by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,le ,,po,,me ,,de ,,myrza ,durant les quatre ou c9q sicles au milieu desquels e/ jet le gr& vnem5t de la vie du ,*ri/1 l'intellig5ce huma9e fut en proie aux d\leurs et aux d*irem5ts de l'enfantem5t4 ,les hommes suprieurs de la civilisation1 s5tant la ncessit d'un r5\vellem5t total dans les ides et dans la conduite des nations1 fur5t clairs de ces lueurs div9es dont ,jsus fut le c5tre et le foy]4 ,les sectes se =mr5t aut\r de sa c\rte et sublime app>ition1 comme des rayons plus ou mo9s *auds de son a/re4 ,il y eut des c>ates1 des saducens et des essni5s1 des mani*ens et des gno/iques1 des picuri5s1 des /oci5s et des cyniques1 des philosophes et des prophtes1 des dev9s et des a/rologues1 des solitaires et des m>tyrs3 les uns p>tant du spiritualisme de ,jsus1 comme ,origne et ,mans2 les autres essayant d'y all]1 sur les pas de ,platon et de ,py?agore2 t\s escortant l'vangile1 soit devant1 soit d]rire1 et travaillant p> leur dv\em5t ou leur rsi/ance consolid] son triomphe4 ,dans cette confusion de croyances1 dans ce conflit de rves1 de travaux fivreux de la p5se1 de div9ations maladives et de v]tiges sublimes1 une n\velle =me fut donne c]ta9s esprits1 une =me agrable1 la/ique1 qui seule conv5ait aux esprits clairs et aux c>actres faciles3 cette disposition de l'esprit huma9 qui dom9e dans t\s les temps de dpravation1 et *ez t\tes les nations trs-civilises1 n\s l'appell]ons1 p\r n\s s]vir d'une expression mod]ne1 clectisme1 quoique cette dnom9ation n'ait pas eu dans t\t temps le mme s5s2 n\s n\s en t5ons celui qu'elle implique auj\rd'hui1 p\r qualifi] la situation morale des hommes qui n'app>t5ai5t aucune religion au temps dont il e/ "q ici4 ,p>mi ces clectiques1 on vit des hommes d'un c>actre et d'un esprit t\t opposs1 des hommes graves et des hommes frivoles1 des savants et des femmes2 c> cette doctr9e1 qui consi/ait dans l'abs5ce de t\te rgle1 accueillit t\te sorte de pdantisme et t\te sorte de posie4 ,les rhteurs s'y remplissai5t l'e/omac d'argum5ts1 et les potes s'y gonflai5t le c]veau de mtaphores4 ,l',inde et la ,*alde1 ,homre et ,mose1 t\t tait bon ces esprits avides et curieux de n\veauts1 indiffr5ts en face des solutions3 heureux c>actres qui1 ,dieu m]ci1 fleurir5t t\j\rs ici-bas au milieu de nos l\rdes polmiques4 ,gr&s diseurs de s5t5ces1 s9cres admirateurs de la v]tu et de la foi1 le t\t p> am\r du beau et p> e/ime de la sagesse1 vrais picuri5s dans la pratique de la vie1 prophtes lgants et joyeux1 b>des demi-bibliques et demi-paens1 intellig5ces saisissantes1 f9es1 claires1 ple9es de crdulits potiques et de scepticisme mode/e2 en un mot1 ce que sont auj\rd'hui nos vritables arti/es4 ,le petit pome qu'on va lire fut rcit1 en v]s hbraques1 s\s un portique de ,cs>e1 p> une femme nomme ,myrza1 laquelle tait une des prophtesses de ce temps-l1 espce mixte entre la bohmi5ne et la sibylle1 pote en jupons comme il en exi/e encore1 mais d'un c>actre h>di et tran* qui s'e/ p]du dans le monde1 av5turire sans patrie1 sans famille et sans dieux1 gr&e liseuse de romans et de psaumes1 initie successivem5t p> ses amants et ses confesseurs aux div]ses religions qui s'arra*ai5t lambeau p> lambeau l'empire de l'esprit huma94 ,cette femme tait belle1 quoique n'app>t5ant plus la premire jeunesse2 elle j\ait habilem5t le lu? et la ci?>e1 et1 *angeant de rhy?me1 de croyance et de langage selon les pays qu'elle p>c\rait1 elle trav]sait les qu]elles philosophiques et religieuses de son sicle1 semant p>t\t quelques fleurs de posie1 et laissant sur ses traces un trange et vague p>fum d'am\r1 de sa9tet et de folie2 bonne p]sonne du re/e1 que les pr9ces faisai5t asseoir p> curiosit leur table1 et que le peuple c\tait avec admiration sur la place publique4 ,voici son pome tel que1 de traduction en traduction1 il a pu arriv] jusqu' n\s4 ,n\s osons p>faitem5t le livr] aux savants1 aux potes et aux *rti5s de ce temps-ci1 sa*ant le bon m>* que notre sicle pan?i/e fait de t\tes *oses1 et la complaisance que son ennui lui inspire p\r t\tes sortes de rves4 ,i4 ,en ce temps-l1 longtemps avant le comm5cem5t des j\rs que les hommes ont essay de compt]1 ,dieu appela devant lui quatre ,esprits1 qui p>c\rai5t d'un vol capricieux les pla9es de l'espace3 ,allez1 leur dit-il1 pr5ez-v\s p> la ma91 m>*ez ensemble1 et travaillez de conc]t4 ,ils obir5t1 et1 ne se quittant plus1 prsidr5t *acun une des oeuvres de ,dieu2 et un n\vel a/re p>ut dans l'!r3 cet a/re e/ la t]re que n\s habitons auj\rd'hui1 et ces quatre ,esprits sont les lm5ts qui la compos5t4 ,mais deux de ces ,esprits1 se s5tant plus puissants1 fir5t la gu]re aux deux autres4 ,l'eau et le feu ravagr5t la t]re1 et l'air fut tantt infect des vapeurs humides des m>ais1 et tantt embras des feux d'un soleil dvorant4 ,et p5dant un nombre de sicles que l'homme ne sait pas1 mais qui sont dans l't]nit de ,dieu mo9s qu'une heure dans la vie de l'homme1 notre globe bondit dans l'imm5sit1 comme une cavale sauvage1 sans guide et sans fre92 sa c\rse ne fut rgle que p> le caprice des ,esprits qui ,dieu l'avait ab&onn2 tantt1 emport d'un essor f\gueux1 il s'appro*a du soleil jusqu' s'y brl]2 tantt il s'endormit languissant et morne1 lo9 des rayons vivifiants que *aque pr9temps n\s ramne4 ,il y eut des j\rs d'une anne et des nuits d'un sicle4 ,le globe n'ayant pas encore arrt sa =me1 les froides rgions qu'habit5t le ,caldoni5 et le ,sc&9ave fur5t calc9es p> des ts brlants4 ,les contres o la *aleur bronze les hommes se c\vrir5t de glaci]s incomm5surables4 ,l',esprit du feu desc5dit dans le se9 de la t]re2 on et dit qu'un dmon enfonait ses ongles et ses d5ts dans les entrailles du globe3 des rugissem5ts s\rds s'*appai5t des ro*]s branls1 et la t]re s'agitait comme une femme dans les convulsions de l'enfantem5t4 ,quelquefois le mon/re1 en se ret\rnant dans le v5tre de sa mre1 sapait les fondem5ts d'une montagne1 et creusait s\s les valles des votes sans appui4 ,la montagne et la valle disp>aissai5t ensemble1 et des lacs de bitume s't5dai5t en b\illonnant sur les dbris amoncels2 une fume cre et ftide empoisonnait l'atmosphre2 les plantes se dess*ai5t1 et l'eau1 appele p> le feu1 ravageait son t\r le flanc d*ir de sa soeur4 ,illu/ration3 ,que le peuple c\tait sur la place publique4 ,enf9 le feu s'ouvrit un passage trav]s le roc et l'argile1 et se rp&it au dehors comme un fleuve dbord4 ,la m]1 brisant ses digues de la veille1 fit *aque j\r de n\velles invasions1 et *aque j\r ds]ta ses n\veaux rivages comme un lit trop troit4 ,on voyait1 dans l'espace d'une nuit1 s'lev] des montagnes de fange ou de c5dre1 que le soleil et le v5t faonnai5t leur gr2 des rav9s se creusai5t tels que la vie d'un homme voyageant le j\r et la nuit n'et pas suffi p\r en tr\v] le fond2 des mtores gigantesques errai5t sur les eaux comme des soleils dta*s de la vote cle/e1 et les vagues de l'ocan r\lai5t sur les sommets que les nuages envelopp5t auj\rd'hui bi5 lo9 au-dessus de la demeure des hommes4 ,dans cette lutte1 la t]re et l'eau1 jal\ses l'une de l'autre1 se mir5t crer des plantes et des animaux qui leur t\r se fir5t la gu]re entre eux2 des lianes imm5ses essayr5t d'arrt] le c\rs des fleuves1 mais les fleuves enfantr5t des polypes mon/rueux1 qui saisir5t les lianes dans leurs bras vivants1 et leur tre9te fut telle1 que des myriades de races d'animaux s'y arrtr5t