,notes sur la transcription3 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve4 ,le texte de la note #hi a t adapt ce livre lectronique4 ,,montesquieu ,,esprit ,,des ,,lois ,,livres ,i-,v ,,pr,c,d,s ,d',,une ,,introduction ,,de ,l',,diteur et suivis d'un ,app5dice ,,cont5ant ,,des ,,extraits ,,de ,,montesquieu et des ,notes explicatives ,,p> ,,paul ,,janet ,,membre ,,de ,l',,in/itut ,,pr(esseur ,a ,,la ,,facult ,,des ,,lettres ,,deuxi,,me ,,dition ,,p>is ,,librairie ,,*4 ,,delagrave #ae1 ,,rue ,,s\fflot1 #ae #ahib ,,de ,l',,esprit ,,des ,,lois ,,introduction#a ,le plus gr& livre du ,x,v,i,i,ie sicle1 sans aucun d\te1 e/ l',esprit des lois2 et mme1 dans l'hi/oire de la sci5ce politique1 le seul ouvrage qui lui soit comp>able 7j'ose pe9e dire suprieur71 p\r l't5due du plan1 la ri*esse des faits1 la lib]t des inve/igations et la =ce des pr9cipes1 e/ la ,politique d',ari/ote4 ,ma*iavel#b avait peut-tre autant de pr(ondeur et de sagacit que ,montesquieu1 mais il connaissait trop peu de faits1 et d'ailleurs son esprit corrompu ne lui p]mettait pas de s'lev] jamais bi5 haut2 enf9 il n'a pas1 au mme degr qu',ari/ote ou ,montesquieu1 le don suprieur de la gnralisation4 ,quant ,grotius et ,bod9#c1 quelque ju/e e/ime qu'on leur doive1 il n'entr]a jamais1 je crois1 dans l'esprit de p]sonne de les comp>]1 p\r la porte des vues et du gnie1 l'auteur de l',esprit des lois4 #a ,cette ,introduction e/ extraite de notre ,hi/oire de la sci5ce politique dans ses rapports avec la morale 7#b vol4 9-#h1 #c;e dition1 #ahhg74 ,notre diteur1 ,m4 ,flix ,alcan1 a bi5 v\lu n\s autoris] la publi]4 #b ,ma*iavel1 auteur du ,pr9ce et des ,disc\rs sur ,tite-,live 7,x,ve sicle74 #c ,grotius 7,x,v,i,ie sicle71 auteur du ,trait du droit de la paix et de la gu]re4--,bod9 7,x,v,ie sicle71 de la ,rpublique4 tudions d'abord1 dans ,montesquieu lui-mme1 les antcd5ts de son oeuvre fondam5tale1 qui avait t prcde1 comme on sait1 p> deux livres de gnie3 les ,lettres p]sanes et la ,gr&eur et la ,dcad5ce des ,roma9s#d4 ,montesquieu entrait dans la politique p> deux voies diffr5tes1 la satire et l'hi/oire4 ,plus t>d1 on retr\v]a ces deux influ5ces dans le monum5t df9itif de sa p5se4 #d ,les ,lettres p]sanes sont de #agba2 les ,considrations sur les causes de la gr&eur des ,roma9s et de leur dcad5ce sont de #agcd2 l',esprit des lois de #agdh4 7,voir ,l\is ,vian1 ,montesquieu1 sa vie et ses oeuvres d'aprs des docum5ts n\veaux et 9dits4--,c>o1 la ,f9 du ,x,v,i,i,ie sicle1 vol4 ,i1 c4 #b47 ,,les ,,lettres ,,p]sanes4--,les ,lettres p]sanes sont rem>quables p> le ton de lib]t irrespectueuse avec laquelle l'auteur s'exprime l'g>d de t\tes les autorits sociales et religieuses4 ,ce n'e/ plus la pr(onde ironie de ,pascal1 qui insulte la gr&eur t\t en l'imposant aux hommes comme ncessaire3 c'e/ le dta*em5t d'un esprit qui voit le vide des vieilles in/itutions1 et comm5ce en rv] d'autres4 ,mais que p\vait-il adv5ir d'une socit o les meilleurs et les plus clairs comm5ai5t dj n'tre plus dupes de ri58 ,qu'et dit ,bossuet en ent5dant p>l] a9si du gr& roi3 ,il prfre un homme qui le d%abille ou qui lui donne la s]viette1 un autre qui lui pr5d des villes ou lui gagne des batailles444 ,on lui a vu donn] une petite p5sion un homme qui a fui deux lieues1 et un bon g\v]nem5t un autre qui en avait fui quatre444 ,il y a plus de /atues dans son palais que de citoy5s dans une gr&e ville#e4 c\tons-le ma9t5ant p>l] du pape3 ,le pape e/ le *ef des *rti5s4 ,c'e/ une vieille idole qu'on enc5se p> habitude#f4 ,des p>lem5ts3 ,les p>lem5ts ressembl5t ces gr&es ru9es que l'on f\le aux pi$s444 ,ces gr&s corps ont suivi le de/9 des *oses huma9es2 ils ont cd au temps qui dtruit t\t1 la corruption des moeurs qui a t\t affaibli1 l'autorit suprme qui a t\t abattu#g4 ,de la noblesse3 ,le corps des laquais e/ plus respectable en ,france qu'ailleurs3 c'e/ un sm9aire de gr&s seigneurs4 ,il remplit le vide des autres tats#h4 ,des prtres3 ,les d]vis ont entre leurs ma9s presque t\tes les ri*esses de l'tat3 c'e/ une socit de g5s av>es qui pr5n5t t\j\rs et ne r5d5t jamais#i4 ,des ri*es3 ,a =ce de mpris] les ri*es1 on vi5t enf9 mpris] les ri*esses4 ,des f]mi]s gnraux3 ,ceux qui lv5t les tributs nag5t au milieu des trsors3 p>mi eux il y a peu de ,tantales#aj4 ,de l',univ]sit3 ,l',univ]sit e/ la fille ane des rois de ,france1 et trs ane2 c> elle a plus de neuf c5ts ans2 aussi rve-t-elle quelquefois#aa4 ,enf9 l'abus des p5sions et des faveurs royales lui suggre un morceau d'une ironie sanglante1 inspire la fois p> le mpris des c\rs et p> l'am\r du peuple#ab4 #e ,lettre ,,xxxviii4 #f ,lettre ,,xxix4 #g ,lettre ,,xcii4 #h ,lettre ,,xcviii4 #i ,lettre ,,cxvii4 #aj ,lettre ,,xcviii4 #aa ,lettre ,,cix4 #ab ,voir la lettre ,,cxxiv t\t entire3 ,ordonnons444 que t\t lab\reur ayant c9q enfants retran*]a j\rnellem5t la c9quime p>tie du pa9 qu'il leur donne1 etc4 ,cet esprit de satire et d'ironie1 dans ce qu'il a ici d'excessif1 ti5t sans d\te la jeunesse2 c> ,montesquieu n\s a appris plus t>d qu'il n'avait pas l'esprit dsapprobateur4 ,mais quelques-unes des ides des ,lettres p]sanes subsi/]ont et se retr\v]ont dans l',esprit des lois4 ,l'une des plus importantes1 c'e/ l'effroi du despotisme1 et le s5tim5t des vices de cette =me de g\v]nem5t4 ,il voit dj la p5te qui entrane les mon>*ies europennes v]s le despotisme3 ,la plup>t des g\v]nem5ts d',europe1 dit-il1 sont mon>*iques1 ou plutt sont a9si appels2 c> je ne sais pas s'il y en a jamais eu vritablem5t de tels4 ,au mo9s e/-il difficile qu'ils ai5t subsi/ longtemps dans leur puret4 ,c'e/ un tat viol5t qui dgnre t\j\rs en despotisme ou en rpublique4 ,la puissance ne peut jamais tre galem5t p>tage entre le pr9ce et le peuple4 ,l'quilibre e/ trop difficile g>d]#ac4 ,a cette poque ,montesquieu n'e/ pas encore frapp du mcanisme g\v]nem5tal p> lequel les ,anglais ont essay de tr\v] un moy5 t]me entre le despotisme et la rpublique2 il ne connaissait encore que les in/itutions de la mon>*ie traditionnelle et ari/ocratique1 antrieures ,ri*elieu2 mais dj il avait rem>qu le c>actre niveleur de cette autorit qui avait t\t abattu2 dj il press5tait1 comme il le dira plus t>d dans l',esprit des lois1 qu'elle t5dait soit au despotisme soit l'tat populaire4 ,dj aussi il avait ce don rem>quable de saisir dans un fait p>ticuli] et prcis t\te une srie de causes et d'effets4 ,c'e/ a9si que l'inv5tion des bombes lui p>at tre une des causes qui ont am5 en ,europe la mon>*ie absolue4 ,ce fut un prtexte p\r eux d'entret5ir de gros corps de tr\pes rgles1 avec lesquelles ils ont dans la suite opprim leurs sujets#ad4 #ac ,lettre ,,cii4 #ad ,lettre ,,cv4 ,nanmo9s ,montesquieu a trs bi5 saisi la diffr5ce des mon>*ies europennes et des mon>*ies asiatiques4 ,il montre admirablem5t comm5t le p\voir des mon>ques europens e/ en ralit plus gr& que celui des despotes asiatiques1 prcism5t p>ce qu'il e/ plus limit#ae4 #ae ,lettre ,,cii4 ,mais dj on voit po9dre dans ,montesquieu le gt d'un autre tat politique que celui de la mon>*ie absolue4 ,dj la lib]t anglaise ex]ce videmm5t un gr& pre/ige sur son esprit4 ,il p>le1 non sans admiration secrte1 de l'humeur impati5te des ,anglais qui ne laiss5t gure leur roi le temps d'appesantir son autorit2 et qui1 se tr\vant les plus =ts contre un de leurs rois1 ont dcl> que c'tait un crime de lse-maje/ un pr9ce de faire la gu]re ses sujets4 ,il ne saisit pas bi5 encore les ressorts du g\v]nem5t anglais1 qu'il dc\vrira plus t>d avec une m]veilleuse pr(ondeur3 mais il e/ frapp du spectacle trange qu'(fre ses yeux un pays o l'on voit la lib]t sortir sans cesse des feux de la discorde et de la sdition3 le pr9ce t\j\rs *ancelant sur un trne 9branlable2 une nation impati5te1 sage dans sa fureur mme4 ,a ct de ce noble tableau1 ,montesquieu en aj\te d'autres1 t\s favorables aux rpubliques3 ,cette rpublique de ,holl&e1 si respecte en ,europe1 si =midable en ,asie1 o ses ngociants voi5t tant de rois pro/]ns devant eux2444 la ,suisse1 qui e/ l'image de la lib]t4 ,il fait rem>qu] que la ,holl&e et la ,suisse1 qui sont les deux pays les plus mauvais de l',europe1 sont cep5dant les plus peupls4 ,la supriorit morale des rpubliques clate enf9 dans ces p>oles3 ,le sanctuaire de l'honneur1 de la rputation et de la v]tu semble tre tabli dans les rpubliques1 et dans les pays o l'on peut prononc] le mot de patrie4 ,a ,rome1 ,a?nes1 ,lacdmone1 l'honneur payait seul les s]vices les plus signals#af4 #af ,lettre ,,lxxxix4 ,on voit p> ce passage que ,montesquieu ne di/+uait pas encore1 comme il l'a fait plus t>d1 l'honneur et la v]tu4 ,ce passage suffit montr] ce qu'il y a d'artificiel dans sa ?orie des trois pr9cipes4 ,l'orig9e de la ?orie de l'honneur1 comme pr9cipe mon>*ique1 se tr\ve dans la lettre suivante1 ,,xc4 ,cette analyse suffira p\r faire saisir dans les ,lettres p]sanes la premire orig9e des ides politiques de ,montesquieu4 ,les autres analogies et aff9its s]ont indiques plus lo9 dans l'analyse mme de l',esprit des lois4 ,du satiri/e passons ma9t5ant l'hi/ori51 et relevons dans l'admirable crit sur les ,causes de la gr&eur et de la dcad5ce des ,roma9s 7#agcd7 les vues gnrales qui s'y rapport5t la politique4 ,,consid,,rations ,,sur ,,les ,,roma9s4--,l'ouvrage de ,montesquieu peut tre rappro* de celui de ,ma*iavel sur ,tite-,live2 c'e/ de "p et d'autre une philosophie de l'hi/oire roma9e4 ,mais le livre de ,montesquieu e/ beauc\p plus hi/orique2 celui de ,ma*iavel plus politique4 ,les ,disc\rs sur ,tite-,live sont un manuel de politique pratique2 les ,considrations sont une re*]*e des lois gnrales de l'hi/oire4 ,on y tr\v]a donc ncessairem5t mo9s de pr9cipes politiques4 ,en outre la politique de ,montesquieu diffr]a de celle de ,ma*iavel non seulem5t p> la hauteur morale1 mais p> l'esprit4 ,la politique de ,ma*iavel e/ t\te empirique3 celle de ,montesquieu e/ plus sci5tifique3 l'un et l'autre s'appui5t sur l'hi/oire2 mais l'un p\r y tr\v] des exemples et des moy5s d'action1 l'autre p\r y tr\v] des lois et des raisons4 ,l'une ressemble plus la mcanique pratique1 l'autre la mcanique ab/raite1 t\tes deux tant nanmo9s fondes sur l'expri5ce4 ,ce c>actre sci5tifique1 qui f]a la gr&eur de l',esprit des lois1 e/ dj s5sible dans les ,considrations sur les ,roma9s4 ,il y montre admirablem5t comm5t un tat ari/ocratique t5d t\j\rs dev5ir populaire1 de mme qu'il indiquait dj dans les ,lettres p]sanes et accus]a davantage encore dans l',esprit des lois la t5dance de la mon>*ie dev5ir despotique4 ,on voit comm5t les patrici5s1 p\r s'affran*ir des rois1 fur5t obligs de donn] au peuple un am\r immodr de la lib]t2 comm5t le peuple s'ap]ut que cette lib]t dont on v\lait lui donn] tant d'am\r1 il ne l'avait pas2 comm5t les sujets d'un roi sont mo9s dvors d'envie que ceux qui obiss5t aux gr&s1 c'e/ p\rquoi on a vu de t\t temps le peuple dte/] les snateurs2 comm5t p> une maladie t]nelle des hommes1 les plbi5s qui avai5t obt5u des tribuns p\r se df5dre1 s'en s]v5t p\r attaqu]2 comm5t enf91 p5dant plusieurs sicles la con/itution fut admirable1 en ce que t\t abus de p\voir y p\vait t\j\rs tre corrig2 d'o cette loi admirable1 releve p> ,montesquieu1 qu'un pays libre1 c'e/--dire t\j\rs agit1 ne saurait se ma9t5ir s'il n'e/1 p> ses propres lois1 capable de correction#ag4 #ag ,considrations1 ,,viii4 ,on voit que le g\v]nem5t anglais e/ dj dev5u p\r lui l'objet d'un exam5 plus att5tif2 c> il le cite1 prcism5t l'appui de la loi prcd5te1 comme tant t\j\rs capable de correction3 ,le g\v]nem5t d',anglet]re e/ plus sage1 p>ce qu'il y a un corps qui l'exam9e cont9uellem5t1 et qui s'exam9e cont9uellem5t lui-mme2 et telles sont ses erreurs1 qu'elles ne sont jamais longues1 et que p> l'esprit d'att5tion qu'elles donn5t la nation1 elles sont s\v5t utiles#ah4 #ah ,considrations1 ,,viii4 ,dj aussi voyons-n\s app>atre en g]me dans les ,considrations le pr9cipe de la sp>ation des p\voirs3 ,les lois de ,rome avai5t sagem5t divis la puissance publique en un gr& nombre de magi/ratures qui se s\t5ai5t1 s'arrtai5t et se temprai5t l'une l'autre4 ,une des plus belles p5ses de ,montesquieu1 et des plus vrifies p> l'expri5ce1 c'e/ la ncessit des divisions1 c'e/--dire des p>tis dans les tats libres2 il n'e/ nullem5t effray de ces divisions1 et il y voit le signe d'une vraie vie politique1 t&is que la paix app>5te du despotisme n'e/ qu'une mort l5te3 c'e/1 dira-t-il plus t>d dans l',esprit des lois1 le sil5ce d'une ville que l'ennemi vi5t d'occup]4 ,aussi p\r lui la lutte des plbi5s et des patrici5s n'e/ po9t du t\t1 comme l'ont p5s t\s les auteurs1 la cause de la p]te de la rpublique4 ,cette vraie cause1 ce fut la gr&eur exagre de la ville et de l'empire4 ,ces divisions au contraire tai5t ncessaires ,rome3 ,dem&] un tat libre des g5s h>dis dans la gu]re et timides dans la paix1 c'e/ v\loir des *oses impossibles2 et1 p\r rgle gnrale1 t\tes les fois qu'on v]ra t\t le monde tranquille dans un tat qui se donne le nom de rpublique1 on peut tre assur que la lib]t n'y e/ pas#ai4 #ai ,ibid41 ,,xi4 ,ce n'e/ pas1 bi5 ent5du1 que ,montesquieu soit un p>tisan de l'an>*ie et un ennemi de l'ordre3 p]sonne ne le suppos]a3 il n'ent5d p>l] bi5 videmm5t que des divisions pacifiques1 t\t au plus de ces retraites volontaires du peuple qui am5ai5t les nobles composition sans effusion de sang4 ,ce qu'il combattait1 c'tait l'ordre m5song] des tats despotiques1 s\s l'app>5ce duquel il y a t\j\rs une division relle444 et si l'on y voit de l'union1 ce ne sont pas des citoy5s qui sont amis1 mais des corps ensevelis les uns auprs des autres#bj4 #bj ,ibid41 ,,ix4 ,on ne saurait assez dire quel po9t ,montesquieu a dte/ le despotisme3 ri5 de plus trange que cette passion *ez un homme n dans les rangs privilgis1 et aprs t\t s\s un g\v]nem5t assez d\x2 il dte/e non seulem5t le despotisme odieux des mon>ques asiatiques ou des ,cs>s roma9s1 mais ce despotisme tempr et rguli] tel qu',augu/e avait essay de l'tablir4 ,augu/e1 dit-il1 tablit l'ordre1 c'e/--dire une s]vitude durable2 c> dans un tat libre o l'on vi5t d'usurp] la s\v]a9et1 on appelle rgle t\t ce qui peut fond] l'autorit sans bornes d'un seul1 et on appelle tr\ble1 diss5sion1 mauvais g\v]nem5t t\t ce qui peut ma9t5ir l'honnte lib]t des sujets#ba4 #ba ,considrations1 ,,xiii4 ,l',esprit des lois4--,n\s avons vu natre et gr&ir la p5se politique de ,montesquieu3 il e/ temps de saisir cette p5se dans t\te sa maturit et dans t\te sa =ce1 et de rev5ir au *ef-d'oeuvre du matre1 l',esprit des lois#bb4 #bb ,l',esprit des lois p>ut ,g5ve1 sans date 7#b vol4 9-#d72 mais la critique e/ d'accord p\r en fix] la date en #agdh4 ,l'ouvrage conti5t #ad c>tons exigs p> la c5sure2 ,m4 ,vian 7,hi/4 de ,montesquieu1 sa vie et ses oeuvres1 ,p>is1 #ahgg7 a relev sur deux exemplaires qui subsi/5t1 le texte primitif4 ,les *angem5ts sont de peu d'importance d'ailleurs4 ,,les ,,pr9cipes4--,on a repro* ,montesquieu la p5se et la m?ode de son livre4 ,montesquieu1 a-t-on dit1 a plutt tudi ce qui e/ que ce qui doit tre2 il a des raisons p\r t\t2 t\s les faits tr\v5t grce ses yeux1 et qu& il peut dire p\rquoi une loi a t faite1 il e/ satisfait1 sans se dem&] si elle aurait d l'tre4 ,il sembl]ait1 ent5dre ces critiques1 que ,montesquieu ft de l'cole de ,ma*iavel1 et qu' l'exemple du politique du ,x,ve sicle1 il ait lev un monum5t l'utile au dtrim5t de la ju/ice#bc4 #bc ,voy4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire1 ,introduction sa traduction de la ,politique d',ari/ote4--,le droit politique e/ encore natre1 dit ,j4-,j4 ,r\sseau 7mile1 l4 ,,ii74 ,le seul mod]ne en tat de crer cette gr&e sci5ce et t ,montesquieu2 mais il n'eut g>de de trait] des pr9cipes des droits politiques2 il se cont5ta de trait] des droits positifs des g\v]nem5ts tablis4 ,ri5 n'e/ plus inju/e que ces imputations4 ,le premi] *apitre de l',esprit des lois y rpond d'abord suffisamm5t4 ,que dit ,montesquieu8 ,qu'il y a des rapports ncessaires drivant de la nature des *oses3 et c'e/ l ce qu'il appelle les lois4 ,que dit-il encore8 ,qu'il y a une raison primitive1 et que les lois sont les rapports qui se tr\v5t entre elle et les diffr5ts tres1 et les rapports de ces diffr5ts tres en eux4442 que les tres p>ticuli]s et intellig5ts peuv5t avoir des lois qu'ils ont faites1 mais qu'ils en ont aussi qu'ils n'ont pas faites2 qu'avant qu'il y et des lois1 il y avait des rapports de ju/ice possible2 que dire qu'il n'y a ri5 de ju/e ni d'inju/e que ce qu'ordonn5t ou df5d5t les lois positives1 c'e/ dire qu'avant qu'on et trac des c]cles1 t\s les rayons n'tai5t pas gaux4 ,qu'e/-ce qu'une telle doctr9e8 ,e/-ce celle d'un homme qui subordonne t\t la loi1 qui admire t\t ce que le lgislateur fait1 sans t5ir compte de ce qu'il doit faire1 qui enf9 fait t\t dp5dre des circon/ances8 ,e/-ce l la philosophie d'un ,hobbes1 d'un ,ma*iavel8 ,non1 c'e/ la philosophie de ,malebran*e et de ,platon2 c'e/ cette philosophie qui place le ju/e primitif et t]nel avant le ju/e lgal1 et fait driv] celui-ci de celui-l4 ,montesquieu ne p5se pas autrem5t1 lui qui df9it la loi la raison huma9e1 en tant qu'elle g\v]ne t\s les peuples de la t]re#bd2 et qui aj\te que les lois politiques et civiles de *aque nation ne doiv5t tre que les cas p>ticuli]s o s'applique cette raison huma9e4 #bd ,espr4 des lois1 l4 ,i1 c4 ,,iii4 ,la mme doctr9e e/ exprime dans les ,lettres p]sanes3 ,la ju/ice e/ un rapport de conv5ance qui se tr\ve rellem5t entre deux *oses3 ce rapport e/ t\j\rs le mme444 ,qu& il n'y aurait pas de ,dieu1 n\s devrions t\j\rs aim] la ju/ice444 ,voil ce qui m'a fait p5s] que la ju/ice e/ t]nelle et ne dp5d pas des conv5tions huma9es4 ,mais1 p\rsuit-on1 si ,montesquieu a vu que les lois civiles et politiques ne sont que l'expression de la raison huma9e en gnral1 p\rquoi ne s'e/-il pas appliqu dt]m9] d'abord les conditions absolues du ju/e1 af9 de montr] ensuite comm5t les lois positives s'en loign5t1 et comm5t elles peuv5t s'en appro*]8 ,au contraire1 pe9e a-t-il pos les pr9cipes qu'il ab&onne les consqu5ces1 et que1 r5onant la m?ode rationnelle p\r la m?ode hi/orique et exprim5tale1 il n'exam9e plus que ce qui e/1 et nglige ce qui devrait tre4 ,j'av\e que ,montesquieu aurait pu suivre le plan qu'on imag9e4 ,mais p\rquoi dem&] un auteur ce qu'il aurait pu faire au lieu de se r5dre compte de ce qu'il a fait8 ,combattre l',esprit des lois1 tel qu'il e/1 au nom d'un ,esprit des lois possible et idal1 n'e/-ce pas comme si l'on dem&ait ,ari/ote p\rquoi il n'a pas fait la ,rpublique de ,platon2 ou encore comme si l'on dem&ait ,montesquieu lui-mme p\rquoi1 au lieu de ce livre admirable de la ,gr&eur et de la ,dcad5ce des ,roma9s1 o il rsume si =tem5t t\tes les causes des rvolutions de ,rome1 il n'a pas crit1 comme ,vico1 une sorte de philosophie de l'hi/oire1 et montr le rle du peuple roma9 dans le dveloppem5t de l'humanit8 ,si je compr5ds bi5 ce que l'on regrette de ne pas tr\v] dans ,montesquieu1 c'e/ une sorte de trait de droit naturel1 tel que l'ont fait ,puff5dorf ou ,burlamaqui2 mais il me semble que c'e/ mconnatre prcism5t ce qu'il y a d'orig9al et de n\veau dans le livre de ,montesquieu4 ,il vit que le pr9cipe des lois e/ sans d\te la ju/ice1 mais qu'en fait elles dp5d5t d'un trs gr& nombre de rapports qui peuv5t les faire v>i] l'inf9i4 ,quels sont ces rapports8 ,montesquieu n\s le dit3 ,elles sont relatives la nature et au pr9cipe du g\v]nem5t2 elles sont relatives au physique du pays2 au climat glac1 brlant ou tempr2 la qualit du t]ra91 sa situation1 sa gr&eur1 au g5re de vie des peuples1 lab\reurs1 *asseurs ou pa/eurs2 elles doiv5t se rapport] au degr de lib]t que la con/itution peut s\ffrir2 la religion de leurs habitants1 leurs incl9ations1 leurs ri*esses1 leur nombre1 leur comm]ce1 leurs moeurs1 leurs manires4 ,enf91 elles ont des rapports entre elles1 elles en ont avec leur orig9e1 avec l'objet du lgislateur1 avec l'ordre des *oses sur lesquelles elles sont tablies4 ,c'e/ dans t\tes ces vues qu'il faut les considr]4 ,c'e/ ce que j'entrepr5drai de faire dans cet ouvrage4 ,j'exam9]ai t\s ces rapports3 ils =m5t t\s ensemble ce que l'on appelle l',,esprit ,,des ,,lois#be4 ,combi5 une telle philosophie1 qui1 au lieu de considr] seulem5t les lois dans leur rapport la vrit ab/raite1 les tudie dans les rapports pro*a9s qu'elles s\ti5n5t avec les faits gnraux et 9vitables de la vie et de l'organisation des peuples2 combi51 dis-je1 cette philosophie des causes secondes et moy5nes n'e/-elle pas plus in/ructive qu'une ?orie ab/raite du droit1 qui laisse indcise la "q de savoir comm5t ce droit p\rra tre appliqu dans telle ou telle circon/ance8 ,enf91 on peut critiqu] l'excution1 et1 dans un ouvrage si considrable et si neuf1 il s]ait trange qu'il en ft autrem5t2 mais l'ide fondam5tale n'en e/ pas mo9s gr&e et ju/e#bf4 #be ,esprit des lois1 l4 ,i1 c4 ,,iii4 #bf ,aug4 ,comte 7,c\rs de philosophie positive1 t4 ,,iv1 #dg;e leon7 a bi5 vu le gr& mrite de ,montesquieu1 et le considre comme le vrai crateur de la sci5ce sociale4 ,lorsqu'on semble croire que ,montesquieu e/ indiffr5t entre t\s les faits qu'il expose1 qu'il leur accorde t\s la mme valeur1 qu'il ne di/+ue pas le ju/e et l'inju/e1 on oublie les plus belles et les meilleures p>ties de son livre4 ,p\r p>l] d'abord de ses ?ories politiques1 o tr\v]1 mme au ,x,v,i,i,ie sicle1 une av]sion plus dcl>e1 une critique plus amre et plus sanglante du despotisme2 o tr\v]1 une plus vive sympa?ie p\r les mon>*ies tempres et libres1 et mme plus de prv5tion en faveur des rpubliques et des g\v]nem5ts populaires8 ,quel publici/e a jamais eu un s5tim5t plus noble et plus lev de la lib]t politique8 n'e/-il pas le premi] qui a enseign ou rappel la ,france l'am\r de cette lib]t1 qu'elle avait dsapprise1 si elle l'avait jamais connue1 rve que tant de fautes commises en son nom ou contre elle ne peuv5t effac] des mes bi5 nes8 ,aucun philosophe de ce temps1 ,voltaire lui-mme1 a-t-il plus fait que ,montesquieu p\r l'humanit1 et p\r l'amlioration des lois8 ,c'e/ lui qui a combattu le plus efficacem5t les re/es d]ni]s de la b>b>ie1 la cruaut dans les lois1 l'esclavage1 et surt\t l'esclavage des noirs1 enf9 la contradiction rvoltante d'une morale div9e et d'un culte p]scuteur4 ,la philosophie des lois dans ,montesquieu repose sur cette =mule clbre3 ,les lois sont les rapports ncessaires qui driv5t de la nature des *oses4 ,cette df9ition a t s\v5t critique comme ab/raite et obscure4 ,de/utt de ,tracy a dit3 ,une loi n'e/ pas un rapport et un rapport n'e/ pas une loi4 ,helvtius a dit de son ct que les lois n'tai5t pas des rapports1 mais des rsultats de rapports4 ,ce sont l des *icanes4 ,suivant ,tracy1 l'ide de loi implique l'ide d'autorit positive1 et c'e/ p> analogie que l'on a transport cette ide la nature en disant que les *oses se pass5t comme si un lgislateur y et tabli des lois4 ,cela e/ possible1 quant l'orig9e de l'ide2 c> il e/ c]ta9 que l'homme a comm5c p> p]sonnifi] la nature4 ,mais s'il e/ vrai que ce soit p> analogie avec nos lois positives que l'homme ait appel lois non crites les lois de la morale1 et plus t>d lois de la nature les rapports con/ants et rguli]s des phnomnes naturels1 cep5dant1 p> l'analyse et la rflexion1 il a pu arriv] reconnatre plus t>d que ces rapports con/ants et rguli]s tai5t le rsultat de la nature des *oses4 ,p> exemple1 la gomtrie lui (frait des rapports con/ants entre les figures ou les lm5ts des figures2 de mme la morale lui montrait c]ta9s rapports con/ants entre les hommes2 enf9 la physique1 des rapports con/ants entre les corps4 ,gnralisant cette ide1 on a pu dire qu'une *ose quelconque n'exi/e qu' la condition d'avoir une c]ta9e nature1 et des rapports qui rsult5t de cette nature1 et c'e/ ce qu'on appelle des lois4 ,rev5ant ensuite l'ordre civil d'o l'on tait p>ti1 on peut dire alors avec ,montesquieu que les lois civiles elles-mmes sont des rapports ncessaires drivant de la nature des *oses1 c'e/--dire qu'elles ne driv5t pas de la fantaisie des lgislateurs1 mais qu'elles ti5n5t aux conditions sociales1 hi/oriques1 climatriques1 etc42 c'e/ a9si que la df9ition de ,montesquieu se rapporte la p5se gnrale de son livre4 ,d'autres critiques sont v5ues s'lev] contre la df9ition de ,montesquieu1 mais d'un t\t autre ct2 si les lois sont des rapports ncessaires1 t\t e/ ncessaire1 comme le veut ,sp9oza#bg4 ,montesquieu e/ donc sp9ozi/e4 ,telle tait l'objection des ,n\velles ecclsia/iques1 j\rnal jansni/e4 ,montesquieu ne se donne pas beauc\p de pe9e dans sa ,df5se de l',esprit des lois p\r rpondre cette objection4 ,il se cont5te3 #a de rappel] les textes du *apitre ,i] qui sont contraires au sp9ozisme#bh2 #b d'expliqu] son b1 qui e/ prcism5t de rfut] ,hobbes et ,sp9oza1 lesquels ram5ai5t les lois de pures conv5tions1 t&is que lui1 au contraire1 s\ti5t qu'il y a des lois t]nelles et immuables4 ,il aurait pu aj\t] qu'il y a deux sortes de ncessit3 la ncessit absolue et la ncessit conditionnelle4 ,dieu e/ ncessaire d'une ncessit absolue2 les lois de la nature sont d'une ncessit conditionnelle3 elles ne sont ncessaires qu'en ce s5s qu'elles ne sont pas arbitraires4 #bg ,sp9oza1 philosophe du ,x,v,i,ie sicle qui s\t5ait le fatalisme1 c'e/--dire la doctr9e de la ncessit univ]selle4 #bh ,quelle app>5ce qu'une cause in9tellig5te ait donn naissance des tres intellig5ts8 ,,les ,,doctr9es ,,politiques4--,l'analyse raisonne de l',esprit des lois s]ait elle-mme un ouvrage considrable2 le ,comm5taire de ,de/utt de ,tracy en e/ la preuve#bi4 ,n\s n\s born]ons en tudi] les deux po9ts que n\s v5ons de signal]3 #a les ?ories politiques2 #b les ?ories philan?ropiques et r=matrices4 #bi ,cet intressant et in/ructif ouvrage e/ de #agif4 ,la nature des lois tant explique1 passons au fond mme du livre4 ,l'objet de l',esprit des lois n'e/ po9t la politique1 et cep5dant la politique dom9e t\t l'ouvrage4 ,la raison en e/ que1 selon ,montesquieu1 la pr9cipale diffr5ce des lois vi5t de la diffr5ce des g\v]nem5ts4 ,il suffit de connatre les pr9cipes de *aque g\v]nem5t1 p\r en voir1 dit-il1 c\l] les lois1 comme de leur s\rce#cj4 #cj ,l4 ,i1 c4 ,,ii4 ,on peut di/+u]1 dans les lgislations div]ses qui sont p>mi les hommes1 trois c>actres pr9cipaux4 ,dans c]ta9s tats1 les lois sembl5t inspires p> le s5tim5t de la v]tu publique et tre faites p> des hommes ou p\r des hommes qui sav5t ou doiv5t savoir se comm&] eux-mmes2 elles exig5t et suppos5t une c]ta9e =ce du citoy5 sacrifi] ses passions la patrie2 une frugalit qui emp*e *aque homme de dsir] plus qu'il n'a beso91 et qui1 tant le sup]flu1 te le pr9cipe de la dom9ation des hommes les uns sur les autres et les met t\s dans un mme rang2 un am\r naturel et volontaire de cette galit1 qui ne va pas jusqu'au refus d'obir aux magi/rats1 mais n'e/ au contraire assure que p> le respect de t\s p\r la loi2 enf9 un ds9tressem5t qui fait re*]*] la v]tu p\r elle-mme et non p\r la gloire qui l'accompagne4 ,dans un autre ordre d'tats1 les lois favoris5t l'am\r naturel des di/9ctions qui e/ dans l'homme1 et p>aiss5t inspires p> cet am\r2 elles sembl5t prescrire p>ticulirem5t t\t ce qui t5d r5dre c]ta9s hommes respectables aux autres hommes2 elles mett5t des degrs entre les citoy5s2 elles introduis5t des privilges1 des exceptions honorables p\r ceux qui en sont l'objet3 elles r5d5t l'autorit presque div9e1 et lui donn5t non ce c>actre de =ce t]rible qui abat et humilie1 mais au contraire cette maje/ qui relve ceux qui s'en appro*5t2 elles laiss5t *aque citoy5 une c]ta9e scurit et lui p]mett5t mme une c]ta9e gr&eur1 non pas la gr&eur hroque qui nat de la simple pratique de la v]tu1 mais celle qui vi5t de l'clat atta* c]ta9es actions rputes belles4 ,enf91 il y a des tats o les lois trait5t les hommes comme les brutes1 ne leur dem&5t aucune v]tu1 aucun sacrifice1 mais une matrielle obissance2 qui ne laiss5t aucune dignit mme ni aucune scurit aux sujets2 qui les oblig5t au bi51 c'e/--dire ce qu'une c]ta9e p]sonne dcl>e arbitrairem5t tre le bi51 non p> un s5tim5t de gloire1 ni mme p> un noble am\r des honneurs et de l'lvation1 mais p> la =ce seule3 ces lois avilissantes ne g\v]n5t que p> la t]reur4 ,en un mot1 il y a des peuples dont les lois repos5t sur la v]tu et priss5t avec elle2 d'autres o l'empire de la loi e/ plus =t que l'empire du bi51 et o les lois ne comm&5t qu'au nom de ce s5tim5t brillant et *eval]esque que ,montesquieu appelle l'honneur2 enf91 il e/ des peuples qui n'obiss5t qu' la =ce et la cra9te4 ,la v]tu1 l'honneur1 la cra9te1 tels sont les trois pr9cipes d'o dc\l5t les diffr5ts sy/mes de lgislation qui sont p>mi les hommes1 et qui rpond5t trois =mes ess5tielles de g\v]nem5t3 #a celle o le peuple1 ayant des v]tus1 peut se g\v]n] lui-mme1 ou la rpublique2 #b celle o le peuple1 obissant aux lois plutt qu' la v]tu et l'honneur plutt qu'aux lois1 doit tre g\v]n1 mais g\v]n p> des lois fixes qui assur5t sa scurit et sa vanit1 ou la mon>*ie2 #c enf91 celle o le peuple n'obissant qu' la cra9te1 doit tre g\v]n non p> les lois1 mais p> la =ce1 et la =ce la plus t]rible1 celle d'un seul1 ou le despotisme#ca4 #ca ,l4 ,,ii1 c4 ,i4 ,il faut donc di/+u] avec ,montesquieu deux *oses dans t\t g\v]nem5t3 sa nature et son pr9cipe3 sa nature e/ ce qui le fait tre ce qu'il e/1 son pr9cipe e/ le ressort qui le fait agir2 l'une e/ sa /ructure p>ticulire1 l'autre1 les passions huma9es qui le font m\voir#cb4 ,voyons les rapports de ces deux *oses dans *aque espce de g\v]nem5t4 #cb ,l4 ,,iii1 c4 ,,ii4 ,la nature de la rpublique1 c'e/ que le peuple en corps1 ou seulem5t une p>tie du peuple1 y a la s\v]a9e puissance2 dans le premi] cas1 la rpublique e/ une dmocratie2 dans le second1 une ari/ocratie#cc4 #cc ,l4 ,,ii1 c4 ,,ii4 ,dans la dmocratie1 le peuple e/ la fois mon>que et sujet4 ,il e/ mon>que p> ses suffrages1 qui sont ses volonts2 il e/ sujet p> son obissance aux magi/rats qu'il nomme lui-mme1 c> c'e/ l'ess5ce du g\v]nem5t dmocratique que le peuple nomme les magi/rats#cd4 ,enf91 la rgle gnrale de ce g\v]nem5t1 c'e/ que le peuple fasse p> lui-mme t\t ce qu'il peut faire1 et qu'il fasse faire le re/e p> des m9i/res nomms p> lui4 #cd ,espr4 des lois1 l4 ,,ii1 c4 ,,ii4 ,le peuple e/ admirable p\r *oisir ceux qui il doit confi] une p>tie de son autorit4 ,il n'a qu' se dt]m9] p> des *oses qu'il ne peut ignor] et des faits qui tomb5t s\s les s5s4 ,il sait trs bi5 qu'un homme a t s\v5t la gu]re1 qu'il y a eu tels ou tels succs3 il e/ donc trs capable d'lire un gnral444 ,un g\v]nem5t a9si con/itu e/ une dmocratie2 mais il ne suffit pas d'tre1 il faut vivre1 et la dmocratie la mieux organise peut prir si elle n'a un pr9cipe intrieur d'action et de cons]vation qui e/ la v]tu#ce4 ,lorsque t\s font les lois1 les lois sont inutiles s'il n'y a pas de v]tu publique2 c> le peuple sait d'avance qu'il port]a lui-mme le poids des lois qu'il aura faites2 il les f]a donc faciles1 complaisantes1 corruptrices4 ,et d'ailleurs qu'importe que le peuple1 comme mon>que1 fasse des lois1 si1 comme sujet1 il ne les excute pas8 #ce ,esprit des lois1 l4 ,,iii1 c4 ,,iii4 ,lorsque p>ut l',esprit des lois1 on fit beauc\p d'objections cette maxime de ,montesquieu3 que la v]tu e/ le pr9cipe des rpubliques4 ,on dem&a s'il n'y avait de v]tu que dans les rpubliques1 si les mon>*ies ne sont composes que de vices1 si t\tes les rpubliques sont v]tueuses1 si l'honneur n'y a pas aussi sa place1 etc4 ,montesquieu dut expliqu] sa p5se3 ,il faut obs]v]1 dit-il1 que ce que j'appelle v]tu dans la rpublique e/ l'am\r de la patrie1 c'e/--dire l'am\r de l'galit4 ,ce n'e/ po9t une v]tu morale ni une v]tu *rti5ne1 c'e/ la v]tu politique1 et celle-ci e/ le ressort qui fait m\voir le g\v]nem5t rpublica91 comme l'honneur e/ le ressort qui fait m\voir la mon>*ie4 ,j'ai donc appel v]tu politique l'am\r de la patrie et de l'galit4 ,il faut faire att5tion qu'il y a une trs gr&e diffr5ce entre dire qu'une c]ta9e qualit1 modification de l'me1 ou v]tu1 n'e/ pas le ressort qui fait agir un g\v]nem5t1 et dire qu'elle n'e/ po9t dans ce g\v]nem5t4 ,tant s'en faut que les v]tus morales et *rti5nes soi5t exclues de la mon>*ie1 que mme la v]tu politique ne l'e/ pas4 ,en un mot1 l'honneur e/ dans les rpubliques1 quoique la v]tu politique en soit le ressort2 la v]tu politique e/ dans la mon>*ie1 quoique l'honneur en soit le ressort#cf4 #cf ,l4 ,,ii1 c4 ,,iii4 ,dans la dmocratie1 le peuple fait ses affaires lui-mme2 dans l'ari/ocratie ce sont les gr&s qui les font p\r lui2 le peuple y e/ l'g>d des nobles ce que les sujets sont dans la mon>*ie l'g>d du pr9ce4 ,cep5dant1 la sagesse d'une rpublique ari/ocratique e/ de dim9u]1 autant que possible1 la di/ance qui sp>e le peuple des gr&s1 de donn] au peuple un moy5 de sortir de son abaissem5t et de j\] un rle dans l'tat4 ,la plus p>faite ari/ocratie e/ celle o la noblesse e/ peuple1 et le peuple si pauvre1 qu'elle n'ait aucun intrt l'opprim]4 ,la plus mauvaise e/ celle o le peuple e/ dans l'esclavage#cg4 ,ce g\v]nem5t a mo9s beso9 de v]tu que le g\v]nem5t dmocratique2 cep5dant1 la v]tu lui e/ ncessaire4 ,le peuple1 qui e/ cont5u p> les lois1 peut obir sans avoir de v]tu2 mais les nobles