,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,extrait des ,o,euvres compltes de ,diderot1 dites par ,jules ,asszat1 #eme volume1 ,paris1 ,garnier ,frres1 #ahge4 ,,entretien ,d',,un ,p,,re ,,avec ,,ses ,,enfants ,,ou ,,du ,,danger ,,de ,,se ,,mettre ,,au-,,dessus ,,des ,,lois4 7,publi en #aggc7 ,,notice ,,pr,,liminaire ,on lit dans la ,correspondance de ,grimm1 mars #agga3 ,m4 ,diderot1 matre coutelier ,langres1 mourut en #agei1 gnralement regrett dans sa ville1 laissant ses enfants une fortune honnte pour son tat1 et une rputation de vertu et de probit dsirable en tout tat4 ,je le vis trois mois avant sa mort4 ,en allant ,genve1 au mois de mars #agei1 je passai exprs par ,langres1 et je m'applaudirai toute ma vie d'avoir connu ce vieillard respectable4 ,il laissa trois enfants3 un fils an1 ,denis ,diderot1 n en #agac1 c'est notre philosophe2 une fille d'un coeur excellent et d'une fermet de caractre peu commune1 qui1 ds l'instant de la mort de sa mre1 se consacra entirement au service de son pre et de sa maison1 et refusa1 par cette raison1 de se marier2 un fils cadet qui a pris le parti de l'glise3 il est chanoine de l'glise cathdrale de ,langres et un des grands saints du diocse4 ,c'est un homme d'un esprit bizarre1 d'une dvotion outre et qui je crois peu d'ides et de sentiments justes4 ,le pre aimait son fils an d'inclination et de passion2 sa fille1 de reconnaissance et de tendresse2 et son fils cadet1 de rflexion1 par respect pour l'tat qu'il avait embrass4 ,voil des claircissements qui m'ont paru devoir prcder le morceau que vous allez lire4 ,le testament1 si fcheusement retrouv1 a servi de donne une pice intitule3 ,une ,journe de ,diderot1 dont nous dirons quelques mots dans la ,notice place en tte du ,neveu de ,rameau4 ,,entretien ,d',,un ,p,,re ,,avec ,,ses ,,enfants ,,ou ,,du ,,danger ,,de ,,se ,,mettre ,,au-,,dessus ,,des ,,lois ,mon pre1 homme d'un excellent jugement1 mais homme pieux1 tait renomm dans sa province pour sa probit rigoureuse4 ,il fut1 plus d'une fois1 choisi pour arbitre entre ses concitoyens2 et des trangers qu'il ne connaissait pas lui confirent souvent l'excution de leurs dernires volonts4 ,les pauvres pleurrent sa perte1 lorsqu'il mourut4 ,pendant sa maladie1 les grands et les petits marqurent l'intrt qu'ils prenaient sa conservation4 ,lorsqu'on sut qu'il approchait de sa fin1 toute la ville fut attriste4 ,son image sera toujours prsente ma mmoire2 il me semble que je le vois dans son fauteuil bras1 avec son maintien tranquille et son visage serein4 ,il me semble que je l'entends encore4 ,voici l'histoire d'une de nos soires1 et un modle de l'emploi des autres4 99 99 99 99 99 ,c'tait en hiver4 ,nous tions assis autour de lui1 devant le feu1 l'abb1 ma soeur et moi4 ,il me disait1 la suite d'une conversation sur les inconvnients de la clbrit3 ,mon fils1 nous avons fait tous les deux du bruit dans le monde1 avec cette diffrence que le bruit que vous faisiez avec votre outil vous tait le repos2 et que celui que je faisais avec le mien tait le repos aux autres4 ,aprs cette plaisanterie1 bonne ou mauvaise1 du vieux forgeron1 il se mit rver1 nous regarder avec une attention tout fait marque1 et l'abb lui dit3 ,mon pre1 quoi rvez-vous8 --,je rve1 lui rpondit-il1 que la rputation d'homme de bien1 la plus dsirable de toutes1 a ses prils1 mme pour celui qui la mrite4 ,puis1 aprs une courte pause1 il ajouta3 ,j'en frmis encore1 quand j'y pense444 ,le croiriez-vous1 mes enfants8 ,une fois dans ma vie1 j'ai t sur le point de vous ruiner2 oui1 de vous ruiner de fond en comble4 ,l',,abb4 ,et comment cela8 ,,mon ,p,,re4 ,comment8 ,le voici444 ,avant que je commence 7dit-il sa fille71 soeurette#a1 relve mon oreiller qui est descendu trop bas2 7 moi7 et toi1 ferme les pans de ma robe de chambre1 car le feu me brle les jambes444 ,vous avez tous connu le cur de ,thivet#b8 ,,ma ,,soeur4 ,ce bon vieux prtre1 qui1 l'ge de cent ans1 faisait ses quatre lieues dans la matine8 ,l',,abb4 ,qui s'teignit cent et un ans1 en apprenant la mort d'un frre qui demeurait avec lui1 et qui en avait quatre-vingt-dix-neuf8 ,,mon ,p,,re4 ,lui-mme4 ,l',,abb4 ,eh bien8 ,,mon ,p,,re4 ,eh bien1 ses hritiers1 gens pauvres et disperss sur les grands chemins1 dans les campagnes1 aux portes des glises o ils mendiaient leur vie1 m'envoyrent une procuration1 qui m'autorisait me transporter sur les lieux1 et pourvoir la sret des effets du dfunt cur leur parent4 ,comment refuser des indigents un service que j'avais rendu plusieurs familles opulentes8 ,j'allai ,thivet2 j'appelai la justice du lieu2 je fis apposer les scells1 et j'attendis l'arrive des hritiers4 ,ils ne tardrent pas venir2 ils taient au nombre de dix douze4 ,c'taient des femmes sans bas1 sans souliers1 presque sans vtements1 qui tenaient contre leur sein des enfants entortills de mauvais tabliers2 des vieillards couverts de haillons qui s'taient trans jusque-l1 portant sur leurs paules avec un bton1 une poigne de guenilles enveloppes dans une autre guenille2 le spectacle de la misre la plus hideuse4 ,imaginez1 d'aprs cela1 la joie de ces hritiers l'aspect d'une dizaine de mille francs qui revenait chacun d'eux2 car1 vue de pays1 la succession du cur pouvait aller une centaine de mille francs au moins4 ,on lve les scells4 ,je procde1 tout le jour1 l'inventaire des effets4 ,la nuit vient4 ,ces malheureux se retirent2 je reste seul4 ,j'tais press de les mettre en possession de leurs lots1 de les congdier1 et de revenir mes affaires4 ,il y avait sous un bureau un vieux coffre1 sans couvercle et rempli de toutes sortes de paperasses2 c'taient de vieilles lettres1 des brouillons de rponses1 des quittances surannes1 des reus de rebut1 des comptes de dpenses1 et d'autres chiffons de cette nature2 mais1 en pareil cas1 on lit tout1 on ne nglige rien4 ,je touchais la fin de cette ennuyeuse rvision1 lorsqu'il me tomba sous les mains un crit assez long2 et cet crit1 savez-vous ce que c'tait8 ,un testament6 un testament sign du cur6 ,un testament1 dont la date tait si ancienne1 que ceux qu'il en nommait excuteurs n'existaient plus depuis vingt ans6 ,un testament o il rejetait les pauvres qui dormaient autour de moi1 et instituait lgataires universels les ,frmins1 ces riches