from the ,google ,print project47 ,,histoire ,,des ,,nombres ,,et ,,de ,,la ,,num,,ration ,m,,canique ,,par ,,jacomy-,r,,gnier4 ,,paris ,,imprimerie ,,et ,,librairie ,,centrales ,,de ,,napol,,on ,,chaix ,,et ,cie4 ,,rue ,,berg,,re1 #bj4 #ahee ,i ,ns au sein d'une civilisation hritire de toutes les richesses morales1 intellectuelles et matrielles dont les sicles se sont transmis le dpt1 dpt incessamment accru par le travail de chacun d'eux1 nous jouissons de tout ce qui nous entoure avec une insouciance qui est une vritable ingratitude1 ou avec un orgueil qui est une injustice flagrante4 ,qui de nous1 en lisant l'histoire des ,gaulois et des ,francs1 ne s'est cru dou d'une intelligence suprieure celle de ces vieux aeux8 ,qui de nous1 en lisant les rcits des voyageurs qui ont visit des peuples rests trangers la marche du progrs humain travers les ges1 n'a pris en piti la faiblesse d'esprit de ces peuples et ne les a supposs d'une nature infrieure la ntre8 99 99 99 99 99 ,nous estimons1 avec raison1 que l'homme qui est quelque chose par lui-mme est infiniment plus digne de considration que celui qui a reu tout faits et son nom et sa fortune4 ,si nous tions consquents avec nous-mmes1 nous tiendrions compte1 avant de nous placer au-dessus de nos pres et des peuples encore barbares1 nous tiendrions compte1 disons-nous1 des matriaux1 des instruments1 des forces que nous avons reus gratuitement1 qui ne sont pas notre oeuvre1 et qui ont manqu nos pres1 comme ils manquent aux peuples pour lesquels nous avons de si superbes ddains4 ,ces matriaux1 ces instruments1 ces forces1 nous paraissent les choses les plus simples du monde2 les ayant trouves toutes faites nous ne nous sommes jamais demand si leur dcouverte n'a pas d exiger des efforts de gnie dignes d'tre admirs2 ayant ainsi toujours joui des travaux excuts par nos devanciers dans le cours des sicles1 sans chercher en apprcier la valeur1 nous semblons croire que tout ce que nous voyons a toujours t tel que nous l'avons trouv en naissant4 ,combien nous serions plus justes envers le pass1 si1 faisant un instant1 par la pense1 table rase de tout ce qui nous entoure1 et nous efforant d'oublier les mille notions et connaissances que nous avons puises au sein de notre civilisation1 nous nous supposions ramens au point de dpart des premires socits6 ,combien nous parlerions avec plus de modestie des conqutes que notre intelligence ajoute chaque jour celles que les sicles nous ont lgues1 si nous nous rendions bien compte de la nature de ces conqutes1 et si surtout nous voulions bien nous dire que nous ne les faisons qu'avec le secours d'armes qui ne sont pas notre ouvrage6 99 99 99 99 99 ,ayant trouv existants et ports au plus haut degr de perfection tous les arts ncessaires1 l'art de nous nourrir1 l'art de nous vtir1 l'art de nous loger1 l'art de nous dfendre1 etc41 et n'ayant plus d'autre souci que celui de multiplier nos jouissances1 est-il donc bien tonnant que nous ayons eu1 nous aussi1 quelques heureuses inspirations1 et que nos luttes1 soit contre la matire1 soit contre l'inconnu1 n'aient pas t moins fcondes que celles des sicles pour lesquels le travail de l'esprit tait1 comme pour le ntre1 un besoin8 ,une seule chose serait tonnante3 c'est que1 rien ne nous manquant1 ni la matire1 ni les instruments1 ni la science1 nous eussions remu tout cela pendant un demi-sicle1 sans pouvoir en faire sortir quelques crations dignes de recommander notre mmoire nos neveux4 ,nous sommes fiers de tout ce qui nous entoure1 et quand nous avons compar1 non pas prcisment notre littrature et nos sciences1 mais nos arts divers avec ceux des ges antrieurs1 nous croyons avoir1 en effet1 le droit de placer notre sicle au-dessus de ceux qui l'ont prcd4 ,orgueil illgitime1 prtention usurpatrice6 ,les seules choses dont il nous soit permis de nous glorifier sont celles que nous avons ajoutes aux richesses qui nous viennent du pass4 ,ce sont sans doute de merveilleuses manifestations de nos forces intellectuelles que les nombreuses applications que nous avons faites de la vapeur1 de la lumire1 de l'lectricit2 mais l'ardeur avec laquelle nous nous sommes prcipits vers les travaux qui ont pour principal objet le bien-tre matriel mrite-t-elle bien d'tre loue sans restriction1 et n'est-il pas permis de craindre que nous ne payions d'un prix trop lev nos rapides triomphes sur le temps et sur l'espace8 ,enivrs de ces triomphes1 n'puisons-nous pas1 pour les multiplier et les rendre plus brillants1 des forces que rclament des besoins d'un autre ordre8 ,il faudrait tre aveugle pour ne pas voir que1 dans une socit qui ne semble plus avoir d'admiration que pour des conqutes toutes matrielles1 le got des tudes qui fortifient les esprits et lvent les mes doit ncessairement s'affaiblir4 d'autres que nous donc de ne voir que par son beau ct le gigantesque tournoi des ,champs-lyses2 les merveilles industrielles et artistiques de notre ,exposition universelle ne nous feront point oublier que la socit a d'autres besoins que ceux qui peuvent tre satisfaits par les crations tales dans le palais de l',industrie4 99 99 99 99 99 ,si l'homme ne vivait que par les sens1 si le bien-tre humain1 si le bien-tre social ne consistaient que dans la possession des objets propres charmer les yeux1 flatter l'odorat1 procurer des jouissances au palais et l'oreille1 la vue des galeries de l',exposition universelle nous apprendrait que tous les secrets1 que tous les raffinements du bien-tre sont aujourd'hui trouvs4 ,mais l'homme a une autre vie que celle des sens3 il vit par l'esprit1 il vit par le coeur1 il vit par l'me2 toutes ces vies ont leurs besoins1 leurs exigences1 et nous ne voyons au palais de l',industrie rien qui puisse les satisfaire4 ,bien loin de l3 c'est aux dpens de toutes ces vies1 c'est aux dpens de ce qui est d ces vies qu'ont t cres toutes ces merveilles de l'industrie et de l'art matrialiste4 ,nous tromperions-nous par hasard8444 ,non1 nous ne nous trompons point2 notre plainte n'est qu'une constatation de l'vidence4 ,interrogeons1 en effet1 une une toutes les nations qui sont venues l pour se disputer les palmes du gnie industriel et de l'art sensualiste2 demandons-leur quelle est aujourd'hui leur ambition1 vers quelle direction elles cherchent pousser les esprits1 quels efforts1 quels travaux elles encouragent de prfrence1 de quels progrs elles se montrent le plus fires1 quels hommes elles placent au premier rang dans leur estime8 ,de bonne foi1 entre toutes les nations reprsentes au palais de l',industrie1 s'en trouve-t-il une seule qui oserait nier ses tendances matrialistes8 ,en est-il une seule qui oserait nous dire qu'elle aimerait mieux avoir les premiers potes1 les premiers philosophes1 les premiers moralistes du monde1 que de tenir le premier rang dans notre palais de l',industrie8 ,en est-il une seule qui oserait prtendre que chez elle1 l'homme qui se sert de son intelligence pour faire pntrer dans les coeurs les sentiments nobles et gnreux reoit autant d'encouragements que celui qui se dvoue au perfectionnement des choses matrielles8 ,non1 aucune de ces nations n'a le droit de dire qu'elle fait pour les ides qui sont les bases de la civilisation autant que pour les choses qui n'en sont que l'ornement2 non1 disons-nous1 aucune de ces nations ne parat comprendre que toutes ces magnifiques oeuvres de leurs mains sont le rsultat d'inspirations puises des sources qui ont besoin d'tre alimentes et que leur insouciance laisse tarir4 ,ce sujet nous mnerait trop loin3 revenons un ordre d'ides qui se rapproche davantage du sujet que nous avons traiter4 99 99 99 99 99 ,les seules choses dont nous ayons le droit d'tre fiers1 disions-nous1 avant de protester comme nous venons de le faire contre les tendances antispiritualistes auxquelles nous nous abandonnons1 ce sont celles que nous avons ajoutes aux richesses qui nous viennent du pass4 ,nous nous glorifierions au del de nos mrites1 si nous prenions pour terme de comparaison de nos oeuvres1 soit celles des ges pendant lesquels l'homme travaillait avec les seules forces de sa raison individuelle1 soit celles des ges qui1 quoique dj riches des trsors de science et d'exprience laisss par leurs prdcesseurs1 n'ont cependant pas marqu leur passage dans le temps par des crations aussi heureuses que les ntres4 ,nous trouverons des limites notre orgueil dans notre propre raison1 si nous voulons bien remarquer1 d'abord1 que1 pour accomplir nos oeuvres1 nous avons eu notre disposition toutes les forces d'un pass plus long et1 par consquent1 plus riche en science et en exprience que celui de nos ans1 et ensuite que les relations qui se sont tablies entre les diffrents peuples de la terre ont presque compltement chang les conditions des progrs matriels dans le monde4 ,autrefois1 il y a peine quarante cinquante ans1 chaque frontire tait un voile qui drobait une nation ce qui se faisait chez sa voisine1 chaque mer1 chaque bras de mer tait un abme travers lequel ne passaient que bien rarement quelques lambeaux des mystres que l'on gardait anxieusement d'un ct comme de l'autre de ces abmes4 ,alors chaque peuple ne travaillait qu' l'aide de ses propres forces2 l'intelligence humaine tait encore mutile1 agissait encore isolment1 voulons-nous dire4 99 99 99 99 99 ,cette mutilation1 cet isolement ont cess d'exister4 ,il y a toujours des frontires qui sparent les peuples1 mais il n'y a plus de voiles dresss le long de ces frontires2 il y a toujours des mers et des bras de mer dont les flots se brisent sur des rivages habits par des peuples dont les intrts n'ont pas cess d'tre en lutte2 mais ces mers et ces bras de mer ne servent plus protger les secrets du gnie industriel des nations4 ,le gnie industriel1 depuis que les peuples civiliss se sont entendus pour reconnatre ses droits1 s'est fait cosmopolite et parcourt le monde1 travaillant au grand jour1 ses brevets la main4 ,encore une fois donc1 si nous voulons comparer nos oeuvres avec celles de nos devanciers1 commenons par comparer les ressources dont ils disposaient avec celles qui sont dans nos mains4 ,l'quit la plus vulgaire l'exige2 notre glorification serait ridicule1 si elle se fondait sur un principe qui ne comprendrait pas la rserve que nous venons d'indiquer4 99 99 99 99 99 ,il est incontestable que1 depuis l'existence des lois qui1 presque partout1 protgent la proprit industrielle des trangers autant que celle des nationaux1 le gnie humain1 appliqu aux choses matrielles1 travaille avec toutes ses forces runies en faisceau1 pour ainsi dire1 et il est vident1 par consquent1 que ces forces ainsi coalises doivent tre plus puissantes1 plus fcondes en rsultats que ne pouvaient l'tre les forces isoles des individus et des peuples1 lorsque chacun1 peuples et individus1 tait contraint1 pour sauvegarder ses droits d'inventeur et de perfectionneur1 d'envelopper ses procds et ses moyens de travail dans les ombres du mystre4 ,l'quit nous indique une autre rserve faire en faveur de nos ans1 rserve essentielle1 que nous avons peine fait entrevoir un peu plus haut4 ,avant notre ge1 les travaux industriels furent assurment bien plus encourags1 bien plus honors1 qu'on ne le suppose gnralement2 cependant il est vrai de dire que1 pendant tous les sicles antrieurs et mme pendant les premires annes de ce sicle1 l'industrie n'tait pas regarde comme la bienfaitrice par excellence de l'humanit et comme la manifestation la plus glorieuse du gnie des peuples4 ,les hautes sciences1 la grande littrature1 la posie1 les beaux-arts1 tenaient alors dans l'estime des nations la place que leur avaient accorde sans difficult toutes les civilisations antiques4 ,il rsultait de cette prminence obtenue par les hautes sciences1 par la haute littrature1 par la posie1 par les beaux-arts1 que gnralement tout homme qui aspirait se faire une place d'honneur dans la socit1 et qui se sentait anim d'une force intellectuelle capable de rpondre ses aspirations1 appliquait ses facults aux choses qui devaient le faire arriver la gloire1 bien plus qu' celles qui ne conduisent ordinairement qu' la fortune2 aux choses qui ont fait les grands sicles bien plus qu' celles qui ont produit les grandes dcadences4 ,que celui qui douterait que les grandes dcadences des civilisations soient sorties de l'touffement des travaux spiritualistes par les arts industriels encourags d'une manire exclusive1 veuille bien se souvenir que la vieille ,asie tomba des splendides sommets d'o elle dominait le monde antique1 aussitt que les arts industriels furent devenus sa principale passion2 que la vieille ,grce ne commena flchir sous le poids de son grand nom et ne le laissa tomber sous les pieds des conqurants qu'aprs qu'elle eut transport aux industries asiatiques les encouragements qu'elle rservait auparavant pour ses sages1 ses savants1 ses potes et ses guerriers2 que le colosse romain ne commena vaciller sur ses bases qu'aprs que les ,asiatiques et les ,grecs furent parvenus rendre les descendants des ,cincinnatus et des ,scipion amoureux de leurs arts et rivaux de leur habilet4 ,les forces intellectuelles de notre socit tant attires vers les arts industriels ainsi qu'elles le sont1 ces arts ont une marche magnifique2 cette marche est plus rapide1 plus vigoureuse qu'on ne la vit jamais2 mais encore une fois1 jamais on ne vit un sicle faire1 pour favoriser leurs progrs1 des sacrifices pareils ceux que nous faisons4 ,ces sacrifices sont tels1 que le pass ne prsentant rien de pareil1 nous ne savons vritablement si nous devons admirer nos succs industriels ou les trouver tout simplement naturels4 ,autre rserve3 ,est-ce que nous ne regardons pas un peu trop comme entirement ntres des quantits de choses qui ne nous appartiennent pas entirement8 ,est-ce qu'il n'est pas1 tant dans l'ordre scientifique que dans l'ordre matriel1 certains principes vus ou entrevus par le pass et que nous avons seulement dvelopps et appliqus2 certaines crations matrielles indiques ou bauches par le pass et que nous n'avons eu qu' raliser plus hardiment1 qu' perfectionner8 ,invoquons un dernier fait contre nos prtentions orgueilleuses4 ,n'est-il pas vrai que1 sans nous inquiter de savoir d'o sont sorties toutes les crations nouvelles qui nous entourent1 nous en sommes aussi fiers que si elles appartenaient nous seuls8 ,n'est-il pas vrai que nous nous admirons dans toutes ces crations1 absolument comme si elles taient l'oeuvre exclusive de notre gnie8 ,oui1 tout cela est vrai1 et ce qui ne l'est pas moins1 c'est que ces crations ne nous appartiennent pas toutes2 c'est que tous les peuples civiliss en revendiquent leur part1 et n'admettent nullement que nous ayons le droit de dire3 ,le sicle1 c'est nous4 trange inconsquence6 en mme temps que nous voudrions ainsi usurper au profit de notre pays des gloires qui ne lui appartiennent pas1 nous faisons des efforts dplorables pour obscurcir presque toutes celles qui lui appartiennent4 ,nous nous qualifions parfois du titre d',athniens de la civilisation moderne4 ,comme les citoyens d',athnes1 en effet1 nous avons une rpulsion inne pour les gloires vivantes et ne tolrons que les gloires posthumes2 comme eux1 nous ne voulons pas des gloires qui portent un nom2 nous n'admettons que les gloires anonymes1 que les gloires qui portent le nom collectif du pays1 comme si nous esprions1 les auteurs des grandes et belles choses qui l'honorent tant inconnus1 tre souponns nous-mmes de les avoir faites2 mais notre ressemblance avec les ,athniens s'arrte l4 ,les ,athniens1 quand ils envoyaient en exil les hommes qui avaient lev trop haut leurs noms au milieu d'eux1 ne faisaient que proclamer la supriorit de ces hommes4 ,l'ostracisme tait un hommage rendu au mrite1 au gnie1 et non une ngation du mrite et du gnie3 l'ostracisme tait de l'envie2 mais c'tait une envie qui s'avouait et non de l'envie hypocrite et lche4 ,l'envie hypocrite et lche1 c'est la ntre1 la ntre qui procde par l'touffement dans l'ombre1 contre quiconque s'annonce comme devant dpasser notre mesure2 la ntre qui a trouv le secret de rendre le silence plus puissant que la ngation1 plus cruel que la proscription4 99 99 99 99 99 ,autant nous paraissons ports empcher les choses vritablement grandes ou belles de se produire au milieu de nous1 autant nous nous montrons favorables aux crations d'un ordre secondaire et dont la dure doit tre passagre4 ,la diffrence de ces deux accueils explique nos merveilleux succs dans les productions futiles et nous apprend pourquoi nous sommes comparativement moins heureux sous le rapport des grandes initiatives4 ,que nous fait la gloire revtue du manteau qui brave l'usure du temps1 quand nous avons pour nous la gloire qui ddaignerait de porter le soir la robe dont