de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,les ,,deux ,,p>adis ,d' ,,abd-,,er-,,rhaman ,,jules ,,telli] ,,p>is ,*ez ,,mile ,,paul frres1 diteur1 rue du faub\rg ,sa9t-,honor1 #ajj ,,mcmxxi ,,les ,,deux ,,p>adis ,d' ,,abd-,,er-,,rhaman ,i ,ri5 n'e/ plus tri/e que c]ta9s j\rs d'hiv] dans la montagne algri5ne4 ,con/ant9e1 il e/ des mom5ts o l'on p\rrait se croire dans les pays du ,nord4 ,les rues sont noires et l'atmosphre ple2 on a aut\r de soi le br\ill>d et s\s ses pi$s la b\e2 on patauge et on grelotte4 ,mille *oses p\rtant v\s rappell5t que v\s tes en ,afrique3 des burn\s blancs circul5t1 accompagns p>fois d'un p>apluie v]t2 des indignes1 plus s\cieux de leur *aussure que de leur p]sonne1 m>*5t pi$s nus1 avec leurs s&ales la ma92 des ,kabyles1 ju*s sur leurs mulets1 v\s cri5t ,blek6 d'une voix ennuye2 a et l1 un tr\peau de *vres1 guid p> un vieill>d biblique1 dfile avec l5teur devant les cafs o les ,r\mis s'abs9!nt1 protgs p> les portes bi5 closes2 et l-haut1 sur le m9>et dont la p>tie suprieure se p]d dans la brume blan*e1 un muezz9 qu'on ne voit pas hurle mlancoliquem5t aux quatre co9s de l'horizon444 ,,ii ,c'tait le soir d'un de ces j\rs-l4 ,on tait en dcembre2 la nuit tait tombe1 et le temps tait brumeux et froid4 ,p\rtant le vieux tleb ,abd-er-,rhaman-,b5-,l\nis se prom5ait seul1 p> les ruelles tortueuses du qu>ti] arabe2 et il ne semblait pas qu'il se s\cit du froid ni de la brume4 ,il allait l5tem5t1 le vieux tleb1 appuy sur son bton1 son visage disp>aissant demi s\s le capu*on du burn\s1 sa longue b>be grise tombant sur sa poitr9e1 p>eil a9si aux d]vi*es qu'on voit dans les images4 ,les ruelles o il passait tai5t troites1 raboteuses1 mal ou po9t claires1 avec des p5tes subites et des angles brusques1 tantt c\v]tes et tantt non4 et l on di/+uait de vagues =mes blan*es1 accr\pies dans l'enfoncem5t des portes ou c\*es sur le rebord des hn\tts4 ,le vieux tleb1 m>*ant t\j\rs1 arriva cette rue1 p>allle au rav91 qui trav]se le qu>ti] dans t\te sa longueur1 et il la suivit2 mais aprs avoir fait quelques pas dans la direction de l'antique porte ,bb-el-,gebi1 il s'arrta devant une maison basse blan*ie la *aux1 ressemblante t\tes les autres4 ,c'e/ bi5 l1 murmura-t-il2 et1 t&is que de trs vieux s\v5irs lui rev5ai5t l'esprit1 il demeura longtemps immobile1 les yeux fixs sur cette maison dans ces tnbres4 ,,iii ,c'tait bi5 dans cette maison1 en effet1 que soixante ans plus tt le viel ,abd-er-,rhaman avait t l'cole p\r la premire fois1 avec une f\le d'autres enfants la tte rase1 gravem5t vtus dj du burn\s blanc capu*on1 p>eils de petites c>icatures gracieuses et sol5nelles4 ,abd-er-,rhaman tait un enfant aux *eveux blonds et aux yeux bleus1 un de ces ,b]bres dont le type tmoigne clairem5t d'anci5nes immigrations celtiques dans l',afrique du ,nord4 ,de t\s les coli]s qui v5ai5t l il tait le plus curieux de savoir4 ,aussi1 plus t>d1 il tudia s\s bi5 d'autres matres1 et il apprit bi5 d'autres *oses4 ,et comme il tait ri*e1 p>v5u l'ge d'homme1 il ne fut po9t =c de pratiqu] un mti] p\r vivre1 et p5dant de longues annes il cont9ua paisiblem5t ses lectures et ses tudes4 ,mais les ,franais entrr5t un j\r ,con/ant9e1 et ces n\veaux v5us fir5t p]dre ,abd-er-,rhaman t\te la paix de son esprit4 ,son ducation les lui faisait har1 et cep5dant on ne sait quelle sympa?ie l'attirait v]s eux4 ,il apprit leur langue et lut leurs livres4 ,jusque-l1 il avait cru au ,koran d'une foi absolue2 mme il avait pe9e imag9 qu'on pt n'y po9t croire4 ,sans d\te1 il avait de t\t temps connu des juifs2 mais les juifs n'tai5t pas p\r lui des hommes4 ,les *rti5s le tr\blr5t pr(ondm5t4 ,leurs op9ions s'emp>r5t de sa p5se1 et n'en sortir5t plus4 ,*aque j\r il conut quelque d\te n\veau2 et la f9 il ne re/a presque plus ri5 en lui de la foi du temps jadis4 ,,iv ,ce soir-l le vieux tleb tait plus que jamais t\rm5t p> ses d\tes2 et c'e/ p\rquoi le dsir lui tait v5u de revoir la maison o1 t\t enfant1 il avait comm5c appr5dre la p>ole du prophte4 ,mais cette vue ne fit que l'attri/] davantage1 et1 en repr5ant sa m>*e1 il ne put s'emp*] de retomb] dans ses rflexions4 ,avant de sortir1 il avait relu la belle et trange page du ,koran sur ,m>ie1 mre de ,jsus3 ,fais m5tion de ,myriam qu& elle s'loigna de sa famille1 et qu'elle se dirigea du ct ori5tal444 ,malgr lui1 il songeait cet ,assa que les juifs avai5t crucifi et qu'adorai5t les *rti5s4 ,ne p\vait-il tre vraim5t le fils de ,dieu8 ,d'aprs le ,koran mme1 un ange annona sa naissance ,myriam1 et elle le conut p> une opration surnaturelle4 ,allah avait-il jamais autant fait p\r un autre prophte8 ,et une telle faveur ne rvlait-elle pas un tre unique1 suprieur t\t le re/e des hommes8 ,la mission de ,mohamm$1 aprs t\t1 n'tait pas si bi5 pr\ve4 ,lui-mme dans le ,koran dcl>ait v+t reprises qu'il n'avait pas reu d',allah le don des miracles4 ,assa le possdait1 lui4 ,il gurissait les lpreux et les aveugles de naissance2 et mme1 avec un peu de b\e1 il faonna un oiseau qui se mit vol]4 ,passe encore qu',allah et refus le don des miracles ,mohamm$2 mais lui avait-il vraim5t accord celui de connatre l'av5ir8 ,les prdictions du prophte ne se vrifiai5t plus4 ,si les infidles v\s combatt5t1 avait-il dit1 ils ne t>d]ont pas pr5dre la fuite2 ils ne tr\v]ont ni sec\rs ni protecteur4 ,or1 les *rti5s