 p4 #ebb4 ,,ii ,si encore la loi franaise avait tabli des distinctions parmi les lecteurs du sexe masculin1 on comprendrait1 la rigueur1 qu'elle cartt les femmes du scrutin4 ,mais au point de vue politique1 le savant et l'ignorant jouissent des mmes privilges3 citoyens1 leur titre est de mme valeur2 gaux1 leur vote a le mme poids4 ,tous les hommes se valent devant l'urne et devant la ,constitution4 ,c'est pour en arriver l que nous avons fait nos ,rvolutions6 ,or1 estimant l'ingalit ngligeable entre les hommes1 pouvons-nous la juger suffisante l'effet d'exclure toutes les femmes des droits que nous rputons inalinables et imprescriptibles8 ,reconnaissant pour notre gal le plus mdiocre1 le plus obtus de nos frres1 avons-nous le droit de repousser la plus distingue1 la plus illustre de nos soeurs8 ,admettant toutes les incapacits masculines1 sommes-nous excusables d'exclure toutes les capacits fminines8 ,comment6 disait une femme de tte1 c'est moi qui paye l'impt foncier1 et ce sont mes fermiers qui votent#ai8 ,note #ai3 ,mlle ,pauline ,,de ,,grandpr1 ,les lections4 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif1 p4 #hfb4 ,les ,amricaines ont su mettre profit ces anomalies avec une ingnieuse finesse4 ,a l',exposition de ,chicago1 une lithographie tire des milliers d'exemplaires1 reprsentait ,miss ,frances ,willard1 la trs populaire et trs zle prsidente de l',association de temprance1 entoure d'un peau-rouge1 d'un idiot1 d'un forat et d'un fou furieux1 avec cette lgende explicative3 ,la femme amricaine et ses gaux en politique4 ,on ne saurait se trouver en plus mauvaise compagnie4 ,le ngre vote toutes les lections1 et la femme blanche ne le peut pas encore6 ,voil qui doit rvolter l'amour-propre des ,amricaines4 ,pour revenir l',europe1 une femme peut tre reine de ,grande-,bretagne ou reine de ,hollande1 et la plus fine1 la plus intelligente1 la plus instruite des ,franaises n'aurait pas le droit d'exprimer une opinion politique6 ,il est vrai qu'en ,france1 d'aprs la loi salique1 les femmes seraient exclues du trne2 et ,mrs ,fawcet voit prcisment dans l'hommage rendu la capacit fminine par la ,constitution anglaise1 et aussi dans l'clat du long rgne de la reine ,victoria qui en a t la consquence1 une explication des dveloppements rapides du fminisme en ,angleterre4 ,mais1 bien que vivant en ,rpublique1 nos ,franaises ont1 grce ,dumas fils1 un argument plus spirituel faire valoir en faveur du suffrage fminin3 ,quand je pense1 disait ce grand prdicateur de thtre1 que ,jeanne d',arc ne pourrait pas voter pour les conseillers municipaux de ,domrmy dans ce beau pays de ,france qu'elle aurait sauv#bj6 ,note #bj3 ,lettre d',alexandre ,dumas ,mme ,maria ,cheliga ,loewy4 ,revue encyclopdique du #ae dcembre #ahie4 ,sans sortir du prsent1 il reste trange que1 dans un pays o le premier rustre venu est lecteur1 notre mre1 notre soeur et notre femme ne le soient pas4 ,en leur infligeant cette incapacit lectorale1 notre loi les assimile1 ni plus ni moins1 au failli1 l'alin et au criminel4 ,et l'on comprend que1 sous le coup de cette interdiction de voter1 les plus fires s'approprient1 notre endroit1 cette dclaration fministe que ,beaumarchais a mise dans la bouche de ,marceline3 ,leurres de respects apparents1 dans une servitude relle1 traites en mineures pour nos biens1 punies en majeures pour nos fautes1 nous n'obtenons de vous qu'une considration drisoire#ba4 ,note #ba3 ,prface du ,mariage de ,figaro4 ,aussi bien connaissons-nous des esprits aristocratiques qui1 tout en nourrissant les plus fortes prventions contre le suffrage universel1 inclinent aux revendications du fminisme politique4 ,tel ,m4 ,paul ,bourget1 qui crivait1 la date du #ae novembre #ahic1 une des femmes les plus distingues du ,canada3 ,je n'aperois pas une bonne raison pour priver les femmes du droit de vote en des pays o l'on professe la thorie1 qui paratra insense nos descendants1 du suffrage universel4 ,du moment qu'un illettr vote comme un lettr1 un domestique comme son matre1 un paysan comme un bourgeois1 puisqu'il n'est tenu compte ni des diffrences d'ducation1 ni de celles de capacit1 ni mme de l'intrt gnral1 pourquoi la femme du paysan1 celle du domestique et celle du bourgeois1 n'auraient-elles pas voix au chapitre1 au mme titre les unes que les autres et que leurs maris4 ,leurs suffrages ne seraient ni plus incomptents ni plus imprudents1 et peut-tre leur amour pour leurs enfants et leur sens de l'conomie domestique les rendraient-elles plus sages sur certains points3 les lois d'ducation1 par exemple1 et les impts4 ,on ne saurait mieux dire4 ,comme l'homme1 la femme fait partie d'une socit civile et politique4 ,intresse au bon ordre1 la paix1 la fortune de l'tat1 il est illogique et injuste de lui imposer les charges publiques sans lui reconnatre les prrogatives lectorales4 ,citoyenne par les devoirs qu'on lui impose1 elle mrite de l'tre par la reconnaissance des droits qu'on lui refuse4 ,et notez que cette reconnaissance du droit de suffrage ne serait1 au fond1 qu'une restitution4 ,le pass fut plus libral que le prsent4 ,en vertu du principe terrien1 les femmes nobles prenaient part anciennement aux lections provinciales et mme la nomination des tats gnraux4 ,l'lectorat fminin ne serait donc pas une si grande nouveaut1 puisqu'il ne ferait que renouer et largir une vritable tradition historique#bb4 ,note #bb3 ,,laboulaye1 ,recherches sur la condition civile et politique des femmes1 p4 #ddc1 note #c4--,lucien ,,leduc1 ,la ,femme devant le ,parlement1 p4 #bhc1 notes #b et #d4 ,,iii ,vous oubliez1 me dira-t-on1 que la femme est affranchie du service militaire1 et que son exclusion des droits politiques est prcisment la ranon de cette exemption4 ,si l'homme seul est lecteur1 c'est que seul il est soldat4 ,puisque vous aimez la logique1 ayez le courage d'enrgimenter les femmes6--,ce n'est pas ncessaire4 ,on voudra bien d'abord remarquer que cette objection n'a qu'une porte toute momentane3 le service militaire obligatoire pour tous les hommes n'existe ni en ,angleterre ni en ,amrique4 ,en ,france mme1 il n'a pas toujours t la loi du recrutement4 ,bien plus1 rien ne s'oppose ce que l'ancien systme de l'arme professionnelle remplace un jour ou l'autre1 quand la situation extrieure le permettra1 le systme actuel de la nation arme4 ,le temps n'est pas loin o les jeunes gens1 qui pouvaient se payer un remplaant1 conservaient nanmoins leur pleine capacit lectorale4 ,aujourd'hui encore1 les prtres1 les professeurs1 les instituteurs1 les diplms de certaines coles1 sont soustraits la presque totalit du service militaire1 sans que leur droit de suffrage en soit amoindri4 ,est-ce que1 par ailleurs1 l'impt du sang n'est point compens1 du ct des femmes1 par les charges si lourdes de la maternit8 ,bonaparte disait un jour la veuve du philosophe ,condorcet3 ,je n'aime pas que les femmes s'occupent de politique4--,vous avez raison1 gnral2 mais dans un pays o on leur coupe la tte1 il est naturel qu'elles aient envie de savoir pourquoi4 ,la ,franaise d'aujourd'hui pourrait ajouter3 ,dans un pays o l'on prend les enfants aux mres pour les envoyer se faire tuer aux frontires ou dans les colonies1 les femmes ont bien le droit de savoir pourquoi4 ,on leur dit3 ,ne vous plaignez pas de votre incapacit politique3 vous ne payez pas l'impt du sang4 ,elles ont une bonne rponse faire3 ,nous le payons dans la personne de ceux qui nous sont le plus chers1 fils1 frres1 poux et amis3 ce qui n'est pas moins dur que de l'acquitter par soi-mme4 ,si nous sommes dispenses du service militaire1 nous sommes condamnes en revanche toutes les douleurs de l'enfantement4 ,si nous ne faisons pas la guerre1 nous faisons des soldats6 ,on comprend maintenant le mot de ,michelet3 ,qui paie l'impt du sang8 ,la mre4 ,inutile de transformer toutes les femmes en vivandires pour leur permettre de revendiquer valablement l'exercice du droit lectoral4 ,et maintenant1 nous pouvons aborder1 en manire de conclusion1 cette vieille controverse d'cole3 le vote est-il une fonction ou un droit8 ,a vrai dire1 cela m'est bien gal4 ,si l'on tient l'lectorat pour une fonction publique1 la loi doit en investir seulement les plus dignes et les plus capables de l'exercer2 et partant notre constitution politique a le devoir1 et de la confrer sur-le-champ aux femmes instruites qui ne peuvent que l'honorer par leur caractre et leur talent1 et de l'enlever bien vite tant d'hommes ignorants ou malhonntes qui en font le plus sot usage ou le plus honteux trafic4 ,si l'on admet1 au contraire1 que l'lectorat soit un droit1 alors nul membre du corps social ne saurait en tre dpossd4 ,tant que le gouvernement a t l'apanage de quelques privilgis1 on pouvait comprendre que les femmes ne fussent point recevables en revendiquer le bnfice2 mais du jour o la volont gnrale a remplac la volont monarchique1 du jour o les pouvoirs politiques sont devenus l'manation et l'expression du consentement populaire1 la souverainet1 procdant de tous1 doit appartenir tous4 ,et alors1 de deux choses l'une3 ou l'lectorat est une fonction de souverainet1 et cette fonction ne doit tre confre qu'aux personnes capables de l'exercer1 hommes ou femmes2 ou bien l'lectorat est un droit de souverainet1 et ce droit doit tre reconnu tous ceux qui composent la volont gnrale1 hommes et femmes4 ,car il n'y a pas moyen de prtendre que la souverainet soit d'essence masculine4 ,sa nature est double3 elle est1 en quelque sorte1 mle et femelle4 ,en d'autres termes1 la souverainet ne dcoule pas exclusivement1 soit des hommes1 soit des femmes1 mais du peuple entier1 de tous les membres de la nation1 de l'ensemble des hommes et des femmes4 ,d'un mot1 elle est bisexuelle4 ,cela tant1 la conclusion s'impose3 tous souverains1 tous lecteurs6 ,,chapitre ,,iv ,plaidoyer en faveur de la femme lectrice ,,sommaire ,i4--,a-,t-,,elle ,,int,r,t ,a ,,voter8--,,la ,,politique ,d,,mocratique ,,int,,resse ,,les ,,femmes ,,autant ,,que ,,les ,,hommes4--,,le ,,bulletin ,,de ,,vote ,,est ,l',,arme ,,des ,,faibles4 ,,ii4--,,en ,,faveur ,,des ,,droits ,,politiques ,,de ,,la ,,femme4--,,sa ,,capacit4--,,sa ,,moralit4--,,son ,,esprit ,,conservateur4 ,,iii4--,,opinions ,,de ,,quelques ,,hommes ,c,l,,bres4--,r,,sistances ,,int,,ress,,es4--,,les ,,femmes ,,sont-,,elles ,,trop ,,sentimentales1 ,,et ,,trop ,d,,votes ,,pour ,,bien ,,voter8 ,i ,tout concourt justifier le droit des femmes au suffrage politique4 ,reste savoir si elles ont vraiment intrt l'exercer4 ,on nous objectera sans doute1 ce propos1 que l'exercice des droits lectoraux ne saurait tre mis au rang des batitudes2 que jouer un si petit rle officiel est de mdiocre consquence2 qu'il y a de plus grandes joies et de plus pures jouissances sur la terre que d'introduire1 de temps en temps1 un bulletin dans l'urne sous l'oeil souponneux de trois citoyens vigilants appels scrutateurs2 que ce plaisir est si peu du got de tout le monde que beaucoup d'hommes1--et des meilleurs1--y renoncent sans privation1 sans souffrance2 qu'en fin de compte1 voter ne fait pas le bonheur4 ,vienne donc le jour o toutes les femmes seront lectrices1 il y aura quelques politiciennes de plus1 et pas une mcontente de moins4 ,on nous dira encore1 avec une grce insinuante1 que1 dpourvue du droit de suffrage et place mme sous puissance de mari1 la femme est matresse1 quand elle le veut1 d'exercer une certaine influence sur les affaires de sa ville ou de son pays4 ,souveraine de ce petit royaume qu'on appelle le mnage1 elle n'est point dnue de tout moyen d'agir sur les dterminations et le vote de son mari2 et ce pouvoir modeste1 sans clat1 mais sans responsabilit1 fait d'une femme intelligente et fine l'grie du foyer4 ,grce cette influence discrte1 la femme moderne1 sans rien sacrifier de ses devoirs d'pouse et de mre1 remplit un peu1 dans les affaires politiques1 l'office d'un monarque constitutionnel3 elle rgne1 mais ne gouverne pas4 ,qu'elle reste donc la matresse de la maison et le bon gnie de la famille3 c'est le voeu de ceux qui professent le culte de la femme et le mpris de la politique4 ,le malheur est 7ce sera notre rponse7 que la femme d'aujourd'hui n'a plus autant qu'autrefois le droit et le moyen de se dsintresser des choses de la politique4 ,depuis que le peuple mancip a pris en main la direction de ses propres affaires1 depuis que le suffrage universel a subordonn notre fortune1 notre famille1 notre vie1 cette force anonyme1 irrsistible1 irresponsable1 qui est le nombre et qui s'affirme par une simple majorit si souvent prcaire et instable1 la politique est devenue la proccupation et le devoir de tous4 ,est-ce qu'une femme de tte ou de coeur peut rester indiffrente la question de savoir si l'impt dvorera le fruit de son travail1 si une lgislation rvolutionnaire confisquera ses biens hrditaires1 si la puissance redoutable de l'tat empitera sans cesse sur les droits de la famille8 ,les ,franaises auraient grand tort1 en vrit1 de se reposer sur leurs maris ou sur leurs pres du soin de conjurer ces prils4 ,un seul exemple3 l'immense majorit des femmes de ,france tait hostile la lacisation des coles1 et leurs hommes l'ont faite4 ,d'ailleurs1 il ne faut pas croire qu'en toute chose l'intrt des deux sexes soit identique4 ,actuellement1 l'ouvrier et l'ouvrire de l'industrie ont des intrts1 non seulement distincts1 mais absolument contraires4 ,nous avons aujourd'hui mille raisons de voter1 diront les femmes4 ,d'abord1 c'est par milliers que nous travaillons de nos mains pour gagner notre vie4 ,est-il donc inutile de plaider nous-mmes la cause de notre labeur1 de notre sexe1 et de manifester nos opinions1 nos besoins1 nos griefs1 par ce mme bulletin de vote que la loi a mis prcisment en ce but aux mains des hommes8 ,est-il superflu de prendre la dfense de notre pargne contre vos gaspillages financiers1 la dfense de nos enfants contre votre pdagogie stupide1 la dfense de nos consciences contre votre intolrance sectaire8 ,a cela1 point de rponse4 ,aurons-nous enfin le triste courage de refuser le droit de voter la femme parce qu'elle a le malheur d'tre plus faible que l'homme8 ,ce serait aggraver une ingalit de nature par une injustice de la loi4 ,voter est aujourd'hui le seul moyen lgal d'affirmer ses droits et de dfendre ses intrts4 ,plus la personne humaine est menace1 plus elle a besoin d'tre protge4 ,dans notre socit1 le bulletin de vote est l'arme des faibles et des opprims4 ,dnier au sexe fminin le droit de suffrage1 c'est lui refuser le droit de lgitime dfense4 ,l'exprience politique et parlementaire atteste que les lgislateurs font surtout les lois pour ceux qui font les lgislateurs4 ,l'intrt conspire donc avec le droit en faveur de l'lectorat des femmes4 ,,ii ,si chre que nous soit la logique1 notre intention toutefois n'est point de lui sacrifier l'intrt public4 ,que l'on nous dmontre que le vote des femmes est prjudiciable la nation ou la famille1 et nous renoncerons sans regret leur mancipation lectorale4 ,invoquant d'abord l'intrt national1 on nous assure que les femmes sont moins capables que les hommes d'exercer le droit de suffrage4 ,elles n'ont point l'intelligence des affaires1 ni le discernement rflchi1 ni le sang-froid4 ,de complexion nerveuse et sensible1 elles s'meuvent plus facilement et plus vivement que nous4 ,les mouvements populaires1 le fanatisme religieux ou politique1 l'enthousiasme1 l'effroi1 la colre1 exercent sur leur me des branlements soudains1 des entranements regrettables4 ,esclaves de leurs nerfs1 elles n'mettront que des votes de sentiment ou de passion4 ,c'est pourquoi1 si favorable qu'il ft la femme1 ,michelet estimait que la politique lui est gnralement peu accessible1 parce qu'il y faut un esprit gnralisateur et trs mle4 ,nous pourrions rpondre de suite que les femmes ont montr souvent un vritable talent de gouvernement1 et que1 pour ne parler que du pass1 des reines comme lisabeth d',angleterre1 ,marie-,thrse d',autriche et la grande ,catherine de ,russie ont fait assez belle figure dans le monde#bc4 ,stuart ,mill#bd prtendait mme que toutes les femmes mises l'preuve du pouvoir s'taient montres la hauteur de leur tche4 ,mais ne citons pas avec trop de complaisance l'administration de quelques grandes souveraines3 on nous rpondrait par le mot de la duchesse de ,bourgogne ,mme de ,maintenon3 ,savez-vous1 ,madame1 pourquoi une reine gouverne mieux qu'un roi8 ,c'est que1 sous une reine1 c'est d'ordinaire un homme qui dirige1 tandis que1 sous un roi1 c'est gnralement une femme4 ,note #bc3 ,,appleton1 ,de la situation sociale et politique des femmes dans le droit moderne1 p4 #ae4 ,note #bd3 ,stuart ,,mill1 ,l',assujettissement des femmes1 traduction ,cazelles1 pp4 #aag et suiv4 ,mettons que l'observation soit juste3 elle n'est pas1 aprs tout1 si dsavantageuse pour le sexe fminin4 ,l'orgueil de l'homme repousse le mrite1 dit ,joseph de ,maistre1 et l'orgueil de la femme l'appelle4 ,quelle excellente disposition pour bien voter6 ,seriez-vous donc si surpris que le suffrage des femmes ft plus clair1 plus prudent et plus pratique que le ntre8 ,ne faisons pas les fiers4 ,si les femmes ne sont pas1 l'heure qu'il est1 plus intelligentes que les hommes1 elles sont peut-tre plus instruites4 ,je veux bien que1 dans les classes prtendues dirigeantes1 nous tenions encore la prminence de la culture et du savoir2 mais1 en revanche1 dans les classes populaires1 il est bien difficile de refuser l'ouvrire plus de finesse1 plus d'ouverture d'esprit1 plus de largeur de coeur qu' l'ouvrier4 ,la paysanne elle-mme a l'intelligence plus veille1 plus meuble1 plus cultive que le paysan4 ,a la ville et surtout la campagne1 tandis que le matre commande1 la matresse inspire et gouverne2 en sorte que1 dans les masses profondes du suffrage universel1 notre loi a exclu prcisment du vote la partie la plus clairvoyante de la population franaise4 ,voulons-nous donc avoir un corps lectoral plus clair8 ,comprenons-y les deux sexes4 ,l'adjonction des femmes1 c'est l'adjonction des capacits4 ,de plus1 la femme du peuple est d'une moralit suprieure celle des hommes de sa condition4 ,nous avons eu dj l'occasion de citer les statistiques criminelles1 qui tablissent que le nombre des dlinquants mles dpasse considrablement le chiffre des condamnations encourues par les femmes4 ,a quelles gens le pays doit-il faire appel1 de prfrence tous autres1 lorsqu'il s'agit de choisir les lgislateurs1 sinon aux membres de la socit qui respectent le mieux les lois tablies8 ,or1 tandis que nous fermons l'accs du scrutin aux femmes honntes et vertueuses1 nous y admettons1--hormis seulement les criminels1--tous les hommes sans foi ni loi1 tous les dbauchs1 tous les alcooliques4 ,c'est de l'insanit pure4 ,qu'on ne dise point1 aprs cela1 que le suffrage des femmes est contraire la tranquillit publique1 car nous serions trop manifestement autoris user du mme argument contre le suffrage des hommes et mme rclamer l'abolition du rgime parlementaire qui permet nos faiseurs de politique de mener autour de nous un si scandaleux tapage4 ,,iii ,les hommes sont donc mal fonds se prvaloir contre les femmes d'incapacit intellectuelle ou d'incapacit morale4 ,et comme elles ont le sens de l'ordre et le got de la bonne administration1 veuillez croire qu'elles tiendront un moindre compte des couleurs1 des manifestes1 des vocifrations ou des vocalises d'un candidat que de sa valeur propre et de son honntet personnelle4 ,transportant aux affaires de l'tat leurs qualits de bonnes mnagres1 elles n'auront pas de peine se montrer plus fidles au scrutin1 plus libres dans leur choix et surtout plus scrupuleuses1 plus svres que nous sur les questions d'honneur et de probit1 si bien qu'il se pourrait que la bonne politicienne nous gurt du mauvais politicien4 ,c'tait l'esprance d'mile de ,girardin qui saluait dans l'lectorat des femmes l'avnement d'une politique plus haute1 plus profonde et plus large1 de moins en moins rvolutionnaire1 et de plus en plus sociale4 ,l'gale de l'homme1 d'o j'extrais cette ide1 fut une rponse l',homme-,femme d',alexandre ,dumas2 et l'on peut croire que l'opuscule de ,girardin ne fut pas tranger la conversion du grand dramaturge qui1 aprs avoir persifl les revendications fministes1 les exalta soudain dans les ,femmes qui tuent et les ,femmes qui votent4 ,et nous avons aujourd'hui pour garant de leurs prvisions le progrs des moeurs politiques dans les heureux pays o fleurit1 par exception1 l'lectorat fminin4 ,rendant compte des rsultats de la loi du #ab dcembre #ahfi qui1 dans l'tat de ,wyoming1 a reconnu aux femmes le droit de vote en matire politique1 le juge ,john ,kingman conclut que l'influence gnrale du suffrage fminin a t d'lever le niveau moral et intellectuel de la socit et d'assurer l'lection des hommes les plus capables#be4 ,et je vous prie de croire que les femmes de l-bas ne ngligent rien pour faire triompher la candidature qu'elles soutiennent4 ,elles ont sur nous tant d'avantages6 disait un journaliste amricain#bf4 ,note #be3 ,ed4 ,,villey1 ,le ,mouvement fministe contemporain1 p4 #ae4 ,note #bf3 ,,ostrogorski1 ,la ,femme au point de vue du droit public1 pp4 #ga et s4 ,faut-il craindre1 par ailleurs1 que leur sentimentalisme et leur dvotion ne les entranent des votes et des choix inconsidrs8 ,elles seront mauvaises gardiennes de l'honneur national1 a-t-on dit4 ,faites qu'une guerre soit juste et ncessaire3 elles y refuseront leur adhsion#bg4 ,de fait1 les femmes se sont associes en grand nombre aux ligues de la paix4 ,leur coeur1 si riche de piti1 se soulve naturellement contre les horreurs de la guerre4 ,beaucoup de fministes1--et des plus notoires1--sont de chaleureux adeptes de la cause humanitaire4 ,mais1 tout prendre1 lorsqu'il s'agit de dchaner la guerre1 mieux vaut un coeur timide qu'un coeur lger4 ,bienheureux les pacifiques6 ,il n'y a pas trop de mains sur la terre pour lever au-dessus des peuples jaloux et querelleurs le rameau d'olivier4 ,note #bg3 ,,duverger1 ,de la ,condition politique et civile des femmes1 p4 #fb4 ,aptre de la paix internationale1 la femme servirait galement la cause de la paix intrieure4 ,d'esprit conservateur1 ayant le sens de l'ordre et le got de l'conomie1 la bonne mnagre franaise rpugnerait la violence des partis extrmes2 et comme son ducation chrtienne la voue trs gnralement la dfense des traditions sociales1 elle fournirait par ses votes un appoint considrable la politique modre4 ,vous y tes6 interrompront certaines gens2 elles ne nommeront que des curs ou des congrganistes4--,et aprs8 ,si vous leur accordez le droit de vote1 c'est1 j'imagine1 pour les laisser libres de voter leur convenance et non point pour leur imposer je ne sais quel mandat impratif4 ,le prtre et l'vque ne sont point1 d'ailleurs1 si dplacs dans une assemble dlibrante3 tout ce qui touche au culte et aux oeuvres d'ducation et d'assistance rentre au premier chef dans leur comptence et leur mission4 ,que si la soutane d'un candidat cachait1 par hasard1 plus d'ambition et d'gosme que de dvouement la chose publique1 la clairvoyance des lectrices aurait tt fait de le dcouvrir et leur confiance ne tarderait pas se porter sur de plus dignes et de plus mritants4 ,il n'est pas si facile qu'on le croit de conqurir l'me des dvotes4 ,beaucoup1 dans le nombre1 sont indpendantes et frondeuses3 demandez ,,mm4 les ,curs6 ,les meilleures chrtiennes n'excluront point les laques et ne voteront qu' bon escient4 ,mme ,marguerite ,durand estime mme que1 si les femmes se montrent trop accessibles aux influences religieuses1 ce sera pour un temps si court que l'glise1 qui a la vie longue1 ne tient pas1 chez nous1 en faire l'exprience#bh4 ,a qui fera-t-on croire1 en tout cas1 que leurs suffrages seraient moins libres que ceux de nos cantonniers et de nos ivrognes8 ,et puis1 il n'est gure possible que leurs choix soient pires que les ntres4 ,note #bh3 ,voir la ,fronde du vendredi #ad septembre #aijj4 ,je n'ai point1 du reste1 la simplicit de penser que l'esprit sectaire puisse s'accommoder de mes ides et se ranger mes conclusions4 ,l'habilet avant la justice1 voil le mot d'ordre de ceux qui placent l'intrt de parti au-dessus des droits de la personne humaine4 ,quand la ,franaise aura nos opinions politiques1 disent-ils1 nous lui permettrons de voter4 ,pas avant6 ,on me pardonnera de ne point discuter cette manire de voir3 je la tiens pour aussi dcisive que misrable2 car elle subordonne cyniquement la cause des faibles l'utilit goste des forts4 ,,chapitre ,v ,objections des potes et des maris ,,sommaire ,i4--,,si ,,la ,,vie ,,publique ,,risque ,,de ,g,,ter ,,les ,,gr,,ces ,,de ,,la ,,femme4--,,vaines ,,appr,,hensions4 ,,ii4--,,si ,l',,lectorat ,,des ,,femmes ,,risque ,,de ,d,,sorganiser ,,la ,,soci,t ,,domestique--,,craintes ,,excessives4 ,,iii4--,,comment ,,concilier ,,les ,,droits ,,politiques ,,de ,,la ,,femme ,,avec ,,les ,,droits ,,politiques ,,du ,,mari8--,,du ,,peu ,,de ,,gout ,,des ,,fran,,aises ,,pour ,l',,mancipation ,,lectorale4 ,en justice et en raison1 les femmes ont le droit de voter2 les femmes ont intrt voter2 les femmes ont qualit pour voter4 ,que peut-on bien encore leur opposer8 ,deux objections curieuses3 celle des potes et celle des maris4 ,i ,les premiers vous diront avec des larmes dans la voix3 ,de grce1 ne laissez pas les femmes s'approcher de l'urne lectorale3 vous allez nous les gter4 ,ce sont des tres charmants1 des cratures dlicates1 qui perdraient leurs grces et leurs qualits se mler des affaires publiques4 ,qu'elles restent neutres en politique pour conserver leur empire et leur souverainet sur les hommes6 ,a ces galants scrupules1 ,alexandre ,dumas avait une plaisante rponse3 ,croyez-vous1 disait-il1 que la bicyclette les rende gracieuses#bi8 ,ce n'est pas le scrutin1 d'ailleurs1 qui en fera des hommes4 ,l'exercice du droit de citoyen n'a rien de bien rude4 ,il n'est pas ncessaire1 pour y exceller1 d'un long et pnible entranement4 ,serait-ce donc qu'en se rendant la mairie1 une ou deux fois tous les trois ou quatre ans1 pour dposer dans l'urne un petit carr de papier1 les femmes risquent de prendre des allures de portefaix8 ,certes1 une telle mtamorphose serait hassable1 si le vote la rendait possible4 ,mais il n'est pas croyable qu' choisir entre les radicaux ou les modrs et voter pour ,pierre ou pour ,paul1 les femmes perdent les grces de leur sexe4 ,note #bi3 ,lettre ,mme ,maria ,chliga4 ,aussi des gens plus graves1 jugeant cette raison insuffisamment raisonnable1 ont repris le vieil argument1 suivant lequel il n'est pas bon que la femme soit mle au mouvement et au sans-gne de la vie publique4 ,comment concilierait-elle ses devoirs de retenue1 de modestie1 de pudeur1 avec les compromissions et les brutalits d'une campagne lectorale8 ,est-ce dans les runions publiques qu'elle apprendra le beau langage1 l'urbanit1 la douceur1 toutes qualits qui sont l'honneur de son sexe8 ,parviendra-t-elle bannir des luttes politiques la violence et la grossiret que nous y mettons8 ,n'y perdra-t-elle pas1 au contraire1 la dcence que nous lui envions8 ,il est plus sr pour elle de rserver aux siens les trsors de sa douce et sage parole1 les soins1 le dvouement et les consolations dont la famille a besoin#cj4 ,note #cj3 ,,duverger1 ,de la ,condition politique et civile des femmes1 p4 #eh4 ,loin de nous la pense de conseiller aux femmes de faire le coup de poing dans les runions publiques4 ,mais on peut tre lecteur sans descendre1 comme dirait ,m4 ,prudhomme1 dans l'arne des partis4 ,une salle de vote n'est pas ncessairement un mauvais lieu4 ,le contact des lecteurs est-il si odieux et si dmoralisant8 ,une mondaine vapore n'est-elle pas plus brouille avec son foyer que ne le sera jamais une femme admise au scrutin8 ,que si l'on conservait des craintes pour la respectabilit des lectrices1 rien n'empcherait de les admettre voter par correspondance ou par procuration1 moins encore qu'on affecte au scrutin deux salles distinctes1 l'une pour les dames1 l'autre pour les hommes4 ,mais c'est faire bien des faons pour une chose toute simple4 ,en ,amrique et en ,australie1 l o l'intervention des femmes dans les lections politiques est de fait et de droit1 leur participation au vote n'occasionne ni embarras ni scandale4 ,elles s'acheminent au scrutin pour dposer leur bulletin de vote1 comme elles vont chez le percepteur acquitter leur feuille d'impts ou chez le banquier toucher leurs coupons de rente1 le plus tranquillement du monde4 ,et tous les partis reconnaissent que leur influence a t profitable au bien public4 ,on leur fait particulirement honneur des amliorations apportes la loi des pauvres1 la rpression de l'alcoolisme1 l'administration des hpitaux1 des asiles1 des prisons1 des coles et des tablissements pnitentiaires4 ,pourquoi l'extension du vote lectoral aux femmes franaises ne nous vaudrait-il pas les mmes bnfices8 ,impossible1 du reste1 d'enfermer les femmes d'aujourd'hui dans un gynce et de les condamner filer la laine sous le manteau de la chemine4 ,si l'on voulait interdire leur sexe la frquentation des hommes dans les lieux publics comme au bon vieux temps1 ce n'est pas la salle de vote qu'il faudrait leur fermer1 mais aussi et surtout les magasins1 les usines1 les bureaux1 les postes et les tlgraphes1 toutes les fonctions industrielles et commerciales4 ,autant supprimer leur libert d'aller et de venir1 leur droit de vendre et d'acheter6 ,il ne s'agit point1 par contre1 de dchaner imprudemment le suffrage universel parmi les femmes1 comme on l'a dchan brusquement1 en #ahdh1 parmi les hommes4 ,on pourrait les admettre d'abord1 par mesure d'acheminement1 au vote municipal1 quitte tendre peu peu leur capacit lectorale4 ,mais quelles que soient les dispositions transitoires admises1 nous ne pouvons souscrire celle qui consisterait rserver le droit de suffrage aux femmes veuves ou clibataires4 ,ce privilge offenserait la raison et la justice4 ,il ne faut point que les beaux titres d'pouse et de mre deviennent une cause de dfaveur et d'infriorit4 ,a trop avantager les femmes de condition indpendante qui jouissent1 dans la vie1 d'une plus grande somme de liberts civiles1 on courrait le risque de discrditer le mariage4 ,et puis1 les pres et les mres ne sont-ils pas plus intresss que quiconque la bonne gestion des affaires publiques8 ,comprendrait-on que les droits politiques fussent l'apanage exclusif des veufs et des vieux garons8 ,plus rationnel assurment serait l'attribution d'un double suffrage aux chefs de familles1 hommes ou femmes4 ,en un pays o la population dcrot1 il serait fou d'avantager le clibat4 ,,ii ,nous arrivons au gros argument des maris4 ,il ne faut pas dsorganiser la socit domestique sous prtexte de mieux organiser la socit politique4 ,puisque la femme a un matre1 a crit ,jules ,simon1 elle ne peut avoir dans l'tat les droits de citoyen4 ,et encore3 ,la famille a un vote3 si elle en avait deux1 elle serait divise2 elle prirait4 ,en effet1 l'exprience de chaque jour atteste combien les discussions politiques creusent entre les hommes de profondes et regrettables divisions4 ,n'apprhendez-vous point que1 les mmes causes produisant les mmes effets1 la politique n'introduise dans les mnages des dissentiments et des querelles qui1 en exasprant les incompatibilits d'humeur1 ne manqueraient point de dissocier et de rompre bien des unions8 ,supposez que l'un des conjoints soit royaliste ou conservateur1 et l'autre radical ou socialiste2 faites-les voter1 titre gal1 aux mmes lections3 la paix du foyer en sera-t-elle affermie ou trouble8 ,imaginez-vous la gaiet de leurs conversations8 ,les voyez-vous s'exercer1 en tte--tte1 aux liberts publiques1 en puisant l'un contre l'autre toutes les richesses du langage parlementaire8 ,n'est-il pas craindre1 mme1 que ces disputes conjugales ne se poursuivent jusqu' la mairie1 devant l'urne1 sous les yeux du public8 ,entre poux quelque peu anims de l'esprit de contrarit1 la vie ne sera plus tenable4 ,le divorce a dj trop d'aliments pour qu'il soit prudent de lui fournir le prtexte inpuisable des dissentiments lectoraux4 ,la politique est ce qui nous divise le plus2 ne l'installons pas au foyer6 ,le vote des femmes ne simplifierait pas nos difficults1 crit ,marion1 il les doublerait#ca4 ,et la paix des mnages en serait gravement trouble4 ,voulez-vous introduire dans le ,code le divorce pour incompatibilit d'humeur lectorale8 ,note #ca3 ,la ,psychologie de la femme1 p4 #cjb4 ,franchement1 nous ne croyons pas cette aggravation des hostilits entre mari et femme par la malfaisance de la politique4 ,de nos jours1 les poux sont diviss sur des questions autrement graves que celles du choix d'un maire ou d'un dput4 ,combien de fois leur dissentiment porte sur les ides fondamentales de la destine1 sur la foi une autre vie1 sur les devoirs de religion8 ,car il n'est pas rare de voir un libre-penseur pouser une dvote2 et c'est l'occasion de l'ducation des enfants surtout que les divergences religieuses peuvent s'aigrir et s'envenimer4 ,eh bien6 si graves que soient ces oppositions de vues et de croyances1 si troublants que soient ces malentendus de conscience et ces antagonismes de doctrine1 on trouve moyen de s'arranger4 ,les femmes vont tranquillement la messe1 tandis que les maris vaquent leurs affaires4 ,leur serait-il plus difficile de voter1 l'un pour les radicaux1 l'autre pour les conservateurs1 sans se meurtrir ou s'invectiver8 ,d'autant mieux que1 s'il est possible d'empcher les femmes de voter1 il n'est pas au pouvoir de la loi de les empcher de penser4 ,en ralit1 elles se sont occupes et s'occuperont toujours de politique2 elles s'en occupent et s'en proccupent mme de plus en plus2 elles lisent les journaux1 discutent les vnements et1 faute de pouvoir exercer quelque influence sur leur direction par un libre suffrage1 les ambitieuses et les habiles recourent l'intrigue pour assurer le triomphe de leurs ides ou de leurs amis4 ,au lieu de politiquer tortueusement dans les coulisses1 n'y aurait-il pas avantage ce qu'elles puissent manifester leurs opinions au grand jour8 ,on parat craindre que la coquetterie des femmes ne soit un nouvel lment la corruption lectorale4 ,mais la beaut ne court pas les rues4 ,on redoute les influences fminines1 celles du regard1 de la toilette1 le contact de deux mains se rencontrant dans l'urne2 on tremble la seule pense que les rsultats d'un scrutin puissent dpendre du pli d'une lvre et de la grce d'un sourire4 ,mais qui fera-t-on croire que le suffrage masculin n'obit prsentement qu' la droite et saine raison8 ,on assure que les femmes prendront conseil de leur confesseur1 de leur poux ou de leur ami1 c'est--dire d'un homme dont elles doubleront le suffrage4 ,mais nos lecteurs d'aujourd'hui sont-ils insensibles aux influences de leurs parents1 aux sollicitations de leurs voisins8 ,les promesses ou les faveurs n'ont-elles jamais prise sur leurs dterminations8 ,j'ai l'ide que si1 avant le scrutin1 les femmes cherchent clairer leur conscience1 elles songeront moins que les hommes1 tant plus honntes1 vendre leur vote4 ,on nous dit encore que l'lectorat des femmes ne serait sans danger qu'au cas o l'union morale serait complte1 et que1 revendiqu comme arme de combat1 il ne peut tendre qu' les sparer de leurs pres1 de leurs frres et de leurs maris4 ,ou les femmes voteront pour nous1 et leur suffrage sera inutile1 ou bien elles voteront contre nous1 et c'en sera fait de la paix sociale4 ,mais si l'harmonie des esprits tait parfaite et le gouvernement sans dfaut1 le vote masculin lui-mme serait superflu4 ,et quant croire une coalition monstrueuse de la totalit des femmes contre la totalit des hommes1 c'est du pur enfantillage4 ,au surplus1 toutes les objections que l'on lve actuellement contre l'lectorat fminin--invasion de la politique dans les mnages1 rivalits des individus et des classes1 agitation1 opposition1 corruption1--on les a formules jadis contre le suffrage universel des hommes4 ,et finalement1 puisque le vote personnel est une ncessit de la dmocratie1 il est logique1 il est juste de fournir la femme1 comme l'homme1 le moyen de dfendre ses intrts et ses droits4 ,faisons remarquer1 par ailleurs1 ceux qui1 redoutant l'ingrence des femmes dans la politique1 prophtisent les pires extravagances1 qu'il n'est pas impossible que l'mulation des vues1 des ambitions et des efforts mette plus d'quilibre dans la socit1 sans soulever pour cela plus de conflits dans la famille4 ,car1 aprs tout1 il n'est pas juste de prsumer qu'en matire lectorale le mari et la femme seront ncessairement en dsaccord1 et que1 par suite1 la politique soit la plus grande ennemie du mariage4 ,bien qu'admises voter1 les femmes ne cesseront point de plaire et d'aimer4 ,jamais l'amour de la politique ne fera renoncer une ,franaise la politique de l'amour4 ,,iii ,mais si l'amour persiste1 que deviendra le respect de l'autorit maritale8--,je rponds3 l'union de l'homme et de la femme est une alliance2 et1 comme toute alliance1 elle ne doit comporter ni domination qui asservit1 ni sujtion qui annihile4 ,chacun des deux allis garde sa personnalit1 sa conscience1 son moi4 ,l'pouse n'est point le satellite de l'poux1 ni son reflet1 ni son ombre1 ni son cho1--toutes expressions qui ont t employes par les antifministes pour signifier l'absorption ncessaire de la femme par le mari4 ,aprs comme avant le mariage1 la femme est une personne devant l'tat comme devant ,dieu4 ,en pousant un homme1 elle n'abdique point son individualit4 ,le mari qui la traiterait en infrieure commettrait un crime de lse-humanit4 ,bien qu'elle soit autre que lui1 elle ne cesse point d'tre1 en raison et en religion1 une me gale la sienne4 ,que l'homme se persuade donc que1 s'il est et doit rester le chef de la famille1 il n'est pas et ne peut pas tre1 en politique1 le matre absolu de sa femme4 ,ne laissons ni dcapiter la puissance maritale ni annuler la personnalit fminine4 ,de mme que l'autorit morale du pre n'est pas un obstacle au suffrage des fils qui ont atteint l'ge de la majorit1 ainsi le mariage est incapable de faire perdre l'pouse ses droits de citoyennet4 ,nulle contradiction1 consquemment1 la laisser voter3 le droit du mari lecteur n'est point1 en soi1 la ngation du droit de la femme lectrice4 ,et qu'on ne voie point l un vote en partie double1 sous prtexte que les poux ne font qu'un4 ,car cette unification ne saurait aller jusqu' la suppression de la personnalit de l'pouse4 ,l'union des vies n'est pas la confusion des mes4 ,que si1 enfin1 la femme a omis1 pendant des sicles1 de revendiquer ses droits lectoraux1 laissant son compagnon la vie publique1 gardant pour elle les occupations domestiques1 cachant au foyer1 par modestie ou par fiert1 ses trsors de courage1 de tendresse et de bont1 il serait injuste de triompher contre elle de son silence et de son inaction4 ,lentement elle a pris conscience de son rle et de son pouvoir2 lentement elle s'est aperue qu'elle portait le monde1 qu'elle l'enfantait1 qu'elle relevait1 et que son influence ne rpondait qu'insuffisamment sa puissance4 ,ds les premiers pas qu'elle a hasards au dehors1 convaincue de sa force autant que frappe de son inexprience1 elle a pens que1 si elle chancelait1 c'est qu'elle tait demeure trop longtemps immobile et enferme4 ,et elle s'est mise avec ardeur cultiver son intelligence1 exercer sa libert4 ,aujourd'hui1 les plus hardies manifestent la volont de participer la vie sociale et d'agir sur la vie politique autrement que par les fils qu'elles donnent la communaut2 et elles appuient leurs prtentions du plus dmonstratif des arguments1 en montrant1 par leurs efforts et leurs succs dans les examens qu'elles subissent et dans les emplois virils qu'elles envahissent1 des aptitudes srieuses pour la plupart des rles que l'homme s'tait jusqu'ici rservs4 ,en ce qui concerne la ,france1 toutefois1 il serait excessif de dire que le mouvement est gnral4 ,beaucoup d'esprits estiment que nos moeurs politiques sont trop basses et trop rudes pour qu'il soit expdient d'y associer les femmes4 ,et quand nous leur rpliquons que l'accession de celles-ci au corps lectoral lui apporterait un lment de lumire et de sagesse1 ils refusent de nous croire1 allguant1 non sans raison1 que la trs grande gnralit des femmes ne rclame pas le suffrage politique4 ,l'observation est juste4 ,presses par les exigences de la vie1 les ,franaises aspirent moins l'mancipation politique qu' l'mancipation conomique4 ,elles ont volontiers le travail agressif2 elles se flattent de nous expulser de nos positions les plus solides1 sans se douter que leur coopration lectorale serait plus utile leur cause1--et la chose publique1--que l'envahissement1 souvent inconsidr1 des professions masculines4 ,,chapitre ,,vi ,a quand le vote des ,franaises8 ,,sommaire ,i4--,,hostilit ,,des ,,uns1 ,,indiff,,rence ,,des ,,autres4--,,ou ,,est ,,la ,,femme ,,forte ,,de ,l',,vangile8 ,,ii4--,l',,lectorat ,,des ,,femmes ,,et ,,leur ,,ligibilit4--,,du ,r,,le ,,politique ,,de ,,la ,,femme ,,de ,,quarante ,,ans4 ,,iii4--,,dangers ,,de ,,la ,,vie ,,parlementaire4--,,point ,,de ,,femmes ,d,,put,s4--,,le ,,droit ,d',,lire ,n',,implique ,,pas ,n,,cessairement ,,le ,,droit ,d',,tre ,,lu4 ,nous persistons croire que les femmes ont une place prendre dans notre droit public1 sans amoindrissement pour les hommes1 sans dommage pour elles-mmes4 ,et chose curieuse1 cette nouveaut1 que nous jugeons la plus raisonnable1 la plus utile1 la plus lgitime1 est prcisment1 comme nous venons de le dire1 la moins dsire par les deux sexes6 ,i ,de cette indiffrence1 il est deux raisons4 ,d'une part1 les partis politiques qui disposent en ce moment du pouvoir1 si convaincus qu'ils soient du bon droit des femmes1 en redoutent les effets pour eux-mmes4 ,faire voter les ,franaises1 n'est-ce point livrer la ,rpublique aux catholiques8 ,et cette perspective terrifiante1 comme nous disait une fine dvote1--toutes les loges maonniques frmissent d'pouvante4 ,d'autre part1 les conservateurs1 paralyss par des sicles de prjugs et d'apathie1 hsitent prendre en main la cause de l'lectorat fminin4 ,ils sont anims de si farouches prventions contre le suffrage universel qu'ils n'ont point le courage d'en tirer toutes les consquences1 dussent-ils les premiers bnficier de celles-ci4 ,mfiance de la gauche1 pusillanimit de la droite1 tel est le secret du peu de got que nos hommes politiques tmoignent pour le suffrage fminin4 ,mais on sent bien1 de part et d'autre1 que les femmes ne pourront pas tre traites longtemps comme une quantit ngligeable4 ,leur refuser le droit de vote1 c'est renier les principes de la ,rvolution1 dont se rclame le parti avanc1 ou trahir les intrts de la conservation sociale1 auquel se voue le parti modr4 ,et comme pour russir gauche ou droite1 il faut1 suivant le mot de ,mirabeau1 que les femmes s'en mlent1 nous voyons les partis en prsence rivaliser de coquetterie et multiplier les avances pour les attirer et les convertir leurs ides4 ,nos conservateurs attendront-ils que les femmes franaises aient cess d'tre chrtiennes1 pour revendiquer en leur faveur le droit de participer aux lections communales1 dpartementales et lgislatives8 ,mon avis est qu'ils ne feraient point une si mauvaise affaire en tendant la capacit politique de leurs mres1 de leurs femmes et de leurs soeurs4 ,s'il leur faut des voix plus autorises que la mienne1 qu'ils veuillent bien prter l'oreille aux dclarations des plus hauts reprsentants du clerg catholique l'tranger1 moins timors en cela1--tant plus libres1--que leurs minentissimes collgues de l'piscopat franais4 ,c'est le cardinal ,vaughan1 primat d',angleterre1 qui acquiesce expressment la coopration des femmes aux affaires publiques2 c'est le clbre prlat amricain1 ,mgr ,ireland1 archevque de ,saint-,paul1 qui terminait une confrence faite ,paris par ces mots3 ,il ne faut pas dsesprer du monde si les femmes obtiennent le droit de suffrage#cb4 ,note #cb3 ,journal des ,dbats du #bj juin #ahib4 ,nous qui rclamons pour la femme toute la justice et rien que la justice1 nous sommes convaincu que1 pour peu que les ,franaises veuillent fermement tre lectrices1 elle le seront4 ,le voudront-elles8 ,tout est l4 ,il serait pnible de constater que la discipline catholique les a domestiques et amollies ce point1 qu'elles ne puissent relever la tte aussi firement que les ,anglo-,saxonnes et tenter de nous sauver de nos misres en se librant de leur inertie et de leur infriorit4 ,c'est trop dj que des rpublicains libraux comme ,jules ,simon aient pu s'tonner de l'inconcevable rsignation1 avec laquelle les chrtiennes de ,franco ont accept la politique des dcrets et des lacisations4 ,o sont donc les femmes fortes de l'vangile8 ,,ii ,par un dernier scrupule que nous tenons dissiper1 d'aucuns inclineront peut-tre refuser aux femmes l'lectorat politique dans la crainte qu'il ne soit un acheminement leur ligibilit4 ,a peine mises en possession du droit de vote1 dit-on1 elles rclameront le droit de reprsentation4 ,ds qu'elles seront lectrices1 elles voudront tre lues4 ,leur ouvrirez-vous dbonnairement les mairies1 les conseils gnraux1 le ,parlement1 toutes les fonctions officielles du gouvernement8 ,les ,amricaines n'en doutent pas4 ,il est quelques tats o elles sigent dj dans les assembles communales2 et l'on ne voit pas1 pour le dire en passant1 qu'elles s'acquittent de leurs devoirs plus mal que les hommes4 ,on nous certifie mme que leur prsence n'a produit que de bons effets3 plus d'ordre1 plus de tenue chez leurs collgues masculins1 plus d'exactitude aux sances1 plus de fermet dans la rpression de l'ivresse et de la dbauche#cc4 ,ainsi ,mgr ,ireland nous assure que1 dans l'tat de ,wyoming1 une femme ayant t lue maire1 tous les cabarets du district furent1 ds le lendemain1 ferms par son ordre#cd4 ,voil un bel exemple d'audace que je prends la libert de recommander nos magistrats municipaux4 ,on comprend maintenant que l'lection d'une femme la prsidence de la ,rpublique paraisse aux fministes d',amrique la chose la plus naturelle du monde4 ,note #cc3 ,,villey1 op4 cit41 pp4 #ad et #ae4 ,note #cd3 ,journal des ,dbats du #bj juin #ahib4 ,sans nourrir des esprances aussi hardies1 le fminisme de ,france n'est pas exempt de toute ambition politique4 ,non contentes de s'asseoir1 en lves studieuses1 sur les bancs des coles suprieures ou mme de participer1 en citoyennes utiles1 l'lection des juridictions professionnelles et des assembles locales1 certaines dames1--peu nombreuses du reste1--brlent dj de siger au ,parlement4 ,il faut ces fortes ttes la tribune de la ,chambre des dputs4 ,quant au ,snat1 c'est une trop vieille institution pour qu'elle puisse exciter leur envie4 ,l'ambitionner serait avouer son ge4 ,il sera temps de revendiquer cette douce retraite lorsqu'on aura blanchi sous le harnais politique4 ,en revanche1 il serait urgent1 parat-il1 d'inoculer un peu de gravit fminine notre ,chambre des dputs1 si nous voulons opposer un contre-poids efficace son esprit aventureux et dpensier4 ,est-ce que les femmes ne seront pas plus mnagres des deniers publics8 ,elles seraient srement plus dcoratives4 ,une assemble1 qui et compt parmi ses membres ,mme ,rcamier ou ,mme de ,stal1 en aurait t grandement embellie et honore4 ,n'a-t-on pas dit que la ,france1 avec sa sensibilit1 son enthousiasme et ses engouements idoltres suivis d'accablements dsesprs1 tait une nation femelle8 ,raison de plus pour admettre les femmes la reprsentation nationale4 ,attendons-nous donc voir un jour1 dans l'agitation incohrente d'une campagne lectorale1 quelque noble ambitieuse se prsenter comme champion du fminisme parlementaire4 ,sera-t-elle jeune et jolie8 ,on en peut concevoir quelque doute1 cette fonction ne convenant gure1 d'aprs les fministes eux-mmes1 qu' la femme de quarante ans4 ,jusque-l1 les servitudes du sexe et les devoirs de la maternit retiennent l'pouse la maison4 ,mais quarante ans1 la femme arrive au tournant de la vie4 ,c'est1 pour elle1 l'ge critique1 l'ge mr1 l'ge o l'on baille1 l'ge o l'on s'ennuie4 ,a ce moment1 les petits ayant pris leur vole1 rien ne l'empchera1 nous assure-t-on1 de se consacrer tout entire aux affaires de son pays4 ,cette conception du rle politique de la femme sur le retour est nouvelle4 ,on sait d'ailleurs que dans notre socit actuelle organise par les hommes et au profit des hommes1 la femme est apprcie surtout comme pouse et comme mre4 ,si elle n'a1 pour beaucoup1 qu'une valeur de beaut pendant la premire moiti de sa vie1 il lui est loisible d'acqurir1 dans la seconde1 une valeur propre d'intelligence et d'activit sociale4 ,et voil un fruit mr pour la dputation4 ,mme ,edmond ,adam a trait ce point avec une particulire autorit4 ,ce qui m'a toujours choqu chez l'homme1 dit-elle1 c'est le profond ddain avec lequel il traite les femmes qui ont atteint la maturit4 ,et elle remarque avec malice que c'est pourtant cet ge qu'elles gouvernent le mieux leur maison1 leur industrie1 leur commerce1 et leur mari par-dessus le march4 ,voici sa conclusion3 ,veuillez reconnatre1 ,messieurs les matres1 qu'une femme qui ne tient plus plaire et qui n'est plus absorbe par les soins de la famille1 est encore bonne quelque chose1 qu'elle peut rendre des services sociaux1 produire au point de vue de l'art1 du mtier1 de l'industrie1 et que ce temps1 qu'elle peut employer en dehors du mnage1 reprsente au moins les deux tiers du temps qui lui est ordinairement accord de vivre1 ce qui vaut la peine d'en parler#ce4 ,note #ce3 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif1 p4 #hdb-hdc4 ,,iii ,que valent ces considrations varies en faveur de l'ligibilit de la femme quadragnaire8 ,pas grand'chose4 ,il est vrai que1 pass l'ge critique1 les femmes ont chance de vivre plus longtemps que les hommes1 et qu'alors1 par une mtamorphose assez gnrale1 l'instinct maternel fait place en leur coeur une raison tranquille1 srieuse et prudente1 toutes les qualits requises pour la direction d'une famille4 ,en vieillissant1 leur esprit acquiert de la nettet1 de l'tendue1 de la pondration1 de la sret4 ,elles se donnent moins au sentiment qu' la rflexion2 et par l1 elles se rapprochent vraiment de la constitution masculine4 ,pourquoi leur refuserions-nous1 cet ge de sagesse o elles deviennent plus aptes remplir les offices virils1 le droit de jouer un rle politique susceptible de tourner l'avantage du pays8 ,nous voyons cela quelques inconvnients4 ,d'abord1 il est excessif de prtendre que la femme de quarante ans soit toujours une force disponible et mre pour la politique4 ,on oublie les malaises1 les sujtions1 les affaiblissements du retour d'ge1 et les soucis1 les proccupations de l'intrieur1 les grands fils tablir1 les petits-enfants gter1 la famille prsider1 soutenir1 conseiller4 ,est-ce l une vie de loisirs et de libert8 ,par ailleurs1 mme en admettant que la vocation parlementaire s'veille exactement chez la femme quarante ans rvolus1 on n'imagine gure qu'elle puisse s'improviser jour fixe femme d'tat1 pas plus que prfte ou avocate1 ingnieur ou mdecin4 ,il faut toutes ces fonctions une longue prparation qui n'est point compatible avec les tches sacres1--et combien absorbantes6--qui incombent l'pouse et la mre4 ,vous reprsentez-vous cette mnagre hroque piochant le budget en allaitant son nouveau-n8 ,hlas6 elle devra choisir entre ceci ou cela4 ,a elle aussi1 la bifurcation s'imposera de bonne heure4 ,ou elle dlaissera la politique1 ou elle ngligera sa maison4 ,toute femme ambitieuse1 ayant le sentiment ou l'illusion de sa supriorit et voulant se faire un nom dans les affaires publiques1 sera perdue pour le mariage4 ,et voil bien ce qui nous inquite le plus dans l'invasion de nos fonctions par les femmes intellectuelles4 ,oblig de reconnatre que les ncessits conomiques les portent vers des emplois et des mtiers qui ne semblent pas toujours faits pour elles1 nous avons souscrit sans trop de rticences1 comme on peut s'en souvenir1 l'largissement de leur activit sociale4 ,mais ds qu'il nous apparat avec vidence qu'une profession aurait pour consquence invitable de les loigner de leur royaume naturel1 de les dtourner de leur office sacr1 alors notre devoir est de leur en fermer la porte4 ,voil pourquoi nous hsiterions ouvrir le ,parlement aux femmes4 ,si elles y pntrent1 elles feront le sige de toutes les fonctions administratives les moins conformes leurs fonctions domestiques4 ,ainsi donc1 point de femme ligible4 ,on peut dire cette fois1 avec ,m4 ,faguet1 que toute politicienne de plus serait une mre de moins#cf4 ,note #cf3 ,mesdames au vote6 cho de la ,semaine du #bh novembre #ahig1 p4 #ebb4 ,faites mieux1 dira-t-on1 fermez la salle de vote3 l'air qu'on y respire n'est pas plus sain que celui du ,parlement4--,permettez3 les deux situations ne sont pas comparables4 ,rien de plus absorbant1 de plus dmoralisant que la dputation1 tandis que le vote est un acte individuel et momentan4 ,il y a fonction continue dans le premier cas1 et simple visite intermittente la mairie dans le second4 ,et comme l'lectorat des femmes n'implique point1 dans notre pense1 leur ligibilit1 l'exercice du droit de suffrage sera inoffensif1 tant dsintress4 ,point de danger qu'elles soient entranes aux excs et aux bassesses de la vie parlementaire1 puisqu'il ne leur sera point donn de faire tourner leur vote au profit de leurs ambitions et de leurs intrts personnels4 ,notez bien que1 si nous cartons les femmes du ,parlement1 ce n'est point parce que nous les jugeons indignes de lui1 mais parce que nous le jugeons indigne d'elles1 tant le niveau moyen de notre reprsentation nationale nous parat infrieur6 ,nous avons le pressentiment que leur sexe se trouverait mal des compromissions et des chocs de la politique militante4 ,qui ne sait l'action dprimante et malsaine qu'elle exerce sur les hommes8 ,serait-il prudent d'y exposer la dcence et l'honneur des femmes8 ,pour ma part1 je verrais regret nos mres1 nos filles1 nos soeurs1 entrer dans la cage aux fauves d'une assemble lgislative ou descendre dans la fosse aux ours d'un conseil municipal4 ,nos moeurs dmocratiques sont telles qu'une honnte femme ne saurait s'y mler sans souffrance et sans amoindrissement4 ,joignez que la grossiret est contagieuse et que1 les femmes tant loquaces1 ardentes1 opinitres1 nos dames parlementaires seraient tenues de hurler avec les loups1 au risque de s'attirer les plus vertes rpliques4 ,au ,congrs des socialistes allemands tenu ,stuttgard en octobre #ahih1 les femmes prirent part aux discussions avec vigueur et fracas4 ,a un moment1 elles menrent un si terrible tapage que1 pour les faire rentrer dans le silence1 un congressiste dut leur crier pleins poumons3 ,allez-vous bientt finir votre sabbat1 sorcires8 ,en dmocratie1 avec le mpris grandissant de la politesse et des biensances1 les fonctions publiques deviendront de moins en moins accessibles aux honntes femmes4 ,un doux pote canadien1 ,m4 ,louis ,frchette1 leur a dit gentiment3 ,le poids d'un tel fardeau sur de frles paules ,pourrait bien les faire ployer4 ,mesdames1 croyez-moi1 ne changeons pas de rles3 ,restez les anges du foyer#cg4 ,note #cg3 ,le ,coin du feu1 ,revue de ,montral1 dcembre #ahic4 ,il n'y a qu'un remde la grossiret qui envahit nos moeurs politiques3 laissons voter les femmes4 ,elles sont trs capables d'exiger de leurs candidats qu'ils respectent la civilit purile et honnte4 ,on insiste3 ,elles voteront pour elles et non pour nous4 ,vous ne leur ferez pas comprendre qu'elles peuvent tre lectrices sans pouvoir tre lues4--,a cela1 nous avons une rponse dcisive4 ,sous un rgime de suffrage universel1 le droit de participer l'lection des assembles politiques n'entrane pas ncessairement le droit de s'y faire lire4 ,si le principe de la souverainet du peuple exige que tous les membres de la nation puissent se faire reprsenter dans ses conseils1 il ne rclame aucunement que tous les lecteurs puissent s'lever eux-mmes toutes les fonctions reprsentatives4 ,tandis que tous les citoyens doivent avoir la facult et le moyen de voter1 il est bien vident que tous ne sont pas en situation ni en droit d'tre dputs1 snateurs1 ministres ou ,prsident de ,rpublique4 ,ne rclamons donc pour les femmes que ce qui leur est d4 ,a outrepasser la limite des revendications permises1 on compromettrait1 du reste1 les plus lgitimes et les plus dsirables rformes4 ,et puis1 on verra plus tard6 ,si notre ,parlement s'assagit et se civilise1 si surtout il devenait un jour la vritable reprsentation des intrts gnraux de la nation1 croyez-vous que quelques femmes de mrite et de talent n'y feraient pas bonne figure et bonne besogne8 ,et maintenant1 quand la ,franaise lectrice8 ,pas tout de suite4 ,nos conservateurs1 qui pourraient bnficier de ses votes1 sont trop poltrons et trop nervs pour largir en sa faveur le suffrage universel qu'ils dtestent2 et nos dmocrates1 qui idoltrent celui-ci condition d'en profiter1 se garderont bien de mettre le bulletin de vote aux mains des femmes par peur des couvents et des curs4 ,mais1--pour conclure1--qu'on veuille bien retenir ceci1 que la logique des ides est irrpressible2 qu'elle agit lentement1 mais invitablement1 sur l'esprit des foules2 qu'il rpugne la simple raison que toute une catgorie de personnes rputes habiles choisir librement des mandataires pour la direction de leurs affaires prives1 soit dclare inapte lire des mandataires pour l'administration des affaires publiques1 de telle sorte que la plnitude de la capacit civile se heurte en un mme individu la plus complte incapacit politique4 ,qu'on veuille bien encore observer qu'il apparatra de plus en plus clairement la conscience du grand nombre que la femme1 ayant en soi sa fin et sa dignit1 est une personne qui ne doit pas tre soumise des lois qu'elle ne fait pas1 des impts qu'elle ne vote pas1 un gouvernement qu'elle ne consent pas2 qu'en l'excluant de nos comices lectoraux1 il n'est pas vrai que la loi soit l'expression de la volont gnrale1 ni que les gouvernants soient la reprsentation lgitime des gouverns2 bref1 que1 dans notre pays de suffrage universel o l'homme le plus mdiocre est mieux trait que la femme la plus distingue1 rien n'est moins universel que le principe lectif de notre dmocratie rpublicaine4 ,et choque de ces illogismes criants1 blesse de ces ingalits injustifiables1 l'opinion publique finira bien un jour par se dire qu'aprs la suppression des privilges de rang1 de caste et de naissance1 il lui reste abolir la dernire aristocratie survivante1 l'aristocratie de sexe4 ,qu'importe que les esprits qui s'ouvrent prmaturment ces ides ne soient aujourd'hui qu'une infime minorit8 ,demain1 grce la toute-puissance de la logique que rien n'arrte1 ils seront lgion4 ,les majorits ne sont que la preuve de ce qui est1 crivait ce propos ,alexandre ,dumas2 les minorits sont souvent le germe de ce qui doit tre et de ce qui sera #ch4 ,note #ch3 ,les ,femmes qui tuent et les ,femmes qui votent1 p4 #aae4 ,lors mme que l'avenir1 faisant retour la sagesse1 renoncerait aux incohrences aveugles du suffrage d'aujourd'hui pour confier aux plus dignes et aux plus capables la mission de choisir les reprsentants de la nation1 le fminisme politique aurait encore sa raison d'tre et devrait rclamer l'accession des femmes d'lite au corps lectoral4 ,mais ce serait trop beau3 l'avenir n'est pas aux privilges du suffrage restreint4 ,le courant galitaire est trop violent pour revenir en arrire4 ,a-t-on jamais vu les eaux d'un fleuve remonter vers leur source8 ,en tout cas1 le dilemme suivant reste entier3 ou le suffrage universel est une ineptie dangereuse1 et l'on ne comprend pas qu'il soit tendu tous les hommes1 mme les plus niais2 ou bien le suffrage universel est un principe admirable et un immense bienfait1 et alors il est inconcevable qu'on en ferme l'accs toutes les femmes1 mme les plus minentes4 ,,livre ,,ii ,,mancipation ,,civile ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,la crise du mariage ,,sommaire ,i4--,,on ,,se ,,marie ,,tard1 ,,on ,,se ,,marie ,,moins1 ,,on ,,se ,,marie ,,mal4--,,calculs ,,go,,stes ,,des ,,jeunes ,,gens4--,,calculs ,,go,,stes ,,des ,,jeunes ,,filles4--,,calculs ,,go,,stes ,,des ,,parents4 ,,ii4--,,le ,,flirt4--,,son ,,charme4--,,son ,,danger4 ,,iii4--,,instruction ,,et ,c,,libat4--,,pourquoi ,,la ,,jeune ,,fille ,,nouvelle ,,doit ,,faire ,,une ,,femme ,,ind,,pendante4--,,anglaises ,,et ,,fran,,aises4 ,,iv4--,m,,nages ,,ouvriers4--,,diminution ,,des ,,mariages ,,et ,,des ,,naissances ,,dans ,,la ,,classe ,,populaire4--,,les ,,tentations ,,de ,l',,amour ,,libre4 ,v4--,,raisons ,d',,esp,,rer4--,,bonnes ,,pouses ,,et ,,saintes ,m,,res4--,,le ,f,,minisme ,,parisien ,,et ,l',,antif,,minisme ,,provincial4 ,c'est une heureuse ncessit pour la femme1 aussi bien que pour l'homme1 de prfrer les douces fins de l'amour et les intrts suprmes de l'existence aux calculs et aux soucis de la politique4 ,a l'entre de la vie libre et agissante1 l'apprentissage termin ou l'instruction reue1 lorsque l'heure est venue de gagner son pain et d'assurer son avenir1 ce qu'il faudrait aux jeunes filles srieuses qui n'ont pas le dsir d'exposer leur vertu d'inquitantes aventures1 c'est moins un snateur ou un dput lire1 qu'un brave homme pouser4 ,mieux vaut courir deux les chances prilleuses de l'existence que de traner son indpendance et son isolement travers le monde1 sans consolateur et sans appui4 ,mais contraries par les hasards du sort1 presses par les exigences de leur condition ou dclasses par leur ducation mme1 nos demoiselles trouveront-elles un compagnon sortable l'heure opportune8 ,cette question est de nature faire battre douloureusement bien des coeurs4 ,actuellement1 le mariage prsente des difficults que nos pres n'ont pas connues4 ,on se marie tard1 on se marie moins1 on se marie mal4 ,i ,c'est un fait constant que nos contemporains de ,france se marient tard4 ,l'ge des chimres est pass trs gnralement quand ils entrent en mnage4 ,il s'ensuit que la raison1 plus que l'amour1 prside aux unions d'aujourd'hui4 ,est-ce un bien8 ,est-ce un mal8 ,il est assez rare1 au moins1 que les nouveaux poux prouvent l'un pour l'autre une folle passion4 ,le romanesque ne s'panouit que dans les coeurs jeunes et dans ls mes tendres4 ,un mariage d'inclination n'est possible qu'entre gens qui ne connaissent point trop la vie4 ,il faut tre un peu cervel pour croire l'ternit de l'amour4 ,la sagesse consiste ne demander ce monde que le bonheur qu'il peut donner4 ,celui-l seul a chance d'tre heureux en mnage qui1 dispos se contenter d'une flicit relative1 rencontre chez son conjoint le mme caractre indulgent et les mmes ambitions modestes4 ,seulement cette modration est un fruit de l'exprience1 et les jeunes gens n'en ont gure4 ,est-ce pour ce motif qu'ils ont pris l'habitude de rflchir si longtemps avant de se marier8 ,des unions tardives1 aujourd'hui si nombreuses1 il est de meilleures explications4 ,c'est d'abord l'encombrement des carrires4 ,que de difficults pour se faire de bonne heure une situation6 ,avec l'obligation du service militaire et le stage prparatoire aux professions librales1 un jeune homme ne peut gure songer que vers la trentaine fonder une famille1 s'il veut avoir l'assurance de la nourrir et de l'lever convenablement4 ,ces proccupations n'ont rien1 en soi1 que de parfaitement honorable4 ,le malheur est qu'on les exagre4 ,au lieu mme de songer aux enfants natre1 jeunes gens et jeunes filles ne songent souvent qu' eux-mmes4 ,dans leurs soucis1 le prsent tient plus de place que l'avenir2 et leurs inquitudes familiales se transforment en calculs gostes4 ,d'aucunes1 qui se sentent au coeur le besoin d'aimer1 ne reculeraient point sans doute devant un mariage modeste et accepteraient de faire le bonheur d'un honnte homme plus riche de courage que d'argent1 si la crainte de l'opinion1 la peur du monde et de ses critiques1 n'avaient pris sur les mes faibles un empire tyrannique4 ,telle femme qui1 dans l'intimit du mnage1 abdique toute coquetterie et toute vanit1 se prend souffrir d'une robe mal taille1 quand elle aperoit sur sa voisine un corsage fait la dernire mode4 ,et1 circonstance aggravante1 les parents encouragent frquemment cette faiblesse4 ,ds qu'ils voient leur fille charge des devoirs sacrs de la maternit et prive peu peu des douceurs et des gteries dont ils ont entour sa jeunesse1 ils la plaignent comme une sacrifie et accusent tout bas le mari de l'avoir rendue malheureuse4 ,o est la simplicit de nos grands-parents8 ,les apptits de jouissance nous font prendre en terreur ou en aversion les obligations essentielles de l'existence4 ,combien peu savent modrer leurs dsirs6 ,combien perdent jusqu' l'habitude d'quilibrer leur budget6 mesure que les dpenses augmentent1 les revenus diminuent4 ,plus grands sont les besoins1 plus chre est la vie4 ,nos jeunes bourgeois ont de si grands gots qu'ils apprhendent de voir un jour la misre s'asseoir leur foyer2 et ils s'attardent dans l'isolement goste du clibat4 ,les mariages prcoces deviennent de plus en plus rares4 ,nos petits-neveux auront quelque peine fter leurs noces d'or4 ,de braves gens leur disent3 ,mariez-vous6 c'est la loi de nature4 ,ils rpondent3 ,attendons6 c'est la loi de sagesse4 ,et l'opinion est ainsi faite qu'elle leur permet de satisfaire la fois la prudence et l'instinct4 ,il faut bien que jeunesse se passe6 ,ceux qui connaissent les tristes dessous de la vie1 assure-t-on1 n'en feront pas moins d'excellents maris4 ,avec trop de retenue1 un grand garon devient un grand nigaud4 ,c'est stupide2 c'est immoral4 ,et tandis que l'opinion ferme les yeux avec indulgence sur la conduite du jeune homme1 elle les ouvre avec mfiance sur les moindres actions de la jeune fille4 ,on surveille ses dmarches1 on suspecte ses relations1 on lui impose la rserve et l'ignorance1 alors qu'on accorde l'autre la libert jusqu' la licence4 ,tolrance aveugle pour celui-ci1 svrit rigoureuse pour celle-l3 voil l'quit du monde6 ,,ii ,en attendant qu'on se marie le plus tard possible pour faire une fin honorable1 on se livre dans la belle socit un flirt tourdissant4 ,triste compensation6 ,si l'on marivaude davantage1 on s'pouse moins4 ,o est le profit8 ,comme nos esthtes mystiques cultivent la pit sans la foi1 ainsi nos lgants et nos lgantes poursuivent l'motion sans l'amour4 ,on sait que le propre du flirt est de rester moiti chemin du dsir1 de temprer les attachements du coeur par le dtachement de l'esprit1 de jouer avec le tendre amour comme on joue avec une rose dont l'clat nous attire et le parfum nous grise1 au risque de se piquer les doigts aux pines4 ,il n'est point de jeu plus passionnant pour une coquette4 ,songez donc3 se laisser courtiser sans esprance1 sourire aux compliments sans les payer de trop graves complaisances1 provoquer les galanteries en refrnant les audaces1 goter les joies de la sduction en se moquant du sducteur1 en deux mots1 s'offrir sans se donner3 voil ce qui s'appelle flirter4 ,entre parenthses1 pourquoi ne dirions-nous pas fleureter8 ,le mot serait plus joli1 tant moins anglais4 ,a-t-on oubli que nos pres faisaient leur cour en contant fleurettes8 ,mais ces petits exercices ont leur danger4 ,non pas1 j'imagine1 que le flirt soit un passe-temps dsagrable entre jeunes femmes qui ont de la grce et jeunes hommes qui ont de l'esprit4 ,je conseillerai toutefois aux mres de famille de le surveiller du coin de l'oeil4 ,a ce jeu captivant1 plus d'une joueuse risque de perdre sa fracheur d'me1 surtout lorsque le partenaire est un peu lourd2 et cette espce n'est pas rare4 ,et puis1 il ne faut pas badiner avec le flirt4 ,cette parodie de l'amour peut se transformer1 grce aux familiarits du cyclisme et du lawn-tennis1 en sentiment srieux4 ,il est si facile de dpasser les limites1 assez mal traces1 de ce badinage mondain6 ,un beau jour1 le coeur se trouve pris1 et la comdie de l'amour1 commence dans un clat de rire1 se terminera1 comme un drame de passion1 dans les sanglots et les larmes4 ,mais les fortes ttes voues au fminisme se flattent d'chapper ces dfaillances puriles et de pratiquer largement envers les hommes l'indpendance du coeur4 ,amantes de la science1 elles ne connatront point les trahisons et les douleurs des amours humaines4 ,pauvre vieux mariage6 ,il est impossible que le flirt le remplace1 et il est douteux que l'instruction le favorise4 ,,iii ,a la vrit1 ce qu'on appelle pompeusement l'ascension intellectuelle de la femme semble incompatible avec les obligations de l'pouse et de la mre4 ,ds l'enfance1 on initie la future compagne de l'homme aux connaissances les plus indigestes4 ,on accable de mpris la bonne et tendre ducation de famille4 ,il est tout simple qu'aprs plusieurs annes d'un pareil entranement crbral1 ces demoiselles prfrent les exercices de la pense toutes les autres joies de la vie1 et surtout les liberts douteuses du clibat aux devoirs austres de la famille4 ,quand elles ont pris got l'tude et l'indpendance1 la moindre obligation leur apparat comme un amoindrissement d'elles-mmes4 ,ne leur parlez point de mariage3 une crature1 qui tient son autonomie1 ne saurait accepter d'tre la servante d'un homme1 une repasseuse1 une cuisinire1 une gardeuse d'enfants4 ,car la femme dans le mariage reste1 leurs yeux1 le type de la bonne tout faire4 ,une de ces orgueilleuses clibataires crivait ,m4 ,hugues ,leroux3 ,j'ai vingt-huit ans4 ,je ne suis pas marie2 je n'ai pas voulu l'tre4 ,je m'aperois qu'un peu d'argent1 un peu de culture1 la passion de la musique1 le got du voyage1 la certitude que les hommes ne sont pas une humanit suprieure ni les femmes une humanit infrieure1 forment comme la chane d'un paratonnerre qui met l'abri d'un coup de foudre#ci4 ,c'est entendu3 l',extrme-,gauche fministe nourrit peu d'inclination pour le mariage4 ,note #ci3 ,nos filles1 ,,ix3 ,simplicit et snobisme4 ,le ,figaro du jeudi #g octobre #ahig4 ,quant aux jeunes filles qui aspirent simplement et sincrement fonder une famille1 elles n'y apportent plus1 elles aussi1 les mmes dispositions d'esprit que leurs devancires4 ,elles ont l'intelligence plus curieuse1 plus prcoce1 mieux renseigne sur des choses qu'il tait de rgle jadis de leur celer jusqu'au mariage4 ,les conversations de salon1 la lecture des journaux1 le commerce de leurs frres1 les bruits qui circulent autour d'elles1 joints tout ce qu'elles entrevoient et tout ce qu'elles devinent1 les ont dniaises avant l'ge des justes noces4 ,notre monde est peu favorable la conservation de l'innocence4 ,les petites oies blanches se font rares4 ,en mme temps que le milieu ouvre prmaturment l'intelligence des jeunes filles1 l'instruction qu'elles reoivent les rend plus confiantes en elles-mmes1 et aussi plus personnelles1 plus combatives1 plus ambitieuses4 ,que peut bien tre le mariage aux yeux de ces petites dlures8 ,bas sur l'esprit de soumission au mari et de dvouement aux enfants1 il choque leurs ides d'indpendance et de domination4 ,c'est en vain que le sacrement garde officiellement son aspect de sacrifice et que1 mme la mairie1 la nouvelle marie est remise aux mains de l'poux avec des engagements d'obissance4 ,les droits du mari font rire1 l'heure qu'il est1 bien des femmes4 ,le nombre crot tous les jours1 mme dans les meilleurs mnages1 de celles qui1 secrtement convaincues de l'galit des poux1 s'embarrassent fort peu de l'autorit du chef de famille4 ,symptme curieux3 le mariage est envisag par la plupart des jeunes filles comme un tat de libert4 ,elles n'y voient que l'affranchissement de la tutelle maternelle1 le droit de sortir seules et de faire acte de matresses de maison4 ,a ce propos1 je ne sais gure de contraste plus frappant que celui de la jeune fille franaise et de la jeune fille anglaise3 la premire1 retenue dans la famille1 surveille par le pre2 couve par la mre2 la seconde1 libre de ses mouvements1 de ses sorties1 de ses amitis1 de son coeur4 ,survient le mariage3 changement de rles4 ,la jeune fille anglaise passe sous la dpendance du mari2 elle devient la gardienne du foyer1 les moeurs l'assujettissant un rle modeste4 ,devenue femme1 au contraire1 la jeune fille franaise conquiert mille et mille liberts2 si bien qu'on peut dire que les jeunes filles anglaises se rangent en se mariant1 tandis que les ntres ne songent1 en prenant un mari1 qu' s'manciper de leur mieux4 ,cette aspiration atteste loquemment que le joug marital1 en ,france1 n'est pas trs pnible supporter4 ,elle sert expliquer1 du mme coup1 pourquoi le fminisme s'est dvelopp beaucoup plus rapidement en ,angleterre que dans notre socit franaise4 ,en somme1 la jeune femme se ddommage chez nous de la contrainte que les moeurs imposent la jeune fille4 ,combien peu envisagent1 en se mariant1 les responsabilits et les charges du futur mnage1 les peines et les devoirs de la future famille6 ,quelle mre a le courage d'avertir sa fille des preuves qui l'attendent8 ,sans l'loigner du mariage1 qui reste la condition normale de la femme1 on ne devrait pas lui laisser l'ide qu'on se marie seulement pour s'amuser4 ,combien de demoiselles ne prennent un mari que par espoir de jouissance et de libert8 ,c'est une fcheuse illusion4 ,car1 les dceptions venues1 la msintelligence clate et les divorces se multiplient4 ,,iv ,si des classes riches1 o se manifestent ces proccupations de luxe et ces vellits d'indpendance1 nous descendons aux classes laborieuses1 les symptmes d'anarchie et de dcomposition ne nous paratront ni moins nombreux1 ni moins tristes4 ,il est vrai que1 soustraites par leur misre mme aux calculs des mnages plus fortuns1 les petites gens de la ville et des champs se marient plus souvent par convenance personnelle et par simple attraction4 ,en revanche1 ces unions sont frquemment troubles par l'inconduite de la femme ou la brutalit du mari4 ,que de mnages ouvriers qui affichent le mpris le plus lamentable de la dignit humaine6 ,que de proltaires avins qui crient volontiers3 ,mort aux tyrans6 et battent leur femme sans misricorde6 ,je ne sais rien de plus triste et de plus cruel que la condition de l'ouvrire oblige de disputer l'ivrognerie du mari1 par des prodiges de patience1 de clinerie ou de fermet1 l'argent du mnage et le pain des enfants1 trop heureuse si1 en le poursuivant de cabaret en cabaret1 elle russit par instants ramener son homme la conscience de ses devoirs6 ,constatation plus grave encore3 les unions illgitimes se multiplient dans les basses classes4 ,aprs s'tre dispens des formalits religieuses1 on se dsintresse des formalits lgales4 ,toutes ces solennits sont coteuses ou gnantes3 quoi bon s'imposer un drangement inutile8 ,et l'on s'habitue1 dans le peuple1 s'accoupler sans crmonie4 ,ce dsordre tend mme se gnraliser par suite de l'migration des campagnes vers les villes4 ,pour ne citer qu'un chiffre1 #fee #jjj jeunes gens des deux sexes ont1 pendant dix ans1 de #ahhb #ahia1 quitt leur village pour aller chercher fortune dans les grands centres#dj4 ,combien de ces dracins ont grossi le nombre des dclasss1 des malades1 des mendiants1 des criminels et des prostitues8 ,cet exode est une cause incessante de dmoralisation3 moins de mariages1 moins de naissances4 ,un enfant est un malheur qu'on essaie de prvenir systmatiquement4 ,d'o il suit que1 les campagnes se dpeuplant et les villes se dpravant1 la natalit rurale diminue sans que la natalit urbaine augmente4 ,note #dj3 ,henri ,,lannes1 ,revue politique et parlementaire de fvrier #ahie4 ,or1 voici qu'aux pauvres femmes dues et ulcres1 qui pleurent leurs esprances vanouies et leur indpendance perdue1 le fminisme rvolutionnaire se prsente avec des paroles de libert1 leur montrant l'affranchissement de la passion comme l'idal et la condition mme de l'affranchissement de leur sexe4 ,point de femme libre sans l'amour libre4 ,et de fait1 l'mancipation absolue de l'tre fminin est incompatible avec les anciennes moeurs et les anciennes institutions1 qui servent encore de soutien la famille contemporaine4 ,et qui oserait dire que1 tombant sur des mes aigries et mres pour la rvolte1 ces mauvaises semences ne lveront pas en moissons de haine et d'anarchie8 ,femmes de ,france1 sachez donc o l'on vous mne3 bien que l'abolition du mariage vous fasse encore hausser les paules1 veuillez retenir qu'elle est l'aboutissement logique du fminisme avanc4 ,on vous dira que le mariage est une invention de la tyrannie masculine2 qu'en affirmant la suprmatie du mle sur la femelle1 il assure la domination du fort sur le faible2 qu'en liant la femme pour la vie son seigneur et matre1 il est destructif de la spontanit des sentiments1 il viole les droits de la personne humaine et condamne l'pouse domestique au mensonge et l'asservissement4 ,on vous dira que ce contrat inique et absurde1 dernire survivance de la barbarie antique qui faisait de la femme une proie1 un btail1 une chose1 a t fort habilement consacr par le ,code et fort complaisamment bni par l'glise2 qu'en nature et en raison1 la femme n'appartient pas l'homme1 mais elle-mme2 que1 si la loi et la religion l'ont injustement livre un despote1 elle a toujours le droit de se reprendre2 qu'ayant un coeur1 elle peut en user2 qu'ayant une intelligence et une volont1 elle doit les exercer2 en un mot1 que le mariage est indigne d'un tre libre4 ,vous devinez la conclusion3 il est temps que les jeunes filles ne se laissent plus traner l'autel comme des brebis l'abattoir4 ,a elles de proclamer l'mancipation de l'amour6 ,v ,puisque nous sommes oblig de constater que1 soit dans les milieux lgants et mondains1 soit dans les agglomrations populaires et urbaines1 l'opinion devient hostile ou indiffrente aux antiques formes du mariage2 puisque1 du haut en bas de l'chelle sociale1 les liens de la famille lgitime tendent se relcher ou se rompre1 devons-nous en conclure que l'institution du mariage court des risques srieux8 ,a notre avis1 il serait excessif de parler d'un krach du mariage1 tant que notre bourgeoisie provinciale1 catholique ou protestante1 restera fermement attache la tradition chrtienne4 ,qu'il y ait crise1 soit6 ,mais prononcer le mot de faillite1 c'est trop dire4 ,entre le luxe dmoralisant de l'aristocratie d'argent et l'avilissement inconscient des malheureux1 au-dessous des somptuosits de la surface et au-dessus des bas-fonds de la misre1 il existe1 ,paris mme et dans les grandes villes1 une rserve immense de familles honntes1 fortes et unies1 o1 grce la survivance des moeurs d'autrefois1 la femme reste la gardienne des coutumes1 du respect des anctres1 de l'esprit mme de la race4 ,voue toutes les tches de fidlit1 elle se dit qu'tant la plus aimable1 elle doit tre1 en mme temps1 suivant le mot de ,portalis1 la plus vertueuse4 ,l o le foyer apparat comme un sanctuaire1 c'est que la femme en est demeure la chaste prtresse1 attentive dvelopper et perptuer ce que l'homme cre1 c'est--dire le sang et les qualits de la famille1 le gnie et la conscience de la nation4 ,or1 ils sont lgion1 dans notre ,france bourgeoise et rurale1 les braves gens qui1 indiffrents aux revendications fministes1 suivent instinctivement la loi de la vie et continuent de crotre et de multiplier4 ,comme les autres1 ils ont leurs difficults et leurs preuves2 mais ils les affrontent avec rsolution et les supportent avec courage4 ,si parfois l'on se querelle de mari femme1 le dsaccord est sans fiel1 sans haine1 sans rancune4 ,ceux mme qui se disputent du matin au soir se rconcilient du soir au matin4 ,ce sont encore ces mnages simples1 francs1 robustes1 moins exempts de rudesse que de mlancolie1 qui nous offrent les plus nobles exemples de soumission au devoir quotidien4 ,les petites matresses1 auxquelles le moindre froissement de l'existence arrache des cris lamentables et dont les entrailles se refusent porter la vie1 vritables courtisanes qui usurpent devant la loi et devant l'glise l'auguste nom d'pouses1 devraient prendre pour modle ces femmes vaillantes1 de condition modeste1 qui1 dans leurs flancs1 vigoureux et fconds1 portent avec joie l'esprance de la future humanit et1 fidles au mari1 dvoues aux enfants1 savent tre pouses et mres et se tuent la peine1 obscurment1 allgrement1 religieusement1 par esprit de devoir et par amour du sacrifice4 ,le monde les ignore1 et elles soutiennent le monde4 ,elles sont dignes de vnration1 et le fminisme extrme s'en moque ou s'en offusque4 ,quand on a tant de droits individuels exercer1 tant de devoirs sociaux remplir1 est-il sant de s'enfermer troitement au foyer et de circonscrire son activit aux vulgaires occupations du mnage1 de borner son ambition la pratique des traditionnelles vertus de famille8 ,le fminisme avanc n'a gure que du ddain pour la femme d'intrieur qui1 du reste1 le lui rend bien4 ,cela mme est tout fait rassurant4 ,vivre en toute indpendance avec intensit et avec fracas1 afficher et bruiter son existence au lieu de la transmettre1 telle est la proccupation suprme des fministes la mode4 ,ces cratures ont perdu le sens de la modestie4 ,elles sont indiscrtement orgueilleuses2 elles ne peuvent se rsigner vivre comme tout le monde2 et cette soif de paratre et ce besoin de briller sont tout naturellement surexcits par l'air malsain et surchauff de ,paris4 ,mais en province1 dans cette bourgeoisie laborieuse o la famille est plus honnte et plus unie1 o l'on prend la vie comme elle vient1 de bonne grce1 au jour le jour1 sans aigreur1 sans rancoeur1 le fminisme excessif des intellectuelles et des nvroses n'a pas la moindre raison d'tre4 ,comment pourrait-il s'acclimater dans un air aussi pur1 dans un milieu aussi sain8 ,il faut cette plante maladive l'atmosphre chaude des salons et le fumier des grandes villes4 ,qu'il pousse et fructifie ,paris1 rien de plus naturel3 la corruption ambiante facilite sa germination et son panouissement4 ,mais dans le terroir pais et lourd de nos provinces1 au grand soleil1 au plein vent1 dans le sillon profond o les fortes gnrations de ,france jettent gaiement la graine fconde qui doit nourrir le monde1 cette fleur de dcadence n'a aucune chance de lever et de grandir4 ,on a donc eu raison de dire que la bonne terre de province1 o font souche nos familles bourgeoises et rurales1 ne convient pas du tout la culture du fminisme libertaire4 ,l est le salut4 ,,chapitre ,,ii ,pour et contre l'autorit maritale ,,sommaire ,i4--,,des ,,pouvoirs ,,du ,,mari ,,sur ,,la ,,femme4--,,ce ,,qu',,ils ,,sont ,,en ,,droit ,,et ,,en ,,fait4--,l',,homme ,s',,agite ,,et ,,la ,,femme ,,le ,m,,ne4 ,,ii4--,a ,,quoi ,,tient ,l',,affaiblissement ,,du ,,prestige ,,marital4--,,bont1 ,,na,,vet1 ,,vulgarit ,,ou ,,pusillanimit ,,des ,,hommes4--,,qu',,est ,,devenue ,l',l,,gance ,,virile8 ,,iii4--,,la ,,puissance ,,du ,,mari ,,est ,d',,origine ,,chr,,tienne4--,,doctrine ,,de ,,la ,,bible ,,et ,,des ,p,,res ,,de ,l',,glise4--,,galit ,,spirituelle ,,et ,,hi,,rarchie ,,temporelle ,,des ,,poux4 ,,iv4--,d,,clarations ,,de ,l,,on ,,xiii4--,,le ,,dogme ,,chr,,tien ,a ,,inspir ,,notre ,,droit ,,coutumier ,,et ,,notre ,,droit ,,moderne4 ,sans aller jusqu' l'union libre qui les coeure1 sans mme acquiescer au divorce qui les effraie1 beaucoup de femmes maries honntes et claires1 des bourgeoises srieuses1 des mres de famille1 des chrtiennes mme1 commencent rclamer leur profit la revision de leur constitution matrimoniale4 ,elles acceptent pleinement le mariage indissoluble1 convaincues que celui-ci est encore la seule source de bonheur pour leur sexe4 ,elles se plaignent seulement des pouvoirs excessifs que la loi accorde au mari sur leur personne et sur leurs biens2 elles protestent contre l'autorit maritale et rclament la libre disposition de leur fortune4 ,ces revendications portent1 comme on le voit1 sur deux points connexes qui sont3 #a les pouvoirs du mari sur la femme2 #b les pouvoirs du mari sur la dot4 ,pour plus de clart1 nous les discuterons sparment4 ,i ,c'est un propos courant chez les femmes que l'autorit maritale est un pouvoir abusif2 que l'homme1 en se mariant1 n'a qu'un but3 former1 faonner1 dresser la compagne de son choix1 dtruire en elle les manires et les habitudes qui lui dplaisent1 insuffler son idole une me conforme la sienne1 bref1 la faire ou la refaire son image et sa ressemblance4 ,pour jouer ainsi au crateur1 il faut que l'homme puisse traiter la femme de main de matre4 ,c'est pourquoi les lois1 qu'il a faites son profit exclusif1 l'ont arm des prrogatives redoutables de la puissance maritale4 ,si l'on en croyait ces dames1 ,shakespeare aurait exprim dans la ,mgre apprivoise le rve secret de tous les maris1 lorsqu'il met dans la bouche de ,petruchio ces paroles imprieuses3 ,catherine1 allons6 n'ayez pas l'air grognon4 ,je veux tre matre de ce qui m'appartient4 ,catherine est mon bien4 ,elle est ma maison1 mon mobilier1 mon champ1 ma grange1 mon cheval1 mon ne1 ma chose4 ,l'esprit masculin rapporte tout soi1 et l'autorit maritale ramne tout l'homme4 ,que devient1 ce compte1 la dignit de la femme8 ,ainsi compris et pratiqu1 le mariage est la domestication de la femme par le mari4 ,cela1 je le nie absolument4 ,prenons le mariage tel qu'il est1 dans l'immense majorit des cas3 est-ce que la femme est si asservie et le mari si despotique8 ,est-ce que1 dans la vie relle1 la toute-puissance est ncessairement du ct de la barbe8 ,est-il si rare que l'pouse fasse la loi son homme8 ,de fait1 en bien des mnages1 la femme exerce tous les attributs du pouvoir et cumule tous les avantages de la souverainet4 ,elle est un maire du palais qui rgente1 d'une main ferme1 son roi fainant4 ,et cela est si vrai que ,m4 ,jean ,grave1--dont on connat l'me anarchiste si prompte s'alarmer des moindres abus d'autorit1--ne prend pas au srieux la puissance maritale2 il la juge plus nominale que relle#da4 ,combien il a raison6 ,note #da3 ,la ,socit future1 chap4 ,,xxii1 p4 #cbh4 ,a qui fera-t-on croire que les prrogatives masculines sont universellement oppressives pour la femme8 ,le mari d'aujourd'hui est devenu si conciliant1 si dbonnaire1 son autorit s'est1--particulirement dans la classe riche1--si adoucie et si relche1 qu'il serait vraiment excessif de prtendre que l'pouse vgte et tremble et plie sous un joug intolrable4 ,en combien de foyers le mari n'a-t-il gard que le simulacre du pouvoir1 image du monarque constitutionnel qui rgne et ne gouverne pas8 ,nos moeurs conjugales sont ainsi faites1 en bien des milieux1 que les femmes pourraient prendre officiellement la couronne sans que leur empitement cause la moindre rvolution4 ,elles exercent dj la ralit du commandement4 ,elles ont usurp la place du matre4 ,elles prennent toutes les dcisions1 elles tranchent toutes les questions avec un ton de souverainet qui n'admet pas de rplique1 ne laissant au pre de leurs enfants que la ressource d'agrer leurs volonts impratives4 ,l'homme s'agite et la femme le mne4 ,oui2 l'autorit maritale est1 plus souvent qu'on ne pense1 une pure fiction dcorative4 ,savez-vous comment les ,normands1 qui passent pour avoir l'esprit fin et clairvoyant1 dfinissent le mariage3 ,une femme de plus et un homme de moins4 ,chez eux1 l'pouse s'appelle la bourgeoise1 ou encore la matresse2 et je vous prie de croire qu'elle ne se laisse pas marcher sur le pied4 ,en gnral1 il n'est plus gure de ,franaises qui se soumettent docilement l'adoration aveugle du principe masculin en la personne du fianc ou du mari4 ,mme ,necker a eu raison de dire3 ,ce qui prouve en faveur des femmes1 c'est qu'elles ont tout contre elles1 et les lois et la force1 et que1 cependant1 elles se laissent rarement dominer#db4 ,note #db3 ,opinions des femmes sur la femme4 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif1 p4 #hdj4 ,,ii ,ce changement dans les ides et dans les moeurs tient deux causes3 la bont et la faiblesse de l'homme4 ,je vous prie1 ,mesdames1 de ne point jeter les hauts cris3 ceci n'est pas un paradoxe4 ,avec la meilleure foi du monde1 les femmes s'imaginent dtenir le monopole de la bont4 ,pure exagration6 ,nous admettons qu'elles sont plus tendres que nous1 tant plus impressionnables et plus sensibles4 ,et en cela1 elles marquent sur notre sexe une vritable supriorit4 ,mais la bont n'est pas impossible aux hommes4 ,il y a mieux3 quand un homme se mle d'tre bon1 il l'est pleinement1 il l'est sottement4 ,dites d'un de vos amis dans un salon3 ,ah6 quel brave garon6 ,c'est la crme des hommes6 ,il est rare qu'il ne se trouve pas quelque femme pour vous rpliquer3 ,ne m'en parlez pas3 il est si bon qu'il en est bte6 ,sa femme le mne par le bout du nez4 ,ce qui prouve deux choses3 d'abord1 que certaines femmes ne sont pas dignes des excellents maris qu'elles ont et qu'elles bousculent2 ensuite1 qu'une trop grande bont chez l'homme est1 aux yeux du beau sexe1 un signe de faiblesse et d'abdication4 ,on me dira peut-tre que le mari est un niais de se laisser rgenter par sa femme4--,pas toujours4 ,il est des cas o1 la lutte tant impossible1 la soumission vaut mieux dans l'intrt des enfants4 ,lorsqu'une femme autoritaire a usurp irrmdiablement le pouvoir marital et pris1 envers et contre tous1 l'habitude du commandement1 le mari fait preuve de haute sagesse et d'abngation admirable1--tant que cet effacement1 bien entendu1 est compatible avec les intrts et la dignit de la famille1--en acceptant un rle modeste et une attitude subalterne4 ,il faut que la douceur ait son reprsentant au foyer4 ,puisque la mre tranche du matre1 il est dsirable que le pre joue1 auprs des enfants1 le rle de mansutude et de conciliation qu'elle abdique malheureusement4 ,et mme1 lorsque cette fonction de paix et d'union est remplie avec tact par un homme d'esprit1 elle donne1 aux yeux du public1 celui qui s'y rsigne et s'y dvoue un charme qui rehausse infiniment sa valeur personnelle4 ,bienheureux les doux1 car ils possderont la terre6 ,mais il arrive souvent que la bont dgnre en mollesse et en pusillanimit4 ,malheur aux maris qui1 non contents d'tre bons comme le pain blanc1 sont tout en pte1 tout en mie6 ,ceux-l sont destins1 les pauvres6 tre mangs4 ,avec l'habitude de l'homme moderne de ne vivre que pour la femme1 de n'agir que par la femme1 avec la hantise de la beaut et l'adoration de la chair qui ont pris possession des ttes les plus intellectuelles1 il faut s'attendre voir se multiplier le mari-vassal qui1 pris d'une sorte de crainte rvrentielle en prsence de son idole1 l'interroge du regard1 et avant de parler1 pour savoir s'il doit ouvrir la bouche1 et avant de se taire1 pour savoir s'il doit la fermer4 ,et cet innocent est convaincu que la femme n'est pas encore assez libre1 assez souveraine2 il a comme un remords de se tenir debout devant elle2 il prosternerait volontiers aux pieds de sa matresse toute sa dignit1 toute sa volont1 toute sa virilit4 ,certes1 il est bon d'avoir l'me chevaleresque et de prendre coeur les intrts de la femme4 ,mais il ne faudrait pas que1 pour remplir cette galante mission1 l'homme renont toute fiert1 toute autorit4 ,dfendez les droits de la femme1 si vous voulez1 mais ne sacrifiez pas les ntres4 ,n'ayez pas surtout la mauvaise ide de briser son prtendu joug en nous forgeant des chanes plus lourdes et plus humiliantes4 ,ces exagrations nous alineraient les sympathies et le respect des femmes1 au lieu de nous les conqurir4 ,a qui revient1 en effet1 la responsabilit du mouvement fministe8 ,a l'homme1 sans doute4 ,il y a sur ce point une belle unanimit contre nous4 ,mais lequel de nos actes l'a motiv8 ,ici1 l'on ne s'entend plus4 ,les uns invoquent les progrs de la dmocratie hostile tous les privilges et follement prise d'galit4 ,d'aucuns avancent qu'appele produire les preuves de sa lgitimit1 la suprmatie de l'homme a paru aux femmes trop mince et trop discutable pour mriter les droits qu'on lui confre4 ,suivant d'autres1 enfin1 la vritable cause du mouvement d'mancipation auquel nous assistons1 serait moins le mauvais usage de notre puissance que la volontaire abdication de notre autorit4 ,et c'est l'avis de beaucoup de femmes distingues4 ,il n'en coterait point notre sexe d'tre soumis1 disent-elles1 s'il avait l'assurance d'tre efficacement protg4 ,mais dans la classe riche comme dans la classe pauvre1 la puissance virile est incapable de nous donner la scurit ou l'agrment4 ,qu'est-ce dire8 ,depuis que le machinisme a mis fin au vieux systme patriarcal1 l'ouvrier a trouv moins facile de pourvoir l'entretien de sa femme2 et avouant son impuissance la faire vivre1 il a souffert qu'elle quitte le mnage et entre la fabrique4 ,de l1 une atteinte grave au prestige du mari4 ,dans les milieux bourgeois ou lgants1 l'homme n'a pas mieux su jouer son rle et soutenir son personnage4 ,absorb dans la proccupation de ses aises1 il s'est laiss envahir par la vulgarit1 la rudesse1 la grossiret2 il est sans got et sans grce2 il est plat1 lourd1 maussade1 inlgant4 ,ce pitoyable souverain a renonc mme relever son titre par la distinction et l'clat du costume2 il s'habille d'une faon ridicule4 ,par une concidence digne de remarque1 il a perdu les faons galantes d'autrefois en mme temps qu'il perdait le got des chamarrures somptueuses4 ,est-il possible que la femme considre l'homme comme un hros1 s'il renonce aux apparences1 aux manires d'un hros8 ,la guerre des sexes a-t-elle donc pour cause l'invasion de la triste redingote et du veston dplaisant8 ,point d'autorit possible1 aprs tout1 si elle n'est rehausse par le prestige de la couleur et l'lgance des formes4 ,c'est la loi de nature4 ,est-ce que1 chez nos frres les animaux1 le mle ne se met pas en frais de coquetterie pour en imposer la femelle8 ,et nous nous tonnons que les femmes marquent une si vive inclination pour le pantalon rouge et les paulettes de nos officiers6 ,quel malheur que les pauvres civils ne puissent revtir leurs anatomies d'toffes esthtiques et varies6 ,s'ils manquent d'autorit1 c'est qu'ils manquent de panache4 ,il n'est qu'une conclusion ces rcriminations mi-srieuses1 mi-plaisantes3 soyons justes1 bons1 chevaleresques1 mais sans faiblesse et sans platitude4 ,veillons garder notre prestige2 n'abdiquons point notre autorit4 ,les femmes ne nous sauraient aucun gr d'un aussi lche abandon4 ,au surplus1 la puissance maritale1 bien comprise1 peut leur tre utile autant qu' nous4 ,il ne s'agit que de s'entendre sur son principe et ses limites4 ,c'est quoi nous allons nous appliquer sans jactance et sans partialit4 ,,iii ,en ce qui concerne la puissance du mari sur la femme1 notre lgislation1 simple reflet des ides religieuses1 est la conscration laque du mariage chrtien4 ,au sens vanglique1 le mrite spirituel d'un homme n'est pas suprieur celui de la femme4 ,si hautes que soient les fonctions auxquelles notre sexe est appel1 si merveilleuses que soient ses entreprises et ses oeuvres1 il se peut que l'humble besogne d'une pauvre servante vaille mille fois plus aux yeux de ,dieu que les dcouvertes d'un savant ou les exploits d'un hros4 ,la saintet est la seule chose qui compte au tribunal du ,christ4 ,au point de vue de la conscience1 il ne saurait y avoir de diffrence entre l'homme et la femme2 car tous deux1 pris individuellement1 participent de la mme manire aux bienfaits de la cration et de la rdemption1 aux trsors de la grce et aux promesses du salut4 ,on connat la belle parole de saint ,paul3 ,vous tes tous enfants de ,dieu par la foi en ,jsus-,christ4 ,il n'y a plus ni ,juif ni ,grec2 il n'y a plus ni esclave ni homme libre2 il n'y a plus ni homme ni femme2 car vous tes tous un en ,jsus-,christ#dc4 ,ainsi1 marie ou veuve1 esclave ou libre1 la femme vaut l'homme2 et c'est par l'affirmation de cette galit de valeur spirituelle que le christianisme l'a releve dans l'esprit des peuples civiliss4 ,note #dc3 ptre aux ,galates1 ,,iii1 #bf et #bh4 ,mais ce relvement s'est accompli doucement1 sans secousse1 sans bouleversement1 sans faire violence la nature1 sans rompre brusquement avec les coutumes humaines1 en conservant la femme sa vocation d'auxiliaire et au mari la suprmatie de direction4 ,le christianisme a toujours rpugn l'galit terrestre des poux2 il la remet plus tard1 ou mieux1 il ne l'admet qu'entre les mes1 en ce qui regarde l'oeuvre du salut et la conqute du ciel4 ,c'est quoi saint ,pierre fait allusion en ces termes3 ,vous1 maris1 demeurez avec vos femmes en toute sagesse1 les traitant avec honneur comme le sexe le plus faible1 puisqu'elles hriteront comme vous de la grce qui donne la vie#dd4 ,en outre1 pour ce qui est de la socit ecclsiastique et de la socit civile1 l'glise tient l'galit absolue pour un pril4 ,de fait1 elle a toujours repouss l'ingrence des femmes dans le sacerdoce1 se rappelant1--bien que le concours des premires chrtiennes ait contribu puissamment la diffusion de l'vangile1--que le ,christ ne leur a pas dit comme aux hommes3 ,allez6 ,enseignez les nations6 ,le prince des ,aptres se proccupait lui-mme de modrer leur zle4 ,soyez soumises vos maris1 leur disait-il1 afin que1 s'ils ne croient point la parole1 la conduite de leurs femmes les gagne sans la parole1 lorsqu'ils viendront considrer la puret de vos moeurs jointe au respect que vous aurez pour eux4 ,telle ,sarah1 dont vous tes les filles1 obissait ,abraham1 l'appelant son seigneur#de4 ,note #dd3 ,ire ptre de saint ,pierre1 ,,iii1 #g4 ,note #de3 ,ibid41 ,,iii1 #a1 #b et #f4 ,a cette hirarchie dans le mnage1 qui implique la prminence de l'homme et la subordination de la femme1 les docteurs assignent les plus lointaines origines4 ,en ordonnant que la femme soit voile1 pour mieux marquer la suprmatie de l'homme1 saint ,paul s'exprime ainsi3 ,adam a t cr le premier2 ensuite1 ce n'est point ,adam1 mais ,eve qui a t sduite par le serpent4 ,aux yeux des canonistes1 ces deux raisons tablissent l'infriorit temporelle du sexe fminin4 ,retenons1 d'abord1 le rcit de la cration4 ,aprs avoir tir le corps d',adam du limon de la terre1 ,dieu dit3 ,il n'est pas bon que l'homme soit seul2 donnons-lui une aide semblable lui4 ,on a bien lu8 ,une aide1 c'est--dire une auxiliaire4 ,puis ,dieu prend une cte d',adam pour en former la femme4 ,et le premier homme s'crie3 ,voil l'os de mes os1 la chair de ma chair6 ,et le texte ajoute3 ,elle s'appellera ,virago parce qu'elle a t tire de l'homme2 c'est pourquoi l'homme quittera son pre et sa mre et s'attachera sa femme2 et ils seront deux en une seule chair4 ,ces fortes images expriment admirablement les rapports des sexes1 tels que ,dieu les a voulus4 ,l'homme sort des mains du ,crateur1 et la femme sort de l'homme par une opration divine4 ,ils ont mme origine3 l'acte d'un ,dieu4 ,ils ont mme destine sur la terre et mme rcompense aprs la mort4 ,leur dignit1 leur valeur1 leur spiritualit est gale4 ,nulle diffrence de corps ni d'me1 puisqu'ils sont vraiment une seule chair ceux qui n'ont qu'un mme coeur4 ,et se retrouvant en ve1 ,adam ne pouvait manquer de l'aimer4 ,que le mari rende donc sa femme la bonne volont qui lui est due1 crit saint ,paul1 et que la femme en use de mme envers son mari4 ,car ils s'appartiennent devant ,dieu4 ,la femme n'a pas son propre corps en sa puissance1 mais il est en celle du mari2 et le mari de mme n'a pas en sa puissance son propre