ne sont cont5us que p> leur propre volont1 il leur faut donc une c]ta9e =ce p\r rsi/] leurs passions4 ,cette =ce leur peut v5ir ou d'une gr&eur d'me qui leur appr5d se reg>d] comme les gaux du peuple1 ou d'une modration qui les ma9ti5t du mo9s dans l'galit avec eux-mmes3 la modration e/ la v]tu propre et le pr9cipe de l'ari/ocratie#ch2 elle y sauve l'odieux d'une 9galit t\j\rs prs5te aux yeux du peuple1 et d'une obissance qu'il doit seul1 au lieu que dans la mon>*ie il la p>tage avec les gr&s4 #cg ,l4 ,,iii1 c4 ,,iv4 #ch ,av]tissem5t4 ,ce qui con/itue le g\v]nem5t mon>*ique1 c'e/ l'empire d'un seul sur t\s1 con=mm5t des lois /ables et fixes#ci4 ,or1 ces lois1 conditions de la mon>*ie1 ne sont ri5 s'il n'exi/e en dehors du pr9ce1 non des p\voirs indp5dants1 mais des p\voirs subordonns1 int]mdiaires entre le pr9ce et le peuple1 et qui sont comme des canaux moy5s p> o c\le la puissance4 ,ces p\voirs1 malgr leur dp5dance du mon>que1 le mett5t lui-mme dans une c]ta9e dp5dance des lois et des tablissem5ts traditionnels1 puisqu'il ne peut agir que p> leur int]mdiaire4 #ci ,esp4 des lois1 l4 ,,ii1 c4 ,,iv4 ,la mon>*ie ne subsi/e donc pas sans noblesse1 sans prrogatives1 sans privilges4 ,privilges des nobles1 du cl]g1 des villes1 juridiction seigneuriale1 ecclsia/ique1 etc41 autant de limites au p\voir arbitraire du pr9ce ou l'envahissem5t du peuple4 tez ces rangs et ces prrogatives1 l'tat devi5t ncessairem5t despotique ou populaire4 ,outre ces rangs int]mdiaires1 il faut un dpt de lois p\r que les limites de l'autorit mon>*ique soi5t sans cesse prs5tes au pr9ce et aux sujets1 et un c]ta9 corps politique qui annonce les lois lorsqu'elles sont faites et les rappelle lorsqu'on les oublie4 ,a ce sy/me si admirablem5t organis p\r concili] la t\te-puissance du mon>que et la scurit des sujets1 il faut un ressort1 un pr9cipe de m\vem5t4 ,ce n'e/ pas la v]tu1 c'e/ l'honneur3 c'e/--dire le prjug de *aque p]sonne et de *aque condition#dj4 ,en effet1 la v]tu peut bi5 se r5contr] dans un g\v]nem5t mon>*ique4 ,mais cela n'a ri5 de ncessaire4 ,ce qui e/ ncessaire p\r que l'tat ne prisse pas1 c'e/ que le pr9ce ait un c]ta9 prjug de sa propre gr&eur et de ses prrogatives1 et qu'il confonde cette gr&eur avec celle de l'tat1 en un mot une c]ta9e op9ion d'imag9ation qui lui fasse re*]*] le bi51 non p\r le bi5 en lui-mme1 mais p\r ralis] cet idal de gr&eur qu'il porte en soi4 ,seulem5t cette op9ion de sa gr&eur dgnr]ait facilem5t *ez le pr9ce en adoration de soi-mme1 en mpris des sujets1 en indiffr5ce des intrts publics1 et l'tat devi5drait despotique1 si t\s les corps de l'tat n'avai5t *acun leur prjug1 comme le pr9ce lui-mme1 si la noblesse1 le cl]g1 la magi/rature1 les villes1 n'opposai5t au prjug du pr9ce des prjugs contraires2 cet ensemble de prjugs qui se limit5t et se respect5t les uns les autres1 fonde la hir>*ie sociale1 et ti5t lieu du droit qui e/ la base des rpubliques3 c'e/ l l'honneur1 le pr9cipe cons]vateur des in/itutions mon>*iques4 #dj ,l4 ,,iii1 c4 ,,vi et l4 ,,iv1 c4 ,,ii4 ,la rpublique1 la mon>*ie ont une con/itution1 une /ructure1 un mcanisme p>ticuli]4 ,le despotisme1 p> cela seul qu'il ne repose que sur la volont d'un seul1 ne peut avoir ri5 de dt]m9 et d'assur2 il n'a donc po9t de con/itution4 ,la seule con/itution1 c'e/ que les hommes n'y sont ri51 que le pr9ce y e/ t\t4 ,mais le pr9ce tant t\t1 et tant le matre de t\t1 il s]ait trange qu'il prt de la pe9e p\r un peuple qui n'e/ ri52 aussi ne g>de-t-il que le plaisir et la =ce de la puissance1 et il en laisse un autre l'emploi4 ,ce reprs5tant du pr9ce e/ absolu comme lui1 p\r que celui-ci soit tranquille2 mais t\t absolu qu'il e/1 il n'en e/ pas mo9s t\j\rs entre les ma9s du pr9ce1 qui peut abattre qu& il veut et comme il lui plat1 ceux qu'il lve qu& il veut et comme il lui plat4 ,le pr9cipe d'un tel g\v]nem5t ne peut tre la v]tu ni l'honneur1 c> l'un et l'autre s'oppos5t un tel p\voir et une telle obissance3 le despotisme ne repose que sur la cra9te4 ,la cra9te du s\v]a9 e/ la fois le fre9 du peuple et sa protection2 c> le peuple tant trop faible p\r que le pr9ce le craigne1 c'e/ surt\t contre les gr&s que s'ex]ce sa puissance1 et la cra9te des gr&s fait seule la scurit des petits4 ,n\s avons dj rem>qu dans les ,lettres p]sanes et dans les ,considrations l'n]gique av]sion de ,montesquieu p\r le despotisme2 mais c'e/ surt\t dans l',esprit des lois qu'il rassemble et aiguise les traits les plus am]s et les plus sanglants de son loqu5ce ironique p\r pe9dre ces g\v]nem5ts mon/rueux3 ,qu& les sauvages de la ,l\isiane1 dit-il1 veul5t avoir des fruits1 ils c\p5t l'arbre au pi$ et cueill5t le fruit4 ,voil le g\v]nem5t despotique#da4 ,*>les ,,xii tant ,b5d]1 tr\vant quelque rsi/ance dans le snat de ,sude1 crivit qu'il leur env]rait une de ses bottes p\r comm&]4 ,cette botte aurait comm& comme un roi despotique#db4 ,dans un g\v]nem5t despotique1 t\t doit r\l] sur deux ou trois ides2 il n'en faut donc pas de n\velles4 ,qu& v\s in/ruisez une bte1 v\s v\s donnez bi5 de g>de de lui faire *ang] de matre1 de leons et d'allure3 v\s frappez son c]veau p> deux ou trois m\vem5ts et pas davantage#dc4 ,comme le pr9cipe du g\v]nem5t despotique e/ la cra9te1 le b en e/ la tranquillit2 mais ce n'e/ po9t une paix1 c'e/ le sil5ce de ces villes que l'ennemi e/ prs d'occup]#dd4 ,il n'e/ pas difficile de voir l'int5tion secrte de ces p>oles amres4 ,cette pe9ture du despotisme e/ une m5ace que ,montesquieu fait pes] sur la tte des g\v]nem5ts modrs1 qui1 p\r se donn] une =ce va9e1 bris5t les b>rires heureuses qui les sp>5t du despotisme4 #da ,l4 ,,ii1 c4 ,v1 et l4 ,v1 c4 ,,xiv1 ,,xv4 #db ,l4 ,,iii1 c4 ,,ix4 #dc ,l4 ,,viii1 c4 ,i4 #dd ,l4 ,,viii1 c4 ,,ii1 ,,iii1 ,,iv4 ,n\s avons considr deux *oses dans les g\v]nem5ts3 d'abord ce qui les fait tre1 leur /ructure2 ensuite ce qui les fait agir1 ou leurs pr9cipes4 ,il re/e tudi] ce qui les p]d1 c'e/--dire leur corruption4 ,la corruption de *aque g\v]nem5t comm5ce t\j\rs p> celle des pr9cipes#de4 ,le pr9cipe de la rpublique tant la v]tu1 la rpublique se corrompt lorsqu'elle p]d sa v]tu4 ,mais comme il y a deux espces de rpubliques1 la corruption n'e/ pas la mme p\r t\tes les deux4 ,la dmocratie se p]d p> la p]te de l'esprit d'galit1 ou p> l'exagration de cet esprit#df4 ,le premi] de ces maux conduit l'ari/ocratie ou au g\v]nem5t d'un seul1 et le second entrane d'abord au despotisme de t\s1 et ensuite au despotisme d'un seul4 ,le c>actre de la dmocratie e/ bi5 l'galit1 mais l'galit rgle3 ,dans la vraie dmocratie1 on n'e/ gal que comme citoy52 dans la dmocratie corrompue1 on e/ encore gal comme magi/rat1 comme snateur1 comme juge1 comme pre1 comme m>i1 comme matre4 ,lorsque la corruption e/ arrive ce po9t que le peuple ne reconnat plus aucun li51 qu'il n'obx plus aux magi/rats1 qu'il cesse de respect] les vieill>ds1 que le lib]t9age e/ p>t\t1 la lib]t e/ bi5 prs de prir4 ,plus il p>atra tir] d'avantages de sa lib]t1 plus il s'appro*]a du mom5t o il doit la p]dre4 ,il se =me de petits tyrans qui ont t\s les vices d'un seul4 ,bi5tt ce qui re/e de lib]t devi5t insupportable2 un seul tyran s'lve1 et le peuple p]d t\t1 jusqu'aux avantages de la corruption4 ,ce passage de la dmocratie extrme la tyrannie a t obs]v p> t\s les publici/es4 ,platon exprimait cette gr&e vrit dans son langage potique et figur qu& il disait3 ,le peuple1 en v\lant vit] la fume de la dp5dance s\s les hommes libres1 tombe dans le feu du despotisme des esclaves1 *angeant une lib]t excessive et extravagante contre la plus dure et la plus amre s]vitude4 #de ,l4 ,,viii4 #df ,ib41 c4 ,,ii4 ,quant l'ari/ocratie1 elle se corrompt lorsque la noblesse cesse d'tre unie avec le peuple1 lorsqu'elle ne comm&e plus p> les lois ou p> la ju/ice1 lorsque le p\voir se ress]re ou se rel*e1 et devi5t ou tyrannique ou faible2 enf9 qu& les nobles s5t5t plus les dlices du comm&em5t que ses prils1 et qu'ils croi5t n'avoir plus ri5 r$\t]#dg4 #dg ,l4 ,,viii1 c4 ,v4 ,l'me du g\v]nem5t mon>*ique tant l'honneur ou le prjug de *aque tat et de *aque condition1 ce g\v]nem5t se p]d avec ce prjug mme1 lorsque l'obissance se *ange en s]vitude1 que le peuple et les gr&s1 au lieu de sujets loyaux1 devi5n5t des in/rum5ts mpriss du pr9ce et d'eux-mmes2 lorsque l'honneur e/ mis en contradiction avec les honneurs1 et que l'on peut tre la fois *>g d'infamie et de dignits2 lorsqu' la place des lois le mon>que met sa volont2 lorsque1 *angeant sa ju/ice en svrit1 il place1 comme les emp]eurs roma9s1 une tte de ,mduse sur sa poitr9e2 lorsque1 supprimant les p\voirs int]mdiaires1 il veut t\t faire p> lui-mme et ramne l'tat enti] lui seul1 enf9 lorsqu'il e/ plus am\reux de ses fantaisies que de ses volonts#dh4 ,quant au g\v]nem5t despotique1 il se corrompt sans cesse1 puisqu'il e/ corrompu de sa nature#di4 #dh ,l4 ,,viii1 c4 ,,vi et ,,vii4 #di ,l4 ,,viii1 c4 ,x4 ,,critique ,,de ,,la ,,?,,orie ,,des ,,g\v]nem5ts4--,telle e/ la ?orie clbre des trois g\v]nem5ts et de leurs pr9cipes4 ,n\s avons expos les ides de ,montesquieu sans y int]v5ir1 af9 qu'on les vt dans leur suite et dans leur =ce4 ,mais il faut les exam9] de plus prs4 ,selon ,montesquieu1 il y a trois g\v]nem5ts primitifs1 qui se di/+u5t p> leur nature et p> leur pr9cipe3 c'e/ le rpublica91 le mon>*ique et le despotique4 ,cette division a s\lev beauc\p d'objections qui n\s p>aiss5t fondes4 ,et d'abord1 le g\v]nem5t rpublica9 se divise1 selon ,montesquieu1 en deux espces3 l'ari/ocratique et le dmocratique4 ,sont-ce bi5 l deux espces diffr5tes d'un mme g5re1 et ne sont-ce pas deux g5res ess5tiellem5t diffr5ts8 ,dans l'un1 c'e/ le peuple en corps2 dans l'autre1 c'e/ seulem5t une p>tie du peuple qui occupe la s\v]a9et4 ,ce n'e/ pas l une diffr5ce secondaire4 ,si le fait con/itutif de l'tat e/ la s\v]a9et1 la diffr5ce c>actri/ique entre les tats doit tre *]*e dans la manire dont la s\v]a9et e/ di/ribue4 ,il suffit que le p\voir s\v]a9 soit rs]v quelques-uns au lieu d'app>t5ir t\s1 p\r que l'esprit de l'tat soit radicalem5t *ang4 ,il e/ vrai que la dmocratie et l'ari/ocratie ont cela de commun de n'tre pas s\mises un roi4 ,mais l'ari/ocratie et la mon>*ie ont aussi cela de commun d't] t\t p\voir au peuple4 ,si l'on pr5d p\r pr9cipe de la division des g\v]nem5ts la diffr5ce de un et de t\s1 il faut videmm5t y introduire1 comme int]mdiaire1 le g\v]nem5t de plusieurs3 c> il y a autant de diffr5ce entre plusieurs et t\s qu'entre un et plusieurs4 ,si donc on admet la division de ,montesquieu1 il faudra sp>] l'ari/ocratie au mme titre que la mon>*ie1 et l'on aura quatre g\v]nem5ts au lieu de trois4 ,mais c'e/ un autre dfaut de la ?orie de ,montesquieu de sp>] absolum5t1 comme deux g5res "p1 le despotisme de la mon>*ie4 ,il a raison1 sans d\te1 de di/+u] le g\v]nem5t d'un seul1 limit p> des lois fondam5tales1 et le g\v]nem5t d'un seul livr au seul caprice4 ,mais cette di/9ction peut avoir lieu dans t\s les g\v]nem5ts4 ,il y a des dmocraties o le peuple ne comm&e que p> ses caprices1 au lieu de g\v]n] p> les lois2 il y a aussi des ari/ocraties o la volont des nobles ti5t lieu de lois fondam5tales4 ,de l la di/9ction antique des six g\v]nem5ts1 trois bons et trois mauvais3 les premi]s obissant aux lois et v\lant le bi5 des sujets1 les seconds n'obissant qu' leur fantaisie et ne *]*ant que leur propre bi54 ,on peut *oisir1 sans d\te1 ce pr9cipe de division et comm5c] p> reconnatre deux gr&es classes de g\v]nem5ts1 selon qu'ils obiss5t ou n'obiss5t pas des lois1 et divis] ensuite *acune de ces classes en trois espces1 selon que le p\voir e/ entre les ma9s d'un1 de plusieurs et de t\s2 on peut1 au contraire1 pr5dre p\r pr9cipe de division la di/ribution de la s\v]a9et1 et obt5ir a9si trois g\v]nem5ts fondam5taux1 que l'on subdivis]a ensuite *acun en deux espces4 ,mais on ne peut pas ml] ces deux pr9cipes1 et di/+u] la mon>*ie de la dmocratie p> l'un1 et la mon>*ie du despotisme p> l'autre4 ,en outre1 si on y reg>de de plus prs1 on v]ra que la diffr5ce de la mon>*ie et du despotisme n'e/ pas aussi gr&e que le dit l'auteur4 ,c>1 dans la mon>*ie pure 7et c'e/ de celle-l qu'il s'agit2 c> on ne traite encore que des g\v]nem5ts simples71 dans la mon>*ie1 dis-je1 le pr9ce1 except un trs petit nombre de lois fondam5tales1 peut t\j\rs *ang] les lois2 s'il ne les *ange pas1 c'e/ qu'il ne le veut pas4 ,sa volont e/ la suprme loi3 c'e/ l le pr9cipe mme du despotisme4 ,p\r qu'il ne pt absolum5t pas *ang] les lois1 il faudrait qu'elles fuss5t protges et g>anties p> un p\voir ou p> c]ta9s p\voirs dt]m9s4 ,mais c'e/ alors une mon>*ie limite1 ari/ocratique1 p>lem5taire1 reprs5tative1 selon la nature des limites qui sont opposes au p\voir royal4 ,c'e/ un g\v]nem5t mixte2 ce n'e/ plus la mon>*ie proprem5t dite4 ,sans d\te1 il y a des mon>*ies o le mon>que g\v]ne selon les lois1 et cela e/ ord9aire dans les pays clairs et civiliss2 mais en droit1 la mon>*ie1 si elle e/ absolue1 peut t\j\rs *ang] la loi2 et si elle n'e/ pas absolue1 elle n'e/ plus la mon>*ie dont il e/ "q2 elle e/ une de ces innombrables transactions1 qui s'tabliss5t dans la pratique entre les =mes lm5taires de la politique1 mais qui ne doit pas entr] dans une division ab/raite et sci5tifique1 o l'on pr5d les ides dans leur gnralit4 ,d'ailleurs1 s'il n'e/ pas exact de dire que la mon>*ie soit ncessairem5t s\mise des lois fixes1 e/-il plus exact de dire que le despotisme n'e/ s\mis absolum5t aucune loi8 ,a qui f]a-t-on croire que le g\v]nem5t des ,turcs1 des ,p]sans et des ,*9ois soit absolum5t sans rgle1 sans fre91 sans usages1 sans quelque *ose enf9 qui limite la volont arbitraire du pr9ce ou de ses subordonns8 ,qu'une telle =me de g\v]nem5t se r5contre p> has>d1 lorsqu'un ,c>acalla ou un ,hliogabale occupe le trne1 cela ne peut pas se ni]2 mais que ce soit l une =me normale et vraim5t ess5tielle de g\v]nem5t p>mi les hommes1 c'e/ ce qui e/ contraire la nature des *oses4 ,je veux que1 dans les g\v]nem5ts ori5taux1 il y ait mo9s de lois que p>mi n\s1 mo9s de respect de la p]sonne et des bi5s1 et surt\t ri5 qui ressemble ce que n\s appelons une con/itution2 enf91 il y a sans d\te des diffr5ces entre les g\v]nem5ts b>b>es et les g\v]nem5ts civiliss2 mais cette diffr5ce n'ira pas jusqu' faire que les hommes ne soi5t que des brutes4 ,c'e/ ce qui arriv]ait1 s'il p\vait exi/] un g\v]nem5t semblable celui que dpe9t ,montesquieu s\s le nom de despotisme4 ,en un mot1 il n'y a po9t de diffr5ce ess5tielle entre le despotisme et la mon>*ie3 ,ce sont1 dit ,voltaire1 deux frres qui ont tant de ressemblance qu'on les pr5d s\v5t l'un p\r l'autre4 ,av\ons que ce fur5t de t\t temps deux gros *ats qui les rats essayr5t de p5dre une sonnette au c\#ej4 #ej ,voltaire1 ,comm5t4 sur l',esprit des lois1 ,,iv4 ,si la diffr5ce que ,montesquieu signale entre la mon>*ie et le despotisme n'e/ pas ess5tielle1 si la mon>*ie ne g\v]ne pas ncessairem5t selon des lois fixes1 et si le despotisme n'e/ pas ncessairem5t priv de t\tes lois1 il s'ensuit que le despotisme n'e/ qu'une =me abusive de la mon>*ie1 comme la dmagogie e/ une =me abusive de la dmocratie1 et l'olig>*ie de l'ari/ocratie4 ,n\s rev5ons donc la division d',ari/ote1 qui n\s p>at simple1 rig\reuse1 sci5tifique1 et qui suffit p>faitem5t t\tes les ?ories4 ,de la division des g\v]nem5ts selon leur nature1 passons l'exam5 de leurs pr9cipes4 ,il y a l sans d\te une ide orig9ale et pr(onde4 ,un g\v]nem5t exi/e1 il dure4 ,p\rquoi dure-t-il8 ,n'e/-ce pas en v]tu d'un ressort intrieur1 qui l'anime1 qui le meut1 qui le fait agir1 et qui enf9 le fait vivre jusqu' ce que1 s'usant lui-mme1 il entrane l'tat avec lui#ea8 ,cette re*]*e philosophique du pr9cipe des g\v]nem5ts e/ donc une des innovations heureuses de ,montesquieu dans la sci5ce politique2 et quoiqu'elle soit s\v5t p>adoxale et arbitraire1 peut-tre mme insuffisante1 elle e/ cep5dant digne d'admiration4 #ea ,esprit des lois1 l4 ,,iii1 c4 ,,vi4 ,p>mi les trois1 ou plutt les quatre pr9cipes reconnus p> ,montesquieu1 il y en a deux qui sont vrais3 c'e/ le pr9cipe de la v]tu et le pr9cipe de la cra9te4 ,n\s y revi5drons t\t l'heure4 ,il y en a deux autres qui p>aiss5t vagues et mal df9is3 c'e/ le pr9cipe de l'honneur et celui de la modration4 ,ce d]ni] surt\t e/ c]ta9em5t ce qu'il y a de plus faible dans la ?orie de ,montesquieu4 ,la modration n'e/ qu'une limite1 elle n'e/ pas un pr9cipe d'action2 elle emp*e de se p]dre1 mais elle ne donne ni la vie ni le m\vem5t4 ,elle n'e/ d'ailleurs pas plus propre au g\v]nem5t ari/ocratique qu' t\t autre4 ,il e/ vid5t qu'elle e/ ncessaire t\t g\v]nem5t qui veut vivre4 ,la mon>*ie sans modration tombe dans le despotisme1 et la dmocratie sans modration tombe dans la dmagogie ou dans la tyrannie4 ,la modration e/ le pr9cipe cons]vateur de t\s les tats et de t\tes les =mes de g\v]nem5t2 elle n'e/ pas le pr9cipe p>ticuli] d'aucune d'elles4 ,l'honneur e/ un pr9cipe +nieusem5t tr\v p\r expliqu] la diffr5ce de la mon>*ie et du despotisme#eb4 ,mais c'e/ un pr9cipe vague et mal expliqu4 ,c'e/1 dit ,montesquieu1 le prjug de *aque p]sonne et de *aque condition4 ,mais en quoi consi/e ce prjug8 ,la nature de l'honneur e/ de dem&] des prfr5ces et des di/9ctions4 ,l'honneur semble donc tre la mme *ose que la vanit4 ,l'ambition1 cont9ue ,montesquieu1 a de bons effets dans la mon>*ie4 ,voici l'honneur qui devi5t l'ambition4 ,plus lo91 ,montesquieu df9it l'honneur3 ce matre univ]sel qui doit p>t\t n\s conduire4 ,ri5 n'e/ plus vague4 ,il le dt]m9e un peu plus qu& il dit que c'e/ mo9s ce qu'on doit aux autres que ce que l'on se doit soi-mme2 et non pas tant ce qui n\s appelle v]s nos concitoy5s que ce qui n\s en di/+ue444 c'e/ la noblesse dans les v]tus1 la fran*ise dans les moeurs1 la politesse dans les manires4 ,enf91 lorsqu'il aj\te que l'honneur n\s dicte que le pr9ce ne doit jamais n\s prescrire une action qui n\s d%onore1 il e/ vid5t qu'ici l'honneur n'e/ plus seulem5t le prjug de *aque p]sonne et de *aque condition2 il e/ dj une sorte de v]tu et une p>tie de la v]tu#ec4 #eb ,n\s avons vu que1 dans les ,lettres p]sanes 7voir plus haut71 ,montesquieu confondait encore l'honneur et la v]tu1 et leur attribuait un rle gal dans les rpubliques2 mais en mme temps il tait frapp du rle que j\ait en ,france l'am\r de la gloire et le po9t d'honneur4 ,c'e/ cette vue p>ticulire trs ju/e dont il a fait1 plus t>d1 un pr9cipe sy/matique passablem5t arbitraire4 #ec ,sur le pr9cipe de l'honneur dans les mon>*ies1 voyez surt\t liv4 ,,iii1 *4 ,,vi et ,,vii2 liv4 ,,iv1 *4 ,,ii2 liv4 ,v1 *4 ,,ix1 et liv4 ,,viii1 *4 ,,vi et ,,vii4 ,je ne veux pas ni] ce qu'il y a d'+nieux et de vrai en p>tie dans la ?orie de la mon>*ie et de son pr9cipe4 ,mais ce pr9cipe de l'honneur1 qui e/ t\t mod]ne1 compos d'ides fodales1 *eval]esques1 *rti5nes1 et enf9 de ce s5tim5t naturel de fi]t propre l'homme dans t\tes les =mes de g\v]nem5t1 suffit-il expliqu] la mon>*ie de ,philippe et d',alex&re1 des premires mon>*ies grecques1 des mon>*ies du ,x,ve sicle8 ,d'un autre ct1 l'honneur n'e/-il pas le pr9cipe des ari/ocraties autant et plus peut-tre que des mon>*ies8 ,l'honneur1 ent5du dans un s5s troit1 e/ surt\t le prjug ari/ocratique2 dans un s5s l>ge il e/ la v]tu proprem5t dite1 ou du mo9s une de ses p>ties4 ,c'tait l'honneur non mo9s que la cra9te qui int]disait aux nobles de ,v5ise de trahir les secrets de l'tat1 et c'tait c]ta9em5t l'honneur autant que l'am\r de la patrie qui ram5ait ,rgulus ,c>?age p\r y m\rir d'une mort atroce4 ,l'hone/um antique1 le pul*rum et decorum ressemble beauc\p ce que ,montesquieu appelle l'honneur3 or c'e/ une ide qui e/ ne dans les rpubliques4 ,repr5ons la ?orie de ,montesquieu1 et n\s inspirant librem5t de ses pr9cipes1 *]*ons lui donn] plus de cl>t et de prcision4 ,il y a deux pr9cipes naturels dans l'homme1 et qui donn5t naissance aux deux =mes pr9cipales de g\v]nem5t1 celles que ,platon appelle les deux con/itutions mres1 la mon>*ie et la dmocratie4 ,ces deux pr9cipes sont l'am\r du repos et de la lib]t4 ,ces deux pr9cipes sont id5tiques3 c>1 aim] la lib]t1 e/-ce autre *ose que v\loir j\ir en repos et en paix de t\tes les =ces de notre nature qui ne sont po9t contraires au bonheur des autres8 ,et aim] le repos n'e/-ce pas v\loir ne pas tre tr\bl dans l'usage lgitime de sa lib]t8 ,mais quoique ces deux pr9cipes soi5t id5tiques p> leur nature1 ils se di/+u5t cep5dant dans leurs effets4 ,c> l'un a plus de rapport avec le gt du m\vem5t1 et l'autre avec le gt de l'in]tie et de l'immobilit4 ,l'un dem&e agir1 se dvelopp] dans t\s les s5s1 t5t] t\j\rs de n\velles av5tures2 l'autre aime demeur] dans c]ta9es limites consacres1 t\rn] dans un c]cle t\j\rs le mme1 et ne pas s'affran*ir de c]ta9es habitudes et de c]ta9s li5s4 ,l'un prfre la n\veaut la scurit4 ,l'autre cra9t la n\veaut1 comme ennemie de t\te scurit4 ,l'un se cont5te peu du bi5-tre matriel1 et se repat t\j\rs d'un bi5-tre d'imag9ation4 ,l'autre cra9t l'inconnu1 et aime j\ir tranquillem5t de ce qu'il possde c]ta9em5t4 ,l'un aime critiqu]1 c5sur]1 discut]1 et ne veut pas se s\mettre sans savoir p\rquoi4 ,l'autre ne veut pas se tr\bl] d'exam9] ce qu'il ne compr5d pas1 ce qu'il ne ti5t pas compr5dre3 il ab&onne volonti]s le so9 des affaires1 et ne s'en mle que le mo9s qu'il peut4 ,or1 c'e/ l'am\r du repos qui donne naissance la mon>*ie1 et l'am\r de la lib]t la dmocratie4 ,dans le g\v]nem5t d'un seul1 les actions sont plus promptes1 plus uni=mes1 plus con/antes elles-mmes4 ,il y a mo9s de discussions1 mo9s de diss5tim5ts1 mo9s de temps p]du1 mo9s de tr\bles1 mo9s de rvolutions4 ,on sait ce qu'il y aura dema9 p> ce qu'il y avait hi]4 ,les *angem5ts de rgne1 qui sont les m\vem5ts les plus considrables dans ces sortes de g\v]nem5ts1 se font d'une manire presque ins5sible1 lorsque les lois de succession sont bi5 dt]m9es4 ,il y a des tr\bles quelquefois dans les rg5ces3 cela vi5t prcism5t de ce qu'alors le g\v]nem5t d'un seul p5*e t\j\rs v]s le g\v]nem5t de plusieurs2 mais lorsque l'autorit royale devi5t matresse1 l'ordre et le repos r5aiss5t avec elle4 ,dans la mon>*ie1 l'individu e/ en gnral tranquille1 p\rvu qu'il ne se mle pas des affaires de l'tat4 ,p> consqu5t1 lorsque le plus gr& nombre des citoy5s d'un pays aura ce gt du repos et cette indiffr5ce des affaires publiques1 l'tat s]a mon>*ique4 ,supposez1 au contraire1 un peuple anim de l'am\r de la lib]t1 tel que n\s l'avons dcrit1 il e/ vid5t qu'il ne s\ffrira aucune =me de g\v]nem5t laquelle il n'aurait pas la plus gr&e "p4 ,si t\s1 ou la plup>t1 ont ce gt du m\vem5t1 de l'av5ture1 de la critique1 de la discussion et de l'exam51 t\s v\dront tre quelque *ose dans l'tat3 ils v\dront p>ticip] la confection des lois1 de peur qu'elles ne rprim5t leur ardeur et leurs dsirs4 ,ils v\dront nomm] leurs magi/rats1 p\r tre srs de la s9cre excution de leurs volonts2 ils v\dront les s\mettre la c5sure1 et refus]ont de s'y s\mettre eux-mmes4 ,ils v\dront cons]v] le droit d'exam9] et de discut]1 af9 de p\voir *ang] dema9 ce qu'ils auront fait auj\rd'hui4 ,ils s]ont dfiants1 tumultueux1 amis de la p>ole1 s\v5t inc]ta9s dans l'action4 ,mais1 p>-dessus t\t1 ils v\dront tablir p>mi eux l'galit4 ,la lib]t e/ difficilem5t conciliable avec l'9galit4 ,en effet1 si les uns possd5t des privilges auxquels il me soit absolum5t int]dit de prt5dre1 je ne suis pas libre1 puisqu'un c]ta9 dveloppem5t naturel et lgitime de mes facults m'e/ int]dit4 ,si quelques-uns font les lois1 ou ont seuls droit c]ta9s emplois1 je ne suis pas libre3 c> quelle g>antie ai-je contre eux8 ,il peut arriv]1 sans d\te1 qu' la suite de beauc\p d'expri5ces1 un peuple cons5te l'9galit p\r g>antir sa lib]t2 mais c'e/ l une de ces transactions qui peuv5t se faire entre t\s les pr9cipes de g\v]nem5t1 et n\s les exam9ons ici dans leur puret et leur di/9ction4 ,c'e/ en ce s5s que n\s disons3 le pr9cipe con/itutif de la dmocratie1 c'e/ l'am\r de la lib]t et de l'galit4 ,il faut di/+u] le pr9cipe con/itutif et le pr9cipe cons]vateur d'un g\v]nem5t4 ,l'un le fait tre1 l'autre le fait dur]4 ,quels sont donc les pr9cipes cons]vateurs de la mon>*ie et de la dmocratie8 ,je comm5ce p> la dmocratie4 ,ici ,montesquieu e/ admirable2 et1 quoi qu'on en ait dit1 je p5se qu'il faut considr] comme un axiome de la sci5ce politique ce gr& pr9cipe1 que la dmocratie repose sur la v]tu4 ,en effet1 lorsque l'on donne la lib]t un peuple1 il faut p]mettre beauc\p d'actions qui ne s]ont pas p]mises dans un autre g\v]nem5t4 ,p>mi ces actions1 les unes s]ont mauvaises et les autres bonnes2 et l'on se console des mauvaises p>ce qu'elles doiv5t tre comp5ses p> les bonnes4 ,mais si elles sont t\tes mauvaises1 quel pr9cipe de dsordre et de corruption introduit dans l'tat6 ,p> exemple on p]mettra t\t le monde d'exprim] sa p5se1 dans l'espoir que les bonnes p5ses triomph]ont des mauvaises1 et que la vrit l'emport]a sur l'erreur4 ,mais si t\t le monde abuse de la p5se1 si les uns la v5d5t1 si les autres l'immol5t leurs passions1 si t\s ne se s]v5t de la lib]t donne que p\r insult] les lois1 les magi/rats1 les hommes v]tueux1 etc41 une telle lib]t n'e/-elle pas l'an>*ie et l'oppression8 et comme ri5 de viol5t ne peut dur]1 une rpublique corrompue ne peut manqu] de prir infailliblem5t4 ,on ne peut ni] d'ailleurs que la lib]t n'introduise la division dans l'tat4 ,cette division e/ un bi51 qu& elle n'e/ pas porte l'extrme4 ,mais supposez-la sans contrepoids1 elle devi5dra la gu]re de t\s contre t\s1 et le plus beau des g\v]nem5ts s]a semblable l'tat sauvage4 ,or1 dans un tat o on donne peu la =ce1 prcism5t p\r laiss] beauc\p la lib]t1 le seul contrepoids naturel1 c'e/ la v]tu4 ,en outre1 l'un des gr&s prils de la dmocratie1 c'e/ l'am\r de l'galit4 ,c>1 comme il y a une galit naturelle et vraie1 il y en a aussi une qui n'e/ pas lgitime3 c'e/ celle qui met sur la mme ligne l'ignorant et l'homme clair1 le vicieux et l'homme de bi54 ,si les hommes vicieux sont en majorit1 ils s'indign]ont de la supriorit de l'homme intellig5t et di/+u4 ,de l les suspicions1 les o/racismes1 les p]scutions1 t\t ce qui a s\ill les dmocraties antiques et mod]nes1 et les a mises s\v5t au-dess\s du despotisme mme4 ,il faut donc assez de v]tu dans le peuple p\r reconnatre1 e/im] et respect] la v]tu *ez les meilleurs4 ,aj\tez que dans la dmocratie c'e/ le peuple qui fait les lois1 et c'e/ lui qui obx aux lois2 or1 s'il fait des lois sans y obir1 autant n'en pas faire2 si1 prvoyant sa propre faiblesse1 et y compatissant d'avance1 il accommode ses lois sa corruption1 qu'e/-ce qu'un tel g\v]nem5t8 ,enf91 de quelque ct qu'on exam9e la dmocratie1 on v]ra qu'elle n'e/1 qu'elle ne vit1 qu'elle ne dure que p> la v]tu4 ,t\s les gr&s politiques de l'antiquit l'ont dit3 sa9t ,?omas et ,ma*iavel l'ont dit galem5t4 ,il faut que ce soit une gr&e vrit p\r tre admise la fois p> des gnies si div]s1 qui p>t5t de pr9cipes si diffr5ts4 ,on peut dire des publici/es d'auj\rd'hui ce que ,montesquieu disait de ceux de son temps3 ,les politiques grecs1 qui vivai5t dans le g\v]nem5t populaire1 ne reconnaiss5t d'autre =ce qui pt le s\t5ir que la v]tu4 ,ceux d'auj\rd'hui ne n\s p>l5t que de manufactures1 de comm]ce1 de f9ances1 de ri*esses1 de luxe mme4 ,on a raison de dire que ,montesquieu a trop obi aux prjugs antiques1 lorsqu'il a fait consi/] la v]tu dmocratique dans l'am\r de la frugalit et dans le r5oncem5t soi-mme4 ,c'e/ dem&] l'individu1 au nom de l'tat1 un sacrifice que la religion obti5t pe9e en le dem&ant au nom de ,dieu et de l't]nit4 ,mais s'il e/ vrai que les dmocraties mod]nes ne peuv5t ressembl] aux dmocraties antiques1 il n'e/ pas vrai qu'elles ai5t cess d'avoir un mme pr9cipe1 c'e/--dire l'obissance aux lois1 le respect du magi/rat1 l'am\r de la patrie1 le respect des droits d'autrui1 en un mot1 la ju/ice4 ,c'e/ la ju/ice qui e/ le vrai pr9cipe de la dmocratie1 s\s quelque =me qu'elle se prs5te4 ,c'e/ elle seule qui r5d la lib]t possible1 durable1 dsirable4 ,a9si la dmocratie aura donc p\r pr9cipe con/itutif l'am\r de la lib]t et de l'galit1 et p\r pr9cipe cons]vateur la v]tu4 ,passons ma9t5ant la mon>*ie3 le pr9cipe con/itutif de cette =me de g\v]nem5t1 avons-n\s dit1 e/ l'am\r du repos3 quel en e/ le pr9cipe cons]vateur8 ,n\s ne n\s refus]ons pas d'accord] que ce pr9cipe e/ l'honneur2 seulem5t que faut-il ent5dre p> honneur8 ,n\s avons vu qu'il y a dans ce pr9cipe1 tel que ,montesquieu le dcrit1 une assez gr&e confusion3 tantt c'e/ une sorte de vanit frivole ou le prjug troit d'une ca/e et d'une corporation1 tantt c'e/ la gr&eur d'me et la fi]t des s5tim5ts4 ,dans lequel de ces deux s5s l'honneur e/-il le pr9cipe cons]vateur des mon>*ies8 ,il faudrait di/+u] ces nuances importantes1 et ne pas faire un seul pr9cipe de tant d'lm5ts contraires4 ,cette sorte d'honneur que l'on mettait dans l'anci5ne mon>*ie tre le dome/ique du roi1 ne ressemble gure celui du vicomte d',orte1 qui refusa de s]vir de b\rreau ,*>les ,,ix contre les hugu5ots1 ou de ,crillon1 qui refusa ,h5ri ,,iii d'assass9] le duc de ,guise4 ,dans le premi] s5s l'honneur n'e/ qu'une p>tie de cette adoration du pr9ce1 qui e/ commune aux tats mon>*iques et aux tats despotiques4 ,dans le second s5s1 l'honneur n'e/ qu'une p>tie de la v]tu elle-mme4 ,or c'e/ dans ce second s5s surt\t que l'honneur e/ propre au g\v]nem5t mon>*ique4 ,c>1 dans le despotisme1 il y aura aussi une sorte de vanit qui re*]*]a les di/9ctions1 les prfr5ces1 les faveurs du pr9ce1 et qui ti5dra occup] la place la plus pro*e de sa p]sonne4 ,l'honneur mon>*ique s]a donc surt\t cette fi]t qui refuse l'obissance au pr9ce lorsqu'il comm&e des actions contraires la consci5ce4 ,c'e/ l1 ce qu'il n\s semble1 le trait le plus p>ticuli] de l'honneur mon>*ique4 ,c> le confondre avec l'ambition1 avec l'am\r de la gloire1 c'e/ lui t] t\te physionomie propre1 puisque l'ambition n'e/ pas mo9s frqu5te dans le despotisme1 et l'am\r de la gloire dans les rpubliques4 ,l'honneur mon>*ique e/ donc le s5tim5t de ce que n\s devons au pr9ce1 tempr p> le s5tim5t de ce que n\s n\s devons n\s-mmes3 c'e/ p> consqu5t une limite au p\voir du pr9ce4 ,il repose sur ce pr9cipe1 que le pr9ce ne peut pas t\t et ne doit pas t\t v\loir4 ,c'e/ donc une p>tie de l'am\r de la lib]t transport dans un g\v]nem5t qui ne repose pas sur ce pr9cipe4 ,comm5t l'am\r de la lib]t a-t-il sa place dans un g\v]nem5t mon>*ique8 ,il peut se la faire de deux manires4 ,la mon>*ie succde ord9airem5t1 soit au despotisme1 soit l'ari/ocratie4 ,le premi] cas e/ r>e1 le second a t le plus frqu5t dans les temps mod]nes4 ,la mon>*ie succde au despotisme1 lorsque le despotisme vi5t s'clair]4 ,or la premire lumire qui se fait dans l'esprit des sujets1 c'e/ que le pr9ce ne peut pas t\t1 qu'il y a des *oses suprieures son p\voir4 ,de l le premi] s5tim5t de l'honneur1 et de l une premire limite apporte au p\voir d'un seul4 ,dans l'autre cas1 le s5tim5t de l'honneur n'e/ pas autre *ose qu'un re/e de lib]t ari/ocratique qui se df5d jusqu' la d]nire extrmit4 ,c'e/ ce qu'il e/ facile de voir dans l'hi/oire de notre mon>*ie4 ,l'honneur exigeait bi5 plus d'un gr& du ,x,v,ie sicle que d'un c\rtisan du ,x,v,i,i,ie4 ,l'honneur1 au ,x,v,ie sicle1 comm&ait encore d'avoir des *teaux =ts1 et des armes p\r se df5dre contre la c\ronne elle-mme2 au ,x,v,i,i,ie l'honneur n'int]disait pas de pass] sa vie dans les anti*ambres du roi et le b\doir de ses favorites4 ,a9si1 l'honneur mon>*ique n'e/ autre *ose que le signe de ce qui re/e ou de ce qui se =me d'ari/ocratique dans un pays mon>*ique4 ,un pr9cipe qui se rapporte celui de l'honneur1 dans les tats mon>*iques1 et qui les di/+ue encore du despotisme1 c'e/ le pr9cipe de l'op9ion4 ,il y a une op9ion dans la mon>*ie4 ,il e/ vrai qu'elle ne s'exprime pas librem5t comme dans la dmocratie1 ou les mon>*ies limites et reprs5tatives2 mais elle exi/e1 on a le s5tim5t commun que le roi1 quelque sacr que soit son p\voir1 se doit au bonheur de ses sujets4 ,on juge ses actes1 on juge ses m9i/res4 ,et quoique en droit il puisse t\t ce qu'il veut1 il e/ s\v5t oblig en fait de compt] avec cette op9ion mme muette4 ,il y avait en ,france une op9ion publique1 mme s\s ,ri*elieu1 mme s\s ,l\is ,,xiv4 ,on appr\vait et on blmait dans une c]ta9e mesure4 ,sans d\te aussi1 dans une c]ta9e mesure1 il en e/ de mme dans les tats despotiques2 mais c'e/ un signe que le despotisme se trans=me en mon>*ie4 ,d'autre "p1 l'op9ion peut tre trs faible dans les tats mon>*iques3 c'e/ alors un signe qu'ils t\rn5t au despotisme4 ,la puissance de l'op9ion dans les mon>*ies e/ encore une des =mes de l'am\r de la lib]t4 ,c'e/ la "p que la mon>*ie fait l'esprit public1 l'esprit d'exam5 et de critique1 qui e/ ce qu'il y a de plus *] la lib]t4 ,je di/+ue l'honneur et l'op9ion4 ,le premi] e/ surt\t un s5tim5t ari/ocratique2 le second e/ un pr9cipe dmocratique4 ,l'un et l'autre sont le signe de la "p que la noblesse et le peuple ont dans le g\v]nem5t4 ,je ne dis pas qu'ils y ai5t une "p lgale3 c> alors ce s]ait une ari/ocratie1 ou une dmocratie1 ou une mon>*ie mixte2 mais enf9 ils sont p\r quelque *ose dans l'tat1 et leur importance se mesure p> l'importance