,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,oeuvres ,,de ,c4 ,f4 ,,volney4 ,,deuxi,,me ,,dition ,,compl,,te4 ,,tome ,i4 ,,les ,,ru9es1 ,,ou ,m,,ditation ,,sur ,,les ,r,,volutions ,,des ,,empires4 ,,p> ,c4 ,f4 ,,volney1 ,,comte ,,et ,,pair ,,de ,,france1 ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise1 ,,honoraire ,,de ,,la ,,soci,t ,,asiatique ,s,,ante ,,calcuta4 ,,p>is1 ,,p>manti]1 ,,libraire1 ,,rue ,,dauph9e4 ,,from5t1 ,,libraire1 ,,quai ,,des ,,augu/9s4 ,m ,,dccc ,,xxvi4 ,,imprim]ie ,,de ,,firm9 ,,didot1 ,,rue ,,jacob1 ,n #bd4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,ce ,,volume4 ,,notice sur la vie et les crits de ,c4 ,f4 ,volney4444 ,pag4 i ,,les ,,ru9es4 ,,invocation4 #a ,,*apitre ,i]4--,le voyage4 #c ,,*ap4 ,,ii4--,la mditation4 #f ,,*ap4 ,,iii4--,le fantme4 #ab ,,*ap4 ,,iv4--,l'exposition4 #ai ,,*ap4 ,v4--,condition de l'homme dans l'univ]s4 #bf ,,*ap4 ,,vi4--tat orig9el de l'homme4 #bi ,,*ap4 ,,vii4--,pr9cipe des socits4 #ca ,,*ap4 ,,viii4--,s\rce des maux des socits #cd ,,*ap4 ,,ix4--,orig9e des g\v]nem5ts et des lois4 #cf ,,*ap4 ,x4--,causes gnrales de la prosprit des anci5s tats4 #dj ,,*ap4 ,,xi4--,causes gnrales des rvolutions et de la ru9e des anci5s tats4 #df ,,*ap4 ,,xii4--,leons des temps passs rptes sur les temps prs5ts4 #eh ,,*ap4 ,,xiii4--,l'espce huma9e s'amlior]a-t-elle8 #gf ,,*ap4 ,,xiv4--,le gr& ob/acle au p]fectionnem5t4 #hf ,,*ap4 ,,xv4--,le sicle n\veau4 #ib ,,*ap4 ,,xvi4--,un peuple libre et lgislateur #ih ,,*ap4 ,,xvii4--,base univ]selle de t\t droit et de t\te loi4 #aja ,,*ap4 ,,xviii4--,effroi et conspiration des tyrans #ajd ,,*ap4 ,,xix4--,assemble gnrale des peuples #ajh ,,*ap4 ,,xx4--,la re*]*e de la vrit #aad ,,*ap4 ,,xxi4--,problme des contradictions religieuses #abg ,,*ap4 ,,xxii4--,orig9e et filiation des ides religieuses #afj ,i]4 ,orig9e de l'ide de ,dieu3 culte des lm5ts et des puissances physiques de la nature #aff ,,ii4 ,second sy/me4 ,culte des a/res1 ou sabisme #agj ,,iii4 ,troisime sy/me4 ,culte des symboles1 ou idoltrie #age ,,iv4 ,quatrime sy/me4 ,culte des deux pr9cipes1 ou dualisme #ahg ,v4 ,culte my/ique et moral1 ou sy/me de l'autre monde #aic ,,vi4 ,sixime sy/me4 ,monde anim1 ou culte de l'univ]s s\s div]s emblmes #aig ,,vii4 ,septime sy/me4 ,culte de l',,ame ,,du ,,monde1 c'e/--dire de l'lm5t du feu1 pr9cipe vital de l'univ]s #bjb ,,viii4 ,huitime sy/me4 ,,monde-,,ma*9e3 culte du ,dmi-,ourgos1 ou ,gr&-,ouvri] #bjd ,,ix4 ,religion de ,mose1 ou culte de l'ame du monde 7,y-pit]7 #bjh ,x4 ,religion de ,zoroa/re #bji ,,xi4 ,brahmisme1 ou sy/me indi5 #baj ,,xii4 ,b\dhisme1 ou sy/me my/ique #baa ,,xiii4 ,*ri/ianisme1 ou culte allgorique du soleil #bab ,,*ap4 ,,xxiii4--,id5tit du b des religions #bbb ,,*ap4 ,,xxiv4--,solution du problme des contradictions #bcf ,,la ,,loi ,,naturelle4 ,,av]tissem5t ,,de ,l',,diteur #bdg ,,*ap4 ,,premi]4--,de la loi naturelle4 #bdi ,,*ap4 ,,ii4--,c>actres de la loi naturelle #bec ,,*ap4 ,,iii4--,pr9cipes de la loi naturelle p> rapport l'homme4 #bfj ,,*ap4 ,,iv4--,bases de la morale1 du bi51 du mal1 du p*1 du crime1 du vice et de la v]tu4 #bff ,,*ap4 ,v4--,des v]tus individuelles4 #bgj ,,*ap4 ,,vi4--,de la temprance4 #bgc ,,*ap4 ,,vii44--,de la cont95ce4 #bgg ,,*ap4 ,,viii4--,du c\rage et de l'activit4 #bha ,,*ap4 ,,ix4--,de la propret4 #bhe ,,*ap4 ,x4--,des v]tus dome/iques4 #bhg ,,*ap4 ,,xi4--,des v]tus sociales2 de la ju/ice4 #bic ,,*ap4 ,,xii4--,dveloppem5t des v]tus sociales4 #big ,,notes s]vant d'claircissem5ts et d'autorits div]s passages du texte4 #cjh ,,lettre ,,de ,,volney ,,au ,,docteur ,,prie/ley4 #cec ,,disc\rs ,,sur ,l',,tude ,,philosophique ,,des ,,langues4 #cga ,,av]tissem5t4 #cgc ,i]4 ,n\veaut de cette tude *ez les mod]nes3 ignorance absolue des anci5s cet g>d4 #cge ,,ii4 cole grecque3 sy/mes tablis avant les faits obs]vs4 #cgh ,,iii4 cole gypti5ne4 #chj ,,iv4 cole juive4 #che ,v4 cole *rti5ne4 #cid ,,vi4 cole philosophique3 obs]vation des faits1 tablie comme prlim9aire indisp5sable t\te ?orie4 #dja ,,f9 ,,de ,,la ,,table4 ,,notice ,,sur ,,la ,,vie ,,et ,,les ,,crits ,,de ,c4-,f4 ,,volney4 ,le sage ramne t\t au tribunal de la raison1 jusqu' la raison elle-mme4 ,,kant4 ,on a *]* tablir comme un axiome que la vie d'un homme de lettres tait t\t entire dans ses crits4 ,il me semble au contraire que la biographie des criva9s doit tre l'hi/oire raisonne de leurs div]ses s5sations et de la contradiction de leur conduite avec leurs pr9cipes av\s4 ,si l'on excepte les loges des savants p> ,font5elle1 d',alemb]t et ,cuvi]1 presque t\tes les notices de ce g5re sont mo9s une analyse du gnie et du c>actre des hommes clbres1 qu'une li/e exacte de leurs ouvrages2 cep5dant1 p> l'influ5ce mme que ces productions ont eue sur leur sicle1 les dtails sur la vie prive de leurs auteurs r5tr5t dans le doma9e de l'hi/oire2 et l'hi/oire doit tre mo9s la connaissance des faits1 qu'une tude appr(ondie du coeur de l'homme4 ,les actions des hros qu'on se plat mettre s\s nos yeux ne sont-elles pas mo9s propres atte9dre ce b1 que l'exemple des vices ou des v]tus dans les hommes qui ont prt5du enseign] la sagesse8 ,dans les premi]s1 une action d'clat n'e/ s\v5t que l'lan d'un esprit exalt1 que l'excution rapide d'un desse9 extraord9aire et spontan2 dans les seconds1 t\t e/ le fruit d'une mditation s\t5ue3 la v]tu m>que le b1 la p]svrance y conduit4 ,p\rquoi donc s'tre plutt atta* n\s cons]v] le s\v5ir de t\tes les sanglantes cata/rophes qu' n\s prs5t] une analyse svre des moeurs et des s5tim5ts des hommes rem>quables8 ,c'e/ que l'homme aime les images =tes et animes2 c'e/ qu'on peut l'm\voir plus p> la pr(onde t]reur des tableaux sanglants de l'hi/oire1 que p> les d\ces images des v]tus prives4 ,l'tude de la vie des savants e/ digne de t\te notre att5tion4 ,il e/ la fois curieux et in/ructif d'exam9] comm5t ont support les malheurs de la vie1 ceux qui ont enseign les prceptes d'une philosophie impassible4 ,leur hi/oire e/ un tissu de contradictions s+ulires4 ,le citoy5 de ,g5ve1 qui consacre ses veilles au bonheur des enfants1 ab&onne froidem5t les si5s2 ennemi dcl> des prjugs1 il n'ose les brav]2 ce coeur s5sible e/ s\rd aux cris de la nature1 et cet esprit =t e/ sans cesse t\rm5t p> les fantmes biz>res de son imag9ation fivreuse4 ,le plus gr& gnie de son sicle1 ,voltaire1 qui porte des c\ps si audacieux au despotisme1 sollicite et reoit la clef de *ambellan des ma9s de ,frdric4 ,newton1 qui v\e sa vie la re*]*e de la vrit1 comm5te l',apocalypse4 ,le *anceli] ,bacon1 le premi] philosophe de l',anglet]re1 fait un trait sur la ,ju/ice1 et la v5d au plus (frant4 ,on p\rrait multipli] les citations2 ce ne s]ai5t que de n\velles preuves de l'imp]fection de la nature de l'homme4 ,cep5dant il e/ des savants qui1 joignant l'exemple au prcepte1 n'ont jamais dvi des pr9cipes qu'ils ont enseigns4 ,l'auteur des ,ru9es e/ de ce nombre2 il n\s e/ d\x d'avoir trac] la vie du philosophe clair1 du lgislateur sage1 et surt\t de l'homme au/re dont t\te l'ambition fut d'tre utile1 et qui ne v\lut compos] son bonheur que de l'ide d'avoir ht celui des hommes#a4 ,les regi/res publics#b con/at5t que ,m4 de ,volney e/ n le #c fvri] #ageg ,craon1 petite ville du dp>tem5t de la ,may5ne4 ,il reut les prnoms de ,con/ant9-,franois4 ,son pre dcl>a ds ce mom5t qu'il ne lui laiss]ait po9t port] son nom de famille#c1 d'abord p>ce que ce nom ridicule lui avait attir mille dsagrm5ts dans sa jeunesse1 et qu'ensuite1 il tait commun dix mles collatraux dont il ne v\lait po9t qu'on le r5dt solidaire s\s ce rapport4 ,il l'appela ,boisgirais1 et c'e/ s\s ce nom que le jeune ,con/ant9-,franois a t connu dans les collges4 ,son pre1 ,jacques-,r5 ,*asseboeuf1 dev5u veuf deux annes aprs la naissance de son fils1 le laissa aux ma9s d'une s]vante de campagne et d'une vieille p>5te1 p\r se livr] avec plus de lib]t la pr(ession d'avocat au tribunal de ,craon1 d'o sa rputation s't5dit dans t\te la prov9ce4 ,p5dant ses abs5ces trs-frqu5tes1 l'enfant reut les impressions de ses deux g\v]nantes1 dont l'une le gtait1 l'autre le grondait sans cesse1 et t\tes deux f>cissai5t son esprit de prjugs de t\te espce et surt\t de la t]reur des rev5ants3 l'enfant en re/a frapp au po9t qu' l'ge de onze ans1 il n'osait re/] seul la nuit4 ,sa sant se montra ds lors ce qu'elle fut t\j\rs1 faible et dlicate4 ,il n'avait encore que sept ans1 lorsque son pre le mit un petit collge t5u ,anc5is p> un prtre bas-breton1 qui passait p\r faire de bons lat9i/es4 ,jet l1 faible1 sans appui1 priv t\t c\p de beauc\p de so9s1 l'enfant dev9t *agr9 et sauvage4 ,on le *tia2 il dev9t plus f>\*e1 ne travailla po9t1 et re/a le d]ni] de sa classe4 ,six ou huit mois se passr5t a9si2 enf9 un de ses matres en eut piti1 le c>essa1 le consola2 ce fut une mtamorphose en qu9ze j\rs3 ,boisgirais s'appliqua si bi51 qu'il se rappro*a bi5tt des premires places1 qu'il ne quitta plus44444 ,le rgime de ce collge tait =t mauvais1 et la sant des enfants y tait pe9e soigne2 le directeur tait un homme brutal1 qui ne p>lait qu'en grondant et ne grondait qu'en frappant4 ,con/ant9 s\ffrait d'autant plus1 qu'il p\vait pe9e se pla9dre4 ,jamais son pre ne v5ait le voir1 jamais il n'avait p>u avoir p\r son fils cette sollicitude pat]nelle qui veille sur son enfant1 lors mme qu'elle e/ =ce de le confi] des so9s trang]s4 ,d\ d'une ame s5sible et aimante1 ,con/ant9 ne p\vait s'emp*] de rem>qu] que ses cam>ades n'avai5t pas dplor] la mme indiffr5ce de la "p de leurs p>5ts4 ,les rflexions cont9uelles qu'il faisait ce sujet1 et les mauvais traitem5ts qu'il pr\vait1 le plongeai5t dans une mlancolie qui dev9t habituelle1 et qui contribua peut-tre dirig] son esprit v]s la mditation4 ,cep5dant son oncle mat]nel v5ait quelquefois le voir4 ,aussi afflig de l'ab&on dans lequel on laissait cet enfant que surpris de sa rsignation et de sa d\ceur1 il dt]m9a ,m4 ,*asseboeuf retir] son fils de ce collge p\r le mettre celui d',ang]s4 ,con/ant9 avait alors d\ze ans2 il s5tait sa supriorit sur t\s ceux de son ge1 et lo9 de s'en prvaloir et de se ral5tir1 il ne s'adonna au travail qu'avec plus d'ardeur4 ,il p>c\rut t\tes ses classes d'une manire assez brillante p\r qu'on en g>dt long-temps le s\v5ir dans ce collge4 ,au b\t de c9q annes1 le jeune ,con/ant9 ayant f9i ses tudes1 brlait du dsir de se lanc] dans le monde4 ,son pre le fit rev5ir d',ang]s1 et ses occupations ne lui p]mettant pas sans d\te de s'occup] de son fils1 il se hta de le faire mancip]1 de lui r5dre compte du bi5 de sa mre1 et de l'ab&onn] lui-mme4 pe9e g de dix-sept ans1 ,con/ant9 se tr\va donc matre absolu de ses actions et de onze c5ts livres de r5te4 ,cette =tune n'tait pas suffisante1 il fallait pr5dre une pr(ession2 mais1 naturellem5t rfl*i1 et v\lant t\t voir p> lui-mme avant de se fix]1 ,con/ant9 se r5dit ,p>is4 ,ce fut un ?tre sduisant et n\veau p\r le jeune homme1 que cette ville imm5se o il se tr\vait p\r la premire fois2 mais au lieu de se laiss] entran] p> le t\rbillon1 ,con/ant9 s'adonnait l'tude3 il passait presque t\t son temps dans les biblio?ques publiques2 il lisait avec avidit t\s les auteurs anci5s1 il se livrait surt\t une tude appr(ondie de l'hi/oire et de la philosophie4 ,cep5dant son pre le pressait de pr5dre une pr(ession1 et p>aissait dsir] qu'il se ft avocat2 mais ,con/ant9 avait un loignem5t m>qu p\r le b>reau1 comme s'il avait press5ti que cette pr(ession1 quoique trs-honorable1 tait au-dess\s de son gnie crateur4 ,il lui rpugnait de se *>g] la mmoire de *oses inutiles et qui ne lui p>aissai5t que des r$ites cont9uelles2 l'tude des lois n'tait en effet cette poque qu'un imm5se ddale1 qu'un mlange biz>re de lois fodales1 de c\tumes1 et d'arrts r5dus p> les p>lem5ts4 ,la mdec9e1 plus positive1 et qui t5d p> une suite d'expri5ces au bonheur de l'homme1 conv9t davantage son esprit obs]vateur4 ,il se plaisait int]rog] la nature1 t*] de pntr] la pr(ondeur de ses secrets1 et de dc\vrir quelques rapports entre le moral et le physique de l'homme4 ,mais ce n'tait pas v]s ce seul b que se dirigeai5t ses tudes2 il cont9uait t\j\rs ses re*]*es savantes1 ses lectures in/ructives2 et passant a9si dans le travail un temps que t\s les jeunes g5s de son ge p]dai5t dans les plaisirs1 il acquit un fonds imm5se de connaissances en t\t g5re4 ,il suivit ses c\rs p5dant trois annes2 ce fut dans cet int]valle qu'il composa un ,mmoire sur la ,*ronologie d',hrodote1 qu'il adressa l',acadmie4 ,le pr(esseur ,l>*]1 avec lequel ,con/ant9 se tr\vait en opposition1 c5sura ce petit ouvrage avec am]tume2 notre jeune savant s\t9t son op9ion avec *aleur1 et pr\va dans la suite qu'il avait raison quant au fond de la "q4 ,quelques fautes lgres s'tai5t1 il e/ vrai1 glisses dans son ouvrage2 mais plus t>d1 in/ruit p> de longues tudes1 il eut le r>e mrite de se r$ress] lui-mme dans ses ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne2 quoi qu'il en soit1 ce ,mmoire fit quelque s5sation1 et mit son auteur en rapport avec ce qu'il y avait alors de plus clbre ,p>is4 ,le b>on d',holba* surt\t le dev9a1 le prit en amiti1 et lui fit faire la connaissance de ,frankl94 ,celui-ci le prs5ta madame ,helvtius1 qui l'invitait s\v5t sa maison de ,passy1 o se runissai5t alors nombre de g5s de lettres et de savants di/+us4 ,nul d\te que la socit de t\s ces hommes clbres1 que ,con/ant9 frqu5tait s\v5t1 n'ait beauc\p contribu dvelopp] les brillantes dispositions dont il tait d\4 ,il se dgta de plus en plus de t\te espce de pr(ession3 il aspirait1 presque son insu1 quelque *ose de plus lev4 ,jeune encore1 il avait dja vieilli dans la mditation1 et son gnie n'att5dait que d'tre livr lui-mme p\r se dvelopp] et pr5dre un essor rapide4 ,l'occasion ne t>da pas se prs5t]2 une modique succession lui *ut3#d il rsolut d'en employ] l'arg5t entrepr5dre un long voyage4 ,comme t\s les gr&s hommes1 il ddaigna les r\tes frayes1 et *oisit la plus inconnue et la plus prilleuse3 il projeta de p>c\rir l'gypte et la ,syrie4 ,de t\s les pays c'tai5t les mo9s connus2 aprs d'imm5ses re*]*es et de graves rflexions1 ,con/ant9 rsolut d'entrepr5dre de p>v5ir o tant d'autres avai5t *\4 ,p\r se prp>] ce prilleux voyage1 il quitta ,p>is1 et se r5dit *ez son oncle4 ,il ne se dissimulait ni les dang]s ni les fatigues qui l'att5dai5t1 mais aussi entrevoyait-il la gloire qu'il devait y acqurir4 ,il mesura d'abord l't5due de la c>rire1 p\r calcul]1 puis acqurir les =ces qu'il lui fallait p\r la p>c\rir4 ,il s'ex]ait la c\rse1 entrepr5ait de faire pi$ des voyages de plusieurs j\rs2 il s'habituait re/] des j\rnes entires sans pr5dre de n\rriture1 fran*ir de l>ges fosss1 escalad] des murailles leves1 rgul>is] son pas af9 de p\voir mesur] exactem5t un espace p> le temps qu'il mettait le p>c\rir4 ,tantt il dormait en ple9 air1 tantt il s'lanait sur un *eval et le montait sans bride ni selle1 la manire des ,arabes2 se livrant a9si mille ex]cices pnibles et prilleux1 mais propres endurcir son corps la fatigue4 ,on ne savait quoi attribu] son air f>\*e et sauvage2 on taxait d'extravagance cette conduite extraord9aire1 attribuant a9si la folie ce qui n'tait que la f]m5tation du gnie4 ,aprs une anne de ces preuves div]ses1 il rsolut de mettre son gr& desse9 excution4 ,de peur de n'tre pas appr\v1 il crut devoir le ca*] son pre1 mais il se hta d'en faire "p son oncle4 pe9e lui eut-il communiqu qu'il ne s'agissait ri5 mo9s que de visit] des pays presque inconnus aux habitants de l',europe1 et dont les langages sont si diffr5ts des ntres1 qu'effray de la h>diesse de ce projet qu'il croyait impraticable1 son digne ami ne ngligea aucun moy5 de l'en dissuad]1 mais en va93 ,con/ant9 fut 9branlable4 ,ce qui di/+ue p>ticulirem5t un homme de gnie1 a dit un criva91#e c'e/ cette impulsion secrte qui l'entrane comme malgr lui v]s les objets d'tude et d'application les plus propres ex]c] l'activit de son ame et l'n]gie de ses facults intellectuelles4 ,c'e/ une espce d'in/9ct qu'aucune =ce ne peut dompt]1 et qui s'exalte au contraire p> les ob/acles qui s'oppos5t son dveloppem5t4 ,aussi ,con/ant91 lo9 de se rebut]1 n'en tait-il que plus impati5t d'entrepr5dre son voyage2 il voyait dja en ide des pays n\veaux2 dja son imag9ation ard5te fran*issait l'espace1 devanait le temps1 et planait sur ces ds]ts o il devait jet] les premi]s fondem5ts de sa gloire4 ,cep5dant il dsirait depuis long-temps de *ang] de nom2 celui que son pre lui avait donn lui dplaisait2 il rsolut d'en pr5dre un autre4 ,il faut croire qu'il avait p\r cela de =tes raisons2 c> son oncle l'appr\va1 s'occupa quelque temps de lui en *]*] un conv5able1 et lui proposa enf9 celui de ,volney4 ,con/ant9 le prit1 et ce fut p\r l'immortalis]4 ,le j\r fix p\r le d"p tant arriv1 le jeune voyageur prit cong de ses amis1 et s'arra*a des bras de son oncle et de sa famille4 ,un havre-sac cont5ant un peu de l+e1 et qu'il portait la manire des soldats1 une ce9ture de cuir cont5ant six mille francs en or1 un fusil sur l'paule2 tel tait l'quipage de ,volney4 pe9e fut-il quelque di/ance d',ang]s et au mom5t de le p]dre de vue1 qu'il s'arrta malgr lui3 ses reg>ds se fixr5t sur la ville1 ses yeux ne p\vai5t s'en dta*]2 il ab&onnait ce qu'il avait de plus *]1 et peut-tre p\r t\j\rs4 ,ses l>mes c\lai5t en abondance1 il s5tit *ancel] son c\rage2 mais bi5tt1 rappelant t\te son n]gie1 il se hta de s'loign]4 ,il arriva bi5tt ,m>seille1 o il s'emb>qua sur un navire qui se tr\vait prt mettre la voile p\r l',ori5t4 pe9e db>qu en gypte1 ,volney se r5dit au ,caire1 o il passa quelques mois obs]v] les moeurs et les c\tumes d'un peuple si n\veau p\r lui1 mais sans p]dre de vue t\te l't5due de la c>rire qu'il v\lait p>c\rir4 ,en mditant cette gr&e entreprise1 l'intrpide voyageur avait non-seulem5t p\r b de s'in/ruire1 mais encore de faire cess] l'ignorance de l',europe sur des contres qui en sont si vois9es1 et cep5dant aussi inconnues que si elles en tai5t sp>es p> de va/es m]s ou d'imm5ses espaces4 ,il importait donc qu'il pt t\t voir et t\t ent5dre1 il fallait pntr] dans l'intrieur des div]s tats1 et il lui tait impossible de le faire avec sret sans p>l] la langue arabe1 aussi commune t\s les peuples de l',ori5t qu'elle e/ inconnue p>mi n\s4 ,p\r surmont] ce n\vel ob/acle1 le jeune voyageur eut le c\rage d'all] s'enf]m] huit mois *ez les ,druses1 dans un c\v5t arabe situ au milieu des montagnes du ,liban4 ,l1 il se livra l'tude avec son ardeur ord9aire4 ,il eut d'autant plus de difficults va9cre qu'il tait priv du sec\rs des grammaires et des dictionnaires2 il lui fallait1 p\r a9si dire1 tre son propre matre et se crer une m?ode2 il s5tit la ncessit et conut le projet de facilit] un j\r aux ,europens l'tude des langues ori5tales4 ,il employait ses mom5ts de loisir conv]s] avec les mo9es1 s'in=m] des moeurs des ,arabes1 des v>iations du climat et des div]ses =mes de g\v]nem5t s\s lesquelles gmiss5t les malheureux habitants de ces contres dva/es4 ,l1 comme en ,europe1 il ne vit que despotisme1 que dilapidation des d5i]s du peuple2 l1 comme en ,europe1 il vit un petit nombre d'tres privilgis s'arrog] insolemm5t le fruit des sueurs du plus gr& nombre1 et1 comptant sur les armes de leurs soldats1 n'oppos] aux clameurs du peuple que la viol5ce et l'abus de leur =ce4 ,ces tri/es obs]vations augm5tai5t sa mlancolie habituelle3 trop pr(ond p\r ne pas s\lev] le voile de l'av5ir1 il ne prvoyait que trop les malheurs qui devai5t accabl] une patrie qui lui tait si *re1 et dont il ne s'tait loign que p\r bi5 mrit] d'elle4 ,ce ne fut qu'aprs qu'il put conv]s] en arabe avec facilit1 qu'il prit rellem5t son essor3 il fit ses adieux aux mo9es qui l'avai5t accueilli1 et1 aprs s'tre muni de lettres de recomm&ation p\r diffr5ts *efs de tribu1 il comm5a son voyage4 ,il prit un guide qui le conduisit dans le ds]t auprs d'un *ef auquel il tait p>ticulirem5t adress4 ,aussitt qu'il fut arriv prs de lui1 ,volney prs5ta une paire de pi/olets son fils1 qui accepta ce prs5t avec reconnaissance4 ,ds que le *ef eut lu la lettre que ,volney lui avait remise1 il lui s]ra les ma9s en lui disant3 ,sois le bi5 v5u2 tu peux re/] avec n\s le temps qu'il te plaira4 ,r5voie ton guide1 n\s t'en s]virons3 reg>de cette t5te comme la ti5ne1 mon fils comme ton frre1 et t\t ce qui e/ ici comme tant ton usage4 ,volney n'hsita pas se fi] l'homme qui s'exprimait avec tant de fran*ise3 il eut t\t lieu de voir combi5 les ,arabes tai5t fidles obs]v] religieusem5t les lois de l'hospitalit1 et combi5 ces hommes que n\s nommons des b>b>es n\s sont suprieurs cet g>d4 ,il re/a six sema9es au milieu de cette famille errante1 p>tageant leurs ex]cices et se con=mant en t\t leur manire de vivre4 ,un j\r le *ef lui dem&a si sa nation tait lo9 du ds]t1 et lorsque ,volney eut t* de lui donn] une ide de la di/ance3 ,mais p\rquoi es-tu v5u ici8 lui dit-il4--,p\r voir la t]re et admir] les oeuvres de ,dieu4--,ton pays e/-il beau8--,trs-beau4--,mais y a-t-il de l'eau dans ton pays8--,abondamm5t2 tu en r5contr]ais plusieurs fois dans une j\rne4--,il y a tant d'eau1 et ,,tu ,,le ,,quittes6 ,lorsqu'ensuite ,volney leur p>lait de la ,france1 ils l'int]rompai5t s\v5t p\r tmoign] leur surprise de ce qu'il avait quitt un pays o il tr\vait t\t en abondance1 p\r v5ir visit] une contre aride et brlante4 ,notre voyageur et dsir pass] quelques mois p>mi ces bons ,arabes2 mais il lui tait impossible de se cont5t] comme eux de trois ou quatre dattes et d'une poigne de riz p> j\r3 il avait tellem5t s\ffrir de la faim et de la soif qu'il se s5tait s\v5t dfaillir4 ,il prit cong de ses htes1 et reut son d"p des m>ques de leur amiti4 ,le pre et le fils le reconduisir5t une gr&e di/ance1 et ne le quittr5t qu'aprs l'avoir pri plusieurs fois de v5ir les revoir4 ,allant de ville en ville1 de tribu en tribu1 dem&ant fran*em5t une hospitalit qu'on ne lui refusait jamais1 ,volney p>c\rut t\te l'gypte et la ,syrie4 ,il salua ces pyramides colossales1 ces maje/ueuses ru9es de ,palmyre dissm9es comme autant de ro*]s dans ces m]s de sables1 et comme les seules traces des nations puissantes qui peuplai5t jadis ces pla9es imm5ses1 auj\rd'hui si arides4 ,obs]vateur imp>tial et sage1 il ne portait jamais de jugem5ts d'aprs les op9ions d'autrui2 il v\lait voir p> lui-mme1 et il voyait t\j\rs ju/e1 p>ce que1 sans passions et sans prjugs1 il ne dsirait et ne *]*ait que la vrit4 ,il employa trois annes faire ce gr& voyage1 ce qui p>at un prodige lorsqu'on vi5t song] la modique somme qu'il avait p\r l'entrepr5dre4 ,il ne l'y dp5sa pas t\t entire1 c> son ret\r il possdait encore v+t-c9q l\is4 ,quelle sagesse ne lui a-t-il pas fallu p\r vivre et voyag] trois annes entires dans un pays ravag1 o t\t se paie au poids de l'or6 ,mais c'e/ que ,volney frqu5tait peu la socit des villes2 il tait presque cont9uellem5t en voyage1 et il voyageait avec la simplicit d'un philosophe et l'au/rit d'un ,arabe4 ,t\j\rs la re*]*e de la vrit1 il avait r5onc la tr\v] p>mi les hommes2 il suivait avec avidit les traces des temps anci5s p\r dc\vrir le sort des gnrations prs5tes4 ,occup de hautes p5ses1 il aimait err] au milieu des ru9es1 il semblait se complaire au milieu des tombeaux4 ,l il s'ab&onnait des rv]ies pr(ondes4 ,assis sur les monum5ts presque en p\ssire des gr&eurs passes1 il mditait sur la fragilit des gr&eurs prs5tes2 il s'acc\tumait suivre les progrs de la de/ruction gnrale1 mesur] d'un oeil tranquille cet horrible abme o vont s'eng\ffr] les empires et les gnrations1 o vont s'van\ir les *imres des hommes4 ,c'e/ l qu'il apprit mpris] ce qu'il appelait les niais]ies huma9es1 qu'il puisa ces vrits sublimes qui brill5t dans ses nombreux crits1 et cette rigidit de pr9cipes qui dirigea t\j\rs ses actions4 ,aprs un voyage de trois annes1 il rev9t en ,europe1 et signala son ret\r p> la publication de son ,voyage en gypte et en ,syrie4 ,jamais livre n'obt9t un succs plus rapide1 plus brillant et mo9s conte/4 ,il valut son jeune auteur l'e/ime des g5s in/ruits1 l'admiration de ses concitoy5s et une clbrit europenne3 il en reut des m>ques flatteuses4 ,le b>on de ,grimm ayant prs5t un exemplaire du ,voyage en gypte ,ca!r9e ,,ii1 eut l'obligeante att5tion de le faire au nom de ,volney4 ,l'impratrice fit (frir l'auteur une trs-belle mdaille en or2 mais lorsque1 quelques annes aprs1 ,ca!r9e eut pris p>ti contre la ,france1 ,volney se hta d'crire ,grimm la lettre suivante en lui r5voyant la mdaille3 ,p>is1 #d dcembre #agia4 ,,monsieur1 ,la protection dcl>e que ,s4 ,m4 l'impratrice des ,russies accorde des ,franais rvolts1 les sec\rs pcuniaires dont elle favorise les ennemis de ma patrie1 ne me p]mett5t plus de g>d] en mes ma9s le monum5t de gnrosit qu'elle y a dpos4 ,v\s s5tez que je p>le de la mdaille d'or qu'au mois de janvi] #aghh v\s m'adresstes de la "p de ,s4 ,m4 ,tant que j'ai pu voir dans ce don un tmoignage d'e/ime et d'approbation des pr9cipes politiques que j'ai manife/s1 je lui ai port le respect qu'on doit un noble emploi de la puissance2 mais auj\rd'hui que je p>tage cet or avec des hommes p]v]s et dnaturs1 de quel oeil p\rrai-je l'envisag]8 ,comm5t s\ffrirai-je que mon nom se tr\ve inscrit sur le mme regi/re que ceux des dprdateurs de la ,france8 ,sans d\te l'impratrice e/ trompe1 sans d\te la s\v]a9e qui n\s a donn l'exemple de consult] les philosophes p\r dress] un code de lois1 qui a reconnu p\r base de ces lois l'galit et la lib]t1 qui a affran*i ses propres s]fs1 et qui1 ne p\vant bris] les li5s de ceux de ses boy>ds1 les a du mo9s rel*s2 sans d\te ,ca!r9e ,,ii n'a po9t ent5du p\s] la qu]elle des *ampions iniques et absurdes de la b>b>ie sup]/itieuse et tyrannique des sicles passs2 sans d\te1 enf91 sa religion sduite n'a beso9 que d'un rayon p\r s'clair]2 mais en att5dant1 un gr& sc&ale de contradiction exi/e1 et les esprits droits et ju/es ne peuv5t cons5tir le p>tag]3 veuillez donc1 monsieur1 r5dre l'impratrice un bi5fait dont je ne puis plus m'honor]2 veuillez lui dire que si je l'obt9s de son e/ime1 je le lui r5ds p\r la cons]v]2 que les n\velles lois de mon pays qu'elle p]scute ne me p]mett5t d'tre ni +rat ni l*e1 et qu'aprs tant de voeux p\r une gloire utile l'humanit1 il m'e/ d\l\reux de n'avoir que des illusions regrett]4 ,c4-,f4 ,,volney4 ,le succs brillant qu'obt9t le ,voyage en gypte et en ,syrie1 ne fut pas de ces succs phmres qui ne sont dus qu'aux circon/ances ou la faveur du mom5t4 ,p>mi les nombreux tmoignages qui v9r5t atte/] l'exactitude des rcits et la ju/esse des obs]vations1 le plus rem>quable sans d\te e/ celui que r5dit le gnral ,b]?i] dans la ,relation de la campagne d'gypte3 ,les ap]u politiques sur les ress\rces de l'gypte1 dit-il1 la description de ses monum5ts1 l'hi/oire des moeurs et des usages des div]ses nations qui l'habit5t1 ont t traits p> le citoy5 ,volney avec une vrit et une pr(ondeur qui n'ont ri5 laiss aj\t] aux obs]vateurs qui sont v5us aprs lui4 ,son ouvrage tait le guide des ,franais en gypte2 c'e/ le seul qui ne les ait jamais tromps4 ,quelques mois aprs la publication de son voyage1 ,volney fut nomm p\r remplir les fonctions difficiles et importantes de directeur gnral de l'agriculture et du comm]ce en ,corse2 il se disposait se r5dre dans cette le1 lorsqu'un vnem5t inatt5du v9t y mettre ob/acle4 ,la ,france1 fatigue d'un j\g impos p> de mauvaises in/itutions1 v5ait de le bris]4 ,le cri de lib]t avait fait tressaillir t\s les coeurs franais1 et fait trembl] t\s les trnes4 ,de t\tes p>ts les lumires se runissai5t en un seul faisceau p\r dissip] les tnbres de l'ignorance4 ,le peuple v5ait de nomm] ses m&ataires1 et ,volney fut appel sig] p>mi les lgislateurs de la patrie4 ,sur une obs]vation que fit ,g\pil de ,prfeln1 il s'empressa de donn] sa dmission de la place qu'il t5ait du g\v]nem5t1 ne reg>dant pas1 disait-il1 un emploi sal>i comme compatible avec l'indp5dante dignit de m&ataire du peuple4 ,il prit "p t\tes les dlibrations importantes1 et1 fidle son m&at1 il se montra t\j\rs un des plus f]mes s\ti5s des lib]ts publiques4 ,mal\et ayant propos#f de se runir en comit secret af9 de ne po9t discut] devant des trang]s3 ,des trang]s6 s'cria ,volney1 en e/-il p>mi n\s8 ,l'honneur que v\s avez reu d'eux1 lorsqu'ils v\s ont nomms dputs1 v\s fait-il oubli] qu'ils sont vos frres et vos concitoy5s8 ,n'ont-ils pas le plus gr& intrt avoir les yeux fixs sur v\s8 ,oubliez-v\s que v\s n'tes que leurs reprs5tants1 leurs fonds de p\voirs8 et prt5dez-v\s v\s s\/raire leurs reg>ds lorsque v\s leur devez compte de t\tes vos dm>*es et de t\tes vos p5ses8444444 ,ah6 plutt1 que la prs5ce de nos concitoy5s n\s inspire1 n\s anime6 elle n'aj\t]a ri5 au c\rage de l'homme qui aime sa patrie et qui veut la s]vir1 mais elle f]a r\gir le p]fide et le l*e que le sj\r de la c\r ou la pusillanimit aurait dja pu corrompre4 ,il fut un des premi]s provoqu] l'organisation des g>des nationales2 celles des communes et des dp>tem5ts1 et fut nomm secrtaire ds la premire anne4 ,il prit "p aux nombreux dbats qui s'lv]5t lorsqu'on agita la proposition d'accord] au roi l'ex]cice du droit de paix et de gu]re#g4 ,les nations1 dit-il1 ne sont pas cres p\r la gloire des rois1 et v\s n'avez vu dans les trophes que des sanglants f>deaux p\r les peuples44444 ,jusqu' ce j\r l',europe a prs5t un spectacle affligeant de gr&eur app>5te et de misre relle3 on n'y comptait que des maisons de pr9ces et des intrts de familles2 les nations n'y avai5t qu'une exi/5ce accessoire et prcaire4 ,on possdait un empire comme des tr\peaux2 p\r les m5us plaisirs d'une fte1 on ru9ait une contre2 p\r les pactes de quelques individus1 on privait un pays de ses avantages naturels2 la paix du monde dp5dait d'une pleursie1 d'une *ute de *eval2 l',inde et l',amrique tai5t plonges dans les calamits de la gu]re p\r la mort d'un enfant1 et les rois1 se disputant son hritage1 vidai5t leur qu]elle p> le duel des nations4 ,il f9it p> propos] un dcret rem>quable qui se t]m9ait p> ces mots3 ,la nation franaise s'int]dit ds ce mom5t d'entrepr5dre aucune gu]re t5dante accrotre son t]ritoire4 ,cette proposition fait honneur au patriotisme clair de ,volney1 et l'assemble se hta d'en consacr] le pr9cipe dans la loi qui int]v9t4 ,ce fut cette mme anne que1 sur la proposition de ,mirabeau1 on s'occupa de la v5te des doma9es nationaux2 ,volney publia dans le ,moniteur quelques rflexions o il pose ces pr9cipes3 ,la puissance d'un tat e/ en raison de sa population2 la population e/ en raison de l'abondance2 l'abondance e/ en raison de l'activit de la culture1 et celle-ci en raison de l'intrt p]sonnel et direct1 c'e/--dire de l'esprit de proprit3 d'o il suit que plus le cultivateur se rappro*e de l'tat passif de m]c5aire1 mo9s il a d'indu/rie et d'activit2 au contraire1 plus il e/ prs de la condition de propritaire libre et plni]1 plus il dveloppe les =ces et les produits de la t]re et la ri*esse gnrale de l'tat4 ,en suivant ce raisonnem5t si ju/e et si premptoire1 on arrive naturellem5t cette consqu5ce1 qu'un tat e/ d'autant plus puissant qu'il compte un plus gr& nombre de propritaires1 c'e/--dire1 une plus gr&e division de proprits4 ,jamais aucune assemble lgislative n'avait (f]t une plus belle runion d'orateurs clbres4 ,dans les discussions importantes1 ils se pressai5t en f\le la tribune2 t\s brlai5t du dsir de s\t5ir la cause de la lib]t1 mais de cette lib]t sage et limite1 premi] droit des peuples4 ,t\t le monde connat ce m\vem5t oratoire de ,mirabeau dans une discussion relative au cl]g34444 ,je vois d'ici la f5tre d'o la ma9 sacrilge d'un de nos rois1 etc4244444 mais peu de p]sonnes sav5t qui ce m\vem5t oratoire fut emprunt4 ,v+t dputs assigeai5t les degrs de la tribune nationale4 ,v\s aussi6 dit ,mirabeau ,volney qui t5ait un disc\rs la ma94--,je ne v\s ret>d]ai pas long-temps2--,montrez-moi ce que v\s avez dire4444 ,cela e/ beau1 sublime24444 mais ce n'e/ pas avec une voix faible1 une physionomie calme1 qu'on tire p>ti de ces *oses-l2 donnez-les moi4 ,mirabeau fondit dans son disc\rs le passage relatif ,*>les ,,ix1 et en tira un des plus gr&s effets qu'ait jamais produits l'loqu5ce4 ,c'tait peu p\r le reprs5tant du peuple de se dv\] t\t enti] aux intrts de son pays1 il sacrifiait encore ses veilles l'in/ruction de ses concitoy5s4 ,amant passionn de la lib]t1 ennemi dcl> de t\t p\voir absolu1 ,volney reconnut qu'il n'y avait que la raison qui pt t]rass] le despotisme militaire et religieux4 ,dans le c\rs de ses longs voyages1 il avait t\j\rs vu la tyrannie crotre en raison directe de l'ignorance4 ,il avait p>c\ru ces brlantes contres1 asile des premi]s *rti5s1 et ma9t5ant patrie des enfants de ,mahomet4 ,il avait suivi avec t]reur les traces pr(ondes des maux enfants p> un fanatisme aveugle2 il avait vu les peuples d'autant plus ignorants qu'ils tai5t plus religieux1 d'autant plus esclaves et victimes de prjugs absurdes qu'ils tai5t plus atta*s la foi m5songre de leurs aeux4 ,il avait vu les hommes plus ou mo9s plongs dans d'paisses tnbres2 il conut le h>di projet de les clair] du flambeau de la sa9e philosophie4 ,c'tait s'impos] la t*e de sap] jusque dans sa base le mon/rueux difice des prjugs et des sup]/itions2 il fallait pulvris] les traditions absurdes1 les prophties m5songres1 rfut] t\tes les sa9tes fables1 et p>l] enf9 aux hommes le langage de la raison4 ,il mdita long-temps ce sujet important1 et publia#h le fruit de ses rflexions s\s le titre de ,ru9es1 ou ,mditation sur les rvolutions des empires4 ,dans ce bel ouvrage#i il n\s ramne l'tat primitif de l'homme1 sa condition ncessaire dans l'ordre gnral de l'univ]s2 il re*]*e l'orig9e des socits civiles et les causes de leurs =mations1 remonte jusqu'aux pr9cipes de l'lvation des peuples et de leur abaissem5t1 dveloppe les ob/acles qui peuv5t s'oppos] l'amlioration de l'homme4 ,en philosophe habile1 en pr(ond connaisseur du coeur huma91 il ne se borne pas mettre des prceptes arides2 il sait captiv] l'att5tion et s'atta*] r5dre attrayante l'au/re vrit2 il anime ses tableaux4 ,t\t--c\p il dvoile nos reg>ds une imm5se c>rire1 il reprs5te nos yeux tonns une assemble gnrale de t\s les peuples4 ,t\tes les passions1 t\tes les sectes religieuses sont en prs5ce2 c'e/ un combat t]rible de la vrit contre l'erreur4 ,il dp\ille d'une ma9 h>die le fanatisme de son masque hypocrite1 il brise les f]s honteux =gs p> des hommes sacrilges2 il les montre t\j\rs guids p> un vil intrt1 tablissant leurs j\issances g/es sur le malheur des huma9s1 et s'appliquant exclusivem5t les ma9t5ir dans une ignorance pr(onde4 ,il leur fait app>atre la lib]t comme une desse v5g]esse2 et comme la tte de ,mduse1 son nom seul frappe d'effroi t\s les oppresseurs1 et rveille l'espoir dans le coeur des opprims4 ,le premi] lan des peuples clairs e/ p\r la v5geance2 mais le sage lgislateur calme leur fureur1 rprime leur imptuosit1 en leur appr5ant que la lib]t n'exi/e que p> la ju/ice1 ne s'obti5t que p> la s\mission aux lois1 et ne se cons]ve que p> l'obs]vation de ses devoirs4 ,ds #agij1 il avait press5ti les consqu5ces t]ribles qu'aurai5t sur nos colonies les pr9cipes1 et surt\t la conduite de quelques soi-disant amis des noirs4 ,il conut que ce p\rrait tre une entreprise d'un gr& avantage public et priv1 d'tablir dans la ,mdit]rane la culture des productions du tropique2 et p>ce que plusieurs plages de la ,corse sont assez *audes p\r n\rrir en ple9e t]re des orang]s de #bj pi$s de hauteur1 des banani]s1 des datti]s1 et que des *antillons de coton avai5t dja russi1 il conut le projet d'y cultiv] et de suscit] p> son exemple ce g5re d'indu/rie4 ,volney se r5dit en ,corse en #agib1 et y a*eta le doma9e de la ,conf9a1 prs d',ajaccio2 il y fit faire ses frais des essais disp5dieux1 et bi5tt des productions n\velles v9r5t atte/] que la ,france1 plus que t\t autre pays1 p\rrait prt5dre l'indp5dance comm]ciale1 puisque dja si ri*e de ses propres produits1 elle p\rrait encore (frir ceux du ,n\veau-,monde4 ,mais ce n'tait pas seulem5t v]s l'amlioration de l'agriculture que se dirigeai5t les ef=ts de ,volney3 il mditait sur la ,corse un ouvrage dont la p]fection aurait sans d\te gal l'importance1 si n\s en jugeons t\tefois p> les fragm5ts qu'il en a laisss4 ,les tr\bles que ,pascal ,paoli suscita en ,corse1 =cr5t ,volney d'int]rompre ses travaux et de quitt] cette le4 ,le doma9e de la ,conf9a1 que l'auteur des ,ru9es appelait ses ,petites-,indes1 fut mis l'encan p> ce mme ,paoli1 qui lui avait donn tant de fois l'assurance d'une s9cre amiti4 ,c'e/ p5dant ce voyage en ,corse qu'il fit la connaissance du jeune ,bonap>te1 qui n'tait encore qu'(fici] d'artill]ie4 ,le jugem5t qu'il mit ds lors e/ un de ceux qui dmontr5t le plus quel haut degr il portait le gnie de l'obs]vation4 ,quelques annes aprs1 ayant appris en ,amrique que le comm&em5t de l'arme d',italie v5ait de lui tre confi3 ,p\r peu que les circon/ances le second5t1 dit-il en prs5ce de plusieurs rfugis franais1 ce s]a la tte de ,cs> sur les paules d',alex&re4 ,cep5dant la lib]t avait dgnr en lic5ce2 l'an>*ie v]sait sur la ,france ses poisons de/ructeurs4 ,volney1 qui ne p\vait plus df5dre la tribune les pr9cipes de la ju/ice et de l'humanit1 les proclamait dans des crits ple9s d'n]gie et de patriotisme1 et ne craignit pas de brav] les hommes de #ic3 tantt il les accablait s\s le poids de l'vid5ce1 et leur repro*ait h>dim5t leurs =faits j\rnali]s2 tantt1 maniant l'arme acre du s>casme1 il s'criait3 ,mod]nes ,lycurgues1 v\s p>lez de pa9 et de f]3 le f] des piques ne produit que du sang2 c'e/ le f] des *>rues qui produit du pa96 ,c'en tait trop sans d\te p\r ne pas subir le sort de t\t homme v]tueux1 de t\t patriote clair2 ,volney fut dnonc comme royali/e1 et *>g de f]s3 sa dt5tion dura dix mois1 et il ne dut sa lib]t qu'aux vnem5ts du #i !rmidor4 ,enf9 l'horizon s'claircit aprs l'orage1 et un g\v]nem5t n\veau p>ut v\loir mettre t\s ses ef=ts obt5ir le titre de g\v]nem5t rp>ateur4 ,on donna une =te impulsion l'in/ruction publique2 une cole n\velle fut tablie en ,france1 et les pr(esseurs en fur5t *oisis p>mis les savants les plus illu/res4 ,l'auteur des ,ru9es1 appel la *aire d'hi/oire1 accepta cette *>ge pnible1 mais qui portait avec elle une bi5 d\ce rcomp5se p\r lui1 puisqu'elle lui (frait les moy5s d'tre utile4 ,t\t en enseignant l'hi/oire1 il v\lait *]*] dim9u] l'influ5ce j\rnalire qu'elle ex]ce sur les actions et les op9ions des hommes2 il la reg>dait ju/e titre comme l'une des s\rces les plus fcondes de leurs prjugs et de leurs erreurs3 c'e/ en effet de l'hi/oire que driv5t la presque totalit des op9ions religieuses et la plup>t des maximes et des pr9cipes politiques s\v5t si errons et si dang]eux qui dirig5t les g\v]nem5ts1 les consolid5t quelquefois1 et ne les r5v]s5t que trop s\v5t4 ,il *]*a combattre ce respect p\r l'hi/oire1 pass en dogme dans le sy/me d'ducation de l',europe1 et s'atta*a d'autant plus l'branl]1 qu'clair p> des re*]*es savantes1 il aj\tait mo9s de foi ces raconteurs des temps passs1 qui crivai5t s\v5t sur des ou-dire et t\j\rs p\sss p> leurs passions4 ,comm5t en effet croirons-n\s la vracit des anci5s hi/ori5s1 lorsque n\s voyons sans cesse les vnem5ts d'hi] dnaturs auj\rd'hui8 ,dans ses leons l'cole ,normale1 ,volney se livra des considrations gnrales1 mais appr(ondies1 et qui n'tai5t ses yeux que des lm5ts prp>atoires aux c\rs qu'il se proposait de faire4 ,la suppression de cette cole dja clbre v9t int]rompre ses travaux4 ,libre alors1 mais fatigu des sec\sses j\rnalires d'une politique orageuse1 t\rm5t du dsir d'tre utile lors mme qu'on lui en tait les moy5s1 ,volney s5tit r5atre en lui cette passion qui dans sa jeunesse l'avait conduit en gypte et en ,syrie4 ,l',amrique dev5ue libre m>*ait pas de gant v]s la civilisation3 c'tait sans d\te un sujet digne de ses obs]vations2 mais1 en entrepr5ant ce n\veau voyage1 il tait agit de s5tim5ts bi5 diffr5ts de ceux qui l'avai5t jadis conduit en ,ori5t4 ,en #aghe1 n\s dit-il lui-mme1 il tait p>ti de ,m>seille1 de ple9 gr1 avec cette alacrit1 cette confiance en autrui et en soi qu'inspire la jeunesse2 il quittait gaiem5t un pays d'abondance et de paix1 p\r all] vivre dans un pays de b>b>ie et de misre1 sans autre motif que d'employ] le temps d'une jeunesse inquite et active se procur] des connaissances d'un g5re neuf1 et embellir p> elles le re/e de sa vie d'une aurole de considration et d'e/ime4 ,en #agie1 au contraire1 lorsqu'il s'emb>quait au ,hvre1 c'tait avec le dgt et l'indiffr5ce que donn5t le spectacle et l'expri5ce de l'inju/ice et de la p]scution4 ,tri/e du pass1 s\cieux de l'av5ir1 il allait avec dfiance *ez un peuple libre1 voir si un ami s9cre de cette lib]t pr(ane tr\v]ait p\r sa vieillesse un asile de paix1 dont l',europe ne lui (frait plus l'esprance4 ,mais pe9e arriv en ,amrique1 aprs une longue et pnible trav]se1 lo9 de se livr] un repos ncessaire et qu'il semblait y tre v5u *]*]1 ,volney1 t\j\rs avide d'in/ruction1 ne put rsi/] la vue du va/e *amp d'obs]vations qui s'ouvrait devant lui4 ,il s'tait depuis long-temps p]suad de cette vrit1 qu'il n'e/ ri5 de si difficile que de p>l] avec ju/esse du sy/me gnral d'un pays ou d'une nation1 et qu'on ne peut le faire qu'en obs]vant et voyant p> soi-mme4 ,il se mit donc en devoir d'explor] cette n\velle contre1 comme d\ze annes aup>avant il avait trav]s les pays d',ori5t1 c'e/--dire1 presque t\j\rs pi$ et sans guide4 ,ce fut a9si qu'il p>c\rut successivem5t t\tes les p>ties des tats-,unis1 tudiant le climat1 les lois1 les habitants1 les moeurs1 et lisant dans le gr& livre de la nature les div]s *angem5ts oprs p> la =ce t\te-puissante des sicles4 ,le gr& ,wa%+ton1 le librateur des tats-,unis1 le gu]ri] patriote qui avait prfr la lib]t de son pays de va9s honneurs1 ,wa%+ton ne p\vait voir avec indiffr5ce l'auteur des ,ru9es2 aussi le reut-il avec di/9ction1 et lui donna-t-il publiquem5t des m>ques d'e/ime et de confiance4 ,il n'en fut pas de mme de ,j4 ,adams1 qui ex]ait alors les premires fonctions de la rpublique4 ,volney1 t\j\rs s9cre1 avait critiqu fran*em5t un livre que le prsid5t avait publi quelque temps avant d'tre lev la magi/rature qu9qu5nale4 ,on attribua gnralem5t une petite rancune d'auteur une p]scution inju/e et absurde que ,volney eut essuy]4 ,il fut accus d'tre l'ag5t secret d'un g\v]nem5t dont la ha*e n'avait cess de frapp] des hommes qui1 comme lui1 tai5t les amis s9cres d'une lib]t raisonnable4 ,on prt5dit qu'il avait v\lu livr] la ,l\isiane au directoire1 t&is qu'il avait publi ouv]tem5t que1 suivant lui1 l'invasion de cette prov9ce tait un faux calcul politique4 ,ce fut dans ce mme temps qu'il fut en butte aux attaques du docteur ,prie/ley1 aussi clbre p> ses tal5ts que rem>quable p> une manie de cat*is] que l'inc5die de sa maison ,londres n'avait pu gurir4 ,le physici5 anglais n'avait pu lire de sang-froid quelques pages des ,ru9es sur les div]ses croyances des peuples4 ,p\r s'tre plac entre deux sectes galem5t extrmes1 il se croyait modr1 quoiqu'il proscrivit1 avec t\te la viol5ce des hommes les plus exagrs1 quiconque ne reconnaissait pas avec lui la div9it des critures1 et ne niait pas celle de ,j4-,c42 ,prie/ley1 peut-tre jal\x de la rputation de ,volney1 ne ngligea aucun moy5 de l'engag] dans une controv]se suivie1 v\lant sans d\te pr(it] de la clbrit du philosophe franais1 p\r mieux tablir la si5ne2 le sage voyageur n'opposa d'abord aux attaques s\v5t grossires du savant anglais que le plus imp]turbable sil5ce2 mais enf91 press vivem5t p> des diatribes o il tait trait d'ignorant et de ,hott5tot1 ,volney dut se dcid] rpondre1 et ce fut p\r dire qu'il ne rpondrait plus4 ,dans cette rponse peu connue#aj1 il n'opposa aux grossirets de son adv]saire qu'une froide ironie1 tempre p> l'urbanit franaise et s\t5ue p> le langage de la raison2 il y refusa de faire sa pr(ession de foi1 p>ce que1 disait-il1 soit s\s l'aspect politique1 soit s\s l'aspect religieux1 l'esprit de d\te se lie aux ides de lib]t1 de vrit1 de gnie1 et l'esprit de c]titude aux ides de tyrannie1 d'abrutissm5t et d'ignorance4 ,ce conc\rs de p]scutions dgtait ,volney de son sj\r aux tats-,unis1 lorsqu'ayant reu la n\velle de la mort de son pre1 il fit ses adieux la t]re de la lib]t1 p\r v5ir salu] le sol de la patrie4 pe9e arriv en ,france#aa1 son premi] so9 fut de r5onc] la succession de son pre en faveur de sa belle-mre1 p\r laquelle il avait t\j\rs eu les s5tim5ts d'un fils1 p>ce qu'elle lui avait montr dans plusieurs occasions la sollicitude d'une mre4 ,volney avait signal son ret\r d'gypte p> la publication de son ,voyage2 on s'att5dait gnralem5t voir p>atre la relation de celui qu'il v5ait de faire en ,amrique3 cette esprance fut en p>tie due4 l'poque de l'affran*issem5t des tats-,unis1 cette belle contre attirait l'att5tion gnrale2 *acun1 fasc9 p> l'en?\siasme de la lib]t1 y voyait un pays naissant1 mais dja ri*e son aurore de t\s les fruits de l'ge mr4 ,c'tait1 suivant la plup>t1 le modle de t\t g\v]nem5t2 mais suivant ,volney ce n'tait qu'une sduisante *imre4 ,il avait t\t vu en homme imp>tial2 il tait rev5u ri*e de rem>ques neuves1 d'obs]vations savantes3 il conut le plan d'un gr& ouvrage o il aurait obs]v la crise de l'indp5dance dans t\tes ses phases1 o il aurait trait successivem5t des div]ses op9ions qui p>tag5t les ,amrica9s1 de la politique de leur n\veau g\v]nem5t1 de l'ext5sion probable des tats malgr leur division sur quelques po9ts2 enf9 il aurait *]* faire s5tir l'erreur romanesque des criva9s mod]nes1 qui appell5t peuple neuf et vi]ge une runion d'habitants de la vieille ,europe1 ,allem&s1 ,holl&ais et surt\t ,anglais des trois royaumes4 ,mais cet important ouvrage1 dont cep5dant plusieurs p>ties tai5t a*eves1 dem&ait un gr& travail et surt\t beauc\p de temps dont les affaires publiques et prives ne lui p]mir5t pas de dispos]2 et d'ailleurs ses op9ions diffrant sur beauc\p de po9ts de celles des publici/es amrica9s1 peut-tre fut-il aussi arrt p> la cra9te trop fonde de se faire de n\veaux ennemis4 ,il se dt]m9a donc ne publi] que le ,tableau du climat et du sol des tats-,unis4 ,le voyage en gypte et en ,syrie avait eu un si brillant succs1 que ce ne fut qu'avec dfiance que ,volney publia le rsultat des obs]vations qu'il avait faites en ,amrique4 ,ce d]ni] ouvrage fut aussi bi5 accueilli que le premi]4 ,l'auteur y embrasse d'un c\p d'oeil ces va/es rgions hrisses de montagnes inaccessibles et c\v]tes d'imm5ses =ts2 il en trace le plan topographique d'une ma9 h>die2 il analyse avec sagacit les v>iations du climat4 ,sa df9ition pittoresque des v5ts e/ surt\t rem>quable4 ,il n'a pas song les p]sonnifi]1 et cep5dant1 a dit un criva9#ab1 ils pr5n5t dans ses descriptions animes une sorte de =me et de /ature homriques4 ,ce sont des puissances2 les fleuves et le cont95t sont leur empire2 ils comm&5t aux nuages1 et les nuages1 comme un corps d'arme1 se ralli5t s\s leurs ordres4 ,les montagnes1 les pla9es1 les =ts devi5n5t le ?tre bruyant des combats4 ,l'exposition des m>*es1 des contre-m>*es de ces tumultueux c\rants d'air1 qui se bris5t les uns contre les autres dans des *ocs p\vantables1 ou qui se prcipit5t entre les monts pic avec une imptuosit ret5tissante2 t\t ce dsordre de l'atmosphre produit un effet qui saisit la fois l'ame et les s5s1 et les fait tressaillir d'motions n\velles devant ces n\veaux objets de surprise et de t]reur4 ,dans cet ouvrage1 comme dans son ,voyage en gypte et en ,syrie1 ,volney ne se borne pas une simple description des pays qu'il p>c\rt3 il se livre des considrations leves2 l'utilit des hommes e/ t\j\rs le b de ses re*]*es4 ,l'tude qu'il avait faite de la mdec9e lui donnait un gr& avantage sur t\s les voyageurs qui l'avai5t prcd2 il tait plus mme de jug] du climat1 d'analys] la salubrit de l'air2 il n\s retrace les effets de la pe/e1 de la fivre jaune2 il en re*]*e les div]ses causes1 et1 s'il ne n\s indique pas des moy5s de gurir ces t]ribles pidmies1 du mo9s n\s appr5d-il comm5t on p\rrait les prv5ir4 ,diffr5t des autres voyageurs1 ,volney ne n\s entreti5t jamais de ses av5tures p]sonnelles2 il vite avec so9 de se mettre en scne1 et ne p>le mme pas des dang]s qu'il a c\rus4 ,ce n'e/ cep5dant qu'expos des prils de t\te espce qu'il a pu voyag] dans les pays ravags de l',ori5t et dans les sombres =ts de l',amrique4 ,il avait d'autant plus cra9dre la cruaut des hommes et les attaques des btes froces1 qu'il ngligeait de pr5dre les prcautions les plus simples qu'indique la prud5ce2 aussi n'*appa-t-il plusieurs fois que p> miracle4 ,en trav]sant une des =ts des tats-,unis1 il s'endormit au pi$ d'un *ne2 son rveil1 il sec\e son manteau1 et re/e ptrifi la vue d'un s]p5t sonnettes4 ,l'affreux reptile1 tr\bl dans son repos1 s'lance et disp>at p>mi les arbres2 on n'ent5dait plus le bruit de ses cailles1 avant que ,volney1 glac de t]reur1 et song s'enfuir444 ,p5dant ce voyage1 on avait cr en ,france ce corps littraire qui sut1 en peu d'annes1 se plac] au premi] rang des socits savantes de l',europe4 ,l'illu/re voyageur fut appel sig] l',acadmie3 cet honneur lui avait t dc]n p5dant son abs5ce2 il y acquit de n\veaux droits en publiant les obs]vations qu'il avait faites aux tats-,unis444 ,trois annes s'tai5t c\les depuis qu'il avait quitt la ,france1 et les orages politiques n'tai5t pas apaiss3 les factions s'agitai5t encore et dom9ai5t t\r t\r4 ,volney ne v\lut pas rep>atre sur la scne politique1 et *]*a dans l'tude des consolations contre les pe9es que lui causai5t les malheurs de sa patrie4 peu prs v]s cette poque1 il vit arriv] *ez lui le gnral ,bonap>te1 qu'il n'avait pas vu depuis plusieurs annes1 et que le m\vem5t des p>tis avait fait priv] de son grade4 ,me voil sans emploi1 dit-il ,volney2 je me console de ne plus s]vir un pays que se disput5t les factions4 ,je ne puis re/] oisif2 je veux *]*] du s]vice ailleurs4 ,v\s connaissez la ,turquie2 v\s y avez sans d\te cons]v des relations2 je vi5s v\s dem&] des r5seignem5ts1 et surt\t des lettres de recomm&ation p\r ce pays3 mes s]vices dans l'artill]ie peuv5t m'y r5dre trs-utile4 ,c'e/ p>ce que je connais ce pays1 rpondit ,volney1 que je ne v\s conseill]ai jamais de v\s y r5dre4 ,le premi] repro*e qu'on v\s y f]a1 s]a d'tre *rti53 il s]a bi5 inju/e sans d\te1 mais enf9 on v\s le f]a et v\s en s\ffrirez4 ,v\s allez me dire peut-tre que v\s v\s f]ez musulman3 faible ress\rce1 la ta*e orig9elle v\s re/]a t\j\rs2 plus v\s dvelopp]ez de tal5ts1 et plus v\s aurez s\ffrir de p]scutions4--,h bi51 n'y songeons plus4 ,j'irai en ,russie2 on y accueille les ,franais4 ,ca!r9e v\s a donn des m>ques de considration2 v\s avez des correspondances avec ce pays1 v\s y avez des amis4--,le r5voi de ma mdaille a dtruit t\tes ces relations4 ,d'ailleurs les ,franais qu'on accueille auj\rd'hui en ,russie1 ne sont pas ceux qui app>ti5n5t votre op9ion4 ,croyez-moi1 r5oncez votre projet2 c'e/ en ,france que vos tal5ts tr\v]ont le plus de *ances favorables3 plus les factions se succd5t rapidem5t dans un pays1 mo9s une de/itution y e/ durable4--,j'ai t\t t5t p\r tre rintgr2 ri5 ne m'a russi4--,le g\v]nem5t va pr5dre une n\velle =me1 et ,l>veillre-,lpeaux y aura sans d\te de l'influ5ce3 c'e/ mon compatriote1 il fut autrefois mon collgue2 j'ai lieu de croire que ma recomm&ation ne s]a pas sans effet auprs de lui4 ,je vais l'invit] djeun] p\r dema93 tr\vez-v\s-y1 n\s ne s]ons que n\s trois4 ,le djeun] eut lieu en effet2 la conv]sation de ,bonap>te frappa ,l>veillre1 dja prv5u p> ,volney4 ,le dput prs5ta le l5dema9 le gnral son collgue ,b>ras2 qui le fit rintgr]4 ,une liaison intime ne t>da pas s'tablir entre le v]tueux citoy5 qui v\lait p>-dessus t\t la lib]t de son pays1 et l'homme extraord9aire qui devait l'ass]vir2 mais ,volney1 t\j\rs modr dans sa conduite et ses op9ions politiques1 tait lo9 d'appr\v] la ptulante activit de ,bonap>te4 ,v]s la f9 de #agii1 ,volney1 conva9cu que la lib]t allait prir s\s les c\ps de l'an>*ie1 seconda le #ah brumaire de t\s ses ef=ts4 ,le surl5dema9 de cette j\rne1 ,bonap>te lui envoya en prs5t un sup]be attelage qu'il refusa2 quelques sema9es aprs1 il lui fit (frir p> un de ses aides de camp le m9i/re de l'intrieur4 ,dites au premi] consul1 rpondit ,volney1 qu'il e/ beauc\p trop bon co*] p\r que je puisse m'attel] son *>4 ,il v\dra le conduire trop vite1 et un seul *eval rtif p\rrait faire all] *acun de son ct le co*]1 le *> et les *evaux4 ,malgr cette indp5dance de c>actre que le consul n'tait pas acc\tum tr\v] dans ceux qui l'ent\rai5t1 ,volney cont9ua prs de deux ans tre admis dans son intimit2 il ne t>da pas s'ap]cevoir cep5dant que l'au/rit de son langage comm5ait dplaire1 et qu'on v\lait surt\t en c>t] cette famili>it qu'on avait accueillie jusqu'alors4 ,un j\r que dans une discussion importante et secrte le ct avantageux d'une mesure avait t trop vant1 et l'intrt de l'humanit beauc\p trop nglig3 ,c'e/ encore de la c]velle qu'il y a l6 s'cria ,volney en mettant la ma9 sur le coeur du premi] consul4 ,on a cru gnralem5t que leur rupture avait clat l'occasion de l'influ5ce que le premi] consul se prp>ait r5dre au cl]g4 ,il e/ c]ta9 que ,volney lui fit quelques obs]vations sur la ncessit d'une extrme circonspection dans cette mesure2 mais si ces obs]vations fur5t reues froidem5t1 on peut assur] que le consul dissimula une p>tie du mcont5tem5t qu'elles lui inspirai5t4 ,les dbats fur5t beauc\p plus vifs sur l'expdition de ,sa9t-,dom+ue4 ,volney1 qui avait t appel la discut] dans un conseil priv1 s'y opposa de t\t son p\voir4 ,il reprs5ta avec =ce t\s les ob/acles qu'on aurait surmont] et t\t ce qu'il y aurait encore cra9dre1 en supposant qu'on p>vnt s'emp>] de l'le4 ,admettons1 aj\ta-t-il1 que les ngres1 libres depuis d\ze ans1 veuill5t bi5 r5tr] dans la s]vitude1 que ,t\ssa9t-,l\v]ture v\s t5de les bras1 que votre arme s'acclimate sans dang]1 que votre colonie repr5ne son anci5ne activit2 eh bi56 mme dans ces suppositions qui me sembl5t contraires aux notions du plus simple bon s5s1 v\s commettrez la plus grave des fautes4 ,p5sez-v\s que les ,anglais1 auj\rd'hui seuls possesseurs des m]s1 ne v\s f]ont pas bi5tt une n\velle gu]re p\r s'emp>] de cette colonie8 ,e/-ce donc p\r eux que v\s v\lez faire tant de sacrifices8 ,qu'e/-ce qu'un doma9e qui n'(fre po9t ses matres de communication directe p\r l'exploit]1 et encore mo9s p\r le df5dre8 ,quelques mois aprs1 les dsa/res de ,sa9t-,dom+ue fur5t connus3 des amis de c\r ne manqur5t pas de rpt] au premi] consul les propos que ,volney avait t5us contre cette expdition dont il avait si clairem5t prdit les suites2 et1 suivant l'usage1 ces propos fur5t comm5ts et env5ims4 ,mais ce qui rompit p\r t\j\rs t\te communication entre eux1 ce fut la conduite que t9t le philosophe au mom5t de l'avnem5t l'empire4 ,volney avait conc\ru au #ah brumaire1 dans l'espoir que la ,france en recueill]ait une paix durable et un g\v]nem5t con/itutionnel4 ,le titre pompeux de ,snat ,cons]vateur avait fasc9 les yeux de la nation1 et ,volney1 comme tant d'autres1 crut y voir un autel sur lequel on alim5t]ait le feu de la lib]t4 ,il ne vit dans les snateurs que les m&ataires de la nation1 *>gs de cons]v] le dpt sacr des pactes qui tablirai5t un ju/e quilibre entre les droits des peuples et ceux des s\v]a9s4 ,il fut aussi flatt que surpris d'tre appel sig] sur la *aire curule4 ,il accepta cette dignit1 p>ce qu'il la considrait mo9s comme une rcomp5se honorifique que comme une *>ge importante1 et dont les devoirs tai5t beaux remplir4 ,son illusion dura peu4 ,il ne dissimula pas quelques amis intimes sa cra9te de voir le snat dev5ir un in/rum5t d'oppression p\r la lib]t individuelle comme p\r la lib]t publique1 et ds lors il crut devoir sa rputation l'obligation d'un gr& acte4 ,au mom5t mme o l'on proclamait l'empire1 il envoya au n\vel emp]eur et au snat cette dmission qui fit tant de bruit en ,france et en ,europe4 ,l'emp]eur en fut vivem5t irrit2 mais t\j\rs matre de lui-mme qu& il n'tait pas pris au dp\rvu1 il sut cont5ir sa colre2 et le l5dema91 ap]cevant ,volney p>mi les snateurs qui tai5t v5us en corps lui r5dre hommage et prt] s]m5t de fidlit1 il p]ce la f\le1 le tire l'c>t1 et repr5ant son anci5 ton affectueux3 ,qu'avez-v\s fait1 ,volney8 lui dit-il2 e/-ce le signal de la rsi/ance que v\s avez v\lu donn]8 ,p5sez-v\s que cette dmission soit accepte8 ,si1 comme v\s le dites1 v\s dsirez v\s retir] dans le ,midi1 vos congs s]ont prolongs tant que v\s v\drez4 ,quelques j\rs aprs1 le snat dcrta qu'il n'accept]ait la dmission d'aucun de ses membres4 ,=c de repr5dre sa dignit de snateur et dcor du titre de comte1 ,volney1 dsirant ne plus p>atre sur la scne politique1 se retira la campagne1 o il reprit ses travaux hi/oriques et philologiques4 ,il s'y adonna p>ticulirem5t l'tude des langues de l',asie4 ,il attribuait notre ignorance absolue des langues ori5tales1 cet loignem5t qui exi/e et se ma9ti5t op9itrem5t depuis tant de sicles entre les ,asiatiques et les ,europens4 ,en effet1 qu'on suppose que l'usage de ces langues devi5ne t\t c\p commun et famili]1 et cette ligne tran*ante de contra/es s'efface en peu de temps2 les relations comm]ciales n'tant plus entraves p> la difficult de s'ent5dre1 devi5drai5t plus frqu5tes1 plus directes2 et bi5tt s'tablirait un nivellem5t de connaissances1 qui amn]ait ins5siblem5t un rappro*em5t de moeurs1 d'usages et d'op9ions4 ,volney n\s dit lui-mme que le b qu'il s'e/ propos en publiant son premi] ouvrage intitul ,simplification des langues ori5tales1 fut de faire un premi] pas fondam5tal qui pt en facilit] l'tude2 mais ce premi] pas p>ut d'une telle importance la ,socit asiatique sante ,calcutta1 qu'elle s'empressa de compt] ,volney au nombre de ses membres4 ,cet hommage flatteur de la seule socit savante qui pt jug] du mrite de son ouvrage1 enc\ragea ,volney donn] plus d't5due au premi] plan qu'il s'tait trac2 et il osa entrepr5dre de rs\dre un problme rput jusqu' prs5t insoluble1 celui d'un alphabet univ]sel au moy5 duquel on pt crire facilem5t t\tes les langues4 ,en #ahjc1 le g\v]nem5t franais fit entrepr5dre le gr& et magnifique ouvrage de la ,description de l'gypte2 on devait y jo9dre une c>te gographique sur laquelle on v\lait trac] la d\ble nom5clature arabe et franaise3 au premi] c\p d'oeil la *ose fut juge impraticable cause de la diffr5ce des prononciations4 ,volney fut invit faire l'application de son sy/me2 mais il n'y cons5tit qu' condition qu'il s]ait pralablem5t exam9 p> un comit de savants2 ne v\lant pas1 disait-il1 has>d] l'honneur d'un monum5t public p\r une petite vanit p]sonnelle4 ,on nomma une commission de d\ze membres1 et le n\veau sy/me de transcription europenne fut admis une gr&e majorit4 ,ce n\veau succs fut une d\ce rcomp5se de ses utiles travaux4 ,il cont9ua de dirig] ses re*]*es v]s cette n\velle bran*e de savoir1 et publia successivem5t plusieurs autres crits1 o il cont9ua de prs5t] des dveloppem5ts n\veaux sa premire ide philan?ropique de conc\rir rappro*] t\s les peuples2 n\s avons de lui l',hbreu simplifi1 l',alphabet europen1 un ,rapport sur les vocabulaires comp>s du pr(esseur ,pallas1 et un ,disc\rs sur l'tude philosophique des langues4 ,la suppression de l'cole ,normale avait mis f9 aux c\rs d'hi/oire que ,volney avait ouv]ts d'une manire si brillante2 mais elle n'avait pas int]rompu ses nombreuses et pr(ondes re*]*es sur les anci5s hi/ori5s4 ,ds #agha1 il avait s\mis l',acadmie1 un ,essai sur la *ronologie de ces premi]s peuples dont il avait t obs]v] les monum5ts et les traces dans les pays qu'ils avai5t habits4 ,en #ahad1 il publia ses ,n\velles ,re*]*es sur l'hi/oire anci5ne4 ,il y int]roge t\r t\r les plus anci5nes traditions1 les combat les unes p> les autres1 et1 p> un sy/me cont9uel de comp>aison1 il p>vi5t dgag] les faits des nombreuses fables qui les dnaturai5t4 ,peu d'hi/ori5s rsi/5t cette espce d'enqute juridique2 c'e/ dans leur propre ars5al qu'il va *]*] des armes p\r les combattre1 et il le fait d'une manire victorieuse4 ,il s'atta*e surt\t rs\dre le gr& problme assyri51 et le rs\t l'honneur d',hrodote1 qui e/ dmontr l'auteur le plus pr(ond et le plus exact des anci5s4 ,cet ouvrage1 fruit d'un travail imm5se et preuve d'une rudition pr(onde1 et suffi p\r la gloire de ,volney4 ,l'tude op9itre laquelle il se livrait sans cesse1 abrgea ses j\rs4 ,sa sant1 qui avait t\j\rs t dlicate1 dev9t languissante1 et bi5tt il s5tit appro*] sa f92 elle fut digne de sa vie4 ,je connais l'habitude de votre pr(ession dit-il son mdec9 trois j\rs avant de m\rir2 mais je ne veux pas que v\s traitiez mon imag9ation comme celle des autres malades4 ,je ne cra9s pas la mort4 ,dites-moi fran*em5t ce que v\s p5sez de mon tat1 p>ce que j'ai des dispositions faire4 ,le docteur p>aissant hsit]3 ,j'en sais assez1 reprit ,volney1 faites v5ir un notaire4 ,il dicta son te/am5t avec le plus gr& calme1 et n'ab&onnant pas son d]ni] mom5t l'ide qui n'avait cess de l'occup] p5dant v+t-c9q ans1 et craignant1 sans d\te1 que ses essais ne fuss5t int]rompus aprs lui1 il consacra une somme de v+t-quatre mille francs p\r fond] un prix annuel de d\ze c5ts francs p\r le meilleur ouvrage sur l'tude philosophique des langues4 ,volney m\rut le #be avril #ahbj2 les regrets de t\te la ,france se sont mls aux l>mes d'une p\s1 modle de son sexe1 dont la bi5faisance fait oubli] aux pauvres la p]te de leur protecteur1 et dont les v]tus rappell5t les qualits de celui dont elle sut embellir la vie4 ,p>v5u aux honneurs et une brillante =tune1 et ne les devant qu' ses tal5ts suprieurs1 ,volney n'en faisait usage que p\r r5dre heureux t\s ceux qui l'ent\rai5t4 ,il se plaisait surt\t enc\rag] et sec\rir des hommes de lettres indig5ts4 ,le malheureux p\vait rclam] l'appui de ce citoy5 v]tueux1 qui ne rsi/ait jamais au plaisir d'tre utile4 ,dans sa c>rire politique1 il se montra t\j\rs ami s9cre d'une lib]t raisonnable1 et ne dvia jamais de ses pr9cipes de ju/ice et de modration4 ,un de ses amis le flicitait un j\r sur sa lettre ,ca!r9e3 ,et moi1 je m'en suis rep5ti1 dit-il aussitt avec une s9crit philosophique4 ,si1 au lieu d'irrit] ceux des rois qui avai5t montr des dispositions favorables la philosophie1 n\s eussions ma9t5u ces dispositions p> une politique plus sage et une conduite plus modre1 la lib]t n'et pas pr\v tant d'ob/acles1 ni cot tant de sang4 ,la mode/ie et la simplicit de son c>actre et de ses moeurs ne l'ab&onnr5t jamais1 et les honneurs dont il fut revtu ne l'bl\ir5t pas un in/ant4 ,je suis t\j\rs le mme1 crivait-il un de ses intimes amis1 un peu comme ,jean ,la ,fonta9e1 pr5ant le temps comme il vi5t et le monde comme il va2 pas encore bi5 acc\tum m'ent5dre appel] monsieur le comte1 mais cela vi5dra avec les bons exemples4 ,j'ai p\rtant mes armes1 et mon ca*et dont je v\s rgale3 deux colonnes asiatiques ru9es1 d'or1 bases de ma noblesse1 surmontes d'une hirondelle1 emblmatique 7fond d'arg5t71 oiseau voyageur1 mais fidle1 qui *aque anne vi5t sur ma *em9e *ant] pr9temps et lib]t4 ,on a s\v5t repro* ,volney un c>actre morose et une sorte de disposition misan?ropique1 dont il avait montr des g]mes dans les premires annes de sa vie4 ,ce repro*e1 il faut l'av\]1 n'a pas t\j\rs t sans fondem5t2 ces dispositions fur5t quelquefois l'effet d'une sant trop languissante2 peut-tre aussi doit-on les attribu] cette tude pr(onde qu'il avait faite du coeur huma91 dans le c\rs de sa vie politique4 ,malheur1 a dit un sage1 malheur l'homme s5sible qui a os d*ir] le voile de la socit1 et refuse de se livr] cette illusion ?trale si ncessaire notre repos6 son ame se tr\ve en vie dans le se9 du nant2 c'e/ le plus cruel de t\s les supplices444444 ,volney d*ira le voile4 ,,adolphe ,,bossange4 ,,invocation4 ,je v\s salue1 ru9es solitaires1 tombeaux sa9ts1 murs sil5cieux6 c'e/ v\s que j'invoque2 c'e/ v\s que j'adresse ma prire4 ,oui6 t&is que votre aspect rep\sse d'un secret effroi les reg>ds du vulgaire1 mon coeur tr\ve v\s contempl] le *>me des s5tim5ts pr(onds et des hautes p5ses4 ,combi5 d'utiles leons1 de rflexions t\*antes ou =tes n'(frez-v\s pas l'esprit qui sait v\s consult]6 ,c'e/ v\s qui1 lorsque la t]re entire ass]vie se taisait devant les tyrans1 proclamiez dja les vrits qu'ils dte/5t1 et qui1 confondant la dp\ille des rois avec celle du d]ni] esclave1 atte/iez le sa9t dogme de l',,galit4 ,c'e/ dans votre ence9te1 qu'amant solitaire de la ,,lib]t1 j'ai vu m'app>atre son gnie1 non tel que se le pe9t un vulgaire ins5s1 arm de tor*es et de poign>ds1 mais s\s l'aspect augu/e de la ju/ice1 t5ant en ses ma9s les balances sacres o se ps5t les actions des mortels aux portes de l't]nit4 tombeaux6 que v\s possdez de v]tus6 v\s p\vantez les tyrans3 v\s empoisonnez d'une t]reur secrte leurs j\issances impies2 ils fui5t votre incorruptible aspect1 et les l*es port5t lo9 de v\s l'orgueil de leurs palais4 ,v\s punissez l'oppresseur puissant2 v\s ravissez l'or au concussionnaire av>e1 et v\s v5gez le faible qu'il a dp\ill2 v\s comp5sez les privations du pauvre1 en fltrissant de s\cis le fa/e du ri*e2 v\s consolez le malheureux1 en lui (frant un d]ni] asyle2 enf9 v\s donnez l'ame ce ju/e quilibre de =ce et de s5sibilit qui con/itue la sagesse1 la sci5ce de la vie4 ,en considrant qu'il faut t\t v\s re/itu]1 l'homme rfl*i nglige de se *>g] de va9es gr&eurs1 d'inutiles ri*esses3 il reti5t son coeur dans les bornes de l'quit2 et cep5dant1 puisqu'il faut qu'il f\rnisse sa c>rire1 il emploie les in/ants de son exi/5ce1 et use des bi5s qui lui sont accords4 ,a9si v\s jetez un fre9 salutaire sur l'lan imptueux de la cupidit2 v\s calmez l'ardeur fivreuse des j\issances qui tr\bl5t les s5s2 v\s reposez l'ame de la lutte fatigante des passions2 v\s l'levez au-dessus des vils intrts qui t\rm5t5t la f\le2 et de vos sommets1 embrassant la scne des peuples et des temps1 l'esprit ne se dploie qu' de gr&es affections1 et ne conoit que des ides solides de v]tu et de gloire4 ,ah6 qu& le songe de la vie s]a t]m91 quoi auront s]vi ses agitations1 si elles ne laiss5t la trace de l'utilit8 ru9es6 je ret\rn]ai v]s v\s pr5dre vos leons6 je me replac]ai dans la paix de vos solitudes2 et l1 loign du spectacle affligeant des passions1 j'aim]ai les hommes sur des s\v5irs2 je m'occup]ai de leur bonheur1 et le mi5 se compos]a de l'ide de l'avoir ht4 ,,les ,,ru9es1 ,,ou ,m,,ditation ,,sur ,,les ,r,,volutions ,,des ,,empires4 ,,*apitre ,,premi]4 ,le voyage4 ,la onzime anne du rgne d',abd-ul-,hamid1 fils d',ahm$1 emp]eur des ,turks1 au temps o les ,russes victorieux s'emp>r5t de la ,krime et plantr5t leurs t5d>ds sur le rivage qui mne ,con/ant9ople1 je voyageais dans l'empire des ,ottomans1 et je p>c\rais les prov9ces qui jadis fur5t les royaumes d'gypte et de ,syrie4 ,portant t\te mon att5tion sur ce qui conc]ne le bonheur des hommes dans l'tat social1 j'entrais dans les villes et j'tudiais les moeurs de leurs habitants2 je pntrais dans les palais1 et j'obs]vais la conduite de ceux qui g\v]n5t2 je m'c>tais dans les campagnes1 et j'exam9ais la condition des hommes qui cultiv5t2 et p>t\t ne voyant que brig&age et dva/ation1 que tyrannie et que misre1 mon coeur tait oppress de tri/esse et d'indignation4 ,*aque j\r je tr\vais sur ma r\te des *amps ab&onns1 des villages ds]ts1 des villes en ru9es3 s\v5t je r5contrais d'antiques monum5ts1 des dbris de temples1 de palais et de =t]esses2 des colonnes1 des aqu$ucs1 des tombeaux3 et ce spectacle t\rna mon esprit v]s la mditation des temps passs1 et suscita dans mon coeur des p5ses graves et pr(ondes4 ,et j'arrivai la ville de ,hems1 sur les bords de l',oronte2 et l1 me tr\vant rappro* de celle de ,palmyre1 situe dans le ds]t1 je rsolus de connatre p> moi-mme ses monum5ts si vants2 et1 aprs trois j\rs de m>*e dans des solitudes arides1 ayant trav]s une valle remplie de grottes et de spulcres1 t\t c\p1 au sortir de cette valle1 j'ap]u dans la pla9e la scne de ru9es la plus tonnante3 c'tait une multitude innombrable de sup]bes colonnes deb\t1 qui1 telles que les av5ues de nos p>cs1 s't5dai5t p]te de vue en files symtriques4 ,p>mi ces colonnes tai5t de gr&s difices1 les uns enti]s1 les autres demi-cr\ls4 ,de t\tes p>ts la t]re tait jon*e de semblables dbris1 de corni*es1 de *apiteaux1 de fts1 d'entablem5ts1 de pila/res1 t\s de m>bre blanc1 d'un travail exquis4 ,aprs trois qu>ts d'heure de m>*e le long de ces ru9es1 j'entrai dans l'ence9te d'un va/e difice1 qui fut jadis un temple ddi au soleil1 et je pris l'hospitalit *ez de pauvres paysans arabes1 qui ont tabli leurs *aumires sur le p>vis mme du temple2 et je rsolus de demeur] p5dant quelques j\rs p\r considr] en dtail la beaut de tant d'ouvrages4 ,*aque j\r je sortais p\r visit] quelqu'un des monum5ts qui c\vr5t la pla9e2 et un soir que1 l'esprit occup de rflexions1 je m'tais avanc jusqu' la valle des spulcres1 je montai sur les hauteurs qui la bord5t1 et d'o l'oeil dom9e la fois l'ensemble des ru9es et l'imm5sit du ds]t4--,le soleil v5ait de se c\*]2 un b&eau r\getre m>quait encore sa trace l'horizon lo9ta9 des monts de la ,syrie3 la ple9e lune l'ori5t s'levait sur un fond bleutre1 aux planes rives de l',euphrate3 le ciel tait pur1 l'air calme et s]e92 l'clat m\rant du j\r temprait l'horreur des tnbres2 la fra*eur naissante de la nuit calmait les feux de la t]re embrase2 les ptres avai5t retir leurs *ameaux2 l'oeil n'ap]cevait plus aucun m\vem5t sur la t]re monotone et gristre2 un va/e sil5ce rgnait sur le ds]t2 seulem5t de longs int]valles on ent5dait les lugubres cris de quelques oiseaux de nuit et de quelques *acals444#ac ,l'ombre croissait1 et dja dans le crpuscule mes reg>ds ne di/+uai5t plus que les fantmes blan*tres des colonnes et des murs4444 ,ces lieux solitaires1 cette soire paisible1 cette scne maje/ueuse1 imprimr5t mon esprit un recueillem5t religieux4 ,l'aspect d'une gr&e cit ds]te1 la mmoire des temps passs1 la comp>aison de l'tat prs5t1 t\t leva mon coeur de hautes p5ses4 ,je m'assis sur le tronc d'une colonne2 et l1 le c\de appuy sur le g5\1 la tte s\t5ue sur la ma91 tantt portant mes reg>ds sur le ds]t1 tantt les fixant sur les ru9es1 je m'ab&onnai une rv]ie pr(onde4 ,,*apitre ,,ii4 ,la mditation4 ,ici1 me dis-je1 ici fleurit jadis une ville opul5te3 ici fut le sige d'un empire puissant4 ,oui6 ces lieux ma9t5ant si ds]ts1 jadis une multitude vivante animait leur ence9te2 une f\le active circulait dans ces r\tes auj\rd'hui solitaires4 ,en ces murs o rgne un morne sil5ce1 ret5tissai5t sans cesse le bruit des arts et les cris d'allgresse et de fte3 ces m>bres amoncels =mai5t des palais rguli]s2 ces colonnes abattues ornai5t la maje/ des temples2 ces gal]ies cr\les dess9ai5t les places publiques4 ,l1 p\r les devoirs respectables de son culte1 p\r les so9s t\*ants de sa subsi/ance1 affluait un peuple nombreux3 l1 une indu/rie cratrice de j\issances appelait les ri*esses de t\s les climats1 et l'on voyait s'*ang] la p\rpre de ,tyr p\r le fil prcieux de la ,srique1 les tissus moelleux de ,ka*emire p\r les tapis fa/ueux de la ,lydie1 l'ambre de la ,baltique p\r les p]les et les p>fums arabes1 l'or d',ophir p\r l'ta9 de ,?ul4 ,et ma9t5ant voil ce qui subsi/e de cette ville puissante1 un lugubre squelette6 ,voil ce qui re/e d'une va/e dom9ation1 un s\v5ir obscur et va96 ,au conc\rs bruyant qui se pressait s\s ces portiques a succd une solitude de mort4 ,le sil5ce des tombeaux s'e/ sub/itu au murmure des places publiques4 ,l'opul5ce d'une cit de comm]ce s'e/ *ange en une pauvret hideuse4 ,les palais des rois sont dev5us le repaire des fauves2 les tr\peaux p>qu5t au seuil des temples1 et les reptiles immondes habit5t les sanctuaires des dieux6444 ,ah6 comm5t s'e/ clipse tant de gloire6 ,comm5t se sont anantis tant de travaux6444 ,a9si donc priss5t les ouvrages des hommes6 a9si s'van\iss5t les empires et les nations6 ,et l'hi/oire des temps passs se retraa vivem5t ma p5se2 je me rappelai ces sicles anci5s o v+t peuples fameux exi/ai5t en ces contres2 je me peignis l',assyri5 sur les rives du ,tigre1 le ,kalden sur celles de l',euphrate1 le ,p]se rgnant de l',indus la ,mdit]rane4 ,je dnombrai les royaumes de ,damas et de l',idume1 de ,jrusalem et de ,sam>ie1 et les tats belliqueux des ,phili/9s1 et les rpubliques comm]antes de la ,phnicie4 ,cette ,syrie1 me disais-je1 auj\rd'hui presque dpeuple1 comptait alors c5t villes puissantes4 ,ses campagnes tai5t c\v]tes de villages1 de b\rgs et de hameaux#ad4 ,de t\tes p>ts l'on ne voyait que *amps cultivs1 que *em9s frqu5ts1 qu'habitations presses4444 ,ah6 que sont dev5us ces ges d'abondance et de vie8 ,que sont dev5ues tant de brillantes crations de la ma9 de l'homme8 ,o sont-ils ces remp>ts de ,n9ive1 ces murs de ,babylone1 ces palais de ,p]spolis1 ces temples de ,balbeck et de ,jrusalem8 ,o sont ces flottes de ,tyr1 ces *anti]s d',arad1 ces ateli]s de ,sidon1 et cette multitude de matelots1 de pilotes1 de m>*&s1 de soldats8 et ces lab\reurs1 et ces moissons1 et ces tr\peaux1 et t\te cette cration d'tres vivants dont s'enorgueillissait la face de la t]re8 ,hlas6 je l'ai p>c\rue1 cette t]re ravage6 ,j'ai visit les lieux qui fur5t le ?tre de tant de spl5deur1 et je n'ai vu qu'ab&on et que solitude4444 ,j'ai *]* les anci5s peuples et leurs ouvrages1 et je n'en ai vu que la trace1 semblable celle que le pi$ du passant laisse sur la p\ssire4 ,les temples se sont cr\ls1 les palais sont r5v]ss1 les ports sont combls1 les villes sont dtruites1 et la t]re1 nue d'habitants1 n'e/ plus qu'un lieu dsol de spulcres4444 ,gr& ,dieu6 d'o vi5n5t de si fune/es rvolutions8 ,p> quels motifs la =tune de ces contres a-t-elle si =t *ang8 ,p\rquoi tant de villes se sont-elles dtruites8 ,p\rquoi cette anci5ne population ne s'e/-elle po9t reproduite et p]ptue8 ,a9si livr ma rv]ie1 sans cesse de n\velles rflexions se prs5tai5t mon esprit4 ,t\t1 cont9uai-je1 g>e mon jugem5t et jette mon coeur dans le tr\ble et l'inc]titude4 ,qu& ces contres j\issai5t de ce qui compose la gloire et le bonheur des hommes1 c'tai5t des peuples infidles qui les habitai5t3 c'tait le ,phnici51 sacrificateur homicide ,molok1 qui rassemblait dans ses murs les ri*esses de t\s les climats2 c'tait le ,kalden1 pro/]n devant un s]p5t#ae1 qui subjuguait d'opul5tes cits1 et dp\illait les palais des rois et les temples des dieux2 c'tait le ,p]se1 adorateur du feu1 qui