et y prir5t2 et de t\s ces dbris se =ma le sol que n\s f\lons auj\rd'hui1 et s\s lequel a disp>u l'anci5 monde4 ,cep5dant t\tes ces exi/5ces d'un j\r succdai5t d'autres exi/5ces2 les races se p]dai5t et se r5\velai5t2 la matire 9puisable se reproduisait s\s mille =mes4 ,du se9 des m]s sortai5t les bale9es semblables des les1 et les lvia?ans hideux rampant sur le sable avec des crocodiles de v+t bras1 ses4 ,nul ne sait le nombre et la =me des espces tombes en p\ssire2 l'imag9ation de l'homme ne saurait les recon/ruire2 si elle le p\vait1 l'homme m\rrait d'p\vante la seule ide de les voir4 ,l'abeille fut peut-tre la soeur de l'lphant2 peut-tre une race d'insectes1 auj\rd'hui p]due1 dtruisit celle du mamm\?1 que l'homme appelle le colosse de la cration4 ,dans ces m>cages qui c\vrai5t des cont95ts enti]s1 il dut natre des s]p5ts qui1 en se dr\lant1 faisai5t le t\r du globe1 et les aigles de ces montagnes1 infran*issables p\r nos gazelles abt>dies1 enlevai5t dans leurs s]res des rh9ocros de c5t c\des4 ,en mme temps que les dragons ails arrivai5t des nuages de l'ori5t1 les licornes indomptables desc5dai5t de l'occid5t1 et qu& une troisime race de mon/res1 p\sse p> le v5t du sud1 avait dvor les deux autres1 elle prissait gorge de n\rriture1 et l'odeur de la corruption appelait l'hyne du nord1 des vaut\rs plus gr&s que l'hyne1 et des f\rmis plus gr&es que les vaut\rs2 et sur ces montagnes de cadavres1 p>mi ces lacs de sang livide1 au milieu de ces btes immondes1 dvores et dvorantes1 des arbres sans nom levai5t jusqu'aux nues la pr(usion de leurs rameaux spl5dides1 et des roses plus belles et plus gr&es que les filles des hommes ne le fur5t jamais1 exhalai5t des p>fums dont s'enivrai5t les esprits de la t]re1 c\v]ts de robes diapres1 auj\rd'hui rduits la taille du papillon1 et aux trois gra9s d'or de l'tam9e de nos fleurs4 ,illu/ration3 ,l'ange du sommeil l'appela4 ,ces volcans1 ces dluges1 ces cataclysmes1 cet ouvrage in=me du temps et de la matire1 les sa9tes critures l'appell5t l'ge du *aos4 ,or1 t&is que les quatre ,esprits se livrai5t la gu]re1 il arriva qu'ils passr5t prs du *> de ,dieu1 et1 frapps de t]reur1 ils s'arrtr5t4 ,dieu les appela et leur dit3 ,qu'avez-v\s fait8 ,p\rquoi ce monde que je v\s ai confi m>*e-t-il comme s'il tait ivre8 ,avez-v\s bu la c\pe de l'orgueil8 ,prt5dez-v\s faire les oeuvres de l't]nel8 ,un esprit plus puissant que v\s va se lev] ma voix2 il v\s en*an]a1 et v\s =c]a de vivre en paix4 ,l't]nel passa2 et qu& les quatre ,esprits vir5t s'effac] dans l'espace le c]cle de feu que traai5t les r\es de son *>1 ils reprir5t c\rage1 et1 se reg>dant1 ils se dir5t3 ,p\rquoi ne rsi/]ions-n\s pas l't]nel8 ,ne sommes-n\s pas t]nels1 n\s aussi8 ,il n\s a crs1 mais il ne peut n\s dtruire1 c> il n\s a dit3 ,v\s n'aurez pas de f94 ,l't]nel ne peut repr5dre sa p>ole4 ,il n\s a donn ce monde4 ,mais c'e/ n\s qui l'avons c\v]t de plantes et d'animaux4 ,n\s aussi1 n\s sommes crateurs4 ,unissons-n\s1 armons nos volcans en gu]re4 ,que l'ocan gronde1 que la lave b\illonne1 que la f\dre sillonne les airs1 et vi5ne l't]nel p\r n\s donn] des lois6 ,en p>lant a9si1 ils cessr5t de se har2 et1 abaissant leur vol sur les montagnes les plus leves de la t]re3 ,n\s allons1 dir5t-ils1 entass] ces monts les uns sur les autres1 et n\s atte9drons a9si la demeure de ,dieu4 ,n\s le r5v]s]ons1 et n\s rgn]ons sur t\s les mondes4 ,mais comme ils comm5ai5t leur travail ins5s1 un ange envoy p> le ,seigneur v]sa sur eux la c\pe du mpris1 et1 saisis de torpeur1 ils s'endormir5t comme des hommes pris de v94 ,et qu& ils se rveillr5t1 ils vir5t sur la m\sse un tre inconnu1 plus beau qu'eux1 quoique dlicat et frle4 ,sa tte n'tait pas flamboyante1 et son corps n'tait pas c\v]t d'une armure d'cailles de s]p5t2 le v] soie semblait avoir fil l'or de sa *evelure1 et sa peau tait lisse et blan*e comme le tissu des lis4 ,les ,esprits tonns l'ent\rr5t p\r le contempl]1 s'm]veillant de sa beaut1 et se dem&ant l'un l'autre si c'tait l un esprit ou un corps4 ,cep5dant cette crature dormait paisiblem5t sur la m\sse1 et les fleurs se p5*ai5t sur elle comme p\r l'admir]2 les oiseaux et les insectes voltigeai5t aut\r d'elle1 n'osant becquet] ses lvres de p\rpre1 et =mant un rideau d'ailes d\cem5t agites entre son visage et le soleil du mat91 qui semblait jal\x aussi de le reg>d]4 ,alors l',esprit des eaux3--,quel e/ celui-ci8 et qui de n\s l'a produit l'insu des autres8 ,si c'e/ de la t]re qu'il e/ sorti1 d'o vi5t que les vapeurs de mes rives n'en sav5t ri58 et o e/ le feu qui l'a fcond8 ,e/-ce une plante1 p\r qu'il soit sans plumes1 et sans f\rrure1 et sans caille8 ,et si c'e/ une plante1 d'o vi5t que je n'ai po9t arros son g]me1 d'o vi5t que l'air n'a pas aid sa tige s'lev] et son calice se color]8 ,si c'e/ une crature1 o e/ son crateur8 ,si c'e/ un esprit1 de quel droit vi5t-il s'tablir dans notre empire1 et comm5t s\ffrons-n\s qu'il s'y repose8 ,en*anons le1 et que la b\*e des volcans se ref]me d]rire lui1 c> il faut qu'il aille au fond de la t]re et qu'il n'en sorte plus4 ,l',esprit de la t]re rpondit3 ,ceci e/ un corps1 c> le sommeil l'eng\rdit et le g\v]ne comme les animaux2 ce n'e/ pas une plante1 c> il respire et semble de/9 au m\vem5t comme l'oiseau ou le quadrupde3 cep5dant il n'a po9t d'ailes1 et ne saurait vol]2 il n'a pas les df5ses du sangli]1 ni les ongles du tigre p\r combattre1 ni mme l'caille de la tortue p\r s'abrit]4 ,c'e/ un animal faible1 que le mo9dre de nos animaux p\rrait emp*] de se reproduire et d'exi/]4 ,et puisque aucun de n\s ne l'a cr1 il faut que ce soit l't]nel qui1 p> drision1 l'ait fait clore1 af9 de n\s surpr5dre et de n\s effray]2 mais il suffira du froid p\r lui donn] la mort4 --,ne n\s en inquitons po9t1 dir5t les autres1 il e/ en notre p\voir1 veillons-le1 et voyons comme il m>*e et comme il se n\rrit4 ,puisqu'il n'a ni ailes1 ni nageoires1 ni arme d'aucune espce1 p\r s'ouvrir un *em9 et se con/ruire une demeure1 il ne saurait vivre dans aucun lm5t4 ,et les quatre ,esprits de rvolte se mir5t raill] et mpris] l'oeuvre du ,dieu t\t-puissant4 ,alors cet tre n\veau s'veilla1 et1 leur gr&e surprise1 il ne se mit ni fuir1 ni ramp] comme les s]p5ts1 ni m>*] comme les quadrupdes2 il se dressa sur ses pi$s1 et sa tte se tr\vant t\rne v]s le ciel1 il leva son reg>d1 et les ,esprits de rvolte vir5t1 dans sa prunelle1 t9cel] un feu div94 ,quel e/1 dir5t-ils1 celui-ci1 qui ne rampe1 ni ne vole1 et qui a un rayon du soleil dans les yeux8 ,va-t-il mont] v]s le ciel comme une fume8 et d'o vi5t qu'avec un corps si *tif il e/ plus beau que le plus beau des anges du ciel8--,alors ils fur5t saisis de cra9te1 et l'int]rogr5t en tremblant4 ,mais celle crature ne les ent5dit pas2 on et dit que ses yeux ne p\vai5t di/+u] leur =me1 c> elle ne leur donna aucun signe d'att5tion1 et ne rpondit ri5 leurs que/ions4 ,ils se rj\ir5t donc de n\veau1 en disant3 ,cette bte n'a ni le s5s de l'oue1 ni le s5s de la vue2 elle ne saurait faire ent5dre aucun cri1 elle e/ plus /upide que les autres btes4 ,celles-ci ne n\s compr5n5t pas et ne n\s voi5t pas non plus2 mais l'in/9ct les av]tit de notre prs5ce2 et un tressaillem5t secret s'emp>e du plus petit oiseau1 lorsque le volcan gronde1 ou lorsque l'orage s'appro*e2 l'ours et le *i5 s'enfui5t en hurlant1 le dauph9 s'loigne des rivages1 et le dragon se rfugie sur les arbres les