elle tait toute fire le matin8 ,va donc demander ton pain l'exil1 ,philippe de ,girard2 deviens donc fou de misre1 ,sauvage2 subissez donc le sort que vous vous faites sciemment1 chercheurs des grandes penses et des grandes choses6 ,est-ce que vous n'avez pas vu1 est-ce que vous ne voyez pas quelle destine peut faire aux hommes de gnie une socit qui dore si splendidement l'existence de ses amuseurs de toutes les sortes8 ,ils le voient1 ils le savent1 et cependant la vue des souffrances qui les attendent n'a rien qui les effraie1 les sublimes fous qui le gnie a dit3 ,suis-moi contre ces difficults qui ont strilement fatigu les sicles2 suis-moi dans le combat que je vais livrer contre l'inconnu4 ,en vain la raison leur dit3 ,avant d'obir aux appels du gnie1 commencez par vous assurer le pain de chaque jour2 ils n'entendent que la voix qui leur dit3 ,je vous conduirai vers la gloire1 suivez-moi4 ,perfidie et mensonge6 ,non1 gnie1 tu ne conduis pas la gloire celui qui te suit sans avoir les mains charges d'or4 ,sous ton inspiration j'crirai un bon livre2 est-ce toi qui me l'imprimeras et qui paieras les annonces qui m'en procureront le dbit8 ,j'inventerai une merveilleuse machine1 grce toi1 souffle sacr2 mais que ferai-je des plans de ma machine8 ,est-ce toi qui me la construiras et en mettras la valeur en vidence8 ,qu'ils sont nombreux les pauvres fous qui1 s'abandonnant aux entranements mystrieux qui les portent vers les crations grandes et belles1 ne comprennent pas qu'en ngligeant d'assurer avant tout leur existence matrielle1 ils se condamnent presque infailliblement travailler d'une manire strile et pour eux-mmes et pour la socit6 ,la fortune ne donne pas le gnie1 sans doute2 mais elle permet celui qui en est dou de le mettre en vidence et de forcer l'insouciance comme l'envie rendre hommage ses oeuvres4 ,est-ce l ce que se dit1 il y environ trente-quatre ans1 un ancien employ suprieur de l'administration des armes sous l',empire1 ,m4 ,thomas1 de ,colmar1 en voyant le froid accueil que trouvait auprs des dispensateurs de la gloire la grande dcouverte qu'il venait de faire8 ,nous l'ignorons2 mais nous voyons du moins qu'il a agi comme s'il s'tait tenu ce langage4 ,,ii ,c'tait vers #ahba4 ,ayant toujours vcu au milieu des chiffres1 nul ne savait mieux que lui combien les chiffres fatiguent les forces de l'intelligence4 ,la grande re de la mcanique s'ouvrait2 dans chaque industrie1 on commenait demander des bras de fer ou de bois d'excuter les travaux qui avaient t faits jusque-l par les mains intelligentes de l'homme4--,pourquoi1 se demanda ,m4 ,thomas1 de ,colmar1 n'essaierais-je pas de construire une machine qui excute toutes les oprations de l'arithmtique1 comme d'autres ont imagin des engins qui scient et rabotent1 qui filent et tissent1 etc48 ,et aussitt1 voil l'imagination du hardi ,alsacien en travail4 ,l'oeuvre n'tait pas aussi facile faire qu'il l'avait pens4 ,il s'adressa pour avoir des conseils un trs-savant acadmicien4 99 99 99 99 99 --,mon cher ami1 lui dit celui-ci1 cherchez la quadrature du cercle ou le mouvement perptuel1 si vous avez du temps perdre2 mais ne dites personne que vous voulez construire une machine qui puisse excuter tous les calculs de l'arithmtique1 si vous ne voulez pas que l'on rie de vous4 --,pourquoi rirait-on de moi8 demanda ,m4 ,thomas4 --,pourquoi l'on rirait de vous1 mon ami8 ,l'on rirait de vous1 parce que la recherche d'une machine comme celle dont vous me parlez444 que dis-je8 bien moins ambitieuse que celle que vous voulez inventer1 a fatigu un nombre infini de gnies dans tous les temps et chez tous les peuples1 et n'a jamais abouti qu' des checs clatants4 ,et vous voudriez que l'on ne trouvt pas excessivement prsomptueuse votre tentative contre des difficults qu'ont vainement essay de vaincre1 dans les temps anciens1 ,thals1 ,pythagore1 ,archimde2 plus tard1 les grands mathmaticiens arabes2 et1 dans les derniers ges1 ,pascal1 ,perrault1 ,leibnitz1 d',alembert et un nombre considrable d'autres puissants esprits8 ,croyez-moi donc3 appliquez votre intelligence des travaux moins chimriques que celui qui a commenc tourmenter votre imagination4 --,eh quoi1 rpondit ,m4 ,thomas au savant acadmicien1 aprs avoir mis en relief1 comme vous venez de le faire1 l'honneur que me vaudrait ma machine1 vous voudriez que j'eusse une autre ambition que celle de le mriter8 ,le ton rsolu sur lequel fut faite cette rponse rendait toute observation inutile4 ,l'acadmicien se contenta d'adresser un sourire d'affectueuse piti ,m4 ,thomas1 qui trois mois aprs avait excut son arithmomtre1 s'tait assur1 par la prise d'un brevet d'invention1 la proprit de sa dcouverte1 et presque en mme temps prsentait la ,socit d'encouragement sa machine vritablement merveilleuse4 99 99 99 99 99 ,elle fut renvoye l'examen d'une commission compose de ,francoeur et ,brguet4 ,le rapport fut fait au nom du comit des arts mcaniques par ,francoeur1 qui1 aprs avoir fait mention des machines calculer antrieurement construites1 s'exprimait ainsi3 ,le dfaut de toutes ces inventions est de ne se prter qu' des calculs trs-simples2 ds qu'il s'agit de multiplier1 il faut convertir l'opration en une suite d'additions3 ainsi pour obtenir #g fois #fdh1 on est oblig d'ajouter d'abord #fdh lui-mme1 puis la somme #fdh1 celle-ci encore #fdh1 etc41 jusqu' ce que #fdh ait t pris #g fois4 quelle longueur ne faut-il pas se soumettre lorsque le multiplicateur a deux ou trois chiffres6 ,toutes ces machines sont donc aujourd'hui tombes dans l'oubli1 et on ne les regarde que comme des conceptions plus ou moins ingnieuses4 ,celle de ,m4 ,thomas ne ressemble nullement aux autres1 elle donne de suite les rsultats du calcul1 sans ttonnement1 et n'est faite l'imitation d'aucune des premires4 ,il est certain que ,m4 ,thomas n'avait pas connaissance de celles-ci lorsqu'il imagina la sienne1 et qu'il n'a pu s'aider des travaux de ses prdcesseurs4 ,il a mme employ et abandonn plusieurs mcanismes qui ne remplissaient pas assez bien leur objet1 avant de s'arrter celui qu'on voit dans la machine pour laquelle il sollicite le suffrage de la ,socit d'encouragement4 ,la machine de ,m4 ,thomas sert faire non-seulement toutes les additions et soustractions1 mais encore les multiplications et divisions des nombres entiers ou affects de fractions dcimales4 ,lorsque1 par exemple1 on veut multiplier #fdh par #g1 on place les indicateurs du multiplicande sur les chiffres #f1 #d et #h1 et celui du multiplicateur sur #g1 on tire un cordon et on lit le produit #d1ecf sur la tablette de l'instrument4 ,la division n'tant que l'inverse de la multiplication1 on conoit qu'elle s'excute avec la mme aisance et par le mme moyen4 ,la plus grande difficult qu'on rencontre dans l'invention de ces instruments1 difficult contre laquelle le gnie mme de ,pascal a chou et qui jusqu'ici a si fort restreint l'usage de ces machines calculer1 c'est de faire porter les retenues sur les chiffres gauche4 ,le mcanisme par lequel ,m4 ,thomas opre ce passage des retenues est extrmement ingnieux2 ce report se fait de lui-mme1 sans qu'on y songe4 ,pour multiplier #fdh par #g1 l'oprateur tire le cordon1 sans s'embarrasser s'il y a ou non des chiffres retenir1 sans mme savoir ce que c'est1 et il lit de suite #d1ecf4 ,il est impossible de combiner mieux les agents de l'instrument qui vous est prsent et de surmonter plus heureusement les embarras de l'instrument4 ,ainsi1 considrer cette machine sous le rapport du mrite d'invention1 et sous celui de la difficult vaincue1 vous ne balancerez pas lui accorder votre suffrage4 ,il n'y a aucune comparaison faire entre cette invention et les rgles calculer4 ,comme ces dernires sont bases sur le systme des logarithmes1 les additions et soustractions sont impossibles avec ces rgles2 et comme ces deux oprations se mlent chaque instant aux autres dans les affaires de commerce1 les tables de logarithmes n'y peuvent servir avec avantage4 ,en outre1 ces rgles calculer n'ont une prcision que de trois chiffres1 tandis que la machine de ,m4 ,thomas opre sur un nombre de chiffres indfini1 avec une exactitude parfaite4 ,conformment aux conclusions du rapport1 la ,socit d'encouragement approuva la machine de ,m4 ,thomas1 en fit graver le mcanisme pour son ,bulletin1 o fut aussi insr le rapport de ,m4 ,francoeur2 mais ce fut l la seule rcompense qu'obtint alors l'inventeur de l'arithmomtre1 pour une dcouverte qui semblait devoir placer immdiatement son nom au nombre de ceux que le monde entier connat4 99 99 99 99 99 ,la ,socit d'encouragement1 en voyant que l'arithmomtre n'avait pas produit dans l'opinion publique l'tonnement1 la sensation qui d'ordinaire accueille les dcouvertes de la nature de celle de ,m4 ,thomas1 comprit bientt qu'elle n'avait pas t elle-mme assez juste1 en se contentant de donner sa complte approbation l'arithmomtre4 ,aussi1 lorsque1 quelques mois aprs1 la belle planche dessine et grave par ,leblanc et reproduisant la machine de ,m4 ,thomas dans tous ses dtails1 parut dans le ,bulletin1 fut-elle accompagne par ,m4 ,hoyau d'un commentaire o se trouvent des passages qui valent des mdailles d'or3 ,si l'on pouvait1 disait ,m4 ,hoyau1 assigner des bornes nos facults intellectuelles1 il semblerait que tant de moyens dj dcouverts pour calculer mcaniquement ont puis les recherches de ce genre et qu'il ne reste plus rien faire aprs les savants clbres de tous les pays qui se sont occups de cet objet4 ,cependant ,m4 le chevalier ,thomas1 de ,colmar1 est parvenu vaincre toutes les difficults et composer une machine au moyen de laquelle on peut faire les quatre oprations de l'arithmtique4 ,cette invention nous parat devoir tre range au nombre de ces dcouvertes qui font honneur ceux qui les conoivent et sont glorieuses pour l'poque qui les produit4 99 99 99 99 99 ,ces loges1 les flicitations de quelques visiteurs1 voil tout ce que valut ,m4 ,thomas1 de ,colmar1 l'invention de l'arithmomtre4 ,il en attendait mieux3 une semblable dcouverte valait de la gloire1 de la clbrit1 du moins2 car qui dira que le bonheur d'avoir aussi compltement triomph que venait de le faire ,m4 ,thomas des difficults qui avaient tenu en arrt le gnie de tous les sicles1 ft suffisamment rcompens par l'approbation de la ,socit d'encouragement8 ,la plupart des inventeurs1 lorsque le public ne fait pas leurs dcouvertes l'accueil sur lequel ils avaient compt1 ne savent ordinairement faire que deux choses3 d'abord accuser leur sicle d'injustice ou d'ignorance2 et ensuite se livrer au dcouragement et regretter le temps qu'ils ont perdu vouloir tre utiles leur pays4 99 99 99 99 99 ,m4 ,thomas1 de ,colmar1 supporta trs-philosophiquement la dception qu'il venait d'prouver4 ,se souvenant sans doute de la lenteur que la machine vapeur avait mise faire son chemin1 il trouva tout simple que le public ne se montrt pas plus prompt comprendre la valeur de son arithmomtre qu'il ne l'avait t comprendre celle de la machine qui a si profondment modifi toutes les lois du travail matriel4 ,et pourquoi1 au surplus1 le public mriterait-il d'tre accus d'injustice1 lorsqu'il ne fait pas toutes les inventions l'accueil que quelques-unes mritent vritablement8 ,pourquoi1 ds qu'il entend parler de dcouvertes qui tonnent son intelligence1 devrait-il battre des mains et changer son argent contre la merveilleuse machine1 contre l'admirable recette1 contre le prodige de la chimie ou de la mcanique qu'on lui annonce1 au nom des socits savantes8 ,est-ce que ces socits sont infaillibles et n'ont jamais prconis que des inventions dignes de l'tre8 ,est-ce que1 sur la parole de ces socits1 le public n'a pas souvent fait des expriences ruineuses1 des achats qui lui ont laiss des regrets8 ,le public est dfiant2 mais est-il injuste8 non1 il ne l'est pas4 ,les dceptions que de nombreuses nouveauts lui ont fait prouver lgitiment surabondamment sa dfiance4 ,il lui en a trop cot d'avoir tant de fois cru sans voir2 ne nous tonnons pas qu'il veuille quelquefois voir avant de croire4 99 99 99 99 99 ,c'est en se faisant ces rflexions lui-mme que ,m4 ,thomas arriva se dire3 ,pour populariser une machine comme la mienne1 il faut de l'argent1 beaucoup d'argent2 je dois donc commencer par devenir riche1 si je veux que mon arithmomtre devienne un instrument usuel dans le monde savant et financier1 dans le monde commerant et industriel4 ,c'est partir de ce moment que ,m4 ,thomas1 de ,colmar1 qui1 jusque-l1 n'avait eu qu'une grande passion vritable1 l'tude des sciences exactes1 et qu'un dlassement de prdilection1 la mcanique1 replia son intelligence vers les combinaisons financires1 dont il ne s'tait dj occup que pour se distraire1 pour ainsi dire1 mais qui lui avaient pourtant valu de beaux succs1 puisque1 ds ce moment 7#ahbb71 il avait dj t nomm prsident honoraire de la ,socit d'assurance contre l'incendie le ,phnix1 qu'il avait fonde en #ahai4 ,nous ne suivrons pas ici ,m4 ,thomas1 de ,colmar1 dans les travaux financiers qui lui ont si bien russi4 ,qu'il nous suffise de dire que la haute fortune laquelle il a lev la ,compagnie du ,soleil1 l'une de ses fondations les plus connues1 suppose de sa part une force de volont incroyable1 aux yeux de quiconque connat les phases qu'a traverses cette ,compagnie1 aujourd'hui l'une des plus puissantes et des plus justement accrdites de la ,france4 99 99 99 99 99 ,m4 ,thomas paraissait tellement absorb par les soins administratifs que rclamait sa grande ,socit d'abord1 et par ceux qu'il lui fallut1 plus tard1 donner la ,compagnie l',aigle1 qu'il avait fonde pour l'un de ses fils1 que personne1 assurment1 ne souponnait qu'il songet encore son arithmomtre4 ,et pourtant l'arithmomtre tait la passion bien-aime de sa pense1 le rve favori de ses veilles4 ,cette passion1 ce rve1 le suivaient partout1 au milieu des affaires1 comme au milieu des ftes2 et jamais1 pendant trente ans1 pas une journe1 pour ainsi dire1 ne se passa sans qu'il visitt1 de corps ou d'esprit1 le recoin mystrieux o la chre machine tait cache aux regards les plus amis4 ,aujourd'hui il fallait ajouter ceci1 demain retrancher cela1 et le surlendemain dfaire tout ce qui avait t fait la veille et l'avant-veille1 pour chercher une simplification plus grande4 ,pour obtenir cette simplification1 l'inventeur de l'arithmomtre a dpens plus de #cjj1jjj francs4--,c'est1 de toutes les jouissances1 celle qui m'a cot le moins1 dit-il1 si je compare ses douceurs celles de tous les autres plaisirs que je me suis donns4 ,trente annes de travail1 plus de #cjj1jjj francs dpenss pour retrancher cinq six petites pices d'une machine qu'un enfant de quatre ans porterait dans ses mains comme un jouet6 ,est-ce que l'arithmomtre de #ahbb ne remplissait pas les mmes fonctions que l'arithmomtre de #ahee8 ,les deux arithmomtres remplissent les mmes fonctions2 mais le premier avait des complications que le second n'a pas2 le premier est l'oeuvre d'un mcanicien extraordinairement ingnieux2 le second est l'oeuvre d'un homme de gnie4 ,avec de l'imagination et de la persvrance1 il est facile d'excuter1 l'aide de machines compliques1 quelques effets qui semblent ne pouvoir tre produits que par l'intelligence rflchie2 mais il n'appartient qu'au gnie de produire1 par des moyens simples1 des effets d'une complication et d'une varit infinies4 99 99 99 99 99 ,tel est l'arithmomtre de #ahee4 ,notre ,exposition universelle a beau tre riche en oeuvres empreintes du sceau du gnie2 nous n'en voyons pas une seule1 nous dfions qu'on nous en indique une seule qui porte ce sceau d'une manire plus clatante1 d'une manire aussi clatante que l'arithmomtre4 ,ce n'est plus ici de la matire qui produit des effets matriels2 c'est de la matire qui pense1 pour ainsi dire1 qui rflchit1 qui combine1 qui calcule1 qui fait toutes les oprations les plus difficiles1 les plus compliques de l'arithmtique1 avec une infaillibilit1 avec une rapidit1 avec une science qui dfient tous les calculateurs1 tous les acadmiciens du monde entier4 ,mais1 avant d'aller plus loin1 voyons si l'invention de ,m4 ,thomas1 de ,colmar1 n'est pas1 sous le rapport de la difficult vaincue1 l'une des oeuvres les plus tonnantes que nous connaissions4 99 99 99 99 99 ,le matrialisme ne veut pas de la difficult vaincue2 il ne tient compte que de la valeur utilitaire des inventions4 ,nous procdons tout autrement1 nous4 ,en prsence d'une dcouverte quelconque1 nous nous sentons plutt port chercher quels efforts d'intelligence elle a d coter1 qu' nous demander quels services elle peut rendre4 ,pourquoi agissons-nous ainsi8 ,nous agissons ainsi1 parce que c'est la difficult vaincue qui glorifie l'esprit humain2 parce que c'est la difficult vaincue qui nous apprend ce que vaut et ce que peut l'intelligence