images ( public doma9 mat]ial f ! ,google ,pr9t project47 ,,avic5ne ,,les ,,gr&s ,,philosophes ,collection dirige p> ,,clodius ,,piat ,publie *ez ,flix ,alcan4 ,volumes 9-#h de #cjj pages environ1 *aque volume #e fr4 ,ont p>u3 ,,socrate1 p> ,clodius ,piat4 ,,kant1 p> ,?4 ,ruyss51 anci5 lve de l'cole normale1 pr(esseur de philosophie au ,lyce de ,limoges4 ,,avic5ne1 p> le b>on ,c>ra de ,vaux1 anci5 lve de l'cole ,polyte*nique1 pr(esseur d'arabe l',in/itut ca?olique de ,p>is4 ,va p>atre3 ,,malebran*e1 p> ,h5ri ,joly4 ,,du ,m,,me ,,auteur3 ,,c\rs ,d',,arabe pr(ess l',in/itut ,ca?olique de ,p>is1 autographie1 #ahib1 l',in/itut ,ca?olique4 ,,les ,m,,caniques ,,ou ,l',l,,vateur ,,de ,h,,ron ,d',,alex&rie publies p\r la premire fois sur la v]sion arabe de ,qo/ ibn ,lq et traduites en franais2 extrait du ,j\rnal asiatique1 ,p>is1 ,l]\x1 #ahid4--,une seconde dition de ce texte accompagne d'une traduction allem&e1 p> le ,dr ,l4 ,nix1 avec la collaboration de ,m4 ,c>ra de ,vaux1 e/ en prp>ation dans la collection ,teubn]3 ,,h]onis ,,alex&r9i ,,op]a ,,quae ,,sup]sunt ,,omnia1 ,vol4 ,,ii4 ,leipzig1 ,teubn]4 ,,ma,,oudi4 ,,le ,,livre ,,de ,l',,av]tissem5t ,,et ,,de ,,la ,,revision2 traduction2 faisant p>tie de la collection d'ouvrages ori5taux publis p> la ,socit asiatique4 ,p>is1 ,l]\x1 #ahif4 ,,notions ,,relatives ,a ,,la ,,philosophie ,,des ,,sci5ces2 une bro*ure1 ,p>is1 ,h]mann1 #ahif4 ,,le ,,mahom,,tisme4 ,,le ,g,,nie ,s,,mitique ,,et ,,le ,g,,nie ,,ary5 ,,dans ,l',,islam4 ,p>is1 ,*ampion1 #ahig4 ,l',,abr,g ,,des ,,m]veilles1 traduit de l'arabe d'aprs les manuscrits de la ,biblio?que nationale de ,p>is2 faisant p>tie de la collection des ,actes de la ,socit philologique4 ,p>is1 ,kl9cksieck1 #ahih4 ,en c\rs de publication dans le ,muson de ,l\va93 ,,la ,,de/ruction ,,des ,,philosophes1 ,,p> ,,al-,,gazali traduction4 ,,typographie ,,firm9-,,didot ,,et ,cie4--,,mesnil 7,,eure74 ,,les ,,gr&s ,,philosophes ,,avic5ne ,,p> ,,le ,b>on ,,c>ra ,,de ,,vaux ,,p>is ,f,,lix ,,alcan1 ,,diteur #ajh1 ,,b\lev>d ,,sa9t-,,g]ma91 #ajh #aijj ,,avant-,,propos ,ce volume n'e/ pas consacr au seul sy/me d',avic5ne1 mais la description de t\te une p>tie du m\vem5t philosophique qui s'e/ produit en ,ori5t entre l'hgire et la mort d',avic5ne1 m\vem5t o le sy/me de ce philosophe app>at comme un po9t culm9ant4 ,a ct des sectes et des coles dont il e/ "q dans ce livre1 s'en tr\v5t d'autres qui en sont re/es exclues3 les coles ?ologiques2 les sectes politiques et my/iques4 ,la ?ologie n'y e/ prs5te qu'au db comme po9t de d"p1 et1 dans le c\rant de l'exposition1 s\s =me de mtaphysique4 ,de la politique1 il e/ trait sommairem5t dans les passages o e/ dess9 le cadre hi/orique dans lequel se sont mus nos hros2 il e/ aussi p>l un peu1 en div]s endroits1 de la politique comme d'une sci5ce di/9cte faisant p>tie de la philosophie1 selon la tradition grecque4 ,quant la my/ique1 s\v5t nos auteurs n\s conduiront jusqu' son seuil2 mais n\s refus]ons de n\s y engag]1 et quoique =cs d'en dire quelques mots p\r a*ev] la mtaphysique1 n\s ne l'tudi]ons pas comme sy/me indp5dant4 ,les sci5ces dont n\s aurons spcialem5t n\s occup] sont3 d'abord la logique qui1 dlaisse auj\rd'hui1 t9t une gr&e place dans la philosophie de ce temps2 puis1 troitem5t lies ensemble1 la physique1 la psy*ologie et la mtaphysique4 ,les trois *apitres que n\s consacr]ons ces d]nires sci5ces1 prcds d'une introduction logique1 suivis d'un complm5t my/ique1 reprs5t]ont l'ess5tiel du sy/me auquel a ab\ti le m\vem5t de p5se qui fait l'objet de ce livre4 ,n\s dem&ons au lecteur qu'il veuille bi5 abord] cet ouvrage sans p>ti pris2 il s]a bon qu'il se laisse conduire p> n\s comme n\s n\s sommes n\s-mmes laiss conduire p> nos auteurs4 ,dans un doma9e sci5tifique encore aussi peu connu du public que la philosophie arabe1 les divisions du sujet et les problmes qu'il comporte ne doiv5t pas tre poss priori2 il faut plutt att5dre qu'ils se dess95t d'eux-mmes1 au fur et mesure des progrs de l'tude4 ,cette rem>que cep5dant ne signifie pas que le sujet que n\s allons trait] soit absolum5t neuf4 ,au contraire--nos notes en f]ont foi1--il n'e/ gure de section de ce livre qui ne s'appuie sur des travaux antrieurs solides et pr(onds4 ,mais ces travaux n'avai5t pas1 p\r la plup>t1 rayonn en dehors d'un milieu spciali/e2 leurs rsultats n'avai5t pas t gr\ps en un ensemble4 ,n\s croyons le mom5t v5u d'opr] cette syn?se1 et de livr] au public lettr la matire labore dans les (fic9es de l'ori5talisme4 ,cette entreprise1 p5sons-n\s1 prs5te ma9t5ant assez de scurit4 ,bi5 que n\s ne n\s soyons pas int]dit de laiss] s5tir notre action p]sonnelle dans cette oeuvre1 n\s croyons nanmo9s qu'elle e/ surt\t une oeuvre objective1 consi/ante p> elle-mme1 vivant de sa vie propre et suffisamm5t indp5dante de son auteur1 en laquelle les dtails se gr\p5t et s'en*an5t mo9s p> l'artifice de l'criva9 que p> leur nature mme4 ,n\s ne p>l]ions pas avec autant d'assurance des autres p>ties de l'hi/oire de la philosophie dans l'ori5t musulman1 qui sont re/es en dehors de notre cadre4 ,l'tude des coles ?ologiques1 celle surt\t des coles my/iques n'e/ pas aussi avance que celle de l'cole philosophique proprem5t dite2 et n\s n'os]ions pas en prs5t] les rsultats aux lettrs1 avant d'avoir reu encore de la ma9 des ori5tali/es quelques travaux prp>atoires et spciaux que n\s appelons de t\s nos voeux4 ,b4 ,,de ,,vaux4 ,p>is1 mai #aijj4 ,,avic5ne ,,*apitre ,,premi] ,,la ,,?,,odic,e ,,du ,,coran ,le ,coran n'e/ pas un trait de philosophie1 et ,mahomet n'tait pas proprem5t un philosophe4 ,mais ,mahomet a1 comme prophte1 t\* des que/ions d'ordre philosophique2 il leur a donn des solutions intuitives qu'il a exprimes dans une =me lyrique2 et ces solutions1 qui ont con/itu la dogmatique musulmane1 sont dev5ues des po9ts fixes1 dans la spculation philosophique *ez les ,arabes4 ,le problme le plus gnral de la philosophie arabe n'a donc pas t de re*]*] la vrit1 puisque celle-ci tait donne en plusieurs de ses po9ts ess5tiels2 mais de s\t5ir cette vrit intuitivem5t pose p> une con/ruction analytique et rationnelle1 et de sub/itu] son expression lyrique une expression con=me aux modes de la philosophie antique4 ,c'e/ ce qu'on peut appel] le problme scola/ique4 ,quelques esprits ont pu ensuite p]dre de vue la f9 de ce problme1 s'intress] plus la philosophie qu'au dogme dont elle ne devait tre que la =me1 se s]vir mme de la philosophie p\r dnatur] le dogme2 mais ce ne sont l que des m\vem5ts secondaires dans l'hi/oire de la p5se arabe et le m\vem5t de re*]*e scola/ique e/ le m\vem5t primaire4 ,il e/ donc important de rappel] d'abord le ?me dogmatique p>tir duquel s'e/ dvelopp ce m\vem5t4 ,c'e/ ce que n\s f]ons en exposant la ?odice du ,coran4 ,l'intuition de ,dieu *ez ,mahomet e/ t\t d'abord celle de ,dieu un et puissant4 ,la notion de l'unit div9e s'imposa au prophte lors de sa retraite au mont ,hirah1 p> contra/e avec les croyances des ,arabes poly?i/es2 celle de la puissance div9e gr&it dans son esprit au fur et mesure que se manife/a1 puis que cda la rsi/ance des ,arabes incrdules4 ,l'unit de ,dieu e/ affirme sans preuve dans le texte du ,coran1 comme elle l'e/ dans la =mule de foi musulmane3 ,il n'y a de ,dieu que ,dieu4 ,ce ,dieu un e/ le ,jhovah biblique1 le ,dieu d',abraham1 l'app>ition du buisson ard5t3 7,s\rate ,,xx1 v4 #h-ada74 ,z-tu ent5du racont] l'hi/oire de ,mose8 ,lorsqu'il ap]ut un feu1 il dit sa famille3 ,re/ez ici1 je vi5s d'ap]cevoir du feu444 ,et lorsqu'il s'en appro*a1 une voix lui cria3 ,o ,mose6 ,en vrit je suis ton seigneur4 ,ote tes s\li]s1 tu es dans la valle sa9te de ,t\wa3 ,moi1 je suis ,dieu2 il n'y a po9t d'autre ,dieu que moi4 ,mahomet retira ,dieu le p\voir d'eng5dr]1 condamnant du mme c\p les croyances *rti5nes tr9itaires1 et div]ses croyances populaires telles que celles qui faisai5t ,esdras fils de ,dieu ou qui t5tai5t de voir dans les anges des filles de ,dieu4 ,dieu tait donc pos p> lui comme une p]sonne une1 di/9cte absolum5t du monde4 ,note #a3 ,n\s n\s s]vons de la traduction du ,coran1 p> ,kasimirski4 ,mahomet1 le ,koran1 ,p>is1 ,biblio?que ,*>p5ti]1 #ahia4 ,les passages relatifs la puissance div9e sont extrmem5t nombreux dans le ,coran et beauc\p plus dvelopps que ceux relatifs l'unit4 ,ils ont presque t\s une valeur apologtique4 ,le ,dieu musulman1 comme le ,dieu juif1 se pr\ve p> sa puissance2 sa puissance elle-mme se voit4 ,la puissance div9e se manife/e de trois faons3 dans la nature1 dans l'hi/oire gnrale1 p> le miracle actuel4 ,ces trois modes de manife/ation sont bibliques4 ,le ,dieu que ,mahomet voit dans la nature e/ ce crateur et ce g\v]neur du monde qui il a suffi de dire dans la ,g5se3 ,que la lumire soit1 p\r que la lumire ft2 celui devant qui1 dit le psalmi/e1 la m] fuit et les coll9es bondiss5t1 celui que bniss5t les cieux et la t]re1 le soleil et les a/res1 les v5ts et les frimas1 et que l\5t t\s les tres4 c\tez ,mahomet3 ,n'z-tu pas considr que t\t ce qui e/ dans les cieux et sur la t]re publie les l\anges de ,dieu1 et les oiseaux aussi en t5dant leurs ailes8 ,t\t tre sait la prire et le rcit de ses l\anges 7,,xxiv1 #da72 et encore3 ,c]tes1 dit-il1 dans la cration des cieux et de la t]re1 dans la succession alt]native des j\rs et des nuits1 dans les vaisseaux qui vogu5t trav]s la m] p\r apport] aux hommes des *oses utiles1 dans cette eau que ,dieu fait desc5dre du ciel et avec laquelle il r5d la vie la t]re morte nagure1 et o il a dissm9 des animaux de t\te espce1 dans les v>iations des v5ts et dans les nuages a/re9ts au s]vice entre le ciel et la t]re1 dans t\t cela il y a c]tes des av]tissem5ts p\r t\s ceux qui ont de l'intellig5ce 7,,ii1 #aei74 ,av]tissem5t ici n'a d'autre s5s que preuve ou argum5t de crdibilit4 ,c'e/ ce qui app]t d'un autre v]set o ,mahomet reconnat l'orig9e biblique de sa dmon/ration3 ,tels sont les argum5ts que n\s f\rnmes ,abraham contre son peuple4 ,la preuve de la puissance de ,dieu p> l'hi/oire du peuple hbreu e/ abondamm5t f\rnie dans la ,bible1 o sans cesse rsonne l'*o de la voix de ,jhovah criant3 ,je suis celui qui ai tir vos pres de la t]re d'gypte1 qui ai ouv]t la m] devant eux1 qui les ai dirigs p> la nue1 etc4 ,mahomet repr5d cette preuve1 mais il y met mo9s de =ce et d'loqu5ce que dans la prcd5te2 et comme d'ailleurs l'hi/oire seule du peuple hbreu n'tait pas assez fconde en motion p\r des ,arabes1 il y aj\te des faits lg5daires relatifs l'hi/oire d',arabie1 p> exemple la de/ruction p> la colre div9e d'anci5nes gnrations corrompues1 et quelques faits vrais et vois9s du temps de l'islam1 comme la rupture de la digue de ,m>eb#b4 ,ce d]ni] vnem5t e/ petit comp> l'exode ou la captivit de ,babylone2 il a du mo9s cet intrt qu'il tmoigne de l'emploi des procds apologtiques bibliques dans le ,coran4 ,l'on peut rem>qu] en outre que le prophte a *oisi p\r pr\v] ,dieu ce qu'il y a de meilleur dans la nature et de plus t]rible dans l'hi/oire4 ,note #b3 ,v4 ,maoudi1 les ,prairies d'or1 d4 et trad4 ,b>bi] de ,meyn>d et ,pavet de ,c\rteille1 ,,iii1 #cgh et suiv4 ,quant la preuve p> le miracle1 ,mahomet a prt5du la f\rnir2 on la lui dem&ait au re/e4 ,mais on sait que1 dnu du don des prodiges1 il a *]* faire pass] le ,coran lui-mme p\r un miracle4 ,ce qu'il e/ curieux de not]1 c'e/ qu'il a eu consci5ce des conditions qui doiv5t r5dre effective la preuve p> le miracle1 en dem&ant de la "p de ceux qui en sont tmo9s les dispositions du coeur3 ,ils ont jur devant ,dieu444 que s'il leur fait voir un miracle1 ils y croiront4 ,dis3444 lorsque le miracle clat]a1 ils n'y croiront pas4 ,n\s dt\rn]ons leurs coeurs et leurs yeux de la vrit1 puisqu'ils n'ont pas cru la premire fois1 et n\s les laiss]ons err] confus dans leur g>em5t 7,,vi1 #aji-aaj74 ,la sci5ce de ,dieu app>at dans le ,coran comme une condition et presque comme une des faces de sa puissance4 ,le ,coran1 bi5 ent5du1 ne r5f]me pas de ?orie de la connaissance ni *ez l'homme ni *ez ,dieu4 ,la sci5ce de ,dieu y e/ simplem5t affirme1 et elle y e/ aussi absolue que sa puissance3 ,il a les clefs des *oses ca*es1 lui seul les connat4 ,il sait ce qui e/ sur la t]re et au fond des m]s4 ,il ne tombe pas une feuille qu'il n'en ait connaissance4 ,il n'y a pas un seul gra9 dans les tnbres de la t]re1 un br9 v]t ou dess* qui ne soit inscrit dans le ,livre vid5t 7,,vi1 #ei74 ,les ,musulmans pieux ont t\j\rs eu le s5tim5t que l'homme ne devait pas *]*] pntr] trop avant dans les secrets de ,dieu et1 comme l'auteur de l',imitation1 ils ont t bi5 prs de reg>d] la curiosit sci5tifique comme sacrilge4 ,pas plus que ses attributs1 la nature et la vie intime de ,dieu n'ont fait l'objet de la "p de ,mahomet d'une tude m?odique4 ,il n'en dit ri5 que d'intuitif4 ,mais du mo9s affirme-t-il nettem5t la spiritualit de ,dieu1 qu'il ap]oit dans son rapport avec l'unit1 la puissance1 la sci5ce1 et en mme temps que la maje/4 ,dieu e/ ses yeux celui qui ne peut tre atte9t1 et qui atte9t t\t1 qui n'a aucune des infirmits du corps1 dont la nature e/ suprieure celle de l'homme et de t\te *ose1 qui e/ si lev au-dessus du monde qu'il ne peut pas mme tre vu4 ,ce n'e/ gure l que le type amplifi du pot5tat ori5tal1 une image agr&ie de cette re9e de ,saba qui reoit d]rire un voile1 de cet emp]eur des les lo9ta9es sur le passage duquel les nuques se c\rb5t et les f5tres se f]m5t4 ,a cette notion de la maje/ div9e se ratta*e une "q qui a t =t dbattue dans la ?ologie musulmane1 et qui fut clbre aussi dans la scola/ique *rti5ne1 celle de la vision de ,dieu dans la vie batifique4 ,il e/ rem>quable combi51 d'aprs le ,coran1 l'obt5tion de cette vision semble difficile4 ,on s'en r5d compte dans les *apitres qui conti5n5t des lg5des bibliques3 ,dieu crie ,adam et ne se montre pas4 ,no1 seul sauv du dluge1 ne voit pas ,dieu4 ,abraham1 appel l',ami de ,dieu1 ne reoit que ses anges4 ,mose dem&e voir ,dieu sur la montagne2 pe9e l'a-t-il entrevu qu'il tombe van\i1 et1 rev5u lui1 il e/ pntr de rep5tir4 ,mahomet lui-mme1 le sceau de la prophtie1 ne voit que l',esprit-,sa9t1 l',ar*ange ,gabriel4 ,dans les descriptions coraniques du ,p>adis1 les lus j\iss5t de la vue de belles demeures1 de j>d9s et d'esprits mles ou femelles de div]ses =mes1 mais il n'e/ pas dit qu'ils j\iss5t de celle de ,dieu4 ,au jugem5t les hommes sont am5s en prs5ce de ,dieu1 sans que l'on compr5ne d'aprs le texte en quoi consi/e cette prs5ce ni de quelle faon elle e/ p]ue4 ,il y a dans le ,coran quelques v]sets assez s+uli]s o ,mahomet dit que ,dieu e/ lumire1 et que la lumire des lus m>*]a leur droite au jugem5t3 ,dieu e/ la lumire des cieux et de la t]re4 ,cette lumire e/ comme un foy] dans lequel se tr\ve un flambeau1 un flambeau plac dans un cri/al1 cri/al semblable une toile brillante2 ce flambeau s'allume avec l'huile d'un arbre bni1 d'un olivi] qui n'e/ ni de l',ori5t ni de l',occid5t1 et dont l'huile brille qu& mme le feu ne la t\*e pas 7,,xxiv1 #ce74 ,les comm5tateurs ne voi5t que des comp>aisons dans ces images tranges#c4 ,n\s n\s dem&ons si ces expressions ne provi5n5t pas plutt de quelque influ5ce gno/ique4 ,note #c3 ,v4 le clbre comm5taire de ,zamakh*>i1 intitul ,kac*af1 au v]set indiqu4 ,l't]nit de ,dieu e/ affirme p> le ,coran1 sans qu'il y soit spcialem5t insi/4 ,cette notion n'e/ d'ailleurs pas analyse1 et ,mahomet ne s'e/ pas proccup de re*]*] ce que peut tre l'exi/5ce de ,dieu hors du monde et hors du temps4 ,l'ide de cration n'e/ pas p>faitem5t prcise4 ,le texte du ,coran1 comme celui de la ,bible1 ne rpugne pas l'exi/5ce d'un *aos auquel s'appliqu]ait la cration et dont l'orig9e s]ait indf9ie4 ,mahomet ne s'e/ pas complu l'ide d'inf9itude de temps4 ,on e/ presque surpris du vague de ses p>oles t\*ant la p]ptuit des rcomp5ses et des pe9es3 ,les rpr\vs s]ont prcipits dans le feu444 ,ils y demeur]ont tant que dur]ont les cieux et la t]re1 mo9s que ,dieu ne le veuille autrem5t444 ,les bi5heureux s]ont dans le p>adis2 ils y sj\rn]ont tant que dur]ont les cieux et la t]re1 sauf si ton ,seigneur ne veut aj\t] quelque bi5fait qui ne saurait discont9u] 7,,xi1 #ajh-aaj74 ,l'ide d't]nit se prcisa plus t>d *ez les ?ologi5s1 s\s l'influ5ce de la philosophie4 ,l'on voit que ,mahomet la maniait imp>faitem5t2 son ducation sur ce po9t n'tait encore que biblique4 ,l'immutabilit de ,dieu e/ corrlative de sa sci5ce et de son t]nit4 ,mais ,mahomet a surt\t conu ,dieu immuable comme adm9i/rateur du monde3 ,c'e/ la c\tume de ,dieu1 telle qu'il l'a pratique l'g>d des gnrations passes4 ,tu ne tr\v]as pas de v>iations dans les c\tumes de ,dieu 7,,xlviii1 #bc74 ,il s'agit ici de l'immutabilit hi/orique et morale2 le prophte n'a pas eu s\ci de l'immutabilit mtaphysique1 et il ne s'e/ po9t dem& comm5t ,dieu p\vait tre actif t\t en re/ant immuable4 ,ayant conu ,dieu d'une faon mo9s mtaphysique que morale1 ,mahomet a surt\t t s5sible ses rapports avec l'homme4 ,il a clairem5t exprim la notion de la ,provid5ce1 et il a pos1 non sans brutalit1 le t]rible problme de la prde/9ation4 ,la sci5ce1 la sagesse et la puissance de ,dieu s't5d5t l'av5ir2 les oeuvres div9es ont une f94 ,l'ensemble de la cration a un b1 qui e/ reprs5t simplem5t p> ces mots3 ,je n'ai cr les hommes et les gnies qu'af9 qu'ils m'ador5t 7,,li1 #ef74 ,en outre1 *aque dtail de la nature e/ fait en vue de l'ensemble et e/ bon p> rapport son b4 ,c'e/ t\te une ?orie de l'optimisme1 drive sans ef=t de la notion de ,dieu puissant1 savant et bon3 ,n\s avons t5du la t]re et n\s y avons lanc des montagnes1 et n\s y avons fait clore t\tes *oses dans une c]ta9e proportion4 ,n\s y avons mis des alim5ts p\r v\s et p\r des tres que v\s ne n\rrissez pas4 ,il n'y a pas de *ose dont les trsors n'exi/5t *ez n\s et n\s ne les faisons desc5dre que dans une proportion dt]m9e 7,,xv1 #ai-ba74 ,mais ,mahomet fut p\ss p> son gnie propre et p> la lutte s'appesantir plutt sur l'ide qui e/ en quelque sorte au rev]s de celle de la ,provid5ce3 celle de la prde/9ation4 ,il y a insi/ avec une volont pesante et pre4 ,nanmo9s1 si l'on p>c\rt d'un esprit calme et non prv5u les passages du ,coran relatifs la prde/9ation1 on voit qu'ils ne sont pas aussi nettem5t fatali/es que beauc\p l'ont cru1 et que t\t en tant effrayants1 ils ne sont nullem5t opposs t\te ju/ice4 ,voici1 je crois1 l'ide qu'ils conti5n5t3 ,dieu connat t\t d'avance1 p> consqu5t les fautes et les *tim5ts qui les suivront1 de mme que les bonnes oeuvres et leurs rcomp5ses4 ,t\t a t crit d'avance dans un ,livre g>d au ciel4 ,peu n\s importe ici que ce livre ait un c]ta9 mode d'exi/5ce my/ique ou qu'il ne soit qu'un symbole de la presci5ce de ,dieu4 ,en t\t cas1 il n'quivaut philosophiquem5t qu' une affirmation de la presci5ce2 mais une affirmation de la presci5ce n'e/ pas encore une ngation de la lib]t4 ,aucune calamit ne frappe soit la t]re1 soit vos p]sonnes qui n'ait t crite dans le ,livre avant que n\s les ayons cres 7,,lvii1 #bb74 ,cela ne veut pas dire que ces calamits arriv5t inju/em5t4 ,n\s ressuscitons les morts et n\s inscrivons leurs oeuvres et leurs traces4 ,n\s avons t\t compt dans le prototype vid5t 7,,xxxvi1 #aa74 ,cela ne signifie pas que les oeuvres des hommes sont dt]m9es4 ,il e/ fait ici allusion deux livres3 ,l'un le livre de la presci5ce1 prototype ou plan de la vie du monde1 qui e/ une sorte de budget4 ,l'autre le livre de la sci5ce actuelle o sont inscrites les actions des hommes mesure qu'ils les accompliss5t1 et qui s]a ouv]t au jugem5t2 c'e/ un livre de comptes4 ,aucun de ces deux livres ne supprime encore la lib]t4 ,mais voici qui e/ plus effrayant3 ,si n\s avions v\lu1 dit ,dieu1 n\s aurions donn t\te me la direction de son *em92 mais ma p>ole immuable a t celle-ci3 je remplirai la gh5ne d'hommes et de gnies ensemble 7,,xxxii1 #ac72 et aussi cette affirmation prononce plus d'une fois3 ,dieu g>e qui il veut1 il dirige qui il veut 7,,xxxv1 #i74 ,prises isolm5t1 ces p>oles sembl5t exprim] que ,dieu veut priori la p]te d'un c]ta9 nombre d'tres1 et que cette p]te e/ 9vitable4 ,mais la lecture d'autres passages montre clairem5t que telle n'e/ pas la p5se de ,mahomet3 ,n\s avons cr p\r la gh5ne1 dit ailleurs ,dieu1 un gr& nombre de gnies et d'hommes qui ont des coeurs avec lesquels ils ne compr5n5t ri51 qui ont des yeux avec lesquels ils ne voi5t ri51 qui ont des oreilles avec lesquelles ils n'ent5d5t ri5444 ,tels sont les hommes qui ne prt5t aucune att5tion nos signes 7,,vii1 #agh74 ,et aussi3 ,dieu aff]mira les croyants444 il g>]a les m*ants 7,,xiv1 #cb74 ,ces deux citations sont p>allles des deux prcd5tes2 mais elles r5f]m5t un complm5t en plus1 et cette nuance e/ capitale3 ceux que ,dieu a crs p\r la gh5ne ne sont plus des hommes quelconques1 arbitrairem5t *oisis1 ce sont ceux qui refus5t d'ent5dre la prdication du prophte2 et ceux qu'il g>e ce n'e/ pas n'importe lesquels d'entre les hommes2 mais bi5 ce sont les m*ants2 de mme ce sont les bons qu'il conduit4 ,il e/ donc dj vid5t d'aprs ces seules citations que l'g>em5t et la gh5ne ne sont que des *tim5ts1 consqu5ce d'une faute antrieure1 laquelle sans aucun d\te a t commise librem5t4 ,les autres passages du ,coran1 ayant trait la mme "q1 et ils sont nombreux1 vi5n5t t\s l'appui de cette manire de voir2 n\s croyons celle-ci orig9ale1 et il n\s semble que cette int]prtation1 insuffisamm5t ap]ue jusqu'ici1 peut =t bi5 s]vir clore la longue dispute sur le fatalisme du ,coran4 ,le ,coran n'e/ pas fatali/e4 ,il n'y e/ pas dit que ,dieu dcrte priori le mal ni la p]dition p\r p]sonne4 ,la ?se que l'on a v\lu ent5dre de la sorte e/ en ralit que ,dieu1 aprs un premi] p*1 surt\t aprs le premi] p* contre la foi1 g>e1 aveugle1 endurcit de plus en plus le c\pable1 en sorte qu'il m>*e1 comme =c1 sa p]dition4 ,mais l'incrdulit premire re/e libre4 ,cette doctr9e n'e/ d'ailleurs pas autre *ose que l'expression de l'impati5ce cause au prophte p> la longue rsi/ance qui fut oppose sa prdication4 ,des hommes qui l'avai5t ent5du ma9tes fois et qui avai5t t tmo9s de t\s ses signes1 s'ils ne se r5dai5t pas enf91 tai5t vraim5t des hommes dont la raison avait t p]due p> quelque =ce trangre1 des hommes dev5us des brutes1--le mot e/ de ,mahomet1--ass\rdis1 aveugls1--les t]mes sont de lui1--dj la proie du *tim5t div94 ,de leur vivant la gh5ne envahissait leur me2 et s'ils tai5t a9si frapps1 c'e/ qu'au temps o ils tai5t libres de leur *oix et matres de leur raison1 ils avai5t refus de croire4 ,les v]sets les plus nets en ce s5s sont celui-ci3 ,s\rds1 muets et aveugles1 ils ne peuv5t plus rev5ir sur leurs pas 7,,ii1 #ag71 et cet autre dj cit3 ,n\s dt\rn]ons leurs coeurs et leurs yeux de la vrit1 puisqu'ils n'ont pas cru la premire fois1 et n\s les laiss]ons err] confus dans leur g>em5t4 ,il s]a utile d'aj\t] cet expos de la ?odice de ,mahomet quelques mots relatifs sa ?orie de la rvlation et sa ?orie des anges4 ,le dieu du ,coran tant =t difficilem5t accessible l'homme1 la rvlation e/1 p> ce fait1 r5due ncessaire3 ,il n'e/ po9t donn l'homme que ,dieu lui adresse la p>ole2 s'il le fait1 c'e/ p> la rvlation ou trav]s un voile 7,,xlii1 #ej74 ,ce dur v]set a reu dans la suite bi5 des dm5tis pratiques de la "p des my/iques de l'islam4 ,la rvlation elle-mme e/ conue p> ,mahomet d'une manire analogue celle dont il a conu l'adm9i/ration du monde4 ,l'ide s'en ratta*e celle de ,dieu pot5tat4 ,la rvlation e/ un message de ,dieu4 ,il y a un prototype du livre rvl1 une espce de ,coran cle/e1 g>d auprs de ,dieu4 ,un ange lit dans ce livre et vi5t communiqu] ce qu'il a lu au prophte4 ,c'e/ l un mcanisme trs simple et p\r a9si dire t\t ext]ne4 ,n\s sommes lo9 ici des ardeurs et de la passion du prophtisme biblique4 ,la notion s'en e/ re/re9te et dess*e4 ,mahomet a admis la progression prophtique4 ,a *aque poque1 son livre sacr1 a-t-il dit 7,,xiii1 #ci74 ,ces livres ne se contr$is5t pas mais s'expliqu5t et se complt5t4 ,cette ide qui e/ belle en elle-mme et assez sduisante1 fut nuisible l'islam4 ,beauc\p de sectes s'en s]vir5t p\r aj\t] au ,coran de n\velles rvlations qui1 s\s c\leur de l'expliqu]1 le dtruisai5t4 ,le ,coran cons]ve ,jsus son titre de ,v]be2 mais ce mot n'a plus aucun s5s prcis dans l'ide coranique de la rvlation4 ,la ?orie des anges doit tre m5tionne uniquem5t p\r rappel] qu'elle ne concde ri5 aux ?ories gno/iques de l'manation4 ,l'esprit de ,mahomet fut trs f]me sur le po9t fondam5tal de l'unit div9e2 et il ne se laissa surpr5dre p> aucun ct4 ,les anges qu'il admit concurremm5t avec les gnies1 sont crs et aussi di/9cts de ,dieu que le sont les hommes4 ,ils ont des fonctions auprs de ,dieu2 ils prsid5t aux gr&s m\vem5ts de la nature2 ils s]v5t de messag]s entre ,dieu et l'homme4 ,mahomet connut la notion de sphre cle/e1 mais il n'eut consci5ce de celle de l'intellig5ce des sphres1 qu'autant qu'il tait ncessaire p\r int]dire l'adoration des a/res4 ,il admit c]ta9s p\voirs magiques1 qu'il condamna sans s'occup] de les expliqu]4 ,mahomet philosophe peut en df9itive tre jug comme un esprit modr et sage1 net et pratique1 beauc\p plus moral que mtaphysique4 ,il cra une ?odice noble et f]me1 imite de la ?odice biblique4 ,il fut prs]v p> son bon s5s de div]s excs o des ?ologi5s ultrieurs entranr5t sa doctr9e1 et son ignorance relative ne lui p]mit pas de press5tir aucune des difficults que la spculation philosophique devait aprs lui s\lev] dans l'islam4 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,motaz,,lites ,la ?odice du ,coran comm5a tre l'objet de la spculation philosophique ds le premi] sicle de l'hgire4 ,avant donc l'introduction des ouvrages des philosophes grecs dans l'islam1 il s'y produisit un m\vem5t philosophique spontan4 ,cette spculation s'aff9a ensuite et dev9t plus complexe mesure que l'influ5ce grecque se fit davantage s5tir4 ,il e/ curieux de suivre ces v>iations de la ?odice jusqu'au mom5t o les oeuvres de l'antiquit ayant t traduites et ple9em5t comprises1 le problme scola/ique se posa4 ,la plus importante ligne des docteurs qui se di/+ur5t dans cette priode e/ con/itue p> la secte dite ,motazlite4 ,les ?ories fondam5tales tudies p> les ,motazlites fur5t celles des qualits de ,dieu et celle de la prde/9ation et du libre arbitre4 ,leurs discussions portr5t aussi sur une "q d'ordre politique qui eut un gr& rle dans l'hi/oire musulmane1 savoir3 quels signes on reconnat l'imam lgitime4 ,l'imam1 on s'en s\vi5t1 e/ le prsid5t de la communaut musulmane1 c'e/--dire le khalife ou le sultan4 ,il se =ma ce sujet une multitude de sectes1 dont *acune s'atta*a1 en mme temps qu' un dogme politique p>ticuli]1 c]ta9es croyances mtaphysiques#d4 ,dans cet ouvrage1 n\s laiss]ons absolum5t de ct les discussions politiques1 p\r ne n\s occup] que de la suite des ides philosophiques4 ,les ,motazlites con/itu5t une secte va/e que l'on peut divis] en beauc\p de s\s-sectes1 mais qui se di/+ue dans l'ensemble p> ses t5dances rationali/es et librales2 en elle se conc5tra une bonne "p de la vie philosophique des musulmans1 avant l'app>ition puis ct des philosophes proprem5t dits4 ,note #d3 ,la ?orie de l'immat a t longuem5t dveloppe p> ,ibn ,khald\n dans ses ,prolgomnes1 trad4 ,de ,slane1 ,notices et extraits des ,mss4 de la ,biblio?que nationale1 t4 ,,xix-,,xxi1 premires p>ties4--,maoudi y revi5t div]ses reprises dans les ,prairies d'or1 et n\s en avons n\s-mme dit quelque *ose dans notre ouvrage le ,mahomtisme1 le gnie smitique et le gnie ary5 dans l',islam1 ,p>is1 ,*ampion1 #ahih1 l'endroit o n\s traitons des ,alides4 ,n\s ne possdons gure les ouvrages des docteurs ,motazlites avant le temps d',avic5ne2 mais n\s avons sur cette priode quelques bonnes s\rces secondaires1 dont la pr9cipale e/ le clbre recueil de ,*ahra/ani sur les ,religions et les sectes#e4 ,ce rem>quable hi/ori5 des ides dans l'islam a consacr un gr& nombre de ,motazlites des articles qui mrit5t confiance1 si l'on en juge p> le so9 avec lequel e/ rdig son expos de la philosophie d',avic5ne1 o le contrle e/ possible4 ,il exi/e d'autres r5seignem5ts dans un trait de ?ologie et de philosophie encore insuffisamm5t tudi1 le ,mawkif1 compos p> ,adod ed-,dn el-,idji 7mort en #gef ,h474 ,so]5s5 a dit les deux d]nires sections de ce livre1 avec leur comm5taire p> el-,djordjni#f4 ,en se s]vant de ces deux s\rces pr9cipales1 ,/e9] a publi nagure un bon travail sur les ,motazlites#g4 ,note #e3 ,book ( religi\s & philosophical sects1 d4 ,w4 ,cureton1 #b vol4 ,londres1 #ahdg4--;,cet important ouvrage a t traduit en allem& et annot p> ,?4 ,ha>brck]1 ,abu'l-,fa? ,muhamm$ as*-,s*ahra/ni's ,religions-p>!i5 und ,philosoph5s*ul54 #b vol4 ,halle1 #ahej4--;,*ahra/ani m\rut en #ebh de l'hgire 7#aaec ,*474 ,note #f3 ,/atio qu9ta et sexta et app5dix libri ,mevakif1 auctore ,adhad-ed-,dn el-,ig1 ed4 ,?4 ,so]5s54 ,leipzig1 #ahdh4--,le ,mawkif e/ un volum9eux ouvrage4 ,il a t imprim en enti] ,con/ant9ople4 ,c'e/ un trait de philosophie2 ce n'e/ pas1 comme le livre de ,*ahra/ani1 une hi/oire de la philosophie2 mais il conti5t quelques r5seignem5ts hi/oriques4 ,note #g3 ,h4 ,/e9]1 ,die ,mutazilit5 od] die ,freid5k] im ,islm4 ,leipzig1 #ahfe4 ,la "q du libre arbitre fut pose1 avant la naissance de la secte ,motazlite1 p> ,mab$ el-,djohani et ,at fils de ,yasr qui app>t5ai5t l'cole du clbre jurisconsulte ,haan fils d',ab\'l-,haan de ,basrah 7mort en #aaj74 ,ces docteurs se dcl>r5t p>tisans du libre arbitre de l'homme4 ,la doctr9e contraire1 que n\s avons refus de voir dans le ,coran1 avait prvalu dans l'islam1 p5dant les gu]res des ,omeyades4 ,l'on s'tait atta*1 implicitem5t au mo9s1 au fatalisme1 c'e/--dire que l'on croyait que l'homme tait bon ou mauvais1 prp> p\r la gh5ne ou p\r le p>adis1 d'aprs les dcrets t]nels de ,dieu4 ,les passages du ,coran opposs cette op9ion tai5t l'objet d'une int]prtation 7tawl74 ,la doctr9e librale de ,mab$ ayant am5 des tr\bles1 le khalife ,abd el-,mlik le fit mettre la torture et p5dre en l'an #hj de l'hgire4 ,un autre docteur qui avait suivi ses op9ions1 ,ab\ ,m]wn de ,damas1 fut crucifi la porte de cette ville p> ordre du khalife ,hi*m fils d',abd el-,mlik4 ,c'tait un esprit trs h>di4 ,quant ,at fils de ,yasr1 il *appa au m>tyre et ne m\rut qu'en l'an #ajc1 g de #hd ans4 ,il tait un affran*i de l'une des femmes du prophte1 ,mam\nah4 ,les premi]s p>tisans du libre arbitre avai5t pris le nom de ,kad>ites2 mais cette dsignation se tr\vait ambigu1 c> le mot kadr peut signifi] galem5t le p\voir1 le dcret de ,dieu1 ou le p\voir1 la lib]t de l'homme1 et le t]me de ,kad>ite p\vait s'ent5dre en mme temps des p>tisans du libre arbitre ou de leurs adv]saires4 ,les ,motazlites1 en adoptant la croyance au libre arbitre1 rejetr5t le nom de ,kad>ites1 et dsignr5t le libre arbitre p> le mot el-adl1 qui1 dans son s5s normal1 signifie la ju/ice4 ,wsil fils d',at fut le fondateur de la gr&e secte des ,motazlites4 ,il naquit ,md9e l'an #hj1 fut un affran*i des ,bn\ ,makhz\m ou des ,bn\ ,dabbah1 et m\rut en #aca4 ,il tait orateur1 mais il ne p\vait pas prononc] la lettre ra qu'il *angeait en ghan2 autrem5t dit il grasseyait2 mais sa connaissance de l'arabe et sa facilit de p>ole tai5t telles qu'il russissait vit] dans le disc\rs les mots cont5ant le ra2 ce qui a fait dire un pote3 ,tu m'z rduit l'tat du ra que l'on ne prononce pas2 tu m'z supprim comme si tu tais ,wsil4 ,wsil fut d'abord lve de ,haan de ,basrah2 puis il se sp>a de lui cause d'une op9ion n\velle qu'il mit sur l'tat des croyants c\pables de p* grave4 ,il dit que le croyant p*eur1 le fsik1 tait dans un tat int]mdiaire entre le croyant ju/e et l'impie ou kfir4 ,cette op9ion demeura dans sa secte s\s la dsignation de doctr9e de l'tat mixte4 ,on rapporte cette circon/ance l'orig9e du nom de ,motazlites qui signifie les sp>s4 ,wsil comm5a aussi ni] les qualits de ,dieu4 ,son int5tion1 en mettant cette doctr9e1 tait de sauv] le pur mono?isme4 ,il ne compr5ait pas l'unit d'un ,dieu possesseur d'attributs1 et il disait3 ,celui qui affirme une qualit t]nelle ct de ,dieu affirme deux dieux4 ,cep5dant il ne semble pas qu'il ait mri cette ?orie1 autant que n\s p\vons en jug]1 en l'abs5ce de ses oeuvres4 ,comme t\s les ,motazlites aprs lui1 il fut trs net dans la foi au libre arbitre3 ,il e/ impossible1 disait-il1 que ,dieu veuille et dcrte le mal1 contrairem5t ce qu'il ordonne4 ,il admit le dcret div9 en ce qui conc]ne les vnem5ts extrieurs1 l'in=tune ou la prosprit1 la maladie ou la sant1 la vie ou la mort4 ,en d'autres t]mes il admit un fatalisme physique1 mais il condamna le fatalisme moral4 ,amr fils d',obd1 autre *ef clbre des ,motazlites1 fut contempora9 de ,wsil fils d',at et se sp>a en mme temps que lui de l'cole de ,haan de ,basrah4 ,c'tait un p]sonnage d'un c>actre intressant4 ,il p>at tre d'orig9e afghane1 son aeul ayant fait p>tie des prisonni]s qui tombr5t aux ma9s des ,musulmans ,kab\l4 ,il tait un affran*i des ,bn\ ,tmim4 ,sa mort arriva en #add ou #ade4 ,l'hi/ori5 ,maoudi tmoigne d'une gr&e admiration p\r ,amr fils d',obd1 dont il dit qu' il fut le *eikh des ,motazlites de son temps1 le docteur le plus m95t de cette secte et que p]sonne ne l'clipsa depuis4 ,il a laiss des traits1 des disc\rs et un gr& nombre de diss]tations sur le libre arbitre1 sur l'unit de ,dieu1 etc44 ,n\s ne connaissons pas ces crits4 ,l'hi/ori5 appuie ces loges p> quelques anecdotes qui montr5t le c>actre lev et lgrem5t cynique de ce p]sonnage#h4 ,note #h3 ,v4 les ,prairies d'or1 ,,vi1 #bjh-bab4 ,ces quelques v]s que ,maoudi cite comme ayant t rcits p> ,amr en prs5ce de ,mans\r donn5t de lui une haute ide3 ,o toi que l'esprance aveugle1 les dceptions et la mort te sp>5t de ce que tu espres4 ,ne vois-tu pas que le monde avec ses attraits trompeurs n'e/ qu'une /ation o le voyageur campe un mom5t1 puis s'loigne8 ,ses piges sont mortels1 ses plaisirs une angoisse2 sa srnit n'e/ que tr\ble2 son empire n'e/ que rvolutions4 ,la quitude de l'homme y e/ tr\ble p> de p]ptuelles al>mes2 ni la d\ceur ni la viol5ce n'y peuv5t ri54 ,l'homme e/ comme le b des cata/rophes et du trpas1 le j\et des adv]sits filles du de/94 ,il fuit p\r sauv] sa vie et la mort e/ en embuscade2 *acun de ses faux pas e/ une *ute4 ,il se consume en ef=ts au pr(it de ses hriti]s1 et c'e/ la tombe qui recueille le fruit de ses fatigues4 ,malgr la rputation d',amr fils d',obd1 n\s savons en somme peu de *ose de sa doctr9e4 ,aprs l'poque de ces premi]s ,motazlites la connaissance des livres grecs s'introduisit dans l'islam4 ,les ,motazlites les tudir5t1 et n\s con/atons quels progrs cette tude fit faire leur p5se1 combi5 elle l'enri*it et l'aff9a1 en r5contrant1 aprs une ou deux gnrations1 t\te une pliade de docteurs de cette secte1 en tte desquels il convi5t de cit] ,ab\'l-,hodl el-,allf de ,basrah4 ,ab\'l-,hodl naquit en #ace4 ,il tait affran*i des ,bn\ ,abd el-,kas4 ,il tudia la philosophie ,bagdad s\s la direction d'un lve de ,wsil fils d',at4 ,il composa de nombreux ouvrages que n\s ne possdons po9t1 et il prit "p aux controv]ses ?ologiques qui eur5t lieu s\s ,mam\n4 ,*ahra/ani le fait m\rir l'ge de #ajj ans1 en #bce2 mais ,ab\'l-,mahs9 donne la date de #bbf1 qui e/ sans d\te prfrable4 ,ab\'l-,hodl n'adopta pas l'op9ion absolue de ses prdcesseurs t\*ant la ngation des qualits div9es4 ,il admit les qualits comme des modes s\s lesquels app>at l'ess5ce div9e2 ,*ahra/ani comp>e cette conception celle des hypo/ases *ez les *rti5s2 mais cette comp>aison ne semble pas trs satisfaisante4 ,les qualits div9es1 dit plus clairem5t le mme hi/ori51 tai5t p\r lui l'ess5ce mme de ,dieu1 non pas des ides annexes cette ess5ce2 elles n'avai5t qu'une signification purem5t ngative1 ou plutt elles exprimai5t seulem5t ce qui tait cont5u dans le concept de l'ess5ce4 ,ab\'l-,hodl ne disait pas3 ,dieu e/ savant p> son ess5ce et non pas p> la sci5ce2 il disait3 ,dieu e/ savant p> une sci5ce qui e/ son ess5ce4 ,la premire =mule1 qui p\vait tre celle des ,motazlites antrieurs1 niait la qualit2 la seconde reconnaissait une ess5ce qui e/ id5tiquem5t qualit ou une qualit qui e/ id5tiquem5t ess5ce4 ,cette rem>quable f9esse d'analyse se retr\ve dans les autres p>ties de la philosophie d',ab\'l-,hodl4 ,sa ?orie de la volont div9e et huma9e e/ intressante4 ,la volont en ,dieu n'e/ qu'un mode de la sci5ce2 ,dieu veut ce qu'il sait bon4 ,il y a deux sortes de volitions ou d'actions div9es3 les unes qui n'ont pas beso9 d'tre =mes dans un lieu1 mais qui produis5t d'elles-mmes leur effet immdiat1 comme les volitions dans l'ordre de la cration1 exprimes p> la p>ole3 sois2 les autres qui ont beso9 de tomb] dans un lieu p\r produire leur effet2 ce sont les volitions d'ordre moral exprimes p> les comm&em5ts1 les df5ses1 les communications de ,dieu4 ,en l'homme les volitions et l'activit intrieures sont ncessairem5t libres4 ,on ne peut pas1 dit notre docteur1 d'aprs ,*ahra/ani1 se les reprs5t] d'une autre sorte4 ,ceci e/ la preuve du libre arbitre p> la consci5ce que l'on en a4 ,quant l'activit extrieure1 elle n'e/ pas libre en elle-mme2 mais elle e/ ord9airem5t la consqu5ce des volitions libres du d$ans4 ,assez trange e/ la ?orie d',ab\'l-,hodl sur le m\vem5t du monde4 ,ce philosophe semble avoir *]* admettre la doctr9e grecque de l't]nit du monde1 sans se mettre en contradiction explicite avec le ,coran4 ,ne p\vant croire un m\vem5t t]nel sans comm5cem5t ni sans f91 il enseigna que la cration e/ la mise en m\vem5t du monde1 et que la f9 du monde e/ sa r5tre dans le repos4 ,il y aurait donc eu de t\te t]nit et il subsi/]a jamais une matire en repos4 ,encore ce repos e/-il conu d'une manire trs mtaphysique4 ,il ne faut pas pr5dre ce mot dans son s5s ord9aire4 ,l'tat de repos t]nel du monde e/ beauc\p plutt un tat d'ordre absolu1 dans lequel t\t arrive con=mm5t des lois ncessaires1 selon une prvoyance indfectible4 ,c'e/1 en somme1 un tat dans lequel t\t caprice et t\te lib]t cess5t2 il n'e/ pas d\teux qu',ab\'l-,hodl ne l'ait ent5du a9si4 ,il ne comprit1 dit ,*ahra/ani1 la lib]t huma9e qu'en ce monde4 ,aprs ce monde les hommes entr5t dans une sorte d'tat absolu1 qui e/ un tat de suprme bonheur p\r les uns1 de pe9e affreuse p\r les autres4 ,l'on voit combi5 sont +nieuses ces doctr9es et comme le contact de l'esprit grec1 t\t en m5aant de dnatur] le dogme coranique1 avait promptem5t veill *ez les ,mahomtans le gnie philosophique4 ,enf9 on doit encore signal] *ez ,ab\'l-,hodl une autre ide h>die1 non indigne des prcd5tes3 c'e/ celle de la loi naturelle4 ,elle e/ trs clairem5t exprime p> ,*ahra/ani4 ,avant t\te rvlation1 l'homme peut p>v5ir la connaissance de ,dieu et la consci5ce du bi5 et du mal1 et mme il y e/ t5u4 ,l'homme doit1 p> sa propre raison1 disc]n] la beaut du bi5 et la laideur du mal2 il e/ oblig de s'ef=c] d'agir selon la vrit et la ju/ice1 d'vit] le m5songe et l'iniquit4 ,s'il manque cette obligation1 il mrite d'tre puni4 ,cette ?orie de la loi naturelle fut gnralem5t admise dans l'cole ,motazlite4 ,a ct d',ab\'l-,hodl el-,allf brille un autre gr& docteur motazlite1 ,ibrhim fils de ,sayr en-,nazzm1 l'un des pr9cipaux dialectici5s de l'cole de ,basrah au temps de ,mam\n#i4 ,ce khalife se plaisait ent5dre diss]t] ces deux matres2 il les faisait v5ir sa c\r avec des docteurs des autres sectes1 et il rp&it a9si dans le public le gt et l'habitude de la spculation4 ,nazzm avait lu beauc\p de livres des philosophes grecs1 n\s dit ,*ahra/ani qui1 en l'abs5ce des ouvrages de ce matre1 re/e t\j\rs notre pr9cipale s\rce4 ,il ne p>at pas cep5dant qu'il soit arriv une philosophie bi5 diffr5te de celle d',ab\'l-,hodl2 on peut seulem5t croire qu'il avait un gnie mtaphysique mo9s f9 et l'esprit davantage port v]s les sci5ces de la nature4 ,il fut un encyclopdi/e4 ,note #i3 ,ab\'l-,mahs9 dit que ,nazzm p>ut en l'an #bbj4 ,abu'l-,mahas9 ,ibn ,tagri ,b>dii ,annales1 d4 ,juynboll1 #b vol4 ,leyde1 #aheb-aheg4 ,p\r les rfr5ces1 consultez l'index4 ,nazzm dveloppa d'une manire intressante la doctr9e de la ju/ice de ,dieu1 lie celle de l'optimisme4 ,il retira ,dieu le p\voir de faire le mal4 ,l'op9ion rp&ue *ez les ,motazlites tait que ,dieu p\vait faire le mal1 mais qu'il ne le faisait pas p>ce que le mal tait laid4 ,nazzm s\t9t que si la laideur tait une qualit ess5tielle du laid en acte1 le laid en acte ne p\vait tre attribu ,dieu1 et que comme la laideur se tr\vait aussi dans la possibilit du laid1 on ne p\vait pas davantage attribu] ,dieu le laid en puissance4 ,en d'autres t]mes1 le mal n'tait pas pu p> ,dieu ni en puissance ni en acte4 ,nazzm p\sse plus lo9 sa p5se4 ,mme le mo9dre bi5 n'e/ pas pu p> ,dieu2 il ne peut v\loir que le plus gr& bi52 ce s]ait lui faire injure que de suppos] possible un plus gr& bi5 et d'admettre qu'il ne le *oist pas4 ,a ceux qui objectai5t qu'alors t\s les actes du crateur tai5t dt]m9s1 ,nazzm rpondait3 ,cette dt]m9ation que j'admets dans la puissance1 v\s tes =cs de l'admettre dans l'acte2 c> t\t en disant que ,dieu a en pr9cipe le *oix entre l'exi/5ce et l'abs5ce d'un bi51 v\s reconnaissez qu'en fait il *oisit son exi/5ce4 ,c'tait dj l une assez haute dispute scola/ique4 ,notre docteur se trompa en essayant d'emprunt] aux ,grecs cette notion fameuse que l'me e/ la =me du corps4 ,il comprit mal la p5se1 et il enseigna que le corps e/ la =me extrieure de l'me et de l'esprit1 l'esprit tant p\r lui une sub/ance d\e elle-mme d'une espce de corps trs subtil qui pntre t\tes les p>ties du corps matriel et y e/ infuse comme l'ess5ce l'e/ dans la rose1 l'huile dans le ssame1 le beurre dans le lait4 ,a9si que le rem>que ,*ahra/ani1 ,nazzm tait plus port v]s les physiologues que v]s les mtaphysici5s4 ,l'ide qu'il se fit de la cration e/ curieuse1 bi5 que ,*ahra/ani prt5de qu'il l'ait prise aux ,grecs2 ,dieu selon lui cra d'un seul c\p t\t l'ensemble des tres1 mais il les ca*a1 et il ne les laissa app>atre que successivem5t4 ,cette app>ition e/ ce que n\s appelons la gnration4 ,en ralit ,adam et t\s ses desc5dants ont exi/ ensemble depuis le premi] j\r4 ,il n'y a eu qu'une cration unique aprs laquelle aucune autre cration n\velle n'e/ possible4 ,t\tes les *oses se dvelopp5t et se manife/5t sur ce fond de la nature une fois donne4 ,cette doctr9e ab\tit *ez ,nazzm un dt]m9isme physique trs net et qui lui fait honneur3 ,il n'y a p\r lui qu'une seule activit libre dans la nature1 c'e/ celle de l'homme4 ,hors de l t\tes les *oses arriv5t p> ncessit4 ,la pi]re lance en l'air obx quelque temps l'impulsion libre qui lui vi5t de la ma9 de l'homme2 puis1 l'effet de cette impulsion tant u1 elle revi5t la place que lui assigne la =ce naturelle inhr5te en elle4 ,ce docteur s'occupa aussi de la "q de la divisibilit l'inf9i des corps1 et il conclut en niant la p>tie indivisible4 ,il mit une ?orie des accid5ts physiques qu'il id5tifia avec des corps2 les saveurs1 les c\leurs1 les odeurs sont corporelles p\r lui4 ,nazzm fut donc un savant et un p5seur aux ides h>dies et va/es2 son oeuvre et celle d',ab\'l-,hodl1 si succ9ctem5t qu'elles soi5t connues1 n\s montr5t dj la mtaphysique1 la dialectique et la physique des ,grecs pntrant dans le monde musulman4 ,aux deux gr&s docteurs que n\s v5ons de cit]1 on doit encore en jo9dre d'autres auxquels on attribue des op9ions intressantes sur des que/ions clbres4 ,cette pliade de p5seurs a1 en peu de temps1 p\ss ses re*]*es dans les directions les plus v>ies1 au po9t qu'on croirait1 en en ent5dant p>l]1 qu'ils m>qu5t les tapes d'une longue volution philosophique1 alors qu'en ralit ils sont presque contempora9s4 ,l'impulsion donne l'esprit ori5tal p> les lettres grecques fut donc d'une vivacit m]veilleuse4 ,bi*r1 fils de ,motamir1 posa la "q dite du tawallud qui consi/e tudi] la transmission de l'action d'un ag5t trav]s une srie d'objets4 ,le ,mawkif donne comme exemple l'action d'une ma9 t5ant une cl2 l'ag5t meut sa ma91 il en rsulte le m\vem5t de la cl qui peut-tre n'tait pas v\lu#aj4 ,cette "q prit de l'importance en morale et suscita de nombreuses discussions *ez les ,motazlites po/rieurs1 comme on peut le voir d'aprs le ,mawkif4 ,il s'agissait de savoir comm5t des causes extrieures p\vai5t modifi] l'activit d'un ag5t libre et dim9u] sa responsabilit4 ,c'tait t\te une ?orie des causes int]fr5tes qui se con/ituait4 ,note #aj3 ,sur la "q du tawallud1 ,v4 le ,mawkif1 pages #aaf #abe4 ,bi*r s\leva aussi deux que/ions fameuses en ?odice et qui sont p>mi les plus difficiles de cette sci5ce3 celle de la ju/ice de ,dieu l'g>d des enfants1 et celle de sa ,provid5ce relativem5t aux peuples qui n'ont pas connaissance de la foi4 ,sur la premire1 il nia que ,dieu pt condamn] les enfants1 non pas prcism5t p>ce que ce s]ait inju/e1 mais p>ce que cela suppos]ait que l'enfant e/ capable de dmrite et qu'alors il n'e/ pas un enfant1 ce qui e/ contradictoire4 ,sur la seconde "q1 ,bi*r s'c>te de l'optimisme dom9ant *ez les ,motazlites4 ,il croit que ,dieu et pu con/itu] un autre monde o t\s les hommes euss5t t appels la foi et euss5t mrit d'tre sauvs2 il n'y a pas de limite la p]fection que ,dieu peut ralis]1 et l'on peut t\j\rs suppos] un monde meilleur t\t autre donn4 ,dieu donc n'tait pas t5u au meilleur2 ou1 en d'autre t]mes1 nos jugem5ts sur le bon et sur la ju/ice ne lui sont pas applicables4 ,il tait seulem5t t5u de donn] l'homme le libre arbitre1 et1 quelque mom5t1 la rvlation2 en dehors de la rvlation1 l'homme a1 p\r se conduire1 les lumires de la raison qui lui dc\vr5t la loi naturelle4 ,les doctr9es de ,bi*r p>aiss5t1 d'aprs le bref compte r5du de ,*ahra/ani1 mo9s solides et mo9s hautes que celles des prcd5ts docteurs4 ,avec ,mam> fils d',ibd es-,solami1 la doctr9e motazlite acqui]t une h>diesse s+ulire et s'avance v]s le pan?isme4 ,p\r ce docteur1 ,dieu n'a cr que les corps et non les accid5ts2 les corps produis5t les accid5ts ou p> nature comme le feu produit la *aleur et la brlure1 comme la lune produit la cl>t1 ou librem5t1 comme dans le cas de la vie animale4 ,selon ,mam>1 l'tre et le prir sont aussi des accid5ts2 ils ne s]ai5t donc pas les effets immdiats des actes du crateur1 et celui-ci n'aurait produit qu'une matire univ]selle d'o sortirai5t successivem5t1 en v]tu d'une =ce imman5te1 les =mes de t\s les tres4 ,ayant exclu ,dieu de la nature1 ,mam> le relgue aussi hors des atte9tes de notre connaissance1 p> son op9ion trs absolue sur la ngation des qualits div9es4 ,la sci5ce1 p> exemple1 ne peut tre attribue ,dieu1 p>ce que1 ou il e/ lui-mme l'objet de sa sci5ce et alors il y a une di/9ction entre le connaissant et le connu et p> consqu5t une dualit dans l'tre de ,dieu2 ou l'objet de sa sci5ce lui e/ extrieur1 et alors il n'e/ savant qu' la condition de cet objet extrieur et il n'e/ plus absolu4 ,cette critique revi5t dire que nos concepts ne sont pas applicables l'tre div9 et que celui-ci e/ inconnaissable4 ,les t5dances pan?i/es de ,mam> tr\v5t leur ab\tissem5t *ez ,tommah fils d'el-,a*ras4 ,ce docteur1 =t connu des hi/ori5s1 fut p]scut p> ,r*d qui l'emprisonna en l'an #ahf1 et j\it au contraire d'une gr&e faveur auprs de ,mam\n4 ,il m\rut en #bac4 ,il avait le don de l'anecdote et de l'ironie1 comme il p>at d'aprs les rcits de ,maoudi#aa4 ,l'hi/oire du p>asite qui se glissa dans une tr\pe de mani*ens croyant qu'ils allai5t une p>tie de plaisir1 e/ assez amusante4 ,cet homme s'ap]ut de son erreur qu& il vit les mani*ens et lui-mme *>gs de *anes p> ordre de ,mam\n4 ,am5s devant le khalife1 ces hrtiques fur5t excuts4 ,quant au p>asite1 il se dcl>a prt r5i] ,mans et s\ill] son image1 expliquant qu'il s'tait tromp1 ce qui div]tit =t le khalife4--,on prte ,tommah cette op9ion que le monde e/ un acte de ,dieu selon la nature1 c'e/--dire que le monde n'e/ pas l'effet d'un acte libre du crateur1 mais qu'il sort ncessairem5t de la nature div9e4 ,le monde s]ait a9si t]nel comme ,dieu et une face de la div9it4 ,note #aa3 ,les ,prairies d'or1 ,,vii1 #ab et suiv4 ,la notion de la mtempsycose rep>ut *ez deux docteurs de la secte de ,nazzm1 ,ahm$ fils de ,hbit et ,fadl el-,hodabi4 ,ils l'appliqur5t avec limitation et d'une manire assez grossire1 aux hommes qui n'ayant t ni t\t fait bons ni t\t fait m*ants1 ne sont dignes ni du ciel ni de l'enf]4 ,les mes de ces hommes r5tr5t dans des corps d'hommes ou d'animaux et recomm5c5t d'autres exi/5ces4 ,ils eur5t aussi une int]prtation orig9ale de la vision de ,dieu1 au j\r de la rsurrection4 ,les hommes ne v]ront pas ,dieu lui-mme2 mais ils v]ront la premire intellig5ce1 qui e/ l'intellect ag5t d'o les =mes dc\l5t sur les tres2 c'e/1 d'aprs eux1 ce qu'a ent5du le prophte qu& il a dit3 ,v\s v]rez votre ,seigneur1 comme v\s voyez la lune dans la nuit de la nomnie4 ,voil un exemple assez topique de l'application d'une ide grecque un texte musulman4 ,n\s arrivons un clbre polygraphe et encyclopdi/e1 ,amr1 fils de ,bahr el-,djhiz1 *ef des ,motazlites de l'cole de ,basrah4 ,ce docteur avait t au s]vice de ,nzzam en qualit de page4 ,il suivit ses leons et recueillit son enseignem5t4 ,nos biblio?ques r5f]m5t un gr& nombre d'crits attribus ,djhiz1 et quoique cette attribution soit s\v5t d\teuse1 on peut regrett] que ces manuscrits n'ai5t pas fait l'objet de plus de travaux#ab4 ,djhiz t\*a les sujets les plus div]s3 belles-lettres1 rhtorique1 folklore1 ?ologie1 philosophie1 gographie1 hi/oire naturelle2 son oeuvre embrassa t\te la vie religieuse1 sociale et littraire de son temps4 ,elle reut les plus hauts loges4 ,maoudi dit#ac3 ,on ne connat pas p>mi les traditionni/es et les savants d'auteur plus fcond que ,djhiz4 ,ses crits1 malgr leurs t5dances hrtiques bi5 connues1 *>m5t l'esprit du lecteur et lui apport5t les preuves les plus vid5tes4 ,ils sont bi5 coordonns1 rdigs avec un art p>fait1 admirablem5t con/ruits et orns de t\s les attraits du /yle4 ,djhiz p>at avoir ex]c une influ5ce considrable4 ,il contribua rp&re p>mi beauc\p d'auteurs l'esprit libral et critique de sa secte4 ,quant sa philosophie propre1 t\j\rs connue p> le rsum sec de ,*ahra/ani1 elle semble n'avoir pas t dp\rvue de f9esse ni de puissance4 ,note #ab3 ,van ,vlot5 a dit un ouvrage attribu el-,djhiz3 ,le livre des beauts et des anti?ses1 ,leyde1 #ahih4 ,cet ouvrage n'e/ pas spcialem5t philosophique4 ,v4 en un compte r5du p> ,hirs*feld dans ,j\rnal ( ! ,royal ,asiatic ,society1 janvi] #ahii1 p4 #agg4--,v4 sur les ouvrages d'el-,djhiz ou lui attribus ,brockelmann1 ,ges*i*te d] ,arabis*5 litt]atur1 ,i1 #aec4 ,note #ac3 ,les ,prairies d'or1 ,,viii1 #cc et suiv4 ,il n'y a pas de lib]t dans la connaissance4 ,la connaissance dc\le d'une ncessit naturelle4 ,la volont elle-mme n'e/ qu'un mode de la sci5ce et une espce d'accid5t4 ,l'acte volontaire dsigne l'acte qui e/ connu p> son auteur4 ,la volont relative un acte extrieur n'e/ qu'une incl9ation4 ,les corps ont aussi de ces incl9ations naturelles1 qui dc\l5t de leurs =ces intimes4 ,les sub/ances sont seules t]nelles4 ,les accid5ts sont le *angeant1 le mobile1 et ils exprim5t1 en raison de la puissance imman5te dans les sub/ances1 le processus de la vie des corps et de l'esprit4 ,si ce sy/me e/ bi5 compris1 il ab\tit donc une espce de monadologie4 ,el-,djhiz a mis cette op9ion biz>re que les damns ne s\ffrai5t pas t]nellem5t dans le feu1 mais qu'ils se trans=mai5t dans la nature du feu4 ,relativem5t la ?orie de la rvlation1 on lui attribue cette autre op9ion passablem5t exc5trique que le ,coran e/ un corps cr qui peut se *ang] en homme ou en animal4 ,dj avec el-,djhiz1 mort en #bee1 n\s atteignons l'poque du premi] des gr&s philosophes el-,k9di4 ,mais p\r n'avoir pas rev5ir plus t>d sur les ,motazlites1 n\s allons p\rsuivre en peu de mots l'hi/oire de cette intressante secte jusqu'au temps du ?ologi5 ,a*>i4 ,el-,khayt se di/+ue p5dant cette priode dans l'cole des ,motazlites de ,bagdad4 ,il fonde une ?orie aspect subjectivi/e et assez orig9ale4 ,il appelle *ose ce qui e/ connu1 ce dont on peut p>l]2 et la *ose1 p\r lui1 a une ralit indp5dante de son exi/5ce4 ,l'tre n'e/ qu'une qualit qui s'aj\te la *ose4 ,le noir1 p> exemple1 e/ noir mme dans la non-exi/5ce4 ,autrem5t dit1 la *ose e/ dj relle dans le simple concept1 avec son ess5ce et ses qualits2 et la production de l'objet se limite l'addition de la qualit d'tre cette ess5ce et ces qualits relles4 ,dans l'cole des ,motazlites de ,basrah1 deux noms prdom95t3 ceux d'el-,djobby1 mort en #cjc1 et de son fils ,ab\ ,h*im4 ,la dispute qui s'leva entre ces deux docteurs au sujet des attributs div9s1 e/ d'une extrme subtilit4 ,jadis le gr& docteur ,ab\'l-,hodl avait fait disp>atre t\s les attributs dans le concept mme de l'tre div94 ,ab\ ,h*im tr\ve ce concept pur un peu vide4 ,il essaye de le remplir1 d'en faire une image plus vivante de ,dieu4 ,selon lui1 les attributs sont des modes di/9cts de l'tre1 mais qui ne sont ni exi/ants ni connus en eux-mmes et qui ne peuv5t tre et tre connus qu'avec l'ess5ce div9e4 ,la raison di/+ue la *ose connue en soi et la *ose connue dans une de ses qualits2 et ces jugem5ts p> lesquels elle runit ou elle disjo9t les attributs1 ne revi5n5t ni affirm] l'tre seul1 ni affirm] des accid5ts ct de l'tre4 ,les attributs sont donc des espces de modes ayant une exi/5ce subjective p\r celui qui connat l'tre div94 ,la subjectivit mme de cette ?orie dplut el-,djobby4 ,il lui sembla que ces modes se rduirai5t des noms ne rec\vrant aucun concept ou des ides purem5t relatives de l'esprit1 incapables de valoir comme qualits2 et il s'en t9t peu prs la doctr9e d',ab\'l-,hodl4 ,djobby eut p\r lve1 avec son fils1 le fameux ?ologi5 ,a*>i 7#bfj-cbd7 qui m>que un po9t culm9ant dans l'hi/oire de la ?ologie philosophique *ez les ,musulmans2 mais comme n\s n'avons pas l'int5tion de p>l] de lui dans ce volume1 il convi5t que n\s n\s arrtions4 ,n\s avons dit que les ,motazlites tai5t la plus philosophique des sectes musulmanes1 et que n\s n'entrepr5drions pas l'hi/oire des sectes ?ologiques1 juridiques1 my/iques et politiques4 ,quelques lignes sur des sectes opposes aux ,motazlites suffiront faire s5tir la supriorit de ceux-ci1 et laiss] entrevoir l'imm5se m\vem5t d'ides qui eut lieu dans la priode dont n\s n\s occupons1 