libraires de ,paris1 que tu dois connatre1 toi4 ,je vous laisse juger de ma surprise et de ma douleur2 car1 que faire de cette pice8 ,la brler8 ,pourquoi non8 ,n'avait-elle pas tous les caractres de la rprobation8 ,et l'endroit o je l'avais trouve1 et les papiers avec lesquels elle tait confondue et assimile1 ne dposaient-ils pas assez fortement contre elle1 sans parler de son injustice rvoltante8 ,voil ce que je me disais en moi-mme2 et me reprsentant en mme temps la dsolation de ces malheureux hritiers spolis1 frustrs de leur esprance1 j'approchais tout doucement le testament du feu2 puis1 d'autres ides croisaient les premires1 je ne sais quelle frayeur de me tromper dans la dcision d'un cas aussi important1 la mfiance de mes lumires1 la crainte d'couter plutt la voix de la commisration1 qui criait au fond de mon coeur1 que celle de la justice1 m'arrtaient subitement2 et je passai le reste de la nuit dlibrer sur cet acte inique que je tins plusieurs fois au-dessus de la flamme1 incertain si je le brlerais ou non4 ,ce dernier parti l'emporta2 une minute plus tt ou plus tard1 c'et t le parti contraire4 ,dans ma perplexit1 je crus qu'il tait sage de prendre le conseil de quelque personne claire4 ,je monte cheval ds la pointe du jour2 je m'achemine toutes jambes vers la ville2 je passe devant la porte de ma maison1 sans y entrer2 je descends au sminaire qui tait alors occup par des ,oratoriens1 entre lesquels il y en avait un distingu par la sret de ses lumires et la saintet de ses moeurs3 c'tait un pre ,bouin1 qui a laiss dans le diocse la rputation du plus grand casuiste4 99 99 99 99 99 ,mon pre en tait l1 lorsque le docteur ,bissei entra3 c'tait l'ami et le mdecin de la maison4 ,il s'informa de la sant de mon pre1 lui tta le pouls1 ajouta1 retrancha son rgime1 prit une chaise1 et se mit causer avec nous4 ,mon pre lui demanda des nouvelles de quelques-uns de ses malades1 entre autres1 d'un vieux fripon d'intendant d'un ,m4 de ,la ,msangre1 ancien maire de notre ville4 ,cet intendant avait mis le dsordre et le feu dans les affaires de son matre1 avait fait de faux emprunts sous son nom1 avait gar des titres1 s'tait appropri des fonds1 avait commis une infinit de friponneries dont la plupart taient avres1 et il tait la veille de subir une peine infamante1 sinon capitale4 ,cette affaire occupait alors toute la province4 ,le docteur lui dit que cet homme tait fort mal1 mais qu'il ne dsesprait pas de le tirer d'affaire4 ,,mon ,p,,re4 ,c'est un trs-mauvais service lui rendre4 ,,moi4 ,et une trs-mauvaise action faire4 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,une mauvaise action6 ,et la raison1 s'il vous plat8 ,,moi4 ,c'est qu'il y a tant de mchants dans ce monde1 qu'il n'y faut pas retenir ceux qui il prend envie d'en sortir4 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,mon affaire est de le gurir1 et non de le juger2 je le gurirai1 parce que c'est mon mtier2 ensuite le magistrat le fera pendre1 parce que c'est le sien4 ,,moi4 ,docteur1 mais il y a une fonction commune tout bon citoyen1 vous1 moi1 c'est de travailler de toute notre force l'avantage de la rpublique2 et il me semble que ce n'en est pas un pour elle que le salut d'un malfaiteur1 dont incessamment les lois la dlivreront4 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,et qui appartient-il de le dclarer malfaiteur8 ,est-ce moi8 ,,moi4 ,non1 c'est ses actions4 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,et qui appartient-il de connatre de ces actions8 ,est-ce moi8 ,,moi4 ,non2 mais permettez1 docteur1 que je change un peu la thse1 en supposant un malade dont les crimes soient de notorit publique4 ,on vous appelle2 vous accourez1 vous ouvrez les rideaux1 et vous reconnaissez ,cartouche ou ,nivet#c4 ,gurirez-vous ,cartouche ou ,nivet8444 ,le docteur ,bissei1 aprs un moment d'incertitude1 rpondit ferme qu'il le gurirait2 qu'il oublierait le nom du malade1 pour ne s'occuper que du caractre de la maladie2 que c'tait la seule chose dont il lui ft permis de connatre2 que s'il faisait un pas au del1 bientt il ne saurait plus o s'arrter2 que ce serait abandonner la vie des hommes la merci de l'ignorance1 des passions1 du prjug1 si l'ordonnance devait tre prcde de l'examen de la vie et des moeurs du malade4 ,ce que vous me dites de ,nivet1 un jansniste me le dira d'un moliniste1 un catholique d'un protestant4 ,si vous m'cartez du lit de ,cartouche1 un fanatique m'cartera du lit d'un athe4 ,c'est bien assez que d'avoir doser le remde1 sans avoir encore doser la mchancet qui permettrait ou non de l'administrer444 --,mais1 docteur1 lui rpondis-je1 si aprs votre belle cure1 le premier essai que le sclrat fera de sa convalescence1 c'est d'assassiner votre ami1 que direz-vous8 ,mettez la main sur la conscience2 ne vous repentirez-vous point de l'avoir guri8 ,ne vous crierez-vous point avec amertume3 ,pourquoi l'ai-je secouru6 ,que ne le laissais-je mourir6 ,n'y a-t-il pas l de quoi empoisonner le reste de votre vie8 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,assurment1 je serai consum de douleur2 mais je n'aurai point de remords4 ,,moi4 ,et quel remords pourriez-vous avoir1 je ne dis point d'avoir tu1 car il ne s'agit pas de cela2 mais d'avoir laiss prir un chien enrag8 ,docteur1 coutez-moi4 ,je suis plus intrpide que vous2 je ne me laisse point brider par de vains raisonnements4 ,je suis mdecin4 ,je regarde mon malade2 en le regardant1 je reconnais un sclrat1 et voici le discours que je lui tiens3 ,malheureux1 dpche-toi de mourir2 c'est tout ce qui peut t'arriver de mieux pour les autres et pour toi4 ,je sais bien ce qu'il y aurait faire pour dissiper ce point de ct qui t'oppresse1 mais je n'ai garde de l'ordonner2 je ne hais pas assez mes concitoyens1 pour te renvoyer de nouveau au milieu d'eux1 et me prparer moi-mme une douleur ternelle par les nouveaux forfaits que tu commettrais4 ,je ne serai point ton complice4 ,on punirait celui qui te recle dans sa maison1 et je croirais innocent celui qui t'aurait sauv6 ,cela ne se peut4 ,si j'ai un regret1 c'est qu'en te livrant la mort je t'arrache au dernier supplice4 ,je ne m'occuperai point de rendre la vie celui dont il m'est enjoint par l'quit naturelle1 le bien de la socit1 le