plus levs des =ts2 mais cette bte n'a pas de s5s1 et les polypes seuls suffiront p\r la dvor]4 ,alors la crature inconnue leva la voix1 une voix plus d\ce que celle des oiseaux les plus mlodieux1 et elle *anta un cantique d'actions de grces au ,seigneur1 dans une langue que les ,esprits de rvolte ne comprir5t pas4 ,et leur colre fut gr&e1 c> ils se crur5t insults p> cette langue my/rieuse1 et ces acc5ts d'am\r et de f]veur remplir5t leur se9 de ha9e et de rage4 ,ils v\lur5t saisir leur ennemi2 mais l'ennemi1 ne daignant pas les voir1 se pro/]na devant l't]nel1 puis se releva avec un front rempli d'allgresse1 et se mit desc5dre v]s la valle1 sans cess] d'tre deb\t1 et posant ses pi$s sur le bord des abmes avec autant d'adresse et de tranquillit que l'antilope ou le r5>d4 ,comme les pi]res et les p9es (f5sai5t sa peau1 il cueillit des h]bes et des feuilles1 et se fit une *aussure avec tant de promptitude et d'indu/rie1 que les ,esprits de rvolte prir5t plaisir le reg>d]4 ,cep5dant1 mesure que la crature de ,dieu m>*ait1 la t]re semblait dev5ir plus riante1 et la nature se p>ait de mille grces n\velles4 ,les plantes exhalai5t de plus d\x p>fums1 et la crature1 comme saisie d'un am\r univ]sel1 se c\rbait1 respirait les fleurs1 se p5*ait sur les caill\x transp>5ts1 s\riait aux oiseaux1 aux arbres1 aux v5ts du mat94 ,et le v5t c>essait mollem5t sa poitr9e2 les oiseaux la suivai5t avec des *ants de joie2 les papillons v5ai5t se pos] sur les fleurs qu'elle leur prs5tait2 les arbres se c\rbai5t v]s elle et lui (frai5t leurs fruits l'envi l'un de l'autre4 ,elle mangeait les fruits1 et1 lo9 de dvor] avidem5t comme les btes1 semblait sav\r] avec dlices les sucs p>fums de l'orange et de la gr5ade4 ,une bi*e1 suivie de son faon1 v9t elle1 et lui (frit son lait qu'elle recueillit dans une conque de nacre1 qu'elle porta joyeusem5t ses lvres en c>essant la bi*e2 puis elle prs5ta la coquille au faon1 qui b aprs elle1 et qui la suivit1 a9si que sa mre4 ,les ,esprits suivai5t en sil5ce1 et ne concevai5t ri5 ce qu'ils voyai5t2 enf9 ils se rveillr5t de leur /upeur et dir5t3 ,c'e/ assez n\s laiss] insult] p> une oeuvre de tnbres et d'ignorance2 ce va9 fantme d'ange a un corps et se repat comme les btes2 il doit tre1 comme elles1 sujet la mort et la p\rriture4 ,si la bi*e et son faon1 si l'oiseau et l'insecte1 si l'arbre et son fruit1 si l'h]be et la brise se s\mett5t lui1 voici v5ir le lop>d et la pan?re qui vont le d*ir]4 ,mais le lop>d passa sans t\*] la crature de ,dieu1 et la pan?re1 l'ayant reg>de un in/ant avec mfiance1 v9t (frir son dos s\ple et d\x la ma9 c>essante de son n\veau matre4 --,voici le s]p5t qui va le c\vrir de morsures empoisonnes1 dir5t les ,esprits de ha9e4 ,le s]p5t dormait sur le sable4 ,la crature div9e l'appela dans cette langue inconnue qu'elle avait p>le l't]nel1 et le s]p5t1 dr\lant ses anneaux1 v9t mettre sa tte humilie s\s le pi$ du matre1 qui se dt\rna sans lui faire ni mal ni injure4 ,l'lphant s'appro*ant1 les ,esprits esprr5t qu'il les db>rass]ait de l'trang]1 mais l'lphant1 ayant pris des fruits dans sa ma91 le suivit1 obissant sa p>ole1 et cueillant son t\r les fruits et les fleurs sur les bran*es les plus leves p\r les lui (frir avec sa trompe4 ,le *ameau arriva1 et1 pliant les g5\x1 (frit son dos l'trang]1 et le porta dans la valle4 ,alors les ,esprits1 transports de colre1 s'assemblr5t sur une cime leve2 ils runir5t leurs ef=ts p\r crer un mon/re qui surpasst en laideur1 en =ce et en cruaut les mon/res les plus hideux qu'et produits la t]re4 ,mais comme le ,seigneur1 qui jusqu'alors avait habit avec eux1 s'tait retir1 ils ne pur5t ri5 crer d'abord4 ,enf91 aprs beauc\p de conjurations adresses aux lm5ts qu'ils croyai5t g\v]n]1 ils fir5t sortir de t]re un dragon r$\table1 et le =cr5t avec des m5aces de m>*] contre la crature de ,dieu4 ,mais celle-ci1 le voyant v5ir1 monta sur le *eval1 appela l'hippopotame1 le taureau1 et t\s les animaux =ts de la t]re et de la m]1 et les oiseaux =ts du ciel1 et t\s se rangr5t aut\r d'elle comme une arme4 ,le *eval bondit d'orgueil s\s son matre1 et le porta comme un roi la r5contre de l'ennemi4 ,alors le dragon p\vant rev9t v]s ceux qui l'avai5t envoy1 et leur dit3--,v\s voyez ce qui arrive2 t\tes les cratures se rang5t s\s sa loi1 celui-ci e/ le roi de la t]re1 et l'esprit de ,dieu e/ en lui4--,et le dragon t5dant ses ailes1 l',esprit de tnbres qui tait en lui s'envola1 et sa dp\ille re/ant p> t]re1 l'trang] la ramassa1 la reg>da1 et s'en fit un vtem5t p\r trav]s] les rgions froides4 ,c> elle cont9ua sa c\rse v]s le nord1 et p>c\rut le monde enti]1 se con/ruisant p>t\t des *>iots avec les arbres des =ts et les mtaux de la t]re2 mangeant de t\s les fruits2 se faisant aim] et s]vir p> t\tes les cratures2 trav]sant les fleuves la nage1 ou sur des nacelles que son adresse improvisait2 s'habituant t\s les climats2 pr5ant son sommeil l'ombre des =ts1 l'abri dans les grottes1 ou dans des t5tes de feuillage qu'elle dressait au c\*] du soleil2 sa*ant tir] le feu d'un caill\ ou d'une bran*e s*e1 et p>t\t l\ant l't]nel1 *antant ses bi5faits1 et implorant son appui4 ,qu& cet tre s+uli] eut fait le t\r de la t]re et s'y fut in/all comme dans son doma9e1 les ,esprits de rvolte1 en*ans jusque-l p> la curiosit1 rsolur5t de dtruire ce qu'ils croyai5t tre leur ouvrage1 et de b\lev]s] le globe1 af9 d'anantir leur ennemi avec lui4--,ouvre une crevasse s\s ses pi$s1 dir5t-ils la t]re1 et dvore-le dans la gueule bante de tes abmes4--,mais la t]re refusa d'obir1 et rpondit3 ,celui-ci e/ l'envoy de ,dieu1 le roi de la cration4 ,ils dir5t au volcan de l'envelopp] d'un lac de feu et de faire pleuvoir sur lui des pi]res embrases2 mais le volcan refusa1 et rpondit comme la t]re4 ,la m] refusa d'inond]1 et l'air de laiss] pass] la f\dre4 ,alors les ,esprits vir5t qu'ils n'avai5t plus de p\voir1 et1 feignant de se s\mettre l'envoy de ,dieu1 ils s'(frir5t au ,seigneur p\r tre les m9i/res de son favori4 ,mais ,dieu1 connaissant leur desse91 rpondit3 ,la m] ne sortira plus de ses bornes1 la t]re ne quitt]a plus la voie que je lui ai trace dans l'espace1 le soleil ne s'te9dra plus1 l'air ne s]a plus infect de miasmes ftides2 v\s s]ez en*ans jamais1 et v\s obirez en esclaves1 non pas mon envoy1 mais l'ordre que je v\s assigne1 et qui e/ ma p>ole1 la loi t]nelle de l'univ]s4 ,quant celui-ci1 que v\s ne connaissez pas1 c'e/ mon oeuvre1 et je l'ai faite en s\riant p\r v\s raill] et v\s montr] que p> v\s-mmes v\s ne p\vez ri54 ,je lui ai donn les beso9s des animaux1 un corps frle1 sans df5se et sans vtem5t2 je l'ai mise nue sur la t]re4 ,et v\s voyez qu'en un j\r elle a eu des *aussures1 des vtem5ts1 des esclaves1 de quoi p\rvoir t\s ses beso9s1 et rgn] sur la =ce sans possd] la =ce4 ,v\s n'avez pas compris o tait sa puissance1 et voyant qu'elle n'avait les avantages naturels d'aucun animal1 v\s v\s tes dem& comm5t elle savait g\v]n] l'in/9ct de t\s les animaux et leur comm&]4 ,c'e/ que j'ai mis en elle une t9celle de mon esprit1 et qu'elle e/ la fois corps et intellig5ce1 matire et lumire4 ,allez1 et que le monde soit son hritage4 ,elle ne v\s comm&]a pas1 c> elle p\rrait1 comme v\s1 s'enivr] d'orgueil et succomb] son t\r4 ,allez1 et sa*ez le nom du plus beau de mes anges1 c'e/ l'homme4 ,,ii ,la t]re dev9t donc l'apanage de l'homme3 il n'avait ni ailes d'or1 ni aurole de