de l'honneur et de l'op9ion4 ,la mon>*ie bi5 explique1 et ram5e1 comme le veut ,montesquieu1 au pr9cipe de l'honneur auquel n\s aj\tons celui de l'op9ion1 il s]a facile d'expliqu] le despotisme et son pr9cipe4 ,le despotisme e/ une =me abusive de la mon>*ie2 c'e/ cette =me basse de g\v]nem5t1 la d]nire de t\tes1 suivant ,platon#ed1 o1 p> faiblesse et p> am\r excessif du repos1 les citoy5s ab&onn5t t\s les p\voirs au s\v]a91 lui mett5t entre les ma9s une =ce irrsi/ible1 et ne se rs]v5t que l'obissance sans limites4 ,un tel g\v]nem5t ne repose que sur la cra9te4 ,c'e/ celui que ,hobbes rvait comme le modle des g\v]nem5ts1 mais qui en e/ en ralit le plus imp>fait2 c> il e/ contradictoire4 ,en effet1 l'homme ne peut sacrifi] la lib]t que p\r le repos4 ,mais le repos e/ impossible sans scurit2 et la scurit e/ incompatible avec la cra9te4 ,a9si1 un g\v]nem5t qui1 p> hypo?se1 repos]ait sur l'extrme cra9te1 dtruirait p> l mme ce p\rquoi on l'aurait subi1 la scurit et la paix4 ,le despotisme1 tel que ,montesquieu le dcrit1 e/ donc un g\v]nem5t absurde1 c'e/--dire contradictoire dans les t]mes mmes4 #ed ,platon1 ,rp41 l4 ,,ix1 ,grec3 h m5 ari/okratia ari/1 h de tyrannis kaki/4 ,voir t4 ,i1 p4 #adc4 ,p\r qu'un g\v]nem5t fond sur la cra9te soit possible et durable1 il faut videmm5t que la cra9te ne soit pas univ]selle et p]ptuelle3 il ne faut pas que t\s craign5t1 et craign5t p\r t\t ce qu'ils possd5t3 c> alors1 que leur s]virait-il de ne pas s'app>t5ir eux-mmes8 ,il faut qu'en gnral1 ils tr\v5t assez de tranquillit et de paix dans la vie prive p\r n'tre pas t5ts de se ml] des affaires publiques4 ,en un mot1 la cra9te ne doit tre que p\r ceux qui veul5t rsi/] l'tat1 et non pas p\r ceux qui1 cont5ts des limites qui leur sont imposes1 ne dem&5t qu' ne pas tre t\rm5ts dans ces limites4 ,mais si la cra9te s'introduit jusque-l1 ce n'e/ plus un g\v]nem5t1 c'e/ un brig&age4 ,quid sunt regna1 dit sa9t ,augu/91 remot ju/iti1 nisi magna latroc9ia#ee8 #ee ,aug41 de ,civit4 ,dei1 liv4 ,,iv1 c4 ,v4 ,dans le despotisme mme1 la cra9te n'e/ pas le pr9cipe unique du g\v]nem5t4 ,d'abord1 elle n'e/ pas t\j\rs s5tie4 ,on a comm5c d'obir p> cra9te2 puis on obx p> habitude4 ,aprs t\t1 ce s]ait une erreur de croire qu'un p\voir ti5t absolum5t tre cra9t3 il ti5t surt\t faire ce qu'il veut2 s'il y russit sans employ] la cra9te1 il la rs]ve p\r les cas ncessaires4 ,c'e/ ce qui arrive en pratique dans les g\v]nem5ts despotiques4 ,les sujets obiss5t p> habitude1 et ils oubli5t qu'ils sont s\s un g\v]nem5t t]rible4 ,l'tat de cra9te e/ trop viol5t p\r tre cont9uel4 ,l'habitude e/ donc un pr9cipe qui tempre l'action de la cra9te4 ,ce n'e/ pas t\t2 les sujets qui naiss5t dans un g\v]nem5t despotique1 reoiv5t t\t d'abord des impressions trs vives de ce p\voir suprieur1 invisible1 qui peut t\t et qui e/ ent\r de t\tes les gr&eurs et de t\t l'clat que l'imag9ation peut concevoir3 il conoit donc p\r ce p\voir une admiration sans bornes4 ,plus il le reg>de de bas1 plus il e/ tonn et confondu de sa hauteur3 ce n'e/ pas seulem5t de la cra9te qu'il a p\r lui1 c'e/ du respect4 ,ceux qui tudi5t le despotisme du dehors1 et au po9t de vue d'un g\v]nem5t meilleur1 peuv5t se p]suad] qu'un tel p\voir ne mrite que le mpris3 ceux qui ne connaiss5t que celui-l1 et n'en ont jamais s\ponn d'autre1 ont p\r lui ce respect naturel que les hommes ont en gnral p\r l'autorit des suprieurs4 ,a9si1 le respect e/ ml la cra9te1 dans l'obissance des sujets d'un pr9ce despotique4 ,un autre s5tim5t se mle encore celui-l p\r le relev]1 c'e/ le s5tim5t religieux4 ,dans les mon>*ies d',ori5t1 o l'on va *]*] d'ord9aire les types les plus purs du despotisme1 le mon>que e/ un tre sacr4 ,selon ,man\1 le roi e/ une gr&e div9it#ef4 ,c'e/ d',ori5t que n\s e/ v5ue la doctr9e du droit div91 qui n'e/ encore qu'une attnuation de la doctr9e indi5ne4 ,en gnral1 dans un g\v]nem5t despotique1 le mon>que e/ le *ef de la religion4 ,quelle s\rce de gr&eur cela lui donne6 ,enf91 la religion1 qui e/ un pr9cipe d'obissance p\r les sujets1 e/ une limite p\r le pr9ce4 ,montesquieu n\s le dit lui-mme3 ,c'e/ la religion qui corrige un peu la con/itution turque4 ,les sujets qui ne sont pas atta*s la gr&eur de l'tat p> honneur1 le sont p> la =ce et p> le pr9cipe de la religion#eg4 ,voil donc un n\veau pr9cipe1 qui tempre et qui relve celui de la cra9te4 #ef ,lois de ,man\1 l4 ,,vii1 #h4 #eg ,l4 ,v1 c4 ,,xiv4 ,t]m9ons enf9 cette analyse p> l'tude de l'ari/ocratie et de ses pr9cipes4 ,dans l'ari/ocratie1 le peuple e/ l'g>d de la noblesse comme l'g>d d'un mon>que2 et la noblesse e/1 p> rapport elle-mme1 comme le peuple dans la dmocratie4 ,a9si1 l'ari/ocratie e/ une rpublique p\r les nobles1 et une mon>*ie p\r le peuple4 ,elle p>ticipe donc aux pr9cipes de ces deux g\v]nem5ts4 ,comme rpublique1 elle repose sur l'am\r de la lib]t et de l'galit4 ,en effet1 les nobles dans l'ari/ocratie ont aussi horreur de la dom9ation d'un seul que le peuple dans la dmocratie4 ,mais ils doiv5t cra9dre p> l mme l'9galit4 ,c> ce qui tablit l'9galit dans l'ari/ocratie la rappro*e du g\v]nem5t mon>*ique4 ,si quelques familles l'emport5t trop sur les autres1 ce n'e/ plus une ari/ocratie1 c'e/ une olig>*ie3 si une seule russit se mettre au premi] rang1 la mon>*ie n'e/ pas lo94 ,mais l'ari/ocratie1 reposant comme la dmocratie sur la lib]t et l'galit 7au mo9s des nobles71 a beso91 comme elle1 de la v]tu4 ,il faut que les nobles aim5t plus l'tat que leur propre gr&eur2 sans quoi ils *]*]ont dom9]1 et l'quilibre s]a dtruit4 ,il faut qu'ils obiss5t aux lois1 sans quoi la rpublique prira p> l'an>*ie4 ,il faut qu'ils ne se r5d5t pas indignes de leur prm95ce p> la bassesse et la corruption2 sans quoi le peuple p]dra la cra9te1 le respect et l'obissance4 ,mais la v]tu dans l'ari/ocratie aura un autre c>actre que dans la dmocratie3 elle y aura plus de pompe et d'clat4 ,la v]tu dmocratique1 qui n'app>ti5t qu' des citoy5s t\s gaux1 peut tre mode/e et simple3 elle peut consi/] seulem5t dans la sobrit1 l'conomie1 l'am\r du travail2 telle fut p> exemple la v]tu de la rpublique holl&aise2 telle fut dans les premi]s temps la v]tu de la rpublique amrica9e4 ,la v]tu ari/ocratique n'e/ pas seulem5t une v]tu de citoy5s1 mais de s\v]a9s et en quelque sorte de mon>ques3 de l un c]ta9 c>actre de fi]t et de hauteur4 ,or il me semble que c'e/ prcism5t cette sorte de v]tu qui mrite le nom d'honneur1 et qui e/ plutt encore le pr9cipe de l'ari/ocratie que de la mon>*ie4 ,elle e/ aussi dans la mon>*ie1 mais au mme titre que la noblesse4 ,plus la noblesse e/ indp5dante du roi1 plus l'honneur y j\e un rle considrable3 elle e/ la rsi/ance morale de l'ari/ocratie s\mise dans une mon>*ie inconte/e4 ,mais si l'ari/ocratie e/ rpublique p> le ct des nobles1 elle e/ mon>*ie p> le ct des sujets4 ,a ce po9t de vue1 elle repos]a sur les mmes pr9cipes que la mon>*ie1 et p\rra en pr5dre t\tes les =mes4 ,l'ari/ocratie1 comme la mon>*ie1 repose sur l'am\r du repos3 en effet1 il y a mo9s d'agitation dans un tat ari/ocratique que dans une dmocratie2 le peuple1 ne se mlant pas des affaires d'tat1 vit paisiblem5t dans la limite des droits qui lui sont laisss4 ,a9si un peuple ami du repos et une noblesse amie de la lib]t1 voil l'ari/ocratie4 ,elle repose donc aussi1 comme la mon>*ie1 sur une c]ta9e cra9te du peuple p\r les gr&s2 mais cette cra9te peut tre galem5t tempre p> t\s les pr9cipes qui1 n\s l'avons vu1 signal5t le passage du despotisme illimit la mon>*ie re/re9te4 ,il y aura de mme une olig>*ie oppressive1 et une ari/ocratie librale1 et un nombre inf9i d'int]mdiaires3 c'e/ dans ce s5s que la modration peut tre un des pr9cipes de ce g\v]nem5t4 ,,les ,,lois ,,dans ,,leurs ,,rapports ,,avec ,,les ,,g\v]nem5ts4--,aprs avoir tudi les trois =mes primordiales de g\v]nem5t dans leur nature et dans leurs pr9cipes1 rsumons1 p\r donn] plus de prcision ces gnralits1 les diffr5tes espces de lois qui driv5t dans *aque g\v]nem5t de sa nature ou de son pr9cipe#eh4 #eh ,esp4 des lois1 l4 ,,ii et l4 ,v4 ,dans la dmocratie1 p> exemple1 les lois qui sont relatives sa nature sont3 #a les lois de suffrages3 il e/ ess5tiel de fix] le nombre des citoy5s qui doiv5t =m] les assembles2 #b les lois relatives aux magi/ratures3 c'e/ une maxime fondam5tale que le peuple nomme les magi/rats2 #c le suffrage p> le sort#ei1 #d la publicit des votes2 #e le p\voir lgislatif direct attribu au peuple4 #ei ,montesquieu ne p5se qu'aux rpubliques anci5nes2 on ne voit pas p\rquoi le mrite ne s]ait pas considr dans les dmocraties 7voir les ,notes74 ,dans la dmocratie1 les lois relatives au pr9cipe sont#ei3 #a les lois agraires1 et les mesures limitatives de la transmission des bi5s2 #b la modicit des p>tages2 #c des lois somptuaires et une c5sure trs svre p\r ma9t5ir les anci5nes moeurs4 ,ces lois sont indisp5sables p\r cons]v] la frugalit et la v]tu1 pr9cipes de ce g\v]nem5t4 ,dans l'ari/ocratie1 les lois relatives la nature sont3 #a l'lection p> le *oix2 #b un snat qui g\v]ne1 le corps des nobles =mant le peuple2 #c l'in/itution de la dictature p\r ram5] qu& il le faut l'tat ses pr9cipes2 #d une c]ta9e "p d'influ5ce donne au peuple2 #e la gr&eur des magi/ratures comp5se p> leur brivet4 ,les lois relatives au pr9cipe sont3 #a pas de prrogatives p]sonnelles ni de privilges 7exemptions de taxes1 etc472 #b int]diction du comm]ce aux nobles2 #c ju/ice rig\reuse p\r le peuple3 ,si les lois n'ont pas tabli un tribun1 il faut qu'elles en soi5t un elles-mmes4 ,les lois relatives au pr9cipe sont surt\t ngatives3 #a pas de confiscations1 de lois agraires1 d'abolition de dettes2 #b pas de droit d'anesse1 de sub/itutions1 de retrait lignag]4 ,les lois relatives la mon>*ie quant sa nature sont3 #a l'exi/5ce d'une noblesse3 ,po9t de mon>que1 po9t de noblesse2 po9t de noblesse1 po9t de mon>que2 autrem5t c'e/ un despote2 #b l'exi/5ce d'un cl]g3 ,autant le p\voir du cl]g e/ dang]eux dans une rpublique1 autant il e/ conv5able dans une mon>*ie444 b>rire t\j\rs bonne1 qu& il n'y en a pas d'autres4 #c ,l'exi/5ce d'un dpt de lois entre les ma9s d'un corps judiciaire indp5dant4 ,les lois relatives au pr9cipe sont3 #a les sub/itutions qui cons]v5t les bi5s dans une famille2 #b le retrait lignag]1 qui r5d aux nobles les t]res que la prodigalit d'un p>5t aura alines2 #c les privilges des t]res nobles1 la dignit du noble ne se sp>ant pas de celle de son fief2 #d le droit d'anesse4 ,quant au despotisme1 c'e/ pe9e s'il a des lois2 et l'on n'y di/+ue pas facilem5t les lois relatives la nature de celles qui sont relatives au pr9cipe4 ,dans ce g\v]nem5t1 l'in/itution d'un vizir e/ une loi fondam5tale4 ,les gu]res s'y font dans t\tes leurs fureurs naturelles4 ,si le pr9ce e/ prisonni]1 il e/ c5s mort4 ,l'arme e/ s\v]a9e matresse4 ,la religion a une gr&e influ5ce2 c'e/ une cra9te aj\te une cra9te4 ,pas de loi de succession la c\ronne3 le pr9ce *oisit son successeur4 ,pas de cession de bi5s2 usure exagre2 pculat et confiscation4 ,,montesquieu ,,p>lem5taire4--,n\s n'avons trait jusqu'ici de la ?orie de ,montesquieu que comme d'une ?orie ab/raite et sci5tifique1 o il n'aurait t guid que p> la curiosit spculative4 ,en y reg>dant de plus prs1 il e/ impossible d'y mconnatre une int5tion1 un desse9 et la trace de l'esprit du temps4 ,s'il fait dans son livre une si gr&e place au despotisme1 s'il insi/e avec tant d'am]tume sur les maux qu'il produit1 et avec tant de complaisance sur la diffr5ce du despotisme et de la mon>*ie1 c'e/ videmm5t p>ce qu'il croit voir dans la trans=mation des in/itutions mon>*iques de ,france une p5te manife/e v]s le despotisme4 ,la mon>*ie telle qu'il la dcrit1 c'e/ l'anci5ne mon>*ie franaise1 la mon>*ie p>lem5taire et encore fodale1 ent\re de corps d'tat1 fonde sur une hir>*ie de privilges1 de prrogatives1 de fran*ises1 de droits p>ticuli]s1 qui ti5n5t lieu des droits gnraux1 enf9 une mon>*ie tempre reposant sur des lois fondam5tales1 et s\t5ue p> des p\voirs int]mdiaires1 subordonns et dp5dants4 ,tel tait dans le pass l'idal de ,montesquieu3 c'e/ un p>lem5taire1 et il y a en lui un vieux re/e des ?ories de la ,fronde4 ,il oublie les tats gnraux1 et il ne dit pas un mot de cette gr&e in/itution de l'anci5ne mon>*ie4 ,mais il recomm&e les privilges des seigneurs1 du cl]g1 de la noblesse et des villes#fj4 ,il n'e/ pas ennemi des tribunaux ecclsia/iques#fa4 ,et enf91 ce qui e/ le trait le plus rem>quable de sa politique1 il dem&e qu'il y ait dans la mon>*ie un dpt de lois#fb4 ,il ne dit pas o doit tre ce dpt2 mais il le laisse dev9]3 ,le conseil du pr9ce n'e/ pas un dpt conv5able4 ,cep5dant l'ignorance de la noblesse et son mpris p\r le g\v]nem5t civil exig5t qu'il y ait un corps qui fasse sans cesse sortir les lois de la p\ssire4 ,ce corps1 c'e/ videmm5t le p>lem5t4 ,or1 ,montesquieu dit que ce dpt de lois ne peut tre que dans des corps politiques4 ,les p>lem5ts tai5t donc des corps politiques3 c'e/ la doctr9e de la ,fronde4 #fj ,l4 ,,ii1 c4 ,x4 #fa ,ib4 #fb ,ib4 ,il n'e/ pas non plus difficile de compr5dre les nombreuses allusions que ,montesquieu fait ce nivellem5t gradu et incessant1 qui a t le travail de l'anci5ne mon>*ie jusqu' ce qu'elle-mme y prisse4 ,il en a vu avec une pr(onde sagacit les infaillibles consqu5ces4 ,dtruisez les prrogatives dans une mon>*ie1 v\s aurez bi5tt un tat populaire ou un tat despotique4 ,c'e/ ce qui e/ arriv en ,france2 mais l'tat despotique a am5 l'tat populaire4 ,lorsqu'il p>le des ,anglais1 qui1 s'ils dtruisai5t les corps int]mdiaires1 s]ai5t p> l mme1 dans leur lib]t1 le peuple le plus esclave de la t]re1 il e/ impossible de ne pas voir l un ret\r sur le g\v]nem5t franais4 ,au re/e1 ce rappro*em5t devi5t s5sible lorsque ,montesquieu aj\te immdiatem5t aprs3 ,m4 ,law fut un des plus gr&s promoteurs du despotisme en ,europe4 ,le despotisme s'introduisait donc en ,europe3 ,il v\lait t] les rangs int]mdiaires et anantir les corps politiques4 ,n'tait-ce pas la cause de la ha9e de ,sa9t-,simon contre ,l\is ,,xiv8 ,n'tait-ce pas le pr9cipe des r=mes politiques que l'on rvait dans le petit c]cle du duc de ,beauvilli]s1 de ,fnelon et du duc de ,b\rgogne8 ,que v\lai5t ces r=mateurs1 s9on une re/auration de la mon>*ie ari/ocratique1 qui de j\r en j\r disp>aissait visiblem5t devant la mon>*ie pure8 ,montesquieu1 en attribuant un tel desse9 ,law1 p\vait-il ne pas voir que la royaut l'avait dj en gr&e p>tie accompli8 ,la manire dont il p>le du c>d9al de ,ri*elieu indique bi5 qu'il considre la mon>*ie franaise comme altre4 ,le c>d9al de ,ri*elieu veut que l'on vite dans les mon>*ies les p9es des compagnies qui font des difficults sur t\t4 ,qu& cet homme n'aurait pas eu le despotisme dans le coeur1 il l'aurait eu dans la tte4 ,mais ce qu'avait v\lu ,ri*elieu1 n'e/-ce pas ce qu'a aussi v\lu ,l\is ,,xiv8 et n'en tait-il pas encore de mme s\s ,l\is ,,xv8 ,dans un autre passage1 ,montesquieu dit que ,ri*elieu a avili les ordres de l'tat#fc4 ,mais il ne dit pas qu'on les ait rtablis depuis lui4 ,or une mon>*ie o les ordres sont avilis incl9e au despotisme4 ,la mon>*ie franaise incl9ait donc au despotisme4 ,rem>quez que ,montesquieu ne dit pas un mot de ,l\is ,,xiv4 ,ce sil5ce sur un rgne si gr&1 qu'il avait dj jug dans ses ,lettres p]sanes avec une si p]ante svrit1 n'e/-il pas aussi le signe d'une p5se qui ne se montre pas t\t entire1 mais qui se laisse dev9]8 ,n'e/-ce pas une description amre de la mon>*ie franaise que cette pe9ture#fd8 ,les mon>*ies se corromp5t lorsqu'on te peu peu les prrogatives des corps ou les privilges des villes444 ,ce qui p]dit les dyna/ies de ,ts9 et des ,si1 dit un auteur *9ois1444 c'e/ que les pr9ces v\lur5t g\v]n] t\t immdiatem5t p> eux-mmes4 ,que n\s font ,ts9 et ,si8 ,ces noms *9ois ne sont-ils pas l la place d'autres noms qu'on ne veut pas prononc]8 ,la mon>*ie se p]d lorsque le pr9ce1 rapportant t\t uniquem5t lui1 appelle l'tat sa capitale1 la capitale sa c\r1 et la c\r sa seule p]sonne4 ,n'e/-ce pas l une allusion directe et frappante8 ,v]sailles n'tait-il pas dev5u t\te la ,france et le roi t\t l'tat8 ,la mon>*ie se corrompt lorsque l'honneur a t mis en contradiction avec les honneurs1 et que l'on peut tre la fois c\v]t d'infamie et de dignits4 ,p\vait-on lire ces lignes sans song] au c>d9al ,dubois8 #fc ,l4 ,v4 c4 ,,xi4 #fd ,l4 ,,viii1 c4 ,,vi4 ,enf9 ,montesquieu n\s donne son secret dans les lignes qui suiv5t3 ,l'inconvni5t1 dit-il1 n'e/ pas lorsque l'tat passe d'un g\v]nem5t modr un g\v]nem5t modr444 mais qu& il tombe et se prcipite du g\v]nem5t modr au despotisme#fe4 ,et si l'on p\vait croire que c'e/ encore l une proposition gnrale et sans application1 le passage suivant n\s dtromp]ait d'une manire dcisive4 ,la plup>t des peuples d',europe sont encore g\v]ns p> les moeurs2 mais si p> un long abus du p\voir1 si p> une conqute1 le despotisme s'tablissait c]ta9 po9t1 il n'y aurait pas de moeurs ni de climats qui t9ss5t2 et1 dans cette belle p>tie du monde1 la nature huma9e s\ffrirait1 au mo9s p\r un temps1 les insultes qu'on lui fait dans les trois autres#ff4 #fe ,l4 ,,viii1 c4 ,,viii4 #ff ,l4 ,,viii1 c4 ,,viii4 ,tel e/ donc le vrai s5s de cette ?orie du despotisme1 que l'on a considre comme occupant une trop gr&e place dans son livre4 ,c'e/ une sorte d'p\vantail qu'il prs5te aux g\v]nem5ts modrs1 ces g\v]nem5ts qui1 s\t5us aup>avant p> des in/itutions1 des lois et des corps indp5dants1 avai5t laiss peu peu1 ou mme avai5t fait tomb] ces ob/acles1 et se rappro*ai5t *aque j\r davantage du despotisme4 ,si ma9t5ant1 en face de cet p\vantail1 que ,montesquieu fait pes] comme une m5ace sur ces g\v]nem5ts dgnrs1 v\s contemplez cet admirable tableau d'un g\v]nem5t libre1 o ,montesquieu a conc5tr t\tes les =ces de son analyse et de son gnie1 l'int5tion politique de l',esprit des lois peut-elle demeur] obscure8 ,il montre1 on peut dire avec excs1 que le despotisme e/ le plus b>b>e des g\v]nem5ts2 il ins9ue que la mon>*ie incl9e de t\tes p>ts au despotisme2 il dmonte et dcompose avec am\r un sy/me de g\v]nem5t libre1 dont t\s les lm5ts exi/5t1 il le croit du mo9s1 dans le pays mme o il crit4 ,enf91 aprs avoir tudi la di/ribution des p\voirs1 soit dans la con/itution d',anglet]re1 soit dans la con/itution roma9e1 il aj\te3 ,je v\drais re*]*]1 dans t\s les g\v]nem5ts modrs que n\s connaissons1 quelle e/ la di/ribution des trois p\voirs1 et calcul] p> l des degrs de lib]t dont *acun d'eux peut j\ir4 ,mais il ne faut pas t\j\rs tellem5t puis] un sujet qu'on ne laisse ri5 faire au lecteur2 il ne s'agit pas de faire lire1 mais de faire p5s]#fg4 #fg ,l4 ,,xi1 c4 ,,xx4 ,,la ,,con/itution ,,anglaise4--,exam9ons donc cette ?orie de la con/itution d',anglet]re1 qui a m]veill le sicle d]ni]1 et a eu depuis une si gr&e influ5ce sur les de/9es politiques de notre pays#fh4 #fh ,voir la lettre ,m4 l'auditeur ,b]tol9i1 qui avait fait honneur ,montesquieu d'avoir rvl aux ,anglais eux-mmes la beaut de leur g\v]nem5t4 ,montesquieu rcuse cet loge1 qui n'en e/ pas mo9s vrai4 ,les ides philosophiques dont p>le ,montesquieu sont assez peu dt]m9es4 ,voici sa df9ition de la lib]t3 ,la lib]t1 dit-il1 consi/e p\voir faire ce qu'on doit v\loir1 et n'tre pas contra9t de faire ce qu'on ne doit pas v\loir#fi4 ,cette df9ition e/ trs ju/e2 mais il en conclut que la lib]t e/ le droit de faire t\t ce que p]mett5t les lois4 ,c'e/ l re/re9dre beauc\p le s5s du mot lib]t4 ,il e/ vrai que je ne suis pas libre si je ne puis pas faire ce que les lois p]mett5t1 ou =c de faire ce qu'elles n'ordonn5t pas2 il e/ vrai aussi que c'e/ une fausse lib]t de p\voir faire ce que la loi df5d3 c> si les autres peuv5t en faire autant1 c'e/ l'an>*ie2 si je le puis seul1 c'e/ l'arbitraire4 ,mais il ne s'ensuit pas qu'obir la loi et ri5 qu' loi soit t\te la lib]t3 c> la loi peut tre tyrannique4 ,il e/ trs vrai encore que la lib]t consi/e p\voir faire ce que l'on doit v\loir2 mais la loi peut prcism5t m'int]dire ce que je dois v\loir4 ,p> exemple je dois v\loir honor] ,dieu selon ma consci5ce4 ,si la loi m'ordonne de l'honor] selon la consci5ce du pr9ce1 suis-je libre8 ,j'av\e que c'e/ un g\v]nem5t arbitraire que celui qui ne juge pas selon la loi2 mais un g\v]nem5t o l'on n'obirait qu' la loi ne s]ait pas p\r cela un g\v]nem5t libre3 c> il s'agit de savoir p> qui la loi e/ faite1 et comm5t elle e/ faite4 ,l'erreur de ,montesquieu vi5t de ce que1 comme presque t\s les publici/es de son temps1 il fait driv] le droit de la loi1 au lieu de faire driv] la loi du droit4 #fi ,l4 ,,vi1 c4 ,,iii4 ,la lib]t civile1 dans son vrai s5s1 c'e/ le droit que n\s avons d'us] de nos facults comme n\s l'ent5dons1 en tant qu'elles ne port5t pas atte9te au mme droit *ez les autres hommes1 rs]ve faite d'ailleurs des sacrifices ncessaires la sret commune4 ,la lib]t politique1 c'e/ la g>antie ou l'ensemble de g>anties p> lesquelles *aque individu et le peuple en masse e/ assur1 autant qu'il e/ possible1 que la lib]t naturelle s]a sauveg>de p> les lois de l'tat4 ,ces df9itions une fois poses1 voyons ce que c'e/1 selon ,montesquieu1 qu'une con/itution libre4 ,une con/itution e/ libre1 lorsque nul ne peut y abus] du p\voir4 ,mais p\r cela1 il e/ ncessaire que le p\voir ne soit pas sans limites3 c> t\t homme qui a du p\voir e/ port en abus]4 ,a9si1 dans une con/itution libre1 le p\voir arrte le p\voir4 ,tel e/ le pr9cipe de l'quilibre et de la pondration des p\voirs1 dont il a t si s\v5t "q en politique1 depuis ,montesquieu4 ,mais p\r que le p\voir puisse arrt] le p\voir1 il faut videmm5t qu'il y ait plusieurs p\voirs dans l'tat4 ,de l la ?orie des trois p\voirs#gj4 #gj ,l4 ,,xi1 c4 ,,vi4 ,ari/ote1 le premi]1 a di/+u trois fonctions dans le g\v]nem5t de la socit1 et c'e/ lui que revi5t la clbre division des trois p\voirs ou puissances1 que ,locke a reproduite et ,montesquieu aprs lui3 la puissance excutive1 la puissance lgislative et la puissance de jug]4 ,montesquieu n'a donc pas cr cette ?orie2 mais ce qui lui app>ti5t1 c'e/ d'avoir montr dans la sp>ation des p\voirs la premire g>antie1 et dans leur di/ribution la vraie mesure de la lib]t4 ,c'e/ l le pr9cipe qu'il a dc\v]t dans l'exam5 de la con/itution d',anglet]re1 pr9cipe ignor avant lui de t\s les publici/es1 et qui e/ re/ depuis acquis la sci5ce politique4 ,si celui qui excute les lois dans un tat fait en mme temps les lois1 il n'y a po9t de lib]t1 c> il peut faire des lois tyranniques p\r les excut] tyranniquem5t4 ,que si la puissance excutive veut s'emp>] des bi5s ou d'une p>tie des bi5s des sujets1 elle dcl>]a p> la loi que ces bi5s convoits sont elle1 et p> la =ce dont elle dispose p\r l'excution1 elle s'en emp>]a4 ,elle peut enlev] a9si aux citoy5s leur lib]t et mme leur vie1 et cela en v]tu de la con/itution1 mo9s que le respect des lois fondam5tales1 les moeurs1 la prud5ce du *ef ne s'y oppos5t1 et alors le citoy5 peut tre libre en fait1 mais la con/itution n'assure pas sa lib]t4 ,cela n'e/ pas mo9s vid5t1 si l'on accorde la puissance lgislative la =ce de l'excution1 cette puissance ft-elle lue p> le peuple1 ft-elle le peuple lui-mme4 ,le peuple1 en corps1 peut m5ac] p> ses lois et p> sa =ce la sret de *acun1 et1 dans un tel tat1 la multitude e/ puissante1 mais p]sonne n'e/ tranquille3 c> on ne peut jamais s'assur] que l'on ne s]a pas bi5tt dans le nombre de ceux que m5ace la puissance du peuple4 ,la sret des citoy5s n'e/ assure que p> la sp>ation des deux puissances4 ,la puissance lgislative s'oppose l'excutive et lui trace le c]cle de son action2 son t\r1 la puissance excutive emp*e p> son vto les entreprises despotiques de la lgislative2 en un mot1 le p\voir arrte le p\voir3 c'e/ le secret des con/itutions libres4 ,mais le plus gr& dang] de la lib]t s]ait que la puissance de jug] ft unie l'une des deux autres puissances1 et surt\t t\tes les deux4 ,dans ce cas1 le magi/rat a1 comme excuteur des lois1 la puissance qu'il s'e/ donne comme lgislateur4 ,il peut ravag] l'tat p> ses volonts gnrales2 et1 comme il a encore la puissance de jug]1 il peut dtruire *aque citoy5 p> ses volonts p>ticulires4 ,il rsulte de l que la ju/ice1 cette puissance si sacre p>mi les hommes1 doit tre confie une magi/rature indp5dante tire du corps mme des citoy5s1 se confondant avec eux1 et qui1 n'ayant aucun intrt au p\voir1 n'en a pas l'iniquit4 ,le p\voir lgislatif doit tre ou le peuple ou une manation du peuple3 c> dans un tat libre1 t\t homme qui e/ c5s avoir une me libre1 doit tre g\v]n p> lui-mme#ga4 ,s'il ne se g\v]ne pas immdiatem5t lui-mme1 il doit se g\v]n] p> ses reprs5tants1 et p> consqu5t les *oisir4 ,t\s les citoy5s1 dit ,montesquieu1 doiv5t donn] leur voix p\r *oisir les reprs5tants1 except ceux qui sont dans un tel tat de bassesse qu'ils sont rputs n'avoir po9t de volont propre4 #ga ,l4 ,,xi1 c4 ,,vi4 ,en face du p\voir lgislatif e/ l'excutif1 qui doit avoir1 p\r arrt] les entreprises inju/es du p\voir lgislatif1 une c]ta9e "p ce p\voir1 non pas une "p directe et positive1 mais une "p indirecte et ngative1 non pas la facult de /atu]1 ce qui confondrait les attributions des puissances1 mais la facult d'emp*]3 di/9ction qui a produit tant d'orages au comm5cem5t de notre ,rvolution4 ,le p\voir excutif doit tre libre dans son action1 ce qui e/ l'ess5ce de l'excution1 mais ses actes sont s\mis l'apprciation du p\voir lgislatif2 c>1 faire des actes contraires aux lois1 c'e/ p\r a9si dire port] des lois3 c'e/ donc un empitem5t sur l'autorit lgislative1 et celle-ci en e/ juge4 ,la p]sonne en qui e/ le p\voir excutif doit tre une p\r la promptitude des entreprises1 et de plus elle doit tre hors d'atte9te2 c>1 si le lgislateur p\vait la jug] et la dtruire1 il s]ait t\t-puissant1 et il n'y aurait plus de limites1 ni p> consqu5t de lib]t4 ,mais comme il faut une sanction1 les ag5ts du p\voir irresponsable sont responsables sa place4 ,un p\voir un et irresponsable e/ une mon>*ie4 ,le p\voir excutif doit donc tre entre les ma9s d'un mon>que4 ,entre le p\voir excutif ou le roi1 et le p\voir lgislatif ou le peuple1 p\voirs contraires qui s'obs]v5t et se m5ac5t cont9uellem5t1 il y a une puissance moy5ne qui les unit et les modre4 ,quelle e/ cette puissance8 ,a priori1 il semble que ce devrait tre la puissance judiciaire1 puisque n\s avons reconnu trois p\voirs1 l'excutif1 le lgislatif et le judiciaire4 ,cep5dant ,montesquieu n\s dit3 ,des trois puissances dont n\s avons p>l1 celle de jug] e/ en quelque sorte nulle1 il n'en re/e que deux4 ,que veut dire ici cette expression trange1 que la puissance judiciaire e/ nulle8 ,faut-il croire que ,montesquieu a ent5du p> l que le p\voir judiciaire n'e/ qu'une p>tie du p\voir excutif1 et qu'il se confond avec lui8 ,non1 c> ri5 ne s]ait plus oppos au pr9cipe de la sp>ation des p\voirs1 qui e/ la doctr9e fondam5tale de ,montesquieu4 ,la p5se prcd5te s'explique p> un autre passage de l',esprit des lois4 ,il veut dire que le p\voir de jug] ne doit pas tre confi un snat p]man5t1 un corps spcial1 mais des p]sonnes tires du corps du peuple1 c'e/--dire ce qu'on appelle le jury4 ,de cette faon la puissance de jug]1 si t]rible p\r les hommes1 n'tant attribue ni un c]ta9 tat ni une c]ta9e pr(ession1 devi5t p\r a9si dire invisible et nulle4 ,on n'a po9t cont9uellem5t des juges devant les yeux1 et l'on cra9t la magi/rature1 s9on les magi/rats#gb4 #gb ,cette +nieuse et exacte explication d'un passage obscur1 trs important dans le sy/me de ,montesquieu1 a t donne p> l'auteur d'un ,mmoire c\ronn p> l',in/itut sur la ,sp>ation des p\voirs 7voir le rapport de ,m4 ,aucoc sur le conc\rs relatif la ,sp>ation des p\voirs1 extrait des ,comptes r5dus de l',acadmie des sci5ces morales et politiques1 #ahgi74 ,la puissance judiciaire tant a9si c>te de la balance des p\voirs1 il faut une autre puissance int]mdiaire entre la lgislative et l'excutive4 ,cette puissance se compose de ceux qui1 ayant des privilges dans l'tat1 privilges dont ,montesquieu1 la vrit1 ne n\s donne pas la raison1 doiv5t avoir le moy5 de les cons]v] et d'emp*] qu'on n'y porte atte9te4 ,la "p qu'ils auront la lgislation doit tre proportionne aux avantages qu'ils ont dans l'tat1 et ils auront le droit d'arrt] les entreprises du peuple1 comme le peuple a le droit d'arrt] les leurs4 ,ils devront a9si p>tag] la puissance lgislative et =m] un corps int]mdiaire intress d'une "p contre le mon>que1 la df5se des lib]ts1 de l'autre contre le peuple1 la df5se des prrogatives du mon>que1 et assur] a9si la /abilit des deux pr9cipes lm5taires de la con/itution4 ,montesquieu rsume de cette manire ce savant mcanisme3 ,le corps lgislatif tant compos de deux p>ties1 l'une en*an]a l'autre p> sa facult mutuelle d'emp*]4 ,t\tes les deux s]ont lies p> la puissance excutive1 qui le s]a elle-mme p> la lgislative4 ,montesquieu prvoit la pr9cipale objection ce beau sy/me3 ,ces trois puissances1 dit-il1 devrai5t =m] un repos ou une inaction2 mais1 comme p> le m\vem5t ncessaire des *oses elles s]ont contra9tes d'all]1 elles s]ont =ces d'all] de conc]t4 ,rponse spcieuse une spcieuse objection4 ,telle e/ la clbre ?orie de la con/itution d',anglet]re1 ?orie sur laquelle n\s v\lons prs5t] quelques rflexions4 ,il faut se g>d] ici d'une facile confusion4 ,il y a trois sortes de g\v]nem5ts1 et il y a trois sortes de p\voirs dans le g\v]nem5t3 ce sont deux *oses trs diffr5tes4 ,le g\v]nem5t e/ rpublica91 ou ari/ocratique1 ou mon>*ique1 selon que le peuple1 ou les nobles1 ou le roi g\v]n5t4 ,*acun de ces g\v]nem5ts e/ bon ou mauvais2 on peut prfr] l'un l'autre et prfr] *acun d'eux la comb9aison des trois4 ,cette d]nire ide e/ celle que l'on tr\ve en g]me dans ,ari/ote1 que ,cicron a dveloppe aprs ,polybe1 et ,ma*iavel aprs ,cicron4 ,n\s la retr\vons ici dans l'analyse du g\v]nem5t anglais2 mais elle n'e/ pas l'ide fondam5tale de la ?orie1 elle ne vi5t qu'en seconde ligne4 ,la base de la ?orie de ,montesquieu n'e/ pas la di/9ction des g\v]nem5ts1 mais la di/9ction des p\voirs2 non pas la comb9aison des trois =mes de g\v]nem5t1 mais la sp>ation des trois p\voirs4 ,les trois p\voirs sont-ils runis1 c'e/ le despotisme2 sp>s1 c'e/ la lib]t4 ,or1 la con/itution d',anglet]re e/ fonde sur la sp>ation des p\voirs2 elle e/ donc une con/itution libre4 ,on voit qu'il ne faut pas confondre la ?orie de la sp>ation des p\voirs avec la ?orie des g\v]nem5ts mixtes3 c> il peut y avoir sp>ation des p\voirs dans un g\v]nem5t simple1 comme aux tats-,unis2 et il peut se faire que les p\voirs soi5t confondus dans un g\v]nem5t mixte1 comme ,rome1 o le snat p>ticipait la fois l'excution et au p\voir lgislatif1 o le peuple avait en mme temps la puissance de faire des lois et la puissance de jug]4 ,ce qui me p>at inconte/able dans la ?orie de ,montesquieu1 c'e/ le pr9cipe de la sp>ation des p\voirs4 ,que le p\voir judiciaire doive tre ncessairem5t indp5dant1 c'e/ ce qui saute d'abord aux yeux de t\t le monde4 ,on ne peut ri5 dire de plus =t que ces p>oles3 ,si la puissance de jug] tait jo9te la lgislative1 le p\voir sur la vie et la lib]t des citoy5s s]ait arbitraire1 c> le juge s]ait lgislateur2 si elle tait jo9te la puissance excutrice1 le juge p\rrait avoir la =ce d'un oppresseur4 ,a9si1 c'e/ dj un premi] pr9cipe du g\v]nem5t modr de laiss] le p\voir judiciaire absolum5t indp5dant du p\voir s\v]a94 ,mais e/-il ncessaire que le p\voir excutif soit sp> du lgislatif8 ,il le faut sans d\te2 c>1 si celui qui a la =ce fait les lois1 qui peut l'emp*] de les faire comme il l'ent5d1 c'e/--dire tyranniques et oppressives8 ,e/-ce le p\voir lgislatif qui e/ en possession de la =ce1 le rsultat e/ le mme4 ,mais1 dis5t les p>tisans de la dmocratie extrme1 le peuple1 titre de s\v]a91 doit avoir la fois le p\voir excutif et le p\voir lgislatif1 et il e/ impossible qu'il en abuse1 puisqu'il e/ compos de t\s les citoy5s2 or nul ne se fait d'inju/ice soi-mme4 ,je rponds que le peuple peut c]ta9em5t tre inju/e et oppresseur1 qu'il peut faire des lois tyranniques contre la m9orit1 contre les ri*es1 contre les citoy5s di/+us1 contre tel ou tel culte qui lui dplat4 ,ce n'e/ donc pas une g>antie satisfaisante de lib]t que le p\voir absolu du peuple4 ,il ne faut pas confondre le p\voir du peuple avec la lib]t du peuple1 dit ,montesquieu1 et ri5 n'e/ plus s5s4 ,or si l'on admet que le peuple peut1 titre de lgislateur1 faire des lois inju/es1 les mmes raisons qui val5t contre la runion des deux p\voirs entre les ma9s d'un mon>que1 val5t aussi contre la runion de ces deux p\voirs dans les ma9s du peuple4 ,je ne veux po9t dire que le p\voir excutif ne doive pas man] du peuple3 mais le peuple ne doit pas ex]c] lui-mme et directem5t ce p\voir4 ,il faut rem>qu]1 d'ailleurs1 que le peuple1 surt\t dans les tats mod]nes1 ne fait plus la loi directem5t1 mais p> des assembles4 ,si v\s mettez le p\voir excutif entre les ma9s d'une assemble1 qui emp*e cette assemble de se *ang] en olig>*ie et de se prolong] indf9im5t1 comme le ,long ,p>lem5t d',anglet]re8 ,aj\tez encore que l'assemble elle-mme ne peut pas ex]c] directem5t le p\voir excutif2 elle le fait p> des comits4 ,mais ces comits devi5n5t les vritables s\v]a9s2 ils dict5t les lois l'assemble1 qui n'e/ plus