avai5t va9cu les croyants dans presque t\tes les batailles2 ils tai5t en ,afrique depuis c9quante ans1 et on n'esprait po9t les en *ass] de sitt4 ,la p>ole de ,mohamm$ tait donc conva9cue de fausset1-- mo9s p\rtant qu',allah ne v\lt1 en donnant la victoire aux *rti5s1 punir son peuple de ses fautes1 ou peut-tre pr\v] sa f]met dans la foi4 ,comm5t sortir de t\s ces d\tes8 ,plus ,abd-er-,rhaman mditait1 plus il lui semblait difficile de dcid] entre les deux religions4 ,la "q tait grave1 p\rtant4 ,l'vangile le m5aait de l'enf] s'il d\tait de la div9it de ,jsus2 le ,koran le m5aait du ,geh5nam s'il ne croyait po9t la mission de ,mahomet4 ,en songeant t\t cela1 le vieux tleb cont9uait sa prom5ade4 ,ri5 ne le rappelait au logis1 c> jamais il n'avait pris de femme1 et il n'tait att5du que de ses s]viteurs4 ,aussi1 du qu>ti] ,arabe1 il monta jusqu' la rue ,nationale1 et de la rue ,nationale jusqu' la rue de ,france4 ,c'tait1 en un qu>t d'heure1 pass]1 p\r a9si dire1 d'un monde un autre4 ,t\t l'heure1 dans les ruelles b>b>es1 vois9es du rav91 il et pu se croire encore aux temps de son enfance1 ou mme1 s'il et v\lu1 au sicle du ,sultan ,h>\n-er-,ras*id4 ,ma9t5ant1 il tait1 dans une ville t\t europenne4 ,les ,franais1 t\j\rs presss d'all] on ne sait o1 le c\doyai5t sur l'asphalte du trottoir1 clair p> des rv]bres disposs di/ances gales4 ,au milieu du br\ill>d1 brillai5t les talages des magas9s de n\veauts et les bocaux r\ges et v]ts des ph>macies l'in/> de ,p>is4 ,il arriva sur la place ,nem\rs4 ,des nacres /ationnai5t devant le ?tre4 ,comme c'tait l'entr'acte1 il y avait f\le sur les m>*es de l'difice1 inaugur depuis peu4 ,une gr&e affi*e r\ge lui apprit qu'on reprs5tait ,madame ,fav>d4 ,il s5tait obscurm5t une corrlation entre sa de/9e et celle de cette ,con/ant9e o il avait t\j\rs vcu4 ,depuis l'arrive des ,r\mis1 elle avait autant *ang que lui et il avait autant *ang qu'elle4 ,comme son esprit1 aprs avoir t jadis simple et h>monieuse1 elle tait auj\rd'hui tr\ble et composite2 et les *oses n\velles1 en se sub/ituant et l1 aux *oses anci5nes avai5t produit dans les rues de la ville le mme mlange incohr5t et disp>ate que dans le c]veau du tleb4 ,il se prom5a longtemps dans la rue de ,france1 bi5 que le br\ill>d et le froid euss5t encore augm5t4 ,qu& il reprit enf9 le *em9 de sa maison1 la nuit tait dj avance4 ,le sil5ce tait absolu4 ,seulem5t1 dans les sombres ruelles1 on ent5dait de lo9 en lo9 le ahan ry?m d'un b\lang] arabe1 qu'on p\vait voir travaill]1 demi-nu1 en reg>dant trav]s les plan*es mal jo9tes du hn\tt4 ,v ,le l5dema91 le vieil ,abd-er-,rhaman ne put se lev]4 ,il avait trop prolong sa prom5ade nocturne4 ,une pleursie se dcl>a1 et s'aggrava jusqu' ne plus laiss] d'espoir4 ,abd-er-,rhaman1 t5du sur son lit1 trs sombre1 ne rpondait pas mme aux p>oles d'enc\ragem5t de ses s]viteurs1 et des quelques amis qui v5ai5t le voir4 ,ma9t5ant qu'il se s5tait m\rir1 ses inc]titudes lui rev5ai5t plus poignantes4 ,il tait mo9s t\rm5t p> la d\leur que p> le d\te2 il avait mo9s peur de la mort que de la vie future4 ,enf91 un soir1 comme il tait au plus mal1 le dome/ique multre qui le veillait le vit s\rire t\t c\p4 ,le vieill>d avait tr\v un moy5 d'assur] son salut1 en dpit de ses d\tes1 un expdi5t la fois subtil et naf1 comme ceux des enfants ou des sauvages4 --,fra*1 dit-il1 envoie quelqu'un me *]*] le premi] prtre de la gr&e mosque des *rti5s2 et surt\t1 qu'on veille bi5 ce que p]sonne ne le voie entr]4 ,lorsqu'il fut seul avec le prtre1 ,abd-er-,rhaman lui dcl>a qu' son lit de mort1 il ent5dait embrass] la foi *rti5ne4 ,aprs quelques int]rogations1 le prtre le jugea digne de recevoir les sacrem5ts2 il le baptisa et le fit communi]4 --,mon fils1 lui dit-il ensuite1 ayez confiance en ,*ri/1 c> c'e/ lui le matre qui paie l'ouvri] de la d]nire heure l'gal de ceux de la premire1 et c'e/ lui le b]g] qui se s5t plus de t5dresse p\r la brebis retr\ve que p\r celles qui sont t\j\rs re/es au b]cail4 --,fra*1 dit ,abd-er-,rhaman1 ds que le prtre l'eut quitt1 comm&e qu'on m'aille *]*] l'iman de la mosque de ,sidil-,akd>4 ,lorsque l'iman fut prs de lui1 ,abd-er-,rhaman lui dcl>a qu'il m\rait en fidle croyant1 et lui dem&a la bndiction mahomtane4 --,mon fils1 lui dit l'iman1 je te connais4 ,tu n'es pas un de ces musulmans livrs aux vices qui subiront p5dant sept mille ans les t\rm5ts du ,geh5nam1 avant de pntr] dans le j>d9 des bi5heureux4 ,tu ne t'es pas adorn au v9 ni aux boissons f]m5tes2 tu z obs]v les jenes1 les prires et les ablutions2 tu z fait l'aumne aux prtres et aux pauvres3 tu j\iras de la rcomp5se que tes oeuvres t'ont mrite4 ,je te bnis au nom du ,clm5t et du ,misricordieux1 et de ,mohamm$ qui e/ son prophte6 ,et1 avant de sortir1 il t5dit sol5nellem5t ses deux ma9s au-dessus de la face ple et d*>ne du m\rant4 ,p5dant les heures qui suivir5t1 le vieux tleb1 qui s'affaiblissait de plus en plus1 adressa t\r t\r des prires f]v5tes ,assa et ,mohamm$4 ,cette nuit-l1 p> un prodige unique1 il eut vraim5t deux croyances1 absolues t\tes les deux3 c> il ne les comp>ait plus et ne s'arrtait plus leurs contradictions3 il se cont5tait de song] sp>m5t *acune d'elles1 et d'y adhr] de t\tes les =ces de son me4 ,un gr& frisson le trav]sa1 et il connut qu'il allait m\rir4 ,il se s\leva demi sur sa c\*e1 et il eut encore la =ce de se recomm&] voix haute ses deux matres1 en un d\ble lan de foi et d'am\r3 --,sidi ,assa1 pr5ds piti de moi au mom5t o je vais p>atre devant ,dieu dont tu es vraim5t le fils6--,sidi ,mohamm$1 ne m'ab&onne pas au mom5t o je vais tre jug p> ,allah1 dont tu es vraim5t le prophte6 ,ce d]ni] ef=t l'puisa4 ,il retomba in]te4 ,il tait mort4 ,au mme mom5t1 l'me d',abd-er-,rhaman s'leva dans l'air suprieur1 laissant les prtres des deux religions se disput] ici-bas son enveloppe mortelle4 ,,vi ,l'me d',abd-er-,rhaman tait une vapeur subtile1 transp>5te1 figurant exactem5t le corps qu'elle avait habit4 ,le vieux tleb avait t\j\rs sa longue b>be grise et son front *auve4 ,seulem5t1 il tait nu1 et deux ailes lui tai5t v5ues sur le dos4 ,en se balanant dans l'air1 il reg>da d'abord avec complaisance les maisons de ,con/ant9e1 qui se massai5t confusm5t au-dess\s de lui4 ,qu& il leva les yeux1 il ap]ut deux anges qui v5ai5t de deux po9ts opposs de l'horizon4 ,en un cl9 d'oeil1 l'un fut sa droite et l'autre sa gau*e4 ,le premi] tait un ange blanc1 d'une beaut si d\ce qu'on ne peut l'exprim]4 ,le second tait beau aussi1 mais d'une beaut sombre2 et t\t son corps tait noir comme l'bne4 ,le premi] t5ait une palme1 et c'tait ,raphal1 qui e/ l',ange-de-la-,gurison p\r les *rti5s4 ,le second t5ait une c\ronne1 et c'tait ,azral1 qui e/ l',ange-de-la-,mort p\r les ,musulmans4 --,abd-er-,rhaman1 dit ,raphal1 pr5ds cette palme1 et suis-moi dans le p>adis de ,jsus4 --,abd-er-,rhaman1 dit ,azral1 pr5ds cette c\ronne1 et suis-moi dans le p>adis de ,mahomm$4 --,esprits1 leur rpondit ,abd-er-,rhaman1 p\rquoi me tromp] a9si et v\s j\] de moi8 ,p5dant mon exi/5ce t]re/re1 je n'ai pas su dc\vrir quelle religion tait la vraie2 mais jamais je n'aurais imag9 qu'un tel d\te pt me suivre au milieu des habitants du ciel4 ,raphal s\rit en ent5dant ces p>oles4 --,abd-er-,rhaman1 dit-il1 sa*e enf9 qu'aucune religion n'e/ plus vraie que les autres1 p>ce que t\tes sont galem5t1 vraies la fois4 ,t\tes les croyances de l'homme enfant5t leurs objets4 ,le p>adis et l'enf] de ,jsus exi/5t vraim5t p\r les *rti5s1 et vraim5t aussi le ,j>d9 et la ,gh5ne de ,mahomet p\r les musulmans4 ,la ralit dans l'au-del se modle p\r *acun de v\s sur le songe qu'il a fait sur t]re2 et c'e/ de ce que v\s avez rv p5dant la vie que se compose votre de/9 aprs la mort4 ,l'homme qui a cru une religion l'a r5due vraie p\r lui en y croyant2 et il e/ jug p> elle4 ,s'il e/ digne de rcomp5se d'aprs son sy/me1 il j\it prcism5t du bonheur qu'il a espr2 s'il e/ digne de punition d'aprs sa doctr9e1 il subit prcism5t les tortures dont il a eu peur4 ,or tu z vcu d'une vie innoc5te et c&ide entre t\tes1 et jusque dans la vieillesse ton me e/ re/e blan*e comme celle d'un petit enfant4 ,en mme temps1 plus avis que t\s les autres hommes1 tu z fait deux rves1 tu z accompli d'un coeur s\mis les prescriptions matrielles de deux religions1 et au d]ni] mom5t au mo9s tu z eu un lan de foi s9cre v]s *acune d'elles4 ,aprs une vie comme la ti5ne1 celui-l e/ en rgle avec ,*ri/ qui rclame les sacrem5ts *rti5s1 et qui invoque avec foi le nom du ,sauveur2 celui-l e/ en rgle avec ,mahomet qui reoit la bndiction musulmane1 et qui invoque avec foi le nom du ,prophte4 ,tu es galem5t pur1 ,abd-er-,rhaman1 soit qu'on te juge p> l'une ou p> l'autre de tes deux croyances2 et c'e/ p\rquoi tu peux ma9t5ant *oisir entre deux faons d'tre heureux jamais4 ,abd-er-,rhaman1 immobile dans les airs entre ses deux compagnons1 reg>dait la t]re t\t en c\tant ,raphal1 et se taisait4 ,qu& il releva la tte p\r p>l]1 sa dcision tait prise2 il allait *oisir d'entr] dans le p>adis de ,mohamm$4 ,mais il reg>da ,raphal avant de rpondre1 et s\da9 il *angea de p5se4 ,raphal tait trs beau et le reg>dait trs d\cem5t4 ,abd-er-,rhaman dem&a au bel ange de le conduire dans le p>adis de ,jsus4 --,soit1 dit ,azral s\riant son t\r4 ,mais si jamais tu te fatigues du bonheur qu'il va t'(frir1 vi5s seulem5t la porte de son p>adis et appelle-moi4 ,je te conduirai dans le j>d9 du prophte4 ,,vii ,c'tait un lieu sduisant au premi] abord que celui o ,raphal conduisit ,abd-er-,rhaman4 ,des trnes y tai5t disposs en nombre inf9i2 *aque lu en avait un qui lui tait assign1 et ,abd-er-,rhaman eut le si5 comme les autres4 ,d'abord1 il re/a longtemps sa place1 immobile et comme en extase4 ,des milli]s d'anges et de bi5heureux *antai5t des hymnes au ,trs-,haut1 en s'accompagnant sur la h>pe et sur le lu?4 ,leurs in/rum5ts r5dai5t des sons bi5 autrem5t h>monieux que ceux des in/rum5ts t]re/res de mme nature1 et leur *ant tait plus d\x mille fois que n'e/ ici-bas celui de la cal&re ou du rossignol4 ,si ,abd-er-,rhaman et connu l',empyrologie et le trait des ,occupations des ,sa9ts1 il et srem5t av\ sans difficult que la musique cle/e mritait le bi5 qu'en dit ,h5ao1 et que les voix des lus n'tai5t po9t indignes des loges qu'en fait ,h5riquez4 ,cep5dant1 peu peu1 le ravissem5t se dissipa1 et ,abd-er-,rhaman n'pr\va plus qu'un plaisir assez calme4 ,il en v9t mme se s5tir un peu lass p> tant de musique2 il lui semblait que si on et int]rompu le conc]t un mom5t1 il en et j\i davantage ensuite4 ,mais le conc]t du p>adis ne s'int]rompt jamais3 de lo9 en lo91 un *oeur de *rub9s se sub/itue un *oeur de sraph9s2 des bi5heureux vi5n5t pr5dre la place d'autres