corps1 mais il est en celle de la femme#df4 ,seulement1 l'aptre ajoute3 ,la femme vient de l'homme et non l'homme de la femme#dg4 ,cre de ,dieu1 la femme conserve donc l'individualit de son tre et la responsabilit de sa conscience2 elle possde la plnitude de la nature humaine4 ,mais1 sortie de l'homme1 elle doit son poux une affectueuse subordination4 gaux devant ,dieu1 les deux sexes ont t marqus d'un signe distinct et investis d'une vocation diffrente4 ,note #df3 ,ire ptre aux ,corinthiens1 ,,vii1 #c et #d4 ,note #dg3 ,ibid41 ,,xi1 #h4 ,la chute originelle n'a fait qu'aggraver ces distinctions et ces disparits4 ,adam a pch par ve1 l'amour de la femme ayant prvalu en son coeur sur la loi du ,crateur4 ,satan1 au dire des thologiens1 savait l'homme moins crdule et partant moins faillible2 aussi s'adressa-t-il la femme4 ,celle-ci1 en persuadant le premier homme1 enseigna le mal2 et c'est pour ce motif que l'aptre saint ,paul interdit aux femmes d'enseigner dans l'glise4 ,donne l'homme pour l'aider dans le bien1 la femme l'induit en tentation et l'entrane au pch4 ,destine tre son auxiliaire1 elle devient son mauvais gnie4 ,et ,dieu porte contre elle cette sentence3 ,tu seras sous la puissance de ton mari1 et il te dominerai#dh4 ,la rvolte des sens et les turpitudes de la chair1 les chanes de l'amour et les douleurs de l'enfantement1 tels seront les chtiments4 ,note #dh3 ,gense1 ,,iii1 #af4 ,heureusement que le mal1 qui1 suivant le mot de ,tertullien1 tait entr dans le monde par la femme comme par une porte ouverte1 devait tre rpar par la ,vierge de qui natrait le ,sauveur des hommes4 ,tmoin cette parole de ,jhovah au serpent3 ,je mettrai l'inimiti entre toi et la femme1 entre sa race et la tienne2 elle t'crasera la tte et tu chercheras lui mordre le talon#di4 ,ds lors1 la femme rgnre1 l'homme devra le respect et la justice2 car elle est le coeur de la famille1 si l'homme en est la tte4 ,il ne faut pas sparer ce que l'ternel a uni4 ,dieu1 suivant saint ,jean ,chrysostome1 ne charge point l'homme de tout le fardeau de la vie et ne fait pas dpendre de lui seul la perptuit du genre humain4 ,la femme aussi a reu un grand rle1 afin qu'elle soit estime4 ,saint ,paul avait dj dit1 avec sa nettet habituelle3 ,il n'y a point de femme sans l'homme1 ni d'homme sans la femme1 et tous deux viennent de ,dieu#ej4 ,note #di3 ,ibid41 ,,iii1 #ac4 ,note #ej3 ,ire ptre aux ,corinthiens1 ,,xi1 #aa-ab4 ,cette doctrine des ,pres impose une borne l'orgueil masculin et couvre d'un rempart la faiblesse fminine4 ,saint ,jean ,chrysostome en induit les attributions diverses des deux sexes3 ,le partage est sagement tabli1 de manire que l'homme vaque aux affaires du dehors et la femme celles du dedans2 ds que cet ordre est interverti1 tout se trouble1 tout est boulevers4 ,saint ,paul en a tir de mme les rgles qui doivent prsider aux rapports des poux4 ,aprs avoir reconnu que l'homme est le chef de la femme1 comme ,jsus-,christ est le chef de l'glise1 et que l'homme est l'image de la gloire de ,dieu1 tandis que la femme est la gloire de l'homme#ea1 le grand ,aptre veut que la femme obisse au mari comme au ,seigneur1 et aussi que le mari aime sa femme comme le ,christ aime son glise#eb4 ,et ailleurs3 ,que la femme soit soumise son mari1 comme il convient4 ,et vous1 maris1 aimez vos femmes1 et ne soyez point rigoureux envers elles#ec4 ,note #ea3 ,ibid41 ,,xi1 #c et #g4 ,note #eb3 ,eptre aux ,ephsiens1 ,v1 #bb-be4 ,note #ec3 ,eptre aux ,colossiens1 ,,iii1 #ah et #ai4 ,,iv ,de saint ,pierre ,lon ,,xiii1 la doctrine des papes sur la dignit spirituelle et le rle auxiliaire de la femme n'a point vari4 ,sans doute1 l'homme s'est efforc bien souvent de faire tourner sa suprmatie en domination4 ,mais contre les abus de la puissance maritale1 l'glise n'a jamais cess de protester avec fermet4 ,je n'en veux pour preuve qu'un fragment de sermon1 d'une curieuse forme populaire1 que j'emprunte au franciscain ,berthold de ,ratisbonne1 qui vivait au ,x,i,i,ie sicle4 ,pour mieux initier son auditoire aux obligations du mariage chrtien1 le frre missionnaire suppose qu'un assistant lui adresse cette objection3 ,frre ,berthold1 tu prtends que les femmes doivent tre soumises leur mari2 donc je puis faire de la mienne ce que bon me semble et la traiter comme il me plat8--,non1 non1 rplique le moine1 si tu veux entrer dans le royaume des cieux6 ,ton couteau est toi3 t'en serviras-tu pour te percer la gorge8 ,ton jambon est toi3 en manges-tu le vendredi8 ,ainsi de ta mnagre3 elle est toi1 tu es elle2 mais vous ne devez point offenser ensemble la loi divine1 car vous seriez bannis du ,paradis#ed4 ,note #ed3 ,sermons du franciscain ,berthold1 dition ,gabel1 t4 ,,iii1 pp4 #a et suiv4 ,avec plus d'lvation de langage1 le grand pape ,lon ,,xiii ne conoit pas autrement les devoirs respectifs des poux4 ,on lit dans l',encyclique du #aj fvrier #ahhj3 ,l'homme est le prince de la famille1 le chef de la femme2 mais celle-ci1 chair de sa chair1 os de ses os1 ne doit pas le servir comme une esclave2 elle est sa compagne soumise1 mais respecte4 ,si l'homme s'applique imiter le ,christ et si la femme sait imiter l'glise1 leur tche1 tous deux1 sera rendue facile par le secours de l'amour divin qui les soutiendra4 ,ces ides ont pass successivement dans notre lgislation coutumire et dans notre lgislation civile4 ,pothier1 notre vieux jurisconsulte classique1 tenait pour contraire la biensance publique que l'homme1 constitu par ,dieu le chef de la femme1 vir est caput mulieris1 ne ft pas le chef de la communaut des biens4 ,et plus prs de nous1 un commentateur du ,code civil1 ,marcad1 formule l'esprit de nos institutions matrimoniales en termes peu prs identiques3 ,l'pouse doit soumission au mari1 selon le prcepte de saint ,paul3 ,mulieres viris suis subditae sint4 ,le dogme chrtien a donc inspir l'ancien et le nouveau droit franais4 ,que faut-il penser de cette lgislation traditionnelle8 ,l'excellent ,condorcet n'hsitait pas la regarder comme un abus de la force4 ,parmi les progrs de l'esprit humain les plus importants pour le bonheur gnral1 nous devons compter l'entire destruction des prjugs1 qui ont tabli entre les deux sexes une ingalit de droits funeste celui mme qu'elle favorise4 ,a parler franchement1 l'galit absolue applique aux droits respectifs des poux me parat d'un optimisme chimrique1 et je vais1 sans plus tarder1 m'en expliquer de mon mieux4 ,,chapitre ,,iii ,point de famille sans chef ,,sommaire ,i4--,l',,article #bac ,,du ,,code ,,civil4--,,son ,,fondement ,,rationnel4--,,pourquoi ,,les ,,femmes ,s',,insurgent ,,contre ,l',,autorit ,,maritale4--,,curieux ,,pl,,biscite ,f,,minin4 ,,ii4--,,le ,,fort ,,et ,,le ,,faible ,,des ,,maris4--,,la ,,ma,,trise ,,de ,,la ,,femme ,,vaudrait-,,elle ,,la ,,ma,,trise ,,de ,l',,homme8--,,la ,,femme-,,homme4 ,,iii4--,l',,galit ,,de ,,puissance ,,est-,,elle ,,possible ,,entre ,,mari ,,et ,,femme8--,,point ,d',,ordre ,,sans ,,hi,,rarchie4--,l',,galit ,,des ,,droits ,,entre ,,poux ,,serait ,,une ,,source ,,de ,,conflits ,,et ,d',,anarchie4 ,,iv4--,r,,partition ,,naturelle ,,des ,r,,les ,,entre ,,le ,,mari ,,et ,,la ,,femme4--,,puissance ,,de ,,celle-,,ci1 ,,pouvoir ,,de ,,celui-,l4--,,la ,,volont ,,masculine4--,a ,,propos ,,du ,,domicile ,,marital4--,,la ,,ma,,tresse ,,de ,,maison4 ,v4--,,le ,,secret ,,des ,,bons ,m,,nages4--,,par ,,quelles ,,femmes ,l',,autorit ,,maritale ,,est ,,encore ,,agr,e ,,et ,,ob,,ie4--,,avis ,,aux ,,hommes4 ,i ,sans que nous soyons anim d'une dvotion superstitieuse l'gard de notre loi crite1 il nous est impossible de ne point reconnatre qu'elle a du bon4 ,d'aprs l'article #bac du ,code civil1 le mari doit protection sa femme1 la femme obissance son mari4 ,de ces deux obligations corrlatives1 dont l'une est la condition de l'autre1 ,portalis1 un des rdacteurs du ,code ,napolon1 donne l'interprtation suivante3 ,ce ne sont point les lois1 c'est la nature mme qui a fait la loi de chacun des deux sexes4 ,la femme a besoin de protection parce qu'elle est plus faible2 l'homme est plus libre parce qu'il est plus fort4 ,la prminence de l'homme est indique par la constitution mme de son tre qui ne l'assujettit pas autant de besoins4 ,l'obissance de la femme est un hommage rendu au pouvoir qui la protge1 et elle est une suite de la socit conjugale qui ne pourrait subsister si l'un des poux n'tait subordonn l'autre4 ,ainsi1 d'aprs le texte mme de l'article #bac et le commentaire du plus autoris de ses auteurs1 le devoir d'obissance n'est impos la femme qu'en vue du devoir de protection impos au mari2 ou1 plus clairement1 si le mari a le droit d'tre obi1 c'est parce que la femme a le droit d'tre protge4 ,nos obligations de dfense sont donc la condition et la mesure de nos pouvoirs de commandement4 ,cela est-il si draisonnable8 ,nous reconnaissons que la soumission risque d'tre pnible1 lorsqu'elle est requise au profit d'un mari que la femme juge moins intelligent qu'elle1 ou moins noble1 ou moins riche1 ou seulement moins distingu2 nous voulons bien qu'il lui soit difficile de voir en cet infrieur un guide1 un conseil1 un appui4--,mais1 ,madame1 qui la faute8 ,il fallait mieux choisir4 ,n'accusez pas le ,code1 mais vous-mme1 ou plutt papa et maman1 qui n'ont point su trouver pour leur fille un prince charmant4 ,que l'obissance soit quelque peu mortifiante pour une femme qui se sent suprieure son seigneur et matre2 qu'elle soit1 au contraire1 naturelle et facile et douce pour l'pouse qui trouve en l'poux de son choix une certaine prminence intellectuelle et morale3 encore une fois1 cela est vraisemblable4 ,par malheur1 pour faire bon mnage1 la supriorit1 mme vidente1 de l'homme ne suffit pas4 ,il faut encore que sa compagne la reconnaisse et l'accepte2 et cette clairvoyance modeste et cette soumission sage sont moins communes qu'on ne le pense4 ,nous n'en voulons pour preuve qu'un plbiscite organis en #ahif par une revue de famille4 ,interroges sur cette question de la sujtion lgale de la femme marie1 #f #eab lectrices ont rpondu2 et1 sur ce total1 #ifc seulement ont acquiesc au devoir d'obissance que notre loi leur impose4 ,il s'en est trouv #e #edi pour protester contre l'observation de l'article #bac4 ,mais1 tandis que #gdj ont prconis la rbellion ouverte 7scnes1 cris1 larmes1 vasion du domicile conjugal7 pour se soustraire une aussi affligeante humiliation1 les autres1 au nombre de #b #icd1 ont recommand les moyens diplomatiques 7souplesse1 ruse1 tnacit1 feinte douceur et longue patience7 pour atteindre le mme but4 ,sans prendre au pied de la lettre cette consultation plus ou moins srieuse1 il s'en dgage nanmoins une certaine rpugnance l'obissance et1 corrlativement1 une aspiration vague et hasardeuse l'mancipation conjugale qui n'est pas faite pour nous rassurer sur l'tat d'me des femmes maries #ee4 ,note #ee3 ,annales politiques et littraires du #i aot #ahif1 p4 #hf4 ,,ii ,c'est le moment de confesser avec humilit que1 mme en exceptant les monstres 7ces dames nous feront-elles la charit de tenir ceux-ci pour une minorit87 le caractre des hommes n'est point exempt d'asprits1 de brusquerie1 de rudesse1 d'pret mme1 qui peuvent blesser les dlicatesses et les susceptibilits fminines4 ,mais sous ces apparences rbarbatives1 sous cette raideur de verbe et d'allure1 sous cette corce dure et sche1 est-il donc impossible de trouver un fond de loyaut1 de franchise1 de sincrit1 de noblesse1 de gnrosit1 capable de faire oublier1 avec un peu d'amour1 les rugosits de l'enveloppe8 ,nous sommes impatients et autoritaires3 c'est entendu4 ,si nous supportons vaillamment l'infortune1 en revanche1 nous faiblissons trangement devant la douleur physique4 ,une fivre nous abat1 un malaise nous effraie4 ,ce nous est un supplice d'entendre gmir ou pleurer autour de nous4 ,quel homme pourrait veiller au chevet d'un enfant ou d'un malade comme la mre de famille ou la soeur de charit8 ,mais l'homme ne reprend-il point sa supriorit dans les longs efforts1 dans les labeurs pnibles du corps et de l'esprit8 ,nous ne sommes point parfaits1 soit6 ,mais les femmes le sont-elles8 ,que celles qui inclineraient trop facilement voir en l'homme un tre goste et mchant1 prennent la peine d'observer qu'il travaille1 qu'il peine1 qu'il lutte pour le foyer4 ,mme dans le peuple1 sont-ils si rares ceux qui1 srs de trouver chez eux un mnage propre et rjouissant1 une femme avenante et gaie1 prfrent leur famille l'auberge et au cabaret8 ,voudrait-on1 par hasard1 intervertir les rles et remplacer la matrise de l'homme par la matrise de la femme8 ,le remde serait pire que le mal4 ,une femme autoritaire ne l'est jamais demi4 ,c'est un tyranneau domestique4 ,rien de plus dplaisant que cette crature d'humeur dominante et de caractre imprieux1 qui usurpe1 en son intrieur1 le rle du pre4 ,ses clats de voix et ses grands airs blessent comme une anomalie4 ,nous associons si troitement la douceur la grce fminine1 la rudesse et l'emportement lui sont si contraires1 qu'une parole dure et brutale dans la bouche d'une femme nous choque autant qu'un blasphme sur les lvres d'une dvote4 ,et pourtant1 c'est une tristesse de le dire1 il y a des femmes revches et acaritres4 ,la moindre contradiction les offense et les irrite4 ,personnelles1 orgueilleuses1 violentes1 on les voit ramener insensiblement elles toutes les choses du mnage1 tous les intrts de la famille1 apostrophant les domestiques1 secouant les enfants1 maltraitant le mari4 ,le pauvre homme1 chass peu peu de toutes ses attributions1 dcapit de son prestige1 command comme un infrieur1 humili devant les siens1 quand il n'est pas malmen en public1 prend souvent le parti hroque de se taire et de s'effacer en considration des enfants qu'une rupture blesserait pour la vie1 trop heureux si son silence n'est pas interprt comme une injure et sa longanimit prise pour de la pure sottise6 ,devenue matresse absolue de son intrieur1 madame tranche1 gronde1 crie4 ,c'est un frelon dans la ruche4 ,donnez-lui toutes les qualits que vous voudrez1 de l'ordre1 de la dcision1 de l'conomie2 supposez-la charitable aux pauvres1 secourable aux malheureux3 son esprit de domination contre nature lui fera perdre tous ses mrites aux yeux du monde4 ,et c'est justice2 car elle fait le malheur des siens4 ,s'en rend-elle compte8 ,on peut en douter4 ,son moi s'panouit avec une sorte d'inconscience4 ,admettons qu'elle opprime son mari et tyrannise ses gens sans le vouloir1 sans le savoir4 ,il n'en reste pas moins que dcouronne des grces de la douceur1 cette femme1 moins rare qu'on ne le pense1 a quelque chose d'hybride3 on dirait un tre hors nature qui n'est plus ,madame et n'est pas encore ,monsieur4 ,c'est la femme-homme4 ,dieu vous en garde6 ,et le fminisme avanc tend prcisment multiplier ce type insupportable4 ,voici une jeune fille marier3 elle a tous ses brevets2 elle parle couramment l'anglais ou l'allemand1 et peu prs le franais2 elle excelle dans la musique et cultive l'aquarelle4 ,tous les sports lui sont familiers3 elle valse ravir1 monte comme un hussard1 nage comme un poisson et pdale infatigablement sur tous les chemins4 ,mais la jeunesse passe et ,mademoiselle s'ennuie4 ,il faudrait lui trouver un bon mari2 c'est1 savoir1 un brave garon qui sache tenir un mnage1 surveiller la cuisine1 soigner les enfants et1 au besoin1 raccommoder les bas4 ,o trouverez-vous cet imbcile8 ,plus la jeune fille se virilise imprudemment1 moins elle se mariera facilement4 ,vous vous mprenez1 me dira-t-on1 sur les tendances du fminisme conjugal4 ,il ne s'agit point de subordonner l'homme la femme1 pas plus que la femme ne doit tre subordonne l'homme4 ,ce que nous demandons1 c'est l'galit4--,je n'en disconviens pas2 mais est-elle possible8 ,la chose paratra douteuse quiconque voudra bien rechercher l'esprit de ce nivellement de puissance entre les poux4 ,,iii ,d'aprs les ides nouvelles1 les poux sont deux units indpendantes1 moins unies que juxtaposes4 ,entre ces deux souverains autonomes1 comment l'entente1 la paix1 la vie seraient-elles durables4 ,c'est un fait d'exprience qu'entre deux forces galement prises de leur libert1 les conflits aboutissent la guerre intestine4 ,le dualisme n'a jamais produit que la lutte et le dsordre4 ,en politique1 il conduit les peuples au schisme et la scession2 appliqu au mariage1 il multiplierait entre les poux les causes de rupture et les occasions de divorce4 ,voyez-vous ces deux tres rivaux ayant mmes droits devant la loi et attachs l'un l'autre par une mme chane8 ,l'amour la rendra lgre1 nous dit-on4--,mais l'amour passe et1 privs de ce doux trait d'union1 il est prvoir que les conjoints1 demeurs face face sans vouloir dsarmer1 finiront par se tourner le dos pour mieux sauvegarder leur trs chre indpendance4 ,il n'y a pas d'ordre possible sans une certaine hirarchie4 ,mettez que les pre et mre aient sur leurs enfants les mmes prrogatives3 si l'accord cesse1 c'est la confusion1 le conflit aigu1 la guerre s'installant au foyer2 c'est la vie commune rendue impossible2 c'est la paix du mnage irrvocablement trouble4 ,quand deux individus1 qui se croient gaux en droit et en force1 se disputent et se heurtent1 le duel est terrible4 ,pour viter les coups et les violences1 il n'est plus qu'un moyen3 se sparer4 ,mme ,arvde ,barine a trs bien vu ce danger4 ,comment le mariage pourrait-il subsister quand personne1 dans un mnage1 n'aura le dernier mot8 quand deux poux seront deux puissances gales1 dont aucune ne pourra contraindre l'autre capituler8 ,c'est une belle chose de se rvolter contre les servitudes du mariage sans amour2 mais1 pour se prmunir contre les collisions invitables de l'galit conjugale1 il faut tre prt se rfugier dans l'union libre4 ,l1 du moins1 ds qu'on ne s'entend plus1 on se lche sans crmonie4 ,le fminisme matrimonial marque donc1 de la part de la femme1 une tendance oublier son sexe pour tablir entre les conjoints1 non pas l'union laquelle les convie naturellement leur diversit1 mais une galit sparatiste1 un isolement hautain1 dont ne sauraient bnficier ni la confiance ni l'amour4 ,il n'y a pas s'y mprendre3 c'est une guerre de scession qui commence4 ,que le rve des libertaires vienne se raliser1 et le mariage sera le rapprochement ou plutt le conflit de deux forces gales1 avec plus d'orgueilleuse raideur chez la femme et moins d'affectueuse condescendance du ct de l'homme4 ,et quand ces deux forces1 rapproches par une inclination passagre1 se heurteront en des luttes que nulle autorit suprieure ne pourra trancher1 il faudra bien rompre1 puisque personne ne voudra cder4 ,pauvres poux6 pauvres enfants6 pauvre famille6 ,a ce triste rgime galitaire1 le mari gagnera-t-il1 du moins1 de voir diminuer ses charges et ses responsabilits8 ,pas le moins du monde4 ,l'esprit de la femme est ainsi fait qu'elle gardera les honneurs et les ralits du pouvoir1 sans vouloir en assumer les ennuis et les dommages4 ,ds qu'une opration entreprise par son initiative aura mal tourn1 soyez srs qu'elle en rejettera tous les torts sur le mari4 ,tu me l'avais conseille4--,allons donc6--,il fallait m'avertir1 alors6 ,toute l'quit fminine tient en ces propos ingnieux4 ,les femmes veulent tre matresses de leurs actes1 avec l'espoir d'en garder tout le profit1 s'ils russissent1 et d'en rpudier toute la responsabilit1 s'ils chouent4 ,l'galit de puissance entre mari et femme8 j'en nie la possibilit mme4 ,c'est l'quilibre instable4 ,allez donc btir l-dessus une maison et une famille6 ,en toute association conjugale1 il y a communment un des poux qui suggestionne l'autre1 et l'intimide et le gouverne4 ,n'en soyons point surpris3 cette hirarchie des forces est voulue par la nature4 ,il est des caractres doux et faibles dont c'est le partage1 et souvent mme l'agrment1 d'obir4 ,aux autres1 c'est--dire aux nergiques1 aux sanguins1 aux violents1 appartient le commandement4 ,si vous le leur refusez1 ils le prennent1 en accompagnant1 au besoin1 leur ordre souverain d'un geste dcisif4 ,ce sont les dpositaires de #a' impratif catgorique4 ,tout est pour le mieux1 quand le plus puissant des deux1 mari ou femme1 est en mme temps le plus capable et le plus digne4 ,mais combien il est dplaisant de voir l'intelligence rduite en tutelle1 et quelquefois en servage1 par la volont tranchante d'un conjoint qui tient son autorit du temprament plus que de la raison6 ,et pourtant1 si cet intrieur n'est rien moins qu'idal1 encore peut-il se soutenir et durer1 puisqu'il a un matre4 ,en ralit1 l'union la plus malheureuse est celle o ni le mari ni la femme ne veulent cder4 ,c'est une lutte de tous les instants4 ,et voil prcisment o nous conduirait l'galit des droits entre les poux6 ,malheur au mnage o il n'y a ni meneur ni men1 ni volont prminente ni volont subordonne1 o les deux conjoints ont la prtention de commander toujours et de ne jamais obir6 ,on s'y dispute d'abord1 on se spare ensuite4 ,la rupture est fatale4 ,ainsi l'galit des poux1 fonde sur l'galit des droits1 nous mnerait directement des conflits douloureux et un divorce inluctable4 ,sans doute1 cette galit de puissance serait d'une ralisation difficile1 parce que l'ingalit est partout dans les forces1 dans les tempraments1 dans les caractres4 ,mais l o elle parviendrait opposer les poux l'un l'autre1 elle aboutirait l'anarchie4 ,je la tiens consquemment pour deux fois malfaisante1 en ce qu'elle contrarie la nature et en ce qu'elle dissout la famille4 ,,iv ,quels sont donc1 en raison et en justice1 les principes qui doivent prsider aux relations respectives des poux8 ,la femme n'est ni suprieure ni infrieure l'homme2 elle n'est pas davantage son gale3 elle est autre4 ,et puisque la loi a pour objet de garantir chacun les moyens de dvelopper rgulirement sa personnalit1 afin de lui permettre de remplir utilement sa destine1--aux diffrences de complexion organique qui distinguent naturellement l'homme de la femme1 doit correspondre une diffrence de fonction engendrant une diffrence de droit entre les poux4 ,or1 considrs en leur condition normale qui est le mariage1 l'homme et la femme n'y tiennent point de la nature mmes rles et mmes attributions4 ,au sexe fort1 la charge des lourds travaux1 de la dfense commune et des relations extrieures2 au sexe fminin1 l'administration du mnage et le gouvernement du foyer3 telle est l'organisation rationnelle de la famille4 ,celle-ci est une sorte de petit tat1 qui ne se comprend pas sans un ministre des affaires trangres et sans un ministre de l'intrieur4 ,l'ordre est ce prix4 ,confine dans les choses de la maison1 la femme marie n'en exerce pas moins un rle si essentiel1 qu'en levant ses enfants on peut dire qu'elle forme les hommes et prpare l'avenir de la nation4 ,c'est en cela mme qu'elle est1 suivant le mot de ,snque1 toute-puissante pour le bien1 ou pour le mal1 mulier reipublicae damnum aut salus4 ,mais1 si net que soit le partage des fonctions entre les deux pouvoirs masculin et fminin1 des conflits sont possibles4 ,qui aura le dernier mot8 ,il ne nous parat pas vraisemblable qu'en un sujet si pratique1 le monde entier se soit tromp en attribuant la prminence au mari4 ,dans les questions domestiques1 si menues et si compliques1 qui doivent tre tranches rapidement et toute heure sous peine de chaos1 il ne suffit pas de dclarer que le mari sera matre en ceci et la femme souveraine en cela1 chacun ayant sa part d'autorit limite minutieusement par le contrat ou par la loi4 ,il y a mille questions connexes et indivisibles qui surgissent chaque jour entre les poux et qui ne relvent pas1 en elles-mmes1 de l'un plutt que de l'autre4 ,en ces matires mixtes1 le principe de la sparation des pouvoirs n'est plus de mise1 sans compter qu'ici la sparation du commandement affaiblirait la famille4 ,n'est-il pas crit que toute maison divise contre elle-mme prira8 ,il faut donc au gouvernement conjugal un prsident du conseil2 et1 pour ce poste prminent1 l'universelle tradition dsigne le mari4 ,nous pensons qu'elle est sage4 ,pourquoi8 ,parce que la volont de la femme est moins ferme que celle de l'homme4 ,sans doute1 cette raison psychologique a parfois t fort exagre4 ,la femme est plutt destine l'homme1 et l'homme destin la socit2 la premire se doit un1 le second tous4 ,cette pense d',amiel est excessive4 ,si la nature faisait un devoir la femme de se perdre dans le rayonnement de l'homme de son choix1 il s'ensuivrait que1 hors du mariage1 elle ne compte pas3 conclusion cruelle pour celles qui n'ont point rencontr d'homme au cours de leur vie solitaire4 ,sont-elles si coupables1 si inutiles1 les isoles1 les ddaignes1 qui n'ont pu connatre les joies et les preuves du mariage8 ,et puis1 mme marie1 la femme a mieux faire que d' absorber sa vie dans l'adoration conjugale4 ,et pourvu que l'homme ait un peu de coeur ou d'esprit1 il ne lui demandera point un pareil anantissement4 ,concevoir la femme comme un simple reflet de l'homme1 obliger l'pouse marcher obscurment dans l'ombre de son seigneur et matre1 c'est tmoigner vraiment la personnalit fminine une mdiocre confiance et une plus mdiocre estime4 ,par bonheur pour le sexe fminin 7c'est une remarque dj faite71 la bont1--pas plus que la justice1--n'est trangre au sexe masculin4 ,je dirai plus3 un homme doux et fort1 brave et bon1 me parat le plus bel exemplaire de l'humanit suprieure4 ,mais1 observation intressante3 les femmes nous sont plus reconnaissantes de la fermet que de la douceur4 ,george liot a crit qu' elles n'aiment pas la passion l'homme dont elles font tout ce qu'elles veulent1 parce qu'elles sentent bien qu'on ne s'appuie que sur ce qui rsiste4 ,en ralit1 la femme veut moins fermement que l'homme4 ,mme quand elle chappe l'empire des mobiles passionnels1 des impressions et des impulsions instinctives1 mme quand elle obit des motifs conscients1 raisonns1 rflchis1 elle a besoin d'une volont amie qui la soutienne4 ,au cas o ses ides et ses dcisions ne lui sont pas inspires par son milieu1 par l'opinion ambiante1 par la coutume1 par la tradition1 elle va souvent les demander un parent1 un prtre1 un confident4 ,les plus fortes ont besoin d'tre aides4 ,a de certains moments1 il leur faut un appui moral1 une volont1 une autorit qui dcide pour elles4 ,c'est surtout quand le pre vient disparatre1 qu'elles sentent et qu'elles confessent leur faiblesse4 ,alors1 elles rendent hommage la puissance maritale4 ,les plus vaillantes1 observe ,marion1 font le grand effort de vouloir par elles-mmes1 de conduire seules toute leur maison1 toute leur vie2 mais c'est l une suprme fatigue1 et elles en font l'aveu touchant dans l'intimit1 pendant que le monde admire leur courage#ef4 ,a dfaut du mari1 combien de mres sont impuissantes diriger leurs grands enfants8 ,qui n'a reu leurs confidences plores8 ,l'autorit de l'homme a du bon4 ,seulement1 le principe pos1 il faut avoir le courage d'en tirer les consquences4 ,prenons un exemple4 ,note #ef3 ,psychologie de la femme1 p4 #bbi-bcj4 ,beaucoup s'offensent de ce que la loi franaise oblige les femmes n'avoir qu'un domicile3 celui du mari4 ,l'article #bad du ,code civil dispose1 en effet1 que la femme est oblige d'habiter avec le mari1 et de le suivre partout o il juge propos de rsider4 ,mais du moment que celui-ci est le chef du mnage1 il faut bien que l'pouse demeure sous son toit et loge la mme enseigne4 ,c'est logique et c'est dcent4 ,d'autant plus que la loi ajoute1 titre de compensation1 que le mari est oblig de la recevoir et de lui fournir tout ce qui est ncessaire pour les besoins de la vie1 selon ses facults et son tat4 ,voudrait-on1 par hasard1 imposer au mari le domicile de sa femme8 ,mais la question serait moins rsolue que renverse4 ,aprs avoir subordonn l'pouse l'poux1 on assujettirait l'poux l'pouse4 ,c'est le systme des reprsailles4 ,nous n'en voulons point4 ,les conjoints pourront-ils se choisir deux domiciles distincts8 ,mais ce serait l vraiment une sparation de corps anticipe4 ,sans compter qu'un mnage divis contre lui-mme est condamn prir4 ,l'loignement des parents dtruirait immanquablement l'unit du foyer4 ,enfin les enfants seront-ils domicilis chez le pre ou chez la mre8 ,et pour n'avantager ni l'un ni l'autre1 auront-ils1 eux aussi1 un domicile spar8 ,pauvres petits6 ,conclusion3 la loi a t sage en fixant au domicile du mari le domicile de la mre et des enfants4 ,c'est l1 en effet1 qu'est le centre des intrts et des affaires1 le centre de la clientle et de la famille4 ,certes1 nous n'ignorons point que la femme a souvent d'excellentes raisons de fuir le domicile marital4 ,mais lorsque sa vie ou son honneur est en danger1 les tribunaux n'hsitent pas lui permettre de chercher ailleurs un asile plus sr et plus moral4 ,quant la forcer1 manu militari1 rintgrer le domicile conjugal1 il est avr que ce droit n'est exerc par les maris qu'avec une extrme discrtion1 et appuy par la police qu'en des cas d'une extrme raret4 ,ce rgime hirarchique implique-t-il la diminution et la dchance de l'pouse8 ,certaines femmes se plaignent d'tre enfermes1 cristallises dans leurs devoirs d'intrieur par l'accablante autorit du mari4 ,la tradition leur pse4 ,elles se rvoltent1 quand on a l'imprudence de leur rappeler qu'aux beaux temps de la ,rpublique1 la matrone romaine1 l'pouse selon le coeur des patriciens1 gardait la maison et filait la laine4 ,pourquoi1 ce rle serait-il devenu risible ou dshonorant8 ,point de vie de famille possible sans un foyer habitable4 ,pour attirer et retenir l'homme et les enfants au logis1 il faut qu'ils soient srs d'y trouver la concorde et la paix1 le mnage rang et la vaisselle luisante1 l'ordre et la propret qui sont la parure1 pour ne pas dire le luxe des maisons pauvres2 et c'est la femme d'y pourvoir4 ,sa fonction naturelle est de veiller la discipline de l'intrieur1 l'entretien du foyer1 la bonne tenue des enfants1 la rgularit des repas1 l'exactitude et la dcence de la vie de famille4 ,elle doit tre la fe du logis4 ,il n'est pas possible qu' respirer chaque jour ce bon air1 l'homme le plus dsordonn ne prenne peu peu de meilleures habitudes4 ,on sait que l'pargne est la premire condition de l'aisance2 et si le pre apporte l'argent1 il incombe la mre de le conserver4 ,femme sans ordre1 mnage sans pain4 ,m4 ,lavisse disait nagure en termes excellents3 ,il faut la maison ouvrire la dignit de la femme modestement bien leve4 ,quand cette dignit1 une dignit douce1 bien entendu1 qui ne se montre pas1 qui se laisse seulement sentir1 une dignit de violette1--est accompagne de grce et de patience1 elle est trs puissante#eg4 ,c'est qu'au fond du coeur le ,franais1 citadin ou paysan1 bourgeois ou manoeuvre1 est fier de sa femme4 ,il lui rend justice et honneur1 quand elle le mrite4 ,note #eg3 ,discours prononc la distribution des prix de l'orphelinat des ,alsaciens-,lorrains1 ,journal des ,dbats du #bb juin #ahif4 ,dans nos intrieurs1 la mre est vraiment souveraine2 et son autorit bienfaisante s'tend sans difficult au mari1 aux enfants et aux aides1 parce que l1 dans l'intimit du foyer1 elle s'exerce dans son domaine naturel4 ,en ,france1 la femme est1 par fonction et par dfinition1 la matresse de maison4 ,vienne le jour o1 pousse par des ides d'indpendance excessive1 elle se rpandra au dehors sous prtexte de mieux panouir son individualit1 que deviendra1 je le demande1 le foyer dsert8 ,une ruine inhabitable o la famille nglige1 dsunie1 ne trouvera ni le repos ni le bon exemple4 ,v ,voulez-vous connatre le secret des bons mnages8 ,chacun des poux reste sa place1 le mari commandant sans en avoir l'air1 la femme obissant sans en avoir conscience4 ,ils sont si troitement lis qu'ils ne font qu'un coeur et qu'une me4 ,ils ralisent le mariage parfait4 ,n'oublions pas que les conjoints doivent se donner l'un l'autre1 sans restriction1 sans distinction4 ,le mariage est un engagement bilatral1 un change1 un don mutuel4 ,aucun des poux ne devient la chose1 le domaine de l'autre1 ou1 s'il le devient1 c'est charge de rciprocit4 ,si donc on tient absolument ce que le mariage engendre une sorte de droit d'appropriation1 il importe d'ajouter qu'il fait du mari une proprit de la femme comme il fait de la femme une proprit du mari4 ,elle est lui1 il est elle1 disait le franciscain ,berthold4 ,en rsum1 ils s'appartiennent l'un l'autre1 la vie1 la mort1 ad convivendum1 ad commoriendum4 ,cela tant1 un bon mnage suppose une alliance de bonnes volonts qui se respectent1 se mnagent1 se supportent1 se conseillent et s'aiment rciproquement1 un change continu de concessions mutuelles et de mutuel appui1 une association si troite d'esprit1 de coeur et d'activit qu'au besoin l'un des conjoints pourrait remplacer l'autre1 sans trouble1 sans froissement1 sans conflit4 ,ce mnage idal est aussi puissamment arm qu'il est possible pour supporter le poids de la vie4 ,et je veux croire que les femmes franaises ne se refuseront point1 de gaiet de coeur1 le prendre pour modle2 sinon1 elles tourneraient le dos au bonheur4 ,sans doute1 nous avons revendiqu et conquis successivement tant de liberts1 bonnes ou mauvaises1 qu'il serait puril de nous tonner que certaines femmes agites veuillent prendre part au partage4 ,mais faut-il en conclure que le sexe tout entier s'apprte rclamer1 son tour1 toutes les liberts que nous avons prises8 ,que non pas6 ,j'ose dire que l'immense majorit des femmes franaises se contente ou s'accommode de nos institutions matrimoniales existantes4 ,elles ne rclament1 ainsi que nous le verrons plus loin1 que des tempraments ou des corrections de dtail trs acceptables4 ,il y a d'abord les femmes qui ont reu une forte ducation religieuse1 femmes des plus dignes et des plus respectables1 qui remplissent courageusement leurs devoirs d'pouse et de mre tous les degrs de l'chelle sociale4 ,celles-l ne sont point travailles de si grandes vellits d'indpendance1 et elles sont innombrables en nos provinces de ,france4 ,ces bonnes chrtiennes n'ont aucun got pour les revendications audacieuses et les plbiscites tapageurs2 ou1 si elles prennent part ces derniers1 c'est pour adresser leurs soeurs plus turbulentes un rappel l'ordre comme celui-ci3 ,je pense que le ,code a grandement raison de dire que la femme doit obissance son mari1 puisque ,notre-,seigneur ,jsus-,christ l'a dit avant le ,code et a impos cette obissance aux femmes chrtiennes1 bien avant que ,napolon l'ait impose aux femmes franaises4 ,celles-ci donc n'ont pas lieu de se montrer surprises ou humilies d'un article qui ne les oblige devant la loi qu' ce quoi elles sont dj obliges devant ,dieu#eh4 ,c'est le langage de la sagesse chrtienne4 ,et comme notre lgislation du mariage n'est vraiment que la conscration civile de la vieille conception dogmatique1 il se trouve qu'en cette matire dlicate la religion est le plus ferme appui de la loi4 ,note #eh3 ,annales politiques et littraires du #i aot #ahif1 p4 #hf4 ,a ct de ces femmes religieuses d'esprit et de coeur qui obissent par principe1 il en est d'autres qui1 moins attaches aux commandements de l'glise1 obissent pourtant sans contrainte1 sans regret1 par habitude4 ,c'est le cas de toutes celles qui ont le bonheur d'appartenir des familles unies dont le chef est aim estim1 respect4 ,faonnes par l'exemple1 elles obissent leur mari comme elles ont vu leur mre obir leur pre1 le plus naturellement du monde1 avec une docilit confiante dont elles ne se sentent aucunement diminues4 ,enfin1 sans tre dvotes ni routinires1 il est des femmes qui ont le secret d'obir1 non plus par devoir religieux ou par soumission hrditaire1 mais bien par calcul diplomatique et suprme habilet4 ,elles se sont dit que le plus facile moyen de se plier un commandement1 c'est encore de se faire ordonner prcisment ce qu'on dsire4 ,cette tactique n'exige que de la souplesse1 et beaucoup de femmes y excellent4 ,on voit que les maris de ,france ont chance de conserver leurs droits la direction de leur famille4 ,mais qu'ils n'en prennent point orgueil3 ce n'est pas d'hier que les femmes gouvernent les gouvernants4 ,le vieux ,caton s'en plaignait amrement4 ,pour n'avoir rien d'officiel1 leur suggestion est dcisive1 leur influence prpondrante4 ,laissant l'homme l'apparence du pouvoir et la responsabilit de l'action1 elles restent ses inspiratrices pour le bien ou pour le mal4 ,se souvenant du mot de ,mme de ,stal3 ,un homme peut braver l'opinion1 une femme doit s'y soumettre1 elles ne s'affichent point1 elles s'insinuent4 ,si nous faisons les lois1 elles nous les imposent en faisant les moeurs4 ,dans la vie prive1 la femme franaise est toute-puissante1 quand elle le veut4 ,aussi bien ne rclame-t-elle point tant de droits1 se sachant en possession de tant de privilges6 ,et si l'on excepte une minorit bruyante1 le plus grand nombre ne se soucie point de l'galit conjugale dans la crainte de s'aliner les faveurs masculines4 ,a cette question3 ,quelle est la base unique du bonheur des femmes8 ,mme ,campan rpondait3 ,la douceur de leur caractre4 ,et ,mme de ,maintenon1 qui se connaissait en diplomatie1 ajoute dans ses ,mmoires3 ,pour les femmes1 la douceur est le meilleur moyen d'avoir raison#ei4 ,note #ei3 ,opinions de femmes sur la femme4 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif1 p4 #hdj4 ,quoi qu'on puisse penser de l'autorit maritale 7et nous persistons croire qu'elle est souvent plus apparente que relle71 les hommes ont un sr moyen de la conserver et mme de la raffermir4 ,se faire une conscience plus nette du devoir de protection dfrente qui leur incombe vis--vis des femmes2 se montrer dignes des prrogatives masculines par l'action et la volont1 par l'nergie et le sang-froid1 par la loyaut1 l'honneur et la bont2 travailler1 peiner1 souffrir sans trop de plaintes et sans trop de dfaillances2 opposer la vertu1 la vaillance1 la fiert des femmes1 une fiert1 une vaillance1 une vertu surminentes3 voil le secret d'tre matre chez soi sans amoindrissement pour personne4 ,ce n'est point par l'emportement et la violence1 en criant haut et en gesticulant fort1 que nous maintiendrons notre suprmatie4 ,la primaut du verbe et du poing est mprisable4 ,l'autorit de la loi ne sauverait pas mme l'autorit de l'homme1 le jour o celle-ci serait srieusement menace4 ,nous ne resterons suprieurs en droit la femme que si nous savons lui rester suprieurs en fait1 c'est--dire en valeur et en caractre4 ,a bon entendeur1 salut6 ,au reste1 comme l'abus se glisse dans les meilleures choses1 il nous suffira que l'autorit maritale soit aux mains d'un incapable ou d'un indigne pour que nous lui apportions 7on le verra bientt7 toutes les restrictions ncessaires4 ,,chapitre ,,iv ,a propos de la dot ,,sommaire ,i4--,,le ,,mal ,,qu',,on ,,en ,,dit4--,,les ,,mariages ,d',,argent4--,r,,criminations ,f,,ministes ,,et ,,socialistes4 ,,ii4--,,peut-,,on ,,et ,,doit-,,on ,,supprimer ,,la ,,dot8--,,le ,,bien ,,qu',,elle ,,fait4--,,la ,,femme ,,dot,e ,,est ,,plus ,,forte ,,et ,,plus ,,libre4 ,,iii4--,,mariage ,,sans ,,dot1 ,,mariage ,,sans ,,frein4--,,filles ,,plaindre ,,et ,,parents ,,bl,,mer4--,,ducation ,,modifier4 ,i ,a toute poque1 la dot a servi de prtexte aux plus violentes attaques contre nos institutions matrimoniales4 ,aujourd'hui plus que jamais1 par un effet de ce penchant l'exagration qui se remarque en toute socit mal quilibre comme la ntre1 il n'est personne qui ne puisse lire ou entendre les plus folles ou les plus furieuses diatribes contre les mariages d'argent4 ,il semble que l'union de l'homme et de la femme ne soit plus en ,france qu'une juxtaposition de fortunes1 un arrangement commercial1 une combinaison mercantile1 une simple affaire2 car1 si l'homme fait la chasse la dot1 la femme fait la chasse la position3 deux calculs qui se valent4 ,n'est-ce pas se vendre galement que de chercher dans un mari les avantages de son rang ou de briguer chez une jeune fille la grosse somme et les esprances8 ,et l'on va jusqu' dire que les parents1 qui subordonnent le mariage de leurs enfants de pareilles proccupations1 mritent le nom d' entremetteurs4 ,le monde1 en d'autres termes1 a fini par commercialiser l'acte le plus sacr de la vie1 le don de soi-mme1 que l'amour seul a le privilge de justifier et d'ennoblir4 ,on est tonn de retrouver ces jugements sommaires et excessifs sous la plume d'crivains srieux4 ,la peste du foyer moderne1 crit ,m4 ,lintilhac1 c'est l'pouse dote4 ,la dot dgrade l'pouseur d'abord4 ,elle dprave l'pouse ensuite4 ,d'autres font remarquer1 par un rapprochement plein de dlicatesse1 que le mari est l',alphonse patent du foyer4 ,prendre une matresse qui vous plat et l'entretenir1 est un cas pendable4 ,prendre une femme qui vous dplat et se faire entretenir par elle1 est au contraire d'une moralit courante4 ,qui expliquera cette contradiction8 ,ce que l'opinion tient pour un dshonneur en dehors des justes noces1 parat le plus simple du monde aprs la crmonie4 ,aussi ,mme de ,marsy1 la distingue prsidente du ,ladie's ,club de ,paris1 traite la dot de coutume humiliante pour la femme et en rclame instamment l'abolition pure et simple1 cette abolition lui paraissant un premier pas vers le bonheur#fj4 ,note #fj3 ,lettres cites par ,m4 ,joseph ,renaud dans la ,faillite du mariage1 p4 #gj-ga4 ,cette suppression absolue s'imposerait d'autant plus notre poque1 qu'au sentiment des outranciers du fminisme rvolutionnaire1 la dot transforme le mariage en un pur trafic esclavagiste4 ,on nous dira1 par exemple1 qu'il n'est rien de plus immoral que de renoncer1 moyennant finances1 son honneur et sa libert1 que c'est une chose abominable d'acheter l'amour et la maternit au prix du sacrifice de sa personne et de sa dignit4 ,on ira jusqu' trouver la condition de la matrone plus abjecte que la profession de la courtisane1 puisque celle-ci ne prte que son corps et peut toujours se reprendre1 tandis que l'honnte femme se livre tout entire et pour jamais#fa4 ,d'o il faudrait conclure que la plus vertueuse des mres de famille est1 par le fait de sa dot1 moins digne de respect que la dernire des dvergondes4 ,note #fa3 ,benot ,,malon1 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 chap4 ,,vii1 pp4 #cfa-cfc4 ,c'est de l'extravagance pure4 ,sans tomber en ces excs de langage1 les jeunes filles de bonne maison ne sont pas rares qui pensent opposer l'institution de la dot de plus srieuses et plus relles objections4 ,tmoin cette confidence qui nous fut faite3 ,je ne suis pas assez riche pour me marier4 ,les jeunes gens d'aujourd'hui savent compter4 ,nos petits talents1 nos petits mrites1 l'instruction1 la beaut mme1 ne servent pas grand'chose4 ,il n'est pas jusqu' notre nom qui ne soit pour nous une tiquette ngligeable1 puisque nous le perdons en nous mariant4 ,combien nos frres sont plus heureux6 ,s'ils n'pousent plus des bergres1 ils ont la ressource1 quand ils sont titrs1 d'anoblir des fermires ou des marchandes4 ,enfin de bons esprits1 s'inspirant de l'intrt gnral1 proposent d'abolir la dot sous prtexte que cette suppression ranimerait toutes les forces puises du pays4 ,ils nous assurent que1 dbarrasss du souci d'amasser la dot de leurs enfants1 les poux auront toute facilit de se payer le luxe d'une nombreuse famille1 et que le mariage1 affranchi des considrations d'argent1 redeviendra1 au grand profit de la morale1 l'union dsintresse de deux mes et de deux vies4 ,voulez-vous rsoudre la crise du mariage8 ,c'est bien simple3 supprimez la dot4 ,,ii ,mais1 au fait1 est-il si facile de supprimer la dot8 ,cette institution n'est pas seulement l'oeuvre de la loi2 elle est entre profondment dans nos moeurs4 ,et s'il est ais de modifier le ,code1 il n'est pas aussi simple de corriger un peuple de ses mauvaises habitudes4 ,l'usage est une citadelle inexpugnable3 la dot s'y est installe depuis des sicles2 nulle rforme lgislative ne l'en dlogera de sitt4 ,le temps1 qui fait les coutumes1 peut seul les dfaire2 et le temps n'est jamais press4 ,nous ne croyons point la disparition prochaine de la dot4 ,il y a mieux4 ,la dot est-elle une si grande coupable8 ,je sais bien qu'il est de bon ton de l'attaquer au nom du pur amour2 je sais encore qu'elle rend trop rares les mariages d'inclination et trop frquents les mariages d'argent1 au dtriment de l'idalisme sentimental cher aux mes tendres qui voudraient unir les plus dignes aux plus belles4 ,mais1--sans rappeler que la dot permet quelquefois aux laides de se relever de leur disgrce immrite1--on ne rflchit pas assez qu'elle a plus fait que toutes les lois d'mancipation pour la dignit1 pour la libert1 pour l'autorit de la femme marie4 ,l'homme qui accepte une dot en se mariant aline une part de sa puissance4 ,comptable des deniers de sa femme1 il a les mains lies4 ,dans une de ses comdies1 ,plaute prte l'un de ses personnages cette apostrophe fameuse3 ,pas de dot6 pas de dot6 ,avec sa dot1 une femme vous gorge4 ,je me suis vendu pour une dot4 ,c'est pourquoi ,solon1 dsireux d'accomplir de grandes choses1 abolit la dot1 assujettit la femme au mari et la clotra dans le gynce4 ,et du coup l',athnienne perdit sa libert4 ,l'apport d'un patrimoine propre la socit conjugale investit naturellement l'pouse d'un certain pouvoir de contrle sur les actes du mari2 il lui confre1 en outre1 un peu de cette considration qui s'attache la fortune4 ,d'autre part1 la femme dote ne peut plus tre traite comme une charge1 comme un passif pour le mnage4 ,ayant vers son enjeu la partie1 elle a le droit de se dire personnellement intresse aux pertes et aux gains4 ,en augmentant sa coopration effective1 la dot contribue donc accrotre le prestige et l'autorit de la femme4 ,cela est surtout visible dans la petite bourgeoisie commerante4 ,l1 vraiment1 l'galit est faite entre mari et femme4 ,ayant grossi de son bien le fonds commun1 participant de ses deniers aux charges du mnage et aux oprations du ngoce1 elle en tire argument pour surveiller la gestion du mari4 ,aussi bien est-elle1 au sens plein du mot1 son associe4 ,elle est dans le secret des affaires et participe aux travaux du magasin2 elle tient les critures et apure les comptes2 elle prside la caisse1 prpare les inventaires1 discute le budget1 rduit souvent les dpenses et trouve le moyen de faire des conomies4 ,plus d'une s'entend merveilleusement au commerce4 ,combien mme sont l'me de la maison8 ,la dot permet donc la femme de s'occuper plus activement et plus directement des intrts de la famille1 en l'autorisant surveiller l'administration de son conjoint4 ,elle lui fournit un argument1 un appui2 un rempart pour se mieux dfendre contre les empitements possibles de la puissance maritale4 ,,iii ,oui1 la dot a du bon4 ,qui ne sait que1 dans la socit actuelle1 l'argent est le grand librateur8 ,a ce propos1 ,m4 ,jean ,grave1 dont on connat les aspirations anarchistes1 exprime cette ide que les protections de la loi sont plus la porte des femmes riches que des femmes pauvres1 les premires ayant la facult de se librer1 moyennant finances1 des liens mmes du mariage#fb4 ,les poursuites en divorce et en sparation sont1--je n'ose dire moins lentes1 car elles ne sont rapides pour personne1--mais plus faciles pour celle qui paie bien que pour celle qui paie mal4 ,que de dmarches1 que d'ennuis pour obtenir l'assistance judiciaire6 ,combien illusoire et dangereuse est l'action d'une femme pauvre contre un mari sans le sou qui peut la quitter volont et la rouer de coups l'occasion6 ,note #fb3 ,la ,socit future1 ch4 ,,xxii1 p4 #cci4 ,actuellement1 la dot est la meilleure garantie du respect de la personnalit fminine4 ,elle permet la femme de choisir un peu son poux4 ,qu'on la supprime1 et l'pouse retombera plus faible et plus misrable sous la loi de l'homme4 ,prise pour elle seule1 apportant au mnage ses grces entretenir et son apptit satisfaire1 tes-vous sr que le mari ne la tiendra jamais pour un passif1 pour une charge sans compensation8 ,supprimez la dot1 et la femme sera plus troitement lie au mari4 ,comment s'en sparer1 puisque1 n'ayant rien apport1 elle n'aurait rien reprendre8 ,supprimez la dot1 et la femme sera plus strictement assujettie au mari2 car celui-ci1 pourvoyant seul aux dpenses du mnage1 voudra augmenter ses pouvoirs en proportion de ses obligations4 ,ne devra-t-elle pas tout subir1 puisqu'il la nourrira8 ,de ce jour1 confesse ,m4 ,jules ,bois lui-mme1 elle n'a plus de sort1 plus de vie propre1 je la vois plus dnue de destine que le chien de la maison qui saura bien1 mis la porte1 vivre dans la rue#fc4 ,a mariage sans dot1 femme sans force et mari sans frein4 ,note #fc3 ,l've nouvelle1 p4 #aef-aeg4 ,comme on le voit1 la dot confre la femme marie plus d'autorit1 plus de scurit1 plus d'indpendance4 ,beaucoup me rpondront que c'est acheter bien cher un mari et que1 pour en avoir un de quelque qualit1 il faut y mettre un prix de plus en plus lev4 ,comment1 d'ailleurs1 ne serait-on pas attrist de voir un si grand nombre de filles agrables et mritantes aspirer vainement au mariage1 faute d'argent offrir aux pouseurs8 ,rien de plus mlancolique que l'histoire de la demoiselle sans dot qui vieillit sans tre recherche4 ,ses amies1 plus fortunes1 se marient les unes aprs les autres3 elle seule n'est point demande4 ,chaque hiver1 ses parents la tranent de salon en salon4 ,les jeunes gens la font danser volontiers1 car elle est spirituelle et touchante2 mais ils pousent les autres1 celles qu'on ne regarde pas et dont la richesse fait passer la laideur ou la sottise4 ,comme elle ne manque point de srieux et de rflexion1 elle sait le peu qu'elle vaut et la solitude qui l'attend1 et elle s'attriste4 ,puis vient l'arrire-saison4 ,les inconnus l'appellent madame2 et cette appellation respectueuse la fait pleurer1 car elle n'a ni mari gronder1 ni enfants chrir et caresser4 ,et insensiblement le vide et l'oubli se font autour d'elle4 ,c'est une vie perdue4 ,il faut une grande me pour ne point s'en aigrir4 ,de fait1 beaucoup de vieilles filles se rsignent la saintet avec grce et mlancolie4 ,je les admire4 ,mais qui la faute8 ,beaucoup moins l'institution de la dot qu' l'ducation disproportionne que les parents ont la dtestable habitude de donner leurs filles4 ,on les pare1 on les fte1 on les gte2 on leur inculque des gots de luxe et des habitudes de frivolit1 qu'elles seront incapables de satisfaire plus tard4 ,et lorsqu'elles sont devenues mariables1 on est tout surpris d'apprendre que la famille ne peut offrir qu'une dot plus ou moins maigre1 insusceptible de soutenir le train de vie auquel le pre et la mre les ont accoutumes4 ,si encore mademoiselle avait le courage1 en se mariant1 de faire peau neuve1 de couper court la dpense1 de se contenter1 par exemple1 de deux toilettes par an1 au lieu de s'en donner deux par saison6 ,mais coquette on l'a faite1 coquette elle restera4 ,combien de dots passent en bijoux et en colifichets1 au lieu de subvenir1 suivant leur dfinition1 aux charges du mnage8 ,lorsqu'un jeune homme marier dnombre les magasins en flnant par les rues les plus commerantes de sa ville1 et qu'il observe qu'en moyenne sept boutiques sur dix concernent la toilette et le luxe de la femme1 il ne peut s'empcher de se dire que celle-ci cote trop cher vtir et orner1 et qu'avec les modestes revenus de son travail il lui serait impossible de payer les robes et les chapeaux de ,madame4 ,sans proscrire l'instruction qui doit tre plus soigne aujourd'hui qu'autrefois1 la premire chose faire pour une fille qui veut trouver un mari1 c'est de revenir bravement l'ancienne simplicit1 de remettre en honneur les travaux domestiques1 de se prparer une vie srieuse1 vaillante et dvoue1 d'instaurer en son coeur un idal d'honneur et de vertu qui fasse dire d'elle aux pouseurs3 ,voil une jeune fille qui sera courageusement attache son mnage et ses devoirs6 ,elle est digne d'tre la mre de mes enfants4 ,il n'y a de vie conjugale1 honorable et sre1 que celle qui repose sur un travail mritoire1 conforme la condition de chacun4 ,que les parents lvent leurs filles en consquence1 et le mariage sans dot ne tardera pas refleurir dans nos classes aises4 ,les femmes sont donc mal venues se plaindre de la dot3 leur coquetterie l'a rendue de plus en plus ncessaire4 ,avec des gots plus modestes et des aspirations moins leves1 les jeunes filles se marieraient plus aisment4 ,cela est si vrai que la dot elle-mme excite de moins en moins les apptits des jeunes gens de la bourgeoisie1 tant le mariage leur fait peur6 ,nos demoiselles 7on ne saurait trop le rpter7 ne sont pas assez pratiques1 simples1 srieuses4 ,ourler des mouchoirs ou surveiller une omelette1 une crme1 un rti1 semble tout fait indigne d'une crature intelligente4 ,en dehors des talents d'agrment1 dont les candidats au mariage ont raison de faire peu de cas1 qu'est-ce qu'elles savent8 qu'est-ce qu'elles font8 ,la vrit nous oblige mme dire que1 dans un certain monde1 la plupart ne sont bonnes qu' s'amuser4 ,dresses au plaisir1 elles entendent vivre pour le plaisir4 ,habitues tuer le temps sans profit pour elles-mmes et pour les autres1 elles considrent la vie comme un carnaval sans fin4 ,or1 nos jeunes gens savent ce qu'une mondaine vapore cote la bourse du mari1 ce que le plaisir apporte aux mes vaines de tentations et de chagrins1 ce que la dignit du foyer y perd1 ce que le dvergondage des moeurs y gagne4 ,ils se disent qu'entre le cot de la vie et le taux de leurs appointements l'quilibre serait vite rompu1 que longs et infructueux sont les dbuts d'une carrire librale et que bon nombre d'emplois publics nourrissent maigrement leur homme2 et ces jeunes gens qui ont plus d'esprit de calcul que de chaleur d'me1 le mariage devient un pouvantail4 ,encore une fois1 qui la faute1 sinon moins la dot qu'aux femmes elles-mmes qui l'ont rendue ncessaire afin d'entretenir leur luxe et de soutenir leur vanit8 ,au surplus1 la dot n'est gure attaque que par celles qui n'en ont pas4 ,quant aux femmes pourvues de ce prcieux avantage1 elles ont aujourd'hui la prtention d'en jouir pour elles seules1 de l'administrer1 dpenser1 dvorer mme1 si le coeur leur en dit1 sans l'autorisation du mari4 ,n'est-il pas juste que l'pouse qui apporte la galette1 comme dit le bon peuple1 la garde ou la mange8 ,nous touchons ici une question subsidiaire des plus actuelles et des plus irritantes1 que nous n'avons ni le moyen ni l'intention d'luder4 ,,chapitre ,v ,du rgime de communaut lgale ,,sommaire ,i4--,,une ,,revendication ,,de ,l',,avant-,,courri,,re4--,,pourquoi ,,les ,,gains ,,personnels ,,de ,,la ,,femme ,,sont-,,ils ,,aujourd',,hui ,,la ,,merci ,,du ,,mari8--,,la ,,communaut ,l,,gale ,,est ,,notre ,r,,gime ,,de ,,droit ,,commun4 ,,ii4--,,rem,,des ,,propos,s4--,,abolition ,,de ,l',,autorit ,,maritale4--,s,,paration ,,des ,,biens ,,judiciaires4--,,substitution ,,de ,,la ,,division ,,des ,,patrimoines ,,la ,,communaut ,l,,gale4 ,,iii4--,,pourquoi ,,nous ,,restons ,,fid,,les ,,la ,,communaut ,,des ,,biens4--,,ce ,,vieux ,r,,gime ,,favorise ,l',,union ,,des ,,poux4--,,point ,,de ,,solidarit ,,sans ,,patrimoine ,,commun4--,m,,fiance ,,et ,,individualisme3 ,,tel ,,est ,l',,esprit ,,de ,,la ,s,,paration ,,de ,,biens4 ,,iv4--,,la ,,communaut ,l,,gale ,,peut ,,et ,,doit ,,tre ,,am,,lior,e4--,,restrictions ,,aux ,,pouvoirs ,,trop ,,absolus ,,du ,,mari4--,,ce ,,qu',,est ,,la ,,communaut ,,dans ,,les ,,petits ,m,,nages ,,urbains ,,ou ,,ruraux4 ,v4--,,la ,s,,paration ,,est ,,un ,,principe ,,de ,d,,sunion4--,,point ,,de ,,nouveaut,s ,,dissolvantes4--,,derni,,re ,,concession4 ,on pense bien que notre intention n'est pas de traiter cette grosse question en juriste minutieux4 ,une pareille tude serait ici fastidieuse et dplace4 ,m4 d',haussonville1 qui se rcuse ce sujet avec trop de modestie1 a raison de dire que c'est la partie la moins rcrante de tout le ,code4 ,aussi bien aurons-nous suffisamment rempli notre dessein1 si nous parvenons faire comprendre1 sans trop d'efforts1 aux personnes les moins verses dans les choses du droit1 ce qu'exige actuellement une protection plus efficace des intrts pcuniaires de la femme marie4 ,i ,une association fministe constitue pour dfendre les intrts gnraux du sexe faible1 l',avant-,courrire1 dont ,mme ,schmahl est l'habile et zle prsidente1 a pris en main une revendication trs srieuse et trs pratique laquelle la sympathie publique semble dsormais acquise4 ,il s'agit du droit pour les femmes maries de disposer des gains provenant de leur travail personnel4 ,cette innovation intresse six millions de femmes1 dont plus de quatre millions d'ouvrires4 ,je n'en sais point de plus quitable ni de plus urgente4 ,il n'est aucune femme qui soit moins l'abri des abus de la puissance maritale que la femme ouvrire4 ,qu'est-ce qui n'a connu un de ces petits mnages o le mari1 bon ouvrier tant qu'il est jeun1 fte copieusement le lundi1 et parfois mme le mardi1 pour marquer sans doute combien il est affranchi de la superstition du dimanche8 ,tout l'argent de la semaine passe en ces bombances hebdomadaires1 pendant qu'au logis la mre et les petits meurent de faim et tremblent de peur2 car chacun sait que l'argumentation d'un ivrogne est toujours frappante4 ,et ce pre de famille1 incapable ou indigne de grer le petit pcule qui doit faire vivre la maison1 le ,code civil laisse le maniement absolu des ressources du mnage4 ,bien plus1 vouant le salaire de la semaine un gaspillage certain1 il interdit la femme d'y mettre la main1 ft-ce pour le disputer au cabaretier4 ,et c'est le pain de la famille6 ,il y a mieux encore3 force de travailler de son ct pour entretenir le foyer et nourrir les enfants1 la femme touche une rmunration laborieusement gagne4 ,nombreuses sont les ouvrires dont le salaire est ncessaire pour quilibrer le budget de chaque semaine4 ,mais ne croyez point qu'tant son oeuvre1 ce gain personnel sera son bien4 ,dans un accs de mauvaise humeur1 le mari peut le rclamer comme sien4 ,et tel est effectivement son droit4 ,on a vu des hommes1 forts de l'autorit que leur accorde la loi1 faire main-basse sur les gains de leur femme1 pour l'obliger rintgrer le domicile conjugal1 d'o les violences l'avaient chasse4 ,battre sa femme et l'affamer ensuite1 c'est trop4 ,comment expliquer de pareilles infamies8 ,voici la clef de ce petit mystre d'iniquit4 ,on sait que la population ouvrire ne recourt presque jamais l'intervention coteuse du notaire avant de se prsenter devant ,monsieur le maire et ,monsieur le cur4 ,a quoi bon1 d'ailleurs1 un contrat de mariage pour qui n'apporte au mnage que son coeur et ses hardes8 ,or1 en l'absence de conventions matrimoniales crites1 c'est le rgime de la communaut lgale qui dtermine les relations pcuniaires de la femme et du mari4 ,si bien qu'on a pu dire que la communaut lgale est1 par une prsomption du ,code1 le contrat de mariage de ceux qui n'en font point4 ,hormis les poux riches ou aiss qui adoptent expressment un rgime diffrent1 la communaut lgale est donc aujourd'hui la rgle des mnages franais4 ,on voit par l que la question qui nous occupe est d'ordre gnral4 ,elle n'intresse pas seulement l'ouvrire force de travailler pour subvenir aux besoins de son intrieur1 mais encore la femme marie qui exerce1 sans y tre contrainte par la ncessit1 la profession d'employe1 d'institutrice1 d'artiste ou d'crivain4 ,cette femme est-elle matresse de son gain8 ,peut-elle en disposer8 ,non1 si elle est marie sous le rgime de la communaut1 qui1 en l'absence de contrat de mariage1 est le rgime de droit commun impos lgalement aux poux4 ,et notons qu'en ,france1 o la proprit est morcele1 il n'est que #cb mariages sur #ajj dans lesquels les poux prennent soin de passer par-devant notaire des conventions matrimoniales4 ,restent #fh unions pour #ajj dans lesquelles les conjoints1 s'tant maris sans contrat1 sont rputs communs en biens4 ,a ,paris1 on compte environ #bhe contrats pour #a #jjj mariages dans les quartiers riches1 tandis que la moyenne atteint peine le chiffre de #fj pour #a #jjj dans les quartiers pauvres#fd4 ,note #fd3 ,la femme devant le ,parlement par ,lucien ,,leduc1 p4 #ig1 note #b4 ,il suit de l que le rgime de communaut1 prsum par la loi en l'absence de contrat1 gouverne la trs grande majorit des familles franaises4 ,et par ce rgime1 le mari est institu seigneur et matre des biens de la communaut4 ,et par biens communs on entend tout ce qui doit alimenter1 par destination1 le budget domestique et1 au premier chef1 les salaires gagns par les deux poux4 ,le mari a donc le droit de toucher lui-mme le produit du travail de sa femme1 de le dissiper1 de le manger1 de le boire4 ,il lui est loisible pareillement de disposer son gr des meubles du mnage1 de les engager1 de les vendre1 de les briser4 ,plac par la loi la tte de la communaut1 le mari ouvrier est un petit monarque absolu4 ,rien de mieux1 quand il est digne de sa toute-puissance2 mais s'il en abuse8 ,,ii ,remarquons tout de suite que l'abolition pure et simple de l'autorit maritale serait un remde pire que le mal4 ,tant que le mariage sera une association1 tant qu'il sera prfr l'union libre1 il lui faudra une cohsion qui suppose une hirarchie1 une force d'unit qui suppose un chef4 ,que ce chef soit le mari ou la femme1 peu importe2 mais ce sera ncessairement l'un des deux4 ,et puisque la femme n'a pas encore rclam le commandement pour elle et l'obissance pour l'autre1 il est naturel de conserver l'poux la puissance maritale1 sauf garantir l'pouse contre les excs qui peuvent en rsulter4 ,comment y parvenir8 ,la femme1 dira-t-on1 a un moyen efficace de se soustraire la tyrannie dpensire du mari3 c'est la sparation de biens judiciaire4 ,si elle souffre trop de la gestion malhonnte ou malhabile de son poux1 qu'elle s'adresse au tribunal3 celui-ci1 aprs examen1 disjoindra les patrimoines et la rintgrera dans la direction de sa fortune4--,joli remde1 en vrit6 ,sans doute1 les biens une fois spars1 la femme aura la disposition exclusive de ses propres salaires4 ,mais pour en arriver l1 que d'ennuis1 que de dmarches1 que d'interruptions de travail1 que de journes perdues1 que de drangements1 que de scnes1 que de prils6 ,d'abord1 une instance en sparation de biens quivaut1 en l'espce1 une dclaration de guerre laquelle le mari rpondra souvent par la violence4 ,ensuite1 la sparation de biens implique une procdure lente et complique qui1 pour tre gratuite1 doit tre prcde elle-mme de l'assistance judiciaire4 ,voyez-vous une ouvrire rduite1 pour se dfendre contre son homme1 s'emptrer longuement dans cet appareil de protection8 ,joignez que la sparation de biens est de peu d'utilit qui n'a pas de biens4 ,en ralit1 la sparation judiciaire ne fonctionne avantageusement qu'au profit des poux plus ou moins fortuns4 ,elle accable les pauvres plus qu'elle ne les aide4 ,comment donc restituer la femme la libre disposition des fruits de son travail8 ,il est une solution radicale qui agre fort aux fministes3 elle consisterait faire de la sparation de biens le droit commun des familles franaises4 ,au lieu de la prononcer par jugement dans les cas dsesprs1 elle driverait de la loi elle-mme et1 comme telle1 serait prventive4 ,sous ce rgime1 tous les poux maris sans contrat conserveraient le maniement de leur fortune personnelle4 ,il est remarquable que tous les groupes fministes1 depuis l'extrme-droite jusqu' l'extrme-gauche1 font des voeux1 plus ou moins absolus1 en faveur de la sparation de biens4 ,une fministe chrtienne nous assure que1 si les hommes1 connaissant mieux la loi1 usaient de tous les droits qu'elle leur confre1 la socit conjugale serait inhabitable pour la femme#fe4 ,c'est pourquoi1 l'heure qu'il est1 le sparatisme conjugal l'emporte dans tous les ,congrs d'crasantes majorits4 ,d'o vient ce mouvement d'opinion8 ,des pouvoirs souverains que le ,code civil donne au mari sur la communaut4 ,note #fe3 ,rapport de ,mlle ,maugeret sur la situation lgale de la femme4 ,le ,fminisme chrtien1 mai #aijj1 p4 #add4 ,sous ce rgime1 en effet1 les poux sont trop ingalement traits4 ,le mari peut presque tout1 la femme presque rien4 ,celle-ci n'est pas mme investie d'un droit de contrle sur la gestion de celui-l2 ce qui a fait dire que la femme est associe moins actuellement qu'ventuellement son mari4 ,il faudra qu'elle accepte la communaut1 lors de la dissolution du mariage1 pour consolider ses droits sur le patrimoine commun4 ,remarquez1 je vous prie1 s'crie ,mme ,oddo ,deflou1 l'immoralit d'une disposition qui condamne la femme attendre1 pour raliser ses esprances1 que son mari soit mort4#ff ,le rgime de communaut est un trompe-l'oeil4 ,au lieu d'associer les poux1 il sacrifie les intrts de la femme aux caprices de l'homme4 ,note #ff3 ,rapport lu au ,congrs des ,o,euvres et ,institutions fminines1 en #aijj4 ,par contre1 la sparation de biens est le rgime le plus favorable l'indpendance de la femme1 celle-ci conservant en ce cas la gestion et la jouissance de sa fortune4 ,aussi ne peut-elle s'en prvaloir aujourd'hui qu' la condition de le stipuler expressment dans son contrat de mariage4 ,grce quoi1 l'autorit maritale est rduite son minimum de puissance4 ,madame peut s'obliger sur tout son patrimoine pour tout ce qui concerne l'entretien de ses biens4 ,mais hors de l1 elle doit obtenir encore l'autorisation maritale pour disposer1 titre onreux ou gratuit1 de ses immeubles1 de ses valeurs et mme de son mobilier1--l'alination d'un meuble n'tant valable1 d'aprs la jurisprudence1 qu'autant qu'elle est ncessite par les besoins de l'administration4 ,en plus de cette rserve1 le mariage exerce sur les droits de l'pouse cette autre consquence invitable1 que les charges du mnage se rpartissent entre les poux1 d'aprs une proportion dtermine par le contrat ou fixe1 son dfaut1 par la loi au tiers des revenus de la femme4 ,l'pouse1 d'ailleurs1 est toujours libre de laisser son conjoint la gestion de sa fortune1 et cette dlgation confiante est de rgle dans les bons mnages4 ,mais le mari ne peut invoquer aucun droit de mainmise sur les biens de la femme pour empcher celle-ci de reprendre1 son gr1 leur administration4 ,clair1 simple1 franc1 sans embches pour les tiers1 sans tentations d'usurpation pour les poux1 ce rgime contractuel a pour lui1 ajoute-t-on1 une prsomption de faveur dcisive3 c'est1 savoir1 son expansion continue travers le monde civilis4 ,admise comme rgime lgal de droit commun1 la sparation de biens consacrerait 7c'est le voeu des fministes7 l'autonomie de la femme marie4 ,au lieu d'tre la loi exceptionnelle de quelques-uns en vertu d'une convention matrimoniale expresse1 on souhaite consquemment qu'elle devienne1 en vertu d'une prescription lgislative1 la loi gnrale de tous les mnages qui se forment sans contrat4 ,,iii ,et pourtant1 toutes ces considrations ne parviennent pas nous dtacher de notre vieux rgime de communaut4 ,les conjoints spars de biens sont dsunis pcuniairement4 ,la division des patrimoines suppose la mfiance4 ,en faire la rgle gnrale des mariages1 c'est relcher les liens de la vie commune et1 par suite1 affaiblir l'unit du foyer domestique4 ,pour tre secourable aux femmes mal maries1 convient-il d'dicter une loi nuisible aux bons mnages8 ,imaginez-vous deux poux portant le mme nom1 habitant le mme toit1 ayant mme chambre1 mme lit1 mme vie1 et se tenant l'un l'autre ce joli langage3 ,nous avons mari nos personnes1 car cela est de petite consquence2 quant marier nos patrimoines1 en vrit1 cela serait trop grave4 ,nos biens resteront propres4 ,corps et me1 nous nous sommes donns tout entiers3 n'est-ce pas assez8 ,pour ce qui est de nos fortunes particulires1 c'est--dire propres chacun de nous1 il sera dfendu ,monsieur de mordre dans le morceau de ,madame et ,madame de grignoter la portion de ,monsieur4 ,et ce rgime de mfiance serait la loi commune des poux franais6 ,il est la prudence mme3 c'est convenu4 ,est-il1 par contre1 suffisamment conjugal8 ,lorsqu'on s'entend bien entre mari et femme1 la communaut vaut mieux que la distinction des biens4 ,alors le pcule domestique figure une pomme indivise qu'il est doux de conserver ou mme de croquer ensemble4 ,l'union des bourses complte et affermit l'union des coeurs4 ,notez que ceux qui s'inspirent de l'intrt particulier de la femme1 beaucoup plus que de l'intrt gnral de la famille1 ne peuvent substituer au rgime lgal de communaut que le rgime dotal ou la sparation de biens4 ,quant au rgime dotal1 il met les deux conjoints en suspicion4 ,il protge la dot et contre la femme et contre le mari4 ,il fait des biens dotaux une masse indisponible sur laquelle aucun des poux n'a le droit de porter la main4 ,par excs de prudence1 il tient la femme pour incapable de grer sa fortune et le mari pour indigne de suppler sa femme4 ,c'est un rgime de mfiance mutuelle et d'inalinabilit gnante4 ,beaucoup d'hommes refusent de l'accepter1 et le fminisme a la sagesse de ne le point recommander4 ,toutes ses prfrences vont la sparation de biens4 ,bien de plus simple en apparence3 chaque poux son patrimoine4 ,aujourd'hui1 la loi suppose qu'en l'absence de conventions1 les poux mettent en commun la proprit de leurs biens mobiliers et les revenus de leurs biens fonciers4 ,n'est-il pas plus vraisemblable de supposer qu'en l'absence de conventions1 chacun entend garder ce qui lui appartient8 ,vienne1 aprs cela1 le divorce1 la sparation ou la mort3 les fortunes seront vite partages1 n'ayant jamais t confondues4 ,plus de liquidations onreuses et interminables4 ,comme on n'aura jamais rien embrouill1 il n'y aura rien dbrouiller#fg4 ,note #fg3 ,rapport dj cit de ,mme ,oddo ,deflou sur le rgime des biens de la femme marie4 ,mais nous ne pouvons nous rsoudre renoncer au rgime de communaut par amour de la simplification4 ,dans la pense d'un grand nombre de fministes1 la sparation de biens est lie une conception matrimoniale que nous ne pouvons faire ntre1 et qui consiste allger les poux de toutes les obligations susceptibles de les attacher l'un l'autre4 ,on veut faire du mariage une sorte de manteau de voyage que l'homme et la femme puissent librement1 tout moment de la route1 rejeter d'un simple coup d'paule1 afin de courir plus l'aise o bon leur semble et avec qui leur plat4 ,quoi qu'on dise1 il est plus vraisemblable1 et en tout cas plus moral1 de croire que les poux1 en se mariant1 veulent se donner rciproquement ce qu'ils ont de biens mobiliers4 ,pourquoi leur prter des vues gostes1 des penses souponneuses et des desseins restrictifs8 ,point d'union vraie sans vie commune et1 partant1 sans patrimoine commun4 riger le rgime de sparation en loi gnrale1 c'est prsumer la contrarit1 la rivalit des intrts1 le dsaccord et la dsunion des volonts1 tandis que la communaut lgale suppose l'entente des esprits et favorise la communion des mes par le rapprochement des fortunes4 ,on s'offre nous citer nombre de couples unis1 soit de la main droite1 soit de la main gauche1 dont l'accord et l'affection sont rels et profonds1 quoique les fortunes soient distinctes4 ,on se demande mme si ces couples ne sont pas justement heureux1 parce que leurs biens sont spars1 la sparation de biens ayant ce mrite d'introduire dans le commerce conjugal un peu de ce dsintressement que l'on appelle avec pompe les lettres de noblesse de l'amour4--,nous rpondrons ,mme ,oddo ,deflou que les exemples1 dont elle s'autorise1 sont impuissants prouver que la sparation l'emporte1 en thse gnrale1 sur la communaut4 ,plus troits seront les liens qui attachent les poux l'un l'autre1 plus insparables1 plus indivisibles mme seront les intrts qui les enchanent1 et plus conforme sera leur union aux voeux de la nature et aux fins suprieures de la famille qui sont1 non pas de diviser1 mais de marier et de fondre1 autant que possible1 deux tres en un seul4 ,n'oublions pas que la famille est le noyau essentiel1 la cellule fondamentale des socits2 que ce n'est pas l'individu1 mais le couple humain1 qui assure au monde le renouvellement et la perptuit4 ,il est donc anticonjugal et antisocial la fois de distendre ou d'affaiblir les liens pcuniaires des conjoints4 ,cela est si vrai que la communaut absolue1 la communaut intgrale1 l communaut universelle de tous les biens mobiliers et immobiliers serait le rgime idal des poux4 ,cela est si vrai1 mme pour les partisans de la division des patrimoines1 que les bons mnages ont toujours vcu et vivront toujours en communaut 7c'est ,mme ,oddo ,deflou qui l'avoue71 et que la sparation de biens1 ft-elle devenue le rgime lgal1 ne sera pour eux qu'un vain mot4 ,oui1 la communaut des volonts1 des aspirations1 des vies et des biens1 unanimement tendue vers un mme but1 voil le mariage idal6 ,cela tant1 n'est-il pas d'une souveraine imprudence de dissocier par avance les personnalits et les intrts8 ,on croit se tirer d'affaire par cette boutade3 ,la loi n'est faite que pour les mauvais mnages2 les bons n'en ont pas besoin4--,on oublie que la loi est faite pour tout le monde1 pour tous les poux1 pour tous les mnages1 et que les dispositions qu'elle prend au profit des mauvais peuvent tourner au dommage des bons4 ,il en est d'une loi imprvoyante comme de l'alcool mis la porte de tous les passants3 elle induit en tentation les mes faibles1 de mme que le cabaret attire et empoisonne les dsoeuvrs et les imprudents4 ,devenue lgale1 la sparation deviendrait1 quoi qu'on dise1 un redoutable agent de dsunion et d'gosme4 ,singulier esprit de lgislation que celui qui consiste lgifrer pour des cas particuliers1 en vue de situations exceptionnelles1 pour des gens devenus souvent malheureux par leur propre faute1 au risque de troubler1 par les innovations que l'on dcrte1 la paix des bons mnages et l'ordre mme des familles6 ,n'affaiblissons point1 par des mesures de division prventive1 les penses de solidarit qui doivent prsider au mariage6 ,moins troitement enchans seront les coeurs1 moins intimement confondus seront les patrimoines1 et moins fort et moins durable sera le foyer4 ,duo in unum6 telle est la perfection conjugale4 ,socialement parlant1 toute mesure prmdite qui s'loigne de ce but est mauvaise1 au lieu que tout ce qui s'en rapproche est louable4 ,prsumer entre poux la sparation de biens1 c'est tourner le dos l'idal du mariage4 ,qu'est-ce1 aprs tout1 que cette sparation1 sinon le divorce des intrts1 facilitant1 prparant1 appelant le divorce des personnes8 ,c'est pourquoi je m'tonne que le fminisme catholique se soit laiss entraner1--par surprise1 sans doute1-- ces nouveauts fcheuses4 ,on semble croire que le rgime de communaut ne peut jamais tourner qu'au prjudice de la femme1 qu'il est pour les maris un instrument d'usurpation et une source d'enrichissement malhonnte1 et que ceux qui ont le triste courage d'en user sont de vulgaires fripons4 ,lisez ceci3 ,la critique la plus sanglante que l'on puisse faire1 c'est prcisment de montrer qu'un mnage qui vit suivant la loi ne peut jamais tre un bon mnage1 et qu'aucun mari1 je ne dirai pas galant homme1 mais simplement honnte homme1 ne consentirait se prvaloir des prrogatives qu'elle lui confre4 ,comme s'ils n'taient pas lgion1 dans nos provinces et nos campagnes1 les braves gens qui font fructifier1 avec zle et probit1 l'avoir commun que la loi a confi leur honneur et leur activit6 ,non1 tous les chefs de communaut ne sont pas les escrocs ou les filous qu'on imagine4 ,en exerant1 mme la lettre1 les pouvoirs qu'ils tiennent de la loi1 ils ont conscience d'tre les conomes fidles et les loyaux dfenseurs de la fortune commune4 ,n'oubliez donc pas que1 dans l'tat prsent des choses1 la femme elle-mme est grandement intresse au maintien de la communaut4 ,aujourd'hui1 les professions les mieux rtribues1 les mtiers les plus lucratifs1 sont aux mains des hommes2 et tous les revenus qui en proviennent tombant dans le fonds commun1 la femme en recueille la moiti4 ,on dirait vraiment que le partage de la communaut se solde toujours par un dficit1 que la femme n'en retire aucun avantage1 et que tout ce qu'elle apporte la caisse est immanquablement dvor par le mari6 ,la tutelle de l'homme1 assure-t-on1 est trop onreuse2 et l'on invoque1 en ce sens1 les aspirations de toutes les femmes claires4--,mais ces autorits nous sont suspectes1 convaincu que nous sommes que1 dans certains milieux1 on ne tient pour femmes claires1 pour femmes suprieures1 que les indpendantes et les frondeuses1 dont c'est l'tat d'esprit1--inquitant et injuste1--de souffrir de toutes les prminences masculines1 fussent-elles les plus ncessaires la famille et les plus profitables l'pouse4 ,ne prtons pas seulement l'oreille aux dolances des malheureuses qui souffrent du rgime de communaut3 elles ont le verbe haut et la rcrimination amre1 tandis que les femmes qui tirent profit de notre droit commun n'en soufflent mot4 ,qu'il y ait de mauvais maris3 c'est entendu4 ,mais il serait trange qu'il n'y et point de mauvaises femmes6 ,trouvez-vous quitable de faire porter un sexe tout entier le poids des fautes de quelques-uns8 ,dfendons plutt le mariage contre l'individualisme qui l'envahit4 ,repoussons la sparation de biens qui divise2 gardons la communaut qui unit4 ,et enfin1 comme toute chose humaine est indfiniment perfectible1 recherchons les cts faibles ou dangereux de notre rgime lgal pour les amender avec justice et impartialit4 ,,iv ,loin de nous1 en effet1 l'ide que la communaut franaise soit un rgime idalement parfait4 ,durant le mariage1 la femme commune n'est qu'une associe ventuelle1 sans autorit et presque sans contrle4 ,d'o ce mot de ,stuart ,mill3 ,je n'ai aucun got pour la doctrine en vertu de laquelle ce qui est moi est toi1 sans que ce qui est toi soit moi#fh4 ,oui1 le ,code civil donne au mari des pouvoirs presque absolus sur la communaut2 et il se rencontre des hommes qui en profitent pour grever de dettes les biens communs sans cause suffisamment justifie4 ,note #fh3 ,l'assujettissement des femmes1 traduction franaise de ,,cazelles1 p4 #aae4 ,on ne manque point1 bien entendu1 de dvelopper d'une faon saisissante les suites dommageables et douloureuses que peuvent entraner1 pour la femme1 les fautes d'un mari incapable et les excs d'un mari indigne4 ,personne ne saurait les voir d'un oeil indiffrent4 ,voici ce qu'en dit trs littrairement ,mme ,oddo ,deflou3 ,a la ruine de cette prtendue communaut sur laquelle elle n'a pas plus de pouvoirs qu'une trangre1 l'effondrement des plus lgitimes esprances que1 dans sa navet de jeune fille1 elle avait bases sur la vie deux1 la femme assiste les mains lies1 et je ne connais pas de spectacle plus navrant que son dsespoir impuissant1 si ce n'est celui des efforts timides et inutiles qu'elle tente parfois pour se sauver du naufrage4 ,et puis1 sait-elle ce qui se passe1 surtout quand les affaires vont mal8 ,croit-on qu'elle ait alors grand courage grossir par ses privations une bourse qu'elle ne voit pas2 conomiser1 quand elle ignore ce que devient le fruit de ses conomies2 composer1 sou par sou1 un petit pcule1 alors que prs d'elle des sommes importantes sont peut-tre jetes par les fentres du plaisir et de la dbauche8 ,si sombre qu'elle soit1 cette peinture est vraie1 condition qu'on n'en fasse point une rgle gnrale4 ,mais ces situations exceptionnelles sont-elles sans remde8 ,retenons1 d'abord1 que la future pouse1 qui a peur de ne point s'accommoder de la communaut lgale1 a un moyen trs simple de s'y soustraire prventivement1 grce au principe de la libert des conventions matrimoniales4 ,libre elle de se placer par contrat sous un autre rgime4 ,que si elle omet de le faire1 il est inexact que la communaut lgale1 qui la rgit dfaut de stipulations contraires1 sacrifie1 autant qu'on le dit1 ses intrts et ses droits4 ,pour rtablir l'quilibre entre les poux1 notre lgislateur s'est appliqu corriger l'excs de puissance du mari par des responsabilits graves1 et l'excs de dpendance de la femme par des privilges considrables2 de telle sorte que la communaut veille l'ide d'un patrimoine indivis destin un partage quitable4 ,on se plaint de ce que le rgime de communaut ne lie pas assez troitement la femme au mari1 la premire n'tant pas immdiatement associe au second1 mais ayant seulement l'espoir de le devenir4 ,non socia1 sed sperat fore1 disaient nos vieux auteurs4 ,mais ce reproche ne s'explique gure de la part de gens qui appellent de tous leurs voeux la sparation de biens4 ,et si le ,code suspend1 au cours du mariage1 la vocation et les droits de la femme1 s'il vite de la traiter comme l'associe du mari jusqu' la dissolution de l'union conjugale1 c'est pour mieux sauvegarder ses intrts en lui permettant de rpudier la communaut1 quand celle-ci est onreuse1 ou de l'accepter lorsqu'elle la juge avantageuse4 ,est-il juste de retourner contre le rgime de communaut les prcautions qu'il dicte en faveur de la femme8 ,que si l'on objecte maintenant que ces garanties sont insuffisantes ou tardives et que1 pendant le mariage1 la femme est impuissante conjurer les gaspillages du mari1 nous pouvons rpondre qu'elle a le moyen de se dlier les mains en demandant la sparation de biens judiciaire4 ,on nous rpliquera que c'est un remde coteux et lent1 souvent illusoire1 toujours douloureux3 je l'accorde4 ,aussi bien suis-je acquis1 par avance1 tous les amendements possibles qui1 sans nuire l'unit de direction du mnage et sans ouvrir la porte des discussions tracassires1 accorderont la femme un certain contrle sur les oprations du mari et obligeront celui-ci1 dans la liquidation de la communaut1 rendre compte1 au moins grands traits1 de la cause et de l'tendue des dpenses faites ou des engagements pris4 ,pour nous1 le progrs n'est pas dans la suppression de la communaut2 mais1 celle-ci maintenue1 fortifie1 agrandie mme1 s'il est possible1 nous souscririons volontiers un amoindrissement rationnel de l'autorit maritale4 ,et comme l'tude de ces restrictions dsirables nous entranerait trop loin1 nous nous contenterons d'indiquer par un exemple l'esprit qui doit les animer4 ,pourquoi tout acte grave1 qui intresse le prsent et l'avenir de la famille1 ne serait-il pas consenti par l'un et l'autre des poux8 ,pourquoi1 par une consquence ncessaire1 n'accorderait-on pas la femme certains pouvoirs sur les biens communs8 ,pourquoi n'associerait-on point plus troitement les deux conjoints dans la gestion de la communaut8 ,celle-ci n'exige pas ncessairement le monopole du gouvernement au profit du mari4 ,la proprit du patrimoine restant commune aux poux1 rien n'empche d'admettre la femme certaines attributions conservatrices4 ,loin donc d'instituer la sparation de biens comme rgime de droit commun1 nous croyons plus conforme l'esprit du mariage de convier la femme un partage d'autorit et de remanier nos lois de faon qu'elles confrent1 en certains cas1 des prrogatives identiques aux deux poux1 cumulativement4 ,ainsi1 d'aprs le ,code portugais1 le mari n'est que le grant du patrimoine commun4 ,de l une sorte d'galit de puissance1 bien faite pour rjouir le coeur des fministes4 ,mais par cela mme qu'elle tempre l'autorit du mari en respectant la communaut1 cette galit ne se rsout pas en individualisme nuisible l'harmonie conjugale2 car il est stipul que1 pour les actes de grande importance1 les poux ne peuvent agir l'un sans l'autre4 ,c'est l'galit dans la plus troite solidarit4 ,ni le mari ni la femme ne peut aliner ou hypothquer un bien commun sans le concours de son conjoint2 et l'poux qui s'oblige sans l'assentiment de l'autre1 n'engage que sa part dans la communaut4 ,ce systme ingnieux provoque et garantit une rciprocit d'gards1 un change de confiance1 qui ne peut que resserrer les liens de l'association conjugale4 ,et cette mesure1 ayant l'avantage de renforcer la situation de la femme commune1 permettrait peut-tre1 du mme coup1 d'allger ou mme de supprimer sans inconvnient l'hypothque lgale qu'elle possde sur les biens de son mari1 et dont souffre grandement le crdit du mnage4 ,c'est pourquoi nous proposons que les biens communs ne puissent tre alins qu'avec le consentement des deux poux4 ,cette innovation serait1 tout la fois1 une protestation contre la communaut actuelle o l'homme est le matre1 contre le rgime dotal o les deux poux ensemble ne le sont pas1 et contre la sparation de biens o chacun l'est sa manire1 sans entente et sans union4 ,pour ce qui est enfin des petites gens des campagnes et des villes qui1 faute de contrat1 sont places sous le rgime de communaut lgale1 nous ne voyons pas en quoi la sparation leur serait profitable4 ,n'ayant rien en se mariant qu'un maigre mobilier1 l'avoir commun ne comprend gure que les revenus du travail quotidien1 les conomies de chacun et les petites acquisitions du mnage4 ,cette modeste communaut sera vraiment sans danger si nous parvenons protger1 comme on le verra plus loin1 les salaires et les gains personnels de la femme contre les gaspillages du mari4 ,cela fait1 il est difficile de contester que ce rgime soit excellemment appropri aux besoins et aux intrts de la classe moyenne1 de la classe rurale et de la classe ouvrire4 ,point d'union vritable entre les poux1 s'il n'existe au moins entre le mari et la femme une bourse commune4 ,ce lien de coopration dans la bonne et la mauvaise fortune est l'me mme du mariage4 ,pourquoi le supprimer8 ,cette communaut d'pargne et d'accumulation fait merveille dans les campagnes2 c'est elle qui remplit les bas de laine de nos mnages paysans4 ,il serait injuste1 il serait dangereux de disjoindre totalement les intrts pcuniaires de la femme et du mari4 ,formes par le travail de chacun1 les conomies de la famille doivent appartenir indivisment tous deux4 ,sans doute1 la communaut peut se solder par des pertes1 au lieu de se rsoudre en bnfices4 ,mais la femme ayant le droit de renoncer la communaut lorsque celle-ci est obre1 quel dommage peut-elle souffrir8 ,sans doute encore1 le mari sera le grant de cette modeste communaut2 mais puisque nous lui enlevons la facult d'aliner les biens communs sans le consentement de sa femme1 puisque nous revendiquons mme pour celle-ci 7nous nous en expliquerons tout l'heure7 le droit de recevoir et de placer1 hors la prsence et sans le concours du mari1 les gains provenant de son travail1 quel risque peut-elle courir8 ,ce qui reste alors de la puissance maritale ne saurait lser gravement les intrts de la femme marie4 ,et dans ce systme1 du moins1 la sparation reste ce qu'elle doit tre3 un rgime d'exception4 ,cela tant1 point de changement dans le droit commun des poux de ,france4 ,nous diminuons les pouvoirs de l'homme sur la communaut sans dcapiter l'autorit maritale1 sans diviser la famille contre elle-mme2 nous instituons1 l'une ct de l'autre1 deux autorits qui se soutiennent mutuellement1 la femme surveillant1 contrlant et compltant mme1 en certains cas1 la puissance du mari2 plus brivement1 nous prfrons l'entente des volonts et l'union des pouvoirs la sparation des bourses et des biens4 ,v ,pour calmer les apprhensions que la division des patrimoines veille en notre esprit1 on nous assure que la femme remettra souvent aux mains du mari l'administration de sa fortune1 et qu'elle ne reprendra l'exercice de ses droits qu'autant que son mandataire aura perdu sa confiance4--,mais c'est en vain2 car ces dlgations et ces reprises de pouvoirs donneraient lieu des marchandages1 des intimidations1 des discussions qui mettraient en pril la paix du mnage4 ,quel homme1 un peu soucieux de sa dignit1 consentirait accepter une autorit aussi prcaire8 ,le gouvernement d'un foyer ne doit pas tre le prix des complaisances1 des faiblesses et des capitulations4 ,consenti par intrt comme une rcompense1 retir par caprice comme une punition1 il serait une cause d'abaissement pour la moralit conjugale4 ,et puis 7nous y revenons71 riger la sparation de biens en rgime de droit commun1 n'est-ce pas faire entendre qu'en rgle gnrale le mari est un agent de dsordre1 un instrument de dissipation et de ruine8 ,et nous maintenons que cette gnralisation outrageante est l'injustice mme4 ,pourquoi imposer la sparation de biens aux femmes dont les maris sont laborieux1 rangs1 conomes1 bons travailleurs et bons administrateurs8 ,au surplus1 la sparation de biens n'est pas un rgime aussi simple qu'on l'imagine4 ,pour viter que les meubles des poux se mlent et se confondent en une masse indivise1 un inventaire est ncessaire4 ,pense-t-on que les petites gens recourront cette formalit coteuse8 ,ce serait pure navet4 ,et dfaut d'un tat estimatif qui les spare et les individualise1 les modestes patrimoines mobiliers de la femme et du mari deviendront chose commune aux yeux des tiers4 ,il n'est que les mnages aiss qui soient mme de pratiquer la sparation de biens4 ,et ne croyez pas que la paix domestique puisse y gagner6 ,que si1 en effet1 la femme obtient la libre disposition de sa fortune1 le mari conserve1 de son ct1 la libre disposition de la sienne4 ,on ne veut pas1 j'imagine1 que celui-ci entretienne la famille lui seul et trouve bon que sa douce moiti garde tout son bien pour elle4 ,du jour o les ressources provenant du travail et les conomies amasses par l'pargne de l'un et de l'autre ne seront plus mises en commun1 il faudra bien pourtant que les conjoints contribuent aux charges du mnage4 ,a cet effet1 un prlvement sur leurs gains ou leurs revenus respectifs sera ncessaire pour faire vivre la maison4 ,sera-t-il d'un tiers8 ou plus8 ou moins8 ,quelle sera la forme ou la quotit de cette contribution8 ,la fixerez-vous forfait et immuablement pour tous les mnages8 ,ne craignez-vous point qu'elle soit trop faible pour les uns et trop forte pour les autres8 ,en logique et en quit1 elle devrait tre proportionne la consistance1 gnralement ingale1 de l'avoir respectif des poux2 mais comment l'adapter aux variations incessantes1 aux fluctuations invitables de la fortune personnelle des conjoints8 ,et si l'un est riche et l'autre pauvre6 ,enfin croit-on que chacun paiera toujours sa quote-part avec rgularit8 ,est-ce trop dire que ce rglement de compte soulvera priodiquement des difficults et des disputes sans nombre8 ,non1 la sparation de biens n'est pas aussi simple qu'on le pense4 ,tout cela nous confirme en cette ide qu'au lieu de sparer les poux en opposant leurs intrts1 il importe plutt de resserrer leur union conjugale en resserrant leur union conomique4 ,dans la classe laborieuse o l'on se marie sans contrat1 la vie est insparable du travail et de l'conomie4 ,c'est donc dissocier la vie commune que de sparer l'avoir masculin de l'avoir fminin4 ,si l'on veut perptuer dans les mnages peu fortuns le sentiment de la prvoyance et de la solidarit1 il convient d'assurer l'activit et l'pargne des deux poux un mme stimulant1 l'ide de communaut1--individua vitae consuetudo4 ,au reste1 depuis un sicle1 sous l'influence des vieilles coutumes qui furent le berceau de notre communaut lgale1 nous nous sommes habitus cette indivision1 cette mutualit des intrts entre poux4 ,elle constitue historiquement notre rgime national2 elle est devenue la base de notre ordre familial2 elle s'accorde le mieux avec nos traditions et nos moeurs4 ,elle constitue mme un rgime dmocratique2 car1 si la sparation de biens et le rgime dotal peuvent convenir aux classes riches ou aises1 la communaut des pargnes et des acquisitions sert mieux les intrts des petites gens1 en largissant le crdit de la femme et du mari par la concentration des conomies et la formation d'un pcule domestique4 ,il demeure que1 dans son acception populaire1 la communaut lgale est1 comme l'a dit en excellents termes ,m4 ,goirand1 une sorte de mise en commun des ressources des poux en vue de satisfaire aux charges du mnage2 c'est la constitution d'une sorte de patrimoine familial dans lequel le chef puise son gr pour satisfaire aux besoins de chacun2 c'est1 au plus haut degr1 la confusion1 l'identification des intrts entre les poux au profit de l'oeuvre commune#fi4 ,et par cela mme qu'elle unit troitement les intrts pcuniaires des poux1 la communaut a sembl nos coutumes d'abord1 notre lgislation ensuite1 le seul rgime qui ft en harmonie parfaite avec le mariage dont c'est le propre d'unir deux personnes et deux vies4 ,l'indivision des biens complte et parfait l'unit des vues et le rapprochement des mes4 ,gardons1 en l'amendant1 notre vieux rgime de communaut3 tout compte fait1 il nous sera utile et bienfaisant4 ,note #fi3 ,cit par ,m4 ,lucien ,,leduc dans ,la ,femme devant le ,parlement1 p4 #afe4 ,ce qui ne veut pas dire1 hlas6 que nos lgislateurs aient la sagesse de le conserver1 mme avec les corrections dsirables que nous avons proposes plus haut ou que nous proposerons plus bas4 ,s'il faut s'en affliger1 peut-on en tre surpris8 ,l'individualisme envahit le monde3 pourquoi n'usurperait-il pas le foyer8 ,nous luttons avec obstination contre le courant des mauvaises moeurs4 ,nous portons au vieux mariage franais un attachement passionn4 ,nous croyons fermement que1 sans l'esprit de communaut1--qui n'est que l'esprit de solidarit1--c'en est fait de l'esprit de famille4 ,et en mme temps que certaines femmes l'attaquent furieusement en haine de l'autorit maritale1 qualifie par elles de dsordre public#gj1 des hommes se rencontrent1 surtout dans la classe riche1 qui s'en dtournent peu peu dans l'espoir de mieux secouer le joug de leurs femmes1 dont le luxe immodr dvore le patrimoine commun4 ,note #gj3 ,voir notamment le rapport dj cit de ,mme ,oddo-,deflou4 ,comment la sparation de biens1 avec un tel concours d'allis1 ne l'emporterait-elle point sur la communaut1 mme adoucie et remanie8 ,si donc une transformation doit s'oprer dans la loi qui gouverne les mnages franais1 nous souhaitons au moins qu'on substitue la communaut actuelle1 non pas la sparation toute seule1 toute froide et toute nue1 mais la communaut rduite aux acquts1 qui entre de plus en plus dans les habitudes contractuelles des classes bourgeoises4 ,en d'autres termes1 il faut que les revenus des biens1 les gains du travail et le produit des conomies de chaque conjoint constitue l'avoir indivis du mnage4 ,c'est notre dernire concession4 ,point de maison vritablement unie sans un lien1 si minime soit-il1 d'pargne1 de coopration1 de mutualit pcuniaire entre les poux4 ,,chapitre ,,vi ,protection des salaires et des gains de l'pouse commune en biens ,,sommaire ,i4--,,projet ,,de ,r,,forme4--,,droit ,,pour ,,la ,,femme ,,de ,,disposer ,,de ,,ses ,,salaires ,,et ,,de ,,ses ,,gains4--,,intervention ,n,,cessaire ,,du ,,tribunal4--,,une ,,am,,lioration ,,facile ,a ,r,,aliser4 ,,ii4--,,droit ,,pour ,,la ,,femme ,,de ,d,,poser ,,ses ,,conomies ,a ,,la ,,caisse ,d',,pargne4--,,innovation ,,incompl,,te4--,l',,pouse ,,doit ,,avoir1 ,a ,l',,exclusion ,,de ,l',,poux1 ,,le ,,droit ,,de ,,retirer ,,ses ,d,p,,ts4 ,,iii4--,,abandon ,,du ,,foyer ,,par ,,le ,,mari4--,,droit ,,pour ,,la ,,femme ,,de ,,saisir-,,arr,,ter ,,les ,,salaires ,,de ,,son ,,homme4--,,droit ,r,,ciproque ,,accord ,,au ,,mari ,a ,l',,encontre ,,de ,,la ,,femme ,,coupable4 ,,iv4--,,trange ,,revendication4--,,le ,,salariat ,,conjugal4--,,est-,,il ,,possible ,,et ,,convenable ,,de ,r,,mun,,rer ,,le ,,travail ,,de ,,la ,,femme ,,dans ,,la ,,famille8 ,tandis que1 d'une part1 le rgime dotal1 souponneux et restrictif1 semble fait pour les classes riches o la femme apporte une dot plus ou moins considrable qu'il a paru naturel de lui rserver1 pourvu qu'elle en manifeste la volont par une clause expresse de son contrat de mariage2 tandis que1 d'autre part1 la communaut conventionnelle d'acquts convient particulirement aux classes moyennes de la bourgeoisie commerante qui1 prives de gros capitaux1 associent surtout1 en se mariant1 leur travail1 leur industrie et leurs conomies venir2 en revanche1 la communaut lgale des biens est le rgime le mieux appropri aux classes laborieuses1 urbaines et rurales1 ordinairement dnues de fortune patrimoniale et pour lesquelles1 avec un petit mobilier destin garnir le foyer naissant1 la main-d'oeuvre quotidienne est la principale et souvent la seule source de revenus4 ,c'est bon droit qu'elle est devenue notre rgime lgal4 ,restons-lui fidles2 et si les protections actuellement tablies en faveur de la femme commune en biens sont insuffisantes1 tchons de les accrotre et de les perfectionner4 ,telle a t notre conclusion4 ,i ,or1 en plus des amliorations dj proposes1 il en est une sur laquelle tous les fministes sont d'accord1 et qui1 notre sentiment1 mrite de passer sans retard dans nos lois4 ,une des personnalits les plus distingues de l'enseignement juridique1 ,m4 ,glasson1 a pu dire que si la lgislation du ,code civil protge efficacement la femme lorsque le mnage possde une certaine fortune1 elle n'est pas faite pour la femme de l'ouvrier#ga4 ,il convient donc de l'adapter quitablement aux intrts des travailleurs4 ,note #ga3 ,le ,code civil et la question ouvrire1 p4 #eh4 ,la premire mesure de protection prendre au profit de la femme du peuple1 honnte1 courageuse et prvoyante1 c'est de lui donner les moyens de dfendre ses gains propres contre le gaspillage du mari4 ,tel est l'objet d'une proposition de loi en date du #i juillet #ahid1 due l'initiative de ,m4 ,goirand1 dput des ,deux-,svres1 et adopte le #bg fvrier #ahif par la ,chambre des dputs4 ,en voici la disposition essentielle3 ,quel que soit le rgime adopt par les poux1 la femme a le droit de recevoir sans le concours de son mari les sommes provenant de son travail personnel et d'en disposer librement4 ,ce projet ne substitue point la sparation de biens la communaut4 ,il se borne limiter le droit d'administration maritale et confrer la femme sur les fruits de son travail les mmes droits que le mari exerce sur les autres biens de la communaut4 ,cette innovation ne fait donc point chec aux droits des tiers1 puisqu'elle se contente de transporter la femme sur ses bnfices personnels les pouvoirs d'administration dont le mari msuse pour le malheur de la famille4 ,elle mrite la plus entire approbation4 ,mais comment la femme pourra-t-elle invoquer ce droit de libre disposition sur ses salaires propres et ses gains professionnels8 ,l'admettrons-nous les toucher de plein droit8 ou bien l'obligerons-nous solliciter de la justice l'autorisation de les recevoir8 ,dans le premier cas1 sa prrogative sera lgale2 dans le second1 elle sera judiciaire4 ,la ,chambre des dputs s'est approprie la premire solution1 qui est plus simple et plus rapide4 ,par contre1 ceux qui pensent qu'il ne faut mettre le mari en suspicion1 rduire ses droits et dmembrer ses pouvoirs1 qu'autant que la ncessit en est absolument dmontre1 n'hsitent point exiger l'intervention pralable du tribunal4 ,est-il possible de poser en principe que tous les maris sont d'abominables dissipateurs8 ,c'est pourquoi deux matres minents1 ,,mm4 ,jalabert et ,glasson1 font dpendre d'un jugement l'extension de la capacit fminine4 ,sans demander la sparation de biens1 la femme devra donc obtenir de la justice le droit de toucher elle-mme les produits de son travail1 en prouvant que le mari met en pril1 par son inconduite1 les intrts du mnage4 ,ainsi le droit de la femme est subordonn la constatation d'un point de fait dont l'examen1 pour tre impartial1 doit tre confi ncessairement aux tribunaux4 ,j'inclinerais volontiers cette solution s'il m'tait dmontr1 qu'en mnageant les susceptibilits des maris1 elle protge efficacement