et dont n\s v5ons de rapport] ce qui intresse le plus la philosophie pure4 ,en opposition avec la ?orie ,motazlite de la ngation des attributs div9s1 on vit s'lev] une ?orie adv]se qui affirma ces qualits jusqu' tomb] dans l'an?ropomorphisme4 ,on appelle en gnral ,siftites du mot ,sift1 qualits1 les ,musulmans qui affirm5t la ralit des attributs div9s1 con=mm5t la tradition or?odoxe4 ,aprs l'app>ition de la critique ,motazlite1 quelques ,siftites se rfugir5t dans une ?orie prud5te du div9 inconnaissable4 ,ils dir5t que1 sans aucun d\te1 ,dieu n'tait pas semblable l'homme1 qu'il n'avait ni semblable ni associ1 et que1 en df9itive1 on ignorait le s5s rel des v]sets du ,coran qui conti5n5t des images an?ropomorphiques4 ,d'autres ,siftites tombr5t1 en s5s inv]se1 dans d'tonnants excs4 ,p>mi eux on rem>que ,mohamm$ fils de ,k]rm qui fut le fondateur d'une secte trs importante1 surt\t en ,syrie4 ,ce p]sonnage1 issu du ,sdje/an1 m\rut en #bef ,zog> et fut ent]r ,jrusalem#ad4 ,il enseigna que ,dieu e/ p\rvu d'un corps et d'une figure semblables ceux des cratures1 et il expliqua la manire huma9e les qualits div9es4 ,*ahra/ani donne de longs dtails sur cette secte1 et il rem>que que les mmes que/ions exi/ai5t dans le judasme o1 selon lui1 elles tai5t rsolues dans le s5s an?ropomorphe p> les ,k>ates#ae4 ,note #ad3 ,v4 ,sylve/re de ,sacy1 ,expos de la ,religion des ,druzes1 #b vol4 ,p>is1 #ahch1 ,introduction1 p4 xix4 ,note #ae3 ,*ahra/ani1 d4 ,cureton1 p4 #fe4 ,les ?ologi5s opposs la doctr9e du libre arbitre1 reur5t le nom gnral de ,djab>ites1 du mot djabr1 contra9te4 ,on doit cit] p>mi eux ,djahm1 fils de ,safwn1 qui pr*a ,tirmid1 dans la ,transoxiane1 et fut mis mort la f9 du rgne des ,omeyades4 ,djahm s\t5ait que l'homme n'a pas de p\voir sur ses actes et qu'il ne peut tre qualifi de s\mis ,dieu4 ,il e/ en vrit contra9t2 il n'a ni p\voir1 ni volont1 ni lib]t4 ,dieu cre t\s ses actes comme il les cre dans les autres tres1 dans l'arbre qui p\sse1 dans l'eau qui c\le1 dans la pi]re qui tombe4 ,les actes bons ou mauvais de l'homme sont ncessits et les *tim5ts ou les rcomp5ses sont des consqu5ces ncessaires de ces actes ncessaires4 ,l'on voit combi5 ces ?ories brutales n\s loign5t de la f9e analyse des p5seurs ,motazlites et de la vraie philosophie4 ,,*apitre ,,iii ,,les ,,traducteurs ,n\s avons1 dans les premi]s *apitres1 pos la ?se du problme scola/ique1 c'e/--dire la ?odice mahomtane et ses v>iations immdiates2 n\s allons ma9t5ant pos] l'anti?se1 qui consi/e dans l'introduction de la philosophie grecque dans l'islam4 ,et ici n\s sommes oblig d'l>gir beauc\p notre cadre4 ,il ne faut pas se reprs5t] exclusivem5t la philosophie musulmane soit comme l'effet d'une r5aissance subite surv5ue aprs la dc\v]te d'ouvrages antiques1 soit comme la cont9uation immdiate de la philosophie grecque4 ,son orig9e e/ un peu plus complexe4 ,le m\vem5t de traduction en arabe comm5a s\s le rgne d'el-,mans\r 7#acf-aeh71 et fut encyclopdique4 ,on traduisit des ouvrages sci5tifiques1 littraires1 philosophiques et religieux app>t5ant c9q littratures3 les littratures grecque1 hbraque1 syri5ne1 p]sane et indi5ne4 ,les crits philosophiques ne fur5t pas compris du premi] c\p et l'on n'eut en arabe de traductions suffisamm5t p>faites d',ari/ote qu'au temps d'el-,f>abi1 au comm5cem5t du quatrime sicle de l'hgire4 ,mais d'un autre ct la tradition de l'enseignem5t philosophique grec s'tait cont9ue dans le monde ori5tal jusqu'au mme temps2 et alors que les gr&es oeuvres de la haute poque classique tai5t oublies ou mal comprises1 des oeuvres secondaires et de basse poque1 cont5ant des m?odes d'un c>actre dj scola/ique devai5t tre l>gem5t rp&ues4 ,il ne me p>at pas que l'on ait jamais t5t un ef=t assez considrable p\r recon/itu] l'hi/oire de l'enseignem5t philosophique ds aprs le temps d',ari/ote et jusqu' la =mation de la scola/ique musulmane4 ,au mom5t o celle-ci app>ut1 la philosophie tait considre1 non pas comme une collection de sy/mes disp>ates1 mais comme une sci5ce unique et vivante qui se p]ptuait surt\t p> la tradition4 ,la r5aissance philosophique *ez les ,arabes fut produite p> l'tude directe des ouvrages anci5s la lumire et s\s l'influ5ce de cette tradition4 ,plusieurs auteurs arabes1 p>mi lesquels ,f>abi1 comme n\s le v]rons1 ont trs nettem5t exprim cette croyance en l'unit de la philosophie1 confondue leurs yeux avec la sci5ce1 et en sa p]ptuit4 ,maoudi1 se rfrant un de ses livres malheureusem5t p]du1 dit quelque "p#af3 ,n\s avons rappel comm5t le *ef-lieu du savoir huma9 a t transfr d',a?nes ,alex&rie1 dans le pays d'gypte4 ,l'emp]eur ,augu/e1 aprs qu'il eut fait prir ,cloptre1 tablit deux foy]s d'in/ructions1 ,alex&rie et ,rome2 l'emp]eur ,?odose fit cess] l'enseignem5t ,rome et le reporta t\t enti] ,alex&rie4 ,n\s avons dit encore p\rquoi1 s\s ,om> fils d',abd el-,aziz1 le *ef-lieu de l'enseignem5t fut transfr d',alex&rie ,antio*e1 et comm5t1 plus t>d1 s\s le rgne de ,motwekkil1 il fut transfr ,h>rn4 ,ces lignes sont un peu brves et elles ne reprs5t5t peut-tre pas trs exactem5t la m>*e relle de la tradition philosophique4 ,mais du mo9s elles indiqu5t assez bi5 l'esprit dans lequel doit tre rdig et lu ce *apitre4 ,note #af3 ,maoudi1 le ,livre de l'av]tissem5t et de la revision1 trad4 ,b4 ,c>ra de ,vaux1 page #agj1 ,p>is1 ,collection de la ,socit asiatique1 #ahif4 ,le texte arabe de ce livre a t dit p> ,m4 ,j4 de ,goeje1 ,biblio!ca geographorum arabicorum1 t4 ,,viii1 ,kitb at-tanbh wa'l-is*rf1 ,leyde1 #ahid4 ,avant l'poque de la conqute musulmane1 la bran*e de la famille smitique qui dom9ait en ,ori5t n'tait pas l'arabe2 c'tait l'aramenne1 laquelle app>ti5t la littrature syriaque4 ,l'hellnisme avait pntr de =t bonne heure *ez les ,aramens1 et ceux-ci avai5t eu t\t le temps d'en subir l'influ5ce au mom5t o ils fur5t supplants dans leur hgmonie p> leurs c\s9s arabes4 ,les ,arabes tr\vr5t donc la tradition philosophique dj tablie dans une race app>5te la leur1 de qui ils la recueillir5t sans pe9e4 ,n\s devons expliqu] cette transmission4 ,ce fut ds le milieu du deuxime sicle de l're *rti5ne que l'hellnisme comm5a se rp&re dans le monde aramen1 port p> le *ri/ianisme et la gnose4 ,v]s ce mom5t-l fut faite de l'hbreu en syriaque la v]sion des critures dite ,pe*ito1 qui tmoigne de la connaissance de la v]sion grecque des ,septante#ag4 ,dans le mme temps les ,m>cionites et les ,val5t9i5s comptai5t des adeptes desse#ah4 ,b>desane1 peu aprs1 fondait1 dans cette ville1 la littrature syriaque et in/ituait une secte qui1 malgr des d\tes rcemm5t s\levs#ai1 ne peut gure tre ratta*e qu'au gno/icisme4 ,au comm5cem5t du troisime sicle1 un vque d'desse se fit impos] les ma9s p> l'vque d',antio*e et affilia1 p> cet acte1 l'glise syri5ne l'glise hellnique#bj4 ,un li5 (ficiel fut ds lors tabli entre l'aramasme et l'hellnisme4 ,note #ag3 ,rub5s ,duval1 ,hi/oire d'desse1 ,j\rnal ,asiatique1 #ahia1 t4 ,,ii1 p4 #bfb4 ,note #ah3 ,rub5s ,duval1 op4 laud41 p4 #bfg4 ,note #ai3 ,m4 ,f4 ,nau1 dans diffr5tes publications et notamm5t dans une note intitule ,b>desane l',a/rologue 7,j\rnal ,asiatique1 #ahii1 t4 ,,ii1 pages #ab #ai71 a s\t5u que ,b>desane n'avait jamais v]s dans le gno/icisme et que t\t au plus tait-il tomb dans les erreurs des a/rologues4 ,cette op9ion1 outre qu'elle conduit accus] sa9t ,ephrem d'ignorance et presque de mauvaise foi1 r5drait difficilem5t explicable la tradition anci5ne et t5ace qui range ,b>desane p>mi les duali/es ou les gno/iques1 ct de ,mans et de ,m>cion1 et plus difficilem5t explicable encore l'exi/5ce d'une secte dite des ,b>desanites qui fut connue durant t\t le haut moy5 ge ori5tal 7,v4 ,maoudi1 le ,livre de l'av]tissem5t1 p4 #ahh2 ,*ahra/ani1 d4 ,cureton1 p4 #aid74 ,il e/ not] que la sci5ce des ,*aldens dans laquelle on rapporte que ,b>desane excellait1 ne devait pas tre simplem5t l'a/rologie mais devait compr5dre une p>tie philosophique 7cf4 ,br&t1 ,die ,m&is*e religion au *apitre ,die ,*aldis*e philosophie1 p4 #ahb et suiv472 en outre il e/ invraisemblable qu'on ait pu confondre un gr& philosophe1 *ef d'une importante cole1 avec un vulgaire a/rologue4 ,m4 ,f4 ,nau a rcemm5t publi de ,b>desane un texte1 ,le livre des lois des pays 7,p>is1 ,l]\x1 #ahii71 qui videmm5t ne suffit pas tran*] la "q4 ,note #bj3 ,rub5s ,duval1 op4 laud41 p4 #bgc4 ,la ville d'desse en ,osrhone1 situe dans la b\cle la plus occid5tale de l',euphrate1 l',oue/ de la ,msopotamie1 demeura p5dant une assez longue priode le c5tre de la culture aramenne4 ,une cole fameuse s'y =ma1 dont le docteur sa9t ,ephrem 7mort en #cgc du ,*ri/7 fut une des lumires4 ,a cette cole se pressr5t des tudiants *rti5s v5us des div]s po9ts de la ,msopotamie et des prov9ces de la ,p]se en proie aux p]scutions des ,mages4 ,on s'y livra aux tudes grecques considres comme bran*e de la ?ologie1 et on comm5a y faire des traductions4 ,cette cole1 dite cole des ,p]ses1 se laissa ensuite envahir p> le ,ne/orianisme1 et l'emp]eur ,znon la f]ma en #dhi4 ,les matres et les disciples re/s atta*s l'hrsie de ,ne/orius s'exilr5t2 ils se runir5t sur d'autres po9ts1 notamm5t ,nisibe en t]ritoire p]san#ba4--;,a ,djondisb\r1 dans la prov9ce p]se de ,kh\zi/an1 le roi ,khosros ,ano*irwan fonda1 v]s l'an #ecj du ,*ri/1 une acadmie de philosophie et de mdec9e qui subsi/a jusqu'au temps des ,abbasides#bb4--;,ibas1 qui avait t vque d'desse1 avait pr(ess dans l'cole et avait contribu y rp&re l'hrsie ne/ori5ne4 ,le travail de traduction reut de ce p]sonnage une vive impulsion4 ,c'e/ lui et ses disciples que les ,syri5s dur5t les premires v]sions d'aprs le grec des oeuvres de ,diodore de ,t>se et de ,?odore de ,mopsue/e#bc4 ,a cette occasion1 on traduisit aussi div]s crits d',ari/ote4 ,ibas en int]prta lui-mme quelques-uns4 ,un c]ta9 ,probus traduisit et comm5ta les ,h]mneia et peut-tre aussi d'autres p>ties de l',organon4 ,n\s retr\v]ons plus lo9 d'illu/res traducteurs syri5s de la croyance ne/ori5ne l'poque mme des ,arabes4 ,note #ba3 ,rub5s ,duval1 op4 laud41 p4 #dcb4 ,note #bb3 ,s*ulze1 ,disputatio de ,gundisapora4 ,comm5t>ia soc4 sci5t4 ,petropolis1 vol4 ,,xii4 ,note #bc3 ,v4 sur ,ibas et sur les savants syri5s monophysites dont n\s p>lons ci-aprs1 l'excell5t livre de ,rub5s ,duval3 ,la littrature syriaque1 dans la collection des ,anci5nes ,littratures *rti5nes1 ,p>is1 ,lec(fre1 #ahii4 ,une deuxime dition e/ s\s presse4--,cf4 la ?se lat9e de ,r5an1 ,de philosophia p]ipatetica apud ,syros1 ,p>is1 #aheb4 ,la ru9e d'desse comme capitale sci5tifique n'int]rompit pas l'tude des lettres grecques *ez les ,syri5s app>t5ant la secte monophysite2 mais cette tude eut ds lors p\r c5tre les c\v5ts4 ,philoxne de ,mabb\g qui fut patri>*e monophysite d',antio*e e/ l'un de ceux qui avai5t sollicit de l'emp]eur la de/ruction de l'cole des ,p]ses4 ,il tait philosophe en mme temps que ?ologi51 et c'e/ dans ses crits1 dit-on1 qu'il faudrait *]*] les premi]s essais de la scola/ique#bd4 ,un autre monophysite r5omm comme dialectici5 fut ,simon1 vque de ,beit-,ar*am4 ,il vcut au comm5cem5t du sixime sicle et il fut appel le ,sophi/e p]se4 ,note #bd3 ,une m9e d'une m]veilleuse ri*esse p\r l'hi/oire des orig9es de la scola/ique s]a ouv]te p> la publication de la patrologie syriaque que prp>e ,mgr ,r4 ,graff94 ,un seul volume de cette importante publication e/ encore p>u4 ,il compr5d une rdition des homlies d',aphra/e1 avec traduction lat9e et introduction p> ,dom ,p>isot4 ,patrologia syriaca1 ,i1 ,p>is1 ,didot1 #ahid4 ,mais le plus intressant p]sonnage de cette secte au po9t de vue qui n\s occupe1 e/ le savant ,s]gius de ,re*ana 7arabe ,rasan74 ,son oeuvre se compose presque entirem5t de traductions de livres grecs4 ,prtre1 rudit1 littrateur et mdec91 ,s]gius de ,rasan n'eut pas le c>actre la hauteur de son tal5t4 ,on lui repro*e la corruption de ses moeurs2 sa conduite politique p>at flottante et complique d'intrigues4 ,quoique monophysite1 il fut l'ami de ,?odore de ,m]v1 vque ,ne/ori51 et il accomplit une mission diplomatique auprs du pape ,agapet1 de la "p du patri>*e or?odoxe d',antio*e4 ,il am5a le pape ,con/ant9ople1 o il m\rut presque en mme temps que lui1 en l'an #ecf4 ,il avait appris le grec ,alex&rie4 ,s]gius de ,re*ana tait loqu5t1 gr& philologue et le premi] du corps des mdec9s4 ,ses traductions1 faites du grec en syriaque1 portr5t sur des livres de philosophie et de mdec9e4 ,il traduisit une p>tie des oeuvres de ,gali54 ,on a de lui une traduction des ,catgories d',ari/ote1 de l',isagoge de ,porphyre1 du trait du ,monde qui fut attribu ,ari/ote1 d'un trait de l',ame entirem5t diffr5t du trait de mme titre d ,ari/ote4 ,s]gius ddia son ami ,?odore de ,m]v1 v]s a9si que lui dans la philosophie pripattici5ne1 un trait orig9al sur la ,logique4 ,il crivit sur la ,ngation et l'affirmation1 sur le ,g5re1 l'espce et l'individu1 sur les ,causes de l'univ]s1 selon les pr9cipes d',ari/ote4 ,les ,syri5s et les ,arabes l\r5t l'envi ses qualits de traducteur1 avec raison selon un rudit mod]ne1 ,m4 ,victor ,ryssel4 ,p\r ce savant la traduction du trait du ,monde p> ,s]gius doit tre considre comme le *ef-d'oeuvre de l'art du traducteur1 et il p>at p> la comp>aison avec les textes grecs de cet ouvrage1 que ,s]gius ne se s]vit pas d'un seul manuscrit1 mais de plusieurs dont il sut faire un exam5 critique#be4 ,v]s la f9 du sixime sicle1 ,paul le ,p]se brilla dans la philosophie4 ,il composa1 dit ,b> ,hebru1 une admirable ,introduction la logique qu'il adressa au roi de ,p]se ,khosros ,ano*irwan#bf4 ,au comm5cem5t du septime sicle1 l'enseignem5t du grec fut florissant dans le c\v5t de ,k5nesr1 sur la rive gau*e de l',euphrate4 ,l'vque ,svre ,sebokt1 v]s #fdj1 y comm5ta les ,premi]s ,analytiques d',ari/ote et les ,h]mneia4 ,l'oeuvre de ,svre ,sebokt fut p\rsuivie p> ses disciples ,a?anase de ,balad 7mort en #fhg ou #fhh7 et le gr& encyclopdi/e syri5 ,jacques d'desse 7mort en #gjh74 ,aprs eux encore1 ,george vque de ,k\fah p\r les ,arabes monophysites traduisit l',organon d',ari/ote4 ,mais n\s sommes p>v5us au temps de la conqute arabe1 avec laquelle la littrature syriaque dcl9e4 ,note #be3 ,v4 sur ,s]gius de ,re*ana ,b> ,hebru1 ,*ronique ecclsia/ique1 d4 ,abbeloos et ,lamy1 ,l\va91 #ahgb1 t4 ,i1 col4 #bjf4--,sur les traductions syriaques antrieures l'poque mahomtane1 on consult]a avec fruit l'ouvrage de ,sa*au1 ,in$ita syriaca1 ,vi5ne1 #ahgj4--;,h(fmann a consacr une tude spciale aux v]sions syriaques des ,h]mneia3 ,de h]m5euticis apud ,syros4--,cf4 encore sur ,s]gius de ,re*ana3 ,l&1 ,anecdota syriaca1 ,,iii1 #bhi2 ,baum/>k1 ,lucubrationes syro-grc1 p4 #ceh4 ,note #bf3 ,r5an1 ,j\rnal ,asiatique1 #aheb1 t4 ,i1 p4 #cab4 ,a9si p5dant c9q sicles les ,syri5s s'tai5t t5us au contact de la sci5ce grecque1 s'tai5t assimil sa tradition1 en avai5t traduit et int]prt les textes1 et avai5t produit eux-mmes des oeuvres importantes dans le doma9e de la philosophie ?ologique4 ,les =mes de la philosophie scola/ique tai5t nes entre leurs ma9s2 les arts de la logique avai5t fleuri dans leurs coles4 ,l'esprit1 les oeuvres et la tradition de l'hellnisme se tr\vai5t donc transports dj1 au mom5t o p>ut l'islam1 dans un monde app>5t au monde arabe4 ,n\s v]rons bi5tt les savants mahomtans s'initi] la culture grecque s\s la direction de ,syri5s ,jacobites et ,ne/ori5s4 ,avant d'expliqu] comm5t les ,arabes reur5t la sci5ce pr9cipalem5t des ma9s des *rti5s1 il convi5t de repr5dre la "q d'un peu haut1 af9 de dissip] des impressions inexactes qui p\rrai5t exi/] dans l'esprit de quelques lecteurs4 ,durant cette longue priode antrieure l'islam o n\s avons vu la bran*e aramenne de la famille smitique s'assimil] le *ri/ianisme et la culture hellne1 l'lm5t arabe ne con/ituait pas lui-mme un monde absolum5t f]m4 ,on a s\v5t n1 propos de l'hi/oire des orig9es musulmanes1 que le sud-oue/ de l',arabie1 le ,ym51 cont5ait cette poque des lm5ts *rti5s et qu'il tait en relations avec un royaume *rti5 d',afrique1 l',abyss9ie4 ,un fait plus important et sur lequel on a mo9s insi/1 ce semble1 e/ l'ext5sion de la race arabe v]s le nord1 antrieurem5t l'islam1 et la =mation de petits royaumes arabes1 vassaux des empires de ,p]se ou de ,byzance1 le long des frontires de ces empires4 ,les emp]eurs et les ,khosros s'tai5t habilem5t s]vis de c]ta9es tribus arabes sd5taires p\r s'en faire un remp>t contre les incursions des ,arabes nomades ou ,bd\9s4 ,maoudi rapporte#bg que les ,arabes de la famille de ,tan\kh v9r5t les premi]s en ,syrie1 qu'ils s'y allir5t aux ,grecs aprs avoir embrass le *ri/ianisme et que l'emp]eur les inve/it de l'autorit sur t\s les ,arabes sd5taires domicilis en ,syrie4 ,la famille de ,salkh succda celle de ,tan\kh et dev9t *rti5ne aussi2 elle fut son t\r supplante p> la dyna/ie de ,gassn qui cont9ua g\v]n] les ,arabes p> dlgation des ,r\mis4 ,les rois de ,gassn rsidai5t ,y>m\k et en d'autres localits entre la ,g\tah 7la pla9e7 de ,damas et les places frontires dp5dant de cette ville4 ,ce royaume sombra au mom5t de la conqute musulmane et une gr&e p>tie des ,arabes de ,syrie embrassa l'islamisme4 ,note #bg3 ,maoudi1 les ,prairies d'or1 t4 ,,iii1 p4 #bae #bbj1 et le ,livre de l',av]tissem5t1 p4 #bea4 ,le royaume de ,hra tait un important royaume arabe dont les pr9ces tai5t vassaux des rois de ,p]se4 ,hra tait situ au sud de ,babylone et l'oue/ de l',euphrate1 non lo9 de l'emplacem5t o1 dans les premires annes de l'hgire1 les ,musulmans fondr5t ,k\fah4 ,des ,arabes tai5t v5us de bonne heure s'tablir dans ces rgions4 ,le royaume de ,hra eut1 avant l'islam1 une assez longue hi/oire1 dans laquelle l'lm5t *rti5 j\e un rle important#bh4 ,un roi de ,hra1 nomm ,amr fils de ,m\ndir1 qui rgna jusqu'en #efh ou #efi1 avait une mre *rti5ne1 probablem5t une captive prise la gu]re1 qui fonda un c\v5t ,hra s\s le rgne de ,khosros ,ano*irwan4 ,on peut infr] d'une inscription qui fut place dans cette glise que ce pr9ce aussi se fit *rti5#bi4 ,peu aprs ce temps-l on comptait un petit nombre de familles *rti5nes de haut rang dans la ville4 ,elles app>t5ai5t la secte de ,ne/orius1 et elles pr5ai5t le nom d',ibadites signifiant s]viteurs de ,dieu#cj1 p\r se di/+u] des paens4 ,un int]prte du nom de ,adi l',ibadite1 de la tribu arabe de ,tmm1 se fit alors p>ticulirem5t rem>qu]#ca4 ,cet ,adi accomplit le mti] d'int]prte auprs de ,kesra ,ep]wiz p\r qui il traduisait l'arabe en p]san4 ,il tait en outre pote1 orateur1 diplomate1 un modle a*ev de la culture1 tant physique que morale1 des ,p]ses et des ,arabes4 ,il devait aussi savoir le syriaque qui tait alors la langue des ,arabes *rti5s4 ,adi fut *>g de l'ducation de ,noman fils de ,m\ndir1 que1 grce l'influ5ce dont il j\issait auprs du roi de ,p]se1 il fit mont] sur le trne de ,hra4 ,il e/ probable que1 en raison de cette mme influ5ce1 ,noman fit accession au *ri/ianisme2 il n'en cont9ua pas mo9s vivre dans la polygamie1 selon les moeurs paennes1 et il se laissa induire en de longues intrigues au t]me desquelles il mit mort son ducateur ,adi4 ,le fils de ce d]ni]1 qui avait hrit de l'intellig5ce de son pre et de son crdit auprs des rois de ,p]se1 dcida ,ep]wiz tir] v5geance de ce meurtre#cb4 ,noman va9cu fut mis mort1 app>emm5t en #fjb4 ,note #bh3 ,le gr& hi/ori5 ,tab>i s'e/ longuem5t occup de l'hi/oire du royaume de ,hra4 ,v4 ,noeldeke1 ,ges*i*te d] ,p]s] und ,arab] zur ,zeit d] ,sasanid51 aus d] arabis*5 ,*ronik des ,tab>i b]setzt4 ,leyde1 #ahgi4 ,note #bi3 ,noeldeke1 op4 laud41 p4 #agb1 n4 #a4 ,note #cj3 ,noeldeke1 op4 laud41 p4 #bd1 n4 #d4 ,ab\'l-,f>adj1 ,hi/oire des dyna/ies1 d4 ,salhani1 propos de ,honn ibn ,i%k1 donne une int]prtation de ce nom1 p4 #bej4 ,cf4 notre note ,maoudi1 ,livre de l',av]tissem5t1 p4 #bje1 n4 #a1 et les ,prairies d'or1 ,,ii1 #cbh4--,quelques auteurs prfr5t lire ,abadites1 d'aprs ,ibn ,abi ,oseibia1 ,classes des ,mdec9s1 d4 ,mll]1 ,i1 #ahd4 ,v4 encore sur ce nom ,ibn ,khallikan1 ,biographical ,diction>y1 trad4 ,mac ,guck9 de ,slane1 ,i1 #ahh2 ,dr4 ,gu/av ,ro?/e91 ,die ,dyna/ie d] ,lahmid5 9 al-,hra1 ,b]l91 #ahii1 p4 #ai4 ,note #ca3 ,noeldeke1 ,ges*i*te d] ,p]s] und ,arab]1 p4 #cab et suiv4--,un trs clbre recueil arabe1 le ,kitb el-,agni ou ,livre des ,*ansons 7dition de ,b\laq1 t4 ,,ii1 p4 #ah et suiv471 a consacr ,adi fils de ,zd une notice qui a t traduite p> ,causs9 de ,p]ceval1 novembre #ahch4 ,cf4 ,causs9 de ,p]ceval1 ,essai sur l'hi/oire des ,arabes avant l'islamisme1 t4 ,,ii1 p4 #ace et suiv4 ,note #cb3 ,on tr\ve le rcit de cette v5geance dans ,maoudi1 les ,prairies d'or1 t4 ,,iii1 p4 #bje4 ,peu d'annes aprs ces faits et une diza9e d'annes avant l'hgire1 eut lieu la bataille de ,d\ ,kr dans laquelle les ,p]ses allis aux ,arabes de la tribu *rti5ne de ,taglib fur5t va9cus p> les ,arabes de la tribu de ,bekr#cc4 ,le royaume de ,hra fut dtruit1 et ce b\lev>d tant tomb1 la ,p]se se tr\va sans remp>t contre les ,arabes musulmans4 ,hra fut saccage l'anne de la fondation de ,k\fah 7#ae ou #ag de l'hgire7 et disp>ut t\t fait s\s ,motadid4 ,cette ville1 aj\te ,maoudi1 r5f]mait plusieurs mona/res2 mais qu& elle tomba en ru9es1 les mo9es migrr5t dans d'autres contres4 ,auj\rd'hui elle n'e/ plus qu'un ds]t dont la *\ette et le hib\ sont les seuls htes#cd4 ,note #cc3 ,maoudi1 le ,livre de l',av]tissem5t1 p4 #cah4 ,note #cd3 ,maoudi1 les ,prairies d'or1 t4 ,,iii1 p4 #bac4 ,l'on voit donc que1 longtemps avant l'hgire1 les ,arabes avai5t fran*i les limites de leur ds]t4 ,on a c\tume de comp>] la conqute musulmane l'action d'une =ce qui1 aprs avoir longtemps sommeill au fond des ds]ts1 aurait s\da9 fait explosion et r5v]s devant elle un ti]s des royaumes de la t]re4 ,cette comp>aison e/ utile si on ne la fait s]vir qu' donn] une ide vive de la rapidit de cette conqute2 mais applique l'hi/oire intellectuelle1 elle e/ fausse4 ,il faut au contraire ret5ir que1 au mom5t o p>ut l'islam1 les ,arabes tai5t dj v5us au contact de plusieurs empires1 et qu'ils avai5t abord cette civilisation *rti5ne de qui ils allai5t recevoir le dpt de la sci5ce1 p\r le lui r5dre ensuite aprs l'avoir fait fructifi] plusieurs sicles4 ,mahomet eut du respect p\r les p]sonnages religieux des div]ses croyances1 et son exemple ,ali accorda des immunits beauc\p de c\v5ts *rti5s4 ,de plus le ,coran reconnut aux ,*rti5s et aux ,juifs une c]ta9e dignit dans l'ordre de la foi1 p>ce qu'ils tai5t possesseurs de livres rvls2 il les dsigna p> le titre de ,g5s du ,livre et il eut p\r eux mo9s de mpris que p\r les paens4 ,ces circon/ances tai5t favorables la cons]vation de la sci5ce4 ,aprs la prise de ,jrusalem en l'an #fcf1 ,om> accorda aux ,*rti5s une *>te ou capitulation1 qui s]vit de modle la plup>t des rglem5ts relatifs aux tributaires *rti5s1 appliqus depuis dans l'islam4 ,le texte de cette capitulation n\s a t transmis avec quelques v>iantes p> plusieurs hi/ori5s1 notamm5t p> ,tab>i#ce4 ,il tait p]mis aux ,*rti5s de cons]v] leurs glises2 mais elles devai5t tre ouv]tes aux inspecteurs musulmans et df5se tait faite d'en btir de n\velles4 ,on ne devait plus sonn] les clo*es1 ni exhib] d'emblmes religieux en public4 ,les ,*rti5s devai5t g>d] leur co/ume1 ne po9t port] d'anneaux et se ce9dre d'une corde appele zonn>1 comme signe di/9ctif4 ,le port des armes et l'usage du *eval leur tai5t int]dits4 ,enf9 ils tai5t s\mis une capitation4 ,ces dispositions gnrales p\vai5t1 suivant le caprice des autorits1 tre int]prtes avec tolrance ou donn] lieu au contraire des vexations pnibles4 ,mais elles tai5t de peu d'importance dans les cas spciaux o la faveur d'un pr9ce musulman s'atta*ait directem5t la p]sonne de quelque infidle notable2 et comme la sci5ce e/ pr9cipalem5t l'oeuvre des individualits1 ce sont ces cas spciaux qui ici n\s intress5t le plus4 ,note #ce3 ,la gr&e dition de ,tab>i1 #are srie1 t4 ,,viii1 p4 #bdjf4--,le ,p4 ,h4 ,lamm5s a tudi d'une manire =t intressante la situation des *rti5s s\s les premi]s ,khalifes dans son mmoire intitul le ,*antre des ,omiades1 notes biographiques et littraires sur le pote arabe *rti5 ,ahtal1 p>u dans le ,j\rnal ,asiatique1 #ahid4 ,il y e/ "q de la capitulation d',om> la page #aab du tirage "p4 ,quatre g5res de tal5ts attirai5t surt\t sur des p]sonnages non musulmans la faveur des khalifes3 les tal5ts arti/iques1 mdicaux1 adm9i/ratifs et sci5tifiques4 ,l'habilet dans les mti]s tait prise *ez les ,*rti5s1 p>ce qu'elle ne se r5contrait pas au mme degr *ez les ,musulmans4 ,le khalife ,om> avait drog une disposition du prophte1 en tolrant en ,arabie la prs5ce d'un *rti51 ,ab\ ,l\l\ah1 artisan =t habile dans div]s mti]s4 ,ce favori dev9t son meurtri]4 ,la posie et la musique tai5t des arts vivem5t gts p> les ,arabes1 avant le temps de ,mahomet4 ,la prdication du ,coran ne leur avait pas t trs favorable2 mais les khalifes ,omeyades1 pr9ces un peu sceptiques p\r la plup>t et amateurs de plaisirs1 leur avai5t r5du leur faveur4 ,leur pote prfr fut un *rti5 ,ahtal1 l'un des plus gr&s potes arabes1 contempora9 d',abd el-,mlik fils de ,m]wn2 il app>t5ait p> son pre la tribu *rti5ne de ,taglib tablie ,k\fah et dans l',ad]badjan1 et p> sa mre la tribu *rti5ne d',iyd qui s'tait in/alle de bonne heure en ,msopotamie#cf4 ,ahtal p>aissait firem5t la c\r du khalife1 portant son c\ une croix d'or4 ,a cette poque on se div]tissait ,k\fah en buvant le v9 malgr les prohibitions du prophte1 et en c\tant les *ansons4 ,le frre d',abd el-,mlik y faisait v5ir de la ville vois9e1 de ,hra1 le musici5 *rti5 ,honn1 et il s'enf]mait avec lui au fond de ses app>tem5ts1 ent\r de ses famili]s1 le front c\ronn de fleurs#cg4 ,note #cf3 ,lamm5s1 op4 laud41 pages #f et #g4 ,note #cg3 ,lamm5s1 op4 laud41 p4 #afe4 ,les mdec9s qui les premi]s khalifes se confir5t fur5t ord9airem5t des ,syri5s ou des ,juifs4 ,les ,musulmans n'avai5t pas eu le temps encore d'appr5dre la mdec9e4 ,auprs de l',omeyade ,m]wn fils d'el-,hakem1 n\s tr\vons un mdec9 juif de langue syriaque1 ,ms]djaweh1 qui traduisit le trait du prtre ,a>on#ch4 ,cet ,a>on tait un mdec9 alex&r9 du temps d',hraclius dont le livre fut =t rp&u *ez les ,syri5s4 ,auprs d'el-,h$djdj1 le t]rible gnral d',abd el-,mlik fils de ,m]wn1 n\s voyons deux mdec9s de noms grecs ,tayaduk et ,?odon qui laissr5t une cole#ci4 ,un peu plus t>d1 ,h>\n er-,r*d faisait rveill] p> un mdec9 indi51 son c\s9 ,ibrhim tomb en l?>gie1 t&is qu'un mdec9 *rti5 de langue syriaque1 ,yohanna ibn ,msaweh1 traduisait p\r lui en arabe les livres de mdec9e antique#dj4 ,cet ,ibn ,msaweh assi/ait avec un autre *rti5 ,bokhti*\ le khalife ,mam\n m\rant#da4 ,note #ch3 ,ab\'l-,f>adj 7,b> ,hebru71 ,hi/oire des ,dyna/ies1 pages #aib et #aeg4 ,note #ci3 ,ab\'l-,f>adj1 op4 laud41 #aid4 ,note #dj3 ,ab\'l-,f>adj1 op4 laud41 p4 #bbg4 ,note #da3 ,maoudi1 les ,prairies d'or1 t4 ,,vii1 p4 #ih4--,n\s n'avons pas en pr9cipe n\s occup] dans ce livre de l'hi/oire des mdec9s4 ,mais comme la sci5ce1 l'poque dont n\s traitons1 affectait s\v5t le c>actre encyclopdique1 et que plusieurs des philosophes dont n\s avons p>l] ont t mdec9s1 il e/ ju/e que n\s m5tionnions ici les deux pr9cipaux ouvrages relatifs aux mdec9s arabes3 ,les ,classes des mdec9s1 p> ,ibn abi ,osebia1 d4 ,mll]1 ,knigsb]g1 #ahhd1 et la ,ges*i*te d] arabis*5 ,a]zte und ,natur=s*]1 ,gtt+ue1 #ahdj4 ,dans l'ordre de l'adm9i/ration1 les *rti5s r5dir5t aux ,musulmans d'm95ts s]vices2 et sans eux l'empire des khalifes n'aurait pas pu s'organis]4 ,les conqurants mahomtans1 ne tr\vant dans leur propre race que les s\v5irs et les exemples de la vie de clan1 n'avai5t aucune connaissance des pratiques adm9i/ratives4 ,ils fur5t contra9ts de donn] beauc\p de place des *rti5s4 ,mowiah1 qui tait mo9s f]me croyant que rus politique1 laissa1 dans la plup>t des prov9ces qu'il conquit1 les employs *rti5s en place et se cont5ta de *ang] les g>nisons4 ,il fut imit p> ses successeurs ,omeyades4 ,n\s voyons un c]ta9 ,a?anase1 notable *rti5 d'desse1 tre en gr&e faveur auprs d',abd el-,mlik fils de ,m]wn1 cause de ses capacits d'homme d'affaires#db4 ,wld fils d',abd el-,mlik dut df5dre aux scribes1 dont beauc\p tai5t *rti5s1 de t5ir leurs regi/res en grec1 et il leur enjoignit de les t5ir en arabe#dc4 ,un *rti5 qui occupa des emplois trs levs auprs des ,musulmans fut ,s]gius ,mans\r ou ,s]dj\n le ,r\mi1 dont ,maoudi n\s appr5d qu'il s]vit de secrtaire quatre khalifes#dd4 ,ce ,s]gius eut p\r fils un homme qui le dpassa en r5omme1 qui dev9t l'un des d]ni]s ,pres grecs et l'un des premi]s scola/iques3 sa9t ,jean ,damascne4 ,note #db3 ,lamm5s1 op4 laud41 p4 #abb1 d'aprs ,rub5s ,duval1 ,hi/oire d',edesse4 ,note #dc3 ,ab\'l-,f>adj1 ,hi/oire des ,dyna/ies1 p4 #aie4 ,note #dd3 ,maoudi1 le ,livre de l',av]tissem5t1 ,v4 l',index4 ,les ,khalifes dont il s'agit sont3 ,moawih1 ,yzid son fils1 ,moawih fils de ,yzid et ,abd el-,mlik fils de ,m]wn4 ,enf9 la sci5ce et la philosophie fur5t p\r leurs adeptes un titre la faveur des pr9ces ,mahomtans2 et c'e/ p> les c\rs que1 en df9itive1 elles entrr5t dans l'islam4 ,c'e/ au khalife ,ab\ ,djaf> el-,mans\r que revi5t l'honneur d'avoir inaugur la gr&e poque des tudes arabes et d'avoir orn l'empire mahomtan de l'clat de la sci5ce4 ,mans\r donna l'ordre de traduire en arabe beauc\p d'ouvrages de littrature trangre comme le livre de ,kalilah et ,dimnah1 le ,s9dh9d1 diffr5ts traits de logique d',ari/ote1 l',almage/e de ,ptolme1 le livre des lm5ts d',euclide et d'autres ouvrages grecs1 byzant9s1 pehlvis1 p>sis et syriaques#de4 ,le livre de ,kalilah et ,dimnah fut traduit p> ,ibn el-,mokaffa qui fut l'un des rudits clbres de ce temps4 ,on dit qu'il traduisit aussi du pehlvi et du p>si les ouvrages de ,mans1 de ,b>desane et de ,m>cion#df4 ,les ,arabes sembl5t avoir eu ce mom5t les yeux t\rns surt\t v]s la ,p]se et v]s l',inde comme foy]s de lumire4 ,cep5dant ,ibn el-,mokaffa traduisit aussi puis abrgea les ,h]mnia d',ari/ote4 ,ce savant tait lui-mme d'orig9e p]sane4 ,il vcut ,basrah4 ,s'tant attir l'inimiti du khalife p> ses op9ions politiques favorables aux desc5dants d',ali1 il fut mis mort#dg en l'an #adj4 ,note #de3 ,maoudi1 les ,prairies d'or1 ,,viii1 #bia4--,s4 de ,sacy a crit une tude sur ,calila et ,dimnah ou fables de ,bidpai en arabe1 ,p>is1 #ahcj4 ,v4 sur la trs intressante bibliographie de cet ouvrage1 ,v4 ,*auv91 ,bibliographie des ouvrages arabes ou relatifs aux ,arabes1 ,,ii1 ,lige1 #ahig4 ,note #df3 ,maoudi1 les ,prairies d'or1 ,,viii1 #bic4 ,il e/ regrettable que ces traductions ne se soi5t pas mieux cons]ves2 voyez cep5dant sur le mani*isme d'aprs les s\rces arabes la curieuse tude de ,flgel1 ,mani und se9e ,lehre1 #ahfb4 ,note #dg3 ,brockelmann1 ,ges*i*te d] arabis*5 litt]atur1 ,i1 #aea4 ,en l'an #aef de l'hgire1 un ,indi5 se prs5ta la c\r d'el-,mans\r et apporta un livre de calcul et d'a/ronomie indi5ne#dh4 ,ce livre appel s9dh9d fut traduit en arabe p> l'a/ronome el-,faz>i et fut le po9t de d"p des tudes a/ronomiques et ari?mtiques des ,arabes4 ,le gr& a/ronome ,mohamm$ fils de ,m\sa el-,khrizmi s'en inspira plus t>d1 s\s le rgne de ,mam\n1 p\r compos] des tables a/ronomiques et des traits o il comb9a les m?odes indi5nes avec celles des ,grecs4 ,maoudi raconte encore que de son temps1 c'e/--dire antrieurem5t l'poque d',avic5ne1 un livre connu s\s le nom de ,mille et une ,nuits et v5ant de ,p]se1 tait rp&u dans le public4 ,c'tait un recueil de contes qui n'tait pas id5tique celui que n\s possdons s\s ce nom#di4 ,note #dh3 ,m4 ,cantor1 ,vorlesung5 b] ,ges*i*te d] ,ma!matik1 ,i1 #eig4 ,il a p>u une deuxime dition de cet important volume qui conti5t les *apitres relatifs aux ma?matici5s arabes4 ,note #di3 ,maoudi1 les ,prairies d'or1 ,,iv1 #ij4--,on peut t\j\rs relire la ,diss]tation de ,sylve/re de ,sacy sur les ,mille et une ,nuits1 qui a t place en tte de la traduction de ,gall&4 ,les ,arabes connur5t c]ta9em5t la philosophie mazdenne2 mais ils sur5t ou comprir5t =t peu de *oses des sy/mes indi5s4 ,l'influ5ce qu'ils ont pu subir de la "p de ces sy/mes n'e/ gure s5sible qu'en my/icisme4 ,le khalife qui complta l'oeuvre sci5tifique comm5ce p> ,mans\r1 fut ,mam\n4 ,pr9ce trs intellig5t1 d'esprit curieux et libral1 ,mam\n donna une vive impulsion aux tudes4 ,il fonda ,bagdad1 v]s l'an #bag1 un bureau (ficiel de traduction dans le palais dit de la sagesse 7,dr el-hikmet7#ej4 ,a la tte de ce bureau fut plac un savant m95t1 ,honn fils d',i%k1 qui occupa ce po/e s\s les successeurs de ,mam\n1 ,motasim1 ,wtik et ,motwekkil4 ,honn fils d',i%k tait n l'an #aid ,hra#ea o son pre ex]ait le mti] de ph>maci52 il app>t5ait l'une des familles ,ibadites ou ne/ori5nes de la ville4 ,jeune homme1 il v9t ,bagdad o il suivit les leons d'un mdec9 connu4 ,mais comme il tait trop que/ionneur1 il importuna son matre qui un j\r refusa de lui rpondre4 ,honn s'en alla alors voyag] en t]ritoire byzant94 ,il y re/a deux ans p5dant lesquels il apprit p>faitem5t le grec1 et il y acquit une collection de livres de sci5ce4 ,il rev9t ensuite ,bagdad1 voyagea encore en ,p]se1 alla ,basrah p\r se p]fectionn] dans la connaissance de l'arabe1 et r5tra enf9 ,bagdad o il se fixa4 ,la rputation de ,honn gr&it2 des savants d'ge vnrable s'incl9ai5t devant lui1 bi5 qu'il ft jeune encore1 et affirmai5t que sa r5omme clips]ait celle de ,s]gius de ,re*ana4 ,ses tal5ts de mdec9 galai5t ses capacits comme traducteur4 ,motwekkil se l'atta*a4 ,v\lant l'pr\v]1 il lui fit remettre un j\r c9quante mille dirhams1 puis il lui ordonna brusquem5t de lui indiqu] un poison viol5t1 p> lequel il p\rrait se dfaire de quelque ennemi4 ,honn refusa et fut jet en prison4 ,qu& l'preuve eut assez dur1 le khalife lui dem&a l'explication de sa conduite4 ,deux *oses1 lui rpondit ,honn1 m'ont emp* de satisfaire ton dsir3 ma religion et mon art4 ,notre religion n\s comm&e de faire du bi5 nos ennemis1 et mon art a p\r b l'utilit des hommes1 non le crime4 ,le khalife ayant ent5du cette rponse fut satisfait et le combla d'honneurs4 ,note #ej3 ,v4 dans les ,mlanges ,weil le mmoire de ,h4 ,d]5b\rg sur les traducteurs arabes d'auteurs grecs et l'auteur musulman des aphorismes des philosophes4 ,p>is1 ,fontemo+1 #ahih4 ,note #ea3 ,la biographie suivante e/ rdige d'aprs ,ab\'l-,f>adj 7,b> ,hebru71 ,hi/oire des ,dyna/ies1 d4 ,salhani1 p4 #bej et suiv4 ,ce savant r5contra sa p]te dans une qu]elle relative la "q1 alors aigu1 du culte des images4 ,il se tr\vait un soir *ez un *rti5 de ,bagdad au milieu de quelques p]sonnes qui le jal\sai5t2 et il y avait *ez ce *rti5 une image du ,*ri/ devant laquelle tait allume une lampe4 ,honn dit au matre de la maison3 ,p\rquoi gaspilles-tu l'huile8 ce n'e/ pas l le ,messie1 ce n'e/ que son image4 ,l'un des assi/ants rpondit3 ,si cette image ne mrite pas d'honneur1 cra*e dessus4 ,il cra*a4 ,la *ose fut bruite et il y eut sc&ale4 ,le ,khalife consult livra le savant ses coreligionnaires p\r qu'ils le jugeass5t selon leur loi4 ,honn fut donc excommuni2 on lui c\pa sa ce9ture1 m>que di/9ctive des *rti5s2 mais le l5dema9 mat91 il fut tr\v mort dans sa *ambre4 ,on croit qu'il s'tait empoisonn 7#bfj de l'hgire74 ,honn eut deux lves qui collaborr5t avec lui la gr&e oeuvre des traductions3 son fils ,i%k1 qui dev9t =t clbre aussi et m\rut en #bih ou #bii1 et son neveu ,hob*4 ,l'oeuvre de ces savants fut trs considrable#eb4 ,il convi5t de cit] en premi] lieu la traduction arabe de la ,bible que fit ,honn d'aprs le texte des ,septante4 ,honn n'e/ pas le seul auteur de cette poque qui traduisit la ,bible en arabe4 ,les ,juifs se s]vir5t d'autres traductions1 surt\t de celle d',ab\ ,katr ,yahya fils de ,zak>ya1 rabb9 de ,tibriade1 mort v]s #cbj1 et de celle de ,saadya ,gaon de ,fay\m#ec1 trs illu/re rabb91 disciple du prcd5t1 dont on a rcemm5t rdit les oeuvres l'occasion de son millnaire4 ,note #eb3 ,le pr9cipal travail d'ensemble qui ait t fait sur les traductions des auteurs grecs en syriaque et en arabe e/ t\j\rs celui de ,j4 ,g4 ,w5ri*3 ,de auctorum grcorum v]sionibus et comm5t>iis syriacis1 arabicis1 arm5iacis p]sicisque comm5tatio1 ,leipzig1 #ahdb4 ,w5ri* a pr9cipalem5t puis dans un ouvrage de gr&e valeur encore manuscrit et que l'on devrait bi5 dit]3 le ,livre de l'hi/oire des sages 7,kitb t>kh el-hokam7 p> ,djml ed-,dn el-,kifti4 ,note #ec3 ,maoudi1 le ,livre de l',av]tissem5t1 #aei-afj4 ,honn traduisit en syriaque les ,h]mneia d',ari/ote1 une p>tie des ,analytiques1 les livres de la ,gnration et de la ,corruption1 de l',ame1 le livre #cj de la ,mtaphysique1 div]s comm5taires1 des ouvrages de ,gali5 et d',hippocrate1 l',isagoge de ,porphyre1 la ,somme de ,nicolas sur la philosophie d',ari/ote2 en arabe1 il traduisit une gr&e quantit de livres de mdec9e et de sci5ce p> ,hippocrate1 ,gali51 ,ar*imde1 ,apollonius et d'autres1 et1 comme ouvrages philosophiques1 la ,rpublique1 les ,lois et le ,time de ,platon1 le comm5taire de ,?mi/ius au livre #cj de la ,mtaphysique d',ari/ote1 les ,catgories1 la ,physique1 la ,morale d',ari/ote4 ,il crivit quelques traits orig9aux inspirs p> ces ouvrages4 ,i%k fils de ,honn traduisit en arabe le ,sophi/e de ,platon1 la ,mtaphysique d',ari/ote1 le trait de l',ame1 les ,h]mneia1 le trait de la ,gnration et de la corruption1 avec div]s comm5taires p> ,alex&re d',aphrodise1 ,porphyre1 ,?mi/ius et ,ammonius4 ,avant ces gr&s hommes1 un bon traducteur nomm ,yahya fils du ,patrique1 affran*i de ,mam\n1 avait donn une v]sion syriaque des ,hi/oires des animaux d',ari/ote et une v]sion arabe du ,time4 ,les ,arabes connaissai5t deux ,time de ,platon1 qu'ils divisai5t en plusieurs livres1 et l'on ne voit pas trs clairem5t quels ouvrages ils dsignai5t p> l4 ,ce peut tre le ,time1 le ,time de ,locres et c]ta9s comm5taires de ,gali5 sur la philosophie de ,platon#ed4 ,ibn ,nimah1 *rti5 d'messe1 avait traduit en syriaque le ,de ,sophi/icis el5*is1 et donn une v]sion arabe du comm5taire de ,jean ,philoponus aux quatre d]ni]s livres de la ,physique d',ari/ote4 ,note #ed3 ,cf4 ,w5ri*1 op4 laud41 p4 #aah1 et le ,livre de l',av]tissem5t1 p4 #bbc1 n4 #b4 ,ab\ ,bi*r ,matta fils de ,y\nos r5dit aussi comme traducteur d'apprciables s]vices4 ,c'tait un ,ne/ori51 orig9aire de ,dr ,kana1 qui fut lev p> des mo9es jacobites4 ,il m\rut ,bagdad en #cbh4 ,on lui doit une dition syriaque du ,de sophi/icis el5*is4 ,il traduisit du syriaque les ,seconds analytiques1 la ,potique1 le comm5taire d',alex&re d',aphrodise au livre de la ,gnration et de la corruption1 le comm5taire de ,?mi/ius au livre #cj de la ,mtaphysique4 ,il se fit lui-mme comm5tateur et il int]prta en arabe les ,catgories1 le livre du ,s5s et du s5sible1 l',isagoge de ,porphyre4 ,ko/a fils de ,l\ka qui fleurit s\s ,motasim tait encore un syri5 *rti51 orig9aire de ,balbek4 ,il alla tudi] en ,grce et y acquit beauc\p de livres4 ,sa rputation comme savant et traducteur fut considrable4 ,il traduisit les ,vues des philosophes sur la physique1 p> ,plut>que#ee4 ,note #ee3 ,b>a* a publi une traduction lat9e d'un trait de ,diff]5tia spiritus et anim attribu ,ko/a fils de ,l\ka1 dans la ,biblio!ca ,philosophorum m$i tatis1 t4 ,,ii1 ,innsbruck1 #ahgh4 ,yahya fils d',adi de ,tekrit1 *rti5 jacobite1 tudia s\s la direction du gr& musulman ,f>abi1 et s'illu/ra dans la dialectique4 ,il fleurit s\s le rgne de ,m\ti et m\rut en #cfd4 ,il p]fectionna beauc\p de traductions antrieurem5t faites2 on lui doit des v]sions des ,catgories d',ari/ote1 avec le comm5taire d',alex&re d',aphrodise1 du ,de sophi/icis el5*is1 de la ,potique1 de la ,mtaphysique1 des ,lois et du ,time de ,platon1 de l'ouvrage de ,?ophra/e sur les moeurs4 ,avec ,ab\ ,ali ,ysa fils de ,z>aah1 autre *rti5 jacobite1 n\s atteignons le temps d',avic5ne4 ,ysa fils de ,z>aah m\rut en #cih4 ,il traduisit en arabe d'aprs des v]sions syriaques antrieures1 les ,catgories1 le ,de sophi/icis el5*is1 les ,hi/oires des animaux et le ,de p>tibus animalium avec le comm5taire de ,jean ,philoponus4 ,il fut l'auteur de traits orig9aux sur la philosophie d',ari/ote en gnral et sur l',isagoge de ,porphyre4 ,ces traducteurs dont n\s v5ons de p>l] tai5t *rti5s p\r la plup>t2 mais les ,musulmans s'assimilr5t promptem5t leur sci5ce et joignir5t leurs ef=ts aux leurs4 ,il semble mme que1 au jugem5t des ,arabes1 leurs coreligionnaires dpassr5t bi5tt les ,*rti5s dans la connaissance et l'int]prtation des philosophes anci5s1 et qu'au-dessus des traducteurs que n\s avons cits1 il faille plac] les deux illu/res ,musulmans el-,k9di et el-,f>abi4 ,cep5dant comme ces deux gr&s hommes ont d leur gloire mo9s encore leur tal5t comme int]prtes qu' leur gnie comme philosophes1 n\s en p>l]ons ce titre dans le *apitre suivant4 ,il n\s re/e n\s occup] d'une catgorie de savants qui n'app>t5ai5t ni la religion *rti5ne1 ni l'islamisme1 ni mme aux religions de la ,p]se ou de l',inde1 mais une secte spciale1 et qui brillr5t d'un vif clat aprs l'poque de ,mam\n1 les ,sabens4 ,il n'exi/e gure de problme plus intrigant et plus irritant dans l'rudition ori5tale que celui de l'orig9e de c]ta9es petites sectes ou religions qui survcur5t ct de l'islam1 entranant avec elles des dbris de t\tes espces de doctr9es et de croyances anci5nes1 telles que le ,m&isme1 le ,sabisme1 la religion des ,yzidis ou celle des ,nosaris4 ,le ,sabisme e/ rem>quable entre t\tes ces sectes p> le haut mrite des hommes qui l'ont illu/r1 et cause de l'atta*em5t que ces hommes montrr5t p\r lui4 ,on tr\ve dans ces petites religions une multitude d'lm5ts dont quelques-uns sont =t antiques1 des re/es du paganisme *alden1 des ides noplatonici5nes et gno/iques1 des lg5des juives et quelques pratiques datant des orig9es du *ri/ianisme4 ,mais on n'e/ pas encore p>v5u donn] les =mules df9itives de ces s+uli]s mlanges1 ni re/itu] avec une prcision satisfaisante les diffr5tes phases hi/oriques p> o ces sectes ont pass4 ,je suis port croire1 au re/e1 que l'influ5ce de ces petites religions1 et du sabisme en p>ticuli]1 sur l'islam1 a t plus considrable qu'on ne le suppos]ait au premi] abord1 et plus pr(onde en t\t cas que les auteurs musulmans ne cons5t5t l'av\]4 ,on di/+ue dans la littrature arabe deux sortes de ,sabens3 ceux dont il e/ "q dans le ,coran et que ,mahomet classe p>mi les g5s du ,livre1 c'e/--dire p>mi les peuples possdant un livre rvl1 ct des ,juifs et des ,*rti5s2 et ceux qui se di/+ur5t dans la sci5ce aprs le temps de ,mam\n et dont la rsid5ce pr9cipale tait ,il>rn en ,msopotamie4 ,*wolson1 dans son gros ouvrage sur les ,sabens et le ,sabisme#ef1 e/ p>v5u id5tifi] les ,sabens du ,coran avec les ,elkesates1 secte qui n'tait pas t\t fait1 comme il l'a cru1 id5tique aux ,m&ens1 mais qui avait beauc\p de ressemblance avec eux4 ,les ,elkesates avai5t t fonds1 au comm5cem5t du second sicle de notre re1 au sud de la ,msopotamie1 dans la rgion de ,wsit et de ,basrah1 p> un individu du nom d',elkesa v5u du nord-oue/ de la ,p]se1 qui tait imbu pr9cipalem5t d'ides ,zoroa/ri5nes et qui recomm&ait des pratiques p>sies4 ,le baptme et les purifications p> l'eau fur5t les rites ess5tiels des ,elkesates et des ,m&ens4 ,on drive le nom de ,saben de l'aramen sabaa1 se lav]1 et l'on p5se que ce nom aurait peu prs le s5s d'm]obapti/e4 ,les ,m&ens1 qui n\s sont plus connus que les ,elkesates1 eur5t des livres sa9ts4 ,br&t a traduit en allem& une p>tie de ces textes#eg dont la rdaction doit tre place1 selon ,noeldeke#eh1 entre les annes #fej et #ijj de notre re1 soit prcism5t l'poque dont n\s n\s occupons4 ,la ?se gnrale de ces crits e/ gno/ique3 une opposition e/ tablie entre le monde de la lumire et le monde des tnbres2 un envoy du roi de la lumire desc5d du ciel et s'enfonce dans l'abme p\r dtruire la puissance du pr9ce des tnbres4 ,note #ef3 ,die ,ssabi] und d] ,ssabismus1 von ,dr4 ,d4 ,*wolson1 #b vol4 ,sa9t-,pt]sburg1 #ahef4--,m4 ,j4 de ,goeje a a*ev et publi dans les ,actes du sixime congrs des ,ori5tali/es un mmoire po/hume de ,dozy3 ,n\veaux docum5ts p\r l'tude de la religion des ,h>rani5s4 ,leyde1 #ahhc1 t4 ,,ii1 p4 #bha et suiv4 ,note #eg3 ,w4 ,br&t1 ,m&as*e ,s*rift51 ,gtt+ue1 #ahic4--,w4 ,br&t1 ,die ,m&is*e religion1 ,leipzig1 #ahhi4 ,note #eh3 ,noeldeke1 ,m&as*e ,grammatik1 p4 ,,xxii4 ,le roi de la lumire e/ clbr en ces t]mes3 ,il e/ le premi]1 t5du d'une extrmit l'autre1 le crateur de t\tes les =mes1 l'orig9e de t\tes les *oses belles1 celui qui e/ g>d dans sa sagesse1 ca* et non manife/444 clat qui ne *ange pas1 lumire qui ne passe pas444 vie au-dessus de t\te vie1 spl5deur au-dessus de t\te spl5deur1 lumire au-dessus de t\te lumire sans manque ni dfaut#ei4 ,de ce pr9ce de lumire sort5t c9q gros et longs rayons3 le premi] e/ la lumire qui se rp& sur les tres1 le second l'hale9e embaume qui s\ffle sur eux1 le troisime la voix d\ce qui les fait tressaillir d'allgresse1 le quatrime le ,v]be de sa b\*e p> lequel il les cultive et les in/ruit1 le c9quime la beaut de sa =me1 p> laquelle ils croiss5t comme des fruits au soleil#fj4 ,mans naquit dans le ,m&isme4 ,la bataille entre le monde de lumire et le monde des tnbres1 selon le mani*isme1 prs5te de gr&es analogies avec ce qu'on lit dans les crits ,m&ens#fa4 ,le roi du ,p>adis de lumire a1 selon ,mans1 arm l'homme orig9el des c9q lm5ts lum9eux3 le s\ffle d\x1 le v5t1 la lumire1 l'eau et le feu2 et le dmon orig9el e/ arm des lm5ts tnbreux3 la fume1 la braise1 l'obscurit1 l'ouragan et la nue4 ,la desc5te aux enf]s de l'envoy lum9eux e/ dcrite dans les livres m&ens en une =me pique et en des tonalits trangem5t fanta/iques1 trav]s lesquelles se di/+u5t encore de vieux symboles assyri5s4 ,note #ei3 ,br&t1 ,m&is*e ,s*rift51 p4 #h4 ,note #fj3 ,br&t1 op4 laud41 p4 #aj4 ,note #fa3 ,br&t1 op4 laud41 p4 #bba4 ,l'autre secte qui reut le nom de ,sabens et qui avait son sige pr9cipal ,h>rn1 tait une secte paenne adoratrice des a/res4 ,on raconte#fb que le khalife ,mam\n tant p>ti1 en l'an #bae1 en expdition contre l'empire grec1 passa p> ,h>rn1 et qu'il fut surpris de voir p>mi les habitants de cette ville qui v9r5t le salu]1 des hommes au co/ume trange1 vtus de robes troites et portant les *eveux longs4 ,le khalife dem&a ces hommes qui ils tai5t4 ,ils rpondir5t3 ,n\s sommes ,h>rani5s4--tes-v\s ,*rti5s8 insi/a le khalife1--non2--,juifs8--non2--,mages#fc 8--non4--,avez-v\s un livre sa9t ou un prophte8 dem&a-t-il enf94--,ils fir5t une rponse vasive4--,v\s tes donc des impies1 s'cria le khalife2 et comme ils dem&ai5t pay] la capitation1 il leur dcl>a qu'il ne p\rrait support] leur exi/5ce s'ils ne se faisai5t musulmans1 ou si au mo9s ils n'embrassai5t l'une des religions que le prophte avait indiques comme tolrables2 autrem5t il les ext]m9]ait jusqu'au d]ni]4 ,le khalife avait donn aux ,h>rani5s p\r se dcid] t\t le temps qui s'c\l]ait jusqu' son ret\r4 ,il m\rut en r\te4 ,mais la "q p\vant tre s\leve t\t mom5t1 les ,h>rani5s n'en dur5t pas mo9s pr5dre un p>ti4 ,quelques-uns embrassr5t l'islam ou se fir5t *rti5s4 ,un assez gr& nombre qui tai5t atta*s leur religion1 hsitr5t longtemps1 et ils fur5t la f9 tirs d'affaire p> un docteur mahomtan qui habitait ,h>rn4 ,il y a1 leur dit ce docteur1 une religion =t peu connue1 que le prophte a tolre2 c'e/ celle des ,sabens4 ,on ne sait gure ce que c'e/ que les ,sabens2 pr5ez leur nom4 ,p]sonne n'y object]a ri5 et v\s vivrez en paix4 ,c'e/ a9si qu'au temps des successeurs de ,mam\n1 on vit app>atre ,h>rn et dans d'autres localits1 des communauts sabennes qui y tai5t inconnues aup>avant et qui tai5t sans rapport avec le m&isme4 ,note #fb3 ,*wolson1 op4 laud41 ,i1 #adj et ,,ii1 #ae4 ,note #fc3 ,les ,arabes donnai5t le nom de ,mages aux sectateurs de la religion de ,zoroa/re4 ,dj s\s ,r*d les ,h>rani5s avai5t c\ru de gr&s dang]s4 ,on prt5d qu'on avait tr\v dans leur temple une tte huma9e dess*e1 orne de lvres d'or1 qui leur s]vait r5dre des oracles1 et il avait t "q de les dtruire4 ,ils avai5t fond cette occasion un trsor dit des calamits4 ,la doctr9e des ,sabens de ,h>rn n\s e/ connue p> deux pr9cipales s\rces qui sont indp5dantes l'une de l'autre3 le ,fihri/1 important recueil arabe sur l'hi/oire des sci5ces1 compos p> en-,n$m#fd1 et le livre de ,*ahra/ani dj famili] nos lecteurs4 ,le fondem5t de cette doctr9e religieuse e/ l'adoration des esprits des a/res1 ayant p\r corollaire l'a/rologie et la magie4 ,c'e/1 dit ,m4 de ,goeje1 la cont9uation du paganisme babyloni5#fe4 ,il y a lieu de croire cep5dant que1 t\t au mo9s p\r les savants1 ce paganisme avait t relev p> des ides tires du noplatonisme ou de la gnose4 ,les rudits ne se sont pas mis t\t fait d'accord sur la "q de savoir si les ,h>rani5s tai5t mono?i/es ou rellem5t paens4 ,il e/ =t possible que les mo9s in/ruits d'entre eux fuss5t demeurs poly?i/es2 quant la doctr9e des ,sabens que n\s rapport5t les auteurs arabes1 elle e/ clairem5t ordonne v]s le mono?isme4 ,les div9its des plantes sont subordonnes un ,dieu suprme1 p> rapport auquel elles ont peu prs la valeur des ons des gno/iques4 ,une prire la con/ellation de la ,gr&e ,ourse l'invoque au nom de la =ce qu'a place en elle le crateur du t\t2 ,jupit] e/ conjur p> le matre du haut difice1 des bi5faits et de la grce1 le premi] entre t\s1 le seul t]nel4 ,le ,soleil e/ appel cause des causes1 ce qui ne signifie pas qu'il soit le dieu suprme#ff4 ,selon en-,n$m1 les ,h>rani5s avai5t adopt sur la matire1 les lm5ts1 la =me1 le temps1 l'espace1 le m\vem5t1 beauc\p d'ides pripattici5nes#fg4 ,ils admettai5t que les corps sublunaires tai5t composs des quatre lm5ts ord9aires1 t&is que le corps du ciel tait fait d'un c9quime lm5t4 ,l'me tait p\r eux une sub/ance exempte des accid5ts du corps4 ,dieu tait une sorte d'inconnaissable ne possdant pas d'attribut et auquel aucun jugem5t ni aucun raisonnem5t ne p\vait s'appliqu]4 ,d'aprs ,*ahra/ani1 l'me qui e/ commune aux hommes et aux anges1 p> opposition l'me animale1 e/1 p\r les ,h>rani5s1 une sub/ance incorporelle qui a*ve le corps et le meut librem5t#fh4 ,elle e/ en acte *ez l'ange1 en puissance *ez l'homme4 ,l'intellig5ce e/ une fonction ou =me de cette me qui p]oit les ess5ces des *oses ab/raites de la matire4 ,c'en e/ dj assez p\r pr\v] que1 p>mi beauc\p de traditions div]ses1 les ,sabens avai5t recueilli la gr&e tradition philosophique4 ,note #fd3 ,kitb al-,fihri/1 d4 ,g4 ,flgel1 #b vol4 ,leipzig1 #ahga-gb4 ,en-,n$m crivit en #cgg de l'hgire4 ,note #fe3 ,mmoire cit plus haut du ,congrs des ,ori5tali/es de ,leyde1 p4 #bib4 ,note #ff3 ,d'aprs le mmoire de de ,goeje1 pages #cbb1 #cbd et #ceg4 ,note #fg3 ,*wolson1 op4 laud41 ,,ii1 #ab4 ,note #fh3 ,*wolson1 op4 laud41 ,,ii1 #dch4 ,ailleurs1 on retr\ve dans leur sy/me comme dans celui des ,m&ens1 l'opposition c>actri/ique entre la lumire et les tnbres1 selon la tradition mani*enne#fi3 ,les tres spirituels1 dis5t-ils d'aprs ,*ahra/ani1 sont des =mes de lumire belles et de nature suprieure1 les tres corporels sont des =mes de tnbres444 ,le monde des tres spirituels e/ en haut1 au plus haut rang de lumire et de beaut2 le monde des tres corporels e/ dans la pr(ondeur1 au d]ni] degr de grossiret et de tnbres4 ,les deux mondes sont opposs l'un l'autre4 ,la p]fection survi5t en haut1 non dans la pr(ondeur2 les c>actres s'oppos5t des deux p>ts1 et l'excell5ce app>ti5t la lumire1 non aux tnbres4 ,note #fi3 ,*wolson1 op4 laud41 ,,ii1 #dbh1 #ag4 ,les ,sabens reconnur5t deux prophtes1 d'orig9e gypti5ne1 ,aga?odmon et ,h]ms4 ,ils fur5t de gr&s folklori/es et je p5se que cette qualit tait inne leur secte1 et qu'ils ne la dveloppr5t pas uniquem5t p\r complaire aux ,musulmans en r5*rissant sur leurs lg5des4 ,je crois1 au contraire1 que des lg5des qui figur5t dans le ,coran1 v5ant de la ,bible ou d'ailleurs1 ont dj t travailles selon l'esprit des ,sabens4 ,ceux-ci contribur5t c]ta9em5t rp&re dans les sectes musulmanes l'ide de progression prophtique qui donna l'essor beauc\p d'hrsies4 ,cep5dant l'tude de ces influ5ces aurait encore beso9 d'tre faite avec plus de rigueur4 ,le plus illu/re des ,sabens de ,h>rn dont le nom mrite d'tre ret5u1 cause des s]vices qu'ils r5dir5t la sci5ce1 e/ ,tbit fils de ,korrah1 n probablem5t en #bba et mort en #bhh de l'hgire4 ,il app>t5ait une gr&e famille4 ,il vcut d'abord ,h>rn o il ex]a la pr(ession de *angeur1 puis ,kaf>t\ta1 d'o l'a/ronome ,mohamm$ fils de ,m\sa ibn ,*kir l'emm5a ,bagdad p\r le prs5t] au khalife4 ,il se lia d'amiti avec le khalife ,motadid avant son avnem5t au trne1 et il demeura ensuite en gr&e faveur auprs de ce pr9ce4 ,il usa de son crdit p\r fond] une communaut sabenne ,bagdad4 ,esprit encyclopdique1 ,tbit fils de ,korrah e/ avant t\t considr p> les ,arabes comme philosophe4 ,n\s ne possdons malheureusem5t plus ses oeuvres philosophiques4 ,ses crits sur la gomtrie1 dont n\s connaissons quelques-uns1 lui ont assur une place importante dans l'hi/oire des ma?matiques4 ,il savait l'arabe1 le syriaque et le grec4 ,b> ,hebru1 qui peut pass] p\r bon juge1 fait l'loge de son /yle en syriaque4 ,l'a/ronome ,ab\ ,ma*> l\e ses qualits de traducteur4 ,il corrigea admirablem5t1 dit-on1 beauc\p de traductions antrieures4 ,sa fcondit fut extrme4 ,b> ,hebru lui attribue c5t c9quante oeuvres en arabe et seize en syriaque4 ,il avait crit sur sa religion un ouvrage dont on doit dplor] la p]te2 mais con=mm5t l'esprit de sa secte1 il avait un peu v]s dans l'a/rologie et dans la ,kabbale4 ,tbit rec5sa beauc\p d'oeuvres de ma?matique grecque4 ,en ce qui conc]ne plus spcialem5t la philosophie1 il traduisit une p>tie du comm5taire de ,proclus sur les ,v]s dors de ,py?agore1 le trait de ,optim sect de ,gali52 il tudia les ,catgories d',ari/ote1 les premi]s ,analytiques1 les ,h]mneia4 ,il crivit lui-mme un trait de l'argum5tation socratique et un autre1 qui devait tre =t curieux1 p\r la solution des difficults du livre de la ,rpublique de ,platon4 ,tbit eut beauc\p d'lves1 p>mi lesquels ses deux favoris fur5t un juif et un *rti5 qui laissr5t quelque rputation4 ,ibn ,ab et-,tana e/ le juif et ,ysa fils d',zd le *rti54 ,l'on voit qu'il exi/ait alors entre savants une vritable confrat]nit n'excluant aucune confession1 et il e/ pittoresque de se reprs5t] le savant saben donnant des leons au disciple de ,mose et celui de ,jsus s\s le reg>d favorable du khalife mahomtan4 ,la famille de ,tbit fils de ,korrah cont9ua aprs lui1 p5dant plusieurs gnrations1 t5ir un haut rang dans la sci5ce4 ,s9n1 le fils de ,tbit1 crivit1 entre plusieurs ouvrages1 une vie de son pre4 ,ce ,s9n fut l'ami de l'hi/ori5 ,maoudi4 ,un autre ,saben qui fut =t clbre aussi1 mais surt\t comme savant1 e/ ,mohamm$ fils de ,djbir el-,battni4 ,il tait orig9aire probablem5t de ,batnah en ,msopotamie et il vcut ,rakkah4 ,ce fut un ma?matici5 et un a/ronome de gr& mrite2 ses tables a/ronomiques eur5t beauc\p de vogue durant t\t le moy5 ge qui le cita s\s le nom d',albategnus4 ,on p5se qu'il savait le grec2 il comm5ta le ,tetrabiblos de ,ptolme1 rec5sa l',almage/e et plusieurs oeuvres d',ar*imde4 ,el-,battni fit ses obs]vations de #bfd #cjf4 ,il fut li avec ,djaf> fils du khalife ,moktafi4 ,ab\ ,djaf> el-,khz91 connu plutt s\s le nom d',ibn ,r\h1 fut ma?matici5 aussi1 a/ronome et un peu philosophe4 ,il traduisit du syriaque en arabe le comm5taire d',alex&re d',aphrodise au premi] livre de la ,physique d',ari/ote4 ,cette traduction fut revue p> ,yahya fils d',adi4 ,ibn ,r\h fut l'ami du philosophe mahomtan ,ab\ ,zd el-,balkhi que n\s r5contr]ons au *apitre suivant4 ,l'on peut donc not] que1 dans cette intressante secte des ,sabens1 la philosophie fut troitem5t lie l'tude des sci5ces gomtrique1 ari?mtique et a/ronomique4 ,cette circon/ance drivait app>emm5t de l'habitude anci5ne qu'avai5t ces savants du culte et de l'obs]vation des a/res2 mais elle se tr\vait aussi assez bi5 d'accord avec l'esprit du noplatonisme4 ,d'aprs ce *apitre1 dont les rsultats se tr\v]ont complts dans la suite1 il app>at dj que1 antrieurem5t au temps d',avic5ne1 les ,ori5taux tai5t en possession d'une littrature philosophique trs ri*e et un peu mle4 ,ari/ote y dom9ait2 il y figurait p> ses oeuvres propres et p> ses comm5tateurs1 ,alex&re d',aphrodise1 ,?mi/ius1 ,ammonius1 ,jean ,philoponus4 ,ce d]ni]1 bi5 connu des ,arabes qui l'appelai5t ,jean le ,grammairi51 conduit l'cole grecque jusqu'au seuil du mahomtisme4 ,il m\rut en effet peu d'annes avant l'hgire1 et mme une lg5de musulmane1 prolongeant ses j\rs1 l'amne en prs5ce du t]rible conqurant de l'gypte ,amr\ fils d'el-,z1 auprs duquel il aurait int]cd p\r la cons]vation de la biblio?que d',alex&rie4 ,aprs ,ari/ote vi5t ,platon1 dont la philosophie plus difficile saisir1 mo9s matrialise1 mo9s bi5 cons]ve p> la tradition des coles1 a c]ta9em5t t mo9s connue des ,arabes que celle de son successeur4 ,au-dess\s de ces deux matres se place un cortge un peu disp>ate o l'on di/+ue le noplatonici5 ,porphyre1 le mdec9 ,gali51 le ,p]se ,mans1 le gno/ique ,m>cion et bi5 d'autres encore4 ,de cet ensemble rsultait une tradition philosophique syncrtique1 qui se rappro*ait beauc\p en somme de celle du noplatonisme4 ,maoudi dit assez explicitem5t que la philosophie la plus en vogue de son temps 7il m\rut en #cde7 tait celle de ,py?agore#gj2 on doit ent5dre le noplatonisme4 ,ce que n\s dirons de ,f>abi vi5dra1 je crois1 l'appui de cette affirmation4 ,*ez les ,syri5s1 on affectionnait la littrature gnomique qui tait assez favorable la diffusion du syncrtisme noplatonici54 ,des recueils de maximes o figurai5t ,py?agore1 ,platon1 ,mn&re1 ,secundus1 tai5t en gr&e faveur#ga4 ,il ne p>at pas que ce g5re ait eu la mme vogue *ez les ,arabes4 ,on s'tonn]a peut-tre1 s'il e/ vrai que la tradition noplatonici5ne ait t dom9ante *ez ces d]ni]s1 de n'avoir pas vu figur]1 en tte des auteurs grecs connus d'eux1 l'un des pr9cipaux matres du noplatonisme ,plot94 ,plot9 e/ en effet trs r>em5t cit p> les ,arabes qui le di/+u5t p\rtant s\s le titre de *ekh grec1 *ekh el-i\nni#gb2 le nom de ,plot91 au re/e1 lorsqu'on fait ab/raction des voyelles1 selon l'usage des critures smitiques1 a une ressemblance f*euse avec celui de ,platon1 et il a d arriv] ma9tes fois que ,platon1 comme le plus illu/re1 ait eu accept] la responsabilit des doctr9es de son quasi-homonyme4 ,cela e/ arriv mme1 quoique avec beauc\p mo9s de raison1 ,ari/ote4 ,t\t un livre qui ne conti5t en ralit que des extraits des ,ennades ,,iv ,,vi de ,plot91 traduit l'poque dont n\s n\s occupons1 a t rp&u p5dant le moy5 ge s\s le nom d',ari/ote4 ,c'e/ c]ta9em5t l l'une des plus curieuses hi/oires d'apocryphe qu'il y ait en philosophie4 ,elle mrite que n\s n\s y arrtions un in/ant avant de clore ce *apitre4 ,note #gj3 ,maoudi1 le ,livre de l',av]tissem5t1 #aga4 ,note #ga3 ,dom ,p>isot1 ,revue de l',ori5t ,*rti51 recueil trime/riel1 #ahii1 p4 #bib4 ,note #gb3 ,c'e/ a9si que l'appelle ,*ahra/ani4 ,la ?ologie 7ou?