humaine1 et quelle est1 par consquent1 notre grandeur et notre noblesse dans la cration4 ,matrialistes qui refusez de tenir compte des difficults vaincues1 apprenez-moi donc1 je vous prie1 quelle est l'utilit matrielle de la dcouverte de ,galile3 la terre tourne2 l'utilit matrielle de la loi de la pesanteur1 trouve par ,newton2 l'utilit matrielle de la mthode de ,leverrier pour aller au-devant d'un astre cach dans les profondeurs du ciel4 ,difficults vaincues que tout cela1 et rien de plus3 rien de plus1 except plus d'honneur pour l'esprit humain4 ,nous verrons plus loin que l'invention de ,m4 ,thomas est autre chose qu'une difficult vaincue4 ,en attendant1 ne la considrons que sous ce dernier point de vue2 et1 pour cela1 remontons l'origine historique de l'arithmtique4 99 99 99 99 99 ,l'origine de l'arithmtique1 base de toutes les autres sciences1 comme tout le monde en convient1 se perd dans la nuit des temps1 ainsi que celle de tous les arts ncessaires4 ,attribuer l'invention de ses principales rgles aux ,indiens1 comme le font quelques crivains1 ou aux ,chaldens1 comme d'autres le font1 parce que ce peuple en avait besoin pour ses tudes astronomiques1 ou aux gyptiens1 qui ne pouvaient s'en passer pour leurs travaux gomtriques1 ou bien aux ,phniciens1 parce que leur commerce les exigeait1 c'est ne rien dire de srieux4 ,le besoin et l'intrt1 ces deux grands mobiles de l'industrie humaine1 durent1 ds l'origine des socits1 donner naissance l'arithmtique1 qui ne s'est assurment pas forme d'un premier jet1 mais pice pice1 rgle rgle1 etc4 ,les historiens1 qui nous ont racont si longuement l'histoire de la gomtrie1 de l'astronomie et de plusieurs autres parties de la science1 ne nous ont presque rien dit de l'arithmtique des anciens4 ,leur silence1 sous ce rapport1 est si grand que l'on est oblig de recourir des dductions demi hypothtiques pour affirmer que ,platon et ,euclide connaissaient les quatre rgles et savaient extraire les racines carres et cubiques4 ,procdaient-ils1 dans leurs calculs1 comme nous1 ou bien prenaient-ils des voies plus longues8 ,rien de prcis n'existe sur ce sujet4 ,il est tout naturel que les doigts aient t les premiers auxiliaires de la mmoire dans l'enfance de l'art de calculer4 ,la raison ne nous le dirait pas1 que nous en trouverions encore la preuve dans l'habitude qu'ont eue tous les peuples1 moins les anciens ,chinois et une peuplade obscure dont parle ,aristote1 de distribuer leurs nombres en priodes composes chacune de dix units4 ,en principe1 le calcul dcimal est donc aussi vieux que le monde1 et notre honneur se borne l'avoir appliqu tout ce que nous appelons poids1 tendue1 etc4 ,de mme que l'homme se servit d'abord de ses doigts pour retenir1 assembler et combiner les nombres1 de mme aussi il trouva en lui-mme ses premires units de mesures4 ,c'est ainsi que chez tous les peuples nous trouvons1 sous divers noms1 le pas1 la coude1 le pied1 le pouce1 le doigt1 la main1 l'empan1 la brasse1 etc4 99 99 99 99 99 ,les premiers signes de la numration ont partout prcd ceux de l'criture4 ,les ,latins1 comme les ,grecs1 nous ont appris d'une manire formelle quels furent ces premiers signes de la numration1 quels furent ces ans de nos chiffres4 ,ces signes furent de petits cailloux4 ,chez les ,grecs1 comme chez les ,latins1 comme chez nous1 faire une opration de nombres s'appelle calculer1 c'est--dire compter des cailloux4 ,les ,latins disaient3 ,calculos ponere1 calculos subducere1 etc4 ,les ,grecs disaient3 ,psphizein1 compter avec des cailloux4 7,psphos1 qui veut dire petite pierre1 caillou1 signifiait aussi1 par extension1 suffrage47 ,les suffrages se donnaient en ,grce avec des cailloux ou des petits coquillages1 comme on le sait par l'histoire de l'ostracisme et par la racine de ce dernier mot lui-mme4 ,comme1 chez les ,grecs1 on avait runi des petits coquillages d'un poids gal pour servir dans les assembles o le peuple avait voix dlibrative1 on pesait quelquefois ces signes de suffrages1 au lieu de les compter4 ,chez les ,romains1 on avait song un instant faire fabriquer par les potiers de terre de petites billes en terre cuite pour servir l'expression des suffrages4 l'exemple des ,grecs1 on pesait ces billes au lieu de les compter2 mais ce systme ayant donn lieu quelques abus1 on renona au pesage pour reprendre l'addition4 99 99 99 99 99 ,tout le monde connat les tailles des boulangers2 ces petits morceaux de bois furent les premiers livres de commerce de nos premiers parents1 leurs premiers livres gnalogiques et historiques peut-tre4 ,nous voyons ces petits btons arithmtiques chez les ,assyriens1 chez les gyptiens1 chez les ,scythes1 chez les ,thraces1 dans l',inde1 dans la ,chine2 on les a retrouvs1 au moment de la dcouverte de l',amrique1 chez les ,pruviens comme chez les ,mexicains2 dans les dcouvertes plus rcentes1 on les a rencontrs encore chez plusieurs peuples sauvages4 ,n'allons pas si loin dans le temps et abstenons-nous de traverser les mers pour retrouver ces tailles numriques4 ,dans presque toutes nos provinces1 quel est le livre-mmoire du paysan illettr1 de l'artisan illettr8 ,c'est le bton assyrien1 gyptien1 mexicain1 etc41 entaill d'un ct pour le doit et de l'autre pour l'avoir1 ayant une partie rserve pour les dates et une autre pour les signes rappelant les noms propres1 etc4 ,l'emploi du bton signes numriques ne vint videmment qu'aprs celui des cailloux numrateurs2 car les petits cailloux se trouvaient partout naturellement sous la main des premiers hommes1 tandis que les entailles faites sur un bton annoncent la possession d'un instrument tranchant1 qui suppose lui-mme l'existence d'une civilisation en marche depuis assez longtemps4 ,les ,assyriens et les gyptiens1 aprs s'tre d'abord servis des btons entaills comme aide-mmoire1 essayrent de s'en faire des machines calcul4 ,nous ignorons comment ils disposaient les petites baguettes arithmtiques dont les anciens historiens nous parlent2 mais nous savons que la manoeuvre de ces baguettes leur permettait de faire leurs calculs avec une rapidit qui fit toujours le dsespoir des ,grecs1 qui ne purent russir surprendre leur secret4 99 99 99 99 99 ,rectifions1 en passant1 la signification du mot sage1 philosophe1 noms par lesquels on dsigne les premiers savants de la ,grce1 les ,grecs qui allaient tudier en gypte et en ,asie les sciences et les arts qui florissaient dans ces contres4 ,on croit gnralement1 d'aprs le sens que nous attachons aujourd'hui ces mots1 d'aprs le sens que la ,grce elle-mme y attacha vers sa priode la plus florissante1 que les sages1 que les philosophes grecs1 qui allaient se faire les disciples des prtres de ,memphis et des mages de la ,chalde1 avaient surtout pour but d'tudier les sciences morales et lgislatives de l'gypte et de l',asie4 ,cette croyance est une grande erreur3 ces ,grecs voyageurs ne ngligeaient sans doute pas entirement l'tude des lois et de la philosophie des pays qu'ils visitaient2 mais ce qu'ils allaient chercher surtout1 et sur les rives du ,nil et sur celles du ,tigre et de l',euphrate1 et jusque sur celles de l',indus et du ,gange1 c'taient les sciences mathmatiques et physiques4 ,felix qui potuit rerum cognoscere causas6 99 99 99 99 99 ,les choses et leurs causes1 voil ce qu'ils ambitionnaient de connatre4 ,que l'on scrute1 par exemple1 les livres1 la vie de tous ces vieux ,grecs que nous appelons des philosophes3 ,phrcyde1 ,thals1 ,pythagore1 ,callisthne1 ,anaxagore1 ,anaximandre1 ,parmnide1 ,hraclite1 ,empdocle1 picure1 ,leucippe1 ,diocls1 ,dmocrite1 ,alcmon1 ,chrysippe1 ,anaximne1 ,clanthe1 ,aristote lui-mme1 etc4 7et nous avons pris ces noms au hasard1 selon qu'ils nous sont venus la mmoire72 que1 disons-nous1 l'on scrute la valeur scientifique de ces noms1 et l'on verra que tous ces hommes ont brill comme physiciens1 comme naturalistes1 comme astronomes1 comme mathmaticiens1 bien plus que comme philosophes1 dans le sens que nous attachons ce mot4 ,platon1 le divin ,platon lui-mme1 montre dans tous ses crits qu'il avait au moins autant profit des leons du physicien ,hraclite que de celles de ,socrate4 ,on sait1 au surplus1 qu'il avait donn la gomtrie pour base sa doctrine et mis sur la porte de son cole1 l',acadmie1 une inscription par laquelle il en refusait l'entre ceux qui ignoraient cette science4 ,il l'avait en si haute estime qu'il pensait que ,dieu s'en occupait sans cesse1 et c'est pour cela qu'il l'appelait l'ternel gomtre4 99 99 99 99 99 ,s'il est donc vrai de dire que les premires priodes dites philosophiques de la ,grce furent principalement remplies par l'tude des sciences qui exigent l'emploi continuel du calcul1 il est indubitable que les ,grecs durent faire des efforts incessants pour perfectionner leur arithmtique4 ,des commentateurs des mathmaticiens grecs ont prtendu1 non sans quelque vraisemblance1 que le jeu dont on attribue l'invention ,palamde1 le jeu des checs1 selon les uns1 du trictrac1 selon d'autres1 n'tait qu'une machine calcul4 ,thals1 qui avait appris aux gyptiens mesurer la hauteur des pyramides par la longueur de leur ombre1 et qui avait invent plusieurs combinaisons de rgles en bois1 soit pour prendre la distance des astres1 soit pour faire des oprations godsiques1 parat aussi avoir t l'inventeur d'un casier arithmtique dont les combinaisons nous sont inconnues4 ,le perfectionnement de ce casier arithmtique proccupa d'une manire toute particulire l'intelligence de ,pythagore1 dont on connat la prdilection pour les nombres4 ,nous ignorons quels rsultats obtinrent les tentatives de ce grand homme4 ,nous savons seulement que l'abaque1 ou table de multiplication qui porte son nom1 est un dbris1 ou1 si l'on veut1 une rminiscence de son casier4 ,nous ne mentionnerons ici que pour mmoire le fameux crible d'ratosthne1 bibliothcaire d',alexandrie1 qui permet de trouver si commodment les nombres premiers1 dont la recherche est curieuse en elle-mme1 indpendamment de son utilit dans la thorie des solutions4 ,les anciens comme les modernes ont trait avec une railleuse piti l'opinion de ,pythagore sur les vertus mystrieuses de certains nombres4 ,des commentateurs plus sages pensent que1 ce philosophe et ses premiers disciples n'ayant rien crit1 on a pris dans un sens trop littral un langage allgorique dont le sens tait perdu4 ,quoi qu'il en soit1 les mathmaticiens grecs se trouvaient humilis de ne pouvoir retrouver1 l'aide de son abaque1 le casier arithmtique qu'il avait imagin1 et faisaient1 pour le reconstruire1 des efforts que l'histoire nous montre toujours incessants1 mais toujours striles aussi4 99 99 99 99 99 ,c'est en se livrant ce travail de rinvention que ,nicomaque arriva trouver une tonnante proprit des nombres qu'il ne cherchait pas3 nous voulons parler des progressions arithmtiques4 ,ce ,nicomaque vivait #bej ans avant notre re4 ,en cherchant combiner des nombres sur des tablettes1 de manire pouvoir abrger mcaniquement les oprations de l'arithmtique1 il trouva le nombre polygone4 7,on appelle ainsi la somme d'une progression arithmtique qui commence par #a1 et dont les units peuvent tre ranges en figures gomtriques47 ,il ne connut pas les avantages de sa dcouverte1 qui fut prise pour une remarque strile4 99 99 99 99 99 ,un sicle aprs1 ,archimde vint4 ,les nombres furent sa premire tude2 ses tentatives pour simplifier l'arithmtique1 pour en faire un art mcanique1 furent les travaux qui lui rvlrent la nature de son gnie4 ,c'est en cherchant construire une machine devant atteindre le mme but que celles dont ,pythagore et ,nicomaque avaient eu l'ide1 qu'il se sentit entran vers l'tude des sciences mcaniques1 qu'il devait enrichir de dcouvertes si magnifiques4 ,les tablettes sur lesquelles ,nicomaque avait dpos le principe dont il n'avait pas su apprcier la valeur fconde1 furent pour ,archimde un trait de lumire4 ,le calcul polygonal lui rvla l'art de la progression des nombres1 et cette dcouverte le consola de n'avoir pas russi dans sa recherche d'une machine arithmtique4 ,l'enthousiasme avec lequel il parla ses amis de la magnifique loi qu'il venait de trouver ne fit sur eux qu'une faible impression2 ils lui dirent qu'ils ne croyaient pas l'existence d'une mthode arithmtique qui permt d'exprimer en nombres une quantit compose d'une infinit de parties4 ,l'un d'eux crut mme le mettre dans un grand embarras en lui demandant s'il valuerait le nombre des grains de sable qui sont au bord de la mer4 ,archimde lui rpondit que non-seulement il exprimerait le nombre des grains de sable qui sont au bord de la mer1 mais encore celui des grains dont on pourrait remplir tout l'espace compris entre la terre et les toiles fixes2 et il prouva ce qu'il avanait1 en faisant voir que le cinquantime terme d'une progression dcuple croissante satisfaisait son engagement4 ,il fit plus3 afin de ne laisser sur ce sujet aucune ressource l'imagination la plus fconde1 il imagina un corpuscule dix mille fois plus petit qu'un grain de sable2 il l'appela grain de pavot1 et en forma sa premire mesure4 ,le grain de pavot pris cinq fois fit un grain d'orge1 ou sa seconde mesure1 et avec ces mesures1 le grand homme tablit une suite de nombres qui se perdent dans l'infini4 99 99 99 99 99 ,on connat la petite historiette raconte par ,alsephadi1 auteur arabe1 d'un roi indien qui1 voulant rcompenser magnifiquement ,sessa1 qui avait invent1 pour le distraire1 le jeu que d'autres attribuent ,palamde1 le jeu des checs1 l'invita demander tout ce qu'il pourrait dsirer4 ,sessa demanda seulement autant de grains de bl qu'il y a de cases dans l'chiquier1 en doublant chaque case1 c'est--dire #fd fois4 ,le roi se scandalisa d'une demande qui semblait si peu digne de sa munificence4 ,sessa insista1 et le roi ordonna qu'on le satisft4 ,on n'tait pas arriv au quart du nombre des cases1 qu'on fut effray de la quantit de bl qu'on avait dj2 un peu plus loin1 on trouva que le bl du monde entier n'aurait pas suffi pour rpondre l'exigence de ,sessa4 ,cette singulire demande a suffi pour rendre immortel le nom de ,sessa1 et l'on trouvera sans doute que c'est l de l'immortalit obtenue bon march1 si l'on sait que ce mme ,sessa avait longtemps enseign les mathmatiques ,alexandrie1 o l'ouvrage d',archimde1 ,de numero arenae1 tait certes bien connu4 99 99 99 99 99 ,le gnie des anciens1 qui fut si heureux dans presque toutes les autres sciences1 comme nous le voyons par la grandeur de leurs monuments1 qui supposent une connaissance profonde de la plupart de celles que nous possdons nous-mmes1 ce gnie ne se rvla que d'une manire extrmement modeste pour ce qui regarde l'arithmtique4 99 99 99 99 99 ,nous ne savons pas assez comprendre combien l'invention de l'alphabet est au-dessus de toutes les dcouvertes que l'homme a pu faire4 ,cette invention est fort ancienne chez la plupart des peuples2 et ce qu'il y a de plus remarquable1 c'est qu'elle se fit de prime-abord avec de tels caractres de simplicit1 de perfection1 que tous les sicles se la sont successivement transmise sans y rien ajouter1 sans en rien retrancher4 ,mais si les civilisations historiques possdaient1 pour la langue proprement dite1 des alphabets aussi parfaits que les ntres1 elles taient loin d'avoir1 pour exprimer les nombres1 des caractres aussi simples que ceux que nous possdons4 ,les ,orientaux1 les ,assyriens1 les ,hbreux1 les ,grecs1 n'avaient pour signes de numration que les lettres de leur alphabet2 les neuf premires marquaient les units1 les neuf suivantes les dizaines1 et les autres1 enfin1 les centaines4 ,les signes exclusivement numriques taient peu prs nuls2 un point ou petit trait la suite des lettres leur donnait seul leur valeur numrique4 ,ds que le nombre s'levait dans des proportions un peu considrables1 il fallait employer une quantit de lettres dont la lecture elle-mme exigeait un calcul4 ,on dit que les ,romains imitrent les ,grecs et se servirent aussi de leur alphabet pour exprimer les nombres4 ,telle n'est pas notre opinion4 ,les signes numriques romains ,i1 ,v1 ,x1 ,l1 ,c1 ,d1 ,m ne ressemblent aux caractres alphabtiques que par hasard2 ils ne viennent pas de l'alphabet1 ils sont ns des petites lignes que l'homme primitif dut tracer sur la pierre1 sur le bois1 quand il commena soulager sa mmoire par des signes matriels4 ,dans le principe1 les ,romains n'eurent que trois chiffres3 ,i1 pour exprimer les units2 ,x1 pour exprimer les dizaines2 1 qui devint plus tard ,c1 pour exprimer les centaines4 ,v1 ou cinq1 n'exprima ce nombre que comme tant une moiti de dix1 ,x1 et fut employ assez tard4 ,de mme1 plus tard1 on se servit de ,l pour exprimer cinquante ou moiti de cent1 ou ,c4 ,avant de se servir de ,m pour exprimer mille1 on employait le signe 7,i7 ou 7 ,i 72 pour exprimer cinq cents1 