les intrts des femmes4 ,malheureusement1 l'pouse devra1 pour faire siens ses gains professionnels1 intenter une action en justice4 ,il lui faudra1 dans tous les cas1 si simplifie que soit la procdure1 si rduites que soient les dpenses et les lenteurs1 obtenir des magistrats une sparation de biens partielle1 une petite sparation judiciaire l'usage des pauvres gens4 ,c'est un procs plaider1 une lutte soutenir1 d'o peuvent surgir des conflits violents au foyer conjugal4 ,attnuez tant que vous voudrez les frais et les dlais3 vous ne supprimerez pas la mauvaise volont du mari1 vous ne sauvegarderez point la paix du mnage4 ,votre loi de protection1--qui est une loi de classe1 une loi d'exception1--aura le dfaut d'attendre que le mal soit dclar pour y porter remde4 ,faisons mieux3 prvenons l'abus et supprimons les procs4 ,trs bien1 nous dit-on4 ,rien de plus ais que d'organiser en faveur de l'ouvrire un systme de prservation anticipe qui1 laiss la discrtion des parties intresses1 n'aura point la gravit d'une disposition lgale sparant de plein droit les salaires et les gains de tous les poux franais4 ,a cette fin1 ,m4 le professeur ,cauws a propos les mesures de prcaution suivantes3 avant le prononc de l'union1 sur l'interpellation de l'officier de l'tat civil1 la femme pourra dclarer que1 bien que n'ayant point fait de contrat1 elle entend se rserver la facult de toucher elle-mme le produit de son travail1 condition de contribuer pour sa part aux charges du mnage4 ,l'acte de clbration mentionnera la rserve de la femme et l'acquiescement du mari1 et sa publicit prviendra suffisamment les tiers4 ,dans la pense de son auteur1 ce procd de dfense prventive aurait pour avantage de rserver la femme ses moyens d'existence1 sans qu'il lui soit besoin de dresser grands frais un contrat de mariage par-devant notaire#gb4 ,note #gb3 ,paul ,,cauw,s1 ,de la protection des intrts conomiques de la femme marie1 pp4 #ag1 #ah et suiv4 ,nous objecterons simplement que cette dclaration de la femme risque de troubler1 ds la premire heure1 l'harmonie du mnage1 qu'inspire par un dsir d'indpendance ou par une pense de dfiance et d'hostilit vis--vis du futur mari1 elle a le malheur d'veiller et de consacrer les sentiments gostes des poux ds le premier jour de leur association conjugale4 ,sans doute1 on peut rpondre que ces prcautions individualistes ne seront pas imposes par une loi imprative toutes les unions1 mais seulement abandonnes la libre volont des parties1 et que la pense troite et jalouse qu'elles manifestent est la suite ncessaire de toute sparation de biens3 ce qui n'a pas empch le lgislateur de permettre aux poux de stipuler par contrat de mariage ce rgime de division souponneuse4 ,pourquoi ce qui est permis en grand devant notaire ne serait-il pas licite1 en petit1 devant le maire1 puisque cette demi-sparation contractuelle n'atteindrait que les salaires personnels et les bnfices propres de la femme ouvrire8 ,au fond1 suivant nous1 cette rforme n'aurait qu'un avantage assez minime3 celui de rendre accessible aux classes pauvres le principe de la libert des conventions4 ,et j'ai l'ide que la femme ouvrire repousserait presque toujours cette mesure de protection prventive1 soit parce qu' la veille des noces1 en ce temps des illusions fraches et vivaces1 elle aura pleine confiance en l'honntet de son futur poux1 soit parce qu'elle apprhendera que son fianc ne prenne ses dsirs d'indpendance pour une manifestation de mfiance prmature1 ou mme pour une dclaration de guerre intempestive4 ,et dfaut de cette rserve faite expressment devant l'officier de l'tat civil1 sera-t-elle dchue du droit de rclamer plus tard1 si l'inconduite du mari l'y contraint1 la libre disposition des sommes provenant de son travail8 ,si l'on veut protger efficacement la femme et1 en mme temps1 la dispenser de plaider1 c'est--dire de mettre en mouvement l'appareil norme1 coteux et lent de la justice humaine1 il n'est que de lui accorder de plein droit1 sans instance pralable1 sans procs1 sans jugement1 le droit de toucher ses gains personnels1 lorsque son intrt lui conseillera de les sauvegarder contre les dilapidations de son mari4 ,cette solution1 adopte par la ,chambre des dputs1 est la plus pratique1 la plus franche1 la plus conomique4 ,nous faisons des voeux pour que le ,snat la consacre1 son tour1 le plus tt possible4 ,point besoin consquemment d'riger la sparation de biens1 qui n'est que le divorce des patrimoines1 en rgime de droit commun4 ,une innovation plus modeste suffit3 que la loi reconnaisse seulement la femme le droit de toucher le produit de son travail et d'en disposer librement1 et cette restriction apporte la toute-puissance1 parfois malfaisante1 du mari1 amendera suffisamment la situation pnible que le ,code ,napolon a faite imprudemment la femme ouvrire4 ,,ii ,toutefois cette rforme partielle en impliquerait une autre1 non moins urgente4 ,matresse de ses salaires1 la femme marie le sera-t-elle de ses conomies8 ,la logique et la prudence le voudraient ainsi4 ,d'o il suit que la femme1 qui jouit maintenant de la facult de se faire ouvrir un livret personnel par les ,caisses d'pargne sans l'assistance de son mari1 devrait avoir galement1 l'exclusion de celui-ci1 le droit de retirer les sommes qu'elle a prcdemment dposes4 ,or1 la loi du #i avril #ahha n'a pas os faire chec1 sur ce point1 au pouvoir marital4 ,c'est une inconsquence fcheuse4 ,quel est aujourd'hui le droit d'une mnagre conome8 ,oprer des versements et reprendre ses dpts sans l'assistance du mari4 ,mais il n'y a point l une extension de la capacit juridique de la femme marie aussi large qu'on pourrait le croire1 le mari conservant sur les apports effectus ses droits de chef de la socit conjugale4 ,la femme n'a donc pas la libre disposition de l'pargne dont elle a eu l'initiative mritoire4 ,veut-elle retirer son argent8 ,l'article #f de la loi de #ahha distingue3 elle peut le faire sans le concours du mari2 elle ne le peut pas contre son opposition4 ,et cette facult de veto risque d'tre1 aux mains d'un homme peu scrupuleux1 un moyen d'intimidation vexatoire ou mme de spculation malhonnte4 ,bien plus1 l'article #af de la loi du #bj juillet #ahie a confirm au mari le droit de toucher seul le montant du livret ouvert au nom de sa femme1 si son rgime matrimonial l'y autorise2 et c'est le cas de la communaut lgale qui1 en l'absence de contrat de mariage1 gouverne la plupart des mnages franais4 ,consquence3 la femme commune en biens est libre de placer ses conomies en son nom1 et son seigneur et matre a le droit de les reprendre volont4 ,pour rester matresse de son livret1 il faut que le mari en ignore l'existence4 ,c'est inviter la femme le lui celer4 ,de fait1 elle parvient souvent se faire dlivrer un carnet en son nom de jeune fille4 ,avait-elle besoin de cet encouragement la dissimulation8 ,singulier moyen de favoriser l'pargne et d'amliorer la condition des ouvrires6 ,voici une brave femme marie un ivrogne1 un paresseux1 un dbauch3 jour par jour et sou sou1 elle amasse l'argent du terme ou la rserve destine l'imprvu des mauvais jours4 ,qu'elle ne s'avise pas de porter son petit magot la ,caisse d'pargne3 il n'y serait pas en sret4 ,son mari pourrait1 avec la complicit de la loi1 se l'approprier tout instant4 ,est-il sage de condamner une femme cacher ses laborieuses conomies1 sans possibilit d'en tirer le plus minime intrt1 pour les soustraire la rapacit d'un poux indigne8 ,l'pargne du pauvre est sacre4 ,les femmes ont raison de demander la loi de la mieux dfendre4 ,que leur servirait de pouvoir toucher leurs salaires1 si elles n'ont pas le droit de toucher leurs conomies8 ,en cela1 leurs revendications sont essentiellement conservatrices4 ,et nous les appuyons d'autant plus volontiers que plus souvent la femme du peuple fait preuve de vertus domestiques qui la placent bien au-dessus de la femme du monde4 ,autant la premire sait pargner l'argent du mnage1 autant la seconde excelle gnralement le dpenser4 ,mieux que personne1 l'ouvrire ralise l'adage clbre d',aristote3 ,l'affaire de l'homme est d'acqurir1 celle de la femme est de conserver4 ,la protger1 c'est la fois dfendre les enfants et sauvegarder la famille4 ,accordons-lui donc1 l'exclusion du mari1 le droit de retirer librement les dpts qu'elle a confis la ,caisse d'pargne4 ,on a souvent compar celle-ci une tirelire3 n'est-il pas juste que la mnagre1 qui l'a remplie1 ait seule la facult de l'ouvrir8 ,ne permettons pas au mari de s'en emparer1 de la briser1 de la vider4 ,ce qu'il faut constituer au profit de la femme du peuple1 c'est un pcule inviolable4 ,mais il reste entendu que les biens acquis par la femme avec ses gains personnels1 comme aussi le total de ses conomies particulires1 continueront d'appartenir la communaut4 ,si donc1 entre mari et femme1 nous admettons1 dans une certaine mesure1 la sparation des pouvoirs1 nous ne voulons aucun prix de la sparation des patrimoines4 ,a ce propos1 reconnaissons qu'en fait1 eu gard aux formalits gnantes dont la pratique a entour l'opposition maritale1 le nombre des comptes ouverts aux femmes maries par les ,caisses d'pargne est devenu considrable1 tandis que celui des remboursements obtenus par les maris est rest infime4 ,ajoutons enfin que la loi du #bj juillet #ahhf sur la ,caisse nationale des retraites pour la vieillesse1 et la loi du ler avril #ahih relative aux ,socits de secours mutuels1 ont permis la femme d'effectuer des versements sans l'autorisation du mari4 ,elles nous sont un tmoignage encourageant de l'tat d'me de nos lgislateurs1 puisqu'elles nous les montrent dsireux de protger efficacement la femme ouvrire contre les dissipations d'un poux indigne4 ,,iii ,mais il est une faute maritale plus grave que l'inconduite et le gaspillage3 c'est l'abandon4 ,la laisserons-nous sans rparation8 ,la commission parlementaire1 charge d'examiner la proposition de ,m4 ,goirand1 ne l'a pas voulu4 ,elle a fait agrer par la ,chambre des dputs une disposition additionnelle1 dont l'ide premire appartient ,,mm4 les professeurs ,jalabert et ,glasson4 ,en cas d'abandon par le mari du domicile conjugal1 la femme peut obtenir du juge de paix l'autorisation de saisir-arrter et de toucher des salaires ou des moluments du mari une part en proportion de ses besoins et du nombre de ses enfants4 ,le mme droit appartient au mari1 en cas d'existence d'enfants1 si la femme ne subvient pas spontanment1 dans la mesure de ses facults1 aux charges du mnage4 ,en cas d'abandon1 le mari peut donc tre partiellement destitu des droits qu'il a normalement sur ses gains personnels4 ,et pour permettre la femme de les saisir sans trop de frais ni trop de lenteurs1 le projet en question organise une procdure simple1 expditive et peu coteuse4 ,nous ne ferons ce projet qu'une critique4 ,il ne soumet le mari aux poursuites de la femme que dans le cas o il abandonne le domicile conjugal1 tandis que la femme est expose aux poursuites du mari ds qu'elle refuse de supporter sa part des charges du mnage4 ,cette distinction blesse le sentiment d'galit4 ,que d'abord les dserteurs1 mari ou femme1 commettant mme faute1 subissent mme traitement3 c'est justice4 ,et ensuite pourquoi ne pas permettre la femme de saisir-arrter une portion des salaires du mari qui refuse de prendre sa part des charges de la famille8 ,les mmes responsabilits appellent les mmes sanctions2 les mmes dfaillances exigent les mmes corrections4 ,qu'opposerait-on au droit de saisie-arrt exerc par la femme8 ,en contractant mariage1 l'homme s'impose le devoir de subvenir aux besoins de sa compagne1 aux frais de nourriture1 d'entretien et d'ducation des enfants4 ,que le mari vienne manquer ces obligations sacres1 qui lui sont imposes par les articles #bjc1 #bab et #bad du ,code civil1 et la femme1 dont les salaires sont ordinairement minimes1 sera dans l'impossibilit d'y pourvoir4 ,est-ce que le ,code civil ne doit pas contraindre l'homme1 qui faillit ses devoirs1 faire un emploi moral de ses gains8 ,par dfinition1 la loi est la conscience de ceux qui n'en ont pas4 ,en manquant d'ailleurs ses obligations de chef de la famille1 le mari coupable a volontairement abdiqu ses droits de chef de la communaut4 ,on aurait tort de laisser le commandement qui donne l'exemple de l'inconduite et de la lchet4 ,qu'opposerait-on1 maintenant1 au droit de saisie-arrt exerc par le mari8 ,les poux se doivent mutuellement secours et assistance4 ,leurs devoirs sont rciproques4 ,la femme doit contribuer1 pour sa part1 aux charges communes4 ,or1 s'il y a des maris qui compromettent par leurs excs les ressources de la famille1 il est des femmes qui ne se font point faute de les gaspiller par leurs folies4 ,l'quit veut donc que l'homme et la femme ne puissent soustraire leur gain propre sa destination mnagre1 et que les deux poux aient pareillement le droit de se rappeler l'un et l'autre au premier devoir du mariage4 ,la rciprocit est ici de stricte justice4 ,on ne saurait armer la femme en dsarmant le mari4 ,donnons donc l'un et l'autre mme secours et mme sanction4 ,tout au plus doit-on restreindre1 comme l'a fait la ,chambre des dputs1 le droit de saisie-arrt du mari au cas o il y a des enfants1 pour ce motif qu'en l'absence de postrit1 les salaires du mari suffisent gnralement son entretien1 et qu'il serait contraire la dignit de l'homme de rclamer1 son profit personnel1 une part des salaires de la femme4 ,en fait1 le droit de saisie-arrt sera souvent d'un exercice difficile4 ,comment atteindre l'poux coupable8 ,quel moyen de mettre la main sur les gains d'un mari qui se drobe8 ,quel pre oserait toucher sa part des profits d'une mre qui se vend8 ,,iv ,sur tous les points qui prcdent1 nous estimons que les revendications du fminisme sont d'une parfaite justice et d'une ralisation facile4 ,o le dissentiment commence entre lui et nous1 c'est lorsqu'il oppose les poux l'un l'autre1 sans autre but que de sparer leurs intrts pcuniaires au risque de dsunir leurs coeurs et leurs vies4 ,si pres sont1 en de certains milieux1 ces penses de division et d'indpendance1 que plusieurs ,cercles d'tudes fministes ont mis l'ordre du jour de leurs dlibrations l'valuation par la loi et la rmunration par le mari des travaux domestiques de la femme4 ,il ne s'agit plus de garantir celle-ci les gains qu'elle ralise en dehors du mnage1 mais de lui assurer le paiement des services mnagers qu'elle rend au pre et aux enfants4 ,cette ide est1 sans contredit1 la chose la plus neuve et la plus extravagante qui ait t propose pour rajeunir et amliorer le mariage4 ,renchrissant sur la sparation de biens1 juge sans doute insuffisante1 les congressistes de ,londres ont discut srieusement1 en #ahii1 la question du salaire de la femme par le mari4 ,on a pu lire1 en #aijj1 au programme de la ,gauche fministe1 un article ainsi conu3 valuation du travail mnager de la femme4 ,nous ne rions pas3 ,le travail de la femme dans la famille doit tre valu4 ,comment8 ,les uns prennent pour base le taux des salaires professionnels1 pour les diffrents travaux de la maison2 les autres parlent d'attribuer la femme1 en rtribution de ses fonctions mnagres1 la proprit exclusive de la moiti des objets mobiliers qui garnissent le foyer#gc4 ,mais cette valuation est arbitraire1 le travail de la femme variant en qualit et en quantit1 selon la situation sociale du mnage4 ,c'est pourquoi1 jusqu'ici1 la question a t ajourne1 faute de solution pratique4 ,note #gc3 ,la ,fronde du #g septembre #aijj4 ,je crois bien6 ,si vous indemnisez la femme de son travail domestique1 refuserez-vous au mari toute rcompense pour les besognes qu'il accomplit la maison et pour les gains qu'il est seul1 en bien des cas1 raliser au dehors8 ,sinon1 que deviendrait l'galit8 ,conoit-on qu'en plus du mnage qu'il soutient1 l'homme soit oblig de payer sa femme comme une mercenaire8 ,nous avions cru jusqu' ce jour que le travail industriel de l'homme et le travail mnager de la femme avaient pour destination commune de faire vivre la famille2 que celui de l'pouse tait la contre-partie et la compensation de celui de l'poux1 avec cette diffrence que la mnagre fournit sa contribution en prestations manuelles1 tandis que le mari verse la communaut l'argent de ses gains professionnels4 ,seulement1 vous n'valuerez jamais avec exactitude et1 par suite1 avec justice le travail de la femme dans son mnage4 ,a vrai dire1 lorsqu'une ouvrire remplit fidlement ses devoirs d'pouse et de mre1 lorsqu'elle sait pratiquer1 force d'conomie1 l'art difficile de partager un sou en quatre1 son travail n'a pas de prix4 ,et j'ajoute que ce n'est pas elle que la pense serait jamais venue de s'en faire payer par son mari4 ,d'autre part1 il y a de mauvaises mnagres4 ,ddommagerez-vous le mari de ce qu'elles n'ont pas fait1 ou bien le forcerez-vous les rmunrer de ce qu'elles auraient d faire8 ,toutes vos valuations seront fautives1 moins que la femme ne soit paye par le mari l'heure ou la journe1 comme la domestique gage par le matre4 ,ce serait plus logique et plus simple4 ,mais quel amoindrissement du rle de l'pouse et des fonctions augustes de la mre6 ,franchement1 je ne sais rien de plus fou et de plus dgradant que ce mercantilisme conjugal4 ,s'imagine-t-on un mari qui abrite1 habille et nourrit sa femme1 oblig lgalement1 par surcrot1 la rmunrer de ses services quotidiens8 ,a-t-on rflchi qu'en ce cas la logique et l'quit rclameraient encore que ,monsieur et le droit et le pouvoir de forcer ,madame les lui rendre4 ,puisque je paye1 dira-t-il1 servez-moi4 ,il m'en faut pour mon argent6 ,ce serait la domesticit tendue au mariage4 ,et ce rgime de contrainte salarie1 la femme aurait plus perdre qu' gagner4 ,car1 si la loi actuelle oblige le mari subvenir aux besoins de sa compagne1 je ne sais aucun moyen lgal de contraindre la femme s'occuper convenablement de son mnage4 ,qu'elle engage une domestique incapable de faire la cuisine1 qu'elle abandonne ses enfants une nourrice grossire ou inhumaine1 qu'elle coure les magasins ou pdale sur les grands chemins au lieu de surveiller son intrieur1 le mari ne peut user que de persuasion pour la ramener une plus juste conception de ses devoirs4 ,et c'est au moment mme o l'on dnonce si amrement les mariages d'argent1 qu'on nous propose de convertir les relations les plus sacres1 celles des mari et femme1 celles des pre et mre1 en simple affaire commerciale6 ,voyez-vous deux poux tenant un compte-courant de leurs services rciproques et balanant avec ponctualit1 l'un contre l'autre1 leurs dpenses et leurs recettes8 ,on ne songe pas qu'il est impossible de monnayer la tendresse et le dvouement1 et que le dvouement qui ne se donne pas sans compter n'est plus le dvouement1 et que l'amour qui se vend et s'achte au jour le jour n'est qu'une vile prostitution4 ,ne parlons donc pas de la rmunration des services que les poux se rendent rciproquement pour leur bien-tre mutuel4 ,ce serait la ruine de toutes les vertus conjugales4 ,ne rabaissons point au niveau d'un calcul goste et d'un marchandage quotidien les innombrables devoirs domestiques1 que mille et mille gnrations de femmes nobles et pures se sont honores de remplir avec une tendre et courageuse abngation4 ,si jamais ce genre de spculation s'installait au foyer1 l'affection en sortirait bien vite1 chasse par les discussions de salaire4 ,c'est corrompre le mariage que d'en faire une socit marchande et de transformer deux poux solidaires en deux mercenaires rivaux et souponneux4 ,le salariat de la femme n'est pas mme la contre-faon misrable de la dot1 puisque les apports des poux sont fixs1 une fois pour toutes1 avant le mariage et restituables sa dissolution4 ,et puis1 chose essentielle1 la dot de la femme1 comme le travail du mari1 dont elle est l'quivalent et la compensation1 est affecte1 par dfinition1 un but commun qui est le soutien du mnage et l'ducation des enfants4 ,mais investir la femme d'un droit de crance destin la rmunrer de tous les soins dont elle condescend entourer son mari et ses petits1 c'est la regarder comme trangre la famille et crer1 pour la dure du mariage1 des intrts contraires et des vues antagoniques l o toute lgislation bien inspire doit tendre fonder une troite communaut d'efforts1 de dvouement1 de confiance et d'affection4 ,revenons1 pour conclure1 aux rformes srieuses4 ,d'accord avec les diffrents groupes fministes1 nous avons revendiqu1 sous certaines conditions1 pour la femme marie3 #a le droit de disposer des salaires et des gains provenant de son travail2 #b le droit de retirer1 l'exclusion du mari1 les conomies qu'elle a dposes la ,caisse d'pargne2 #c le droit de saisir-arrter1 en certains cas1 les salaires de l'poux coupable4 ,mais ces rformes sont-elles suffisantes8 ,il arrive souvent1 dans les mnages peu fortuns1 que sans dlaisser le foyer domestique1 le mari plonge les siens dans la misre par son inconduite habituelle ou son ivresse incurable4 ,en cet tat des moeurs ouvrires1 est-il admissible que l'poux indigne conserve intgralement ses droits et ses pouvoirs de chef de la famille8 ,cet ordre d'ides nous amne la grosse question de l'incapacit lgale de la femme marie4 ,,chapitre ,,vii ,l'incapacit civile de la femme marie ,,sommaire ,i4--,,en ,,quoi ,,consiste ,,cette ,,incapacit ,l,,gale8--,,ses ,,att,,nuations4--,,sa ,,raison ,d',,tre4--,,vient-,,elle ,,de ,l',,inexp,,rience ,,ou ,,de ,l',,inf,,riorit ,,du ,,sexe ,f,,minin8 ,,ii4--,,fondement ,,rationnel4--,,unit ,,de ,,direction ,,dans ,,le ,,gouvernement ,,de ,,la ,,famille4--,,convient-,,il ,d',,abolir ,l',,incapacit ,,civile ,,de ,,la ,,femme ,,mari,e8 ,,iii4--,,largissement ,d,,sirable ,,de ,,la ,,capacit ,,des ,,femmes4--,,suppression ,,de ,l',,autorisation ,,maritale ,,dans ,,les ,,cas ,,de ,,divorce1 ,,de ,s,,paration ,,de ,,corps ,,et ,m,,me ,,de ,s,,paration ,,de ,,biens4--,,un ,,dernier ,,voeu4--,,la ,,puissance ,,maritale ,,est-,,elle ,,une ,,fonction ,,inamovible8 ,l'galit civile des deux sexes cesse dans les rapports conjugaux3 en s'engageant dans les liens du mariage1 la femme aline une partie de ses droits et se soumet une sorte d'incapacit temporaire4 ,mais 7c'est une remarque de ,paul ,gide7 cette incapacit1 si mme elle mrite ce nom1 n'est pas inhrente au sexe2 elle n'a point sa cause dans la nature physique ou morale de la femme1 mais dans la puissance maritale1 c'est--dire dans un fait extrieur et accidentel#gd4 ,note #gd3 ,paul ,,gide1 tude sur la condition prive de la femme1 p4 #dfe4 ,i ,en quoi consiste l'incapacit lgale de la femme marie8 ,en ceci que la femme ne peut valablement procder des actes juridiques sans y tre autorise par son mari ou par la justice4 ,veut-elle intenter une action devant un tribunal ou y dfendre1 veut-elle conclure un acte extra-judiciaire1 donner1 aliner1 hypothquer1 acqurir titre onreux ou gratuit3 la loi franaise exige1 pour la validit de tous ces actes de la vie civile1 le concours du mari dans l'acte ou son consentement par crit#ge4 ,exceptionnellement1 trois causes peuvent restreindre les prrogatives du mari et augmenter1 plus ou moins1 les droits de la femme4 ,d'abord1 celle-ci a pu se rserver expressment1 dans son contrat de mariage1 la gestion de son patrimoine personnel4 ,mme en l'absence de cette clause1 elle a pu obtenir contre l'poux dissipateur la sparation de biens judiciaire et rentrer dans l'administration de sa propre fortune4 ,enfin1 elle a pu employer sa dot des oprations commerciales1 en vertu d'une autorisation gnrale qui lui restitue en matire de ngoce sa pleine capacit civile#gf4 ,note #ge3 ,code civil1 articles #bae1 #bag1 #bah1 #bai et #aabd4 ,note #gf3 ,code civil1 articles #bbc1 #addi1 et #bbj4 ,ajoutons que si1 en principe1 la femme est incapable de contracter sans autorisation du mari1 elle n'est pas discrtionnairement abandonne l'autorit de son poux1 puisqu'elle peut tre habilite par la justice au refus injustifi de ce dernier1 et que1 mme pour certains actes qui impliquent une volont entirement libre et spontane1 tel que le testament1 elle n'est soumise aucune autorisation1 ni maritale ni judiciaire4 ,il est donc difficile de voir dans la puissance du mari un droit d'omnipotence tyrannique4 ,telle qu'elle a t organise par le ,code civil1 l'incapacit lgale de la femme marie semble donc driver du fait mme du mariage4 ,elle commence et finit avec lui4 ,beaucoup en demandent la suppression4 ,si hardie que paraisse cette revendication1 on voudra bien remarquer que l'autorisation et l'autorit du mari sont deux choses distinctes1 que celle-ci est le principe de celle-l1 et qu'on peut tendre restreindre la premire1 qui ne concerne que les intrts pcuniaires de la femme1 sans abolir la seconde1 qui s'exerce sur sa personne mme4 ,une loi qui supprimerait absolument l'autorit maritale serait une loi de combat1 tandis qu'une rforme qui s'en prend seulement l'autorisation maritale peut tre une rforme de progrs4 ,au surplus1 l'antique conception de l'incapacit de la femme marie a lentement volu1 et ce n'est pas aujourd'hui un mince problme que de dcouvrir sa vritable raison d'tre4 ,les motifs anciennement allgus ne nous suffisent plus4 ,et cela mme atteste un grave changement dans les ides et les moeurs4 ,dira-t-on que l'incapacit civile de l'pouse n'est qu'une suite de l'incapacit naturelle de la femme1 de cette lgret incorrigible1 de cette inexprience incurable1--imperitia aetatis et fragilitas sexus1--dont parlaient avec ddain nos vieux auteurs8 ,mais notre loi tient une fille majeure pour aussi capable qu'un homme adulte2 et il serait inconvenant de prtendre que le mariage a le fcheux effet de la dpouiller1 du jour au lendemain1 de sa libert consciente et de sa volont rflchie1 tel point qu'il serait impossible une femme de passer aujourd'hui1 sans l'assistance de son mari1 le mme acte juridique que1 fille1 elle pouvait passer la veille en toute libert4 ,verra-t-on dans cette incapacit spciale une consquence de la dpendance ncessaire de la femme qui doit1 en toute chose1 obir son mari1 seigneur et matre du mnage8 ,il est de fait que nos anciennes coutumes ne mettaient pas en doute la suprmatie de l'poux et la subordination de l'pouse1 et que cette ide traditionnelle de la prminence du sexe masculin fut prsente l'esprit des lgislateurs de #ahjd4 ,portalis1 le premier d'entre eux1 se moque des vaines disputes sur la prfrence ou l'galit des sexes#gg4 ,le ,premier ,consul n'aurait point manqu de leur rappeler1 au besoin1 qu'un mari doit avoir un empire absolu sur les actions de sa femme4 ,on connat de lui ce mot cruel3 ,il faut que la femme sache qu'en sortant de la tutelle de sa famille1 elle passe sous celle de son mari4 ,c'est l'esprit du vieux droit quiritaire4 ,mais comment expliquerons-nous que l'autorisation de la justice puisse suppler parfois l'autorisation du mari8 ,si l'incapacit de la femme marie est un hommage rendu la puissance maritale1 on ne conoit pas qu'un tribunal puisse en relever l'pouse contre le gr de l'poux4 ,dpendance ou fragilit du sexe1 voil qui ne satisfait gure l'esprit des modernes4 ,note #gg3 ,sance du ,conseil d'tat du #af ventse an ,,xi4 ,,locr1 t4 ,,ii1 p4 #cif4 ,portalis1 d'ailleurs1 ajoutait ceci3 ,l'obissance de la femme est une suite ncessaire de la socit conjugale1 qui ne pourrait subsister1 si l'un des poux n'tait subordonn l'autre4 ,avant lui1 ,cambacrs avait pris soin d'expliquer que l'galit de puissance et la diversit des opinions sur les plus petits dtails entraveraient perptuellement l'administration commune#gh4 ,ici transparat dj l'esprit nouveau4 ,la tendance actuelle incline voir dans l'incapacit de la femme un moyen de prvenir les conflits de volont par la prdominance du mari1 naturellement dsign pour ce rle d'arbitre souverain par sa connaissance des affaires et son exprience de la vie4 ,l'autorisation maritale s'explique donc suffisamment par la ncessit d'assurer l'unit de direction dans la gestion des intrts de la famille4 ,si donc l'pouse est incapable1 ce n'est plus en considration de la suprmatie de l'homme1 ni en vue de l'inexprience de la femme1 mais en faveur du mnage et des enfants4 ,note #gh3 ,,fenet1 ,i1 p4 #aef4 ,,ii ,il semble bien que nos lgislateurs soient entrs rcemment dans ces vues4 ,une loi du #f fvrier #ahic a rendu la femme spare de corps sa pleine libert civile4 ,jusqu' cette poque1 l'incapacit de l'pouse survivait la sparation de corps qui relche les liens du mariage sans les briser2 il en rsultait pour la femme l'obligation trs humiliante et trs dure de mendier l'autorisation et de subir la puissance d'un homme1 auquel rien ne la rattachait plus1 ni l'affection1 ni l'intrt4 ,de l des scnes pnibles qui rendaient illusoire tout espoir de rconciliation1--sans compter que certains maris trafiquaient odieusement de leur autorisation ncessaire4 ,afin de couper court ces abus1 le nouvel article #caa du ,code civil a dcid que la sparation de corps a pour effet1 comme le divorce1 de rendre la femme le plein exercice de sa capacit civile1 sans qu'elle ait besoin de recourir l'autorisation de son mari ou de justice4 ,cette solution nouvelle prouve assez que l'incapacit de la femme marie drive1 aux yeux des modernes1 non pas du mariage qui subsiste1 mais de la vie commune qui est interrompue par la sparation de corps4 ,comment1 du reste1 parler srieusement aujourd'hui de la supriorit de l'homme et de l'infriorit de la femme8 ,sur dix maisons de petit commerce qui prosprent1 neuf le doivent l'intelligente coopration de la femme4 ,la prdominance du sexe fort s'est impose d'abord2 on l'a justifie ensuite4 ,elle a commenc par tre un fait2 elle a fini par tre un droit4 ,et ce droit lui-mme s'est pur4 ,il en a t du gouvernement domestique comme du gouvernement politique3 leur fondement a vari4 ,prsentement1 l'autorit ne se lgitime plus par l'intrt de celui qui l'exerce1 mais bien par l'utilit de celui qui la subit4 ,loin d'tre un instrument de domination1 la puissance du mari1 comme celle du pre1 comme celle du prince1 est tenue pour un instrument de protection qui ne se justifie que par ses bienfaits4 ,convient-il maintenant d'abolir radicalement l'incapacit de la femme marie8 ,en ce sens1 ,m4 ,michelin1 dput de ,paris1 a dpos sur le bureau de la ,chambre1 le #bg octobre #ahie1 une proposition tendant laisser aux poux le soin de rgler souverainement leur capacit respective par une clause de leurs conventions matrimoniales4 ,l'innovation serait grave1 puisque l'article #achh du ,code civil interdit aux futurs poux de droger par contrat de mariage aux droits qui appartiennent au mari comme chef4 ,y a-t-il donc avantage n'admettre la subordination d'un poux l'autre1 dans le gouvernement des intrts pcuniaires1 qu'autant qu'elle sera contractuelle1 c'est--dire volontaire8 ,aucun4 ,voyez-vous des fiancs discutant leurs attributions hirarchiques et leurs droits de prminence avant d'entrer en mnage8 ,quelle pomme de discorde ou quel march de dupe6 ,le plus pris sera toujours enclin sacrifier ses intrts et le plus habile toujours port dfendre et exagrer les siens4 ,d'ailleurs il serait puril de convier les futurs poux rgler prventivement leur puissance ou leur sujtion4 ,ds aujourd'hui1 et malgr la loi1 la division des pouvoirs ne se fait qu'aprs la crmonie1 tacitement1 au cours du mariage1 sans accord pralable4 ,car il ne suffit pas1 on le sait1 que le mari soit1 de droit1 le chef de la famille pour tre1 en fait1 le matre obi et incontest4 ,en outre1 nous tenons pour dangereux de dissocier par anticipation les intrts des poux1 en accordant chacun d'eux1 dans l'administration spare de leur fortune1 une indpendance absolue4 ,mieux vaut s'efforcer de ramener l'unisson toutes les contrarits possibles en exigeant1 dans certains cas1 le concours de leurs deux volonts4 ,c'est pourquoi nous avons propos plus haut que tout acte1 qui intresse gravement la fortune commune1 soit consenti expressment par l'un et l'autre des poux4 ,,iii ,en ce qui concerne spcialement l'autorisation maritale1 puisqu'elle ne repose plus sur la suprmatie du sexe fort ni sur l'imbcillit du sexe faible1 nous ne voyons pas qu'elle soit sacre1 inluctable1 intangible4 ,n'ayant qu'un but1 qui est d'assurer l'unit de direction ncessaire la bonne administration du mnage1 le pouvoir qu'elle implique pourrait trs bien tre remis aux mains de la femme1 lorsque celle-ci fait preuve de prudence et d'habilet4 ,il arrive souvent qu'une autorisation gnrale relve l'pouse commerante de toute incapacit3 pourquoi refuserait-on au mari la facult d'habiliter sa femme aux actes de la vie civile1 en lui donnant le mandat1 au cours du mariage1 de grer la fortune commune et de diriger les affaires du mnage8 ,on ne voit point que ce qui fonctionne si bien en matire commerciale puisse engendrer de moins heureuses consquences en matire civile4 ,il conviendrait donc d'tendre les cas d'autorisation gnrale1 en stipulant que celle-ci sera toujours rvocable4 ,bien plus1 lorsque le mari est absent ou interdit1 la raison veut que la femme soit dispense de toute autorisation pralable4 ,pourquoi entraver son action par la ncessit de recourir l'autorisation suppltive du tribunal8 ,lorsqu'une femme fait preuve d'honntet et d'habilet1 elle mrite un peu moins de dfiante sollicitude et de gnante protection4 ,l'incapacit de la femme devrait mme cesser totalement l o commence l'indignit du mari4 ,lorsque celui-ci est pourvu d'un conseil judiciaire1 condamn la prison1 mis en faillite ou en liquidation1 lorsqu'il dserte le foyer ou dshonore la famille1 en tous ces cas de dchance morale ou pnale1 la femme devrait tre releve de son incapacit et place la tte du mnage4 ,n'est-elle pas1 par dfinition1 le supplant1 le substitut de l'poux incapable ou indigne8 ,on cite notamment des cas d'abandon monstrueux o le mari1 ayant pass la frontire1 se rit de la mre et des enfants1 reste sourd toutes les sommations et inaccessible toutes les procdures4 ,quand le chef de la famille forfait ses devoirs1 la rvocation est de rigueur4 ,c'est une sorte de mauvais prince qu'il faut dposer au plus vite4 ,enfin1 il nous parat que la sparation de biens judiciaire devrait confrer la femme la mme capacit que la sparation de corps4 ,pour justifier la diffrence que la loi du #f fvrier #ahic a maintenue1 on allgue que la communaut d'existence disparat dans la sparation de corps et subsiste dans la sparation de biens4 ,soit6 ,et pourtant1 lorsqu'il s'agit d'une simple question d'ordre pcuniaire1 n'est-il pas contradictoire de soumettre la femme spare de biens1 pour les actes de disposition qui excdent ses pouvoirs d'administration1 l'autorisation d'un mari reconnu judiciairement incapable de diriger les affaires communes8 ,en un mot1 sans abolir radicalement l'autorisation maritale1 nous faisons des voeux pour l'largissement de la capacit civile de la femme4 ,allons plus loin3 est-ce assez de suspendre ou mme de supprimer1 dans certains cas limits l'autorisation maritale8 ,ne convient-il point de s'attaquer au principe d'o elle dcoule1 c'est--dire l'autorit maritale elle-mme8 ,pourquoi pas8 ,si la raison veut que1 dans le mariage1 l'homme ait le gouvernement des affaires et des personnes de la famille1 elle n'exige point qu'il la garde1 au prjudice de la mre et des enfants1 quand il s'en montre indigne4 ,en ce cas1 l'intrt de tous commande qu'on lui enlve la direction du foyer pour la transmettre la femme4 ,lorsqu'un cocher heurte son attelage toutes les bornes et verse sa voiture dans toutes les ornires1 n'est-ce point prudence et sagesse de lui enlever les guides8 ,on voudra bien remarquer qu'il ne s'agit plus seulement1 dans notre pense1 de librer l'pouse d'une suprmatie malfaisante1 mais de dpouiller le mari de tous les pouvoirs dont il msuse1 pour les confier expressment la femme4 ,ce serait une petite rvolution de palais que l'inconduite du seigneur et matre justifiera plus d'une fois4 ,quand un ministre gouverne mal1 on le relve de ses fonctions1 et l'administrateur dchu redevient un administr subalterne4 ,pourquoi l'poux incapable ou malhonnte ne subirait-il pas le mme sort8 ,la puissance maritale serait-elle donc une qualit intransmissible1 une fonction inamovible8 ,soutiendrait-on1 sous notre dmocratie1 que la puissance maritale est semblable la puissance royale1 dont les femmes taient cartes par la loi salique8 ,conformment nos ides1 une loi du #bd juillet #ahhi a dclar que l'autorit paternelle ne peut tourner1 aux mains d'un pre indigne1 en mauvais traitements ni en spculations infmes4 ,aprs avoir protg l'enfant1 pourquoi ne point protger la femme8 ,on n'hsite plus aujourd'hui transporter la puissance paternelle la mre3 pourquoi ne point transmettre la puissance maritale l'pouse8 ,l'autorit du mari est-elle plus sacre que celle du pre8 ,autre analogie3 l'article #abd du ,code civil permet la femme1 en cas d'absence de son mari1 d'opter pour la continuation de la communaut et de prendre en mains l'administration des biens4 ,pourquoi un jugement de dchance1 prononc contre le mari convaincu d'imbcillit ou d'indignit1 ne pourrait-il pas investir la femme d'un mme droit d'option et d'un mme pouvoir de direction8#gi ,le gouvernement du mnage doit appartenir au plus digne4 ,nous accorderions donc la femme une action en dchance de la puissance maritale contre l'poux coupable ou dment1 avec facult pour le juge de transmettre la demanderesse tous les droits qui appartiennent au dfendeur en sa qualit de chef de la famille4 ,note #gi3 ,paul ,,cauw,s1 ,de la protection des intrts conomiques de la femme marie1 p4 #bj4 ,confucius disait fort irrvrencieusement3 ,l'homme est la femme ce que le soleil est la lune4 ,il dirige et elle obit2 et c'est ainsi que rgne l'harmonie4 ,d'accord4 ,mais lorsque le soleil brle au lieu d'clairer1 n'est-il pas naturel qu'on lui prfre la douceur du clair de lune8 ,c'est pourquoi toutes les fois que le gouvernement du mari devient stupide ou malfaisant1 nous proposons de transporter ses pouvoirs aux mains plus sages et plus honntes de la matresse de maison4 ,il n'est point de rgle humaine qui ne comporte des exceptions invitables4 ,en dernire analyse1 ce qu'il faut rprimer chez l'homme1 c'est l'excs de pouvoir et l'abus du droit4 ,les esprits modrs nous feront peut-tre l'honneur de convenir que les nombreux amendements1 dont nous venons de les entretenir1 atteignent ce but en relevant la capacit civile de la femme sans dcapiter tous les maris de leurs prrogatives ncessaires4 ,quant aux fministes intransigeants1 il est croire qu'ils trouveront ces amliorations insignifiantes et parfaitement inutiles4 ,pourquoi s'attarder des corrections de dtail8 ,a quoi bon retoucher notre loi matrimoniale8 ,le mal tant plus profond1 le remde doit tre plus radical4 ,en #aijj1 tandis que la ,gauche fministe discutait la question de la communaut lgale1 un congressiste1 peu satisfait des demi-mesures proposes1 fit remarquer qu'il tait insuffisant de briser quelques barreaux de cette prison qu'on appelle le mariage4 ,couper seulement les liens qui nous entravent les pieds1 en respectant ceux qui nous enchanent la tte et les bras1 est une proccupation de naf ou une besogne de poltron4 ,c'est l'institution matrimoniale elle-mme que les esprits vraiment libres doivent1 parat-il1 s'attaquer rsolument4 ,et l'homme courageux1 dont je parlais tout l'heure1 rclama l'abolition pure et simple du mariage4 ,suivons-le sur ce terrain4 ,,livre ,,iii ,,mancipation ,,conjugale ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,l'amour conjugal ,,sommaire ,i4--,,traditions ,,chr,,tiennes ,,du ,,mariage4--,,son ,,fondement3 ,,devoir ,,ou ,,plaisir8--,,il ,,ne ,,doit ,,se ,,confondre ,,ni ,,avec ,,la ,,passion ,,qui ,,affole1 ,,ni ,,avec ,,le ,,caprice ,,qui ,,passe4 ,,ii4--,l',,amour-,,passion3 ,,ses ,,violences ,,et ,,ses ,d,,ceptions4--,,le ,,mariage ,,sans ,,amour3 ,,son ,,abaissement ,,et ,,ses ,,tristesses4 ,,iii4--,,instinct ,,mutuel ,d',,appropriation4--,,rites ,,solennels ,,de ,c,l,,bration4--,l',,amour ,,conjugal ,,est ,,monogame4--,,que ,,penser ,,de ,l',,indissolubilit ,,du ,,mariage8 ,,iv4--,c',,est ,,une ,,garantie ,,prise ,,par ,,les ,,poux ,,contre ,,eux-,m,,mes4--,l',,accord ,,des ,,mes ,,ne ,,se ,,fait ,,qu',a ,,la ,,longue4--,,exemples ,,pris ,,dans ,,la ,,vie ,r,,elle4--,a ,,quand ,l',,amour ,,sans ,,lien8 ,i ,le ,livre fameux de ,stuart ,mill1 l',assujettissement de la femme1 repose sur cet axiome que le mariage est1 prsent1 le seul esclavage reconnu par les lois4 ,cette parole a trouv de l'cho un peu partout1 mme en ,france4 ,on nous affirme que1 d'aprs le ,code civil1 la femme est la servante du mari4 ,il y a deux lois dans notre loi1 dit-on3 l'une pour les hommes1 l'autre pour les femmes4 ,et notre socit contemporaine accepte cette ingalit criante6 ,a qui la faute1 sinon l'atavisme chrtien1 l'hritage obscur des anctres qui1 prolongeant en nous leur vie morale1 sentent et pensent1 notre insu1 dans nos mes branles vainement d'un dsir confus d'intgral affranchissement8 ,qui nous dbarrassera de la servitude des ides religieuses8 ,aprs s'tre mancips du joug de la foi1 les incroyants auront-ils le courage de s'affranchir des scrupules de la morale sacramentelle#hj8 ,et de fait1 un certain fminisme s'applique passionnment dchristianiser l'institution matrimoniale4 ,il nous semblait pourtant qu'en purant et en sanctifiant le mariage1 la religion du ,christ n'avait point amoindri et maltrait la femme4 ,il est vrai que ,jsus ne permet ses fidles ni la polygamie ni le divorce4 ,on lit dans l'vangile selon saint ,mathieu3 ,au commencement1 ,dieu a cr un homme et une femme1 un seul couple4 ,c'est pourquoi l'homme quittera son pre et sa mre et s'attachera sa femme4 ,ils ne seront plus deux1 mais une seule chair4 ,donc1 que les hommes ne sparent point ce que ,dieu a uni4 ,le mari qui abandonne sa femme pour en pouser une autre et la femme qui abandonne son mari pour en pouser un autre1 commettent un adultre#ha4 ,cette parole a restitu au mariage1 dans l'intrt des deux poux1 l'honneur et la scurit4 ,note #hj3 ,joseph ,,renaud1 ,la ,faillite du mariage1 p4 #dd4 ,note #ha3 ,saint ,mathieu1 ,,xix1 #c-aj4 ,par ailleurs1 en admettant mme que le christianisme n'ait rien de divin1 il faudrait reconnatre au moins qu'il a valu la femme1 en la personne de ,marie1 mre de ,jsus de ,nazareth1 d'incomparables hommages et la glorification magnifique de la puret fminine et de la dignit maternelle4 ,aussi ,marie est devenue le modle de la femme et la protectrice bnie de la famille chrtienne4 ,et s'autorisant de ce grand exemple1 saint ,paul a proclam que les femmes se sauveraient par leurs enfants#hb4 ,note #hb3 ptre ,timothe1 ,,ii1 #ae4 ,plus tard1 l'ancienne chevalerie1 qui s'obligeait par serment dfendre le bon renom des dames1 avait en particulire dvotion la trs douce ,mre de ,dieu4 ,de l une littrature qu'on a justement appele marianique1 o les chevaliers-potes clbraient leur chre ,dame1 la benote ,vierge ,marie4 ,mais on sait que ce culte de la femme ne fut pas toujours aussi mystique ni aussi pur4 ,il n'en reste pas moins que 'a t le grand honneur de l'glise de maintenir le droit de la femme la libert1 au respect et la vertu1 l'encontre de la corruption des moeurs et des passions sensuelles des princes4 ,pendant tout le moyen ge1 crit le comte de ,montalembert1 le pontificat des ,pres de la chrtient se passa en luttes continuelles1 afin de garder l'indissolubilit du mariage contre les prtentions draisonnables des grands seigneurs fodaux4 ,et ces luttes pourraient bien recommencer contre les partisans du libre amour et de la libre jouissance6 ,toutes les questions sur le droit des femmes1 sur les relations entre maris et femmes1 n'existent que pour les personnes qui ne voient dans le mariage qu'un plaisir4 ,cette parole de ,tolsto jette sur les quivoques du fminisme conjugal une clart directe et franche4 ,il y a un abme entre le sensualisme1 n du dsir charnel1 qui ne voit rien au-del des joies de la possession1 et l'esprit des noces lgitimes qui assigne l'union des corps et des mes la proccupation suprme des enfants natre et de la famille fonder4 ,tandis que la passion s'acharne exclusivement la poursuite d'une sensation actuelle et fugitive1 le mariage subordonne celle-ci l'avenir de la race et au peuplement du foyer4 ,en deux mots1 on ne se marie pas seulement pour le plaisir1 on ne se marie pas uniquement pour le prsent4 ,le mariage ne doit se confondre1 ni avec la passion sensuelle qui affole1 ni avec la capricieuse amourette qui passe4 ,il veut plus de raison et aspire plus de dure4 ,,ii ,et d'abord1 il n'est pas dsirable que la passion prside au mariage1 parce que les sens y ont plus de part que le coeur4 ,la passion1 en effet1 est fantasque et violente3 elle ressemble un orage4 ,elle fait mme plus de blessures qu'elle ne cause de joies4 ,elle est absorbante1 ombrageuse1 inquite1 dominatrice2 elle veut possder l'objet aim tout entier1 sans que celui-ci ait le droit de retenir quoi que ce soit de lui-mme2 elle est jalouse des amis1 des livres1 des btes1 auxquels le partenaire ador--et perscut--a le malheur de donner un peu de son coeur4 ,les femmes ne sont pas rares qui prouvent cette fivre d'amour4 ,ce sont des malades dangereuses4 ,quiconque est pris et serr dans l'tau d'une passion aveugle est un tre plaindre4 ,s'il ne s'arme d'un courage surhumain pour secouer le joug qui l'touffe1 il tombera de dfaillance en dfaillance1 de l'amour la faiblesse1 de la faiblesse la lchet1 jusqu' l'abandonnement de soi-mme1 jusqu' la dgradation de tout son tre3 c'est un suicide lent4 ,que s'il veut ragir1 se rvolter1 se reprendre1 quelles luttes et quelles souffrances6 ,je ne voudrais pas souhaiter1 mme un ennemi1 le mariage d'une affection douce avec un amour-passion4 ,c'est l'union de deux choses inconciliables4 ,liez une crature ardente et fbrile1 tout feu1 tout flamme1 tout dsir1 avec une autre capable seulement de tendresse raisonnable1 o entrent surtout la condescendance amicale et l'instinct protecteur1 et vous aurez un mnage d'enfer4 ,sans doute1 entre gens qui s'aiment d'une flamme gale et modre1 les disputes ne sont pas rares4 ,mais entre un amoureux fou et un amoureux sage1 il y a discord mental1 incompatibilit absolue1 dchirement continuel4 ,ils vivent ensemble sans se comprendre1 ils respirent le mme air sans s'accommoder l'un l'autre4 ,ce sont des trangers qui couchent dans le mme lit1 sans pouvoir se communiquer leurs penses1 sans pouvoir connatre et goter leur me4 ,de l'un l'autre1 point d'entente possible3 ils s'enferment en eux-mmes1 se torturent1 se martyrisent jusqu'au jour de la sparation invitable4 ,ce qui fait que bon nombre de mariages d'inclination tournent mal1 c'est prcisment que la passion y prside exclusivement1 soit d'un ct1 soit de l'autre1 ou mme des deux la fois2 et la passion ne fonde rien de solide1 parce qu'tant faite surtout de dsir1 elle est incohrente et folle4 ,je le rpte3 la passion est une fivre dlicieuse et pernicieuse1 dont il est souvent plus facile de mourir que de gurir4 ,non qu'il faille1 grand ,dieu6 se marier sans amour4 ,ne laissons pas s'aggraver le discrdit o dchoit insensiblement le vrai1 l'honnte1 le pur amour1 l'amour conjugal6 ,le mariage n'est pas seulement l'union de deux vies1 de deux bourses1 mais avant tout l'union de deux coeurs4 ,sinon1 il ne mriterait pas d'tre dfendu4 ,se marier sans amour1 quelle misre6 ,comme si l'amour n'tait pas le sourire de la vie6 ,il n'est que son rayonnement pour clairer la beaut des choses4 ,si tant de gens passent ct des merveilles de l'univers sans les voir ni les sentir1 n'est-ce point que leur me solitaire ne s'est jamais claire de cette lumire intrieure1 qui rend plus prsentes et plus chres aux coeurs aimants les splendeurs de la nature et de la vie8 ,il suffit d'aimer pour trouver le ciel plus bleu1 l'air plus lger1 la terre plus clmente1 plus pare1 les hommes meilleurs et les femmes plus parfaites4 ,ayez le coeur en joie1 et vous verrez le monde en fte4 ,l'amour est un magicien charmant qui anime1 colore1 et embellit l'existence4 ,ne le bannissons point du mariage4 ,mais cet amour doit tre plus rflchi que la passion1 et plus srieux qu'une amourette4 ,a l'homme et la femme qui veulent fonder une famille1 il faut une affection mutuelle1 profonde1 solide4 ,on ne se marie pas seulement pour soi1 on se marie aussi pour l'autre4 ,sans rciprocit consentie et partage1 le mariage est lsionnaire et malheureux4 ,on ne se marie pas davantage pour six mois ou pour six ans1 mais pour toujours4 ,il s'agit l d'une liaison vie1 et non d'un caprice passager4 ,sans desseins de long avenir1 sans promesses de dure1 sans garanties de fidlit1 le mariage est fragile et prcaire4 ,enfin1 avant toute autre considration1 le mariage doit tre contract en vue des enfants natre et du foyer fonder4 ,cessons donc de le regarder comme le dnouement d'une intrigue habile ou le couronnement d'un simple dsir4 ,qu'il ne soit ni la fin d'un long clibat pour les hommes1 ni la fin d'un roman aventureux pour les femmes1 ni surtout l'aboutissement et l'assouvissement de la passion pour les uns ou les autres6 ,le mariage est le commencement d'une famille2 il lui faut des gages d'avenir et des assurances de perptuit4 ,,iii ,c'est pourquoi1 peut-tre1 l'amour conjugal ne suppose pas seulement l'instinct de possession1 mais encore l'instinct d'appropriation4 ,il faut que les poux se sentent bien l'un l'autre1 pour aujourd'hui et pour demain1 sans rserve1 sans partage1 sans retour1 et maintenant et toujours4 ,et ce sentiment de confiance et de scurit doit tre rciproque4 ,l est l'essence et l'honneur du mariage chrtien4 ,autrefois l'homme cherchait raliser cette assurance par la force1 son profit exclusif4 ,on sait que1 dans les temps anciens1 la femme fut gnralement attribue l'homme par droit de conqute ou par droit d'achat4 ,butin vivant soumis aux violences du rapt ou proie charnelle expose sur les marchs d'esclaves1 elle dut subir servilement1 durant de longs sicles1 la loi du vainqueur ou de l'acqureur devenu son souverain matre4 ,aujourd'hui les deux poux se donnent et s'appartiennent l'un l'autre4 ,qu'on ne s'offense point de ce langage3 ,george ,sand a crit elle-mme que l'amour est un esclavage volontaire auquel la femme aspire par nature4 ,et l'homme1 pareillement4 ,quiconque est port vers le mariage par des sentiments honntes1 se sent las de son indpendance et prt aliner une part de soi-mme au profit de l'tre aim4 ,c'est avec joie qu'il se donne et qu'il se lie4 ,et comme il ne s'agit point l d'une relation fortuite et brve1 mais d'une convention vie1 les deux futurs conjoints ont une si pleine conscience de la gravit de l'acte dcisif qui va les attacher l'un l'autre1 qu'ils aiment l'entourer d'clat et de splendeur4 ,ils sentent en mme temps leur tendresse si suprieure aux caprices de l'instinct1 ils voient si bien que leur mariage n'est pas seulement la conjonction de deux organismes1 mais aussi l'union plus complte et plus durable de deux existences1 qu'ils souhaitent de prendre tmoin de leur amour le ciel et la terre et de solenniser leur consentement par quelque noble conscration publique4 ,les rites qui1 dans presque toutes les civilisations humaines1 notifient et sanctionnent les noces lgitimes de l'homme et de la femme1 ne sont donc point une artificielle improvisation des lois civiles et religieuses2 ils sont ns bien plutt d'un entranement spontan1 d'une impulsion gnrale2 et bien qu'ils aient t jadis avilis par des usages sacrilges1 ils ne sont pas moins l'expression d'un mouvement du coeur et d'un besoin de nature4 ,si l'on demande maintenant pourquoi les poux manifestent1 en s'unissant1 ce voeu d'unit et cette proccupation de perptuit qui sont de l'essence du mariage1 nous tirerons du coeur humain lui-mme une observation importante4 ,l'amour est monogame4 ,il ne se partage point2 il se donne tout entier4 ,notre coeur est ainsi fait qu'il n'a jamais qu'une seule affection en un mme moment4 ,il lui serait impossible de mener de front deux passions4 ,l'amour est exclusif4 ,ce qui ne veut point dire que son objet ne puisse varier successivement4 ,seulement1 quand un nouvel amour dtrne et expulse le premier1 celui-ci est comme effac1 annihil1 aboli4 ,il ne compte plus4 ,encore une fois1 il est contre nature que deux affections galement amoureuses puissent se juxtaposer en une mme me4 ,l'amour vritable rpugne au partage4 ,tout ou rien1 voil sa devise4 ,mais le coeur humain s'arrange trs bien des affections successives4 ,il est volage4 ,et si troublants sont ses transports et si prestigieux ses artifices1 qu'il se persuade navement que son amour actuel est son premier1 son unique amour4 ,nous montrerons plus loin que c'est le malheur du divorce de favoriser puissamment ces tranges illusions1 et de servir de la sorte les fins de l'amour libre4 ,faites que les unions monogamiques puissent tre librement dissoutes par consentement mutuel1 au gr des parties intresses1 ainsi que se font dj les divorces en divers pays du monde1 et la famille stable d'aujourd'hui aura vcu4 ,alors tous les amants seront poux4 ,pour combien de temps8 ,cela dpendra de l'amour qui les unit4 ,le mauvais de la famille actuelle1 a-t-on dit1 ce n'est pas la monogamie1 qui est la forme la plus digne de l'union des sexes1 mais plutt la quasi-indissolubilit lgale#hc4 ,note #hc3 ,b4 ,,malon1 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 chap4 ,,vii1 p4 #cgc4 ,cette parole d'un socialiste modr nous montre assez que1 pour le moment1 l'attribut du mariage le plus menac est la perptuit4 ,et pourtant le respect des liens matrimoniaux est de ncessit publique4 ,toute socit est directement intresse la stabilit des familles2 et le mariage indissoluble a prcisment pour but de lui assurer la continuit1 la dure1 la solidit1 sans lesquelles nul peuple ne saurait vivre et prosprer4 ,les liens volontaires qu'il consacre ne sont point faits pour les bons mnages qui se soutiendraient naturellement sans leur appui1 mais pour les mdiocres qui sont lgion1 et dont l'branlement et la dissolution jetteraient autour d'eux le scandale1 le trouble et la confusion4 ,au fond1 le mariage est une garantie que les poux prennent contre eux-mmes dans l'intrt des enfants et1 consquemment1 dans l'intrt de la socit elle-mme4 ,,iv ,a bien y rflchir mme1 on ne tarde gure se convaincre que tous les gens maris ont besoin de cette assurance prventive4 ,je ne crois pas faire injure aux meilleurs mnages en affirmant qu' la suite d'un froissement grave ou d'un dsaccord passager1 ils ont t tents plus d'une fois1 au fond du coeur1 de se dprendre et de se dsunir4 ,supposons un mariage qui runisse toutes les conditions de bonheur3 est-on sr qu'il sera heureux8 ,non4 ,les femmes se trompent qui lui demandent avidement1 non pas seulement la scurit1 la dignit1 mais encore la plnitude des joies terrestres4 ,s'il faut mettre de l'amour dans le mariage1 c'est condition de n'en point chasser la raison et de songer l'avenir autant qu'au prsent1 aux enfants autant qu' soi-mme4 ,pourquoi faut-il que beaucoup de jeunes filles soient leves et entretenues dans cette ide que l'poux est fait pour leur donner la flicit1 que leur batitude dpend d'un homme1 et que celui-ci doit runir cette fin toutes sortes de mrites introuvables8 ,avec les qualits qu'on exige du mari rv1 un dieu ne serait pas capable de faire un poux sortable4 ,quand les femmes se persuaderont-elles qu'on ne ralise point volont le bonheur de qui que ce soit1 mme en l'aimant de tout son coeur1 pour cette bonne raison que notre bonheur vient de nous-mmes beaucoup plus que des autres8 ,en ralit1 il n'est pas de mnage qui n'ait1--un peu plus tt ou un peu plus tard1--ses proccupations1 ses tourments1 ses preuves4 ,les meilleurs poux ne sont maris vritablement qu'aprs plusieurs annes de vie commune1 non exempte de froissements d'amour-propre4 ,les prmisses du mariage sont un trompe-l'oeil2 la lgendaire lune de miel n'est qu'une comdie galante qu'on se joue l'un l'autre4 ,l'harmonie de deux mes ne s'improvise point4 ,on peut s'aimer ds la premire rencontre2 on ne s'accorde qu' la longue4 ,le coup de foudre peut rapprocher les coeurs2 il ne fond point les caractres4 ,l'unisson suppose un stage de concessions rciproques et de bienveillante condescendance4 ,cela tant1 est-ce trop dire que peu de mnages se condamneraient aux obligations du support mutuel1 s'ils pouvaient1 tout instant1 sortir du mariage par une porte largement ouverte sur le monde8 ,en tout cas1 se croire et se sentir lis pour la vie1 il leur est plus facile de se plier aux devoirs de leur condition et d'acheter1 au prix de quelques sacrifices pralables1 un peu de paix et de bonheur pour l'avenir4 ,voici1 par exemple1 une mre de famille entendue tous les soins domestiques1 applique l'administration de son intrieur1 tenant son rang avec dignit1 sans effacement ni ostentation1 respecte de tous et faisant honneur son mari4 ,aux premiers temps de sa vie nouvelle1 il lui est peut-tre chapp dans l'ombre1 sinon des larmes1 du moins bien des soupirs4 ,mais mesure que s'coulent les jours et les annes1 mesure que se forment plus de liens et que se nouent plus d'obligations1 son me s'ouvre mieux la vritable conception des devoirs de ce monde2 et pendant qu'elle se dpense pour le bonheur des siens et court1 vigilante et affaire1 d'un berceau l'autre1 elle se dit que les petites pensionnaires sont folles qui rvent la vie tout en bleu ou tout en rose2 que le seul moyen de couper court aux vaines imaginations1 c'est de remplir simplement son devoir1 et qu'on fait son bonheur sur la terre moins en cherchant sa flicit propre qu'en travaillant activement celle des autres4 ,a ce propos1 parlons un instant de la femme intelligente marie un mari vulgaire4 ,c'est l'histoire de ,mme ,bovary2 et ce que le chef-d'oeuvre de ,flaubert a suscit de tentations dans l'me aigrie des femmes qui se jugent suprieures leur mari1 les confesseurs pourraient seuls le dire6 ,afin de se librer du contact journalier d'un lourdaud stupide1 l'ide est venue plus d'une fois ces vaniteuses de rompre leur chane1 de fuir le foyer1 d'abandonner les enfants4 ,puis la crise de rvolte passe1 quand la raison et la sagesse ont repris le dessus1 quand l'esprit de devoir l'a emport1 ,dieu aidant1 sur l'esprit d'orgueil1 elles se sont apaises1 assagies1 et elles sont restes la maison1 l'me triste1 mais soumise et rsigne4 ,croyez-vous donc que1 sans le lien matrimonial1 elles ne seraient pas parties1 prfrant le libre amour la vulgarit du devoir quotidien8 ,supprimez l'attache lgale1 et les poux rendus leurs passions1 leurs caprices1 leurs faiblesses1 se disperseront comme une gerbe dlie au premier vent d'orage4 ,et ce que je dis de la femme suprieure son mari1 je le dis pareillement du mari suprieur sa femme4 ,ce second cas n'est pas plus rare que le premier4 ,croyez-vous que cet homme ne sente point1 par instants1 une furieuse envie de rompre les entraves d'une communaut pnible8 ,heureusement les attaches conjugales le retiennent2 puis l'habitude l'apaise1 le berce1 l'endort4 ,et finalement1 les enfants ont le bonheur de grandir entre le pre et la mre4 ,en vrit1 je le rpte1 il n'est peut-tre pas un seul mnage1 si bien assorti qu'on le suppose1 qui1 de certains moments de contradiction et de mauvaise humeur1 n'ait souhait de revenir en arrire1 regimbant sous le frein qui le lie4 ,mais on s'est fait lentement l'un l'autre4 ,aux frottements de la vie commune1 les asprits se sont mousses4 ,et peu peu le mariage a rapproch1 uni1 ml1 fondu si compltement les deux units conjugales que1 si diffrentes qu'elles fussent l'une de l'autre1 elles ont fini par s'entendre1 se concilier1 s'harmoniser4 ,la paix est faite4 ,quelque chose est pass de ,lui en ,elle et d',elle en ,lui4 ,ils ne peuvent plus se dprendre1 se dtacher sans souffrance4 ,cette fois ils sont bien maris4 ,et la socit compte une assise de plus3 voil le grand bienfait social du mariage6 ,et maintenant1 un temps viendra-t-il o les unions conjugales se formeront par pure affection1 sans alliage d'orgueil1 de caprice1 d'gosme ou d'intrt8 ,les mnages de colombes deviendront-ils une rgle sans exception8 ,tourtereaux et tourterelles construiront-ils leurs nids sans le moindre calcul d'ambition1 sans aucune proccupation d'argent1 sans nul souci du lendemain8 ,l'humanit est-elle destine roucouler unanimement8 ,il n'en cote rien de l'esprer4 ,ce jour-l seulement on pourra1 sans inconvnient1 manciper la foi conjugale de toutes les chanes de sret que les traditions1 les moeurs et les lois ont forges entre les poux4 ,plus de conjoints1 tous amants6 ,on verra mme bientt que des hommes presss1 qui sont tout miel et tout amour1--j'ai suffisamment dsign les anarchistes et les socialistes1--voudraient ds maintenant librer les poux de tout assujettissement respectif2 car il faut bien reconnatre que l'humanit mettra quelque temps s'lever l'idale perfection dont nous parlions tout l'heure4 ,ces messieurs apprhendent qu' serrer si fortement le lien civil des mariages1 on ne brise le lien spontan des libres affections1 et qu'en appesantissant sur nos paules le joug des contraintes lgales1 on affaiblisse en nous l'attraction mystrieuse des mes4 ,n'ayons cure de ces tendres scrupules4 ,l'amour vrai ne souffre point des prcautions prises pour en assurer la continuit4 ,il est invitable qu'une socit civilise prenne des garanties en faveur des enfants et1 pour cela1 qu'elle mette chaque couple en garde contre lui-mme1 protgeant ainsi le mari et la femme contre l'inconstance et la fragilit de leurs propres sentiments4 ,oui1 les sanctions lgales et religieuses sont l'aveu de notre faiblesse1 le soutien de notre infirmit2 et tant que les pauvres humains resteront ce qu'ils sont1 faillibles1 capricieux et volages1 il sera de ncessit sociale de mettre un peu chaque mnage sous les verrous4 ,attendons patiemment qu'ils soient devenus parfaits pour dmolir les serrures4 ,,chapitre ,,ii ,la rforme du mariage ,,sommaire ,i4--,r,,criminations ,f,,ministes ,,contre ,,les ,,moeurs ,,et ,,contre ,,les ,,lois4--,,sont-,,elles ,,fond,,es8--,,la ,,loi ,,de ,l',,homme4--,,exag,,rations ,,dramatiques4 ,,ii4--,,jugement ,,port ,,sur ,l',,oeuvre ,,du ,,code ,,civil4--,s',,il ,,faut ,,la ,d,,truire ,,ou ,,la ,,perfectionner4--,,am,,liorations ,d,,sirables4 ,,iii4--,,entraves ,,excessives4--,,ce ,,que ,,doit ,,tre ,l',,intervention ,,des ,,parents4--,,sommations ,,dites ,,respectueuses4--,,mariages ,,improvis,s4--,,fian,,ailles ,,trop ,,courtes4 ,,iv4--,,une ,,proposition ,,extravagante4--,,le ,,concubinat ,l,,gal4 ,il est d'habitude chez les fministes de rcriminer amrement contre le mariage4 ,leurs dolances sont de fait et de droit2 elles accusent la fois les moeurs et les lois4 ,nous les suivrons dans cette double argumentation lamentable4 ,i ,l'histoire du mariage n'est1 parat-il1 que le martyrologe des femmes4 ,quoi de plus navrant que la vie d'une femme malheureuse en mnage8 ,elle s'est marie par coquetterie ou par amour1 sduite par le brillant avenir d'un esprit fort ou seulement par l'lgance soigne d'un joli garon4 ,son ignorance du monde ne lui permettait point d'apercevoir l'insignifiance de l'un ou l'gosme de l'autre2 et elle s'est laiss prendre au miel des paroles caressantes et des prvenances attentives4 ,et une fois le mariage consomm1 l'amoureux a disparu et le matre est rest4 ,plus de tendres propos1 plus de douces fleurettes4 ,et aprs les dsenchantements du coeur et les angoisses de la maternit1 sont venus les soucis journaliers d'une vie mdiocre1 les regrets de l'indpendance perdue1 les calculs troits du mnage1 mille combinaisons laborieuses pour faire durer la livre de beurre un jour de plus ou payer la viande et le sucre quelques sous de moins4 ,et la frache beaut de la jeune marie s'en est alle et1 avec elle1 la paix1 le contentement et la gaiet4 ,qu'opposerons-nous ce triste tableau1 sinon qu'il serait injuste d'en conclure que tous les maris sont des tigres ou des nes8 ,on doit se dire1 aprs tout1 que les femmes mal maries ne sont pas la majorit1 mme en ,france2 que l'homme n'est pas toujours le tyran et qu'il est souvent la victime2 que le cas n'est pas rare o la frivolit prodigue et la scheresse cruelle d'une femme ont bris et avili toute une existence masculine2 qu'ils sont nombreux les commerants1 les employs1 les fonctionnaires que pressent et assigent les inquitudes et les soucis du mnage soutenir et du budget quilibrer2 bref1 que la loi du travail s'impose l'homme comme la femme et que1 pour mieux en supporter l'crasant fardeau1 il n'est que d'associer leurs vies et d'unir leurs forces et leurs dvouements4 ,s'il y a des femmes malheureuses1 il y a des maris qui souffrent tout autant4 ,a qui la faute8 ,ces poux mal assortis devaient s'unir avec plus de circonspection4 ,vous en parlez d'un coeur lger1 me dira-t-on4 ,vous oubliez que les infortunes de la femme sont aggraves et sanctionnes par les lois4 ,les hommes ayant fait le ,code de leur seule autorit1 il est invitable qu'ils l'aient conu et fabriqu leur seul avantage4 ,au vrai1 le ,code ,napolon n'est pas la loi1 mais leur loi4 ,rappelons-nous1 en effet1 la ,loi de l'homme1 cette pice de ,m4 ,paul ,hervieu qui a remport un si beau succs auprs des dames3 on ne saurait trouver un exemple plus curieux des ingalits et des injustices accumules contre la femme par notre lgislation draconienne4 ,toute pouse qui n'a pas en main les preuves flagrantes et brutales requises pour assurer le divorce1 est absolument dsarme4 ,que si1 n'coutant que sa dignit1 elle se rsigne une sparation amiable1 le mari peut s'y opposer et la contraindre au besoin rintgrer le domicile conjugal4 ,donne-t-il son consentement3 dfaut d'un contrat prudent1 l'pouse qui s'loigne n'a aucun moyen de reprendre sa dot4 ,et enfin1 quand il s'agira de marier les enfants ns de cette triste union1 en cas de dissentiment entre les poux spars de fait et non de droit1 l'acquiescement du pre l'emportera sur le refus de la mre4 ,telles sont les infamies1 nous dit-on1 qui se peuvent commettre sous le couvert de la loi de l'homme1 en un sicle qui se vante de sa civilisation4 ,le ,code franais livre la femme au mari pieds et poings lis4 ,et l'on prtend que le sexe fort ne s'est pas taill la part du lion8 ,nous rpondrons que1 n'en dplaise aux mes dramatiques1 tout cet assemblage d'normits est accidentel et systmatique4 ,qu' la rigueur1 une femme dsole de s'tre mal marie ou une fille navre de ne point l'tre1 s'en prenne aux lois et la socit1 la premire du mauvais mnage qu'elle a fait1 la seconde du bon mnage qu'elle aurait pu faire3 rien de plus naturel4 ,au lieu de s'accuser soi-mme1 il est bien plus simple d'accuser tout le monde4 ,seulement1 dans la vie relle1 ces cas sont de pures anomalies4 ,ce n'est point par les accidents qu'il faut juger d'une loi1 mais par les situations communes et normales4 ,rien de plus simple et de plus injuste que d'imaginer des exceptions cruelles qui rvoltent les coeurs tendres4 ,et puis1 renversez les rles1 donnez l'pouse la totalit des droits qui appartiennent prsentement l'poux3 la tyrannie n'aura fait que changer de tte4 ,comme l'a dit ,m4 ,brunetire ,m4 ,paul ,hervieu lui-mme1 si la ,loi de la ,femme se substituait la ,loi de l',homme1 que croyez-vous qu'il y et de chang dans le monde#hd8 ,note #hd3 ,rponse au discours de rception de ,m4 ,paul ,hervieu l',acadmie franaise4 ,,ii ,en ralit1 notre ,code civil ne mrite ni la colre des uns1 ni l'admiration des autres4 ,nous croyons mme qu'il occupera dans l'histoire de la condition fminine un rang honorable4 ,avant lui1 certains vieux auteurs poussaient la rudesse masculine jusqu' dclarer la femme battable1 mais pour un juste motif et condition de ne point l'estropier4 ,en maintes coutumes1 l'exhrdation des filles tait partielle ou totale4 ,d'ordinaire1 les soeurs n'taient point admises partager l'hritage paternel avec leurs frres4 ,dans le droit fodal1 la noblesse n'admettait pas qu'aux enfants1 qui avaient mme part dans leur affection1 les parents pussent laisser mme part dans leur succession4 ,les mles taient privilgis4 'a t une des meilleures inspirations du ,code de gnraliser l'galit roturire et de reconnatre aux filles1 comme aux garons1 la plnitude de la capacit hrditaire1 en n'accordant toutefois l'un ou l'autre poux survivant1 mari ou femme1 qu'une vocation subalterne que la loi du #i mars #ahia a justement amliore4 ,en tout cas1 notre lgislation successorale a tenu la balance gale entre les deux sexes4 ,la loi rparatrice1 que nous venons de citer1 a mme eu pour objet d'empcher la veuve d'tre plonge dans la misre par la mort du mari qui lui assurait1 de son vivant1 le luxe ou l'aisance4 ,ce n'est pas une raison de soutenir que notre vieux ,code civil est un monument intangible4 ,nous avons dj reconnu que1 dans les relations respectives des poux1 il a exagr les pouvoirs du mari sur la personne et sur les biens de la femme4 ,ses rdacteurs n'ont point chapp l'esprit de l'poque et l'influence de ,napolon1 qui affirmait cavalirement que la femme est la proprit1 de l'homme comme l'arbre fruits est celle du jardinier4 ,a ces exagrations de pouvoir1 nous avons propos d'importantes restrictions1 convaincu que la civilisation d'un peuple se mesure au degr de justice et d'humanit dont la loi des hommes entoure la condition des femmes4 ,l ou la faiblesse est une cause de dchance1 on peut tre sr que le lgislateur1 touffant le cri de la piti1 n'a obi qu' son gosme2 ce qui revient dire que l o la femme est mprise1 l'homme lui-mme est mprisable4 ,rappelez-vous1 disait ,fouch ,mme ,rcamier1 qu'il faut tre douce quand on est faible4--,et qu'il faut tre juste quand on est fort1 rpliqua celle-ci4 ,ces deux paroles mritent de vivre dans la mmoire des hommes et des femmes4 ,investis de fonctions galement ncessaires l'espce1 les poux doivent jouir1 non pas de prrogatives identiques qui engendreraient la confusion1 mais de droits quivalents qui assurent l'ordre dans la famille en donnant satisfaction l'quit4 ,point d'galit niveleuse1 mais une juste prquation4 ,certains fministes1 hlas6 n'y songent gure4 ,en #ahif1 dans son assemble gnrale annuelle1 la ,ligue pour le ,droit des femmes avait discut les divers modes de contrats de mariage1 et ,mme ,pognon1 qui prsidait1 venait de formuler ainsi la conclusion3 ,le ,code est mauvais2 donc il faut le brler et en refaire un autre4--,non pas1 rclama un assistant4 ,il faut le brler et ne point le refaire4 ,et la sance fut leve sur cette parole anarchique4 ,il n'est donc pas superflu de recommander aux femmes de rester femmes1 de ne point modifier1 dformer1 dnaturer leur sexe par des nouveauts malsantes1 mais de s'appliquer simplement amliorer le sort de celles qui peuvent souffrir d'une lgislation quelque peu vieillie1 en corrigeant1 en amendant1 en compltant le ,code civil1 au lieu de le jeter au feu avec de grands gestes et de grandes phrases4 ,signalons ce propos l'existence d'un fminisme matrimonial dont les vues sont dignes d'approbation4 ,mme ,clotilde ,dissard en a fort bien exprim l'esprit dans la ,revue fministe3 ,nous pensons que la vritable unit sociale1 c'est le couple humain4 ,l'idal que nous poursuivons1 c'est l'organisation plus parfaite1 plus acheve de la famille1 la coopration plus harmonieuse de l'homme et de la femme l'oeuvre commune1 la division des fonctions suivant les aptitudes de chaque sexe1 naturelles ou acquises par l'ducation4 ,nous tcherons de ne point oublier ce principe en tudiant les droits et les devoirs respectifs des poux4 ,,iii ,lorsqu'une institution n'est plus d'accord avec les moeurs1 il faut1 de toute ncessit1 ou rformer les moeurs ou modifier l'institution4 ,recherchons d'abord les modifications susceptibles de rajeunir le vieux mariage monogame1 quitte rechercher1 en finissant1 si la rforme morale ne serait pas plus dsirable et plus efficace que la rforme lgale4 ,on se plaint de ce que certains mariages se concluent trop laborieusement1 et que d'autres1--les plus nombreux1--s'improvisent trop lgrement3 deux griefs qui ne manquent point de gravit4 ,on parle surtout de multiplier les facilits de se marier4 ,vous savez de quelles prcautions la bourgeoisie franaise entoure le mariage de ses enfants4 ,il ne suffit point qu'un jeune homme et une jeune fille s'agrent mutuellement pour que l'union se fasse sans plus de crmonie2 il faut encore que les convenances de la famille soient satisfaites4 ,et celle-ci pse avec soin les situations1 les fortunes1 les esprances1 non moins que les qualits et les inclinations des personnes en cause4 ,chez nous1 la jeune fille est l'objet de la sollicitude inquite et jalouse de ses parents4 ,ne convient-il pas de la protger contre les pouseurs avides qui rdent sournoisement autour du cher trsor8 ,rien de pareil en ,amrique1 du moins dans les classes moyennes4 ,jeunes gens et jeunes filles se frquentent librement pour mieux se connatre2 et comme ils n'ignorent rien de la vie1 la famille ne se mle pas de leurs petites affaires de coeur4 ,point de dot d'ailleurs la charge des parents qui1 ayant moins d'obligations envers leurs enfants1 sont moins tents de les accabler de leur sollicitude4 ,c'est pourquoi le mariage est une opration toute simple qui ne regarde gure que les intresss4 ,on ne se dit pas qu'une fois marie1 l',amricaine renonce difficilement ses habitudes de club et de libre mouvement pour se vouer modestement aux soins du mnage4 ,indpendante elle reste aprs comme avant1 malgr le sacrement4 ,la vie domestique lui pse4 ,l'ouvrire elle-mme1 au dire de ,mme ,bentzon1 exige de son mari qu'il s'occupe du baby4 ,mais1 sans s'inquiter de savoir si la ,franaise mancipe copiera les gestes de ce joli modle1 on nous propose de librer les justes noces des autorisations svres qui en dfendent l'accs4 ,un dput en soutane1 le bon abb ,lemire1--dsireux d'amener au mariage un plus grand nombre de jeunes gens que les facilits de l'amour libre entranent trop souvent vers les unions irrgulires1--s'emploie de son mieux aplanir les obstacles et monder les formalits qui encombrent la crmonie nuptiale4 ,a quoi l'on pourrait objecter que1 si complaisante que soit la loi1 le mariage ne sera jamais aussi facile que le concubinage4 ,ceux qui aiment leurs aises rpugneront toujours se lier pour la vie1 ft-ce avec accompagnement d'encens1 de fleurs et de musique4 ,il ne faut pas1 videmment1 que la clbration des unions lgitimes soit hrisse de conditions trop difficultueuses4 ,par contre1 diminuer toutes les garanties de sagesse et de rflexion1 on ne fera peut-tre que permettre aux emballs de commettre plus facilement des sottises4 ,la fondation d'une famille est un acte plus grave qu'une amourette4 ,on ne saurait trop y rflchir avant1 si l'on ne veut pas trop le regretter aprs4 ,et les parents1 qui ont charge d'mes1 ont bien le droit de dire leur mot en cette affaire4 ,pour favoriser le mariage1 gardons-nous d'affaiblir l'esprit de famille4 ,ces rserves faites1 nous reconnaissons volontiers que l'influence des parents gagnerait s'interposer adroitement1 sous forme d'observations affectueuses et insinuantes4 ,la jeunesse est plus touche d'une remontrance douce et tendre que d'une injonction tranchante et vexatoire4 ,notre loi franaise s'est-elle conforme ces vues conciliantes et diplomatiques8 ,dans l'article #adh1 qui est toujours en vigueur1 le ,code civil dispose que le fils qui n'a pas atteint l'ge de vingt-cinq ans et la fille qui n'a pas atteint l'ge de vingt et un ans accomplis1 ne peuvent contracter mariage sans le consentement de leurs pre et mre4 ,et l'ancien texte des articles #aea et #aeb ajoutait que1 depuis la majorit fixe par l'article #adh jusqu' l'ge de trente ans pour les fils et de vingt-cinq ans accomplis pour les filles1 l'assentiment des pre et mre doit tre sollicit par trois actes respectueux renouvels successivement de mois en mois4 ,on voit que le ,code ,napolon a pris soin d'dicter des mesures de protection plus longues pour les garons que pour les filles1 par apprhension probable 7 l'injurieuse ingalit67 de la coquetterie et de la sduction dangereuses du sexe fminin4 ,nous n'hsitons pas reconnatre que ces formalits prventives taient vritablement trop svres et trop minutieuses4 ,la sagesse et l'habilet font une loi aux parents 7nous y insistons7 de n'exercer leur autorit que sous forme d'avis et de conseils4 ,dans les affaires de coeur1 la persuasion vaut mieux que la contrainte4 ,lorsque l'opposition des pre et mre va jusqu'au veto impratif1 l'exprience dmontre qu'elle fait plus de mal que de bien4 ,rien de plus pnible surtout que ces sommations ironiquement dnommes respectueuses1 qui quivalent une dclaration de guerre et n'ajournent la rupture que pour la rendre dfinitive4 ,pourquoi ne pas les supprimer8 ,la loi du #bj juin #ahif n'est pas alle jusque-l4 ,des trois actes respectueux1 elle a maintenu le premier2 et le nouvel article #aea stipule qu'un mois aprs1 il pourra tre pass outre au mariage4 ,la mme loi de #ahif a introduit1 par ailleurs1 d'heureuses simplifications4 ,on n'ignore point que la multiplicit des formalits exiges la mairie1 la ncessit des papiers produire et des dmarches et des publications faire1 crent1 surtout pour la jeune fille du peuple et son fianc1 des difficults inextricables dont ils trouvent plus simple de sortir en se passant du maire et du cur4 ,les membres de la ,socit de ,saint-,franois ,rgis1 qui s'occupe du mariage des indigents1 en savent quelque chose3 simplifier les formalits lgales1 c'est supprimer une des causes du concubinage4 ,notre lgislation matrimoniale a t faite pour la classe moyenne beaucoup plus que pour la classe pauvre4 ,dans le peuple1 o l'on fait moins de faons pour se mettre en mnage1 il est bon que le mariage soit facilement accessible4 ,pour les ouvriers et les ouvrires1 dont la plupart des parents ne s'occupent gure1 la production de certaines pices est souvent gnante ou impossible4 ,la loi du #bj juin #ahif a restreint les exigences formalistes du ,code1 en diminuant les actes fournir pour le cas frquent du prdcs des ascendants4 ,ces simplifications ne sont pas du got de tout le monde4 ,qu'on les multiplie1 nous dit-on1 et nos enfants se marieront la lgre6--,a quoi je rpliquerai que l'intervention imprieuse des parents n'est pas toujours1 hlas6 une garantie de clairvoyance et de rflexion4 ,dans la bourgeoisie1 le mal vient surtout de ce que les fianailles d'aujourd'hui ne sont plus dignes de ce nom4 ,la priode en est trop courte4 ,rarement la jeune fille est mise mme de choisir en pleine indpendance d'esprit1 en pleine connaissance de cause4 ,on la marie htivement4 ,et pourtant1 plus de prudence avant assurerait plus de constance aprs4 ,et aussi plus de libert consciente de la part de la fiance entranerait plus de reconnaissance affectueuse de la part du fianc4 ,sans doute1 il ne faut pas se flatter de supprimer tous les accidents conjugaux4 ,mais faisons-nous bien tout ce qu'il faut pour les rduire au minimum8 ,que d'unions improvises6 ,que de mariages bcls6 ,ce ne sont pas les visites aux parents1 au notaire1 au tapissier1 qui permettent aux fiancs de s'tudier et de se connatre4 ,en fait1 quand arrive le jour des noces1 trop d'poux s'ignorent l'un l'autre4 ,et que de femmes en ont souffert6 ,pourquoi s'tonner que des protestations s'lvent de toutes parts contre cet usage draisonnable de notre socit franaise1 qui clotre et isole nos demoiselles marier1 et abrge1 autant que possible1 la prface si charmante et si instructive des fianailles8 ,je ne puis qu'admirer une jeune fille qui1 mettant le bonheur dans le devoir1 dans la noblesse de la vie1 dans les vraies affections1--car il n'est que l6--nourrit la prtention de se marier son gr1 c'est--dire d'pouser l'homme de son choix1 et veut tre aime pour sa personne et non pour son argent1 comme elle entend aimer son mari pour lui-mme et non pour sa situation4 ,c'est une tte romanesque1 diront les gens pratiques4--,mon ,dieu6 les mes leves et tendres ont presque toujours un grain de posie--ou de folie1 comme on voudra4 ,o est la femme gnreuse et fire qui ne soit un peu romanesque8 ,une jeune fille sentimentale n'est pas ncessairement chimrique4 ,elle veut un homme son got3 c'est son droit4 ,donnons-lui donc le moyen de le choisir et le temps de l'tudier1 et pour cela prolongeons les fianailles1 qui sont le prologue ncessaire des mariages srieux4 ,,iv ,ces retouches et ces corrections ne suffisent point l'esprit novateur qui tourmente ou affole un trop grand nombre de nos contemporains4 ,c'est ainsi que des hommes ont rclam la cration d'un concubinat lgal4 ,il faut dire quelques mots de cette trange proposition4 ,et d'abord1 on a parl de crer ct du mariage1 pour ceux qui trouvent cette union trop rigide et trop gnante1 une sorte d'union parallle1 un type lgal plus simple et plus souple1 quelque chose comme l'ancien concubinat des ,romains4 ,on se flatte1 par cette restauration d'une institution paenne1 de rgulariser1 de lgaliser1 de relever dans l'opinion publique1 le concubinage mal fam qui fleurit dans l'atmosphre malsaine des mauvaises moeurs parisiennes4 ,disons tout de suite que cette exprience n'a pas tourn prcisment l'honneur de l'ancienne ,rome4 ,puis1 la reconstitution de cette espce de sous-mariage ne me parat pas d'esprit trs dmocratique4 ,fractionner l'institution conjugale1 c'est appeler forcment la comparaison entre le mariage d'en haut et le mariage d'en bas4 ,les ,romains n'ont jamais trait avec la mme faveur la concubine et la matrone4 ,il y aura le mariage des honntes gens et celui des autres4 ,enfin quoi bon investir ce dernier d'une sanction lgale8 ,nous savons le peu de considration dont le faux mnage est entour3 on le tolre1 on le plaint1 beaucoup lui jettent l'anathme4 ,a coup sr1 ce n'est pas l'estampille de l'tat qui le rhabilitera dans l'esprit des ,franais4 ,j'estime pourtant que1 parmi ces unions irrgulires1 contractes sans l'intervention des autorits religieuse et civile1 il en est qui mritent le respect4 ,de longues annes de vie commune et de fidlit rciproque ont li si fortement ces unions libres1 qu'il ne leur manque plus que le sceau officiel du mariage lgal4 ,mais alors ces faux mnages auraient tort de se plaindre des privilges attachs l'union rgulire4 ,libre eux d'en solliciter la conscration4 ,pourquoi refuseraient-ils d'lever leurs enfants naturels la dignit d'enfants lgitimes8 ,pourquoi hsiteraient-ils se reconnatre pour mari et femme devant le reprsentant de la loi8 ,de deux choses l'une3 si le mariage leur fait envie1 qu'ils se marient4 ,le mariage civil n'a rien qui puisse effrayer une conscience incrdule4 ,que si1 au contraire1 le mariage leur rpugne1 rien ne les force s'unir devant ,m4 le ,maire4 ,accessible tous1 le mariage n'est obligatoire pour personne4 ,les rcriminations des mcontents n'ont donc pas la moindre raison d'tre4 ,cherchons autre chose4 ,,chapitre ,,iii ,du devoir de fidlit et des sanctions de l'adultre ,,sommaire ,i4--,r,,le ,,de ,l',,glise ,,et ,,de ,l',,tat4--,,mariage ,,civil ,,et ,,mariage ,,religieux4--,,qu',,est-,,ce ,,que ,l',,union ,,libre8 ,,ii4--,,ce ,,qu',,il ,,faut ,,penser ,,du ,,devoir ,,de ,,fid,,lit4--,r,,pression ,,du ,d,,lit ,d',,adult,,re3 ,,in,,galit ,,de ,,traitement ,,au ,,pr,,judice ,,de ,,la ,,femme ,,et ,l',,avantage ,,du ,,mari4--,,th,,orie ,,des ,,deux ,,morales4 ,,iii4--,,identit ,,des ,,fautes ,,selon ,,la ,,conscience4--,,cons,,quences ,,sociales ,,diff,,rentes4--,,convient-,,il ,d',,galiser ,,les ,,peines8 ,,iv4--,a ,,propos ,,de ,l',,article #cbd4--,s',,il ,,est ,,vrai ,,que ,,le ,,mari ,,puisse ,,tuer ,,impun,,ment ,,la ,,femme ,,adult,,re4--,,suppression ,d,,sirable ,,de ,l',,excuse ,,dict,e ,,au ,,profit ,,du ,,mari4 ,v4--,,autres ,,modifications ,p,,nales ,,en ,,faveur ,,de ,,la ,,jeune ,,fille ,,du ,,peuple4--,,la ,,question ,,de ,,la ,,prostitution4--,r,,forme ,l,,gale ,,et ,r,,forme ,,morale4 ,i ,une fois l'union dcide et toutes ses conditions de validit remplies1 l'glise et l'tat ne doivent apporter sa clbration ni entraves ni lenteurs4 ,la solennit du mariage civil et religieux gagnerait mme tre plus simple1 plus recueillie1 plus galitaire4 ,le prtre et le maire ne sont1 aprs tout1 que des tmoins enregistreurs4 ,les thologiens n'enseignent-ils pas que les futurs poux s'administrent l'un l'autre le sacrement de mariage1 en changeant devant l'autel l'expression publique de leur consentement irrvocable8 ,a ce compte1 le prtre1 qui bnit les maris1 ne noue pas de ses mains les liens conjugaux3 il en proclame seulement1 au nom du ,christ1 l'inviolabilit et l'indissolubilit2 il reoit et atteste les promesses changes2 il solennise et sanctifie le pacte conclu4 ,mme rle extrinsque de la part du reprsentant de l'tat4 ,il sanctionne la volont qu'on lui dclare2 il consacre l'engagement qu'il reoit2 il rgularise1 il lgalise1 il socialise 7c'est le mot propre7 le mariage consenti par les poux4 ,l'union civile--comme l'union religieuse1 d'ailleurs1--est une garantie prise par la socit contre la faiblesse et l'inconstance humaines1 en vue de la consolidation de la famille et de la filiation des enfants4 ,de l deux consquences fort importantes3 d'une part1 l'tat ne peut s'abstenir d'interposer son autorit dans la lgislation des mariages2 et d'autre part1 cette intervention de la puissance publique n'est obligatoire pour personne4 ,que l'tat ne puisse se dsintresser du mariage sans abdiquer le premier de ses devoirs sociaux1 c'est ce qui clate aux yeux de tous ceux qui tiennent le foyer familial pour le nid de l'enfant1 pour le vritable berceau de l'humanit1 pour la pierre angulaire de l'difice social4 ,on peut trouver qu' cette intervention l'tat met trop de formes et trop de temps2 on peut souhaiter qu' la clbration devant le maire il substitue quelque dclaration prcise1 reue et authentique par l'officier de l'tat civil1 dans le genre des dclarations de naissance et de dcs2 mais on ne saurait supprimer la lgalisation1 la socialisation des mariages1 sans jeter l'incertitude et la confusion dans la constitution des familles1 ce qui est le plus grand mal social qui se puisse imaginer4 ,si1 en revanche1 deux tres veulent s'unir sans l'assistance de l'tat--ou de l'glise1--c'est leur droit4 ,les maris ne vont point demander au maire la permission de se marier4 ,libre eux de lgaliser1 ou non1 leur union devant l'autorit civile2 libre eux de solenniser1 ou non1 leur union devant le prtre1 le pasteur ou le rabbin3 sauf supporter1 eux et leurs enfants1 toutes les consquences sociales de leur abstention4 ,l'amour est libre4 ,que veulent donc les partisans de l' union libre8 ,faire du libre amour une rgle normale1 alors qu'il n'est prsentement qu'une exception assez mal vue1 une condition irrgulire qui ne va pas sans discrdit1 sans infriorit1 aux yeux de l'opinion et de la loi1 puisque les amants sont fltris du nom de concubins et leurs enfants naturels placs au-dessous des enfants lgitimes4 ,l'union libre est donc la ngation du mariage lgal4 ,dans cette doctrine1 l'tat n'a rien voir dans le rapprochement des sexes4 ,que les gens se marient l'glise1 au temple ou la synagogue1 si le coeur leur en dit1 ces singeries sont sans consquence2 car il est esprer que le progrs des lumires triomphera aisment des prjugs stupides et des superstitions aveugles4 ,mais la puissance publique ne doit pas appliquer aux choses du coeur son appareil coercitif4 ,songez donc3 rglementer l'amour1 c'est le tuer4 ,la scularisation du mariage1 dont tant de libres-penseurs se flicitent1 n'a fait qu'aggraver l'asservissement des maris1 en alourdissant leurs chanes de tout le poids des sanctions lgales4 ,il est urgent de les briser4 ,plus de procdure pour s'unir1 plus de procdure pour se dsunir4 ,toutes les consquences juridiques du mariage civil doivent disparatre1--et le devoir de soumission de la part de la femme1 et le devoir de protection de la part de l'homme1 et le devoir de fidlit que le ,code impose l'un et l'autre4 ,plus d'obligations1 plus de pnalits1 plus de chanes1 plus de verrous4 ,tous les enfants seront naturels4 ,cessant d'tre un dlit1 l'adultre cessera d'tre punissable4 ,et l'union des parents1 libre de toute contrainte sociale1 durera ce que dure l'amour1 ce que dure l'immortelle ou la rose1 l'espace d'une vie ou d'un matin4 ,laissez faire l'instinct2 laissez faire la nature4 ,pour tre heureux1 le commerce des sexes ne veut point d'entraves4 ,on voit que l'union libre est une application imprvue du libre-change4 ,,ii ,pour l'instant1 la premire condition du mariage monogame est la fidlit4 ,le ,christianisme en a fait un devoir de conscience pour les poux1 et les ,codes franais l'ont rige en obligation lgale qui comporte1 comme nous le verrons tout l'heure1 deux ordres de sanctions3 une sanction civile et une sanction pnale4 ,dans le systme de l'union libre1 au contraire1 l'adultre est considr comme la chose la plus logique et la plus naturelle du monde4 ,l'amour tant le seul lien des poux1 lorsque le coeur se refroidit et que l'indiffrence ou la satit l'envahit1 on se trompe1 on se quitte1 et tout est dit4 ,pour des amants aussi peu lis l'un l'autre1 la fidlit conjugale n'est pas gnante4 ,il faut mme avouer que le relchement des moeurs a introduit dans certains milieux les pires tolrances4 ,c'est pourquoi les sceptiques et les viveurs ne s'effraient plus gure du mariage4 ,ils le trouvent acceptable1 parce qu'il est frquemment irrgulier et que l'adultre en est devenu la soupape de sret4 ,ils chanteraient volontiers les bienfaits de l'infidlit respective des poux4 ,n'est-ce pas elle qui a fait du mariage1--surtout ,paris1--une simple courbette1 une convenance1 une formalit de dix-huitime importance et facilement ngligeable8 ,c'est le pote ,jean ,lorrain qui parle avec ce joyeux dtachement4 ,son ide est qu'il faut supprimer le mariage dans la capitale1 o l'on ne s'pouse plus1 et le conserver pour la province qui ne peut vivre que dans ce gupier4 ,en somme1 remarquent les mondains et les clibataires1 si le mariage rgne officiellement1 l'union libre nous gouverne officieusement4 ,est-ce donc une si terrible prison qu'une association qui1 bien que lgale et sacramentelle1 ouvre ses portes avec la plus extrme facilit8 ,en sort qui veut1 et quand il veut1 et comme il veut4 ,les mnages trois ou quatre sont des merveilles de condescendance mutuelle et de sociabilit charitable4 ,a quoi bon dmolir la ,bastille8 conclut d'un air narquois ,m4 mile ,gebhart2 le mariage n'est pas gnant#he4 ,note #he3 ,lettres cites par ,m4 ,joseph ,renaud1 op4 cit41 p4 #gi-hj4 ,tel n'est pas l'avis des femmes4 ,a les entendre1 toute la lgislation de l'adultre serait entache d'une monstrueuse partialit1 et1 de ce chef1 les risques que le mariage fait courir l'pouse seraient bien plus graves que ceux qu'il fait courir au mari4 ,que faut-il penser de ces dolances8 ,un examen sommaire de nos lois civiles et pnales nous permettra d'indiquer les ingalits commises1 les amliorations ralises et de peser finalement le pour et le contre des rformes proposes4 ,le ,code ,napolon dclare que les poux se doivent mutuellement fidlit4 ,et pourtant1 il n'y a pas longtemps que1 dans les procs en sparation de corps pour cause d'adultre1 la femme ne pouvait invoquer l'infidlit du mari que s'il avait install sa complice dans la maison commune1 sans que la mme restriction ft admise en faveur de l'pouse4 ,la loi du #bg juillet #ahhd1 corrigeant l'ancien article #bcj du ,code civil1 a rtabli l'galit civile entre les conjoints1 en dictant que la femme pourra demander le divorce pour l'adultre du mari1 sans plus exiger que celui-ci ait entretenu sa concubine au domicile conjugal4 ,et il en va de mme pour la sparation de corps4 ,mais si l'galit est rentre dans la loi civile1 l'ingalit persiste dans la loi criminelle4 ,en effet1 d'aprs les articles #ccg et #cci du ,code pnal1 les deux poux coupables du dlit d'adultre ne sont pas soumis la mme sanction1 la femme tant traite pour la mme faute plus svrement que le mari4 ,en cela1 on peut relever deux ingalits pour une3 ingalit dans les conditions du dlit1 puisque l'infidlit de la femme est punissable1 en quelque endroit qu'elle ait t commise et lors mme qu'elle serait reste l'tat de fait isol1--tandis que le mari1 qui manque la foi jure1 n'est incrimin qu'autant qu'il a entretenu des relations suivies avec sa complice et qu'il l'a introduite au foyer domestique2 ingalit dans la peine encourue1 puisque le mari n'est passible que d'une amende1 alors que la femme peut tre condamne la prison4 ,pourquoi cette double iniquit8 dira-t-on4 ,en admettant mme que l'adultre mrite une rpression pnale1 parce qu'il n'atteint pas seulement l'poux tromp1 mais aussi l'ordre familial insparable de l'ordre public1 il est incomprhensible que la loi distingue deux sortes d'adultre1 l'adultre de l'homme et l'adultre de la femme1 et qu'il chtie le second plus durement que le premier4 ,comme si les mmes devoirs ne comportaient pas les mmes sanctions6 ,notre ,code pnal admet-il donc deux morales8 ,voil bien1 dit-on1 cette lgislation botte et peronne1 dicte par les forts au dtriment des faibles6 ,,iii ,gardons-nous de toute exagration4 ,je suis de ceux qui pensent qu'au point de vue de la conscience1 ce qui est mal de la part de la femme l'est aussi de la part de l'homme1 et rciproquement4 ,j'estime qu'il n'y a point deux morales1 l'une pour le sexe faible1 l'autre pour le sexe fort1 ou1 plus clairement1 que la morale1 comme la justice1 doit tre la mme pour les deux moitis de l'humanit2 que ce qui est bien ou mal1 honnte ou malhonnte1 ne peut varier suivant les sexes2 que ce qui est faute pour l'un doit tre faute pour l'autre2 qu'en un mot1 comme l'a crit ,m4 ,jules ,bois1 il n'y a pas de pch exclusivement fminin4 ,une seule morale pour les deux sexes1 voil la vrit4 ,mais le monde est loin de l'accepter4 ,que de gens ont des trsors d'indulgence pour la femme mdisante1 coquette ou menteuse1 tandis que ces jolis dfauts sont tenus chez les hommes pour des vices dshonorants6 ,par contre1 toute faiblesse de coeur avoue ou affiche fait dchoir la femme marie et lui enlve le droit au respect et la considration1 tandis que l'homme bonnes fortunes se fait gloire de ses conqutes1 c'est--dire de sa dgradation4 ,cette double morale1 fort la mode dans les milieux mondains1 est un outrage la logique et l'honntet4 ,aussi n'hsitons-nous pas reconnatre que les conditions constitutives du dlit d'adultre devraient tre les mmes pour les deux poux1 l'introduction du complice dans la maison commune devenant1 pour l'un et pour l'autre1 une simple aggravation de l'offense commise4 ,mais si l'infraction la loi morale est aussi grave de la part de l'poux que de la part de l'pouse1 est-il galement vrai de dire que le dommage social et aussi le dommage individuel sont identiques1 soit que la femme trompe son mari1 soit que le mari trompe sa femme8 ,nous avons sur ce point des doutes et des scrupules4 ,ce n'est pas sans raison que le ,code pnal rprime ingalement l'adultre de l'un et l'adultre de l'autre4 ,en tout cas1 certains crivains fministes ont le plus grand tort de regarder l'adultre de la femme comme une faiblesse sans consquence4 ,n'admettant point l'identit des fonctions1 comment pourrions-nous admettre1 en deux situations dont les consquences diffrent1 l'identit des sanctions et l'identit des peines8 ,a quelque indulgence que l'on soit enclin1 il est bien difficile de ne pas traiter l'pouse infidle comme une sorte de voleuse domestique1 qui introduit un sang tranger dans la famille4 ,et d'autre part1 si l'adultre est1 devant la conscience1 un gal dlit pour les deux sexes1 est-il si difficile de soutenir que le prjudice domestique et la souffrance morale1 qui en proviennent1 psent plus douloureusement sur l'homme que sur la femme8 ,on va crier1 j'en suis sr1 l'gosme et la partialit4 ,il est naturel1 dira-t-on1 que le vigneron s'acharne dfendre sa vigne4 ,permettez3 je ne rclame aucun privilge masculin4 ,le mari qui trompe sa femme est aussi coupable1 moralement parlant1 que la femme qui trompe son mari4 ,mais il est de fait que la faute de celle-ci a des suites dommageables plus blessantes et plus irrparables que la faute de celui-l4 ,et cela tant1 on conoit que le lgislateur1 qui s'inspire plutt de l'intrt social que de la morale pure1 en ait tenu compte dans ses pnalits4 ,l'homme1 qui fait les lois1 crit ,m4 ,jean ,grave1 n'a eu garde d'oublier de les faire son avantage#hf4--;,il n'est point d'objection plus courante4 ,tous les jours les femmes nous accusent d'avoir confectionn les ,codes notre image et notre profit4 ,quelle ingratitude6 ,de par la loi civile1 l'poux assume la paternit des enfants ns au cours du mariage4 ,et cette obligation onreuse n'a pour fondement qu'un acte de foi aveugle en la fidlit de sa faillible moiti4 ,c'est une lettre de crdit qu'il endosse1 les yeux ferms1 quel que soit le nombre des chances2 un blanc-seing qu'il souscrit1 en se rservant seulement1 pour certains cas limitativement numrs par la loi1 le droit de dsavouer les abus trop criants que sa femme pourrait en faire4 ,de quel ct est la confiance8 ,note #hf3 l ,la ,socit future1 p4 #cch4 ,mais voyez la suite4 ,marie au dernier des hommes1 l'pouse la plus vertueuse n'est pas entoure seulement de la compassion1 de la sympathie et du respect des honntes gens2 elle a une assurance qui lui est la meilleure des consolations et la plus douce des joies3 elle peut se dire1 en embrassant ses enfants1 qu'ils sont vritablement siens1 parce qu'elle est sre qu'ils sont bien d'elle1 la chair de sa chair1 le sang de son sang1 l'me de son me4 ,a une infidle1 au contraire1 l'honnte homme1 en plus de toutes les drisions auxquelles il est en butte 7car le mari tromp n'est en notre socit que risible et ridicule71 est condamn douter de la lgitimit de sa postrit4 ,cet enfant qui porte son nom1 et dont la loi lui attribue la paternit1 est-il de lui ou d'un autre8 ,fond ou non1 ce soupon est pour une me droite la plus atroce des tortures4 ,et rien ne peut le dtruire4 ,toutes les protestations de la femme coupable sont impuissantes rendre la scurit de l'affection un coeur dans lequel un pareil doute est entr4 ,puisqu'elle a menti une fois toutes ses promesses1 pourquoi ne mentirait-elle pas encore et toujours8 ,et ce soupon cuisant risque de dtacher un pre de ses vritables enfants1 en brisant une une toutes les fibres de l'amour paternel4 ,d'un mot1 la femme adultre risque d'introduire l'enfant d'un autre parmi les enfants du mari4 ,et du mme coup l'unit de l'a famille est brise4 ,j'entends bien que la femme adultre n'et point failli sans le concours d'un homme dont elle est souvent la victime4 ,c'est l'vidence mme4 ,aussi le ,code pnal a-t-il fait preuve de clairvoyance et de sage raison en frappant plus svrement l'amant de l'pouse que la concubine du mari4 ,d'aprs l'article #cch1 le complice de la femme encourt une pnalit plus forte que la femme elle-mme4 ,et cela est juste2 car1 dans l'tat de nos moeurs1 le complice de la femme est presque toujours l'auteur de sa