f ! ,google ,pr9t project47 ,,hi/oire ,,des ,,nombres ,,et ,,de ,,la ,,num,,ration ,m,,canique ,,p> ,,jacomy-,r,,gni]4 ,,p>is ,,imprim]ie ,,et ,,librairie ,,c5trales ,,de ,,napol,,on ,,*aix ,,et ,cie4 ,,rue ,,b]g,,re1 #bj4 #ahee ,i ,ns au se9 d'une civilisation hritire de t\tes les ri*esses morales1 intellectuelles et matrielles dont les sicles se sont transmis le dpt1 dpt incessamm5t accru p> le travail de *acun d'eux1 n\s j\issons de t\t ce qui n\s ent\re avec une ins\ciance qui e/ une vritable +ratitude1 ou avec un orgueil qui e/ une inju/ice flagrante4 ,qui de n\s1 en lisant l'hi/oire des ,gaulois et des ,francs1 ne s'e/ cru d\ d'une intellig5ce suprieure celle de ces vieux aeux8 ,qui de n\s1 en lisant les rcits des voyageurs qui ont visit des peuples re/s trang]s la m>*e du progrs huma9 trav]s les ges1 n'a pris en piti la faiblesse d'esprit de ces peuples et ne les a supposs d'une nature infrieure la ntre8 99 99 99 99 99 ,n\s e/imons1 avec raison1 que l'homme qui e/ quelque *ose p> lui-mme e/ inf9im5t plus digne de considration que celui qui a reu t\t faits et son nom et sa =tune4 ,si n\s tions consqu5ts avec n\s-mmes1 n\s ti5drions compte1 avant de n\s plac] au-dessus de nos pres et des peuples encore b>b>es1 n\s ti5drions compte1 disons-n\s1 des matriaux1 des in/rum5ts1 des =ces que n\s avons reu gratuitem5t1 qui ne sont pas notre oeuvre1 et qui ont manqu nos pres1 comme ils manqu5t aux peuples p\r lesquels n\s avons de si sup]bes dda9s4 ,ces matriaux1 ces in/rum5ts1 ces =ces1 n\s p>aiss5t les *oses les plus simples du monde2 les ayant tr\ves t\tes faites n\s ne n\s sommes jamais dem& si leur dc\v]te n'a pas d exig] des ef=ts de gnie dignes d'tre admirs2 ayant a9si t\j\rs j\i des travaux excuts p> nos devanci]s dans le c\rs des sicles1 sans *]*] en apprci] la valeur1 n\s semblons croire que t\t ce que n\s voyons a t\j\rs t tel que n\s l'avons tr\v en naissant4 ,combi5 n\s s]ions plus ju/es env]s le pass1 si1 faisant un in/ant1 p> la p5se1 table rase de t\t ce qui n\s ent\re1 et n\s ef=ant d'oubli] les mille notions et connaissances que n\s avons puises au se9 de notre civilisation1 n\s n\s supposions ram5s au po9t de d"p des premires socits6 ,combi5 n\s p>l]ions avec plus de mode/ie des conqutes que notre intellig5ce aj\te *aque j\r celles que les sicles n\s ont lgues1 si n\s n\s r5dions bi5 compte de la nature de ces conqutes1 et si surt\t n\s v\lions bi5 n\s dire que n\s ne les faisons qu'avec le sec\rs d'armes qui ne sont pas notre ouvrage6 99 99 99 99 99 ,ayant tr\v exi/ants et ports au plus haut degr de p]fection t\s les arts ncessaires1 l'art de n\s n\rrir1 l'art de n\s vtir1 l'art de n\s log]1 l'art de n\s df5dre1 etc41 et n'ayant plus d'autre s\ci que celui de multipli] nos j\issances1 e/-il donc bi5 tonnant que n\s ayons eu1 n\s aussi1 quelques heureuses inspirations1 et que nos luttes1 soit contre la matire1 soit contre l'inconnu1 n'ai5t pas t mo9s fcondes que celles des sicles p\r lesquels le travail de l'esprit tait1 comme p\r le ntre1 un beso98 ,une seule *ose s]ait tonnante3 c'e/ que1 ri5 ne n\s manquant1 ni la matire1 ni les in/rum5ts1 ni la sci5ce1 n\s eussions remu t\t cela p5dant un demi-sicle1 sans p\voir en faire sortir quelques crations dignes de recomm&] notre mmoire nos neveux4 ,n\s sommes fi]s de t\t ce qui n\s ent\re1 et qu& n\s avons comp>1 non pas prcism5t notre littrature et nos sci5ces1 mais nos arts div]s avec ceux des ges antrieurs1 n\s croyons avoir1 en effet1 le droit de plac] notre sicle au-dessus de ceux qui l'ont prcd4 ,orgueil illgitime1 prt5tion usurpatrice6 ,les seules *oses dont il n\s soit p]mis de n\s glorifi] sont celles que n\s avons aj\tes aux ri*esses qui n\s vi5n5t du pass4 ,ce sont sans d\te de m]veilleuses manife/ations de nos =ces intellectuelles que les nombreuses applications que n\s avons faites de la vapeur1 de la lumire1 de l'lectricit2 mais l'ardeur avec laquelle n\s n\s sommes prcipits v]s les travaux qui ont p\r pr9cipal objet le bi5-tre matriel mrite-t-elle bi5 d'tre l\e sans re/riction1 et n'e/-il pas p]mis de cra9dre que n\s ne payions d'un prix trop lev nos rapides triomphes sur le temps et sur l'espace8 ,enivrs de ces triomphes1 n'puisons-n\s pas1 p\r les multipli] et les r5dre plus brillants1 des =ces que rclam5t des beso9s d'un autre ordre8 ,il faudrait tre aveugle p\r ne pas voir que1 dans une socit qui ne semble plus avoir d'admiration que p\r des conqutes t\tes matrielles1 le gt des tudes qui =tifi5t les esprits et lv5t les mes doit ncessairem5t s'affaiblir4 d'autres que n\s donc de ne voir que p> son beau ct le gigantesque t\rnoi des ,*amps-lyses2 les m]veilles indu/rielles et arti/iques de notre ,exposition univ]selle ne n\s f]ont po9t oubli] que la socit a d'autres beso9s que ceux qui peuv5t tre satisfaits p> les crations tales dans le palais de l',indu/rie4 99 99 99 99 99 ,si l'homme ne vivait que p> les s5s1 si le bi5-tre huma91 si le bi5-tre social ne consi/ai5t que dans la possession des objets propres *>m] les yeux1 flatt] l'odorat1 procur] des j\issances au palais et l'oreille1 la vue des gal]ies de l',exposition univ]selle n\s appr5drait que t\s les secrets1 que t\s les raff9em5ts du bi5-tre sont auj\rd'hui tr\vs4 ,mais l'homme a une autre vie que celle des s5s3 il vit p> l'esprit1 il vit p> le coeur1 il vit p> l'me2 t\tes ces vies ont leurs beso9s1 leurs exig5ces1 et n\s ne voyons au palais de l',indu/rie ri5 qui puisse les satisfaire4 ,bi5 lo9 de l3 c'e/ aux dp5s de t\tes ces vies1 c'e/ aux dp5s de ce qui e/ d ces vies qu'ont t cres t\tes ces m]veilles de l'indu/rie et de l'art matriali/e4 ,n\s tromp]ions-n\s p> has>d8444 ,non1 n\s ne n\s trompons po9t2 notre pla9te n'e/ qu'une con/atation de l'vid5ce4 ,int]rogeons1 en effet1 une une t\tes les nations qui sont v5ues l p\r se disput] les palmes du gnie indu/riel et de l'art s5suali/e2 dem&ons-leur quelle e/ auj\rd'hui leur ambition1 v]s quelle direction elles *]*5t p\ss] les esprits1 quels ef=ts1 quels travaux elles enc\rag5t de prfr5ce1 de quels progrs elles se montr5t le plus fires1 quels hommes elles plac5t au premi] rang dans leur e/ime8 ,de bonne foi1 entre t\tes les nations reprs5tes au palais de l',indu/rie1 s'en tr\ve-t-il une seule qui os]ait ni] ses t5dances matriali/es8 ,en e/-il une seule qui os]ait n\s dire qu'elle aim]ait mieux avoir les premi]s potes1 les premi]s philosophes1 les premi]s morali/es du monde1 que de t5ir le premi] rang dans notre palais de l',indu/rie8 ,en e/-il une seule qui os]ait prt5dre que *ez elle1 l'homme qui se s]t de son intellig5ce p\r faire pntr] dans les coeurs les s5tim5ts nobles et gnreux reoit autant d'enc\ragem5ts que celui qui se dv\e au p]fectionnem5t des *oses matrielles8 ,non1 aucune de ces nations n'a le droit de dire qu'elle fait p\r les ides qui sont les bases de la civilisation autant que p\r les *oses qui n'en sont que l'ornem5t2 non1 disons-n\s1 aucune de ces nations ne p>at compr5dre que t\tes ces magnifiques oeuvres de leurs ma9s sont le rsultat d'inspirations puises des s\rces qui ont beso9 d'tre alim5tes et que leur ins\ciance laisse t>ir4 ,ce sujet n\s mn]ait trop lo93 rev5ons un ordre d'ides qui se rappro*e davantage du sujet que n\s avons trait]4 99 99 99 99 99 ,les seules *oses dont n\s ayons le droit d'tre fi]s1 disions-n\s1 avant de prote/] comme n\s v5ons de le faire contre les t5dances antispirituali/es auxquelles n\s n\s ab&onnons1 ce sont celles que n\s avons aj\tes aux ri*esses qui n\s vi5n5t du pass4 ,n\s n\s glorifi]ions au del de nos mrites1 si n\s pr5ions p\r t]me de comp>aison de nos oeuvres1 soit celles des ges p5dant lesquels l'homme travaillait avec les seules =ces de sa raison individuelle1 soit celles des ges qui1 quoique dj ri*es des trsors de sci5ce et d'expri5ce laisss p> leurs prdcesseurs1 n'ont cep5dant pas m>qu leur passage dans le temps p> des crations aussi heureuses que les ntres4 ,n\s tr\v]ons des limites notre orgueil dans notre propre raison1 si n\s v\lons bi5 rem>qu]1 d'abord1 que1 p\r accomplir nos oeuvres1 n\s avons eu notre disposition t\tes les =ces d'un pass plus long et1 p> consqu5t1 plus ri*e en sci5ce et en expri5ce que celui de nos ans1 et ensuite que les relations qui se sont tablies entre les diffr5ts peuples de la t]re ont presque compltem5t *ang les conditions des progrs matriels dans le monde4 ,autrefois1 il y a pe9e qu>ante c9quante ans1 *aque frontire tait un voile qui drobait une nation ce qui se faisait *ez sa vois9e1 *aque m]1 *aque bras de m] tait un abme trav]s lequel ne passai5t que bi5 r>em5t quelques lambeaux des my/res que l'on g>dait anxieusem5t d'un ct comme de l'autre de ces abmes4 ,alors *aque peuple ne travaillait qu' l'aide de ses propres =ces2 l'intellig5ce huma9e tait encore mutile1 agissait encore isolm5t1 v\lons-n\s dire4 99 99 99 99 99 ,cette mutilation1 cet isolem5t ont cess d'exi/]4 ,il y a t\j\rs des frontires qui sp>5t les peuples1 mais il n'y a plus de voiles dresss le long de ces frontires2 il y a t\j\rs des m]s et des bras de m] dont les flots se bris5t sur des rivages habits p> des peuples dont les intrts n'ont pas cess d'tre en lutte2 mais ces m]s et ces bras de m] ne s]v5t plus protg] les secrets du gnie indu/riel des nations4 ,le gnie indu/riel1 depuis que les peuples civiliss se sont ent5dus p\r reconnatre ses droits1 s'e/ fait cosmopolite et p>c\rt le monde1 travaillant au gr& j\r1 ses brevets la ma94 ,encore une fois donc1 si n\s v\lons comp>] nos oeuvres avec celles de nos devanci]s1 comm5ons p> comp>] les ress\rces dont ils disposai5t avec celles qui sont dans nos ma9s4 ,l'quit la plus vulgaire l'exige2 notre glorification s]ait ridicule1 si elle se fondait sur un pr9cipe qui ne compr5drait pas la rs]ve que n\s v5ons d'indiqu]4 99 99 99 99 99 ,il e/ inconte/able que1 depuis l'exi/5ce des lois qui1 presque p>t\t1 protg5t la proprit indu/rielle des trang]s autant que celle des nationaux1 le gnie huma91 appliqu aux *oses matrielles1 travaille avec t\tes ses =ces runies en faisceau1 p\r a9si dire1 et il e/ vid5t1 p> consqu5t1 que ces =ces a9si coalises doiv5t tre plus puissantes1 plus fcondes en rsultats que ne p\vai5t l'tre les =ces isoles des individus et des peuples1 lorsque *acun1 peuples et individus1 tait contra9t1 p\r sauveg>d] ses droits d'inv5teur et de p]fectionneur1 d'envelopp] ses procds et ses moy5s de travail dans les ombres du my/re4 ,l'quit n\s indique une autre rs]ve faire en faveur de nos ans1 rs]ve ess5tielle1 que n\s avons pe9e fait entrevoir un peu plus haut4 ,avant notre ge1 les travaux indu/riels fur5t assurm5t bi5 plus enc\rags1 bi5 plus honors1 qu'on ne le suppose gnralem5t2 cep5dant il e/ vrai de dire que1 p5dant t\s les sicles antrieurs et mme p5dant les premires annes de ce sicle1 l'indu/rie n'tait pas reg>de comme la bi5faitrice p> excell5ce de l'humanit et comme la manife/ation la plus glorieuse du gnie des peuples4 ,les hautes sci5ces1 la gr&e littrature1 la posie1 les beaux-arts1 t5ai5t alors dans l'e/ime des nations la place que leur avai5t accorde sans difficult t\tes les civilisations antiques4 ,il rsultait de cette prm95ce obt5ue p> les hautes sci5ces1 p> la haute littrature1 p> la posie1 p> les beaux-arts1 que gnralem5t t\t homme qui aspirait se faire une place d'honneur dans la socit1 et qui se s5tait anim d'une =ce intellectuelle capable de rpondre ses aspirations1 appliquait ses facults aux *oses qui devai5t le faire arriv] la gloire1 bi5 plus qu' celles qui ne conduis5t ord9airem5t qu' la =tune2 aux *oses qui ont fait les gr&s sicles bi5 plus qu' celles qui ont produit les gr&es dcad5ces4 ,que celui qui d\t]ait que les gr&es dcad5ces des civilisations soi5t sorties de l't\ffem5t des travaux spirituali/es p> les arts indu/riels enc\rags d'une manire exclusive1 veuille bi5 se s\v5ir que la vieille ,asie tomba des spl5dides sommets d'o elle dom9ait le monde antique1 aussitt que les arts indu/riels fur5t dev5us sa pr9cipale passion2 que la vieille ,grce ne comm5a fl*ir s\s le poids de son gr& nom et ne le laissa tomb] s\s les pi$s des conqurants qu'aprs qu'elle eut transport aux indu/ries asiatiques les enc\ragem5ts qu'elle rs]vait aup>avant p\r ses sages1 ses savants1 ses potes et ses gu]ri]s2 que le colosse roma9 ne comm5a vacill] sur ses bases qu'aprs que les ,asiatiques et les ,grecs fur5t p>v5us r5dre les desc5dants des ,c9c9natus et des ,scipion am\reux de leurs arts et rivaux de leur habilet4 ,les =ces intellectuelles de notre socit tant attires v]s les arts indu/riels a9si qu'elles le sont1 ces arts ont une m>*e magnifique2 cette m>*e e/ plus rapide1 plus vig\reuse qu'on ne la vit jamais2 mais encore une fois1 jamais on ne vit un sicle faire1 p\r favoris] leurs progrs1 des sacrifices p>eils ceux que n\s faisons4 ,ces sacrifices sont tels1 que le pass ne prs5tant ri5 de p>eil1 n\s ne savons vritablem5t si n\s devons admir] nos succs indu/riels ou les tr\v] t\t simplem5t naturels4 ,autre rs]ve3 ,e/-ce que n\s ne reg>dons pas un peu trop comme entirem5t ntres des quantits de *oses qui ne n\s app>ti5n5t pas entirem5t8 ,e/-ce qu'il n'e/ pas1 tant dans l'ordre sci5tifique que dans l'ordre matriel1 c]ta9s pr9cipes vus ou entrevus p> le pass et que n\s avons seulem5t dvelopps et appliqus2 c]ta9es crations matrielles indiques ou bau*es p> le pass et que n\s n'avons eu qu' ralis] plus h>dim5t1 qu' p]fectionn]8 ,invoquons un d]ni] fait contre nos prt5tions orgueilleuses4 ,n'e/-il pas vrai que1 sans n\s inquit] de savoir d'o sont sorties t\tes les crations n\velles qui n\s ent\r5t1 n\s en sommes aussi fi]s que si elles app>t5ai5t n\s seuls8 ,n'e/-il pas vrai que n\s n\s admirons dans t\tes ces crations1 absolum5t comme si elles tai5t l'oeuvre exclusive de notre gnie8 ,oui1 t\t cela e/ vrai1 et ce qui ne l'e/ pas mo9s1 c'e/ que ces crations ne n\s app>ti5n5t pas t\tes2 c'e/ que t\s les peuples civiliss en rev5diqu5t leur "p1 et n'admett5t nullem5t que n\s ayons le droit de dire3 ,le sicle1 c'e/ n\s4 trange inconsqu5ce6 en mme temps que n\s v\drions a9si usurp] au pr(it de notre pays des gloires qui ne lui app>ti5n5t pas1 n\s faisons des ef=ts dplorables p\r obscurcir presque t\tes celles qui lui app>ti5n5t4 ,n\s n\s qualifions p>fois du titre d',a?ni5s de la civilisation mod]ne4 ,comme les citoy5s d',a?nes1 en effet1 n\s avons une rpulsion inne p\r les gloires vivantes et ne tolrons que les gloires po/humes2 comme eux1 n\s ne v\lons pas des gloires qui port5t un nom2 n\s n'admettons que les gloires anonymes1 que les gloires qui port5t le nom collectif du pays1 comme si n\s esprions1 les auteurs des gr&es et belles *oses qui l'honor5t tant inconnus1 tre s\ponns n\s-mmes de les avoir faites2 mais notre ressemblance avec les ,a?ni5s s'arrte l4 ,les ,a?ni5s1 qu& ils envoyai5t en exil les hommes qui avai5t lev trop haut leurs noms au milieu d'eux1 ne faisai5t que proclam] la supriorit de ces hommes4 ,l'o/racisme tait un hommage r5du au mrite1 au gnie1 et non une ngation du mrite et du gnie3 l'o/racisme tait de l'envie2 mais c'tait une envie qui s'av\ait et non de l'envie hypocrite et l*e4 ,l'envie hypocrite et l*e1 c'e/ la ntre1 la ntre qui procde p> l't\ffem5t dans l'ombre1 contre quiconque s'annonce comme devant dpass] notre mesure2 la ntre qui a tr\v le secret de r5dre le sil5ce plus puissant que la ngation1 plus cruel que la proscription4 99 99 99 99 99 ,autant n\s p>aissons ports emp*] les *oses vritablem5t gr&es ou belles de se produire au milieu de n\s1 autant n\s n\s montrons favorables aux crations d'un ordre secondaire et dont la dure doit tre passagre4 ,la diffr5ce de ces deux accueils explique nos m]veilleux succs dans les productions futiles et n\s appr5d p\rquoi n\s sommes comp>ativem5t mo9s heureux s\s le rapport des gr&es initiatives4 ,que n\s fait la gloire revtue du manteau qui brave l'usure du temps1 qu& n\s avons p\r n\s la gloire qui ddaign]ait de port] le soir la robe dont elle tait t\te