lumire2 il ne p\vait contempl] les spl5deurs du tab]nacle de ,jhovah2 mais la "p d'intellig5ce qu'il avait reue tait si gr&e1 qu'il savait t\tes les m]veilles de l'univ]s sans les avoir jamais vues1 et qu'il aimait ,dieu et le s]vait mieux que les ,sraph9s brlants qui environn5t son trne4 ,son me voyait ce que les yeux de son corps ne p\vai5t ap]cevoir4 ,il dev9ait p> la rflexion les plus pr(onds my/res de la nature1 et sa p5se tait plus rapide que l'clair4 ,ce que voyant1 les ,esprits jal\x se disai5t entre eux3 ,dieu a fait p\r celui-ci plus que p\r n\s t\s4 ,le plus petit insecte1 il e/ vrai1 s'lve plus haut que lui dans l'air qu'il respire2 mais le plus puissant des ,ar*anges ne saurait mont] aussi h>dim5t et aussi vite dans l'!r de l'imm5sit que l'esprit de l'homme p> sa volont4 ,et ,dieu1 se complaisant dans son ouvrage1 cra beauc\p d'autres hommes semblables au premi]1 et en c\vrit la face de la t]re1 en leur disant3 ,la t]re e/ v\s1 cultivez-la1 et vivez de ses fruits4 ,g\v]nez les animaux2 les espces ne priront plus1 la t]re ne s]a plus ravage1 les plantes et les animaux se reproduiront t\j\rs1 et v\s1 v\s ne m\rrez po9t4 ,les hommes vivai5t ensemble1 et ils tai5t heureux2 ils ne connaissai5t pas le mal1 et ils tai5t purs1 sans avoir la vanit de savoir qu'ils l'tai5t2 c> ils l'tai5t t\s galem5t1 et ils ne s'imag9ai5t po9t que la s\rce de leur gr&eur ft en eux-mmes4 ,ils adorai5t le ,seigneur1 et se s]vai5t de ses dons avec frugalit4 ,ils respectai5t la vie des animaux1 et n'employai5t leur dp\ille leur usage que lorsque les animaux m\rai5t selon les lois de la nature4 ,ils considrai5t les btes comme des productions *oisies de la matire1 qui1 tant d\es de s5sibilit et d'une sorte de volont1 avai5t des droits sacrs leur protection4 ,les btes ne s'enfuyai5t pas leur appro*e1 et comme le *i5 obx encore auj\rd'hui son matre et compr5d ses ordres1 le lion1 le ca/or et t\s les autres animaux compr5ai5t le ge/e1 le reg>d et l'autorit de l'homme2 ils l'aidai5t btir des maisons1 des temples1 excut] des migrations sur les cont95ts1 cultiv] la t]re1 travaill] les mtaux et les faonn]1 non en vile monnaie ou en armes cruelles1 mais en in/rum5ts de travail et en ornem5ts p\r les temples4 ,or1 t\t tait commun p>mi les hommes1 le travail et les fruits de la t]re4 ,ils se reg>dai5t t\s comme vivant s\s la volont de ,dieu1 *>gs de veill] l'quilibre de cette nature dont ils tai5t rois2 ils s'occupai5t sans cesse rp>] les ravages des prcd5ts cataclysmes1 dess*] les m>ais ftides qui corrompai5t l'air et eng5drai5t trop de reptiles et d'insectes1 ouvrir des canaux p\r l'c\lem5t des lacs et des tangs1 rassembl] en tr\peaux les animaux trop nombreux sur c]ta9s po9ts du globe1 et les conduire v]s d'autres rgions ds]tes1 di/ribu] de mme la vgtation selon les climats qui lui conv5ai5t2 c>1 avant l'homme1 la matire1 livre sa vorace facult de produire1 s'puisait sans cesse1 et1 r5aissant de ses propres dbris1 (frait p>t\t des ru9es auprs des crations n\velles4 ,cet homme1 que les ,esprits des t]ribles lm5ts avai5t pris d'abord p\r un s\ffle dbile dans le corps d'une bte avorte1 dev9t donc1 sans autre magie et sans autre pre/ige que sa pati5ce et son indu/rie1 plus puissant que les lm5ts eux-mmes4 ,la t]re fut bi5tt un j>d9 si beau et si fcond1 que les anges du ciel v5ai5t s'y prom5]1 et ne p\vant conv]s] directem5t avec les hommes1 p>ce que ,dieu l'avait df5du1 ils *antai5t d\cem5t dans les brises et dans les flots1 et les hommes les voyai5t alors en songe avec les yeux de l'me4 ,mais il arriva que1 la t]re tant pacifie et embellie1 et l'ordre des saisons rgl1 le travail dev9t mo9s actif4 ,les hommes eur5t plus de temps donn] la prire et la mditation3 leur nombre n'augm5tait pas et ne dim9uait pas2 il avait t calcul p> l',et]nel1 p\r opr] les gr&s travaux1 qui se t]m9ai5t ma9t5ant1 et l'esprit huma9 comm5ait s\ffrir de sa propre =ce1 et dsir] quelque *ose au del de ce qu'il possdait4 ,les hommes v\lai5t1 p\r faire cess] leur inquitude1 que ,dieu leur accordt un don2 mais ils ne savai5t lequel1 c> ils ne s\ffrai5t que p>ce qu'ils ne manquai5t plus de ri54 ,leur sommeil dev9t mo9s paisible2 durant les belles nuits d't1 ils s'asseyai5t p> gr\pes sur les hauteurs1 et au lieu de contempl] avec bonheur1 comme autrefois1 le c\rs des a/res et la beaut de la vote cle/e1 ils s\pirai5t tri/em5t1 et dans leurs cantiques plors ils dem&ai5t ,dieu de faire cess] leur ennui4 ,alors il y en eut qui dir5t3--,les btes s\ffr5t les maladies du corps1 et elles meur5t2 les hommes ne sont pas s\mis aux maux de la *air1 et ne meur5t pas4 ,bnissons ,dieu4 ,mais l'esprit de l'homme s\ffre une d\leur dont il ne sait pas le remde4 ,dem&ons ,dieu qu'il n\s te la rflexion1 et n\s laisse seulem5t l'intellig5ce ncessaire p\r comm&] aux animaux4 ,mais cet avis fut combattu p> quelques-uns1 qui considrai5t la ri*esse de leur intellig5ce comme ce qu'ils avai5t de plus prcieux au monde4 ,il y en eut alors d'autres qui s'avisr5t d'un dsir plus noble1 et dir5t3--,n\s avons comp> le sommeil paisible des btes aux aspirations de nos veilles brlantes1 et n\s avons dc\v]t les causes de nos ennuis2 dp*ons les oiseaux en messag]s aux hommes de t\s les pays4 ,et qu& la f\le1 acc\rue de t\tes p>ts1 se fut runie aut\r de ces sages1 deb\t s\s le portique des temples1 ils p>lr5t a9si3 --,le malheur de l'homme ne vi5t pas d'une cause accid5telle2 cette cause e/ son organisation dfectueuse et le tri/e de/9 qu'il accomplit dans l'univ]s4 ,c'e/ un tre born dans ses j\issances1 quoique inf9i dans ses dsirs4 ,il s\ffre1 et ne sait comm5t se gurir3 cela e/ inju/e1 c> les animaux connaiss5t la plante qui doit leur r5dre l'apptit lorsqu'ils l'ont p]du1 et l'me de l'homme ne peut embrass] le b de ses vagues dsirs4 ,mais ce n'e/ pas le seul avantage que les btes ai5t sur n\s4 ,elles sont divises en sexes diffr5ts2 c'e/ p\rquoi elles se *]*5t1 se rappro*5t et s'uniss5t dans une extase qui les lve au-dessus d'elles-mmes1 et qui n\s e/ inconnue4 ,le *>me qui les attire e/ si puissant1 qu'il n'e/ aucune c>esse1 aucune m5ace de l'homme1 aucun attrait de la g\rm&ise1 aucune injonction de la faim qui les emp*e de c\rir au fond des bois et des valles la suite les unes des autres4 ,le tigre ou le lion enf]m lo9 de sa compagne se c\*e en rugissant1 et semble r5onc] la vie1 c> il refuse t\te n\rriture4 ,le *eval sp> de la cavale1 le taureau de la gnisse1 au temps de leurs am\rs1 devi5n5t indociles1 et bris5t les *>iots4 ,t\s dev95t l'appro*e de leur compagne3 le l\p s5t v5ir la l\ve du fond des =ts tnbreuses1 le *i5 hurle et tressaille l'arrive de la lice sans la voir ni l'ent5dre2 l'oiseau sait se fray] une r\te au trav]s des pla9es imm5ses de l'air p\r all] rejo9dre sa compagne3 il n'a vu qu'un po9t noir v]s l'horizon1 et p\rtant il ne se trompe pas2 l'ibis ne c\rt po9t aprs la grue1 ni le *>donn]et aprs la msange4 ,qui donc leur enseigne ces m]veilleux in/9cts qui ne sont pas donns l'homme8 ,c'e/ l'am\r qu'ils ont p\r un sexe diffr5t du leur4 ,quant n\s1 n\s ne connaissons pas ces sublimes extases1 ces transports de joie et ces c>esses enivrantes3 n\s aimons conv]s] ensemble1 p>tag] nos repas2 mais cette amiti n'e/ pas assez puissante p\r que la sp>ation soit dsespre1 ni p\r que le battem5t du coeur n\s annonce l'appro*e de l'ami abs5t4 ,n\s n'avons que des pe9es lgres et des