bi5heureux fatigus2 et c'e/ t\t4 ,le nombre des excutants re/e t\j\rs le mme1 et le bruit qu'ils font n'augm5te ni ne dcrot1 c> il s]ait peu sant de *ant] tantt plus haut et tantt plus bas une gloire qui ne peut ni dim9u] ni gr&ir1 et d'adress] un hommage *angeant ,celui qui ne *ange jamais4 ,c'e/ le ,zab\r du sa9t roi ,david que les phalanges cle/es *ant5t a9si en *oeur2 qu& on e/ arriv la f9 du vieux recueil1 on revi5t t\t de suite au comm5cem5t2 et il n'y a po9t de raison p\r que cela f9isse4 ,le lieu1 d'ailleurs1 (frait d'autres ress\rces4 ,abd-er-,rhaman se mit err] trav]s le p>adis1 suivant des yeux les anges qui glissai5t de t\s cts1 lgrem5t vtus de longues robes blan*es1 avec des ce9tures d'or et des toiles v]tes4 ,les anges sont =t beaux1 et le jsuite ,crasset ne s'e/ po9t avanc trop en crivant qu'il y a gr& plaisir les voir1 et que ri5 p>mi n\s n'appro*e de leur beaut4 ,malheureusem5t1 comme un ange n'e/ po9t agit d'motions div]ses1 on ne voit po9t non plus d'expressions diffr5tes se succd] sur son visage2 et sa beaut immobile e/ plus semblable celle d'une figure pe9te qu' celle d'un tre vivant4 ,en outre1 comme dans l'me de t\s les anges habit5t des v]tus id5tiques1 un *>me id5tique aussi e/ rp&u sur leurs traits1 et il arrive qu'ils se ressembl5t t\s1 et qu'aprs en avoir vu un on peut se disp5s] de reg>d] t\s les autres4 ,ils sont diviss en neuf *oeurs1 il e/ vrai2 mais ri5 n'e/ semblable une ,puissance comme une ,pr9cipaut1 et1 quelque att5tion qu'on y mette1 on n'arrive pas t\j\rs di/+u] clairem5t une ,dom9ation d'une ,v]tu-des-,cieux4 ,abd-er-,rhaman se fatigua de reg>d] t\tes ces belles ombres4 ,il alla contempl] ,dieu1 et s'en fatigua de mme4 ,cela aussi tait t\j\rs la mme *ose2 et d'ailleurs1 on ne voyait que trs vaguem5t4 ,ses frres les bi5heureux l'occupr5t plus longtemps4 ,leur f\le tait curieuse1 en effet1 p>ce qu'elle tait trangem5t mle4 ,s'il y en avait p>mi eux dont le visage exprimait une d\ceur ineffable1 il y en avait d'autres1 en gr& nombre1 dont l'aspect tait rb>batif et le reg>d patibulaire4 ,abd-er-,rhaman apprit que c'tai5t des voleurs et des faussaires1 des *\r9eurs et des assass9s1 des tueurs de femmes et de petits enfants1 qui la peur avait donn au d]ni] mom5t le rep5tir et la foi1 et qui avai5t reu les sacrem5ts avant de m>*] au supplice4 ,la calme exi/5ce du p>adis n'avait pu modifi] leur traits2 la frocit y subsi/ait1 quelque peu attnue peut-tre et plus vague1 comme sur le visage d'un mon/re endormi4 ,abd-er-,rhaman n'aimait po9t se tr\v] face face avec un de ces lus2 il s5tait bi51 la faon dont ils fixai5t sur lui leurs yeux tr\bles1 qu'ils n'avai5t au fond ri5 p]du de leurs in/9cts d'autrefois2 et il ne p\vait s'emp*] de song] que si les ,esprits euss5t t assez matriels p\r donn] et recevoir des c\ps1 le p>adis du d\x matre ,galilen et eu beso9 d'une police bi5 vigilante p\r ne po9t dev5ir t\t fait inhabitable aux g5s pacifiques4 ,cep5dant1 ,abd-er-,rhaman1 ma9t5ant que ses oreilles s'habituai5t au ret5tissem5t de la musique cle/e1 comm5ait p]cevoir des bruits lo9ta9s qui ne l'avai5t po9t frapp jusque-l4 ,il ent5dait comme une gr&e rumeur1 int]m9able et gmissante1 et plus tri/e que la voix du v5t lorsqu'il s'eng\ffre dans les *em9es1 ou que celle de la m] qu& elle se brise sur les grves4 ,il dem&a ce que c'tait2 on le lui dit4 ,cette rumeur lo9ta9e tait compose de millions de sanglots et de cris de rage2 et c'tait la pla9te des *rti5s morts c\pables suivant leur doctr9e1 et que faisait hurl] les tortures de l'enf]4 ,ces damns n'tai5t po9t t\s de gr&s crim9els4 ,un des lus avai5t p>mi eux ses deux frres1 et il conta leur hi/oire ,abd-er-,rhaman4 ,c'tai5t deux ca?oliques f]v5ts4 ,le premi] avait t\j\rs vcu en honnte homme1 mais il tait mort subitem5t au milieu d'une nuit d'am\r illgitime2 le second avait t\j\rs vcu en homme de bi51 mais il avait pri de mort viol5te le l5dema9 du premi] v5dr$i o il avait nglig l'ab/95ce prescrite2 et1 t\s les deux subissai5t ma9t5ant les t\rm5ts que1 p5dant leur vie1 ils avai5t cru rs]vs l'homme en de tels cas4 ,ces rcits1 et cette rumeur lam5table ent5due au lo91 mir5t au coeur d ,abd-er-,rhaman une gr&e tri/esse et une gr&e piti2 mais cette piti et cette tri/esse elles-mmes ne suffir5t bi5tt plus l'occup]2 et il s5tit s'al\rdir peu peu sur sa p5se le poids d'un imm5se ennui4 ,alors il int]rogea les autres bi5heureux1 et il s'ap]ut qu'ils tai5t t\s possds d'un ennui gal1 que t\s tai5t accabls de la monotonie de leur bonheur1 et qu'il n'y avait po9t un seul d'entre eux qui ne ft rassasi de contempl] t\j\rs le mme ange1 indf9im5t multipli1 et d'ent5dre *ant] t\j\rs les mmes v]s1 aux sons t]nels de la h>pe et du psaltrion4 --,mon fils1 lui disait un j\r un vieill>d longue b>be blan*e1 on me nommait autrefois ,raban-,maur1 et j'tais clbre p\r ma tri/esse autant que p\r mon savoir entre t\s les mo9es de l'abbaye de ,fulda4 ,mais1 si tri/e que j'ai t sur t]re1 je le suis dev5u bi5 davantage encore depuis mille ans que j'habite au ciel4 ,ma fatigue a t en gr&issant de sicle en sicle1 et elle e/ auj\rd'hui sans bornes4 ,depuis longtemps j'ai p]du le c\rage de me pla9dre et d'err] de l'un l'autre1 comme tu fais dans l'inquitude de ton inaction4 ,je ne m'loigne plus de ce sige o tu me vois2 j'y passe des j\rs sans faire un