fire le mat98 ,va donc dem&] ton pa9 l'exil1 ,philippe de ,gir>d2 devi5s donc f\ de misre1 ,sauvage2 subissez donc le sort que v\s v\s faites sciemm5t1 *]*eurs des gr&es p5ses et des gr&es *oses6 ,e/-ce que v\s n'avez pas vu1 e/-ce que v\s ne voyez pas quelle de/9e peut faire aux hommes de gnie une socit qui dore si spl5didem5t l'exi/5ce de ses amuseurs de t\tes les sortes8 ,ils le voi5t1 ils le sav5t1 et cep5dant la vue des s\ffrances qui les att5d5t n'a ri5 qui les effraie1 les sublimes f\s qui le gnie a dit3 ,suis-moi contre ces difficults qui ont /rilem5t fatigu les sicles2 suis-moi dans le combat que je vais livr] contre l'inconnu4 ,en va9 la raison leur dit3 ,avant d'obir aux appels du gnie1 comm5cez p> v\s assur] le pa9 de *aque j\r2 ils n'ent5d5t que la voix qui leur dit3 ,je v\s conduirai v]s la gloire1 suivez-moi4 ,p]fidie et m5songe6 ,non1 gnie1 tu ne conduis pas la gloire celui qui te suit sans avoir les ma9s *>ges d'or4 ,s\s ton inspiration j'crirai un bon livre2 e/-ce toi qui me l'imprim]as et qui pai]as les annonces qui m'en procur]ont le dbit8 ,j'inv5t]ai une m]veilleuse ma*9e1 grce toi1 s\ffle sacr2 mais que f]ai-je des plans de ma ma*9e8 ,e/-ce toi qui me la con/ruiras et en mettras la valeur en vid5ce8 ,qu'ils sont nombreux les pauvres f\s qui1 s'ab&onnant aux entranem5ts my/rieux qui les port5t v]s les crations gr&es et belles1 ne compr5n5t pas qu'en ngligeant d'assur] avant t\t leur exi/5ce matrielle1 ils se condamn5t presque infailliblem5t travaill] d'une manire /rile et p\r eux-mmes et p\r la socit6 ,la =tune ne donne pas le gnie1 sans d\te2 mais elle p]met celui qui en e/ d\ de le mettre en vid5ce et de =c] l'ins\ciance comme l'envie r5dre hommage ses oeuvres4 ,e/-ce l ce que se dit1 il y environ tr5te-quatre ans1 un anci5 employ suprieur de l'adm9i/ration des armes s\s l',empire1 ,m4 ,?omas1 de ,colm>1 en voyant le froid accueil que tr\vait auprs des disp5sateurs de la gloire la gr&e dc\v]te qu'il v5ait de faire8 ,n\s l'ignorons2 mais n\s voyons du mo9s qu'il a agi comme s'il s'tait t5u ce langage4 ,,ii ,c'tait v]s #ahba4 ,ayant t\j\rs vcu au milieu des *iffres1 nul ne savait mieux que lui combi5 les *iffres fatigu5t les =ces de l'intellig5ce4 ,la gr&e re de la mcanique s'ouvrait2 dans *aque indu/rie1 on comm5ait dem&] des bras de f] ou de bois d'excut] les travaux qui avai5t t faits jusque-l p> les ma9s intellig5tes de l'homme4--,p\rquoi1 se dem&a ,m4 ,?omas1 de ,colm>1 n'essai]ais-je pas de con/ruire une ma*9e qui excute t\tes les oprations de l'ari?mtique1 comme d'autres ont imag9 des eng9s qui sci5t et rabot5t1 qui fil5t et tiss5t1 etc48 ,et aussitt1 voil l'imag9ation du h>di ,alsaci5 en travail4 ,l'oeuvre n'tait pas aussi facile faire qu'il l'avait p5s4 ,il s'adressa p\r avoir des conseils un trs-savant acadmici54 99 99 99 99 99 --,mon *] ami1 lui dit celui-ci1 *]*ez la quadrature du c]cle ou le m\vem5t p]ptuel1 si v\s avez du temps p]dre2 mais ne dites p]sonne que v\s v\lez con/ruire une ma*9e qui puisse excut] t\s les calculs de l'ari?mtique1 si v\s ne v\lez pas que l'on rie de v\s4 --,p\rquoi rirait-on de moi8 dem&a ,m4 ,?omas4 --,p\rquoi l'on rirait de v\s1 mon ami8 ,l'on rirait de v\s1 p>ce que la re*]*e d'une ma*9e comme celle dont v\s me p>lez444 que dis-je8 bi5 mo9s ambitieuse que celle que v\s v\lez inv5t]1 a fatigu un nombre inf9i de gnies dans t\s les temps et *ez t\s les peuples1 et n'a jamais ab\ti qu' des *ecs clatants4 ,et v\s v\driez que l'on ne tr\vt pas excessivem5t prsomptueuse votre t5tative contre des difficults qu'ont va9em5t essay de va9cre1 dans les temps anci5s1 ,?als1 ,py?agore1 ,ar*imde2 plus t>d1 les gr&s ma?matici5s arabes2 et1 dans les d]ni]s ges1 ,pascal1 ,p]rault1 ,leibnitz1 d',alemb]t et un nombre considrable d'autres puissants esprits8 ,croyez-moi donc3 appliquez votre intellig5ce des travaux mo9s *imriques que celui qui a comm5c t\rm5t] votre imag9ation4 --,eh quoi1 rpondit ,m4 ,?omas au savant acadmici51 aprs avoir mis en relief1 comme v\s v5ez de le faire1 l'honneur que me vaudrait ma ma*9e1 v\s v\driez que j'eusse une autre ambition que celle de le mrit]8 ,le ton rsolu sur lequel fut faite cette rponse r5dait t\te obs]vation inutile4 ,l'acadmici5 se cont5ta d'adress] un s\rire d'affectueuse piti ,m4 ,?omas1 qui trois mois aprs avait excut son ari?momtre1 s'tait assur1 p> la prise d'un brevet d'inv5tion1 la proprit de sa dc\v]te1 et presque en mme temps prs5tait la ,socit d'enc\ragem5t sa ma*9e vritablem5t m]veilleuse4 99 99 99 99 99 ,elle fut r5voye l'exam5 d'une commission compose de ,francoeur et ,brguet4 ,le rapport fut fait au nom du comit des arts mcaniques p> ,francoeur1 qui1 aprs avoir fait m5tion des ma*9es calcul] antrieurem5t con/ruites1 s'exprimait a9si3 ,le dfaut de t\tes ces inv5tions e/ de ne se prt] qu' des calculs trs-simples2 ds qu'il s'agit de multipli]1 il faut conv]tir l'opration en une suite d'additions3 a9si p\r obt5ir #g fois #fdh1 on e/ oblig d'aj\t] d'abord #fdh lui-mme1 puis la somme #fdh1 celle-ci encore #fdh1 etc41 jusqu' ce que #fdh ait t pris #g fois4 quelle longueur ne faut-il pas se s\mettre lorsque le multiplicateur a deux ou trois *iffres6 ,t\tes ces ma*9es sont donc auj\rd'hui tombes dans l'oubli1 et on ne les reg>de que comme des conceptions plus ou mo9s +nieuses4 ,celle de ,m4 ,?omas ne ressemble nullem5t aux autres1 elle donne de suite les rsultats du calcul1 sans ttonnem5t1 et n'e/ faite l'imitation d'aucune des premires4 ,il e/ c]ta9 que ,m4 ,?omas n'avait pas connaissance de celles-ci lorsqu'il imag9a la si5ne1 et qu'il n'a pu s'aid] des travaux de ses prdcesseurs4 ,il a mme employ et ab&onn plusieurs mcanismes qui ne remplissai5t pas assez bi5 leur objet1 avant de s'arrt] celui qu'on voit dans la ma*9e p\r laquelle il sollicite le suffrage de la ,socit d'enc\ragem5t4 ,la ma*9e de ,m4 ,?omas s]t faire non-seulem5t t\tes les additions et s\/ractions1 mais encore les multiplications et divisions des nombres enti]s ou affects de fractions dcimales4 ,lorsque1 p> exemple1 on veut multipli] #fdh p> #g1 on place les indicateurs du multiplic&e sur les *iffres #f1 #d et #h1 et celui du multiplicateur sur #g1 on tire un cordon et on lit le produit #d1ecf sur la tablette de l'in/rum5t4 ,la division n'tant que l'inv]se de la multiplication1 on conoit qu'elle s'excute avec la mme aisance et p> le mme moy54 ,la plus gr&e difficult qu'on r5contre dans l'inv5tion de ces in/rum5ts1 difficult contre laquelle le gnie mme de ,pascal a *\ et qui jusqu'ici a si =t re/re9t l'usage de ces ma*9es calcul]1 c'e/ de faire port] les ret5ues sur les *iffres gau*e4 ,le mcanisme p> lequel ,m4 ,?omas opre ce passage des ret5ues e/ extrmem5t +nieux2 ce report se fait de lui-mme1 sans qu'on y songe4 ,p\r multipli] #fdh p> #g1 l'oprateur tire le cordon1 sans s'emb>rass] s'il y a ou non des *iffres ret5ir1 sans mme savoir ce que c'e/1 et il lit de suite #d1ecf4 ,il e/ impossible de comb9] mieux les ag5ts de l'in/rum5t qui v\s e/ prs5t et de surmont] plus heureusem5t les emb>ras de l'in/rum5t4 ,a9si1 considr] cette ma*9e s\s le rapport du mrite d'inv5tion1 et s\s celui de la difficult va9cue1 v\s ne balanc]ez pas lui accord] votre suffrage4 ,il n'y a aucune comp>aison faire entre cette inv5tion et les rgles calcul]4 ,comme ces d]nires sont bases sur le sy/me des log>i?mes1 les additions et s\/ractions sont impossibles avec ces rgles2 et comme ces deux oprations se ml5t *aque in/ant aux autres dans les affaires de comm]ce1 les tables de log>i?mes n'y peuv5t s]vir avec avantage4 ,en outre1 ces rgles calcul] n'ont une prcision que de trois *iffres1 t&is que la ma*9e de ,m4 ,?omas opre sur un nombre de *iffres indf9i1 avec une exactitude p>faite4 ,con=mm5t aux conclusions du rapport1 la ,socit d'enc\ragem5t appr\va la ma*9e de ,m4 ,?omas1 en fit grav] le mcanisme p\r son ,bullet91 o fut aussi insr le rapport de ,m4 ,francoeur2 mais ce fut l la seule rcomp5se qu'obt9t alors l'inv5teur de l'ari?momtre1 p\r une dc\v]te qui semblait devoir plac] immdiatem5t son nom au nombre de ceux que le monde enti] connat4 99 99 99 99 99 ,la ,socit d'enc\ragem5t1 en voyant que l'ari?momtre n'avait pas produit dans l'op9ion publique l'tonnem5t1 la s5sation qui d'ord9aire accueille les dc\v]tes de la nature de celle de ,m4 ,?omas1 comprit bi5tt qu'elle n'avait pas t elle-mme assez ju/e1 en se cont5tant de donn] sa complte approbation l'ari?momtre4 ,aussi1 lorsque1 quelques mois aprs1 la belle plan*e dess9e et grave p> ,leblanc et reproduisant la ma*9e de ,m4 ,?omas dans t\s ses dtails1 p>ut dans le ,bullet91 fut-elle accompagne p> ,m4 ,hoyau d'un comm5taire o se tr\v5t des passages qui val5t des mdailles d'or3 ,si l'on p\vait1 disait ,m4 ,hoyau1 assign] des bornes nos facults intellectuelles1 il sembl]ait que tant de moy5s dj dc\v]ts p\r calcul] mcaniquem5t ont puis les re*]*es de ce g5re et qu'il ne re/e plus ri5 faire aprs les savants clbres de t\s les pays qui se sont occups de cet objet4 ,cep5dant ,m4 le *evali] ,?omas1 de ,colm>1 e/ p>v5u va9cre t\tes les difficults et compos] une ma*9e au moy5 de laquelle on peut faire les quatre oprations de l'ari?mtique4 ,cette inv5tion n\s p>at devoir tre range au nombre de ces dc\v]tes qui font honneur ceux qui les conoiv5t et sont glorieuses p\r l'poque qui les produit4 99 99 99 99 99 ,ces loges1 les flicitations de quelques visiteurs1 voil t\t ce que valut ,m4 ,?omas1 de ,colm>1 l'inv5tion de l'ari?momtre4 ,il en att5dait mieux3 une semblable dc\v]te valait de la gloire1 de la clbrit1 du mo9s2 c> qui dira que le bonheur d'avoir aussi compltem5t triomph que v5ait de le faire ,m4 ,?omas des difficults qui avai5t t5u en arrt le gnie de t\s les sicles1 ft suffisamm5t rcomp5s p> l'approbation de la ,socit d'enc\ragem5t8 ,la plup>t des inv5teurs1 lorsque le public ne fait pas leurs dc\v]tes l'accueil sur lequel ils avai5t compt1 ne sav5t ord9airem5t faire que deux *oses3 d'abord accus] leur sicle d'inju/ice ou d'ignorance2 et ensuite se livr] au dc\ragem5t et regrett] le temps qu'ils ont p]du v\loir tre utiles leur pays4 99 99 99 99 99 ,m4 ,?omas1 de ,colm>1 supporta trs-philosophiquem5t la dception qu'il v5ait d'pr\v]4 ,se s\v5ant sans d\te de la l5teur que la ma*9e vapeur avait mise faire son *em91 il tr\va t\t simple que le public ne se montrt pas plus prompt compr5dre la valeur de son ari?momtre qu'il ne l'avait t compr5dre celle de la ma*9e qui a si pr(ondm5t modifi t\tes les lois du travail matriel4 ,et p\rquoi1 au surplus1 le public mrit]ait-il d'tre accus d'inju/ice1 lorsqu'il ne fait pas t\tes les inv5tions l'accueil que quelques-unes mrit5t vritablem5t8 ,p\rquoi1 ds qu'il ent5d p>l] de dc\v]tes qui tonn5t son intellig5ce1 devrait-il battre des ma9s et *ang] son arg5t contre la m]veilleuse ma*9e1 contre l'admirable recette1 contre le prodige de la *imie ou de la mcanique qu'on lui annonce1 au nom des socits savantes8 ,e/-ce que ces socits sont infaillibles et n'ont jamais prconis que des inv5tions dignes de l'tre8 ,e/-ce que1 sur la p>ole de ces socits1 le public n'a pas s\v5t fait des expri5ces ru9euses1 des a*ats qui lui ont laiss des regrets8 ,le public e/ dfiant2 mais e/-il inju/e8 non1 il ne l'e/ pas4 ,les dceptions que de nombreuses n\veauts lui ont fait pr\v] lgitim5t surabondamm5t sa dfiance4 ,il lui en a trop cot d'avoir tant de fois cru sans voir2 ne n\s tonnons pas qu'il veuille quelquefois voir avant de croire4 99 99 99 99 99 ,c'e/ en se faisant ces rflexions lui-mme que ,m4 ,?omas arriva se dire3 ,p\r popul>is] une ma*9e comme la mi5ne1 il faut de l'arg5t1 beauc\p d'arg5t2 je dois donc comm5c] p> dev5ir ri*e1 si je veux que mon ari?momtre devi5ne un in/rum5t usuel dans le monde savant et f9anci]1 dans le monde comm]ant et indu/riel4 ,c'e/ p>tir de ce mom5t que ,m4 ,?omas1 de ,colm>1 qui1 jusque-l1 n'avait eu qu'une gr&e passion vritable1 l'tude des sci5ces exactes1 et qu'un dlassem5t de prdilection1 la mcanique1 replia son intellig5ce v]s les comb9aisons f9ancires1 dont il ne s'tait dj occup que p\r se di/raire1 p\r a9si dire1 mais qui lui avai5t p\rtant valu de beaux succs1 puisque1 ds ce mom5t 7#ahbb71 il avait dj t nomm prsid5t honoraire de la ,socit d'assurance contre l'inc5die le ,phnix1 qu'il avait fonde en #ahai4 ,n\s ne suivrons pas ici ,m4 ,?omas1 de ,colm>1 dans les travaux f9anci]s qui lui ont si bi5 russi4 ,qu'il n\s suffise de dire que la haute =tune laquelle il a lev la ,compagnie du ,soleil1 l'une de ses fondations les plus connues1 suppose de sa "p une =ce de volont incroyable1 aux yeux de quiconque connat les phases qu'a trav]ses cette ,compagnie1 auj\rd'hui l'une des plus puissantes et des plus ju/em5t accrdites de la ,france4 99 99 99 99 99 ,m4 ,?omas p>aissait tellem5t absorb p> les so9s adm9i/ratifs que rclamait sa gr&e ,socit d'abord1 et p> ceux qu'il lui fallut1 plus t>d1 donn] la ,compagnie l',aigle1 qu'il avait fonde p\r l'un de ses fils1 que p]sonne1 assurm5t1 ne s\ponnait qu'il songet encore son ari?momtre4 ,et p\rtant l'ari?momtre tait la passion bi5-aime de sa p5se1 le rve favori de ses veilles4 ,cette passion1 ce rve1 le suivai5t p>t\t1 au milieu des affaires1 comme au milieu des ftes2 et jamais1 p5dant tr5te ans1 pas une j\rne1 p\r a9si dire1 ne se passa sans qu'il visitt1 de corps ou d'esprit1 le reco9 my/rieux o la *re ma*9e tait ca*e aux reg>ds les plus amis4 ,auj\rd'hui il fallait aj\t] ceci1 dema9 retran*] cela1 et le surl5dema9 dfaire t\t ce qui avait t fait la veille et l'avant-veille1 p\r *]*] une simplification plus gr&e4 ,p\r obt5ir cette simplification1 l'inv5teur de l'ari?momtre a dp5s plus de #cjj1jjj francs4--,c'e/1 de t\tes les j\issances1 celle qui m'a cot le mo9s1 dit-il1 si je comp>e ses d\ceurs celles de t\s les autres plaisirs que je me suis donns4 ,tr5te annes de travail1 plus de #cjj1jjj francs dp5ss p\r retran*] c9q six petites pices d'une ma*9e qu'un enfant de quatre ans port]ait dans ses ma9s comme un j\et6 ,e/-ce que l'ari?momtre de #ahbb ne remplissait pas les mmes fonctions que l'ari?momtre de #ahee8 ,les deux ari?momtres rempliss5t les mmes fonctions2 mais le premi] avait des complications que le second n'a pas2 le premi] e/ l'oeuvre d'un mcanici5 extraord9airem5t +nieux2 le second e/ l'oeuvre d'un homme de gnie4 ,avec de l'imag9ation et de la p]svrance1 il e/ facile d'excut]1 l'aide de ma*9es compliques1 quelques effets qui sembl5t ne p\voir tre produits que p> l'intellig5ce rfl*ie2 mais il n'app>ti5t qu'au gnie de produire1 p> des moy5s simples1 des effets d'une complication et d'une v>it inf9ies4 99 99 99 99 99 ,tel e/ l'ari?momtre de #ahee4 ,notre ,exposition univ]selle a beau tre ri*e en oeuvres empre9tes du sceau du gnie2 n\s n'en voyons pas une seule1 n\s dfions qu'on n\s en indique une seule qui porte ce sceau d'une manire plus clatante1 d'une manire aussi clatante que l'ari?momtre4 ,ce n'e/ plus ici de la matire qui produit des effets matriels2 c'e/ de la matire qui p5se1 p\r a9si dire1 qui rfl*it1 qui comb9e1 qui calcule1 qui fait t\tes les oprations les plus difficiles1 les plus compliques de l'ari?mtique1 avec une infaillibilit1 avec une rapidit1 avec une sci5ce qui dfi5t t\s les calculateurs1 t\s les acadmici5s du monde enti]4 ,mais1 avant d'all] plus lo91 voyons si l'inv5tion de ,m4 ,?omas1 de ,colm>1 n'e/ pas1 s\s le rapport de la difficult va9cue1 l'une des oeuvres les plus tonnantes que n\s connaissions4 99 99 99 99 99 ,le matrialisme ne veut pas de la difficult va9cue2 il ne ti5t compte que de la valeur utilitaire des inv5tions4 ,n\s procdons t\t autrem5t1 n\s4 ,en prs5ce d'une dc\v]te quelconque1 n\s n\s s5tons plutt port *]*] quels ef=ts d'intellig5ce elle a d cot]1 qu' n\s dem&] quels s]vices elle peut r5dre4 ,p\rquoi agissons-n\s a9si8 ,n\s agissons a9si1 p>ce que c'e/ la difficult va9cue qui glorifie l'esprit huma92 p>ce que c'e/ la difficult va9cue qui n\s appr5d ce que vaut et ce que peut l'intellig5ce huma9e1 et quelle