que leur in/rum5t2 et c'e/ encore l'olig>*ie4 ,je n'ai pas re*]*] comm5t1 dans les dmocraties1 le p\voir excutif doit tre con/itu p\r p\voir tre sp> du p\voir lgislatif1 et en tre indp5dant sans lui tre suprieur2 mais il e/ c]ta9 que1 mme dans ce cas1 il faut encore sp>] les p\voirs4 ,une objection trs frqu5te contre la sp>ation des p\voirs e/ celle-ci3 ,ou les trois p\voirs de l'tat m>*5t d'accord1 ou ils sont en diss5tim5t4 ,s'ils m>*5t d'accord1 ils =m5t une unit1 leur action e/ s\v]a9e et absolue et ils peuv5t abus] du p\voir t\t aussi bi5 qu'un mon>que1 t\t aussi bi5 que le peuple lui-mme4 ,supposez1 en effet1 un pays prote/ant et libre1 tel que l',anglet]re ou la ,sude2 ne peut-il pas arriv] que le roi1 les *ambres1 les tribunaux1 t\s les corps publics soi5t t\s d'accord p\r opprim] les ca?oliques8 ,o e/ la g>antie p\r la lib]t8 ,si1 au contraire1 on suppose les p\voirs en diss5tim5t1 il n'y aura pas d'action2 les tiraillem5ts gn]ont l'excution3 la jal\sie rciproque des p\voirs les emp*]a de s'ent5dre p\r faire le bi54 ,ce s]a l'immobilit1 ou l'an>*ie4 ,je rponds cette objection qu'il n'y a pas de pr9cipe politique qui soit en tat de r5dre impossibles t\s les abus qui peuv5t natre des con/itutions huma9es4 ,le pr9cipe de la sp>ation des p\voirs n'a pas cette porte ni cette efficacit4 ,il emp*e c]ta9s abus1 mais non pas t\s les abus2 il emp*e c]ta9es oppressions1 mais non pas t\tes les oppressions4 ,p> exemple1 il r5d impossible le despotisme du p\voir excutif p> l'intrt contraire du p\voir lgislatif1 et le despotisme de celui-ci p> l'intrt contraire de celui-l1 et enf9 le despotisme du p\voir judiciaire p> sa sp>ation d'avec les deux autres4 ,mais1 s'ils s'ent5d5t t\s les trois p\r ex]c] en commun un mme despotisme1 il e/ c]ta9 que le pr9cipe mme de la sp>ation des p\voirs n'(fre pas de g>antie contre cet abus4 ,mais rem>quez que1 dans ce cas1 ce ne peut tre qu'un petit nombre d'intrts qui soi5t blesss4 ,c> 7 mo9s que la con/itution ne soit corrompue7 il e/ impossible que la gr&e majorit des intrts les plus gnraux ne soit pas reprs5te dans la runion des trois p\voirs4 ,a9si l'oppression ne peut tre que limite1 et sur des po9ts trs circonscrits4 ,d'ailleurs1 dans un pays con/itu de cette manire1 il y a t\j\rs en dehors des p\voirs publics un p\voir moral1 invisible1 qui t5d incessamm5t se trans=m]1 s\s l'influ5ce de la lib]t d'exam53 c'e/ l'op9ion4 ,or l'op9ion exprime p> la presse1 voil la d]nire g>antie de la lib]t1 lorsque la con/itution elle-mme n'en (fre plus4 ,mais je pr5ds l'hypo?se contraire1 celle o les p\voirs1 se dfiant l'un de l'autre et se surveillant mutuellem5t1 ne russiss5t pas s'ent5dre3 de l les conflits1 les tiraillem5ts1 les ral5tissem5ts des affaires1 et enf9 les crises politiques1 qui t5t t\te scurit aux esprits1 aux intrts1 aux p]sonnes4 ,je rponds encore cette objection qu'aucune ma*9e politique ne peut remdi] t\t1 suppler t\t1 t\t prv5ir et t\t emp*]4 ,un g\v]nem5t ne peut vivre que p> la bonne volont et p> l'am\r de ceux qui le s\ti5n5t4 ,suppos que cet am\r fasse dfaut1 et que les corps politiques mett5t leur intrt au-dessus de l'am\r du pays1 il e/ vid5t que la mo9dre discussion dgnr]a en d*irem5t1 et que l'tat s]a *aque in/ant m5ac de prir p> la gu]re civile4 ,mais je ne connais aucun pr9cipe de g\v]nem5t qui puisse t5ir lieu de l'am\r du pays4 ,supposez1 au contraire 7et c'e/ ce qu'il faut suppos]71 que les div]s p\voirs publics aim5t assez leur pays p\r ne pas le sacrifi] leur orgueil ou leur ambition1 les rsi/ances s]ont bi5 un ral5tissem5t1 mais non une dissolution de la ma*9e4 ,or dire que ces rsi/ances =m5t un ral5tissem5t dans le m\vem5t des affaires1 ce n'e/ pas une objection au sy/me3 c> c'e/ prcism5t ce rsultat que l'on veut obt5ir4 ,le ral5tissem5t dans les affaires huma9es1 ce n'e/ pas un mal1 c'e/ un bi53 c> c'e/ la rflexion1 le sang-froid1 l'exam51 p> consqu5t beauc\p de *ances p\r la vrit1 et beauc\p contre l'erreur4 ,de plus1 la rsi/ance1 qui irrite1 il e/ vrai1 qu& elle e/ p\sse l'extrme imite1 inquite et arrte lorsqu'elle-mme sait s'arrt] temps4 ,il y a dans cette lutte rciproque un moy5 de lumire p\r l'un et p\r l'autre p\voir1 et une limite leurs empitem5ts rciproques4 ,a9si la sp>ation des p\voirs demeure1 notre avis1 la condition indisp5sable des g\v]nem5ts libres4 ,mais il faut1 en ?orie1 s'en t5ir ce pr9cipe gnral1 sans v\loir prcis] en p>ticuli] de quelle manire les p\voirs peuv5t tre diviss et di/ribus4 ,c> il y a l mille comb9aisons div]ses1 qui dp5d5t des circon/ances et de l'tat des esprits4 ,de plus1 il ne suffit pas de sp>] les p\voirs1 il faut les unir et les accord]4 ,il ne suffit pas de donn] des g>anties la lib]t1 il faut des moy5s p\r l'action2 c> un g\v]nem5t n'e/ pas seulem5t fait p\r l'exam5 des que/ions1 il l'e/ encore p\r la solution4 ,de plus1 la ncessit mme de l'indp5dance des p\voirs exige que *acun ait une c]ta9e "p dans l'action de l'autre4 ,si le p\voir lgislatif ne peut ri5 sur l'excutif1 celui-ci r5dra le premi] t\t fait va92 si l'excutif ne peut ri5 sur le lgislatif1 celui-ci s'emp>]a de l'excutif4 ,on voit quelles sont les complications pratiques du problme3 je n'ai v\lu insi/] que sur le pr9cipe4 ,mais considrons ma9t5ant la ?orie de ,montesquieu p> un autre ct1 que l'on a s\v5t confondu avec celui-l4 ,rem>quons d'abord que lorsque ,montesquieu di/+ue trois p\voirs1 il p>le du p\voir excutif1 du lgislatif et du judiciaire4 ,puis il dit que de ces trois puissances1 celle de jug] e/ en quelque faon nulle4 ,il n'en re/e donc que deux1 l'excutive et la lgislative4 ,or1 selon ,montesquieu1 le p\voir excutif1 p\r tre =t et indp5dant1 doit tre entre les ma9s d'un mon>que4 ,d'un autre ct1 p\r que le p\voir lgislatif df5de la sret et la lib]t de t\s1 il faut qu'il soit compos de t\s ou lu p> t\s1 c'e/--dire p> le peuple4 ,voil donc le peuple et le mon>que en prs5ce4 ,cette opposition appelle un mdiateur1 g>antie commune et commune limite des droits et des p\voirs du peuple et du roi4 ,ce mdiateur1 c'e/ la noblesse4 ,voil donc trois n\veaux p\voirs3 le roi1 les nobles et le peuple2 et il faut di/+u] ces trois p\voirs de ceux que n\s avons dj nomms3 l'excutif1 le lgislatif et le judiciaire4 ,il y a l une confusion de t]mes qu'il e/ important de dml]1 lorsque l'on p>le de la ?orie des trois p\voirs4 ,qu'ent5d-on p> p\voir8 ,e/-ce dans le premi] s5s1 e/-ce dans le second que l'on pr5d cette expression8 ,dans le premi] s5s1 il y a trois p\voirs1 mme dans une rpublique1 qu& ils sont conv5ablem5t sp>s2 a9si1 la sp>ation des p\voirs e/ le pr9cipe de la con/itution amrica9e1 comme de la con/itution anglaise4 ,dans le second1 il n'y a trois p\voirs que dans la mon>*ie mixte1 c'e/--dire dans une =me p>ticulire de g\v]nem5t4 ,il me semble qu'on n'a pas suffisamm5t rem>qu la diffr5ce de ces deux ?ories1 que ,montesquieu a fondues ensemble avec beauc\p d'habilet1 mais qui n'en sont pas mo9s ess5tiellem5t di/9ctes4 ,n\s avons exam9 la premire de ces ?ories1 exam9ons la seconde4 ,on a dit que t\s les plus gr&s esprits avai5t t p>tisans de cette =me de g\v]nem5t1 compose des trois =mes lm5taires3 mon>*ie1 ari/ocratie et dmocratie4 ,cela e/ vrai1 mais cep5dant avec quelques re/rictions4 ,platon1 p> exemple1 dit bi5 qu'il faut runir l'autorit et la lib]t1 et =m] une con/itution moy5ne avec les deux con/itutions mres2 mais il ne p>le que de la mon>*ie et de la dmocratie et ne dit ri5 de l'ari/ocratie4 ,ari/ote admire1 il e/ vrai1 cet quilibre dans le g\v]nem5t de ,sp>te et de ,c>?age4 ,mais lui-mme1 lorsqu'il propose une =me de g\v]nem5t1 ne *oisit pas ce modle1 et sa rpublique e/ une vritable dmocratie1 avec l'esclavage4 ,polybe a repris cette p5se et l'a heureusem5t applique l'intellig5ce de la con/itution roma9e4 ,mais n\s avons dj rem>qu qu' ,rome le p\voir mon>*ique manquait compltem5t2 c> c'e/ *ang] le s5s des t]mes que d'appel] du nom de mon>*ie le p\voir annuel et divis du consulat4 ,de ,polybe1 cette ?orie a pass ,cicron1 qui n'y a ri5 *ang4 ,tacite l'a jete en passant dans ses ,annales2 sa9t ,?omas1 sans la bi5 compr5dre1 l'a reproduite son t\r2 ,ma*iavel l'a emprunte de n\veau ,polybe et ,cicron2 mais ce n'e/ *ez lui qu'une rm9isc5ce sans porte3 t\t son esprit et t\te son me sont p\r les g\v]nem5ts simples1 mon>*ie ou dmocratie4 ,au ,x,v,ie sicle1 cette ?orie e/ un lieu commun de la politique4 rasme e/ trop cicroni5 p\r ne pas l'adopt]4 ,bell>m9 l'emprunte sa9t ,?omas1 et en tr\ve une admirable application dans le g\v]nem5t de l'glise ca?olique4 ,les dmocrates prote/ants1 qu& ils sont au b\t de leurs attaques rvolutionnaires et qu'il faut propos] quelque *ose1 en revi5n5t cette doctr9e4 ,bod91 au contraire1 la combat n]giquem5t1 et dit qu'il faut mlang] les pr9cipes et non les =mes de g\v]nem5t4 ,enf91 ce lieu commun avait p]du t\t son s5s =ce d'tre reproduit1 lorsque ,montesquieu l'a rajeuni1 l'a r5\vel et lui a donn une vie inatt5due en l'associant au pr9cipe n\veau de la sp>ation des p\voirs4 ,que conclure de ce rapide hi/orique de la "q8 ,que t\s les esprits sages avai5t t\j\rs compris la ncessit d'un g\v]nem5t tempr1 mais qu'avant ,montesquieu aucun n'avait indiqu avec autant de prcision l'union de l'hrdit mon>*ique1 du privilge ari/ocratique et du droit populaire1 comme la comb9aison la plus ncessaire la lib]t4 ,or c'e/ l qu'e/ la "q4 ,qu'un g\v]nem5t doive tre tempr1 pondr1 je l'admets3 c> ce pr9cipe1 c'e/ le pr9cipe mme de la sp>ation des p\voirs4 ,mais doit-il tre prcism5t pondr de telle ou telle manire2 et si tel lm5t1 soit mon>*ique1 soit ari/ocratique1 fait dfaut1 s'ensuit-il qu'il ne puisse pas tre libre8 ,je crois que la ?orie de ,montesquieu trop prise la lettre conduit cette alt]native1 ou de *ang] le s5s des mots1 et d'appel] mon>*ie1 ari/ocratie1 ce qui n'e/ ni l'un ni l'autre1 ou bi5 de prt5dre que la lib]t ne peut exi/] que dans une c]ta9e situation sociale1 qui peut trs bi5 ne pas se r5contr] et qui ne se r5contr]a peut-tre qu'une seule fois dans l'hi/oire4 ,en effet1 jugez1 la lumire de cette ?orie1 soit le g\v]nem5t roma91 soit le g\v]nem5t des tats-,unis1 v\s devez appel] mon>*ie le consulat ou la prsid5ce4 ,or le consulat ne ressemble gure la mon>*ie1 et la prsid5ce1 qui s'en rappro*e un peu plus1 n'e/ elle-mme qu'une image trs loigne et trs affaiblie de la royaut2 c> il e/ vid5t que l'hrdit1 ou t\t au mo9s le p\voir vie e/ le c>actre ess5tiel de la royaut4 ,ce sont p\rtant l de gr&s exemples de g\v]nem5ts libres et de g\v]nem5ts temprs4 ,de mme1 v\s tr\v]ez quelque image de l'ari/ocratie dans le snat des tats-,unis2 mais cette ari/ocratie ressembl]a la noblesse comme la prsid5ce la royaut1 c'e/--dire n'y ressembl]a pas du t\t4 ,le privilge e/ le vritable c>actre politique de l'ari/ocratie4 ,une ari/ocratie qui n'a pas de privilges1 qui n'e/ que la supriorit du mrite1 de l'ge et de l'expri5ce1 n'e/ pas une ari/ocratie3 c'e/ simplem5t la vraie dmocratie4 ,il e/ vrai que le g\v]nem5t anglais donne raison la ?orie de ,montesquieu4 ,mais ce g\v]nem5t peut-il se reproduire volont8 ,y a-t-il t\j\rs dans un pays1 un mom5t donn1 une famille avec une situation hi/orique assez gr&e et assez populaire p\r =m] une mon>*ie8 ,y aura-t-il t\j\rs les lm5ts suffisants d'une ari/ocratie vritable8 ,si ces lm5ts ne sont pas donns p> la ralit1 faut-il les crer artificiellem5t8 ,une cration artificielle de =ces politiques peut-elle russir8 ,si l'on ne peut pas crer artificiellem5t ces =ces1 e/-il donc impossible d'y suppler8 ,un pays e/-il condamn n'tre jamais libre1 p>ce que telles conditions p>ticulires ne s'y r5contr5t pas8 ,allons plus lo94 ,quel e/ le fond de la con/itution anglaise8 ,c'e/ l'ari/ocratie1 c'e/ une ari/ocratie qui cons5t tre g\v]ne p> un roi1 et faire la "p aux beso9s du peuple4 ,gr&e ari/ocratie1 sans aucun d\te2 mais enf91 voici la "q3 faut-il absolum5t une noblesse dans un pays libre8 ,la lib]t politique ne peut-elle s'a*et] que p> l'9galit sociale8 ,il e/ difficile de le croire4 ,si la raison fait dsir] l'homme la lib]t politique1 la mme raison lui fait dsir] aussi l'galit civile4 ,il s]ait trop trange que le privilge ft un pr9cipe de lib]t1 et l'galit de droits un pr9cipe de s]vitude4 ,si l'on reconnat1 ce qui n\s p>at inconte/able1 que la socit civilise m>*e p>t\t v]s l'abolition des privilges et que le travail d'galit dans les lois et dans les moeurs ne cesse pas de se faire1 il y aura lieu de se pos] la "q autrem5t que n'a fait ,montesquieu4 ,c> il reg>de comme indisp5sable aux g\v]nem5ts libres un lm5t qui va sans cesse en s'amo9drissant4 ,il en rsult]ait que la lib]t elle-mme devrait dev5ir de plus en plus difficile1 et la f9 impossible1 mesure que l'galit augm5t]ait4 ,c'e/ l une consqu5ce qu'il e/ difficile d'admettre4 ,,les ,,doctr9es ,,sociales4--,quoique les ?ories politiques soi5t la p>tie la plus clbre et la plus importante de l',esprit des lois1 ce s]ait r5dre ,montesquieu une infidle ju/ice que de ne pas signal] les gr&s s]vices qu'il a r5dus la cause de l'humanit1 les r=mes qu'il a provoques1 les abus qu'il a combattus4 ,sur ce t]ra91 o e/ l'honneur de son sicle1 ,montesquieu ne le cde aucun de ses contempora9s1 pas mme ,voltaire4 ,on peut mme dire qu'il l'a devanc3 c> dj dans les ,lettres p]sanes il dem&ait l'ad\cissem5t des pe9es et la tolrance religieuse4 ,il dveloppe les mmes ides dans l',esprit des lois4 ,en premi] lieu1 au nom de ses pr9cipes et de l'expri5ce1 il prote/e contre la b>b>ie dans les pe9es#gc4 ,la svrit1 dit-il1 et il ent5d p> l la svrit extrme1 convi5t plus au g\v]nem5t despotique1 qui agit p> la t]reur1 qu'aux g\v]nem5ts mon>*ique ou rpublica91 qui agiss5t p> l'honneur et p> la v]tu4 ,dans ces g\v]nem5ts1 il e/ clair que la honte doit tre plus puissante que la pe9e3 c> la honte tant impuissante1 la pe9e l'e/ galem5t4 ,dans les bons g\v]nem5ts1 il vaut mieux prv5ir que punir1 et en punissant employ] une c]ta9e d\ceur1 plus analogue au pr9cipe du g\v]nem5t4 ,la svrit des pe9es e/ contraire la lib]t1 et avec la lib]t les pe9es s'ad\ciss5t4 ,les pe9es cruelles sont inutiles1 c> l'imag9ation s'y habitue4 ,d'ailleurs1 dans les tats modrs1 la p]te de la vie e/ plus cruelle que dans les tats malheureux les plus affreux supplices4 ,a =ce d'augm5t] la svrit des pe9es1 on te le ressort du g\v]nem5t1 et l'abus des supplices ne fait qu'y r5dre les hommes indiffr5ts1 et dans bi5 des cas assur] l'impunit du crim9el4 ,on ne voit po9t que la duret dans les lois e/ un plus gr& mal que les maux qu'on veut punir3 c> elle corrompt le pr9cipe mme de l'tat4 ,le mal p>tiel peut se gurir2 le mal qui atte9t la rac9e e/ incurable4 ,montesquieu1 dans ses beaux *apitres sur la d\ceur des pe9es1 se g>de bi5 d'attaqu] les lois de sa patrie3 c> il n'a po9t1 comme il le dit1 l'esprit dsapprobateur2 mais il e/ vid5t qu'en associant la cruaut des pe9es au pr9cipe des g\v]nem5ts despotiques1 il invitait les g\v]nem5ts modrs faire disp>atre la b>b>ie de leurs codes4 ,il ne consacre que quelques lignes la torture1 mais elles en dis5t assez2 p> un t\r p>ticuli] de son gnie1 il pntre au fond des *oses en p>aissant les effleur]4 ,n\s voyons1 dit-il1 auj\rd'hui1 une nation trs bi5 police la rejet] sans inconvni5t4 ,elle n'e/ donc pas ncessaire de sa nature4--,j'allais dire qu'elle p\vait conv5ir dans le g\v]nem5t despotique1 o t\t ce qui inspire la cra9te entre plus dans les ressorts des g\v]nem5ts1 j'allais dire que les esclaves *ez les ,grecs et les ,roma9s444 ,mais j'ent5ds la voix de la nature qui crie contre moi#gd4 ,on a p5s que ,montesquieu avait presque v\lu ju/ifi] la torture p> ces p>oles1 et qu'il ne s'tait arrt que p> une sorte de honte4 ,mais dire que la torture peut conv5ir au despotisme1 e/-ce ju/ifi] la torture1 ou fltrir le despotisme8 ,dire qu'elle e/ une des consqu5ces de l'esclavage1 e/-ce ju/ifi] la torture1 ou fltrir l'esclavage8 #gc ,l4 ,,vi1 c4 ,,ix et c4 ,,xii4 ,comp>ez ,lettres p]sanes1 lettre ,,lxxx4 #gd ,l4 ,,vi1 c4 ,,xvii4 ,l'esclavage e/ la "q que ,montesquieu a traite avec le plus de =ce1 de pr(ondeur et d'clat#ge4 ,grotius fondait le droit de l'esclavage sur un prt5du droit de gu]re qui autorise le va9queur tu] son prisonni]4 ,sa vie lui app>ti5t1 plus =te raison sa lib]t2 le rduire l'esclavage1 c'e/ lui faire grce4 ,montesquieu rpond3 ,il n'e/ pas p]mis de tu] dans la gu]re1 sauf le cas de ncessit2 mais ds qu'un homme en a fait un autre esclave1 on ne peut pas dire qu'il ait t dans la ncessit de le tu]1 puisqu'il ne l'a pas fait4 ,la consqu5ce tombe avec le pr9cipe2 il re/e seulem5t le droit de ret5ir le va9cu prisonni] p\r se g>antir de ses entreprises 7consqu5ce 9vitable du malheureux droit de gu]re71 mais non pas d'ass]vir et d'appropri] notre usage celui qui e/ notre gal p> le droit de la nature4 ,on fonde encore l'esclavage sur un prt5du contrat1 une sorte de trafic4 ,l'homme libre1 dit-on1 peut se v5dre4 ,montesquieu rpond admirablem5t3 ,la v5te suppose un prix2 l'esclave se v5dant1 t\s ses bi5s entr]ai5t dans la proprit du matre1 le matre ne donn]ait ri51 et l'esclave ne recevrait ri5444 ,en outre1 la lib]t de *aque citoy5 e/ une p>tie de la lib]t publique4 ,on rapporte aussi l'orig9e de l'esclavage la naissance3 le fils d'esclave nat esclave2 c> le pre ne peut lui communiqu] que sa propre qualit4 ,mais si un homme n'a pu se v5dre1 encore mo9s a-t-il pu v5dre son fils qui n'tait pas n4 ,si un prisonni] de gu]re ne peut tre rduit en s]vitude1 encore mo9s ses enfants4 ,enf9 ,montesquieu obs]ve que t\tes les lois sociales sont faites en faveur de ceux mmes qu'elles frapp5t4 ,elles puniss5t la violation du droit1 cela e/ vrai2 mais elles protgeai5t le droit dans la p]sonne mme de celui qui les viole4 ,au contraire1 la loi de l'esclavage e/ t\j\rs contre l'esclave1 jamais p\r lui4 ,si l'on dit que l'esclavage assure la subsi/ance de l'esclave1 il ne faudrait l'ent5dre que des hommes incapables de gagn] leur vie p> leur travail4 ,mais on ne veut pas de ces esclaves-l4 ,l'esclavage1 en un mot1 ou ce droit qui r5d un homme tellem5t propre un autre homme1 qu'il e/ le matre absolu de sa vie et de ses bi5s1 n'e/ pas bon p> sa nature#gf4 #ge ,l4 ,,xv1 c4 ,,ii4 #gf ,l4 ,,xv1 c4 ,i4 ,montesquieu avait discut p> le raisonnem5t l'esclavage en gnral2 mais il fallait attaqu] p> des armes plus vives et plus p]antes une c\tume que s\t5ai5t tant d'intrts et dont l'loignem5t ad\cissait l'horreur l'imag9ation4 ,a la discussion il sub/itua l'ironie1 non l'ironie d\ce de ,socrate1 non pas l'ironie trop s\v5t glace de ,voltaire1 mais une ironie sanglante et en mme temps t\*ante1 p>ce qu'elle "p du coeur4 ,le sucre s]ait trop *]1 dit ,montesquieu1 si l'on ne faisait travaill] la plante qui le produit p> des esclaves444 ,ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pi$s jusqu' la tte1 et ils ont le nez si cras1 qu'il e/ presque impossible de les pla9dre4 ,on ne peut se mettre dans l'esprit que ,dieu1 qui e/ un tre trs sage1 ait mis une me1 surt\t une me bonne1 dans un corps t\t noir444 ,une preuve que les ngres n'ont pas le s5s commun1 c'e/ qu'ils font plus de cas d'un colli] de v]re que de l'or1 qui1 *ez des nations polices1 e/ d'une si gr&e consqu5ce444 ,de petits esprits exagr5t trop l'inju/ice que l'on fait aux ,africa9s2 c>1 si elle tait telle qu'ils le dis5t1 ne s]ait-il pas v5u la tte des pr9ces d',europe1 qui font entre eux tant de conv5tions inutiles1 d'en faire une gnrale en faveur de la misricorde et de la piti#gg8 ,gr&es et gnreuses p>oles1 qui font honneur la raison et au coeur dont elles sont sorties1 au sicle o elles ont pu tre prononces1 la lib]t qui les a inspires1 aux peuples enf9 qui ont essay leurs risques et prils de ralis] ce noble voeu6 #gg ,l4 ,x1 c4 ,v4 ,enf91 ,montesquieu1 qui ri5 d'huma9 n'tait trang]1 eut aussi1 comme t\s les gr&s criva9s ses contempora9s1 de =tes p>oles contre l'intolrance religieuse4 ,faire de la religion une arme de mort1 =c] ce qu'il y a au monde de plus libre1 la consci5ce2 p\vant] p\r conv]tir1 et1 p> une frat]nit sanglante1 faire le salut des hommes en les assass9ant1 telle tait la viol5te politique que la sup]/ition et l'abus de la dom9ation avai5t sub/itue la politique de d\ceur et la morale de p>don qui respire dans l'vangile4 ,elle rgnait encore1 quoique affaiblie1 dans le ,x,v,i,i,ie sicle4 ,montesquieu oppose ces pratiques ins5ses la prud5ce du politique et la compassion de l'homme4 ,tolr] une religion1 dit-il1 ce n'e/ pas l'appr\v]#gh4 ,dans un tat qui repose sur l'unit et la paix1 s'il y a plusieurs religions1 il faut qu'elles se tolr5t1 c'e/--dire qu'elles viv5t en paix4 ,c> il ne suffit pas qu'un citoy5 n'agite pas l'tat1 il faut encore qu'il ne tr\ble pas un autre citoy54 ,les disputes des religions1 leurs proscriptions mutuelles d*ir5t l'tat et1 au lieu d'une mulation de bonnes moeurs et de bons pr9cipes1 en font une lutte de tyrannie4 ,a9si p>le le politique2 voici les p>oles de l'homme3 il les met dans la b\*e d'un juif de ,lisbonne3 ,v\s pr\vez que votre religion e/ div9e1 p>ce qu'elle s'e/ accrue p> la p]scution des paens et le sang de vos m>tyrs2 mais auj\rd'hui1 v\s pr5ez le rle de ,dioclti51 et v\s n\s faites pr5dre le vtre4 ,n\s v\s conjurons1 non pas p> le ,dieu puissant que n\s s]vons1 v\s et n\s1 mais p> le ,*ri/ que v\s n\s dites avoir pris la condition huma9e p\r v\s propos] des exemples que v\s puissiez suivre3 n\s v\s conjurons d'agir avec n\s comme il agirait lui-mme s'il tait encore sur la t]re4 ,v\s v\lez que n\s soyons *rti5s1 et v\s ne v\lez pas l'tre444 ,il faut que n\s v\s av]tissions d'une *ose1 c'e/ que si quelqu'un dans la po/rit ose jamais dire que dans le sicle o n\s vivons les peuples d',europe tai5t polics1 on v\s cit]a p\r pr\v] qu'ils tai5t b>b>es2 et l'ide que l'on aura de v\s s]a telle1 qu'elle fltrira votre sicle et port]a la ha9e sur t\s vos contempora9s#gi4 #gh ,l4 ,,xxv1 c4 ,,ix4 #gi ,l4 ,,xxv1 c4 ,,xiii4 ,introduire l'quit et l'humanit dans les lois crim9elles1 abolir l'esclavage et la traite des noirs1 mettre f9 aux auto-da-fs et aux p]scutions religieuses1 tels sont les trois objets p\rsuivis avec passion1 df5dus avec loqu5ce1 et enf9 obt5us de la raison des peuples et de celle des g\v]nem5ts p> ,montesquieu4 ,p\r la cause de la tolrance1 il a eu sans d\te ,voltaire p\r alli2 et cet alli mme a agi de son ct avec tant de p]svrance et d'ardeur1 qu'il semble avoir usurp lui seul la gloire que ,montesquieu doit p>tag] avec lui2 mais quant l'esclavage1 nul n'a donn le signal1 si ce n'e/ ,montesquieu4 ,c'e/ lui qui a tr\v sur cette "q les argum5ts les plus =ts1 les plus pressants1 les plus dcisifs1 qui y a jo9t les acc5ts les plus am]s et les plus t\*ants4 ,que l'on *]*e avant lui un rquisitoire aussi pr(ond et aussi s5s4 ,le ,x,v,i,ie sicle n'avait gure de d\tes sur l'esclavage4 ,bossuet l'admettait sans hsitation1 comme un fait autoris p> l'criture4 ,locke1 il e/ vrai1 le combattait1 mais sans beauc\p d'orig9alit et de =ce1 et encore le cons]vait-il dans c]ta9s cas4 ,la seule discussion qui mrite d'tre rappele avant ,montesquieu1 e/ celle de ,bod91 au ,x,v,ie sicle#hj4 ,seul dans ce sicle de rvolutions1 il avait lev la voix contre l'esclavage4 ,quant au moy5 ge1 accord unanime en faveur de cette in/itution1 que le *ri/ianisme semblait avoir dtruite4 ,il faut remont] jusqu'aux ,pres de l'glise et aux /oci5s p\r tr\v] une prote/ation aussi vive que celle du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,mais les ,pres de l'glise1 ne s'appuyant que sur l'galit religieuse des hommes1 admettant au nom du droit huma9 ce qu'ils rejetai5t au nom du droit my/ique et *rti51 n'avai5t po9t c\p la rac9e ce mal corrupteur4 ,c'e/ ce qui fit que1 malgr les ad\cissem5ts de l'esclavage1 trans=m en s]vage1 t\t tait prt p\r une recrudesc5ce de ce flau1 attnu mais non dtruit1 lorsque la dc\v]te de l',amrique et des hommes de c\leur f\rnit un prtexte la cupidit1 la sup]/ition et l'ignorance2 et la voix des docteurs et des ?ologi5s1 celle de ,las ,casas excepte1 ne s'leva pas contre cet att5tat au droit huma94 ,il faut donc le dire1 c'e/ le ,x,v,i,i,ie sicle qui1 le premi]1 a port l'esclavage un c\p mortel2 c'e/ ,montesquieu qui a eu ce c\rage et cet honneur2 c'e/ claires p> lui1 p> ,j4-,j4 ,r\sseau et d'autres leur suite1 que les nations de l',europe se sont dcides s'affran*ir de cette ta*e1 et l'ont laisse l',amrique#ha4 ,qu'on dclame tant qu'on v\dra contre la philosophie et ses prt5tions orgueilleuses1 on ne lui t]a p> la gloire d'avoir fait ce que ni les ?ologi5s1 ni les jurisconsultes1 ni les politiques n'avai5t os entrepr5dre avant que la raison publique les y =t4 #hj ,voy4 notre ,hi/oire de la sci5ce politique1 l4 ,,iii1 c4 ,,iv4 #ha ,depuis que ces pages ont t crites1 on sait que l'esclavage a t aboli aux tats-,unis1 et le s]vage en ,russie3 n\velles conqutes des publici/es du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,j'en dirai autant des r=mes dans la pnalit4 ,l encore1 ,montesquieu e/ novateur1 initiateur4 ,la lgislation tait ple9e des ve/iges du moy5 ge4 ,la cruaut1 l'exagration des pe9es1 leur disproportion avec les dlits et entre elles1 p> qui t\s ces re/es d'un temps brutal et b>b>e avai5t-ils t combattus avant ,montesquieu8 ,quelle voix loqu5te les avait signals aux pr9ces1 l',europe1 l'av5ir8 ,plus t>d1 ,voltaire1 ,becc>ia1 beauc\p d'autres1 ont repris les vues de ,montesquieu1 les ont ou dveloppes ou corriges2 mais l'initiative lui app>ti5t1 et ici1 comme p\r l'esclavage1 il a russi1 il a gagn sa cause4 ,c'e/ lui1 en gr&e p>tie1 que n\s devons de vivre s\s des lois pnales en h>monie avec nos moeurs et nos lumires1 qui rprim5t sans avilir1 qui puniss5t sans opprim]1 qui enf9 ne tr\bl5t pas le s5tim5t de la ju/ice en blessant celui de l'humanit4 ,il e/ une d]nire "q sur laquelle l'auteur de l',esprit des lois a jet encore de ces vues h>dies que les problmes s\levs depuis lui r5d5t plus intressantes auj\rd'hui peut-tre qu'elles ne l'tai5t de son temps4 ,c'e/ la "q du devoir d'assi/ance de l'tat p> rapport aux misrables#hb4 ,un homme n'e/ pas pauvre1 dit-il1 p>ce qu'il n'a ri51 mais p>ce qu'il ne travaille pas4 ,n'e/-ce pas l1 tr5te ans avant ,smi?1 le pr9cipe de ,smi?8 ,dans le temps o les conomi/es plaai5t t\te la ri*esse dans la t]re1 c'tait t\te une n\veaut dans la sci5ce que de dire3 ,l'ouvri] qui a laiss ses enfants son art p\r hritage leur a laiss un bi5 qui s'e/ multipli proportion de leur nombre4 ,il n'en e/ pas de mme de celui qui a dix arp5ts de fonds p\r vivre et qui les p>tage ses enfants4 ,mais1 malgr ce travail1 les citoy5s n'ont pas t\j\rs ce qu'il faut p\r leur subsi/ance4 ,il y a des vieill>ds1 des malades1 des orphel9s4 ,montesquieu n'e/ pas de cette cole qui considre la bi5faisance comme contraire la sa9e conomie politique4 ,mais il ne voit pas non plus le remde t\s les maux dans une aumne /rile4 ,quelques aumnes que l'on fait un homme nu dans les rues ne rempliss5t po9t l'obligation de l'tat1 qui doit t\s les citoy5s une subsi/ance assure#hc1 la n\rriture1 un vtem5t conv5able et un g5re de vie qui ne soit pas contraire la sant4 ,mais comm5t un tat remplirait-il ces va/es obligations8 ,un tat bi5 polic tire cette subsi/ance du fond des arts mmes3 il donne aux uns les travaux dont ils sont capables1 il enseigne aux autres travaill]1 ce qui fait dj un travail4 ,a9si1 c'e/ dans le travail ou dans l'appr5tissage du travail que ,montesquieu voit le remde aux in=tunes naturelles ou passagres que l'ge1 les infirmits1 les *mages amn5t dans les classes qui travaill5t4 ,l'esprit de travail e/ plus ncessaire que t\s les hpitaux du monde2 ceux-ci1 au contraire1 favoris5t l'esprit de p>esse et augm5t5t a9si la pauvret gnrale et p>ticulire4 ,a ,rome1 les hpitaux font que t\t le monde e/ son aise1 except ceux qui travaill5t1 except ceux qui ont de l'indu/rie1 except ceux qui cultiv5t les arts1 except ceux qui ont des t]res1 except ceux qui font le comm]ce4 ,il ne faut pas tir] de ces p>oles la conclusion que ,montesquieu favorise cette doctr9e extrme que t\t citoy5 a le droit d'exig] de l'tat de l'occupation et du travail4 ,contraire t\tes les op9ions extraord9aires1 ,montesquieu n'aurait pas plus admis cette doctr9e que celle qui ramne t\t la *>it1 la bi5faisance1 qui devi5n5t1 qu& elles sont sans contrepoids et employes d'une manire inopportune1 un enc\ragem5t la p>esse et une rcomp5se du vice4 ,il croit que l'tat peut d'une manire gnrale favoris] le travail1 di/ribu] c]ta9s travaux1 donn] l'ducation qui conduit au travail1 sans tre t5u quelque *ose de plus que ce que p]met la prud5ce et impose la ncessit4 ,mais que de p5ses p]antes et h>dies dans ces pages p]dues au milieu d'un si va/e ouvrage6 ,qui et pu prvoir alors les applications qu'on p\vait faire de p>oles telles que celles-ci3 ,h5ri ,,viii1 v\lant r=m] l'glise en ,anglet]re1 dtruisit les mo9es1 nation p>esseuse p> elle-mme et qui entret5ait la p>esse des autres1 p>ce que1 pratiquant l'hospitalit1 une inf9it de g5s oisifs1 g5til%ommes et b\rgeois1 passai5t leur vie c\rir de c\v5ts en c\v5ts4 ,il ta encore les hpitaux o le bas peuple tr\vait sa subsi/ance1 comme les g5til%ommes tr\vai5t la leur dans les mona/res4 ,depuis ces *angem5ts1 l'esprit de comm]ce et d'indu/rie s'tablit en ,anglet]re4 ,on n'aura jamais dit combi5 ,montesquieu fut h>di1 s\s les app>5ces d'une extrme modration4 #hb ,l4 ,,xxiii1 c4 ,,xxix4 #hc ,c'e/ l un pr9cipe bi5 dang]eux1 dont ,montesquieu ne voyait pas t\tes les consqu5ces4 ,voltaire a consacr l',esprit des lois un de ces excell5ts petits crits o brille t\te sa sagacit de critique4 ,les pr9cipaux dfauts de ce livre admirable1 mais imp>fait1 y sont indiqus avec cette ju/esse de t\*e et cette f9esse de gt qui sont les qualits orig9ales de ,voltaire4 ,un philosophe di/+u du d]ni] sicle1 ,m4 de ,tracy1 a consacr aussi l'exam5 et la critique de l',esprit des lois un ouvrage solide et in/ructif qui r$resse galem5t avec bonheur quelques-unes des erreurs de ,montesquieu4 ,mais un comm5taire de l',esprit des lois devrait-il tre une p]ptuelle critique de l',esprit des lois#hd8 ,je v\drais que quelqu'un ft voir avec dtail la beaut du livre de ,montesquieu1 la va/e t5due de l'obscurit du sujet *oisi p> lui et la =ce avec laquelle il s'en e/ r5du matre1 les difficults de la matire et le succs de l'entreprise4 ,je sais que ,montesquieu a trop aim l'esprit1 que l'ordre de son ouvrage n'e/ pas p>fait1 qu'il a cit des autorits d\teuses1 avanc des faits controv]ss ou mme faux1 que quelques-uns de ses pr9cipes sont troits1 que sa critique n'e/ po9t assez f]me contre quelques abus2 mais je sais que le sujet tait imm5se et l'un des plus gr&s que l'on pt t5t]4 ,que l'on imag9e t\s les sy/mes de lgislation qui sont p>mi les hommes1 ces lois1 ces c\tumes1 ces in/itutions qui rgl5t la vie politique1 publique1 dome/ique des citoy5s1 ces usages qui sont entre les nations1 les matires de t\tes sortes qui tomb5t s\s les rglem5ts1 le *aos enf93 voil ce que ,montesquieu a os entrepr5dre de dbr\ill]1 de mettre en ordre1 de ram5] quelques pr9cipes4 ,jusque-l les jurisconsultes1 mme philosophes1 pr5ai5t p\r objet d'tude les lois roma9es2 ils en int]prtai5t les articles1 ils en montrai5t le li5 logique et les consqu5ces2 et l'esprit le plus pntrant tait celui qui1 expliquant les articles les uns p> les autres1 dmlait le mieux la signification des t]mes4 ,mais comm5t] une loi1 ce n'e/ po9t en donn] la raison4 ,cette raison e/ en dehors de la loi mme1 soit dans les pr9cipes du g\v]nem5t soit dans le c>actre et le tempram5t du peuple1 dans les religions1 dans mille causes enf9 qu'il fallait dc\vrir et ram5] un petit nombre4 ,ce qui augm5te la difficult1 c'e/ que s\v5t le pr9cipe d'une loi n'e/ lui-mme que la consqu5ce d'un autre pr9cipe1 c'e/ que ces pr9cipes ont des rapports entre eux et se modifi5t les uns les autres3 a9si la religion e/ un pr9cipe et le g\v]nem5t en e/ un autre1 et ils peuv5t tre alt]nativem5t la cause ou la consqu5ce l'un de l'autre4 ,le luxe a de l'influ5ce sur les lois1 et la population aussi2 mais le luxe et la population en ont l'un sur l'autre4 ,il fallait donc la fois exam9] ces rapports isolm5t et les considr] ensemble4 ,que si l'on se fait une ide ju/e de t\te cette complication1 peut-tre s]a-t-on mo9s frapp de ce qui manque au livre de ,montesquieu2 peut-tre admir]a-t-on davantage la belle lumire qu'il a jete sur un sujet si confus1 et l'on ne s'tonn]a po9t de cette fire p>ole de sa prface3 ,qu& j'ai dc\v]t mes pr9cipes1 t\t ce que je *]*ais e/ v5u moi4 ,en p>lant a9si1 il se faisait sans d\te illusion1 et l'on peut tr\v] que ses pr9cipes sont lo9 d'avoir la porte et l't5due qu'il leur prte2 lui-mme les oublie s\v5t4 ,il n'en e/ pas mo9s le premi] qui ait appliqu l'esprit sci5tifique1 l'esprit mod]ne aux faits politiques et sociaux4 ,il e/ au mo9s le ,desc>tes1 s'il n'e/ pas le ,newton de la politique4 #hd ,p> exemple n\s avons dj dit que ,tracy comm5ce ds le premi] livre p> une *icane de mots sur la df9ition du mot loi4 ,les lois ne sont pas1 comme le dit ,montesquieu1 les rapports ncessaires qui driv5t de la