\l\djia7 d',ari/ote#gc--;c'e/ le titre de ce livre--fut traduite en arabe aux environs de l'an #bbf p> ,ibn ,nimah d',emesse et cette traduction fut revue p\r ,ahm$ fils du khalife ,motasim p> le clbre el-,k9di4 ,le livre eut une gr&e vogue en ,ori5t4 ,le ,juif ,mose b5 ,ezra en p>le en l'appelant ,b$ola*1 mot qui n'e/ probablem5t autre que le mot ou?\l\dja d=m p> dplacem5t de po9ts diacritiques4 ,une p>aphrase lat9e en fut faite la ,r5aissance et p>ut ,rome1 en #aeai1 s\s le titre ,sapi5tissimi ,ari/otelis ,/agirit ,!ologia sive mi/ica philosophia1 secundum gyptios novit] rep]ta et 9 lat9um ca/igatissime r$acta4 ,en #aegb le mme ouvrage fut rimprim ,p>is4 ,note #gc3 ,diet]ici a dit et traduit en allem& cet ouvrage4 ,die sog5annte ,!ologie des ,ari/oteles1 #b vol4 ,leipzig1 #ahhb-hc4 ,voici1 en peu de mots1 comm5t se prs5te cette ?ologie4 ,quoique assez mal ordonne1 il app>at assez vite que le gr& problme de l'un et du multiple y dom9e4 ,l'un pur e/ cause de t\tes *oses2 il n'e/ pas l'une des *oses1 mais il e/ le pr9cipe de *aque *ose2 il n'e/ pas lui-mme les *oses2 mais t\tes les *oses sont en lui4 ,t\tes dc\l5t de lui4 ,l'intellig5ce en dc\le d'abord sans int]mdiaire2 puis t\tes les *oses qui sont dans le monde suprieur intelligible dc\l5t de cette intellig5ce2 et celles enf9 qui sont dans le monde infrieur sort5t des *oses du monde intelligible1 et p> leur int]mdiaire1 elles sort5t de l'un4 ,on doit concevoir a9si cet enfantem5t de la premire intellig5ce3 ,aprs que le premi] tre e/ sorti de l'un pur1 il s'arrte et jette ses reg>ds sur l'un p\r le voir2 il devi5t alors intellig5ce1 et ses actes devi5n5t semblables l'un pur1 c> aprs qu'il a jet ses reg>ds sur l'un et qu'il l'a vu selon son p\voir1 l'un a v]s en lui des puissances nombreuses et gr&es4 ,c'e/ alors que de l'intellig5ce sort la =me de l'me1 sans que l'intellig5ce se meuve1 de mme que l'intellig5ce e/ sortie de l'un pur1 sans que l'un se soit m4 ,l'me e/ donc un caus de caus4 ,elle ne peut plus produire d'acte sans m\vem5t1 et ce qu'elle produit e/ prissable4 ,n\s n\s ap]cevrons dans la suite que les philosophes arabes ont ret5u cette ?orie4 ,l'me1 sortie de l'intellig5ce1 e/ une image de l'intellig5ce1 et son acte ne consi/e que dans la connaissance de l'intellig5ce et de la vie qu'elle fait son t\r dc\l] sur les *oses4 ,l'intellig5ce univ]selle e/ comme le feu1 l'me univ]selle comme la *aleur qui du feu rayonne al5t\r4 ,l'acte de l'me s'appelle image4 ,qu& l'me veut produire1 elle reg>de l'ide de la *ose qu'elle veut produire1 et dans ce reg>d elle s'emplit de =ce et de lumire2 puis elle se meut en bas1 et l'image qui sort d'elle e/ s5sible4 ,l'me e/ a9si int]mdiaire entre le monde de l'intellig5ce et le monde s5sible et lie aux deux4 ,qu& elle se dt\rne de la contemplation de l'intellig5ce p\r se port] v]s les *oses infrieures1 elle produit les individus selon leurs rangs1 ceux du monde des a/res et ceux du monde sublunaire4 ,*aque tre du monde infrieur a son modle dans le monde intelligible4 ,l'me1 li5 des deux mondes1 e/ belle p> rapport au s5sible1 p>ce qu'elle ti5t l'intelligible1 laide p> rapport l'intelligible p>ce qu'elle ti5t au s5sible4 ,mais la =me de l'me e/ t]nellem5t belle1 et de sa beaut dc\le celle de la nature4 ,la vie app>ti5t l'me2 elle n'app>ti5t pas aux corps qui sont prissables4 ,l'me a son lieu dans l'intellig5ce4 ,en l'intellig5ce univ]selle sont t\tes les intellig5ces et t\tes les vies4 ,de mme que dans l'intellig5ce univ]selle sont t\s les tres au-dess\s d'elle1 c'e/--dire t\s hormis l'un immobile1 de mme dans le vivant univ]sel qui e/ l'me1 sont t\tes les natures vivantes2 et dans *aque vie sont cont5ues de nombreuses vies1 mais *acune mo9dre et plus faible que celle qui la prcde2 et la vie ne cesse de dc\l] jusqu' ce qu'elle arrive la nature la plus petite et la plus faible en laquelle tombe la puissance univ]selle1 et c'e/ l'individu vivant4 ,t\tes les *oses1 a9si loignes p> le rang1 sont runies p> l'am\r4 ,l'am\r vritable qui e/ l'intellig5ce runit t\s les tres intelligibles et vivants et les fait uns2 et ils ne se sp>5t jamais1 c> il n'y a ri5 au-dessus de cet am\r4 ,le monde suprieur e/ am\r pur4 ,telles sont les p5ses que les ,arabes du quatrime sicle de l'hgire attribuai5t ,ari/ote4 ,on compr5d ma9t5ant comm5t la philosophie a pu leur app>atre comme un t\t passablem5t complexe et discordant qu'il s'agissait de concevoir syn?tiquem5t4 ,la philosophie tait une2 mais elle avait mille faces4 ,elle s't5dait de l'empirisme le plus positif au my/icisme le plus exalt4 ,le philosophe p> excell5ce tait celui qui compr5ait le mieux l'unit h>monique de ces div]s aspects4 ,en df9itive1 c'e/ bi5 a9si que se posait cette poque le problme philosophique2 et quoique l'on puisse tre t5t de le tr\v] absurde1 si l'on veut bi5 faire un ef=t d'imag9ation et se report] v]s l',ori5t1 pays des mlanges1 des fusions et des syn?ses1 on reconnatra qu' t\t pr5dre il ne manquait1 s\s cette =me1 ni de posie ni de gr&eur4 ,,*apitre ,,iv ,,les ,,philosophes ,,et ,,les ,,encyclop,,di/es ,le nom de philosophe n'a pas dans la littrature arabe le s5s gnral et vague qu'il a dans notre langue4 ,ceux que les ,arabes appelr5t les philosophes 7falas\f1 pluriel3 falsifah71 p> transcription du grec1 n'tai5t pas t\s les *]*eurs de la vrit1 t\s les manieurs de la p5se1 les sages1 les spculatifs2 ils euss5t dsign ceux-ci plutt p> les noms de hakm ou de nzir4 ,les philosophes proprem5t dits tai5t spcifiquem5t les cont9uateurs de la tradition philosophique grecque considre comme une4 ,p\r eux1 la philosophie grecque tait vraie au mme degr que la rvlation2 il exi/ait priori un accord entre la philosophie et le dogme1 peu prs comme aux yeux des croyants de nos j\rs1 il exi/e un accord entre la sci5ce et la foi4 ,mais en ralit la philosophie grecque cont5ait une masse d'ides passablem5t complexes et div]g5tes1 et il n'e/ pas t\j\rs ais de voir du premi] c\p comm5t ces ?ories p\vai5t s'adapt] la ?ologie de l'islam4 ,ce doit tre ju/em5t l'un des pr9cipaux rsultats de notre travail que de faire s5tir jusqu' quel po9t ces savants ont ralis l'h>monie entre la philosophie grecque et l'or?odoxie musulmane et dans quelle mesure ils y ont failli4 ,*ahra/ani donne une li/e d'une v+ta9e de p]sonnages#gd qui ont mrit1 dans la littrature arabe1 le titre de philosophe1 antrieurem5t ,avic5ne4 ,on reconnat dans cette li/e des noms que n\s avons vus figur] au *apitre des traducteurs1 ceux de ,honn fils d',i%k1 ,tbit fils de ,korrah et ,yahya fils d',adi4 ,ces sages n'tai5t pas musulmans4 ,les deux plus illu/res musulmans que1 avec eux1 m5tionne ,*ahra/ani sont ,yak\b fils d',i%k el-,k9di et ,mohamm$ ,ab\ ,nasr el-,f>abi4 ,el-,k9di et el-,f>abi sont les deux gr&s dyna/es dont les noms dom95t la priode progressive de la philosophie arabe qui s't5d sur les deux sicles prcdant ,avic5ne4 ,note #gd3 ,*ahra/ani1 d4 ,cureton1 ,,ii1 #cdh4 ,malgr l'norme rputation que s'acquit en ,ori5t ,yak\b fils d',i%k el-,k9di1 et malgr l'*o que cette r5omme tr\va en ,occid5t1 n\s connaissons en somme de lui =t peu de *ose et n\s craignons qu'il n\s soit impossible de re/itu] sa figure avec quelque int5sit4 ,el-,k9di fut surnomm le philosophe des ,arabes1 falas\f el-,arab1 titre qu'il dut sa situation de fondateur de la ligne philosophique *ez les musulmans et la puret de ses orig9es arabes4 ,il tait issu d'une famille illu/re1 et il app>t5ait la gr&e tribu de ,k9dah1 de la race de ,kahtan4 ,l'hi/oire de sa maison1 dont s'e/ occup l'ori5tali/e ,flgel#ge1 n\s montre son sixime anctre pat]nel1 v5ant1 la tte de soixante-dix cavali]s1 faire accession l'islam dans la dixime anne de l'hgire1 et se rangeant ds lors p>mi les compagnons du prophte4 ,avant ce temps la famille de ,k9dah habitait l',ym54 ,les aeux plus pro*es de notre auteur migrr5t en ,*alde2 son pre fut mir de ,k\fah s\s les khalifes ,mehdi et ,r*d2 son gr&-pre l'avait t de div]ses villes1 et il possdait ses pr9cipaux doma9es ,basrah2 l'on p5se que c'e/ l que notre philosophe naquit4 ,el-,k9di1 jeune1 alla tudi] ,bagdad1 on ne sait s\s quels matres2 mais il n'y a aucun d\te que ce fut s\s des matres *rti5s4 ,de brves indications biographiques1 f\rnies surt\t p> el-,kifti et p> ,ibn ,abi ,osebiah1 n\s le font voir ensuite entrant dans l'intimit des khalifes1 et l'on n\s appr5d qu'il s'atta*a leur s]vice en qualit de lettr4 ,il fut en p>ticulire faveur auprs de ,motasim et d',ahm$ l'un des fils de ,motasim1 auquel il ddia plusieurs de ses ouvrages4 ,a la f9 de sa vie il fut en proie des attaques et des p]scutions que lui attirr5t sans d\te la jal\sie ou le fanatisme4 ,l'a/ronome ,ab\ ,ma*> le hat1 puis se rconcilia avec lui et dev9t son admirateur et son disciple2 les ma?matici5s fils de ,m\sa fils de ,*kir le dess]vir5t aussi4 ,on croit que sa mort arriva v]s l'an #bfj s\s le rgne de ,motamid#gf4 ,note #ge3 ,flgel1 ,al-,k9di dans les ,abh&lung5 de la ,deuts*e ,morg5lndis*e ,geselts*aft1 #aheg4 ,note #gf3 ,die philosophis*5 ,abh&lung5 des ,jaqb b5 ,i%q ,al-,k9di1 d4 ,alb9o ,nagy1 ,introduction1 p4 x4 ,el-,k9di fut un traducteur important1 un encyclopdi/e d'une fcondit r>e4 ,flgel a recueilli la li/e de ses ouvrages qui se mont5t au *iffre norme de #bfe1 embrassant une va/e portion des sci5ces de ce temps4 ,il traduisit le livre #ej de la ,mtaphysique d',ari/ote2 il comm5ta les premi]s et les seconds ,analytiques1 le de ,sophi/icis el5*is1 l'ouvrage apocryphe intitul l',apologie d',ari/ote2 il abrgea la ,potique d',ari/ote et celle d',alex&re d',aphrodise1 les ,h]mneia1 l',isagoge de ,porphyre4 ,il crivit un trait sur les ,catgories4 ,les titres de ses ouvrages tmoign5t d'un travail considrable fait en vue de l'int]prtation et de l'adaptation des ouvrages grecs4 ,on peut croire qu'il s'ef=a d'en extraire et d'en cl>ifi] la sub/ance1 d'en simplifi] et d'en ordonn] les doctr9es4 ,un de ses traits a p\r objet l',ordre des livres d',ari/ote1 app>emm5t l'ordre dans lequel ils doiv5t tre tudis4 ,el-,k9di s'intressa la philosophie politique4 ,il crivit une ?orie des nombres h>moniques dont ,platon p>le dans sa ,rpublique4 ,il fut bon polmi/e1 ce qui peut encore expliqu] qu'il eut beauc\p d'ennemis4 ,son oeuvre plus spcialem5t sci5tifique e/ =t importante4 ,il aurait traduit la ,gographie de ,ptolme1 dont une v]sion syriaque exi/ait antrieurem5t#gg4 ,il rec5sa les lm5ts d',euclide et il crivit sur les oeuvres de ce gomtre et sur l',almage/e de ,ptolme4 ,ses crits sur les ma?matiques et sur l'a/ronomie sont nombreux4 ,il s'intressa la mtorologie1 propos de laquelle il eut combattre les ides des ,mani*ens sur la con/itution du ciel1 sur la ?orie de la lumire et des tnbres4 ,il s'attaqua d'ailleurs aux ,mani*ens dans un crit p>ticuli]4 ,la mdec9e ne lui fut pas trangre1 bi5 qu'il ne semble pas l'avoir pratique4 ,enf9 il connut la musique1 et il enseigna1 avec la ?orie1 la pratique de cet art4 ,les aptitudes sci5tifiques d'el-,k9di con/itu5t c]ta9em5t un des traits c>actri/iques de son gnie2 il p>at avoir prt une att5tion gale aux sci5ces de la nature et aux sci5ces spculatives4 ,il les considra sans nul d\te comme un fondem5t ncessaire ou comme une p>tie intgrante de la philosophie4 ,un de ses ouvrages a p\r titre3 ,sur ce qu'on ne peut compr5dre la philosophie sans tre ma?matici54 ,contrairem5t d'autres gr&s encyclopdi/es1 on n'ap]oit pas qu'il ait atta* beauc\p de prix la my/ique4 ,le docteur ,alb9o ,nagy a rcemm5t dit des traductions lat9es de trois opuscules d'el-,k9di#gh4 ,deux de ces opuscules qui port5t les titres de ,qu9que ess5tiis et de ,intellectu trait5t de ?ories familires la scola/ique arabe1 et il e/ intressant de montr] en quel tat se prs5tai5t ces ?ories au troisime sicle de l'hgire s\s la plume de notre philosophe4 ,les c9q ess5ces qu'on appell]ait mieux1 d'un t]me plus neutre1 les c9q *oses1 sont celles1 e/-il dit1 qui se tr\v5t dans t\tes les sub/ances1 savoir la matire et la =me1 le m\vem5t1 le temps et le lieu4 ,le /yle d'el-,k9di dans ces traits e/ f]me1 trs concis et non sans beaut4 ,voici en enti] son p>agraphe sur la matire3 ,la matire e/ ce qui reoit et n'e/ pas reu1 ce qui reti5t et n'e/ pas ret5u4 ,qu& la matire e/ te1 t\t ce qui e/ outre e/ t2 mais qu& ce qui e/ outre e/ t1 la matire n'e/ pas te4 ,t\te *ose e/ de matire4 ,elle e/ ce qui reoit les contraires sans corruption2 et la matire n'a po9t de df9ition du t\t4 ,note #gg3 ,w5ri*1 op4 laud41 p4 #bcj4 ,note #gh3 dition cite ci-dessus1 faisant p>tie des ,beitrge zur ,ges*i*te d] philosophie d] mittelalt]s1 publis p> ,cl4 ,baeumk] et ,g4 ,f4 von ,h]tl+1 ,b& ,,ii1 ,heft ,v1 ,mn/]1 #ahig4 ,la =me e/ de deux sortes3 celle qui con/itue le g5re2 celle-l ne fait pas p>tie des pr9cipes simples dont n\s p>lons1--et celle qui s]t di/+u] une *ose de t\tes les autres p> la sub/ance1 la quantit1 la qualit et le re/e des dix prdicats2 c'e/ l la =me qui con/itue t\te *ose4 ,en *aque matire e/ une puissance p> laquelle les *oses naiss5t de la matire1 et cette puissance e/ la =me4 ,p> exemple1 de la *aleur et de la siccit1 lorsqu'elles conc\r5t1 nat le feu2 la matire e/ dans la *aleur et dans la siccit2 la =me e/ le feu2 la puissance e/ ce qui r5d la matire feu444 ,disons donc que la =me e/ la diffr5ce p> laquelle une *ose se di/+ue d'une autre dans la vision1 et la vision e/ la connaissance de cette *ose4 ,cette df9ition ne tmoigne pas encore d'une comprh5sion complte de la p5se d',ari/ote1 d'une possession a*eve de l'ide scola/ique2 on s5t l une ?orie en voie de se faire2 il e/ ju/e au re/e de not] que le lat9 de cette traduction e/ mauvais4 ,notre auteur di/+ue six espces de m\vem5ts1 con=mm5t la tradition pripattici5ne3 les m\vem5ts de gnration et de corruption en sub/ance1 d'augm5tation et de dim9ution en quantit1 d'altration en qualit1 et le m\vem5t dans le lieu1 rectiligne ou circulaire4 ,comme ,ari/ote1 la df9ition du lieu le tr\ble3 ,les philosophes1 dit-il1 n'ont pas t d'accord sur cette "q1 cause de son obscurit et de sa subtilit4 ,il en e/ qui ont dit qu'il n'y a pas de lieu du t\t1 d'autres que le lieu e/ un corps1 comme ,platon1 d'autres qu'il e/ sans tre un corps4 ,et1 p5sant suivre l'op9ion d',ari/ote1 il rfute celle qui veut que le lieu soit un corps1 et il admet que le lieu e/ la surface qui se tr\ve hors du corps2 en tant que surface1 le lieu e/ une matire deux dim5sions4 ,le lieu1 rem>que el-,k9di en physici51 n'e/ pas dtruit qu& on enlve le corps2 l'air vi5t dans le lieu o l'on a fait le vide1 et l'eau vi5t o s'en va l'air4 ,la notion du temps a galem5t am5 des div]g5ces p>mi les philosophes4 ,les uns ont dit qu'il tait le m\vem5t en lui-mme1 d'autres qu'il ne l'tait pas4 ,n\s1 affirme notre auteur1 n\s voyons que le m\vem5t e/ div]s dans les div]ses *oses1 au lieu que le temps se tr\ve en t\tes selon une seule espce et un seul mode4 ,donc le temps n'e/ pas le m\vem5t4 ,il faut1 p\r df9ir le temps1 dire que l'in/ant e/ ce qui runit le pass et le futur1 bi5 que l'in/ant ne subsi/e pas p> lui-mme4 ,le temps n'e/ en aucune *ose1 si ce n'e/ dans l'avant et dans l'aprs1 et il n'e/ ri5 que le nombre4 ,il e/ le nombre qui compte le m\vem5t1 et ce nombre e/ de l'espce des nombres cont9us4 ,dans la faon dont sont exposes ces notions1 dans ce /yle mme1 on p]oit l'influ5ce directe de la mtaphysique d',ari/ote2 et1 malgr que la p5se soit encore un peu emb>rasse et faible1 l'on con/ate dans cet crit un noble ef=t v]s l'ordre et la cl>t4 ,la psy*ologie d'el-,k9di1 telle qu'elle app>at dans le trs bref trait de l',intellig5ce1 e/ bi5 au mme po9t que sa mtaphysique4 ,la doctr9e e/ dj assez cl>ifie et =tem5t cond5se2 mais elle prs5te encore sur plusieurs po9ts un peu d'opacit et de l\rdeur4 ,l'auteur prt5d rapport] l'op9ion d',ari/ote et de ,platon1 que p> consqu5t il suppose une4 ,il di/+ue quatre espces1 ou degrs1 d'intellig5ce1 trois dans l'me et une hors de l'me4 ,de ces trois espces qui sont dans l'me1 la premire e/ en puissance1 la seconde e/ en acte de faon que l'me ex]ce qu& elle veut cette intellig5ce1 comme le scribe ex]ce l'art d'crire2 la troisime e/ cette intellig5ce actuellem5t mise en usage1 comme l'crit du scribe4 ,quant l'espce qui se tr\ve hors de l'me1 c'e/ l'intellect ag5t4 ,n\s v]rons le gr& rle de cette d]nire espce d'intellect dans la philosophie de ,f>abi et dans celle d',avic5ne4 ,el-,k9di en p>le dj avec une c]ta9e vigueur3 ,ri51 dit-il1 de ce qui e/ en puissance ne sort en acte1 si ce n'e/ p> quelque *ose qui e/ en acte4 ,l'me donc e/ intellig5te en puissance2 mais elle le devi5t en acte p> l'intellig5ce premire 7l'intellect ag5t74 ,qu& l'me1 reg>dant l'intellect ag5t1 s'unit la =me intelligible1 alors cette =me et l'intellig5ce sont la mme *ose dans l'me2 mais l'intellig5ce qui e/ t\j\rs en acte hors de l'me1 l'intellect ag5t1 n'e/ pas la mme *ose que l'intelligible1 et cette id5tit n'a lieu que dans l'me4 ,el-,k9di eut des disciples1 et son influ5ce p]sonnelle p>at avoir t gr&e4 ,de ces disciples deux mrit5t une m5tion4 ,l'un e/ ,ahm$ fils d'et-,tayib ,s]akhsi dont ,maoudi cite des traits de gographie et un abrg de logique#gi4 ,hadji ,khalfa lui attribue un comm5taire des ,v]s dors de ,py?agore4 ,il fut d'abord prcepteur puis dev9t famili] du khalife ,motadid2 mais ayant un j\r commis l'imprud5ce de trahir un secret que lui avait confi ce pr9ce1 celui-ci le fit dcapit] en #bhf4 ,il tait rudit rem>quable et criva9 de tal5t4 ,note #gi3 ,maoudi1 le ,livre de l',av]tissem5t4 ,l'autre disciple notable d'el-,k9di e/ ,ab\ ,zd1 fils de ,sahl el-,balkhi4 ,assurm5t beauc\p mo9s gr& que son matre1 ,ab\ ,zd de ,balkh a eu1 t\t au mo9s p> rapport n\s1 une meilleure =tune4 ,un de ses pr9cipaux ouvrages n\s a t cons]v1 et il vi5t d'tre publi et traduit en franais p> ,m4 ,clm5t ,hu>t#hj4 ,a la lumire de ce texte1 la physionomie d',ab\ ,zd e/ r$ev5ue vivante4 ,n dans un village de la prov9ce de ,balkh1 ce philosophe alla dans sa jeunesse tudi] dans l',irk1 o le p\ssait le dsir de s'affili] la secte des ,imami5s2 mais y ayant fait la connaissance du clbre el-,k9di1 il s'atta*a lui et il se consacra la philosophie et la sci5ce4 ,dev5u extrmem5t rudit1 t\t en tant demeur mode/e et circonspect1 il s'attira l'e/ime des puissants4 ,le pr9ce de ,balkh fut son pr9cipal protecteur4 ,grce son amiti1 notre savant p>v9t la =tune1 et il acquit ,balkh d'importants doma9es que ses desc5dants cons]vr5t p5dant plusieurs gnrations4 ,ses oeuvres qui port5t pr9cipalem5t sur la philosophie et la gographie dat5t du premi] qu>t du quatrime sicle4 ,note #hj3 ,le livre de la cration et de l'hi/oire d',ab\ ,zd ,ahm$ b5 ,sahl el-,balkhi1 d4 et trad4 ,clm5t ,hu>t1 t4 ,i] encore seul p>u1 ,p>is1 ,l]\x1 #ahii4 ,cet ouvrage fait p>tie des ,publications de l'cole des langues ori5tales vivantes4 ,ab\ ,zd voyagea en gypte et en ,p]se4 ,esprit ouv]t et curieux1 non sans un peu de navet1 il s'in=ma de beauc\p de sy/mes1 et n\s le voyons se r5dre ,bild-,sb\r1 p\r y faire une enqute sur le compte d'un homme dont les doctr9es p>aissai5t contraires celles des autres hommes1 et qui prt5dait tre ,dieu lui-mme#ha4 ,il connut des ,k>mates1 des ,mani*ens1 des ,mazdens1 des ,indi5s2 la simplicit de son coeur prs]va son or?odoxie contre la sduction de leurs doctr9es4 ,son ,livre de la ,cration et de l'hi/oire r5f]me de piquants r5seignem5ts sur les sectes antropomorphes1 duali/es1 pan?i/es1 sur les ,h>rani5s1 les ,motazlites et d'autres4 ,que l'on rem>que1 p> exemple1 cette doctr9e dont il ne nomme pas les adeptes3 7p4 #gg7 ,on prt5d encore que ,dieu n'a ni corps ni attribut1 qu'on ne peut ni le connatre ni savoir quelque *ose de lui1 et qu'il n'e/ pas p]mis de le m5tionn]4 ,au-dess\s de lui e/ la ,raison univ]selle1 et s\s la ,raison l'me univ]selle et s\s l'me la matire1 s\s la matire l'!r puis les =ces naturelles2 et on juge que t\t m\vem5t ou =ce1 s5sible ou croissant1 provi5t de lui4 ,cette doctr9e1 d'orig9e gno/ique1 e/ celle peu prs qui fut adopte p> la clbre secte des ,ismali5s qui1 au mom5t o ,ab\ ,zd crivait1 v5ait de natre4 ,note #ha3 ,cl4 ,hu>t1 op4 laud41 ,introduction1 p4 xiv4 ,notre philosophe rpond des ?ories pan?i/es vois9es de celle-l3 7p4 #ge7 ,une preuve1 dit-il1 que ,dieu n'e/ ni l'me ni la raison1 ni l'esprit1 comme le croi5t c]ta9s1 c'e/ que les mes sont divisibles et que les =mes et les individus les sp>5t2 or il n'y a po9t d'objet qui se p>tage dont on n'imag9e qu'il puisse se rassembl]1 et se rassembl] c'e/ un accid5t de la sub/ance4 ,les uns viv5t1 les autres meur5t2 et il faut ou que l'me soit anantie p> la mort de son possesseur1 ou qu'elle ret\rne l'me univ]selle1 ou qu'elle transmigre en un autre4 ,or l'anantissem5t1 le ret\r1 ce sont encore des accid5ts de la sub/ance4--,cette manire de philosoph] e/ c]ta9em5t orig9ale4 ,ab\ ,zd s'occupa de la ?orie des attributs div9s1 tant agite p> les ,motazlites1 et de celle de la prde/9ation4 ,sa croyance sur ces deux po9ts demeura or?odoxe2 sa conclusion e/ bi5 humble3 7p4 #ajj7 ,les *oses les plus ju/es sont les moy5nes4 ,on a dit3 celui qui rfl*it sur le de/9 e/ comme celui qui reg>de le c5tre du soleil2 plus il le fixe1 plus il e/ bl\i4 ,celui qui se borne ce qui e/ crit dans le ,livre1 j'espre qu'il s]a des lus4 ,ab\ ,zd doit donc n\s app>atre plutt comme un musulman trs intellig5t que comme un philosophe1 au s5s que n\s avons expliqu4 ,a nos yeux sa physionomie e/ plus semblable celle des ,motazlites qu' celle des philosophes1 bi5 qu'il ait combattu ceux-l et qu'il ait t class p>mi ces d]ni]s4 ,la multitude des sy/mes auxquels il a t\* n\s remet en mmoire cette masse confuse de p5ses1 ce *aos philosophique au-dessus duquel monta la gr&e tradition scola/ique4 ,il tait utile de le m5tionn] p\r n\s donn] une fois de plus cette vision4 ,mais1 selon l'ordre que n\s suivons1 il ne m>que pas un progrs1 et aprs n\s tre un in/ant arrt prs de lui1 n\s devons l'oubli] dans l'ombre de son matre el-,k9di4 ,mohamm$ fils de ,mohamm$ fils de ,t>khn ,ab\ ,nasr el-,frbi1 le plus gr& philosophe musulman avant ,avic5ne1 tait d'orig9e turque4 ,la ville de ,frb1 o il naquit1 auj\rd'hui ,otr>1 e/ situe sur le ,yax>te ou ,syr ,d>ya4 ,f>abi fut lve d'un mdec9 *rti51 ,yohanna fils de ,hln qui m\rut ,bagdad s\s le rgne de ,moktadir2 il recueillit beauc\p de fruit de son enseignem5t4 ,on dit aussi qu'il tudia en la compagnie d',ab\ ,bi*r ,matta1 un traducteur dont n\s avons p>l1 et qu'il s'habitua auprs de lui ramass] sa p5se dans des phrases brves et pr(ondes4 ,il se r5dit la c\r de ,sf ed-,da\lah fils de ,hamdn1 et il p>at avoir vcu paisiblem5t s\s sa protection1 s\s l'habit des ,s\fis4 ,ce pr9ce l'e/ima et lui donna un rang m95t p>mi les si5s4 ,qu& ,sf ed-,da\lah eut pris ,damas1 ,f>abi se r5dit avec lui dans cette ville1 o il m\rut en l'an #cci4 ,d'aprs ,ibn ,abi ,osbiah1 il aurait fait un voyage en gypte l'anne qui prcda sa mort4 ,les ,ori5taux ont combl ,f>abi d'loges4 ,el-,kifti dit de lui3 ,il devana t\s ses contempora9s et les dpassa dans l'argum5tation et dans l'explication des livres de logique2 il dissipa leur obscurit1 dc\vrit leur my/re1 facilita leur comprh5sion1 et il cond5sa ce qu'ils conti5n5t de plus utile dans des crits irrpro*ables p\r le s5s1 clairem5t rdigs1 o il releva les fautes qui tai5t *appes ,k9di4 ,et ,ab\'l-,f>adj1 gnralisant d'un c\p l'loge1 dit3 ,ses livres de logique1 de physique1 de ?ologie et de politique atteignir5t la limite de ce qu'on peut dsir] et le sommet de l'excell5ce4 ,mais1 puisque n\s possdons plusieurs ouvrages importants de ,f>abi1 il s]a prfrable que n\s en jugions p> n\s-mmes4 ,la li/e complte des oeuvres de ce philosophe s]ait longue4 ,/e9s*neid] a fait de sa bibliographie une tude f\ille1 m9utieuse1 *>ge d'rudition#hb4 ,de mme qu'el-,k9di1 ,f>abi e/ beauc\p plutt un int]prte et un comm5tateur des auteurs grecs qu'un vritable traducteur4 ,note #hb3 ,moritz ,/e9s*neid]1 ,al-,f>abi des arabis*5 philosoph5 leb5 und s*rift51 dans les ,mmoires de l',acadmie impriale des sci5ces de ,sa9t-,pt]sb\rg1 t4 ,,xiii1 n #d1 ,sa9t-,pt]sb\rg1 #ahfi4 ,il crivit une ,introduction la logique1 un ,abrg de logique selon la m?ode des ?ologi5s#hc1 une srie de comm5taires l',isagoge de ,porphyre1 aux ,catgories1 aux ,h]mneia1 aux premi]s et aux seconds ,analytiques1 aux ,topiques1 la ,sophi/ique1 la ,rhtorique et la ,potique1 le t\t con/ituant un ,organon complet divis en neuf p>ties4 ,il comm5ta l'?ique ,nicomaque1 et composa sur la politique des oeuvres importantes1 comme n\s le r$irons2 l'une e/ une somme des ,lois de ,platon2 une autre a p\r titre3 de l',obt5tion de la flicit4 ,il traita ma9tes que/ions mtaphysiques dans des crits div]s dont quelques-uns subsi/5t dans nos biblio?ques3 l',intellig5ce et l'intelligible1 l',ame1 la ,=ce de l'me1 l',unit et l',un1 la ,sub/ance1 le ,temps1 le ,vide1 l',espace et la ,mesure4 ,on lui doit un comm5taire au livre de l',ame d',alex&re d',aphrodise4 ,la conciliation entre ,platon et ,ari/ote le proccupa1 n\s le v]rons4 ,il crivit sur le ,b de ,platon et d',ari/ote1 et sur la ,concordance entre ,platon et ,ari/ote2 il prit la df5se d',ari/ote contre ses int]prtes2 il crivit contre ,gali51 contre ,jean ,philoponus1 en tant qu'ils int]prt5t mal ,ari/ote1 et il =mula une ,int]v5tion entre ,ari/ote et ,gali54 ,note #hc3 ,/e9s*neid]1 op4 laud41 p4 #ah4 ,l'oeuvre sci5tifique de ,f>abi n'e/ pas trs considrable p> rapport son oeuvre philosophique4 ,il donna cep5dant encore des comm5taires la ,physique d',ari/ote1 la ,mtorologie1 aux traits du ,ciel et du ,monde1 un ,comm5taire l',almage/e de ,ptolme1 un trait sur le ,m\vem5t des sphres cle/es1 mme un essai sur l'explication des propositions difficiles des lm5ts d',euclide4 ,il s'occupa de sci5ces occultes1 crivit sur l',al*imie1 la ,gomancie1 les ,gnies et les ,songes4 ,il ne fut pas mdec94 ,on lui doit enf9 dans le doma9e de l'art de trs importants traits musicaux qui ont t tudis p> ,koseg>t5#hd4 ,f>abi tait un admirable musici54 ,sa virtuosit excitait l'admiration de ,sf ed-,da\lah1 et la littrature en a g>d le s\v5ir4 ,note #hd3 ,j4 ,g4 ,l4 ,koseg>t51 dans son introduction ,alii ,ispahan5sis lib] cantil5>um magnus1 ,greifswald1 #ahdj4 ,f>abi aima dans ses crits la =me aphori/ique2 l'on dit qu'il mit peu de so9 les runir4 ,ces circon/ances sont auj\rd'hui dfavorables leur intellig5ce2 tel trait publi p> ,diet]ici#he1 n'e/ qu'une collection de brefs p>agraphes1 sans ordre et sans li51 dont l'obscurit s'augm5te encore de l'usage qui y e/ fait de la t]m9ologie des my/iques4 ,n\s essai]ons nanmo9s de tir] des crits dits de ,f>abi quelques passages c>actri/iques1 qui puiss5t donn] une ide assez prcise de cette haute et puissante figure4 ,note #he3 ,les traits tudis ci-dess\s ont t dits p> ,f4 ,diet]ici1 ,alfrb's philosophis*e ,abh&lung51 ,leyde1 ,brill41 #ahij4 ,f>abi fut gr& logici5#hf4 ,on le surnomma le second matre1 el-moallim et-tni1 ,ari/ote tant le premi]4 ,dans un trait intitul ptre du second matre en rponse des que/ions qui lui avai5t t poses1 il tran*e c]ta9es difficults qui devai5t proccup] les logici5s d'alors4 ,voici ce qu'il dcide t\*ant les ,catgories3 7 #ai du trait7 ,les dix prdicats ne doiv5t pas tre considrs comme simples absolum5t4 ,*acun e/ simple relativem5t ceux qui sont au-dess\s de lui1 et il n'y en a que quatre qui soi5t simples purs3 la sub/ance1 la quantit1 la qualit et la position4 ,l'ag5t et le pati5t driv5t de la sub/ance et de la qualit2 le temps et le lieu1 de la sub/ance et de la quantit2 la possession a lieu entre deux sub/ances1 la relation entre *aque gr\pe de deux prdicats pris dans les dix4--7 #ae7 ,il y a des degrs dans la simplicit de ces prdicats4 ,p> exemple la quantit et la qualit repos5t directem5t sur la sub/ance et n'ont beso9 p\r tre raliss que de cette sub/ance qui les supporte2 au contraire la relation a beso9 de plusieurs *oses3 de deux sub/ances1 d'une sub/ance et d'un accid5t ou de deux accid5ts4--7 #ah7 ,on dem&e1 tant donn que l'action et la passion se tr\v5t t\j\rs ensemble1 si elles doiv5t tre classes s\s le prdicat d'annexion4 ,non1 dit ,f>abi4 ,qu& une *ose se tr\ve t\j\rs avec une autre1 il ne s'ensuit pas que ces deux *oses soi5t dp5dantes d'une dp5dance d'annexion4 ,p> exemple1 la respiration ne se tr\ve qu'avec le p\mon1 le j\r qu'avec le lev] du soleil1 l'accid5t qu'avec la sub/ance1 la p>ole qu'avec la langue2 or t\tes ces *oses ne doiv5t pas tre classes dans la dp5dance d'annexion1 mais dans celle de ncessit4 ,il y a ncessit ess5tielle1 comme celle de l'exi/5ce du j\r qu& se lve le soleil1 et ncessit accid5telle1 comme celle du d"p de ,zd qu& entre ,amr\4 ,il y a ncessit complte qu& *acune des deux *oses exi/e p> le fait de la prs5ce de l'autre1 et ncessit incomplte qu& cette dp5dance e/ unilatrale4--,c'e/ l une f9e analyse de l'ide de relation4 ,note #hf3 ,prantl a consacr dans son ,hi/oire de la ,logique 7,ges*i*te d] ,logik im ,ab5dl&e1 t4 ,,ii1 p4 #cja-cah7 un article la logique de ,f>abi pr9cipalem5t d'aprs des extraits tirs des oeuvres d',alb]t le ,gr&4 7 #bd7 ,on dem&e si l'gal et l'9gal sont propres de la quantit1 le semblable et le dissemblable propres de la qualit4 ,le propre1 rpond ,f>abi1 ne peut tre qu'une *ose unique1 comme le rire1 le h5nir1 le s'asseoir4 ,cep5dant si n\s appelons description ce qui fait connatre l'ess5ce de la *ose1 *acun des deux t]mes gal et 9gal pris sp>m5t e/ propre de la quantit et les deux pris ensemble sont descriptifs de la quantit4 ,il en e/ de mme du semblable et du dissemblable p> rapport la qualit4 ,la ?orie des contraires donne lieu des rem>ques galem5t pntrantes4--7 #ag7 ,le contraire e/-il le manque de son contraire8 ,le blanc e/-il le manque du noir8 ,non1 le blanc e/ quelque *ose et n'e/ pas seulem5t le manque du noir2 mais le manque du noir e/ cont5u dans l'exi/5ce du blanc1 et dans t\t contraire e/ cont5u le manque de son contraire4--7 #cg7 ,on dit que la sci5ce des contraires e/ une2 cette proposition e/-elle vraie8 ,il faut di/+u]1 rpond ,f>abi4 ,si l'on veut p>l] de la sci5ce de telle *ose en p>ticuli] qui a un contraire1 cette sci5ce n'e/ pas id5tique celle de son contraire2 la sci5ce du ju/e n'e/ pas celle de l'inju/e1 la connaissance du blanc n'e/ pas la connaissance du noir4 ,mais si l'on ent5d la sci5ce de cette *ose en tant qu'elle a un contraire1 alors cette sci5ce e/ une avec celle de son contraire1 c> les deux contraires en ce s5s sont en ralit deux relatifs4--7 #ch7 ,il faut di/+u] les opposs et les contraires4 ,les opposs sont deux *oses qui ne peuv5t exi/] dans un mme objet en un mme temps s\s le mme rapport1 comme la qualit de pre et celle de fils2 les opposs font p>tie des relatifs4 ,les contraires sont tels que le pair et l'impair1 l'affirmation et la ngation1 la possession et le manque4 ,la rponse que voici e/ rem>quable p> sa =me ma?matique4 ,on dem&e combi5 de *oses sont ncessaires p\r la connaissance d'un inconnu4 ,deux *oses sont ncessaires et suffisantes2 s'il y en a plus de deux1 on s'ap]oit p> un exam5 att5tif que celles qui sont en sus ne sont pas ncessaires la connaissance de l'objet *]* ou qu'elles r5tr5t dans les connus dj donns4 ,voici encore une "q curieuse1 qui ne laisse pas d'tre grave et que ,f>abi traite en deux mots avec un vid5t bon s5s4--7 #af7 ,ce jugem5t3 l'homme exi/e1 e/-il attribut ou sans attribut8 ,les philosophes anci5s et mod]nes1 dit notre auteur1 sont diviss l-dessus4 ,il suffit de di/+u]4 ,s\s le rapport naturel1 c'e/--dire objectif1 si l'on considre les *oses en elles-mmes1 ce jugem5t e/ sans attribut1 c> l'exi/5ce d'un objet ne diffre pas de cet objet1 au lieu que l'attribut e/ di/9ct de la *ose laquelle il se rapporte2 mais1 au po9t de vue logique1 ce jugem5t e/ attribut1 puisqu'il e/ con/itu p> deux t]mes et qu'il peut tre vrai ou faux4 ,la "q des univ]saux n\s fait pass] de la logique la mtaphysique4 ,f>abi1 sur ce sujet1 met en peu de mots quelques vues pr(ondes4--,comm5t1 dem&e-t-on 7 #ad71 faut-il concevoir l'ordre des sub/ances qui sont supportes les unes p> les autres8 ,il rpond3 ,les sub/ances premires sont les individus2 ils n'ont beso9 de ri5 d'autre qu'eux p\r tre4 ,les sub/ances secondes sont les espces et les g5res qui ont beso91 p\r tre1 des individus4 ,les individus sont donc antrieurs en sub/antialit et ont plus de droit au nom de sub/ance que les g5res4 ,mais1 aj\te notre auteur1 avec ce gt p\r les solutions contra/es qui semble le c>actris]1 un autre po9t de vue1 les univ]saux1 p>ce qu'ils sont fixes1 p]man5ts1 subsi/ants1 ont plus de droit au nom de sub/ance que les individus prissables4 ,et int]rog alors 7 #aj7 sur le mode d'exi/5ce des univ]saux1 il dit3 ,les univ]saux n'exi/5t pas en acte2 ils n'exi/5t que p> les individus1 et leur exi/5ce e/ alors accid5telle1 ce qui ne signifie pas que les univ]saux sont des accid5ts1 mais seulem5t que leur exi/5ce en acte ne peut tre que p> accid5t4--7 #ci et #dj7 ,il y a deux espces d'univ]saux auxquels correspond5t deux espces de p>ticuli]s4 ,le p>ticuli] de la sub/ance n'e/ pas dans un objet donn1 dans une matire1 et on ne connat pas p> des donnes son ess5ce4 ,les p>ticuli]s de cette espce ne peuv5t tre connus que p> leurs univ]saux1 et ces univ]saux n'exi/5t que dans ces p>ticuli]s4 ,le p>ticuli] de l'accid5t e/ connu p> des objets donns1 a9si que l'univ]sel de l'accid5t qui e/ lui-mme dans des donnes4 ,l'on peut jug] ma9t5ant suffisamm5t du /yle de la logique d'el-,f>abi1 qui1 dans les dtails1 h>die1 aigu et p]sonnelle1 tmoigne dans l'ensemble d'une pr(onde connaissance de l',organon et de l',isagoge4 ,p\r tudi] la psy*ologie de notre auteur1 n\s disposons d'une oeuvre matresse1 le trait publi p> ,diet]ici sur les ,s5s du mot intellig5ce4 ,cet opuscule1 dont la rdaction e/ relativem5t dveloppe1 a eu une gr&e importance au moy5 ge2 la traduction lat9e en a t imprime plusieurs fois la ,r5aissance s\s le titre de ,intellectu ou de ,intellectu et ,intelligibili#hg2 ,munk en a donn une analyse#hh4 ,note #hg3 ,cette traduction a t jo9te aux ditions lat9es d',avic5ne1 #adie1 #aejj1 #aejh4 ,cf4 ,/e9s*neid]1 op4 laud41 p4 #ij4 ,note #hh3 ,munk1 ,mlanges de philosophie arabe et juive4 ,p>is1 #ahei1 p4 #ddh et suivantes4 ,dans cet ouvrage qui traite de la mme "q que le trait de l',intellig5ce d'el-,k9di1 mais avec beauc\p plus de prcision et d'ampleur1 ,f>abi s'occupe de df9ir les diffr5ts s5s dans lesquels a t employ le mot intellig5ce 7arabe 'aql1 grec ,grec3 n\s7 p> le vulgaire et p> les philosophes4 ,l'homme intellig5t p\r le vulgaire1 c'e/ l'homme de mrite1 de jugem5t sr1 qui sait ce qu'il doit faire de bi5 et vit] de mal4 ,on ne dirait pas d'un homme habile dans le mal qu'il e/ intellig5t2 mais on dirait qu'il e/ a/ucieux1 f\rbe4 ,les ?ologi5s1 en un autre s5s1 dis5t de l'intellig5ce qu'elle appr\ve telle proposition1 qu'elle en rejette telle autre2 ils dsign5t p> l la facult qui p]oit les vrits d'vid5ce commune4 ,en un s5s un peu diffr5t1 ,ari/ote a p>l dans les ,analytiques de la facult p> laquelle l'homme atte9t directem5t la c]titude des prmisses gnrales et ncessaires2 c'e/1 dit ,f>abi1 la p>tie de l'me en laquelle se produit la connaissance premire et qui saisit les pr9cipes des sci5ces spculatives4 ,il y a aussi une intellig5ce des vrits morales1 m5tionne p> ,ari/ote dans le livre de l',e?ique2 c'e/ la p>tie de l'me o se produit l'expri5ce morale p> laquelle1 avec le temps et au moy5 de c]ta9s pr9cipes premi]s1 on s'acc\tume disc]n] dans les *oses volontaires celles qui doiv5t tre faites et celles qui doiv5t tre vites4 ,enf9 vi5t l'intellig5ce dont il e/ "q au livre de l',ame et qui e/ p\r n\s l'intellig5ce proprem5t dite4 ,f>abi1 comme el-,k9di et avec plus de nettet1 la divise en quatre degrs1 qui sont3 l'intellig5ce en puissance1 l'intellig5ce en acte1 l'intellig5ce acquise et l'intellect ag5t4 ,il y a cep5dant encore dans la ?orie1 ou du mo9s dans sa nom5clature1 un c]ta9 flottem5t qu'il e/ intressant de faire rem>qu]3 ,l'intellig5ce qui e/ en puissance1 dit en propres t]mes notre auteur1 c'e/ quelque me ou une p>tie d'me ou une des facults de l'me1 ou une *ose quelconque1--ce vague e/ curieux1--dont l'ess5ce e/ prp>e ou dispose de faon extraire les quiddits ou les =mes de t\s les tres de leur matire1 p\r en faire des =mes de soi-mme4 ,ces =mes extraites des objets devi5n5t =mes p\r l'intellig5ce en puissance qui passe alors l'tat d'intellig5ce en acte2 et ces =mes sont les intelligibles en acte qui sont id5tiquem5t l'intellig5ce en acte4 ,sur ce po9t la ?orie tait dj nette *ez el-,k9di2 mais il importe d'expliqu] la manire dont ,f>abi a conu l'exi/5ce des intelligibles1 puis le rle de l'intellect ag5t4 ,qu& ces =mes qui tai5t dans des matires l'extrieur de l'me sont dev5ues intelligibles en acte1 leur exi/5ce en tant qu'intelligibles en acte n'e/ pas la mme que leur exi/5ce en tant que =mes dans la matire4 ,leur exi/5ce en elles-mmes1 n\s dirions objective1 e/ lie aux div]ses catgories de temps1 de lieu1 de site1 de quantit1 de mode2 en dev5ant intelligibles en acte1 elles se s\/rai5t plusieurs de ces prdicats4 ,qu& les intelligibles en acte se produis5t1 ils devi5n5t des tres du monde et compt5t1 en tant qu'intelligibles1 dans la somme des tres4 ,qu& l'tre qui e/ intellig5ce en acte compr5d1 ce qu'il compr5d n'e/ pas un tre extrieur son ess5ce1 mais c'e/ son ess5ce mme4 ,on appelle intellig5ce acquise 7el-mo/afd71--c'e/ le nom du troisime tat de l'intellig5ce1--l'intellig5ce en acte dans le mom5t o elle compr5d les intelligibles qui sont ses =mes4 ,ces intelligibles ont une exi/5ce en eux-mmes1 et de la mme manire que n\s disons que ce que n\s compr5ons actuellem5t e/ en n\s1 de cette manire n\s devons dire de ces =mes intelligibles qu'elles sont dans le monde4 ,l'intellig5ce acquise e/ comme un sub/ratum p\r ces intelligibles qui sont ses =mes actuelles2 mais elle e/ elle-mme comme une =me relativem5t l'intellig5ce en acte1 t&is que l'intellig5ce en acte e/ p\r elle comme un sub/ratum et une matire4 ,l'intellig5ce en acte e/ son t\r =me1 relativem5t l'intellig5ce en puissance1 et celle-ci e/ sa base comme matire4 ,aprs cela1 on desc5d v]s les =mes corporelles et matrielles4 ,il y a donc une srie dans laquelle les =mes mont5t p>tir de la matire premire qui e/ au fond1 en se sp>ant peu peu de la matire2 et les =mes les plus pures de matire sont prm95tes4 ,au-dess\s de l'intellig5ce en puissance1 on tr\ve les autres puissances de l'me qui sont infrieures ce degr d'intellig5ce1 puis la nature et les =mes des lm5ts qui sont les plus viles des =mes dans l'exi/5ce4 ,au-dessus de l'intellig5ce acquise1 on tr\ve les intellig5ces sp>es des corps1 et1 au premi] rang1 l'intellect ag5t4 ,l'intellect ag5t1 dit ,f>abi1 dont ,ari/ote a p>l dans le livre ,,iii du trait de l',ame1 e/ une =me pure1 non dans une matire444 ,c'e/ elle qui fait pass] cette ess5ce qui tait l'intellig5ce en puissance l'tat d'intellig5ce en acte1 et qui r5d l'intelligible en puissance intelligible en acte4 ,le rapport de l'intellect ag5t l'intellig5ce en puissance e/ comme le rapport du soleil l'oeil1 lequel e/ voyant en puissance tant qu'il e/ dans les tnbres1 et qui1 ds que p>at la cl>t1 devi5t voyant en acte4 ,de la mme manire1 il dc\le de l'intellect ag5t une sorte de cl>t sur l'intellig5ce en puissance1 qui lui fait voir les intelligibles qui exi/ai5t en puissance et qui devi5n5t ds lors intelligibles en acte4 ,l'intellect ag5t e/ une espce d'intellig5ce acquise2 les =mes des tres sont en elle sans s'en sp>] jamais2 mais elles y exi/5t selon un autre ordre que celui qu'elles ont dans l'intellig5ce en acte4 ,notre intellig5ce en effet procde du connu a l'inconnu1 et s\v5t le connu e/ le plus vil1 et le plus p>fait e/ le plus ignor de n\s4 ,l'intellect ag5t procde en ordre inv]se3 il compr5d d'abord le plus p>fait4 ,les =mes qui sont divises dans la matire sont unies dans l'intellect ag5t4 ,il tait ju/e de faire honneur ,f>abi de cette belle ?orie4 ,p]sonne assurm5t avant lui1 *ez les ,arabes1 ne l'avait expose avec autant de pr(ondeur et autant de matrise4 ,il e/ ais de voir d'ailleurs que1 bi5 qu'il la rapporte ,ari/ote1 elle n'e/ pas proprem5t pripattici5ne1 mais qu'elle porte les m>ques vid5tes de la p5se noplatonici5ne4 ,f>abi aima1 comme ,platon1 la philosophie politique1 et ,diet]ici a dit de lui un trait t5du intitul la ,cit modle#hi4 ,c'e/ une vritable encyclopdie philosophique1 un peu trop brve comme telle et o la politique ne ti5t qu'une place infime4 ,on s]ait du si l'on *]*ait dans cet ouvrage un essai d'application des ides antiques l'tat musulman4 ,f>abi1 pas plus que les autres philosophes1 ne n\s a donn le spectacle de cette t5tative h>die2 il s'e/ born n\s prs5t]1 en quelques pages leves et calmes1 une description de ce que doit tre la cit modle1 sans engag] des discussions scabreuses contre ses matres paens4 ,note #hi3 ,f4 ,diet]ici4 ,alfrb's ,abh&lung d] ,mu/]/aat1 ,leyde1 ,brill1 #ahie4 ,f>abi e/ en politique ce que n\s appell]ions un mon>*i/e et un clrical4 ,son op9ion e/ que les hommes doiv5t avoir un g\v]nem5t mon>*ique et une croyance religieuse4 ,sa mon>*ie peut d'ailleurs se rs\dre1 d'une faon assez imprvue1 en une rpublique ari/ocratique4 ,aprs avoir pos en pr9cipe1 comme ,platon1 que les hommes sont faits p\r vivre en socit1 notre philosophe rem>que que l'tat le plus p>fait s]ait celui qui compr5drait t\te la t]re habite4 ,cette ide d'enf]m] t\te la t]re dans une organisation politique unique1 peut1 de la "p d'un philosophe arabe1 surpr5dre quelques lecteurs4 ,n\s sommes acc\tums croire qu'une semblable conception n'a pu se faire j\r dans quelques esprits qu' la suite des progrs les plus rc5ts1 et qu'elle n'exprime autre *ose que le t]me possible et encore lo9ta9 de l'volution politique dans le monde4 ,il n'en e/ pas a9si2 et sans rappel] que l'ide d'univ]salit politique tait cont5ue dans la conception impriale roma9e1 puis dans celle de l'glise ca?olique1 je me cont5t]ai de not]1 en passant1 qu'elle tait implique aussi dans la conception ?ocratique musulmane1 et qu'elle a t beauc\p plus rp&ue dans le moy5 ge ori5tal qu'on ne s]ait t5t de le croire4 ,f>abi1 au re/e1 ne s'y arrte pas2 et il se borne dcrire l'organisation p>faite d'une cit4 ,son expos n'e/ pas exempt de quelque navet4 ,la cit qu'il n\s montre e/ une cit de sa9ts g\v]ne p> des sages1 p> consqu5t un modle peu susceptible d'application pratique4 ,p\r s5tir ce qu'il y a de beau dans sa ?orie1 il faut la reli]1 comme il le fait lui-mme1 avec la ?orie gnrale du monde4 ,de mme que le monde e/ un t\t h>monique1 ordonn s\s l'autorit suprme de ,dieu1 de mme que les a/res et le monde sublunaire s'en*an5t et se suiv5t l'un l'autre1 que l'esprit huma9 e/ compos des degrs successifs d'intellig5ce que n\s expliquions t\t l'heure1 que le corps huma9 e/ un t\t organis auquel le coeur prside1 de mme la cit1 doit tre un t\t rgl la ressemblance de ces nobles modles4 ,on in/itue dans la cit une hir>*ie de g\v]nants dom9s p> un *ef suprme2 les qualits que ,f>abi requi]t de ce s\v]a9 sembl5t vraim5t excessives4 ,ce *ef1 qu'aucun autre homme ne g\v]ne aucunem5t1 cet imam1 matre de la cit p>faite1 qui devrait tre--c'e/ ,f>abi qui le r$it--matre de t\te la t]re habite1 doit possd] les qualits suivantes3 une gr&e intellig5ce1 une excell5te mmoire1 l'loqu5ce1 le gt de l'tude1 la temprance1 l'lvation de l'me1 l'am\r de la ju/ice1 l'ob/9ation sans faiblesse1 la f]met dans l'accomplissem5t du bi54 ,ce sont au re/e peu prs les mmes qualits que ,platon requi]t de ses g\v]nants4 ,mais ,f>abi d\tant1 aprs ,platon1 qu'on puisse tr\v] tant de v]tus runies en un seul homme1 rs\t cette difficult avec une +niosit nave3 si l'on ne tr\ve pas ces qualits en un seul1 dit-il1 mais qu'on r5contre les unes dans un homme1 les autres dans un autre1 on mettra ces deux hommes la tte de la cit2 si on ne les tr\ve runies t\tes ensemble que dans trois hommes1 on y mettra ces trois hommes2 s'il en faut davantage1 on en mettra davantage4 ,et c'e/ a9si que son sy/me ab\tit la rpublique ari/ocratique4 ,n\s n\s ab/i5drons de rsum] la mtaphysique de ,f>abi4 ,les pr9cipales ?ories qui la con/itu5t1 celles de l'tre ncessaire1 de la procession de la multiplicit1 de la hir>*ie des tres1 n'app>ti5n5t pas en propre ce philosophe1 et n\s aurons t\t le loisir de les tudi] dans la suite s\s la direction d',avic5ne qui les a prs5tes avec un dveloppem5t magnifique4 ,il e/ plus important p\r n\s d'a*ev] de c>actris] le sy/me de ,f>abi1 en montrant comm5t ce sy/me a dans presque t\tes ses p>ties ess5tielles des t5dances et un ab\tissem5t my/iques4 ,la politique1 dont n\s n\s occupions il n'y a qu'un in/ant1 a *ez notre philosophe une f9 my/ique4 ,le b de la cit p>faite sur la t]re e/ de procur] aux mes des citoy5s le bonheur aprs la mort4 ,et je ne puis rsi/] au plaisir de cit] le passage o ,f>abi n\s montre ces mes bonnes p>v5ant en possession de leur f94 ,qu& une tr\pe d'hommes a pass1 dit-il1 que leurs corps sont anantis et que leurs mes sont dlivres et heureuses1 d'autres hommes leur succd5t dans leurs rangs1 pr5n5t leur place et font ce qu'ils faisai5t4 ,qu& cette autre tr\pe a pass aussi et e/ dlivre1 ceux qui la composai5t vont aussi v]s la flicit1 aux rangs des premi]s passs1 et *acun rejo9t celui qui lui e/ semblable p> l'espce1 la quantit et le mode4 ,ces mes se joign5t entre elles la manire dont se jo9t un intelligible un intelligible444 ,les volupts des anci5s trpasss s'augm5t5t p> l'adjonction de ceux qui les rejoign5t1 c> *aque me compr5d son ess5ce et le semblable de son ess5ce beauc\p de fois2 donc la qualit de sa comprh5sion s'accrot2 et cet accroissem5t e/ p>eil l'accroissem5t du tal5t du scribe p> le temps qu'il passe crire4 ,la jonction des mes les unes aux autres correspond1 p\r le progrs du bonheur de *acune1 la rptition des oeuvres du scribe p> laquelle il progresse en facilit et en tal5t4 ,cet accroissem5t e/ indf9i4 ,la ?orie de la causalit *ez ,f>abi e/ =t trange4 ,n\s la tirons du trait qui a p\r titre les ,gemmes de la sagesse1 de l'dition de ,diet]ici4 7 #dh7 ,t\t ce qui n'tait pas1 puis e/1 a une cause4 ,le nant n'e/ pas cause de la v5ue dans l'tre4 ,si la cause n'tait d'abord pas cause1 puis le devi5t1 elle requi]t p\r le dev5ir une autre cause2 et l'on ab\tit a9si un pr9cipe p>tir duquel s'ordonn5t les causes des *oses selon la sci5ce qu'il en a4 ,cela n'e/ encore1 s\s une =me concise1 que la fameuse ?orie de la cause premire1 p>faitem5t connue de t\s les philosophes arabes4 ,mais immdiatem5t la p5se de ,f>abi fait un bond3 ,or1 aj\te-t-il1 n\s ne tr\vons pas dans le monde de la gnration d'impression produite ni de libre *oix n\veau1 si ce n'e/ d'aprs une cause2 d'o l'on s'lve la cause des causes2 et l'homme ne peut comm5c] aucune action sans s'appuy] sur des causes extrieures qui ne sont pas de son *oix1 et ces causes s'appui5t sur l'ordre1 et l'ordre s'appuie sur le dcret1 et le dcret s'appuie sur le jugem5t1 et le jugem5t jaillit du comm&em5t1 et t\te *ose e/ dcrte4 ,o sommes-n\s8 videmm5t n\s avons fran*i en trois lignes l'int]valle entre la philosophie grecque et la my/ique ori5tale4 ,mais encore1 sommes-n\s p>v5us un sy/me fatali/e8 ,il s]ait malais de le savoir4 ,l'auteur p\rtant s'explique3 7 #di7 ,si quelqu'un p5se qu'il fait ce qu'il veut et *oisit librem5t1 qu'il re*]*e si son *oix e/ produit en lui aprs n'y avoir pas t1 ou non produit4 ,s'il e/ non produit1 il s'ensuit que ce *oix l'accompagne depuis l'orig9e de son exi/5ce2 et il faut alors qu'il soit atta* ce *oix sans p\voir s'en di/raire2 donc son *oix e/ dt]m9 en lui p> quelque autre que lui4 ,et si ce *oix e/ produit1 t\t produit requi]t un producteur2 et alors son *oix e/ d'aprs une cause qui le dt]m9e et un producteur qui le produit4 ,ce producteur1 c'e/ lui1 l'homme1 ou un autre que lui2 si c'e/ lui-mme1 ou bi5 il fait ce *oix en raison d'un autre *oix libre et cela s'en*ane sans f91 ou bi5 ce *oix s'effectue en lui autrem5t que p> *oix1 et alors il e/ port ce *oix p> un autre que lui4 ,cet homme e/ ram5 a9si des causes extrieures lui1 qui ne sont pas de son *oix2 et il ab\tit au *oix t]nel qui a dt]m9 l'ordre de t\t selon ce qu'il e/4 ,donc t\t ce qui e/ de bon ou de mauvais dp5d des causes qui jailliss5t de la volont t]nelle4 ,ce raisonnem5t si vig\reux conclut-il en df9itive au dt]m9isme8 ,en vrit1 je n'os]ais l'affirm]4 ,je ne vois dans aucune autre p>tie de l'oeuvre de ,f>abi qu'il ait ni la lib]t huma9e4 ,il a p>t\t le langage et le ton d'un homme qui croit la morale et l'acte libre4 ,au fond ce tr\blant sy/me e/ la fois dt]m9i/e et ne l'e/ pas4 ,aux yeux du philosophe1 j'en demeure c]ta91 l'homme e/ libre2 mais p\r lui aussi l'acte libre a une cause2 et peut-tre ici il convi5drait de donn] au mot de cause un autre s5s1 un s5s mo9s absolu que celui qu'il a dans la vie physique2 t\te cause1 ft-ce en ce n\veau s5s1 e/ aussi cause1 et la cause des causes e/ ,dieu4 ,il y a donc l une contradiction ou du mo9s une opposition my/rieuse2 l'int5tion de ,f>abi e/ app>emm5t de ne la rs\dre qu'en my/ique4 ,la psy*ologie de cet auteur s'pan\it aussi en my/icisme3 7 #bg du mme trait7 ,tu es compos de deux sub/ances1 l'une ayant figure1 =me1 mode1 quantit1 m\vem5t et repos1 corporelle et divisible1 l'autre di/9cte de la premire p> l'abs5ce de ces qualits1 sp>e d'elle p> l'ess5ce1 p\vant