salut de mes semblables1 d'tre le dnonciateur4 ,meurs1 et qu'il ne soit pas dit que par mon art et mes soins il existe un monstre de plus4 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,bonjour1 papa4 ,ah 1 moins de caf aprs dner1 entendez-vous8 ,,mon ,p,,re4 ,ah6 docteur1 c'est une si bonne chose que le caf6 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,du moins1 beaucoup1 beaucoup de sucre4 ,,ma ,,soeur4 ,mais1 docteur1 ce sucre nous chauffera4 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,chansons6 ,adieu1 philosophe4 ,,moi4 ,docteur1 encore un moment4 ,galien1 qui vivait sous ,marc-,aurle1 et qui1 certes1 n'tait pas un homme ordinaire1 bien qu'il crt aux songes1 aux amulettes et aux malfices1 dit de ses prceptes sur les moyens de conserver les nouveau-ns3 ,c'est aux ,grecs1 aux ,romains1 tous ceux qui marchent sur leurs pas dans la carrire des sciences1 que je les adresse4 ,pour les ,germains et le reste des barbares1 ils n'en sont pas plus dignes que les ours1 les sangliers1 les lions1 et les autres btes froces4 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,je savais cela4 ,vous avez tort tous les deux2 ,galien1 d'avoir profr sa sentence absurde2 vous1 d'en faire une autorit4 ,vous n'existeriez pas1 ni vous ni votre loge ou votre critique de ,galien1 si la nature n'avait pas eu d'autre secret que le sien pour conserver les enfants des ,germains4 ,,moi4 ,pendant la dernire peste de ,marseille444 ,,le ,,docteur ,,bissei4 ,dpchez-vous1 car je suis press4 ,,moi4 ,il y avait des brigands qui se rpandaient dans les maisons1 pillant1 tuant1 profitant du dsordre gnral1 pour s'enrichir par toutes sortes de crimes4 ,un de ces brigands fut attaqu de la peste1 et reconnu par un des fossoyeurs que la police avait chargs d'enlever les morts4 ,ces gens-ci allaient1 et jetaient les cadavres dans la rue4 ,le fossoyeur regarde le sclrat1 et lui dit3 ,ah6 misrable1 c'est toi2 et en mme temps1 il le saisit par les pieds1 et le trane vers la fentre4 ,le sclrat lui crie3 ,je ne suis pas mort4 ,l'autre lui rpond3 ,tu es assez mort1 et le prcipite l'instant d'un troisime tage4 ,docteur1 sachez que le fossoyeur qui dpche si lestement ce mchant pestifr1 est moins coupable mes yeux qu'un habile mdecin1 comme vous1 qui l'aurait guri2 et partez4 ,,le ,,docteur4 ,cher philosophe1 j'admirerai votre esprit et votre chaleur1 tant qu'il vous plaira2 mais votre morale ne sera ni la mienne1 ni celle de l'abb1 je gage4 ,l',,abb4 ,vous gagez coup sr4 99 99 99 99 99 ,j'allais entreprendre l'abb2 mais mon pre1 s'adressant moi1 en souriant1 me dit3 ,tu plaides contre ta propre cause4 ,,moi4 ,comment cela8 ,,mon ,p,,re4 ,tu veux la mort de ce coquin d'intendant de ,m4 de ,la ,msangre1 n'est-ce pas8 ,eh6 laisse donc faire le docteur4 ,tu dis quelque chose tout bas4 ,,moi4 ,je dis que ,bissei ne mritera jamais l'inscription que les ,romains placrent au-dessus de la porte du mdecin d',adrien ,,vi1 aprs sa mort3 ,au librateur de la patrie4 ,,ma ,,soeur4 ,et que1 mdecin du ,mazarin1 ce ministre dcd1 il n'et pas fait dire aux charretiers1 comme ,gunaut3 ,camarades1 laissons passer monsieur le docteur1 c'est lui qui nous a fait la grce de tuer le cardinal4 99 99 99 99 99 ,mon pre sourit1 et dit3 ,o en tais-je de mon histoire8 ,,ma ,,soeur4 ,vous en tiez au pre ,bouin4 ,,mon ,p,,re4 ,je lui expose le fait4 ,le pre ,bouin me dit3 ,rien n'est plus louable1 monsieur1 que le sentiment de commisration dont vous tes touch pour ces malheureux hritiers4 ,supprimez le testament1 secourez-les1 j'y consens2 mais c'est la condition de restituer au lgataire universel la somme prcise dont vous l'aurez priv1 ni plus1 ni moins4 ,mais je sens du froid entre les paules4 ,le docteur aura laiss la porte ouverte2 soeurette1 va la fermer4 ,,ma ,,soeur4 ,j'y vais2 mais j'espre que vous ne continuerez pas que je ne sois revenue4 ,,mon ,p,,re4 ,cela va sans dire4 99 99 99 99 99 ,ma soeur1 qui s'tait fait attendre quelque temps1 dit en rentrant1 avec un peu d'humeur3 ,c'est ce fou qui a pendu deux criteaux sa porte1 sur l'un desquels on lit3 ,maison vendre vingt mille francs1 ou louer douze cents francs par an1 sans bail2 et sur l'autre3 ,vingt mille francs prter pour un an1 six pour cent4 ,,moi4 ,un fou1 ma soeur8 ,et s'il n'y avait qu'un criteau o vous en voyez deux1 et que l'criteau du prt ne ft qu'une traduction de celui de la location8 ,mais laissons cela1 et revenons au pre ,bouin4 ,,mon ,p,,re4 ,le pre ,bouin ajouta3 ,et qui est-ce qui vous a autoris ter ou donner de la sanction aux actes8 ,qui est-ce qui vous a autoris interprter les intentions des morts8 --,mais1 pre ,bouin1 et le coffre8 --,qui est-ce qui vous a autoris dcider si ce testament a t rebut de rflexion1 ou s'il s'est gar par mprise8 ,ne vous est-il jamais arriv d'en commettre de pareilles1 et de retrouver au fond d'un seau un papier prcieux que vous y aviez jet d'inadvertance8 --,mais1 pre ,bouin1 et la date et l'iniquit de ce papier8 --,qui est-ce qui vous a autoris prononcer sur la justice ou l'injustice de cet acte1 et regarder le legs universel comme un don illicite1 plutt que comme une restitution ou telle autre oeuvre lgitime qu'il vous plaira d'imaginer8 --,mais1 pre ,bouin1 et ces hritiers immdiats et pauvres1 et ce collatral loign et riche8 --,qui est-ce qui vous a autoris peser ce que le dfunt devait ses proches1 que vous ne connaissez pas davantage8 --,mais1 pre ,bouin1 et ce tas de lettres du lgataire1 que le dfunt ne s'tait pas seulement donn la peine d'ouvrir6444 ,une circonstance que j'avais oublie de vous dire1 ajouta mon pre1 c'est que dans l'amas de paperasses1 entre lesquelles je trouvai ce fatal testament1 il y avait vingt1 trente1 je ne sais combien de lettres des ,frmins1 toutes cachetes4 ,il n'y a1 dit le pre ,bouin1 ni coffre1 ni date1 ni lettres1 ni pre ,bouin1 ni si1 ni mais1 qui tienne2 il n'est permis personne d'enfreindre les lois1 d'entrer dans la pense des morts1 et de disposer du bien d'autrui4 ,si la ,providence a rsolu de chtier ou l'hritier ou le lgataire1 ou le dfunt1 car on ne sait lequel1 par la conservation fortuite de ce testament1 il faut qu'il reste4 ,aprs une dcision aussi nette1 aussi prcise de l'homme le plus clair de notre clerg1 je demeurai