on prit la moiti du signe 7,i71 mille1 c'est--dire ,,ci1 qui devint bientt ,d4 ,les caractres romains1 qui taient encore plus compliqus que les caractres grecs1 rendaient les oprations de l'arithmtique trs-difficiles1 ainsi que l'on peut s'en rendre compte en essayant la plus simple opration avec ces caractres4 ,aussi les ,romains ne se distingurent-ils nullement comme mathmaticiens4 ,lorsque l'administration des finances de l'tat eut pris de larges dveloppements1 ainsi que le commerce1 on fut oblig de recourir des calculateurs grecs1 qui devinrent1 pour ainsi dire1 les matres de la fortune publique et des fortunes prives1 ,rome manquant d'hommes capables pour contrler leurs chiffres4 ,les abus que quelques-uns d'entre eux commirent furent cause que l'on fora ces trangers enseigner leur science aux citoyens romains4 ,le trsor se chargea du traitement de ces professeurs1 qui furent installs dans un vaste difice dont l'unique ameublement se composait de longues tables1 couvertes de sable1 et munies de petites baguettes pour crire les chiffres1 et de rouleaux pour niveler le sable1 mesure que les oprations numriques se renouvelaient4 ,cet emploi conomique du sable1 pour enseigner l'arithmtique1 avait fait donner aux professeurs grecs le nom d'arenarii1 nom qui fut en si grand honneur pendant toute la dure de l'empire4 ,c'est parmi ces arnaires qu'taient ordinairement choisis les hauts fonctionnaires du dpartement des finances4 99 99 99 99 99 ,mais ce n'est pas ,rome que la vraie science s'tait rfugie en abandonnant la ,grce4 ,c'est dans quelques villes de l',asie centrale et de l'gypte qu'elle s'tait choisi des asiles4 ,alexandrie fut le plus clbre4 ,c'est l que ,diophante1 en cherchant simplifier1 rendre mcaniques les oprations arithmtiques1 trouva la mthode qui l'a fait regarder par plusieurs comme le vrai inventeur de l'algbre4 ,cette mthode1 c'est celle de l'analyse indtermine1 dont nous avons fait des applications si curieuses et si utiles1 soit dans l'arithmtique pure1 soit dans l'algbre et dans la gomtrie transcendante4 ,on sait que cette arithmtique universelle de ,diophante fut commente par la clbre ,hypathia1 et fut la source o l',arabe ,mohammed-ben-,musa puisa son algbre4 ,les mathmatiques taient dans l'tat le plus florissant1 depuis l'gypte jusqu'aux ,indes1 lorsque ,mahomet et ses successeurs commencrent exercer dans tout l',orient les immenses dvastations qui ont vou leurs noms l'ternelle excration des sicles4 99 99 99 99 99 ,on suppose gnralement que les fanatiques compagnons des califes n'taient qu'un misrable assemblage de tribus barbares1 compltement trangres aux sciences et aux arts civilisateurs4 ,c'est l une erreur contre laquelle la saine critique a depuis longtemps protest4 ,les sciences mathmatiques1 entre autres1 taient aussi familires aux ,arabes qu'aux gyptiens et aux habitants de l',asie occidentale4 ,l'incendie de la grande bibliothque d',alexandrie1 et-il vritablement t ordonn par ,omar1 au lieu d'tre un simple accident de guerre1 puisque cet vnement eut lieu au moment o la ville fut emporte d'assaut1 il faudrait voir dans cet ordre1 non la volont d'anantir les monuments des sciences proprement dites1 mais celle de faire disparatre les livres des philosophes1 des thologiens1 les livres1 en un mot1 qui pouvaient contenir des principes contraires ceux de l'absurde ,coran4 ,lorsque les diverses nations que les premiers califes avaient runies sous un tendard commun se furent fatigues ravager l',asie et l',afrique1 et ne virent plus devant elles de but matriel digne de leur activit immdiate1 elles se ressouvinrent des sciences et des arts1 dont elles n'avaient oubli ni les principes ni la langue pendant les longs travaux de la guerre4 ,il est peine besoin de rappeler que c'est ces compagnons des califes1 qui ne mritent le nom d',arabes que parce que l',arabie fournit le noyau de l'agglomration guerrire qui se fit en quelques annes une si large place dans le monde1 il est peine besoin de rappeler1 disons-nous1 que c'est aux ,arabes que nous devons la connaissance et peut-tre la conservation des ouvrages d',aristote1 d',euclide1 de ,ptolme1 de ,galien1 d',apollonius1 de l'ouvrage d',archimde1 ,de humido insidentibus1 etc41 etc4 ,l'astronomie fut d'abord la science que les ,arabes s'efforcrent de faire refleurir2 le besoin d'avoir des mesures exactes du temps dirigea ensuite leurs tudes vers la mcanique4 ,pour se faire une ide des succs qu'ils avaient obtenus dans cette dernire science1 il suffit de dire un mot de la fameuse clepsydre que le savant calife ,haroun1 petit-fils du non moins savant calife ,almanzor1 envoya en prsent notre roi ,charlemagne en #gii4 ,cette clepsydre ou horloge d'eau tait d'un mcanisme vritablement merveilleux1 s'il faut s'en rapporter la description qu'en ont donne plusieurs auteurs4 ,sur le cadran de cette horloge taient pratiques douze portes1 qui marquaient la division des heures2 chacune d'elles s'ouvrait l'heure qu'elle indiquait pour donner passage de petites boules tombant sur un timbre d'airain frappant les heures4 ,elles demeuraient ouvertes jusqu' la douzime heure1 et alors douze petits cavaliers sortaient ensemble1 faisaient le tour du cadran1 refermaient les portes1 etc41 etc4 ,les ,arabes ne se servirent longtemps que de caractres grecs pour exprimer les nombres1 et ils comprenaient1 comme l'avaient compris tous les anciens mathmaticiens1 qu'un bon alphabet manquait encore la science des nombres4 ,on suppose qu'ils n'inventrent les chiffres que vers la fin du ,v,i,i,ie sicle4 ,aprs avoir rduit la langue des nombres dix signes1 ils essayrent1 l'aide de diverses combinaisons1 de faire mcaniquement les principales oprations de l'arithmtique2 mais ils paraissent avoir chou dans ces tentatives4 ,on suppose cependant que le clbre ,alfraganus1 qui crivit des lments d'astronomie autrefois classiques1 mme dans l',occident1 et est auteur des ,traits sur les horloges solaires et sur l'astrolabe1 conservs en manuscrits dans quelques bibliothques1 avait russi composer une machine calcul4 ,l'emploi d'une machine de ce genre1 en effet1 parat seule pouvoir expliquer la rapidit avec laquelle il faisait les calculs les plus longs et les plus compliqus4 ,c'est cette rapidit faire les calculs qui l'avait fait surnommer le calculateur4 ,quoi qu'il en soit1 ce furent les rcits merveilleux que l'on faisait de la science des ,arabes dans l'art de combiner les nombres qui nous valurent l'inestimable importation des chiffres4 99 99 99 99 99 ,gerbert1 avant d'tre moine1 archevque de ,reims1 chancelier de ,france et pape sous le nom de ,silvestre ,,ii1 avait gard1 sur les montagnes d',auvergne1 les troupeaux de son pre4 ,le jeune ptre1 qui dpassa le gnie de son sicle1 au point que la masse de ses contemporains lui donna le nom de ncromancien1 ne songeait qu' se livrer aux distractions de son ge1 lorsque lui vinrent tour tour l'ide de son horloge poids et l'ide de son orgue hydraulique1 inventions qui seules auraient suffi pour immortaliser son nom4 ,pendant que ses compagnons se contentaient de souffler dans leurs chalumeaux1 forms de l'corce des jeunes rameaux1 il avait1 lui1 trouv le moyen de se servir de l'eau d'une fontaine pour produire le vent qui devait faire rendre des sons varis aux siens4 ,le soleil tait son horloge1 lorsqu'il brillait sur l'horizon2 mais quand le jour tait sombre1 il arrivait parfois au jeune ptre de se tromper sur l'heure o il devait conduire son troupeau l'abreuvoir et sur celle o il devait le ramener l'table4 ,les rprimandes paternelles que lui attiraient ces erreurs mirent en travail l'imagination de l'enfant des montagnes1 et quelques jours aprs il avait fabriqu avec son petit couteau une ingnieuse combinaison de cordelettes1 d'axes et de poids qui lui mesurait le temps avec une exactitude satisfaisante1 et devenait le point de dpart de la savante horloge qu'il devait construire plus tard ,magdebourg4 ,graud de ,saint-,cr1 prieur des bndictins d',aurillac1 entendit parler des merveilleux jouets1 fut curieux de les connatre1 et pressentit en les voyant1 la haute destine laquelle tait rserv leur jeune auteur4 ,accueilli dans la clbre abbaye fonde par saint ,graud1 ,gerbert fit de si rapides progrs dans toutes les sciences1 que1 quelques annes aprs1 ses suprieurs1 jugeant qu'ils ne pourraient plus rien lui apprendre1 lui permirent d'aller suivre en ,espagne les leons de quelques professeurs dont la clbrit tait alors universelle4 ,recommand ,borel1 comte de ,barcelone1 il tudia dans cette ville les mathmatiques pendant quinze ou dix-huit mois4 ,l1 comme ,aurillac1 le disciple tait bientt devenu plus savant que ses matres1 et pourtant sa soif de tout connatre tait aussi ardente que jamais4 ,on ne parlait en ,espagne qu'avec une admiration profonde de la science des docteurs musulmans1 qui donnaient des leons publiques ,cordoue et ,sville4 ,malheureusement1 le sjour de ces villes tait alors interdit aux trangers4 ,le jeune bndictin franais ne tint aucun compte des dangers dont on le menaait4 ,il quitta momentanment son habit de religieux1 couvrit sa tte d'un turban1 et suivit tour tour les cours des universits de ,sville et de ,cordoue avec tant d'ardeur qu'au bout d'une anne1 en #ifh1 il revint ,barcelone1 l'esprit rempli de toute la science des docteurs arabes4 ,on nous pardonnera ces dtails si l'on songe que c'est de ce dangereux voyage que ,gerbert rapporta les chiffres4 ,on ne commente pas de semblables conqutes4 99 99 99 99 99 ,gerbert1 non content d'avoir fait l',europe un aussi magnifique prsent1 se livra aux plus incessantes recherches pour rendre ce prsent plus prcieux encore4 ,il avait donn les chiffres et rvl l'art de les combiner1 une plume la main1 le travail de l'esprit aidant2 il eut l'ambition d'pargner l'esprit le soin de faire ces combinaisons1 et voulut confier une machine le soin de les faire4 ,il savait que les ,arabes avaient chou dans toutes les tentatives qu'ils avaient faites pour crer une machine calcul2 mais les insuccs de ses matres stimulaient son ardeur1 bien loin de le rendre timide dans ses efforts4 ,le dsir impatient d'arriver la dcouverte de l'introuvable machine le porta1 pendant son sjour ,rome1 devenir apprenti tourneur4 ,il lui semblait que tout lui deviendrait possible1 lorsqu'il pourrait faonner de ses propres mains ses cylindres1 ses poulies1 ses roues dents1 etc41 etc4 ,esprances vaines6 ,son habilet dans l'art du tourneur ne lui servit que pour la construction de ses sphres1 de son horloge1 et pour le percement des tubes dont il avait besoin pour ses observations astronomiques et pour ses orgues hydrauliques4 ,nous ignorons comment taient combines les diverses machines calcul que ,gerbert essaya de construire4 ,cependant il est trs-supposable que sa rhytmomachie et son abacus taient des lments qui devaient intervenir dans les machines dont il avait coeur d'enrichir le domaine de la science4 ,son livre sur la multiplication1 adress son ami ,constantin1 moine de ,fleury1 et son livre sur la division paraissent de mme n'tre que des combinaisons imagines pour tre excutes mcaniquement4 99 99 99 99 99 ,le premier essai de machine calculer que nous trouvons aprs celui de ,gerbert est ce qu'on a appel la tte parlante d',albert surnomm le ,grand4 ,on avait trouv dans quelques manuscrits que ce laborieux dominicain avait fait une tte d'airain qui rpondait sans hsiter toutes les questions qu'on pouvait lui adresser1 et les critiques ont dit avec raison que c'tait l un conte absurde1 attendu qu'une tte artificielle ne peut pas avoir de raisonnement suivi4 ,s'ils avaient eu un peu plus d'rudition1 ces critiques auraient su que le fait de la tte d'airain est vrai2 seulement1 au lieu de rpondre toutes les questions1 elle se bornait rpondre des questions sur les nombres2 seulement encore1 au lieu de prononcer ses rponses1 elle les prsentait crites entre ses lvres entr'ouvertes1 l'aide de rubans mus par un mcanisme intrieur4 ,en d'autres termes1 la tte d'airain1 construite par ,albert le ,grand1 tait tout simplement une machine calculer1 excutant quelques additions et quelques multiplications composes d'un petit nombre de chiffres4 ,roger ,bacon1 contemporain d',albert le ,grand1 construisit1 lui aussi1 une tte d'airain qui rpondait certaines questions4 ,elle a t ridiculise comme celle du religieux allemand4 ,c'est avec aussi peu de fondement2 car cette tte de ,roger ,bacon n'tait qu'une machine calculer1 faite en rivalit de celle d',albert le ,grand4 ,il est presque inutile de dire qu'en enfermant dans une tte le mcanisme l'aide duquel se droulaient les rubans numrateurs1 on avait pour unique but de faire paratre plus extraordinaires les rponses arithmtiques qui venaient apparatre entre les lvres de la tte d'airain1 dont le mcanisme tait m par quelque pdale cache sans doute4 ,si nous mentionnons ces essais de machines calculer1 c'est qu'il importe de montrer que1 dans tous les ges1 le dsir de faire mcaniquement les oprations de l'arithmtique a t l'une des ambitions des savants les plus minents4 99 99 99 99 99 ,ayant hte d'arriver nos temps modernes1 nous ne raconterons pas les tentatives que firent1 pour dcouvrir une machine calculatrice1 des savants d'un ordre lev1 ,pise1 ,milan1 ,lisbonne1 ,constantinople1 ,ollmtz1 ,erfurt1 ,halle1 ,bergame1 ,tubingen1 ,zurich1 ,stralsund1 ,odense1 ,leyde1 ,aberdeen1 etc41 etc4 ,insuccs partout et toujours1 et esprance d'arriver la dcouverte sans cesse vivante3 voil le rsum de l'histoire dont nous esquissons les principaux traits4 ,vers l'an #adfj1 un clbre mathmaticien allemand1 ,jean ,muller1 plus connu sous le nom de ,rgiomontan1 avait dcouvert l'art de substituer aux fractions ordinaires la division des nombres par #aj;e1 #ajj;e1 #ajjj;e et donn sa mthode le nom d'arithmtique dcimale4 ,cette heureuse simplification ne fit pas disparatre l'ancienne manire d'oprer avec les parties de l'unit2 mais elle resta dans la mmoire des savants1 et quelques-uns en comprirent les avantages4 ,de ce nombre fut le baron ,nper1 seigneur cossais4 ,comprenant tout le parti que l'on pouvait tirer du calcul dcimal1 ce savant entreprit d'en faire la base d'une machine l'aide de laquelle il esprait pouvoir excuter sans effort d'esprit toutes les oprations de l'arithmtique4 ,le mcanisme de cette machine est inconnu4 ,on sait seulement que l'appareil avait la forme d'une caisse carre2 que cette caisse contenait dix ranges de petits cylindres1 et que1 sur chacun de ces cylindres tait enroul un ruban sur lequel taient tracs les neuf chiffres significatifs et le zro4 ,le fonctionnement de cette machine ne rpondit pas aux esprances de l'inventeur2 mais celui-ci ne fut nullement dcourag par cet chec4 ,il chercha des combinaisons mcaniques nouvelles1 et arriva la dcouverte de la mthode qu'il nomma rabdologie 7du grec rabdos1 baguette1 planchette74 ,elle consiste faire des calculs avec de petites baguettes en forme de pyramides rectangulaires1 dont chaque face contient une partie de l'abaque ou table ordinaire de la multiplication4 ,cette table est divise en neuf petites lames1 dont chacune a neuf cellules4 ,la premire de ces cellules contient l'un des caractres simples1 depuis #a jusqu' #i4 ,les autres cellules renferment les produits des multiplications du chiffre qu'elles portent en tte par chacun des nombres simples2 en combinant ensemble ces baguettes1 on fait les principales rgles de l'arithmtique4 ,cette combinaison n'est pas difficile faire4 ,ce qu'il y a d'embarrassant1 c'est la recherche de la baguette dont on a besoin pour l'opration que l'on veut faire4 ,c'est cet inconvnient qui fit regarder la rabdologie de ,nper comme une chose purement ingnieuse4 99 99 99 99 99 ,le savant cossais avait fait excuter tous les plans de ses machines calculer par un trs-habile constructeur d'instruments de mathmatiques1 ,juste ,byrge1 qui tait en mme temps un trs-savant gomtre1 et qui fut l'inventeur du compas de proportion4 ,ce ,juste ,byrge tait un homme simple1 et d'une si grande modestie1 qu'il ne jugeait pas que ses productions fussent dignes de voir le jour4 ,ce fut bien timidement qu'il avoua au baron cossais qu'il attachait un certain prix une dcouverte qu'il avait faite depuis quelque temps4 ,quelle tait cette dcouverte8 ,c'tait celle des logarithmes4 ,on ne dit pas si ,nper flicita ,byrge de son bonheur2 mais on sait du moins qu'il sut apprcier la valeur d'une semblable invention1 puisque1 quelque temps aprs1 il en fit sa proprit1 et publia sous son propre nom le livre intitul3 ,mirifici logarithmorum canonis descriptio4 ,la priorit de ,juste ,byrge comme inventeur des logarithmes tant un fait depuis longtemps constat par les tmoignages les plus puissants et les plus