chute4 ,a l'inverse1 l'article #cci n'dicte aucune peine contre la complice du mari4 ,et cela encore est quitable1--la concubine1 que le mari a installe dans la maison conjugale1 n'tant le plus souvent qu'une fille sduite4 ,voil donc deux ingalits favorables au sexe fminin3 ne sont-elles pas la compensation des ingalits favorables l'homme8 ,somme toute1 l'adultre est un dlit social4 ,mais comme sa rpression ne va point sans bruit ni scandale1 la loi1 dans l'intrt des familles1 s'est dcharge du soin des poursuites sur l'poux offens2 et celui-ci n'en abuse point4 ,quant savoir si les pnalits encourues doivent tre les mmes pour l'un et pour l'autre des poux coupables1 nous consentirions finalement1 dans une pense de condescendance et d'union1 les galiser sous forme d'amende plutt que de prison1 bien qu'une peine plus svre puisse 7nous le maintenons7 se justifier contre la femme adultre1 et par l'atteinte plus grave qu'elle porte la famille1 et par la souffrance plus cruelle qu'elle inflige au mari8 ,et l'ingalit fameuse de l'article #cbd8 ,nous y arrivons4 ,,iv ,nombreux sont les littrateurs qui professent une indulgente piti pour la femme adultre4 ,le ,tue-la6 d',alexandre ,dumas fils leur crve le coeur4 ,sans gard pour les services que le grand dramaturge a rendus plus tard la cause de leur mancipation1 des femmes auteurs se sont jetes sur lui comme des furies4 ,sans traiter fond ce problme dlicat dont les aspects sont infinis1 nous nous arrterons seulement la question la plus actuelle et la plus chaudement discute du droit inter-conjugal1--sans la prendre au tragique1-- celle qui nous parat le mieux reflter1 pour l'instant1 les prjugs excessifs des femmes et les rsistances draisonnables des hommes4 ,c'est une opinion trs accrdite dans le public que le ,code autorise positivement les maris occire leurs femmes1 quand elles se conduisent mal1 et refuse mchamment aux femmes le droit de supprimer leurs maris1 quand ils manquent leur devoir4 ,un socialiste sentimental1 ,benot ,malon1 l'affirme expressment3 ,surprise en flagrant dlit d'adultre1 la femme peut tre tue impunment#hg4 ,mme ,marie ,dronsart elle-mme semble croire que notre ,code pnal autorise le mari tuer sa femme dans certains cas et que l'assassinat lgal est rest inscrit dans notre loi au profit des hommes#hh4 ,note #hg3 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 chap4 ,,vii1 p4 #cei4 ,note #hh3 ,la ,mouvement fministe4 ,le ,correspondant du #aj octobre #ahif1 p4 #acj4 ,disons tout de suite que nos lois ne s'ont pas coupables d'une aussi excessive partialit4 ,le prjug populaire est venu d'un certain article #cbd du ,code pnal o une excuse lgale est accorde aux maris qui1 surprenant leur femme en flagrant dlit dans la maison conjugale1 poussent jusqu'au meurtre l'expression de leur surprise et de leur mcontentement4 ,ce texte n'assure point l'impunit1 mais l'indulgence au coupable4 ,et cette indulgence n'est point plnire1 mais partielle2 elle abaisse la peine sans supprimer la rpression4 ,nos lgislateurs de #ahaj ont pens qu'un accs de fureur1 aussi explicable1 mritait quelque compassion et diminuait la gravit du crime sans dcharger compltement l'inculp4 ,mais si la femme1 dans une situation identique1 se dbarrasse de son mari par un mauvais coup1 le ,code pnal refuse de l'excuser4 ,elle n'est point admise invoquer les transports d'une colre invincible1 afin d'innocenter la brusquerie de son premier mouvement4 ,pourquoi cette ingalit de traitement8 ,serait-ce que1 m par un scrupule de galant homme1 le lgislateur s'est refus croire que la douceur inaltrable des femmes ft capable d'emportement subit et de vivacit mortelle8 ,toujours est-il que1 dans le cas de flagrant dlit d'adultre constat dans la maison conjugale1 le mari outrag qui tue sa femme est excusable1 tandis que la femme outrage qui tue son mari ne l'est point4 ,nous prions encore une fois les mes sensibles de retenir que cette excuse attnue seulement le crime1 sans l'effacer1 et mitig consquemment la peine1 sans la supprimer4 ,vous pensez bien que cette solution boiteuse n'est pas faite pour plaire aux fministes4 ,a quoi bon reprsenter la justice avec une balance la main1 s'il faut qu'elle ait deux poids et deux mesures8 ,comprend-on une loi qui1 pour le mme fait1 se montre douce l'poux et inexorable l'pouse8 ,un homme offens tue sa femme1 et le ,code prend en compassion les transports de sa jalousie4 ,une femme outrage tue son mari1 et le sang vers retombera sur sa tte sans la plus minime attnuation4 ,en d'autres termes1 pour qui sait lire entre les textes1 l'indignation meurtrire de l'homme est digne d'indulgence1 tandis que l'indignation homicide de la femme est indigne de piti4 ,serait-ce que la vie de ,monsieur est plus prcieuse que celle de ,madame8 ,serions-nous moins humains que nos anctres qui permettaient au mari de battre et de chtier sa femme1 mais raisonnablement1 pourvu que ce ft sans mort et sans mutilation8 ,il n'y a point deux morales4 ,ou la mme excuse pour les deux poux1 ou aucune excuse pour personne4 ,c'est au dernier parti que s'est rang1 en #ahie1 le groupe austre de la ,solidarit des femmes1 en demandant la ,chambre1 par voie de ptition1 d'abroger purement et simplement l'article #cbd du ,code pnal4 ,ces dames auraient pu rclamer1 titre de rciprocit1 le bnfice de l'excuse lgale pour la mise mort du mari coupable2 mais cette galit compatissante ne convenait point ces femmes hroques4 ,elles tiennent pour intempestives toutes brutalits mortelles2 elles invitent les conjoints mal maris s'en tenir au divorce4 ,ne vous tuez plus4 ,a quoi bon8 ,sparez-vous4 ,pourquoi le vitriol1 le poignard ou le revolver1 quand il est si simple de rompre le lien conjugal8 ,le malheur est que la colre ne raisonne point1 et qu'en dpit du divorce les crimes passionnels ne diminuent gure4 ,qu'on efface donc le privilge de l'article #cbd6 ,point d'excuse pour les femmes1 plus d'excuse pour les hommes4 ,c'est justice4 ,mais qu'on ne s'y trompe pas3 le chtiment de l'adultre n'en sera aucunement aggrav4 ,ds maintenant nos jurs acquittent tout le monde4 ,sans distinction entre les deux sexes1 sans distinction entre les mariages lgitimes et les unions irrgulires1 le meurtrier1 qui s'est emport contre son conjoint jusqu'au crime1 leur parat digne de la plus entire absolution4 ,ds qu'un homme ou une femme a supprim ou endommag gravement son prochain sous le coup d'motions vives1 dites passionnelles1 ils se refusent condamner le coupable4 ,rien de plus dmoralisant que ce parti pris d'innocenter quiconque tue par amour du4 ,c'est se demander si1 dans les relations des sexes1 la vie humaine ne sera pas livre la discrtion des passions d'autrui4 ,verrons-nous l'homicide accept par les moeurs comme le moyen le plus naturel de vider les querelles des mauvais ou des faux mnages8 ,mais n'accusons pas trop notre jury3 le meurtre par jalousie ou par vengeance de coeur n'a-t-il pas t clbr1 encourag1 glorifi dans les livres et les journaux8 ,pour en revenir l'excuse ouverte aux maris par l'article #cbd1 on fera bien de la supprimer4 ,elle ne sert rien4 ,cela fait1 on ne pourra plus rpter que les hommes ont1 de par la loi1 le privilge norme de se venger sur leurs femmes des trahisons et des offenses graves qu'elles leur infligent4 ,la rpression ne sera pas plus svre pour les uns que pour les autres1 grce l'universelle faiblesse du jury qui s'tend indistinctement aux coupables des deux sexes2 et1 les fministes auront la joie d'avoir ralis1 en un point1 l'galit de droit entre les poux4 ,convenons1 en effet1 pour conclure1 que la diffrence de situation faite aux poux par l'article #cbd est inexplicable4 ,en admettant que les consquences de leur adultre soient diffrentes 7ce qui peut lgitimer1 au point de vue social1 une diffrence de pnalit71 il est certain que1 dans les rapports des conjoints1 l'offense tant aussi grave et l'indignation aussi naturelle d'un ct que de l'autre1 l'excuse devrait tre la mme4 ,et pourtant1 on apprendra avec surprise1 et peut-tre avec tristesse1 que la ,commission parlementaire1 charge d'examiner la ptition dont j'ai parl plus haut1 a eu la cruaut de refuser au sexe faible l'galit pnale qu'il rclame si bon droit4 ,nos dputs tiennent l'excuse de faveur crite dans l'article #cbd4 ,on voit bien que les femmes ne sont pas lecteurs6 ,v ,ne quittons pas le ,code pnal sans nous associer deux rformes faciles que ,m4 le comte d',haussonville a proposes dans l'intrt de la jeune fille du peuple1 et sans nous expliquer sur la question dlicate de la prostitution1 que le fminisme soulve avec instance et discute avec pret4 ,d'une part1 il conviendrait de mettre d'accord le ,code civil et le ,code pnal4 ,la jeune fille1 qui le premier dfend de prendre un mari avant quinze ans1 peut1 d'aprs le second1 prendre un amant partir de treize ans4 ,l'attentat sur un enfant n'est puni qu'au-dessous de cet ge2 au-dessus de treize ans1--le cas de violence except1--le consentement de la victime est prsum3 ce qui a fait dire ,m4 d',haussonville que la jeune fille rpute inapte tre pouse par la loi civile est tenue pour apte tre amante par la loi pnale4 ,il serait donc logique et prudent de modifier l'article #cca du ,code pnal1 et de prolonger jusqu' l'ge de quinze ans les mesures de dfense en faveur de la jeune fille du peuple1 pour mieux la protger1 s'il est possible1 contre la brutalit masculine et les grossesses prmatures#hi4 ,note #hi3 ,comte ,d',,haussonville1 ,salaires et misres de femmes1 p4 ,,xii-,,xiii4 ,d'autre part1 l'excitation des mineures la dbauche est insuffisamment rprime par notre lgislation actuelle4 ,nous voulons parler surtout du trafic odieux qui consiste raccoler les jeunes filles pour les livrer la prostitution en pays tranger4 ,d'aprs la jurisprudence1 cette exploitation abominable1 qu'on a justement fltrie du nom de traite des blanches1 ne tomberait pas sous le coup de l'article #ced du ,code pnal4 ,rien de plus simple et de plus urgent que de frapper1 par un texte plus large et plus svre1 tous ceux qui favorisent le commerce de la prostitution#ij4 ,note #ij3 ,comte ,d',,haussonville1 eod4 op41 p4 ,,xiv4 ,nos mauvaises moeurs appellent ici une observation d'ordre plus gnral4 ,au premier rang des droits de la femme1 il faut placer1 sans contredit1 le droit au respect1 non seulement parce qu'il est le principe de tous les autres1 mais encore parce qu'il est la reconnaissance de la personnalit et de la dignit fminines4 ,or1 ce droit primordial1 les femmes honntes de ,paris et des grandes villes ne l'ont pas toujours4 ,je veux dire que1 dans la capitale surtout1 l'ouvrire1 cette fe travailleuse qui dpense chaque jour tant d'activit1 de courage et d'intelligence1 n'a pas la libert d'aller et de venir1 de se rendre l'atelier et de rentrer chez elle sans tre suivie ou accoste par les dsoeuvrs et les fainants1 outrage1 souille par les propositions o les plaisanteries des viveurs de haut ou de bas tage4 ,oui1 ce qui manque la ,parisienne 7toutes celles qu'importunent les passants1 bourgeoises ou couturires1 vous le diront71 c'est le respect4 ,car la galanterie1 lorsqu'elle est grossire et vile1 est une injure l'honntet des femmes1 une provocation l'inconduite et au dsordre4 ,ce n'est vraiment pas assez de purger les trottoirs des filles de joie qui les encombrent de certaines heures1 il faudrait faire une chasse impitoyable aux dbauchs de toute condition sociale qui poursuivent les jeunes filles1 la sortie des ateliers1 de leurs malproprets cyniques4 ,nous devrions tre sans piti pour les insulteurs de femmes4 ,a plus forte raison1 nous ne voulons point de la libert pour la dbauche1 que celle-ci vienne de l'homme ou de la femme4 ,expliquons-nous plus clairement4 ,l'abolition de la prostitution rglemente est un sujet pnible1 sur lequel femmes nouvelles aiment s'tendre en vituprations indignes4 ,nous ne les blmerons pas de cet acte de courage4 ,la rglementation de la prostitution1 crit l'une d'elles1--et non des moindres1--avec ses bastilles1 ses hpitaux-prisons1 sa mise hors la loi des plus pauvres1 des plus misrables d'entre nous1 n'est-elle pas le dernier et le plus solide maillon qui rive encore l've nouvelle l'esclavage ancien#ia8 ,note #ia3 ,rapport lu par ,mme ,avril de ,sainte-,croix au ,congrs de la ,condition et des ,droits de la femme4 ,la ,fronde du #g septembre #aijj4 ,phrases en moins1 il nous semble que cette question est d'une extrme simplicit1 et qu'il est assez facile1 grce une distinction qui s'impose1 de l'claircir et mme de la rsoudre4 ,cette question1 en effet1 a deux faces3 elle intresse la fois la morale et l'hygine4 ,en ces matires dlicates1 on voudra bien nous comprendre demi-mot4 ,au point de vue moral1 nous admettons que le fait de prostitution prive ne relve que de la conscience et ne constitue pas un dlit#ib2 que frapper la prostitue sans inquiter le prostituant1 c'est frapper souvent la victime sans atteindre le complice2 que l'intervention de l'tat1 l'effet de garantir la qualit de la chose livre1 supprime du mme coup la libert de la femme et la responsabilit de l'homme1 et que c'est un outrage l'unit de la morale que de tolrer chez celui-ci ce que l'on rprime chez celle-l1--la malheureuse qui se vend ayant souvent1 la diffrence du mle qui l'achte1 l'excuse de la misre et de la faim4 ,note #ib3 ,voeu exprim en #aijj par le ,congrs des ,o,euvres et ,institutions fminines4 ,en conclurons-nous1 comme le font les ,congrs fministes1 que toutes les mesures d'exception l'gard de la femme doivent tre abroges en matire de moeurs8 ,dans ce systme1 le rle de l'tat consisterait seulement ouvrir des dispensaires gratuits et accessibles tous1 o1 chaque jour1 les filles pourraient venir1 si bon leur semble1 demander au mdecin un bulletin de sant#ic4 ,note #ic3 ,rapport dj cit4 ,la ,fronde du #h septembre #aijj4 ,malheureusement1 il n'est pas permis l'tat de se dsintresser du grave danger que les prostitues font courir la sant publique4 ,nous applaudissons d'avance toutes les mesures susceptibles de diminuer cette cause de contamination4 ,que l'on punisse donc svrement le proxntisme6 ,que l'on refrne impitoyablement la traite des blanches6 ,mais toutes ces prcautions n'empcheront pas la prostitue de constituer un pril public4 ,la question de morale ne doit pas nous faire oublier la question de salubrit4 ,or1 la police sanitaire rentre1 au premier chef1 parmi les attributions de l'tat4 ,lorsqu'il s'agit de lutter contre les progrs de la peste ou du cholra1 il n'est pas d'objection qui tienne contre les mesures coercitives juges ncessaires pour arrter l'invasion du flau4 ,alors le salut de la communaut l'emporte sur toutes les considrations de libert individuelle4 ,laisserez-vous donc les prostitues empoisonner librement les agglomrations urbaines8 ,on nous dit que la visite mdicale n'offre aucune garantie dcisive1 qu'elle n'est pas un remde sr la contagion4 ,peut-tre2 mais si elle ne supprime pas le mal1 elle le diminue4 ,ds qu'un enfant est atteint de la diphtrie1 on l'isole1 sans le gurir toujours4 ,ce point1 d'ailleurs1 regarde les mdecins et les hyginistes2 et il en est peu qui soient hostiles la rglementation4 ,au ,congrs de #aijj1 ,mme la doctoresse ,edwards ,pilliet1 charge d'tudier la prostitution au point de vue de l'hygine1 a fait la dclaration trs loyale que voici3 ,comme mdecin1 je ne peux pas penser qu'on ne doive pas supprimer de la circulation quelqu'un qui est atteint d'une maladie contagieuse4 ,je n'ai donc pu conclure comme femme sur ce qui m'tait impos comme mdecin4 ,il n'y a vraiment qu'un moyen de supprimer la rglementation1 c'est de supprimer la prostitution4 ,on trouvera sans doute que ce remde hroque est au-dessus des forces morales de l'humanit4 ,il appartient donc l'tat d'amliorer1 d'adoucir1 d'allger1 autant que possible1 les mesures douloureuses de prservation publique auxquelles sont astreintes les filles perdues4 ,quant les abolir1 l'intrt gnral s'y oppose4 ,en tout cas1 on voudra bien retenir qu'en rglementant la prostitution1 l'tat n'agit pas en moraliste1 mais en hyginiste soucieux des fonctions de scurit qui lui incombent1 et qu'en squestrant une femme juge dangereuse pour la sant publique1 il n'entend nullement punir une faute1 mais seulement conjurer un flau qui est la consquence--et aussi le chtiment--- du dsordre et de la dbauche4 ,d'o il suit que1 si l'exprience venait dmontrer que la prostitution libre n'est pas plus prilleuse pour la socit que la prostitution rglemente1 il faudrait abolir la police des moeurs2 mais1 en l'tat des choses1 et aprs enqute auprs des spcialistes1 il ne nous parat pas que cette preuve soit faite4 ,toutefois1 en admettant qu'il soit impossible d'manciper la prostitution1 ne pourrait-on pas la soumettre une surveillance efficace1 sans assujettir les malheureuses qui la subissent un internement innommable8 ,les forteresses1 o elles sont casernes dans les villes1 jouissent d'une tolrance que toute me honnte doit juger intolrable4 ,le christianisme a relev la femme de son ancien abaissement et lui a donn la royaut domestique4 ,en condamnant la polygamie1 il l'a arrache la rclusion et la servitude4 ,or1 la prostitution embastille est un reste de la dbauche paenne4 ,pourquoi n'essaierions-nous pas d'en purger nos lois et nos moeurs8 ,est-il donc impossible de librer les prostitues de la claustration abominable que l'on sait1 sans qu'il soit besoin d'affranchir la prostitution du contrle policier qu'exige la sant publique8 ,a tout le moins1 ayons plus de compassion pour la femme tombe et plus de svrit pour son complice et son sducteur6 ,il rsulte de tout ce qui prcde que notre lgislation est susceptible de nombreuses amliorations4 ,mais ne croyons pas qu' elles seules elles puissent tout sauver4 ,veut-on1 pour finir1 connatre notre conviction intime3 c'est que les meilleures rformes ne parviendront relever le mariage que si1 en mme temps1 nous relevons nos moeurs4 ,et comme il nous semble dmontr par ailleurs que le relchement continu du lien matrimonial1 en prcipitant la ruine de la famille et l'abaissement du pays1 entranerait dans sa chute tout ce qui fait la force et la dignit de la femme1 il reste que1 sous peine de dchance1 nous devons nous corriger nous-mmes4 ,aux maux du mariage1 il n'y a qu'un remde3 l'ide du devoir4 ,et surtout exerons notre esprit de rforme1 non pas aux dpens du mariage1 mais en faveur du mariage4 ,le vritable intrt de la femme1 comme celui de l'enfant1 comme celui de la socit tout entire1 n'est point dans l'abolition1 mais dans la rgnration du mariage4 ,l'institution est admirable2 c'est nous qui l'avons dforme ou pervertie4 ,maintenons intangible son principe qui est l'unit3 ,duo in unum6 ,ce qu'il faut modifier1 ce sont les habitudes du mariage moderne4 ,sachons le dbarrasser de cette enveloppe parasite qui l'touffe2 pour se renouveler1 il a besoin1 comme le platane1 de changer d'corce4 ,tel1 en effet1 qu'il se pratique aujourd'hui1 le mariage ne rpond plus l'esprit de son institution4 ,beaucoup n'y associent que deux gosmes au lieu de deux loyales et courageuses volonts4 ,c'est un merveilleux instrument de vertu et de vie dont nous nous servons mal4 ,n'attaquons pas le mariage1 mais la faon dont on se marie en ,france4 ,ne lui imputons pas les fautes qui viennent de nos propres dfaillances4 ,certains maris1 dont l'honntet ne vaut pas cher1 mettent l'outrecuidante prtention que la femme leur doit la fidlit sans pouvoir l'exiger en retour4 ,a ce compte1 l'pouse ne serait pas seulement l'infrieure1 mais la victime de l'homme4 ,c'est le contre-pied de l'idal conjugal4 ,soyons plus justes1 plus moraux1 plus chastes1 si nous voulons demeurer dignes du vieux mariage chrtien qui a fait la force et l'honneur de nos pres4 ,rformer les lois1 c'est bien2 rformer nos moeurs1 c'est mieux4 ,point de lgislation efficace1 si la moralit ne la soutient et ne la vivifie4 ,pour un peuple1 la vertu est une promesse d'avenir et un gage de succs et de grandeur4 ,marchons-nous vers cet idal8 ,,chapitre ,,iv ,la littrature passionnelle et le fminisme antimatrimonial ,,sommaire ,i4--,,sympt,,mes ,,de ,d,,cadence4--,,mauvais ,,livres1 ,,mauvaises ,,moeurs4--,,ce ,,que ,,la ,,femme ,,nouvelle ,,consent ,,lire4--,,ce ,,qu',y ,,perdent ,,la ,,conversation1 ,,la ,d,,cence ,,et ,l',,honn,,tet4 ,,ii4--,,th,,tre ,,et ,,roman3 ,,exaltation ,,de ,,la ,,femme1 ,,abaissement ,,de ,l',,homme4--,,la ,,femme ,,romantique ,d',,autrefois ,,et ,,la ,f,,ministe ,,mancip,e ,d',,aujourd',,hui4--,,anarchisme ,,inconscient ,,de ,,certaines ,,jeunes ,,filles4--,,le ,,ch,,timent ,,qui ,,les ,,attend4 ,,iii4--,,le ,,mariage ,,est ,,une ,g,,ne3 ,,abolissons-,,le6--,l',,amour ,,selon ,,la ,,nature ,,ou ,,la ,,monogamie ,,selon ,,la ,,loi--,,on ,,compte ,,sur ,,le ,,divorce ,,pour ,,ruiner ,,le ,,mariage4 ,on pense bien que toutes les rformes qui ont pour objet1 dans la pense de leurs auteurs1 de rajeunir et de faciliter le mariage1 sont accueillies avec un sourire de piti par les fministes avancs1 dont c'est l'ide fixe de subordonner l'mancipation de la femme l'abolition de nos vieilles institutions matrimoniales4 ,ils se flicitent de tout ce qui afflige ou effraie les premiers1 des difficults de la vie qui rendent les unions plus hasardeuses ou plus tardives1 du relchement des moeurs qui tend ncessairement dconsidrer les noces lgitimes1 du nombre croissant des clibataires des deux sexes1 qu'ils regardent comme une recrue possible pour l'union libre4 ,bref1 ils se rjouissent de tous les germes de dissolution qui s'attaquent au mariage4 ,or1 parmi les causes de dmoralisation qui travaillent la socit actuelle1 il n'en est pas de plus actives et de plus funestes que les suivantes3 #a la multiplication et le succs des mauvais livres2 #b les progrs du divorce1 autrement dit1 les imprudences de la loi2 #c la propagande acharne des doctrines rvolutionnaires4 ,ce que sont aujourd'hui ces trois influences combines1 ce qu'elles ont d'insidieux et de malfaisant1 et ce qu'elles peuvent faire perdre la femme1 la famille1 la socit1 c'est sur quoi nous devons nous expliquer1 dans les chapitres qui suivent1 avec la plus entire franchise4 ,i ,dans nos milieux riches et mondains1 le mariage a souffert particulirement du dvergondage d'une certaine littrature devenue florissante1 et que nous appellerons passionnelle4 ,qu'on envisage celle-ci dans le fond ou dans la forme1 c'est--dire dans les thses tranges qu'elle soutient ou dans les liberts de style dont elle abuse1 on ne peut s'empcher de constater avec tristesse que son action a t profondment avilissante4 ,pour nous attacher d'abord la forme1 on n'ignore point que la femme de tous les temps a marqu de l'inclination pour les rcits d'amour4 ,le roman est son livre de prdilection4 ,bien que ce got soit explicable de la part d'une crature faite surtout de sensibilit et d'imagination1 il ne va pas cependant sans de graves prils pour sa vertu et1 consquemment1 pour la ntre4 ,les femmes ont1 dans toute socit1 la garde des biensances et des dlicatesses2 leur pudeur est l'obstacle naturel l'envahissement du vice et de la grossiret4 ,faites qu'elles se relchent de cette haute police sur nos moeurs et sur nos manires1 et il est craindre que la corruption et la brutalit ne l'emportent peu peu sur le bon got et le bon ton4 ,or1 s'il est contestable que le roman soit1 eu gard au grossissement de ses descriptions1 le miroir fidle d'une poque1 il n'est pas douteux1 en revanche1 qu'il tende1 par l'agrment du style et l'intrt de la fiction1 faire la socit telle qu'il la peint4 ,ses inventions deviennent1 pour beaucoup de gens1 des modles qu'il faut suivre1 des types qu'il faut copier4 ,fussent-elles imaginaires1 les mauvaises moeurs dcrites par un habile homme 7il n'est pas besoin pour cela de grand talent7 prennent peu peu1 aux yeux des femmes qui ont le loisir de lire et de rver1 un attrait de prilleuse suggestion1 un got de fruit dfendu1 qui troublent l'me et nervent l'honntet4 ,l'oisivet aidant1 rien de plus naturel que la tentation inspire par un livre immoral aboutisse l'imitation des dfaillances et des chutes qu'il dcrit4 ,une mauvaise lecture offre les dangers d'une mauvaise liaison4 ,a toutes deux on peut appliquer le proverbe3 ,dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es4 ,pour ce qui est des femmes d'aujourd'hui1 de celles du moins qui vivent au sein de la richesse dsoeuvre1 et ,paris plus particulirement1 ce n'est pas une exagration d'affirmer qu'elles sont de moins en moins soucieuses du choix de leurs lectures4 ,effarouches d'abord par la littrature raliste1 blesses mme dans leur dlicatesse1 dans leur pudeur1 par les rudesses et les malproprets du roman naturaliste1 leur premier mouvement fut de les rejeter avec dgot4 ,puis la curiosit l'emportant peu peu sur la rpugnance1 beaucoup sont revenues cette grossire nourriture1 les unes par forfanterie1 les autres par faiblesse1 le plus grand nombre par imitation1 par mode1 par snobisme4 ,force de parler de tout1 une femme du monde n'est-elle pas oblige de tout connatre8 ,enfin1 l'accoutumance est venue qui a triomph des derniers scrupules2 et1 comme la bouche la plus dlicate se fait graduellement aux boissons violentes1 ainsi la femme oisive1 sous prtexte de littrature1 s'est habitue dvorer les oeuvres les plus pimentes1 sans scrupule1 sans rvolte1 sans rancoeur4 ,maintenant1 le nombre est grand de celles qui affrontent et supportent avec impassibilit les rcits les plus rpugnants1 les descriptions les plus oses4 ,combien mme en sont devenues friandes8 ,et encourags par cette tolrance et cette complicit1 nos romanciers et nos conteurs ont redoubl de dvergondage et de sensualit4 ,il n'est plus gure que nos grand'mres que les livres du jour dconcertent et offensent4 ,habitues au respect de soi-mme1 elles ne comprennent pas qu'un auteur1 mme sous couleur de ralisme et de satire1 manque impunment aux plus lmentaires convenances et outrage avec succs l'honntet et la dcence4 ,mais elles sont si vieilles6 et leurs filles si viriles6 ,pour une jeune femme dans le mouvement1 rougir est une faiblesse4 ,rien ne l'meut1 rien ne l'tonne4 ,elle se sent l'aise devant les pires audaces1 et tient la sainte pudeur pour de la vaine pruderie4 ,cette licence des lectures ne pouvait manquer d'abaisser et de corrompre trois choses qui donnent la vie son charme et sa dignit3 la grce de la conversation1 la sret des relations et l'honntet des moeurs4 ,on nous assure que le monde o l'on s'amuse et aussi le monde o l'on s'ennuie1 prennent de fcheuses habitudes de langage4 ,si l'on recule devant l'effronterie trop crue1 si la malpropret du mot propre sonne encore mal aux oreilles1 en revanche1 on se rattrape sur les allusions transparentes1 on s'exerce aux sous-entendus quivoques1 on s'ingnie aux priphrases risques4 ,ainsi la conversation ctoie toutes les souillures4 ,par intervalles mme1 l'accent devient vulgaire et le geste malsant2 les locutions nouvelles du boulevard ou de la rue s'panouissent sur des lvres aristocratiques4 ,a la grce dcente et fine d'autrefois1 on prfre1 dans bien des salons1 une hardiesse nglige qui dconcerte les timides et encourage les audacieux4 ,il semble que la socit dore prenne plaisir s'encanailler4 ,et il est facile de deviner ce que les relations des deux sexes peuvent perdre ces liberts4 ,l'hommage discret des hommes ne va qu'aux femmes qui1 par la dignit de leur tenue1 commandent le respect leurs admirateurs4 ,celles qui ont la faiblesse de se prter aux familiarits excessives de certaines causeries sont condamnes ensuite les subir4 ,pourquoi se surveiller devant une dame qui tolre et provoque les plus libres propos8 ,a qui ne s'effarouche point de tout connatre1 pourquoi se faire scrupule de tout dire8 ,l'imprudente1 qui accepte de tout entendre1 permet l'homme de tout oser4 ,c'est pourquoi la politesse s'en va4 ,plus de mesure dans les compliments1 plus de rserve dans les flatteries1 plus de retenue dans l'adoration4 ,a l'ancienne galanterie franaise1 faite surtout d'esprit et de lgret1 ont succd les impatiences et les gaillardises d'un flirt imprieux4 ,avec de pareilles habitudes1 nos mondaines s'acheminent1 sans le savoir1 des moeurs purement libertaires4 ,le dvergondage est prompt descendre des lvres au coeur4 ,combien de jeunes femmes ont fini par perdre1 ce jeu dangereux1 le got et l'amour de la famille1 le sens du bien et du mal1 la conscience de leurs devoirs et de leur dignit8 ,ne leur parlez pas de la morale1 des obligations lgales1 des commandements de ,dieu3 elles ont la prtention de briser tous les liens pour pancher coeur-joie leur petite personnalit4 ,ce sont des mancipes dj mres pour le libre amour4 ,l'adultre ne les effraie point1 condition que cette revanche1 qu'elles prennent contre les servitudes du mariage1 se passe avec correction1 sans vulgarit1 sans banalit4 ,ces mes de chair et de boue1 qui prnent l'indpendance amoureuse1 mes inconscientes et sensuelles1 impatientes de toute rgle et avides de jouissance1 sont foncirement anarchistes4 ,elles sont une minorit1 nous voulons le croire4 ,mais cette minorit peut grossir4 ,dieu veuille qu'elle ne fasse point de recrues parmi notre bourgeoisie laborieuse qui compte tant de femmes admirables1 dont c'est la fonction sacre de garder1 au milieu de nous1 le dpt des vertus de famille et de l'honntet conjugale6 ,celles-l sont encore lgion1--la lgion sainte4 ,sachons honorer1 comme elles le mritent1 nos petites bourgeoises de ,france6 ,si elles ne dirigent pas notre socit1 elles la soutiennent4 ,,ii ,quant aux thses soutenues au thtre ou dans les livres1 elles sont le plus souvent hostiles au mariage4 ,la littrature dramatique1 notamment1 traverse en ce moment une crise de pessimisme et d'outrance1 qui ne respecte rien de ce que nos pres ont respect4 ,nos salles de spectacle retentissent des pres discussions du fminisme4 ,le drame leur prte toute son aigreur1 toute sa violence4 ,plus de comdie1 plus de vaudeville ou d'oprette1 sans un couplet sur les droits de la femme4 ,avec un dsintressement admirable1 nos auteurs dramatiques dnoncent les lois et combattent les conventions1 dont la douce victime souffre sous le joug de l'homme4 ,d'un fait-divers o clat brusquement le dtraquement passionnel de quelques nvross1 ils tirent des conclusions gnrales qui font frmir4 ,ils nous dpeignent les mnages contemporains sous de si sombres couleurs1 ils nous montrent des maris si atroces ou si jobards1 ils nous font un tableau si lamentable de ces pauvres femmes crispes qui1 rduites griffer ou mordre pour se dfendre contre leur bourreau1 clament leur martyre tous les chos d'alentour en se tordant les mains dsesprment1 ils nous prsentent l'institution conjugale comme un instrument de torture si pouvantable1 que1 s'il survit quelque chose de cette production horrifique1 la postrit pourra croire que tous les poux de notre temps se trompaient avec noirceur ou se disputaient avec rage4 ,et notez qu'en gnral ils ne valent ni plus ni moins que ceux d'hier ou d'avant-hier4 ,seulement1 notre poque a la spcialit de pousser leurs misres au tragique4 ,il y a toujours eu des querelles et des msaventures de mnage2 mais ce que nos pres voyaient jaune1 nous le voyons rouge4 ,le revolver a remplac le bton4 ,quand les relations entre mari et femme deviennent trop difficiles1 au lieu de se tourner le dos1 on se tue4 ,nous devenons funbres4 ,ce qui n'empche pas un cercle nombreux d'applaudir avec exaltation les tirades larmoyantes ou furibondes du fminisme thtral4 ,des hommes surtout se font remarquer par la chaleur de leur enthousiasme4 ,et cependant1 nous ne voyons dfiler1 dans toute cette littrature de cour d'assises ou de tribunal civil1 que des rvoltes ou des malades mdiocrement intressantes4 ,non qu'il faille jamais rire des larmes d'une femme4 ,ainsi que le bon ,la ,fontaine1 ,je ne suis pas de ceux qui disent3 ,ce n'est rien3 ,c'est une femme qui se noie4 ,encore est-il que ces dames nous font1 avec la complicit de nos crivains1 trop de scnes cheveles ou criardes4 ,combien leurs problmes de coeur sont minces et factices1 combien leurs dclamations lgantes et leurs querelles sonores paraissent fausses ou excessives1 lorsqu'on les compare aux lourdes obligations de la femme du peuple qui1 vaillante et rsigne1 sans rcrimination et sans pose1 avec simplicit et bonne humeur1 s'use travailler pour soutenir le mnage et lever honntement ses nombreux enfants6 ,parce qu'une mondaine nerve par le plaisir et l'oisivet ne peut1 sans dconsidration1 afficher au grand jour ses amours irrgulires1 tromper son mari son aise1 manciper son coeur son gr et exercer ses sens en toute libert2 parce qu'une femme1 incomprise et vaniteuse1 n'a point trouv dans l'poux de son choix le trsor de perfections que sa folle imagination croyait y dcouvrir2 parce qu'une fille maussade1 goste1 fervente de bicyclette et de photographie1 vieillit et dessche sur place1 faute de trouver un mari qui consente subir docilement ses caprices1--voil des malheureuses prises de rage contre le mariage et la socit4 ,pourquoi les plaindrions-nous8 ,au lieu de bousculer toutes les conventions avec de grands gestes et de grandes phrases1 au lieu de s'en prendre furieusement la loi de l'homme1 elles devraient se demander si le mal ne vient pas d'elles-mmes1 de leur soif immodre de plaisir1 de leur conception fausse de la vie4 ,mais non6 ,les femmes en possession d'un mari aimable 7on nous accordera qu'il y en a quelques-uns7 ne sont gure plus sages ni plus clairvoyantes4 ,songent-elles se rjouir de leur privilge8 ,connaissent-elles leur bonheur8 ,par moments1 tout au plus4 ,c'est que le mariage1 mme heureux1 ne tarit pas la source des infortunes humaines4 ,qu'on se dise1 au contraire1 que la vie est une preuve1 et immdiatement tout change1 tout s'claire4 ,s'amuser devient un emploi infrieur du temps que nous traversons4 ,notre destine prend un sens1 qui est le travail mritoire pour soi et utile pour les autres4 ,et du coup le mariage considr comme une source de devoirs1 et non comme une occasion de plaisirs1 redevient un admirable moyen de moralisation rciproque4 ,au surplus1 qu'est-ce qu'une crise de fminisme aigu1 sinon1 dans bien des cas1 une forme de neurasthnie dlirante1 une violente crise de nerfs8 ,un mdecin de mes amis me dclarait mme que pour gurir de cette maladie1 beaucoup de femmes devraient tre douches4 ,nos pres auraient dit tout simplement1 les monstres6 qu'elles mritent d'tre fouettes4 ,mais si efficace qu'il puisse tre1 ce vieux traitement rpugnerait la douceur de nos mes4 ,nous avons fait ntre le joli proverbe indou3 ,ne frappez pas une femme mme avec une fleur6 ,et puis1 les chres cratures n'aiment plus tre battues4 ,mon docteur avait raison3 mieux vaut1 de toute faon1 les asperger que les meurtrir4 ,l'hydrothrapie a du bon4 ,,iii ,parmi les moyens d'action du fminisme antimatrimonial 7je reprends ici tout mon srieux71 il faut citer1 ct du thtre1 la littrature romanesque4 ,son procd de dnigrement systmatique est bien simple3 il consiste diminuer l'homme en lui prtant tous les dfauts et grandir la femme en lui donnant tous les beaux rles4 ,le nombre est considrable des romans parus depuis vingt ans qui se sont conforms1 plus ou moins consciemment1 ce programme d'injuste partialit4 ,que nous sommes loin des rcits d'autrefois o l'homme avait toutes les qualits d'un hros1 l'esprit1 le courage1 l'lgance1 tel point que c'tait un dlice de l'pouser6 ,maintenant la jeune cole nous en fait un tre pusillanime ou froce1 la tte vide ou l'me sche1 sans nerfs1 sans muscles1 sans coeur1 un fantoche ou un polisson4 ,dans les choses de l'amour surtout1 on nous le montre capricieux1 inconstant1 cruel1 incapable d'affection dlicate et de tendresse persvrante1 ne cherchant dans la femme qu'une satisfaction d'amour-propre ou une sensation de volupt4 ,les femmes de lettres1 en particulier1 ont dress contre le sexe fort un rquisitoire en rgle4 ,a les entendre1 l'amour des hommes n'a qu'une saison4 ,la fidlit leur pse4 ,lors mme qu'ils seraient maris la femme la plus dvoue du monde1 ils n'hsiteraient point l'abandonner pour la premire perruche rencontre sur le boulevard1 quitte lui revenir sans honte quand l'ge ou les infirmits ne lui permettront plus de vagabonder1--comme l'enfant retourne sa bonne lorsque la fatigue arrive ou que le soir tombe4 ,entre nous1 mesdames1 tes-vous bien sres que tous les hommes soient aussi plats et aussi vils8 ,franchement1 c'est trop gnraliser que d'imputer au sexe tout entier les fautes et les turpitudes de quelques exemplaires abominables4 ,j'accorde que1 dans les affaires de sentiment1 l'homme est infrieur la femme4 ,l'affection1 chez lui1 semble gnralement plus courte et plus brusque4 ,oui1 nous sommes brefs en amour4 ,mais y a-t-il cela quelque dshonneur8 ,hercule ne peut pas toujours filer aux pieds d',omphale4 ,l'homme se doit la famille1 la science1 la civilisation1 l'humanit4 ,que deviendrait la socit1 que deviendrait la femme elle-mme1 s'il dsertait le travail viril qui assure aux vivants le ncessaire et le superflu1 le pain et le confort1 pour s'attarder et s'alanguir en adorations perptuelles et mriter1 par ses effusions persvrantes1 le titre de parfait amant8 ,la nature ne l'a pas voulu2 et en cela1 elle a sacrifi1 comme toujours1 le plaisir individuel l'intrt de la race4 ,du reste1 quand les femmes1 que possde le dmon de l'galit1 seront devenues ingnieurs1 mdecins1 fabricants de meubles ou de savon1 elles apprendront par exprience qu'il est impossible de mener toujours de front le travail et l'amour4 ,le souci de leur profession abrgera leurs lans de coeur4 ,elles n'auront plus le loisir d'tre tendres du matin au soir1 ni mme du soir au matin4 ,travaillant comme l'homme1 elles aimeront comme l'homme1 rapidement et par intermittences4 ,au lieu de nous lever jusqu' elles1 elles se seront abaisses jusqu' nous4 ,et1 tout compte fait1 l'humanit en souffrira2 car elle aura gagn peu de chose leur mancipation conomique et perdra beaucoup l'amoindrissement de leurs facults aimantes4 ,et pour nous disputer notre supriorit de travail1 les imprudentes auront compromis leur supriorit d'amour6 ,en mme temps qu'il s'acharne contre les hommes pour les noircir et les dfigurer1 le fminisme littraire embellit1 exalte1 magnifie l've nouvelle avec une partialit aveugle et une conviction intrpide4 ,il proclame1 il exalte les droits de la femme4 ,se couvrant des vocables obscurs de libert et d'galit qui ont servi dj tant de fois masquer l'erreur et le sophisme1 il professe avec vhmence que la lutte des sexes est invitable1 puisque la libre expansion de chacun est le premier des devoirs4 ,il revendique pour le coeur fminin l' intgralit du bonheur rencontre des prjugs et des lois4 ,il glorifie l'nergie et l'pret de la volont1 les conqutes de la science et de la puissance des femmes sur l'gosme et la brutalit des hommes4 ,c'est en effet l'habitude de ces rcits tranges de nous prsenter des jeunes filles ou des jeunes femmes dcides vivre leur vie1 rsolues aimer qui leur plaira4 ,ne dpendre de personne1 vouloir1 savoir1 pouvoir par elles-mmes et par elles seules1 voil leur rve4 ,on a remarqu dj que cet tat d'me diffre grandement de celui des femmes romantiques4 ,certes1 ,george ,sand prnait bien la souverainet sacre de l'amour1 la rbellion du coeur et de la beaut contre la malfaisance des intrts et le pharisasme des ,codes4 ,mais il y avait du lyrisme dans cette revendication des droits de la passion4 ,les hrones des romans de #ahcj traversent le monde les yeux levs vers les toiles1 confiantes dans les doux songes qui peuplent leur imagination1 allant irrsistiblement vers l'amour qui ouvre sous leurs pas une voie triomphale4 ,ces cratures ne sont que tendresse1 enthousiasme et posie4 ,elles vivent leur rve et brlent leur vie4 ,tout autre nous apparat la jeune fille d'aujourd'hui qu'un souffle d'mancipation fministe a touche4 ,c'est une raisonneuse4 ,elle ne s'attarde pas aux mirages de l'avenir1 elle n'a point d'illusions4 ,ses yeux hardis regardent le monde en face1 et elle suit son chemin d'un pas vif et sr4 ,ce n'est point une crature sentimentale1 mais un tre d'orgueil froid et dcid4 ,elle a le sentiment lucide des rivalits1 des difficults de la vie1 et la ferme rsolution de les affronter et de les vaincre4 ,si elle rclame encore le droit l'amour1 elle revendique avant tout sa place au soleil4 ,son me dborde d'individualisme militant1 qu'elle entend bien affirmer en face des circonstances adverses et des traditions hostiles4 ,elle se dit avec une clairvoyance aigu des choses du monde3 ,mon origine modeste1 ma petite fortune1 ma beaut mdiocre1 la rapacit des hommes1 la mdiocrit des mes1 tout me condamne au clibat4 ,soit6 ,je travaillerai1 je ferai mon existence4 ,mais je ne renonce pas au bonheur2 je n'toufferai ni un lan de mon coeur1 ni un appel de mes sens2 je ne sacrifierai pas ma jeunesse aux convenances1 aux exigences de ce tyran cruel qu'on appelle le monde4 ,je suis trop raisonnable pour faire la fte1 mais je veux tre assez libre pour vivre pleinement ma vie4 ,je prendrai un mtier et1 si le coeur m'en dit1 j'aimerai qui je voudrai1 mes risques et prils4 ,puisqu'il m'est interdit de trouver l'amour dans le mariage1 eh bien6 je le chercherai ailleurs6 ,cette profession de foi audacieuse n'est pas loigne de l'idal anarchiste1 suivant lequel l'homme ne pourra se dire libre que le jour o il sera devenu1 d'aprs la formule d'un crivain libertaire1 un bel animal1 sans foi ni loi1 jouissant de la vie dans la plnitude de ses fonctions#id4 ,note #id3 ,adolphe ,,rett1 ,la ,plume1 octobre #ahih4 ,en ralit1 la femme nouvelle1 que certains romanciers des deux sexes nous dpeignent avec complaisance1 n'est qu'une simple rvolte4 ,l'individualisme anarchique s'est install dans son coeur4 ,en sera-t-elle plus heureuse8 ,une de ces viriles cratures avoue tristement que ses jours passent sans soleil4 ,en vain l'amant qu'elle s'est donn s'humilie devant elle et se soumet ses caprices1--car c'est le rve de toutes les femmes gonfles d'orgueil de subjuguer1 de dompter1 d'asservir l'homme2 vainement elle contemple son triomphe et gouverne son esclave3 elle n'a trouv ni la paix ni le bonheur4 ,et voil bien le chtiment6 ,astreintes aux lourdes obligations de la profession indpendante qu'elles auront choisie1 ces femmes ne tarderont pas exasprer leurs nerfs1 fatiguer1 puiser leur corps4 ,insoucieuses de la solidarit conjugale et des simples joies de la vie domestique1 elles se replieront sur elles-mmes avec chagrin ou s'useront avec angoisse aux heurts et aux conflits de la vie4 ,il n'est pour goter sur terre un peu de flicit1 que de se dlivrer de soi-mme d'abord1 et d'accepter ensuite avec courage le travail1 le devoir1 l'preuve1 la souffrance4 ,avec les rigueurs conomiques du temps prsent1 l'action est rude et la vie amre4 ,c'est bien assez que les hommes se ruent la bataille4 ,que celle qui va l'amour et de qui vient la vie se garde donc1 autant que possible1 de se meurtrir les mains et le coeur en des efforts et des luttes qui ne conviennent pas son sexe4 ,pour revenir la littrature1 loin de remplir ce rle superbe de direction morale que de nobles crivains leur assignent1 le thtre et le roman se sont entremis trop souvent1 depuis vingt ans1 en faveur des ides de rvolte et de dmoralisation4 ,l'anarchie intellectuelle1 qui rgne dans la classe mondaine et lettre1 n'a pas d'autre cause2 et le mariage1 tout le premier1 en a gravement souffert4 ,et pourtant1 nous avons besoin en ,france1 plus que jamais1 qu'on nous prche le mariage et qu'on nous rappelle avec instance que1 si nous prfrons encore la civilisation spiritualiste au matrialisme barbare1 il faut renoncer aux caprices de la vie facile et de la passion sensuelle qui mnent l'amour libre1 pour s'attacher fermement au lien exclusif et indissoluble de la monogamie chrtienne4 ,au fond1 savez-vous pourquoi tant de gens s'en prennent si furieusement au mariage8--,parce qu'il les gne4 ,il est fait pour nous1 disent-ils1 et nous ne sommes pas faits pour lui4 ,subordonnons les institutions aux hommes et non les hommes aux institutions4 ,nous ne devons pas nous conformer aux lois1 mais celles-ci doivent se conformer nos besoins et nos instincts4 ,la nature est antrieure au mariage2 celui-ci doit se modeler sur elle1 et non l'asservir et la dformer#ie4 ,note #ie3 ,joseph ,,renaud1 ,la faillite du mariage1 pp4 #bd1 #dh et #di4 ,or1 il est entre le mariage actuel et la maternelle nature un dsaccord absolu3 le mariage est ternel1 tandis que l'amour est passager4 ,s'aimer toujours6 ,quelle sotte illusion6 ,sans doute l'habitude de la vie commune ne va point sans quelques charmes d'accoutumance1 de sympathie et d'amiti4 ,mais l'amour1 enclos dans la prison du mariage1 ne tarde gure y mourir de tristesse et d'ennui4 ,pour avoir eu de la joie pendant deux ans1 voici les poux1 par expiation de ce bonheur fugitif1 contraints de le regretter pendant quarante autres4 ,officiellement1 il leur est dfendu de goter plus que ce minimum4 ,combien il est facile de broder sur ce thme sentimental6 ,disjoints par la loi1 et librs de tout scrupule1 les conjoints1 qui se reprennent1 pourront recommencer leur vie et connatre de nouvelles ivresses4 ,si les fleurs du premier amour se sont fanes une une1 n'est-il pas dans le palais d',eros d'autres jardins parfums8 ,il est cruel1 il est absurde1 ce principe matrimonial qui condamne n'aimer qu'une fois et aimer toujours6#if ,note #if3 ,la faillite du mariage1 pp4 #ee1 #ef et #eg4 ,nulle part cette thse ne s'tale avec plus de crudit passionne que dans l'vangile du ,bonheur de ,m4 ,armand ,charpentier4 ,voici1 d'aprs l'auteur lui-mme1 l'esprit et le rsum de l'oeuvre3 ,l'amour entre deux tres est-il ternel8 ,non4 ,le mariage est-il ternel8 ,oui4 ,conclusion3 un moment donn1 mariage et amour ne sont plus synonymes4 ,autrement dit1 le lien subsiste entre les conjoints1 tandis que sa raison d'tre a disparu4 ,le mariage1 tel qu'on le comprend1 est contraire toute logique1 tout bonheur4 ,il est l'une des plus grosses et des plus criminelles erreurs sur lesquelles l'humanit vit depuis ses origines4 ,a cela1 quel remde8 ,la libert de l'amour pour la femme comme pour l'homme4 ,lisez plutt3 ,si l'on s'lve quelque peu au-dessus des prjugs courants1 il convient de louer1 sans rticence1 la princesse de ,caraman-,chimay1 car elle a accompli l'un des actes les plus nobles dont une femme puisse se rendre digne4 ,au lieu de s'engourdir1 comme tant d'autres1 dans l'ternel mensonge de l'adultre1 elle a affirm hautement et devant tous3 #a son droit l'amour2 #b sa libert dans le choix de l'amant4 ,en somme1 c'est la conviction de ,m4 ,charpentier que ,clara ,ward a1 de toute faon1 servi la cause mancipatrice de son sexe mieux que ne sauraient le faire les confrences ou les romans fministes4 ,et pour gnraliser un aussi bel exemple1 le moyen est bien simple3 ,la douleur rsidant dans l'ternit du lien1 il suffira de rendre le pacte rvocable volont1 autrement dit1 de faciliter le divorce#ig4 ,note #ig3 ,lettre ,m4 ,joseph ,renaud4 ,la faillite du mariage1 pp4 #ei1 #fj et #fa1 passim4 ,,chapitre ,v4 ,o mne le divorce ,,sommaire ,i4--,,les ,m,,faits ,,du ,,divorce4--,l',,esprit ,,individualiste4--,,statistique ,,inqui,,tante4--,,le ,,mariage ,a ,l',,essai4 ,,ii4--,,plus ,d',,indissolubilit ,,pour ,,les ,,poux1 ,,plus ,,de ,s,,curit ,,pour ,,les ,,enfants4--,,le ,,droit ,,au ,,bonheur ,,et ,,les ,,devoirs ,,de ,,famille4--,,appel ,l',,union4 ,,iii4--,,le ,,divorce ,,et ,,les ,m,,contents ,,qu',,il ,a ,,faits4--,,nouveaut ,,dangereuse1 ,,suivant ,,les ,,uns2 ,,mesure ,,insuffisante1 ,,suivant ,,les ,,autres4--,,la ,,logique ,,de ,l',,erreur4--,,divorce ,,par ,,consentement ,,mutuel4--,,divorce ,,par ,,volont ,,unilat,,rale4--,,suppression ,,du ,d,,lit ,d',,adult,,re4 ,,iv4--,,en ,,marche ,,vers ,l',,union ,,libre4--,,plus ,d',,indissolubilit1 ,,plus ,,de ,,fid,,lit4--,,un ,,choix ,,faire3 ,,id,,es ,,chr,,tiennes1 ,,id,,es ,r,,volutionnaires4 ,le divorce est un bel exemple de l'influence que la littrature peut exercer sur les moeurs et sur les lois4 ,sous prtexte de faire entrer dans le mariage plus de bonheur et plus de justice1 nos crivains les plus renomms n'ont cess1 pendant des annes1 de protester contre son indissolubilit avec une persvrance infatigable4 ,a la scne et dans les livres1 ils ont prt leur voix1 leur talent1 leur crdit1 aux dolances des maris tromps1 aux rclamations des femmes trahies1 appelant la piti du public sur ces cratures lamentables obliges de traner leur vie douloureuse irrvocablement rives l'une l'autre par une loi inexorable4 ,de guerre lasse1 nous avons rompu leur chane4 ,le divorce a t rtabli1 les uns le considrant comme un moyen extrme de remdier quelques infortunes touchantes1 les autres1 en plus grand nombre1 le regardant avec transport comme le plus mauvais tour qu'il ft possible de jouer l'infme clricalisme4 ,on connat la suite3 le divorce est entr immdiatement dans nos moeurs4 l'heure qu'il est1 nos tribunaux ont peine rpondre aux demandes qui s'lvent de tous cts1 de la classe pauvre aussi bien que de la classe riche4 ,car c'est la gravit particulire du divorce d'branler le mariage du haut en bas de l'chelle sociale1-- la diffrence de la littrature perverse1 qui distille seulement ses poisons lents aux mes oisives et fortunes4 ,sans qu'il entre dans notre pense de traiter fond cette thse fameuse1 il nous faut montrer cependant combien la rupture des unions lgitimes est un ferment de dissolution grave qui1 ajout ceux qui nous travaillent d'autre part1 menace de corrompre nos moeurs et de ruiner nos foyers4 ,i ,les bons mnages n'ont point d'histoire4 ,vivant heureux1 ils vivent cachs et silencieux4 ,on ne parle jamais d'eux1 on les ignore4 ,et pourtant ils sont innombrables4 ,le bonheur ne fait point de bruit1 pas plus que le bruit ne fait le bonheur4 ,et tandis qu'une ombre discrte et douce s'tend sur ces foyers paisibles1 les gens mal maris1 talant leurs travers et leurs vices1 prennent le public tmoin de leurs infortunes et mnent grand tapage autour de leurs peines de coeur et de leurs dfaillances de conduite4 ,et cette minorit bruyante1 dolente et violente1 s'est si bien agite qu'elle a fini par rallier sa cause une majorit dans les ,chambres franaises4 ,c'est ainsi que le divorce est rentr dans nos lois en #ahhd4 ,il a suffi de cette argumentation thtrale dont les romanciers sentimentaux excellent enguirlander les faits-divers de l'adultre et de la passion1 pour dcider nos hommes politiques dmanteler le foyer familial en rompant le lien conjugal4 ,car1--impossible de le nier1--la loi qui a rtabli le divorce est une conqute de l'individualisme sur l'esprit social4 ,oubliant que toute institution d'utilit gnrale peut avoir exceptionnellement ses victimes1 comme le progrs a les siennes1 nous ne savons plus rsister la misre des accidents particuliers ni mme prfrer l'intrt prminent de la collectivit l'intrt1 pourtant trs infrieur1 des souffrances individuelles4 ,c'est croire que1 si de nos jours les rvolutionnaires pullulent1 rien n'est plus rare1 en revanche1 qu'un vritable socialiste1 pour peu que l'on restitue ce vocable sa pure signification tymologique4 ,je veux dire que nous n'avons point l'me sociale2 que nous subordonnons de moins en moins les parties au tout2 que nous perdons peu peu l'habitude de mettre le bien gnral du pays au-dessus des aspirations1 des dolances1 des revendications particulires2 qu'en rsum1 un individualisme orgueilleux1 avide et indisciplin nous ronge et nous dissout4 ,que voil bien notre maladie secrte et honteuse6 ,toutes les forces de l'homme moderne n'aspirent qu' la souverainet du moi et1 par une suite ncessaire1 l'affaiblissement et la ruine de toutes les autorits sociales1 de toutes les institutions sociales4 ,et c'est pourquoi notre pays1 plus qu'aucun autre1 se meurt d'anarchisme inconscient4 ,le rtablissement du divorce en est un exemple saisissant1--notre lgislateur n'ayant pas hsit1 pour rompre les chanes de quelques poux mal assortis1 branler les assises les plus profondes de la famille franaise4 ,voici des chiffres inquitants4 ,chaque anne1 les statistiques officielles enregistrent la progression constante du nombre des divorces4 ,c'est ainsi que le chiffre des demandes s'est lev de #d #fdj1 en #ahhe1 #g #def1 en #ahij4 ,et presque toutes ont trouv gain de cause auprs des juges4 ,sur plus de #dj #jjj actions intentes de #ahhd #ahib1 #ce #jjj environ ont t accueillies favorablement par les tribunaux4 ,et depuis1 le mouvement ascensionnel a poursuivi son cours4 ,au tribunal de la ,seine1 plus particulirement1 les procs en divorce augmentent incessamment4 ,en dcembre #ahih1 on l'a vu dsunir1 en une seule audience1 #ih mnages4 ,d'aprs la loi du #bg juillet #ahhd1 le divorce peut tre prononc pour quatre causes1 qui sont3 #a la condamnation une peine afflictive et infamante2 #b l'adultre2 #c les excs ou svices2 #d les injures graves4 ,mais la jurisprudence ayant attribu au mot injure un sens large1 qui efface toute limitation dans le nombre des causes de divorce1 on peut dire que celui-ci est possible1 dans le systme actuel1 toutes les fois qu'un poux manque gravement ses devoirs envers l'autre4 ,de l1 des facilits fcheuses de rupture et de dsunion4 ,pour toute la ,france1 il y a eu #f #dai divorces judiciairement prononcs en #ahid1 #f #gdc en #ahie1 #g #jea en #ahif1 #g #dfj en #ahig4 ,mais depuis trois ans1 ces chiffres tendent diminuer lgrement4 ,on a compt seulement #g #bch divorces en #ahih1 et le total est tomb #g #agi en #ahii4 ,l'anne #ahih marquera-t-elle un arrt dfinitif dans la progression du nombre des divorces8 ,ou bien cette diminution doit-elle tre attribue moins au relvement de la moralit conjugale qu' la svrit restrictive de certains juges1 dont les fministes avancs dnoncent la bigoterie et le clricalisme4 ,quoi qu'il en soit1 il rsulte des chiffres prcdents que1 depuis le rtablissement du divorce jusqu' la fin du ,x,i,xe sicle1 c'est--dire en seize annes1 la justice franaise a dsuni officiellement et irrmdiablement plus de #ij #jjj unions lgitimes4 ,on comprend que cette oeuvre de dissolution commence effrayer la magistrature4 ,que si maintenant nous comparons le total des ruptures 7sparations et divorces runis7 au total des mariages1 nous constaterons1 pour la seule anne #ahij1 le chiffre inquitant de #bi unions dissoutes sur #a #jjj unions contractes4 ,pour le seul dpartement de la ,seine1 la proportion s'est leve1 la mme anne1 #ge pour mille2 et chose attristante dire1 dans plus de la moiti des cas1 les poux divorcs avaient des enfants4 ,on voit par l combien l'air de ,paris est malsain pour la paix des mnages et l'union des familles4 ,joignez que les sparations de corps diminuent tandis que les divorces augmentent4 ,dans les milieux ouvriers des grandes villes1 notamment1 ce n'est plus assez de que sparer3 on veut rompre toujours4 ,en #ahhe1 il y avait eu #b #abb sparations prononces2 en #ahib1 ce chiffre est tomb #a #eig4 ,impossible de mieux dmontrer que le divorce entre de plus en plus dans nos moeurs1 en favorisant notre gosme1 notre inconstance et nos gots de jouissance et d'indpendance anarchique4 ,comment s'tonner1 aprs cela1 que notre population reste stationnaire1 et que les naissances ne suffisent plus gure qu' couvrir les dcs8 ,non pas qu'on se marie moins3 si l'tat civil avait enregistr1 en #ahie1 #bhb #iah mariages1 au lieu de #bhf #ffb en #ahid1 le nombre des unions lgitimes s'est lgrement relev en #ahii4 ,ainsi1 la nuptialit franaise1 aprs avoir marqu une tendance la baisse1 est en lgre progression depuis quelques annes4 ,en revanche1 les enfants naturels augmentent3 #gf #ebb ont vu le jour en #ahic4 ,stagnation des mariages et accroissement du concubinage1 affaiblissement de la natalit lgitime et multiplication des btards1 voil qui claire d'un jour effrayant notre dcadence morale4 ,si1 au moins1 le divorce avait diminu1--comme on s'en flattait1--les adultres et les crimes passionnels6 ,point4 ,la dception a t complte4 ,on dit qu',alexandre ,dumas ne pouvait s'en consoler4 ,a quoi bon se tuer lorsqu'il est si facile de se dsunir8 ,de #edf1 en #ahha 7trois ans avant le rtablissement du divorce71 les poursuites en adultre ont mont #ich1 en #ahij1 aprs six ans d'application de la loi nouvelle4 ,et combien de trahisons conjugales se terminent dans le sang8 ,le couteau1 le vitriol et le revolver n'ont jamais servi si frquemment et si furieusement les rancunes des poux mal assortis4 ,et cependant1 il y a quelque chose de plus triste encore que cette violence sanguinaire3 c'est l'acceptation et l'exploitation de l'adultre par les coupables eux-mmes4 ,des gens de la belle socit tiennent pour une incorrection que l'poux outrag tire vengeance de l'poux infidle4 ,les cris retentissants d'autrefois3 ,tue-la6 tue-le6 tue-les6 sonnent mal leurs oreilles indulgentes4 ,ils regardent la faute de la femme et l'inconduite du mari comme un prt pour un rendu4 ,il semble que1 ds qu'elle est rciproque1 l'immoralit soit plus facilement excusable4 ,dans un certain monde1 l'infidlit d'un poux ne cause mme plus son conjoint une blessure d'amour-propre4 ,se fcher est du dernier commun4 ,on se trompe1 et l'on ferme les yeux4 ,a quoi bon svir8 ,a quoi bon mme se sparer8 ,l'oubli est d'une suprme distinction4 ,et l'on pousse la dpravation jusqu' l'insensibilit4 ,a force d'inconscience1 nos lgants viveurs ont perdu le sens de la moralit4 ,pour en revenir au divorce1 c'est chose connue qu'il ne devait tre1 dans la pense de ses auteurs1 qu'une solution extrme offerte des situations cruelles1 des infortunes exceptionnelles4 ,est-ce trop dire qu'il est maintenant envisag de plus en plus comme la solution normale des unions civiles8 ,mme ,arvde ,barine1 qui s'attriste comme nous de cette constatation1 compare le divorce la divinit tutlaire qui prside la crmonie nuptiale1 et dont l'ombre plane sur la mairie pour encourager les indcis et consoler les mlancoliques#ih4 ,comment hsiter franchir le seuil de la maison conjugale lorsqu'il est si ais d'en sortir8 ,et des gens audacieux rclament le mariage l'essai4 ,nous n'en sommes pas loin6 ,note #ih3 ,la ,gauche fministe et le mariage4 ,revue des ,deux-,mondes du ler juillet #ahif1 p4 #aca4 ,par le fait du divorce1 les unions lgitimes ont tendance devenir des engagements terme1 un bail temporaire1 quelque chose comme un stage d'preuve4 ,si1 aprs quelques mois ou quelques annes d'exprience1 le couple ne se convient pas ou ne se convient plus1 on en sera quitte pour quelques scnes violentes joues en public1 et chacun reprendra sa libert avec l'assentiment de la justice et des lois4 ,on entre par la grande porte en se rservant de fuir par la petite4 ,sans les rsistances de l'glise catholique1 les progrs normes1 que le divorce a faits dans nos moeurs1 nous entraneraient rapidement ce qu'on a justement appel la polygamie successive4 ,sans doute1 nos divorces ne sont pas comparables encore ces matrones romaines dont parle ,snque1 et qui comptaient le nombre de leurs annes par le nombre de leurs maris4 ,ainsi pratiqu1 le divorce quivalait l'union libre4 ,avouons cependant qu'en s'acclimatant chez nous plus rapidement qu'on ne l'imaginait1 il menace gravement le mariage lui-mme4 ,,ii ,le grand malheur du divorce 7outre qu'il est un parjure1 c'est--dire la violation des serments changs7 vient de ce que la dchirure qu'il produit est irrparable4 ,a la diffrence de la sparation de corps1 qui laisse l'avenir ouvert la rconciliation1 il coupe1 il tranche--et ne recoud jamais4 ,et pourtant1 n'est-ce pas l'abri des foyers indestructibles que se forment les familles unies8 et n'est-ce pas l'ensemble des familles unies qui constitue les nations fortes8 ,dans un pays comme le ntre1 o la nature est si douce1 si dmente1 si riche1 si tentatrice1 chez un peuple au sang chaud1 l'me ardente1 aux sensations vives1 n'tait-il pas craindre qu'en supprimant l'indissolubilit du mariage1 on excitt les mauvais dsirs1 l'apptit du changement1 les convoitises basses et inavouables1 toute cette fange d'immoralit o l'homme ne saurait s'abaisser sans une irrmdiable dchance8 ,or1 quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse1 le mariage est devenu1 par l'effet du divorce1 quelque chose comme un concubinage lgal rgulirement constat et ventuellement rsoluble4 ,que l'un des stipulants s'avise de manquer ses promesses et de violer ses engagements1--la belle affaire6 ,bonnes gens1 consolez-vous6 ,le bail est rsiliable4 ,s'il vous arrive d'en souffrir1 rompez le contrat et liquidez l'association4 ,et les enfants6 ,impossible de parler du divorce sans que ce cri vous monte aux lvres4 ,voici deux poux mal assortis1 d'humeur contraire1 de gots opposs4 ,rien de plus naturel1 hlas6 rien de plus humain qu'ils rvent d'une rupture dfinitive1 esprant trouver peut-tre1 dans une nouvelle union le bonheur qu'ils ont vainement cherch dans la premire4 ,mais ils ont des enfants3 que deviendront ces paves du mariage8 ,car voil bien les victimes du divorce6 ,admissible1 la rigueur1 dans les unions striles1 parce qu'il intervient alors entre deux tres compltement libres1 le divorce est un grand malheur lorsqu'il dsunit deux poux qui ont une postrit1 car celle-ci en souffre4 ,qu'est-ce1 lorsque la mre divorce se remarie1 sous le fallacieux prtexte de donner un meilleur pre son enfant8 ,et1 en effet1 le second mari ne sera point sans exercer une autorit de fait sur le pauvre petit4 ,faites ensuite que le premier reparaisse et1 s'adressant son ancienne pouse1 s'efforce de lui reprendre son fils ou sa fille3 voyez-vous la situation cruelle de l'enfant1 que se disputent cet homme et cette femme qui ne sont plus conjoints et qui sont rests ses parents8 ,et quel rle va jouer le second mari dans ce conflit8 ,un rle atroce ou ridicule4 ,pour ces gens1 la vie est un enfer4 ,je ne sais point de conflits plus douloureux4 ,mais les fervents du libre amour ne s'embarrassent gure de ces misres et de ces souffrances4 ,si vous leur dites que l'indissolubilit du mariage est fonde mme sur des raisons biologiques1--puisque ls petits des hommes n'atteignant que trs tard leur dveloppement complet1 il importe que les parents restent unis pour y pourvoir jusqu'au bout1--on vous fera cette rponse stupfiante que1 pass la premire enfance1 les petits humains requirent moins de soins qu'on ne le croit1 et qu'en tout cas les lyces officiels ne laissent plus aujourd'hui la famille qu'un rle secondaire#ii4 ,note #ii3 ,joseph ,,renaud1 op4 cit41 p4 #adf4 ,ce raisonnement de clibataire fera sourire les mres et les proviseurs4 ,quoi de plus malheureux qu'un petit tre abandonn des siens et remis comme un fardeau gnant en des mains mercenaires1 si honntes1 si dvoues qu'elles puissent tre8 ,de par la nature1 le pre et la mre se doivent au bonheur de la frle crature qu'ils ont mise au monde4 ,et qu'on ne dise pas que cet excs de sensibilit pour le plus faible va contre la marche de l'mancipation humaine1 que les poux1 eux aussi1 ont droit la libert et au bonheur1 et qu'on ne saurait les forcer de sacrifier ce trsor inalinable leurs obligations de tendresse et de protection envers l'enfant1 en les condamnant au terrible supplice d'une union force1 sans paix et sans amour4 ,ce langage est anarchique4 ,pour nous qui1 plaant le devoir au-dessus du bonheur1 subordonnons la jouissance goste des individus l'intrt suprieur de la famille et de sa descendance1 notre choix est fait4 ,loin de sacrifier l'enfant aux parents1 nous maintenons que les parents doivent se sacrifier pour l'enfant4 ,c'est1 notamment1 l'obligation des poux mal assortis de ne se soustraire la vie commune qu' toute extrmit1 lorsque leur personne est expose des violences ou des svices graves1 ou encore1 lorsque la moralit des enfants est soumise des contacts avilissants et des exemples dtestables4 ,et maintenant1 la sparation et le divorce sont-ils plus profitables aux femmes qu'aux maris8 ,il semble bien qu'on doive1 sur la foi des statistiques1 rpondre affirmativement cette question1 puisque la justice intervient plus souvent sur la demande de l'pouse que sur les instances de l'poux4 ,serait-ce que les maris sont d'humeur plus endurante et plus rsigne8 ce qui est possible2 ou bien que les femmes leur sont suprieures en vertu et en moralit8 ce qui n'est pas douteux4 ,en tout cas1 par un reste de galanterie dsintresse1 certains hommes se laissent condamner sans se dfendre4 ,s'ils ont des griefs1 ils les taisent2 et la femme triomphe4 ,douloureuse victoire1 lorsque l'union1 rompue ou relche1 a donn naissance des enfants dont la mre aura la garde et la responsabilit6 ,savez-vous surtout mission plus lourde et plus grave1 pour une femme divorce ou spare1 que la charge d'un ou de plusieurs garons lever et tablir8 ,la mre ne reconquiert tout ou partie de son indpendance qu'au prix d'une aggravation de soucis1 de tourments1 de devoirs4 ,plus mince encore est le profit du divorce1 si l'on envisage le dommage qu'il cause au sexe fminin tout entier1 en affaiblissant1 en discrditant le mariage1 que nous considrons comme l'abri tutlaire de la mre et de l'enfant4 ,il est donc souhaiter que les tentations de rvolte et de dsunion soient combattues1 refoules1 touffes1 autant qu'il est possible1 par la conscience des parents4 ,en songeant aux intrts et aux droits de l'enfance1 en se rappelant qu'eux-mmes ne sont pas sur terre pour l'unique satisfaction de leurs aises1 pour l'unique plaisir de leurs sens1 en se disant qu' chercher en de secondes noces1 aussi alatoires que les premires1 une goste flicit1 ils porteraient un prjudice peu prs certain ce dpt redoutable et sacr1--l'enfant1--que les lois mystrieuses de l'existence ont remis entre leurs mains1 les poux viteront peut-tre plus facilement la suprme et irrparable dchirure du divorce1 qui n'allge momentanment leurs preuves qu'en blessant1 pour la vie1 les pauvres innocents auxquels ils doivent amour1 et protection4 ,,iii ,malheureusement1 ces scrupules ne touchent gure les partisans de l'union libre4 ,peu leur importe de vivre1 d'homme femme1 sur la foi d'un trait constat par le maire et bni par le cur4 ,leur farouche individualisme s'irrite de ces prcautions crmonieuses4 ,bien que le divorce soit une brche faite au foyer conjugal1 il ne leur agre point2 de sorte que1 par un effet propre toutes les demi-mesures qui s'arrtent la moiti du chemin1 cet expdient tant vant ne contente1 ni ceux qui voudraient dtruire la famille1 ni ceux qui voudraient la sauver4 ,il blesse en effet l'indissolubilit sacramentelle1 sans satisfaire l'indpendance passionnelle4 ,et pourtant1 lors du vote de la loi du #bg juillet #ahhd1 c'tait l'ide de beaucoup de gens que le divorce rajeunirait le mariage4 ,suivant eux1 la loi ,naquet avait tout rpar1 tout renouvel1 tout modernis4 ,a l'heure qu'il est1 cette opinion centre-gauche ferait sourire4 ,en ralit1 le divorce ne contente plus personne4 ,il est dangereux1 disent les timors4 ,il est insuffisant1 rpliquent les intransigeants4 ,de ces deux tendances d'esprit1 quelle est la plus agissante et la plus forte8 ,il n'est pas douteux que les mfaits du divorce effraient de nombreux esprits qui1 aprs avoir accept son rtablissement sans grand scrupule1 se demandent maintenant avec inquitude1 la vue de l'effrayante multiplicit des ruptures lgales1 si cette pidmie n'est pas de celles dont un peuple peut mourir doucement1 mais srement4 ,et nous entendons des libraux1 des modrs1 que cette exprience a dus1 nous dire d'un ton dsol3 ,dcidment1 il et mieux valu repousser le divorce qu'affaiblir le mariage4 ,pourquoi ne s'est-on pas content d'introduire dans le ,code civil1 suivant l'esprit du droit canon1 des nullits de mariage plus nombreuses et plus accessibles1 dont l'application des cas prcis et limits n'aurait pas t susceptible1 la diffrence du divorce1 d'une extension indfinie8 ,pourquoi surtout ne s'est-on pas content1 en #ahhd1 de remanier et de complter le rgime de la sparation de corps1 en renforant ses effets1 de manire allger plus efficacement le lien conjugal1 sans le rompre irrvocablement8 ,pourquoi a-t-on attendu jusqu'en #ahic pour rendre l'poux victime plus indpendant de l'poux coupable1 sans ruiner toutefois l'indissolubilit conjugale8 ,ces regrets sont vains4 ,mieux vaudrait1 assurment1 dmolir le divorce que dmolir le mariage4 ,mais le mal est fait1 l'impulsion est donne1 et l'on n'entrevoit point la possibilit de remonter1 de sitt1 le courant qu'une loi imprvoyante a dchan sur l socit franaise4 ,la seule chose qui puisse tre tente avec quelque efficacit1 c'est de lutter contre le flot grandissant des doctrines licencieuses1 qui prtendent tirer du principe imprudemment rintgr dans nos codes toutes les consquences pernicieuses qu'il renferme4 ,terrible est la logique des ides2 et celle du divorce nous mnerait loin1 si les moralistes de bonne volont ne lui barraient le chemin4 ,or1 aucun moyen n'est plus propre prserver les hommes des surprises et des catastrophes1 que de les renseigner exactement1 et sur les risques du chemin qu'ils ont pris l'aventure1 et sur les dangers de la pente o des indications mensongres ont entran leurs pas4 ,qu'on sache donc que telle est la pression du divorce sur nos moeurs1 qu'elle nous mnerait insensiblement1 si nous n'y prenions garde1 l'abolition du mariage et la reconnaissance lgale de l'union libre4 ,voyez plutt les consquences que les fministes chauffs en dduisent et les rclamations hardies qu'ils en tirent4 ,le divorce1 dclarent-ils1 est une libration incomplte1 un dbouch inaccessible1 une issue trop troite1 hrisse de formalits coteuses et de difficults dcourageantes4 largissons cette porte basse1 afin que les poux la franchissent aisment4 ,et d'abord1 il faut que le mariage puisse tre dissous par le consentement mutuel des poux4 ,une fois admis que les obligations du mariage sont purement humaines1 la logique exige que les deux volonts1 qui suffisent les former1 suffisent galement les dnouer4 ,le divorce actuel est d'ordre restrictif6 ,voil1 pour ,,mm4 ,paul et ,victor ,margueritte1 son grand dfaut4 ,pourquoi l'a-t-on dcapit de sa vraie cause qui est l'incompatibilit d'humeur8 ,depuis que la loi a scularis les justes noces1 les faillis du mariage ne peuvent rester associs perptuit4 ,l'heure sonnera de l'affranchissement complet1 logique et humain du divorce4 ,un cong silencieux1 rapide1 bon march1 sans atermoiements1 sans papier timbr1 s'il est possible1 voil l'idal4 ,brisons les fers des poux mal assortis qui cessent de se comprendre et de s'aimer4 ,leur conscience1 leurs coeurs1 leurs chairs ne peuvent tre asservis4 ,la route est large3 qu'elle soit libre#ajj6 ,note #ajj3 ,paul et ,victor ,,margueritte1 ,mariage et divorce4 ,la ,revue des ,revues du #a;er dcembre #aijj1 p4 #dfi4 ,ainsi donc1 ds que deux conjoints s'accordent pour se tourner le dos1 la rupture s'impose4 ,en fait1 ajoute-t-on1 ce genre de divorce existe dj1 puisqu'il peut se raliser par une simple supercherie des intresss1 tel qu'un flagrant dlit d'adultre concert d'avance ou quelque svice publiquement reu aprs entente4 ,il suffira donc de le rendre officiel1 ais1 prompt et sr1 en substituant le divorce par consentement au divorce par complicit4 ,aussi facilement que le maire nous marie1 aussi facilement le juge devra nous dsunir4 ,que cette simple raison lui suffise3 ,nous ne nous aimons plus1 sparez-nous4 ,de mme qu'au moment du mariage1 l'autorit n'a point exig des futurs conjoints les preuves de leur amour1 ainsi la justice ne saurait leur imposer1 au moment du divorce1 la dmonstration de leur indiffrence ou de leur antipathie4 ,m4 ,naquet nous dclare avec hauteur que le divorce par consentement mutuel1 c'est la loi naturelle#aja4 ,note #aja3 ,lettre ,m4 ,joseph ,renaud1 op4 cit41 p4 #aeb4 ,d'autres vont plus loin et souhaitent que le mariage puisse tre annul sur le seul dsir de l'un ou de l'autre conjoint4 ,n'est-ce pas la conclusion d'une pice clbre1 les ,tenailles1 de ,m4 ,paul ,hervieu8 ,rien de plus logique4 ,si l'on veut que le mariage cesse d'tre un pige1 et qu'il devienne la grande route que l'on suit deux librement1 volontairement1 joyeusement1 il n'est que de permettre chacun de secouer le joug son gr4 ,sinon1 l'union lgitime restera ce qu'elle est parfois1 un attelage d'ennemis4 ,ne dites pas qu' ce compte le caprice de l'un fera la loi de l'autre1 et qu'il est contraire tous les principes d'quit qu'un contrat1 solennellement form par l'change de deux volonts1 puisse tre rompu par la volont d'un seul4 ,ces scrupules juridiques n'embarrassent gure les gens de lettres4 ,n'ajoutez pas que la libert est une cause d'inconstance et d'incertitude2 ne rappelez pas ces penses si vraies de ,chateaubriand3 ,l'habitude et la longueur du temps sont plus ncessaires au bonheur1 et mme l'amour1 qu'on ne pense4 ,on n'est heureux dans l'objet de son attachement1 que lorsqu'on a vcu beaucoup de jours1 et surtout de mauvais jours avec lui4 ,on ne s'attache qu'au bien dont on est sr2 on n'aime point une proprit que l'on peut perdre4 ,on vous rpondra qu'il est absurde de dcrter l'amour1 la constance et le dvouement perptuit2 qu'il est absurde que l'tau paralyse tout souhait d'vasion4 ,et le divorce devenu plus accessible1 le mariage sera moins vil4 ,et l'on nous cite certains cas douloureux1 certaines situations compliques1--assez rares1--que le divorce par la volont d'un seul peut dnouer rapidement4 ,on a une telle foi dans l'excellence de la libert1 que1 pour remdier quelques exceptions cruelles1 on ouvre tous les mnages la porte de la maison commune1 en leur conseillant d'en sortir pour une simple incompatibilit d'humeur4 ,quelle imprudence6 ,faciliter la dsunion3 voil ce qu'on nous offre pour restaurer le mariage6 ,mais on ne s'arrte point1 comme on voudrait1 moiti chemin du divorce4 ,dans la pice que nous citions plus haut1 ,m4 ,paul ,hervieu fait dire l'un de ses personnages3 ,quand un mari et une femme sont capables de s'entendre sur le divorce1 ils en auraient dj moins besoin4 ,c'est pour ceux qui sont incapables de tout accord1 mme de celui-l1 que le divorce aurait d tre invent4 ,seulement1 voyez la consquence3 ds que le divorce est tenu pour un principe de libration offert au caprice de chacun des poux1 ds que la rpudiation est abandonne la volont d'un seul1 la socit est entrane1 par une pente irrsistible1 la reconnaissance de l'union libre4 ,se dmarier au gr de l'un ou de l'autre1 qu'est-ce donc2 sinon le droit individuel de s'aimer pour un temps et de rompre son bon plaisir8 ,cette dduction invitable1--qui est pour le commun des honntes gens la condamnation du divorce1--est salue avec joie par l'anarchisme aristocratique comme la fin du mariage4 ,les ,tenailles1 notamment1 ont t applaudies la ,comdie franaise raison mme de leurs prtentions libertaires4 ,dbarrassons-nous de ce qui nous gne6 tel est le mot d'ordre de la belle socit qui1 au-dessus de tous ses devoirs1 place le droit imprescriptible de s'amuser4 ,il est bien entendu1 par ailleurs1 que l'interdiction qui empche l'poux adultre de se marier avec son complice devra disparatre de la jurisprudence du divorce4 ,est-il1 en effet1 restriction plus stupfiante8 ,une femme a tromp son homme parce qu'elle ne l'aimait pas1 et elle ne pourra pas pouser son amant parce qu'elle l'aime6 ,interdiction pour elle de substituer un mariage d'amour un mariage sans amour4 ,l'tat1 qui s'est prt complaisamment la clbration de celui-ci1 refusera de solenniser celui-l4 ,quoi de plus absurde et de plus cruel8 ,la loi ne doit pas sparer artificiellement deux partenaires1 que la bonne nature convie aux jeux de l'amour et du hasard4 ,la logique du divorce est-elle puise8 ,pas encore4 ,la spirituelle ,sophie ,arnould disait que le divorce n'est que le sacrement de l'adultre4 ,est-ce pour faire mentir ce mot clbre1 qu'un lgislateur1 ,m4 ,viviani1 a dpos1 en juin #ahia1 sur le bureau de la ,chambre1 un projet de loi tendant supprimer le dlit d'adultre8 ,pour lui1 tout manquement la fidlit conjugale est une offense purement morale1 un simple abus1 de confiance dont le divorce est la sanction naturelle et suffisante4 ,et cela encore est logique4 ,vous qui croyez que le mariage est la base de la famille1 comme la famille est la base de la socit1 vous direz sans doute que supprimer les peines dictes contre l'adultre1 c'est lui accorder le bnfice d'une encourageante impunit1 c'est l'excuser et presque l'autoriser1 et que1 si les entranements aveugles de la passion peuvent expliquer les violations de la foi conjugale1 on ne saurait absoudre celles-ci par une disposition gnrale1 sans branler profondment les assises du foyer domestique4 ,et pourtant1 qu'on ne s'y trompe pas3 c'est le devoir de fidlit qu'on cherche effacer de nos lois1 aprs en avoir banni l'indissolubilit4 ,du moment que le ,code civil tient le mariage pour un contrat rsoluble1 pour un pacte rsiliable1 n'est-il pas inconsquent de punir ceux qui cherchent bnficier1 par un adultre1 de l'annulation qui leur a t promise8 ,comprend-on une loi qui permet aux poux de s'vader du mariage1 et qui les frappe de pnalits pour l'acte mme qui leur en ouvre la porte8 ,et voil pourquoi le divorce semble dj aux esprits avancs une concession insuffisante1 une demi-mesure1 un procd orlaniste1 comme disait le terrible ,raoul ,rigaud2 voil pourquoi encore les mmes gens voient dans l'adultre une simple offense prive sans consquence publique1 un coup de canif insignifiant la loi du contrat1 une peccadille1--tandis que les anarchistes de lettres1 poussant la logique jusqu'au bout1 le reprsentent comme un acte de courage1 un acte de vertu1 une libration sublime qui lve l'homme et la femme au-dessus des lois1 au-dessus des conventions et des prjugs1 et prpare la revanche de la ,nature contre la ,socit4 ,o nous mne cette tolrance relche des uns1 cette immoralit audacieuse des autres8 ,il est facile de le deviner4 ,elles ouvrent directement la voie aux libertaires des deux sexes qui ont pour devise3 ,la femme libre dans l'union libre4 ,on sait du reste que ce systme est en faveur chez nos frres les animaux1 qui se piquent rarement d'une fidlit durable4 ,et qu'est-ce que la famille humaine1 sinon un type d'animalit suprieure8 ,au surplus1 si nous voulons savoir ce qu'il faut conclure de toutes ces aggravations habilement dduites du divorce actuel1 les hardis jouisseurs1 qui prchent la femme l'mancipation de l'amour1 ne se feront pas faute de nous le dire4 coutons-les4 ,la loi du mariage est une convention vieillie et suranne1 ou mieux1 un prjug barbare1 troit1 tyrannique1 dans lequel les poux1 emprisonns comme en un filet1 se dbattent avec une rage impuissante4 ,il ne suffit plus que le divorce en ait largi les mailles et desserr les noeuds4 ,bnie soit l'ide libratrice qui permettra enfin aux deux sexes de s'affranchir de ce rgime accablant6 ,revenons la simplicit de nos origines1 cette morale primitive1 toute nue1 qui consiste uniquement satisfaire ses passions amoureuses1 sans rticence1 sans honte1 sans remords4 ,contre le droit de libre existence1 de libre amour1 de libre plaisir1 il n'est ni promesses ni scrupules qui tiennent4 ,devant la bonne nature1 les devoirs conjugaux n'existent pas4 ,l'tre humain1 mle ou femelle1 n'en a vritablement qu'un seul1 qui est de conqurir et de conserver sa pleine indpendance envers et contre tous4 ,que ceux qui ont encore le souci de leur dignit reprennent donc leur libert imprudemment aline1 car elle est inalinable6 ,ds qu'un poux est fatigu de l'autre1 l'association doit tre dissoute et liquide4 ,le mariage1 qui s'oppose cette solution bienfaisante1 est une servitude abominable4 ,il n'en faut plus6 ,dmolissons au plus vite ce vieux rgime cellulaire o des milliers d'tres1 conjoints malgr eux1 touffent et agonisent4 ,n'est-il pas juste que l'humanit jouisse au moins de la libert des btes8 ,,iv ,ici1 l'homme doit choisir entre les principes du mariage chrtien ou les errements de l'amour paen4 ,point de moyen terme logique et durable4 ,ou le mariage est l'change de deux volonts1 l'association de deux mes1 le don mutuel de deux tres libres consenti loyalement de part et d'autre en vue de la cration d'une famille1 le rapprochement de deux destines1 l'union de deux coeurs pour le bonheur et l'adversit1 la richesse et la misre1 la sant et la maladie1 la vie et la mort et1 comme disent les chrtiens1 pour l'autre vie au-del mme de la mort2--et alors1 loin de violer la foi jure et de reprendre leur libert1 les poux ne doivent avoir qu'une proccupation3 s'engager avec cette confiance en l'ternit de l'amour qui fait toute la grandeur du mariage1 remplir leurs promesses jusqu'au bout1 fuir tout ce qui risque de refroidir ou d'branler leur accord1 rechercher tout ce qui peut unifier et parfaire leur union1 tant pour leur bonheur propre que pour celui de leurs enfants4 ,ou le mariage n'est qu'un pacte rvocable1 un lien sans perptuit1 un bail rsiliable1 une convention terme1 que les poux peuvent rompre volont pour une incompatibilit d'humeur1 pour un simple discord mental1 pour ces contrarits de got et ces diffrences d'esprit qui ne sont1 selon le mot de ,chateaubriand1 que le penchant de notre inconstance et l'inquitude de notre dsir2--et alors il ne faut plus parler de famille1 car on ne fonde rien de noble1 rien de solide sur un rapprochement phmre1 n des caprices dsordonns de la passion et soumis toutes les vicissitudes des apptits et de l'invitable satit4 ,et mesure que s'allgera le fardeau des obligations conjugales1 on verra se multiplier le nombre des mauvais mnages1 puisqu'il est d'exprience qu'un lien se forme la lgre qui se rompt volont1 et que plus on divorce aisment1 plus on se marie tourdiment4 ,ds qu'il sera entendu que le mariage n'est qu'un lien provisoire1 un engagement temps1 une vente l'essai1 on ne cessera d'en poursuivre l'abrgement et la rduction4 ,a l'exemple du service militaire1 nous aurons successivement le service matrimonial de cinq ans1 de trois ans1 de deux ans1 jusqu'au jour o il paratra plus simple et plus logique de ne point s'engager du tout4 ,et notre socit s'acheminera de la sorte vers la reconnaissance lgale du libertinage1 la plus grande joie des hommes et pour le plus grand malheur des femmes4 ,qu'on ne nous accuse point de pessimisme exagr3 les moeurs amricaines nous sont un argument et un avertissement1--et aussi les moeurs parisiennes6 ,finissons4 ,le divorce1 qui est un premier pas dans la voie du fminisme antimatrimonial1 n'a satisfait personne4 ,les rcriminations sont plus vives aujourd'hui qu'auparavant4 ,avec sa porte ouverte sur l'avenir1 le mariage parat encore trop svre et trop gnant4 ,c'est pourquoi l'on travaille lui enlever1 un un1 tous ses caractres essentiels4 ,dj l'indissolubilit a disparu de nos lois2 et sans la religion1 elle serait peut-tre disparue de nos moeurs4 ,des crivains ont tourn en raillerie la fidlit4 ,d'autres ont fait l'loge de l'infcondit4 ,que ces thoriciens aventureux russissent convaincre les tristes humains que nous sommes1 et le mariage aura vcu4 ,car il serait injurieux et hypocrite de conserver cette noble appellation l'union innommable qui s'ensuivra4 ,il n'tait qu'un moyen de spiritualiser la famille de chair1 qui est la cellule essentielle de l'humanit1 c'tait de la fonder sur l'ide du devoir mutuellement stipul et perptuellement respect par les poux4 ,est-il possible que le monde abandonne cette formule de vie et de suprieure dignit1 pour une formule abjecte d'union intermittente1 qui entranerait rapidement l'abaissement de la femme et la ruine de la civilisation8 ,il faut avoir perdu1 semble-t-il1 la notion du bien et du mal pour proposer froidement de remplacer le devoir par le plaisir1 et la conscience par la concupiscence4 ,l'abolition du mariage et l'mancipation de l'amour n'en figurent pas moins au programme de nos diverses coles rvolutionnaires2 et de ce chef1 la famille franaise court les plus graves dangers4 ,tandis que la mauvaise littrature empoisonne les milieux riches1 tandis que le divorce dissout les mauvais mnages en branlant les bons1 la propagande anarchiste et socialiste en faveur de l'union libre risque d'envahir peu peu les couches profondes du peuple et de contaminer le proltariat tout entier4 ,cette forme du fminisme est donc particulirement redoutable2 et je tiens montrer qu'elle ne tend rien moins qu' ruiner la famille ouvrire4 ,et rien de plus logique1 cette fois encore1 que l'esprit de destruction qui anime les partis rvolutionnaires4 ,le seul groupement qui leur importe1 c'est le groupement collectiviste1 suivant les socialistes1 ou le groupement communaliste1 suivant les anarchistes4 ,les uns et les autres tiennent la famille pour un largissement insuffisant de l'individu4 ,le particularisme et l'autonomie du foyer leur semble un obstacle l'indivision et la socialisation des biens4 ,et c'est pourquoi l'union libre1 qui dissout la communaut domestique1 ferait bien mieux leur affaire4 ,,chapitre ,,vi ,les doctrines rvolutionnaires et l'abolition du mariage ,,sommaire ,i4--,,mariage ,,et ,,propri,t4--,,leur ,,volution ,,parall,,le4--,,la ,r,,volution ,,les ,,supprimera ,l',,un ,,et ,l',,autre4--,,pourquoi8 ,,ii4--,s',,il ,,est ,,vrai ,,que ,,le ,,mariage ,,asservisse ,,la ,,femme ,,au ,,mari4--,l',,pouse ,,est-,,elle ,,la ,,propri,t ,,de ,l',,poux8 ,,iii4--,,point ,,de ,r,,volution ,,sociale ,,sans ,r,,volution ,,conjugale4--,,appel ,,anarchiste ,,aux ,,jeunes ,,femmes4--,,appel ,,socialiste ,,aux ,,vieilles ,,filles4 ,dans l'esprit des doctrines rvolutionnaires qui se propagent au milieu de nous1 il ne suffit point la femme nouvelle de secouer le joug de la domination patronale et de la supriorit masculine3 rien ne serait fait si elle n'chappait l'autorit maritale4 ,son mancipation intellectuelle et sociale doit avoir pour complment ncessaire l'mancipation conjugale4 ,n'allez pas croire qu'un anarchiste ou un socialiste1 plus ou moins mari civilement1 tienne beaucoup la prminence que lui assure le ,code civil3 vous le connatriez mal4 ,sans hsiter1 il se frappe la poitrine et crie aux femmes qui languissent sous le joug matrimonial3 ,sus aux maris6 ,votre ennemi1 c'est votre poux6 ,comment le sexe fminin ne serait-il pas touch d'un si noble dsintressement8 ,i ,cette attitude s'explique aisment4 ,notre droit des personnes1 fond sur l'ide d'obligation1 et notre droit des biens1 fond sur l'ide d'appropriation1 ont suivi au cours des temps la mme volution4 ,les poux d'aujourd'hui se peuvent mme dire l'un l'autre3 ,ma femme1 mon mari1 comme ils disent des choses qui sont leur proprit3 ,ma dot1 mon champ1 ma maison1--bien que les droits personnels1 comme disent les juristes1 ne puissent tre assimils aux droits rels1 dont les consquences sont plus tendues et plus nergiques4 ,or1 tant donn que les anarchistes et les socialistes excluent les biens matriels de l'appropriation individuelle1 il ne leur est pas permis d'admettre1 sans inconsquence1 que les poux s'appartiennent mutuellement1 corps et me1 toujours1 en vertu d'un droit exclusif et irrvocable1 stipul respectivement et plac solennellement sous la garantie de la loi4 ,a la vrit1 le ,mariage et la ,proprit se sont dvelopps paralllement1 en s'levant de la jouissance commune la possession privative4 ,dans les socits infrieures1 crit ,m4 ,jean ,grave1 la femme a toujours subi1 de par sa faiblesse physique1 l'autorit du mle2 ce dernier lui a toujours plus ou moins impos son amour4 ,proprit de la tribu d'abord1 du pre ensuite1 pour passer sous l'autorit du mari1 elle changeait ainsi de matre sans qu'on daignt consulter ses prfrences#ajb4 ,note #ajb3 ,la ,socit future1 chap4 ,,xxii3 ,la femme1 p4 #cbg4 ,une trs remarquable profession de foi libertaire intitule ,unions libres1--dont l'auteur anonyme ne serait autre1 parat-il1 que ,m4 lie ,reclus#ajc1--;confirme ces tristes commencements de l'humanit en termes d'une srnit hautaine qui rvlent le savant4 ,rapt1 meurtre1 esclavage1 promiscuit brutale1 tels furent les dbuts de l'institution matrimoniale1 dbuts peu glorieux1 mais dont nous n'avons aucune honte3--plus bas nous avons commenc1 plus haut nous esprons monter#ajd4 ,note #ajc3 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif4 ,les hommes fministes1 p4 #hbh4 ,note #ajd3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb4 ,unions libres1 p4 #c-d4 ,puis1 la moralit s'purant1 la socit se disciplinant1 on vit peu peu la polyandrie et la polygamie1--que j'appellerais volontiers le communisme sexuel1--disparatre des pays civiliss4 ,en mme temps que les biens cessent d'tre communs1 les femmes cessent d'tre communes2 en mme temps que la proprit prive se constitue et se gnralise1 on voit apparatre partout le mariage monogame avec ses liens de filiation certaine1 avec la transmission d'un nom patronymique et la dvolution de l'hritage paternel aux enfants4 ,dsormais1 le christianisme aidant1 la distinction du mien et du tien s'tendra aux personnes et aux choses4 ,car le mariage n'est pas seulement l'union de deux tres1 de deux destines1 de deux vies1 mais aussi un rglement de biens1 un contrat d'affaires1 une constitution de patrimoine2 et par ce ct pcuniaire1 il touche de plus prs encore la proprit4 ,si bien que ,m4 ,gabriel ,deville1 dont j'aime citer la pense socialiste1 a pu dclarer que l'utilit du mariage rsulte de la structure conomique d'une socit base sur l'appropriation individuelle4 ,et un peu plus loin3 ,le mode de proprit transform1 et aprs cette transformation seulement1 le mariage perdra sa raison d'tre#aje4 ,note #aje3 ,le ,capital de ,karl ,marx4 ,aperu sur le socialisme scientifique1 p4 #dc4 ,avis ceux de nos compatriotes qui ont le bon esprit de tenir au rgime de l'appropriation prive et de lui attribuer le mrite d'avoir tir1 la fois1 les personnes et les biens de la confusion et de la promiscuit du collectivisme primitif3 ils doivent se dire que1 la proprit abolie1 c'en est fait de la famille et du mariage4 ,car il n'est point de famille sans foyer2 et qu'est-ce que le foyer1 sinon la maison paternelle et quelque coin de terre soustraits1 au profit d'un mnage1 l'indivision universelle8 ,a vrai dire1 le foyer est le noyau de tout patrimoine et comme la matrice mme de la proprit4 ,quant au mariage1 comment le maintenir sans inconsquence aprs avoir supprim tout droit privatif sur les choses8 ,comment permettre l'homme d'accaparer la femme1 et la femme d'accaparer l'homme1 quand on refuse un citoyen la possession exclusive d'une masure entoure d'un verger ou d'un champ8 ,que notre droit soit plus plein1 plus entier1 plus dominateur sur les choses que sur l'tre auquel nous avons uni notre destine2 que le mot proprit1 appliqu au droit que les poux ont l'un sur l'autre1 soit violent et inexact3 cela est de toute vidence4 ,un fait reste nanmoins3 c'est savoir que les socits humaines ont suivi la mme voie pour soustraire1--non sans peine1--les biens l'indivision communiste et les personnes la promiscuit sexuelle4 ,en somme1 il y a eu progrs parallle dans l'volution du mariage et de la proprit4 ,et c'est pourquoi1 aujourd'hui encore1 on ne peut s'attaquer la proprit sans s'attaquer plus ou moins au mariage3 ce qui nous fait dire que1 la fidlit conjugale tant la consquence d'un droit privatif de l'poux sur son conjoint1 lorsqu'on supprime tout droit individuel sur les choses1 on est amen forcment supprimer tout droit individuel sur les personnes4 ,saint-,simon et ,fourier n'ont point chapp cette logique des ides3 leur communisme se complte du libre amour4 ,de mme1 avec une belle unanimit1 les anarchistes et les socialistes d'aujourd'hui appellent de tous leurs voeux l'abolition du mariage et l'avnement de l'union libre4 ,sous quels prtextes8 ,c'est ce que nous allons voir4 ,,ii ,le mariage1 nous dit-on1 est un reste des violences primitives4 ,tandis que la rapine1 prenant assiette et consistance1 devint proprit1 peu peu le rapt se consolida en mariage#ajf4 ,malgr toutes les attnuations du progrs1 l'oppression de la femme marie est une survivance de l'esclavage antique4 ,exagrons-nous1 se demande l'auteur des ,unions libres1 en disant que la femme est toujours une captive8 ,de par le ,code civil1 en quoi consiste le mariage1 chez nous autres ,franais8 ,devant le public assembl et les reprsentants de la lot1 par une dclaration solennelle1 la fille met son corps1 sa fortune1 sa vie et son honneur en la possession d'un homme1 tenu dsormais donner sa protection1--terme trs vague1--en retour de l'obissance1--terme trs net1--qui lui est acquise4 ,cette personne n'aura plus la libre possession de sa personne#ajg4 ,l'ide n'est pas neuve4 ,nous lisons dans un ,catchisme du genre humain publi au commencement de la ,rvolution1 que le mariage est la proprit de la femme par l'homme1 proprit aussi injuste que celle des terres2 et son auteur y rclame1 en consquence1 le partage des biens et la communaut des femmes4 ,note #ajf3 ,unions libres1 p4 #h-i4 ,note #ajg3 ,eod4 op41 p4 #ai4 ,il est donc de l'essence du mariage1 suivant la doctrine rvolutionnaire1 d'assujettir l'pouse l'poux4 ,non que cette institution fasse peser sur toutes les femmes une autorit galement et ncessairement dprimante4 ,l'crivain libertaire1 que nous avons dj cit1 en convient avec franchise3 ,nous reconnaissons hautement que1 dans les mariages contracts sous les auspices de l'autorit civile1 il est des unions qui sont aussi heureuses que possible2 il en est plusieurs qui font notre admiration1 plusieurs que nous nous proposons d'imiter4 ,seulement1 cette concession faite1 il affirme qu'il n'est amiti vritable1 qu'il n'est grand amour qu'entre gaux2 que la contrainte aboutit la rvolte et la subordination l'insubordination4 ,et plus loin il ajoute3 ,nous supposons comme dmontre l'entire et complte quivalence des deux facteurs de la famille#ajh4 ,note #ajh3 ,unions libres1 p4 #bj et #bb4 ,mais qui en doute8 ,oui1 dans le mariage qu'ils contractent et dans la famille qu'ils fondent1 l'homme et la femme1 sans jouer le mme rle1 remplissent une fonction d'gale importance4 ,socialement parlant1 ils quivalent4 ,et mme1 selon le plan chrtien1 l'quation conjugale doit se fondre1 sous l'action de l'amour mutuel et de l'estime rciproque1 en une vritable unit3 ,duo in unum6 ,il est vrai que le ,code prescrit l'obissance la plus faible1 la protection au plus fort4 ,mais ceci est la condition et la mesure de cela4 ,faites que dans la socit conjugale personne ne veuille cder1 et la vie commune devient impossible4 ,point de mnage1 point de famille1 sans une hirarchie tempre par la confiance et l'amour4 #aa ne faut pas confondre l'autorit avec la tyrannie1 ni la puissance tutlaire du mari avec le despotisme jouisseur d'un pacha4 ,la loi religieuse et la loi civile ne permettent point de pareils excs de pouvoir4 ,que des hommes indignes s'en rendent coupables1 c'est possible4 ,mais1 de grce1 n'imputons pas la loi les mfaits de ceux qui la violent6 ,lorsqu'un poux outrage ou maltraite l'autre1 la justice doit intervenir en faveur de la victime4 ,qu'on ne dise pas davantage que le mari est le propritaire de sa femme4 ,malgr leur volution parallle1 le mariage et la proprit n'engendrent ni mmes effets ni mmes pouvoirs4 ,si les poux se doivent l'un l'autre1 en vertu de leurs engagements rciproques1 respect1 amour et fidlit1 si mme la monogamie chrtienne suppose1 de conjoint conjoint1 une obligation contractuelle qui les lie indissolublement pour la vie1 le droit privatif qui s'ensuit1 tant au profit du mari sur la femme qu'au profit de la femme sur le mari1 n'a rien de commun avec le domaine absolu qu'un propritaire a sur son mobilier ou son jardin4 ,l'minente dignit de la personne humaine s'oppose une aussi injurieuse assimilation4 ,toutes les lgislations chrtiennes distinguent les droits personnels des droits rels4 ,l'homme et la femme peuvent s'obliger1 mais ils ne sont pas susceptibles de proprit4 ,c'est donc commettre un grave excs de langage1 auquel les lois1 les ides et les usages donnent un gal dmenti1 que de prtendre1 comme l'cole rvolutionnaire s'obstine le faire avec complaisance1 que le droit du mari sur la femme et le droit du chasseur sur son chien sont les manifestations d'une seule et mme potestas habendi4 ,et puis n'oublions pas que les droits1 dont les poux disposent l'un sur l'autre1 sont rciproques4 ,le mariage est un change de promesses et d'obligations4 ,pas plus que la femme1 le mari n'a la libre disposition de lui-mme4 ,les conjoints sont lis par un mutuel serment4 ,on peut donc dire1 en un certain sens et dfaut de mot plus prcis1 que1 cranciers et dbiteurs l'un de l'autre1 ils ne s'appartiennent plus1 puisqu'ils se sont donns toujours4 ,et cette alination solennelle1 de leur libert1 de leur corps1 de leur vie1 est le seul moyen de fonder la famille4 ,car c'est par ce don irrvocable de l'poux un tre de son choix1 par cette foi jure qui les unit perptuit1 que le bon vieux mariage se distingue du pur libertinage1 o les amants de rencontre se donnent et se reprennent1 sans crmonie1 au hasard des passions du moment4 ,,iii ,d'autres publicistes rvolutionnaires ont le mariage en haine1 parce qu'en perptuant la famille1 il imprime la classe possdante1 comme dit ,m4 ,gabriel ,deville1 son caractre hrditaire et dveloppe ainsi ses instincts conservateurs4 ,point de rvolution effective1 point d'indpendance durable1 avec cette pratique des unions consacres par les autorits civiles et religieuses1 qui discipline et soutient la socit contemporaine4 ,si1 par contre1 on cessait de mpriser les filles qui se laissent faire un enfant1 si on traitait l'enfant n hors mariage comme l'enfant lgitime1 la libert des relations sexuelles s'tendrait au dtriment du mariage4 ,et cette barrire emporte1 famille et proprit se dissoudraient facilement dans le collectivisme de l'amour et des biens4 ,comme on peut le voir1 le divorce n'est1 aux yeux des socialistes et des anarchistes1 qu'une brche insuffisante faite la citadelle bourgeoise4 ,il n'y laisse tomber qu'un trop mince rayon de lumire4 ,qu'on se hte donc d'en ouvrir les portes toutes grandes4 ,lorsque deux personnes sont lies l'une l'autre par les noeuds multiples des intrts et des habitudes1 l'amour cessant1 beaucoup hsitent les rompre et n'essaient mme pas de se reprendre4 ,si l'indissolubilit du mariage n'existe plus en droit1 elle se maintient en fait1 assez pour tayer toute notre organisation sociale4 ,et c'est un grand malheur#aji4 ,plus optimiste est ,m4 ,jean ,grave4 ,il espre bien que par la fissure du divorce1--et ceci est la confirmation des craintes que nous avons exprimes1--le mariage se videra de tout ce qui fait sa force4 ,la famille lgale a reu le coup fatal du jour o le lgislateur a d enregistrer les cas o elle pouvait tre dissoute4 ,quoi de plus naturel1 d'ailleurs8 ,deux individus1 aprs s'tre aims un jour1 un mois1 deux ans1 peuvent se prendre d'une haine mort3 pourquoi enchaner ces malheureux pour la vie1 quand il est si simple de tirer chacun de son ct#aaj8 ,note #aji3 ,,gabriel ,,deville1 ,le ,capital de ,karl ,marx1 pp4 #db et #dc4 ,note #aaj3 ,,jean ,,grave1 ,la ,socit future1 chap4 ,,xxii3 ,la femme1 pp4 #ccb et #ccc4 ,mais cette brche pratique dans la prison conjugale ne suffit pas nos hardis novateurs3 mieux vaut la dmolir4 ,il est vrai que le relchement progressif des moeurs en arrache tous les jours quelques pierres1 la grande joie de ,m4 ,jean ,grave4 ,dj1 si nous l'en croyons1 la vogue du mariage religieux est en baisse4 ,m4 le ,cur perd de son prestige4 ,sauf quelque grue qui veut taler sa toilette blanche ou l'hritier qui veut se concilier les bonnes grces de parents hritage1 peu de personnes prouvent le besoin d'aller s'agenouiller devant un monsieur qui se dguise en dehors des jours de carnaval4 ,et aprs ce gracieux panchement d'esprit anticlrical1 l'crivain anarchiste constate avec la mme satisfaction que l'charpe de ,m4 le ,maire n'est pas tenue en plus grand respect4 ,quant la sanction lgale1 si l'on voulait faire le recensement parmi la population de nos grandes villes1 on trouverait bien que tous les mnages ont pass par la mairie2 mais1 en examinant d'un peu prs1 on pourrait s'apercevoir que les trois quarts ont rompu1 sans tambour ni trompette1 les noeuds lgaux pour en former d'autres sans aucune conscration officielle4 ,d'o cette consquence1 dont notre auteur se flicite2 que l'opinion publique commence trouver l'union librement consentie aussi valable que l'autre#aaa4 ,encore un peu de temps1 et elle se fera respecter en pntrant dfinitivement dans les moeurs4 ,ce jour-l1 mariage1 hritage et proprit s'effondreront sans retour4 ,et la socit nouvelle sera fonde4 ,note #aaa3 ,la ,socit future1 pp4 #cca et #ccb4 ,laquelle8 ,qui l'emportera de l'anarchisme ou du collectivisme8 ,on ne sait4 ,un point certain1 c'est qu'unis pour dtruire1 les rvolutionnaires auront peine s'entendre pour reconstruire1 les uns tirant droite vers l'autonomie absolue de l'individu1 les autres tirant gauche vers la dictature absolue du proltariat4 ,ce dissentiment irrductible nous prsage quelques durs moments passer4 ,et dire que ces gens aperoivent galement le parfait bonheur l'extrmit des routes contraires sur lesquelles ils s'efforcent d'entraner la multitude6 ,en attendant1 socialisme et anarchisme se disputent la conqute de la femme4 ,il est entendu qu'elle ne saurait s'affranchir que par la rvolution sociale4 ,au nom des anarchistes1 ,m4 ,jean ,grave nous dclare vertement que ceux qui lui font esprer son mancipation dans la socit actuelle mentent effrontment#aab4 ,au nom des socialistes1 ,m4 ,benot ,malon nous assure1 avec plus de politesse1 que la femme et le proltaire1 ces deux grands opprims collectifs de l'ordre actuel1 doivent unir leurs efforts1 car leur cause est commune1 comme sera commun leur triomphe#aac4 ,note #aab3 ,ibid41 chap4 ,,xxii1 p4 #cci4 ,note #aac3 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 chap4 ,,vii1 p4 #cfi4 ,mais cette rvolution1 qui doit faire le bonheur de la femme1 sera-t-elle anarchiste ou socialiste8 ,cruelle nigme4 ,dans les deux camps rvolutionnaires1 on redouble de prvenances et de promesses l'gard du beau sexe4 ,l'anarchisme surtout se met en frais de rhtorique pour convaincre les jeunes filles et les jeunes femmes4 ,eh6 ma belle1 coutez-moi donc4 ,ce que nous poursuivons1 c'est notre bonheur et le vtre1 c'est l'panouissement de l'individu tout la joie de vivre et d'aimer dans la libre nature1 c'est l'avnement de l',harmonie et de l',amour entretenus par la libert et la mutuelle confiance4 ,alors1 fire et libre1 l'gale de l'homme1 non plus femelle1 mais femme1 tu seras1 dans toute la beaut du terme1 sa compagne4 ,le veux-tu8 ,eh bien6 sois avec nous#aad4 ,cet appel lyrique sera-t-il entendu8 ,on peut en douter4 ,les femmes vont moins1 semble-t-il1 l'anarchie qu'au socialisme4 ,dans l'enqute qu'il a mene pour tablir la ,psychologie de l',anarchiste-,socialiste1 ,m4 ,hamon n'a reu1 en rponse son questionnaire1 que quatre adhsions fminines sur un total de cent soixante-dix lettres environ1--et pas une n'manait de femmes franaises#aae4 ,cette abstention est peu encourageante4 ,note #aad3 ,la ,rvolte1 n #ai du #bj au #bg janvier #ahia1 p4 #a4 ,note #aae3 ,psychologie de l',anarchiste-,socialiste1 p4 #bc et p4 #bgc1 note #a4 ,sur un mode non moins lyrique et non moins insinuant1 le doux socialiste ,benoit ,malon s'adressait de prfrence aux filles non maries1 que le prjug cruel et bte croit fltrir du titre de vieilles filles4 ,ces innombrables sacrifies1 victimes des fatalits sociales1 ne sont-elles pas les plus mritantes8 ,qui dira jamais ce que leur clibat fait perdre aux hommes1 de bonheur1 la socit1 de dvouement1 la race1 de perfectionnements physiques et moraux8 ,et avec motion1 le brave homme leur criait3 ,venez nous1 vous qui souffrez surtout de ne pouvoir vivre assez pour autrui1 venez pour hter le jour des grandes rparations o toutes les forces1 toutes les beauts affectives de l'humanit s'panouiront dans le bonheur et le devoir universaliss2 venez prendre votre place dans l'arme grossissante de l'mancipation humaine#aaf4 ,mais jusqu' prsent1 les vieilles filles prfrent entrer en religion4 ,note #aaf3 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 chap4 ,,vii1 p4 #cfh4 ,au total1 quelque sduction que dploient les enjleurs1 l'immense majorit des femmes rsiste la propagande rvolutionnaire4 ,il faut pourtant dmolir le vieux monde2 et comme le mariage est une de ses colonnes1 on s'acharne1 de part et d'autre1 l'branler4 ,instrument d'assujettissement pour la femme1 fondement de l'hritage pour la famille1 voil dj deux raisons de l'excrer4 ,ce n'est pas assez3 on le voue au mpris des grandes mes1 sous prtexte qu'il abreuve les conjoints de honte et d'ignominie4 ,il est vnal6 ,voulez-vous connatre toutes les consquences dommageables des unions actuelles1--ce que ,benot ,malon appelait les nuisances du mariage3 je les rsume4 ,on ne consulte pas assez les attractions affectives1 les affinits de complexion et de temprament2--et la slection de l'espce en souffre4 ,les filles sans dot1 condamnes une virginit solitaire1 sont sevres de la vie deux2--et la reproduction de l'humanit en souffre4 ,les questions d'argent1 de position1 de convenance1 font gnralement du mariage un maquignonnage plus ou moins dloyal2--et l'honntet en souffre4 ,la femme est domestique au profit du mari et maintenue par la loi dans une infriorit dprimante2--et la libert en souffre4 ,les codes et les moeurs ont creus entre les enfants naturels et les enfants lgitimes de profondes ingalits de droit1 de condition et de traitement2--et la fraternit en souffre4 ,conclusion3 il n'est que temps de rendre l'amour qui console1 embellit et rgnre1 la souverainet qu'il doit exercer dans les relations des sexes2--et la flicit s'panouira sur le monde4 ,en toutes ces questions1 nos moralistes rvolutionnaires sont prodigues de beaux lans et de saintes colres4 ,on m'en voudrait de n'en point donner ici quelques chantillons4 ,,chapitre ,,vii ,morale anarchiste et morale socialiste ,,sommaire ,i4--,,morale ,,anarchiste3 ,l',,mancipation ,,du ,,coeur ,,et ,,des ,,sens2 ,,la ,,lib,,ration ,,de ,l',,amour2 ,l',,apologie ,,de ,l',,inconstance4 ,,ii4--,,morale ,,socialiste3 ,,la ,,suppression ,,du ,,mariage2 ,,la ,r,,habilitation ,,de ,l',,instinct2 ,l',,affranchissement ,,des ,,sexes4 ,,iii4--,,noces ,,libertaires4--,,la ,,souverainet ,,du ,d,,sir4--,,unanimit ,,des ,,conclusions ,,anarchistes ,,et ,,socialistes ,,en ,,faveur ,,de ,l',,union ,,libre4 ,,iv4--,,ne ,,pas ,,confondre ,l',,ind,,pendance ,,de ,l',,amour ,,avec ,,la ,,communaut ,,des ,,femmes4--,,illusions ,,certaines ,,et ,d,,ceptions ,,probables4 ,i ,il est bien entendu que1 loin d'tre la consquence d' attirances rciproques qui jettent deux tres dans les bras l'un de l'autre1 la plupart des unions sont subordonnes des combinaisons de fortune1 des calculs d'argent4 ,ce sont des associations d'intrt machines souvent par des parents avides en dehors des futurs conjoints1 de telle sorte que le mariage est rduit1 comme dit ,m4 ,sbastien ,faure1 un contrat parchemin dont les articles sont tout et le signataire peu prs rien4 ,tel se marie pour faire une fin1 tel autre pour redorer son blason2 celui-ci pour payer son tude1 celui-l pour relever son crdit4 ,la dot est la grosse affaire du mariage4 ,il n'est pas jusqu' l'ouvrier qui ne recherche une bonne ouvrire1 ayant en main un mtier lucratif4 ,bref1 la femme est pouse non pour elle-mme1 mais pour son apport4 ,et que les hommes ne rpliquent point qu'aujourd'hui les jeunes filles sont rares1 qui offrent leur main sans s'assurer que le futur mari a le moyen de prvenir leurs dsirs ou du moins de pourvoir leurs besoins4 ,on leur rpond que l est le mal4 ,se marier1 c'est pour la femme se vendre contre la table et le logement2 et ce trafic est un avilissement4 ,les mariages d'inclination sont des contes bleus4 ,de part et d'autre1 on ne se recherche1 on ne s'unit que par intrt4 ,le mariage est un march qui ne va point sans marchandage4 ,et voici la conclusion trs grave qu'en tire l'crivain anarchiste dj cit3 ,puisque1 au lieu de se donner sans condition1 sans calcul1 sans arrire-pense1 suivant l'impulsion naturelle des affinits instinctives1 chacun des deux conjoints compare ce qu'il vend ce qu'il achte et ne consent donner qu' la condition de recevoir1--neuf fois sur dix le mariage n'est1 proprement parler1 qu'une forme spciale et respecte de la prostitution#aag4 ,et sur ce point1 le socialisme ne pense ni ne parle autrement que l'anarchisme4 ,pour ,m4 ,gabriel ,deville1 le mariage n'est1 dans son ensemble1 que la prostitution par devant le maire1 puisqu'au sens lmentaire du mot1 la prostitution consiste dans la subordination des rapports sexuels des considrations financires#aah4 ,note #aag3 ,la ,douleur universelle1 chap4 ,,vi1 p4 #cah4 ,note #aah3 ,le ,capital de ,karl ,marx1 p4 #dc-dd4 ,mais laissons ces gros mots4 ,il est trop vrai que la vie est frquemment l'occasion d'unions mercantiles o l'esprit de lucre touffe l'esprit de famille4 ,ne dfendons point ce qui est indfendable4 ,est-il dmontr1 pour cela1 que les mariages de passion soient toujours les plus sages8 ,a qui fera-t-on croire que les mariages de convenance soient ncessairement inconvenants1 et ceux de raison absolument draisonnables8 ,car1 enfin1 il faut bien en se mariant songer au lendemain1 aux obligations de la vie1 aux besoins de la famille1 l'avenir1 aux enfants4 ,l'amour1 le fol amour1 est l'imprvoyance mme2 il hypnotise1 endort et aveugle les plus senss4 ,point de sagesse qui tienne contre les sophismes de la passion et les emportements du coeur et des sens4 ,combien les parents ont raison de songer1 pour leurs enfants trop enclins les oublier1 aux ralits de l'existence et aux charges du mnage6 ,s'aimer ne dispense point de vivre4 ,pourquoi incriminer violemment ceux qui se proccupent de pourvoir en mme temps ceci et cela8 ,il est vident que1 si l'humanit n'tait pas condamne aux soucis du pain quotidien1 on ne comprendrait point de si vulgaires calculs4 ,lorsque la ,rvolution sociale nous assurera les bienfaits de la poule au pot et de ses accessoires1 lorsque1 d'un coup de sa baguette magique1 elle emplira nos assiettes et nos verres chaque repas1 alors seulement nous pourrons vaquer1 sans distractions mesquines1 aux plaisirs dsintresss du pur amour4 ,jusque-l1 notre vie sentimentale sera forcment traverse de viles proccupations d'argent4 ,et d'ailleurs1 les mariages d'inclination1 pas plus que les mariages d'intrt1 ne trouvent grce devant les tendres scrupules de nos grands rformateurs4 ,se marier1 mme sans dot1 c'est se lier1 et partant se diminuer4 ,qu'une alliance soit conclue1 ft-ce sous l'impulsion la plus spontane du coeur1 devant ,m4 le ,cur ou seulement devant ,m4 le ,maire1 le pacte conclu et l'obligation cre font dgnrer l'amour en servilit4 ,ici encore1 anarchistes et socialistes poursuivent les mmes fins4 ,on a pu lire dans la ,freiheit1 la feuille la plus exalte du parti libertaire1 qui a t longtemps dirige par le compagnon ,most1 ce programme des merveilles de la ,commune venir3 ,il est vident que la femme1 rellement affranchie aussi bien que l'homme1 dispose de son libre arbitre de la manire absolue4 ,l'amour s'est affranchi de la prostitution2 le mariage renonce la bndiction de l'glise ainsi qu'au sceau de l'tat2 il est uniquement bas sur les sentiments et les inclinations de ceux qui forment les communauts sexuelles2 la famille en arrivera insensiblement faire place de plus vastes associations d'humains fraternisant ensemble#aai4 ,et donc1 plus de mariage religieux1 plus de mariage civil1 plus de sacrement1 plus de contrat4 ,c'est aussi l'idal de l'auteur des ,unions libres1 qui dclare avec fiert que l'amour mprise et refuse tout autre rpondant que lui-mme4 ,plus de liens1 plus de cautions4 ,c'est une utopie que de minuter la sincrit sur papier timbr#abj4 ,du reste1 le mariage transforme la longue les amants les plus passionns en compagnons de chane1 comme dit ,m4 ,jean ,grave4 ,sans parler des esprances dues1 l'habitude1 l'indiffrence1 la satit1 l'ennui1 ne tardent pas disjoindre les coeurs que la loi a unis pour la vie#aba4 ,on se nglige1 on se dispute4 ,l'homme devient un bourru malfaisant et la femme un vrai dmon4 ,le mariage tue l'amour4 ,note #aai3 ,la ,freiheit1 n du #bd mai #ahha4 ,note #abj3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb4 ,unions libres1 p4 #bd4 ,note #aba3 ,la ,socit future1 eod4 loc41 p4 #ccf-ccg4 ,il faut voir ,m4 ,sbastien ,faure prendre en piti le prosasme nervant des unions rgulires6 ,de quoi parle-t-on entre poux8 ,des domestiques1 des affaires1 du loyer1 des enfants1 de la lessive faire et scher1 de la pluie et du beau temps1 des chemines qui fument1 d'une mdecine prendre ou des notes payer4 ,quelle platitude6 ,plus de propos galants1 plus de conversation amoureuse4 ,le coeur de la mnagre n'est plus mu que par la peur de laisser brler son rti4 ,proccupations ridicules6 ,existence stupide et froide6 ,les poux sont les fonctionnaires du mariage4 ,l'obligation de la vie commune les dprime et les avilit4 ,que faire pour les sauver d'eux-mmes8 ,leur assurer l'indpendance1 la varit des choix et des liaisons1 et les rendre l'amour qu'ils ont reni et perdu4 ,l'union libre est la condition essentielle de l'mancipation suprme4 ,la libert de la pense n'est point complte sans la libert du coeur4 ,de mme que l'esprit1 l'amour ne doit connatre ni subir aucune entrave4 ,vivre avec un conjoint que l'on n'aime plus1 s'engager l'aimer toujours et promettre de ne jamais en aimer un autre1 surveiller ses sens et matriser sa chair1 voil des assujettissements insupportables dont la barbarie gale l'absurdit4 ,le mari n'a pas seulement jur d'aimer la mme femme1 il s'est interdit le droit de dsirer les autres que son mariage a plonges dans une sorte de veuvage1 puisqu'il est comme mort pour elles2 la femme n'a pas seulement promis d'appartenir toujours au mme homme1 elle a pris aussi l'engagement de se refuser tous les autres1 pour lesquels ses charmes doivent ne pas exister4 ,de si cruelles anomalies rvoltent et serrent le coeur de ,m4 ,sbastien ,faure4 ,et voyez les suites3 dfiance1 jalousie1 astuce1 soupon1 querelle1 hypocrisie4 ,la vie commune devient un perptuel mensonge#abb4 ,notre mariage est une prison1 d'o les forats ne peuvent s'vader que par l'adultre avec tous ses risques ou par le divorce avec tous ses ennuis4 ,note #abb3 ,la ,douleur universelle1 pp4 #cbj et #cba4 ,ds lors1 point de crmonie nuptiale1 ni l'glise ni la mairie2 point de contrat solennel1 ni religieux ni civil2 point d'engagements1 point de chanes4 ,toutes ces formalits assujettissantes sont inconciliables avec la libre et parfaite expansion de la femme4 ,plus d'alliance conclue ni devant un prtre1 ni devant une autorit quelconque1 pas mme devant nos concierges4 ,il ne faut plus mme de mnage durable4 ,l'inconstance est une loi de nature4 ,vous avez bien lu8 ,je n'invente rien4 ,m4 ,sbastien ,faure tient nous faire observer que les mmes inconvnients rsultent des unions lgales et illgales1 des mnages rguliers et irrguliers4 ,ces dernires unions ne sont1 en dfinitive1 que de vritables mariages auxquels fait dfaut la sanction civile et religieuse2 car la cohabitation1 la communaut des intrts1 les habitudes ancres et surtout la naissance des enfants1 par les responsabilits et les devoirs qu'elle impose au pre et la mre1 crent la longue1 entre ceux-ci1 des liens moraux tout aussi forts que les chanes forges par la ,loi ou l'glise#abc4 ,or1 tout lien1 quel qu'il soit1 est immoralit et folie4 ,pourquoi8 ,parce qu'il est en absolue contradiction avec notre nature mobile1 inconstante1 capricieuse4 ,m4 ,sbastien ,faure s'en explique avec un sang-froid dpourvu de toute pudeur2 et1 quelque blessante que soit sa thse pour des oreilles honntes1 il est bon d'en citer quelques extraits pour montrer o veulent en venir les logiciens de l'amour libre3 ,on ne peut pas plus rpondre de son coeur que de sa sant4 ,notre moi se transforme sans cesse2 nous ne sommes jamais identiques nous-mmes444 ,la nature1 essentiellement lectrique1 ne saurait se plier aux rigides exigences d'un contrat de longue haleine2 la nouveaut1 toujours attrayante1 nous sduit par ses inconnus chargs de grisantes promesses444 ,il n'est peut-tre pas un sentiment plus versatile que l'amour1 et il est non moins exact que son objet varie frquemment444 ,la divine fleur de l'amour parfume toute notre existence1 sans doute2 mais ce ne sont pas les rayons des mmes prunelles qui la tiennent panouie1 et il est extrmement rare que ce soient les doigts chris de la mme enchanteresse qui la cueillent chaque renouveau444 ,le dsir ne s'alimente que de varit et la passion ne vit que de dsir2 or1 le mariage est pour celui-ci une sorte de condamnation mort444 ,il est draisonnable de garantir solennellement la fixit de nos sentiments#abd4 ,ces citations nous remettent en mmoire le jugement que le compagnon ,charles ,malato a port un jour sur le compagnon ,sbastien ,faure3 ,il serait parfait1 s'il consacrait aux questions d'urgence immdiate le quart du temps qu'il emploie formuler ses syllogismes ou pratiquer l'amour libre4 ,ah6 ,faure1 quand donc cesseras-tu d'tre le ,lovelace de l'anarchie pour en devenir le ,danton#abe8 ,note #abc3 ,la ,douleur universelle1 p4 #caf1 note #a4 ,note #abd3 ,la ,douleur universelle1 pp4 #cah et #cai4 ,note #abe3 ,de la ,commune l',anarchie1 #b;e dit41 p4 #bef4 ,au fond1 l'union libre est pleinement conforme l'tat de nature qui est le rve essentiel de l'anarchie4 ,les humains doivent s'unir un peu comme s'accouplent les btes1 sans lien d'avenir4 ,deux amoureux se font des visites et les suspendent1 se rapprochent et se quittent3 c'est leur affaire4 ,la socit n'a point le droit de s'occuper des choses du coeur4 ,est-ce trop dire maintenant que l'mancipation de l'amour tend1 par une pente invincible1 nous ramener la pure animalit8 ,,ii ,et notez que le socialisme n'chappe pas davantage la logique de l'erreur1 de la ngation1 de la destruction4 ,on ne saurait mme dire qu'il met plus de retenue dans son langage1 ou plus de rserve dans ses conclusions4 ,en tout cas1 le libre amour figure au programme de ses rformes venir4 ,engels1 que le collectivisme international vnre comme un de ses plus illustres docteurs1 a crit ceci3 ,quand aura grandi une gnration d'hommes qui1 jamais de leur vie1 n'auront t dans le cas d'acheter prix d'argent1 ou l'aide de toute autre puissance sociale1 l'abandon d'une femme1 et une gnration de femmes qui n'auront jamais t dans le cas de se livrer un homme en vertu d'autres considrations que l'amour rel1 ni de se refuser leur amant par crainte des suites conomiques de cet abandon1--quand ces gens-l seront arrivs1 ils se moqueront de ce qu'on aura pens sur ce qu'ils devaient faire#abf4 ,je le crois bien6 ,l'amour libre engendre toutes les licences4 ,bebel1 une autre tte du socialisme allemand1 a prophtis avec clat l'avnement d'une libert nouvelle1 qu'il appelle la libert de l'instinct4 ,l'union de la femme avec l'homme sera un contrat priv1 sans intervention d'aucun fonctionnaire quelconque4 ,la satisfaction de l'instinct sexuel est chose aussi personnelle tout individu que la satisfaction de tout autre instinct naturel4 ,la libert de l'amour comprendra et la libert de choisir et la libert de rompre4 ,un lien antipathique est immoral1 puisqu'il contrarie la nature#abg4 ,tel est le collectivisme de l'amour2 et les livres d'o j'extrais ces ides ont t traduits peu prs dans toutes les langues4 ,note #abf3 ,l',origine de la famille1 de la proprit prive et de l'tat4 ,traduction franaise de ,henri ,,rav1 p4 #aaj4 ,note #abg3 ,la ,femme et le ,socialisme1 chapitre consacr la femme dans l'avenir4 ,au reste1 la plupart des socialistes franais se montrent non moins favorables aux libres penchants de la femme mancipe4 ,ils se refusent comprendre que1 pour la femme marie1 l'honntet soit cense rsider dans la continence1 et que l'opinion la fltrisse1 lorsqu'elle succombe1 de ce qu'on appelle son dshonneur4 ,ils constatent avec affliction que le fait pour la femme de se livrer celui qu'elle aime et qui la dsire1 sans que cela ait t pralablement affich1 publi et contresign1 est un acte des plus tragiques4 ,m4 ,gabriel ,deville ne s'en tient pas l3 il appelle de ses voeux l'ge heureux o1 librement1 sans crainte de msestime1 filles et garons pourront couter leur nature1 satisfaire leurs besoins amoureux et exercer tous les organes dont l'hygine exige le fonctionnement rgulier#abh4 ,note #abh3 ,le ,capital de ,karl ,marx4 ,aperu sur le socialisme scientifique1 p4 #dc4 ,enfin1 la presse populaire du parti socialiste ne fait elle-mme aucun mystre de ses sympathies pour l'union libre4 ,si1 autrefois1 le mariage a jou un certain rle dans l'humanit1 il a perdu maintenant tout caractre d'utilit aux yeux de ,m4 ,fournire1 qui va jusqu' dclarer1 dans la ,petite ,rpublique1 que la famille est un simple groupe d'habitude4 ,l'essentiel est de substituer au joug pesant des mariages d'aujourd'hui les chanes lgres et fleuries qui1 dans l'avenir1 seront l' unique lien des amants4 ,s'adressant la soeur bien-aime qui brle de conqurir son indpendance3 ,va1 lui dit-il sur le mode lyrique1 poursuis ta route hroque vers le rachat de ton sexe et la libert de l'amour4 ,ta morale1 cre-la toi-mme6 ,somme toute1 l'union libre fait partie de l'vangile rvolutionnaire4 ,la socit socialiste ne reconnatra qu'un lment d'union entre les amants1 l'amour1--le reste n'tant qu'une comdie destine parer d'un titre lgal la prostitution de l'un ou de l'autre1 quelquefois des deux ensemble4 ,nous sommes donc fixs sur l'idal socialiste4 ,le monde ne sera vraiment rgnr qu'en ramenant l'union des sexes la simplicit toute nave et toute nue des ges d'inconscience4 ,voil qui ouvre l'humanit des perspectives infiniment plus riantes que les obligations austres du ,code civil4 ,quant aux femmes abandonnes1 elles trouveront aisment des consolateurs#abi4 ,note #abi3 ,la ,petite ,rpublique des #h et #i avril #ahie4 ,,iii ,nous ne commettrons point l'injustice de confondre toutes les unions libres avec le libertinage4 ,il peut s'en trouver1 sur le nombre1 d'aussi stables que les mariages les plus rguliers4 celles-l1 il ne manque qu'une chose3 la conscration civile et religieuse4 ,l'auteur des ,unions libres a mme accompli le prodige de mettre une relle dignit dans un acte si contraire aux ides et aux moeurs rgnantes4 ,lorsqu'il maria ses enfants1 il fut donn lecture aux assistants d'une dclaration de circonstance1 o la beaut de la forme rehausse l'indpendance ddaigneuse de la pense4 ,en voici le dbut3 ,les jeunes couples1 desquels vous tes tous ici les parents et amis1 se marient1--mais non devant l'autorit civile1 et s'abstiennent de tout contrat1 serment ou instrument officiel4 ,l'acte est insolite1 il peut tre facilement incrimin2 mais ils ont rflchi avant de s'y engager4 ,et plus loin3 ,le mariage est une coutume vieillie1 mais pas encore dmode444 ,nous nous dispenserons de cette inutile crmonie444 ,qu'on ne dise pas qu'il faut accepter l'intervention lgale1 sauf tre confondus avec ceux qui tournent l'union sexuelle en incontinence444 ,allons au fond des choses3 tromper ou tre tromp1 il n'est point de remde4 ,les garanties qu'dicte la lgislation actuelle importent peu4 ,l'amour mprise tout autre rpondant que lui-mme4 ,la dclaration se termine par ces mots3 ,maris1 nous comptons qu'on n'aura jamais nous confondre avec de vulgaires sducteurs444 ,femmes1 nous dclarons faire rsolument et de propos dlibr ce que tant de filles sduites1 nos soeurs malheureuses1 n'ont fait que par faiblesse1 par lgret ou par ignorance#acj4 ,note #acj3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb4 ,unions libres1 pp4 #a1 #ba1 #bb1 #bc et #bg1 passim4 ,dans le parti socialiste1 galement1 il est des mes droites qui s'effarouchent de la complte libert amoureuse que rvait ,fourier1 et du gouvernement des choses de l'amour par un sacerdoce androgyne que les ,saint-,simoniens avaient propos4 ,tel ce brave ,benot ,malon1 qui assignait bien au mariage futur1 comme condition essentielle1 le choix rvocable des intresss1 choix libre et bas uniquement sur les affinits intellectuelles1 morales et physiques1 mais qui limitait le libre amour par le devoir moral vis--vis du conjoint et par le devoir positif vis--vis des enfants4 ,mais l'amour ainsi limit est-il bien le libre amour8 ,au demeurant1 selon l'aveu du mme auteur1 tous les rvolutionnaires admettent que les unions de l'avenir seront fondes sur le libre choix affectif1 et rsiliables1 quand le sentiment qui les inspira ne les soutiendra plus#aca4 ,cette concession faite1 combien de gens1--en dehors de ces ,volontaires de l',ide l'me hautaine et au verbe si fier1--auront le coeur assez pur et assez noble pour fuir l'incontinence8 ,l'amour libre est si proche du libertinage1 que le commun passera de l'un l'autre sans hsitation ni scrupule4 ,note #aca3 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 chap4 ,,vii1 pp4 #cga1 #cgb et #cge4 ,m4 ,jean ,grave a beau nous vanter l'entente libre de deux tres libres1 et nous montrer tout ce que les relations sexuelles y gagneront en franchise et en aisance2 il a beau nous assurer que1 dans le choix qu'ils feront d'une compagne ou d'un compagnon1 l'homme et la femme mancips1 loin d'obir aux viles proccupations de l'existence1 n'interrogeront que leur idal thique et esthtique3 il ne parviendra pas nous faire oublier combien les unions prives du frein religieux et des garanties civiles deviendront prcaires et instables4 ,lorsque la femme aime1 ajoute-t-il1 elle se moque des lois1 de l'opinion et de tout le reste2 laissons-la donc s'pancher librement6 ,ds qu'elle est prise de la nostalgie de la boue1 n'est-ce pas son droit de se jeter plat ventre dans le ruisseau8 ,mais rassurez-vous1 gens de peu de foi3 il n'est pas douteux que1 la conscration officielle abolie1 les associations sexuelles seront plus normales et plus unies4 ,c'est trop d'optimisme1 en vrit6 ,o a-t-on vu qu'un noeud se resserre lorsqu'on le dnoue8 ,depuis quand la licence engendre-t-elle la stabilit8 ,qui peut se flatter de faire de l'ordre avec du dsordre8 ,pour calmer ces apprhensions1 ,m4 ,jean ,grave nous fait une rponse admirable3 aprs avoir confess que l'homme jeune est port au changement et l'inconstance1 il nous assure que le propre de l'amour rel est d'assagir les amants4 ,laissons donc la nature se corriger elle-mme4 ,mais n'est-il pas craindre que cette bonne mre mette quelque rudesse dans ses corrections8 ,rarement deux coeurs s'aiment d'une gale tendresse4 ,en l'absence de tout lien1 le moins pris ne sera-t-il jamais tent de lcher son partenaire8 ,par suite1 les dissentiments ne deviendront-ils pas plus aigus1 et les disputes plus aigres1 et les violences plus brutales1 et les crimes passionnels plus frquents8 ,a cela1 on rplique1 avec un dtachement superbe1 que c'est au plus aimant de savoir prolonger l'amour qu'il a su inspirer#acb4 ,voil1 vous m'avouerez1 une bien maigre sret pour la femme6 ,rgle gnrale3 entre poux1 le plus aimant est le plus sacrifi4 ,n'est-ce pas le propre de l'amour de nous rendre esclave de l'tre aim8 ,note #acb3 ,la ,socit future1 pp4 #ccd-cch1 passim4 ,au vrai1 si l'on excepte certaines unions estimables1 il y a mille chances que l'amour libre1 en aiguisant les convoitises1 entrane le commun des mortels au pire dvergondage4 ,impossible d'imaginer conception plus foncirement anarchique4 ,avec elle1 plus d'ordre1 plus de paix1 plus de foyer4 ,abandonne au caprice sensuel1 la vie devient l'instabilit mme4 ,on est tonn que le collectivisme n'en soit point troubl4 ,mais1 pour abolir le mariage et la famille1 socialistes et anarchistes se donnent fraternellement la main4 ,m4 ,deville nous dclare que1 dans la socit de ses rves1 les rapports sexuels seront des rapports essentiellement privs1 bass sur ce qui seul les rend dignes1 sur l'amour1 sur le dsir mutuel1 aussi durables ou aussi varis que le dsir qui les provoque#acc4 ,et si un doctrinaire socialiste ramne toutes les relations de l'homme et de la femme au dsir1 une crise d'amour comme disait ,emile ,henry1 il n'y a pas lieu de s'tonner que les anarchistes renchrissent sur ce thme dsordonn4 ,dmontrer que la nature1 essentiellement capricieuse et fantaisiste1 s'oppose1 en amour comme en toutes choses1 des engagements dont la rupture peut tre pnible ou difficile2 que le dsir est toujours lgitime et que rien1 absolument rien1 ne contredit ce qu'il soit satisfait1 lorsqu'il est partag2 dire que les compagnons veulent1 avec toutes les liberts1 celle de l'amour1 ce qui signifie que1 dans la mobilit ou la fixit des accouplements1 chacun ne doit s'inspirer que de ses attirances stables ou varies1 et que 7c'est l'auteur qui souligne7 la fidlit n'est pas plus une vertu que le contraire un vice3 telle est la srie de vrits que nous avons mission de propager#acd4 ,retenons bien cette dclaration suggestive3 ,la nature est essentiellement capricieuse et fantaisiste444 ,le dsir1 est toujours lgitime444 ,la fidlit n'est pas une vertu4 ,et c'est sur ce sable mouvant--et brlant--qu'on se flatte de fonder une nouvelle socit6 ,autant btir sur un volcan4 ,note #acc3 ,le ,capital de ,karl ,marx1 p4 #dd4 ,note #acd3 ,la ,plume1 n #ig1 #a;er mai #ahic1 p4 #bje4 ,,iv ,de cette indpendance de l'amour la communaut des femmes1 il n'y a qu'un pas4 ,nanmoins l'cole anarchiste s'abstient de le franchir3 c'est justice de le remarquer4 ,bien qu'enseignant avec unanimit que tout est tous1 elle se refuse mettre la femme en commun l'gal d'une marchandise ou d'un btail4 ,le journal la ,rvolte a publi jadis1 sur ce sujet1 une dclaration de principes trs nette qui mrite d'tre cite4 ,l'anarchie proclame la femme l'gale de l'homme1 reconnat son indpendance1 sa plus complte autonomie1 jusques et y compris les choses de l'amour4 ,l'union des sexes1 en anarchie1 n'est subordonne aucune formalit1 aucune rglementation4 ,s'unissent ceux qui se plaisent mutuellement1 dans les conditions qu'ils dbattent ensemble1 pour la dure que leur sympathie mutuelle est seule apte mesurer4 ,il n'y a pas de droits de l'homme sur la femme1 de la femme sur l'homme2 aucun autre lien que leur consentement mutuel ne les retient4 ,la confiance et la franchise l'un envers l'autre1 dans leurs rapports1 doivent tre leurs seules rgies4 ,ces unions seront-elles temporaires8 seront-elles durables8 ,il en sera ce que seront les individus2 ceux qui aimeront durablement de savoir se faire aimer de mme2 aux sympathies de se dcouvrir et de se faire accepter4 ,la seule libert doit rgler les rapports des sexes#ace4 ,j'ai pourtant l'ide que1 si jamais le mariage doit disparatre1 l'amour libre jettera quelque trouble dans les socits anarchiques de l'avenir4 ,a trop laisser faire la nature1 c'est navet de croire qu'on fondera l'harmonie entre les hommes4 ,pour une minorit d'unions durables et pacifiques1 le relchement des moeurs et l'mancipation des coeurs ne manqueront point de produire une forte majorit d'unions passagres et tourmentes1 qui n'enfanteront que dsordre et confusion4 ,vainement ,m4 ,sbastien ,faure nous promet qu'au sein de cette application spontane1 et vritablement libre1 de la mystrieuse et harmonique loi d'affinit des sexes et des individus1 la paix et la fraternit s'panouiront sans effort1 en mme temps que s'tablira1 de gnration en gnration1 la plus touchante et la plus indestructible solidarit#acf4 ,c'est trop beau4 ,la passion affranchie est grosse de conflits invitables4 ,note #ace3 ,la ,rvolte1 n #be du #d au #aj mars #ahic1 p4 #a4 ,note #acf3 ,la ,plume1 n #ig1 #a;er mai #ahic1 p4 #bje4 ,j'en atteste une exprience qui n'a point tourn prcisment l'honneur de l'anarchisme2 je veux parler d'un essai de colonisation libertaire qui fut tent1 en #ahib et #ahic1 par le citoyen ,capellaro4 ,trs dcids fonder un paradis terrestre dans les solitudes vierges du ,brsil1 trente compagnons environ avaient secou la poussire du vieux monde1 confiant leurs conomies ,puig ,mayol1 le caissier1 qui commena par filer1 comme un simple bourgeois1 avec le fonds social4 ,sans s'mouvoir de cette dconvenue1 on construisit des abris en commun1 on planta des choux en commun1 on engraissa1 on occit1 on mangea des porcs en commun3 c'tait l'ge d'or4 ,il dura peu4 ,l'idylle fut lamentablement interrompue par les disputes que les compagnes firent clater entre les compagnons4 ,on eut1 entre frres1 des histoires de femmes4 ,il est crit qu've troublera mme le paradis anarchiste#acg4 ,note #acg3 ,j4 ,,bourdeau1 l',anarchisme rvolutionnaire4 ,revue de ,paris du #ae mars #ahia4 ,m4 ,melchior de ,vogu a prononc une parole de sagesse le jour o il a dclar que la guerre serait ternellement invitable1 tant qu'il y aurait entre deux hommes une femme et un morceau de pain4 ,mme elle seule1 la femme trouvera toujours le moyen de mettre le monde en feu4 ,quant au morceau de pain1 c'est bien sec2 on rclame aujourd'hui du beurre1 beaucoup de beurre1 avec4 ,ce ne sera pas une petite affaire pour la ,sociale d'assouvir les apptits du corps et les convoitises des sens4 ,il est plus facile de dchaner les passions que de les satisfaire4 ,,chapitre ,,viii ,o l'union libre conduirait la femme ,,sommaire ,i4--,,la ,,femme ,,libre ,,dans ,l',,union ,,libre4--,,pourquoi ,,se ,,lier8--,,le ,,mariage ,,tue ,l',,amour4--,r,,ponse3 ,,et ,l',,inconstance ,,du ,,coeur8 ,,et ,,la ,,sati,t ,,des ,,sens8--,,point ,,de ,s,,curit ,,sans ,,un ,,engagement ,r,,ciproque4--,,abattez ,,le ,,foyer ,,ou ,,domptez ,,la ,,passion4--,,le ,,mariage ,,profite ,,surtout ,a ,,la ,,femme4 ,,ii4--,,trange ,,dilemme ,,de ,,proudhon4--,,si ,,le ,,mariage ,,chr,,tien ,a ,r,,habilit ,,la ,,femme4--,l',,union ,,libre ,,et ,,les ,,charges ,,de ,,la ,,vie4--,,les ,,souffrances ,,et ,,les ,,violences ,,de ,l',,amour-,,passion4 ,,iii4--,,crimes ,,passionnels4--,,les ,,suicides ,,par ,,amour ,,plus ,,nombreux ,,du ,c,t ,,des ,,femmes ,,que ,,du ,c,t ,,des ,,hommes1 ,,plus ,,fr,,quents ,,du ,c,t ,,des ,,veufs ,,que ,,du ,c,t ,,des ,,veuves4--,,explication ,,de ,,cette ,,anomalie4--,,quand ,,la ,,moralit ,,baisse1 ,,le ,,mariage ,d,,cline4 ,on vient de voir que1 sans aller jusqu' la communaut des femmes et la promiscuit des sexes qui en serait la consquence1 les deux coles rvolutionnaires1 qui se disputent le prilleux honneur de refondre notre socit1 ne reconnaissent entre l'homme et la femme qu'un seul lien valable3 l'amour soutenu et vivifi par le dsir4 ,anarchisme et socialisme1--ces deux frres ennemis1--se rencontrent pour donner la condition de la ,femme nouvelle le couronnement de l'union libre4 ,l'amour-passion est donc prn1 exalt par les hommes1 beaucoup plus que par les femmes4 ,en soi1 l'ide n'est pas absolument neuve4 ,nos phalanstriens de la premire moiti du sicle affichaient des opinions fort oses4 ,le droit la passion faisait partie du programme romantique4 ,george ,sand a prch1 de parole et d'exemple1 l'mancipation de l'amour2 plusieurs de ses romans sont des plaidoyers en faveur de l'affranchissement du coeur et des sens4 ,mais1 aujourd'hui1 l'ide s'affermit et se vulgarise4 ,des cnacles littraires1 elle se rpand dans les masses du proltariat2 elle figure sur les programmes de la ,rvolution sociale et trouve faveur auprs du fminisme avanc4 ,l',extrme-,gauche du parti rclame avec fracas l'abolition du vieux mariage4 ,il n'est que l'union libre qui puisse assurer la femme la pleine et entire disposition de sa personne4 ,l'esprit nouveau rpugne aux liens indissolubles1 aux serments ternels4 ,il faut que toute ma vie m'appartienne6 tel est le cri du coeur de la femme mancipe4 ,sans doute1 cette fivre d'indpendance n'atteint chez nous qu'un petit nombre de femmes exaltes4 ,encore est-il que nos moeurs conspirent la propager4 ,ici et l1 dans le monde et dans le peuple en haut et en bas1 l'antique foyer conjugal s'effrite et se lzarde4 ,chaque jour1 une pierre tombe du respectable difice sous les coups ritrs que trop de gens des deux sexes lui portent inconsidrment1 sans se dire qu'ils risquent d'tre crass sous ses ruines4 ,les entreprises violentes des uns1 l'imprudence ou l'indiffrence des autres1 nous font un devoir d'examiner de plus prs les raisons invoques en faveur de l'union libre1 en nous attachant de prfrence aux suites qu'elle comporte pour la femme et pour l'enfant4 ,or1 parmi les considrations produites l'appui d'une si trange nouveaut1 il en est d'avouables qu'on peut discuter1 et d'inavouables qu'il suffit d'noncer4 ,la subtilit spcieuse et paradoxale des premires fait mme opposition la crudit franchement cynique des secondes4 ,il va sans dire qu'en les exposant tour tour1 nous nous ferons une loi de ne point manquer au respect qui est d au lecteur4 ,i ,c'est un fait tabli que le divorce1--encore qu'il ait relch grandement le lien matrimonial1--ne suffit plus aux fministes ardents et logiques4 ,ces fougueux librateurs ne se consolent point de ce que la rupture1 la dchirure1 qu'il implique1 rpugnent souvent aux mes timores4 ,combien restent lis leur conjoint1 par respect humain1 par peur1 par lchet1 qui s'empresseraient de se reprendre avec allgresse1 s'ils n'avaient briser avec clat un noeud maudit8 ,il ne faut plus que des poux mal assortis passent leur vie pleurer1 maudire1 expier quelques minutes d'entranement4 ,il ne faut plus qu'en laissant tomber devant le maire l'acquiescement fatal1 un jeune homme et une jeune fille soient rivs l'un l'autre1 comme deux forats la mme chane4 ,pourquoi s'engager8 ,librons l'amour de toute sujtion2 mancipons les poux4 ,qui peut rpondre de son coeur8 ,rien de plus naturel que de se dire3 ,restons unis tant que nous nous aimerons1 cinq ou dix ans1 cinq ou dix jours1 cinq ou dix heures4 ,la cohabitation sans affection1 c'est l'enfer4 ,pourquoi nous puiser mettre de l'ternit dans nos sentiments8 ,l'infini n'est point accessible des cratures phmres4 ,quelle folie de s'engager perptuit6 ,ces grands mots1 jamais1 toujours1 devraient tre interdits toute bouche humaine4 ,on ne manque point d'ajouter qu'un contrat rigide tue la tendresse4 ,nul n'a qualit pour s'obliger sous serment adorer une mme crature pour toute la vie4 ,comme si on pouvait aimer par ordre1 par contrainte1 par force6 ,il n'est point de loi humaine ni divine qui ait le droit de faire aux poux une obligation de se chrir4 ,qui oserait donc rpondre de son coeur8 ,les anarchistes1 dclare ,m4 lise ,reclus1 veulent la suppression du trafic matrimonial2 ils veulent les unions libres1 ne reposant que sur l'affection mutuelle1 le respect de soi et de la dignit d'autrui#ach4 ,l'amour pour l'amour6 c'est assez4 ,le temps doit finir des mariages d'argent1 des spculations d'ambition1 des marchs de convenance4 ,le mariage est un contrat sordide ou un guet-apens criminel4 ,laissons l'amour s'panouir en pleine libert1 sans objecter qu'il peut tre volage2 car on nous rpondrait1 comme l'hrone d'un roman fministe anglais1 que l'inconstance est la manifestation du dveloppement humain dans sa plus riche diversit#aci4 ,respecter ses instincts1 tous ses instincts1 c'est se respecter soi-mme2 et il n'est pas de devoir plus sacr pour qui veut tre vraiment libre4 ,telle est1 en substance1 l'argumentation sur laquelle on fonde l'anarchisme de l'amour4 ,librons ,eros1 afin de rendre l'union de l'homme et de la femme sa posie1 son dsintressement et sa dignit perdue4 ,note #ach3 ,l'volution1 la rvolution et l'idal anarchique1 chap4 ,v1 p4 #ade4 ,note #aci3 ,jude l'obscur1 par ,thomas ,,hardy4 ,ces rveries appellent de suite une simple observation4 ,que des gens se trouvent mieux unis par les liens fragiles de la chair que par un noeud officiel consacr par le maire et bni par le prtre1 cela est un raffinement sublime et candide qui1 bien que rare1 n'a rien d'absolument impossible4 ,la passion n'est-elle pas la source de mille navets et de mille duperies8 ,j'admets donc qu'il se puisse rencontrer tels tres dlicats1 romanesques1 prcieux1 thrs1--pour ne pas dire vapors1--capables de prfrer l'union libre au mariage1 pour tre plus srs de tenir la crature qu'ils affectionnent1 de leur seul amour1 d'un amour toujours jeune et ardent comme l'instant du premier aveu4 ,l'union de ces tendres amants tant rvocable volont1 il faudra bien que1 pour durer1 leur liaison soit incessamment soutenue1 renouvele1 ravive1 par l'lan mutuel du coeur et l'ardeur rciproque et partage des sens4 ,c'est un tat d'me admirable1 mais combien dangereux et naf6 ,si quelques individus de choix ou d'exception1 comme on voudra1 peuvent s'arranger d'un rgime aussi sublime1 une socit qui le mettrait en pratique ne tarderait pas en prir4 ,il est surhumain4 ,on n'oublie qu'une chose3 l'inconstance du coeur et la satit des sens4 ,l'amour-passion1 c'est l'amour-caprice4 ,il n'obit qu' l'appel de l'instinct4 ,ses inclinations et ses gots sont purement anarchistes4 ,il nous figure1 s'il est permis de parler ainsi1 un jeune compagnon trs mancip1 d'humeur changeante1 vritable enfant de bohme qui fait ce qu'il veut et se donne qui lui plat4 ,n'ayant ni foi ni loi1 aucun scrupule ne l'arrte1 nul danger ne l'meut4 ,il va o le dsir l'appelle4 ,c'est une force aveugle1 un dieu volage qui et mis feu la campagne et la ville1 si la socit1 pour se dfendre de ses coups de tte1 ne lui avait quelque peu rogn les ailes4 ,ce petit rvolutionnaire1 en effet1 ne recule point devant la propagande par le fait4 ,on retrouve sa main dans tous les crimes passionnels4 ,quand ses caprices sont combattus ou ses avances repousses1 il joue avec dsinvolture du revolver ou du couteau4 ,il fallait donc mettre un frein ses intemprances de joli garon4 ,c'est pourquoi le mariage a t invent1 non pour le supprimer1 mais pour l'assagir4 ,discipliner ses ardeurs sans teindre sa flamme1 tel est le problme qui se posera ternellement toute socit dsireuse de vivre et de se perptuer4 ,et il faut reconnatre que notre vieille institution monogame ne l'a pas trop mal rsolu1 puisqu'elle se maintient1 vaille que vaille1 contre le flot sans cesse renaissant de toutes les concupiscences4 ,les rvolutionnaires des deux sexes auront fort faire pour la dmolir4 ,et cependant le rgne de l'amour libre sera prcaire ou impossible1 tant que le mariage restera en possession des lois et des moeurs4 ,et c'est pourquoi nous les voyons s'attaquer avec vhmence la socit qui le sanctionne et au christianisme qui le consacre4 ,comprenez-vous leur tactique8 ,actuellement1 le mariage est une citadelle ferme1 laquelle la loi et la religion font une double ceinture de dfense4 ,il s'agit donc de la raser4 ,et cet effet1 les novateurs prchent1 et aux mes confiantes qui brlent d'y entrer1 et aux mes dues qui brlent d'en sortir1 la mme doctrine1 qui est l'union libre par le libre amour4 ,on ne saurait tre plus logiquement rvolutionnaire4 ,impossible de ne pas voir dans l'affranchissement de la passion une suite directe de ce dgot de toute discipline1 de cette impatience de tout frein1 de cette horreur de toute rgle1 de cette exaltation orgueilleuse du moi1 qui est le signe de l'individualisme anarchique4 ,le libre amour est un fruit de l'esprit de rvolte4 ,tirez maintenant les consquences de cette conception libertaire4 ,se ramenant au dsir charnel1 l'amour est naturellement phmre4 ,ds lors1 pourquoi s'pouser perptuit8 ,l'entranement pass1 on se tournera le dos4 ,le feu teint1 on se dira bonsoir1 comme on se sera dit bonjour1--sans crmonie4 ,a quoi bon se marier pour se dmarier si vite8 ,seulement1 dans ce systme1 le mariage devient le roman d'un caprice et l'histoire d'une sensation4 ,toute sanction disparaissant1 il est invitable que les conjoints soient dchargs de toute obligation respective1 et que1 se mariant pour le plaisir1 ils s'abandonnent l'un l'autre sans grande rflexion1 sauf se sparer au premier dissentiment4 ,on se recherchera par apptit1 pour les satisfactions de la bte2 et quand la fivre du dsir sera tombe1 quand la dsillusion1 qui nat souvent de la frquentation intime1 aura teint la flamme dont brlaient nos amants de rencontre1 quand la griserie des sens sera refroidie1 quand le charme de l'attraction passionnelle sera rompu1 ,monsieur et ,madame se tireront la rvrence1 en s'avouant1 aussi poliment que possible1 qu'ils ont cess de se plaire4 ,avec l'union libre1 pas d'avenir1 pas de stabilit4 ,et qui ne voit que la constitution d'une famille est incompatible avec les fantaisies et les incohrences de la passion8 ,on ne btit pas sur le sable1 crit ,mme ,arvde ,barine4 ,il est parfaitement puril d'essayer de fonder un ordre quelconque sur la plus fragile des passions humaines1 la seule que la nature1 qui avait ses raisons1 ait faite phmre4 ,un ambitieux reste ambitieux1 un avare reste avare1 un amoureux ne reste pas amoureux4 ,de sorte qu'il faut1 toute force1 qu'on le veuille ou non1 aboutir l'amour libre4 ,et ds que la socit conjugale n'est plus qu'une union de plaisir1--la bte l'emportant sur l'esprit et les sens prvalant contre la raison1--tout se gte1 tout s'affaisse1 tout s'croule4 ,plus de dure1 plus d'ordre1 plus d'incorruptibilit4 ,l'alliance de deux passions est un arrangement prcaire et orageux1 un feu de paille qui clate1 brle et meurt1 ne laissant qu'un peu de cendres que le vent soulve et disperse4 ,autant vivre sur une poudrire1 s'crie ,mme ,arvde ,barine que je me plais citer1 afin qu'on ne prenne point mes raisonnements pour l'expression inconsciente des prjugs masculins4 ,somme toute1 un mnage1 d'o l'on a chass l'ide de devoir1 ne saurait vivre en paix et en scurit4 ,cela tant1 le problme apparat dans toute sa simplicit1 et la femme distingue1 dont je viens d'invoquer le tmoignage1 l'a encore formul en perfection3 ,abattre le foyer ou dompter la passion4 ,pas de milieu3 il faut choisir entre ceci ou cela1 entre l'ordre chrtien ou le sensualisme libertaire4 ,au lieu que l'vangile fait des deux poux un tout indivisible1 une seule me1 un seul coeur1 une seule vie1 l'individualisme rvolutionnaire s'efforce de maintenir intactes et indpendantes les deux units passagrement rapproches4 ,une toile double1 tel est le symbole du mariage1 dont ,bossuet a marqu l'idal1 en disant qu'il est la parfaite socit de deux coeurs unis4 ,pour raliser cette sublime harmonie1 loin d'riger le plaisir en culte et la passion en loi1--ce que ,bourdaloue appelle ddaigneusement l'idoltrie de la crature1--il importe d'assurer pour but l'union conjugale la fondation d'une famille vertueuse et la formation d'honntes gens4 ,c'est l'honneur du mariage chrtien d'imposer notre animalit un joug moral qui la rehausse et la purifie1 de faire pntrer le sentiment du devoir dans l'acte le plus sensuel et l'ide de dvouement dans l'instinct le plus goste1 de dompter1 de discipliner notre plus basse nature par la rgle du don irrvocable de soi-mme l'poux choisi pour la vie4 ,bien mieux1 avec son cortge de garanties1 de promesses1 de restrictions1 le mariage est une sret pour les deux conjoints1 mais surtout pour la femme4 ,ne vous rcriez pas6 ,le mariage associe perptuit l'existence et la dignit de l'pouse l'existence et la dignit du mari2 il honore1 il lgitime1 il sanctifie la maternit2 il rattache les conjoints l'un l'autre par un fil lgal4 ,et je rpte que ce lien est plus profitable la femme qu'au mari2 car1 tant la plus faible1 elle est plus particulirement intresse enchaner l'homme son sort4 ,a cela1 elle gagne la stabilit de sa condition1 la scurit du lendemain4 ,le vieux mariage est donc pour elle une assurance contre les hasards de la vie4 ,et bien que certaines femmes puissent en souffrir1 il n'est point douteux que ses rgles soient bienfaisantes au plus grand nombre4 ,est-il sage1 est-il prudent1 pour satisfaire quelques exaltes qui touffent dans la prison du mariage1 de dmolir l'antique foyer1 au risque d'aggraver les souffrances de celles qui vivent paisiblement1 heureusement1 sous son abri8 ,,ii ,on a tt fait de nous rpondre que le crime du mariage est de condamner la femme n'tre qu'une bte de luxe ou une bte de somme1 une chair plaisir ou une chair souffrance1 une femme de joie ou une femme de peine4 ,mais on a le tort d'oublier que cette conception barbare du rle de la femme n'est point chrtienne1 qu'elle nous vient du paganisme4 ,il faut avoir l'me despotique des polygames d'autrefois et des ,turcs d'aujourd'hui1 pour rabaisser le sexe fminin cet esclavagisme honteux4 ,des ,grecs1 les plus polics de leur poque1 dictrent l'abominable formule3 ,mnagre ou courtisane1 que nous avons eu la mortification d'entendre rpter en plein ,x,i,xe sicle1 comme le dernier mot de la science sociale et mme rvolutionnaire#adj4 ,note #adj3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb1 ,unions libres1 p4 #ae4 ,ces mots de l'auteur des ,unions libres font allusion ,proudhon1 qui rvait de ramener la femme moderne l'alternative troite laquelle l'antiquit paenne l'avait condamne4 ,ou la dpendance de la matrone1 ou la libert de l'htare3 il fallait choisir4 ,dans l'esprit des ,grecs comme aux yeux des ,romains1 l'pouse devait tre irrprochable4 ,quant l'htare1 s'appelt-elle ,aspasie1 ft-elle la femme la plus cultive et la plus clbre de son temps1 elle n'tait point admise au mariage ni au gynce4 ,les anciens ne se souciaient nullement d'une mancipe dans leur maison4 ,mais le fameux dilemme de ,proudhon n'est plus vrai dans nos socits1 o le christianisme a rhabilit le clibat4 ,la femme de notre temps n'est point force de choisir entre les sujtions de la maternit et les asservissements de la prostitution4 ,rien ne l'oblige acheter son indpendance au prix du dvergondage4 ,il reste seulement qu'aujourd'hui comme autrefois1 en ,france comme en ,grce ou ,rome1 une bonne mnagre doit sacrifier souvent ses aises ses devoirs1 et qu' rechercher la libre jouissance elle perd invitablement le respect des honntes gens4 ,c'est pourquoi je comprends trs bien qu'une fille libertaire manifeste peu de got pour le mariage3 il est impossible une femme1 qui tient avant tout son plaisir et son indpendance1 de faire une bonne pouse et une bonne mre4 ,mais1 de grce1 qu'on ne dise pas que le mariage chrtien a domestiqu1 avili1 dshonor la femme1 alors qu'il l'a rhabilite6 ,qu'on veuille bien rflchir qu'il n'y avait qu'un moyen de relever le sexe fminin de la dchance servile1 o la polygamie antique l'avait plong3 c'tait de dissoudre les harems1 d'manciper les esclaves1 et ensuite de dire l'homme3 ,tu choisiras dans ce btail fminin celle que tu prfres pour la faire tienne jamais2 tu l'lveras ta dignit1 tu l'honoreras l'gal de toi-mme4 ,elle n'est plus ton infrieure1 sans qu'elle soit pour cela ta pareille4 ,elle ne te ressemble point1 mais elle te complte4 ,femme de ton choix et mre de tes enfants1 elle partagera ta condition1 tes joies et tes douleurs4 ,tu lui appartiens autant qu'elle t'appartient4 ,elle est la chair de ta chair et l'me de ton me4 ,elle est ta compagne la vie1 la mort4 ,voil le langage que le christianisme a tenu et le prodige que le mariage a ralis4 ,o voit-on que la femme en ait t blesse ou amoindrie8 ,a chaque pouse1 la monogamie indissoluble donne moins un matre qu'un rpondant expressment charg1 vis--vis du trsor qui lui a t confi1 d'un devoir de garde1 de dfense et de protection4 ,j'entends bien tous les prophtes de la ,rvolution dire a la femme3 ,tu es la grce1 la beaut1 le plaisir6 ,ton me est brle de la soif d'apprendre1 de connatre1 de savoir4 ,instrument des plus dlicates sensibilits1 ton tre aspire au plein panouissement de la vie4 ,dsire et palpite comme il te plat6 ,sois belle1 sois libre6 ,rgne et jouis6 ,mais aux heures douloureuses de la vie1 combien ce conseil paratra vain1 dcevant et cruel6 ,il semble1 entendre ces grands prcheurs de libert1 que la femme soit toujours jeune1 forte1 active1 alerte1 efficacement arme pour la lutte1 et que son unique fonction sur la terre soit de filer ternellement le parfait amour4 ,quel optimisme enfantin6 ,quelle mconnaissance des ralits de la vie6 ,on oublie que sa nature l'assujettit priodiquement des misres nervantes2 que son organisme frle et dlicat lui inflige mille soucis et lui impose mille mnagements2 que les charges de la maternit1 les maladies1 les annes ont tt fait d'puiser ses forces et de faner ses grces4 ,de toute ncessit1 il lui faut un appui pour les jours d'preuve et les annes de vieillesse2 et le mariage le lui assure1 en l'associant aussi troitement que possible la destine du mari4 ,est-ce fortifier une plante que de briser le tuteur qui la soutient8 ,si encore cette libration de l'amour pouvait assurer le bonheur aux amants dans les annes de force et de jeunesse6 ,mais que de difficults pour assouvir sur terre la soif d'aimer1 pour goter la batitude de vivre6 ,point de flicit parfaite sans un amour partag2 et le sera-t-il toujours8 ,lors mme que cette correspondance affective s'tablit entre deux coeurs1 qui oserait dire ce qu'elle durera8 ,de l1 entre les constants et les volages1 des froissements1 des conflits1 des douleurs invitables4 ,il ne suffit pas de se dbarrasser de toutes les conventions mondaines pour s'affranchir de son coeur4 ,il ne suffit pas d'tre une femme sans prjugs1 pour tre vraiment libre4 ,aprs s'tre libre de tout ce qui la gne1 elle sera encore esclave de ses instincts1 de ses sens1 de l'amour lui-mme1 dont les chanes ne sont pas toujours faites de fleurs4 ,qui veut aimer doit s'apprter souffrir4 ,sous la signature d'tincelle1 ,mme de ,peyronny a crit cette mlancolique pense3 ,l'amour est comme une auberge espagnole3 on n'y trouve que ce qu'on y apporte4 ,la religion fait des saintes2 l'amour ne fait que des martyres#ada4 ,si douloureuse est la question que nous touchons ici1 que les crivains rvolutionnaires n'ont pu s'empcher de se la poser4 ,l'amour cessera-t-il jamais d'tre li de grandes souffrances8 ,c'est l'excellent ,benot ,malon qui s'adresse lui-mme cette interrogation pnible4 ,et1 en effet1 le propre de l'amour n'est-il point de donner plus qu'il ne reoit8 ,or1 quiconque aime plus qu'il n'est aim1 finit toujours par en souffrir4 ,d'o il suit que le vritable amour est frre de la douleur4 ,il faut en faire son deuil3 la ,sociale elle-mme ne supprimera point cette sujtion affligeante que ,malon tient1 fort sensment1 pour une fatalit naturelle que nulle rnovation ne fera entirement disparatre#adb4 ,note #ada3 ,la ,femme moderne4 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif1 p4 #heh4 ,note #adb3 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 chap4 ,,vii1 p4 #cgb4 ,l'amour-passion1 d'ailleurs1 qu'il soit partag ou non1 ne se fait point faute de prendre sa revanche des peines et des tourments qu'il s'inflige lui-mme4 ,il est remarquable qu'on ne fait bien souffrir que les gens qu'on adore follement4 ,l'amour-passion est atroce4 ,il ne connat point l'indiffrence1 la confiance1 la paix unie et reposante4 ,quand il ne se dvore pas lui-mme1 il dvore l'tre aim1 et avec rage4 ,la passion est si voisine de la haine qu'il n'est point rare que l'amour exaspr s'emporte jusqu' tuer4 ,ainsi s'expliquent les crimes passionnels4 ,,iii ,a ce propos1 les statistiques tablissent que le nombre des hommes1 qui s'en rendent coupables1 est de quatre cinq fois suprieur celui des femmes4 ,ce n'est que pour un seul genre de suicide1 le suicide par amour1 que la femme1 par une sorte de revanche lugubre1 l'emporte sur l'homme4 ,si l'on en croyait le professeur ,lombroso1 cette dernire supriorit tiendrait ce que l'amour1 chez le sexe masculin1 obit des mobiles moins dsintresss que chez le sexe fminin4 ,la passion goste pousse l'homme au meurtre2 il tue4 ,la tendresse pure conduit la femme au suicide2 elle se tue4 ,tandis que l'ingratitude et la trahison de l'amante excitent la vengeance de l'amant1 l'abandon et la perte du bien-aim n'veillent chez la femme que douleur et dsespoir4 ,vivre l'un sans l'autre lui parat impossible2 et1 par apprhension de l'existence1 elle se jette dans la mort avec fermet1 presque avec ivresse4 ,par contre1--ceci soit dit l'honneur des hommes1--au lieu que cinquante maris se tuent aprs la mort de leur compagne1 les douleurs du veuvage n'oprent tragiquement que sur quinze femmes4 ,il reste 7c'est la conclusion de ,m4 ,lombroso7 que les mmes cratures1 qui se rfugient si facilement dans la mort pour la perte d'un amant1 montrent beaucoup moins d'empressement se supprimer lorsqu'elles perdent leur poux4 ,cette constatation n'a rien qui doive nous tonner4 ,grce aux garanties du mariage1 une veuve conserve la considration et reprend sa dot4 ,si le chef de la famille a disparu1 le foyer reste intact4 ,elle y vivra peut-tre plus maigrement que du vivant de son mari1 surtout si elle a des enfants2 mais le patrimoine paternel est l qui soutiendra1 l'existence de tous4 ,si donc un vide s'est creus dans la famille1 le foyer survit1 et la veuve en reste la souveraine4 ,dans l'union libre1 au contraire1 l'amant disparu1 tout s'croule4 ,c'est la misre noire4 ,la loi1 dont on a rpudi l'appui1 ne vient plus au secours de l'abandonne4 ,les liens de chair1 nous en un moment de fougueuse tendresse1 sont rompus sans misricorde4 ,isole1 dsespre1 sans ressources1 sans dfense1 incapable de se protger par sa propre force contre la malveillance de la foule qui la guette et contre les tentations qui l'assigent1 la pauvre survivante ne croit plus la possibilit de vivre et prend la rsolution d'en finir4 ,qu'on supprime toutes les srets conjugales1 qu'on abolisse le mariage1 et1 avec l'union libre gnralise1 on verra les suicides passionnels se multiplier lamentablement4 ,c'est grce au mariage que la veuve se rsigne vivre4 ,si grande1 au contraire1 est la dtresse des victimes de l'amour libre1 qu'elles lui prfrent la mort4 ,conclusion3 pour la femme1 pour la mre1 la scurit vaut mieux que l'indpendance4 ,et maintenant1 dtruisez l'institution matrimoniale1 si vous le pouvez3 croyez-vous que les mnages seront plus unis1 plus heureux1 plus honntes8 ,croyez-vous que les trottoirs des boulevards extrieurs seront moins encombrs8 ,pouvez-vous affirmer que vos femmes mancipes ne mettront jamais le libre amour aux enchres publiques8 ,pouvez-vous assurer que la femme1 prive des garanties du mariage1 sera moins assujettie1 moins exploite1 moins vnale1 moins bte de somme ou moins bte de luxe8 ,verrons-nous les filles de joie se ranger et les souteneurs se convertir8 ,si le libertinage dborde dans les grandes villes1 n'est-ce point prcisment que le mariage y est de moins en moins honor1 de moins en moins pratiqu8 ,vous nous jetez au visage toutes les plaies conjugales1 mais elles sont vtres4 ,nos moeurs deviennent anarchiques parce que votre esprit rvolutionnaire s'est gliss entre l'homme et la femme1 parce que les poux sont ports de plus en plus n'accepter de leur union que les plaisirs1 rpudier leurs devoirs1 mconnatre leurs obligations4 ,ils ont perdu le sens du mariage chrtien4 ,ayez donc la franchise de les reconnatre pour vos disciples1 car ils vous font honneur6 ,ils se librent de toutes leurs charges1 ils trahissent tous leurs engagements4 ,dmolissez donc la dernire digue qui protge la famille contre l'envahissement des mauvaises moeurs2 et quand le vice aura submerg la pierre sacre du foyer domestique1 la loi de la force reprenant son empire dans les relations sexuelles1 on verra la femme humilie1 meurtrie1 opprime1 avilie1 retomber dans cette misre o le christianisme l'avait trouve4 ,que si 7je le veux bien7 les plus fires1 les plus vaillantes1 les plus fortes chappent cette ignominie1 la masse redeviendra ncessairement ce que le pass l'a connue3 chair souffrance ou chair plaisir1 comme vous dites2 et1 pour la honte de l'humanit1 la femme ne sera plus 7tranchons le mot7 qu'une lamentable femelle4 ,,chapitre ,,ix ,les scandales et les mfaits1 du libre amour ,,sommaire ,i4--,,revendications ,,innommables4--,,ce ,,que ,,sera ,l',,union ,,future4--,,la ,,libert ,,de ,l',,instinct--,,la ,r,,habilitation ,,du ,,libertinage4--,,la ,,femme ,,devenue ,,la ,,fille4 ,,ii4--,,les ,,cha,,nes ,,du ,,mariage4--,,plus ,d',,engagements ,,solennels ,,si ,,la ,,vie ,,doit ,,tre ,,un ,,perp,,tuel ,,amusement4 ,,iii4--,,sus ,,au ,,mariage6 ,,sus ,,la ,,famille6--,,citations ,d,,monstratives4--,,les ,,destructions ,r,,volutionnaires4 ,,iv4--,,derniers ,,griefs4--,,les ,,nuisances ,,de ,l',,union ,,libre--,,le ,,mariage ,,peut-,,il ,,dispara,,tre8--,,appel ,,aux ,,honn,,tes ,,gens4 ,il est rare que l'homme s'arrte mi-chemin d'une ide fausse1 surtout lorsqu'elle lui permet de donner carrire ses apptits sensuels4 ,l'union libre nous en est un exemple4 ,non contents de plaider subtilement en sa faveur1 certains crivains1 librs de tout scrupule et rsolus aux pires audaces1 revendiquent1 avec une crudit cynique1 l'mancipation des sens et la libert de l'instinct4 ,avec ces publicistes1--anarchistes pour la plupart1--qui poussent l'ide du libre amour jusqu' ses consquences les plus effrnes1 la discussion est inutile4 ,il suffit d'exposer1 mme avec discrtion1 leurs sophismes et leurs paradoxes1 pour que ceux-ci veillent dans l'me des honntes femmes tout le mpris et toute la rancoeur qu'ils mritent4 ,i ,on connat le mot de ,saint-,just3 ,ceux-l sont poux qui s'aiment et aussi longtemps qu'ils s'aiment4 ,les partisans du libre amour1--gens de peu de scrupule1--prennent cette formule la lettre4 ,voici le programme qu'ils assignent l'union future de leurs rves4 ,il faut1 premirement1 qu'on y pntre et qu'on en sorte volont1 sans tracas1 avec la plus entire facilit4 ,l'union libre sera donc multiforme4 ,c'est une demeure que chaque couple se construira selon ses gots1 un refuge1 un abri1 que chaque conjoint pourra modifier ou abandonner sa guise4 ,ensuite1 il est bien entendu que toutes les manifestations de l'amour seront galement respectables1 mme les plus imprvues4 ,et puisque le temps prsent nous offre dj de bons exemples de bonheur trois1 il va sans dire que la polygamie ou la polyandrie consentie sera parfaitement admissible4 ,dans ce monde nouveau1 la femme est mancipe1 comme il convient1 jusqu' la licence4 ,elle a le droit de n'tre mre que lorsqu'elle le veut2 elle ne se laisse pas imposer1 malgr elle1 le fardeau de la maternit4 ,et comme la transmission de la vie doit tre volontaire1 on va jusqu' revendiquer pour elle le droit officiel l'avortement#adc4 ,on nous affirme mme qu'en restaurant les temples1 que les anciennes poques de beaut avaient levs a ros et ,vnus1 il s'tablira peu peu une ,science de l',amour1 grce quoi l',union future1 cessant d'tre un mystre douloureux1 ne rpandra sur les humains que des joies ineffables#add4 ,plus prosaquement1 un romancier coutumier de toutes les audaces1 ,m4 ,paul ,adam1 a mis cette conclusion dnue de lyrisme1 que l'amour n'a pas une importance autre que le manger et la marche1 et que les peuples finiront par reconqurir le droit de reproduction#ade4 ,note #adc3 ,la ,faillite du mariage et l',union future1 par ,m4 ,joseph ,,renaud1 pp4 #ahg1 #aij1 #aic1 #aid1 #aie1 #bja et #bje4 ,note #add3 ,la ,faillite du mariage et l',union future1 pp4 #agh1 #aha et #ahc4 ,note #ade3 ,l',anne de ,clarisse1 chap4 ,,viii4 ,que ces ides tranges soient mises par des hommes1 on doit en gmir assurment1 sans qu'il faille toutefois en marquer un grand tonnement4 ,ces extravagances licencieuses sont une de ces revanches de la ,bte contre l',esprit1 que toutes les poques ont vu se produire avec plus ou moins de violence et d'clat4 ,en cela1 du moins1 notre temps est particulirement prouv1 puisque le dvergondage des moeurs ne le cde en rien au dvergondage des ides4 ,et ce qui le prouve bien1 c'est que les revendications les plus oses peuvent se lire en des livres1--rares encore1 ,dieu merci6--crits par des mains fminines4 ,quant l'esprit de cette littrature1 nous croyons devoir l'indiquer ici dans sa simplicit toute nue4 ,pour une certaine catgorie de femmes sans prjugs1 dont le dsir et la curiosit enfivrent les sens1 l'mancipation consisterait s'abandonner librement ses inclinations amoureuses1 afin d'affirmer la face du monde qu'on est matre de soi1 de son me1 de son coeur--et du reste4 ,en se donnant volontairement1 une femme ne prouve-t-elle pas qu'elle s'appartient totalement8 ,en consquence1 pourvu qu'elles soient raisonnes et consenties1 les dfaillances charnelles sont la marque d'un tre libre1 et les faiblesses du coeur elles-mmes attestent l'indpendance de l'esprit4 ,on s'lancera donc dans l'amour libre1 avec une dcision renseigne1 exempte de pudeur1 de scrupule et de timidit4 ,nous connaissons ce genre de libert4 ,c'est la libert cynique du viveur2 et il serait triste1 en vrit1 que toutes les tudes1 tous les efforts1 toute la culture de la femme nouvelle ne servissent qu' l'enflammer du dsir d'galer la plus vile et la plus misrable des liberts masculines1 la licence du libertin4 ,qu'elle vive donc en garon1--pardon6 en fille1--qu'elle se fasse l'gale de l'homme1 non par en haut1 par le travail qui honore1 mais par en bas1 par l'immoralit qui dgrade6 ,seulement qu'elle sache bien que1 cela fait1 elle ne pourra plus tre la femme qu'on pouse4 ,qu'apporterait-elle son mari8 ,une me fltrie et un corps souill4 ,et quel honnte homme la voudrait prendre8 ,plus de scurit pour lui1 plus de respect pour elle4 ,l'indpendance de la fille aura tu1 en sa personne1 la dignit de la femme4 ,,ii ,mais le mariage est une gne1 un frein1 une entrave4 ,il contient le dsir1 il discipline l'amour4 ,mais le mariage veut mter la nature6 c'est le gros grief de ,m4 ,sbastien ,faure2 et comme il le dveloppe avec grce6 ,comprenez-vous un jeune homme et une jeune fille qui1 s'aimant pour le bon motif1 ont l'insanit de se lier pour toujours8 ,pauvres nigauds6 ,c'est ce toujours qui1 nouveau d'abord1 fatigant bientt1 obsdant enfin1 vous enlvera la fougue des exubrants dsirs1 vous laissera quelque temps la routinire gymnastique des exercices matrimoniaux1 puis vous fera connatre1 avant qu'il soit longtemps1 la satit des monotones caresses1 l'coeurement des sensations invaries1 le dgot des mmes baisers1 dans le mme dcor1 sur la mme couche1 avec le mme complice4 ,et quels complices6 ,un petit crtin dress rougir des surprises de la chair1 des veils dlicieux de la virilit1 de l'affirmation brutale des dsirs1--et digne femelle de cet imbcile1 la jeune fille qui1 crevant d'ardeurs inassouvies1 torture son coeur1 supplicie ses sens1 baisse les paupires pour feindre la pudeur4 ,j'abrge1 et pour cause6 ,retenons seulement l'apostrophe finale3 ,allons6 couple de fous ou de coquins1 aprs ce noviciat de l'hypocrisie support dans le couvent familial1 vous tes dignes de prononcer les voeux solennels et irrmissibles que reoit1 au nom de la ,loi1 le farceur tricolore#adf4 ,note #adf3 ,la ,plume du #a;er ,mai #ahic1 p4 #bja4 ,je demande pardon au lecteur de cette citation1 pourtant expurge2 mais il n'est pas mauvais qu'il sache de quelle haine on poursuit1 dans certains milieux1 le mariage auquel nous devons des sicles d'honneur familial et de progrs humain4 ,et cette fin1 il importe de rappeler encore une fois aux honntes gens1 qui seraient tents de l'oublier1 que la passion est une chose et que le mariage en est une autre4 ,si exquise que soit la premire1 le monde ne saurait vivre sans le second4 ,on peut bien voir dans l'union libre une idylle d'tudiant1 un caprice des sens1 un jeu de grces plein d'embrassades et d'agenouillements4 ,les jeunes maris1 d'ailleurs1 n'ignorent point le charme de ces premires caresses4 ,mais quand ce joli sensualisme s'est refroidi1 quand cette fivre dlicieuse et dlirante est tombe1 le mariage nous apparat alors pour ce qu'il est1 savoir la chose la plus srieuse du monde1 la plus grave et la plus sainte de la vie1 le prolongement de l'amour par l'estime et l'amiti1 l'union de deux consciences et de deux destines par la confiance rciproque et le respect mutuel4 ,et de cette fusion loyale et tendre1 la famille sort comme une fleur de sa tige1 versant sur le monde fracheur et rajeunissement4 ,cela ne vaut-il pas mieux que les divertissements agits de l'union libre8 ,proudhon lui-mme s'offensait qu'on voult rabaisser l'union de l'homme et de la femme un simple roucoulement4 ,il s'criait3 ,le mariage n'est pas rien que l'amour2 c'est la subordination de l'amour la justice4 ,sa raison se soulevait contre la souverainet de la passion et la dification du dsir1 si chres certaines femmes libres#adg4 ,note #adg3 ,voyez son livre3 ,de la justice dans la ,rvolution et dans l'glise4 ,qu'on se moque maintenant1 tant qu'on voudra1 des proccupations de notre bourgeoisie4 ,pres et mres s'appliquent prserver leurs enfants des jeux phmres de l'amour sensuel1 et ils font bien4 ,en les mariant avec tant de soin1 ils songent l'avenir1 et que tout n'y sera point fleurs et baisers4 ,ils savent par exprience que la vie commune exige plus de vertu que de passion2 et ils s'emploient1 bon escient1 mettre leurs fils et leur filles en garde contre les tentations et les dceptions du coeur1 leur rappelant que le mariage1 vritable fondement de la famille humaine1 implique plus de devoirs que de plaisirs4 ,c'est de la sagesse pure4 ,nous ne sommes pas sur la terre pour nous amuser6 ,,iii ,a ceux qui demanderaient encore pourquoi les fministes rvolutionnaires visent le mariage avec tant de fureur1 nous rpterons que c'est pour atteindre mortellement la famille4 ,a leurs yeux1 le vice de la monogamie chrtienne n'est pas seulement de brider le dsir et de discipliner la chair1 mais encore et surtout de fonder un foyer4 ,vainement tous ceux qui ont tudi srieusement l'histoire de l'humanit1 s'accordent-ils constater qu'au plus bas chelon de la sauvagerie1 les rapports des deux sexes sont absolument libres2 vainement remarquent-ils que la famille humaine n'est sortie de l'animalit qu'en devenant autoritaire1 et qu'elle ne deviendrait libertaire qu'en retournant l'animalit par l'mancipation des sens3 on affirme que c'est la nature qu'il faut revenir1 pour retrouver l'intgralit des jouissances perdues4 ,et comme1 jusqu' prsent1 l'institution familiale a rsist aux efforts des dmolisseurs1 comme elle est l'arche sainte o le vieux monde peut trouver un dernier refuge contre le flot montant des mauvaises moeurs1 on redouble d'acharnement pour l'branler et l'abolir4 ,c'est pourquoi la ,rvolution a dcrt d'en finir avec les prtendues civilisations monogames4 ,voyez avec quel cynisme on traite la vie de famille3 on la dnonce comme une vie de servitude4 ,a l'ge des turbulences1 des caprices et des folles tourderies1 l'enfant est oblig de se soumettre une discipline chagrinante4 ,quel martyre6 ,il faut qu'il prenne des habitudes de rgularit et de soumission1 qui meurtrissent ses instincts invincibles de libert4 ,comprenez-vous cette abomination8 ,et lorsque vient l'ge des floraisons amoureuses1 jeunes gens et jeunes filles1 impatients d'essayer leurs ailes1 se blessent aux barreaux de la cage familiale qui les retient captifs#adh4 ,et nous ne maudissons pas cette dtention prventive6 ,note #adh3 ,sbastien ,,faure1 ,la ,douleur universelle1 pp4 #cba et #cbc4 ,songez en outre que nos chefs de famille sont des caporaux ou des geliers4 ,aujourd'hui1 l'individu ne sort d'une prison que pour entrer dans une autre2 il ne se dbarrasse du lien familial que pour se mettre au cou le joug conjugal4 ,la vie d'un moderne est une odysse de servitude4 ,a tout ge1 en toute condition1 la famille nous crase de sujtions1 de responsabilits1 d'obligations1 de contraintes1 de corves incessantes4 ,chaque jour1 elle nous astreint un continuel renoncement4 ,si1 trs exceptionnellement1 il se rencontre des tres qui trouvent au foyer joie1 tendresse et consolation1 il reste que l'immense majorit des humains en souffre cruellement#adi4 ,l'institution familiale opprime l'tre toutes les priodes de l'existence4 ,elle le guette dans les entrailles de sa mre1 l'attend au premier vagissement1 le suit au berceau1 l'cole1 au collge1 pendant sa jeunesse1 sa maturit1 sa vieillesse1 et l'accompagne1 sans le quitter1 jusqu' la tombe4 ,nul n'est exempt de ses perscutions4 ,le btard souffre de la famille parce qu'il n'en a pas2 l'autre1 parce qu'il en a une4 ,la maison paternelle est une cole d'asservissement et d'hypocrisie4 ,c'est ligott dans les langes de la famille que l'enfant contracte des tendances l'obissance1 des habitudes de servilit4 ,c'est l qu'il plie sa pauvre cervelle aux respects ridicules et aux vnrations grotesques4 ,c'est l qu'appliqu chaque jour dissimuler sa conduite et falsifier son langage1 il devient docteur s fourberie4 ,c'est l1 enfin1 qu'il reoit les plus tristes exemples et puise les plus lamentables prjugs2 car1 c'est dans la famille1 qu'ayant sous les yeux l'incessant spectacle d'un homme--son pre--couchant toujours avec la mme femme--sa mre--et d'une femme--l'pouse--n'ayant ostensiblement d'amour que pour un seul homme--le mari1--l'adolescent de l'un et l'autre sexe se fait de l'amour l'ide la plus fausse et la plus dangereuse1 en se persuadant que l'exclusivisme du coeur est une vertueuse obligation#aej4 ,note #adi3 ,la ,douleur universelle1 p4 #cba4 ,note #aej3 ,la ,plume du #a;er mai #ahic1 pp4 #bjc et #bjd4 ,on ne m'aurait point pardonn1 j'en suis sr1 de retrancher quelque chose de ce rquisitoire odieux4 ,l'anarchisme de l'amour y apparat dans toute sa crudit4 ,on en connat l'esprit1 on en voit le but4 ,sus au mariage lgal6 ,sus la famille juridique6 ,nos rvolutionnaires ne se dissimulent point1 du reste1 qu'ils touchent ici un des prjugs les plus profondment ancrs dans l'opinion publique4 ,abattre la famille leur parat bien la partie la plus malaise de leur glorieuse tche4 ,mais ils se disent que la famille est la photographie en miniature de la socit tout entire1 qu'on y retrouve mmes principes idiots1 mmes prjugs inhumains1 mme hirarchie meurtrire1 et que1 par suite1 quiconque veut rvolutionner la socit ne peut logiquement respecter la famille#aea4 ,note #aea3 ,la ,plume1 eod4 loc41 p4 #bjc4 ,ce raisonnement est exact4 ,oui1 notre famille est en petit ce que notre socit est en grand4 ,il n'est pas besoin d'une trs vive clairvoyance pour dcouvrir en elle la cellule vivante1 le noyau lmentaire1 le centre embryonnaire qui communique l'ensemble la vie1 la dure1 la rsistance et le renouvellement4 ,groupement d'affection1 communaut d'origine1 association d'intrts1 la collectivit familiale est le type exemplaire de la nation elle-mme1 qui suppose la fusion du sang et le mlange des races1 l'identit des besoins et des aspirations4 ,l'esprit de nationalit participe mme de l'esprit de famille2 car la maison paternelle est une petite patrie microscopique1 dont la grande famille nationale n'est que l'image agrandie et multiplie4 ,toutes deux sont fondes sur la conservation d'un patrimoine de traditions1 d'ides1 de sentiments1 qui se transmet de gnration en gnration4 ,toutes deux impliquent l'appropriation et l'hrdit2 toutes deux se soutiennent par la solidarit des membres qui les constituent2 toutes deux se gouvernent par le principe d'autorit2 toutes deux se donnent des constitutions qui stipulent des droits et des devoirs rciproques4 ,la charte organique de notre gouvernement dmocratique n'est qu'une sorte de contrat de mariage1 qui a fix les pouvoirs respectifs du ,peuple et de la ,rpublique1 officiellement et volontairement unis l'un l'autre4 ,ds lors1 si l'unit souveraine doit tre l'individu libr de toute obligation1 il faut que famille et socit disparaissent4 ,et le foyer tant la pierre angulaire de la nation1 et l'esprit de famille tant l'aliment de l'esprit de patrie1 on ne saurait dmolir srement la socit actuelle1 qu'en dtruisant le centre familial d'o elle procde et le mariage qui en est le noeud lgal et sacramentel4 ,et voil pourquoi toute entreprise rvolutionnaire1 qui s'attaque la socit1 doit logiquement s'attaquer la famille1 parce que cet instrument de torture1 comme dit lgamment ,m4 ,sbastien ,faure1 assume et quintessencie les vices1 les mensonges1 les coquineries1 les tyrannies de l'ordre social tout entier#aeb4 ,note #aeb3 ,la ,plume1 eod4 loc41 p4 #bja4 ,,iv ,a ce langage haineux et subversif1 c'est peine perdue d'opposer la morale et la religion1 que les esprits mancips tiennent aujourd'hui pour deux vieilles choses trs suspectes de radotage4 ,mieux vaut s'en tenir aux raisons d'ordre positif tires de la vie relle4 ,reprenons-les pour conclure4 ,l'union libre est un principe de faiblesse et d'inscurit4 ,dans les faux mnages1 prcaires et instables1 que le caprice de la passion aura forms et que le caprice de la passion pourra dfaire1 les moindres litiges risqueront de tourner en dissentiments et en ruptures4 ,l'union libre est un principe de division et de conflits4 ,la femme tant devenue l'gale de l'homme1 et l'autorit de la mre pouvant contredire et infirmer en toute matire l'autorit du pre1 la direction des affaires et le gouvernement des enfants susciteront mille querelles qui rendront la vie commune intolrable4 ,l'union libre est un principe de violence et d'oppression4 ,a dfaut du mariage qui protge les poux en liant lgalement leurs destines l'une l'autre et en quilibrant leurs droits respectifs par leurs devoirs mutuels1 la force1 redevenue la rgle souveraine des rapports sexuels1 maintiendra ou rompra despotiquement les noeuds de chair que la passion sensuelle aura forms4 ,l'union libre est un principe d'avilissement4 ,dpourvue de toute garantie lgale l'encontre de son compagnon1 la femme retombera misrablement sous la main de l'homme4 ,loin d'affranchir le sexe faible1 l'abolition du mariage ne peut manquer de l'asservir aux apptits et aux brutalits du sexe fort4 ,l'histoire atteste que plus l'idal conjugal s'abaisse1 plus la condition de la femme s'aggrave2 que plus l'amour se dgrade1 plus la femme dchoit4 ,la passion mancipe1 c'est l'indpendance dans l'abjection4 ,dieu garde la femme d'une si lamentable extrmit6 ,la civilisation elle-mme risquerait d'en prir4 ,car1 l o la femme n'est point respecte1 il est impossible que l'humanit soit respectable4 ,le moyen le plus efficace de perfectionner l'homme1 a dit ,joseph de ,maistre1 c'est d'ennoblir et d'exalter la femme4 ,plus d'illusion possible3 le fminisme conjugal est n d'une raction furieuse de l'individualisme rvolutionnaire contre la solidarit chrtienne1 qui associe les poux dans un coeur--coeur immuable4 ,plus de malentendu possible3 l'idal de la famille venir n'est point dans l'indpendance orgueilleuse ni dans le nivellement galitaire4 ,que la femme s'unisse l'homme1 au lieu de lutter contre lui6 ,qu'elle s'appuie sur son compagnon1 au lieu de ne compter que sur elle seule6 ,la paix est fille de l'ordre1 et celui-ci ne se comprend point sans hirarchie ni subordination1 sans confiance ni respect4 ,laissons donc les ennemis du mariage prcher1 tant qu'ils voudront1 l'mancipation de l'amour4 ,que ces rvolts excitent la femme relever la tte et secouer le joug1 aimer qui les aimera1 aimer qui leur plaira4 ,qu'ils impriment leurs revendications un caractre antireligieux et antifamilial1 une direction agressive et rvolutionnaire4 ,il est esprer que ces excs de langage et de conduite ne feront que dtourner de leur fminisme malfaisant toutes les femmes honntes1 qui ont le souci de leur dignit et la conscience des intrts suprieurs de la famille1 et qu'au lieu d'entamer leurs mes1 un pareil dbordement de violences et d'incongruits les avertira du pril et les prmunira mme contre les tentations et les dfaillances2 si bien que1 tant par l'emportement inconsidr de ses adversaires que par la vigilance de ses dfenseurs1 l'institution du mariage pourra tre sauve4 ,et si un jour1 par impossible1 le mariage cessait d'tre une institution lgale1 si l'union libre1 s'insinuant dans les moeurs et dans les codes1 devenait la rgle de fait et de droit1 ne croyons pas que les principes d'indissolubilit1 de fidlit1 de fcondit1 qui sont l'me du mariage chrtien1 disparatraient de ce monde4 ,la religion aidant1 il y aura toujours de braves gens qui demeureront inbranlablement attachs aux justes noces qu'auront pratiques leurs anctres2 et1 quelle que soit la dmoralisation ambiante1 ils formeront1 au milieu de la dissolution gnrale1 le dernier rempart de la famille1 une lite vertueuse1 une race d'lection1 une sorte d'aristocratie de l'amour et du devoir4 ,oui1 quoi qu'on pense et quoi qu'on dise de la faillite du mariage1 l'union durable et sainte1 l'union pour la vie1 l'union loyale et confiante1 sans trahison et sans rupture1 le mariage1 en un mot1 restera le plus haut idal qu'il soit donn au couple humain de poursuivre et d'atteindre sur la terre4 ,il est la pierre angulaire1 ou encore l'arche vritable de la famille2 et1 au mme titre que ce groupe naturel et indestructible1 il ne saurait pas plus disparatre que la vie mme dont il assure le mieux la transmission4 troitement li l'honneur du mari1 la dignit de la femme et l'avenir de l'enfant1 le mariage est li1 par cela mme1 aux destines de l'espce4 ,c'est pourquoi nous avons la conviction que1 si vigoureusement qu'ils manient la cogne rvolutionnaire1 les bcherons de la ,sociale s'puiseront en vains efforts contre l'arbre auguste et magnifique qui abrite1 depuis des sicles1 l'humanit civilise4 ,ils pourront lui faire de larges blessures2 mais ils n'empcheront point sa sve remontante de pousser tt ou tard de nouveaux rejetons4 ,pourquoi mme ne pas esprer qu'instruits par les destructions violentes dont l'imminence effraie les plus optimistes1 les hommes dsabuss reviendront en masse chercher sous ses rameaux la paix et la scurit perdues8 ,pour nous1 simples et braves gens1 qui prenons la vie pour ce qu'elle vaut1 c'est--dire pour une source d'preuves et pour une occasion d'efforts1 de mrites et de vertus1 disons-nous1 en attendant l'avenir1 que le vieux mariage chrtien1--cette union rflchie1 assortie1 conclue suivant l'esprit de nos pres1 non comme une folle gageure1 mais comme un pacte solennel qui doit fonder un foyer et soutenir une famille1--est l'assise sacre sur laquelle reposent les destines et les esprances de notre socit franaise2 disons-nous que le mariage est un frein moral susceptible de protger les poux contre leurs faiblesses1 et partant la garantie la plus solide pour les enfants auxquels nous aurons donn le jour2 qu' part quelques abus ou quelques dommages inhrents toutes les choses humaines1--ce que les outranciers du fminisme appellent tragiquement les crimes du mariage1--il nous met du moins l'abri de l'instabilit de nos caprices et de nos passions2 qu'en tout cas1 les accidents individuels ne prouvent rien contre sa rgle gnralement et socialement bienfaisante2 que les infortunes qu'on lui impute viennent moins souvent des lois qui le sanctionnent1 que des rvoltes diriges contre son principe et des brches faites son inviolabilit2 que les devoirs qu'il nous impose ne vont pas sans des avantages d'ordre1 de dignit1 de repos et de considration2 qu'aprs tout l'homme et la femme n'ont pas seulement sur terre des apptits satisfaire et des liberts exercer1 mais encore des obligations remplir1 des deuils et des souffrances supporter1 et qu'il n'est point finalement de moyen plus sr et plus doux de vivre sa courte vie1 que de la vivre deux en s'appuyant loyalement l'un sur l'autre jusqu'au bout du chemin4 ,,chapitre ,x ,hsitations et inconsquences du fminisme radical ,,sommaire ,i4--,,tactique ,,adopt,e ,,par ,,la ,,gauche ,f,,ministe4--,,le ,,mariage ,,doit ,,tre ,r,,nov ,,et ,l',,union ,,libre ,,ajourn,e4 ,,ii4--,,ce ,,que ,,doit ,,tre ,,le ,,mariage ,,nouveau3 ,,une ,,association ,,libre ,,entre ,,gaux--,,absolution ,,de ,,toutes ,,les ,,sup,,riorit,s ,,maritales4 ,,iii4--,,extension ,,du ,,divorce4--,,voeux ,,significatifs ,,mis ,,par ,,le ,,congr,s ,,de #aijj4--;,,aux ,,prises ,,avec ,,la ,,logique4 ,,iv4--,,les ,,entra,,nements ,,de ,l',,erreur4--,,la ,,peur ,,des ,,mots4--,a ,,mi-,,chemin ,,de ,l',,union ,,libre4--,,incons,,quence ,,ou ,,timidit4--,,conclusion4 ,il serait peu gnreux et peu quitable d'attribuer au fminisme tout entier des doctrines qui sont prches surtout par des hommes4 ,pour quelques femmes audacieuses qui embrassent avec passion les plus folles ides1 il en est mille1 mme dans les groupes d',extrme-,gauche1 qui rpugnent secrtement l'union libre4 ,non qu'elles acceptent le mariage avec toutes ses consquences4 ,elles font mme tant de brches son principe1 qu'emportes par la logique de l'erreur et de la destruction1 elles prparent1 sans le savoir1 les voies l'mancipation de l'amour1 vers laquelle les allgements successifs du lien conjugal tendent invinciblement4 ,et c'est un spectacle plein d'enseignements qui prouve1 une fois de plus1 que tout ce qui affaiblit le mariage tourne1 qu'on le veuille ou non1 au profit du libre amour4 ,on nous excusera1 d'y arrter nos regards avant de clore cette tude1 la leon qui s'en dgage nous confirmant expressment dans nos vues et nos apprhensions4 ,i ,malgr les secousses politiques et sociales qui ont boulevers tant de choses et amoncel tant de ruines au cours des derniers sicles1 la famille est reste debout1 impassible1 immuable4 ,rien de plus curieux que la tactique adopte par la ,gauche fministe pour rduire cette majestueuse forteresse1 qui rsiste la morsure du temps et l'branlement des rvolutions4 ,on ne songe point l'emporter d'assaut4 ,impossible d'abattre cette vieille maison ingrate et inhospitalire1 qui abrite actuellement la famille lgitime4 ,il suffira donc de la transformer1 de l'amnager1 d'en faire une maison spacieuse et souriante1 image exacte de cette socit de demain1 o tous les tres auront une part gale de soleil1 de bonheur et de pain4 ,c'est ,m4 ,viviani1 le rapporteur gnral de la section de lgislation du ,congrs de #aijj1 qui parle ainsi4 ,et cette phrase caressante et fleurie1 on reconnat le fminisme socialiste1 un fminisme la fois trs avanc et trs opportuniste1 qui sait cacher sous d'habiles rticences les vues et les tendances les plus audacieuses4 ,adversaire de la famille telle qu'elle est constitue1 ce groupe important veut que le mariage soit une association libre o les poux auront des droits gaux4 ,mais1 dira-t-on1 cette libre association1 c'est l'union libre1 ni plus ni moins6 ,estimant que cette dernire formule sonnait trop mal aux oreilles1 et dsireux de n'effaroucher personne1 on a sans doute chang le mot et conserv la chose4--,pas tout fait4 ,on a la prtention de fonder un ordre familial nouveau1 o rien ne subsistera de la tyrannie ancienne1 mais o l'on entend recueillir1 pour les vivifier1 les rares vertus que la famille laisse encore fleurir1 telles que la fidlit respective des poux et la soumission respectueuse des enfants4 ,consquemment1 cette association libre ne comportera point le droit de rpudiation4 ,elle est quelque chose de plus qu'un louage de services susceptible d'tre dnonc par l'un ou l'autre des poux1 lorsque surgit un dsaccord ou arrive l'heure de la lassitude4 ,on ne se mariera donc point comme on fait un bail1 pour trois1 six ou neuf ans1 avec droit de rsiliation pour chacune des parties4 ,m4 ,viviani1 dont je reproduis la pense aussi fidlement que possible1 estime avec raison que la rpudiation serait plus profitable au mari qu' la femme1 et que celle-ci1 place sous une perptuelle menace de renvoi1 deviendrait souvent1 pour viter la misre1 la servante de tous les bas caprices masculins4 ,l'union libre elle-mme est inacceptable pour l'heure prsente4 ,la femme du peuple doit s'en garder comme d'un pige et d'une duperie4 ,quand la beaut se fane et que la jeunesse finit1 rien ne la protge plus contre l'abandon ou les rigueurs de l'amant4 ,trop fragile est le lien volontaire de la parole donne4 ,bien folle serait la femme qui consentirait appuyer sur cette fondation tremblante tout son avenir1 tout son bonheur1 toute sa vie4 ,en repoussant l'union libre1 ,m4 ,viviani ne pense qu' la misrable poussire humaine1 toutes les femmes sans argent1 sans foyer1 sans garantie4 ,mais l'union libre est-elle moins prcaire pour les autres8 ,riches ou pauvres ne peuvent en recueillir que des humiliations atroces4 ,elle ne sera jamais profitable qu'au mle4 ,l'union libre1 c'est le fminisme des hommes4 ,aussi je ne comprends pas que le distingu rapporteur la repousse pour aujourd'hui et se dclare bien prs de l'accepter pour demain1 c'est--dire pour cet avenir1 plus ou moins lointain1 o le socialisme de ses rves aura fait merveille--ou faillite#aec4 ,note #aec3 ,congrs international de la ,condition et des ,droits des ,femmes2 sance du vendredi soir #g septembre4 ,voir la ,fronde du #aj septembre #aijj4 ,,ii ,que faut-il penser de cette conception de la socit conjugale1 qui n'est pas encore l'union libre et qui n'est plus le vieux mariage8 ,nous la tenons pour un systme btard1 inconsquent1 instable4 ,par les vues dont elle procde et par les fins o elle tend1 elle peut trs bien branler l'antique foyer qui nous abrite2 mais elle est incapable de fonder une maison durable et une famille forte4 ,faites entrer dans le mariage l'ide de bonheur la place de l'ide de devoir1 substituez la libert des poux l'obligation qui les lie1 l'galit des droits l'autorit qui les discipline et les coordonne1--et ces ferments nouveaux vont tout corrompre et tout dvorer4 ,vous aurez beau lutter contre la logique des ides3 elle se dveloppera irrsistiblement4 ,et la force qui les anime et les pousse vous emportera1 quoi que vous fassiez1 jusqu' l'union libre4 ,on ne s'arrte pas mi-chemin de l'erreur4 ,lorsque celle-ci nous presse et nous talonne1 il faut avoir le courage et l'nergie de rtrograder vers les sommets2 faute de quoi1 on s'effondre jusqu'en bas4 ,voyez plutt4 ,l'association libre1 prconise par la ,gauche fministe1 implique l'galit des droits entre mari et femme4 ,tous nos voeux1 dclare ,m4 ,viviani1 rclament l'abolition de la puissance maritale4 ,et encore3 ,nous voulons faire disparatre de la famille tous les vestiges de la puissance maritale4 ,et le ,congrs a vot la suppression pure et simple de toutes les lois qui dictent la soumission de la femme au mari4 ,ce qui emporte l'abolition de l'article #bac du ,code civil3 on n'admet pas que le mari doive protection sa femme1 ni surtout que la femme doive obissance son mari4 ,de cette faon1 la douce et candide fiance ne tombera plus dans le mariage comme en une embche4 ,elle conservera tous ses droits4 ,souveraine par la grce1 elle sera l'gale de l'homme devant la loi4 ,libre elle de remettre aux mains de son mari la direction morale et matrielle de la famille2 mais au lieu de tenir leurs pouvoirs de la brutalit du ,code1 les hommes les devront seulement la condescendance et la tendresse des femmes4 ,cela est gracieusement ingnu4 ,si pourtant des conflits surgissent entre ces deux volonts gales1--et ils peuvent clater tout instant pour une question des plus graves ou des plus vaines1--qui les tranchera8 ,soyons sans inquitude3 il y a des juges en ,france1 nous dit-on4 ,comme en une socit commerciale o la rsistance irrflchie d'un associ peut causer un prjudice1 les tribunaux dcideront#aed4 ,rtablir la paix dans les mnages1 quelle belle mission pour nos magistrats6 ,note #aed3 ,discours prcit de ,m4 ,viviani4 ,le malheur est que le mariage est quelque chose de plus qu'une socit commerciale4 ,impossible de faire tenir dans les limites d'un contrat ordinaire cette communaut de joies et d'preuves1 d'esprances et de deuils1 de devoirs et d'efforts1 qui est la famille4 ,vainement vous manderez en hte le juge de paix pour dpartager les poux en cas de conflit3 croyez-vous que ce mnage trois puisse tre uni et durable8 riger la magistrature en providence des familles1 quelle imprudence6 ,l'intervention de cette puissance au coeur sec et aux mains rudes ne fera qu'envenimer1 exasprer les querelles et les dissentiments4 ,l'poux contraint de cder par arrt de justice rentrera au foyer1--pas pour longtemps1--l'me hassante et ulcre4 ,demandez aux magistrats eux-mmes3 tout mnage o l'autorit judiciaire s'introduit avec son appareil coercitif1 est un mnage perdu4 ,en gnral1 le dualisme du pouvoir n'a jamais engendr que rivalits et dissensions4 ,faites donc de la famille une sorte de monstre deux ttes galement puissantes1 et vous pouvez tre assurs que1 malgr la mdiation ou l'arbitrage du tribunal1 les disputes de prminence multiplieront les msintelligences1 les ruptures et les divorces4 ,et ce faisant1 l'galit des droits entre poux prcipitera la ruine du mariage et l'avnement de l'union libre4 ,d'autant que1 pour parfaire l'galit entre poux1 on s'acharne dtruire tout ce qui marque la supriorit du mari4 ,ainsi la ,gauche fministe a mis le voeu que la femme franaise qui pouse un tranger1 ou la femme trangre qui pouse un ,franais1 ait le droit de conserver1 par une dclaration faite au jour de son mariage devant l'officier de l'tat civil1 sa nationalit d'origine4 ,n'est-il pas immoral que la femme soit condamne prendre toujours la nationalit de son mari8 ,et pour procurer la femme la satisfaction orgueilleuse de conserver la plnitude de son individualit1 on n'hsite pas sacrifier les intrts de la famille1 dont le patrimoine doit tre rgi par une seule et mme lgislation sous peine de conflits inextricables4 ,concevez-vous un mnage dont la femme1 reste ,anglaise1 sera gouverne par la lgislation anglaise1 et le mari1 rest ,franais1 sera gouvern par la lgislation franaise8 ,et les enfants suivront-ils la nationalit du pre8 ,si oui1 c'est un hommage rendu la primaut virile4 ,si non1 seront-ils mi-anglais1 mi-franais8 ,vous verrez que1 par horreur de la prminence paternelle1 on leur rservera le droit de trancher cette question leur majorit4 ,ainsi encore1 la ,gauche fministe a mis le voeu que la femme marie1 afin de sauvegarder son individualit1 sa libert et ses intrts1 garde son nom patronymique1 au lieu d'adopter celui du mari4 ,remarquez qu'aucune loi n'oblige l'pouse prendre le nom de l'poux4 ,l'usage le veut ainsi1 et non la lgislation4 ,mais ,mme ,hubertine ,auclert n'admet pas qu'une femme se fasse estampiller comme une brebis sous le vocable de l'homme qu'elle pouse#aee4 ,et quel nom donnera-t-on aux enfants8 ,si nous revenons au matriarcat1 comme on nous l'assure1 ils devront suivre la filiation et recevoir le nom de leur mre1 bien que l'histoire atteste que la famille monogame ne s'est fortement constitue1 que du jour o la filiation est devenue certaine et l'tat civil rgulier par la transmission du nom paternel1 avec toutes les obligations qui s'ensuivent au profit de la mre et des enfants4 ,note #aee3 ,congrs international de la ,condition et des ,droits des ,femmes4 ,sance du samedi matin #h septembre #aijj4 ,ainsi enfin1 le fminisme avanc demande que la femme puisse obtenir du juge de paix l'autorisation d'avoir une rsidence spare de celle du mari4 ,on ne veut pas que l'pouse soit astreinte suivre partout son poux1 lorsqu'il plat ce dernier de changer capricieusement le sige de ses affaires ou le lieu de son habitation4 ,le juge de paix1 ce mdiateur familial qui est appel jouer le rle de confesseur laque1 devra peser les raisons du mari et les rsistances de la femme1 et au besoin permettre celle-ci1 par exemple1 de rester ,paris si le conjoint prfre s'installer en province4 ,est-ce qu'il n'est pas contraire l'galit d'imposer toujours la femme le domicile du mari8#aef ,laissez donc aller l'un droite et l'autre gauche1 et l'galit sera sauve1 et l'union rompue4 ,et les enfants suivront-ils papa ou maman8 ,triste mnage6 ,triste systme6 ,note #aef3 ,sance du samedi soir #h septembre #aijj4 ,si le fminisme s'obstine opposer l'pouse au mari et les enfants au pre1 il est prvoir que la famille venir1 divise contre elle-mme1 retombera peu peu sa primitive faiblesse4 ,un des congressistes de #aijj1 ,m4 ,le ,foyer1 a fait cette dclaration dnue d'artifice3 ,nous avons assurer l'abdication de ce roi conjugal qu'est le mari1 et l'avnement de cette citoyenne qu'est la femme2 en un mot1 nous avons faire du mariage une rpublique4 ,c'est entendu4 ,mais si jamais la rpublique1 ainsi comprise1 s'installe au foyer1 tenons pour sr que la famille1 disloque par l'galit absolue1 se dbattra douloureusement dans la confusion et l'anarchie4 ,,iii ,et cependant1 il ne suffit pas que le mariage nouveau soit une socit entre gaux3 on veut qu'il devienne une association libre4 ,mais comment concilier cette libert avec la fidlit8 ,pour ceux qui fondent l'union conjugale sur l'ide du devoir1 cette question n'existe pas4 ,libres avant le mariage1 les poux ne le sont plus aprs4 ,une fois lis l'un l'autre1 ils doivent tenir leur serment4 ,point de mariage sans foi jure2 et lorsqu'on s'est oblig rciproquement pour la vie1 on ne peut reprendre sa libert sans faillir l'honneur4 ,les poux1 qui se sont promis fidlit1 doivent respecter leurs engagements jusqu'au bout4 ,les honntes gens n'ont qu'une parole4 ,et pour donner plus de poids ce serment mutuel1 la loi civile a fait du mariage un contrat solennel1 et la loi religieuse l'a lev la dignit de contrat sacramentel4 ,la ,gauche fministe n'ose pas attaquer le devoir de fidlit1 par tactique peut-tre plus que par principe1 de peur qu'on lui prte l'intention de dtruire dans la famille les sentiments qui font sa force4 ,m4 ,viviani1 personnellement1 ne trouve aucune raison dans son esprit et dans son coeur pour infirmer et abolir une promesse qui est dans la nature des choses4 ,le devoir de fidlit subsistera donc1 mais allg de toutes les sanctions du ,code pnal contre l'adultre4 ,de plus1 il ne saurait s'agir entre poux d'un voeu perptuel de fidlit1 s'enchaner toujours tant trop manifestement contraire la libert individuelle1 la possession de soi-mme4 ,cela fait1 le fminisme radical s'acheminera doucement du mariage lgal l'union libre4 ,car s'il est prudent de ne point effrayer les bourgeois1 il convient de ne pas se sparer des camarades qui1 plus hardis et plus consquents1 sont toujours prts prendre les habiles pour des ractionnaires4 ,et ces frres terribles ne se feront pas faute de stimuler les indcis4 ,vous avez peur