stupfait et tremblant1 songeant en moi-mme ce que je devenais1 ce que vous deveniez1 mes enfants1 s'il me ft arriv de brler le testament1 comme j'en avais t tent dix fois2 d'tre ensuite tourment de scrupules1 et d'aller consulter le pre ,bouin4 ,j'aurais restitu2 oh6 j'aurais restitu2 rien n'est plus sr1 et vous tiez ruins4 ,,ma ,,soeur4 ,mais1 mon pre1 il fallut1 aprs cela1 s'en revenir au presbytre1 et annoncer cette troupe d'indigents qu'il n'y avait rien l qui leur appartnt1 et qu'ils pouvaient s'en retourner comme ils taient venus4 ,avec l'me compatissante que vous avez1 comment en etes-vous le courage8 ,,mon ,p,,re4 ,ma foi1 je n'en sais rien4 ,dans le premier moment1 je pensai me dpartir de ma procuration1 et me remplacer par un homme de loi2 mais un homme de loi en et us dans toute la rigueur1 pris et chass par les paules ces pauvres gens dont je pouvais peut-tre allger l'infortune4 ,je retournai donc le mme jour ,thivet4 ,mon absence subite1 et les prcautions que j'avais prises en partant1 avaient inquit2 l'air de tristesse avec lequel je reparus1 inquita bien davantage4 ,cependant je me contraignis1 je dissimulai de mon mieux4 ,,moi4 ,c'est--dire assez mal4 ,,mon ,p,,re4 ,je commenai par mettre couvert tous les effets prcieux4 ,j'assemblai dans la maison un certain nombre d'habitants1 qui me prteraient main-forte1 en cas de besoin4 ,j'ouvris la cave et les greniers que j'abandonnai ces malheureux1 les invitant boire1 manger1 et partager entre eux le vin1 le bl et toutes les autres provisions de bouche4 ,l',,abb4 ,mais1 mon pre6444 ,,mon ,p,,re4 ,je le sais1 cela ne leur appartenait pas plus que le reste4 ,,moi4 ,allons donc1 l'abb1 tu nous interromps4 ,,mon ,p,,re4 ,ensuite1 ple comme la mort1 tremblant sur mes jambes1 ouvrant la bouche1 et ne trouvant aucune parole1 m'asseyant1 me relevant1 commenant une phrase1 et ne pouvant l'achever1 pleurant2 tous ces gens effrays m'environnant1 s'criant autour de moi3 ,eh bien6 mon cher monsieur1 qu'est-ce qu'il y a8--,qu'est-ce qu'il y a8 repris-je444 ,un testament1 un testament qui vous dshrite4 ,ce peu de mots me cota tant dire1 que je me sentis presque dfaillir4 ,,ma ,,soeur4 ,je conois cela4 ,,mon ,p,,re4 ,quelle scne1 quelle scne1 mes enfants1 que celle qui suivit6 ,je frmis de la rappeler4 ,il me semble que j'entends encore les cris de la douleur1 de la fureur1 de la rage1 le hurlement des imprcations444 ,ici1 mon pre portait ses mains sur ses yeux1 sur ses oreilles444 ,ces femmes1 disait-il1 ces femmes1 je les vois2 les unes se roulaient terre1 s'arrachaient les cheveux1 se dchiraient les joues et les mamelles2 les autres cumaient1 tenaient leurs enfants par les pieds1 prtes leur cacher la tte contre le pav1 si on les et laiss faire2 les hommes saisissaient1 renversaient1 cassaient tout ce qui leur tombait sous les mains2 ils menaaient de mettre le feu la maison2 d'autres1 en rugissant1 grattaient la terre avec leurs ongles1 comme s'ils y eussent cherch le cadavre du cur pour le dchirer2 et1 tout au travers de ce tumulte1 c'taient les cris aigus des enfants qui partageaient1 sans savoir pourquoi1 le dsespoir de leurs parents1 qui s'attachaient leurs vtements1 et qui en taient inhumainement repousss4 ,je ne crois pas avoir jamais autant souffert de ma vie4 ,cependant j'avais crit au lgataire de ,paris1 je l'instruisais de tout et je le pressais de faire diligence1 le seul moyen de prvenir quelque accident qu'il ne serait pas en mon pouvoir d'empcher4 ,j'avais un peu calm les malheureux par l'esprance dont je me flattais1 en effet1 d'obtenir du lgataire une renonciation complte ses droits ou de l'amener quelque traitement favorable2 et je les avais disperss dans les chaumires les plus loignes du village4 ,le ,frmin de ,paris arriva2 je le regardai fixement et je lui trouvai une physionomie dure qui ne promettait rien de bon4 ,,moi4 ,de grands sourcils noirs et touffus1 des yeux couverts et petits1 une large bouche1 un peu de travers1 un teint basan et cribl de petite vrole8 ,,mon ,p,,re4 ,c'est cela4 ,il n'avait pas mis plus de trente heures faire ses soixante lieues4 ,je commenai par lui montrer les misrables dont j'avais plaider la cause4 ,ils taient tous debout devant lui1 en silence2 les femmes pleuraient2 les hommes1 appuys sur leurs btons1 la tte nue1 avaient la main dans leurs bonnets4 ,le ,frmin1 assis1 les yeux ferms1 la tte penche et le menton appuy sur sa poitrine1 ne les regardait pas4 ,je parlai en leur faveur de toute ma force2 je ne sais o l'on prend ce qu'on dit en pareil cas4 ,je lui fis toucher au doigt combien il tait incertain que cette succession lui ft lgitimement acquise2 je le conjurai par son opulence1 par la misre qu'il avait sous les yeux2 je crois mme que je me jetai ses pieds2 je n'en pus tirer une obole4 ,il me rpondit qu'il n'entrait point dans toutes ces considrations2 qu'il y avait un testament2 que l'histoire de ce testament lui tait indiffrente1 et qu'il aimait mieux s'en rapporter ma conduite qu' mes discours4 ,d'indignation1 je lui jetai les clefs au nez2 il les ramassa1 s'empara de tout2 et je m'en revins si troubl1 si pein1 si chang1 que votre mre1 qui vivait encore1 crut qu'il m'tait arriv quelque grand malheur444 ,ah6 mes enfants6 quel homme que ce ,frmin6 99 99 99 99 99 ,aprs ce rcit1 nous tombmes dans le silence1 chacun rvant sa manire sur cette singulire aventure4 ,il vint quelques visites2 un ecclsiastique1 dont je ne me rappelle pas le nom3 c'tait un gros prieur1 qui se connaissait mieux en bon vin qu'en morale1 et qui avait plus feuillet le ,moyen de parvenir que les ,confrences de ,grenoble2 un homme de justice1 notaire et lieutenant de police1 appel ,dubois2 et1 peu de temps aprs1 un ouvrier qui demandait parler mon pre4 ,on le fit entrer1 et avec lui un ancien ingnieur de la province1 qui vivait retir et qui cultivait les mathmatiques1 qu'il avait autrefois professes2 c'tait un des voisins de l'ouvrier1 l'ouvrier tait chapelier4 ,le premier mot du chapelier fut de faire entendre mon pre que l'auditoire tait un peu nombreux pour ce qu'il avait lui dire4 ,tout le monde se leva1 et il ne resta que le prieur1 l'homme de loi1 le gomtre et moi1 que le chapelier retint4 ,monsieur ,diderot1 dit-il mon pre1 aprs