irrcusables1 il est vraiment trange que tant d'crivains modernes continuent d'attribuer au grand seigneur cossais la dcouverte de l'humble constructeur d'instruments de mathmatiques allemand4 ,pour notre part1 nous n'avons pas cru1 puisque nous avions parler de ,nper1 pouvoir nous dispenser de rappeler les circonstances1 malheureusement trop peu connues1 qui lui ont valu sa gloire immrite4 ,un honneur que nous ne refuserons pas ,nper1 c'est celui d'avoir eu l'ide du point de dpart1 assez loign1 il est vrai1 de la clbre machine calculer de ,pascal4 ,voici comment3 99 99 99 99 99 ,nous avons dit que le systme rabdologique du baron cossais avait t abandonn1 cause de la difficult de trouver promptement la baguette qui est ncessaire pour l'opration que l'on veut faire4 ,un homme de mrite1 ,petit1 intendant des fortifications1 qui avait tudi avec beaucoup d'attention la mthode de ,nper1 vit avec peine que l'on abandonnt cette invention et chercha la ramener une pratique plus facile4 ,quelques annes auparavant1 un savant jsuite allemand1 ,gaspard ,schott1 avait eu l'ide de coller les btons de ,nper sur plusieurs cylindres oblongs1 et mobiles autour de leur axe4 ,le principe qui avait prsid la construction de la machine de ,schott n'tait peut-tre pas mauvais2 mais les cylindres1 qui fonctionnaient bien isolment1 donnaient des rsultats inexacts lorsqu'ils devaient marcher ensemble2 l'inventeur dsespra de pouvoir perfectionner sa machine et l'abandonna4 ,petit se contenta d'un seul cylindre et le fit semblable celui des orgues de ,barbarie4 ,ayant ensuite trac sur des lames de carton les tables de ,pythagore1 il ajouta ces lames sur le tambour1 de manire qu'elles pussent glisser paralllement son axe1 au moyen d'un bouton que chacune d'elles portait2 mais cette machine1 enferme dans une petite bote1 exigeait un vritable apprentissage pour la manoeuvre des boutons et prsentait d'autres inconvnients qui empchrent qu'elle ne ft accueillie4 ,cependant ,pascal fut curieux de la voir4 ,il trouva que les lments en taient utilisables et promit ,petit de chercher s'il serait possible de perfectionner les organes de cet appareil4 ,petit tait dj l'ami de ,descartes1 il devint bientt celui de ,pascal4 ,on sait qu' la suite de la dcouverte de ,torricelli1 ce fut ,petit qui fit les premires expriences sur le vide4 ,ce que l'on sait moins1 c'est que ce fut sur la prire de ,petit que ,pascal tudia la question de la pesanteur de l'air et fit faire par son beau-frre ,perrier les fameuses expriences du ,puy-de-,dme4 ,il est bien entendu que si l'ide d'expriences faire1 pour dmontrer la pesanteur de l'air1 appartient l'intendant des fortifications de ,france1 au gographe du roi1 la mthode d'aprs laquelle ces expriences furent faites fut cre par le gnie seul de ,pascal4 ,n'ayant pu corriger les vices organiques de la rabdologie de ,petit1 ,pascal entreprit de construire une machine arithmtique d'aprs un systme qui lui serait propre4 ,la machine calculer de ,pascal1 que compliquent tant de rouages1 tant de poids1 qui a besoin d'un si grand nombre d'organes pour produire des rsultats si limits1 a t dcrite dans trop de livres pour que nous jugions utile d'en donner une description nouvelle4 ,nous nous contenterons de dire que cette machine fut1 entre toutes les crations du grand homme1 celle qui fatigua le plus son gnie1 qui lui fit prodiguer les veilles les plus longues1 qui lui fit faire1 voulons-nous dire1 une plus rapide dpense de vie4 99 99 99 99 99 ,la machine de ,pascal fut regarde comme une conception merveilleuse2 mais elle tait trop incomplte et trop complique pour pouvoir prendre rang parmi les instruments de mathmatiques usuels4 ,l'un des plus ingnieux mcaniciens de l'poque1 ,grillet1 horloger de ,louis ,,xiv1 eut l'ambition de la simplifier4 ,il travailla dans ce but1 pendant de longues annes1 aid par les conseils de plusieurs membres de l',acadmie des ,sciences1 et parvint enfin1 aprs avoir supprim le tambour et les poids de ,pascal1 disposer sur les roues les lames porte-chiffres1 de telle sorte qu'en tournant ces roues d'un ct il oprait l'addition1 et qu'en les tournant du ct oppos il faisait la soustraction4 ,cette machine aurait eu une vritable valeur si elle avait pu servir pour des additions et des soustractions composes de chiffres indfinis2 mais elle ne pouvait oprer qu'avec un nombre de chiffres trs-limit1 et ds lors elle n'tait plus qu'un simple objet de curiosit4 ,l'auteur lui-mme la jugea telle1 puisqu'il n'en construisit qu'une seule1 qu'il montrait fonctionnant au public1 et prix d'argent4 ,le mcanisme de cette machine est inconnu4 ,grillet1 dans ses ,curiosits mathmatiques1 a bien dcrit l'extrieur de sa machine2 mais il n'a rien dit de sa construction intrieure4 ,le ,journal des ,savants de l'anne #afgh suppose que tout le secret de la machine de ,grillet consistait dans une ingnieuse disposition1 sur de petits cylindres1 des lames de la table de ,pythagore4 99 99 99 99 99 ,l'abb ,conti1 clbre mathmaticien1 a dit de ,leibnitz3 ,il voulut surpasser tous les mathmaticiens4 ,il n'est presque point d'objet dans la vie civile pour lequel il n'et invent quelque machine1 mais aucune ne russit4 ,l'admiration qu'avait excite1 en ,europe1 la machine de ,pascal1 regarde comme un effort de gnie qui ne pouvait que trs-difficilement tre gal1 excita l'envie de ,leibnitz4 ,ce savant tait alors l'apoge de sa gloire4 ,l'empereur d',allemagne1 le czar de ,russie1 l'lecteur de ,brandebourg1 tous les princes d',allemagne lui avaient prodigu les dignits et les pensions2 toutes les ,acadmies de l',europe se faisaient gloire de le compter au nombre de leurs membres associs1 et cependant il ne se trouvait pas heureux2 au milieu de toutes ces glorifications1 la machine de ,pascal lui donnait des insomnies2 il rsolut de crer une machine rivale de celle du savant franais4 99 99 99 99 99 ,philosophie1 physique1 chimie1 mathmatiques1 correspondances savantes1 relations avec les souverains1 il mit tout de ct pour recueillir ses forces1 pour mettre tout son temps et tout son gnie au service de son ambition nouvelle4 ,pendant prs de quatre ans il ne vcut gure que pour cette ambition1 c'est--dire que pour la machine calculer qu'il voulait opposer celle de ,pascal4 ,ds qu'il eut imagin la premire combinaison de cette machine1 il en envoya1 pour prendre date1 les plans la ,socit royale de ,londres4 ,d'aprs ces plans1 la machine devait excuter les quatre rgles de l'arithmtique4 ,quelque temps aprs1 il prsenta cette mme machine l',acadmie des ,sciences de ,paris4 ,il avait dpens pour la construire environ #ajj1jjj francs1 somme qui indique bien quel prix il attachait une oeuvre de ce genre1 quand on sait que l'avarice est le plus grand vice que l'histoire ait eu lui reprocher4 ,sa machine fut trouve trs-imparfaite dans son excution1 d'un jeu peu sr et n'allant pas au del d'une addition et d'une soustraction composes de quatre chiffres4 ,pour comble de malheur1 comme ,grillet s'tait dfait de sa machine1 sans que l'on st comment1 on supposa que ,leibnitz en tait devenu l'acqureur indirect1 et l'avait copie d'une manire presque servile4 ,cette accusation1 trs-timidement nonce d'abord1 fut formule trs-explicitement1 lorsque ,keill l'accusa la face de l',europe de se dire tort l'inventeur du calcul diffrentiel et se fit fort de prouver qu'il avait drob cette invention ,newton4 ,on sait que1 ,leibnitz ayant dnonc cette accusation la ,socit royale de ,londres et l'ayant prise pour juge1 la ,socit royale dcerna l'honneur de la dcouverte du calcul diffrentiel ,newton4 ,ce procs de priorit1 malgr le jugement de la ,socit royale1 est toujours pendant devant l'histoire2 mais un fait est trs-certain3 c'est que la machine calculer de ,leibnitz ne valait pas mme celle de l'horloger ,grillet4 ,l'instrumentum mathematicum universale de ,riler n'est pas1 proprement parler1 une machine4 ,c'est tout simplement une modification de la rgle calculer d',edmond ,gnther4 ,gnther avait transport les logarithmes sur une chelle linaire1 au moyen de laquelle on pouvait1 par une ouverture de compas1 obtenir le rsultat d'une multiplication ou d'une division4 ,la rgle de ,riler ne diffre de celle de ,gnther que par sa forme1 qui est semi-circulaire4 ,en #afgc1 ,samuel ,moreland publia ,londres un petit livre intitul3 ,description et usage de deux instruments d'arithmtique4 ,ces deux machines n'ont probablement jamais t construites et ne mritent pas de l'tre4 ,l'auteur de la colonnade du ,louvre et de l',observatoire1 qui tait plus qu'un maon1 n'en dplaise ,boileau1 ,perrault1 qui tait aussi habile mcanicien que grand architecte1 composa avec de petites rgles1 portant chacune des sries de chiffres places l'une la suite de l'autre1 une machine calculer fort ingnieuse1 mais qui ne pouvait tre qu'un simple objet de curiosit4 ,le dessin et la description s'en trouvent dans le premier volume des ,machines approuves par l',acadmie des ,sciences4 ,le marquis ,giovanni ,poleni1 le clbre professeur d'astronomie et de mathmatiques de ,padoue1 le restaurateur1 pour ne pas dire le crateur de l'architecture hydraulique1 ,poleni1 qui1 grce sa connaissance de tous les secrets de la mcanique1 eut la gloire de consolider la basilique de ,saint-,pierre de ,rome1 sans rien changer sa valeur artistique1 et aprs que tous les architectes consults par ,benot ,,xiv eurent dclar que le chef-d'oeuvre du gnie de ,michel-,ange ne pouvait tre consolid qu' la condition d'tre rdifi sur des fondements nouveaux2 ,poleni1 que les rois faisaient consulter pour tous leurs grands travaux2 ,poleni1 le correspondant aim de ,newton1 de ,leibnitz1 de ,bernouilli1 de ,wolf1 de ,mairan1 de ,cassini1 de ,manfredi1 de ,s',gravesande1 de ,muschenbrock1 etc41 qui lui donnaient gnralement le nom de matre1 ,poleni entreprit1 lui aussi1 de construire une machine calculer4 ,wolf1 qui il avait fait part de son projet1 lui crivit de ,halle3 ,je fais des voeux d'autant plus ardents pour votre succs1 que votre chec dtournerait ternellement tous les savants de rentrer dans une voie que vous n'auriez pu parcourir jusqu'au bout4 ,poleni suivit jusqu'au bout la voie dans laquelle il tait entr1 c'est--dire excuta sa machine2 mais les plans et la description qu'il nous en a laisss1 dans ses ,miscellanea1 nous montrent qu'il ne fut pas plus heureux que ses devanciers4 ,les craintes de ,wolf ne se ralisrent pas2 l'insuccs de ,poleni ne dcouragea personne1 ainsi qu'on le verra par la suite de cette liste des chercheurs de l'introuvable machine4 ,leupold1 le grand ingnieur des mines du roi de ,pologne1 l'auteur de la prcieuse collection intitule ,theatrum machinarum1 l'inventeur heureux de tant d'instruments de mathmatiques1 ayant chou dans ses premires tentatives pour crer une machine calculer qui n'empruntt rien aux machines antrieures1 finit par recourir au tambour de ,petit4 ,il le rendit plus commode en le faisant dcagonal1 de cylindrique qu'il tait1 puisqu'il supprima par l les rainures pour le glissement des baguettes2 mais ce travail n'ajouta rien sa gloire1 et la machine calculer restait toujours trouver4 ,sera-ce ,clairaut1 grand gomtre ds l'ge de douze ans1 et membre de l',acadmie des ,sciences dix-huit1 qui fera la merveilleuse dcouverte8 ,non4 ,il mettra dans cette recherche toute sa science1 toute son ardeur1 tout son gnie2 mais tous ses efforts seront impuissants et il brisera toutes les poulies1 tous les rouages1 tous les ressorts de sa machine1 en disant3 ,dlivrons-nous de la prsence de ces tmoins1 qui me rappelleraient sans cesse que j'ai travaill pendant dix-huit mois faire des arithmticiens de ces morceaux de bois et de cuivre4 ,il nous est cependant rest l'une des combinaisons qui s'taient prsentes l'esprit de ,clairaut1 pendant qu'il travaillait sa machine calculer4 ,nous voulons parler de sa planchette trigonomtrique1 figure et dcrite dans le #e;e volume des ,machines de l',acadmie des ,sciences1 et destine remplacer les tables des logarithmes et rsoudre les triangles sans calcul4 ,michal ,poetius a dcrit un instrument compos de cercles concentriques mobiles1 qui semble n'tre qu'une modification de la rabdologie de ,nper et ne peut pas rendre plus de services que la table de ,pythagore4 ,aussi l'appelle-t-on ,mensula pythagorica4 ,la nouvelle disposition de la table de ,pythagore par de ,man est dcrite dans les ,machines de l',acadmie des ,sciences et facilite plusieurs calculs2 mais ce n'est pas l1 proprement parler1 une machine4 ,nous dirons la mme chose de l'chelle coulisse de ,ch4 ,leadbetter1 dont ,jones s'attribua ou se laissa attribuer plus tard l'invention4 ,la machine de ,lpine1 le clbre horloger franais1 attira un instant l'attention des savants2 mais on reconnut bientt que ,lpine n'avait fait que simplifier dans sa construction la machine de ,pascal et lui avait laiss tous les inconvnients qui la rendent impropre toute espce de service4 ,cette machine est dcrite dans le #d;e volume des ,machines de l',acadmie4 ,hillerin de ,boistissandeau fut moins imitateur que ,lpine4 ,il modifia profondment les organes de la machine de ,pascal1 en retrancha quelques-uns1 en ajouta d'autres1 se montra fort ingnieux dans ses combinaisons2 mais1 au rsum1 il resta1 comme tous ses devanciers1 une distance norme en de du but qu'il s'tait propos d'atteindre4 ,et pourtant ce ne fut pas le courage qui lui fit dfaut1 ainsi que nous en avons la preuve dans le #e;e volume des ,machines de l',acadmie des ,sciences1 puisque1 sa premire machine n'ayant pas russi1 il en construisit une seconde1 d'aprs un systme nouveau4 ,vers le mme temps1 de ,salamanque1 de ,palerme1 de ,mantoue1 de ,berlin1 de ,leipsick1 etc41 on annonait la dcouverte de machines calculer1 qui tombrent immdiatement dans l'oubli4 ,celle qui fut prsente en #agce la ,socit royale de ,londres1 par ,gorsten1 occupa l'attention de l',europe un peu plus longtemps4 ,elle n'oprait que l'addition et la soustraction1 fonction remplie par plusieurs machines antrieures1 mais d'une manire plus complique4 ,elle tait compose d'une suite de crics dont chacun tait m par une toile ou pignon1 et poussait l'toile suivante d'un dixime4 ,le dessin et la description de cette machine se trouvent dans le #i;e volume des ,philosophical ,transactions4 ,la machine arithmtique que ,pereire prsenta l',acadmie des ,sciences de ,paris1 en #agej1 et dont le ,journal des ,savants nous a conserv la description1 se composait de petites roues de buis ou cylindres trs-courts enfils par un mme axe4 ,les chiffres taient crits sur le pourtour de chacune de ces roues1 qui taient enfermes dans une bote4 ,sur le dessus de cette bote taient pratiques autant de rainures qu'il y avait de roues4 ,chaque rainure avait en longueur le tiers de la roue qui lui correspondait4 ,une aiguille passe dans la rainure servait pour faire tourner la roue1 etc4 ,avec cette machine on pouvait faire un certain nombre d'oprations1 mais moins rapidement qu'avec la plume4 ,les deux machines qu'inventa lord ,mahon1 comte de ,stanhope1 ont eu une assez grande rputation en ,angleterre4 ,l'une servait pour faire l'addition et la soustraction1 l'autre pour la multiplication et la division4 ,le comte de ,stanhope1 qui conquit au profit de l',angleterre l'le ,minorque et dut son titre de lord ,mahon la prise de ,port-,mahon2 lord ,stanhope1 le gnralissime des annes anglaises en ,espagne1 qui n'avait remport que des victoires1 jusqu'au jour o il se trouva en face du duc de ,vendme1 qui le vainquit et le fit prisonnier avec #e1jjj ,anglais2 lord ,stanhope1 dis-je1 n'tait pas seulement un grand capitaine1 il tait encore un savant d'un ordre lev4 ,ayant d'abord eu la passion des langues1 il avait appris en trois annes toutes celles qui se parlent en ,europe4 ,l'ambition de devenir un nouvel ,archimde s'tant ensuite empare de lui1 il s'tait mis tudier l'ancienne balistique et la mcanique avec une ardeur incroyable4 ,cette tude n'aurait t qu'un plaisir pour lui1 si elle avait exig moins de calculs2 mais les incessantes colonnes de chiffres qu'elle consomme fatiguaient1 puisaient sa patience4 ,il chercha donc savoir si1 parmi les nombreuses machines arithmtiques qui avaient t imagines1 il ne s'en trouverait pas une qui ft propre lui pargner le fatigant travail du calcul numrique4 ,aucune de ces machines ne l'ayant satisfait1 il entreprit d'en construire une lui-mme4 ,il essaya un nombre de combinaisons infini1 garda pendant plusieurs annes son service des mcaniciens qui travaillaient uniquement l'excution de ses plans1 sans cesse changs ou modifis1 et ne s'arrta1 en fin de compte1 qu'aux deux machines compliques1 incompltes1 inutilisables1 que nous avons mentionnes4 ,vers le mme temps1 ,matthieu ,hann1 pasteur de ,kornswestheim1 