nature1 de la nature des *oses2 une loi n'e/ pas un rapport1 et un rapport n'e/ pas une loi4 ,dans le livre ,,ii la division des g\v]nem5ts de ,montesquieu3 rpublique1 mon>*ie1 despotisme1 il en sub/itue une t\t ab/raite et difficile suivre dans la pratique3 #a les g\v]nem5ts fonds sur les droits gnraux des hommes2 #b ceux qui se prt5d5t fonds sur des droits p>ticuli]s4 ,il c>te dans le livre ,,iii les trois pr9cipes admis p> ,montesquieu3 la v]tu1 l'honneur et la cra9te1 et il en sub/itue un seul d'un c>actre t\t ab/rait1 la raison4 ,de l ces rgles ab/raites2 les g\v]nem5ts fonds sur la raison peuv5t seuls dvelopp] l'in/ruction publique2 les g\v]nem5ts fonds sur la raison n'ont qu' laiss] agir la nature1 etc4 ,on appr\v]a davantage ce pr9cipe trop peu connu jusqu'alors des publici/es3 l'effet du luxe e/ d'employ] le travail d'une manire inutile et nuisible4--,le *apitre le plus important du livre de ,tracy e/ celui o il combat les op9ions de ,montesquieu sur la mon>*ie con/itutionnelle1 et sub/itue ses ides propres1 qui sont peu prs celles qui avai5t t ralises dans la con/itution de l'an ,,iii2 mais dans une note supplm5taire1 publie s\s la ,re/auration1 il p>at dsav\] ces ides4 ,on peut dire encore que la critique des ides conomiques de ,montesquieu e/ gnralem5t judicieuse4 ,en rsum l'ouvrage de ,tracy fait p5s]4 ,il e/ surt\t trs important comme tant le rsum des ides politiques de l'cole idologique4 ,,loge ,,de ,m4 ,,le ,,pr,,sid5t ,,de ,,montesquieu ,,p> ,d',,alemb]t 7,mis la tte du c9quime volume de l',encyclopdie74 ,l'intrt que les bons citoy5s pr5n5t l',encyclopdie1 et le gr& nombre de g5s de lettres qui lui consacr5t leurs travaux1 sembl5t n\s p]mettre de la reg>d] comme un des monum5ts les plus propres tre dpositaires des s5tim5ts de la patrie1 et des hommages qu'elle doit aux hommes clbres qui l'ont honore4 ,p]suads nanmo9s que ,m4 de ,montesquieu tait en droit d'att5dre d'autres pangyri/es que n\s1 et que la d\leur publique et mrit des int]prtes plus loqu5ts1 n\s eussions r5f]m au d$ans de n\s-mmes nos ju/es regrets et notre respect p\r sa mmoire2 mais l'aveu de ce que n\s lui devons n\s e/ trop prcieux p\r en laiss] le so9 d'autres4 ,bi5faiteur de l'humanit p> ses crits1 il a daign l'tre aussi de cet ouvrage2 et notre reconnaissance ne veut trac] que quelques lignes au pi$ de sa /atue4 ,*>les de ,secondat1 b>on de la ,brde et de ,montesquieu1 anci5 prsid5t morti] au p>lem5t de ,bordeaux1 de l',acadmie franaise1 de l',acadmie royale des sci5ces et belles-lettres de ,prusse1 et de la ,socit royale de ,londres1 naquit au *teau de la ,brde1 prs de ,bordeaux1 le #ah janvi] #afhj1 d'une famille noble de ,gui5ne4 ,son trisaeul1 ,jean de ,secondat1 matre d'htel de ,h5ri ,,ii1 roi de ,nav>re1 et ensuite de ,jeanne1 fille de ce roi1 qui p\sa ,anto9e de ,b\rbon1 acquit la t]re de ,montesquieu1 d'une somme de #aj #jjj livres1 que cette pr9cesse lui donna p> un acte au!ntique1 en rcomp5se de sa probit et de ses s]vices4 ,h5ri ,,iii1 roi de ,nav>re1 depuis ,h5ri ,,iv1 roi de ,france1 rigea en b>onnie le titre de ,montesquieu en faveur de ,jacob de ,secondat1 fils de ,jean1 d'abord g5tilhomme ord9aire de la *ambre de ce pr9ce et ensuite matre de camp du rgim5t de ,*tillon4 ,jean-,ga/on de ,secondat1 son second fils1 ayant p\s la fille du prsid5t du p>lem5t de ,bordeaux1 acquit dans cette compagnie une *>ge de prsid5t morti]4 ,il eut plusieurs enfants1 dont un entra dans le s]vice1 s'y di/+ua et le quitta de =t bonne heure2 ce fut le pre de ,*>les de ,secondat1 auteur de l',esprit des lois4 ,ces dtails p>atront peut-tre dplacs la tte de l'loge d'un philosophe1 dont le nom a si peu beso9 d'anctres2 mais n'envions po9t leur mmoire l'clat que ce nom rp& sur elle4 ,les succs de l'enfance1 prsage quelquefois si trompeur1 ne le fur5t po9t dans ,*>les de ,secondat2 il annona de bonne heure ce qu'il devait tre1 et son pre donna t\s ses so9s cultiv] ce gnie naissant1 objet de son esprance et de sa t5dresse4 ,ds l'ge de v+t ans1 le jeune ,montesquieu prp>ait dj les matriaux de l',esprit des lois1 p> un extrait raisonn des imm5ses volumes qui compos5t le corps du droit civil4 ,a9si autrefois ,newton avait jet1 ds sa premire jeunesse1 les fondem5ts des ouvrages qui l'ont r5du immortel4 ,cep5dant l'tude de la jurisprud5ce1 quoique mo9s aride p\r ,m4 de ,montesquieu que p\r la plup>t de ceux qui s'y livr5t1 p>ce qu'il la cultivait en philosophe1 ne suffisait pas l't5due et l'activit de son gnie4 ,il appr(ondissait1 dans le mme temps1 des matires encore plus importantes et plus dlicates1 et les discutait dans le sil5ce avec la sagesse1 la dc5ce et l'quit qu'il a depuis montres dans ses ouvrages4 ,un oncle pat]nel1 prsid5t morti] au p>lem5t de ,bordeaux1 juge clair et citoy5 v]tueux1 l'oracle de sa compagnie et de sa prov9ce1 ayant p]du un fils unique1 et v\lant cons]v]1 dans son coeur1 l'esprit d'lvation qu'il avait t* d'y rp&re1 laissa ses bi5s et sa *>ge ,m4 de ,montesquieu4 ,il tait conseill] au p>lem5t de ,bordeaux depuis le #bd fvri] #agad1 et fut reut prsid5t morti] le #ac juillet #agaf4 ,quelques annes aprs1 en #agbb1 p5dant la m9orit du roi1 sa compagnie le *>gea de prs5t] des remontrances l'occasion d'un n\vel impt4 ,plac entre le trne et le peuple1 il remplit1 en sujet respectueux et en magi/rat ple9 de c\rage1 l'emploi si noble et si peu envi de faire p>v5ir au s\v]a9 le cri des malheureux1 et la misre publique1 reprs5te avec autant d'habilet que de =ce1 obt9t la ju/ice qu'elle dem&ait4 ,ce succs1 il e/ vrai1 p> malheur p\r l'tat bi5 plus que p\r lui1 fut aussi passag] que s'il et t inju/e2 pe9e la voix des peuples eut-elle cess de se faire ent5dre1 que l'impt supprim fut remplac p> un autre2 mais le citoy5 avait fait son devoir4 ,il fut reu1 le #c avril #agaf1 dans l'acadmie de ,bordeaux1 qui ne faisait que de natre4 ,le gt p\r la musique et p\r les ouvrages de pur agrm5t1 avait d'abord rassembl les membres qui la =mai5t4 ,m4 de ,montesquieu crut1 avec raison1 que l'ardeur naissante et les tal5ts de ses confrres p\rrai5t s'ex]c] encore avec plus d'avantage sur les objets de la physique4 ,il tait p]suad que la nature1 si digne d'tre obs]ve p>t\t1 tr\vait aussi p>t\t des yeux dignes de la voir3 qu'au contraire les ouvrages de gt ne s\ffrant po9t de mdiocrit1 et la capitale tant en ce g5re le c5tre des lumires et des sec\rs1 il tait trop difficile de rassembl] lo9 d'elle un assez gr& nombre d'criva9s di/+us4 ,il reg>dait les socits de bel esprit1 si trangem5t multiplies dans nos prov9ces1 comme une espce1 ou plutt comme une ombre de luxe littraire1 qui nuit l'opul5ce relle sans mme en (frir l'app>5ce4 ,heureusem5t ,m4 le duc de la ,=ce1 p> un prix qu'il v5ait de fond] ,bordeaux1 avait second des vues si claires et si ju/es4 ,on jugea qu'une expri5ce bi5 faite s]ait prfrable un disc\rs faible ou un mauvais pome1 et ,bordeaux eut une acadmie des sci5ces4 ,m4 de ,montesquieu1 nullem5t empress de se montr] au public1 semblait att5dre1 selon l'expression d'un gr& gnie1 un ge mr p\r crire4 ,ce ne fut qu'en #agba1 c'e/--dire g de tr5te-deux ans1 qu'il mit au j\r les ,lettres p]sanes4 ,le ,siamois des ,amusem5ts srieux et comiques#he p\vait lui en avoir f\rni l'ide1 mais il surpassa son modle4 ,la pe9ture des moeurs ori5tales1 relles ou supposes1 de l'orgueil et du flegme de l'am\r asiatique1 n'e/ que le mo9dre objet de ces lettres2 elle n'y s]t1 p\r a9si dire1 que de prtexte une satire f9e de nos moeurs et des matires importantes que l'auteur appr(ondit en p>aissant gliss] sur elles4 ,dans cette espce de tableau m\vant1 ,usbek expose surt\t1 avec autant de lgret que d'n]gie1 ce qui a le plus frapp p>mi n\s ses yeux pntrants3 notre habitude de trait] srieusem5t les *oses les plus futiles1 et de t\rn] les plus importantes en plaisant]ie2 nos conv]sations si bruyantes et si frivoles2 notre ennui dans le se9 du plaisir mme2 nos prjugs et nos actions en contradiction cont9uelle avec nos lumires2 tant d'am\r p\r la gloire1 jo9t tant de respect p\r l'idole de la faveur2 nos c\rtisans si rampants et si va9s2 notre politesse extrieure1 et notre mpris rel p\r les trang]s1 ou notre prdilection affecte p\r eux2 la biz>r]ie de nos gts1 qui n'a ri5 au-dessus d'elle que l'empressem5t de l',europe les adopt]2 notre dda9 b>b>e p\r deux des plus respectables occupations d'un citoy51 le comm]ce et la magi/rature2 nos disputes littraires si vives et si inutiles2 notre fureur d'crire avant que de p5s]1 et de jug] avant que de connatre4 ,a cette pe9ture vive1 mais sans fiel1 il oppose dans l'apologue des ,troglodytes#hf le tableau d'un peuple v]tueux1 dev5u sage p> le malheur3 morceau digne du ,portique4 ,ailleurs1 il montre la philosophie longtemps t\ffe1 rep>aissant t\t c\p1 regagnant p> ses progrs le temps qu'elle a p]du2 pntrant jusque *ez les ,russes la voix d'un gnie qui l'appelle2 t&is que1 *ez d'autres peuples de l',europe1 la sup]/ition1 semblable une atmosphre paisse1 emp*e la lumire qui les environne de t\tes p>ts d'arriv] jusqu' eux4 ,enf91 p> les pr9cipes qu'il tablit sur la nature des g\v]nem5ts anci5s et mod]nes1 il prs5te le g]me de ces ides lum9euses dveloppes depuis p> l'auteur dans son gr& ouvrage4 #he ,ouvrage de ,dufresny1 dans lequel le ,siamois j\e un rle analogue celui du ,p]san dans les ,lettres p]sanes4 #hf ,lettres p]sanes1 ,,xi1 ,,xii1 ,,xiii1 ,,xiv4 ,ces diffr5ts ouvrages1 privs auj\rd'hui des grces de la n\veaut qu'ils avai5t dans la naissance des ,lettres p]sannes1 y cons]v]ont t\j\rs le mrite du c>actre orig9al qu'on a su leur donn]1 mrite d'autant plus rel1 qu'il vi5t ici du gnie seul de l'criva91 et non du voile trang] dont il s'e/ c\v]t3 c> ,usbek a pris durant son sj\r en ,france1 non seulem5t une connaissance si p>faite de nos moeurs1 mais une si =te te9ture de nos manires1 que son /yle fait s\v5t oubli] son pays4 ,ce lg] dfaut de vraisemblance peut n'tre pas sans desse9 et sans adresse2 en relevant nos ridicules et nos vices1 il a v\lu sans d\te aussi r5dre ju/ice nos avantages4 ,il a s5ti t\te la faveur d'un loge direct1 et il n\s a plus f9em5t l\s1 en pr5ant si s\v5t notre ton p\r mdire plus agrablem5t de n\s4 ,malgr le succs de cet ouvrage1 ,m4 de ,montesquieu ne s'en tait pas dcl> ouv]tem5t l'auteur4 ,peut-tre croyait-il *app] plus aism5t p> ce moy5 la satire littraire1 qui p>gne plus volonti]s les crits anonymes1 p>ce que c'e/ t\j\rs la p]sonne1 et non l'ouvrage1 qui e/ le b de ses traits4 ,peut-tre craignait-il d'tre attaqu sur le prt5du contra/e des ,lettres p]sannes avec l'au/rit de sa place3 espce de repro*e1 disait-il1 que les critiques ne manqu5t jamais de faire1 p>ce qu'il ne dem&e aucun ef=t d'esprit4 ,mais son secret tait dc\v]t1 et dj le public le montrait l',acadmie franaise4 ,l'vnem5t fit voir combi5 le sil5ce de ,m4 de ,montesquieu avait t sage4 ,usbek s'exprime quelquefois assez librem5t1 non sur le fond du *ri/ianisme1 mais sur des matires que trop de p]sonnes affect5t de confondre avec le *ri/ianisme mme3 sur l'esprit de p]scution dont tant de *rti5s ont t anims2 sur les usurpations temporelles de la puissance ecclsia/ique2 sur la multiplication excessive des mona/res1 qui enlv5t des sujets l'tat sans donn] ,dieu des adorateurs2 sur quelques op9ions qu'on a va9em5t t5t d'rig] en dogmes2 sur nos disputes de religion1 t\j\rs viol5tes et s\v5t fune/es4 ,s'il p>at t\*] ailleurs des que/ions plus dlicates1 et qui intress5t de plus prs la religion *rti5ne1 ses rflexions1 apprcies avec ju/esse1 sont en effet trs favorables la rvlation1 puisqu'il se borne montr] combi5 la raison huma9e1 ab&onne elle-mme1 e/ peu claire sur ces objets4 ,enf9 p>mi les vritables lettres de ,m4 de ,montesquieu1 l'imprimeur trang] en avait insr quelques-unes d'une autre ma91 et il et fallu du mo9s1 avant que de condamn] l'auteur1 dml] ce qui lui app>t5ait en propre4 ,sans g>d ces considrations1 d'un ct la ha9e s\s le nom de zle1 de l'autre le zle sans disc]nem5t ou sans lumires se s\lv5t et se runiss5t contre les ,lettres p]sanes4 ,des dlateurs1 espce d'hommes dang]euse et l*e1 que mme dans un g\v]nem5t sage on a quelquefois le malheur d'c\t]1 al>mr5t p> un extrait infidle1 la pit du m9i/re4 ,m4 de ,montesquieu1 p> le conseil de ses amis1 s\t5u de la voix publique1 s'tant prs5t p\r la place de l',acadmie franaise1 vacante p> la mort de ,m4 de ,sacy1 le m9i/re crivit cette compagnie que ,sa ,maje/ ne donn]ait jamais son agrm5t l'auteur des ,lettres p]sanes2 qu'il n'avait po9t lu ce livre2 mais que des p]sonnes en qui il avait confiance lui en avai5t fait connatre le poison et le dang]4 ,m4 de ,montesquieu s5tit le c\p qu'une p>eille accusation p\vait port] sa p]sonne1 sa famille1 la tranquillit de sa vie4 ,il n'atta*ait pas assez de prix aux honneurs littraires1 ni p\r les re*]*] avec avidit1 ni p\r affect] de les ddaign] qu& ils se prs5tai5t lui1 ni enf9 p\r en reg>d] la simple privation comme un malheur2 mais l'exclusion p]ptuelle1 et surt\t les motifs de l'exclusion1 lui p>aissai5t une injure4 ,il vit le m9i/re1 lui dcl>a que1 p\r des raisons p>ticulires1 il n'av\ait po9t les ,lettres p]sanes1 mais qu'il tait encore plus loign de dsav\] un ouvrage dont il croyait n'avoir po9t r\gir1 et qu'il devait tre jug d'aprs une lecture1 et non sur une dlation3 le m9i/re prit enf9 le p>ti p> o il aurait d comm5c]2 il lut le livre1 aima l'auteur1 et apprit mieux plac] sa confiance4 ,l',acadmie franaise ne fut pas prive d'un de ses plus beaux ornem5ts1 et la ,france eut le bonheur de cons]v] un sujet que la sup]/ition ou la calomnie tai5t prtes lui faire p]dre3 c> ,m4 de ,montesquieu avait dcl> au g\v]nem5t1 qu'aprs l'espce d'outrage qu'on allait lui faire1 il irait *]*]1 *ez les trang]s qui lui t5drai5t les bras1 la socit1 le repos et peut-tre les rcomp5ses qu'il aurait d espr] dans son pays4 ,la nation et dplor cette p]te et la honte en s]ait p\rtant retombe sur elle4 ,feu ,m4 le m>*al d',e/res1 alors directeur de l',acadmie franaise1 se conduisit dans cette circon/ance en c\rtisan v]tueux et d'une me vraim5t leve2 il ne craignit ni d'abus] de son crdit ni de le compromettre3 il s\t9t son ami et ju/ifia ,socrate4 ,ce trait de c\rage1 si prcieux aux lettres1 si digne auj\rd'hui d'avoir des imitateurs1 et si honorable la mmoire de ,m4 le m>*al d',e/res1 n'aurait pas d tre oubli dans son loge4 ,m4 de ,montesquieu fut reu le #bd janvi] #agbh4 ,son disc\rs e/ un des meilleurs qu'on ait prononcs dans une p>eille occasion3 le mrite en e/ d'autant plus gr&1 que les rcipi5daires1 gns jusqu'alors p> ces =mules et ces loges d'usage auxquels une espce de prescription les assujettit1 n'avai5t encore os fran*ir ce c]cle p\r trait] d'autres sujets1 ou n'avai5t po9t p5s du mo9s les y r5f]m]4 ,dans cet tat mme de contra9te1 il eut l'avantage de russir4 ,entre plusieurs traits dont brille son disc\rs1 on reconnatra l'criva9 qui p5se au seul portrait du c>d9al de ,ri*elieu1 qui apprit la ,france le secret de ses =ces1 et l',espagne celui de sa faiblesse2 qui ta l',allemagne ses *anes1 et lui en donna de n\velles4 ,il faut admir] ,m4 de ,montesquieu d'avoir su va9cre la difficult de son sujet1 et p>donn] ceux qui n'ont pas eu le mme succs4 ,le n\vel acadmici5 tait d'autant plus digne de ce titre qu'il avait1 peu de temps aup>avant1 r5onc t\t autre travail p\r se livr] entirem5t son gnie et son gt4 ,quelque importante que ft la place qu'il occupait1 avec quelques lumires et quelque intgrit qu'il en et rempli les devoirs1 il s5tait qu'il y avait des objets plus dignes d'occup] ses tal5ts2 qu'un citoy5 e/ r$evable sa nation et l'humanit de t\t le bi5 qu'il peut leur faire1 et qu'il s]ait plus utile l'un et l'autre en les clairant p> ses crits1 qu'il ne p\rrait l'tre en discutant quelques conte/ations p>ticulires dans l'obscurit4 ,t\tes ces rflexions le dcidr5t v5dre sa *>ge4 ,il cessa d'tre magi/rat1 il ne fut plus qu'homme de lettres4 ,mais p\r se r5dre utile1 p> ses ouvrages1 aux diffr5tes nations1 il tait ncessaire qu'il les connt4 ,ce fut dans cette vue qu'il entreprit de voyag]4 ,son b tait d'exam9] p>t\t le physique et le moral2 d'tudi] les lois et la con/itution de *aque pays2 de visit] les savants1 les criva9s1 les arti/es clbres2 de *]*] surt\t ces hommes r>es et s+uli]s dont le comm]ce a suppl quelquefois plusieurs annes d'obs]vations et de sj\r4 ,m4 de ,montesquieu et pu dire comme ,dmocrite3 ,je n'ai ri5 oubli p\r m'in/ruire1 j'ai quitt mon pays et p>c\ru l'univ]s p\r mieux connatre la vrit1 j'ai vu t\s les p]sonnages illu/res de mon temps4 ,mais il y eut cette diffr5ce entre le ,dmocrite franais et celui d',abdre1 que le premi] voyageait p\r in/ruire les hommes1 et le second p\r s'en moqu]4 ,il alla d'abord ,vi5ne1 o il vit s\v5t le clbre pr9ce ,eugne4 ,ce hros si fune/e la ,france 7 laquelle il aurait pu tre si utile71 aprs avoir balanc la =tune de ,l\is ,,xiv et humili la fi]t ottomane1 vivait sans fa/e durant la paix1 aimant et cultivant les lettres dans une c\r o elles sont peu en honneur1 et donnant ses matres l'exemple de les protg]4 ,m4 de ,montesquieu crut entrevoir1 dans ses disc\rs1 quelques re/es d'intrt p\r son anci5ne patrie4 ,le pr9ce ,eugne en laissait voir surt\t1 autant que le peut faire un ennemi1 sur les suites fune/es de cette division inte/9e qui tr\ble depuis si longtemps l'glise de ,france3 l'homme d'tat en prvoyait la dure et les effets1 et les prdit au philosophe4 ,m4 de ,montesquieu p>tit de ,vi5ne p\r voir la ,hongrie1 contre opul5te et f]tile1 habite p> une nation fire et gnreuse1 le flau de ses tyrans et l'appui de ses s\v]a9s4 ,comme peu de p]sonnes connaiss5t bi5 ce pays1 il a crit avec so9 cette p>tie de ses voyages4 ,d',allemagne1 il passa en ,italie4 ,il vit ,v5ise le fameux ,law1 qui il ne re/ait de sa gr&eur passe que des projets de/9s m\rir dans sa tte1 et un diamant qu'il engageait p\r j\] aux jeux de has>d4 ,un j\r1 la conv]sation r\lait sur le fameux sy/me que ,law avait inv5t1 poque de malheurs et de =tunes1 et surt\t d'une dpravation rem>quable dans nos moeurs4 ,comme le ,p>lem5t de ,p>is1 dpositaire immdiat des lois dans les temps de m9orit1 avait fait pr\v] au m9i/re cossais quelque rsi/ance dans cette occasion1 ,m4 de ,montesquieu lui dem&a p\rquoi on n'avait pas essay de va9cre cette rsi/ance p> un moy5 presque t\j\rs infaillible en ,anglet]re1 p> le gr& mobile des actions des hommes1 en un mot1 p> l'arg5t4--,ce ne sont po9t1 rpondit ,law1 des gnies aussi ard5ts et aussi gnreux que mes compatriotes1 mais ils sont beauc\p plus incorruptibles4 ,n\s aj\t]ons1 sans aucun prjug de vanit nationale1 qu'un corps1 libre p\r quelques in/ants1 doit mieux rsi/] la corruption que celui qui l'e/ t\j\rs3 le premi]1 en v5dant sa lib]t1 la p]d2 le second ne fait p\r a9si dire que la prt] et l'ex]ce mme en l'engageant4 ,a9si1 les circon/ances et la nature du g\v]nem5t font les vices et les v]tus des nations4 ,un autre p]sonnage non mo9s fameux que ,m4 de ,montesquieu vit encore plus s\v5t ,v5ise1 fut le comte de ,bonneval4 ,cet homme si connu p> ses av5tures1 qui n'tai5t pas encore leur t]me1 et flatt de conv]s] avec un juge digne de l'ent5dre1 lui faisait avec plaisir le dtail s+uli] de sa vie1 le rcit des actions militaires o il s'tait tr\v1 le portrait des gnraux et des m9i/res qu'il avait connus4 ,m4 de ,montesquieu se rappelait s\v5t ces conv]sations et en racontait diffr5ts traits ses amis4 ,il alla de ,v5ise ,rome4 ,dans cette anci5ne capitale du monde1 qui l'e/ encore c]ta9s g>ds1 il s'appliqua surt\t exam9] ce qui la di/+ue auj\rd'hui le plus3 les ouvrages des ,raphal1 des ,titi5 et des ,mi*el-,ange4 ,il n'avait po9t fait une tude p>ticulire des beaux-arts1 mais l'expression dont brill5t les *efs-d'oeuvre en ce g5re saisit infailliblem5t t\t homme de gnie4 ,acc\tum tudi] la nature1 il la reconnat qu& elle e/ imite1 comme un portrait ressemblant frappe t\s ceux qui l'orig9al e/ famili]4 ,malheur aux productions de l'art dont t\te la beaut n'e/ que p\r les arti/es6 ,aprs avoir p>c\ru l',italie1 ,m4 de ,montesquieu v9t en ,suisse4 ,il exam9a soigneusem5t les va/es pays arross p> le ,rh91 et il ne lui re/a plus ri5 voir en ,allemagne1 c> ,frdric ne rgnait pas encore4 ,il s'arrta ensuite quelque temps dans les ,prov9ces-,unies1 monum5t admirable de ce que peut l'indu/rie huma9e anime p> l'am\r de la lib]t4 ,enf9 il se r5dit en ,anglet]re o il demeura deux ans4 ,digne de voir et d'entret5ir les plus gr&s hommes1 il n'eut regrett] que de n'avoir pas fait plus tt ce voyage3 ,locke et ,newton tai5t morts4 ,mais il eut s\v5t l'honneur de faire sa c\r leur protectrice1 la clbre re9e d',anglet]re1 qui cultivait la philosophie sur le trne et qui gta1 comme elle le devait1 ,m4 de ,montesquieu4 ,il ne fut pas mo9s accueilli p> la nation1 qui n'avait pas beso91 sur cela1 de pr5dre le ton de ses matres4 ,il =ma ,londres des liaisons intimes avec des hommes ex]cs mdit] et se prp>] aux gr&es *oses p> des tudes pr(ondes4 ,il s'in/ruisit avec eux de la nature du g\v]nem5t1 et p>v9t le bi5 connatre4 ,n\s p>lons ici d'aprs les tmoignages publics que lui en ont r5dus les ,anglais eux-mmes1 si peu disposs reconnatre en n\s aucune supriorit4 ,comme il n'avait ri5 exam9 ni avec la prv5tion d'un en?\sia/e ni avec l'au/rit d'un cynique1 il n'avait remport de ses voyages ni un dda9 outrageant p\r les trang]s ni un mpris encore plus dplac p\r son propre pays4 ,il rsultait de ses obs]vations que l',allemagne tait faite p\r y voyag]1 l',italie p\r y sj\rn]1 l',anglet]re p\r y p5s]1 et la ,france p\r y vivre4 ,de ret\r enf9 dans sa patrie1 ,m4 de ,montesquieu se retira p5dant deux ans sa t]re de la ,brde4 ,il y j\it en paix de cette solitude que le spectacle et le tumulte du monde s]v5t r5dre plus agrable3 il vcut avec lui-mme1 aprs en tre sorti longtemps1 et1 ce qui n\s intresse le plus1 il mit la d]nire ma9 son ouvrage ,sur les causes de la gr&eur et de la dcad5ce des ,roma9s1 qui p>ut en #agcd4 ,les empires1 a9si que les hommes1 doiv5t crotre1 dprir et s'te9dre4 ,mais cette rvolution ncessaire a s\v5t des causes ca*es1 que la nuit des temps n\s drobe1 et que le my/re ou leur petitesse app>5te a mme quelquefois voiles aux yeux des contempora9s4 ,ri5 ne ressemble plus1 sur ce po9t1 l'hi/oire mod]ne que l'hi/oire anci5ne4 ,celle des ,roma9s mrite nanmo9s1 cet g>d1 quelque exception4 ,elle prs5te une politique raisonne1 un sy/me suivi d'agr&issem5t1 qui ne p]met pas d'attribu] la =tune de ce peuple des ressorts obscurs et subalt]nes4 ,les causes de la gr&eur roma9e se tr\v5t donc dans l'hi/oire1 et c'e/ au philosophe les y dc\vrir4 ,d'ailleurs1 il n'en e/ pas des sy/mes dans cette tude comme dans celle de la physique4 ,ceux-ci sont presque t\j\rs prcipits1 p>ce qu'une obs]vation n\velle et imprvue peut les r5v]s] en un in/ant2 au contraire1 qu& on recueille avec so9 les faits que n\s transmet l'hi/oire anci5ne d'un pays1 si on ne rassemble pas t\j\rs t\s les matriaux qu'on peut dsir]1 on ne saurait du mo9s espr] d'en avoir un j\r davantage4 ,l'tude rfl*ie de l'hi/oire1 tude si importante et si difficile1 consi/e comb9]1 de la manire la plus p>faite1 ces matriaux dfectueux3 tel s]ait le mrite d'un ar*itecte qui1 sur des ru9es savantes1 trac]ait1 de la manire la plus vraisemblable1 le plan d'un difice antique1 en supplant1 p> le gnie et p> d'heureuses conjectures1 des re/es in=mes et tronqus4 ,c'e/ s\s ce po9t de vue qu'il faut envisag] l'ouvrage de ,m4 de ,montesquieu4 ,il tr\ve les causes de la gr&eur des ,roma9s dans l'am\r de la lib]t1 du travail et de la patrie qu'on leur inspirait ds l'enfance2 dans ces diss5sions inte/9es1 qui donnai5t du ressort aux esprits1 et qui cessai5t t\t c\p la vue de l'ennemi2 dans cette con/ance aprs le malheur1 qui ne dsesprait jamais de la rpublique2 dans le pr9cipe o ils fur5t t\j\rs de ne faire jamais la paix qu'aprs des victoires2 dans l'honneur du triomphe1 sujet d'mulation p\r les gnraux2 dans la protection qu'ils accordai5t aux peuples rvolts contre leurs rois2 dans l'excell5te politique de laiss] aux va9cus leurs dieux et leurs c\tumes2 dans celle de n'avoir jamais deux puissants ennemis sur les bras1 et de t\t s\ffrir de l'un jusqu' ce qu'ils euss5t ananti l'autre4 ,il tr\ve les causes de leur dcad5ce dans l'agr&issem5t mme de l'tat1 qui *angea en gu]res civiles les tumultes populaires2 dans les gu]res loignes qui1 =ant les citoy5s une trop longue abs5ce1 leur faisai5t p]dre ins5siblem5t l'esprit rpublica92 dans le droit de b\rgeoisie accord tant de nations1 et qui ne fit plus du peuple roma9 qu'une espce de mon/re plusieurs ttes2 dans la corruption introduite p> le luxe de l',asie2 dans les proscriptions de ,sylla1 qui avilir5t l'esprit de la nation1 et l'esclavage2 dans la ncessit o les ,roma9s se tr\vr5t s\ffrir des matres1 lorsque leur lib]t leur fut dev5ue *>ge2 dans l'obligation o ils fur5t de *ang] de maximes en *angeant de g\v]nem5t2 dans cette suite de mon/res qui rgnr5t1 presque sans int]ruption1 depuis ,tibre jusqu' ,n]va1 et depuis ,commode jusqu' ,con/ant92 enf91 dans la translation et le p>tage de l'empire1 qui prit d'abord en ,occid5t p> la puissance des b>b>es1 et qui1 aprs avoir langui plusieurs sicles en ,ori5t s\s des emp]eurs imbciles ou froces1 s'anantit ins5siblem5t1 comme ces fleuves qui disp>aiss5t dans les sables4 ,un assez petit volume a suffi ,m4 de ,montesquieu p\r dvelopp] un tableau si intressant et si va/e4 ,comme l'auteur ne s'appesantit po9t sur les dtails et ne saisit que les bran*es fcondes de son sujet1 il a su r5f]m] en trs peu d'espace un gr& nombre d'objets di/9ctem5t ap]u et rapidem5t prs5ts1 sans fatigue p\r le lecteur4 ,en laissant beauc\p voir1 il laisse encore plus p5s]3 et il aurait pu intitul] son livre3 ,hi/oire roma9e l'usage des hommes d'tat et des philosophes4 ,quelque rputation que ,m4 de ,montesquieu se ft acquise p> ce d]ni] voyage et p> ceux qui l'avai5t prcd1 il n'avait fait que se fray] le *em9 une plus gr&e entreprise1 celle qui doit immortalis] son nom et le r5dre respectable aux sicles futurs4 ,il en avait ds longtemps =m le desse92 il en mdita p5dant v+t ans l'excution2 ou p\r p>l] plus exactem5t1 t\te sa vie en avait t la mditation cont9uelle4 ,d'abord il s'tait fait en quelque faon trang] dans son propre pays1 af9 de le mieux connatre4 ,il avait ensuite p>c\ru t\te l',europe et pr(ondm5t tudi les diffr5ts peuples qui l'habit5t4 ,l'le fameuse qui se glorifie tant de ses lois et qui en pr(ite si mal avait t p\r lui dans ce long voyage ce que l'le de ,crte fut autrefois p\r ,lycurgue1 une cole o il avait su s'in/ruire sans t\t appr\v]4 ,enf9 il avait1 si on peut p>l] a9si1 int]rog et jug les nations et les hommes clbres qui n'exi/5t plus auj\rd'hui que dans les annales du monde4 ,ce fut a9si qu'il s'leva p> degrs au plus beau titre qu'un sage puisse mrit]1 celui de lgislateur des nations4 ,s'il tait anim p> l'importance de la matire1 il tait effray en mme temps p> son t5due3 il l'ab&onna et y rev9t plusieurs reprises4 ,il s5tit plus d'une fois1 comme il l'av\e lui-mme1 tomb] les ma9s pat]nelles4 ,enc\rag enf9 p> ses amis1 il ramassa t\tes ses =ces et donna l',esprit des lois4 ,dans cet important ouvrage1 ,m4 de ,montesquieu1 sans s'appesantir1 l'exemple de ceux qui l'ont prcd1 sur des difficults mtaphysiques relatives l'homme suppos dans un tat d'ab/raction2 sans se born]1 comme d'autres1 considr] c]ta9s peuples dans quelques relations ou circon/ances p>ticulires1 envisage les habitants de l'univ]s dans l'tat rel o ils sont1 et dans t\s les rapports qu'ils peuv5t avoir entre eux4 ,la plup>t des autres criva9s en ce g5re sont presque t\j\rs1 ou de simples morali/es1 ou de simples jurisconsultes1 ou mme quelquefois de simples ?ologi5s4 ,p\r lui1 l'homme e/ de t\s les pays et de t\tes les nations2 il s'occupe mo9s de ce que le devoir exige de n\s que des moy5s p> lesquels on peut n\s oblig] de le remplir2 de la p]fection mtaphysique des lois que de celle dont la nature huma9e les r5d susceptibles2 des lois qu'on a faites que de celles qu'on a d faire2 des lois d'un peuple p>ticuli] que de celles de t\s les peuples4 ,a9si1 en se comp>ant lui-mme ceux qui ont c\ru avant lui cette gr&e et noble c>rire1 il a pu dire1 comme le ,corrge1 qu& il eut vu les ouvrages de ses rivaux3 ,et moi aussi je suis pe9tre4 ,rempli et pntr de son objet1 l'auteur de l',esprit des lois y embrasse un si gr& nombre de matires et les traite avec tant de brivet et de pr(ondeur1 qu'une lecture assidue et mdite peut faire seule s5tir le mrite de ce livre4 ,elle s]vira surt\t1 n\s osons le dire1 faire disp>atre le prt5du dfaut de m?ode1 dont quelques lecteurs ont accus ,m4 de ,montesquieu1 avantage qu'ils n'aurai5t pas d le tax] lgrem5t d'avoir nglig dans une matire philosophique et dans un ouvrage de v+t annes4 ,il faut di/+u] le dsordre rel de celui qui n'e/ qu'app>5t4 ,le dsordre e/ rel1 qu& l'analogie et la suite des ides n'e/ po9t obs]ve2 qu& les conclusions sont riges en pr9cipes ou les prcd5t2 qu& le lecteur1 aprs des dt\rs sans nombre1 se retr\ve au po9t d'o il e/ p>ti4 ,le dsordre n'e/ qu'app>5t qu& l'auteur1 mettant leur vritable place les ides dont il fait usage1 laisse suppler aux lecteurs les ides int]mdiaires4 ,et c'e/ a9si que ,m4 de ,montesquieu a cru p\voir et devoir en us] dans un livre de/9 des hommes qui p5s5t1 dont le gnie doit suppler des omissions volontaires et raisonnes4 ,l'ordre1 qui se fait ap]cevoir dans les gr&es p>ties de l',esprit des lois1 ne rgne pas mo9s dans les dtails3 n\s croyons que1 plus on appr(ondira l'ouvrage1 plus on en s]a conva9cu4 ,fidle ses divisions gnrales1 l'auteur rapporte *acun les objets qui lui app>ti5n5t exclusivem5t2 et1 l'g>d de ceux qui1 p> diffr5tes bran*es1 app>ti5n5t plusieurs divisions la fois1 il a plac s\s *aque division la bran*e qui lui app>ti5t en propre4 ,p> l on ap]oit aism5t1 et sans confusion1 l'influ5ce que les diffr5tes p>ties du sujet ont les unes sur les autres1 comme1 dans un arbre du sy/me bi5 ent5du des connaissances huma9es1 on peut voir le rapport mutuel des sci5ces et des arts4 ,cette comp>aison d'ailleurs e/ d'autant plus ju/e1 qu'il en e/ du plan qu'on peut se faire dans l'exam5 philosophique des lois comme de l'ordre qu'on peut obs]v] dans un arbre encyclopdique des sci5ces2 il y re/]a t\j\rs de l'arbitraire1 et t\t ce qu'on peut exig] de l'auteur1 c'e/ qu'il suive sans dt\r et sans c>t le sy/me qu'il s'e/ une fois =m4 ,n\s dirons de l'obscurit que l'on peut se p]mettre dans un tel ouvrage1 la mme *ose que du dfaut d'ordre4 ,ce qui s]ait obscur p\r les lecteurs vulgaires ne l'e/ pas p\r ceux que l'auteur a eus en vue4 ,d'ailleurs l'obscurit volontaire n'en e/ pas une4 ,m4 de ,montesquieu ayant prs5t] quelquefois des vrits importantes1 dont l'nonc absolu et direct aurait pu bless] sans fruit1 a eu la prud5ce de les envelopp]1 et1 p> cet innoc5t artifice1 les a voiles ceux qui elles s]ai5t nuisibles1 sans qu'elles fuss5t p]dues p\r les sages4 ,p>mi les ouvrages qui lui ont f\rni des sec\rs1 et quelquefois des vues p\r le si51 on voit qu'il a surt\t pr(it des deux hi/ori5s qui ont p5s le plus1 ,tacite et ,plut>que2 mais quoiqu'un philosophe qui a fait ces deux lectures soit disp5s de beauc\p d'autres1 il n'avait pas cru devoir1 en ce g5re1 ri5 nglig] ni ddaign] de ce qui p\vait tre utile son objet4 ,la lecture que suppose l',esprit des lois e/ imm5se2 et l'usage raisonn que l'auteur a fait de cette multitude prodigieuse de matriaux p>atra encore plus surpr5ant1 qu& on saura qu'il tait presque entirem5t priv de la vue et oblig d'avoir rec\rs des yeux trang]s4 ,cette va/e lecture contribue non seulem5t l'utilit1 mais l'agrm5t de l'ouvrage4 ,sans drog] la maje/ de son sujet1 ,m4 de ,montesquieu sait en tempr] l'au/rit1 et procur] aux lecteurs des mom5ts de repos1 soit p> des faits s+uli]s et peu connus1 soit p> des allusions dlicates1 soit p> ces c\ps de p9ceau n]giques et brillants qui peign5t d'un seul trait les peuples et les hommes4 ,enf91 c> n\s ne v\lons pas j\] ici le rle des comm5tateurs d',homre1 il y a sans d\te des fautes dans l',esprit des lois comme il y en a dans t\t ouvrage de gnie1 dont l'auteur a le premi] os se fray] des r\tes n\velles4 ,m4 de ,montesquieu a t p>mi n\s1 p\r l'tude des lois1 ce que ,desc>tes a t p\r la philosophie3 il claire s\v5t1 et se trompe quelquefois2 et en se trompant mme1 il in/ruit ceux qui sav5t lire4 ,cette n\velle dition montr]a1 p> les additions et les corrections qu'il y a faites1 que1 s'il e/ tomb de temps en temps1 il a su le reconnatre et se relev]4 ,p> l1 il acqu]ra du mo9s le droit un n\vel exam51 dans les endroits o il n'aura pas t du mme avis que ses lecteurs4 ,peut-tre mme ce qu'il aura jug le plus digne de correction leur a-t-il absolum5t *app1 tant l'envie de nuire e/ ord9airem5t aveugle4 ,mais ce qui e/ la porte de t\t le monde dans l',esprit des lois1 ce qui doit r5dre l'auteur *] t\tes les nations1 ce qui s]virait mme c\vrir des fautes plus gr&es que les si5nes1 c'e/ l'esprit de citoy5 qui l'a dict4 ,l'am\r du bi5 public1 le dsir de