avoir regard autour de l'appartement s'il ne pouvait tre entendu1 c'est votre probit et vos lumires qui m'amnent chez vous2 et je ne suis pas fch d'y rencontrer ces autres messieurs dont je ne suis peut-tre pas connu1 mais que je connais tous4 ,un prtre1 un homme de loi1 un savant1 un philosophe et un homme de bien6 ,ce serait grand hasard1 si je ne trouvais pas dans des personnes d'tat si diffrent1 et toutes galement justes et claires1 le conseil dont j'ai besoin4 ,le chapelier ajouta ensuite3 ,promettez-moi d'abord de garder le secret sur mon affaire1 quel que soit le parti que je juge propos de suivre4 ,on le lui promit1 et il continua4 ,je n'ai point d'enfants1 je n'en ai point eu de ma dernire femme1 que j'ai perdue il y a environ quinze jours4 ,depuis ce temps1 je ne vis pas2 je ne saurais ni boire1 ni manger1 ni travailler1 ni dormir4 ,je me lve1 je m'habille1 je sors et je rde par la ville dvor d'un souci profond4 ,j'ai gard ma femme malade pendant dix-huit ans2 tous les services qui ont dpendu de moi et que sa triste situation exigeait1 je les lui ai rendus4 ,les dpenses que j'ai faites pour elle ont consomm le produit de notre petit revenu et de mon travail1 m'ont laiss charg de dettes2 et je me trouverais1 sa mort1 puis de fatigues1 le temps de mes jeunes annes perdu2 je ne serais1 en un mot1 pas plus avanc que le premier jour de mon tablissement1 si j'observais les lois et si je laissais aller des collatraux loigns la portion qui leur revient de ce qu'elle m'avait apport en dot3 c'tait un trousseau bien conditionn2 car son pre et sa mre1 qui aimaient beaucoup leur fille1 firent pour elle tout ce qu'ils purent1 plus qu'ils ne purent2 de belles et bonnes nippes en quantit1 qui sont restes toutes neuves2 car la pauvre femme n'a pas eu le temps de s'en servir2 et vingt mille francs en argent1 provenus du remboursement d'un contrat constitu sur ,m4 ,michelin1 lieutenant du procureur gnral4 peine la dfunte a-t-elle eu les yeux ferms1 que j'ai soustrait et les nippes et l'argent4 ,messieurs1 vous savez actuellement mon affaire4 ,ai-je bien fait8 ,ai-je mal fait8 ,ma conscience n'est pas en repos4 ,il me semble que j'entends l quelque chose qui me dit3 ,tu as vol1 tu as vol2 rends1 rends4 ,qu'en pensez-vous8 ,songez1 messieurs1 que ma femme m'a emport1 en s'en allant1 tout ce que j'ai gagn pendant vingt ans2 que je ne suis presque plus en tat de travailler2 que je suis endett1 et que si je restitue1 il ne me reste que l'hpital1 si ce n'est aujourd'hui1 ce sera demain4 ,parlez1 messieurs1 j'attends votre dcision4 ,faut-il restituer et s'en aller l'hpital8 -- tout seigneur1 tout honneur1 dit mon pre1 en s'inclinant vers l'ecclsiastique2 vous1 monsieur le prieur4 --,mon enfant1 dit le prieur au chapelier1 je n'aime pas les scrupules1 cela brouille la tte et ne sert rien2 peut-tre ne fallait-il pas prendre cet argent2 mais1 puisque tu l'as pris1 mon avis est que tu le gardes4 ,,mon ,p,,re4 ,mais1 monsieur le prieur1 ce n'est pas l votre dernier mot8 ,,le ,,prieur4 ,ma foi si2 je n'en sais pas plus long4 ,,mon ,p,,re4 ,vous n'avez pas t loin4 vous1 monsieur le magistrat4 ,,le ,,magistrat4 ,mon ami1 ta position est fcheuse2 un autre te conseillerait peut-tre d'assurer le fonds aux collatraux de ta femme1 afin qu'en cas de mort ce fonds ne passt pas aux tiens1 et de jouir1 ta vie durant1 de l'usufruit4 ,mais il y a des lois2 et ces lois ne t'accordent ni l'usufruit1 ni la proprit du capital4 ,crois-moi1 satisfais aux lois et sois honnte homme2 l'hpital1 s'il le faut4 ,,moi4 ,il y a des lois6 ,quelles lois8 ,,mon ,p,,re4 ,et vous1 monsieur le mathmaticien1 comment rsolvez-vous ce problme8 ,,le ,g,,om,,tre4 ,mon ami1 ne m'as-tu pas dit que tu avais pris environ vingt mille francs8 ,,le ,,chapelier4 ,oui1 monsieur4 ,,le ,g,,om,,tre4 ,et combien peu prs t'a cot la maladie de ta femme8 ,,le ,,chapelier4 peu prs la mme somme4 ,,le ,g,,om,,tre4 ,eh bien6 qui de vingt mille francs paye vingt mille francs1 reste zro4 ,,mon ,p,,re1 moi4 ,et qu'en dit la philosophie8 ,,moi4 ,la philosophie se tait o la loi n'a pas le sens commun444 ,mon pre sentit qu'il ne fallait pas me presser2 et portant tout de suite la parole au chapelier3 ,matre un tel1 lui dit-il1 vous nous avez confess que depuis que vous aviez spoli la succession de votre femme1 vous aviez perdu le repos4 ,et quoi vous sert donc cet argent1 qui vous a t le plus grand des biens8 ,dfaites-vous-en vite2 et buvez1 mangez1 dormez1 travaillez1 soyez heureux chez vous1 si vous y pouvez tenir1 ou ailleurs1 si vous ne pouvez pas tenir chez vous4 ,le chapelier rpliqua brusquement3 ,non1 monsieur1 je m'en irai ,genve4 --,et tu crois que tu laisseras le remords ici8 --,je ne sais1 mais j'irai ,genve4 --,va o tu voudras1 tu y trouveras ta conscience4 ,le chapelier partit2 sa rponse bizarre devint le sujet de l'entretien4 ,on convint que peut-tre la distance des lieux et du temps affaiblissait plus ou moins tous les sentiments1 toutes les sortes de consciences1 mme celle du crime4 ,l'assassin1 transport sur le rivage de la ,chine1 est trop loin pour apercevoir le cadavre qu'il a laiss sanglant sur les bords de la ,seine4 ,le remords nat peut-tre moins de l'horreur de soi que de la crainte des autres2 moins de la honte de l'action que du blme et du chtiment qui la suivraient s'il arrivait qu'on la dcouvrt4 ,et quel est le criminel clandestin assez tranquille dans l'obscurit pour ne pas redouter la trahison d'une circonstance imprvue ou l'indiscrtion d'un mot peu rflchi8 ,quelle certitude a-t-il qu'il ne se dclera point dans le dlire de la fivre ou du rve8 ,on l'entendra sur le lieu de la scne1 et il est perdu4 ,ceux qui l'environneront la ,chine ne le comprendront pas4 ,mes enfants1 les jours du mchant sont remplis d'alarmes4 ,le repos n'est fait que pour l'homme de bien4 ,c'est lui seul qui vit et meurt tranquille4 ,ce texte puis1 les visites s'en allrent2 mon frre et ma soeur rentrrent2 la conversation interrompue fut reprise1 et mon pre dit3 ,dieu soit lou6 nous voil ensemble4 ,je me trouve bien avec les autres1 mais mieux avec vous4 ,puis s'adressant moi3 ,pourquoi1 me demanda-t-il1 n'as-tu pas dit ton avis au chapelier8 --,c'est que vous m'en avez empch4 --,ai-je mal fait8 --,non1 