tre atte9te p> l'intellig5ce et non p> l'imag9ation4 ,tu z t runi du monde de la cration et du monde du comm&em5t1 c> ton esprit e/ du monde du comm&em5t de ton seigneur et ton corps e/ de sa cration4 ,il e/ rem>quable dans ce p>agraphe combi5 la division bip>tite de l'homme en esprit et en corps e/ tran*e2 le plus s\v5t1 *ez les philosophes1 c'e/ la division trip>tite qui e/ mise en lumire1 en esprit1 me et corps4 7 #ci7 ,l'esprit huma9 e/ comme un miroir1 et l'intellig5ce spculative e/ comme son poli4 ,les intelligibles se dess95t en lui p> effusion div9e1 comme les corps dans les miroirs polis4 ,si le poli de ton esprit tant pur et aucun ob/acle ne s'int]posant1 tu te t\rnes v]s le monde du comm&em5t1 tu jo9s le royaume suprieur et tu atte9s la flicit suprme4--7 #da7 ,l'esprit huma9 e/ ce qui va la r5contre des intelligibles1 sub/ance non corporelle1 indivisible1 insaisissable1 qui n'entre pas dans l'imag9ation et que le s5s n'atte9t pas1 p>ce qu'elle e/ du doma9e du comm&em5t4 ,ma9te autre =mule exprime cette opposition entre le s5s et l'esprit1 dont voici la plus cond5se3 7 #dd7 ,le s5s s'occupe de ce qui e/ du monde de la cration1 l'intellig5ce s'occupe de ce qui e/ du monde du comm&em5t2 et cette =mule e/ suivie de cette conclusion plus my/ique encore3 ,ce qui e/ au-dessus de la cration et du comm&em5t e/ voil aux s5s et l'intellig5ce1 et ce n'e/ voil que p>ce que c'e/ dc\v]t4 ,dieu e/ connaissable selon ,f>abi3 7 #de7 ,l'ess5ce unitaire ne peut tre atte9te p> aucune voie2 mais elle peut tre connue p> ses qualits4 ,la meilleure voie son endroit consi/e reconnatre qu'elle e/ inaccessible4 ,la ?orie de ,dieu e/ pr(onde3 7 #h7 ,l'tre ncessaire n'a ni g5re1 ni espce1 ni diffr5ce444 ,il e/ le pr9cipe d'o t\t dc\le4 ,il e/ intrieur et extrieur1 manife/e et ca* la fois4 7 #ec7 ,il e/ extrieur dans son ess5ce1 et1 =ce d'tre extrieur1 il e/ intrieur2 c'e/--dire3 l'clat de sa manife/ation e/ tel qu'il aveugle et qu'il en e/ ca*4 ,t\t ce qui app>at1 app>at p> lui2 t\t e/ visible en lui1 comme dans la lumire du soleil4 ,aprs sa manife/ation p> son ess5ce1 il a une seconde manife/ation p> ses signes2 cette seconde manife/ation e/ en connexion avec la multiplicit1 et jaillit de la premire manife/ation qui e/ l'unit4 ,voici quelques =mules t\*ant la connaissance en ,dieu3 7 #ed7 ,on ne peut pas dire que la ,vrit premire saisit les *oses qui sort5t de son dcret du fait de ces *oses mmes1 comme les *oses s5sibles sont p]ues p> le fait de leur prs5ce et de l'impression qu'elles font en n\s444 ,elle saisit les *oses p> son ess5ce1 c> lorsqu'elle reg>de son ess5ce1 elle reg>de la puissance trs haute qui e/ en elle1 et en la puissance elle voit ce qui e/ dcrt2 elle voit donc le t\t1 et sa sci5ce de son ess5ce e/ cause de la sci5ce qu'elle a d'autre *ose444 ,la sci5ce qu'a la ,vrit premire de l'obissance de son s]viteur1 obissance qu'elle a dcrte1 e/ cause de la sci5ce qu'elle a qu'il obti5dra sa misricorde4--7 #ee7 ,en la sci5ce de ,dieu e/ la multiplicit inf9ie1 en rapport avec la multiplicit inf9ie des connus et con=mm5t sa puissance et son dcret inf9i4 ,il n'y a pas de multiplicit dans l'ess5ce1 mais po/rieurem5t l'ess5ce1 c> la qualit e/ aprs l'ess5ce1 non selon le temps1 mais selon le rang4 ,en t\t ceci l'on voit que ,f>abi s'c>te de la ?orie philosophique d'aprs laquelle ,dieu ne connat pas le monde2 et qu'il se laisse v]s] dans l'op9ion my/ique o l'tre de ,dieu peut t\t1 dcrte t\t1 voit t\t et connat t\t4 ,f>abi dpasse en quelque sorte le problme scola/ique2 *aque in/ant il passe les bornes de la philosophie p\r entr] dans la my/ique4 ,voyez ceci encore3 7 #ac7 ,tu reg>des l'unit et elle e/ la puissance2 tu reg>des la puissance et elle appelle la sci5ce seconde qui enveloppe la multiplicit4 ,l e/ l'horizon du monde de la s\v]a9et que suit le monde du comm&em5t o le ,kalam c\rt sur la tablette4 ,l'unit devi5t multiplicit o l'ombre du lotus cle/e porte et o sont projets l'esprit et le v]be4 ,l e/ l'horizon du monde du comm&em5t que suiv5t le tab]nacle et le trne#ij1 les cieux et t\t ce qu'ils r5f]m5t1 t\t tre *antant les l\anges de ,dieu4 ,puis les cieux t\rn5t selon le pr9cipe1 et l e/ le monde de la cration1 d'o l'on ret\rne au monde du comm&em5t p> lequel t\t r$evi5t un4 ,note #ij3 ,sur le ,kalam1 plume qui crit les de/9es des tres1 le lotus qui ombrage le p>adis1 le tab]nacle et le trne o sige ,dieu1 voir notre mmoire ,fragm5ts d'es*atologie musulmane1 dans les ,comptes r5dus du congrs sci5tifique des ca?oliques1 ,bruxelles1 #ahid4 ,f>abi a ml la nom5clature coranique la nom5clature philosophique2 mais il a en ralit ab&onn le ,coran et la philosophie1 p\r entr] dans des rgions o n\s ne p\vons le suivre1 prs5tem5t au mo9s4 ,n\s n\s dt\rn]ons de ces doctr9es1 et n\s accept]ons de lui ce repro*e presque pascali53 7 #aa7 ,tu t'loignes de l'unit2 l't]nit t'p\vante4 ,il n\s re/e dire quelques mots d'un ouvrage de ,f>abi qui semble devoir tre trs intressant1 en jug] p> son titre1 qui l'e/ assurm5t p> son int5tion1 mais dont la lecture e/ un peu dcevante3 n\s v\lons p>l] de son trait sur la ,concordance de la philosophie de ,platon et d',ari/ote4 ,comme n\s l'avons dj indiqu1 ,f>abi ne croit pas qu'il y ait plusieurs philosophies1 mais une seule1 et il n'admet pas en pr9cipe de diffr5ce entre les op9ions des deux matres grecs4 ,c'tait sans nul d\te la croyance traditionnelle cette poque que leurs philosophies concordai5t2 mais1 en tudiant leurs oeuvres au!ntiques ou apocryphes1 un c]ta9 nombre de savants contempora9s de notre auteur avai5t cru rem>qu] que cette concordance n'exi/ait pas sur plusieurs po9ts1 et c'e/ eux que ,f>abi rpond dans ce trait4 ,il con/ate d'abord que ,platon et ,ari/ote ont compris t\s deux la philosophie de la mme manire1 comme la sci5ce des tres et de leurs tats1 que t\t le monde1 dans les div]ses langues1 e/ d'accord p\r les plac] conjo9tem5t en tte de la philosophie1 et que p> consqu5t ils doiv5t s'accord]2 c'e/ videmm5t la ?se traditionnelle4 ,il indique ensuite1 au po9t de vue logique1 quelques causes d'erreurs possibles dans l'int]prtation de leurs oeuvres4 ,p>mi les diffr5ces que l'on signalait entre ,platon et ,ari/ote tai5t celles-ci3 que ,platon s'tait t5u l'c>t des affaires temporelles1 t&is qu',ari/ote les avait aimes et avait re*]* la =tune et les honneurs2 que ,platon avait p>l p> allgories et p> my!s et exig p\r l'intellig5ce de ses livres la puret du coeur1 au lieu qu',ari/ote avait class et ordonn les ides et les avait expliques p\r l'usage de t\s2 que ,platon avait plac en tte des sub/ances1 les plus excell5tes1 les plus pro*es de l'esprit et les plus loignes des s5s1 au lieu qu',ari/ote avait enseign que les individus tai5t les premires sub/ances1--simple diffr5ce de po9t de vue1 selon ,f>abi2--que1 encore1 en un c]ta9 passage du ,time1 ,platon avait p>u ne pas reg>d] comme ncessaire la conclusion d'un syllogisme1 dont les prmisses tai5t3 ,l'tre e/ plus excell5t que le non-tre2 la nature aspire au plus excell5t1 alors que1 d'aprs ,ari/ote1 la conclusion d'un tel syllogisme et t ncessaire2--sans p>l] d'autres diffr5ces sur les *apitres de la physique1 de la logique et de la politique4 ,f>abi rs\t avec f9esse ces contradictions allgues1 sans p\rtant mettre de vue assez orig9ale p\r mrit] que n\s n\s y arrtions4 ,mais1 propos de la ?orie de la connaissance1 il int]prte l'hypo?se de la rm9isc5ce platonici5ne en un s5s empiri/e qui vaut d'tre n4 ,ari/ote1 dit-il1 a montr dans les ,analytiques que les connaissances ne vi5n5t dans l'me que p> la voie des s5s2 a9si les connaissances vi5n5t d'abord sans qu'on les *]*e et la sci5ce n'e/ pas une rm9isc5ce2 mais1 au mom5t o l'on devi5t consci5t de la sci5ce1 il s'e/ dj =m d'une manire ins5sible des connaissances dans l'me1 et1 cause de cela1 l'me1 ap]cevant ces connaissances1 croit qu'elles sont p]man5tes en elle et a l'illusion qu'elle s'en ress\vi5t4 ,cep5dant1 en ralit1 l'intellig5ce n'e/ autre *ose que l'expri5ce1 et1 p> la multiplication des expri5ces1 se p]fectionne l'intellig5ce4 ,c'e/ cela mme1 insi/e notre auteur1 qu'a ent5du ,platon lorsqu'il a dit qu'appr5dre e/ se ress\v5ir4 ,celui qui rfl*it et *]*e fait ef=t p\r s'emp>] de ce que l'expri5ce a dj mis en son me1 et c'e/ comme s'il se ress\v5ait4 ,il faut av\] que voil une t5tative de conciliation s+ulirem5t h>die4 ,sur la "q de l't]nit du monde1 les contempora9s de ,f>abi1 dit celui-ci1 p5sai5t qu',ari/ote avait cru le monde t]nel et ,platon au contraire4 ,f>abi n'admet pas que telle ait t l'op9ion d',ari/ote4 ,il prt5d qu'on lui a attribu cette croyance cause d'un exemple des ,topiques et d'une proposition du trait du ,ciel2 mais que l'enseignem5t vritable d',ari/ote a t que le temps e/ le compte du m\vem5t de la sphre et produit avec ce m\vem5t2 il a donc d croire que le ,crateur a fait p>atre le monde t\t d'un c\p sans le temps1 et que du m\vem5t du monde s'e/ produit le temps4 ,le re/e du trait e/ peu prs sans valeur p\r n\s1 les ?ses qui y sont attribues ,ari/ote tant tires de l'ouvrage apocryphe intitul la ?ologie d',ari/ote4 ,l'on voit ma9t5ant1 je l'espre1 quelle e/ l'ampleur1 et l'orig9alit de l'oeuvre de ,f>abi1 oeuvre qui conti5t des oppositions que n\s1 mo9s h>di que ne l'a t notre philosophe l'g>d de ses modles grecs1 n\s ne n\s *>geons pas de rs\dre4 ,empiri/e et my/ique1 politique et ascte1 logici5 et pote1 ,f>abi fut une nature vritablem5t puissante et s+ulire4 ,il e/1 mon s5s1 plus attrayant qu',avic5ne1 ayant plus de feu intrieur1 capable d'lans plus brusques et de c\ps mo9s prvus4 ,sa p5se fait des bonds comme celle d'un lyrique2 sa dialectique e/ aigu1 +nieuse et contra/e2 son /yle a des mrites de concision et de pr(ondeur r>es1 que rehausse encore une sorte de lu/re potique4 ,a notre po9t de vue ,f>abi a sans d\te r5du de gr&s s]vices l'tude de la philosophie2 mais il a saut p>-dessus le problme scola/ique1 et il semble bi5 qu'au lieu de re*]*] une alliance solide et rationnelle entre la tradition grecque et la ?ologie de l'islam1 il ait simplem5t accol des op9ions t\t fait disp>ates1 dont il se rs]vait de dc\vrir l'inexplicable li5 dans les hauteurs de la my/ique4 ,le titre d'encyclopdi/e convi5t c]tes aux philosophes dont n\s v5ons de p>l]4 ,encyclopdi/es1 ils l'ont t1 et p> la nature de leur esprit et p> celle de leurs travaux4 ,cep5dant1 en mettant ce titre en tte de ce *apitre1 n\s avons eu plus p>ticulirem5t en vue une socit de philosophes vulg>isateurs et propag&i/es qui s'e/ donn d'une faon plus expresse la t*e de con/itu]1 l'usage du public1 l'encyclopdie des sci5ces3 n\s v\lons p>l] des frres de la puret4 ,prcism5t p>ce que les frres de la puret ont t des vulg>isateurs1 n\s ne leur accord]ons pas une trs haute importance1 et n\s trait]ons d'eux assez brivem5t4 ,n\s sommes d'ailleurs enc\rags ce laconisme p> cette circon/ance qu'un ori5tali/e allem&1 dont n\s avons dj cit le nom1 ,frdric ,diet]ici1 a consacr ces philosophes une srie de travaux amplem5t dvelopps qui =m5t sur ce sujet t\te une littrature#ia4 ,note #ia3 ,diet]ici a dit des extraits des traits des frres de la puret3 ,die ,abh&lung5 d] ,i*wn es-,saf 9 ,auswahl1 ,leipzig1 #ahhc-ahhf4 ,il a en outre consacr pr9cipalem5t ces traits les ouvrages suivants3 ,die ,philosophie d] ,arab] im ,x4 ,jahrhund]t n4 ,*r41 #are p>tie1 le ,macrocosme1 ,leipzig1 #ahgf2 #b;e p>tie1 le ,microcosme1 ,leipzig1 #ahgi4--;,die ,logik und ,psy*ologie d] ,arab] im zehnt5 ,jahrhund]t n4 ,*r41 ,leipzig1 #ahfh4--;,die ,propdeutik d] ,arab] im zehnt5 ,jahrhund]t1 ,b]l91 #ahfe4--;,die ,an?ropologie d] ,arab] im zehnt5 ,jahrhund]t1 ,leipzig1 #ahga4--;,die ,naturans*auung und ,naturphilosophie d] ,arab] im ,x4 ,jahrhund]t1 ,leipzig1 #b;e d41 #ahgf4--;,die ,lehre von d] ,weltseele bei d5 ,arab]n im ,x4 ,jahrhund]t1 ,leipzig1 #ahgb4--;,d] ,/reit zwis*5 ,m5s* und ,?i]1 e9 arabis*es ,mr*51 trad4 ,b]l91 #aheh2 d4 #b;e1 ,leipzig1 #ahha4 ,on ne connat pas d'une faon trs prcise l'orig9e de cette socit4 ,on sait seulem5t que1 v]s le milieu du quatrime sicle de l'hgire1 au mom5t o le khalifat de ,bagdad t\*ait son dcl91 quelques philosophes se rassemblr5t ,basrah1 en un t]ra9 loign du c5tre de l'empire1 ouv]t div]ses influ5ces1 propre dev5ir un c5tre de spculation libre et de propag&e h>die4 ,l'on a rem>qu que cette organisation d'une socit philosophique f]me n'tait pas une n\veaut dans l'islam4 ,le pote ,bac*r fils de ,bord avait fait p>tie nagure d'une socit semblable#ib avec ,wsil1 fils d',at1 le fondateur de la secte motazlite4 ,les philosophes de ,basrah fur5t appels half es-saf 7allis de la puret71 nadm es-saf 7comm5saux de la puret7 et plus communm5t les frres de la puret 7ikhwn es-saf7#ic4 ,note #ib3 ,brockelmann1 ,ges*i*te d] ,arabis*5 ,litt]atur1 ,i1 #bac4 ,note #ic3 ,goldzieh]1 ,muhamm$anis*e ,/udi51 ,i1 p4 #i1 n4 #a4 ,cette association n'tait pas une simple socit philosophique2 elle tait quelque *ose de plus2 il s]ait malais de dire exactem5t quoi4 ,il plane aut\r d'elle un c]ta9 my/re qui ne laisse pas compltem5t disc]n] ni son b ni ses pratiques ni ses moy5s d'action4 ,assurm5t les frres de la puret avai5t d'autres outils de propag&e que leurs crits4 ,ceux-ci mme ne dis5t pas t\t1 ni t\t ce qu'ils tai5t ni t\t ce qu'ils v\lai5t4 ,ils avai5t une action politique2 ils =mai5t1 dans les villes o ils s'tablissai5t1 des espces de loges o seuls les frres p\vai5t entr]#id4 ,ils n'admettai5t d'ailleurs pas p>mi eux uniquem5t des philosophes4 ,t\t le monde1 en pr9cipe1 p\vait tre reu dans l'ordre4 ,*acun y avait son rle selon ses capacits4 ,l'un donnait l'enseignem5t1 l'autre donnait l'arg5t4 ,ceux qui n'avai5t ni la puissance de l'esprit ni celle de la =tune tai5t v\s des oeuvres plus humbles4 ,c'tait en somme une socit univ]selle compose d'lm5ts 9gaux relis entre eux p> une adm9i/ration dont les ressorts n\s *app5t et p> un esprit que n\s connaissons un peu4 ,on tr\v]ait sans pe9e dans notre temps l'exemple de quelque socit semblable4 ,note #id3 ,diet]ici1 ,die ,abh&lung5 d] ,i*wn es-,saf1 p4 #fji3 ,il faut que nos frres1 dans *aque pays o ils se tr\v5t1 ai5t une salle p>ticulire p\r s'y runir des temps dt]m9s444 o p]sonne d'autre qu'eux n'ait le droit d'entr]1 et o ils puiss5t tudi] leurs sci5ces et s'entret5ir de leurs secrets4 ,dans leur propag&e1 les frres de la puret se prs5tai5t1 peut-on croire1 t\t d'abord comme des morali/es4 ,ce qu'ils (frai5t leurs recrues1 c'tait les moy5s de purifi] leurs mes1 c'tait la vrit religieuse1 c'tait la sci5ce1 au s5s moral et presque my/ique du mot1 c'e/--dire celle qui enseigne le salut4 ,qu'une socit se p]mt dans l'islam d'annonc] de sa propre autorit un vangile de salut1 et qu'elle y attirt les mes p> des voies secrtes1 cela pr\ve videmm5t que sa doctr9e s'c>tait de celle de l'islamisme4 ,vue dans son ensemble1 telle que n\s la connaissons p> les traits des frres1 cette doctr9e ne se di/+uait aprs t\t que =t peu de celle des philosophes4 ,les frres de la puret peuv5t figur] ct des philosophes comme les vulg>isateurs de leur oeuvre et comme ses propag&i/es dans les milieux populaires4 ,mais p> ce fait mme que la philosophie e/ vulg>ise *ez eux1 elle prs5te1 relativem5t la faon dont elle se manife/e *ez les philosophes de pr(ession1 c]ta9es diffr5ces d'aspect qu'il e/ utile de not]4 ,la doctr9e philosophique e/1 dans la socit1 mo9s f]me que *ez ses reprs5tants indp5dants2 elle e/ encore plus syncrtique2 elle a plus d'attrait p\r les lg5des2 elle v]se plus aism5t dans le my/icisme2 les ides my/iques y sont voques *aque in/ant au lieu qu'elles n'app>aissai5t que comme c\ronnem5t ou comme t]me dans la philosophie savante4 ,la sci5ce y e/ plus mle de religiosit2 les frres de la puret admettai5t concurremm5t avec les crits des philosophes ceux de ,mose et des autres prophtes1 et ce petit mot autres doit tre int]prt avec beauc\p de latitude4 ,enf9 la note morale e/ dom9ante dans leur enseignem5t4 ,p\r *aque dcade d'annes il tait promis quelque avantage ceux qui avai5t p]svr p5dant ce temps2 celui qui avait p]svr c9quante ans acqurait cet ge l'intellig5ce anglique4 ,mais le po9t le plus curieux signal] propos de cette doctr9e1 c'e/ la faon dont les frres de la puret posr5t le problme scola/ique4 ,ils le posr5t en effet1 et d'une manire absolum5t =melle1 mais avec une re/riction aussi brve qu'importante qui ne se tr\ve pas *ez les philosophes et p> laquelle la "q e/ fausse4 ,jamais les philosophes ne prononcr5t aucune attaque directe contre la foi musulmane4 ,la position du problme scola/ique comportait *ez eux l'acceptation intgrale de la sci5ce et de la loi4 ,les frres de la puret fur5t1 cet g>d1 beauc\p plus h>dis ou peut-tre simplem5t plus francs4 ,ils p5sr5t--n\s appr5d le s\fi ,ab\ ,hayn et-,tauhdi#ie1 qui m\rut en #chj ou #djj et qui fut lui-mme encyclopdi/e1--que la loi religieuse n'tait pas p>faite1 qu'elle cont5ait des erreurs dont elle avait beso9 d'tre purifie et qu'elle ne p\vait l'tre que p> la philosophie4 ,ils croyai5t que1 si l'on liait troitem5t la loi arabe avec la philosophie grecque1 on arriv]ait la vritable p]fection doctr9ale4 ,c'e/ p\r atte9dre ce b qu'ils rdigr5t leur encyclopdie4 ,note #ie3 ,g4 ,flgel1 ,ueb] ,inhalt und ,v]fass] d] arabis*5 ,encyclopdie ,resil ,ikhwn es-,saf2 ,z4 ,d4 ,m4 ,g41 t4 ,,xiii1 #ahei1 p4 #bb4 ,les crits des frres de la puret compr5n5t c9quante et un traits portant sur l'ensemble des sci5ces huma9es4 ,les sci5ces y sont gr\pes un peu autrem5t que les philosophes n'ont c\tume de le faire1 en quatre classes r5f]mant3 les sci5ces des ma?matiques et de la philosophie gnrale1 celles de la nature et des corps1 de l'me et de l'esprit1 de la loi et de ,dieu4 ,ces traits fur5t rdigs probablem5t p> plusieurs membres de la socit p>mi lesquels on nomme ,ab\ ,solman el-,mokaddasi4 ,un ma?matici5 espagnol ,maslamah de ,madrid 7mort en #cie ou #cih71 ayant voyag en ,ori5t1 en rapporta dans sa patrie la collection des traits et il en refit peut-tre une rdaction n\velle laquelle il prposa son nom2 cause de cela1 cette encyclopdie lui fut quelquefois attribue4 ,les traits s'adressai5t aux frres4 ,ils tai5t c5ss r5f]m] la sci5ce syn?tique et complte1 et ils devai5t f\rnir au lecteur la sub/ance mle de t\s les autres livres4 ,d'une faon gnrale1 y e/-il dit#if1 il ne faut pas que nos frres ddaign5t aucune des sci5ces ni qu'ils critiqu5t aucun des livres des sages1 ni qu'ils mpris5t aucune croyance1 p>ce que notre doctr9e et notre croyance englob5t t\tes les croyances et rassembl5t t\tes les sci5ces4 ,note #if3 ,abh&lung5 d] ,i*wn es-,saf1 p4 #fji4 ,aux indications que n\s v5ons de donn]1 il suffira d'aj\t] deux ou trois citations p\r a*ev] de faire compr5dre le c>actre de cette encyclopdie1 beauc\p mo9s intressante comme dpt de sci5ce qu' cause des t5dances philosophiques et sociales qu'elle reprs5te4 ,dans l'un des traits se tr\ve un apologue t5du#ig et dont la rdaction e/ assez colore1 dans lequel on voit des hommes de div]ses nations1 ,grecs1 ,indi5s1 ,p]sans1 ,t>t>es1 ,arabes1 disput] avec les animaux sur les avantages relatifs de l'homme et de l'animal1 en prs5ce du roi des gnies4 ,l'homme1 aprs avoir vu rduits nant t\s les avantages qu'il croyait p\voir tir] du raff9em5t de ses plaisirs s5sibles1 de la p]fection de ses mti]s et de ses arts1 e/ conduit reconnatre qu'il n'a pas sur l'animal d'autre supriorit relle que celle de sa moralit4 ,cette conclusion e/ exprime en ces t]mes#ih3 ,ma9t5ant1 mon frre1 demeure conva9cu que ces qualits p> lesquelles l'homme remporta la victoire sur les espces animales en prs5ce du roi des gnies1 consi/5t dans la g>de de ces sci5ces et de ces connaissances1 que n\s1 d'une faon aussi brve et aussi directe que possible1 n\s avons runies dans ces c9quante et un traits4 ,voil bi5 l'indication d'un sy/me de propag&e base morale4 ,note #ig3 ,diet]ici1 ,d] ,/reit zwis*5 ,m5s* und ,?i]4 ,note #ig3 ,diet]ici1 op4 laud41 p4 #bag4 ,il e/ amusant de tr\v] dans ces crits c]ta9s aspects infrieurs de ?ories philosophiques en elles-mmes trs hautes1 qui s\s ces =mes grossires ont j\i d'une gr&e vogue jusque v]s notre temps4 ,p> exemple1 la pr(onde ?orie py?agorici5ne des nombres y app>at telle que p>fois encore de nos j\rs on la prs5te aux jeunes enfants4 ,le crateur a ordonn les tres selon la srie des nombres#ii et *aque espce d'tre convi5t un nombre dt]m94 ,telles *oses s'associ5t p> deux3 la matire et la =me1 la cause et l'effet1 le j\r et la nuit1 le mle et la femelle2 telles s'associ5t p> trois3 les trois dim5sions de l'espace1 les trois divisions du temps1 pass1 prs5t et av5ir1 les trois modes des *oses1 possible1 impossible et ncessaire2 telles p> quatre3 les quatre natures physiques1 le *aud1 le froid1 le sec et l'humide1 les quatre lm5ts1 les quatre humeurs du corps huma91 les quatre saisons1 les quatre po9ts c>d9aux1 etc4 ,c'e/ de la philosophie t\t fait populaire4 ,note #ii3 ,abh&lung51 p4 #dcg et suivantes4 ,une autre ?orie1 qui fut aussi trs rp&ue au moy5 ge et dont l'orig9e e/ trs leve1 c'e/ celle du macrocosme et du microcosme4 ,le monde e/ un gr& homme4 ,la sphre extrieure =me son corps1 les p>ties du monde sont ses membres4 ,le monde e/ anim1 comme l'homme1 p> l'me univ]selle2 comme l'homme se g\v]ne p> son intellig5ce1 le monde e/ rgi p> l'intellect univ]sel4 ,les =ces de la nature sont ses facults motrices4 ,l'homme l'inv]se e/ un petit monde4 ,son corps e/ le *ef-d'oeuvre de la nature2 son imag9ation1 son intellig5ce saisiss5t l'ensemble des tres et enf]m5t en elles un rsum de t\tes les *oses4 ,ces comp>aisons ne sont au premi] abord que belles2 mais si on y insi/e1 elles ne laiss5t pas de donn] lieu des considrations assez savantes4 ,les frres de la puret y ont insi/1 et en un s5s trs noplatonici5#ajj3 ,dieu a l'tre et l'excell5ce p>faites2 il connat t\tes les *oses avant qu'elles soi5t2 il peut les appel] l'tre qu& il veut4 ,en sa sagesse il rp& la plnitude et l'excell5ce1 comme le soleil rp& la lumire4 ,le comm5cem5t de cette effusion qui mane de lui s'appelle la raison cratrice4 ,c'e/ une sub/ance simple1 lumire pure1 de la plus gr&e p]fection2 les =mes de t\tes *oses sont en elles1 comme les =mes de l'objet connu sont dans l'esprit connaissant4 ,un second degr d'effusion produit l'me univ]selle1 sub/ance spirituelle et simple4 ,de l'me sort une autre manation que l'on appelle la matire univ]selle4 ,la premire =me que reoit cette matire orig9elle e/ celle de l't5due4 ,la matire seconde qui en rsulte devi5t matire des corps4 ,a ce po9t s'arrte l'manation4 ,puis l'me s'unit aux corps1 leur donne excell5ce et beaut4 ,la premire =me que l'me cre dans les corps e/ celle de la sphre cle/e4 ,le plus pais et le plus tnbreux des corps e/ la t]re4 ,dieu1 p\r a9si dire1 laisse faire cette cration2 mais il la veut et la connat en acte4 ,note #ajj3 ,diet]ici1 ,die ,lehre von d] ,weltseele1 p4 #bd4 ,enf9 voici un appel des frres leurs adeptes#aja1 qui f\rnit un trs curieux exemple du syncrtisme de leur doctr9e3 ,monte1 dis5t-ils1 comme ,no1 le vaisseau du salut4 ,n\s te sauv]ons des vagues de la m] de matire1 p\r que tu n'y sombres pas4 ,vi5s dans le royaume des cieux qui fut montr ,abraham notre pre4 ,ne v\drais-tu pas app>atre avec ,mose au ct droit de la montagne du ,sn8 ,ne v\drais-tu pas tre pur des impurets de la *air1 comme ,jsus qui e/ si prs de ,dieu8 ,ne v\drais-tu pas sortir hors des tnbres d',ahriman p\r voir ,jezdan8 ,ou bi5 encore ne v\drais-tu pas tre introduit dans les temples d',ad et de ,tam\d1 p\r y voir les sphres cle/es dont p>le ,platon1 et qui ne sont pas les sphres des toiles1 mais des intellig5ces8 ,note #aja3 ,diet]ici1 le ,macrocosme1 p4 #ia4 ,n\s sommes arriv au t]me de la premire p>tie de notre oeuvre4 ,n\s n\s sommes m le long de quatre sicles1 suivant le m\vem5t de la p5se philosophique dans le monde musulman4 ,n\s avons vu que le travail de ce temps a pr9cipalem5t consi/ dans la position du problme scola/ique et dans le dgagem5t progressif de ses solutions4 ,ma9t5ant n\s n\s arrt]ons et1 n\s tablissant sur un sol /able1 n\s exam9]ons loisir la premire gr&e solution que reut ce problme de la ma9 d',avic5ne4 ,,*apitre ,v ,,avic5ne4--,,sa ,,vie ,,et ,,sa ,,bibliographie ,le lecteur qui a bi5 v\lu n\s suivre jusqu'ici1 doit tre db>rass ma9t5ant d'un c]ta9 prjug avec lequel il se peut qu'il ait abord cette hi/oire4 ,quelques p]sonnes en effet ont d suppos]1 en n\s ent5dant p>l] de gr&s philosophes arabes1 que ces hommes n'tai5t gr&s que p> rapport leur temps et leur race1 mais qu'il s]ait tmraire de prt5dre les comp>] aux philosophes et aux savants illu/res ns dans d'autres milieux4 ,or il e/ dj visible que des rudits comme ceux que n\s avons nomms1 des ,s]gius de ,rasan1 des ,honn fils d',i%k1 des ,tbit fils de ,korrah1 des ,k9di et des ,f>abi1 p\r n'en rappel] que quelques-uns1 sont dignes1 tant p> la puissance et l'orig9alit de leur nature que p> le nombre et la valeur de leurs travaux1 d'tre classs p>mi ceux qui1 sans g>d au milieu ni au temps1 ont le mieux mrit de l'esprit huma94 ,mais lorsque n\s aurons p>l d',avic5ne1 il ne s]a plus possible1 je p5se1 de cons]v] aucun d\te sur le rang auquel de tels hommes doiv5t tre placs2 aprs qu'on se s]a r5du compte de la physionomie extraord9aire de ce p]sonnage1 de la prcocit de ses tal5ts1 de la promptitude et de l'lvation de son intellig5ce1 de la nettet et de la =ce de sa p5se1 de la multiplicit et de l'ampleur de ses oeuvres composes au milieu des agitations incessantes de sa vie1 de l'imptuosit et de la div]sit de ses passions1 on demeur]a conva9cu que la somme d'activit dp5se dans une telle exi/5ce1 dpasse normm5t celle dont s]ai5t capables1 mme encore de nos j\rs1 des types huma9s moy5s4 ,n\s connaissons la vie d',avic5ne p> une s\rce excell5te1 qui a peu d'analogues dans la littrature arabe4 ,c'e/ une biographie que le philosophe lui-mme rdigea et qui fut recueillie et a*eve p> son disciple el-,dj\zdjni4 ,ibn abi ,osebia n\s a cons]v ce prcieux docum5t#ajb2 n\s ne p\vons mieux faire que de le reproduire en majeure p>tie4 ,mais af9 de lire ce rcit sans trop de tr\ble1 il convi5t de se replac] d'abord dans l'hi/oire gnrale de l',ori5t musulman l'poque d',avic5ne4 ,note #ajb3 ,les classes des mdec9s1 d4 ,mll]1 #b;e p>tie1 pages #b #bj4 ,la vie de notre philosophe s't5d s\s les rgnes des khalifes ,ty1 ,kdir et ,km4 ,les noms de ces s\v]a9s sont dp\rvus d'clat1 relativem5t ceux des ,mans\r1 des ,r*d et des ,mam\n4 ,c'e/ qu'en effet1 n\s sommes arrivs l'poque de la dcad5ce du khalifat abbaside4 ,l'autorit c5trale des khalifes de ,bagdad s'affaiblit1 et de div]s cts se lv5t des av5turi]s qui fond5t des dyna/ies rivales4 ,dj1 s\s le rgne de ,mottaki1 les pr9ces ,hamdanites de ,mos\l1 ,nasr ed-,da\lah et ,sf ed-,da\lah1 dont les armes glorieuses se t\rnr5t1 en dehors du monde musulman1 contre les ,byzant9s et contre les ,russes1 avai5t disput aux mirs turcs la g>de du khalife avec le titre d'mir el-om>4 ,n\s avons vu ,f>abi s'atta*] la p]sonne de ,sf ed-,da\lah4 ,s\s ,mo/akfi1 les ,b\yides1 fils d'un pauvre p*eur des bords de la ,caspi5ne qui prt5dait desc5dre du roi de ,p]se ,sassanide ,sb\r ,d\'l-,aktf1 entrr5t ,bagdad la tte de tr\pes du ,delem en #ccd2 ,mo/akfi fut dpos et aveugl et remplac p> ,m\ti4 ,le *ef b\yide ,moizz ed-,da\lah s'tant arrog le titre n\veau de sultan1 fit adjo9dre son nom1 dans les prires publiques1 celui du khalife4 ,les pr9ces ,b\yides p5*r5t p\r les croyances des ,rafdites3 ils in/itur5t et fir5t clbr] ,bagdad mme1 au j\r d',a*\ra1 en l'anne #ceb et les annes suivantes1 la fte *iite de la commmoration de ,hosn1 fils d',ali4 ,appuys sur les mirs ,delmites1 les sultans ,b\yides j\r5t p5dant quelques annes1 ct des khalifes1 le rle de maires du palais4 ,ils contraignir5t le faible ,m\ti1 dev5u p>alytique1 abdiqu]4 ,ty rgna dix-huit ans1 presque inconnu2 il fut la f9 dpos et emprisonn2 ,kdir1 mis sa place1 rgna qu>ante et un ans1 sans que sa p]sonnalit m>qut dans l'hi/oire2 enf9 s\s son successeur ,km1 la dyna/ie des ,b\yides1 ue p> des qu]elles inte/9es1 sombra2 mais ce ne fut que p\r tre remplace p> la dyna/ie plus fameuse des ,turcs ,seldj\kides4 ,p5dant le temps de leur dom9ation1 les membres de la famille ,b\yide s'tai5t disp]ss dans l'empire4 ,en #cfe1 ,rokn ed-,da\lah1 le frre de ,moizz ed-,da\lah1 tant dev5u vieux1 avait p>tag les pays s\mis son autorit entre ses enfants4 ,a l'un il avait donn la ,p]se et le ,k]man1 un autre ,rey et ,ispahan1 un troisime ,hamadan et ,dnaw]#ajc2 n\s allons voir ,avic5ne se transport] de l'une l'autre de ces rsid5ces4 ,note #ajc3 ,v4 ,ab'l-,mahs91 d4 ,juynboll1 ,,ii1 #dia4 ,a ,bokhra1 rgnait la dyna/ie des ,samanides dont la puissance datait de la f9 du troisime sicle de l'hgire4 ,mans\r fils de ,n\h le ,samanide1 surnomm le matre du ,khorsan1 m\rut en #cfe et eut p\r successeur ,n\h fils de ,mans\r4 ,celui-ci fut le premi] protecteur d',avic5ne4 ,dans le sud de l'empire des khalifes avait p>u1 ds le rgne encore glorieux de ,moktafi1 la secte trange des ,k>mates4 ,n\s en avons p>l dans un autre ouvrage#ajd4 ,l'lan des ,k>mates tait dj arrt l'poque d',avic5ne2 mais la gr&e et fameuse secte des ,ismali5s1 laquelle se ratta*ait celle-l1 avait conquis alors le p\voir politique en gypte et fond1 sur les ru9es de dyna/ies passagres1 l'importante dyna/ie des ,ftimides4 ,note #ajd3 ,le ,mahomtisme2 le gnie smitique et le gnie ary5 dans l'islam1 p4 #aej et suivantes4 ,l'tat de l'empire musulman au temps o n\s sommes placs1 peut donc tre reprs5t comme celui d'une fodalit indiscipl9e et orageuse1 o1 s\s un p\voir c5tral n]v et dsorganis1 une f\le de p\voirs vassaux s'lv5t t\r t\r1 dom95t dans une portion de l'empire1 puis s'clips5t4 ,des races et des croyances s'entre-*oqu5t1 progressant ou reculant selon la =tune des av5turi]s politiques qui les inc>n5t4 ,d'une faon gnrale1 l'esprit arabe dcl9e2 l'anci5 esprit p]san a des rveils1 mais il ne p>vi5t pas se dgag] t\t fait du *aos1 emp* qu'il en e/ p> des ressauts de b>b>ie que produit surt\t l'lm5t turc#aje4 ,cep5dant la sci5ce p\rsuit ses de/9es1 au has>d des protections phmres que lui accord5t de-ci de-l quelques p]sonnages pr9ci]s4 ,c'e/ dans un tel milieu1 dont la vie d',avic5ne reflte le c>actre tr\ble et temptueux1 que ce philosophe donna p\r la premire fois une expression claire1 ordonne et complte de ce sy/me gr&iose et calme que n\s nommons la scola/ique4 ,ab\ ,ali el-,hosn fils d',abd ,allah fils de ,sn1 vulgairem5t appel ,avic5ne#ajf1 raconte ce qui suit3 ,son pre qui tait orig9aire de ,balkh tait v5u dans le pays de ,bokhra au temps de ,n\h fils de ,mans\r2 il habitait le b\rg de ,kh>metan1 dans le vois9age de ,bokhra1 o il ex]ait la pr(ession de *angeur2 il avait p\s une femme d',af*anah4 ,cette femme lui donna deux fils1 dont notre philosophe tait l'an4 ,il naquit l'an #cge dans le mois de ,saf>4 ,aprs la naissance de ces enfants1 les p>5ts d',avic5ne se transportr5t ,bokhra4 ,note #aje3 ,on aura une ide prcise de l'hi/oire ori5tale de ce temps1 en lisant le beau travail de ,m4 ,f4 ,gr5>d1 la ,lg5de de ,satok ,boghra ,khn et l'hi/oire1 ,j\rnal ,asiatique1 janvi] #aijj4 ,les pr9ces turcs1 pris individuellem5t1 fur5t p>fois protecteurs de la sci5ce2 le jugem5t que n\s portons ici e/ gnral et s'applique la race4 ,note #ajf3 ,le nom d',avic5ne e/ une corruption de l'arabe ,ibn ,sn1 p> l'int]mdiaire de l'hbreu ,av5 ,sn4 ,avic5ne e/ connu aussi s\s le surnom d'e*-,*ekh er-,rais1 le seigneur1 le *ef4 ,avic5ne t\t jeune fut confi un matre p\r appr5dre le ,coran et les lm5ts des belles-lettres4 ,a dix ans1 il avait dj fait tant de progrs qu'il excitait l'admiration4 ,il v9t v]s ce temps-l dans la ville de ,bokhra des missionnaires ismali5s d'gypte1 qui enseignai5t la ?orie de leur secte t\*ant l'me et la raison2 le pre d',avic5ne embrassa leur doctr9e2 quant notre philosophe1 il n\s dit qu'il ent5dait et qu'il compr5ait ce que ces g5s disai5t1 mais que son me ne le recevait pas4 ,ces missionnaires enseignai5t aussi des sci5ces pr(anes1 la philosophie grecque1 la gomtrie et le calcul indi54 ,avic5ne apprit cette espce de calcul d'un m>*& de lgumes4 ,il tudia aussi avec succs la jurisprud5ce et la controv]se s\s un ascte du nom d',ibrhim4 ,aprs cela v9t ,bokhra un individu du nom d'en-,ntili qui posait en philosophe4 ,le pre d',avic5ne1 trs ami des sci5ces ce qu'il semble et zl p\r l'avancem5t de son fils1 fit log] ce p]sonnage dans sa maison1 dans l'espoir que le jeune homme appr5drait beauc\p de lui4 ,avic5ne tudia s\s sa direction les pr9cipes de la logique2 mais quant aux dtails de cette sci5ce1 cet homme n'en avait pas connaissance1 et t\tes les fois qu'une "q se posait1 le disciple la rsolvait mieux que son matre4 ,avic5ne se mit alors tudi] p> lui-mme2 il lut les traits de logique et il en exam9a att5tivem5t les comm5taires4 ,il fit de mme p\r la gomtrie d',euclide4 ,il en apprit les c9q ou six premires propositions avec ,ntili1 puis il a*eva le livre seul4 ,il passa ensuite l'tude de l',almage/e qu'il n\s dit avoir compris avec une facilit m]veilleuse4 ,ntili le quitta et s'en alla ,kork&j4 ,avic5ne lut encore les ,aphorismes des philosophes puis div]s comm5taires sur la physique et la ?ologie1 et1 selon son expression1 les portes de la sci5ce lui fur5t ouv]tes4 ,il dsira alors appr5dre la mdec9e1 et comme cette sci5ce1 affirme-t-il1 n'e/ pas difficile1 il y fit de trs rapides progrs4 ,aprs s'y tre initi dans les livres1 il se mit visit] les malades1 et il acquit des traitem5ts empiriques plus d'expri5ce qu'on ne saurait dire4 ,les mdec9s comm5cr5t v5ir tudi] s\s sa direction4 ,il n'avait en ce temps-l que seize ans4 ,p>v5u ce po9t1 il consacra un an et demi la lecture2 il ne fit plus1 durant ce temps1 autre *ose que de lire et de relire les livres de logique et de philosophie4 ,t\tes les fois que j'tais emb>rass dans une "q1 raconte-t-il1 et que je ne tr\vais pas le t]me moy5 d'un syllogisme1 je m'en allais la mosque1 et je priais et suppliais l'auteur de t\tes *oses de m'en dc\vrir le s5s difficile et f]m4 ,la nuit1 je rev5ais ma maison2 j'allumais le flambeau devant moi1 et je me mettais lire et crire4 ,qu& j'tais dom9 p> le sommeil ou que je me s5tais faiblir1 j'avais c\tume de boire un v]re de v9 qui me r5dait des =ces1 aprs quoi je recomm5ais lire4 ,qu& enf9 je succombais au sommeil1 je rvais de ces mmes que/ions qui m'avai5t t\rm5t dans la veille1 en sorte qu'il arriva que1 p\r plusieurs d'entre elles1 j'en dc\vris la solution en dormant4 ,le jeune philosophe appr(ondit a9si la srie des sci5ces logiques1 physiques et ma?matiques1 jusqu'au po9t o l'homme peut atte9dre2 et il n'y fit plus1 dit-il1 de progrs depuis lors4 ,puis il se t\rna v]s la mtaphysique4 ,mais malgr cette extrme facilit et cette prodigieuse puissance de travail dont il se vante1 non sans insi/ance1 la ,mtaphysique d',ari/ote lui re/a longtemps inaccessible4 ,je lus ce livre1 dit-il1 mais je ne le compris pas1 et la donne m'en re/a obscure au po9t que1 aprs l'avoir relu qu>ante fois1 je le savais p> coeur et ne le compr5ais pas encore4 ,je dsesprai et je me dis3 ,ce livre e/ incomprh5sible4 ,un j\r1 je me r5dis l'heure de l'asr *ez un libraire1 et j'y r5contrai un int]mdiaire qui avait en ma9s un volume dont il faisait l'loge et qu'il me montra4 ,je le lui r5dis d'un air ennuy1 conva9cu qu'il n'y avait pas d'utilit dans cet ouvrage4 ,mais cet homme me dit3 ,a*te-le-moi2 c'e/ un livre bon m>*2 je te le v5ds trois dirhems2 son possesseur a beso9 d'arg5t4 ,je le lui a*etai4 ,c'tait un ouvrage d',ab\ ,nasr el-,f>abi sur les int5tions d',ari/ote dans le livre de la mtaphysique#ajg4 ,je r5trai *ez moi et je m'empressai de le lire4 ,aussitt t\t ce qu'il y avait d'obscur dans ce livre se dc\vrit moi1 c> dj je le savais p> coeur4 ,j'en conu une gr&e joie1 et le l5dema91 je di/ribuai aux pauvres des aumnes abondantes p\r r5dre grces ,dieu4 ,note #ajg3 ,f>abi a crit sur les int5tions1 buts ou t5dances 7agrd7 d',ari/ote et de ,platon dans plusieurs de leurs livres4 ,v4 ,/e9s*neid]1 ,al-,f>abi1 p4 #abd et #acc4 ,en ce temps-l le sultan de ,bokhra tait t\j\rs ,n\h fils de ,mans\r4 ,ce pr9ce tant tomb malade1 ,avic5ne fut appel et le gurit4 ,il dev9t ensuite l'un de ses famili]s4 ,avic5ne dem&a ,n\h la p]mission d'entr] dans sa biblio?que4 ,c'tait1 n\s dit-il1 une biblio?que incomp>able1 =me de plusieurs *ambres qui cont5ai5t des c(fres sup]poss1 remplis de livres2 dans une *ambre tai5t les livres de droit1 dans une autre la posie1 et a9si de suite4 ,avic5ne dc\vrit l des livres extrmem5t r>es qu'il n'avait jamais vus aup>avant et qu'il ne retr\va plus depuis4 ,cette biblio?que brla quelque temps aprs4 ,des envieux prt5dir5t que le philosophe l'avait lui-mme inc5die p\r tre assur de possd] seul les connaissances qu'il y avait acquises4 ,avic5ne n'avait pas encore dix-huit ans qu'il avait a*ev de p>c\rir le cycle des sci5ces4 ,a ce mom5t-l1 affirme-t-il1 je possdais la sci5ce p> coeur2 ma9t5ant elle a mri en moi2 mais c'e/ t\j\rs la mme sci5ce2 je ne l'ai pas r5\vele depuis4 ,il comm5a crire l'ge de v+t et un ans4 ,il crivit ord9airem5t la requte de diffr5ts p]sonnages1 p\r la plup>t peu connus4 ,l'un de ses vois9s nomm ,ab\'l-,hosn el-,ar\di lui dem&a un livre gnral sur la sci5ce2 il le fit et l'appela du nom de cet homme3 la ,philosophie d',ar\di2 un autre1 ,ab\ ,bekr el-,b>ki1 lui dem&a un comm5taire philosophique1 et il rdigea le trait du ,rsultant et du rsult1 a9si qu'un trait sur les ,moeurs4 ,a l'ge de v+t-deux ans1 notre philosophe p]dit son pre1 et sa situation *angea4 ,il entra dans la vie politique et fut inve/i de quelques *>ges p> le sultan4 ,mais la ncessit1 dit-il1 le =a quitt] ,bokhra et migr] ,kork&j4 ,l1 ,ab\'l-,hosn es-,sahli1 qui tait ami des sci5ces1 remplissait les fonctions de vizir auprs de l'mir ,ali fils de ,mam\n4 ,avic5ne sj\rna dans cette petite c\r s\s l'habit de jurisconsulte4 ,puis la ncessit1 selon son expression1 le =a encore quitt] ,kork&j4 ,il passa ,nas1 ,bw]d1 ,t\s et dans d'autres villes1 et il p>v9t enf9 ,djordjn4 ,son int5tion avait t de se plac] s\s la protection de l'mir ,kb\s2 mais t&is qu'il tait en la compagnie de ce p]sonnage1 il arriva que celui-ci fut fait prisonni] et m\rut4 ,avic5ne se transporta ,dihi/an o il fut gravem5t malade2 il rev9t ,djordjn et il fit la connaissance d',ab\ ,obd el-,dj\zdjni qui s'atta*a lui4 ,a ce mom5t il composa sur sa situation un pome o se tr\vait ce v]s3 ,je ne suis pas gr&1 mais il n'y a pas de ville qui me conti5ne2 mon prix n'e/ pas *]1 mais je manque d'a*eteur4 ,la situation qu',avic5ne dpe9t a9si symbolise =t bi5 ce qu'tait cette poque celle mme de la sci5ce4 ,ici s'arrte l'autobiographie4 ,avic5ne la rdigea vraisemblablem5t la dem&e d'el-,dj\zdjni1 et c'e/ ce d]ni]1 qui fut ds lors le tmo9 oculaire des errem5ts du philosophe1 que n\s devons la suite du rcit4 ,il y avait ,djordjn un homme du nom de ,mohamm$ e*-,*rzi1 qui avait du gt p\r les sci5ces4 ,cet homme a*eta une maison au *ekh1 c'e/--dire ,avic5ne1 dans son vois9age1 et *aque j\r le *ekh lui donna des leons d'a/ronomie et de logique4 ,avic5ne composa p\r lui1 dans cette rsid5ce1 une p>tie de ses ouvrages4 ,ensuite le philosophe passa ,rey o il fut au s]vice de la dame de ,rey et de son fils ,madjd ed-,da\lah4 ,il traita ce pr9ce qui s\ffrait de mlancolie4 ,il demeura ,rey jusqu'aprs le meurtre de ,hill fils de ,b$r et la dfaite de l'arme de ,bagdad4 ,la ncessit le fit alors pass] ,kazwn et de l ,hamadan o il se mit au s]vice de ,kadbnawh et fit fonction d'int5dant4 ,sur ces entrefaites l'mir de ,hamadan1 ,*ems ed-,da\lah1 qui tait malade1 le fit appel]4 ,il le traita et le gurit aprs qu>ante j\rs de so9s assidus2 l'mir le rcomp5sa magnifiquem5t et le mit au nombre de ses famili]s4 ,le philosophe prit "p1 quelque temps aprs1 une petite expdition que ,*ems ed-,da\lah dirigea du ct de ,kirmissn4 ,il rev9t1 battu1 ,hamadan4 ,on lui dem&a ensuite de se *>g] du vizirat et il accepta4 ,mais les soldats se rvoltr5t contre lui1 et r$\tant son *tim5t1 ils assigr5t sa maison1 se saisir5t de lui et le jetr5t en prison4 ,en mme temps ils s'emp>r5t de t\s ses bi5s1 et ils *]*r5t obt5ir sa mort de ,*ems ed-,da\lah4 ,l'mir s'y refusa2 mais p\r leur donn] quelque satisfaction1 il cons5tit l'loign] du p\voir4 ,le *ekh se rfugia dans la maison d'un de ses amis1 ,ab\ ,sad fils de ,dakhd\k1 et il y re/a ca* qu>ante j\rs4 ,au b\t de ce temps1 l'mir tant tomb malade fit re*]*] ,avic5ne1 et il lui confia le vizirat une seconde fois4 ,el-,dj\zdjni *oisit ce mom5t p\r dem&] au *ekh de rdig] un comm5taire gnral des livres d',ari/ote2 ,avic5ne rpondit qu'il n'avait pas le temps1 mais que cep5dant1 si ,dj\zdjni ne dsirait de lui qu'un expos direct de ses op9ions sans la rfutation des op9ions adv]ses1 il s'y mettrait2 et il comm5a rdig] la physique du ,*if4 ,or dj ,avic5ne avait crit le premi] livre de son ,canon sur la mdec9e4 ,il m5a de front la composition de ces deux normes ouvrages4 ,t\s les soirs1 il runissait dans sa maison des rudits et des tudiants2 el ,dj\zdjni lisait un passage du ,*if1 un autre assi/ant en lisait un du ,canon1 et l'on cont9uait a9si alt]nativem5t jusqu' ce que *acun et lu son t\r2 aprs quoi l'on buvait4 ,on crivait p5dant la nuit p>ce que le temps de la j\rne tait occup p> le s]vice de l'mir4 ,a9si se passait la vie du *ekh ,hamadan4 ,mais son protecteur ,*ems ed-,da\lah1 tant rep>ti en expdition contre un mir vois91 fut pris de colique en r\te et m\rut4 ,qu& ,*ems ed-,da\lah fut mort1 son fils fut proclam sa place2 on dem&a ,avic5ne de se *>g] encore du vizirat2 mais il refusa1 et il alla se ca*] dans la maison du drogui/e ,ab\ ,glib o il cont9ua ses travaux4 ,il composa l t\s les *apitres de la physique et de la mtaphysique du livre du ,*if1 l'exception des deux traits des animaux et des plantes4 ,il crivait c9quante folios p> j\r4 ,ne se s5tant plus assez en sret ,hamadan1 il adressa en secret une lettre ,al ed-,da\lah1 l'mir d',ispahan1 p\r lui dem&] de se r5dre auprs de lui4 ,tdj el-,mlik1 qui tait dev5u t\t-puissant ,hamadan1 eut connaissance de cette lettre2 il en fut mcont5t et il mit des g5s la re*]*e du *ekh4 ,celui-ci1 ayant t dnonc p> quelques-uns de ses ennemis1 fut pris et envoy dans une =t]esse appele ,f]dadjn4 ,en y entrant1 il rcita un pome1 o tait ce v]s3 ,mon entre e/ c]ta9e1 comme tu vois2 t\t le d\te e/ dans la "q de ma sortie4 ,il re/a dans ce *teau quatre mois4 ,a ce mom5t1 ,al ed-,da\lah fit une expdition ,hamadan2 ,tdj el-,mlik1 accompagn du fils de ,*ems ed-,da\lah1 s'enfuit1 et il v9t *]*] asile dans ce *teau mme o tait enf]m ,avic5ne4 ,al ed-,da\lah ret\rna peu aprs ,ispahan2 ,tdj el-,mlik quitta alors son abri et r5tra ,hamadan1 ram5ant avec lui le *ekh4 ,celui-ci avait compos plusieurs ouvrages dans sa prison4 ,a la suite de ces vnem5ts1 ,avic5ne1 de plus en plus dsireux de quitt] ,hamadan1 sortit secrtem5t de cette ville1 avec ,dj\zdjni1 son frre et deux dome/iques1 t\s c9q dguiss en s\fis4 ,aprs un pnible voyage1 ils atteignir5t ,ispahan4 ,le philosophe fut bi5 reu p> ,al ed-,da\lah2 il tr\va sa c\r les dignits et l'honneur dont un homme tel que lui tait digne4 ,il se remit travaill] la nuit et t5ir des sances philosophiques1 selon la m?ode qu'il avait suivie ,hamadan4 ,l'mir lui-mme prsidait ces sances1 les nuits de v5dr$i4 ,avic5ne composa beauc\p de livres dans la compagnie d',al ed-,da\lah4 ,il a*eva le ,*if une anne o il se r5dit avec ce pr9ce ,sb\r ,kh/2 en r\te il produisit encore plusieurs ouvrages1 notamm5t le ,nadjt4 ,le philosophe cont9ua demeur] jusqu' sa mort s\s la protection d',al ed-,da\lah4 ,un j\r il fit rem>qu] au pr9ce que les obs]vations a/ronomiques des anci5s se tr\vai5t susp5dues dans l'empire musulman1 p> suite des tr\bles et des gu]res1 et qu'il s]ait bon de les repr5dre4 ,al ed-,da\lah lui accorda aussitt une subv5tion cet effet4 ,le *ekh *>gea ,dj\zdjni de prsid] l'in/allation des in/rum5ts2 mais les obs]vations dur5t tre ab&onnes cause de la frqu5ce des di/ractions et des voyages4 ,avic5ne composa encore dans cette priode div]s ouvrages1 notamm5t celui qui porte le nom de son protecteur1 le ,hikmet el-,ali1 ouvrage en p]san sur la philosophie4 ,dj\zdjni rem>que avec tonnem5t que p5dant les v+t-c9q annes qu'il fut au s]vice d',avic5ne1 il ne lui vit jamais lire un livre n\veau de suite2 il se reportait immdiatem5t aux passages difficiles1 et d'aprs eux il jugeait l'ouvrage4 ,cette m?ode ne n\s surpr5drait plus auj\rd'hui4 ,notre philosophe1 dit pittoresquem5t son biographe1 avait puissantes t\tes les puissances de l'me2 mais sa facult dom9ante tait la facult rotique4 ,elle l'occupait s\v5t1 et ces excs ur5t son tempram5t4 ,la cause de sa mort fut une colique qui lui arriva2 il dsirait tant en gurir qu'il prit huit lavem5ts en un j\r4 ,une p>tie de ses inte/9s fut ulcre et une dys5t]ie se dcl>a4 ,la pro/ration v9t1 qui suit la colique1 et il tomba en un tat de faiblesse qui ne lui p]mit plus de se lev]4 ,il cont9ua cep5dant se trait] jusqu' ce qu'il pt de n\veau m>*]4 ,mais il ne se g>da pas bi52 il se livra div]s excs1 et il fit beauc\p de mlanges dans ses traitem5ts1 ce qui l'emp*a de rec\vr] t\t fait la sant4 ,il allait tantt mieux et tantt retombait4 ,on prt5d qu'il avait ordonn un j\r de mettre deux dnik de cl]i dans une potion avec laquelle il se traitait1 et que le mdec9 qui le soignait en mit p\r c9q dirhems4 ,l'acidit du cl]i augm5ta son mal4 ,en outre son dome/ique jeta dans une de ses drogues une gr&e quantit d'opium4 ,ce dome/ique l'avait ls en quelque *ose1 et il r$\tait son ress5tim5t au cas o le *ekh aurait guri4 ,al ed-,da\lah p>tit p\r ,hamadan2 il emm5a avec lui le *ekh4 ,celui-ci fut repris de colique en *em92 arriv ,hamadan1 il se s5tit b\t de =ces et il comprit qu'il ne p\rrait plus rep\ss] la maladie4 ,alors il r5voya ses mdec9s et il se mit dire3 ,le g\v]neur qui tait dans mon corps n'e/ plus capable de le rgir2 ma9t5ant t\t remde e/ inutile4 ,puis il t\rna ses p5ses v]s son ,seigneur4 ,il fit des ablutions1 se rep5tit de ses p*s1 di/ribua d'abondantes aumnes1 affran*it ses esclaves1 et t\s les trois j\rs il m>quait un sceau4 ,au b\t de peu de j\rs il expira4 ,sa mort arriva l'an #dbh et sa vie avait t de #eh ans4 ,quelqu'un fit sur lui ces v]s3 ,le *ekh er-,ras n'a tir aucune utilit de sa sci5ce de la mdec9e ni de sa sci5ce des a/res4 ,le ,*if ne l'a pas guri de la d\leur de la mort2 le ,nadjt ne l'a pas sauv4 ,la de/9e qu'eut la mmoire d',avic5ne en ,ori5t et en ,occid5t1 et l'influ5ce qu'ex]a sa philosophie1 ne sont pas prs5tem5t de notre ressort1 puisque dans cet ouvrage1 n\s considrons son sy/me comme un po9t d'arrive et non pas comme un po9t de d"p4 ,mais n\s ne p\vons rsi/] au plaisir d'indiqu] un des aspects que prit sa physionomie aux yeux des ,ori5taux1 d'autant que cet aspect lg5daire doit avoir son orig9e dans quelques traits de son c>actre rel4 ,dans les littratures populaires de l',ori5t et en p>ticuli] dans la littrature turque1 il exi/e un ,avic5ne fanta/ique1 espce de sorci] b\ffon et bi5faisant1 dont l'imag9ation du peuple a fait le hros d'av5tures s+ulires et de f>ces burlesques4 ,t\t un recueil de contes turcs lui e/ consacr1 et voici1 d'aprs une *re/oma?ie turque#ajh1 l'une de ces plaisant]ies auxquelles ce pr(ond et joyeux philosophe e/ c5s s'tre livr4 ,note #ajh3 ,*4 ,wells1 ,! litt]ature ( ! ,turks1 p4 #aad4 ,il y avait une fois un roi ,alep1 et1 dans ce temps-l1 la ville tait ravage p> une norme quantit de rats1 dont les habitants se plaignai5t sans cesse4 ,un j\r1 t&is que le roi causait avec ,avic5ne1 la conv]sation tomba sur les rats4 ,le roi dem&a au docteur s'il ne connatrait pas un moy5 de les faire disp>atre4 ,je puis faire en sorte1 rpondit celui-ci1 qu'en quelques heures il n'en subsi/e plus un seul dans la ville2 mais c'e/ la condition que v\s alliez v\s plac] aux portes de la cit1 et que1 quoi que v\s voyiez1 v\s ne riiez pas4 ,le roi accepta avec plaisir2 il fit sell] son *eval1 se r5dit la porte et att5dit4 ,avic5ne de son ct alla dans la rue qui conduisait la porte1 et il se mit lire une incantation4 ,un rat v9t2 ,avic5ne le prit et le tua2 il le mit dans un c]cueil1 et il appela quatre rats p\r le port]4 ,puis il cont9ua ses incantations et les rats1 frappant leurs pattes l'une contre l'autre1 comm5cr5t m>*]4 ,t\s les rats de la cit v9r5t assi/] aux funrailles2 ils s'avancr5t en rang v]s la porte o se t5ait le roi1 les uns prcdant le convoi1 les autres suivant4 ,le roi reg>dait2 mais qu& il vit les rats qui portai5t le c]cueil sur leurs paules1 il ne put se ret5ir et clata de rire4 ,aussitt t\s les rats qui avai5t fran*i la porte m\rur5t2 mais ceux qui tai5t encore dans la ville se db&r5t et s'enfuir5t4 ,avic5ne dit3 ,o roi1 si tu t'tais ret5u de rire encore quelques in/ants1 il n'aurait plus subsi/ dans la ville un seul de ces animaux1 et t\t le monde et t s\lag4 ,le roi se rep5tit2 mais que faire8 ,rep5tir t>dif e/ de nul pr(it4 ,a9si ,avic5ne connut1 du mo9s de faon po/hume1 la grosse popul>it et les petits cts de la gloire4 ,les ouvrages qu',avic5ne composa et ceux qui exi/5t encore dans nos biblio?ques1 sont nombreux4 ,el-,dj\zdjni a donn la bibliographie de ce philosophe au c\rs du rcit qu'il n\s a laiss de sa vie1 et ,ibn ,abi ,osebia l'a revue4 ,il n'importe pas que n\s transcrivions les titres des ouvrages m5tionns p> ,dj\zdjni1 ni que n\s dressions la li/e de ceux qui se tr\v5t dans t\tes les biblio?ques de l',europe4 ,ce s]ait un travail aussi ais que fa/idieux1 et sans intrt immdiat p\r nos lecteurs4 ,n\s devons seulem5t indiqu] quels sont1 p>mi ces livres1 les plus importants1 quels sont ceux qui ont dj fait l'objet de travaux de la "p des savants occid5taux1 desquels on peut auj\rd'hui se s]vir p\r connatre la philosophie de l'auteur1 et n\s aj\t]ons ces r5seignem5ts des dtails suffisants p\r que l'on puisse se =m] une ide assez prcise de l'activit littraire de ce gr& homme4 ,il y a dans l'oeuvre d',avic5ne des traits gnraux sur la philosophie4 ,le plus considrable de ses crits en ce g5re1 e/ son volum9eux ouvrage intitul le ,*if1 c'e/--dire la gurison4 ,n\s avons vu qu',avic5ne le composa div]ses reprises1 dans ses diffr5tes rsid5ces4 ,qu& il l'eut a*ev1 il en fit un abrg qu'il intitula le ,nadjt1 c'e/--dire le salut4 ,le ,*if embrasse l'ensemble des quatre p>ties de la sci5ce1 logique1 ma?matique1 physique et mtaphysique4 ,il a t de bonne heure traduit en lat91 du mo9s en p>tie2 on p>at avoir r5du alors inexactem5t le mot de ,*if p> celui de ,suffici5tiae#aji4 ,dans une va/e dition lat9e d',avic5ne1 publie ,v5ise en #adie1 on rem>que une p>tie mtaphysique dveloppe qui e/ app>emm5t celle du ,*if4 ,ce trait intitul ,metaphysica ,avic5nae sive ejus prima philosophia e/ divis en dix livres et subdivis en *apitres4 ,la traduction1 qui e/ due ,franois de ,mac]ata1 frre m9eur1 et ,anto9e ,fra*antianus ,vic5t9us1 lecteur en philosophie au collge de ,pad\e1 ne semble pas dp\rvue de mrite4 ,il s]ait l\able auj\rd'hui d'tudi] la philosophie d',avic5ne dans le ,*if1 dont les manuscrits ne manqu5t pas2 mais cette tude longue et pnible exig]ait de ceux qui s'y livr]ai5t beauc\p de ds9tressem5t1 une poque o la philosophie1 et surt\t la scola/ique1 e/ peu en honneur4 ,il e/ possible1 avec mo9s de temps et de pe9e1 de s'initi] la p5se d',avic5ne1 dans le rsum qu'il a lui-mme fait du ,*if1 le ,nadjt4 ,le ,nadjt e/ un =t beau livre1 trs net et ple9 de vigueur4 ,il e/ facilem5t accessible dans l'dition qui en a t donne ,rome1 en #aeic1 la suite de celle du ,canon4 ,la p>tie logique du ,nadjt a t traduite en franais au dix-septime sicle p> ,pi]re ,vatti]#aaj4 ,le ,nadjt a t comm5t p> ,fakhr ed-,dn er-,rzi 7mort en #fjf de l'hgire7#aaa4 ,note #aji3 ,le mot en "q dans le s5s de remde1 gurison1 e/ vocalis *af dans le gr& dictionnaire arabe-lat9 de ,freytag1 et *if dans les dictionnaires de l'univ]sit de ,beyr\?1 dition franaise de #ahic et dition anglaise de #ahii4 ,les diteurs roma9s du ,nadjt1 de #aeic1 ont donn ce livre un =t beau titre vocalis dans lequel entre le mot qui n\s occupe et o ils ont prcism5t omis cette voyelle scabreuse4 ,note #aaj3 ,la logique du fils de ,sna1 ,p>is1 #afeh4 ,ce ,vatti]1 qui tait un criva9 di/+u et un habile traducteur1 a r5du ,*if 7lu ,sapha7 p> n\velle lune et ,nadjt p> m]sion4 ,note #aaa3 ,v4 le catalogue des manuscrits de ,sa9te-,sophie de ,con/ant9ople1 n #bdca4 ,a ct de ces deux ouvrages1 il faut plac] le ,livre des ?ormes et des av]tissem5ts 7,kitb el-i*rt wa't-tanbht7 que n\s dsign]ons p> le nom d',i*rt4 ,c'e/1 dit el-,dj\zdjni1 le d]ni] des ouvrages qu',avic5ne composa et le plus excell5t2 son auteur y atta*ait beauc\p de prix4 ,malgr un jugem5t aussi autoris1 je me p]mettrai d'exprim] une prfr5ce p\r le ,nadjt relativem5t aux ,i*rt4 ,le plan des ,i*rt e/ mo9s p>fait que celui du ,nadjt1 la logique y ti5t une trop gr&e place notre gr1 et la rdaction du ,nadjt e/ plus concise et plus rig\reuse4 ,les ,i*rt n'en sont pas mo9s un important ouvrage2 il a t mis la porte des arabisants p> l'dition du *ano9e ,=get1 ,leyde1 #ahib4 ,il en exi/e un comm5taire p> ,nasr ed-,dn et-,t\si 7mort en #fgb7aab4 ,le ,nadjt a pass en bonne p>tie dans le livre de ,*ahra/ani4 ,note #aab3 ,ce comm5taire exi/e la ,biblio?que ,nationale de ,p>is1 n #bcff du fonds arabe1 la biblio?que de ,leyde1 #adeb #adeg4 ,d'autres traits gnraux d',avic5ne sur la philosophie sont3 la ,philosophie d',ar\di 7el-hikmet el-ar\diet71 son premi] ouvrage1 dont n\s avons fait m5tion2 cet ouvrage exi/e la biblio?que d',upsal#aac2--la ,philosophie d',al compose p\r ,al ed-,da\lah1 qui exi/e au ,briti% ,museum#aad2--le ,guide la sagesse 7el-hidiet f'l-hikmet7 compos dans la prison de ,f]dadjn et qui a t s\v5t comm5t#aae2--les ,notes sur la sci5ce philosophique 7et-talkt f'l-hikmet el-filsafiet72--et une petite ptre =t agrable sur les ,fonta9es de la sagesse 7,oy\n el-hikmet7 dont il