m\vem5t et des mois sans me lev]4 ,ma seule consolation e/ de song] que ces *oses ne doiv5t pas dur] t\j\rs1 et mon seul s\ci de mesur] le temps qu'elles peuv5t mettre encore f9ir4 --,h quoi6 dit ,abd-er-,rhaman1 n'es-tu po9t immortel1 et le p>adis doit-il f9ir un j\r8 ,le vieill>d leva la tte et le reg>da1 puis il reprit1 laissant tomb] de ses lvres les p>oles abondantes1 monotones et froides1 comme le ciel laisse tomb] les neiges1 sans les ht] ni les ral5tir1 avec un air d'inconsi5ce et d'ennui3 --,*acun des p>adis et des enf]s e/ comme la projection d'un rve huma9 sur le mur de l'abme2 mais p\r enfant] un enf] et un p>adis1 il ne suffit po9t d'un lan p>ti d'une me et d'un rayon sorti d'un oeil2 une croyance qui n'a qu'un fidle ne produit qu'un fantme inconsi/ant et qu'une insaisissable bau*e2 et t\t rve solitaire e/ un rve p]du4 ,lorsqu'une doctr9e n'e/ p>tage que p> un trs petit nombre d'hommes1 ses adhr5ts se tr\v5t leur mort dans le vide et dans le noir1 au milieu de vagues l9am5ts sans matire et sans =me2 et comme c'e/ une loi de la nature que t\t tre s'id5tifie avec le milieu o il e/ jet1 eux-mmes s'van\iss5t aussitt et r5tr5t au ,nant4 ,mais qu& beauc\p d'yeux huma9s sont fixs la fois sur le mme rve1 t\s les rayons sortis de ces yeux se runiss5t et se fcond5t mutuellem5t2 le rve se cond5se et devi5t ralit2 et ceux qui y ont cru p5dant qu'ils vivai5t en j\iss5t ple9em5t ds qu'ils sont morts4 ,c'e/ ce qui n\s e/ arriv1 n\s t\s qui sommes ici4 ,pr5ds-y bi5 g>de1 p\rtant3 ni ces *oses1 ni ces tres1 ni ces h>pes1 ni ces anges1 ri5 de ce que tu vois n'a un pr9cipe propre d'exi/5ce1 et ne saurait dur] p> soi-mme2 ri5 de t\t cela ne peut subsi/] si le rve qui l'a cr ne cont9ue l'entret5ir4 ,or1 ni toi ni moi n\s ne rvons plus1 ni p]sonne d'entre nos compagnons3 c> la possession tue le dsir2 et comm5c] j\ir1 c'e/ f9ir de rv]4 ,il faut donc que ce soit le rve des hommes t]re/res qui1 en se cont9uant sans trve1 alim5te la ralit de ce qui n\s ent\re1 et cela e/ a9si en effet4 ,vois ce trne o je suis assis2 considre ces anges qui pass5t devant n\s3 ces objets1 qui te sembl5t exi/] p> eux-mmes1 reoiv5t t\t mom5t leur exi/5ce de l'extrieur4 ,a9si1 lorsque tu tais sur la t]re1 tu reg>dais le disque de la lune1 et tu ne t'ap]cevais po9t qu'il ne brillait que p> une suite in9t]rompue de rayons qui lui v5ai5t du soleil4 ,que le soleil plisse1 et la lune devi5dra mo9s brillante2 que le soleil s'teigne1 et la lune disp>atra son t\r4 ,de mme1 les p>adis et les enf]s p]d5t de leur consi/ance mesure que la croyance dont ils procd5t s'affaiblit p>mi les hommes1 et qu& une religion meurt1 le mme j\r qui la voit s'te9dre sur t]re voit aussi disp>atre dans l'au-del les d]ni]s ve/iges de ce qu'elle y avait cr4 ,et c'e/ la de/9e des damns comme des lus de suivre le lieu qu'ils habit5t dans ses vicissitudes1 et de l'accompagn] dans sa disp>ition4 ,voil comm5t beauc\p de p>adis et d'enf]s ont pri t\r t\r1 et comm5t il ne re/e plus ri5 du ,valhalla des ,sc&9aves1 ni de l',am5?s des gypti5s4 ,les ,*amps-,elyses aussi et le ,t>t>e des vieux paens se sont van\is ds qu'ils n'ont plus eu de croyants sur la t]re1 et avec eux ceux qui les habitai5t sont r5trs dans le nant4 ,et vraim5t les innoc5ts n'en ont pas t mo9s joyeux que les c\pables1 ni les bi5heureux mo9s satisfaits que les condamns4 ,songes-y1 en effet3 le bonheur qu'ils avai5t rv ne consi/ait que dans le calme et dans la mmoire de leur exi/5ce t]re/re4 ,que dirais-tu de l'homme qui jett]ait un v]re d'eau r\gie de v9 dans un tonneau1 puis dans le ,tibre1 et qui croirait que le tonneau d'abord1 et le fleuve ensuite1 en vont pr5dre la c\leur et le gt8 ,ils tai5t p>eils cet ins5s1 eux qui jetai5t1 p\r l'occup]1 dans l't]nit vide1 compose de myriades et de myriades d'annes1 leur misrable1 vie d'un j\r1 avec les s\cis qui avai5t suffi p\r la remplir4 ,aussi1 quelle gr&issante dception dans le coeur de ces lus6 ,il leur fallait n\rrir de longs sicles de rve avec le s\v5ir de quelques c\rtes annes d'action2 leur p5se leur app>aissait plus mesqu9e1 mesure que le temps qu'ils avai5t p\r s'y livr] dev5ait plus long2 le cont5u semblait de plus en plus disproportionn1 en g>d au cont5ant2 l'exi/5ce lysenne n'tait qu'une rallonge t\j\rs plus inutile et plus insipide l'exi/5ce t]re/re2 et ceux-mmes qui avai5t tr\v le plus intressant de vivre f9issai5t p> tr\v] fa/idieux d'avoir vcu4 ,a*ille aprs dix sicles de conv]sations avec ,patrocle sur leurs dix annes de combat devant ,troie1 n'tait pas mo9s exaspr p> l'ennui que ,tantale p> la soif2 ,didon1 depuis mille ans qu'elle ne faisait autre *ose que de song] la trahison d',ene1 tait aussi lasse de r\l] ses s\v5irs en son coeur qu',ixion de t\rn] sa r\e devant ses pas2 et les potes eux-mmes1 les potes div9s dont a p>l ,virgile1 c\*s sur les gazons t]nels1 se laissai5t all] une oisivet morne1 et pr5ai5t en dgt leur lyre et leur art1 lasss qu'ils tai5t de se rcit] leurs anci5nes *ansons1 et ne tr\vant po9t de matire en compos] de n\velles1 p>ce que les *oses aut\r d'eux re/ai5t t\j\rs les mmes4 ,n\s aussi1 n\s sommes de/9s disp>atre avec t\t ce qui n\s ent\re2 et cette disp>ition1 qui s]a complte le j\r o il n'y aura plus une me *rti5ne *ez les vivants d'en bas1 n\s y m>*ons graduellem5t mesure que la foi dim9ue p>mi eux4 ,jadis1 aux