parce qu'il n'y a point de bon conseil pour un sot4 ,quoi donc1 est-ce que cet homme n'est pas le plus proche parent de sa femme8 ,est-ce que le bien qu'il a retenu ne lui a pas t donn en dot8 ,est-ce qu'il ne lui appartient pas au titre le plus lgitime8 ,quel est le droit de ces collatraux8 ,,mon ,p,,re4 ,tu ne vois que la loi1 mais tu n'en vois pas l'esprit4 ,,moi4 ,je vois comme vous1 mon pre1 le peu de sret des femmes1 mprises1 haes tort travers de leurs maris1 si la mort saisissait ceux-ci de leurs biens4 ,mais qu'est-ce que cela me fait moi1 honnte homme1 qui ai bien rempli mes devoirs avec la mienne8 ,ne suis-je pas assez malheureux de l'avoir perdue8 ,faut-il qu'on vienne encore m'enlever sa dpouille8 ,,mon ,p,,re4 ,mais si tu reconnais la sagesse de la loi1 il faut t'y conformer1 ce me semble4 ,,ma ,,soeur4 ,sans la loi il n'y a plus de vol4 ,,moi4 ,vous vous trompez1 ma soeur4 ,,mon ,,fr,,re4 ,sans la loi tout est tous1 et il n'y a plus de proprit4 ,,moi4 ,vous vous trompez1 mon frre4 ,,mon ,,fr,,re4 ,et qu'est-ce qui fonde donc la proprit8 ,,moi4 ,primitivement1 c'est la prise de possession par le travail4 ,la nature a fait les bonnes lois de toute ternit2 c'est une force lgitime qui en assure l'excution2 et cette force1 qui peut tout contre le mchant1 ne peut rien contre l'homme de bien4 ,je suis cet homme de bien2 et dans ces circonstances et beaucoup d'autres que je vous dtaillerais1 je la cite au tribunal de mon coeur1 de ma raison1 de ma conscience1 au tribunal de l'quit naturelle2 je l'interroge1 je m'y soumets ou je l'annule4 ,,mon ,p,,re4 ,prche ces principes-l sur les toits1 je te promets qu'ils feront fortune1 et tu verras les belles choses qui en rsulteront4 ,,moi4 ,je ne les prcherai pas2 il y a des vrits qui ne sont pas faites pour les fous2 mais je les garderai pour moi4 ,,mon ,p,,re4 ,pour toi qui es un sage8 ,,moi4 ,assurment4 ,,mon ,p,,re4 ,d'aprs cela1 je pense bien que tu n'approuveras pas autrement la conduite que j'ai tenue dans l'affaire du cur de ,thivet4 ,mais toi1 l'abb1 qu'en penses-tu8 ,l',,abb4 ,je pense1 mon pre1 que vous avez agi prudemment de consulter1 et d'en croire le pre ,bouin2 et que si vous eussiez suivi votre premier mouvement1 nous tions en effet ruins4 ,,mon ,p,,re4 ,et toi1 grand philosophe1 tu n'es pas de cet avis8 ,,moi4 ,non4 ,,mon ,p,,re4 ,cela est bien court4 ,va ton chemin4 ,,moi4 ,vous me l'ordonnez8 ,,mon ,p,,re4 ,sans doute4 ,,moi4 ,sans mnagement8 ,,mon ,p,,re4 ,sans doute4 ,,moi4 ,non1 certes1 lui rpondis-je avec chaleur1 je ne suis pas de cet avis4 ,je pense1 moi1 que1 si vous avez jamais fait une mauvaise action dans votre vie1 c'est celle-l2 et que si vous vous fussiez cru oblig restitution envers le lgataire aprs avoir dchir le testament1 vous l'tes bien davantage envers les hritiers pour y avoir manqu4 ,,mon ,p,,re4 ,il faut que je l'avoue1 cette action m'est toujours reste sur le coeur2 mais le pre ,bouin6444 ,,moi4 ,votre pre ,bouin1 avec toute sa rputation de science et de saintet1 n'tait qu'un mauvais raisonneur1 un bigot tte rtrcie4 ,,ma ,,soeur1 voix basse4 ,est-ce que ton projet est de nous ruiner8 ,,mon ,p,,re4 ,paix6 paix6 laisse l le pre ,bouin2 et dis-nous tes raisons1 sans injurier personne4 ,,moi4 ,mes raisons8 ,elles sont simples2 et les voici4 ,ou le testateur a voulu supprimer l'acte qu'il avait fait dans la duret de son coeur1 comme tout concourait le dmontrer2 et vous avez annul sa rsipiscence3 ou il a voulu que cet acte atroce et son effet3 et vous vous tes associ son injustice4 ,,mon ,p,,re4 son injustice8 ,c'est bientt dit4 ,,moi4 ,oui1 oui1 son injustice2 car tout ce que le pre ,bouin vous a dbit ne sont que de vaines subtilits1 de pauvres conjectures1 des peut-tre sans aucune valeur1 sans aucun poids1 auprs des circonstances qui taient tout caractre de validit l'acte injuste que vous avez tir de la poussire1 produit et rhabilit4 ,un coffre paperasses2 parmi ces paperasses une vieille paperasse proscrite2 par sa date1 par son injustice1 par son mlange avec d'autres paperasses1 par la mort des excuteurs1 par le mpris des lettres du lgataire1 par la richesse de ce lgataire1 et par la pauvret des vritables hritiers6 ,qu'oppose-t-on cela8 ,une restitution prsume6 ,vous verrez que ce pauvre diable de prtre1 qui n'avait pas un sou lorsqu'il arriva dans sa cure1 et qui avait pass quatre-vingts ans de sa vie amasser environ cent mille francs en entassant sou sur sou1 avait fait autrefois aux ,frmins1 chez qui il n'avait point demeur1 et qu'il n'avait peut-tre jamais connus que de nom1 un vol de cent mille francs4 ,et quand ce prtendu vol et t rel1 le grand malheur que444 ,j'aurais brl cet acte d'iniquit4 ,il fallait le brler1 vous dis-je2 il fallait couter votre coeur1 qui n'a cess de rclamer depuis1 et qui en savait plus que votre imbcile ,bouin1 dont la dcision ne prouve que l'autorit redoutable des opinions religieuses sur les ttes les mieux organises1 et l'influence pernicieuse des lois injustes1 des faux principes sur le bon sens et l'quit naturelle4 ,si vous eussiez t ct du cur1 lorsqu'il crivit cet inique testament1 ne l'eussiez-vous pas mis en pices8 ,le sort le jette entre vos mains1 et vous le conservez8 ,,mon ,p,,re4 ,et si le cur t'avait institu son lgataire universel8444 ,,moi4 ,l'acte odieux n'en aurait t que plus promptement cass4 ,,mon ,p,,re4 ,je n'en doute nullement2 mais n'y a-t-il aucune diffrence entre le donataire d'un autre1 et le tien8444 ,,moi4 ,aucune4 ,ils sont tous les deux justes ou injustes1 honntes ou malhonntes444 ,,mon ,p,,re4 ,lorsque la loi ordonne1 aprs le dcs1 l'inventaire et la lecture de tous les papiers1 sans exception1 elle a son motif1 sans doute2 et ce motif quel est-il8 ,,moi4 ,si j'tais caustique1 je vous rpondrais3 de dvorer les hritiers1 en multipliant ce qu'on appelle des vacations2 mais songez que vous n'tiez point l'homme de la loi2 et qu'affranchi de toute forme juridique1 vous n'aviez de fonctions remplir que celles de la bienfaisance et de l'quit naturelle4 99 99 99 99 99 ,ma soeur se taisait2 mais elle me serrait la main en signe d'approbation4 ,l'abb secouait les oreilles1 et mon pre disait3 ,et puis encore une petite injure au pre ,bouin4 ,tu crois du moins que ma religion