prs de ,ludwigsbourg 7,wurtemberg71 aprs de longues annes de travail et de grandes dpenses1 montra une machine arithmtique avec laquelle il excutait des oprations fort difficiles4 ,cette machine commena par exciter un tonnement gnral2 mais bientt on reconnut que les calculs excuts avec cet instrument taient trs-limits1 trs-inexacts2 l'invention de ,hann fut abandonne4 ,on n'en connat pas la structure intrieure1 le ,mercure de ,wieland n'en ayant dcrit que la forme extrieure4 ,la machine que construisit1 bientt aprs1 le capitaine du gnie ,mller tait plus exacte que celle de ,hann1 mais tait aussi incomplte4 ,l'auteur donne la description de la forme extrieure de sa machine et les indications sur la manire de s'en servir1 dans sa brochure intitule3 ,description d'une nouvelle machine4 ,la machine arithmtique dite de ,diderot tant longuement dcrite dans la grande ,encyclopdie1 nous n'en dirons rien4 ,nous nous contenterons de rappeler que presque tous les savants de l',encyclopdie sont aujourd'hui rputs avoir contribu de toute leur science1 de tout leur gnie1 la cration de cette lourde machine1 dont la mmoire de ,diderot a seule longtemps support la responsabilit4 ,l'instrument invent par ,prahl et connu sous le nom d',arithmetica portabilis1 n'est qu'une sorte de reproduction de la ,mensula pythagorica de ,michal ,poetius4 ,il n'en diffre qu'en ceci3 les cercles mobiles sont beaucoup plus grands et portent des chiffres qui vont de #a #ajj1 de sorte qu'au moyen de cette machine on peut additionner et soustraire jusqu'au nombre #ajj4 ,la machine calculer dont ,gruson donne la description dans une brochure qu'il publia en #agij1 ,hagdebourg1 n'est galement qu'une imitation de la ,mensula pythagorica et consiste dans un disque de carton1 avec index au milieu4 ,en #agig1 ,jordans publia ,stuttgart une brochure portant pour titre3 ,description de plusieurs machines calcul1 inventes par ,jordans4 ,cette brochure ne fait gure que reproduire1 sous des formes modifies1 le promptuarium de ,nper4 ,en #agie1 ,leblond avait transport sur un cadran les divisions logarithmiques de ,gnther2 mais cette modification ne constitue pas une machine proprement dite4 ,il faut en dire autant de l'arithmographe que ,gottey construisit en #ahaj1 qui n'est galement qu'une forme nouvelle1 la forme circulaire1 donne l'instrument de ,gnther4 ,il faut en dire autant des rgles logarithmiques de ,mountain et de celles de ,makay2 autant des rgles de ,scheflelt et de la double rgle de ,lambert2 autant de la rgle coulisse de ,lenoir1 qui n'est que la reproduction de celle1 non pas de ,jones1 qui n'tait lui-mme qu'un reproducteur1 mais de ,ch4 ,leadbetter4 ,la ,socit royale des ,sciences1 de ,varsovie1 fut appele1 en #ahad1 examiner une vritable machine arithmtique1 c'est--dire propre excuter les quatre rgles4 ,l'auteur de cette invention1 ,abraham ,stern1 s'tait montr trs-ingnieux dans la conception et la construction de sa machine2 cependant1 malgr ses savantes combinaisons1 il n'avait pu russir lui donner les qualits exiges des crations de cette espce4 ,sa machine tait trs-complique1 trs-difficile manoeuvrer et exigeait une attention plus fatigante que celle des calculs faits la plume4 ,elle fut abandonne4 ,la fameuse machine de ,babbage n'est pas1 proprement parler1 une machine arithmtique1 puisqu'elle n'excute pas les quatre rgles de l'arithmtique4 ,cet appareil1 infiniment compliqu et excessivement volumineux1 n'est destin qu' donner les diffrents termes d'une srie qui procde par diffrences4 ,babbage l'a construite ou plutt a commenc la construire en #ahba1 sur l'invitation du gouvernement anglais4 ,celui-ci voulait qu'elle pt calculer les tables mathmatiques et astronomiques4 ,l'ingnieur anglais1 aprs avoir travaill cette machine pendant plus de douze ans1 et y avoir dpens #ag1jjj livres sterling 7#dbe1jjj francs71 dues1 en partie1 la munificence du roi ,georges ,,iii1 n'tait arriv en #ahcc qu' l'excuter pour trois colonnes4 ,depuis ce temps1 ,babbage a paru ne plus s'en occuper4 ,est-ce parce que les mouvements excessivement lents de cette machine ne permettaient pas d'en attendre ultrieurement des rsultats utiles8 ,est-ce parce que le demi-million qu'il faudrait encore dpenser pour l'excuter sur une grande chelle effraie le gouvernement anglais8 ,l'inventeur1 enfin1 se trouve-t-il arrt dans l'excution de son oeuvre par des difficults dont ne peuvent triompher ni sa science ni son gnie8 ,sans chercher une rponse ces questions1 contentons-nous de dire que depuis #ahcc la machine de ,babbage est reste l'tat de promesse1 et que rien n'en annonce la ralisation ultrieure4 ,quelque temps aprs que ,babbage eut fait connatre que sa machine avait reu un commencement d'excution1 un ,sudois1 ,m4 ,schentz1 annona qu'il avait1 de son ct1 invent une machine pour la formation des sries4 ,cette machine n'a pas t excute1 et l'auteur n'en a pas fait connatre le mcanisme4 ,aprs que le brevet d'invention que ,m4 ,thomas de ,colmar avait pris en #ahbb fut expir et eut t publi1 les annonces d'inventions de nouvelles machines calculer se multiplirent d'une manire inoue jusque-l4 ,il y eut telle anne o il fut pris jusqu' quatre brevets d'invention pour machines de cet ordre4 ,tous ces brevets montrent que les inventeurs qui vont rchauffer leurs inspirations dans le recueil des inventions tombes dans le domaine public1 et qui1 quelquefois mme1 n'attendent pas si longtemps pour se procurer le secours du gnie d'autrui1 ne s'taient pas fait faute de faire l'arithmomtre des emprunts plus ou moins habilement dguiss4 ,parmi ces inventions de seconde main1 les unes sont peu prs restes l'tat de projet2 les autres n'ont profit qu'aux mcaniciens par qui les inventeurs les ont fait construire1 et sont alles aux mains du ferrailleur4 ,cependant1 depuis l'invention de l'arithmomtre1 trois autres machines calculer1 recommandables par d'autres qualits que celles de l'imitation1 ont t excutes4 ,la premire1 c'est l'additionneur de ,m4 le docteur ,roth4 ,cette machine est fonde sur le mme principe que celle de ,pascal2 mais ses roues ne marchent pas de la mme manire4 ,dans la machine de ,pascal1 les roues se commandent1 comme on dit en mcanique1 elles marchent ensemble4 ,dans la machine de ,m4 ,roth1 elles sont indpendantes2 l'une ne marche qu'aprs que celle qui la prcde a accompli son mouvement4 ,le mcanisme de ,pascal est fond sur la transmission simultane2 celui de ,m4 ,roth1 sur la transmission successive4 ,le premier exige d'autant plus de force pour tre manoeuvr1 que les roues sont plus nombreuses2 le second n'exige jamais que la mme force1 quel que soit le nombre des roues4 ,en somme1 la machine de ,m4 ,roth est une bonne machine pratique2 malheureusement1 elle ne peut servir que pour faire les additions4 l',exposition de l'industrie de #ahdi1 une nouvelle machine calculer3 l'arithmaurel1 fut prsent par ,,mm4 ,maurel et ,jayet4 ,cette machine1 ainsi que l'a reconnu l',acadmie des sciences1 en la jugeant digne du prix de mcanique de la fondation ,monthyon1 excute trs-bien les quatre principales oprations de l'arithmtique2 mais1 comme l'a dit ,m4 ,mathieu1 il est craindre que les combinaisons mcaniques trs-ingnieuses1 mais trs-dlicates1 sur lesquelles elle repose1 n'entranent dans des frais de construction trop levs pour que l'arithmaurel devienne jamais bien usuel4 ,cependant cette machine1 quoique la dlicatesse de ses organes et le prix norme qu'elle coterait1 si elle devait oprer avec un nombre de chiffres un peu considrable1 semblent la condamner n'tre gure qu'un simple objet de curiosit1 n'en fait pas moins beaucoup d'honneur l'imagination et l'habilet mcanique de ,,mm4 ,maurel et ,jayet4 ,c'est une vritable gloire que l'arithmaurel aurait procure ses constructeurs1 s'il pouvait se faire que l'anne #ahbb ne ft pas antrieure l'anne #ahdi1 c'est--dire que l'arithmomtre n'et pas prcd l'arithmaurel de plus de vingt-cinq ans4 ,nous voulons dire par ce qui prcde que ,,mm4 ,maurel et ,jayet ont certainement mis dans la construction de leur machine des combinaisons trs-ingnieuses et dont personne ne songe leur contester la priorit2 mais ils ont donn pour principal organe cette machine de #ahdi le mme organe principal que ,m4 ,thomas de ,colmar avait donn son arithmomtre de #ahbb4 ,en d'autres termes1 la machine de ,,mm4 ,maurel et ,jayet a t construite sur le principe de celle de ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,le ,jury central de l',exposition de #ahdi s'est exprim ainsi par l'organe de son rapporteur3 ,,mm4 ,maurel et ,jayet ont prsent1 sous le nom d'arithmaurel1 une machine calculer1 dans laquelle on retrouve le principal organe de l'arithmomtre de ,m4 ,thomas1 savoir3 des cylindres cannels et des arbres parallles sur lesquels glissent des pignons destins reprsenter des nombres4 ,le ,comit des arts mcaniques de la ,socit d'encouragement pour l'industrie nationale disait1 dans sa sance du #ab mars #ahea1 dans un rapport la suite duquel une mdaille d'or fut dcerne ,m4 ,thomas de ,colmar3 ,ces organes de la machine de ,,mm4 ,maurel et ,jayet sont rellement les organes des machines de ,m4 ,thomas1 leurs organes caractristiques4 ,dans la sance de l',acadmie des ,sciences du #aa dcembre #ahed1 une commission compose de ,,mm4 ,cauchy1 ,piobert et ,mathieu1 l'examen de laquelle avait t renvoye la machine perfectionne1 ou plutt la nouvelle machine de ,m4 ,thomas de ,colmar1 reconnaissait galement dans des termes explicites que le principal organe de l'arithmaurel existait ds #ahbb dans la machine primitive de ,m4 ,thomas4 ,nous disons dans la ,machine primitive1 parce que ,m4 ,thomas1 ayant reconnu les inconvnients des cannelures1 les a remplaces1 dans sa nouvelle machine1 par un systme de denture infiniment plus simple et plus doux mouvoir4 ,voici les termes dont se servit ,m4 ,mathieu1 rapporteur de la commission acadmique dont nous venons de parler1 pour rappeler les titres de priorit de ,m4 ,thomas3 ,m4 ,thomas1 en employant des cylindres cannels1 tait parvenu ds #ahbb construire une machine simple avec laquelle on pouvait excuter1 sans ttonnement1 les oprations ordinaires de l'arithmtique4 ,l'ide du cylindre cannel se retrouve dans une machine nomme arithmaurel1 construite postrieurement par ,,mm4 ,maurel et ,jayet1 et pour laquelle ils ont obtenu le prix de mcanique de la fondation ,monthyon4 ,il n'est pas absolument impossible que l'ide des cylindres cannels et des arbres parallles sur lesquels glissent les pignons destins reprsenter les nombres1 se soit prsente en #ahdi l'esprit de ,,mm4 ,maurel et ,jayet1 comme elle s'tait prsente celui de ,m4 ,thomas de ,colmar plus de vingt-cinq ans auparavant2 mais nos rgles de justice1 dans les matires de ce genre1 n'admettent pas des rencontres semblables1 et attribuent tout l'honneur que peut valoir une ide scientifique ou industrielle celui qui l'a authentiquement mise le premier4 ,la troisime machine calculer remarquable qui a paru depuis la publication des plans de celle de ,m4 ,thomas de ,colmar1 est celle qu'un savant constructeur russe1 ,m4 ,staffel1 prsenta l',exposition universelle de ,londres4 ,cette machine excute d'une manire fort satisfaisante les principales oprations de l'arithmtique2 mais l'extrme dlicatesse de son mcanisme et son prix excessif1 si elle devait servir pour des calculs chiffres nombreux1 ne permettent pas de la regarder comme un instrument susceptible d'entrer dans le commerce4 ,quant au principe de cette machine1 il est effectivement le mme que celui de la machine de ,m4 ,thomas de ,colmar1 quoiqu'il soit appliqu d'une manire diffrente1 c'est--dire quoique les cylindres soient verticaux1 au lieu d'tre horizontaux4 ,la machine de ,m4 ,staffel se trouve donc vis--vis de celle de ,m4 ,thomas de ,colmar frappe1 comme l'arithmaurel1 du cachet de la postriorit1 pour nous servir d'un mot qui rserve tous les droits de l'inventeur de l'arithmomtre1 sans prciser d'autre fait que le malheur qu'ont eu ,,mm4 ,staffel1 ,maurel et ,jayet d'avoir t devancs dans la dcouverte du principe qui nous a valu la solution du problme qu'avait strilement cherch le gnie des sicles4 ,il n'a t prsent notre ,exposition universelle que deux machines calculer3 l'arithmaurel et l'arithmomtre perfectionn1 ou plutt le nouvel arithmomtre4 ,les deux machines calcul de l',autriche3 l'une1 expose par ,m4 ,rettembacher1 d',isch1 et l'autre1 par ,m4 ,stach1 de ,trieste1 appartiennent la catgorie des rgles coulisses4 ,une revue scientifique de ,paris avait annonc qu'une vritable machine calculer devait tre expose par un ,sudois2 mais nous croyons savoir que la commission sudoise n'a pas mme entendu parler d'une machine de ce genre4 ,il a t certainement construit bien plus de machines arithmtiques que nous n'en avons mentionn4 ,chez combien de savants1 en effet1 n'a pas d natre l'ambition de rsoudre un problme qui avait vritablement t pos devant le gnie de l'homme ds l'origine de la socit6 ,ds l'origine de la socit1 disons-nous1 puisque1 chez les peuples qui ne sont pas encore ns la civilisation1 nous trouvons un commencement de lutte contre ce problme1 c'est--dire1 l'emploi1 pour calculer plus facilement1 de cordes noeuds1 de tablettes perces de petits trous1 dans lesquels on fait manoeuvrer des chevillettes2 d'espces de damiers calculateurs2 de chapelets de coquillages ou de graines de fruits1 d'abaques plus ou moins lmentaires1 etc4 ,de toutes les tentatives infructueuses qui ont t faites pour arriver la dcouverte d'une vritable machine arithmtique1 nous n'avons pu connatre que celles qui taient regardes comme heureuses par leurs auteurs1 car il n'est pas naturel que l'homme publie des insuccs qui constatent sa faiblesse2 et cependant combien est longue la liste des chercheurs connus de la rebelle machine6 ,quelle tait donc1 au fond1 la grande difficult qu'il s'agissait de vaincre8--,francoeur va rpondre cette question3 ,dans la sance de #bj fvrier #ahbb1 ce savant s'exprimait ainsi devant la ,socit d'encouragement1 dans son rapport sur la machine de ,m4 ,thomas3 ,le dfaut de toutes les machines arithmtiques est de ne se prter qu'a des calculs trs-simples4 ,ds qu'il s'agit de multiplier1 il faut convertir l'opration en une suite d'additions2 ainsi1 pour obtenir #g fois #fdh1 on est oblig d'ajouter d'abord #fdh lui-mme1 puis la somme #fdh1 celle-ci encore #fdh1 etc41 jusqu' ce que #fdh ait t pris #g fois4 quelles longueurs ne faut-il pas se soumettre lorsque le multiplicateur a deux ou trois chiffres6 ,celle de ,m4 ,thomas donne de suite les rsultats du calcul4 ,la plus grande difficult vaincre donc1 difficult contre laquelle le gnie mme de ,pascal a chou1 c'tait de faire porter les retenues sur le chiffre gauche4 ,dans la multiplication de #h par #g1 on ne pose pas le produit #ef1 mais seulement le chiffre #f1 parce qu'on reporte les cinq dizaines sur le produit prochain4 ,le mcanisme par lequel ,m4 ,thomas opre ce passage est extrmement ingnieux2 ce report se fait de lui-mme1 sans qu'on y songe4 ,pour multiplier #fdh par #g1 par exemple1 l'oprateur tire le cordon sans s'embarrasser s'il y a ou non des chiffres retenir1 sans mme savoir ce que c'est1 et il lit de suite le produit #d1ecf4 ,la gloire de ,m4 ,thomas de ,colmar consiste donc essentiellement dans la dcouverte du principe ou1 si l'on veut1 du procd mcanique qui a permis de triompher de la difficult qui avait arrt jusqu' lui tous les chercheurs d'une vritable machine calculer4 ,le principe1 le procd mcanique l'aide duquel se rsout la grande difficult qu'il s'agissait de vaincre ayant t trouv par ,m4 ,thomas1 est modifiable comme toutes les choses matrielles4 ,il est1 par consquent1 facile de construire des machines arithmtiques dont les organes diffrent par la forme1 par le mode de fonctionnement1 de la machine de ,m4 ,thomas4 ,ce qui ne serait pas facile1 ce serait de pouvoir raisonnablement prtendre que le principe fondamental de l'arithmomtre n'a pas t le point de dpart des machines arithmtiques construites dans ces dernires annes4 ,une pareille prtention1 si elle tait mise1 paratrait probablement tout aussi singulire que celle du photographe qui1 ne se servant ni des plaques1 ni des substances1 ni des objectifs employs par ,daguerre et ,niepce1 dnierait ces deux noms une part dans le mrite de ses oeuvres4 99 99 99 99 99 ,le triomphe obtenu par ,m4 ,thomas de ,colmar sur les difficults que la science avait en dernier lieu dclares invincibles1 ne serait pas apprci comme il mrite de l'tre1 si on oubliait que ses devanciers1 dans la recherche de la machine calculer1 n'avaient pas craint de multiplier les organes de leurs machines1 et qu'il s'tait interdit1 lui1 l'emploi de tout mcanisme compliqu4 ,avec un peu d'imagination et de