voir les hommes heureux1 s'y montr5t de t\tes p>ts1 et1 n'et-il que ce mrite si r>e et si prcieux1 il s]ait digne p> cet endroit seul d'tre la lecture des peuples et des rois4 ,n\s voyons dj1 p> une heureuse expri5ce1 que les fruits de cet ouvrage ne se born5t pas1 dans ses lecteurs1 des s5tim5ts /riles4 ,quoique ,m4 de ,montesquieu ait peu survcu la publication de l',esprit des lois1 il a eu la satisfaction d'entrevoir les effets qu'il comm5ce produire p>mi n\s2 l'am\r naturel des ,franais p\r leur patrie1 t\rn v]s son vritable objet2 ce gt p\r le comm]ce1 p\r l'agriculture et p\r les arts utiles1 qui se rp& ins5siblem5t dans notre nation2 cette lumire gnrale sur les pr9cipes du g\v]nem5t1 qui r5d les peuples plus atta*s ce qu'ils doiv5t aim]4 ,ceux qui ont si indcemm5t attaqu cet ouvrage1 lui doiv5t peut-tre plus qu'ils ne s'imag95t4 ,l'+ratitude1 au re/e1 e/ le mo9dre repro*e qu'on ait leur faire4 ,ce n'e/ pas sans regret et sans honte p\r notre sicle que n\s allons les dvoil]3 mais cette hi/oire importe trop la gloire de ,m4 de ,montesquieu et l'avantage de la philosophie1 p\r tre passe s\s sil5ce4 ,puisse l'opprobre1 qui c\vre enf9 ses ennemis1 leur dev5ir salutaire6 ,a pe9e l',esprit des lois p>ut-il qu'il fut re*]* avec empressem5t1 sur la rputation de l'auteur2 mais quoique ,m4 de ,montesquieu ait crit p\r le bi5 du peuple1 il ne devait pas avoir le peuple p\r juge3 la pr(ondeur de l'objet tait une suite de son importance mme4 ,cep5dant les traits qui tai5t rp&us dans l'ouvrage1 et qui aurai5t t dplacs s'ils n'tai5t pas ns du fond du sujet1 p]suadr5t trop de p]sonnes qu'il tait crit p\r elles4 ,on *]*ait un livre agrable1 et on ne tr\vait qu'un livre utile1 dont on ne p\vait d'ailleurs1 sans quelque att5tion1 saisir l'ensemble et les dtails4 ,on traita lgrem5t l',esprit des lois2 le titre mme fut un sujet de plaisant]ie2 enf91 l'un des plus beaux monum5ts littraires qui soi5t sortis de notre nation fut reg>d d'abord avec assez d'indiffr5ce4 ,il fallut que les vritables juges euss5t eu le temps de lire3 bi5tt ils ram5r5t la multitude t\j\rs prompte *ang] d'avis4 ,la p>tie du public qui enseigne dicta la p>tie qui c\te ce qu'elle devait p5s] et dire1 et le suffrage des hommes clairs1 jo9t aux *os qui le rptr5t1 ne =ma plus qu'une voix dans t\te l',europe4 ,ce fut alors que les ennemis publics et secrets des lettres et de la philosophie 7c> elles en ont de ces deux espces7 runir5t leurs traits contre l'ouvrage4 ,de l cette f\le de bro*ures qui lui fur5t lances de t\tes p>ts1 et que n\s ne tir]ons pas de l'oubli o elles sont dj plonges4 ,si leurs auteurs n'avai5t pris de bonnes mesures p\r tre inconnus la po/rit1 elle croirait que l',esprit des lois a t crit au milieu d'un peuple de b>b>es4 ,m4 de ,montesquieu mprisa sans pe9e les critiques tnbreuses de ces auteurs sans tal5ts1 qui1 soit p> une jal\sie qu'ils n'ont pas droit d'avoir1 soit p\r satisfaire la malignit du public qui aime la satire et la mprise1 outrag5t ce qu'ils ne peuv5t atte9dre1 et1 plus odieux p> le mal qu'ils veul5t faire que r$\tables p> celui qu'ils font1 ne russiss5t pas mme dans un g5re d'crire que sa facilit et son objet r5d5t galem5t vil4 ,il mettait les ouvrages de cette espce sur la mme ligne que ces n\velles hebdomadaires de l',europe1 dont les loges sont sans autorit et les traits sans effets1 que les lecteurs oisifs p>c\r5t sans y aj\t] foi et dans lesquelles les s\v]a9s sont insults sans le savoir ou sans daign] s'en v5g]4 ,il ne fut pas aussi indiffr5t sur les pr9cipes d'irrligion qu'on l'accusa d'avoir sems dans l',esprit des lois4 ,en mprisant de p>eils repro*es il aurait cru les mrit]1 et l'importance de l'objet lui f]ma les yeux sur la valeur de ses adv]saires4 ,ces hommes galem5t dp\rvus de zle1 et galem5t empresss d'en faire p>atre2 galem5t effrays de la lumire que les lettres rp&5t1 non au prjudice de la religion1 mais leur dsavantage1 avai5t pris diffr5tes =mes p\r lui port] atte9te4 ,les uns1 p> un /ratagme aussi puril que pusillanime1 s'tai5t crit eux-mmes2 aprs l'avoir d*ir s\s le masque de l'anonyme1 s'tai5t ensuite d*irs entre eux son occasion4 ,m4 de ,montesquieu1 quoique jal\x de les confondre1 ne jugea pas propos de p]dre un temps prcieux les combattre les uns aprs les autres3 il se cont5ta de faire un exemple sur celui qui s'tait le plus signal p> ses excs4 ,c'tait l'auteur d'une feuille anonyme et priodique1 qui croit avoir succd ,pascal p>ce qu'il a succd ses op9ions3 pangyri/e d'ouvrages que p]sonne ne lit1 et apologi/e de miracles que l'autorit sculire a fait cess] ds qu'elle l'a v\lu#hg2 qui appelle impit et sc&ale le peu d'intrt que les g5s de lettres pr5n5t ses qu]elles1 et s'e/ alin1 p> une adresse digne de lui1 la p>tie de la nation qu'il avait le plus d'intrt mnag]4 ,les c\ps de ce r$\table a?lte fur5t dignes des vues qui l'inspirr5t3 il accusa ,m4 de ,montesquieu de sp9ozisme et de disme 7deux imputations incompatibles71 d'avoir suivi le sy/me de ,pope 7dont il n'y avait pas un mot dans l'ouvrage72 d'avoir cit ,plut>que1 qui n'e/ pas un auteur *rti52 de n'avoir po9t p>l du p* orig9el et de la grce4 ,il prt5dit enf9 que l',esprit des lois tait une production de la con/itution ,unig5itus2 ide qu'on n\s s\ponn]a peut-tre de prt] p> drision au critique4 ,ceux qui ont connu ,m4 de ,montesquieu1 l'ouvrage de ,clm5t ,,xi et le si51 peuv5t p> cette accusation jug] de t\tes les autres4 ,le malheur de cet criva9 dut bi5 le dc\rag]3 il v\lait p]dre un sage p> l'endroit le plus s5sible t\t citoy51 il ne fit que lui procur] une n\velle gloire1 comme homme de lettres3 la ,df5se de l',esprit des lois p>ut4 ,cet ouvrage1 p> la modration1 la vrit1 la f9esse de la plaisant]ie qui y rgn5t1 doit tre reg>d comme un modle de ce g5re4 ,m4 de ,montesquieu1 *>g p> son adv]saire d'imputations atroces1 p\vait le r5dre odieux sans pe9e2 il fit mieux1 il le r5dit ridicule4 ,s'il faut t5ir compte l'agresseur d'un bi5 qu'il a fait sans le v\loir1 n\s lui devons une t]nelle reconnaissance de n\s avoir procur ce *ef-d'oeuvre4 ,mais1 ce qui aj\te encore au mrite de ce morceau prcieux1 c'e/ que l'auteur s'y e/ pe9t lui-mme sans y p5s]3 ceux qui l'ont connu croi5t l'ent5dre2 et la po/rit s'assur]a1 en lisant la ,df5se1 que sa conv]sation n'tait pas infrieure ses crits3 loge que bi5 peu de gr&s hommes ont mrit4 #hg ,allusion au p>ti jansni/e et aux miracles du diacre ,pris4 ,une autre circon/ance lui assura ple9em5t l'avantage dans cette dispute4 ,le critique1 qui p\r preuve de son atta*em5t la religion en d*ire les m9i/res1 accusait hautem5t le cl]g de ,france1 et surt\t la ,facult de ?ologie1 d'indiffr5ce p\r la cause de ,dieu en ce qu'ils ne proscrivai5t pas au!ntiquem5t un si prcieux ouvrage4 ,la ,facult tait en droit de mpris] le repro*e d'un criva9 sans aveu2 mais il s'agissait de la religion2 une dlicatesse l\able lui a fait pr5dre le p>ti d'exam9] l',esprit des lois4 ,quoiqu'elle s'en occupe depuis plusieurs annes1 elle n'a ri5 prononc jusqu'ici2 et ft-il *app ,m4 de ,montesquieu quelques inadv]tances lgres1 presque 9vitables dans une c>rire si va/e1 l'att5tion longue et scrupuleuse qu'elles aurai5t dem&e de la "p du corps le plus clair de l'glise1 pr\v]ait au mo9s combi5 elles s]ai5t excusables4 ,mais ce corps1 ple9 de prud5ce1 ne prcipita ri5 dans une si importante matire4 ,il connat les bornes de la raison et de la foi2 il sait que l'ouvrage d'un homme de lettres ne doit po9t tre exam9 comme celui d'un ?ologi52 que les mauvaises consqu5ces auxquelles une proposition peut donn] lieu p> des int]prtations odieuses1 ne r5d5t po9t blmable la proposition en elle-mme2 que d'ailleurs1 n\s vivons dans un sicle malheureux1 o les intrts de la religion ont beso9 d'tre mnags2 et qu'on peut lui nuire auprs des simples1 en rp&ant mal propos1 sur des gnies du premi] ordre1 le s\pon d'incrdulit2 qu'enf91 malgr cette accusation inju/e1 ,m4 de ,montesquieu fut t\j\rs e/im1 re*]* et accueilli p> t\t ce que l'glise a de plus respectable et de plus gr&4 ,et-il cons]v auprs des g5s de bi5 la considration dont il j\issait1 s'ils l'euss5t reg>d comme un criva9 dang]eux8 ,p5dant que des insectes le t\rm5tai5t dans son propre pays1 l',anglet]re levait un monum5t sa gloire4 ,en #ageb1 ,m4 ,dassi]1 clbre p> les mdailles qu'ils a frappes l'honneur de plusieurs hommes illu/res1 v9t de ,londres ,p>is p\r frapp] la si5ne4 ,m4 de la ,t\r1 cet arti/e si suprieur p> son tal5t1 et si e/imable p> son ds9tressem5t et l'lvation de son me1 avait ardemm5t dsir de donn] un lu/re son p9ceau en transmettant la po/rit le portrait de l'auteur de l',esprit des lois1 il ne v\lait que la satisfaction de le pe9dre2 et il mritait1 comme ,apelles1 que cet honneur lui fut rs]v2 mais ,m4 de ,montesquieu1 d'autant plus av>e du temps de ,m4 de la ,t\r que celui-ci en tait plus prodigue1 le refusa con/amm5t et polim5t ses pressantes sollicitations4 ,m4 ,dassi] essuya d'abord des difficults semblables4 ,croyez-v\s1 dit-il enf9 ,m4 de ,montesquieu1 qu'il n'y ait pas autant d'orgueil refus] ma proposition qu' l'accept]8 ,ds>m p> cette plaisant]ie1 il laissa faire ,m4 ,dassi] t\t ce qu'il v\lait4 ,l'auteur de l',esprit des lois j\issait enf9 paisiblem5t de sa gloire1 lorsqu'il tomba malade au comm5cem5t de fvri]4 ,sa sant naturellem5t dlicate comm5ait s'altr] depuis longtemps1 p> l'effet l5t et presque infaillible des tudes pr(ondes2 p> les *agr9s qu'on avait *]* lui suscit] sur son ouvrage2 enf91 p> le g5re de vie qu'on le =ait de m5] ,p>is1 et qu'il s5tait lui tre fune/e4 ,mais l'empressem5t avec lequel on re*]*ait sa socit tait trop vif p\r n'tre pas quelquefois indiscret2 on v\lait1 sans s'en ap]cevoir1 j\ir de lui aux dp5s de lui-mme4 ,a pe9e la n\velle du dang] o il tait se fut-elle rp&ue1 qu'elle dev9t l'objet des conv]sations et de l'inquitude publique4 ,sa maison ne dsemplissait po9t de p]sonnes de t\t rang qui v5ai5t s'in=m] de son tat1 les unes p> un intrt vritable1 les autres p\r s'en donn] l'app>5ce1 ou p\r suivre la f\le4 ,sa ,maje/1 pntre de la p]te que son royaume allait faire1 en dem&a plusieurs fois des n\velles3 tmoignage de bont et de ju/ice qui n'honore pas mo9s le mon>que que le sujet4 ,la f9 de ,m4 de ,montesquieu ne fut po9t indigne de sa vie4 ,accabl de d\leurs cruelles1 loign d'une famille qui il tait *]1 et qui n'a pas eu la consolation de lui f]m] les yeux1 ent\r de quelques amis et d'un plus gr& nombre de spectateurs1 il cons]va jusqu'au d]ni] mom5t la paix et l'galit de son me4 ,enf91 aprs avoir satisfait avec dc5ce t\s ses devoirs1 ple9 de confiance en l'tre t]nel auquel il allait se rejo9dre1 il m\rut avec la tranquillit d'un homme de bi51 qui n'avait jamais consacr ses tal5ts qu' l'avantage de la v]tu et de l'humanit4 ,la ,france et l',europe le p]dir5t le #aj fvri] #agee1 l'ge de soixante-dix ans rvolus4 ,t\tes les n\velles publiques ont annonc cet vnem5t comme une calamit4 ,on p\rrait appliqu] ,m4 de ,montesquieu ce qui a t dit autrefois d'un clbre ,roma91 que p]sonne en appr5ant sa mort n'en tmoigna de joie2 que p]sonne mme ne l'oublia ds qu'il ne fut plus4 ,les trang]s s'empressr5t de faire clat] leurs regrets1 et milord ,*e/]field1 qu'il suffit de nomm]1 fit imprim]1 dans un des papi]s publics de ,londres1 un article en son honneur1 article digne de l'un et de l'autre2 c'e/ le portrait d',anaxagore#hh1 trac p> ,pricls4 ,l',acadmie royale des sci5ces et des belles-lettres de ,prusse1 quoiqu'on n'y soit po9t dans l'usage de prononc] l'loge des associs trang]s1 a cru devoir lui faire cet honneur1 qu'elle n'a fait encore qu' l'illu/re ,jean ,b]n\illi4 ,m4 de ,maup]tuis1 t\t malade qu'il tait1 a r5du lui-mme son ami ce d]ni] devoir1 et n'a v\lu se repos] sur p]sonne d'un so9 si *] et si tri/e4 ,a tant de suffrages clatants en faveur de ,m4 de ,montesquieu1 n\s croyons p\voir jo9dre1 sans indiscrtion1 les loges que lui a donns1 en prs5ce de l'un de n\s1 le mon>que mme auquel cette acadmie clbre doit son lu/re1 pr9ce fait p\r s5tir les p]tes de la philosophie et p\r s'en consol]4 #hh ,philosophe grec4 ,le #ag fvri]1 l',acadmie franaise lui fit1 selon l'usage1 un s]vice sol5nel1 auquel1 malgr la rigueur de la saison1 presque t\s les g5s de lettres de ce corps qui n'tai5t po9t abs5ts de ,p>is se fir5t un devoir d'assi/]4 ,on aurait d1 dans cette tri/e crmonie1 plac] l',esprit des lois sur son c]cueil1 comme on exposa autrefois1 vis--vis le c]cueil de ,raphal1 son d]ni] tableau de la ,transfiguration4 ,cet app>eil simple et t\*ant et t une belle oraison funbre4 ,jusqu'ici n\s n'avons considr ,m4 de ,montesquieu que comme criva9 et philosophe4 ,ce s]ait lui drob] la moiti de sa gloire que de pass] s\s sil5ce ses agrm5ts et ses qualits p]sonnelles4 ,il tait1 dans le comm]ce1 d'une d\ceur et d'une gaiet t\j\rs gales4 ,sa conv]sation tait lgre1 agrable et in/ructive1 p> le gr& nombre d'hommes et de peuples qu'il avait connus4 ,elle tait c\pe1 comme son /yle1 ple9e de relief1 de saillies1 sans am]tume et sans satire4 ,p]sonne ne racontait plus vivem5t1 plus promptem5t1 avec plus de grce et mo9s d'apprt4 ,il savait que la f9 d'une hi/oire plaisante e/ t\j\rs le b2 il se htait donc d'y arriv]1 et produisait l'effet sans l'avoir promis4 ,ses frqu5tes di/ractions ne le r5dai5t que plus aimable2 il en sortait t\j\rs p> quelque trait inatt5du qui rveillait la conv]sation languissante3 d'ailleurs1 elles n'tai5t jamais ni j\es1 ni *oquantes1 ni importunes4 ,ce feu de son esprit1 le gr& nombre d'ides dont il tait ple91 les faisai5t natre2 mais il n'y tombait jamais au milieu d'un entreti5 intressant ou srieux3 le dsir de plaire ceux avec qui il se tr\vait1 le r5dait alors eux sans affectation et sans ef=t4 ,les agrm5ts de son comm]ce t5ai5t non seulem5t son c>actre et son esprit1 mais l'espce de rgime qu'il obs]vait dans l'tude4 ,quoique capable d'une mditation pr(onde et longtemps s\t5ue1 il n'puisait jamais ses =ces2 il quittait t\j\rs le travail avant que d'en ress5tir la mo9dre impression de fatigue4 ,il tait s5sible la gloire1 mais il ne v\lait y p>v5ir qu'en la mritant4 ,jamais il n'a *]* augm5t] la si5ne p> ces manoeuvres s\rdes1 p> ces voies obscures et honteuses qui d%onor5t la p]sonne sans aj\t] au nom de l'auteur4 ,digne de t\tes les di/9ctions et de t\tes les rcomp5ses1 il ne dem&ait ri51 et ne s'tonnait po9t d'tre oubli2 mais il a os1 mme dans des circon/ances dlicates1 protg] la c\r des hommes de lettres p]scuts1 clbres et malheureux1 et leur a obt5u des grces4 ,quoiqu'il ait vcu avec les gr&s1 soit p> ncessit1 soit p> conv5ance1 soit p> gt1 leur socit n'tait pas ncessaire son bonheur4 ,il fuyait1 ds qu'il le p\vait1 sa t]re2 il y retr\vait avec joie sa philosophie1 ses livres1 et le repos4 ,ent\r de g5s de la campagne1 dans ses heures de loisirs1 aprs avoir tudi l'homme dans le comm]ce du monde et dans l'hi/oire des nations1 il l'tudiait encore dans ces mes simples que la nature seule a in/ruites1 et y tr\vait appr5dre3 il conv]sait gaiem5t avec eux2 il leur *]*ait de l'esprit1 comme ,socrate2 il p>aissait se plaire autant dans leur entreti5 que dans les socits les plus brillantes1 surt\t qu& il t]m9ait leurs diffr5ds et s\lageait leurs pe9es p> ses bi5faits4 ,ri5 n'honore plus sa mmoire que l'conomie avec laquelle il vivait1 et qu'on a os tr\v] excessive1 dans un monde av>e et fa/ueux1 peu fait p\r en pntr] les motifs1 et encore mo9s p\r les s5tir4 ,bi5faisant1 et p> consqu5t ju/e1 ,m4 de ,montesquieu ne v\lait ri5 pr5dre sur sa famille1 ni des sec\rs qu'il donnait aux malheureux ni des dp5ses considrables auxquelles ses longs voyages1 la faiblesse de sa vue et l'impression de ses ouvrages l'avai5t oblig4 ,il a transmis ses enfants sans dim9ution ni augm5tation l'hritage qu'il avait reu de ses pres3 il n'y a ri5 aj\t que la gloire de son nom et l'exemple de sa vie4 ,il avait p\s1 en #agae1 demoiselle ,jeanne de ,l>tigue1 fille de ,pi]re de ,l>tigue1 lieut5ant-colonel au rgim5t de ,maulevri]3 il en a eu deux filles1 et un fils qui1 p> son c>actre1 ses moeurs et ses ouvrages1 s'e/ montr digne d'un tel pre4 ,ceux qui aim5t la vrit et la patrie ne s]ont pas f*s de tr\v] ici quelques-unes de ses maximes2 il p5sait que *aque portion de l'tat doit tre galem5t s\mise aux lois1 mais que les privilges de *aque portion de l'tat doiv5t tre respects1 lorsque leurs effets n'ont ri5 de contraire au droit naturel1 qui oblige t\s les citoy5s conc\rir galem5t au bi5 public2 que la possession anci5ne tait1 en ce g5re1 le premi] des titres et le plus inviolable des droits1 qu'il tait t\j\rs inju/e et quelquefois dang]eux de v\loir branl]2 ,que les magi/rats1 dans quelque circon/ance et p\r quelque gr& intrt que ce puisse tre1 ne doiv5t jamais tre que magi/rats1 sans p>ti et sans passion1 comme les lois1 qui absolv5t et puniss5t sans aim] ni har4 ,il disait1 enf91 l'occasion des disputes ecclsia/iques qui ont tant occup les emp]eurs et les *rti5s grecs1 que les qu]elles ?ologiques1 lorsqu'elles cess5t d'tre r5f]mes dans les coles1 d%onor5t infailliblem5t une nation aux yeux des autres3 en effet1 le mpris mme des sages p\r ces qu]elles ne la ju/ifie pas1 p>ce que les sages faisant p>t\t le mo9s de bruit et le plus petit nombre1 ce n'e/ jamais sur eux qu'une nation e/ juge4 ,l'importance des ouvrages dont n\s avons eu p>l] dans cet loge1 n\s en a fait pass] s\s sil5ce de mo9s considrables1 qui s]vai5t l'auteur comme de dlassem5t1 et qui aurai5t suffi p\r l'loge d'un autre4 ,le plus rem>quable e/ le ,temple de ,gnide1 qui suivit d'assez prs les ,lettres p]sanes4 ,m4 de ,montesquieu1 aprs avoir t dans celles-ci ,horace1 ,?ophra/e et ,luci51 fut ,ovide et ,anacron dans ce n\vel essai4 ,ce n'e/ plus l'am\r despotique de l',ori5t qu'il se propose de pe9dre2 c'e/ la dlicatesse et la navet de l'am\r pa/oral1 tel qu'il e/ dans une me neuve que le comm]ce des hommes n'a po9t encore corrompue4 ,l'auteur1 craignant peut-tre qu'un tableau si trang] nos moeurs ne p>t trop languissant et trop uni=me1 a *]* l'anim] p> les pe9tures les plus riantes4 ,il transporte le lecteur dans des lieux en*ants1 dont1 la vrit1 le spectacle intresse peu l'amant heureux1 mais dont la description flatte encore l'imag9ation1 qu& les dsirs sont satisfaits4 ,emport p> son sujet1 il a rp&u dans sa prose ce /yle anim1 figur et potique1 dont le roman de ,tlmaque a f\rni p>mi n\s le premi] modle4 ,n\s ignorons p\rquoi quelques c5seurs du ,temple de ,gnide ont dit1 cette occasion1 qu'il aurait eu beso9 d'tre en v]s4 ,le /yle potique1 si on ent5d1 comme on le doit1 p> ce mot un /yle ple9 de *aleur et d'images1 n'a pas beso91 p\r tre agrable1 de la m>*e uni=me et cad5ce de la v]sification2 mais1 si on ne fait consi/] ce /yle que dans une diction *>ge d'pi?tes oisives1 dans les pe9tures froides et triviales des ailes et du c>quois de l',am\r et de semblables objets1 la v]sification n'aj\t]a presque aucun mrite ces ornem5ts us3 on y *]*]a t\j\rs en va9 l'me et la vie4 ,quoi qu'il en soit1 le ,temple de ,gnide tant une espce de pome en prose1 c'e/ nos criva9s les plus clbres en ce g5re fix] le rang qu'il doit occup]2 il mrite de p>eils juges4 ,n\s croyons1 du mo9s1 que les pe9tures de cet ouvrage s\ti5drai5t avec succs une des pr9cipales preuves des descriptions potiques1 celle de les reprs5t] sur la toile4 ,mais ce qu'on doit surt\t rem>qu] dans le ,temple de ,gnide1 c'e/ qu',anacron mme y e/ t\j\rs obs]vateur et philosophe4 ,dans le quatrime *ant1 il p>at dcrire les moeurs des ,syb>ites1 et on s'ap]oit aism5t que ces moeurs sont les ntres4 ,la prface porte surt\t l'empre9te de l'auteur des ,lettres p]sanes4 ,en prs5tant le ,temple de ,gnide comme la traduction d'un manuscrit grec1 plaisant]ie dfigure depuis p> tant de mauvais copi/es1 il en pr5d occasion de pe9dre1 d'un trait de plume1 l'ineptie des critiques et le pdantisme des traducteurs1 et f9it p> ces p>oles dignes d'tre rapportes3 ,si les g5s graves dsirai5t de moi quelque ouvrage mo9s frivole1 je suis en tat de les satisfaire4 ,il y a tr5te ans que je travaille un livre de d\ze pages1 qui doit cont5ir t\t ce que n\s savons sur la mtaphysique1 la politique et la morale1 et t\t ce que de trs gr&s auteurs ont oubli dans les volumes qu'ils ont donns sur ces sci5ces-l4 ,n\s reg>dons comme une des plus honorables rcomp5ses de notre travail l'intrt p>ticuli] que ,m4 de ,montesquieu pr5ait l',encyclopdie1 dont t\tes les ress\rces ont t jusqu' prs5t dans le c\rage et l'mulation de ses auteurs4 ,t\s les g5s de lettres1 selon lui1 devai5t s'empress] de conc\rir l'excution de cette entreprise utile4 ,il en a donn l'exemple1 avec ,m4 de ,voltaire1 et plusieurs autres criva9s clbres4 ,peut-tre les trav]ses que cet ouvrage a essuyes1 et qui lui rappelai5t les si5nes propres1 l'intressai5t-elles en notre faveur4 ,peut-tre tait-il s5sible1 sans s'en ap]cevoir1 la ju/ice que n\s avions os lui r5dre dans le premi] volume de l',encyclopdie1 lorsque p]sonne n'osait encore lev] sa voix p\r le df5dre4 ,il n\s de/9ait un article sur le gt qui a t tr\v imp>fait dans ses papi]s3 n\s le donn]ons en cet tat au public1 et n\s le trait]ons avec le mme respect que l'antiquit tmoigna autrefois p\r les d]nires p>oles de ,snque4 ,la mort l'a emp* d't5dre plus lo9 ses bi5faits notre g>d2 et1 en joignant nos propres regrets ceux de l',europe entire1 n\s p\rrions crire sur son tombeau3 ,f9is vit ejus nobis luctuosus1 patri tri/is1 extraneis etiam ignotisque non s9e cura fuit4 ,la f9 de sa vie a t un deuil p\r n\s1 un *agr9 p\r sa patrie2 et elle n'a pas t mme indiffr5te aux trang]s et aux inconnus4 ,,de ,l',,esprit ,,des ,,lois ,,pr,,face ,si1 dans le nombre inf9i de *oses qui sont dans ce livre1 il y en avait quelqu'une qui1 contre mon att5te1 pt (f5s]1 il n'y en a pas du mo9s qui ait t mise avec mauvaise int5tion4 ,je n'ai po9t naturellem5t l'esprit dsapprobateur4 ,platon rem]ciait le ,ciel de ce qu'il tait n du temps de ,socrate2 et moi je lui r5ds grce de ce qu'il m'a fait natre dans le g\v]nem5t o je vis1 et de ce qu'il a v\lu que j'obisse ceux qu'il m'a fait aim]4 ,je dem&e une grce que je cra9s qu'on ne m'accorde pas3 c'e/ de ne pas jug]1 p> la lecture d'un mom5t1 d'un travail de v+t annes2 d'appr\v] ou de condamn] le livre enti]1 et non pas quelques phrases4 ,si l'on veut *]*] le desse9 de l'auteur1 on ne le peut bi5 dc\vrir que dans le desse9 de l'ouvrage#hi4 #hi ,les notes explicatives 7comm5ant p> la lettre ,c7 et les comm5taires sont la f9 du volume4 ,les notes comm5ant p> la lettre ,m1 qui suiv5t les p>agraphes conc]ns1 sont de ,montesquieu lui-mme4 ,j'ai d'abord exam9 les hommes1 et j'ai cru que1 dans cette inf9ie div]sit de lois et de moeurs1 ils n'tai5t pas uniquem5t conduits p> leurs fantaisies,c#a4 ,j'ai pos les pr9cipes1 et j'ai vu les cas p>ticuli]s s'y pli] comme d'eux-mmes1 les hi/oires de t\tes les nations n'en tre que les suites1 et *aque loi p>ticulire lie avec une autre loi1 ou dp5dre d'une autre plus gnrale4 ,qu& j'ai t rappel l'antiquit1 j'ai *]* en pr5dre l'esprit p\r ne pas reg>d] comme semblables des cas rellem5t diffr5ts1 et ne pas manqu] les diffr5ces de ceux qui p>aiss5t semblables4 ,je n'ai po9t tir mes pr9cipes de mes prjugs1 mais de la nature des *oses4 ,ici1 bi5 des vrits ne se f]ont s5tir qu'aprs qu'on aura vu la *ane qui les lie d'autres4 ,plus on rfl*ira sur les dtails1 plus on s5tira la c]titude des pr9cipes4 ,ces dtails mmes1 je ne les ai pas t\s donns2 c> qui p\rrait dire t\t sans un mortel ennui8 ,on ne tr\v]a po9t ici ces traits saillants,c#b qui sembl5t c>actris] les ouvrages d'auj\rd'hui4 ,p\r peu qu'on voie les *oses avec une c]ta9e t5due1 les saillies s'van\iss5t2 elles ne naiss5t d'ord9aire que p>ce que l'esprit se jette t\t d'un ct1 et ab&onne t\s les autres4 ,je n'cris po9t p\r c5sur] ce qui e/ tabli dans quelque pays que ce soit4 ,*aque nation tr\v]a ici les raisons de ses maximes2 et on en tir]a naturellem5t cette consqu5ce1 qu'il n'app>ti5t de propos] des *angem5ts qu' ceux qui sont assez heureusem5t ns p\r pntr] d'un c\p de gnie t\te la con/itution d'un tat4 ,il n'e/ pas indiffr5t que le peuple soit clair4 ,les prjugs des magi/rats ont comm5c p> tre les prjugs de la nation4 ,dans un temps d'ignorance1 on n'a aucun d\te1 mme lorsqu'on fait les plus gr&s maux2 dans un temps de lumire1 on tremble encore lorsqu'on fait les plus gr&s bi5s4 ,on s5t les abus anci5s1 on en voit la correction2 mais on voit encore les abus de la correction mme4 ,on laisse le mal si l'on cra9t le pire2 on laisse le bi5 si on e/ en d\te du mieux4 ,on ne reg>de les p>ties que p\r jug] du t\t ensemble2 on exam9e t\tes les causes p\r voir t\s les rsultats4 ,si je p\vais faire en sorte que t\t le monde et de n\velles raisons p\r aim] ses devoirs1 son pr9ce1 sa patrie1 ses lois2 qu'on pt mieux s5tir son bonheur dans *aque pays1 dans *aque g\v]nem5t1 dans *aque po/e o l'on se tr\ve1 je me croirais le plus heureux des mortels4 ,je me croirais le plus heureux des mortels si je p\vais faire que les hommes puss5t se gurir de leurs prjugs4 ,j'appelle ici prjugs1 non pas ce qui fait qu'on ignore de c]ta9es *oses1 mais ce qui fait qu'on s'ignore soi-mme4 ,c'e/ en *]*ant in/ruire les hommes que l'on peut pratiqu] cette v]tu gnrale qui compr5d l'am\r de t\s4 ,l'homme1 cet tre flexible1 se pliant dans la socit aux p5ses et aux impressions des autres1 e/ galem5t capable de connatre sa propre nature lorsqu'on la lui montre1 et d'en p]dre jusqu'au s5tim5t lorsqu'on la lui drobe4 ,j'ai bi5 des fois comm5c et bi5 des fois ab&onn cet ouvrage2 j'ai mille fois envoy aux v5ts les feuilles que j'avais crites,m#a2 je s5tais t\s les j\rs les ma9s pat]nelles tomb],m#b2 je suivais mon objet sans =m] de desse92 je ne connaissais ni les rgles ni les exceptions2 je ne tr\vais la vrit que p\r la p]dre2 mais qu& j'ai dc\v]t mes pr9cipes1 t\t ce que je *]*ais e/ v5u moi2 et1 dans le c\rs de v+t annes1 j'ai vu mon ouvrage comm5c]1 crotre1 s'avanc] et f9ir4 ,m#a ,ludibria v5tis,c#c4 ,m#b ,bis patri cecid]e manus,c#d4 ,si cet ouvrage a du succs1 je le devrai beauc\p la maje/ de mon sujet2 cep5dant je ne crois pas avoir totalem5t manqu de gnie4 ,qu& j'ai vu ce que tant de gr&s hommes1 en ,france1 en ,anglet]re et en ,allemagne1 ont crit avant moi1 j'ai t dans l'admiration1 mais je n'ai po9t p]du le c\rage4 ,et moi aussi je suis pe9tre1 ai-je dit avec le ,corrge,m#c4 ,m#c ,ed io an*e son pittore4 ,,av]tissem5t ,p\r l'intellig5ce des quatre premi]s livres de cet ouvrage1 il faut obs]v]3 #a que ce que j'appelle la v]tu dans la rpublique e/ l'am\r de la patrie1 c'e/--dire l'am\r de l'galit4 ,ce n'e/ po9t une v]tu morale ni une v]tu *rti5ne1 c'e/ la v]tu politique2 et celle-ci e/ le ressort qui fait m\voir le g\v]nem5t rpublica91 comme l'honneur e/ le ressort qui fait m\voir la mon>*ie4 ,j'ai donc appel v]tu politique l'am\r de la patrie et de l'galit4 ,j'ai eu des ides n\velles3 il a bi5 fallu tr\v] de n\veaux mots1 ou donn] aux anci5s de n\velles acceptions4 ,ceux qui n'ont pas compris ceci m'ont fait dire des *oses absurdes1 et qui s]ai5t rvoltantes dans t\s les pays du monde1 p>ce que dans t\s les pays du monde on veut de la morale4 #b ,il faut faire att5tion qu'il y a une trs gr&e diffr5ce entre dire qu'une c]ta9e qualit1 modification de l'me1 ou v]tu1 n'e/ pas le ressort qui fait agir un g\v]nem5t1 et dire qu'elle n'e/ po9t dans ce g\v]nem5t4 ,si je disais telle r\e1 tel pignon1 ne sont po9t le ressort qui fait m\voir cette montre1 en conclurait-on qu'ils ne sont po9t dans la montre8 ,tant s'en faut que les v]tus morales et *rti5nes soi5t exclues de la mon>*ie1 que mme la v]tu politique ne l'e/ pas4 ,en un mot1 l'honneur e/ dans la rpublique1 quoique la v]tu politique en soit le ressort2 la v]tu politique e/ dans la mon>*ie1 quoique l'honneur en soit le ressort4 ,enf91 l'homme de bi5 dont il e/ "q dans le livre ,,iii1 *apitre ,v1 n'e/ pas l'homme de bi5 *rti51 mais l'homme de bi5 politique1 qui a la v]tu politique dont j'ai p>l4 ,c'e/ l'homme qui aime les lois de son pays1 et qui agit p> l'am\r des lois de son pays4 ,j'ai donn un n\veau j\r t\tes ces *oses dans cette dition-ci1 en fixant encore plus les ides2 et1 dans la plup>t des endroits o je me suis s]vi du mot v]tu1 j'ai mis v]tu politique4 ,,livre ,,premi] ,,des ,,lois ,,en ,g,n,,ral4 ,,*apitre ,,premi] ,des lois1 dans le rapport qu'elles ont avec les div]s tres4 ,les lois1 dans la signification la plus t5due1 sont les rapports ncessaires qui driv5t de la nature des *oses,c#e1 et dans ce s5s1 t\s les tres ont leurs lois3 la ,div9it,m#d a ses lois1 le monde matriel a ses lois1 les intellig5ces suprieures l'homme ont leurs lois1 les btes ont leurs lois1 l'homme a ses lois4 ,m#d ,la loi1 dit ,plut>que1 e/ la re9e de t\s mortels et immortels4 ,au trait ,qu'il e/ requis qu'un pr9ce soit savant4 ,ceux qui ont dit qu'une fatalit aveugle a produit t\s les effets que n\s voyons dans le monde ont dit une gr&e absurdit2 c> quelle plus gr&e absurdit qu'une fatalit aveugle qui aurait produit des tres intellig5ts,c#f8 ,il y a donc une raison primitive2 et les lois sont les rapports qui se tr\v5t entre elle et les diffr5ts tres1 et les rapports de ces div]s tres entre eux4 ,dieu a du rapport avec l'univ]s comme crateur et comme cons]vateur2 les lois selon lesquelles il a cr sont celles selon lesquelles il cons]ve3 il agit selon ces rgles1 p>ce qu'il les connat2 il les connat p>ce qu'il les a faites2 il les a faites p>ce qu'elles ont du rapport avec sa sagesse et sa puissance,c#g4 ,comme n\s voyons que le monde1 =m p> le m\vem5t de la matire et priv d'intellig5ce1 subsi/e t\j\rs1 il faut que ses m\vem5ts ai5t des lois inv>iables2 et si l'on p\vait imag9] un autre monde que celui-ci1 il aurait des rgles con/antes1 ou il s]ait dtruit4 ,a9si la cration1 qui p>at tre un acte arbitraire1 suppose des rgles aussi inv>iables que la fatalit des a?es4 ,il s]ait absurde de dire que le ,crateur1 sans ces rgles1 p\rrait g\v]n] le monde1 puisque le monde ne subsi/]ait pas sans elles,c#h4 ,ces rgles sont un rapport con/amm5t tabli4 ,entre un corps m et un autre corps m1 c'e/ suivant les rapports de la masse et de la vitesse que t\s les m\vem5ts sont reu1 augm5ts1 dim9us1 p]dus3 *aque div]sit e/ uni=mit1 *aque *angem5t e/ con/ance,c#i4 ,les tres p>ticuli]s1 intellig5ts1 peuv5t avoir des lois qu'ils ont faites2 mais ils en ont aussi qu'ils n'ont pas faites4 ,avant qu'il y et des tres intellig5ts1 ils tai5t possibles3 ils avai5t donc des rapports possibles1 et p> consqu5t des lois possibles4 ,avant qu'ils y et des lois faites1 il y avait des rapports de ju/ice possibles4 ,dire qu'il n'y a ri5 de ju/e ni d'inju/e que ce qu'ordonn5t ou df5d5t les lois positives1 c'e/ dire qu'avant qu'on et trac de c]cle1 t\s les rayons n'tai5t pas gaux,c#aj4 ,il faut donc av\] des rapports d'quit antrieurs la loi positive qui les tablit3 comme1 p> exemple1 que suppos qu'il y et des socits d'hommes1 il s]ait ju/e de se con=m] leurs lois2 que s'il y avait des tres intellig5ts qui euss5t reu quelque bi5fait d'un autre tre1 ils devrai5t en avoir de la reconnaissance2 que si un tre intellig5t avait cr un tre intellig5t1 le cr devrait re/] dans la dp5dance qu'il a eue ds son orig9e2 qu'un tre intellig5t qui a fait du mal un tre intellig5t mrite de recevoir le mme mal2 et a9si du re/e4 ,mais il s'en faut bi5 que le monde intellig5t soit aussi bi5 g\v]n que le monde physique4 ,c> quoique celui-l ait aussi des lois qui1 p> leur nature1 sont inv>iables1 il ne les suit pas con/amm5t comme le monde physique suit les si5nes4 ,la raison en e/ que les tres p>ticuli]s intellig5ts sont borns p> leur nature,c#aa1 et p> consqu5t sujets l'erreur2 et d'un autre ct1 il e/ de leur nature qu'ils agiss5t p> eux-mmes4 ,ils ne suiv5t donc pas con/amm5t leurs lois primitives2 et celles mmes qu'ils se donn5t1 ils ne les suiv5t pas t\j\rs4 ,on ne sait si les btes sont g\v]nes p> les lois gnrales du m\vem5t1 ou p> une motion p>ticulire,c#ab4 ,quoi qu'il en soit1 elles n'ont po9t avec ,dieu de rapports plus intimes que le re/e du monde matriel1 et le s5tim5t ne leur s]t que dans le rapport qu'elles ont entre elles1 ou avec d'autres tres p>ticuli]s ou avec elles-mmes4 ,p> l'attrait du plaisir1 elles cons]v5t leur tre p>ticuli]1 et p> le mme attrait elles cons]v5t leur espce4 ,elles ont des lois naturelles,c#ac1 p>ce qu'elles sont unies p> le s5tim5t2 elles n'ont po9t de lois positives1 p>ce qu'elles ne sont po9t unies p> la connaissance4 ,elles ne suiv5t p\rtant pas inv>iablem5t leurs lois naturelles3 les plantes1 en qui n\s ne rem>quons ni connaissance ni s5tim5t1 les suiv5t mieux4 ,les btes n'ont po9t les suprmes avantages que n\s avons1 elles en ont que n\s n'avons pas4 ,elles n'ont po9t nos esprances1 mais elles n'ont pas nos cra9tes2 elles subiss5t comme n\s la mort1 mais c'e/ sans la connatre3 la plup>t mme se cons]v5t mieux que n\s1 et ne font pas un aussi mauvais usage de leurs passions4 ,l'homme1 comme tre physique1 e/1 a9si que les autres corps1 g\v]n p> des lois inv>iables2 comme tre intellig5t1 il viole sans cesse les lois que ,dieu a tablies1 et *ange celles qu'il tablit lui-mme4 ,il faut qu'il se conduise1 et cep5dant il e/ un tre born2 il e/ sujet l'ignorance et l'erreur1 comme t\tes les intellig5ces f9ies2 les faibles connaissances qu'il a1 il les p]d encore4 ,comme crature s5sible1 il devi5t sujet mille passions4 ,un tel tre p\vait t\s les in/ants oubli] son ,crateur3 ,dieu l'a rappel lui p> les lois de la religion2 un tel tre p\vait t\s les in/ants s'oubli] lui-mme3 les philosophes l'ont av]ti p> les lois de la morale2 fait p\r vivre dans la socit1 il y p\vait oubli] les autres3 les lgislateurs l'ont r5du ses devoirs p> les lois politiques et civiles4 ,,*apitre ,,ii ,des lois de la nature4 ,avant t\tes ces lois sont celles de la nature,c#ad1 a9si nommes p>ce qu'elles driv5t uniquem5t de la con/itution de notre tre4 ,p\r les connatre bi51 il faut considr] un homme avant l'tablissem5t des socits4 ,les lois de la nature s]ont celles qu'il recevrait dans un tat p>eil4 ,cette loi qui1 en imprimant dans n\s-mmes l'ide d'un ,crateur1 n\s porte v]s lui1 e/ la premire des lois naturelles p> son importance1 et non pas dans l'ordre de ses lois4 ,l'homme1 dans l'tat de nature1 aurait plutt la facult de connatre qu'il n'aurait des connaissances4 ,il e/ clair que ses premires ides ne s]ai5t po9t des ides spculatives3 il song]ait la cons]vation de son tre avant de *]*] l'orig9e de son tre4 ,un homme p>eil ne s5tirait d'abord que sa faiblesse1 sa timidit s]ait extrme1 et si l'on avait l-dessus beso9 de l'expri5ce1 l'on a tr\v dans les =ts des hommes sauvages,m#e2 t\t les fait trembl]1 t\t les fait fuir4 ,m#e ,tmo9 le sauvage qui fut tr\v dans les =ts de ,hanov]1 et que l'on vit en ,anglet]re s\s le rgne de ,george ,i]4 ,dans cet tat1 *acun se s5t infrieur1 pe9e *acun se s5t-il gal4 ,on ne *]*]ait donc po9t s'attaqu]1 et la paix s]ait la premire loi naturelle4 ,le dsir que ,hobbes,c#ae donne d'abord aux hommes de se subjugu] les uns les autres n'e/ pas raisonnable4 ,l'ide de l'empire et de la dom9ation e/ si compose1 et dp5d de tant d'autres ides1 que ce ne s]ait pas celle qu'il aurait d'abord4 ,hobbes,m#f dem&e p\rquoi,c#af1 si les hommes ne sont pas naturellem5t en tat de gu]re1 ils vont t\j\rs arms1 et p\rquoi ils ont des clefs p\r f]m] leurs maisons4 ,mais on ne s5t pas que l'on attribue aux hommes1 avant l'tablissem5t des socits1 ce qui ne peut leur arriv] qu'aprs cet tablissem5t1 qui leur fait tr\v] des motifs p\r s'attaqu] et p\r se df5dre4 ,m#f ,9 prfat4 lib4 de ,cive4 ,au s5tim5t de sa faiblesse l'homme jo9drait le s5tim5t de ses beso9s2 a9si une autre loi naturelle s]ait celle qui lui inspir]ait de *]*] se n\rrir4 ,j'ai dit que la cra9te port]ait les hommes se fuir1 mais les m>ques d'une cra9te rciproque les engag]ai5t bi5tt s'appro*]2 d'ailleurs ils y s]ai5t ports p> le plaisir qu'un animal s5t l'appro*e d'un animal de son espce4 ,de plus1 ce *>me que les deux sexes s'inspir5t p> leur diffr5ce augm5t]ait ce plaisir1 et la prire naturelle qu'ils se font t\j\rs l'un l'autre s]ait une troisime loi4 ,outre le s5tim5t que les hommes ont d'abord1 ils p>vi5n5t encore avoir des connaissances3 a9si ils ont un second li5 que les autres animaux n'ont pas4 ,ils ont donc un n\veau motif de s'unir1 et le dsir de vivre en socit e/ une quatrime loi naturelle4 ,,*apitre ,,iii ,des lois positives4 ,sitt que les hommes sont en socit1 ils p]d5t le s5tim5t de leur faiblesse1 l'galit qui tait entre eux cesse1 et l'tat de gu]re comm5ce4 ,*aque socit p>ticulire vi5t s5tir sa =ce3 ce qui produit un tat de gu]re de nation nation4 ,les p>ticuli]s dans *aque socit comm5c5t s5tir leur =ce2 ils *]*5t t\rn] en leur faveur les pr9cipaux avantages de cette socit3 ce qui fait entre eux un tat de gu]re4 ,ces deux sortes d'tat de gu]re font tablir les lois p>mi les hommes4 ,considrs comme habitants d'une si gr&e plante1 qu'il e/ ncessaire qu'il y ait diffr5ts peuples1 ils ont des lois dans le rapport que ces peuples ont entre eux3 et c'e/ le ,,droit ,,des ,,g5s4 ,considrs comme vivant dans une socit qui doit tre unanime1 ils ont des lois dans le rapport qu'ont ceux qui g\v]n5t avec ceux qui sont g\v]ns3 et c'e/ le ,,droit ,,politique4 ,ils en ont encore dans le rapport que t\s les citoy5s ont entre eux3 et c'e/ le ,,droit ,,civil4 ,le droit des g5s e/ naturellem5t fond sur ce pr9cipe1 que les div]ses nations doiv5t se faire dans la paix le plus de bi51 et dans la gu]re le mo9s de mal qu'il e/ possible1 sans nuire leurs vritables intrts4 ,l'objet de la gu]re1 c'e/ la victoire2 celui de la victoire1 la conqute2 celui de la conqute1 la cons]vation4 ,de ce pr9cipe et du prcd5t doiv5t driv] t\tes les lois qui =m5t le droit des g5s4 ,t\tes les nations ont un droit des g5s2 et les ,iroquois mmes1 qui mang5t leurs prisonni]s1 en ont un4 ,ils envoi5t et reoiv5t des ambassades1 ils connaiss5t des droits de la gu]re et de la paix3 le mal e/ que ce droit des g5s n'e/ pas fond sur les vrais pr9cipes4 ,outre le droit des g5s qui reg>de t\tes les socits1 il y a un droit politique p\r *acune4 ,une socit ne saurait subsi/] sans un g\v]nem5t4 ,la runion de t\tes les =ces p>ticulires1 dit trs bi5 ,grav9a,c#ag1 =me ce qu'on appelle l',,tat ,,politique4 ,la =ce gnrale peut tre place entre les ma9s d'un seul1 ou entre les ma9s de plusieurs4 ,quelques-uns ont p5s que1 la nature ayant tabli le p\voir pat]nel,c#ah1 le g\v]nem5t d'un seul tait le plus con=me la nature4 ,mais l'exemple du p\voir pat]nel ne pr\ve ri54 ,c> si le p\voir du pre a du rapport au g\v]nem5t d'un seul1 aprs la mort du pre le p\voir des frres1 ou aprs la mort des frres celui des c\s9s g]ma9s1 ont du rapport au g\v]nem5t de plusieurs4 ,la puissance politique compr5d ncessairem5t l'union de plusieurs familles4 ,il vaut mieux dire que le g\v]nem5t le plus con=me la nature,c#ai e/ celui dont la disposition p>ticulire se rapporte mieux la disposition du peuple p\r lequel il e/ tabli4 ,les =ces p>ticulires ne peuv5t se runir sans que t\tes les volonts se runiss5t4 ,la runion de ces volonts1 dit encore trs bi5 ,grav9a1 e/ ce qu'on appelle l',,tat ,,civil4 ,la loi1 en gnral1 e/ la raison huma9e,c#bj1 en tant qu'elle g\v]ne t\s les peuples de la t]re2 et les lois politiques et civiles de *aque nation ne doiv5t tre que les cas p>ticuli]s o s'applique cette raison huma9e4 ,elles doiv5t tre tellem5t propres au peuple p\r lequel elles sont faites1 que c'e/ un trs gr& has>d si celles d'une nation peuv5t conv5ir une autre4 ,il faut qu'elles se rapport5t la nature et au pr9cipe du g\v]nem5t qui e/ tabli ou qu'on veut tablir1 soit qu'elles le =m5t comme font les lois politiques1 soit qu'elles le ma9ti5n5t1 comme font les lois civiles4 ,elles doiv5t tre relatives au physique du pays2 au climat glac1 brlant ou tempr2 la qualit du t]ra91 sa situation1 sa gr&eur2 au g5re de vie des peuples1 lab\reurs1 *asseurs ou pa/eurs4 ,elles doiv5t se rapport] au degr de lib]t que la con/itution peut s\ffrir2 la religion des habitants1 leurs incl9ations1 leurs ri*esses1 leur nombre1 leur comm]ce1 leurs moeurs1 leurs manires4 ,enf9 elles ont des rapports entre elles2 elles en ont avec leur orig9e1 avec l'objet du lgislateur1 avec l'ordre des *oses sur lesquelles elles sont tablies4 ,c'e/ dans t\tes ces vues qu'il faut les considr]4 ,c'e/ ce que j'entrepr5ds de faire dans cet ouvrage4 ,j'exam9]ai t\s ces rapports3 ils =m5t t\s ensemble ce que l'on appelle l',,esprit ,,des ,,lois,c#ba4 ,je n'ai po9t sp> les lois politiques des civiles3 c>1 comme je ne traite po9t des lois1 mais de l'esprit des lois1 et que cet esprit consi/e dans les div]s rapports que les lois peuv5t avoir avec div]ses *oses1 j'ai d mo9s suivre l'ordre naturel des lois que celui de ces rapports et de ces *oses4 ,j'exam9]ai d'abord les rapports que les lois ont avec la nature et avec le pr9cipe de *aque g\v]nem5t2 et comme ce pr9cipe a sur les lois une suprme influ5ce1 je m'atta*]ai le bi5 connatre2 et si je puis une fois l'tablir1 on en v]ra c\l] les lois comme de leur s\rce4 ,je pass]ai ensuite aux autres rapports1 qui sembl5t tre plus p>ticuli]s4 ,,livre ,,deuxi,,me ,,des ,,lois ,,qui ,d,,riv5t ,,directem5t ,,de ,,la ,,nature ,,du ,,g\v]nem5t4 ,,*apitre ,,premi] ,de la nature des trois div]s g\v]nem5ts4 ,il y a trois espces de g\v]nem5ts,c#bb3 le ,r,,publica91 le ,,mon>*ique et le ,,despotique4 ,p\r en dc\vrir la nature1 il suffit de l'ide qu'en ont les hommes les mo9s in/ruits4 ,je suppose trois df9itions1 ou plutt trois faits3 l'un1 que le g\v]nem5t rpublica9 e/ celui o le peuple en corps1 ou seulem5t une p>tie du peuple1 a la s\v]a9e puissance2 le mon>*ique1 celui o un seul g\v]ne1 mais p> des lois fixes et tablies2 au lieu que1 dans le despotique1 un seul sans loi et sans rgle entrane t\t p> sa volont et p> ses caprices4 ,voil ce que j'appelle la nature,c#bc de *aque g\v]nem5t4 ,il faut voir quelles sont les lois qui suiv5t directem5t de cette nature1 et qui p> consqu5t sont les premires lois fondam5tales4 ,,*apitre ,,ii ,du g\v]nem5t rpublica91 et des lois relatives la dmocratie4 ,lorsque1 dans la rpublique1 le peuple en corps a la s\v]a9e puissance1 c'e/ une dmocratie,c#bd4 ,lorsque la s\v]a9e puissance e/ entre les ma9s d'une p>tie du peuple1 cela s'appelle une ari/ocratie4 ,le peuple1 dans la dmocratie1 e/ c]ta9s g>ds le mon>que2 c]ta9s autres1 il e/ le sujet,c#be4 ,il ne peut tre mon>que que p> ses suffrages1 qui sont ses volonts4 ,la volont du s\v]a9 e/ le s\v]a9 lui-mme,c#bf4 ,les lois qui tabliss5t le droit de suffrage sont donc fondam5tales dans ce g\v]nem5t4 ,en effet1 il e/ aussi important d'y rgl] comm5t1 p> qui1 qui1 sur quoi1 les suffrages doiv5t tre donns1 qu'il l'e/ dans une mon>*ie de savoir quel e/ le mon>que et de quelle manire il doit g\v]n]4 ,libanius,m#g dit qu' ,a?nes un trang] qui se mlait dans l'assemble du peuple tait puni de mort4 ,c'e/ qu'un tel homme usurpait le droit de s\v]a9et,m#h4 ,m#g ,dclamations ,,xvii et ,,xviii4 ,m#h ,libanius donne lui-mme la raison de cette loi4 ,c'tait1 dit-il1 p\r emp*] que les secrets de la rpublique ne fuss5t divulgus4 ,il e/ ess5tiel de fix] le nombre des citoy5s qui doiv5t =m] les assembles2 sans cela on p\rrait ignor] si le peuple a p>l1 ou seulem5t une p>tie du peuple4 ,a ,lacdmone1 il fallait dix mille citoy5s4 ,a ,rome1 ne dans la petitesse p\r all] la gr&eur2 ,rome1 faite p\r pr\v] t\tes les vicissitudes de la =tune2 ,rome1 qui avait tantt presque t\s ses citoy5s hors de ses murailles1 tantt t\te l',italie et une p>tie de la t]re dans ses murailles1 on n'avait po9t fix ce nombre,m#i2 et ce fut une des plus gr&es causes de sa ru9e4 ,m#i ,voyez les ,considrations sur les causes de la gr&eur des ,roma9s et de leur dcad5ce1 *ap4 ,,ix4 ,le peuple qui a la s\v]a9e puissance doit faire p> lui-mme t\t ce qu'il peut bi5 faire2 et ce qu'il ne peut pas bi5 faire1 il faut qu'il le fasse p> ses m9i/res4 ,ses m9i/res ne sont po9t lui s'il ne les nomme3 c'e/ donc une maxime fondam5tale de ce g\v]nem5t1 que le peuple nomme ses m9i/res1 c'e/--dire ses magi/rats4 ,il a beso91 comme les mon>ques1 et mme plus qu'eux1 d'tre conduit p> un conseil ou snat4 ,mais1 p\r qu'il y ait confiance1 il faut qu'il en lise les membres3 soit qu'il les *oisisse lui-mme1 comme ,a?nes2 ou p> quelque magi/rat qu'il a tabli p\r les lire1 comme cela se pratiquait ,rome dans quelques occasions4 ,le peuple e/ admirable,c#bg p\r *oisir ceux qui il doit confi] quelque p>tie de son autorit4 ,il n'a se dt]m9] que p> des *oses qu'il ne peut ignor]1 et des faits qui tomb5t s\s les s5s4 ,il sait trs bi5 qu'un homme a t s\v5t la gu]re1 qu'il y a eu tels ou tels succs3 il e/ donc trs capable d'lire un gnral4 ,il sait qu'un juge e/ assidu1 que beauc\p de g5s se retir5t de son tribunal cont5ts de lui1 qu'on ne l'a pas conva9cu de corruption3 en voil assez p\r qu'il lise un prteur4 ,il a t frapp de la magnific5ce ou des ri*esses d'un citoy53 cela suffit p\r qu'il puisse *oisir un dile4 ,t\tes ces *oses sont des faits dont il s'in/ruit mieux dans la place publique qu'un mon>que dans son palais4 ,mais saura-t-il conduire une affaire1 connatre les lieux1 les occasions1 les mom5ts1 en pr(it]8 ,non1 il ne le saura pas4 ,si l'on p\vait d\t] de la capacit naturelle qu'a le peuple p\r disc]n] le mrite1 il n'y aurait qu' jet] les yeux sur cette suite cont9uelle de *oix tonnants que fir5t les ,a?ni5s et les ,roma9s3 ce qu'on n'attribu]a pas sans d\te au has>d4 ,on sait qu' ,rome1 quoique le peuple se ft donn le droit d'lev] aux *>ges les plbi5s1 il ne p\vait se rs\dre les lire2 et quoiqu' ,a?nes on pt1 p> la loi d',ari/ide1 tir] les magi/rats de t\tes les classes1 il n'arriva jamais1 dit ,xnophon,m#aj1 que le bas peuple dem&t celles qui p\vai5t intress] son salut ou sa gloire4 ,m#aj ,pages #fia et #fib1 dition de ,we*elius1 de l'an #aeif4 ,comme la plup>t des citoy5s1 qui ont assez de suffisance p\r lire1 n'en ont pas assez p\r tre lus2 de mme le peuple1 qui a assez de capacit p\r se faire r5dre compte de la ge/ion des autres1 n'e/ pas propre gr] p> lui-mme4 ,il faut que les affaires aill5t1 et qu'elles aill5t un c]ta9 m\vem5t qui ne soit ni trop l5t ni trop vite4 ,mais le peuple a t\j\rs trop d'action1 ou trop peu4 ,quelquefois avec c5t mille bras il r5v]se t\t2 quelquefois avec c5t mille pi$s il ne va que comme les insectes4 ,dans l'tat populaire on divise le peuple en de c]ta9es classes4 ,c'e/ dans la manire de faire cette division que les gr&s lgislateurs se sont signals2 et c'e/ de l qu'ont t\j\rs dp5du la dure de la dmocratie et sa prosprit4 ,s]vius ,tullius,c#bh suivit1 dans la composition de ses classes1 l'esprit de l'ari/ocratie4 ,n\s voyons1 dans ,tite-,live,m#aa et dans ,d5ys d',halic>nasse,m#ab1 comm5t il mit le droit de suffrage entre les ma9s des pr9cipaux citoy5s4 ,il avait divis le peuple de ,rome en c5t quatre-v+t-treize c5turies1 qui =mai5t six classes4 ,et mettant les ri*es1 mais en plus petit nombre1 dans les premires c5turies2 les mo9s ri*es1 mais en plus gr& nombre1 dans les suivantes1 il jeta t\te la f\le des indig5ts dans la d]nire3 et *aque c5turie n'ayant qu'une voix,m#ac1 c'tai5t les moy5s et les ri*esses qui donnai5t le suffrage plutt que les p]sonnes4 ,m#aa ,liv4 ,i]4 ,m#ab ,liv4 ,,iv1 art4 #ae et suiv4 ,m#ac ,voyez dans les ,considrations sur les causes de la gr&eur des ,roma9s et de leur dcad5ce1 *ap4 ,,ix1 comm5t cet esprit de ,s]vius ,tullius se cons]va dans la rpublique4 ,solon divisa le peuple d',a?nes en quatre classes4 ,conduit p> l'esprit de la dmocratie1 il ne les fit pas p\r fix] ceux qui devai5t lire1 mais ceux qui p\vai5t tre lus2 et1 laissant *aque citoy5 le droit d'lection1 il v\lut,m#ad que dans *acune de ces quatre classes on pt lire des juges3 mais que ce ne ft que dans les trois premires1 o tai5t les citoy5s aiss1 qu'on pt pr5dre les magi/rats4 ,m#ad ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 loge d',isocrate1 p4 #ig1 t4 ,,ii1 dition de ,we*elius4--,,pollux1 liv4 ,,viii1 *4 ,x1 art4 #acj4 ,comme la division de ceux qui ont droit de suffrage e/1 dans la rpublique1 une loi fondam5tale1 la manire de le donn] e/ une autre loi fondam5tale4 ,le suffrage p> le sort e/ de la nature de la dmocratie,c#bi2 le suffrage p> *oix e/ de celle de l'ari/ocratie4 ,le sort e/ une faon d'lire qui n'afflige p]sonne1 il laisse *aque citoy5 une esprance raisonnable4 ,mais comme il e/ dfectueux p> lui-mme1 c'e/ le rgl] et le corrig] que les gr&s lgislateurs se sont surpasss4 ,solon tablit ,a?nes que l'on nomm]ait p> *oix t\s les emplois militaires1 et que les snateurs et les juges s]ai5t lus p> le sort4 ,il v\lut que l'on donnt p> *oix les magi/ratures civiles qui exigeai5t une gr&e dp5se1 et que les autres fuss5t donnes p> le sort4 ,mais p\r corrig] le sort1 il rgla qu'on ne p\rrait lire que dans le nombre de ceux qui se prs5t]ai5t2 que celui qui aurait t lu s]ait exam9 p> des juges,m#ae1 et que *acun p\rrait l'accus] d'en tre indigne,m#af3 cela t5ait en mme temps du sort et du *oix4 ,qu& on avait f9i le temps de sa magi/rature1 il fallait essuy] un autre jugem5t sur la manire dont on s'tait comport4 ,les g5s sans capacit devai5t avoir bi5 de la rpugnance donn] leur nom p\r tre tirs au sort4 ,m#ae ,voyez l'oraison de ,dmo/hne1 de ,falsa ,legat1 et l'oraison contre ,tim>que4 ,m#af ,on tirait mme p\r *aque place deux billets3 l'un1 qui donnait la place2 l'autre1 qui nommait celui qui devait succd]1 en cas que le premi] ft rejet4 ,la loi qui fixe la manire de donn] les billets de suffrage e/ encore une loi fondam5tale dans la dmocratie4 ,c'e/ une gr&e "q1 si les suffrages doiv5t tre publics ou secrets4 ,cicron,m#ag crit que les lois,m#ah qui les r5dir5t secrets dans les d]ni]s temps de la rpublique roma9e fur5t une des gr&es causes de sa *ute4 ,comme ceci se pratique div]sem5t dans diffr5tes rpubliques1 voici1 je crois1 ce qu'il en faut p5s]4 ,m#ag ,liv4 ,i] et ,,iii des ,lois4 ,m#ah ,elles s'appelai5t lois tabulaires4 ,on donnait *aque citoy5 deux tables3 la premire1 m>que d'un ,a1 p\r dire antiquo2 l'autre1 d'un ,u et d'un ,r1 uti rogas4 ,sans d\te que lorsque le peuple donne ses suffrages1 ils doiv5t tre publics,m#ai2 et ceci doit tre reg>d comme une loi fondam5tale de la dmocratie,c#cj4 ,il faut que le petit peuple soit clair p> les pr9cipaux1 et cont5u p> la gravit de c]ta9s p]sonnages4 ,a9si1 dans la rpublique roma9e1 en r5dant les suffrages secrets1 on dtruisit t\t2 il ne fut pas possible d'clair] une populace qui se p]dait4 ,mais lorsque dans une ari/ocratie le corps des nobles donne les suffrages,m#bj1 ou dans une dmocratie le snat,m#ba1 comme il n'e/ l "q que de prv5ir les brigues1 les suffrages ne saurai5t tre trop secrets4 ,m#ai ,a?nes1 on levait les ma9s4 ,m#bj ,comme ,v5ise4 ,m#ba ,les tr5te tyrans d',a?nes v\lur5t que les suffrages des aropagites fuss5t publics1 p\r les dirig] leur fantaisie4 7,,lysias1 ,orat4 contra ,agorat41 cap4 ,,viii47 ,la brigue e/ dang]euse dans un snat2 elle e/ dang]euse dans un corps de nobles3 elle ne l'e/ pas dans le peuple1 dont la nature e/ d'agir p> passion4 ,dans les tats o il n'a po9t de "p au g\v]nem5t1 il s'*auff]a p\r un acteur comme il aurait fait p\r les affaires4 ,le malheur d'une rpublique1 c'e/ lorsqu'il n'y a plus de brigues2 et cela arrive lorsqu'on a corrompu le peuple prix d'arg5t3 il devi5t de sang-froid1 il s'affectionne l'arg5t2 mais il ne s'affectionne plus aux affaires3 sans s\ci du g\v]nem5t1 et de ce qu'on y propose1 il att5d tranquillem5t son salaire4 ,c'e/ encore une loi fondam5tale de la dmocratie1 que le peuple seul fasse des lois,c#ca4 ,il y a p\rtant mille occasions o il e/ ncessaire que le snat puisse /atu]2 il e/ mme s\v5t propos d'essay] une loi avant de l'tablir4 ,la con/itution de ,rome et celle d',a?nes tai5t trs sages4 ,les arrts du snat,m#bb avai5t =ce de loi p5dant un an3 ils ne dev5ai5t p]ptuels que p> la volont du peuple4 ,m#bb ,voy4 ,d5ys d',halic>nasse1 l4 ,,iv et ,,ix4 ,,*apitre ,,iii ,des lois relatives la nature de l'ari/ocratie4 ,dans l'ari/ocratie1 la s\v]a9e puissance e/ entre les ma9s d'un c]ta9 nombre de p]sonnes4 ,ce sont elles qui font les lois et qui les font excut]2 et le re/e du peuple n'e/ t\t au plus leur g>d que comme dans une mon>*ie les sujets sont l'g>d du mon>que4 ,on n'y doit po9t donn] le suffrage p> sort2 on n'en aurait que les inconvni5ts4 ,en effet1 dans un g\v]nem5t qui a dj tabli les di/9ctions les plus affligeantes1 qu& on s]ait *oisi p> le sort on n'en s]ait pas mo9s odieux3 c'e/ le noble qu'on envie1 et non pas le magi/rat4 ,lorsque les nobles sont en gr& nombre1 il faut un snat qui rgle les affaires que le corps des nobles ne saurait dcid]1 et qui prp>e celles dont il dcide4 ,dans ce cas1 on peut dire que l'ari/ocratie e/ en quelque sorte dans le snat1 la dmocratie dans le corps des nobles1 et que le peuple n'e/ ri54 ,ce s]a une *ose trs heureuse dans l'ari/ocratie,c#cb1 si1 p> quelque voie indirecte1 on fait sortir le peuple de son anantissem5t3 a9si1 ,gnes1 la banque de ,sa9t-,george1 qui e/ adm9i/re en gr&e p>tie p> les pr9cipaux du peuple1 donne celui-ci une c]ta9e influ5ce dans le g\v]nem5t1 qui en fait t\te la prosprit,m#bc4 ,m#bc ,voy4 ,m4 ,addison1 ,voyages d',italie1 p4 #af4 ,les snateurs ne doiv5t po9t avoir le droit de remplac] ceux qui manqu5t dans le snat3 ri5 ne s]ait plus capable de p]ptu] les abus4 ,a ,rome1 qui fut dans les premi]s temps une espce d'ari/ocratie1 le snat ne se supplait pas lui-mme3 les snateurs n\veaux tai5t nomms,m#bd p> les c5seurs4 ,m#bd ,ils le fur5t d'abord p> les consuls4 ,une autorit exorbitante donne t\t c\p un citoy5 dans une rpublique =me une mon>*ie1 ou plus qu'une mon>*ie4 ,dans celle-ci les lois ont p\rvu la con/itution1 ou s'y sont accommodes3 le pr9cipe du g\v]nem5t arrte le mon>que2 mais1 dans une rpublique o un citoy5 se fait donn],m#be un p\voir exorbitant1 l'abus de ce p\voir e/ plus gr&1 p>ce que les lois1 qui ne l'ont po9t prvu1 n'ont ri5 fait p\r l'arrt]4 ,m#be ,c'e/ ce qui r5v]sa la rpublique roma9e4 ,voyez les ,considrations sur les causes de la gr&eur des ,roma9s et de leur dcad5ce4 ,l'exception cette rgle e/ lorsque la con/itution de l'tat e/ telle qu'il a beso9 d'une magi/rature qui ait un p\voir exorbitant4 ,telle tait ,rome avec ses dictateurs,c#cc2 telle e/ ,v5ise avec ses inquisiteurs d'tat3 ce sont des magi/ratures t]ribles qui ramn5t violemm5t l'tat la lib]t4 ,mais d'o vi5t que ces magi/ratures se tr\v5t si diffr5tes dans ces deux rpubliques8 ,c'e/ que ,rome df5dait les re/es de son ari/ocratie contre le peuple2 au lieu que ,v5ise se s]t de ses inquisiteurs d'tat p\r ma9t5ir son ari/ocratie contre les nobles4 ,de l il suivait qu' ,rome la dictature ne devait dur] que peu de temps1 p>ce que le peuple agit p> sa f\gue1 et non pas p> ses desse9s4 ,il fallait que cette magi/rature s'ex]t avec clat1 p>ce qu'il s'agissait d'intimid] le peuple1 et non pas de le punir2 que le dictateur ne ft cr que p\r une seule affaire1 et n'et une autorit sans bornes qu' raison de cette affaire1 p>ce qu'il tait t\j\rs cr p\r un cas imprvu4 ,a ,v5ise1 au contraire1 il faut une magi/rature p]man5te3 c'e/ l que les desse9s peuv5t tre comm5cs1 suivis1 susp5dus1 repris2 que l'ambition d'un seul devi5t celle d'une famille1 et l'ambition d'une famille celles de plusieurs4 ,on a beso9 d'une magi/rature ca*e1 p>ce que les crimes qu'elle punit1 t\j\rs pr(onds1 se =m5t dans le secret et dans le sil5ce4 ,cette magi/rature doit avoir une inquisition gnrale1 p>ce qu'elle n'a pas arrt] les maux que l'on connat1 mais prv5ir mme ceux qu'on ne connat pas4 ,enf9 cette d]nire e/ tablie p\r v5g] les crimes qu'elle s\ponne2 et la premire employait plus les m5aces que les punitions p\r les crimes1 mme av\s p> leurs auteurs4 ,dans t\te magi/rature il faut comp5s] la gr&eur de la puissance p> la brivet de sa dure4 ,un an e/ le temps que la plup>t des lgislateurs ont fix3 un temps plus long s]ait dang]eux1 un plus c\rt s]ait contre la nature de la *ose4 ,qui e/-ce qui v\drait g\v]n] a9si ses affaires dome/iques8 ,a ,raguse,m#bf1 le *ef de la rpublique *ange t\s les mois2 les autres (fici]s1 t\tes les sema9es2 le g\v]neur du *teau1 t\s les j\rs4 ,ceci ne peut avoir lieu que dans une petite rpublique,m#bg environne de puissances =midables qui corromp5t aism5t de petits magi/rats4 ,m#bf ,voyages de ,t\rne=t4 ,m#bg ,a ,lucques1 les magi/rats ne sont tablis que p\r deux mois4 ,la meilleure ari/ocratie e/ celle o la p>tie du peuple qui n'a po9t de "p la puissance e/ si petite et si pauvre que la p>tie dom9ante n'a aucun intrt l'opprim]4 ,a9si1 qu& ,antipat],m#bh tablit ,a?nes que ceux qui n'aurai5t pas deux mille dra*mes s]ai5t exclus du droit de suffrage1 il =ma la meilleure ari/ocratie qui ft possible2 p>ce que ce c5s tait si petit1 qu'il n'excluait que peu de g5s1 et p]sonne qui et quelque considration dans la cit4 ,m#bh ,,diodore1 liv4 ,,xviii1 p4 #fia1 dition de ,rhodoman4 ,les familles ari/ocratiques doiv5t donc tre peuple autant qu'il e/ possible4 ,plus une ari/ocratie appro*]a de la dmocratie1 plus elle s]a p>faite,c#cd1 et elle le devi5dra mo9s mesure qu'elle appro*]a de la mon>*ie4 ,la plus imp>faite de t\tes e/ celles o la p>tie du peuple qui obx e/ dans l'esclavage civil de celle qui comm&e1 comme l'ari/ocratie de ,pologne1 o les paysans sont esclaves de la noblesse4 ,,*apitre ,,iv ,des lois dans leur rapport avec la nature du g\v]nem5t mon>*ique4 ,les p\voirs int]mdiaires1 subordonns et dp5dants con/itu5t la nature du g\v]nem5t mon>*ique,c#ce1 c'e/--dire de celui o un seul g\v]ne p> des lois fondam5tales4 ,j'ai dit les p\voirs int]mdiaires1 subordonns et dp5dants3 en effet1 dans la mon>*ie1 le pr9ce e/ la s\rce de t\t p\voir politique et civil4 ,ces lois fondam5tales suppos5t ncessairem5t des canaux moy5s p> o c\le la puissance3 c>1 s'il n'y a dans l'tat que la volont mom5tane et capricieuse d'un seul1 ri5 ne peut tre fixe1 et p> consqu5t aucune loi fondam5tale4 ,le p\voir int]mdiaire subordonn le plus naturel e/ celui de la noblesse4 ,elle entre1 en quelque faon1 dans l'ess5ce de la mon>*ie1 dont la maxime fondam5tale e/3 ,po9t de mon>que1 po9t de noblesse2 po9t de noblesse1 po9t de mon>que,c#cf4 ,mais on a un despote4 ,il y a des g5s qui avai5t imag91 dans quelques tats en ,europe1 d'abolir t\tes les ju/ices des seigneurs4 ,ils ne voyai5t pas qu'ils v\lai5t faire ce que le p>lem5t d',anglet]re a fait4 ,abolissez dans une mon>*ie les prrogatives des seigneurs1 du cl]g1 de la noblesse et des villes1 v\s aurez bi5tt un tat populaire1 ou bi5 un tat despotique,c#cg4 ,les tribunaux d'un gr& tat en ,europe frapp5t sans cesse1 depuis plusieurs sicles1 sur la juridiction patrimoniale des seigneurs et sur l'ecclsia/ique4 ,n\s ne v\lons pas c5sur] des magi/rats si sages2 mais n\s laissons dcid] jusqu' quel po9t la con/itution en peut tre *ange4 ,je ne suis po9t entt des privilges des ecclsia/iques2 mais je v\drais qu'on fixt bi5 une fois leur juridiction4 ,il n'e/ po9t "q de savoir si on a eu raison de l'tablir1 mais si elle e/ tablie1 si elle fait une p>tie des lois du pays1 et si elle y e/ p>t\t relative2 si1 entre deux p\voirs que l'on reconnat indp5dants1 les conditions ne doiv5t pas tre rciproques2 et s'il n'e/ pas gal un bon sujet de df5dre la ju/ice du pr9ce1 ou les limites qu'elle s'e/ de t\t temps prescrites4 ,autant que le p\voir du cl]g e/ dang]eux dans une rpublique1 autant e/-il conv5able dans une mon>*ie1 surt\t dans celles qui vont au despotisme4 ,o en s]ai5t l',espagne et le ,portugal depuis la p]te de leurs lois1 sans ce p\voir qui arrte seul la puissance arbitraire8 ,b>rire t\j\rs bonne lorsqu'il n'y en a po9t d'autre3 c>1 comme le despotisme cause la nature huma9e des maux effroyables1 le mal mme qui le limite e/ un bi54 ,comme la m],c#ch1 qui semble v\loir c\vrir t\te la t]re1 e/ arrte p> les h]bes et les mo9dres gravi]s qui se tr\v5t sur le rivage2 a9si les mon>ques1 dont le p\voir p>at sans bornes1 s'arrt5t p> les plus petits ob/acles1 et s\mett5t leur fi]t naturelle la pla9te et la prire4 ,les ,anglais1 p\r favoris] la lib]t1 ont t t\tes les puissances int]mdiaires,c#ci qui =mai5t leur mon>*ie,m#bi4 ,ils ont bi5 raison de cons]v] leur lib]t2 s'ils v5ai5t la p]dre1 ils s]ai5t un des peuples les plus esclaves de la t]re4 ,m#bi ,au contraire1 les ,anglais ont r5du plus lgal le p\voir des seigneurs spirituels et temporels1 et ont augm5t celui des communes4 7,,volt47 ,m4 ,law1 p> une ignorance gale de la con/itution rpublica9e et de la mon>*ique1 fut un des plus gr&s promoteurs du despotisme que l'on et encore vus en ,europe4 ,outre les *angem5ts qu'il fit1 si brusques1 si inusits1 si in\s1 il v\lait t] les rangs int]mdiaires1 et anantir les corps politiques3 il dissolvait,m#cj la mon>*ie p> ses *imriques remb\rsem5ts1 et semblait v\loir ra*et] la con/itution mme4 ,m#cj ,f]d9&1 roi d',aragon1 se fit gr& matre des ordres2 et cela seul altra la con/itution4 ,il ne suffit pas qu'il y ait dans une mon>*ie des rangs int]mdiaires2 il faut encore un dpt de lois,c#dj4 ,ce dpt ne peut tre que dans les corps politiques1 qui annonc5t les lois lorsqu'elles sont faites1 et les rappell5t lorsqu'on les oublie4 ,l'ignorance naturelle la noblesse1 son inatt5tion1 son mpris p\r le g\v]nem5t civil1 exig5t qu'il y ait un corps qui fasse sans cesse sortir les lois de la p\ssire o elles s]ai5t ensevelies4 ,le conseil du pr9ce n'e/ pas un dpt conv5able4 ,il e/1 p> sa nature1 le dpt de la volont mom5tane du pr9ce qui excute1 et non pas le dpt des lois fondam5tales4 ,de plus1 le conseil du mon>que *ange sans cesse2 il n'e/ po9t p]man5t2 il ne saurait tre nombreux2 il n'a po9t un assez haut degr la confiance du peuple3 il n'e/ donc pas en tat de l'clair] dans les temps difficiles1 ni de le ram5] l'obissance4 ,dans les tats despotiques1 o il n'y a po9t de lois fondam5tales1 il n'y a pas non plus de dpt de lois4 ,de l vi5t que1 dans ces pays1 la religion a ord9airem5t tant de =ce3 c'e/ qu'elle =me une espce de dpt et de p]man5ce2 et1 si ce n'e/ pas la religion1 ce sont les c\tumes qu'on y vnre1 au lieu des lois4 ,,*apitre ,v ,des lois relatives la nature de l'tat despotique,c#da4 ,il rsulte de la nature du p\voir despotique que l'homme seul qui l'ex]ce le fasse de mme ex]c] p> un seul4 ,un homme qui ses c9q s5s dis5t sans cesse qu'il e/ t\t1 et que les autres ne sont ri51 e/ naturellem5t p>esseux1 ignorant1 voluptueux4 ,il ab&onne donc les affaires4 ,mais1 s'il les confiait plusieurs1 il y aurait des disputes entre eux1 on f]ait des brigues p\r tre le premi] esclave1 le pr9ce s]ait oblig de r5tr] dans l'adm9i/ration4 ,il e/ donc plus simple qu'il l'ab&onne un vizir,m#ca1 qui aura d'abord la mme puissance que lui4 ,l'tablissem5t d'un vizir e/1 dans cet tat1 une loi fondam5tale4 ,m#ca ,les rois d',ori5t ont t\j\rs des vizirs1 dit ,m4 ,*>d94 ,on dit qu'un pape1 son lection1 pntr de son incapacit1 fit d'abord des difficults inf9ies4 ,il accepta enf91 et livra son neveu t\tes les affaires4 ,il tait dans l'admiration1 et disait3 ,je n'aurais jamais cru que cela et t si ais4 ,il en e/ de mme des pr9ces d',ori5t4 ,lorsque1 de cette prison o des eunuques leur ont affaibli le coeur et l'esprit1 et s\v5t leur ont laiss ignor] leur tat mme1 on les tire p\r les plac] sur le trne1 ils sont d'abord tonns2 mais1 qu& ils ont fait un vizir1 et que1 dans leur srail1 ils se sont livrs aux passions les plus brutales2 lorsqu'au milieu d'une c\r abattue ils ont suivi leurs caprices les plus /upides1 ils n'aurai5t jamais cru que cela et t si ais4 ,plus l'empire e/ t5du1 plus le srail s'agr&it2 et plus1 p> consqu5t1 le pr9ce e/ enivr de plaisirs4 ,a9si1 dans ces tats1 plus le pr9ce a de peuples g\v]n]1 mo9s il p5se au g\v]nem5t2 plus les affaires y sont gr&es1 et mo9s on y dlibre sur les affaires4 ,,livre ,,troisi,,me ,,des ,,pr9cipes ,,des ,,trois ,,g\v]nem5ts4 ,,*apitre ,,premi] ,diffr5ce de la nature du g\v]nem5t et de son pr9cipe4 ,aprs avoir exam9 quelles sont les lois relatives la nature de *aque g\v]nem5t1 il faut voir celles qui le sont son pr9cipe,c#db4 ,il y a cette diffr5ce,m#cb entre la nature du g\v]nem5t et son pr9cipe1 que sa nature e/ ce qui le fait tre tel2 et son pr9cipe1 ce qui le fait agir4 ,l'une e/ sa /ructure p>ticulire1 et l'autre les passions huma9es qui le font m\voir4 ,m#cb ,cette di/9ction e/ trs importante1 et j'en tir]ai bi5 des consqu5ces3 elle e/ la clef d'une inf9it de lois4 ,or1 les lois ne doiv5t pas tre mo9s relatives au pr9cipe de *aque g\v]nem5t qu' sa nature4 ,il faut donc *]*] quel e/ ce pr9cipe4 ,c'e/ ce que je vais faire dans ce livre-ci4 ,,*apitre ,,ii ,du pr9cipe des div]s g\v]nem5ts4 ,j'ai dit que la nature du g\v]nem5t rpublica9 e/ que le peuple en corps1 ou de c]ta9es familles y ai5t la puissance2 celle du g\v]nem5t mon>*ique1 que le pr9ce y ait la s\v]a9e puissance1 mais qu'il l'ex]ce selon des lois tablies2 celle du g\v]nem5t despotique1 qu'un seul y g\v]ne selon ses volonts et ses caprices4 ,il ne m'en faut pas davantage p\r tr\v] leurs trois pr9cipes2 ils en driv5t naturellem5t4 ,je comm5c]ai p> le g\v]nem5t rpublica91 et je p>l]ai d'abord du dmocratique4 ,,*apitre ,,iii ,du pr9cipe de la dmocratie4 ,il ne faut pas beauc\p de probit,c#dc p\r qu'un g\v]nem5t mon>*ique ou un g\v]nem5t despotique se ma9ti5n5t ou se s\ti5n5t4 ,la =ce des lois dans l'un1 le bras du pr9ce t\j\rs lev dans l'autre1 rgl5t ou conti5n5t t\t4 ,mais1 dans un tat populaire1 il faut un ressort de plus1 qui e/ la v]tu,c#dd4 ,ce que je dis e/ confirm p> le corps enti] de l'hi/oire et e/ trs con=me la nature des *oses4 ,c> il e/ clair que1 dans une mon>*ie1 o celui qui fait excut] les lois se juge au-dessus des lois1 on a beso9 de mo9s de v]tu que dans un g\v]nem5t populaire1 o celui qui fait excut] les lois s5t qu'il y e/ s\mis lui-mme1 et qu'il en port]a le poids4 ,il e/ clair encore que le mon>que qui1 p> mauvais conseil ou p> nglig5ce1 cesse de faire excut] les lois1 peut aism5t rp>] le mal3 il n'a qu' *ang] de conseil1 ou se corrig] de cette nglig5ce mme4 ,mais lorsque dans un g\v]nem5t populaire les lois ont cess d'tre excutes1 