recueillait les tributs de c5t nations2 c'tai5t les habitants de cette ville mme1 adorateurs du soleil et des a/res1 qui levai5t tant de monum5ts de prosprit et de luxe4444 ,tr\peaux nombreux1 *amps f]tiles1 moissons abondantes1 t\t ce qui devait tre le prix de la pit tait aux ma9s de ces idoltres3 et ma9t5ant que des peuples croyants et sa9ts occup5t ces montagnes1 ce n'e/ plus que solitude et /rilit4 ,la t]re1 s\s ces ma9s bnites1 ne produit que des ronces et des abs9!s4 ,l'homme sme dans l'angoisse1 et ne recueille que des l>mes et des s\cis2 la gu]re1 la fam9e1 la pe/e l'assaill5t t\r t\r444 ,cep5dant1 ne sont-ce pas l les enfants des prophtes8 ,ce musulman1 ce *rti51 ce juif1 ne sont-ils pas les peuples lus du ciel1 combls de graces et de miracles8 ,p\rquoi donc ces races privilgies ne j\iss5t-elles plus des mmes faveurs8 ,p\rquoi ces t]res sanctifies p> le sang des m>tyrs1 sont-elles prives des bi5faits anci5s8 ,p\rquoi en sont-ils comme bannis et transfrs depuis tant de sicles d'autres nations1 en d'autres pays8444 ,et ces mots1 mon esprit suivant le c\rs des vicissitudes qui ont t\r t\r transmis le sceptre du monde des peuples si diffr5ts de cultes et de moeurs1 depuis ceux de l',asie antique jusqu'aux plus rc5ts de l',europe1 ce nom d'une t]re natale rveilla en moi le s5tim5t de la patrie2 et t\rnant v]s elle mes reg>ds1 j'arrtai t\tes mes p5ses sur la situation o je l'avais quitte#af4 ,je me rappelai ses campagnes si ri*em5t cultives ses r\tes si somptueusem5t traces1 ses villes habites p> un peuple imm5se1 ses flottes rp&ues sur t\tes les m]s1 ses ports c\v]ts des tributs de l'une et de l'autre ,inde2 et comp>ant l'activit de son comm]ce1 l't5due de sa navigation1 la ri*esse de ses monum5ts1 aux arts et l'indu/rie de ses habitants1 t\t ce que l'gypte et la ,syrie pur5t jadis possd] de semblable1 je me plaisais retr\v] la spl5deur passe de l',asie dans l',europe mod]ne2 mais bi5tt le *>me de ma rv]ie fut fltri p> un d]ni] t]me de comp>aison4 ,rfl*issant que telle avait t jadis l'activit des lieux que je contemplais3 ,qui sait1 me dis-je1 si tel ne s]a pas un j\r l'ab&on de nos propres contres8 ,qui sait si sur les rives de la ,se9e1 de la ,tamise1 ou du ,svid]ze1 l o ma9t5ant1 dans le t\rbillon de tant de j\issances1 le coeur1 et les yeux ne peuv5t suffire la multitude des s5sations2 qui sait si un voyageur comme moi ne s'asseoira pas un j\r sur de muettes ru9es et ne pleur]a pas solitaire sur la c5dre des peuples et la mmoire de leur gr&eur8 ces mots mes yeux se remplir5t de l>mes1 et c\vrant ma tte du pan de mon manteau1 je me livrai de sombres mditations sur les *oses huma9es4 ,ah6 malheur l'homme1 dis-je dans ma d\leur2 une aveugle fatalit se j\e de sa de/9e6 ,une ncessit fune/e rgit au has>d le sort des mortels4 ,mais non3 ce sont les dcrets d'une ju/ice cle/e qui s'accompliss5t6 ,un ,dieu my/rieux ex]ce ses jugem5ts incomprh5sibles6 ,sans d\te il a port contre cette t]re un ana?me secret2 en v5geance des races passes1 il a frapp de maldiction les races prs5tes4 ,oh6 qui os]a sond] les pr(ondeurs de la ,div9it#ag8 ,et je demeurai immobile1 absorb dans une mlancolie pr(onde4 ,,*apitre ,,iii4 ,le fantme4 ,cep5dant un bruit frappa mon oreille2 tel que l'agitation d'une robe flottante et d'une m>*e pas l5ts sur des h]bes s*es et frmissantes4 ,inquiet1 je s\levai mon manteau1 et jetant de t\s cts un reg>d furtif1 t\t c\p ma gau*e1 dans le mlange du clair-obscur de la lune1 au trav]s des colonnes et des ru9es d'un temple vois91 il me sembla voir un fantme blan*tre envelopp d'une drap]ie imm5se1 tel que l'on pe9t les spectres sortant des tombeaux4 ,je frissonnai2 et t&is qu'mu d'effroi j'hsitais de fuir ou de m'assur] de l'objet1 les graves acc5ts d'une voix pr(onde me fir5t ent5dre ce disc\rs3 ,jusques qu& l'homme importun]a-t-il les cieux d'une inju/e pla9te8 ,jusques qu&1 p> de va9es clameurs1 accus]a-t-il le ,,sort de ses maux8 ,ses yeux s]ont-ils donc t\j\rs f]ms la lumire1 et son coeur aux ins9uations de la vrit et de la raison8 ,elle s'(fre p>t\t lui1 cette vrit lum9euse1 et il ne la voit po9t6 ,le cri de la raison frappe son oreille1 et il ne l'ent5d pas6 ,homme inju/e6 si tu peux un in/ant susp5dre le pre/ige qui fasc9e tes s5s6 si ton coeur e/ capable de compr5dre le langage du raisonnem5t1 int]roge ces ru9es6 ,lis les leons qu'elles te prs5t5t64444 ,et v\s1 tmo9s de v+t sicles div]s1 temples sa9ts6 tombeaux vnrables6 murs jadis glorieux1 p>aissez dans la cause de la nature mme6 ,v5ez au tribunal d'un sa9 ent5dem5t dpos] contre une accusation inju/e6 v5ez confondre les dclamations d'une fausse sagesse ou d'une pit hypocrite1 et v5gez la t]re et les cieux de l'homme qui les calomnie6 ,quelle e/-elle1 cette aveugle fatalit1 qui1 sans rgle et sans lois1 se j\e du sort des mortels8 ,quelle e/ cette ncessit inju/e qui confond l'issue des actions1 et de la prud5ce1 et de la folie8 ,en quoi consi/5t ces ana?mes cle/es sur ces contres8 ,o e/ cette maldiction div9e qui p]ptue l'ab&on de ces campagnes8 ,dites1 monum5ts des temps passs6 les cieux ont-ils *ang leurs lois1 et la t]re sa m>*e8 ,le soleil a-t-il te9t ses feux dans l'espace8 ,les m]s n'lv5t-elles plus leurs nuages8 ,les pluies et les roses demeur5t-elles fixes dans les airs8 ,les montagnes reti5n5t-elles leurs s\rces8 ,les ruisseaux se sont-ils t>is8 et les plantes sont-elles prives de sem5ces et de fruits8 ,rpondez1 race de m5songe et d'iniquit1 ,dieu a-t-il tr\bl cet ordre primitif et con/ant qu'il assigna lui-mme la nature8 ,le ciel a-t-il dni la t]re1 et la t]re ses habitants1 les bi5s que jadis ils leur accordr5t8 ,si ri5 n'a *ang dans la cration1 si les mmes moy5s qui exi/r5t subsi/5t encore1 quoi ti5t donc que les races prs5tes ne soi5t ce que fur5t les races passes8 ,ah6 c'e/ faussem5t que v\s accusez le sort et la ,div9it6 c'e/ tort que v\s reportez ,dieu la cause de vos maux6 ,dites1 race p]v]se et hypocrite6 si ces lieux sont dsols1 si des cits puissantes sont rduites en solitudes1 e/-ce ,dieu qui en a caus la ru9e8 ,e/-ce sa ma9 qui a r5v]s ces murailles1 sap ces temples1 mutil ces colonnes2 ou e/-ce la ma9 de l'homme8 ,e/-ce le bras de ,dieu qui a port le f] dans la ville et le feu dans la campagne1 qui a tu le peuple1 inc5di les moissons1 arra* les arbres et ravag les cultures1 ou e/-ce le bras de l'homme8 ,et lorsqu'aprs la dva/ation des rcoltes1 la fam9e e/ surv5ue1 e/-ce la v5geance de ,dieu qui l'a produite1 ou la fureur ins5se de l'homme8 ,lorsque dans la fam9e le peuple s'e/ repu d'alim5ts immondes1 si la pe/e a suivi1 e/-ce la colre de ,dieu qui l'a envoye1 ou l'imprud5ce de l'homme8 ,lorsque la gu]re1 la fam9e et la pe/e ont moissonn les habitants1 si la t]re e/ re/e ds]te1 e/-ce ,dieu qui l'a dpeuple8 ,e/-ce son avidit qui pille le lab\reur1 ravage les *amps producteurs et dva/e les campagnes1 ou e/-ce l'avidit de ceux qui g\v]n5t8 ,e/-ce son orgueil qui suscite des gu]res homicides1 ou l'orgueil des rois et de leurs m9i/res8 ,e/-ce la vnalit de ses dcisions qui r5v]se la =tune des familles1 o la vnalit des organes des lois8 sont-ce enf9 ses passions qui1 s\s mille =mes1 t\rm5t5t les individus et les peuples1 ou sont-ce les passions des hommes8 ,et si1 dans l'angoisse de leurs maux1 ils n'en voi5t pas les remdes1 e/-ce l'ignorance de ,dieu qu'il en faut inculp]1 o leur ignorance8 ,cessez donc1 mortels1 d'accus] la fatalit du ,,sort ou les jugem5ts de la ,div9it6 ,si ,dieu e/ bon1 s]a-t-il l'auteur de votre supplice8 ,s'il e/ ju/e1 s]a-t-il le complice de vos =faits8 ,non1 non2 la biz>r]ie dont l'homme se pla9t n'e/ po9t la biz>r]ie du de/92 l'obscurit o sa raison s'g>e n'e/ po9t l'obscurit de ,dieu2 la s\rce de ses calamits n'e/ po9t recule dans les cieux2 elle e/ prs de lui sur la t]re3 elle n'e/ po9t ca*e au se9 de la ,div9it2 elle rside dans l'homme mme2 il la porte dans son coeur4 ,tu murmures et tu dis3 ,comm5t des peuples infidles ont-ils j\i des bi5faits des cieux et de la t]re8 ,comm5t des races sa9tes sont-elles mo9s =tunes que des peuples impies8 ,homme fasc96 o e/ donc la contradiction qui te sc&alise8 ,o e/ l'nigme que tu supposes la ju/ice des cieux8 ,je remets toi-mme la balance des graces et des pe9es1 des causes et des effets4 ,dis3 ,qu& ces infidles obs]vai5t les lois des cieux et de la t]re1 qu& ils rglai5t d'intellig5ts travaux sur l'ordre des saisons et la c\rse des a/res1 ,dieu devait-il tr\bl] l'quilibre du monde p\r tromp] leur prud5ce8 ,qu& leurs ma9s cultivai5t ces campagnes avec so9s et sueurs1 devait-il dt\rn] les pluies1 les roses fcondantes1 et y faire crotre des p9es8 ,qu&1 p\r f]tilis] ce sol aride1 leur indu/rie con/ruisait des aqu$ucs1 creusait des canaux1 am5ait1 trav]s les ds]ts1 des eaux lo9ta9es1 devait-il t>ir les s\rces des montagnes8 devait-il arra*] les moissons que l'art faisait natre1 dva/] les campagnes que peuplait la paix1 r5v]s] les villes que faisait fleurir le travail1 tr\bl] enf9 l'ordre tabli p> la sagesse de l'homme8 ,et quelle e/ cette infidlit qui fonda des empires p> la prud5ce1 les df5dit p> le c\rage1 les aff]mit p> la ju/ice2 qui leva des villes puissantes1 creusa des ports pr(onds1 dess*a des m>ais pe/il5tiels1 c\vrit la m] de vaisseaux1 la t]re d'habitants1 et1 semblable l'esprit crateur1 rp&it le m\vem5t et la vie sur le monde8 ,si telle e/ l'impit1 qu'e/-ce donc que la vraie croyance8 ,la sa9tet consi/e-t-elle dtruire8 ,le ,dieu qui peuple l'air d'oiseaux1 la t]re d'animaux1 les ondes1 de reptiles2 ,dieu qui anime la nature entire1 e/-il donc un ,dieu de ru9es et de tombeaux8 ,dem&e-t-il la dva/ation p\r hommage1 et p\r sacrifice l'inc5die8 ,veut-il p\r hymnes des gmissem5ts1 des homicides p\r adorateurs1 p\r temple un monde ds]t et ravag8 ,voil cep5dant1 races sa9tes et fidles1 quels sont vos ouvrages6 voil les fruits de votre pit6 ,v\s avez tu les peuples1 brl les villes1 dtruit les cultures1 rduit la t]re en solitude1 et v\s dem&ez le salaire de vos oeuvres6 ,il faudra sans d\te v\s produire des miracles6 ,il faudra ressuscit] les lab\reurs que v\s gorgez1 relev] les murs que v\s r5v]sez1 reproduire les moissons que v\s dtruisez1 rassembl] les eaux que v\s disp]sez1 contr>i] enf9 t\tes les lois des cieux et de la t]re2 ces lois tablies p> ,dieu mme1 p\r dmon/ration de sa magnific5ce et de sa gr&eur2 ces lois t]nelles antrieures t\s les codes1 t\s les prophtes2 ces lois immuables que ne peuv5t altr]1 ni les passions1 ni l'ignorance de l'homme6 ,mais la passion qui les mconnat1 l'ignorance qui n'obs]ve po9t les causes1 qui ne prvoit po9t les effets1 ont dit dans la sottise de leur coeur3 ,t\t vi5t du has>d1 une fatalit aveugle v]se le bi5 et le mal sur la t]re1 sans que la prud5ce ou le savoir puisse s'en prs]v]4 ,ou1 pr5ant un langage hypocrite1 elles ont dit3 ,t\t vi5t de ,dieu2 il se plat tromp] la sagesse et confondre la raison44444 ,et l'ignorance s'e/ applaudie dans sa malignit4 ,a9si1 a-t-elle dit1 je m'gal]ai la sci5ce qui me blesse2 je r5drai inutile la prud5ce qui me fatigue et m'importune4 ,et la cupidit a aj\t3 ,a9si j'opprim]ai le faible et je dvor]ai les fruits de sa pe9e2 et je dirai3 ,c'e/ ,dieu qui l'a dcrt1 c'e/ le sort qui l'a v\lu4--,mais moi1 j'en jure p> les lois du ciel et de la t]re1 et p> celles qui rgiss5t le coeur huma96 l'hypocrite s]a du dans sa f\rb]ie1 l'inju/e dans sa rapacit2 le soleil *ang]a son c\rs avant que la sottise prvale sur la sagesse et le savoir1 et que l'aveuglem5t l'emporte sur la prud5ce1 dans l'art dlicat et pr(ond de procur] l'homme ses vraies j\issances1 et d'asseoir sur des bases solides sa flicit4 ,,*apitre ,,iv4 ,l'exposition4 ,a9si p>la le ,fantme4 ,int]dit de ce disc\rs1 et le coeur agit de div]ses p5ses1 je demeurai long-temps en sil5ce4 ,enf91 m'enh>dissant pr5dre la p>ole1 je lui dis3 ,gnie des tombeaux et des ru9es6 ta prs5ce et ta svrit ont jet mes s5s dans le tr\ble2 mais la ju/esse de ton disc\rs r5d la confiance mon ame4 ,p>donne mon ignorance4 ,hlas6 si l'homme e/ aveugle1 ce qui fait son t\rm5t f]a-t-il encore son crime8 ,j'ai pu mconnatre la voix de la raison2 mais je ne l'ai po9t rejete aprs l'avoir connue4 ,ah6 si tu lis dans mon coeur1 tu sais combi5 il dsire la vrit1 tu sais qu'il la re*]*e avec passion44444 ,et n'e/-ce pas sa p\rsuite que tu me vois en ces lieux c>ts8 ,hlas6 j'ai p>c\ru la t]re2 j'ai visit les campagnes et les villes2 et voyant p>t\t la misre et la dsolation1 le s5tim5t des maux qui t\rm5t5t mes semblables a pr(ondm5t afflig mon ame4 ,je me suis dit en s\pirant3 ,l'homme n'e/-il donc cr que p\r l'angoisse et p\r la d\leur8 ,et j'ai appliqu mon esprit la mditation de nos maux1 p\r en dc\vrir les remdes4 ,j'ai dit3 ,je me sp>]ai des socits corrompues2 je m'loign]ai des palais o l'ame se dprave p> la satit1 et des cabanes o elle s'avilit p> la misre2 j'irai dans la solitude vivre p>mi les ru9es2 j'int]rog]ai les monum5ts anci5s sur la sagesse des temps passs2 j'voqu]ai du se9 des tombeaux l'esprit qui jadis1 dans l',asie1 fit la spl5deur des tats et la gloire des peuples4 ,je dem&]ai la c5dre des lgislateurs p> quels mobiles s'lv5t et s'abaiss5t les empires2 de quelles causes naiss5t la prosprit et les malheurs des nations2 sur quels pr9cipes enf9 doiv5t s'tablir la paix des socits et le bonheur des hommes3 ,je me tus2 et1 les yeux baisss1 j'att5dis la rponse du ,gnie4 ,la paix1 dit-il1 et le bonheur desc5d5t sur celui qui pratique la ju/ice4 jeune homme6 puisque ton coeur *]*e avec droiture la vrit1 puisque tes yeux peuv5t encore la reconnatre trav]s le b&eau des prjugs1 ta prire ne s]a po9t va9e3 j'expos]ai tes reg>ds cette vrit que tu appelles2 j'enseign]ai ta raison cette sagesse que tu rclames2 je te rvl]ai la sagesse des tombeaux et la sci5ce des sicles444 ,alors s'appro*ant de moi et posant sa ma9 sur ma tte3 lve-toi1 mortel1 dit-il1 et dgage tes s5s de la p\ssire o tu rampes444 ,et s\da91 pntr d'un feu cle/e1 les li5s qui n\s fix5t ici-bas me semblr5t se diss\dre2 et tel qu'une vapeur lgre1 enlev p> le vol du ,gnie1 je me s5tis transport dans la rgion suprieure4 ,l1 du plus haut des airs1 abaissant mes reg>ds v]s la t]re1 j'ap]u une scne n\velle4 ,s\s mes pi$s1 nageant dans l'espace1 un globe1 semblable celui de la lune2 mais mo9s gros et mo9s lum9eux1 me prs5tait l'une de ses faces#ah2 et cette face avait l'aspect d'un disque sem de gr&es ta*es1 les unes blan*tres et nbuleuses1 les autres brunes1 v]tes ou gristres2 et t&is que je m'ef=ais de dml] ce qu'tai5t ces ta*es3 ,homme qui *]*es la vrit1 me dit le ,gnie1 reconnais-tu ce spectacle8-- ,gnie6 rpondis-je1 si d'autre "p je ne voyais le globe de la lune1 je pr5drais celui-ci p\r le si52 c> il a les app>5ces de cette plante vue au tlescope dans l'ombre d'une clipse3 on dirait que ces div]ses ta*es sont des m]s et des cont95ts4 --,oui2 me dit-il1 ce sont des m]s et des cont95ts1 ceux-l mmes de l'hmisphre que tu habites444 --,quoi6 m'criai-je1 c'e/ l cette t]re o viv5t les mortels6444 --,oui1 reprit-il3 cet espace brumeux qui occupe irrgulirem5t une gr&e portion du disque1 et l'ence9t presque de t\s cts1 c'e/ l ce que v\s appelez le va/e ,ocan1 qui1 du ple du sud s'avanant v]s l'quateur1 =me d'abord le gr& golfe de l',inde et de l',afrique1 puis se prolonge l'ori5t trav]s les les ,malaises jusqu'aux conf9s de la ,t>t>ie1 t&is qu' l'oue/ il enveloppe les cont95ts de l',afrique et de l',europe jusque dans le nord de l',asie4 ,s\s nos pi$s1 cette presqu'le de =me c>re e/ l'aride contre des ,arabes2 sa gau*e ce gr& cont95t presque aussi nu dans son intrieur1 et seulem5t v]dtre sur ses bords1 e/ le sol brl qu'habit5t les hommes noirs#ai4 ,au nord1 p> del une m] irrgulire et longuem5t troite#bj1 sont les campagnes de l',europe1 ri*e en prairies et en *amps cultivs3 sa droite1 depuis la ,caspi5ne1 s't5d5t les pla9es neigeuses et nues de la ,t>t>ie4 ,en rev5ant n\s1 cet espace blan*tre e/ le va/e et tri/e ds]t du ,gobi1 qui sp>e la ,*9e du re/e du monde4 ,tu vois cet empire dans le t]ra9 sillonn qui fuit nos reg>ds s\s un plan obliquem5t c\rb4 ,sur ces bords1 ces langues d*ires et ces po9ts p>s sont les presqu'les1 et les les des peuples ,malais1 tri/es possesseurs des p>fums et des aromates4 ,ce triangle qui s'avance au lo9 dans la m]1 e/ la presqu'le trop clbre de l',inde4 ,tu vois le c\rs tortueux du ,gange1 les pres montagnes du ,tibet1 le vallon =tun de ,ka*emire1 les ds]ts sals du ,p]san1 les rives de l',euphrate et du ,tigre1 et le lit encaiss du ,j\rda91 et les canaux du ,nil solitaire444 -- ,gnie1 dis-je1 en l'int]rompant1 la vue d'un mortel n'atte9t pas ces objets dans un tel loignem5t444 ,aussitt1 m'ayant t\* la vue1 mes yeux dev9r5t plus p]ants que ceux de l'aigle2 et cep5dant les fleuves ne me p>ur5t encore que des rubans s9ueux1 les montagnes1 des sillons tortueux1 et les villes que de petits comp>tim5ts semblables des cases d'*ecs4 ,et le ,gnie m'indiquant du doigt les objets3 ,ces monceaux1 me dit-il1 que tu ap]ois dans l'aride et longue valle que sillonne le ,nil1 sont les squelettes des villes opul5tes dont s'enorgueillissait l'anci5ne ?iopie2 voil cette ,?bes aux c5t palais1 mtropole premire des sci5ces et des arts1 b]ceau my/rieux de tant d'op9ions qui rgiss5t encore les peuples leur insu4 ,plus bas1 ces blocs quadrangulaires sont les pyramides dont les masses t'ont p\vant3 au del1 le rivage troit que born5t et la m] et de raboteuses montagnes1 fut le sj\r des peuples phnici5s4 ,l fur5t les villes de ,tyr1 de ,sidon1 d',ascalon1 de ,gaze et de ,b]yte4 ,ce filet d'eau sans issue e/ le fleuve du ,j\rda91 et ces ro*es arides fur5t jadis le ?tre d'vnem5ts qui ont rempli le monde4 ,voil ce ds]t d',horeb et ce mont ,s9ai1 o1 p> des moy5s qu'ignore le vulgaire1 un homme pr(ond et h>di fonda des in/itutions qui ont influ sur l'espce entire4 ,sur la plage aride qui conf9e1 tu n'ap]ois plus de trace de spl5deur1 et cep5dant ici fut un entrept de ri*esses4 ,ici tai5t ces ports idumens1 d'o les flottes phnici5nes et juives1 ctoyant la presqu'le arab1 se r5dai5t dans le golfe ,p]sique p\r y pr5dre les p]les d',hvila1 et l'or de ,saba et d',ophir4 ,oui1 c'e/ l1 sur cette cte d',oman et de ,bahra91 qu'tait le sige de ce comm]ce de luxe1 qui1 dans ses m\vem5ts et ses rvolutions1 fit le de/9 des anci5s peuples3 c'e/ l que v5ai5t se r5dre les aromates et les pi]res prcieuses de ,ceylan1 les s*als de ,ka*emire1 les diamants de ,golconde1 l'ambre des ,maldives1 le musc du ,tibet1 l'alos de ,co*91 les s+es et les paons du cont95t de l',inde1 l'enc5s d',hadramat1 la myrrhe1 l'arg5t1 la p\dre d'or et l'ivoire d',afrique3 c'e/ de l que pr5ant leur r\te1 tantt p> la m] ,r\ge1 sur les vaisseaux d'gypte et de ,syrie1 ces j\issances alim5tr5t successivem5t l'opul5ce de ,?bes1 de ,sidon1 de ,memphis et de ,jrusalem2 et que1 tantt remontant le ,tigre et l',euphrate1 elles suscitr5t l'activit des nations assyri5nes1 mdes1 kaldennes et p]ses2 et ces ri*esses1 selon l'abus et l'usage qu'elles en fir5t1 levr5t ou r5v]sr5t t\r t\r leur dom9ation4 ,voil le foy] qui suscitait la magnific5ce de ,p]spolis1 dont tu ap]ois les colonnes2 d',ecbatane1 dont la septuple ence9te e/ dtruite2 de ,babylone qui n'a plus que des monceaux de t]re f\ille2 de ,n9ive1 dont le nom pe9e subsi/e2 de ,tapsaque1 d',ana?o1 de ,g]ra1 de cette dsole ,palmyre4 noms jamais glorieux6 *amps clbres1 contres mmorables6 combi5 votre aspect prs5te de leons pr(ondes6 combi5 de vrits sublimes sont crites sur la surface de cette t]re6 ,s\v5irs des temps passs1 rev5ez ma p5se6 ,lieux tmo9s de la vie de l'homme en tant de div]s ges1 retracez-moi les rvolutions de sa =tune6 ,dites quels en fur5t les mobiles et les ressorts6 ,dites quelles s\rces il puisa ses succs et ses disgrces6 ,dvoilez lui-mme les causes de ses maux6 ,r$ressez-le p> la vue de ses erreurs6 ,enseignez-lui sa propre sagesse1 et que l'expri5ce des races passes devi5ne un tableau d'in/ruction et un g]me de bonheur p\r les races prs5tes et futures6 ,,*apitre ,v4 ,condition de l'homme dans l'univ]s4 ,et aprs quelques mom5ts de sil5ce1 le ,gnie reprit en ces t]mes3 ,je te l'ai dit1 ami de la vrit6 l'homme reporte en va9 ses malheurs des ag5ts obscurs et imag9aires2 il re*]*e en va9 ses maux des causes my/rieuses4444 ,dans l'ordre gnral de l'univ]s1 sans d\te sa condition e/ assujettie des inconvni5ts2 sans d\te son exi/5ce e/ dom9e p> des puissances suprieures2 mais ces puissances ne sont1 ni les dcrets d'un de/9 aveugle1 ni les caprices d'tres fanta/iques et biz>res3 a9si que le monde dont il fait p>tie1 l'homme e/ rgi p> des lois naturelles1 rgulires dans leur c\rs1 consqu5tes dans leurs effets1 immuables dans leur ess5ce2 et ces lois1 s\rce commune des bi5s et des maux1 ne sont po9t crites au lo9 dans les a/res1 ou ca*es dans des codes my/rieux2 inhr5tes la nature des tres t]re/res1 id5tifies leur exi/5ce1 en t\t temps1 en t\t lieu1 elles sont prs5tes l'homme1 elles agiss5t sur ses s5s1 elles av]tiss5t son intellig5ce1 et port5t *aque action sa pe9e et sa rcomp5se4 ,que l'homme connaisse ces lois6 qu'il compr5ne la nature des tres qui l'environn5t1 et sa propre nature1 et il connatra les moteurs de sa de/9e2 il saura quelles sont les causes de ses maux et quels peuv5t en tre les remdes4 ,qu& la puissance secrte qui anime l'univ]s =ma le globe que l'homme habite1 elle imprima aux tres qui le compos5t des proprits ess5tielles qui dev9r5t la rgle de leurs m\vem5ts individuels1 le li5 de leurs rapports rciproques1 la cause de l'h>monie de l'ensemble2 p>-l1 elle tablit un ordre rguli] de causes et d'effets1 de pr9cipes et de consqu5ces1 lequel1 s\s une app>5ce de has>d1 g\v]ne l'univ]s et ma9ti5t l'quilibre du monde3 a9si1 elle attribua au feu le m\vem5t de l'activit2 l'air1 l'la/icit2 la pesanteur et la d5sit la matire2 elle fit l'air plus lg] que l'eau1 le mtal plus l\rd que la t]re1 le bois mo9s t5ace que l'aci]2 elle ordonna la flamme de mont]1 la pi]re de desc5dre1 la plante de vgt]2 l'homme1 v\lant l'expos] au *oc de tant d'tres div]s1 et cep5dant prs]v] sa vie fragile1 elle lui donna la facult de s5tir4 ,p> cette facult1 t\te action nuisible son exi/5ce lui porta une s5sation de mal et de d\leur2 et t\te action favorable1 une s5sation de plaisir et de bi5-tre4 ,p> ces s5sations2 l'homme1 tantt dt\rn de ce qui blesse ses s5s1 et tantt entran v]s ce qui les flatte1 a t ncessit d'aim] et de cons]v] sa vie4 ,a9si1 l'am\r de soi1 le dsir du bi5-tre1 l'av]sion de la d\leur1 ont t les lois ess5tielles et primordiales imposes l'homme p> la ,,nature mme2 les lois que la puissance ordonnatrice quelconque a tablies p\r le g\v]n]1 et qui1 semblables celles du m\vem5t dans le monde physique1 sont dev5ues le pr9cipe simple et fcond de t\t ce qui s'e/ pass dans le monde moral4 ,telle e/ donc la condition de l'homme3 d'un ct1 s\mis l'action des lm5ts qui l'environn5t1 il e/ assujetti plusieurs maux 9vitables2 et si dans cet arrt la ,,nature s'e/ montre svre1 d'autre "p ju/e1 et mme indulg5te1 elle a non-seulem5t tempr ces maux p> des bi5s quival5ts1 elle a encore donn l'homme le p\voir d'augm5t] les uns et d'allg] les autres2 elle a sembl lui dire3 ,faible ouvrage de mes ma9s1 je ne te dois ri51 et je te donne la vie2 le monde o je te place ne fut pas fait p\r toi1 et cep5dant je t'en accorde l'usage3 tu le tr\v]as ml de bi5s et de maux2 c'e/ toi de les di/+u]1 c'e/ toi de guid] tes pas dans des s5ti]s de fleurs et d'p9es4 ,sois l'arbitre de ton sort2 je te remets ta de/9e4--,oui1 l'homme e/ dev5u l'artisan de sa de/9e2 lui-mme a cr t\r t\r les rev]s ou les succs de sa =tune2 et si1 la vue de tant de d\leurs dont il a t\rm5t sa vie1 il a eu lieu de gmir de sa faiblesse ou de son imprud5ce1 en considrant de quels pr9cipes il e/ p>ti et quelle hauteur il a su s'lev]1 peut-tre a-t-il plus droit encore de prsum] de sa =ce et de s'enorgueillir de son gnie4 ,,*apitre ,,vi4 tat orig9el de l'homme4 ,dans1 l'orig9e1 l'homme =m nu de corps et d'esprit2 se tr\va jet au has>d sur la t]re confuse et sauvage3 orphel9 dlaiss de la puissance inconnue qui l'avait produit1 il ne vit po9t ses cts des tres desc5dus des cieux p\r l'av]tir de beso9s qu'il ne doit qu' ses s5s1 p\r l'in/ruire de devoirs qui naiss5t uniquem5t de ses beso9s4 ,semblable aux autres animaux1 sans expri5ce du pass1 sans prvoyance de l'av5ir1 il erra au se9 des =ts1 guid seulem5t et g\v]n p> les affections de sa nature2 p> la d\leur de la faim1 il fut conduit aux alim5ts1 et il p\rvut sa subsi/ance2 p> les intempries de l'air1 il dsira de c\vrir son corps1 et il se fit des vtem5ts2 p> l'attrait d'un plaisir puissant1 il s'appro*a d'un tre semblable lui1 et il p]ptua son espce444444 ,a9si1 les impressions qu'il reut de *aque objet1 veillant ses facults1 dveloppr5t p> degrs son ent5dem5t1 et comm5cr5t d'in/ruire sa pr(onde ignorance2 ses beso9s suscitr5t son indu/rie1 ses prils =mr5t son c\rage2 il apprit di/+u] les plantes utiles des nuisibles1 combattre les lm5ts1 saisir une proie1 df5dre sa vie1 et il allgea sa misre4 ,a9si1 l'am\r de soi1 l'av]sion de la d\leur1 le dsir du bi5-tre1 fur5t les mobiles simples et puissants qui retirr5t l'homme de l'tat sauvage et b>b>e o la ,,nature l'avait plac2 et lorsque ma9t5ant sa vie e/ seme de j\issances1 lorsqu'il peut compt] *acun de ses j\rs p> quelques d\ceurs1 il a le droit de s'applaudir et de se dire3 ,c'e/ moi qui ai produit les bi5s qui m'environn5t1 c'e/ moi qui suis l'artisan de mon bonheur3 habitation sre1 vtem5ts commodes1 alim5ts abondants et sa9s1 campagnes riantes1 coteaux f]tiles1 empires peupls1 t\t e/ mon ouvrage2 sans moi1 cette t]re livre au dsordre ne s]ait qu'un m>ais immonde1 qu'une =t sauvage1 qu'un ds]t hideux4 ,oui1 homme crateur1 reois mon hommage6 ,tu z mesur l't5due des cieux1 calcul la masse des a/res1 saisi l'clair dans les nuages1 dompt la m] et les orages1 ass]vi t\s les lm5ts3 ah6 comm5t tant d'lans sublimes se sont-ils mlangs de tant d'g>em5ts8 ,,*apitre ,,vii4 ,pr9cipe des socits4 ,cep5dant1 errants dans les bois et aux bords des fleuves1 la p\rsuite des fauves et des poissons1 les premi]s huma9s1 *asseurs et p*eurs1 ent\rs de dang]s1 assaillis d'ennemis1 t\rm5ts p> la faim1 p> les reptiles1 p> les btes froces1 s5tir5t leur faiblesse individuelle2 et1 mus d'un beso9 commun de sret et d'un s5tim5t rciproque de mmes maux1 ils unir5t leurs moy5s et leurs =ces2 et qu& l'un enc\rut un pril1 plusieurs l'aidr5t et le sec\rur5t2 qu& l'un manqua de subsi/ance1 un autre le p>tagea de sa proie3 a9si les hommes s'associr5t p\r assur] leur exi/5ce1 p\r accrotre leurs facults1 p\r protg] leurs j\issances2 et l'am\r de soi dev9t le pr9cipe de la socit4 ,in/ruits ensuite p> l'preuve rpte d'accid5ts div]s1 p> les fatigues d'une vie vagabonde1 p> les s\cis de disettes frqu5tes1 les hommes raisonnr5t en eux-mmes1 et se dir5t3 ,p\rquoi consum] nos j\rs *]*] des fruits p>s sur un sol av>e8 ,p\rquoi n\s puis] p\rsuivre des proies qui n\s *app5t dans l'onde et les bois8 ,que ne rassemblons-n\s s\s notre ma9 les animaux qui n\s su/5t5t8 ,que n'appliquons-n\s nos so9s les multipli] et les df5dre8 ,n\s n\s alim5t]ons de leurs produits1 n\s n\s vtirons de leurs dp\illes1 et n\s vivrons exempts des fatigues du j\r et des s\cis du l5dema94 ,et les hommes1 s'aidant l'un et l'autre1 saisir5t le *evreau lg]1 la brebis timide2 ils captivr5t le *ameau pati5t1 le taureau f>\*e1 le *eval imptueux2 et1 s'applaudissant de leur indu/rie1 ils s'assir5t dans la joie de leur ame1 et comm5cr5t de gt] le repos et l'aisance2 et l'am\r de soi1 pr9cipe de t\t raisonnem5t1 dev9t le moteur de t\t art et de t\te j\issance4 ,alors que les hommes pur5t c\l] des j\rs dans de longs loisirs et dans la communication de leurs p5ses1 ils portr5t sur la t]re1 sur les cieux1 et sur leur propre exi/5ce1 des reg>ds de curiosit et de rflexion2 ils rem>qur5t le c\rs des saisons1 l'action des lm5ts1 les proprits des fruits et des plantes1 et ils appliqur5t leur esprit multipli] leurs j\issances4 ,et dans quelques contres1 ayant obs]v que c]ta9es sem5ces cont5ai5t s\s un petit volume une sub/ance sa9e1 propre se transport] et se cons]v]1 ils imitr5t le procd de la nature2 ils confir5t la t]re le riz1 l'orge et le bl1 qui fructifir5t au gr de leur esprance1 et ayant tr\v le moy5 d'obt5ir1 dans un petit espace1 et sans dplacem5t1 beauc\p de subsi/ances et de longues provisions1 ils se fir5t des demeures sd5taires2 ils con/ruisir5t des maisons1 des hameaux1 des villes1 =mr5t des peuples1 des nations2 et l'am\r de soi produisit t\s les dveloppem5ts du gnie et de la puissance4 ,a9si1 p> l'unique sec\rs de ses facults1 l'homme a su lui-mme s'lev] l'tonnante hauteur de sa =tune prs5te4 ,trop heureux si1 obs]vateur scrupuleux de la loi imprime son tre1 il en et fidlem5t rempli l'unique et vritable objet6 ,mais1 p> une imprud5ce fatale1 ayant tantt mconnu1 tantt transgress sa limite1 il s'e/ lanc dans un ddale d'erreurs et d'in=tunes2 et l'am\r de soi1 tantt drgl et tantt aveugle1 e/ dev5u un pr9cipe fcond de calamits4 ,,*apitre ,,viii4 ,s\rce des maux des socits4 ,en effet1 pe9e les hommes pur5t-ils dvelopp] leurs facults1 que1 saisis de l'attrait des objets qui flattant les s5s1 ils se livrr5t des dsirs effrns4 ,il ne leur suffit plus de la mesure des s5sations d\ces que la ,,nature avait atta*es leurs vrais beso9s p\r les li] leur exi/5ce3 non cont5ts des bi5s que leur (frait la t]re1 ou que produisait leur indu/rie1 ils v\lur5t entass] les j\issances1 et convoitr5t celles que possdai5t leurs semblables2 et un homme =t s'leva contre un homme faible1 p\r lui ravir les fruits de ses pe9es2 et le faible invoqua un autre faible1 p\r rsi/] la viol5ce2 et deux =ts se dir5t3 ,p\rquoi fatigu] nos bras produire des j\issances qui se tr\v5t dans les ma9s des faibles8 ,unissons-n\s1 et dp\illons-les2 ils fatigu]ont p\r n\s1 et n\s j\irons sans pe9e4 ,et les =ts s'tant associs p\r l'oppression1 les faibles p\r la rsi/ance1 les hommes se t\rm5tr5t rciproquem5t2 et il s'tablit sur la t]re une discorde gnrale et fune/e1 dans laquelle les passions1 se produisant s\s mille =mes n\velles1 n'ont cess de =m] un en*anem5t successif de calamits4 ,a9si1 ce mme am\r de soi qui1 modr et prud5t1 tait un pr9cipe de bonheur et de p]fection1 dev5u aveugle et dsordonn1 se trans=ma en un poison corrupteur2 et la cupidit1 fille et compagne de l'ignorance1 s'e/ r5due la cause de t\s les maux qui ont dsol la t]re4 ,oui1 l',,ignorance ,,et ,,la ,,cupidit6 voil la d\ble s\rce de t\s les t\rm5ts de la vie de l'homme6 ,c'e/ p> elles que1 se faisant de fausses ides de bonheur1 il a mconnu ou enfre9t les lois de la nature1 dans les rapports de lui-mme aux objets extrieurs1 et que1 nuisant son exi/5ce1 il a viol la morale individuelle2 c'e/ p> elles que1 f]mant son coeur la compassion et son esprit l'quit1 il a vex1 afflig son semblable1 et viol la morale sociale4 ,p> l'ignorance et la cupidit1 l'homme s'e/ arm contre l'homme1 la famille contre la famille1 la tribu contre la tribu1 et la t]re e/ dev5ue un ?tre sanglant de discorde et de brig&age3 p> l'ignorance et la cupidit1 une gu]re secrte1 f]m5tant au se9 de *aque tat1 a divis le citoy5 du citoy52 et une mme socit s'e/ p>tage en oppresseurs et en opprims1 en matres et en esclaves3 p> elles1 tantt insol5ts et audacieux1 les *efs d'une nation ont tir ses f]s de son propre se91 et l'avidit m]c5aire a fond le despotisme politique2 tantt hypocrites et russ1 ils ont fait desc5dre du ciel des p\voirs m5teurs1 un j\g sacrilge2 et la cupidit crdule a fond le despotisme religieux3 p> elles enf9 se sont dnatures les ides du bi5 et du mal1 du ju/e et de l'inju/e1 du vice et de la v]tu2 et les nations se sont g>es dans un labyr9! d'erreurs et de calamits4444 ,la cupidit de l'homme et son ignorance6444 voil les gnies malfaisants qui ont p]du la t]re6 voil les dcrets du sort qui ont r5v]s les empires6 voil les ana?mes cle/es qui ont frapp ces murs jadis glorieux1 et conv]ti la spl5deur d'une ville populeuse en une solitude de deuil et de ru9es6444 ,mais puisque ce fut du se9 de l'homme que sortir5t t\s les maux qui l'ont d*ir1 ce fut aussi l qu'il en dut tr\v] les remdes1 et c'e/ l qu'il faut les *]*]4 ,,*apitre ,,ix4 ,orig9e des g\v]nem5ts et des lois4 ,en effet1 il arriva bi5tt que les hommes1 fatigus des maux qu'ils se causai5t rciproquem5t1 s\pirr5t aprs la paix2 et1 rfl*issant sur les causes de leurs in=tunes1 ils se dir5t3 ,n\s n\s nuisons mutuellem5t p> nos passions1 et p\r v\loir *acun t\t envahir1 il rsulte que nul ne possde2 ce que l'un ravit auj\rd'hui1 on le lui enlve dema91 et notre cupidit retombe sur n\s-mmes4 tablissons-n\s des arbitres1 qui jug5t nos prt5tions et pacifi5t nos discordes4 ,qu& le =t s'lv]a contre le faible1 l'arbitre le rprim]a1 et il dispos]a de nos bras p\r cont5ir la viol5ce2 et la vie et les proprits de *acun de n\s s]ont s\s la g>antie et la protection communes1 et n\s j\irons t\s des bi5s de la nature4 ,et1 au se9 des socits1 il se =ma des conv5tions1 tantt expresses et tantt tacites1 qui dev9r5t la rgle des actions des p>ticuli]s1 la mesure de leurs droits1 la loi de leurs rapports rciproques2 et quelques hommes fur5t prposs p\r les faire obs]v]1 et le peuple leur confia la balance p\r pes] les droits1 et l'pe p\r punir les transgressions4 ,alors s'tablit entre les individus un heureux quilibre de =ces et d'action1 qui fit la sret commune4 ,le nom de l'quit et de la ju/ice fut reconnu et rvr sur la t]re2 *aque homme p\vant j\ir en paix des fruits de son travail1 se livra t\t enti] aux m\vem5ts de son ame2 et l'activit1 suscite et entret5ue p> la ralit ou p> l'espoir des j\issances1 fit clore t\tes les ri*esses de l'art et de la nature2 les *amps se c\vrir5t de moissons1 les vallons de tr\peaux1 les coteaux de fruits1 la m] de vaisseaux1 et l'homme fut heureux et puissant sur la t]re4 ,a9si le dsordre que son imprud5ce avait produit1 sa propre sagesse le rp>a2 et cette sagesse en lui fut encore l'effet des lois de la nature dans l'organisation de son tre4 ,ce fut p\r assur] ses j\issances qu'il respecta celles d'autrui2 et la cupidit tr\va son correctif dans l'am\r clair de soi-mme4 ,a9si l'am\r de soi1 mobile t]nel de t\t individu1 e/ dev5u la base ncessaire de t\te association2 et c'e/ de l'obs]vation de cette loi naturelle qu'a dp5du le sort de t\tes les nations4 ,les lois factices et conv5tionnelles ont-elles t5du v]s son b et rempli ses indications1 *aque homme1 m d'un in/9ct puissant1 a dploy t\tes les facults de son tre2 et de la multitude des flicits p>ticulires s'e/ compose la flicit publique4 ,ces lois1 au contraire1 ont-elles gn l'essor de l'homme v]s son bonheur1 son coeur1 priv de ses vrais mobiles1 a langui dans l'inaction1 et l'accablem5t des individus a fait la faiblesse publique4 ,or1 comme l'am\r de soi1 imptueux et imprvoyant1 porte sans cesse l'homme contre son semblable1 et t5d p> consqu5t diss\dre la socit1 l'art des lois et la v]tu de leurs ag5ts ont t de tempr] le conflit des cupidits1 de ma9t5ir l'quilibre entre les =ces1 d'assur] *acun son bi5-tre1 af9 que1 dans le *oc de socit socit1 t\s les membres portass5t un mme intrt la cons]vation et la df5se de la *ose publique4 ,la spl5deur et la prosprit des empires ont donc eu l'intrieur1 p\r cause efficace1 l'quit des g\v]nem5ts et des lois2 et leur puissance respective a eu p\r mesure1 l'extrieur1 le nombre des intresss1 et le degr d'intrt la *ose publique4 ,d'autre "p1 la multiplication des hommes1 en compliquant leurs rapports1 ayant r5du la dm>cation de leurs droits difficile2 le jeu p]ptuel des passions ayant suscit des incid5ts non prvus2 les conv5tions ayant t vicieuses1 insuffisantes ou nulles2 enf9 les auteurs des lois en ayant tantt mconnu et tantt dissimul le b2 et leurs m9i/res1 au lieu de cont5ir la cupidit d'autrui1 s'tant livrs la leur propre2 t\tes ces causes ont jet dans les socits le tr\ble et le dsordre2 et le vice des lois et l'inju/ice des g\v]nem5ts1 drivs de la cupidit et de l'ignorance1 sont dev5us les mobiles des malheurs des peuples et de la subv]sion des tats4 ,,*apitre ,x4 ,causes gnrales de la prosprit des anci5s tats4 jeune homme qui dem&e la sagesse1 voil quelles ont t les causes des rvolutions de ces anci5s tats dont tu contemples les ru9es6 ,sur quelque lieu que s'arrte ma vue1 quelque temps que se porte ma p5se1 p>t\t s'(fr5t mon esprit les mmes pr9cipes d'accroissem5t ou de de/ruction1 d'lvation ou de dcad5ce4 ,p>t\t1 si un peuple e/ puissant1 si un empire prospre1 c'e/ que les lois de conv5tion y sont con=mes aux lois de la nature2 c'e/ que le g\v]nem5t y procure aux hommes l'usage respectivem5t libre de leurs facults1 la sret gale de leurs p]sonnes et de leurs proprits4 ,si1 au contraire1 un empire tombe en ru9es ou se diss\t1 c'e/ que les lois sont vicieuses ou imp>faites1 ou que le g\v]nem5t corrompu les enfre9t4 ,et si les lois et les g\v]nem5ts1 d'abord sages et ju/es1 ensuite se dprav5t1 c'e/ que l'alt]native du bi5 et du mal ti5t la nature du coeur de l'homme1 la succession de ses p5*ants1 au progrs de ses connaissances1 la comb9aison des circon/ances et des vnem5ts1 comme le pr\ve l'hi/oire de l'espce4 ,dans l'enfance des nations1 qu& les hommes vivai5t encore dans les =ts1 s\mis t\s aux mmes beso9s1 d\s t\s des mmes facults1 ils tai5t t\s presque gaux en =ces2 et cette galit fut une circon/ance fconde et avantageuse dans la composition des socits3 p> elle1 *aque individu se tr\vant indp5dant de t\t autre1 nul ne fut l'esclave d'autrui1 nul n'avait l'ide d'tre matre4 ,l'homme novice ne connaissait ni s]vitude ni tyrannie2 muni de moy5s suffisants son tre1 il n'imag9ait pas d'en emprunt] d'trang]s4 ,ne devant ri51 n'exigeant ri51 il jugeait des droits d'autrui p> les si5s1 et il se faisait des ides exactes de ju/ice3 ignorant d'ailleurs l'art des j\issances1 il ne savait produire que le ncessaire2 et faute de sup]flu1 la cupidit re/ait ass\pie3 que si elle osait s'veill]1 l'homme1 attaqu dans ses vrais beso9s1 lui rsi/ait avec n]gie1 et la seule op9ion de cette rsi/ance entret5ait un heureux quilibre4 ,a9si1 l'galit orig9elle1 dfaut de conv5tion1 ma9t5ait la lib]t des p]sonnes1 la sret des proprits1 et produisait les bonnes moeurs et l'ordre4 ,*acun travaillait p> soi et p\r soi2 et le coeur de l'homme1 occup1 n'errait po9t en dsirs c\pables4 ,l'homme avait peu de j\issances1 mais ses beso9s tai5t satisfaits2 et comme la nature indulg5te les fit mo9s t5dus que ses =ces1 le travail de ses ma9s produisit bi5tt l'abondance2 l'abondance1 la population3 les arts se dveloppr5t1 les cultures s't5dir5t1 et la t]re1 c\v]te de nombreux habitants1 se p>tagea en div]s doma9es4 ,alors que les rapports des hommes se fur5t compliqus1 l'ordre intrieur des socits dev9t plus difficile ma9t5ir4 ,le temps et l'indu/rie ayant fait natre les ri*esses1 la cupidit dev9t plus active2 et p>ce que l'galit1 facile entre les individus1 ne put subsi/] entre les familles1 l'quilibre naturel fut rompu3 il fallut y suppler p> un quilibre factice2 il fallut prpos] des *efs1 tablir des lois1 et1 dans l'inexpri5ce primitive1 il dut arriv] qu'occasiones p> la cupidit1 elles en prir5t le c>actre2 mais div]ses circon/ances conc\rur5t tempr] le dsordre1 et faire aux g\v]nem5ts une ncessit d'tre ju/es4 ,en effet1 les tats1 d'abord faibles1 ayant r$\t] des ennemis extrieurs1 il dev9t important aux *efs de ne pas opprim] les sujets3 en dim9uant l'intrt des citoy5s leurs g\v]nem5t1 ils euss5t dim9u leurs moy5s de rsi/ance1 ils euss5t facilit les invasions trangres1 et1 p\r des j\issances sup]flues1 compromis leur propre exi/5ce4 l'intrieur1 le c>actre des peuples rep\ssait la tyrannie4 ,les hommes avai5t contract de trop longues habitudes d'indp5dance2 ils avai5t trop peu de beso9s et un s5tim5t trop prs5t de leurs propres =ces4 ,les tats tant ress]rs1 il tait difficile de divis] les citoy5s p\r les opprim] les uns p> les autres3 ils se communiquai5t trop aism5t1 et leurs intrts tai5t trop clairs et trop simples4 ,d'ailleurs1 t\t homme tant propritaire et cultivateur1 nul n'avait beso9 de se v5dre1 et le despote n'et po9t tr\v de m]c5aires4 ,si donc il s'levait des diss5sions1 c'tait de famille famille1 de faction faction1 et les intrts tai5t t\j\rs communs un gr& nombre2 les tr\bles en tai5t sans d\te plus vifs1 mais la cra9te des trang]s apaisait les discordes3 si l'oppression d'un p>ti s'tablissait1 la t]re tant ouv]te1 et les hommes1 encore simples1 r5contrant p>t\t les mmes avantages1 le p>ti accabl migrait1 et portait ailleurs son indp5dance4 ,les anci5s tats j\issai5t donc en eux-mmes de moy5s nombreux de prosprit et de puissance3 de ce que *aque homme tr\vait son bi5-tre dans la con/itution de son pays1 il pr5ait un vif intrt sa cons]vation2 si un trang] l'attaquait1 ayant df5dre son *amp1 sa maison1 il portait aux combats la passion d'une cause p]sonnelle1 et le dv\em5t p\r soi-mme occasionait le dv\em5t p\r la patrie4 ,de ce que t\te action utile au public attirait son e/ime et sa reconnaissance1 *acun s'empressait d'tre utile1 et l'am\r-propre multipliait les tal5ts et les v]tus civiles4 ,de ce que t\t citoy5 contribuait galem5t de ses bi5s et de sa p]sonne1 les armes et les fonds tai5t 9puisables1 et les nations dployai5t des masses imposantes de =ces4 ,de ce que la t]re tait libre et sa possession sre et facile1 *acun tait propritaire2 et la division des proprits cons]vait les moeurs en r5dant le luxe impossible4 ,de ce que *acun cultivait p\r lui-mme1 la culture tait plus active1 les d5res plus abondantes1 et la ri*esse p>ticulire faisait l'opul5ce publique4 ,de ce que l'abondance des d5res r5dait la subsi/ance facile1 la population fut rapide et nombreuse1 et les tats atteignir5t en peu de temps le t]me de leur plnitude4 ,de ce qu'il y eut plus de production que de consommation1 le beso9 du comm]ce naquit1 et il se fit1 de peuple peuple1 des *anges qui augm5tr5t leur activit et leurs j\issances rciproques4 ,enf91 de ce que c]ta9s lieux1 c]ta9es poques1 runir5t l'avantage d'tre bi5 g\v]ns celui d'tre placs sur la r\te de la plus active circulation1 ils dev9r5t des entrepts florissants de comm]ce et des siges puissants de dom9ation4 ,et sur les rives du ,nil et de la ,mdit]rane1 du ,tigre et de l',euphrate1 les ri*esses de l',inde et de l',europe1 entasses1 levr5t successivem5t la spl5deur de c5t mtropoles4 ,et les peuples1 dev5us ri*es1 appliqur5t le sup]flu de leurs moy5s des travaux d'utilit commune et publique2 et ce fut l1 dans *aque tat1 l'poque de ces ouvrages dont la magnific5ce tonne l'esprit2 de ces puits de ,tyr1 de ces digues de l',euphrate1 de ces conduits s\t]ra9s de la ,mdie#ba1 de ces =t]esses du ds]t1 de ces aqu$ucs de ,palmyre1 de ces temples1 de ces portiques4444 ,et ces travaux pur5t tre imm5ses sans accabl] les nations1 p>ce qu'ils fur5t le produit d'un conc\rs gal et commun des =ces d'individus passionns et libres4 ,a9si1 les anci5s tats prosprr5t1 p>ce que les in/itutions sociales y fur5t con=mes aux vritables lois de la nature1 et p>ce que les hommes1 y j\issant de la lib]t et de la sret de leurs p]sonnes et de leurs proprits1 pur5t dploy] t\te l't5due de leurs facults1 t\te l'n]gie de l'am\r de soi-mme4 ,,*apitre ,,xi4 ,causes gnrales des rvolutions et de la ru9e des anci5s tats4 ,cep5dant la cupidit avait suscit entre les hommes une lutte con/ante et univ]selle qui1 portant sans cesse les individus et les socits des invasions rciproques1 occasiona des rvolutions successives et une agitation r5aissante4 ,et d'abord1 dans l'tat sauvage et b>b>e des premi]s huma9s1 cette cupidit audacieuse et froce enseigna la rap9e1 la viol5ce1 le meurtre2 et long-temps1 les progrs de la civilisation en fur5t ral5tis4 ,lorsqu'ensuite les socits comm5cr5t de se =m]1 l'effet des mauvaises habitudes passant dans les lois et les g\v]nem5ts1 il en corrompit les in/itutions et le b2 et il s'tablit des droits arbitraires et factices1 qui dpravr5t les ides de ju/ice et la moralit des peuples4 ,a9si1 p>ce qu'un homme fut plus =t qu'un autre1 cette 9galit1 accid5t de la nature1 fut prise p\r sa loi2 et p>ce que le =t put ravir au faible la vie1 et qu'il la lui cons]va1 il s'arrogea sur sa p]sonne un droit de proprit abusif1 et l'esclavage des individus prp>a l'esclavage des nations4 ,p>ce que le *ef de famille put ex]c] une autorit absolue dans sa maison1 il ne prit p\r rgle de sa conduite que ses gts et ses affections3 il donna ou ta ses bi5s sans galit1 sans ju/ice2 et le despotisme pat]nel jeta les fondem5ts du despotisme politique4 ,et dans les socits =mes sur ces bases1 le temps et le travail ayant dvelopp les ri*esses1 la cupidit1 gne p> les lois1 dev9t plus artificieuse sans tre mo9s active4 ,s\s des app>5ces d'union et de paix civile1 elle fom5ta1 au se9 de *aque tat1 une gu]re inte/9e1 dans laquelle les citoy5s1 diviss en corps opposs de pr(essions1 de classes1 de familles1 t5dir5t t]nellem5t s'appropri]1 s\s le nom de p\voir suprme1 la facult de t\t dp\ill] et de t\t ass]vir au gr de leurs passions2 et c'e/ cet esprit d'invasion qui1 dguis s\s t\tes les =mes1 mais t\j\rs le mme dans son b et dans ses mobiles1 n'a cess de t\rm5t] les nations4 ,tantt1 s'opposant au pacte social1 ou rompant celui qui dja exi/ait1 il livra les habitants d'un pays au *oc tumultueux de t\tes leurs discordes2 et les tats diss\s fur5t1 s\s le nom d'an>*ie1 t\rm5ts p> les passions de t\s leurs membres4 ,tantt1 un peuple jal\x de sa lib]t1 ayant prpos des ag5ts p\r adm9i/r]1 ces ag5ts s'approprir5t les p\voirs dont ils n'tai5t que les g>di5s3 ils employr5t les fonds publics corrompre les lections1 s'atta*] des p>tisans1 divis] le peuple en lui-mme4 ,p> ces moy5s1 de temporaires qu'ils tai5t1 ils se r5dir5t p]ptuels2 puis d'lectifs1 hrditaires2 et l'tat1 agit p> les brigues des ambitieux1 p> les l>gesses des ri*es factieux1 p> la vnalit des pauvres oiseux1 p> l'empirisme des orateurs1 p> l'audace des hommes p]v]s1 p> la faiblesse des hommes v]tueux1 fut travaill de t\s les inconvni5ts de la dmocratie4 ,dans un pays1 les *efs gaux en =ce1 se r$\tant mutuellem5t1 fir5t des pactes impies1 des associations sclrates2 et se p>tageant les p\voirs1 les rangs1 les honneurs1 ils s'attribur5t des privilges1 des immunits2 s'rigr5t en corps sp>s1 en classes di/9ctes2 s'ass]vir5t en commun le peuple2 et1 s\s le nom d'ari/ocratie1 l'tat fut t\rm5t p> les passions des gr&s et des ri*es4 ,dans un autre pays1 t5dant au mme b p> d'autres moy5s1 des impo/eurs sacrs abusr5t de la crdulit des hommes ignorants4 ,dans l'ombre des temples1 et d]rire les voiles des autels1 ils fir5t agir et p>l] les dieux1 r5dir5t des oracles1 montrr5t des prodiges1 ordonnr5t des sacrifices1 imposr5t des (fr&es1 prescrivir5t des fondations2 et1 s\s le nom de ?ocratie et de religion1 les tats fur5t t\rm5ts p> les passions des prtres4 ,quelquefois1 lasse de ses dsordres ou de ses tyrans1 une nation1 p\r dim9u] les s\rces de ses maux1 se donna un seul matre2 et alors1 si elle limita les p\voirs du pr9ce1 il n'eut d'autre dsir que de les t5dre2 et si elle les laissa indf9is1 il abusa du dpt qui lui tait confi2 et1 s\s le nom de mon>*ie1 les tats fur5t t\rm5ts p> les passions des rois et des pr9ces4 ,alors des factieux1 pr(itant du mcont5tem5t des esprits1 flattr5t le peuple de l'espoir d'un meilleur matre2 ils rp&ir5t les dons1 les promesses1 r5v]sr5t le despote p\r s'y sub/itu]1 et leurs disputes p\r la succession ou p\r le p>tage1 t\rm5tr5t les tats des dsordres et des dva/ations des gu]res civiles4 ,enf91 p>mi ces rivaux1 un individu plus habile ou plus heureux1 pr5ant l'asc5dant1 conc5tra en lui t\te la puissance3 p> un phnomne biz>re1 un seul homme matrisa des millions de ses semblables contre leur gr ou sans leur aveu1 et l'art de la tyrannie naquit encore de la cupidit4 ,en effet1 obs]vant l'esprit d'gsme qui sans cesse divise t\s les hommes1 l'ambitieux le fom5ta adroitem5t2 il flatta la vanit de l'un1 aiguisa la jal\sie de l'autre1 c>essa l'av>ice de celui-ci1 enflamma le ress5tim5t de celui-l1 irrita les passions de t\s2 opposant les intrts ou les prjugs1 il sema les divisions et les ha9es1 promit au pauvre la dp\ille du ri*e1 au ri*e l'ass]vissem5t du pauvre1 m5aa un homme p> un homme1 une classe p> une classe2 et isolant t\s les citoy5s p> la dfiance1 il fit sa =ce de leur faiblesse1 et leur imposa un j\g d'op9ion1 dont ils se s]rr5t mutuellem5t les noeuds4 ,p> l'arme1 il s'emp>a des contributions2 p> les contributions1 il disposa de l'arme2 p> le jeu correspondant des ri*esses et des places1 il en*ana t\t un peuple d'un li5 insoluble1 et les tats tombr5t dans la consomption l5te du despotisme4 ,a9si1 un mme mobile1 v>iant son action s\s t\tes les =mes1 attaqua sans cesse la consi/ance des tats1 et un c]cle t]nel de vicissitudes naquit d'un c]cle t]nel de passions4 ,et cet esprit con/ant d'gsme et d'usurpation eng5dra deux effets pr9cipaux galem5t fune/es3 l'un1 que divisant sans cesse les socits dans t\tes leurs fractions1 il en opra la faiblesse et en facilita la dissolution2 l'autre1 que t5dant t\j\rs conc5tr] le p\voir en une seule ma91 il occasiona un engl\tissem5t successif de socits et d'tats1 fatal leur paix et leur exi/5ce commune4 ,en effet1 de mme que dans un tat1 un p>ti avait absorb la nation1 puis une famille le p>ti1 un individu la famille2 de mme il s'tablit d'tat tat un m\vem5t d'absorption1 qui dploya en gr&1 dans l'ordre politique1 t\s les maux p>ticuli]s de l'ordre civil4 ,et une cit ayant subjugu une cit1 elle se l'ass]vit1 et en composa une prov9ce2 et deux prov9ces s'tant engl\ties1 il s'en =ma un royaume3 enf91 deux royaumes s'tant conquis1 l'on vit natre des empires d'une t5due gigantesque2 et dans cette agglomration1 lo9 que la =ce int]ne des tats s'accrt en raison de leur masse1 il arriva1 au contraire1 qu'elle fut dim9ue2 et1 lo9 que la condition des peuples ft r5due plus heureuse1 elle dev9t de j\r en j\r plus f*euse et plus misrable1 p> des raisons sans cesse drives de la nature des *oses4444 ,p> la raison qu' mesure que les tats acquir5t plus d't5due1 leur adm9i/ration dev5ant plus p9euse et plus complique1 il fallut1 p\r remu] ces masses1 donn] plus d'n]gie au p\voir1 et il n'y eut plus de proportion entre les devoirs des s\v]a9s et leurs facults2 ,p> la raison que les despotes1 s5tant leur faiblesse1 r$\tr5t t\t ce qui dveloppait la =ce des nations1 et qu'ils fir5t leur tude de l'attnu]2 ,p> la raison que les nations1 divises p> des prjugs d'ignorance et des ha9es froces1 secondr5t la p]v]sit des g\v]nem5ts2 et que1 se s]vant rciproquem5t de satellites1 elles aggravr5t leur esclavage2 ,p> la raison que la balance s'tant rompue entre les tats1 les plus =ts accablr5t plus facilem5t les faibles2 ,enf91 p> la raison qu' mesure que les tats se conc5trr5t1 les peuples1 dp\ills de leurs lois1 de leurs usages et des g\v]nem5ts qui leur tai5t propres1 p]dir5t l'esprit de p]sonnalit qui causait leur n]gie4 ,et les despotes1 considrant les empires comme des doma9es1 et les peuples comme des proprits1 se livrr5t aux dprdations et aux drglem5ts de l'autorit la plus arbitraire4 ,et t\tes les =ces et les ri*esses des nations fur5t dt\rnes des dp5ses p>ticulires1 des fantaisies p]sonnelles2 et les rois1 dans les ennuis de leur satit1 se livrr5t t\s les gts factices et dpravs3 il leur fallut des j>d9s susp5dus sur des votes1 des fleuves levs sur des montagnes2 ils *angr5t des campagnes f]tiles en p>cs p\r des fauves1 creusr5t des lacs dans les t]ra9s secs1 levr5t des ro*]s dans les lacs1 fir5t con/ruire des palais de m>bre et de porphyre1 v\lur5t des ameublem5ts d'or et de diamants4 ,s\s prtexte de religion1 leur orgueil fonda des temples1 dota des prtres oiseux1 btit1 p\r de va9s squelettes1 d'extravagants tombeaux1 mausoles et pyramides4 ,p5dant des rgnes enti]s1 on vit des millions de bras employs des travaux /riles3 et le luxe des pr9ces1 imit p> leurs p>asites et transmis de grade en grade jusqu'aux d]ni]s rangs1 dev9t une s\rce gnrale de corruption et d'appauvrissem5t4 ,et1 dans la soif insatiable des j\issances1 les tributs ord9aires ne suffisant plus1 ils fur5t augm5ts2 et le cultivateur1 voyant accrotre sa pe9e sans indemnit1 p]dit le c\rage2 et le comm]ant1 se voyant dp\ill1 se dgta de son indu/rie2 et la multitude1 condamne demeur] pauvre1 re/reignit son travail au seul ncessaire1 et t\te activit productive fut anantie4 ,la sur*>ge r5dant la possession des t]res onreuse1 l'humble propritaire ab&onna son *amp1 ou le v5dit l'homme puissant2 et les =tunes se conc5trr5t en un mo9dre nombre de ma9s4 ,et t\tes les lois et les in/itutions favorisant cette accumulation1 les nations se p>tagr5t entre un gr\pe d'oisifs opul5ts et une multitude pauvre de m]c5aires4 ,le peuple indig5t s'avilit1 les gr&s rassasis se dpravr5t2 et le nombre des intresss la cons]vation de l'tat dcroissant1 sa =ce et son exi/5ce dev9r5t d'autant plus prcaires4 ,d'autre "p1 nul objet n'tant (f]t l'mulation1 nul enc\ragem5t l'in/ruction1 les esprits tombr5t dans une ignorance pr(onde4 ,et l'adm9i/ration tant secrte et my/rieuse1 il n'exi/a aucun moy5 de r=me ni d'amlioration2 les *efs ne rgissant que p> la viol5ce et la fraude1 les peuples ne vir5t plus en eux qu'une faction d'ennemis publics1 et il n'y eut plus aucune h>monie entre les g\v]ns et les g\v]nants4 ,et t\s ces vices ayant n]v les tats de l',asie opul5te1 il arriva que les peuples vagabonds et pauvres des ds]ts et des monts adjac5ts convoitr5t les j\issances des pla9es f]tiles2 et1 p> une cupidit commune1 ayant attaqu les empires polics1 ils r5v]sr5t les trnes des despotes2 et ces rvolutions fur5t rapides et faciles1 p>ce que la politique des tyrans avait amolli les sujets1 ras les =t]esses1 dtruit les gu]ri]s2 et p>ce que les sujets accabls re/ai5t sans intrt p]sonnel1 et les soldats m]c5aires sans c\rage4 ,et des hordes b>b>es ayant rduit des nations entires l'tat d'esclavage1 il arriva que les empires =ms d'un peuple conqurant et d'un peuple conquis1 runir5t en leur se9 deux classes ess5tiellem5t opposes et ennemies4 ,t\s les pr9cipes de la socit fur5t diss\s3 il n'y eut plus ni intrt commun1 ni esprit public2 et il s'tablit une di/9ction de ca/es et de races1 qui rduisit en sy/me rguli] le ma9ti5 du dsordre2 et selon que l'on naquit d'un c]ta9 sang1 l'on naquit s]f ou tyran1 meuble ou propritaire4 ,et les oppresseurs tant mo9s nombreux que les opprims1 il fallut1 p\r s\t5ir ce faux quilibre1 p]fectionn] la sci5ce de l'oppression4 ,l'art de g\v]n] ne fut plus que celui d'assujettir au plus petit nombre le plus gr&4 ,p\r obt5ir une obissance si contraire l'in/9ct1 il fallut tablir des pe9es plus svres2 et la cruaut des lois r5dit les moeurs atroces4 ,et la di/9ction des p]sonnes tablissant dans l'tat deux codes1 deux ju/ices1 deux droits2 le peuple1 plac entre le p5*ant de son coeur et le s]m5t de sa b\*e1 eut deux consci5ces contradictoires1 et les ides du ju/e et de l'inju/e n'eur5t plus de base dans son ent5dem5t4 ,s\s un tel rgime1 les peuples tombr5t dans le dsespoir et l'accablem5t4 ,et les accid5ts de la nature s'tant jo9ts aux maux qui les assaillai5t1 p]dus de tant de calamits1 ils en reportr5t les causes des puissances suprieures et ca*es2 et p>ce qu'ils avai5t des tyrans sur la t]re1 ils en supposr5t dans les cieux2 et la sup]/ition aggrava les malheurs des nations4 ,et il naquit des doctr9es fune/es1 des sy/mes de religion atrabilaires et misan?ropiques1 qui peignir5t les dieux m*ants et envieux comme les despotes4 ,et p\r les apais]1 l'homme leur (frit le sacrifice de t\tes ses j\issances3 il s'environna de privations1 et r5v]sa les lois de la nature4 ,pr5ant ses plaisirs p\r des crimes1 ses s\ffrances p\r des expiations1 il v\lut aim] la d\leur1 abjur] l'am\r de soi-mme2 il p]scuta ses s5s1 dte/a sa vie2 et une morale abngative et antisociale plongea les nations dans l'in]tie de la mort4 ,mais p>ce que la nature prvoyante avait d\ le coeur de l'homme d'un espoir 9puisable1 voyant le bonheur tromp] ses dsirs sur cette t]re1 il le p\rsuivit dans un autre monde3 p> une d\ce illusion1 il se fit une autre patrie1 un asile o1 lo9 des tyrans1 il reprt les droits de son tre2 de l rsulta un n\veau dsordre3 pris d'un monde imag9aire1 l'homme mprisa celui de la nature2 p\r des esprances *imriques1 il ngligea la ralit4 ,sa vie ne fut plus ses yeux qu'un voyage fatigant1 qu'un songe pnible2 son corps qu'une prison1 ob/acle sa flicit2 et la t]re un lieu d'exil et de pl]9age1 qu'il ne daigna plus cultiv]4 ,alors une oisivet sacre s'tablit dans le monde politique2 les campagnes se ds]tr5t2 les fri*es se multiplir5t1 les empires se dpeuplr5t1 les monum5ts fur5t ngligs2 et de t\tes p>ts l'ignorance1 la sup]/ition1 le fanatisme1 joignant leurs effets1 multiplir5t les dva/ations et les ru9es4 ,a9si1 agits p> leurs propres passions1 les hommes en masse ou en individus1 t\j\rs avides et imprvoyants1 passant de l'esclavage la tyrannie1 de l'orgueil l'avilissem5t1 de la prsomption au dc\ragem5t1 ont eux-mmes t les t]nels in/rum5ts de leurs in=tunes4 ,et voil p> quels mobiles simples et naturels fut rgi le sort des anci5s tats2 voil p> quelle srie de causes et d'effets lis et consqu5ts1 ils s'levr5t ou s'abaissr5t1 selon que les lois physiques du coeur huma9 y fur5t obs]ves ou enfre9tes2 et dans le c\rs successif de leurs vicissitudes1 c5t peuples div]s1 c5t empires t\r t\r abaisss1 puissants1 conquis1 r5v]ss1 en ont rpt p\r la t]re les in/ructives leons444 ,et ces leons auj\rd'hui demeur5t p]dues p\r les gnrations qui ont succd6 ,les dsordres des temps passs ont rep>u *ez les races prs5tes6 les *efs des nations ont cont9u de m>*] dans des voies de m5songe et de tyrannie6 les peuples de s'g>] dans les tnbres des sup]/itions et de l'ignorance6 ,eh bi56 aj\ta le ,gnie en se recueillant1 puisque l'expri5ce des races passes re/e ensevelie p\r les races vivantes1 puisque les fautes des aeux n'ont pas encore in/ruit leurs desc5dants1 les exemples anci5s vont rep>atre3 la t]re va voir se r5\vel] les scnes imposantes des temps oublis4 ,de n\velles rvolutions vont agit] les peuples et les empires4 ,des trnes puissants vont tre de n\veau r5v]ss1 et des cata/rophes t]ribles rappell]ont aux hommes que ce n'e/ po9t en va9 qu'ils enfreign5t les lois de la nature et les prceptes de la sagesse et de la vrit4 ,,*apitre ,,xii4 ,leons des temps passs rptes sur les temps prs5ts4 ,a9si p>la le ,gnie3 frapp de la ju/esse et de la cohr5ce de t\t son disc\rs2 assailli d'une f\le d'ides1 qui en *oquant mes habitudes captivai5t cep5dant ma raison1 je demeurai absorb dans un pr(ond sil5ce444 ,mais t&is que1 d'un air tri/e et rveur1 je t5ais les yeux fixs sur l',asie1 s\da9 du ct du nord1 aux rives de la m] ,noire et dans les *amps de la ,krime1 des t\rbillons de fume et de flammes attirr5t mon att5tion3 ils semblai5t s'lev] la fois de t\tes les p>ties de la presqu'le3 puis1 ayant pass p> l'i/hme dans le cont95t1 ils c\rur5t1 comme *asss d'un v5t d'oue/1 le long du lac fangeux d',az(1 et fur5t se p]dre dans les pla9es h]bageuses du ,k\ban2 et considrant de plus prs la m>*e de ces t\rbillons1 je m'ap]u qu'ils tai5t prcds ou suivis de pelotons d'tres m\vants1 qui1 tels que des f\rmis ou des saut]elles tr\bles p> le pi$ d'un passant1 s'agitai5t avec vivacit3 quelquefois ces pelotons semblai5t m>*] les uns v]s les autres et se heurt]2 puis1 aprs le *oc1 il en re/ait plusieurs sans m\vem5t44444 ,et t&is qu'inquiet de t\t ce spectacle1 je m'ef=ais de di/+u] les objets3--,vois-tu1 me dit le ,gnie1 ces feux qui c\r5t sur la t]re1 et compr5ds-tu leurs effets et leurs causes8-- ,gnie6 rpondis-je1 je vois des colonnes de flammes et de fume1 et comme des insectes qui les accompagn5t2 mais qu& dja je saisis pe9e les masses des villes et des monum5ts1 comm5t p\rrais-je disc]n] de si petites cratures8 seulem5t on dirait que ces insectes simul5t des combats2 c> ils vont1 vi5n5t1 se *oqu5t1 se p\rsuiv5t4--,ils ne les simul5t pas1 dit le ,gnie1 ils les ralis5t4--,et quels sont1 repris-je1 ces animalcules ins5ss qui se dtruis5t8 ne priront-ils pas assez tt1 eux qui n viv5t qu'un j\r844444 ,alors le ,gnie me t\*ant encore une fois la vue et l'oue3 ,vois1 me dit-il1 et ent5ds4--,aussitt1 dirigeant mes yeux sur les mmes objets3 ,ah6 malheureux1 m'criai-je1 saisi de d\leur1 ces colonnes de feux6 ces insectes6 ,gnie6 ce sont les hommes1 ce sont les ravages de la gu]re6444444 ,ils p>t5t des villes et des hameaux1 ces torr5ts de flammes6 ,je vois les cavali]s qui les allum5t1 et qui1 le sabre la ma91 se rp&5t dans les campagnes2 devant eux fui5t des tr\pes p]dues d'enfants1 de femmes1 de vieill>ds2 j'ap]ois d'autres cavali]s qui1 la lance sur l'paule1 les accompagn5t et les guid5t4 ,je reconnais mme leurs *evaux en laisse1 leurs kalpaks1 leur t\ffe de *eveux1 que ce sont des ,t>t>es2 et sans d\te ceux qui les p\rsuiv5t1 coiffs d'un *apeau triangulaire et vtus d'uni=mes v]ts1 sont des ,moscovites4 ,ah6 je le compr5ds1 la gu]re vi5t de se rallum] entre l'empire des ts>s et celui des sultans4--,non1 pas encore1 rpliqua le ,gnie4 ,ce n'e/ qu'un prlim9aire4 ,ces ,t>t>es ont t et s]ai5t encore des vois9s incommodes1 on s'en db>rasse2 leur pays e/ d'une gr&e conv5ance1 on s'en arrondit2 et p\r prlude d'une autre rvolution1 le trne des ,gurais e/ dtruit4 ,et en effet1 je vis les t5d>ds russes flott] sur la ,krime2 et leur pavillon se dploya bi5tt sur l',eux94 ,cep5dant aux cris des ,t>t>es fugitifs1 l'empire des ,musulmans s'mut4 ,on *asse nos frres1 s'crir5t les enfants de ,mahomet3 on outrage le peuple du ,prophte6 des infidles occup5t une t]re consacre1 et pr(an5t les temples de l',islamisme4 ,armons-n\s2 c\rons aux combats p\r v5g] la gloire de ,dieu et notre propre cause4 ,et un m\vem5t gnral de gu]re s'tablit dans les deux empires4 ,de t\tes p>ts on assembla des hommes arms1 des provisions1 des munitions1 et t\t l'app>eil meurtri] des combats fut dploy2 et1 *ez les deux nations1 les temples1 assigs d'un peuple imm5se1 m'(frir5t un spectacle qui fixa mon att5tion4 ,d'un ct1 les ,musulmans assembls devant leurs mosques1 se lavai5t les ma9s1 les pi$s1 se taillai5t les ongles1 se peignai5t la b>be2 puis t5dant p> t]re des tapis1 et se t\rnant v]s le midi1 les bras tantt ouv]ts et tantt croiss1 ils faisai5t des gnuflexions et des pro/rations2 et dans le s\v5ir des rev]s essuys p5dant leur d]nire gu]re1 ils s'criai5t3 ,dieu clm5t1 ,dieu misricordieux6 z-tu donc ab&onn ton peuple fidle8 ,toi qui a promis au ,prophte l'empire des nations et signal ta religion p> tant de triomphes1 comm5t livres-tu les vrais croyants aux armes des infidles8 et les ,imans et les ,santons disai5t au peuple3 ,c'e/ le *tim5t de vos p*s4 ,v\s mangez du porc1 v\s buvez du v92 v\s t\*ez les *oses immondes3 ,dieu v\s a punis4 ,faites pnit5ce1 purifiez-v\s1 dites la pr(ession de foi#bb1 jenez de l'aurore au c\*]1 donnez la dme de vos bi5s aux mosques1 allez la ,mekke1 et ,dieu v\s r5dra la victoire4 ,et le peuple1 repr5ant c\rage1 jetait de gr&s cris3 ,il n'y a qu'un ,dieu1 dit-il saisi de fureur1 et ,mahomet e/ son prophte3 ana?me quiconque ne croit pas64444 ,dieu de bont1 accorde-n\s d'ext]m9] ces *rti5s3 c'e/ p\r ta gloire que n\s combattons1 et notre mort e/ un m>tyre p\r ton nom4--,et alors1 (frant des victimes1 ils se prp>r5t aux combats4 ,d'autre "p1 les ,russes1 g5\x1 s'criai5t3 ,r5dons graces ,dieu1 et clbrons sa puissance2 il a =tifi notre bras p\r humili] ses ennemis4 ,dieu bi5faisant1 exauce nos prires3 p\r te plaire1 n\s pass]ons trois j\rs sans mang] ni vi&e ni oeufs4 ,accorde-n\s d'ext]m9] ces ,mahomtans impies1 et de r5v]s] leur empire2 n\s te donn]ons la dme des dp\illes1 et n\s t'lv]ons de n\veaux temples4 ,et les prtres remplir5t les glises de nuages de fume1 et dir5t au peuple3 ,n\s prions p\r v\s1 et ,dieu agre notre enc5s et bnit vos armes4 ,cont9uez de jen] et de combattre2 dites-n\s vos fautes secrtes2 donnez vos bi5s l'glise3 n\s v\s abs\drons de vos p*s1 et v\s m\rrez en tat de grace4 ,et ils jetai5t de l'eau sur le peuple1 lui di/ribuai5t des petits os de morts p\r s]vir d'amulettes et de talismans2 et le peuple ne respirait que gu]re et combats4 ,frapp de ce tableau contra/ant des mmes passions1 et m'affligeant de leurs suites fune/es1 je mditais sur la difficult qu'il y avait p\r le juge commun d'accord] des dem&es si contraires1 lorsque le ,gnie saisi d'un m\vem5t de colre s'cria avec vhm5ce3 ,quels acc5ts de dm5ce frapp5t mon oreille8 quel dlire aveugle et p]v]s tr\ble l'esprit des nations8 ,prires sacrilges1 retombez sur la t]re6 et v\s1 ,cieux1 rep\ssez des voeux homicides1 des actions de graces impies6 ,mortels ins5ss8 e/-ce donc a9si que v\s rvrez la ,div9it6 ,dites6 comm5t celui que v\s appelez votre pre commun doit-il recevoir l'hommage de ses enfants qui s'gorg5t8 ,va9queurs6 de quel oeil doit-il voir vos bras fumants du sang qu'il a cr8 ,et v\s1 va9cus6 qu'esprez-v\s de ces gmissem5ts inutiles8 ,dieu a-t-il donc le coeur d'un mortel1 p\r avoir des passions *angeantes8 e/-il1 comme v\s1 agit p> la v5geance ou la compassion1 p> la fureur ou le rep5tir8 quelles ides basses ils ont conues du plus lev des tres6 les ent5dre1 il sembl]ait que1 biz>re et capricieux1 ,dieu se f*e ou s'apaise comme un homme2 que t\r t\r il aime ou il hait2 qu'il bat ou qu'il c>esse2 que1 faible ou m*ant1 il c\ve sa ha9e2 que1 contradictoire et p]fide1 il t5d des piges p\r y faire tomb]2 qu'il punit le mal qu'il p]met2 qu'il prvoit le crime sans l'emp*]2 que1 juge p>tial1 on le corrompt p> des (fr&es2 que1 despote imprud5t1 il fait des lois qu'ensuite il revoque2 que1 tyran f>\*e1 il te ou donne ses graces sans raison1 et ne sefl*it qu' =ce de bassesses444 ,ah6 c'e/ ma9t5ant que j'ai reconnu le m5songe de l'homme6 ,en voyant le tableau qu'il a trac de la ,div9it1 je me suis dit3 ,non1 non1 ce n'e/ po9t ,dieu qui a fait l'homme son image1 c'e/ l'homme qui a figur ,dieu sur la si5ne2 il lui a donn son esprit1 l'a revtu de ses p5*ants1 lui a prt ses jugem5ts44444 ,et lorsqu'en ce mlange il s'e/ surpris contradictoire ses propres pr9cipes1 affectant une humilit hypocrite1 il a tax d'impuissance sa raison1 et nomm my/re de ,dieu les absurdits de son ent5dem5t4 ,il a dit3 ,dieu e/ immuable1 et il lui a adress des voeux p\r le *ang]4 ,il l'a dit incomprh5sible1 et il l'a sans cesse int]prt4 ,il s'e/ lev sur la t]re des impo/eurs qui se sont dits confid5ts de ,dieu1 et qui1 s'rigeant en docteurs des peuples1 ont ouv]t des voies de m5songe et d'iniquit3 ils ont atta* des mrites des pratiques indiffr5tes ou ridicules2 ils ont rig en v]tu de pr5dre c]ta9es po/ures1 de prononc] c]ta9es p>oles1 d'articul] de c]ta9s noms2 ils ont trans=m en dlit1 de mang] de c]ta9es vi&es1 de boire c]ta9es liqueurs tels j\rs plutt qu' tels autres4 ,c'e/ le juif qui m\rrait plutt que de travaill] un j\r de sabbat2 c'e/ le ,p]se qui se laiss]ait suffoqu] avant de s\ffl] le feu de son hale9e2 c'e/ l',indi5 qui place la suprme p]fection se frott] de fi5te de va*e1 et prononc] my/rieusem5t ,am2 c'e/ le musulman qui croit avoir t\t rp> en se lavant la tte et les bras1 et qui dispute1 le sabre la ma91 s'il faut comm5c] p> le c\de ou p> le b\t des doigts2 c'e/ le *rti5 qui se croirait damn s'il mangeait de la graisse au lieu de lait ou de beurre4 doctr9es sublimes et vraim5t cle/es6 morales p>faites et dignes du m>tyre et de l'apo/olat6 je pass]ai les m]s p\r enseign] ces lois admirables aux peuples sauvages1 aux nations recules2 je leur dirai3 ,enfants de la nature6 jusques qu& m>*]ez-v\s dans le s5ti] de l'ignorance8 ,jusques qu& mconnatrez-v\s les vrais pr9cipes de la morale et de la religion8 ,v5ez en *]*] les leons *ez les peuples pieux et savants1 dans des pays civiliss2 ils v\s appr5dront comm5t1 p\r plaire ,dieu1 il faut1 en c]ta9s mois de l'anne1 languir de soif et de faim t\t le j\r2 comm5t on peut v]s] le sang de son pro*a91 et s'en purifi] en faisant une pr(ession de foi et une ablution m?odique2 comm5t on peut lui drob] son bi51 et s'en abs\dre en le p>tageant avec c]ta9s hommes qui se v\5t le dvor]4 ,p\voir s\v]a9 et ca* de l'univ]s6 moteur my/rieux de la nature6 ame univ]selle des tres6 toi que1 s\s tant de noms div]s1 les mortels ignor5t et rvr5t2 tre incomprh5sible1 inf9i2 ,,dieu qui1 dans l'imm5sit des cieux1 diriges la m>*e des mondes1 et peuples les abmes de l'espace de millions de soleils t\rbillonnants1 dis1 que p>aiss5t tes yeux ces insectes huma9s que dja ma vue p]d sur la t]re6 ,qu& tu t'occupes guid] les a/res dans leurs orbites1 que sont p\r toi les v]misseaux qui s'agit5t sur la p\ssire8 ,qu'import5t ton imm5sit leurs di/9ctions de p>tis1 de sectes8 et que te font les subtilits dont se t\rm5te leur folie8 ,et v\s1 hommes crdules1 montrez-moi l'efficacit de vos pratiques6 ,depuis tant de sicles que v\s les suivez ou les altrez1 qu'ont *ang vos recettes aux lois de la nature8 ,le soleil en a-t-il plus lui8 le c\rs des saisons e/-il autre8 la t]re en e/-elle plus fconde8 les peuples sont-ils plus heureux8 ,si ,dieu e/ bon1 comm5t se plat-il vos pnit5ces8 ,s'il e/ inf9i1 qu'aj\t5t vos hommages sa gloire8 ,si ses dcrets ont t\t prvu1 vos prires en *ang5t-elles l'arrt8 ,rpondez1 hommes inconsqu5ts6 ,v\s1 va9queurs1 qui dites s]vir ,dieu1 a-t-il donc beso9 de votre aide8 ,s'il veut punir1 n'a-t-il pas en ma9 les tremblem5ts1 les volcans1 la f\dre8 et le ,dieu clm5t ne sait-il corrig] qu'en ext]m9ant8 ,v\s1 musulmans1 si ,dieu v\s *tie p\r le viol des c9q prceptes1 comm5t lve-t-il les ,francs qui s'en ri5t8 ,si c'e/ p> le ,qran qu'il rgit la t]re1 sur quels pr9cipes jugea-t-il les nations avant le prophte1 tant de peuples qui buvai5t du v91 mangeai5t du porc1 n'allai5t po9t la ,mekke1 qui cep5dant il fut donn d'lev] des empires puissants8 ,comm5t jugea-t-il les ,sabens de ,n9ive et de ,babylone2 le ,p]se1 adorateur du feu2 le ,grec1 le ,roma91 idoltres2 les anci5s royaumes du ,nil1 et vos propres aeux ,arabes et ,t>t>es8 ,comm5t juge-t-il encore ma9t5ant tant de nations qui mconnaiss5t ou ignor5t votre culte1 les nombreuses ca/es des ,indi5s1 le va/e empire des ,*9ois1 les noires tribus de l',afrique1 les insulaires de l',ocan1 les peuplades de l',amrique8 ,hommes prsomptueux et ignorants1 qui v\s arrogez v\s seuls la t]re6 si ,dieu rassemblait la fois t\tes les gnrations passes et prs5tes1 que s]ai5t1 dans leur ocan1 ces sectes soi-disant univ]selles du *rti5 et du musulman8 ,quels s]ai5t les jugem5ts de sa ju/ice gale et commune sur l'univ]salit relle des huma9s8 ,c'e/ l que votre esprit s'g>e en sy/mes incohr5ts1 et c'e/ l que la vrit brille avec vid5ce2 c'e/ l que se manife/5t les lois puissantes et simples de la nature et de la raison3 lois d'un moteur commun1 gnral2 d'un ,dieu imp>tial et ju/e1 qui1 p\r pleuvoir sur un pays1 ne dem&e po9t quel e/ son prophte2 qui fait luire galem5t son soleil sur t\tes les races des hommes1 sur le blanc2 comme sur le noir1 sur le juif1 sur le musulman1 sur le *rti51 et sur l'idoltre2 qui fait prospr]1 les moissons l o des ma9s soigneuses les cultiv5t2 qui multiplie t\te nation *ez qui rgn5t l'indu/rie et l'ordre2 qui fait prospr] t\t empire o la ju/ice e/ pratique1 o l'homme puissant e/ li p> les lois1 o le pauvre e/ protg p> elles1 o le faible vit en sret1 o *acun enf9 j\it des droits qu'il ti5t de la nature et d'un contrat dress avec quit4 ,voil p> quels pr9cipes sont jugs les peuples6 voil la vraie religion qui rgit le sort des empires1 et qui1 de v\s-mmes1 ,ottomans1 n'a cess de faire la de/9e6 ,int]rogez vos anctres6 dem&ez-leur p> quels moy5s ils levr5t leur =tune1 alors qu'idoltres1 peu nombreux et pauvres1 ils v9r5t des ds]ts t>t>es camp] dans ces ri*es contres2 dem&ez si ce fut p> l'islamisme1 jusque-l mconnu p> eux1 qu'ils va9quir5t les ,grecs1 les ,arabes1 ou si ce fut p> le c\rage1 la prud5ce1 la modration1 l'esprit d'union1 vraies puissances de l'tat social4 ,alors le sultan lui-mme r5dait la ju/ice et veillait la discipl9e2 alors tai5t punis le juge prv>icateur1 le g\v]neur concussionnaire1 et la multitude vivait dans l'aisance3 le cultivateur tait g>anti des rap9es du janissaire1 et les campagnes prosprai5t2 les r\tes publiques tai5t assures1 et le comm]ce rp&ait l'abondance4 ,v\s tiez des brig&s ligus1 mais entre v\s1 v\s tiez ju/es3 v\s subjuguiez les peupls1 mais v\s ne les opprimiez pas4 ,vexs p> leurs pr9ces1 ils prfrai5t d'tre vos tributaires4 ,que m'importe1 disait le *rti51 que mon matre aime ou brise les images1 p\rvu qu'il me r5de ju/ice8 ,dieu jug]a sa doctr9e aux cieux4 ,v\s tiez sobres et endurcis2 vos ennemis tai5t n]vs et l*es3 v\s tiez savants dans l'art des combats2 vos ennemis en avai5t p]du les pr9cipes3 vos *efs tai5t exprim5ts1 vos soldats agu]ris1 dociles3 le but9 excitait l'ardeur2 la brav\re tait rcomp5se2 la l*et1 l'indiscipl9e punies2 et t\s les ressorts du coeur huma9 tai5t en activit3 a9si v\s va9qutes c5t nations1 et d'une f\le de royaumes conquis v\s fondtes un imm5se empire4 ,mais d'autres moeurs ont succd2 et dans les rev]s qui les accompagn5t1 ce sont encore les lois de la nature qui agiss5t4 ,aprs avoir dvor vos ennemis1 votre cupidit1 t\j\rs allume1 a ragi sur son propre foy]2 et1 conc5tre dans votre se91 elle v\s a dvors v\s-mmes4 ,dev5us ri*es1 v\s v\s tes diviss p\r le p>tage et la j\issance2 et le dsordre s'e/ introduit dans t\tes les classes de votre socit4 ,le sultan1 enivr de sa gr&eur1 a mconnu l'objet de ses fonctions2 et t\s les vices du p\voir arbitraire se sont dvelopps4 ,ne r5contrant jamais d'ob/acles ses gts1 il e/ dev5u un tre dprav2 homme faible et orgueilleux1 il a rep\ss de lui le peuple1 et la voix du peuple ne l'a plus in/ruit et guid4 ,ignorant1 et p\rtant flatt1 il a nglig t\te in/ruction1 t\te tude1 et il e/ tomb dans l'incapacit2 dev5u inepte aux affaires1 il en a jet le f>deau sur des m]c5aires1 et les m]c5aires l'ont tromp4 ,p\r satisfaire leurs propres passions1 ils ont /imul1 t5du les si5nes2 ils ont agr&i ses beso9s1 et son luxe norme a t\t consum2 il ne lui a plus suffi de la table frugale1 des vtem5ts mode/es1 de l'habitation simple de ses