exi/e des copies ,leyde et en d'autres lieux2 cette ptre a t avec plusieurs autres imprime en ,ori5t#aaf4--,n\s relevons de plus dans les li/es de ,dj\zdjni un titre qu'accompagne une glose assez s+ulire3 ,c'e/ celui du ,kitb el-ansf1 le ,livre des moitis4 ,c'e/1 dit le biographe1 un comm5taire sur l'ensemble des livres d',ari/ote1 o un p>tage e/ tabli entre les ,ori5taux et les ,occid5taux2 ce livre prit dans le pillage du ,sultan ,mas\d4 ,n\s ne savons ce que signifie cette rp>tition gographique laquelle ,dj\zdjni fait allusion4 ,note #aac3 ,v4 le ,catalogue de ,tornb]g1 p4 #bdb1 n #cfd4 ,note #aad3 ,v4 le ,catalogue p]san du ,briti% ,museum1 p4 #dcc2 or4 #af4hcj4--,le titre de cet ouvrage e/ ,dni* nmeh ali2 il e/ divis en sept p>ties3 logique1 mtaphysique1 physique1 gomtrie1 a/ronomie1 ari?mtique1 musique4 ,une huitime p>tie sur les ma?matiques s]ait p]due4--,cf4 le catalogue de la ,n\ri-,osmanieh de ,con/ant9ople1 n #bfhb4 ,note #aae3 ,v4 le ,catalogue de ,sa9te-,sophie1 n #bdcb4 ,note #aaf3 ,dans un recueil intitul3 ptres sur la philosophie et la physique 7,resil f'l-hikmet wa't-tab't72 ,con/ant9ople1 #abih de l'hgire4 ,la logique1 qui a beauc\p proccup ,avic5ne1 a fait de sa "p l'objet de travaux importants4 ,on di/+ue trois logiques d',avic5ne1 une gr&e logique 7,kitb el-modjaz el-kbr f'l-mantik71--une moy5ne logique 7,kitb el-a\sat7 compose ,djordjn p\r ,ab\ ,mohamm$ e*-,*rzi#aag1--;et une petite1 qui e/ celle du ,nadjt que traduisit ,vatti]4--,en outre ,avic5ne composa sur la logique un curieux pome qui a t dit et traduit p> ,s*mld]s#aah4 ,l'on y peut jo9dre aussi l'ptre sur les ,divisions des sci5ces 7f taksm el-hikmet wa'l-ol\m7 publie ,con/ant9ople#aai4 ,note #aag3 ,un ,kitb el-a\sat se tr\ve ,con/ant9ople la biblio?que de la mosque ca?drale ,ahmdieh1 n #bac du ,catalogue4 ,note #aah3 ,dr4 ,augu/us ,s*mld]s1 ,docum5ta philosophiae ,arabum1 ,bonne1 #ahcf1 p4 #bf #db4 ,note #aai3 ,dans la collection des ,resil f'l-hikmet4--,cf4 le ,catalogue de la ,bodli5ne1 vol4 ,i1 p4 #bad1 n #ihj4 ,en psy*ologie1 n\s r5controns dans nos biblio?ques de trs nombreux ,traits de l'me attribus notre philosophe2 il e/ difficile de savoir p> ce seul titre si ces traits sont des extraits des ouvrages gnraux sur la philosophie1 notamm5t du ,nadjt1 ou s'ils sont des compositions indp5dantes4 ,l&au] a publi d'aprs un manuscrit de ,leyde et un manuscrit de l',ambrosi5ne de ,milan1 une psy*ologie d',avic5ne#abj2 une anci5ne traduction lat9e de ce trait1 cons]ve ,flor5ce1 porte une ddicace au sultan ,n\h fils de ,mans\r1 ce qui indiqu]ait qu'il s'agit d'une oeuvre de la jeunesse d',avic5ne4 ,un trait de l',ame du philosophe1 traduit en lat9 p> ,&r de ,bellune1 exi/e en manuscrit la biblio?que ,bodli5ne d',ox=d 7,,ii1 n #cff71 et a t imprim avec d'autres opuscules d',avic5ne1 ,v5ise1 en #aedf4--;,dans la plup>t des catalogues des biblio?ques de l',europe on tr\ve des ptres sur l'me 7rislet f'n-nefs71 p> exemple ,sa9te-,sophie1 n #bjeb1 ,leyde1 #adfd1 #adfg1 etc41 l',escurial1 #fef1 #ffc1 au ,briti% ,museum 7seconde p>tie du catalogue1 page #bji7 et en d'autres lieux4 ,il exi/e d',avic5ne un petit pome sur l'me 7el-,kasdah f'n-nefs7 qu',ibn ,abi ,osebia a reproduit incompltem5t la suite de la vie du philosophe1 et p>mi d'autres fragm5ts potiques4 ,ce pome fut clbre en ,ori5t et plusieurs fois comm5t2 n\s l'avons dit1 traduit et analys dans le ,j\rnal ,asiatique#aba4 ,el-,dj\zdjni cite en outre diffr5ts travaux psy*ologiques de notre auteur1 tels que3 les ,vues sur l'me 7,monz>t f'n-nefs71 controv]se avec ,ab\ ,ali en-,nesb\ri2--des ,*apitres sur l'me 7fos\l f'n-nefs72--et l'ptre sur les facults huma9es et leurs p]ceptions 7f'l-,k[a el-insnet wa drktih7 imprime ,con/ant9ople dans la collection des ,resil f'l-hikmet4 ,note #abj3 ,die ,psy*ologie des ,ibn ,sn dans ,z4 ,d4 ,m4 ,g41 #ahgf1 ,b4 p4 #cce4 ,note #aba3 ,la ,kadah d',avic5ne sur l'me2 ,j4 ,z41 #ahii1 t4 ,,ii1 p4 #aeg4 ,avic5ne a peu crit spcialem5t sur la morale4 ,une ptre de lui sur les ,moeurs 7rislet el-akhlk7 exi/e dans une biblio?que de ,con/ant9ople#abb4--,sa mtaphysique e/ amplem5t dveloppe dans ses traits gnraux de philosophie1 et ses crits mtaphysiques spciaux sont r>es et app>emm5t de faible importance4--,en revan*e ses crits my/iques ont un intrt assez considrable4 ,note #abb3 ,biblio?que de ,keuprili ,mehemm$ ,pa*a1 n #gbf du ,catalogue4 ,m4 ,mehr5 a tudi une srie de traits my/iques d',avic5ne#abc3 le ,hy b5 ,yakzn qui fut compos dans la =t]esse de ,f]dadjn et qui eut beauc\p de clbrit au moy5 ge2 ,ab5 ,ezra l'imita2--le ,trait de l'oiseau 7rislet el-tar71 comm5t en p]san p> ,safdji2--la ,rfutation des a/rologues2--le ,trait sur l'am\r2--le ,trait sur le de/9 7rislet el-kadr7 qui fut compos sur le *em9 d',ispahan1 lorsque le philosophe s'y r5dit en fugitif aprs avoir quitt ,hamadan4--,dans le mme ordre d'ides1 il convi5t de cit] le my! de ,salmn et d',absl1 tudi1 la suite d',avic5ne1 p> ,nasr ed-,dn et-,t\si#abd2--un trait sur le ,ret\r de l'me 7,kitb el-mad71 compos ,rey p\r ,madjd ed-,da\lah1--et une ,philosophie de la mort 7hikmet el-ma\t7 que le philosophe composa p\r son frre et qui exi/e en p]san au ,briti% ,museum 7,add4 #af4fei74 ,note #abc3 ,voici les titres des ouvrages de ,a4 ,f4 ,mehr5 sur la my/ique d',avic5ne4--,l'oiseau1 trait my/ique d',avic5ne r5du littralem5t en franais et expliqu selon le comm5taire p]san de ,saw$ji1 extrait du ,muson1 ,l\va91 #ahhg4--,l'allgorie my/ique ,hy b5 ,yaqzn1 traduite et en p>tie comm5te1 extrait du ,muson1 #ahhf4--,traits my/iques d',ab\ ,ali al-,hosan b5 ,abdallah b5 ,s9a1 texte arabe avec l'explication en franais2 ,leyde3 ,i4 ,l'allgorie my/ique ,hy b5 ,yaqzn1 #ahhi2 ,,ii4 ,les trois d]nires sections de l'ouvrage al-i*>at wa-t-tan-bihat2 indications et annotations sur la doctr9e s\fique1 et le trait my/ique et-tir1 l'oiseau1 #ahia2 ,,iii4 ,trait sur l'am\r2 trait sur la nature de la prire2 missive sur l'influ5ce produite p> la frqu5tation des lieux sa9ts et les prires que l'on y fait2 trait sur la dlivrance de la cra9te de la mort1 #ahid2 ,,iv4 ,trait sur le de/91 #ahii4 ,note #abd3 ,v4 la collection des ,resil f'l-hikmet4 ,dj\zdjni et d'autres auteurs ont p>l d'un ouvrage d',avic5ne1 qui doit tre un ouvrage pr9cipalem5t my/ique1 avec l'air d'y atta*] un gr& prix4 ,c'e/ celui que l'on nomme ord9airem5t la ,philosophie ori5tale 7el-hikmet el-ma*raket7 et qu'il vaudrait sans d\te mieux appel] la ,philosophie illum9ative 7el-hikmet el-mo*riket74 ,dj\zdjni dit que cet ouvrage ne se tr\ve pas au complet4 ,ibn ,t(ail en p>le en ces t]mes dans son ,hy b5 ,yakzn qu'il ne faut pas confondre avec celui d',avic5ne#abe3 ,avic5ne composa le ,*if selon la doctr9e des pripattici5s2 mais celui qui veut la vrit complte sans obscurit doit lire sa ,philosophie illum9ative4 ,av]ros en fait m5tion dans sa ,de/ruction de la de/ruction propos d'une discussion sur la nature de l'tre premi]3 les disciples d',avic5ne1 dit-il#abf1 p5s5t que tel e/ le s5s qu'il a indiqu dans sa ,philosophie ori5tale2 selon eux1 il ne l'a appele ori5tale que p>ce qu'elle conti5t les croyances des g5s de l',ori5t2 la div9it tait p\r eux les corps cle/es1 etc44 ,note #abe3 ,philosophus autodidacticus sive epi/ola ,abi ,jaaf> ebn ,tophai de ,hai ebn ,yokdhan1 d4 et trad4 ,e4 ,pocok1 #b;e d4 #agjj1 p4 #ah4 ,note #abf3 ,le ,tehfut d',ibn ,ro*d1 d4 de ,b\laq1 #acjb de l'hgire1 p4 #ajh4 ,l'erreur donc qui a fait traduire p> ori5tale l'pi?te cont5ue dans ce titre1 e/ anci5ne1 puisqu'elle remonte des disciples d',avic5ne qui auront v\lu faire dvi] sa doctr9e dans le s5s du paganisme *alden ou du my/icisme indi54 ,il e/ bi5 probable que ces disciples tai5t des int]prtes infidles de leur matre4 ,ri5 ne n\s autorise croire que les gr&s crits philosophiques d',avic5ne ne reprs5t5t pas sa p5se vritable1 et que sa ,philosophie illum9ative ait cont5u une doctr9e autre que celle des traits my/iques que n\s connaissons de lui4 ,un passage du bibliographe ,hadji ,khalfa explique trs clairem5t et avec une entire vraisemblance1 ce qu'il faut ent5dre p> la philosophie de l'illum9ation 7hikmet el-i*rk74 ,il y a1 dit-il#abg1 deux voies p\r atte9dre la connaissance de l'auteur des *oses4 ,la premire e/ celle de la spculation et de l'argum5tation4 ,ceux qui la suiv5t sont appels ?ologi5s 7motakallim\n71 s'ils croi5t la rvlation et s'ils s'y atta*5t1 philosophes s'ils n'y croi5t pas ou s'ils en font plus ou mo9s ab/raction4 ,l'autre voie e/ celle des ex]cices de l'ascse2 on donne ceux qui la suiv5t le nom de ,s\fis s'ils sont musulmans fidles1 et s'ils ne le sont pas on les appelle les sages illum9s 7el-hokam el-i*r-koun74 ,la philosophie illum9ative ti5t dans les sci5ces philosophiques1 au s5s grec du mot1 le mme rang que le s\fisme dans les sci5ces de l'islam4 ,en d'autres t]mes1 la philosophie illum9ative e/ la my/ique grecque2 et ,flgel n'a sans d\te pas eu tort lorsque1 traduisant le passage de ,hadji ,khalfa auquel n\s v5ons de n\s report]1 il a aj\t aux mots philosophie de l'illum9ation1 philosophia illum9ationis1 cette glose3 sive neoplatonica1 ou noplatonici5ne#abh4 ,note #abg3 ,hadji ,khalfa1 ,lexicon biographicum1 d4 et trad4 ,g4 ,flgel1 t4 ,,iii1 p4 #hg4 ,note #abh3 ,il exi/e ,sa9te-,sophie de ,con/ant9ople un ouvrage d',avic5ne intitul la ,philosophie illum9ative1 n #bdjc2 un autre intitul ,philosophie de l'illum9ation p> ,*ehb ed-,dn es-,suhraw]di1 nos #bdjj-bdjb2 un comm5taire de ce d]ni] p> ,kotb ed-,d9 e*-,*rzi1 n #bdbf2 un trait sur les ,secrets de la philosophie illum9ative p> ,ab\ ,bekr l',&al\1 n #bchc4 ,fakhr ed-,d9 er-,rzi a crit un ,kitb el-mebhi? el-mo*raket1 ,livre des que/ions illum9atives1 qui se tr\ve ,b]l91 catalogue t4 ,,iv1 p4 #djc1 n #ejfd4 ,n\s aj\t]ons quelques indications brves sur les ouvrages mdicaux d',avic5ne et ses crits div]s4 ,son fameux et norme ,canon de mdec9e1 qui exi/e en manuscrit ,p>is 7nos #bhhe #bhia7 et ailleurs1 a t dit en arabe ,rome1 en #aeic1 et a eu en outre plusieurs ditions lat9es4 ,des *apitres d',hippocrate sur la mdec9e1 rec5ss p> notre auteur1 se tr\v5t la biblio?que de ,sa9te-,sophie 7n #cgjf74 ,un livre sur les ,remdes p\r le coeur 7el-adwiet el-kalbiet7 exi/e ,sa9te-,sophie 7n #cgii1 supplm5t71 la ,n\ri ,osmanieh 7n #cdef71 ,leyde 7n #accj74 ,avic5ne composa un c]ta9 nombre de pomes sur la mdec9e1 dont plusieurs qui sont du mtre radjaz1 sont appels cause de cela ordj\zah2 p> exemple un long pome sur la ,mdec9e1 qui exi/e la ,bodli5ne 7n #ide7 et ,leyde1 un pome sur les ,fivres et les tumeurs 7 la ,bodli5ne1 mme numro71 une ordj\zah sur les ,v5t\ses 7 ,p>is1 n #befb71 l',ordj\zah el-manz\mah qui se tr\ve ,sa9te-,sophie 7n #cdeh7 et plusieurs fois ,p>is 7nos #aagf1 #biib1 #cjch74 ,notre auteur crivit encore sur l'al*imie 7rislet f'l-,km7 d'aprs ,dj\zdjni#abi2--sur la musique2 un trait de musique s\s son nom e/ cons]v la ,bodli5ne 7n #ajbf72--sur l'a/ronomie2 un trait sur la ,situation de la t]re au milieu de l'univ]s1 se tr\ve la ,bodli5ne 7n #ihj7 et e/ indiqu p> ,dj\zdjni comme ayant t compos p\r ,ahm$ fils de ,mohamm$ es-,sahli4 ,a l'occasion des obs]vations a/ronomiques que ,al ed-,da\lah comm&a au philosophe1 celui-ci crivit un *apitre sur un ,in/rum5t d'a/ronomie 7f lat rasadiet74 ,avic5ne abrgea ,euclide et l',almage/e4 ,note #abi3 ,avic5ne1 au moy5 ge1 a t clbre comme al*imi/e4 ,il n\s e/ tomb s\s la ma9 un recueil lat9 de traits d'al*imie intitul3 ,turba philosophorum ou aurif] artis1 quam *emiam vocant1 antiquissimi doctores1 publi ,basle en #aegb4 ,ce recueil conti5t deux traits attribus ,avic5ne3 ,avic5n tractatulus et ,de congelatione et conglut9atione lapidum4 ,enf9 l'on dut ,avic5ne quelques morceaux de controv]se ou de correspondance1 dont les plus intressants fur5t probablem5t ses rponses au fameux rudit et voyageur el-,br\ni#acj4 ,comme pote p]san1 ,avic5ne a t tudi p> l'ori5tali/e ,e?#aca4 ,note #acj3 ,dj\zdjni cite une ,rponse dix que/ions d'el-,br\ni1 une autre ,rponse seize que/ions d'el-,br\ni4 ,dans le mme g5re1 il m5tionne une ,rponse d',avic5ne aux que/ions de son disciple ,ab\'l-,hasan ,bahmanir1 fils du ,m>zabn4 ,la biblio?que de ,leyde possde1 s\s le n #adgf du catalogue arabe1 des lettres d',avic5ne el-,br\ni4--,ab\ ,rahan ,mohamm$ fils d ,ahm$ el-,br\ni naquit en #cfb1 dans un faub\rg de ,khrizm auj\rd'hui ,khiva4 ,il fut d'abord le protg ,khrizm de la maison de ,mam\n1 maison vassale de celle des ,samanides2 il vcut ensuite plusieurs annes ,djordjn ou ,hyrcania1 au sud-e/ de la ,caspi5ne1 la c\r de l'mir ,kb\s4 ,rev5u dans son pays natal1 il y fut tmo9 du meurtre de l'mir ,mam\n et de la conqute de la contre p> ,mahm\d le ,ghaznwide qui l'emm5a en ,afghani/an1 en l'anne #djh4 ,il rsida ds lors pr9cipalem5t ,ghazna1 et il voyagea1 surt\t dans l',inde4 ,sa mort arriva l'an #ddj4 ,el-,br\ni e/ trs clbre comme gographe1 *ronologi/e1 ma?matici51 a/ronome1 et p\r sa gr&e connaissance de la littrature1 des moeurs et des c\tumes des ,h9d\s4 ,note #aca3 ,e?1 ,avic5ne comme lyrique p]san4 ,en face d'une oeuvre aussi imm5se1 dont n\s ne p\vons pratiquem5t connatre qu'une faible p>tie1 au mom5t o n\s entrepr5ons d'en p>l] avec dtail1 n\s n\s s5tirions envahi de v]tige et d'effroi1 si n\s ne savions que les gr&s esprits du moy5 ge et de l'antiquit tai5t s\v5t mo9s proccups d'inv5t] que de recueillir et qu'ils tai5t plus s9crem5t pris de sci5ce que d'orig9alit4 ,n\s devons1 croyons-n\s1 salu] ici1 propos d',avic5ne1 ces gr&es p]sonnalits de jadis1 dont les oeuvres et les vies galem5t encyclopdiques1 si elles n'tai5t pas t\j\rs un p>fait exemple d'ordre moral1 tai5t du mo9s comme un rsum et comme un symbole de t\tes les activits huma9es4 ,nos temps ne prs5t5t plus de figures comp>ables2 n\s n\s plaisons croire qu'il n'en peut plus exi/]1 p>ce que la sci5ce1 auj\rd'hui trop dveloppe1 ne s]ait plus capable de t5ir dans le c]veau d'un seul homme4 ,cela peut tre2 mais aussi il s]ait ju/e d'av\] que la sci5ce a mo9s d'unit et d'h>monie auj\rd'hui qu'autrefois et qu'elle e/ mo9s simple qu'elle ne le fut s\s la gr&e discipl9e pripattici5ne4 ,en outre notre attitude vis--vis d'elle e/ mo9s humble et mo9s s9cre4 ,n\s avons plus de s\ci de faire brill] notre nom que de rfl*ir une gr&e t5due de sci5ce2 n\s avons plus de zle p\r les c>rires que de passion p\r l'tude2 n\s re*]*ons plus les titres que les connaissances2 et p\r tre des spciali/es plus p>faits que nos anctres1 n\s cons5tons tre aussi des esprits mo9s va/es1 des natures mo9s =tes et des mes mo9s libres4 ,,*apitre ,,vi ,,la ,,logique ,d',,avic5ne ,la logique n'e/ plus =t la mode de nos j\rs1 et c'e/ dommage notre avis4 ,c'tait jadis une jolie sci5ce et l'une des con/ructions les plus a*eves de l'esprit huma94 ,elle e/ tombe dans le discrdit cause de quelques abus qui s'tai5t introduits dans la syllogi/ique4 ,mais outre qu'il et t facile de r=m] ces abus et de purifi] le /yle de la syllogi/ique1 cette d]nire n'tait pas t\te la logique2 elle n'en a jamais t qu'une p>tie et non la plus intressante#acb4 ,la logique dans son ensemble con/ituait depuis l'antiquit une sci5ce va/e et vivante1 place la base de t\tes les autres p>ties de la philosophie1 psy*ologie1 physique1 mtaphysique1 morale1 voire politique2 elle tait vraim5t l'organe1 l'in/rum5t des sci5ces1 la m?ode qui en prp>ait les progrs1 la loi qui en c>tait les erreurs4 ,elle-mme t5ait et dp5dait en une c]ta9e mesure de quelques-unes de ces sci5ces1 notamm5t de la psy*ologie et de la mtaphysique2 et cette dp5dance mutuelle ne con/ituait pas en ralit un c]cle vicieux1 mais plutt un accord1 une mise au po9t de l'in/rum5t p> rapport son objet1 une adaptation p> laquelle se ralisait l'unit philosophique1 les pr9cipes de la logique prp>ant les rsultats des sci5ces1 les sci5ces contrlant la logique4 ,note #acb3 ,n\s avons eu occasion de donn] notre op9ion prcise sur le ,syllogisme dans les ,annales de philosophie *rti5ne1 #ahih4 ,si telle tait l'importance de cette sci5ce dans les sy/mes anci5s1 il e/ indisp5sable que n\s n\s en occupions1 et1 quelque op9ion qu'en ait auj\rd'hui le lecteur1 il doit1 s'il veut n\s suivre1 s\ffrir d'en ent5dre p>l]4 ,n\s ne n\s enfonc]ons pas d'ailleurs dans un ddale d'arguties4 ,ce n'e/ pas non plus ce qu'a fait ,avic5ne2 sa logique e/ nette1 claire et d'un gr& /yle4 ,elle e/ une con/ruction de bonne poque4 ,elle n'a ri5 des =mes compliques et b>b>es qu'affecta cette sci5ce dans le bas moy5 ge4 ,il n'e/ donc pas beso9 p\r r5dre prs5table la p5se d',avic5ne de la dp\ill] de t\t un fatras d'ornem5ts de mauvais gt2 dans l'oeuvre de notre philosophe1 ce fatras n'exi/e pas4 ,ces av]tissem5ts tant donns1 n\s n\s born]ons expliqu] dans ce *apitre quel a t le b de la logique1 selon l'esprit d',avic5ne1 quelles ont t1 dans son cole1 les pr9cipales p>ties de cette sci5ce1 et quelle conception ce philosophe s'e/ faite de la sci5ce en gnral4 ,voici comme ,avic5ne explique dans le ,nadjt le b de la logique#acc3 ,t\te connaissance et t\te sci5ce a lieu ou p> reprs5tation ou p> p]suasion4 ,la reprs5tation con/itue la sci5ce premire et s'acqui]t p> la df9ition ou ce qui en ti5t lieu1 comme lorsque n\s n\s reprs5tons la quiddit de l'homme4 ,la dmon/ration ne s'acqui]t que p> le raisonnem5t ou ce qui en ti5t lieu1 comme lorsque n\s dmontrons que le t\t a un pr9cipe4 ,la df9ition et le raisonnem5t sont les deux in/rum5ts p> lesquels s'acquir5t les connus1 lorsque d'inconnus ils devi5n5t connus p> la considration intellectuelle4 ,*acun de ces deux in/rum5ts peut tre soit ju/e1 soit imp>faitem5t ju/e mais ayant encore une utilit1 soit faux avec l'app>5ce d'tre ju/e4 ,l'ent5dem5t de l'homme n'e/ pas t\j\rs capable1 du premi] c\p1 de di/+u] ces cas4 ,autrem5t il ne se produirait pas de div]g5ce entre les hommes intellig5ts1 et l'on ne v]rait jamais l'un d'entre eux se contr$ire lui-mme4 ,note #acc3 ,nadjt1 dition de ,rome1 page #a4 ,le raisonnem5t et la df9ition sont composs1 suivant des modes dt]m9s1 d'lm5ts intelligibles4 ,*acun d'eux a une matire dont il e/ fait et une =me qui en a*ve la composition4 ,de mme que t\te sorte de matire ne convi5t pas p\r faire une maison ou un trne1 et qu'il n'e/ pas possible de pr5dre t\te sorte de =me p\r faire une maison avec la matire de la maison ou un trne avec la matire du trne1 de mme qu' *aque *ose il faut une matire p>ticulire et une =me p>ticulire1 de mme t\t ce qui peut tre connu p> la considration intellectuelle a sa matire propre et sa =me propre qui1 ensemble1 le con/itu5t4 ,et de mme que le dfaut de la maison vi5t quelquefois de la matire p5dant que la =me e/ bonne1 et quelquefois de la =me p5dant que la matire e/ intgre1 et quelquefois de t\tes les deux ensemble1 de mme le dfaut dans la considration intellectuelle vi5t quelquefois de la matire quoique la =me soit lgitime et quelquefois de la =me bi5 que la matire soit conv5able et quelquefois de t\tes les deux ensemble4 ,la logique e/ l'art spculatif qui reconnat de quelle =me et matire se fait la df9ition correcte qui peut tre appele ju/em5t df9ition1 et le raisonnem5t correct qui peut tre appel ju/em5t dmon/ration1 de quelle =me et matire se fait la df9ition passable qui s'appelle description2 de quelle se fait le raisonnem5t probable qu'on appelle dialectique lorsqu'il e/ =t et qu'il produit une p]suasion vois9e de la c]titude1 et rhtorique lorsqu'il e/ faible et qu'il ne produit qu'une op9ion prval5te2 de quelle encore se fait la df9ition vicieuse1 de quelle le raisonnem5t vicieux qui s'appelle erron et sophi/ique1 dont on dirait qu'il e/ dmon/ratif ou p]suasif alors qu'il ne l'e/ pas2 de quelle le raisonnem5t qui ne produit aucune p]suasion mais une imag9ation capable d'tre agrable ou dsagrable l'me1 de l'pan\ir ou de la ress]r] et que l'on nomme le raisonnem5t potique4 ,voil quelle e/ l'utilit de l'art de la logique1 dont le rapport l'ent5dem5t e/ comme celui de la grammaire la p>ole1 de la prosodie au v]s1 si ce n'e/ qu'avec un esprit sa9 et un gt sr1 on peut quelquefois se pass] d'appr5dre la grammaire et la prosodie1 au lieu qu'aucun ent5dem5t huma9 ne peut nglig]1 avant de considr] les *oses1 de se munir de l'in/rum5t de la logique1 mo9s qu'il ne soit clair de p> ,dieu4 ,dans cet loqu5t prambule1 on doit not] l'importance qu',avic5ne a donne la df9ition et comm5t il l'a oppos au raisonnem5t1 en les considrant t\s deux ensemble comme les deux moy5s ess5tiels de l'art de la logique4 ,cette circon/ance montre combi5 tait va/e l'ide qu'il s'e/ faite de cet art1 rem>que que =tifie encore le so9 qu'il a pris de faire r5tr] dans l'objet de la logique l'tude de t\s les div]s degrs de c]titude et celle de t\s les procds de p]suasion1 depuis la dmon/ration rig\reuse jusqu' la sugge/ion potique4 ,dans les ,i*rt1 ,avic5ne1 t\t en assignant le mme b cette sci5ce1 la df9it d'une manire plus s*e et plus brve1 o l'on ap]oit mieux les limites dans lesquelles il ent5d la r5f]m]3 ,le b de la logique1 dit-il#acd1 e/ de donn] l'homme une rgle canonique dont l'obs]vation le prs]ve d'err] dans son raisonnem5t4 ,note #acd3 ,i*rt1 d4 ,=get1 p4 #b4 ,il app>at1 d'aprs cet nonc1 que selon ,avic5ne1 la valeur de la logique e/ beauc\p mo9s positive que ngative4 ,la logique n'a pas p\r fonction de dc\vrir la vrit2 ce s]ait l le rle des facults actives des s5s et de l'esprit2 celui de la logique e/ de pos] des lois p\r l'ex]cice de ces facults et de prs]v] celles-ci de l'erreur4 ,la puissance active qui acqui]t la vrit n'e/ po9t dans la loi1 mais dans l'esprit qui l'obs]ve1 ni dans l'in/rum5t mais dans l'intellig5ce qui s'en s]t2 et si n\s v\lions aj\t] une image celle de notre auteur1 n\s dirions que ce n'e/ pas l'quitation qui porte le cavali] d'un lieu un autre1 mais le *eval1 et que l'quitation s]t au cavali] conduire le *eval1 comme la logique s]t l'homme conduire sa raison et la prs]v] des *utes4 ,cette image du transport se tr\ve au re/e *ez ,avic5ne lui-mme1 qui conclut a9si sa df9ition des ,i*rt3 ,donc la logique e/ une sci5ce qui appr5d l'homme pass] des *oses prs5tes dans son esprit aux *oses abs5tes qui en rsult5t4 ,il peut tre intressant1 au po9t de vue de l'hi/oire de l'enseignem5t philosophique1 d'insi/] sur les divisions de la logique dont la citation prcd5te donne dj l'ide4 ,les diffr5tes logiques d',avic5ne1 bi5 qu'elles soi5t rdiges avec une gr&e cl>t1 sont p>tages en beauc\p de sections dont l'ordre n'e/ pas vid5t t\t d'abord4 ,vatti]1 qui avait eu consci5ce de ce dfaut1 avait propos dans sa traduction une division =t +nieuse#ace4 ,rem>quant l'importance de l'opposition tablie p> l'auteur entre la df9ition et le raisonnem5t1 il avait p>tag le livre en trois traits3 l'un du raisonnem5t1 l'autre de la df9ition1 le troisime de la sophi/ique2 puis se fondant sur la di/9ction de la matire et de la =me1 il avait tabli une subdivision de ces traits selon la matire et la =me du raisonnem5t1 de la df9ition et du sophisme4 ,cette ordonnance e/ assez satisfaisante p\r l'esprit2 nanmo9s1 comme elle n'e/ po9t explicite *ez ,avic5ne qui n'et po9t t emb>rass de la m>qu] clairem5t s'il l'avait dsir1 n\s ne croyons pas qu'il faille s'y atta*]4 ,note #ace3 ,vatti]1 la ,logique du fils de ,s9a1 prface4 ,le fait hi/orique que n\s dsirions signal]1 c'e/ celui de la prs5ce des gr&es divisions scola/iques1 visibles trav]s la rdaction trs libre des logiques de cette poque4 ,un petit trait de la classification des sci5ces attribu ,avic5ne#acf1 prcise cette division avec t\te la nettet dsirable4 ,note #acf3 ,trait #e des ,resil fi'l-hikmet1 page #gi4 ,la logique1 classe "p des autres sci5ces dans ce trait1 e/ divise en neuf p>ties correspondant huit livres d',ari/ote prcds de l',isagoge de ,porphyre4 ,l'objet de ces neuf p>ties et les livres auxquels elles se rapport5t sont noncs de la faon suivante3 ,la premire a p\r objet les t]mes et les lm5ts ab/raits2 il en e/ p>l dans l',isagoge2 la seconde1 l'numration des lm5ts ab/raits simples1 ess5tiels1 applicables t\s les tres1 dont il e/ p>l au livre des ,catgories2 la troisime1 la composition des ab/raits simples p\r en =m] une proposition2 il en e/ trait dans les ,h]mneia2 la quatrime1 la composition des propositions p\r en =m] une dmon/ration qui donne la connaissance d'un inconnu2 c'e/ l'objet des premi]s ,analytiques2 la c9quime1 les conditions que doiv5t remplir les prmisses des raisonnem5ts2 c'e/ l'objet des seconds ,analytiques2 la sixime1 les raisonnem5ts probables1 utiles qu& la preuve complte fait dfaut2 c'e/ ce dont traite le livre des ,topiques ou de la ,dialectique2 la septime1 les erreurs2 c'e/ la matire de la ,sophi/ique2 la huitime1 les disc\rs p]suasifs adresss la f\le1 et c'e/ l'objet de la ,rhtorique2 la neuvime1 les disc\rs v]sifis1 et c'e/ celui de la ,potique4 ,porphyre1 dont les travaux sur la logique ex]cr5t une gr&e influ5ce au moy5 ge1 in/itua dans son ,introduction la logique ou ,isagoge une espce de philosophie du langage qui demeura prfixe l',organon d',ari/ote et qui p>at avoir assez plu aux ,arabes en p>ticuli]4 ,les ,arabes fur5t de trs habiles grammairi5s2 de =t bonne heure ils eur5t le culte de leur langue1 et ils l'analysr5t avec un s5s philosophique pr(ond4 ,leur idiome en lui-mme prtait ce travail4 ,simple1 s\ple1 compose de propositions brves dont les lm5ts ont des rles nettem5t df9is1 et que reli5t entre elles de c5t faons div]ses t\t un jeu de p>ticules1 la phrase arabe se tr\vait =t bi5 prp>e p\r le raisonnem5t scola/ique2 le procd mme de drivation des mots qui1 pr5ant d'abord l'ide dans la rac9e1 en indique ensuite t\s les modes et t\s les aspects au moy5 d'un petit nombre de lettres adv5tices ou de flexions1 tait de nature aiguis] aussi bi5 qu' s]vir l'esprit philosophique4 ,les deux gr&es coles des grammairi5s arabes1 celle de ,basrah et celle de ,k\fah1 se fondr5t de =t bonne heure1 ds le premi] sicle aprs l'hgire2 elles tudir5t les anci5nes posies nationales et le texte du ,coran2 la rvlation coranique1 desc5due dans la langue des ,arabes et qui ne devait pas tre traduite1 r5dait cet idiome vnrable et sa9t mme aux trang]s1 et ceux-ci s'empressai5t s]vir sa gloire4 ,l'on tr\ve le rsultat des travaux de ces premi]s grammairi5s cond5s dans des oeuvres un peu po/rieures1 mais encore trs anci5nes1 telles que la fameuse grammaire du p]san ,sibawahi4 ,cet rudit m\rut en #agg ou #ahj de l'hgire4 ,p> consqu5t1 ds avant le db du gr& m\vem5t philosophique arabe1 la langue arabe avait t tudie philosophiquem5t1 et les grammairi5s avai5t pos1 comme ,porphyre1 une espce d',isagoge ou d',introduction aux dveloppem5ts qui allai5t suivre4 ,il e/ pe9e utile de rappel] comm5t se prs5te cette premire p>tie de la logique dans ces vieux sy/mes scola/iques4 ,il s'y agit1 on le sait1 de la valeur qu'ont les mots p> rapport aux s5s qu'ils rec\vr5t2 l'on y voit ce que c'e/ que le t]me simple et le t]me compos1 le t]me ess5tiel et le t]me accid5tel1 le f9i et l'indf9i1 le p>ticuli] et l'univ]sel4 ,on y appr5d ce qu'on appelle les c9q t]mes qui sont le g5re1 l'espce1 la diffr5ce1 le propre et l'accid5t commun1 et comm5t on doit rpondre aux que/ions3 qu'e/-ce que c'e/8 et quelle *ose e/-ce8 ,ces que/ions conduis5t la doctr9e des catgories et celle des causes2 mais ces doctr9es ne sont que trs sup]ficiellem5t effleures dans ce db2 et mieux vaut att5dre1 p\r en p>l]1 que n\s les retr\vions ailleurs4 ,l'tude des propositions1 qui sont de/9es =m] les lm5ts des raisonnem5ts1 se ratta*e encore l'analyse grammaticale4 ,cette tude a t faite avec gr& so9 et longuem5t dveloppe p> ,avic5ne1 en p>ticuli] dans les ,i*rt#acg4 ,c'e/ l qu'on tr\ve une explication de ce que notre auteur a dans l'esprit lorsqu'il p>le de la matire des jugem5ts et de leurs modes4 ,la matire du jugem5t1 c'e/ ce qui e/ vrai en ralit du rapport de l'attribut au sujet1 le mode c'e/ ce qui e/ p5s de ce rapport4 ,matire et mode sont ou ncessaires1 ou impossibles ou possibles4 ,a9si le t]me d'animal donn comme attribut homme =me un jugem5t dont la matire e/ ncessaire1 p>ce que1 absolum5t et en t\t temps1 l'homme e/ un animal2 mais si j'nonce le jugem5t s\s cette =me3 il se peut que l'homme soit animal1 alors le mode du jugem5t e/ possible1 t&is que sa matire ne cesse pas d'tre ncessaire4 ,cet exemple t5drait pr\v] que l'introduction des notions physiques et mtaphysiques de matire et de =me en logique e/ quelque peu sup]flue4 ,note #acg3 ,*apitres #c #f du livre4 ,au c\rs de son tude sur les jugem5ts1 ,avic5ne a signal une ou deux p>ticul>its curieuses de la langue arabe4 ,lorsqu'il p>le1 p> exemple1 de c]ta9es propositions mal dt]m9es dont on ne sait pas si le sujet1 tel que homo1 e/ pris en un s5s gnral ou en un s5s p>ticuli]1 il rem>que que ce cas-l ne peut pas se prs5t] en arabe2 en effet dans cette langue on reconnat infailliblem5t p> la prs5ce de l'article devant le nom1 er-radj\l1 qu'il s'agit de l'homme en gnral1 et p> celle de la nunation la f9 du nom1 radj\l\n1 qu'il s'agit d'un homme en p>ticuli]4 ,voici un autre exemple intressant tir de cette p>tie de la logique2 il n\s s]vira montr] la f9esse qui rgne dans t\t cet expos1 sur lequel n\s ne v\lons pas autrem5t insi/]#ach3 ,sur la ngative univ]selle et ses modes4 ,tu sais1 d'aprs les explications qui ont prcd1 que dans l'univ]selle ngative absolue d'absolutisme commun la ngation doit port] sur *acun des individus dsigns p> le sujet1 sans aucune spcification de circon/ance ni de temps4 ,cela doit tre comme si tu disais3 *acun des tres qui e/ ,c n'e/ pas ,b1 sans spcifi] le temps ni les circon/ances de la ngation4 ,or dans les langues que n\s connaissons1 la ngation n'a pas ce s5s et l'on emploie1 dans ces langues1 p\r exprim] la ngation univ]selle1 une t\rnure qui ne donne pas exactem5t le s5s absolu requis4 ,a9si l'on dit en arabe3 aucune *ose de ,c n'e/ ,b1 ce qui signifie qu'aucune *ose de ce qui e/ ,c ne peut tre jamais qualifie de ,b1 tant que cette *ose re/e qualifie de ,c2 et la ngation porte sur *acune des *oses qualifies de ,c1 tant que cette qualification dure1 mais non plus si elle cesse4 ,de mme dans la bonne langue p]sane1 on dit3 aucun ,c n'e/ ,b1 et cette =mule s'applique la fois au ncessaire et une espce d'absolu indique p> le sujet4 ,cela a induit beauc\p de g5s en erreur4 ,la meilleure manire d'exprim] la ngative univ]selle absolue d'absolutisme commun e/ de dire3 t\t ,c e/ non ,b1 ou ,b en e/ ni1 sans spcification de circon/ance ni de temps2 et p\r exprim] la ngative ess5tielle d'absolutisme propre1 c'e/ de dire3 t\t ,c1 ,b en e/ ni d'une ngation qui n'e/ ni ncessaire ni p]ptuelle4 ,dans le mode ncessaire1 la diffr5ce entre dire3 t\t ,c ncessairem5t n'e/ pas ,b1 et dire3 ncessairem5t ri5 de ,c n'e/ ,b consi/e en ce que dans le premi] cas la ngation porte sur *acun des individus ,c1 au lieu que dans le second elle porte directem5t sur l'ensemble et ne s'applique aux individus qu'en puissance4 ,la di/9ction s]ait analogue dans le mode possible4 ,note #ach3 ,i*rt1 p4 #ch4 ,la syllogi/ique1 avons-n\s dit dj1 e/ trs sobre *ez ,avic5ne4 ,n\s n'avons nulle int5tion de n\s y arrt]4 ,le lecteur peut aism5t se reprs5t] ce qu'e/ une syllogi/ique simple1 bi5 ordonne1 rdige sans emb>ras ni prolixit aucune1 dans laquelle il e/ fait1 comme dans l'exemple ci-dessus1 un usage conv5able des lettres p\r reprs5t] les t]mes du syllogisme1 et qu'illu/r5t de lo9 en lo9 quelques exemples4 ,a l'tude du syllogisme e/ jo9te celle des comb9aisons de syllogismes que l'auteur appelle les raisonnem5ts composs4 ,n\s extrayons de ce d]ni] *apitre une page prise presque au has>d qui en montr]a bi5 le /yle#aci3 ,le raisonnem5t compos jo9t e/ celui dans lequel on ne supprime pas la conclusion1 mais o on l'nonce une fois comme conclusion et une fois comme prmisse1 de cette faon3 t\t ,c e/ ,b1 t\t ,b e/ ,e1 donc t\t ,c e/ ,e2 t\t ,c e/ ,e1 t\t ,e e/ ,d1 donc t\t ,c e/ ,d2 et a9si de suite4 ,le raisonnem5t compos sp> e/ celui dans lequel on retran*e les conclusions1 comme lorsqu'on dit3 t\t ,c e/ ,b1 t\t ,b e/ ,e1 t\t ,e e/ ,d1 donc t\t ,c e/ ,d4 ,le raisonnem5t que les mod]nes ont aj\t au syllogisme rduplicatif e/ un raisonnem5t compos1 mais une seule fois1 dont voici un exemple3 ,si le soleil e/ lev1 il fait j\r2 s'il fait j\r1 le hib\ n'y voit g\tte4 ,or le soleil e/ lev2 donc le hib\ n'y voit g\tte4 ,note #aci3 ,page #ad de l'dition du ,nadjt et p4 #aec de la traduction de ,vatti]4 ,n\s ne p\vons pas reproduire purem5t et simplem5t le franais de ,vatti]1 quoiqu'il soit joli1 p>ce qu'il sembl]ait un peu vieilli4 ,t\t ce que n\s v5ons de cit] ou de dire fait suffisamm5t s5tir le c>actre net1 concis1 subtil et f]me de cette logique d',avic5ne o l'auteur suit trs librem5t ,ari/ote et ses comm5tateurs1 sans jamais se r5dre esclave ni de leur plan ni de leur enseignem5t1 mais au contraire les compltant1 les combattant1 les corrigeant p>fois4 ,cep5dant n\s craignons bi5 que le lecteur ne s'impati5te1 et que l'importance de ces progrs de dtail qu',avic5ne a raliss dans la logique grecque ne lui *appe1 et n\s avons hte de le faire p>v5ir la p>tie de cette logique re/e la plus vivante1 celle qui a p\r objet l'art de la p]suasion en gnral et la ?orie de la sci5ce4 ,n\s avons vu dans la df9ition mme de la logique que la sci5ce tait faite de reprs5tation et de p]suasion4 ,avic5ne1 qui ne fut pas mo9s pntrant psy*ologue que dli logici51 a montr dans sa logique que ces deux lm5ts sont intimem5t unis1 et qu'ils se ml5t dans une troite collaboration t\s les degrs du travail de l'esprit4 ,t\te p]suasion et reprs5tation1 ou s'acqui]t p> quelque re*]*e ou a lieu d'abord#adj4 ,la p]suasion s'acqui]t p> le raisonnem5t1 la reprs5tation p> la df9ition4 ,le raisonnem5t ne peut se faire sans reprs5tation2 il a des p>ties qu'on se p]suade et d'autres qu'on se reprs5te4 ,la df9ition aussi repose sur des reprs5tations4 ,mais ces p]suasions et ces reprs5tations dont l'esprit se s]t un mom5t quelconque de l'tude de la sci5ce1 repos5t elles-mmes sur des p]suasions et des raisonnem5ts antrieurs2 et la srie n'en saurait all] l'inf9i1 non plus que celle des effets et des causes4 ,il faut donc qu'elle ab\tisse des *oses que l'on se p]suade et que l'on se reprs5te d'abord immdiatem5t et que l'on emploie sans int]mdiaire4 ,ce t]me d'o "p la logique se r5contre videmm5t dans les premires expri5ces des s5s et dans les pr9cipes premi]s de l'esprit4 ,note #adj3 ,la ?orie suivante e/ pr9cipalem5t r5f]me dans la section du ,nadjt intitule3 ,section sur les ,s5sibles1 page #af du texte arabe1 correspondant aux pages #ahc et suivantes de la traduction de ,vatti]4 ,avic5ne s't5d peu en logique sur le rle de la s5sation comme pr9cipe de la connaissance2 il aura l'occasion d'en rep>l] plus t>d4 ,les quelques mots qu'il en dit ici ont nanmo9s de l'intrt4 ,de mme qu'il a rem>qu qu'il n'y a pas de raisonnem5t sans reprs5tation1 de mme il affirme qu'il n'y a pas de s5sible sans raisonnem5t3 ,les *oses s5sibles sont celles que le s5s p]suade conjo9tem5t avec la raison4 ,l'on compr5d qu'il ent5d p> les s5sibles1 les donnes de l'expri5ce des s5s4 ,il explique le rle que j\e la mmoire dans cette expri5ce1 et comm5t celle-ci ne peut se produire sans un c]ta9 raisonnem5t3 ,qu& nos s5s ont con/at s\v5t l'exi/5ce d'une *ose en une autre1 comme la proprit de rel*] le v5tre dans la scammone1 cette relation se reprs5te s\v5t notre mmoire2 et cette rptition dans notre mmoire produit l'expri5ce1 p> le moy5 d'un raisonnem5t qui se n\e dans la mmoire mme1 et qui e/ tel3 si cette relation1 p> exemple celle du rel*em5t du v5tre la scammone1 tait =tuite et accid5telle et non la consqu5ce d'une loi de la nature1 elle ne se produirait pas dans la plup>t des cas sans diffr5ce1 de telle faon que1 lorsqu'elle fait dfaut1 l'esprit s'en tonne et re*]*e la cause de ce manque4 ,qu& donc cette s5sation et ce s\v5ir sont jo9ts dans ce raisonnem5t1 l'esprit en reoit une p]suasion qui lui fait jug] que la scammone a la proprit de rel*] le v5tre celui qui en boit4 ,outre la mmoire1 l'op9ion#ada j\e1 selon ,avic5ne1 un rle important dans le pr9cipe de nos raisonnem5ts2 c> elle n\s f\rnit1 comme les s5s1 des reprs5tations que n\s considrons la faon des *oses s5sibles1 et d'o provi5n5t une quantit d'erreurs4 ,note #ada3 ,il faut pr5dre g>de que ce qui e/ dsign ici p> l'op9ion e/ la facult appele en arabe el-wahm1 dont le rle ne p\rra tre exactem5t df9i qu'en psy*ologie4 ,les prmisses intellectuelles sont de div]ses sortes2 mais1 de t\te manire1 ne vont-elles pas sans reprs5tations3 ,la raison comm5ce p> des prmisses dans lesquelles l'imag9ation la seconde4 ,ces prmisses comport5t des c]titudes 9gales4 ,il y en a qui sont de foi1 que l'on se p]suade p>ce qu'elles sont dites p> une p]sonne en qui l'on croit1 soit cause d'une qualit cle/e qui lui e/ propre1 soit cause d'une prud5ce ou d'une intellig5ce extraord9aires qui p>aiss5t en elles4 ,d'autres sont des prmisses de s5tim5t commun1 des op9ions gnralem5t reues dont on se p]suade1 soit p> le tmoignage de t\t le monde1 comme de ce que la ju/ice e/ une belle *ose1 soit p> celui de la majorit des hommes1 ou des savants ou de la majorit des savants1 qu& le vulgaire n'y contr$it pas4 ,analogues ce g5re de prmisses sont aussi les pr9cipes qui repos5t sur des habitudes prises ds l'enfance1 ou sur des passions auxquelles on e/ sujet1 ou sur une gr&e quantit d'exemples quivalant une induction4 ,la c]titude de telles prmisses n'a ri5 d'absolu4 ,enf9 il y a les pr9cipes de raison4 ,les pr9cipes de raison sont des jugem5ts ou prmisses qui sont produits dans l'homme p> sa facult intellectuelle1 sans aucun motif qui oblige se les p]suad]1 autre qu'eux-mmes444 ,l'esprit s'en tr\ve ncessairem5t p]suad1 sans mme qu'il s'ap]oive qu'il vi5t d'acqurir cette connaissance4 ,l'un de ces pr9cipes e/1 p> exemple1 que le t\t e/ plus gr& que la p>tie4 ,le s5s a aussi une "p dans la =mation de cette sorte de prmisses1 mais non la pr9cipale3 il aide =m] l'ide du t\t1 du plus gr& et de la p>tie2 mais la p]suasion qu'a l'esprit de la vrit de la proposition1 e/ primitive4 ,les sci5ces ont des objets1 des que/ions et des prmisses#adb3 des objets dont on dmontre1 des que/ions que l'on dmontre1 des prmisses p> lesquelles on dmontre4 ,n\s v5ons de p>l] des prmisses univ]selles4 ,il en e/ d'autres1 p>ticulires *aque sci5ce2 ce sont les axiomes de cette sci5ce1 et en outre c]ta9es suppositions ou c]ta9s po/ulats1 que le matre requi]t1 soit p>ce que ces suppositions ont t dmontres dans une sci5ce vois9e ou le s]ont dans celle mme qu'il enseigne1 soit simplem5t p>ce que le disciple qui appr5d la sci5ce n'y tr\ve ri5 contr$ire4 ,voici un exemple de ces po/ulats p\r la gomtrie3 que si une ligne qui en c\pe deux autres fait avec elles1 d'un mme ct1 deux angles dont la somme soit mo9dre que deux droits1 ces deux lignes se r5contr5t de ce mme ct4 ,note #adb3 ,la ?orie suivante e/ pr9cipalem5t extraite des sections du ,nadjt sur les objets1 les que/ions et les prmisses2 les df9itions1 les donnes et les c]titudes1 pages #ag-ah du texte4 ,cf4 ,vatti]1 p4 #bje et suivantes4 ,les objets des sci5ces sont les *oses donnes dont on re*]*e les attributs ess5tiels4 ,ce sont1 p> exemple1 la quantit cont9ue en gomtrie1 le nombre en ari?mtique1 le corps1 en tant qu'il se meut ou se repose1 en physique1 l'tre1 et l'un en mtaphysique4 ,*acun de ces objets a des attributs ess5tiels qui lui sont propres3 le rationnel et l'irrationnel p\r la quantit cont9ue1 le pair et l'impair p\r le nombre1 l'altration1 l'accroissem5t et la dim9ution p\r le corps1 la puissance1 l'action1 la p]fection ou l'imp]fection p\r l'tre4 ,la notion des objets des sci5ces e/ f\rnie p> la df9ition1 dont il faut dire quelques mots4 ,les philosophes arabes di/+u5t la df9ition et la description#adc4 ,avic5ne s'explique l-dessus dans les ,i*rt#add3 ,la df9ition1 dit-il1 e/ un disc\rs qui dmontre la quiddit de la *ose2 il faut qu'elle englobe t\s ses c>actres ess5tiels2 elle e/ ncessairem5t compose de son g5re et de sa diffr5ce1 p>ce que les c>actres ess5tiels que cette *ose a en commun avec d'autres con/itu5t son g5re1 et ceux qu'elle a en propre con/itu5t sa diffr5ce4 ,tant qu'un compos n'unit pas le commun et le propre1 sa ralit comme compos e/ incomplte1 et t\tes les fois qu'une *ose n'a pas de composition en son ess5ce1 il n'e/ pas possible de la dmontr] p> un disc\rs4 ,donc t\t df9i e/ ab/raitem5t compos4 ,avic5ne dit de la mme manire dans le ,nadjt#ade3 ,la df9ition et la dmon/ration ont leurs p>ties communes1 et des *oses dont il n'e/ po9t de dmon/ration1 il n'e/ po9t non plus de df9ition4 ,comm5t en effet aurai5t-elles une df9ition1 puisqu'elles ne se di/+u5t que p> les accid5ts non ess5tiels1 et que leurs accid5ts ess5tiels sont communs8 ,note #adc3 ,cf4 les traits des frres de la puret2 d4 ,diet]ici1 p4 #egg4 ,le mot r5du p> df9ition e/ hadd et le mot r5du p> description e/ rasm4 ,note #add3 ,i*rt1 p4 #ag4 ,note #ade3 ,cf4 p4 #bbg de la traduction de ,vatti]4 ,la faon dont se fait la description e/ mo9s dt]m9e que celle dont s'obti5t la df9ition4 ,lorsqu'une *ose1 dit notre philosophe#adf1 e/ connue p> un disc\rs compos de ses accid5ts et de ses propres qui la c>actris5t ensemble1 cette *ose e/ alors connue p> sa description4 ,la meilleure des descriptions e/ celle dans laquelle on place d'abord le g5re1 p\r ensuite dlimit] l'ess5ce de la *ose1 comme lorsqu'on dit de l'homme qu'il e/ un animal m>*ant sur deux pi$s1 aux ongles l>ges et riant p> nature1 ou lorsqu'on dit du triangle qu'il e/ la figure qui a trois angles4 ,il faut que la description p> les propres et les accid5ts spcifie clairem5t la *ose4 ,faire connatre le triangle en disant qu'il e/ la figure dont les angles sont gaux deux droits1 ce n'e/ pas le dcrire1 s9on p\r les gomtres4 ,note #adf3 ,i*rt1 p4 #ai4 ,les que/ions que l'on pose dans les sci5ces sont1 outre celles de savoir ce qu'e/ une *ose et si elle e/1 ce quoi l'on comm5ce rpondre p> la df9ition et p> la description1 celles encore de savoir o e/ cette *ose1 qu& elle e/1 comm5t1 p\rquoi elle e/1 et ces diffr5tes que/ions qui voqu5t la ?orie des catgories et celle des causes1 n\s amn5t aux conf9s de la logique et au po9t o cette sci5ce t\*e la mtaphysique4 ,dj la "q des causes tait connexe de celle de la df9ition4 ,les rponses la dem&e p\rquoi la *ose e/1 dit ,avic5ne#adg1 et la dem&e3 qu'e/-ce qu'elle e/8 convi5n5t ensemble1 p>ce qu'elles se font t\tes deux p> ce qui entre dans l'ess5ce de la *ose4 ,p> exemple si on dem&e3 p\rquoi la lune s'clipse1 on rpondra3 p>ce que la t]re se tr\ve entre elle et le soleil et lui te sa lumire2 et si l'on dem&e ensuite3 qu'e/-ce que l'clipse de la lune1 on rpondra que c'e/ le dfaut de sa lumire surv5ant cause de la t]re qui se place entre elle et le soleil4 ,la rponse normale la "q p\rquoi8 dans les dmon/rations1 e/ la cause pro*a9e et actuelle4 ,les causes ess5tielles d't5due gale ou suprieure la *ose1 entr5t dans sa df9ition2 mais les causes de mo9dre t5due n'y entr5t pas1 et ne peuv5t tre invoques que dans les dmon/rations que l'on f\rnit propos d'elle4 ,quelquefois les quatre causes de la scola/ique1 matrielle1 =melle1 effici5te et f9ale1 entr5t ensemble dans la df9ition de la *ose1 p> exemple lorsqu'on df9it la ha*e en disant#adh3 qu'elle e/ un outil de mti]1 en f]1 de telle figure1 p\r c\p] le bois2 l'outil e/ le g5re1 le mti] correspond la cause effici5te1 le f] e/ la matire1 la figure la =me1 et l'abatage du bois e/ la cause f9ale4 ,d'une faon gnrale1 il faut que la cause ou l'ensemble des causes invoques1 soit de mme t5due que l'effet1 p\r valoir dans les dmon/rations logiques4 ,note #adg3 ,nadjt1 p4 #bj2 ,vatti]1 p4 #bec4 ,note #adh3 ,vatti]1 p4 #bff4 ,les diffr5tes sci5ces se reli5t entre elles p> leurs objets1 et elles se class5t les unes au-dess\s des autres selon la hir>*ie de ces objets4 ,comme le problme de la classification des sci5ces a t populaire au moy5 ge1 n\s a*v]ons de donn] le tableau rsum des sci5ces tel que l'a dress l'cole d',avic5ne1 d'aprs l'ptre d'o n\s avons dj tir les divisions de la logique#adi4 ,c'e/ p> quoi n\s t]m9]ons ce *apitre4 ,note #adi3 ,resil fi'l-hikmet1 p4 #ga et suivantes4 ,la philosophie1 qui e/ le nom de l'ensemble des sci5ces 7el-hikmet71 ou si l'on veut la sagesse1 se divise en deux p>ts3 la philosophie spculative et la philosophie pratique4 ,le b de la premire e/ la vrit2 celui de la deuxime e/ le bi54 ,la philosophie spculative a trois p>ties3 la sci5ce infrieure dite physique1 la sci5ce moy5ne dite ma?matique et la sci5ce suprieure dite ?ologique4 ,la philosophie pratique a galem5t trois p>ties3 la sci5ce de ce que doit tre l'homme comme individu3 c'e/ l'?ique2 celle de la conduite que doit t5ir l'homme p> rapport sa maison1 sa femme1 ses enfants et ses bi5s3 c'e/ l'conomique2 celle des g\v]nem5ts et de l'organisation des cits p>faites et imp>faites3 c'e/ la politique4 ,*acune des trois sci5ces qui compos5t la philosophie spculative se subdivise en un gr\pe de sci5ces pures ou premires et en un gr\pe de sci5ces appliques ou secondes4 ,les sci5ces qui se rang5t dans la physique pure sont3 celle des tres en gnral1 de la matire1 de la =me1 du m\vem5t1 et du premi] moteur2 celle des corps premi]s qui con/itu5t le monde1 les cieux1 les lm5ts1 et de leurs m\vem5ts2 celle de la gnration et de la corruption2 des influ5ces cle/es et de la mtorologie2 des m9raux2 des plantes2 des animaux2 de l'me et de ses facults1 tant *ez les animaux que *ez l'homme4 ,a cette d]nire p>tie de la sci5ce physique pure1 l'auteur ratta*e le problme de l'immortalit de l'me4 ,la physique applique compr5d3 la mdec9e2 l'a/rologie1 la physiognomonie1 l'int]prtation des songes1 la sci5ce des talismans1 celle des *>mes et l'al*imie4 ,dans la ma?matique premire sont places quatre sci5ces3 l'ari?mtique1 la gomtrie1 l'a/ronomie et la musique4 ,a ces sci5ces correspond5t1 dans la ma?matique seconde1 div]ses sci5ces appliques4 ,a l'ari?mtique se ratta*5t le calcul indi5 sexagsimal et l'algbre2 la gomtrie1 la mesure des surfaces1 la mcanique1 la traction des f>deaux1 la con/ruction des poids et des balances1 celle des in/rum5ts gradus1 celle des viseurs et des miroirs1 et l'hydraulique2 l'a/ronomie1 l'art de dress] des tables a/ronomiques et gographiques2 la musique1 la con/ruction des in/rum5ts m]veilleux1 orgues et autres4 ,la ?ologie premire a c9q p>ties3 #a la sci5ce des notions ab/raites qui envelopp5t t\s les tres3 l'ipsx1 l'un et le multiple1 le mme1 le div]s et le contraire1 la puissance et l'acte1 la cause et l'effet2 #b la connaissance des pr9cipes premi]s des sci5ces2 #c la preuve de la vrit premire1 de son unit1 de sa s\v]a9et et de ses autres attributs2 #d la sci5ce des sub/ances premires spirituelles qui sont les cratures les plus pro*es de la vrit premire1 comme les *rub9s1 et celle des sub/ances spirituelles secondes qui sont au-dess\s des prcd5tes1 comme les anges prposs aux cieux1 porteurs du trne de ,dieu ou adm9i/rateurs de la nature2 #e la sci5ce de la manire dont les sub/ances corporelles cle/es et t]re/res sont s\mises ces sub/ances spirituelles4 ,enf9 la ?ologie seconde compr5d la sci5ce de la rvlation1 et celle de la rtribution1 c'e/--dire des joies et des pe9es de l'autre vie4 ,,*apitre ,,vii ,,la ,,physique ,d',,avic5ne ,la physique1 dans les usages de l'antiquit et du moy5 ge1 faisait p>tie de la philosophie1 p>ce que celle-ci tait en gnral1 con=mm5t sa df9ition antique1 la sci5ce des tres et de leurs tats4 ,plus prcism5t1 la physique entrait dans la philosophie1 p>ce qu'elle avait beso9 de la mtaphysique et que la mtaphysique avait beso9 d'elle4 ,aux yeux des anci5s philosophes1 la physique se tr\vait la fois dans le *amp de l'obs]vation et dans celui de la raison2 ni l'obs]vation s5sible ne se passait du raisonnem5t1 ni la raison ne se passait des s5s1 et il n'y avait po9t d'abme entre leurs deux doma9es4 ,on a t inju/e env]s les sy/mes scola/iques1 lorsqu'on les a accuss de se =m] sur les tres des op9ions priori1 sans se s\ci] de l'expri5ce4 ,si l'on compr5d bi5 l'esprit de ces vieilles doctr9es1 on v]ra que ri5 n'e/ plus faux4 ,le raisonnem5t et l'obs]vation s'y compntr5t2 la spculation y a p\r fondem5t la sci5ce positive1 et la sci5ce s'y ordonne au moy5 de la spculation4 ,une h>monie y exi/e entre l'ide et l'objet1 entre l'ab/rait et le concret1 entre l'intellig5ce et les *oses1 et le seul pr9cipe qui y soit pos priori e/ celui mme qui affirme l'exi/5ce de cet accord et qui rclame du philosophe la foi pralable en la possibilit de l'application de l'intellig5ce aux *oses4 ,que l'on exam9e avec so9 la =mation de la philosophie du moy5 ge1 et l'on se r5dra compte que ses erreurs sont dues1 non pas ce qu'elle a ddaign la sci5ce positive1 mais ju/em5t au contraire ce qu'elle s'e/ place dans une dp5dance trop troite d'une sci5ce encore imp>faite4 ,n\s comm5c]ons clair] cette ?se dans le prs5t *apitre1 et ce que n\s dirons ensuite de la psy*ologie et de la mtaphysique a*v]a de l'tablir4 ,la psy*ologie ti5t la physique sans discont9uit1 et dans la scola/ique d',avic5ne t\te une p>tie de la psy*ologie1 celle qui a p\r objet la sci5ce des mes1 p> opposition celle des intellig5ces1 r5tre s\s la rubrique de la physique4 ,en outre la physique se relie la mtaphysique1 p>ce que la *ane des tres e/ cont9ue de la matire l'intellig5ce4 ,enf9 il e/ intressant de rappel] que des relations mutuelles uniss5t la physique la logique4 ,la logique emprunte au monde physique plusieurs des notions dont elle a beso91 celles nommm5t des catgories et des causes2 et la logique d'autre "p prte la physique l'in/rum5t de ses m?odes1 le ressort de ses raisonnem5ts1 puisqu'il a t admis que les lois de la raison s'appliqu5t la nature4 ,n\s ne n\s proposons pas de faire ici un expos complet de la physique d',avic5ne4 ,c'e/ d'hi/oire de la philosophie que n\s devons n\s occup] et non d'hi/oire des sci5ces4 ,mais comme prcism5t n\s v5ons d'indiqu] que la physique scola/ique conti5t de la philosophie1 il faut que n\s en extrayions ce qui se lie notre objet4 ,c'e/ ce que n\s f]ons commodm5t1 en exam9ant quelques-unes des pr9cipales notions ou ?ses de cette sci5ce4 ,les gr&es notions mtaphysiques de matire et de =me ont videmm5t une base physique4 ,elles app>aiss5t au comm5cem5t de la physique du ,nadjt#aej4 ,n\s disons que les corps sont composs d'une matire1 c'e/--dire d'un lieu1 et d'une =me qui e/ d$ans4 ,le rapport de la matire la =me e/ le rapport du cuivre la /atue4 ,les catgories sont aussi des notions suggres p> la physique3 ,dans la matire du corps1 il y a des =mes autres que la =me corporelle4 ,ces =mes sont relatives la quantit1 au lieu et d'autres *oses analogues4 ,s'il en e/ a9si1 les corps physiques absolum5t p>lant ne sont con/itus que de deux pr9cipes1 la matire et la =me2 mais ces corps s'atta*5t les accid5ts qui survi5n5t du fait des neuf catgories4 ,il y a une diffr5ce entre la =me proprem5t dite et ces accid5ts3 la =me a p\r lieu la matire qui n'a pas p> elle-mme la nature spciale du corps1 t&is que les accid5ts ont p\r lieu le corps qui subsi/e p> la matire et p> la =me4 ,la nature spcifique du corps a lieu antrieurem5t selon le pr9cipe4 ,note #aej3 ,nadjt1 p4 #be4 ,le corps a des qualits premires et secondes a9si df9ies3 les premires sont telles que1 si on les enlve1 l'objet qu'elles qualifi5t s'anantit2 les secondes sont telles que leur enlvem5t n'a pas p\r consqu5ce l'anantissem5t de l'objet1 mais nuit seulem5t sa p]fection4 ,avic5ne passe de cette notion des qualits celle de =ce dont l'analyse e/ intressante4 ,aucun corps1 dit-il d'abord1 ne se meut ni se repose de lui-mme1 ce qui con/itue un nonc trs net du pr9cipe d'in]tie4 ,aussitt aprs la p5se devi5t plus pr(onde3 le corps ne se meut pas non plus p> un autre corps ou p> une =ce dc\lant en lui d'un corps1 s'il n'a pas en lui-mme une =ce conv5able4 ,on p\rrait int]prt] cette ide comme une conception dynamique1 suivant laquelle la =ce s]ait t\j\rs intrieure l'objet qu'elle meut1 contrairem5t aux conceptions /atiques c\rantes d'aprs lesquelles la =ce semble agir sur des objets extrieurs4 ,mais ,avic5ne lui-mme s'explique3 ,ces =ces qui sont inhr5tes au corps ne sont autres que les qualits premires d'o procd5t les qualits secondes1 et des qualits secondes procd5t les actions du corps4 ,on di/+ue trois classes de =ces4 ,les premires sont celles qui cons]v5t au corps ses qualits relatives la figure et au lieu naturels1 et qui l'y font ret\rn] lorsqu'il en a t c>t2 c'e/ p> exemple la pesanteur4 ,cette espce de =ces s'appell5t naturelles2 elles sont le pr9cipe du m\vem5t ou du repos ess5tiels et des autres qualits que le corps possde p> ess5ce4--,la seconde espce de =ces sont celles qui mett5t le corps en m\vem5t ou en repos et lui cons]v5t ses qualits au moy5 d'organes et de manires div]ses1 soit sans consci5ce ni lib]t de la "p du corps1 et ce sont alors les facults de l'me vgtative1 soit avec consci5ce1 et ce sont celles de l'me animale4 ,dans cette espce r5tr5t les facults de l'me huma9e qui peut rfl*ir sur les tres et les exam9]2 et p> l n\s rejoignons la psy*ologie4 ,l'me e/ en gnral une qualit premire du corps qui a la vie p> des facults4--,enf9 la troisime espce compr5d les =ces qui accompliss5t des actions analogues sans int]mdiaire d'organe et avec une volont con/ante1 savoir les facults des mes des sphres2 et1 p> cette espce1 n\s atteignons la mtaphysique4 ,voici donc une analyse de la notion physique de =ce qui n\s a fait en quelques mots trav]s] t\te la philosophie4 ,cette analyse1 d'ailleurs1 e/ belle1 et cette conception t\te dynamique de la =ce s]ait encore auj\rd'hui de nature plaire c]ta9s esprits4 ,en un autre passage#aea1 ,avic5ne se rappro*e un peu plus des notions de la /atique mod]ne4 ,il y insi/e sur cette rem>que1 qui a aussi son intrt en mtaphysique1 qu'il n'y a pas de =ce inf9ie1 att5du que les effets des =ces sont t\j\rs f9is et susceptibles de plus ou de mo9s2 puis