e/1 p> consqu5t1 notre gr&eur et notre noblesse dans la cration4 ,matriali/es qui refusez de t5ir compte des difficults va9cues1 appr5ez-moi donc1 je v\s prie1 quelle e/ l'utilit matrielle de la dc\v]te de ,galile3 la t]re t\rne2 l'utilit matrielle de la loi de la pesanteur1 tr\ve p> ,newton2 l'utilit matrielle de la m?ode de ,lev]ri] p\r all] au-devant d'un a/re ca* dans les pr(ondeurs du ciel4 ,difficults va9cues que t\t cela1 et ri5 de plus3 ri5 de plus1 except plus d'honneur p\r l'esprit huma94 ,n\s v]rons plus lo9 que l'inv5tion de ,m4 ,?omas e/ autre *ose qu'une difficult va9cue4 ,en att5dant1 ne la considrons que s\s ce d]ni] po9t de vue2 et1 p\r cela1 remontons l'orig9e hi/orique de l'ari?mtique4 99 99 99 99 99 ,l'orig9e de l'ari?mtique1 base de t\tes les autres sci5ces1 comme t\t le monde en convi5t1 se p]d dans la nuit des temps1 a9si que celle de t\s les arts ncessaires4 ,attribu] l'inv5tion de ses pr9cipales rgles aux ,indi5s1 comme le font quelques criva9s1 ou aux ,*aldens1 comme d'autres le font1 p>ce que ce peuple en avait beso9 p\r ses tudes a/ronomiques1 ou aux gypti5s1 qui ne p\vai5t s'en pass] p\r leurs travaux gomtriques1 ou bi5 aux ,phnici5s1 p>ce que leur comm]ce les exigeait1 c'e/ ne ri5 dire de srieux4 ,le beso9 et l'intrt1 ces deux gr&s mobiles de l'indu/rie huma9e1 dur5t1 ds l'orig9e des socits1 donn] naissance l'ari?mtique1 qui ne s'e/ assurm5t pas =me d'un premi] jet1 mais pice pice1 rgle rgle1 etc4 ,les hi/ori5s1 qui n\s ont racont si longuem5t l'hi/oire de la gomtrie1 de l'a/ronomie et de plusieurs autres p>ties de la sci5ce1 ne n\s ont presque ri5 dit de l'ari?mtique des anci5s4 ,leur sil5ce1 s\s ce rapport1 e/ si gr& que l'on e/ oblig de rec\rir des dductions demi hypo?tiques p\r affirm] que ,platon et ,euclide connaissai5t les quatre rgles et savai5t extraire les rac9es c>res et cubiques4 ,procdai5t-ils1 dans leurs calculs1 comme n\s1 ou bi5 pr5ai5t-ils des voies plus longues8 ,ri5 de prcis n'exi/e sur ce sujet4 ,il e/ t\t naturel que les doigts ai5t t les premi]s auxiliaires de la mmoire dans l'enfance de l'art de calcul]4 ,la raison ne n\s le dirait pas1 que n\s en tr\v]ions encore la preuve dans l'habitude qu'ont eue t\s les peuples1 mo9s les anci5s ,*9ois et une peuplade obscure dont p>le ,ari/ote1 de di/ribu] leurs nombres en priodes composes *acune de dix units4 ,en pr9cipe1 le calcul dcimal e/ donc aussi vieux que le monde1 et notre honneur se borne l'avoir appliqu t\t ce que n\s appelons poids1 t5due1 etc4 ,de mme que l'homme se s]vit d'abord de ses doigts p\r ret5ir1 assembl] et comb9] les nombres1 de mme aussi il tr\va en lui-mme ses premires units de mesures4 ,c'e/ a9si que *ez t\s les peuples n\s tr\vons1 s\s div]s noms1 le pas1 la c\de1 le pi$1 le p\ce1 le doigt1 la ma91 l'empan1 la brasse1 etc4 99 99 99 99 99 ,les premi]s signes de la numration ont p>t\t prcd ceux de l'criture4 ,les ,lat9s1 comme les ,grecs1 n\s ont appris d'une manire =melle quels fur5t ces premi]s signes de la numration1 quels fur5t ces ans de nos *iffres4 ,ces signes fur5t de petits caill\x4 ,*ez les ,grecs1 comme *ez les ,lat9s1 comme *ez n\s1 faire une opration de nombres s'appelle calcul]1 c'e/--dire compt] des caill\x4 ,les ,lat9s disai5t3 ,calculos pon]e1 calculos subduc]e1 etc4 ,les ,grecs disai5t3 ,psphize91 compt] avec des caill\x4 7,psphos1 qui veut dire petite pi]re1 caill\1 signifiait aussi1 p> ext5sion1 suffrage47 ,les suffrages se donnai5t en ,grce avec des caill\x ou des petits coquillages1 comme on le sait p> l'hi/oire de l'o/racisme et p> la rac9e de ce d]ni] mot lui-mme4 ,comme1 *ez les ,grecs1 on avait runi des petits coquillages d'un poids gal p\r s]vir dans les assembles o le peuple avait voix dlibrative1 on pesait quelquefois ces signes de suffrages1 au lieu de les compt]4 ,*ez les ,roma9s1 on avait song un in/ant faire fabriqu] p> les poti]s de t]re de petites billes en t]re cuite p\r s]vir l'expression des suffrages4 l'exemple des ,grecs1 on pesait ces billes au lieu de les compt]2 mais ce sy/me ayant donn lieu quelques abus1 on r5ona au pesage p\r repr5dre l'addition4 99 99 99 99 99 ,t\t le monde connat les tailles des b\lang]s2 ces petits morceaux de bois fur5t les premi]s livres de comm]ce de nos premi]s p>5ts1 leurs premi]s livres gnalogiques et hi/oriques peut-tre4 ,n\s voyons ces petits btons ari?mtiques *ez les ,assyri5s1 *ez les gypti5s1 *ez les ,scy!s1 *ez les ,?races1 dans l',inde1 dans la ,*9e2 on les a retr\vs1 au mom5t de la dc\v]te de l',amrique1 *ez les ,pruvi5s comme *ez les ,mexica9s2 dans les dc\v]tes plus rc5tes1 on les a r5contrs encore *ez plusieurs peuples sauvages4 ,n'allons pas si lo9 dans le temps et ab/5ons-n\s de trav]s] les m]s p\r retr\v] ces tailles numriques4 ,dans presque t\tes nos prov9ces1 quel e/ le livre-mmoire du paysan illettr1 de l'artisan illettr8 ,c'e/ le bton assyri51 gypti51 mexica91 etc41 entaill d'un ct p\r le doit et de l'autre p\r l'avoir1 ayant une p>tie rs]ve p\r les dates et une autre p\r les signes rappelant les noms propres1 etc4 ,l'emploi du bton signes numriques ne v9t videmm5t qu'aprs celui des caill\x numrateurs2 c> les petits caill\x se tr\vai5t p>t\t naturellem5t s\s la ma9 des premi]s hommes1 t&is que les entailles faites sur un bton annonc5t la possession d'un in/rum5t tran*ant1 qui suppose lui-mme l'exi/5ce d'une civilisation en m>*e depuis assez longtemps4 ,les ,assyri5s et les gypti5s1 aprs s'tre d'abord s]vis des btons entaills comme aide-mmoire1 essayr5t de s'en faire des ma*9es calcul4 ,n\s ignorons comm5t ils disposai5t les petites baguettes ari?mtiques dont les anci5s hi/ori5s n\s p>l5t2 mais n\s savons que la manoeuvre de ces baguettes leur p]mettait de faire leurs calculs avec une rapidit qui fit t\j\rs le dsespoir des ,grecs1 qui ne pur5t russir surpr5dre leur secret4 99 99 99 99 99 ,rectifions1 en passant1 la signification du mot sage1 philosophe1 noms p> lesquels on dsigne les premi]s savants de la ,grce1 les ,grecs qui allai5t tudi] en gypte et en ,asie les sci5ces et les arts qui florissai5t dans ces contres4 ,on croit gnralem5t1 d'aprs le s5s que n\s atta*ons auj\rd'hui ces mots1 d'aprs le s5s que la ,grce elle-mme y atta*a v]s sa priode la plus florissante1 que les sages1 que les philosophes grecs1 qui allai5t se faire les disciples des prtres de ,memphis et des mages de la ,*alde1 avai5t surt\t p\r b d'tudi] les sci5ces morales et lgislatives de l'gypte et de l',asie4 ,cette croyance e/ une gr&e erreur3 ces ,grecs voyageurs ne ngligeai5t sans d\te pas entirem5t l'tude des lois et de la philosophie des pays qu'ils visitai5t2 mais ce qu'ils allai5t *]*] surt\t1 et sur les rives du ,nil et sur celles du ,tigre et de l',euphrate1 et jusque sur celles de l',indus et du ,gange1 c'tai5t les sci5ces ma?matiques et physiques4 ,felix qui potuit r]um cognosc]e causas6 99 99 99 99 99 ,les *oses et leurs causes1 voil ce qu'ils ambitionnai5t de connatre4 ,que l'on scrute1 p> exemple1 les livres1 la vie de t\s ces vieux ,grecs que n\s appelons des philosophes3 ,phrcyde1 ,?als1 ,py?agore1 ,calli/hne1 ,anaxagore1 ,anaxim&re1 ,p>mnide1 ,hraclite1 ,empdocle1 picure1 ,leucippe1 ,diocls1 ,dmocrite1 ,alcmon1 ,*rysippe1 ,anaximne1 ,clan!1 ,ari/ote lui-mme1 etc4 7et n\s avons pris ces noms au has>d1 selon qu'ils n\s sont v5us la mmoire72 que1 disons-n\s1 l'on scrute la valeur sci5tifique de ces noms1 et l'on v]ra que t\s ces hommes ont brill comme physici5s1 comme naturali/es1 comme a/ronomes1 comme ma?matici5s1 bi5 plus que comme philosophes1 dans le s5s que n\s atta*ons ce mot4 ,platon1 le div9 ,platon lui-mme1 montre dans t\s ses crits qu'il avait au mo9s autant pr(it des leons du physici5 ,hraclite que de celles de ,socrate4 ,on sait1 au surplus1 qu'il avait donn la gomtrie p\r base sa doctr9e et mis sur la porte de son cole1 l',acadmie1 une inscription p> laquelle il en refusait l'entre ceux qui ignorai5t cette sci5ce4 ,il l'avait en si haute e/ime qu'il p5sait que ,dieu s'en occupait sans cesse1 et c'e/ p\r cela qu'il l'appelait l't]nel gomtre4 99 99 99 99 99 ,s'il e/ donc vrai de dire que les premires priodes dites philosophiques de la ,grce fur5t pr9cipalem5t remplies p> l'tude des sci5ces qui exig5t l'emploi cont9uel du calcul1 il e/ indubitable que les ,grecs dur5t faire des ef=ts incessants p\r p]fectionn] leur ari?mtique4 ,des comm5tateurs des ma?matici5s grecs ont prt5du1 non sans quelque vraisemblance1 que le jeu dont on attribue l'inv5tion ,palamde1 le jeu des *ecs1 selon les uns1 du trictrac1 selon d'autres1 n'tait qu'une ma*9e calcul4 ,?als1 qui avait appris aux gypti5s mesur] la hauteur des pyramides p> la longueur de leur ombre1 et qui avait inv5t plusieurs comb9aisons de rgles en bois1 soit p\r pr5dre la di/ance des a/res1 soit p\r faire des oprations godsiques1 p>at aussi avoir t l'inv5teur d'un casi] ari?mtique dont les comb9aisons n\s sont inconnues4 ,le p]fectionnem5t de ce casi] ari?mtique proccupa d'une manire t\te p>ticulire l'intellig5ce de ,py?agore1 dont on connat la prdilection p\r les nombres4 ,n\s ignorons quels rsultats obt9r5t les t5tatives de ce gr& homme4 ,n\s savons seulem5t que l'abaque1 ou table de multiplication qui porte son nom1 e/ un dbris1 ou1 si l'on veut1 une rm9isc5ce de son casi]4 ,n\s ne m5tionn]ons ici que p\r mmoire le fameux crible d'rato/hne1 biblio?caire d',alex&rie1 qui p]met de tr\v] si commodm5t les nombres premi]s1 dont la re*]*e e/ curieuse en elle-mme1 indp5damm5t de son utilit dans la ?orie des solutions4 ,les anci5s comme les mod]nes ont trait avec une railleuse piti l'op9ion de ,py?agore sur les v]tus my/rieuses de c]ta9s nombres4 ,des comm5tateurs plus sages p5s5t que1 ce philosophe et ses premi]s disciples n'ayant ri5 crit1 on a pris dans un s5s trop littral un langage allgorique dont le s5s tait p]du4 ,quoi qu'il en soit1 les ma?matici5s grecs se tr\vai5t humilis de ne p\voir retr\v]1 l'aide de son abaque1 le casi] ari?mtique qu'il avait imag91 et faisai5t1 p\r le recon/ruire1 des ef=ts que l'hi/oire n\s montre t\j\rs incessants1 mais t\j\rs /riles aussi4 99 99 99 99 99 ,c'e/ en se livrant ce travail de rinv5tion que ,nicomaque arriva tr\v] une tonnante proprit des nombres qu'il ne *]*ait pas3 n\s v\lons p>l] des progressions ari?mtiques4 ,ce ,nicomaque vivait #bej ans avant notre re4 ,en *]*ant comb9] des nombres sur des tablettes1 de manire p\voir abrg] mcaniquem5t les oprations de l'ari?mtique1 il tr\va le nombre polygone4 7,on appelle a9si la somme d'une progression ari?mtique qui comm5ce p> #a1 et dont les units peuv5t tre ranges en figures gomtriques47 ,il ne connut pas les avantages de sa dc\v]te1 qui fut prise p\r une rem>que /rile4 99 99 99 99 99 ,un sicle aprs1 ,ar*imde v9t4 ,les nombres fur5t sa premire tude2 ses t5tatives p\r simplifi] l'ari?mtique1 p\r en faire un art mcanique1 fur5t les travaux qui lui rvlr5t la nature de son gnie4 ,c'e/ en *]*ant con/ruire une ma*9e devant atte9dre le mme b que celles dont ,py?agore et ,nicomaque avai5t eu l'ide1 qu'il se s5tit entran v]s l'tude des sci5ces mcaniques1 qu'il devait enri*ir de dc\v]tes si magnifiques4 ,les tablettes sur lesquelles ,nicomaque avait dpos le pr9cipe dont il n'avait pas su apprci] la valeur fconde1 fur5t p\r ,ar*imde un trait de lumire4 ,le calcul polygonal lui rvla l'art de la progression des nombres1 et cette dc\v]te le consola de n'avoir pas russi dans sa re*]*e d'une ma*9e ari?mtique4 ,l'en?\siasme avec lequel il p>la ses amis de la magnifique loi qu'il v5ait de tr\v] ne fit sur eux qu'une faible impression2 ils lui dir5t qu'ils ne croyai5t pas l'exi/5ce d'une m?ode ari?mtique qui p]mt d'exprim] en nombres une quantit compose d'une inf9it de p>ties4 ,l'un d'eux crut mme le mettre dans un gr& emb>ras en lui dem&ant s'il valu]ait le nombre des gra9s de sable qui sont au bord de la m]4 ,ar*imde lui rpondit que non-seulem5t il exprim]ait le nombre des gra9s de sable qui sont au bord de la m]1 mais encore celui des gra9s dont on p\rrait remplir t\t l'espace compris entre la t]re et les toiles fixes2 et il pr\va ce qu'il avanait1 en faisant voir que le c9quantime t]me d'une progression dcuple croissante satisfaisait son engagem5t4 ,il fit plus3 af9 de ne laiss] sur ce sujet aucune ress\rce l'imag9ation la plus fconde1 il imag9a un corpuscule dix mille fois plus petit qu'un gra9 de sable2 il l'appela gra9 de pavot1 et en =ma sa premire mesure4 ,le gra9 de pavot pris c9q fois fit un gra9 d'orge1 ou sa seconde mesure1 et avec ces mesures1 le gr& homme tablit une suite de nombres qui se p]d5t dans l'inf9i4 99 99 99 99 99 ,on connat la petite hi/oriette raconte p> ,alsephadi1 auteur arabe1 d'un roi indi5 qui1 v\lant rcomp5s] magnifiquem5t ,sessa1 qui avait inv5t1 p\r le di/raire1 le jeu que d'autres attribu5t ,palamde1 le jeu des *ecs1 l'invita dem&] t\t ce qu'il p\rrait dsir]4 ,sessa dem&a seulem5t autant de gra9s de bl qu'il y a de cases dans l'*iqui]1 en d\blant *aque case1 c'e/--dire #fd fois4 ,le roi se sc&alisa d'une dem&e qui semblait si peu digne de sa munific5ce4 ,sessa insi/a1 et le roi ordonna qu'on le satisft4 ,on n'tait pas arriv au qu>t du nombre des cases1 qu'on fut effray de la quantit de bl qu'on avait dj2 un peu plus lo91 on tr\va que le bl du monde enti] n'aurait pas suffi p\r rpondre l'exig5ce de ,sessa4 ,cette s+ulire dem&e a suffi p\r r5dre immortel le nom de ,sessa1 et l'on tr\v]a sans d\te que c'e/ l de l'immortalit obt5ue bon m>*1 si l'on sait que ce mme ,sessa avait longtemps enseign les ma?matiques ,alex&rie1 o l'ouvrage d',ar*imde1 ,de num]o ar5ae1 tait c]tes bi5 connu4 99 99 99 99 99 ,le gnie des anci5s1 qui fut si heureux dans presque t\tes les autres sci5ces1 comme n\s le voyons p> la gr&eur de leurs monum5ts1 qui suppos5t une connaissance pr(onde de la plup>t de celles que n\s possdons n\s-mmes1 ce gnie ne se rvla que d'une manire extrmem5t mode/e p\r ce qui reg>de l'ari?mtique4 99 99 99 99 99 ,n\s ne savons pas assez compr5dre combi5 l'inv5tion de l'alphabet e/ au-dessus de t\tes les dc\v]tes que l'homme a pu faire4 ,cette inv5tion e/ =t anci5ne *ez la plup>t des peuples2 et ce qu'il y a de plus rem>quable1 c'e/ qu'elle se fit de prime-abord avec de tels c>actres de simplicit1 de p]fection1 que t\s les sicles se la sont successivem5t transmise sans y ri5 aj\t]1 sans en ri5 retran*]4 ,mais si les civilisations hi/oriques possdai5t1 p\r la langue proprem5t dite1 des alphabets aussi p>faits que les ntres1 elles tai5t lo9 d'avoir1 p\r exprim] les nombres1 des c>actres aussi simples que ceux que n\s possdons4 ,les ,ori5taux1 les ,assyri5s1 les ,hbreux1 les ,grecs1 n'avai5t p\r signes de numration que les lettres de leur alphabet2 les neuf premires m>quai5t les units1 les neuf suivantes les diza9es1 et les autres1 enf91 les c5ta9es4 ,les signes exclusivem5t numriques tai5t peu prs nuls2 un po9t ou petit trait la suite des lettres leur donnait seul leur valeur numrique4 ,ds que le nombre s'levait dans des proportions un peu considrables1 il fallait employ] une quantit de lettres dont la lecture elle-mme exigeait un calcul4 ,on dit que les ,roma9s imitr5t les ,grecs et se s]vir5t aussi de leur alphabet p\r exprim] les nombres4 ,telle n'e/ pas notre op9ion4 ,les signes numriques roma9s ,i1 ,v1 ,x1 ,l1 ,c1 ,d1 ,m ne ressembl5t aux c>actres alphabtiques que p> has>d2 ils ne vi5n5t pas de l'alphabet1 ils sont ns des petites lignes que l'homme primitif dut trac] sur la pi]re1 sur le bois1 qu& il comm5a s\lag] sa mmoire p> des signes matriels4 ,dans le pr9cipe1 les ,roma9s n'eur5t que trois *iffres3 ,i1 p\r exprim] les units2 ,x1 p\r exprim] les diza9es2 1 qui dev9t plus t>d ,c1 p\r exprim] les c5ta9es4 ,v1 ou c9q1 n'exprima ce nombre que comme tant une moiti de dix1 ,x1 et fut employ assez t>d4 ,de mme1 plus t>d1 on se s]vit de ,l p\r exprim] c9quante ou moiti de c5t1 ou ,c4 ,avant de se s]vir de ,m p\r exprim] mille1 on employait le signe 7,i7 ou 7 ,i 72 p\r exprim] c9q