aeux2 p\r satisfaire son fa/e1 il a fallu puis] la m] et la t]re2 faire v5ir du ple les plus r>es f\rrures2 de l'quateur1 les plus *]s tissus2 il a dvor1 dans un mets1 l'impt d'une ville2 dans l'entreti5 d'un j\r1 le rev5u d'une prov9ce4 ,il s'e/ inve/i d'une arme de femmes1 d'eunuques1 de satellites4 ,on lui a dit que la v]tu des rois tait la libralit1 la magnific5ce2 et les trsors des peuples ont t livrs aux ma9s des adulateurs4 l'imitation du matre1 les esclaves ont aussi v\lu avoir des maisons sup]bes1 des meubles d'un travail exquis1 des tapis brods gr&s frais1 des vases d'or et d'arg5t p\r les plus vils usages1 et t\tes les ri*esses de l'empire se sont engl\ties dans le ,s]a4 ,p\r suffire ce luxe effrn1 les esclaves et les femmes ont v5du leur crdit1 et la vnalit a introduit une dpravation gnrale3 ils ont v5du la faveur suprme au visir1 et le visir a v5du l'empire4 ,ils ont v5du la loi au cadi1 et le cadi a v5du la ju/ice4 ,ils ont v5du au prtre l'autel1 et le prtre a v5du les cieux2 et l'or conduisant t\t1 l'on a t\t fait p\r obt5ir l'or3 p\r l'or1 l'ami a trahi son ami2 l'enfant1 son pre2 le s]viteur1 son matre2 la femme1 son honneur2 le m>*&1 sa consci5ce2 et il n'y a plus eu dans l'tat ni bonne foi1 ni moeurs1 ni concorde1 ni =ce4 ,et le pa*a1 qui a pay le g\v]nem5t de sa prov9ce1 l'a considre comme une f]me1 et il y a ex]c t\te concussion4 son t\r1 il a v5du la p]ception des impts1 le comm&em5t des tr\pes1 l'adm9i/ration des villages2 et comme t\t emploi a t passag]1 la rap9e1 rp&ue de grade en grade1 a t htive et prcipite4 ,le d\ani] a ranonn le m>*&1 et le ngoce s'e/ ananti2 l'aga a dp\ill le cultivateur1 et la culture s'e/ amo9drie4 ,dp\rvu d'avances1 le lab\reur n'a pu ensem5c]3 l'impt e/ surv5u1 il n'a pu pay]2 on l'a m5ac du bton1 il a emprunt2 le numraire1 faute de sret1 s'e/ tr\v ca*2 l'intrt a t norme1 et l'usure du ri*e a aggrav la misre de l'ouvri]4 ,et des accid5ts de saison1 des s*]esses excessives ayant fait manqu] les rcoltes1 le g\v]nem5t n'a fait p\r l'impt ni dlai ni grace2 et la dtresse s'appesantissant sur un village1 une p>tie de ses habitants a fui dans les villes2 et leur *>ge1 rev]se sur ceux qui ont demeur1 a consomm leur ru9e1 et le pays s'e/ dpeupl4 ,et il e/ arriv que1 p\sss b\t p> la tyrannie et l'outrage1 des villages se sont rvolts2 et le pa*a s'en e/ rj\i3 il leur a fait la gu]re1 il a pris d'assaut leurs maisons1 pill leurs meubles1 enlev leurs animaux2 et qu& la t]re a demeur ds]te1 que m'importe8 a-t-il dit1 je m'en vais dema94 ,et la t]re manquant de bras1 les eaux du ciel ou des torr5ts dbords ont sj\rn en m>cages2 et1 s\s ce climat *aud1 leurs exhalaisons putrides ont caus des pidmies1 des pe/es1 des maladies de t\te espce2 et il s'en e/ suivi un surcrot de dpopulation1 de pnurie et de ru9e4 ,oh1 qui dnombr]a t\s les maux de ce rgne tyrannique6 ,tantt les pa*as se font la gu]re1 et1 p\r leurs qu]elles p]sonnelles1 les prov9ces d'un tat id5tique sont dva/es4 ,tantt1 r$\tant leurs matres1 ils t5d5t l'indp5dance1 et attir5t sur leurs sujets les *tim5ts de leur rvolte4 ,tantt1 r$\tant ces sujets1 ils appell5t et s\doi5t des trang]s1 et1 p\r se les affid]1 ils leur p]mett5t t\t brig&age4 ,en un lieu1 ils int5t5t un procs un homme ri*e1 et le dp\ill5t sur un faux prtexte2 en un autre1 ils apo/5t de faux tmo9s1 et impos5t une contribution p\r un dlit imag9aire3 p>t\t ils excit5t la ha9e des sectes1 provoqu5t leurs dlations p\r en retir] des avanies2 ils extorqu5t les bi5s1 frapp5t les p]sonnes2 et qu& leur av>ice imprud5te a entass en un monceau t\tes les ri*esses d'un pays1 le g\v]nem5t1 p> une p]fidie excrable1 feignant de v5g] le peuple opprim1 attire lui sa dp\ille dans celle du c\pable1 et v]se inutilem5t le sang p\r un crime dont il e/ complice4 sclrats1 mon>ques ou m9i/res1 qui v\s j\ez de la vie et des bi5s du peuple6 e/-ce v\s qui avez donn le s\ffle l'homme1 p\r le lui t]8 e/-ce1 v\s qui faites natre les produits de la t]re1 p\r les dissip]8 fatiguez-v\s sillonn] le *amp8 endurez-v\s l'ardeur du soleil et le t\rm5t de la soif1 c\p] la moisson1 battre la g]be8 veillez-v\s la rose nocturne comme le pa/eur8 trav]sez-v\s les ds]ts comme le m>*&8 ,ah6 en voyant la cruaut et l'orgueil des puissants1 j'ai t transport d'indignation1 et j'ai dit1 dans ma colre3 ,eh quoi1 il ne s'lv]a pas sur la t]re des hommes qui v5g5t les peuples et puniss5t les tyrans6 ,un petit nombre de brig&s dvor5t la multitude1 et la multitude se laisse dvor]6 peuples avilis6 connaissez vos droits6 ,t\te autorit vi5t de v\s1 t\te puissance e/ la vtre4 ,va9em5t les rois v\s comm&5t de p> ,dieu et de p> leur lance1 soldats1 re/ez immobiles3 puisque ,dieu s\ti5t le sultan1 votre sec\rs e/ inutile2 puisque son pe lui suffit1 il n'a pas beso9 de la vtre3 voyons ce qu'il peut p> lui-mme4444 ,les soldats ont baiss les armes2 et voil les matres du monde faibles comme le d]ni] de leurs sujets6 ,peuples6 sa*ez donc que ceux qui v\s g\v]n5t sont vos *efs et non pas vos matres1 vos prposs et non pas vos propritaires1 qu'ils n'ont d'autorit sur v\s que p> v\s et p\r votre avantage2 que vos ri*esses sont v\s1 et qu'ils v\s en sont comptables2 que rois ou sujets1 ,dieu a fait t\s les hommes gaux1 et que nul des mortels n'a droit d'opprim] son semblable4 ,mais cette nation et ses *efs ont mconnu ces vrits sa9tes44444 ,eh bi56 ils subiront les consqu5ces de leur aveuglem5t44444 ,l'arrt en e/ port2 le j\r appro*e o ce colosse de puissance1 bris1 s'cr\l]a s\s sa propre masse3 oui1 j'en jure p> les ru9es de tant d'empires dtruits6 l'empire du ,croissant subira le sort des tats dont il a imit le rgime4 ,un peuple trang] *ass]a les sultans de leur mtropole2 le trne d',orkhan s]a r5v]s1 le d]ni] rejeton de sa race s]a retran*1 et la horde des ,oguzians1 prive de *ef1 se disp]s]a comme celle des ,nogais3 dans cette dissolution1 les peuples de l'empire1 dlis du j\g qui les rassemblait1 repr5dront leurs anci5nes di/9ctions1 et une an>*ie gnrale survi5dra comme il e/ arriv dans l'empire des ,sophis1 jusqu' ce qu'il s'lve *ez l',arabe1 l',armni5 ou le ,grec1 des lgislateurs qui recompos5t de n\veaux tats4444 ,oh6 s'il se tr\vait sur la t]re des hommes pr(onds et h>dis6 quels lm5ts de gr&eur et de gloire644444 ,mais dja l'heure du de/9 sonne4 ,le cri de la gu]re frappe mon oreille1 et la cata/rophe va comm5c]4 ,va9em5t le sultan oppose ses armes2 ses gu]ri]s ignorants sont battus1 disp]ss3 va9em5t il appelle ses sujets2 les coeurs sont glacs2 les sujets rpond5t2 ,cela e/ crit2 et qu'importe qui soit notre matre8 n\s ne p\vons p]dre *ang]4 ,va9em5t les vrais croyants invoqu5t les cieux et le ,prophte3 le ,prophte e/ mort1 et les cieux1 sans piti1 rpond5t3 ,cessez de n\s invoqu]2 v\s avez fait vos maux1 gurissez-les v\s-mme4 ,la nature a tabli des lois1 c'e/ v\s de les pratiqu]3 obs]vez1 raisonnez1 pr(itez de l'expri5ce4 ,c'e/ la folie de l'homme qui le p]d1 c'e/ sa sagesse de le sauv]4 ,les peuples sont ignorants1 qu'ils s'in/ruis5t2 leurs *efs sont p]v]s1 qu'ils se corrig5t et s'amlior5t2 c> tel e/ l'arrt de la nature3 ,puisque les maux des socits vi5n5t de la cupidit et de l'ignorance1 les hommes ne cess]ont d'tre t\rm5ts qu'ils ne soi5t clairs et sages2 qu'ils ne pratiqu5t l'art de la ju/ice1 fond sur la connaissance de leurs rapports et des lois de leur organisation4 ,,*apitre ,,xiii4 ,l'espce huma9e s'amlior]a-t-elle8 ces mots1 oppress du s5tim5t d\l\reux dont m'accabla leur svrit3 ,malheur aux nations6 m'criai-je en fondant en l>mes2 malheur moi-mme6 ,ah6 c'e/ ma9t5ant que j'ai dsespr du bonheur de l'homme4 ,puisque ses maux procd5t de son coeur1 puisque lui seul peut y port] remde1 malheur jamais son exi/5ce6 ,qui p\rra1 en effet1 mettre un fre9 la cupidit du =t et du puissant8 ,qui p\rra clair] l'ignorance du faible8 ,qui in/ruira la multitude de ses droits1 et =c]a les *efs de remplir leurs devoirs8 ,a9si1 la race des hommes e/ p\r t\j\rs dv\e la s\ffrance6 ,a9si1 l'individu ne cess]a d'opprim] l'individu1 une nation d'attaqu] une autre nation2 et jamais il ne r5atra p\r ces contres des j\rs de prosprit et de gloire4 ,hlas6 des conqurants vi5dront2 ils *ass]ont les oppresseurs et s'tabliront leur place2 mais1 succdant leur p\voir1 ils succd]ont leur rapacit1 et la t]re aura *ang de tyrans sans *ang] de tyrannie4 ,alors me t\rnant v]s le ,gnie3 ,gnie6 lui dis-je1 le dsespoir e/ desc5du dans mon ame3 en connaissant la nature de l'homme1 la p]v]sit de ceux qui g\v]n5t et l'avilissem5t de ceux qui sont g\v]ns1 m'ont dgt de la vie2 et qu& il n'e/ de *oix que d'tre complice ou victime de l'oppression1 que re/e-t-il l'homme v]tueux1 que de jo9dre sa c5dre celle des tombeaux6 ,et le ,gnie1 g>dant le sil5ce1 me fixa d'un reg>d svre ml de compassion2 et1 aprs quelques in/ants1 il reprit3 ,a9si1 c'e/ m\rir que la v]tu rside6 ,l'homme p]v]s e/ infatigable consomm] le crime1 et l'homme ju/e se rebute au premi] ob/acle faire le bi564444 ,mais tel e/ le coeur huma92 un succs l'enivre de confiance1 un rev]s l'abat et le con/]ne3 t\j\rs enti] la s5sation du mom5t1 il ne juge po9t des *oses p> leur nature1 mais p> l'lan de sa passion4 ,homme qui dsespres du g5re huma91 sur quel calcul pr(ond de faits et de raisonnem5ts z-tu tabli ta s5t5ce8 ,z-tu scrut l'organisation de l'tre s5sible1 p\r dt]m9] avec prcision si les mobiles qui le port5t au bonheur sont ess5tiellem5t plus faibles que ceux qui l'en rep\ss5t8 ,ou bi51 embrassant d'un c\p d'oeil l'hi/oire de l'espce1 et jugeant du futur p> l'exemple du pass1 z-tu con/at que t\t progrs lui e/ impossible8 ,rponds6 depuis leur orig9e1 les socits n'ont-elles fait aucun pas v]s l'in/ruction et un meilleur sort8 ,les hommes sont-ils encore dans les =ts1 manquant de t\t1 ignorants1 froces1 /upides8 ,les nations sont-elles encore t\tes ces temps o1 sur le globe1 l'oeil ne voyait que des brig&s brutes ou des brutes esclaves8 ,si1 dans un temps1 dans un lieu1 des individus sont dev5us meilleurs1 p\rquoi la masse ne s'amlior]ait-elle pas8 ,si des socits p>tielles se sont p]fectionnes1 p\rquoi n se p]fectionn]ait pas la socit gnrale8 ,et si les premi]s ob/acles sont fran*is1 p\rquoi les autres s]ai5t-ils insurmontables8 ,v\drais-tu p5s] que l'espce va se dtriorant8 ,g>dez-toi de l'illusion et des p>adoxes du misan?rope3 l'homme mcont5t du prs5t1 suppose au pass une p]fection m5songre1 qui n'e/ que le masque de son *agr94 ,il l\e les morts en ha9e des vivants1 il bat les enfants avec les ossem5ts de leurs pres4 ,p\r dmontr] une prt5due p]fection rtrograde1 il faudrait dm5tir le tmoignage des faits et de la raison2 et s'il re/e aux faits passs de l'quivoque1 il faudrait dm5tir le fait subsi/ant de l'organisation de l'homme2 il faudrait pr\v] qu'il nat avec un usage clair de ses s5s2 qu'il sait1 sans expri5ce1 di/+u] du poison l'alim5t2 que l'enfant e/ plus sage que le vieill>d1 l'aveugle plus assur dans sa m>*e que le clairvoyant2 que l'homme civilis e/ plus malheureux que l'an?ropophage2 en un mot1 qu'il n'exi/e pas d'*elle progressive d'expri5ce et d'in/ruction4 ,jeune homme1 crois-en la voix des tombeaux et le tmoignage des monum5ts3 des contres sans d\te ont d*u de ce qu'elles fur5t c]ta9es poques2 mais si l'esprit sondait ce qu'alors mme fur5t la sagesse et la flicit de leurs habitants1 il tr\v]ait qu'il y eut dans leur gloire mo9s de ralit que d'clat2 il v]rait que dans les anci5s tats1 mme les plus vants1 il y eut d'normes vices1 de cruels abus1 d'o rsulta prcism5t leur fragilit2 qu'en gnral les pr9cipes des g\v]nem5ts tai5t atroces2 qu'il rgnait de peuple peuple un brig&age insol5t1 des gu]res b>b>es1 des ha9es implacables2 que le droit naturel tait ignor2 que la moralit tait p]v]tie p> un fanatisme ins5s1 p> des sup]/itions dplorables2 qu'un songe1 qu'une vision1 un oracle1 causai5t *aque in/ant de va/es commotions3 et peut-tre les nations ne sont-elles pas encore bi5 guries de tant de maux2 mais du mo9s l'int5sit en a dim9u1 et l'expri5ce du pass n'a pas t totalem5t p]due4 ,depuis trois sicles surt\t1 les lumires se sont accrues1 propages2 la civilisation1 favorise de circon/ances heureuses1 a fait des progrs s5sibles2 les inconvni5ts mmes et les abus ont t\rn son avantage2 c> si les conqutes ont trop t5du les tats1 les peuples1 en se runissant s\s un mme j\g1 ont p]du cet esprit d'isolem5t et de division qui les r5dait t\s ennemis3 si les p\voirs se sont conc5trs1 il y a eu1 dans leur ge/ion1 plus d'ensemble et plus d'h>monie3 si les gu]res sont dev5ues plus va/es dans leurs masses1 elles ont t mo9s meurtrires dans leurs dtails3 si les peuples y ont port mo9s de p]sonnalit1 mo9s d'n]gie1 leur lutte a t mo9s sangu9aire1 mo9s a*>ne2 ils ont t mo9s libres1 mais mo9s turbul5ts2 plus amollis1 mais plus pacifiques4 ,le despotisme mme les a s]vis2 c> si les g\v]nem5ts ont t plus absolus1 ils ont t mo9s inquiets et mo9s orageux2 si les trnes ont t des proprits1 ils ont excit1 titre d'hritage1 mo9s de diss5sions1 et les peuples ont eu mo9s de sec\sses2 si enf9 les despotes1 jal\x et my/rieux1 ont int]dit t\te connaissance de leur adm9i/ration1 t\te concurr5ce au maniem5t des affaires1 les passions1 c>tes de la c>rire politique1 se sont portes v]s les arts1 les sci5ces naturelles1 et la sphre des ides en t\t g5re s'e/ agr&ie3 l'homme1 livr aux tudes ab/raites1 a mieux saisi sa place dans la nature1 ses rapports dans la socit2 les pr9cipes ont t mieux discuts1 les f9s mieux connues1 les lumires plus rp&ues1 les individus plus in/ruits1 les moeurs plus sociales1 la vie plus d\ce3 en masse1 l'espce1 surt\t dans c]ta9es contres1 a s5siblem5t gagn2 et cette amlioration dsormais ne peut que s'accrotre1 p>ce que ses deux pr9cipaux ob/acles1 ceux-l mmes qui l'avai5t r5due jusque-l si l5te et quelquefois rtrograde1 la difficult de transmettre et de communiqu] rapidem5t les ides1 sont enf9 levs4 ,en effet1 *ez les anci5s peuples1 *aque canton1 *aque cit1 p> la diffr5ce de son langage1 tant isol de t\t autre1 il en rsultait un *aos favorable l'ignorance et l'an>*ie4 ,il n'y avait po9t de communications d'ides1 po9t de p>ticipation d'inv5tion1 po9t d'h>monie d'intrts ni de volonts1 po9t d'unit d'action1 de conduite3 en outre1 t\t moy5 de rp&re et de transmettre les ides se rduisant la p>ole fugitive et limite1 des crits longs d'excution1 disp5dieux et r>es1 il s'ensuivait emp*em5t de t\te in/ruction p\r le prs5t1 p]te d'expri5ce de gnration gnration1 in/abilit1 rtrogradation de lumires1 et p]ptuit de *aos d'enfance4 ,au contraire1 dans l'tat mod]ne1 et surt\t dans celui de l',europe1 de gr&es nations ayant contract l'alliance d'un mme langage1 il s'e/ tabli de va/es communauts d'op9ions2 les esprits se sont rappro*s1 les coeurs se sont ent5dus2 il y a eu accord de p5ses1 unit d'action3 ensuite un art sacr1 un don div9 du gnie1 l'imprim]ie1 ayant f\rni le moy5 de rp&re1 de communiqu] en un mme in/ant une mme ide des millions d'hommes1 et de la fix] d'une manire durable1 sans que la puissance des tyrans pt l'arrt] ni l'anantir1 il s'e/ =m une masse progressive d'in/ruction1 une atmosphre croissante de lumires1 qui dsormais assure solidem5t l'amlioration4 ,et cette amlioration devi5t un effet ncessaire des lois de la nature2 c>1 p> la loi de la s5sibilit1 l'homme t5d aussi inv9ciblem5t se r5dre heureux1 que le feu mont]1 que la pi]re gravit]1 que l'eau se nivel]4 ,son ob/acle e/ son ignorance1 qui l'g>e dans les moy5s1 qui le trompe sur les effets et les causes4 =ce d'expri5ce il s'clair]a2 =ce d'erreurs il se r$ress]a2 il devi5dra sage et bon1 p>ce qu'il e/ de son intrt de l'tre2 et1 dans une nation1 les ides se communiquant1 des classes entires s]ont in/ruites1 et la sci5ce devi5dra vulgaire2 et t\s les hommes connatront quels sont les pr9cipes du bonheur individuel et de la flicit publique2 ils sauront quels sont leurs rapports1 leurs droits1 leurs devoirs dans l'ordre social2 ils appr5dront se g>antir des illusions de la cupidit2 ils concevront que la morale e/ une sci5ce physique1 compose1 il e/ vrai1 d'lm5ts compliqus dans leur jeu1 mais simples et inv>iables dans leur nature1 p>ce qu'ils sont les lm5ts mmes de l'organisation de l'homme4 ,ils s5tiront qu'ils doiv5t tre modrs et ju/es1 p>ce que l e/ l'avantage et la sret de *acun2 que v\loir j\ir aux dp5s d'autrui e/ un faux calcul d'ignorance1 p>ce que de l rsult5t des reprsailles1 des ha9es1 des v5geances1 et que l'improbit e/ l'effet con/ant de la sottise4 ,les p>ticuli]s s5tiront que le bonheur individuel e/ li au bonheur de la socit2 ,les faibles1 que1 lo9 de se divis] d'intrts1 ils doiv5t s'unir1 p>ce que l'galit fait leurs =ces2 ,les ri*es1 que la mesure des j\issances e/ borne p> la con/itution des organes1 et que l'ennui suit la satit2 ,le pauvre1 que c'e/ dans l'emploi du temps et la paix du coeur que consi/e le plus haut degr du bonheur de l'homme4 ,et l'op9ion publique atteignant les rois jusque sur leurs trnes1 les =c] de se cont5ir dans les bornes d'une autorit rgulire4 ,le has>d mme1 s]vant les nations1 leur donn]a tantt des *efs incapables1 qui1 p> faiblesse1 les laiss]ont dev5ir libres2 tantt des *efs clairs1 qui1 p> v]tu1 les affran*iront4 ,et alors qu'il exi/]a sur la t]re de gr&s individus1 des corps de nations claires et libres1 il arriv]a l'espce ce qui arrive ses lm5ts3 la communication des lumires d'une portion s't5dra de pro*e en pro*e1 et gagn]a le t\t4 ,p> la loi de l'imitation1 l'exemple d'un premi] peuple s]a suivi p> les autres2 ils adopt]ont son esprit1 ses lois4 ,les despotes mme1 voyant qu'ils ne peuv5t plus ma9t5ir leur p\voir sans la ju/ice et la bi5faisance1 ad\ciront leur rgime p> beso91 p> rivalit2 et la civilisation devi5dra gnrale4 ,et il s'tablira de peuple peuple un quilibre de =ces1 qui1 les cont5ant t\s dans le respect de leurs droits rciproques1 f]a cess] leurs b>b>es usages de gu]re1 et s\mettra des voies civiles le jugem5t de leurs conte/ations2 et l'espce entire devi5dra une gr&e socit1 une mme famille g\v]ne p> un mme esprit1 p> de communes lois1 et j\issant de t\te la flicit dont la nature huma9e e/ capable4 ,ce gr& travail sans d\te s]a long1 p>ce qu'il faut qu'un mme m\vem5t se propage dans un corps imm5se2 qu'un mme leva9 assimile une norme masse de p>ties htrognes1 mais enf9 ce m\vem5t s'opr]a1 et dja les prsages de cet av5ir se dcl>5t4 ,dja la gr&e socit1 p>c\rant dans sa m>*e les mmes phases que les socits p>tielles1 s'annonce p\r t5dre aux mmes rsultats4 ,diss\te d'abord en t\tes ses p>ties1 elle a vu long-temps ses membres sans cohsion2 et l'isolem5t gnral des peuples =ma son premi] ge d'an>*ie et d'enfance3 p>tage ensuite au has>d en sections irrgulires d'tats et de royaumes1 elle a subi les f*eux effets de l'extrme 9galit des ri*esses1 des conditions2 et l'ari/ocratie des gr&s empires a =m son second ge3 puis1 ces gr&s privilgis se disputant la prdom9ance1 elle a p>c\ru la priode du *oc des factions4 ,et ma9t5ant les p>tis1 las de leurs discordes1 s5tant le beso9 des lois1 s\pir5t aprs l'poque de l'ordre et de la paix4 ,qu'il se montre un *ef v]tueux6 qu'un peuple puissant et ju/e p>aisse6 et la t]re l'lve au p\voir suprme3 la t]re att5d un peuple lgislateur2 elle le dsire et l'appelle1 et mon coeur l'att5d44444 ,et t\rnant la tte du ct de l'occid5t44444 ,oui1 cont9ua-t-il1 dja un bruit s\rd frappe mon oreille3 un cri de lib]t1 prononc sur des rives lo9ta9es1 a ret5ti dans l'anci5 cont95t4 ce cri1 un murmure secret contre l'oppression s'lve *ez une gr&e nation2 une inquitude salutaire l'al>me sur sa situation2 elle s'int]roge sur ce qu'elle e/1 sur ce qu'elle devrait tre2 et surprise de sa faiblesse1 elle re*]*e quels sont ses droits1 ses moy5s2 quelle a t la conduite de ses *efs44444 ,encore un j\r1 une rflexion344444 et un m\vem5t imm5se va natre2 un sicle n\veau va s'ouvrir6 sicle d'tonnem5t p\r le vulgaire1 de surprise et d'effroi p\r les tyrans1 d'affran*issem5t p\r un gr& peuple1 et d'esprance p\r t\te la t]re6 ,,*apitre ,,xiv4 ,le gr& ob/acle au p]fectionnem5t4 ,le gnie se tut4444 ,cep5dant1 prv5u de noirs s5tim5ts1 mon esprit demeura rebelle la p]suasion2 mais craignant de le *oqu] p> ma rsi/ance1 je demeurai sil5cieux4444 ,aprs quelque int]valle1 se t\rnant v]s moi et me fixant d'un reg>d p]ant344444 ,tu g>des le sil5ce1 reprit-il1 et ton coeur agite des p5ses qu'il n'ose produire64444 ,int]dit et tr\bl3 ,gnie6 lui dis-je1 p>donne ma faiblesse3 sans d\te ta b\*e ne peut pr(r] que la vrit2 mais ta cle/e intellig5ce en saisit les traits l o mes s5s grossi]s ne voi5t que des nuages4 ,j'en fais l'aveu3 la conviction n'a po9t pntr dans mon ame1 et j'ai cra9t que mon d\te ne te ft une (f5se4 ,et qu'a le d\te1 rpondit-il1 qui en fasse un crime8 l'homme e/-il matre de s5tir autrem5t qu'il n'e/ affect844444 ,si une vrit e/ palpable et d'une pratique importante1 plaignons celui qui la mconnat3 sa pe9e natra de son aveuglem5t4 ,si elle e/ inc]ta9e1 quivoque1 comm5t lui tr\v] le c>actre qu'elle n'a pas8 ,croire sans vid5ce1 sans dmon/ration1 e/ un acte d'ignorance et de sottise3 le crdule se p]d dans un ddale d'inconsqu5ces2 l'homme s5s exam9e1 discute1 af9 d'tre d'accord dans ses op9ions2 et l'homme de bonne foi supporte la contradiction1 p>ce qu'elle seule fait natre l'vid5ce4 ,la viol5ce e/ l'argum5t du m5songe2 et impos] d'autorit une croyance1 e/ l'acte et l'indice d'un tyran4 ,enh>di p> ces p>oles3 ,gnie1 rpondis-je1 puisque ma raison e/ libre1 je m'ef=ce en va9 d'accueillir l'espoir flatteur dont tu la consoles3 l'ame v]tueuse et s5sible se livre aism5t aux rves du bonheur1 mais sans cesse une ralit cruelle la rveille la s\ffrance et la misre3 plus je mdite sur la nature de l'homme1 plus j'exam9e l'tat prs5t des socits1 mo9s un monde de sagesse et de flicit me semble possible ralis]4 ,je p>c\rs de mes reg>ds t\te la face de notre hmisphre3 en aucun lieu je n'ap]ois le g]me1 ou ne press5s le mobile d'une heureuse rvolution4 ,l',asie entire e/ ensevelie dans les plus pr(ondes tnbres4 ,le ,*9ois1 avili p> le despotisme du bamb\1 aveugl p> la sup]/ition a/rologique1 entrav p> un code immuable de ge/es1 p> le vice radical d'une langue et surt\t d'une criture mal con/ruites1 ne m'(fre1 dans sa civilisation avorte1 qu'un peuple automate4 ,l',indi51 accabl de prjugs1 en*an p> les li5s sacrs de ses ca/es1 vgte dans une apa?ie incurable4 ,le ,t>t>e1 errant ou fix1 t\j\rs ignorant et froce1 vit dans la b>b>ie de ses aeux4 ,l',arabe1 d\ d'un gnie heureux1 p]d sa =ce et le fruit de sa v]tu dans l'an>*ie de ses tribus et la jal\sie de ses familles4 ,l',africa91 dgrad de la condition d'homme1 semble v\ sans ret\r la s]vitude4 ,dans le nord1 je ne vois que des s]fs avilis1 que des peuples tr\peaux1 dont se j\5t de gr&s propritaires4 ,p>t\t l'ignorance1 la tyrannie1 la misre1 ont frapp de /upeur les nations2 et les habitudes vicieuses1 dpravant les s5s naturels1 ont dtruit jusqu' l'in/9ct du bonheur et de la vrit3 il e/ vrai que dans quelques contres de l',europe1 la raison a comm5c de pr5dre un premi] essor2 mais l mme1 les lumires des p>ticuli]s sont-elles communes aux nations8 ,l'habilet des g\v]nem5ts a-t-elle t\rn l'avantage des peuples8 ,et ces peuples qui se dis5t polics1 ne sont-ils pas ceux qui1 depuis trois sicles1 rempliss5t la t]re de leurs inju/ices8 ne sont-ce pas eux qui1 s\s des prtextes de comm]ce1 ont dva/ l',inde1 dpeupl le n\veau cont95t1 et s\mett5t encore auj\rd'hui l',afrique au plus b>b>e des esclavages8 ,la lib]t natra-t-elle du se9 des tyrans1 et la ju/ice s]a-t-elle r5due p> des ma9s spoliatrices et av>es8 ,gnie6 j'ai vu les pays civiliss1 et l'illusion de leur sagesse s'e/ dissipe devant mes reg>ds3 j'ai vu les ri*esses entasses dans quelques ma9s1 et la multitude pauvre et dnue3 j'ai vu t\s les droits1 t\s les p\voirs conc5trs dans c]ta9es classes1 et la masse des peuples passive et prcaire3 j'ai vu des maisons de pr9ce1 et po9t de corps de nation2 des intrts de g\v]nem5t1 et po9t d'intrt ni d'esprit publics3 j'ai vu que t\te la sci5ce de ceux qui comm&5t consi/ait opprim] prudemm5t2 et la s]vitude raff9e des peuples polics m'a p>u plus irremdiable4 ,un ob/acle surt\t1 ,gnie6 a pr(ondm5t frapp ma p5se3 en portant mes reg>ds sur le globe1 je l'ai vu p>tag en v+t sy/mes de cultes diffr5ts3 *aque nation a reu ou s'e/ fait des op9ions religieuses opposes2 et *acune1 s'attribuant exclusivem5t la vrit1 veut croire t\te autre en erreur4 ,or si1 comme il e/ de fait1 dans leur discordance1 le gr& nombre des hommes se trompe1 et se trompe de bonne foi1 il s'ensuit que notre esprit se p]suade du m5songe comme de la vrit2 et alors1 quel moy5 de l'clair]8 ,comm5t dissip] le prjug qui d'abord a saisi l'esprit8 ,comm5t1 surt\t1 c>t] son b&eau1 qu& le premi] article de *aque croyance1 le premi] dogme de t\te religion1 e/ la proscription absolue du d\te1 l'int]diction de l'exam51 l'abngation de son propre jugem5t8 ,que f]a la vrit p\r tre reconnue8 ,si elle s'(fre avec les preuves du raisonnem5t1 l'homme pusillanime rcuse sa consci5ce2 si elle invoque l'autorit des puissances cle/es1 l'homme proccup lui oppose une autorit du mme g5re1 et traite t\te innovation de blasphme4 ,a9si l'homme1 dans son aveuglem5t1 rivant sur lui-mme ses f]s1 s'e/ jamais livr sans df5se au jeu de son ignorance et de ses passions4 ,p\r diss\dre des entraves si fatales1 il faudrait un conc\rs in\ d'heureuses circon/ances2 il faudrait qu'une nation entire1 gurie du dlire de la sup]/ition1 ft inaccessible aux impulsions du fanatisme2 qu'affran*i du j\g d'une fausse doctr9e1 un peuple s'impost lui-mme celui de la vraie morale et de la raison2 qu'il ft la fois h>di et prud5t1 in/ruit et docile2 que *aque individu1 connaissant ses droits1 n'en transgresst pas la limite2 que le pauvre st rsi/] la sduction1 le ri*e l'av>ice2 qu'il se tr\vt des *efs ds9tresss et ju/es2 que les oppresseurs fuss5t saisis d'un esprit de dm5ce et de v]tige2 que le peuple1 rec\vrant ses p\voirs1 s5tt qu'il ne les peut ex]c]1 et qu'il se con/itut des organes2 que1 crateur de ses magi/rats1 il st la fois les c5sur] et les respect]2 que1 dans la r=me subite de t\te une nation vivant d'abus1 *aque individu disloqu s\ffrt patiemm5t les privations et le *angem5t de ses habitudes2 que cette nation enf9 ft assez c\rageuse p\r conqurir sa lib]t1 assez in/ruite p\r l'aff]mir1 assez puissante p\r la df5dre1 assez gnreuse p\r la p>tag]3 et tant de conditions p\rront-elles jamais se rassembl]8 ,et lorsqu'en ses comb9aisons inf9ies1 le sort produirait enf9 celle-l1 en v]rai-je les j\rs =tuns8 et ma c5dre ne s]a-t-elle pas ds long-temps refroidie8 ces mots1 ma poitr9e oppresse se refusa la p>ole4444 ,le ,gnie ne me rpondit po9t2 mais j'ent5dis qu'il disait voix basse3 ,s\t5ons l'espoir de cet homme2 c> si celui qui aime ses semblables se dc\rage1 que devi5dront les nations8 ,et peut-tre le pass n'e/-il que trop propre fltrir le c\rage8 ,eh bi56 anticipons le temps v5ir2 dvoilons la v]tu le sicle tonnant prs de natre1 af9 qu' la vue du b qu'elle dsire1 ranime d'une n\velle ardeur1 elle r$\ble l'ef=t qui doit l'y port]4 ,,*apitre ,,xv4 ,le sicle n\veau4 pe9e eut-il a*ev ces mots1 qu'un bruit imm5se s'leva du ct de l'occid5t2 et1 y t\rnant mes reg>ds1 j'ap]u l'extrmit de la ,mdit]rane1 dans le doma9e de l'une des nations de l',europe1 un m\vem5t prodigieux2 tel qu'au se9 d'une va/e cit1 lorsqu'une sdition viol5te clate de t\tes p>ts1 on voit un peuple innombrable s'agit] et se rp&re flots dans les rues et les places publiques4 ,et mon oreille1 frappe de cris p\sss jusqu'aux cieux1 di/+ua p> int]valles ces phrases3 ,quel e/ donc ce prodige n\veau8 quel e/ ce flau cruel et my/rieux8 ,n\s sommes une nation nombreuse1 et n\s manquons de bras6 n\s avons un sol excell5t1 et n\s manquons de d5res6 n\s sommes actifs1 laborieux1 et n\s vivons dans l'indig5ce6 n\s payons des tributs normes1 et l'on n\s dit qu'ils ne suffis5t pas6 n\s sommes en paix au dehors1 et nos p]sonnes et nos bi5s ne sont pas en sret au d$ans6 ,quel e/ donc l'ennemi ca* qui n\s dvore8 ,et des voix p>ties du se9 de la multitude rpondir5t3 levez un t5d>d di/9ctif aut\r duquel se rassembl5t t\s ceux qui1 p> d'utiles travaux1 entreti5n5t et n\rriss5t la socit1 et v\s connatrez l'ennemi qui v\s ronge4 ,et1 l't5d>d ayant t lev1 cette nation se tr\va t\t c\p p>tage en deux corps 9gaux1 et d'un aspect contra/ant3 l'un innombrable et presque total1 (frait1 dans la pauvret gnrale des vtem5ts et l'air maigre et hl des visages1 les indices de la misre et du travail2 l'autre1 petit gr\pe1 fraction ins5sible1 prs5tait1 dans la ri*esse des habits *am>rs d'or et d'arg5t1 et1 dans l'embonpo9t des visages1 les symptmes du loisir et de l'abondance4 ,et1 considrant ces hommes plus att5tivem5t1 je reconnus que le gr& corps tait compos de lab\reurs1 d'artisans1 de m>*&s1 de t\tes les pr(essions laborieuses et /udieuses utiles la socit1 et que1 dans le petit gr\pe1 il ne se tr\vait que des m9i/res du culte de t\t grade 7mo9es et prtres71 que des g5s de f9ance1 d'armoirie1 de livre1 des *efs militaires et autres sal>is du g\v]nem5t4 ,et ces deux corps en prs5ce1 front front1 s'tant considrs avec tonnem5t1 je vis1 d'un ct1 natre la colre et l'indignation2 de l'autre1 un m\vem5t d'effroi2 et le gr& corps dit au plus petit3 ,p\rquoi tes-v\s sp>s de n\s8 ,n'tes-v\s donc pas de notre nombre8 ,non1 rpondit le gr\pe3 v\s tes le peuple2 n\s autres1 n\s sommes un corps di/9ct1 une classe privilgie1 qui avons nos lois1 nos usages1 nos droits p>ts4 ,,le ,,peuple4 ,et de quel travail viviez-v\s dans notre socit8 ,,le ,,privil,,gi,s4 ,n\s ne sommes pas faits p\r travaill]4 ,,le ,,peuple4 ,comm5t avez-v\s donc acquis tant de ri*esses8 ,,le ,,privil,,gi,s4 ,en pr5ant le so9 de v\s g\v]n]4 ,,le ,,peuple4 ,quoi1 n\s fatiguons1 et v\s j\issez6 n\s produisons1 et v\s dissipez6 ,les ri*esses vi5n5t de n\s1 v\s les absorbez1 et v\s appelez cela g\v]n]6444444 ,classe privilgie1 corps di/9ct qui n\s tes trang]1 =mez votre nation "p1 et voyons comm5t v\s subsi/]ez4 ,alors le petit gr\pe dlibrant sur ce cas n\veau1 quelques hommes ju/es et gnreux dir5t3 ,il faut n\s rejo9dre au peuple1 et p>tag] ses f>deaux2 c> ce sont des hommes comme n\s1 et nos ri*esses vi5n5t d'eux4 ,mais d'autres dir5t avec orgueil3 ,ce s]ait une honte de n\s confondre avec la f\le1 elle e/ faite p\r n\s s]vir2 ne sommes-n\s pas la race noble et pure des conqurants de cet empire8 ,rappelons cette multitude nos droits et son orig9e4 ,,les ,,nobles4 ,peuple6 oubliez-v\s que nos anctres ont conquis ce pays1 et que votre race n'a obt5u la vie qu' condition de n\s s]vir8 ,voil notre contrat social2 voil le g\v]nem5t con/itu p> l'usage et prescrit p> le temps4 ,,le ,,peuple4 ,race pure des conqurants6 montrez-n\s vos gnalogies6 n\s v]rons ensuite si ce qui1 dans un individu1 e/ vol et rap9e1 devi5t v]tu dans une nation4 ,et l'in/ant1 des voix leves de div]s cts comm5cr5t d'appel] p> leurs noms une f\le d'individus nobles2 et1 citant leur orig9e et leur p>5t1 elles racontr5t comm5t l'aeul1 le bisaeul1 le pre lui-mme1 ns m>*&s1 artisans1 aprs s'tre enri*is p> des moy5s quelconques1 avai5t a*et1 prix d'arg5t1 la noblesse3 en sorte qu'un trs-petit nombre de familles tai5t rellem5t de s\*e anci5ne4 ,voyez1 disai5t ces voix1 voyez ces roturi]s p>v5us qui r5i5t leurs p>5ts2 voyez ces recrues plbi5nes qui se croi5t des vtrans illu/res6 ,et ce fut une rumeur de rise4 ,p\r la dt\rn]1 quelques hommes a/ucieux s'crir5t3 ,peuple d\x et fidle1 reconnaissez l'autorit lgitime3 le ,roi veut1 la loi ordonne4 ,,le ,,peuple4 ,classe privilgie1 c\rtisans de la =tune1 laissez les rois s'expliqu]2 les rois ne peuv5t v\loir que le salut de l'imm5se multitude1 qui e/ le peuple2 la loi ne saurait tre que le voeu de l'quit4 ,alors les privilgis militaires dir5t3 ,la multitude ne sait obir qu' la =ce1 il faut la *ti]4 ,soldats1 frappez ce peuple rebelle6 ,,le ,,peuple4 ,soldats6 v\s tes notre sang6 frapp]ez-v\s vos p>5ts1 vos frres8 ,si le peuple prit1 qui n\rrira l'arme8 ,et les soldats1 baissant les armes1 dir5t3 ,n\s sommes aussi le peuple1 montrez-n\s l'ennemi6 ,alors les privilgis ecclsia/iques dir5t3 ,il n'y a plus qu'une ress\rce3 le peuple e/ sup]/itieux2 il faut l'effray] p> les noms de ,dieu et de religion4 ,nos *]s frres6 nos enfants6 ,dieu n\s a tablis p\r v\s g\v]n]4 ,,le ,,peuple4 ,montrez-n\s vos p\voirs cle/es4 ,,le ,,pr,,tres4 ,il faut de la foi3 la raison g>e4 ,,le ,,peuple4 ,g\v]nez-v\s sans raisonn]8 ,,le ,,pr,,tres4 ,dieu veut la paix3 la religion prescrit l'obissance4 ,,le ,,peuple4 ,la paix suppose la ju/ice2 l'obissance veut la conviction d'un devoir4 ,,le ,,pr,,tres4 ,on n'e/ ici-bas que p\r s\ffrir4 ,,le ,,peuple4 ,montrez-n\s l'exemple4 ,,le ,,pr,,tres4 ,vivrez-v\s sans dieux et sans rois8 ,,le ,,peuple4 ,n\s v\lons vivre sans oppresseurs4 ,,le ,,pr,,tres4 ,il v\s faut des mdiateurs1 des int]mdiaires4 ,,le ,,peuple4 ,mdiateurs prs de ,dieu et des rois6 c\rtisans et prtres1 vos s]vices sont trop disp5dieux2 n\s trait]ons dsormais directem5t nos affaires4 ,et alors le petit gr\pe dit3 ,t\t e/ p]du1 la multitude e/ claire4 ,et le peuple rpondit3 ,t\t e/ sauv1 c> si n\s sommes clairs1 n\s n'abus]ons pas de notre =ce3 n\s ne v\lons que nos droits4 ,n\s avons des ress5tim5ts1 n\s les oublions3 n\s tions esclaves1 n\s p\rrions comm&]2 n\s ne v\lons qu'tre libres1 et la lib]t n'e/ que la ju/ice4 ,,*apitre ,,xvi4 ,un peuple libre et lgislateur4 ,alors1 considrant que t\te puissance publique tait susp5due1 que le rgime habituel de ce peuple cessait t\t c\p1 je fus saisi d'effroi p> la p5se qu'il allait tomb] dans la dissolution de l'an>*ie2 mais t\t c\p des voix s'levr5t et dir5t3 ,ce n'e/ pas assez de n\s tre affran*is des p>asites et des oppresseurs1 il faut emp*] qu'il n'en r5aisse4 ,n\s sommes hommes1 et l'expri5ce n\s a trop appris que *acun de n\s t5d sans cesse dom9] et j\ir aux dp5s d'autrui4 ,il faut donc n\s prmunir contre un p5*ant auteur de discorde2 il faut tablir des rgles c]ta9es de nos actions et de nos droits3 or1 la connaissance de ces droits1 le jugem5t de ces actions sont des *oses ab/raites1 difficiles1 qui exig5t t\t le temps et t\tes les facults d'un homme4 ,occups *acun de nos travaux1 n\s ne p\vons vaqu] de telles tudes1 ni ex]c] p> n\s-mmes de telles fonctions4 ,*oisissons donc p>mi n\s quelques hommes dont ce soit l'emploi propre4 ,dlguons-leur nos p\voirs communs p\r n\s crer un g\v]nem5t et des lois2 con/ituons-les reprs5tants de nos volonts et de nos intrts4 ,et1 af9 qu'en effet ils en soi5t une reprs5tation aussi exacte qu'il s]a possible1 *oisissons-les nombreux et semblables n\s1 p\r que la div]sit de nos volonts et de nos intrts se tr\ve rassemble en eux4 ,et ce peuple1 ayant *oisi dans son se9 une tr\pe nombreuse d'hommes qu'il jugea propres son desse91 il leur dit3 ,jusqu'ici n\s avons vcu en une socit =me au has>d1 sans clauses fixes1 sans conv5tions libres1 sans /ipulation de droits1 sans engagem5ts rciproques2 et une f\le de dsordres et de maux ont rsult de cet tat prcaire4 ,auj\rd'hui n\s v\lons1 de desse9 rfl*i1 =m] un contrat rguli]2 n\s v\s avons *oisis p\r en dress] les articles3 exam9ez donc avec maturit quelles doiv5t tre ses bases et ses conditions2 re*]*ez avec so9 quel e/ le b1 quels sont les pr9cipes de t\te association3 connaissez les droits que *aque membre y porte1 les facults qu'il y engage1 et celles qu'il y doit cons]v]3 tracez-n\s des rgles de conduite1 des lois quitables2 dressez-n\s un sy/me n\veau de g\v]nem5t1 c> n\s s5tons que les pr9cipes qui n\s ont guids jusqu' ce j\r1 sont vicieux4 ,nos pres ont m>* dans des s5ti]s d'ignorance1 et l'habitude n\s a g>s sur leurs pas3 t\t s'e/ fait p> viol5ce1 p> fraude1 p> sduction1 et les vraies lois de la morale et de la raison sont encore obscures3 dmlez-en donc le *aos1 dc\vrez-en l'en*anem5t1 publiez-en le code1 et n\s n\s y con=m]ons4 ,et ce peuple leva un trne imm5se en =me de pyramide2 et y faisant asseoir les hommes qu'il avait *oisis1 il leur dit3 ,n\s v\s levons auj\rd'hui au-dessus de n\s1 af9 que v\s dc\vriez mieux l'ensemble de nos rapports1 et que v\s soyez hors de l'atte9te de nos passions4 ,mais s\v5ez-v\s que v\s tes nos semblables2 que le p\voir que n\s v\s confrons e/ n\s2 que n\s v\s le donnons en dpt1 non en proprit ni en hritage2 que les lois que v\s f]ez1 v\s y s]ez les premi]s s\mis2 que dema9 v\s r$esc5drez p>mi n\s1 et que nul droit ne v\s s]a acquis1 que celui de l'e/ime et de la reconnaissance4 ,et p5sez de quel tribut de gloire l'univ]s qui rvre tant d'aptres d'erreur1 honor]a la premire assemble d'hommes raisonnables qui aura sol5nellem5t dcl> les pr9cipes immuables de la ju/ice1 et consacr1 la face des tyrans1 les droits des nations6 ,,*apitre ,,xvii4 ,base univ]selle de t\t droit et de t\te loi4 ,alors les hommes *oisis p> le peuple p\r re*]*] les vrais pr9cipes de la morale et de la raison procdr5t l'objet sacr de leur mission2 et1 aprs un long exam51 ayant dc\v]t un pr9cipe univ]sel et fondam5tal1 il s'leva un lgislateur qui dit au peuple2 ,voici la base primordiale1 l'orig9e physique de t\te ju/ice et de t\t droit4 ,quelle que soit la puissance active1 la cause motrice qui rgit l'univ]s1 ayant donn t\s les hommes les mmes organes1 les mmes s5sations1 les mmes beso9s1 elle a1 p> ce fait mme1 dcl> qu'elle leur donnait t\s les mmes droits l'usage de ses bi5s1 et que t\s les hommes sont gaux dans l'ordre de la nature4 ,en second lieu1 de ce qu'elle a donn *acun des moy5s suffisants de p\rvoir son exi/5ce1 il rsulte avec vid5ce qu'elle les a t\s con/itus indp5dants les uns des autres2 qu'elle les a crs libres2 que nul n'e/1 s\mis autrui2 que *acun e/ propritaire absolu de son tre4 ,a9si1 l'galit et la lib]t sont deux attributs ess5tiels de l'homme2 deux lois de la ,div9it1 inabrogeables et con/itutives comme les proprits physiques des lm5ts4 ,or1 de ce que t\t individu e/ matre absolu de sa p]sonne1 il s'ensuit que la lib]t ple9e de son cons5tem5t e/ une condition insp>able de t\t contrat et de t\t engagem5t4 ,et de ce que t\t individu e/ gal un autre1 il suit que la balance de ce qui e/ r5du ce qui e/ donn1 doit tre rig\reusem5t en quilibre3 en sorte que l'ide de lib]t conti5t ess5tiellem5t celle de ju/ice1 qui nat de l'galit4 ,l'galit et la lib]t sont donc les bases physiques et inaltrables de t\te runion d'hommes en socit1 et1 p> suite1 le pr9cipe ncessaire et rgnrateur de t\te loi et de t\t sy/me de g\v]nem5t rguli]4 ,c'e/ p\r avoir drog cette base que *ez v\s1 comme *ez t\t peuple1 se sont introduits les dsordres qui v\s ont enf9 s\levs4 ,c'e/ en rev5ant cette rgle que v\s p\rrez les r=m]1 et recon/itu] une association heureuse4 ,mais obs]vez qu'il en rsult]a une gr&e sec\sse dans vos habitudes1 dans vos =tunes1 dans vos prjugs4 ,il faudra diss\dre des contrats vicieux1 des droits abusifs2 r5onc] des di/9ctions inju/es1 de fausses proprits2 r5tr] enf9 un in/ant dans l'tat de la nature4 ,voyez si v\s saurez cons5tir tant de sacrifices4 ,alors1 p5sant la cupidit inhr5te au coeur de l'homme1 je crus que ce peuple allait r5onc] t\te ide d'amlioration4 ,mais1 dans l'in/ant1 une f\le d'hommes gnreux et des plus hauts rangs1 s'avanant v]s le trne1 y fir5t abjuration de t\tes leurs di/9ctions et de t\tes leurs ri*esses3 ,dictez-n\s1 dir5t-ils1 les lois de l'galit et de la lib]t2 n\s ne v\lons plus ri5 possd] qu'au titre sacr de la ju/ice4 galit1 ju/ice1 lib]t1 voil quel s]a dsormais notre code et notre t5d>d4 ,et sur-le-*amp le peuple leva un drapeau imm5se1 inscrit de ces trois mots1 auxquels-il assigna trois c\leurs4 ,et l'ayant plant sur le sige du lgislateur1 l't5d>d de la ju/ice univ]selle flotta p\r l premire fois sur la t]re2 et le peuple dressa en avant du sige un autel n\veau1 sur lequel il plaa une balance d'or1 une pe et un livre1 avec cette inscription3 ,,la ,,loi ,,gale1 ,,qui ,,juge ,,et ,,prot,,ge4 ,puis1 ayant environn le sige et l'autel d'un amphi?tre imm5se1 cette nation s'y assit t\t entire p\r ent5dre la publication de la loi4 ,et des millions d'hommes1 levant la fois les bras v]s le ciel1 fir5t le s]m5t sol5nel de vivre libres et ju/es2 de respect] leurs droits rciproques1 leurs proprits2 d'obir la loi et ses ag5ts rgulirem5t prposs4 ,et ce spectacle si imposant de =ce et de gr&eur1 si t\*ant de gnrosit1 m'mut jusqu'aux l>mes2 et m'adressant au ,gnie3 ,que je vive ma9t5ant1 lui dis-je1 c> dsormais je puis espr]4 ,,*apitre ,,xviii4 ,effroi et conspiration des tyrans4 ,cep5dant1 pe9e le cri sol5nel de l'galit et de la lib]t eut-il ret5ti sur la t]re1 qu'un m\vem5t de tr\ble et de surprise s'excita au se9 des nations2 et d'une "p la multitude mue de dsir1 mais indcise entre l'esprance et la cra9te1 entre le s5tim5t de ses droits et l'habitude de ses *anes1 comm5a de s'agit]2 d'autre "p1 les rois rveills subitem5t du sommeil de l'indol5ce et du despotisme1 craignir5t de voir r5v]s] leurs trnes2 et p>t\t ces classes de tyrans civils et sacrs qui tromp5t les rois et opprim5t les peuples1 fur5t saisies de rage et d'effroi2 et tramant des desse9s p]fides3 ,malheur n\s1 dir5t-ils1 si le cri fune/e de la lib]t p>vi5t l'oreille de la multitude6 ,malheur n\s1 si ce p]nicieux esprit de ju/ice se propage644444 ,et voyant flott] l't5d>d3 ,concevez-v\s l'essaim de maux r5f]ms dans ces seules p>oles8 ,si t\s les hommes sont gaux1 o sont nos droits exclusifs d'honneur et de puissance8 ,si t\s sont ou doiv5t tre libres1 que devi5n5t nos esclaves1 nos s]fs1 nos proprits8 ,si t\s sont gaux dans l'tat civil1 o sont nos prrogatives de naissance1 d'hrdit8 et que devi5t la noblesse8 ,s'ils sont t\s gaux devant ,dieu1 o e/ le beso9 de mdiateurs8 et que devi5t le sac]doce8 ,ah6 pressons-n\s de dtruire un g]me si fcond1 si contagieux6 ,employons t\t notre art contre cette calamit2 effrayons les rois1 p\r qu'ils s'uniss5t notre cause4 ,divisons les peuples1 et suscitons-leur des tr\bles et des gu]res4 ,occupons-les de combats1 de conqutes et de jal\sies4 ,al>mons-les sur la puissance de cette nation libre4 ,=mons une gr&e ligue contre l'ennemi commun4 ,abattons cet t5d>d sacrilge1 r5v]sons ce trne de rbellion1 et t\ffons dans son foy] cet inc5die de rvolution4 ,et en effet1 les tyrans civils et sacrs des peuples =mr5t une ligue gnrale2 entranant sur leurs pas une multitude contra9te ou sduite1 ils se portr5t d'un m\vem5t ho/ile contre la nation libre1 et inve/ir5t gr&s cris l'autel et le trne de la loi naturelle3 ,quelle e/1 dir5t-ils1 cette doctr9e hrtique et n\velle8 ,quel e/ cet autel impie1 ce culte sacrilge84444 ,sujets fidles et croyants6 ne sembl]ait-il pas que ce ft d'auj\rd'hui que l'on v\s dc\vre la vrit1 que jusqu'ici v\s eussiez m>* dans l'erreur1 que ces rebelles1 plus heureux que v\s1 ont seuls le privilge d'tre sages6 ,et v\s2 peuple g>1 ne voyez-v\s pas que vos n\veaux *efs v\s tromp5t1 qu'ils altr5t les pr9cipes de votre foi1 qu'ils r5v]s5t la religion de vos pres8 ,ah6 tremblez que le c\rr\x du ciel ne s'allume1 et htez-v\s1 p> un prompt rep5tir1 de rp>] votre erreur4 ,mais1 inaccessible la sugge/ion comme la t]reur1 la nation libre g>da le sil5ce2 et1 se montrant t\t entire en armes1 elle t9t une attitude imposante4 ,et le lgislateur dit aux *efs des peuples3 ,si1 lorsque n\s m>*ions un b&eau sur les yeux1 la lumire clairait nos pas1 p\rquoi1 auj\rd'hui qu'il e/ lev1 fuira-t-elle nos reg>ds qui la *]*5t8 ,si les *efs qui prescriv5t aux hommes d'tre clairvoyants1 les tromp5t et les g>5t1 que font ceux qui ne veul5t guid] que des aveugles8 ,*efs des peuples6 si v\s possdez la vrit1 faites-n\s la voir3 n\s la recevrons avec reconnaissance2 c> n\s la *]*ons avec dsir1 et n\s avons intrt de la tr\v]3 n\s sommes hommes1 et n\s p\vons n\s tromp]2 mais v\s tes hommes aussi1 et v\s tes galem5t faillibles4 ,aidez-n\s donc dans ce labyr9! o1 depuis tant de sicles1 erre l'humanit2 aidez-n\s dissip] l'illusion de tant de prjugs et de vicieuses habitudes2 conc\rez avec n\s1 dans le *oc de tant d'op9ions qui se disput5t notre croyance1 dml] le c>actre propre et di/9ctif de la vrit4 ,t]m9ons dans un j\r les combats si longs de l'erreur3 tablissons entre elle et la vrit une lutte sol5nelle3 appelons les op9ions des hommes de t\tes les nations3 convoquons l'assemble gnrale des peuples3 qu'ils soi5t juges eux-mmes dans la cause qui leur e/ propre2 et que1 dans le dbat de t\s les sy/mes1 nul df5seur1 nul argum5t ne manquant aux prjugs ni la raison1 le s5tim5t d'une vid5ce gnrale et commune fasse enf9 natre la concorde univ]selle des esprits et des coeurs4 ,,*apitre ,,xix4 ,assemble gnrale des peuples4 ,a9si p>la le lgislateur2 et la multitude1 saisie de ce m\vem5t qu'inspire d'abord t\te proposition raisonnable1 ayant applaudi1 les tyrans1 re/s sans appui1 demeurr5t confondus4 ,alors s'(frit mes reg>ds une scne d'un g5re tonnant et n\veau3 t\t ce que la t]re compte de peuples et de nations1 t\t ce que les climats produis5t de races d'hommes div]s1 acc\rant de t\tes p>ts1 me sembla se runir dans une mme ence9te2 et l1 =mant un imm5se congrs1 di/+u en gr\pes p> l'aspect v>i des co/umes1 des traits du visage1 des te9tes de la peau1 leur f\le innombrable me prs5ta le spectacle le plus extraord9aire et le plus atta*ant4 ,d'un ct1 je voyais l',europen1 l'habit c\rt et s]r1 au *apeau po9tu et triangulaire1 au m5ton ras1 aux *eveux blan*is de p\dre2 de l'autre1 l',asiatique1 la robe tranante1 la longue b>be1 la tte rase et au turban rond4 ,ici j'obs]vais les peuples ,africa9s1 la peau d'bne1 aux *eveux la9eux1 au corps ce9t de pagnes blancs et bleus1 orns de bracelets et de colli]s de corail1 de coquilles et de v]re3 l les races sept5trionales1 enveloppes dans leurs sacs de peau2 le ,lapon1 au bonnet po9tu1 aux s\li]s de raquette2 le ,samoyde1 l'odeur =te et au corps brlant2 le ,tong\ze1 au bonnet cornu1 portant ses idoles p5dues sur son se92 le ,yak\te1 au visage piquet2 le ,calm\que1 au nez aplati1 aux petits yeux r5v]ss4 ,plus lo9 tai5t le ,*9ois1 au vtem5t de soie aux tresses p5dantes2 le ,japonais1 au sang mlang2 le ,malais1 aux gr&es oreilles1 au nez p]c d'un anneau1 au va/e *apeau de feuilles de palmi]1 et les habitants tat\s des les de l',ocan et du cont95t antipode4 ,et l'aspect de tant de v>its d'une mme espce1 de tant d'inv5tions biz>res d'un mme ent5dem5t1 de tant de modifications diffr5tes d'une mme organisation1 m'affecta la fois de mille s5sations et de mille p5ses4 ,je considrais avec tonnem5t cette gradation de c\leurs1 qui1 de l'inc>nat vif passe au brun clair1 puis fonc1 fumeux1 bronz1 olivtre1 plomb1 cuivr1 enf9 jusqu'au noir d'bne et du jais2 et tr\vant le ,ka*emiri51 au te9t de roses1 ct de l',ind\ hl1 le ,gorgi5 ct du ,t>t>e1 je rfl*issais sur les effets du climat *aud ou froid1 du sol lev ou pr(ond1 m>cageux ou sec1 dc\v]t ou ombrag2 je comp>ais l'homme na9 du ple au gant des zones tempres2 le corps grle de l',arabe l'ample corps du ,holl&ais2 la taille paisse et c\rte du ,samoyde la taille svelte du ,grec et de l',esclavon2 la la9e grasse et noire du ,ngre la soie dore du ,danois2 la face aplatie du ,calm\que1 ses petits yeux en angle1 son nez cras1 la face ovale et saillante1 aux gr&s yeux bleus1 au nez aquil9 du ,circassi5 et de l',abasan4 ,j'opposais aux toiles pe9tes de l',indi51 aux t(fes savantes de l',europen1 aux ri*es f\rrures du ,sibri51 les pagnes d'corce1 les tissus de jonc1 de feuilles1 de plumes1 des nations sauvages1 et les figures bleutres de s]p5ts1 de fleurs et d'toiles dont leur peau tait imprime4 ,et tantt le tableau big>r de cette multitude me retraait les prairies mailles du ,nil et de l',euphrate1 lorsqu'aprs les pluies ou le dbordem5t1 des millions de fleurs naiss5t de t\tes p>ts2 tantt il me reprs5tait1 p> son murmure et son m\vem5t1 les essaims innombrables de saut]elles qui1 du ds]t1 vi5n5t au pr9temps c\vrir les pla9es du ,hauran4 ,et1 la vue de tant d'tres anims et s5sibles1 embrassant t\t c\p l'imm5sit des p5ses et des s5sations rassembles dans cet espace2 d'autre "p1 rfl*issant l'opposition de tant de prjugs1 de tant d'op9ions1 au *oc de tant de passions d'hommes si mobiles1 je flottais entre l'tonnem5t1 l'admiration et une cra9te secrte44441 qu& le lgislateur1 ayant rclam le sil5ce1 attira t\te mon att5tion4 ,habitants de la t]re1 dit-il1 une nation libre et puissante v\s adresse des p>oles de ju/ice et de paix1 et elle v\s (fre de srs gages de ses int5tions dans sa conviction et son expri5ce4 ,long-temps afflige des mmes maux que v\s1 elle en a re*]* la s\rce2 et elle a tr\v qu'ils drivai5t t\s de la viol5ce et de l'inju/ice1 riges en lois p> l'inexpri5ce des races passes1 et ma9t5ues p> les prjugs des races prs5tes3 alors1 annulant ses in/itutions factices et arbitraires1 et remontant l'orig9e de t\t droit et de t\te raison1 elle a vu qu'il exi/ait dans l'ordre mme de l'univ]s1 et dans la con/itution physique de l'homme1 des lois t]nelles et immuables1 qui n'att5dai5t que ses reg>ds p\r le r5dre heureux4 hommes6 levez les yeux v]s ce ciel qui v\s claire6 jetez-les sur cette t]re qui v\s n\rrit6 ,qu& ils v\s (fr5t t\s les mmes dons1 qu& v\s avez reu de la puissance qui les meut la mme vie1 les mmes organes1 n'en avez-v\s pas reu les mmes droits l'usage de ses bi5faits8 ,ne v\s a-t-elle pas1 p>-l mme1 dcl>s t\s gaux et libres8 ,quel mortel os]a donc refus] son semblable ce que lui accorde la nature8 nations6 bannissons t\te tyrannie et t\te discorde2 ne =mons plus qu'une mme socit1 qu'une gr&e famille2 et puisque le g5re huma9 n'a qu'une mme con/itution1 qu'il n'exi/e plus p\r lui qu'une loi1 celle de la nature2 qu'un mme code1 celui de la raison2 qu'un mme trne1 celui de la ju/ice2 qu'un mme autel1 celui de l'union4 ,il dit2 et une acclamation imm5se s'leva jusqu'aux cieux3 mille cris de bndiction p>tir5t du se9 de la multitude2 et les peuples1 dans leurs transports1 fir5t ret5tir la t]re des mots d'galit1 de ju/ice1 d'union4 ,mais bi5tt ce premi] m\vem5t en succda un diffr5t2 bi5tt les docteurs1 les *efs des peuples1 les excitant la dispute1 je vis natre d'abord un murmure1 puis une rumeur1 qui1 se communiquant de pro*e en pro*e1 dev9t un va/e dsordre2 et *aque nation levant des prt5tions exclusives1 rclamait la prdom9ance p\r son code et son op9ion4 ,v\s tes dans l'erreur1 se disai5t les p>tis en se montrant du doigt les uns les autres2 n\s seuls possdons la vrit et la raison2 n\s seuls avons la vraie loi1 la vraie rgle de t\t droit1 de t\te ju/ice1 le seul moy5 du bonheur1 de la p]fection2 t\s les autres hommes sont des aveugles ou des rebelles4 ,et il rgnait une agitation extrme4 ,mais le lgislateur ayant rclam le sil5ce3 ,peuples1 dit-il1 quel m\vem5t de passion v\s agite8 ,o v\s conduira cette qu]elle8 ,qu'att5dez-v\s de cette diss5sion6 ,depuis des sicles la t]re e/ un *amp de dispute1 et v\s avez v]s des torr5ts de sang p\r des op9ions *imriques3 qu'ont produit tant de combats et de l>mes8 ,qu& le =t a s\mis le faible son op9ion1 qu'a-t-il fait p\r la vrit et p\r l'vid5ce8 nations6 pr5ez conseil de votre propre sagesse6 ,qu&1 p>mi v\s1 une conte/ation divise des individus1 des familles1 que faites-v\s p\r les concili]8 ,ne leur donnez-v\s pas des arbitres8 ,oui1 s'cria unanimem5t la multitude4 ,eh bi56 donnez-en de mme aux auteurs de vos diss5tim5ts4 ,ordonnez ceux qui se font vos in/ituteurs1 et qui v\s impos5t leur croyance1 d'en dbattre devant v\s les raisons4 ,puisqu'ils invoqu5t vos intrts1 connaissez comm5t ils les trait5t4 ,et v\s1 *efs et docteurs des peuples1 avant de les entran] dans la lutte de vos sy/mes1 discutez-en contradictoirem5t les preuves4 tablissons une controv]se sol5nelle1 une re*]*e publique de la vrit1 non devant le tribunal d'un individu corruptible ou d'un p>ti passionn1 mais en face de t\tes les lumires et de t\s les intrts dont se compose l'humanit1 et que le s5s naturel de t\te l'espce soit notre arbitre et notre juge4 ,,*apitre ,,xx4 ,la re*]*e de la vrit4 ,et les peuples ayant applaudi1 le lgislateur dit3 ,af9 de procd] avec ordre et sans confusion1 laissez dans l'arne1 en avant de l'autel de l'union et de la paix1 un spacieux demi-c]cle libre2 et que *aque sy/me de religion1 *aque secte levant un t5d>d propre et di/9ctif1 vi5ne le plant] aux bords de la circonfr5ce2 que ses *efs et ses docteurs se plac5t aut\r1 et que leurs sectateurs se plac5t la suite sur une mme ligne4 ,et le demi-c]cle ayant t trac et l'ordre publi1 l'in/ant il s'leva une multitude innombrable d't5d>ds de t\tes c\leurs et de t\tes =mes2 tel qu'en un port frqu5t de c5t nations comm]antes1 l'on voit aux j\rs de ftes des milli]s de pavillons et de flammes flott] sur une =t de mts4 ,et l'aspect de cette div]sit prodigieuse1 me t\rnant v]s le ,gnie3 ,je croyais1 lui dis-je1 que la t]re n'tait divise qu'en huit ou dix sy/mes de croyance1 et je dsesprais de t\te conciliation3 ma9t5ant que je vois des milli]s de p>tis diffr5ts1 comm5t espr] la concorde8444 ,et cep5dant1 me dit-il1 ils n'y sont pas encore t\s3 et ils veul5t tre intolrants6444 ,et mesure que les gr\pes v9r5t se plac]1 me faisant rem>qu] les symboles et les attributs de *acun1 il comm5a de m'expliqu] leurs c>actres en ces mots3 ,ce premi] gr\pe1 me dit-il1 =m d't5d>ds v]ts1 qui port5t un croissant1 un b&eau et un sabre1 e/ celui des sectateurs du prophte arabe4 ,dire qu'il y a un ,dieu 7sans savoir ce qu'il e/71 croire aux p>oles d'un homme 7sans ent5dre sa langue71 all] dans un ds]t pri] ,dieu 7qui e/ p>t\t71 lav] ses ma9s d'eau 7et ne pas s'ab/5ir de sang71 jen] le j\r 7et mang] de nuit71 donn] l'aumne de son bi5 7et ravir celui d'autrui73 tels sont les moy5s de p]fection in/itus p> ,mahomet1 tels sont les cris de ralliem5t de ses fidles croyants4 ,quiconque n'y rpond pas e/ un rpr\v1 frapp d'ana?me et dv\ au glaive4 ,un ,dieu clm5t1 auteur de la vie1 a donn ces lois d'oppression et de meurtre3 il les a faites p\r t\t l'univ]s1 quoiqu'il ne les ait rvles qu' un homme3 il les a tablies de t\te t]nit1 quoiqu'il ne les ait publies que d'hi]3 elles suffis5t t\s les beso9s1 et cep5dant il y a jo9t un volume3 ce volume devait rp&re la lumire1 montr] l'vid5ce1 am5] la p]fection1 le bonheur2 et cep5dant1 du vivant mme de l'aptre1 ses pages (frant *aque phrase des s5s obscurs1 ambigus1 contraires1 il a fallu l'expliqu]1 le comm5t]2 et ses int]prtes1 diviss d'op9ions1 se sont p>tags en sectes opposes et ennemies4 ,l'une s\ti5t qu',ali e/ le vrai successeur2 l'autre df5d ,om> et ,ab\bekre3 celle-ci nie l't]nit du ,qran1 celle-l la ncessit des ablutions1 des prires3 le ,c>mate proscrit le pl]9age et p]met le v92 le ,hakemite pr*e la transmigration des ames3 a9si jusqu'au nombre de soixante-d\ze p>tis1 dont tu peux compt] les enseignes4 ,dans cette opposition1 *acun s'attribuant exclusivem5t l'vid5ce1 et taxant les autres d'hrsie1 de rbellion1 a t\rn contre t\s son apo/olat sangu9aire4 ,et cette religion qui clbre un ,dieu clm5t et misricordieux1 auteur et pre commun de t\s les hommes1 dev5ue un flambeau de discorde1 un motif de meurtre et de gu]re1 n'a cess depuis d\ze c5ts ans d'inond] la t]re de sang1 et de rp&re le ravage et le dsordre d'un b\t l'autre de l'anci5 hmisphre4 ,ces hommes rem>quables p> leurs normes turbans blancs1 p> leurs amples man*es1 p> leurs longs *apelets1 sont les imams1 les mollas1 les muphtis1 et prs d'eux les d]vi*es au bonnet po9tu1 et les santons aux *eveux p>s4 ,les voil qui font avec vhm5ce la pr(ession de foi1 et comm5c5t de disput] sur les s\illures graves ou lgres1 sur la matire et la =me des ablutions1 sur les attributs de ,dieu et ses p]fections1 sur le *atan et les anges m*ants ou bons1 sur la mort1 la rsurrection1 l'int]rogatoire dans le tombeau1 le jugem5t1 le passage du pont troit comme un *eveu1 la balance des oeuvres1 les pe9es de l'enf] et les dlices du p>adis4 ct1 ce second gr\pe1 encore plus nombreux1 compos d't5d>ds fond blanc1 p>sems de croix1 e/ celui des adorateurs de ,jsus4 ,reconnaissant le mme ,dieu que les musulmans1 fondant leur croyance sur les mmes livres1 admettant comme eux un premi] homme qui p]d t\t le g5re huma9 en mangeant une pomme1 ils leur v\5t cep5dant une sa9te horreur1 et p> pit ils se trait5t mutuellem5t de blasphmateurs et d'impies4 ,le gr& po9t de leur diss5sion rside surt\t en ce qu'aprs avoir admis un ,dieu un et indivisible1 les *rti5s le divis5t ensuite en trois p]sonnes1 qu'ils veul5t tre *acune un ,dieu enti] et complet1 sans cess] de =m] entre elles un t\t id5tique4 ,et ils aj\t5t que cet tre1 qui remplit l'univ]s1 s'e/ rduit dans le corps d'un homme1 et qu'il a pris des organes matriels1 prissables1 circonscrits1 sans cess] d'tre immatriel1 t]nel1 inf9i4 ,les musulmans1 qui ne compr5n5t pas ces my/res1 quoiqu'ils conoiv5t l't]nit du ,qran et la mission du ,prophte1 les tax5t de folie1 et les rejett5t comme des visions de c]veaux malades2 et de l des ha9es implacables4 ,d'autre "p1 diviss entre eux sur plusieurs po9ts de leur propre croyance1 les *rti5s =m5t des p>tis non mo9s div]s2 et les qu]elles qui les agit5t sont d'autant plus op9itres et plus viol5tes1 que les objets sur lesquels elles se fond5t tant inaccessibles aux s5s1 et p> consqu5t d'une dmon/ration impossible1 les op9ions de *acun n'ont de rgle et de base que dans le caprice et la volont4 ,a9si1 conv5ant que ,dieu e/ un tre incomprh5sible1 inconnu1 ils disput5t nanmo9s sur son ess5ce1 sur sa manire d'agir1 sur ses attributs3 conv5ant que la trans=mation qu'ils lui suppos5t en homme1 e/ une nigme au-dessus de l'ent5dem5t1 ils disput5t cep5dant sur la confusion ou la di/9ction des deux volonts et des deux natures1 sur le *angem5t de sub/ance1 sur la prs5ce relle ou fe9te1 sur le mode de l'inc>nation1 etc4 ,et de l des sectes innombrables1 dont deux ou trois c5ts ont dja pri1 et dont trois ou quatre c5ts autres1 qui subsi/5t encore1 t'(fr5t cette multitude de drapeaux o ta vue s'g>e4 ,le premi] en tte1 qu'environne ce gr\pe d'un co/ume biz>re1 ce mlange confus de robes violettes1 r\ges1 blan*es1 noires1 big>res1 de ttes tonsures1 *eveux c\rts ou rass1 *apeaux r\ges1 bonnets c>rs1 mitres po9tues1 mme longues b>bes1 e/ l't5d>d du pontife de ,rome1 qui1 appliquant au sac]doce la prm95ce de sa ville dans l'ordre civil1 a rig sa suprmatie en po9t de religion1 et a fait un article de foi de son orgueil4 sa droite tu vois le pontife grec1 qui1 fi] de la rivalit leve p> sa mtropole1 oppose d'gales prt5tions1 et les s\ti5t contre l'glise d',occid5t p> l'antriorit de l'glise d',ori5t4 gau*e1 sont les t5d>ds de deux *efs rc5ts#bc1 qui1 sec\ant un j\g dev5u tyrannique1 ont1 dans leur r=me1 dress autels contre autels1 et s\/rait au pape la moiti de l',europe4 ,d]rire eux sont les sectes subalt]nes qui subdivis5t encore t\s ces gr&s p>tis1 les ne/ori5s1 les euty*ens1 les jacobites1 les iconocla/es1 les anabapti/es1 les presbytri5s1 les viclefites1 les osi&r9s1 les mani*ens1 les m?odi/es1 les adamites1 les contemplatifs1 les trembleurs1 les pleureurs1 et c5t autres semblables2 t\s p>tis di/9cts1 se p]scutant qu& ils sont =ts1 se tolrant qu& ils sont faibles1 se hassant au nom d'un ,dieu de paix1 se faisant *acun un p>adis exclusif dans une religion de *>it univ]selle1 se v\ant rciproquem5t dans l'autre monde des pe9es sans f91 et ralisant dans celui-ci l'enf] que leurs c]veaux plac5t dans celui-l4 ,aprs ce gr\pe1 voyant un seul t5d>d de c\leur hyac9!1 aut\r duquel tai5t rassembls des hommes de t\s les co/umes de l',europe et de l',asie3 ,du mo9s1 dis-je au ,gnie1 tr\v]ons-n\s ici de l'humanit4--,oui1 me rpondit-il1 au premi] aspect1 et p> cas =tuit et mom5tan3 ne reconnais-tu pas ce sy/me de culte8 ,alors ap]cevant le monogramme du nom de ,dieu en lettres hbraques1 et les palmes que t5ai5t en ma9 les rabb9s3 ,il e/ vrai1 lui dis-je1 ce sont les enfants de ,mose disp]ss jusqu' ce j\r1 et qui1 abhorrant t\te nation1 ont t p>t\t abhorrs et p]scuts4--,oui1 reprit-il1 et c'e/ p> cette raison que1 n'ayant ni le temps ni la lib]t de disput]1 ils ont g>d l'app>5ce de l'unit2 mais pe9e1 dans leur runion1 vont-ils confront] leurs pr9cipes et raisonn] sur leurs op9ions1 qu'ils vont1 comme jadis1 se p>tag] au mo9s en deux sectes pr9cipales#bd1 dont l'une1 s'autorisant du sil5ce du lgislateur1 et s'atta*ant au s5s littral de ses livres1 ni]a t\t ce qui n'y e/ po9t clairem5t exprim1 et1 ce titre1 rejett]a1 comme inv5tion des circoncis1 la survivance de l'ame au corps1 et sa transmigration dans des lieux de pe9es ou de dlices1 et sa rsurrection1 et le jugem5t f9al1 et les bons et les mauvais anges1 et la rvolte du mauvais gnie1 et t\t le sy/me potique d'un monde ultrieur3 et ce peuple privilgi1 dont la p]fection consi/e se c\p] un petit morceau de *air1 ce peuple atome1 qui1 dans l'ocan des peuples1 n'e/ qu'une petite vague1 et qui veut que ,dieu n'ait ri5 fait que p\r lui seul1 rduira encore de moiti1 p> son s*isme1 le poids dja si lg] qu'il tablit dans la balance de l'univ]s4 ,et me montrant un gr\pe vois91 compos d'hommes vtus de robes blan*es1 portant un voile sur la b\*e1 et rangs aut\r d'un t5d>d de c\leur aurore1 sur lequel tait pe9t un globe tran* en deux hmisphres1 l'un noir et l'autre blanc3 ,il en s]a a9si1 cont9ua-t-il1 de ces enfans de ,zoroa/re1 re/es obscurs de peuples jadis si puissants3 ma9t5ant p]scuts comme les juifs1 et disp]ss *ez les autres peuples1 ils reoiv5t1 sans discussion1 les prceptes du reprs5tant de leur prophte2 mais sitt que le mb$ et les de/\rs s]ont rassembls1 la controv]se s'tablira sur le bon et le mauvais pr9cipe2 sur les combats d',ormuzd1 dieu de lumire1 contre ,ahrimanes1 dieu de tnbres2 sur leur s5s direct ou allgorique2 sur les bons et mauvais gnies2 sur le culte du feu et des lm5ts2 sur les ablutions et sur les s\illures2 sur la rsurrection en corps ou seulem5t en ame1 et sur le r5\vellem5t du monde exi/ant1 et sur le monde n\veau qui lui doit succd]4 ,et les ,p>sis se divis]ont en sectes d'autant plus nombreuses1 que dans leur disp]sion les familles auront contract les moeurs1 les op9ions des nations trangres4 ct d'eux1 ces t5d>ds fond d'azur1 o sont pe9tes des figures mon/rueuses de corps huma9s d\bles1 triples1 quadruples1 tte de lion1 de sangli]1 d'lphant1 queue de poisson1 de tortue1 etc41 sont les t5d>ds des sectes indi5nes1 qui tr\v5t leurs dieux dans les animaux et les ames de leurs p>5ts dans les reptiles et les insectes4 ,ces hommes fond5t des hospices p\r des p]vi]s1 des s]p5ts1 des rats1 et ils ont eu horreur leurs semblables6 ,ils se purifi5t avec la fi5te et l'ur9e de va*e1 et ils se croi5t s\ills du contact d'un homme6 ,ils port5t un rseau sur la b\*e1 de peur d'aval]1 dans une m\*e1 une ame en s\ffrance1 et ils laiss5t m\rir de faim un p>ia6 ,ils admett5t les mmes div9its1 et ils se p>tag5t en drapeaux ennemis et div]s4 ,ce premi]1 isol l'c>t1 o tu vois une figure quatre ttes1 e/ celui de ,brahma1 qui1 quoique dieu crateur1 n'a plus ni sectateurs ni temples1 et qui1 rduit s]vir de pide/al au ,l+am1 se cont5te d'un peu d'eau que *aque mat9 le brmane lui jette p>-dessus l'paule1 en lui rcitant un cantique /rile4 ,ce second1 o e/ pe9t milan au corps r\x et la tte blan*e1 e/ celui de ,vi*5\1 qui1 quoique dieu cons]vateur1 a pass une p>tie de sa vie en av5tures malfaisantes4 ,considre-le s\s les =mes hideuses de sangli] et de lion1 d*irant des entrailles huma9es1 ou s\s la figure d'un *eval1 devant v5ir1 le sabre la ma91 dtruire l'ge prs5t1 obscurcir les a/res1 abattre les toiles1 branl] la t]re1 et faire au gr& s]p5t un feu qui consum]a les globes4 ,ce troisime e/ celui de ,*iv51 dieu de de/ruction1 de ravage1 et qui a cep5dant p\r emblme le signe de la production3 il e/ le plus m*ant des trois1 et il compte le plus de sectateurs4 ,fi]s de son c>actre1 ses p>tisans mpris5t1 dans leur dvotion#be1 les autres dieux1 ses gaux et ses frres2 et p> une imitation de sa biz>r]ie1 pr(essant la pudeur et la *a/et1 ils c\ronn5t publiquem5t de fleurs1 et arros5t de lait et de miel l'image obscne du ,l+am4 ,d]rire eux vi5n5t les mo9dres drapeaux d'une f\le de dieux1 mles1 femelles1 h]maphrodites1 qui1 p>5ts et amis des trois pr9cipaux1 ont pass leur vie se livr] des combats2 et leurs adorateurs les imit5t4 ,ces dieux n'ont beso9 de ri51 et sans cesse ils reoiv5t des (fr&es2 ils sont t\t-puissants1 rempliss5t l'univ]s2 et un brmane1 avec quelques p>oles1 les enf]me dans une idole ou dans une cru*e1 p\r v5dre son gr leurs faveurs4 ,au del1 cette multitude d'autres t5d>ds que1 sur un fond jaune qui leur e/ commun1 tu vois port] des emblmes diffr5ts1 sont ceux d'un mme dieu1 lequel1 s\s des noms div]s1 rgne *ez les nations de l',ori5t4 ,le ,*9ois l'adore dans ,ft1 le ,japonais le rvre dans ,budso1 l'habitant de ,ceylan dans ,b$h\ et ,b\dah1 celui de ,laos dans ,*ekia1 le ,pg\an dans ,phta1 le ,siamois dans ,sommona ,kodom1 le ,tibeta9 dans ,b\dd et dans ,la3 t\s1 d'accord sur le fond de son hi/oire1 clbr5t sa vie pnit5te1 ses mortifications1 ses jenes1 ses fonctions de mdiateur et d'expiateur1 les ha9es d'un dieu son ennemi1 leurs combats et son asc5dant4 ,mais discords entre eux sur les moy5s de lui plaire1 ils disput5t sur les rites et sur les pratiques1 sur les dogmes de la doctr9e intrieure et de la doctr9e publique4 ,ici1 ce bonze japonais1 la robe jaune1 la tte nue1 pr*e l't]nit des ames1 leurs transmigrations successives dans div]s corps2 et prs de lui le s9to/e1 niant leur exi/5ce sp>e des s5s1 s\ti5t qu'elles ne sont qu'un effet des organes auxquels elles sont lies1 et avec qui elles priss5t1 comme le son avec l'in/rum5t4 ,l1 le ,siamois1 aux s\rcils rass1 l'cran talipat la ma91 recomm&e l'aumne1 les expiations1 les (fr&es2 et cep5dant il croit au de/9 aveugle et l'impassible fatalit4 ,le ho*ang *9ois sacrifie aux ames des anctres1 et prs de lui le sectateur de ,confutze *]*e son horoscope dans des fi*es jetes au has>d1 et dans le m\vem5t des cieux4 ,cet enfant1 environn d'un essaim de prtres robes et *apeaux jaunes1 e/ le gr& ,lama1 en qui vi5t de pass] le dieu que le ,tibet adore4 ,un rival s'e/ lev p\r p>tag] ce bi5fait avec lui2 et sur les bords du lac ,baikal1 le ,calm\que a aussi son dieu comme l'habitant de ,la-sa2 mais d'accord en ce po9t important1 que ,dieu ne peut habit] qu'un corps d'homme1 t\s deux ri5t de la grossiret de l',indi51 qui honore la fi5te de la va*e1 t&is qu'eux consacr5t les excrm5ts de leur pontife4 ,aprs ces drapeaux1 une f\le d'autres que l'oeil ne p\vait dnombr]1 s'(frant encore nos reg>ds3 ,je ne t]m9]ais po9t1 dit le ,gnie1 si je te dtaillais t\s les sy/mes div]s de croyance qui p>tag5t encore les nations4 ,ici les hordes t>t>es ador5t1 dans des figures d'animaux1 d'oiseaux et d'insectes1 les bons et les mauvais gnies1 qui1 s\s un dieu pr9cipal1 mais ins\ciant1 rgiss5t l'univ]s2 dans leur idoltrie1 elles retrac5t le paganisme de l'anci5 ,occid5t4 ,tu vois l'habillem5t biz>re de leurs *amans1 qui1 s\s une robe de cuir g>nie de clo*ettes1 de grelots1 d'idoles de f]1 de griffes d'oiseaux1 de peaux de s]p5ts1 de ttes de *\ettes1 s'agit5t en convulsions factices1 et1 p> des cris magiques1 voqu5t les morts p\r tromp] les vivans4 ,l1 les peuples noirs de l',afrique1 dans le culte de leurs fti*es1 (fr5t les mmes op9ions4 ,voici l'habitant de ,juida1 qui adore ,dieu dans un gr& s]p5t1 dont p> malheur les porcs sont avides4444 ,voil le ,teleute1 qui se le reprs5te1 vtu de t\tes c\leurs1 ressemblant un soldat russe2 voil le ,kamts*adale qui1 tr\vant que t\t va mal dans ce monde et dans son climat1 se le figure un vieill>d capricieux et *agr91 fumant sa pipe1 et *assant en traneau les r5>ds et les m>tres2 enf91 voil c5t nations sauvages qui1 n'ayant aucune des ides des peuples polics sur ,dieu1 ni sur l'ame1 ni sur un monde ultrieur et une autre vie1 ne =m5t aucun sy/me de culte1 et n'enj\iss5t pas mo9s des dons de la nature dans l'irrligion o elle-mme les a cres4 ,,*apitre ,,xxi4 ,problme des contradictions religieuses4 ,cep5dant les div]s gr\pes s'tant placs1 et un va/e sil5ce ayant succd la rumeur de la multitude1 le lgislateur dit3 ,*efs et docteurs des peuples1 v\s voyez comm5t jusqu'ici les nations1 vivant isoles1 ont suivi des r\tes diffr5tes3 *acune croit suivre celle de la vrit2 et cep5dant si la vrit n'en a qu'une1 et que les op9ions soi5t opposes1 il e/ bi5 vid5t que quelqu'un se tr\ve en erreur4 ,or1 si tant d'hommes se tromp5t1 qui os]a g>antir que lui-mme n'e/ pas abus8 ,comm5cez donc p> tre indulg5ts sur vos diss5tim5ts et sur vos discordances4 ,*]*ons t\s la vrit comme si nul ne la possdait4 ,jusqu' ce j\r les op9ions qui ont g\v]n la t]re1 produites au has>d1 accrdites p> l'am\r de la n\veaut et p> l'imitation1 propages p> l'en?