patience1 on peut1 pour ainsi dire1 tout faire en mcanique1 quand on ne se limite pas dans l'emploi des roues1 des pignons1 des chappements1 etc42 mais il faut autre chose que de l'imagination et de la patience pour produire des effets d'une complication et d'une varit infinies avec des moyens simplifis jusqu' l'unit4 ,c'est cette simplicit absolue qui caractrise minemment l'arithmomtre et empche qu'on ne le confonde avec les conceptions qui ne viennent pas en droite ligne du gnie4 ,dans son mmoire officiel sur l'arithmomtre1 un savant ingnieur en chef des ponts et chausses1 ,m4 ,lemoyne1 a dit3 ,les premires locomotives ont excit une surprise qu'on a exprime en les appelant des chevaux de fer1 des machines vivantes4 ,la machine calcul doit exciter une surprise d'une autre sorte1 mais non moins grande1 car c'est un appareil qu'on pourrait appeler machine intelligente444 ,nper apprciait bien l'invention qui a immortalis son nom1 lorsqu'il intitulait son ouvrage3 ,mirifici logarithmorum canonis descriptio4 ,l'invention de ,m4 ,thomas de ,colmar mrite tout autant le titre de mirifique1 ou merveilleuse1 en franais de notre poque4 ,il a fallu autant d'efforts de gnie et de persvrance pour concevoir et perfectionner dans ses nombreux dtails le mcanisme de l'arithmomtre1 que de gnie pour concevoir les proprits des deux progressions par diffrences et par puissances qui forment les logarithmes et de persvrance pour calculer la premire table de logarithmes publie par ,nper444 ,on apprcie d'autant plus le mrite de ,m4 ,thomas1 que l'on voit combien d'esprits minents ont tent sans succs de rsoudre avant lui le problme qu'il a glorieusement rsolu4 ,ayant1 par l'expos des faits qui prcdent1 donn une ide suffisante de l'tendue des difficults qu'il a fallu vaincre pour arriver la dcouverte de l'arithmomtre1 nous allons1 non pas numrer1 mais chercher concevoir quels services ce merveilleux instrument est appel rendre4 ,pour atteindre ce dernier but1 il nous suffira certainement de citer quelques-uns des rsultats mentionns dans le rapport fait le #ab mars #ahea la ,socit d'encouragement de l'industrie4 ,soit1 par exemple1 multiplier le nombre #b1gdi par #c1ieg4 ,en moins de #ah secondes1 l'arithmomtre donne le produit #aj1hgg1gic4 #ag secondes suffisent pour trouver #a1aaa1aaa1jhh1hhh1hhi1 produit de #ii1iii1iii par #aa1aaa1aaa4 ,qu'il s'agisse de soustraire #fi1hci1ihi de #ge1fci1dfh3 un tour de manivelle qui ne dure pas une demi-seconde fait apparatre dans les lucarnes le nombre #e1gii1dgi1 excs du premier nombre sur le second4 ,voici une norme division3 ,dividende3 #i1ahb1gcf1def1dhc1jbb2 diviseur3 #fi1hhi1ihi4 ,en #ge secondes1 l'arithmomtre donne pour quotient #aca1dhb1eja1 et pour reste #cb1iej1ecc4 ,la rduction d'une fraction ordinaire en fraction dcimale se fait instantanment1 et on obtient autant de chiffres dcimaux qu'on en dsire4 ,la somme ou la diffrence d'une suite de produits simples1 telle que ,a ,b ,c ,d ,e ,f etc41 s'obtient aussi trs-rapidement avec l'arithmomtre4 ,mme facilit et mme rapidit pour l'extraction des racines carres et des racines cubiques1 pour l'obtention du quatrime terme d'une proportion2 pour le calcul1 d'aprs la proprit du carr de l'hypothnuse1 du troisime ct d'un triangle rectangle dont deux cts sont donns2 pour la rsolution gnrale des triangles1 avec le concours des tables des lignes trigonomtriques naturelles4 ,avec l'arithmomtre1 on peut galement calculer de la mme manire les formules1 telles que sin a cos b sin b cos a et cos a cos b sin a sin b sin a f cos a tang4 a f et celles --------------- ,q et ------------- ,q1 cos b f sin b #a f tang4 a et autres expressions de forme analogue1 qui se prsentent dans les applications mcaniques4 ,mais c'est surtout dans l'obtention de la plupart des tables numriques et de tous les barmes que l'on trouve dans le commerce de la librairie que l'arithmomtre de ,m4 ,thomas et pu rendre de prcieux services4 ,par exemple1 la table de multiplication dresse par ordre du ministre de la marine et des colonies1 imprime par ,didot jeune1 en l'an ,,viii1 aurait t dicte avec cette machine infiniment plus vite qu'on et pu l'crire1 puisque chaque tour de manivelle en et fourni un des nombres4 ,il en serait de mme de tous les tarifs que l'on aurait calculer ou vrifier4 ,la table des carrs des nombres #a1 #b1 #c1 #d1 #e1 etc41 et pu aussi tre dicte avec une vitesse extrme1 puisqu'en moins de trois minutes ,m4 ,benot1 l'un des savants fondateurs de l'cole centrale des arts et des manufactures1 a fait crire dans les lucarnes de la machine les cinquante carrs #bdjbhajja1 #bdjcabjjd1 #bdjcdcjji1 #bdjcgdjaf1 etc41 #bdahjcejj1 des nombres #aeeja1 #aeejb1 #aeejc1 #aeejd1 etc41 #aeeej4 ,la table des cubes aurait pu tre dicte avec la mme facilit4 ,l'arithmomtre n'est pas seulement applicable certaines interpolations numriques1 il l'est encore la solution de beaucoup de problmes par des ttonnements ou essais successifs qui conduisent assez rapidement un rsultat aussi approch qu'on le dsire4 ,l'extraction des racines #d;e1 #e;e1 #f;e1 etc41 d'un nombre donn est dans ce cas4 ,m4 ,benot l'a appliqu au calcul de la formule d',arago et ,dulong1 p #a1jcc 7#j1bhdg #j1jjgaee t7#e1 donnant la pression p de vapeur sur une surface de #a centimtre carr1 en fonction de sa temprature t4 ,pour t #abh1h1 il l'a conduit1 en cinq minutes1 p #b kil4 #fchbbfgcde1 et pour t #bfe1hi p #ea kil4 #fijdgbdcf4 ,au lieu de ces valeurs exactes1 on lit respectivement dans les tables ordinaires1 les nombres #b kil4 #ehb et #ea kil4 #fej qui en diffrent sensiblement4 ,l'arithmomtre cote #cjj fr41 a dit1 dans les ,annales des ponts et chausses1 le savant ingnieur en chef dont nous avons dj parl1 ,m4 ,lemoyne2 c'est trente fois plus que ne cote une table des logarithmes4 ,cette proportion considrable est cependant dpasse de beaucoup1 si on value l'utilit pratique des deux choses4 ,j'ai ma disposition des tables de logarithmes et un arithmomtre4 ,c'est tout au plus si trois ou quatre fois par an je me sers des tables1 tandis que c'est trois ou quatre fois par semaine que j'emploie l'arithmomtre4 ,le rapport d'utilit serait1 d'aprs cette exprience personnelle1 d'environ #a #ej4 ,le mme savant1 refusant de mettre en doute l'avenir rserv la grande dcouverte de ,m4 ,thomas de ,colmar1 s'exprime ce sujet dans les termes que voici3 ,il y a des milliers d'ignorants pour qui la machine calcul vaut mieux que les logarithmes destins aux savants4 ,on ne peut donc pas douter1 mme en rduisant beaucoup1 que la popularit de l'arithmomtre1 s'il tait connu1 serait dix fois celle des tables4 ,or1 il y a bien actuellement en ,france #ajj1jjj exemplaires des tables de logarithmes4 ,il pourrait donc y avoir ce compte un million d'arithmomtres4 ,ce nombre1 si colossal qu'il soit1 n'a rien d'extraordinaire1 lorsque l'on examine l'tonnante propagation des montres et horloges2 c'est peu prs #aj millions qui sont actuellement en service en ,france1 et si l'on remonte quatre sicles1 une horloge tait un appareil cher et rare1 qu'on ne ne voyait que dans les palais des souverains4 ,quittons ces nombres1 rels pour l'avenir1 mais fantastiques pour le prsent2 disons que si l'arithmomtre pouvait parvenir seulement se rpandre #aj1jjj exemplaires1 on pourrait le construire pour moins de #ajj fr4 au lieu de #cjj qu'il cote actuellement4 ,rciproquement1 ds qu'on pourrait le livrer au prix de #ajj fr41 on aurait bientt des commandes pour en excuter au moins #aj1jjj4 ,de la raret actuelle de l'arithmomtre1 nous ne concluons rien de dfavorable sa propagation future4 ,on trouvera peut-tre que ma comparaison de l'arithmomtre aux horloges manque d'exactitude1 parce que le besoin d'une machine montrer l'heure est d'un autre ordre que celui d'une machine calculer4 ,je crois que celui qui aurait parl d'horloges avant leur grande vulgarisation1 se serait fait dire que l'on s'en passait fort bien1 que c'tait un petit besoin2 enfin que1 comme cette mcanique devait coter cher1 elle ne se rpandrait pas4 ,nos perfectionnements de sociabilit ne tendent-ils pas1 d'ailleurs1 sans pour cela nuire l'idal et au potique de l'existence1 introduire de plus en plus le calcul prcis dans les habitudes de tous4 ,peut-tre qu'avant un sicle chacun tiendra des livres de comptabilit4 ,les exemples et les tmoignages que nous venons de citer nous dispensent videmment d'numrer les services que l'arithmomtre est appel rendre au monde commercial1 industriel et financier1 aux grandes administrations1 etc4 ,qui peut plus peut moins2 si l'arithmomtre excute avec une infaillibilit absolue les calculs les plus compliqus de la science1 plus forte raison excute-t-il toutes les oprations arithmtiques usites dans le commerce1 la banque1 etc4 ,l'arithmomtre considr comme difficult vaincue n'humilie point la science1 car ,m4 ,thomas de ,colmar est un savant d'un ordre lev et s'est servi de la science pour rsoudre le grand problme qui jusqu'ici avait rsist aux recherches de la science2 mais l'arithmomtre est l'oeuvre d'un homme qui n'appartient pas la science constitue en corps1 la science officielle1 et1 par cette raison1 la science officielle n'est pas directement intresse user de tout son crdit et de tous ses moyens pour mettre en relief la valeur scientifique de la dcouverte de ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,l'arithmomtre1 considr au point de vue de l'utilit pratique1 se trouve en prsence de deux inerties1 de deux rsistances vaincre4 ,ces deux inerties1 ces deux rsistances sont3 l'incrdulit d'abord1 la routine ensuite4 ,les nombreuses machines qui peuplent nos ateliers et nos manufactures sont1 la vrit1 animes2 elles ont des bras1 des mains1 des doigts1 l'aide desquels elles excutent des travaux plus ou moins compliqus2 mais ces travaux ne sont que le rsultat de l'intelligence directe2 ils sont suivis1 prvus2 ils ont eu le mme point de dpart1 ils suivent constamment la mme voie1 ils arrivent toujours au mme but4 ,les machines existantes1 voulons-nous dire1 ne font qu'excuter le travail qui leur a t trac2 elles ont des membres qui obissent docilement aux ordres prcis que l'homme leur a donns2 mais elles ne font que cela1 elles ne raisonnent pas1 elles n'ont pas de cerveau qui leur soit propre1 en un mot4 ,l'arithmomtre1 lui1 semble avoir reu plus que des membres1 plus que des organes dociles une inspiration extrieure2 l'arithmomtre est1 si nous pouvons nous exprimer ainsi1 comme dou d'une vritable intelligence1 car ses oprations sont de l'ordre de celles qu'on appelle rflchies4 ,on nous pardonnera l'exagration des termes dont nous nous servons1 si l'on veut bien remarquer qu'il s'agit ici d'une machine d'un ordre tout nouveau1 c'est--dire d'une machine qui1 au lieu de reproduire tout simplement les oprations de l'intelligence de l'homme1 pargne cette intelligence le soin de faire ces oprations2 d'une machine qui1 au lieu de rpter des rponses qui lui ont t dictes2 dicte1 au contraire1 elle-mme1 instantanment1 l'homme qui l'interroge1 les rponses qu'il doit se faire4 ,la dcouverte d'une simple machine1 d'une machine intelligente1 comme ,m4 ,lemoyne qualifie l'arithmomtre1 est un vnement d'une nature trop exceptionnelle1 pour que le public puisse ajouter foi de prime abord la ralit des merveilleux rsultats produits par le petit coffret de ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,cette incrdulit sera cependant plutt vaincue que la routine1 parce que celle-ci sera ncessairement fortifie dans son inertie et son indiffrence par les intrts que l'emploi de l'arithmomtre devra froisser4 ,toutes les amliorations1 en effet1 tous les progrs ne se ralisent malheureusement qu' ce prix3 blesser quelques hommes dans leurs intrts4 ,l'arithmomtre causera sans doute normment moins de prjudice aux personnes qui1 dans le commerce1 dans la banque1 dans les administrations publiques1 ont pour occupation spciale le travail des chiffres1 que n'en causrent l'invention de l'imprimerie aux crivains copistes1 l'invention du mtier bas aux tricoteuses1 l'invention des mull-jenny aux fileuses1 etc42 cependant il est vident que la rapidit et l'infaillibilit avec lesquelles l'arithmomtre permet chacun de faire les calculs les plus longs et les plus difficiles1 amoindriront sensiblement l'importance des calculateurs de profession4 ,nous avons dit1 vers le commencement de ce travail1 que ,m4 ,thomas de ,colmar avait compris ds #ahbb1 aussitt qu'il eut invent l'arithmomtre1 que sa dcouverte tait de la nature de celles qui ne laissent gure esprer leurs auteurs qu'une gloire posthume1 si ces auteurs ne disposent pas de moyens qui leur permettent de mettre ces dcouvertes en relief et de les populariser4 ,de longues annes de travail ont mis ces moyens dans les mains de ,m4 ,thomas de ,colmar1 en mme temps qu'elles lui ont permis de donner son arithmomtre primitif des perfectionnements tels qu'il semble aujourd'hui impossible soit d'en rien retrancher1 soit d'y ajouter quelque chose4 ,l'exemplaire qu'il a mis l',exposition universelle de l'industrie1 permettant de calculer avec #cb chiffres la fois pour additionner1 soustraire1 multiplier1 diviser1 etc41 et pouvant oprer avec une vitesse telle que plusieurs crivains se partageant les chiffres ne pourraient le suivre1 donne une sorte de vertige la raison quand on le voit fonctionner4 ,pour la gloire attache aux machines de toutes les sortes1 des noms plus ou moins nombreux se prsentent et en revendiquent des parts plus ou moins considrables4 ,l'un a invent le principe1 un autre en a fait la premire application1 un troisime a introduit tel ou tel perfectionnement1 etc4 ,il en est ainsi pour la machine vapeur1 ainsi pour les machines de filature et de tissage1 ainsi pour la locomotive et le bateau vapeur1 ainsi pour les presses d'imprimerie1 ainsi pour tous les outils de travail3 machines pour percer1 pour alser1 pour raboter les mtaux1 etc42 ainsi pour les machines agricoles1 ainsi pour la tlgraphie prive1 ainsi pour l'lectro-chimie1 l'lectro-plastie1 etc4 ,m4 ,thomas de ,colmar n'a partager avec personne la gloire d'avoir conu et excut l'arithmomtre4 ,parmi les crations dont le gnie de l'homme s'enorgueillit le plus1 n'en est-il pas quelques-unes1 n'en est-il pas plusieurs dont le principe a t trouv sans tre cherch1 et dont1 par consquent1 le hasard a t l'auteur bien plus que le gnie de l'homme8 ,les anciens savaient que la vapeur est une force4 ,est-ce qu'ils s'avisrent jamais de rechercher quel homme avait le premier remarqu que l'eau1 l'tat d'bullition1 chasse violemment l'obstacle qui ferme le vase dans lequel elle est contenue ou fait clater ce vase lui-mme8 ,non1 sans doute1 parce que cette dcouverte de la puissance de la vapeur dut tre faite presque aussitt que l'homme se servit d'un vase pour faire bouillir un liquide4 ,ces mmes anciens regardrent-ils comme une conception venant du gnie l'olipyle de ,hron8 ,non1 parce que le hasard1 c'est--dire la vue d'un vase rempli d'eau bouillante s'chappant en partie par une fente existant sur le ct de ce vase et le faisant tourner sur la chane qui le tenait suspendu1 avait suggr ,hron l'ide de son olipyle4 ,des observations analogues et tout aussi incontestablement justes pourraient tre faites sur l'lectricit4 ,il est hors de doute1 en effet1 que ni l'lectricit par pression1 ni l'lectricit par frottement1 ni l'lectricit par la chaleur1 ni l'lectricit par contact n'ont t cherches2 car on ne cherche videmment pas une chose dont on n'a pas l'ide4 ,il suffit1 d'ailleurs1 de savoir comment se produisent ces diverses lectricits1 pour tre forc de reconnatre que les phnomnes lectriques ont d se prsenter l'attention de l'homme1 pour ainsi dire1 ds l'origine de la socit4 ,le mrite des modernes1 en ce qui concerne ces phnomnes1 c'est de les avoir pris au srieux et d'avoir cherch les tendre et en faire des applications utiles1 au lieu de les ranger1 comme avaient fait les anciens1 au nombre des faits curieux1 la vrit1 mais n'ayant ni porte scientifique1 ni valeur utilisable4 ,en parlant comme nous allons le faire1 nous irons peut-tre nous choquer contre des opinions contraires notre manire de reconnatre les signes par lesquels se manifestent les oeuvres du gnie2 mais ce n'est pas notre faute si de trop grandes complaisances ont tellement perverti notre langue1 qu'elle semble avoir besoin d'un nouveau tenue pour exprimer ce qu'on entendait autrefois par le mot gnie4 ,le gnie est tout autre chose que la raison rflchie1 que l'imagination1 que l'esprit d'observation1 que le talent1 que la science acquise4 ,le gnie se sert1 selon les circonstances1 de ces facults et de ces forces2 mais il s'en sert comme d'autant d'instruments auxiliaires1 et rien de plus1 tant il est vrai de dire qu'il