joies tides4 ,dieu seul1 ,dieu notre immortel pr9cipe1 n\s ravit d'une joie inacc\tume2 mais p\vons-n\s t\j\rs p5s] lui8 ,sa gr&eur1 que n\s adorons1 n\s df5d-elle de comp>] notre de/9e celle des autres cratures1 et de leur envi] les bi5s que n\s n'avons pas8 ,d'autres hommes se levr5t leur t\r1 et dir5t3--,les btes ont encore un avantage que n\s n'avons pas4 ,elles se reproduis5t d'elles-mmes1 elles donn5t la vie des cratures de leur espce1 qui sont leur *air et leur sang4 ,il y a plusieurs sicles1 avant que la t]re ft tranquille et fconde1 la reproduction n\s semblait une t*e pnible1 un sceau de misre imprim la matire4 ,n\s avions compassion de la jum5t oblige de port] son fruit dans son flanc durant le c\rs de plusieurs lunes1 de la p]drix =ce de c\v] patiemm5t ses oeufs et de les fcond] p> la *aleur de son se94 ,n\s p5sions que l'homme avait assez de cultiv] la t]re et de protg] les animaux2 que ,dieu1 dans sa sagesse1 l'avait disp5s du rude travail de la gnration1 et lui avait donn l'immortalit1 la jeunesse et la sant t]nelle1 p\r m>qu] sa royaut sur la t]re4 ,mais auj\rd'hui nos gr&s travaux sont accomplis4 ,les animaux1 libres et paisibles s\s notre dom9ation1 s'aim5t avec plus de bonheur encore1 et n\s voyons en eux des joies et des =ces que n\s n'avons pas4 ,n\s admirons le so9 avec lequel l'hirondelle n\rrit sa compagne accr\pie sur ses oeufs1 n\s admirons surt\t la mre qui dcrit de gr&s c]cles dans les cieux p\r attrap] une pauvre m\*e1 dont elle se prive af9 de l'apport] ses enfants1 c> les oiseaux cette poque sont maigres et malades2 mais le gaz\illem5t de leurs oisillons semble les rj\ir plus que t\tes les gra9es d'un *amp1 et plus encore peut-tre que les c>esses de l'am\r4 ,les plus faibles cratures acquir5t alors une folle audace p\r la df5se de ce qu'elles ont de plus *]3 la brebis df5d son agneau contre le l\p1 et la p\le1 ca*ant ses p\ss9s s\s son aile1 gl\sse avec colre qu& le r5>d appro*e2 c'e/ elle qui meurt la premire1 et l'ennemi e/ =c de pass] sur son cadavre p\r s'emp>] de la famille ab&onne4 ,t\t cela n'e/-il pas digne d'admiration8 et s'il y a des fatigues et des d\leurs atta*es ces devoirs1 n'y a-t-il pas des ravissem5ts et des motions qui les ra*t5t8 ,qu& ce ne s]ait que p\r *ass] l'ennui que n\s pr\vons1 ne devrions-n\s pas les dem&] ,dieu8 ,qu& ceux-l eur5t dit1 il y en eut d'autres qui rpondir5t3--,avez-v\s song ce que v\s proposez8 ,si l'homme se reproduisait sans cess] d'tre immortel1 la t]re ne p\rrait bi5tt lui suffire4 ,v\lez-v\s accept] la maladie1 la vieillesse et la mort en *ange des bi5s et des maux dont v\s p>lez8 ,lequel de n\s peut concevoir l'ide de m\rir8 ,n'e/-ce pas dem&] ,dieu qu'il fasse de n\s la d]nire crature du monde8 ,lequel de n\s v\dra r5onc] tre ange8 --,n\s ne sommes pas des anges1 reprir5t les premi]s4 ,les anges que n\s voyons dans nos rves ont des ailes p\r p>c\rir l'imm5sit1 et quoiqu'ils se rvl5t n\s s\s une =me peu prs semblable la ntre1 cette =me n'e/ pas saisissable2 n\s ne p\vons les ret5ir au mat91 lorsqu'ils s'loign5t2 n\s embrassons le vide1 ils n\s *app5t comme notre ombre au soleil4 ,ils n'ont de commun avec n\s que l'esprit1 lequel n'e/ que la moiti de n\s-mmes4 ,n\s app>t5ons la t]re o notre corps e/ jamais fix4 ,si n\s sommes condamns la misre d'exi/] corporellem5t1 p\vons-n\s sans inju/ice tre privs des avantages accords aux autres animaux8 ,p\rquoi s]ions-n\s imp>faits et d%rits du bonheur qui leur e/ *u8 ,ces diffr5ts avis excitr5t dans l'esprit des hommes une d\l\reuse inquitude4 ,les uns p5sai5t qu'en effet la p>tie physique tait incomplte *ez eux2 les autres rpondai5t que l'immortalit1 l'abs5ce de maladie et de caducit1 tai5t des comp5sations suffisantes cette abs5ce de sexe4 ,et1 en effet1 ri5 n'tait plus suave et plus paisible en ce temps-l que le sort de l'homme4 ,n'pr\vant que des beso9s immdiatem5t satisfaits p> la fcondit de la t]re et la lib]t commune1 la faim1 la soif et le sommeil tai5t p\r lui une s\rce de j\issance d\ce et jamais de d\leur4 ,la privation tait inconnue2 aucun despotisme social n'imposait les corves et la fatigue2 il n'y avait ni l>mes1 ni jal\sies1 ni inju/ices1 ni viol5ces4 ,ri5 n'tait un sujet de rivalit ou de conte/ation4 ,l'abondance rgnait avec l'amiti et la bi5veillance4 ,mais cette secrte inquitude1 qui e/ la cause de t\tes les gr&eurs et de t\tes les misres de l'esprit1 t\rm5tait presque galem5t ceux qui dsirai5t un *angem5t dans leur sort et ceux qui le r$\tai5t4 ,alors les hommes fir5t de gr&es prires dans les temples1 et ils invoqur5t ,dieu af9 qu'il daignt se manife/]4 ,mais l',et]nel g>da le sil5ce2 c> il veut que les hommes et les anges soi5t librem5t placs entre l'erreur et la vrit4 ,autrem5t l'ange et l'homme s]ai5t ,dieu4 ,,iii4 ,mais comme le coeur de l'homme tait humble et d\x en ce temps-l1 la sagesse t]nelle fut t\*e2 c> les hommes ne disai5t pas3--,il n\s faut cela1 fais-le2 mais ils disai5t3--,tu sais ce qui n\s convi5t1 sois bni2--et ils s\ffrai5t sans blasphm]4 ,la ,sagesse1 la ,misricorde et la ,ncessit1 les trois ess5ces inf9ies du ,dieu vivant1 t9r5t conseil dans le se9 de l',et]nel2 et comme il fallait que l'homme connt l'am\r ou la mort1 la matire ne p\vant s'augm5t] indf9im5t1 l',esprit sa9t dit p> la b\*e de la ,sagesse3 ,livrons l'homme aux *ances de sa de/9e2 que sa vie sur la t]re soit phmre et d\l\reuse1 qu'il connaisse le bi5 et le mal1 et qu'entre les deux il soit libre de *oisir4 ,alors le ,v]be de misricorde aj\ta3 ,que dans la d\leur il ait p\r remde l'esprance1 et dans le bonheur p\r loi la *>it4 ,jhovah envoya donc ses anges sur la t]re en leur disant3 ,qu'il soit fait *aque homme selon son dsir4 ,et l'ange tant entr la nuit dans la demeure des hommes1 et au nom de l',et]nel ayant int]rog leurs p5ses1 il n'en tr\va qu'un seul qui dsirt l'am\r au po9t d'accept] la mort sans cra9te4 ,c'tait un de ceux qui n'avai5t jamais ri5 dem& au ,seigneur4 ,il vivait retir sur une montagne1 occup le soir contempl] les toiles1 et le j\r n\rrir les *evrettes et les *amois4 ,c'tait une me =te et un des plus beaux p>mi les anges t]re/res4 ,l'ange du sommeil l'appela1 et lui dit comme aux autres hommes3--,fils de ,dieu1 dem&es-tu la fille de ,dieu8 ,et cet homme1 au lieu de rpondre en frissonnant comme les autres3 ,que la volont de ,dieu soit faite1 s'cria1 en se s\levant sur sa c\*e3--,o e/ la fille de ,dieu8 ,l'ange lui rpondit3--,sors de ta demeure1 tu la tr\v]as au bord de la s\rce1 elle vi5t v]s toi1 elle vi5t du se9 de ,dieu4 ,alors l'ange disp>ut1 et l'homme1 s'tant lev ple9 de surprise1 se s5tit accabl d'une gr&e tri/esse2 c> il p5sa que c'tait un va9 songe1 et que la fille de ,dieu n'tait pas au bord de la s\rce4 ,cep5dant il se leva et sortit de sa demeure1 et il tr\va la fille de ,dieu qui m>*ait v]s lui1 mais qui1 le voyant v5ir1 s'arrta tremblante au bord de la s\rce4 ,et comme la s\rce tait sombre1 et qu'il di/+uait pe9e une =me vague1 il lui dit3--,etes-v\s la fille de ,dieu8--,oui1 rpondit-elle1 et je *]*e le fils de ,dieu4 --,je suis le fils de ,dieu1 reprit l'homme1 v\s tes ma soeur et mon am\r4 ,que v5ez-v\s m'annonc] de la "p de ,dieu8 --,ri51 rpondit la femme1 c> ,dieu ne m'a ri5 enseign1 et je ne sais p\rquoi il m'envoie4 ,il y a un in/ant que j'exi/e2 j'ai ent5du une voix qui m'a dit3 ,fille de ,dieu1 va sur la t]re1 et tu tr\v]as le