il reprs5te les effets de la =ce p> la traction des f>deaux1 le s\lvem5t des poids2 et il rappelle ce pr9cipe de mcanique que ce que l'on gagne en int5sit d'effet1 on le p]d en espace p>c\ru2 n\s dirions3 ce que l'on gagne en puissance1 on le p]d en vitesse4 ,note #aea3 ,nadjt1 p4 #cd4 ,section sur ce qu'il ne peut pas exi/] de =ce inf9ie4 ,avic5ne a donc une intellig5ce claire des notions mcaniques2 et l'introduction de l'esprit mtaphysique dans cet ordre de que/ions a eu p\r effet de le port] nglig] un peu la conception de la =ce /atique p\r s'appesantir sur la conception dynamique1 qui e/ videmm5t plus haute4 ,les notions de temps et de m\vem5t sont connexes1 ou p\r entr] plus avant dans l'esprit de l'cole d',avic5ne1 la notion de temps e/ dp5dante de celle de m\vem5t3 ,le temps ne s'imag9e qu'avec le m\vem5t#aeb4 ,l o l'on ne s5t pas le m\vem5t1 on ne s5t pas le temps4 ,et notre philosophe appuie sur l'aspect psy*ologique de cette ide en voquant cette comp>aison3 ,c'e/ ce que l'on voit dans l'hi/oire des ,compagnons de la ,cav]ne4--,cette hi/oire e/ la lg5de des sept dormants2 l'on sait que d'aprs elle1 sept jeunes hommes qui s'tai5t rfugis dans une cav]ne p\r *app] la p]scution de ,dcius1 s'y endormir5t d'un sommeil miraculeux1 et se rveillr5t #bdj ans plus t>d1 avec le s5tim5t d'avoir dormi une seule nuit4--,la mme ide e/ exprime d'une manire plus mtaphysique dans un passage d'une ptre d',avic5ne sur les ,fonta9es de la ,sagesse#aec3 ,le temps1 e/-il dit en cet endroit1 n'a ri5 faire avec le repos4 ,ce n'e/ que p> simultanx qu'il le mesure4 ,comme la c\de mesure les *oses p> l'int]mdiaire d'un morceau de bois1 de mme un seul temps peut tre la mesure de beauc\p de m\vem5ts div]s4 ,en ralit1 selon ce sy/me1 les corps physiques ne sont pas directem5t dans le temps2 ils sont d'abord dans le m\vem5t lequel e/ dans le temps4 ,cette ide trs f9e e/ trs explicitem5t exprime dans la phrase qui suit celles que n\s tions en tra9 de cit]3 ,le corps naturel e/ dans le temps1 non p> son ess5ce1 mais p>ce qu'il e/ dans le m\vem5t1 dans le temps4 ,note #aeb3 ,nadjt1 p4 #ca4 ,note #aec3 ,premire ptre de la collection des ,resil fi'l-hikmet1 intitule3 ,la physique des fonta9es de la sagesse1 ,et-tab'it m9 oy\n el-hikmet4 ,l'on juge dj p> le comm5cem5t de cette analyse1 de l'aisance avec laquelle tai5t manies ces notions4 ,les scola/iques ori5taux ont t trs libres dans leurs ides sur le temps2 ils n'ont pr\v aucune gne le considr] comme un produit1 comme une crature1 et frquemm5t leur p5se s'e/ suppose affran*ie de cette condition du temps qui auj\rd'hui n\s sembl]ait plus tyrannique4 ,voyez avec quelle simplicit en p>le ,avic5ne#aed3 ,le temps1 dit-il1 n'a pas t produit dans le temps1 mais il a t produit comme pr9cipe1 son producteur ne le prcdant pas dans le temps ni dans la dure1 mais dans l'ess5ce4 ,si en effet il avait un pr9cipe dans le temps1 il s]ait produit aprs n'avoir pas t1 c'e/--dire aprs un temps antrieur1 ce qui e/ contraire l'hypo?se qu'il a une orig9e4 ,donc le temps e/ pr9cipe1 c'e/--dire qu'il n'e/ prcd que p> son crateur seul4 ,quelques p]sonnes peuv5t tre t5tes de tr\v] ces rflexions transc5dantes2 mais le lecteur qui v\dra bi5 s'ab&onn] sans p>ti pris la conduite de notre auteur1 jug]a plutt qu'elles sont naves =ce d'tre rationnelles4 ,suivons donc l'analyse4 ,note #aed3 ,nadjt1 p4 #ca4 ,ce qui e/ produit dans le temps e/ ce qui n'tait pas1 puis e/4 ,dire que cette *ose n'tait pas1 signifie qu'il y a eu un tat dans lequel elle manquait2 mais cet tat lui-mme tait4 ,quant au temps1 il n'e/ pas produit dans le temps1 et il en e/ de mme du m\vem5t1 non pas de t\t m\vem5t1 mais du m\vem5t circulaire des cieux4--,il faut en effet n\s habitu] cette ide que1 dans ce sy/me1 le m\vem5t des sphres cle/es ou du mo9s de la sphre extrieure1 e/ pos comme pr9cipe de t\te l'activit du monde1 d'une manire que n\s expliqu]ons4 ,le temps n'e/ qu'une dp5dance ess5tielle de ce m\vem5t2 le temps e/ la quantit du m\vem5t circulaire2--c'e/ la ?orie que n\s avons dj r5contre *ez el-,k9di2--et comme ce m\vem5t e/ cont9u1 le temps e/ cont9u4 ,t\s les tres1 p\rsuit ,avic5ne1 ne sont pas dans le temps d'une manire immdiate4 ,ce qui exi/e primairem5t dans le temps a p\r p>ties le pass et l'av5ir et p\r extrmit l'in/ant2 il y a des *oses qui y exi/5t secondairem5t3 ce sont les m\vem5ts2 et d'autres qui ne s'y tr\v5t qu'au troisime degr3 ce sont les mobiles1 c> les mobiles sont dans le m\vem5t et le m\vem5t e/ dans le temps4 ,les in/ants sont dans le temps comme les units dans le nombre1 et les mobiles sont comme les *oses dnombres4 ,t\t ce qui e/ cont9u e/ divisible et susceptible de recevoir le nombre4 ,il ne faut donc pas s'tonn] que l'on ait divis le temps4 ,les *oses qui ne r5tr5t pas dans les trois classes que n\s v5ons de dire ne sont pas dans le temps2 ce n'e/ que p> une sorte de transposition qu'on leur en applique la notion2 ces *oses sont dans une fixit que l'on comp>e la fixit qui se tr\ve au fond du temps et que l'on appelle la dure 7dahr74 ,le temps s'c\le dans la dure2 et la mesure temporaire e/ applique aux *oses qui ne sont pas dans le temps p> l'int]mdiaire de cette dure fixe4--,c'e/ l1 il faut le reconnatre1 une analyse pntrante dont beauc\p auj\rd'hui p\rrai5t tir] pr(it4 ,il peut tre intressant encore d'c\t] ce qu',avic5ne dit de la vitesse1 p>ce qu'il en p>le dans un esprit bi5 scola/ique4 ,aprs avoir rem>qu#aee que t\t m\vem5t donn e/ dans une c]ta9e quantit de vitesse1 il se pose la "q3 quoi s'applique cette quantit8 ,cette quantit exi/e dans une matire1 p>ce que ses p>ties ont lieu l'une aprs l'autre1 donc elles sont produites1 et t\t ce qui e/ produit e/ ou dans une matire ou fait d'une matire4 ,or cette quantit n'e/ pas faite d'une matire1 p>ce qu'ici ce n'e/ pas l'assemblage de la matire et de la =me qui e/ produit en premi] lieu1 mais bi5 l'assemblage de la =me avec une disposition qui e/ dans la matire4 ,donc il faut que cette quantit soit dans une matire4 ,mais t\te quantit qui se tr\ve dans une matire et dans une donne1 e/ ou quantit de cette matire ou quantit de sa disposition4 ,or1 dans le cas actuel1 elle ne saurait app>t5ir la matire1 p>ce que1 si elle lui app>t5ait p> ess5ce1 son accroissem5t f]ait crotre la matire1 et alors t\t ce qui e/ plus rapide s]ait plus gros ou plus gr&4 ,cette consqu5ce tant fausse1 l'hypo?se l'e/ aussi4 ,donc la quantit de la vitesse app>ti5t la disposition qui e/ dans la matire4 ,note #aee3 ,nadjt1 p4 #cj-ca4 ,n\s avons traduit ce passage qui e/ assez curieux p> son /yle2 mais la conclusion en e/ rem>quable aussi4 ,avic5ne place en somme le pr9cipe du m\vem5t dans une disposition de la matire du mobile2 le m\vem5t e/ en puissance dans cette disposition1 puis il passe peu peu l'acte3 ,le m\vem5t1 dit-il en un autre endroit#aef1 e/ ce que l'on conoit de l'tat du corps lorsqu'il se modifie p>tir d'une disposition qui rside en lui2 c'e/ un passage de la puissance l'acte qui a lieu d'une manire cont9ue1 non d'un seul c\p4 ,cette df9ition n\s conduit une conception assez analogue la notion mod]ne de =ce vive1 mais plus mtaphysique en mme temps que mo9s ma?matique1 et elle n\s ramne au po9t de vue dynamique o n\s avons vu qu',avic5ne s'tait de prfr5ce plac dans l'analyse de la notion de =ce4 ,le lieu e/ df9i *ez ,avic5ne comme *ez el-,k9di4 ,le lieu du corps1 dit notre auteur#aeg1 e/ la surface qu'ent\re ce qui avois9e le corps et dans laquelle il e/1 et en un autre endroit#aeh3 ,le lieu e/ la limite du cont5ant qui t\*e la limite du cont5u2 c'e/ l le lieu rel4 ,le lieu virtuel1 c'e/ le corps qui ent\re le corps considr4 ,note #aef3 ,nadjt1 p4 #bh4 ,note #aeg3 ,les ,fonta9es de la sagesse1 p4 #i4 ,note #aeh3 ,nadjt1 p4 #cc4 ,notre philosophe tire d'intressants effets de la notion du lieu physique ou naturel1 qu'il faut di/+u] de la prcd5te4 ,t\t corps a un lieu naturel1 id5tiquem5t un3 ,c'e/ le lieu v]s lequel il t5d dans son m\vem5t naturel4 ,autrem5t dit t\t corps ab&onn lui-mme t5d v]s un lieu qui e/ t\j\rs le mme4 ,le corps a aussi une figure et une position naturelles3 ,le corps ab&onn lui-mme#aei pr5d une c]ta9e position et une c]ta9e figure4 ,il a dans sa nature quelque *ose qui l'y oblige4 ,le corps simple a p\r figure naturelle la figure sphrique4 ,il faut rem>qu] dans cette ?orie la notion d'incl9ation et de t5dance dont on n'a pas tir p>ti dans la physique mod]ne et qui e/ p\rtant philosophique et simple4 ,le corps c>t de son lieu ou de sa figure a une t5dance y rev5ir p> le moy5 du m\vem5t4 ,le corps en tat de m\vem5t a aussi une t5dance p> laquelle il se meut1 et que l'on s5t si l'on lui fait ob/acle4 ,plus l'incl9ation du corps v]s son lieu naturel a de =ce1 plus faible e/ l'incl9ation autre que l'on peut lui donn] p> contra9te4 ,cette notion de la t5dance ou de l'incl9ation se gnralise dans cette philosophie1 comme se gnralise celle de m\vem5t4 ,avic5ne l'applique expressm5t au m\vem5t vital qui emporte les tres1 les faisant pass] d'une =me une autre entre leur gnration et leur de/ruction#afj3 ,t\t tre sujet la naissance et la mort a en lui une t5dance au m\vem5t rectiligne qui le porte *aque in/ant de sa =me actuelle sa =me subsqu5te4 ,t\t cela e/ trs pr(ondm5t s5ti et heureusem5t =mul4 ,cette ?orie e/ t\j\rs en con=mit avec la conception dynamique de la =ce que n\s avons dj l\e ci-dessus4 ,note #aei3 ,i*rt1 p4 #aji4 ,note #afj3 ,i*rt1 p4 #aab4 ,mais1 en une circon/ance p>ticulire1 l'ide du lieu naturel a trahi ,avic5ne1 et lui a fait rejet] une vue physique propose de son temps et qui longtemps aprs devait tre reconnue ju/e4 ,il s'agit de la doctr9e des pressions atmosphriques et hydrauliques4 ,quelques philosophes1 au temps d',avic5ne1 entrevoyai5t cette doctr9e4 ,des g5s ont p5s1 n\s dit-il lui-mme#afa1 que le feu se porte en haut1 la t]re en bas1 p> contra9te444 ,cette contra9te s]ait une pression4 ,le feu surmont]ait l'air1 l'air1 l'eau1 et l'eau1 la t]re1 cause de la pression du l\rd sur le lg] s'ex]ant p> en haut2 le corps *app]ait la pression en se plaant en s5s contraire de celui o elle s'ex]ce1 p> rapport au corps pressant444 ,ces philosophes p5s5t que t\s les corps t5d5t v]s le bas1 mais que le l\rd ref\le le lg]4 ,il tait impossible d'expos] plus nettem5t que ne le faisai5t ces savants du onzime sicle la ?orie de la pesanteur atmosphrique et de la pression des fluides1 dont la dc\v]te fit la gloire des savants du dix-septime4 ,n\s regrettons p\r l'honneur d',avic5ne1 d'avoir con/at] qu'il mconnut la ju/esse de cette vue1 et qu'il ma9t9t1 con=mm5t l'enseignem5t d',ari/ote1 que le lg] allait en haut et que le l\rd allait en bas comme leurs lieux naturels4 ,note #afa3 ,nadjt1 p4 #da4 ,enf9 de l'ide du lieu naturel la philosophie d',avic5ne tira cette consqu5ce un peu s+ulire nonc] qu'il n'e/ pas possible#afb qu'il y ait un autre monde que celui-ci4 ,la raison en e/ que un mme corps ne peut pas avoir deux lieux naturels2 qu'alors les corps semblables en =mes et en =ce ont aussi le mme c5tre et les mmes incl9ations naturels4 ,il ne saurait donc y avoir deux t]res au milieu de deux mondes1 ni deux feux dans deux sphres enveloppant deux mondes4 ,note #afb3 ,nadjt1 p4 #cg4 ,une "q fameuse au moy5 ge et jusque dans la sci5ce du dix-septime sicle1 celle du vide1 a t traite p> ,avic5ne avec des dveloppem5ts qui n\s f\rniront encore un intressant exemple de l'tat de la m?ode scola/ique cette poque4 ,avic5ne prt5d dmontr] l'impossibilit de l'exi/5ce du vide4 ,voici un abrg de son raisonnem5t4 ,je dis d'abord1 comm5ce notre philosophe#afc1 que si l'on suppose un vide vide1 il n'e/ pas ri5 pur1 mais qu'il e/ ess5ce1 quantit1 sub/ance4 ,c> p\r t\t vide vide donn1 on peut tr\v] un autre vide plus petit ou plus gr& que lui2 il se tr\ve donc tre susceptible de division dans son ess5ce suppose manquante2 or il n'en e/ pas a9si du ri5 pur4 ,donc le vide n'e/ pas ri54--,ensuite3 ,t\t ce qui e/ divisible a de la quantit2 donc le vide a de la quantit4 ,t\te quantit e/ cont9ue ou discont9ue4 ,or le vide n'e/ pas discont9u2 en effet t\t discont9u e/ tel ou p> accid5t ou p> ess5ce4 ,t\t ce qui e/ discont9u p> accid5t e/ cont9u p> nature4 ,ce qui e/ discont9u p> ess5ce manque de commune limite entre ses p>ties2 et en ce qui e/ tel1 *aque p>tie e/ indivisible2 et ce en quoi *aque p>tie e/ indivisible1 n'e/ pas susceptible de recevoir en son ess5ce la cont9uit3 ,donc le vide n'e/ pas discont9u p> ess5ce4 ,alors il e/ cont9u p> ess5ce4 ,et comm5t cela8 ,on admet que le ple9 peut le rec\vrir dans sa quantit4 ,ce qui peut tre rec\v]t p> le ple9 peut l'tre p> le cont9u2 et ce qui peut tre rec\v]t p> le cont9u e/ cont9u4 ,donc le vide e/ cont9u4--,et encore3 ,le vide a une ess5ce fixe1 aux p>ties cont9ues1 p\vant tre trav]se suivant des directions4 ,t\t ce qui e/ a9si e/ une quantit susceptible de position4 ,avic5ne p\rsuit cette argum5tation1 montrant que1 si le vide exi/e1 il a de la di/ance1 qu'il possde les trois dim5sions1 qu'il e/ mesurable p> ess5ce4 ,puis il explique que le vide n'a pas de matire1 p> cette raison que t\t ce qui e/ susceptible de discont9uit a une matire1 et que le vide n'e/ pas susceptible de discont9uit4 ,aprs quoi il entame une assez longue discussion sur l'impntrabilit1 qui ne manque pas d'intrt4 ,note #afc3 ,nadjt1 p4 #bh4 ,cette ?se a son comm5cem5t dans la section sur le lieu4 ,deux corps solides1 p> exemple deux cubes gaux sont impntrables1 c'e/--dire que leurs dim5sions ne peuv5t pas se sup]pos] respectivem5t les unes aux autres4 ,avic5ne re*]*e si cette impossibilit a lieu entre les matires des deux corps ou entre leurs dim5sions1 ou entre la matire de l'un et la dim5sion de l'autre1 ou entre les matires et les dim5sions la fois4 ,il conclut qu'elle a lieu entre les dim5sions4 ,ce raisonnem5t un peu aride e/ prs5t s\s une =me plus c\lante dans la petite ptre des ,fonta9es de la sagesse#afd4 ,il s'agit de re*]*] comm5t les dim5sions du corps p\rrai5t pntr] celles du vide3 ,ou bi5 les dim5sions du corps pntr5t celles du vide ou bi5 non4 ,si elles ne les pntr5t pas1 le vide e/ impntrable1 et alors il e/ ple91 ce qui e/ contradictoire4 ,si elles les pntr5t1 des dim5sions pntr5t des dim5sions2 et de la runion de deux dim5sions gales1 rsulte une dim5sion gale *acune d'elles1 ce qui e/ encore contradictoire4 ,les corps s5sibles ne sont pas pntrables1 et ce sont leurs dim5sions qui emp*5t de les concevoir tels4 ,celles-ci1 en tant que dim5sions1 ne peuv5t pas tre pntres1 non pas p>ce qu'elles sont blan*es ou *audes ou qu'elles ont d'autres qualits analogues2 mais1 p> leur ess5ce mme1 les dim5sions ne se pntr5t pas4 ,il faut ncessairem5t que deux dim5sions soi5t plus gr&es qu'une seule1 p>ce que deux units sont plus qu'une unit1 deux nombres plus qu'un nombre1 deux po9ts plus qu'un po9t1 n\s ne disons pas plus gr&s qu'un po9t c> le po9t n'a pas de gr&eur1 mais il e/ susceptible de multiplicit4 ,a9si donc1 p\r plac] un corps dans le vide1 il faudrait suppos] qu'au mme mom5t on anantit le vide2 et p\r employ] la conclusion du ,nadjt#afe3 ou bi5 le corps donn exi/e ailleurs que dans les dim5sions du vide1 ou bi5 le vide exi/e et aucun corps n'y peut tre plac4 ,note #afd3 ,les ,fonta9es de la sagesse1 p4 #g4 ,note #afe3 ,nadjt1 p4 #cc4 ,il app>at d'aprs ces pr9cipes1 aj\te ,avic5ne1 qu'il n'y a pas de m\vem5t dans le vide2 p>ce que1 si une *ose se m\vait dans le vide1 ou bi5 ses dim5sions pntr]ai5t celles du vide1 et n\s avons dit que cela ne se peut1 ou bi5 cette *ose entr]ait dans le vide en le f5dant1 et n\s avons vu aussi que cela e/ absurde4 ,il n'y a donc po9t de m\vem5t dans le vide et de mme il n'y a po9t de repos4 ,la conclusion de t\t le raisonnem5t e/ que le vide n'exi/e aucunem5t4 ,il n'e/ qu'un nom1 comme l'a dit le premi] matre4 ,si1 aprs n\s tre intress la m?ode de cette discussion1 qui e/ trs s]re et trs rig\reuse1 n\s dsirons port] une apprciation sur les ides mmes qui y sont cont5ues1 n\s rem>qu]ons sans pe9e que le po9t prcis de cette ?orie qui heurte nos ides actuelles1 e/ celui o il e/ affirm que les dim5sions du vide sont impntrables4 ,il y a dans cette affirmation une espce de matrialisation de la notion d't5due qui n\s tonne4 ,p\r n\s qui ne p>lons plus gure de lieu ni de vide1 mais qui p>lons sans cesse d'espace et d't5due1 les dim5sions de l'espace ont ju/em5t cette proprit que l'on y peut sup]pos] celles des corps matriels4 ,l'espace e/ ess5tiellem5t pntrable p\r n\s2 l't5due matrielle lie aux corps ne l'e/ pas4 ,p\rquoi la scola/ique a-t-elle rejet cette notion si commode de l'espace vide et pntrable8 ,ce ne doit pas tre uniquem5t p\r les argum5ts rationnels donns ci-dessus2 c'e/ plutt1 je le croirais1 p>ce que1 nonob/ant c]ta9s prjugs1 la scola/ique tait un sy/me foncirem5t empiri/e et que1 selon l'obs]vation empiri/e1 l'espace vide n'exi/e pas4 ,la plup>t des ?ories prcd5tes tr\v5t leur a*vem5t dans la manire dont ,avic5ne a trait le r$\table et t]nel problme de l'inf9i4 ,dans cette philosophie ce problme revtait plusieurs aspects dont les pr9cipaux tai5t ceux-ci3 y a-t-il un vide inf9i8 y a-t-il un pass inf9i8 les corps sont-ils divisibles l'inf9i8 exi/e-t-il un nombre inf9i8 ,la solution gnrale donne ces que/ions tait3 l'inf9i n'exi/e pas en acte2 il exi/e en puissance4 ,f>abi avait su1 avec une concision saisissante1 =mul] cette rponse1 propos de la "q de l'inf9itude du monde#aff3 ,t\tes les sphres sont f9ies1 et il n'y a pas d]rire elles de sub/ance ni quelque *ose ni ple9 ni vide4 ,la preuve en e/ qu'elles sont en acte et que t\t ce qui exi/e en acte e/ f9i4 ,il e/ impossible de tran*] plus rsolum5t un plus difficile problme4 ,f>abi au re/e1 non plus qu',avic5ne1 ne prt5d1 dans cette solution1 aucune orig9alit2 non cont5t de la rapport] ,ari/ote1 il la fait remont] jusqu' ,socrate3 ,on raconte1 aj\te-t-il de ,socrate1 d'aprs ,platon1 qu'il avait c\tume d'ex]c] l'esprit de ses lves en disant3 si un tre e/ inf9i1 il faut qu'il soit en puissance1 non en acte4 ,note #aff3 ,al-,frb's philosophis*e ,abh&lung51 p4 #ii2 #cf4 ,illu/ration ,voici le raisonnem5t type que propose ,avic5ne1 p\r pr\v] l'impossibilit d'un inf9i actuel4 ,ce raisonnem5t se retr\ve plusieurs fois dans son oeuvre s\s des =mes un peu div]ses4 ,n\s le donnons d'abord s\s une =me gomtrique1 tel qu',avic5ne l'a =mul dans le passage o il nie la possibilit du vide inf9i2 et n\s prions le lecteur de le suivre avec att5tion1 af9 d'en rem>qu] l'imp]fection4 ,c'e/ ici un docum5t important de l'hi/oire de l'esprit huma92 cette dmon/ration aise mais vicieuse1 a mis au dveloppem5t de la philosophie et des sci5ces une entrave pesante et durable4 ,soit un m\vem5t circulaire#afg dans un vide inf9i1 si l'on suppose que le vide inf9i e/ possible4 ,soit le mobile la sphre ,,abcd de c5tre ,o4 ,supposons dans le vide sans f9 la ligne ,,xy4 ,soit ,,oc une ligne tire du c5tre v]s le ct ,c et ne r5contrant pas 7dans ce s5s7 la ligne ,,xy1 mme si on la prolonge l'inf9i4 ,qu& la sphre t\rne1 cette ligne arrive c\p] la ligne ,,xy1 et elle se meut en la c\pant et en tant c\pe p> elle4 ,l'int]section a lieu videmm5t p> l'arrive au contact de deux po9ts 7un sur *aque ligne74 ,soi5t ,k et ,l ces po9ts4 ,il e/ visible qu'il y a t\j\rs un po9t ,m qui arrive au contact avant le po9t ,k4 ,or le po9t ,k a t suppos le premi] po9t t\*4 ,donc il y a contradiction1 et l'hypo?se e/ fausse4--,n\s le voyons sans pe9e1 l'hypo?se fausse e/ qu'on puisse m>qu] sur la ligne fixe un po9t ,k qui soit le premi] r5contr p> la ligne t\rnante2 mais ,avic5ne a cru que l'hypo?se fausse tait celle qu'il avait place en tte de sa dmon/ration1 l'exi/5ce du vide inf9i4 ,ce raisonnem5t1 s'il tait ju/e1 aurait donc p\r consqu5ce non seulem5t l'impossibilit du vide inf9i1 ce qui n\s t\*]ait assez peu1 mais aussi l'impossibilit de l'espace gomtrique inf9i et celle de la sci5ce gomtrique l'inf9i4 ,celle-ci n'tait pas con/itue au temps d',avic5ne1 et la philosophie en a s\ff]t4 ,il e/ ju/e p\rtant de rem>qu] que l'analyse de cette "q dp5dait au mo9s autant de l'esprit philosophique que de l'esprit ma?matique1 et l'on peut blm] ensemble la sci5ce d'avoir g> la philosophie1 et la philosophie de n'avoir pas r$ress la sci5ce4 ,note #afg3 ,nadjt1 p4 #cc4 ,voici une autre =me de la mme dmon/ration3 ,je dis qu'il ne se peut pas qu'il exi/e une quantit inf9ie1 cont9ue et susceptible de position1 ni un nombre inf9i ordonn1 et j'ent5ds p> ordonn qu'une de ses p>ties soit antrieure p> nature une autre4 ,en effet1 supposons qu'une quantit soit inf9ie dans un s5s4 ,il e/ possible d'en retran*]1 p> l'imag9ation1 une p>tie1 du ct f9i4 ,cette quantit1 prise avec cette p>tie1 a une limite2 prise sans cette p>tie1 elle en a galem5t une4 ,faisons concid] en imag9ation les deux extrmits du ct f9i4 ,cela fait1 ou bi5 les deux quantits s't5dront ensemble1 se rec\vrant dans t\te leur t5due1 et la quantit entire s]a gale la quantit dim9ue1 ce qui e/ absurde2 ou bi5 l'une des quantits s]a mo9dre que l'autre1 et alors elle s]a f9ie2 mais la diffr5ce entre elles e/ f9ie2 donc la somme de la plus petite et de la diffr5ce s]a f9ie2 donc la quantit entire le s]a4 ,or elle e/ inf9ie2 p> consqu5t l'hypo?se e/ absurde4 ,il e/ auj\rd'hui vid5t que t\tes ces sortes de raisonnem5ts sont sophi/iques4 ,n\s l'avons dit2 il e/ inutile d'insi/] davantage4 ,mais n\s saisissons1 non sans plaisir1 cette occasion de faire rem>qu] qu'il e/ bi5 possible que la plup>t des fameuses ?ses et anti?ses de ce que l'on appelle dans la philosophie kanti5ne les ant9omies de la raison pure1 n'ai5t jamais t dmontres p> des raisonnem5ts de plus de valeur4 ,peut-tre qu'auj\rd'hui1 une poque o la connaissance ma?matique de la notion d'inf9i e/ vulg>ise1--elle ne l'tait pas au temps de ,kant1--si l'on exam9ait sans p>ti pris les preuves de ces ant9omies1 on ne les tr\v]ait pas plus fondes que celles que f\rnissai5t les coles adv]ses au temps d',avic5ne4 ,je ne s]ais nullem5t tonn qu'on en arrivt promptem5t la conclusion que1 en ces matires1 ni la ?se1 ni l'anti?se ne sont dmontrables1 et qu'il n'y a po9t d'ant9omies1 mais seulem5t des raisonnem5ts faux4 ,cep5dant1 p\r n\s r5f]m] dans notre rle d'hi/ori51 bornons-n\s ici conclure que1 selon que n\s l'avons dj fait rem>qu]1 si la philosophie d',avic5ne a err1 c'e/ qu'elle a pti des faiblesses de la sci5ce4 ,t\*ant l'inf9itude dans le pass1 l'enseignem5t d',avic5ne e/ affirmatif4 ,notre philosophe admet la possibilit de sries inf9ies c\les1 en considrant que ces sries passes n'exi/5t plus que comme en puissance4 ,cette vue n'e/ pas vid5te du premi] c\p1 et ,avic5ne a d se livr] quelques ef=ts p\r la ju/ifi]4 ,mais1 puisque n\s avons t\t l'heure voqu le s\v5ir de ,kant1 qu'il n\s soit encore p]mis de rem>qu] combi5 e/ factice la critique de ce philosophe propos des ant9omies2 la ?se que ,kant a =mule1 de la premire ant9omie3 le monde a un comm5cem5t dans le temps1 il e/ limit dans l'espace1 e/ en elle-mme si peu solide et si peu une1 que t\te la gr&e cole scola/ique ori5tale1 la suite de l'antiquit1 n'en a admis que la moiti3 le monde e/ limit dans l'espace1 et y a adjo9t la moiti de l'anti?se3 le monde n'a pas de comm5cem5t dans le temps4 ,avic5ne appuie cette d]nire proposition peu prs en ces t]mes3 ,les m?odes que l'on emploie1 dit-il#afh1 p\r ni] la possibilit de l'inf9itude dans le pass1 repos5t ou sur une argum5tation fausse ou sur des prmisses sophi/iques4 ,p\r n\s1 n\s s\t5ons qu'il y a nombre sans f9 et m\vem5t sans f92 seulem5t ils ont une sorte d'exi/5ce qui e/ l'exi/5ce en puissance1 non pas de cette puissance qui passe l'acte1 mais de celle qui signifie que le nombre peut tre augm5t sans f94 ,et ailleurs#afi3 ,des p>ties en nombre inf9i peuv5t exi/]1 n'tant pas ensemble1 si p> exemple elles se tr\v5t dans le pass ou dans l'av5ir2 elles peuv5t exi/] successivem5t4 ,de mme ri5 ne rpugne l'exi/5ce d'un nombre inf9i non ordonn en position ni en nature4 ,et encore#agj3 l'exi/5ce des *oses en nombre inf9i dans le pass ne leur app>ti5t pas dans leur ess5ce2 elles ne la possd5t que successivem5t1 et si on comm5ce les compt] p>tir du mom5t actuel1 le compte cont9ue sans f94 ,note #afh3 ,nadjt1 p4 #cd4 ,section sur la ngation de l'inf9i4 ,note #afi3 ,v4 la section prcd5te du ,nadjt4 ,note #agj3 ,nadjt1 p4 #cd4 ,avic5ne ne prcise pas les objections que l'on faisait contre la possibilit de la srie inf9ie passe4 ,n\s p\vons en rappel] une =t +nieuse d'aprs ,gazali4 ,supposons qu'une srie inf9ie d'tres immortels1 p> exemple des mes1 soi5t ns successivem5t dans le pass4 ,au mom5t actuel1 t\s ces tres exi/5t1 et p> consqu5t un nombre inf9i exi/e en acte1 ce que l'cole d',avic5ne dcl>e impossible4 ,les corps1 selon ,avic5ne1 sont divisibles l'inf9i en puissance4 ,notre philosophe rejette l'atomisme comme rationnellem5t faux4 ,il p>at cep5dant que l'atomisme avait alors des p>tisans et ,avic5ne croit utile de cit] quelques-unes de leurs objections3 ,il y a1 dit-il#aga1 cette objection que la divisibilit l'inf9i r5drait le m\vem5t impossible4 ,supposons en effet qu'un mobile p>c\re une ligne limite divisible l'inf9i2 cette ligne e/ divisible p> moitis1 la moiti l'e/ aussi1 de mme la moiti de sa moiti1 et a9si de suite1 et l'on arrive ce rsultat que le mobile p>c\rt en un temps f9i une inf9it de moitis1 ce qui e/ absurde4--,voici une autre objection3 ,il n'y a pas de multiplicit sans que l'unit ne se tr\ve en elle4 ,si donc une multiplicit exi/e en acte1 l'unit y exi/e en acte4 ,mais l'unit en acte e/ indivisible2 donc le corps d\ de multiplicit a ses p>ties premires indivisibles4 ,note #aga3 ,nadjt1 p4 #bf4 ,il e/ clair que ces objections ne val5t ri54 ,celles qu',avic5ne fait de son ct l'atomisme ne val5t pas davantage4 ,il rpond a9si la seconde des objections prcd5tes3 ,supposons qu'on puisse compos] un corps d'un nombre f9i de p>ties2 le corps simple s]a celui qui ne s]a pas compos de plusieurs p>ties2 mais le corps simple e/ divisible4 ,donc il y a contradiction et l'hypo?se e/ fausse4 ,la dmon/ration favorite d',avic5ne en faveur de la divisibilit l'inf9i e/ celle qu'il tire de la notion du contact#agb4 ,il y a des savants1 dit-il1 qui p5s5t que t\t corps a des divisions le long desquelles se t\*5t des p>ties qui ne sont pas des corps1 dont les corps sont composs4 ,ces p>ties ne s]ai5t divisibles ni p> brisure1 ni p> c\pure1 ni en imag9ation ou en hypo?se2 et *aque p>tie int]mdiaire en emp*]ait deux autres de *aque ct de se t\*]4 ,la rponse d',avic5ne e/1 en somme1 que ou bi5 cette p>tie int]mdiaire e/ t\*e de la mme manire p> les p>ties qui sont ses cts1 c'e/--dire qu'elle e/ pntre p> elles1 que t\tes les p>ties se compntr5t et qu'il ne se =me po9t de volume1 ou bi5 cette p>tie n'e/ pas t\*e p> la p>tie qui e/ d'un ct de la mme manire qu'elle l'e/ p> la p>tie de l'autre ct1 et alors elle e/ divisible4 ,en d'autres t]mes1 ou il y a contact complet et alors pntration1 ou il y a contact p>tiel et alors division4 ,note #agb3 ,i*rt1 p4 #ij1 ,nadjt1 p4 #bf1 ,*ahra/ani1 p4 #cig1 et l'ptre des ,fonta9es de la sagesse1 p4 #i4 ,enf9 ,avic5ne1 ayant affirm que le m\vem5t e/ divisible l'inf9i en puissance1 p>ce qu'il a lieu le long de lignes divisibles l'inf9i en puissance1 croit rfut] a9si la ?se adv]se que le m\vem5t e/ compos de p>ties indivisibles sp>es p> des repos#agc3 ,le m\vem5t de la fl*e ou celui de l'oiseau1 qui sont trs rapides1 tant supposs composs de p>ties indivisibles1 le sont ou sans int]calation de repos ou avec int]calation de repos trs petits p> rapport aux p>ties du m\vem5t4 ,s'ils sont composs sans int]calation de repos1 alors ces m\vem5ts sont gaux au m\vem5t du soleil ou plus rapides que lui1 ce qui e/ absurde2 et s'ils le sont avec int]calation de repos mo9dres que les p>ties de m\vem5t1 l'excs de la vitesse du soleil sur celle de l'oiseau ou de la fl*e s]a mo9dre que le d\ble2 or l'on sait qu'il n'y a aucune proportion mesurable entre ces deux vitesses4 ,donc l'hypo?se e/ ins\t5able4--,une fois de plus1 il e/ vid5t que l'hypo?se e/ ins\t5able telle que la prs5te ,avic5ne1 mais qu'elle cess]ait de l'tre moy5nant quelques modifications faciles imag9]4 ,note #agc3 ,nadjt1 p4 #bi4 ,n\s avons1 sans cra9te de fatigu] le lecteur1 insi/ sur t\s ces raisonnem5ts4 ,n\s les croyons importants1 non pas c]tes p> eux-mmes1--ils sont t\s faux1--mais p>ce qu'ils m>qu5t une tape laquelle s'e/ longtemps arrt l'esprit huma94 ,plusieurs sicles durant1 sur ces que/ions o entrait le concept d'inf9i ma?matique1 les philosophes se sont oppos des solutions contradictoires4 ,kant a prt5du mettre un t]me au dbat en rejetant ces contradictions sur le compte de la raison4 ,il et t plus simple et1 notre avis1 inf9im5t plus ju/e1 de reconnatre1 la lumire d'une sci5ce plus avance1 la vanit de t\tes ces dmon/rations opposes1 et de conclure que1 dans ce g5re de que/ions1 la ?se et l'anti?se sont galem5t acceptables et qu'elles ne sont ni l'une ni l'autre dans la dp5dance d'aucune ncessit rationnelle4 ,,*apitre ,,viii ,,la ,,psy*ologie ,d',,avic5ne4 ,la psy*ologie d',avic5ne =me une trs belle et trs solide con/ruction1 qui doit sembl] neuve selon l'ordre hi/orique que n\s suivons4 ,je veux dire qu'on ne la r5contr]ait pas a*eve avec t\s ses c>actres ess5tiels1--l'oeuvre de ,f>abi ne n\s tant pas suffisamm5t connue1--*ez aucun des auteurs antrieurs ,avic5ne4 ,n\s v\drions1 p\r tre int]prte fidle de notre philosophe1 donn] de cet ensemble une reprs5tation peu prs complte4 ,la psy*ologie compr5d *ez ,avic5ne l'tude de l'me et celle de l'intellig5ce1 deux lm5ts que n\s di/+uons mal1 mais qui1 ce /ade de r5seignem5t scola/ique1 prs5tai5t une diffr5ce trs claire de g5re espce4 ,l'me d'abord e/1 en ?se gnrale1 une sorte de collection de facults ou de puissances suraj\tes au corps matriel qui e/ p> elles complt et r5du actif4 ,l'me1 dit ,avic5ne1 e/ le premi] complm5t au corps naturel1 et aup>avant3 ,t\tes les actions vgtales1 animales et huma9es provi5n5t de =ces aj\tes la corporx et au mlange des lm5ts qui con/itue les corps#agd4 ,en d'autres t]mes t\tes les actions des corps anims provi5n5t de facults4 ,l'on compr5d combi5 cette ?se met en rapport troit l'ide mtaphysique de puissance avec l'ide psy*ologique de facult4 ,de la puissance mtaphysique sort l'acte en gnral1 de mme que des puissances de l'me sort5t les actes des corps2 il y a h>monie p>faite1 presque id5tit entre les deux notions1 et l'arabe n'a d'ailleurs qu'un mot p\r exprim] ces deux ides1 le mot k[ah1 =ce4 ,note #agd3 ,nadjt1 p4 #dc4 ,l'me e/ un g5re qui compr5d trois espces3 l'me vgtale1 l'me animale et l'me raisonnable ou intellig5ce4 ,*acune de ces espces a ses c>actres et ses facults propres4 ,l'me vgtale a trois facults selon ,avic5ne#age3 les facults de gnration1 d'accroissem5t et de nutrition4 ,la =ce nutritive e/ celle qui *ange un autre corps en la figure du corps dans lequel cette =ce rside1 et qui le r5d p>tie inhr5te de ce d]ni] corps la place de celui dont il dp5dait d'abord4 ,la =ce d'accroissem5t e/ celle qui aj\te au corps o elle rside un corps qui lui e/ semblable selon les trois dim5sions et dans les proportions conv5ables p\r qu'il atteigne la p]fection de sa croissance4 ,la =ce gnratrice e/ celle qui pr5d du corps o elle rside une p>tie qui lui e/ semblable en puissance1 laquelle1 avec l'aide d'autres corps semblables au premi] p> la nature et le mlange1 lui devi5t semblable en acte4 ,note #age3 ,nadjt1 loc4 cit4 ,les frres de la puret avai5t compt sept facults de l'me animale2 le sy/me des vulg>isateurs tait sur ce po9t mo9s simple que celui du savant1 et ce n\s peut tre une occasion de reconnatre ici en ,avic5ne cette puissance de cond5sation qui p>at tre une des qualits matresses des pr9cipaux philosophes arabes4 ,les facults de l'me vgtale dans le sy/me des frres de la puret sont#agf3 une facult attractive qui suce les sucs de la t]re et en retire les lm5ts conv5ables la plante2 une facult de rt5tion qui saisit et reti5t ces lm5ts2 une facult dige/ive qui les triture et les mle1 aprs quoi une facult di/ributive les envoie en les rp>tissant jusqu'aux extrmits de la plante2 une facult nutritive l'en n\rrit2 une facult d'accroissem5t l'en augm5te2 enf9 une facult =mative donne la plante sa =me et sa c\leur4 ,note #agf3 ,die ,abh&lung5 d] ,i*wn es-,saf1 d4 ,diet]ici1 p4 #adb4 ,les c>actres de l'me animale consi/5t en ce qu'elle saisit les p>ticuli]s et qu'elle se meut volontairem5t4 ,elle e/ jo9te *ez les animaux l'me vgtale4 ,l'me raisonnable1 jo9te *ez l'homme l'me vgtale et l'me animale1 a p\r c>actres qu'elle saisit les univ]saux et qu'elle agit p> libre *oix4 ,les mes animales et raisonnable ont en propre des facults de p]ception et des facults d'action4 ,l'tude des secondes con/itue la ?orie des passions1 qui n'e/ pas trs dveloppe *ez ,avic5ne4 ,l'tude des premires con/itue1 dans l'me animale1 la ?orie de la p]ception et1 dans l'me raisonnable1 la ?orie de la connaissance2 n\s allons n\s en occup]4 ,p\r bi5 compr5dre l'ensemble de la ?orie de la p]ception s5sible et de la connaissance intellectuelle dans ce sy/me1 il ne faut pas p]dre de vue la disposition gnrale du plan de t\te cette philosophie1 qui e/ un plan en *elle4 ,les rgnes vgtal1 animal et huma9 s'y sup]pos5t dans l'*elle des tres1 reposant en bas sur le rgne m9ral et sur la matire1 t\*ant en haut le rgne anglique et le monde de l'esprit4 ,les c>actres ess5tiels des trois espces d'mes =m5t une progression qui s't5d depuis la vitalit inconsci5te des vgtaux jusqu' l'activit libre et raisonnable de l'homme4 ,la psy*ologie proprem5t dite e/ ordonne selon le mme pr9cipe de gradation4 ,les mes animale et huma9e prises ensemble prs5t5t t\te une *elle de facults1 depuis celles qui procur5t la s5sation brute jusqu' celles qui ont p\r f9 l'illum9ation my/ique4 ,au bas1 donc1 de l'me animale sont les facults lm5taires des s5s2 au-dessus de celles-ci sont des facults qui reti5n5t1 gr\p5t et int]prt5t d'une manire immdiate les donnes s5sibles4 ,la =ce p]ceptive1 dit ,avic5ne#agg1 p>lant de l'me animale1 e/ de deux sortes3 celle qui p]oit du dehors et celle qui p]oit du d$ans4 ,la p]ception ext]ne compr5d les s5s2 la p]ception int]ne compr5d la mmoire1 l'imag9ation et un premi] degr de rflexion4 ,note #agg3 ,nadjt1 p4 #dd4 ,il y a c9q s5s qui sont ceux que connat le vulgaire1 mo9s qu'on ne prfre en compt] huit1 en divisant en quatre le s5s du t\*]1 de cette faon3 ,le t\*] e/ un g5re1 dit notre philosophe#agh1 divisible en quatre espces qui ont communm5t p\r organe la peau et qui p]oiv5t respectivem5t3 le *aud et le froid1 le sec et l'humide1 le dur et le m\1 le rugueux et le lisse4 ,avic5ne a tudi la faon dont opr5t les div]s s5s2 mais cette analyse1 qui relve plutt de l'hi/oire naturelle que de la philosophie1 n'(fre pas1 je crois1 un bi5 gr& intrt1 et il suffira de rsum]1 titre d'exemple1 ce qu'il dit du s5s de la vue#agi4 ,note #agh3 ,nadjt1 loc4 cit4 ,note #agi3 ,le ,nadjt1 p4 #dd1 conti5t une section spciale sur la vue4 ,quelques p]sonnes ont p5s que de la vue sort quelque *ose que l'on appelle un rayon 7*o71 qui va la r5contre des objets et qui saisit leurs =mes du dehors4 ,d'autres croi5t qu'il y a aut\r des corps visibles un milieu corporel transp>5t et que1 qu& la lumire tombe trav]s ce milieu sur l'objet1 l'image de celui-ci e/ r5voye p> une sorte de rflexion dans la prunelle o elle e/ p]ue4 ,cette seconde ?orie n\s sembl]ait1 quoique un peu vague1 =t raisonnable auj\rd'hui4 ,avic5ne rfute la premire avec m9utie4 ,il dit1 entre autres *oses1 que1 si le rayon mis p> l'oeil n'e/ pas un corps1 on ne peut lui appliqu] l'ide de m\vem5t longitud9al1 et que1 s'il en e/ un1 au mom5t o il p>vi5t la sphre des fixes1 il s]ait un corps d'une dim5sion norme sortant de l'oeil qui e/ t\t petit4 ,notre philosophe admet qu'il y a1 dans la vision1 un fantme 7*abah7 de l'objet1 qui se tr\ve r5voy p> la lumire v]s l'oeil2 mais il ne prcise pas davantage cette ?orie que n\s ne l'avons fait ci-dessus4 ,dans le trait de psy*ologie publi p> ,l&au]#ahj1 il rapporte l'op9ion qu'il accepte ,ari/ote et la premire1 celle qu'il rejette1 ,platon4 ,d'une faon gnrale1 le ?me de la ?orie de la p]ception s5sible dans cette scola/ique e/ celui-ci#aha3 ,la p]ception d'une *ose consi/e en ce que sa ralit s'imite dans le p]cevant2 la =me de l'objet p]u e/ dans le sujet qui p]oit4 ,cette doctr9e e/1 au re/e1 exactem5t la mme que celle de la p]ception intellectuelle4 ,note #ahj3 ,die ,psy*ologie des ,ibn ,sn1 ,z4 ,d4 ,m4 ,g4 #ahgf1 p4 #cib4 ,note #aha3 ,i*rt1 p4 #ab4 ,une "q en dc\le naturellem5t3 comm5t ces =mes envoyes aux organes se cons]v5t-elles8 ,la rponse gnrale e/1 p\r les s5sibles1 que les =mes vi5n5t au s5s commun2 l elles sont mises la porte de div]ses facults qui leur font subir une srie d'oprations4 ,la ?orie d',avic5ne1 non plus que les p]ceptions s5sibles1 ne s'arrte longtemps au s5s commun2 celui-ci n'a pas p> lui-mme de rle bi5 dt]m92 il e/ pe9e une facult1 et il n'a gure que la fonction1 p\r a9si dire adm9i/rative1 d'tre une espce de bureau c5tral o pass5t les p]ceptions v5ues du dehors avant d'tre labores p> les facults du d$ans4 ,au po9t de vue de la localisation anatomique1 le s5s commun a p\r organe l'esprit rp&u dans le sy/me n]veux et surt\t dans la p>tie antrieure du c]veau#ahb4 ,les localisations des facults sont *elonnes comme ces facults mmes4 ,note #ahb3 ,i*rt1 p4 #abd4 ,le tableau des facults de l'me animale qui agiss5t1 au d$ans1 sur les donnes des s5s1 n'e/ pas absolum5t fixe *ez les philosophes arabes ni dans les oeuvres d',avic5ne en p>ticuli]4 ,l&au] a tudi une p>tie de ces v>iantes#ahc2 cela n\s p]mettra de ne pas n\s en emb>rass] et de ne donn] ici que le dess9 que n\s jug]ons le plus clair4 ,les rles respectifs de ces facults sont d'ailleurs assez dlicats df9ir4 ,elles s]v5t ensemble opr] un travail incomplet d'ab/raction sur les donnes des s5s1 sans les dp\ill] t\t fait de la matire1 ce qui e/ le propre de l'intellig5ce2 elles s]v5t aussi les gr\p] p> une espce de syn?se imag9ative1 sans que p\rtant dans ce sy/me le rle de l'imag9ation soit p>faitem5t lucid1 et sans que l'imag9ation y ait une exi/5ce nettem5t di/9cte2 en outre1 elles reti5n5t les rsultats de cette ab/raction et de cette syn?se1 comme le f]ait la mmoire4 ,note #ahc3 ,l&au]1 op4 laud41 p4 #djc4--,l&au] a tudi dans ses notes les rapports entre la ?orie d',avic5ne et celle d',ari/ote4 ,n\s r5voyons le lecteur ces obs]vations qui pr\v5t que les =ces de l'me selon ,avic5ne ne correspond5t pas id5tiquem5t ce qu'elles sont *ez ,ari/ote4 ,celle que n\s appelons l'op9ion 7el-wahm7 correspond en p>tie la ,grec3 doxa2 la cogitative 7el-m(akkirah7 e/ mise en p>allle p> ,l&au] avec la =ce logi/ique ,grec3 logi/ik4 ,l'imag9ative 7el-motakhayilah7 rpond la =ce e/htique ,grec3 ai/htik4 ,il e/ difficile en df9itive d'arriv] des rapports /ables dans cette matire un peu m\vante4 ,on peut nonc] que ces facults int]nes sont au nombre de quatre1 nommes3 la =mative1 la cogitative1 l'op9ion et la mmoire4 ,la =mative 7el-mosawirah7 e/ le trsor de ce que saisiss5t les s5s4 ,elle reti5t la =me s5sible1 p>tiellem5t dgage des conditions de lieu1 de site1 de quantit1 de mode1 aprs que l'objet s5sible a cess d'impressionn] les s5s4 ,une g\tte qui tombe1 un po9t embras qui t\rne avec rapidit n\s laiss5t voir une droite liquide1 un c]cle de feu#ahd4 ,n\s cont9uons donc p]cevoir l'objet en un lieu o il n'e/ plus2 il y a l un phnomne de cons]vation de l'image1 un premi] degr de mmoire4 ,le rle mnmonique de la =mative e/ cep5dant plus t5du1 sans d\te1 qu'on ne le jug]ait d'aprs cet exemple4 ,l'eau1 dit ailleurs ,avic5ne#ahe1 a la facult de recevoir l'image et non pas celle de la ret5ir2 de mme le s5s la reoit2 mais il faut1 p\r la ret5ir1 une autre facult1 et c'e/ la =mative4 ,en t]mes plus mtaphysiques#ahf1 qu& la =me s5sible e/ te de la matire qui la supportait dans la ralit1 elle ne s'van\it pas du c\p1 ce qui r5drait t\te connaissance jamais impossible2 mais elle se cons]ve1 dp\ille de cette matire1 s9on de t\tes les dp5dances de la matire1 dans une c]ta9e facult qui e/ la =mative4 ,cette facult e/ appele en cet endroit d'un nom qui la rappro*]ait davantage de l'imag9ation3 el-khail1 la fantaisie 7phantasia7#ahg4 ,avic5ne dit de mme en un autre passage#ahh3 ,la *ose e/ s5sible t&is qu'elle e/ p]ue2 ensuite elle devi5t imag9able4 ,n\s p\vons donc en somme n\s reprs5t] la =mative comme un degr embryonnaire de mmoire et d'imag9ation4 ,cette facult e/ localise dans la cavit antrieure du c]veau4 ,note #ahd3 ,i*rt1 p4 #abd4 ,note #ahe3 ,nadjt1 p4 #de4 ,cf4 ,i*rt1 #abb4 ,note #ahf3 ,nadjt1 p4 #dg4 ,note #ahg3 ,cf4 ,i*rt1 #abd1 l4 ult4 et la df9ition du ,t>ift reproduite dans ,freytag1 ,lexicon arabico-lat9um au mot ,khil4 ,note #ahh3 ,i*rt1 p4 #abb4 ,la =mative e/ suivie p> une facult qui ressemble un embryon d'intellig5ce1 bi5 qu'il ne faille pas oubli] qu'elle n'e/1 comme t\t ce gr\pe de puissances1 qu'une facult animale4 ,on appelle cette puissance la cogitative 7el-m(akkirah7 et aussi l'imag9ative 7el-motakhayilah7 et encore la collective 7el-mokallidah74 ,le rle assez mal df9i de la cogitative e/ d'opr] un premi] travail1 encore trs fru/e1 d'ab/raction1 de gr\pem5t1 d'association1 de gnralisation sur les donnes des s5s ret5ues p> la =mative4 ,elle labore les notions qui vont s]vir la facult suivante1 ou op9ion1 p\r =m] ses espces de jugem5ts4 ,cep5dant1 on l'ent5d bi51 ni les notions de la cogitative ne sont vraim5t des ides1 ni les jugem5ts de l'op9ion ne sont vraim5t des jugem5ts intellectuels1 c> les objets sur lesquels agiss5t ces facults ne sont pas des univ]saux1 mais seulem5t des p>ticuli]s trs imp>faitem5t dgags des conditions de la matire4 ,la cogitative a son sige dans la p>tie antrieure de la cavit moy5ne du c]veau t\t prs de l'op9ion4 ,l'op9ion 7el-wahm71 localise dans la p>tie po/rieure de la cavit moy5ne du c]veau1 a le p\voir de gr\p] dans des espces de jugem5ts ayant de la gnralit1 les notions grossirem5t ab/raites p> la cogitative des donnes des s5s4 ,cette facult1 qui e/ videmm5t la puissance dom9ante dans l'me animale a1 comme on s'en r5d compte1 un rle et une importance normes4 ,elle concide en somme peu prs avec ce que1 *ez l'animal1 n\s appelons l'in/9ct1 et dans l'homme elle englobe t\t cet ensemble d'op9ions1 de s5tim5ts1 de prjugs qui naiss5t en n\s p> l'effet d'expri5ces rudim5taires ou d'impulsions inconsci5tes2 n\s aim]ions l'appel] simplem5t1 si n\s ne craignions de heurt] la t]m9ologie scola/ique1 l'intellig5ce animale4 ,la brebis1 p\r tir] un exemple des crits d',avic5ne1 a une c]ta9e notion du l\p1 di/9cte de la p]ception d'un l\p p>ticuli]2 cette notion e/1 je suppose1 p\r ce philosophe comme une espce de =me s5sible assez grossirem5t trace dans l'me de la brebis p> la facult cogitative#ahi4 ,note #ahi3 ,i*rt1 #abd3 ,la brebis p]oit du l\p un ab/rait non s5sible1 et le bli] p]oit de la brebis un ab/rait non s5sible1 d'une p]ception p>ticulire4 ,quant l'op9ion1 elle fait natre1 propos de cette notion1 c]ta9s s5tim5ts1 mo9s semblables des jugem5ts intellectuels qu' des impulsions physiques1 p> lesquels la brebis e/ av]tie1 entre autres *oses1 lorsqu'elle voit un l\p1 qu'il doit tre fui4 ,de la mme faon un homme voyant un enfant s5t1 avant t\t raisonnem5t1 qu'il doit le trait] d\cem5t#aij4 ,note #aij3 ,nadjt1 p4 #de4 ,l'ensemble de ces puissances e/ complt p> une quatrime facult1 la mmoire 7el-hfizah ou ez-zkirah7 qui cons]ve les jugem5ts labors p> l'op9ion4 ,la mmoire a son sige dans la p>tie po/rieure du c]veau4 ,voici quelques lignes extraites du ,nadjt qui p\rront s]vir comme pice ju/ificative p\r la ?orie que n\s v5ons d'expos]1 en mme temps qu'elles donn]ont quelques ap]u de plus sur ce po9t un peu obscur de l'exi/5ce d'espces d'ides gnrales dans l'me animale#aia3 ,le s5s 7ext]ne7 tire la =me de la matire avec t\tes ses dp5dances 7de lieu1 de site1 de quantit1 de mode7444 ,la =mative et l'imag9ative purifi5t davantage la =me extraite de la matire2 il n'e/ plus ncessaire1 p\r que ces facults saisiss5t la =me1 qu'elle soit dans une matire 7comme cela tait ncessaire p\r la p]ception p> le s5s ext]ne72 c>1 qu& la matire e/ abs5te ou van\ie1 la =me subsi/e dans la =mative1 mais non dp\ille des dp5dances de la matire4 ,le s5s donc ne sp>ait pas compltem5t la =me de la matire1 et il ne la dp\illait pas du t\t des dp5dances matrielles4 ,la =mative la sp>e t\t--fait de la matire2 mais elle ne la dp\ille pas du t\t des dp5dances matrielles1 c> la =me dans la =mative e/ selon la =me s5sible444 ,l'op9ion produit un degr plus lev de purification2 elle saisit les ab/raits qui1 p> leur ess5ce1 ne sont pas dans des matires1 lorsqu'il leur arrive accid5tellem5t d'tre placs dans une matire4 ,p> exemple le bi5 et le mal1 le conv5able et le contraire sont des *oses qui p> elles-mmes ne sont pas dans une matire 7p>ce qu'elles sont intelligibles72 mais il leur arrive d'y tre1 et alors l'op9ion les atte9t et les saisit4 ,cette espce de p]ception e/ plus cond5se et plus simple que les deux prcd5tes2 mais la =me n'y e/ pas encore dp\ille des dp5dances matrielles4 ,l'intellig5ce seule p]oit la =me dp\ille de la matire et de t\tes ses dp5dances4 ,note #aia3 ,nadjt1 p4 #dg4 ,n\s avons donn la ?orie de l'intellig5ce en p>lant de ,f>abi4 ,si n\s y rev5ons ici1 brivem5t1 c'e/ p\r ne pas rompre l'unit de notre exposition1 et en obs]vant au re/e que cette doctr9e e/ l'une des plus importantes1 des plus c>actri/iques et des plus belles de t\te cette philosophie1 et que la manire dont la prs5te ,avic5ne diffre sur quelques po9ts de celle de son devanci]4 ,le s5s1 dit ,avic5ne1 copiant ,f>abi1 mais sans le nomm]1 e/ du monde de la crature4 ,l'intellig5ce e/ du monde du comm&em5t4 ,ce qui e/ au-dessus de ces deux mondes e/ voil au s5s et l'intellig5ce4 ,l'intellig5ce ou me raisonnable se divise comme n\s l'avons indiqu dj1 en intellig5ce pratique et en intellig5ce spculative4 ,la premire e/ la facult motrice qui prside l'action2 elle e/ en relation avec ce qui e/ au-dess\s d'elle1 le monde animal qu'elle doit g\v]n]4 ,la deuxime e/ la facult p]ceptive que n\s1 n\s appelons proprem5t intellig5ce2 elle e/ en relation avec ce qui e/ au-dessus d'elle1 les pr9cipes suprieurs auxquels elle doit obir4 ,l'on reconnat t\j\rs la disposition gradue sur laquelle n\s avons attir l'att5tion de nos lecteurs4 ,l'intellig5ce spculative son t\r se divise1 selon que ,f>abi n\s l'a antrieurem5t appris1 en une srie *elonne d'intellig5ces spciales1 dont les fonctions sont ordonnes d'aprs la notion mtaphysique de la puissance et de l'acte2 le ?me de la doctr9e consi/e pr5dre l'intellig5ce l'tat de puissance et la faire pass] en acte4 ,f>abi s'tait p\r cela s]vi de trois *elons placs dans l'me huma9e1 au-dessus desquels il avait tabli1 hors de l'me1 l'intellect ag5t4 ,avic5ne a rec\rs quatre *elons1 auxquels il s\de en haut une intellig5ce my/ique que son prdcesseur avait laisse un peu en dehors de cette ?orie4 ,a ces c9q intellig5ces1 il n'omet pas d'adjo9dre l'intellect ag5t4 ,voici comm5t notre philosophe procde#aib3 ,la puissance1 rem>que-t-il1 e/ de trois sortes4 ,elle e/ d'abord un tat absolu de possibilit d'o ri5 ne sort en acte2 telle la puissance qu'a l'enfant d'crire2 c'e/ la puissance matrielle4 ,elle e/ ensuite une disposition pro*a9e l'acte1 mais o l'acte ne se ralise pas1 p> dfaut de quelque in/rum5t ou de quelque connaissance2 telle e/ *ez l'enfant la puissance d'crire1 s'il ne sait pas t\t--fait bi5 ou si la plume e/ abs5te4 ,on appelle cette puissance possible1 d'autres dis5t de possession4 ,enf9 dans le troisime tat la disposition e/ complte et il ne manque plus que la volont4 ,c'e/ la puissance d'crire *ez le scribe lorsqu'il a ses in/rum5ts4 ,avic5ne appelle cette espce puissance de possession2 d'autres la nomm5t puissance a*eve4 ,note #aib3 ,ce qui suit e/ rdig pr9cipalem5t d'aprs ,nadjt1 #de1 section sur la =ce intellectuelle4 ,cf4 ,i*rt1 #abh4 ,or de mme qu'il y a trois tats de la puissance1 de mme l'intellig5ce qui n'e/ au fond1 comme n\s avons dit1 qu'une facult ou une puissance1 a t\t d'abord trois tats4 ,le premi] e/ celui de l'intellig5ce matrielle1 qui n'e/ qu'une possibilit absolue de connatre4 ,le philosophe rem>que expressm5t qu'on lui donne ce nom p> comp>aison avec la matire premire1 qui n'e/ qu'une possibilit absolue de recevoir des =mes2 c'e/ de la psy*ologie base mtaphysique4 ,le second tat e/ celui de l'intellig5ce possible ou de possession qui e/ dj en acte p> rapport la prcd5te1 c> elle a acquis quelque *ose3 les vrits premires et ncessaires1 telles que le t\t e/ plus gr& que la p>tie ou deux *oses gales une troisime sont gales entre elles4 ,ce degr l n'e/ pas dans ,f>abi4 ,le troisime degr e/ celui de l'intellig5ce qui e/ dans un tat de prp>ation p>faite1 et en laquelle peuv5t t\t mom5t se produire les =mes des intelligibles acquises aprs les vrits premires4 ,on appelle ce degr intellig5ce en acte1 quoiqu'il ne soit encore en ralit que le plus haut degr de l'intellig5ce en puissance4 ,alors l'intellig5ce tant a9si prte1 la comprh5sion des =mes s'y ralise et cette intellig5ce devi5t ce que l'on devrait proprem5t nomm] l'intellig5ce en acte1 mais ce que cette t]m9ologie un peu dfectueuse nomme l'intellig5ce acquise4 ,au-dessus de ce degr d'intellig5ce1 ,avic5ne place un c9quime tat1 commun seulem5t quelques hommes2 c'e/ celui que l'on appelle l'esprit sa9t4 ,cette sorte d'intellig5ce connat immdiatem5t les *oses1 et avec elle on entre dans le my/ique4 ,on lira peut-tre avec plaisir cette comp>aison tire des ,i*rt qui illu/re les rles successifs de ces intellig5ces#aic3 ,d'autres facults de l'me sont relatives au beso9 qu'elle a de r5dre sa sub/ance a*eve comme intellig5ce en acte4 ,la premire de ces facults e/ une facult dispose p\r recevoir les intelligibles1 que quelques-uns appell5t l'intellig5ce matrielle4 ,c'e/ la ni*e de/9e recevoir une lampe4 ,elle e/ suivie p> une autre facult qui se manife/e en elle qu& les premi]s intelligibles y p>aiss5t1 et p> laquelle elle e/ prp>e acqurir les seconds intelligibles1 soit p> la rflexion qui e/ comme l'huile d'olive si elle e/ faible1 soit p> l'intuition qui e/ encore comme l'huile d'olive si elle e/ plus =te2 cette autre facult s'appelle intellig5ce de possession et elle e/ comp>able au v]re de la lampe4 ,puis vi5t la facult noble1 celle qui atte9t au plus haut degr3 c'e/ la facult sa9te2 l'huile e/ presque allume4 ,ensuite p>aiss5t une facult et une p]fection4 ,p> la p]fection les intelligibles se produis5t en acte1 d'une manire comp>ative1 dans l'esprit2 et c'e/ comme une lumire sur une lumire4 ,la facult produit l'intelligible acquis dont on s'occupe1 comme un spectacle1 qu& elle veut1 sans avoir beso9 d'une acquisition n\velle2 elle e/ la m*e de la lampe1 la p]fection s'appelle l'intellig5ce acquise1 et la facult s'appelle l'intellig5ce en acte4 ,ce qui fait pass] l'intellig5ce de possession l'acte complet1 et l'intellig5ce matrielle l'tat d'intellig5ce de possession1 c'e/ l'intellect ag5t2 et c'e/ le feu4 ,note #aic3 ,i*rt1 p4 #abf4 ,l'intellect ag5t a dans le sy/me d',avic5ne le mme rle que dans celui de ,f>abi4 ,il e/ clair1 dit notre auteur1 que l'intellig5ce en puissance ne sort en acte qu' cause d'une intellig5ce t\j\rs en acte4 ,t\te espce de p]ception ou de connaissance consi/e en ce qu'une =me de l'objet vi5t se trac] dans le sujet4 ,or ces =mes s5sibles ou intelligibles ne sont pas t\j\rs en prs5ce du sujet2 il faut qu'elles soi5t g>des quelque "p4 ,les =mes s5sibles se cons]v5t dans la mmoire2 mais les =mes intelligibles qui ne peuv5t rsid] que dans une sub/ance incorporelle1 tant p> hypo?se sorties de notre intellig5ce1 ne peuv5t plus se retr\v] que dans une sub/ance extrieure n\s4 ,cette sub/ance e/ intellig5te en acte4 ,qu& l'me raisonnable se jo9t elle1 elle saisit en elle les =mes intelligibles1 ou telle ou telle de ces =mes selon qu'elle e/ dispose4 ,l'me raisonnable#aid ne compr5d une *ose que p> sa jonction avec l'intellect ag5t4 ,note #aid3 ,i*rt1 p4 #agi4 ,avic5ne combat les philosophes qui prt5d5t que l'me1 dans sa jonction avec l'intellect ag5t1 devi5t cet intellect mme2 il rem>que que cela r5drait l'intellect ag5t divisible1 l'me s'id5tifiant l'une de ses p>ties1 ou bi5 que cela suppos]ait l'me p>faite1 en possession de t\s les intelligibles4 ,il avait aup>avant rfut cette op9ion s\s cette =me3 que l'me compr5ant une =me1 la devi5t4 ,que faut-il p5s]1 dem&ait-il1 de l'me lorsque1 aprs avoir compris ,a1 elle compr5d ,b8 ,devi5t-elle une autre me1 ou lui e/-il impossible de jamais compr5dre ,b1 une fois qu'elle s'e/ id5tifie avec ,a8 ,la fonction propre de l'intellig5ce1 dans la ?orie d',avic5ne1 c'e/ de saisir les univ]saux2 celle des s5s tait de saisir le p>ticuli]4 ,mais l'tude des univ]saux *ez ce philosophe n'ab\tit pas une ?orie indp5dante1 et cette ?orie se prs5te plutt comme un corollaire en div]s endroits de sa philosophie4 ,n\s l'avons r5contre en logique1 n\s la retr\v]ons en mtaphysique o elle e/ annexe la ?orie des causes4 ,ici1 en psy*ologie1 n\s p\vons la dduire de t\t ce qui vi5t d'tre dit sur les s5s et sur l'intellig5ce4 ,les intelligibles exi/5t2 cela e/ affirm ma9tes reprises dans l'expos d',avic5ne comme dans celui de ,f>abi1 et ces intelligibles se confond5t en somme avec les univ]saux4 ,le vulgaire se figure1 dit quelque "p ,avic5ne#aie1 que l'exi/ant1 c'e/ le s5sible1 et que ce qui n'e/ pas s5sible n'exi/e pas4 ,mais il suffit de rfl*ir un peu p\r s5tir l'inanit de cette croyance4 ,un mme t]me ab/rait1 celui d'homme1 p> exemple1 s'applique deux objets s5sibles ,zd et ,amr\4 ,or ce t]me e/ ou non saisi p> les s5s4 ,s'il l'e/1 il faut qu'il ait1 comme t\t s5sible1 un lieu1 une position1 une quantit1 une manire d'tre dt]m9s4 ,mais on voit bi5 qu'il n'en e/ ri52 le concept d'homme n'a ni nombre1 ni site1 ni lieu1 ni mode