les domine et leur est suprieur par sa nature4 quels signes donc distinguer les oeuvres qui appartiennent au gnie de celles qui ne lui appartiennent pas8 ,la rponse la plus juste que l'on puisse1 selon nous1 faire cette question1 c'est de dire3 ,le gnie ne revendique comme siennes que les oeuvres que lui seul peut faire2 ne sont1 par consquent1 pas des oeuvres de gnie celles qui peuvent tre faites par la raison1 par l'imagination et par la science1 agissant isolment ou se prtant un mutuel appui4 ,sans doute la raison1 l'imagination et la science arrivent quelquefois faire des oeuvres telles que l'on est tent de se demander s'il faut les leur attribuer ou en faire honneur au gnie2 mais ces oeuvres mixtes1 si nous pouvons appeler ainsi celles sur lesquelles le gnie a laiss tomber quelques-uns de ses rayons1 forment prcisment la ligne de sparation qui nous facilite la comparaison des travaux de la raison1 de l'imagination et de la science avec les crations du gnie4 ,comme la puissance mystrieuse d'o naissent les clairs et la foudre1 le gnie a ses moments de calme et de repos2 mais1 de mme que le merveilleux fluide n'abandonne jamais l'atmosphre1 de mme aussi le gnie ne cesse jamais1 soit sous une forme1 soit sous l'autre1 de manifester sa prsence chez celui qui le ciel l'a donn4 ,nous cherchons la diffrence qui existe entre les inspirations de l'homme de gnie et celles des intelligences ordinaires4 ,eh bien1 nous venons d'indiquer implicitement cette diffrence1 en disant que le gnie n'abandonne pas plus celui qui l'a reu que l'lectricit n'abandonne l'atmosphre4 ,les inspirations1 parfois heureuses1 des intelligences ordinaires1 sont passagres1 fugitives1 puisent leur source en naissant2 celles de l'homme de gnie1 au contraire1 se succdent et se multiplient au gr de celui qui les dirige1 parce que le rservoir d'o elles sortent est inpuisable4 ,la dure1 la succession1 la varit dans la force des inspirations1 voil1 disons-nous1 ce qui distingue le gnie de ce qu'on appelle les clairs de gnie4 ,c'est parce que le gnie possde seul une force de cette nature qu'il peut seul produire des oeuvres qui soient la fois dignes d'exciter l'admiration et propres la conserver4 ,mais les hommes dous de gnie ne possdent pas un gal degr cette rare facult4 ,il y a des gnies d'un ordre plus ou moins lev1 des gnies qui sont plus ou moins puissants4 ,comment les classer8 ,comment les classer6 ,voyez leurs oeuvres2 cherchez savoir combien d'hommes se sont efforcs d'en faire de semblables1 sans pouvoir y russir2 tudiez la valeur intellectuelle de ces chercheurs ou de ces imitateurs malheureux1 et vous aurez la mesure du gnie de l'homme qui vous voulez assigner le rang qui lui est d4 ,voulez-vous1 par exemple1 avoir la mesure du gnie d',homre8 ,mettez en prsence de l',iliade1 l'nide de ,virgile1 la ,pharsale de ,lucain1 la ,jrusalem dlivre du ,tasse1 le ,paradis perdu de ,milton1 la ,lusiade de ,camons1 la ,messiade de ,klopstock1 la ,henriade de ,voltaire1 et tous les dcouragements dont se sont sentis frapps devant le chef-d'oeuvre du chantre d',ilion des milliers de potes dont le pome pique fut toujours la suprme ambition2 faites cette comparaison1 disons-nous1 et vous saurez ce que vaut le gnie d',homre4 ,si nous voulons de mme savoir de quelle sorte de gnie il a fallu tre dou1 et quelle somme de gnie il a fallu dpenser pour crer l'arithmomtre1 nous n'avons qu' faire une comparaison analogue celle qui prcde1 c'est--dire1 passer la revue de tous les grands hommes qui ont vainement tent de rsoudre le problme dont la solution a t si magnifiquement trouve par ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,lorsque1 dans cette revue de chercheurs malheureux1 viennent se prsenter des noms tels que ceux de ,thals1 de ,pythagore1 d',archimde1 de ,gerbert1 d',albert le ,grand1 de ,roger ,bacon1 de ,blaise ,pascal1 de ,poleni1 de ,leupold1 de ,leibnitz1 de ,clairaut1 etc41 on n'ose plus dire1 de peur de paratre flatteur1 quelle place mrite l'auteur de l'arithmomtre parmi les intelligences d'un ordre suprieur1 surtout quand on songe que les rcompenses qu'il a reues dans son pays semblent le classer parmi les inventeurs d'un ordre ordinaire4 ,voici1 en effet1 quelles ont t jusqu' prsent les rcompenses qu'a values ,m4 ,thomas de ,colmar la merveilleuse cration sur laquelle nous n'avons plus rien dire4 ,en #ahbb1 la ,socit d'encouragement pour l'industrie nationale approuva sa machine calculer1 et accompagna son approbation des compliments les plus expressifs4 l',exposition de l'industrie nationale de #ahdi1 l'arithmomtre valut son auteur une mdaille d'argent4 ,en #ahea1 l'arithmomtre fut rcompens d'une mdaille d'or par la ,socit d'encouragement pour l'industrie nationale4 ,en #ahea encore1 l',exposition universelle de ,londres1 le jury franais fit dcerner une mdaille de prix ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,en avril #aheb1 le prsident de la rpublique1 aujourd'hui empereur des ,franais1 lui fit prsent d'une magnifique tabatire en or1 orne de son chiffre4 ,en #ahed1 l',acadmie des ,sciences a donn sa haute approbation l'arithmomtre1 et l'a admis pour le concours de mcanique de #ahee4 ,en #ahed encore1 le directeur de l',observatoire a officiellement adress des flicitations ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,voil tout ce qu'a valu1 en ,france1 l'arithmomtre son auteur4 99 99 99 99 99 ,la croix d'honneur dont est dcor ,m4 ,thomas ne lui vient point1 en effet1 de son arithmomtre1 qui n'avait pas encore t invent lorsqu'elle lui fut dcerne1 mais de ses services comme employ suprieur de l'administration des armes sous l'empire4 ,des rcompenses telles que celles dont nous avons fait l'numration sont trs-honorables par elles-mmes1 sans doute2 mais1 qu'on nous permette cette expression1 elles ont t prjudiciables ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,qu'est-ce1 au fond1 qu'une rcompense donne un inventeur par l',acadmie des sciences1 par la ,socit d'encouragement1 par un jury d'exposition1 par le chef de l'tat8 ,est-ce que le public ne regarde pas les rcompenses venues de ces sources comme tant la mesure approximative de l'importance des dcouvertes auxquelles ces rcompenses s'appliquent8 ,il est donc vrai de dire qu'aux yeux du public l'arithmomtre ne peut aujourd'hui valoir que ce que valent les rcompenses accordes l'inventeur de cette machine4 ,or1 que valent ces rcompenses1 ou plutt quelle ide donnent-elles de l'invention de ,m4 ,thomas8 ,l'ide naturelle1 logique1 qu'elles en donnent1 c'est que l'arithmomtre a tout simplement une valeur analogue celle des inventions et des oeuvres dont les auteurs sont rcompenss comme l'a t ,m4 ,thomas de ,colmar4 ,il suffit de savoir combien sont nombreux les travaux dont les auteurs ont t rcompenss comme l'a t ,m4 ,thomas de ,colmar1 pour pouvoir comprendre que nous avons eu raison de dire que les rcompenses reues par l'inventeur de l'arithmomtre lui sont vritablement prjudiciables4 ,insister sur ce point serait inutile4 ,il est de toute vidence1 en effet1 que des rcompenses d'un ordre commun1 lorsqu'elles sont dcernes des travaux d'un ordre lev1 dprcient ces travaux1 les font descendre un niveau qui n'est pas le leur1 leur assignent dans l'opinion publique un rang infrieur celui qui leur est d4 ,ici se prsente une question dlicate3 ,pourquoi l'arithmomtre1 passant devant quatre jurys officiels3 ,exposition de l'industrie de #ahdi1 ,socit d'encouragement pour l'industrie nationale en #ahea1 ,exposition universelle de ,londres1 ,acadmie des sciences en #ahed1 n'a-t-il obtenu la plus haute rcompense dont disposaient ces jurys qu' la ,socit d'encouragement8 ,ne pouvant rpondre catgoriquement cette question1 sans aborder un ordre de faits qu'il nous convient de laisser l'cart1 nous nous contenterons de dire que ,m4 ,thomas ne doit1 en grande partie1 attribuer qu' lui-mme les erreurs de jugement qui l'ont priv1 jusqu'ici1 de jouir de la gloire laquelle lui donne de si lgitimes droits la cration de son admirable machine4 ,aprs avoir travaill prs de trente ans perfectionner l'intelligence1 si nous pouvons parler ainsi1 de cette fille de son gnie1 ,m4 ,thomas crut tout navement qu'il suffisait que l'arithmomtre fonctionnt quelques minutes devant une commission1 devant le rapporteur d'une commission1 pour que la valeur scientifique de cet instrument pt tre apprcie par cette commission1 par ce rapporteur4 ,m4 ,thomas de ,colmar1 en prsentant son arithmomtre l',exposition de l'industrie de #ahdi1 oublia que1 pour tre compris et apprci1 cet instrument avait besoin d'tre expliqu2 il oublia surtout de faire entendre la commission d'examen1 ou plutt au rapporteur de cette commission1 que l'arithmomtre est encore plus un principe qu'il n'est une machine1 c'est--dire que la dcouverte du principe de l'instrument reprsente seule la grande difficult vaincue1 et que la machine elle-mme ne reprsente que le ct secondaire de l'arithmomtre4 l',exposition universelle de ,londres1 les membres du jury franais qui demandrent au jury international une rcompense pour l'auteur de l'arithmomtre taient les mmes qui lui avaient fait dcerner une mdaille d'argent l',exposition franaise de #ahdi4 ,ils ne pouvaient naturellement pas solliciter pour ,m4 ,thomas de ,colmar une rcompense plus leve que celle qu'ils lui avaient accorde eux-mmes4 ,m4 ,thomas ne reut donc du jury international qu'une mdaille de prix4 ,prsent en #ahed l',acadmie des sciences1 l'arithmomtre fut renvoy l'examen d'une commission qui choisit pour rapporteur l'auteur du rapport de l',exposition de l'industrie de #ahdi1 auteur galement du rapport la suite duquel l'arithmaurel avait obtenu le prix de mcanique de la fondation ,montyon4 ,l'auteur de tous ces rapports se trouvait vis--vis de lui-mme et vis--vis de l',acadmie dans une position qui n'tait pas exempte d'embarras4 ,sur son rapport1 l',acadmie avait1 quelque temps auparavant1 accord le prix de mcanique une machine dont l'organe principal tait le mme que celui de l'arithmomtre1 invent1 publi depuis de longues annes4 ,s'il ne s'tait agi que de son propre jugement1 l'honorable ,m4 ,mathieu aurait certainement proclam les droits de priorit de ,m4 ,thomas d'une manire plus claire et plus expressive2 mais il s'agissait aussi d'un jugement de l',acadmie1 et le savant rapporteur ne crut pas pouvoir1 en parlant de l'arithmomtre1 aller au del des expressions qui suivent3 ,l'ide du cylindre cannel se retrouve dans cette machine nomme arithmaurel1 construite ,,post,,rieurement par ,,mm4 ,maurel et ,jayet1 et pour laquelle ils ont obtenu le prix de mcanique de la fondation ,montyon4 ,postrieurement6 ,si ce mot1 dont ,m4 ,mathieu et ses savants collgues ont bien connu la porte1 n'tait pas aux yeux de ,m4 ,thomas un hommage assez explicitement rendu ses droits de priorit1 ,m4 ,thomas serait1 en vrit1 trop exigeant4 ,la priorit du principe1 l'antriorit dans l'invention de l'organe principal1 voil la gloire de ,m4 ,thomas de ,colmar2 il serait puril de sa part de vouloir disputer aux mcaniciens et aux industriels qui il conviendra de construire des machines arithmtiques d'aprs son principe1 leurs succs dans les modifications qu'ils pourront faire aux organes fondamentaux de l'arithmomtre4 ,ainsi que l'a dit lui-mme ,m4 ,thomas1 le principe des retenues et l'organe fondamental tant trouvs1 la machine calculer peut tre construite de vingt1 de cent manires par le premier mcanicien venu4 ,le premier mcanicien venu pourra tout aussi facilement faire crire par l'arithmomtre tous les chiffres1 tous les calculs qu'il faut aujourd'hui copier sur la tablette de l'instrument4 ,l'arithmomtre1 peu prs inconnu en ,france1 et n'y ayant valu son auteur que des rcompenses d'un ordre ordinaire1 a dj obtenu au dehors des succs qui ne surprennent nullement ceux qui connaissent l'admirable instrument1 mais qui tonneront grandement1 nous en sommes srs1 les lecteurs de cet crit4 ,au mois de dcembre #ahea1 ,s4 ,a4 le bey de ,tunis envoya ,m4 ,thomas de ,colmar son ,nichan en diamants de deuxime classe1 qui correspond au grade de commandeur4 ,en mai #aheb1 ,s4 ,m4 le roi des ,deux-,siciles le nomma chevalier de son ordre de ,franois ,ier4 ,en aot #aheb1 ,s4 ,m4 le roi des ,pays-,bas lui envoya le brevet de chevalier de la ,couronne de ,chne4 ,en dcembre #aheb1 ,s4 ,a4 ,r4 le duc de ,nassau lui fit remettre une bague en diamants avec le chiffre du prince4 ,en mai #ahec1 ,s4 ,s4 le pape ,pie ,,ix l'leva au grade de commandeur de son ordre de ,saint-,grgoire le ,grand4 ,en dcembre #ahec1 il fut anobli perptuit de mle en mle1 par lettres-patentes de ,s4 ,a4 ,i4 le grand-duc de ,toscane4 ,en juillet #ahed1 ,s4 ,m4 le roi de ,sardaigne le nomma chevalier de son ordre royal des ,,ss4 ,maurice et ,lazare4 ,cette liste et les dates de ces distinctions disent quel empressement l'tranger a mis donner au crateur de l'arithmomtre de glorieuses compensations de l'oubli de ses concitoyens2 mais il ne faut pas croire que l'arithmomtre n'ait t apprci que dans les pays dont les souverains ont honor ,m4 ,thomas des distinctions que nous venons d'indiquer4 ,les chaleureuses flicitations qui lui arrivaient de toutes les parties de l',allemagne et du ,nord1 avant les graves vnements qui sont venus en #ahed troubler le repos de l',europe1 nous autorisent supposer1 dire que ,m4 ,thomas de ,colmar ferait aujourd'hui partie de presque toutes les chevaleries de l',europe1 si la marche de ces vnements n'tait pas venue dtourner l'attention des souverains des choses qui appartiennent aux arts de la paix4 ,m4 ,thomas de ,colmar sait quoi l'obligent les hautes rcompenses que nous avons numres ci-dessus1 et celles qui l'attendent1 aussitt que la pacification de l',europe sera accomplie4 ,les ateliers o se construisent ses arithmomtres n'ont gure travaill jusqu' ce jour que pour les grandes acadmies d',europe et les grandes maisons de banque de ,paris ou de quelques autres capitales4 ,ils travailleront dsormais pour les facults1 pour les collges1 pour les sminaires1 pour les coles1 pour les commerants1 pour les industriels1 pour les ingnieurs de tous les ordres1 pour quiconque1 en un mot1 veut enseigner la science des nombres sans fatigue1 ou faire pour ses propres besoins1 et pour ainsi dire en s'amusant1 tous les calculs qui se font avec tension d'esprit et perte norme de temps4 ,assez riche pour payer sa gloire1 ,m4 ,thomas de ,colmar1 qui a dj dpens des sommes si considrables pour perfectionner son arithmomtre1 a rsolu d'en sacrifier de plus considrables encore pour le propager1 pour le populariser1 pour le mettre1 en un mot1 la porte des bourses les plus modestes4 99 99 99 99 99 ,ne voulant pas prjuger l'avenir rserv l'arithmomtre1 nous terminons ici ce travail2 mais1 n'ayant encore rien dit des motifs qui nous ont port l'entreprendre1 le lecteur trouvera bon sans doute que nous rparions en quelques mots notre omission4 ,nous nous sommes assurment propos de mettre en relief la grande dcouverte de ,m4 ,thomas de ,colmar1 et de bien constater les droits exclusifs de notre pays une gloire que tous les peuples et tous les sicles ont vainement ambitionne2 mais nous n'aurions atteint notre but que par ses points secondaires1 si cet crit devait avoir pour unique rsultat de dmontrer qu'en s'immortalisant par une cration de l'ordre le plus lev1 ,m4 ,thomas de ,colmar a ajout la couronne de nos gloires l'un de ses rayons les plus brillants4 ,la grande dmonstration que nous dsirerions avoir faite1 c'est celle de la ncessit de l'institution d'un grand jury1 ayant pour mission unique1 incessante1 de rechercher dans les lettres1 dans les sciences1 dans les arts et dans l'industrie1 les conceptions1 les inspirations1 les oeuvres marques du sceau du gnie1 propres donner notre pays gloire ou profit4 ,ce n'est pas ici que nous pouvons dire comment devrait tre organis ce grand jury pour pouvoir fonctionner utilement2 mais nous affirmons avec assurance que1 s'il et exist tel que nous le concevons1 il y a trente ans seulement1 ,philippe de ,girard ne serait pas all manger le pain de l'exil1 ,sauvage ne serait pas devenu fou de misre1 ,m4 ,thomas de ,colmar ne serait pas rest inconnu depuis #ahbb4 ,le jury dont nous parlons est une chose nouvelle6 ,mais n'est-ce donc pas une chose nouvelle aussi que de voir la clbrit1 la gloire1 s'acheter prix d'argent1 se tarifer comme la plus vile des marchandises8 ,un jury tel que celui que nous avons en vue tait inutile dans le temps o la ,renomme avait un temple et parcourait les airs la trompette sacre la main4 ,il est devenu une ncessit depuis que la noble desse1 mtamorphose en marchande vulgaire1 s'est assise un comptoir d'annonceur et y vend la clbrit et la gloire tant la ligne4 ,,fin4