fils de ,dieu qui t'att5d4 ,j'ai reconnu que c'tait la voix de l',et]nel1 et je suis v5ue4 ,l'homme lui dit3--,suis-moi1 c> tu es le don de ,dieu1 et t\t ce qui m'app>ti5t t'app>ti5t4 ,il m>*a devant elle1 et elle le suivit jusqu' la porte de sa demeure1 qui tait faite de bois de cdre et rec\v]te d'corce de palmi]4 ,il y avait un lit de m\sse fra*e2 l'homme cueillit les fleurs d'un rosi] qui tapissait le seuil1 et1 les effeuillant sur sa c\*e1 il y fit asseoir la femme en lui disant3--,l',et]nel soit bni4 ,et1 allumant une tor*e de mlze1 il la reg>da1 et la tr\va si belle qu'il pleura1 et il ne sut quelle rose tombait de ses yeux1 c> jusque-l l'homme n'avait jamais pleur4 ,et l'homme connut la femme dans les pleurs et dans la joie4 ,qu& l'toile du mat9 v9t plir sur la m]1 l'homme s'veilla1 il ne faisait pas encore j\r dans sa demeure4 ,se s\v5ant de ce qui lui tait arriv1 il n'osait po9t tt] sa c\*e1 c> il craignait d'avoir fait un rve1 et il att5dit le j\r1 dsirant et r$\tant ce qu'il att5dait4 ,mais la femme1 qui s'tait veille1 lui p>la1 et sa voix fut plus d\ce l'homme que celle de l'al\ette qui v5ait *ant] sur sa f5tre au lev] de l'aube4 ,mais aussitt il se mit v]s] des pleurs d'am]tume et de dsolation4 ,ce que voyant1 elle pleura aussi1 et lui dit3--,p\rquoi pleures-tu8 --,c'e/1 dit l'homme1 que je t'ai1 et que bi5tt je ne t'aurai plus1 c> il faut que je meure2 c'e/ ce prix que je t'ai reue de l',et]nel4 ,avant de te voir1 je ne m'inquitais pas de m\rir2 la faiblesse et la peur sont entres en moi avec l'am\r4 ,c> tu vaux mieux que la vie1 et p\rtant je te p]drai avec elle4 ,la femme cessa de pleur]1 et1 avec un s\rire qui fit pass] dans le coeur de l'homme une esprance inconnue1 elle lui dit3--,si tu dois m\rir1 je m\rrai aussi1 et j'aime mieux un seul j\r avec toi que l't]nit sans toi4 ,cette p>ole de la femme endormit la d\leur de l'homme4 ,il c\rut *]*] des fruits et du lait p\r la n\rrir1 et des fleurs p\r la p>]4 ,et1 dans le j\r1 qu& il se remit au travail1 il planta de n\veaux arbres fruiti]s1 en songeant au surcrot de beso9s que la prs5ce d'un n\vel tre apportait dans sa retraite1 sans song] qu'un arbre s]ait mo9s prompt gr&ir que lui et la femme m\rir4 ,cep5dant le s\ci avait pntr *ez lui avec la femme4 ,la p5se de la mort empoisonnait t\tes ses joies4 ,il priait ,dieu avec plus de cra9te que d'am\r2 les mo9dres bruits de la nuit l'effrayai5t1 et1 au lieu d'c\t] avec une religieuse admiration les murmures des gr&es m]s1 il tressaillait sur son lit1 comme si la voix des lm5ts et pleur son oreille1 comme si les oiseaux de la tempte lui euss5t apport des n\velles funbres4 ,la femme tait plus c\rageuse ou plus imprvoyante4 ,ses faibles membres se fatiguai5t vite1 et1 qu& son p\x tr\vait dans le travail une excitation d\l\reuse1 elle s't5dait non*alante sur les fleurs de la montagne1 et s'endormait dans une sa9te langueur en murmurant des p>oles de bndiction p\r son p\x et p\r son ,dieu4 ,elle ne savait ri5 des *oses de la t]re o elle v5ait d'tre jete2 elle tr\vait p>t\t de la joie1 et ne s'effrayait de ri54 ,la brivet de la vie1 si t]rible p\r l'homme1 lui semblait un bi5fait de la ,provid5ce4 ,l'homme la contemplait *aque j\r avec une surprise et une admiration n\velles4 ,il la reg>dait comme suprieure lui1 malgr sa faiblesse1 et s\v5t il lui disait3--,tu n'es pas ma soeur1 tu n'es pas ma femme1 tu es un ange que ,dieu m'a envoy p\r me consol]1 et qu'il me repr5dra peut-tre dans quelques j\rs1 c> il e/ impossible que tu meures4 ,une si belle cration ne peut pas tre anantie4 ,promets-moi que1 si tu me vois m\rir1 tu ret\rn]as aux cieux p\r n'app>t5ir p]sonne aprs moi4 ,et elle promettait en s\riant t\t ce qu'il v\lait1 c> elle ne savait pas si elle tait immortelle1 elle ne s'en inquitait pas1 p\rvu que son p\x lui rptt sans cesse qu'il l'aimait plus que sa vie4 ,or1 ils vivai5t sur une montagne leve1 lo9 des lieux habits p> les autres hommes2 c> l'p\x de la femme1 t\rm5t de cra9te1 avait transport sa demeure et ses tr\peaux dans le ds]t1 af9 de mieux ca*] le trsor qui faisait son bonheur et ses angoisses4--,je ne compr5ds pas1 lui disait-il1 le s5tim5t que v\s m'avez inspir p\r mes frres4 ,je les *rissais avant de v\s connatre1 et1 malgr mon gt p\r la solitude1 j'aurais t\t p>tag volonti]s avec eux4 ,qu& je desc5dais dans la valle aux j\rs de fte1 leur vue rj\issait mon me1 et je priais avec plus de f]veur pro/]n au milieu d'eux dans le temple4 ,auj\rd'hui leur appro*e m'e/ odieuse1 et qu& je les vois de lo9 je me ca*e1 de peur qu'ils ne m'abord5t et ne *]*5t pntr] aux lieux o v\s tes4 ,a la seule ide qu'un de mes frres p\rrait v\s ap]cevoir1 je frissonne comme si l'heure de ma mort tait v5ue4 ,l'autre j\r j'ai vu prs d'ici la trace d'un pi$ huma9 sur le sable1 et j'aurais v\lu tre un ro*] p\r att5dre au bord du s5ti] l'audacieux qui p\vait rev5ir1 et l'cras] son passage4 ,mais1 hlas6 aj\tait-il1 les autres hommes sont immortels1 et seul je puis cra9dre la *ute d'un ro*]4 ,si je tombais dans un prcipice1 v\s desc5driez dans la valle p\r tre n\rrie et protge p> un autre homme1 et v\s m'auriez bi5tt oubli2 c> il n'e/ pas un de ces immortels qui ne ft le sacrifice de son immortalit p\r v\s possd]4 ,c'e/ p\rquoi1 malgr mon am\r p\r v\s1 je ne puis m'emp*] de dsir] que la mort v\s atteigne aussi tt que moi4 ,et la femme lui rpondait3--,si tu tombais dans un rav91 je m'y jett]ais aprs toi2 et si ,dieu me refusait la mort1 je mutil]ais mon corps et je dtruirais ma beaut p\r ne pas plaire un autre4 ,lorsque la femme mit au monde son premi]-n1 il lui sembla que sa mort tait pro*e1 c> elle s5tait de gr&es d\leurs2 et comme son p\x criait avec angoisses v]s le ,seigneur1 elle lui dit3--,ne pleurez po9t et rj\issez-v\s1 c> mon corps se brise1 et mon me e/ heureuse de ce qui m'arrive2 je s5s que je ne suis pas immortelle1 et que je ne re/]ai pas sans v\s sur la t]re4 ,l'p\x de la femme fut r5contr dans les montagnes p> quelques-uns de ses frres1 et ceux-ci vir5t qu'il tait ple et maigri1 et qu'une s+ulire inquitude tait rp&ue sur sa figure4 ,ils racontr5t ce qu'ils avai5t vu2 et comme jusque-l les fatigues et l'ennui n'avai5t po9t t assez rudes l'esprit de l'homme p\r que son corps inde/ructible pt en recevoir une telle altration1 *acun s'tonna de ce qu'il ent5dait de la b\*e de ces tmo9s1 comme s'ils euss5t annonc l'app>ition d'une n\velle race dans le monde1 ou une p]turbation dans l'ordre de la nature4 ,plusieurs1 entrans p> la curiosit1 s'enfoncr5t dans les montagnes p\r *]*] leur frre2 mais il avait si bi5 ca* sa demeure d]rire les lianes des =ts et les pics des ro*]s1 qu'il se passa plusieurs annes avant qu'on la dc\vrt4 ,enf9 il fut r5contr1 et ceux qui le vir5t s'crir5t3--,homme1 quel mal z-tu fait p\r tre a9si vieilli et malade comme les animaux prissables8 ,il rpondit3--,je ne ressemble pas mes frres1 mais je n'ai fait aucun mal1 et ,dieu m'a visit et rvl plusieurs secrets que je v\s enseign]ai4 ,il p>lait a9si p\r donn] le *ange leur curiosit1 et p5dant la nuit il essaya de transport] sa famille dans un lieu encore plus inaccessible4 ,mais le j\r le surprit avant qu'il ft p>v5u sa n\velle retraite1 et il fut r5contr avec sa femme monte sur un ne sauvage1 et ses enfants1 dont le plus jeune tait dans ses bras4 ,a cette vue1 les voyageurs se pro/]nr5t2 la femme leur p>ut si belle qu'ils