c5ts1 on prit la moiti du signe 7,i71 mille1 c'e/--dire ,,ci1 qui dev9t bi5tt ,d4 ,les c>actres roma9s1 qui tai5t encore plus compliqus que les c>actres grecs1 r5dai5t les oprations de l'ari?mtique trs-difficiles1 a9si que l'on peut s'en r5dre compte en essayant la plus simple opration avec ces c>actres4 ,aussi les ,roma9s ne se di/+ur5t-ils nullem5t comme ma?matici5s4 ,lorsque l'adm9i/ration des f9ances de l'tat eut pris de l>ges dveloppem5ts1 a9si que le comm]ce1 on fut oblig de rec\rir des calculateurs grecs1 qui dev9r5t1 p\r a9si dire1 les matres de la =tune publique et des =tunes prives1 ,rome manquant d'hommes capables p\r contrl] leurs *iffres4 ,les abus que quelques-uns d'entre eux commir5t fur5t cause que l'on =a ces trang]s enseign] leur sci5ce aux citoy5s roma9s4 ,le trsor se *>gea du traitem5t de ces pr(esseurs1 qui fur5t in/alls dans un va/e difice dont l'unique ameublem5t se composait de longues tables1 c\v]tes de sable1 et munies de petites baguettes p\r crire les *iffres1 et de r\leaux p\r nivel] le sable1 mesure que les oprations numriques se r5\velai5t4 ,cet emploi conomique du sable1 p\r enseign] l'ari?mtique1 avait fait donn] aux pr(esseurs grecs le nom d'ar5>ii1 nom qui fut en si gr& honneur p5dant t\te la dure de l'empire4 ,c'e/ p>mi ces arnaires qu'tai5t ord9airem5t *oisis les hauts fonctionnaires du dp>tem5t des f9ances4 99 99 99 99 99 ,mais ce n'e/ pas ,rome que la vraie sci5ce s'tait rfugie en ab&onnant la ,grce4 ,c'e/ dans quelques villes de l',asie c5trale et de l'gypte qu'elle s'tait *oisi des asiles4 ,alex&rie fut le plus clbre4 ,c'e/ l que ,diophante1 en *]*ant simplifi]1 r5dre mcaniques les oprations ari?mtiques1 tr\va la m?ode qui l'a fait reg>d] p> plusieurs comme le vrai inv5teur de l'algbre4 ,cette m?ode1 c'e/ celle de l'analyse indt]m9e1 dont n\s avons fait des applications si curieuses et si utiles1 soit dans l'ari?mtique pure1 soit dans l'algbre et dans la gomtrie transc5dante4 ,on sait que cette ari?mtique univ]selle de ,diophante fut comm5te p> la clbre ,hypa?ia1 et fut la s\rce o l',arabe ,mohamm$-b5-,musa puisa son algbre4 ,les ma?matiques tai5t dans l'tat le plus florissant1 depuis l'gypte jusqu'aux ,indes1 lorsque ,mahomet et ses successeurs comm5cr5t ex]c] dans t\t l',ori5t les imm5ses dva/ations qui ont v\ leurs noms l't]nelle excration des sicles4 99 99 99 99 99 ,on suppose gnralem5t que les fanatiques compagnons des califes n'tai5t qu'un misrable assemblage de tribus b>b>es1 compltem5t trangres aux sci5ces et aux arts civilisateurs4 ,c'e/ l une erreur contre laquelle la sa9e critique a depuis longtemps prote/4 ,les sci5ces ma?matiques1 entre autres1 tai5t aussi familires aux ,arabes qu'aux gypti5s et aux habitants de l',asie occid5tale4 ,l'inc5die de la gr&e biblio?que d',alex&rie1 et-il vritablem5t t ordonn p> ,om>1 au lieu d'tre un simple accid5t de gu]re1 puisque cet vnem5t eut lieu au mom5t o la ville fut emporte d'assaut1 il faudrait voir dans cet ordre1 non la volont d'anantir les monum5ts des sci5ces proprem5t dites1 mais celle de faire disp>atre les livres des philosophes1 des ?ologi5s1 les livres1 en un mot1 qui p\vai5t cont5ir des pr9cipes contraires ceux de l'absurde ,coran4 ,lorsque les div]ses nations que les premi]s califes avai5t runies s\s un t5d>d commun se fur5t fatigues ravag] l',asie et l',afrique1 et ne vir5t plus devant elles de b matriel digne de leur activit immdiate1 elles se ress\v9r5t des sci5ces et des arts1 dont elles n'avai5t oubli ni les pr9cipes ni la langue p5dant les longs travaux de la gu]re4 ,il e/ pe9e beso9 de rappel] que c'e/ ces compagnons des califes1 qui ne mrit5t le nom d',arabes que p>ce que l',arabie f\rnit le noyau de l'agglomration gu]rire qui se fit en quelques annes une si l>ge place dans le monde1 il e/ pe9e beso9 de rappel]1 disons-n\s1 que c'e/ aux ,arabes que n\s devons la connaissance et peut-tre la cons]vation des ouvrages d',ari/ote1 d',euclide1 de ,ptolme1 de ,gali51 d',apollonius1 de l'ouvrage d',ar*imde1 ,de humido insid5tibus1 etc41 etc4 ,l'a/ronomie fut d'abord la sci5ce que les ,arabes s'ef=cr5t de faire refleurir2 le beso9 d'avoir des mesures exactes du temps dirigea ensuite leurs tudes v]s la mcanique4 ,p\r se faire une ide des succs qu'ils avai5t obt5us dans cette d]nire sci5ce1 il suffit de dire un mot de la fameuse clepsydre que le savant calife ,h>\n1 petit-fils du non mo9s savant calife ,almanzor1 envoya en prs5t notre roi ,*>lemagne en #gii4 ,cette clepsydre ou horloge d'eau tait d'un mcanisme vritablem5t m]veilleux1 s'il faut s'en rapport] la description qu'en ont donne plusieurs auteurs4 ,sur le cadran de cette horloge tai5t pratiques d\ze portes1 qui m>quai5t la division des heures2 *acune d'elles s'ouvrait l'heure qu'elle indiquait p\r donn] passage de petites b\les tombant sur un timbre d'aira9 frappant les heures4 ,elles demeurai5t ouv]tes jusqu' la d\zime heure1 et alors d\ze petits cavali]s sortai5t ensemble1 faisai5t le t\r du cadran1 ref]mai5t les portes1 etc41 etc4 ,les ,arabes ne se s]vir5t longtemps que de c>actres grecs p\r exprim] les nombres1 et ils compr5ai5t1 comme l'avai5t compris t\s les anci5s ma?matici5s1 qu'un bon alphabet manquait encore la sci5ce des nombres4 ,on suppose qu'ils n'inv5tr5t les *iffres que v]s la f9 du ,v,i,i,ie sicle4 ,aprs avoir rduit la langue des nombres dix signes1 ils essayr5t1 l'aide de div]ses comb9aisons1 de faire mcaniquem5t les pr9cipales oprations de l'ari?mtique2 mais ils p>aiss5t avoir *\ dans ces t5tatives4 ,on suppose cep5dant que le clbre ,alfraganus1 qui crivit des lm5ts d'a/ronomie autrefois classiques1 mme dans l',occid5t1 et e/ auteur des ,traits sur les horloges solaires et sur l'a/rolabe1 cons]vs en manuscrits dans quelques biblio?ques1 avait russi compos] une ma*9e calcul4 ,l'emploi d'une ma*9e de ce g5re1 en effet1 p>at seule p\voir expliqu] la rapidit avec laquelle il faisait les calculs les plus longs et les plus compliqus4 ,c'e/ cette rapidit faire les calculs qui l'avait fait surnomm] le calculateur4 ,quoi qu'il en soit1 ce fur5t les rcits m]veilleux que l'on faisait de la sci5ce des ,arabes dans l'art de comb9] les nombres qui n\s valur5t l'ine/imable importation des *iffres4 99 99 99 99 99 ,g]b]t1 avant d'tre mo9e1 ar*evque de ,reims1 *anceli] de ,france et pape s\s le nom de ,silve/re ,,ii1 avait g>d1 sur les montagnes d',auv]gne1 les tr\peaux de son pre4 ,le jeune ptre1 qui dpassa le gnie de son sicle1 au po9t que la masse de ses contempora9s lui donna le nom de ncromanci51 ne songeait qu' se livr] aux di/ractions de son ge1 lorsque lui v9r5t t\r t\r l'ide de son horloge poids et l'ide de son orgue hydraulique1 inv5tions qui seules aurai5t suffi p\r immortalis] son nom4 ,p5dant que ses compagnons se cont5tai5t de s\ffl] dans leurs *alumeaux1 =ms de l'corce des jeunes rameaux1 il avait1 lui1 tr\v le moy5 de se s]vir de l'eau d'une fonta9e p\r produire le v5t qui devait faire r5dre des sons v>is aux si5s4 ,le soleil tait son horloge1 lorsqu'il brillait sur l'horizon2 mais qu& le j\r tait sombre1 il arrivait p>fois au jeune ptre de se tromp] sur l'heure o il devait conduire son tr\peau l'abreuvoir et sur celle o il devait le ram5] l'table4 ,les rprim&es pat]nelles que lui attirai5t ces erreurs mir5t en travail l'imag9ation de l'enfant des montagnes1 et quelques j\rs aprs il avait fabriqu avec son petit c\teau une +nieuse comb9aison de cordelettes1 d'axes et de poids qui lui mesurait le temps avec une exactitude satisfaisante1 et dev5ait le po9t de d"p de la savante horloge qu'il devait con/ruire plus t>d ,magdeb\rg4 ,graud de ,sa9t-,cr1 prieur des bndict9s d',aurillac1 ent5dit p>l] des m]veilleux j\ets1 fut curieux de les connatre1 et press5tit en les voyant1 la haute de/9e laquelle tait rs]v leur jeune auteur4 ,accueilli dans la clbre abbaye fonde p> sa9t ,graud1 ,g]b]t fit de si rapides progrs dans t\tes les sci5ces1 que1 quelques annes aprs1 ses suprieurs1 jugeant qu'ils ne p\rrai5t plus ri5 lui appr5dre1 lui p]mir5t d'all] suivre en ,espagne les leons de quelques pr(esseurs dont la clbrit tait alors univ]selle4 ,recomm& ,borel1 comte de ,b>celone1 il tudia dans cette ville les ma?matiques p5dant qu9ze ou dix-huit mois4 ,l1 comme ,aurillac1 le disciple tait bi5tt dev5u plus savant que ses matres1 et p\rtant sa soif de t\t connatre tait aussi ard5te que jamais4 ,on ne p>lait en ,espagne qu'avec une admiration pr(onde de la sci5ce des docteurs musulmans1 qui donnai5t des leons publiques ,cord\e et ,sville4 ,malheureusem5t1 le sj\r de ces villes tait alors int]dit aux trang]s4 ,le jeune bndict9 franais ne t9t aucun compte des dang]s dont on le m5aait4 ,il quitta mom5tanm5t son habit de religieux1 c\vrit sa tte d'un turban1 et suivit t\r t\r les c\rs des univ]sits de ,sville et de ,cord\e avec tant d'ardeur qu'au b\t d'une anne1 en #ifh1 il rev9t ,b>celone1 l'esprit rempli de t\te la sci5ce des docteurs arabes4 ,on n\s p>donn]a ces dtails si l'on songe que c'e/ de ce dang]eux voyage que ,g]b]t rapporta les *iffres4 ,on ne comm5te pas de semblables conqutes4 99 99 99 99 99 ,g]b]t1 non cont5t d'avoir fait l',europe un aussi magnifique prs5t1 se livra aux plus incessantes re*]*es p\r r5dre ce prs5t plus prcieux encore4 ,il avait donn les *iffres et rvl l'art de les comb9]1 une plume la ma91 le travail de l'esprit aidant2 il eut l'ambition d'p>gn] l'esprit le so9 de faire ces comb9aisons1 et v\lut confi] une ma*9e le so9 de les faire4 ,il savait que les ,arabes avai5t *\ dans t\tes les t5tatives qu'ils avai5t faites p\r crer une ma*9e calcul2 mais les insuccs de ses matres /imulai5t son ardeur1 bi5 lo9 de le r5dre timide dans ses ef=ts4 ,le dsir impati5t d'arriv] la dc\v]te de l'intr\vable ma*9e le porta1 p5dant son sj\r ,rome1 dev5ir appr5ti t\rneur4 ,il lui semblait que t\t lui devi5drait possible1 lorsqu'il p\rrait faonn] de ses propres ma9s ses cyl9dres1 ses p\lies1 ses r\es d5ts1 etc41 etc4 ,esprances va9es6 ,son habilet dans l'art du t\rneur ne lui s]vit que p\r la con/ruction de ses sphres1 de son horloge1 et p\r le p]cem5t des tubes dont il avait beso9 p\r ses obs]vations a/ronomiques et p\r ses orgues hydrauliques4 ,n\s ignorons comm5t tai5t comb9es les div]ses ma*9es calcul que ,g]b]t essaya de con/ruire4 ,cep5dant il e/ trs-supposable que sa rhytmoma*ie et son abacus tai5t des lm5ts qui devai5t int]v5ir dans les ma*9es dont il avait coeur d'enri*ir le doma9e de la sci5ce4 ,son livre sur la multiplication1 adress son ami ,con/ant91 mo9e de ,fleury1 et son livre sur la division p>aiss5t de mme n'tre que des comb9aisons imag9es p\r tre excutes mcaniquem5t4 99 99 99 99 99 ,le premi] essai de ma*9e calcul] que n\s tr\vons aprs celui de ,g]b]t e/ ce qu'on a appel la tte p>lante d',alb]t surnomm le ,gr&4 ,on avait tr\v dans quelques manuscrits que ce laborieux dom9ica9 avait fait une tte d'aira9 qui rpondait sans hsit] t\tes les que/ions qu'on p\vait lui adress]1 et les critiques ont dit avec raison que c'tait l un conte absurde1 att5du qu'une tte artificielle ne peut pas avoir de raisonnem5t suivi4 ,s'ils avai5t eu un peu plus d'rudition1 ces critiques aurai5t su que le fait de la tte d'aira9 e/ vrai2 seulem5t1 au lieu de rpondre t\tes les que/ions1 elle se bornait rpondre des que/ions sur les nombres2 seulem5t encore1 au lieu de prononc] ses rponses1 elle les prs5tait crites entre ses lvres entr'ouv]tes1 l'aide de rubans mus p> un mcanisme intrieur4 ,en d'autres t]mes1 la tte d'aira91 con/ruite p> ,alb]t le ,gr&1 tait t\t simplem5t une ma*9e calcul]1 excutant quelques additions et quelques multiplications composes d'un petit nombre de *iffres4 ,rog] ,bacon1 contempora9 d',alb]t le ,gr&1 con/ruisit1 lui aussi1 une tte d'aira9 qui rpondait c]ta9es que/ions4 ,elle a t ridiculise comme celle du religieux allem&4 ,c'e/ avec aussi peu de fondem5t2 c> cette tte de ,rog] ,bacon n'tait qu'une ma*9e calcul]1 faite en rivalit de celle d',alb]t le ,gr&4 ,il e/ presque inutile de dire qu'en enf]mant dans une tte le mcanisme l'aide duquel se dr\lai5t les rubans numrateurs1 on avait p\r unique b de faire p>atre plus extraord9aires les rponses ari?mtiques qui v5ai5t app>atre entre les lvres de la tte d'aira91 dont le mcanisme tait m p> quelque pdale ca*e sans d\te4 ,si n\s m5tionnons ces essais de ma*9es calcul]1 c'e/ qu'il importe de montr] que1 dans t\s les ges1 le dsir de faire mcaniquem5t les oprations de l'ari?mtique a t l'une des ambitions des savants les plus m95ts4 99 99 99 99 99 ,ayant hte d'arriv] nos temps mod]nes1 n\s ne racont]ons pas les t5tatives que fir5t1 p\r dc\vrir une ma*9e calculatrice1 des savants d'un ordre lev1 ,pise1 ,milan1 ,lisbonne1 ,con/ant9ople1 ,ollmtz1 ,erfurt1 ,halle1 ,b]game1 ,tub+51 ,zuri*1 ,/ralsund1 ,od5se1 ,leyde1 ,ab]de51 etc41 etc4 ,insuccs p>t\t et t\j\rs1 et esprance d'arriv] la dc\v]te sans cesse vivante3 voil le rsum de l'hi/oire dont n\s esquissons les pr9cipaux traits4 ,v]s l'an #adfj1 un clbre ma?matici5 allem&1 ,jean ,mull]1 plus connu s\s le nom de ,rgiomontan1 avait dc\v]t l'art de sub/itu] aux fractions ord9aires la division des nombres p> #aj;e1 #ajj;e1 #ajjj;e et donn sa m?ode le nom d'ari?mtique dcimale4 ,cette heureuse simplification ne fit pas disp>atre l'anci5ne manire d'opr] avec les p>ties de l'unit2 mais elle re/a dans la mmoire des savants1 et quelques-uns en comprir5t les avantages4 ,de ce nombre fut le b>on ,np]1 seigneur cossais4 ,compr5ant t\t le p>ti que l'on p\vait tir] du calcul dcimal1 ce savant entreprit d'en faire la base d'une ma*9e l'aide de laquelle il esprait p\voir excut] sans ef=t d'esprit t\tes les oprations de l'ari?mtique4 ,le mcanisme de cette ma*9e e/ inconnu4 ,on sait seulem5t que l'app>eil avait la =me d'une caisse c>re2 que cette caisse cont5ait dix ranges de petits cyl9dres1 et que1 sur *acun de ces cyl9dres tait enr\l un ruban sur lequel tai5t tracs les neuf *iffres significatifs et le zro4 ,le fonctionnem5t de cette ma*9e ne rpondit pas aux esprances de l'inv5teur2 mais celui-ci ne fut nullem5t dc\rag p> cet *ec4 ,il *]*a des comb9aisons mcaniques n\velles1 et arriva la dc\v]te de la m?ode qu'il nomma rabdologie 7du grec rabdos1 baguette1 plan*ette74 ,elle consi/e faire des calculs avec de petites baguettes en =me de pyramides rectangulaires1 dont *aque face conti5t une p>tie de l'abaque ou table ord9aire de la multiplication4 ,cette table e/ divise en neuf petites lames1 dont *acune a neuf cellules4 ,la premire de ces cellules conti5t l'un des c>actres simples1 depuis #a jusqu' #i4 ,les autres cellules r5f]m5t les produits des multiplications du *iffre qu'elles port5t en tte p> *acun des nombres simples2 en comb9ant ensemble ces baguettes1 on fait les pr9cipales rgles de l'ari?mtique4 ,cette comb9aison n'e/ pas difficile faire4 ,ce qu'il y a d'emb>rassant1 c'e/ la re*]*e de la baguette dont on a beso9 p\r l'opration que l'on veut faire4 ,c'e/ cet inconvni5t qui fit reg>d] la rabdologie de ,np] comme une *ose purem5t +nieuse4 99 99 99 99 99 ,le savant cossais avait fait excut] t\s les plans de ses ma*9es calcul] p> un trs-habile con/ructeur d'in/rum5ts de ma?matiques1 ,ju/e ,byrge1 qui tait en mme temps un trs-savant gomtre1 et qui fut l'inv5teur du compas de proportion4 ,ce ,ju/e ,byrge tait un homme simple1 et d'une si gr&e mode/ie1 qu'il ne jugeait pas que ses productions fuss5t dignes de voir le j\r4 ,ce fut bi5 timidem5t qu'il av\a au b>on cossais qu'il atta*ait un c]ta9 prix une dc\v]te qu'il avait faite depuis quelque temps4 ,quelle tait cette dc\v]te8 ,c'tait celle des log>i?mes4 ,on ne dit pas si ,np] flicita ,byrge de son bonheur2 mais on sait du mo9s qu'il sut apprci] la valeur d'une semblable inv5tion1 puisque1 quelque temps aprs1 il en fit sa proprit1 et publia s\s son propre nom le livre intitul3 ,mirifici log>i?morum canonis descriptio4 ,la priorit de ,ju/e ,byrge comme inv5teur des log>i?mes tant un fait depuis longtemps con/at p> les