m'absout8 ,,moi4 ,je le crois2 mais tant pis pour elle4 ,,mon ,p,,re4 ,cet acte1 que tu brles de ton autorit prive1 tu crois qu'il aurait t dclar valide au tribunal de la loi8 ,,moi4 ,cela se peut2 mais tant pis pour la loi4 ,,mon ,p,,re4 ,tu crois qu'elle aurait nglig toutes ces circonstances1 que tu fais valoir avec tant de force8 ,,moi4 ,je n'en sais rien2 mais j'en aurais voulu avoir le coeur net4 ,j'y aurais sacrifi une cinquantaine de louis3 'aurait t une charit bien faite1 et j'aurais attaqu le testament au nom de ces pauvres hritiers4 ,,mon ,p,,re4 ,oh6 pour cela1 si tu avais t avec moi1 et que tu m'en eusses donn le conseil1 quoique1 dans les commencements d'un tablissement1 cinquante louis ce soit une somme1 il y a tout parier que je l'aurais suivi4 ,l',,abb4 ,pour moi1 j'aurais autant aim donner cet argent aux pauvres hritiers qu'aux gens de justice4 ,,moi4 ,et vous croyez1 mon frre1 qu'on aurait perdu ce procs8 ,,mon ,,fr,,re4 ,je n'en doute pas4 ,les juges s'en tiennent strictement la loi1 comme mon pre et le pre ,bouin2 et font bien4 ,les juges ferment1 en pareils cas1 les yeux sur les circonstances1 comme mon pre et le pre ,bouin1 par l'effroi des inconvnients qui s'ensuivraient2 et font bien4 ,ils sacrifient quelquefois contre le tmoignage mme de leur conscience1 comme mon pre et le pre ,bouin1 l'intrt du malheureux et de l'innocent qu'ils ne pourraient sauver sans lcher la bride une infinit de fripons2 et font bien4 ,ils redoutent1 comme mon pre et le pre ,bouin1 de prononcer un arrt quitable dans un cas dtermin1 mais funeste dans mille autres par la multitude de dsordres auxquels il ouvrirait la porte2 et font bien4 ,et dans le cas du testament dont il s'agit444 ,,mon ,p,,re4 ,tes raisons1 comme particulires1 taient peut-tre bonnes2 mais comme publiques1 elles seraient mauvaises4 ,il y a tel avocat peu scrupuleux1 qui m'aurait dit tte tte3 ,brlez ce testament2 ce qu'il n'aurait os crire dans sa consultation4 ,,moi4 ,j'entends2 c'tait une affaire n'tre pas porte devant les juges4 ,aussi1 parbleu6 n'y aurait-elle pas t porte1 si j'avais t votre place4 ,,mon ,p,,re4 ,tu aurais prfr ta raison la raison publique2 la dcision de l'homme celle de l'homme de loi4 ,,moi4 ,assurment4 ,est-ce que l'homme n'est pas antrieur l'homme de loi8 ,est-ce que la raison de l'espce humaine n'est pas tout autrement sacre que la raison d'un lgislateur8 ,nous nous appelons civiliss1 et nous sommes pires que des sauvages4 ,il semble qu'il nous faille encore tournoyer pendant des sicles1 d'extravagances en extravagances et d'erreurs en erreurs1 pour arriver o la premire tincelle de jugement1 l'instinct seul1 nous et mens tout droit4 ,aussi nous nous sommes si bien fourvoys444 ,,mon ,p,,re4 ,mon fils1 mon fils1 c'est un bon oreiller1 que celui de la raison2 mais je trouve que ma tte repose plus doucement encore sur celui de la religion et des lois3 et point de rplique l-dessus2 car je n'ai pas besoin d'insomnie4 ,mais il me semble que tu prends de l'humeur4 ,dis-moi donc1 si j'avais brl le testament1 est-ce que tu m'aurais empch de restituer8 ,,moi4 ,non1 mon pre2 votre repos m'est un peu plus cher que tous les biens du monde4 ,,mon ,p,,re4 ,ta rponse me plat et pour cause4 ,,moi4 ,et cette cause1 vous allez nous la dire8 ,,mon ,p,,re4 ,volontiers4 ,le chanoine ,vigneron1 ton oncle1 tait un homme dur1 mal avec ses confrres dont il faisait la satire continuelle par sa conduite et par ses discours4 ,tu tais destin lui succder2 mais1 au moment de sa mort1 on pensa dans la famille qu'il valait mieux envoyer en cour de ,rome1 que de faire1 entre les mains du chapitre1 une rsignation qui ne serait point agre4 ,le courrier part4 ,ton oncle meurt une heure ou deux avant l'arrive prsume du courrier1 et voil le canonicat et dix-huit cents francs perdus4 ,ta mre1 tes tantes1 nos parents1 nos amis taient tous d'avis de celer la mort du chanoine4 ,je rejetai ce conseil2 et je fis sonner les cloches sur-le-champ4 ,,moi4 ,et vous ftes bien4 ,,mon ,p,,re4 ,si j'avais cout les bonnes femmes1 et que j'en eusse eu du remords1 je vois que tu n'aurais pas balanc me sacrifier ton aumusse4 ,,moi4 ,sans cela4 ,j'aurais mieux aim tre un bon philosophe1 ou rien que d'tre un mauvais chanoine4 99 99 99 99 99 ,le gros prieur rentra1 et dit sur mes derniers mots qu'il avait entendus3 ,un mauvais chanoine6 ,je voudrais bien savoir comment on est un bon ou un mauvais prieur1 un bon ou un mauvais chanoine2 ce sont des tats si indiffrents4 ,mon pre haussa les paules1 et se retira pour quelques devoirs pieux qui lui restaient remplir4 ,le prieur dit3 ,j'ai un peu scandalis le papa4 ,,mon ,,fr,,re4 ,cela se pourrait4 ,puis1 tirant un livre de sa poche3 ,il faut1 ajouta-t-il1 que je vous lise quelques pages d'une description de la ,sicile par le pre ,labat4 ,,moi4 ,je les connais4 ,c'est l'histoire du calzolaio#d de ,messine4 ,,mon ,,fr,,re4 ,prcisment4 ,,le ,,prieur4 ,et ce calzolaio1 que faisait-il8 ,,mon ,,fr,,re4 ,l'historien raconte que1 n vertueux1 ami de l'ordre et de la justice1 il avait beaucoup souffrir dans un pays o les lois n'taient pas seulement sans vigueur1 mais sans exercice4 ,chaque jour tait marqu par quelque crime4 ,des assassins connus marchaient tte leve1 et bravaient l'indignation publique4 ,des parents se dsolaient sur leurs filles sduites et jetes du dshonneur dans la misre1 par la cruaut des ravisseurs4 ,le monopole enlevait l'homme laborieux sa subsistance et celle de ses enfants2 des concussions de toute espce arrachaient des larmes amres aux citoyens opprims4 ,les coupables chappaient au chtiment1 ou par leur crdit1 ou par leur argent1 ou par le subterfuge des formes4 ,le calzolaio voyait tout cela2 il en avait le coeur perc2 et il rvait sans cesse sur sa selle aux moyens d'arrter ces dsordres4 ,,le ,,prieur4 ,que pouvait un pauvre diable comme lui8 ,,mon ,,fr,,re4 ,vous allez le savoir4 ,un jour1 il tablit une cour de justice dans sa boutique4 ,,le ,,prieur4 ,comment cela8 ,,moi4 ,le prieur voudrait qu'on lui expdit un rcit1 comme il expdie ses matines4 ,,le ,,prieur4 ,pourquoi non8 ,l'art oratoire veut que le rcit soit bref1 et l'vangile que la prire soit courte4 ,,mon ,,fr,,re4 ,au bruit de quelque dlit atroce1 il en informait2 il