temps o j'arrivai ici1 n\s avions t\s des corps matriels et tangibles1 et c'tait avec de l\rdes cls1 en f] vritable1 que ,pi]re faisait t\rn] sur ses gonds la porte norme du p>adis4 ,mais ma9t5ant1 n\s sommes1 comme tu le vois1 trs semblables des ombres2 trav]s la porte1 dev5ue transp>5te1 on ap]oit di/9ctem5t le vide extrieur2 deux ou trois seulem5t d'entre nos sa9ts ont cons]v leurs auroles2 et les feux mmes de l'enf] sont dev5us beauc\p plus supportables qu'ils n'tai5t il y a c9q c5ts ans4 ,c'e/ a9si1 ,abd-er-,rhaman1 que n\s1 qui sommes ici depuis longtemps1 de sicle en sicle n\s n\s s5tons dcrotre et m\rir1 tels que des re/es de feu qui s'teign5t dans la c5dre1 ou que des flocons de neige qui se fond5t sur les eaux4 ,de corps que n\s tions1 n\s sommes dev5us fantmes2 ces fantmes devi5dront fume1 et cette fume devi5dra nant4 ,et lo9 d'accus] le de/91 n\s le rem]cions d'en avoir dispos a9si1 de n'avoir pas v\lu que n\s fussions *tis t]nellem5t de la niais]ie de notre rve my/ique1 et de n\s avoir rs]v p\r l'av5ir le repos que n\s aurions d lui dem&] ds l'abord444 ,de tels disc\rs n'tai5t po9t p\r remettre la joie au coeur d',abd-er-,rhaman2 et la tri/esse du tleb ne fit en effet que gr&ir4 ,du re/e1 il n'avait qu' v\loir p\r *ang] de sj\r2 et ce privilge tait =t envi des autres lus1 de ceux-l surt\t que le scrupule avait fait vivre dans la cont95ce4 ,comme1 sa place1 ils se s]ai5t hts d'*ang] les mornes plaisirs de ce p>adis de fantmes contre les solides j\issances du j>d9 de ,mahomet6 ,ils le lui disai5t1 et ils le reg>dai5t avec un s\rire tri/e et jal\x1 c> aucun regret n'gale en am]tume celui des lus qui n'ont pas aim4 ,abd-er-,rhaman1 lui aussi1 avait ide que la socit des h\ris lui s]ait de plus de ress\rces que celle de ces ombres dsoles4 ,il se dcida p>tir4 ,une gr&e f\le l'accompagna p> curiosit jusqu' la porte4 ,il cria3 ,azral6 ,azral e/ un ange =t occup2 mais il se dplace si rapidem5t qu'il semble p>ticip] l'ubiquit div9e4 ,en une seconde1 il fut prs d ,abd-er-,rhaman2 une seconde plus t>d t\s les deux avai5t disp>u4 ,ce passage de l'ange noir donna t\tes les mes qui tai5t l un peu de div]tissem5t et d'oubli4 ,on s'amusa un in/ant dans le p>adis *rti53 et cela fit que l'on s'y ennuya beauc\p plus aprs4 ,,viii ,abd-er-,rhaman avait t t\rdi p> la rapidit du vol d',azral4 ,qu& il reprit connaissance1 il n'avait plus prs de lui l'ange noir4 ,il n'tait plus au pays des fantmes1 et il n'tait plus un fantme lui-mme4 ,son corps tait r$ev5u matriel1 et ses pi$s reposai5t sur un t]ra9 solide4 ,du re/e1 la nuit tait pr(onde aut\r de lui4 ,un v5t *aud lui frappait la face1 et il le s5tait v5ir de l'ouv]ture d'un g\ffre trs pro*e4 ,il s5tait aussi qu'il n'tait po9t seul en ces tnbres sil5cieuses1 mais ent\r de beauc\p d'tres qui comme lui se taisai5t et att5dai5t comme lui3 et cette p5se lui fit peur4 ,brusquem5t1 un jet de flamme s'lana du g\ffre1 p>eil un gr& oiseau r\ge4 cette lueur subite1 ,abd-er-,rhaman vit une lame m9ce et tran*ante comme celle d'un rasoir1 qui p>tait du sol my/rieux o il se tr\vait1 et qui s'allongeait sur le g\ffre p]te de vue4 ,malgr lui1 il songea au n\veau pont ,el-,kant>a que les ,r\mis ont jet sur le ,rummel3 ce support sommaire lui en fit apprci] l'asphalte1 et cet clairage initial lui en fit regrett] les rv]bres4 ,c'tait l'endroit t]rible1 tel que l'ont dcrit ,yahia-b5-,salem et ,mohamm$-b5-,abdallah4 ,ce pont tait le pont ,sira?1 et ce g\ffre le ,geh5nam4 ,on lui prit la ma91 et il suivit l'ange qui l'avait prise4 ,l'ange l'am5a au bord du pont de ,sira? et l'y fit m>*]1 t&is que lui-mme se t5ait sa droite1 susp5du dans le vide4 ,abd-er-,rhaman avana3 le pont tran*ant ne lui meurtrit po9t les pi$s1 et il ne trbu*a po9t dans l'abme4 ,trois gr&es flammes r\ges1 semblables la premire1 lui montrr5t t\r t\r1 en des visions s\da9es1 les trois pavillons r$\tables4 ,il les dpassa t\s trois sans tomb]1 le premi] p>ce qu'il n'avait blasphm ni ,allah ni le ,prophte1 le second p>ce qu'il n'avait po9t fait de mal aux hommes1 et le troisime p>ce qu'il n'avait po9t nglig les ablutions ni le jene4 ,qu& ,abd-er-,rhaman fut au b\t du pont1 l'ange le laissa seul1 et il se tr\va devant une porte imm5se1 qui s'ouvrit d'elle-mme deux battants4 ,il tait dans le premi] ciel1 dont les murailles sont d'arg5t f9 et qu'habit5t les ,anges-,animaux4 ,*acun de ces anges a la =me d'une espce de btes t]re/res1 et prside ses de/9es2 l'ange des rats a la taille de nos lphants1 et celui des lphants la hauteur de nos palais4 ,les uns hurl5t et les autres siffl5t2 beauc\p s'entre-p\rsuiv5t et s'entre-fui5t2 et1 t\j\rs traqu p> l',ange-des-,l\ps1 l',ange-des-,m\tons ble et c\rt lam5tablem5t1 et depuis des sicles n'a po9t cess de bl] ni de c\rir4 ,abd-er-,rhaman ne fit que pass] dans cette mnag]ie2 et il trav]sa c9q autres cieux sans s'y arrt] davantage4 ,il y vit des pi]res prcieuses et de l'or1--trop d'or et de pi]res prcieuses1--des pavs de rubis1 des colonnes d'm]aude et des bois]ies de santal1 et beauc\p d'autres *oses respl5dissantes1 monotones et inutiles4 ,et la r\te comm5ait lui sembl] longue1 lorsqu'il arriva enf9 au septime ciel4 ,au mom5t o il entrait dans le j>d91 son corps1 qui tait nu1 se tr\va t\t c\p vtu d'une longue robe de soie v]te1 et ds ses premi]s pas1 il s5tit que l'atmosphre