\siasme et l'ignorance populaires1 ont en quelque sorte usurp cl&e/9em5t leur empire4 ,il e/ temps1 si elles sont fondes1 de donn] leur c]titude un c>actre de sol5nit1 et de lgitim] leur exi/5ce4 ,rappelons les donc auj\rd'hui un exam5 gnral et commun2 que *acun expose sa croyance1 et que t\s dev5ant le juge de *acun1 cela seul soit reconnu vrai1 qui l'e/ p\r le g5re huma94 ,alors la p>ole ayant t dfre p> ordre de position au premi] t5d>d de la gau*e3 ,il n'e/ pas p]mis de d\t]1 dir5t les *efs1 que notre doctr9e ne soit la seule vritable1 la seule infaillible4 ,d'abord elle e/ rvle de ,dieu mme4444 ,et la ntre aussi1 s'crir5t t\s les autres t5d>ds2 il n'e/ pas p]mis d'en d\t]4 ,mais du mo9s faut-il l'expos]1 dit le lgislateur2 c> l'on ne peut croire ce que l'on ne connat pas4 ,notre doctr9e e/ pr\ve1 reprit le premi] t5d>d1 p> des faits nombreux1 p> une multitude de miracles1 p> des rsurrections de morts1 des torr5ts mis sec1 des montagnes transportes1 etc4 ,et n\s aussi1 s'crir5t t\s les autres1 n\s avons une f\le de miracles2 et ils comm5cr5t *acun racont] les *oses les plus incroyables4 ,leurs miracles1 dit le premi] t5d>d1 sont des prodiges supposs ou des pre/iges de l'esprit mal91 qui les a tromps4 ,ce sont les vtres1 rpliqur5t-ils1 qui sont supposs2 et *acun p>lant de soi1 dit3 ,il n'y a que les ntres de vritables2 t\s les autres sont des faussets4 ,et le lgislateur dit3 ,avez-v\s des tmo9s vivants8 ,non1 rpondir5t-ils t\s3 les faits sont anci5s1 les tmo9s sont morts1 mais ils ont crit4 ,soit1 reprit le lgislateur2 mais s'ils sont en contradiction1 qui les concili]a8 ,ju/e arbitre6 s'cria un des t5d>ds1 la preuve que nos tmo9s ont vu la vrit1 c'e/ qu'ils sont morts p\r la tmoign]1 et notre croyance e/ scelle du sang des m>tyrs4 ,et la ntre aussi1 dir5t les autres t5d>ds3 n\s avons des milli]s de m>tyrs qui sont morts dans des t\rm5ts affreux1 sans jamais se dm5tir4 ,et alors les *rti5s de t\tes les sectes1 les musulmans1 les ,indi5s1 les ,japonais1 citr5t des lg5des sans f9 de confesseurs1 de m>tyrs1 de pnit5ts1 etc4 ,et l'un de ces p>tis ayant ni les m>tyrs des autres3 ,eh bi56 dir5t-ils1 n\s allons m\rir p\r pr\v] que notre croyance e/ vraie4 ,et dans l'in/ant une f\le d'hommes de t\te religion1 de t\te secte1 se prs5tr5t p\r s\ffrir des t\rm5ts et la mort4 ,plusieurs mme comm5cr5t de se d*ir] les bras1 de se frapp] la tte et la poitr9e1 sans tmoign] de d\leur4 ,mais le lgislateur les arrtant3 hommes6 leur dit-il1 c\tez de sang-froid mes p>oles3 si v\s m\riez p\r pr\v] que deux et deux font quatre1 cela les f]ait-il davantage tre quatre8 ,non1 rpondir5t-ils t\s4 ,et si v\s m\rriez p\r pr\v] qu'ils font c9q1 cela les f]ait-il tre c9q8 ,non1 dir5t-ils t\s encore4 ,eh bi56 que pr\ve donc votre p]suasion1 si elle ne *ange ri5 l'exi/5ce des *oses8 ,la vrit e/ une1 vos op9ions sont div]ses2 donc plusieurs de v\s se tromp5t4 ,si1 comme il e/ vid5t1 ils sont p]suads de l'erreur1 que pr\ve la p]suasion de l'homme8 ,si l'erreur a ses m>tyrs1 o e/ le ca*et de la vrit8 ,si l'esprit mal9 opre des miracles1 o e/ le c>actre di/9ctif de la ,div9it8 ,et d'ailleurs1 p\rquoi t\j\rs des miracles incomplets et insuffisants8 ,p\rquoi1 au lieu de ces b\lev]sem5ts de la nature1 ne pas *ang] plutt les op9ions8 ,p\rquoi tu] les hommes ou les effray]1 au lieu de les in/ruire et de les corrig]8 mortels crdules1 et p\rtant op9itres6 nul de n\s n'e/ c]ta9 de ce qui s'e/ pass hi]1 de ce qui se passe auj\rd'hui s\s ses yeux1 et n\s jurons de ce qui s'e/ pass il y a deux mille ans4 ,hommes faibles et p\rtant orgueilleux6 les lois de la nature sont immuables et pr(ondes1 nos esprits sont ple9s d'illusion et de lgret2 et n\s v\lons t\t dmontr]1 t\t compr5dre6 ,en vrit1 il e/ plus facile t\t le g5re huma9 de se tromp] que de dnatur] un atome4 ,eh bi56 dit un docteur1 laissons l les preuves de fait1 puisqu'elles peuv5t tre quivoques2 v5ons aux preuves du raisonnem5t1 celles qui sont inhr5tes la doctr9e4 ,alors un imam de la loi de ,mahomet s'avanant ple9 de confiance dans l'arne1 aprs s'tre t\rn v]s la ,mekke et avoir pr(r avec emphase la pr(ession de foi3 ,l\ange ,dieu6 dit-il d'une voix grave et imposante6 ,la lumire brille avec vid5ce1 et la vrit n'a pas beso9 d'exam53 et montrant le ,qran3 ,voil la lumire et la vrit dans leur propre ess5ce4 ,il n'y a po9t de d\te en ce livre2 il conduit droit celui qui m>*e aveuglm5t1 qui reoit sans discussion la p>ole div9e desc5due sur le ,prophte p\r sauv] le simple et confondre le savant4 ,dieu a tabli ,mahomet son m9i/re sur la t]re2 il lui a livr le monde p\r s\mettre p> le sabre celui qui refuse de croire sa loi3 les infidles disput5t et ne veul5t pas croire2 leur endurcissem5t vi5t de ,dieu2 il a scell leur coeur p\r les livr] d'affreux *tim5ts444444#bf ces mots un viol5t murmure1 lev de t\tes p>ts1 int]rompit l'orateur4 ,quel e/ cet homme1 s'crir5t t\s les gr\pes1 qui n\s outrage aussi gratuitem5t8 ,de quel droit prt5d-il n\s impos] sa croyance comme un va9queur et comme un tyran8 ,dieu ne n\s a-t-il pas donn1 comme lui1 des yeux1 un esprit1 une intellig5ce8 et n'avons-n\s pas droit d'en us] galem5t1 p\r savoir ce que n\s devons rejet] ou croire8 ,s'il a le droit de n\s attaqu]1 n'avons-n\s pas celui de n\s df5dre8 ,s'il lui a plu de croire sans exam51 ne sommes-n\s pas matres de croire avec disc]nem5t8 ,et quelle e/ cette doctr9e lum9euse qui cra9t la lumire8 ,quel e/ cet aptre d'un ,dieu clm5t1 qui ne pr*e que meurtre et c>nage8 ,quel e/ ce ,dieu de ju/ice1 qui punit un aveuglem5t que lui-mme cause8 ,si la viol5ce et la p]scution sont les argum5ts de la vrit1 la d\ceur et la *>it s]ont-elles les indices du m5songe8 ,alors un homme s'avanant d'un gr\pe vois9 v]s l'imam1 lui dit3 ,admettons que ,mahomet soit l'aptre de la meilleure doctr9e1 le prophte de la vraie religion2 veuillez du mo9s n\s dire qui n\s devons suivre p\r la pratiqu]3 s]a-ce son g5dre ,ali1 ou ses vicaires ,om> et ,ab\bekre#bg8 pe9e eut-il prononc ces noms1 qu'au se9 mme des musulmans clata un s*isme t]rible3 les p>tisans d',om> et d',ali1 se traitant mutuellem5t d'hrtiques1 d'impies1 de sacrilges1 s'accablr5t de maldictions4 ,la qu]elle mme dev9t si viol5te qu'il fallut que les gr\pes vois9s s'int]posass5t p\r les emp*] d'en v5ir aux ma9s4 ,enf91 le calme s'tant un peu rtabli1 le lgislateur dit au imams3 ,voyez quelles consqu5ces rsult5t de vos pr9cipes6 ,si les hommes les mettai5t en pratique1 v\s-mmes1 d'opposition en opposition1 v\s v\s dtruiriez jusques au d]ni]2 et la premire loi de ,dieu n'e/-elle pas que l'homme vive8 ,puis s'adressant aux autres gr\pes3 ,sans d\te cet esprit d'intolrance et d'exclusion *oque t\te ide de ju/ice1 r5v]se t\te base de morale et de socit2 cep5dant1 avant de rejet] entirem5t ce code de doctr9e1 ne convi5drait-il pas d'ent5dre quelques-uns de ses dogmes1 af9 de ne pas prononc] sur les =mes1 sans avoir pris connaissance du fond8 ,et les gr\pes y ayant cons5ti1 l'iman comm5a d'expos] comm5t ,dieu1 aprs avoir envoy v+t-quatre mille-prophtes aux nations qui s'g>ai5t dans l'idoltrie1 en avait enf9 envoy un d]ni]1 le sceau et la p]fection de t\s1 ,mahomet1 sur qui soit le salut de paix2 comm5t1 af9 que les infidles n'altrass5t plus la p>ole div9e1 la suprme clm5ce avait elle-mme trac les feuillets du ,qran3 et dtaillant les dogmes de l'islamisme1 l'imam expliqua comm5t1 titre de p>ole de ,dieu1 le ,qran tait incr1 t]nel1 a9si que la s\rce dont il manait2 comm5t il avait t envoy feuillet p> feuillet en v+t-quatre mille app>itions nocturnes de l'ange ,gabriel2 comm5t l'ange s'annonait p> un petit cliquetis1 qui saisissait le ,prophte d'une sueur froide2 comm5t1 dans la vision d'une nuit1 il avait p>c\ru quatre-v+t-dix cieux1 mont sur l'animal ,boraq1 moiti *eval1 moiti femme2 comm5t1 d\ du don des miracles1 il m>*ait au soleil sans ombre1 faisait rev]dir d'un seul mot les arbres1 remplissait d'eau les puits1 les cit]nes1 et avait f5du en deux le disque de la lune2 comm5t1 *>g des ordres du ciel1 ,mahomet avait propag1 le sabre la ma91 la religion la plus digne de ,dieu p> sa sublimit1 et la plus propre aux hommes p> la simplicit de ses pratiques1 puisqu'elle ne consi/ait qu'en huit ou dix po9ts3 pr(ess] l'unit de ,dieu2 reconnatre ,mahomet p\r son seul prophte2 pri] c9q fois p> j\r2 jeun] un mois p> an2 all] la ,mekke une fois dans sa vie2 donn] la dme de ses bi5s2 ne po9t boire de v91 ne po9t mang] de porc1 et faire la gu]re aux infidles2 qu' ce moy51 t\t musulman dev5ant lui-mme aptre et m>tyr1 j\issait1 ds ce monde1 d'une f\le de bi5s2 et qu' sa mort1 son ame1 pese dans la balance des oeuvres1 et abs\te p> les deux anges noirs1 trav]sait p>-dessus l'enf]1 le pont troit comme un *eveu et tran*ant comme un sabre2 et qu'enf9 elle tait reue dans un lieu de dlices1 arros de fleuves de lait et de miel1 embaum de t\s les p>fums indi5s et arabes1 o des vi]ges t\j\rs *a/es1 les cle/es h\ris1 comblai5t de faveurs t\j\rs r5aissantes les lus t\j\rs rajeunis4 ces mots1 un rire involontaire se traa sur t\s les visages2 et les div]s gr\pes raisonnant sur ces articles de croyance1 dir5t unanimem5t3 ,comm5t se peut-il que des hommes raisonnables admett5t de telles rv]ies8 ,ne dirait-on pas ent5dre un *apitre des ,mille et une nuits8 ,et un ,samoyde s'avanant dans l'arne3 ,le p>adis de ,mahomet1 dit-il1 me p>at =t bon2 mais un des moy5s de le gagn] m'emb>rasse2 c> s'il ne faut ni boire ni mang] entre deux soleils1 a9si qu'il l'ordonne1 comm5t pratiqu] un tel jene dans notre pays1 o le soleil re/e sur l'horizon quatre mois enti]s sans se c\*]8 ,cela e/ impossible1 dir5t les docteurs musulmans p\r s\t5ir l'honneur du ,prophte2 mais c5t peuples ayant atte/ le fait1 l'infaillibilit de ,mahomet ne laissa pas que de recevoir une f*euse atte9te4 ,il e/ s+uli]1 dit un ,europen1 que ,dieu ait sans cesse rvl1 t\t ce qui se passait dans le ciel1 sans jamais n\s in/ruire de ce qui se passe sur la t]re6 ,p\r moi1 dit un ,amrica91 je tr\ve une gr&e difficult au pl]9age2 c> supposons v+t-c9q ans p> gnration1 et seulem5t c5t millions de mles sur le globe3 *acun tant oblig d'all] la ,mekke une fois dans sa vie1 ce s]a p> an quatre millions d'hommes en r\te2 on ne p\rra pas rev5ir dans la mme anne2 et le nombre devi5t d\ble1 c'e/--dire de huit millions3 o tr\v] les vivres1 la place1 l'eau2 les vaisseaux p\r cette procession univ]selle8 ,il faudrait bi5 l des miracles4 ,la preuve1 dit un ?ologi5 ca?olique1 que la religion de ,mahomet n'e/ pas rvle1 c'e/ que la plup>t des ides qui en font la base exi/ai5t long-temps avant elle1 et qu'elle n'e/ qu'un mlange confus de vrits altres de notre sa9te religion et de celle des juifs1 qu'une homme ambitieux a fait s]vir ses projets de dom9ation et ses vues monda9es4 ,p>c\rez son livre2 v\s n'y v]rez que des hi/oires de la ,bible et de l'vangile1 trave/ies en contes absurdes1 et du re/e un tissu de dclamations contradictoires et vagues1 de prceptes ridicules ou dang]eux4 ,analysez l'esprit de ces prceptes et la conduite de l'aptre2 v\s n'y v]rez qu'un c>actre rus et audacieux1 qui1 p\r arriv] son b1 remue assez habilem5t1 il e/ vrai1 les passions du peuple qu'il veut g\v]n]4 ,il p>le des hommes simples et crdules1 il leur suppose des prodiges2 ils sont ignorants et jal\x1 il flatte leur vanit en mprisant la sci5ce2 ils sont pauvres et avides1 il excite leur cupidit p> l'espoir du pillage2 il n'a ri5 donn] d'abord sur la t]re1 il se cre des trsors dans les cieux2 il fait dsir] la mort comme un bi5 suprme2 il m5ace les l*es de l'enf]2 il promet le p>adis aux braves2 il aff]mit les faibles p> l'op9ion de la fatalit2 en un mot1 il produit le dv\em5t dont il a beso9 p> t\s les attraits des s5s1 p> les mobiles de t\tes les passions4 ,quel c>actre diffr5t dans notre doctr9e6 et combi5 son empire1 tabli sur la contradiction de t\s les p5*ants1 sur la ru9e de t\tes les passions1 ne pr\ve-t-il pas son orig9e cle/e8 ,combi5 sa morale d\ce1 compatissante1 et ses affections t\tes spirituelles n'atte/5t-elles pas son manation de la ,div9it8 ,il e/ vrai que plusieurs de ses dogmes s'lv5t au-dessus de l'ent5dem5t1 et impos5t la raison un respectueux sil5ce2 mais p>-l mme sa rvlation n'e/ que mieux con/ate1 puisque jamais les hommes n'euss5t imag9 de si gr&s my/res4 ,et t5ant d'une ma9 la ,bible1 et de l'autre1 les quatre vangiles1 le docteur comm5a de racont] que1 dans l'orig9e1 ,dieu 7aprs avoir pass une t]nit sans ri5 faire7 prit enf9 le desse91 sans motif connu1 de produire le monde de ri52 qu'ayant cr l'univ]s enti] en six j\rs1 il se tr\va fatigu le septime2 qu'ayant plac un premi] c\ple d'huma9s dans un lieu de dlices1 p\r les y r5dre p>faitem5t heureux1 il leur df5dit nanmo9s de gt] d'un fruit qu'il leur laissa s\s la ma92 que ces premi]s p>5ts ayant cd la t5tation1 t\te leur race 7qui n'tait pas ne7 avait t condamne port] la pe9e d'une faute qu'elle n'avait pas commise2 qu'aprs avoir laiss le g5re huma9 se damn] p5dant quatre ou c9q mille ans1 ce ,dieu de misricorde avait ordonn un fils bi5-aim1 qu'il avait eng5dr sans mre1 et qui tait aussi g que lui1 d'all] se faire mettre mort sur t]re2 et cela1 af9 de sauv] les hommes1 dont cep5dant depuis ce temps-l le trs-gr& nombre cont9uait de se p]dre2 que1 p\r1 remdi] ce n\vel inconvni5t1 ce dieu1 n d'une femme re/e vi]ge1 aprs tre mort et ressuscit1 r5aissait encore *aque j\r2 et1 s\s la =me d'un peu de leva91 se multipliait p> milli]s la voix du d]ni] des hommes4 ,et de l passant la doctr9e des sacrem5ts1 il allait trait] fond de la puissance de li] et de dli]1 des moy5s de purg] t\t crime avec de l'eau et quelques p>oles2 qu&1 ayant pr(r les mots indulg5ce1 p\voir du pape1 grace suffisante ou efficace1 il fut int]rompu p> mille cris4 ,c'e/ un abus horrible1 dir5t les lu?ri5s1 de prt5dre1 p\r de l'arg5t1 remettre les p*s4 ,c'e/ une *ose contraire au texte de l'vangile1 dir5t les calv9i/es1 de suppos] une prs5ce vritable4 ,le pape n'a pas le droit de ri5 dcid] p> lui-mme1 dir5t les jansni/es3 et tr5te sectes la fois s'accusant mutuellem5t d'hrsie et d'erreur1 il ne fut plus possible de s'ent5dre4 ,aprs quelque temps1 le sil5ce s'tant rtabli1 les musulmans dir5t au lgislateur3 ,lorsque v\s avez rep\ss notre doctr9e1 comme proposant des *oses incroyables1 p\rrez-v\s admettre celle des *rti5s8 n'e/-elle pas encore plus contraire au s5s naturel et la ju/ice8 ,dieu immatriel1 inf9i1 se faire homme6 avoir un fils aussi g que lui6 ce dieu-homme dev5ir du pa9 que l'on mange et que l'on digre6 avons-n\s ri5 de semblable cela8 ,les *rti5s ont-ils le droit exclusif d'exig] une foi aveugle8 et leur accord]ez-v\s des privilges de croyance notre dtrim5t8 ,et des hommes sauvages s'tant avancs3 ,quoi1 dir5t-ils1 p>ce qu'un homme et une femme1 il y a six mille ans1 ont mang une pomme1 t\t le g5re huma9 se tr\ve damn1 et v\s dites ,dieu ju/e6 quel tyran r5dit jamais les enfants responsables des fautes de leurs pres6 ,quel homme peut rpondre des actions d'autrui6 ,n'e/-ce pas r5v]s] t\te ide de ju/ice et de raison8 ,et o sont1 dir5t d'autres1 les tmo9s1 les preuves de t\s ces prt5dus faits allgus8 ,peut-on les recevoir a9si sans aucun exam5 de preuves8 ,p\r la mo9dre action en ju/ice il faut deux tmo9s2 et l'on n\s f]a croire t\t ceci sur des traditions1 des ou-dire6 ,alors un rabb9 pr5ant la p>ole3 ,quant aux faits1 dit-il1 n\s en sommes g>ants p\r le fond3 l'g>d de la =me et de l'emploi que l'on en a fait1 le cas e/ diffr5t1 et les *rti5s se condamn5t ici p> leurs propres argum5ts2 c> ils ne peuv5t ni] que n\s ne soyons la s\rce orig9elle dont ils driv5t1 le tronc primitif sur lequel ils se sont ents2 et de l un raisonnem5t premptoire3 ,ou notre loi e/ de ,dieu1 et alors la leur e/ une hrsie1 puisqu'elle en diffre2 ou notre loi n'e/ pas de ,dieu1 et la leur tombe en mme temps4 ,il faut di/+u]1 rpondit le *rti53 votre loi e/ de ,dieu1 comme figure et prp>ative1 mais non pas comme f9ale et absolue2 v\s n'tes que le simulacre dont n\s sommes la ralit4 ,n\s savons1 rep>tit le rabb91 que telles sont vos prt5tions2 mais elles sont absolum5t gratuites et fausses4 ,votre sy/me porte t\t enti] sur des bases de s5s my/iques1 d'int]prtations visionnaires et allgoriques2 et ce sy/me1 viol5tant la lettre de nos livres1 sub/itue sans cesse au s5s vrai les ides les plus *imriques1 et y tr\ve t\t ce qu'il lui plat1 comme une imag9ation vagabonde tr\ve des figures dans les nuages4 ,a9si1 v\s avez fait un messie spirituel de ce qui1 dans l'esprit de nos prophtes1 n'tait qu'un roi politique3 v\s avez fait une rdemption du g5re huma9 de ce qui n'tait que le rtablissem5t de notre nation3 v\s avez tabli une prt5due conception virg9ale sur une phrase prise contre-s5s4 ,a9si v\s supposez votre gr t\t ce qui v\s convi5t2 v\s voyez dans nos livres mmes votre tr9it1 quoiqu'il n'en soit pas dit le mot le plus indirect1 et que ce soit une ide des nations pr(anes1 admise avec une f\le d'autres op9ions de t\t culte et de t\te secte1 dont se composa votre sy/me dans le *aos et l'an>*ie de vos trois premi]s sicles4 ces mots1 transports de fureur et criant au sacrilge1 au blasphme1 les docteurs *rti5s v\lur5t s'lanc] sur le juif4 ,et des mo9es big>rs de noir et de blanc s'tant avancs avec un drapeau o tai5t pe9ts des t5ailles1 un gril1 un b*] et ces mots3 ju/ice1 *>it et misricorde3 ,il faut1 dir5t-ils1 faire un acte de foi de ces impies1 et les brl] p\r la gloire de ,dieu4 ,et dja ils traai5t le plan d'un b*]1 qu& les musulmans leur dir5t d'un ton ironique3 ,voil donc cette religion de paix1 cette morale humble et bi5faisante que v\s n\s avez vante8 ,voil cette *>it vanglique qui ne combat l'incrdulit que p> la d\ceur1 et n'oppose aux injures que la pati5ce8 ,hypocrites6 c'e/ a9si que v\s trompez les nations2 c'e/ a9si que v\s avez propag vos fune/es erreurs6 ,avez-v\s t faibles1 v\s avez pr* la lib]t1 la tolrance1 la paix3 tes-v\s dev5us =ts1 v\s avez pratiqu la p]scution1 la viol5ce44444 ,et ils allai5t comm5c] l'hi/oire des gu]res et des meurtres du *ri/ianisme1 qu& le lgislateur rclamant le sil5ce1 susp5dit ce m\vem5t de discorde4 ,ce n'e/ pas n\s1 rpondir5t les mo9es big>rs1 d'un ton de voix t\j\rs humble et d\x1 ce n'e/ pas n\s que n\s v\lons v5g]1 c'e/ la cause de ,dieu1 c'e/ sa gloire que n\s df5dons4 ,et de quel droit1 rep>tir5t les imams1 v\s con/ituez-v\s ses reprs5tants plus que n\s8 ,avez-v\s des privilges que n\s n'ayons pas8 tes-v\s d'autres hommes que n\s8 ,df5dre ,dieu1 dit un autre gr\pe1 prt5dre le v5g]1 n'e/-ce pas insult] sa sagesse1 sa puissance8 ,ne sait-il pas mieux que les hommes ce qui convi5t sa dignit8 ,oui1 mais ses voies sont ca*es1 reprir5t les mo9es4 ,et il v\s re/]a t\j\rs pr\v]1 rep>tir5t les rabb9s1 que v\s avez le privilge exclusif de les compr5dre4 ,et alors1 fi]s de tr\v] des s\ti5s de leur cause1 les juifs crur5t que leur loi allait triomph]1 lorsque le mb$ 7gr&-prtre7 des ,p>sis1 ayant dem& la p>ole1 dit au lgislateur3 ,n\s avons ent5du le rcit des juifs et des *rti5s sur l'orig9e du monde2 et1 quoique altr1 n\s y avons reconnu beauc\p de *oses que n\s admettons2 mais n\s rclamons contre l'attribution qu'ils en font leur prophte ,mose1 d'abord p>ce qu'ils ne saurai5t pr\v] que les livres inscrits de son nom soi5t rellem5t son ouvrage2 qu'au contraire n\s (frons de dmontr]1 p> v+t passages positifs1 que leur rdaction lui e/ po/rieure de plus de six sicles1 et qu'elle provi5t de la conniv5ce manife/e d'un gr&-prtre et d'un roi dsigns#bh2 qu'ensuite1 si v\s p>c\rez avec att5tion le dtail des lois1 des rites et des prceptes prsums v5ir directem5t de ,mose1 v\s ne tr\v]ez en aucun article une indication1 mme tacite1 de ce qui compose auj\rd'hui la doctr9e ?ologique des juifs et de leurs enfants les *rti5s4 ,en aucun lieu v\s ne v]rez de trace1 ni de l'immortalit de l'ame1 ni d'une vie ultrieure1 ni de l'enf] et du p>adis1 ni de la rvolte de l'ange1 pr9cipal auteur des maux du g5re huma91 etc4 ,mose n'a po9t connu ces ides1 et la raison en e/ premptoire1 puisque ce ne fut que plus de deux sicles aprs lui que notre prophte ,z]d\/1 dit ,zoroa/re1 les vanglisa dans l',asie4444 ,aussi1 aj\ta le mb$ en s'adressant aux rabb9s1 n'e/-ce que depuis cette poque1 c'e/--dire aprs le sicle de vos premi]s rois1 que ces ides app>aiss5t dans vos criva9s2 et elles ne s'y montr5t que p> degrs1 et d'abord furtivem5t1 selon les relations politiques que vos pres eur5t avec nos aeux2 ce fut surt\t lorsque1 va9cus et disp]ss p> les rois de ,n9ive et de ,babylone1 vos pres fur5t transports sur les bords du ,tigre et de l',euphrate1 et qu'levs p5dant trois gnrations successives dans notre pays1 ils s'imprgnr5t de moeurs et d'op9ions jusqu'alors rep\sses comme contraires leur loi4 ,alors que notre roi ,kyrus les eut dlivrs de l'esclavage1 leurs coeurs se rappro*r5t de n\s p> la reconnaissance2 ils dev9r5t nos imitateurs1 nos disciples2 les familles les plus di/+ues1 que les rois de ,babylone avai5t fait lev] dans les sci5ces *aldennes1 rapportr5t ,jrusalem des ides n\velles1 des dogmes trang]s4 ,d'abord la masse du peuple1 non migre1 opposa le texte de la loi et le sil5ce absolu du prophte2 mais la doctr9e ph>isi5ne ou p>sie prvalut3 et1 modifie selon votre gnie et les ides qui v\s tai5t propres1 elle causa une n\velle secte4 ,v\s att5diez un roi re/aurateur de votre puissance2 n\s annoncions un ,dieu rp>ateur et sauveur3 de la comb9aison de ces ides1 vos essni5s fir5t la base du *ri/ianisme3 et1 quoi qu'en suppos5t vos prt5tions1 juifs1 *rti5s1 musulmans1 v\s n'tes1 dans votre sy/me des tres spirituels1 que des enfants g>s de ,zoroa/re4 ,le mb$1 passant de suite au dveloppem5t de sa religion1 et s'appuyant du ,sad-d] et du ,z5d-ave/a1 raconta1 dans le mme ordre que la ,g5se1 la cration du monde en six gahns3 la =mation d'un premi] homme et d'une premire femme dans un lieu cle/e1 s\s le rgne du bi52 l'introduction du mal dans le monde p> la gr&e c\leuvre1 emblme d',ahrimanes2 la rvolte et les combats de ce gnie du mal et des tnbres contre ,ormuzd1 dieu du bi5 et de la lumire2 la division des anges en blancs et en noirs1 en bons et en m*ants2 leur ordre hir>*ique en *rub9s1 sraph9s1 trnes1 dom9ations1 etc41 la f9 du monde au b\t de six mille ans2 la v5ue de l'agneau rp>ateur de la nature2 le monde n\veau2 la vie future dans des lieux de dlices ou de pe9es3 le passage des ames sur le pont de l'abme2 les crmonies des my/res de ,mi?ras2 le pa9 azyme qu'y mang5t les initis2 le baptme des enfants n\veau-ns2 les onctions des morts1 et les confessions de leurs p*s4 ,en un mot1 il exposa tant de *oses analogues aux trois religions prcd5tes1 qu'il semblait que ce ft un comm5taire ou une cont9uation du ,qran et de l',apocalypse4 ,mais les docteurs juifs1 *rti5s1 musulmans1 se rcriant sur cet expos1 et traitant les p>sis d'idoltres et d'adorateurs du feu1 les taxr5t de m5songe1 de supposition1 d'altration de faits3 et il s'leva une viol5te dispute sur les dates des vnem5ts1 sur leur succession et sur leur srie2 sur la s\rce premire des op9ions1 sur leur transmission de peuple peuple1 sur l'au!nticit des livres qui les tabliss5t1 sur l'poque de leur composition1 le c>actre de leurs rdacteurs1 la valeur de leurs tmoignages2 et les div]s p>tis1 se dmontrant rciproquem5t des contradictions1 des invraisemblances1 des apocryphits1 s'accusr5t mutuellem5t d'avoir tabli leur croyance sur des bruits populaires1 sur des traditions vagues1 sur des fables absurdes1 inv5tes sans disc]nem5t1 admises sans critique p> des criva9s inconnus1 ignorants ou p>tiaux1 des poques inc]ta9es ou fausses4 ,d'autre "p un gr& murmure s'excita s\s les drapeaux des sectes indi5nes2 et les brahmanes1 prote/ant contre les prt5tions des juifs et des p>sis1 dir5t3 ,quels sont ces peuples n\veaux et presque inconnus qui s'tabliss5t a9si1 de leur droit priv1 les auteurs des nations et les dpositaires de leurs ar*ives8 ent5dre leurs calculs de c9q six mille ans1 il sembl]ait que le monde ne ft n que d'hi]1 t&is que nos monum5ts con/at5t une dure de plusieurs milli]s de sicles4 ,et de quel droit leurs livres s]ai5t-ils prfrs aux ntres8 ,les ,vdas1 les ,*a/ras1 les ,p\rans1 sont-ils donc infrieurs aux ,bibles1 au ,z5d-ave/a1 au ,sad-d]8 ,le tmoignage de nos pres et de nos dieux ne vaudra-t-il pas celui des dieux et des pres des ,occid5taux8 ,ah6 s'il n\s tait p]mis d'en rvl] les my/res des hommes pr(anes6 si un voile sacr ne devait pas c\vrir notre doctr9e t\s les reg>ds64444 ,et les brahmanes s'tant tus ces mots3 ,comm5t admettre votre doctr9e1 leur dit le lgislateur1 si v\s ne la manife/ez pas8 ,et comm5t ses premi]s auteurs l'ont-ils propage1 alors qu'tant seuls la possd]1 leur propre peuple leur tait pr(ane8 ,le ciel la rvla-t-il p\r la taire8 ,mais les brahmanes p]si/ant ne pas s'expliqu]3 ,n\s p\vons leur laiss] les honneurs du secret1 dit un homme d',europe4 ,dsormais leur doctr9e e/ dc\v]t2 n\s possdons leurs livres1 et je puis v\s en rsum] la sub/ance4 ,en effet1 en analysant les quatre ,vdas1 les dix-huit ,p\rans et les c9q ou six ,*a/ras1 il exposa comm5t un tre immatriel1 inf9i1 t]nel et rond1 aprs avoir pass un temps sans bornes se contempl]1 v\lant enf9 se manife/]1 sp>a les facults mle et femelle qui tai5t en lui1 et opra un acte de gnration dont le l+am e/ re/ l'emblme2 comm5t de ce premi] acte naquir5t1 trois puissances div9es1 appeles ,brahma1 ,bi*5 ou ,vi*5\1 et ,*ib ou ,*iv51 *>ges1 la premire de crer1 la seconde de cons]v]1 la troisime de dtruire ou de *ang] les =mes de l'univ]s3 et1 dtaillant l'hi/oire de leurs oprations et de leurs av5tures1 il expliqua comm5t ,brahma1 fi] d'avoir cr le monde et les huit sphres de purifications1 s'tant prfr son gal ,*ib1 ce m\vem5t d'orgueil causa entre eux un combat qui fracassa les globes ou orbites cle/es1 comme un pani] d'oeufs2 comm5t ,brahma1 va9cu dans ce combat1 fut rduit s]vir de pide/al ,*ib1 mtamorphos en l+am2 comm5t ,vi*5\1 dieu mdiateur1 a pris1 des poques div]ses1 neuf =mes animales et mortelles p\r cons]v] le monde3 comm5t d'abord1 s\s celle de poisson1 il sauva du dluge univ]sel une famille qui repeupla la t]re2 comm5t ensuite1 s\s la =me d'une tortue1 il tira de la m] de lait la montagne ,m®uiri 7le ple72 puis1 s\s celle de sangli]1 d*ira le v5tre du gant ,er5na*ess51 qui subm]geait la t]re dans l'abme du ,djle1 dont il la retira sur ses df5ses2 comm5t inc>n s\s la =me de b]g] noir1 et s\s le nom de ,*ris-en1 il dlivra le monde du v5imeux s]p5t ,cal5gam1 et p>v9t1 aprs en avoir t mordu au pi$1 lui cras] la tte4 ,puis1 passant l'hi/oire des gnies secondaires1 il raconta comm5t l't]nel1 p\r faire clat] sa gloire1 avait cr div]s ordres d'anges1 *>gs de *ant] ses l\anges et de dirig] l'univ]s2 comm5t une p>tie de ces anges se rvoltr5t s\s la conduite d'un *ef ambitieux1 qui v\lut usurp] le p\voir de ,dieu et t\t g\v]n]2 comm5t ,dieu les prcipita dans le monde de tnbres1 p\r y subir le traitem5t de leur malfaisance2 comm5t ensuite1 t\* de compassion1 il cons5tit les en retir]1 et les rappel] en grace aprs qu'ils eur5t subi de longues preuves2 comm5t cet effet ayant cr qu9ze orbites ou rgions de plantes1 et des corps p\r les habit]1 il s\mit ces anges rebelles y subir quatre-v+t-sept transmigrations2 il expliqua comm5t les ames a9si purifies ret\rnai5t la s\rce premire1 l'ocan de vie et d'animation dont elles tai5t manes2 comm5t t\s les tres vivants cont5ant une portion de cette ame univ]selle1 il tait trs-c\pable de les en priv]4 ,enf9 il allait dvelopp] les rites et les crmonies1 lorsqu'ayant p>l des (fr&es et des libations de lait et de beurre des dieux de cuivre et de bois1 et des purifications p> la fi5te et l'ur9e de va*e1 il s'leva de t\tes p>ts des murmures mls d'clats de rire1 qui int]rompir5t l'orateur4 ,et *aque gr\pe raisonnant sur cette religion3 ,ce sont des idoltres1 dir5t les musulmans1 il faut les ext]m9]44444 ,ce sont des c]veaux drangs1 dir5t les sectateurs de ,confutze1 qu'il faut t*] de gurir4 ,les plaisants dieux1 disai5t quelques autres1 que ces m>m\sets graisseux et enfums1 qu'on lave comme des enfants malpropres1 et dont il faut *ass] les m\*es fri&es de miel1 qui vi5n5t les salir d'ordures6 ,et un brahmane indign1 pr5ant la p>ole3 ,ce sont des my/res pr(onds1 s'cria-t-il1 des emblmes de vrits que v\s n'tes pas dignes d'ent5dre4 ,de quel droit1 rpondit un lama du ,tibet1 en tes-v\s plus dignes que n\s6 ,e/-ce p>ce que v\s v\s prt5dez issus de la tte de ,brahma1 et que v\s rejetez de mo9s nobles p>ties le re/e des huma9s8 ,mais1 p\r s\t5ir l'orgueil de vos di/9ctions d'orig9es et de ca/es1 pr\vez-n\s d'abord que v\s tes d'autres hommes que n\s4 ,pr\vez-n\s ensuite1 comme faits hi/oriques1 les allgories que v\s n\s racontez3 pr\vez-n\s mme que v\s tes les auteurs de t\te cette doctr9e2 c> n\s1 s'il le faut1 n\s pr\v]ons que v\s n'en tes que les plagiaires et les corrupteurs2 que v\s n'tes que les imitateurs de l'anci5 paganisme des ,occid5taux1 auquel v\s avez1 p> un mlange biz>re1 alli la doctr9e t\te spirituelle de notre ,dieu2 cette doctr9e dgage des s5s1 entirem5t ignore de la t]re avant que ,b\dh l'et enseigne aux nations4 ,et une f\le de gr\pes ayant dem& quelle tait cette doctr9e et quel tait ce dieu1 dont la plup>t n'avai5t jamais ou le nom1 le lama reprit la p>ole et dit3 ,qu'au comm5cem5t un ,dieu unique1 exi/ant p> lui-mme1 aprs avoir pass une t]nit absorb dans la contemplation de son tre1 v\lut manife/] ses p]fections hors de lui-mme1 et cra la matire du monde2 que les quatre lm5ts tant produits1 mais encore confus1 il s\ffla sur les eaux1 qui s'enflr5t comme une bulle imm5se de la =me d'un oeuf1 laquelle en se dveloppant dev9t la vote et l'orbe du ciel qui ence9t le monde2 qu'ayant fait la t]re et les corps des tres1 ce ,dieu1 ess5ce du m\vem5t1 leur dp>tit1 p\r les anim]1 une portion de son tre2 qu' ce titre1 l'ame de t\t ce qui respire tant une fraction de l'ame univ]selle2 aucune ne prit1 mais que seulem5t elles *ang5t de m\le et de =me1 en passant successivem5t en des corps div]s2 que de t\tes les =mes1 celle qui plat le plus l'tre div9 e/ celle de l'homme1 comme appro*ant le plus de ses p]fections2 que qu& un homme1 p> un dgagem5t absolu de ses s5s1 s'absorbe dans la contemplation de lui-mme1 il p>vi5t y dc\vrir la ,div9it1 et il la devi5t en effet2 que p>mi les inc>nations de cette espce que ,dieu a dja revtues1 l'une des plus sa9tes et des plus sol5nelles fut celle dans laquelle il p>ut il y a v+t-huit sicles dans le ,ka*emire1 s\s le nom de ,ft ou ,b\dh1 p\r enseign] la doctr9e de l'anantissem5t1 du r5oncem5t soi-mme4 ,et traant l'hi/oire de ,ft1 le lama dit qu'il tait n du ct droit d'une vi]ge de sang royal1 qui n'avait pas cess d'tre vi]ge en dev5ant mre2 que le roi du pays1 inquiet de sa naissance1 v\lut le faire prir1 et qu'il fit massacr] t\s les mles ns son poque2 que1 sauv p> des ptres1 ,b\dh en m5a la vie dans le ds]t jusqu' l'ge de tr5te ans1 o il comm5a sa mission d'clair] les hommes1 et de les dlivr] des dmons2 qu'il fit une f\le de miracles les plus tonnants2 qu'il vcut dans le jene et dans les pnit5ces les plus rudes1 et qu'il laissa en m\rant un livre ses disciples1 o tait cont5ue sa doctr9e2 et le lama1 comm5a de lire444 ,celui qui ab&onne son pre et sa mre p\r me suivre1 dit ,ft1 devi5t un p>fait samanen 7homme cle/e74 ,celui qui pratique mes prceptes jusqu'au quatrime degr de p]fection1 acqui]t la facult de vol] en l'air1 de faire m\voir le ciel et la t]re1 de prolong] ou de dim9u] la vie 7de ressuscit]74 ,le samanen rejette les ri*esses1 n'use que du plus troit ncessaire2 il mortifie son corps2 ses passions sont muettes2 il ne dsire ri52 il ne s'atta*e ri52 il mdite sans cesse ma doctr9e2 il s\ffre patiemm5t les injures2 il n'a po9t de ha9e contre son pro*a94 ,le ciel et la t]re priront1 dit ,ft3 mprisez donc votre corps compos de quatre lm5ts prissables1 et ne songez qu' votre ame immortelle4 ,n'c\tez pas la *air3 les passions produis5t la cra9te et le *agr92 t\ffez les passions1 v\s dtruirez la cra9te et le *agr94 ,celui qui meurt sans avoir embrass ma religion1 dit ,ft1 revi5t p>mi les hommes jusqu' ce qu'il la pratique4 ,le lama allait cont9u]1 lorsque les *rti5s1 rompant le sil5ce1 s'crir5t que c'tait leur propre religion que l'on altrait1 que ,ft n'tait que ,is\s lui-mme dfigur1 et que les lamas n'tai5t que des ne/ori5s et des mani*ens dguiss et abt>dis4 ,mais le lama1 s\t5u de t\s les *amans1 bonzes1 gonnis1 talapo9s de ,siam1 de ,ceylan1 du ,japon1 de la ,*9e1 pr\va aux *rti5s1 p> leurs auteurs mmes1 que la doctr9e des samanens tait rp&ue dans t\t l',ori5t plus de mille ans avant le *ri/ianisme2 que leur nom tait cit ds avant l'poque d',alex&re1 et que ,b\tta ou ,b\dh tait m5tionn long-temps avant ,is\s4 ,et rtorquant contre eux leur prt5tion3 ,pr\vez-n\s ma9t5ant1 leur dit-il1 que v\s mmes n'tes pas des samanens dgnrs2 que l'homme dont v\s faites l'auteur de votre secte n'e/ pas ,ft lui mme altr4 ,dmontrez-n\s son exi/5ce p> des monum5ts hi/oriques l'poque que v\s n\s citez2 c>1 p\r n\s1 fonds sur l'abs5ce de t\t tmoignage au!ntique1 n\s v\s la nions =mellem5t2 et n\s s\t5ons que vos vangiles mmes ne sont que les livres des mi?riaques de ,p]se et des essni5s de ,syrie1 qui n'tai5t eux-mmes que des samanens r=ms4 ces mots1 les *rti5s jetant de gr&s cris1 une n\velle dispute plus viol5te allait s'lev]1 lorsqu'un gr\pe de *amans *9ois et de talapo9s de ,siam1 s'avanant en scne1 dir5t qu'ils allai5t mettre d'accord t\t le monde2 et l'un d'eux pr5ant la p>ole3 ,il e/ temps1 dit-il1 que n\s t]m9ions t\tes ces conte/ations frivoles en levant p\r v\s le voile de la doctr9e intrieure que ,ft lui-mme1 au lit de la mort1 a rvle ses disciples4 ,t\tes ces op9ions ?ologiques1 a-t-il dit1 ne sont que des *imres2 t\s ces rcits de la nature des dieux1 de leurs actions1 de leur vie1 ne sont que des allgories1 des emblmes my?ologiques1 s\s lesquels sont enveloppes des ides +nieuses de morale1 et la connaissance des oprations de la nature dans le jeu des lm5ts et la m>*e des a/res4 ,la vrit e/ que t\t se rduit au nant2 que t\t e/ illusion1 app>5ce1 songe2 que la mtempsycose morale n'e/ que le s5s figur de la mtempsycose physique1 de ce m\vem5t successif p> lequel les lm5ts d'un mme corps qui ne priss5t po9t1 pass5t1 qu& il se diss\t1 dans d'autres milieux et =m5t d'autres comb9aisons4 ,l'ame n'e/ que le pr9cipe vital qui rsulte des proprits de la matire et du jeu des lm5ts dans les corps o ils crent un m\vem5t spontan4 ,suppos] que ce produit du jeu des organes1 n avec eux1 dvelopp avec eux1 endormi avec eux1 subsi/e qu& ils ne sont plus1 c'e/ un roman peut-tre agrable1 mais rellem5t *imrique de l'imag9ation abuse4 ,dieu lui-mme n'e/ autre *ose que le pr9cipe moteur1 que la =ce occulte rp&ue dans les tres2 que la somme de leurs lois et de leurs proprits2 que le pr9cipe animant1 en un mot1 l'ame de l'univ]s2 laquelle1 raison de l'inf9ie v>it de ses rapports et de ses oprations1 considre tantt comme simple et tantt comme multiple1 tantt comme active et tantt comme passive1 a t\j\rs prs5t l'esprit huma9 une nigme insoluble4 ,t\t ce qu'il peut y compr5dre de plus clair1 c'e/ que la matire ne prit po9t2 qu'elle possde ess5tiellem5t des proprits p> lesquelles le monde e/ rgi comme un tre vivant et organis2 que la connaissance de ces lois1 p> rapport l'homme1 e/ ce qui con/itue la sagesse2 que la v]tu et le mrite rsid5t dans leur obs]vation2 et le mal1 le p*1 le vice1 dans leur ignorance et leur infraction2 que le bonheur et le malheur en sont le rsultat1 p> la mme ncessit qui fait que les *oses pesantes desc5d5t1 que les lgres s'lv5t1 et p> une fatalit de causes et d'effets dont la *ane remonte depuis le d]ni] atome jusqu'aux a/res les plus levs4 ,voil ce qu'a rvl au lit du trpas notre ,b\dah ,somona ,g\tama4 ces mots1 une f\le de ?ologi5s de t\te secte s'crir5t que cette doctr9e tait un pur matrialisme2 que ceux qui la pr(essai5t tai5t des impies1 des a?es1 ennemis de ,dieu et des hommes1 qu'il fallait ext]m9]4--,h bi51 rpondir5t les *amans1 supposons que n\s soyons en erreur2 cela peut tre1 c> le premi] attribut de l'esprit huma9 e/ d'tre sujet l'illusion2 mais de quel droit t]ez-v\s des hommes comme v\s1 la vie que le ciel leur a donne8 ,si ce ciel n\s ti5t p\r c\pables1 n\s a en horreur1 p\rquoi n\s di/ribue-t-il les mmes bi5s qu' v\s8 ,et s'il n\s traite avec tolrance1 quel droit avez-v\s d'tre mo9s indulg5ts8 ,hommes pieux1 qui p>lez de ,dieu avec tant de c]titude et de confiance1 veuillez n\s dire ce qu'il e/3 faites-n\s compr5dre ce que sont ces tres ab/raits et mtaphysiques que v\s appelez ,dieu et ame1 sub/ance sans matire1 exi/5ce sans corps1 vie sans organes ni s5sations4 ,si v\s connaissez ces tres p> vos s5s ou p> leur rflexion1 r5dez-n\s-les de mme p]ceptibles3 que si v\s n'en p>lez que sur tmoignage et p> tradition1 montrez-n\s un rcit uni=me1 et donnez notre croyance des bases id5tiques et fixes4 ,alors il s'leva entre les ?ologi5s une gr&e controv]se sur ,dieu1 et sur sa nature2 sur sa manire d'agir et de se manife/]2 sur la nature de l'ame et son union avec le corps2 sur son exi/5ce avant les organes1 ou seulem5t depuis leur =mation2 sur la vie future et sur l'autre monde3 et *aque secte1 *aque cole1 *aque individu diffrant sur t\s ces po9ts1 et motivant son diss5tim5t de raisons plausibles1 d'autorits respectables1 et cep5dant opposes1 ils tombr5t t\s dans un labyr9! inextricable de contradictions4 ,alors le lgislateur ayant rclam le sil5ce1 et ram5ant la "q son premi] b3 ,*efs et in/ituteurs des peuples1 dit-il1 v\s tes v5us en prs5ce p\r la re*]*e de la vrit2 et d'abord *acun de v\s croyant la possd]1 a exig une foi implicite2 mais ap]cevant la contr>it de vos op9ions1 v\s avez conu qu'il fallait les s\mettre un rgulateur commun d'vid5ce1 les rapport] un t]me gnral de comp>aison1 et v\s tes conv5us d'expos] *acun vos preuves de croyance4 ,v\s avez allgu des faits2 mais *aque religion1 *aque secte ayant galem5t ses miracles et ses m>tyrs1 *acune produisant galem5t des tmoignages et les s\t5ant de son dv\em5t la mort1 la balance1 p> droit de p>it1 e/ re/e gale sur ce premi] po9t4 ,v\s avez ensuite pass aux preuves de raisonnem5t2 mais les mmes argum5ts s'appliquant galem5t des ?ses contraires2 les mmes ass]tions1 galem5t gratuites1 tant galem5t avances et rep\sses2 l'ass5tim5t de *acun tant dni p> les mmes droits1 ri5 ne s'e/ tr\v dmontr4 ,bi5 plus1 la confrontation de vos dogmes a suscit de n\velles et plus gr&es difficults2 c>1 trav]s les div]sits app>5tes ou accessoires1 leur dveloppem5t v\s a prs5t un fond ressemblant1 un canevas commun2 et *acun de v\s s'en prt5dant l'inv5teur autographe1 le dpositaire premi]1 v\s v\s tes taxs les uns les autres d'tre des altrateurs et des plagiaires2 et il nat de l une "q p9euse de transmission de peuple peuple des ides religieuses4 ,enf91 p\r combl] l'emb>ras1 ayant v\lu v\s r5dre compte de ces ides elles-mmes1 il s'e/ tr\v qu'elles v\s tai5t t\s confuses et mme trangres2 qu'elles portai5t sur des bases inaccessibles vos s5s2 que1 p> consqu5t1 v\s tiez sans moy5s d'en jug]1 et qu' leur g>d v\s conv5iez v\s-mmes de n'tre que les *os de vos pres3 de l cette autre "q de savoir comm5t elles ont pu v5ir vos pres1 qui1 eux-mmes1 n'avai5t pas d'autres moy5s que v\s de les concevoir3 de manire que1 d'une "p1 la succession de ces ides tant inconnue1 d'autre "p leur orig9e et leur exi/5ce dans l'ent5dem5t tant un my/re1 t\t l'difice de vos op9ions ?ologiques devi5t un problme compliqu de mtaphysique et d'hi/oire444 ,comme nanmo9s ces op9ions1 quelque extraord9aires qu'elles puiss5t tre1 ont une orig9e quelconque2 comme les ides les plus ab/raites et les plus fanta/iques ont1 dans la nature1 un modle physique1 une cause1 quelle qu'elle soit1 il s'agit de remont] cette orig9e1 de dc\vrir quel fut ce modle2 en un mot1 de savoir d'o sont v5ues1 dans l'ent5dem5t de l'homme1 ces ides ma9t5ant si obscures de la div9it1 de l'ame1 de t\s les tres immatriels qui font la base de tant de sy/mes1 et de dml] la filiation qu'elles ont suivie1 les altrations qu'elles ont pr\ves dans leur succession et leurs embran*em5ts4 ,si donc il se tr\ve des hommes qui ai5t port leurs tudes sur ces objets1 qu'ils s'avanc5t et qu'ils t5t5t de dissip]1 la face des nations1 l'obscurit des op9ions o depuis si long-temps elles s'g>5t4 ,,*apitre ,,xxii4 ,orig9e et filiation des ides religieuses4 ces mots1 un gr\pe n\veau1 =m l'in/ant d'hommes de div]s t5d>ds1 mais lui-mme n'en arborant po9t1 s'avana dans l'arne2 et l'un de ses membres portant la p>ole1 dit3 ,lgislateur1 ami de l'vid5ce et de la vrit6 ,il n'e/ pas tonnant que tant de nuages envelopp5t le sujet que n\s traitons1 puisque1 outre les difficults qui lui sont propres1 la p5se n'a1 jusqu' ce mom5t1 cess d'y r5contr] des ob/acles accessoires1 et que t\t travail libre1 t\te discussion lui ont t int]dits p> l'intolrance de *aque sy/me2 mais puisqu'enf9 il lui e/ p]mis de se dvelopp]1 n\s allons expos] au gr& j\r1 et s\mettre au jugem5t commun1 ce que de longues re*]*es ont appris de plus raisonnable des esprits dgags de prjugs2 et n\s l'expos]ons1 non avec la prt5tion d'en impos] la croyance1 mais avec l'int5tion de provoqu] de n\velles lumires et de plus gr&s claircissem5ts4 ,v\s le savez1 docteurs et in/ituteurs des peuples6 d'paisses tnbres c\vr5t la nature1 l'orig9e1 l'hi/oire des dogmes que v\s enseignez3 imposs p> la =ce et l'autorit1 inculqus p> l'ducation1 entret5us p> l'exemple1 ils se p]ptu5t d'ge en ge1 et aff]miss5t leur empire p> l'habitude et l'inatt5tion4 ,mais si l'homme1 clair p> la rflexion et l'expri5ce1 rappelle un mr exam5 les prjugs de son enfance1 il y dc\vre bi5tt une f\le de disp>ates et de contradictions qui veill5t sa sagacit et provoqu5t son raisonnem5t4 ,d'abord1 rem>quant la div]sit et l'opposition des croyances qui p>tag5t les nations1 il s'enh>dit contre l'infaillibilit que t\tes s'arrog5t2 et1 s'armant de leurs prt5tions rciproques1 il conoit que les s5s et la raison1 mans immdiatem5t de ,dieu1 ne sont pas une loi mo9s sa9te1 un guide mo9s sr que les codes mdiats et contradictoires des prophtes4 ,s'il exam9e ensuite le tissu de ces codes eux-mmes1 il obs]ve que leurs lois prt5dues div9es1 c'e/--dire immuables et t]nelles1 sont nes p> circon/ances de temps1 de lieux et de p]sonnes2 qu'elles driv5t les unes des autres dans une espce d'ordre gnalogique1 puisqu'elles s'emprunt5t mutuellem5t un fonds commun et ressemblant d'ides1 que *acune modifie son gr4 ,que s'il remonte la s\rce de ces ides1 il tr\ve qu'elle se p]d dans la nuit des temps1 dans l'enfance des peuples1 jusqu' l'orig9e du monde mme1 laquelle elles se dis5t lies2 et l1 places dans l'obscurit du *aos et dans l'empire fabuleux des traditions1 elles se prs5t5t accompagnes d'un tat de *oses si prodigieux1 qu'il semble int]dire t\t accs au jugem5t2 mais cet tat mme suscite un premi] raisonnem5t1 qui en rs\t la difficult2 c>1 si les faits prodigieux que n\s prs5t5t les sy/mes ?ologiques ont rellem5t exi/2 si1 p> exemple1 les mtamorphoses1 les app>itions1 les conv]sations d'un seul ou de plusieurs dieux1 traces dans les livres sacrs des ,indi5s1 des ,hbreux1 des ,p>sis1 sont des vnem5ts hi/oriques1 il faut conv5ir que la nature d'alors diffrait entirem5t de celle qui subsi/e2 que les hommes actuels n'ont ri5 de commun avec ceux de ces sicles-l1 et qu'ils ne doiv5t plus s'en occup]4 ,si1 au contraire1 ces faits prodigieux n'ont pas rellem5t exi/ dans l'ordre physique1 ds lors on conoit qu'ils sont du g5re des crations de l'ent5dem5t2 et sa nature1 capable encore auj\rd'hui des compositions les plus fanta/iques1 r5d d'abord raison de l'app>ition de ces mon/res dans l'hi/oire2 il ne s'agit plus que de savoir comm5t et p\rquoi ils se sont =ms dans l'imag9ation3 or1 en exam9ant avec att5tion les sujets de leurs tableaux1 en analysant les ides qu'ils comb95t et qu'ils associ5t1 et pesant avec so9 t\tes les circon/ances qu'ils allgu5t1 l'on p>vi5t dc\vrir1 ce premi] tat incroyable1 une solution con=me aux lois de la nature2 on s'ap]oit que ces rcits d'un g5re fabuleux ont un s5s figur autre que le s5s app>5t2 que ces prt5dus faits m]veilleux sont des faits simples et physiques1 mais qui1 mal conu ou mal pe9ts1 ont t dnaturs p> des causes accid5telles dp5dantes de l'esprit huma92 p> la confusion des signes qu'il a employs p\r pe9dre les objets2 p> l'quivoque des mots1 le vice du langage1 l'imp]fection de l'criture2 on tr\ve que ces dieux1 p> exemple1 qui j\5t des rles si s+uli]s dans t\s les sy/mes1 ne sont que les puissances physiques de la nature1 les lm5ts1 les v5ts1 les a/res1 et les mtores1 qui ont t p]sonnifis p> le mcanisme ncessaire du langage et de l'ent5dem5t2 que leur vie1 leurs moeurs1 leurs actions ne sont que le jeu de leurs oprations1 de leurs rapports2 et que t\te leur prt5due hi/oire n'e/ que la description de leurs phnomnes1 trace p> les premi]s physici5s qui les obs]vr5t1 et prise contre-s5s p> le vulgaire1 qui ne l'ent5dit pas1 ou p> les gnrations suivantes1 qui l'oublir5t4 ,on reconnat1 en un mot1 que t\s les dogmes ?ologiques sur l'orig9e du monde1 sur la nature de ,dieu1 la rvlation de ses lois1 l'app>ition de sa p]sonne1 ne sont que des rcits de faits a/ronomiques1 que des n>rations figures et emblmatiques du jeu des con/ellations4 ,on se conva9cra que l'ide mme de la div9it1 cette ide auj\rd'hui si obscure1 n'e/1 dans son modle primitif1 que celle des puissances physiques de l'univ]s1 considres tantt comme multiples raison de leurs ag5ts et de leurs phnomnes1 et tantt comme un tre unique et simple p> l'ensemble et le rapport de t\tes leurs p>ties3 en sorte que l'tre appel ,dieu a t tantt le v5t1 le feu1 l'eau1 t\s les lm5ts2 tantt le soleil1 les a/res1 les plantes et leurs influ5ces2 tantt la matire du monde visible1 la totalit de l'univ]s2 tantt les qualits ab/raites et mtaphysiques1 telles que l'espace1 la dure1 le m\vem5t et l'intellig5ce2 et t\j\rs avec ce rsultat1 que l'ide de la div9it n'a po9t t une rvlation miraculeuse d'tres invisibles1 mais une production naturelle de l'ent5dem5t1 une opration de l'esprit huma92 dont elle a suivi les progrs et subi les rvolutions dans la connaissance du monde physique et de ses ag5ts4 ,oui1 va9em5t les nations report5t leur culte des inspirations cle/es2 va9em5t leurs dogmes invoqu5t un premi] tat de *oses surnaturel3 la b>b>ie orig9elle du g5re huma91 atte/e p> ses propres monum5ts1 dm5t d'abord t\tes ces ass]tions2 mais de plus1 un fait subsi/ant et irrcusable dpose victorieusem5t contre les faits inc]ta9s et d\teux du pass4 ,de ce que l'homme n'acqui]t et ne reoit d'ides que p> l'int]mde de ses s5s1 il suit avec vid5ce que t\te notion qui s'attribue une autre orig9e que celle de l'expri5ce et des s5sations1 e/ la supposition errone d'un raisonnem5t dress dans un temps po/rieur3 or1 il suffit de jet] un c\p d'oeil rfl*i sur les sy/mes sacrs de l'orig9e du monde1 l'action des dieux1 p\r dc\vrir *aque ide1 *aque mot1 l'anticipation d'un ordre de *oses qui ne naquit que long-temps aprs2 et la raison1 =te de ces contradictions1 rejetant t\t ce qui ne tr\ve pas sa preuve dans l'ordre naturel1 et n'admettant p\r bon sy/me hi/orique que celui qui s'accorde avec les vraisemblances1 la raison tablit le si51 et dit avec assurance3 ,avant qu'une nation et reu d'une autre nation des dogmes dja inv5ts2 avant qu'une gnration et hrit des ides acquises p> une gnration antrieure1 nul de t\s les sy/mes composs n'exi/ait encore dans le monde4 ,enfants de la nature1 les premi]s huma9s1 antrieurs t\t vnem5t1 novices t\te connaissance1 naquir5t sans aucune ide1 ni de dogmes issus de disputes scola/iques2 ni de rites fonds sur des usages et des arts natre2 ni de prceptes qui suppos5t un dveloppem5t de passions2 ni de codes qui suppos5t un langage1 un tat social encore au nant2 ni de div9it1 dont t\s les attributs se rapport5t des *oses physiques1 et t\tes les actions un tat despotique de g\v]nem5t2 ni enf9 d'ame et de t\s ces tres mtaphysiques que l'on dit ne po9t tomb] s\s les s5s1 et qui cep5dant1 p> t\te autre voie1 l'accs l'ent5dem5t demeure impossible4 ,p\r arriv] tant de rsultats1 il fallut p>c\rir un c]cle ncessaire de faits pralables2 il fallut que des essais rpts et l5ts appriss5t l'homme brut l'usage de ses organes2 que l'expri5ce accumule de gnrations successives et inv5t et p]fectionn les moy5s de la vie1 et que l'esprit1 dgag de l'entrave des premi]s beso9s1 s'levt l'art compliqu de comp>] des ides1 d'asseoir des raisonnem5ts1 et de saisir des rapports ab/raits4 4 ,i4 ,orig9e de l'ide de ,dieu3 culte des lm5ts et des puissances physiques de la nature4 ,ce ne fut qu'aprs avoir fran*i ces ob/acles et p>c\ru dja une longue c>rire dans la nuit de l'hi/oire1 que l'homme1 mditant sur sa condition1 comm5a de s'ap]cevoir qu'il tait s\mis des =ces suprieures la si5ne et indp5dantes de sa volont4 ,le soleil l'clairait1 l'*auffait2 le feule brlait1 le tonn]re l'effrayait1 l'eau le suffoquait1 le v5t l'agitait2 t\s les tres ex]ai5t sur lui une action puissante et irrsi/ible4 ,long-temps automate1 il subit cette action sans en re*]*] la cause2 mais du mom5t qu'il v\lut s'en r5dre compte1 il tomba dans l'tonnem5t2 et passant de la surprise d'une premire p5se la rv]ie de la curiosit1 il =ma une srie de raisonnem5ts4 ,d'abord1 considrant l'action des lm5ts sur lui1 il conclut de sa "p une ide de faiblesse1 d'assujettissem5t1 et de leur "p une ide de puissance1 de dom9ation2 et cette ide de puissance fut le type primitif et fondam5tal de t\te ide de la div9it4 ,secondem5t1 les tres naturels1 dans leur action1 excitai5t en lui des s5sations de plaisir ou de d\leur1 de bi5 ou de mal3 p> un effet naturel de son organisation1 il conut p\r eux de l'am\r ou de l'av]sion2 il dsira ou r$\ta leur prs5ce3 et la cra9te ou l'espoir fur5t le pr9cipe de t\te ide de religion4 ,ensuite1 jugeant de t\t p> comp>aison1 et rem>quant dans ces tres un m\vem5t spontan comme le si51 il supposa ce m\vem5t une volont1 une intellig5ce de l'espce de la si5ne2 et de l1 p> induction1 il fit un n\veau raisonnem5t4--,ayant pr\v que c]ta9es pratiques env]s ses semblables avai5t l'effet de modifi] son gr leurs affections et de dirig] leur conduite1 il employa ces pratiques avec les tres puissants de l'univ]s2 il se dit3 ,qu& mon semblable1 plus =t que moi1 veut me faire du mal1 je m'abaisse devant lui1 et ma prire a l'art de le calm]4 ,je pri]ai les tres puissants qui me frapp5t2 je suppli]ai les intellig5ces des v5ts1 des a/res1 des eaux1 et elles m'ent5dront2 je les conjur]ai de dt\rn] les maux1 de me donn] les bi5s dont elles dispos5t2 je les t\*]ai p> mes l>mes1 je les fl*irai p> mes dons1 et je j\irai du bi5-tre4 ,et l'homme1 simple dans l'enfance de sa raison1 p>la au soleil1 la lune2 il anima de son esprit et de ses passions les gr&s ag5ts de la nature2 il crut1 p> de va9s sons1 p> de va9es pratiques1 *ang] leurs lois inflexibles3 erreur fune/e6 ,il pria la pi]re de mont]1 l'eau de s'lev]1 les montagnes de se transport]1 et sub/ituant un monde fanta/ique au monde vritable1 il se con/itua des tres d'op9ion1 p\r l'p\vantail de son esprit et le t\rm5t de sa race4 ,a9si les ides de ,dieu et de religion1 l'gal de t\tes les autres1 ont pris leur orig9e dans les objets physiques1 et ont t1 dans l'ent5dem5t de l'homme1 le produit de ses s5sations1 de ses beso9s1 des circon/ances de sa vie et de l'tat progressif de ses connaissances4 ,or1 de ce que les ides de la div9it eur5t p\r premi]s modles les tres physiques1 il rsulta que la div9it fut d'abord v>ie et multiple1 comme les =mes s\s lesquelles elle p>ut agir3 *aque tre fut une puissance1 un gnie2 et l'univ]s p\r les premi]s hommes fut rempli de dieux innombrables4 ,et de ce que les ides de la div9it eur5t p\r moteurs les affections du coeur huma91 elles subir5t un ordre de division calqu sur ses s5sations de d\leur et de plaisir1 d'am\r ou de ha9e2 les puissances de la nature1 les dieux1 les gnies fur5t p>tags en bi5faisants et en malfaisants1 en bons et en mauvais2 et de l l'univ]salit de ces deux c>actres dans t\s les sy/mes de religion4 ,dans le pr9cipe1 ces ides analogues la condition de leurs inv5teurs1 fur5t long-temps confuses et grossires4 ,errants dans les bois1 obsds de beso9s1 dnus de ress\rces1 les hommes sauvages n'avai5t pas le loisir de comb9] des rapports et des raisonnem5ts3 affects de plus de maux qu'ils n'pr\vai5t de j\issances1 leur s5tim5t le plus habituel tait la cra9te1 leur ?ologie la t]reur2 leur culte se bornait quelques pratiques de salut1 et d'(fr&e des tres qu'ils se peignai5t froces et avides comme eux4 ,dans leur tat d'galit et d'indp5dance1 nul ne s'tablissait mdiateur auprs de dieux insubordonns et pauvres comme lui-mme4 ,nul n'ayant de sup]flu donn]1 il n'exi/ait ni p>asite s\s le nom de prtre1 ni tribut s\s le nom de victime1 ni empire s\s le nom d'autel2 le dogme et la morale confondus n'tai5t que la cons]vation de soi-mme2 et la religion1 ide arbitraire1 sans influ5ce sur les rapports des hommes entre eux1 n'tait qu'un va9 hommage r5du aux puissances visibles de la nature4 ,telle fut l'orig9e ncessaire et premire de t\te ide de la div9it4 ,et l'orateur s'adressant aux nations sauvages3 ,n\s v\s le dem&ons1 hommes qui n'avez pas reu d'ides trangres et factices2 dites-n\s si jamais v\s v\s en tes =m d'autres8 ,et v\s1 docteurs1 n\s v\s en atte/ons2 dites-n\s si tel n'e/ pas le tmoignage unanime de t\s les anci5s monum5ts8 ,,ii4 ,second sy/me4 ,culte des a/res1 ou sabisme4 ,mais ces mmes monum5ts n\s (fr5t ensuite un sy/me plus m?odique et plus compliqu1 celui du culte de t\s les a/res1 adors tantt s\s leur =me propre1 tantt s\s des emblmes et des symboles figurs2 et ce culte fut encore l'effet des connaissances de l'homme en physique1 et driva immdiatem5t des causes premires de l'tat social1 c'e/--dire des beso9s et des arts de premi] degr qui entrr5t comme lm5ts dans la =mation de la socit4 ,en effet1 alors que les hommes comm5cr5t de se runir en socit1 ce fut p\r eux une ncessit d't5dre leurs moy5s de subsi/ance1 et p> consqu5t de s'adonn] l'agriculture3 or1 l'agriculture1 p\r tre ex]ce1 exigea l'obs]vation et la connaissance des cieux4 ,il fallut connatre le ret\r priodique des mmes oprations de la nature1 des mmes phnomnes de la vote des cieux2 en un mot1 il fallut rgl] la dure1 la succession des saisons et des mois de l'anne4 ,ce fut donc un beso9 de connatre d'abord la m>*e du soleil1 qui1 dans sa rvolution zodiacale1 se montrait le premi] et suprme ag5t de t\te cration2 puis de la lune1 qui1 p> ses phases et ses ret\rs1 rglait et di/ribuait le temps2 enf9 des toiles et mme des plantes1 qui1 p> leurs app>itions et disp>itions sur l'horizon et l'hmisphre nocturnes1 =mai5t de mo9dres divisions2 enf9 il fallut dress] un sy/me enti] d'a/ronomie1 un cal5dri]2 et de ce travail rsulta bi5tt et spontanm5t une manire n\velle d'envisag] les puissances dom9atrices et g\v]nantes4 ,ayant obs]v que les productions t]re/res tai5t dans des rapports rguli]s et con/ants avec les tres cle/es2 que la naissance1 l'accroissem5t1 le dprissem5t de *aque plante tai5t lis l'app>ition1 l'exaltation1 au dcl9 d'un mme a/re1 d'un mme gr\pe d'toiles2 qu'en un mot la langueur ou l'activit de la vgtation semblai5t dp5dre d'influ5ces cle/es1 les hommes en conclur5t une ide d'action1 de puissance de ces tres cle/es1 suprieurs1 sur les corps t]re/res2 et les a/res disp5sateurs d'abondance ou de disette1 dev9r5t des puissances1 des gnies1 des dieux auteurs des bi5s et des maux4 ,or1 comme l'tat social avait dja introduit une hir>*ie m?odique de rangs1 d'emplois1 de conditions1 les hommes1 cont9uant de raisonn] p> comp>aison1 transportr5t leurs n\velles notions dans leur ?ologie2 et il en rsulta un sy/me compliqu de div9its graduelles1 dans lequel le soleil1 dieu premi]1 fut un *ef militaire1 un roi politique2 la lune1 une re9e sa compagne2 les plantes1 des s]viteurs1 des porteurs d'ordre1 des messag]s2 et la multitude des toiles1 un peuple1 une arme de hros1 de gnies *>gs de rgir le monde s\s les ordres de leurs (fici]s2 et *aque individu eut des noms1 des fonctions1 des attributs tirs de ses rapports et de ses influ5ces1 enf9 mme un sexe tir du g5re de son appellation4 ,et comme l'tat social avait introduit des usages et des pratiques composs1 le culte1 m>*ant de front1 en prit de semblables3 les crmonies1 d'abord simples et prives1 dev9r5t publiques et sol5nelles2 les (fr&es fur5t plus ri*es et plus nombreuses1 les rites plus m?odiques2 on tablit des lieux d'assemble1 et l'on eut des *apelles1 des temples2 on in/itua des (fici]s p\r adm9i/r]1 et l'on eut des pontifes1 des prtres2 on conv9t de =mules1 d'poques1 et la religion dev9t un acte civil1 un li5 politique4 ,mais dans ce dveloppem5t1 elle n'altra po9t ses premi]s pr9cipes1 et l'ide de ,dieu fut t\j\rs l'ide d'tres physiques agissant en bi5 ou en mal1 c'e/--dire imprimant des s5sations de pe9e ou de plaisir2 le dogme fut la connaissance de leurs lois ou manires d'agir2 la v]tu et le p*1 l'obs]vation ou l'infraction de ces lois2 et la morale1 dans sa simplicit native1 fut une pratique judicieuse de t\t ce qui contribue la cons]vation de l'exi/5ce1 au bi5-tre de soi et de ses semblables4 ,si l'on n\s dem&e quelle poque naquit ce sy/me1 n\s rpondrons1 sur l'autorit des monum5ts de l'a/ronomie elle-mme1 que ses pr9cipes p>aiss5t remont] avec c]titude au del de qu9ze mille ans3 et si l'on dem&e quel peuple il doit tre attribu1 n\s rpondrons que ces mmes monum5ts1 appuys de traditions unanimes1 l'attribu5t aux premires peuplades de l'gypte3 et lorsque le raisonnem5t tr\ve runies dans cette contre t\tes les circon/ances physiques qui ont pu le suscit]2 lorsqu'il y r5contre la fois une zone du ciel1 vois9e du tropique1 galem5t purge des pluies de l'quateur et des brumes du nord2 lorsqu'il y tr\ve le po9t c5tral de la sphre antique1 un climat salubre1 un fleuve imm5se et cep5dant docile1 une t]re f]tile sans art1 sans fatigue1 inonde sans exhalaisons morbifiques1 place entre deux m]s qui t\*5t aux contres les plus ri*es1 il conoit que l'habitant du ,nil1 agricole p> la nature de son sol1 gomtre p> le beso9 annuel de mesur] ses possessions1 comm]ant p> la facilit de ses communications1 a/ronome enf9 p> l'tat de son ciel1 sans cesse ouv]t l'obs]vation1 dut le premi] pass] de la condition sauvage l'tat social1 et p> consqu5t arriv] aux connaissances physiques et morales qui sont propres l'homme civilis4 ,ce fut donc sur les bords suprieurs du ,nil1 et *ez un peuple de race noire1 que s'organisa le sy/me compliqu du culte des a/res1 considrs dans leurs rapports avec les productions de la t]re et les travaux de l'agriculture2 et ce premi] culte1 c>actris p> leur adoration s\s leurs =mes ou leurs attributs naturels1 fut une m>*e simple de l'esprit huma93 mais bi5tt la multiplicit des objets1 de leurs rapports1 de leurs actions rciproques1 ayant compliqu les ides et les signes qui les reprs5tai5t1 il surv9t une confusion aussi biz>re dans sa cause que p]nicieuse dans ses effets4 ,,iii4 ,troisime sy/me4 ,culte des symboles1 ou idoltrie4 ,ds l'in/ant o le peuple agricole eut port un reg>d obs]vateur sur les a/res1 il s5tit le beso9 d'en di/+u] les individus ou les gr\pes1 et de les dnomm] *acun proprem5t1 af9 de s'ent5dre dans leur dsignation3 or1 une gr&e difficult se prs5ta p\r cet objet3 c> d'un ct les corps cle/es1 semblables en =mes1 n'(frai5t aucun c>actre spcial p\r tre dnomms2 de l'autre1 le langage1 pauvre en sa naissance1 n'avait po9t d'expressions p\r tant d'ides neuves et mtaphysiques4 ,le mobile ord9aire du gnie1 le beso91 sut t\t surmont]4 ,ayant rem>qu que dans la rvolution annuelle1 le r5\vellem5t et l'app>ition priodiques des productions t]re/res tai5t con/amm5t associs au lev] ou au c\*] de c]ta9es toiles et leur position relativem5t au soleil1 t]me fondam5tal de t\te comp>aison1 l'esprit1 p> un mcanisme naturel1 lia dans sa p5se les objets t]re/res et cle/es qui tai5t lis dans le fait2 et leur appliquant un mme signe1 il donna aux toiles ou aux gr\pes qu'il en =mait1 les noms mmes des objets t]re/res qui leur rpondai5t4 ,a9si l',e?iopi5 de ,?bes appela a/res de l'inondation ou du v]se-eau1 ceux s\s lesquels le fleuve comm5ait son dbordem5t2 a/res du boeuf ou du taureau1 ceux s\s lesquels il conv5ait d'appliqu] la *>rue la t]re2 a/res du lion1 ceux o cet animal1 *ass des ds]ts p> la soif1 se montrait sur les bords du fleuve2 a/res de l'pi ou de la vi]ge moissonneuse1 ceux o se recueillait la moisson2 a/res de l'agneau1 a/res des *evreaux1 ceux o naiss5t ces animaux prcieux3 et ce premi] moy5 rsolut une premire p>tie des difficults4 ,d'autre "p1 l'homme avait rem>qu1 dans les tres qui l'environnai5t1 des qualits di/9ctives et propres *aque espce2 et1 p> une premire opration1 il en avait retir un nom p\r les dsign]2 p> une seconde1 il y tr\va un moy5 +nieux de gnralis] ses ides2 et1 transportant le nom dja inv5t t\t ce qui prs5tait une proprit1 une action analogue ou semblable1 il enri*it son langage d'une mtaphore p]ptuelle4 ,a9si le mme ?iopi51 ayant obs]v que le ret\r de l'inondation rpondait con/amm5t l'app>ition d'une trs-belle toile qui1 cette poque1 se montrait v]s la s\rce du ,nil1 et semblait av]tir le lab\reur de se g>d] de la surprise des eaux1 il comp>a cette action celle de l'animal qui1 p> son aboiem5t1 av]tit d'un dang]1 et il appela cet a/re le *i51 l'aboyeur 7,sirius72 de mme1 il nomma a/res du crabe ceux o le soleil1 p>v5u la borne du tropique1 rev5ait sur ses pas1 en m>*ant reculons et de ct1 comme le crabe ou canc]2 a/res du b\c sauvage1 ceux o1 p>v5u au po9t le plus culm9ant du ciel1 au fate du gnomon horaire1 le soleil imitait l'action de l'animal qui se plat grimp] aux fates des ro*]s2 a/res de la balance1 ceux o les j\rs et les nuits gaux semblai5t en quilibre comme cet in/rum5t2 a/res du scorpion1 ceux o c]ta9s v5ts rguli]s apportai5t une vapeur brlante comme le v59 du scorpion4 ,a9si encore1 il appela anneaux et s]p5ts la trace figure des orbites des a/res et des plantes2 et tel fut le moy5 gnral d'appellation de t\tes les toiles1 et mme des plantes prises p> gr\pes ou p> individus1 selon leurs rapports aux oprations *amptres et t]re/res1 et selon les analogies que *aque nation y tr\va avec les travaux agricoles et avec les objets de son climat et de son sol4 ,de ce procd il rsulta que des tres abjects et t]re/res entrr5t en association avec les tres suprieurs et puissants1 des cieux2 et cette association se ress]ra *aque j\r p> la con/itution mme du langage et le mcanisme de l'esprit4 ,on disait1 p> une mtaphore naturelle3 ,le taureau rp& sur la t]re les g]mes de la fcondit 7au pr9temps72 il ramne l'abondance et la cration des plantes 7qui n\rriss5t74 ,l'agneau 7ou beli]7 dlivre les cieux des gnies malfaisants de l'hiv]2 il sauve le monde du s]p5t 7emblme de l'humide saison71 et il ramne le rgne du bi5 7de lt1 saison de t\te j\issance74 ,le scorpion v]se son v59 sur la t]re1 et rp& les maladies et la mort1 etc42 et a9si de t\s les effets semblables4 ,ce langage1 compris de t\t le monde1 subsi/a d'abord sans inconvni5t2 mais1 p> le laps du temps1 lorsque le cal5dri] eut t rgl1 le peuple1 qui n'eut plus beso9 de l'obs]vation du ciel1 p]dit de vue le motif de ces expressions2 et leur allgorie1 re/e dans l'usage de la vie1 y dev9t un cueil fatal l'ent5dem5t et la raison4 ,habitu jo9dre aux symboles les ides de leurs modles1 l'esprit f9it p> les confondre3 alors1 ces mmes animaux1 que la p5se avait transports aux cieux1 en r$esc5dir5t sur la t]re2 mais dans ce ret\r1 vtus des livres des a/res1 ils s'en arrogr5t les attributs1 et ils en imposr5t leurs propres auteurs4 ,alors le peuple1 croyant voir prs de lui ses dieux1 leur adressa plus facilem5t sa prire2 il dem&a au beli] de son tr\peau les influ5ces qu'il att5dait du beli] cle/e2 il pria le scorpion de ne po9t rp&re son v59 sur la nature2 il rvra le crabe de la m]1 le sc>abe du limon1 le poisson du fleuve2 et1 p> une srie d'analogies vicieuses1 mais en*anes1 il se p]dit dans un labyr9! d'absurdits consqu5tes4 ,voil quelle fut l'orig9e de ce culte antique et biz>re des animaux2 voil p> quelle m>*e d'ides le c>actre de la div9it passa aux plus viles des brutes1 et comm5t se =ma le sy/me ?ologique trs-va/e1 trs-compliqu1 trs-savant1 qui1 des bords du ,nil1 port de contre en contre p> le comm]ce1 la gu]re et les conqutes1 envahit t\t l'anci5 monde2 et qui1 modifi p> les temps1 p> les circon/ances1 p> les prjugs1 se montre encore dc\v]t *ez c5t peuples1 et subsi/e comme base intime et secrte de la ?ologie de ceux-l mmes qui le mpris5t et le rejett5t4 ces mots1 quelques murmures s'tant fait ent5dre dans div]s gr\pes3 ,oui1 cont9ua l'orateur1 voil d'o vi5t1 p> exemple1 *ez v\s1 peuples africa9s6 l'adoration de vos fti*es1 plantes1 animaux1 caill\x1 morceaux de bois1 devant qui vos anctres n'euss5t pas eu le dlire de se c\rb]1 s'ils n'y euss5t vu des talismans en qui la v]tu des a/res s'tait insre4 ,voil1 nations t>t>es1 l'orig9e de vos m>m\sets et de t\t cet app>eil d'animaux dont vos *amans big>r5t leurs robes magiques4 ,voil l'orig9e de ces figures d'oiseaux1 de s]p5ts1 que t\tes les nations sauvages s'imprim5t sur la peau avec des crmonies my/rieuses et sacres4 ,v\s1 ,indi5s6 va9em5t v\s enveloppez-v\s du voile du my/re3 l'p]vi] de votre dieu ,vi*5\ n'e/ que l'un des mille emblmes du soleil en gypte2 et vos inc>nations d'un dieu en poisson1 en sangli]1 en lion1 en tortue1 et t\tes ces mon/rueuses av5tures1 ne sont que les mtamorphoses de l'a/re qui1 passant successivem5t dans les signes des d\ze animaux1 fut c5s en pr5dre les figures et en remplir les rles a/ronomiques4 ,v\s1 ,japonais6 votre taureau qui brise l'oeuf du monde n'e/ que celui du ciel qui1 jadis1 ouvrait l'ge de la cration1 l'qu9oxe du pr9temps4 ,c'e/ ce mme boeuf ,apis qu'adorait l'gypte1 et que vos anctres1 rabb9s juifs6 adorr5t aussi dans l'idole du veau d'or4 ,c'e/ encore votre taureau1 enfants de ,zoroa/re6 qui1 sacrifi dans les my/res symboliques de ,mi?ra1 v]sait un sang fcond p\r le monde4 ,et v\s1 *rti5s6 votre boeuf de l',apocalypse1 avec ses ailes1 symbole de l'air1 n'a pas une autre orig9e2 et votre agneau de ,dieu1 immol1 comme le taureau de ,mi?ra1 p\r le salut du monde1 n'e/ encore que ce mme soleil au signe du beli] cle/e1 lequel1 dans un ge po/rieur1 ouvrant son t\r l'qu9oxe1 fut c5s dlivr] le monde du rgne du mal1 c'e/--dire de la con/ellation du s]p5t1 de cette gr&e c\leuvre1 mre de l'hiv]1 et emblme de l',ahrimanes ou ,satan des ,p]ses1 vos in/ituteurs4 ,oui1 va9em5t votre zle imprud5t dv\e les idoltres aux t\rm5ts du ,t>t>e qu'ils ont inv5t2 t\te la base de votre sy/me n'e/ que le culte du soleil1 dont v\s avez rassembl les attributs sur votre pr9cipal p]sonnage4 ,c'e/ le soleil qui1 s\s le nom d',orus1 naissait1 comme votre dieu1 au sol/ice d'hiv]1 dans les bras de la vi]ge cle/e1 et qui passait une enfance obscure1 dnue1 disetteuse1 comme l'e/ la saison des frimas4 ,c'e/ lui qui1 s\s le nom d',osiris1 p]scut p> ,typhon et p> les tyrans de l'air1 tait mis mort1 r5f]m dans un tombeau obscur1 emblme de l'hmisphre d'hiv]1 et qui ensuite1 se relevant de la zone infrieure v]s le po9t culm9ant des cieux1 ressuscitait va9queur des gants et des anges de/ructeurs4 ,v\s1 prtres6 qui murmurez1 v\s portez ses signes sur t\t votre corps3 votre tonsure e/ le disque du soleil1 votre tole e/ son zodiaque1 vos *apelets sont l'emblme des a/res et des plantes4 ,v\s1 pontifes et prlats6 votre mitre1 votre crosse1 votre manteau1 sont ceux d',osiris2 et cette croix1 dont v\s vantez le my/re sans le compr5dre1 e/ la croix de ,srapis1 trace p> la ma9 des prtres gypti5s sur le plan d'un monde figur1 laquelle1 passant p> les qu9oxes et p> les tropiques1 dev5ait l'emblme de la vie future et de la rsurrection1 p>ce qu'elle t\*ait au portes d'ivoire et de corne1 p> o les ames passai5t aux cieux4 ces mots1 les docteurs de t\s les gr\pes comm5cr5t de se reg>d] avec tonnem5t2 mais nul ne rompant le sil5ce1 l'orateur cont9ua3 ,et trois causes pr9cipales conc\rur5t cette confusion des ides4 ,premirem5t1 les expressions figures p> lesquelles le langage naissant fut contra9t de pe9dre les rapports des objets2 expressions qui1 passant ensuite d'un s5s propre un s5s gnral1 d'un s5s physique un s5s moral1 causr5t1 p> leurs quivoques et leurs synonymes1 une f\le de mprises4 ,a9si1 ayant dit d'abord que le soleil surmontait1 v5ait b\t de d\ze animaux1 on crut p> la suite qu'il les tuait1 les combattait1 les domptait2 et l'on en fit la vie hi/orique d',h]cule4 ,ayant dit qu'il rglait le temps des travaux1 des semailles1 des moissons1 qu'il di/ribuait les saisons1 les occupations2 qu'il p>c\rait les climats1 qu'il dom9ait sur la t]re1 etc41 on le prit p\r un roi lgislateur1 p\r un gu]ri] conqurant2 et l'on en composa l'hi/oire d',osiris1 de ,bac*us et de leurs semblables4 ,ayant dit qu'une plante entrait dans un signe1 on fit de leur conjonction un m>iage1 un adultre1 un ince/e4 ,ayant dit qu'elle tait ca*e1 ensevelie1 p>ce qu'aprs avoir disp>u elle rev5ait la lumire et remontait en exaltation1 on la dit morte1 ressuscite1 enleve au ciel1 etc4 ,une seconde cause de confusion fut les figures matrielles elles-mmes p> lesquelles on peignit d'abord les p5ses1 et qui1 s\s le nom d'hiroglyphes ou c>actres sacrs1 fur5t la premire inv5tion de l'esprit4 ,a9si1 p\r av]tir de l'inondation et du beso9 de s'en prs]v]1 l'on avait pe9t une nacelle1 le navire ,argo2 p\r dsign] le v5t1 l'on avait pe9t une aile d'oiseau2 p\r spcifi] la saison1 le mois1 l'on avait pe9t l'oiseau de passage1 l'insecte1 l'animal qui app>aissait cette poque2 p\r exprim] l'hiv]1 on peignit un porc1 un s]p5t1 qui se plais5t dans les lieux humides2 et la runion de ces figures avait des s5s conv5us de phrases et de mots4 ,mais comme ce s5s ne portait p> lui-mme ri5 de fixe et de prcis2 comme le nombre de ces figures et de leurs comb9aisons dev9t excessif1 et sur*>gea la mmoire1 il en rsulta d'abord des confusions1 des explications fausses4 ,ensuite le gnie ayant inv5t l'art plus simple d'appliqu] les signes aux sons1 dont le nombre e/ limit1 et de pe9dre la p>ole au lieu des p5ses1 l'criture alphabtique fit tomb] en dsutude les pe9tures hiroglyphiques2 et1 de j\r en j\r1 leurs significations oublies donnr5t lieu une f\le d'illusions1 d'quivoques et d'erreurs4 ,enf91 une troisime cause de confusion fut l'organisation civile des anci5s tats4 ,en effet1 lorsque les peuples comm5cr5t de se livr] l'agriculture1 la =mation du cal5dri] rural exigeant des obs]vations a/ronomiques cont9ues1 il fut ncessaire d'y prpos] quelques individus *>gs de veill] l'app>ition et au c\*] de c]ta9es toiles2 d'av]tir du ret\r de l'inondation1 de c]ta9s v5ts1 de l'poque des pluies1 du temps propre sem] *aque espce de gra93 ces hommes1 raison de leur s]vice1 fur5t disp5ss des travaux vulgaires1 et la socit p\rvut leur entreti54 ,dans cette position1 uniquem5t occups de l'obs]vation1 ils ne t>dr5t pas de saisir les gr&s phnomnes de la nature1 de pntr] mme le secret de plusieurs de ses oprations3 ils connur5t la m>*e des a/res et des plantes2 le conc\rs de leurs phases et de leurs ret\rs avec les productions de la t]re et le m\vem5t de la vgtation2 les proprits mdic9ales ou n\rrissantes des fruits et des plantes2 le jeu des lm5ts et leurs aff9its rciproques4 ,or1 p>ce qu'il n'exi/ait de moy5s de communiqu] ces connaissances que p> le so9 pnible de l'in/ruction orale1 ils ne les transmettai5t qu' leurs amis et leurs p>5ts2 et il en rsulta une conc5tration de t\te sci5ce et de t\te in/ruction dans quelques familles1 qui1 s'en arrogeant le privilges exclusif1 prir5t un esprit de corps et d'isolem5t fune/e la *ose publique4 ,p> cette succession cont9ue des mmes re*]*es et des mmes travaux1 le progrs des connaissances fut la vrit plus htif2 mais p> le my/re qui l'accompagnait1 le peuple1 plong de j\r en j\r dans de plus paisses tnbres1 dev9t plus sup]/itieux et plus ass]vi4 ,voyant des mortels produire c]ta9s phnomnes1 annonc]1 comme volont1 des clipses et des comtes1 gurir des maladies1 mani] des s]p5ts1 il les crut en communication avec les puissances cle/es2 et p\r obt5ir les bi5s ou rep\ss] les maux qu'il en att5dait1 il les prit p\r ses mdiateurs et ses int]prtes2 et il s'tablit1 au se9 des tats1 des corporations sacrilges d'hommes hypocrites et trompeurs1 qui attirr5t eux t\s les p\voirs2 et les prtres1 la fois a/ronomes1 ?ologues1 physici5s1 mdec9s1 magici5s1 int]prtes des dieux1 oracles des peuples1 rivaux des rois1 ou leurs complices1 tablir5t1 s\s le nom de religion1 un empire de my/re et un monopole d'in/ruction1 qui ont p]du jusqu' ce j\r les nations44444 ces mots1 les prtres de t\s les gr\pes int]rompir5t l'orateur2 et jetant de gr&s cris1 ils l'accusr5t d'impit1 d'irrligion1 de blasphme1 et v\lur5t l'emp*] de cont9u]3 mais le lgislateur ayant obs]v que ce n'tait qu'une exposition de faits hi/oriques2 que1 si ces faits tai5t faux ou contr\vs1 il s]ait ais de les dm5tir2 que jusque-l l'nonc de t\te op9ion tait libre1 sans quoi il tait impossible de dc\vrir la vrit1 l'orateur reprit3 ,or1 de t\tes ces causes et de l'association cont9uelle d'ides disp>ates1 rsultr5t une f\le de dsordres dans la ?ologie1 dans la morale1 dans les traditions2 et d'abord1 p>ce que les animaux figurr5t les a/res1 il arriva que les qualits des brutes1 leurs p5*ants1 leurs sympa?ies1 leurs av]sions passr5t aux dieux1 et fur5t supposs tre leurs actions3 a9si1 le dieu i*neumon fit la gu]re au dieu crocodile1 le dieu l\p v\lut mang] le dieu m\ton1 le dieu ibis dvora le dieu s]p5t2 et la div9it dev9t un tre biz>re1 capricieux1 froce1 dont l'ide drgla le jugem5t de l'homme1 et corrompit sa morale avec sa raison4 ,et p>ce que1 dans l'esprit de leur culte1 *aque famille1 *aque nation avait pris p\r patron spcial un a/re1 une con/ellation1 les affections et les antipa?ies de l'animal-symbole passr5t ses sectateurs2 et les p>tisans du dieu *i5 fur5t ennemis de ceux du dieu l\p2 les adorateurs du dieu boeuf eur5t en horreur ceux qui le mangeai5t2 et la religion dev9t un mobile de ha9e et de combats1 une cause ins5se de dlire et de sup]/ition4 ,d'autre "p1 les noms des a/res-animaux ayant1 p> cette mme raison de patronage1 t imposs des peuples1 des pays1 des montagnes1 des fleuves1 ces objets fur5t pris p\r des dieux1 et il en rsulta un mlange d'tres gographiques1 hi/oriques et my?ologiques1 qui confondit t\tes les traditions4 ,enf91 p> l'analogie des actions qu'on leur supposa1 les dieux-a/res ayant t pris p\r des hommes1 p\r des hros1 p\r des rois1 les rois et les hros prir5t leur t\r les actions des dieux p\r modles1 et dev9r5t p> imitation gu]ri]s1 conqurants1 sangu9aires1 orgueilleux1 lubriques1 p>esseux2 et la religion consacra les crimes des despotes1 et p]v]tit les pr9cipes des g\v]nem5ts4 ,,iv4 ,quatrime sy/me4 ,culte des deux pr9cipes1 ou dualisme4 ,cep5dant les prtres a/ronomes1 dans l'abondance et la paix de leurs1 temples1 fir5t de j\r en j\r de n\veaux progrs dans les sci5ces2 et le sy/me du monde s'tant dvelopp graduellem5t leurs yeux1 ils levr5t successivem5t div]ses hypo?ses de ses effets et de ses ag5ts1 qui dev9r5t autant de sy/mes ?ologiques4 ,et d'abord les navigations des peuples m>itimes et les c>avanes des nomades d',asie et d',afrique leur ayant fait connatre la t]re depuis les les ,=tunes jusqu' la ,srique1 et depuis la ,baltique jusqu'aux s\rces du ,nil1 la comp>aison des phnomnes de div]ses zones leur dc\vrit la rondeur du globe1 et fit natre une n\velle ?orie4 ,ayant rem>qu que t\tes les oprations de la nature1 dans la priode annuelle1 se rsumai5t en deux pr9cipales1 celle de produire et celle de dtruire2 que1 sur la majeure p>tie du globe1 *acune de ces oprations s'accomplissait galem5t de l'un l'autre qu9oxe2 c'e/--dire que p5dant les six mois d't t\t se procrait1 se multipliait1 et que p5dant les six mois d'hiv] t\t languissait1 tait presque mort1 ils supposr5t1 dans la ,,nature1 des puissances contraires en un tat cont9uel de lutte et d'ef=t2 et1 considrant s\s ce rapport la sphre cle/e1 ils divisr5t les tableaux qu'ils en figurai5t en deux moitis ou hmisphres1 tels que les con/ellations qui se tr\vai5t dans le ciel d't =mr5t un empire direct et suprieur1 et celles qui se tr\vai5t dans le ciel d'hiv] =mr5t un empire antipode et infrieur4 ,or1 de ce que les con/ellations d't accompagnai5t la saison des j\rs longs1 brillants et *auds1 a9si que des fruits et des moissons1 elles fur5t c5ses des puissances de lumire1 de fcondit1 de cration1 et1 p> transition du s5s physique au moral1 des gnies1 des anges de sci5ce1 de bi5faisance1 de puret et de v]tu3 et de ce que les con/ellations d'hiv] se liai5t aux longues nuits1 aux brumes polaires1 elles fur5t des gnies de tnbres1 de de/ruction1 de mort1 et1 p> transition1 des anges d'ignorance1 de m*ancet1 de p* et de vice4 ,p> une telle disposition1 le ciel se tr\va p>tag en deux doma9es1 en deux factions3 et dja l'analogie des ides huma9es ouvrait une va/e c>rire aux c>ts de l'imag9ation2 mais une circon/ance p>ticulire dt]m9a1 si mme elle n'occasiona1 la mprise et l'illusion4 7,suivez la plan*e ,,iii47 ,dans la projection de la sphre cle/e que traai5t les prtres a/ronomes1 le zodiaque et les con/ellations1 disposs circulairem5t1 prs5tai5t leurs moitis en opposition diamtrale2 l'hmisphre d'hiv]1 antipode celui d't1 lui tait adv]se1 contraire1 oppos4 ,p> la mtaphore p]ptuelle1 ces mots passr5t au s5s moral2 et les anges1 les gnies adv]ses dev9r5t des rvolts1 des ennemis4 ,ds lors1 t\te l'hi/oire a/ronomique des con/ellations se *angea en hi/oire politique2 le ciel fut un tat huma9 o t\t se passa a9si que sur la t]re4 ,or1 comme les tats1 la plup>t despotiques1 avai5t leur mon>que1 et que dja le soleil en tait un app>5t des cieux1 l'hmisphre d't1 empire de lumire1 et ses con/ellations1 peuple d'anges blancs1 eur5t p\r roi un dieu clair1 intellig5t1 crateur et bon4 ,et1 comme t\te faction rebelle doit avoir son *ef1 le ciel d'hiv]1 empire s\t]ra9 de tnbres et de tri/esse1 et ses a/res1 peuple d'anges noirs1 gans ou dmons1 eur5t p\r *ef un gnie malfaisant1 dont le rle fut attribu la con/ellation la plus rem>que p> *aque peuple4 ,en gypte1 ce fut d'abord le scorpion1 premi] signe zodiacal aprs la balance1 et long-temps *ef des signes de l'hiv]2 puis ce fut l'ours1 ou l'ne polaire1 appel ,typhon1 c'e/--dire dluge1 raison des pluies qui inond5t la t]re p5dant que cet a/re dom9e4 ,dans la ,p]se1 en un temps po/rieur1 ce fut le s]p5t qui1 s\s le nom d',ahrimanes1 =ma la base du sy/me de ,zoroa/re2 et c'e/ lui1 *rti5s et juifs6 qui e/ dev5u votre s]p5t d've 7la vi]ge cle/e7 et celui de la croix1 dans les deux cas1 emblme de ,satan1 l'ennemi1 le gr& adv]saire de l'anci5 des j\rs1 *ant p> ,daniel4 ,dans la ,syrie1 ce fut le porc ou le sangli] ennemi d',adonis1 p>ce que1 dans cette contre1 le rle de l'ours boral fut rempli p> l'animal dont les incl9ations fangeuses sont emblmatiques de l'hiv]2 et voil p\rquoi1 enfants de ,mose et de ,mahomet6 v\s l'avez pris en horreur1 l'imitation des prtres de ,memphis et de ,baalbek1 qui dte/ai5t en lui le meurtri] de leur dieu soleil4 ,c'e/ aussi le type premi] de votre ,*ib-en1 ,indi5s6 lequel fut jadis le ,pluton de vos frres les ,roma9s et les ,grecs3 a9si que votre ,brahma1 ce dieu crateur n'e/ que l',ormuzd p]san et l',osiris gypti51 dont le nom mme exprime un p\voir crateur1 producteur de =mes4 ,et ces dieux reur5t