tmoignages les plus puissants et les plus irrcusables1 il e/ vraim5t trange que tant d'criva9s mod]nes cont9u5t d'attribu] au gr& seigneur cossais la dc\v]te de l'humble con/ructeur d'in/rum5ts de ma?matiques allem&4 ,p\r notre "p1 n\s n'avons pas cru1 puisque n\s avions p>l] de ,np]1 p\voir n\s disp5s] de rappel] les circon/ances1 malheureusem5t trop peu connues1 qui lui ont valu sa gloire immrite4 ,un honneur que n\s ne refus]ons pas ,np]1 c'e/ celui d'avoir eu l'ide du po9t de d"p1 assez loign1 il e/ vrai1 de la clbre ma*9e calcul] de ,pascal4 ,voici comm5t3 99 99 99 99 99 ,n\s avons dit que le sy/me rabdologique du b>on cossais avait t ab&onn1 cause de la difficult de tr\v] promptem5t la baguette qui e/ ncessaire p\r l'opration que l'on veut faire4 ,un homme de mrite1 ,petit1 int5dant des =tifications1 qui avait tudi avec beauc\p d'att5tion la m?ode de ,np]1 vit avec pe9e que l'on ab&onnt cette inv5tion et *]*a la ram5] une pratique plus facile4 ,quelques annes aup>avant1 un savant jsuite allem&1 ,gasp>d ,s*ott1 avait eu l'ide de coll] les btons de ,np] sur plusieurs cyl9dres oblongs1 et mobiles aut\r de leur axe4 ,le pr9cipe qui avait prsid la con/ruction de la ma*9e de ,s*ott n'tait peut-tre pas mauvais2 mais les cyl9dres1 qui fonctionnai5t bi5 isolm5t1 donnai5t des rsultats inexacts lorsqu'ils devai5t m>*] ensemble2 l'inv5teur dsespra de p\voir p]fectionn] sa ma*9e et l'ab&onna4 ,petit se cont5ta d'un seul cyl9dre et le fit semblable celui des orgues de ,b>b>ie4 ,ayant ensuite trac sur des lames de c>ton les tables de ,py?agore1 il aj\ta ces lames sur le tamb\r1 de manire qu'elles puss5t gliss] p>alllem5t son axe1 au moy5 d'un b\ton que *acune d'elles portait2 mais cette ma*9e1 enf]me dans une petite bote1 exigeait un vritable appr5tissage p\r la manoeuvre des b\tons et prs5tait d'autres inconvni5ts qui emp*r5t qu'elle ne ft accueillie4 ,cep5dant ,pascal fut curieux de la voir4 ,il tr\va que les lm5ts en tai5t utilisables et promit ,petit de *]*] s'il s]ait possible de p]fectionn] les organes de cet app>eil4 ,petit tait dj l'ami de ,desc>tes1 il dev9t bi5tt celui de ,pascal4 ,on sait qu' la suite de la dc\v]te de ,torricelli1 ce fut ,petit qui fit les premires expri5ces sur le vide4 ,ce que l'on sait mo9s1 c'e/ que ce fut sur la prire de ,petit que ,pascal tudia la "q de la pesanteur de l'air et fit faire p> son beau-frre ,p]ri] les fameuses expri5ces du ,puy-de-,dme4 ,il e/ bi5 ent5du que si l'ide d'expri5ces faire1 p\r dmontr] la pesanteur de l'air1 app>ti5t l'int5dant des =tifications de ,france1 au gographe du roi1 la m?ode d'aprs laquelle ces expri5ces fur5t faites fut cre p> le gnie seul de ,pascal4 ,n'ayant pu corrig] les vices organiques de la rabdologie de ,petit1 ,pascal entreprit de con/ruire une ma*9e ari?mtique d'aprs un sy/me qui lui s]ait propre4 ,la ma*9e calcul] de ,pascal1 que compliqu5t tant de r\ages1 tant de poids1 qui a beso9 d'un si gr& nombre d'organes p\r produire des rsultats si limits1 a t dcrite dans trop de livres p\r que n\s jugions utile d'en donn] une description n\velle4 ,n\s n\s cont5t]ons de dire que cette ma*9e fut1 entre t\tes les crations du gr& homme1 celle qui fatigua le plus son gnie1 qui lui fit prodigu] les veilles les plus longues1 qui lui fit faire1 v\lons-n\s dire1 une plus rapide dp5se de vie4 99 99 99 99 99 ,la ma*9e de ,pascal fut reg>de comme une conception m]veilleuse2 mais elle tait trop incomplte et trop complique p\r p\voir pr5dre rang p>mi les in/rum5ts de ma?matiques usuels4 ,l'un des plus +nieux mcanici5s de l'poque1 ,grillet1 horlog] de ,l\is ,,xiv1 eut l'ambition de la simplifi]4 ,il travailla dans ce b1 p5dant de longues annes1 aid p> les conseils de plusieurs membres de l',acadmie des ,sci5ces1 et p>v9t enf91 aprs avoir supprim le tamb\r et les poids de ,pascal1 dispos] sur les r\es les lames porte-*iffres1 de telle sorte qu'en t\rnant ces r\es d'un ct il oprait l'addition1 et qu'en les t\rnant du ct oppos il faisait la s\/raction4 ,cette ma*9e aurait eu une vritable valeur si elle avait pu s]vir p\r des additions et des s\/ractions composes de *iffres indf9is2 mais elle ne p\vait opr] qu'avec un nombre de *iffres trs-limit1 et ds lors elle n'tait plus qu'un simple objet de curiosit4 ,l'auteur lui-mme la jugea telle1 puisqu'il n'en con/ruisit qu'une seule1 qu'il montrait fonctionnant au public1 et prix d'arg5t4 ,le mcanisme de cette ma*9e e/ inconnu4 ,grillet1 dans ses ,curiosits ma?matiques1 a bi5 dcrit l'extrieur de sa ma*9e2 mais il n'a ri5 dit de sa con/ruction intrieure4 ,le ,j\rnal des ,savants de l'anne #afgh suppose que t\t le secret de la ma*9e de ,grillet consi/ait dans une +nieuse disposition1 sur de petits cyl9dres1 des lames de la table de ,py?agore4 99 99 99 99 99 ,l'abb ,conti1 clbre ma?matici51 a dit de ,leibnitz3 ,il v\lut surpass] t\s les ma?matici5s4 ,il n'e/ presque po9t d'objet dans la vie civile p\r lequel il n'et inv5t quelque ma*9e1 mais aucune ne russit4 ,l'admiration qu'avait excite1 en ,europe1 la ma*9e de ,pascal1 reg>de comme un ef=t de gnie qui ne p\vait que trs-difficilem5t tre gal1 excita l'envie de ,leibnitz4 ,ce savant tait alors l'apoge de sa gloire4 ,l'emp]eur d',allemagne1 le cz> de ,russie1 l'lecteur de ,br&eb\rg1 t\s les pr9ces d',allemagne lui avai5t prodigu les dignits et les p5sions2 t\tes les ,acadmies de l',europe se faisai5t gloire de le compt] au nombre de leurs membres associs1 et cep5dant il ne se tr\vait pas heureux2 au milieu de t\tes ces glorifications1 la ma*9e de ,pascal lui donnait des insomnies2 il rsolut de crer une ma*9e rivale de celle du savant franais4 99 99 99 99 99 ,philosophie1 physique1 *imie1 ma?matiques1 correspondances savantes1 relations avec les s\v]a9s1 il mit t\t de ct p\r recueillir ses =ces1 p\r mettre t\t son temps et t\t son gnie au s]vice de son ambition n\velle4 ,p5dant prs de quatre ans il ne vcut gure que p\r cette ambition1 c'e/--dire que p\r la ma*9e calcul] qu'il v\lait oppos] celle de ,pascal4 ,ds qu'il eut imag9 la premire comb9aison de cette ma*9e1 il en envoya1 p\r pr5dre date1 les plans la ,socit royale de ,londres4 ,d'aprs ces plans1 la ma*9e devait excut] les quatre rgles de l'ari?mtique4 ,quelque temps aprs1 il prs5ta cette mme ma*9e l',acadmie des ,sci5ces de ,p>is4 ,il avait dp5s p\r la con/ruire environ #ajj1jjj francs1 somme qui indique bi5 quel prix il atta*ait une oeuvre de ce g5re1 qu& on sait que l'av>ice e/ le plus gr& vice que l'hi/oire ait eu lui repro*]4 ,sa ma*9e fut tr\ve trs-imp>faite dans son excution1 d'un jeu peu sr et n'allant pas au del d'une addition et d'une s\/raction composes de quatre *iffres4 ,p\r comble de malheur1 comme ,grillet s'tait dfait de sa ma*9e1 sans que l'on st comm5t1 on supposa que ,leibnitz en tait dev5u l'acqureur indirect1 et l'avait copie d'une manire presque s]vile4 ,cette accusation1 trs-timidem5t nonce d'abord1 fut =mule trs-explicitem5t1 lorsque ,keill l'accusa la face de l',europe de se dire tort l'inv5teur du calcul diffr5tiel et se fit =t de pr\v] qu'il avait drob cette inv5tion ,newton4 ,on sait que1 ,leibnitz ayant dnonc cette accusation la ,socit royale de ,londres et l'ayant prise p\r juge1 la ,socit royale dc]na l'honneur de la dc\v]te du calcul diffr5tiel ,newton4 ,ce procs de priorit1 malgr le jugem5t de la ,socit royale1 e/ t\j\rs p5dant devant l'hi/oire2 mais un fait e/ trs-c]ta93 c'e/ que la ma*9e calcul] de ,leibnitz ne valait pas mme celle de l'horlog] ,grillet4 ,l'in/rum5tum ma!maticum univ]sale de ,ril] n'e/ pas1 proprem5t p>l]1 une ma*9e4 ,c'e/ t\t simplem5t une modification de la rgle calcul] d',edmond ,gn!r4 ,gn!r avait transport les log>i?mes sur une *elle l9aire1 au moy5 de laquelle on p\vait1 p> une ouv]ture de compas1 obt5ir le rsultat d'une multiplication ou d'une division4 ,la rgle de ,ril] ne diffre de celle de ,gn!r que p> sa =me1 qui e/ semi-circulaire4 ,en #afgc1 ,samuel ,morel& publia ,londres un petit livre intitul3 ,description et usage de deux in/rum5ts d'ari?mtique4 ,ces deux ma*9es n'ont probablem5t jamais t con/ruites et ne mrit5t pas de l'tre4 ,l'auteur de la colonnade du ,l\vre et de l',obs]vatoire1 qui tait plus qu'un maon1 n'en dplaise ,boileau1 ,p]rault1 qui tait aussi habile mcanici5 que gr& ar*itecte1 composa avec de petites rgles1 portant *acune des sries de *iffres places l'une la suite de l'autre1 une ma*9e calcul] =t +nieuse1 mais qui ne p\vait tre qu'un simple objet de curiosit4 ,le dess9 et la description s'en tr\v5t dans le premi] volume des ,ma*9es appr\ves p> l',acadmie des ,sci5ces4 ,le m>quis ,giovanni ,pol5i1 le clbre pr(esseur d'a/ronomie et de ma?matiques de ,pad\e1 le re/aurateur1 p\r ne pas dire le crateur de l'ar*itecture hydraulique1 ,pol5i1 qui1 grce sa connaissance de t\s les secrets de la mcanique1 eut la gloire de consolid] la basilique de ,sa9t-,pi]re de ,rome1 sans ri5 *ang] sa valeur arti/ique1 et aprs que t\s les ar*itectes consults p> ,b5ot ,,xiv eur5t dcl> que le *ef-d'oeuvre du gnie de ,mi*el-,ange ne p\vait tre consolid qu' la condition d'tre rdifi sur des fondem5ts n\veaux2 ,pol5i1 que les rois faisai5t consult] p\r t\s leurs gr&s travaux2 ,pol5i1 le correspondant aim de ,newton1 de ,leibnitz1 de ,b]n\illi1 de ,wolf1 de ,mairan1 de ,cass9i1 de ,manfr$i1 de ,s',graves&e1 de ,mus*5brock1 etc41 qui lui donnai5t gnralem5t le nom de matre1 ,pol5i entreprit1 lui aussi1 de con/ruire une ma*9e calcul]4 ,wolf1 qui il avait fait "p de son projet1 lui crivit de ,halle3 ,je fais des voeux d'autant plus ard5ts p\r votre succs1 que votre *ec dt\rn]ait t]nellem5t t\s les savants de r5tr] dans une voie que v\s n'auriez pu p>c\rir jusqu'au b\t4 ,pol5i suivit jusqu'au b\t la voie dans laquelle il tait entr1 c'e/--dire excuta sa ma*9e2 mais les plans et la description qu'il n\s en a laisss1 dans ses ,miscellanea1 n\s montr5t qu'il ne fut pas plus heureux que ses devanci]s4 ,les cra9tes de ,wolf ne se ralisr5t pas2 l'insuccs de ,pol5i ne dc\ragea p]sonne1 a9si qu'on le v]ra p> la suite de cette li/e des *]*eurs de l'intr\vable ma*9e4 ,leupold1 le gr& +nieur des m9es du roi de ,pologne1 l'auteur de la prcieuse collection intitule ,!atrum ma*9>um1 l'inv5teur heureux de tant d'in/rum5ts de ma?matiques1 ayant *\ dans ses premires t5tatives p\r crer une ma*9e calcul] qui n'empruntt ri5 aux ma*9es antrieures1 f9it p> rec\rir au tamb\r de ,petit4 ,il le r5dit plus commode en le faisant dcagonal1 de cyl9drique qu'il tait1 puisqu'il supprima p> l les ra9ures p\r le glissem5t des baguettes2 mais ce travail n'aj\ta ri5 sa gloire1 et la ma*9e calcul] re/ait t\j\rs tr\v]4 ,s]a-ce ,clairaut1 gr& gomtre ds l'ge de d\ze ans1 et membre de l',acadmie des ,sci5ces dix-huit1 qui f]a la m]veilleuse dc\v]te8 ,non4 ,il mettra dans cette re*]*e t\te sa sci5ce1 t\te son ardeur1 t\t son gnie2 mais t\s ses ef=ts s]ont impuissants et il bris]a t\tes les p\lies1 t\s les r\ages1 t\s les ressorts de sa ma*9e1 en disant3 ,dlivrons-n\s de la prs5ce de ces tmo9s1 qui me rappell]ai5t sans cesse que j'ai travaill p5dant dix-huit mois faire des ari?mtici5s de ces morceaux de bois et de cuivre4 ,il n\s e/ cep5dant re/ l'une des comb9aisons qui s'tai5t prs5tes l'esprit de ,clairaut1 p5dant qu'il travaillait sa ma*9e calcul]4 ,n\s v\lons p>l] de sa plan*ette trigonomtrique1 figure et dcrite dans le #e;e volume des ,ma*9es de l',acadmie des ,sci5ces1 et de/9e remplac] les tables des log>i?mes et rs\dre les triangles sans calcul4 ,mi*al ,poetius a dcrit un in/rum5t compos de c]cles conc5triques mobiles1 qui semble n'tre qu'une modification de la rabdologie de ,np] et ne peut pas r5dre plus de s]vices que la table de ,py?agore4 ,aussi l'appelle-t-on ,m5sula py?agorica4 ,la n\velle disposition de la table de ,py?agore p> de ,man e/ dcrite dans les ,ma*9es de l',acadmie des ,sci5ces et facilite plusieurs calculs2 mais ce n'e/ pas l1 proprem5t p>l]1 une ma*9e4 ,n\s dirons la mme *ose de l'*elle c\lisse de ,*4 ,leadbett]1 dont ,jones s'attribua ou se laissa attribu] plus t>d l'inv5tion4 ,la ma*9e de ,lp9e1 le clbre horlog] franais1 attira un in/ant l'att5tion des savants2 mais on reconnut bi5tt que ,lp9e n'avait fait que simplifi] dans sa con/ruction la ma*9e de ,pascal et lui avait laiss t\s les inconvni5ts qui la r5d5t impropre t\te espce de s]vice4 ,cette ma*9e e/ dcrite dans le #d;e volume des ,ma*9es de l',acadmie4 ,hill]9 de ,boi/iss&eau fut mo9s imitateur que ,lp9e4 ,il modifia pr(ondm5t les organes de la ma*9e de ,pascal1 en retran*a quelques-uns1 en aj\ta d'autres1 se montra =t +nieux dans ses comb9aisons2 mais1 au rsum1 il re/a1 comme t\s ses devanci]s1 une di/ance norme en de du b qu'il s'tait propos d'atte9dre4 ,et p\rtant ce ne fut pas le c\rage qui lui fit dfaut1 a9si que n\s en avons la preuve dans le #e;e volume des ,ma*9es de l',acadmie des ,sci5ces1 puisque1 sa premire ma*9e n'ayant pas russi1 il en con/ruisit une seconde1 d'aprs un sy/me n\veau4 ,v]s le mme temps1 de ,salamanque1 de ,pal]me1 de ,mant\e1 de ,b]l91 de ,leipsick1 etc41 on annonait la dc\v]te de ma*9es calcul]1 qui tombr5t immdiatem5t dans l'oubli4 ,celle qui fut prs5te en #agce la ,socit royale de ,londres1 p> ,gor/51 occupa l'att5tion de l',europe un peu plus longtemps4 ,elle n'oprait que l'addition et la s\/raction1 fonction remplie p> plusieurs ma*9es antrieures1 mais d'une manire plus complique4 ,elle tait compose d'une suite de crics dont *acun tait m p> une toile ou pignon1 et p\ssait l'toile suivante d'un dixime4 ,le dess9 et la description de cette ma*9e se tr\v5t dans le #i;e volume des ,philosophical ,transactions4 ,la ma*9e ari?mtique que ,p]eire prs5ta l',acadmie des ,sci5ces de ,p>is1 en #agej1 et dont le ,j\rnal des ,savants n\s a cons]v la description1 se composait de petites r\es de buis ou cyl9dres trs-c\rts enfils p> un mme axe4 ,les *iffres tai5t crits sur le p\rt\r de *acune de ces r\es1 qui tai5t enf]mes dans une bote4 ,sur le dessus de cette bote tai5t pratiques autant de ra9ures qu'il y avait de r\es4 ,*aque ra9ure avait en longueur le ti]s de la r\e qui lui correspondait4 ,une aiguille passe dans la ra9ure s]vait p\r faire t\rn] la r\e1 etc4 ,avec cette ma*9e on p\vait faire un c]ta9 nombre d'oprations1 mais mo9s rapidem5t qu'avec la plume4 ,les deux ma*9es qu'inv5ta "l ,mahon1 comte de ,/anhope1 ont eu une assez gr&e rputation en ,anglet]re4 ,l'une s]vait p\r faire l'addition et la s\/raction1 l'autre p\r la multiplication et la division4 ,le comte de ,/anhope1 qui conquit au pr(it de l',anglet]re l'le ,m9orque et dut son titre de "l ,mahon la prise de ,port-,mahon2 "l ,/anhope1 le gnralissime des annes anglaises en ,espagne1 qui n'avait remport que des victoires1 jusqu'au j\r o il se tr\va en face du duc de ,v5dme1 qui le va9quit et le fit prisonni] avec #e1jjj ,anglais2 "l ,/anhope1 dis-je1 n'tait pas seulem5t un gr& capita9e1 il tait encore un savant d'un ordre lev4 ,ayant d'abord eu la passion des langues1 il avait appris en trois annes t\tes celles qui se p>l5t en ,europe4 ,l'ambition de dev5ir un n\vel ,ar*imde s'tant ensuite emp>e de lui1 il s'tait mis tudi] l'anci5ne bali/ique et la mcanique avec une ardeur incroyable4 ,cette tude n'aurait t qu'un plaisir p\r lui1 si elle avait exig mo9s de calculs2 mais les incessantes colonnes de *iffres qu'elle consomme fatiguai5t1 puisai5t sa pati5ce4 ,il *]*a donc savoir si1 p>mi les nombreuses ma*9es ari?mtiques qui avai5t t imag9es1 il ne s'en tr\v]ait pas une qui ft propre lui p>gn] le fatigant travail du calcul numrique4 ,aucune de ces ma*9es ne l'ayant satisfait1 il entreprit d'en con/ruire une lui-mme4 ,il essaya un nombre de comb9aisons inf9i1 g>da p5dant plusieurs annes son s]vice des mcanici5s qui travaillai5t uniquem5t l'excution de ses plans1 sans cesse *angs ou modifis1 et ne s'arrta1 en f9 de compte1 qu'aux deux ma*9es compliques1 incompltes1 inutilisables1 que n\s avons m5tionnes4 ,v]s le mme temps1 ,mat?ieu ,hann1 pa/eur de ,kornswe/heim1 prs de ,ludwigsb\rg 7,wurtemb]g71 aprs de longues annes de travail et de gr&es dp5ses1 montra une ma*9e ari?mtique avec laquelle il excutait des oprations =t difficiles4 ,cette ma*9e comm5a p> excit] un tonnem5t gnral2 mais bi5tt on reconnut que les calculs excuts avec cet in/rum5t tai5t trs-limits1 trs-inexacts2 l'inv5tion de ,hann fut ab&onne4 ,on n'en connat pas la /ructure intrieure1 le ,m]cure de ,wiel& n'en ayant dcrit que la =me extrieure4 ,la ma*9e que con/ruisit1 bi5tt aprs1 le capita9e du gnie ,mll] tait plus exacte que celle de ,hann1 mais tait aussi incomplte4 ,l'auteur donne la description de la =me extrieure de sa ma*9e et les indications sur la manire de s'en s]vir1 dans sa bro*ure intitule3 ,description d'une n\velle ma*9e4 ,la ma*9e ari?mtique dite de ,did]ot tant longuem5t dcrite dans la gr&e ,encyclopdie1 n\s n'en dirons ri54 ,n\s n\s cont5t]ons de rappel] que presque t\s les savants de l',encyclopdie sont auj\rd'hui rputs avoir contribu de t\te leur sci5ce1 de t\t leur gnie1 la cration de cette l\rde ma*9e1 dont la mmoire de ,did]ot a seule longtemps support la responsabilit4 ,l'in/rum5t inv5t p> ,prahl et connu s\s le nom d',ari?metica portabilis1 n'e/ qu'une sorte de reproduction de la ,m5sula py?agorica de ,mi*al ,poetius4 ,il n'en diffre qu'en ceci3 les c]cles mobiles sont beauc\p plus gr&s et port5t des *iffres qui vont de #a #ajj1 de sorte qu'au moy5 de cette ma*9e on peut additionn] et s\/raire jusqu'au nombre #ajj4 ,la ma*9e calcul] dont ,gruson donne la description dans une bro*ure qu'il publia en #agij1 ,hagdeb\rg1 n'e/ galem5t qu'une imitation de la ,m5sula py?agorica et consi/e dans un disque de c>ton1 avec index au milieu4 ,en #agig1 ,jordans publia ,/uttg>t une bro*ure portant p\r titre3 ,description de plusieurs ma*9es calcul1 inv5tes p> ,jordans4 ,cette bro*ure ne fait gure que reproduire1 s\s des =mes modifies1 le promptu>ium de ,np]4 ,en #agie1 ,leblond avait transport sur un cadran les divisions log>i?miques de ,gn!r2 mais cette modification ne con/itue pas une ma*9e proprem5t dite4 ,il faut en dire autant de l'ari?mographe que ,gottey con/ruisit en #ahaj1 qui n'e/ galem5t qu'une =me n\velle1 la =me circulaire1 donne l'in/rum5t de ,gn!r4 ,il faut en dire autant des rgles log>i?miques de ,m\nta9 et de celles de ,makay2 autant des rgles de ,s*eflelt et de la d\ble rgle de ,lamb]t2 autant de la rgle c\lisse de ,l5oir1 qui n'e/ que la reproduction de celle1 non pas de ,jones1 qui n'tait lui-mme qu'un reproducteur1 mais de ,*4 ,leadbett]4 ,la ,socit royale des ,sci5ces1 de ,v>sovie1 fut appele1 en #ahad1 exam9] une vritable ma*9e ari?mtique1 c'e/--dire propre excut] les quatre rgles4 ,l'auteur de cette inv5tion1 ,abraham ,/]n1 s'tait montr trs-+nieux dans la conception et la con/ruction de sa ma*9e2 cep5dant1 malgr ses savantes comb9aisons1 il n'avait pu russir lui donn] les qualits exiges des crations de cette espce4 ,sa ma*9e tait trs-complique1 trs-difficile manoeuvr] et exigeait une att5tion plus fatigante que celle des calculs faits la plume4 ,elle fut ab&onne4 ,la fameuse ma*9e de ,babbage n'e/ pas1 proprem5t p>l]1 une ma*9e ari?mtique1 puisqu'elle n'excute pas les quatre rgles de l'ari?mtique4 ,cet app>eil1 inf9im5t compliqu et excessivem5t volum9eux1 n'e/ de/9 qu' donn] les diffr5ts t]mes d'une srie qui procde p> diffr5ces4 ,babbage l'a con/ruite ou plutt a comm5c la con/ruire en #ahba1 sur l'invitation du g\v]nem5t anglais4 ,celui-ci v\lait qu'elle pt calcul] les tables ma?matiques et a/ronomiques4 ,l'+nieur anglais1 aprs avoir travaill cette ma*9e p5dant plus de d\ze ans1 et y avoir dp5s #ag1jjj livres /]l+ 7#dbe1jjj francs71 dues1 en p>tie1 la munific5ce du roi ,georges ,,iii1 n'tait arriv en #ahcc qu' l'excut] p\r trois colonnes4 ,depuis ce temps1 ,babbage a p>u ne plus s'en occup]4 ,e/-ce p>ce que les m\vem5ts excessivem5t l5ts de cette ma*9e ne p]mettai5t pas d'en att5dre ultrieurem5t des rsultats utiles8 ,e/-ce p>ce que le demi-million qu'il faudrait encore dp5s] p\r l'excut] sur une gr&e *elle effraie le g\v]nem5t anglais8 ,l'inv5teur1 enf91 se tr\ve-t-il arrt dans l'excution de son oeuvre p> des difficults dont ne peuv5t triomph] ni sa sci5ce ni son gnie8 ,sans *]*] une rponse ces que/ions1 cont5tons-n\s de dire que depuis #ahcc la ma*9e de ,babbage e/ re/e l'tat de promesse1 et que ri5 n'en annonce la ralisation ultrieure4 ,quelque temps aprs que ,babbage eut fait connatre que sa ma*9e avait reu un comm5cem5t d'excution1 un ,sudois1 ,m4 ,s*5tz1 annona qu'il avait1 de son ct1 inv5t une ma*9e p\r la =mation des sries4 ,cette ma*9e n'a pas t excute1 et l'auteur n'en a pas fait connatre le mcanisme4 ,aprs que le brevet d'inv5tion que ,m4 ,?omas de ,colm> avait pris en #ahbb fut expir et eut t publi1 les annonces d'inv5tions de n\velles ma*9es calcul] se multiplir5t d'une manire in\e jusque-l4 ,il y eut telle anne o il fut pris jusqu' quatre brevets d'inv5tion p\r ma*9es de cet ordre4 ,t\s ces brevets montr5t que les inv5teurs qui vont r*auff] leurs inspirations dans le recueil des inv5tions tombes dans le doma9e public1 et qui1 quelquefois mme1 n'att5d5t pas si longtemps p\r se procur] le sec\rs du gnie d'autrui1 ne s'tai5t pas fait faute de faire l'ari?momtre des emprunts plus ou mo9s habilem5t dguiss4 ,p>mi ces inv5tions de seconde ma91 les unes sont peu prs re/es l'tat de projet2 les autres n'ont pr(it qu'aux mcanici5s p> qui les inv5teurs les ont fait con/ruire1 et sont alles aux ma9s du f]railleur4 ,cep5dant1 depuis l'inv5tion de l'ari?momtre1 trois autres ma*9es calcul]1 recomm&ables p> d'autres qualits que celles de l'imitation1 ont t excutes4 ,la premire1 c'e/ l'additionneur de ,m4 le docteur ,ro?4 ,cette ma*9e e/ fonde sur le mme pr9cipe que celle de ,pascal2 mais ses r\es ne m>*5t pas de la mme manire4 ,dans la ma*9e de ,pascal1 les r\es se comm&5t1 comme on dit en mcanique1 elles m>*5t ensemble4 ,dans la ma*9e de ,m4 ,ro?1 elles sont indp5dantes2 l'une ne m>*e qu'aprs que celle qui la prcde a accompli son m\vem5t4 ,le mcanisme de ,pascal e/ fond sur la transmission simultane2 celui de ,m4 ,ro?1 sur la transmission successive4 ,le premi] exige d'autant plus de =ce p\r tre manoeuvr1 que les r\es sont plus nombreuses2 le second n'exige jamais que la mme =ce1 quel que soit le nombre des r\es4 ,en somme1 la ma*9e de ,m4 ,ro? e/ une bonne ma*9e pratique2 malheureusem5t1 elle ne peut s]vir que p\r faire les additions4 l',exposition de l'indu/rie de #ahdi1 une n\velle ma*9e calcul]3 l'ari?maurel1 fut prs5t p> ,,mm4 ,maurel et ,jayet4 ,cette ma*9e1 a9si que l'a reconnu l',acadmie des sci5ces1 en la jugeant digne du prix de mcanique de la fondation ,mon?yon1 excute trs-bi5 les quatre pr9cipales oprations de l'ari?mtique2 mais1 comme l'a dit ,m4 ,ma?ieu1 il e/ cra9dre que les comb9aisons mcaniques trs-+nieuses1 mais trs-dlicates1 sur lesquelles elle repose1 n'entran5t dans des frais de con/ruction trop levs p\r que l'ari?maurel devi5ne jamais bi5 usuel4 ,cep5dant cette ma*9e1 quoique la dlicatesse de ses organes et le prix norme qu'elle cot]ait1 si elle devait opr] avec un nombre de *iffres un peu considrable1 sembl5t la condamn] n'tre gure qu'un simple objet de curiosit1 n'en fait pas mo9s beauc\p d'honneur l'imag9ation et l'habilet mcanique de ,,mm4 ,maurel et ,jayet4 ,c'e/ une vritable gloire que l'ari?maurel aurait procure ses con/ructeurs1 s'il p\vait se faire que l'anne #ahbb ne ft pas antrieure l'anne #ahdi1 c'e/--dire que l'ari?momtre n'et pas prcd l'ari?maurel de plus de v+t-c9q ans4 ,n\s v\lons dire p> ce qui prcde que ,,mm4 ,maurel et ,jayet ont c]ta9em5t mis dans la con/ruction de leur ma*9e des comb9aisons trs-+nieuses et dont p]sonne ne songe leur conte/] la priorit2 mais ils ont donn p\r pr9cipal organe cette ma*9e de #ahdi le mme organe pr9cipal que ,m4 ,?omas de ,colm> avait donn son ari?momtre de #ahbb4 ,en d'autres t]mes1 la ma*9e de ,,mm4 ,maurel et ,jayet a t con/ruite sur le pr9cipe de celle de ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,le ,jury c5tral de l',exposition de #ahdi s'e/ exprim a9si p> l'organe de son rapporteur3 ,,mm4 ,maurel et ,jayet ont prs5t1 s\s le nom d'ari?maurel1 une ma*9e calcul]1 dans laquelle on retr\ve le pr9cipal organe de l'ari?momtre de ,m4 ,?omas1 savoir3 des cyl9dres cannels et des arbres p>allles sur lesquels gliss5t des pignons de/9s reprs5t] des nombres4 ,le ,comit des arts mcaniques de la ,socit d'enc\ragem5t p\r l'indu/rie nationale disait1 dans sa sance du #ab m>s #ahea1 dans un rapport la suite duquel une mdaille d'or fut dc]ne ,m4 ,?omas de ,colm>3 ,ces organes de la ma*9e de ,,mm4 ,maurel et ,jayet sont rellem5t les organes des ma*9es de ,m4 ,?omas1 leurs organes c>actri/iques4 ,dans la sance de l',acadmie des ,sci5ces du #aa dcembre #ahed1 une commission compose de ,,mm4 ,cau*y1 ,piob]t et ,ma?ieu1 l'exam5 de laquelle avait t r5voye la ma*9e p]fectionne1 ou plutt la n\velle ma*9e de ,m4 ,?omas de ,colm>1 reconnaissait galem5t dans des t]mes explicites que le pr9cipal organe de l'ari?maurel exi/ait ds #ahbb dans la ma*9e primitive de ,m4 ,?omas4 ,n\s disons dans la ,ma*9e primitive1 p>ce que ,m4 ,?omas1 ayant reconnu les inconvni5ts des cannelures1 les a remplaces1 dans sa n\velle ma*9e1 p> un sy/me de d5ture inf9im5t plus simple et plus d\x m\voir4 ,voici les t]mes dont se s]vit ,m4 ,ma?ieu1 rapporteur de la commission acadmique dont n\s v5ons de p>l]1 p\r rappel] les titres de priorit de ,m4 ,?omas3 ,m4 ,?omas1 en employant des cyl9dres cannels1 tait p>v5u ds #ahbb con/ruire une ma*9e simple avec laquelle on p\vait excut]1 sans ttonnem5t1 les oprations ord9aires de l'ari?mtique4 ,l'ide du cyl9dre cannel se retr\ve dans une ma*9e nomme ari?maurel1 con/ruite po/rieurem5t p> ,,mm4 ,maurel et ,jayet1 et p\r laquelle ils ont obt5u le prix de mcanique de la fondation ,mon?yon4 ,il n'e/ pas absolum5t impossible que l'ide des cyl9dres cannels et des arbres p>allles sur lesquels gliss5t les pignons de/9s reprs5t] les nombres1 se soit prs5te en #ahdi l'esprit de ,,mm4 ,maurel et ,jayet1 comme elle s'tait prs5te celui de ,m4 ,?omas de ,colm> plus de v+t-c9q ans aup>avant2 mais nos rgles de ju/ice1 dans les matires de ce g5re1 n'admett5t pas des r5contres semblables1 et attribu5t t\t l'honneur que peut valoir une ide sci5tifique ou indu/rielle celui qui l'a au!ntiquem5t mise le premi]4 ,la troisime ma*9e calcul] rem>quable qui a p>u depuis la publication des plans de celle de ,m4 ,?omas de ,colm>1 e/ celle qu'un savant con/ructeur russe1 ,m4 ,/affel1 prs5ta l',exposition univ]selle de ,londres4 ,cette ma*9e excute d'une manire =t satisfaisante les pr9cipales oprations de l'ari?mtique2 mais l'extrme dlicatesse de son mcanisme et son prix excessif1 si elle devait s]vir p\r des calculs *iffres nombreux1 ne p]mett5t pas de la reg>d] comme un in/rum5t susceptible d'entr] dans le comm]ce4 ,quant au pr9cipe de cette ma*9e1 il e/ effectivem5t le mme que celui de la ma*9e de ,m4 ,?omas de ,colm>1 quoiqu'il soit appliqu d'une manire diffr5te1 c'e/--dire quoique les cyl9dres soi5t v]ticaux1 au lieu d'tre horizontaux4 ,la ma*9e de ,m4 ,/affel se tr\ve donc vis--vis de celle de ,m4 ,?omas de ,colm> frappe1 comme l'ari?maurel1 du ca*et de la po/riorit1 p\r n\s s]vir d'un mot qui rs]ve t\s les droits de l'inv5teur de l'ari?momtre1 sans prcis] d'autre fait que le malheur qu'ont eu ,,mm4 ,/affel1 ,maurel et ,jayet d'avoir t devancs dans la dc\v]te du pr9cipe qui n\s a valu la solution du problme qu'avait /rilem5t *]* le gnie des sicles4 ,il n'a t prs5t notre ,exposition univ]selle que deux ma*9es calcul]3 l'ari?maurel et l'ari?momtre p]fectionn1 ou plutt le n\vel ari?momtre4 ,les deux ma*9es calcul de l',autri*e3 l'une1 expose p> ,m4 ,rettemba*]1 d',is*1 et l'autre1 p> ,m4 ,/a*1 de ,trie/e1 app>ti5n5t la catgorie des rgles c\lisses4 ,une revue sci5tifique de ,p>is avait annonc qu'une vritable ma*9e calcul] devait tre expose p> un ,sudois2 mais n\s croyons savoir que la commission sudoise n'a pas mme ent5du p>l] d'une ma*9e de ce g5re4 ,il a t c]ta9em5t con/ruit bi5 plus de ma*9es ari?mtiques que n\s n'en avons m5tionn4 ,*ez combi5 de savants1 en effet1 n'a pas d natre l'ambition de rs\dre un problme qui avait vritablem5t t pos devant le gnie de l'homme ds l'orig9e de la socit6 ,ds l'orig9e de la socit1 disons-n\s1 puisque1 *ez les peuples qui ne sont pas encore ns la civilisation1 n\s tr\vons un comm5cem5t de lutte contre ce problme1 c'e/--dire1 l'emploi1 p\r calcul] plus facilem5t1 de cordes noeuds1 de tablettes p]ces de petits tr\s1 dans lesquels on fait manoeuvr] des *evillettes2 d'espces de dami]s calculateurs2 de *apelets de coquillages ou de gra9es de fruits1 d'abaques plus ou mo9s lm5taires1 etc4 ,de t\tes les t5tatives infructueuses qui ont t faites p\r arriv] la dc\v]te d'une vritable ma*9e ari?mtique1 n\s n'avons pu connatre que celles qui tai5t reg>des comme heureuses p> leurs auteurs1 c> il n'e/ pas naturel que l'homme publie des insuccs qui con/at5t sa faiblesse2 et cep5dant combi5 e/ longue la li/e des *]*eurs connus de la rebelle ma*9e6 ,quelle tait donc1 au fond1 la gr&e difficult qu'il s'agissait de va9cre8--,francoeur va rpondre cette "q3 ,dans la sance de #bj fvri] #ahbb1 ce savant s'exprimait a9si devant la ,socit d'enc\ragem5t1 dans son rapport sur la ma*9e de ,m4 ,?omas3 ,le dfaut de t\tes les ma*9es ari?mtiques e/ de ne se prt] qu'a des calculs trs-simples4 ,ds qu'il s'agit de multipli]1 il faut conv]tir l'opration en une suite d'additions2 a9si1 p\r obt5ir #g fois #fdh1 on e/ oblig d'aj\t] d'abord #fdh lui-mme1 puis la somme #fdh1 celle-ci encore #fdh1 etc41 jusqu' ce que #fdh ait t pris #g fois4 quelles longueurs ne faut-il pas se s\mettre lorsque le multiplicateur a deux ou trois *iffres6 ,celle de ,m4 ,?omas donne de suite les rsultats du calcul4 ,la plus gr&e difficult va9cre donc1 difficult contre laquelle le gnie mme de ,pascal a *\1 c'tait de faire port] les ret5ues sur le *iffre gau*e4 ,dans la multiplication de #h p> #g1 on ne pose pas le produit #ef1 mais seulem5t le *iffre #f1 p>ce qu'on reporte les c9q diza9es sur le produit pro*a94 ,le mcanisme p> lequel ,m4 ,?omas opre ce passage e/ extrmem5t +nieux2 ce report se fait de lui-mme1 sans qu'on y songe4 ,p\r multipli] #fdh p> #g1 p> exemple1 l'oprateur tire le cordon sans s'emb>rass] s'il y a ou non des *iffres ret5ir1 sans mme savoir ce que c'e/1 et il lit de suite le produit #d1ecf4 ,la gloire de ,m4 ,?omas de ,colm> consi/e donc ess5tiellem5t dans la dc\v]te du pr9cipe ou1 si l'on veut1 du procd mcanique qui a p]mis de triomph] de la difficult qui avait arrt jusqu' lui t\s les *]*eurs d'une vritable ma*9e calcul]4 ,le pr9cipe1 le procd mcanique l'aide duquel se rs\t la gr&e difficult qu'il s'agissait de va9cre ayant t tr\v p> ,m4 ,?omas1 e/ modifiable comme t\tes les *oses matrielles4 ,il e/1 p> consqu5t1 facile de con/ruire des ma*9es ari?mtiques dont les organes diffr5t p> la =me1 p> le mode de fonctionnem5t1 de la ma*9e de ,m4 ,?omas4 ,ce qui ne s]ait pas facile1 ce s]ait de p\voir raisonnablem5t prt5dre que le pr9cipe fondam5tal de l'ari?momtre n'a pas t le po9t de d"p des ma*9es ari?mtiques con/ruites dans ces d]nires annes4 ,une p>eille prt5tion1 si elle tait mise1 p>atrait probablem5t t\t aussi s+ulire que celle du photographe qui1 ne se s]vant ni des plaques1 ni des sub/ances1 ni des objectifs employs p> ,dagu]re et ,niepce1 dni]ait ces deux noms une "p dans le mrite de ses oeuvres4 99 99 99 99 99 ,le triomphe obt5u p> ,m4 ,?omas de ,colm> sur les difficults que la sci5ce avait en d]ni] lieu dcl>es inv9cibles1 ne s]ait pas apprci comme il mrite de l'tre1 si on oubliait que ses devanci]s1 dans la re*]*e de la ma*9e calcul]1 n'avai5t pas cra9t de multipli] les organes de leurs ma*9es1 et qu'il s'tait int]dit1 lui1 l'emploi de t\t mcanisme compliqu4 ,avec un peu d'imag9ation et de pati5ce1 on peut1 p\r a9si dire1 t\t