des mots1 leur dira1 par exemple1 le groupe avanc des ,amis de la science4 ,l'union libre est au bout de la route que vous avez prise4 ,encore quelques pas1 et vous y tes4 ,pourquoi vous arrter en si beau chemin8 ,applique au mariage1 la libert ne vaut pas mieux que l'alcoolisme4 ,une fois qu'on en a pris1 on n'en saurait trop prendre4 ,il faudra1 cote que cote1 qu'elle se vide de tout son contenu1 pour le malheur de ceux qui s'en griseront4 ,dj la ,gauche fministe est unanime pour ajouter le divorce par consentement mutuel aux quatre causes de rupture prvues par le ,code civil1 et qui sont3 #a l'adultre2 #b les excs o svices2 #c les injures graves1 #d la condamnation une peine afflictive et infamante4 ,or1 cette extension du divorce est une premire atteinte1 et combien grave6 au devoir de fidlit1 puisqu'elle permet aux poux de se relever de leur parole1 d'un commun accord4 ,et comment s'y soustraire8 ,une fois admis que le mariage est un contrat comme un autre1 ce que le consentement a fait1 le consentement peut le dfaire4 ,suffisante pour les unir1 la volont des poux doit suffire pour les dsunir4 ,et l'enfant8 ,il semble bien que ce tiers innocent et faible devrait faire obstacle au divorce des parents4 ,lorsqu'on se marie1 la volont des poux est souveraine1 l'enfant n'existant pas encore4 ,mais lorsqu'on divorce1 la volont des parents n'est plus aussi libre4 ,un lien de chair a pu se former entre le mari et la femme3 sacrifierez-vous l'enfant leurs aises ou leurs passions8 ,c'est l que nous pouvons toucher du doigt la logique cruelle du divorce4 ,dirons-nous que1 les enfants ayant droit non seulement la nourriture1 mais la famille1 le fait de leur existence doit rendre le divorce de leurs parents impossible8--,mais1 rpondra-t-on1 pourquoi condamner ceux-ci l'enfer conjugal8 ,subordonner le divorce par consentement mutuel l'inexistence des enfants1 c'est accorder aux unions striles un privilge et un encouragement4 ,n'est-il pas craindre mme que des poux1 plus attachs leur indpendance qu' leur devoir1 ne s'arrangent pour carter prventivement l'obstacle qui les empcherait de sortir du mariage8 ,dirons-nous que le tribunal devra s'assurer1 avant d'accueillir la demande des poux1 qu'il est donn satisfaction aux droits et aux intrts de leurs enfants8--,mais si rationnel qu'il paraisse de charger la justice de dfendre ces mineurs qui1 par dfinition1 sont incapables de se dfendre eux-mmes1 on ne voudra point que l'avenir des enfants enchane la libert des parents4 ,laissez aux magistrats le pouvoir de subordonner souverainement le divorce des pre et mre l'obligation d'lever et d'entretenir convenablement les enfants1 et c'en est fait1 dira-t-on1 du divorce par consentement mutuel8 ,rappelez-vous1 s'est cri ,m4 ,viviani1 l'opposition presque religieuse que certaines chambres civiles font1 ds aujourd'hui1 au divorce incomplet que nous avons conquis4 ,il serait1 d'ailleurs1 impossible aux mnages pauvres d'tablir qu'en se dsunissant1 les intrts de l'enfant seront suffisamment sauvegards2 et le divorce par consentement mutuel deviendrait le privilge des riches4 ,dirons-nous que le sentiment des enfants sera consult1 la dignit humaine ne permettant pas qu'on en dispose comme d'une chose1 ou qu'on les spare comme un mobilier4--,mais en joignant au consentement des poux la consultation des enfants1 on soumettrait les parents une preuve souvent ridicule1 s'il s'agit d'enfants en bas ge1 et toujours douloureuse1 s'il s'agit d'adolescents4 ,au lieu d'interroger les prfrences secrtes des enfants1 il est plus simple de s'en remettre au tribunal du soin d'attribuer leur garde celui des parents qu'il jugera le plus digne4 ,dirons-nous que1 si l'attribution des enfants l'poux innocent se comprend lorsque le divorce a t prononc1 pour cause dtermine1 contre l'poux coupable justement puni par le rapt lgal que le tribunal lui inflige1 en revanche1 le divorce par consentement mutuel s'oppose ce qu'ils soient adjugs l'un plutt qu' l'autre1 puisque la dsunion est poursuivie1 en ce cas1 d'un commun accord1 sans articulation de motifs2 qu'il vaut mieux consquemment tenir compte des sentiments des enfants1 sitt que leur ge le permettra1 afin que le divorce1 qui met un terme au malheur des pre et mre1 ne consomme pas du mme coup le malheur des fils et des filles4--,mais l'affection de ceux-ci peut tre mal place2 leur plus vive inclination pour papa ou pour maman risque d'tre inconsidre4 ,au cas o les parents s'en disputent la garde 7et la question est particulirement dlicate s'il s'agit d'un rejeton unique71 il est invitable que le tribunal intervienne1 ex quo et bono1 pour dcider souverainement du sort de l'enfant1--sans recourir toutefois au jugement de ,salomon4 ,ces dductions fortement enchanes serrent le coeur4 ,une fois pris dans l'engrenage1 l'enfant ne peut plus y chapper3 il est sacrifi4 ,de la part des poux1 le divorce par consentement mutuel est un acte de pur gosme2 car il prouve que ceux-ci mettent leur satisfaction et leur plaisir au-dessus des intrts sacrs de leur descendance ne ou natre4 ,l'enfant est la grande victime du divorce4 ,mais poursuivons4 ,aux parents qui veulent rompre le lien matrimonial par consentement bilatral1 la ,gauche fministe n'impose qu'une simple condition de forme4 ,les poux devront exprimer par trois fois1 devant le prsident du tribunal civil1 trois mois d'intervalle les deux premires fois-1 six mois d'intervalle la troisime fois1 leur volont de se sparer4 ,a vrai dire1 ce laps de temps et ces dclarations ritres sont des preuves salutaires1 destines provoquer la rflexion des poux au seuil du divorce2 sans compter que1 dans cet intervalle1 une grossesse de la femme peut survenir qui modifie leurs projets4 ,et pourtant1 des mes impatientes trouvent ces conditions de dure trop longues et trop dures1 estimant qu'il est inique de prolonger pendant un an le supplice des poux qui aspirent au divorce contractuel4 ,pourquoi imposer la dsunion volontaire une forme de consentement que la loi n'exige pas pour l'union elle-mme8 ,puisqu'il est loisible de se marier aprs deux bans publis deux dimanches conscutifs1 pourquoi les poux n'auraient-ils pas le droit de se dlier aussi rapidement qu'ils se sont lis8 ,on oublie que la publication des bans est la manifestation officielle d'un consentement qui s'est form plus ou moins lentement au cours des fianailles1--ce que ,m4 ,viviani a rappel1 du reste1 en fort bons termes#aeg4 ,par malheur1 l'habile rapporteur s'est vu distanc et dbord sur d'autres points infiniment plus graves1 tant la pousse des ides d'indpendance est irrsistible6 ,aprs le divorce par consentement mutuel1 le ,congrs a vot le divorce par consentement unilatral4 ,il fallait s'y attendre4 ,note #aeg3 ,voir le compte rendu stnographique de la ,fronde du #aj septembre #aijj4 ,vainement ,m4 ,viviani est-il intervenu1 non sans quelque embarras1 pour montrer que le droit de rpudiation serait moins profitable la femme qu'au mari1 et que celui-ci ne manquera point d'en user1 lorsque l'heure de la lassitude aura sonn1 pour se dbarrasser de sa femme infirme ou vieillie4 ,rien ne fit4 ,la majorit dclara1 par la bouche de ,mme ,pognon1 que personne ne doit tre forc de vivre avec un conjoint1 pour lequel on ne se sent plus ni amour ni estime4 ,de quel droit empcherait-on une femme1 due et trompe une premire fois1 de chercher se refaire un renouveau de bonheur8 ,nous ne voulons pas que le mariage soit un bagne4 ,et sur cette parole1 le ,congrs a mis le voeu que le divorce demand par un seul ft autoris au bout de trois annes1 quand la volont de divorcer aura t exprime trois fois une anne d'intervalle4 ,et voil comment cette association libre1 qui doit remplacer le mariage lgal1 est emporte1 par la force inluctable des choses1 jusqu' la rpudiation1 dont pourtant les fministes les plus qualifis avaient affirm ne point vouloir4 ,cette brche faite1 tout ce qu'il y a d'honneur et de scurit dans le mariage va fuir immanquablement2 car cette lzarde compromet toute la solidit du vieil difice4 ,voyez plutt4 ,il est inadmissible1 en droit1 qu'un contrat form par la volont de deux parties puisse tre rompu par la volont d'une seule2 sinon1 plus de contrat possible4 ,eh bien6 ce principe lmentaire de justice1 d'galit1 d'ordre1 de sret1 est aboli dans l'union conjugale4 ,ce qui revient dire que le mariage1 qui a t regard jusqu'ici comme le plus sacr des contrats1 n'a pas mme aux yeux de certains fministes1 l'existence et la validit du plus vulgaire contrat priv4 ,pourquoi se lier1 si le mariage n'oblige plus8 ,ds que la libert individuelle est la loi des poux1 il n'est plus d'engagement qui tienne4 ,une seule rgle subsiste3 ,il n'appartient aucune puissance humaine d'enchaner un poux sa misre4 ,le mot a t prononc4 ,mais qu'on y prenne garde3 une fois ce point de dpart admis1 le mariage est vou fatalement se fondre et s'abmer dans l'union libre4 ,on voit par ce qui prcde que cette volution entrane dj certains esprits4 ,rien ne l'arrtera4 ,ainsi1 on demandera que la folie dment constate soit admise comme un cas de divorce4 ,la ,gauche fministe s'est prononce en ce sens1 sous prtexte qu'il n'est pas possible de contraindre une femme sacrifier sa jeunesse1 son bonheur et sa vie un mari dment ou idiot4 ,c'est en vain que ,m4 le docteur ,fauveau de ,courmelles a insinu que la folie n'tait pas absolument hrditaire1 et qu'en tout cas1 si elle provenait parfois de l'inconduite ou du libertinage1 elle tait plus souvent occasionne par l'excs de travail d'un pre surmenant ses forces pour nourrir sa famille4 ,c'est en vain que ,mme la doctoresse ,edwards ,pilliet a fait remarquer1 en excellents termes1 que la folie n'est pas incurable1 et que permettre une femme de se remarier pendant l'internement de son mari1 c'est condamner le fou1 s'il vient gurir1 une rechute certaine1 par la constatation dsolante de son isolement et de son abandon4 ,et puis1 a-t-on rflchi que1 si l'on ouvre la porte du divorce la folie1 toutes les maladies1 toutes les infirmits vont y passer8 ,car1 au sens mdical1 la folie est un cas pathologique comme un autre1 avec cette attnuation que1 lorsqu'un poux tombe en dmence1 on l'enferme1 ce qui dlivre son conjoint des pnibles obligations de la vie commune4 ,combien d'autres infirmits sont plus horribles et plus rpugnantes6 ,admettrez-vous que la maladie soit une cause lgale de dsunion8 ,mais que de fois on devient infirme ou dment sans l'avoir voulu6 ,il est affligeant de penser que des gens1 qui se sont unis pour la bonne et la mauvaise fortune1 peuvent songer de sang-froid rompre leur lien1 ds que l'un d'entre eux vient perdre la raison ou la sant4 ,en cas de maladies1 hrditaires ou non1 le divorce s'aggraverait d'une lchet4 ,que l'on relve les mdecins de l'obligation du secret professionnel en ce qui concerne le mariage1 qu'on leur reconnaisse le droit de dire la vrit aux parents ou mme aux futurs poux qui la sollicitent3 soit6 ,mais autoriser un conjoint quitter le foyer domestique1 lorsque la femme ou le mari le remplit de ses plaintes et l'attriste de ses souffrances1 ce serait faire servir la loi des fins gostes1 malhonntes et barbares4 ,vous ne pouvez pas empcher1 a dit ,mme ,pognon1 que le mari d'une folle ou la femme d'un fou se cre une autre existence et demande le bonheur un nouvel amour4--,c'est vrai4 ,mais si la loi ne peut empcher cette trahison1 elle ne doit pas l'encourager2 et en autorisant le divorce contre un poux dont le seul tort est d'tre malade1 elle favoriserait prcisment la dsertion et la cruaut4 ,jusqu'ici le divorce avait t invoqu1 titre de peine1 contre l'poux coupable3 de grce1 ne le faisons pas servir au chtiment immrit de l'poux innocent et malheureux6 ,a toutes ces raisons1 la ,gauche fministe est reste sourde4 ,la folie1 d'aprs elle1 doit tre un cas de divorce4 ,et l'on ne voit pas pourquoi il en serait diffremment des maladies incurables#aeh4 ,note #aeh3 ,congrs international de la ,condition et des ,droits des femmes4 ,sance du samedi matin #h septembre1 d'aprs le compte rendu stnographique de la ,fronde du lundi #aj septembre #aijj4 ,au cours de la discussion1 une dame s'est crie d'un ton aigu3 ,est-il donc si gai de vivre avec un fou1 un alcoolique ou un malade8--,non1 madame1 cette vie n'est pas gaie4 ,le devoir1 du reste1 est rarement gai4 ,mais s'il n'apporte pas avec lui cette jouissance goste et sensuelle1 laquelle on rabaisse aujourd'hui l'ide du bonheur conjugal1 il nous donne1 en revanche1 lorsqu'il est firement accept et courageusement accompli1 une estime1 une fiert1 un contentement de soi1 c'est--dire des joies graves et austres1 dont les grandes mes sentent le prix et qu'elles tiennent pour une suffisante rcompense4 ,n'est-ce donc rien que de pouvoir se dire qu'en dpit des preuves et des souffrances1 on a suivi la voie droite o les plus nobles reprsentants de l'humanit ont march avant nous8 ,n'est-ce rien que d'tre salu par les honntes gens comme un martyr ou une victime du devoir8 ,le mariage sans vertu1 voil ce qu'on nous prpare4 ,le temps est loin o ,mme de ,rmusat rclamait pour les femmes le droit au devoir4 ,a l'heure qu'il est1 certaines dames rclament le droit au plaisir4 ,entre ces deux formules1 il y a toute la distance qui spare le mariage lgal que l'on dlaisse1 de l'union libre o l'on tend4 ,il est bien entendu1 d'autre part1 que1 si le divorce a t prononc pour cause d'adultre1 le mariage sera permis entre les complices4 ,en effet1 puisque le divorce ne doit plus tre la punition de l'poux coupable1 rien ne s'oppose ce qu'on permette celui-ci1 titre de ddommagement et de rcompense1 d'pouser la matresse ou l'amant qui aura motiv le divorc en participant l'adultre4 ,c'est pourquoi la ,gauche fministe rclame instamment l'abrogation de l'article #bih du ,code civil1 qui pousse la cruaut jusqu' interdire le mariage entre complices4 ,ralisant nos prvisions1 elle poursuit galement1 avec une impitoyable logique1 l'abolition de toutes les prescriptions du ,code pnal relatives la rpression du dlit d'adultre1 que celui-ci ait t commis par la femme ou par le mari4 ,toute trahison conjugale est une affaire prive1 une question d'ordre intime1 un incident d'alcve1 qui ne regarde point la socit4 ,elle ne constitue pas mme un abus de confiance1 au sens pnal du mot1 pour parler comme ,m4 ,viviani4 ,autrement dit1 l'adultre ne peut tre rig en faute sociale1 en dlit public1 puni comme tel par le ,code pnal4 ,il faut le considrer seulement comme une faute conjugale1 engendrant un simple dlit civil et donnant ouverture au divorce4 ,qu'on ne parle donc point d'atteinte l'ordre public6 'a t l'erreur de toutes les socits chrtiennes de croire qu'elles taient intresses la fidlit des poux1 et de traiter consquemment l'adultre comme un acte dlictueux qui mrite une rpression pnale4 ,il n'est que temps de supprimer toutes ces atteintes la libert conjugale4 ,et de fait1 le ,congrs de la ,gauche fministe a vot1 par acclamation1 l'abolition du dlit d'adultre4 ,la bigamie elle-mme1 qui n'est qu'un adultre prolong1 sera seulement considre comme un faux en criture publique1 passible des pnalits de droit commun4 ,ce qu'on punira chez le bigame1 ce n'est pas la violation de la foi conjugale1 qui n'est qu'une indlicatesse d'ordre priv1 mais le fait dlictueux d'avoir fait rgulariser son adultre par l'officier de l'tat civil4 ,la loi ne frappera pas le bigame1 mais le faussaire4 ,,iv ,tel est le travail de destruction1 auquel ,m4 ,viviani a pri galamment les femmes d'associer leur fine et gracieuse enveloppe4 ,mais1 arriv ce point d'mancipation1 le mariage libre touche de si prs l'amour libre1 qu'il est impossible que le premier ne rejoigne pas le second4 ,leur principe est le mme3 la libert4 ,la discussion ne porte que sur les plus extrmes consquences4 ,point de doute que la dialectique des audacieux ne finisse par triompher de la timidit des inconsquents4 ,comment rsister aux pressions et aux entranements de la logique8 ,dj un vigoureux thoricien de l'union libre1 ,m4 ,le ,foyer1 a propos au ,congrs de la ,gauche fministe deux motions dduites avec vigueur et prcision4 ,voici la premire3 ,si l'un des poux se rend coupable d'inexcution volontaire d'une ou plusieurs des dispositions constituant le rgime lgal ou conventionnel du mariage1 l'autre poux pourra demander le divorce4 ,du moment1 en effet1 que la socit n'a rien voir la clbration et la dissolution du mariage1 l'adultre n'tant qu'un dlit purement civil et le divorce un accident d'ordre priv1 on est amen dcider que les poux sont matres de subordonner la formation et la rsiliation de leur union telles conditions qu'ils jugent convenables4 ,puisque le mariage relve exclusivement de la souverainet individuelle1 le principe de la libert des conventions1 qui s'applique leurs biens1 doit tre tendu leurs personnes4 ,c'est pourquoi il est permis de trouver1 qu'en refusant de discuter ce voeu1 le ,congrs de #aijj a fait preuve d'illogisme ou de pusillanimit4 ,lorsqu'on vient d'admettre que l'inexcution involontaire des obligations conjugales pour cause de folie peut tre un cas de divorce1 il y a inconsquence manifeste refuser d'attacher le mme effet l'inexcution volontaire des clauses du contrat1 celle-ci constituant une violation de la foi conjugale mille fois plus grave1 puisqu'elle est consciente et rflchie4 ,poursuivant son ide1--sans succs1 d'ailleurs1--,m4 ,le ,foyer a soumis au ,congrs le voeu additionnel suivant3 ,que la loi ne rgisse l'association conjugale quant aux personnes1 conformment ce qui existe dj pour les biens1 qu' dfaut de conventions spciales1 que les poux peuvent faire comme ils le jugent propos4 ,a cela le ,congrs n'avait rien rpondre1 ayant admis la rpudiation1 c'est--dire la dissolution du mariage par la volont d'un seul4 ,voici1 en substance1 l'argumentation de ,m4 ,le ,foyer4 ,il est irrationnel qu'un contrat1 qui est l'oeuvre de deux consentements1 puisse tre dtruit par le caprice de l'un ou de l'autre poux4 ,n'est-il pas plus sens de permettre aux futurs conjoints d'insrer dans leur pacte matrimonial une clause comme celle-ci3 ,nous nous reconnaissons chacun le droit de demander1 un moment donn1 la rupture de notre union1 sans que l'autre puisse y faire opposition8 ,une fois admise la libert des conventions entre poux1 le divorce par volont unilatrale devient rationnel1 les intresss y ayant acquiesc par avance4 ,et voyez de quel largissement la libert conjugale va bnficier du mme coup6 ,si nous avons1 en ,france1 plusieurs mariages quant aux biens1 il n'y en a qu'un seul quant aux personnes3 ce qui ne va pas sans assujettissements pnibles pour les poux qui diffrent d'ge ou de caractre1 de mentalit ou de temprament4 ,le mariage d'aujourd'hui est un domicile troit1 une maison toujours btie sur le mme modle1 o l'on ne peut se loger sa guise4 ,et il arrive que plus nous allons1 plus nombreux sont les conjoints qui cherchent s'vader de cette prison1 plus nombreux sont les mnages qui prfrent mme coucher hors des murs4 ,le mariage ne sera vraiment l'association libre que vous rclamez1 que si elle comprend plusieurs types de mariages1 un certain nombre de maisons modles adaptes aux diverses exigences1 aux diverses aptitudes1 o chacun puisse s'installer commodment4 ,au lieu de lgifrer pour des cas particuliers1 qu'on nous donne vite une union souple et libre4 ,et la loi1 qui n'a t qu'un instrument de domination pour le pass et qui doit tre un instrument d'mancipation pour l'avenir1 aura fond la libert conjugale4 ,ce langage est la logique mme4 ,mais cette logique est effrayante4 ,j'en atteste ce court dialogue emprunt aux dbats du ,congrs de #aijj3 il met nu toutes les licences effrnes de l'union libre4 ,m4 ,,viviani4--,supposons que les futurs poux aient le droit de faire tel contrat qui leur plaira1 relativement leur personne3 la femme pourra-t-elle stipuler qu'elle aura un domicile spar de celui de l'homme8 ,m4 ,,le ,,foyer4--,parfaitement4 ,m4 ,,viviani4--,l'homme et la femme pourront-ils se donner rciproquement la permission1 non seulement d'avoir un domicile spar1 mais encore de vivre chacun avec une autre personne8 ,m4 ,,le ,,foyer4--,parfaitement4 ,m4 ,,viviani4--,l'homme et la femme pourront-ils s'accorder l'un l'autre le droit d'admettre1 en participation1 leur hritage respectif les enfants qu'il leur plaira d'avoir hors mariage8 ,m4 ,,le ,,foyer4--,parfaitement4 ,m4 ,,viviani4--,l'homme et la femme auront-ils la facult de se rserver leur libert personnelle et de convenir que1 dans un dlai de trois ou cinq ans1 chacun pourra rpudier son poux8 ,m4 ,,le ,,foyer4--,je n'y vois pas d'inconvnient1 pourvu que cette clause soit accepte par les deux conjoints4 ,et ,m4 ,viviani de s'emporter en un fort beau langage contre une pareille conception du mariage6--ce dont nous ne saurions trop le fliciter4 ,faites entrer cette libert dans le contrat de mariage1 et la femme sera sacrifie1 lorsque viendra l'heure de la disgrce et de la lassitude1 qui envahira plus tt le coeur de l'homme que le coeur de la femme1 celle-ci vieillissant plus rapidement que celui-l4 ,et le ,congrs a refus de passer outre4 ,en cela1 du reste1 la ,gauche fministe n'a obi qu' des rpugnances parfaitement lgitimes1 sans pouvoir se flatter d'avoir cd des arguments valables4 ,ceux qui introduisent la libert dans le mariage1 sont condamns la voir drouler inexorablement toutes ses consquences jusqu' l'union libre4 ,m4 ,le ,foyer voudrait mme que celle-ci ft reconnue et sanctionne par la loi2 mais il a rencontr sur ce point une me plus libertaire encore que la sienne4 ,par cette raison que les lois1 ayant toujours servi rprimer les peuples1 ne sauraient jamais devenir un instrument de libration pour les individus1 un congressiste a fait observer trs justement que1 lorsqu'on s'lve contre les lois du mariage1 il est contradictoire de recourir aux sanctions lgales pour librer l'union conjugale#aei4 ,la conclusion s'impose3 supprimons toutes les lois matrimoniales3 la libert des conventions suffit tout4 ,et ,m4 ,viviani de se rcrier avec feu3 ,vous oubliez qu'il faut donner la femme plus de garanties qu' l'homme1 et que1 tant que la mre ne pourra vivre par elle-mme1 il faudra1--bien loin de briser le mariage1--en faire une citadelle vivante ou elle puisse s'enfermer avec son enfant6 ,note #aei3 ,congrs de la ,condition et des ,droits des femmes4 ,sance du samedi matin #h septembre4--,voir le compte rendu stnographique de la ,fronde du mardi #aa septembre #aijj4 ,et conquise par ces nobles paroles1 la ,gauche fministe s'est refuse rclamer l'abolition du mariage4 ,seulement1 pour mettre le comble ses contradictions1 elle s'est empresse de voter l'abolition de la sparation de corps4 ,l pourtant1 ,m4 ,viviani avait plaid fort habilement les circonstances attnuantes4 ,elle est bien inoffensive1 cette pauvre sparation de corps6 ,songea donc qu' l'heure actuelle1 il suffit qu'elle existe depuis trois ans1 pour qu'on la puisse transformer en divorce2 et qu'en outre1 le ,snat est saisi d'un projet dj vot par la ,chambre1 qui rend cette transformation obligatoire1 en enlevant chacun des poux le droit de s'y opposer4 ,pourquoi effrayer le ,parlement par des voeux inopportuns8 ,mais sacrifiant la prudence l'irrligion1 ces dames se sont obstines proscrire la sparation de corps4 ,cette demi-mesure offense leur radicalisme superbe4 ,c'est en vain que les femmes catholiques leur diront3 ,l'glise nous fait un devoir de repousser le divorce3 laissez-nous la sparation qui nous agre et nous sufft4--,elle nous dplat6 rpondent les femmes libres4--,mais le divorce blesse notre conscience6--,tant pis6 rplique-t-on2 il satisfait la ntre4 ,souffrez en silence ou divorcez comme tout le monde4 ,voil comment1 dans les milieux avancs1 on comprend la libert des catholiques4 ,aux uns l'indpendance pousse jusqu' la licence1 aux autres la contrainte pousse jusqu' la violation de la libert de conscience4 ,ou la honte du divorce1 ou l'enfer de la vie commune3 plus de milieu4 ,c'est de l'intolrance pure4 ,mfions-nous du fanatisme sectaire des femmes athes6 ,il pourrait bien tre plus vexatoire1--tant plus orgueilleux1--que l'intransigeance nave des dvotes4 ,rsumons-nous4 ,avec l' galit des droits1 c'est la discorde qui s'assied au foyer des poux4 ,avec la libert des personnes1 c'est l'anarchie qui envahit la famille4 ,et du mme coup1 nous avons dmontr que les outrances du fminisme rvolutionnaire ne se lisent plus seulement aux pages de certains livres1 mais qu'elles s'infiltrent peu peu en des mes fminines4 ,pour demain1 sinon pour aujourd'hui1 l'union libre devient leur secret idal4 ,les unes y penchent2 les autres y courent4 ,quelle imprvoyance6 ,poursuivez1 mesdames1 votre oeuvre de nivellement et d'mancipation4 ,brisez1 les uns aprs les autres1 tous les liens du mariage1 pour mettre l'aise les couples qui en souffrent4 ,continuez branler l'arbre par le pied1 sous prtexte de venir au secours de quelques branches malades ou gtes4 ,c'est toute l'histoire du divorce3 achevez son oeuvre4 ,la logique vous y condamne2 les hommes vous y convient4 ,certaines dductions vous font peur qui les satisfont grandement4 ,croyez-vous que le mariage ne leur pse pas plus qu' vous8 ,chaque licence que vous rclamez est tout profit pour le sexe fort4 ,combien de maris s'applaudiront du relchement des liens conjugaux6 ,a jeter bas tous les remparts du mariage1 soyez assures que beaucoup vous aideront activement4 ,et vous n'aurez pas vous louer de ces allis rsolus et entreprenants2 car1 pour dix braves gens qui prnent l'union libre en toute droiture d'intention1 par pur amour de la libert1 il est cent viveurs qui accoureront la rescousse avec des mobiles infiniment moins honorables4 ,et ne dites plus1 pour vous dfendre de certaines consquences extrmes qui vous pouvantent ou vous coeurent1 que le mariage est une citadelle o la femme doit se retrancher dsesprment3 ces scrupules seraient tardifs et vains4 ,sous prtexte de faire entrer dans le mariage plus d'air et plus de lumire1 vous en ouvrez toutes les portes1 vous en livrez l'ennemi toutes les approches1 vous en dmantelez1 pierre par pierre1 toutes les dfenses et toutes les murailles4 ,la maison conjugale de vos rves n'est plus une forteresse1 mais un moulin o l'on entre et d'o l'on sort sans gne1 sans scrupule1 sans remords4 ,malheur celles qui se contenteront d'un abri aussi prcaire et aussi chancelant6 ,ainsi compris1 le mariage n'est plus le foyer immuable et auguste o les poux s'installent pour la vie2 c'est un passage ouvert tous les vents1 o l'on ne se hasarde qu'avec l'ide d'en sortir4 ,cela fait1 l'union libre pourra prendre aisment possession des mes et des moeurs2 et il n'est pas douteux que1 dans la dpravation qui nous gagne et nous ronge1 beaucoup de gens la pousseront jusqu'au libertinage4 ,et ce sera le chtiment des femmes4 ,avis aux chrtiennes de ,france qui sont lgion3 l'union libre1 c'est le fminisme des mles4 ,je les adjure de dfendre leur sexe contre le retour offensif de cette barbarie abominable4 ,,livre ,,iv ,,mancipation ,,maternelle ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,du rle respectif des pre et mre ,,sommaire ,i4--,,le ,f,,minisme ,,maternel4--,,philosophie ,,chr,,tienne4--,,division ,,des ,,taches ,,et ,s,,paration ,,des ,,pouvoirs4 ,,ii4--,,quelles ,,sont ,,les ,,intentions ,,et ,,les ,,indications ,,de ,,la ,,nature8--,,dissemblances ,,physiques ,,entre ,,le ,p,,re ,,et ,,la ,m,,re4--,,diff,,renciation ,,des ,,sexes4 ,,iii4--,,dissemblances ,,psychiques ,,entre ,l',,homme ,,et ,,la ,,femme4--,,heureuses ,,cons,,quences ,,de ,,ces ,,diff,,rences ,,pour ,,les ,,parents ,,et ,,pour ,,les ,,enfants4--,,la ,,paternit ,,et ,,la ,,maternit ,,sont ,,ind,l,,biles4 ,,iv4--,,galit ,,de ,,conscience ,,entre ,,le ,p,,re ,,et ,,la ,m,,re1 ,,suivant ,,la ,,religion4--,,quivalence ,,des ,,apports ,,de ,l',,homme ,,et ,,de ,,la ,,femme ,,dans ,,la ,,transmission ,,de ,,la ,,vie1 ,,selon ,,la ,,science4--,n',,oublions ,,pas ,l',,enfant6 ,le fminisme maternel soulve une srie de questions qui1 troitement lies celles qu'agite le fminisme conjugal1 intressent au premier chef l'avenir de l'humanit4 ,convient-il d'manciper la mre1 comme on veut manciper l'pouse8 ,quels sont ses droits vis--vis du pre8 ,de quelle autorit doit-elle tre investie sur la personne et sur les biens de ses enfants8 ,quels pouvoirs lui appartiennent8 ,quels devoirs lui incombent8 ,tous ces points mettent naturellement aux prises le fminisme chrtien et le fminisme rvolutionnaire4 ,pour claircir le dbat1 il n'est que d'exposer les doctrines traditionnelles du premier et les hardiesses novatrices du second2 et aprs avoir confront1 chemin faisant1 leurs solutions respectives1 il nous sera plus facile de conclure4 ,i ,d'aprs la philosophie chrtienne1 l'homme et la femme1 appels aux mmes fins dernires1 participant aux fruits de la mme rdemption1 sont gaux devant ,dieu4 ,sparez-les pourtant3 en l'un ou en l'autre1 l'humanit n'est pas complte4 ,c'est le couple qui la constitue4 ,et mme lorsque l'union est conclue par les poux et bnie par le prtre1 tout n'est pas fini4 ,l'oeuvre matrimoniale commence4 ,dans la pure doctrine catholique1 la solution naturelle et le fruit parfait du mariage1 c'est l'enfant4 ,et cette doctrine remonte aux premires traditions bibliques4 ,dieu1 ayant tir la femme de l'homme1 les unit l'un l'autre et leur dit3 ,croissez et multipliez4 ,pour un chrtien1 prendre femme ne va point sans le dessein trs ferme de fonder une famille4 ,saint ,jean ,chrysostome a donn aux fidles de son temps l'explication de cette haute conception du mariage3 ,comprenez-vous le mystre8 ,d'un seul tre1 ,dieu en a fait deux2 puis de ces deux moitis runies1 il en a tir un troisime6 ,l'enfant est le lien de chair qui1 unissant dfinitivement le pre et la mre1 fait de la famille une indissoluble trinit4 ,et en lui donnant la vie1 les parents continuent et compltent la cration primitive2 si bien qu'on peut dire qu'ils collaborent l'oeuvre divine4 ,et puisque ve est sortie d',adam1 et que l'homme a t promu le chef de la femme1 la puissance du pre devra primer logiquement celle de la mre4 ,ou mieux1 par une sorte de sparation des pouvoirs1 l'autorit respective des parents devra s'exercer1 pour le bien des enfants1 sans empitement ni conflit1 dans le domaine propre que la ,providence leur a spcialement assign4 ,de l un partage d'attributions1 une spcialisation des tches1 qui1 loin d'affaiblir le foyer1 met chacun des poux la place qu'il faut1 pour le plus grand profit de la famille4 ,cette thorie ne saurait dplaire1 ni aux conomistes qui regardent la division du travail comme une loi gnrale de l'humanit1 ni aux hommes publics1 pour qui l'art de balancer et de modrer les pouvoirs1 les uns par les autres1 est le dernier mot de la sagesse politique4 ,ce qui achvera peut-tre de les satisfaire tout fait1 c'est que l'organisation thologique des pouvoirs de la famille1 telle que nous venons de l'exposer succinctement1 est1 de l'aveu mme des savants les moins suspects de partialit clricale1 en parfaite conformit avec les vues et les indications de la nature4 ,,ii ,en effet1 les dissemblances physiques1 intellectuelles et morales des deux units du couple humain clatent tous les ges de leur existence2 et les diffrences d'aptitude et de vocation1 qui en dcoulent1 procdent si bien de l'instinct1--plutt que de l'ducation1--qu'elles se marquent1 ds la plus tendre enfance1 dans les gots1 dans les attitudes1 dans les jeux1 le petit homme recherchant le grand air1 le bruit1 le mouvement pouss jusqu' l'exaltation de la vie physique1 tandis que sa petite soeur s'applique doucement1 dans un coin1 avec de menus gestes et de patientes prcautions1 parer1 instruire ou gronder sa poupe4 ,c'est ainsi que nos garons se prparent1 sans le savoir1 aux luttes et aux labeurs qui attendent le futur chef de famille1 et que nos filles s'exercent inconsciemment l'activit soigneuse et douce des tches maternelles4 ,vienne l'ge1 et ces dissemblances physiques vont s'accuser avec un relief de plus en plus saisissant4 ,d'un ct1 la rondeur dlicate des formes1 la souplesse du corps et la grce de l'allure1 la finesse de la peau1 la caresse du regard1 la douceur de la voix1 l'adresse des mains1--tout prdispose la femme la vie calme du foyer1 aux soins de l'enfance1 aux dlicates besognes de la maternit4 ,sa faiblesse est faite pour attirer1 bercer1 consoler toutes les faiblesses4 ,d'autre part1 une taille leve1 une structure puissante1 une dmarche plus ferme1 une force musculaire plus rsistante1 plus de gravit dans la parole1 plus de sret dans le regard1--et aussi1 trs gnralement1 plus de barbe au menton1--prdestinent l'homme aux rudes travaux1 aux longs efforts et aux grandes entreprises4 ,au lieu que tout ce qui constitue la femme1 en bien ou en mal1 procde de l'extrme sensibilit de son systme nerveux et1 consquemment1 de la vivacit des impressions qu'elle reoit1 on remarque chez l'homme plus de vigueur et plus de calme1 plus d'assurance et plus de solidit4 ,les intentions de la nature sont videntes3 elle n'a point fait l'homme et la femme pour les mmes rles4 ,il suffirait presque de comparer le squelette de l'un avec le squelette de l'autre1 pour rfuter le paradoxe de l'galit absolue des aptitudes et des fonctions entre les sexes4 ,tandis que l'homme est taill pour la lutte1 pour les dmarches extrieures1 pour l'action robuste et violente1 la femme est faite pour les douces et patientes occupations du foyer4 ,a lui1 les oeuvres de force2 elle1 les oeuvres de tendresse et de bont4 ,et ce que la nature a voulu1 l'homme et la femme ne peuvent le contredire sans dommage et sans souffrance2 car1 de mme que l'homme dchoit par l'imitation de la femme1 il n'est pas possible que la femme ne se nuise gravement1 en s'ingniant rivaliser avec l'homme dans tous les domaines de l'esprit et de la vie4 ,nul moyen1 d'ailleurs1 que cette diffrenciation des sexes1 aperue et constate par les meilleurs esprits de l'antiquit1 tels que ,platon1 ,xnophon1 ,aristote1 ,cicron1 ,columelle1 soit le simple rsultat d'une habitude1 d'un artifice d'ducation1 puisque1 du petit au grand1 nous la retrouvons chez les animaux1 courbs plus matriellement que nous sous le joug des lois naturelles4 ,et plus on s'lve dans l'chelle des tres1 plus le contraste s'accentue entre le mle et la femelle1 plus le sexe de chacun s'accuse par des dissemblances de forme et de fonction4 ,l1 au contraire1 o la femme est assujettie1 contre nature1 au labeur crasant des hommes1 cette confusion des tches engendre la misre et la barbarie4 ,point de progrs dans l'espce humaine sans la division du travail4 ,,iii ,joignez que les dissemblances physiques sont le signe extrieur des dissemblances psychiques1 qui distinguent et individualisent les deux moitis de l'humanit4 ,la femme aperoit mieux les dtails que les ensembles2 elle se laisse diriger par des affections particulires1 par les mouvements secrets du coeur1 plutt qu'elle ne se dirige elle-mme d'aprs un raisonnement suivi et des maximes gnrales4 ,son jugement dcle plus de subtilit que de profondeur1 plus de finesse1 plus de vivacit1 plus de prcipitation mme que de froide et lente raison4 ,par contre1 ce qui domine surtout au coeur de l'homme1 c'est l'amour-propre1 l'ardeur1 l'audace1 un dsir de protection1 un besoin de commandement1 un apptit de supriorit qui le porte au courage1 l'ambition1 l'action ouverte et soutenue1 l'orgueil1 la domination4 ,ces disparits de caractre et de temprament sont si constantes et si manifestes1 que la grande voix de l'humanit les proclame depuis le commencement des temps4 ,c'est ainsi que l'art s'est toujours plu personnifier le travail par un homme1 et reprsenter la douce paix sous les traits d'une vierge4 ,un mle visage est devenu dans la statuaire le symbole du mouvement1 de l'effort1 de la lutte4 ,c'est ainsi encore que1 dans toutes les langues1 les grands fleuves1 le ,nil1 le ,rhin1 le ,danube1 le ,rhne1 sont du genre masculin1 tandis que1 par une allgorie pleine de sens1 le langage dsigne les villes1 les cits1 runions des familles et des foyers1 par des vocables fminins4 ,et le mariage de la force virile avec la grce fminine engendre l'harmonie conjugale1 pour le progrs de l'espce et le charme des socits humaines4 ,par l'ascendant qu'elle sait prendre sur le coeur de l'poux1 l'pouse calme en lui l'ardeur de l'action1 la fivre et l'inquitude du succs4 ,elle lui assure la paix au logis et lui procure la douceur du foyer1 sans quoi il n'est pour l'homme ni repos1 ni bonheur1 ni moralit4 ,en revanche1 par le prestige qu'il exerce sur l'esprit de l'pouse1 l'poux saura la prmunir contre la lgret et la mollesse1 qui sont les fruits ordinaires de la tendresse et de la nervosit4 ,sans appui masculin1 la femme s'abandonnerait souvent l'exaltation1 la frivolit2 car il est d'vidence que la vivacit de ses impressions la porte au changement et l'exagration4 ,voyez la mode3 excentrique et instable du ct des femmes1 elle est plus simple et plus fixe chez les hommes4 ,inversement1 c'est le propre de l'action des femmes de polir notre grossiret1 de modrer nos emportements1 de colorer d'un vernis de douceur notre enveloppe dure et sche4 ,comme deux compagnons de route qui s'appuient l'un sur l'autre1 les deux sexes changent1 par un contact journalier1 la dlicatesse de l'un contre la fermet de l'autre1 grce quoi ils se temprent1 s'quilibrent et s'amliorent rciproquement4 ,de mme que la tte ne peut vivre sans le coeur1 ni le coeur sans la tte1 et qu'intervertir leurs fonctions ou interrompre leurs relations serait une oeuvre de mort et la pense d'un fou1 ainsi1 dans l'organisation du genre humain1 l'homme et la femme ne peuvent vivre l'un sans l'autre1--sans qu'ils aient besoin d'empiter l'un sur l'autre4 ,ce sont deux tres complmentaires qui doivent s'associer pour leur mutuelle perfection4 ,et comme la grce de la femme modre et adoucit l'exagration de force si naturelle au caractre masculin1 de mme l'nergie virile soutient et relve l'excs de modestie et de timidit ordinairement propre au caractre fminin4 ,et les enfants1 bien entendu1 sont les premiers recueillir les fruits de cette fusion harmonieuse4 ,pour les petits1 papa aurait la main trop rude2 pour les grands1 maman aurait la main trop faible4 ,l'enfant a-t-il de bons instincts3 la direction paternelle risquerait d'tre trop raide4 ,l'enfant a-t-il de mauvais penchants3 la loi de la mre serait trop douce4 ,mariez ces deux natures1 ces deux tempraments1 et aussitt le gouvernement domestique se pondre et se complte4 ,mais1 pour que les enfants tirent de cette prcieuse combinaison tous les bienfaits qu'elle recle1 encore faut-il qu'elle soit durable et inviole4 ,au risque de nous rpter1 nous maintenons que l'union conjugale n'est point l'union physique d'un moment4 ,a la diffrence des animaux1 que rapproche accidentellement le hasard d'un caprice ou l'entranement de l'instinct1 les humains1 qui se marient1 ont des vues plus complexes et de plus longs desseins4 ,ils s'associent pour la vie4 ,ils fondent une famille4 ,la protection et l'ducation des enfants ne peuvent se comprendre sans l'unit et la stabilit du foyer4 ,la constance et l'indissolubilit du mariage1 voil donc l'idal pour les parents et leur descendance4 ,les fautes ou les infortunes individuelles ne prouvent rien contre l'excellence de cette loi gnrale4 ,bien plus1 en devenant pre1 en devenant mre1 l'homme et la femme revtent un caractre indlbile4 ,confirm et soutenu par l'enfant1 le lien matrimonial ne peut tre dnou ou rompu que par fiction4 ,la famille ne se compose point d'tres indpendants les uns des autres4 ,confondus dans le mystre de la gnration1 pre1 mre1 enfant1 sont les fractions insparables de cette premire unit sociale4 ,,iv ,et retenons bien que1 devant la conscience et devant la nature1 la paternit ne saurait l'emporter sur la maternit1 ni en valeur ni en vertu4 ,il est donc impossible d'admettre que le pre doive toujours commander et la mre toujours obir4 ,du moment que la paternit ne se comprend point sans la collaboration de la femme1 la loi religieuse et la loi naturelle sont fondes nous faire un devoir d'admettre la mre un certain partage de l'autorit du pre1 la fermet de celui-ci s'unissant la tendresse de celle-l pour l'heureuse formation des enfants4 ,mais qui dit partage des pouvoirs1 ne dit pas opposition et contradiction des volonts4 ,au sein de la famille idale1 trois lments concourent l'ducation de l'enfance3 l'autorit qui dirige1 l'amour qui persuade et la pit filiale qui obit4 ,plus l'union morale du pre et de la mre est troite1 plus leur entente est parfaite1 et plus ils ont chance de faonner la jeune me1 qu'ils ont mission d'lever1 leur image et leur ressemblance4 ,a un autre point de vue1 la science semble admettre1 conformment aux enseignements de la religion1 que la masculinit n'est point1 par elle-mme et par elle seule1 une supriorit dcisive4 ,nous n'ignorons pas que1 parmi les partisans de la slection sexuelle1 les uns voient dans l'homme une femme qui a poursuivi et consomm son volution1 tandis que les autres regardent la femme comme un homme inachev1 dont les fonctions de maternit ont arrt le dveloppement normal4 ,d'aucuns tiennent mme les femelles pour des exemplaires dgnrs d'une masculinit primordiale4 ,mais1 ,dieu merci pour la femme6 de nouvelles recherches ont mis en lumire l'quipollence physiologique des apports masculin et fminin dans la transmission du sang et la propagation de l'espce4 ,il y a1 semble-t-il1 dans les premiers capitaux de vie hrits du pre et de la mre1 une parfaite identit de puissance et une gale part de coopration4 ,d'o il suit que1 pour l'oeuvre de reproduction1 pour le soutien de la race1 le fminin balance le masculin1 et que1 dans le mystre de la gnration1 le pre et la mre se compltent et s'quivalent4 ,ainsi donc1 envisage au point de vue suprieur des destines de la famille humaine1 et regarde comme la collaboratrice ncessaire de l'homme dans la transmission des qualits physiques et morales de l'espce1 la femme ne doit tre place ni au-dessous ni au-dessus de son compagnon4 ,il ne saurait plus tre question1 malgr les dclamations de quelques misogynes1 de la rabaisser la condition misrable qu'elle occupa aux premiers ges de l'humanit1 de la traiter comme une sorte d'animal domestique soumis la pleine proprit de l'homme4 ,il ne convient pas davantage de l'riger en personnalit indpendante1 ayant son but en elle-mme et travaillant1 sur les conseils d'un individualisme exalt1 se hausser au-dessus de l'homme4 ,d'o qu'il vienne1 l'gosme est hassable et destructeur des intrts suprieurs de la race4 ,point d'oppression du ct de l'homme1 point d'indpendance du ct de la femme4 ,les fonctions normales de l'un et de l'autre sont galement ncessaires la famille et l'espce4 ,ils ne sont point ns pour vivre spars comme deux voisins jaloux1 comme deux puissances rivales4 ,si les sexes ont t crs dissemblables1 c'est apparemment pour se rapprocher1 se parfaire et se perptuer4 ,que chacun s'enferme dans son moi solitaire1 sous prtexte de libert1 et les fins suprmes de la nature seront sacrifies aux vues troites et striles de l'individu4 ,l'union dans la solidarit de l'amour pour le renouvellement de la vie1 tel est le voeu suprme de la nature4 ,n'oublions pas l'enfant6 ,,chapitre ,,ii ducation maternelle ,,sommaire ,i4--,,vertu ,,ducatrice ,,de ,,la ,m,,re4--,,ses ,,qualit,s ,,admirables4--,,ses ,,tendresses ,,excessives--,,faiblesse ,,de ,,la ,m,,re ,,pour ,,son ,,fils1 ,,faiblesse ,,du ,p,,re ,,pour ,,sa ,,fille4 ,,ii4--,,les ,,parents ,,aiment ,,mal ,,leurs ,,enfants4--,l',,ducation ,,doit ,,se ,,conformer ,,aux ,,conditions ,,nouvelles ,,de ,,la ,,vie4 ,,iii4--,,ducation ,,des ,,filles ,,par ,,les ,m,,res4--,,sup,,riorit ,,de ,l',,ducation ,,maternelle ,,sur ,l',,ducation ,,paternelle4 ,,iv4--,,ce ,,qu',,une ,m,,re ,,transmet ,,ses ,,fils4--,l',,enfant ,,est ,,le ,,chef-,d',,oeuvre ,,de ,,la ,,femme4 ,me sera-t-il permis de vanter les qualits mnagres et les vertus maternelles de la femme8 ,certaines intellectuelles s'imaginent que l'homme ne clbre leurs aptitudes domestiques que pour mieux rabaisser leurs capacits crbrales4 ,il faut pourtant bien observer1--sans qu'il entre dans ma pense de diminuer leurs autres talents1--que la maternit est la vocation suprme de leur sexe1 et que l'enfance est un petit monde qu'elles gouvernent avec une comptence particulire4 ,i ,tous ceux qui se sont occups un peu d'ducation1 savent qu'il n'est pas inutile d'inculquer l'enfance le prjug du devoir1 avant de lui en montrer la raison4 ,il faut d'abord la rendre familire avec certains mots1 qui oprent ensuite1 d'eux-mmes1 sur son esprit4 ,l'glise en agit de la sorte pour le catchisme3 elle l'emmagasine dans le cerveau des enfants avant qu'ils le comprennent4 ,et c'est la mre surtout que revient ce rle de suggestion morale1 qui est le principe mme de l'ducation4 ,c'est elle qu'il incombe de former l'me de ses enfants aprs avoir form leur petit corps4 ,des aptitudes que ses garons et ses filles ont reues en naissant1 il lui appartient de faire des qualits4 ,la nature lui donne des fleurs simples1 pour qu'elle en fasse des fleurs doubles4 ,a cette horticulture des mes candides et ingnues1 l'homme n'entend rien4 ,aucune pdagogie1 d'ailleurs1 ne vaudra l'ducation maternelle4 ,il est des familles1 sans doute1 et dans la classe pauvre et dans la classe riche1 o la maternit est insuffisamment ou indignement reprsente4 ,mais celui qui1 s'armant de ces exceptions dsolantes contre la gnralit des femmes1 oserait dire1 sans distinction1 du mal des mres franaises1 mriterait qu'on lui coupt la langue4 ,hormis une certaine faiblesse1 sur laquelle nous insisterons tout l'heure1 je n'en sais point de plus tendres1 de plus dvoues1 de plus enveloppantes4 ,ces bonnes et saintes mres1 qui abritent craintivement leur couve contre leur coeur1 n'ont point redouter la comparaison avec les femmes lectriques de la ,grande-,bretagne et du ,nouveau-,monde4 ,le nid franais vaut bien l'auberge amricaine4 ,voil prcisment le grand malheur6 m'objecteront les partisans de l'athltisme et de la colonisation4 ,nos mres nous font de leurs bras une douce chane qui nous retient au foyer4 ,il faudrait aux garons une ducation moins amollissante4 ,au lieu de prparer la ,france de vigoureux gaillards pour les luttes de l'avenir1 la bonne maman nerve et affadit ses petits de prvenances1 de gteries et de caresses4 ,et comme ils ne sont point des ingrats1 la dfrence affectueuse1 dont ils l'entourent1 ressemble une religion4 ,ils tiennent vivre prs d'elle comme les dvots prs de leur idole4 ,les rapports1 qui les lient l'un l'autre1 sont ceux du lierre avec le vieil arbre ou le vieux mur3 ils voudraient tomber et mourir ensemble4 ,faute d'avoir t suffisamment arms pour la conqute ou pour la rsistance1 rares sont les jeunes gens qui ont le courage de briser les entraves de l'amour maternel4 ,a ce propos1 ,m4 ,demolins1 dans son livre fameux3 ,a quoi tient la supriorit des ,anglo-,saxons1 s'est montr trs svre1 trs dur mme1 pour les femmes franaises4 ,il les regarde comme un des principaux obstacles au relvement de notre pays1 incriminant la fois leur coeur et leur esprit4 ,leur coeur3 parce qu'elles aiment mal leurs enfants1 les aimant moins pour eux que pour elles-mmes2 leur esprit3 parce qu'elles sont moins accessibles1 moins ouvertes que l'homme aux choses nouvelles1 et qu'il est plus facile de convaincre dix pres que de convaincre une mre4 ,il y a du vrai dans ces dolances4 ,oui1 les ,franaises ont leurs enfants en adoration4 ,le fils surtout est l'objet de toutes leurs complaisances4 ,a peine a-t-il l'ge de raison1 qu'elles lui ouvrent leur coeur2 et devenu grand1 elles s'en font un confident1 un ami4 ,aussi1 ds que les ncessits de la vie les y contraignent1 c'est un chagrin pour l'enfant et une dsolation pour la mre de se sparer4 ,mais on remarquera que le pre professe gnralement pour sa fille une affection aussi tendre et aussi exclusive4 ,il la veut prs de lui4 ,il la dfend le plus longtemps possible contre les pouseurs1 tenant le mariage pour un enlvement cruel4 ,et lorsqu'il s'agit enfin de la confier un gendre1 il choisira un bon jeune homme dans son voisinage1 sa porte1 afin de ne point mettre trop de distance entre lui et son cher trsor4 ,,ii ,au fond de cette tendresse excessive de la mre pour le fils et du pre pour la fille1 nous devons avouer qu'il y a un grain de draison et d'gosme4 ,aujourd'hui que les ncessits d'une carrire rmunratrice peuvent forcer les enfants s'loigner au bout de la ,france ou plus loin mme1 aux colonies d'outre-mer1 ces affections timores ont le grand malheur de se mettre en travers de leurs projets et de leurs initiatives4 ,outre qu' donner aux enfants des gots sdentaires et des habitudes craintives1 on risque de les immobiliser en des positions subalternes et chtives1 les pres et les mres devraient se dire que l'amour1 digne de ce nom1 s'lve jusqu' l'oubli de soi-mme2 que ceux-l aiment vraiment leurs enfants1 qui les prparent accepter courageusement la vie1 l o les appellent leur destine1 leur vocation1 l'intrt de leur avenir4 ,puisqu'il faut crer une ,france au dehors1 ayons donc le courage de faonner nos garons ce rle de conqute1 et aussi nos chres demoiselles1 si nous voulons que le colon hardi et vaillant trouve1 au moment de s'embarquer1 une compagne assez rsolue pour le suivre4 ,voil le seul reproche qu'on puisse adresser la famille franaise4 ,qu'elle soit plus nergique et plus dsintresse1 qu'elle aime ses enfants pour eux-mmes1 et elle redeviendra cette parfaite ducatrice des anciens temps1 qui a donn la ,france d'autrefois tant de pionniers admirables4 ,lorsque les conditions de la vie viennent changer1 lorsque les temps sont1--comme le ntre1--difficiles et hasardeux1 c'est une obligation pour les parents de modifier1 en consquence1 la direction et l'esprit de l'ducation qu'ils doivent leurs enfants4 ,or1 s'il est toujours ncessaire d'inculquer nos fils les qualits essentielles et les vertus ncessaires1 s'il est toujours bon de les former aux sentiments dlicats1 aux bonnes manires1 la vieille politesse franaise1 il faut prendre garde1 en revanche1 d'amollir leur caractre1 d'anmier leur volont1 se rappelant que la douceur et l'urbanit comptent moins aujourd'hui pour faire sa vie1 que la force morale1 l'esprit d'entreprise et le got de l'action robuste et persvrante4 ,a les envelopper de trop de soins1 nous risquons de tuer en eux l'nergie virile1 d'en faire des tres demi-passifs1 soumis1 dociles1 mais faibles et timors4 ,mieux vaut prparer nos enfants pour l'avenir1 que de prparer l'avenir de nos enfants2 mieux vaut leur donner la force de conqurir le bonheur par eux-mmes1 que de mettre un facile bonheur porte de leurs mains dbiles2 mieux vaut les armer d'une volont fire1 que de satisfaire leurs volonts capricieuses4 ,ne parlons pas surtout d'ingratitude et de rvolte1 lorsque nos fils1 montrant peu de got pour l'existence toute faite et toute unie que nous leur offrons nos cts1 osent rver d'une vie plus large1 plus libre1 plus pleine1 dussent-ils1 pour la raliser1 quitter la maison et courir le monde6 ,certes1 il serait plus doux notre coeur1 et plus conforme notre instinct d'autorit1 de les enlacer de notre tendresse tutlaire jusqu'aux annes extrmes de notre vieillesse4 ,mais il est plus noble de se dire que nos enfants ne sont pas une proprit comme une autre1 notre bien1 notre chose1 une continuation1 une survivance1 un reflet de nous-mmes1 et qu'ils devront tt ou tard1 nous disparus1 mener une vie indpendante2 que nous aurions tort1 consquemment1 de les traiter toujours1 mme en leur maturit1 comme de petits enfants1 parce qu'ils sont nos chers enfants2 qu'au lieu de les assouplir1 de les absorber1 de les plier nos manires1 nos habitudes1 nos aises1 il est plus sage de leur inculquer le got du travail personnel1 l'estime de l'activit libre1 le plaisir1 l'orgueil1 la passion de l'effort individuel2 qu'au lieu de nous charger1--au prix de quels sacrifices6--de faire leur situation1 l'intrt de leur avenir exige qu'ils la fassent eux-mmes4 ,rservons donc notre autorit pour les cas exceptionnellement graves4 ,par nos conseils plus que par nos ordres1 entranons-les l'action virile4 ,il n'est que l'apprentissage prcoce des risques et des responsabilits de la vie pour faire des hros4 ,et ceux qui nous objectent qu'il ne dpend ni des mres ni des pres de transformer les poussins en aiglons1 nous rpondrons1 avec une femme d'esprit1 ,mme de ,broutelles1 que si par bonheur il se trouve quelque aiglon dans notre niche1 c'est dj beaucoup de ne point lui rogner les ailes4 ,j'ajoute qu'il serait criminel1 dans tous les cas1 de faire de nos garons des poules mouilles4 ,,iii ,est-ce une raison d'enlever les enfants leurs mres8 ,aucunement1 puisqu'en fait de tendresse amollissante1 nous savons que bon nombre de pres sont femmes4 ,pour ce qui est de la jeune fille1 d'ailleurs1 j'ai dj revendiqu pour la mre le droit de la former et mme de l'instruire1 toutes les fois qu'elle le peut4 ,l'entre dans l'ge adulte est gnralement plus difficile pour les filles que pour les garons4 ,on sait combien sont brusques et variables les phases critiques de leur transformation physique et morale4 ,personne ne saurait mieux que la mre surveiller et diriger la formation d'un organisme aussi fragile1 l'closion d'une me aussi tendre4 ,on sait pourtant qu'il est question d'introduire de singulires nouveauts dans l'ducation des filles4 ,des dames ont propos d'inscrire la dogmatique de l'amour dans les programmes de l'instruction congrganiste4 ,et ,mgr l'archevque d',avignon1 considrant la grandeur et la saintet de l'amour humain1 de l'amour conjugal1 ne voit aucun inconvnient ce qu'on mette la jeune fille en face de la vrit1 pour lui en inspirer le respect et lui montrer les grands devoirs qu'elle lui impose4 ,je sais pertinemment que ces hardiesses inquitent bien des femmes1 qui se disent1 bon droit1 que le soin de certaines rvlations n'appartient qu' la mre4 ,la plus impeccable matresse apportera-t-elle tout le tact dsirable expliquer aux petites pensionnaires1 que l'exercice normal des sens n'est pas un pch1 mais une fonction8 ,il peut tre sage de ne point ajourner au mariage certaines lumires1 certaines connaissances2 il ne sufft pas toujours que l'esprit vienne aux filles par les yeux et par les oreilles que les plus innocentes ouvrent curieusement sur tout ce qui les environne4 ,mieux vaut parfois mettre leur esprit en face des ralits4 ,mais qui sera juge du moment1 si ce n'est la mre8 ,prenons garde de dfrachir avant le temps la candeur de la jeunesse4 ,les filles prcoces me font peur4 ,s'il est bon de combattre la pruderie1 qui n'est que l'hypocrisie du dsir inavou1 ne dflorons pas la pudeur1 cette fleur rougissante de dcence et de retenue1 qui pare si joliment le front des vierges de quinze ans4 ,en revanche1 certains parlent srieusement d'enlever les garons leurs mres8 ,les pdagogues de la socit future prtendent mme que nos fils s'lveront tout seuls1 et qu' pousser en libert1 comme les arbustes en plein vent1 ils retrouveront d'eux-mmes toutes les nergies morales et physiques de la primitive humanit4 ,un systme aussi commode rencontre toutefois bien des sceptiques4 ,ces petits sauvages1 revenus l'tat de nature1 sont faits pour n'inspirer qu'une demi-confiance4 ,le temps n'est pas venu de renoncer l'ducation4 ,alors1 confierons-nous les garons aux pres8 ,ptris par de fortes mains1 ils deviendront des hommes1-- moins qu'ils ne deviennent tout simplement des brutes4 ,je me mfie de l'ducation paternelle1 pour plusieurs raisons4 ,d'abord1 tous ceux qu'absorbe le souci des affaires1 n'ont point le temps d'duquer1 de dresser1 de discipliner ,messieurs leurs fils4 ,quand un de ces braves gens entre la maison1 c'est pour s'y reposer4 ,le loisir lui manque1 et la vocation aussi4 ,il n'est pas assez religieux1 et la croyance est le soutien de toute ducation4 ,il n'est pas assez patient1 et l'galit d'humeur est une condition essentielle de dignit et de respect4 ,il n'est pas assez tendre1 et la tendresse seule ouvre et conquiert les mes4 ,souvent mme1 il n'est pas assez ferme2 le moindre malaise de l'enfant l'affole et l'induit en toutes sortes de faiblesses et de capitulations4 ,et enfin1 il affiche en matire d'ducation1 des ides fausses4 ,a qui n'est-il pas arriv d'entendre un pre affirmer d'un ton catgorique3 ,il n'y a qu'un moyen d'lever les enfants4 ,quand j'aurai un fils1 je ferai ceci1 je ferai cela4 ,j'ai mon plan4 ,autant de mots1 autant d'erreurs4 ,l'ducation ne se rsout pas comme un problme d'algbre4 ,elle n'a rien de systmatique4 ,elle doit varier ses procds1 ses mthodes1 suivant le temprament1 le caractre1 la sant1 l'intelligence des enfants4 ,et la mre excelle cette oeuvre d'adaptation dlicate1 parce que1 mieux que le pre1 elle connat ses fils et ses filles4 ,on n'lve pas un enfant malgr lui ou sans lui4 ,pour nous rendre matres de sa volont1 il faut qu'il se livre1 qu'il se confie1 qu'il s'abandonne4 ,et seule la mre peut lui dire3 ,mon enfant1 donne-moi ton coeur4 ,elle seule sait frapper la porte au bon moment1 et attendre avec douceur qu'on la lui ouvre4 ,tous ceux qui aiment l'enfance et ambitionnent1 non pas de la dresser sur un modle artificiel et d'aprs une rgle uniforme1 mais d'assouplir1 d'largir1 d'ennoblir ses qualits diverses1 tous ceux-l reconnaissent qu'il n'y a1 pour la prparer utilement la vie1 qu'un moyen vraiment efficace1 qui consiste se pencher sur chaque me en particulier1 l'interroger sans rudesse1 la scruter sans violence1 pour y verser peu peu avec mesure et discrtion la lumire1 la confiance et l'amour4 ,or1 je ne sais que la mre qui soit capable et digne d'exercer auprs de l'enfance une si dlicate fonction4 ,l'homme aurait ici la main trop dure1 l'esprit trop raide et le coeur trop sec4 ,c'est un pitoyable ducateur4 ,laissons1 comme dit la chanson1 ,les oiseaux leur nid1 les enfants leur mre4 ,,iv ,sait-on bien1 au reste1 tout ce qu'une mre1 digne de ce nom1 donne et transmet ses fils8 ,nous touchons l aux vertus les plus admirables de la maternit4 ,j'ai dit que nul ne saurait la remplacer auprs des enfants4 ,il y a plus3 l'esprit humain ne concevrait pas de quels miracles sont capables l'amour dsintress1 la joie du sacrifice2 la tendresse prise de dvouement1 si le coeur des mres n'existait pas4 ,et cette vie du coeur a sa raison d'tre dans les fonctions essentielles de la femme1 qui la retiennent auprs des berceaux1 auprs des petits1 dans le cercle intime des relations familiales1 loin des occupations et des dissipations extrieures4 ,et cela mme explique pourquoi la femme est naturellement plus mre qu'pouse1 tandis qu'il est habituel l'homme d'tre plus poux que pre1 surtout lorsque la femme est jeune et l'enfant nouveau-n4 ,la femme a si bien l'instinct ducateur1 qu'elle est maternelle avant d'tre mre4 ,qui ne sait la sollicitude passionne1 avec laquelle la petite fille s'occupe de ses frres et soeurs plus jeunes1 les porte1 les surveille1 les pouponne ou les rgente8 ,la femme est l'intermdiaire oblig entre l'homme et l'enfant4 ,pour lever celui-ci1 l'homme est trop haut1 trop raide1 trop rude4 ,il n'est que la femme pour se plier la taille des petits1 pour manier avec souplesse leur conscience naissante1 pour s'insinuer doucement dans leur me si fragile et si dlicate4 ,elle seule comprend l'enfant et s'en fait comprendre demi-mot4 ,s'intressant toujours aux personnes plus qu'aux ides1 prenant peu de part aux vnements gnraux1 comme l'avoue ,mme ,guizot1 leur place est marque l o l'humanit a besoin de toutes les forces vives de la piti1 de la bont1 du dvouement1 de la charit4 ,bref1 le penchant des femmes sympathiser et s'attendrir les rend incomparables pour la formation morale de l'enfance4 ,et c'est par l qu'elles mritent la reconnaissance et l'admiration des hommes4 ,au-dessus de la femme d'esprit1 de la femme de talent1 de la femme de lettres1 mme de la femme de grande beaut1 le monde devrait placer la femme de caractre1 la femme de coeur1 la simple et tendre mre4 ,une belle femme est un bijou1 une bonne femme est un trsor1 a dit ,napolon4 ,si l'on songe aux dcouragements et aux rvoltes que les oeuvres d'une ,george ,sand ont sems dans les esprits1 on ne saurait hsiter lui prfrer l'humble et obscure mre de famille1 qui prpare l'humanit de fortes mes1 de beaux et robustes rejetons4 ,une mre s'honore moins penser1 crire1 travailler pour son compte1 qu' transmettre ses fils la vie du corps et de l'intelligence1 l'tincelle sacre qui doit les animer et les clairer d'abord1 afin qu'ils puissent leur tour animer et clairer les autres4 ,et ,dieu merci6 la plupart excellent former des hommes4 ,lamartine1 ,guizot1 ,bonaparte lui-mme1 ont reconnu qu'ils devaient1 en grande partie1 leur avenir et leur grandeur aux vertus de leurs mres4 ,combien mme d'crivains et d'artistes leur ont t redevables de la flamme auguste qui resplendit dans leurs oeuvres8 ,on a dit qu'il y a un nom de femme au fond de toute gloire4 ,si ce n'est pas toujours celui de la femme lgitime1 c'est souvent celui de la mre4 ,ou plutt1 le nom de la mre ne figure pas dans les oeuvres des fils1 car son influence est obscure1 silencieuse1 cache2 elle l'a exerce humblement pendant leur enfance1 dont elle a t le refuge1 le soutien et la consolation2 elle l'a exerce secrtement mme avant leur naissance1 puisqu'elle fut l'habitacle1 le sanctuaire de leur corps et de leur intelligence4 ,l'amante n'est que le prtexte et l'occasion du chef-d'oeuvre des potes et des artistes4 ,la mre en est la source premire2 elle participe leurs travaux et leurs crations2 elle collabore aux plus beaux produits de leur pense1 puisque ses enfants sont la chair de sa chair et l'me de son me4 ,elle leur a donn son sang1 prodigu sa vie1 insuffl l'ardeur mystrieuse qui fait battre leur coeur et leur cerveau4 ,heureux1 trois fois heureux1 celui qui eut pour mre une femme de grand coeur et de haute lvation morale1 car elle fut l'ange gardien de sa vie6 ,si ncessaire que soit aux enfants l'influence du pre1 surtout aux annes de la fougueuse jeunesse1 pour en assouplir et discipliner les lans1 l'empreinte de la mre1 encore qu'elle se grave plus doucement sur l'me de ses fils1 est plus profonde peut-tre et plus ineffaable4 ,au lieu que l'homme ne coopre la transmission de la vie qu'en passant1 par fivre et par plaisir1 la mre donne l'enfant1 la suite de cette brve minute cratrice1 de longs mois de gestation douloureuse et de dvouement inlassable4 ,elle le forme et le nourrit de sa substance1 avant de le nourrir et de le fortifier de son lait4 ,c'est pourquoi nous tenons pour une des plus belles inspirations du catholicisme d'avoir su honorer1 ct de ,dieu le ,fils1 la ,vierge ,mre qui1 en le portant dans son sein1 fut associe vritablement aux souffrances et aux mrites de la rdemption4 ,et c'est pourquoi encore la dvotion ,marie est1 par une suite ncessaire1 le plus bel hommage qu'on puisse rendre la maternit4 ,ainsi donc1 le flambeau de l'intelligence humaine se transmet1 de gnration en gnration1 par la main pure des mres autant que par la forte main des pres4 ,et si elles songeaient que tout ce qui resplendit sur le monde1 belles penses1 vers sublimes1 nobles et grandes actions1 est un fruit de leurs entrailles2 si elles se disaient que toutes les femmes qui ont crit ou rim1 ont donn peu de chose l'humanit en comparaison des mres obscures de nos grands potes1 de nos grands artistes1 de nos grands savants1 en comparaison de celles d'un ,lamartine1 d'un ,guizot ou d'un ,pasteur2 si elles se disaient que la mre des plus puissants cerveaux qui aient honor l'espce humaine1 fut1 soit une femme rare1 une femme suprieure1 soit une femme modeste et sainte1 et dans tous les cas une femme qui1 littrairement parlant1 ne produisit rien2--alors1 elles sacrifieraient moins aux joies gostes du travail indpendant1 et elles se rsigneraient tout simplement soigner et parfaire ce chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre qui s'appelle l'enfant4 ,une romancire italienne d'un sens exquis1 ,mme ,neera1 crivait rcemment que la femme a t voue par la nature cette tche sublime de sacrifier son intelligence l'homme qui doit natre d'elle4 ,,chapitre ,,iii ,paternit lgitime et maternit naturelle ,,sommaire ,i4--,,le ,,patriarcat ,d',,autrefois ,,et ,,la ,,puissance ,,paternelle ,d',,aujourd',,hui4--,l',,int,r,t ,,de ,l',,enfant ,,prime ,l',,int,r,t ,,du ,p,,re ,,dans ,,les ,,lois ,,et ,,dans ,,les ,,moeurs4--,d,,cadence ,f,,cheuse ,,de ,l',,autorit ,,familiale4--,,deux ,,faits ,,attristants4--,,imprudences ,f,,ministes4 ,,ii4--,r,,gime ,,du ,,code ,,civil4--,,pr,,pond,,rance ,n,,cessaire ,,du ,p,,re4--,,le ,,fait ,,et ,,le ,,droit4--,,indivision ,,de ,,puissance ,,dans ,,les ,,bons ,m,,nages4--,,la ,m,,re ,,est ,,le ,,suppl,,ant ,l,,gal ,,du ,p,,re4--,,in,,galit,s ,,maintenir ,,ou ,,niveler4 ,,iii4--,,encore ,,le ,,matriarcat4--,,son ,,pass1 ,,son ,,avenir4--,,priorit ,,conjecturale ,,du ,,droit ,,des ,m,,res4--,,le ,,matriarcat ,,est ,,ins,,parable ,,de ,,la ,,barbarie4--,,il ,,serait ,,nuisible ,,au ,p,,re1 ,,la ,m,,re ,,et ,l',,enfant4 ,,iv4--,,honte ,,et ,,mis,,re ,,de ,,la ,,maternit ,,naturelle4--,,mortalit ,,infantile4--,,de ,,la ,,recherche ,,de ,,la ,,paternit ,,naturelle3 ,,raisons ,,de ,l',,admettre2 ,,difficult,s ,,de ,l',,tablir4--,r,,formes ,,propos,,es4--,,la ,,caisse ,,de ,,la ,,maternit4 ,pour remplir son auguste ministre1 la mre est-elle arme de pouvoirs suffisants sur la personne de ses enfants8 ,cette question soulve contre le ,code civil les protestations les plus acrimonieuses du fminisme militant4 ,voyons donc brivement comment la loi a compris et a organis la puissance paternelle1 ce que les moeurs l'ont faite1 d'o elle vient et o elle tend1 et surtout les amliorations et les rformes qu'elle comporte dans l'intrt de la mre et de l'enfant4 ,i ,parler aujourd'hui de puissance paternelle1 c'est employer un grand mot qui n'a pas grand sens4 ,cette puissance1 d'abord1 a cess d'appartenir exclusivement au pre1 puisque la mre la possde galement et l'exerce son dfaut4 ,ensuite1 cette puissance n'en est vritablement pas une2 car elle est loin de constituer maintenant ce qu'on est convenu d'appeler le patriarcat1 sorte de royaut domestique1 sans partage et sans contre-poids1 qui jadis faisait du pre le magistrat suprme de la famille4 ,dans l'esprit de nos lois1 les droits des parents sont la contre-partie ncessaire des lourds devoirs qui leur incombent4 ,ils n'ont de puissance que pour faire face aux obligations dont ils ont la charge et qui tiennent toutes en ce mot3 l'ducation de l'enfant4 ,la puissance paternelle est donc moins un pouvoir avantageux institu dans l'intrt du pre1 qu'une tutelle onreuse imagine dans l'intrt de l'enfant4 ,nos anciennes provinces du midi1 qui avaient conserv le droit romain1 et qu'on appelait1 pour ce motif1 pays de droit crit1 taient restes fidles la vieille et rigide patria potestas4 ,il en rsultait que1 dans cette partie de la ,france1 la puissance paternelle n'appartenait jamais la mre4 ,les provinces du nord1 au contraire1 pays de coutume1 comme on disait1 partant de l'ide d'une protection due l'enfant1 y conviaient galement les deux poux4 ,pour elles1 la puissance paternelle tait de fait plutt que de droit2 elle dpendait des moeurs plus qu'elle ne relevait des lois4 ,notre ,code civil s'est rfr1 sans aucun doute1 aux principes du droit coutumier1 puisqu'il fait passer l'autorit paternelle aux mains de la mre1 lorsque le pre est dans l'impuissance de l'exercer4 ,et c'est pourquoi certains rdacteurs voulaient donner pour titre leur projet3 ,de l'autorit des pre et mre4 ,si le mot puissance paternelle est rest1 c'est qu'il avait reu la conscration de l'usage4 ,mais qu'on ne s'y trompe pas3 ce vocable exprime des ides moins favorables au pre qu' l'enfant4 ,tmoin ce passage de l',expos des motifs1 o apparaissent clairement les tendances des hommes qui prsidrent la rdaction du ,code3 ,l'enfant nat faible1 assig par des besoins et des maladies2 la nature lui donne ses pre et mre pour le dfendre et le protger4 ,quand arrive l'poque de la pubert1 les passions s'veillent1 en mme temps que l'intelligence et l'imagination se dveloppent4 ,c'est alors que l'enfant a besoin d'un conseil1 d'un ami1 qui dfende sa raison naissante contre les sductions de tout genre qui l'environnent4 ,depuis lors1 notre lgislation s'est enrichie de lois nouvelles1 inspires de plus en plus visiblement par l'intrt de l'enfant2 si bien qu'on a pu dire que l'histoire de la puissance paternelle n'est qu'une succession d'efforts tents pour la rduire et la paralyser4 ,aujourd'hui le droit des fils et des filles l'emporte sur le droit des pres et des mres4 ,aprs avoir gouvern longtemps la socit domestique sans limite et sans contrle1 la puissance paternelle n'est plus qu'un pouvoir de protection1 la premire des tutelles1 une autorit institue par la nature et corrige1 attnue1 adoucie graduellement par la loi au profit des enfants4 ,et les moeurs conspirent avec les lois pour affaiblir la puissance paternelle4 ,nombreuses sont les familles dans lesquelles l'autorit des pre et mre est tombe rien4 ,les parents ne savent plus commander2 les enfants se dshabituent d'obir4 ,le respect s'en va1 tu par l'individualisme orgueilleux du sicle4 ,tout ce qui reprsente une supriorit personnelle et sociale1 mme la primaut si naturelle du pre sur son fils1 est vu avec dfiance ou hostilit4 ,on ne veut plus tre domin1 gouvern1 surveill4 ,si nous avons encore des administrateurs et des administrs1 des employeurs et des employs1 il n'y a plus de matrise4 ,nous perdons le sens de l'autorit4 ,l'instinct d'galit et d'indpendance ombrageuse nous tient si fort au coeur1 que nous ne savons plus gure supporter--et encore moins honorer1--le patronat1 la tutelle ou mme la prminence de la paternit4 ,les parents faiblissent ou abdiquent2 les enfants s'mancipent ou se rvoltent4 ,ce n'est que dans les familles trs attaches la religion de leurs pres1 et qui gardent fidlement le dpt des vieilles et fortes traditions1 que le respect se retrouve1 avec ce qu'il met de dlicatesse dans l'hommage et de dignit dans la soumission4 ,l'ide d'autorit1 si ncessaire la socit1 demeure enracine dans la vie chrtienne1 et c'est par l seulement qu'elle se prolonge et se perptue dans la vie nationale3 tant il est vrai que l'esprit chrtien est l'me et la suprme sauvegarde de l'esprit social6 ,n'a-t-on pas dit avec raison que le ,christianisme est la plus grande cole d'autorit qui soit sur la terre8 ,rien de plus regrettable1 notre sentiment1 que l'affaiblissement de l'autorit dans la famille4 ,la faute en est-elle au ,code civil8 ,du tout4 ,ce n'est pas de la loi que les parents tirent la raison premire de leur autorit2 encore que le lgislateur doive en faciliter l'exercice1 il est incapable d'en confrer le principe4 ,celui-ci a sa racine dans la nature mme des choses1 dans le fait de la transmission du sang et de la vie4 ,et c'est au relchement des habitudes familiales1 l'oubli des traditions du foyer1 et surtout l'exaltation de la libert de l'enfant au prjudice des droits du pre1 qu'il faut s'en prendre de l'anarchie qui envahit la famille franaise4 ,nos moeurs domestiques sont indulgentes1 faibles1 molles4 ,on esprait que la tendresse remplacerait avantageusement le respect4 ,erreur3 le fils s'habitue traiter le pre comme un vieux camarade affectueux et complaisant4 ,il faut mme oser dire que1 dans bien des cas1 ce qu'on aime surtout du pre de famille1 c'est sa mort1 afin de recueillir son hritage4 ,chez les ouvriers1 au contraire1 la puissance tourne souvent en brutalit4 ,c'est un autre malheur4 ,nul doute que l'tat n'ait le devoir de surveiller les parents indignes4 ,en somme1 les pres et les mres marquent une tendance fcheuse perdre le sentiment de leur dignit1 tantt en s'emportant jusqu' la violence1 tantt en abdiquant jusqu' la lchet4 ,qui en souffre8 ,l'enfant4 ,pour plus de prcision1 citons deux faits dont le fminisme ne manque pas de tirer parti contre la famille actuelle3 l'un concerne la classe riche2 l'autre1 la classe pauvre4 ,ce sont des exceptions1 si l'on veut1 mais des exceptions trop frquentes4 ,l'enfant de l'mancipatrice1 comme dit ,mme la doctoresse ,edwards-,pilliet1 n'aura rien de commun avec l'enfant qu'on fait aujourd'hui4 ,il sera1 nous assure-t-on1 un petit tre parfait de corps et d'esprit1 beau comme un dieu1 le chef-d'oeuvre de l'amour4 ,sachons reconnatre1 en effet1 que la reproduction de l'espce est abandonne aux influences les plus dfavorables4 ,combien d'unions dcides par les pre et mre1 o l'inclination mutuelle des futurs poux a peu de part8 ,alors1 ds qu'un poupon vient au monde1 la mre s'en dcharge la maison sur une nourrice mercenaire1 quand elle ne l'expdie pas en hte au fond d'une campagne1 l'abandonnant sans surveillance un mnage de paysans durs1 grossiers et malpropres4 ,a deux ou trois ans1 lorsque le bb devient amusant et dcoratif1 on le reprend1 on le dcrasse1 on le pare comme une poupe1 on lui obit comme un souverain1 on l'exhibe comme une idole4 ,puis1 sept ou huit ans1 lorsque le petit despote1 profitant de la mauvaise ducation qu'il reoit1 devient mauvais et insupportable1 on l'interne bien vite chez les bonnes ,soeurs1 si c'est une fille1 ou chez les bons ,pres1 si c'est un garon4 ,et les parents ne s'en occuperont plus que pour lui procurer1 en temps voulu1 un riche parti1 ce qu'on appelle un beau mariage4 ,a cette faon d'lever les enfants1--qui est malheureusement trop frquente dans la classe riche1--,mme la doctoresse ,edwards-,pilliet oppose une mthode plus maternelle1 qu'elle nous a expose avec une hardiesse savoureuse que j'essaierai de ne point trop affaiblir4 ,n'oublions pas que c'est un mdecin qui parle4 ,d'abord1 avant de crer l'enfant1 nous commencerons par y penser et1 cet effet1 nous essaierons de prendre un collaborateur qui soit notre complment1 au point de vue intellectuel et moral4 ,l'enfant1 que nous aurons ainsi obtenu1 sera dj suprieur l'autre1 ayant t fait avec got et avec amour4 ,ensuite1 nous lui donnerons le sein nous-mmes1 et nous aurons du lait1 car toutes les femmes en ont qui veulent en avoir4 ,puis1 quand nous aurons fait cet enfant aussi bien que nous sommes capables de le faire1 nous le garderons sous notre oeil maternel1 nous l'lverons1 nous l'duquerons aussi compltement que possible4 ,et cela fait1 nous aurons form un tre utile1 homme ou femme1 et c'est tout ce que nous pouvons dsirer#afj4 ,note #afj3 ,voir la ,fronde du jeudi #ac septembre #aijj4 ,trs bien4 ,mais est-il si ncessaire d'manciper la femme1 pour mettre en action ce programme de maternit tendre et tutlaire8 ,je sais de trs bonnes chrtiennes qui rpugnent1 autant qu'il se peut concevoir1 aux ides d'indpendance que professe le fminisme avanc1 et dont c'est la joie de suivre la lettre1 vis--vis de leurs enfants1 la loi d'amour et de dvouement4 ,pas besoin de rvolutionner le sexe pour rappeler les mondaines et les gostes1 dj trop compltement mancipes1 la pratique du devoir maternel4 ,mieux vaut s'appliquer rveiller leur conscience distraite ou assoupie2 mieux vaut ranimer en leur coeur la flamme de tendresse qui couve sous les cendres1 afin de leur apprendre mieux goter la grce et l'orgueil d'tre mre4 ,l'enfant est-il mieux trait dans les mnages ouvriers8 ,point4 ,on inculque aujourd'hui aux classes laborieuses une conception si fausse de la famille1 qu'elles en sont venues professer sans rougir1 que1 si l'enfant ne rapporte pas1 il doit au moins ne rien coter4 ,le rapport de la ,commission suprieure du commerce relatif l'application1 pendant l'anne #ahii1 de la loi sur le travail des enfants1 des filles mineures et des femmes dans les tablissements industriels1 nous fait cet aveu3 ,le ,gouvernement ne peut pas obtenir l'application stricte de l'article #b de la loi de #ahib1 qui interdit l'emploi des enfants au-dessous de #ac ans4 ,a cela1 il est une excuse3 la famille ouvrire a souvent besoin1 pour vivre1 du concours pcuniaire de tous les siens1 mme des plus petits4 ,mais voici des chiffres qui clairent tristement la question3 le mme rapport officiel atteste que les #a #deh tablissements de bienfaisance1 qui ont t inspects au cours de l'anne #ahii1 fournissent un total de #ef #cfi enfants qui ne cotent rien1 ou presque rien1 leurs parents4 ,mme en faisant la part des orphelins1 combien nombreux reste le contingent des abandonns6 ,dans les milieux urbains1 trop de mnages pauvres se dchargent sur les oeuvres d'assistance de leurs devoirs de paternit4 ,o l'enfant travaille1 et on le surmne2 ou il ne travaille pas1 et on le dlaisse4 ,comment s'tonner qu'avec de pareilles moeurs1 l'enfant1 devenu grand1 refuse de venir en aide ses vieux parents8 ,il traitera leur vieillesse comme ils ont trait son enfance1 avec la mme duret ou la mme indiffrence4 ,la famille ouvrire offre au fminisme chrtien une admirable occasion de dvouement et d'apostolat4 ,saura-t-il la saisir8 ,en tout cas1 il appartient de rappeler aux parents riches et aux parents pauvres qui paraissent l'oublier1 que la puissance paternelle n'est autre que l'autorit mise par la loi aux mains des pre et mre1 afin de leur permettre d'assurer la formation de leurs enfants4 ,que nos lgislateurs n'oublient pas1 de leur ct1 que c'est encore prendre les intrts de l'enfance et ceux de la socit elle-mme1 que de fortifier l'autorit des parents qui mritent ce nom4 ,l'enfant gt est le premier souffrir de sa mauvaise ducation1 et le fils irrespectueux fait rarement un bon citoyen4 ,plus il y a de libert dans l'tat1 remarque ,montesquieu1 plus il faut d'autorit dans la famille4 ,aussi trouvons-nous inopportune1 sinon mme inconsidre1 cette proposition de la ,gauche fministe tendant remplacer partout1 dans nos lois1 les mots puissance paternelle par ceux de protection paternelle#afa4 ,si la protection de l'enfant est le but1 l'autorit des parents est le moyen4 ,on ne saurait vraiment sauvegarder le droit des faibles en dsarmant leurs dfenseurs naturels4 ,c'est quoi pourtant le fminisme radical travaille de son mieux1 en allgeant peu peu le lien de sujtion qui subordonne les enfants aux parents4 ,nous en donnerons deux exemples4 ,note #afa3 ,congrs de la ,condition et des ,droits des femmes3 sance du samedi soir #h septembre #aijj4 ,ainsi1 la ,gauche fministe a demand que tout mineur1 tablissant qu'il peut vivre du produit de son travail1 puisse tre mancip de droit partir de sa dix-huitime anne1 par simple ordonnance rendue sur sa demande par le juge de paix de son domicile1 sans qu'il soit besoin de remplir d'autres formalits4 ,mais pourquoi rompre si vite le lien qui unit l'enfant ses pre et mre8 ,pourquoi permettre ce jeune individualiste de fuir le toit paternel et d'abandonner les parents qui l'ont lev8 ,car l'enfant mancip est matre de son salaire2 et si nombreuses sont cet ge les tentations de dpense et de dissipation1 qu'il est craindre que la famille ne soit frustre souvent des gains de l'enfant prodigue4 ,combien de fils et de filles1 mme dans un tat d'aisance relative1 laissent aujourd'hui leurs parents mourir misrablement l'hpital1 plutt que d'entourer leurs vieux jours de soins dcents et honorables8 ,est-ce donc l'indiffrence et l'gosme des ingrats que le fminisme veut encourager8 ,bien plus1 la ,gauche fministe a rclam qu'un prlvement1 dont la quotit est fixer1 soit effectu de droit sur le salaire de l'enfant mineur1 pour tre dpos1 en son nom1 la caisse d'pargne et lui tre remis son mancipation ou sa majorit#afb4 ,sans doute1 il peut arriver que des familles abusent de leurs enfants4 ,mais plus nombreux sont les parents qui se saignent aux quatre membres1 pour rgaler les mioches d'une douceur ou envoyer cent sous au grand fils qui crie famine au rgiment4 ,ne laissons pas croire aux enfants qu'ils n'ont aucun devoir envers leur famille4 ,a vrai dire1 dans un grand nombre de mnages ouvriers1 la famille tout entire doit unir ses efforts et ses ressources contre la misre commune4 ,l'pargne est un luxe qui n'est pas porte de toutes les bourses4 ,s'il est facile aux gens qui gagnent beaucoup d'argent de mettre un louis sur un louis1 que de sacrifices l'ouvrier doit s'imposer pour mettre deux sous sur deux sous6 ,quand vient le chmage1 notamment1 ce n'est pas trop des petits gains de toute la famille pour arriver joindre les deux bouts4 ,parler d'pargne au profit de l'enfant lorsque le travail manque et que la huche est vide1 c'est porter atteinte l'esprit de solidarit qui doit unir les enfants aux parents1 surtout dans la mauvaise fortune4 ,note #afb3 ,congrs de la ,condition et des ,droits des ,femmes3 sance du samedi soir #h septembre #aijj4 ,,ii ,non content de relcher le lien de subordination et d'obissance qui soumet les fils et les filles l'autorit des parents1 le fminisme intransigeant s'applique1 plus hardiment et plus ardemment encore1 galiser les pouvoirs du pre et de la mre sur la personne et les biens de l'enfant3 ce qui est une autre faon de les affaiblir4 ,l'conomie du ,code civil est toute simple4 ,l'article #cgb place l'enfant sous l'autorit collective du pre et de la mre4 ,mais bien que commune aux deux parents1 cette autorit est rserve au pre1 qui l'exerce seul pendant le mariage1 comme dit l'article #cgc4 ,tant que le mari est vivant et capable d'agir1 le droit maternel reste en suspens et sommeille en quelque sorte4 ,la mre peut donner son avis sans pouvoir l'imposer4 ,l'autorit maritale1 laquelle l'pouse est soumise1 fait obstacle temporairement l'exercice de l'autorit familiale qui appartient la mre4 ,c'est pourquoi la puissance de celle-ci est1 pendant le mariage1 un attribut sans ralit1 un honneur latent1 un titre nu4 ,on s'en plaint fort4 ,mais quel moyen de faire autrement8 ,reconnatre simultanment aux pre et mre l'exercice d'une mme puissance indivise1 c'et t introduire dans les mnages une cause perptuelle de discussions et de conflits4 ,l'indivision du pouvoir engendre la confusion et le dsordre4 ,il fallait donc attribuer la prpondrance quelqu'un2 et la loi a dsign le pre1 dj investi de l'autorit maritale4 ,n'tait-il pas logique1 naturel1 avantageux mme pour la communaut1 que le chef du mnage ft en mme temps le chef de la famille1 afin qu'une mme direction ft imprime au gouvernement domestique8 ,a l'heure qu'il est1 ce privilge est violemment battu en brche1 avec un parti pris d'galisation et de nivellement qui nous inquite4 ,durant le mariage1 le pre et la mre ont les mmes droits sur la personne et les biens de leurs enfants communs#afc4 ,cette dclaration1 laquelle se rallient1 presque unanimement1 tous les groupes fministes1 emporte la suppression absolue de la prminence maritale et paternelle4 ,nous ne pouvons y souscrire4 ,c'est1 nos yeux1 une dtestable conception que celle qui institue1 dans la famille1 deux puissances latrales1 deux forces equipollentes1 deux ttes gales en pouvoir et en droit4 ,a cette famille1 fonde sur le dualisme des poux1 l'unit de direction fera dfaut2 et divise contre elle-mme1 comment veut-on qu'elle soit heureuse et florissante8 ,supposez que les volonts de la femme et du mari s'entrechoquent3 qui les dpartagera8 ,il faudra ncessairement recourir une puissance extrieure rige en tribunal des conflits matrimoniaux4 ,de l ce voeu mis par le ,centre et par la ,gauche fministes que les tribunaux prononcent dans tous les cas de conflit pouvant surgir1 entre le mari et la femme1 l'occasion de l'exercice de la puissance maritale ou paternelle#afd4 ,note #afc3 ,voeu mis1 en #aijj1 par le ,congrs des oeuvres et institutions fminines4 ,note #afd3 ,la ,fronde du #aa septembre #aijj4 ,mais1 si l'intervention de la justice se comprend lorsque le dsaccord1 qui lui est dfr1 soulve un point de droit ou une question d'argent1 elle ne nous parat ni pratique ni dcente1 lorsque le litige qui met les poux aux prises est d'ordre moral ou de nature intime4 ,voyez-vous la magistrature appele trancher les nombreux dissentiments qui clatent1 dans les mnages1 l'occasion des enfants8 ,cet arbitrage1 si habile et si discret qu'on le suppose1 ne fera qu'envenimer les querelles en leur donnant plus d'aigreur et plus d'clat4 ,rien de plus dangereux pour la paix des mnages que l'intervention d'un tiers1 juge ou confesseur1 dans les affaires confidentielles de la famille4 ,et maintenant suivons de plus prs la pense du ,code civil3 nous trouverons peut-tre qu'elle est moins dure la femme qu'on le suppose4 ,a la vrit1 nous ne savons qu'un cas o le consentement de la mre soit aussi ncessaire que celui du pre3 c'est l'adoption de leur enfant par un tiers2 et les adoptions tant trs rares1 l'exercice en commun du droit de puissance est donc exceptionnel4 ,sans doute1 l'assentiment de la mre est requis pour le mariage des enfants2 encore est-il donn au pre de passer outre l'opposition maternelle1 si l'union projete a son agrment4 ,ne rcriminons pas outre mesure contre ces ingalits ncessaires6 ,cette prdominance de la volont paternelle ne s'affirme que dans l'hypothse d'un dsaccord absolu2 et la loi n'intervient alors que pour rsoudre un conflit aigu et douloureux4 ,c'est dans le mme esprit de transaction que la loi du #bj juin #ahif dispose1 dans l'article #aeb du ,code civil1 que s'il y a dissentiment entre des parents divorcs ou spars de corps1 le consentement de celui des deux poux1 au profit duquel le divorce ou la sparation aura t prononce et qui aura obtenu la garde de l'enfant1 suffira4 ,hors de l1 dans la vie normale1 les pre et mre exercent la fois leur autorit1 se consultant1 se concertant1 s'appuyant l'un sur l'autre au lieu de se contredire et de se disputer4 ,qui ne sait que les discussions1 qui clatent devant les enfants1 discrditent rapidement la puissance des parents8 ,puisqu'ils ne sont pas d'accord1 se disent les petits1 il en est un qui se trompe4 ,mais lequel a tort8 lequel a raison8 ,est-ce papa8 est-ce maman8 ,et le doute leur vient1 et la confiance se perd1 et le respect s'en va4 ,ce n'est que dans les familles o le pouvoir paternel et le pouvoir maternel coexistent harmonieusement1 que l'enfant estime et affectionne vritablement ses pre et mre4 ,point n'est besoin1 pour cela1 d'une autorit dure et tranchante1 tracassire et hautaine4 ,pour se faire respecter1 il n'est pas ncessaire de se faire craindre4 ,ce qu'il faut dvelopper chez l'enfant1 c'est l'obissance volontaire1 et non l'obissance force1 apeure1 humiliante et humilie4 ,l'autorit douce et insinuante trouve aisment le chemin du coeur et y laisse des traces ineffaables4 ,l o rgne l'entente entre les parents1 l'enfant prend sans le savoir une bonne1 une grande1 une exquise ide de la famille4 ,et plus tard1 le jeune homme1 qui aura gard le souvenir d'une maison d'enfance heureuse et respecte1 prouvera invinciblement le besoin de la rebtir pour son compte4 ,le dsir de crer une famille1 a dit ,m4 ,faguet1 n'est pas autre chose que le dsir de faire revivre celle o l'on a vcu4 ,mieux vaut donc1 tout point de vue1 que l'autorit soit exerce en commun sur les enfants1 par une sorte d'indivision confiante et affectueuse1 qui s'tablit d'elle-mme dans les bons mnages4 ,mais1 le pre disparu1 la mre hrite de ses droits1 et la puissance paternelle devient entre ses mains une puissance maternelle4 ,ce dplacement de pouvoir s'opre1 suivant la jurisprudence1 lorsque1 pour une raison ou pour une autre1 le mari est dans l'impossibilit de remplir son rle de chef de famille3 ce qui peut arriver par suite de mort1 de folie ou d'absence4 ,cessant alors d'tre paralyse par le droit du pre1 la puissance1 qui rsidait en la personne de la mre1 reprend sa force et son empire4 ,rien de plus rationnel4 ,nul n'est plus digne ni plus capable que la mre de recueillir les pouvoirs tombs des mains du mari4 ,sa tendresse et son dvouement suppleront son inexprience1 et les conseils1 que la loi place auprs d'elle1 empcheront que sa bont ne dgnre en faiblesse4 ,les droits de la paternit sont comparables une magistrature domestique1 laquelle la prudence exige d'adjoindre un supplant ventuel4 ,la mre est le substitut naturel du pre4 ,c'est pourquoi1 en cas de dchance du pre pour cause d'indignit1--dchance totale attache par la loi du #bd juillet #ahhi certaines condamnations pnales1 dchance partielle cre par la loi du #e avril #ahih pour le fait1 hlas6 trop frquent1 de mauvais traitements infligs l'enfant1--la mre est naturellement indique pour recueillir la puissance paternelle4 ,encore est-il que1 dans les milieux populaires1 les parents peuvent tre de mme violence et de mme immoralit4 ,aussi la mre ne profitera pas ncessairement de la dchance du pre4 ,la loi a prudemment rserv aux juges la facult de dcider1 en fait1 si l'exercice de l'autorit doit tre attribu la mre dans l'intrt de l'enfant4 ,s'ils voient quelque inconvnient cette dvolution de puissance1 ils prononceront l'ouverture de la tutelle4 ,de mme1 l'article #cjb du ,code civil attribue les enfants l'poux qui a obtenu le divorce ou la sparation1 comme tant le plus digne de les lever4 ,mais le tribunal reste matre de les confier la garde d'un tiers1 ou mme de les laisser l'poux coupable1 si les circonstances l'exigent3 tel le cas d'enfants en bas ge qui ne peuvent tre levs que par la mre4 ,une fois investie de la puissance paternelle1 la mre dispose1 en principe1 de tous les droits et de tous les pouvoirs du pre4 ,par exception1 le droit de faire incarcrer l'enfant rcalcitrant ne passe pas compltement entre ses mains4 ,d'abord1 la mre n'a jamais le droit d'agir par voie d'initiative propre2 il lui faut obtenir1 par voie de rquisition1 l'agrment pralable du prsident4 ,la loi exige1 en outre1 qu'elle sollicite l'approbation et rapporte l'assentiment des deux plus proches parents paternels de l'enfant4 ,enfin1 elle perd entirement son droit en se remariant1 sous prtexte que la mre remarie est soumise l'influence du second mari qui peut tre hostile aux enfants du premier lit1 tandis que le pre est beaucoup moins expos aux suggestions de sa seconde femme1--ce qui n'est pas toujours exact#afe4 ,il va sans dire que ces restrictions excitent l'indignation des fministes galitaires4 ,est-ce que l'amour1 dit-on1 ne suffit pas mettre les mres en garde contre les abus de puissance8 ,note #afe3 ,articles #chj1 #cha et #chc du ,code civil4 ,autre cause de protestation1--et trs juste1 celle-l3 lorsqu'un mariage est conclu entre personnes appartenant des cultes diffrents1 il arrive souvent que la femme stipule1 en son contrat de mariage1 que les enfants natre seront levs dans sa propre religion4 ,or1 il est admis que cette convention n'est pas civilement obligatoire1 et que la femme est dsarme contre la mauvaise foi du mari qui manque aux engagements qu'il a souscrits4 ,et pourtant1 outre le respect de la foi jure qu'il est sage d'imposer aux malhonntes gens1 le contrat de mariage n'est-il pas la charte de la famille1 la loi constitutionnelle des poux8 ,et qui ne voit qu'on ne saurait maintenir la concorde dans les unions mixtes1 qu'en assurant la stabilit d'une convention dont le but a t1 prcisment1 de rgler l'avance et l'amiable une des causes les plus graves de msintelligence et de conflit8 ,certaines mes susceptibles s'offensent encore du droit accord au pre par l'article #cia1 de donner sa femme survivante un conseil spcial1 sans l'avis duquel elle ne pourra faire aucun acte relatif la tutelle de ses enfants4 ,on dnonce de mme1 comme une injustice criante1 l'article #cha qui rserve au mari1 tant que dure le mariage1 la jouissance des biens appartenant ses enfants mineurs4 ,mesure de suspicion1 dans le premier cas2 privilge de masculinit1 dans le second3 voil deux ingalits dans lesquelles on s'obstine voir un abaissement pour la mre et une diminution pour son sexe4 ,on ne se dit pas que les droits de puissance paternelle entranent aujourd'hui plus de charges que de profits2 que1 dans le cours habituel de la vie1 ils sont exercs cumulativement par les deux poux1 avec une condescendance mutuelle qui exclut toute ide de prpondrance pour le pre et d'infriorit pour la mre2 que la loi n'a institu un pouvoir majeur aux mains du mari que pour trancher les conflits possibles d'attribution et unifier1 en cas de dissentiment1 le gouvernement des personnes et l'administration des biens2 qu'on est mal venu dnoncer les droits du pre sur l'ducation et la fortune des enfants un moment o les moeurs1 conspirant avec les lois pour enlever aux parents la direction de la famille1 tendent de plus en plus gnralement affaiblir et dcouronner la puissance paternelle4 ,mais je doute que les femmes prises d'galit se rendent ces respectueuses remontrances4 ,elles poursuivront imprieusement leur chemin1 fouillant d'un air souponneux les moindres articles de nos lois1 chenillant toutes les broussailles du ,code1 pour en dbusquer les odieux privilges masculins4 ,il en est mme qui1 reprenant un mot clbre leur profit1 diraient volontiers de leur sexe3 ,qu'est-il8 ,rien4 ,que doit-il tre8 ,tout4 ,celles-l ont coutume d'opposer imprudemment le matriarcat du pass la puissance paternelle d'aujourd'hui4 ,que faut-il penser de cette prtention8 ,,iii ,des littrateurs pourvus d'rudition1--ou seulement d'imagination1--se plaisent opposer la parent par les femmes1 ou matriarcat1 la parent par les hommes1 ou patriarcat1 sous prtexte que c'est du jour1 o le sexe masculin substitua violemment celui-ci celui-l1 que daterait l'asservissement et la dgradation du sexe fminin4 ,ds lors1 les mles s'attriburent un droit exclusif sur les femmes1 sur les enfants et sur les choses4 ,mariage1 famille et proprit sont sortis des mmes apptits d'appropriation absolue au profit des hommes4 ,pour manciper vritablement la femme1 il faut donc avoir le courage de revenir au matriarcat primitif4 ,nous avons dj vu que le fminisme tirait parti de ce problme historique pour tablir l'galit intellectuelle de la femme#aff4 ,on s'en prvaut maintenant pour dmontrer l'antriorit et la supriorit familiales de la mre4 ,note #aff3 ,voyez notre premier volume3 mancipation individuelle et sociale de la femme1 p4 #gh4 ,voici comment on raisonne3 il n'y a prsentement que deux solutions au mariage1 une solution illgale et une solution lgale4 ,la solution illgale1 c'est l'adultre1 qui ne va pas sans de gros risques et de graves accidents4 ,la solution lgale1 c'est le divorce1 qui n'est point exempt de souffrances et de scandales4 ,tout cela est insuffisant4 ,plus de trahison occulte et hypocrite1 plus mme de rupture judiciaire et tapageuse4 ,il n'est qu'une solution logique la crise du mariage1 c'est la suppression mme du mariage4 ,m4 ,paul ,adam1 par exemple1 estime qu'il vaut mieux soutenir franchement que le mariage1 institution utile pour les philosophies primes1 est la survivance du rapt4 ,et il conclut en prchant la maternit sacre1 c'est--dire le droit pour la mre de donner son nom l'enfant1 sans que mention soit faite du pre putatif#afg4 ,c'est le matriarcat6 ,le mariage aboli1 on ne voit pas trop1 en effet1 ce que ferait le pre dans la famille4 ,alors une seule relation reste possible1 celle de la mre et de l'enfant4 ,l'homme est affranchi de toute responsabilit leur gard1 puisque sa paternit redevient mystrieuse1 inconnue1 anonyme4 ,comme dernire consquence1 la socit pourvoira par l'impt l'entretien des mres et des enfants4 ,note #afg3 ,revue ,blanche du #a;er mai #ahig4 ,franchement1 ce rgime n'a pu tre invent que par l'gosme sensuel des hommes2 car on voit bien ce que ceux-ci peuvent y gagner4 ,mais la femme sans mari8 ,mais les enfants sans pre8 ,quelle misre6 ,et cependant1 pour qui sait voir de loin1 telle est bien la dernire tape du mouvement rvolutionnaire4 ,si jamais la femme devient fonctionnaire1 avocat1 juge1 dput ou snateur1 le fminisme radical-socialiste n'en sera point assouvi1--au contraire4 ,dbarrass de toutes les revendications d'ordre politique ou professionnel1 il rclamera plus nettement qu'aujourd'hui l'abolition de la famille monogame et propritaire4 ,nous touchons l au dernier terme de la libration de l'amour2 et l'indpendance logique des sexes nous y mne4 ,il n'est donc point superflu de rappeler brivement ce qu'a pu tre le matriarcat dans le pass1 et de conjecturer ce qu'il pourrait tre dans l'avenir4 ,comme nous le disions tout l'heure1 le matriarcat sert aux crivains fministes pour nous convaincre que le sexe fminin a t1 non moins que le sexe masculin1 un facteur de progrs et de civilisation4 ,une fois dmontr que1 dans les premires socits humaines1 si obscures1 si mal connues1 et dont il est de mode de nous parler avec tant de complaisance1 des femmes ont exist qui1 reines par l'intelligence1 ont rgn vritablement sur les hommes1 il n'est que juste d'accorder aux deux sexes une attestation ex quo de puissance crbrale4 ,par malheur1 dans tous les sicles dont l'histoire nous a transmis le souvenir1 la suprmatie des hommes s'affirme par la prminence de la force physique et de la force intellectuelle1 tandis que les traces de ce qu'on appelle le matriarcat n'apparaissent1--et combien rares et confuses6--qu'aux premires lueurs de l'existence humaine4 ,en admettant mme que le matriarcat ait prcd gnralement le patriarcat1 cette priorit ne prouverait qu'une chose1 savoir que l'autorit1 jadis exerce par les femmes1 a pass de trs bonne heure aux hommes1 et que les pouvoirs minents de la mre sont tombs rapidement aux mains du pre1 par une sorte de dchance qui ne ferait qu'affirmer la supriorit de l'esprit masculin4 ,mais le matriarcat a-t-il bien exist8 ,le rle de chef de famille a-t-il t dvolu primitivement la mre8 ,beaucoup de savants en doutent1 et non des moindres4 ,fustel de ,coulanges1 ,sumner ,maine1 ,westermarck1 ,posada1 tiennent pour le patriarcat4 ,ceux mme qui admettent que la filiation fminine a rgl d'abord les relations de parent1 sont loin d'en induire la prdominance sociale de la femme3 tel ,sir ,john ,lubbock1 pour qui le matriarcat n'est point synonyme de souverainet familiale4 ,sans traiter fond cette question obscure1 il est un point certain1 c'est qu'aux ges les plus lointains de l'histoire1 la violence et la guerre nous apparaissent tranant aprs elles un cortge d'oppressions et de servitudes4 ,dans les luttes perptuelles que les tribus se livraient les unes aux autres1 le vainqueur s'arrogeait un pouvoir absolu sur la personne1 le patrimoine et la vie de ses prisonniers4 ,matre de tuer sa captive et mme de la manger1 puisque le cannibalisme a prcd l'esclavagisme1 il se croyait1 plus forte raison1 le droit d'en faire sa femme1 de l'enfermer et de revendiquer pour lui seul les enfants qu'elle lui donnait4 ,les premires familles masculines sont nes vraisemblablement d'un fait de guerre1 et du droit de capture qui en tait la consquence4 ,mais1 par une corrlation naturelle1 l'homme1 ayant le droit de disposer de sa captive1 se rserva le droit de la nourrir et de la protger1 comme fait un propritaire vis--vis