un culte analogue leurs attributs vrais ou fe9ts1 lequel1 raison de leur diffr5ce1 se p>tagea en deux bran*es div]ses4 ,dans l'une1 le dieu bon reut le culte d'am\r et de joie1 d'o driv5t t\s les actes religieux du g5re gai2 les ftes1 les danses1 les fe/9s1 les (fr&es de fleurs1 de lait1 de miel1 de p>fums1 en un mot1 de t\t ce qui flatte les s5s et l'ame4 ,dans l'autre1 le dieu mauvais reut1 au contraire1 un culte de cra9te et de d\leur1 d'o driv5t t\s les actes religieux du g5re tri/e2 les pleurs1 la dsolation1 le deuil1 les privations1 les (fr&es sanglantes et les sacrifices cruels4 ,de l vi5t encore ce p>tage des tres t]re/res en purs ou impurs1 en sacrs ou abom9ables1 selon que leurs espces se tr\vr5t du nombre des con/ellations de l'un des deux dieux1 et fir5t p>tie de leur doma9e3 ce qui produisit d'une "p les sup]/itions de s\illures et de purifications1 et de l'autre les prt5dues v]tus efficaces des amulettes et des talismans4 ,v\s concevez ma9t5ant1 cont9ua l'orateur en s'adressant aux ,indi5s1 aux ,p]ses1 aux juifs1 aux *rti5s1 aux musulmans2 v\s concevez l'orig9e de ces ides de combats1 de rbellions1 qui rempliss5t galem5t vos my?ologies4 ,v\s voyez ce que signifi5t les anges blancs et les anges noirs1 les *rub9s et les sraph9s la tte d'aigle1 de lion ou de taureau2 les des1 diables ou dmons cornes de b\c1 queue de s]p5t2 les trnes et les dom9ations rangs en sept ordres ou gradations comme les sept sphres des plantes2 t\s tres j\ant les mmes rles1 ayant les mmes attributs dans les ,vdas1 les ,bibles ou le ,z5d-ave/a1 soit qu'ils ai5t p\r *ef ,ormuzd ou ,bra*ma1 ,typhon ou ,*iv51 ,mi*el ou ,satan2 soit qu'ils se prs5t5t s\s la =me de gants c5t bras et pi$s de s]p5t1 ou de dieux mtamorphoss en lions1 en ibis1 en taureaux1 en *ats1 comme dans les contes sacrs des ,grecs et des gypti5s2 v\s ap]cevez la filiation successive de ces ides1 et comm5t1 mesure qu'elles se sont loignes de leurs s\rces1 et que les esprits se sont polics1 ils en ont ad\ci les =mes grossires p\r les rappro*] d'un tat mo9s *oquant4 ,or1 de mme que le sy/me de deux pr9cipes1 ou dieux opposs1 naquit de celui des symboles1 entrs t\s dans sa contexture1 de mme v\s allez voir natre de lui un sy/me n\veau1 auquel il s]vit son t\r de base et d'*elon4 ,v4 ,culte my/ique et moral1 ou sy/me de l'autre monde4 ,en effet1 alors que le vulgaire ent5dit p>l] d'un n\veau ciel et d'un autre monde1 il donna bi5tt un corps ces fictions2 il y plaa un ?tre solide1 des scnes relles2 et les notions gographiques et a/ronomiques v9r5t favoris]1 si mme elles ne provoqur5t cette illusion4 ,d'une "p1 les navigateurs phnici5s1 ceux qui1 passant les colonnes d',h]cule1 allai5t *]*] l'ta9 de ,?ul et l'ambre de la ,baltique1 racontai5t qu' l'extrmit du mond1 au b\t de l',ocan 7la ,mdit]rane71 o le soleil se c\*e p\r les contres asiatiques1 tai5t des les =tunes1 sj\r d'un pr9temps t]nel1 et plus lo9 des rgions hyp]borennes places s\s t]re 7relativem5t aux tropiques71 o rgnait une t]nelle nuit#bi4 ,sur ces rcits mal compris1 et sans d\te confusm5t faits1 l'imag9ation du peuple composa les ,*amps lyses#cj1 lieux de dlices placs dans un monde infrieur1 ayant leur ciel1 leur soleil1 leurs a/res2 et le ,t>t>e1 lieu de tnbres1 d'humidit1 de fange1 de frimas4 ,or1 p>ce que l'homme1 curieux de t\t ce qu'il ignore et avide d'une longue exi/5ce1 s'tait dja int]rog sur ce qu'il dev5ait aprs sa mort1 p>ce qu'il avait de bonne heure raisonn sur le pr9cipe de vie qui anime son corps1 qui s'en sp>e sans le d=m]1 et qu'il avait imag9 les sub/ances dlies1 les fantmes1 les ombres1 il aima croire qu'il cont9u]ait1 dans le monde s\t]ra91 cette vie qu'il lui cotait trop de p]dre2 et les lieux inf]naux fur5t un emplacem5t commode p\r recevoir les objets *ris auxquels il ne p\vait r5onc]4 ,d'autre "p1 les prtres a/rologues et physici5s faisai5t de leurs cieux des rcits1 et ils en traai5t des tableaux qui s'encadrai5t p>faitem5t dans ces fictions4 ,ayant appel1 dans leur langage mtaphorique1 les qu9oxes et les sol/ices1 les portes des cieux ou entres des saisons1 ils expliquai5t les phnomnes t]re/res en disant que p> la porte de corne 7d'abord le taureau1 puis le beli]7 et p> celle du canc]1 desc5dai5t les feux vivifiants qui anim5t au pr9temps la vgtation1 et les esprits aqueux qui caus5t au sol/ice le dbordem5t du ,nil2 que p> la porte d'ivoire 7la balance1 et aup>avant l'arc ou sagittaire7 et p> celle du capricorne ou de l'urne1 s'en ret\rnai5t leur s\rce et remontai5t leur orig9e les manations ou influ5ces des cieux2 et la voie lacte1 qui passait p> ces portes des sol/ices1 leur semblait place l exprs p\r leur s]vir de r\te et de vhicule2 de plus1 dans leur atlas1 la scne cle/e prs5tait un fleuve 7le ,nil1 figur p> les plis de l'hydre71 une b>que 7le navire ,argo7 et le *i5 ,sirius1 t\s deux relatifs ce fleuve1 dont1 ils prsageai5t l'inondation4 ,ces circon/ances1 associes aux premires et y aj\tant des dtails1 en augm5tr5t les vraisemblances2 et p\r arriv] au ,t>t>e ou l'lyse1 il fallut que les ames trav]sass5t les fleuves du ,/yx et de l',a*ron dans la nacelle du no*] ,c>on1 et qu'elles passass5t p> les portes de corne ou d'ivoire1 que g>dait le *i5 ,c]bre4 ,enf91 un usage civil se joignit t\tes ces fictions1 et a*eva de leur donn] de la consi/ance4 ,ayant rem>qu que dans leur climat brlant1 la putrfaction des cadavres tait un leva9 de pe/e et de maladies1 les habitants de l'gypte avai5t1 dans plusieurs tats1 in/itu l'usage d'inhum] les morts hors de la t]re habite1 dans le ds]t qui e/ au c\*ant4 ,p\r y arriv]1 il fallait pass] les canaux du fleuve1 et p> consqu5t tre reu dans une b>que1 pay] un salaire au no*]1 sans quoi1 le corps priv de spulture et t la proie des btes froces4 ,cette c\tume inspira aux lgislateurs civils et religieux un moy5 puissant d'influ] sur les moeurs2 et saisissant p> la pit filiale et p> le respect p\r les morts1 des hommes grossi]s et froces1 ils tablir5t p\r condition ncessaire1 d'avoir subi un jugem5t pralable qui dcidt si le mort mritait d'tre admis au rang de sa famille dans la noire cit4 ,une telle ide s'adaptait trop bi5 t\tes les autres p\r ne pas s'y incorpor]2 le peuple ne t>da pas de l'y associ]1 et les enf]s eur5t leur ,m9os et leur ,rhadaman!1 avec la baguette1 le sige1 les huissi]s et l'urne1 comme dans l'tat t]re/re et civil4 ,alors la div9it dev9t un tre moral et politique1 un lgislateur social d'autant plus r$\t1 que ce lgislateur suprme1 ce juge f9al1 fut inaccessible aux reg>ds3 alors ce monde fabuleux et my?ologique1 si biz>rem5t compos de membres p>s1 se tr\va un lieu de *tim5t et de rcomp5se1 o la ju/ice div9e fut c5se corrig] ce que celle des hommes eut de vicieux1 d'erron2 et ce sy/me spirituel et my/ique acquit d'autant plus de crdit1 qu'il s'emp>a de l'homme p> t\s ses p5*ants3 le faible opprim y tr\va l'espoir d'une indemnit1 la consolation d'une v5geance future2 l'oppresseur comptant1 p> de ri*es (fr&es1 arriv] t\j\rs l'impunit1 se fit de l'erreur du vulgaire une arme de plus p\r le subjugu]2 et les *efs des peuples1 les rois et les prtres y vir5t de n\veaux moy5s de le matris]1 p> le privilge qu'ils se rs]vr5t de rp>tir les graces ou les *tim5ts du gr& juge1 selon des dlits ou des actions mritoires qu'ils c>actrisr5t leur gr4 ,voil comm5t s'e/ introduit1 dans le monde visible et rel1 un monde invisible et imag9aire2 voil l'orig9e de ces lieux de dlices et de pe9es dont v\s1 ,p]ses6 avez fait votre t]re rajeunie1 votre ville de rsurrection place s\s l'quateur1 avec l'attribut s+uli] que les heureux n'y donn]ont po9t d'ombre4 ,voil1 juifs et *rti5s1 disciples des ,p]ses6 d'o sont v5us votre ,jrusalem de l',apocalypse2 votre p>adis1 votre ciel1 c>actriss p> t\s les dtails du ciel a/rologique d',h]ms4 ,et v\s1 musulmans6 votre enf]1 abme s\t]ra91 surmont d'un pont1 votre balance des ames et de leurs oeuvres1 votre jugem5t p> les anges ,monkir et ,nkir1 ont galem5t pris leurs modles dans les crmonies my/rieuses de l'antre de ,mi?ra2 et votre ciel ne diffre en ri5 de celui d',osiris1 d',ormuzd et de ,brahma4 ,,vi4 ,sixime sy/me4 ,monde anim1 ou culte de l'univ]s s\s div]s emblmes4 ,t&is que les peuples s'g>r5t dans le labyr9! tnbreux de la my?ologie et des fables1 les prtres physici5s1 p\rsuivant leurs tudes et leurs re*]*es sur l'ordre et la disposition de l'univ]s1 arrivr5t de n\veaux rsultats2 et dressr5t de n\veaux sy/mes de puissances et de causes motrices4 ,long-temps borns aux simples app>5ces1 ils n'avai5t vu dans les m\vem5ts des a/res qu'un jeu inconnu de corps lum9eux1 qu'ils croyai5t r\l] aut\r de la t]re1 po9t c5tral de t\tes les sphres2 mais alors qu'ils eur5t dc\v]t la rondeur de notre plante1 les consqu5ces de ce premi] fait les conduisir5t des considrations n\velles2 et1 d'induction en induction1 ils s'levr5t aux plus hautes conceptions de l'a/ronomie et de la physique4 ,en effet1 ayant conu cette ide lum9euse et simple1 que le globe t]re/re e/ un petit c]cle inscrit dans le c]cle plus gr& des cieux1 la ?orie des c]cles conc5triques s'(frit d'elle-mme leur hypo?se1 p\r rs\dre le c]cle inconnu du globe t]re/re p> des po9ts connus du c]cle cle/e2 et la mesure d'un ou de plusieurs degrs du mridi5 donna avec prcision la circonfr5ce totale4 ,alors1 saisissant p\r compas le diamtre obt5u de la t]re1 un gnie heureux l'ouvrit d'une ma9 h>die sur les orbites imm5ses des cieux2 et1 p> un phnomne in\1 du gra9 de sable qu' pe9e il c\vrait1 l'homme embrassant les di/ances inf9ies des a/res1 s'lana dans les abmes de l'espace et de la dure3 l se prs5ta ses reg>ds un n\vel ordre de l'univ]s2 le globe atome qu'il habitait ne lui en p>ut plus le c5tre3 ce rle important fut dfr la masse norme du soleil2 et cet a/re dev9t le pivot enflamm de huit sphres environnantes1 dont les m\vem5ts fur5t dsormais s\mis la prcision du calcul4 ,c'tait dja beauc\p p\r l'esprit huma91 d'avoir entrepris de rs\dre la disposition et l'ordre des gr&s tres de la ,,nature2 mais non cont5t de ce premi] ef=t1 il v\lut encore en rs\dre le mcanisme1 en dev9] l'orig9e et le pr9cipe moteur2 et c'e/ l qu'engags dans les pr(ondeurs ab/raites et mtaphysiques du m\vem5t et de sa cause premire1 des proprits inhr5tes ou communiques de la matire1 de ses =mes successives1 de son t5due1 c'e/--dire de l'espace et du temps sans bornes1 les physici5s ?ologues se p]dir5t dans un *aos de raisonnem5ts subtils et de controv]ses scola/iques4 ,et d'abord l'action du soleil sur les corps t]re/res leur ayant fait reg>d] sa sub/ance comme un feu pur et lm5taire1 ils en fir5t le foy] et le rs]voir d'un ocan de fluide ign1 lum9eux1 qui1 s\s le nom d'!r1 remplit l'univ]s1 et alim5ta les tres4 ,ensuite1 les analyses d'une physique savante leur ayant fait dc\vrir ce mme feu1 ou un autre p>faitem5t semblable1 dans la composition de t\s les corps1 et s'tant ap]u qu'il tait l'ag5t ess5tiel de ce m\vem5t spontan que l'on appelle vie dans les animaux et vgtation dans les plantes1 ils conur5t le jeu et le mcanisme de l'univ]s comme celui d'un ,,t\t homogne1 d'un corps id5tique1 dont les p>ties1 quoique di/antes1 avai5t cep5dant une liaison intime2 et le monde fut un tre vivant1 anim p> la circulation organique d'un fluide ign ou mme lectrique1 qui1 p> un premi] t]me de comp>aison pris dans l'homme et les animaux1 eut le soleil p\r coeur ou foy]4 ,alors1 p>mi les philosophes ?ologues1 les uns p>tant de ces pr9cipes1 rsultats de l'obs]vation1 que ri5 ne s'anantit dans le monde2 que les lm5ts sont inde/ructibles2 qu'ils *ang5t de comb9aisons1 mais non de nature2 que la vie et la mort des tres n sont que des modifications v>ies des mmes atomes2 que la matire possde p> elle-mme des proprits d'o rsult5t t\tes ses manires d'tre2 que le monde e/ t]nel1 sans bornes d'espace et de dure2 les uns dir5t que l'univ]s enti] tait ,dieu2 et selon eux1 ,dieu fut un tre la fois effet et cause1 ag5t et pati5t1 pr9cipe moteur et *ose mue1 ayant p\r lois les proprits inv>iables qui con/itu5t la fatalit2 et ceux-l peignir5t leur p5se tantt p> l'emblme de ,,pan 7le ,,gr& ,,t\t71 ou de ,jupit] au front d'toiles1 au corps plantaire1 aux pi$s d'animaux1 ou de l'oeuf orphique1 dont le jaune1 susp5du au milieu d'un liquide ence9t d'une vote1 figura le globe du soleil nageant dans l'!r au milieu de la vote des cieux3 tantt p> celui d'un gr& s]p5t rond1 figurant les cieux o ils plaai5t le premi] mobile1 p> cette raison de c\leur d'azur1 p>sem de ta*es d'or 7les toiles71 dvorant sa queue1 c'e/--dire r5trant en lui-mme et se repliant t]nellem5t comme les rvolutions des sphres3 tantt p> celui d'un homme ayant les pi$s lis et jo9ts1 p\r signifi] l'exi/5ce immuable2 envelopp d'un manteau de t\tes les c\leurs1 comme le spectacle de la nature1 et portant sur la tte une sphre d'or1 emblme de la sphre des toiles3 ou p> celui d'un autre homme quelquefois assis sur la fleur du lotos porte sur l'abme des eaux2 quelquefois c\* sur une pile de d\ze c>reaux1 figurant les d\ze signes cle/es4 ,et voil ,indi5s1 ,japonais1 ,siamois1 ,tibeta9s1 ,*9ois6 la ?ologie qui1 fonde p> les gypti5s1 s'e/ transmise et g>de1 *ez v\s dans les tableaux que v\s tracez de ,brahma1 de ,b$d\1 de ,sommonacodom1 d',omito3 ,voil mme1 hbreux et *rti5s6 l'op9ion dont v\s avez cons]v une p>celle dans votre dieu1 s\ffle port sur les eaux1 p> une illusion au v5t1 qui1 l'orig9e du monde1 c'e/--dire au d"p des sphres du signe du canc]1 annonait l'inondation1 du ,nil1 et semblait prp>] la cration4 ,,vii4 ,septime sy/me4 ,culte de l',a,m,edu ,,monde1 c'e/--dire de l'lm5t du feu1 pr9cipe vital de l'univ]s4 ,mais d'autres1 rpugnant cette ide d'un tre la fois effet et cause1 ag5t et pati5t1 et rassemblant en une mme nature des natures contraires1 di/+ur5t le pr9cipe moteur de la *ose mue2 et posant que la matire tait in]te en elle-mme1 ils prt5dir5t que ses proprits lui tai5t communiques p> un ag5t di/9ct1 dont elle n'tait que l'enveloppe et le f\rreau4 ,cet ag5t p\r les uns fut le pr9cipe ign1 reconnu l'auteur de t\t m\vem5t2 p\r les autres ce fut le fluide appel !r1 cru plus actif et plus subtil2 or1 comme ils appelai5t dans les animaux le pr9cipe vital et moteur1 une ame1 un esprit1 et comme il raisonnai5t sans cesse p> comp>aison1 surt\t p> celle de l'tre huma91 ils donnr5t au pr9cipe moteur de t\t l'univ]s le nom d'ame1 d'intellig5ce1 d'esprit2 et ,dieu fut l'esprit vital qui1 rp&u dans t\s les tres1 anima le va/e corps du monde4 ,et ceux-l peignir5t leur p5se tantt p> ,y-pit]1 ess5ce du m\vem5t et de l'animation1 pr9cipe de l'exi/5ce1 ou plutt l'exi/5ce elle-mme2 tantt p> ,vulca9 on ,ph?a1 feu-pr9cipe et lm5taire1 ou p> l'autel de ,ve/a1 plac c5tralem5t dans son temple1 comme le soleil dans les sphres2 et tantt p> ,kneph1 tre huma9 vtu de bleu fonc1 ayant en ma9 un sceptre et une ce9ture 7le zodiaque71 coiff d'un bonnet de plumes1 p\r exprim] la fugacit de sa p5se1 et produisant de sa b\*e le gr& oeuf4 ,or1 p> une consqu5ce de ce sy/me1 *aque tre cont5ant en soi une portion du fluide ign ou ?ri51 moteur univ]sel et commun2 et ce fluide ame du monde tant la div9it1 il s'ensuivit que les ames de t\s les tres fur5t une portion de ,dieu mme1 p>ticipant t\s ses attributs1 c'e/--dire tant une sub/ance indivisible1 simple1 immortelle2 et de l t\t le sy/me de l'immortalit de l'ame1 qui d'abord fut t]nit4 ,de l aussi ses transmigrations connues s\s le nom de mtempsycose1 c'e/--dire de passage du pr9cipe vital d'un corps un autre2 ide ne de la transmigration vritable des lm5ts matriels4 ,et voil1 ,indi5s1 b\dhi/es1 *rti5s1 musulmans6 d'o driv5t t\tes vos op9ions sur la spiritualit de l'ame3 voil quelle fut la s\rce des rv]ies de ,py?agore et de ,platon1 vos in/ituteurs1 qui eux-mmes ne fur5t que les *os d'une d]nire secte de philosophes visionnaires qu'il faut dvelopp]4 ,,viii4 ,huitime sy/me4 ,,monde-,,ma*9e3 culte du ,dmi-,ourgos ou ,gr&-,ouvri]4 ,jusque-l les ?ologi5s1 en s'ex]ant sur les sub/ances dlies et subtiles de l'!r et du feu-pr9cipe1 n'avai5t cep5dant pas cess de trait] d'tres palpables et p]ceptibles aux s5s1 et la ?ologie avait cont9u d'tre la ?orie des puissances physiques1 places tantt spcialem5t dans les a/res1 tantt dissm9es dans t\t l'univ]s2 mais cette poque1 des esprits sup]ficiels1 p]dant le fil des ides qui avai5t dirig ces tudes pr(ondes1 ou ignorant les faits qui leur s]vai5t de base1 en dnaturr5t t\s les rsultats p> l'introduction d'une *imre trange et n\velle4 ,ils prt5dir5t que cet univ]s1 ces cieux1 ces a/res1 ce soleil1 n'tai5t qu'une ma*9e d'un g5re ord9aire2 et cette premire hypo?se appliquant une comp>aison tire des ouvrages de l'art1 ils levr5t l'difice des sophismes les plus biz>res4 ,une ma*9e1 dir5t-ils1 ne se fabrique po9t elle-mme3 elle a un ouvri] antrieur1 elle l'indique p> son exi/5ce4 ,le monde e/ une ma*9e3 donc il exi/e un fabricateur4 ,de l1 le dmi-ourgos ou gr&-ouvri]1 con/itu div9it autocratrice et suprme4 ,va9em5t l'anci5ne philosophie objecta que l'ouvri] mme avait beso9 de p>5ts et d'auteurs1 et que l'on ne faisait qu'aj\t] un *elon en tant l't]nit au monde p\r la lui donn]4 ,les innovateurs1 non cont5ts de ce premi] p>adoxe1 passr5t un second2 et1 appliquant leur ouvri] la ?orie de l'ent5dem5t huma91 ils prt5dir5t que le dmi-ourgos avait fabriqu sa ma*9e sur un plan ou ide rsidant en son ent5dem5t4 ,or1 comme leurs matres1 les physici5s1 avai5t plac dans la sphre des fixes le gr& mobile rgulateur1 s\s le nom d'intellig5ce1 de raisonnem5t1 les spirituali/es1 leurs mimes1 s'emp>ant de cet tre1 l'attribur5t au dmi-ourgos1 en en faisant une sub/ance di/9cte1 exi/ante p> elle-mme1 qu'ils appelr5t m5s ou logos 7p>ole et raisonnem5t74 ,et comme d'ailleurs ils admettai5t l'exi/5ce de l'ame du monde1 ou pr9cipe solaire1 ils se tr\vr5t obligs de compos] trois grades ou *elons de p]sonnes div9es1 qui fur5t #a le dmi-ourgos ou dieu-ouvri]2 #b le logos1 p>ole et raisonnem5t2 et #c l'esprit ou l'ame 7du monde74 ,et voil1 *rti5s6 le roman sur lequel v\s avez fond votre ,tr9it2 voil le sy/me qui1 n hrtique dans les temples gypti5s1 transport paen dans les coles de l',italie et de la ,grce1 se tr\ve auj\rd'hui ca?olique or?odoxe p> la conv]sion de ses p>tisans1 les disciples de ,py?agore et de ,platon dev5us *rti5s4 ,et c'e/ a9si que la div9it1 aprs avoir t dans son orig9e l'action s5sible1 multiple1 des mtores et des lm5ts2 ,puis la puissance comb9e des a/res considrs s\s leurs rapports avec les tres t]re/res2 ,puis ces tres t]re/res eux-mmes p> la confusion des symboles avec leurs modles2 ,puis la d\ble puissance de la nature dans ses deux oprations pr9cipales de production et de de/ruction2 ,puis le monde anim sans di/9ction d'ag5t et de pati5t1 d'effet et de cause2 ,puis le pr9cipe solaire ou l'lm5t du feu reconnu p\r moteur unique2 ,c'e/ a9si que la div9it e/ dev5ue1 en d]ni] rsultat1 un tre *imrique et ab/rait2 une subtilit scola/ique de sub/ance sans =me1 de corps sans figure2 un vrai dlire de l'esprit1 auquel la raison n'a plus ri5 compris4 ,mais va9em5t dans ce d]ni] passage veut-elle se drob] aux s5s3 le ca*et de son orig9e lui demeure ineffaablem5t empre9t2 et ses attributs1 t\s calqus1 ou sur les attributs physiques de l'univ]s1 tels que l'imm5sit1 l't]nit1 l'indivisibilit1 l'incomprh5sibilit2 ou sur les affections morales de l'homme1 telles que la bont1 la ju/ice1 la maje/1 etc2 ses noms mmes1 t\s drivs des tres physiques qui lui ont s]vi de types1 et spcialem5t du soleil1 des plantes et du monde1 retrac5t incessamm5t1 en dpit de ses corrupteurs1 les traits indlbiles de sa vritable nature4 ,telle e/ la *ane des ides que l'esprit huma9 avait dja p>c\rue une poque antrieure aux rcits positifs de l'hi/oire2 et puisque leur cont9uit pr\ve qu'elles ont t le produit d'une mme srie d'tudes et de travaux1 t\t engage en plac] le ?tre dans le b]ceau de leurs lm5ts primitifs1 dans l'gypte3 et leur m>*e y put tre rapide1 p>ce que la curiosit oiseuse des prtres physici5s n'avait p\r alim5t1 dans la retraite des temples1 que l'nigme t\j\rs prs5te de l'univ]s2 et que1 dans la division politique qui long-temps p>tagea cette contre1 *aque tat eut son collge de prtres1 lesquels t\r t\r auxiliaires ou rivaux1 htr5t1 p> leurs disputes1 les progrs des sci5ces et des dc\v]tes4 ,et dja il tait arriv sur les bords du ,nil ce qui depuis s'e/ rpt p> t\te la t]re4 mesure que *aque sy/me s'tait =m1 il avait suscit dans sa n\veaut des qu]elles et des s*ismes3 puis1 accrdit p> la p]scution mme1 tantt il avait dtruit les idoles antrieures1 tantt il se les tait incorpores en les modifiant2 et les rvolutions politiques tant surv5ues1 l'agrgation des tats et le mlange des peuples confondir5t t\tes les op9ions2 et le fil des ides s'tant p]du1 la ?ologie tomba dans le *aos1 et ne fut plus qu'un logogriphe de vieilles traditions1 qui ne fur5t plus comprises4 ,la religion1 g>e d'objet1 ne fut plus qu'un moy5 politique de conduire un vulgaire crdule1 dont s'emp>r5t tantt des hommes crdules eux-mmes et dupes de leurs propres visions1 et tantt des hommes h>dis et d'une ame n]gique1 qui se proposr5t de gr&s objets d'ambition4 ,,ix4 ,religion de ,mose1 ou culte de l'ame du monde 7,y-pit]74 ,tel fut le lgislateur des ,hbreux1 qui1 v\lant sp>] sa nation de t\te autre1 et se =m] un empire isol et di/9ct1 conut le desse9 d'en asseoir les bases sur les prjugs religieux1 et d'lev] aut\r de lui un remp>t sacr d'op9ions et de rites4 ,mais va9em5t proscrit-il le culte des symboles rgnant dans la ,basse-gypte et la ,phnicie2 son dieu n'en fut pas mo9s un dieu gypti5 de l'inv5tion de ces prtres dont ,mose avait t le disciple2 et ,yah\h1 dcel p> son propre nom1 l'ess5ce 7des tres71 et p> son symbole1 le buisson de feu1 n'e/ que l'ame du monde1 le pr9cipe moteur1 que1 peu aprs1 la ,grce adopta s\s la mme dnom9ation dans son ,y-pit]1 tre gnrateur1 et s\s celle d'i1 l'exi/5ce2 que les ,?ba9s consacrai5t s\s le nom de ,kneph2 que ,sas adorait s\s l'emblme d',isis voile1 avec cette inscription3 ,je suis t\t ce qui a t1 t\t ce qui e/1 t\t ce qui s]a1 et nul mortel n'a lev mon voile2 que ,py?agore honorait s\s le nom de ,ve/a1 et que la philosophie /oci5ne df9issait avec prcision en l'appelant le pr9cipe du feu4 ,mose v\lut en va9 effac] de sa religion t\t ce qui rappelait le culte des a/res3 une f\le de traits re/r5t malgr lui p\r le retrac]2 et les sept lumires ou plantes du gr& *&eli]1 les d\ze pi]res ou signes de l'urim du gr&-prtre1 la fte des deux qu9oxes1 ouv]tures et portes de deux hmisphres1 la crmonie de l'agneau ou beli] cle/e2 enf91 le nom d',osiris mme cons]v dans son cantique1 et l'ar*e ou c(fre imit du tombeau o ce dieu fut enf]m1 demeur5t p\r s]vir de tmo9s la filiation de ses ides et leur extraction de la s\rce commune4 ,x4 ,religion de ,zoroa/re4 ,tel fut aussi ,zoroa/re1 qui1 deux sicles aprs ,mose1 rajeunit et moralisa1 *ez les ,mdes et les ,bactri5s t\t le sy/me gypti5 d',osiris et de ,typhon1 s\s le nom d',ormuzd et d',ahrimanes2 qui1 p\r expliqu] le sy/me de la nature1 supposa deux gr&s dieux ou p\voirs1 l'un occup a crer1 produire1 dans un empire de lumire et de d\ce *aleur 7dont le type e/ l't71 et p> cela1 dieu de sci5ce1 de bi5faisance1 de v]tu2 l'autre occup dtruire dans un empire de tnbres et de froid 7dont le type e/ le ple d'hiv]71 et p> cela dieu d'ignorance1 de malfaisance et de p*2 qui1 p> des expression figures1 ensuite mconnues1 appela cration du monde le r5\vellem5t de la scne physique *aque pr9temps2 appela rsurrection le r5\vellem5t des priodes des a/res dans leurs conjonctions2 vie future1 enf]1 p>adis1 ce qui n'tait que le ,t>t>e et l'lyse des a/rologues et des gographes2 en un mot1 qui ne fit que consacr] les rv]ies dja exi/antes du sy/me my/ique4 ,,xi4 ,brahmisme1 ou sy/me indi54 ,tel encore fut le lgislateur indi51 qui1 s\s le nom de ,mn\1 antrieur ,zoroa/re et ,mose1 consacra1 sur les bords du ,gange1 la doctr9e des trois pr9cipes ou dieux que connut la ,grce1 l'un desquels1 nomm ,brahuma ou ,i\pit]1 fut l'auteur de t\te production ou cration 7le soleil du pr9temps72 le second1 nomm ,*iv5 ou ,pluton1 fut le dieu de t\te de/ruction 7le soleil d'hiv]72 et le troisime1 nomm ,vi*5\ ou ,neptune1 fut le dieu cons]vateur de l'tat /ationnaire 7le soleil sol/itial1 /ator71 t\s trois di/9cts1 et cep5dant t\s trois ne =mant qu'un seul dieu ou p\voir1 lequel1 *ant dans les v$as comme dans les hymnes orphiques1 n'e/ autre *ose que le ,y\pit] aux trois yeux#ca1 ou soleil aux trois =mes d'action1 dans les trois rit\s ou saisons3 l v\s avez la s\rce de t\t le sy/me tr9itaire subtilis p> ,py?agore et ,platon1 totalem5t dfigur p> leurs int]prtes4 ,,xii4 ,b\dhisme1 ou sy/mes my/iques4 ,tels enf9 ont t les r=mateurs morali/es rvrs depuis ,mn\1 s\s les noms de ,b\dah1 ,gaspa1 ,*ekia1 ,g\tama1 etc41 qui des pr9cipes de la mtempsycose1 div]sem5t modifis1 ont dduit des doctr9es my/iques d'abord utiles en ce qu'elles inspirai5t leurs sectateurs l'horreur du meurtre1 la compassion p\r t\t tre s5sible1 la cra9te des pe9es et l'espoir des rcomp5ses de/9es la v]tu et au vice1 dans une autre vie1 s\s une =me n\velle2 mais ensuite dev5ues p]nicieuses p> l'abus d'une mtaphysique visionnaire1 qui1 pr5ant t*e de contr>i] l'ordre naturel1 v\lut que le monde palpable et matriel ft une illusion fanta/ique2 que l'exi/5ce de l'homme ft un rve dont la mort tait le vrai rveil1 que son corps ft une prison impure dont il devait se ht] de sortir1 ou une enveloppe grossire que1 p\r r5dre p]mable la lumire int]ne1 il devait attnu]1 diaphanis]1 p> le jene1 les macrations1 les contemplations1 et p> une f\le de pratiques ana*ortiques si tranges1 que le vulgaire tonn ne put s'expliqu] le c>actre de leurs auteurs qu'en les considrant comme des tres surnaturels1 avec cette difficult de savoir s'ils fur5t dieu dev5u homme1 ou l'homme dev5u dieu4 ,voil les matriaux qui1 depuis des sicles nombreux1 exi/ai5t p>s dans l',asie1 qu& un conc\rs =tuit d'vnem5ts et de circon/ances v9t1 sur les bords de l',euphrate et de la ,mdit]rane1 en =m] de n\velles comb9aisons4 ,,xiii4 ,*ri/ianisme1 ou culte allgorique du soleil1 s\s ses noms cabali/iques de ,*ris-en ou ,*ri/1 et d',ysus ou ,jsus4 ,en con/ituant un peuple sp>1 ,mose avait va9em5t prt5du le df5dre de l'invasion de t\te ide trangre3 un p5*ant inv9cible1 fond sur les aff9its d'une mme orig9e1 avait sans cesse ram5 les ,hbreux v]s le culte des nations vois9es2 et les relations indisp5sables du comm]ce et de la politique qu'il entret5ait avec elles en avai5t de j\r en j\r =tifi l'asc5dant4 ,tant que le rgime national se ma9t9t1 la =ce corcitive du g\v]nem5t et des lois1 en s'opposant aux innovations1 ret>da leur m>*e2 et cep5dant les hauts lieux tai5t ple9s d'idoles1 et le dieu soleil avait son *> et ses *evaux pe9ts dans les palais des rois et jusque dans le temple d',yh\h2 mais lorsque les conqutes des sultans de ,n9ive et de ,babylone eur5t diss\s le li5 de la puissance publique1 le peuple1 livr lui-mme1 et sollicit p> ses conqurants1 ne contraignit plus son p5*ant p\r les op9ions pr(anes1 et elles s'tablir5t publiquem5t en ,jude4 ,d'abord les colonies assyri5nes1 transportes la place des tribus1 remplir5t le royaume de ,sam>ie des dogmes des mages1 qui bi5tt pntrr5t dans le royaume de ,juda2 ensuite ,jrusalem ayant t subjugue1 les gypti5s1 les ,syri5s1 les ,arabe1 acc\rus dans ce pays ouv]t1 y apportr5t de t\tes p>ts les leurs1 et la religion de ,mose fut dja d\blem5t altre4 ,d'autre "p les prtres et les gr&s1 transports ,babylone et levs dans les sci5ces des ,kaldens1 s'imbur5t1 p5dant un sj\r de c9quante ans1 de t\te leur ?ologie2 et de ce mom5t se naturalisr5t *ez les ,juifs les dogmes du gnie ennemi 7,satan71 de l'ar*ange ,mi*el1 de l'anci5 des j\rs 7,ormuzd71 des anges rebelles1 du combat des cieux1 de l'ame immortelle et de la rsurrection2 t\tes *oses inconnues ,mose1 ou condamnes p> le sil5ce mme qu'il en avait g>d4 ,de ret\r dans leur patrie1 les migrs y rapportr5t ces ides2 et d'abord leur innovation y suscita les disputes de leurs p>tisans les ,ph>isi5s1 et de leurs opposants les ,sadducens1 reprs5tants de l'anci5 culte national4 ,mais les premi]s1 seconds du p5*ant du peuple et de ses habitudes dja contractes1 appuys de l'autorit des ,p]ses1 leurs librateurs et leurs matres1 t]m9r5t p> pr5dre l'asc5dant sur les seconds1 et les enfants de ,mose consacrr5t la ?ologie de ,zoroa/re4 ,une analogie =tuite entre deux ides pr9cipales favorisa surt\t cette coalition1 et dev9t la base d'un d]ni] sy/me1 non mo9s tonnant dans sa =tune que dans les causes de sa =mation4 ,depuis que les ,assyri5s avai5t dtruit le royaume de ,sam>ie1 des esprits judicieux1 prvoyant la mme de/9e p\r ,jrusalem1 n'avai5t cess de l'annonc]1 de la prdire2 et leurs prdictions avai5t t\tes eu ce c>actre p>ticuli]1 d'tre t]m9es p> des voeux de rtablissem5t et de rgnration1 noncs s\s la =me de prophties3 les hirophantes1 dans leur en?\siasme1 avai5t pe9t un roi librateur qui devait rtablir la nation dans son anci5ne gloire2 le peuple hbreu devait r$ev5ir un peuple puissant1 conqurant1 et ,jrusalem la capitale d'un empire t5du surt\t l'univ]s4 ,les vnem5ts ayant ralis la premire p>tie de ces prdictions1 la ru9e de ,jrusalem1 le peuple atta*a la seconde une croyance d'autant plus entire1 qu'il tomba dans le malheur2 et les ,juifs affligs att5dir5t avec l'impati5ce du beso9 et du dsir1 le roi victorieux et librateur qui devait v5ir sauv] la nation de ,mose et relev] l'empire de ,david4 ,d'autre "p1 les traditions sacres et my?ologiques des temps antrieurs avai5t rp&u dans t\te l',asie un dogme p>faitem5t analogue4 ,on n'y p>lait que d'un gr& mdiateur1 d'un juge f9al1 d'un sauveur futur1 qui1 roi1 dieu conqurant et lgislateur1 devait ram5] l'ge d'or sur la t]re1 la dlivr] de l'empire du mal1 et r5dre aux hommes le rgne du bi51 la paix et le bonheur4 ,ces ides occupai5t d'autant plus les peuples1 qu'ils y tr\vai5t des consolations de l'tat fune/e et des maux rels o les avai5t plongs les dva/ations successives des conqutes et des conqurants1 et le b>b>e despotisme de leurs g\v]nem5ts4 ,cette con=mit entre les oracles des nations et ceux des prophtes1 excita l'att5tion des ,juifs2 et sans d\te les prophtes avai5t eu l'art de calqu] leurs tableaux sur le /yle et le gnie des livres sacrs employs aux my/res paens3 c'tait donc en ,jude une att5te gnrale que celle du gr& envoy1 du sauveur f9al1 lorsqu'une circon/ance s+ulire v9t dt]m9] l'poque de sa v5ue4 ,il tait crit dans les livres sacrs des ,p]ses et des ,kaldens1 que le monde1 compos d'une rvolution totale de d\ze mille1 tait p>tag en deux rvolutions p>tielles1 dont l'une1 ge et rgne du bi51 se t]m9ait au b\t de six mille1 et l'autre1 ge et rgne du mal1 se t]m9ait au b\t de six autres mille4 ,p> ces rcits1 les premi]s auteurs avai5t ent5du la rvolution annuelle du gr& orbe cle/e1 appel le monde 7rvolution compose de d\ze mois ou signes1 diviss *acun en mille p>ties72 et les deux priodes sy/matiques de l'hiv] et de l't1 compose *acune galem5t de six mille4 ,ces expressions1 t\tes quivoques1 ayant t mal expliques1 et ayant reu un s5s absolu et moral au lieu de leur s5s physique et a/rologique1 il arriva que le monde annuel fut pris p\r un monde sculaire1 les mille de temps p\r des mille d'annes2 et supposant1 d'aprs les faits1 que l'on vivait dans l'ge du malheur1 on en infra qu'il devait f9ir au b\t des six mille ans prt5dus4 ,or1 dans les calculs admis p> les ,juifs1 on comm5ait compt] prs de six mille ans depuis la cration 7fictive7 du monde4 ,cette concid5ce produisit de la f]m5tation dans les esprits4 ,on ne s'occupa plus que d'une f9 pro*a9e2 on int]rogea les hirophantes et leurs livres my/iques1 qui en assignr5t div]s t]mes2 on att5dit le rp>ateur2 =ce d'en p>l]1 quelqu'un dit l'avoir vu1 ou mme un individu exalt crut l'tre et se fit des p>tisans1 lesquels1 privs de leur *ef p> un incid5t vrai sans d\te1 mais pass obscurm5t1 donnr5t lieu1 p> leurs rcits1 une rumeur graduellem5t organise en hi/oire3 sur ce premi] canevas tabli1 t\tes les circon/ances des traditions my?ologiques v9r5t bi5tt se plac]1 et il en rsulta un sy/me au!ntique et complet1 dont il ne fut plus p]mis de d\t]4 ,elles portai5t1 ces traditions my?ologiques3 ,que dans l'orig9e1 une femme et un homme avai5t1 p> leur *ute1 introduit dans le monde le mal et le p*4 7,suivez la pl4 ,,iii47 ,et p>-l elles indiquai5t le fait a/ronomique de la vi]ge cle/e et de l'homme b\vi] 7,bootes71 qui1 en se c\*ant hliaquem5t l'qu9oxe d'automne1 livrai5t le ciel aux con/ellations de l'hiv]1 et semblai5t1 en tombant s\s l'horizon1 introduire dans le monde le gnie du mal1 ,ahrimanes1 figur p> la con/ellation du s]p5t4 ,elles portai5t1 ces traditions3 ,que la femme avait entran1 sduit l'homme4 ,et en effet1 la vi]ge se c\*ant la premire1 semble entran] sa suite le b\vi]4 ,que la femme l'avait t5t en lui prs5tant des fruits beaux voir et bons mang]1 qui donnai5t la sci5ce du bi5 et du mal4 ,et en effet1 la vi]ge ti5t en ma9 une bran*e de fruits qu'elle semble t5dre v]s le b\vi]2 et le rameau1 emblme de l'automne1 plac dans le tableau de ,mi?ra1 sur la frontire de l'hiv] et de l't1 semble ouvrir la porte et donn] la sci5ce1 la clef du bi5 et du mal4 ,elles portai5t3 ,que ce c\ple avait t *ass du j>d9 cle/e1 et qu'un *rub9 pe flamboyante avait t plac la porte p\r le g>d]4 ,et en effet1 qu& la vi]ge et le b\vi] tomb5t s\s l'horizon du c\*ant1 ,p]se monte de l'autre ct1 et1 l'pe la ma91 ce gnie semble les *ass] du ciel de l't1 j>d9 et rgne des fruits et des fleurs4 ,elles portai5t3 ,que de cette vi]ge devait natre1 sortir un rejeton1 un enfant qui cras]ait la tte du s]p5t1 et dlivr]ait le monde du p*4 ,et p>-l elles dsignai5t le soleil1 qui1 l'poque du sol/ice d'hiv]1 au mom5t prcis o les mages des ,p]ses tirai5t l'horoscope de la n\velle anne1 se tr\vait plac dans le se9 de la vi]ge1 en lev] hliaque l'horizon ori5tal1 et qui1 ce titre1 tait figur dans leurs tableaux a/rologiques s\s la =me d'un enfant allait p> une vi]ge *a/e1 et dev5ait ensuite1 l'qu9oxe du pr9temps1 le beli] ou l'agneau1 va9queur de la con/ellation du s]p5t1 qui disp>aissait des cieux4 ,elles portai5t3 ,que1 dans son enfance1 ce rp>ateur de nature div9e ou cle/e vivrait abaiss1 humble1 obscur1 indig5t4 ,et cela1 p>ce que le soleil d'hiv] e/ abaiss s\s l'horizon1 et que cette priode premire de ses quatre ges ou saisons1 e/ un temps d'obscurit1 de disette1 de jene1 de privations4 ,elles portai5t3 ,que1 mis mort p> des m*ants1 il tait ressuscit glorieusem5t2 qu'il tait remont des enf]s aux cieux1 o il rgn]ait t]nellem5t4 ,et p>-l elles retraai5t la vie du soleil1 qui1 t]m9ant sa c>rire au sol/ice d'hiv]1 lorsque dom9ai5t ,typhon et les anges rebelles1 semblait tre mis mort p> eux2 mais qui1 bi5tt aprs1 r5aissait1 rsurgeait dans la vote des cieux1 o il e/ encore4 ,enf9 ces traditions1 citant jusqu' ses noms a/rologiques et my/rieux1 disai5t qu'il s'appelait tantt ,*ris1 c'e/--dire le cons]vateur2 et voil ce dont v\s1 ,indi5s1 avez fait votre dieu ,*ris-en ou ,*ris-na2 et v\s1 *rti5s1 ,grecs et ,occid5taux1 votre ,cris-tos1 fils de ,m>ie2 et tantt1 qu'il s'appelait ,ys1 p> la runion de trois lettres1 lesquelles1 en valeur numrale1 =mai5t le nombre #fjh1 l'une des priodes solaires3 et voil1 ,europens6 le nom qui1 avec la f9ale lat9e1 e/ dev5u votre ,is-u ou ,jsus1 nom anci5 et cabali/ique attribu au jeune ,bac*us1 fils cl&e/9 7nocturne7 de la vi]ge ,m9]ve1 lequel1 dans t\te l'hi/oire de sa vie et mme de sa mort1 retrace l'hi/oire du dieu des *rti5s1 c'e/--dire de l'a/re du j\r1 dont ils sont t\s les deux l'emblme4 ces mots1 un gr& murmure s'leva de la "p des gr\pes *rti5s3 mais les musulmans1 les lamas1 les ,indi5s les rappelr5t l'ordre1 et l'orateur a*evant son disc\rs3 ,v\s savez ma9t5ant1 dit-il1 comm5t le re/e de ce sy/me se composa dans le *aos et l'an>*ie des trois premi]s sicles2 comm5t une f\le d'op9ions biz>res p>tagr5t les esprits1 et les p>tagr5t avec un en?\siasme et une op9itret rciproques1 p>ce que1 fondes galem5t sur des traditions anci5nes1 elles tai5t galem5t sacres4 ,v\s savez comm5t1 aprs trois c5ts ans1 le g\v]nem5t s'tant associ l'une de ces sectes1 en fit la religion or?odoxe1 c'e/--dire dom9ante1 l'exclusion des autres1 lesquelles1 p> leur infriorit1 dev9r5t des hrsies2 comm5t et p> quels moy5s de viol5ce et de sduction cette religion s'e/ propage1 accrue1 puis divise et affaiblie2 comm5t1 six c5ts ans aprs l'innovation du *ri/ianisme1 un autre sy/me se =ma encore de ses matriaux et de ceux des juifs1 et comm5t ,mahomet sut se compos] un empire politique et ?ologique aux dp5s de ceux de ,mose et des vicaires de ,jsus4444 ,ma9t5ant1 si v\s rsumez l'hi/oire entire de l'esprit religieux1 v\s v]rez que dans son pr9cipe il n'a eu p\r auteur que les s5sations et les beso9s de l'homme2 que l'ide de ,dieu n'a eu p\r type et modle que celle des puissances physiques1 des tres matriels agissant en bi5 ou en mal1 c'e/--dire en impressions de plaisir ou de d\leur sur l'tre s5tant2 que1 dans la =mation de t\s ces sy/mes1 cet esprit religieux a t\j\rs suivi la mme m>*e1 les mmes procds2 que dans t\s1 le dogme n'a cess de reprs5t]1 s\s le nom des dieux1 les oprations de la nature1 les passions des hommes et leurs prjugs2 que dans t\s1 la morale a eu p\r b le dsir du bi5-tre et l'av]sion de la d\leur2 mais que les peuples et la plup>t des lgislateurs1 ignorant les r\tes qui y conduisai5t1 se sont fait des ides fausses1 et p>-l mme opposes1 du vice et de la v]tu1 du bi5 et du mal1 c'e/--dire de ce qui r5d l'homme heureux ou malheureux2 que dans t\s1 les moy5s et les causes de propagation et d'tablissem5t ont (f]t les mmes scnes de passions et d'vnem5ts1 t\j\rs des disputes de mots1 des prtextes de zle1 des rvolutions et des gu]res suscites p> l'ambition des *efs1 p> la f\rb]ie des promulgateurs1 p> la crdulit des proslytes1 p> l'ignorance du vulgaire1 p> la cupidit exclusive et l'orgueil intolrant de t\s3 enf91 v\s v]rez que l'hi/oire entire de l'esprit religieux n'e/ que celle des inc]titudes de l'esprit huma91 qui1 plac dans un monde qu'il ne compr5d pas1 veut cep5dant en dev9] l'nigme2 et qui1 spectateur t\j\rs tonn de ce prodige my/rieux et visible1 imag9e des causes1 suppose des f9s1 btit des sy/mes3 puis1 en tr\vant un dfectueux1 le dtruit p\r un autre non mo9s vicieux2 hait l'erreur qu'il quitte1 mconnat celle qu'il embrasse1 rep\sse la vrit qui l'appelle1 compose des *imres d'tres disp>ates1 et1 rvant sans cesse sagesse et bonheur1 s'g>e dans un labyr9! de pe9es et de folies4 ,,*apitre ,,xxiii4 ,id5tit du b des religions4 ,a9si p>la l'orateur des hommes qui avai5t re*]* l'orig9e et la filiation des ides religieuses4444 ,et les ?ologi5s des div]s sy/mes raisonnant sur ce disc\rs3 ,c'e/ un expos impie1 dir5t les uns1 qui ne t5d ri5 mo9s qu' r5v]s] t\te croyance1 jet] l'insubord9ation dans les esprits1 anantir notre m9i/re et notre puissance3 c'e/ un roman1 dir5t les autres1 un tissu de conjectures dresses avec art1 mais sans fondem5t4 ,et les g5s modrs et prud5ts aj\tai5t3 ,supposons que t\t cela soit vrai1 p\rquoi rvl] ces my/res8 ,sans d\te nos op9ions sont ple9es d'erreurs2 mais ces erreurs sont un fre9 ncessaire la multitude4 ,le monde va a9si depuis deux mille ans1 p\rquoi le *ang] auj\rd'hui8 ,et dja la rumeur du blme qui s'lve contre t\te n\veaut1 comm5ait de s'accrotre1 qu& un gr\pe nombreux d'hommes des classes du peuple et de sauvages de t\t pays et de t\te nation1 sans prophtes1 sans docteurs1 sans code religieux1 s'avanant dans l'arne1 attirr5t sur eux l'att5tion de t\te l'assemble2 et l'un d'eux1 portant la p>ole1 dit au lgislateur3 ,arbitre et mdiateur des peuples6 depuis le comm5cem5t de ce dbat1 n\s ent5dons des rcits tranges1 in\s p\r n\s jusqu' ce j\r2 notre esprit1 surpris1 confondu de tant de *oses1 les unes savantes1 les autres absurdes1 qu'galem5t il ne compr5d pas1 re/e dans l'inc]titude et le d\te4 ,une seule rflexion n\s frappe3 en rsumant tant de faits prodigieux1 tant d'ass]tions opposes1 n\s n\s dem&ons3 ,que n\s import5t t\tes ces discussions8 ,qu'avons n\s beso9 de savoir ce qui s'e/ pass il y a c9q ou six mille ans1 dans des pays que n\s ignorons1 *ez des hommes qui n\s re/]ont inconnus8 ,vrai ou faux1 quoi n\s s]t de savoir si le monde exi/e depuis six ou depuis v+t mille ans1 s'il s'e/ fait de ri5 ou de quelque *ose1 de lui-mme ou p> un ouvri]1 qui1 son t\r1 exige un auteur8 ,quoi6 n\s ne sommes pas assurs de ce qui se passe prs de n\s1 et n\s rpondrons de ce qui peut se pass] dans le soleil1 dans la lune ou dans les espaces imag9aires6 ,n\s avons oubli notre enfance1 et n\s connatrons celle du monde8 ,et qui atte/]a ce que nul n'a vu8 qui c]tifi]a ce que p]sonne ne compr5d8 ,qu'aj\t]a d'ailleurs ou que dim9u]a notre exi/5ce de dire oui ou non sur t\tes ces *imres8 ,jusqu'ici nos pres et n\s n'en avons pas eu la premire ide1 et n\s ne voyons pas que n\s en ayons eu plus ou mo9s de soleil1 plus ou mo9s de subsi/ance1 plus ou mo9s de mal ou de bi54 ,si la connaissance en e/ ncessaire1 p\rquoi avons-n\s aussi-bi5 vcu sans elle1 que ceux qui s'en inquit5t si =t8 ,si elle e/ sup]flue1 p\rquoi en pr5drons-n\s auj\rd'hui le f>deau8 ,et s'adressant aux docteurs et aux ?ologi5s3 ,quoi6 il faudra que n\s1 hommes ignorants et pauvres1 dont t\s les mom5ts suffis5t pe9e aux so9s de notre subsi/ance et aux travaux dont v\s pr(itez1 il faudra que n\s appr5ions tant d'hi/oires que v\s racontez1 que n\s lisions tant de livres que v\s n\s citez1 que n\s appr5ions tant de div]ses langues dans lesquelles ils sont composs6 ,mille ans de vie n'y suffirai5t pas4444 ,il n'e/ pas ncessaire1 dir5t ls docteurs1 que v\s acquriez tant de sci5ce3 n\s l'avons p\r v\s4444 ,mais v\s-mmes1 rpliqur5t les hommes simples1 avec t\te votre sci5ce v\s n'tes pas d'accord6 quoi s]t de la possd]8 ,d'ailleurs1 comm5t p\vez-v\s rpondre p\r n\s8 ,si la foi d'un homme s'applique plusieurs1 v\s-mmes quel beso9 avez-v\s de croire8 ,vos pres auront cru p\r v\s1 et cela s]a raisonnable2 puisque c'e/ p\r v\s qu'ils ont vu4 ,ensuite1 qu'e/-ce que croire1 si croire n'influe sur aucune action8 ,et sur quelle action influe1 p> exemple1 de croire le monde t]nel ou non8 ,cela (f5se ,dieu1 dir5t les docteurs4--,o en e/ la preuve8 dir5t les hommes simples4--,dans nos livres1 rpondir5t les docteurs4--,n\s ne les ent5dons pas1 rpliqur5t les hommes simples4 ,n\s les ent5dons p\r v\s1 dir5t les docteurs4 ,voil la difficult1 reprir5t les hommes simples4 ,de quel droit v\s tablissez-v\s mdiateurs entre ,dieu et n\s8 ,p> ses ordres1 dir5t les docteurs4 ,o e/ la preuve de ses ordres8 dir5t les hommes simples4--,dans nos livres1 dir5t les docteurs4--,n\s ne les ent5dons pas1 dir5t les hommes simples2 et comm5t ce ,dieu ju/e v\s donne-t-il ce privilge sur n\s8 ,comm5t ce pre commun n\s oblige-t-il de croire un mo9dre degr d'vid5ce que v\s8 ,il v\s a p>l1 soit2 il e/ infaillible1 et il ne v\s trompe pas2 v\s n\s p>lez1 v\s6 qui n\s g>antit que v\s n'tes pas en erreur1 ou que v\s ne sauriez n\s y induire8 ,et si n\s sommes tromps1 comm5t ce ,dieu ju/e n\s sauv]a-t-il contre la loi1 ou n\s condamn]a-t-il sur celle que n\s n'avons pas connue8 ,il v\s a donn la loi naturelle1 dir5t les docteurs4 ,qu'e/-ce que la loi naturelle8 rpondir5t les hommes simples4 ,si cette loi suffit1 p\rquoi en a-t-il donn d'autres8 si elle ne suffit pas1 p\rquoi l'a-t-il donne imp>faite8 ,ses jugem5ts sont des my/res1 reprir5t les docteurs1 et sa ju/ice n'e/ pas comme celle des hommes4--,si sa ju/ice1 rpliqur5t les hommes simples1 n'e/ pas comme la ntre1 quel moy5 avons-n\s d'en jug]8 et1 de plus1 p\rquoi t\tes ces lois1 et quel e/ le b qu'elles se propos5t8 ,de v\s r5dre plus heureux1 reprit un docteur1 en v\s r5dant meilleurs et plus v]tueux3 c'e/ p\r appr5dre aux hommes us] de ses bi5faits1 et ne po9t se nuire entre eux1 que ,dieu s'e/ manife/ p> tant d'oracles et de prodiges4 ,en ce cas1 dir5t les hommes simples1 il n'e/ pas beso9 de tant d'tudes ni de raisonnem5ts3 montrez-n\s quelle e/ la religion qui remplit le mieux le b qu'elles se propos5t t\tes4 ,aussitt1 *acun des gr\pes vantant sa morale1 et la prfrant t\te autre1 il s'leva de culte culte une n\velle dispute plus viol5te4 ,c'e/ n\s1 dir5t les musulmans1 qui possdons la morale p> excell5ce1 qui enseignons t\tes les v]tus utiles aux hommes et agrables ,dieu4 ,n\s pr(essons la ju/ice1 le ds9tressem5t1 le dv\em5t la ,provid5ce1 la *>it p\r nos frres1 l'aumne1 la rsignation2 n\s ne t\rm5tons po9t les ames p> des cra9tes sup]/itieuses2 n\s vivons sans al>mes et n\s m\rons sans remords4 ,comm5t osez-v\s1 rpondir5t les prtres *rti5s1 p>l] de morale1 v\s dont le *ef a pratiqu la lic5ce et pr* le sc&ale8 v\s dont le premi] prcepte e/ l'homicide et la gu]re8 ,n\s en pr5ons tmo9 l'expri5ce3 depuis d\ze c5ts ans votre zle fanatique n'a cess de rp&re *ez les nations le tr\ble et le c>nage2 et si auj\rd'hui l',asie1 jadis florissante1 languit dans la b>b>ie et l'anantissem5t1 c'e/ votre doctr9e qu'il en faut attribu] la cause2 cette doctr9e ennemie de t\te in/ruction1 qui1 d'un ct1 sanctifiant l'ignorance et consacrant le despotisme le plus absolu dans celui qui comm&e1 de l'autre1 imposant l'obissance la plus aveugle et la plus passive ceux qui sont g\v]ns1 a eng\rdi t\tes les facults de l'homme1 t\ff t\te indu/rie1 et plong les nations dans l'abrutissem5t4 ,il n'en e/ pas a9si de notre morale sublime et cle/e2 c'e/ elle qui a retir la t]re de sa b>b>ie primitive1 des sup]/itions ins5ses ou cruelles de l'idoltrie1 des sacrifices huma9s1 des orgies honteuses des my/res paens2 qui a pur les moeurs1 proscrit les ince/es1 les adultres1 polic les nations sauvages1 fait disp>atre l'esclavage1 introduit des v]tus n\velles et inconnues1 la *>it p\r les hommes1 leur galit devant ,dieu1 le p>don1 l'oubli des injures1 la rpression de t\tes les passions1 le mpris des gr&eurs monda9es2 en un mot1 une vie t\te sa9te et t\te spirituelle4 ,n\s admirons1 rpliqur5t les musulmans1 comm5t v\s savez alli] cette *>it1 cette d\ceur vanglique1 dont v\s faites tant d'o/5tation1 avec les injures et les outrages dont v\s blessez sans cesse votre pro*a94 ,qu& v\s inculpez si gravem5t les moeurs du gr& homme que n\s rvrons1 n\s p\rrions tr\v] des reprsailles dans la conduite de celui que v\s adorez2 mais ddaignant de tels moy5s1 et n\s bornant au vritable objet de la "q1 n\s s\t5ons que votre morale vanglique n'a po9t la p]fection que v\s lui attribuez2 qu'il n'e/ po9t vrai qu'elle ait introduit dans le monde des v]tus inconnues1 n\velles3 et1 p> exemple1 cette galit des hommes devant ,dieu1 cette frat]nit et cette bi5veillance qui en sont la suite1 tai5t des dogmes =mels de la secte des h]mtiques ou samanens1 dont v\s desc5dez4 ,et quant au p>don des injures1 les paens mmes l'avai5t enseign2 mais1 dans l'ext5sion que v\s lui donnez1 lo9 d'tre une v]tu1 il devi5t une immoralit1 un vice4 ,votre prcepte si vant de t5dre une j\e aprs l'autre1 n'e/ pas seulem5t contraire t\s les s5tim5ts de l'homme1 il e/ encore oppos t\te ide de ju/ice2 il enh>dit les m*ants p> l'impunit2 il avilit les bons p> la s]vitude2 il livre le monde au dsordre1 la tyrannie2 il diss\t la socit2 et tel e/ l'esprit vritable de votre doctr9e3 vos vangiles1 dans leurs prceptes et leurs p>aboles1 ne reprs5t5t jamais ,dieu que comme un despote sans rgle d'quit2 c'e/ un pre p>tial1 qui traite un enfant dbau*1 prodigue1 avec plus de faveur que ses autres enfants respectueux et de bonnes moeurs2 c'e/ un matre capricieux1 qui donne le mme salaire aux ouvri]s qui ont travaill une heure et ceux qui ont fatigu p5dant t\te la j\rne1 et qui prfre les d]ni]s v5us aux premi]s3 p>t\t c'e/ une morale misan?ropique1 antisociale1 qui dgte les hommes de la vie1 de la socit1 et ne t5d qu' faire des ermites et des clibataires4 ,et quant la manire dont v\s l'avez pratique1 n\s en appelons notre t\r au tmoignage des faits3 n\s v\s dem&ons si c'e/ la d\ceur vanglique qui a suscit vos int]m9ables gu]res de sectes1 vos p]scutions atroces de prt5dus hrtiques1 vos croisades contre l'arianisme1 le mani*isme1 le prote/antisme1 sans p>l] de celles que v\s avez faites contre n\s1 et de vos associations sacrilges1 encore subsi/antes1 d'hommes ass]m5ts p\r les cont9u]4 ,n\s v\s dem&ons si c'e/ la *>it vanglique qui v\s a fait ext]m9] les peuples enti]s de l',amrique1 anantir les empires du ,mexique et du ,pr\2 qui v\s fait cont9u] de dva/] l',afrique1 dont v\s v5dez les habitants comme des animaux1 malgr votre abolition de l'esclavage2 qui v\s fait ravag] l',inde1 dont v\s usurpez les doma9es2 enf91 si c'e/ elle qui depuis trois sicles v\s fait tr\bl] dans leurs foy]s les peuples des trois cont95ts1 dont les plus prud5ts1 tels que le ,*9ois et le ,japonais1 ont t obligs de v\s *ass] p\r vit] vos f]s et rec\vr] la paix intrieure4 ,et l'in/ant les brames1 les rabb9s1 les bonzes1 les *amans1 les prtres des les ,moluques et des ctes de la ,gu9e accablant les docteurs *rti5s de repro*es2 ,oui6 s'crir5t-ils1 ces hommes sont des brig&s1 des hypocrites1 qui pr*5t la simplicit p\r surpr5dre la confiance2 l'humilit1 p\r ass]vir plus facilem5t2 la pauvret1 p\r s'appropri] t\tes les ri*esses2 ils promett5t un autre monde1 p\r mieux envahir celui-ci2 et t&is qu'ils v\s p>l5t de tolrance et de *>it1 ils brl5t au nom de ,dieu les hommes qui ne l'ador5t pas comme eux4 ,prtres m5teurs1 rpondir5t des missionnaires1 c'e/ v\s qui abusez de la crdulit des nations ignorantes p\r les subjugu]2 c'e/ v\s qui de votre m9i/re faites un art d'impo/ure et de f\rb]ie3 v\s avez conv]ti la religion en un ngoce d'av>ice et de cupidit4 ,v\s feignez d'tre en communication avec des esprits1 et ils ne r5d5t p\r oracles que vos volonts2 v\s prt5dez lire dans les a/res1 et le de/9 ne dcrte que vos dsirs2 v\s faites p>l] les idoles1 et les dieux ne sont que les in/rum5ts de vos passions2 v\s avez inv5t les sacrifices et les libations p\r attir] v\s le lait des tr\peaux1 la *air et la graisse des victimes2 et1 s\s le manteau de la pit1 v\s dvorez les (fr&es des dieux1 qui ne mang5t po9t1 et la sub/ance des peuples1 qui travaill5t4 ,et v\s1 rpliqur5t les brames1 les bonzes1 les *amans1 v\s v5dez aux vivants crdules de va9es prires p\r les ames des morts2 avec vos indulg5ces et vos absolutions1 v\s v\s tes arrog la puissance et les fonctions de ,dieu mme2 et faisant un trafic de ses graces et de ses p>dons1 v\s avez mis le ciel l'encan1 et fond1 p> votre sy/me d'expiation1 un t>if de crimes qui a p]v]ti t\tes les consci5ces4 ,aj\tez1 dir5t les imans1 que ces hommes ont inv5t la plus pr(onde des sclratesses3 l'obligation absurde et impie de leur racont] les secrets les plus intimes des actions1 des p5ses1 des vellxs 7la confession72 en sorte que leur curiosit insol5te a port son inquisition jusque dans le sanctuaire sacr du lit nuptial1 dans l'asile inviolable du coeur4 ,alors de repro*e en repro*e1 les docteurs des diffr5ts cultes comm5cr5t rvl] t\s les dlits de leur m9i/re1 t\s les vices ca*s de leur tat2 et il se tr\va que *ez t\s les peuples l'esprit des prtres1 leur sy/me de conduite1 leurs actions1 leurs moeurs tai5t absolum5t les mmes2 ,que p>t\t ils avai5t compos des associations secrtes1 des corporations ennemies du re/e de la socit2 ,que p>t\t ils s'tai5t attribu des prrogatives1 des immunits1 au moy5 desquelles ils vivai5t l'abri de t\s les f>deaux des autres classes2 ,que p>t\t ils n'essuyai5t ni les fatigues du lab\reur1 ni les dang]s du militaire1 ni les rev]s du comm]ant2 ,que p>t\t ils vivai5t clibataires1 af9 de s'p>gn] jusqu'aux emb>ras dome/iques2 ,que p>t\t1 s\s le manteau de la pauvret1 ils tr\vai5t le secret d'tre ri*es et de se procur] t\tes les j\issances2 ,que1 s\s le nom de m5dicit1 ils p]cevai5t des impts plus =ts que les pr9ces2 ,que1 s\s celui de dons et (fr&es1 ils se procurai5t des rev5us c]ta9s et exempts de frais2 ,que1 s\s celui de recueillem5t et de dvotion1 ils vivai5t dans l'oisivet et dans la lic5ce2 ,qu'ils avai5t fait de l'aumne une v]tu1 af9 de vivre tranquillem5t du travail d'autrui2 ,qu'ils avai5t inv5t des crmonies du culte1 af9 d'attir] sur eux le respect du peuple1 en j\ant le rle des dieux dont ils se disai5t les int]prtes et les mdiateurs1 p\r s'en attribu] t\te la puissance2 que1 dans ce desse91 selon les lumires ou l'ignorance des peuples1 ils s'tai5t faits t\r t\r a/rologues1 tireurs d'horoscopes1 dev9s1 magici5s1 ncromanci5s1 *>latans1 mdec9s1 c\rtisans1 confesseurs de pr9ces1 t\j\rs t5dant au b de g\v]n] p\r leur propre avantage2 ,que tantt ils avai5t lev le p\voir des rois et consacr leurs p]sonnes1 p\r s'attir] leurs faveurs ou p>ticip] leur puissance2 ,et que tantt ils avai5t pr* le meurtre des tyrans 7se rs]vant de spcifi] la tyrannie71 af9 de se v5g] de leur mpris ou de leur dsobissance2 ,que t\j\rs ils avai5t appel impit ce qui nuisait leurs intrts2 qu'ils rsi/ai5t t\te in/ruction publique1 p\r ex]c] le monopole de la sci5ce2 qu'enf9 en t\t temps1 en t\t lieu1 ils avai5t tr\v le secret de vivre en paix au milieu de l'an>*ie qu'ils causai5t1 en sret s\s le despotisme qu'ils favorisai5t1 en repos au milieu du travail qu'ils pr*ai5t1 dans l'abondance au se9 de la disette2 et cela1 en ex]ant le comm]ce s+uli] de v5dre des p>oles et des ge/es des g5s crdules1 qui les pai5t comme des d5res du plus gr& prix4 ,alors les peuples1 saisis de fureur1 v\lur5t mettre en pices les hommes qui les avai5t abuss2 mais le lgislateur arrtant ce m\vem5t de viol5ce1 et s'adressant aux *efs et aux docteurs3 ,quoi6 leur dit-il1 in/ituteurs des peuples1 e/-ce donc a9si que v\s les avez tromps8 ,et les prtres tr\bls rpondir5t3 lgislateur6 n\s sommes hommes2 et les peuples sont si sup]/itieux6 ils ont eux-mmes provoqu nos erreurs4 ,et les rois dir5t3 lgislateur6 les peuples sont si s]viles et si ignorants6 eux-mmes se sont pro/]ns devant le j\g1 qu' pe9e n\s osions leur montr]4 ,alors le lgislateur se t\rnant v]s les peuples3 ,peuples6 leur dit-il1 s\v5ez-v\s de ce que v\s v5ez d'ent5dre3 ce sont deux pr(ondes vrits4 ,oui1 v\s-mmes causez les maux dont v\s v\s plaignez2 c'e/ v\s qui enc\ragez les tyrans p> une l*e adulation de leur puissance1 p> un eng\em5t imprud5t de leurs fausses bonts1 p> l'avilissem5t dans l'obissance1 p> la lic5ce dans la lib]t1 p> l'accueil crdule de t\te impo/ure3 sur qui punirez-v\s les fautes de votre ignorance et de votre cupidit8 ,et les peuples int]dits demeurr5t dans un morne sil5ce4 ,,*apitre ,,xxiv4 ,solution du problme des contradictions4 ,et le lgislateur repr5ant la p>ole1 dit3 nations6 n\s avons ent5du les dbats de vos op9ions2 et les diss5tim5ts qui v\s p>tag5t n\s ont f\rni plusieurs rflexions1 et n\s prs5t5t plusieurs que/ions claircir et v\s propos]4 ,d'abord1 considrant la div]sit et l'opposition des croyances auxquelles v\s tes atta*s1 n\s v\s dem&ons sur quels motifs v\s en fondez la p]suasion3 e/-ce p> un *oix rfl*i que v\s suivez l't5d>d d'un prophte plutt que celui d'un autre8 ,avant d'adopt] telle doctr9e plutt que telle autre1 les avez-v\s d'abord comp>es8 en avez-v\s fait un mr exam58 ou bi5 ne les avez-v\s reues que du has>d de la naissance1 que de l'empire de l'habitude et de l'ducation8 ,ne naissez-v\s pas *rti5s sur les bords du ,tibre1 musulmans sur ceux de l',euphrate1 idoltres aux rives de l',indus1 comme v\s naissez blonds dans les rgions froides1 et brls s\s le soleil africa98 ,et si vos op9ions sont l'effet de votre position =tuite sur la t]re1 de la p>5t1 de l'imitation1 comm5t le has>d v\s devi5t-il un motif de conviction1 un argum5t de vrit8 ,en second lieu1 lorsque n\s mditons sur l'exclusion respective et l'intolrance arbitraire de vos prt5tions1 n\s sommes effrays des consqu5ces qui dc\l5t de vos propres pr9cipes4 ,peuples6 qui v\s dv\ez t\s rciproquem5t aux traits de la colre cle/e1 supposez qu'en ce mom5t l'tre univ]sel que v\s rvrez1 desc5dit des cieux sur cette multitude1 et qu'inve/i de t\te sa puissance1 il s'asst sur ce trne p\r v\s jug] t\s2 supposez qu'il v\s dt3 ,mortels6 c'e/ votre propre ju/ice que je vais ex]c] sur v\s4 ,oui1 de tant de cultes qui v\s p>tag5t1 un seul auj\rd'hui s]a prfr2 t\s les autres1 t\te cette multitude d't5d>ds1 de peuples1 de prophtes1 s]ont condamns une p]te t]nelle2 et ce n'e/ po9t assez4444 p>mi les sectes du culte *oisi1 une seule peut me plaire1 et t\tes les autres s]ont condamnes2 mais ce n'e/ po9t encore assez3 de ce petit gr\pe rs]v1 il faut que j'exclue t\s ceux qui n'ont pas rempli les conditions qu'impos5t ses prceptes3 hommes6 quel petit nombre d'lus avez-v\s born votre race6 quelle pnurie de bi5faits rduisez-v\s mon imm5se bont8 quelle solitude d'admirateurs condamnez-v\s ma gr&eur et ma gloire8 ,et le lgislateur se levant3 ,n'importe2 v\s l'avez v\lu2 peuples6 voil l'urne o vos noms sont placs3 un seul sortira4444 ,osez tir] cette lot]ie t]rible4444 ,et les peuples1 saisis de frayeur1 s'crir5t3 ,non1 non2 n\s sommes t\s frres1 t\s gaux2 n\s ne p\vons n\s condamn]4 ,alors le lgislateur s'tant rassis1 reprit3 hommes6 qui disputez sur tant de sujets1 prtez une oreille att5tive un problme que v\s m'(frez1 et que v\s devez rs\dre v\s-mmes4 ,et les peuples ayant prt une gr&e att5tion1 le lgislateur leva un bras v]s le ciel2 et montrant le soleil3 ,peuples1 dit-il1 ce soleil qui v\s claire v\s p>at-il c>r ou triangulaire8 ,non1 rpondir5t-ils unanimem5t1 il e/ rond4 ,puis pr5ant la balance d'or qui tait sur l'autel3 ,cet or que v\s maniez t\s les j\rs1 e/-il plus pesant qu'un mme volume de cuivre8 ,oui1 rpondir5t unanimem5t t\s les peuples1 l'or e/ plus pesant que le cuivre4444 ,et le lgislateur pr5ant l'pe3 ,ce f] e/-il mo9s dur que du plomb8 ,non1 dir5t les peuples4 ,le sucre e/-il d\x et le fiel am]8--,oui4 ,aimez-v\s t\s le plaisir1 et hassez-v\s la d\leur8--,oui4 ,a9si v\s tes t\s d'accord sur ces objets et sur une f\le d'autres semblables4 ,ma9t5ant1 dites1 y a-t-il un g\ffre au c5tre de la t]re et des habitants dans la lune8 cette "q1 ce fut une rumeur univ]selle2 et *acun y rpondant div]sem5t1 les uns disai5t oui1 d'autres disai5t non2 ceux-ci1 que cela tait probable2 ceux-l1 que la "q tait oiseuse1 ridicule2 et d'autres1 que cela tait bon savoir3 et ce fut une discordance gnrale4 ,aprs quelque temps1 le lgislateur ayant rtabli le sil5ce3 ,peuples1 dit-il1 expliquez-n\s ce problme4 ,je v\s ai propos plusieurs que/ions1 sur lesquelles v\s avez t\s t d'accord1 sans di/9ction de race ni de secte3 hommes blancs1 hommes noirs1 sectateurs de ,mahomet ou de ,mose1 adorateurs de ,b\dda ou de ,is\s1 v\s avez t\s fait la mme rponse4 ,je v\s en propose une autre1 et v\s tes t\s discordants6 ,p\rquoi cette unanimit dans un cas1 et cette discordance dans un autre8 ,et le gr\pe des hommes simples et sauvages pr5ant la p>ole1 rpondit3 ,la raison en e/ simple3 dans le premi] cas1 n\s voyons1 n\s s5tons les objets1 n\s en p>lons p> s5sation2 dans le second1 ils sont hors de la porte de nos s5s2 n\s n'en p>lons que p> conjecture4 ,v\s avez rsolu le problme1 dit le lgislateur2 a9si1 votre propre aveu tablit cette premire vrit3 ,que t\tes les fois que les objets peuv5t tre s\mis vos s5s1 v\s tes d'accord dans votre prononc2 ,et que v\s ne diffrez d'op9ion1 de s5tim5t1 que qu& les objets sont abs5ts et hors de votre porte4 ,or1 de ce premi] fait en dc\le un second1 galem5t clair et digne de rem>que4 ,de ce que v\s tes d'accord sur ce que v\s connaissez avec c]titude1 il s'ensuit que v\s n'tes discordants que sur ce que v\s ne connaissez pas bi51 sur ce dont v\s n'tes pas assurs2 c'e/--dire que v\s v\s disputez1 que v\s v\s qu]ellez1 que v\s v\s battez p\r ce qui e/ inc]ta91 p\r ce dont v\s d\tez4 hommes6 n'e/-ce pas l folie8 ,et n'e/-il pas alors dmontr que ce n'e/ po9t p\r la vrit que v\s conte/ez2 que ce n'e/ po9t sa cause que v\s df5dez1 mais celle de vos affections1 de vos prjugs2 que ce n'e/ po9t l'objet tel qu'il e/ en lui que v\s v\lez pr\v]1 mais l'objet tel que v\s le voyez2 c'e/--dire que v\s v\lez faire prvaloir1 non pas l'vid5ce de la *ose1 mais l'op9ion de votre p]sonne1 votre manire de voir et de jug]4 ,c'e/ une puissance que v\s v\lez ex]c]1 un intrt que v\s v\lez satisfaire1 une prrogative que v\s v\s arrogez2 c'e/ la lutte de votre vanit4 ,or1 comme *acun de v\s1 en se comp>ant t\t autre1 se tr\ve son gal1 son semblable1 il rsi/e p> le s5tim5t d'un mme droit4 ,et vos disputes1 vos combats1 votre intolrance1 sont l'effet de ce droit que v\s v\s dniez1 et de la consci5ce inhr5te de votre galit4 ,or1 le seul moy5 d'tre d'accord e/ de rev5ir la nature1 et de pr5dre p\r arbitre et rgulateur l'ordre de *oses qu'elle-mme a pos2 et alors votre accord pr\ve encore cette autre vrit3 ,que les tres rels ont en eux-mmes une manire d'exi/] id5tique1 con/ante1 uni=me1 et qu'il exi/e dans vos organes une manire semblable d'en tre affects4 ,mais en mme temps1 raison de la mobilit de ces organes p> votre volont1 v\s p\vez concevoir des affections diffr5tes1 et v\s tr\v] avec les mmes objets dans des rapports div]s1 en sorte que v\s tes leur g>d comme une glace rfl*issante1 capable de les r5dre tels qu'ils sont en effet1 mais capable aussi de les dfigur] et de les altr]4 ,d'o il suit que1 t\tes les fois que v\s p]cevez les objets tels qu'ils sont1 v\s tes d'accord entre v\s et avec eux-mmes1 et cette similitude entre vos s5sations et la manire dont exi/5t les tres1 e/ ce qui con/itue p\r v\s leur vrit2 ,qu'au contraire1 t\tes les fois que v\s diffrez d'op9ions1 votre diss5tim5t e/ la preuve que v\s ne reprs5tez pas les objets tels qu'ils sont1 que v\s les *angez4 ,et de l se dduit encore1 que les causes de vos diss5tim5ts n'exi/5t pas dans les objets eux-mmes1 mais dans vos esprits1 dans la manire dont v\s p]cevez ou dont v\s jugez4 ,p\r tablir l'unanimit d'op9ion1 il faut donc pralablem5t bi5 tablir la c]titude1 bi5 con/at] que les tableaux que se pe9t l'esprit sont exactem5t ressemblants leurs modles2 qu'il rfl*it les objets correctem5t tels qu'ils exi/5t4 ,or1 cet effet ne peut s'obt5ir qu'autant que ces objets peuv5t tre rapports au tmoignage1 et s\mis l'exam5 des s5s4 ,t\t ce qui ne peut subir cette preuve e/ p>-l mme impossible jug]2 il n'exi/e son g>d aucune rgle1 aucun t]me de comp>aison1 aucun moy5 de c]titude4 ,d'o il faut conclure que1 p\r vivre en concorde et en paix1 il faut cons5tir ne po9t prononc] sur de tels objets1 ne leur atta*] aucune importance2 en un mot1 qu'il faut trac] une ligne de dm>cation entre les objets vrifiables et ceux qui ne peuv5t tre vrifis1 et sp>] d'une b>rire inviolable le monde des tres fanta/iques du monde des ralits2 c'e/--dire qu'il faut t] t\t effet civil aux op9ions ?ologiques et religieuses4 ,voil1 peuples6 le b que s'e/ propos une gr&e nation affran*ie de ses f]s et de ses prjugs2 voil l'ouvrage que n\s avions entrepris s\s ses reg>ds et p> ses ordres1 qu& vos rois et vos prtres sont v5us le tr\bl]4444 rois et prtres6 v\s p\vez susp5dre encore quelque temps la publication sol5nelle des lois de la nature1 mais il n'e/ plus en votre p\voir de les anantir ou de les r5v]s]4 ,alors un cri imm5se s'leva de t\tes les p>ties de l'assemble2 et l'univ]salit des peuples1 p> un m\vem5t unanime1 tmoignant son adhsion aux p>oles du lgislateur3 ,repr5ez1 lui dir5t-ils1 votre sa9t et sublime ouvrage1 et portez-le sa p]fection6 ,re*]*ez des lois que la nature a poses en n\s p\r n\s dirig]1 et dressez-en l'au!ntique et immuable code2 mais que ce ne soit plus p\r une seule nation1 p\r une seule famille3 que ce soit p\r n\s t\s sans exception6 ,soyez le lgislateur de t\t le g5re huma91 a9si que v\s s]ez l'int]prte de la mme nature2 montrez-n\s la ligne qui sp>e le monde des *imres de celui des ralits1 et enseignez-n\s1 aprs tant de religions et d'erreurs1 la religion de l'vid5ce et de la vrit6 ,alors le lgislateur1 ayant repris la re*]*e et l'exam5 des attributs physiques et con/itutifs de l'homme1 des m\vem5ts et des affections qui le rgiss5t dans l'tat individuel et social1 dveloppa en ces mots les lois sur lesquelles la nature elle-mme a fond son bonheur4 ,,la ,,loi ,,naturelle1 ou ,,pr9cipes ,,physiques ,,de ,,la ,,morale1 ,d,,duits ,,de ,l',,organisation ,,de ,l',,homme ,,et ,,de ,l',,univ]s4 ,,av]tissem5t ,,de ,l',,diteur4 ,si les livres se pris5t p> leur poids1 celui-ci s]a compt p\r peu de *ose2 s'ils s'e/im5t p> leur cont5u1 peut-tre s]a-t-il plac au rang des plus importants4 ,en gnral1 ri5 de plus important qu'un bon livre lm5taire2 mais aussi ri5 de plus difficile compos] et mme lire3 p\rquoi cela8 p>ce que t\t devant y tre analyse et df9ition1 t\t doit y-tre dit avec vrit et prcision3 si la vrit et la prcision manqu5t1 le b e/ manqu2 si elles exi/5t1 il devi5t ab/rait p> sa =ce mme4 ,le premi] de ces dfauts a t s5sible jusqu' ce j\r dans t\s les livres de morale3 on n'y tr\ve qu'un *aos de maximes dc\sues1 de prceptes sans causes1 d'actions sans motifs4 ,les pdants du g5re huma9 l'ont trait comme un petit enfant3 ils lui ont prescrit d'tre sage p> la frayeur des esprits et des rev5ants4 ,ma9t5ant que le g5re huma9 gr&it1 il e/ temps de lui p>l] raison1 il e/ temps de pr\v] aux hommes que les mobiles de leur p]fectionnem5t se tir5t de leur organisation mme1 de l'intrt de leurs passions1 et de t\t ce qui compose leur exi/5ce4 ,il e/ temps de dmontr] que la morale e/ une sci5ce physique et gomtrique1 s\mise aux rgles et au calcul des autres sci5ces exactes2 et tel e/ l'avantage du sy/me expos dans ce livre1 que les bases de la moralit y tant fondes sur la nature mme des *oses1 elle e/ fixe et immuable comme elles2 t&is que dans t\s les sy/mes ?ologiques la morale tant assise sur des op9ions arbitraires1 non dmontrables et s\v5t absurdes1 elle *ange1 s'affaiblit1 prit avec elles1 et laisse les hommes dans une dpravation absolue4 ,il e/ vrai que1 p> la raison mme que notre sy/me se fonde sur des faits et non sur des rves1 il tr\v]a plus de difficult se rp&re et s'tablir2 mais il tir]a des =ces de cette lutte mme1 et tt ou t>d l't]nelle religion de la nature r5v]s]a les religions passagres de l'esprit huma94 ,ce livre fut publi p\r la premire fois en #agic1 s\s le titre de ,cat*isme du ,citoy5 franais3 il avait d'abord t de/9 tre un livre national2 mais il p\rrait galem5t bi5 s'intitul] ,cat*isme du bon s5s et des honntes g5s2 il faut espr] qu'il devi5dra un livre commun t\te l',europe4 ,il e/ possible que dans sa brivet il n'ait pas suffisamm5t rempli le b d'un livre classique populaire2 mais l'auteur s]a satisfait s'il a du mo9s le mrite d'indiqu] le moy5 d'en faire de meilleurs4 ,,la ,,loi ,,naturelle1 ou ,,pr9cipes ,,physiques ,,de ,,la ,,morale4 ,,*apitre ,,premi]4 ,de la loi naturelle4 ,d4 ,qu'e/-ce que la loi naturelle8 ,r4 ,c'e/ l'ordre rguli] et con/ant des faits1 p> lequel ,,dieu rgit l'univ]s2 ordre que sa sagesse prs5te aux s5s et la raison des hommes1 p\r s]vir leurs actions de rgle gale et commune1 et p\r les guid]1 sans di/9ction de pays ni de secte1 v]s la p]fection et le bonheur4 ,d4 ,df9issez-moi clairem5t le mot loi4 ,r4 ,le mot loi1 pris littralem5t1 signifie lecture#cb1 p>ce que1 dans l'orig9e1 les ordonnances et rglem5ts tai5t la lecture p> excell5ce que l'on faisait au peuple1 af9 qu'il les obs]vt et n'enc\rt pas les pe9es portes contre leur infraction3 d'o il suit que l'usage orig9el expliquant l'ide vritable1 la loi se df9it3 ,un ordre ou une df5se d'agir1 avec la clause expresse d'une pe9e atta*e l'infraction1 ou d'une rcomp5se atta*e l'obs]vation de cet ordre4 ,d4 ,e/-ce qu'il exi/e de tels ordres dans la nature8 ,r4 ,oui4 ,d4 ,que signifie ce mot nature8 ,r4 ,le mot nature pr5d trois s5s div]s3 #a ,il dsigne l'univ]s1 le monde matriel3 on dit1 dans ce premi] s5s1 la beaut de la nature1 la ri*esse de la nature1 c'e/--dire les objets du ciel et de la t]re (f]ts nos reg>ds2 #b ,il dsigne la puissance qui anime1 qui meut l'univ]s1 en la considrant comme un tre di/9ct1 comme l'ame e/ au corps2 on dit1 dans ce second s5s3 ,les int5tions de la nature1 les secrets incomprh5sibles de la nature4 #c ,il dsigne les oprations p>tielles de cette puissance dans *aque tre ou dans *aque classe d'tres2 et l'on dit1 dans ce troisime s5s3 ,c'e/ une nigme que la nature de l'homme2 *aque tre agit selon sa nature4 ,or1 comme les actions de *aque tre ou de *aque espce d'tres sont s\mises des rgles con/antes et gnrales1 qui ne peuv5t tre enfre9tes sans que l'ordre gnral o p>ticuli] soit int]v]ti et tr\bl1 l'on donne ces rgles d'actions et de m\vem5ts le nom de lois naturelles ou lois de la nature4 ,d4 ,donnez-moi des exemples de ces lois4 ,r4 ,c'e/ une loi de la nature1 que le soleil claire successivem5t la surface du globe t]re/re2--que sa prs5ce y excite la lumire et la *aleur2--que la *aleur agissant sur l'eau =me des vapeurs2--que ces vapeurs leves en nuages dans les rgions de l'air s'y rsolv5t en pluies ou en neiges1 qui r5\vell5t sans cesse les eaux des s\rces et des fleuves4 ,c'e/ une loi de la nature1 que l'eau c\le de haut en bas2 qu'elle *]*e son niveau2 qu'elle soit plus pesante que l'air2--que t\s les corps t5d5t1 v]s la t]re2--que la flamme s'lve v]s les cieux2 qu'elle dsorganise les vgtaux et les animaux2--que l'air soit ncessaire la vie de c]ta9s animaux2 que1 dans c]ta9es circon/ances1 l'eau les suffoque et les tue2 que c]ta9s sucs de plantes1 c]ta9s m9raux attaqu5t leurs organes1 dtruis5t leur vie1 et a9si d'une f\le d'autres faits4 ,or1 p>ce que t\s ces faits et leurs semblables sont immuables1 con/ants1 rguli]s1 il en rsulte p\r l'homme autant de vritables ordres de s'y con=m]1 avec la clause expresse d'une pe9e atta*e leur infraction1 ou d'un bi5-tre atta* leur obs]vation2 de manire que si l'homme prt5d voir clair dans les tnbres1 s'il contr>ie la m>*e des saisons1 l'action des lm5ts2 s'il prt5d vivre dans l'eau sans se noy]1 t\*] la flamme sans se brl]1 se priv] d'air sans s't\ff]1 boire des poisons sans se dtruire1 il reoit de *acune de ces infractions aux lois naturelles une punition corporelle et proportionne sa faute2--qu'au contraire1 s'il obs]ve et pratique *acune de ces lois dans les rapports exacts et rguli]s qu'elles ont avec lui1 il cons]ve son exi/5ce1 et la r5d aussi heureuse qu'elle peut l'tre2 et p>ce que t\tes ces lois1 considres relativem5t l'espce huma9e1 ont p\r b unique et commun de la cons]v] et de la r5dre heureuse1 on e/ conv5u d'en rassembl] l'ide s\s un mme mot1 et de les appel] collectivem5t la loi naturelle4 ,,*apitre ,,ii ,c>actres de la loi naturelle4 ,d4 ,quels sont les c>actres de la loi naturelle8 ,r4 ,on en peut compt] dix pr9cipaux4 ,d4 ,quel e/ le premi]8 ,r4 ,c'e/ d'tre inhr5te l'exi/5ce des *oses1 p> consqu5t1 d'tre primitive et antrieure t\te autre loi2 en sorte que t\tes celles qu'ont reues les hommes n'en sont que des imitations1 dont la p]fection se mesure sur leur ressemblance avec ce modle primordial4 ,d4 ,quel e/ le second8 ,r4 ,c'e/ de v5ir immdiatem5t de ,,dieu1 d'tre prs5te p> lui *aque homme1 t&is que les autres ne n\s sont prs5tes que p> des hommes qui peuv5t tre tromps ou trompeurs4 ,d4 ,quel e/ le troisime8 ,r4 ,c'e/ d'tre commune t\s les temps1 t\s les pays1 c'e/--dire1 d'tre une et univ]selle4 ,d4 ,e/-ce qu'aucune autre loi n'e/ univ]selle8 ,r4 ,non1 c> aucune ne convi5t1 aucune n'e/ applicable t\s les peuples de la t]re2 t\tes sont locales et accid5telles1 nes p> des circon/ances de lieux et de p]sonnes2 en sorte que si tel homme1 tel vnem5t n'et pas exi/1 telle loi n'exi/]ait pas4 ,d4 ,quel e/ le quatrime c>actre8 ,r4 ,c'e/ d'tre uni=me et inv>iable4 ,d4 ,e/-ce qu'aucune autre n'e/ uni=me et inv>iable8 ,r4 ,non2 c> ce qui e/ bi5 et v]tu selon l'une1 e/ mal et vice selon l'autre2 et ce qu'une mme loi appr\ve dans un temps1 elle le condamne s\v5t dans un autre4 ,d4 ,quel e/ le c9quime c>actre8 ,r4 ,d'tre vid5te et palpable1 p>ce qu'elle consi/e t\t entire en faits sans cesse prs5ts aux s5s et la dmon/ration4 ,d4 ,e/-ce que les autres lois ne sont pas vid5tes8 ,r4 ,non2 c> elles se fond5t sur des faits passs et d\teux1 sur des tmoignages quivoques et suspects1 et sur des preuves inaccessibles aux s5s4 ,d4 ,quel e/ le sixime c>actre8 ,r4 ,d'tre raisonnable1 p>ce que ses prceptes et t\te sa doctr9e sont con=mes la raison et l'ent5dem5t huma94 ,d4 ,e/-ce qu'aucune autre loi n'e/ raisonnable8 ,r4 ,non2 c> t\tes contr>i5t la raison et l'ent5dem5t de l'homme1 et lui impos5t avec tyrannie une croyance aveugle et impraticable4 ,d4 ,quel e/ le septime c>actre8 ,r4 ,d'tre ju/e1 p>ce que dans cette loi les pe9es sont proportionnes aux infractions4 ,d4 ,e/-ce que les autres lois ne sont pas ju/es8 ,r4 ,non2 c> elles atta*5t s\v5t aux mrites ou aux dlits des pe9es ou des rcomp5ses dmesures1 et elles imput5t mrite ou dlit des actions nulles ou indiffr5tes4 ,d4 ,quel e/ le huitime c>actre8 ,r4 ,d'tre pacifique et tolrante1 p>ce que1 dans la loi naturelle1 t\s les hommes tant frres et gaux en droits1 elle ne leur conseille t\s que paix et tolrance1 mme p\r leurs erreurs4 ,d4 ,e/-ce que les autres lois ne sont pas pacifiques8 ,r4 ,non2 c> t\tes pr*5t la diss5sion1 la discorde1 la gu]re1 et divis5t les hommes p> des prt5tions exclusives de vrit et de dom9ation4 ,d4 ,quel e/ le neuvime c>actre8 ,r4 ,d'tre galem5t bi5faisante p\r t\s les hommes1 en leur enseignant t\s les vritables moy5s d'tre meilleurs et plus heureux4 ,d4 ,e/-ce que les autres ne sont pas aussi bi5faisantes8 ,r4 ,non2 c> aucune n'enseigne les vritables moy5s du bonheur3 t\tes se rduis5t des pratiques p]nicieuses ou futiles1 et les faits le pr\v5t1 puisque aprs tant de lois1 tant de religions1 de lgislateurs et de prophtes1 les hommes sont encore aussi malheureux et aussi ignorants qu'il y a six mille ans4 ,d4 ,quel e/ le d]ni] c>actre de la loi naturelle8 ,r4 ,c'e/ de suffire seule r5dre les hommes plus heureux et meilleurs1 p>ce qu'elle embrasse t\t ce que les autres lois civiles ou religieuses ont de bon ou d'utile1 c'e/--dire qu'elle en e/ ess5tiellem5t la p>tie morale2 de manire que1 si les autres lois tai5t dp\illes1 elles se tr\v]ai5t rduites des op9ions *imriques et imag9aires1 sans aucune