faire en mcanique1 qu& on ne se limite pas dans l'emploi des r\es1 des pignons1 des *appem5ts1 etc42 mais il faut autre *ose que de l'imag9ation et de la pati5ce p\r produire des effets d'une complication et d'une v>it inf9ies avec des moy5s simplifis jusqu' l'unit4 ,c'e/ cette simplicit absolue qui c>actrise m9emm5t l'ari?momtre et emp*e qu'on ne le confonde avec les conceptions qui ne vi5n5t pas en droite ligne du gnie4 ,dans son mmoire (ficiel sur l'ari?momtre1 un savant +nieur en *ef des ponts et *ausses1 ,m4 ,lemoyne1 a dit3 ,les premires locomotives ont excit une surprise qu'on a exprime en les appelant des *evaux de f]1 des ma*9es vivantes4 ,la ma*9e calcul doit excit] une surprise d'une autre sorte1 mais non mo9s gr&e1 c> c'e/ un app>eil qu'on p\rrait appel] ma*9e intellig5te444 ,np] apprciait bi5 l'inv5tion qui a immortalis son nom1 lorsqu'il intitulait son ouvrage3 ,mirifici log>i?morum canonis descriptio4 ,l'inv5tion de ,m4 ,?omas de ,colm> mrite t\t autant le titre de mirifique1 ou m]veilleuse1 en franais de notre poque4 ,il a fallu autant d'ef=ts de gnie et de p]svrance p\r concevoir et p]fectionn] dans ses nombreux dtails le mcanisme de l'ari?momtre1 que de gnie p\r concevoir les proprits des deux progressions p> diffr5ces et p> puissances qui =m5t les log>i?mes et de p]svrance p\r calcul] la premire table de log>i?mes publie p> ,np]444 ,on apprcie d'autant plus le mrite de ,m4 ,?omas1 que l'on voit combi5 d'esprits m95ts ont t5t sans succs de rs\dre avant lui le problme qu'il a glorieusem5t rsolu4 ,ayant1 p> l'expos des faits qui prcd5t1 donn une ide suffisante de l't5due des difficults qu'il a fallu va9cre p\r arriv] la dc\v]te de l'ari?momtre1 n\s allons1 non pas numr]1 mais *]*] concevoir quels s]vices ce m]veilleux in/rum5t e/ appel r5dre4 ,p\r atte9dre ce d]ni] b1 il n\s suffira c]ta9em5t de cit] quelques-uns des rsultats m5tionns dans le rapport fait le #ab m>s #ahea la ,socit d'enc\ragem5t de l'indu/rie4 ,soit1 p> exemple1 multipli] le nombre #b1gdi p> #c1ieg4 ,en mo9s de #ah secondes1 l'ari?momtre donne le produit #aj1hgg1gic4 #ag secondes suffis5t p\r tr\v] #a1aaa1aaa1jhh1hhh1hhi1 produit de #ii1iii1iii p> #aa1aaa1aaa4 ,qu'il s'agisse de s\/raire #fi1hci1ihi de #ge1fci1dfh3 un t\r de manivelle qui ne dure pas une demi-seconde fait app>atre dans les luc>nes le nombre #e1gii1dgi1 excs du premi] nombre sur le second4 ,voici une norme division3 ,divid5de3 #i1ahb1gcf1def1dhc1jbb2 diviseur3 #fi1hhi1ihi4 ,en #ge secondes1 l'ari?momtre donne p\r quoti5t #aca1dhb1eja1 et p\r re/e #cb1iej1ecc4 ,la rduction d'une fraction ord9aire en fraction dcimale se fait in/antanm5t1 et on obti5t autant de *iffres dcimaux qu'on en dsire4 ,la somme ou la diffr5ce d'une suite de produits simples1 telle que ,a ,b ,c ,d ,e ,f etc41 s'obti5t aussi trs-rapidem5t avec l'ari?momtre4 ,mme facilit et mme rapidit p\r l'extraction des rac9es c>res et des rac9es cubiques1 p\r l'obt5tion du quatrime t]me d'une proportion2 p\r le calcul1 d'aprs la proprit du c>r de l'hypo?nuse1 du troisime ct d'un triangle rectangle dont deux cts sont donns2 p\r la rsolution gnrale des triangles1 avec le conc\rs des tables des lignes trigonomtriques naturelles4 ,avec l'ari?momtre1 on peut galem5t calcul] de la mme manire les =mules1 telles que s9 a cos b s9 b cos a et cos a cos b s9 a s9 b s9 a f cos a tang4 a f et celles --------------- ,q et ------------- ,q1 cos b f s9 b #a f tang4 a et autres expressions de =me analogue1 qui se prs5t5t dans les applications mcaniques4 ,mais c'e/ surt\t dans l'obt5tion de la plup>t des tables numriques et de t\s les b>mes que l'on tr\ve dans le comm]ce de la librairie que l'ari?momtre de ,m4 ,?omas et pu r5dre de prcieux s]vices4 ,p> exemple1 la table de multiplication dresse p> ordre du m9i/re de la m>9e et des colonies1 imprime p> ,didot jeune1 en l'an ,,viii1 aurait t dicte avec cette ma*9e inf9im5t plus vite qu'on et pu l'crire1 puisque *aque t\r de manivelle en et f\rni un des nombres4 ,il en s]ait de mme de t\s les t>ifs que l'on aurait calcul] ou vrifi]4 ,la table des c>rs des nombres #a1 #b1 #c1 #d1 #e1 etc41 et pu aussi tre dicte avec une vitesse extrme1 puisqu'en mo9s de trois m9utes ,m4 ,b5ot1 l'un des savants fondateurs de l'cole c5trale des arts et des manufactures1 a fait crire dans les luc>nes de la ma*9e les c9quante c>rs #bdjbhajja1 #bdjcabjjd1 #bdjcdcjji1 #bdjcgdjaf1 etc41 #bdahjcejj1 des nombres #aeeja1 #aeejb1 #aeejc1 #aeejd1 etc41 #aeeej4 ,la table des cubes aurait pu tre dicte avec la mme facilit4 ,l'ari?momtre n'e/ pas seulem5t applicable c]ta9es int]polations numriques1 il l'e/ encore la solution de beauc\p de problmes p> des ttonnem5ts ou essais successifs qui conduis5t assez rapidem5t un rsultat aussi appro* qu'on le dsire4 ,l'extraction des rac9es #d;e1 #e;e1 #f;e1 etc41 d'un nombre donn e/ dans ce cas4 ,m4 ,b5ot l'a appliqu au calcul de la =mule d',arago et ,dulong1 p #a1jcc 7#j1bhdg #j1jjgaee t7#e1 donnant la pression p de vapeur sur une surface de #a c5timtre c>r1 en fonction de sa temprature t4 ,p\r t #abh1h1 il l'a conduit1 en c9q m9utes1 p #b kil4 #fchbbfgcde1 et p\r t #bfe1hi p #ea kil4 #fijdgbdcf4 ,au lieu de ces valeurs exactes1 on lit respectivem5t dans les tables ord9aires1 les nombres #b kil4 #ehb et #ea kil4 #fej qui en diffr5t s5siblem5t4 ,l'ari?momtre cote #cjj fr41 a dit1 dans les ,annales des ponts et *ausses1 le savant +nieur en *ef dont n\s avons dj p>l1 ,m4 ,lemoyne2 c'e/ tr5te fois plus que ne cote une table des log>i?mes4 ,cette proportion considrable e/ cep5dant dpasse de beauc\p1 si on value l'utilit pratique des deux *oses4 ,j'ai ma disposition des tables de log>i?mes et un ari?momtre4 ,c'e/ t\t au plus si trois ou quatre fois p> an je me s]s des tables1 t&is que c'e/ trois ou quatre fois p> sema9e que j'emploie l'ari?momtre4 ,le rapport d'utilit s]ait1 d'aprs cette expri5ce p]sonnelle1 d'environ #a #ej4 ,le mme savant1 refusant de mettre en d\te l'av5ir rs]v la gr&e dc\v]te de ,m4 ,?omas de ,colm>1 s'exprime ce sujet dans les t]mes que voici3 ,il y a des milli]s d'ignorants p\r qui la ma*9e calcul vaut mieux que les log>i?mes de/9s aux savants4 ,on ne peut donc pas d\t]1 mme en rduisant beauc\p1 que la popul>it de l'ari?momtre1 s'il tait connu1 s]ait dix fois celle des tables4 ,or1 il y a bi5 actuellem5t en ,france #ajj1jjj exemplaires des tables de log>i?mes4 ,il p\rrait donc y avoir ce compte un million d'ari?momtres4 ,ce nombre1 si colossal qu'il soit1 n'a ri5 d'extraord9aire1 lorsque l'on exam9e l'tonnante propagation des montres et horloges2 c'e/ peu prs #aj millions qui sont actuellem5t en s]vice en ,france1 et si l'on remonte quatre sicles1 une horloge tait un app>eil *] et r>e1 qu'on ne ne voyait que dans les palais des s\v]a9s4 ,quittons ces nombres1 rels p\r l'av5ir1 mais fanta/iques p\r le prs5t2 disons que si l'ari?momtre p\vait p>v5ir seulem5t se rp&re #aj1jjj exemplaires1 on p\rrait le con/ruire p\r mo9s de #ajj fr4 au lieu de #cjj qu'il cote actuellem5t4 ,rciproquem5t1 ds qu'on p\rrait le livr] au prix de #ajj fr41 on aurait bi5tt des comm&es p\r en excut] au mo9s #aj1jjj4 ,de la r>et actuelle de l'ari?momtre1 n\s ne concluons ri5 de dfavorable sa propagation future4 ,on tr\v]a peut-tre que ma comp>aison de l'ari?momtre aux horloges manque d'exactitude1 p>ce que le beso9 d'une ma*9e montr] l'heure e/ d'un autre ordre que celui d'une ma*9e calcul]4 ,je crois que celui qui aurait p>l d'horloges avant leur gr&e vulg>isation1 se s]ait fait dire que l'on s'en passait =t bi51 que c'tait un petit beso92 enf9 que1 comme cette mcanique devait cot] *]1 elle ne se rp&rait pas4 ,nos p]fectionnem5ts de sociabilit ne t5d5t-ils pas1 d'ailleurs1 sans p\r cela nuire l'idal et au potique de l'exi/5ce1 introduire de plus en plus le calcul prcis dans les habitudes de t\s4 ,peut-tre qu'avant un sicle *acun ti5dra des livres de comptabilit4 ,les exemples et les tmoignages que n\s v5ons de cit] n\s disp5s5t videmm5t d'numr] les s]vices que l'ari?momtre e/ appel r5dre au monde comm]cial1 indu/riel et f9anci]1 aux gr&es adm9i/rations1 etc4 ,qui peut plus peut mo9s2 si l'ari?momtre excute avec une infaillibilit absolue les calculs les plus compliqus de la sci5ce1 plus =te raison excute-t-il t\tes les oprations ari?mtiques usites dans le comm]ce1 la banque1 etc4 ,l'ari?momtre considr comme difficult va9cue n'humilie po9t la sci5ce1 c> ,m4 ,?omas de ,colm> e/ un savant d'un ordre lev et s'e/ s]vi de la sci5ce p\r rs\dre le gr& problme qui jusqu'ici avait rsi/ aux re*]*es de la sci5ce2 mais l'ari?momtre e/ l'oeuvre d'un homme qui n'app>ti5t pas la sci5ce con/itue en corps1 la sci5ce (ficielle1 et1 p> cette raison1 la sci5ce (ficielle n'e/ pas directem5t intresse us] de t\t son crdit et de t\s ses moy5s p\r mettre en relief la valeur sci5tifique de la dc\v]te de ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,l'ari?momtre1 considr au po9t de vue de l'utilit pratique1 se tr\ve en prs5ce de deux in]ties1 de deux rsi/ances va9cre4 ,ces deux in]ties1 ces deux rsi/ances sont3 l'incrdulit d'abord1 la r\t9e ensuite4 ,les nombreuses ma*9es qui peupl5t nos ateli]s et nos manufactures sont1 la vrit1 animes2 elles ont des bras1 des ma9s1 des doigts1 l'aide desquels elles excut5t des travaux plus ou mo9s compliqus2 mais ces travaux ne sont que le rsultat de l'intellig5ce directe2 ils sont suivis1 prvus2 ils ont eu le mme po9t de d"p1 ils suiv5t con/amm5t la mme voie1 ils arriv5t t\j\rs au mme b4 ,les ma*9es exi/antes1 v\lons-n\s dire1 ne font qu'excut] le travail qui leur a t trac2 elles ont des membres qui obiss5t docilem5t aux ordres prcis que l'homme leur a donns2 mais elles ne font que cela1 elles ne raisonn5t pas1 elles n'ont pas de c]veau qui leur soit propre1 en un mot4 ,l'ari?momtre1 lui1 semble avoir reu plus que des membres1 plus que des organes dociles une inspiration extrieure2 l'ari?momtre e/1 si n\s p\vons n\s exprim] a9si1 comme d\ d'une vritable intellig5ce1 c> ses oprations sont de l'ordre de celles qu'on appelle rfl*ies4 ,on n\s p>donn]a l'exagration des t]mes dont n\s n\s s]vons1 si l'on veut bi5 rem>qu] qu'il s'agit ici d'une ma*9e d'un ordre t\t n\veau1 c'e/--dire d'une ma*9e qui1 au lieu de reproduire t\t simplem5t les oprations de l'intellig5ce de l'homme1 p>gne cette intellig5ce le so9 de faire ces oprations2 d'une ma*9e qui1 au lieu de rpt] des rponses qui lui ont t dictes2 dicte1 au contraire1 elle-mme1 in/antanm5t1 l'homme qui l'int]roge1 les rponses qu'il doit se faire4 ,la dc\v]te d'une simple ma*9e1 d'une ma*9e intellig5te1 comme ,m4 ,lemoyne qualifie l'ari?momtre1 e/ un vnem5t d'une nature trop exceptionnelle1 p\r que le public puisse aj\t] foi de prime abord la ralit des m]veilleux rsultats produits p> le petit c(fret de ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,cette incrdulit s]a cep5dant plutt va9cue que la r\t9e1 p>ce que celle-ci s]a ncessairem5t =tifie dans son in]tie et son indiffr5ce p> les intrts que l'emploi de l'ari?momtre devra froiss]4 ,t\tes les amliorations1 en effet1 t\s les progrs ne se ralis5t malheureusem5t qu' ce prix3 bless] quelques hommes dans leurs intrts4 ,l'ari?momtre caus]a sans d\te normm5t mo9s de prjudice aux p]sonnes qui1 dans le comm]ce1 dans la banque1 dans les adm9i/rations publiques1 ont p\r occupation spciale le travail des *iffres1 que n'en causr5t l'inv5tion de l'imprim]ie aux criva9s copi/es1 l'inv5tion du mti] bas aux tricoteuses1 l'inv5tion des mull-j5ny aux fileuses1 etc42 cep5dant il e/ vid5t que la rapidit et l'infaillibilit avec lesquelles l'ari?momtre p]met *acun de faire les calculs les plus longs et les plus difficiles1 amo9driront s5siblem5t l'importance des calculateurs de pr(ession4 ,n\s avons dit1 v]s le comm5cem5t de ce travail1 que ,m4 ,?omas de ,colm> avait compris ds #ahbb1 aussitt qu'il eut inv5t l'ari?momtre1 que sa dc\v]te tait de la nature de celles qui ne laiss5t gure espr] leurs auteurs qu'une gloire po/hume1 si ces auteurs ne dispos5t pas de moy5s qui leur p]mett5t de mettre ces dc\v]tes en relief et de les popul>is]4 ,de longues annes de travail ont mis ces moy5s dans les ma9s de ,m4 ,?omas de ,colm>1 en mme temps qu'elles lui ont p]mis de donn] son ari?momtre primitif des p]fectionnem5ts tels qu'il semble auj\rd'hui impossible soit d'en ri5 retran*]1 soit d'y aj\t] quelque *ose4 ,l'exemplaire qu'il a mis l',exposition univ]selle de l'indu/rie1 p]mettant de calcul] avec #cb *iffres la fois p\r additionn]1 s\/raire1 multipli]1 divis]1 etc41 et p\vant opr] avec une vitesse telle que plusieurs criva9s se p>tageant les *iffres ne p\rrai5t le suivre1 donne une sorte de v]tige la raison qu& on le voit fonctionn]4 ,p\r la gloire atta*e aux ma*9es de t\tes les sortes1 des noms plus ou mo9s nombreux se prs5t5t et en rev5diqu5t des p>ts plus ou mo9s considrables4 ,l'un a inv5t le pr9cipe1 un autre en a fait la premire application1 un troisime a introduit tel ou tel p]fectionnem5t1 etc4 ,il en e/ a9si p\r la ma*9e vapeur1 a9si p\r les ma*9es de filature et de tissage1 a9si p\r la locomotive et le bateau vapeur1 a9si p\r les presses d'imprim]ie1 a9si p\r t\s les outils de travail3 ma*9es p\r p]c]1 p\r als]1 p\r rabot] les mtaux1 etc42 a9si p\r les ma*9es agricoles1 a9si p\r la tlgraphie prive1 a9si p\r l'lectro-*imie1 l'lectro-pla/ie1 etc4 ,m4 ,?omas de ,colm> n'a p>tag] avec p]sonne la gloire d'avoir conu et excut l'ari?momtre4 ,p>mi les crations dont le gnie de l'homme s'enorgueillit le plus1 n'en e/-il pas quelques-unes1 n'en e/-il pas plusieurs dont le pr9cipe a t tr\v sans tre *]*1 et dont1 p> consqu5t1 le has>d a t l'auteur bi5 plus que le gnie de l'homme8 ,les anci5s savai5t que la vapeur e/ une =ce4 ,e/-ce qu'ils s'avisr5t jamais de re*]*] quel homme avait le premi] rem>qu que l'eau1 l'tat d'bullition1 *asse violemm5t l'ob/acle qui f]me le vase dans lequel elle e/ cont5ue ou fait clat] ce vase lui-mme8 ,non1 sans d\te1 p>ce que cette dc\v]te de la puissance de la vapeur dut tre faite presque aussitt que l'homme se s]vit d'un vase p\r faire b\illir un liquide4 ,ces mmes anci5s reg>dr5t-ils comme une conception v5ant du gnie l'olipyle de ,hron8 ,non1 p>ce que le has>d1 c'e/--dire la vue d'un vase rempli d'eau b\illante s'*appant en p>tie p> une f5te exi/ant sur le ct de ce vase et le faisant t\rn] sur la *ane qui le t5ait susp5du1 avait suggr ,hron l'ide de son olipyle4 ,des obs]vations analogues et t\t aussi inconte/ablem5t ju/es p\rrai5t tre faites sur l'lectricit4 ,il e/ hors de d\te1 en effet1 que ni l'lectricit p> pression1 ni l'lectricit p> frottem5t1 ni l'lectricit p> la *aleur1 ni l'lectricit p> contact n'ont t *]*es2 c> on ne *]*e videmm5t pas une *ose dont on n'a pas l'ide4 ,il suffit1 d'ailleurs1 de savoir comm5t se produis5t ces div]ses lectricits1 p\r tre =c de reconnatre que les phnomnes lectriques ont d se prs5t] l'att5tion de l'homme1 p\r a9si dire1 ds l'orig9e de la socit4 ,le mrite des mod]nes1 en ce qui conc]ne ces phnomnes1 c'e/ de les avoir pris au srieux et d'avoir *]* les t5dre et en faire des applications utiles1 au lieu de les rang]1 comme avai5t fait les anci5s1 au nombre des faits curieux1 la vrit1 mais n'ayant ni porte sci5tifique1 ni valeur utilisable4 ,en p>lant comme n\s allons le faire1 n\s irons peut-tre n\s *oqu] contre des op9ions contraires notre manire de reconnatre les signes p> lesquels se manife/5t les oeuvres du gnie2 mais ce n'e/ pas notre faute si de trop gr&es complaisances ont tellem5t p]v]ti notre langue1 qu'elle semble avoir beso9 d'un n\veau t5ue p\r exprim] ce qu'on ent5dait autrefois p> le mot gnie4 ,le gnie e/ t\t autre *ose que la raison rfl*ie1 que l'imag9ation1 que l'esprit d'obs]vation1 que le tal5t1 que la sci5ce acquise4 ,le gnie se s]t1 selon les circon/ances1 de ces facults et de ces =ces2 mais il s'en s]t comme d'autant d'in/rum5ts auxiliaires1 et ri5 de plus1 tant il e/ vrai de dire qu'il les dom9e et leur e/ suprieur