la prir5t p\r un ange2 et1 malgr la rsi/ance de l'p\x1 ils l'entranr5t dans la valle1 la fir5t entr] dans le temple1 et1 lui levant un autel1 ils l'adorr5t4 ,ce fut la premire idoltrie4 ,l'p\x esprait que le respect les emp*]ait de convoit] cette femme2 mais elle1 craignant d'(f5s] le ,seigneur1 brisa les li5s de fleurs dont on l'avait enlace1 et tomba dans les bras de son p\x en s'criant3--,je ne suis po9t une div9it1 mais une esclave de ,dieu1 une crature prissable et faible1 la femme et la soeur de cet homme4 ,je lui app>ti5s1 p>ce que ,dieu m'a envoye v]s lui2 si v\s essayez de m'en sp>]1 je me bris]ai la tte contre cet autel1 et v\s me v]rez m\rir1 c> je suis mortelle1 et mon p\x l'e/ aussi4 ,a ces mots1 les voyageurs pr\vr5t une motion inconnue1 et fur5t saisis d'une sympa?ie trange p\r ces deux in=tuns2 comme ils tai5t bons et ju/es1 ils respectr5t la fidlit de la femme4 ,ils la contemplr5t avec admiration1 prir5t ses enfants dans leurs bras1 et1 ravis de leur beaut dlicate et de leurs naves p>oles1 ils se mir5t les aim]4 ,alors le peuple immortel1 tombant g5\x1 s'cria3--,o ,dieu1 te-n\s l'immortalit1 et donne *acun de n\s une femme comme celle-ci2 n\s aim]ons ses enfants1 et n\s travaill]ons p\r notre famille jusqu' l'heure o tu n\s env]ras la mort2 n\s te bnirons t\s les j\rs si tu exauces notre voeu4 ,la vote du temple fut enleve p> une ma9 invisible1 un escali] ard5t1 dont *aque m>*e tait une nuance de l'arc-en-ciel1 p>ut se dr\l] jusqu' la t]re4 ,du sommet invisible de cet escali]1 on vit desc5dre des =mes vagues et lum9euses1 qui peu peu se dess9r5t en se rappro*ant2 des *oeurs de femmes plus belles que t\tes les fleurs de la t]re et t\tes les toiles des cieux remplir5t le sanctuaire en *antant2 un ange tait v5u s'abattre sur le d]ni] degr1 et *aque femme qui le fran*issait1 il appelait un homme qu'il *oisissait selon les desse9s de ,dieu1 et mettait la ma9 de l'p\x dans la si5ne4 ,quelques hommes1 cep5dant1 v\lur5t cons]v] leur immortalit4 ,mais l'am\r de la femme tait si enivrant et si prcieux1 qu'ils ne pur5t rsi/] au dsir de le gt]1 et qu'ils essayr5t de sduire les femmes de leurs frres4 ,mais ils m\rur5t de mort viol5te2 ,dieu les *tia1 af9 que le premi] crime commis sur la t]re n'et po9t d'imitateurs4 ,p5dant longtemps1 malgr les s\ffrances de cette race phmre1 l'ge d'or rgna p>mi les hommes1 et la fidlit fut obs]ve entre les p\x4 ,mais peu peu le pr9cipe div9 et immortel qui avait anim les premi]s hommes s'affaiblissant de gnration en gnration1 l'adultre1 la ha9e1 la jal\sie1 la viol5ce1 le meurtre et t\s les maux de la race prs5te se rp&ir5t dans l'humanit2 ,dieu fut oblig de voil] sa face et de rappel] lui ses anges4 ,la ,provid5ce dev9t de plus en plus my/rieuse et muette1 la t]re mo9s fconde1 l'homme plus dbile1 et sa consci5ce plus voile et plus inc]ta9e4 ,les socits inv5tr5t1 p\r se ma9t5ir1 des lois qui htr5t leur *ute2 la v]tu dev9t difficile et se rfugia dans quelques mes *oisies4 ,mais ,dieu infligea p\r *tim5t t]nel cette race p]v]se le beso9 d'aim]4 ,a mesure que les lois plus absurdes ou plus cruelles multipliai5t l'adultre1 l'in/9ct de mutuelle fidlit dev5ait de j\r en j\r plus imprieux3 auj\rd'hui encore il fait le t\rm5t et le regret des coeurs les plus corrompus4 ,les c\rtisanes se retir5t au ds]t p\r pleur] l'am\r qu'elles n'ont plus droit d'att5dre de l'homme1 et la dem&5t ,dieu4 ,les lib]t9s se dsol5t dans la dbau*e et appell5t avec des sanglots furieux une femme *a/e et fidle qu'ils ne peuv5t tr\v]4 ,l'homme a oubli son immortalit2 il s'e/ consol de ne plus tre l'gal des anges1 mais il ne se consol]a jamais d'avoir p]du l'am\r1 l'am\r qui avait am5 la mort p> la ma91 et si beau qu'il avait obt5u grce p\r la laideur de cette soeur t]rible3 il ne s]a guri qu'en le retr\vant4 ,c>1 c\tez les ,juifs3 ils dis5t que la femme a apport en dot le p* et la mort1 mais ils dis5t aussi qu'au d]ni] j\r elle cras]a la tte du s]p5t1 qui e/ le gnie du mal4444 ,comme ,myrza a*evait les d]ni]s v]sets de son pome1 des prophtes au/res1 qui l'avai5t ent5due1 dir5t au peuple assembl aut\r d'elle3--,lapidez cette femme impie2 elle insulte la vraie religion et t\tes les religions1 en confondant s\s la =me allgorique les dogmes et les pr9cipes de t\tes les g5ses4 ,elle j\e sur les cordes de son lu? avec les *oses les plus sa9tes1 et la posie qu'elle *ante e/ un poison subtil qui g>e les hommes4 ,ramassez des pi]res et lapidez cette femme de mauvaise vie1 qui ose v5ir ici pr*] les v]tus qu'elle a f\les aux pi$s2 lapidez-la1 c> ses lvres s\illes pr(an5t les noms de div9it et de *a/et4 ,mais le peuple refusa de lapid] ,myrza4--,la v]tu1 rpondit un vieux prtre d',esculape1 e/ comme la sci5ce3 elle e/ t\j\rs belle1 utile et sa9te1 quelle que soit la b\*e qui l'annonce1 et n\s tirons des plantes les plus humbles que *aque j\r le passant f\le sur les *em9s un baume prcieux p\r les blessures4 ,laissez p>tir cette sibylle2 elle vi5t s\v5t ici1 n\s la connaissons et n\s l'aimons4 ,ses fictions n\s plais5t1 n\s1 vieux adorateurs des puissants dieux de l',olympe1 et les jeunes p>tisans des religions n\velles y tr\v5t un fonds de sa9e morale et de d\ce philosophie4 ,n\s l'c\tons en s\riant1 et nos femmes lui font d'innoc5ts prs5ts de jeunes agneaux et de robes de la9e sans ta*e4 ,qu'elle p>le et qu'elle revi5ne1 n\s ne la maudissons po9t2 et si ses voies sont mauvaises1 que ,m9]ve les r$resse et l'accompagne4 --,mais n\s p>lons au nom de la v]tu1 reprir5t les prophtes2 n\s avons fait s]m5t de ne jamais connatre un embrassem5t fm9944444 --,hi]1 int]rompit une femme1 d'autres prophtes n\s engageai5t1 au nom de je sais quel n\veau dieu1 n\s ab&onn] notre apptit2 et la veille1 d'autres n\s disai5t d'tre esclaves d'un seul matre3 les uns fix5t la *a/et d'une femme au nombre de sept m>is1 les autres veul5t qu'elle n'en ait po9t1 n\s ne savons plus qui ent5dre4 ,mais ce que dit cette ,myrza n\s plat3 elle n\s amuse et ne n\s enseigne po9t4 ,que ses fautes soi5t oublies1 et qu'elle soit vtue d'une robe de p\rpre1 p\r tre conduite au temple du ,de/91 qui e/ le dieu des dieux4 ,et comme les disciples des prophtes furieux s'a*>nai5t la maudire1 et ramassai5t de la b\e et des pi]res1 le peuple prit p>ti p\r elle1 et v\lut la port] en triomphe4 ,mais elle se dgagea1 et1 montant sur le dromadaire qui l'avait am5e1 elle dit ce peuple en le quittant3--,laissez-moi p>tir1 et si ces hommes v\s dis5t quelque *ose de bon1 c\tez-le1 et recueillez-le de quelque "p qu'il vi5ne4 ,p\r moi1 je v\s ai dit ma foi1 c'e/ l'am\r4 ,et voyez p\rtant que je suis seule1 que j'arrive seule1 et que je p>s seule4444 ,alors ,myrza rp&it beauc\p de l>mes1 puis elle aj\ta3--,compr5ez-v\s mes pleurs1 et savez-v\s o je vais8 ,et elle s'en alla p> la r\te qui mne au ds]t de ,?bade4 ,,george ,,s&4 ,,hamlet4 ,o ,hamlet1 dis-n\s le secret de ta d\leur imm5se1 et p\rquoi n\s n\s s5tons vibr] aut\r de toi1 comme autant d'*os de ta pla9te my/rieuse8 ,e/-ce seulem5t qu'on a assass9 ton pre1 et que tu ne te s5s pas la =ce de le v5g]8 ,c'e/ l une de/9e tragique1 mais exceptionnelle et biz>re1 qui se pe9t seulem5t notre imag9ation et qui ne remu]ait gure nos coeurs1 s'il n'y avait pas en toi autre *ose qu'un s\v5ir1 une vision et un s]m5t4 ,hamlet le danois#a1 que n\s importe n\s1 hommes d'auj\rd'hui1 le crime d'une re9e1 le meurtre d'un