utilit pratique4 ,d4 ,rsumez-moi t\s ces c>actres4 ,r4 ,j'ai dit que la loi naturelle e/1 #a ,primitive2 #b ,immdiate2 #c ,univ]selle2 #d ,inv>iable2 #e vid5te2 #f ,raisonnable2 #g ,ju/e2 #h ,pacifique2 #i ,bi5faisante2 #aj ,et seule suffisante4 ,et telle e/ la puissance de t\s ces attributs de p]fection et de vrit1 que1 lorsqu'en leurs disputes les ?ologi5s ne peuv5t s'accord] sur aucun po9t de croyance1 ils ont rec\rs la loi naturelle1 dont l'oubli1 dis5t-ils1 a =c ,dieu d'envoy] de temps en temps des prophtes publi] des lois n\velles3 comme si ,dieu faisait des lois de circon/ance1 la manire des hommes1 surt\t qu& la premire subsi/e avec tant de =ce1 qu'on peut dire qu'en t\t temps et en t\t pays1 elle n'a cess d'tre la loi de consci5ce de t\t homme raisonnable et s5s4 ,d4 ,si1 comme v\s le dites1 elle mane immdiatem5t de ,dieu1 enseigne-t-elle son exi/5ce8 ,r4 ,oui1 trs-positivem5t2 c> p\r t\t homme qui obs]ve avec rflexion le spectacle tonnant de l'univ]s1 plus il mdite sur les proprits et les attributs de *aque tre1 sur l'ordre admirable et l'h>monie de leurs m\vem5ts1 plus il lui e/ dmontr qu'il exi/e un ag5t suprme1 un moteur univ]sel et id5tique1 dsign p> le nom de ,,dieu2 et il e/ si vrai que la loi naturelle suffit p\r lev] la connaissance de ,,dieu1 que t\t ce que les hommes ont prt5du en connatre p> des moy5s trang]s1 s'e/ con/amm5t tr\v ridicule1 absurde1 et qu'ils ont t obligs d'en rev5ir aux immuables notions de la raison naturelle4 ,d4 ,il n'e/ donc pas vrai que les sectateurs de la loi naturelle soi5t a?es8 ,r4 ,non1 cela n'e/ pas vrai2 au contraire1 ils ont de la ,div9it des ides plus =tes et plus nobles que la plup>t des autres hommes2 c> ils ne la s\ill5t po9t du mlange de t\tes les faiblesses et de t\tes les passions de l'humanit4 ,d4 ,quel e/ le culte qu'ils lui r5d5t8 ,r4 ,un culte t\t enti] d'action3 la pratique et l'obs]vation de t\tes les rgles que la suprme sagesse a imposes aux m\vem5ts de *aque tre2 rgles t]nelles et inaltrables1 p> lesquelles elle ma9ti5t l'ordre et l'h>monie de l'univ]s1 et qui1 dans leurs rapports avec l'homme1 compos5t la loi naturelle4 ,d4 ,a-t-on connu avant ce j\r la loi naturelle8 ,r4 ,on en a de t\t temps p>l3 la plup>t des lgislateurs ont dit la pr5dre p\r base de leurs lois2 mais ils n'en ont cit que quelques prceptes1 et ils n'ont eu de sa totalit que des ides vagues4 ,d4 ,p\rquoi cela8 ,r4 ,p>ce que1 quoique simple dans ses bases1 elle =me1 dans ses dveloppem5ts et ses consqu5ces1 un ensemble compliqu qui exige la connaissance de beauc\p de faits1 et t\te la sagacit du raisonnem5t4 ,d4 ,e/-ce que l'in/9ct seul n'indique pas la loi naturelle8 ,r4 ,non2 c> p> in/9ct l'on n'ent5d que ce s5tim5t aveugle qui porte indi/9ctem5t v]s t\t ce qui flatte les s5s4 ,d4 ,p\rquoi dit-on donc que la loi naturelle e/ grave dans le coeur de t\s les hommes8 ,r4 ,on le dit p> deux raisons3 #a p>ce que l'on a rem>qu qu'il y avait des actes et des s5tim5ts communs t\s les hommes1 ce qui vi5t de leur commune organisation2 #b p>ce que les premi]s philosophes ont cru que les hommes naissai5t avec des ides dja =mes1 ce qui e/ ma9t5ant dmontr une erreur4 ,d4 ,les philosophes se tromp5t donc8 ,r4 ,oui1 cela leur arrive4 ,d4 ,p\rquoi cela8 ,r4 ,i ,p>ce qu'ils sont hommes2 #b p>ce que les ignorants appell5t philosophes t\s ceux qui raisonn5t bi5 ou mal2 #c p>ce que ceux qui raisonn5t sur beauc\p de *oses1 et qui en raisonn5t les premi]s1 sont sujets se tromp]4 ,d4 ,si la loi naturelle n'e/ pas crite1 ne devi5t-elle pas une *ose arbitraire et idale8 ,r4 ,non2 p>ce qu'elle consi/e t\t entire en faits dont la dmon/ration peut sans cesse se r5\vel] aux s5s1 et compos] une sci5ce aussi prcise et aussi exacte que la gomtrie et les ma?matiques2 et c'e/ p> la raison mme que la loi naturelle =me une sci5ce exacte1 que les hommes1 ns ignorants et vivant di/raits1 ne l'ont connue1 jusqu' nos j\rs1 que sup]ficiellem5t4 ,,*apitre ,,iii4 ,pr9cipes de la loi naturelle p> rapport l'homme4 ,d4 ,dveloppez-moi les pr9cipes de la loi naturelle p> rapport l'homme8 ,r4 ,ils sont simples2 ils se rduis5t un prcepte fondam5tal et unique4 ,d4 ,quel e/ ce prcepte8 ,r4 ,c'e/ la cons]vation de soi-mme4 ,d4 ,e/-ce que le bonheur n'e/ pas aussi un prcepte de la loi naturelle8 ,r4 ,oui2 mais comme le bonheur e/ un tat accid5tel qui n'a lieu que dans le dveloppem5t des facults de l'homme et du sy/me social1 il n'e/ po9t le b immdiat et direct de la nature2 c'e/1 p\r a9si dire1 un objet de luxe1 suraj\t l'objet ncessaire et fondam5tal de la cons]vation4 ,d4 ,comm5t la nature ordonne-t-elle l'homme de se cons]v]8 ,r4 ,p> deux s5sations puissantes et involontaires1 qu'elle a atta*es comme deux guides1 deux gnies g>di5s t\tes ses actions3 l'une1 s5sation de d\leur1 p> laquelle elle l'av]tit et le dt\rne de t\t ce qui t5d le dtruire2 l'autre1 s5sation de plaisir1 p> laquelle elle l'attire et le porte v]s t\t ce qui t5d cons]v] et dvelopp] son exi/5ce4 ,d4 ,le plaisir n'e/ donc pas un mal1 un p*1 comme le prt5d5t les casui/es8 ,r4 ,non3 il ne l'e/ qu'autant qu'il t5d dtruire la vie et la sant1 qui1 du propre aveu de ces casui/es1 n\s vi5n5t de ,dieu mme4 ,d4 ,le plaisir e/-il l'objet pr9cipal de notre exi/5ce1 comme l'on dit quelques philosophes8 ,r4 ,non3 il ne l'e/ pas plus que la d\leur2 le plaisir e/ un enc\ragem5t vivre1 comme la d\leur e/ un rep\ssem5t m\rir4 ,d4 ,comm5t pr\vez-v\s cette ass]tion8 ,r4 ,p> deux faits palpables3 l'un1 que le plaisir1 s'il e/ pris au del du beso91 conduit la de/ruction2 p> exemple1 un homme qui abuse du plaisir de mang] ou de boire1 attaque sa sant et nuit sa vie4 ,l'autre1 que la d\leur conduit quelquefois la cons]vation2 p> exemple1 un homme qui se fait c\p] un membre gangr5 s\ffre de la d\leur1 et c'e/ af9 de ne pas prir t\t enti]4 ,d4 ,mais cela mme ne pr\ve-t-il pas que nos s5sations peuv5t n\s tromp] sur le b de notre cons]vation8 ,r4 ,oui3 elles le peuv5t mom5tanm5t4 ,d4 ,comm5t nos s5sations n\s tromp5t-elles8 ,r4 ,de deux manires3 p> ignorance1 et p> passion4 ,d4 ,qu& n\s tromp5t-elles p> ignorance8 ,r4 ,lorsque n\s agissons sans connatre l'action et l'effet des objets sur nos s5s2 p> exemple1 lorsqu'un homme t\*e des orties sans connatre leur qualit piquante1 ou lorsqu'il m*e de l'opium dont il ignore la qualit endormante4 ,d4 ,qu& n\s tromp5t-elles p> passion8 ,r4 ,lorsque1 connaissant l'action nuisible des objets1 n\s n\s livrons cep5dant la f\gue de nos dsirs et de nos apptits2 p> exemple1 lorsqu'un homme qui sait que le v9 enivre en boit avec excs4 ,d4 ,que rsulte-t-il de l8 ,r4 ,il en rsulte que l'ignorance dans laquelle n\s naissons1 et que les apptits drgls auxquels n\s n\s livrons1 sont contraires notre cons]vation2 que p> consqu5t l'in/ruction de notre esprit et la modration de nos passions sont deux obligations1 deux lois qui driv5t immdiatem5t de la premire loi de la cons]vation4 ,d4 ,mais si n\s naissons ignorants1 l'ignorance n'e/-elle pas une loi naturelle8 ,r4 ,pas davantage que de re/] enfants1 nus et faibles4 ,lo9 d'tre p\r l'homme une loi de la nature1 l'ignorance e/ un ob/acle la pratique de t\tes ses lois4 ,c'e/ le vritable p* orig9el4 ,d4 ,p\rquoi donc s'e/-il tr\v des morali/es qui l'ont reg>de comme une v]tu et une p]fection8 ,r4 ,p>ce que p> biz>r]ie d'esprit1 ou p> misan?ropie1 ils ont confondu l'abus des connaissances avec les connaissances mmes3 comme si1 p>ce que les hommes abus5t de la p>ole1 il fallait leur c\p] la langue3 comme si la p]fection et la v]tu consi/ai5t dans la nullit1 et non dans le dveloppem5t et le bon emploi de nos facults4 ,d4 ,l'in/ruction e/ donc une ncessit indisp5sable l'exi/5ce de l'homme8 ,r4 ,oui3 tellem5t indisp5sable1 que sans elle il e/ *aque in/ant frapp1 et bless p> t\s les tres qui l'environn5t2 c>1 s'il ne connat pas les effets du feu1 il se brle2 ceux de l'eau1 il se noie2 ceux de l'opium1 il s'empoisonne3 si dans l'tat sauvage il ne connat pas les ruses des animaux et l'art de saisir le gibi]1 il prit de faim2 si dans l'tat social il ne connat pas la m>*e des saisons1 il ne peut ni lab\r]1 ni s'alim5t]2 a9si de t\tes ses actions dans t\s les beso9s de sa cons]vation4 ,d4 ,mais t\tes ces notions ncessaires son exi/5ce et au dveloppem5t de ses facults1 l'homme isol peut-il se les procur]8 ,r4 ,non3 il ne le peut qu'avec l'aide de ses semblables1 que vivant en socit4 ,d4 ,mais la socit n'e/-elle pas p\r l'homme un tat contre nature8 ,r4 ,non3 elle e/ au contraire un beso91 une loi que la nature lui impose p> le propre fait de son organisation2 c>1 #a la nature a tellem5t con/itu l'tre huma91 qu'il ne voit po9t son semblable d'un autre sexe sans pr\v] des motions et un attrait dont les suites le conduis5t vivre en famille1 qui dja e/ un tat de socit2 #b en le =mant s5sible1 elle l'a organis de manire que les s5sations d'autrui se rfl*iss5t en lui-mme1 et y excit5t des co-s5tim5ts de plaisir1 de d\leur1 qui sont un attrait et un li5 indissoluble de la socit1 #c enf9 l'tat de socit1 fond sur les beso9s de l'homme1 n'e/ qu'un moy5 de plus de remplir la loi de se cons]v]2 et dire que cet tat e/ hors de nature p>ce qu'il e/ plus p>fait1 c'e/ dire qu'un fruit am] et sauvage dans les bois1 n'e/ plus le produit de la nature1 alors qu'il e/ dev5u d\x et dlicieux dans les j>d9s o on l'a cultiv4 ,d4 ,p\rquoi donc les philosophes ont-ils appel la vie sauvage l'tat de p]fection8 ,r4 ,p>ce que1 comme je v\s l'ai dit1 le vulgaire a s\v5t donn le nom de philosophes des esprits biz>res1 qui1 p> morosit1 p> vanit blesse1 p> dgt des vices de la socit1 se sont fait de l'tat sauvage des ides *imriques1 contradictoires leur propre sy/me de l'homme p>fait4 ,d4 ,quel e/ le vrai s5s de ce mot philosophe8 ,r4 ,le mot philosophe signifie amant de la sagesse3 or1 comme la sagesse consi/e dans la pratique des lois naturelles1 le vrai philosophe e/ celui qui connat ces lois avec t5due et ju/esse1 et qui y con=me t\te sa conduite4 ,d4 ,qu'e/-ce que l'homme dans l'tat sauvage8 ,r4 ,c'e/ un animal brut1 ignorant1 une bte m*ante et froce1 la manire des ours et des orang-outangs4 ,d4 ,e/-il heureux dans cet tat8 ,r4 ,non2 c> il n'a que les s5sations du mom5t2 et ces s5sations sont habituellem5t celles de beso9s viol5ts qu'il ne peut remplir1 att5du qu'il e/ ignorant p> nature et faible p> son isolem5t4 ,d4 ,e/-il libre8 ,r4 ,non3 il e/ le plus esclave des tres2 c> sa vie dp5d de t\t ce qui l'ent\re2 il n'e/ pas libre de mang] qu& il a faim1 de se repos] qu& il e/ las1 de se r*auff] qu& il a froid2 il c\rt risque *aque in/ant de prir3 aussi la nature n'a-t-elle prs5t que p> has>d de tels individus2 et l'on voit que t\s les ef=ts de l'espce huma9e depuis son orig9e n'ont t5du qu' sortir de cet tat viol5t1 p> le beso9 pressant de sa cons]vation4 ,d4 ,mais ce beso9 de cons]vation ne produit-il pas dans les individus l'gsme1 c'e/--dire l'am\r de soi8 et l'gsme n'e/-il pas contraire l'tat social8 ,r4 ,non2 c>1 si p> gsme v\s ent5dez le p5*ant nuire autrui1 ce n'e/ plus l'am\r de soi1 c'e/ la ha9e des autres4 ,l'am\r de soi1 pris dans son vrai s5s1 non-seulem5t n'e/ pas contraire la socit1 il en e/ le plus f]me appui1 p> la ncessit de ne pas nuire autrui1 de peur qu'en ret\r autrui ne n\s nuise4 ,a9si la conv]sation de l'homme1 et le dveloppem5t de ses facults dirig v]s ce b1 sont la vritable loi de la nature dans la production de l'tre huma92 et c'e/ de ce pr9cipe simple et fcond que driv5t1 c'e/ lui que se rapport5t1 c'e/ sur lui que se mesur5t t\tes les ides de bi5 et de mal1 de vice et de v]tu1 de ju/e ou d'inju/e1 de vrit ou d'erreur1 de p]mis ou de df5du1 qui fond5t la morale de l'homme individu1 ou de l'homme social4 ,,*apitre ,,iv4 ,bases de la morale2 du bi51 du mal1 du p*1 du crime1 du vice et de la v]tu4 ,d4 ,qu'e/-ce que le bi5 selon la loi naturelle8 ,r4 ,c'e/ t\t ce qui t5d cons]v] et p]fectionn] l'homme4 ,d4 ,qu'e/-ce que le mal8 ,r4 ,c'e/ t\t ce qui t5d dtruire et dtrior] l'homme4 ,d4 ,qu'ent5d-on p> mal et bi5 physique1 mal et bi5 moral8 ,r4 ,on ent5d p> ce mot physique1 t\t ce qui agit immdiatem5t sur le corps4 ,la sant e/ un bi5 physique2 la maladie e/ un mal physique4 ,p> moral1 on ent5d ce qui n'agit que p> des consqu5ces plus ou mo9s pro*a9es4 ,la calomnie e/ un mal moral2 la bonne rputation e/ un bi5 moral1 p>ce que l'une et l'autre occasion5t notre g>d des dispositions et des habitudes#cc de la "p des autres hommes1 qui sont utiles ou nuisibles notre cons]vation1 et qui attaqu5t ou favoris5t nos moy5s d'exi/5ce4 ,d4 ,t\t ce qui t5d cons]v] ou produire e/ donc un bi58 ,r4 ,oui3 et voil p\rquoi c]ta9s lgislateurs ont plac au rang des ouvres agrables ,dieu1 la culture d'un *amp et la fcondit d'une femme4 ,d4 ,t\t ce qui t5d donn] la mort e/ donc un mal8 ,r4 ,oui3 et voil p\rquoi des lgislateurs ont t5du l'ide du mal et du p* jusque sur le meurtre des animaux4 ,d4 ,le meurtre d'un homme e/ donc un crime dans la loi naturelle8 ,r4 ,oui3 et le plus gr& que l'on puisse commettre2 c> t\t autre mal peut se rp>]1 mais le meurtre ne se rp>e po9t4 ,d4 ,qu'e/-ce qu'un p* dans la loi naturelle8 ,r4 ,c'e/ t\t ce qui t5d tr\bl] l'ordre tabli p> la nature1 p\r la cons]vation et la p]fection de l'homme et de la socit4 ,d4 ,l'int5tion peut-elle tre un mrite ou un crime8 ,r4 ,non2 c> ce n'e/ qu'une ide sans ralit2 mais elle e/ un comm5cem5t de p* et de mal1 p> la t5dance qu'elle donne v]s l'action4 ,d4 ,qu'e/-ce que la v]tu selon la loi naturelle8 ,r4 ,c'e/ la pratique des actions utiles l'individu et la socit4 ,d4 ,que signifie ce mot individu8 ,r4 ,il signifie un homme considr isolem5t de t\t autre4 ,d4 ,qu'e/-ce que le vice selon la loi naturelle8 ,r4 ,c'e/ la pratique des actions nuisibles l'individu et la socit4 ,d4 ,e/-ce que la v]tu et le vice n'ont pas un objet purem5t spirituel et ab/rait des s5s8 ,r4 ,non3 c'e/ t\j\rs un b physique qu'ils se rapport5t en d]nire analyse1 et ce b e/ t\j\rs de dtruire ou de cons]v] le corps4 ,d4 ,le vice et la v]tu ont-ils des degrs de =ce et d'int5sit8 ,r4 ,oui3 selon l'importance des facults qu'ils attaqu5t ou qu'ils favoris5t1 et selon le nombre d'individus en qui ces facults sont favorises ou lses4 ,d4 ,donnez-m'en des exemples8 ,r4 ,l'action de sauv] la vie d'un homme e/ plus v]tueuse que celle de sauv] son bi52 l'action de sauv] la vie de dix hommes l'e/ plus que de sauv] la vie d'un seul2 et l'action utile t\t le g5re huma9 e/ plus v]tueuse que l'action utile une seule nation4 ,d4 ,comm5t la loi naturelle prescrit-elle la pratique du bi5 et de la v]tu1 et df5d-elle celle du mal et du vice8 ,r4 ,p> les avantages mmes qui rsult5t de la pratique du bi5 et de la v]tu p\r la cons]vation de notre corps1 et p> les dommages qui rsult5t1 p\r notre exi/5ce1 de la pratique du mal et du vice4 ,d4 ,ses prceptes sont donc dans l'action8 ,r4 ,oui3 ils sont l'action mme considre dans son effet prs5t et dans ses consqu5ces futures4 ,d4 ,comm5t divisez-v\s les v]tus8 ,r4 ,n\s les divisons en trois classes3 #a v]tus individuelles ou relatives l'homme seul2 #b v]tus dome/iques ou relatives la famille2 #c et v]tus sociales ou relatives la socit4 ,,*apitre ,v4 ,des v]tus individuelles4 ,d4 ,quelles sont les v]tus individuelles8 ,r4 ,elles sont au nombre de c9q pr9cipales1 savoir3 #a ,la sci5ce1 qui compr5d la prud5ce et la sagesse2 #b ,la temprance1 qui compr5d la sobrit et la *a/et2 #c ,le c\rage1 ou la =ce du corps et de l'ame2 #d ,l'activit1 c'e/--dire l'am\r du travail et l'emploi du temps2 #e ,enf9 la propret1 ou puret du corps1 tant dans les vtem5ts que dans l'habitation4 ,d4 ,comm5t la loi naturelle prescrit-elle la sci5ce8 ,r4 ,p> la raison que l'homme qui connat les causes et les effets des *oses1 p\rvoit d'une manire t5due et c]ta9e sa cons]vation et au dveloppem5t de ses facults4 ,la sci5ce e/ p\r lui l'oeil et la lumire1 qui lui font disc]n] avec ju/esse et cl>t t\s les objets au milieu desquels il se meut2 et voil p\rquoi l'on dit un homme clair1 p\r dsign] un homme savant et in/ruit4 ,avec la sci5ce et l'in/ruction on a sans cesse des ress\rces et des moy5s de subsi/]2 et voil p\rquoi un philosophe1 qui avait fait naufrage1 disait au milieu de ses compagnons qui se dsolai5t de la p]te de leurs fonds3 ,p\r moi1 je porte t\s mes fonds en moi4 ,d4 ,quel e/ le vice contraire la sci5ce8 ,r4 ,c'e/ l'ignorance4 ,d4 ,comm5t la loi naturelle df5d-elle l'ignorance8 ,r4 ,p> les graves dtrim5ts qui en rsult5t p\r notre exi/5ce2 c> l'ignorant1 qui ne connat ni les causes ni les effets1 commet *aque in/ant les erreurs les plus p]nicieuses lui et aux autres2 c'e/ un aveugle qui m>*e ttons1 et qui1 *aque pas1 e/ heurt ou heurte ses associs4 ,d4 ,quelle diffr5ce y a-t-il entre un ignorant et un sot8 ,r4 ,la mme diffr5ce qu'entre un aveugle de bonne foi et un aveugle qui prt5d voir clair3 la sottise e/ la ralit de l'ignorance1 plus la vanit du savoir4 ,d4 ,l'ignorance et la sottise sont-elles communes8 ,r4 ,oui1 trs-communes2 ce sont les maladies habituelles et gnrales du g5re huma93 il y a trois mille ans que le plus sage des hommes disait3 ,le nombre des sots e/ inf9i2 et le monde n'a po9t *ang4 ,d4 ,p\rquoi cela8 ,r4 ,p>ce que1 p\r tre in/ruit1 il faut beauc\p de travail et de temps1 et que les hommes1 ns ignorants et craignant la pe9e1 tr\v5t plus commode de re/] aveugles et de prt5dre voir clair4 ,d4 ,quelle diffr5ce y a-t-il du savant au sage8 ,r4 ,le savant connat1 et le sage pratique4 ,d4 ,qu'e/-ce que la prud5ce8 ,r4 ,c'e/ la vue anticipe1 la prvoyance des effets et des consqu5ces de *aque *ose2 prvoyance au moy5 de laquelle l'homme vite les dang]s qui le m5ac5t1 saisit et suscite les occasions qui lui sont favorables3 d'o il rsulte qu'il p\rvoit sa cons]vation p\r le prs5t et p\r l'av5ir d'une manire t5due et sre1 t&is que l'imprud5t qui ne calcule ni ses pas1 ni sa conduite1 ni les ef=ts1 ni les rsi/ances1 tombe *aque in/ant dans mille emb>ras1 mille prils1 qui dtruis5t plus ou mo9s l5tem5t ses facults et son exi/5ce4 ,d4 ,lorsque l'vangile appelle bi5heureux les pauvres d'esprit1 ent5d-il p>l] des ignorants et des imprud5ts8 ,d4 ,non2 c>1 en mme temps qu'il conseille la simplicit des colombes1 il aj\te la prud5te f9esse des s]p5ts4 ,p> simplicit d'esprit on ent5d la droiture1 et le prcepte de l'vangile n'e/ que celui de la nature4 ,,*apitre ,,vi4 ,de la temprance4 ,d4 ,qu'e/-ce que la temprance8 ,r4 ,c'e/ un usage rgl de nos facults1 qui fait que n\s n'excdons jamais1 dans nos s5sations1 le b de la nature n\s cons]v]2 c'e/ la modration des passions4 ,d4 ,quel e/ le vice contraire la temprance8 ,r4 ,c'e/ le drglem5t des passions1 l'avidit de t\tes les j\issances1 en un mot3 la cupidit4 ,d4 ,quelles sont les bran*es pr9cipales de la temprance8 ,r4 ,ce sont la sobrit1 la cont95ce ou la *a/et4 ,d4 ,comm5t la loi naturelle prescrit-elle la sobrit8 ,r4 ,p> son influ5ce puissante sur notre sant4 ,l'homme sobre digre avec bi5-tre2 il n'e/ po9t accabl du poids des alim5ts2 ses ides sont claires et faciles1 il remplit bi5 t\tes ses fonctions2 il vaque avec intellig5ce ses affaires2 il vieillit exempt de maladies2 il ne p]d po9t son arg5t en remdes1 et il j\it avec allgresse des bi5s que le sort et sa prud5ce lui ont procurs4 ,a9si1 d'une seule v]tu la nature gnreuse tire mille rcomp5ses4 ,d4 ,comm5t prohibe-t-elle la g\rm&ise8 ,r4 ,p> les maux nombreux qui y sont atta*s4 ,le g\rm&1 oppress d'alim5ts1 digre avec anxit2 sa tte tr\ble p> les fumes de la dige/ion ne conoit po9t d'ides nettes et claires2 il se livre avec viol5ce des m\vem5ts drgls de luxure et de colre qui nuis5t sa sant2 son corps devi5t gras1 pesant et impropre au travail2 il essuie des maladies d\l\reuses et disp5dieuses2 il vit r>em5t vieux1 et sa vieillesse e/ remplie de dgts et d'infirmits4 ,d4 ,doit-on considr] l'ab/95ce et le jene comme des actions v]tueuses8 ,r4 ,oui1 lorsque l'on a trop mang2 c> alors l'ab/95ce et le jene sont des remdes efficaces et simples2 mais lorsque le corps a beso9 d'alim5ts1 les lui refus] et le laiss] s\ffrir de soif ou de faim1 c'e/ un dlire et un vritable p* contre la loi naturelle4 ,d4 ,comm5t cette loi considre-t-elle l'ivrogn]ie8 ,r4 ,comme le vice le plus vil et le plus p]nicieux4 ,l'ivrogne1 priv du s5s et de la raison que ,dieu n\s a donns1 pr(ane le bi5fait de la ,div9it2 il se ravale la condition des brutes2 incapable de guid] mme ses pas1 il *ancelle et tombe comme l'pileptique2 il se blesse et peut mme se tu]2 sa faiblesse dans cet tat le r5d le j\et et le mpris de t\t ce qui l'environne2 il contracte dans l'ivresse des m>*s ru9eux1 et il p]d ses affaires2 il lui *appe des propos outrageux qui lui suscit5t des ennemis1 des rep5tirs2 il remplit sa maison de tr\bles1 de *agr9s1 et f9it p> une mort prcoce ou p> une vieillesse caco*yme4 ,d4 ,la loi naturelle int]dit-elle absolum5t l'usage du v98 ,r4 ,non3 elle en df5d seulem5t l'abus2 mais comme de l'usage l'abus le passage e/ facile et prompt p\r le vulgaire1 peut-tre les lgislateurs qui ont proscrit l'usage du v9 ont-ils r5du s]vice l'humanit4 ,d4 ,la loi naturelle df5d-elle l'usage de c]ta9es vi&es1 de c]ta9s vgtaux1 c]ta9s j\rs1 dans c]ta9es saisons8 ,r4 ,non3 elle ne df5d absolum5t que ce qui nuit la sant2 ses prceptes v>i5t cet g>d comme les p]sonnes1 et ils compos5t mme une sci5ce trs-dlicate et trs-importante2 c> la qualit1 la quantit1 la comb9aison des alim5ts1 ont la plus gr&e influ5ce1 non-seulem5t sur les affections mom5tanes de l'ame1 mais encore sur ses dispositions habituelles4 ,un homme n'e/ po9t1 jeun le mme qu'aprs un repas1 ft-il sobre4 ,un v]re de liqueur1 une tasse de caf donn5t des degrs div]s de vivacit1 de mobilit1 de disposition la colre1 la tri/esse ou la gaiet2 tel mets1 p>ce qu'il pse l'e/omac1 r5d morose et *agr92 et tel autre1 p>ce qu'il se digre bi51 donne de l'allgresse1 du p5*ant oblig]1 aim]4 ,l'usage des vgtaux1 p>ce qu'ils n\rriss5t peu1 r5d le corps faible1 et porte v]s le repos1 la p>esse1 la d\ceur2 l'usage des vi&es1 p>ce qu'elles n\rriss5t beauc\p1 et des spiritueux1 p>ce qu'ils /imul5t les n]fs1 donne de la vivacit1 de l'inquitude1 de l'audace4 ,or de ces habitudes d'alim5ts rsult5t des habitudes de con/itution et d'organes qui =m5t ensuite les tempram5ts m>qus *acun de leur c>actre4 ,et voil p\rquoi1 surt\t dans les pays *auds1 les lgislateurs ont fait des lois de rgime4 ,de longues expri5ces avai5t appris aux anci5s que la sci5ce dittique composait une gr&e p>tie de la sci5ce morale2 *ez les gypti5s1 *ez les anci5s ,p]ses1 *ez les ,grecs mme1 l'aropage1 on ne traitait les affaires graves qu' jeun2 et l'on a rem>qu que *ez les peuples o l'on dlibre dans la *aleur des repas ou dans les fumes de la dige/ion1 les dlibrations tai5t f\gueuses1 turbul5tes1 et leurs rsultats frquemm5t draisonnables et p]turbateurs4 ,,*apitre ,,vii4 ,de la cont95ce4 ,d4,la loi naturelle prescrit-elle la cont95ce8 ,r4 ,oui3 p>ce que la modration dans l'usage de la plus vive de nos s5sations e/ non-seulem5t utile1 mais indisp5sable au ma9ti5 des =ces et de la sant2 et p>ce qu'un calcul simple pr\ve que1 p\r quelques m9utes de privation1 l'on se procure de longues j\rnes de vigueur d'esprit et de corps4 ,d4 ,comm5t df5d-elle le lib]t9age8 ,r4 ,p> les maux nombreux qui en rsult5t p\r l'exi/5ce physique et morale4 ,l'homme qui s'y livre s'n]ve1 s'allanguit2 il ne peut plus vaqu] ses tudes ou ses travaux2 il contracte des habitudes oiseuses1 disp5dieuses1 qui port5t atte9te ses moy5s de vivre1 sa considration publique1 son crdit3 ses intrigues lui caus5t des emb>ras1 des s\cis1 des qu]elles1 des procs2 sans compt] les maladies graves et pr(ondes1 la p]te de ses =ces p> un poison intrieur et l5t1 l'hbtude de son esprit p> l'puisem5t du g5re n]veux1 et enf9 une vieillesse prmature et infirme4 ,d4 ,la loi naturelle considre-t-elle comme v]tu cette *a/et absolue si recomm&e dans les in/itutions mona/iques8 ,r4 ,non2 c> cette *a/et n'e/ utile ni la socit o elle a lieu1 ni l'individu qui la pratique3 elle e/ mme nuisible l'un et l'autre4 ,d'abord elle nuit la socit en ce qu'elle la prive de la population1 qui e/ un de ses pr9cipaux moy5s de ri*esse et de puissance2 et de plus1 en ce que les clibataires1 bornant t\tes leurs vues et leur affections au temps de leur vie1 ont en gnral un gsme peu favorable aux intrts gnraux de la socit4 ,en second lieu1 elle nuit aux individus qui la pratiqu5t1 p> cela mme qu'elle les dp\ille d'une f\le d'affections et de relations qui sont la s\rce de la plup>t des v]tus dome/iques et sociales2 et de plus1 il arrive s\v5t1 p> des circon/ances d'ge1 de rgime1 de tempram5t1 que la cont95ce absolue nuit la sant et cause de graves maladies1 p>ce qu'elle contr>ie les lois physiques sur lesquelles la nature a fond le sy/me de la reproduction des tres3 et ceux qui vant5t si =t la *a/et1 mme en supposant qu'ils soi5t de bonne foi1 sont en contradiction avec leur propre doctr9e1 qui consacre la loi de la nature p> le comm&em5t si connu3 ,croissez et multipliez4 ,d4 ,p\rquoi la *a/et e/-elle plus considre comme v]tu dans les femmes que dans les hommes8 ,r4 ,p>ce que le dfaut de *a/et dans les femmes a des inconvni5ts bi5 plus graves et bi5 plus dang]eux p\r elles et p\r la socit2 c>1 sans compt] les *agr9s et les maladies qui leur sont communs avec les hommes1 elles sont encore exposes t\tes les incommodits qui prcd5t1 accompagn5t et suiv5t l'tat de mat]nit dont elles c\r5t les risques4 ,que si cet tat leur arrive hors des cas de la loi1 elles devi5n5t un objet de sc&ale et de mpris public1 et rempliss5t d'am]tume et de tr\ble le re/e de leur vie4 ,de plus1 elles demeur5t *>ges des frais d'entreti5 et d'ducation d'enfants dnus de pres2 frais qui les appauvriss5t et nuis5t de t\te manire leur exi/5ce physique et morale4 ,dans cette situation1 prives de la fra*eur et de la sant qui font leurs appas1 portant avec elles une sur*>ge trangre et coteuse1 elles ne sont plus re*]*es p> les hommes1 elles ne tr\v5t po9t d'tablissem5t solide1 elles tomb5t dans la pauvret1 la misre1 l'avilissem5t1 et tran5t avec pe9e une vie malheureuse4 ,d4 ,la loi naturelle desc5d-elle jusqu'au scrupule des dsirs et des p5ses8 ,r4 ,oui1 p>ce que dans les lois physiques du corps huma91 les p5ses et les dsirs allum5t les s5s1 et provoqu5t bi5tt les actions3 de plus1 p> une autre loi de la nature dans l'organisation de notre corps1 ces actions devi5n5t un beso9 ma*9al qui se rpte p> priodes de j\rs ou de sema9es1 en sorte qu' telle poque r5at le beso9 de telle action1 de telle scrtion2 si cette action1 cette scrtion1 sont nuisibles la sant1 leur habitude devi5t de/ructive de la vie mme4 ,a9si les dsirs et les p5ses ont une vritable importance naturelle4 ,d4 ,doit-on considr] la pudeur comme une v]tu8 ,r4 ,oui1 p>ce que la pudeur1 n'tant que la honte de c]ta9es actions1 ma9ti5t l'ame et le corps dans t\tes les habitudes utiles au bon ordre et la cons]vation de soi-mme4 ,la femme pudique e/ e/ime1 re*]*e1 tablie avec des avantages de =tune qui assur5t son exi/5ce et la lui r5d5t agrable1 t&is que l'impud5te et la pro/itue sont mprises1 rep\sses et ab&onnes la misre et l'avilissem5t4 ,,*apitre ,,viii4 ,du c\rage et de l'activit4 ,d4 ,le c\rage et la =ce de corps et d'esprit sont-ils des v]tus dans la loi naturelle8 ,r4 ,oui1 et des v]tus trs-importantes2 c> elles sont des moy5s efficaces et indisp5sables de p\rvoir notre cons]vation et notre bi5-tre4 ,l'homme c\rageux et =t rep\sse l'oppression1 df5d sa vie1 sa lib]t1 sa proprit2 p> son travail il se procure une subsi/ance abondante1 et il en j\it avec tranquillit et paix d'ame4 ,que s'il lui arrive des malheurs dont n'ait pu le g>antir sa prud5ce1 il les supporte avec f]met et rsignation2 et voil p\rquoi les anci5s morali/es avai5t compt la =ce et le c\rage au rang des quatre v]tus pr9cipales4 ,d4 ,doit-on considr] la faiblesse et la l*et comme des vices8 ,r4 ,oui1 puisqu'il e/ vrai qu'elles port5t avec elles mille calamits4 ,l'homme faible ou l*e vit dans des s\cis1 dans des angoisses p]ptuelles2 il m9e sa sant p> la t]reur1 s\v5t mal fonde d'attaques et de dang]s2 et cette t]reur1 qui e/ un mal1 n'e/ pas un remde2 elle le r5d au contraire l'esclave de quiconque veut l'opprim]2 p> la s]vitude et l'avilissem5t de t\tes ses facults1 elle dgrade et dtriore ses moy5s d'exi/5ce1 jusqu' voir dp5dre sa vie des volonts et des caprices d'un autre homme4 ,d4 ,mais1 d'aprs ce que v\s avez dit de l'influ5ce des alim5ts1 le c\rage et la =ce1 a9si que plusieurs autres v]tus1 ne sont-ils pas en gr&e p>tie l'effet de notre con/itution physique1 de notre tempram5t8 ,r4 ,oui1 cela e/ vrai2 tel po9t que ces qualits se transmett5t p> la gnration et le sang1 avec les lm5ts dont elles dp5d5t3 les faits les plus rpts et les plus con/ants pr\v5t que dans les races des animaux de t\te espce1 l'on voit c]ta9es qualits physiques et morales atta*es t\s les individus de ces races1 s'accrotre ou dim9u] selon les comb9aisons et les mlanges qu'elles en font avec d'autres races4 ,d4 ,mais alors que notre volont ne suffit plus n\s procur] ces qualits1 e/-ce un crime d'en tre privs8 ,r4 ,non2 ce n'e/ po9t un crime1 c'e/ un malheur2 c'e/ ce que les anci5s appelai5t une fatalit fune/e2 mais alors mme1 il dp5d encore de n\s de les acqurir2 c>1 du mom5t que n\s connaissons sur quels lm5ts physiques se fonde telle ou telle qualit1 n\s p\vons en prp>] la naissance1 en excit] les dveloppem5ts p> un maniem5t habile de ces lm5ts2 et voil ce que fait la sci5ce de l'ducation1 qui1 selon qu'elle e/ dirige1 p]fectionne ou dtriore les individus ou les races1 au po9t d'en *ang] totalem5t la nature et les incl9ations2 et c'e/ ce qui r5d si importante la connaissance des lois naturelles p> lesquelles se font avec c]titude et ncessit ces oprations et ces *angem5ts4 ,d4 ,p\rquoi dites-v\s que l'activit e/ une v]tu selon la loi naturelle8 ,r4 ,p>ce que l'homme qui travaille et emploie utilem5t son temps1 en retire mille avantages prcieux p\r son exi/5ce4 ,e/-il n pauvre1 son travail f\rnit sa subsi/ance2 et si de plus il e/ sobre1 cont95t1 prud5t1 il acqui]t bi5tt de l'aisance1 et il j\it des d\ceurs de la vie3 son travail mme lui donne ces v]tus2 c>1 t&is qu'il occupe son esprit et son corps1 il n'e/ po9t affect de dsirs drgls1 il ne s'ennuie po9t1 il contracte de d\ces habitudes1 il augm5te ses =ces1 sa sant1 et p>vi5t une vieillesse paisible et heureuse4 ,d4 ,la p>esse et l'oisivet sont donc des vices dans la loi naturelle8 ,r4 ,oui1 et les plus p]nicieux de t\s les vices2 c> elles conduis5t t\s les autres4 ,p> la p>esse et l'oisivet1 l'homme re/e ignorant et p]d mme la sci5ce qu'il avait acquise3 il tombe dans t\s les malheurs qui accompagn5t l'ignorance et la sottise2 p> la p>esse et l'oisivet1 l'homme1 dvor d'ennuis1 se livre1 p\r les dissip]1 t\s les dsirs de ses s5s1 qui1 pr5ant de j\r en j\r plus d'empire1 le r5d5t intemprant1 g\rm&1 luxurieux1 n]v1 l*e1 vil et mprisable4 ,p> l'effet c]ta9 de t\s ces vices1 il ru9e sa =tune1 consume sa sant1 et t]m9e sa vie dans t\tes les angoisses des maladies et de la pauvret4 ,d4 v\s ent5dre1 il sembl]ait que la pauvret ft un vice8 ,r4 ,non3 elle n'e/ pas un vice1 mais elle e/ encore mo9s une v]tu2 c> elle e/ bi5 plus prs de nuire que d'tre utile3 elle e/ mme communm5t le rsultat du vice1 ou son comm5cem5t2 c> t\s les vices individuels ont l'effet de conduire l'indig5ce1 la privation des beso9s de la vie2 et qu& un homme manque du ncessaire1 il e/ bi5 prs de se le procur] p> des moy5s vicieux1 c'e/--dire nuisibles la socit4 ,t\tes les v]tus individuelles1 au contraire1 t5d5t procur] l'homme une subsi/ance abondante2 et qu& il a plus qu'il ne consomme1 il lui e/ bi5 plus facile de donn] aux autres1 et de pratiqu] les actions utiles la socit4 ,d4 ,e/-ce que v\s reg>dez la ri*esse comme une v]tu8 ,r4 ,non2 mais elle e/ encore mo9s un vice2 c'e/ son usage que l'on peut appel] v]tueux ou vicieux1 selon qu'il e/ utile ou nuisible l'homme et la socit4 ,la ri*esse e/ un in/rum5t dont l'usage seul et l'emploi dt]m95t la v]tu ou le vice4 ,,*apitre ,,ix4 ,de la propret4 ,d4 ,p\rquoi comptez-v\s la propret au rang des v]tus8 ,r4 ,p>ce qu'elle en e/ rellem5t une des plus importantes1 en ce qu'elle influe puissamm5t sur la sant du corps et sur sa cons]vation4 ,la propret1 tant dans les vtem5ts que dans la maison1 emp*e les effets p]nicieux de l'humidit1 des mauvaises odeurs1 des miasmes contagieux qui s'lv5t de t\tes les *oses ab&onnes la putrfaction3 la propret entreti5t la libre transpiration2 elle r5\velle l'air1 rafra*it le sang1 et porte l'allgresse mme dans l'esprit4 ,aussi voit-on que les p]sonnes soigneuses de la propret de leur corps et de leur habitation1 sont en gnral plus sa9es1 mo9s exposes aux maladies que celles qui viv5t dans la crasse et dans l'ordure2 et l'on rem>que de plus1 que la propret entrane avec elle1 dans t\t le rgime dome/ique1 des habitudes d'ordre et d'arrangem5t1 qui sont l'un des premi]s moy5s et des premi]s lm5ts du bonheur4 ,d4 ,la malpropret ou salet e/ donc un vice vritable8 ,r4 ,oui1 aussi vritable que l'ivrogn]ie1 ou que l'oisivet dont elle drive en gr&e p>tie4 ,la malpropret e/ la cause seconde et s\v5t premire d'une f\le d'incommodits1 mme de maladies graves2 il e/ con/at en mdec9e qu'elle n'eng5dre pas mo9s les d>tres1 la gale1 la teigne1 la lpre1 que l'usage des alim5ts corrompus ou cres2 qu'elle favorise les influ5ces contagieuses de la pe/e1 des fivres malignes2 qu'elle les suscite mme dans les hpitaux et dans les prisons2 qu'elle occasione des rhumatismes en encrotant la peau de crasse et s'opposant la transpiration1 sans compt] la honteuse incommodit d'tre dvor d'insectes1 qui sont l'apanage immonde de la misre et de l'avilissem5t4 ,aussi la plup>t des anci5s lgislateurs avai5t-ils fait de la propret1 s\s le nom de puret1 l'un des dogmes ess5tiels de leurs religions3 voil p\rquoi ils *assai5t de la socit et punissai5t mme corporellem5t ceux qui se laissai5t atte9dre des maladies qu'eng5dre la malpropret2 p\rquoi ils avai5t in/itu et consacr des crmonies d'ablutions1 de ba9s1 de baptmes1 de purifications mme p> la flamme et p> les fumes aromatiques de l'enc5s1 de la myrrhe1 du b5jo91 etc2 en sorte que t\t le sy/me des s\illures1 t\s ces rites des *oses mondes ou immondes1 dgnrs depuis en abus et en prjugs1 n'tai5t fonds dans l'orig9e que sur l'obs]vation judicieuse que des hommes sages et in/ruits avai5t faite de l'extrme influ5ce que la propret du corps1 dans les vtem5ts et l'habitation1 ex]ce sur sa sant1 et p> une consqu5ce immdiate1 sur celle de l'esprit et des facults morales4 ,a9si1 t\tes les v]tus individuelles ont p\r b plus ou mo9s direct1 plus ou mo9s pro*a91 la cons]vation de l'homme qui les pratique2 et p> la cons]vation de *aque homme1 elles t5d5t celle de la famille et de la socit1 qui se compos5t de la somme runie des individus4 ,,*apitre ,x4 ,des v]tus dome/iques4 ,d4 ,qu'ent5dez-v\s p> v]tus dome/iques8 ,r4 ,j'ent5ds la pratique des actions utiles la famille1 c5se vivre dans une mme maison#cd4 ,d4 ,quelles sont ces v]tus8 ,r4 ,ce sont l'conomie1 l'am\r pat]nel1 l'am\r conjugal1 l'am\r filial1 l'am\r frat]nel1 et l'accomplissem5t des devoirs de matre et de s]viteur4 ,d4 ,qu'e/-ce que l'conomie8 ,r4 ,c'e/1 selon le s5s le plus t5du du mot#ce1 la bonne adm9i/ration de t\t ce qui conc]ne l'exi/5ce de la famille ou de la maison2 et comme la subsi/ance y ti5t le premi] rang1 on a ress]r le nom d'conomie l'emploi de l'arg5t aux premi]s beso9s de la vie4 ,d4 ,p\rquoi l'conomie e/-elle une v]tu8 ,r4 ,p>ce que l'homme qui ne fait aucune dp5se inutile se tr\ve avoir un surabondant qui e/ la vraie ri*esse1 et au moy5 duquel il procure lui et sa famille t\t ce qui e/ vritablem5t commode et utile2 sans compt] que p>-l il s'assure des ress\rces contre les p]tes accid5telles et imprvues1 en sorte que lui et sa famille viv5t dans une d\ce aisance1 qui e/ la base de la flicit huma9e4 ,d4 ,la dissipation et la prodigalit sont donc des vices4 ,r4 ,oui2 c> p> elles l'homme f9it p> manqu] du ncessaire2 il tombe dans la pauvret1 la misre1 l'avilissem5t2 et ses amis mmes1 craignant d'tre obligs de lui re/itu] ce qu'il a dp5s avec eux ou p\r eux1 le fui5t comme le dbiteur fuit son cranci]1 et il re/e ab&onn de t\t le monde4 ,d4 ,qu'e/-ce que l'am\r pat]nel8 ,r4 ,c'e/ le so9 assidu que pr5n5t les p>5ts1 de faire contract] leurs enfants l'habitude de t\tes les actions utiles eux et la socit4 ,d4 ,en quoi la t5dresse pat]nelle e/-elle une v]tu p\r les p>5ts8 ,r4 ,en ce que les p>5ts qui lv5t leurs enfants dans ces habitudes1 se procur5t p5dant le c\rs de leur vie des j\issances et des sec\rs qui se font s5tir *aque in/ant1 et qu'ils assur5t leur vieillesse des appuis et des consolations contre les beso9s et les calamits de t\t g5re qui assig5t cet ge4 ,d4 ,l'am\r pat]nel e/-il une v]tu commune8 ,r4 ,non2 malgr que t\s les p>5ts en fass5t o/5tation1 c'e/ une v]tu r>e2 ils n'aim5t pas leurs enfants1 ils les c>ess5t1 et ils les gt5t2 ce qu'ils aim5t en eux1 ce sont les ag5ts de leurs volonts1 les in/rum5ts de leur p\voir1 les trophes de leur vanit1 les ho*ets de leur oisivet3 ce n'e/ pas tant l'utilit des enfants qu'ils se propos5t1 que leur s\mission1 leur obissance2 et si p>mi les enfants on compte tant de bi5faits +rats1 c'e/ que p>mi les p>5ts il y a autant de bi5faiteurs despotes et ignorants4 ,d4 ,p\rquoi dites-v\s que l'am\r conjugal e/ une v]tu8 ,r4 ,p>ce que la concorde et l'union qui rsult5t de l'am\r des p\x tabliss5t au se9 de la famille une f\le d'habitudes utiles sa prosprit et sa cons]vation4 ,les p\x unis aim5t leur maison1 et ne la quitt5t que peu2 ils en surveill5t t\s les dtails et l'adm9i/ration2 ils s'appliqu5t l'ducation de leurs enfants2 ils ma9ti5n5t le respect et la fidlit des dome/iques2 ils emp*5t t\t dsordre1 t\te dissipation2 et1 p> t\te leur bonne conduite1 ils viv5t dans l'aisance et la considration2 t&is que les p\x qui ne s'aim5t po9t rempliss5t leur maison de qu]elles et de tr\bles1 suscit5t la gu]re p>mi les enfants et les dome/iques2 livr5t les uns et les autres t\te espce d'habitudes vicieuses3 *acun dans la maison dissipe1 pille1 drobe de son ct2 les rev5us s'absorb5t sans fruit2 les dettes survi5n5t2 les p\x mcont5ts se fui5t1 se font des procs2 et t\te cette famille tombe dans le dsordre1 la ru9e1 l'avilissem5t et le manque du ncessaire4 ,d4 ,l'adultre e/-il un dlit dans la loi naturelle8 ,r4 ,oui2 c> il trane avec lui une f\le d'habitudes nuisibles aux p\x et la famille4 ,la femme ou le m>i1 pris d'affections trangres1 nglig5t leur maison1 la fui5t1 en dt\rn5t autant qu'ils peuv5t les rev5us p\r les dp5s] avec l'objet de leurs affections3 de l les qu]elles1 les sc&ales1 les procs1 le mpris des enfants et des dome/iques1 le pillage et la ru9e f9ale de t\te la maison2 sans compt] que la femme adultre commet un vol trs-grave1 en donnant son m>i des hriti]s d'un sang trang]1 qui fru/r5t de leur lgitime portion les vritables enfants4 ,d4 ,qu'e/-ce que l'am\r filial8 ,r4 ,c'e/1 de la "p des enfants1 la pratique des actions utiles eux et leurs p>5ts4 ,d4 ,comm5t la loi naturelle prescrit-elle l'am\r filial8 ,r4 ,p> trois motifs pr9cipaux3 #a p> s5tim5t1 c> les so9s affectueux des p>5ts inspir5t ds le bas ge de d\ces habitudes d'atta*em5t2 #b p> ju/ice1 c> les enfants doiv5t leurs p>5ts le ret\r et l'indemnit des so9s et mme des dp5ses qu'ils leur ont causs2 #c p> intrt p]sonnel1 c> s'ils les trait5t mal1 ils donn5t leurs propres enfants des exemples de rvolte et d'+ratitude1 qui les autoris5t un j\r leur r5dre la p>eille4 ,d4 ,doit-on ent5dre p> am\r filial une s\mission passive et aveugle8 ,r4 ,non1 mais une s\mission raisonnable1 et fonde sur la connaissance des droits et des devoirs mutuels des pres et des enfants2 droits et devoirs sans l'obs]vation desquels leur conduite mutuelle n'e/ que dsordre4 ,d4 ,p\rquoi l'am\r frat]nel e/-il une v]tu8 ,r4 ,p>ce que la concord et l'union1 qui rsult5t de l'am\r des frres1 tabliss5t la =ce1 la sret1 la cons]vation de la famille3 les frres unis se df5d5t mutuellem5t de t\te oppression2 ils s'aid5t dans leurs beso9s1 se sec\r5t dans leurs in=tunes1 et assur5t a9si leur commune exi/5ce2 t&is que les frres dsunis1 ab&onns *acun leurs =ces p]sonnelles1 tomb5t dans t\s les inconvni5ts de l'isolem5t et de la faiblesse individuelle4 ,c'e/ ce qu'exprimait +nieusem5t ce roi scy!1 qui1 au lit de la mort1 ayant appel ses enfants1 leur ordonna de rompre un faisceau de fl*es3 les jeunes g5s1 quoique n]veux1 ne l'ayant pu1 il le prit son t\r1 et l'ayant dli1 il brisa du b\t des doigts *aque fl*e sp>e4 ,voil1 leur dit-il1 les effets de l'union3 unis en faisceau1 v\s s]ez inv9cibles2 pris sp>m5t1 v\s s]ez briss comme des roseaux4 ,d4 ,quels sont les devoirs rciproques des matres et des s]viteurs8 ,r4 ,c'e/ la pratique des actions qui leur sont respectivem5t et ju/em5t utiles2 et l comm5c5t les rapports de la socit2 c> la rgle et la mesure de ces actions respectives e/ l'quilibre ou l'galit entre le s]vice et la rcomp5se1 entre ce que l'un r5d et ce que l'autre donne2 ce qui e/ la base fondam5tale de t\te socit4 ,a9si1 t\tes les v]tus dome/iques et individuelles se rapport5t plus ou mo9s mdiatem5t1 mais t\j\rs avec c]titude1 l'objet physique de l'amlioration et de la cons]vation de l'homme1 et sont p>-l des prceptes rsultants de la loi fondam5tale de la nature dans sa =mation4 ,,*apitre ,,xi4 ,des v]tus sociales2 de la ju/ice4 ,d4 ,qu'e/-ce que la socit8 ,r4 ,c'e/ t\te runion d'hommes vivant ensemble s\s les clauses d'un contrat exprs ou tacite1 qui a p\r b leur commune cons]vation4 ,d4 ,les v]tus sociales sont-elles nombreuses8 ,r4 ,oui3 l'on en peut compt] autant qu'il y a d'espces d'actions utiles la socit2 mais t\tes se rduis5t un seul pr9cipe4 ,d4 ,quel e/ ce pr9cipe fondam5tal8 ,r4 ,c'e/ la ju/ice1 qui seul compr5d t\tes les v]tus de la socit4 ,d4 ,p\rquoi dites-v\s que la ju/ice e/ la v]tu fondam5tale et presque unique de la socit8 ,r4 ,p>ce qu'elle seule embrasse la pratique de t\tes les actions qui lui sont utiles1 et que t\tes les autres v]tus1 s\s les noms de *>it1 d'humanit1 de probit1 d'am\r de la patrie1 de s9crit1 de gnrosit1 de simplicit de moeurs et de mode/ie1 ne sont que des =mes v>ies et des applications div]ses de cet axiome3 ,ne fais autrui que ce que tu veux qu'il te fasse1 qui e/ la df9ition de la ju/ice4 ,d4 ,comm5t la loi naturelle veut-elle la ju/ice8 ,r4 ,p> trois attributs physiques1 inhr5ts l'organisation de l'homme4 ,d4 ,quels sont ces attributs8 ,r4 ,ce sont l'galit1 la lib]t1 la proprit4 ,d4 ,comm5t l'galit e/-elle un attribut physique de l'homme8 ,r4 ,p>ce que t\s les hommes ayant galem5t des yeux1 des ma9s1 une b\*e1 des oreilles1 et le beso9 de s'en s]vir p\r vivre1 ils ont p> ce fait mme un droit gal la vie1 l'usage des lm5ts qui l'entreti5n5t2 ils sont t\s gaux devant ,dieu4 ,d4 ,e/-ce que v\s prt5dez que t\s les hommes ent5d5t galem5t1 voi5t galem5t1 s5t5t galem5t1 ont des beso9s gaux1 des passions gales8 ,r4 ,non2 c> il e/ d'vid5ce et de fait j\rnali]1 que l'un a la vue c\rte1 et l'autre longue2 que l'un mange beauc\p1 et l'autre peu2 que l'un a des passions d\ces1 et l'autre viol5tes2 en un mot1 que l'un e/ faible de corps et d'esprit1 t&is que l'autre e/ =t4 ,d4 ,ils sont donc rellem5t 9gaux8 ,r4 ,oui1 dans les dveloppem5ts de leurs moy5s1 mais non pas dans la nature et l'ess5ce de ces moy5s2 c'e/ une mme t(fe1 mais les dim5sions n'en sont pas gales2 le poids1 la valeur1 n'en sont pas les mmes4 ,notre langue n'a pas le mot propre p\r dsign] la fois l'id5tit de la nature1 et la div]sit de la =me et de l'emploi4 ,c'e/ une galit proportionnelle2 et voil p\rquoi j'ai dit1 gaux devant ,dieu et dans l'ordre de nature4 ,d4 ,comm5t la lib]t e/ elle un attribut physique de l'homme8 ,r4 ,p>ce que t\s les hommes ayant des s5s suffisants leur cons]vation1 nul n'ayant beso9 de l'oeil d'autrui p\r voir1 de son oreille p\r ent5dre1 de sa b\*e p\r mang]1 de son pi$ p\r m>*]1 ils sont t\s p> ce fait mme con/itus naturellem5t indp5dants1 libres2 nul n'e/ ncessairem5t s\mis un autre1 ni n'a le droit de le dom9]4 ,d4 ,mais si un homme e/ n =t1 n'a-t-il pas le droit naturel de matris] l'homme n faible8 ,r4 ,non3 c> ce n'e/ ni une ncessit p\r lui1 ni une conv5tion entre eux2 c'e/ une ext5sion abusive de sa =ce2 et l'on abuse ici du mot droit1 qui1 dans son vrai s5s1 ne peut dsign] que ju/ice ou facult rciproque4 ,d4 ,comm5t la proprit e/-elle un attribut physique de l'homme8 ,r4 ,en ce que t\t homme tant con/itu gal ou semblable un autre1 et p> consqu5t indp5dant1 libre1 *acun e/ le matre absolu1 le propritaire plni] de son corps et des produits de son travail4 ,d4 ,comm5t la ju/ice drive-t-elle de ces trois attributs8 ,r4 ,en ce que les hommes tant gaux1 libres1 ne se devant ri51 ils n'ont le droit de ri5 se dem&] les uns aux autres1 qu'autant qu'ils se r5d5t des valeurs gales2 qu'autant que la balance du donn au r5du e/ en quilibre3 et c'e/ cette galit1 cet quilibre qu'on appelle ju/ice1 quit#cf2 c'e/--dire qu'galit et ju/ice sont un mme mot1 sont la mme loi naturelle1 dont les v]tus sociales ne sont que des applications et des drivs4 ,,*apitre ,,xii ,dveloppem5t des v]tus sociales4 ,d4 ,dveloppez-moi comm5t les v]tus sociales driv5t de la loi naturelle2 comm5t la *>it ou l'am\r du pro*a9 en e/-il un prcepte1 une application8 ,r4 ,p> raison d'galit et de reciprocit3 c>1 lorsque n\s nuisons autrui1 n\s lui donnons le droit de n\s nuire son t\r3 a9si1 en attaquant l'exi/5ce d'autrui1 n\s portons atte9te la ntre p> l'effet de la rciprocit2 au contraire1 en faisant du bi5 autrui1 n\s avons lieu et droit d'en att5dre l'*ange1 l'quival5t3 et tel e/ le c>actre de t\tes les v]tus sociales1 d'tre utiles l'homme qui les pratique1 p> le droit de rciprocit qu'elles lui donn5t sur ceux qui elles ont pr(it4 ,d4 ,la *>it n'e/ donc que la ju/ice8 ,r4 ,non1 elle n'e/ que la ju/ice1 avec cette nuance1 que la /ricte ju/ice se borne dire3 ,ne fais pas autrui le mal que tu ne v\drais pas qu'il te ft2 et que la *>it ou l'am\r du pro*a9 s't5d jusqu' dire3 ,fais autrui le bi5 que tu en v\drais recevoir4 ,a9si l'vangile1 en disant que ce prcepte r5f]mait t\te la loi et t\s les prophtes1 n'a fait qu'nonc] le prcepte de la loi naturelle4 ,d4 ,ordonne-t-elle le p>don des injures8 ,r4 ,oui1 en tant que ce p>don s'accorde avec la cons]vation de n\s-mmes4 ,d4 ,donne-t-elle le prcepte de t5dre l'autre j\e1 qu& on a reu un s\fflet8 ,r4 ,non2 c> d'abord il e/ contraire celui d'aim] le pro*a9 comme soi-mme1 puisqu'on l'aim]ait plus que soi1 lui qui att5te notre cons]vation4 #b ,un tel prcepte1 pris la lettre1 enc\rage le m*ant l'oppression et l'inju/ice2 et la loi naturelle a t plus sage1 en prescrivant une mesure calcule de c\rage et de modration1 qui fait oubli] une premire injure de vivacit1 mais qui punit t\t acte t5dant l'oppression4 ,d4 ,la loi naturelle prescrit-elle de faire du bi5 autrui sans compte et sans mesure8 ,r4 ,non2 c> c'e/ un moy5 c]ta9 de le conduire l'+ratitude4 ,telle e/ la =ce du s5tim5t de la ju/ice implant dans le coeur des hommes1 qu'ils ne sav5t pas mme gr des bi5faits donns sans discrtion4 ,il n'e/ qu'une seule mesure avec eux1 c'e/ d'tre ju/e4 ,d4 ,l'aumne e/-elle une action v]tueuse8 ,r4 ,oui1 qu& elle e/ faite selon cette rgle2 sans quoi elle devi5t une imprud5ce et un vice1 en ce qu'elle fom5te l'oisivet1 qui e/ nuisible au m5diant et la socit1 nul n'a droit de j\ir du bi5 et du travail d'autrui1 sans r5dre un quival5t de son propre travail4 ,d4 ,la loi naturelle considre-t-elle comme v]tus l'esprance et la foi1 que l'on jo9t la *>it8 ,r4 ,non3 c> ce sont des ides sans ralit2 que s'il en rsulte quelques effets1 ils sont plutt l'avantage de ceux qui n'ont pas ces ides que de ceux qui les ont2 en sorte que l'on peut appel] la foi et l'esprance les v]tus des dupes au pr(it des fripons4 ,d4 ,la loi naturelle prescrit-elle la probit8 ,r4 ,oui3 c> la probit n'e/ autre *ose que le respect de ses propres droits dans ceux d'autrui2 respect fond sur un calcul prud5t et bi5 comb9 de nos intrts comp>s ceux des autres4 ,d4 ,mais ce calcul1 qui embrasse des intrts et des droits compliqus dans l'tat social1 n'exiget-il pas des lumires et des connaissances qui en font une sci5ce difficile8 ,r4 ,oui1 et une sci5ce d'autant plus dlicate1 que l'honnte homme prononce dans sa propre cause4 ,d4 ,la probit e/ donc un signe d't5due et de ju/esse dans l'esprit8 ,r4 ,oui3 c> presque t\j\rs l'honnte homme nglige un intrt prs5t af9 de ne pas en dtruire un v5ir2 t&is que le fripon fait le contraire1 et p]d un gr& intrt v5ir p\r un petit intrt prs5t4 ,d4 ,l'improbit e/ donc un signe de fausset dans le jugem5t1 et de rtrcissem5t dans l'esprit8 ,r4 ,oui3 et l'on peut df9ir les fripons1 des calculateurs ignorants ou sots2 c> ils n'ent5d5t po9t leurs vritables intrts1 et ils ont la prt5tion d'tre f9s2 et cep5dant leurs f9esses n'ab\tiss5t jamais qu' tre connus p\r ce qu'ils sont2 p]dre la confiance1 l'e/ime1 et t\s les bons s]vices qui en rsult5t p\r l'exi/5ce sociale et physique4 ,ils ne viv5t en paix ni avec les autres1 ni avec eux-mmes2 et sans cesse m5acs p> leur consci5ce et p> leurs ennemis1 ils ne j\iss5t d'autre bonheur rel que de celui de n'tre pas encore p5dus4 ,d4 ,la loi naturelle df5d donc le vol8 ,r4 ,oui3 c> l'homme qui vole autrui lui donne le droit de le vol] lui-mme2 ds lors plus de sret dans sa proprit ni dans ses moy5s de cons]vation3 a9si1 en nuisant autrui1 il se nuit p> contre-c\p lui-mme4 ,d4 ,df5d-elle mme le dsir du vol8 ,r4 ,oui3 c> ce dsir mne naturellem5t l'action2 et voil p\rquoi l'on a fait un p* de l'envie4 ,d4 ,comm5t df5d-elle le meurtre8 ,r4 ,p> les motifs les plus puissants de la cons]vation de soi-mme2 c>1 #a l'homme qui attaque s'expose au risque d'tre tu1 p> droit de df5se2 #b s'il tue1 il donne aux p>5ts1 aux amis du mort1 et t\te la socit un droit gal1 celui de le tu] lui-mme2 et il ne vit plus en sret4 ,d4 ,comm5t peut-on1 dans la loi naturelle1 rp>] le mal que l'on a fait8 ,r4 ,en r5dant ceux qui on a fait ce mal1 un bi5 proportionnel4 ,d4 ,p]met-elle de le rp>] p> des prires1 des voeux1 des (fr&es ,dieu1 des jenes1 des mortifications8 ,r4 ,non3 c> t\tes ces *oses sont trangres l'action que l'on veut rp>]2 elles ne r5d5t ni le boeuf celui qui on l'a vol1 ni l'honneur celui que l'on en a priv1 ni la vie celui qui on l'a arra*e2 p> consqu5t elles manqu5t le b de la ju/ice2 elles ne sont qu'un contrat p]v]s1 p> lequel un homme v5d un autre un bi5 qui ne lui app>ti5t pas2 elles sont une vritable dpravation de la morale1 en ce qu'elles enh>diss5t consomm] t\s les crimes p> l'espoir de les expi]3 aussi ont-elles t la cause vritable de t\s les maux qui ont t\j\rs t\rm5t les peuples *ez qui ces pratiques expiatoires ont t usites4 ,d4 ,la loi naturelle ordonne-t-elle la s9crit8 ,r4 ,oui3 c> le m5songe1 la p]fidie1 le p>jure1 suscit5t p>mi les hommes les dfiances1 les qu]elles1 les ha9es1 les v5geances1 et une f\le de maux qui t5d5t leur de/ruction commune2 t&is que la s9crit et la fidlit tabliss5t la confiance1 la concorde1 la paix1 et les bi5s inf9is qui rsult5t d'un tel tat de *oses p\r la socit4 ,d4 ,prescrit-elle la d\ceur et la mode/ie8 ,r4 ,oui3 c> la rudesse et la duret1 en alinant de n\s le coeur des autres hommes1 leur donn5t des dispositions n\s nuire2 l'o/5tation et la vanit1 en blessant leur am\r-propre et leur jal\sie1 n\s font manqu] le b d'une vritable utilit4 ,d4 ,prescrit-elle l'humilit comme une v]tu8 ,r4 ,non3 c> il e/ dans le coeur huma9 de mpris] secrtem5t t\t ce qui lui prs5te l'ide de la faiblesse2 et l'avilissem5t de soi enc\rage dans autrui l'orgueil et l'oppression3 il faut t5ir la balance ju/e4 ,d4 ,v\s avez compt p\r v]tu sociale la simplicit des moeurs2 qu'ent5dez-v\s p> ce mot8 ,r4 ,j'ent5ds le ress]rem5t des beso9s et des dsirs ce qui e/ vritablem5t utile l'exi/5ce du citoy5 et de sa famille2 c'e/--dire que l'homme de moeurs simples a peu de beso9s1 et vit cont5t de peu4 ,d4 ,comm5t cette v]tu n\s e/-elle prescrite8 ,r4 ,p> les avantages nombreux que sa pratique procure l'individu et la socit2 c> l'homme qui a beso9 de peu1 s'affran*it t\t c\p d'une f\le de so9s1 d'emb>ras1 de travaux2 vite une f\le de qu]elles et de conte/ations qui naiss5t de l'avidit et du dsir d'acqurir2 il s'p>gne les s\cis de l'ambition1 les inquitudes de la possession et les regrets de la p]te3 tr\vant p>t\t du sup]flu1 il e/ le vritable ri*e2 t\j\rs cont5t de ce qu'il a1 il e/ heureux peu de frais2 et les autres1 ne craignant po9t sa rivalit1 le laiss5t tranquille1 et sont disposs au beso9 lui r5dre s]vice4 ,que si cette v]tu de simplicit s't5d t\t un peuple1 il s'assure p> elle l'abondance2 ri*e de t\t ce qu'il ne consomme po9t1 il acqui]t des moy5s imm5ses d'*ange et de comm]ce2 il travaille1 fabrique1 v5d meilleur m>* que les autres1 et atte9t t\s les g5res de prosprit au d$ans et au dehors4 ,d4 ,quel e/ le vice contraire cette v]tu8 ,r4 ,c'e/ la cupidit et le luxe4 ,d4 ,e/-ce que le luxe e/ un vice p\r l'individu et la socit8 ,r4 ,oui3 tel po9t1 que l'on peut dire qu'il embrasse avec lui t\s les autres2 c> l'homme qui se donne le beso9 de beauc\p de *oses1 s'impose p>-l mme t\s les s\cis1 et se s\met t\s les moy5s ju/es ou inju/es de leur acquisition4 ,a-t-il une j\issance1 il en dsire une autre2 et au se9 du sup]flu de t\t1 il n'e/ jamais ri*e3 un logem5t commode ne lui suffit pas1 il lui faut un htel sup]be2 il n'e/ pas cont5t d'une table abondante1 il lui faut des mets r>es et coteux3 il lui faut des ameublem5ts fa/ueux1 des vtem5ts disp5dieux1 un attirail de laquais1 de *evaux1 de voitures1 des femmes1 des spectacles1 des jeux4 ,or1 p\r f\rnir tant de dp5ses1 il lui faut beauc\p d'arg5t2 et p\r se le procur]1 t\t moy5 lui devi5t bon1 et mme ncessaire3 il emprunte d'abord1 puis il drobe1 pille1 vole1 fait banqu]\te1 e/ en gu]re avec t\s1 ru9e et e/ ru94 ,que si le luxe s'applique une nation1 il y produit en gr& les mmes ravages2 p> cela qu'elle consomme t\s ses produits1 elle se tr\ve pauvre avec l'abondance2 elle n'a ri5 v5dre l'trang]2 elle manufacture gr& frais2 elle v5d *]2 elle se r5d tributaire de t\t ce qu'elle retire2 elle attaque au dehors sa considration1 sa puissance1 sa =ce1 ses moy5s de df5se et de cons]vation1 t&is qu'au d$ans elle se m9e et tombe dans la dissolution de ses membres4 ,t\s les citoy5s tant avides de j\issances1 se mett5t dans une lutte viol5te p\r se les procur]2 t\s se nuis5t ou sont prts se nuire3 et de l des actions et des habitudes usurpatrices qui compos5t ce que l'on appelle corruption morale1 gu]re inte/9e de citoy5 citoy54 ,du luxe nat l'avidit2 de l'avidit1 l'invasion p> viol5ce1 p> mauvaise foi3 du luxe nat l'iniquit du juge1 la vnalit du tmo91 l'improbit de l'p\x1 la pro/itution de la femme1 la duret des p>5ts1 l'+ratitude des enfants1 l'av>ice du matre1 le pillage du s]viteur1 le brig&age de l'adm9i/rateur1 la p]v]sit du lgislateur1 le m5songe1 la p]fidie1 le p>jure1 l'assass9at1 et t\s les dsordres de l'tat social2 en sorte que c'e/ avec un s5s pr(ond de vrit que les anci5s morali/es ont pos la base des v]tus sociales sur la simplicit des moeurs1 la re/riction des beso9s1 le cont5tem5t de peu2 et l'on peut pr5dre p\r mesure c]ta9e des v]tus ou des vices d'un homme1 la mesure de ses dp5ses proportionnes son rev5u1 et calcul] sur ses beso9s d'arg5t1 sa probit1 son intgrit remplir ses engagem5ts1 son dv\em5t la *ose publique1 et son am\r s9cre ou faux de la patrie4 ,d4 ,qu'ent5dez-v\s p> ce mot patrie8 ,r4 ,j'ent5ds la communaut des citoy5s qui1 runis p> des s5tim5ts frat]nels et des beso9s rciproques1 font de leurs =ces respectives une =ce commune1 dont la raction sur *acun d'eux pr5d le c>actre cons]vateur et bi5faisant de la pat]nit4 ,dans la socit1 les citoy5s =m5t une banque d'intrt3 dans la patrie1 ils =m5t une famille de d\x atta*em5ts2 c'e/ la *>it1 l'am\r du pro*a9 t5du t\te une nation4 ,or1 comme la *>it ne peut s'isol] de la ju/ice1 nul membre de la famille ne peut prt5dre la j\issance de ces avantages1 que dans la proportion de ses travaux2 s'il consomme plus qu'il ne produit1 il empite ncessairem5t sur autrui2 et ce n'e/ qu'autant qu'il consomme au-dess\s de ce qu'il produit ou de ce qu'il possde1 qu'il peut acqurir des moy5s de sacrifice et de gnrosit4 ,d4 ,que concluez-v\s de t\t ceci8 ,r4 ,j'en conclus que t\tes les v]tus sociales ne sont que l'habitude des actions utiles la socit et l'individu qui les pratique2 ,qu'elles revi5n5t t\tes l'objet physique de la cons]vation de l'homme2 ,que la nature1 ayant implant en n\s le beso9 de cette cons]vation1 elle n\s fait une loi de t\tes ses consqu5ces1 et un crime de t\t ce qui s'en c>te2 ,que n\s portons en n\s le g]me de t\te v]tu1 de t\te p]fection2 ,qu'il ne s'agit que de le dvelopp]2 ,que n\s ne sommes heureux qu'autant que n\s obs]vons les rgles tablies p> la nature dans le b de notre cons]vation2 ,et que t\te sagesse1 t\te p]fection1 t\te loi1 t\te v]tu1 t\te philosophie1 consi/5t dans la pratique de ces axiomes fonds sur notre propre organisation3 ,cons]ve-toi2 ,in/ruis-toi2 ,modre-toi2 ,vis p\r tes semblables1 af9 qu'ils viv5t p\r toi4 ,,notes ,,s]vant ,d',,claircissem5ts ,,et ,d',,autorit,s ,,div]s ,,passages ,,du ,,texte4 ,,page #g1 ligne #ab4 7,le fil de la ,srique47 ,c'e/--dire la soie1 orig9aire du pays montueux o se t]m9e la gr&e muraille1 pays qui p>at avoir t le b]ceau de l'empire *9ois1 connu des ,lat9s s\s le nom de ,regio ,s]>um1 ,s]ica4 ,ibidem4 7,les tissus de ,ka*emire47 ,c'e/--dire les *ales1 qu'z*iel1 c9q sicles avant notre re1 p>at avoir dsigns s\s le nom de ,*\d-,*\d4 ,pag4 #bc1 ligne #g4 7,la presqu'le trop clbre de l',inde47 ,quel bi5 vritable le comm]ce de l',inde1 entirem5t compos d'objets de luxe1 procure-t-il la masse d'une nation8 quels sont ses effets1 s9on d'en export]1 p> une m>9e disp5dieuse en hommes1 des matires de beso9 et d'utilit1 p\r y import] des d5res inutiles1 qui ne s]v5t qu' m>qu] mieux la di/9ction du ri*e et du pauvre2 et quelle masse de sup]/itions l',inde n'a-t-elle pas aj\te la sup]/ition gnrale8 ,ibidem1 ligne #be4 7,voil ,?bes aux c5t palais47 ,l'expdition franaise en gypte a pr\v que ,?bes1 divise en quatre gr&es cits1 sur les deux bords du ,nil1 ne put avoir les c5t portes dont p>le ,homre1 7,voy4 le tom4 ,,ii de la ,commission d'gypte47 ,l'hi/ori5 ,diodore de ,sicile avait dja indiqu la cause de l'erreur1 en obs]vant que le mot ori5tal1 porte1 signifiait aussi palais 7 cause du ve/ibule public qui en =me t\j\rs l'entre71 et cet auteur semble avoir saisi la cause de cette tradition grecque1 qu& il aj\te3 ,depuis ,?bes jusqu' ,memphis il a exi/ le long du fleuve c5t va/es curies royales1 dont on voit encore les ru9es1 et qui cont5ai5t *acune deux c5ts *evaux 7p\r le s]vice du mon>que73 t\s ces nombres sont exactem5t ceux d',homre4 7,voy4 ,diodore de ,sicile1 liv4 ,i1 sect4 ,,ii1 des premi]s rois d'gypte47 ,le nom d'?iopi5s appliqu ici aux ,?ba9s1 e/ ju/ifi p> l'exemple d',homre1 et p> la peau rellem5t noire de ces peuples4 ,les expressions d',hrodote1 lorsqu'il dit que les gypti5s avai5t la peau noire et les *eveux crpus1 d'accord avec la tte du sph9x des pyramides1 ont pu et d faire croire l'auteur du ,voyage en ,syrie1 que cet anci5 peuple fut de race ngre2 mais t\t ce que l'expdition franaise a fait connatre de momies et de ttes sculptes e/ v5u dm5tir cette ide2 et le voyageur1 docile aux leons des faits1 a dlaiss son op9ion1 avec plusieurs autres qu'il avait consignes dans un ,mmoire *ronologique1 compos l'ge de v+t-deux ans1 et qui1 mal propos1 occupe une place dans l',encyclopdie 9-#d1 tom4 ,,iii des ,antiquits4 ,l'expri5ce et l'tude lui ont procur le mrite de se r$ress] lui-mme sur bi5 des po9ts1 dans un d]ni] ouvrage publi ,p>is en #ahad et #ahae1 s\s le titre de ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne1 #b vol4 9-#h1 7,*ez ,bossange frres1 rue de ,se9e1 n #ab4 ,voy4 le tom4 ,,ii p\r les gypti5s47 ,pag4 #bd1 lig4 #ad4 7,ici tai5t ces ports idumens47 ,les villes d',alah et d',atsiom ,gab]1 d'o les ,juifs de ,salomon1 guids p> les ,tyri5s de ,hiram1 p>tai5t p\r se r5dre ,ophir1 lieu inconnu sur lequel on a beauc\p crit1 mais qui p>at avoir laiss sa trace dans ,(or1 canton arabe1 l'entre du golfe ,p]sique4 7,voy4 ce sujet les ,re*]*es n\velles1 cites ci-dessus1 tom4 ,i1 et le ,voyage en ,syrie tom4 ,,ii47 ,pag4 #df1 lig4 #ag4 7,a9si1 p>ce qu'un homme fut plus =t1 cette 9galit1 accid5t de la nature1 fut prise p\r sa loi47 ,presque t\s les anci5s philosophes et politiques ont tabli en pr9cipe et en dogme1 que les hommes naiss5t 9gaux2 que la nature a cr les uns p\r tre libres1 les autres p\r tre esclaves4 ,ce sont les expressions positives d',ari/ote dans sa ,politique1 et de ,platon1 appel div91 sans d\te dans le s5s des rv]ies my?ologiques qu'il a dbites4 ,le droit du plus =t a t le droit des g5s de t\s les anci5s peuples1 des ,gaulois1 des ,roma9s1 des ,a?ni5s2 et c'e/ de l prcism5t que sont drivs les gr&s dsordres politiques et les crimes publics des nations4 ,pag4 #dg1 lig4 #g 7,et le despotisme pat]nel fonda le despotisme politique47 ,qu'e/-ce qu'une famille8 ,c'e/ la portion lm5taire dont se compose le gr& corps appel nation4 ,l'esprit de ce gr& corps n'e/ que la somme de ses fractions2 telles les moeurs de la famille1 telles celles du t\t4 ,les gr&s vices de l',asie sont1 #a le despotisme pat]nel2 #b la polygamie1 qui dmoralise t\te la maison1 et qui1 *ez les rois et les pr9ces1 cause le massacre des frres *aque succession1 et ru9e le peuple en apanages2 #c le dfaut de proprit des bi5s-fonds1 p> le droit tyrannique que s'arroge le despote2 #d l'9galit de p>tage entre les enfants2 #e le droit abusif de te/]2 #f et l'exclusion donne aux femmes dans l'hritage4 ,*angez ces lois1 v\s *ang]ez l',asie4 ,pag4 #ej1 lig4 #bc4 7,l'autre 7effet de l'gsme71 que t5dant t\j\rs conc5tr] le p\voir en une seule ma947 ,il e/ trs-rem>quable que la m>*e con/ante des socits a t dans ce s5s1 que1 comm5ant t\tes p> un tat an>*ique ou dmocratique1 c'e/--dire p> une gr&e division des p\voirs1 elles ont ensuite pass l'ari/ocratie1 et de l'ari/ocratie la mon>*ie4 ,de ce fait hi/orique il rsult]ait que ceux qui con/itu5t des tats s\s la =me dmocratique1 les de/95t subir t\s les tr\bles qui doiv5t am5] la mon>*ie2 mais il faudrait en mme temps pr\v] que les expri5ces sociales sont dja puises p\r l'espce huma9e1 et que ce m\vem5t spontan n'e/ pas l'effet mme de son ignorance et de ses habitudes4 ,pag4 #eb1 lig4 #bf4 7,s\s prtexte de religion1 leur orgueil fonda des temples1 dota des prtres oiseux1 btit p\r de va9s squelettes d'extravagants tombeaux1 mausoles et pyramides47 ,le savant ,dupuis n'a pu croire que les pyramides fuss5t des tombeaux2 mais1 outre le tmoignage positif des hi/ori5s1 lisez ce que dit ,diodore de l'importance religieuse et sup]/itieuse que t\t gypti5 atta*ait btir sa demeure t]nelle1 lib4 #a4 ,p5dant v+t ans1 dit ,hrodote1 c5t mille hommes travaillr5t *aque j\r btir la pyramide du roi gypti5 ,*eops4--,supposons p> an seulem5t trois c5ts j\rs1 cause du sabbat2 ce s]a #cj millions de j\rnes de travail en un anne1 et #fjj millions de j\rnes en v+t ans2 #ae s\s p> j\r1 ce s]a #dej millions de francs p]dus sans aucun produit ultrieur4--,avec cette somme1 si ce roi et f]m l'i/hme de ,suez d'une =te muraille1 comme celle de la ,*9e1 la de/9e de l'gypte et t t\t autre3 les invasions trangres euss5t t arrtes1 ananties1 et les ,arabes du ds]t n'euss5t ni conquis1 ni vex ce pays4--,travaux /riles6 que de mill>ds p]dus mettre pi]re sur pi]re1 en =me de temples et d'glises6 ,les al*imi/es *ang5t les pi]res en or1 les ar*itectes *ang5t l'or en pi]res4 ,malheur aux rois 7comme aux b\rgeois7 qui livr5t leur b\rse ces deux classes d'empiriques6 ,pag4 #fe1 lig4 #a4 7 prononc] my/rieusem5t ,am47 ,ce mot p\r le s5s1 et presque p\r le son1 ressemble l',aeuum 7vum7 des ,lat9s1 l't]nit1 le temps sans bornes4 ,selon les ,indi5s1 ce mot e/ l'emblme de la div9it trip>tite3 ,a dsigne ,bramha 7le temps pass1 qui a cr72 ,u1 ,vi*5\ 7le temps prs5t1 qui cons]ve72 ,m1 ,*iv5 7le temps futur1 qui dtruira74 ,ibid41 lig4 #d4 7,s'il faut comm5c] p> le c\de47 ,c'e/ un des gr&s po9ts de s*isme entre les p>tisans d',om> et ceux d',ali4 ,supposons que deux musulmans se r5contr5t en voyage1 et qu'ils s'abord5t frat]nellem5t2 l'heure de la prire v5ue1 l'un comm5c l'ablution p> le b\t des doigts1 l'autre p> le c\de1 et les voil ennemis mort4 ,en d'autres pays1 qu'un homme veuille mang] de la vi&e tel j\r plutt que tel autre2 ce s]a un cri d'indignation4 ,quel nom donn] de telles folies8 ,pag4 #gd1 lig4 #bi4 7,la horde des ,oguzians47 ,avant que les ,turcs euss5t pris le nom de leur *ef ,o?man ,i]1 ils portai5t celui d',oguzians2 et c'e/ s\s cette dnom9ation qu'ils fur5t *asss de la ,t>t>ie p> ,g5giz1 et v9r5t des bords du ,gih\n s'tablir dans l',anadoli4 ,pag4 #hj1 lig4 #ai4 7,qu'il rgnait de peuple peuple444 des ha9es implacables47 ,lisez l'hi/oire des gu]res de ,rome et de ,c>?age1 de ,sp>te et de ,messne1 d',a?nes et de ,syracuse1 des ,hbreux et des ,phnici5s1 et voil cep5dant ce que l'antiquit vante de plus polic6 ,pag4 #hg1 lig4 #bf4 7,le ,*9ois avili p> le despotisme du bamb\47 ,les jsuites se sont ef=cs de pe9dre s\s de belles c\leurs le g\v]nem5t *9ois1 auj\rd'hui l'on sait que c'e/ un pur despotisme ori5tal 7entrav p> le vice d'une langue et surt\t d'une criture mal con/ruites74 ,le peuple *9ois e/ p\r n\s la preuve que dans l'antiquit1 jusqu' l'inv5tion de l'criture alphabtique1 l'esprit huma9 eut beauc\p de pe9e se dploy]1 comme avant les *iffres arabes on avait beauc\p de pe9e compt]4 ,t\t dp5d des m?odes3 on ne *ang]a la ,*9e qu'en *angeant sa langue4 ,pag4 #if1 lig4 #e4 7,reconnaissez l'autorit lgitime47 ,p\r apprci] le s5s du mot lgitime1 il faut rem>qu] qu'il vi5t du lat9 legi-intimus1 intr9sque la loi1 crit en elle4 ,si donc la loi e/ faite p> le pr9ce seul1 le pr9ce seul se fait lui-mme lgitime3 alors il e/ purem5t despote2 sa volont e/ la loi4 ,ce n'e/ pas l ce qu'on veut dire2 c> le mme droit s]ait acquis t\t p\voir qui le r5v]s]ait4 ,qu'e/-ce que la loi 7s\rce de droit78 ,le lat9 va encore n\s le dire3 le radical leg-ere1 lire1 lectio1 a fait lex1 res lecta1 *ose lue3 cette *ose lue e/ un ordre de faire ou de ne pas faire telle action dsigne1 et ce1 s\s la condition d'une pe9e ou d'une rcomp5se atta*es l'obs]vation ou l'infraction4 ,cet ordre e/ lu ceux qu'il conc]ne1 af9 qu'ils n'en ignor5t4 ,il a t crit1 af9 d'tre lu sans altration3 tel e/ le s5s1 et telle fut l'orig9e du mot loi4 ,de l les div]ses pi?tes dont il e/ susceptible3 loi sage1 loi absurde1 loi ju/e1 loi inju/e1 selon l'effet qui en rsulte2 et c'e/ cet effet qui c>actrise le p\voir d'o elle mane4 ,or1 dans l'tat social1 dans le g\v]nem5t des hommes1 qu'e/-ce que le ju/e et l'inju/e8 ,le ju/e e/ de ma9t5ir ou de r5dre *aque individu ce qui lui app>ti5t3 p> consqu5t1 d'abord la vie1 qu'il ti5t d'un p\voir au-dessus de t\t2 #b l'usage des s5s et des facults qu'il ti5t de ce mme p\voir2 #c la j\issance des fruits de son travail2 et t\t cela en ce qui ne blesse pas les mmes droits en autrui2 c> s'il les blesse1 il y a inju/ice1 c'e/--dire rupture d'galit et d'quilibre d'homme homme4 ,or1 plus il y a de lss1 plus il y a d'inju/ices3 p> consqu5t1 si1 comme il e/ de fait1 ce qu'on appelle le peuple compose l'imm5se majorit de la nation1 c'e/ l'intrt1 c'e/ le bi5-tre de cette majorit qui con/itue la ju/ice3 a9si la vrit se tr\ve dans l'axiome qui a dit1 ,salus populi suprema lex e/o4 ,le salut du peuple1 voil la loi1 voil la lgitimit4 ,et rem>quez que le salut ne veut pas dire la volont1 comme l'ont suppos quelques fanatiques2 c> d'abord le peuple peut se tromp]2 puis comm5t exprim] cette volont collective et ab/raite8 l'expri5ce n\s l'a pr\v4 ,salus populi6 ,l'art e/ de le connatre et de l'effectu]4 ,pag4 #ajb1 lig4 #ag4 7,l'ide de lib]t conti5t ess5tiellem5t celle de ju/ice1 qui nat de l'galit47 ,les mots retrac5t eux-mmes cette connexion2 c> quilibrium1 quitas1 qualitas sont t\s d'une mme famille1 et l'ide de l'galit matrielle1 de la balance1 e/ le type de t\tes ces ides ab/raites4 ,la lib]t elle-mme1 bi5 analyse1 n'e/ encore que la ju/ice3 c> si un homme1 p>ce qu'il se dit libre1 en attaque un autre1 celui-ci1 p> le mme droit de lib]t1 peut et doit le rep\ss]2 le droit de l'un e/ gal au droit de l'autre3 la =ce peut rompre cet quilibre1 mais elle devi5t inju/ice et tyrannie de l "p du plus bas dmocrate1 comme de celle du plus haut pot5tat4 ,pag4 #aaf1 lig4 #ae4 7,et cette religion 7de ,mahomet7 n'a cess d'inond] de sang la t]r47 ,lisez l'hi/oire de l'islamisme p> ses propres criva9s1 et v\s v\s conva9crez que t\tes les gu]res qui ont dsol l',asie et l',afrique depuis ,mahomet1 ont eu p\r cause pr9cipale le fanatisme apo/olique de sa doctr9e4 ,on a calcul que ,cs> avait fait prir trois millions d'hommes3 il s]ait curieux de faire le mme calcul sur *aque fondateur de religion4 ,pag4 #aai1 lig4 #ba4 7,et c5t autres sectes47 ,lisez ce sujet le ,dictionnaire des hrsies1 p> l'abb ,pluquet1 qui en a omis un gr& nombre2 #b vol4 9-#h1 petit c>actre4 ,pag4 #abb1 lig4 #c4 7,et les ,p>sis se divis]ont47 ,les sectateurs de ,zoroa/re1 nomms ,p>sis1 comme desc5dants des ,p]ses1 sont plus connus en ,asie s\s le nom injurieux de ,gaures ou ,gubres1 qui veut dire infidles2 ils y sont ce que sont les ,juifs en ,europe4 ,mb$ e/ le nom de leur pape ou gr&-prtre4 ,voy4 ,h5ri "l ,hyde1 et le ,z5d-ave/a1 sur les rites de cette religion4 ,ibidem1 lig4 #bf 7,brahma444 rduit s]vir de pide/al au l+am47 ,voy4 le tome ,i] 9-#d du ,voyage de ,sonn]at aux ,indes4 ,pag4 #abd1 lig4 #ac4 7,le ,*9ois l'adore dans ,ft74 ,la langue *9oise n'ayant ni le ,b ni le ,d1 ce peuple a prononc ,ft ce que les ,indi5s et les ,p]sans prononc5t ,bodd1 ou ,bodd 7p> o bref74 ,ft1 ou ,pg\1 e/ dev5u ,fota et ,fta1 etc4 ,ce n'e/ que depuis peu d'annes que l'on comm5ce d'avoir des notions exactes de la doctr9e de ,b\dd et de ses div]s sectaires3 n\s devons ces notions aux savants anglais1 qui1 mesure que leur nation subjugue les peuples de l',inde1 en tudi5t les religions et les moeurs1 p\r les faire connatre4 ,l'ouvrage intitul ,asiatick ,rese>*es e/ une collection prcieuse en ce g5re3 on tr\ve dans le tome ,,vi1 pag4 #afc1 dans le tome ,,vii1 pag4 #cb et pag4 #cii1 trois mmoires in/ructifs sur les ,b\di/es de ,ceylan et de ,birmah ou ,ava4 ,un criva9 anonyme1 mais qui p>at avoir mdit ce sujet1 a publi dans l',asiatick j\rnal de #ahaf1 mois de janvi] et suivants1 jusqu'en mai1 des lettres qui font dsir] de plus gr&s dveloppem5ts4 ,n\s revi5drons cet article dans une note du *apitre ,,xxi4 ,ibidem1 lig4 #bi4 7,le s9to/e nie l'exi/5ce47 ,voyez dans ,kempf] la doctr9e des s9to/es qui e/ celle d'picure mle celle des /oci5s4 ,pag4 #abe1 lig4 #d1 7,le ,siamois1 l'cran talipat la ma947 ,c'e/ une feuille de palmi] latani]2 de l e/ v5u aux bonzes le nom de ,talapo94 ,l'usage de cet cran e/ un privilge exclusif4 ,ibidem1 lig4 #i4 7,le sectateur de ,confutze *]*e son horoscope47 ,les sectateurs de ,confucius ne sont pas mo9s adonns l'a/rologie que les bonzes3 c'e/ la maladie morale de t\t l',ori5t4 ,ibidem1 lig4 #ac4 ,le ,dala-,lama1 ou l'imm5se prtre de ,la1 e/ ce que nos vieilles relations appelai5t le prtre ,jean1 p> l'abus du mot p]san ,djehn1 qui veut dire le monde4 ,a9si le prtre ,monde1 le dieu ,monde1 se li5t p>faitem5t4 ,dans une expdition rc5te1 les ,anglais ont tr\v des idoles des lamas qui cont5ai5t des pa/illes sacres de la g>de-robe du gr&-prtre4 ,on peut cit] p\r tmo9s ,ha/+s1 et le colonel ,polli]1 qui a pri dans les tr\bles d',avignon4 ,on s]a bi5 tonn d'appr5dre que cette ide si rvoltante ti5t une ide pr(onde1 celle de la mtempsycose1 qu'admett5t les lamas4 ,lorsque les ,t>t>es avai5t les reliques du pontife 7comme ils le pratiqu5t71 ils imit5t le jeu de l'univ]s1 dont les p>ties s'absorb5t et pass5t sans cesse les unes dans les autres4 ,c'e/ le s]p5t qui dvore sa queue2 et ce s]p5t e/ ,b\dd ou le monde4 ,pag4 #abf1 lig4 #ab4 7,qui ador5t un s]p5t dont les porcs sont avides47 ,il arrive s\v5t que les porcs dvor5t des s]p5ts de l'espce que les ngres ador5t1 et c'e/ une gr&e dsolation dans le pays4 ,le prsid5t de ,brosses a rassembl1 dans son ,hi/oire des ,fti*es1 un tableau curieux de t\tes ces folies4 7,voil le ,teleute7 ,les ,teleutes1 nation t>t>e1 se peign5t ,dieu portant un vtem5t de t\tes les c\leurs1 et surt\t des c\leurs r\ge et v]te2 et p>ce qu'ils les tr\v5t dans un habit de dragon russe1 ils en font la comp>aison ce g5re de soldat4 ,les gypti5s habillai5t aussi le dieu ,monde d'un habit de t\tes c\leurs4 ,eusbe1 ,prep4 evang41 p4 #aae1 lib4 #aaa4 ,les ,teleutes appell5t ,dieu ,b\1 ce qui n'e/ qu'une altration de ,b\dd1 le dieu ,o,euf et ,monde4 7,voil le ,kamts*adale47 ,consultez ce sujet l'ouvrage intitul ,description des peuples s\mis la ,russie1 et v\s v]rez que le tableau n'e/ po9t *>g4 ,pag4 #adj1 lig4 #bh4 7,votre sy/me porte t\t enti] sur des s5s allgoriques47 ,qu& on lit les ,pres de l'glise1 et que l'on voit sur quels argum5ts ils ont lev l'difice de la religion1 l'on a pe9e compr5dre tant de crdulit ou de mauvaise foi2 mais c'tait alors la manie des allgories3 les paens s'en s]vai5t p\r expliqu] les actions des dieux1 et les *rti5s ne fir5t que suivre l'esprit de leur sicle1 en le t\rnant v]s un autre ct4 ,il s]ait curieux de publi] auj\rd'hui de tels livres1 ou seulem5t leurs extraits4 ,pag4 #add1 lig4 #bd 7,les ,juifs dev9r5t nos imitateurs1 nos disciples47 ,voy4 ce sujet le tome ,i] des ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne1 o il e/ dmontr que le ,p5tateuque n'e/ po9t l'ouvrage de ,mose3 cette op9ion tait rp&ue dans les premi]s temps du *ri/ianisme1 comme on le voit dans les ,clm5t9es1 homlie ,i1 #ea1 et homlie ,,viii1 #db2 mais p]sonne n'avait dmontr que le vritable auteur ft le gr&-prtre ,helkias1 l'an #fah avant ,j4 ,c4 ,pag4 #adf1 lig4 #e4 7,tant de *oses analogues aux trois religions47 ,les ,p>sis mod]nes et les ,mi?riaques anci5s1 qui sont la mme *ose1 ont t\s les sacrem5ts des *rti5s1 mme le s\fflet de la confirmation4 ,le prtre de ,mi?ra1 dit ,t]tulli51 ,de prscriptione1 c4 #dj1 promet la dlivrance des p*s p> leur aveu et p> le baptme2 et1 s'il m'en s\vi5t bi51 ,mi?ra m>que ses soldats au front 7avec le *rme1 ,k\phi gypti572 il clbre l'oblation du pa91 l'image de la rsurrection1 et prs5te la c\ronne1 en m5aant de l'pe1 etc4 ,dans ces my/res on pr\vait l'initi p> mille t]reurs1 p> la m5ace du feu1 de l'pe1 etc41 et on lui prs5tait une c\ronne1 qu'il refusait1 en disant3 ,dieu e/ ma c\ronne4 7,voyez cette c\ronne dans la sphre cle/e1 ct de ,bootes47 ,les p]sonnages de ces my/res portai5t t\s des noms d'animaux con/ells4 ,la messe n'e/ pas autre *ose que la clbration de ces my/res et de ceux d'leusis4 ,le ,dom9us vobiscum e/ la lettre la =mule de rception1 *on-k1 m1 p-ak4 ,voy4 ,beausobre1 ,hi/oire du ,mani*isme1 tom4 ,,ii4 ,pag4 #adg1 lig4 #aj4 ,les ,vdas ou ,v$ams sont les livres sacrs ds ,ind\s1 comme les ,bibles *ez n\s4 ,on en compte trois3 le ,rick ,v$a1 le ,yadj\r ,v$a1 et le ,sama ,v$a4 ,ils sont si r>es dans l',inde1 que les ,anglais ont eu beauc\p de pe9e en tr\v] l'orig9al1 dont ils ont fait faire une copie dpose au ,briti% ,musum4 ,ceux qui compt5t quatre ,vdas1 y compr5n5t l',att> ,v$a1 qui traite des crmonies1 et qui e/ p]du4 ,il y a en suite des comm5taires nomms ,upani%ada1 dont l'un a t publi p> ,anquetil ,dup]ron1 s\s le titre de ,oupnekhat1 livre curieux en ce qu'il donne une ide de t\s les autres4 ,la date de ces livres passe #be sicles au-dessus de notre re2 leur cont5u pr\ve que t\tes les rv]ies des mtaphysici5s grecs vi5n5t de l',inde et de l'gypte4--,depuis l'an #aghh1 les savants ,anglais exploit5t dans l',inde une m9e de littrature dont on n'avait aucune ide en ,europe1 et qui pr\ve que la civilisation de l',inde remonte une trs-haute antiquit4 ,aprs les ,vdas vi5n5t les ,*a/ras1 au nombre de six4 ,ils trait5t de ?ologie et de sci5ces4 ,puis vi5n5t au nombre de #ah1 les ,p\ranas1 qui trait5t de my?ologie et d'hi/oire3 voyez le ,bahg\et-guta1 le ,baga ,v$am1 et l'z\r-,v$am1 traduits en franais1 etc4 ,pag4 #aea1 lig4 #ad4 ,t\te cette cosmogonie des lamas1 des bonzes1 et mme des brames1 comme l'atte/e ,h5ri ,"l1 revi5t littralem5t celle des anci5s gypti5s4 ,les gypti5s1 dit ,porphyre1 appell5t ,kneph l'intellig5ce ou cause effective 7de l'univ]s74 ,ils racont5t que ce dieu r5dit p> la b\*e un oeuf1 duquel fut produit un autre dieu1 nomm ,ph?a ou ,vulca9 7le feu pr9cipe1 le soleil27 et ils aj\t5t que cet oeuf e/ le monde4 ,eusoeb41 ,prep4 evang41 pag4 #aae4 ,ils reprs5t5t1 dit-il ailleurs1 le dieu ,kneph ou la cause effici5te1 s\s la =me d'un homme de c\leur bleu fonc 7celle du ciel71 ayant en ma9 un sceptre1 portant une ce9ture1 et coiff d'un petit bonnet royal de plumes trs-lgres1 p\r m>qu] combi5 e/ subtile et fugace l'ide de cet tre4 ,sur quoi j'obs]v]ai que ,kneph1 en hbreu1 signifie une aile1 une plume2 que cette c\leur bleue 7cle/e7 se tr\ve dans la plup>t des dieux de l',inde1 et qu'elle e/1 s\s le nom de n>ayan1 une de leurs pi?tes les plus clbres4 ,pag4 #aec1 lig4 #be4 7,que les lamas ne sont que des mani*ens47 ,voyez l',hi/oire du ,mani*isme1 p> ,beausobre1 qui pr\ve que ces sectaires fur5t purem5t des zoroa/ri5s2 ce qui fait remont] l'exi/5ce de leurs op9ions #abjj ans avant ,j4 ,c4 ,il suit de l que ,b\dd ,*aucasam fut encore antrieur1 puisque la doctr9e b\di/e se tr\ve dans les plus anci5s livres indi5s1 dont la date passe #cajj ans avant notre re 7tel que le ,bahg\et-guta74 ,obs]vez d'ailleurs que ,b\dd e/ la #i;e avat> ou inc>nation de ,vi*5\1 ce qui le place l'orig9e de cette ?ologie4 ,en outre1 *ez les ,indi5s1 les ,*9ois1 les ,?ibta9s1 etc41 ,b\dd e/ le nom de la plante que n\s appelons ,m]cure1 et du j\r de la sema9e consacr cette plante 7le m]cr$i72 cela le remonte l'orig9e du cal5dri]2 en mme temps cela n\s l'indique primitivem5t id5tique ,h]ms1 ce qui t5d son exi/5ce jusqu'en gypte4 ,ma9t5ant rem>quez que les prtres gypti5s racontai5t qu',h]ms m\rant avait dit3 ,jusqu'ici j'ai vcu exil de ma vritable patrie2 j'y ret\rne3 ne me pleurez pas2 je ret\rne la cle/e patrie o *acun se r5d son t\r3 l e/ ,dieu2 cette vie n'e/ qu'une mort4 ,voyez ,*alcidius 9 ,timoeum4 ,or1 cette doctr9e e/ prcism5t celle des b\di/es anci5s1 ou samanens1 des py?agorici5s et des orphiques4 ,dans la doctr9e d',orphe1 le dieu monde e/ reprs5t p> un oeuf3 dans les idiomes hbreu et arabe1 l'oeuf se nomme baidh1 analogue ,bodd 7,dieu71 et ,bod1 en p]san l'exi/5ce1 ce qui e/ 7le monde71 ,bodd e/ encore analogue b$ et vad1 qui *ez les ,indi5s signifie sci5ce4 ,h]ms en tait le dieu3 il tait l'auteur des livres sacrs ou ,vdas gypti5s4 ,on voit quels rameaux prs5te1 et quelle antiquit t\t ceci n\s porte4 ,ma9t5ant le prtre b\di/e d',ava aj\te3 ,qu'il e/ de foi que1 de temps autre1 le ciel envoie sur la t]re des ,b\dda p\r am5d] les hommes1 les retir] de leurs vices1 et les remettre en voie de salut4 ,avec un tel dogme rp&u dans l',inde1 dans la ,p]se1 dans l'gypte1 dans la ,jude1 on s5t combi5 les esprits ont d tre disposs ds long-temps ce que des sicles po/rieurs n\s (fr5t4 ,pag4 #aed1 lig4 #f4 7,long-temps avant ,is\s47 ,d'aprs les notions des savants anglais de l',inde1 la doctr9e de ,b\dda y e/ trs-anci5ne4 ,l'criva9 anonyme que n\s avons cit1 pag4 #cai1 lig4 #bc1 cite un trait crit il y a peu d'annes p> le *ef des prtres b\ddites d',ava1 la prire de l'vque ca?olique de cette ville1 qui dit3 ,que les dieux qui ont app>u dans le prs5t monde jusqu' ce j\r1 sont au nombre de quatre1 savoir3 ,b\dda ,*aucasam1 ,b\dda ,gonagom1 ,b\dda ,gaspa1 et ,b\dda ,gautama1 duquel la loi rgne actuellem5t2 il obt9t la div9it tr5te-c9q ans1 et passa l'immortalit #bcfb ans 7avant la date du dit crit1 qui se place v]s #ahje47 ,p> consqu5t ,gautama s]ait mort v]s l'an #eeg avant l're *rti5ne1 au temps o rgnait ,kyrus en ,p]se1 et o florissait ,py?agore4 #b ,d'autre "p1 des criva9s arabes et p]sans1 cits dans l',hi/4 des ,huns1 tom4 ,,ii1 p> de ,guignes2 dans l',hi/4 de la ,*9e1 tom4 ,v1 9-#d1 note de la page #ej1 et dans la prface de l',ez\r ,v$am 7,yadj\r-,v$a71 plac5t l'app>ition d'un autre ,b\dda l'anne #ajbg avant notre re 7ce s]ait ,gaspa74 #c ,le tableau /ati/ique de l'emp]eur mogol ,akb>1 intitul ,a9 ,akb]i1 traduit p> ,gladw91 dit1 pag4 #dcc1 tom4 ,,ii1 que ,b\dd avait disp>u #bifb ans avant l'an #dj de cet emp]eur1 c'e/--dire #acff ans avant ,j4-,c4 7ce s]ait ,gonagom47 ,pag4 #aed1 lig4 #ad 7,fonds sur l'abs5ce de t\t tmoignage au!ntique47 ,t\t le monde sait1 disait ,fau/e1 qui1 quoique mani*en1 fut un des plus savants hommes du ,i,i,ie sicle1 t\t le monde sait que les vangiles n'ont t crits ni p> ,j4-,c4 ni p> ses aptres1 mais long-temps aprs1 p> des inconnus1 qui1 jugeant bi5 qu'on ne les croirait pas sur des *oses qu'ils n'avai5t pas vues1 mir5t la tte de leurs rcits des noms d'aptres ou d'hommes apo/oliques et contempora9s4 ,sur cette "q1 voyez l',hi/oire des ,apologi/es de la ,religion *rti5ne1 attribue ,frret1 mais qui e/ de ,burigny1 membre de l',acadmie des inscriptions4 ,voyez aussi ,mo%eim1 ,de rbus *ri/ianorum2 ,correspondance ( ,att]bury1 ,ar*bi%op1 #e vol4 9-#h1 #agih2 ,tol&1 ,naz>5us2 et ,beausobre1 ,hi/oire du ,mani*isme1 tom1 ,i4 ,il rsulte de t\t ce qu'on a crit p\r et contre1 que l'orig9e prcise du *ri/ianisme n'e/ pas connue2 que les prt5dus tmoignages de ,josphe 7,antiq4 jud41 lib4 ,,xviii1 c4 #c7 et de ,tacite 7,annales1 lib4 ,,xv1 c4 #dd7 ont t int]pols v]s le temps du concile de ,nike1 et que p]sonne n'a encore mis en vid5ce le fait radical1 c'e/--dire l'exi/5ce relle du p]sonnage qui a occasion le sy/me4 ,sans cette exi/5ce nanmo9s1 il s]ait difficile de concevoir l'app>ition du sy/me son poque connue1 encore qu'il ne soit pas sans exemple en hi/oire de voir des suppositions gratuites et absolues4 ,p\r rs\dre ce problme1 vraim5t curieux et important1 il faudrait qu'un esprit d\ de sagacit1 muni d'in/ruction1 et surt\t d'imp>tialit1 pr(itant des re*]*es dja faites1 y aj\tt un tableau comp>atif de la doctr9e des b\di/es1 et spcialem5t de la secte de ,samana ,gautama1 contempora9 de ,kyrus2 qu'il exam9t quelle fut la facilit des communications de l',inde avec la ,p]se et la ,syrie1 surt\t depuis le rgne de ,d>ius ,hy/aspe1 qui1 selon ,aga?ias et ,ammi51 consulta les sages de l',inde1 et introduisit plusieurs de leurs ides *ez les mages2 quelle fut encore cette facilit depuis ,alex&re1 s\s les ,sleucides1 qui entret5ai5t des relations diplomatiques avec les rois indi5s1 il v]rait que1 p> suite de ces communications1 le sy/me des samanens put se rp&re de pro*e en pro*e jusqu'en gypte2 qu'il put tre la cause dt]m9ante de la corporation des essni5s en ,jude1 etc13 alors il ne re/]ait plus qu' exam9] si1 t\tes *oses tant a9si prp>es1 l'exaltation gnrale des esprits n'a pas pu suscit] un individu qui aurait rempli le rle dsign3 soit que lui-mme se ft cru et annonc p\r tre le p]sonnage att5du1 soit que ce ft la multitude qui1 en?