p> sa nature4 quels signes donc di/+u] les oeuvres qui app>ti5n5t au gnie de celles qui ne lui app>ti5n5t pas8 ,la rponse la plus ju/e que l'on puisse1 selon n\s1 faire cette "q1 c'e/ de dire3 ,le gnie ne rev5dique comme si5nes que les oeuvres que lui seul peut faire2 ne sont1 p> consqu5t1 pas des oeuvres de gnie celles qui peuv5t tre faites p> la raison1 p> l'imag9ation et p> la sci5ce1 agissant isolm5t ou se prtant un mutuel appui4 ,sans d\te la raison1 l'imag9ation et la sci5ce arriv5t quelquefois faire des oeuvres telles que l'on e/ t5t de se dem&] s'il faut les leur attribu] ou en faire honneur au gnie2 mais ces oeuvres mixtes1 si n\s p\vons appel] a9si celles sur lesquelles le gnie a laiss tomb] quelques-uns de ses rayons1 =m5t prcism5t la ligne de sp>ation qui n\s facilite la comp>aison des travaux de la raison1 de l'imag9ation et de la sci5ce avec les crations du gnie4 ,comme la puissance my/rieuse d'o naiss5t les clairs et la f\dre1 le gnie a ses mom5ts de calme et de repos2 mais1 de mme que le m]veilleux fluide n'ab&onne jamais l'atmosphre1 de mme aussi le gnie ne cesse jamais1 soit s\s une =me1 soit s\s l'autre1 de manife/] sa prs5ce *ez celui qui le ciel l'a donn4 ,n\s *]*ons la diffr5ce qui exi/e entre les inspirations de l'homme de gnie et celles des intellig5ces ord9aires4 ,eh bi51 n\s v5ons d'indiqu] implicitem5t cette diffr5ce1 en disant que le gnie n'ab&onne pas plus celui qui l'a reu que l'lectricit n'ab&onne l'atmosphre4 ,les inspirations1 p>fois heureuses1 des intellig5ces ord9aires1 sont passagres1 fugitives1 puis5t leur s\rce en naissant2 celles de l'homme de gnie1 au contraire1 se succd5t et se multipli5t au gr de celui qui les dirige1 p>ce que le rs]voir d'o elles sort5t e/ 9puisable4 ,la dure1 la succession1 la v>it dans la =ce des inspirations1 voil1 disons-n\s1 ce qui di/+ue le gnie de ce qu'on appelle les clairs de gnie4 ,c'e/ p>ce que le gnie possde seul une =ce de cette nature qu'il peut seul produire des oeuvres qui soi5t la fois dignes d'excit] l'admiration et propres la cons]v]4 ,mais les hommes d\s de gnie ne possd5t pas un gal degr cette r>e facult4 ,il y a des gnies d'un ordre plus ou mo9s lev1 des gnies qui sont plus ou mo9s puissants4 ,comm5t les class]8 ,comm5t les class]6 ,voyez leurs oeuvres2 *]*ez savoir combi5 d'hommes se sont ef=cs d'en faire de semblables1 sans p\voir y russir2 tudiez la valeur intellectuelle de ces *]*eurs ou de ces imitateurs malheureux1 et v\s aurez la mesure du gnie de l'homme qui v\s v\lez assign] le rang qui lui e/ d4 ,v\lez-v\s1 p> exemple1 avoir la mesure du gnie d',homre8 ,mettez en prs5ce de l',iliade1 l'nide de ,virgile1 la ,ph>sale de ,luca91 la ,jrusalem dlivre du ,tasse1 le ,p>adis p]du de ,milton1 la ,lusiade de ,camons1 la ,messiade de ,klop/ock1 la ,h5riade de ,voltaire1 et t\s les dc\ragem5ts dont se sont s5tis frapps devant le *ef-d'oeuvre du *antre d',ilion des milli]s de potes dont le pome pique fut t\j\rs la suprme ambition2 faites cette comp>aison1 disons-n\s1 et v\s saurez ce que vaut le gnie d',homre4 ,si n\s v\lons de mme savoir de quelle sorte de gnie il a fallu tre d\1 et quelle somme de gnie il a fallu dp5s] p\r crer l'ari?momtre1 n\s n'avons qu' faire une comp>aison analogue celle qui prcde1 c'e/--dire1 pass] la revue de t\s les gr&s hommes qui ont va9em5t t5t de rs\dre le problme dont la solution a t si magnifiquem5t tr\ve p> ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,lorsque1 dans cette revue de *]*eurs malheureux1 vi5n5t se prs5t] des noms tels que ceux de ,?als1 de ,py?agore1 d',ar*imde1 de ,g]b]t1 d',alb]t le ,gr&1 de ,rog] ,bacon1 de ,blaise ,pascal1 de ,pol5i1 de ,leupold1 de ,leibnitz1 de ,clairaut1 etc41 on n'ose plus dire1 de peur de p>atre flatteur1 quelle place mrite l'auteur de l'ari?momtre p>mi les intellig5ces d'un ordre suprieur1 surt\t qu& on songe que les rcomp5ses qu'il a reues dans son pays sembl5t le class] p>mi les inv5teurs d'un ordre ord9aire4 ,voici1 en effet1 quelles ont t jusqu' prs5t les rcomp5ses qu'a values ,m4 ,?omas de ,colm> la m]veilleuse cration sur laquelle n\s n'avons plus ri5 dire4 ,en #ahbb1 la ,socit d'enc\ragem5t p\r l'indu/rie nationale appr\va sa ma*9e calcul]1 et accompagna son approbation des complim5ts les plus expressifs4 l',exposition de l'indu/rie nationale de #ahdi1 l'ari?momtre valut son auteur une mdaille d'arg5t4 ,en #ahea1 l'ari?momtre fut rcomp5s d'une mdaille d'or p> la ,socit d'enc\ragem5t p\r l'indu/rie nationale4 ,en #ahea encore1 l',exposition univ]selle de ,londres1 le jury franais fit dc]n] une mdaille de prix ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,en avril #aheb1 le prsid5t de la rpublique1 auj\rd'hui emp]eur des ,franais1 lui fit prs5t d'une magnifique tabatire en or1 orne de son *iffre4 ,en #ahed1 l',acadmie des ,sci5ces a donn sa haute approbation l'ari?momtre1 et l'a admis p\r le conc\rs de mcanique de #ahee4 ,en #ahed encore1 le directeur de l',obs]vatoire a (ficiellem5t adress des flicitations ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,voil t\t ce qu'a valu1 en ,france1 l'ari?momtre son auteur4 99 99 99 99 99 ,la croix d'honneur dont e/ dcor ,m4 ,?omas ne lui vi5t po9t1 en effet1 de son ari?momtre1 qui n'avait pas encore t inv5t lorsqu'elle lui fut dc]ne1 mais de ses s]vices comme employ suprieur de l'adm9i/ration des armes s\s l'empire4 ,des rcomp5ses telles que celles dont n\s avons fait l'numration sont trs-honorables p> elles-mmes1 sans d\te2 mais1 qu'on n\s p]mette cette expression1 elles ont t prjudiciables ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,qu'e/-ce1 au fond1 qu'une rcomp5se donne un inv5teur p> l',acadmie des sci5ces1 p> la ,socit d'enc\ragem5t1 p> un jury d'exposition1 p> le *ef de l'tat8 ,e/-ce que le public ne reg>de pas les rcomp5ses v5ues de ces s\rces comme tant la mesure approximative de l'importance des dc\v]tes auxquelles ces rcomp5ses s'appliqu5t8 ,il e/ donc vrai de dire qu'aux yeux du public l'ari?momtre ne peut auj\rd'hui valoir que ce que val5t les rcomp5ses accordes l'inv5teur de cette ma*9e4 ,or1 que val5t ces rcomp5ses1 ou plutt quelle ide donn5t-elles de l'inv5tion de ,m4 ,?omas8 ,l'ide naturelle1 logique1 qu'elles en donn5t1 c'e/ que l'ari?momtre a t\t simplem5t une valeur analogue celle des inv5tions et des oeuvres dont les auteurs sont rcomp5ss comme l'a t ,m4 ,?omas de ,colm>4 ,il suffit de savoir combi5 sont nombreux les travaux dont les auteurs ont t rcomp5ss comme l'a t ,m4 ,?omas de ,colm>1 p\r p\voir compr5dre que n\s avons eu raison de dire que les rcomp5ses reues p> l'inv5teur de l'ari?momtre lui sont vritablem5t prjudiciables4 ,insi/] sur ce po9t s]ait inutile4 ,il e/ de t\te vid5ce1 en effet1 que des rcomp5ses d'un ordre commun1 lorsqu'elles sont dc]nes des travaux d'un ordre lev1 dprci5t ces travaux1 les font desc5dre un niveau qui n'e/ pas le leur1 leur assign5t dans l'op9ion publique un rang infrieur celui qui leur e/ d4 ,ici se prs5te une "q dlicate3 ,p\rquoi l'ari?momtre1 passant devant quatre jurys (ficiels3 ,exposition de l'indu/rie de #ahdi1 ,socit d'enc\ragem5t p\r l'indu/rie nationale en #ahea1 ,exposition univ]selle de ,londres1 ,acadmie des sci5ces en #ahed1 n'a-t-il obt5u la plus haute rcomp5se dont disposai5t ces jurys qu' la ,socit d'enc\ragem5t8 ,ne p\vant rpondre catgoriquem5t cette "q1 sans abord] un ordre de faits qu'il n\s convi5t de laiss] l'c>t1 n\s n\s cont5t]ons de dire que ,m4 ,?omas ne doit1 en gr&e p>tie1 attribu] qu' lui-mme les erreurs de jugem5t qui l'ont priv1 jusqu'ici1 de j\ir de la gloire laquelle lui donne de si lgitimes droits la cration de son admirable ma*9e4 ,aprs avoir travaill prs de tr5te ans p]fectionn] l'intellig5ce1 si n\s p\vons p>l] a9si1 de cette fille de son gnie1 ,m4 ,?omas crut t\t navem5t qu'il suffisait que l'ari?momtre fonctionnt quelques m9utes devant une commission1 devant le rapporteur d'une commission1 p\r que la valeur sci5tifique de cet in/rum5t pt tre apprcie p> cette commission1 p> ce rapporteur4 ,m4 ,?omas de ,colm>1 en prs5tant son ari?momtre l',exposition de l'indu/rie de #ahdi1 oublia que1 p\r tre compris et apprci1 cet in/rum5t avait beso9 d'tre expliqu2 il oublia surt\t de faire ent5dre la commission d'exam51 ou plutt au rapporteur de cette commission1 que l'ari?momtre e/ encore plus un pr9cipe qu'il n'e/ une ma*9e1 c'e/--dire que la dc\v]te du pr9cipe de l'in/rum5t reprs5te seule la gr&e difficult va9cue1 et que la ma*9e elle-mme ne reprs5te que le ct secondaire de l'ari?momtre4 l',exposition univ]selle de ,londres1 les membres du jury franais qui dem&r5t au jury int]national une rcomp5se p\r l'auteur de l'ari?momtre tai5t les mmes qui lui avai5t fait dc]n] une mdaille d'arg5t l',exposition franaise de #ahdi4 ,ils ne p\vai5t naturellem5t pas sollicit] p\r ,m4 ,?omas de ,colm> une rcomp5se plus leve que celle qu'ils lui avai5t accorde eux-mmes4 ,m4 ,?omas ne reut donc du jury int]national qu'une mdaille de prix4 ,prs5t en #ahed l',acadmie des sci5ces1 l'ari?momtre fut r5voy l'exam5 d'une commission qui *oisit p\r rapporteur l'auteur du rapport de l',exposition de l'indu/rie de #ahdi1 auteur galem5t du rapport la suite duquel l'ari?maurel avait obt5u le prix de mcanique de la fondation ,montyon4 ,l'auteur de t\s ces rapports se tr\vait vis--vis de lui-mme et vis--vis de l',acadmie dans une position qui n'tait pas exempte d'emb>ras4 ,sur son rapport1 l',acadmie avait1 quelque temps aup>avant1 accord le prix de mcanique une ma*9e dont l'organe pr9cipal tait le mme que celui de l'ari?momtre1 inv5t1 publi depuis de longues annes4 ,s'il ne s'tait agi que de son propre jugem5t1 l'honorable ,m4 ,ma?ieu aurait c]ta9em5t proclam les droits de priorit de ,m4 ,?omas d'une manire plus claire et plus expressive2 mais il s'agissait aussi d'un jugem5t de l',acadmie1 et le savant rapporteur ne crut pas p\voir1 en p>lant de l'ari?momtre1 all] au del des expressions qui suiv5t3 ,l'ide du cyl9dre cannel se retr\ve dans cette ma*9e nomme ari?maurel1 con/ruite ,,po/,,rieurem5t p> ,,mm4 ,maurel et ,jayet1 et p\r laquelle ils ont obt5u le prix de mcanique de la fondation ,montyon4 ,po/rieurem5t6 ,si ce mot1 dont ,m4 ,ma?ieu et ses savants collgues ont bi5 connu la porte1 n'tait pas aux yeux de ,m4 ,?omas un hommage assez explicitem5t r5du ses droits de priorit1 ,m4 ,?omas s]ait1 en vrit1 trop exigeant4 ,la priorit du pr9cipe1 l'antriorit dans l'inv5tion de l'organe pr9cipal1 voil la gloire de ,m4 ,?omas de ,colm>2 il s]ait puril de sa "p de v\loir disput] aux mcanici5s et aux indu/riels qui il convi5dra de con/ruire des ma*9es ari?mtiques d'aprs son pr9cipe1 leurs succs dans les modifications qu'ils p\rront faire aux organes fondam5taux de l'ari?momtre4 ,a9si que l'a dit lui-mme ,m4 ,?omas1 le pr9cipe des ret5ues et l'organe fondam5tal tant tr\vs1 la ma*9e calcul] peut tre con/ruite de v+t1 de c5t manires p> le premi] mcanici5 v5u4 ,le premi] mcanici5 v5u p\rra t\t aussi facilem5t faire crire p> l'ari?momtre t\s les *iffres1 t\s les calculs qu'il faut auj\rd'hui copi] sur la tablette de l'in/rum5t4 ,l'ari?momtre1 peu prs inconnu en ,france1 et n'y ayant valu son auteur que des rcomp5ses d'un ordre ord9aire1 a dj obt5u au dehors des succs qui ne surpr5n5t nullem5t ceux qui connaiss5t l'admirable in/rum5t1 mais qui tonn]ont gr&em5t1 n\s en sommes srs1 les lecteurs de cet crit4 ,au mois de dcembre #ahea1 ,s4 ,a4 le bey de ,tunis envoya ,m4 ,?omas de ,colm> son ,ni*an en diamants de deuxime classe1 qui correspond au grade de comm&eur4 ,en mai #aheb1 ,s4 ,m4 le roi des ,deux-,siciles le nomma *evali] de son ordre de ,franois ,i]4 ,en aot #aheb1 ,s4 ,m4 le roi des ,pays-,bas lui envoya le brevet de *evali] de la ,c\ronne de ,*ne4 ,en dcembre #aheb1 ,s4 ,a4 ,r4 le duc de ,nassau lui fit remettre une bague en diamants avec le *iffre du pr9ce4 ,en mai #ahec1 ,s4 ,s4 le pape ,pie ,,ix l'leva au grade de comm&eur de son ordre de ,sa9t-,grgoire le ,gr&4 ,en dcembre #ahec1 il fut anobli p]ptuit de mle en mle1 p> lettres-pat5tes de ,s4 ,a4 ,i4 le gr&-duc de ,toscane4 ,en juillet #ahed1 ,s4 ,m4 le roi de ,s>daigne le nomma *evali] de son ordre royal des ,,ss4 ,maurice et ,laz>e4 ,cette li/e et les dates de ces di/9ctions dis5t quel empressem5t l'trang] a mis donn] au crateur de l'ari?momtre de glorieuses comp5sations de l'oubli de ses concitoy5s2 mais il ne faut pas croire que l'ari?momtre n'ait t apprci que dans les pays dont les s\v]a9s ont honor ,m4 ,?omas des di/9ctions que n\s v5ons d'indiqu]4 ,les *aleureuses flicitations qui lui arrivai5t de t\tes les p>ties de l',allemagne et du ,nord1 avant les graves vnem5ts qui sont v5us en #ahed tr\bl] le repos de l',europe1 n\s autoris5t suppos]1 dire que ,m4 ,?omas de ,colm> f]ait auj\rd'hui p>tie de presque t\tes les *eval]ies de l',europe1 si la m>*e de ces vnem5ts n'tait pas v5ue dt\rn] l'att5tion des s\v]a9s des *oses qui app>ti5n5t aux arts de la paix4 ,m4 ,?omas de ,colm> sait quoi l'oblig5t les hautes rcomp5ses que n\s avons numres ci-dessus1 et celles qui l'att5d5t1 aussitt que la pacification de l',europe s]a accomplie4 ,les ateli]s o se con/ruis5t ses ari?momtres n'ont gure travaill jusqu' ce j\r que p\r les gr&es acadmies d',europe et les gr&es maisons de banque de ,p>is ou de quelques autres capitales4 ,ils travaill]ont dsormais p\r les facults1 p\r les collges1 p\r les sm9aires1 p\r les coles1 p\r les comm]ants1 p\r les indu/riels1 p\r les +nieurs de t\s les ordres1 p\r quiconque1 en un mot1 veut enseign] la sci5ce des nombres sans fatigue1 ou faire p\r ses propres beso9s1 et p\r a9si dire en s'amusant1 t\s les calculs qui se font avec t5sion d'esprit et p]te norme de temps4 ,assez ri*e p\r pay] sa gloire1 ,m4 ,?omas de ,colm>1 qui a dj dp5s des sommes si considrables p\r p]fectionn] son ari?momtre1 a rsolu d'en sacrifi] de plus considrables encore p\r le propag]1 p\r le popul>is]1 p\r le mettre1 en un mot1 la porte des b\rses les plus mode/es4 99 99 99 99 99 ,ne v\lant pas prjug] l'av5ir rs]v l'ari?momtre1 n\s t]m9ons ici ce travail2 mais1 n'ayant encore ri5 dit des motifs qui n\s ont port l'entrepr5dre1 le lecteur tr\v]a bon sans d\te que n\s rp>ions en quelques mots notre omission4 ,n\s n\s sommes assurm5t propos de mettre en relief la gr&e dc\v]te de ,m4 ,?omas de ,colm>1 et de bi5 con/at] les droits exclusifs de notre pays une gloire que t\s les peuples et t\s les sicles ont va9em5t ambitionne2 mais n\s n'aurions atte9t notre b que p> ses po9ts secondaires1 si cet crit devait avoir p\r unique rsultat de dmontr] qu'en s'immortalisant p> une cration de l'ordre le plus lev1 ,m4 ,?omas de ,colm> a aj\t la c\ronne de nos gloires l'un de ses rayons les plus brillants4 ,la gr&e dmon/ration que n\s dsir]ions avoir faite1 c'e/ celle de la ncessit de l'in/itution d'un gr& jury1 ayant p\r mission unique1 incessante1 de re*]*] dans les lettres1 dans les sci5ces1 dans les arts et dans l'indu/rie1 les conceptions1 les inspirations1 les oeuvres m>ques du sceau du gnie1 propres donn] notre pays gloire ou pr(it4 ,ce n'e/ pas ici que n\s p\vons dire comm5t devrait tre organis ce gr& jury p\r p\voir fonctionn] utilem5t2 mais n\s affirmons avec assurance que1 s'il et exi/ tel que n\s le concevons1 il y a tr5te ans seulem5t1 ,philippe de ,gir>d ne s]ait pas all mang] le pa9 de l'exil1 ,sauvage ne s]ait pas dev5u f\ de misre1 ,m4 ,?omas de ,colm> ne s]ait pas re/ inconnu depuis #ahbb4 ,le jury dont n\s p>lons e/ une *ose n\velle6 ,mais n'e/-ce donc pas une *ose n\velle aussi que de voir la clbrit1 la gloire1 s'a*et] prix d'arg5t1 se t>if] comme la plus vile des m>*&ises8 ,un jury tel que celui que n\s avons en vue tait inutile dans le temps o la ,r5omme avait un temple et p>c\rait les airs la trompette sacre la ma94 ,il e/ dev5u une ncessit depuis que la noble desse1 mtamorphose en m>*&e vulgaire1 s'e/ assise un comptoir d'annonceur et y v5d la clbrit et la gloire tant la ligne4 ,,f94