seule pntrait t\t son tre d'une batitude div9e4 ,ce qu'e/ ce lieu1 aucune langue huma9e ne saurait le dire4 ,c'e/ le j>d9 des dlices1 le gr& j>d9 t]nellem5t v]t1 que des rivires blan*es arros5t de lait1 et que des fleuves r\ges arros5t de v92 c'e/ la retraite apaise et radieuse o le ciel n'e/ qu'un s\rire1 o le v5t n'e/ qu'un p>fum et o la t]re n'e/ qu'une fleur2 c'e/ l'endroit unique qui comble avant qu'ils ne soi5t =ms t\s les dsirs des yeux et t\s les rves de l'me2 c'e/ la demeure bnie1 ineffable et suprme1 o celui qui s'e/ p5* p\r ramass] un caill\ ti5t dans sa ma9 une p]le1 o celui qui s'e/ arrt p\r c\t] le gaz\illem5t d'un oiseau ent5d la *anson d'un gnie1 o celui qui a lev le bras p\r cueillir une gr5ade voit la gr5ade cueillie se trans=m] en femme4 ,et ce p>adis e/ l'oeuvre d'un rve oppos en t\t celui des ,*rti5s3 l'homme en le crant a bi5 vu qu'entre ,dieu et lui1 c'e/ lui qui e/ le faible1 et que le faible a droit l'gsme2 et sans *]*] faire quelque *ose p\r l't]nel1 avec une h>diesse d'enfant1 il a signifi l't]nel de t\t faire p\r lui4 ,l1 le b p\rsuivi n'e/ pas la gloire du ,crateur1 mais le bonheur de la crature2 les *oses ne sont po9t t\rnes v]s le ,t\t-,puissant p\r lui *ant] des l\anges dont il n'a que faire1 mais v]s les atomes p\r leur donn] la joie dont ils ont tant beso92 et lo9 que l'homme doive se dta*] de sa p]sonne p\r se donn] ,dieu1 il semble que ce soit ,dieu lui-mme qui se multiplie s\s t\tes les =mes s5sibles af9 de se donn] l'homme4 a et l1 des bi5heureux tai5t c\*s non*alamm5t au pi$ des arbres1 les uns seuls1 et les autres avec des femmes sans voile1 aux yeux noirs1 qu',abd-er-,rhaman comprit tre des h\ris4 ,deux anges v9r5t au-devant du tleb1 et le conduisir5t s\s l'imm5se arbre ,el-,m5taha4 ,l tait dresse une longue table faite d'un seul diamant2 et1 aut\r de cette table1 des milli]s de bi5heureux1 t\s vtus de longues robes v]tes qui les r5dai5t p>eils vaguem5t de gr&s p]roquets1 adosss t\s sur de l>ges siges de repos prs de h\ris aux yeux noirs1 mangeai5t dans des plats d'arg5t des *oses inconnues sur t]re1 et buvai5t l'eau de ,selsibil dans des c\pes d'or4 ,abd-er-,rhaman ne tr\va po9t ces lus un air aussi allgre qu'il s'y att5dait1 et il p5sa qu'ils tai5t bi5 difficiles4 ,puis l'eau de ,selsibil l'emplit d'une gr&e joie1 et il ne s'inquita plus de ce que ress5tai5t les autres4 ,les s]viteurs tai5t des gnies adolesc5ts1 dont les reg>ds se voilai5t si jolim5t s\s leurs cils longs qu'ils donnai5t envie de les bais] t\s4 ,abd-er-,rhaman prit une orange dans un bass9 d'arg5t que lui prs5ta un de ces gnies2 et en ouvrant le fruit1 il en vit sortir une manire de j\et vivant qui gr&it en un in/ant jusqu' dev5ir une femme plus belle que t\s les dsirs4 ,qu& la nuit desc5dit1 t5dre et div9e1 il se retira avec sa compagne dans un pavillon fait d'une p]le creuse2 et1 comme il en passait le seuil1 il ent5dit ret5tir trav]s le j>d9 une gr&e voix qui lui sembla comme l'*o de l'allgresse qui *antait dans son coeur4 ,c'tait la voix my/rieuse qui *aque soir fait ent5dre aux lus ces p>oles3 --,voil le p>adis qui v\s fut promis en rcomp5se de vos oeuvres6 ,p5dant beauc\p de j\rs1 la prom5ade dans le j>d9 l'emplit du mme bi5-tre1 l'eau de ,selsibil lui donna le mme enivrem5t1 et les vi]ges cle/es lui inspirr5t la mme ardeur4 ,bi5 des soirs encore il r5tra dans sa p]le creuse avec quelque h\ri d'une des quatre espces qui sont au ciel4 ,puis arriva le dnom5t fatal3 un j\r1 il eut mo9s de gt p\r les ombrages1 et mo9s d'empressem5t boire l'eau m]veilleuse2 et le soir1 il dut s'av\] qu'il tait las des vi]ges r\ges autant que des blan*es1 et des vi]ges jaunes autant que des v]tes4 ,abd-er-,rhaman1 ce soir-l1 se prom5a seul1 trav]s les alles sombres1 et il *]*a s'expliqu] l'inquitude qui l'oppressait4 ,en y songeant1 il lui sembla que c'tait de la plnitude mme de sa satisfaction que v5ait t\t son mal4 ,il aurait v\lu qu'il lui manqut au mo9s une *ose1 p\r la dsir] ou p\r la *]*]1 p\r connatre encore la volupt de rv] ou la ress\rce d'agir4 ,mais la j\issance tait t\j\rs l1 implacable1 et elle supprimait t\t elle seule4 ,elle r5dait le rve impossible et l'action inutile4 ,elle tuait l'un et faisait avort] l'autre4 ,aussi1 l'me d',abd-er-,rhaman se vidait peu peu de t\te p5se1 et en mme temps il s5tait s'amass] et s'agit] en lui une =ce t\j\rs inemploye1 p>ce qu'il ne tr\vait jamais de rsi/ance au dehors2 et il rsultait de l un d\ble t\rm5t4 ,mme sur t]re1 on se ft lass d'une telle vie2 on devait s'en lass] plus srem5t et plus vite encore au ciel4 ,sur t]re1 on *ange sans cesse1 et on voit t\t *ang] aut\r de soi2 on a envie de se ret5ir t\t1 p>ce que t\t passe et qu'on se s5t pass] aussi2 et on s'atta*e d'autant plus aux *oses qu'on peut cra9dre *aque in/ant de se les voir arra*] violemm5t1 et qu'en t\t cas on les s5t v\s *app] un peu *aque j\r4 ,mais ceux qui sont au p>adis sont les habitants fixes d'un monde fixe2 et leur vie e/ p>eille une horloge arrte4 ,ils sav5t que p5dant des sicles ils doiv5t cons]v] le mme ge et possd] les mmes bonheurs2 et ils se ds9tress5t vite d'une aussi monotone flicit4 ,l'homme se dit qu'il v\drait possd] jamais ce plaisir qu'il saisit un in/ant1 qui se drobe aussitt et qu'il s'puise p\rsuivre ici et l2 et le petit *at songe aussi qu'il v\drait bi5 t5ir p\r