en poursuivait chez lui une instruction rigoureuse et secrte4 ,sa double fonction de rapporteur et de juge remplie1 le procs criminel parachev1 et la sentence prononce1 il sortait avec une arquebuse sous son manteau2 et1 le jour1 s'il rencontrait les malfaiteurs dans quelques lieux carts1 ou la nuit1 dans leurs tournes1 il vous leur dchargeait quitablement cinq ou six balles travers le corps4 ,,le ,,prieur4 ,je crains bien que ce brave homme-l n'ait t rompu vif4 ,j'en suis fch4 ,,mon ,,fr,,re4 ,aprs l'excution1 il laissait le cadavre sur la place sans en approcher1 et regagnait sa demeure1 content comme quelqu'un qui aurait tu un chien enrag4 ,,le ,,prieur4 ,en tua-t-il beaucoup de ces chiens-l8 ,,mon ,,fr,,re4 ,on en comptait plus de cinquante1 et tous de haute condition2 lorsque le vice-roi proposa deux mille cus de rcompense au dlateur2 et jura1 en face des autels1 de pardonner au coupable s'il se dfrait lui-mme4 ,,le ,,prieur4 ,quelque sot6 ,,mon ,,fr,,re4 ,dans la crainte que le soupon et le chtiment ne tombassent sur un innocent444 ,,le ,,prieur4 ,il se prsenta au vice-roi6 ,,mon ,,fr,,re4 ,il lui tint ce discours3 ,j'ai fait votre devoir4 ,c'est moi qui ai condamn et mis mort les sclrats que vous deviez punir4 ,voil les procs-verbaux qui constatent leurs forfaits4 ,vous y verrez la marche de la procdure judiciaire que j'ai suivie4 ,j'ai t tent de commencer par vous2 mais j'ai respect dans votre personne le matre auguste que vous reprsentez4 ,ma vie est entre vos mains1 et vous en pouvez disposer4 ,,le ,,prieur4 ,ce qui fut fait4 ,,mon ,,fr,,re4 ,je l'ignore2 mais je sais qu'avec tout ce beau zle pour la justice1 cet homme n'tait qu'un meurtrier4 ,,le ,,prieur4 ,un meurtrier6 le mot est dur3 quel autre nom pourrait-on lui donner1 s'il avait assassin des gens de bien8 ,,moi4 ,le beau dlire6 ,,ma ,,soeur4 ,il serait souhaiter444 ,,mon ,,fr,,re1 moi4 ,vous tes le souverain3 cette affaire est soumise votre dcision2 quelle sera-t-elle8 ,,moi4 ,l'abb1 vous me tendez un pige2 et je veux bien y donner4 ,je condamnerai le vice-roi prendre la place du savetier1 et le savetier prendre la place du vice-roi4 ,,ma ,,soeur4 ,fort bien1 mon frre4 99 99 99 99 99 ,mon pre reparut avec ce visage serein qu'il avait toujours aprs la prire4 ,on lui raconta le fait1 et il confirma la sentence de l'abb4 ,ma soeur ajouta3 et voil ,messine prive1 sinon du seul homme juste1 du moins du seul brave citoyen qu'il y et4 ,cela m'afflige4 ,on servit2 on disputa encore un peu contre moi2 on plaisanta beaucoup le prieur sur sa dcision du chapelier1 et le peu de cas qu'il faisait des prieurs et des chanoines4 ,on lui proposa le cas du testament2 au lieu de le rsoudre1 il nous raconta un fait qui lui tait personnel4 ,,le ,,prieur4 ,vous vous rappelez l'norme faillite du changeur ,bourmont4 ,,mon ,p,,re4 ,si je me rappelle6 j'y tais pour quelque chose4 ,,le ,,prieur4 ,tant mieux6 ,,mon ,p,,re4 ,pourquoi tant mieux8 ,,le ,,prieur4 ,c'est que1 si j'ai mal fait1 ma conscience en sera soulage d'autant4 ,je fus nomm syndic des cranciers4 ,il y avait parmi les effets actifs de ,bourmont un billet de cent cus sur un pauvre marchand grnetier son voisin4 ,ce billet1 partag au prorata de la multitude des cranciers1 n'allait pas douze sous pour chacun d'eux2 et exig du grnetier1 c'tait sa ruine4 ,je supposai444 ,,mon ,p,,re4 ,que chaque crancier n'aurait pas refus #ab sous ce malheureux2 vous dchirtes le billet1 et vous ftes l'aumne de ma bourse4 ,,le ,,prieur4 ,il est vrai2 en tes-vous fch8 ,,mon ,p,,re4 ,non4 ,,le ,,prieur4 ,ayez la bont de croire que les autres n'en seraient pas plus fchs que vous2 et tout sera dit4 ,,mon ,p,,re4 ,mais1 monsieur le prieur1 si vous lacrez de votre autorit prive un billet1 pourquoi n'en lacrerez-vous pas deux1 trois1 quatre2 tout autant qu'il se trouvera d'indigents secourir aux dpens d'autrui8 ,ce principe de commisration peut nous mener loin1 monsieur le prieur3 la justice1 la justice444 ,,le ,,prieur4 ,on l'a dit1 est souvent une grande injustice4 99 99 99 99 99 ,une jeune femme1 qui occupait le premier1 descendit2 c'tait la gaiet et la folie en personne4 ,mon pre lui demanda des nouvelles de son mari3 ce mari tait un libertin qui avait donn sa femme l'exemple des mauvaises moeurs1 qu'elle avait1 je crois1 un peu suivi2 et qui1 pour chapper la poursuite de ses cranciers1 s'en tait all la ,martinique4 ,mme d',isigny1 c'tait le nom de notre locataire1 rpondit mon pre3 ,m4 d',isigny8 ,dieu merci6 je n'en ai plus entendu parler2 il est peut-tre noy4 ,,le ,,prieur4 ,noy6 je vous en flicite4 ,,madame ,d',,isigny4 ,qu'est-ce que cela vous fait1 monsieur l'abb8 ,,le ,,prieur4 ,rien1 mais vous8 ,,madame ,d',,isigny4 ,et qu'est-ce que cela me fait moi8 ,,le ,,prieur4 ,mais1 on dit444 ,,madame ,d',,isigny4 ,et qu'est-ce qu'on dit8 ,,le ,,prieur4 ,puisque vous le voulez savoir1 on dit qu'il avait surpris quelques-unes de vos lettres4 ,,madame ,d',,isigny4 ,et n'avais-je pas un beau recueil des siennes8444 99 99 99 99 99 ,et puis voil une querelle tout fait comique entre le prieur et ,mme d',isigny sur les privilges des deux sexes4 ,mme d',isigny m'appela son secours2 et j'allais prouver au prieur que le premier des deux poux qui manquait au pacte1 rendait l'autre sa libert2 mais mon pre demanda son bonnet de nuit1 rompit la conversation1 et nous envoya coucher4 ,lorsque ce fut mon tour de lui souhaiter la bonne nuit1 en l'embrassant1 je lui dis l'oreille3 ,mon pre1 c'est qu' la rigueur il n'y a point de lois pour le sage444 --,parlez plus bas444 --,toutes tant sujettes des exceptions1 c'est lui qu'il appartient de juger des cas o il faut s'y soumettre ou s'en affranchir4 --,je ne serais pas trop fch1 me rpondit-il1 qu'il y et dans la ville un ou deux citoyens comme toi2 mais je n'y habiterais pas1 s'ils pensaient tous de mme4 ,,notes #a ,nous rtablissons ce terme familier d'aprs l'dition originale4 ,les suivantes l'ont remplac par petite soeur4 #b ,village situ entre ,chaumont et ,langres4 7,note de l'dition de ,,bri,,re47 #c ,on connat ,cartouche4 ,son affaire n'tait rien1 dit l'avocat ,barbier1 en comparaison de celle de ,nivet1 coupable d'un grand nombre d'assassinats4 ,nivet fut rou en ,grve le #a;er juin #agbi4 #d ,cordonnier4