roi1 et la colre d'un pr9ce dpossd8 ,n\s avons vu bi5 d'autres drames de sang que ce drame imag9aire o ton pre/ige n\s entrane4 ,quel my/re de poignante sympa?ie le pote qui t'a donn l'tre1 a-t-il donc enf]m dans ton se9 et comme atta* ton nom8 ,note #a3 ,?is is ,i4 ,hamlet ! dane6444 ,cration sublime1 n'e/-ce donc pas que tu rsumes en toi t\tes les s\ffrances d'une me pure jete au milieu de la corruption et condamne lutt] contre le mal qui l'tre9t et la brise8 ,il n'y a pas d'autre fatalit dans ta vie1 ,hamlet1 et ton dlire n'a pas d'autre cause4 ,jeune1 t5dre et confiant1 l'me ouv]te l'am\r et l'amiti1 la dc\v]te du crime commis dans ta maison vi5t b\lev]s] t\tes tes affections1 t\tes tes croyances4 ,tu pleurais un mort *ri1 et tu t'tonnais de le pleur] seul4 ,un vague s\pon planait pe9e sur ton esprit3 t\t c\p ce s\pon devi5t c]titude2 une vision d*irante1 un songe peut-tre1 t'a clair1 et ds lors1 frapp de v]tige1 tu s5s ta raison branle1 et ta vie n'e/ plus qu'un accs de dlire am] et sombre4 ,c> tu es f\1 ,hamlet1 et tu ne m5s pas qu& tu dis3 ,8 madness is poor ,hamlet's ennemy4 ,on ne se j\e pas impunm5t avec la folie1 et1 d'ailleurs1 le *oix de ton rle de f\ atte/e que tu es dom9 p> la proccupation1 l'angoisse et la t]reur de la dm5ce4 ,tu ne fe9s pas la manire de ,brutus1 c> tu n'es pas l'au/re ,brutus4 ,am\reux et pote1 rveur t5dre et /udieux coli]1 tu n'z ri5 de cette nature implacable et pati5te du conspirateur4 ,pauvre ,hamlet1 ton me e/ trop fire et trop aimante p\r support] la d\leur et c\v] la v5geance4 ,te voil =c de har les hommes1 toi qui naquis p\r les aim]1 et ds ce premi] *oc te voil bris sans ret\r4 ,c'e/ l'horreur du crime1 le mpris du m5songe et l'effroi du mal1 qui mett5t t\s les lm5ts de ton tre en gu]re les uns contre les autres4 ,oh6 qui ne te pla9drait d'tre a9si dt\rn de tes voies et lanc sur une p5te fatale6 ,l'h>monie de tes facults e/ bi5 amrem5t tr\ble1 victime de l'iniquit6 ,aux heures o tu philosophes sur la vie et sur la mort1 sur le my/re de la tombe et la peur de l'inconnu1 tu sembles avoir retr\v t\tes les lumires de ton intellig5ce3 mais c'e/ ces heures-l mme que n\s dev9ons le mieux ton dsa/re1 ce dsa/re moral dont tu ne peux plus mesur] l't5due1 et qui se voile en va9 s\s de brillantes et sol5nelles p>oles4 ,plus que jamais divis contre toi-mme1 peut-on dire que1 dans ces mom5ts de rv]ie o ton me quitte la t]re1 tu t'app>ti5nes rellem5t8 ,non1 c> alors le s\v5ir de tes maux et de tes excs e/ comme effac de ta mmoire affaiblie1 et la moiti de ton me e/ p>alyse4 ,lorsque tu te dem&es ce que c'e/ qu'tre ou n'tre pas1 m\rir ou dormir444 ou rv]6444 tu ne vois pas ,ophlia ag5\ille prs de toi2 et lorsque tu songes au de/9 d',alex&re et au nant de la gloire1 en s\levant le crne d',yorick1 tu ne te s\vi5s pas du meurtre que tu z commis1 et de ton amante que tu z r5due folle4 ,tu n'z mme pas song t'enqurir de son sort2 tu ne te d\tes pas que c'e/ sa fosse que tu reg>des creus]4 ,il e/ donc des heures o ton pauvre coeur e/ mort1 et alors ton intellig5ce se p]d dans des ab/ractions o tu n'z pas la notion di/9cte de ton propre malheur4 ,e/-ce un tat de raison que celui o le c]veau fonctionne dans l'oubli absolu des d*irem5ts du coeur8 ,l'homme n'e/-il pas dcomplt qu& il ne peut plus p5s] et s5tir que sp>m5t et t\r t\r8 ,qu'on ne n\s dise donc plus que tu n'es pas f\1 c> tu s]ais odieux1 et n\s s5tons si bi5 au contraire que tu ne t'app>ti5s plus1 que ta viol5ce et ta cruaut n\s font plus s\ffrir que toi-mme4 ,le noble ,hamlet brise la frle ,ophlia en brisant l'am\r dans son propre se91 et il ne compr5d pas qu'il la tue4 ,il ne la reconnat que dans son l9ceul1 et ses regrets dis5t sa surprise et son rep5tir4 ,le noble ,hamlet brise l'orgueil impuni de sa mre1 et son propre coeur se brise de remords et de piti en accomplissant ce devoir effroyable4 ,le noble ,hamlet raille et insulte ,larte1 et bi5tt il s'accuse et se rep5t devant lui1 mais sans p>atre se r5dre compte du mal qu'il lui a fait1 et en lui disant3 ,le ciel m'e/ tmo9 que je v\s ai t\j\rs aim4 ,p>t\t ,hamlet e/ noble et bon1 mais aussi p>t\t ,hamlet e/ hors de lui et g\v]n p> la dm5ce1 dm5ce rveuse et accablante qu& il e/ seul ou avec ,horatio1 dm5ce furieuse et mprisante qu& il e/ en contact avec les sots et les m*ants de ce monde4 ,la folie e/ t\j\rs ou si rep\ssante1 ou si navrante1 que n\s en dt\rnons les yeux avec effroi4 ,la pauvre ,ophlia elle-mme1 si pure1 si d\ce et si belle1 n'a le don de n\s intress] qu'un in/ant1 aprs que sa raison l'a ab&onne4 ,son dlire e/ trop complet1 bi5 qu'in(f5sif4 ,ce n'e/ l qu'une d\leur t\te p]sonnelle4 ,d'o vi5t donc1 tri/e ,hamlet1 que ta folie1 toi1 n\s atta*e et n\s passionne du comm5cem5t la f98 ,c'e/ cause que ta d\leur e/ la ntre t\s1 et c'e/ cela qui la fait si huma9e et si vraie4 ,c'e/ ce dess*em5t qui se fait en toi de t\tes les s\rces de la vie1 l'am\r1 la confiance1 la fran*ise et la bont4 ,c'e/ ce dplorable adieu que tu es =c de dire la paix de la consci5ce et aux in/9cts de ta t5dresse4 ,c'e/ cette ncessit de dev5ir ombrageux1 hauta91 viol5t1 ironique1 v9dicatif et cruel4 ,c'e/ cette fatalit qui arme contre ton semblable ta ma9 loyale et brave4 ,c'e/ cet am\r mme du vrai et du ju/e qui te condamne dev5ir /upide ou m*ant2 et1 ne p\vant tre ni l'un ni l'autre1 tu te s5s dev5ir f\3 ,!y fool me to ! top ( my b5t ,!y compell me to play ! fool till ,i c endure to d x no long]4 ,hlas6 cette am]tume de ta vie1 ce dsespoir t\r t\r furieux et morne se rsum5t en un cri intrieur dont le ret5tissem5t se fait en n\s t\s1 et qui peut se traduire a9si3 ,mon ,dieu1 p\rquoi des m*ants p>mi n\s8 ,mon ,dieu1 mon ,dieu1 p\rquoi le mal dans ton oeuvre8 ,oui1 te voil t\t enti]1 ,hamlet1 dans ce cri de l'humanit rvolte contre elle-mme4 ,voil le secret de tes l>mes1 de tes fureurs et de tes p\vantes4 ,voil le secret de notre piti1 de notre t5dresse et de notre effroi p\r ton mal4 ,lequel de n\s os]ait dire1 qu& il contemple l't5due de ce mal auquel la t]re e/ livre1 qu'il s]a plus =t1 plus ju/e et plus pati5t que toi8 ,lequel de n\s1 qu& il s'g>e aux ab/ractions de la mtaphysique1 ou1 qu& il s'ab&onne aux entranem5ts de la ralit1 aux j\issances de l'esprit1 aux amusem5ts de la jeunesse1 aux esprances de l'am\r1 os]ait s'assur] qu'il n'e/ pas un f\1 un esprit dbile et tr\bl en qui le s\v5ir de l'9vitable fatalit s'efface trop aism5t1 en qui le moi g/e ou frivole t\ffe le s5tim5t de la vrit et le culte de la sagesse8 ,soit que n\s *]*ions dans les livres la cause du malheur et de l'impuissance de l'homme1 soit que n\s dem&ions ce secret fatal la rv]ie1 soit que n\s t*ions de n\s y s\/raire p> l't\rdissem5t du plaisir1 n\s sommes t\j\rs des infirmes de corps et d'esprit1 dom9s p> d'insondables my/res1 p\vants avec excs1 oublieux avec ivresse1 poltrons ou fanf>ons1 prompts puis] la c\pe de nos joies1 prompts n\s lass] de la re*]*e du vrai1 et tri/es surt\t1 t\j\rs tri/es6 ,pleure1 ,hamlet1 pleure6 ,il n'y a vraim5t que des sujets de l>mes ici-bas6 ,tremble aussi2 c> il n'e/ ri5 de si effrayant que notre de/9e en ce monde4 ,tue et meurs1 dtruis et disp>ais3 c'e/ le sort de l'homme4 ,depuis le b]ceau jusqu' la tombe1 depuis ,adam jusqu' toi1 ,hamlet1 depuis tes j\rs jusqu'aux ntres1 la voix de la t]re e/ un t]nel sanglot qui se p]d dans l't]nel sil5ce des cieux4 ,,george ,,s&4