spcial4 ,donc ce concept n'e/ pas s5sible1 mais intelligible pur2 et il en e/ de mme de t\s les univ]saux4 ,note #aie3 ,i*rt1 p4 #ach4 ,les s5s amn5t l'me les p>ticuli]s1 qui sont s5sibles2 l'me en extrait les univ]saux1 qui sont intelligibles2 mais elle ne les compr5d en acte que p> sa jonction avec l'intellect ag5t o les intelligibles rsid5t4 ,quant aux p>ticuli]s1 outre qu'ils sont p]u p> les s5s1 ils sont aussi susceptibles d'tre compris p> l'intellig5ce1 non en tant que p>ticuli]s1 mais en tant qu'effets de leur cause2 et c'e/ ici que cette ?orie relve de la mtaphysique4 ,cette comprh5sion con/itue la sci5ce du p>ticuli]1 laquelle e/ une opration intellectuelle et ne doit pas tre confondue avec la p]ception du p>ticuli] p> les s5s4 ,a9si1 selon un exemple que n\s avons vu en logique1 et qu',avic5ne lui-mme rpte1 l'clipse p>ticulire e/ p]ue1 en mme temps qu'elle e/ comprise comme effet des m\vem5ts des a/res4 ,d'ailleurs les univ]saux aussi1 t\t en tant saisis p> l'intellig5ce1 sont en mme temps compris dans leurs relations avec leurs effets et leurs causes4 ,l'clipse en gnral e/ comprise comme l'effet de l'int]position de la lune entre le soleil et la t]re4 ,en somme la p]ception s5sible e/ la base de t\tes les oprations de l'me2 mais l'me raisonnable aprs s'tre s]vie du s5sible p\r se dispos] recevoir en elle les intelligibles1 se sp>e de plus en plus des s5s et se rappro*e1 selon sa nature1 des ralits univ]selles4 ,l'me1 dit =t bi5 ,avic5ne#aif1 aprs s'tre s]vie des s5s1 revi5t de plus en plus son ess5ce1 c'e/--dire qu'elle se dgage de plus en plus de la matire p\r s'lev] des jugem5ts purem5t intelligibles4 ,note #aif3 ,nadjt1 p4 #ej4 ,que cette ?orie soit belle1 cela n'e/ gure d\teux4 ,je convi5s cep5dant qu'elle e/ de nature irrit] les g5s qui ti5n5t faire r5tr] les esprits ou les sy/mes dans des cadres pralablem5t tracs4 ,elle unit =t adroitem5t des vues que l'on e/ habitu considr] comme opposes4 ,empiri/e son db p> le rle fondam5tal qu'elle donne aux s5s1 et aussi p> l ari/otlici5ne1 elle se dploie en un idalisme t\t platonici51 c> l'intellect ag5t e/ bi5 prs d'tre id5tique au monde des ides4 ,a qui revi5t en df9itive le mrite de cette syn?se1 il s]ait difficile de l'tablir avec prcision4 ,je ne crois pas que n\s puissions encore d\t] ma9t5ant qu'un ef=t p]sonnel d'adaptation et de coord9ation n'ait t accompli sur le fond de la tradition philosophique p> les philosophes arabes4 ,la pr9cipale "p dans cet ef=t app>ti5t bi5 selon t\te vraisemblance ,avic5ne lui-mme1 la suite de son gr& devanci] ,f>abi4 ,quant la tradition sur laquelle ont opr ces p5seurs1 il app>at avec une vid5ce croissante que c'e/ celle de l'clectisme noplatonici54 ,la preuve de la spiritualit de l'me raisonnable1 ayant p\r corollaire celle de son immortalit1 e/ f\rnie p> ,avic5ne avec abondance1 et n\s essai]ons de reproduire la sub/ance de ce qu'il dit ce sujet4 ,un premi] mode de preuve e/ tir de la consci5ce immdiate que l'me a d'elle-mme ou plus spcialem5t de ses puissances4 ,cet argum5t e/ analogue celui qui pr\ve la lib]t p> la consci5ce que l'on en a4 ,en t\t tat l'me saisit sa propre ess5ce2 elle la saisit sans int]mdiaire1 et elle ne confond pas cette p]ception avec les p]ceptions s5sibles4 ,y a-t-il1 dem&e l'auteur dans les ,i*rt#aig1 un tat o l'on d\te de l'exi/5ce de sa propre ess5ce et o l'on ne soit pas sr de soi-mme8 ,que l'on soit absorb dans une mditation1 endormi ou ivre1 on se saisit soi-mme4 ,suppose ton ess5ce sp>e de t\t1 que ses p>ties ne soi5t pas vues1 que ses membres ne soi5t pas t\*s1 qu'elle soit en quelque sorte susp5due dans le vide1 elle cess]a de s'occup] de t\te autre *ose except d'affirm] sa propre c]titude4 ,tu saisis ton ess5ce sans avoir beso9 d'aucune autre puissance ni d'aucun int]mdiaire2 et ce que tu p]ois comme tant toi1 ce n'e/ pas ce que tu vois1 ni ce que tu t\*es1 ce n'e/ pas un membre de ton corps1 ni ton coeur ni ton c]veau2 ce n'e/ non plus une collection de *oses3 ,ce que tu p]ois comme tant toi n'e/ pas le s5sible ni ri5 qui y ressemble4 ,note #aig3 ,i*rt1 p4 #aai-abj4 ,peut-tre1 insi/e ,avic5ne1 p5ses-tu que tu saisis ton ess5ce p> le moy5 de ton acte4 ,mais si tu affirmes l'acte1 tu affirmes l'ag5t1 et si tu es c]ta9 de ton activit1 tu es c]ta9 de toi-mme comme ag5t1 non p> voie de consqu5ce1 mais immdiatem5t4 ,le pr9cipe des =ces qui p]oiv5t et de celles qui cons]v5t et meuv5t l'assemblage des lm5ts du corps huma9 e/ quelque *ose que tu nommes l'me4 ,c'e/ une sub/ance qui se rp& dans ton corps comme un tronc tale ses bran*es1 et cette sub/ance e/ toi vraim5t4 ,l'argum5t que la =ce intellectuelle saisit sans organe e/ f\rni avec plus de vigueur dans le ,nadjt4 ,il a la valeur d'un second mode de preuve2 il ne s'agit plus seulem5t de dmontr] que l'me raisonnable a directem5t consci5ce d'elle-mme1 mais que la sub/ance intellectuelle compr5d p> son ess5ce et non p> un in/rum5t4--,n\s disons#aih que si la =ce intellectuelle compr5d p> un in/rum5t corporel1 de telle sorte que son acte propre ne s'a*ve que p> l'emploi de cet in/rum5t1 il faut en conclure qu'elle ne compr5d pas son ess5ce et qu'elle ne compr5d pas l'in/rum5t et qu'elle ne compr5d pas qu'elle compr5d1 c> il n'y a pas d'autre in/rum5t entre elle et son ess5ce1 ni entre elle et son in/rum5t1 ni entre elle et le fait de sa comprh5sion4 ,note #aih3 ,nadjt1 p4 #di4 ,en gnral les puissances qui saisiss5t p> un organe saisiss5t quelque *ose d'extrieur leur ess5ce et cet organe mme4 ,t\te p]ception p>ticulire des s5s et des autres facults de l'me animale se fait p> un organe2 mais les s5s et ces facults saisiss5t seulem5t des *oses extrieures2 ils ne saisiss5t ni leurs organes ni leurs ess5ces propres4 ,seule la =ce intellectuelle saisit sa propre ess5ce2 donc elle compr5d sans organe4 ,ce qui confirme encore cette preuve1 cont9ue ,avic5ne1 c'e/ que les facults qui p]oiv5t p> l'impression des =mes dans les organes1 sont sujettes se fatigu] la longue1 p>ce que le travail rpt use les organes en altrant le mlange d'humeurs qui con/itue leur sub/ance et leur nature physiques444 ,les *oses se pass5t l'inv]se p\r la puissance intellectuelle4 ,elle gagne en =ce et en facilit p> un ex]cice prolong1 et qu& elle reoit les =mes des intelligibles les plus difficiles#aii4 ,si la puissance intellectuelle tait une facult du corps analogue aux autres1 elle devrait s'affaiblir aprs l'ge de qu>ante ans4 ,sans d\te on objecte que dans la vieillesse et dans c]ta9es maladies1 l'me oublie ce qu'elle a compris4 ,mais cette objection n'a pas de valeur1 c> si1 aprs avoir pr\v que l'me agit p> son ess5ce1 n\s admettons de plus qu'elle cesse d'agir qu& le corps vi5t faire dfaut1 on ne saurait tr\v] l de contradiction ni de difficult4 ,note #aii3 ,cf4 ,i*rt1 p4 #agf4 ,un autre mode de preuve consi/e montr] que le lieu des intelligibles e/ une sub/ance non corporelle4 ,cette dmon/ration s'applique l'me raisonnable et p\rrait s'appliqu] aussi l'intellect ag5t4 ,avic5ne la donne dans le ,nadjt s\s une =me trs ma?matique qu'il e/ curieux de reproduire4 ,si le lieu des intelligibles1 dit l'auteur#bjj1 e/ un corps1 ou bi5 il e/ une p>tie extrme indivisible de ce corps1 ou bi5 il en e/ une p>tie divisible4--,je dis d'abord qu'il n'en e/ pas une p>tie indivisible4 ,en effet si l'on considre le po9t seulem5t comme un t]me qui ne se di/+ue pas en site de la ligne ou de la quantit laquelle il app>ti5t1 en sorte que ri5 ne puisse repos] dans le po9t qui ne soit en mme temps dans cette ligne ou dans cette quantit1 alors le po9t n'e/ qu'une extrmit accid5telle de ce qui e/ p> ess5ce quantit1 et il peut seulem5t y avoir p> accid5t dans le po9t une extrmit de ce qui e/ p> ess5ce dans la quantit4--,si au contraire1 on reg>de le po9t comme di/9ct de la ligne ou de la quantit1 et si l'on admet qu'il e/ susceptible de recevoir quelque *ose sp>m5t1 alors le po9t a deux s5s1 l'un du ct de la ligne1 di/9cte de lui1 dont il =me l'extrmit1 l'autre du ct oppos4 ,en ce cas ce po9t e/ sp> de cette ligne2 et l'on peut considr] que cette ligne a une autre extrmit avant le po9t1 laquelle e/ encore un po9t auquel le mme raisonnem5t peut tre appliqu4 ,il s'ensuit que la ligne e/ compose en acte d'une succession de po9ts en nombre f9i ou inf9i2 or on a vu en physique que cela n'e/ pas4 ,donc le po9t n'a pas de site propre2 et la =me intelligible ne peut pas tre situe dans le po9t indivisible4--,considrons encore1 dans la mme hypo?se1 deux po9ts sp>s p> un seul autre4 ,ou bi5 le po9t int]mdiaire sp>e rellem5t les deux autres1 et il faut que *acun des deux t\*e une p>tie spciale de ce po9t moy5 qui alors se divise2 cette conclusion e/ absurde4 ,ou bi5 il n'y a pas sp>ation relle des po9ts1 et alors la =me intelligible que n\s avons suppose rsidant dans un des po9ts en p>ticuli]1 se tr\ve repos] du mme c\p dans t\s1 et cela e/ contradictoire4 ,donc1 une fois de plus1 le lieu des intelligibles n'e/ pas le po9t corporel indivisible4 ,note #bjj3 ,nadjt1 p4 #dh-di4 ,je dis ma9t5ant que ce lieu n'e/ pas non plus une p>tie divisible d'un corps4 ,s'il l'e/1 la =me intelligible se divise avec la division du corps4 ,supposons une division en deux p>ties4 ,si ces deux p>ties sont semblables1 il faut *]*] comm5t1 de leur runion1 peut natre quelque *ose de diffr5t4 ,cette rsultante ne p\rrait diffr] des p>ties qu'en figure ou en nombre2 mais la =me intelligible n'a pas de figure ni de nombre1 ou bi5 elle devi5t =me imag9aire4--,si les p>ties sont dissemblables1 exam9ons comm5t la =me intelligible peut avoir des p>ties dissemblables4 ,ces p>ties ne p\rrai5t tre que celles de la df9ition qui sont les g5res et les diffr5ces2 mais de l rsult]ai5t plusieurs impossibilits4 ,d'abord il faudrait que les g5res et les diffr5ces fuss5t divisibles l'inf9i en puissance comme le corps2 mais les p>ties de la df9ition d'une mme *ose sont f9ies4 ,les divisions du corps correspondant celles de la df9ition1 telle p>tie un g5re1 telle une diffr5ce1 il arriv]ait1 si l'on modifiait le sectionnem5t du corps1 que l'on c\p]ait p> exemple un g5re en deux1 une diffr5ce en deux1 et que l'on mettrait ensemble dans une section la moiti d'un g5re avec la moiti d'une diffr5ce2 cela ne se compr5d pas4 ,et encore1 t\t intelligible ne peut pas se divis] en intelligibles plus simples que lui4 ,il y a des intelligibles qui sont les plus simples de t\s1 sans g5re ni diffr5ce1 et qui s]v5t de pr9cipe dans la syn?se intellectuelle4 ,le corps au contraire e/ divisible l'inf9i4--,il e/ donc pr\v que le lieu des intelligibles n'e/ pas une p>tie divisible d'un corps1 et1 absolum5t1 qu'il n'e/ pas un corps4 ,je ne sais ce qu'on p5s]a de cette preuve2 peut-tre faut-il avoir l'esprit bi5 gomtrique p\r la gt]4 ,j'av\e que1 t\te t5due qu'elle e/1 je l'ai transcrite avec plaisir et que je lui tr\ve beauc\p de saveur4 ,il e/ c]ta9 au re/e qu',avic5ne y atta*ait une haute importance4 ,*ahra/ani qui la rpte1 en en abrgeant la premire p>tie1 l'appelle la preuve dcisive4 ,n\s sommes donc excusable de l'avoir cite4 ,avic5ne fait suivre cette longue dmon/ration d'une autre beauc\p plus c\rte qui en e/ comme un autre mode4 ,auj\rd'hui que les esprits ne sont plus habitus la rigueur de l'argum5tation scola/ique1 cette seconde =me de la preuve p>atrait peut-tre la meilleure3 ,on a expliqu que la facult intellectuelle purifie les intelligibles des dp5dances de la matire1 du lieu1 du site1 de la quantit1 de la qualit4 ,or cette ess5ce intelligible exi/e-t-elle a9si purifie dans la ralit extrieure1 ou bi5 e/-ce dans l'intellig5ce8 ,il e/ clair que c'e/ dans l'intellig5ce4 ,si donc cette ess5ce ne peut tre dsigne p> des t]mes de lieu1 de site et autres semblables1 c'e/ que l'intellig5ce1 dans laquelle elle e/1 n'e/ pas un corps4 ,la =ce intellectuelle1 aj\te encore l'auteur1 saisit les intelligibles un un en acte1 et en puissance elle en saisit l'inf9i4 ,or il rsulte de ce qui a t dit en physique que ce qui e/ capable de saisir en puissance des *oses sans f91 n'a pas son lieu dans un corps ni dans une simple facult du corps4 ,l'immortalit de l'me e/ la consqu5ce immdiate de sa spiritualit4 ,du mom5t que l'me raisonnable n'e/ pas imprime dans le corps1 qu'elle e/ une sub/ance spirituelle indp5dante dont le corps n'e/ que l'outil1 le dfaut de cet outil n'atte9t pas cette sub/ance4 ,du mom5t que l'me1 qu& elle e/ jo9te l'intellect ag5t1 compr5d p> son ess5ce1 sans avoir beso9 d'organes1 le dfaut de ces organes ne saurait lui nuire4 ,ces conclusions sont vid5tes#bja4 ,aussi ,avic5ne s'applique-t-il mo9s ma9t5ant dmontr] l'immortalit de l'me raisonnable qu' re*]*] p> quel mode de dp5dance elle e/ relie au corps4 ,note #bja3 ,i*rt1 p4 #agf4 ,il y a1 dit-il#bjb1 trois sortes de dp5dance3 dp5dances d'galit dans l'tre1 de po/riorit et d'antriorit4 ,si le corps et l'me dp5d5t rciproquem5t l'un de l'autre d'une dp5dance d'galit1 et que cette dp5dance soit ess5tielle1 alors *acun d'eux e/ annex p> l'ess5ce son compagnon et il n'y a pas en ralit deux sub/ances1 mais une sub/ance unique2 ce qui e/ faux4 ,si cette dp5dance n'e/ qu'accid5telle1 alors l'un des deux ne prit pas p> la mort de l'autre1 mais il y a deux sub/ances1 le corps et l'me1 p\vant exi/] sp>m5t#bjc4--,si la dp5dance e/ une dp5dance de po/riorit dans l'tre1 l'me tant po/rieure au corps1 alors le corps e/ cause de l'me dans l'tre4 ,or il y a quatre causes1 comme on sait4 ,il e/ absurde que le corps soit cause effici5te1 cause ag5te de l'me1 c> le corps1 en tant que corps1 n'agit pas2 il n'agit que p> ses facults4 ,il e/ absurde aussi qu'il soit cause matrielle4 ,n\s avons dit que l'me e/ une sub/ance qui n'e/ pas imprime dans le corps comme la =me de la /atue e/ imprime dans le cuivre4 ,il ne se peut pas non plus que le corps s'imprime dans l'me p> l'effet d'une c]ta9e composition dans laquelle l'me entr]ait1 en sorte que le corps s]ait comme la cause =melle de l'me4 ,impossible e/-il aussi que le corps soit la cause f9ale de l'me2 l'inv]se s]ait plutt vrai4 ,le corps ne peut donc en aucune faon tre la cause ess5tielle de l'me2 mais il peut en tre la cause accid5telle2 qu& le corps et le mlange des humeurs ont t produits1 ils sont adapts p\r tre l'in/rum5t et la proprit de l'me4--,le troisime mode de dp5dance e/ la dp5dance d'antriorit1 l'me tant antrieure au corps et cause du corps dans l'tre4 ,si cette antriorit e/ dans le temps1 il e/ absurde que l'me dp5de de l'exi/5ce du corps1 lui tant antrieure4 ,si cette antriorit e/ dans l'ess5ce1 cela signifie que de l'ess5ce antrieure dc\le ncessairem5t l'ess5ce po/rieure4 ,mais alors le manque du consqu5t oblige pos] le manque de l'antcd5t4 ,or le consqu5t ne peut manqu] s'il n'e/ pas d'abord arriv dans l'antcd5t quelque *ose p> quoi celui-ci a manqu4 ,donc il faudrait1 p\r que le corps prt1 qu'une cause arrivt t\t d'abord qui f]ait prir l'me1 et le corps ne prirait pas p> des causes qui lui s]ai5t propres4 ,il e/ clair que ceci e/ faux puisque le corps prit p> l'altration de ses humeurs ou de sa composition1 qui e/ une cause qui lui e/ propre4--,de t\t ceci rsulte qu'il n'y a pas de dp5dance ess5tielle de l'me au corps1 mais seulem5t une dp5dance accid5telle v5ant de pr9cipes suprieurs4 ,et puisqu'il n'y a qu'une dp5dance accid5telle1 l'me ne prit pas p> la mort du corps4 ,note #bjb3 ,nadjt1 p4 #ea4 ,note #bjc3 ,dans le trait publi p> ,l&au]1 p4 #chc1 ,avic5ne donne cet endroit un argum5t d'ordre physique un peu biz>re3 ,si les lm5ts tai5t placs en galit avec les =ces1 il ne p\rrait pas y avoir de m\vem5t2 le corps ne p\rrait se m\voir en haut1 p>ce que la *aleur l'emport]ait1 ni en bas1 p>ce que le froid l'emport]ait2 le corps ne p\rrait pas non plus tre en repos dans aucune des positions occupes normalem5t p> les lm5ts1 p>ce qu'alors la =ce naturelle relative la position o il se tr\v]ait s]ait prdom9ante4 ,le corps en somme ne p\rrait tre ni en m\vem5t ni en repos1 ce qui e/ absurde4 ,de plus1 l'me tant une sub/ance simple ne peut pas runir en elle l'acte de subsi/] et la puissance de prir4 ,ces deux conditions1 selon ,avic5ne1 se contr>i]ai5t et ne p\rrai5t pas se concili] avec la simplicit de la sub/ance4 ,la puissance de prir ne peut se r5contr] que dans les *oses composes ou dans les *oses simples qui subsi/5t dans les composs4 ,t\tes ces preuves de l'immortalit de l'me sont hautem5t mtaphysiques4 ,il ne p>at pas qu',avic5ne se soit beauc\p occup des preuves morales ou my/iques4 ,cela ne signifie pas qu'elles tai5t ignores alors4 ,on les tr\v]ait sans d\te dans les ?ologi5s4 ,les frres de la puret1 dont le sy/me a un c>actre plus moral que celui des philosophes1 ont donn un joli argum5t populaire en faveur de l'immortalit#bjd3 ,on voit t\s les hommes1 dis5t-ils1 pleur] sur leurs morts4 ,ce n'e/ pas sur les corps qu'ils pleur5t1 puisque les corps sont s\s leurs yeux et qu'au lieu de les embaum] p\r les voir plus longtemps1 ord9airem5t ils les ent]r5t4 ,c'e/ donc cause d'autre *ose qui s'e/ enfui lo9 des cadavres4 ,dans le sy/me d',avic5ne1 l'me huma9e n'exi/e pas avant le corps4 ,*aque me e/ cre au mom5t de la gnration du corps#bje1 et elle reoit1 relativem5t lui1 une adaptation spciale4 ,il e/ impossible que les mes exi/5t avant leurs corps1 p>ce qu'elles ne p\rrai5t tre ce mom5t-l ni multiples ni unes4 ,elles ne p\rrai5t tre multiples p>ce qu'elles ne p\rrai5t se di/+u] l'une de l'autre4 ,les *oses ab/raites pures1 en gnral1 ne peuv5t dev5ir multiples que p> d'autres *oses concrtes qui les support5t4 ,en elles-mmes elles ne diffr5t pas et ne saurai5t tre spcifies4 ,d'autre "p les mes1 avant leur entre dans les corps1 ne sont pas unes ensemble2 c> les mes qui sont dans les corps ou bi5 s]ai5t des fragm5ts de cette me unique2 mais une *ose une1 sans gr&eur ni volume1 n'e/ pas divisible en puissance2 ou bi5 ces mes s]ai5t unes aussi dans les corps1 et cela e/ faux p> l'vid5ce de la consci5ce4 ,note #bjd3 ,abh&lung51 p4 #fjh4 ,note #bje3 ,nadjt1 p4 #ea4 ,donc les mes sont produites1 multiples1 au mom5t o naiss5t les corps2 elles subiss5t une c]ta9e prp>ation p> laquelle *acune d'elles s'adapte au corps qu'elle doit rgir4 ,la manire dont se fait cette prp>ation p>at re/] un peu my/rieuse aux reg>ds d',avic5ne4 ,au mom5t o les mes quitt5t les corps1 cette diffr5ce orig9elle1 jo9te la diffr5ce des temps de leur production et de leur d"p hors des corps1 les emp*e de se confondre et fait qu'elles re/5t ess5ces di/9ctes4 ,enf9#bjf t\t tre anim p]oit en sa consci5ce qu'il n'y a en lui qu'une seule me qui s5t et agit p> son corps et p> laquelle le corps e/ g\v]n librem5t4 ,une autre me dans le mme corps ne s5tirait pas p> lui1 n'agirait pas sur lui1 ne se manife/]ait en aucune faon2 et il n'y aurait pas de dp5dance entre elle et ce corps4 ,de cette unit de l'me individuelle1 ,avic5ne conclut l'impossibilit de la mtempsycose#bjg4 ,note #bjf3 ,nadjt1 p4 #eb4 ,note #bjg3 ,dans la ,kacdah sur l'me que n\s avons publie1 ,avic5ne se prononce aussi contre la mtempsycose1 mais sans donn] d'argum5t4 ,il e/ vid5t que dans ces d]ni]s raisonnem5ts1 ,avic5ne1 que je crois s9cre1 s'ef=ce de combattre les t5dances pan?i/es dans lesquelles son sy/me et pu tre entran4 ,cet ef=t e/ trs intressant1 c> il n\s fait bi5 p]cevoir la limite o1 dans l'esprit du philosophe1 l'influ5ce du dogme l'emporte sur celle de la philosophie4 ,au del de cette limite1 la philosophie doit pli] devant la ?ologie2 en de1 il a fallu que t\t le sy/me ft ordonn de faon que1 prolong jusqu' ce po9t1 il n'y v9t pas heurt] le dogme4 ,en fran*issant sans encombre ce prilleux passage1 ,avic5ne a montr qu'il avait russi tablir une cont9uit entre la sci5ce et le dogme1 qu'il les avait conv5ablem5t s\ds l'un l'autre1 en d'autres t]mes qu'il avait fait oeuvre de scola/ique4 ,,*apitre ,,ix ,,la ,m,,taphysique ,d',,avic5ne ,la mtaphysique1 appele p> les philosophes arabes la philosophie premire et plus spcialem5t dans le ,nadjt1 la sci5ce div9e 7el-ilhit7 e/ la sci5ce du monde des tres suprat]re/res et de ,dieu4 ,elle =me dans le sy/me d',avic5ne1 un noble tableau dont les lignes matresses rayonn5t aut\r de deux gr&es doctr9es3 celle de la procession des tres et celle de la causalit4 ,dans le monde suprieur s'a*ve l'*elle des tres1 dont n\s avons vu les degrs trav]s] le monde physique et le monde psy*ologique4 ,voici1 d'aprs une curieuse ptre attribue notre auteur1 m5tionne p> ,ibn abi ,osebiah et publie dans la collection des ,resil f'l-hikmet1 l'ptre ,nr\zieh#bjh1 comm5t se dr\le l'ordre des tres entre notre monde et ,dieu4 ,note #bjh3 ,page #ic de la collection4 ,cette ptre e/ un prs5t de n\vel an 7nr\z7 (f]t p> ,avic5ne l'mir ,ab\ ,bekr ,mohamm$1 fils d',abd]-,rahim1 dans la biblio?que duquel il avait travaill4 ,le sujet pr9cipal de l'ptre e/ l'explication des lettres alphabtiques qui sont en tte de plusieurs s\rates du ,coran4 ,avic5ne suppose que ces lettres reprs5t5t les div]s degrs des tres dans l'*elle mtaphysique4 ,au sommet de t\t e/ l'tre ncessaire1 pr9cipe des pr9cipes1 qui n'e/ pas multiple et que ri5 ne conti5t4 ,il n'y a pas de rang qu'il ne dpasse1 pas d'exi/5ce qu'il ne procure4 ,il e/ tre pur1 vrit pure1 bi5 pur1 sci5ce pure1 puissance pure1 vie pure1 et t\s ces t]mes ne dsign5t ensemble qu'une seule ab/raction et une seule ess5ce4 ,ce qui sort t\t d'abord de l'tre ncessaire e/ le monde des ides4 ,c'e/ une collection qui r5f]me un c]ta9 nombre d'tres1 exempts des conditions de puissance et de dp5dance1 pures intellig5ces1 =mes belles1 dont la nature ne comporte ni *angem5t ni multiplication1 ni inclusion dans une matire1 t\tes ori5tes v]s le premi] tre1 occupes son imitation1 la manife/ation de son comm&em5t1 la volupt de son appro*e intellectuelle1 galem5t t]nelles p5dant t\te la dure4 ,au-dess\s e/ le monde des mes4 ,ce monde compr5d une collection nombreuse d'ess5ces intelligibles qui ne sont pas compltem5t sp>es de la matire1 mais qui en sont revtues d'une c]ta9e faon4 ,leurs matires sont des matires fixes cle/es2 et elles sont les plus excell5tes des =mes matrielles4 ,ce sont elles qui adm9i/r5t les corps des sphres et1 p> leur int]mdiaire1 les lm5ts4 ,leur nature comporte une espce de multiplication1 mais non absolue4 ,t\tes aim5t passionnm5t le monde des ides4 ,*acune a en propre un nombre qui la relie une des ides1 et elle agit con=mm5t l'exemplaire univ]sel que lui f\rnit son pr9cipe immatriel qui dc\le de l'tre premi]4 ,le monde physique vi5t ensuite1 compr5ant les =ces infuses dans les corps1 compltem5t revtues de matires4 ,elles opr5t dans ces corps les m\vem5ts et les repos ess5tiels1 et elles les s\mett5t la v]tu des p]fections sub/antielles p> le moy5 de la magie4 ,enf9 se place le monde corporel divis en ?r et en lm5taire1 le premi] ayant en propre la figure et le m\vem5t sphriques1 le second c>actris p> des figures div]ses et des m\vem5ts *angeants4 ,la =me ord9aire que revt la ?orie de la procession des sphres *ez ,avic5ne et app>emm5t dans t\te l'cole philosophique arabe1 n'e/ cep5dant pas celle qui e/ prs5te p> cette belle ptre4 ,s\s son aspect normal1 cette ?orie e/ plus s*e1 et le monde des ides1 bi5 qu'il y exi/e encore1 n'y e/ pas nomm p> son nom ni expressm5t dgag4 ,voici quelle e/ cette =me commune3 ,au sommet de t\t e/ ,dieu1 que les philosophes n'appell5t pas p> son nom1 ,allah1 mais qu'ils dsign5t p> les t]mes mtaphysiques de l',un1 le ,premi]1 l'tre ncessaire1 la ,cause premire1 la ,vrit premire4 ,de ,dieu dc\le un second tre1 un esprit pur1 que l'on nomme le premi] caus4 ,du premi] caus dc\l5t ensemble l'me et le corps de la sphre limite du monde1 et une intellig5ce4 ,de cette intellig5ce dc\l5t l'me et le corps de la plante la plus loigne1 soit ,saturne1 et une troisime intellig5ce4 ,de cette troisime intellig5ce dc\l5t l'me et le corps de la plante subsqu5te1 soit ,jupit]1 et une quatrime intellig5ce qui s]a celle de la sphre qui suit ,jupit]1 dans l'ordre des plantes4 ,la procession cont9ue1 suivant cet ordre4 ,de l'intellig5ce de la d]nire plante1 soit la ,lune1 dc\le une d]nire intellig5ce pure qui e/ l'intellect ag5t4 ,de l'intellect ag5t dc\le le monde sublunaire4 ,selon cet nonc1 l'intellect ag5t et les intellig5ces pures des a/res =m5t ensemble le monde des ides qui tait plus di/9ct dans le premi] sy/me4 ,mais n\s croyons s5tir qu' l'audition de cette ?se trange1 c]ta9s lecteurs auront conu contre ,avic5ne une mauvaise impression2 et il n\s semble qu'ils s'apprt5t f]m] le livre1 en n\s repro*ant d'avoir dp5s beauc\p de sci5ce et de subtilit p\r surpr5dre leur admiration et p\r la faire retomb] en df9itive sur le sy/me d'un b>b>e ou sur celui d'un enfant4 ,n\s avons le devoir de df5dre notre hros contre ces s5tim5ts inju/es1 et aussi celui de s\t5ir le lecteur qui un in/ant de dpit ou de dfaillance p\rrait faire p]dre t\t le fruit de sa pati5ce antrieure4 ,c]tes1 n\s ne prt5dons pas que l'ide de fix] les a/res sur des sphres de cri/al s'enveloppant l'une et l'autre et de donn] ces sphres des mes et des intellig5ces1 ait en elle-mme ri5 de bi5 intressant p\r notre temps2 mais n\s v\lons indiqu] que1 mise sa place dans l'hi/oire des croyances huma9es1 cette ide1 p> le trs long temps qu'elle a occup l'esprit de l'homme1 r$evi5t importante1 intressante et belle1 et qu'elle acqui]t une espce de vnrabilit cause de la pr(ondeur des rac9es qu'elle plonge dans le pass4 ,la croyance l'animation des a/res n'e/ po9t autre *ose1 en ralit1 qu'un cas p>ticuli] et rem>quable de la croyance l'animation de la nature1 que dans l'hi/oire des religions on nomme naturisme4 ,p\r l'homme primitif1 les esprits g\v]nai5t les a/res1 comme ils g\v]nai5t les v5ts1 les nues1 le c\rs des eaux ou la croissance des plantes4 ,mais de bonne heure1 aux reg>ds des obs]vateurs de la ,*alde1 les esprits des a/res se di/+ur5t des puissances animiques de la nature t]re/re et s'levr5t au-dessus d'elles p> la maje/1 la srnit et l'eury?mie de leurs manife/ations4 ,la sci5ce la plus primitive con/ata le contra/e entre la nature des tres infrieurs s\mis la naissance et la de/ruction1 emports dans l'inextricable complexit de phnomnes capricieux et *angeants1 et celle des tres a/ronomiques qui1 p>aissant affran*is de la naissance et de la mort1 dr\l5t sol5nellem5t leurs m\vem5ts ry?ms dans des espaces immuables4 ,si le calme et la pr5nit conv5ai5t aux dieux suprieurs1 les a/res tai5t ces dieux2 et puisqu'ils semblai5t immortels1 c'e/ que leurs corps div9s tai5t faits d'une autre matire que nos corps dcomposables4 ,cela n'e/ donc pas d\teux1 la ?orie de l'me des sphres dans la philosophie grecque et dans la philosophie mdivale1 e/ la cont9uation mme de l'a/roltrie primitive et plus prcism5t de l'a/roltrie *aldenne4 ,cette croyance1 rehausse p> des considrations sur l'h>monie des nombres1 avait dom9 la philosophie de ,py?agore2 elle avait eu un rle important dans celle de ,platon2 les int]prtes arabes prt5d5t la retr\v] dans les crits d',ari/ote1 bi5 qu' nos yeux1 elle y soit peu visible2 elle rep>ut dans le noplatonisme2 elle s'immatrialisa en quelque sorte dans les manations gno/iques2 enf9 qu& se dess9a la scola/ique ori5tale1 elle se tr\va ram5e son lieu d'orig9e1 dans cette ,*alde au firmam5t pur o p\r la premire fois les hommes avai5t1 avec rflexion1 atta* leurs yeux sur les a/res4 ,a ce mom5t1 n\s l'avons dit1 le culte des a/res subsi/ait encore2 les savants ,h>rani5s tai5t a/roltres4 ,qu& donc la ?orie1 s\s sa =me philosophique1 rev9t v]s ces contres1 elle y r5contra des esprits qui tai5t encore s\s l'impression de sa =me religieuse1 et1 la faveur de cette circon/ance1 elle eut sans difficult accs dans le c]veau des p5seurs4 ,lorsque plus t>d1 l'orig9e de l'ge mod]ne1 s'opra la rvolution qui trans=ma l'a/ronomie1 on admira la h>diesse du savant qui avait r5v]s le sy/me des sphres en dplaant la t]re de son antique lieu et en y sub/ituant le soleil4 ,mais en vrit1 l'ide n\velle n'tait pas celle qui c>tait la t]re du c5tre du monde1 c> cette ide1 s\s =me d'hypo?se1 s'tait depuis longtemps prs5te l'esprit des *]*eurs4 ,le fait seul que plusieurs philosophes1 et entre autres ,avic5ne1 crivir5t p\r dmontr] que la t]re tait situe dans le milieu de l'univ]s#bji1 pr\ve que la ?se contraire tait p\r eux au mo9s intellectuellem5t recevable4 ,la vritable dc\v]te de l'ge mod]ne e/ celle p> laquelle l'esprit huma91 rompant df9itivem5t avec les habitudes prhi/oriques du naturisme1 cessa de croire la transc5dance des ess5ces cle/es et reconnut que les a/res tai5t composs des mmes sub/ances *imiques que les corps de notre monde et s\mis aux mmes lois physiques et mcaniques4 ,avic5ne1 antrieur l'ge de cette dc\v]te1 n'e/ donc passible d'aucun repro*e p\r avoir con=m son sy/me la sci5ce de son temps1 et1 cette fois encore1 le dfaut de sa philosophie n'e/ que la reproduction du dfaut de la sci5ce4 ,note #bji3 ,v4 plus haut1 p4 #aed4 ,cf4 dans le mme s5s une note de notre mmoire sur l',a/rolabe l9aire1 ,j\rnal ,asiatique #ahie1 ,i1 #dff4 ,ma9t5ant repr5ons le c\rs de notre exposition4 ,le gr& problme qui se posait t\t d'abord dans la ?orie gnrale de la procession des tres tait celui de la procession de la multiplicit4 ,il s'agissait de savoir comm5t de l'tre un dc\le le monde multiple4 ,ce pr9cipe exi/ait que de l'un ne peut sortir que l'un1 du mo9s d'une faon immdiate4 ,il fallait donc dc\vrir quelque procd qui p]mt de tir] le multiple de l'un de faon mdiate4 ,c'e/ dans ce b que fut imag9 le premi] caus4 ,l'inv5tion du premi] caus avait une utilit p\r a9si dire ma?matique dont il e/ ais de se r5dre compte4 ,aucune multiplicit n'exi/ant dans l'un considr isolm5t1 il et t jamais impossible de tir] de l'un seul la multiplicit des *oses2 mais une fois le premi] caus1 qui e/ lui-mme un1 tant sorti du premi] un1 on avait deux uns1 et l'on obt5ait du c\p une c]ta9e multiplicit de rapports4 ,les notions psy*ologiques de consci5ce et de connaissance mles aux notions mtaphysiques de possible et de ncessaire1 dt]m9ai5t la nature de ces rapports4 ,le premi] caus se connaissait lui-mme et connaissait l'tre premi]2 cela con/ituait une dualit4 ,de plus le premi] caus tait possible p> lui-mme1 ncessaire p> l'tre premi]2 se connaissant lui-mme1 il se connaissait s\s ces deux modes1 et l'on obt5ait a9si une triplicit4 ,cela tait suffisant p\r donn] naissance la multiplicit *]*e4 ,la ?orie pr5ait donc la =me didactique que voici#baj3 ,note #baj3 ,ce qui suit e/ rdig pr9cipalem5t d'aprs ,nadjt1 p4 #ge1 section sur l'ordre d'exi/5ce des intellig5ces1 des mes cle/es et des corps suprieurs4 ,il n'y a dans le premi] tre aucune multiplicit2 dans le premi] caus1 il y a une triplicit qui ne lui vi5t pas du premi] tre4 ,la ncessit seule du premi] caus vi5t du premi] tre2 sa possibilit e/ en lui-mme4 ,la triplicit qu'il r5f]me consi/e1 comme n\s v5ons de le dire1 en ce qu'il connat le premi] tre et qu'il se connat lui-mme comme possible p> lui-mme et comme ncessaire p> le premi] tre4 ,du fait que le premi] caus connat le premi] tre dc\le une intellig5ce qui e/ la premire situe au-dess\s de lui1 soit celle de la sphre de ,saturne2 du fait que le premi] caus se connat lui-mme comme ncessaire p> le premi] tre1 dc\le l'exi/5ce d'une me qui e/ celle de la sphre limite2 du fait qu'il se connat comme possible p> lui-mme dc\le l'exi/5ce du corps de cette sphre limite4 ,ce mode de procession se rpte ensuite en desc5dant l'*elle a/ronomique4 ,de l'intellig5ce de ,saturne1 en tant qu'elle connat ,dieu1 dc\le l'intellig5ce de la sphre de ,jupit]2 de la mme intellig5ce1 en tant qu'elle se connat elle-mme1 dc\l5t l'me et le corps de la sphre de ,saturne4 ,la drivation cont9ue a9si jusqu' ce qu'on arrive l'intellect ag5t2 l elle s'arrte2 il n'y a en effet aucune ncessit1 obs]ve ,avic5ne1 qu'elle cont9ue indf9im5t4 ,dans ce sy/me1 on voit bi5 comme l'int]v5tion du premi] caus p\r produire un comm5cem5t de multiplicit e/ +nieuse2 mais on ne voit pas t\t d'abord comm5t les div]ses faces de la connaissance du premi] caus et des intellig5ces subsqu5tes donn5t naissance des corps et des mes d'tres a/ronomiques4 ,sur ce po9t1 je reconnais qu'une explication rationnelle e/ difficile f\rnir2 et n\s p\vons bi5 croire que ce n'e/ pas notre incompt5ce ou notre comprh5sion insuffisante du sy/me d',avic5ne qui n\s cause cet emb>ras1 c> un autre gr& philosophe arabe1 ,gazali1 v\lant critiqu] cette ?orie1 ne juge pas ncessaire de rec\rir aucun argum5t ni aucune dmon/ration1 mais la dcl>e purem5t et simplem5t incomprh5sible4 ,il a cep5dant d exi/] des motifs qui ont port d'aussi puissants esprits qu',avic5ne et que ,f>abi s'atta*] ce sy/me4 ,avic5ne rem>que quelque "p#baa que *aque intellig5ce eng5dre des sub/ances spirituelles p> la p>tie de sa connaissance qui ressemble le plus la =me1 et une sub/ance corporelle p> la p>tie de cette connaissance qui ressemble la matire2 mais cette analogie subtile n'e/ encore pas une dmon/ration4 ,les vritables motifs que je crois disc]n] comme ayant pu dcid] nos philosophes recevoir ce sy/me1 sont3 d'abord qu'il p\vait tre considr comme une rduction des ?ories de l'manation aux limites du dogme mahomtan1 vue intressante1 p>ce qu'elle montr]ait les gr&s philosophes de l'ori5t1 mme les plus sages1 en raction contre le simplisme de la conception coranique de ,dieu et t\j\rs mus p> une sympa?ie plus ou mo9s av\e p\r t\tes les doctr9es qui1 opposes ce simplisme1 t5dai5t diss\dre l'tre div9 p\r le fusionn] avec le monde2--ensuite que ces mmes philosophes ont t\j\rs eu cette conception pr(onde que les vritables sub/ances tai5t actives1 que l'activit d'un tre avait p\r effet non seulem5t des phnomnes1 mais plutt encore des tres1 qu'en consqu5ce il n'y avait ri5 que de normal ce que les intellig5ces les plus hautes produisiss5t des tres eux-mmes suprieurs4 ,cette ide e/ puissante2 n\s la retr\v]ons plus lo94 ,note #baa3 ,i*rt1 p4 #agd4 ,la ?orie de la procession des sphres se cont9ue p> celle de la motion des sphres1 o l'on voit la s*]esse de la premire se dissip] s\s une sorte d'effluve potique4 ,n\s avons laiss ent5dre en physique qu'il y a trois sortes de m\vem5t2 le m\vem5t naturel qui ramne le corps v]s son lieu naturel lorsqu'il en a t c>t1 le m\vem5t p> contra9te qui e/ celui qui produit cet loignem5t du corps de son lieu naturel ou qui l'emp*e d'y rev5ir1 et le m\vem5t volontaire qui e/ le propre des tres anims et dont le pr9cipe rside dans les facults motrices de l'me4 ,le m\vem5t des sphres app>ti5t cette troisime espce4 ,le m\vem5t naturel e/ rectiligne1 a9si que n\s l'avons expliqu1 puisque c'e/ celui qui ramne p> voie directe les corps leurs lieux4 ,un m\vem5t circulaire1 tel que celui des sphres1 ne peut donc tre que contra9t ou libre2 et comme il n'y a nulle app>5ce que celui-ci soit contra9t1 n\s en concluons que les sphres se meuv5t d'un m\vem5t libre#bab4 ,le moteur pro*e des cieux1 dit ,avic5ne#bac1 n'e/ pas une =ce naturelle ni une intellig5ce1 mais une me1 et leur moteur loign e/ une intellig5ce4 ,l'me de la sphre e/ la cause pro*a9e de *aque p>tie du m\vem5t1 l'intellig5ce en e/ la cause loigne et gnrale4 ,cette me de la sphre#bad r5\velle en elle-mme les =mes p]ues et les volitions2 elle e/ d\e de la facult op9ante1 c'e/--dire qu'elle saisit les p>ticuli]s *angeants1 et elle a de la volont p\r les *oses p>ticulires2 elle e/ le complm5t du corps de la sphre et sa =me444 elle e/ dans la sphre comme notre me animale e/ en n\s1444 si ce n'e/ que ses op9ions ou ce qui correspond en elle nos op9ions1 sont vritables1 et que ses imag9ations ou ce qui correspond nos imag9ations1 sont ju/es4 ,l'analogie de l'me de la sphre avec notre me animale n'e/ cep5dant pas complte4 ,avic5ne la rappro*e plutt en d'autres endroits de notre intellig5ce pratique1 c'e/--dire de la p>tie morale de notre me raisonnable4 ,cette me meut la sphre p\r un c]ta9 motif moral1 comme notre intellig5ce pratique meut notre corps en vue des actes bons4 ,il faut1 dit notre auteur#bae1 que le pr9cipe de ce m\vem5t soit le *oix et la volont d'un bi5 vritable4 ,note #bab3 ,nadjt1 p4 #bh4 ,note #bac3 ,nadjt1 p4 #ga4 ,note #bad3 ,nadjt1 p4 #gb4 ,note #bae3 ,nadjt1 loc4 cit4 ,que peut tre ce bi5 que re*]*e l'me de la sphre8 ,de ce que le m\vem5t sphrique e/ en app>5ce t]nel1 on dduit que ce bi5 re*]* ne peut tre qu'un bi5 subsi/ant p> lui-mme et qui n'e/ jamais atte9t4 ,tel tant ce bi51 l'me peut seulem5t *]*] lui ressembl] dans la mesure du possible4 ,en tant qu'une c]ta9e p>tie de ce bi5 e/ atte9t1 la sphre doit se tr\v] dans un c]ta9 tat con/ant1 et en tant qu'une p>tie en e/ inaccessible1 la sphre doit se m\voir t\j\rs comme p\r l'atte9dre4 ,a9si s'expliqu5t la rgul>it et la p]ptuit du m\vem5t des a/res4 ,ce qui ju/ifie cette doctr9e1 aj\te l'auteur1 c'e/ que la sub/ance cle/e se meut videmm5t p> une puissance inf9ie2 or la puissance de son me ne peut tre que f9ie2 mais p>ce que son intellig5ce compr5d le premi] tre1 et qu'il dc\le t\j\rs de lui sur elle de sa lumire et de sa =ce1 elle devi5t comme d\e d'une puissance sans f9444 ,le pr9cipe du m\vem5t de la sphre e/ donc la passion de ressembl] au bi5 suprme1 en subsi/ant1 autant que possible1 dans un tat de p]fection4 ,de mme que les corps physiques sont mus p> leurs passions naturelles jusqu' ce qu'ils soi5t en acte dans le lieu auquel ils t5d5t1 de mme on doit compr5dre que les corps cle/es dsir5t passionnm5t d'tre1 p>mi les situations o ils peuv5t se tr\v]1 dans celle o se ralise leur tat le plus p>fait#baf4 ,note #baf3 ,cf4 ,i*rt1 p4 #afj4 ,l'obs]vation montre que les m\vem5ts des sphres diffr5t entre eux en vitesse et en s5s4 ,on en dduit que le b auquel t5d la passion des sphres n'e/ pas le mme p\r elles t\tes1 c> elles aurai5t alors des m\vem5ts gaux4 ,*acune a p\r objet propre de sa passion une intellig5ce pure spciale1 et selon la diffr5ce de ces intellig5ces se diffr5ci5t les m\vem5ts#bag4 ,mais la cause premire de la motion de t\tes les sphres et leur attrait loign sont les mmes1 et c'e/ la cause premire ou ,dieu4 ,de la communaut de cet attrait d]ni] rsult5t les c>actres communs de leurs m\vem5ts1 la circul>it et la rgul>it4 ,tel e/1 dit ,avic5ne#bah1 le s5s de cette p>ole des anci5s1 que le t\t a un unique moteur aim et que *acune des sphres a un moteur spcial et un aim spcial4 ,note #bag3 ,nadjt1 p4 #ge4 ,note #bah3 ,nadjt1 p4 #gc4 ,la srie des m\vem5ts qui se transmett5t dans les tres1 ne peut1 lorsqu'on la remonte1 all] l'inf9i1 et elle doit ncessairem5t ab\tir un moteur qui ne se meut pas4 ,s'il en tait autrem5t1 il y aurait une srie inf9ie de corps mus1 ayant ensemble un volume inf9i et exigeant p\r se m\voir une puissance inf9ie1 t\tes *oses que l'on a dmontres impossibles4 ,le premi] moteur1 dont la =ce e/ inf9ie1 e/ donc hors des corps2 c'e/ une ess5ce spirituelle qui n'e/ pas en m\vem5t1 puisqu'elle e/ elle-mme l'auteur du m\vem5t1 ni en repos1 puisqu'elle n'e/ pas susceptible de se m\voir et que le repos ne s'ent5d que des corps capables de recevoir le m\vem5t4 ,le premi] moteur e/ au-dessus des corps1 du m\vem5t et du temps#bai4 ,il rsulte de l'expos qui a prcd que le premi] moteur effectif e/ l'me de la sphre limite1 et que le premi] moteur loign e/ l'intellig5ce de cette mme sphre1 c'e/--dire le premi] caus1 qui meut cette sphre p> la voie du dsir4 ,note #bai3 ,d'aprs l'ptre sur les ,fonta9es de la sagesse1 collection des ,resil fi'l-hikmet1 p4 #ab4 ,en deux passages#bbj ,avic5ne attribue l'ensemble de cette ?orie ,ari/ote et il repro*e ses disciples de l'avoir fausse4 ,cette attribution n'e/ gure recevable2 mais on peut not]1 je crois1 dans le s5s de la prt5tion d',avic5ne et contrairem5t une int]prtation rp&ue1 que le premi] moteur1 p\r ,ari/ote1 n'e/ pas ,dieu mme1 mais une intellig5ce po/rieure ,dieu4 ,l'intellect ag5t1 d]nire v5ue des intellig5ces pures1 g\v]ne notre monde#bba4 ,c'e/ d'elle que dc\l5t1 grce l'influ5ce des m\vem5ts cle/es1 les =mes que doit recevoir la matire sublunaire4 ,il se fait1 s\s l'action de la nature et des rvolutions des a/res1 une c]ta9e appropriation de *aque p>tie de cette matire des =mes dt]m9es1 et la portion matrielle a9si dispose reoit sa =me de l'intellect ag5t4 ,il e/ clair1 en effet1 qu'il y a dans la matire c]ta9es dispositions spcifiques qui la prp>5t des =mes dt]m9es4 ,p> exemple1 dit ,avic5ne1 la matire de l'eau1 lorsqu'on la *auffe1 devi5t de mo9s en mo9s dispose recevoir la =me de l'eau et de plus en plus prte recevoir celle du feu4 ,mais la manire prcise dont se fait cette spcification n\s demeure un peu obscure1 et n\s croyons ap]cevoir qu'il en tait de mme p\r l'esprit d',avic5ne4 ,au re/e cette "q n\s ramne l'tude du monde physique qui ne r5tre pas dans le sujet de ce *apitre1 et elle n\s conduit au ve/ibule de la sci5ce a/rologique dans laquelle n\s ne comptons pas pntr] au c\rs de ce volume4 ,arrtons donc ici la ?orie de la procession des tres1 et occupons-n\s ma9t5ant de la gr&e doctr9e des causes4 ,note #bbj3 ,nadjt1 p4 #gc2 ,i*rt1 p4 #afg4 ,note #bba3 ,v4 sur ce sujet ,nadjt1 p4 #gg1 section sur la manire dont les lm5ts procd5t des causes premires4 ,cf4 ,i*rt1 p4 #age4 ,avic5ne df9it et analyse a9si la notion de cause#bbb3 ,un pr9cipe 7ou cause7 e/ t\t ce dont l'exi/5ce tant complte p> son ess5ce ou p> celle d'un autre1 il en rsulte une autre *ose que ce pr9cipe fait subsi/]4 ,la cause peut tre ou non comme une p>tie dans son effet4 ,si elle e/ telle1 elle peut l'tre de deux manires3 ou bi5 son exi/5ce en acte ne ncessite pas l'exi/5ce en acte de l'effet2 elle e/ alors l'lm5t1 lequel peut exi/] sans que l'objet qui e/ en compos se produise2 ce s]a p> exemple le bois p\r le trne2 ou bi5 l'exi/5ce en acte de la cause ncessite l'exi/5ce en acte de l'effet2 elle e/ alors la =me du compos1 et elle s]a p> exemple l'assemblage et la figure du trne4--,si la cause n'e/ pas comme une p>tie dans son effet1 ou bi5 elle e/ di/9cte de l'ess5ce de l'effet ou bi5 elle s'y relie4 ,si elle se relie l'ess5ce de l'effet1 cela peut arriv] de deux manires3 ou la cause e/ pi?te de l'effet1 comme la =me de la matire1 ou elle a l'effet p\r pi?te1 comme la donne a l'accid5t4--,la cause tant di/9cte de l'ess5ce de l'effet1 peut tre soit ce dont vi5t l'exi/5ce de l'effet1 et alors elle e/ l'ag5t1 soit ce en vue de quoi cette exi/5ce vi5t1 et dans ce cas la cause e/ la f94 ,note #bbb3 ,nadjt1 p4 #eh2 ,cf4 ,*ahra/ani1 p4 #cfh4 ,en rsum il y aurait six espces de causes3 la matire du compos1 la =me du compos1 la donne de l'accid5t1 la =me de la matire1 l'ag5t et la f94 ,mais la matire du compos se confond avec la donne de l'accid5t1 p>ce que t\tes deux sont ce en quoi rside la puissance1 et la =me du compos se confond avec la =me de la matire1 p>ce que t\tes deux sont ce p> quoi l'effet e/ produit en acte4 ,on ab\tit a9si la fameuse doctr9e des quatre causes qui a t effleure en logique4 ,ces quatre causes sont comme l'on sait3 la matrielle1 la =melle1 l'effici5te et la f9ale4 ,la p>tie la plus mtaphysique de cette doctr9e e/ celle o l'auteur re*]*e la place relative dans l'tre de la cause effici5te et de la cause f9ale4 ,la cause f9ale suit dans l'tre la production de l'effet2 mais1 en tant qu'elle e/ quelque *ose1 elle prcde t\tes les autres causes4 ,il ne faut pas confondre en effet tre et tre quelque *ose4 ,un ab/rait a une exi/5ce dans les objets rels et une exi/5ce dans l'me4 ,ce qu'il y a de commun ces deux exi/5ces1 c'e/ que dans l'une et l'autre1 l'ab/rait e/ quelque *ose4 ,la f91 en tant qu'elle e/ quelque *ose1 prcde t\tes les causes2 en tant qu'elle exi/e dans la ralit ext]ne1 elle les suit4 ,les causes ne devi5n5t causes en acte que p> la f94 ,en vrit donc1 le premi] ag5t et le premi] moteur en t\tes *oses e/ sa f94--,cette doctr9e1 aussi simple que belle1 a son application immdiate dans la ?orie1 que n\s exposions plus haut1 de la motion des sphres1 o n\s avons vu que le premi] caus tait la fois le premi] moteur et la f9 du m\vem5t des sphres4 ,il y a autre *ose ct des causes3 ce sont les trois motifs#bbc auxquels n\s avons dj fait allusion1 la nature1 la volont et la contra9te4 ,a propos du m\vem5t naturel1 ,avic5ne rem>que que la nature n'e/ pas la cause pro*a9e de ce m\vem5t1 puisque prcism5t au mom5t o il se meut1 le corps e/ c>t de sa nature et qu'il se meut p\r y r5tr]4 ,c'e/ donc plutt la non-conv5ance entre *acun de ses tats successifs et son tat naturel qui e/ la cause pro*a9e et effici5te du m\vem5t du corps1 t&is que la nature n'en app>at gure que comme la cause loigne et f9ale4 ,cette non-conv5ance va en dim9uant p> degrs p5dant le m\vem5t et c'e/ ce qui en dt]m9e le s5s4 ,de mme1 dans le m\vem5t volontaire1 la volont d'ensemble qui y prside n'e/ qu'un motif gnral et fixe1 fond sur la considration de la cause f9ale2 mais *aque p>tie du m\vem5t e/ produite p> quelque *ose qui *ange et se r5\velle au fur et mesure des progrs du mobile1 et cette *ose consi/e dans les imag9ations p>ticulires du b et les volitions v>ies qu'a l'me en *aque in/ant du m\vem5t4 ,l'me e/ ju/em5t le pr9cipe en lequel se fait ce r5\vellem5t des volitions pro*a9es1 t&is que l'intellig5ce pure n'e/ qu'un pr9cipe moteur loign4 ,c'e/ p\rquoi1 aj\te ,avic5ne1 ,ari/ote a dit3 ,a ceci1 c'e/--dire l'intellig5ce spculative1 le jugem5t univ]sel2 cela1 les actions et les intellections p>ticulires1 c'e/--dire l'intellig5ce pratique4--,il e/ impossible de ne pas se plaire d'aussi dlicates ?ories4 ,note #bbc3 ,nadjt1 p4 #ff4 ,avic5ne a t5t de faire de la doctr9e de la causalit des applications prcises celle de la procession des sphres1 de manire tablir cette d]nire d'une manire rig\reuse4 ,ce sont des essais sur lesquels n\s ne croyons pas utile d'insi/]4 ,ils se rsum5t en quelques ?ormes1 tels que#bbd3 la matire et la =me d'un corps ne sont pas causes l'une de l'autre2 les corps ni les mes cle/es ne peuv5t tre causes les uns des autres2 ces corps et ces mes ne peuv5t tre que les effets de causes spirituelles2 t\te intellig5ce pure e/ cause2--?ormes desquels il ressort en df9itive qu',avic5ne considrait l'tre intellig5t comme tant cause1 de p> sa nature mme1 ce qui e/ en accord avec les t5dances dynami/es que n\s avons dj r5contres dans plusieurs p>ties de son sy/me4 ,t\te intellig5ce pure e/ cause2 l'tre premi] e/ cause de t\t4 ,les intellig5ces et l'tre premi]1 en ayant consci5ce d'eux-mmes1 se connaiss5t immdiatem5t comme cause2 et ici la ?orie de la causalit se ramifie dans la ?orie =t importante de la connaissance en l'tre suprme4 ,voici comme en p>le ,avic5ne#bbe4 ,note #bbd3 ,i*rt1 p4 #agb-agd4 ,note #bbe3 ,nadjt1 p4 #ge-gf4 ,le t\t ne peut pas sortir de l'tre premi] en raison d'un b que celui-ci aurait notre faon4 ,il y aurait alors en l'tre premi] quelque *ose cause de quoi il se propos]ait la production du t\t1 et il en rsult]ait une dualit dans son ess5ce1 ce qui e/ impossible4 ,de plus1 ce qui port]ait l'tre premi] re*]*] le t\t s]ait la connaissance d'un bi5 et d'une utilit qui en rsult]ait p\r lui2 or il n'y a ri5 d'utile l'tre ncessaire4 ,le t\t ne procde pas non plus de lui p> pure voie de nature1 de telle faon que le premi] tre ignor]ait l'exi/5ce du t\t et n'en pr\v]ait aucune satisfaction4 ,ce mode de procession e/ impossible puisque le ,premi] e/ intellig5ce pure1 compr5ant son ess5ce2 il faut donc bi5 qu'il compr5ne que l'exi/5ce du t\t e/ un effet de son ess5ce1 d'autant qu'il ne se compr5d lui-mme que comme intellig5ce pure et pr9cipe premi] et qu'il ne compr5d l'exi/5ce du t\t qu'en tant qu'il en e/ le pr9cipe4 ,t\te ess5ce qui connat ce qui procde d'elle et qui n'y r5f]me en elle-mme aucune opposition1 en pr\ve satisfaction4 ,donc le ,premi] e/ satisfait de la procession du t\t4 ,en outre le ,premi] compr5d l'ordre du bi5 dans l'tre1 puisqu'il compr5d son ess5ce qui e/ le pr9cipe de cet ordre2 il compr5d quel il faut que ce soit cet ordre1 non pas d'une intellig5ce qui s'lve de la puissance l'acte1 ni d'une intellig5ce qui se transporte d'intelligible en intelligible2 c> son intellig5ce e/ pure de t\t ce qui e/ en puissance2 mais il le saisit d'une intuition une1 simultane4 ,l'intellig5ce qu'il a de l'ordre du bi5 dans l'tre l'oblige d'ailleurs compr5dre comm5t cet ordre e/ possible et comm5t c'e/ le meilleur de t\t ce qui e/ possible4 ,l'exi/5ce du t\t e/ produite selon des jugem5ts intelligibles2 la ralit intelligible e/ id5tiquem5t *ez l'tre premi] sci5ce1 p\voir1 volont4 ,n\s1 n\s avons beso91 en t\t ce que n\s projetons1 d'un b1 d'un m\vem5t et d'une volont1 p\r que cela p>vi5ne l'tre2 mais il n'en e/ pas de mme *ez l'tre premi]4 ,*aque *ose a sa cause dans la comprh5sion qu'il a d'elle1 et elle exi/e de p> lui1 comme effet de son exi/5ce4 ,avic5ne1 dans ce passage1 a surt\t id5tifi l'intellig5ce et la cause2 en un autre endroit1 il id5tifie surt\t l'tre et l'intellig5ce4 ,l'tre premi] e/ la fois1 dit-il#bbf1 p> ess5ce1 intellig5ce1 intellig5t et intelligible4 ,l'on sait que la nature de l'tre ne rpugne pas compr5dre2 il lui arrive seulem5t de ne pas compr5dre lorsqu'elle e/ dans la matire1 revtue des accid5ts de la matire2 elle e/ alors s5sible et imag9ative2 mais1 normalem5t1 l'tre e/ intelligible4 ,l'tre premi] et ncessaire e/ pur de la matire et de ses accid5ts4 ,donc1 en tant qu'il e/ tre pur1 il e/ intellig5ce2 en tant qu'on dit de lui que son ipsx pure app>ti5t son ess5ce1 il e/ intelligible p> son ess5ce2 et en tant qu'on dit de lui que son ess5ce e/ ipsx pure1 il e/ intellig5t de son ess5ce4 ,l'tre premi] e/ quiddit et ipsx pures4 ,note #bbf3 ,nadjt1 p4 #fg4 ,l'tre ncessaire compr5d a9si1 p> son ess5ce1 son ess5ce mme1 avec t\tes les *oses dont elle e/ le pr9cipe#bbg4 ,or il e/ le pr9cipe des tres compltem5t raliss1 dans leur ralit1 et des tres s\mis au natre et au prir1 dans leurs espces d'abord1 et1 p> l'int]mdiaire des espces1 dans leurs individualits4 ,il n'e/ pas possible qu'il compr5ne ces tres *angeants avec leur *angem5t1 en sorte que tantt il compr5ne d'eux qu'ils sont et ne manqu5t pas1 tantt qu'ils manqu5t et ne sont pas2 *acun des deux cas correspondrait une =me intelligible spciale qui ne subsi/]ait pas avec l'autre2 et alors l'ess5ce de l'tre ncessaire *ang]ait4 ,les *oses prissables sont comprises p> la quiddit pure1 non en tant qu'elles sont prissables4 ,qu& elles sont saisies comme associes la matire et ses accid5ts1 elles ne sont plus intelligibles1 mais s5sibles et imag9ables4 ,or n\s avons dmontr que les =mes s5sibles et imag9ables ne sont saisies que p> des organes divisibles2 cette sorte de p]ception ne peut donc s'ent5dre de l'tre premi]4 ,de mme que beauc\p d'actions sont au-dess\s de l'tre ncessaire1 de mme beauc\p de p5ses4 ,il ne compr5d t\tes *oses que d'une manire univ]selle1 et1 malgr cela1 ri5 ne lui re/e ca* des *oses individuelles1 pas le poids d'un dirrah dans les cieux et la t]re4 ,c'e/ l une m]veille qui ne peut tre conue que p> des esprits trs habiles4 ,note #bbg3 ,nadjt1 loc4 cit4 ,section sur ce que l'tre premi] e/ la fois intellig5ce1 intellig5t et intelligible4 ,il sembl]ait1 d'aprs ces d]ni]s mots1 qu',avic5ne ait eu consci5ce de l'habilet qu'il a lui-mme dploye dans cette trs intressante doctr9e4 ,il e/ en somme p>v5u id5tifi] tant bi5 que mal1 p> un +nieux emploi de la notion de causalit1 le ,dieu philosophique qui ignore peu prs le monde1 avec le ,dieu dogmatique qui en connat jusqu'au d]ni] dirrah4 ,ce n'tait c]tes pas l le passage le mo9s ardu de la "q scola/ique4 ,peut-tre1 en concluant ce *apitre1 dirons-n\s que la solution d',avic5ne sur ce po9t n'e/ pas compltem5t satisfaisante2 en t\t cas elle e/ adroite et elle e/ t\t l'honneur de son gnie philosophique4 ,cette solution peut au fond se rsum] en disant que la connaissance que ,dieu a du monde n'e/ que le prolongem5t de la consci5ce qu'il a de lui-mme1 et p> cet nonc app>at bi5 la lgre te9te pan?i/e qu'affecte cette ?orie4 ,dieu connat le monde comme son effet1 du po9t de vue de la gnralit1 suivant l'ordre de la srie des causes et des effets dont il e/ le premi] *anon4 ,il connat t\t p>ce qu'il ncessite t\t3 ,il connat#bbh t\tes les *oses comme pr9cipes et comme effets1 selon l'ordre qui les lie2 et c'e/ a9si qu'il ti5t les cls des *oses ca*es4 ,note #bbh3 ,nadjt1 p4 #fi4 ,une autre ?orie1 ramifie sur celle des causes1 e/ celle des univ]saux4 ,n\s allons montr] comm5t ,avic5ne1 dans sa mtaphysique1 en expose les ?ses ess5tielles1 aprs quoi n\s expliqu]ons quel li5 elle a avec la doctr9e des causes4 ,l'ab/rait1 dit notre auteur#bbi1 considr isolm5t1 en sa nature1 e/ une *ose2 considr comme gnral ou p>ticuli]1 un ou multiple1 en puissance ou en acte1 il e/ une autre *ose4 ,l'ab/rait homme1 pos sans aucune condition1 e/ homme seulem5t2 l'univ]salit e/ une condition qui s'aj\te cette nature1 de mme que la p>ticul>it1 l'unit ou la multiplicit1 la puissance ou l'acte4 ,note #bbi3 ,nadjt1 p4 #fj-fa4 ,l'univ]sel1 sans condition1 exi/e en acte dans les *oses2 il e/ support p> *acune d'elles1 non pas p>ce qu'il e/ un p> ess5ce ni p>ce qu'il e/ multiple1 c> cela ne lui app>ti5t pas en tant qu'univ]sel4 ,l'univ]sel n'e/ pas dans l'tre une *ose une et id5tique supporte en un c]ta9 temps p> *aque individu4 ,l'humanit1 p> exemple1 n'e/ pas un tre id5tique en t\t homme4 ,l'homme qui e/ revtu des accid5ts propres d'un individu n'e/ pas revtu des accid5ts d'un autre2 il n'y aurait plus alors de diffr5ce entre un homme et un autre1 entre ,zd et ,amr\4 ,il n'y a donc pas dans l'tre d'univ]sel commun2 l'univ]sel commun n'exi/e en acte que dans l'intellig5ce2 il e/ la =me que l'intellig5ce rapporte1 en acte ou en puissance1 *aque individu4 ,en somme1 comme l'on sait1 la notion d'univ]sel n\s =ce di/+u] deux espces d'exi/5ce3 l'exi/5ce dans l'esprit1 l'exi/5ce dans la ralit ext]ne4 ,de mme1 la notion de puissance n\s avait aussi fait di/+u] deux espces d'exi/5ce3 l'exi/5ce en puissance et l'exi/5ce en acte4 ,au fond1 dans ces sy/mes antiques et mdivaux1 la notion d'tre n'e/ pas absolue4 tre n'e/ pas quelque *ose d'aussi /rictem5t dt]m9 que n\s le s5tons d'aprs nos habitudes positivi/es ou c>tsi5nes4 ,il y a div]ses manires d'tre et div]ses manires de n'tre pas4 tre ou nant ne sont plus les deux t]mes d'une fatale alt]native1 et l'on dirait qu'une pnombre s't5d entre l'tre et le non-tre#bcj4 ,note #bcj3 ,la mtaphysique b\ddhi/e connat des tats int]mdiaires entre l'tre et le non-tre4 ,v4 notre mmoire sur les ,religions non *rti5nes dans un ,sicle1 t4 ,,iii1 p4 #df4 ,il y a dans ,platon1 la f9 du ,livre ,v de la ,rpublique un passage curieux o la mme conception e/ plusieurs fois exprime3 ,que faire de ces *oses et o les plac] mieux qu'entre l'tre et le nant8444 elles ne sont sans d\te pas plus obscures que le nant444 ni plus lum9euses que l'tre444 ,cette multitude de *oses444 r\le p\r a9si dire entre le nant et la vraie exi/5ce1 etc4 7,trad4 ,c\s91 ,,ix1 #cai74 ,lors donc que l'on re*]*e les causes des *oses1 il arrive que l'on e/ am5 di/+u] entre ces div]s degrs d'exi/5ce2 et1 p\r n\s exprim] avec plus de prcision1 la doctr9e d',avic5ne e/ conduite di/+u] entre la quiddit et l'tre de la *ose4 ,autre e/ la quiddit1 c'e/--dire ce qu'e/ la *ose en elle-mme1 dans son concept et dans sa df9ition1 autre e/ la ralisation concrte et ext]ne de cette *ose dans l'tre4 ,p> suite la *ose a une cause de sa quiddit et une autre cause de son tre4 ,une *ose e/ cause1 dit l'auteur#bca1 soit dans sa quiddit et dans son ess5ce1 soit dans son tre4 ,considrez p> exemple le triangle4 ,son ess5ce dp5d du plan o il se tr\ve et de la ligne qui lui s]t de ct4 ,ce sont eux qui le font subsi/] en tant qu'il e/ triangle et qu'il a l'ess5ce de la triangul>it1 et ils con/itu5t t\s deux ses causes matrielle et =melle4 ,mais1 dans son exi/5ce ext]ne1 le triangle dp5d d'une cause diffr5te2 c'e/ la cause effici5te et la cause f9ale1 et cette d]nire e/ la cause effici5te de la cause effici5te4 ,ailleurs1 l'auteur dmontre que la quiddit ne peut pas tre elle-mme la cause de l'tre3 ,il se peut1 dit-il#bcb1 que la quiddit d'une *ose soit motif d'une de ses qualits1 et qu'une de ses qualits le soit d'une autre1 comme la diffr5ce l'e/ du propre2 mais il ne se peut pas que la qualit de l'tre survi5ne la *ose cause de sa quiddit1 qui n'e/ pas lie l'tre1 ni cause d'une autre qualit1 p>ce que t\te cause e/ antrieure son effet dans l'tre1 et qu'il ne saurait y avoir d'antriorit dans l'tre avant l'tre4 ,note #bca3 ,i*rt1 p4 #aci4 ,note #bcb3 ,i*rt1 p4 #adb-adc4 ,de mme qu'il faut deux causes di/9ctes p\r la quiddit et p\r l'tre1 de mme il en faut deux p\r l'univ]sel et p\r le p>ticuli]4 ,t\te espce a sa cause2 t\t individu de l'espce a la si5ne4 ,au-dess\s des causes gnrales qui df9iss5t l'espce1 il faut des causes p>ticulires qui spcifi5t l'individu4 ,les *oses qui ont une mme df9ition de g5re diffr5t seulem5t p> d'autres causes4 ,si une *ose n'a pas la puissance de recevoir l'effet de ces causes spciales1 puissance qui e/ la matire1 elle ne peut tre individualise1 sauf le cas o il e/ de l'ess5ce de son g5re de n'tre applicable qu' une p]sonne unique2 mais s'il e/ dans la nature de son g5re de p\voir tre support p> plusieurs individus1 alors l'individualisation de *acun d'eux a lieu p> une cause spciale4 ,l'tre ncessaire e/ un en raison mme de son ess5ce4 ,il ne p>ticipe pas la quiddit d'aucune autre *ose2 son ess5ce n'a ni g5re ni diffr5ce et il ne se df9it pas4 ,on a s\v5t p5s1 dit ,avic5ne#bcc1 que l'tre1 pris en dehors de t\te donne1 e/ un ab/rait qui e/ commun l'tre premi] et d'autres tres d'une communaut de g5re1 et qu'il r5tre s\s le g5re de la sub/ance4 ,cela e/ faux4 ,la notion de g5re ne convi5t pas l'tre ncessaire2 il n'a pas une quiddit laquelle s'appliqu]ait ce concept4 ,l'exi/5ce ncessaire e/ en lui ce que la quiddit e/ en un autre4 ,note #bcc3 ,i*rt1 p4 #ade4 ,ma9t5ant que n\s avons montr comm5t se s\d5t les ?ories de l'tre1 de la cause et des univ]saux1 sans n\s y arrt] davantage1 n\s a*v]ons la syn?se de t\tes ces gr&es doctr9es et1 du mme c\p1 la mtaphysique1 en exposant1 la suite d',avic5ne1 la fameuse ?orie de la cause premire4 ,l'tre ncessaire1 dit l'auteur#bcd qui comm5ce p> appr(ondir la notion mme de ncessit1 e/ l'tre tel que1 si on le suppose manquant1 il en rsulte une impossibilit4 ,l'tre possible e/ tel que1 exi/ant ou manquant1 il ne donne lieu aucune impossibilit4 ,note #bcd3 ,la ?orie qui suit e/ tire du ,nadjt1 p4 #fb et suivantes4 ,l'tre qui e/ ncessaire l'e/ ou p> son ess5ce1 ou p> autre *ose que son ess5ce4 ,l'tre ncessaire p> son ess5ce e/ tel que la supposition qu'il manqu]ait e/ absurde p> son ess5ce mme et non p> autre *ose4 ,l'tre ncessaire1 mais non p> son ess5ce1 e/ celui qui devi5t ncessaire1 une autre *ose tant pose4 ,a9si #d devi5t ncessaire si l'on pose #b et #b2 la brlure le devi5t si l'on met en prs5ce la puissance active et la puissance passive1 c'e/--dire le comburant et le combu/ible4 ,une mme *ose ne peut pas tre ncessaire p> elle-mme et p> autre *ose la fois4 ,t\t ce qui e/ ncessaire p> autre *ose e/ possible p> sa propre ess5ce4 ,t\t ce qui e/ possible p> sa propre ess5ce e/ inv]sem5t ncessaire p> autre *ose4 ,deux *oses di/9ctes ne peuv5t pas tre ncessaires l'une p> l'autre4 ,on ne peut avoir ,a ncessaire p> ,b1 ,b ncessaire p> ,a1 et ,a et ,b ncessaires ensemble4 ,en effet *acun des deux1 tant ncessaire p> l'autre s]ait possible p> lui-mme4 ,ce qui e/ possible p> soi-mme doit avoir une cause dans l'tre qui lui soit antrieure4 ,mais aucun des deux n'e/ antrieur l'autre dans l'tre4 ,ils devrai5t donc avoir t\s deux des causes extrieures et antrieures eux deux1 et ils ne s]ai5t plus ncessaires l'un p> l'autre4 ,l'ess5ce de l'tre ncessaire ne peut pas avoir un pr9cipe compos p> lequel elle subsi/]ait et qui s]ait divisible1 soit selon la quantit1 soit selon la df9ition1 en matire et =me ou autrem5t4 ,en effet1 en t\t ce qui e/ tel1 l'ess5ce d'une p>tie n'e/ pas l'ess5ce d'une autre1 ni celle du t\t4 ,alors ou *aque p>tie aurait son exi/5ce p> elle-mme2 mais le t\t n'aurait la si5ne que p> les p>ties et il ne s]ait plus ncessaire2 ou quelques p>ties seulem5t exi/]ai5t p> elles-mmes1 et les autres1 non plus que le t\t1 ne s]ai5t ncessaires4 ,en t]mes plus gnraux1 les p>ties sont en ess5ce antrieures au t\t4 ,la cause qui ncessite l'exi/5ce du t\t ncessite d'abord celle de ses p>ties4 ,d'o aucun tre divisible ne peut tre ncessaire4 ,il suit de l que l'tre ncessaire n'a ni corps1 ni matire de corps1 ni =me de corps1 ni matire intelligible1 ni =me intelligible1 ni divisibilit d'aucune sorte selon la quantit1 le mode1 les pr9cipes ou la df9ition4 ,il e/ un s\s t\s ces rapports4 ,l'tre ncessaire p> son ess5ce e/ ncessaire s\s t\s rapports4 ,s'il y avait un ct p> lequel il ne ft pas ncessaire1 il aurait p> ce ct beso9 d'une cause1 et alors il ne s]ait plus ncessaire absolum5t1 mais avec cette cause4 ,ceci pr\ve qu'il n'y a aucune p>tie de l'ess5ce de l'tre premi] dont l'exi/5ce soit en ret>d sur celle de cet tre mme4 ,t\t ce qui e/ possible de lui1 en e/ en mme temps ncessaire4 ,il n'y a en lui nulle volont1 nulle sci5ce1 nul c>actre ni qualit d'aucune sorte qui att5de p\r tre et soit po/rieure sa propre exi/5ce4 ,aprs ceci la p5se d',avic5ne s'lve v]s les rgions morales2 ayant pr\v que l'tre ncessaire e/ absolum5t un1 il va montr]1 con=mm5t la doctr9e platonici5ne1 qu'il e/ aussi bi5 pur et vrit pure1 et n\s osons pri] le lecteur de rem>qu] les admirables =mules d'optimisme qu'il r5contre dans cette exposition4 ,t\t tre ncessaire1 dit-il1 e/ bi5 pur et p]fection pure4 ,le bi5 en gnral e/ ce que *aque *ose dsire et ce qui complte son exi/5ce4 ,le mal n'a pas d'ess5ce2 il e/ ou le dfaut d'une sub/ance ou le dfaut d'intgrit de l'tat d'une sub/ance4 ,donc l'exi/5ce e/ p> elle-mme bont1 et la p]fection de l'exi/5ce e/ la bont de l'exi/5ce4 ,l'exi/5ce en laquelle ne se tr\ve aucun manque1 ni manque de la sub/ance ni manque de quelque *ose en la sub/ance1 mais qui e/ t\j\rs en acte1 e/ bi5 pur4 ,le possible p> ess5ce1 p\vant support] le manque1 n'e/ pas bi5 pur4 ,le bi5 pur ne peut tre que l'tre ncessaire p> son ess5ce4 ,on appelle aussi bi5 ce qui e/ utile aux p]fections des *oses4 ,n\s v]rons que l'tre ncessaire e/ ncessairem5t utile t\t tre et t\te p]fection des *oses4 ,il e/ donc encore bi5 dans ce second s5s4 ,t\t tre ncessaire p> ess5ce e/ vrit pure2 c> la ralit vritable de t\te *ose e/ ce qui tablit en propre son exi/5ce4 ,il n'y a donc ri5 de plus vrai que l'tre ncessaire4 ,on appelle aussi vrai ce dont l'affirmation de l'exi/5ce e/ ju/e4 ,il n'y a donc ri5 de plus vrai que ce dont il e/ ju/e d'affirm] qu'il e/ et qu'il e/ t\j\rs et que1 tant t\j\rs1 il e/ p> son ess5ce et non p> celle d'un autre4 ,l'analyse de la notion de l'tre ncessaire e/ ensuite prcise et a*eve p> ces ?ormes que la ncessit ne peut s'affirm] de plusieurs1 que l'tre ncessaire e/ unique en son espce et qu'il e/ cause de cela1 complet en son exi/5ce2 puis l'auteur arrive la dmon/ration directe de l'exi/5ce de l'tre ncessaire1 et c'e/ ici que rep>at explicitem5t la ?orie de la causalit4 ,il y a des tres1 dit-il4 ,or t\t tre e/ ou ncessaire ou possible4 ,s'il e/ ncessaire1 l'exi/5ce de l'tre ncessaire e/ pr\ve2 s'il e/ possible1 n\s allons montr] que l'exi/5ce du possible conclut celle d'un tre ncessaire4 ,la dmon/ration s'effectue en trois lemmes4 ,lemme #a4 ,il ne se peut pas que t\s les possibles ai5t la fois une cause possible1 et cela sans f94 ,en effet1 s'il n'y a pas d'tre ncessaire dans la srie des possibles1 celle-ci1 en tant que srie1 e/ ou ncessaire ou possible4 ,si elle e/ ncessaire1 *acun de ses t]mes tant possible1 le ncessaire subsi/e p> les possibles1 ce qui e/ absurde4 ,si elle e/ possible1 alors sa somme a beso9 p\r exi/] de quelque *ose qui lui donne l'tre4 ,cette *ose e/ ou extrieure ou intrieure la srie4 ,si intrieure et ncessaire1 l'un des t]mes de la srie e/ ncessaire2 et on les a supposs possibles2 si intrieure et possible1 cette *ose e/ cause de la srie1 donc cause de ses p>ties et cause de sa propre exi/5ce1 donc ncessaire1 et on vi5t de la suppos] possible2 si extrieure1 elle ne peut tre une cause possible2 c> t\s les possibles sont dans la srie2 elle e/ donc ncessaire1 et alors les possibles ab\tiss5t cette unique cause ncessaire4 ,lemme #b4 ,une srie de causes en nombre f9i ne peuv5t pas tre possibles en elles-mmes et ncessaires l'une p> l'autre1 en sorte qu'elles dp5drai5t l'une de l'autre en c]cle4 ,la dmon/ration a t donne plus haut p\r le cas de deux causes2 elle peut se gnralis] d'une manire analogue celle du lemme #a1 avec ceci de p>ticuli] que l'on ab\tit la consqu5ce que *aque t]me s]ait cause et effet de sa propre exi/5ce1 ce qui e/ absurde4 ,lemme #c4 ,un produit et sa cause tant donns1 ou ce produit s'van\it au temps mme de sa production1 ou il s'van\it quelque temps aprs1 ou il e/ subsi/ant4 ,la premire hypo?se e/ absurde2 la seconde l'e/ aussi1 p>ce qu'elle suppos]ait que les in/ants se suiv5t d'une manire discont9ue1 ce qui n'e/ pas4 ,donc les tres sont et sont subsi/ants4 ,t\t tre a alors une cause de son exi/5ce et une cause de sa subsi/ance4 ,ces deux causes peuv5t se confondre1 comme dans le m\le qui donne et g>de sa =me au liquide1 ou tre di/9ctes1 comme p\r la =me de la /atue que produit l'artisan et que cons]ve la solidit de la matire4 ,ce n'e/ pas p>ce qu'il e/ produit que le produit dure2 mais il dure1 une fois qu'e/ ralise une c]ta9e condition de sa cause1 qui le fait dur]4 ,cette condition tant remplie1 il dure ncessairem5t1 tant qu'elle l'e/4 ,le possible devi5t ncessaire p> une condition2 il e/ alors ncessaire p> autre *ose que p> son ess5ce4 ,le possible rel manque2 t\t ce qui exi/e1 au mom5t o cela exi/e1 e/ ncessaire2 inv]sem5t t\t ce qui manque1 au mom5t o cela manque1 manque ncessairem5t4 ,ce d]ni] lemme reprs5te le c\ronnem5t et la mise en pratique de la ?orie de la causalit2 n\s le =mul]ions a9si3 ,t\t produit a une cause2 t\te cause e/ dt]m9ante4 ,l'union de ces trois lemmes a*ve en un in/ant la ?orie de l'tre premi]4 ,les possibles exi/ant ont beso9 de causes 7lemme #c72 ces causes ne s'en*an5t pas sans f9 7lemme #a71 ni ne ret\rn5t sur elles-mmes 7lemme #b74 ,donc elles ab\tiss5t l'tre ncessaire4 ,n\s aim]ions n\s taire1 aprs cette dmon/ration1 et laiss] le lecteur en sav\r] lui-mme l'orig9alit1 l'+niosit1 l'h>monie et la puissance4 ,n\s ne p\vons cep5dant pas n\s effac] compltem5t devant notre auteur et abdiqu] la conduite de cet ouvrage au mom5t o le devoir n\s incombe d'en fix] les conclusions4 ,le peu qui n\s re/e dire de la my/ique n'a plus en effet qu'une valeur complm5taire1 et l'ess5tiel de notre oeuvre e/ ds ma9t5ant a*ev4 ,or il me p>at que les conclusions auxquelles n\s devons n\s arrt] sont bi5 celles que n\s avons vues po9dre et se r5=c] de page en page dans le c\rs de cette analyse4 ,t\t d'abord1 le pr9cipe dom9ant dans l'cole philosophique arabe a t que la philosophie tait une2 plus exactem5t elle tait sci5ce1 et elle avait les c>actres qu'auj\rd'hui n\s reconnaissons la sci5ce1 mais que n\s n'accordons plus la philosophie3 l'univ]salit et la fixit4 ,il ne p\vait y avoir qu'une philosophie p\r t\t l'univ]s1 comme il n'y a qu'une sci5ce2 et1 une fois tr\ve et dmontre1 cette philosophie ne devait plus tre susceptible d'aucun *angem5t1 d'aucune v>iation1 d'aucune volution dans t\te la suite des temps4 ,c'e/ p\rquoi1 s\s la plume d',avic5ne1 dont le gnie ma?matique ne fut p\rtant pas spcialem5t =t1 n\s voyons la philosophie revtir l'aspect1 non seulem5t d'une sci5ce1 mais mme d'une sci5ce exacte#bce4 ,note #bce3 ,je suis p]suad que le po9t de vue de ,desc>tes tait absolum5t le mme2 je ne compr5ds pas p\rquoi l'habitude s'e/ rp&ue de considr] ,desc>tes comme un esprit libral en matire philosophique4 ,il n'y eut pas en vrit d'esprit plus gomtrique et plus dogmatique que le si54 ,la philosophie qu'il prt5dait fond] devait embrass] t\tes les sci5ces1 tre ma?matiquem5t dmontrable et absolum5t df9itive4 ,la r=me accomplie p> lui dans la philosophie n'avait donc pas beso9 de l'tre en dehors de la scola/ique2 elle p\vait aussi bi5 s'effectu] sans sortir de la scola/ique1 en remontant v]s ses orig9es4 ,en second lieu il me semble que la ligne gnrale du m\vem5t philosophique1 telle que n\s l'avons indique1 e/ ju/e4 ,le problme capital qui s'e/ pos l'cole arabe a bi5 t celui de la syn?se de deux vrits3 une vrit philosophique et une vrit de foi4 ,l'cole arabe avait t prcde un peu dans une re*]*e analogue p> l'cole syriaque4 ,p\r connatre exactem5t la "p d'orig9alit des philosophes arabes dans la solution qu'ils ont donne de ce problme1 il faudrait savoir p>faitem5t l'hi/oire de l'enseignem5t philosophique jusque v]s le neuvime sicle de notre re4 ,en l'abs5ce de cette connaissance prcise1 on peut seulem5t affirm] que dans l'cole arabe et p>ticulirem5t *ez ,avic5ne1 le travail de coord9ation et de dmon/ration des ?ses a t =t important4 ,au po9t de vue de l'tat d'esprit gnral dans lequel se sont tr\vs ces p5seurs1 il faut ret5ir1 comme n\s l'avons dit plusieurs fois1 que le syncrtisme a t p5dant de longs sicles une habitude intellectuelle rp&ue en ,ori5t4 ,cette habitude explique que les auteurs musulmans ai5t pu pos]1 sans avoir presque aucun d\te sur sa solubilit1 le problme scola/ique qui1 dans d'autres contres1 et effray ou rebut les *]*eurs4 ,le sy/me philosophique qui con/ituait l'un des t]mes de ce problme1--ceci encore peut tre accept comme une conclusion1--n'tait pas un sy/me individuel1 le platonisme1 le pripattisme ou tel autre2 il tait dj lui-mme un ensemble syncrtique =m p> voie traditionnelle s\s l'influ5ce dom9ante du noplatonisme et avec quelques infiltrations plus expressm5t gno/iques4 ,en outre1 des rm9isc5ces d'anci5nes fois religieuses se ratta*ant au dualisme et la gnose1 des ret\rs de sympa?ie mal cls v]s des doctr9es pan?i/es se manife/5t de temps en temps *ez les scola/iques arabes1 et jusque *ez les plus sages4 ,cette d]nire rem>que ne peut tre cep5dant que sommairem5t indique1 c> elle dp5d plutt de l'tude de la philosophie my/ique4 ,n\s devons encore n\s dem&] si1 en df9itive1 l'ef=t de p5se 7peut-tre doit-on dire de gnie7 des philosophes arabes a ab\ti une solution peu prs satisfaisante du problme scola/ique4 ,n\s craignons qu'il faille rpondre p> la ngative1 et cela p\r des motifs intr9sques et extr9sques4 ,les motifs intr9sques1 n\s les avons s5tis4 ,si n\s n\s rappelons ce qu'tait le ,dieu biblique et coranique d'une "p et ce que fut de l'autre le ,dieu des philosophes1 n\s avons l'impression qu'une si gr&e di/ance sp>e encore ces deux conceptions que la syn?se sur ce po9t ne peut pas tre considre comme dcidm5t accomplie4 ,la my/ique sans d\te e/ l p\r corrig] ce qu'il y a de hauta91 de f]m1 de sec et d'ab/rait dans la conception philosophique de ,dieu2 mais la my/ique elle-mme prs5te p\r l'or?odoxie des dang]s r$\tables2 si la mtaphysique r5f]me quelques traces de pan?isme1 ce n'e/ c]tes pas la my/ique qui l'en purifi]a4 ,en vrit1 p\r qui se place en imag9ation au po9t de vue du dogme musulman1 le ,dieu des philosophes e/ tonnant et +rat4 ,il a une impassibilit et un a*vem5t d'tre o l'on ne reconnat plus l'activit vivante et1 p> suite1 *angeante1 la v]tu cratrice1 la bont provid5tielle1 les longs desse9s1 les misricordieuses t5dresses1 les effrayantes v5geances du ,dieu biblique4 ,le ,dieu de la philosophie1 =ce d'tre en acte1 a l'air d'tre inactif2 n\s ne p\vons plus le connatre2 n\s ne sommes plus ports l'aim]1 quoi qu'on n\s pr\ve qu'il e/ la vrit suprme2 n\s ne le s5tons pas bon1 quoi qu'on n\s dmontre rationnellem5t qu'il l'e/4 ,surt\t1 n\s sommes effrays de voir ses attributs ess5tiels1 sa volont1 sa sci5ce1 sa puissance1 s'id5tifi] et se fondre dans une espce de pot5tialit inconcevable p\r n\s1 d'o dc\le le monde1 sans qu'il n\s soit possible de compr5dre jusqu' quel po9t ce ,dieu re/e l'auteur libre du monde1 et je dirai mme l'auteur consci5t4 ,n\s n'avons pas insi/ dans notre analyse sur cette "q dlicate de la lib]t de ,dieu dans la production du monde2 n\s n'aurions vraisemblablem5t ri5 gagn *]*] l'appr(ondir4 ,dans cet endroit1 ,dieu devi5t absolum5t my/rieux1 et l'on dirait que la p5se d',avic5ne1 l'exemple du ,premi]1 se drobe4 ,t\j\rs e/-il qu'en fait1--et c'e/ ici le motif extr9sque auquel n\s faisions allusion plus haut1--le sy/me d',avic5ne a s\lev l'horreur des esprits religieux4 ,gazali qui reprs5te dans l'islam le po9t culm9ant de la scola/ique dom9ante ?ologique1 comme ,avic5ne reprs5te la scola/ique dom9ante philosophique1--,gazali1 dis-je1 s'e/ attaqu avec viol5ce au sy/me d',avic5ne et en a ru9 la =tune en ,ori5t4 ,un sicle aprs ,gazali1 ces mmes doctr9es r5aissai5t en ,occid5t1 et1 fran*issant les limites de l'islam1 elles allai5t1 la manire d'une hrsie r$\table1 jet] l'p\vante dans le monde *rti51 s\s le nom d'av]rosme4 ,,*apitre ,x ,,la ,,my/ique ,d',,avic5ne4 ,n\s avons annonc au db de cet ouvrage que n\s ne trait]ions pas de la my/ique considre en elle-mme comme sy/me indp5dant4 ,ce que n\s allons en dire dans ce d]ni] *apitre e/ seulem5t de/9 s]vir de complm5t la mtaphysique4 ,il e/ intressant de voir comm5t la notion mtaphysique de ,dieu se complte et c]ta9s g>ds se corrige en my/ique1 comm5t ,avic5ne conoit les rapports de ,dieu l'homme dans les gr&es que/ions de la provid5ce et de la prde/9ation4 ,n\s allons ent5dre ce propos notre philosophe expos] une ?orie gnrale de l'optimisme qui e/ =t leve4 ,n\s v]rons aussi quelle e/ dans son sy/me la place de la morale1 place dont l'importance1 =t peu m>que dans les *apitres prcd5ts1 risquait d'*app] nos lecteurs1 et laquelle t\s les dveloppem5ts antrieurs laissai5t subsi/] une lacune qu'il e/ ncessaire de combl]4 ,avic5ne df9it dans les ,i*rt la ,provid5ce de la faon suivante#bcf3 ,la ,provid5ce e/ l'enveloppem5t du t\t p> la sci5ce de l'tre premi]2 et c'e/ la sci5ce qu'a le ,premi] de ce qu'il faut que soit le t\t p\r tre dans le plus bel ordre1 jo9te la consci5ce que cela rsulte ncessairem5t de lui et de l'environnem5t du t\t p> lui4 ,l'tre s'accorde avec ce qui e/ connu comme le mieux ordonn1 sans qu'il soit beso9 d'une re*]*e ni d'un ef=t de la "p du ,premi] et du ,vrai4 ,la sci5ce qu'a le ,premi] du mode de bont applicable l'ordre de l'tre univ]sel e/ la s\rce d'o le bi5 dc\le sur le t\t4 ,note #bcf3 ,i*rt1 p4 #ahe4 ,dans cette pr(onde df9ition1 n\s ne rem>qu]ons plus pr9cipalem5t l'espce d'id5tification qui e/ tablie entre la sci5ce de ,dieu1 sa volont1 sa puissance et sa bont1 puisque n\s n\s sommes dj arrt sur ce po9t de vue dans le *apitre de la mtaphysique4 ,en ce mom5t c'e/ surt\t comme l'expression d'une ?orie de l'optimisme que n\s considr]ons ces lignes1 et n\s en pr5drons prtexte p\r dem&] ,avic5ne1 puisque l'ordre des *oses lui semble le meilleur1 comm5t il compr5d le rle du mal et quelle ide il se fait du de/94 ,dieu tant le bi5 pur et le t\t dc\lant de ,dieu1 la gr&e difficult e/ de concevoir d'o provi5t le mal qui p>at dans le t\t4 ,la ?se gnrale de notre auteur e/ que le mal n'e/ pas dans le jugem5t div9 p> ess5ce et qu'il n'y entre que p> accid5t4 ,il y a trois espces de mal3 le dfaut ou manque1 la s\ffrance et le p*4 ,le mal p> ess5ce e/ le mal p> dfaut2 p> consqu5t il e/ ngatif4 ,voici comme en p>le ,avic5ne#bcg3 ,note #bcg3 ,nadjt1 p4 #gh2 section sur la ,provid5ce et comm5t le mal entre dans le jugem5t div94 ,le mal p> ess5ce e/ le manque1 non pas t\t manque1 mais le manque des p]fections qu'exig5t le g5re et la nature de la *ose4 ,le mal p> accid5t e/ ce qui cause ce dfaut et ce qui emp*e la p]fection d'tre ralise4 ,le mal suppose la puissance1 et p> l cette ?orie e/ ess5tiellem5t ari/otlici5ne4 ,t\te *ose qui exi/e en son a*vem5t extrme et sans qu'il y ait plus ri5 en elle en puissance1 n'a pas de mal2 le mal atte9t seulem5t ce qui e/ en puissance1 et cela du fait de la matire4 ,ou bi5 il produit dans la matire une c]ta9e disposition contraire l'une des p]fections que doit avoir l'objet1 p> exemple lorsque les nues1 les pluies abondantes ou l'ombre des hautes montagnes emp*5t les fruits de mrir2 ou bi5 il agit en c>tant ou en dtruisant la p]fection acquise de l'objet1 comme lorsque le froid1 v5ant frapp] les plantes1 les dtruit4 ,t\te la cause du mal se tr\ve r5f]me dans ce qui e/ s\s la sphre de la lune4 ,le mal n'a pas de prise sur les intelligibles2 il n'atte9t que les individus1 dans des temps limits1 et les espces y sont s\/raites4 ,l'on se dem&e s'il n'et pas t possible que le premi] adm9i/rateur ait fait exi/] un bi5 pur t\t fait exempt de mal4 ,non1--dit ,avic5ne1--cela n'et pas t possible dans le mode d'exi/5ce de notre monde1 qu& mme cela le s]ait dans l'tre en gnral4 ,la p5se de notre philosophe e/ que le bi5 absolu n'et pas t possible dans un monde auquel s'applique la mtaphysique pripattici5ne1 c'e/--dire celle de la puissance et de l'acte4 ,o il y a puissance1 il y a possibilit de dfaut1 donc de mal2 mais le ,crateur n'et pas pu ab&onn] le bi5 univ]sel qui e/ bi5 p> ess5ce1 mme qu& il n'exi/e qu'en puissance1 cause des maux accid5tels possibles qui s'y tr\v5t mls4 ,un monde dans lequel la possibilit du mal ne s]ait pas implique ne s]ait plus du t\t comp>able notre monde2 il s]ait quelque *ose de t\t autre1 on ne sait quoi d'inimag9able p\r n\s4 ,l'optimisme d',avic5ne sacrifie avec une gr&e facilit les victimes des maux p>ticuli]s au bi5 gnral1 soit les victimes des accid5ts temporels1 soit mme1 semble-t-il1 celles de l'enf]4 ,le mal qui ne consi/e pas dans le manque ne peut tre que relatif1 selon lui1 et il e/ t\j\rs un bi5 p> quelque endroit2 plus prcism5t encore1 il e/ t\j\rs un bi5 p> son pr9cipe1 et il n'e/ un mal que p> accid5t4 ,t\t ce qui e/ dsign s\s le nom de mal1 dans le s5s de l'action1 e/ t\j\rs une p]fection p\r sa cause active1 et il e/ seulem5t possible que cela soit mal dans le s5s de la passion1 p\r le sujet qui reoit l'effet de l'acte ou p\r un autre ag5t qui1 p> cet acte1 se tr\ve gn dans le si54 ,a9si l'inju/ice e/ sans d\te un mal p\r l'opprim ou p\r l'me raisonnable dont la p]fection consi/e tre matresse de ses passions2 mais elle e/ t\t d'abord un bi51 dans le s5s actif1 p\r la facult irascible qui1 de sa nature1 re*]*e la dom9ation4 ,le feu e/ bon en lui-mme1 et il a une multitude d'utilits et d'avantages dans le monde physique2 ce n'e/ qu'accid5tellem5t qu'il produit la brlure qui e/ un mal p\r le sujet qui la s\ffre4 ,il n'et pas t bon videmm5t que l'auteur du t\t supprimt la facult irascible ou anantt le feu cause des accid5ts de dtail qui rsult5t de l'une et de l'autre4 ,il n'entre pas dans la sagesse div9e1 dit ,avic5ne1 de dlaiss] les bi5s durables et gnraux cause de maux passag]s dans les *oses individuelles4 ,la supriorit du bi5 sur le mal dans le monde1 selon cette doctr9e1 n'e/ pas seulem5t une supriorit mtaphysique1 comme n\s v5ons de l'expliqu]1 c'e/ aussi une supriorit numrique et quantitative4 ,les *oses qui sont t\t entires mauvaises1 affirme notre auteur1 ou qui le sont seulem5t en majeure p>tie1 ou qui mme r5f]m5t le mal galit avec le bi51 n'exi/5t pas4 ,t\t ce qui exi/e conti5t plus de bi5 que de mal4 ,il e/ d'ailleurs faux de dire que le mal e/ plus frqu5t que le bi54 ,le mal e/ commun1 cela e/ vrai2 mais il n'e/ pas le plus frqu5t4 ,les maladies1 p> exemple1 sont trs nombreuses2 elles sont cep5dant encore mo9s communes que la sant4 ,le mal1 tel que n\s l'avons df9i1 e/ t\j\rs mo9s frqu5t que le bi5 qui lui correspond4 ,les maux extrmem5t nombreux qui consi/5t dans le dfaut des qualits secondes du sujet1 comme1 p> exemple1 l'ignorance de la gomtrie p\r l'homme1 ne port5t pas atte9te aux qualits premires et ne sont pas en vrit des maux1 mais seulem5t l'abs5ce de c]ta9es p]fections que le sujet p\rrait recevoir p> surcrot4 ,avic5ne dveloppe des considrations galem5t optimi/es dans son trait sur le ,de/9#bch1 et il aj\te cette vue que les bi5s et les maux ne sont pas les mmes aux yeux de ,dieu que ce qu'ils sont p\r n\s2 n\s n'avons pas non plus le droit de dem&] ,dieu1 dont l'action s't5d trav]s t\s les sicles1 une comp5sation p\r *aque mal qui rsulte du plan du monde1 comme n\s le faisons p\r les dommages qu'il n\s arrive de subir de la "p des autres hommes dans le c\rs born de notre vie4 ,si le beau et le laid1 le bi5 et le mal tai5t aux yeux de ,dieu ce qu'ils sont aux yeux des hommes1 il n'aurait pas cr le lion r$\table aux d5ts disloques et aux jambes tortues1 dont la faim n'e/ satisfaite qu'en mangeant la *air crue et sanglante1 nullem5t en br\tant des h]bes et des baies2 ses m*oires1 ses griffes1 ses t5dons solides1 son c\ imposant1 sa nuque1 sa cr9ire1 ses ctes et son v5tre1 la =me de t\s ses membres excit5t en n\s l'tonnem5t1 qu& n\s considrons que t\t cela lui e/ donn p\r atte9dre le btail fugitif1 le saisir et le d*ir]4 ,il n'aurait pas non plus cr l'aigle aux griffes cro*ues1 au bec rec\rb1 avec ses ailes s\ples et divises1 son crne *auve1 ses yeux pntrants1 son c\ lev1 ses jambes si robu/es2 et cet aigle n'a pas t cr ni p\r cueillir des baies1 ni p\r m*] ses alim5ts et br\t] des h]bes1 mais p\r saisir et d*ir] sa proie4 ,dieu en le crant n'a pas eu le mme g>d que toi aux s5tim5ts de compassion1 ni suivi les mmes pr9cipes d'intellig5ce4 ,lui1 il ne s'e/ pas con=m ton avis1 qui et t d'loign] les malheurs et d'te9dre la flamme brlante4 ,dans sa sagesse impntrable aux yeux de notre intellig5ce1 il y a donn son cons5tem5t1 et tu n'aurais pas le droit d'exig] de lui la comp5sation des membres d*irs1 ni des c\s casss4 ,le temps fait oubli] les d\leurs1 te9t la v5geance1 apaise la colre et t\ffe la ha9e2 alors le pass e/ comme s'il n'et jamais exi/2 les d\leurs affligeantes et les p]tes subies ne sont nullem5t prises en considration2 ,dieu ne fait aucune di/9ction entre la comp5sation et le don gratuit1 entre l'initiative de sa grce et la rcomp5se2 les sicles qui pass5t1 les vicissitudes du temps effac5t t\t rapport causal4 ,ces loqu5ts dveloppem5ts revi5n5t en somme dire que les pr9cipes des desse9s div9s se ca*5t dans un my/re1 o la raison huma9e ne peut pas pntr]2 la my/ique p>fois n\s en dc\vre quelque *ose1 et c'e/ a9si qu'elle a sa place comme supplm5t la mtaphysique4 ,note #bch3 ,rislet el-,kadr1 d4 et trad4 ,mehr51 quatrime fascicule des ,traits my/iques d',avic5ne4 ,le fragm5t cit ci-aprs se tr\ve aux pages #i-aj de la traduction2 n\s sommes d'autant plus heureux de le reproduire que cette traduction franaise e/ l'oeuvre d'un savant trang]4 ,la ?orie de l'optimisme se prolonge p> la doctr9e beauc\p plus my/ique encore du ret\r de l'me1 c'e/--dire de ses de/9es aprs la mort1 des pe9es et des joies qui lui sont rp>ties dans l'autre vie4 ,ce sujet comporte une ?orie du plaisir et de la pe9e ,avic5ne l'a traite dans le ,nadjt avec tant de beaut et un *>me si int5se1 que n\s ne p\vons mieux faire que de reproduire1 en l'abrgeant un peu1 ce qu'il en a dit#bci4 ,*aque facult huma9e1 enseigne-t-il1 a un plaisir et un bi5 qui lui sont propres1 une s\ffrance et un mal qui lui sont propres4 ,le plaisir de la facult apptitive1 p> exemple1 e/ de recevoir une s5sation qui s'accorde avec son dsir2 celui de la facult irascible#bdj e/ l'attaque2 celui de la facult op9ante1 l'espoir2 celui de la mmoire1 le s\v5ir4 ,et les maux de ces div]ses puissances sont l'inv]se4 ,d'une faon gnrale1 le plaisir de ces facults consi/e dans ce qui les r5d p>faites en actes4 ,note #bci3 ,nadjt1 pages #hj-hc2 section sur les tats des mes huma9es4 ,note #bdj3 ,la facult apptitive et la facult irascible sont les deux facults ess5tielles de l'intellig5ce pratique1 dont n\s avons dit que l'tude tait peu dveloppe *ez ,avic5ne4 ,t\tes ces puissances de l'me ont en commun la facult de j\ir2 mais elles diffr5t en rang4 ,leur p]fection peut tre ou plus excell5te1 ou plus int5se1 ou plus durable1 et il rsulte de l une diffr5ce de degr dans le plaisir obt5u4 ,il ne faut pas que l'homme intellig5t se figure1 dit ,avic5ne1 que t\t plaisir e/ p>eil celui que l'ne pr\ve dans son v5tre et ses p>ties honteuses1 et que les premi]s pr9cipes1 vois9s du ,trs-,haut1 sont privs de j\issance et de flicit1 ni qu'il n'exi/e pas p\r le ,trs-,haut1 en sa puissance et sa =ce inf9ies1 une *ose qui atte9t le sommet de la dignit1 de l'excell5ce et de la p]fection1 mais qu'on n'os]ait pas appel] plaisir1 comme on le fait p\r l'me et p\r les btes4 ,ces satisfactions1 ces volupts div9es sont bi5 au-dessus de t\t ce que n\s p\vons concevoir2 mais n\s sommes assurs de leur ralit p> la rvlation et p> la raison1 comme le s\rd de naissance qui1 incapable d'imag9] le plaisir que donn5t les mlodies1 e/ p\rtant c]ta9 qu'il exi/e4 ,il arrive quelquefois que la p]fection propre une facult et l'objet conv5able qui p\rrait la lui procur] sont porte de cette facult mme1 mais que celle-ci e/ emp*e p> quelque ob/acle de les recevoir ou qu'elle e/ occupe ailleurs4 ,c'e/ a9si que l'on voit c]ta9s malades avoir horreur des mets sucrs et dem&] des mets qui rpugn5t aux hommes sa9s2 dans d'autres cas1 si le malade n'a pas positivem5t horreur des mets succul5ts1 du mo9s se tr\ve-t-il incapable d'en j\ir2 et de mme1 il ne s\ffre pas des mauvais4 ,la b\*e ne ress5t pas l'am]tume de la myrrhe tant que le mlange de ses humeurs1 drang p> la soif1 n'e/ pas rtabli et qu'elle n'e/ pas dsaltre4 ,la p]fection propre de l'me raisonnable1 enseigne notre auteur1 e/ de dev5ir savante1 intellig5te1 de recevoir en elle la =me du t\t et de l'ordre qui e/ intelligible dans le t\t et du bi5 qui y e/ rp&u1 en comm5ant p> le pr9cipe premi]1 en suivant la srie des sub/ances spirituelles suprieures et pures1 puis des mes dp5dantes des corps1 puis des corps cle/es avec leurs =mes et leurs =ces1 jusqu' ce qu'elle imprime en elle-mme la ressemblance de l'tre univ]sel1 et qu'elle y reproduise un monde intelligible l'image du monde rel2 qu'elle voie alors ce qui e/ le beau absolu1 le bi5 absolu1 la p]fection vritable2 qu'elle s'y unisse2 qu'elle se travaille ce modle1 qu'elle c\re dans ce s5ti] et qu'elle devi5ne comme si elle tait de la sub/ance mme du bi54 ,il n'y a pas de comp>aison possible entre cette p]fection de l'me raisonnable et les p]fections propres aux autres facults4 ,comm5t comp>] la dure de ce qui e/ t]nel avec la dure de ce qui e/ *angeant et prissable8 ,comm5t comp>] la jonction des s5sibles le long d'une surface1 avec l'union dans la sub/ance1 p> laquelle il ne semble plus y avoir aucune di/9ction entre cette sub/ance et ce qu'elle reoit1 puisque l'intellig5ce1 l'intellig5t et l'intelligible sont un ou pro*es d'tre un8 ,il e/ vid5t aussi que les conceptions de l'me raisonnable sont plus intimes1 plus pr(ondes et plus int5ses que les p]ceptions des s5s4 ,comm5t donc encore comp>] les plaisirs de cette me1 lorsqu'elle saisit les intelligibles1 aux plaisirs s5suels et be/iaux8 ,les f9s intellectuelles sont dj plus honorables p\r l'me que les f9s temporelles et s5sibles1 dans les *oses de peu de valeur4 ,combi5 plus =te raison1 dans les *oses importantes et hautes4 ,cep5dant les mes corrompues ne sont plus capables de s5tir le bi5 et le mal dans les *oses leves1 a9si que n\s l'avons dit des malades qui ne p]oiv5t plus la saveur des mets4 ,qu& donc l'me se tr\ve sp>e du corps1 elle s'en va v]s sa f91 elle l'atte9t et elle en j\it1 mo9s que1 semblable aux malades1 son gt n'ait t vici et qu'elle n'ait po9t re*]* sa f92 alors elle ne l'atte9t pas et elle s\ffre4 ,qu& la puissance intellectuelle qui e/ l'me immortelle1 e/ p>v5ue durant la vie un c]ta9 degr de p]fection1 elle entre en possession de cette p]fection en acte au mom5t o elle quitte le corps2 et en mme temps que la p]fection1 elle obti5t le plaisir1 plaisir qui e/ du g5re de celui qu'ont les sub/ances pures1 plus noble et plus lev que le plaisir des s5s4 ,c'e/ ce qu'on appelle la flicit4 ,ce que connat l'me qu& elle appro*e du t]me o se ralise cette flicit1 il s]ait difficile de le dire exactem5t4 ,mais il e/ probable qu'en cet in/ant l'me de l'homme possde une image prcise des pr9cipes intellectuels ou intellig5ces pures1 qu'elle connat les secrets des m\vem5ts gnraux1 mais non pas t\s les p>ticuli]s1 qui sont sans f91 et que la =me du t\t se dess9e en elle1 avec le rapport mutuel de ses p>ties et l'ordre selon lequel elles s'en*an5t dans la srie des tres4 ,la flicit de l'me raisonnable ne s'obti5t que p> le p]fectionnem5t de l'intellig5ce pratique#bda4 ,et c'e/ en quoi consi/e la morale4 ,le c>actre e/ un p\voir de l'me p> lequel celle-ci produit avec facilit des actes1 sans avoir beso9 d'une dlibration qui les prcde4 ,le plus s\v5t le c>actre de l'homme durant sa vie n'e/ que moy5nem5t bon2 la s\mission de l'intellig5ce pratique l'intellig5ce spculative n'e/ pas complte2 l'me n'a pas un gt pur des *oses spirituelles1 et elle cons]ve une incl9ation p\r les *oses corporelles qui l'emp*e aprs la mort d'atte9dre en acte sa complte p]fection4 ,l'me1 sp>e du corps1 s5t l'opposition qui exi/e entre ces gts vicis dont elle avait l'habitude et son bi5 vritable1 et cette opposition devi5t p\r elle la cause d'une gr&e s\ffrance4 ,cep5dant1 comme elle tait bonne en pr9cipe1 cette s\ffrance ne lui e/ pas quelque *ose de ncessaire et d'ess5tiel2 ce n'e/ qu'une condition qui lui e/ trangre2 et1 puisque ce qui e/ accid5tel et trang] ne dure pas1 lorsque la mort vi5t int]rompre les actes dont la rptition entret5ait en elle ces habitudes mauvaises1 celles-ci se p]d5t et s'effac5t2 la s\ffrance qui en rsultait p\r l'me dim9ue au fur et mesure de sa purification1 et aprs ce *tim5t passag]1 elle p>vi5t sa flicit4 ,les mes t\tes spirituelles entr5t la mort dans la plnitude de la misricorde de ,dieu4 ,celles qui ont t compltem5t mauvaises et qui n'ont eu de gt que p\r le corps s\ffr5t horriblem5t d'en manqu] p>ce que l'outil de leur plaisir s'e/ ananti1 t&is que l'habitude de leurs atta*es corporelles subsi/e4 ,note #bda3 ,avic5ne r5voie ici son trait sur les ,moeurs m5tionn p> el-,dj\zdjni4 ,cf4 plus haut1 p4 #aej4 ,l'on peut admettre aussi ce que dis5t c]ta9s docteurs1 que l'me sp>e du corps peut agir sur les matires cle/es et cont9u] d'imag9] des =mes avec ces matires comme donnes4 ,les mes bonnes imag95t les tats heureux auxquels elles ont aspir durant la vie2 les mauvaises imag95t les *tim5ts et les s\ffrances4 ,les =mes imag9atives ne sont pas plus faibles que les s5sibles1 au contraire2 on en juge p> le sommeil1 o ce que l'on voit en rve e/ quelquefois plus int5se que ce que l'on p]oit dans la veille4 ,les impressions =mes dans l'intrieur de l'me provi5n5t d'une cause ess5tielle2 celles qui sont =mes de l'extrieur1 d'une cause accid5telle4 ,les mes sa9tes atteign5t leur p]fection p> leur ess5ce2 elles sont plonges dans la joie2 elles ne reg>d5t plus ce qui e/ d]rire elles4 ,elles se purifi5t des traces d'atta*es s5sibles qu'elles ont pu cons]v]1 en demeurant quelque temps au dess\s des plus hauts degrs4 ,n\s a*v]ons ce livre1 la manire platonici5ne1 p> un my!4 ,il y a plusieurs my!s dans l'oeuvre d',avic5ne2 tels celui de l'oiseau et celui de ,hy qui s]v5t de ?me deux crits my/iques#bdb4 ,le my! de ,salmn et d',absl que n\s allons rapport]1 n'e/ pas directem5t connu comme tant d',avic5ne2 il e/ seulem5t cit en deux endroits des oeuvres de cet auteur1 et c'e/ p> le comm5taire de ,nasr ed-,dn et-,t\si aux ,i*rt1 que n\s en possdons des v]sions4 ,cette hi/oire revt des =mes trs div]ses2 elle fut s\v5t traite et remanie1 et elle f9it p> recevoir le dveloppem5t d'une pope s\s la plume du pote p]san ,djmi4 ,en la =me que n\s allons ma9t5ant reproduire1 elle n\s e/ prs5te comme ayant t traduite du grec p> ,honn fils d',i%k1 et il y a lieu de croire en effet qu'elle e/ d'orig9e alex&r9e#bdc4 ,note #bdb3 ,voyez ci-dessus1 pages #aej-aea4 ,note #bdc3 ,l'opuscule de ,nasr ed-,dn et-,t\s sur ce my! a t publi dans la collection des ,resil fi'l-hikmet1 p4 #aab4 ,v4 la note mise p> ,mehr5 sa traduction des trois d]nires sections des ,i*rt1 deuxime fascicule des ,traits my/iques1 p4 #aa4 ,on rem>qu]a que ce conte prs5te beauc\p d'analogie de manire avec les contes gypti5s recueillis dans l',abrg des ,m]veilles1 trad4 ,b4 ,c>ra de ,vaux1 ,p>is1 #ahih4 ,v4 sur l'orig9e de ces lg5des1 le compte r5du de ce d]ni] ouvrage p> ,m4 ,masp]o1 ,j\rnal des ,savants1 #ahii1 a9si qu'une note de ,m4 ,b]!lot au mme lieu4 ,il y avait dans les temps anci5s1 antrieurem5t au dluge de feu1 un roi nomm ,h]mnos fils d',h]cule4 ,ce roi possdait le pays de ,r\m jusqu'au rivage de la m]1 avec le pays de ,grce et la t]re d'gypte4 ,il avait une sci5ce pr(onde1 un p\voir t5du1 et il tait v]s dans la connaissance des influ5ces a/rologiques4 ,p>mi les contempora9s de ce pr9ce se tr\vait un philosophe du nom d',iklk\ls qui possdait t\tes les sci5ces occultes4 ,ce sage vivait depuis un cycle1 retir dans une grotte appele ,srik\n4 ,il djeunait t\s les qu>ante j\rs de quelques lgumes sauvages1 et sa vie atteignait trois cycles4 ,le roi ,h]mnos le consultait s\v5t4 ,un j\r1 le roi alla se pla9dre au sage de manqu] de desc5dant4 ,ce pr9ce1 en effet1 n'avait pas de p5*ant p\r les femmes2 il abhorrait leur comm]ce et refusait de les appro*]4 ,le sage lui conseilla1 puisqu'il avait dj vcu trois c\ples#bdd1 de pr5dre une femme belle et bonne1 un mom5t o la sphre1 son lev]1 lui promettrait un enfant mle4 ,il refusa4 ,le sage lui dit alors qu'il n'y avait pas d'autre moy5 p\r lui de se procur] un hriti] que d'obs]v] un lev] a/rologique conv5able1 et au mom5t que fix]ai5t les a/res1 de *oisir une m&ragore et d'y plac] un peu de sa liqueur sm9ale4 ,il se *>g]ait ensuite de soign] cette m&ragore et de la trans=m] en un enfant vivant4 ,note #bdd3 ,ce mot traduit le t]me arabe ,kor\n dont la valeur exacte ne me p>at pas connue4 ,a9si fut-il fait4 ,l'enfant n de la sorte fut appel ,salmn4 ,on lui *]*a une femme p\r le n\rrir4 ,on en tr\va une =t belle1 ge de dix-huit ans1 qui s'appelait ,absl4 ,cette femme prit so9 de l'enfant et le roi se rj\it4 ,l'on dit qu'alors ,h]mnos promit au sage de con/ruire1 en tmoignage de sa gratitude1 deux gigantesques btim5ts1 capables de rsi/] aux dluges d'eau et de feu1 dans lesquels on enf]m]ait les secrets des sci5ces4 ,ce fur5t les deux pyramides4 ,qu& l'enfant ,salmn fut n\rri et qu'il eut gr&i1 le roi v\lut le sp>] d',absl2 mais l'enfant s'en affligea vivem5t1 et le roi le laissa4 ,salmn tant ensuite p>v5u la pub]t1 l'affection qu'il avait p\r sa n\rrice ,absl s'accrut et se *angea en am\r2 et cette passion dev9t telle que le jeune homme ngligea t\t fait le s]vice du roi1 p\r ne plus s'occup] que d',absl4 ,le roi fit v5ir son fils et lui adressa des remontrances4 ,je n'ai que toi au monde1 lui dit-il2 sa*e1 fils trs *]1 que les femmes sont artificieuses et in/igatrices de mal1 et qu'il n'y a nul bi5 en elles4 ,ne donne pas place une femme dans ton coeur2 le p\voir de ta raison en s]ait ass]vi1 la lumire de ta vue obscurcie1 t\te ton exi/5ce subm]ge4 ,appr5ds1 mon fils1 qu'il n'y a que deux *em9s1 l'un qui monte et l'autre qui desc5d4 ,n\s te disons cela s\s une =me s5sible af9 que tu compr5nes4 ,celui qui ne pr5d pas le *em9 de la ju/ice n'appro*e pas de sa demeure2 mais l'homme qui suit la voie de l'intellig5ce1 en matrisant les =ces de son corps qui doiv5t tre ses s]vantes1 s'lve v]s le monde de lumire et appro*e sans cesse davantage de son vritable sj\r4 ,il n'e/ pas p\r l'homme de demeure plus vile que celle des *oses s5sibles4 ,il y a aussi p\r lui une rsid5ce moy5ne qui e/ celle des lumires victorieuses qu'il peut encore atte9dre1 aprs s'tre att>d dans le monde infrieur4 ,mais sa plus haute demeure e/ celle o il connat les ess5ces des tres1 et c'e/ celle-l qu'il p>vi5t p> la ju/ice et p> la vrit4 ,laisse donc l cette misrable ,absl qui ne peut te procur] aucun bi54 ,re/e pur1 jusqu' ce que je te tr\ve une fiance du monde suprieur qui t'attir]a la grce de l't]nel et qui donn]a satisfaction au ,matre des mondes4 ,salmn1 emport p> sa passion1 ne se r5dit pas aux avis du roi4 ,il alla rpt] ,absl ce que ,h]mnos lui avait dit1 et celle-ci lui conseilla de n'en t5ir aucun compte4 ,il veut1 dit-elle1 t't] les plaisirs vrais p\r des esprances dont la plup>t sont trompeuses1 te sevr] des joies immdiates p\r des bi5s loigns4 ,quant moi je te suis s\mise2 je me plie t\s tes caprices4 ,si tu z de l'intellig5ce et de la dcision1 va dire au roi que tu ne m'ab&onn]as jamais1 et que moi non plus je ne t'ab&onn]ai pas4 ,le jeune homme alla rapport] les p>oles d',absl1 non pas au roi lui-mme1 mais son vizir1 qui les transmit au roi4 ,celui-ci1 rempli de *agr91 rappela son fils et il lui fit de n\velles remontrances4 ,mais voyant qu'il ne p>v5ait pas t\*] son me1 il s'avisa d'un compromis4 ,fais de ton temps deux p>ts1 lui dit-il2 l'une tu la pass]as dans le comm]ce des sages2 p5dant l'autre1 tu j\iras d',absl ton plaisir4 ,salmn cons5tit2 mais p5dant t\te une moiti du temps1 il avait l'esprit occup de l'autre4 ,le roi s'en tant ap]u1 se dcida consult] les sages sur l'opportunit de faire prir ,absl4 ,c'tait le seul moy5 qui lui re/t de se dlivr] d'elle4 ,les sages blmr5t ce projet2 et le vizir rpondit au roi que ce meurtre branl]ait son trne sans lui ouvrir l'accs dans le *oeur des ,*rub9s4 ,l'*o de cette discussion p>v9t ,salmn qui s'empressa d'en av]tir ,absl2 ils *]*r5t ensemble le moy5 de dj\] les desse9s du roi et de se mettre l'abri de sa colre4 ,ils dcidr5t de s'enfuir jusqu'au rivage de la m] d',occid5t et d'habit] l4 ,or le roi possdait1 grce sa sci5ce magique1 deux fltes d'or munies de sept tr\s correspondant aux sept climats du monde4 ,lorsqu'il s\fflait dans l'un de ces tr\s1 t\t ce qui se passait dans un climat lui app>aissait4 ,il dc\vrit a9si le lieu o s'tai5t retirs ,salmn et ,absl1 et il vit qu'ils tai5t dans un trs misrable tat4 ,il eut d'abord piti d'eux1 et il leur fit envoy] quelques subsi/ances4 ,puis1 irrit de n\veau p> la =ce de leur am\r1 il les fit t\rm5t] dans leur passion mme p> des esprits qui leur infligeai5t des dsirs qu'ils ne p\vai5t satisfaire4 ,salmn comprit que ces maux lui v5ai5t de son pre4 ,il se leva et il se r5dit1 accompagn d',absl1 la porte du roi p\r implor] son p>don4 ,le roi exigea encore de lui le r5voi d',absl1 en lui rptant qu'il demeur]ait incapable de s'asseoir sur le trne tant qu'il la g>d]ait auprs de lui1 p>ce que cette femme et l'empire le rclam]ai5t *acun t\t enti]4 ,absl s]ait comme une entrave atta*e ses pi$s1 qui l'emp*]ait d'atte9dre aussi le trne cle/e des sphres4 ,et1 ayant dit1 il les fit atta*] t\t un j\r dans la position indique p> cette comp>aison4 ,lorsqu'on les dlia1 la nuit v5ue1 t\s deux se prir5t p> la ma9 et ils allr5t ensemble se jet] dans la m]4 ,cep5dant ,h]mnos veillait sur eux2 il comm&a l'esprit des eaux d'p>gn] ,salmn jusqu' ce qu'il et eu le temps d'envoy] des hommes sa re*]*e4 ,quant ,absl1 il la laissa se noy]4 ,lorsque ,salmn eut acquis la c]titude de la mort d',absl1 il fut sur le po9t d'en m\rir de d\leur1 et il dev9t comme ins5s4 ,le roi alla consult] le sage ,iklk\ls1 qui exprima le voeu de revoir le jeune homme4 ,celui-ci tant v5u1 le sage lui dem&a s'il dsirait rejo9dre ,absl4--,comm5t ne le dsir]ais-je pas8 rpondit-il4--,vi5s donc avec moi1 dit le sage1 dans la grotte de ,srik\n2 n\s y pri]ons qu>ante j\rs aprs lesquels ,absl ret\rn]a toi4--,ils allr5t ensemble la grotte4 ,le sage avait mis sa promesse trois conditions3 que le jeune homme ne lui ca*]ait ri51 qu'il imit]ait t\t ce qu'il lui v]rait faire1 sauf un ad\cissem5t qui lui s]ait accord p\r le jene1 et qu'il n'aim]ait po9t d'autre femme qu',absl t\te sa vie durant4 ,ils se mir5t alors pri] ,vnus2 et *aque j\r ,salmn voyait la figure d',absl1 qui s'asseyait prs de lui et s'entret5ait avec lui1 et il rapportait au sage t\t ce qu'il avait dit et ent5du4 ,mais1 au b\t de qu>ante j\rs1 p>ut une autre figure1 trange et m]veilleuse au del de t\te beaut4 ,c'tait la figure de ,vnus4 ,salmn s'prit p\r elle d'un am\r si gr& qu'il en oublia l'am\r d',absl4 ,je ne dsire plus ,absl1 dit-il au sage1 je ne veux plus que cette image4--,n'z-tu pas promis de n'aim] qu',absl8 rpliqua le sage2 n\s voici prs du mom5t o elle va t'tre r5due2 mais le jeune homme rpta3 ,je ne veux plus que cette image4 ,alors le sage conjura l'esprit de cette image1 qui v9t en t\s temps visit] ,salmn2 et cela dura tant qu' la f9 le coeur de ,salmn se lassa de cette image mme2 et son esprit s'claircit et son me fut purifie du tr\ble de la passion4 ,le roi r5dit grces au sage1 et ,salmn s'tant assis sur le trne de l'empire1 n'eut plus en vue que la sagesse1 et il s'acquit une gr&e gloire4 ,de nombreuses m]veilles fur5t accomplies s\s son rgne4 ,cette hi/oire fut crite sur sept tablettes d'or2 on inscrivit sur sept autres tablettes des invocations aux plantes1 et on plaa le t\t dans les deux pyramides prs des tombeaux des anctres de ,salmn4 ,aprs que les deux dluges eur5t eu lieu1 celui d'eau et celui de feu1 ,platon1 le sage div91 p>ut1 et il v\lut re*]*] les ouvrages des sci5ces ca*s dans les pyramides4 ,il alla les visit]2 mais les rois de ce temps-l ne lui p]mir5t pas de les ouvrir1 et il recomm&a en m\rant cette t*e son disciple ,ari/ote4 ,celui-ci1 la faveur des conqutes d',alex&re1 fit ouvrir les pyramides p> un moy5 que lui avait indiqu ,platon1 et ,alex&re y tant entr en tira les tables d'or qui r5f]mai5t cette hi/oire4 ,il s]ait difficile de dire prcism5t si un conte de cette sorte rec\vrait1 dans la p5se de son auteur1 un sy/me philosophique df9i1 ou s'il n'tait qu'un symbole l>ge o *acun p\vait introduire quelque *ose de sa p5se4 ,ce que n\s p\vons faire rem>qu] cep5dant1 c'e/ que ce my! tait visiblem5t appropri la philosophie noplatonici5ne et qu'il fut appliqu d'une manire expresse au sy/me d',avic5ne4 ,voici l'int]prtation qu'en f\rnit ,nasr ed-,dn et-,t\si3 ,le roi ,h]mnos e/ l'intellect ag5t2 le sage e/ ce qui dc\le sur cet intellect des intellig5ces suprieures4 ,salmn figure l'me raisonnable1 issue de l'intellect ag5t sans dp5dance des *oses corporelles4 ,absl e/ l'ensemble des facults animales4 ,l'am\r de ,salmn p\r ,absl signifie l'incl9ation de l'me aux plaisirs physiques4 ,leur fuite la m] d',occid5t reprs5te la subm]sion de l'me dans les *oses prissables4 ,leur *tim5t p> l'am\r non satisfait signifie la p]si/ance des incl9ations mauvaises de l'me1 aprs que les facults corporelles affaiblies p> l'ge se sont rel*es de leurs actes4 ,le ret\r d',absl *ez son pre m>que le gt de la p]fection et le rep5tir4 ,le suicide des deux amants dans la m]1 c'e/ la *ute du corps et de l'me dans la mort4 ,le salut de ,salmn e/ l'indication de la survivance de l'me aprs la mort du corps4 ,l'lvation de son am\r jusqu' ,vnus reprs5te la j\issance des p]fections intelligibles4 ,l'avnem5t de ,salmn au trne1 c'e/ l'arrive de l'me la p]fection ess5tielle4 ,quant aux pyramides subsi/ant trav]s les sicles1 elles symbolis5t la =me et la matire corporelles4 ,si n\s osions encore gliss] s\s le my! une ide p]sonnelle1 aprs avoir ent5du cette +nieuse int]prtation1 n\s propos]ions de voir dans les pyramides1 bties en gypte dans des temps trs anci5s1 r\v]tes p> ,platon et ,ari/ote1 et p]man5tes trav]s t\tes les rvolutions des ges1 le symbole mme de la philosophie4 ,les conclusions de cet ouvrage ont t donnes la f9 du prcd5t *apitre4 ,en a*evant celui-ci et le livre1 au mom5t de pr5dre cong non seulem5t de nos lecteurs1 mais aussi de ces nobles et anci5s morts dont la p5se a fait l'objet de cette tude1 je ne veux aj\t] qu'un mot p\r exprim] publiquem5t le plaisir que j'ai pr\v pass] plusieurs mois dans le comm]ce d'hommes qui ont eu foi en la raison1 qui ont diss]t selon les lois logiques1 qui en *aque "q ont numr t\tes les hypo?ses1 qui en *aque t]me en ont di/+u t\s les s5s1 qui ont cru la vrit univ]selle1 qui l'ont crue t]nelle1 qui ont considr que la philosophie e/ sci5ce1 qui ont enseign que la politique e/ une p>tie de la sci5ce1 qui ont jug que les tats doiv5t tre g\v]ns1 non p> la plbe1 mais p> les sages2 hommes de gr& coeur qui n'ont pas cru amo9drir l'e/ime dans laquelle ils t5ai5t la raison1 en av\ant qu'elle e/ borne1 et en admettant au-dessus d'elle une c]ta9e possibilit de connatre intuitivem5t1 qui a donn leurs mes le moy5 de s'lanc] dans les rgions my/iques2 hommes au re/e d'esprit si va/e que l't5due et la v>it de leurs vues mrit]ai5t d'excit] l'envie des dilettantes de notre ge1 puisque dj dans le leur ils se sont ef=cs de compr5dre t\s les sy/mes1 qu'ils ont t5t de les syn?tis] t\s1 qu'ils n'ont connu nulle b>rire dans le doma9e de la re*]*e intellectuelle1 qu'ils se sont prom5s en lib]t trav]s t\tes les sci5ces1 qu'ils ont v\lu que t\s les *amps d'activit leur fuss5t ouv]ts1 et qu'ils ont mont ou desc5du avec une facilit gale t\s les degrs de l'*elle des tres entre lesquels la nature de l'esprit de l'homme lui p]met de se m\voir1 depuis les t]res pr(ondes jusqu'aux sphres suprieures1 depuis les tnbres insaisissables de la matire jusqu'aux bl\issem5ts de l'intellig5ce pure4 ,,f94 ,,concordance des dates musulmanes 7,h47 et *rti5nes 7,*47 de l'hgire la mort d',avic5ne4 ,h4 ,*4 ,h4 ,*4 ,h4 ,*4 ,h4 ,*4 ,h4 ,*4 #a #fbb #dd #ffd #hg #gje #acj #gdg #agc #ghi #b #fbc #de #ffe #hh #gjf #aca #gdh #agd #gij #c #fbd #df #fff #hi #gjg #acb #gdi #age #gia #d #fbe #dg #ffg #ij #gjh #acc #gej #agf #gib #e #fbf #dh #ffh #ia #gji #acd #gea #agg #gic #f #fbg #di #ffi #ib #gaj #ace #geb #agh #gid #g #fbh #ej #fgj #ic #gaa #acf #gec #agi #gie #h #fbi #ea #fga #id #gab #acg #ged #ahj #gif #i #fcj #eb #fgb #ie #gac #ach #gee #aha #gig #aj #fca #ec #fgb #if #gad #aci #gef #ahb #gih #aa #fcb #ed #fgc #ig #gae #adj #geg #ahc #gii #ab #fcc #ee #fgd #ih #gaf #ada #geh #ahd #hjj #ac #fcd #ef #fge #ii #gag #adb #gei #ahe #hja #ad #fce #eg #fgf #ajj #gah #adc #gfj #ahf #hjb #ae #fcf #eh #fgg #aja #gai #add #gfa #ahg #hjb #af #fcg #ei #fgh #ajb #gbj #ade #gfb #ahh #hjc #ag #fch #fj #fgi #ajc #gba #adf #gfc #ahi #hjd #ah #fci #fa #fhj #ajd #gbb #adg #gfd #aij #hje #ai #fdj #fb #fha #aje #gbc #adh #gfe #aia #hjf #bj #fdj #fc #fhb #ajf #gbd #adi #gff #aib #hjg #ba #fda #fd #fhc #ajg #gbe #aej #gfg #aic #hjh #bb #fdb #fe #fhd #ajh #gbf #aea #gfh #aid #hji #bc #fdc #ff #fhe #aji #gbg #aeb #gfi #aie #haj #bd #fdd #fg #fhf #aaj #gbh #aec #ggj #aif #haa #be #fde #fh #fhg #aaa #gbi #aed #ggj #aig #hab #bf #fdf #fi #fhh #aab #gcj #aee #gga #aih #hac #bg #fdg #gj #fhi #aac #gca #aef #ggb #aii #had #bh #fdh #ga #fij #aad #gcb #aeg #ggc #bjj #hae #bi #fdi #gb #fia #aae #gcc #aeh #ggd #bja #haf #cj #fej #gc #fib #aaf #gcd #aei #gge #bjb #hag #ca #fea #gd #fic #aag #gce #afj #ggf #bjc #hah #cb #feb #ge #fid #aah #gcf #afa #ggg #bjd #hai #cc #fec #gf #fie #aai #gcg #afb #ggh #bje #hbj #cd #fed #gg #fif #abj #gcg #afc #ggi #bjf #hba #ce #fee #gh #fig #aba #gch #afd #ghj #bjg #hbb #cf #fef #gi #fih #abb #gci #afe #gha #bjh #hbc #cg #feg #hj #fii #abc #gdj #aff #ghb #bji #hbd #ch #feh #ha #gjj #abd #gda #afg #ghc #baj #hbe #ci #fei #hb #gja #abe #gdb #afh #ghd #baa #hbf #dj #ffj #hc #gjb #abf #gdc #afi #ghe #bab #hbg #da #ffa #hd #gjc #abg #gdd #agj #ghf #bac #hbh #db #ffb #he #gjd #abh #gde #aga #ghg #bad #hbi #dc #ffc #hf #gje #abi #gdf #agb #ghh #bae #hcj #baf #hca #bei #hgb #cjb #iad #cde #ief #chh #iih #bag #hcb #bfj #hgc #cjc #iae #cdf #ieg #chi #iih #bah #hcc #bfa #hgd #cjd #iaf #cdg #ieh #cij #iii #bai #hcd #bfb #hge #cje #iag #cdh #iei #cia #ajjj #bbj #hce #bfc #hgf #cjf #iah #cdi #ifj 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,coran4 ,*ap4 ,,ii4--,les ,motazlites4 ,*ap4 ,,iii4--,les ,traducteurs4 ,*ap4 ,,iv4--,les ,philosophes et les ,encyclopdi/es4 ,*ap4 ,v4--,avic5ne4--,sa vie et sa bibliographie4 ,*ap4 ,,vi4--,la logique d',avic5ne4 ,*ap4 ,,vii4--,la physique d',avic5ne4 ,*ap4 ,,viii4--,la psy*ologie d',avic5ne4 ,*ap4 ,,ix4--,la mtaphysique d',avic5ne4 ,*ap4 ,x4--,la my/ique d',avic5ne4 ,concordance des dates musulmanes et *rti5nes de l'hgire la mort d',avic5ne4