du btail qui lui est profitable4 ,et les femmes libres de la tribu1 obliges de se suffire elles-mmes1 en vinrent peut-tre envier la condition assujettie des prisonnires1 pour se soustraire la misre et l'inscurit1 tant la maternit indpendante et isole est une source de souffrance et d'humiliation6 ,quant croire qu'antrieurement ces rapts et ces enlvements1 il exista une phase de suprmatie fminine o les femmes1 rvoltes par la promiscuit primitive1 auraient impos aux hommes leur domination et fond la prminence de la mre1--c'est une pure conjecture4 ,hrodote tient pour une singularit que les ,lyciens se nomment d'aprs leurs mres1 et non d'aprs leurs pres4 ,on a prtendu1 il est vrai1 que l'indication de la filiation maternelle figure souvent sur les tombeaux trusques1 et que1 d'aprs ,jules ,csar1 la famille maternelle aurait exist chez les anciens ,bretons4 ,mais ces faits de gnalogie matriarcale n'ont rien qui nous embarrasse4 ,ils s'expliquent tout simplement par l'extrme difficult de connatre le pre4 ,l o le mariage n'existe pas1 il ne peut tre question que de la descendance maternelle4 ,a dfaut d'un pre certain1 l'enfant doit se contenter forcment du nom de sa mre4 ,et le jour o le fil lgal1 qui unit le pre la mre et aux enfants1 serait rompu1 il n'est pas douteux que la parent fminine reprendrait son ancienne prpondrance4 ,aujourd'hui encore1 chez les peuplades sauvages1 l'ignorance du devoir paternel est peu prs complte4 ,souvent mme la mre est seule charge de la subsistance de l'enfant4 ,eu gard l'instabilit1 l'incertitude ou l'inexistence des liens conjugaux1 la parent ne s'tablit consquemment que du ct fminin4 ,mais au lieu d'y voir un tmoignage en faveur des droits de la mre1 il faut tenir ce matriarcat pour un signe de sauvagerie et d'avilissement4 ,sous ce rgime1 l'homme n'accorde la femme ni autorit1 ni influence2 il ne voit en elle qu'une esclave utile1 une auxiliaire ncessaire la reproduction ou mme un simple instrument de plaisir4 ,si la coutume fait1 ici ou l1 porter l'enfant le nom de la mre1 on aurait tort d'en conclure que celle-ci tient le premier rang dans la famille et dans la socit4 ,sinon1 comment expliquer que l'antiquit ait manifest une prdilection gnrale pour le principe masculin8 ,bien que les anciennes mythologies divinisent l'homme et la femme1 elles ne manquent jamais d'attribuer une certaine suprmatie au dieu sur la desse4 ,dans les mnages de l',olympe1 le sexe fort l'emporte sur le sexe faible4 ,et cette primaut rvle chez les civilisations antiques une prfrence non douteuse pour le principe mle4 ,n'est-ce pas du cerveau de ,jupiter qu'un mythe ancien fait sortir ,minerve1 la desse de la sagesse et de la science8 ,lors donc que la mre donne son nom aux enfants1 il ne faut voir1 en cette prpondrance de la filiation utrine1 qu'un signe de dpravation et de barbarie4 ,ds que le chaos se dbrouille et que la promiscuit des sexes disparat1 ds que la famille monogame se constitue1 le pre en est le chef4 ,qu'il s'agisse de l'gypte ou de la ,chine1 de la ,grce ou de ,rome1 des ,indous ou des ,arabes1 le droit paternel prvaut partout sur le droit maternel4 ,et la prdominance despotique du mle ne va point1 hlas6 sans la subordination humiliante de la femme4 ,l'existence problmatique ou1 pour le moins1 exceptionnelle du matriarcat ne saurait donc faire prsumer l'inintelligence et l'incapacit gnrales des premiers hommes4 ,rflchissons que la maternit est aussi patente que la paternit est mystrieuse4 ,la premire a l'vidence d'un fait1 tandis que la seconde ne rsulte que d'une prsomption4 ,cela tant1 aux poques lointaines du monde o la sauvagerie1 qui fut gnralement le premier tat de l'homme#afh1 rapprochait les deux sexes de l'animalit infrieure1 alors que la polygamie et la polyandrie rendaient la filiation incertaine et la famille instable ou mme impossible1--un seul lien pouvait tre tabli srement1 matriellement1 par le seul fait de la naissance3 le lien qui unissait l'enfant la mre4 ,d'o il advint peut-tre que la femme1 chef unique de la famille1 runit tous les pouvoirs et assuma toutes les charges4 ,de l ce vague matriarcat qu'on entrevoit dans l'enfance de certaines socits humaines4 ,a dfaut du pre1 rest ncessairement inconnu1 la mre groupa instinctivement sous sa loi tous ses enfants1 comme la poule1 dans la promiscuit du poulailler1 abrite ses poussins sous ses ailes4 ,la suprmatie du pre n'apparut que plus tard1 avec le patriarcat1 lorsque la famille fut plus troitement unie par les liens d'un mariage mme rudimentaire1 et que1 la paternit pouvant tre plus ou moins rationnellement prsume1 il fut possible d'assigner au pre des droits et des devoirs qui ont perptu jusqu' nos jours son autorit prminente4 ,note #afh3 ,adolphe ,,posada1 ,thories modernes sur les origines de la famille4 ,appendice ,,ii1 p4 #acg4 ,en tout cas1 les rares survivances matriarcales1 que l'on signale encore de nos jours1 ne se rencontrent que chez des tribus plus ou moins sauvages4 ,et quant au pass1 il parat certain que la primaut du pre est complte1 ds qu'on arrive aux ges connus de la vie des peuples civiliss4 ,le matriarcat n'est donc1 nos yeux1 qu'une institution de simple barbarie2 et les fministes auraient tort d'en triompher4 ,depuis les temps historiques1 la direction du foyer et la prsidence de la famille ont appartenu peu prs gnralement aux hommes1 parce que sans doute ceux-ci ont uni la plus grande force la plus grande intelligence1 mais aussi parce que le mariage a permis de consolider1 de certifier1 de lgaliser le lien qui unit le pre aux enfants4 ,il reste1 en dfinitive1 que le matriarcat est insparable du concubinage et que1 si la promiscuit primitive l'a fait natre1 la promiscuit anarchique le ramnerait4 ,pour en finir1 les rapports de parent ne peuvent tre bass1 dans toute civilisation qui commence1 que sur un fait prcis1 matriel1 indiscutable3 la maternit4 ,il est naturel que la femme y joue un rle exclusif4 ,on ne connat alors que la famille utrine4 ,puis1 la supriorit physique et la prpondrance sociale de l'homme s'affirmant de plus en plus1 la parent par les femmes s'efface graduellement devant la parent par les mles1 jusqu'au moment o le mariage1 unissant ces deux principes1 fonde la famille telle qu'elle existe de nos jours4 ,et maintenant le matriarcat tournerait-il au profit et l'honneur de la femme8 ,gardons-nous d'y voir un patriarcat renvers2 car il mettrait la charge de la mre un poids crasant d'obligations1 pendant que le pre1 affranchi de toute responsabilit1 libre de toute proccupation1 vaquerait1 d'un air conqurant1 ses affaires et ses plaisirs4 ,ce rgime fait songer l'indiffrence1 l'ingratitude1 l'gosme volage du coq de nos basses-cours4 ,le matriarcat des poules est-il chose si enviable8 ,ces honorables mres de famille ont tous les embarras1 tous les soucis de leur couve1 tandis que le mle flne1 heureux et fier1 au milieu de ses femelles1 comme un pacha dans son harem4 ,au fond1 le matriarcat serait nuisible la mre1 au pre et l'enfant4 ,il n'est que le mariage pour attacher le pre sa descendance4 ,n'oublions pas que l'amour maternel est en avance de neuf mois sur l'amour paternel4 ,celui-ci mme n'clate point soudainement au coeur de l'homme2 sa croissance est lente et progressive4 ,sparez le pre de l'enfant3 et contraris et refroidis1 les sentiments du premier l'gard du second ne s'panouiront que rarement en tendresse et en dvouement4 ,pour qu'ils s'aiment1 il faut qu'ils s'approchent et se reconnaissent4 ,rien n'est donc plus propice que le mariage pour dvelopper et affermir l'affection paternelle1 en associant troitement et indissolublement la vie du pre celle de l'enfant4 ,relchez1 au contraire1 la filiation lgale qui rattache l'existence de l'un l'existence de l'autre3 et la mre seule restera charge1 pour ne pas dire crase1 du fardeau de la famille4 ,ce que l'on appelle l'mancipation de la mre1 je le tiens plutt pour l'mancipation du pre1-- moins que la femme1 devenue souveraine1 ne fasse marcher l'homme la baguette6 ,d'autre part1 le matriarcat pourrait bien tarir au coeur des femmes les sources de l'amour et de la piti1 en y dveloppant l'excs l'instinct de domination et l'orgueil du commandement4 ,et que deviendraient les hommes8 ,expulss de leurs fonctions et de leurs prrogatives1 tomberaient-ils la charge des femmes8 ,sans initiative1 sans vigueur1 sans pouvoir1 ces mles dgnrs seraient-ils asservis ou entretenus par leurs despotiques femelles8 ,mais qu'ils soient mis la chane ou l'engrais1 leur dgradation morale serait invitable4 ,de toute faon1 le matriarcat ne va point sans l'avilissement du sexe masculin et l'appauvrissement de toutes les forces sociales4 ,et pourtant1 ce n'est pas le pre qui aurait le plus souffrir du matriarcat2 il y trouverait plutt la libert de ses aises et l'impunit de ses apptits3 ce qui ne le ferait point1 il est vrai1 crotre en mrite et en honntet4 ,tous les attentats contre le mariage retombent moins encore sur sa tte que sur celle de l'enfant4 ,a mesure que la famille lgitime se disloque ou se pervertit1 on voit les crimes contre l'enfance1--avortements1 abandons1 infanticides1--augmenter en nombre et en atrocit4 ,l'enfant est la victime dsigne du matriarcat4 ,si mme celui-ci tait d'une application gnrale 7ce que je ne veux pas croire71 il entranerait1 bref dlai1 la fin de la famille et la dcadence de l'espce4 ,qu'on n'objecte point que la mre sera toujours la mre et que1 la famille lgitime disparue1 la famille naturelle prendra sa place3 quelle illusion6 ,la maternit naturelle8 ,parlons-en4 ,elle n'est le plus souvent qu'un long calvaire pour la mre et qu'un long martyre pour l'enfant4 ,,iv ,dans l'union hors mariage1 la femme court tous les risques d'un acte qui laisse l'homme toute scurit4 ,car1 si la recherche de la maternit est admise1 celle de la paternit est interdite#afi4 ,est-il quitable que l'un puisse se glorifier de ses bonnes fortunes1 tandis que l'autre doit cacher sa faute et dvorer sa honte dans le silence et l'abandon8 ,est-ce donc ce triste rgime que l'on voudrait gnraliser8 ,le matriarcat naturel n'engendre pour la femme que souffrance1 humiliation et misre4 ,l o n'existe plus le lien matrimonial1 la paternit tant aussi mystrieuse que la maternit est vidente1 le pre est toujours plus enclin dsavouer l'enfant qu' le reconnatre4 ,la maternit naturelle livre donc la femme toutes les sductions1 tous les gosmes1 toutes les lchets de l'homme sensuel et brutal4 ,insparable de l'union libre1 elle est une cause frquente de reniement1 de cruaut1 de bassesse et d'avilissement4 ,voyez la mre naturelle d'aujourd'hui3 n'est-elle pas1 en bien des cas1 la plus lamentable des victimes8 ,et si affligeante est sa condition1 si souvent immrit est son abandon1 qu'il faudrait sans retard1 s'il est possible1 amliorer son sort et sauver son enfant4 ,note #afi3 ,articles #cdj et #cda du ,code civil4 ,comment rsoudre ce problme dlicat8 ,l'amour paternel ne se dveloppe srement que dans le mariage1 au profit des enfants lgitimes qui sont la joie et l'honneur des poux4 ,n d'un commerce que la loi refuse de sanctionner et que les moeurs rprouvent1 l'enfant naturel ne peut compter que rarement sur l'affection de son pre4 ,celui-ci1 oubliant le prcepte coutumier3 ,qui fait l'enfant doit le nourrir1 se drobe le plus souvent aux obligations que la paternit lui impose1 heureux de s'abriter derrire l'article #cdj du ,code civil3 ,la recherche de la paternit est interdite4 ,que fait la mre8 ,abuse par les promesses trompeuses d'un dbauch1 dshonore aux yeux du monde1 incapable de subvenir l'entretien de l'enfant comme aussi d'y faire participer son sducteur1 elle dissimule1 autant qu'elle peut1 sa grossesse et son accouchement1 et abandonne le nouveau-n aux soins de l',assistance publique pour mieux cacher sa faute et sa honte1 si mme1 ouvrant l'oreille aux suggestions terribles du dsespoir1 elle ne supprime point criminellement le fruit de ses entrailles6 ,quant celles que l'amour maternel dtourne de l'infanticide1 et qui s'acharnent vaillamment nourrir et lever leur enfant1 combien se trouvent rduites par les extrmits de la misre au suicide ou la prostitution8 ,en ,france1 le chiffre annuel des naissances illgitimes varie de #gj #jjj #ge #jjj2 ,et sur ce nombre1 les enfants naturels reconnus par leurs pres ne constituent qu'une infime minorit3 ils ne dpassent pas #e #jjj4 ,voil donc #fe #jjj ou #gj #jjj nouveau-ns qui tombent chaque anne la charge exclusive des mres6 ,qu'on s'tonne1 aprs cela1 que les ,cours d',assises acquittent systmatiquement les malheureuses qui touffent leurs enfants6 ,le grand coupable1 c'est le pre qui manque tous ses devoirs4 ,joignez que la mortalit infantile svit surtout sur les enfants ns hors mariage4 ,pour l'ensemble des enfants de moins d'un an1 on compte #aee dcs sur #a #jjj naissances lgitimes1 et #bgd dcs sur #a #jjj naissances naturelles4 ,la loi de l'homme est cruelle4 ,puisque tels sont les fruits de l'irresponsabilit paternelle1 dira-t-on1 supprimons-la6 ,et1 cette fin1 rendons la mre et l'enfant le droit de rechercher et d'tablir la paternit naturelle4--,c'est une des revendications fministes les mieux accueillies par le public4 ,protgez la femme contre l'homme1 crivait ,dumas fils il y a vingt ans1 et protgez-les ensuite l'un contre l'autre4 ,mettez la recherche de la paternit dans l'amour1 et le divorce dans le mariage4 ,nos lgislateurs ne se pressent point de rsoudre ce grave problme4 ,le #d juin #agic1 ,cambacrs disait la ,convention3 ,il ne peut pas y avoir deux sortes de paternit1 une lgitime1 une illgitime4 ,cela est de toute vidence1 si l'on entend par l qu'il n'y a qu'une seule et mme faon de faire des enfants4 ,m4 ,georges ,brands1 l'illustre critique danois1 se plaait ce point de vue simpliste1 lorsqu'il crivait3 ,de nos jours1 il y a deux sortes de naissances et une sorte de mort4 ,les naissances sont lgitimes ou illgitimes1 la mort est toujours lgitime4 ,dans l'avenir on ne connatra1 je l'espre1 qu'une manire de natre ainsi que de mourir#agj4 ,il faudrait pour cela que le mariage ft aboli et que l'humanit revnt tout simplement l'tat de nature2 et ce ne sera pas encore pour demain4 ,en attendant1 le fminisme radical fait des voeux pour que les enfants dits naturels jouissent des mmes droits civils que les enfants dits lgitimes#aga4 ,note #agj3 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif3 ,les ,hommes fministes1 p4 #hbi4 ,note #aga3 ,congrs international de la ,condition et des ,droits des ,femmes3 sance du samedi soir #h septembre #aijj4--,voir la ,fronde du mercredi #ab septembre #aijj4 ,il n'en est pas moins vrai que le pre d'un enfant n1 soit du mariage lgitime1 soit de l'union libre1 est oblig1 en conscience1 de le nourrir et de l'lever au mme titre que la mre4 ,s'il y a deux sortes de naissances1 il n'y a qu'une morale4 ,d'ailleurs1 le nombre des avortements1 des infanticides1 des abandons d'enfant1 se multiplie2 et nul ne peut rester indiffrent cette douloureuse situation4 ,et donc1 lorsque le pre refuse de se faire connatre1 il faut le dmasquer4 ,bien qu'il soit louable d'ouvrir largement les crches et les refuges aux nourrissons dlaisss1 la justice exige que les intresss puissent se retourner pralablement contre le coupable auteur de cette misre1 pour le contraindre au devoir d'assistance et d'ducation qu'il dserte lchement4 ,c'est surtout l'enfant1 que le poids de la btardise crase1 qu'il importe d'accorder le droit de rclamer son pre4 ,et dfaut de la mre1 disparue1 morte ou empche1 il appartiendra l'tat1 investi de la tutelle des enfants abandonns1 de rechercher ou de poursuivre1 en leur nom1 le pre naturel qui se cache et se drobe ses obligations4 ,l'immunit1 dont celui-ci jouit dans notre socit franaise1 est un scandale et un flau4 ,c'est une question qu'il faudrait traiter entre hommes1 disait ,m4 le professeur ,terrat au ,congrs des femmes catholiques1 car c'est une honte pour nous d'avoir fait et de conserver une loi d'une si odieuse injustice#agb4 ,toute socit est mal constitue qui nerve et affaiblit le sentiment de la responsabilit1 en empchant que l'acte accompli au prjudice d'autrui se retourne un jour contre son auteur4 ,jamais une conscience droite n'admettra qu'on sacrifie l'impunit d'un malhonnte homme1 l'intrt et l'avenir de ses deux victimes1 le droit de la mre et celui de l'enfant4 ,note #agb3 ,le ,fminisme chrtien du mois de mai #aijj1 p4 #ace4 ,non point qu' l'homme revienne toujours l'initiative de l'acte irrparable4 ,il est plus d'une femme envers qui la sduction est facile4 ,souvent les deux complices n'auront fait que suivre leur instinct ou leur inclination4 ,mais de cette galit de nature doit rsulter justement une galit de droit4 ,pareil ayant t leur penchant l'un pour l'autre1 pareille doit tre la responsabilit de l'un et de l'autre4 ,devant l'enfant n de leur rencontre1 leurs obligations sont identiques2 et le pre1 non plus que la mre1 ne saurait lgitimement s'y soustraire4 ,ouvrons donc aux victimes le droit de rechercher la paternit du coupable4 ,cette facult rparatrice ne sera dure que pour le malhonnte homme1 qui recule devant les consquences de son imprudence ou de son libertinage4 ,en soi1 cette argumentation est dcisive4 ,combien de drames et de romans nous ont montr une fille-mre1 honnte et fire1 cherchant vainement se rhabiliter1 et mourant victime de la lchet d'un homme et des sottes malveillances de la foule8 ,ces prdications sentimentales n'ont pas t vaines4 ,il n'est personne1 au sortir de ces spectacles ou de ces lectures1 dont le coeur n'ait fait cho la malheureuse abandonne criant son sducteur3 ,voil ton enfant6 ,tu lui as donn la vie3 aide-moi la lui conserver6 ,par malheur1 la recherche de la paternit n'est pas1 dans la ralit1 aussi simple qu'on le suppose4 ,sur la scne et dans les livres1 la fille-mre est toujours une merveille de grce1 de tendresse et de vertu4 ,en admettant que1 dans la vie1 cette petite perfection puisse se rencontrer par hasard1 il faut prvoir1 en revanche1 les calculs des intrigantes qui1 se faisant une arme de leurs faiblesses ou de leurs sductions1 essaieraient de s'introduire dans les familles les plus honntes4 ,que la recherche de la paternit soit permise1 et les plus audacieuses rclamations d'tat risquent de se produire devant les tribunaux4 ,quel honnte homme pourrait se flatter d'tre l'abri des revendications mensongres et des manoeuvres habiles d'une femme impudente8 ,laisserez-vous aux filles publiques la libert de spculer sur le fruit de leur honteux commerce8 ,ajouterez-vous foi aux dclarations de paternit faites par une prostitue8 ,a cela1 une femme d'un optimisme admirable rpondait nagure1 dans un journal fministe1 qu' il n'tait pas craindre que des femmes attribuassent la paternit de leur enfant un homme qu'elles n'avaient jamais approch#agc4 ,c'est trop de bont d'me4 ,comment croire et affirmer que des filles ou des femmes d'une adroite perversit n'exploiteront jamais contre la navet de la jeunesse1 des lgrets1 des imprudences1 des familiarits sans consquence1 pour lui infliger une paternit fltrissante qui ne sera point son fait8 ,prenez garde d'ouvrir la porte au chantage et la calomnie6 ,note #agc3 ,feuilleton de la ,fronde du #bd mars #ahih4 ,d'autant plus que1 s'il est facile de rechercher la paternit1 il est impossible de la prouver4 ,l'enlvement1 le viol1 la sduction mme1 sont des vnements dont l'extriorit tombe sous les sens4 ,mais1 pour claircir le mystre de la conception1 il faut bien s'en rapporter la mre4 ,et une condition encore3 c'est qu'elle ne prodigue point ses faveurs trop de monde2 sinon la confusion de parts1 comme disent les juristes1 ne serait pas facile claircir pour la femme elle-mme4 ,la paternit est donc peu prs impntrable4 ,on ne la prouve pas3 on la suppose4 ,le mariage lui-mme n'tablit la paternit lgitime que par fiction2 il la fait prsumer4 ,hors des justes noces1 il n'y a plus ni signe lgal1 ni signe matriel1 qui permette de convaincre un homme d'un fait cach1 dont la certitude chappe toute investigation4 ,c'est le secret de la femme4 ,cela tant1 est-il prudent de croire toutes les filles-mres sur parole8 ,n'oublions pas que c'est pour couper court aux scandales et aux diffamations que suscitrent sous l'ancien rgime certaines revendications de paternit1 que le ,code ,napolon a interdit la recherche de la filiation naturelle4 ,si donc nous l'admettons nouveau1 il faudra prendre de srieuses garanties contre les piges1 les ruses et les stratagmes des intrigantes et des dvergondes1 afin de ne point faire payer aux honntes gens la protection mrite par quelques intressantes cratures4 ,c'est pourquoi la recherche de la paternit devrait avoir pour effet1 notre sentiment1 moins de procurer l'enfant une filiation certaine1 que d'assurer la mre une crance alimentaire pour le nourrir et l'lever4 ,telle est l'ide qui semble dominer aujourd'hui dans les milieux fministes4 ,on y parle moins d'imposer au pre une reconnaissance force1 avec tous les liens de droit et les avantages successoraux qui s'y rattachent1 que d'organiser sa charge une responsabilit pcuniaire comprenant les frais d'entretien et d'ducation de l'enfant1 ainsi que sa prparation une profession conforme la condition de la mre4 ,en outre1 le ,congrs des oeuvres et institutions fminines de #aijj1 qui reprsentait le ,centre fministe1 a pris1 contre le chantage possible1 une mesure de rpression ainsi conue3 ,les actions introduites de mauvaise foi seront punies d'un emprisonnement de #a an #e ans et d'une amende de #ej francs #c #jjj francs4 ,et pour plus de sret1 le projet de loi soumis au ,parlement n'admet la recherche de la paternit naturelle qu' titre exceptionnel4 ,voici comment l'article #cdj du ,code civil serait modifi3 ,la recherche de la paternit est interdite4 ,cependant1 la paternit hors mariage peut tre judiciairement dclare3 #a dans le cas de rapt1 d'enlvement ou de viol1 lorsque l'poque du rapt1 de l'enlvement ou du viol lgalement constate se rapportera celle de la conception2 #b dans le cas de sduction accomplie l'aide de manoeuvres dolosives1 abus d'autorit1 promesse de mariage ou fianailles1 une poque contemporaine de la conception1 et s'il existe un commencement de preuve par crit susceptible de rendre admissible la preuve par tmoins4 ,nous admettrions mme la recherche et la dmonstration de la filiation adultrine1 tant vis--vis du pre que vis--vis de la mre1 sous la seule rserve que la pension alimentaire due l'enfant serait paye sur les biens propres de l'un ou de l'autre1 sans pouvoir jamais tre poursuivie sur la communaut4 ,quelque projet que l'on adopte1--ou plus restreint ou plus large1--il est curieux de remarquer que la recherche de la paternit ne satisfait pas toutes les femmes4 ,mme ,pognon est de ce nombre2 et c'est avec une vaillance hautaine qu'elle a fait valoir ses scrupules au ,congrs de la ,gauche fministe4 ,jugeant les autres femmes d'aprs elle-mme1 elle a dclar que1 si jamais elle s'tait trouve dans le cas d'tre abandonne par un homme qu'elle aurait aim1 sa fiert l'aurait empche de le traner devant un tribunal1 comme aussi sa dignit aurait recul devant la rvlation publique des secrets de son coeur4 ,un pareil langage lui fait honneur4 ,mais on peut rpondre que ces scrupules dlicats n'empchent point les femmes d'taler journellement devant la justice1 au cours des procs en divorce1 leurs querelles de mnage et leurs secrets d'alcve4 ,plus forte est l'objection que ,mme ,pognon a dveloppe contre les rsultats pratiques de la recherche de la paternit naturelle4 ,vous n'aurez rien fait pour la mre1 quand vous aurez trouv le pre4 ,il est de fait que1 dans la classe ouvrire des grands centres urbains1 o l'esprit du vieux mariage chrtien dcline tous les jours1 des femmes maries se rencontrent souvent qui1 bien que charges de famille1 ne peuvent rien obtenir du mari tenu par la loi pour le pre lgitime de leurs enfants4 ,j'en connais1 disait ,mme ,pognon1 qui ont pass des annes courir aprs leur mari1 pour se faire payer la pension que le tribunal leur avait accorde4 ,voyez ce qui se passe en matire de divorce3 combien de fois l'poux coupable parvient-il se drober la dette alimentaire qui lui incombe vis--vis de la femme8 ,que de poursuites vaines6 ,que de procdures infructueuses6 ,jamais vous ne forcerez un ouvrier nourrir et lever un enfant qu'il ne veut pas reconnatre4 ,qui sait mme si la condition des filles-mres n'en sera pas aggrave8 ,aux demandes de secours qu'elles pourront faire aux mes charitables1 combien seront tentes de leur rpondre3 ,cherchez le pre3 il paiera6 ,c'est pourquoi ,mme ,pognon a rclam la cration d'une caisse de la maternit1--la dclaration de naissance devant suffire pour donner le droit la mre1 marie ou non1 de toucher chaque mois la pension de son enfant4 ,et aprs avoir mis le voeu que la recherche de la paternit soit autorise1 le ,congrs1 entrant dans les vues de sa prsidente1 a vot1 l'unanimit1 le principe de cette fondation#agd4 ,note #agd3 ,voir la ,fronde des #aa et #ab septembre #aijj4 ,l'ide1 sans doute1 procde d'une intention excellente4 ,et pourtant la forme qu'on lui a donne nous inquite4 ,qu'il soit bon de prlever sur les ressources de la commune1 du dpartement ou de l'tat1 les fonds ncessaires pour venir au secours des familles indigentes charges d'enfants1 nul ne le contestera4 ,mais pourquoi crer une caisse ouverte toutes les femmes1 quelle que soit leur situation et sans qu'aucune enqute puisse tre faite ce sujet8 ,pourquoi tendre son bnfice aux femmes riches comme aux femmes pauvres8 ,est-il admissible que les contribuables1 qui lvent leurs enfants1 paient pour une mre qui a le moyen d'lever les siens8 ,mme ,kergomard avait cent fois raison d'objecter que toutes les fois qu'une femme peut nourrir son enfant par son travail1 elle le doit4 ,et elle le fait aujourd'hui2 mais le fera-t-elle demain1 si nous abolissons en son coeur le sentiment des responsabilits les plus sacres8 ,on a parl d'assurance4 ,une caisse de prvoyance contre les risques et les frais de la maternit sauvegarderait pleinement1 assure-t-on1 la dignit de la femme4 ,mais combien de mres seraient dans l'impossibilit de payer rgulirement les primes8 ,si donc l'assistance est ncessaire1 ne l'accordons qu'aux pauvres4 ,et que les mres ne nous fassent pas oublier les pres6 ,quand la femme vient mourir1 les enfants lgitimes tombent la charge du mari4 ,un homme pauvre n'a pas toujours le moyen d'lever une famille3 refuserez-vous de le secourir8 ,comme on l'a propos1 la caisse de la maternit serait mieux appele caisse de l'enfance4 ,au fond1 la conception de cette caisse nous semble procder de l'esprit socialiste4 ,si l'enfant doit tre nourri aux frais de la communaut1 c'est qu'il appartient la socit autant qu' sa famille4 ,cela tant1 ,mme ,hubertine ,auclerc tait dans la pure logique de l'ide en prconisant un impt paternel1 prlev sur tous les hommes1 et destin servir la mre une pension suffisante pour lever son enfant4 ,pourquoi mme l'enfant n'appartiendrait-il pas exclusivement la mre8 ,pourquoi rechercher la paternit naturelle8 ,pourquoi s'inquiter d'une loi difficile faire1 dont le texte subtil trane depuis des annes devant les ,chambres8 ,pourquoi mettre tant d'insistance rclamer pour le btard le nom paternel8 ,est-ce une honte pour la mre de donner son nom l'enfant et pour l'enfant de recevoir celui de sa mre8 ,c'est ,mme ,pognon qui parle ainsi2 et son langage est conforme la nouvelle morale fministe4 ,les partis avancs ne peuvent qu'y applaudir4 ,a quoi bon chercher le pre1 en effet1 si l'enfant doit tre soustrait aux parents et lev par les soins de l'tat en des couveuses socialistes8 ,a quoi bon chercher le pre1 si le patriarcat1 dchu de ses prrogatives abusives et surannes1 doit cder le pas la tendre souverainet du matriarcat8 ,a quoi bon chercher le pre si1 enfin1 le mariage devant tomber en dsutude comme toutes les superstitions du pass1 l'union libre est appele rhabiliter1 glorifier prochainement la fille-mre1--la vraie femme des temps nouveaux1--en lui imputant honneur et vertu ce que l'opinion de nos contemporains tient encore pour une irrparable faute8 ,et tel est bien l'esprit des doctrines rvolutionnaires4 ,pour remdier au mal social dont nous souffrons1 il n'est que de revenir la ,maternit sacre1 c'est--dire au droit pour la mre de donner son nom l'enfant1 sans que mention soit faite du pre putatif4 ,l'impt assurera des ressources la procration1 proportionnellement au nombre des nouveau-ns4 ,au voeu d'une certaine cole1 la ,commune et l'tat sont appels prendre un jour la suite des obligations du pre4 ,et cette solution est inluctable4 ,l o le mariage ne rgularise plus les relations entre les deux sexes1 l'impossibilit de connatre le pre implique naturellement l'impossibilit de fonder une famille4 ,a qui seront attribus les enfants8 ,a la mre ou la communaut8 ,car je n'imagine pas qu'on restaure certaine pratique primitive1 qui attribuait l'enfant celui des hommes de la tribu1 avec lequel il avait le plus de ressemblance4 ,ce serait trop simple4 ,seulement1 le fardeau des enfants sera bien lourd pour la femme4 ,qu' cela ne tienne6 ,la socit s'en chargera4 ,a vrai dire1 les coles rvolutionnaires se montrent assez indiffrentes la querelle du patriarcat et du matriarcat4 ,au contraire de ,proudhon qui voulait ramener le mariage actuel en arrire1 jusqu' la rigide puissance du pre de famille romain1 on sait que les socialistes et les anarchistes rclament l'abolition pure et simple de la famille4 ,celle-ci a fait son temps4 ,la famille paenne tait fonde sur le mpris et l'asservissement de la femme4 ,la famille chrtienne implique la suspicion et la subordination de l'pouse4 ,par bonheur1 le progrs des moeurs a successivement adouci nos ides4 ,il appartient la dmocratie rvolutionnaire de poursuivre l'volution commence4 ,librons l'pouse1 mancipons la mre4 ,plus de mariage1 plus de famille4 ,les enfants appartiendront la communaut4 ,ils seront nourris1 levs et entretenus aux frais du public#age4 ,pas besoin de s'inquiter des droits du pre ou de la mre1 puisque la collectivit les remplacera4 ,est-ce que l'tat ne fera pas un pre de famille idal8 ,cela mrite rflexion4 ,note #age3 ,benot ,,malon1 ,le ,socialisme intgral1 t4 ,i1 p4 #cgb4 ,,chapitre ,,iv ,ides et projets rvolutionnaires ,,sommaire ,i4--,,la ,,question ,,des ,,enfants4--,r,,habilitation ,,des ,b,,tards4--,,tous ,,les ,,enfants ,,gaux ,,devant ,l',,amour4--,,optimisme ,r,,volutionnaire4 ,,ii4--,,doctrine ,,socialiste3 ,l',,ducation ,,devenue ,,charge ,,sociale4--,,tous ,,les ,,nourrissons ,a ,l',,assistance ,,publique4--,,le ,,collectivisme ,,infantile4 ,,iii4--,,doctrine ,,anarchiste3 ,l',,enfant ,n',,appartient ,a ,,personne1 ,,ni ,,aux ,,parents1 ,,ni ,a ,,la ,,communaut4--,,que ,,penser ,,du ,,droit ,,des ,p,,re ,,et ,m,,re ,,et ,,du ,,droit ,,de ,,la ,,soci,t8--,,la ,,voix ,,du ,,sang4 ,,iv4--,,le ,,devoir ,,maternel4--,n,,gations ,,libertaires4--,,retour ,a ,l',,animalit ,,primitive4--,,les ,,nourrices ,,volontaires4 ,v4--,,ou ,,est ,,le ,,danger8--,,la ,,libert ,,du ,p,,re ,,et ,,la ,,libert ,,de ,l',,enfant4--,,un ,,dernier ,,mot ,,sur ,,les ,,droits ,,de ,,la ,,famille4--,,histoire ,d',,un ,,congr,s4--,,la ,,paternit ,,sociale ,,de ,l',,tat4 ,i ,si blessant que soit le libre amour pour les hommes dlicats et les filles bien nes1 il est un point qui achvera1 j'en suis sr1 de les rvolter contre la licence de la passion et l'anarchisme du coeur3 c'est la question des enfants4 ,le mariage aboli1 que deviendront-ils8 ,certes1 la filiation maternelle ne cessera point d'tre visible1 puisque le fait de l'accouchement la rvle4 ,encore est-il que les critures de l'tat civil sont ncessaires pour en conserver la preuve et en perptuer le souvenir2 et ces registres indiscrets ne sont bons1 parat-il1 qu' tre brls4 ,quant la filiation paternelle1 il est impossible de l'tablir ds qu'il n'existe aucun lien lgal entre le pre et la mre4 ,qui en fera foi en dehors du mariage8 ,la paternit n'existera que pour ceux qui voudront bien l'accepter4 ,quelle inscurit pour la mre8 ,qui la protgera contre les lchets1 les abandons et les reniements8 ,le mariage lie le pre ses devoirs1 en le liant la mre et l'enfant4 ,rompez cette attache1 et le pre1 pour peu qu'il tienne ses aises1 lchera maman et bb4 ,en tout cas1 il est d'vidence qu' dfaut du mariage1 il sera singulirement malais d'tablir la filiation paternelle4 ,rien de plus commode pour l'homme qui voudra se drober ses devoirs les plus sacrs4 ,a la vrit1 les enfants n'auront qu' rechercher leur pre1 si le coeur leur en dit4 ,mais pourquoi s'inquiteraient-ils de cette bagatelle8 ,avec une imperturbable srnit1 l'cole anarchiste leur prche cet gard le dsintressement et l'indiffrence4 ,les ,volontaires de l',ide devraient mme1 en croire certains doctrinaires anarchistes1 s'lever au-dessus des prjugs mondains et se marier1 ds maintenant1 sans passer par l'glise et par la mairie4 ,ne dites point1 par exemple1 l'auteur dj cit des ,unions libres1 que la loi mconnue se vengera sur les enfants issus de cette libre union1 en les qualifiant de btards et en les excluant1 ce titre1 des partages de famille4 ,cela est incontestable1 rpond-il4 ,mais puisque l'hritage est privilge1 on n'a pas le rechercher ni pour soi1 ni pour les siens1 encore moins lui sacrifier une conviction4 ,et pour ce qui est de l'tat civil1 quel mal ce qu'on qualifie d'enfants naturels ceux qui ne sont autre chose8 ,il est incontestable que les enfants lgitimes et illgitimes naissent la vie de la mme faon1 le plus naturellement du monde4 ,seulement1 l'union libre tant officiellement illgitime1 il est loisible l'opinion de donner aux enfants naturels l'appellation de btards1 tant qu'il lui plaira4 ,a cela1 un pre libertaire voudrait que son fils1 dominant l'injure1 toujours bienveillant et tranquille1 rpondt avec un sourire doux et fier3 ,libre vous de prononcer btard le mot que mon pre et ma mre prononcent enfant de l'amour4 ,je ne suis point btard par accident1 mais parce qu'on l'a bien voulu4 ,des parents1 les miens1 ont compris que ce nom cesserait d'tre un opprobre1 ds que d'honntes gens n'en auraient pas honte2 ils m'ont voulu btard pour en diminuer le nombre#agf4 ,note #agf3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb4 ,unions libres1 pp4 #be et #bf4 ,voil1 certes1 un langage qui n'est point banal2 mais il nous rvle un optimisme bien trange4 ,supprimons1 par hypothse1 l'intervention de ,m4 le ,maire3 les enfants ne natront pas autrement que par le pass2 et il est probable que nous n'aurons pas chang grand'chose la condition des familles4 ,j'ai l'ide que les honntes gens ne manqueront jamais de donner leur union une certaine publicit1 une certaine conscration1 ceux-ci la plaant sous la bndiction du prtre1 ceux-l sous l'attestation des parents1 des amis et des voisins1 l'effet de la distinguer des unions passagres et clandestines1 qui ne sont que libertinage et inconduite4 ,cela tant1 il y aura toujours dans le langage humain un mot1 dou d'une signification plus releve1 pour qualifier l'enfant issu de noces rputes honorables1 et un mot1 plus ou moins fltrissant1 pour dsigner l'enfant n d'un commerce tenu pour inconvenant ou ignominieux4 ,tant que le monde conservera la notion de la dcence et de la pudeur1 tous les mnages honntes auront coeur1 pour eux et pour leur descendance1 de ne pas tre confondus avec les couples indignes1 qui n'entretiennent que des relations instables de vice et de prostitution4 ,je crois ce sentiment indestructible4 ,et c'est pour y donner satisfaction que la loi civile est intervenue partout1 sparant officiellement le mariage des uns du concubinage des autres4 ,ce n'est point mme la suppression du mariage civil et du mariage religieux1 qui tarirait absolument du coeur des parents les trsors d'affection et de dvouement1 que la nature y a libralement dposs4 ,j'aime croire que1 sous un rgime d'union libre1 beaucoup d'enfants seraient1 comme aujourd'hui1 nourris et levs frais communs par le pre et la mre4 ,dieu merci6 la tendresse maternelle et paternelle est si instinctive l'me humaine1 qu'elle ne saurait jamais tre abolie entirement par l'gosme1 si desschant qu'on le suppose4 ,l'auteur de l'apologie des ,unions libres1 dont j'ai dj cit plusieurs fragments1 en triomphe dans une jolie page sur l'enfant innocent et suave1 le doux et prodigieux miracle de la ,nature4 ,se demandant quel est le mystre de son pouvoir3 ,c'est que1 dit-il1 faible1 dsarm1 incapable de se dfendre1 impuissant se suffire1 le petit tre ne vit que par votre bont1 ne subsiste que par votre faveur4 ,et le grave auteur induit du seul fait de l'existence des enfants1 que ce n'est point le droit du plus fort1 mais le droit du plus faible qui l'emporte dans l'humanit#agg4 ,note #agg3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb4 ,unions libres1 pp4 #f et #g4 ,ces sentiments sont gnreux4 ,encore faut-il songer aux martres et aux indignes1 qui brutalisent ou abandonnent leur progniture4 ,et je ne puis croire que l'habitude des unions libertaires1 la rupture de tous les liens civils et religieux1 le relchement de toutes les obligations divines et humaines1 l'extension de ces maximes anarchistes3 ,fais ce que veux6 ,aime qui voudras6 soient de nature diminuer le nombre de ces intressantes victimes4 ,j'admets que l'enfant est la plus forte chane qui puisse rattacher un homme une femme4 ,mais cette chane est lourde4 lever une famille ne va point sans peines1 sans charges1 sans frais1 sans assujettissement4 ,et c'est pour empcher les gostes et les lches de se drober ce pesant fardeau1 que la religion et la loi sont intervenues pour les retenir dans leurs devoirs4 ,l'individualisme1 au contraire1 s'effarouche de toute sujtion1 rougit de tout lien1 s'pouvante de toute chane4 ,il veut tre son matre et s'efforce de secouer tous les jougs4 ,mais alors1 pour s'appartenir vritablement1 les enfants sont de trop6 ,encore une fois1 que deviendront-ils8 ,,ii ,les socialistes ne sont pas embarrasss4 ,dans toutes les questions que soulve l'avenir1 ils font intervenir la collectivit1--une excellente femme1 un peu fe1 omnisciente et omnipotente1 la providence des mcrants1--qui pourvoira1 comme en se jouant1 toutes les difficults humaines4 ,il est donc entendu1 dans le monde socialiste1 qu' dfaut de parents1 la communaut prendra les nouveau-ns sous son aile4 ,m4 ,deville dclare mme que l'entretien des enfants doit tre soustrait au hasard de la naissance1 pour devenir1 comme l'instruction1 une charge sociale#agh4 ,note #agh3 ,gabriel ,,deville1 ,aperu sur le ,socialisme scientifique publi en tte du ,capital de ,karl ,marx1 p4 #dc4 ,la socit se chargera consquemment d'lever tous les mioches4 ,chacun pourra1 comme ,jean-,jacques ,rousseau1 envoyer les siens aux ,enfants trouvs4 ,inutile de dire qu'en ce temps-l1 l',assistance publique sera la plus douce1 la plus dvoue1 la plus tendre des mres4 ,pour faire de l'humanit une seule famille1 il n'est que de mettre nos enfants en commun4 ,a ce compte1 les clibataires eux-mmes1 devenus un peu les pres des enfants des autres1 seront associs1 par un miracle de solidarit collective1 aux bienfaits et aux joies de la paternit4 ,je ne plaisante pas3 ,m4 ,sbastien ,faure dclare trs srieusement que c'est en ce sens1 et seulement dans celui-l1 que l'humanit entire1 dfinitivement reconstitue1 ne formera qu'une vaste famille troitement unie#agi4 ,aprs cela1 vieux garons et vieilles filles feraient preuve d'un bien mauvais caractre1 s'ils ne se vouaient1 corps et me1 la mutualit communiste4 ,note #agi3 ,la ,plume du #a;er mai #ahic1 p4 #bje4 ,il est vrai qu',aristote1 s'levant contre la confusion des femmes et des enfants1 se refusait comprendre que tous les citoyens pussent dclarer l'occasion d'un seul et mme objet3 ,ceci est moi sans tre moi4 ,conoit-on tous les grands ,franais disant1 avec unanimit1 de tous les petits ,franais3 ,ce sont mes fils1 ce sont mes filles8 ,on oublie qu'il est au-dessus des forces de l'homme de supprimer les liens de famille1 d'abolir l'atavisme et l'hrdit1 les ressemblances et les affections4 ,combien les enfants mal dous et mal venus seraient plaindre sous un rgime de communisme familial6 ,d'un enfant de gnie chacun dirait3 ,c'est le mien6 ,et d'un infirme ou d'un idiot3 ,c'est le vtre6 ,je ne sais que l'affection des pres et des mres qui puisse adoucir le sort des petits dshrits de la nature4 ,est-ce que le coeur humain s'attache aussi fortement aux choses communes qu'aux choses prives8 ,mais j'oubliais que1 par un miracle de la ,rvolution sociale1 les hommes de l'avenir auront le coeur si large1 qu'ils pourront y faire entrer tous les nouveau-ns de ,france et de ,navarre1--et l'universel fminin1 par dessus le march6 ,,iii ,rien de plus simple1 on le voit1 que de donner une famille ceux qui n'en ont pas4 ,ici1 toutefois1 le fminisme anarchiste ne s'accorde pas tout fait avec le fminisme socialiste4 ,il n'a qu'une demi-confiance dans le biberon officiel et s'effarouche des vertus imprieuses de l',assistance publique4 ,l'uniformit rgimentaire lui semble aussi mauvaise pour les poupons que pour les adultes4 ,a qui donc appartiendra l'enfant8 ,a personne4 ,c'est un bien indivis4 ,la dissolution de la famille est le couronnement de toutes les mancipations4 ,plus de dpendance patronale1 grce au collectivisme de la production et de la proprit2 plus de dpendance masculine1 grce l'galit des sexes et l'intgralit de l'instruction2 plus de dpendance maritale1 grce l'abolition du mariage et l'affranchissement de l'amour2 plus de dpendance paternelle1 grce la destruction du foyer et au communisme des enfants4 ,lorsqu'on est en got de libert1 on n'en saurait trop prendre4 ,ainsi1 d'aprs ,m4 ,jean ,grave1 l'enfant n'est pas une proprit1 un produit1 qui puisse appartenir plus ceux qui l'ont procr1--comme le veulent les uns1--qu' la socit1--comme le prtendent les autres#ahj4 ,a la vrit1 l'enfant est insusceptible d'appropriation prive ou publique4 ,il n'est ni la chose du pre ou de la mre1 ni la chose de la ,commune ou de l'tat4 ,c'est un tre sacr plac en dehors et au-dessus de tous les biens4 ,seulement je me spare de l'crivain anarchiste sur le point de savoir qui sera charg de donner des soins l'enfant4 ,o ,m4 ,jean ,grave ne veut voir qu'une facult1 je mets une obligation4 ,note #ahj3 ,la ,socit future1 chap4 ,,xxiii3 ,l'enfant dans la socit nouvelle1 p4 #cda4 ,a la charge de qui8 ,de la socit8 ,on vient de voir que c'est le rve socialiste de donner pour pre aux enfants ,monsieur tout le monde4 ,mais les anarchistes repoussent l'intervention d'une collectivit autoritaire1 vritable monstre anonyme1 dont les griffes pseraient lourdement sur toutes les vies1 depuis le berceau jusqu' la tombe4 ,leur socit1 d'ailleurs1 est inorganique et1 comme telle1 impropre toute fonction de tutelle et de paternit4 ,m4 ,jean ,grave nous en avertit3 tant donn que les anarchistes ne veulent d'aucune autorit2 que leur organisation doit dcouler des rapports journaliers entre les individus et les groupes1 rapports directs1 sans intermdiaires1 naissant sous l'action spontane des intresss et se rompant aussitt1 une fois le besoin disparu1--il est vident que la socit n'aurait1 pour la synthtiser1 aucun comit1 aucun corps1 aucun systme reprsentatif pouvant intervenir dans les relations individuelles4 ,et un peu plus loin3 ,il y a bien1 en anarchie1 une association d'individus combinant leurs efforts en vue d'arriver la plus grande somme de jouissances possible1 mais il n'y a pas de socit1 telle qu'on l'entend actuellement1 venant se rsumer en une srie d'institutions qui agissent au nom de tous4 ,impossible donc d'attribuer l'enfant une entit qui n'existe pas d'une faon tangible4 ,la question de l'enfant appartenant la socit se trouve ainsi tout naturellement carte#aha4 ,en somme1 la socit anarchique n'est qu'une sorte d'indivision vague1 instable et confuse4 ,il serait donc absurde de confier de petits tres de chair qui veulent tre allaits1 soigns1 entretenus et levs1 un ensemble flottant et insaisissable1 une masse anonyme sans tte1 sans bras et sans coeur4 ,note #aha3 ,la ,socit future1 chap4 ,,xxiii1 p4 #cdb4 ,ft-elle mme autoritaire1 fortement organise2 imprieusement centralise selon le mode collectiviste1 la socit ne me paratrait pas recevable davantage usurper la place des parents naturels1 exercer les fonctions crasantes d'une paternit universelle4 ,son rle ne doit tre et ne peut tre que suppltif4 ,qu'elle recueille les enfants abandonns1 rien de mieux2 mais qu'elle se garde d'empiter sur les attributions de la famille1 qui est mieux place1 mieux doue pour la formation des gnrations nouvelles6 ,c'est pourquoi1 en refusant aux pres et aux mres un droit absolu de proprit sur la personne de leurs enfants1 il convient de leur accorder expressment des pouvoirs d'autorit suffisants pour qu'ils puissent remplir les devoirs1 les obligations et les charges qui leur incombent au profit de leur postrit4 ,fils et filles ne sont donc point la chose1 le bien1 le domaine des parents3 c'est entendu4 ,mais ils restent leurs enfants4 ,jamais vous n'empcherez un pre et une mre de dire des descendants qu'ils se sont donns3 ,mon fils1 ma fille6 ,si diffrente que soit l'autorit paternelle de la proprit prive1 on conviendra que les parents ont plus de droits sur leurs enfants que le premier venu du voisinage4 ,les ayant faits1 ils sont chargs de les nourrir4 ,et c'est mconnatre les intentions de la nature que de leur refuser un pouvoir de protection1 de conseil1 de direction1 qui1 dans l'tat normal des choses1 est tempr par un fond de tendresse gnreuse et compatissante4 ,les parents sans entrailles sont1 ,dieu merci6 des exceptions4 ,on ne saurait poser en rgle gnrale que l'autorit paternelle est plus nuisible qu'utile au dveloppement de l'enfance4 ,on ne fera croire personne que les pres d'aujourd'hui soient barbares et froces4 ,les droits de la paternit ne sont que la juste contre-partie de ses devoirs4 ,et en quelles mains dbonnaires sont-ils souvent placs6 ,combien peu savent se faire respecter8 ,la fermet1 la dignit s'en va4 ,l'autorit familiale s'est peu peu amollie1 pour ne pas dire aplatie4 ,que de parents sont devenus les esclaves de leurs enfants6 ,que de jeunes gens se moquent de leur vieux bonhomme de pre et envoient promener leur vieille bonne femme de mre6 ,osera-t-on dire que ces petits messieurs et ces grandes demoiselles gagneront1 ce relchement de la discipline familiale1 de se faire une vie plus noble1 plus heureuse et plus utile8 ,et pourtant1 le fminisme anarchique presse les pres et les mres d'abdiquer leurs vaines prrogatives4 ,il mettra1 par exemple1 dans la bouche d'un pre s'adressant ses filles et ses gendres1 le jour de leur union1 des paroles comme celles-ci3 ,notre titre de parents ne nous fait en rien vos suprieurs et nous n'avons sur vous d'autres droits que ceux de notre profonde affection4 ,rests libres1 vous n'en tes devenus que plus aimants4 ,encore aujourd'hui1 vous tes vos propres matres4 ,nous n'avons point vous demander de promesses et nous ne vous faisons point de recommandations#ahb4 ,cela est d'un dtachement et d'une confiance admirables4 ,note #ahb3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb4 ,unions libres1 pp4 #bi et #cj4 ,non qu'il soit sage au pre de s'immiscer rudement dans les affaires de coeur de ses filles majeures et de ses grands garons4 ,mais une sottise est si vite commise1 ft-ce en ge de raison6 ,comment1 ds lors1 en vouloir aux parents de chercher clairer leurs enfants sur les suites possibles d'un entranement ou d'une liaison8 ,ils peuvent invoquer1 en ce cas1 et leur droit et leur devoir4 ,car1 ici1 l'intervention familiale est dicte moins par une manie de commandement que par une vue clairvoyante des vritables intrts des descendants4 ,il ne s'agit point d'opposer obstinment le veto des vieux aux inclinations des jeunes4 ,une fois majeurs1 ceux-ci doivent tre matres de disposer de leur coeur4 ,a eux1 le dernier mot4 ,mais interdire aux parents le droit d'en appeler de la passion aveugle la raison avertie1 mais leur faire un crime d'adresser leur fils ou leur fille des reprsentations prudentes et de sages remontrances1 mais les obliger laisser faire et les rduire au rle de tmoins impassibles et indiffrents1 lorsqu'il s'agit d'actes susceptibles de compromettre l'avenir1 le bonheur1 la vie mme de ce qu'ils ont de plus cher au monde1--c'est vraiment leur imposer une abstention au-dessus de leur force1 une abstention contre nature4 ,nous ne croyons pas qu'on obtienne de sitt d'un pre ou d'une mre qu'ils foulent aux pieds leurs obligations de tendresse1 de sollicitude et d'affectueuse protection4 ,il faudrait1 pour cela1 leur arracher le coeur4 ,o est la puissance humaine capable d'touffer en nous la voix du sang8 ,,iv ,une fois le pre dpossd de sa puissance1 il restera la mre qui1 semble-t-il1 a bien aussi quelques droits sur l'enfant4 ,elle l'a port dans son sein et nourri de son lait2 elle lui a communiqu son sang1 son souffle1 sa vie4 ,pendant neuf mois1 elle a fait corps avec lui4 ,il est sien4 ,et grce au fait matriel de la naissance1 il peut tre facilement revendiqu par elle erga omnes4 ,m4 ,jean ,grave veut bien le reconnatre3 ,plus que la socit1 plus que le pre qui1 somme toute1 ne peut s'affirmer comme tel que par un acte de confiance1--plus que quiconque1 la mre seule a quelque raison d'arguer de ses droits sur l'enfant4 ,elle sera donc libre de le conserver#ahc4 ,il semble mme que l'cole anarchiste soit favorable au matriarcat4 ,si jamais rvolution troubla les esprits1 dit-on1 ce fut assurment celle qui substitua le patriarcat aux institutions matriarcales#ahd4 ,sans revenir nouveau sur ces institutions hypothtiques 7on a vu que beaucoup d'historiens n'y croient pas71 il est constant que1 durant de longs sicles1 la filiation paternelle l'a emport sur la filiation maternelle dans la dtermination de l'tat civil de l'enfant4 ,et tandis que nous voulons aujourd'hui que celui-ci soit1--grce au mariage1--le fils du pre aussi bien que le fils de la mre1 l'esprit fministe tend exagrer le matriarcat1 au prjudice des influences paternelles1 sous prtexte que la femme en sera grandie et libre4 ,note #ahc3 ,la ,socit future1 p4 #cdg4 ,note #ahd3 ,souvenir du #ad octobre #ahhb4 ,unions libres1 p4 #aa4 ,mais point d'honneur sans charge4 ,en liminant le pre du gouvernement de la famille1 on aggrave invitablement les responsabilits de la mre qui1 seule charge du fardeau de ses petits1 ne manquera point le plus souvent d'en tre crase4 mancipe du ct du mari1 la femme sera donc plus gravement assujettie du ct des enfants4 mile ,henry1 que l'attentat de l'htel ,terminus a rendu tristement clbre1 a bien voulu s'inquiter de cette situation4 ,dans la socit actuelle1 nous dit-il ingnument1 l'ide de famille est fonde sur l'union continue et parfois perptuelle de l'homme et de la femme1 en vue de la procration et de l'ducation des enfants4 ,nous1 les anarchistes1 nous ne voyons dans le rapprochement des sexes qu'une crise d'amour4 ,c'est la recherche naturelle et rciproque de l'homme et de la femme4 ,cela ne cre aucun devoir4 ,le mle1 aprs qu'il a fcond la femelle1 ne lui doit plus rien4 ,s'il veut demeurer avec elle1 tant mieux2 mais ce sera en vertu de l'amour qu'elle continue de lui inspirer1 et non en vertu de je ne sais quel lien insupportable4 ,aucun devoir ne dcoule de la procration1 qui n'est qu'un acte momentan4 ,la femme n'a pas mme le devoir de l'allaitement vis--vis du petit qu'elle a engendr4 ,si la nature ne l'attache point son produit rien ne saurait la retenir prs de l'enfant#ahe4 ,ce rgime est proprement celui des btes qui vaguent dans les champs et dans les bois4 ,rien n'est plus conforme la nature que l'amour cynique4 ,je ne sais mme qu'un gros mot pour qualifier convenablement un pareil dvergondage3 c'est la chiennerie universelle4 ,note #ahe3 ,document publi par le ,journal des ,dbats du mardi soir #aj juillet #ahid4 ,ainsi comprise1 l'union libre nous ramnerait cette animalit primitive dont ,jean-,jacques ,rousseau nous a donn une si charmante peinture3 ,dans l'tat primitif1 n'ayant aucune espce de proprit1 les mles et les femelles s'unissaient fortuitement1 selon la rencontre1 l'occasion et le dsir3 ils se quittaient avec la mme facilit4 ,la mre allaitait d'abord ses enfants pour son propre besoin2 puis1 l'habitude les lui ayant rendus chers1 elle les nourrissait ensuite pour le leur4 ,cette aimable pastorale n'est-elle pas mille fois suprieure la triste monogamie des modernes8 ,plus de devoirs pour le pre1 plus d'obligations pour la mre4 ,fais ce que tu veux6 ,l'enfant poussera comme il pourra4 ,le dveloppement de la nature humaine ne saurait se concevoir1 au dire d'mile ,henry1 que par la libre closion de toutes les facults physiques1 morales et crbrales4 ,rien n'oblige donc les individus se charger de leur progniture4 ,mais dfaut de la socit politique1 qui sera dissoute1 et de la famille juridique1 qui sera abolie1 quelles personnes reviendra le soin de les lever8 ,m4 ,jean ,grave rpond le plus srieusement du monde3 ,a ceux qui aimeront le plus l'enfant4 ,que de gens1 en effet1 sont au supplice d'avoir tout le jour des marmots dans les jambes1 et combien rpondent leurs criailleries par des brutalits6 ,qu'ils abandonnent leur marmaille3 cela vaudra mieux pour tout le monde4 ,il en est d'autres1 par contre1 pour qui c'est un bonheur de choyer1 de dorloter1 de pouponner les bambins3 laissez-leur donc la joie d'lever les enfants des autres4 ,au lieu de payer des poupes de carton nos petites demoiselles1 pourquoi ne pas leur donner tout de suite un bb en chair et en os mailloter et entretenir8 ,nul doute qu'on ne puisse former des bataillons de nourrices volontaires1 qui se dvoueront aux nouveau-ns par got et par amiti4 ,l'amour de l'enfance fera des prodiges4 ,plus de mercenaires rechignant sur le travail2 plus de pdagogues tortionnaires2 plus de salaris sans conviction4 ,dans la socit anarchique1 chacun se partageant la besogne au mieux de ses tendances et de ses aptitudes et y trouvant sa propre satisfaction1 les bonnes mes auront toutes facilits de devenir les parents intellectuels des petits abandonns#ahf4 ,note #ahf3 ,la ,socit future1 chap4 ,,xxiii3 ,l'enfant dans la socit nouvelle1 pp4 #cdc1 #cdd1 #cde1 #cej1 passim4 ,que si tant de bont vous tonne1 on vous rpondra que1 les difficults sociales tant aplanies1 le caractre des individus se modifiera certainement sous la libre action des affinits naturelles4 ,sur la terre libre des soucis de l'existence1 la solidarit s'panouira d'elle-mme2 une plus grande sincrit rgnera dans les relations humaines4 ,toute contrainte cessant1 l'affection sera le lien des hommes4 ,au lieu d'tre une charge pour ceux qui l'adopteront1 l'enfant ne sera plus qu'une jolie petite crature aimer et cajoler4 ,dcidment1 nous aurions mauvaise grce nous inquiter des gnrations natre4 ,pour un pre qui se drobera1 dix supplants s'offriront le remplacer4 ,et avec quel zle6 ,les substituts volontaires ne manqueront point4 ,ce sera le miracle de l'anarchie de susciter les plus admirables vocations4 ,nul doute1 affirme ,m4 ,jean ,grave1 que les individus ne s'acquittent merveille de leur tche#ahg4 ,note #ahg3 ,la ,socit future1 eod4 loc41 pp4 #cdc-cdd4 ,toutefois1 malgr sa robuste confiance1 l'crivain libertaire laisse percer1 ici ou l1 quelques inquitudes4 ,n'est-il pas craindre que1 profitant d'un rgime d'absolue libert1 des parents idiots ou abrutis1 7c'est aux chrtiens que ce discours s'adresse71 fassent des crtins de leurs enfants4 ,cela est infiniment grave2 car protestants et catholiques n'enseigneront vraisemblablement point le catchisme anarchiste leur progniture4 ,ce qui rassure un peu ,m4 ,jean ,grave1 c'est que cette insanit sera rendue impossible par la force mme des choses4 ,n'oubliez pas que les tats et les glises seront supprims2 que1 ces retranchements oprs1 les individus jouiront pleinement de toutes les batitudes de la science et de la vie2 qu'il est donc inadmissible que l'ide saugrenue puisse venir des parents obscurantistes de faonner des enfants ignorantins2 qu'en tout cas1 ceux-ci n'hsiteraient point chapper l'influence de leurs indignes ascendants1 pour se livrer aux nobles ducateurs qui sauront mieux respecter l'intgral dveloppement de leur petite personne4 ,mais il faut tout prvoir4 ,si donc il arrivait1 par hasard1 que des parents oppresseurs eussent la mauvaise pense de nourrir l'esprit de leur descendance d'absurdits rtrogrades1 on se rserve de leur faire sentir que la loi du plus fort est facilement dplaable#ahh4 ,est-ce bien logique1 ,m4 ,grave8 ,comment8 ,voil des amants de la libert qui proclament le droit pour chacun de faire ce qui lui plat1 et qui viennent dire aux catholiques1 aux protestants1 aux socialistes1 tous leurs adversaires3 ,vous aurez mille facilits d'accomplir ce que nous voulons2 vous aurez les coudes franches pour dvelopper1 de toute faon1 la solidarit telle que nous l'entendons4 ,mais s'il vous convient d'induire vos enfants en d'autres ides1 sachez que le poing nous dmange la pense de pareils abus4 ,vous ferez de petits anarchistes1 ou nous vous casserons les reins4 ,libertaires en thorie1 autoritaires en action1 les compagnons ne reconnaissent-ils donc qu'une autonomie1--la leur8 ,note #ahh3 ,la ,socit future1 eod4 loc41 pp4 #cec et #cee4 ,v ,on trouvera peut-tre que nous avons accord une bien large place l'expos des ides du fminisme rvolutionnaire4 ,a quoi bon s'occuper si longuement de pures utopies1 qui ne prendront jamais corps dans l'humanit venir8--,qu'en sait-on8 ,l'esprit d'indpendance et de rvolte fait au milieu de nos socits d'inquitants progrs4 ,tout ce qui tend affaiblir l'autorit de la famille et ruiner le droit des parents trouve peu peu crance dans les esprits4 ,en veut-on un exemple8 ,par dfinition1 la puissance paternelle n'est1 de l'avis unanime des jurisconsultes1 que le droit pour les pre et mre de pourvoir l'ducation de leurs enfants4 ,or1 par dfiance injurieuse1 ou mieux par usurpation violente1 le radicalisme jacobin conteste aujourd'hui ce droit suprme aux pres et aux mres de famille4 ,qu'on attache au devoir moral des parents une certaine sanction juridique3 nous l'admettons volontiers4 ,c'est ainsi que la loi du #bh mars #ahhb a organis un procd spcial de coercition1 pour les forcer donner au moins l'instruction primaire leurs enfants4 ,encore est-il qu'ils doivent tre libres de choisir les matres auxquels ils dlguent leurs pouvoirs4 ,cela est tellement vident que si1 nous1 pres de famille1 nous pouvions lever et instruire personnellement nos enfants1 nul1 je pense1 n'aurait l'ide de nous l'interdire4 ,l'tat enseignant n'est donc1 en principe1 que le mandataire des parents4 ,mais ce rle ne suffit plus aux reprsentants de la politique rvolutionnaire4 ,a la libert du pre1 on oppose hypocritement la libert de l'enfant4 ,et cette formule n'est qu'un mot vide de sens1 si l'on entend par l qu'il appartient un petit tre sans force1 sans lumire et sans exprience1 de choisir l'enseignement qui lui convient4 ,seulement1 derrire le sophisme de la libert de l'enfant1 se cache sournoisement une prtention sectaire1 celle d'accaparer l'enfant4 ,on ne veut le soustraire l'influence de la famille que pour le placer plus troitement sous une autre contrainte4 ,et cependant1 observe ,m4 ,brunetire1 s'il est dsarm contre ce qu'on appelle les prjugs paternels1 plus forte raison combien ne le serait-il pas contre ceux d'un matre du dehors8 ,au fond1 nos modernes jacobins se moquent du droit de l'enfant autant que du droit du pre4 ,ils n'ont qu'une pense3 substituer l'autorit familiale institue par la nature et fonde sur l'amour1 le matre sans me1 impersonnel et irresponsable1 qui est l'tat4 ,eux aussi admettent1--mais avec moins de franchise que les socialistes1--que l'enfant appartient tous avant d'appartenir aux siens4 ,a de telles prtentions1 ouvertes ou dissimules1 les parents n'ont qu'une rponse faire3 il y a entre l'enfant et ses pre et mre un lien de chair1 un lien de sang1 qu'il est criminel de trancher par la force4 ,nous arracher nos fils et nos filles1 c'est nous prendre notre vie4 ,il n'est point de vol qui soit plus odieux et plus cruel4 ,toute violence faite au coeur des pres et des mres est un attentat contre les droits les plus sacrs de l'humanit4 ,pour revenir la mre1 que peut-elle gagner ces ides despotiques8 ,une aggravation de sujtion et de misre4 ,l'avnement du collectivisme1 en particulier1 lui rserve une existence extrmement dure4 ,rendue la libert de l'amour1 dlivre du devoir de fidlit1 unie l'homme par un bail temps1 et non plus par une convention vie1 elle devra renoncer aux charmes et aux srets du foyer domestique4 ,revendiqus par l'tat1 les enfants appartiendront moins la mre2 levs aux frais de l'tat1 les enfants s'attacheront moins leur mre4 ,car la pit filiale est un fruit de l'esprit de famille2 et celui-ci ne pourrait subsister longtemps sous un rgime qui se propose d'abolir le mariage4 ,viennent donc les ans avec leurs disgrces et leurs infirmits3 et la mre1 devenue trangre au pre et indiffrente ses fils et ses filles1 ne pourra compter que sur le secours des institutions banales de l',assistance publique4 ,au lieu du foyer d'aujourd'hui1 la solitude et l'abandon2 au lieu d'une vieillesse douce et tranquille au milieu des siens1 une fin morne et lugubre dans quelque asile de l'tat4 ,ds qu'on supprime la famille1 la mre est condamne mourir tristement dans un lit d'hpital4 ,voil l'effrayante destine que les coles rvolutionnaires prparent la femme de l'avenir6 ,les pouses et les mres seraient bien imprudentes de prter l'oreille et d'ouvrir leur coeur de si funestes doctrines4 ,ici1 de bonnes mes nous accuseront peut-tre d'avoir mis la charge du fminisme des tendances et des ides qui ne sont point siennes4 ,il ne suffit pas qu'une nouveaut hardie figure au programme socialiste ou s'tale dans un livre anarchiste1 pour en conclure que les femmes1 mme avances1 y sont acquises d'esprit et de coeur4 ,aussi bien devons-nous reconnatre que la question de la maternit a suscit un schisme grave1 dont il est facile d'induire1 avec quelque certitude1 l'tat d'me des groupes rivaux qui marchent l'avant-garde du fminisme franais4 ,au congrs de #ahif1 la citoyenne ,rouzade avait rclam un budget spcial pour cette fonction qu'on appelle la maternit4 ,providence nourricire des petits et des grands1 l'tat doit assurer1 disait-elle1 une pension honorable toute femme ayant charge d'enfants4 ,mais cette motion1 parfaitement logique ds qu'il n'y a plus de mariage et de lgitimit1 fut assez mal accueillie4 ,traiter les filles-mres comme des fonctionnaires parut quelque peu audacieux4 ,cette sorte de prime la production ne manquerait point1 d'ailleurs1 d'encourager les naissances irrgulires1 au grand profit de ces messieurs des boulevards extrieurs1 qui pratiquent dj si habilement l'art de se faire des rentes 7le mot deviendrait tout fait exact7 en traitant les femmes comme elles le mritent4 ,ces intressants personnages ne bnficieraient pas moins1 semble-t-il1 de l'abolition de la prostitution rglemente1 que le mme congrs eut la gnrosit imprudente de voter4 ,en mme temps1 le clibat ecclsiastique tait signal l'attention particulire des dames prsentes comme une cause trs prjudiciable l'ordre moral4 ,c'est alors que ,m4 ,robin1 l'ancien directeur de ,cempuis1 renchrissant sur les dclarations les plus saugrenues1 considrant notamment que ,dieu1 c'est le mal1 qu'il n'y a rien faire avec la morale chrtienne1 et que la prostitution ne sera supprime que par la libert de l'amour1 rclama instamment l'abolition de toute espce de lois relatives l'union des sexes4 ,cette proposition fit bondir la moiti de la salle4 ,ce fut un beau tapage4 ,et depuis cet vnement1 il semble que le parti fministe se soit partag en deux camps1 les jupes de soie et les jupes de laine1 autrement dit les bourgeoises modres et les rvolutionnaires intransigeantes4 ,tandis que les premires s'attardent prorer sur le mariage1 sur le divorce1 sur la communaut1 sur l'adultre1 les secondes ne s'embarrassent point de ces subtilits juridiques qui ne doivent avoir aucune place dans leur socit venir4 ,pour les adeptes du fminisme intgral1 les questions de sexe n'ont plus de sens4 ,aux temps heureux de la ,rvolution sociale1 l'union libre rsoudra tous les antagonismes4 ,qu'on ne s'inquite donc point des enfants3 on vitera d'en faire1 s'il le faut4 ,a ce propos1 ,m4 ,robin1 qui ne recule devant aucune audace1 se proclama nettement malthusien1 au grand scandale des mres prsentes4 ,et le congrs se subdivisa1 du coup1 en fministes purs et en robinistes impurs4 ,par suite1 les modres se contentrent d'exprimer le voeu que1 de sa naissance sa majorit1 l'enfant1 mis la charge de la socit1 tant au point de vue de son entretien que de son ducation1 ft constamment protg et surveill1 autant dans l'intrt de la socit que dans le sien propre#ahi4 ,c'est la ngation formelle du droit des parents sur leur progniture4 ,mais1 du moment que la famille est appele disparatre1 il faut bien que l'tat la remplace2 et c'est pourquoi le fminisme1 d'accord en cela avec le socialisme1 met tous les enfants la charge de l',assistance publique4 ,note #ahi3 ,journal des ,dbats des #aj1 #aa1 #ab et #ac avril #ahif4 ,si jamais la socit pouvait1 suivant ce triste voeu1 dcharger les mres des soins1 des preuves1 des tribulations mme qui les attachent leurs enfants1 les sources de la tendresse humaine seraient bientt appauvries et dessches4 ,l'levage des enfants par l'tat teindrait vite au coeur des pres et des mres le dvouement et l'amour1 c'est--dire nos plus belles vertus4 ,le jour o1 effaant toute responsabilit paternelle et maternelle1 une loi aura dcrt que les enfants natront comme ils pourront1 et que l'tat1 prenant la place des parents1 se chargera de les recueillir et de les lever1 ce jour-l et l'imprvoyance des femmes et la licence des hommes n'auront plus de frein4 ,c'est pourquoi nous ne verrions pas sans inquitude 7c'est une observation dj faite7 la cration d'une caisse de la maternit alimente par les deniers des contribuables4 ,sous prtexte de venir en aide aux mres pauvres1 cette forme de l'assistance nerverait chez l'homme et chez la femme le sentiment des devoirs et des responsabilits de la famille4 ,mais on s'inquite peu de cet amoindrissement des facults affectives4 ,reste savoir si la socit pourrait faire face aux devoirs de paternit universelle que1 d'accord avec le socialisme1 un certain fminisme met sa charge4 ,que les divorces se multiplient et passent en habitude1--et nous savons que l'union libre n'est que le divorce pratiqu volont1--les enfants trouveront-ils auprs de la ,commune ou de l'tat les soins affectueux1 la protection tendre et dvoue1 dont ils jouissent aujourd'hui dans la famille8 ,rien qu'au point de vue financier1 l',assistance publique plie dj sous le faix de ses obligations4 ,pour que les communauts de l'avenir assument le rle de tuteur1 de nourrisseur1 d'leveur d'enfants1 il leur faudrait1 outre des ressources considrables1 des trsors d'affection1 de dsintressement1 de sacrifice et d'amour1 qui ne jaillissent que de l'me des parents4 ,si parfait qu'on suppose le mcanisme d'une crche municipale ou d'un refuge dpartemental1 jamais il ne remplacera le coeur d'une mre4 ,malgr les brches que le vent du sicle a creuses dans les vieux murs du foyer domestique1 la famille franaise constitue un abri1 un soutien1 une dfense1 dont il serait inepte et criminel de priver l'enfance4 ,nulle part on ne trouvera pour celle-ci un asile plus sr1 plus chaud1 plus gai1 plus confortable4 ,ne la sevrons point cruellement du lait vivifiant de l'amour maternel6 ,quelque perfectionne qu'on la suppose1 l',assistance publique ne sera jamais qu'une nourrice sche1 trs sche1 trop sche4 ,mais soyons tranquilles3 ce n'est pas demain que les parents abandonneront leurs enfants cette martre4 ,remplacer le pre par un fonctionnaire et la maternit par une administration1 quelle ide6 ,si jamais quelque dictature rvolutionnaire exigeait violemment des familles franaises le corps et l'me de leurs fils et de leurs filles1 j'espre bien qu'un mme cri d'indignation soulverait toutes les poitrines3 ,sus aux voleurs d'enfants6 ,,chapitre ,v ,le fminisme et la natalit ,,sommaire ,i4--,,cons,,quences ,,extr,,mes ,,du ,f,,minisme ,,int,,gral4--,,ses ,,craintes ,d',,un ,,exc,s ,,de ,,prolificit4--,,pas ,,trop ,d',,enfants1 ,s',,il ,,vous ,,pla,t6--,,rar,,faction ,,humaine ,a ,,pr,,voir4 ,,ii4--,,diminution ,,des ,,naissances4--,,le ,f,,minisme ,,intellectuel ,,et ,,la ,,st,,rilit ,,involontaire ,,ou ,,syst,,matique4--,,le ,,droit ,a ,l',,inf,,condit4--,,luxe ,,et ,,libertinage4 ,,iii4--,,calculs ,,restrictifs ,,de ,,la ,,natalit4--,,inqui,,tantes ,,perspectives4--,,ou ,,est ,,le ,,rem,,de8 ,,iv4--,,coup ,d',,oeil ,r,,trospectif4--,,quelle ,,est ,,la ,,fin ,,supr,,me ,,du ,,mariage8--,,nos ,,devoirs ,,envers ,l',,enfant4--,,appel ,,aux ,m,,res4 ,nous n'avons pas encore puis toutes les consquences malfaisantes du fminisme intgral4 ,non content de poursuivre la ruine du mariage1 il ne se gne pas de porter la main sur l'auguste maternit pour la fltrir et la dcouronner4 ,aprs les librations de l'amour1 le dbordement des mauvaises moeurs est invitable4 ,socialement parlant1 l o le mariage cesse1 le libertinage commence4 ,la femme1 qui proclame l'mancipation du coeur1 est une malheureuse dsorbite que n'arrte plus gure le respect d'elle-mme4 ,la maternit l'effraie4 ,elle a peur de l'enfant4 ,c'est l'ennemie de la race4 ,i ,l encore1 le fminisme rvolutionnaire nous fournit de curieuses indications sur les dviations affligeantes du sentiment familial1 en des mes que l'individualisme orgueilleux et sensuel a touches et perverties4 ,voici1 d'abord1 le singulier scrupule qui tourmente ,m4 ,jean ,grave3 dans une socit vraiment libre1 o tous ne demanderont qu' pancher leurs sentiments affectifs#aij1 o l'tre humain pourra satisfaire tous ses besoins1 o les pres et mres n'auront plus ni capital dbourser ni privations s'imposer pour lever leur progniture1 dans ce ,paradis reconquis1 n'aurons-nous pas redouter une multiplication excessive de l'espce8 ,ayant cess d'tre une charge1 la reproduction ne sera plus qu'un plaisir4 ,et comme nulle obligation n'est impose aux parents anarchistes de prendre souci de leur descendance1 l'homme n'aura plus aucune raison de craindre un accroissement de famille4 ,et vous voyez la consquence3 les enfants vont pulluler comme les petits lapins4 ,nos ressources suffiront-elles pour nourrir cette surabondance de population8 ,note #aij3 ,la ,socit future1 p4 #cdj4 ,a cette question inquitante1 ,m4 ,jean ,grave1 qui ne manque pas d'imagination1 oppose d'abord tous les progrs de l'agriculture anarchiste4 ,avec un outillage perfectionn1 avec une connaissance plus approfondie de la nature des terres1 avec une application plus savante des engrais1 l'humanit a de la marge devant elle avant de s'encombrer de ses enfants4 ,et puis1 dans le monde nouveau1 chacun pourra se dplacer1 migrer1 voyager le plus facilement du monde1 sans frais et probablement sans accidents4 ,les poupons eux-mmes s'lveront tout seuls4 ,vous en doutez8 ,quelles facilits ne trouverait-on pas dans une socit future o les produits ne seraient plus sophistiqus par des trafiquants rapaces1 o la nourriture des animaux choisis pour l'allaitement de l'enfance serait approprie sa destination1 o les animaux eux-mmes seraient placs dans des conditions de bien-tre qui en feraient des animaux robustes et sains8#aia ,heureux btail6 ,heureux poupons6 ,plus d'anmie1 plus de phtisie1 plus de maladie4 ,un ruissellement de bon lait1 une abondance intarissable de toutes choses1 la plnitude de la vie et de la joie3 tel est l'avenir que nous promet la divine anarchie6 ,si1 aprs cela1 nos arrire-petits-neveux ne sont pas contents1 il faudra vraiment dsesprer de satisfaire le coeur humain4 ,note #aia3 ,la ,socit future1 pp4 #cdc1 #cdi1 #cee4 ,pourquoi ,m4 ,jean ,grave1 aprs avoir trac ce joli tableau1 nous rappelle-t-il que la souffrance de l'enfantement et les incommodits de la grossesse seront toujours l pour apporter un frein modrateur la prolification8 ,aprs avoir fait le bonheur des mioches1 il ne lui en cotait pas davantage de faire le bonheur des mres4 ,mais les gnrations futures s'acquitteront de ce soin4 ,nos vues1 dit-il en manire de conclusion1 sont trop courtes pour que nous puissions faire les prophtes4 ,il est de notorit1 en effet1 que l'esprit anarchiste est l'esprit le plus positif qui se puisse imaginer2 les citations1 qui prcdent1 attestent suffisamment qu'il ne se paie ni de mots ni de chimres4 ,m4 ,kropotkine tient pourtant1 sur le mme sujet1 un langage vasif qui prte aux plus fcheuses interprtations4 manciper la femme1 c'est s'organiser de manire lui permettre de nourrir et d'lever ses enfants1 si bon lui semble 7nous savons que l'anarchisme ne saurait logiquement l'y obliger71 tout en conservant assez de loisirs pour prendre sa part de vie sociale#aib4 ,ainsi donc1 la femme aura peu d'enfants pour les avoir beaux et forts1 suivant les procds de slection scientifique4 ,elle se privera mme de cette joie1 si la maternit lui fait peur4 ,elle n'allaitera ses petits que si le coeur lui en dit1 l'anarchisme s'abstenant de lui en faire une obligation4 ,il lui faut du loisir4 ,le bonheur individuel n'est-il pas l'idal suprme8 ,en ralit1 tous les systmes rvolutionnaires prparent et escomptent une diminution de la natalit4 ,si l'enfant tient une si petite place dans les programmes socialistes ou anarchistes1 c'est qu'il ne jouera1 pense-t-on1 qu'un rle de plus en plus effac dans les unions libres de l'avenir4 ,on peut lire dj1 dans certains livres et certains journaux1 cet aveu effront qu'on ne se marie plus pour avoir des enfants4 ,a quoi bon s'inquiter1 par consquent1 d'une postrit aussi accidentelle#aic8 ,le libre amour1 avec ses passions mancipes et ses rticences habiles1 nous prpare une vritable rarfaction humaine4 ,a qui prend la vie pour un amusement1 les enfants sont une gne1 un fardeau1 une sujtion4 ,on en fera donc le moins possible4 ,aprs nous1 la fin du monde6 ,et puis1 la maternit n'est-elle pas le patriotisme des femmes8 ,et le patriotisme est une duperie2 il n'en faut plus6 ,ubi bene1 ibi patria4 ,note #aib3 ,la ,conqute du pain4 ,le travail agrable1 p4 #afd4 ,note #aic3 ,la ,petite ,rpublique des #h et #i avril #ahie4 ,que si donc les unions libres se multiplient selon l'esprit et le voeu des coles rvolutionnaires1 nous pouvons conjecturer srement que la population diminuera en nombre et en vigueur4 ,a un affaiblissement de la moralit correspond toujours un affaiblissement de la natalit4 ,et lorsque l'enfant natra1 par accident1 d'un commerce purement passionnel1 comment croire qu'il trouvera des soins aussi dvous1 une sollicitude aussi compatissante1 qu'entre les mains de braves gens unis en justes noces devant ,dieu et devant les hommes8 ,s'il nat un enfant naturel1 l'exprience atteste que sa vie est plus menace que celle de l'enfant lgitime4 ,on a vu que les avortements1 les infanticides et les mauvais traitements sont pour beaucoup dans la mortalit infantile1 et qu'ils sont presque toujours le fait de parents affranchis de tout prjug et libres de tout scrupule4 ,que dire de ces dvergondes sans coeur1 sans entrailles1 sans moralit1 qui1 se contentant du lien fragile des faux mnages1 rpugnent la maternit parce qu'elle paissit la taille1 alourdit la marche et interrompt la fte8 ,ces folles mancipes n'entendent point devenir filles-mres2 et cela1 moins cause des rigueurs de l'opinion publique dont elles se moquent comme d'une guigne1 que des souffrances et des charges de la maternit qui1 pourtant1 lorsqu'elle est vaillamment accepte1 purifie les pires souillures et relve les plus viles cratures4 ,,ii ,pour le moment1--qu'il le veuille ou non1--le fminisme avanc conspire galement la diminution du nombre des enfants2 et c'est le grief le plus grave que l'on puisse formuler contre lui4 ,la natalit faiblit3 l est le pril d'aujourd'hui4 ,les conomistes sont vraiment bien bons de se proccuper d'une trop rapide propagation de l'espce humaine3 la femme nouvelle n'entend point devenir une mre lapine4 ,le pourrait-elle1 d'abord8 ,c'est douteux4 ,nos filles savantes ne nous prparent gure de robustes mres de famille4 ,chtives ou infcondes1 voil ce qu'en fera souvent le surmenage intellectuel4 ,mais n'est-il pas craindre surtout que la maternit les effraie ou les importune8 ,est-ce trop dire que beaucoup dj ne se sentent plus grand coeur cette sainte besogne8 ,a force d'envisager les questions de morale d'un point de vue rigoureusement individualiste1 nous risquons d'avilir et d'amoindrir en nous l'esprit de famille4 ,combien de gens cultivs effacent dlibrment de leur vie ce qui en est l'unique raison3 l'enfant8 ,combien de lettrs pensent tout bas de la paternit ce que ,ptrarque en disait tout haut1 avec le ddain vaniteux de l'gosme intellectuel8 ,qu'ils prennent femme ceux qui s'imaginent tirer grand honneur de leur postrit4 ,pour nous1 ce n'est point du mariage que nous attendons la perptuit de notre nom1 mais de notre propre esprit4 ,nous ne la demandons pas des enfants1 mais des livres4 ,dans le mme esprit1 certaines femmes d'aujourd'hui revendiquent le droit de disposer de leur personne4 ,mlle ,chauvin1 par exemple1 n'admet pas que toutes les femmes soient condamnes exercer1 de mre en fille1 toujours la mme profession1 celle d'pouse et de mre#aid4 ,et lorsque1 d'aventure1 elles se sont maries1 que de fois1 pour parler comme ,lady ,henry ,sommerset1 elles saluent d'un soupir de regret l'enfant non dsir6 ,combien reoivent le petit importun avec un sanglot au lieu d'un baiser8 ,chez les riches1 comme chez les pauvres1 la maternit est l'incident le plus triste de la vie des femmes4 ,et la noble ,anglaise de conclure qu'elle ne doit pas leur tre impose1 et que1 pour s'appartenir en pareil cas1 l'pouse doit conqurir l'indpendance personnelle#aie4 ,stuart ,mill1 qui redoutait une multiplication excessive de la population1 avait bien raison de compter sur le fminisme pour l'enrayer et la rduire4 ,note #aid3 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif4 ,la ,femme moderne par elle-mme1 p4 #hec4 ,note #aie3 ,op4 cit41 p4 #hhi4 ,de ce langage quivoque la franche revendication pour la femme marie du droit la strilit1 il n'y a pas loin2 et le fminisme mondain s'y achemine inconsciemment4 ,les unes1 considrant le mariage comme une duperie1 refusent d'aller jusqu'au bout dans la voie du sacrifice4 ,les autres1 supputant les charges et les humiliations de la mdiocrit1 calculent et fixent prventivement le chiffre de leur postrit4 ,o est le moyen1 d'ailleurs1 de mener de front les obligations du monde et les corves de la famille8 ,le premier devoir d'une femme comme il faut n'est-il pas de se faire voir toutes les runions o s'affiche la belle socit8 ,c'est pourquoi les reines du monde o l'on s'amuse sacrifient1 sans scrupule1 les intrts de la race aux superfluits ruineuses de la mode et des salons4 ,on se donnera moins d'enfants1 mais on pourra se payer de plus riches toilettes et de plus belles parures4 ,si grave mme est en quelques mes la perversion du sentiment social1 qu'il leur parat tout simple d'insinuer que la femme1 qui se refuse tre mre par quelque moyen que ce soit1 est digne d'une indulgence plnire4 ,ainsi1 on a pouss les subtilits de la casuistique jusqu' plaider les circonstances attnuantes en faveur des enfantements prmaturs4 ,n'est-ce pas le malheur des grossesses de dformer la taille8 ,et nos chres belles en sont si pniblement affectes1 que de prtendus honntes gens osent peine leur reprocher d'y remdier par un crime4 ,cette inconscience fait trembler4 ,sans le vouloir et1 peut-tre1 sans le savoir1 ce joli monde s'accorde1 d'esprit et de coeur1 avec les coles les plus subversives4 ,,iii ,chose triste dire3 j'ai peur que certaines vues restrictives de strilit goste ne s'insinuent peu peu mme dans les mnages rguliers4 ,pour comprendre ici toute ma pense1 on voudra bien lire entre les lignes4 ,a mesure que l'esprit humain deviendra plus instruit et plus clair1 mesure que les lois de la vie et de la reproduction seront mieux connues1 il est croire que la naissance des enfants et le peuplement de la terre seront assujettis plus troitement notre volont4 ,au lieu d'tre abandonne la merci d'un hasard aveugle ou aux caprices d'impulsions inconscientes1 la gnration sera soumise de plus en plus au contrle de notre libre jugement4 ,tranchons le mot3 un jour viendra1--et je le crois proche1--o n'auront d'enfants que ceux qui1 de propos dlibr1 voudront bien en faire4 ,et il se pourrait que cette volont ft de moins en moins active et gnrale4 ,avec l'excitation des mauvaises moeurs qui1 dans les grandes villes surtout1 inclinent la population des habitudes physiologiques dsordonnes1 avec l'horreur croissante de certaines gens pour les soins1 les tracas1 les dpenses1 les soucis d'une famille nourrir et lever1--n'est-il pas redouter que la perversit humaine1 servie par la science1 ne se fasse un jeu d'appauvrir le pays de nouvelles existences8 ,n'est-il pas prvoir que le got du bien-tre1 du luxe et du confort1 l'attachement aux jouissances personnelles1 les calculs de l'amour-propre et les tentations de la vie facile1 inclineront les mes sacrifier l'avenir au prsent et la vie des enfants l'gosme des parents8 ,l'abaissement de la natalit franaise est dj1 pour la plus large part1 le rsultat d'une limitation systmatique et d'une infcondit volontaire4 ,que les restrictions prventives se propagent1 et notre population ne cessera de dcrotre1 invitablement4 ,oui6 plus nous irons1 et plus les variations de la production humaine seront soumises la souverainet du libre arbitre individuel4 ,si donc les naissances augmentent ou diminuent1 c'est que1 les distractions et les surprises exceptes1 nous l'aurons consciemment et dlibrment voulu4 ,a l'avenir1 si habile que soit la nature djouer les calculs de la prudence conjugale1 la conception sera de moins en moins accidentelle1 de plus en plus raisonne4 ,ds lors1 ceux qu'affole la passion des jouissances et qu'pouvante la pense du sacrifice1 ne seront-ils point tents trop souvent de cueillir la fleur du plaisir en supprimant prventivement le fruit du devoir8 ,je le crains fort4 ,et cet gosme n'ira point1 bien entendu1 sans offenser plus ou moins gravement la moralit4 ,vitio parentum rara juventus6 ,et c'est pourquoi les sicles futurs seront1 vraisemblablement1 l'occasion de grandes vertus et de grands crimes4 ,encore une fois1 avec la diffusion de l'instruction1 qui sert propager dans les deux sexes le mal comme le bien1 il est conjecturer que les restrictions de la natalit seront de plus en plus volontaires4 ,et qu'on ne se rcrie point3 elles le sont dj4 ,conseilles ou imposes par l'un1 acceptes ou subies par l'autre1 il n'est pas rare mme qu'elles soient concertes entre mari et femme4 ,des gens graves et pudiques font les tonns3 qu'ils entrent dans un mnage normand ou beauceron1 et on leur dira1 demi-mot1 qu'on a peu d'enfants1 parce qu'on serait dsol d'en avoir beaucoup4 ,si les confesseurs pouvaient parler1 ils nous difieraient sur ce chapitre dlicat4 ,alors une grave question se pose3 puisque la volont de l'homme 7et je n'excepte point la volont de la femme1 au contraire71 ne cesse de s'exercer1 avec plus d'assurance et d'efficacit1 sur la transmission de la vie et la reproduction de l'espce1 comment pourrons-nous sauver notre patrie d'une dpopulation qui la diminue et d'une dpravation qui l'abaisse8 ,je ne sais qu'un remde2 et c'est encore le vieux mariage chrtien avec ses sanctions lgales et son frein religieux4 ,voulez-vous fonder une famille3 mariez-vous1 sinon soyez chaste4 ,ou le mariage fcond1 ou le clibat vertueux4 ,honnte et prolifique1 l'union bnie par le prtre et enregistre par le maire est la seule qui soit doue1 la fois1 de noblesse morale et d'efficacit sociale4 ,mais ce remde n'est-il point au-dessus de nos forces8 ,la discipline1 qu'il suppose1 n'est-elle pas trop pure1 trop austre pour les mes dbilites de nos contemporains8 ,il est des malades qui ne veulent point gurir4 ,en tout cas1 n'oublions pas qu'une nation irrmdiablement dmoralise est voue une dcadence prochaine4 ,,iv ,rsumons-nous4 ,les partisans de l'union libre reconnaissent l'homme et la femme le droit de chercher le bonheur ici-bas aux dpens de l'enfant4 ,pour eux1 le mariage ne doit tre qu'une communaut de jouissances1 une association de plaisir assortie par l'amour4 ,ne permettre deux tres1 brlants de passion1 de s'unir et de vivre que pour l'enfant1 leur semble une abomination4 ,est-il juste1 s'crient-ils1 de subordonner l'adulte l'embryon1 le papillon la chenille1 la fleur la graine1 l'individualit forme au germe qui1 peut-tre1 ne le sera jamais8 ,deux amants1 crit ,mme ,camille ,pert1 doivent-ils briser leur vie1 touffer leurs aspirations1 s'astreindre un joug insupportable1 uniquement cause de cet tre qui est n d'eux par hasard8 ,assurment1 hommes et femmes ne se marient que pour tre heureux l'un par l'autre4 ,l'espoir d'une flicit mutuelle les anime1 les chauffe et les rapproche4 ,au fond du mariage1 il y a une aspiration ardente vers le bonheur4 ,mais ct de la volupt cherche1 il y a autre chose dans cette promesse solennelle change devant ,dieu et devant les hommes4 ,il y a une pense d'avenir et de perptuit2 il y a l'auguste dessein de transmettre la vie1 de se prolonger dans le temps1 de continuer la cration1 de fonder une famille4 ,la naissance de l'enfant est donc la fin suprme du mariage4 ,l'enfant est une lourde charge1 dit-on encore2 il est l'occasion de mille tourments1 de mille sacrifices1 de mille chagrins44--,c'est vrai2 mais la nature a pris soin d'allger ce fardeau et d'adoucir ces peines1 en mettant la gaiet dans le regard espigle et ingnu des enfants1 la candeur sur leur front1 la plus charmante musique sur leurs lvres1 la souplesse et la grce dans leurs mouvements4 ,ils sont l'amusement1 la joie et la vie du foyer1 en attendant qu'ils deviennent l'orgueil et la consolation de leurs parents vieillis4 ,voyez les mnages sans enfants3 leur tristesse fait songer aux nids abandonns1 qui ne connatront jamais le babil et la chaleur des jeunes couves4 ,point de bonheur complet sans le doux lien de chair que font1 autour du cou des pre et mre1 les bras caressants du nouveau-n4 ,l'union des poux est comme scelle1 rajeunie1 renouvele par la naissance des chers petits4 ,mais l'enfant ne doit pas tre accueilli seulement comme une bndiction4 ,c'est un dpt sacr1 source de nombreuses et graves obligations4 ,puisqu'il n'existerait pas si les parents ne lui avaient donn la vie1 puisqu'il est leur oeuvre1 le fruit de leur coopration1 l'hritier de leur sang1 rien de plus juste qu'ils en rpondent2 d'autant mieux qu'ils ont pris l'engagement formel1 devant eux-mmes1 de le chrir et de l'lever4 ,l'abandonner serait une lchet2 le ngliger1 une faute2 le har1 un crime4 ,ds que l'enfant parat au jour1 les poux ne s'appartiennent plus4 ,un devoir nouveau les lie l'un l'autre1 devoir voulu par anticipation1 accept ds le dbut du mariage1 consenti sous serment devant l'autorit civile et l'autorit religieuse4 ,sans eux1 l'enfant ne serait pas n2 sans eux1 l'enfant ne pourrait pas vivre4 ,a eux de complter l'existence qu'ils ont cre4 ,ils l'ont promis3 c'est le devoir4 ,tant pis si la passion satisfaite s'est refroidie1 si la vie commune est douloureuse6 ,les poux n'ont pas le droit de sacrifier un innocent leur plaisir4 ,on ne doit se rsigner une sparation qu' la dernire extrmit4 ,ayons le respect de l'enfant6 ,ayons piti de l'enfance6 ,dans un discours fameux prononc au ,reichstag le #f fvrier #ahib1 un des chefs du socialisme allemand1 ,bebel1 a dit fort justement3 ,l o se portera la femme pour le grand mouvement social1 l sera la victoire4 ,aujourd'hui donc1 la femme a une option dcisive exercer1 une dtermination trs grave prendre4 ,d'un ct1 le fminisme rvolutionnaire lui ouvre des perspectives infinies d'indpendance et d'galit4 ,de l'autre1 la tradition sociale lui prche l'accord1 l'union1 la paix avec l'homme dans la diversit des rles et des fonctions4 ,qui coutera-t-elle8 ,qui suivra-t-elle8 ,nous n'avons point qualit pour rpondre4 ,a elle de choisir6 ,l'avenir du monde est aux mains des femmes4 ,,livre ,v ,,pr,,visions ,,et ,,conclusions ,,chapitre ,i ,les risques du fminisme ,,sommaire ,i4--,,ou ,,est ,,le ,,danger8--,,premier ,,risque3 ,,le ,,surmenage ,c,r,,bral4--,a ,,quoi ,,bon ,,tout ,,enseigner ,,et ,,tout ,,apprendre8--,,les ,,exigences ,,des ,,programmes ,,et ,,les ,,exigences ,,de ,,la ,,vie4 ,,ii4--,,dol,,ances ,,des ,,ma,,tres4--,,appr,,hensions ,,des ,m,,decins4--,,exag,,rations ,,viter4 ,,iii4--,,le ,c,,libat ,,des ,,intellectuelles4--,,ses ,p,,rils ,,et ,,ses ,,souffrances4 ,au cours de ce long ouvrage1--o notre constante proccupation a t de rendre accessible tous une question qui ne saurait tre indiffrente personne1--on a pu se convaincre que le fminisme1 tel seulement qu'il se manifeste en ,france1 est vraiment tout un monde#aif4 ,il s'tend toutes les manifestations de la vie sociale2 il touche tous les domaines de la pense humaine1--psychologie1 pdagogie1 droit1 politique1 morale1 conomie2 et si grave est l'enjeu des problmes qu'il soulve entre les sexes et entre les poux1 que nous avons vu les coles philosophiques les plus diverses et les partis politiques les plus opposs en voquer l'examen et en revendiquer la solution4 ,ds maintenant1 le ,christianisme et la ,rvolution se disputent la femme1 assurs qu'ils sont que la victoire est acquise d'avance ceux qui auront l'habilet de conqurir ses bonnes grces et son appui dans les luttes de l'avenir4 ,note #aif3 ,voyez l',avertissement au lecteur de notre premier volume1 p4 ,,iii4 ,arriv au terme de notre tche1 nous voudrions1 avant de clore cette double srie d'tudes1 non pas rappeler1 mme succinctement1 les questions innombrables que nous y avons tour tour abordes et rsolues1--ce qui nous entranerait en des redites inutiles et fastidieuses1--mais seulement remmorer1 en les soulignant1 les principaux dangers qu'un fminisme excessif et imprvoyant peut faire courir la femme de demain4 ,ils sont inhrents aux trois choses qui tiennent le plus au coeur des fministes contemporains3 nous avons nomm l'instruction1 le travail et l'indpendance4 ,plus clairement1 ce que nous redoutons surtout pour la femme nouvelle1 c'est le surmenage intellectuel1 la concurrence conomique et l'orgueil individualiste4 ,ces risques nous semblent si graves que nous tenons1 avant de finir1 les mettre une dernire fois en pleine lumire4 ,i ,on sait que les questions relatives l'ducation des filles et la condition des femmes sont au premier rang de nos proccupations sociales2 cela est si vrai que le roman et le thtre s'en sont empars4 ,de l un mouvement logique et en un certain sens1 irrsistible1 qui se manifeste autour de nous1 et qu'il ne faut ni craindre ni regretter4 ,n'est-ce pas le propre de la vie de faire germer et fleurir indfiniment la nouveaut sur les ruines du pass8 ,nous serions vraiment de pauvres philosophes et d'tranges dmocrates1 si nous fermions les yeux et les oreilles aux spectacles et aux bruits du temps prsent4 ,or1 c'est un fait certain que1 par le progrs des moeurs devenues plus douces et des lois devenues plus quitables1 la condition des femmes s'est amliore et tend1 d'anne en anne1 s'amliorer davantage4 ,par suite1 beaucoup de ,franaises souhaitent de remplir un rle plus actif dans la socit1 de tenir une place plus large dans la famille1 de mener une vie plus libre dans le monde2 et notre avis1 tant que la modestie de leur sexe n'en souffre point1 ni leur sant non plus1 on aurait tort de refouler de tels sentiments1 de combattre de si naturelles aspirations4 ,aprs avoir chant leurs mrites1 le moment est venu de reconnatre leurs droits4 ,libres et responsables comme nous1 mais absolument distinctes de nous1 nous avons consquemment rclam pour elles1 suivant la formule mme de ,m4 ,legouv1 l'galit dans la diffrence4 ,conformment ce principe1 nous n'avons pas hsit rfuter vivement l'opinion impertinente1 d'aprs laquelle les femmes sont de grands enfants frivoles1 souvent malades1 incapables de pense suivie1 voues aux tches subalternes de l'esprit4 ,s'il est rare qu'elles soient doues d'une intelligence virile1 elles possdent en revanche des qualits propres1 qui nous ont fait dire qu'elles sont autres que les hommes1 sans tre infrieures aux hommes4 ,les perfectionnements des deux sexes ne sauraient donc tre pareils1 mais seulement parallles4 ,que la jeune fille puisse invoquer le droit la connaissance et rclamer une instruction plus complte et plus soigne1 nous y avons souscrit de grand coeur4 ,mais il reste entendu que ce droit a des limites1 et que cette instruction1 par exemple1 ne sera pas intgrale4 ,en gnral1 les travaux mthodiques1 exigs pour la formation complte de l'esprit1 conviennent mal sa nature et son rle4 ,il serait fou de viser faire de toute femme une institutrice1 une savante1 d'autant mieux que l'rudition lui sied moins que la grce4 ,mme de ,girardin disait malicieusement3 ,en ,france1 toutes les femmes ont de l'esprit1 sauf les bas-bleus4 ,et de fait1 la conversation d'une illettre aura parfois plus de charme que celle d'une matresse d'cole4 ,joignez que les ttes fminines les mieux cultives ne sont pas toujours les plus raisonnables4 ,voyez les vierges fortes1--pour employer un mot de ,m4 ,marcel ,prvost3 l'instruction haute dose1 qu'elles ont reue1 les a-t-elle toujours perfectionnes8 ,ce qu'elles crivent n'offre-t-il point1 gnralement1 quelque chose d'trange1 d'incomplet1 d'inquitant8 ,les ides qu'elles affirment sont-elles lucides et pondres8 ,n'y sent-on pas comme une me tourmente1 enfivre1 dsorbite8 ,c'est que les qualits propres l'esprit fminin procdent moins d'une culture intensive que d'un fond naturel4 ,elles lui viennent spontanment1 comme l'alouette son gazouillement et sa lgret4 ,a vouloir lever les femmes sur le modle des hommes1 on risquerait d'insinuer en leur intelligence plus de prtention que de force1 plus d'orgueil que de sagesse1 plus de pdantisme que d'lvation4 ,il y a longtemps que ,fnelon a dit1 avec son admirable bon sens1 qu' une femme curieuse et qui se pique de savoir beaucoup1 est plus blouie qu'claire par ce qu'elle sait4 ,elle ne vise qu' devenir un bel esprit2 elle n'a que du ddain pour les bourgeoises qui prparent des conserves1 surveillent le blanchissage et soignent leur jardin et leur basse-cour2 et comme elle a vite pris l'habitude de lire sans cesse1 elle nglige toutes ses affaires et souvent sa propre toilette4 ,combien d'tudes1 mme srieuses1 sont inutiles la trs grande majorit des femmes8 ,est-il une crature plus plaindre que la jeune fille chrement pourvue des grces superflues d'une ducation de pensionnat1 et qui1 une fois marie1 n'aura pas la moindre femme de chambre son service8 ,a quoi lui serviront les arts d'agrment8 et le piano8 et l'aquarelle8 et son bagage littraire8 et son brevet suprieur8 ,vienne son premier-n1 et il lui faudra se contenter de la musique1 dont ce petit souverain la rgalera jour et nuit4 ,et si1 par bonheur1 il lui reste au coeur quelque douce flamme1 si l'instruction inutile1 qu'elle a reue1 n'a pas appauvri et dessch en elle l'instinct maternel1 elle aura vite fait d'oublier avec joie ses partitions1 ses pinceaux et ses livres4 ,,ii ,pourquoi alors accabler nos jeunes filles de connaissances rudites qui ne sauraient tre d'aucun secours dans la vie8 ,c'est une belle chose de faire pntrer dans l'ducation fminine ce qu'on appelle le large et vivifiant courant de la science moderne2 c'est une tche peu commune d'enseigner aux colires prendre conscience de leur me qui sommeille1 dvelopper leurs nergies latentes1 afin de les rendre capables de penser l'action juste et de la vouloir4 ,certes1 un pareil programme n'est pas banal4 ,est-ce une raison pourtant d'introduire1 ple-mle et avec effort1 dans la cervelle des jeunes patientes1 les notions confuses de toutes les sciences humaines8 ,or1 voici1 d'aprs les confidences d'une matresse1 quel supplice sont prsentement soumis les professeurs de nos lyces de filles3 ,il n'est pas rare de les voir faire1 dans une mme journe1 le commentaire d'une glogue de ,virgile1 l'analyse du systme de ,kant1 l'expos des transformations du substantif dans la langue d'ol et le tableau du rgime parlementaire des ,anglais au ,,xviii e sicle1 ou expliquer le rle du systme nerveux priphrique1 la structure de l'aromtre de ,nicholson1 les relations mtriques entre les cts d'un triangle et la formation des carbures d'hydrogne1--et reliqua6 ,srement1 l'esprit de ,molire n'habite pas ces maisons d'enseignement4 ,de quel rire notre grand comique et cingl1 lui vivant1 cette pdagogie cruelle6 ,et notez que je ne plains qu' moiti les professeurs3 si ces dames sont surmenes1 c'est leur rle1 aprs tout1 et presque leur devoir4 ,ma compassion va surtout aux lves condamnes les couter1 les malheureuses6 ,il n'est donc pas mauvais de rappeler1 en passant1 que le matre a pour fonction d'laguer1 de simplifier1 de clarifier les programmes touffus et indigestes qui menacent d'craser toute la jeunesse4 ,savoir se borner1 telle est la premire qualit du professeur1 la plus prcieuse et la plus rare4 ,et si dsirable qu'il soit de faire instruire et duquer les femmes par les femmes1 j'ai dj exprim la crainte que peu de matresses satisfassent cette condition essentielle d'un bon enseignement1 la pente naturelle de l'esprit fminin devant les incliner beaucoup plus la minutie dtaille de l'analyse1 qu'aux vues larges et suprieures de la synthse4 ,que si mme les errements d'aujourd'hui devaient se gnraliser1 attendons-nous ce qu'ils produisent une gnration de jeunes femmes anmies par la fivre et dvores par la nvrose4 ,les mdecins sont unanimes dclarer que la tension excessive du cerveau a1 sur l'organisme fminin1 les plus graves rpercussions4 ,quelle menace pour l'avenir de la race6 ,surmener la jeune fille1 c'est par avance puiser la mre4 ,si donc nous continuons1 comme les exagrations du fminisme intellectuel nous y poussent1 dprimer1 dbiliter le temprament de nos colires par l'obligation d'un travail de tte exagr1 nous risquons de compromettre1 de ruiner mme1 par anticipation1 la sant des femmes4 ,ce qu'il y a de trs important1 disait encore le tendre ,fnelon1 c'est de laisser affermir les organes en ne pressant pas l'instruction4 ,qu'on se rappelle donc une bonne fois que le but suprme de toute ducation1 c'est de prparer des tres utiles l'humanit4 ,or1 l'homme sera mdecin1 avocat1 ingnieur1 fonctionnaire ou soldat4 ,sa vie s'coulera au dehors1 se dispersera et se dpensera dans les occupations extrieures de sa carrire ou de