\siasme de sa conduite1 de sa doctr9e et de ses prdications1 lui en et attribu l'emploi4 ,dans l'un et l'autre cas1 il s]ait con=me aux probabilits huma9es que des attr\pem5ts populaires euss5t excit la surveillance et l'inquitude du g\v]nem5t roma91 et qu'enf9 un incid5t rem>quable1 tel que l'entre en ,jrusalem1 et dt]m9 le prfet une mesure de rigueur1 un acte de svice qui aurait brusquem5t t]m9 ce drame 7 peu prs comme il e/ racont71 mais qui n'aurait fait qu'accrotre l'intrt p\r le p]sonnage regrett1 et p>-l donn lieu des rcits et des associations dont le rsultat cadr]ait p>faitem5t avec l'tat de *oses qui app>at ensuite dans l'hi/oire4 ,sans d\te l o manque son tmoignage positif1 l'on ne p\rrait tablir ce qu'on appelle c]titude morale2 mais p> l'en*anem5t des causes et des effets1 on p\rrait arriv] un degr de probabilit qui en produirait l'effet2 puisque d'ailleurs1 avec les tmoignages les plus positifs1 l'hi/oire n'a jamais de droit qu'aux plus ou mo9s gr&es probabilits4 ,ibidem1 lig4 #bg4 7,la doctr9e intrieure7 ,les b\di/es ont deux doctr9es1 l'une publique et o/5sible1 l'autre intrieure et secrte1 prcism5t comme les prtres gypti5s4 ,p\rquoi cette diffr5ce8 dem&]a-t-on4 ,c'e/ que la doctr9e publique enseignant les (fr&es1 les expiations1 les fondations1 etc41 il e/ utile de la pr*] au peuple2 au lieu que l'autre enseignant le nant et ne rapportant ri51 il convi5t de ne la faire connatre qu'aux adeptes4 ,on ne peut class] plus videmm5t les hommes en fripons et en dupes4 ,pag4 #aef1 lig4 #ah4 7,voil ce qu'a rvl notre ,b\dah47 ,ce sont les propres t]mes de ,la ,l\bre1 dans sa ,description du royaume de ,siam et de la ?ologie des bonzes4 ,leurs dogmes1 comp>s ceux des anci5s philosophes de la ,grce et de l',italie1 retrac5t absolum5t t\t le sy/me des /oci5s et des picuri5s1 ml avec des sup]/itions a/rologiques et quelques traits du py?agorisme4 ,pag4 #afe1 lig4 #d4 7,la b>b>ie orig9elle du g5re huma947 ,c'e/ le tmoignage unanime de t\tes les hi/oires1 et mme des lg5des1 que les premi]s hommes fur5t p>t\t des sauvages1 et que ce fut p\r les civilis] et leur appr5dre faire du pa91 que les dieux se manife/r5t4 ,ibidem1 lig4 #i4 7,n'acqui]t d'ides que p> l'int]mde de ses s5s74 ,voil prcism5t o ont *\ les anci5s1 et d'o sont v5ues leurs erreurs3 ils ont suppos les ides de ,dieu innes1 cot]nelles l'ame2 et de l t\tes les rv]ies dveloppes dans ,platon et ,iamblique4 ,voy4 le ,time1 le ,phdon1 et de ,my/]iis gyptiorum1 sect4 ,ire1 *ap1 #c4 ,pag4 #agj1 lig4 #ba4 7,le tmoignage de t\s les anci5s monum5ts47 ,il rsulte clairem5t1 dit ,plut>que1 des v]s d',orphe et des livres sacrs des gypti5s et des ,phrygi5s que la ?ologie anci5ne1 non-seulem5t des ,grecs1 mais en gnral de t\s les peuples1 ne fut autre *ose qu'un sy/me de physique1 qu'un tableau des oprations de la nature1 envelopp d'allgories my/rieuses et de symboles enigmatiques3 de manire que la multitude ignorante s'atta*t plutt au s5s app>5t qu'au s5s ca*1 et que mme dans ce qu'elle compr5ait de ce d]ni]1 elle suppost t\j\rs quelque *ose de plus pr(ond que ce qui p>aissait4 ,plut>que1 fragm5t d'un ouvrage p]du1 cit dans ,eusbe1 ,prp>4 evang4 lib4 ,,iii1 *ap4 ,i1 page #he4 ,la plup>t des philosophes1 dit ,porphyre1 et entre autres ,*remon 7qui vcut en gypte dans le premi] sicle de l're *rti5ne7 ne p5s5t pas qu'il ait jamais exi/ d'autre monde que celui que n\s voyons3 et ils ne reconnaiss5t pas d'autres dieux1 de t\s ceux qu'allgu5t les gypti5s1 que ce que l'on appelle vulgairem5t les plantes1 les signes du zodiaque et les con/ellations1 qui j\5t avec eux en aspect 7de lev] et de c\*]72 quoi ils aj\t5t leurs divisions de signes en dcans ou matres du temps1 qu'ils appell5t les *efs =ts et puissants dont les noms1 les v]tus curatives des maladies1 les c\*]s1 les lev]s1 les prsages de ce qui doit arriv]1 font la matire des almana*s 7c'e/--dire que les prtres gypti5s faisai5t de vritables almana*s de ,ma?ieu ,la5sb]g72 c> lorsque les prtres disai5t que le soleil tait l'ar*itecte de l'univ]s1 ,*remon s5tait que t\s leurs rcits sur ,isis et sur ,osiris1 que t\tes leurs fables sacres se rapportai5t en p>tie aux plantes1 aux phases de la lune2 au c\rs du soleil1 en p>tie 7aux toiles de7 l'hmisphre du j\r et de la nuit1 ou au fleuve du ,nil1 en un mot1 des tres physiques1 naturels1 et ri5 des tres immatriels et dp\rvus de corps444 ,t\s ces philosophes croi5t que les m\vem5ts de notre volont et de nos actions dp5d5t de ceux des a/res1 qu'ils en sont dirigs2 et ils se s\mett5t aux lois d'une ncessit 7physique7 qu'ils appell5t de/9 ou fatum1 supposant une *ane 7de causes et d'effets7 qui lie1 p> je ne sais quel li51 t\s les hommes entre eux 7depuis l'atome7 jusqu' la puissance suprieure et l'influ5ce premire de ces dieux2 en sorte que1 soit dans les temples1 soit dans les simulacres ou idoles1 ils n'ador5t autre *ose que la puissance de la de/9e1 7,porphyr4 ,epis4 ad ,ianebonem47 ,pag4 #aga1 lign4 #aa4 7,exigea la connaissance des cieux47 ,jusqu' ce j\r on a rpt1 sur l'autorit indirecte de la ,g5se1 que l'a/ronomie avait t inv5te p> les enfants de ,no4 ,on a racont gravem5t que1 ptres errants dans les pla9es de ,s5na>1 ils employai5t leur dsoeuvrem5t rdig] un sy/me des cieux2 comme si des ptres avai5t beso9 de connatre plus que l'toile polaire1 et comme si le beso9 n'tait pas l'unique motif de t\te inv5tion6 ,si les anci5s pa/eurs fur5t si /udieux et si habiles1 comm5t arrive-t-il que les mod]nes soi5t si ignorants et si nglig5ts8 ,or1 il e/ de fait que les ,arabes du ds]t ne connaiss5t pas six con/ellations1 et qu'ils n'ent5d5t pas un mot d'a/ronomie4 ,pag4 #agb1 lign4 #ab4 7,des gnies auteurs des bi5s et des maux47 ,il p>at que p> le mot g5ius les anci5s ont ent5du proprem5t une qualit1 une facult gnratrice1 productrice2 c> t\s les mots de cette famille revi5n5t ce s5s3 g5]>e1 g5os1 g5esis1 g5us1 g5s4 ,les sabens anci5s et mod]nes1 dit ,maimonides1 reconnaiss5t un dieu pr9cipal1 fabricateur du monde et possesseur du ciel2 mais cause de son loignem5t trop gr&1 ils le p5s5t inaccessible2 et imitant la conduite du peuple l'g>d des rois1 ils emploi5t auprs de lui p\r mdiateurs les plantes et leurs anges1 auxquels ils donn5t le titre de pr9ces et de rois1 et qu'ils suppos5t habit] dans ces corps lum9eux1 comme dans des palais ou tab]nacles1 etc4 7,m ,nebu*im1 p>s ,,iii1 c4 #bi47 ,ibidem1 lign4 #bh4 7,un sexe tir du g5re de son appellation47 ,selon qu'un objet se tr\va du g5re mascul9 ou fm99 dans la langue d'un peuple1 le dieu qui porta son nom se tr\va mle ou femelle *ez ce peuple4 ,a9si les ,cappadoci5s disai5t le dieu ,lunus et la desse ,soleil2 et ceci prs5te sans cesse les mmes tres s\s des =mes div]ses1 dans la my?ologie des anci5s4 ,pag4 #agc1 lig4 #bj4 7,ce qui contribue la cons]vation de soi et de ses semblables47 ceci ,plut>que aj\te que ces prtres 7gypti5s7 ont t\j\rs fait le plus gr& cas de la cons]vation de la sant4441 et qu'ils la reg>d5t comme une condition ncessaire au s]vice des dieux et la pit1 etc4 7,voy4 ,isis et ,osiris1 la f947 ,ibidem1 lig4 #bf47,p>aiss5t remont] au del de qu9ze mille ans47 ,l'orateur hi/ori5 suit ici l'op9ion du savant ,dupuis1 qui d'abord en son mmoire sur l',orig9e des ,con/ellations1 puis dans son gr& ouvrage sur l',orig9e de t\s les ,cultes1 rassembl une f\le de preuves que jadis la balance tait place l'qu9oxe du pr9temps1 et le beli] l'qu9oxe d'automne1 c'e/--dire que la prcession des qu9oxes a caus un dplacem5t de plus de sept signes4 ,l'action de ce phnomne e/ inconte/able3 les calculs les plus rc5ts l'valu5t #ej secondes1 #ab ou #ae ti]ces p> an2 donc *aque degr de signe zodiacal e/ dplac et mis en arrire1 en #ga ans #h ou #i mois2 donc un sign enti]1 en #baeb ou #ec ans4 ,or si1 comme il e/ de fait1 le po9t qu9oxial du pr9temps fut ju/e au #a;er degr du beli]1 l'an #chh avant ,j4-,c42 c'e/--dire si1 cette poque1 le soleil avait p>c\ru et mis en arrire t\t ce signe p\r entr] dans les poissons1 qu'il a quitts de nos j\rs1 il s'ensuit qu'il avait quitt le taureau #baec ans aup>avant1 c'e/--dire v]s l'an #bedj avant ,j4-,c41 et qu'il y tait entr v]s l'an #dfib avant ,j4-,c4 ,a9si1 remontant de signe en signe1 le #a;er degr du beli] avait t le po9t qu9oxial d'automne environ #ab1iab ans avant l'an #chh1 c'e/--dire #ac1cjj ans avant l're *rti5ne3 aj\tez nos dix-huit sicles1 v\s avez #ae1ajj ans1 et de plus la quantit de temps et de sicles qu'il fallut p\r am5] les connaissances a/ronomiques ce degr d'lvation4 ,ma9t5ant rem>quez que le culte du signe taureau j\e un rle pr9cipal *ez les gypti5s1 les ,p]ses1 les ,japonais1 etc42 ce qui indique cette poque une m>*e commune d'ides *ez ces div]s peuples4 ,les #e ou #fjjj ans de la ,g5se ne font objection que p\r ceux qui y croi5t p> ducation3 7,voy4 ce sujet l'analyse de la ,g5se1 dans le tom4 ,i] des ,re*]*es n\velles sur l'hi/oire anci5ne2 voy4 aussi l',orig9e des ,con/ellations1 p> ,dupuis1 #agha2 l',orig9e des ,cultes1 en #c vol4 9-#d1 #agid1 et le ,zodiaque *ronologique1 9-#d1 #ahjf47 ,pag4 #agf1 lig4 #b4 7,les noms des objets t]re/res qui leur rpondai5t47 ,les anci5s1 dit ,maimonides1 portant t\te leur att5tion sur l'agriculture1 donnr5t aux toiles des noms tirs de leurs occupations p5dant l'anne4 7,m ,neb44441 p>s ,v47 ,pag4 #agg1 lig4 #ai4 7,tel fut le moy5 d'appellation47 ,les anci5s disai5t3 crabis]1 capris]1 tortuis]1 comme n\s disons s]p5t]1 coquet]2 t\t le langage a t con/ruit sur ce mcanisme4 ,pag4 #agi1 lig4 #bf4 7,en qui la v]tu des a/res s'tait insre47 ,les anci5s a/rologues1 dit le plus savant des ,juifs 7,maimonides71 ayant consacr *aque plante une c\leur1 un animal1 un bois1 un mtal1 un fruit1 une plante1 ils =mai5t de t\tes ces *oses une figure ou reprs5tation de l'a/re1 obs]vant p\r cet effet de *oisir un in/ant appropri1 un j\r heureux1 tel que la conjonction ou t\t autre aspect favorable2 p> leurs crmonies 7magiques71 ils croyai5t p\voir faire pass] dans ces figures ou idoles les influ5ces des tres suprieurs 7leurs modles74 ,c'tai5t ces idoles qu'adorai5t les ,kaldens-sabens3 dans le culte qu'on leur r5dait1 il fallait tre vtu de la c\leur propre4444 ,a9si1 p> leurs pratiques1 les a/rologues introduisir5t l'idoltrie1 ayant p\r objet de se faire reg>d] comme les disp5sateurs des faveurs des cieux2 et p>ce que les peuples anci5s tai5t entirem5t adonns l'agriculture1 ils leur p]suadai5t qu'ils avai5t le p\voir de dispos] des pluies et des autres bi5s des saisons2 a9si1 t\te l'agriculture s'ex]ait p> des rgles d'a/rologie1 et les prtres faisai5t des talismans p\r *ass] les saut]elles1 les m\*es1 etc4 ,voy4 ,maimonides1 ,m ,nebu*im1 p>s #aaa1 c4 #i4 ,les prtres gypti5s1 indi5s1 p]ses1 etc41 prt5d5t li] les dieux leurs idoles1 les faire desc5dre du ciel leur gr2 ils m5ac5t le soleil et la lune de rvl] les secrets des my/res1 d'branl] les cieux1 etc4 ,eusbe1 ,prp>at4 evang41 pag4 #aih2 et ,iamblique1 de ,my/]iis gyptiorum4 ,pag4 #ahj1 lign4 #ab4 7,fut c5s en remplir les rles a/ronomiques47 ,ce sont les propres p>oles de ,iamblique1 de ,symbolis gyptiorum1 c4 #b1 sect4 #g4 ,il tait le gr& ,prote1 le mtamorphi/e univ]sel4 ,pag4 #aha1 lig4 #bb4 7,votre tonsure e/ le disque du soleil47 ,les ,arabes1 dit ,hrodote1 lib4 ,,iii1 se ras5t la tte en rond et aut\r des tempes1 a9si que se la rasait1 disai5t-ils1 ,bac*us 7qui e/ le soleil74 ,jrmie1 c4 #be1 ,v4 #bc1 p>le de cette c\tume4 ,la t\ffe que cons]v5t les musulmans e/ encore prise du soleil1 qui1 *ez les gypti5s1 tait pe9t1 au sol/ice d'hiv]1 n'ayant plus qu'un *eveu sur la tte4 7,votre tole e/ son zodiaque74 ,les toles de la desse de ,syrie et de la ,diane d'phse1 d'o drive celle des prtres1 port5t les d\ze animaux du zodiaque4 ,les *apelets se retr\v5t dans t\tes les idoles indi5nes1 composes il y a plus de #dejj ans1 et leur usage e/ univ]sel et immmorial en ,asie4 ,la crosse e/ prcism5t le bton de ,bootes ou ,osiris4 7,voy4 la plan*e ,,iii47 ,t\s les lamas port5t la mitre1 ou bonnet conique1 qui tait l'emblme du soleil4 ,pag4 #ahb1 lig4 #ba4 7,on en fit la vie hi/orique d',h]cule47 ,voy4 l'ouvrage de ,dupuis1 ,orig9e des ,con/ellat1 et ,orig9e de t\s les ,cultes4 ,pag4 #ahc1 lig4 #ai4 7,la runion de ces figures avait des s5s conv5us47 ,le lecteur v]ra sans d\te avec plaisir plusieurs exemples des hiroglyphes des anci5s4 ,les gypti5s1 dit ,hor-,apollo1 dsign5t l't]nit p> les figures du soleil et de la lune4 ,ils figur5t le monde p> un s]p5t bleu cailles jaunes 7les toiles2 c'e/ le dragon *9ois74 ,s'ils veul5t exprim] l'anne1 ils reprs5t5t ,isis1 qui dans leur langue se nomme aussi ,so?is1 ou la canicule1 premire des con/ellations1 p> le lev] de qui l'anne comm5ait4 ,son inscription ,sas tait3 ,c'e/ moi qui me lve dans la con/ellation du *i54 ,ils figur5t aussi l'anne p> un palmi]1 et le mois p> un rameau1 p>ce que1 *aque mois1 le palmi] p\sse une bran*e4 ,ils la figur5t encore p> le qu>t d'un arp5t4 7,l'arp5t enti]1 divis en quatre1 dsignait la priode bissextile de quatre ans3 l'abrviation de cette figure du *amp quadrip>tite e/ visiblem5t la lettre ha ou h?1 septime de l'alphabet sam>ita92 les lettres alphabtiques p\rrai5t bi5 n'tre que des abrviations d'hiroglyphes a/ronomiques1 et p> cette raison on aurait crit de droite gau*e1 dans le s5s de la m>*e des toiles47 ,ils dsign5t un prophte p> l'image d'un *i51 att5du que l'a/re-*i5 7,an\bis7 annonce p> son lev] l'inondation4 ,ils peign5t l'inondation p> un lion1 p>ce qu'elle arrive s\s ce signe2 et de l1 dit ,plut>que1 l'usage des figures de lion vomissant de l'eau la porte des temples4 ,ils exprim5t ,dieu et la de/9e p> une toile4 ,ils reprs5t5t aussi ,dieu1 dit ,porphyre1 p> une pi]re noire1 p>ce que sa nature e/ tnbreuse1 obscure4 ,t\tes les *oses blan*es exprim5t les dieux cle/es1 lum9eux2 t\tes les circulaires exprim5t le monde1 la lune1 le soleil1 les orbites2 t\s les arcs et croissans1 la lune4444 ,ils figur5t le feu et les dieux de l',olympe p> des pyramides et des oblisques 7le nom du soleil1 ,baal1 se tr\ve dans ce d]ni] mot72 le soleil p> un cne 7la mitre d',osiris72 la t]re p> un cyl9dre 7qui r\le72 la puissance gnratrice 7de l'air7 p> le phallus1 et celle de la t]re p> un triangle1 emblme de l'organe femelle4 7,euseb41 ,prp>4 evang41 p4 #ih47 ,le limon1 dit ,iamblique1 de ,symbolis1 sect4 #g1 c4 #b1 dsigne la matire1 la puissance gnrative et nutritive2 t\t ce qui reoit la *aleur1 la f]m5tation de la vie4 ,un homme assis sur le lotos ou nnuph> dsigne l'esprit moteur 7le soleil71 qui1 de mme que cette plante vit dans l'eau sans t\*] au limon1 exi/e p>eillem5t sp> de la matire1 nageant dans l'espace1 se reposant sur lui-mme2 rond dans t\tes ses p>ties1 comme le fruit1 les feuilles et les fleurs du lotos4 7,brahma a des yeux de lotos1 dit le ,*a/] ,nardis51 p\r dsign] son intellig5ce1 son oeil1 qui surnage t\t1 comme la fleur du lotos sur l'eau47 ,un homme au timon d'un vaisseau1 cont9ue ,iamblique1 dsigne le soleil qui g\v]ne t\t4 ,et ,porphyre n\s dit que c'e/ encore lui que reprs5te un homme dans un vaisseau sur un crocodile 7amphibie1 emblme de l'air et de l'eau47 lphant9e on adorait une figure d'homme assis1 de c\leur bleue1 ayant une tte de beli]1 et des cornes de b\c qui embrassai5t le disque2 le t\t p\r figur] la conjonction du soleil dans le beli] avec la lune4 ,la c\leur bleue dsigne la puissance attribue la lune dans cette conjonction1 d'lev] les eaux en nuages 7apud ,euseb41 ,prp>4 evang41 pag4 #aaf74 ,l'p]vi] e/ l'emblme du soleil et de la lumire1 raison de son vol rapide et lev au plus haut de l'air1 o abonde la lumire4 ,le poisson e/ l'emblme de l'av]sion1 et l'hippopotame de la viol5ce1 p>ce que1 dit-on1 il tue son pre et viole sa mre4 ,de l1 dit ,plut>que1 l'inscription hiroglyphique du temple de ,sas1 o l'on voit pe9ts sur le ve/ibule1 #a un enfant1 #b un vieill>d1 #c un p]vi]1 #d un poisson1 et #e un hippopotame2 ce qui signifie3 #a arrivants 7 la vie71 et #b p>tants1 #c dieu1 #d hait1 #e l'inju/ice4 7,voyez ,isis et ,osiris47 ,les gypti5s1 aj\te-t-il1 peign5t le monde p> un sc>abe1 p>ce que cet insecte p\sse contre-s5s de sa m>*e une b\le qui conti5t ses oeufs1 comme le ciel des fixes p\sse le soleil 7jaune de l'oeuf7 contre-s5s de sa rotation4 ,ils peign5t le monde p> le nombre c9q1 qui e/ celui des lm5ts1 savoir1 dit ,diodore1 la t]re1 l'eau1 l'air1 le feu et l'!r ou spiritus 7ils sont les mmes *ez les ,indi5s72 et1 selon les my/iques1 dans ,macrobe1 ce sont le ,dieu suprme ou premi] mobile1 l'intellig5ce ou m5s ne de lui1 l'ame du monde qui en procde1 les sphres cle/es et les *oses t]re/res4 ,de l1 aj\te ,plut>que1 l'analogie de p5t1 c9q 7en grec71 ,pan1 le t\t4 ,l'ne1 dit-il encore1 dsigne ,typhon1 p>ce qu'il e/ de c\leur r\sse1 comme lui3 or1 ,typhon e/ t\t ce qui e/ b\rbeux1 limoneux 7et j'obs]v]ai qu'en hbreu1 limon1 c\leur r\sse1 et ne1 sont des mots =ms de la mme rac9e hamr74 ,de plus1 ,iamblique n\s a dit que le limon dsignait la matire1 et il aj\te ailleurs que t\t mal1 t\te corruption vi5n5t de la matire2 ce qui1 comp> au mot de ,macrobe1 t\t e/ prissable1 sujet au *angem5t dans la sphre cle/e1 n\s donne la ?orie du sy/me d'abord physique1 puis moralis1 d bi5 et du mal des anci5s4 7,voy4 encore le ,mmoire sur le zodiaque de ,d5d]a1 que le savant ,dupuis a insr dans le j\rnal intitul3 ,revue philosophique1 anne #ahja47 ,pag4 #ahg1 lig4 #a4 7,une cause ins5se de sup]/ition47 ,c'e/ le propre texte de ,plut>que1 qui raconte que ces div]s cultes fur5t donns p> un roi d'gypte1 aux diffr5tes villes1 p\r les dsunir et les ass]vir 7et ces rois tai5t pris dans la ca/e des prtres74 ,v4 ,isis et ,osiris4 ,pag4 #ahi1 lig4 #ae4 7,dans la projection de la sphre que traai5t les prtres a/ronomes47 ,les anci5s prtres eur5t trois espces de projection1 qu'il e/ utile de faire connatre au lecteur4 ,n\s lisons dans ,eubulus1 dit ,porphyre1 que ,zoroa/re fut le premi] qui1 ayant *oisi dans les montagnes vois9es de la ,p]se une cav]ne agrablem5t situe1 la consacra ,mi?ra 7le soleil71 crateur et pre de t\tes *oses1 c'e/--dire qu'ayant p>tag cet antre en divisions gomtriques qui reprs5tai5t les climats et les lm5ts1 il imita en petit l'ordre et la disposition de l'univ]s p> ,mi?ra4 ,aprs ,zoroa/re1 ce dev9t un usage de consacr] les antres la clbration des my/res2 en sorte que1 de mme que les temples sont affects aux dieux cle/es1 les autels *amptres aux hros et aux dieux t]re/res1 les s\t]ra9s aux dieux inf]naux 7infrieurs72 de mme les antres et les grottes fur5t spcialem5t attribus au monde1 l'univ]s et aux nymphes3 de l e/ v5ue ,py?agore et ,platon l'ide d'appel] le monde une cav]ne1 un antre4 7,porphyre1 ,de antro ,nymph>um47 ,voici donc une premire projection en relief2 et quoique les ,p]ses ai5t fait honneur de son inv5tion ,zoroa/re1 on peut assur] qu'elle eut lieu *ez les gypti5s1 et que mme tant la plus simple1 elle dut y tre la plus anci5ne2 les cav]nes de ,?bes1 remplies de pe9tures1 autoris5t ce s5tim5t4 ,en voici une seconde4 ,les prophtes ou hirophantes des gypti5s1 dit l'vque ,synnesius1 qui avait t initi aux my/res1 ne p]mett5t pas aux ouvri]s ord9aires de faire les idoles ou images des dieux2 mais ils desc5d5t eux-mmes dans les antres sacrs1 o ils ont des c(fres ca*s1 qui r5f]m5t c]ta9es sphres sur lesquelles ils compos5t ces images en secret et l'insu du peuple1 qui mprise les *oses simples et naturelles1 et qui veut des prodiges et des fables4 7,syn41 9 ,calvit47 ,c'e/--dire que les prtres avai5t des sphres armillaires comme les ntres2 et ce passage1 si concordant avec celui de ,*rmon1 n\s donne la cl de t\te leur ?ologie a/rologique4 ,enf91 ils avai5t des plans plats1 dans le g5re de la plan*e ,,iii2 avec cette diffr5ce1 que leurs plans1 trs-compliqus1 portai5t t\tes leurs divisions fictives de dcans et s\s-dcans1 avec les indications 7hiroglyphiques7 de leurs influ5ces4 ,kirk] en a donn une copie dans son ,o,edipe gypti51 et ,gbel9 un fragm5t figur dans son volume du cal5dri] 7s\s le nom de ,zodiaque gypti574 ,les anci5s gypti5s1 dit l'a/rologue ,julius ,firmicus 7,a/ron41 lib4 ,,ii1 c4 #d1 et lib4 ,,iv1 c4 #af71 divis5t *aque signe du zodiaque en trois sections2 et *aque section fut s\s la direction d'un tre fictif1 qu'ils appelr5t dc ou *ef de dixa9e2 en sorte qu'il y eut trois dcans p> mois et tr5te-six p> an4 ,or1 ces dcans1 qui fur5t aussi appels dieux 7,?oi71 rgl5t les de/9es des hommes4441 et ils tai5t spcialem5t placs dans c]ta9es toiles4444 ,dans la suite on imag9a en *aque dixa9e trois autres dieux1 que l'on appela les disp5sateurs2 de sorte qu'il y en eut neuf p> mois1 qui fur5t encore diviss en un nombre inf9i de puissances4 7,les ,p]ses et les ,indi5s fir5t leurs sphres sur des plans semblables2 et si l'on dressait un tableau de la description qu'en donne ,scalig] la f9 de ,manilius1 l'on y v]rait prcism5t la df9ition de leurs hiroglyphes1 c> *aque article en e/ un47 ,ibidem1 lig4 #ah4 7,l'hmisphre d'hiv] lui tait antipode47 ,voil prcism5t p\rquoi le nom d',ahrimanes tait t\j\rs crit p> les ,p]ses r5v]s a9si3 ,ahrimn note du transcripteur3 mot en s5s dessus dess\s en arrire44 ,pag4 #aij1 lig4 #ab4 7,typhon1 c'e/--dire le dluge1 raison des pluies47 ,typhon1 prononc t\phon p> les ,grecs1 e/ prcism5t le t\phan arabe1 qui veut dire dluge2 et t\s ces dluges des my?ologies ne sont1 tantt que l'hiv] et les pluies1 et tantt le dbordem5t du ,nil2 de mme que les prt5dus inc5dies qui doiv5t t]m9] le monde1 ne sont que la saison d't4 ,voil p\rquoi ,ari/ote1 ,de meteoris1 lib4 #a1 c4 #ad1 dit que l'hiv] de la gr&e anne cyclique e/ un dluge1 et son t un inc5die4 ,les gypti5s1 dit ,porphyre1 emploi5t *aque anne un talisman en mmoire du monde2 au sol/ice d't1 ils m>qu5t de r\ge les maisons1 les tr\peaux1 les arbres1 disant que ce j\r-l t\t le monde a t inc5di4 ,c'tait aussi alors que se clbrait la danse pyrrhique ou de l'inc5die4 7,et ceci explique l'orig9e des purifications p> le feu et p> l'eau1 c> ayant appel le tropique du canc] portes des cieux et de la *aleur ou feu cle/e1 et celui du capricorne porte du dluge ou de l'eau1 il fut c5s que les esprits ou ames qui passai5t p> ces portes p\r all] et v5ir aux cieux1 tai5t rtis ou baigns3 de l le baptme de ,mi?ra1 et le passage trav]s les flammes1 pratiqus dans t\t l',ori5t long-temps avant ,mose47 ,ibidem1 lig4 #ad4 7,dans la ,p]se1 en un temps po/rieur47 ,dans un temps po/rieur1 c'e/--dire lorsque le beli] dev9t le signe qu9oxial1 ou plutt lorsque le drangem5t du ciel eut fait ap]cevoir que ce n'tait plus le taureau4 ,pag4 #aia1 lig4 #aa4 7,t\s les actes religieux du g5re gai47 ,t\tes les ftes anci5nes1 relatives au ret\r ou l'exaltation du soleil1 portai5t ce c>actre3 de l les hil>ia du cal5dri] roma9 au passage 7pas*a7 de l'qu9oxe v]nal4 ,les danses tai5t des imitations de la m>*e des plantes4 ,celle des d]vi*es la figure encore auj\rd'hui4 ,ibid41 lig4 #ag4 7,t\s les actes religieux du g5re tri/e47 ,on n'(fre1 dit ,porphyre1 de sacrifices sanglants qu'aux dmons et aux gnies malfaisants1 p\r dt\rn] leur colre4444 ,les dmons aim5t le sang1 l'humidit1 la puanteur4 ,apud ,euseb41 ,prp4 evang41 p4 #agc4 ,les gypti5s1 dit ,plut>que1 n'(fr5t de victimes sanglantes qu' ,typhon4 ,on lui immole un boeuf r\x2 et l'animal de sacrifice e/ un animal excr1 *>g de t\s les p*s du peuple 7le b\c de ,mose74 ,voyez ,de ,iside et ,osiride4 7,ce p>tage des animaux en sacrs et abom9ables47 ,/rabon dit1 l'occasion de ,mose et des ,juifs3 ,de la sup]/ition sont nes les prohibitions de c]ta9es vi&es et les circoncisions4--,et j'obs]ve1 l'g>d de cette d]nire pratique1 que son b tait d'enlev] au symbole d',osiris 7phallus7 l'ob/acle prt5du de la fcondation3 ob/acle qui portait le sceau de ,typhon1 dont la nature1 dit ,plut>que1 e/ t\t ce qui emp*e1 s'oppose1 fait ob/ruction4 ,pag4 #aig1 lig4 #f4 7,les heureux n'y donn]ont po9t d'ombre47 ,il e/ ce sujet un passage de ,plut>que si intressant et si explicatif de t\t ce sy/me1 que le lecteur n\s saura gr de le lui cit] en enti]2 aprs avoir dit que la ?orie du bi5 et du mal avait de t\t temps ex]c les physici5s et les ?ologi5s3 ,plusieurs1 aj\te-t-il1 croi5t qu'il y a deux dieux dont le p5*ant oppos se plat1 l'un au bi51 et l'autre au mal2 ils appell5t spcialem5t dieu le premi]1 et gnie ou dmon le second4 ,zoroa/re les a nomms ,oromaze et ,ahrimanes1 et il a dit que de t\t ce qui tombe s\s nos s5s1 la lumire e/ l'tre qui reprs5te le mieux l'un2 les tnbres et l'ignorance1 l'autre4 ,il aj\te que ,mi?ra leur e/ int]mdiaire2 et voil p\rquoi les ,p]ses appell5t ,mi?ra le mdiateur ou l'int]mdiaire4 ,*acun de ces dieux a des plantes et des animaux qui lui sont p>ticulirem5t consacrs3 p> exemple1 les *i5s1 les oiseaux1 les hrissons1 sont affects au bon gnie2 t\s les animaux aquatiques au mauvais4 ,les ,p]ses dis5t encore qu',oromaze naquit ou fut =m de la lumire la plus pure2 ,ahrimanes1 au contraire1 des tnbres les plus paisses2 qu',oromaze fit six dieux aussi bons que lui1 et qu',ahrimanes leur en opposa six m*ants2 qu'ensuite ,oromaze se tripla 7,h]ms trismgi/e71 et s'loigna du soleil autant que le soleil e/ loign de la t]re1 et qu'il fit les toiles1 et entre autres ,sirius1 qu'il plaa dans les cieux comme un g>di5 et une s5t9elle4 ,or1 il fit encore v+t-quatre autres dieux1 qu'il plaa dans un oeuf2 mais ,ahrimanes en cra v+t-quatre autres qui p]cr5t l'oeuf1 et alors les bi5s et les maux fur5t mls 7dans l'univ]s74 ,mais enf9 ,ahrimanes doit tre un j\r va9cu1 et la t]re devi5dra gale et aplanie1 af9 que t\s les hommes viv5t heureux4 ,?opompe aj\te1 d'aprs les livres des mages1 que t\r t\r l'un de ces dieux dom9e t\s les trois mille ans1 p5dant que l'autre a du dess\s2 qu'ensuite ils combatt5t armes gales p5dant trois autres mille ans2 mais enf9 que le mauvais gnie doit succomb] 7sans ret\r74 ,alors les hommes devi5dront heureux1 et ne donn]ont po9t d'ombre4 ,or1 le dieu qui mdite ces *oses1 se repose en att5dant qu'il lui plaise de les excut]4 7,de ,iside et ,osiride47 ,l'allgorie se montre dc\v]t dans t\t ce passage4 ,l'oeuf e/ la sphre des fixes1 le monde2 les six dieux d',oromaze sont les six signes d't2 les six signes d',ahrimanes1 les six signes d'hiv]4 ,les qu>ante-huit dieux crs ensuite sont les qu>ante-huit con/ellations de la sphre anci5ne1 p>tage galem5t entre ,ahrimanes et ,oromaze4 ,le rle de ,sirius1 g>di51 s5t9elle1 dcle l'orig9e gypti5ne de ces ides2 enf9 cette expression1 que la t]re devi5dra gale et aplanie1 et que les hommes heureux ne donn]ont po9t d'ombre1 n\s montre que le p>adis vritable tait l'quateur4 ,ibidem1 lig4 #ae4 7,les crmonies de l'antre de ,mi?ra47 ,dans les antres factices que les prtres pratiqur5t p>t\t1 on clbrait des my/res qui consi/ai5t1 dit ,origne contre ,celse1 imit] les m\vem5s des a/res1 des plantes et de t\s les cieux4 ,les initis portai5t des noms de con/ellations1 et pr5ai5t des figures d'animaux4 ,l'un tait dguis en lion1 l'autre en corbeau1 celui-ci en beli]4 ,de l les masques de la premire comdie4 ,voy4 ,antiq4 dvoile1 tom4 ,,ii pag4 #bdd4 ,dans les my/res de ,crs1 le *ef de la procession s'appelait le crateur2 le porteur de flambeau1 le soleil2 celui qui tait prs de l'autel1 la lune2 le hraut ou diacre1 ,m]cure4 ,en gypte1 il y avait une fte o des hommes et des femmes reprs5tai5t l'anne1 le sicle1 les saisons1 les p>ties du j\r1 et ils suivai5t ,bac*us4 7,a?ne1 lib4 ,v1 c4 #g47 ,dans l'antre de ,mi?ra il y avait une *elle sept *elons ou degrs1 figurant les sept sphres des plantes1 p> ou montai5t et desc5dai5t les ames2 c'e/ prcism5t l'*elle de la vision de ,jacob2 ce qui indique1 cette poque1 t\t le sy/me =m4 ,il y a la ,biblio?que royale un sup]be volume de pe9ture des dieux de l',inde1 o l'*elle se tr\ve repres5te avec les ames qui y mont5t1 plan*e d]nire4 ,voy4 l'a/ronomie anci5ne p> ,bailly1 o nos ass]tions sur les connaissances des prtres sont amplem5t pr\ves4 ,pag4 #bjj1 lig4 #a4 7,dont t\tes les p>ties avai5t une liaison intime47 ,ce sont les propres p>oles de ,iamblique4 ,de my/4 gypt4 ,ibidem1 lig4 #d4 7,un fluide ign1 lectrique47 ,plus je considre ce que les anci5s ont ent5du p> !r et esprit1 et ce que les ,indi5s nomm5t l'aka*e1 plus j'y tr\ve d'analogie avec le fluide lectrique4 ,un fluide lum9eux remplissant l'univ]s1 composant la matire des a/res1 pr9cipe de m\vem5t et de *aleur1 ayant des molcules rondes1 lesquelles s'ins9uant dans un corps1 le rempliss5t en s'y dilatant1 quelle que soit son t5due3 quoi de plus ressemblant l'lectricit8 ,ibidem1 lig4 #g4 7,le coeur ou le foy]47 ,les physici5s1 dit ,macrobe1 appelr5t le soleil coeur du monde1 c4 #bj1 ,som4 ,scip4 ,les gypti5s1 dit ,plut>que1 appell5t l'ori5t le visage1 le nord le ct droit1 le midi le ct gau*e du monde 7p>ce que le coeur y e/ plac74 ,sans cesse ils comp>ai5t l'univ]s un homme1 et de l le ,microcosme si clbre des al*imi/es4 ,obs]vons1 en passant1 que les al*imi/es1 les cabali/es1 les francs-maons1 les magntiseurs1 les m>t9i/es1 et t\s les visionnaires de ce g5re1 ne sont que des disciples g>s de cette cole antique4 ,consultez1 encore le py?agorici5 ,ocellus ,lucanus1 et l',o,edipus gypliacus de ,kirk]1 t4 ,,ii1 page #bje4 ,ibidem1 lig4 #bh4 7,dans l'!r1 au milieu de la vote des cieux47 ,cette comp>aison un jaune d'oeuf porte1 #a sur l'analogie de la figure ronde et jaune2 #b sur la situation au milieu2 #c sur le g]me ou pr9cipe de vie plac dans le jaune4 ,la figure ovale s]ait-elle relative l'ellipse des orbites8 ,je suis port le croire4 ,le mot orphique (fre d'ailleurs une rem>que n\velle4 ,macrobe dit 7,som4 ,scipion41 c4 #ad et c4 #bj7 que le soleil e/ la c]velle de l'univ]s1 et que c'e/ p> analogie que dans l'homme le crne e/ rond1 comme l'a/re sige de l'intellig5ce3 or1 le mot rph 7p> an7 signifie en hbreu le c]veau et son sige 7c]vix72 alors ,orphe e/ le mme que ,b$\ ou ,baits2 et les bonzes sont ces mmes orphiques que ,plut>que n\s pe9t comme des *>latans qui ne mangeai5t po9t de vi&e1 v5dai5t des talismans1 des pi]res1 etc41 et trompai5t les p>ticuli]s et mme les g\v]nem5ts4 ,voy4 un savant ,mmoire de ,frret1 sur les ,orphiques4 ,acad des ,inscrip4 tom4 ,,xxiii1 9-#d4 ,pag4 #bja1 lig4 #aj4 7,sur l tte une sphre d'or47 ,voy4 ,porphyre1 dans ,eusbe1 ,prp>4 evangel41 lib4 ,,iii1 pag41 #aae4 ,pag4 #bjc1 lig4 #ac4 7,de la t\t le sy/me de l'immortalit de l'ame47 ,dans le sy/me des premi]s spirituali/es1 l'ame n'tait po9t cre avec le corps1 ou en mme temps que lui1 p\r y tre insre2 elle exi/ait antrieurem5t et de t\te t]nit4 ,voici1 en peu de mots1 la doctr9e qu'expose ,macrobe cet g>d4 ,som4 ,scip4 passim4 ,il exi/e un fluide lum9eux1 ign1 et trs subtil1 qui1 s\s le nom d'!r et de spiritus1 remplit l'univ]s2 il compose la sub/ance du soleil et des a/res2 il e/ le pr9cipe et l'ag5t ess5tiel de t\t m\vem5t1 de t\te vie2 il e/ la ,div9it4 ,qu& un corps doit tre anim sur la t]re1 une molcule ronde de ce fluide gravite p> la voie lacte v]s la sphre lunaire2 et p>v5ue l1 elle se comb9e avec un air plus grossi]1 et devi5t propre s'associ] la matire3 alors elle entre dans le corps qui se =me1 le remplit t\t enti]1 l'anime1 crot1 s\ffre1 gr&it et dim9ue avec lui3 lorsque ensuite il prit et que ses lm5ts grossi]s se dissolv5t1 cette molcule incorruptible s'en sp>e1 et elle se runirait de suite au gr& ocan de l'!r1 si sa comb9aison avec l'air lunaire ne la ret5ait3 c'e/ cet air 7ou gaz7 qui1 cons]vant les =mes du corps1 re/e dans l'tat d'ombre ou de fantme1 image p>faite du dfunt4 ,les ,grecs appelai5t cette ombre l'image ou l'idole de l'ame2 les py?agorici5s la nommai5t son *>1 son enveloppe2 et l'cole rabb9ique son vaisseau1 sa nacelle4 ,lorsque l'homme avait bi5 vcu1 cette ame entire1 c'e/--dire1 son *> et son !r1 remontai5t la lune1 o il s'en faisait une sp>ation2 le *> vivait dans l'lyse lunaire1 et l'!r ret\rnait aux fixes1 c'e/--dire ,dieu2 c>1 dit ,macrobe1 plusieurs appell5t ,dieu le ciel des fixes 7c4 #ad74 ,si l'homme n'avait pas bi5 vcu1 l'ame re/ait sur t]re p\r se purifi]1 et elle errait et l la manire des ombres d',homre1 qui connut t\te cette doctr9e1 en ,asie1 trois sicles avant que ,phrcyde et ,py?agore l'euss5t rajeunie en ,grce4 ,hrodote dit1 cette occasion1 que t\t le roman de l'ame et de ses transmigrations a t inv5t p> les gypti5s1 et rp&u en ,grce p> des hommes qui s'en sont prt5dus les auteurs4 ,je sais leurs noms1 dit-il1 mais je veux les taire 7lib4 ,,ii74 ,cicron y supple1 en n\s appr5ant positivem5t que ce fut ,phrcyde1 matre de ,py?agore 7,tuscul41 lib4 ,i1 #af74 ,dans la ,syrie et dans la ,jude1 n\s tr\vons une preuve palpable de son exi/5ce1 c9q sicles avant ,py?agore1 en cette phrase de ,salomon1 o il dit3 ,qui sait si l'esprit de l'homme monte dans les rgions suprieures8 ,p\r moi1 mditant sur la condition des hommes1 j'ai vu qu'elle tait la mme que celle des animaux4 ,leur f9 e/ la mme2 l'homme prit comme l'animal2 ce qui re/e de l'un n'e/ pas plus que ce qui re/e de l'autre2 t\t e/ nant4 ,eccles41 c4 ,,iii1 ,v4 ,,ii4 ,et telle avait t l'op9ion de ,mose1 comme l'a bi5 obs]v le traducteur d',hrodote 7,l>*]1 dans sa premire dition1 note #chi du liv4 ,,ii71 o il dit aussi que l'immortalit ne s'introduisit *ez les ,hbreux que p> la communication des ,assyri5s4 ,du re/e1 t\t le sy/me py?agorici51 bi5 analys1 n'e/ qu'un pur sy/me de physique mal ent5du4 ,pag4 #bjf1 lig4 #bg4 7,ses noms mmes1 t\s drivs47 ,en d]nire analyse1 t\s les noms de la ,div9it revi5n5t celui d'un objet matriel quelconque1 qui en fut c5s le sige4 ,n\s en avons vu une f\le d'exemples3 donnons-en un encore dans notre propre mot dieu4 ,ce t]me1 comme on le sait1 e/ le deus des ,lat9s1 qui lui-mme e/ le !os des ,grecs4 ,or1 de l'aveu de ,platon 79 ,cratylo71 de ,macrobe 7,saturn4 lib4 ,i1 c4 #bd71 et de ,plut>que 7,isis et ,osiris71 sa rac9e e/ ?91 qui signifie err]1 comme plan92 c'e/--dire qu'il e/ synonyme plantes1 p>ce que1 aj\t5t ces auteurs1 les anci5s ,grecs1 a9si que les b>b>es1 adorai5t spcialem5t les plantes4 ,je sais que l'on a beauc\p dcri cette re*]*e des tymologies2 mais si1 comme il e/ vrai1 les mots sont les signes reprs5tatifs des ides1 la gnalogie des uns devi5t celle des autres1 et un bon dictionnaire tymologique s]ait la plus p>faite hi/oire de l'ent5dem5t huma94 ,seulem5t il faut port] dans cette re*]*e des prcautions que l'on n'a pas prises jusqu' ce j\r1 et entre autres il faut avoir fait une comp>aison exacte de la valeur des lettres des div]s alphabets4 ,mais1 p\r cont9u] notre sujet1 n\s aj\t]ons que dans le phnici51 le mot ?h 7p> an7 signifi aussi err]1 et qu'il p>at tre la s\rce de ?93 si l'on veut que du drive du grec ,zeus1 nom propre de ,y\pit]1 ayant p\r rac9e zaw1 je vis1 il revi5dra prcism5t au s5s de y1 qui signifi]a l'ame du monde1 le feu pr9cipe4 ,div-u1 qui ne signifie que gnie1 dieu du second ordre1 me p>at v5ir de l'ori5tal div p\r dib1 l\p et *acal1 l'un des emblmes du soleil4 ,?bes1 dit ,macrobe1 le soleil tait pe9t s\s la =me d'un l\p ou *acal 7c> il n'y a pas de l\ps en gypte74 ,la raison de cet emblme e/ sans d\te que le *acal annonce p> ses cris le lev] du soleil1 a9si que le coq2 et cette raison se confirme p> l'analogie du mot lykos1 l\p1 et lyk1 lumire du mat91 d'o e/ v5u lux4 ,dius1 qui s'ent5d aussi du soleil1 doit v5ir de dh1 p]vi]4 ,les gypti5s1 dit ,porphyre 7,euseb41 ,prp4 evang41 p4 #ib71 peign5t le soleil s\s l'emblme d'un p]vi]1 p>ce que cet oiseau vole au plus haut des airs1 o abonde la lumire4 ,et1 en effet1 on voit sans cesse au ,kaire des milli]s de ces oiseaux plan] dans l'air1 d'o ils ne desc5d5t que p\r importun] p> leur cri qui imite la syllabe dh2 et ici comme dans l'exemple prcd5t1 se retr\ve l'analogie des mots dies1 j\r1 lumire1 et dius1 dieu1 soleil4 ,pag4 #bjg1 lig4 #af4 7,htr5t p> leurs disputes le progrs des sci5ces et des dc\v]tes47 ,l'une des preuves les plus plausibles que ces sy/mes fur5t inv5ts en gypte1 rside surt\t en ce que ce pays e/ le seul o l'on voie un corps complet de doctr9e =m ds la plus haute antiquit4 ,clm5t d',alex&rie n\s a transmis 7,/romat4 lib4 ,,vi7 un dtail curieux de #db volumes que l'on portait dans la procession d',isis4 ,le *ef1 dit-il1 ou *antre1 porte un des in/rum5ts1 symboles de la musique1 et deux livres de ,m]cure1 cont5ant1 l'un des hymnes aux dieux1 l'autre la li/e des rois4 ,aprs lui l'horoscope 7l'obs]vateur du temps7 porte une palme et une horloge1 symboles de l'a/rologie2 il doit savoir p> coeur les quatre livres de ,m]cure qui trait5t de l'a/rologie1 le premi] sur l'ordre des plantes1 le second sur les lev]s du soleil et de la lune1 et les deux autres sur les lev]s et aspects des a/res4 ,l'criva9 sacr vi5t ensuite1 ayant des plumes sur la tte 7comme ,kneph71 et en ma9 un livre1 de l'encre et un roseau p\r crire 7a9si que le pratiqu5t encore les ,arabes72 il doit connatre les hiroglyphes1 la description de l'univ]s1 le c\rs du soleil1 de la lune1 des plantes2 la division de l'gypte 7en #cf nomes71 le c\rs du ,nil1 les in/rum5ts1 les ornem5ts sacrs1 les lieux sa9ts1 les mesures1 etc4 ,puis vi5t le porte-tole1 qui porte la c\de de ju/ice1 ou mesure du ,nil1 et un calice p\r les libations3 dix volumes conc]n5t les sacrifices1 les hymnes1 les prires1 les (fr&es1 les crmonies1 les ftes4 ,enf9 arrive le prophte1 qui porte dans son se9 et dc\v]t une cru*e3 il e/ suivi p> ceux qui port5t les pa9s 7comme aux noces de ,cana74 ,ce prophte1 en qualit de prsid5t des my/res1 appr5d dix 7autres7 volumes sacrs qui trait5t des lois1 des dieux et de t\te la discipl9e des prtres1 etc4 ,or1 il y a en t\t qu>ante-deux volumes1 dont tr5te-six sont appris p> ces p]sonnages2 les six autres sont du ressort des pa/ophores3 ils trait5t de la mdec9e1 de la con/ruction du corps huma9 7l'anatomie71 des maladies1 des mdicam5ts1 des in/rum5ts1 etc4 ,n\s laissons au lecteur dduire t\tes les consqu5ces d'une p>eille encyclopdie4 ,on l'attribuait ,m]cure2 mais ,iamblique n\s av]tit que t\t livre compos p> les prtres tait ddi ce dieu1 qui1 titre de gnie ou dc ouvreur du zodiaque1 prsidait l'ouv]ture de t\te entreprise3 c'e/ le ,janus des ,roma9s1 le ,guianesa des ,indi5s1 et il e/ rem>quable que ,ianus et ,guianes sont homonymes4 ,du re/e1 il p>at que ces livres sont la s\rce de t\t ce que n\s ont transmis les ,lat9s et les ,grecs dans t\tes les sci5ces1 mme en al*imie1 en ncromancie1 etc4 ,ce que l'on doit le plus regrett] e/ la p>tie de l'hygine et de la dittique1 dans lesquelles il p>at que les gypti5s avai5t rellem5t fait de gr&s progrs et d'utiles obs]vations4 ,pag4 #bjh1 lig4 #ah4 7,son dieu n'en fut pas mo9s un dieu gypti547 une c]ta9e poque1 dit ,plut>que 7,de ,iside71 t\s les gypti5s font pe9dre leurs dieux-animaux4 ,les ,?ba9s sont les seuls qui ne pai5t pas de pe9tres1 p>ce qu'ils ador5t un dieu dont les =mes ne tomb5t pas s\s les s5s et ne se figur5t po9t4 ,et voil le dieu que ,mose1 lev ,hliopolis1 adopta p> prfr5ce1 mais qu'il n'inv5ta po9t4 ,ibid41 lig4 #bj4 7,et ,yah\h1 dcel p> son propre nom47 ,telle e/ la vraie prononciation du ,jehovah de nos mod]nes1 qui *oqu5t en cela t\tes les rgles de la critique1 puisqu'il e/ con/ant que les anci5s1 surt\t les ori5taux ,syri5s et ,phnici5s1 ne connur5t jamais ni le ,j ni le v1 v5us des ,t>t>es4 ,l'usage subsi/ant des ,arabes1 que n\s rtablissons ici1 e/ confirm p> ,diodore1 qui nomme ,iaw le dieu de ,mose 7lib4 ,i72 et l'on voit que ,iaw et ,iah\h sont le mme mot3 l'id5tit se cont9ue dans celui de ,i\pit]2 mais af9 de la r5dre plus complte1 n\s allons la dmontr] p> le s5s mme4 ,en hbreu1 c'e/--dire dans l'un des dialectes de la langue commune la basse ,asie1 le mot ,yah\h quivaut notre priphrase celui qui e/ lui1 l'tre exi/ant1 c'e/--dire le pr9cipe de la vie1 le moteur ou mme le m\vem5t 7l'ame univ]selle des tres74 ,or1 qu'e/-ce que ,jupit]8 c\tons les ,lat9s et les ,grecs expliquant leur ?ologie3 ,les gypti5s1 dit ,diodore d'aprs ,mane?on1 prtre de ,memphis1 les gypti5s1 donnant des noms aux c9q lm5ts1 ont appel l'esprit 7ou !r7 ,y\pit]1 raison du s5s propre de ce mot2 c> l'esprit e/ la s\rce de la vie1 l'auteur du pr9cipe vital dans les animaux2 et c'e/ p> cette raison qu'ils le reg>dr5t comme le pre1 le gnrateur des tres4 ,voil p\rquoi ,homre dit pre et roi des hommes et des dieux4 7,diod41 lib4 ,i1 sect4 ,i47 ,*ez les ?ologi5s1 dit ,macrobe1 ,y\pit] e/ l'ame du monde2 de l le mot de ,virgile3 ,muses1 comm5ons p> ,y\pit]3 t\t e/ ple9 de ,y\pit] 7,songe de ,scipion1 c4 #ag72 et dans les ,saturnales1 il dit3 ,jupit] e/ le soleil lui-mme2 c'e/ encore ce qui a fait dire ,virgile3 ,l'esprit alim5te la vie 7des tres71 et l'ame rp&ue dans les va/es membres 7de l'univ]s7 en agite la masse1 et ne =me qu'un corps imm5se4 ,y\pit]1 dis5t les v]s trs-anci5s de la secte des orphiques ns en gypte1 v]s recueillis p> ,onomacrite1 au temps de ,pisi/rate2 ,y\pit]1 que l'on pe9t la f\dre la ma91 e/ le comm5cem5t1 l'orig9e1 la f9 et le milieu de t\tes *oses3 puissance une et univ]selle1 il rgit t\t1 le ciel1 la t]re1 le feu1 l'eau1 les lm5ts1 le j\r1 la nuit4 ,voil ce qui compose son corps imm5se2 ses yeux sont le soleil et la lune2 il l't]nit1 l'espace4 ,enf91 aj\te ,porphyre1 ,jupit] e/ le monde1 l'univ]s1 ce qui con/itue l'exi/5ce et la vie de t\s les tres4 ,or1 cont9ue le mme auteur1 comme les philosophes diss]tai5t sur la nature et les p>ties con/ituantes de ce dieu1 et qu'ils n'imag9ai5t aucune figure qui reprs5tt t\s ses attributs1 ils le peignir5t s\s l'app>5ce d'un homme4444 ,il e/ assis1 p\r faire allusion son ess5ce immuable2 il e/ dc\v]t dans la p>tie suprieure du corps1 p>ce que c'e/ dans les p>ties suprieures de l'univ]s 7les a/res7 qu'il s'(fre le plus dc\v]t4 ,il e/ c\v]t depuis la ce9ture1 p>ce qu'il e/ le plus voil dans les *oses t]re/res4 ,il ti5t un sceptre de la ma9 gau*e1 p>ce que le coeur e/ de ce ct1 et que le coeur e/ le sige de l'ent5dem5t1 qui 7dans les hommes7 rgle t\tes les actions4 7,voy4 ,euseb41 ,prp>4 evang41 page #ajj47 ,enf91 voici un passage du gographe philosophe ,/rabon1 qui lve t\s les d\tes sur l'id5tit des ides de ,mose et de celles des ?ologi5s paens4 ,mose1 qui fut un des prtres gypti5s1 enseigna que c'tait une erreur mon/rueuse de reprs5t] la ,div9it s\s les =mes des animaux1 comme faisai5t les gypti5s1 ou s\s les traits de l'homme1 a9si que le pratiqu5t les ,grecs et les ,africa9s3 cela seul e/ la ,div9it1 disait-il1 qui compose le ciel1 la t]re et t\s les tres1 ce que n\s appelons le monde1 l'univ]salit des *oses1 la nature2 or1 p]sonne d'un esprit raisonnable ne s'avis]a d'en reprs5t] l'image p> celle de quelqu'une des *oses qui n\s environn5t4 ,c'e/ p\rquoi1 rejetant t\te espce de simulacres 7idoles71 ,mose v\lut qu'on adort cette ,div9it sans emblme et s\s sa propre nature2 il ordonna qu'on lui levt un temple digne d'elle1 etc4 ,geograph41 lib4 ,,xvi1 pag4 #aajd1 dit4 de #agjg4 ,la ?ologie de ,mose n'a donc po9t diffr de celle des sectateurs de l'ame du monde1 c'e/ -dire des /oci5s1 et mme des picuri5s4 ,quant l'hi/oire de ,mose1 ,diodore la prs5te s\s un j\r naturel1 qu& il dit1 lib4 ,,xxxiv et ,,xl1 que les ,juifs fur5t *asss d'gypte dans un temps de disette1 o le pays tait sur*>g d'trang]s1 et que ,mose1 homme suprieur p> sa prud5ce et p> son c\rage1 saisit cette occasion p\r tablir sa nation dans les montagnes de ,jude4 l'g>d des six c5t mille hommes arms que l',exode lui donne1 c'e/ une erreur de copi/e1 dont le lecteur tr\v]a la dmon/ration tire des livres mmes1 au tom4 #a;er des ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne1 pag4 #afb et suivantes4 ,ibid41 lig4 #be4 7,s\s le nom d'i47 ,c'tait le monosyllabe crit sur la porte du temple de ,delphes4 ,plut>que en a fait le sujet d'un trait4 ,pag4 #bji1 lig4 #ac4 7,le nom d',osiris mme47 ,il se tr\ve en propres t]mes au *ap4 #cb du ,deutronome4 ,les ouvrages de ,ts\r sont p>faits4 ,on a traduit ,ts\r p> crateur2 en effet1 il signifie donn] des =mes2 et c'e/ l'une des df9itions d',osiris dans ,plut>que4 ,pag4 #bac1 lig4 #bc4 7,satan1 l'ar*ange ,mi*el47 ,les noms des anges et des mois1 tels que ,gabriel1 ,mi*el1 ,y>1 ,nisan1 etc41 v9r5t de ,babylone avec les ,juifs1 dit en propres t]mes le ,talmud de ,jrusalem4 ,voyez ,beausobre1 ,hi/4 du ,mani*41 tom4 ,,ii1 pag4 #fbd1 o il pr\ve que les sa9ts du cal5dri] sont imits des #cfe anges des ,p]ses2 et ,iamblique1 dans ses ,my/res gypti5s1 sect4 #b1 *4 #c1 p>le des anges1 ar*anges1 sraph9s1 etc41 comme un vrai *rti54 ,pag4 #bad1 lig4 #i4 7,consacrr5t la ?ologie de ,zoroa/re47 ,t\te la philosophie des gymnosophi/es1 dit ,diogne ,larce1 sur l'autorit d'un anci51 e/ issue de celle des mages1 et plusieurs assur5t que celle de ,juifs en a aussi tir son orig9e2 7lib4 ,i1 c4 #i47 ,mga/ne1 hi/ori5 di/+u du temps de ,sleucus ,nicanor1 et qui avait crit p>ticulirem5t sur l',inde1 p>lant de la philosophie des anci5s sur les *oses naturelles1 jo9t dans un mme s5s les bra*manes et les ,juifs4 ,pag4 #bae1 lig4 #ac4 7,ram5] l'ge d'or sur la t]re47 ,voil la raison de t\s ces oracles paens que l'on a appliqus ,jsus1 et1 entre autres1 de la quatrime glogue de ,virgile et des v]s sibyll9s si clbres *ez les anci5s4 ,pag4 #baf lig4 #ba4 7,au b\t des six mille ans prt5dus47 ,lisez ce sujet le *apitre #ag du tome ,i des ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne1 o e/ explique la ,my?ologie de la cration4 ,la v]sion des ,septante comptait c9q mille et prs de six c5ts ans2 et ce calcul tait le plus suivi3 on sait combi51 dans les premi]s sicles de l'glise1 cette op9ion de la f9 du monde agita les esprits4 ,p> la suite1 les sa9ts conciles s'tant rassurs1 ils la taxr5t d'hrsie dans la secte des millnaires2 ce qui =me un cas bi5 s+uli]2 c>1 d'aprs les propres vangiles que n\s suivons1 il e/ vid5t que ,jsus et t un millnaire1 c'e/--dire un hrtique4 ,pag4 #bag1 lig4 #bb4 7,figur p> la con/ellation du s]p5t47 ,les ,p]ses1 dit ,*>d91 appell5t la con/ellation du s]p5t ,ophiu*us1 s]p5t d've2 et ces] p5t ,ophiu*us ou ,ophioneus j\ait le mme rle dans la ?ologie des ,phnici5s2 c> ,phrcydes1 leur disciple et le matre de ,py?agore1 disait3 qu',ophioneus s]p5t9us avait t le *ef des rebelles ,jupit]4 ,voy4 ,m>s4 ,fic94 ,apol4 ,socrat41 p4 m1 #gig1 col4 #b4 ,et j'aj\t]ai qu'oephah 7p> an7 signifie en hbreu vipre1 s]p5t4 ,au s5s physique1 sduire1 s$uc]e1 n'e/ qu'attir] soi1 m5] avec soi4 ,voy4 dans ,hyde1 pag4 #aaa1 dit4 de #agfj1 ,de religione vet]um ,p]s>um1 le tableau de ,mi?ra1 cit ici4 ,pag4 #bah1 ligne #ab4 7,p]se monte de l'autre ct47 ,bi5 plus1 la tte de ,mduse1 cette tte de femme jadis si belle1 que ,p]se c\pa et qu'il ti5t la ma91 n'e/ que celle de la ,vi]ge1 dont la tte tombe s\s l'horizon prcism5t lorsque ,p]se se lve2 et les s]p5ts qui l'ent\r5t sont ,ophiu*us et le dragon polaire1 qui alors occup5t le zni?4 ,ceci n\s indique la manire dont les anci5s a/rologues ont compos t\tes leurs figures et t\tes leurs fables2 ils pr5ai5t les con/ellations qui se tr\vai5t en mme temps sur la b&e de l'horizon1 et en assemblant les p>ties1 ils en =mai5t des gr\pes qui leur s]vai5t d'almana*1 en c>actres hiroglyphiques3 voil le secret de t\s leurs tableaux1 et la solution de t\s les mon/res my?ologiques4 ,la ,vi]ge e/ encore ,&romde dlivre p> ,p]se de la bale9e qui la p\rsuit 7pro-sequitur74 ,ibid41 lig4 #bf4 7,allait p> une vi]ge *a/e47 ,tel tait le tableau de la sphre p]sique1 cit p> ,ab5-,ezra1 dans le ,coelum poeticum de ,blaeu1 pag4 #ga4 ,la case du premi] dc de la ,vi]ge1 dit cet criva91 reprs5te cette belle vi]ge longue *evelure1 assise dans un fauteuil1 deux pis dans une ma91 allaitant un enfant appel ,isus p> quelques nations1 et ,*ri/ en grec4 ,il exi/e la ,biblio?que du ,roi un manuscrit arabe1 n #aafe1 dans lequel sont pe9ts les d\ze signes1 et celui de la vi]ge reprs5te une jeune fille ayant ct d'elle un enfant2 d'ailleurs1 t\te la scne de la naissance de ,jsus se tr\ve rassemble dans le ciel vois94 ,l'table e/ la con/ellation du co*] et de la *vre1 jadis le b\c2 con/ellation appele proesepe ,jovis ,h5io*i1 table d',i\2 et ce mot ,i\ se retr\ve dans le nom d',i\-seph 7,joseph74 ,non lo9 e/ l'ne de ,typhon 7la gr&e ourse71 et le boeuf ou taureau1 accompagnem5ts antiques de la cr*e4 ,pi]re1 porti]1 e/ ,janus avec ses clefs et son front *auve3 les d\ze aptres sont les gnies des d\ze mois1 etc4 ,cette vi]ge a j\ les rles les plus v>is dans t\tes les my?ologies2 elle a t l',isis des gypti5s1 laquelle disait dans l'inscription cite p> ,juli53 ,le fruit que j'ai enfant e/ le soleil4 ,la plup>t des traits cits p> ,plut>que lui sont relatifs1 de mme que ceux d',osiris convi5n5t ,bootes4 ,aussi les sept toiles pr9cipales de l'ourse1 appeles *>iot de ,david1 s'appelai5t-elles *>iot d',osiris 7voy4 ,kirk]72 et la c\ronne qu'il a d]rire lui tait =me de li]re1 appel *5-,osiris1 arbre d',osiris4 ,la ,vi]ge a aussi t ,crs1 dont les my/res fur5t les mmes que ceux d',isis et de ,mi?ra2 elle a t la ,diane d'phse2 la gr&e desse de ,syrie1 ,cyble trane p> les lions2 ,m9]ve1 mre de ,bac*us2 ,a/re1 vi]ge pure1 qui fut enleve au ciel la f9 de l'ge d'or2 ,?mis aux pi$s de qui e/ la balance qu'on lui mit en ma92 la ,sibylle de ,virgile1 qui desc5d aux enf]s ou s\s l'hmisphre avec son rameau la ma91 etc4 ,pag4 #bai1 lig4 #b4 7,vivrait abaiss1 humble47 ,ce mot humble vi5t du lat9 humi-lis1 humi-jac5s1 c\* ou p5* t]re2 et t\j\rs le s5s physique se montre la rac9e du s5s ab/rait et moral4 ,ibid41 lig4 #af4 7,r5aissait ou rsurgeait dans la vote des cieux47 ,resurg]e1 se lev] une seconde fois1 n'a signifi rev5ir la vie que p> une mtaphore h>die2 et l'on voit l'effet p]ptuel des s5s quivoques de t\s les mots employs dans les traditions4 ,ibid41 lig4 #bj4 7,*ris1 c'e/--dire le cons]vateur47 ,selon leur usage con/ant1 les ,grecs ont r5du p> x ou jota espagnol le h aspir des ,ori5taux1 qui disai5t hris2 en hbreu1 hres s'ent5d du soleil2 mais en arabe1 le mot radical signifie g>d]1 cons]v]1 et hris1 g>di51 cons]vateur4 ,c'e/ l'pi?te propre de ,vi*5\2 et ceci dmontre la fois l'id5tit des tr9its indi5ne et *rti5ne1 et leur commune orig9e4 ,il e/ vid5t que c'e/ un mme sy/me1 qui1 divis en deux bran*es1 l'une l'ori5t1 l'autre l'occid5t1 a pris deux =mes div]ses3 son tronc pr9cipal e/ le sy/me py?agorici5 de l'ame du monde1 ou ,i\pit]4 ,cette pi?te de pit] ou pre ayant pass au ,dmi-,ourgos des platonici5s1 il en naquit une quivoque qui fit *]*] le fils4 ,p\r les philosophes1 ce fut l'ent5dem5t1 n\s et logos1 dont les ,lat9s fir5t leur v]bum2 et l'on t\*e ici au doigt et l'oeil l'orig9e du pre t]nel et du v]be son fils1 qui procde de lui 7m5s ex ,deo nata1 dit ,macrobe72 l'anima ou spiritus mundi fut le ,sa9t-,esprit2 et voil p\rquoi ,mnes1 ,basilide1 ,val5t91 et d'autres prt5dus hrtiques des premi]s sicles1 qui remontai5t aux s\rces1 disai5t que ,dieu le pre tait la lumire inaccessible et suprme du ciel 7premi] c]cle1 l'aplans72 que le fils tait la lumire seconde rsidante dans le soleil1 et le ,sa9t-,esprit l'air qui enveloppe la t]re4 7,voy4 ,beausobre1 t4 ,,ii1 p4 #ehf47 ,de l1 *ez les ,syri5s1 son emblme de pigeon1 oiseau de ,vnus ,uranie1 c'e/--dire de l'air4 ,les ,syri5s 7dit ,nigidius 9 ,g]manico7 dis5t qu'une colombe c\va plusieurs j\rs dans l',euphrate un oeuf de poisson1 d'o naquit ,vnus4 ,aussi ne mang5t-ils pas de pigeon1 dit ,sextus ,empiricus1 ,in/4 ,pyrrh41 lib4 ,,iii1 c4 #bc2 et ceci n\s indique une priode comm5ce au signe des poissons 7sol/ice d'hiv]74 ,rem>quons d'ailleurs que si ,*ris vi5t de ,h>is* p> un *91 il signifi]a fabricateur2 pi?te propre du soleil4 ,ces v>iantes1 qui ont d emb>rass] les anci5s1 pr\v5t t\j\rs galem5t qu'il e/ le vritable type de ,jsus1 a9si qu'on l'avait dja ap]u ds le temps de ,t]tulli54 ,plusieurs1 dit cet criva91 p5s5t1 avec plus de vraisemblance1 que le soleil e/ notre ,dieu2 et ils n\s r5voi5t la religion des ,p]ses4 7,apologtique1 c4 #af47 ,ibid41 lig4 #bf4 7,l'une des priodes solaires74 ,voy4 l'ode curieuse de ,m>tianus ,capella au soleil1 traduite p> ,gbel91 volume du ,cal5dri]1 pag4 #edg et #edh4 ,pag4 #bbh1 lig4 #ag4 7,des sacrifices huma9s47 ,lisez la froide dclamation d',eusbe1 ,proep4 ev41 lib4 ,i1 pag4 ,,ii1 qui prt5d que depuis que ,*ri/ e/ v5u1 il n'y a plus eu ni gu]res1 ni tyrans1 ni an?ropophages1 ni pdra/es1 ni ince/ueux1 ni sauvages mangeant leurs p>5ts1 etc4 ,qu& on lit ces premi]s docteurs de l'glise1 on ne cesse de s'tonn] de leur mauvaise foi ou de leur aveuglem5t4 ,un travail curieux s]ait de publi] auj\rd'hui un demi-volume de leurs passages les plus rem>quables1 p\r mettre en vid5ce leur folie4 ,la vrit e/ que le *ri/ianisme n'a ri5 inv5t en morale1 et que t\t son mrite a t de mettre en pratique des pr9cipes dont le succs a t d aux circon/ances du temps2 c'e/--dire que le despotisme orgueilleux et dur des ,roma9s1 dans ses div]ses bran*es militaires1 judiciaires et adm9i/ratives1 ayant lass la pati5ce des peuples1 il se fit1 dans les classes infrieures ou populaires1 un m\vem5t de raction absolum5t semblable celui qui1 depuis v+t-c9q ans1 a lieu en ,europe de la "p des peuples contre l'oppression des deux ca/es dites sac]dotale et fodale4 ,pag4 #bcj1 lig4 #ai4 7,association d'hommes ass]m5ts p\r n\s faire la gu]re47 ,c'tait l'ordre de ,malte1 dont les *evali]s faisai5t voeu de tu] ou de rduire en esclavage des musulmans1 p\r la gloire de ,dieu4 ,pag4 #bcb1 lig4 #ab4 7,un t>if de crimes47 ,tant qu'il exi/]a des moy5s de se purg] de t\t crime1 de se ra*et] de t\t *tim5t avec de l'arg5t ou de frivoles pratiques2 tant que les gr&s et les rois croiront se faire abs\dre de leurs oppressions et de leurs homicides en btissant des temples1 en faisant des fondations2 tant que les p>ticuli]s croiront p\voir tromp] et vol]1 p\rvu qu'ils jen5t le c>me1 qu'ils aill5t confesse1 qu'ils reoiv5t l'extrme-onction1 il e/ impossible qu'il exi/e aucune morale prive ou publique1 aucune sa9e lgislation pratique4 ,au re/e1 p\r voir les effets de ces doctr9es1 lisez l',hi/oire de la puissance temporelle des ,papes1 #b vol4 9-#h1 ,p>is1 #ahaa4 ,ibid41 lig4 #ai4 7,jusque dans le sanctuaire du lit nuptial47 ,la confession e/ une trs-anci5ne inv5tion des prtres1 qui n'ont pas manqu de saisir ce moy5 de g\v]n]4444 ,elle tait pratique dans les my/res gypti5s1 grecs1 phrygi5s1 p]sans1 etc4 ,plut>que n\s a cons]v le mot rem>quable d'un ,sp>tiate qu'un prtre v\lait confess]4 ,e/-ce toi ou ,dieu que je me confess]ai8 ,dieu1 rpondit le prtre4 ,en ce cas1 dit le ,sp>tiate1 homme1 retire-toi4 7,dits rem>quables des ,lacdmoni5s47 ,les premi]s *rti5s confessr5t leurs fautes publiquem5t comme les essni5s4 ,ensuite comm5cr5t de s'tablir des prtres1 avec l'autorit d'abs\dre du p* d'idoltrie4444 ,au temps de ,?odose1 une femme s'tant publiquem5t confesse d'avoir eu comm]ce avec un diacre1 l'vque ,nectaire1 et son successeur ,*ryso/me1 p]mir5t de communi] sans confession4 ,ce ne fut qu'au septime sicle que les abbs des c\v5ts imposr5t aux mo9es et mo9esses la confession deux fois l'anne2 et ce ne fut que plus t>d encore que les vques de ,rome la gnralisr5t4 ,quant aux musulmans1 qui ont en horreur cette pratique1 et qui n'accord5t aux femmes ni un c>actre moral1 ni presque une ame1 ils ne peuv5t concevoir qu'un honnte homme puisse ent5dre le rcit des actions et des p5ses les plus secrtes d'une fille ou d'une femme4 ,n\s1 ,franais1 *ez qui l'ducation et les s5tim5s r5d5t beauc\p de femmes meilleures que les hommes1 ne p\rrions-n\s pas n\s tonn] qu'une honnte femme pt les s\mettre l'imp]t95te curiosit d'un mo9e ou d'un prtre8 ,pag4 #bcc1 lig4 #a4 7,corporations ennemies de la socit47 ,veut-on connatre l'esprit gnral des prtres env]s les autres hommes1 qu'ils dsign5t t\j\rs p> le nom de peuple1 c\tons les docteurs de l'glise eux-mmes4 ,le peuple1 dit l'vque ,synnsius 79 ,calvit41 pag4 #eae71 veut absolum5t qu'on le trompe2 on ne peut en agir autrem5t avec lui4444 ,les anci5s prtres d'gypte en ont t\j\rs u a9si2 c'e/ p\r cela qu'ils s'enf]mai5t dans leurs temples1 et y composai5t1 son insu1 leurs my/res2 7et oubliant ce qu'il vi5t de dire7 si le peuple et t du secret1 il se s]ait f* qu'on le trompt4 ,cep5dant1 comm5t faire autrem5t avec le peuple1 puisqu'il e/ peuple8 ,p\r moi1 je s]ai t\j\rs philosophe avec moi1 mais je s]ai prtre avec le peuple4 ,il ne faut que du babil p\r en impos] au peuple1 crivait ,grgoire de ,nazianze ,jrme4 7,hi]on4 ad ,nep47 ,mo9s il compr5d1 plus il admire4444 ,nos ,pres et docteurs ont s\v5t dit1 non ce qu'ils p5sai5t1 mais ce que leur faisai5t dire les circon/ances et le beso94 ,on *]*ait1 dit ,san*oniaton1 excit] l'admiration p> le m]veilleux4 7,proep4 ev41 lib4 ,,iii47 ,tel fut le rgime de t\te l'antiquit2 tel e/ encore celui des brahmes et des lamas1 qui retrace p>faitem5t celui des prtres d'gypte4 ,p\r excus] ce sy/me de f\rb]ie et de m5songe1 on dit qu'il s]ait dang]eux d'clair] le peuple1 p>ce qu'il abus]ait de ses lumires4 ,e/-ce dire qu'in/ruction et friponn]ie sont synonymes8 ,non2 mais comme le peuple e/ malheureux p> la sottise1 l'ignorance1 et la cupidit de ceux qui le mn5t et l'endoctr95t1 ceux-ci ne veul5t pas qu'il y voie clair4 ,sans d\te il s]ait dang]eux d'attaqu] de front la croyance errone d'une nation2 mais il e/ un art philan?ropique et mdical de prp>] les yeux la lumire1 comme les bras la lib]t4 ,si jamais il se =me une corporation dans ce s5s1 elle tonn]a le monde p> ses succs4 ,pag4 #bcd1 lig4 #c4 7,dev9s1 magici5s4 ,qu'e/-ce qu'un7 magici51 dans le s5s que le peuple donne ce mot8 ,c'e/ un homme qui1 p> des p>oles et de ge/es1 prt5d agir sur les tres surnaturels1 et les =c] de desc5dre sa voix1 d'obir ses ordres4 ,voil ce qu'ont fait t\s les anci5s prtres1 ce que font encore ceux de t\s les idoltres1 et ce qui1 de notre "p1 leur mrite le nom de magici5s4 ,ma9t5ant qu& un prtre *rti5 prt5d faire desc5dre ,dieu du ciel1 le fix] sur un morceau de leva91 et r5dre1 avec ce talisman1 les ames pures et en tat de grace1 que fait-il lui-mme1 s9on un acte de magie8 ,et quelle diffr5ce y a-t-il entre lui et un *aman t>t>e1 qui invoque les gnies1 ou un brahme indi51 qui fait desc5dre ,vi*5\ dans un vase d'eau1 p\r *ass] les mauvais esprits8 ,mais telle e/ la magie de l'habitude et de l'ducation1 que n\s tr\vons simple et raisonnable en n\s1 ce qui dans autrui n\s p>at extravagant et absurde4444 ,ibid41 lig4 #be4 7,d5res du plus gr& prix47 ,ce s]ait une curieuse hi/oire que l'hi/oire comp>e des agnus du pape et des pa/illes du gr&-lama6 ,en t5dant cette ide t\tes les pratiques religieuses1 il y a un trs-bon ouvrage faire3 ce s]ait d'accol] p> colonnes les traits analogues ou contra/ants de croyance et de sup]/ition de t\s les peuples4 ,un autre g5re de sup]/ition dont il s]ait galem5t utile de les gurir1 e/ le respect exagr p\r les gr&s2 et1 p\r cet effet1 il suffirait d'crire les dtails de la vie prive de ceux qui g\v]n5t le monde1 pr9ces1 c\rtisans et m9i/res4 ,il n'e/ po9t de travail plus philosophique que celui-l3 aussi avons-n\s vu quels cris ils jetr5t qu& on publia les ,anecdotes de la c\r de ,b]l94 ,que s]ait-ce si n\s avions celles de *aque c\r8 ,si le peuple voyait dc\v]t t\tes les misres et t\tes les turpitudes de ses idoles1 il ne s]ait pas t5t de dsir] leurs fausses j\issances1 dont l'aspect m5song] le t\rm5te1 et l'emp*e de j\ir du bonheur plus vrai de sa condition4 ,,f9 ,,des ,,notes4 ,,lettre ,,au ,,docteur ,,prie/ley4 ,,reponse ,,de ,,volney ,,au ,,docteur ,,prie/ley1#cg ,sur un pamphet intitul3 ,,obs]vations ,,sur ,,les ,,progr,s ,,de ,l',,infid,,lit1 ,,avec ,,des ,,rem>ques ,,critiques ,,sur ,,les ,,crits ,,de ,,div]s ,,incr,,dules ,,mod]nes1 ,,et ,,p>ticuli,,rem5t ,,sur ,,les ,,ru9es ,,de ,m4 ,,de ,,volney1 portant cette pigraphe3 ,l'esprit peu pntrant se ti5t volonti]s la surface des *oses3 il n'aime pas les creus]1 p>ce qu'il r$\te le travail1 la pe9e1 et quelquefois il r$\te plus encore la vrit4 ,j'ai reu dans son temps1 ,m4 le docteur1 votre bro*ure sur les ,progrs de l'infidlit1 a9si que le billet1 sans date1 qui l'accompagnait4 ,ma rponse a t diffre p> des incid5ts d'affaires et mme de sant que srem5t v\s excus]ez4 ,d'ailleurs ce dlai n'a pas d'inconvni5ts3 l'affaire qui e/ entre n\s n'e/ pas de celles qui press5t4 ,le monde n'en irait pas mo9s bi5 avec ou sans ma rponse1 comme avec ou sans votre livre4 ,j'aurais mme pu me disp5s] de v\s rpondre du t\t1 et j'y eusse t autoris p> la manire dont v\s avez pos la "q entre n\s1 et p> l'op9ion assez gnralem5t reue que dans c]ta9es occasions1 et avec c]ta9es p]sonnes la plus noble rponse e/ le sil5ce4 ,v\s-mme p>aissez l'avoir s5ti1 vu l'extrme prcaution que v\s avez prise de m'int]dire cette ress\rce2 mais comme dans nos moeurs franaises une rponse quelconque e/ t\j\rs un acte de civilit1 je n'ai po9t v\lu p]dre1 vis--vis de v\s1 l'avantage de la politesse2 d'ailleurs1 quoique le sil5ce soit quelquefois trs-expressif1 t\t le monde n'ent5d pas son loqu5ce2 et le public1 qui n'a pas le temps d'appr(ondir des dbats s\v5t de peu d'intrt1 a le droit raisonnable d'exig] du mo9s un premi] claircissem5t1 sauf ensuite1 si la "q dgnre en clameurs op9itres d'un am\r-propre bless1 d'accord] le droit de se taire celui en qui il devi5t un acte de modration4 ,j'ai donc lu vos rem>ques critiques sur mon livre des ,ru9es que v\s classez *>itablem5t au rang des crits des incrdules mod]nes2 et puisque v\s v\lez absolum5t que je v\s exprime devant le public mes op9ions1 je vais remplir cette t*e peu agrable avec le plus de brivet qu'il me s]a possible1 p\r conomis] le temps de nos lecteurs communs4 ,d'abord1 ,m4 le docteur1 il me p>at rsult] clairem5t de votre bro*ure que c'e/ bi5 mo9s mon livre que v\s avez eu desse9 d'attaqu]1 que mon c>actre moral et ma propre p]sonne2 et af9 que le public prononce cet g>d avec connaissance de cause1 je vais lui s\mettre ici div]s passages propres l'clair]4 #a ,v\s dites1 page #ab de la prface de vos s]mons3 ,au re/e il y a des incrdules plus ignorants que ,m4 ,pa9e1 tels que ,,mm4 ,volney1 ,lequ9io et autres en ,france qui prt5d5t1 etc4 #b ,dans la prface de vos ,obs]vations sur les progrs de l'infidlit3 ,je puis dire avec vrit que dans les crits de ,hume1 de ,m4 ,gibbon1 de ,voltaire1 de ,m4 ,volney1 il n'y a pas un seul bon raisonnem5t3 t\s sont remplis d'erreurs grossires et de faux exposs4 ,idem1 page #ch3 ,si ,m4 ,volney et donn quelque att5tion l'hi/oire des premi]s temps du *ri/ianisme1 jamais il n'et d\t1 etc4 ,mais il e/ aussi inutile de raisonn] avec un tel homme1 qu'avec un ,*9ois ou mme un ,hott5tot4 ,idem1 page #aai3 ,m4 ,volney1 si n\s en jugeons p> ses nombreuses citations d'criva9s anci5s dans t\tes les langues savantes de l'anci5 monde ori5tal et occid5tal1 doit les savoir t\tes2 c> il ne p>le jamais de traduction3 cep5dant1 jug] de son savoir p> cet *antillon1 il ne peut avoir la plus petite te9ture de l'hbreu ni mme du grec#ch4 ,enf91 aprs m'avoir plac>d et affi* dans votre titre mme p\r un infidle et un incrdule2 aprs m'avoir indiqu dans votre pigraphe p\r l'un de ces esprits sup]ficiels qui ne sav5t pas tr\v]1 qui mme ne veul5t pas voir la vrit1 v\s dites1 page #abd1 immdiatem5t la suite d'un article o v\s avez p>l de moi s\s t\tes ces dnom9ations3 ,de nos j\rs le progrs de l'infidlit e/ accompagn d'une circon/ance qui1 dans aucun autre temps1 n'avait t aussi frqu5te1 du mo9s en ,anglet]re1 savoir que les incrdules1 en fait de rvlation1 comm5c5t p> ni] l'exi/5ce et la ,provid5ce de ,dieu1 c'e/--dire devi5n5t proprem5t a?es4 ,de manire que1 selon v\s1 je suis un ,hott5tot1 un ,*9ois1 un incrdule1 un a?e1 un ignorant1 un homme de mauvaise foi1 qui n'crit que des faussets et des sottises1 etc41 etc4 ,or1 je v\s dem&e1 ,m4 le docteur1 qu'importait t\t cela au fond de la "q8 qu'a de commun mon livre avec ma p]sonne8 et puis1 comm5t v\lez-v\s trait] avec un homme de si mauvaise compagnie8 ,en second lieu1 l'invitation ou plutt la sommation que v\s me faites d'indiqu] au public les mprises o je croirai que v\s tes tomb l'g>d de mes op9ions1 m'(fre plusieurs rem>ques4 #a ,v\s supposez que le public atta*e une haute importance vos mprises et mes op9ions4 ,mais je ne puis agir sur une supposition1 ne suis-je pas un incrdule8 #b ,v\s dites que le public att5dra cela de moi4 ,o sont vos p\voirs de faire agir et p>l] le public8 e/-ce l aussi une rvlation8 #c ,v\s v\lez que je r$resse vos mprises3 je ne m'en connais po9t l'obligation2 je ne v\s les ai pas repro*es4 ,sans d\te il n'e/ pas exact de m'attribu] *oix ou indi/9ctem5t1 comme v\s l'avez fait1 t\tes les op9ions semes dans mon livre1 p>ce qu'ayant fait p>l] des p]sonnages trs-div]s1 j'ai d leur donn] des langages trs-diffr5ts raison de leurs diffr5ts c>actres4 ,le rle qui m'y app>ti5t1 puisque j'y p>le moi-mme1 e/ celui du voyageur assis sur les ru9es1 mditant sur les causes des malheurs de l'humanit4 ,p\r tre consqu5t1 v\s eussiez d m'attribu] celui du sauvage hott5tot ou samoyde qui argum5te contre les docteurs1 *ap4 #bc1 et je l'eusse accept4 ,v\s avez prfr celui de l'rudit hi/ori51 *ap4 #bb2 mais je ne puis voir l une mprise3 j'y vois au contraire un projet insidieusem5t calcul1 d'engag] entre v\s et moi1 devant le public amrica91 un duel d'am\r-propre dans lequel v\s excit]iez t\t l'intrt des spectateurs1 en s\t5ant la cause qu'ils appr\v5t1 t&is que celle que v\s m'imposez ne m'attir]ait1 mme dans son succs1 que des s5tim5ts disgracieux4 ,telle e/ l'a/uce de votre plan1 que1 m'attaquant comme incrdule l'exi/5ce de ,jsus1 v\s v\s conciliez d'emble la faveur de t\tes les sectes *rti5nes1 quoique1 dans le fait1 votre propre incrdulit sa nature div9e ne ru9e pas mo9s le *ri/ianisme que l'op9ion pr(ane qui ne voit pas dans l'hi/oire les tmoignages exigs p> les lois anglaises1 p\r con/at] l'exi/5ce d'un fait2 et que d'ailleurs il y ait un orgueil d'un g5re extraord9aire dans la comp>aison tacite1 mais palpable1 que v\s faites de v\s sa9t ,paul et ,jsus-,*ri/1 p> la ressemblance des mmes travaux p\r les mmes objets4 ,prface1 p4 ,x4 ,cep5dant1 comme en fait d'attaque1 la premire impression a t\j\rs un gr& avantage1 v\s avez droit de v\s promettre encore d'obt5ir la c\ronne de l'apo/olat3 malheureusem5t p\r votre plan1 je ne me s5s aucune disposition p\r celle du m>tyre2 et quelque glorieux qu'il me ft de tomb] s\s les c\ps de celui qui a t]rass ,hume1 ,gibbon1 ,voltaire1 et mme ,frdric ,,ii1 je me tr\ve oblig de refus] son c>tel ?ologique1 et cela p\r une f\le de bonnes raisons3 #a ,p>ce que les qu]elles religieuses sont int]m9ables1 att5du que les prjugs de l'enfance et de l'ducation en exclu5t presque inv9ciblem5t une raison imp>tiale2 que de plus1 la vanit des *ampions se tr\ve1 p> la publicit mme1 intresse ne jamais se dsi/] d'une premire ass]tion2 enttem5t qui eng5dre l'esprit de secte et de faction4 #b ,p>ce que p]sonne au monde n'a le droit de me dem&] compte de mes op9ions religieuses2 que t\te inquisition1 cet g>d1 e/ une prt5tion la s\v]a9et1 un premi] pas la p]scution2 et que la tolrance de ce pays1 que v\s invoquez1 a bi5 mo9s p\r b d'engag] p>l] que d'invit] se taire4 #c ,p>ce qu'en supposant que j'aie l'op9ion que v\s m'attribuez1 je ne veux pas engag] ma vanit ne jamais s'en ddire1 ni m't] la ress\rce de me conv]tir un j\r sur un plus ample in=m4 #d ,p>ce que1 en s\t5ant votre propre ?se1 ,m4 le docteur1 si v\s alliez tre battu devant l'auditoire *rti51 ce s]ait un sc&ale effroyable2 et je n'aime po9t le sc&ale1 mme p\r faire le bi54 #e ,p>ce que1 dans notre combat mtaphysique1 les armes s]ai5t p> trop 9gales2 p>lant votre langue naturelle qu' pe9e je bgaye1 v\s f]iez des volumes qu& je ne f]ais que des pages1 et le public qui ne n\s lirait po9t1 pr5drait le poids des livres p\r celui des raisons4 #f ,p>ce qu'encore1 tant d\ du don de la foi une assez honnte dose1 v\s croiriez en un qu>t d'heure plus d'articles que ma logique n'en analys]ait dans une sema9e4 #g ,p>ce que1 si v\s alliez m'oblig] d'assi/] vos s]mons1 comme lire votre livre1 le public dvot ne croirait jamais qu'un homme p\dr et vtu comme t\t autre monda91 pt avoir raison contre un homme gr& *apeau#ci1 *eveux plats1 face mortifie1 quoique l'vangile1 en p>lant des ,ph>isi5s de ce temps-l1 dise qu'il faut se p>fum] qu& on jene#dj4 #h ,p>ce qu'une dispute s]ait t\te j\issance p\r v\s qui n'avez ri5 autre *ose faire1 t&is qu'elle s]ait t\te p]te p\r moi qui puis employ] mon temps d'une manire autrem5t utile4 ,je ne v\s f]ai donc po9t ma confession1 ,m4 le docteur1 sur l'objet religieux de votre "q2 mais1 en revan*e1 je puis v\s dire mon avis comme littrateur sur le fond mme de votre livre4 ,ayant lu autrefois beauc\p d'ouvrages ?ologiques1 j'tais curieux de savoir si1 p> quelque procd *imique1 v\s aviez aussi dc\v]t des tres rels dans ce monde d'tres invisibles3 malheureusem5t je me tr\ve oblig de dcl>] au public1 qui1 selon votre expression1 prface1 p4 ,,xix1 espre d'tre in/ruit1 d'tre conduit la vrit et non l'erreur p> moi1 que je n'y ai pas vu un seul argum5t neuf1 mais seulem5t la rptition de t\t ce qu'ont dit et rebattu des milli]s de gros volumes1 dont t\t le fruit a t de procur] leurs auteurs une c\rte m5tion dans le dictionnaire des hrsies4 ,v\s supposez p>t\t comme pr\v ce qui e/ en "q1 avec cette circon/ance s+ulire1 que faisant feu1 comme le dit ,gibbon1 de votre d\ble batt]ie contre ceux qui croi5t trop et contre ceux qui ne croi5t pas assez1 v\s donnez p\r mesure prcise de la vrit votre propre s5sation1 en sorte qu'il faudra avoir t\t ju/e votre taille p\r1 pass] p> la porte de la n\velle ,jrusalem que v\s btissez ,nor?umb]l&4 ,aprs cela votre rputation comme ?ologi5 et pu me dev5ir un problme2 mais je me suis rappel le pr9cipe de l'association des ides1 si bi5 dvelopp p> ,locke1 que v\s e/imez1 et que p> cette raison je me tr\ve heureux de v\s cit]1 quoique ce soit lui que je doive ce p]nicieux usage de ma raison qui me fait refus] de croire ce que je ne compr5ds pas3 j'ai donc compris que le public1 ayant d'abord atta* l'ide du tal5t au nom de ,m4 ,prie/ley1 docteur en *imie1 avait cont9u de l'unir et de l'associ] au nom de ,m4 ,prie/ley1 dev5u docteur en ?ologie2 ce qui p\rtant n'e/ pas la mme *ose1 et ce qui e/ un mcanisme d'autant plus vicieux qu'il p\rrait p> la suite donn] lieu l'inv]se#da4 ,heureusem5t1 v\s avez v\s-mme lev une b>rire de sp>ation entre vos admirateurs1 en av]tissant1 des la premire page de votre pamphlet actuel1 qu'il tait spcialem5t de/9 aux croyants4 ,p\r coopr] ce b judicieux1 je dois nanmo9s v\s faire obs]v] qu'il e/ deux passages ess5tiels en retran*]1 vu qu'ils donn5t une gr&e prise aux argum5ts des incrdules4 ,v\s dites1 prface1 page ,,xii3 ,ce qui e/ manife/em5t contraire la raison naturelle ne peut tre reu p> elle3 ,et page #fb4 ,quant l'intellect1 les hommes et les animaux naiss5t dans le mme tat1 ayant les mmes s5s ext]nes1 qui sont les seuls canaux de t\tes les ides1 et p> consqu5t la s\rce de t\tes les connaissances et de t\tes les habitudes1 morales qu'ils acquir5t4 ,or1 si v\s admettez1 avec ,locke et avec n\s autres infidles1 que *acun a le droit de rejet] ce qui rpugne sa raison naturelle1 et que t\tes nos ides1 t\tes nos connaissances ne s'acquir5t que p> l'int]mde de nos s5s1 que devi5t le sy/me de la rvlation1 et t\t cet ordre de *oses du temps pass si contradictoire l'tat prs5t1 except qu& on le considre comme un rve de l'esprit huma9 ignorant et sup]/itieux8 ,avec vos deux seules phrases1 ,m4 le docteur1 je r5v]s]ais t\t l'difice de votre foi4 ,mais ne r$\tez po9t de ma "p cette abondance de zle3 p> la raison que je n'ai po9t la fantaisie du m>tyre1 je n'ai po9t non plus celle des conv]sions2 elle app>ti5t ces tempram5ts ard5ts1 ou plutt acrimonieux1 qui pr5n5t la viol5ce de leur p]suasion p\r l'en?