t\j\rs ce ruban bleu qu'on agite de ct et d'autre devant lui1 et qui le fait tant c\rir4 ,mais qu'on donne au *at le ruban immobile entre ses pattes1 et l'homme le bonheur immobile au p>adis1 et t\s les deux auront tt fait de s'en lass]4 ,abd-er-,rhaman en tait l4 ,sa facult de j\issance avait eu beau s'agr&ir son entre au ciel1 elle n'tait p\rtant pas dev5ue inf9ie1 c> aucune des facults d'un tre limit ne peut tre sans limites2 et la cont9uit du plaisir avait assez vite rassasi ses s5s et refroidi son me4 ,le *>me tait rompu4 ,abd-er-,rhaman fut plus ds5*ant encore le l5dema9 et les j\rs suivants4 ,il re*]*a la socit de ses compagnons et son ennui s'accrut s\s l'influ5ce du leur4 ,beauc\p d'ailleurs ne quittai5t plus leurs demeures de p]le creuse4 ,le ,prophte lui-mme1 trs sombre depuis qu'il n'avait plus d'infidles combattre1 vivait dans une rclusion absolue2 et il y avait des sicles qu'on ne l'avait vu sortir de son palais aux soixante-dix mille pavillons4 ,mais1 si tri/es que fuss5t les hommes1 les femmes l'tai5t bi5 plus encore2 et elles l'tai5t presque ds leur arrive2 c> leur "p tait beauc\p mo9s gr&e aux j\issances div9es4 ,les h\ris ne leur tai5t d'aucun usage2 elles ne tr\vai5t en entrant au p>adis p]sonne aim] et p]sonne qui les aimt2 et elles n'avai5t gure d'autre occupation que de gmir sur la de/9e qui v\lait qu'elles fuss5t dlaisses dans le monde d'en haut p> les mmes m>is qui les avai5t emprisonnes dans celui d'en bas4 ,et1 si sombres que fuss5t les femmes1 les btes admises dans le j>d9 l'tai5t bi5 davantage4 ,la *amelle du prophte ,saleh1 t\j\rs accr\pie t]re1 levait pe9e sur les passants sa tte ddaigneuse et biz>re2 et le *i5 ,ar-,rakim semblait se div]tir mo9s encore que p5dant les trois c5t neuf annes qu'il re/a c\*1 les pattes t5dues1 l'entre de la cav]ne des ,sept-,dormants4 ,la ,f\rmi elle-mme1 la bonne et sage f\rmi qui fit complim5t ,solman1 et lui (frit une cuisse de saut]elle1 avait f9i p> se lass] d'emplir t\j\rs ses caves p\r des hiv]s qui n'arrivai5t po9t4 ,elle avait pris en dgt ce monde o l'on n'avait ri5 faire1 et ces lus t\j\rs inoccups2 et qu& ,abd-er-,rhaman v\lut li] conv]sation avec elle1 elle sec\a sa petite tte1 et s'loigna sans rpondre4 ,a9si t\t tait morne au septime ciel1 les hommes1 les femmes et les btes2 et t\s les soirs la voix1 qu',abd-er-,rhaman tr\vait ma9t5ant lugubrem5t ironique1 faisait ret5tir dans l'imm5sit du j>d9 ces p>oles inv>iables3 ,voil le p>adis qui v\s fut promis en rcomp5se de vos oeuvres6 ,,ix ,cep5dant ,abd-er-,rhaman avait retr\v au p>adis son plus *] ami d'enfance1 ,salah-b5-,hasse92 et il s'entret5ait s\v5t avec lui4 ,salah tait la fois l'tre le meilleur et le plus savant qu'il et connu sur t]re4 ,un soir1 ils se prom5ai5t de long en l>ge s\s les arbres t]nels1 le long des t]nels pavillons de p]le creuse2 et p\r la c5time fois ils p>lai5t de leur ennui4 --,e/-ce donc l t\t8 dit ,abd-er-,rhaman2 et l'homme ne peut-il espr] aprs sa mort1 que ce p>adis ou celui de ,jsus8 --,non1 ce n'e/ po9t t\t1 rpondit ,salah1 et il t'aurait suffit de te conv]tir d'autres religions p\r tre conduit d'autres cieux4 ,comme tu z pass le pont ,sira? p\r v5ir ici1 tu aurais pu pass] le pont ,t*9evad p\r all] au ,behes*t des ,p>sis1 et le ,pont-de-,bamb\ p\r all] au p>adis des ,=mosans4 ,si tu avais p>tag le rve de ,kalm\cks1 tu p\rrais contempl] auj\rd'hui le dieu ,altangatufun1 qui a le corps et la tte d'un s]p5t et les quatre pattes d'un lz>d2 et si tu t'tais imag9 un j\r que le vrai pt tre dans les cultes in=mes de peuplades plus sauvages encore1 il te s]ait loisible ma9t5ant de visit] les lieux vagues et t]ribles o viv5t et rgn5t les tres mon/rueux rvs p> les ngres du ,d>f\r et p> les hommes demi s+es qui font leurs demeures sur les arbres des =ts d',au/ralie4 ,abd-er-,rhaman1 navem5t1 regretta de n'avoir pas fait t\s ces voyages4 --,et qu& tu les aurais faits8 reprit ,salah en sec\ant la tte4 ,tu z j\i du mo9s sot des rves my/iques et du plus complet des rves s5suels2 et ni ton extase ni ton ivresse n'ont t de longue dure4 ,qu& mme1 aprs cela1 tu aurais p>c\ru les v+t-huit cieux des b\ddhi/es et les v+t-sept p>adis des ,cafres1 tes voyages aurai5t p\rtant pris f91 et tu aurais tr\v l'ennui suprme au b\t4 ,tt ou t>d1 tu aurais vu qu'en dpit de t\s les rves d'av5ir qu'il a *afauds1 l'homme aprs sa vie t]re/re n'e/ bon vraim5t qu' m\rir1 et que ce n'e/ qu'un tre inf9i et p>fait qui s]ait capable d'tre immortel2 tu aurais compris que s'il e/ p>fois amusant d'tre en r\te1 il e/ bi5 vite ennuyeux d'tre au b1 et que ce qu'il e/ prud5t de s\hait] au t]me de la m>*e huma9e1 ce n'e/ pas la fixit de la j\issance1 mais l'immobilit du sommeil2 et tu aurais f9i p> t'av\] que si la vrit tait connue des hommes1 les plus sages s]ai5t ceux qui ne f]ai5t aucun rve1 af9 de n'en voir aucun se ralis]1 et qui ne p5s]ai5t qu'au ,nant sur la t]re1 af9 d'tre bi5 srs d'en j\ir aussitt aprs l'avoir quitte4 ,,ju/ification ,,du ,,tirage ,limit #i exemplaires sur papi] de ,*9e1 numrots de #a #i2 #bg exemplaires sur papi] ,japon ,tokio1 numrots de #aj #cf2 #hj exemplaires sur papi] vl9 la =me d',ar*es1 numrots de #cg #aaf2 #afjj exemplaires sur vl9 la =me de ,voiron1 numrots de #aag #agaf4 ,cet ouvrage a t a*ev d'imprim] le #bh ,fvri] #aiba sur les presses de ,e4 ,kell]1 ,p>is4