son mtier4 ,le travail le dispute et l'enlve la famille4 ,en lui1 le professionnel l'emporte sur l'homme d'intrieur4 ,a la femme1 au contraire1 sauf exception1 il ne sera jamais demand que d'tre une femme1 c'est--dire une jeune fille1 une pouse et une mre4 ,et le charmant pote ,auguste ,dorchain1 auquel j'emprunte cette citation1 exprime absolument notre pense1 en ajoutant3 ,que tout1 dans son ducation1 soit donc combin pour que la ,franaise se ralise pleinement sous ces trois aspects4 ,et pour cela1 que faut-il8 ,que son ducation soit avant tout esthtique1 morale et1 dans la plus large acception du mot1 religieuse4 ,n'en dplaise au fminisme intgral1 mieux vaut faire de nos filles des intelligences ouvertes toutes les nobles penses1 mais aussi et surtout des mes prudentes et modestes1 convaincues que le peu qu'elles savent n'est rien auprs de ce qu'elles ignorent1--plutt que des ttes bourres d'rudition vaine1 des tres artificiels que leur fatuit pdante rendrait insupportables et que leur gosme savant rendrait dangereux ou inutiles4 ,et ce faisant1 nous aurons prpar plus efficacement l'avenir et le bonheur de nos enfants4 ,,iii ,lors mme qu' force de talent1 de chance ou d'nergie1 une femme a russi1 avec ses seules ressources1 s'assurer une vie indpendante et honorable1 franchement1 son isolement nous fait peur4 ,car il n'y a pas le nier3 elle est hors de sa fonction vritable1 hors de sa destine4 ,mme mile de ,girardin la comparait un rosier strile4 ,et1 en ralit1 pour se faire un nom dans une carrire librale1 elle doit s'arracher le coeur et faire taire le cri de ses entrailles4 ,quel sacrifice6 ,et si1 renonant au mariage1 elle n'a point la force de renoncer l'amour1 quel sera cet amour sans dignit1 sans sret1 sans lendemain8 ,la femme minente que je citais tout l'heure a fait cette question effrayante une rponse qui ne l'est pas moins3 ,la terreur de l'enfant1 qui resterait sa charge1 glace ses baisers4 ,c'est pourquoi nous avons entendu certaines fministes exaltes clamer1 d'une voix furieuse1 qu'il est injuste que l'homme ait les plaisirs de l'amour et la femme les douleurs de la maternit4 ,libre aux naves et aux stupides de se rsigner encore enfanter3 c'est leur affaire4 ,mais une intellectuelle1 digne de ce nom1 doit imposer silence au cri obscur de l'instinct4 ,l'horreur de l'enfant est une consquence naturelle du fminisme intransigeant4 ,a tout prendre1 je prfre ces divagations le clibat ingnu1 triste1 farouche1 des vierges froides et ttues qui repoussent1 comme une souillure1 tout contact avec l'homme4 ,et pourtant1 elles devraient se dire qu'aucun livre1 aucun chef-d'oeuvre1 aucune science ne pourra jamais faire d'une jeune fille une vritable femme2 car c'est l1 comme le remarque une ,italienne spirituelle1 ,mme ,neera1 un privilge que ,dieu a transmis directement l'homme3 ce dont je voudrais1 pour ma part1 qu'il se montrt plus conscient1 plus reconnaissant et plus fier4 ,ainsi donc1 soit par le surmenage crbral et la ruine de la sant qu'elles supposent chez les meilleures1 soit par l'apprhension de la maternit et la peur de l'enfant qu'elles impliquent chez les pires1 l'tude immodre et l'mancipation excessive des femmes sont un vol commis au prjudice de l'humanit future4 ,voil pourquoi les progrs du fminisme1 lorsqu'ils outrepassent les limites de la raison1 nous semblent prilleux et inquitants4 ,,chapitre ,,ii ,o allons-nous8 ,,sommaire ,i4--,,deuxi,,me ,,risque3 ,l',,mancipation ,,conomique4--,,la ,,concurrence ,f,,minine ,,est ,,un ,,droit ,,individuel4--,,il ,,faut ,,la ,,subir4 ,,ii4--,,ce ,,que ,,la ,,femme ,,peut ,,faire4--,,ce ,,que ,l',,tat ,,doit ,,permettre4--,,balance ,,des ,,profits ,,et ,,des ,,pertes4 ,,iii4--,l',,ind,,pendance ,,professionnelle ,,de ,,la ,,femme ,,lui ,,vaudra-,t-,,elle ,,plus ,d',,honneur ,,et ,,de ,,consid,,ration8--,,les ,,repr,,sailles ,,possibles ,,de ,l',,homme4 ,,iv4--,,contre ,,le ,f,,minisme ,,intransigeant4--,,en ,,quoi ,,ses ,,extravagances ,,peuvent ,,nuire ,,la ,,femme4 ,v4--,,encore ,,la ,,question ,,de ,,sant4--,,par ,,ou ,,le ,f,,minisme ,,risque ,,de ,p,,rir4 ,aprs le surmenage crbral1 la concurrence sociale de l'homme et de la femme nous semble un des risques les plus redoutables du fminisme contemporain4 ,bien que la question conomique et la question politique se tiennent par plus d'un ct1 et quelque tmraire qu'il soit d'escompter l'avance l'volution probable d'un mouvement aussi complexe que le mouvement fministe1 nous inclinons croire que l'mancipation politique produirait plus de bien que de mal1 et qu'en sens inverse1 l'mancipation conomique fera peut-tre plus de mal que de bien4 ,c'est pourquoi nous avons ds maintenant revendiqu1 pour la femme majeure1 l'exercice du droit de suffrage1 dont les ,anglaises et les ,amricaines jouissent dj en tout ce qui concerne les affaires communales et provinciales4 ,mais il nous a fallu constater1 en mme temps1 que les ,franais d'aujourd'hui sont peu dsireux d'en octroyer l'exercice aux femmes1 et que les ,franaises elles-mmes se montrent peu empresses d'en rclamer la jouissance aux hommes3 mfiance d'un ct1 pusillanimit de l'autre1 que les progrs de l'instruction et la marche des ides ne manqueront pas de vaincre tt ou tard4 ,n'est-ce pas un fait d'exprience que l'mancipation intellectuelle mne tout droit l'mancipation politique8 ,on a vu plus haut les raisons qui nous font augurer des bons effets de l'lectoral fminin4 ,veut-on connatre maintenant celles qui nous font redouter l'envahissement graduel1 et presque fatal1 de nos emplois industriels par les femmes du peuple et de nos professions librales par les femmes de la bourgeoisie8 ,aussi bien faut-il que celles-ci sachent1 par avance1 o les excs inconsidrs du fminisme conomique peuvent les conduire2 et qu' s'y jeter corps perdu1 elles risquent de trouver1 au bout du chemin1 des ralits douloureuses1 qui ne ressemblent gure aux rves qu'elles caressent ni aux conqutes qu'elles ambitionnent4 ,i ,le censeur ,metellus ,numidicus disait au peuple romain assembl3 ,si la nature avait pu nous donner l'existence sans le secours de la femme1 nous serions dlivrs d'une compagne fort importune4 ,cette boutade insolente nous prouve que la misogynie n'est pas chose nouvelle4 ,que penserait aujourd'hui ce terrible homme1 s'il lui tait donn de voir aux tats-,unis la formidable invasion de toutes les carrires viriles par les femmes amricaines8 ,il partagerait1 j'imagine1 le pessimisme d'un de nos contemporains1 d'esprit trs positif1 qui nous assure que1 sitt que la femme sera proclame civilement l'gale de l'homme1 il n'y aura plus d'galit1 l'homme alors devenant dfinitivement esclave#aig4 ,note #aig3 ,j4 ,,bourdeau1 ,l'volution de l'esclavage4 ,feuilleton du ,journal des ,dbats du #b avril #ahig4 ,triste prsage6 ,o allons-nous donc8 ,quoique notre pays soit moins immdiatement menac que les pays anglo-saxons1 ,m4 mile ,bergerat annonait rcemment ses compatriotes abrutis par l'absinthe1 nervs par l'inconduite ou stupfis par le tabac1 le jeu et la politique1 que la femme nouvelle est en train d'usurper la ,france#aih4 ,est-il possible que notre ,rpublique dmocratique se transforme1 un jour ou l'autre1 en un royaume d'amazones8 ,aprs avoir cras le serpent1 la femme doit-elle encore craser l'homme8 ,le sexe fort court-il vraiment de srieux dangers8 ,est-il prvoir qu' force d'envahir les ateliers1 de s'insinuer dans les magasins et les bureaux et de s'installer dans les professions librales1 le fminisme victorieux vincera les hommes des situations minentes qu'ils occupent depuis des sicles1 et que1 de chute en chute1 le roi de la cration tombera misrablement au rle de roi fainant8 ,note #aih3 ,revue illustre du #a;er mars #ahig1 p4 #afb4 ,un fait n'est pas niable1 savoir que la femme d',occident marque une tendance de plus en plus nette devenir1 comme on l'a dit1 l'antithse absolue de la femme d',orient4 ,est-ce une raison pour que les nouveauts intellectuelles auxquelles l',europenne aspire1--tudes universitaires et carrires librales1 galit des sexes dans la famille1 dans l'industrie1 dans l'tat1--lui donnent1 comme elle l'espre1 honneur et profit1 bonheur et sant8 ,faisons la balance des profits et des pertes1 que l'homme et la femme peuvent retirer d'un mouvement d'opinion qui tend galiser leurs droits et leurs fonctions2 et demandons-nous premirement si la socit elle-mme y trouvera son compte4 ,pour celle-ci1 assurment1 le bnfice serait nul et le prjudice certain1 au cas o les revendications fminines en viendraient1 d'exagration en exagration1 violenter l'ordre fondamental des choses4 ,la dissemblance des sexes est de ncessit naturelle4 ,en s'efforant de raliser entre l'homme et la femme une croissante identit d'attributions1 on mconnatrait cette loi gnrale1 d'un caractre vraiment scientifique1 d'aprs laquelle le progrs normal des organismes suprieurs est li la division de mieux en mieux comprise et pratique des efforts et des travaux4 ,mais nous pouvons tre srs que dame ,nature ne se laissera pas violer impunment3 quand le fminisme aura dpass la limite des liberts permises1 elle saura bien rappeler l'ordre1 avec une rudesse souveraine1 les extravagantes qui s'en seront cartes4 ,encore est-il que1 sans outrepasser ces frontires extrmes1 il ne serait pas bon que la concurrence1 aprs s'tre tablie entre les hommes et les peuples1 se glisst entre les sexes pour les dsunir4 ,le chacun pour soi n'a point fait assez de bien dans nos socits1 pour qu'on trouve excellent qu'il divise les familles et les mnages4 ,quant l'homme1 il n'aurait qu' se louer1 d'aprs ,m4 ,georges ,brands1--le critique danois bien connu1--du flot psychique qui pousse les femmes vers les positions viriles4 ,ce mouvement le dlivrera des fatigues physiques et de l'affaissement moral occasionn par sa position actuelle de soutien unique et surmen de la famille1 trop souvent victime d'une pouse exigeante1 vaniteuse ou stupide#aii4 ,mais un si beau rsultat suppose videmment que toutes les femmes de l'avenir seront parfaites4 ,en tes-vous bien sr1 ,m4 ,brands8 ,pour l'instant1 l'homme risque trs certainement d'tre vinc1 peu a peu1 de certaines positions lucratives1 qu'il a occupes jusqu'ici en matre indiscut4 ,et comme l'entre en scne de sa rivale permet de conjecturer pour lui1 en plus d'un cas1 une aggravation des difficults de la vie1 on conviendra qu'il n'a point tort de trouver cette perspective peu rjouissante4 ,est-ce une raison d'interdire aux femmes de nous disputer nos mtiers et nos professions8 ,cette prohibition serait inhumaine4 ,nous ne consentirons jamais riger en dlit le travail fminin qui empite sur les positions masculines4 ,imagine-t-on une loi martiale bannissant les femmes de tous nos emplois1 sous le prtexte outrecuidant que1 seuls1 nous sommes capables d'y faire bonne figure8 ,nous maintenons qu'en rgle gnrale1 elles ont le droit et le moyen de les remplir aussi bien que notre sexe4 ,note #aii3 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif1 p4 #hbi4 ,entre nous1 faut-il une si haute capacit1 une si sublime intelligence1 des lumires si rares pour faire un avocat disert1 un mdecin estimable1 un bon avou1 un huissier exact ou un parfait notaire8 ,est-il si difficile de se crer une place honorable dans les carrires dites librales8 ,faut-il une vocation insigne et des dons particuliers pour faire un agent de change ou un commissaire priseur8 videmment non2 des qualits trs moyennes nous suffisent pour occuper honntement ces ordinaires fonctions4 ,ne dites donc point que les femmes sont indignes de les briguer1 sous prtexte qu'elles sont incapables de les remplir4 ,la vrit est que beaucoup d'entre elles s'en acquitteraient avec autant d'application1 de savoir et d'habilet que leurs maris4 ,nous avons l'ide1 somme toute1 que la femme ne rabaisserait aucune de nos professions1 de mme qu'elle aurait beaucoup de peine voter plus mal que nous4 ,,ii ,mais n'exagrons point les profits possibles de son immixtion dans nos emplois4 ,la moyenne des femmes pourra s'lever utilement aux fonctions d'importance secondaire qui lui procureront1 sinon la gloire1 dont il est facile de se passer1 du moins le pain1 qui leur est ncessaire pour vivre2 et la plupart n'ambitionnent rien de plus4 ,a ct de quelques intrigantes qui bataillent pour la notorit1 les autres1 qui sont lgion1 ne combattent que pour l'existence4 ,et c'est ce qui fait prcisment que la socit n'est point recevable dcliner leur requte et1 encore moins railler leurs dolances4 ,aussi bien conclurons-nous nouveau que leur refuser les moyens de s'instruire1 c'est leur refuser et les moyens de travailler et les moyens de vivre4 ,en admettant mme que la culture plus soigne de leur intelligence soit1 pour le plus grand nombre1 une trs faible chance de russite industrielle et d'lvation sociale1 l'tat n'est fond1 ni en justice ni en raison1 leur fermer telles ou telles coles1 leur interdire tels ou tels emplois1 inscrire imprativement sur les portes qui donnent accs aux diffrentes carrires3 ,compartiment des hommes1 compartiment des femmes6 ,ici1 les messieurs2 ailleurs1 les dames6 ,hormis les restrictions d'utilit gnrale1--et par l nous entendons les exceptions ncessaires qui s'appuient sur un intrt social de premier ordre1--ds qu'une femme a l'espoir de faire son chemin et de gagner sa vie en une position quelconque1 si bien tenue qu'elle soit par les hommes1 il serait cruel de lui dire3 ,vous n'entrerez pas ici4 ,cette proprit est garde4 ,dfense vous est faite de braconner sur le domaine rserv au sexe masculin6 ,car elle serait en droit de nous rpondre3 ,je veux vivre2 et1 cet effet1 j'ai le droit de travailler librement1 mes risques et prils1 sous la seule sanction de ma responsabilit personnelle4 ,or1 je me sens des gots pour tel mtier1 des aptitudes pour telle fonction4 ,si vous m'en fermez l'accs1 faites-moi des rentes4 ,si vous me refusez une situation indpendante1 mariez-moi4 ,si vous m'empchez de travailler1 nourrissez-moi4 ,une dot ou du pain1 s'il vous plat6 ,encore une fois1 qu'une lite parvienne seulement supplanter le sexe fort dans les professions ouvertes la concurrence fminine1 il y a probabilit2 que les nouveaux emplois sollicits par la femme soient maigrement rmunrateurs pour elle1 il y a vraisemblance4 ,et pour cause3 les hommes s'crasent aux portes des carrires surabondamment pourvues4 ,tant pis pour les femmes qui s'obstineront en forcer l'entre6 ,elles ne pourront s'en prendre qu' elles-mmes des dceptions qui les attendent4 ,mais l'tat n'a pas le droit de les exproprier prventivement de ce qu'elles croient tre leur gagne-pain4 ,et puis1 toute force sociale en disponibilit finit toujours par se crer un emploi4 ,qui oserait affirmer qu'aprs bien des ttonnements1 bien des preuves1 bien des souffrances1 les femmes1 en qute de nouvelles destines1 ne trouveront pas1 dans les civilisations venir1 des occupations imprvues1--dont nos incessants progrs industriels nous donnent dj1 sinon une ide nette1 du moins un vague pressentiment1--grce quoi leur activit dbordante pourra s'pancher librement vers d'utiles et larges dbouchs1 pour leur profit et pour le ntre8 ,,iii ,quant savoir maintenant si l'mancipation conomique rapportera la femme autant de considration et d'honneur que d'argent comptant1 il y a pour le moins discussion4 ,si1 d'un ct1 on tient pour un profit certain le dveloppement de son indpendance et de sa fiert1 de son instruction et de son influence1 c'est--dire un accroissement du vouloir et du pouvoir1 il convient1 d'autre part1 d'inscrire son passif tout ce qu'elle pourra perdre1 hlas6 en tranquillit1 en grce1 en bont4 ,pour tre plus homme1 qui sait si elle ne sera pas moins femme8 ,elle pourra se flatter sans doute d'tre une activit productrice capable1 autant que son compagnon1 de faire de l'argent2 mais1 devenue par cela mme sa rivale plus ou moins acharne1 n'est-il pas craindre que celui-ci ne lui marchande ou ne lui refuse les gards1 les prvenances1 les indulgences1 qu'il accordait jadis sa douceur aimable et pacifiante8 ,et ce sera perte nette pour son sexe4 ,que si1 en effet1 contrairement la tradition1 qui nous la montre se mouvant partout dans un cercle d'action diffrent de celui des hommes1 elle s'efforce sans mesure d'envahir leur domaine et d'empiter sur leurs attributions sculaires1 il est prvoir1 qu'en mme temps qu'elle oubliera sa faiblesse pour s'lever1 son compagnon se souviendra de sa force pour la rabaisser8 ,en aucun pays1 le culte chevaleresque de la femme n'a pntr aussi profondment le coeur de l'homme4 ,nul tranger n'gale1 vis--vis des dames1 cette politesse prvenante1 cette bonne grce empresse des ,franais1 que nos pres ont dsigne du joli nom de galanterie4 ,il n'est pas un peuple o la femme ait t1--je ne dis pas mieux comprise1--mais plus fte qu'en ,france1 plus admire des artistes1 plus chante par les potes1 plus flatte dans son amour-propre1 plus excuse dans ses faiblesses1 plus obie dans ses caprices1 plus recherche pour sa grce et sa beaut1 plus entoure1 comme dit ,mme ,marie ,dronsard1 de tendresse audacieuse et de respect mu#bjj1--;en un mot1 plus aime4 ,note #bjj3 ,le ,mouvement fministe4 ,le ,correspondant du #aj septembre #ahif1 p4 #hfb4 ,or1 est-il si difficile d'observer que1 dj ces prvenances deviennent moins gnrales8 ,les hommes s'effacent-ils toujours devant les portes pour laisser la prsance aux dames8 ,soulvent-ils toujours leur chapeau1 en s'introduisant dans un compartiment occup par quelque voyageuse8 ,offrent-ils toujours aux femmes leur place d'intrieur dans les tramways et les omnibus8 ,le nivellement fait son chemin dans les relations de la vie4 ,a part les vieux messieurs ractionnaires qui continuent les traditions polies de notre race1 les nouvelles gnrations s'habituent1 sans le moindre scrupule1 la rgle facile de l'galit des sexes4 ,j'ai entendu des dames aux cheveux blancs se plaindre du sans-gne de nos jeunes gens1 qui paraissent s'inquiter comme d'une guigne de mriter la rputation1 autrefois si envie1 d'hommes bien levs4 viter une voisine un courant d'air1 une mauvaise place1 un drangement1 une fatigue1 leur est de nul souci4 ,le soin de leur chre petite personne l'emporte sur tout sentiment de dfrence respectueuse ou d'obligeance serviable4 ,s'il faut se plaindre de cette indiffrence1 on aurait grand tort de s'en tonner4 ,il y a d'abord la concurrence1 qui tend effacer l'ancienne ligne de dmarcation entre les deux sexes4 ,les femmes se flattant d'usurper nos positions1 des hommes se trouvent qui les dfendent rudement3 quoi de plus naturel8 ,dieu ne plaise que nous excusions en quelque faon l'inconvenant charivari1 dont les lves de l'cole des beaux-arts ont salu l'entre des femmes dans les ateliers6 ,si mme cette concurrence n'avait pour effet que de renvoyer aux professions manuelles certains gaillards plus pourvus de vanit que de talent1 il faudrait la bnir4 ,mais comment voulez-vous qu'ils voient d'un bon oeil l'introduction de rivales1 qui leur disputeront les rcompenses officielles8 ,o l'antagonisme clate1 la galanterie cesse4 ,et c'est de bonne guerre1 aprs tout6 ,vous rclamez l'galit absolue1 ,mesdames3 vous l'aurez4 ,impossible de prendre une part gale des profits et des liberts de notre sexe1 sans subir une gale part de nos dsagrments et de nos risques4 ,pas moyen d'tre l'honneur1 sans tre la peine1 la lutte4 ,vos mres tenaient pour des charges douces et sacres d'lever les enfants et de gouverner la maison2 et ces devoirs excitent votre piti1 offensent votre superbe individualisme4 ,la vie extrieure vous tente2 les occupations viriles vous attirent4 ,mais disputer au sexe fort les carrires et les offices qu'il occupe en monopole1 l'vincer des places o il gagne le pain de la famille1 il faut que vous sachiez que vous courez au devant des reprsailles1 et que votre concurrence risque de tourner en conflit4 ,habitu ne plus voir en la femme son complment1 sa collaboratrice1 son associe1 mais une rivale qui s'applique le supplanter dans ses fonctions et l'expulser de son domaine1 forc de vous combattre puisqu'il vous rpugne d'tre protges1 et condamn vous rendre coup pour coup puisqu'il vous sied de lui dclarer la guerre1 l'homme vous fera regretter peut-tre de l'avoir trait en ennemi au lieu de l'avoir accueilli en alli4 ,que peuvent devenir1 je vous le demande1 dans cette pre mle pour la vie1 et cette urbanit sculaire1 qui s'efforait de vous faire oublier votre faiblesse et votre subordination par les gards rendus la matresse du logis et la mre de famille1 et cette courtoisie prvenante1 qui s'appliquait carter de vos pas les soucis et les misres1 parer votre personne1 embellir votre vie8 ,vous ne voulez plus tre dfendues1 servies1 honores1 gtes3 trs bien4 ,provoqus imprudemment en combat singulier1 vos chevaliers servants d'autrefois vous tireront la rvrence et se mettront en garde4 ,que celles qui vont au devant des coups ne s'tonnent donc point de recevoir quelques horions6 ,a qui brle de le combattre1 l'homme aurait tort vraiment de faire des grces et de prodiguer les fleurs et les bonbons4 ,,iv ,on pense bien que ce petit discours s'adresse surtout1 dans notre pense1 ce bataillon de femmes1 d'humeur conqurante1 qui nourrissent la prtention d'imposer aux hommes leurs vues1 leurs gots1 leurs caprices2 ces libres cratures1 prises d'une rage de domination1 qui1 pour de vagues raisons de vanit blesse1 de cabotinage exaspr ou mme de mchancet pure1 ont pris en haine le sexe masculin tout entier4 ,entre nous1 j'ai peine les croire redoutables4 ,elles ont beau dclarer la guerre ouverte entre l',homme et la ,femme et prcher la rvolte en termes effronts1 comment les prendre au srieux8 ,qu'elles sachent pourtant qu'une raction est possible3 la misogynie fait des progrs parmi les lettrs1 et certains d'entre eux ont la main lourde4 ,a ce fminisme dment et pervers1 au fminisme qui pdale1 canote1 fume1 cavalcade1 au fminisme nigaud qui compromet par ses extravagances les plus utiles rformes1 nous devons1 en toute occasion1 prodiguer rudement les rappels l'ordre et la biensance4 ,comment conserver son sang-froid en voyant des femmes1--que je veux croire intelligentes1--repousser avec un ddain blessant les politesses des hommes1 par ce motif qu'elles sont le signe d'une tutelle injurieuse exerce sur leur prtendue faiblesse8 ,certaine cole fministe en est venue ne pas comprendre qu'une femme1 qui se respecte1 puisse se laisser complimenter par un honnte homme4 ,n'a-t-on pas incrimin ,mme ,pognon d'avoir fait appel la vieille galanterie franaise1 pour ramener au silence les auditeurs irrespectueux du ,congrs fministe de #ahif8 ,afin de nous encourager sans doute la courtoisie1 ,mme ,potoni ,pierre1 qui ne redoutait point l'galit du verbe et du poing1 tenait toutes nos marques de condescendance pour des manifestations de mpris1 interprtant les moindres gards rendus son sexe comme un signe de servage et l'affirmation d'une infriorit sociale4 ,quoi d'tonnant1 aprs cela1 que certains mles1 amis de leurs aises1 prennent la femme au mot et lui prodiguent l'galit qu'elle dsire8 ,si mme au lieu de coups de chapeau1 ils changent avec leurs voisines1 dans une runion publique1 des coups de coude ou des coups de parapluie1 celles-ci devront1 pour tre logiques1 les en remercier1 comme d'un touchant hommage leur indpendance virile et batailleuse4 ,aux femmes qui seraient tentes de l'oublier1 rappelons donc que1 vis--vis du sexe masculin1 elles ne sont vraiment fortes que par leur faiblesse2 qu'il est de leur intrt d'agrer nos mnagements et nos politesses2 et qu' souffrir d'tre gtes par ces vilains hommes1 elles conserveront sur eux leur influence et leur empire plus srement qu'en rclamant contre eux une galit chimrique4 ,certains crivains semblent craindre qu'une fois affranchie lgalement de ses traditionnelles sujtions1 la femme aura tt fait d'accabler l'homme de sa prminence4 ,c'est mme une opinion trs rpandue que les relations publiques et prives ne peuvent tre transformes par l'volution du fminisme1 qu'au prjudice des matres d'aujourd'hui4 ,mais1 notre avis1 ce pessimisme est vain4 ,nous sommes convaincu1 au contraire1 que la femme mancipe souffrira beaucoup plus que nous de ses liberts conquises4 ,humble servante1 en thorie1 n'est-elle pas aujourd'hui1 pour peu qu'elle sache le vouloir avec intelligence1 la souveraine matresse de l'a famille et de la maison8 ,supposez qu'elle brise les liens lgaux dont elle sait si bien1 quand elle est habile1 nous faire des chanes3 est-elle sre qu'on lui laissera partout la prsance8 ,a se poser en rivale1 elle risque de ne plus tre traite en amie4 ,faites donc que toutes ses obligations actuelles soient rompues ou relches1 que tous ses actes soient mancips1 que toute sa personnalit soit libre1--faute de pouvoir s'appuyer1 comme prsent1 sur l'poux que notre loi civile constitue1 pour la vie1 son pourvoyeur et son gardien1--elle aura perdu ce qui fait en notre socit son honneur et sa scurit4 ,aux femmes que la bicyclette ou le vagabondage des moeurs mondaines arrache leur mari1 leurs enfants1 leurs devoirs1 il faut avoir le courage de rpter que deux calamits les guettent3 l'irrvrence des hommes et l'exaspration des nerfs4 ,ce qui menace la femme1 dont c'est le rve de s'affranchir et de se masculiniser outre mesure1 c'est l'abaissement moral et la dgnrescence physique4 ,au bout du fminisme excentrique1 il y a la dconsidration et la nvrose4 ,v ,nous voici ramens encore une fois l'invitable question de sant4 ,il n'en est point qui intresse davantage l'avenir de la femme1 ni qui marque mieux les limites intangibles que les outrances du fminisme ne doivent point dpasser4 ,or1 de mme que l'mancipation intellectuelle met en pril le dveloppement normal de la jeune fille1 ainsi encore l'mancipation conomique risque de dtourner la jeune femme de sa vocation naturelle et d'appauvrir les sources mmes de la natalit4 ,et d'abord1 les prtentions fminines aux tches et aux emplois des hommes sont grosses de prils pour la sant des femmes4 ,tout en souscrivant leurs revendications1 pour ce qu'elles ont de rationnel et d'humain1 tout en reconnaissant que certaines exigences conomiques leur font parfois une ncessit de marcher sur nos brises1--on ne peut s'empcher de trembler pour leur complexion plus dlicate et plus fragile que la ntre4 ,qu'elles choisissent bien leur voie6 ,plus d'une occupation virile leur serait meurtrire4 ,qu'elles ne se flattent point d'avoir1 en tout et partout1 la force de nous imiter1 de nous suppler1 de nous vincer sans dommage6 ,pour ne parler que des fonctions librales1 douces en apparence et si enviables en fait1 sont-elles nombreuses les ttes fminines capables de rsister aux fatigues1 l'nervement des recherches et des travaux intellectuels8 ,la plupart des carrires scientifiques et professorales1 par l'application continue1 par la tension crbrale et mme l'endurance corporelle qu'elles supposent1 exigent de quiconque veut s'y lever et s'y maintenir une certaine robustesse gnrale1 un solide quilibre mental1 une trs forte sant physique et morale4 ,que de vies l'effort intellectuel a brises prmaturment parmi nous6 ,que sera-ce parmi les femmes8 ,ne risquent-elles point de payer d'un puisement prmatur l'ambition d'galer et d'imiter le sexe fort8 ,n'ont-elles rien craindre du surmenage8 ,un exemple1 en passant3 il concerne une fonction laquelle1 pourtant1 nous avons montr que la femme semble appele par de nombreuses convenances sociales4 ,de l'avis des mdecins allemands1 une femme ne peut pas affronter les fatigues mdicales sans de srieux dangers pour sa sant3 son organisme est trop dlicat pour des travaux aussi rudes et aussi prolongs4 ,et ,mme ,arvde ,barine1 laquelle j'emprunte ce tmoignage1 ajoute3 ,je dois dire que les lettres des mdecins1 que j'ai sous les yeux1 sont presque unanimes mettre le public en garde contre l'influence pernicieuse du travail crbral haute dose pour les jeunes filles4 ,qu'elles ne commencent au moins qu'aprs vingt ans1 crit l'un d'eux4 ,autant dire qu'elles doivent renoncer aux carrires librales#bja4 ,les mdecins franais que j'ai pu consulter ne pensent pas autrement4 ,note #bja3 ,progrs du fminisme en ,allemagne4 ,feuilleton du ,journal des ,dbats du #b dcembre #ahif4 ,et ce n'est rien d'tudier en vue d'une profession virile3 il faut plus tard l'exercer4 ,pour une femme dont la tte et le corps rsisteront vaillamment aux fatigues et aux veilles1 combien tomberont le long du chemin ou n'apporteront au mariage qu'une fcondit appauvrie1 une constitution dbilite1 pour le plus grand malheur des enfants8 ,sans compter que le fminisme intgral se soucie peu des devoirs encombrants de la maternit2 et c'est l le troisime pril qu'il fait courir l'humanit future4 ,,chapitre ,,iii ,femmes d'aujourd'hui et femmes de demain ,,sommaire ,i4--,,troisi,,me ,,risque3 ,l',,orgueil ,,individualiste4--,,du ,,devoir ,,maternel4--,l',,cueil ,,du ,f,,minisme ,,absolu4--,,les ,,tentations ,,de ,l',,amour ,,libre4 ,,ii4--,,ce ,,qu',,est ,,la ,,puissance ,,de ,,la ,,femme ,,sur ,l',,homme4--,,la ,,grande ,f,,ministe ,,de ,l',,avenir4--,,une ,,cr,,ature ,a ,,gifler4--,,avis ,,aux ,,honn,,tes ,,femmes4 ,,iii4--,,ce ,,qu',,elles ,,doivent ,d,,fendre3 ,,la ,,famille1 ,,le ,,mariage ,,et ,l',,enfant--,,pourquoi8 ,,iv4--,,dernier ,,conseil4--,,appel ,,en ,,faveur ,,de ,,la ,,paix ,,domestique ,,et ,,de ,,la ,,paix ,,sociale4--,,pax ,,nobiscum6 ,aprs le surmenage intellectuel1 qui risque d'puiser prmaturment en la jeune fille les nergies et les grces de la vie1 aprs la concurrence conomique1 dont l'pret croissante peut compromettre gravement le repos et la dignit de la femme1 nous redoutons pour l'pouse l'orgueil individualiste1 qui dessche et tarit toutes les sources de l'amour et du sacrifice4 ,i ,en affirmant que la femme est quelqu'un au mme titre que l'homme1 et que nous devons respecter en elle1 comme en nous-mme1 la personnalit1 la dignit humaine1 notre intention n'est point de dpossder le mari1 et encore moins le pre1 de tous leurs pouvoirs traditionnels4 ,nous convenons seulement qu'ils ne sont pas des monarques absolus2 que1 sans tre supprime1 leur autorit peut tre adoucie2 et qu'enfin1 s'ils ont charge d'mes1 ils ne sauraient jamais oprer de mainmise sur les mes4 ,en un mot1 l'exercice de leurs droits est insparable1 nos yeux1 de l'accomplissement de leurs devoirs4 ,c'est pourquoi1 en vue d'largir les prrogatives de l'pouse et de la mre1 nous n'avons pas hsit temprer1 restreindre mme l'autorit maritale et paternelle1 toutes les fois que les revendications de la femme nous ont paru d'accord avec les intrts de la famille4 ,faut-il aller plus loin8 ,des esprits1 qui se piquent d'tre scientifiques1 nous assurent que l'volution de l'industrie et la division du travail1 la rapidit des communications et surtout les progrs de l'instruction1 auront pour effet certain de draciner peu peu l'homme et la femme du sol et du foyer2 que la bonne vie familiale d'autrefois est condamne disparatre un jour sous la pousse des forces dissolvantes qui travaillent le monde2 que la dislocation de la communaut domestique est fatale2 qu'en rsum1 suivant un aphorisme tranchant rpt satit1 si la famille est le centre du monde actuel1 l'individu sera l'unit sociale du monde futur4 ,certes1 ceux qui partagent ces vues doivent craindre l'avnement de l'union libre et1 avec lui1 un nouvel esclavage pour la femme1 puisqu'il est d'exprience que des moeurs sans rgle conduisent au chaos1 la sauvagerie et l'exploitation odieuse des faibles par les forts4 ,mais1 heureusement1 ces prvisions attristantes ne tiennent pas un compte suffisant des rsistances invitables de la nature4 ,l'mancipation de la femme a des limites qui ne seront point franchies sans souffrance et sans dommage4 ,aprs tre sorti imprudemment de sa sphre traditionnelle1 le sexe fminin sera1 tt ou tard1 imprieusement ramen ses fonctions conjugales et maternelles4 ,il n'en est point d'ailleurs de plus leves1 puisque de ce double rle dpendent la conservation et l'lvation de l'espce humaine4 ,au pre d'assurer des ressources la famille2 la mre d'en surveiller l'emploi4 ,il serait fou de tourner leur collaboration ncessaire en concurrence jalouse4 ,compagne des bons et des mauvais jours1 mnagre conome et diligente1 soutien et consolation des enfants1 l'pouse doit tre1 en plus1 une ducatrice accomplie4 ,nous dirions mme volontiers que le but de l'ducation fminine consiste surtout prparer les jeunes filles la maternit relle ou supplante4 ,que pourrait bien tre1 en effet1 une socit dpossde du saint idal de la mre8 ,c'est mme du point de vue lev de la maternit1 qu'il nous est le plus facile d'apercevoir que les occupations viriles ne peuvent tre1 toutes indistinctement1 le fait des femmes4 ,mettons-les nos places3 elles n'y seront pas absolument dplaces4 ,intellectuellement parlant1 nous ne les croyons ncessairement impropres aucun service administratif ou priv4 ,beaucoup mme y seraient peut-tre plus ponctuelles que les hommes1 plus attentives1 plus zles 7je n'ose dire moins nerveuses ou moins maussades1--le public ayant trop se plaindre des demoiselles du tlphone67 ,ouvrons-leur donc1 par hypothse1 tous nos mtiers4 ,alors une question se pose3 comment feront-elles leur mtier de femmes8 ,il est loisible une fille majeure d'occuper une fonction masculine2 une mre1 non4 ,qui gardera le foyer8 ,qui veillera sur les enfants8 ,aujourd'hui1 une femme se fait une position en se mariant1 car elle pouse vritablement la position du mari4 ,mais force de se crer elle-mme une position indpendante1 occupe aux devoirs de sa charge1 assujettie aux exigences de sa clientle1 comment pourra-t-elle fonder1 allaiter1 soigner1 lever une famille8 ,on rpond cela que l'homme et la femme feront une paire d'excellents amis4 ,et des crivains thrs ont clbr1 en style charmant1 tout ce qui peut rsulter de beau1 de bon et de sain d'un commerce idal entre les deux sexes4 ,une ,italienne de distinction1 qui signe ses livres du pseudonyme de ,neera1 crit ceci3 ,on dirait presque que les personnes d'esprit et de coeur trs subtils prfrent l'amiti l'amour proprement dit1 par ce mme raffinement de sensation qui rend quelquefois prfrable aux fleurs des plates-bandes le parfum des plantes nuisibles1 dans certains jardins remplis d'ombre et de mystre4 ,voil certes un sentiment qui n'est pas la porte du vulgaire6 ,si ces amitis trs nobles ont le don d'lever les hommes et les femmes au-dessus de la matire1 il faut tout de mme reconnatre qu'en se gnralisant1 elles ne serviraient gure les fins de la nature4 ,et ce qu'il y a de pis1 c'est que l'amour platonique a moins de chances que l'amour libre de rgner sur les mes venir4 ,pour une originale qui ne se mariera point du tout1 il en sera vingt plus positives qui se marieront de temps en temps4 ,l'union libre et strile est la fin inluctable du fminisme absolu2 et cette perspective rjouit et enchante l'individualisme anarchique4 ,qu'est-ce1 aprs tout1 que le fminisme intgral1 sinon l'anarchisme des femmes8 ,de l une plaie possible et redoutable1 sur laquelle ,m4 mile ,faguet a mis fortement le doigt4 ,toute femme exerant une profession masculine1 a-t-il dit1 sera une quantit perdue pour la propagation de l'espce2 car elle cessera d'tre la femme dont la socit a besoin pour se perptuer1 dont la nation a besoin pour s'augmenter1 ou pour ne pas diminuer1 ou pour ne pas prir4 ,le fminisme est donc li dans ses progrs1--comme dans ses origines1--au clibat fminin4 ,et l'on imagine aisment combien la moralit risque d'en souffrir1--un clibat fminin aggrav1 gnralis1 mancip1 comme on s'en flatte1 ne pouvant que difficilement rester vertueux et chaste4 ,conclusion mditer3 ,la nation forte1 la nation d'avenir sera1 parmi les nations1 celle o les femmes n'exerceront point de mtier1 si ce n'est le leur4 ,l'accession des femmes aux emplois masculins est d'abord le signe1 puis devient la cause d'une formidable dgnrescence nationale#bjb4 ,note #bjb3 mile ,,faguet1 ,la ,femme devant la science4 ,feuilleton du ,journal des ,dbats du jeudi #ab dcembre #ahie4 ,,ii ,au fond des plus ardentes revendications fministes1 on sent percer vaguement un insatiable besoin d'activit et d'influence4 ,mais o voit-on que l'une et l'autre manquent aux femmes honntes8 ,que la socit d'aujourd'hui nous rserve certaines carrires1 soit6 ,elle n'en sollicite pas moins nos contemporaines l'action4 ,sans parler des livres qu'elles inspirent1 des fleurs de posie qu'elles sment sur leurs pas1 des arts qu'elles soutiennent de leur grce et qu'elles encouragent et rcompensent de leur suffrage1 est-ce que toute oeuvre humaine ne laisse pas transparatre un nom de femme8 ,est-ce qu'en toute maison fortune1 en tout mnage bien tenu1 dans l'ordre1 la paix et la joie du foyer1 on ne retrouve pas l'activit vigilante de l'pouse et la tendresse attentive de la mre8 ,est-ce qu'en toute vieillesse tranquille1 on ne reconnat pas le dvouement d'une fille1 comme aussi dans toute enfance heureuse1 les caresses d'une aeule8 ,la femme est la gardienne de nos moeurs1 l'ducatrice des petits1 la consolation des affligs4 ,son coeur s'ouvre tous les lans de charit1 et sa main toutes les oeuvres d'assistance4 ,rien ne se fait de grand et de bon1 dans la famille et dans l socit1 d'o sa pense soit absente4 ,elle est capable de toutes les initiatives1 de toutes les gnrosits1 de tous les hrosmes2--et l'on prtend qu'elle ne sera utilement agissante qu'en ouvrant un cabinet d'affaires ou de consultations6 ,et ces dames se remuent1 s'agitent1 se groupent1 se syndiquent1 afin d'accrotre et d'tendre leur prpondrance4 ,elles s'imaginent de trs bonne foi que leur union fera leur force1 que leur action concerte multipliera leur prestige et leur influence1 sans se douter que l'homme1 qui se laisse conqurir volontiers par le charme d'une femme1 ne manquera pas de ragir instinctivement contre les tentatives d'intimidation d'un comit hostile4 ,je ne sais qui a dit que1 pour en arriver ses fins1 la femme doit tre seule4 ,sa puissance est en raison inverse du nombre4 ,elle est faite1 des pieds la tte1 pour l'action individuelle1 pour l'ascendant individuel1 pour le triomphe individuel4 ,l o1 seule1 elle peut vaincre1 une coalition a mille chances d'tre battue2 car celle-ci n'est plus qu'une machine de guerre1 contre les entreprises de laquelle la combativit de l'homme se rveille et se hrisse4 ,le fminisme syndical n'augmentera point si facilement qu'on le croit l'action et la prminence de la femme4 ,mais c'est peine perdue d'opposer la femme de nos jours la femme des temps nouveaux4 ,celle-ci prendra srement nos raisonnements en piti4 ,trs libre dans ses manires1 dans ses relations1 dans ses habitudes1 entoure d'hommes qui ne seront jamais que des camarades1 rebelle au mariage1 ennemie de toutes les conventions sociales1 gurie de toutes les illusions de jeunesse1 froide1 sche1 dure1 amoureuse d'elle-mme1 goste et mprisante1 telle on nous dpeint dj la grande fministe de l'avenir4 ,il ne faudra point lui parler d'amour familial ou de dvouement domestique3 une femme de son espce ne saurait tre que la noble amie d'un sublime esthte ou d'un grand homme4 ,en vrit1 une crature aussi bouffie d'orgueil et d'ambition ne mriterait que des gifles1 comme disait ,sarcey4 ,si la femme du ,x,xe sicle doit ressembler ce type singulier1 la vie sera gaie6 ,plus de mnage tenable1 plus de famille possible4 ,a moins que cette anarchie ne finisse1 comme tous les bouleversements sociaux1 par l'intervention du matre1 c'est--dire par la victoire brutale du sexe fort sur le sexe faible4 ,nous avons parl plus haut de la possibilit d'une raction masculine3 constater certains faits1 lire certains livres1 on la croirait presque commence4 ,dj les ouvriers syndiqus repoussent les femmes de l'usine et de l'atelier4 ,c'est un concert unanime1 gauche et droite1 pour les renvoyer leur pot-au-feu et leurs mioches4 ,et dans les classes lettres1 s'il est encore des crivains pour prner1 l'exemple d',ibsen1 l'mancipation fminine1 il en est d'autres qui1 la suite de ,strindberg1 prchent la croisade sainte contre l'ternelle ,dalila2 et c'est un emportement furieux contre #a'tre perfide4 ,bref1 chez certains hommes1 la misogynie est en progrs4 ,et si jamais les hostilits clatent et se gnralisent entre les deux sexes1 on peut conjecturer que la lutte sera cruelle et inique1 comme le sont invitablement les grands mouvements de passion4 ,en cette bataille lamentable1 toutes les haines se croiseront3 haine de la femme nouvelle contre l'homme1 contre la matrise de la force brutale1 contre la tyrannie persvrante du mle2 haine exaspre de l'homme contre la femme indpendante1 contre les effronteries des demi-vierges1 contre les ambitions comiques de ces lettres prtentieuses que ,nietzsche appelait1 injurieusement1 des vaches crivassires aux mamelles gonfles d'encre4 ,a entendre ces dames et ces demoiselles en voie de libration1 le devoir d'obissance est un esclavage avilissant4 ,impossible ces fires cratures de voir un homme1 sans qu'elles se sentent suprieures lui en lumires et en vertus4 ,l'existence d'un mari leur pse sur la poitrine comme un rocher4 ,du ct des hommes1 mmes rcriminations farouches4 ,la plus lmentaire prudence nous conseillerait1 parat-il1 de tenir distance ces flins perfides1 qui cachent leurs griffes sous les gants blancs4 ,devenir matresse de sa destine n'est pour la femme1 en rupture d'obissance1 qu'un moyen de devenir matresse de notre propre libert4 ,au total1 l'union des sexes n'est plus1 dans un certain monde1 qu'un prtexte des sensations agrables1 moins que les conjoints ne voient1 l'un dans l'autre1 un instrument malheureusement ncessaire de procration et d'avilissement4 ,pourquoi faut-il1 je vous le demande1 que la nature ait exig la collaboration de l'homme et de la femme pour assurer la reproduction de l'espce8 ,et puis1 quoi bon faire des enfants8 ,on s'y rsignerait peut-tre si tous les nouveau-ns taient garons1 dira ,monsieur1 si tous les nouveau-ns taient filles1 dira ,madame4 l'harmonieuse famille6 ,adieu le doux et simple unisson des bons mnages6 ,vous exagrez1 dira-t-on4--,pas beaucoup4 ,que les sceptiques veuillent bien se reporter aux pages o nous avons tabli qu'aprs l'mancipation intellectuelle1 pdagogique1 sociale et politique1-- laquelle nous croyons quitable de souscrire en une sage mesure1--les fministes les plus hardis et les plus exalts rclament1 sans le moindre scrupule1 l'abolition de la puissance paternelle et maritale1 la suppression du mariage monogame et de la famille lgitime3 ils y verront qu'en affichant ces revendications extrmes1 l'anarchisme fminin nous menace1 tant par les sophismes qu'il tale que par les ractions qu'il encourage1 d'anantir tout ce que la loi1 la religion1 la morale1 la civilisation1 ont fait depuis des sicles pour lever notre pauvre humanit au-dessus des apptits de la brutalit animale1 pour corriger l'instinct par le devoir1 pour ennoblir le pre et honorer la mre1 pour discipliner la chair et spiritualiser la bte4 ,c'est pourquoi tous ceux qui ont coeur la paix publique et le progrs humain1 estimeront sans doute qu'il est ncessaire de rappeler une dernire fois la femme honnte1 la femme chrtienne1 nos mres1 nos soeurs1 que le devoir leur incombe1--plus qu'aux hommes1--de dfendre les saintes traditions de la famille franaise contre le dvergondage des ides et des moeurs1 et de crier avec nous au fminisme tent de franchir la limite des revendications permises3 ,tu iras jusqu'ici1 mais pas plus loin6 ,,iii ,de grce1 ,mesdames1 faites bonne garde autour du mariage1 autour de l'enfant2 dfendez le foyer1 dfendez la famille4 ,la famille6 ,chose inconcevable3 nos diverses coles rvolutionnaires n'ont la bouche que le mot solidarit2 et elles conspirent1 avec une effrayante unanimit1 dcrier1 dtruire la famille qui est le berceau des premires affections1 la source vive de cette tendresse d'me qui seule est capable de sauver l'homme de la duret et de la barbarie4 ,mais il suffit que la pierre du foyer soit le premier fondement de la morale1 la raison d'tre du patrimoine1 la clef de vote de la proprit1 pour qu'ils s'acharnent l'branler4 ,ils devraient se dire1 pourtant1 que le respect de la famille est le soutien des devoirs plus gnraux qui nous lient tous nos frres en souffrance2 qu'un peuple n'est qu'un groupement de familles1 comme l'humanit elle-mme n'est que l'ensemble des peuples1 et que ces vastes unions ne sauraient tre fortes1 prospres et bienfaisantes1 si l'unit premire1 qui en est l'me1 se disloque et se dsagrge4 ,mais non6 ,faute peut-tre d'avoir got les joies du foyer1 faute d'avoir connu la douce affection d'une bonne mre et la forte et paternelle direction d'un brave homme1 ils s'appliquent furieusement effacer de la conscience publique le respect des parents et les obligations de la pit filiale4 ,ils savent maintenant que1 pour renverser l'ordre social1 il ne suffit pas de renverser le gouvernement4 ,les prtendants et les ministres ne manqueront jamais en ,france4 ,ds que l'un tombe1 quelque autre se relve4 ,seulement la famille ne se refait pas comme un ministre4 ,et comme cette vieille puissance domestique est le dernier refuge de l'autorit sociale1 on la tient pour la grande ennemie qu'il faut tout prix miner et abattre1 en aiguisant contre elle l'ironie des gens d'esprit1 en troublant la paix des mnages1 en exaltant la passion1 en ridiculisant la vertu1 en excusant l'adultre1 en prnant le divorce1 en obscurcissant dans l'me des poux et des enfants la notion de leurs devoirs respectifs1 en affaiblissant chez tous le respect de la foi jure1 le respect du mariage1 le respect de la vie1 le respect de l'amour4 ,et les femmes se prteraient complaisamment ces dmolitions anarchiques8 ,je ne veux pas le croire4 ,car tout serait perdu1--la morale1 la patrie et l'honneur4 ,si1 par hasard1 ces grandes choses cessaient de leur tenir au coeur1 qu'elles songent du moins elles-mmes et leurs enfants4 ,qu'elles sachent que jamais l'union libre ne pourra faire le bonheur des femmes et des mres4 ,tous les rvolutionnaires du monde ne parviendront pas dmontrer que la flicit consiste1 pour celles-ci1 retourner en arrire1 la polygamie paenne1 ces poques de naturalisme barbare o le mle et la femelle se prenaient et se quittaient au gr de la passion ou de l'instinct4 ,l'union sexuelle met face face un fort3 l'homme1--et deux faibles3 la femme et l'enfant4 ,or1 le mariage a t cr pour l'enfant1 auquel il donne un pre certain1 et aussi pour la femme1 qu'il a1 non sans peine1 arrache la dgradation de la sauvagerie primitive en la constituant reine du foyer4 ,oui1 le mariage est tout profit et tout honneur pour la femme4 ,c'est quoi1 encore une fois1 nous prions instamment les ,franaises de rflchir4 ,en tout cas1 le mariage est beaucoup moins avantageux pour l'homme4 ,c'est un frein trs dur qui bride toutes les convoitises de l'instinct et du plaisir1 qui refoule et comprime tous les apptits de changement et de nouveaut4 ,a vrai dire1 la monogamie est1 pour le sexe fort1 un instrument de perptuel renoncement4 ,li pour toujours la femme de son choix1 l'poux doit s'interdire1 s'il est honnte homme1 d'effleurer du moindre dsir les femmes des autres4 ,il n'est que la polygamie qui lui permette l'assouvissement de ses passions et lui assure la pleine satisfaction de ses caprices4 ,parlez-moi d'un pacha3 voil un vritable souverain4 ,lui1 au moins1 est le matre de son harem4 ,dans la chrtient1 plus d'autocratie maritale4 ,qui dit mariage1 dit partage4 ,l o la famille monogame existe1 le roi de la cration a renonc la monarchie absolue4 levant la femme jusqu' lui1 il s'est content d'un dualisme constitutionnel qui associe l'pouse au gouvernement du foyer et la dignit du pouvoir4 ,et maintenant1 dnouez le lien matrimonial1 rompez le noeud sacramentel1 supprimez les obligations civiles1 relevez les poux de leurs serments3 et l'homme1 dlivr du mariage qui le gne1 retournera bien vite au plaisir1 aux libres amours1 aux jouissances despotiques1 mprisantes et mprisables4 ,c'est faire le jeu du mle que d'affaiblir la discipline conjugale4 ,le jour o1 de relchement en relchement1 l'union des sexes ne sera plus qu'une association temporaire1 l'homme aura reconquis sa souverainet absolue2 et la femme1 dchue de son ancienne grandeur1 s'apercevra1 mais un peu tard1 que la libert ne profite qu'aux forts et aux brutes4 ,dieu veuille donc qu'elle ferme l'oreille aux doctrines de ceux en qui s'oblitre et dfaille le sens moral6 ,prconise surtout par des hommes1 exclusivement avantageuse aux hommes1 l'union libre est1 comme l'a crit ,m4 ,jules ,bois1 une duperie bien plus cruelle que le mariage le moins bien assorti#bjc4 ,puissent les femmes s'en tenir au vieux mariage6 ,l est1 pour elles1 la scurit1 l'honneur1 le salut4 ,et j'imagine que cette rsolution leur sera facile prendre1 si elles veulent bien se rappeler1 qu' part quelques respectables exceptions1 le libre amour n'est prconis que par des viveurs ou des dvergondes4 ,note #bjc3 ,lettre cite par ,m4 ,joseph ,renaud dans la ,faillite du mariage1 p4 #aei4 ,souhaitons enfin que les mres sachent dfendre leurs enfants contre les entreprises des partis rvolutionnaires1 dont c'est le mot d'ordre de substituer les prtendus droits de l'tat au droit sacr des parents sur la personne de leurs fils et de leurs filles4 ,et dfendre l'enfant1 n'est-ce pas encore dfendre le mariage et la famille8 ,or1 il nous parat impossible1 qu'en rponse aux voleurs sournois ou effronts qui rdent autour de nos berceaux1 les mres franaises ne sentent tout coup1 lorqu'elles contemplent leur fils endormi sous les rideaux blancs1 un mme cri de colre et de passion leur monter instinctivement du coeur aux lvres3 ,cher petit corps1 fruit bni de mes entrailles1 tu n'es pas leur enfant1 mais le mien4 ,ton pre et moi1 nous t'avons donn la vie pour perptuer la ntre4 ,tu es notre joie et notre parure4 ,nous t'avons fait1 par la grce de ,dieu1 notre image et notre ressemblance2 et sur ton visage1 notre paternit s'est grave comme un sceau4 ,quelque chose de nous transparat sur ton front1 dans tes yeux1 dans tes gestes1 dans ton sourire4 ,nous vivons pour t'aimer1 pour t'aider1 pour faire ton bonheur4 ,moi qui te parles1 je donnerais tout mon sang pour t'pargner une larme4 ,car tu es mon chef-d'oeuvre1 toi1 dont le corps est ma chair1 toi1 dont mon sang et mon lait sont la vie4 ,qui oserait se glisser entre ton pre et moi pour nous prendre ton me8 ,tu n'es pas un trsor abandonn par hasard sur le bord du chemin1 une chose sans matre que le premier venu puisse ramasser en passant4 ,je ne veux pas que l'tat te traite comme un vil mtal qu'on jette au creuset pour le frapper au coin d'une effigie commune4 ,nous avons mis en toi toutes nos complaisances1 toutes nos ressemblances1 et j'entends que tu les gardes ainsi qu'un dpt sacr4 ,plus tard1 lorsque la patrie te demandera ton sang1 j'espre1 mon fils1 que1 devenu homme1 tu le donneras bravement1 sans hsiter1 sans compter1 avec joie1 avec orgueil4 ,mais si jamais la socit rvolutionnaire1 cette martre anonyme au sein aride1 osait porter une main impie sur ta frle adolescence1 tout mon sang crierait vers elle3 ,mon enfant n'est pas orphelin4 ,je suis sa mre3 je le garde4 ,qui l'aimerait davantage8 ,lui drober son me1 c'est m'arracher la mienne4 ,je ne vous le livrerai point4 ,je ne le dois pas1 je ne le peux pas6 ,,iv ,il faut finir4 ,droit au respect1 droit la vrit1 droit la science1 sans exception ni restriction2 droit au travail1 droit au suffrage1 droit l'autorit familiale elle-mme1 dans la mesure o ces droits s'accordent avec l'intrt social et l'unit du gouvernement domestique6 tel est l'largissement de puissance et de dignit que nous avons revendiqu pour la femme4 ,mais1 en revanche1 nous croyons avoir dmontr que1 pouss plus loin1 le fminisme la dcouronnerait des privilges de son sexe et affranchirait l'homme de ses devoirs de traditionnelle protection4 ,les ,franaises commettraient donc une grave imprudence en pousant tous ces excs4 ,elles n'y gagneraient aucun profit honnte et perdraient1 du mme coup1 bien des honneurs apprciables4 ,jamais1 en effet1 la femme n'a tenu tant de place qu'aujourd'hui dans nos hommages et dans nos proccupations4 ,il semble mme que notre socit soit organise principalement pour son plaisir et pour son avantage4 ,cela est vrai surtout de la femme riche qui gouverne le monde comme une reine4 ,les hommes l'adulent et l'exaltent4 ,on la clbre en prose et en vers4 ,elle est l'idole des artistes et des potes4 ,le roman et le thtre nous attendrissent sur ses qualits1 sur ses malheurs et jusque sur ses dfauts4 ,c'est pour parer sa beaut et satisfaire ses caprices que nos plus prcieuses industries tissent la laine1 le lin et la soie4 ,la mode va au-devant de ses dsirs et multiplie pour elle ses crations et ses nouveauts4 ,on rencontre partout son influence1 dans les intrigues de la politique1 dans les cnacles littraires1 dans les succs de salon et d'acadmie4 ,rien ne se fait sans qu'on la consulte4 ,elle inspire les oeuvres1 elle dispense la renomme1 elle consacre ou renverse les rputations1 elle lve ou affolle ou pervertit les hommes4 ,tout conspire son ornement1 sa puissance et sa glorification4 ,son empire est souverain4 ,est-il croyable que1 lasse des honneurs o l'ont porte l'esprit chrtien1 le sentiment chevaleresque et la politesse des moeurs1 elle aspire descendre8 ,que s'il lui plat1--ce dont je la louerai fort1--de mener une vie plus srieuse1 plus agissante et surtout plus bienfaisante1 sans s'exposer tre moins fte et moins honore1 qu'elle nous permette de lui indiquer un champ largement et indfiniment ouvert ses besoins d'expansion1 sa fivre de mouvement et d'apostolat4 ,au lieu de s'acharner tablir entre les deux sexes une galit absolue1 une galit chimrique1 ne serait-il pas logique1 autant que dsirable1 que la femme heureuse1 intelligente et fortune1 s'effort de diminuer les ingalits qui la sparent de ses soeurs indigentes et dshrites8 ,vous voulez l'galit1 ,mesdames8 ,commencez donc par la raliser entre les femmes1 avant de la poursuivre contre les hommes4 ,puisque l'galit est un si grand bienfait1 faites-en d'abord la charit votre sexe4 ,ne soyez point mprisantes pour celles qui peinent1 ni indiffrentes pour celles qui souffrent4 ,tendez affectueusement votre main blanche et fine l'apprentie1 l'ouvrire1 la paysanne4 ,compatissez leurs preuves1 secourez leur misre1 partagez leurs chagrins4 ,sans abdiquer votre autorit sur vos domestiques1 rendez-la plus douce1 plus calme1 plus digne4 ,faites-vous aimer de vos infrieures2 c'est le meilleur moyen de vous en faire respecter4 ,multipliez les oeuvres d'assistance3 ouvrez des crches1 des asiles1 des patronages4 ,visitez les pauvres1 visitez les malades4 ,prenez soin des orphelins et des veuves4 ,que votre sollicitude s'tende toutes les souffrances6 ,que votre piti pntre dans les prisons1 dans les hpitaux1 dans les mansardes6 ,vous1 femme du monde1 soyez l'amie de la femme du peuple4 ,faites-lui l'aumne de votre aristocratique bont2 rendez l'amour pour la haine4 ,rapprochez les distances1 dissipez les prjugs1 dsarmez l'envie4 ,les mres sont faites pour se comprendre et s'estimer4 ,et lorsque plus d'galit rgnera entre les femmes1 combien vous sera-t-il plus ais de la revendiquer1--si vous y tenez1--entre les sexes6 ,mme alors1 ,mesdames1 quelles que soient vos aspirations de libert1 ne renoncez point 7c'est ma dernire prire7 cette rayonnante bont fminine qui nous console des tristesses et des horreurs de la vie prsente4 ,entre les peuples1 l'antagonisme s'avive1 la lutte s'exaspre2 lutte pour la suprmatie du ct des forts1 lutte pour l'existence du ct des faibles4 ,les petits tats en appellent vainement la justice et la piti du monde civilis4 ,les grandes nations poursuivent leurs fins ambitieuses par le fer et par le feu4 ,sur tous les continents1 la force crase le droit4 ,c'est l'universel triomphe de la mauvaise foi4 ,et pendant ce temps-l1 des hommes se lvent au-dedans du pays1 qui1 attisant la haine et soufflant la rvolte1 fondent le bonheur du peuple sur la discorde et la violence1 et menacent de jeter bas notre socit pour la refaire leur image et leur ressemblance4 ,en ce triste monde qui retentit du bruit des grves incessantes et du tumulte furieux des guerres1 au milieu des clameurs du proltariat rvolutionnaire1 dans le fracas des rgiments en marche et des canons qui roulent vers les frontires1 dans le concert formidable des lamentations de ceux qui tombent et des maldictions de ceux qui souffrent1 au milieu des plaintes et des blasphmes1 des cris de colre et des appels de vengeance qui se croisent travers l'espace1 troublant les vaillants1 terrifiant les timides1 dconcertant les sages1 affligeant1 navrant1 dsesprant toutes les mes1--une seule voix parle encore de compassion et d'amour4 ,et cette voix1 ,mesdames1 c'est la vtre4 ,que les menaces de guerre ne remplacent point sur vos lvres les paroles de grce et de bont6 ,vous tes le sourire de la terre4 ,dj nous souffrons de trop de divisions3 n'y joignez pas ce conflit suprme qui s'appelle le divorce des sexes4 ,que la paix soit avec nous6 ,que la paix soit entre nous6 ,retenez et mditez le conseil d'ami que vous donne ,m4 ,jules ,lematre1 et dont nous faisons notre conclusion1 assur qu'en le suivant la lettre1 vous travaillerez plus srement votre bonheur et celui de votre entourage1 qu'en mancipant outrance votre personnalit3 ,le meilleur moyen pour la femme de s'lever et de se maintenir en dignit1 ce n'est pas de faire l'homme1 c'est1 au contraire1 d'tre trs femme1 non par le caprice1 la coquetterie1 mais par l'acceptation totale des fonctions bienfaisantes de son sexe1 par cette facult de dvouement et ce don de consolation qui sont en elle2 de prendre trs au srieux son ministre fminin et d'en chrir les devoirs#bjd4 ,veut-on1 pour terminer1 que nous enfermions en une formule brve l'esprit essentiel de ce livre8 ,reconnatre la femme tous ses droits1 ne l'manciper d'aucun de ses devoirs1 tel est pour nous1 le premier et le dernier mot du fminisme honnte et sage4 ,note #bjd3 ,opinions rpandre3 ,fminisme1 p4 #afa4 ,,bibliographie ,f,,ministe#bje ,note #bje3 ,cette bibliographie1--la premire qui ait t faite sur ce sujet1--n'a pas la prtention d'tre complte4 ,,tudes1 ,,discours ,,et ,,ouvrages ,,publi,s ,,ou ,,traduits ,,en ,,langue ,,fran,,aise ,,au ,,cours ,,des ,,cinquante ,,derni,,res ,,ann,,es ,,du ,x,i,xe ,,si,,cle4 ,acollas 7,emile74--,le mariage1 son pass1 son prsent1 son avenir4 #a vol4 in-#ah4 ,chevalier-,marescq1 #ahhj4 ,adam 7,mme ,juliette74--,ides antiproudhoniennes sur l'amour1 la femme et le mariage4 #a vol4 in-#ab4 ,taride1 #aheh4 ,adhmar 7,mme la ,vesse d'74--,la nouvelle ducation de la femme dans les classes cultives4 #a vol4 in-#af4 ,perrin1 #ahih4 ,aftallon 7,albert74--,les lois relatives l'pargne de la femme marie4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,pdone1 #ahih4--,la ,femme marie1 ses droits et ses intrts pcuniaires4 #a vol4 in-#h4 ,pdone1 #ahii4 ,albert 7,charles74--,l'amour libre4 #a vol4 in-#ah4 ,bibliothque sociologique4 ,stock1 #aijj4 ,alix 7,gabriel74--,l'lectorat municipal et provincial des femmes4 ,rforme sociale du #a;er novembre #ahif4 ,angot des ,rotours 7le baron74--,l'agitation fministe4 ,la ,quinzaine du #a;er juillet #ahif4 ,appleton 7le professeur ,charles74--,la situation sociale et politique des femmes dans le droit moderne4 7,discours47 ,brochure in-#h4 ,lyon1 #ahib4 ,aubray 7,gabriel74--,l'alle des demoiselles4 #a vol4 in-#af4 ,plon1 #ahii4 ,backer 7,louis de74--,le droit de la femme dans l'antiquit2 son devoir au moyen ge4 #a vol4 in-#ab4 ,claudin1 #ahhj4 ,barine 7,mme ,arvde74--,la rvolte de l'homme4 ,revue des ,deux-,mondes du #ae juin #ahhc4--,la ,gauche fministe et le mariage4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er juillet #ahif4 ,baudrillart 7,henri74--,l'agitation pour l'mancipation des femmes en ,angleterre et aux tats-,unis4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er octobre #ahgb4 ,bebel 7,auguste74--,la femme dans le pass1 le prsent et l'avenir4 ,traduction franaise par ,henri ,rav4 #a vol4 in-#h4 ,carr1 #ahia4 ,benoist 7,charles74--,les ouvrires l'aiguille ,paris4 #a vol4 in-#ah4 ,chailley1 #ahie4 ,bentzon 7,mme ,thrse74--,les ,amricaines chez elles4 #a vol4 in-#ah4 ,calmann-,lvy1 #ahif4 ,bernard 7,frank74--tude historique et critique sur le consentement des ascendants au mariage4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,paris1 #ahii4 ,bois 7,jules74--,l'ternelle poupe4 7,roman47 #a vol4 in-#ah4 ,ollendorf1 #ahid4--,l've nouvelle4 #a vol4 in-#ah4 ,flammarion1 #ahif4 ,bolo 7l'abb ,henry74--,du mariage au divorce4 #a vol4 in-l#f4 ,haton1 #ahii4 ,bonnier 7,charles74--,la question de la femme4 ,brochure gr4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahig4 ,bridel 7,louis74--,la femme et le droit4 #a vol4 in-#h4 ,pichon1 #ahhd4--,mlanges fministes4 #a vol4 in-#ah4 ,giard et ,brire1 #ahig4 ,camp 7,maxime du74--,l'oeuvre des libres de ,saint ,lazare4 ,revue des ,deux-,mondes du #ae mars #ahhg4 ,canonge 7le professeur ,albert74--,la femme dans l',ancien ,testament4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,montauban1 #ahig4 ,cauws 7le professeur ,paul74--,de la protection des intrts conomiques de la femme marie4 7,brochure47 ,larose1 #ahid4 ,chailley-,bert 7,joseph74--,l'migration des femmes aux colonies4 7,discours47 ,brochure in-#af4 ,colin1 #ahig4 ,charpentier 7,armand74--,l'vangile du bonheur4 #a vol4 in-#ah4 ,ollendorf1 #ahih4 ,chassain 7,substitut du procureur gnral74--,le mouvement fministe en ,france4 7,discours47 ,brochure in-#h4 ,pau1 #ahih4 ,chaughi 7,ren74--,immoralit du mariage4 ,brochure in-#af4 ,namur1 ,louis ,roman1 #ahii4 ,chauvin 7,mlle ,jeanne74--tude historique sur les professions accessibles aux femmes4 #a vol4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahib4 ,chliga 7,mme ,marya74--,les hommes fministes4--volution du fminisme4 ,revue encyclopdique du #bh novembre #ahif4--,le mouvement fministe en ,france4 ,revue politique et parlementaire du #aj aot #ahig4--;,almanach fministe de #aijj4 #a vol4 in-#ab4 ,cornly1 #aijj4 ,choisy 7,gaston74--,le fminisme en ,europe4 ,revue bleue de mars #aijj4 ,coulon 7,henri74--,le divorce et la sparation de corps4 #e vol4 in-#h4 ,marchal et ,billard1 #ahij-ahif4--;,jsus et la femme4 #a vol4 in-#ab4 ,ollendorff1 #ahie4--;,de la rforme du mariage3 modifications aux rgimes matrimoniaux4 #a vol4 in-#h4 ,marchal et ,billard1 #aijj4 ,crocq 7le docteur74--,la femme normale et la femme criminelle4 #a vol4 in-#h4 ,namur1 #ahif4 ,daste 7,eugne74--,de la recherche de la paternit hors mariage4 #a vol4 in-#h4 ,chevalier-,marescq1 #ahgc4 ,daubi 7,mlle ,julie74--,la femme pauvre au ,x,i,xe sicle4 #a vol4 in-#h4 ,guillaumin1 #ahff4--,l'mancipation de la femme4 #a vol4 in-#h4 ,thorin1 #ahgc4 ,deloze 7,xavier74--,thorie de la puissance maritale4#a vol4 in-#h4 ,chevalier-,marescq1 #ahfg4 ,deraismes 7,maria74--,l'ancien devant le nouveau4 #a vol4 in-#ab4 ,librairie internationale1 #ahfh4--ve contre ,monsieur ,dumas fils4 #a vol4 in-#ab4 ,dentu1 #ahgb4 ,deschanel 7mile74--,le bien et le mal qu'on a dit des femmes4 #b vol4 in-#cb4 ,hetzel1 #ahee et #ahef4 ,desmarest 7,henri74--,la femme future4 #a vol4 in-#ah4 dition du livre moderne1 #aijj4 ,destable 7,substitut du procureur gnral74--,de l'volution fministe compare en ,france et en ,amrique4 7,discours47 ,brochure in-#h4 ,rouen1 ,lecerf1 #ahih4 ,didon 7le ,r4 ,p4 ,henri74--,indissolubilit et divorce4 #a vol4 in-#ab4 ,dentu1 #ahhj4 ,dissard 7,mme ,clotilde74--,opinions fministes propos du ,congrs fministe de ,paris4 ,brochure gr4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahif4 ,dora d',istria 7,mme74--,des femmes1 par une femme4 #b vol4 in-#h4 ,bruxelles1 ,lacroix et ,verboeckoven1 #ahfd4 ,drioux 7,substitut du procureur gnral74--,le mouvement fministe et le socialisme4 7,discours47 ,brochure in-#h4 ,orlans1 ,morand1 #ahif4 ,dronsard 7,mme ,marie74--,le mouvement fministe1 les causes de son dveloppement tardif en ,france2 son extension l'tranger4 ,le ,correspondant de septembre et octobre #ahif4 ,dugard 7,mlle ,marie74--,la socit amricaine4 #a vol4 in-#af4 ,hachette1 #ahif4--;,de l'ducation moderne des jeunes filles4 ,brochure in-#af4 ,armand ,colin1 #aijj4 ,dumas fils 7,alexandre74--,les femmes qui tuent et les femmes qui votent4 #a vol4 in-#ab4 ,calmann ,lvy1 #ahhj4--,la question du divorce4 #a vol4 in-#h4 ,ibid41 #ahhj4--,la recherche de la paternit4 #a vol4 in-#ab4 ,ibid41 #ahhc4 ,dupanloup 7,mgr ,flix74--,m4 ,duruy et l'ducation des filles4 ,brochure in-#h4 ,douniol1 #ahfg4--,la femme chrtienne et franaise3 dernire rponse ,m4 ,duruy4 ,brochure in-#h4 ,ibid41 #ahfh4--,la femme studieuse4 #a vol4 in-#af4 ,ibid41 #ahfi4--;,femmes savantes et femmes studieuses4 ,brochure in-#h4 ,ibid41 #ahfg4--,le mariage chrtien4 #a vol4 in-#af4 ,ibid41 #ahfh4--;,controverse sur l'ducation des filles4 #a vol4 in-#h4 ,plon et ,cie1 #ahge4 ,duverger 7,a474--,de la condition politique et civile des femmes4 #a vol4 in-#h4 ,marescq1 #ahgb4 ,esterno 7le comte ,ferdinand d'74--,la femme envisage au point de vue naturaliste1 spiritualiste1 philosophique1 providentiel4 #a vol4 in-#ab4 ,calmann-,lvy1 #ahhb4 ,f4 ,a4 ,b4--,la femme et sa vocation4 #a vol4 in-#ab4 ,fischbacher1 #ahih4 ,flornoy 7,eugne74--,l'action sociale de la femme4 ,la ,quinzaine du #af aot #aija4 ,fonsegrive 7,georges74--,le rle de la femme l'intrieur et l'extrieur du catholicisme4 ,la ,quinzaine du #af fvrier #ahih4--,l'enseignement fminin4 #a vol4 in-#h4 ,lecoffre1 #ahih4 ,fouille 7,alfred74--,la psychologie des sexes et ses fondements physiologiques4 ,revue des ,deux-,mondes du #ae septembre #ahie4 ,frank 7,louis74--,essai sur la condition politique de la femme4 #a vol4 in-#h4 ,arthur ,rousseau1 #ahib4--,le grand catchisme de la femme4 ,verviers1 #ahid4--,l'pargne de la femme marie4 ,bruxelles1 #ahib4--,la femme dans les emplois publics4 ,bruxelles1 #ahic4--,le tmoignage de la femme4 ,bruxelles1 #ahif4--,les salaires de la famille ouvrire4 ,bruxelles1 #ahif4--,la femme contre l'alcool4 ,bruxelles1 #ahif4--,la femme avocat4 #a vol4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahih4 ,gasparin 7la comtesse ,agnor de74--,la femme et le mariage4 #a vol4 in-#ab4 ,fischbacher1 #ahie4 ,gasparin 7le comte ,agnor de74--,les rclamations des femmes4--#a vol4 in-#h4 ,lvy frres1 #ahgb4 ,gerritsen 7,m4 et ,mme ,c4-,v474--,la femme et le fminisme4 #a vol4 in-#d4 ,giard et ,brire1 #aija4 ,gide 7,paul74--tude sur la condition prive de la femme dans le droit ancien et moderne4 #a vol4 in-#h4 ,durand et ,pedone-,lauriel1 #ahfg4 ,girardin 7mile de74--,l'gale de l'homme4 #a vol4 in-#ab4 ,calmann-,lvy1 #ahha4 ,giraud 7,lon74--,le roman de la femme chrtienne4 ,prface de ,mlle ,hubertine ,auclert4 #a vol4 in-#ab4 ,ghio1 #ahhj4--,les femmes et les libres-penseurs4 ,brochure in-#ab4 ,prinet1 #ahhj4--;,essai sur la condition des femmes en ,europe et en ,amrique4 #a vol4 in-#ab4 ,ghio1 #ahhc4--,la femme et la nouvelle loi sur le divorce4 ,brochure in-#h4 ,pedone-,lauriel1 #ahhe4--,la vrit sur la recherche de la paternit4 #a vol4 in-#h4 ,pichon1 #ahhh4 ,giraud-,teulon 7,alexis74--,les origines du mariage et de la famille4 #a vol1 in-#ab4 ,fischbacher1 #ahhd4 ,glasson 7le professeur74--,le mariage civil et le divorce4 #a vol4 in-#h4 ,paris1 #ahhe4 ,gourdault 7,jules74--,la femme dans tous les pays4 #a vol4 in-#h4 ,jouvet1 #ahhb4 ,gournay 7,louis74--,de l'ducation des femmes4 ,revue encyclopdique du #h octobre #ahih4 ,grant-,allen4--,le roman d'une fministe4 ,traduction franaise de ,g4 ,labouchre4 #a vol4 in-#ah4 ,bibliothque de la ,vie moderne1 #ahif4 ,grard 7,octave74--,l'enseignement secondaire des filles4 #a vol4 in-#h4 ,delalain1 #ahhb4--,l'ducation des femmes par les femmes4 #a vol4 in-#ab4 ,hachette1 #ahhf4--;ducation et instruction4 #d vol4 in-#ab4 ,ibid41 #ahhg4 ,guerrier 7,paul74--,le respect de la femme dans la socit moderne4 #a vol4 in-#ah4 ,savine1 #ahie4 ,guilleminot 7,a474--tudes sociales3 femme1 enfant1 humanit4 ,prface du ,dr ,georges ,martin4 #a vol4 in-#ah4 ,giard et ,brire1 #ahif4 ,hauser 7,h474--,le travail des femmes aux ,x,ve et ,x,v,ie sicles4 ,brochure gr4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahig4 ,haussonville 7comte d'74--,salaires et misres de femmes4 l vol4 in-#ah4 ,calmann-,lvy1 #ahii4 ,hepworth-,dixon 7,miss ,ella74--,une femme moderne4 ,traduction franaise de ,g4 ,labouchre4 #a vol4 in-#ah4 ,bibliothque de la ,vie moderne1 #ahif4 ,hricourt 7,jenny d'74--,la femme affranchie4 #b vol4 in-#ab4 ,dentu1 #ahfj4 ,hudry-,menos 7,mme74--,la femme4 #a vol4 petit in-#ah4 ,schleicher frres1 #aijj4 ,ingelbrecht4--,le fminisme et la femme marie4 ,revue politique et parlementaire de fvrier #aijj4 ,janet 7,paul74--,l'ducation des femmes4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er septembre #ahhc4 ,joly 7,henri7--,le dernier congrs d'conomie sociale et le fminisme4 ,la ,quinzaine du #af aot #aija4 ,kauffmann 7,mme ,caroline74--,questionnaire sur plusieurs sujets fministes4 ,brochure in-#h4 ,henri ,richard1 #aijj4 ,krug 7,charles74--,le fminisme et le ,droit civil franais4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,nancy1 #ahii4 ,laboulaye 7douard74--,recherches sur la condition civile et politique des femmes4 #a vol4 in-#h4 ,durand1 #ahdc4 ,lacour 7,lopold74--,l'humanisme intgral4 #a vol4 in-#ah4 ,bibliothque sociologique4 ,stock1 #ahif4 ,la ,grasserie 7,raoul de74--,de la recherche et des effets de la paternit naturelle4 #a vol4 in-#h4 ,pedone-,lauriel1 #ahic4--,le mouvement fministe et les droits de la femme4 ,revue politique et parlementaire de septembre #ahid4 ,lafont de ,sentenne 7,substitut du procureur gnral74--,des droits du mari sur la correspondance de sa femme4 7,discours47 ,brochure in-#h4 ,toulouse1 #ahig4 ,lambert 7,maurice74--,le fminisme et ses revendications4 ,brochure in-#h4 ,pdone1 #ahig4 ,lamy 7tienne74--,la femme de demain4 #a vol4 in-#af4 ,perrin1 #aija4 ,lamprire 7,mme ,anna74--,le rle social de la femme3 devoirs1 droit1 ducation4 #a vol4 in-#ah4 ,alcan1 #ahih4 ,leduc 7,lucien74--,la femme devant le ,parlement4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahih4 ,lefebvre 7le professeur ,charles74--,leons d'introduction l'histoire du droit matrimonial franais4 #a vol4 in-#h4 ,larose1 #aijj4 ,legouv 7,ernest74--,histoire morale des femmes4 #a vol4 in-#h4 ,saudr1 #ahdh4 ,la septime dition a t augmente d'un appendice sur ,l'ducation des femmes1 ,didier1 #ahhb4--,la femme en ,france au ,x,i,xe sicle4 #a vol4 in-#ab4 ,ibid41 #ahfd4--,la question des femmes4 ,brochure in-#ab4 ,ibid41 #ahha4 ,le ,hardy de ,beaulieu 7,charles74--,l'ducation de la femme4--#a vol4 in-#ab4 ,lige1 ,sazonoff1 #ahfg4 ,lejeal 7,gustave74--,la ,franaise devant la loi4 ,revue encyclopdique du #bf novembre #ahif4 ,lematre 7,jules74--,la femme de ,michelet4 ,revue de ,paris du #ae octobre #ahih4--,opinions rpandre3 fminisme4 ,socit franaise d'imprimerie et de librairie1 #aija4 ,leroy-,beaulieu 7,paul74--,le travail des femmes au ,x,i,xe sicle4 #a vol4 in-#ah4 ,charpentier1 #ahie4 ,le ,senne 7,napolon-,madeleine74--,droits et devoirs de la femme devant la loi franaise4 #a vol4 in-#h4 ,hennuyer1 #ahhd4 ,letourneau 7,charles74--,l'volution du mariage et de la famille4 #a vol4 in-#h4 ,vigot1 #ahhh4 ,le ,roux 7,hugues74--,nos filles3 qu'en ferons-nous8 #a vol4 in-#ah4 ,calmann-,lvy1 #ahih4--,le bilan du divorce4 #a vol4 in-#ah4 ,ibid41 #aijj4 ,levinck 7,anna74--,les femmes qui ne tuent ni qui ne votent4 #a vol4 in-#ab4 ,marpon et ,flammarion1 #ahhb4 ,lombroso et ,ferrari4--,la femme criminelle et la prostitue4 ,traduction franaise de ,meille4 #a vol4 in-#h4 ,alcan1 #ahif4 ,lourbet 7,jacques74--,la femme devant la science contemporaine4 #a vol4 in-#ah4 ,alcan1 #ahif4--,le problme des sexes4 #a vol4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #aijj4 ,maguette 7,l474--,de l'admission des femmes au barreau4 ,revue gnrale du droit1 anne #ahig4 ,marc 7,fernand74--,le rle de la femme chrtienne dans les premires communauts4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,paris1 #ahih4 ,margueritte 7,paul et ,victor74--,femmes nouvelles4 7,roman47 #a vol4 in-#af4 ,plon1 #ahii4--,mariage et divorce4 ,la ,revue des ,revues du #a;er dcembre #aijj4 ,marie du ,sacr-,coeur 7,soeur74--,la rgnration de la ,france par la femme4 #a vol4 in-#ah4 ,lecoffre1 #ahig4--,les religieuses enseignantes et les ncessits de l'apostolat4 #a vol4 in-#af4 ,rondelet1 #ahih4--,la formation catholique de la femme contemporaine4 #a vol4 in-#ah4 ,ibid41 #ahii4 ,marion 7,henri74--,psychologie de la femme4 #a vol4 in-#ah4 ,colin1 #aijj4 ,marquet 7,substitut du procureur gnral74--,la condition lgale de la femme au commencement et la fin du ,x,i,xe sicle4 ,brochure in-#h4 ,nmes1 ,chastanier1 #ahii4 ,martial 7,lydie74--,qu'elles soient des pouses et des mres4 #a vol4 in-#af4 ,bibliothque de la ,nouvelle ,revue1 #ahih4 ,maryan 7,m47 et ,bal 7,g474--,le fminisme de tous les temps4 #a vol4 in-#h4 ,bloud1 #aija4 ,michelet4--,le prtre1 la femme et la famille4 #a vol4 in-#ab4 ,hachette1 #ahde4--,la femme4 #a vol4 in-#ab4 ,ibid41 #ahfj4 ,mill 7,john-,stuart74--,l'affranchissement des femmes4 ,traduction franaise de ,cazelles4 #a vol4 in-#ab4 ,guillaumin1 #ahfi4 ,morch 7,henri74--,le droit de la femme sur les produits de son travail4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,angers1 ,burdin1 #aija4 ,morisot-,thibault4--,de l'autorit maritale4 #a-vol4 in-#h4 ,chevalier-,maresch1 #ahii4 ,moysen 7,paul74--,la femme dans le droit franais4 #a vol4 in-#h4 ,chevalier-,marescq1 #ahif4 ,muse social4--,l'industrie de la couture et de la confection ,paris4 ,srie ,a1 circulaire n #ad4 ,nadaillac 7marquis de74--,l'volution du mariage4 ,le ,correspondant du #aj juin #ahic4 ,naville 7,ernest74--,la condition sociale des femmes4 #a vol4 in-#ab4 ,fischbacher1 #ahia4 ,ostrogorski4--,la femme au point de vue du droit public4 ,annuaire de lgislation trangre1 anne #ahii4 ,pascaud 7,h474--,le droit de la femme marie aux produits de son travail4 ,revue politique et parlementaire du #aj septembre #ahif4--,les droits des femmes dans la vie civile et familiale4 ,recueil des travaux de l',acadmie des sciences morales et politiques1 juillet #ahif4 ,pelletan 7,eugne74--,la famille1 la mre4 #a vol4 in-#h4 ,librairie internationale1 #ahfe4--,la femme au ,x,i,xe sicle4 ,brochure in-#ah4 ,paguerre1 #ahfi4 ,pert 7,camille74--,le livre de la femme4 #a vol4 in-#af4 ,socit d'ditions littraires et artistiques1 #aija4 ,piolet 7le ,r4 ,p4 ,jean-,baptiste74--,de l'migration des femmes aux colonies4 ,le ,correspondant du #aj avril4 ,posada 7,adolphe74--,thories modernes sur les origines de la famille et de la socit4 ,traduction franaise de ,frantz de ,zeltner4 #a vol4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahig4 ,prvost 7,marcel74--,les vierges fortes3 ,i4 ,frdrique2 ,,ii4 ,la4 7,romans47 #b vol4 in-#ah4 ,lemerre1 #aijj4 ,principales personnalits fminines de ,france et de l'tranger4--,la femme moderne4 ,revue encyclopdique du #bf novembre #ahif4 ,raztetti 7,mme74--,la femme d'aprs la physiologie1 la pathologie et la morale4 #a vol4 in-#ab4 ,fischbacher1 #ahij4 ,rebire 7,a474--,les femmes dans la science4 #a vol4 in-#h4 ,nony1 #ahig4 ,regnal 7,georges74--,ce que doivent tre nos filles4 #a vol4 in-#ah4 ,dentu1 #ahif4 ,renaud 7,joseph74--,la faillite du mariage et l'union future4 #a vol4 in-#ah4 ,flammarion1 #ahih4 ,rval 7,g474--,les ,svriennes4 7,roman47 #a vol4 in-#ah4 ,socit d'ditions littraires et artistiques1 #aijj4--,un lyce de jeunes filles4 7,roman47 #a vol4 in-#ah4 ,ollendorff1 #aija4 ,richer 7,lon74--,la femme libre4 #a vol4 in-#ab4 ,dentu1 #ahgg4--,le ,code des femmes4 #a vol4 in-#ab4 ,ibid41 #ahhc4 ,rivet 7,gustave74--,la recherche de la paternit4 ,prface par ,alexandre ,dumas fils4 ,in-#h4 ,dreyfous1 #ahia4 ,rochard 7,jules74--,l'ducation des filles4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er fvrier #ahhh4 ,rssler 7le ,r4 ,p4 ,augustin74--,la question fministe4 ,traduction franaise de ,j4 de ,rochay4 #a vol4 in-#ah4 ,perrin1 #ahii4 ,rousselot 7,paul74--,la pdagogie fminine4 #a vol4 in-#ab4 ,delagrave1 #ahha4--;,histoire de l'ducation des femmes en ,france4 #b vol4 in-#ab4 ,didier1 #ahhc4 ,ryckre 7,raymond de74--,la femme en prison et devant la mort4 #a vol4 gr4 in-#h4 ,storck1 ,lyon1 #ahih4 ,sagnol 7,johanns74--,l'galit des sexes4 ,brochure-in-#h4 ,librairie socialiste1 #ahhi4 ,schirmacher 7,mlle ,kaethe74--,le fminisme aux tats-,unis1 en ,france1 dans la ,grande-,bretagne1 en ,sude et en ,russie4 ,brochure petit in-#ah4 ,colin1 #ahih4 ,secrtan 7,charles74--,le droit de la femme1 #ahhf4 ,simon 7,jules74--,l'ouvrire4 #a vol4 in-#h4 ,hachette1 #ahfa4--,la famille4 ,brochure in-#ah4 ,degorce-,cadot1 #ahfi4 ,simon 7,jules et ,gustave74--,la femme du ,x,xe sicle4 #a vol4 in-#ah4 ,calmann-,lvy1 #ahib4 ,starcke 7,c4 ,n474--,la famille dans les diffrentes socits4 #a vol4 in-#h4 ,giard et ,brire1 #ahii4 ,talmeyr 7,maurice74--,les femmes qui enseignent4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er juin #ahig4 ,terrisse 7,marie74--,a travers le fminisme4 #a vol4 in-#ab4 ,fischbacher1 #ahie4 ,thull 7le docteur74--,la femme3 essai de sociologie physiologique4 #a vol4 in-#h4 ,delahaye et ,lecrosnier1 #ahhe4 ,thuriet 7,substitut du procureur gnral74--,des rformes demandes par le parti fministe dans la lgislation pnale4 7,discours74 ,brochure in-#h4 ,dijon1 ,darantire1 #ahif4 ,un vieux bibliophile4--,manuel de bibliographie biographique et d'iconographie des femmes clbres de tous les sicles et de tous les pays4 #a vol4 gr4 in-#h4 ,nilsson1 #ahid4 ,vachon 7,marius74--,la femme dans l'art4 #a vol4 in-#d4 ,rouam1 #ahic4 ,valbert 7,g474--,l'mancipation des femmes4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er novembre #ahhj4--,l'enseignement des jeunes filles en ,france1 propos d'un livre allemand4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er janvier #ahhf4--;,ce que pensent les professeurs allemands de l'admission des femmes dans les ,universits4 ,revue des ,deux-,mondes du #a;er avril #ahig4 ,vallier 7,joseph74--,le travail des femmes dans l'industrie franaise4 7,thse47 #a vol4 in-#h4 ,grenoble1 #ahii4 ,varigny 7,charles de74--,la femme aux tats-,unis4 #a vol4 in-#ah4 ,colin1 #ahic4 ,viallefont 7,substitut du procureur gnral74--,de la femme avocat4 7,discours47 ,brochure in-#h4 ,agen1 #ahih4 ,villey 7le professeur ,edmond74--,le mouvement fministe contemporain4 7,discours47 ,brochure in-#h4 ,caen1 ,lanier1 #ahie4 ,wagner 7,c74--,auprs du foyer4 #a vol4 in-#ah4 ,colin1 #ahih4 ,westermarck 7douard74--,l'origine du mariage dans l'espce humaine4 ,traduction franaise de ,henry de ,varigny4 #a vol4 in-#h4 ,guillaumin1 #ahie4 ,,revues ,,et ,,journaux ,l',avant-,courrire4--,feuille des revendications fministes fonde en #ahic par ,mme ,jeanne ,schmahl4 ,le ,droit des ,femmes4--,journal fond en #ahfi et publi pendant vingt-trois ans sous la direction de ,m4 ,lon ,richer4 ,le ,fminisme chrtien4--,revue fonde en #ahif par ,mme ,marie ,maugeret4 ,la ,femme4--,publication fonde par ,mlle ,sarah ,monod et dirige par ,mlle ,sabatier4 ,la ,femme socialiste4--,feuille mensuelle fonde en #aija par ,mme lisabeth ,renaud4 ,la ,fronde4--,journal quotidien fond en #ahig par ,mlle ,marguerite ,durand4 ,l',harmonie sociale4--,feuille hebdomadaire fonde en #ahig par ,mme ,aline ,valette4 ,le ,journal des ,femmes4--,revue dirige par ,mme ,maria ,martin4 ,la ,ligue4--,organe belge du ,droit des femmes1 fond ,bruxelles en #ahic par ,mlle ,marie ,popelin4 ,le ,pain4--,publication fonde en #ahih par ,mme ,paule ,vigneron4 ,la ,revue fministe1 fonde en #ahie par ,mme ,clotilde ,dissard4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,pages ,,avant-,,propos #a ,,livre ,i ,,mancipation ,,lectorale ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,pourquoi la femme serait-elle exclue des prrogatives de la puissance virile8 ,i4--,thorie suranne de l'office viril4--,ses origines et ses motifs4 #c ,,ii4--,le tmoignage de la femme4--,droit ancien1 droit nouveau4 #e ,,iii4--,la femme tutrice4--,extension dsirable de sa capacit actuelle4 #aj ,,iv4--,droit accord aux commerantes d'lire les juges des tribunaux de commerce4--,sa raison d'tre4 #ab ,v4--,droit revendiqu par les patronnes et les ouvrires de participer la formation des conseils de prud'hommes4--,scrupules inadmissibles4 #ae ,,chapitre ,,ii ,vicissitudes et progrs du suffrage fminin ,i4--,position de la question4--,traditions juridiques et religieuses hostiles l'lectorat politique des femmes4--,la ,rvolution a-t-elle t fministe8--,olympe de ,gouges et sa ,dclaration des droits de la ,femme et de la ,citoyenne4 #ah ,,ii4--,appels de quelques ,franaises au pouvoir judiciaire et au pouvoir lgislatif4--,les expriences amricaines4--,les innovations anglaises4 #bb ,,chapitre ,,iii ,le suffrage universel et l'lectorat des femmes ,i4--,tactique habile des ,anglo-,saxonnes4--,en ,france1 le suffrage universel ne remplit pas sa dfinition4--,pourquoi les ,franaises devraient tre admises voter4 #be ,,ii4--,exclure la femme du scrutin est irrationnel et injuste4--galit pour les hommes1 ingalit pour les femmes4 #cj ,,iii4--,l'exemption du service militaire justifie-t-elle l'incapacit politique du sexe fminin8--,que le vote soit un droit ou une fonction de souverainet1 les femmes peuvent y prtendre4 #cc ,,chapitre ,,iv ,plaidoyer en faveur de la femme lectrice ,i4--,a-t-elle intrt voter8--,la politique dmocratique intresse les femmes autant que les hommes4--,le bulletin de vote est l'arme des faibles4 #cf ,,ii4--,en faveur des droits politiques de la femme4--,sa capacit4--,sa moralit4--,son esprit conservateur4 #ci ,,iii4--,opinions de quelques hommes clbres4--,rsistances intresses4--,les femmes sont-elles trop sentimentales et trop dvotes pour bien voter8 #da ,,chapitre ,v ,objections des potes et des maris ,i4--,si la vie publique risque de gter les grces de la femme4--,vaines apprhensions4 #de ,,ii4--,si l'lectorat des femmes risque de dsorganiser la socit domestique4--,craintes excessives4 #dh ,,iii4--,comment concilier les droits politiques de la femme avec les droits politiques du mari8--,du peu de got des ,franaises pour l'mancipation lectorale4 #eb ,,chapitre ,,vi ,a quand le vote des ,franaises8 ,i4--,hostilit des uns1 indiffrence des autres4--,o est la femme forte de l'vangile8 #ee ,,ii4--,l'lectorat des femmes et leur ligibilit4--,du rle politique de la femme de quarante ans4 #eg ,,iii4--,dangers de la vie parlementaire4--,point de femmes dputs4--,le droit d'lire n'implique pas ncessairement le droit d'tre lu4 #fj ,,livre ,,ii ,,mancipation ,,civile ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,la crise du mariage ,i4--,on se marie tard1 on se marie moins1 on se marie mal4--,calculs gostes des jeunes gens4--,calculs gostes des jeunes filles4--,calculs gostes des parents4 #fh ,,ii4--,le flirt4--,son charme4--,son danger4 #gj ,,iii4--,instruction et clibat4--,pourquoi la jeune fille nouvelle doit faire une femme indpendante4--,anglaises et ,franaises4 #gb ,,iv4--,mnages ouvriers4--,diminution des mariages et des naissances dans la classe populaire4--,les tentations de l'amour libre4 #ge ,v4--,raisons d'esprer4--,bonnes pouses et saintes mres4--,le fminisme parisien et l'antifminisme provincial4 #gg ,,chapitre ,,ii ,pour et contre l'autorit maritale ,i4--,des pouvoirs du mari sur la femme4--,ce qu'ils sont en droit et en fait4--,l'homme s'agite et la femme le mne4 #hb ,,ii4--,a quoi tient l'affaiblissement du prestige marital8--,bont1 navet1 vulgarit ou pusillanimit des hommes4--,qu'est devenue l'lgance virile8 #hd ,,iii4--,la puissance du mari est d'origine chrtienne4--,doctrine de la ,bible et des ,pres de l'glise4--galit spirituelle et hirarchie temporelle des poux4 #hh ,,iv4--,dclarations de ,lon ,,xiii4--,le dogme chrtien a inspir notre droit coutumier et notre droit moderne4 #ib ,,chapitre ,,iii ,point de famille sans chef ,i4--,l'article #bac du ,code civil4--,son fondement rationnel4--,pourquoi les femmes s'insurgent contre l'autorit maritale4--,curieux plbiscite fminin4 #ie ,,ii4--,le fort et le faible des maris4--,la matrise de la femme vaudrait-elle la matrise de l'homme8--,la femme-homme4 #ig ,,iii4--,l'galit de puissance est-elle possible entre mari et femme8--,point d'ordre sans hirarchie4--,l'galit des droits entre poux serait une source de conflits et d'anarchie4 #ajj ,,iv4--,rpartition naturelle des rles entre le mari et la femme4--,puissance de celle-ci1 pouvoir de celui-l4--,la volont masculine4--,a propos du domicile marital4--,la matresse de maison4 #ajc ,v4--,le secret des bons mnages4--,par quelles femmes l'autorit maritale est encore agre et obie4--,avis aux hommes4 #aji ,,chapitre ,,iv ,a propos de la dot ,i4--,le mal qu'on en dit4--,les mariages d'argent4--,rcriminations fministes et socialistes4 #aad ,,ii4--,peut-on et doit-on supprimer la dot8--,le bien qu'elle fait4--,la femme dote est plus forte et plus libre4 #aag ,,iii4--,mariage sans dot1 mari sans frein4--,filles plaindre et parents blmer4--ducation modifier4 #aai ,,chapitre ,v ,du rgime de communaut lgale ,i4--,une revendication de l',avant-,courrire4--,pourquoi les gains personnels de la femme sont-ils aujourd'hui la merci du mari8--,la communaut lgale est notre rgime de droit commun4 #abe ,,ii4--,remdes proposs4--,abolition de l'autorit maritale4--,sparation de biens judiciaire4--,substitution de la division des patrimoines la communaut lgale4 #abg ,,iii4--,pourquoi nous restons fidles la communaut des biens4--,ce vieux rgime favorise l'union des poux4--,point de solidarit sans patrimoine commun4--,mfiance et individualisme3 tel est l'esprit de la sparation de biens4 #aca ,,iv4--,la communaut lgale peut et doit tre amliore4--,restrictions aux pouvoirs trop absolus du mari4--,ce qu'est la communaut dans les petits mnages urbains ou ruraux4 #acg ,v4--,la sparation est un principe de dsunion4--,point de nouveauts dissolvantes4--,dernire concession4 #adb ,,chapitre ,,vi ,protection des salaires et des gains de l'pouse commune en biens ,i4--,projet de rforme4--,droit pour la femme de disposer de ses salaires et de ses gains4--,le tribunal devra-t-il intervenir8--,une amlioration facile raliser4 #adh ,,ii4--,droit pour la femme de dposer ses conomies la ,caisse d'pargne4--,innovation incomplte4--,l'pouse doit avoir1 l'exclusion de l'poux1 le droit de retirer ses dpts4 #aeb ,,iii4--,abandon du foyer par le mari4--,droit pour la femme de saisir-arrter les salaires de son homme4--,droit rciproque accord au mari rencontre de la femme coupable4 #aec ,,iv4--trange revendication4--,le salariat conjugal4--,est-il possible et convenable de rmunrer le travail de la femme dans la famille8 #aeg ,,chapitre ,,vii ,l'incapacit civile de la femme marie ,i4--,en quoi consiste cette incapacit lgale8--,ses attnuations4--,sa raison d'tre4--,vient-elle de l'inexprience ou de l'infriorit du sexe fminin8 #afc ,,ii4--,fondement rationnel4--,unit de direction dans le gouvernement de la famille4--,convient-il d'abolir l'incapacit civile de la femme marie8 #aff ,,iii4--largissement dsirable de la capacit des femmes4--,suppression de l'autorisation maritale dans le cas de sparation de biens4--,un dernier voeu4--,la puissance maritale est-elle une fonction inamovible8 #afh ,,livre ,,iii ,,mancipation ,,conjugale ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,l'amour conjugal ,i4--,traditions chrtiennes du mariage4--,son fondement3 devoir ou plaisir8--,il ne doit se confondre ni avec la passion qui affole1 ni avec le caprice qui passe4 #agc ,,ii4--,l'amour-passion3 ses violences et ses dceptions4--,le mariage sans amour3 son abaissement et ses tristesses4 #agf ,,iii4--,instinct mutuel d'appropriation4--,rites solennels de clbration4--,l'amour conjugal est monogame4--,que penser de l'indissolubilit du mariage8 #agi ,,iv4--,c'est une garantie prise par les poux contre eux-mmes4--,l'accord des mes ne se fait qu' la longue4--,exemples pris dans la vie relle4--,a quand l'amour sans lien8 #ahb ,,chapitre ,,ii ,la rforme du mariage ,i4--,rcriminations fministes contre les moeurs et contre les lois4--,sont-elles fondes8--,la loi de l'homme4--,exagrations dramatiques4 #ahg ,,ii4--,jugement port sur l'oeuvre du ,code civil4--,s'il faut la dtruire ou la perfectionner4--,amliorations dsirables4 #aij ,,iii4--,entraves excessives4--,ce que doit tre l'intervention des parents4--,sommations dites respectueuses4--,mariages improviss4--,fianailles trop courtes4 #aib ,,iv4--,une proposition extravagante3 le concubinat lgal4 #aig ,,chapitre ,,iii ,du devoir de fidlit et des peines de l'adultre ,i4--,rle de l'glise et de l'tat4--,mariage civil et mariage religieux4--,qu'est-ce que l'union libre8 #aii ,,ii4--,ce qu'il faut penser du devoir de fidlit4--,rpression du dlit d'adultre3 ingalit de traitement au prjudice de la femme et l'avantage du mari4--,thorie des deux morales4 #bjb ,,iii4--,identit des fautes selon la conscience4--,consquences sociales diffrentes4--,convient-il d'galiser les peines8 #bje ,,iv4--,a propos de l'article #cbd4--,s'il est vrai que le mari puisse tuer impunment la femme adultre4--,suppression dsirable de l'excuse dicte au profit du mari4 #bji ,v4--,autres modifications pnales en faveur de la jeune fille du peuple4--,la question de la prostitution4--,rforme lgale et rforme morale4 #bac ,,chapitre ,,iv ,la littrature passionnelle et le fminisme antimatrimonial ,i4--,symptmes de dcadence4--,mauvais livres1 mauvaises moeurs4--,ce que la femme nouvelle consent lire4--,ce qu'y perdent la conversation1 la dcence et l'honntet4 #bba ,,ii4--,thtre et roman3 exaltation de la femme1 abaissement de l'homme4--,la femme romantique d'autrefois et la fministe mancipe d'aujourd'hui4--,anarchisme inconscient de certaines jeunes filles4--,le chtiment qui les attend4 #bbe ,,iii4--,le mariage est une gne3 abolissons-le6--,l'amour selon la ,nature ou la monogamie selon la ,loi4--,on compte sur le divorce pour ruiner le mariage4 #bbh ,,chapitre ,v ,o mne le divorce ,i4--,les mfaits du divorce4--,l'esprit individualiste4--,statistique inquitante4--,le mariage l'essai4 #bcg ,,ii4--,plus d'indissolubilit pour les poux1 plus de scurit pour les enfants4--,le droit au bonheur et les devoirs de famille4--,appel l'union4 #bdc ,,iii4--,le divorce et les mcontents qu'il a faits4--,nouveaut dangereuse1 suivant les uns2 mesure insuffisante1 suivant les autres4--,la logique de l'erreur4--,divorce par consentement mutuel4--,divorce par volont unilatrale4--,suppression du dlit d'adultre4 #bdf ,,iv4--,en marche vers l'union libre4--,plus d'indissolubilit1 plus de fidlit4--,un choix faire3 ides chrtiennes1 ides rvolutionnaires4 #bed ,,chapitre ,,vi ,les doctrines rvolutionnaires et l'abolition du mariage ,i4--,mariage et proprit4--,leur volution parallle4--,la ,rvolution les supprimera l'un et l'autre4--,pourquoi8 #bei ,,ii4--,s'il est vrai que le mariage actuel asservisse la femme au mari4--,l'pouse est-elle la proprit de l'poux8 #bfb ,,iii4--,point de rvolution sociale sans rvolution conjugale4--,appel anarchiste aux jeunes femmes4--,appel socialiste aux vieilles filles4 #bfe ,,chapitre ,,vii ,morale anarchiste et morale socialiste ,i4--,morale anarchiste3 l'mancipation du coeur et des sens2 la libration de l'amour2 l'apologie de l'inconstance4 #bga ,,ii4--,morale socialiste3 la suppression du mariage2 la rhabilitation de l'instinct2 l'affranchissement des sexes4 #bgh ,,iii4--,noces libertaires4--,la souverainet du dsir4--,unanimit des conclusions anarchistes et socialistes en faveur de l'union libre4 #bhj ,,iv4--,ne pas confondre l'indpendance de l'amour avec la communaut des femmes4--,illusions certaines et dceptions probables4 #bhd ,,chapitre ,,viii ,o l'union libre conduirait la femme ,i4--,la femme libre dans l'union libre4--,pourquoi se lier8--,le mariage tue l'amour4--,rponse3 et l'inconstance du coeur8 et la satit des sens8--,point de scurit sans un engagement rciproque4--,abattez le foyer ou domptez la passion4--,le mariage profite surtout la femme4 #bhi ,,ii4--trange dilemme de ,proudhon4--,si le mariage chrtien a rhabilit la femme4--,l'union libre et les charges de la vie4--,les souffrances et les violences de l'amour-passion4 #bie ,,iii4--,crimes passionnels4--,les suicides par amour plus nombreux du ct des femmes que du ct des hommes1 plus frquents du ct des veufs que du ct des veuves4--,explication de cette anomalie4--,quand la moralit baisse1 le mariage dcline4 #bii ,,chapitre ,,ix ,les scandales et les mfaits du libre amour ,i4--,revendications innommables4--,ce que sera l'union future4--,la libert de l'instinct4--,la rhabilitation du libertinage4--,la femme devenue la fille4 #cjc ,,ii4--,les chanes du mariage4--,plus d'engagements solennels si la vie doit tre un perptuel amusement4 #cje ,,iii4--,sus au mariage6 sus la famille6--,citations dmonstratives4--,les destructions rvolutionnaires4 #cjg ,,iv4--,derniers griefs4--,les nuisances de l'union libre4--,le mariage1 peut-il disparatre8--,appel aux honntes gens4 #caa ,,chapitre ,x ,hsitations et inconsquences du fminisme radical ,i4--,tactique adopte par la ,gauche fministe4--,le mariage doit tre rnov et l'union libre ajourne4 #cag ,,ii4--,ce que doit tre le mariage nouveau3 une association libre entre gaux4--,abolition de toutes les supriorits maritales4 #cai ,,iii4--,extension du divorce4--,voeux significatifs mis par le ,congrs de #aijj4--;,aux prises avec la logique4 #cbc ,,iv4--,les entranements de l'erreur4--,la peur des mots4--,a mi-chemin de l'union libre4--,inconsquence ou timidit4--,conclusion4 #ccc ,,livre ,,iv ,,mancipation ,,maternelle ,,de ,,la ,,femme ,,chapitre ,i ,du rle respectif des pre et mre ,i4--,le fminisme maternel4--,philosophie chrtienne4--,division des tches et sparation des pouvoirs4 #cdb ,,ii4--,quelles sont les intentions et les indications de la nature8--,dissemblances physiques entre le pre et la mre4--,diffrenciation des sexes4 #cdc ,,iii4--,dissemblances psychiques entre l'homme et la femme4--,heureuses consquences de ces diffrences pour les parents et pour les enfants4--,la paternit et la maternit sont indlbiles4 #cde ,,iv4--galit de conscience entre le pre et la mre1 suivant la religion4--quivalence des apports de l'homme et de la femme dans la transmission de la vie1 selon la science4--,n'oublions pas l'enfant6 #cdh ,,chapitre ,,ii ducation maternelle ,i4--,vertu ducatrice de la mre4--,ses qualits admirables4--,ses tendresses excessives4--,faiblesse de la mre pour son fils1 faiblesse du pre pour sa fille4 #cea ,,ii4--,les parents aiment mal leurs enfants4--,l'ducation doit se conformer aux conditions nouvelles de la vie4 #ced ,,iii4--ducation des filles par les mres4--,supriorit de l'ducation maternelle sur l'ducation paternelle4 #cef ,,iv4--,ce qu'une mre transmet ses fils4--,l'enfant est le chef-d'oeuvre de la femme4 #cei ,,chapitre ,,iii ,paternit lgitime et maternit naturelle ,i4--,le patriarcat d'autrefois et la puissance paternelle d'aujourd'hui4--,l'intrt de l'enfant prime l'intrt du pre dans les lois et dans les moeurs4--,dcadence fcheuse de l'autorit familiale4--,deux faits attristants4--,imprudences fministes4 #cfd ,,ii4--,rgime du ,code civil4--,prpondrance ncessaire du pre4--,le fait et le droit4--,indivision de puissance dans les bons mnages4--,la mre est le supplant lgal du pre4--,ingalits maintenir ou niveler4 #cgb ,,iii4--,encore le matriarcat4--,son pass1 son avenir4--,priorit conjecturale du droit des mres4--,le matriarcat est insparable de la barbarie4--,il serait nuisible au pre1 la mre et l'enfant4 #cgi ,,iv4--,honte et misre de la maternit naturelle4--,mortalit infantile4--,de la recherche de la paternit naturelle3 raisons de l'admettre2 difficults de l'tablir4--,rformes proposes4--,la ,caisse de la ,maternit4 #chg ,,chapitre ,,iv ,ides et projets rvolutionnaires ,i4--,la question des enfants4--,rhabilitation des btards4--,tous les enfants gaux devant l'amour4--,optimisme rvolutionnaire4 #cii ,,ii4--,doctrine socialiste3 l'ducation devenue charge sociale4--,tous les nourrissons l',assistance publique4--,le collectivisme infantile4 #djc ,,iii4--,doctrine anarchiste3 l'enfant n'appartient personne1 ni aux parents1 ni la communaut4--,que penser du droit des pre et mre et du droit de la socit8--,la voix du sang4 #dje ,,iv4--,le devoir maternel4--,ngations libertaires4--,retour l'animalit primitive4--,les nourrices volontaires4 #dji ,v4--,o est le danger8--,la libert du pre et la libert de l'enfant4--,un dernier mot sur les droits de la famille4--,histoire d'un ,congrs4--,la paternit sociale de l'tat4 #dad ,,chapitre ,v ,le fminisme et la natalit ,i4--,consquences extrmes du fminisme intgral4--,ses craintes d'un excs de prolificit4--,pas trop d'enfants1 s'il vous plat6--,remdes anarchistes4 #dbb ,,ii4--,diminution des naissances4--,le fminisme intellectuel et la strilit involontaire ou systmatique4--,le droit l'infcondit4--,luxe et libertinage4 #dbe ,,iii4--,calculs restrictifs de la natalit4--,inquitantes perspectives4--,o est le remde8 #dbh ,,iv4--,coup d'oeil rtrospectif4--,quelle est la fin suprme du mariage8--,nos devoirs envers l'enfant4--,appel aux mres4 #dcj ,,livre ,v ,,pr,,visions ,,et ,,conclusions ,,chapitre ,i ,les risques du fminisme ,i4--,o est le danger8--,premier risque3 le surmenage crbral4--,a quoi bon tout enseigner et tout apprendre8--,les exigences des programmes et les exigences de la vie4 #dcd ,,ii4--,dolances des matres4--,apprhensions des mdecins4--,exagrations viter4 #dcg ,,iii4--,le clibat des intellectuelles4--,ses prils et ses souffrances4 #ddj ,,chapitre ,,ii ,o allons-nous8 ,i4--,deuxime risque3 l'mancipation conomique4--,la concurrence fminine est un droit individuel4--,il faut la subir4 #ddc ,,ii4--,ce que la femme peut faire4--,ce que l'tat doit permettre4--,balance des profits et pertes4 #ddg ,,iii4--,l'indpendance professionnelle de la femme lui vaudra-t-elle plus d'honneur et de considration8--,les reprsailles possibles de l'homme4 #ddi ,,iv4--,contre le fminisme intransigeant4--,en quoi ses extravagances peuvent nuire la femme4 #deb ,v4--,encore la question de sant4--,par o le fminisme risque de prir4 #ded ,,chapitre ,,iii ,femmes d'aujourd'hui et femmes de demain ,i4--,troisime risque3 l'orgueil individualiste4--,du devoir maternel4--,l'cueil du fminisme absolu4--,les tentations de l'amour libre4 #deg ,,ii4--,ce qu'est la puissance de la femme sur l'homme4--,la ,grande fministe de l'avenir4--,une crature giffler4--,avis aux honntes femmes4 #dfa ,,iii4--,ce qu'elles doivent dfendre3 la famille1 le mariage et l'enfant4--,pourquoi8 #dfe ,,iv4--,dernier conseil4--,appel en faveur de la paix domestique et de la paix sociale4--,pax nobiscum6 #dgj ,,bibliographie ,f,,ministe4 #dge ,,imp4 ,,fr4 ,,simon1 ,,rennes 7#bdga-ja74