\siasme de la vrit2 la manie de faire du bruit1 p\r la passion de la gloire2 et p\r l'am\r du pro*a91 la ha9e de ses op9ions et le dsir secret de le g\v]n]4 ,p\r moi1 qui n'ai po9t reu de la nature les qualits inquites d'un aptre1 et qui n'eus po9t en ,europe le c>actre d'un diss5teur1 je ne suis v5u en ,amrique1 ni p\r agit] les consci5ces1 ni p\r fond] une secte1 pas mme p\r tablir une colonie o1 s\s prtexte de religion1 je me f]ais un petit empire4 ,on ne m'a vu vanglis] mes ides1 ni dans les temples1 ni dans les places publiques1 et je n'ai po9t ex]c ce *>latanisme de bi5faisance p> lequel un prdicateur connu#db1 mettant contribution la gnrosit du public1 s'e/ procur ici les honneurs d'un auditoire plus nombreux1 et le mrite de di/ribu]1 son gr1 un arg5t qui ne lui cote ri51 et qui lui attire une gratitude et des rem]cm5ts drobs la ma9 des vrais donateurs4 ,comme trang] ou comme citoy51 ami s9cre de la paix1 je ne porte dans la socit1 ni l'esprit de diss5sion1 ni le dsir de caus] des sec\sses2 et p>ce que je respecte en *acun ce que je veux qu'il respecte en moi1 le nom de la lib]t n'e/ p\r moi que le synonyme de la ju/ice3 comme homme1 soit modration1 soit p>esse1 spectateur du monde plutt qu'acteur1 je suis de j\r en j\r mo9s t5t de conduire les ames et les corps des autres3 n'e/-ce pas assez p\r *acun de g\v]n] ses fantaisies et ses propres passions8 ,si p> l'une de ces fantaisies1 croyant tre utile1 je publie quelquefois mes p5ses1 je le fais sans enttem5t1 et sans exig] cette foi implicite dont v\s v\driez bi5 me communiqu] le ridicule1 page #abc4 ,t\t mon livre des ,ru9es1 que v\s traitez si mal1 et qui v\s a p\rtant amus1 porte videmm5t ce c>actre3 au moy5 des op9ions contra/antes que j'y ai jetes1 il respire en gnral un esprit de d\te et d'inc]titude qui me p>at le plus conv5able la faiblesse de l'ent5dem5t huma91 et le plus propre son p]fectionnem5t1 en ce qu'il y laisse t\j\rs une porte ouv]te des vrits n\velles2 t&is que l'esprit de c]titude et de croyance fixe1 bornant nos progrs une premire op9ion reue1 n\s en*ane au has>d1 et p\rtant sans ret\r1 au j\g de l'erreur ou du m5songe1 et cause les plus graves dsordres dans l'tat social2 c>1 se comb9ant avec les passions1 il eng5dre le fanatisme1 qui1 tantt de bonne foi et tantt hypocrite1 t\j\rs intolrant et despote1 attaque t\t ce qui n'e/ pas lui1 se fait p]scut] qu& il e/ faible1 devi5t p]scuteur qu& il e/ =t1 et fonde une religion de t]reur qui anantit t\tes les facults1 et dmoralise t\tes les consci5ces2 tellem5t que1 soit s\s l'aspect politique1 soit s\s l'aspect religieux1 l'esprit de d\te se lie aux ides de lib]t1 de vrit1 de gnie2 et l'esprit de c]titude aux ides de tyrannie1 d'abrutissem5t et d'ignorance4 ,d'ailleurs1 si1 comme il e/ vrai1 l'expri5ce d'autrui et la ntre n\s appr5n5t *aque j\r que ce qui n\s a p>u vrai dans un temps1 n\s semble ensuite pr\v faux dans un autre1 comm5t p\vons-n\s attribu] nos jugem5ts cette confiance aveugle et prsomptueuse qui p\rsuit de tant de ha9e ceux d'autrui8 ,il e/ raisonnable1 sans d\te1 et il e/ honnte d'agir selon la s5sation prs5te et selon sa conviction2 mais si1 p> la nature des *oses1 cette s5sation v>ie en elle-mme et dans ses causes1 comm5t ose-t-on impos] soi et aux autres une inv>iable conviction8 comm5t surt\t ose-t-on exig] cette conviction dans des cas o il n'y a po9t rellem5t de s5sation1 a9si qu'il arrive dans les que/ions purem5t spculatives1 o l'on ne peut dmontr] aucun fait prs5t8 ,aussi lorsqu'ouvrant le livre de la nature1 bi5 plus au!ntique et bi5 plus facile lire que des feuilles de papi] noirci de grec ou d'hbreu2 lorsque je considre que la diffr5ce d'op9ions de tr5te ou qu>ante religions1 et de deux ou trois mille sectes1 n'a pas apport et n'apporte pas encore le plus petit *angem5t dans le monde physique2 lorsque je considre que le c\rs des saisons1 la m>*e du soleil1 la quantit de pluie et de beau temps sont les mmes p\r les habitants de *aque pays1 *rti5s1 musulmans1 idoltres1 ca?oliques1 prote/ants1 etc41 etc41 je suis port croire que l'univ]s e/ g\v]n p> d'autres lois de ju/ice et de sagesse que celles que suppose un gsme troit et intolrant3 et comme1 en vivant avec des hommes de cultes trs-div]s1 j'ai rem>qu qu'ils avai5t cep5dant des moeurs trs-semblables2 c'e/--dire que dans t\te secte *rti5ne1 mahomtane1 et mme p>mi des g5s qui n'app>ti5n5t aucune1 j'ai tr\v des hommes qui pratiquai5t t\tes les v]tus prives ou publiques1 et cela sans affectation2 t&is que d'autres1 p>lant sans cesse de ,dieu et de la religion1 se livrai5t t\tes les habitudes p]v]ses condamnes p> leur propre croyance1 je me suis p]suad que la p>tie morale tait la seule ess5tielle comme elle e/ la seule dmontrable des sy/mes religieux2 et comme de votre aveu mme1 page #fb1 le seul b de la religion e/ de r5dre les hommes meilleurs p\r les r5dre plus heureux1 j'ai conclu qu'il n'y avait rellem5t dans le monde que deux religions1 celle du bon s5s et de la bi5faisance1 et celle de la malice et de l'hypocrisie4 ,en t]m9ant cette lettre1 ,m4 le docteur1 je me tr\ve emb>rass du s5tim5t que je dois v\s (frir2 c> en me dcl>ant1 page #abc1 qu'en t\t cas v\s ne v\s s\ciez gure du mpris de g5s comme moi#dc1 quoique je ne v\s en eusse jamais tmoign1 v\s m'indiquez clairem5t que v\s ne v\s s\ciez pas non plus de mon e/ime3 c'e/ donc votre bon gt et votre disc]nem5t que je laisse le so9 d'apprci] le s5tim5t qui convi5t ma situation1 et qui app>ti5t votre c>actre4 ,c4-,f4 ,,volney4 ,philadelphie1 #b m>s #agig4 ,,disc\rs ,,sur ,l',,tude ,,philosophique ,,des ,,langues4 ,,av]tissem5t ,,de ,l',,auteur4 ,l'acadmie franaise a des sances de trois espces1 qu'il ne faut pas confondre3 *aque sema9e1 elle ti5t une sance d'(fice1 consacre la rdaction du ,dictionnaire1 objet spcial de son in/itution2 *aque anne1 elle ti5t une sance publique1 o elle r5d compte de ses travaux2 enf91 depuis deux ans1 le premi] m>di de *aque mois elle ti5t une sance prive1 que l'on p\rrait appel] runion de famille4 ,en s'imposant librem5t celle-ci1 avec l'agrm5t du g\v]nem5t1 l',acadmie franaise a eu le d\ble b de ress]r] les li5s de l'amiti entre ses membres1 et d'excit] leur mulation rciproque p> la communication confid5tielle de leurs ouvrages1 projets ou excuts3 ces lectures1 auxquelles les seuls membres de l',in/itut sont admis1 procur5t leurs auteurs des obs]vations dictes p> la bi5veillance et le bon gt4 ,de ces sances1 sont dja sorties1 sur le sujet t\j\rs pr(ond de la grammaire1 des ides lum9euses1 et des fragm5s d'hi/oire et de posie d'un mrite m95t4 la sance d'octobre d]ni]1 un acadmici51 dont le public a t\j\rs accueilli les productions +nieuses1 t]m9a la lecture d'une ,diss]tation sur l'orig9e1 la =mation1 la v>it1 le progrs et le dcl9 des langues3 les op9ions se p>tagr5t sur c]ta9s po9ts de sa ?orie dja indique dans une feuille du ,moniteur1 il y a quelques annes2 ce p>tage e/ dev5u le motif du prs5t disc\rs4444 ,son auteur1 conduit p> ses tudes d'autres rsultats1 a tr\v conv5able de les expos] son t\r4 ,son travail1 prp> rapidem5t p\r novembre1 n'a t lu que le premi] m>di de dcembre4444 ,les avis ont pu se p>tag] aussi2 mais le temps qui app>t5ait une autre lecture1 n'a pas p]mis d'entr] en discussion sur celle-ci444444#dd2 c'e/ donc sur sa propre responsabilit qu'il publie auj\rd'hui son op9ion1 laquelle le pr9cipal intrt qu'il atta*e e/ d'appel] l'att5tion des esprits mditatifs sur une bran*e de connaissances trop peu cultive en ,france4 ,,disc\rs ,,sur ,l',,tude ,,philosophique ,,des ,,langues4 4 #a;er4 ,,n\veaut ,,de ,,cette ,,tude ,,*ez ,,les ,,mod]nes3 ,,ignorance ,,absolue ,,des ,,anci5s ,,cet ,,g>d4 ,,messieurs1 ,j'appelle tude philosophique des langues t\te re*]*e imp>tiale t5dante connatre ce qui conc]ne les langues en gnral2 expliqu] comm5t elles naiss5t et se =m5t2 comm5t elles s'accroiss5t1 s'tabliss5t1 s'altr5t et priss5t2 montr] leurs aff9its ou leurs diffr5ces1 leur filiation1 l'orig9e mme de cette admirable facult de p>l]1 c'e/--dire de manife/] les ides de l'esprit p> les sons de la b\*e1 sons qui leur t\r devi5n5t1 titre d'lm5ts1 un sujet digne de mditation4 ,l'un de nos confrres1 p\r qui n\s pr(essons t\s des s5tim5s d'e/ime et d'amiti1 a dja mrit nos rem]cm5ts p> le so9 qu'il a pris de port] notre att5tion v]s un sujet si intimem5t li nos fonctions de grammairi5s franais3 ,m4 ,&rieux1 en s'int]rogeant sur la plup>t des que/ions que je vi5s de cit]1 n\s en a fait s5tir l'importance et l't5due1 en mme temps que1 p> le d\te m?odique dont il a revtu ses op9ions et ses vues1 il n\s a indiqu combi5 ce sujet n\s e/ encore neuf et difficile4 ,auj\rd'hui1 ,messieurs1 si je m>*e sur sa trace1 c'e/ mo9s avec la prt5tion de v\s apport] un surcrot d'in/ruction qu'un surcrot de preuves de notre inexpri5ce1 p]mettez-moi de dire nationale1 et de notre infriorit1 sur ces que/ions1 relativem5t aux trang]s4 ,eh6 comm5t s]ions-n\s avancs dans l'tude des langues1 surt\t dans l'tude philosophique1 lorsque ri51 dans notre ducation franaise1 ne n\s y prp>e1 lorsque1 dans notre ducation littraire et religieuse1 div]s prjugs y sm5t des ob/acles3 n\s n\s vantons d'avoir eu p\r matres les beaux esprits de ,rome et de la ,grce2 voyons-n\s qu'aucun d'eux se soit occup de l'tude des langues s\s les rapports t5dus que je vi5s de cit]8 ,tr\vons-n\s dans leurs criva9s d'autre m5tion de langues et de langage que p\r mpris]1 s\s le nom de ,b>b>e1 ce qui n'e/ pas roma9 ou grec8 ,l'encyclopdi/e ,pl9e l'anci5 n\s in/ruit agrablem5t1 sans d\te1 qu& il n\s dit que dans une ville de la ,col*ide1 ,rome entret5ait c5t tr5te int]prtes p\r rpondre c5t tr5te peuples div]s qui v5ai5t y pratiqu] un comm]ce dja dcl9ant1 puisque ,pl9e aj\te qu'antrieurem5t ils v5ai5t au nombre de trois c5ts4 ,j'ent5ds encore avec un vif intrt cet auteur me dire que dans l',ibrie1 la ,gaule1 l',italie1 on avait compt les langues p> c5ta9es2 et je le conois1 qu& je songe qu'avant les conqurants1 *aque ville1 *aque t]ritoire n\rrissait un peuple ennemi de son vois91 et sp> de lui en t\tes *oses2 mais de telles citations et autres semblables n'atteign5t po9t nos que/ions3 il y a plus1 je ne me rappelle po9t avoir lu1 en aucun auteur grec ou lat91 la m5tion d'aucune grammaire trangre compose p> curiosit ou p> motif de comm]ce ou d'in/ruction4 ,avons-n\s mme aucune grammaire grecque compose avant notre re8 ,*ez les ,roma9s de la rpublique1 ce g5re d'tude fut t>dif2 ,v>ron seul le signale p> son rudition et ses vues philosophiques4 4 ,,ii4 ,,cole ,,grecque3 ,,sy/,,mes ,,tablis ,,avant ,,les ,,faits ,,obs]v,s4 ,*ez les ,grecs comme *ez les ,roma9s1 on peut dire que l'tude du langage n'a eu qu'un b rhtorique1 je veux dire l'art d'm\voir les passions1 art suscit p> la nature du g\v]nem5t de ces peuples1 long-temps re/ plus ou mo9s dmocratique3 on ne peut le ni]1 ces peuples fur5t d'habiles arti/es cet g>d2 mais s\s le po9t de vue d'tude philosophique du langage1 je ne cra9s pas de dire qu'ils sont re/s presque aussi enfants que les sauvages de l',amrique du nord1 les uns et les autres n\s racontant gravem5t1 sur l'autorit de leurs anctres1 que l'art de p>l] fut inv5t p> les manit\s1 les gnies et les dieux4 ,un peuple peut produire de gr&s pe9tres1 de gr&s potes1 de gr&s orateurs1 sans tre avanc dans aucune sci5ce exacte3 ces tal5ts ti5n5t l'art d'exprim] les s5sations et les passions2 mais appr(ondir des connaissances mtaphysiques telles que la =mation des ides et leur manife/ation p> le langage1 cela e/ d'une t\t autre difficult4 ,je ne vois que ,platon1 cette abeille de t\te sci5ce1 ce pote de t\te philosophie1 qui montre en ce g5re quelques ap]u dans son dialogue intitul ,kratyle2 et cep5dant1 aprs la lecture de ce morceau1 on se tr\ve peu avanc dans la solution des deux que/ions proposes ,socrate3 il e/ mme p]mis de dire que le rsultat le plus clair e/ l'artificieux procd du compositeur1 qui1 ayant pos la d\ble "q de savoir si le langage e/ n de la nature des *oses1 ou de la conv5tion des hommes1 a dguis son emb>ras s\s les t]giv]sations de ,socrate1 qui raisonne tantt p\r et tantt contre1 et qui indique plutt le faible que le =t de *aque op9ion4 ,auj\rd'hui que1 p> les progrs gnraux de la civilisation huma9e et de t\tes les connaissances physiques et morales1 n\s avons s\s nos yeux plus de six c5ts vocabulaires de nations div]ses1 et plus de c5t grammaires2 auj\rd'hui que1 dans ces vocabulaires1 n\s voyons les objets des beso9s les plus simples et les plus naturels exprims p> des noms totalem5t div]s1 les raisonnem5ts de ,platon devi5n5t bi5 peu de *ose1 et c'e/ aux faits que n\s devons dem&] de l'in/ruction4 ct des ttonnem5ts sy/matiques et des ?ories prmatures des anci5s1 je ne vois qu'un seul fait1 presque puril en app>5ce1 mais qui donne lieu des inductions assez lum9euses3 je veux p>l] de expri5ce imag9e p> un roi d'gypte1 dans l'int5tion de dc\vrir la race d'hommes l plus anci5ne4 ,cette expri5ce n\s e/ raconte p> un hi/ori5 dont les anci5s n'ont po9t su apprci] le mrite1 mais dont la fidlit1 et l'in/ruction1 con/ates auj\rd'hui p> une lite de savants dans l'expdition franaise en gypte1 replac5t l'autorit et le crdit au premi] rang des tmoignages anci5s4 ,voici ce que dit cet hi/ori51 qui e/ ,hrodote3 4 ,,iii4 ,,cole ,,gypti5ne4 ,le roi ,psammticus fit remettre deux enfants n\veau-ns1 pris au has>d1 entre les ma9s d'un b]g]1 *>g de les lev] au milieu de ses tr\peaux royaux1 avec l'injonction de ne jamais pr(r] devant eux une seule p>ole1 et de les laiss] con/amm5t seuls dans une habitation sp>e4 ,ce b]g] devait leur am5] des *vres1 c]ta9s int]valles1 les faire tt]1 et ne plus s'en occup] ensuite4 ,psammticus1 en prescrivant ces div]ses prcautions1 se proposait de connatre1 lorsque le temps des vagissem5ts du premi] ge s]ait pass1 dans quel langage ces enfants comm5c]ai5t s'exprim]4 ,les *oses s'tant excutes comme il l'avait ordonn1 il arriva qu'aprs deux ans c\ls1 au mom5t o le b]g]1 qui s'tait con=m aux in/ructions qu'il avait reues1 ouvrait la porte et se prp>ait entr]1 les deux enfants1 t5dant les ma9s v]s lui1 se mir5t cri] ensemble1 ,bkos4 ,le b]g] n'y fit d'abord pas beauc\p d'att5tion2 mais en rxrant ses visites et ses obs]vations1 il rem>qua que les enfants rptai5t t\j\rs le mme mot3 il en in/ruisit le roi1 qui ordonna de les am5] en sa prs5ce4 ,psammticus ayant ou de leur b\*e le mot bkos1 fit re*]*] si cette expression avait un s5s dans la langue de quelque peuple2 il apprit que les ,phrygi5s s'en s]vai5t p\r dire du pa94 ,les gypti5s1 aprs avoir pes les consqu5ces de cette expri5ce1 cons5tir5t reg>d] les ,phrygi5s comme d'une race plus anci5ne qu'eux4 ,raisonnons sur ce fait3 des savants d'gypte veul5t1 p> l'entremise de leur roi1 savoir quelle e/ la langue naturelle de l'homme2 quelle langue il p>le avant d'avoir eu aucun matre1 et reu ou fait aucune conv5tion4 ,ils ont donc cru1 ces savants1 qu'il y a une langue naturelle1 un langage inn1 un in/9ct de p>l] comme un in/9ct de mang] et de m>*]4 ,si leur op9ion tait vraie1 t\te langue orig9ale1 t\te langue de peuple sauvage devrait tre la mme2 t\t individu g> dans les =ts de ,hanovre et de ,*ampagne1 comme n\s en avons vu1 devait dire bk2 or1 n\s ne voyons ri5 de semblable4 ,nos savants de ,psammtique ont cru que deux enfants sque/rs p>l]ai5t sans matre2 ils n'ont donc pas cru le langage n des conv5tions de l'tat social4 ,mais que s]ait1 quoi s]virait une langue sans la socit8 ,les deux enfants ont prononc un premi] mot2 ce mot1 v\s le s5tez1 n'a pas t prcism5t le grec bk-os3 l'hi/ori5 s'e/ pli au gnie de sa langue1 l'intolrante habitude de sa nation1 qui veut t\j\rs aj\t] ses f9ales h>monieuses la roideur des mots b>b>es4 ,les enfants ont dit bk3 les savants gypti5s ont suppos que ce mot tait de pure inv5tion2 mais v\s1 ,messieurs1 qui calculez t\tes les circon/ances de cette preuve1 v\s n'oubliez pas que ces enfants ont *aque j\r ent5du le cri de deux *vres1 et v\s s5tez qu'ils n'ont fait qu'imit] ce cri3 cette imitation e/ une *ose naturelle1 et ici n\s voyons l'onomatope se montr] comme moy5 premi] du langage4 ,ces petites ma*9es n]veuses ont rpt le cri qui les frappait1 et qui1 s'tant li l'action de l'animal dont elles tirai5t leur subsi/ance1 e/ dev5u l'indice de leurs beso9s1 de leur dsir de boire et de mang]2 p> cette liaison1 la conv5tion s'e/ tablie entre les deux enfants et le b]g] ou t\t autre tre huma91 mme entre les enfants et la *vre2 et comme n\s savons que la *vre s5t elle-mme ce langage1 n\s y voyons la preuve que les animaux mmes y p>ticip5t dans la proportion de leurs facults4 ,en vrit1 c'e/ un sujet d'tonnem5t que de voir les savants de ,psammticus1 s\rds et aveugles de tels indices2 mais en mme temps1 c'e/ p\r n\s une n\velle preuve que1 qu& notre esprit e/ imbu d'un prjug1 il p]d la facult de voir t\t ce qui e/ hors de sa ligne2 ce sont les yeux d'un malade de la jaunisse1 qui ne peut voir les objets que jaunes2 p\rrions-n\s bi5 rpondre de notre sant n\s-mmes1 sur un nombre de sujets8 ,nos gypti5s s'enquir5t *ez quel peuple exi/e le mot bk2 le has>d veut que dans la langue phrygi5ne il signifie pa91 et les voil qui conclu5t qu'il y a liaison intime1 aff9it naturelle entre le mot bk et la sub/ance pa93 quelle misrable logique6 ,d'abord le mot bk a pu exi/] en d'autres langues2 les gypti5s en ont-ils fait la re*]*e *ez les ,*9ois1 les ,t>t>es1 les ,ind\s1 les ,celtes1 mmes *ez leurs vois9s ,arabico-,phnici5s8 n\s le tr\v]ions1 s'il tait ncessaire1 c]ta9em5t avec d'autres s5s4 ,mais en outre1 comm5t ont-ils pu suppos] un mot naturel1 p\r un objet qui ne l'e/ pas1 qui e/ objet d'art1 inv5t t>divem5t1 p\r une opration trs-complique1 puisqu'il a fallu sem] du from5t1 le recueillir1 le battre1 le m\dre1 le ptrir1 le lev]1 le cuire p\r en faire du pa92 ensuite1 comm5t sur un seul mot fond] une op9ion gnralise8 comm5t n'avoir pas cont9u l'expri5ce p\r en voir le dveloppem5t1 et surt\t la solution de la gr&e difficult1 celle de la con/ruction grammaticale8 ,qui p\rra ni] qu' cette poque t\s ces savants n'ai5t t de gr&s enfants dans l'art des expri5ces1 dans l'tude de la nature1 dans la sci5ce subtile de l'idologie8 ,pr5ons acte de ce fait1 p\r apprci] les connaissances mtaphysiques de l'anci5 monde connu cette poque2 n\s p\vons croire que les druides et les brahmanes n'tai5t pas plus avancs4 ,c'tait v]s l'an #fdh1 ,?als v5ait de natre2 mo9s de deux sicles aprs1 l'an #dfj1 ,hrodote tait en gypte1 o il recevait cette anecdote consigne dans des mmoires hi/oriques2 il la racontait1 quatorze ans plus t>d1 la multitude des ,grecs assembls dans le ,cirque ,olympique 7v]s #ddf72 qu>ante-six ans plus t>d 7v]s l'an #djj71 ,platon1 qui avait voyag et sj\rn en gypte1 et qui connaissait le livre d',hrodote1 pr(essait dans son dialogue de ,kratyle l'op9ion des savants gypti5s4 ,ne devi5t-il pas trs-probable que ,platon1 ici1 comme sur tant d'autres po9ts1 n'a t que l'*o des mtaphysici5s d'gypte8 ,ari/ote1 qui suivit ,platon1 et qui lui e/ suprieur en t\te bran*e de sci5ce positive1 n'e/ pas plus avanc ici2 dira-t-on qu'il a implicitem5t rsolu la "q de la =mation du langage p> son axiome pr(ond et clbre1 ,nihil e/ 9 intellectu quod non prius fu]it 9 s5su 7,ri5 n'e/ dans l'ent5dem5t qui n'ait d'abord t dans la s5sation78 ,sans d\te1 la consqu5ce e/ bi5 que l'homme seul a pu inv5t] les signes de ses ides2 qu'aucun ag5t extrieur n'a pu lui s\ffl] ou suggr] ces signes qu& leurs modles n'exi/ai5t pas2 qu'en un mot le langage e/ le fruit de son organisation physique1 et de ses conv5tions artificielles et sociales4 ,mais qu& on voit combi5 peu ,ari/ote lui-mme a su tir] p>ti de son gr& pr9cipe mtaphysique1 on ne peut ni] que les consqu5ces n'en soi5t re/es bi5 occultes1 jusqu' ce que ,locke1 il y a c5t tr5te ans seulem5t1 soit v5u les mettre en une vid5ce qui a p>u une cration2 encore e/-il vrai que malgr qu'aprs lui l'esprit lum9eux des ,condillac et des ,tracy ait de plus en plus clairci le problme1 il n'a po9t encore reu t\s les dveloppem5ts qu'il requi]t4 ,l'cole d',alex&rie1 qui fut le plus heureux fruit des conqutes d',alex&re1 dut produire des re*]*es et des raisonnem5ts sur nos que/ions2 mais on a droit de p5s] qu'elle ne fut que l'*o du pass4 ,,iv4 ,,cole ,,juive4 ct de cette cole1 je ne dirai pas1 naquit1 je dis1 sortit de son obscurit l'cole juive1 qui1 lo9 d'(frir ri5 de n\veau1 ne fit que reproduire des doctr9es surannes4 ,en effet1 lorsque la cosmogonie juive n\s p>le d'un premi] c\ple huma91 cre p> ,dieu1 ou p> les dieux1 elle n\s prs5te d'une manire seulem5t diffr5te ce que dis5t la plup>t des autres cosmogonies2 et lorsqu'elle aj\te que le premi] homme donna des noms propres t\s les oiseaux du ciel1 t\s les animaux de la t]re2 comme plusieurs de ces noms1 en langue hbraque1 sont c>actri/iques de leurs facults ou actions et proprits1 c'e/--dire1 de leur nature1 il s'ensuit que l'auteur1 ou les auteurs de cette cosmogonie1 ont t dans l'op9ion gypti5ne que n\s v5ons de voir1 et laquelle les ides innes de ,platon ont du donn] une n\velle =ce4 ,cette induction en acqui]t elle-mme1 qu& les ,juifs n\s atte/5t que les sci5ces gypti5nes ont t la s\*e des leurs4 ,je n'ap]ois pas une semblable analogie un autre fait qu'ils n\s cit5t1 relatif encore la "q des langues1 je veux dire1 celui de leur confusion l'occasion de la t\r de ,babel1 c'e/--dire de la pyramide de ,babylone1 qui fut l'obs]vatoire a/ronomique des prtres *aldens1 cit p> t\s les hi/ori5s1 comme exi/ant depuis un temps immmorial4 ,il m'e/ d'autant plus ncessaire d'expos] ici le propre texte1 ,messieurs1 que1 p> un cas trange1 v\s allez voir qu'il se tr\ve ne pas port] le s5s qu'on lui a donn jusqu' ce j\r4 ,t\te la t]re avait une seule lvre 7c'e/--dire un seul langage1 et un seul p>l] ou disc\rs71 et des hommes p>tis de l',ori5t1 s'tablir5t dans la valle de ,s5n>1 et ils se dir5t3 ,ptrissons de la t]re1 cuisons des briques2 et la brique leur dev9t pi]re1 la b\e1 morti]2 et ils se dir5t3 ,btissons-n\s une ville et une t\r dont la tte soit dans le ciel2 faisons-n\s un nom 7ou un signal3 le mot hbreu a les deux s5s71 af9 que n\s ne soyons pas disp]ss sur la t]re3 et ,dieu1 desc5dit p\r voir cette t\r1 et il dit3 ,ce peuple n'a qu'une lvre ou langue3 ri5 ne les emp*]a d'excut] leur p5se 7leur projet73 desc5dons1 et confondons leur lvre2 qu'ils ne s'ent5d5t plus l'un l'autre2 et ,dieu les disp]sa a9si1 et ils cessr5t de btir leur ville444 ,voil1 ,messieurs1 le texte littral3 il veut quelques obs]vations grammaticales4 ,d'abord1 le mot hbreu traduit1 la t]re 7,ars1 en arabe ,ard71 n'a pas rig\reusem5t le s5s que les int]prtes lui donn5t2 ils av\5t que les ,hbreux n'ont eu aucune ide de la t]re globe2 que ce peuple a cru confusm5t qu'elle tait une gr&e le porte sur l'eau1 sans savoir sur quoi portait l'eau2 que ce peuple p>faitem5t ignorant en t\tes *oses physiques#de1 ne connaissait ri5 trois c5ts lieues au del de ses frontires1 etc4 ,la vrit e/ que dans la langue hbraque1 le mot t]re e/ habituellem5t pris p\r pays1 lequel n'a po9t de t]me propre2 p>t\t on lit1 la t]re de ,juda1 la t]re d',isral1 la t]re de ,*anaan1 la t]re d'gypte1 la t]re de ,s5n>1 ce qui ne signifie que pays3 or1 l'on n'a aucun droit de di/+u] en franais ou en lat91 ce que l'orig9al ne di/+ue pas2 et si l'on veut raisonn] p> probabilits naturelles1 on ouvre la porte un g5re de discussions que les int]prtes ent5d5t rejet] leur gr4 ,secondem5t1 les int]prtes et la ,vulgate1 qui les guide1 ont traduit3 ,faisons-n\s un nom1 une r5omme1 af9 que n\s ne soyons pas disp]ss4 ,entre les deux membres de cette phrase1 il n'y a aucune analogie4 ,je traduis avec le savant ,vossius1 faisons-n\s un signal2 ce qui e/ un des s5s reconnus du mot hbreu 7%em73 l1 il y a analogie2 un signal lev1 visible de lo91 e/ propre emp*] la disp]sion4 ,s]ai-je hrtique p\r ces obs]vations8 ,je p\rrais en faire encore une sur ce mot3 ,dieu desc5dit1 et de suite il e/ dit3 desc5dons4 ,si je ne compr5ds pas ce surcrot de desc5te1 l'une au s+uli] et l'autre au pluriel1 s]ai-je traduit devant un jury anglais8 ,j'arrive au fond de la "q4 ,le n>rateur dit que t\te la t]re ou contre n'avait qu'une langue1 il ne la spcifie pas cette langue4 ,quelqu'un a-t-il le droit de dcrt] que ce fut l'hbraque8 il me semble que non2 d'abord p>ce que le texte lui-mme ne le spcifie pas2 #b p>ce que dans l'hi/oire d',abraham1 ce pre de la race hbraque1 lorsque le texte dit qu'il naquit dans la t]re de ,s5n> 7bi5 connue p\r tre un pays syri571 qu'ensuite son pre l'emm5a dans le pays de ,h>ran 7galem5t syri571 ce texte donne droit de p5s] que la langue nationale de la famille d',abraham fut le syri5 ou syriaque1 dont1 au temps de ,jacob et de ,laban1 l'exi/5ce =melle n\s e/ atte/e1 et se cont9ue sans int]ruption jusqu' des poques po/rieures et c]ta9es2 #c enf91 p>ce que l'on peut dmontr] hi/oriquem5t et grammaticalem5t que l'hbreu n'e/ qu'un dialecte phnici5 =m depuis ,abraham1 p> l'incorporation que lui et ses desc5dants ne cessr5t de faire leur naissante et faible tribu1 des naturels du pays o ils s'tablir5t4 ,je ne prt5ds po9t conte/] aux int]prtes1 que les con/ructeurs de la t\r de ,babylone ai5t t\t c\p oubli leur langue2 je ne me fais pas juge des possibilits naturelles3 une langue peut s'oubli] p> un mal subit de c]veau2 mais dcrt]1 comme le font nos infaillibles1 que ces con/ructeurs p>lr5t t\t c\p des langues n\velles1 c'e/ ce que je ni]ais dans un concile1 p>ce que le texte m'y autorise p> son sil5ce2 il dit nm5t3 ,confondons leur langage1 af9 qu'ils ne s'ent5d5t plus l'un l'autre2 or1 ceci ne dit pas du t\t qu'ils p>lr5t d'autres langues1 mais seulem5t qu'ils cessr5t de se compr5dre2 et ils pur5t cess] p> dfaut de prononciation1 p> br$\illage1 p> confusion de t]mes1 p> emploi involontaire d'un mot p\r l'autre2 enf91 d'une manire que l'on n'a ni l'obligation1 ni le droit de spcifi]2 ils ne s'ent5dir5t plus1 voil t\t4 ,actuellem5t1 ,messieurs1 apprciez l'extrme lgret1 la proccupation aveugle de tant de docteurs qui ont v\lu1 qui veul5t encore que cet vnem5t soit la s\rce o il faut *]*] l'orig9e des innombrables langues qu'a p>les et que p>le l'espce huma9e4 ,lesquels des savants de ,psammticus ou des ntres sont les plus aveugles1 les plus entts de prjugs8 ,si je tr\ve l'anci5ne doctr9e juive1 sur le langage naturel1 une analogie1 et presqu'une orig9e pr(ane1 je n'assur]ai pas que j'en tr\ve une semblable au rcit hi/orique que je vi5s de v\s prs5t]2 nanmo9s1 v\s me p]mettrez une citation qui e/ du mo9s s+ulire2 elle m'e/ f\rnie p> les hi/ori5s de cette mme ville de ,babylone1 dans un rcit que n\s a transmis ,diodore de ,sicile4 ,aprs la mort de ,n9us1 fondateur de l'empire assyri51 sa femme1 ,smiramis1 compagne et rivale de sa gloire1 v\lut1 p> des actions tonnantes1 surpass] son m>i4 ,n9us avait employ plusieurs annes btir une ville1 imm5se la vrit1 mais qui1 place en pays montueux1 sur un fleuve rebelle 7le ,tigre71 n'tait qu'une gr&e et in]te b\rgade4 ,smiramis v\lut con/ruire une cit comm]ciale et militaire1 qui ft la fois l'entrept des m>*&ises de l',inde et de la basse ,asie1 le b\lev>d d'un pays ri*e p> lui-mme1 l'asyle d'une population nombreuse contre l'invasion de l'ennemi1 l'p\vantail des ,arabes du ds]t1 et en mme temps le m>* ncessaire et opul5t qui les attirt en temps de paix3 en un mot1 ,smiramis traa le plan de ,babylone2 ce fut un c>r de d\ze mille mtres1 ou trois lieues de longueur sur *aque ct1 flanqu d'un mur de soixante-qu9ze pi$s de hauteur1 etc4 ,smiramis projetant dja d'autres gr&es entreprises1 /atua que celle-ci ne dur]ait qu'un an2 p\r cet effet1 elle leva une corve de deux millions d'hommes1 pris dans la population big>re de son va/e empire1 depuis les s\rces de l',indus jusqu' l',eux9 7ou m] ,noire71 et depuis le ,caucase jusqu' l',arabie ,heureuse4 ,qu'on se figure la s5sation1 la rumeur que dut caus] le spectacle d'une telle multitude div]se de co/umes1 de moeurs1 et surt\t de langages ou de dialectes dont le nombre a pu pass] quatre-v+ts ou c5t6 ,qu'on voie cette multitude1 jete confusm5t1 di/ribu militairem5t sur ses ateli]s2 occupe pr9cipalem5t fabriqu] l'incroyable quantit de briques qu'exigr5t de telles murailles1 et des quais proportionns sur l',euphrate1 et un pont1 et deux *teaux =ts2 enf91 une pyramide appele t\r p> les g5s du pays1 c'e/--dire p> les ,arabes *aldens1 dont le dialecte1 comme l'hbreu et le syri51 n'a que le mot t\r p\r exprim] t\t difice saillant et lev#df4 ,cette t\r1 encore subsi/ante au temps d',hrodote1 et qui1 sur trois c5t sept pi$s de base1 et autant d'lvation1 dut tre un objet si frappant dans une pla9e rase1 ne fut pas un /rile monum5t comme ceux d'gypte3 ce fut un magnifique et utile cadeau que l'habile ,smiramis fit aux prtres du pays1 les *aldens1 p\r leur s]vir d'obs]vatoire a/ronomique1 et favoris] de plus en plus l'tude d'une sci5ce qui les avait r5dus clbres au dehors1 et puissants au d$ans1 sur l'esprit d'un peuple conquis que cette re9e v\lait apprivois]4 ,qu'on juge de l'tonnem5t de ce peuple ignorant et sup]/itieux1 ne connaissant que sa langue arabe et que le ds]t qui ent\rait son le4 ,supposons que deux ou trois c5ts ans aprs ont et dem& de telles g5s p\rquoi et comm5t avait t btie cette montagne1 il me semble ent5dre ces ,arabes rpondre3 ,aux temps anci5s1 il v9t du ct de la ,p]se 7qui e/ l',ori5t7 des hommes puissants qui il prit fantaisie d'lev] cette t\r2 ils v\lai5t1 dit-on1 mont] au ciel1 et cela p\r reg>d] nos dieux 7c'e/--dire les a/res1 dieux du temps et du pays72 mais la confusion se mit dans leur langage1 p> un p\voir div91 et ils fur5t obligs de se disp]s] 7comme fir5t les ouvri]s de ,smiramis72 en mmoire de cet vnem5t1 cette ville a g>d *ez n\s le nom de ,babul1 c'e/--dire confusion#dg4 ,entre ce rcit et celui des ,juifs1 je convi5s que plusieurs circon/ances diffr5t1 et surt\t que des objections *ronologiques peuv5t tre suscites contre l'id5tit2 mais en traitant mon sujet didactique et sec p> lui-mme1 en trav]sant les pla9es arides du vieil ,ori5t1 j'ai p5s1 ,messieurs1 que v\s me p]mettriez de cueillir une fleur hi/orique p\r v\s l'(frir en dlassem5t4 ,v4 ,,cole ,,*r,,ti5ne4 ,du se9 de l'cole juive sortit l'cole *rti5ne2 p5dant le premi] sicle1 ses disciples1 t\s illettrs1 t\s de la classe du peuple1 uniquem5t livrs la morale pratique1 ngligr5t et rep\ssr5t1 comme futilit1 t\te tude qui n'et pas p\r b d'obt5ir l'autre vie4 ,dans le second et troisime sicle1 des hommes lettrs1 conv]tis aux ides n\velles1 y joignir5t celles de leur ducation1 c'e/ presque dire celles de ,platon1 alors dom9antes4 ,il ne put manqu] de natre bi5tt des diss5tim5ts sur t\te "q ab/raite2 mais p>ce que l'ess5ce du sy/me naissant tait la *>it frat]nelle1 l'galit des droits1 la communaut des bi5s1 t\t ce qui n'attaqua po9t ces bases fut laiss au libre arbitre2 on put diss]t] sur le langage d',adam1 savoir s'il fut hbreu ou syriaque2 sur la manire dont il put donn] des noms aux animaux sans les connatre2 sur la confusion du langage1 sur la prt5due naissance des langues1 dont quelques docteurs v\lur5t compt] soixante-d\ze1 qu& d'autres les rduisai5t quatre1 qu'ils nommai5t langues mres1 etc4 ,un vque1 pre de l'glise1 put ni] cette confusion1 comme cause1 et l'admettre seulem5t comme consqu5ce de la disp]sion1 sans en tre mo9s reconnu p\r un sa9t4 7,grgoire de ,nysse47 ,cet tat de lib]t dura jusqu'au comm5cem5t du quatrime sicle2 alors se fit une vritable rvolution dans la socit *rti5ne1 et cela p> suite des dcrets de l'assemble de ,nice1 qui introduisant dans le rgime des fidles la hir>*ie civile et presque militaire de l'emp]eur grco-roma91 *angea la dmocratie de l'glise primitive en une olig>*ie sac]dotale rapidem5t dev5ue despotique4 ,ds lors il ne fut plus p]mis d'tablir des raisonnem5ts sans l'approbation des suprieurs surveillants 7epi-scopoi72 comme t\te op9ion dev9t affaire de p>ti1 il dev9t dang]eux ou inutile de suivre t\te tude oppose ou trangre aux passions ou aux volonts des puissants3 t\t emploi de la raison huma9e fut une acte d'indp5dance vis--vis des docteurs qui se con/itur5t int]prtes de ,dieu1 qui se fir5t presque dieux p>lants4 ,t\t ce que n\s appelons idologie1 tude raisonnable de l'ent5dem5t huma91 fut dcrdit au po9t que je p\rrais cit] des s5t5ces d'vques qui ont int]dit l'tude de la grammaire3 elles me s]ai5t f\rnies p> un de nos savants confrres qui je dois ma rem>que4 ,on peut dire que cette l?>gie de l'esprit huma9 n'a cess qu'au seizime sicle1 et cela1 p> le conc\rs de plusieurs circon/ances2 p> la prise de ,con/ant9ople 7#adec71 qui t\t c\p jeta en ,europe une quantit de livres et d'hommes savants2 p> le dsir que fir5t natre ces livres de multipli] leurs copies2 p> la naissance de l'imprim]ie1 qui t5dit rapidem5t l'in/ruction ou le moy5 de l'acqurir2 enf91 p> l'insurrection de l',allemagne contre la ?ocratie itali5ne1 d'o sont nes des lib]ts de t\t g5re1 qui *aque j\r ont t5du dvelopp] le bon s5s naturel et la raison de l'homme4 ,p>mi les tudes qui se ranimr5t1 celle des langues fut une des premires1 raison du beso9 d'ent5dre et d'int]prt] les livres anci5s4 ,les esprits curieux ne t>dr5t pas d'tablir des comp>aisons r5dues plus piquantes p> leur n\veaut4 ,le premi] essai connu en ce g5re1 fut un vocabulaire que l'itali5 ,pigafetta fit imprim] v]s #aecf1 cont5ant un recueil de mots de div]s peuples *ez qui il avait voyag4 ,deux travaux plus rguli]s1 plus importants1 le suivir5t2 l'un de ,guillaume ,po/el1 n ,franais1 qui1 la date de #aecf1 publia en langue lat9e1 ,p>is1 son livre intitul1 ,l+u>um ,,xii1 *>act]ibus diff]5tium1 alphabeti introductio ac leg5di modus facillimus1 avec une diss]tation sur l'orig9e et l'antiquit de l'hbreu1 et une comp>aison des langues ori5tales entre elles1 et avec le lat9 et le franais3 l'autre1 de ,teseo ,ambrogio1 n ,pavie1 o il fit imprim] aussi en lat91 en #aeci1 son ,introduction aux langues *aldaque1 syriaque1 armni5ne1 et ses rem>ques sur dix autres langues4 ,ces deux productions ont le mrite de prs5t] les essais ou ttonnem5ts de l'art en t\t g5re4 ,ambrogio avait eu p\r matres des mo9es syri5s1 armni5s1 abyss9s1 appels ,rome p> les l>gesses des papes3 ,po/el avait voyag au ,levant aux frais du roi de ,france2 ceci donne un mrite p>ticuli] leur m?ode de prononciation4 ,dix ans plus t>d 7#aedh71 le ,holl&ais ,?odore ,bu*mann1 qui a grcis son nom en celui de ,bibli&]1 mit au j\r son livre intitul1 de ,ratione communi omnium l+u>um1 etc41 o il prt5dit expliqu] leurs pr9cipes communs p> les exemples de dix ou de d\ze langues3 il faut lui savoir gr d'avoir excit l'mulation de ses successeurs1 en leur ayant prs5t le premi] essai du ,pat] no/]1 traduit ou crit en quatorze langues4 ,il s]ait trop long de cit] en dtail t\s les ouvrages accumuls depuis lui sur cette matire2 il me suffira d'indiqu] les pr9cipaux qui suiv5t3 ,en #aeeh1 le livre de ,conrad ,gesn]1 intitul1 ,mi?ridates1 seu de diff]5tiis l+u>um2 ,en #aehj1 le trait de ,jean ,gorop ,bkan1 intitul1 ,h]ma!na1 ou ,m]cure et ,m9]ve2 ,en #aeib et #aeic1 ,specim5 #dj div]s>um l+u>um et dialectorum1 de ,jrme ,mejes]1 avec le ,pat] no/] en c9quante langues2 ,en #afaj1 le fragm5t de ,scalig]1 de ,europeorum l+uis2 ,en #afac1 le ,trsor de l'hi/oire des langues1 p> ,duret2 ,en #afaf1 l',h>monie tymologique des langues1 p> ti5ne ,gui*>t2 ,en #affg1 les ,prolgomnes de ,walton1 auteur de la clbre ,polyglotte2 ,en #afgi1 l',atlantica de ,olas ,rudbek1 en mme temps que le jsuite ,kirk] publiait sa ,t\r de ,babel2 ,en #afig1 le ,gloss>ium univ]sale hebraicum1 de ,?omass92 ,en #agjc1 le ,pat] no/] en plus de c5t langues1 p> l'anglais ,mull]2 ,en #agae1 le mme ,pat]1 p> ,*amb]layne1 encore plus t5du et plus correct4 cette poque1 l'on avait dja beauc\p fait p\r l'rudition2 beauc\p de matriaux tai5t rassembls p\r le raisonnem5t3 presque aucun pas n'tait fait encore v]s la connaissance de la vrit1 p>ce qu'aucun pas n'avait t dirig p> un s5s droit1 libre de prjug4 ,t\s les criva9s que j'ai cits1 et leurs semblables que j'ai omis1 tai5t p>tis de deux faits pr9cipaux1 considrs comme indubitables2 savoir1 qu'un premi] homme1 appel ,adam1 avait naturellem5t ou miraculeusem5t p>l la langue hbraque2 et en second lieu1 qu'un vnem5t1 appel la confusion de ,babel1 avait subitem5t introduit dans le monde une f\le de langues1 d'o procdai5t t\tes les div]sits que n\s voyons4 ,les ef=ts des savants n'avai5t t5du qu' mieux dmontr] l'un et l'autre fait p> des tymologies dont l'abus tait d'autant plus gr&1 que trs-s\v5t la vraie prononciation des mots tait dnature4 ,en voyant cette unanimit de tant de docteurs1 qui ne croirait que rellem5t leurs op9ions avai5t des bases positives8 ,ici se montre un n\vel exemple de l'aveuglem5t inv9cible que caus5t les prjugs de l'ducation1 rivs p> une autorit corcitive4 ,v\s v5ez de voir1 ,messieurs1 qu'au sujet de la confusion et de la disp]sion1 le texte orig9al ne disait po9t ce qu'on lui faisait dire sur l'app>ition de langues n\velles2 eh bi56 en scrutant le texte relatif au langage d',adam1 v\s allez voir qu'il n'autorise pas mieux l'ide que ce langage ait t l'idiome hbraque4 ,voici ce texte trs-littral2 ,g5se1 *ap4 ,,ii1 v]s4 #f3 ,et ,dieu =ma l'homme de la p\ssire de la t]re2 il s\ffla sur sa face un s\ffle de vie1 et l'homme dev9t une ame vivante4 ,puis1 mme *ap41 v]s4 #bf3 ,et ,dieu =ma de la t]re1 t\te bte des *amps1 t\t volatile du ciel1 et il les am5a l'homme1 p\r voir comme il les nomm]ait2 et t\t ce que l'homme nomma e/ le nom de cette ame vivante2 et l'homme donna des noms t\t gros animal1 et t\t volatile du ciel1 et t\te bte des *amps4 ,ri5 autre que ces passages n'e/ relatif au langage d',adam2 l'on ne saurait me cit] aucune autre phrase qui y ait trait4 ,or1 il e/ vid5t que ce texte ne dcide po9t qu',adam ait donn des noms en langue hbraque3 aucune autorit n'a le droit de voir ici plus qu'il ne s'y tr\ve3 dira-t-on que cela e/ probable1 que cela e/ con=me au raisonnem5t naturel8 ,j'accept]ai l'arbitrage des probabilits et de la raison naturelle1 si l'on veut l'tablir con/ant2 mais p> ces moy5s mmes1 je pr\v]ais que ce put1 que ce dut tre plutt en langue syriaque4 ,t\te dispute "p1 je m'en ti5s au texte2 ri5 n'y e/ spcifi2 les ass]tions des savants ne sont que des hypo?ses1 et les int]prtes ont pos en pr9cipe ce qui e/ en problme2 aussi ne peuv5t-ils s'accord] entre eux4 ,,vi4 ,,cole ,,philosophique4 ,,obs]vation ,,des ,,faits1 ,,tablie ,,comme ,,pr,,lim9aire ,,indisp5sable ,,t\te ,,?,,orie4 ,ce ne fut que v]s #agaj1 qu'un homme d'un esprit simple et droit1 sortant de la r\te commune1 mit les premires ides judicieuses sur la manire de pos] la "q de l'tude des langues2 cet homme fut ,guillaume ,leibnitz4 ,en lisant dans les ,mlanges de ,b]l9 sa diss]tation ou mditation sur les orig9es des peuples1 dduites pr9cipalem5t des indices de leurs langues1 on voit qu'il n'osa heurt] de front des prjugs qui ont p\r logique ord9aire le sabre ou le tison4 ,il pr5d un circuit +nieux1 mais efficace1 p\r arriv] son b2 sa doctr9e peut se rsum] dans les articles suivants3 ,l'tude des langues ne doit pas tre conduite p> d'autres pr9cipes que ceux des autres sci5ces exactes4 ,p\rquoi comm5c] p> l'inconnu af9 d'arriv] au connu8 ,le bon s5s n'indique-t-il pas d'tudi] d'abord les langues mod]nes qui n\s sont palpables1 af9 de les comp>] l'une l'autre1 de con/at] leurs diffr5ces ou leurs aff9its1 et de pass] ensuite aux langues qui les ont prcdes dans les sicles antrieurs1 af9 de r5dre s5sibles leur filiation1 leur orig9e1 et p> ce moy5 remont] d'*elon en *elon aux langues les plus anci5nes1 dont l'analyse devra f\rnir les seules conclusions que n\s puissions n\s p]mettre8 ,l'on voit que ,leibnitz proposa aux juges d'un gr& procs1 de ne pas prononc] sans avoir exam9 les pices2 il e/ des temps o le coeur passionn rejett]ait mme cette vid5ce2 son poque on se lassait de disputes tnbreuses3 ce rayon produisit un effet conciliant4 ,l'ide de ,leibnitz e/ dev5ue le guide des re*]*es philologiques qui se sont multiplies dans le dix-huitime sicle2 des voyageurs de t\te nation1 des missionnaires de t\te secte1 ont rivalis recueillir des grammaires et des vocabulaires4 ,les savants d',europe ont pu comp>] une f\le d'idiomes des tribus sauvages d',amrique1 d',afrique1 de ,t>t>ie1 et des les de l',ocan4 ,il re/ait mettre en ordre t\s ces matriaux2 la f9 du sicle d]ni] et le comm5cem5t de celui-ci ont vu1 en mo9s de tr5te ans1 trois gr&es t5tatives de cette opration1 aussi honorables p\r leurs auteurs qu'in/ructives p\r leur auditoire#dh4 ,la premire fut celle dont l'impratrice ,ca!r9e ,,ii traa de sa propre ma9 le plan en #aghd4 ,p> ses ordres1 le pr(esseur ,pallas fit p>atre1 ds #aghf1 le clbre ouvrage crit en langue russe1 ayant p\r titre ,vocabulaire de t\tes les langues du monde1 au nombre d'environ deux c5ts4 ,j'ai r5du compte de ce livre l',acadmie ,celtique1 en #ahjf2 je n'en connaissais que deux volumes 9-#d2 j'ai appris depuis qu'un troisime avait p>u1 mais n'avait t di/ribu qu' un nombre assez limit de p]sonnes4 ,j'ai fait voir1 dans l'excution de cet ouvrage1 plusieurs dfauts assez graves1 ns sans d\te de la prcipitation du travail1 puisque les deux premi]s volumes1 recueillis jusqu'en ,italie1 fur5t imprims en deux ans2 cela ne l'emp*e pas d'tre un des plus beaux prs5ts faits la philosophie p> un g\v]nem5t4 ,la seconde t5tative a t le livre de l'abb don ,lor5zo ,h]vas1 intitul3 ,catalogue des langues des nations connues1 dnombres et classes selon la div]sit de leurs idiomes et dialectes1 etc4 ,l'ouvrage1 crit en espagnol1 e/ en six volumes 9-#h1 dont le premi] e/ dat de ,madrid1 l'an #ahjj1 et le sixime1 ,madrid1 l'an #ahjf4 ,v\s r5dre1 ,messieurs1 un compte dtaill de cette composition t5due et complique1 et exig plus de temps que v\s ne p\vez m'en accord]4 ,je me born]ai v\s dire que l'auteur1 favoris de beauc\p de moy5s de =tune et de crdit2 usant de t\s les sec\rs littraires que lui procurr5t ,rome et l',italie p5dant v+t-c9q ans de sj\r2 tr\vant s\s sa ma9 la plup>t des livres imprims en son g5re d'tude2 j\issant des matriaux accumuls la propag&e p> des missionnaires de t\te robe1 a9si que des ,mmoires recueillis p> les jsuites dans les quatre p>ties du monde1 n'a pu manqu] d'acqurir des notions plus ju/es1 plus t5dues qu'aucun de ses prdcesseurs1 pr9cipalem5t sur ce qui conc]ne les lm5ts grammaticaux1 les aff9its1 les diffr5ces des langues mod]nes4 ,quant aux langues anci5nes1 et surt\t quant aux filiations et aux orig9es en gnral1 il n'a pu se g>antir des prjugs que lui imposai5t et son ducation et sa robe1 et le respect de l'vque de ,rome1 et la t]reur de l'inquisition2 il n'a pas d\t un in/ant que la confusion de ,babel n'ait produit la div]sit des langues1 et qu'il ne faille repr5dre l'orig9e des pr9cipales dans la p]sonne de quelque enfant ou petit-enfant de ,no encore qu'il soit ?ologiquem5t impossible de pr\v] p> les textes1 hbreu ou grec1 la prs5ce d'aucun membre de cette famille l'vnem5t cit2 et encore qu'il soit p]mis p> le gnie ou c>actre de la langue hbraque et de ses analogues1 de reg>d] comme des noms collectifs de peuples et de pays1 les noms qu'il a plu des int]prtes sup]ficiels d'tablir comme des noms d'individus4 ,ce prjug d',h]vas1 dont je p5se avoir bi5 dmontr l'erreur1 l'a jet dans beauc\p de conclusions fausses1 et l'on ne doit le lire qu'avec la dfiance due aux op9ions sy/matiques2 cela n'emp*e pas de regrett] qu'un tel livre1 si rappro* de n\s p> son idiome espagnol1 n'ait pas t traduit1 ou du mo9s l>gem5t extrait p> quelque bon esprit franais4 ,la troisime t5tative a t l'ouvrage allem& intitul3 ,mi?ridates1 ou ,sci5ce gnrale des langues1 avec le ,pat] no/]1 traduit en plus de c9q c5ts idiomes ou dialectes1 p> ,adelung1 conseill] aulique1 et biblio?caire de l'lecteur de ,saxe4 ,le premi] volume de cet ouvrage 9-#h a p>u en #ahjf ,b]l91 lorsque se t]m9ait ,madrid celui d',h]vas4 ,un second volume a suivi en #ahji3 l'auteur n'a pas eu la consolation d'a*ev] son entreprise1 fruit de tr5te ans d'tudes assidues4 ,une digne supplant1 le savant pr(esseur ,vat]1 a publi1 en #ahab1 un troisime volume n\rri en p>tie des matriaux d',adelung2 en #ahaf1 un quatrime en deux p>ties1 et enf91 un volume de supplm5t4 ,le quatrime traite des langues des deux ,amriques1 le troisime de celles de l',afrique2 les deux premi]s de celles d',asie et d',europe1 tant anci5nes que mod]nes4 ,comme je n'ai pas le bonheur d'ent5dre l'idiome allem&1 je n'ai pu pr5dre une connaissance directe de cet important et curieux ouvrage3 seulem5t1 quelques portions de traductions que je me suis procures1 celle entre autres de la prface1 que je dois l'amiti d'un honorable collgue1 ,m4 le comte de la ,ro*e-,aimon1 me p]mett5t d'avoir une ide approximative du plan et de l'esprit de l'auteur4 ,il diffre d',h]vas en beauc\p de po9ts1 et surt\t en indp5dance d'op9ions3 il a connu quelques p>ties du livre espagnol1 mais non pas t\tes2 il envisage son sujet1 mo9s s\s le po9t de vue hi/orique1 que s\s l'aspect philosophique et grammatical2 il s'applique surt\t tudi] les oprations de l'esprit huma9 dans la con/ruction du langage1 dans ce que l'on appelle syntaxe1 ordre et disposition des ides4 ,quoique prote/ant1 il ne se ti5t po9t li p> la ,bible1 ni p> les rcits de la t\r de ,babel4 ,l't5due de son in/ruction excite l'tonnem5t2 la droiture de son esprit et de son int5tion inspire le respect4 ,il e/ naturel que sur des sujets si div]s1 il y ait quelques p>ties faibles2 l'on ne p\rrait gure se p]mettre une traduction littrale de ce livre1 quelquefois diffus1 et surt\t dans les deux premi]s volumes2 mais ce s]ait un gr& s]vice r5du notre littrature1 que d'en publi] un volum9eux extrait4 ,il me re/e obs]v] qu'il p>tage avec t\s ceux de son g5re1 un dfaut1 un vice radical qui a jusqu'ici entrav la sci5ce1 et qui1 s'il n'e/ corrig1 emp*]a son p]fectionnem5t4 ,ce vice consi/e en ce que les vocabulaires de tant de nations div]ses1 recueillis p> les ,europens1 ont t s\mis un mme sy/me de lettres1 qui nanmo9s n'ont po9t les mmes valeurs2 de l1 il e/ rsult qu'un mme vocabulaire1 p> exemple le *9ois1 le malais1 l'arabe1 le mexica91 etc41 se prs5te notre lecture s\s des =mes t\t--fait diffr5tes1 selon qu'il a t transcrit p> un criva9 anglais ou itali5 ou allem&2 les mots devi5n5t surt\t mconnaissables1 si1 p> un cas frqu5t1 ils se compos5t de prononciations inusites dans la langue du copi/e2 c>1 alors1 p\r les exprim]1 ce copi/e a tantt imag91 tantt emprunt de son propre alphabet1 des comb9aisons de lettres qui aggrav5t la confusion4 ,p> exemple1 les ,arabes ont une consonne appele djim1 qui vaut notre dj2 les ,allem&s1 qui n'ont po9t notre ja1 ont imag9 de r5dre l'arabe p> ds*1 ce qui donne quatre lettres p\r une1 sans exprim]1 ou plutt en dnaturant la vraie prononciation4 ,il en rsulte que1 p\r pe9dre le mot arabe djahs1 une bte de somme1 ils criv5t ds*ahhs*1 c'e/--dire dix lettres p\r c9q1 ou plutt p\r quatre1 avec une file vraim5t ridicule de lettres h4 ,leurs voyageurs n\s sont in9telligibles en mots gographiques et patronymiques3 ils peuv5t en dire autant de n\s1 et des ,anglais1 et des ,itali5s2 p> suite de ce vice1 le ,pat] no/]1 qui en hbreu1 en syriaque1 en arabe1 en ?iopi51 a rellem5t des mots et des prononciations extrmem5t ressemblantes1 (fre dans les transcriptions des savants polyglottes une vritable confusion de ,babel4 ,p\r remdi] ce vice capital1 j'ai depuis v+t-c9q ans propos et p\rsuivi un sy/me d'or?ographe dont j'ai discut les pr9cipes et dmontr les nombreux avantages dans mes deux traits de la ,simplification des langues ori5tales1 et de l',alphabet europen appliqu aux langues asiatiques4 ,les pr9cipes sur lesquels mon sy/me e/ fond sont auj\rd'hui reconnus p\r aussi solides1 aussi clairs que ceux de l'algbre2 mais leur application1 et l'emploi des lettres n\velles que je n'ai pu me disp5s] de propos]1 sont1 et s]ont combattus p> les anci5nes habitudes1 jusqu' ce que le temps ait am5 des habitudes n\velles dans une n\velle gnration4 ,ma9t5ant1 ,messieurs1 si v\s dsirez que je rsume les consqu5ces des raisonnem5ts et des faits que j'ai eu l'honneur de v\s expos]1 v\s en tr\v]ez plusieurs1 je p5se1 dignes de votre att5tion1 les unes p> leur importance1 les autres p> leur n\veaut4 ,d'abord1 si v\s considrez d'un ct t\t ce que n\s avons ignor jusqu' notre poque sur les langues en gnral 7sans p>l] de ce que n\s ignorons encore72 si v\s comp>ez le va/e ?tre gographique des langues ci-devant inconnues1 l'troite sphre de celles o n\s n'avons cess de r\l]1 v\s p5s]ez qu'il ne suffit pas de savoir le grec et le lat9 p\r raisonn] sur la philosophie du langage1 p\r btir de ces ?ories que l'on appelle des grammaires univ]selles2 v\s s5tirez que notre exclusive admiration du grec et du lat9 n'e/ qu'un tribut irrfl*i pay p> notre enfance la vanit scola/ique de n\s in/ituteurs1 qui veul5t t\t savoir1 et l'orgueil militaire des peuples anci5s1 qui t9r5t p\r non exi/ant ce qu'ils ignorai5t4 ,que dirai5t-ils auj\rd'hui1 ces ,grecs et ces ,roma9s si fi]s de leurs idiomes1 issus des dieux comme leurs anctres1 si n\s1 leur pr\vions que leur lat9 plasgique1 que leur grec soi-disant auto*?one1 ne fur5t qu'une manation1 qu'un des dialectes de la langue d'une nation scy?ique dont le sige ou foy] fut la ,b\k>ie1 au nord de l',indus1 et t\*ant la ,bactriane p> les qu>ante degrs de latitude2 que du se9 de cette nation1 favorise d'un1 beau ciel et d'un beau sol1 et qui vcut la fois agricole et pa/orale1 sortir5t1 a des poques ignores de l'hi/oire1 des essaims de gu]ri]s1 qui1 comme on a vu plus t>d les ,gaulois1 comme on a vu ensuite les ,t>t>es de ,tam]lan et les ,mongols de ,te*+uiz-,kan1 t5dir5t leurs invasions successives depuis les pla9es du ,gange1 o leur race p]si/e1 jusqu'aux les britanniques1 o leurs traces s'ap]oiv5t encore8 ,depuis c5t ans1 le langage de cette nation scy?ique1 retr\v p> nos savants europens dans les livres sacrs de l',inde1 s\s le nom de sanscrit1 e/ de plus en plus reconnu p\r tre la base1 non seulem5t d'une inf9it de mots1 mais encore du sy/me grammatical d'une f\le de langues mod]nes et anci5nes3 de presque t\s les dialectes actuels de l',indo/an2 de l'anci5 dialecte go? et moesogo?1 du vieux teuton ou ,deut*e1 qui fut le ,dace des ,roma9s2 de son driv1 le plat allem&1 d'o driv5t leur t\r1 le holl&ais et l'anglo-saxon2 enf9 de l'anci5 grec lui-mme1 et de ses collatraux1 l'trusque et le lat92 de manire que les ,plasgues1 si clbres p> leurs migrations1 ont du tre1 comme les ,t*+>es 7nos ,bohmi5s71 une tribu d'orig9e indoscy!1 *asse l'oue/ p> des convulsions gu]rires3 sans d\te ce fur5t les desc5dants de ces ,scy!s sanskritiques1 qui1 s\s le nom grec de massagtes 7quivalant au sanscrit ,maha ,sagatai1 gr&s ,scy!s71 s\t9r5t contre les gypti5s le procs d'antiquit nationale dont p>le ,hrodote2 et ce fait1 lui seul1 r5d communs aux ,scy!s les huit ou neuf mille ans dont les gypti5s citai5t ,solon et ,platon1 des preuves que ces hommes clbres n\s atte/5t tre1 non des fables1 mais des faits au!ntiques portant avec eux leurs preuves4 ,en rsum1 les ,grecs si fi]s de leur langue et de leur gnie1 n'ont t que les c\s9s g]ma9s des ,gtes et des ,?races3 la situation gographique a fait la diffr5ce2 et nos littrateurs ddaigneux1 qui rep\ss]ai5t cette commune orig9e1 les f]ai5t ressembl] ces p>v5us qui mconnaiss5t leurs p>5ts4 ,une seconde consqu5ce1 n\velle et importante1 e/ que dsormais il e/ pr\v que l'homme seul1 p> ses moy5s naturels1 a pu1 a d inv5t] plusieurs langues4 ,cette vrit rsulte des diffr5ces tran*antes rem>ques entre div]s sy/mes grammaticaux1 dont quelques-uns sont vraim5t biz>res4 ,les savants philologues s'accord5t reconnatre plus de tr5te idiomes orig9aux ou langues mres2 or1 il suffit qu'une seule langue soit d'inv5tion huma9e1 p\r conclure que t\tes peuv5t l'tre3 ds lors disp>at le beso9 que se fit l'ignorance des premi]s raisonneurs en ce g5re1 d'appel] les dieux1 les gnies l'ducation primitive de l'homme1 et la sugge/ion de son langage4 ,expliqu] ce qu'on ne conoit po9t p> des moy5s encore plus inconcevables1 e/ un procd p> trop biz>re2 imag9] que l'homme puisse rcit] subitem5t des mots dont il n'a ni l'habitude ni le beso91 et qui s]ai5t les signes d'ides qui ne sont pas nes1 c'e/ une autre contradiction qui seule c>actrise et les inv5teurs et leurs disciples4 ,du re/e1 la cration naturelle des langues ne doit po9t al>m] ceux qui veul5t absolum5t que t\tes les races huma9es soi5t issues d'un seul c\ple primitif3 j'av\e que je n'ent5ds pas mieux l'app>ition naturelle d'un premi] c\ple que de plusieurs2 mais comme je ne vois aucune utilit morale et politique l'une et l'autre hypo?se1 je dem&e la p]mission de re/] indiffr5t3 seulem5t je rem>que qu'en admettant un seul c\ple primitif1 il a pu arriv]1 p> la suite1 que quelque c\ple de s\rds et de muets ait vcu isol1 et qu'il ait produit une race bi5 con=me1 qui aurait t contra9te de se faire une langue4 ,ni] la possibilit de cette inv5tion1 c'e/ prt5dre que t\t ce que l'on ne conoit pas ne peut exi/]2 plus je vieillis1 mo9s j'ai cette prt5tion2 sans sortir du c\rs des *oses naturelles1 il me semble que les lois de l'ent5dem5t huma9 suffis5t seules rs\dre le problme2 aussi a-t-il t dja t5t deux fois de manire faire espr] un succs f9al2 une premire fois p> le prsid5t de ,brosses1 en son trait de la ,=mation mcanique des langues#di2 une seconde fois p> l'auteur cossais1 "l ,munboddo et son ,essai sur l'orig9e et les progrs du langage2 ce second ouvrage a sur le premi] ce gr& avantage1 que ,munboddo ne s'e/ pas re/re9t la m?ode didactique1 comme l'a fait de ,brosses2 mais il a n\rri ses raisonnem5ts d'une f\le d'obs]vations et d'anecdotes curieuses1 f\rnies p> les voyageurs et les hi/ori5s sur les peuples sauvages et les individus tr\vs solitaires dans les bois3 de manire que sa ?orie pr5d un coloris anim qui la r5d plus p]suasive4 ,munboddo pr\ve p> des faits que l'homme solitaire n'a ni motif ni moy5 de p>l]2 que le langage nat seulem5t de l'tat social2 que ses premi]s lm5ts sont1 #a les cris ou int]jections2 #b les imitations des bruits naturels1 d'o nat l'onomatope1 ou cration des mots1 sur laquelle vi5t se greff] la conv5tion de pr5dre un son p\r signe d'une ide4 ,ds lors que la "q de l'orig9e du langage e/ explique1 t\tes ses subsqu5tes dc\l5t aism5t les unes des autres4 ,p> exemple1 celle de l'accroissem5t ou ext5sion d'une langue1 n'(fre pas de difficult relle3 l'on conoit comm5t1 sur un premi] canevas donn1 l'esprit huma9 prolonge de n\velles lignes dans la direction de celles qui exi/5t2 comm5t1 en acqurant des ides n\velles1 il les pe9t p> des mots tirs de la mme famille2 comm5t il comb9e les anci5s mots p\r en faire de n\veaux3 l'tude des tymologies e/ dmon/rative cet g>d2 les procds des enfants le s]ai5t galem5t1 si au lieu d'en faire des p]roquets1 n\s les laissions un peu raisonn] et p>l] d'eux-mmes4 ,une seconde "q1 l'tat /ationnaire d'une langue1 se conoit facilem5t3 en effet1 qu'un peuple vive isol2 qu'il ait acquis une somme d'ides suffisante ses beso9s1 ses habitudes2 que p> la nature de son g\v]nem5t il ne puisse t5dre la sphre de ses connaissances3 *ez un tel peuple1 la langue peut subsi/] des sicles sans avanc] ni recul]2 j'en f\rnirais des exemples au beso94 ,cet tat /ationnaire et limit e/ bi5 plus rp&u qu'on ne p5se2 il a lieu *ez presque t\s les peuples montagn>ds1 *ez les peuples pa/eurs1 s'ils peuv5t se prs]v] des gu]res ext]nes2 enf9 *ez les nations mme civilises1 et cela dans les classes et pr(essions o le temps de l'homme et de la famille e/ absorb p> les so9s de la subsi/ance2 ces classes ne connaiss5t de la langue nationale1 que la portion qui leur e/ ncessaire3 am5ez un paysan1 un ouvri]1 dans nos assembles sci5tifiques1 v\s v]rez combi5 de mots ils ne compr5n5t pas2 faites-les suivre un raisonnem5t ou une n>ration1 v\s v]rez qu'ils n'ont pas l'usage de plusieurs modes et temps de nos v]bes4 ,on se fait illusion1 lorsqu'on p>le des nations comme de corps sociaux homognes la manire des corps physiques2 elles ne sont que des confdrations de peuples diffr5ts1 qui1 s\s le nom de ri*es1 de pauvres1 de propritaires1 de proltaires1 d'oisifs1 de laborieux1 ont des sphres d'ides1 et p> consqu5t des dictionnaires de mots trs-diffr5ts4 ,n\s qui en faisons un1 ne s5tons-n\s pas *aque in/ant1 qu' ct de n\s il en exi/e d'autres relatifs aux arts1 aux sci5ces1 aux mti]s1 t\s faisant p>tie de l'idiome franais1 et qui cep5dant n\s sont plus ou mo9s trang]s8 ,une troisime "q1 celle de l'altration d'une langue1 veut tre divise en deux bran*es4 ,l'altration p> le mlange des mots trang]s3 c'e/ l'effet des gu]res1 des invasions1 du comm]ce4 ,ce mal vi5t de l'extrieur4 ,l'altration p> l'amaigrissem5t1 l'appauvrissem5t1 c'e/--dire1 p> l'oubli ou le non emploi des expressions et des t\rnures lgantes1 p> l'introduction des t]mes et des t\rnures triviales1 de mauvais gt1 de peu de ju/esse4 ,ce mal vi5t de l'intrieur4 ,l'altration p> mots trang]s1 effet des invasions1 des conqutes1 e/ trop claire p\r s'y arrt]2 elle e/ plus ou mo9s gr&e1 selon l'aff9it ou la dissemblance des deux langues qui se ml5t2 elle devi5t totale1 si leur con/ruction grammaticale e/ div]se1 c'e/--dire1 si l'exposition des ides m>*e dans un ordre diffr5t4 ,ce cas amne des dcompositions du langage exi/ant1 d'o sort un langage n\veau1 mixte de ceux qui prcd5t4 ,notre langue franaise en a f\rni un exemple trs-in/ructif1 depuis que l'un de nos savants et +nieux confrres#ej a dmontr sa =mation de t\tes pices1 p> un travail fait p\r s]vir de modle4 ,l'altration p> appauvrissem5t intrieur s'explique aism5t p> un exemple4 ,lorsqu'en #aghi la nation franaise conc\rut p> t\tes les classes qui la compos5t1 nomm] ses reprs5tants dans l'assemble dite ,con/ituante1 les lois et les h>angues1 p5dant trois ans1 p>lr5t le franais le plus noble et le plus correct4 ,la ,conv5tion succda3 v\s savez quel langage p>lr5t alors les h>angues et les lois8 ,p\rquoi cette diffr5ce8 p>ce que1 dans le premi] cas1 le langage fut celui des classes cultives et lettres2 t&is que1 dans le second1 il fut celui des classes qui ne connaissai5t que le dictionnaire des beso9s4 ,les *oses fur5t au po9t1 que l'on dut p>l] un mauvais /yle1 comme l'on dut port] un mauvais habit de sans-culotte4 ,les t]nels ,roma9s1 que ramne sans cesse notre ducation de collge1 vont me f\rnir un autre exemple4 ,dans l'orig9e1 ce peuple e/ un mlange d'hommes bannis de div]s tats de l',italie1 sur un mauvais sol volcanique que p]sonne n'envie2 ils ont un langage o dom9e le grec ml de mots gaulois1 phnici5s1 teutons1 introduits p> les gu]res et le comm]ce2 ce langage s'amalgame1 s'id5tifie p> la communaut d'habitude entre ceux qui s'en s]v5t2 il s'augm5te d'une gnration l'autre en proportion des ides n\velles2 ,rome s'agr&it1 rassemble une croissante population1 qui1 p> sa conc5tration1 pr5d bi5tt id5tit de moeurs et de langage2 aprs la ru9e de ,c>?age1 cette population1 db>rasse du s\ci des gu]res1 comm5ce s'occup] de j\issances1 cultiv] les sci5ces et les arts3 la langue se polit et s'ad\cit2 les prononciations dures devi5n5t pnibles des b\*es effm9es et dlicates3 on sub/itue les consonnes d\ces aux =tes4 ,on dit3 leguiones 7legiones7 p\r lekiones2 magui/ratus p\r maki/ratos2 effugiunt p\r exfokiont2 dictatori alto p\r dictator$ altod#ea4 ,dans cette population p>tage en deux nations ou factions rivales 7les plbi5s et les patrici5s71 leurs =ces respectives balances mett5t *aque citoy5 dans le cas d'exprim] librem5t ses s5tim5ts1 ses p5ses3 cette lib]t donne aux expressions de l'n]gie1 de l't5due2 le beso9 de p]suad] p]fectionne l'art de prs5t] les ides2 l'homme devi5t loqu5t p>ce qu'il e/ libre2 la langue acqui]t son maximum de p]fection2 l'esprit produit ses *efs-d'oeuvre4 ,bi5tt survi5t un *angem5t dans l'tat des *oses et dans la =me du g\v]nem5t3 les ri*es se sont unis p\r opprim]1 ils se divis5t p\r rgn]4 ,du se9 des rivaux s'lve un matre2 ,rome tremble devant l'imp]ator ent\r de soldats licteurs2 les c\rages ont t briss p> les proscriptions2 la t]reur e/ ma9t5ue p> les dlations4 ,que devi5dra le langage8 l'homme n'a plus de s5tim5ts gnreux manife/]1 plus d'ides h>dies ou ju/es mettre2 ses expressions vont dev5ir inc]ta9es1 timides1 tortueuses1 mme fausses et m5teuses2 ses phrases s]ont manires1 emb>rasses2 son /yle n'aura de c\leur que p\r l'adulation et le pangyrique3 on croira la langue appauvrie2 ce s]a le coeur et l'esprit4 ,les b>b>es vi5dront2 leur langage se ml]a au lat91 la confusion suivra1 et ce ne s]a qu'avec le temps que l'on v]ra natre un amalgame n\veau et biz>re4 ,une d]nire "q1 celle de la disp>ition1 de la p]te totale d'une langue1 tr\ve un exemple s+uli] dans le rcit d'un voyageur que je crois ,pallas3 deux hordes t>t>es tai5t en gu]re2 l'une surprit l'autre1 elle ext]m9a t\s les mles1 et g>da seulem5t les petits enfants et les femmes1 comme un moy5 d'accrotre promptem5t sa population2 les femmes des va9cus ne sur5t ou ne v\lur5t pas appr5dre la langue de leurs matres2 les enfants qui naquir5t1 levs dans la langue des mres1 la cons]vr5t de prfr5ce1 et p> un cas s+uli]1 la langue des va9cus supplanta1 en deux gnrations1 la langue des va9queurs4 ,mais il e/ bi5 temps de t]m9] ces considrations traces la hte2 je p5se avoir pr\v que l'tude des langues fut peu prs nulle *ez les anci5s1 que *ez les mod]nes elle a d'abord t remplie de prjugs et d'erreurs2 qu'elle n'a comm5c d'tre rellem5t philosophique1 c'e/--dire con=me au s5s droit et l'indication des faits1 que depuis un sicle2 que de nombreux matriaux se tr\v5t enf9 rassembls2 mais qu'il re/e encore beauc\p faire p\r en con/ruire un difice rguli] qui n\s prs5te la ?orie et la pratique1 s'appuyant et s'expliquant rciproquem5t2 enf91 comme dans l'crit mme que j'ai l'honneur de v\s s\mettre1 je ne puis me dissimul] quelques lacunes1 et que je dois y s\ponn] d'involontaires erreurs1 il devi5t une n\velle preuve de cette expri5ce nationale dont n\s devons n\s faire le repro*e1 relativem5t cette bran*e de connaissances3 heureux s'il dev5ait un motif d'mulation1 et si l',acadmie franaise en pr5ait occasion de dlibr] sur les moy5s de rp&re p>mi n\s l'lite ou du mo9s les pr9cipaux rsultats des ouvrages qui honor5t et enri*iss5t l'esprit de nos vois9s4 ,,f94 ,,notes3 #a ,quelques j\rs avant de m\rir1 ,m4 de ,volney avait comm5c l'hi/oire de sa vie2 t\t ce qui e/ m>qu p> des guillemets1 e/ copi sur des notes crites au crayon1 et qui fur5t tr\ves p>mi ses papi]s4 #b ,la ,*ambre des ,pairs1 l',acadmie4 #c ,*asseboeuf4 #d peu prs #f1jjj fr4 #e ,su>d1 ,vie du ,tasse4 #f ,moniteur du #bh mai #aghi4 #g ,moniteur du #bj mai #agij4 #h ,en #agia4 #i ,pa/oret1 ,disc\rs de rception l',acadmie4 #aj ,voyez page #cee4 #aa ,en ju9 #agih4 #ab ,laya1 ,disc\rs de l',acadmie4 #ac ,espce de r5>d qui ne vague que p5dant la nuit4 #ad ,d'aprs les calculs de ,josphe et de ,/rabon1 la ,syrie a d cont5ir dix millions d'habitants2 elle n'en a pas deux auj\rd'hui4 #ae ,le dragon ,bel4 #af ,en #aghb1 la f9 de la gu]re d',amrique4 #ag ,la fatalit e/ le prjug univ]sel et enrac9 des ,ori5taux3 ,,cela ,,tait ,,crit1 e/ leur rponse t\t2 de l leur apa?ie et leur nglig5ce1 qui sont un ob/acle radical t\te in/ruction et civilisation4 #ah ,voyez la plan*e ,,ii1 qui rprs5te une moiti de la t]re4 #ai ,l',afrique4 #bj ,la ,mdit]rane4 #ba ,voyez p\r ces faits le ,voyage en ,syrie1 tome ,,ii1 et les ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne1 tom4 ,,ii4 #bb ,il n'y a qu'un ,dieu1 et ,mahomet e/ son prophte4 #bc ,lu!r et ,calv94 #bd ,les saducens et les ph>isi5s4 #be ,qu& un sectateur de ,*iv5 ent5d prononc] le nom de ,vi*5\1 il s'enfuit en se b\*ant les oreilles et va se purifi]4 #bf ,ces p>oles sont le s5s et presque le texte littral du premi] *apitre du ,qran4 #bg ,ce sont ces deux gr&s p>tis qui divis5t les musulmans4 ,les ,turks ont embrass le second1 les ,p]sans le premi]4 #bh ,voyez ce sujet le tome ,i des ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne1 o cette "q e/ dveloppe fond1 depuis le *apitre ,v4 #bi ,les nuits de six mois4 #cj ,alitz1 en phnici5 ou hbreu1 signifie dansant et joyeux4 #ca ,o,eil et soleil s'exprim5t p> un mme mot dans la plup>t des anci5nes langues d',asie4 #cb ,du lat9 lex1 lectio3 ,alcoran signifie aussi la lecture1 et n'e/ qu'une traduction littrale du mot loi4 #cc ,c'e/ de ce mot habitudes1 actions rptes1 en lat9 mores1 que vi5t le mot moral et t\te sa famille4 #cd ,dome/ique vi5t du mot lat9 domus1 maison4 #ce ,oico-nomos1 en grec1 bon ordre de la maison4 #cf quitas1 quilibrium1 qualitas1 sont t\s de la mme famille4 #cg ,cet crit e/ le texte orig9al sur lequel fut faite la traduction anglaise1 publie ,philadelphie en v5tose an #e4 #ch ,volney se cont5te de rappel] cette ass]tion du docteur et ddaigne de la rfut]4 ,il n'y rpondit1 plusieurs annes aprs1 que p> la publication de ses savans ouvrages sur les langues ori5tales4 7,note de l'diteur47 #ci ,le docteur ,prie/ley tait de la secte des ,quak]s4 #dj ,qu& v\s jenez n'affectez pas la tri/esse des hypocrites1 qui se r5d5t le visage ple et dfait1 af9 que les hommes rem>qu5t qu'ils jen5t3 ,mais1 qu& v\s jenez1 p>fumez-v\s la tte et lavez-v\s le visage4 ,sa9t ,mat?ieu1 *ap4 ,,vii1 v]s4 #af et #ag4 #da ,le docteur ,n4441 ?ologi51 et le docteur ,black1 *imi/e1 tai5t au caf ,edimb\rg4 ,on jeta sur la table une n\velle bro*ure ?ologique du docteur ,prie/ley3 ,en vrit1 dit le docteur ,n4441 cet homme f]ait mieux de s'en t5ir la *imie2 c>1 d'honneur1 il n'ent5d ri5 en ?ologie4 ,p>donnez-moi1 rpondit le docteur ,black1 il e/ prtre1 il fait son mti]2 c>1 de bonne foi1 il n'ent5d ri5 en *imie4 #db ,le docteur ,prie/ley lui-mme1 qui donna un s]mon au pr(it des immigrants1 comme les comdi5s donn5t une pice au pr(it des pauvres4 #dc ,et que m'en revi5t-il ici 7de mes travaux de m9i/re vanglique71 si ce n'e/ peut-tre de m'attir] le mpris de g5s tels que ,m4 ,volney1 qu' la vrit cep5dant je me s5s assez capable de support]8 ,ce langage e/ d'autant plus trange1 que ds long-temps ,m4 ,prie/ley n'avait reu de ma "p que des honntets4 ,en #agia je lui adressai un mmoire sur la *ronologie1 l'occasion des tableaux qu'il avait publis3 p\r t\te rponse il m'injuria en #agib44444 ,aprs m'avoir injuri1 me tr\vant ici l'hiv] d]ni]1 il me fit pri] dn] *ez son hte et ami ,m4 ,russell2 aprs m'avoir fait beauc\p de politesses ce dn]1 il m'invective de n\veau dans un pamphlet2 aprs m'avoir invectiv1 il me r5contre dans la rue de ,spruce1 veut me pr5dre la ma9 comme un ami1 et il p>le de moi s\s ce nom en gr&e compagnie4 ,je dem&e au public1 qu'e/-ce que le docteur ,prie/ley8 #dd ,elle dura c9q qu>ts d'heure4 #de ,voyez les ,comm5taires de dom ,calmet4 #df ,t\r1 en arabe et en hbreu b\rdj et b\rg2 d'o vi5n5t l'allem& et l'anglais1 burg1 bor\gh1 et le franais1 b\rg1 p> la raison que les t\rs ou clo*]s ont t\j\rs t le signal d'un lieu habit4 #dg ,babil1 en franais1 e/ bi5 analogue2 et en gypti51 le mot b>b> on b]b]1 p\r dsign] l'homme trang]1 semble n'tre que l'quival5t de babul1 comme signe d'un br$\illage qu'on ne compr5d pas4 #dh ,je ne p>le po9t de celle de ,c\rt de ,gbel91 qui app>ti5t plutt aux romans qu' la sci5ce4 #di ,publi en #agfe2 #b vol4 9-#ab4 ,voyez *ap4 ,,vi1 t4 #a #ej ,m4 ,rayn\>d1 dans ses ,re*]*es sur l'orig9e et la =mation de la langue romane1 etc4 7,*ez ,firm9-,didot1 rue ,jacob74 #ea ,vieux lat9 de la deuxime gu]re punique4