comme cela ne peut v5ir que de la corruption de la rpublique1 l'tat e/ dj p]du4 ,ce fut un assez beau spectacle1 dans le sicle pass1 de voir les ef=ts impuissants des ,anglais p\r tablir p>mi eux la dmocratie4 ,comme ceux qui avai5t "p aux affaires n'avai5t po9t de v]tu1 que leur ambition tait irrite p> le succs de celui qui avait le plus os,m#cc1 que l'esprit d'une faction n'tait rprim que p> l'esprit d'une autre1 le g\v]nem5t *angeait sans cesse3 le peuple1 tonn1 *]*ait la dmocratie1 et ne la tr\vait nulle "p4 ,enf91 aprs bi5 des m\vem5ts1 des *ocs et des sec\sses1 il fallut se repos] dans le g\v]nem5t mme qu'on avait proscrit4 ,m#cc ,cromwell4 ,qu& ,sylla v\lut r5dre ,rome la lib]t1 elle ne put plus la recevoir3 elle n'avait plus qu'un faible re/e de v]tu2 et1 comme elle en eut t\j\rs mo9s1 au lieu de se rveill] aprs ,cs>1 ,tibre1 ,cau1 ,claude1 ,nron1 ,domiti51 elle fut t\j\rs plus esclave2 t\s les c\ps portr5t sur les tyrans1 aucun sur la tyrannie4 ,les politiques grecs,c#de qui vivai5t dans le g\v]nem5t populaire ne reconnaissai5t d'autre =ce qui pt le s\t5ir que celle de la v]tu4 ,ceux d'auj\rd'hui ne n\s p>l5t que de manufactures1 de comm]ce1 de f9ances1 de ri*esses1 et de luxe mme4 ,lorsque cette v]tu cesse1 l'ambition entre dans les coeurs qui peuv5t la recevoir1 et l'av>ice entre dans t\s4 ,les dsirs *ang5t d'objets3 ce qu'on aimait1 on ne l'aime plus2 on tait libre avec les lois1 on veut tre libre contre elles2 *aque citoy5 e/ comme un esclave *app de la maison de son matre2 ce qui tait maxime1 on l'appelle rigueur2 ce qui tait rgle1 on l'appelle gne2 ce qui tait att5tion1 on l'appelle cra9te4 ,c'e/ la frugalit qui y e/ l'av>ice1 et non pas le dsir d'avoir4 ,autrefois le bi5 des p>ticuli]s faisait le trsor public2 mais p\r lors le trsor public devi5t le patrimo9e des p>ticuli]s4 ,la rpublique e/ une dp\ille2 et sa =ce n'e/ plus que le p\voir de quelques citoy5s et la lic5ce de t\s,c#df4 ,a?nes eut dans son se9 les mmes =ces p5dant qu'elle dom9a avec tant de gloire1 et p5dant qu'elle s]vit avec tant de honte4 ,elle avait v+t mille citoy5s,m#cd lorsqu'elle df5dit les ,grecs contre les ,p]ses1 qu'elle disputa l'empire ,lacdmone et qu'elle attaqua la ,sicile4 ,elle en avait v+t mille lorsque ,dmtrius de ,phalre les dnombra,m#ce comme dans un m>* l'on compte les esclaves4 ,qu& ,philippe osa dom9] dans la ,grce1 qu& il p>ut aux portes d',a?nes,m#cf1 elle n'avait encore p]du que le temps4 ,on peut voir dans ,dmo/hne quelle pe9e il fallut p\r la rveill]3 on y craignait ,philippe1 non pas comme l'ennemi de la lib]t1 mais des plaisirs,m#cg4 ,cette ville1 qui avait rsi/ tant de dfaites1 qu'on avait vue r5atre aprs ses de/ructions1 fut va9cue ,*rone1 et le fut p\r t\j\rs4 ,qu'importe que ,philippe r5voie t\s ses prisonni]s8 il ne r5voie pas des hommes4 ,il tait t\j\rs aussi ais de triomph] des =ces d',a?nes qu'il tait difficile de triomph] de sa v]tu4 ,m#cd ,,plut>que1 ,pricls4--,,platon1 ,critias4 ,m#ce ,il s'y tr\va v+t et un mille citoy5s1 dix mille trang]s1 quatre c5t mille esclaves4 ,voyez ,a?ne1 liv4 ,,vi4 ,m#cf ,elle avait v+t mille citoy5s4 ,voyez ,dmo/hne1 9 ,ari/og4 ,m#cg ,ils avai5t fait une loi p\r punir de mort celui qui propos]ait de conv]tir aux usages de la gu]re l'arg5t de/9 p\r les ?tres4 ,comm5t ,c>?age aurait-elle pu se s\t5ir8 ,lorsque ,annibal1 dev5u prteur1 v\lut emp*] les magi/rats de pill] la rpublique1 n'allr5t-ils pas l'accus] devant les ,roma9s8 ,malheureux1 qui v\lai5t tre citoy5s sans qu'il y et de cit1 et t5ir leurs ri*esses de la ma9 de leurs de/ructeurs6 ,bi5tt ,rome leur dem&a p\r otages trois c5ts de leurs pr9cipaux citoy5s2 elle se fit livr] les armes et les vaisseaux1 et ensuite leur dcl>a la gu]re4 ,p> les *oses que fit le dsespoir dans ,c>?age ds>me,m#ch1 on peut jug] de ce qu'elle aurait pu faire avec sa v]tu lorsqu'elle avait ses =ces4 ,m#ch ,cette gu]re dura trois ans4 ,,*apitre ,,iv ,du pr9cipe de l'ari/ocratie4 ,comme il faut de la v]tu dans le g\v]nem5t populaire1 il en faut aussi dans l'ari/ocratique4 ,il e/ vrai qu'elle n'y e/ pas si absolum5t requise4 ,le peuple1 qui e/ l'g>d des nobles ce que les sujets sont l'g>d du mon>que1 e/ cont5u p> leurs lois4 ,il a donc mo9s beso9 de v]tu que le peuple de la dmocratie4 ,mais comm5t les nobles s]ont-ils cont5us8 ,ceux qui doiv5t faire excut] les lois contre leurs collgues s5tiront d'abord qu'ils agiss5t contre eux-mmes4 ,il faut donc de la v]tu dans ce corps1 p> la nature de la con/itution4 ,le g\v]nem5t ari/ocratique a p> lui-mme une c]ta9e =ce que la dmocratie n'a pas4 ,les nobles y =m5t un corps qui1 p> sa prrogative et p\r son intrt p>ticuli]1 rprime le peuple3 il suffit qu'il y ait des lois1 p\r qu' cet g>d elles soi5t excutes4 ,mais1 autant qu'il e/ ais ce corps de rprim] les autres1 autant e/-il difficile qu'il se rprime lui-mme,m#ci4 ,telle e/ la nature de cette con/itution1 qu'il semble qu'elle mette les mmes g5s s\s la puissance des lois1 et qu'elle les en retire4 ,m#ci ,les crimes publics y p\rront tre punis1 p>ce que c'e/ l'affaire de t\s2 les crimes p>ticuli]s n'y s]ont pas punis1 p>ce que l'affaire de t\s e/ de ne les pas punir4 ,or1 un corps p>eil ne peut se rprim] que de deux manires3 ou p> une gr&e v]tu1 qui fait que les nobles se tr\v5t en quelque faon gaux leur peuple1 ce qui peut =m] une gr&e rpublique2 ou p> une v]tu mo9dre1 qui e/ une c]ta9e modration qui r5d les nobles au mo9s gaux eux-mmes1 ce qui fait leur cons]vation4 ,la modration e/ donc l'me de ces g\v]nem5ts,c#dg4 ,j'ent5ds celle qui e/ fonde sur la v]tu1 non pas celle qui vi5t d'une l*et et d'une p>esse de l'me4 ,,*apitre ,v ,que la v]tu n'e/ po9t le pr9cipe du g\v]nem5t mon>*ique4 ,dans les mon>*ies1 la politique fait faire les gr&es *oses avec le mo9s de v]tu qu'elle peut2 comme1 dans les plus belles ma*9es1 l'art emploie aussi peu de m\vem5ts1 de =ces et de r\es qu'il e/ possible4 ,l'tat subsi/e indp5damm5t de l'am\r p\r la patrie1 du dsir de la vraie gloire1 du r5oncem5t soi-mme1 du sacrifice de ses plus *]s intrts1 et de t\tes ces v]tus hroques que n\s tr\vons dans les anci5s1 et dont n\s avons seulem5t ent5du p>l]4 ,les lois y ti5n5t la place de t\tes ces v]tus dont on n'a aucun beso92 l'tat v\s en disp5se2 une action qui se fait sans bruit y e/ en quelque faon sans consqu5ce4 ,quoique t\s les crimes soi5t publics p> leur nature1 on di/+ue p\rtant les crimes vritablem5t publics d'avec les crimes privs1 a9si appels p>ce qu'ils (f5s5t plus un p>ticuli] que la socit entire4 ,or1 dans les rpubliques1 les crimes privs sont plus publics1 c'e/--dire *oqu5t plus la con/itution de l'tat que les p>ticuli]s2 et1 dans les mon>*ies1 les crimes publics sont plus privs1 c'e/--dire *oqu5t plus les =tunes p>ticulires que la con/itution de l'tat mme4 ,je supplie qu'on ne s'(f5se pas de ce que j'ai dit3 je p>le aprs t\tes les hi/oires4 ,je sais trs bi5 qu'il n'e/ pas r>e qu'il y ait des pr9ces v]tueux2 mais je dis que dans une mon>*ie il e/ trs difficile que le peuple le soit,m#dj4 ,m#dj ,je p>le ici de la v]tu publique1 qui e/ la v]tu morale1 dans le s5s qu'elle se dirige au bi5 gnral2 =t peu des v]tus morales p>ticulires1 et po9t du t\t de cette v]tu qui a du rapport aux vrits rvles4 ,on v]ra bi5 ceci au liv4 ,v1 *4 ,,ii4 ,qu'on lise ce que les hi/ori5s de t\s les temps ont dit sur la c\r des mon>ques2 qu'on se rappelle les conv]sations des hommes de t\s les pays sur le misrable c>actre des c\rtisans3 ce ne sont po9t des *oses de spculation1 mais d'une tri/e expri5ce4 ,l'ambition dans l'oisivet,c#dh1 la bassesse dans l'orgueil1 le dsir de s'enri*ir sans travail1 l'av]sion p\r la vrit1 la flatt]ie1 la trahison1 la p]fidie1 l'ab&on de t\s ses engagem5ts1 le mpris des devoirs du citoy51 la cra9te de la v]tu du pr9ce1 l'esprance de ses faiblesses1 et1 plus que t\t cela1 le ridicule p]ptuel jet sur la v]tu1 =m5t1 je crois1 le c>actre du plus gr& nombre des c\rtisans1 m>qu dans t\s les lieux et dans t\s les temps4 ,or1 il e/ trs malais que la plup>t des pr9cipaux d'un tat soi5t g5s de bi52 que ceux-l soi5t trompeurs1 et que ceux-ci cons5t5t n'tre que dupes4 ,que si dans le peuple il se tr\ve quelque malheureux honnte homme,m#da1 le c>d9al de ,ri*elieu1 dans son te/am5t politique,c#di1 ins9ue qu'un mon>que doit se g>d] de s'en s]vir,c#ej4 ,tant il e/ vrai que la v]tu n'e/ pas le ressort de ce g\v]nem5t4 ,c]ta9em5t elle n'en e/ po9t exclue2 mais elle n'en e/ pas le ressort4 ,m#da ,ent5dez ceci dans le s5s de la note prcd5te4 ,,*apitre ,,vi ,comm5t on supple la v]tu dans le g\v]nem5t mon>*ique4 ,je me hte et je m>*e gr&s pas1 af9 qu'on ne croie pas que je fasse une satire du g\v]nem5t mon>*ique4 ,non3 s'il manque d'un ressort1 il en a un autre4 ,l'honneur1 c'e/--dire le prjug de *aque p]sonne et de *aque condition,c#ea1 pr5d la place de la v]tu politique dont j'ai p>l1 et la reprs5te p>t\t4 ,il y peut inspir] les plus belles actions2 il peut1 jo9t la =ce des lois1 conduire au b du g\v]nem5t1 comme la v]tu mme4 ,,*apitre ,,vii ,du pr9cipe de la mon>*ie4 ,a9si dans les mon>*ies bi5 rgles1 t\t le monde s]a peu prs bon citoy51 et on tr\v]a r>em5t quelqu'un qui soit homme de bi52 c>1 p\r tre homme de bi5,m#db1 il faut avoir int5tion de l'tre1 et aim] l'tat mo9s p\r soi que p\r lui-mme4 ,m#db ,ce mot homme de bi5 ne s'ent5d ici que dans un s5s politique4 ,le g\v]nem5t mon>*ique suppose1 comme n\s avons dit1 des prm95ces1 des rangs1 et mme une noblesse d'orig9e4 ,la nature de l'honneur e/ de dem&] des prfr5ces et des di/9ctions,c#eb3 il e/ donc1 p> la *ose mme1 plac dans ce g\v]nem5t4 ,l'ambition e/ p]nicieuse dans une rpublique3 elle a de bons effets dans la mon>*ie2 elle donne la vie ce g\v]nem5t2 et on y a cet avantage qu'elle n'y e/ pas dang]euse1 p>ce qu'elle y peut tre sans cesse rprime4 ,v\s diriez qu'il en e/ comme du sy/me de l'univ]s1 o il y a une =ce qui loigne sans cesse du c5tre t\s les corps1 et une =ce de pesanteur qui les y ramne4 ,l'honneur fait m\voir t\tes les p>ties du corps politique1 il les lie p> son action mme1 et il se tr\ve que *acun va au bi5 commun1 croyant all] ses intrts p>ticuli]s4 ,il e/ vrai que1 philosophiquem5t p>lant1 c'e/ un honneur faux qui conduit t\tes les p>ties de l'tat2 mais cet honneur faux e/ aussi utile au public que le vrai le s]ait aux p>ticuli]s qui p\rrai5t l'avoir4 ,et n'e/-ce pas beauc\p d'oblig] les hommes faire t\tes les actions difficiles et qui dem&5t de la =ce1 sans autre rcomp5se que le bruit de ces actions8 ,,*apitre ,,viii ,que l'honneur n'e/ po9t le pr9cipe des tats despotiques4 ,ce n'e/ po9t l'honneur qui e/ le pr9cipe des tats despotiques3 les hommes y tant t\s gaux1 on n'y peut se prfr] aux autres2 les hommes y tant t\s esclaves1 on n'y peut se prfr] ri54 ,de plus1 comme l'honneur a ses lois et ses rgles1 et qu'il ne saurait pli]2 qu'il dp5d bi5 de son propre caprice1 et non pas de celui d'un autre1 il ne peut se tr\v] que dans des tats o la con/itution e/ fixe1 et qui ont des lois c]ta9es4 ,comm5t s]ait-il s\ff]t *ez le despote8 ,il fait gloire de mpris] la vie1 et le despote n'a de =ce que p>ce qu'il peut l't]4 ,comm5t p\rrait-il s\ffrir le despote8 ,il a des rgles suivies et des caprices s\t5us2 le despote n'a aucune rgle1 et ses caprices dtruis5t t\s les autres4 ,l'honneur1 inconnu aux tats despotiques1 o mme s\v5t on n'a pas de mot p\r l'exprim],m#dc1 rgne dans les mon>*ies2 il y donne la vie t\t le corps politique1 aux lois et aux v]tus mmes4 ,m#dc ,voyez ,p]ry1 page #ddg4 ,,*apitre ,,ix ,du pr9cipe du g\v]nem5t despotique4 ,comme il faut de la v]tu dans une rpublique1 et dans une mon>*ie de l'honneur1 il faut de la cra9te dans un g\v]nem5t despotique3 p\r la v]tu1 elle n'y e/ po9t ncessaire1 et l'honneur y s]ait dang]eux4 ,le p\voir imm5se du pr9ce y passe t\t enti] ceux qui il le confie4 ,des g5s capables de s'e/im] beauc\p eux-mmes s]ai5t en tat d'y faire des rvolutions4 ,il faut donc que la cra9te y abatte t\s les c\rages1 et y teigne jusqu'au mo9dre s5tim5t d'ambition4 ,un g\v]nem5t modr peut1 tant qu'il veut1 et sans pril1 rel*] ses ressorts3 il se ma9ti5t p> ses lois et p> sa =ce mme4 ,mais lorsque dans le g\v]nem5t despotique le pr9ce cesse un mom5t de lev] le bras1 qu& il ne peut pas anantir l'in/ant ceux qui ont les premires places,m#dd1 t\t e/ p]du3 c> le ressort du g\v]nem5t qui e/ la cra9te1 n'y tant plus1 le peuple n'a plus de protecteur4 ,m#dd ,comme il arrive s\v5t dans l'ari/ocratie militaire4 ,c'e/ app>emm5t dans ce s5s que des cadis,m#de ont s\t5u que le ,gr&-,seigneur n'tait po9t oblig de t5ir sa p>ole ou son s]m5t1 lorsqu'il bornait p> l son autorit,c#ec4 ,m#de ,,ricault1 de l',empire ,ottoman4 ,il faut que le peuple soit jug p> les lois1 et les gr&s p> la fantaisie du pr9ce2 que la tte du d]ni] sujet soit en sret1 et celle des pa*as t\j\rs expose4 ,on ne peut p>l] sans frmir de ces g\v]nem5ts mon/rueux4 ,le sophi de ,p]se1 dtrn de nos j\rs p> ,mirivis1 vit le g\v]nem5t prir avant la conqute1 p>ce qu'il n'avait pas v]s assez de sang,m#df4 ,m#df ,voyez l'hi/oire de cette rvolution1 p> le ,p4 ,duc]ceau4 ,l'hi/oire n\s dit que les horribles cruauts de ,domiti5 effrayr5t les g\v]neurs au po9t que le peuple se rtablit un peu s\s son rgne,m#dg4 ,c'e/ a9si qu'un torr5t qui ravage t\t d'un ct laisse de l'autre des campagnes o l'oeil voit de lo9 quelques prairies4 ,m#dg ,son g\v]nem5t tait militaire2 ce qui e/ une des espces du g\v]nem5t despotique4 ,,*apitre ,x ,diffr5ce de l'obissance dans les g\v]nem5ts modrs et dans les g\v]nem5ts despotiques4 ,dans les tats despotiques la nature du g\v]nem5t dem&e une obissance extrme3 et la volont du pr9ce1 une fois connue1 doit avoir aussi infailliblem5t son effet qu'une b\le jete contre une autre doit avoir le si54 ,il n'y a po9t de tempram5t1 de modification1 d'accommodem5ts1 de t]mes1 d'quival5ts1 de p\rp>l]s1 de remontrances1 ri5 d'gal ou de meilleur propos]4 ,l'homme e/ une crature qui obx une crature qui veut4 ,on n'y peut pas plus reprs5t] ses cra9tes sur un vnem5t futur qu'excus] ses mauvais succs sur le caprice de la =tune4 ,le p>tage des hommes1 comme des btes1 y e/ l'in/9ct1 l'obissance1 le *tim5t4 ,il ne s]t de ri5 d'oppos] les s5tim5ts naturels1 le respect p\r un pre1 la t5dresse p\r ses enfants et ses femmes1 les lois de l'honneur1 l'tat de sa sant3 on a reu l'ordre et cela suffit4 ,en ,p]se1 lorsque le roi a condamn quelqu'un1 on ne peut plus lui en p>l] ni dem&] grce4 ,s'il tait ivre ou hors de s5s1 il faudrait que l'arrt s'excutt t\t de mme,m#dh3 sans cela il se contr$irait1 et la loi ne peut se contr$ire4 ,cette manire de p5s] y a t de t\t temps3 l'ordre que donna ,assurus d'ext]m9] les ,juifs ne p\vant tre rvoqu,m#di1 on prit le p>ti de leur donn] la p]mission de se df5dre4 ,m#dh ,voyez ,*>d94 ,m#di ,cet ordre fut rvoqu p> un n\vel dit1 rapport =t au long dans le livre d',e/h]1 et dont voici la pr9cipale disposition3 ,unde eas litt]as1 quas sub nom9e no/ro ille 7,aman7 direx]at1 sciatis esse irritas4 7,*4 ,,xvi1 v]s4 #g47 ,il y a p\rtant une *ose que l'on peut quelquefois oppos] la volont du pr9ce,m#ej3 c'e/ la religion4 ,on ab&onn]a son pre1 on le tu]a mme si le pr9ce l'ordonne2 mais on ne boira pas de v91 s'il le veut et s'il l'ordonne4 ,les lois de la religion sont d'un prcepte suprieur1 p>ce qu'elles sont donnes sur la tte du pr9ce comme sur celle des sujets4 ,mais quant au droit naturel1 il n'en e/ pas de mme2 le pr9ce e/ suppos n'tre plus un homme4 ,m#ej ,voyez ,*>d94 ,dans les tats mon>*iques et modrs1 la puissance e/ borne p> ce qui en e/ le ressort1 je veux dire l'honneur1 qui rgne comme un mon>que sur le pr9ce et sur le peuple4 ,on n'ira po9t lui allgu] les lois de la religion1 un c\rtisan se croirait ridicule3 on lui allgu]a sans cesse celles de l'honneur4 ,de l rsult5t des modifications ncessaires dans l'obissance2 l'honneur e/ naturellem5t sujet des biz>r]ies1 et l'obissance les suivra t\tes4 ,quoique la manire d'obir soit diffr5te dans ces deux g\v]nem5ts1 le p\voir e/ p\rtant le mme4 ,de quelque ct que le mon>que se t\rne1 il emporte et prcipite la balance1 et e/ obi4 ,t\te la diffr5ce e/ que,c#ed1 dans la mon>*ie1 le pr9ce a des lumires1 et que les m9i/res y sont inf9im5t plus habiles et plus rompus aux affaires que dans l'tat despotique4 ,,*apitre ,,xi ,rflexion sur t\t ceci4 ,tels sont les pr9cipes des trois g\v]nem5ts3 ce qui ne signifie pas que dans une c]ta9e rpublique on soit v]tueux1 mais qu'on devrait l'tre4 ,cela ne pr\ve pas non plus que dans une c]ta9e mon>*ie on ait de l'honneur1 et que dans un tat despotique p>ticuli] on ait de la cra9te1 mais qu'il faudrait en avoir3 sans quoi le g\v]nem5t s]a imp>fait,c#ee4 ,,livre ,,quatri,,me ,,les ,,lois ,,de ,l',,ducation ,,doiv5t ,,tre ,,relatives ,,aux ,,pr9cipes ,,du ,,g\v]nem5t4 ,,*apitre ,,premi] ,des lois de l'ducation4 ,les lois de l'ducation sont les premires que n\s recevons4 ,et comme elles n\s prp>5t tre citoy5s1 *aque famille p>ticulire doit tre g\v]ne sur le plan de la gr&e famille qui les compr5d t\tes4 ,si le peuple en gnral a un pr9cipe1 les p>ties qui le compos5t1 c'e/--dire les familles1 l'auront aussi4 ,les lois de l'ducation s]ont donc diffr5tes dans *aque espce de g\v]nem5t,c#ef3 dans les mon>*ies1 elles auront p\r objet l'honneur2 dans les rpubliques1 la v]tu,c#eg2 dans le despotisme1 la cra9te4 ,,*apitre ,,ii ,de l'ducation dans les mon>*ies4 ,ce n'e/ po9t dans les maisons publiques o l'on in/ruit l'enfance que l'on reoit dans les mon>*ies la pr9cipale ducation2 c'e/ lorsque l'on entre dans le monde que l'ducation1 en quelque faon1 comm5ce,c#eh4 ,l e/ l'cole de ce que l'on appelle honneur1 ce matre univ]sel qui doit p>t\t n\s conduire4 ,c'e/ l que l'on voit et que l'on ent5d t\j\rs dire trois *oses3 ,qu'il faut mettre dans les v]tus une c]ta9e noblesse2 dans les moeurs1 une c]ta9e fran*ise2 dans les manires1 une c]ta9e politesse4 ,les v]tus qu'on n\s y montre sont t\j\rs mo9s ce que l'on doit aux autres que ce que l'on se doit soi-mme3 elles ne sont pas tant ce qui n\s appelle v]s nos concitoy5s que ce qui n\s en di/+ue4 ,on n'y juge pas les actions des hommes comme bonnes1 mais comme belles,c#ei2 comme ju/es1 mais comme gr&es2 comme raisonnables1 mais comme extraord9aires4 ,ds que l'honneur y peut tr\v] quelque *ose de noble1 il e/ ou le juge qui les r5d lgitimes1 ou le sophi/e qui les ju/ifie4 ,il p]met la galant]ie lorsqu'elle e/ unie l'ide des s5tim5ts du coeur1 ou l'ide de conqute2 et c'e/ la vraie raison p\r laquelle les moeurs ne sont jamais si pures dans les mon>*ies que dans les g\v]nem5ts rpublica9s4 ,il p]met la ruse lorsqu'elle e/ jo9te l'ide de la gr&eur de l'esprit ou de la gr&eur des affaires1 comme dans la politique1 dont les f9esses ne l'(f5s5t pas4 ,il ne df5d l'adulation que lorsqu'elle e/ sp>e de l'ide d'une gr&e =tune1 et n'e/ jo9te qu'au s5tim5t de sa propre bassesse4 ,a l'g>d des moeurs1 j'ai dit que l'ducation des mon>*ies doit y mettre une c]ta9e fran*ise4 ,on y veut donc de la vrit dans les disc\rs4 ,mais e/-ce p> am\r p\r elle8 po9t du t\t4 ,on la veut1 p>ce qu'un homme qui e/ acc\tum la dire p>at tre h>di et libre4 ,en effet1 un tel homme semble ne dp5dre que des *oses1 et non pas de la manire dont un autre les reoit4 ,c'e/ ce qui fait qu'autant qu'on y recomm&e cette espce de fran*ise1 autant on y mprise celle du peuple1 qui n'a que la vrit et la simplicit p\r objet4 ,enf91 l'ducation dans les mon>*ies exige dans les manires une c]ta9e politesse4 ,les hommes1 ns p\r vivre ensemble1 sont ns aussi p\r se plaire2 et celui qui n'obs]v]ait pas les bi5sances1 *oquant t\s ceux avec qui il vivrait1 se dcrdit]ait au po9t qu'il devi5drait incapable de faire aucun bi54 ,mais ce n'e/ pas d'une s\rce si pure que la politesse a c\tume de tir] son orig9e4 ,elle nat de l'envie de se di/+u]4 ,c'e/ p> orgueil que n\s sommes polis3 n\s n\s s5tons flatts d'avoir des manires qui pr\v5t que n\s ne sommes pas dans la bassesse1 et que n\s n'avons pas vcu avec cette sorte de g5s que l'on a ab&onns dans t\s les ges4 ,dans les mon>*ies,c#fj1 la politesse e/ naturalise la c\r4 ,un homme excessivem5t gr& r5d t\s les autres petits4 ,de l les g>ds que l'on doit t\t le monde2 de l nat la politesse1 qui flatte autant ceux qui sont polis que ceux l'g>d de qui ils le sont1 p>ce qu'elle fait compr5dre qu'on e/ de la c\r1 ou qu'on e/ digne d'en tre4 ,l'air de la c\r consi/e quitt] sa gr&eur propre p\r une gr&eur emprunte4 ,celle-ci flatte plus un c\rtisan que la si5ne mme4 ,elle donne une c]ta9e mode/ie sup]be qui se rp& au lo91 mais dont l'orgueil dim9ue ins5siblem5t1 proportion de la di/ance o l'on e/ de la s\rce de cette gr&eur4 ,on tr\ve la c\r une dlicatesse de gt en t\tes *oses1 qui vi5t d'un usage cont9uel des sup]fluits d'une gr&e =tune1 de la v>it et surt\t de la lassitude des plaisirs1 de la multiplicit1 de la confusion mme des fantaisies1 qui1 lorsqu'elles sont agrables1 y sont t\j\rs reues4 ,c'e/ sur t\tes ces *oses que l'ducation se porte p\r faire ce qu'on appelle l'honnte homme1 qui a t\tes les qualits et t\tes les v]tus que l'on dem&e dans ce g\v]nem5t4 ,l l'honneur1 se mlant p>t\t1 entre dans t\tes les faons de p5s] et t\tes les manires de s5tir1 et dirige mme les pr9cipes4 ,cet honneur biz>re fait que les v]tus ne sont que ce qu'il veut1 et comme il les veut2 il met de son *ef des rgles t\t ce qui n\s e/ prescrit2 il t5d ou il borne nos devoirs sa fantaisie1 soit qu'ils ai5t leur s\rce dans la religion1 dans la politique1 ou dans la morale4 ,il n'y a ri5 dans la mon>*ie que les lois1 la religion et l'honneur prescriv5t tant que l'obissance aux volonts du pr9ce2 mais cet honneur n\s dicte que le pr9ce ne doit jamais n\s prescrire une action qui n\s d%onore1 p>ce qu'elle n\s r5drait incapables de le s]vir4 ,crillon refusa d'assass9] le duc de ,guise2 mais il (frit ,h5ri ,,iii de se battre contre lui4 ,aprs la ,sa9t-,b>?lemi1 ,*>les ,,ix ayant crit t\s les g\v]neurs de faire massacr] les hugu5ots1 le vicomte d',orte1 qui comm&ait dans ,bayonne1 crivit au roi,m#ea3 ,sire1 je n'ai tr\v p>mi les habitants et les g5s de gu]re que de bons citoy5s1 de braves soldats1 et pas un b\rreau3 a9si1 eux et moi supplions ,votre ,maje/ d'employ] nos bras et nos vies *oses faisables4 ,ce gr& et gnreux c\rage reg>dait une l*et comme une *ose impossible4 ,m#ea ,voyez l',hi/oire de d',aubign4 ,il n'y a ri5 que l'honneur prescrive plus la noblesse que de s]vir le pr9ce la gu]re3 en effet1 c'e/ la pr(ession di/+ue1 p>ce que ses has>ds1 ses succs et ses malheurs mme conduis5t la gr&eur4 ,mais en imposant cette loi1 l'honneur veut en tre l'arbitre2 et1 s'il se tr\ve *oqu1 il exige ou p]met qu'on se retire *ez soi4 ,il veut qu'on puisse indiffremm5t aspir] aux emplois1 ou les refus]2 il ti5t cette lib]t au-dessus de la =tune mme4 ,l'honneur a donc ses rgles suprmes1 et l'ducation e/ oblige de s'y con=m],m#eb4 ,les pr9cipales sont qu'il n\s e/ bi5 p]mis de faire cas de notre =tune1 mais qu'il n\s e/ s\v]a9em5t df5du d'en faire aucun de notre vie4 ,m#eb ,on dit ici ce qui e/1 et non pas ce qui doit tre3 l'honneur e/ un prjug que la religion travaille tantt dtruire1 tantt rgl]4 ,la seconde e/ que1 lorsque n\s avons t une fois placs dans un rang1 n\s ne devons ri5 faire ni s\ffrir qui fasse voir que n\s n\s t5ons infrieurs ce rang mme4 ,la troisime1 que les *oses que l'honneur df5d sont plus rig\reusem5t df5dues lorsque les lois ne conc\r5t po9t les proscrire1 et que celles qu'il exige sont plus =tem5t exiges lorsque les lois ne les dem&5t pas4 ,,*apitre ,,iii ,de l'ducation dans le g\v]nem5t despotique4 ,comme l'ducation dans les mon>*ies ne travaille qu' lev] le coeur1 elle ne *]*e qu' l'abaiss] dans les tats despotiques2 il faut qu'elle y soit s]vile4 ,ce s]a un bi51 mme dans le comm&em5t1 de l'avoir eue telle1 p]sonne n'y tant tyran sans tre en mme temps esclave4 ,l'extrme obissance suppose de l'ignorance dans celui qui obx2 elle en suppose mme dans celui qui comm&e3 il n'a po9t dlibr]1 d\t]1 ni raisonn]2 il n'a qu' v\loir4 ,dans les tats despotiques1 *aque maison e/ un empire sp>4 ,l'ducation1 qui consi/e pr9cipalem5t vivre avec les autres1 y e/ donc trs borne3 elle se rduit mettre la cra9te dans le coeur1 et donn] l'esprit la connaissance de quelques pr9cipes de religion =t simples4 ,le savoir y s]a dang]eux1 l'mulation fune/e2 et p\r les v]tus1 ,ari/ote,m#ec ne peut croire qu'il y en ait quelqu'une de propre aux esclaves,c#fa2 ce qui born]ait bi5 l'ducation dans ce g\v]nem5t4 ,m#ec ,politiq41 liv4 ,i4 ,l'ducation y e/ donc en quelque faon nulle4 ,il faut t] t\t1 af9 de donn] quelque *ose1 et comm5c] p> faire un mauvais sujet1 p\r faire un bon esclave4 ,eh6 p\rquoi l'ducation s'atta*]ait-elle y =m] un bon citoy5 qui prt "p au malheur public8 ,s'il aimait l'tat1 il s]ait t5t de rel*] les ressorts du g\v]nem5t3 s'il ne russissait pas1 il se p]drait2 s'il russissait1 il c\rrait risque de se p]dre1 lui1 le pr9ce et l'empire4 ,,*apitre ,,iv ,diffr5ce des effets de l'ducation *ez les anci5s et p>mi n\s4 ,la plup>t des peuples anci5s vivai5t dans des g\v]nem5ts qui ont la v]tu p\r pr9cipe2 et1 lorsqu'elle y tait dans sa =ce1 on y faisait des *oses que n\s ne voyons plus auj\rd'hui1 et qui tonn5t nos petites mes,c#fb4 ,leur ducation avait un autre avantage sur la ntre3 elle n'tait jamais dm5tie4 pam9ondas1 la d]nire anne de sa vie1 disait1 c\tait1 voyait1 faisait les mmes *oses que dans l'ge o il avait comm5c d'tre in/ruit4 ,auj\rd'hui n\s recevons trois ducations diffr5tes ou contraires3 celle de nos pres1 celle de nos matres1 celle du monde4 ,ce qu'on n\s dit dans la d]nire r5v]se t\tes les ides des premires4 ,cela vi5t1 en quelque p>tie1 du contra/e qu'il y a p>mi n\s entre les engagem5ts de la religion et ceux du monde3 *oses que les anci5s ne connaissai5t pas4 ,,*apitre ,v ,de l'ducation dans le g\v]nem5t rpublica94 ,c'e/ dans le g\v]nem5t rpublica9,c#fc que l'on a beso9 de t\te la puissance de l'ducation4 ,la cra9te des g\v]nem5ts despotiques nat d'elle-mme p>mi les m5aces et les *tim5ts2 l'honneur des mon>*ies e/ favoris p> les passions1 et les favorise son t\r2 mais la v]tu politique e/ un r5oncem5t soi-mme1 qui t\j\rs e/ une *ose trs pnible4 ,on peut df9ir cette v]tu1 l'am\r des lois et de la patrie4 ,cet am\r1 dem&ant une prfr5ce cont9uelle de l'intrt public au si5 propre1 donne t\tes les v]tus p>ticulires2 elles ne sont que cette prfr5ce4 ,cet am\r e/ s+ulirem5t affect aux dmocraties4 ,dans elles seules1 le g\v]nem5t e/ confi *aque citoy54 ,or le g\v]nem5t e/ comme t\tes les *oses du monde3 p\r le cons]v]1 il faut l'aim]4 ,on n'a jamais ou dire que les rois n'aimass5t pas la mon>*ie1 et que les despotes hass5t le despotisme4 ,t\t dp5d donc d'tablir dans la rpublique cet am\r2 et c'e/ l'inspir] que l'ducation doit tre att5tive4 ,mais p\r que les enfants puiss5t l'avoir1 il y a un moy5 sr1 c'e/ que les pres l'ai5t eux-mmes4 ,on e/ ord9airem5t le matre de donn] ses enfants ses connaissances3 on l'e/ encore plus de leur donn] ses passions4 ,si cela n'arrive pas1 c'e/ que ce qui a t fait dans la maison pat]nelle e/ dtruit p> les impressions du dehors4 ,ce n'e/ po9t le peuple naissant qui dgnre2 il ne se p]d que lorsque les hommes faits sont dj corrompus4 ,,*apitre ,,vi ,de quelques in/itutions des ,grecs4 ,les anci5s ,grecs1 pntrs de la ncessit que les peuples qui vivai5t s\s un g\v]nem5t populaire fuss5t levs la v]tu1 fir5t1 p\r l'inspir]1 des in/itutions s+ulires4 ,qu& v\s voyez dans la vie de ,lycurgue les lois qu'il donna aux ,lacdmoni5s1 v\s croyez lire l'hi/oire des ,sv>ambes,c#fd4 ,les lois de ,crte tai5t l'orig9al de celles de ,lacdmone1 et celles de ,platon en tai5t la correction4 ,je prie qu'on fasse un peu d'att5tion l't5due du gnie qu'il fallut ces lgislateurs p\r voir qu'en *oquant t\s les usages reu1 en confondant t\tes les v]tus1 ils montr]ai5t l'univ]s leur sagesse4 ,lycurgue,c#fe mlant le l>c9,c#ff avec l'esprit de ju/ice1 le plus dur esclavage avec l'extrme lib]t1 les s5tim5ts les plus atroces avec la plus gr&e modration1 donna de la /abilit sa ville4 ,il sembla lui t] t\tes les ress\rces1 les arts1 le comm]ce1 l'arg5t1 les murailles2 on y a de l'ambition1 sans esprance d'tre mieux2 on y a les s5tim5ts naturels1 et on n'y e/ ni enfant1 ni m>i1 ni pre3 la pudeur mme e/ te la *a/et4 ,c'e/ p> ces *em9s que ,sp>te e/ m5e la gr&eur et la gloire2 mais avec une telle infaillibilit de ses in/itutions1 qu'on n'obt5ait ri5 contre elle en gagnant des batailles1 si on ne p>v5ait lui t] sa police,m#ed4 ,m#ed ,philopoem5 contraignit les ,lacdmoni5s d'ab&onn] la manire de n\rrir leurs enfants1 sa*ant bi5 que1 sans cela1 ils aurai5t t\j\rs une me gr&e et le coeur haut4 7,,plut41 ,vie de ,philopoem54 ,voyez ,tite-,live1 liv4 ,,xxxviii47 ,la ,crte et la ,laconie fur5t g\v]nes p> ces lois4 ,lacdmone cda la d]nire aux ,macdoni5s1 et la ,crte,m#ee fut la d]nire proie des ,roma9s4 ,les ,samnites eur5t ces mmes in/itutions1 et elles fur5t p\r ces ,roma9s le sujet de v+t-quatre triomphes,m#ef4 ,m#ee ,elle df5dit p5dant trois ans ses lois et sa lib]t 7,voyez les liv4 ,,xcviii1 ,,xcix et ,c de ,tite-,live1 dans l',epitome de ,florus74 ,elle fit plus de rsi/ance que les plus gr&s rois4 ,m#ef ,,florus1 liv4 ,i1 *ap4 ,,xvi4 ,cet extraord9aire que l'on voyait dans les in/itutions de la ,grce1 n\s l'avons vu dans la lie et la corruption de nos temps mod]nes,m#eg4 ,un lgislateur honnte homme a =m un peuple o la probit p>at aussi naturelle que la brav\re *ez les ,sp>tiates4 ,m4 ,p5n e/ un vritable ,lycurgue,c#fg2 et quoique le premi] ait eu la paix p\r objet1 comme l'autre a eu la gu]re1 ils se ressembl5t dans la voie s+ulire o ils ont mis leur peuple1 dans l'asc5dant qu'ils ont eu sur des hommes libres1 dans les prjugs qu'ils ont va9cus1 dans les passions qu'ils ont s\mises4 ,m#eg ,9 fece ,romuli4 7,,cic,,ron7 ,le ,p>aguay peut n\s f\rnir un autre exemple4 ,on a v\lu en faire un crime la ,socit,c#fh qui reg>de le plaisir de comm&] comme le seul bi5 de la vie2 mais il s]a t\j\rs beau de g\v]n] les hommes en les r5dant heureux,m#eh4 ,m#eh ,les ,indi5s du ,p>aguay ne dp5d5t po9t d'un seigneur p>ticuli]1 ne pai5t qu'un c9quime des tributs1 et ont des armes feu p\r se df5dre4 ,il e/ glorieux p\r elle d'avoir t la premire qui ait montr dans ces contres l'ide de la religion jo9te celle de l'humanit4 ,en rp>ant les dva/ations des ,espagnols1 elle a comm5c gurir une des gr&es plaies qu'ait encore reues le g5re huma94 ,un s5tim5t exquis qu'a cette ,socit p\r t\t ce qu'elle appelle honneur1 son zle p\r une religion qui humilie bi5 plus ceux qui l'c\t5t que ceux qui la pr*5t1 lui ont fait entrepr5dre de gr&es *oses2 et elle y a russi4 ,elle a retir des bois des peuples disp]ss2 elle leur a donn une subsi/ance assure2 elle les a vtus2 et1 qu& elle n'aurait fait p> l qu'augm5t] l'indu/rie p>mi les hommes1 elle aurait beauc\p fait4 ,ceux qui v\dront faire des in/itutions p>eilles tabliront la communaut de bi5s de la rpublique de ,platon1 ce respect qu'il dem&ait p\r les dieux1 cette sp>ation d'avec les trang]s p\r la cons]vation des moeurs1 et la cit faisant le comm]ce et non pas les citoy5s3 ils donn]ont nos arts sans notre luxe1 et nos beso9s sans nos dsirs4 ,ils proscriront l'arg5t1 dont l'effet e/ de grossir la =tune des hommes au del des bornes que la nature y avait mises1 d'appr5dre cons]v] inutilem5t ce qu'on avait amass de mme1 de multipli] l'inf9i les dsirs1 et de suppler la nature1 qui n\s avait donn des moy5s trs borns d'irrit] nos passions1 et de n\s corrompre les uns les autres,m#ei4 ,m#ei ,,plut>que1 ,dem&es des *oses grecques4 ,les pidamni5s,m#fj1 s5tant leurs moeurs se corrompre p> leur communication avec les b>b>es1 lur5t un magi/rat p\r faire t\s les m>*s au nom de la cit et p\r la cit4 ,p\r lors le comm]ce ne corrompt pas la con/itution1 et la con/itution ne prive pas la socit des avantages du comm]ce,m#fa4 ,m#fj ,e/-il bi5 vrai qu'en nommant un commissaire ent5du p\r trafiqu] au nom de la ville avec ces trang]s1 les pidamni5s ai5t eu le ma9ti5 des moeurs p\r objet8 ,cette in/itution n'e/-elle pas l'effet d'un esprit de monopole8 7,note de ,,voltaire47 ,m#fa ,mais elle te l'mulation des comm]ants et fait prir le comm]ce4 7diteur anonyme de #agfd47 ,,*apitre ,,vii ,en quel cas ces in/itutions s+ulires peuv5t tre bonnes4 ,ces sortes d'in/itutions peuv5t conv5ir dans les rpubliques,c#fi1 p>ce que la v]tu politique en e/ le pr9cipe2 mais1 p\r port] l'honneur dans les mon>*ies1 ou p\r inspir] de la cra9te dans les tats despotiques1 il ne faut pas tant de so9s4 ,elles ne peuv5t d'ailleurs avoir lieu que dans un petit tat,m#fb1 o l'on peut donn] une ducation gnrale1 et lev] t\t un peuple comme une famille4 ,m#fb ,comme tai5t les villes de la ,grce4 ,les lois de ,m9os1 de ,lycurgue et de ,platon suppos5t une att5tion s+ulire de t\s les citoy5s les uns sur les autres4 ,on ne peut se promettre cela dans la confusion1 dans les nglig5ces1 dans l't5due des affaires d'un gr& peuple4 ,il faut1 comme on l'a dit1 bannir l'arg5t dans ces in/itutions4 ,mais1 dans les gr&es socits,c#gj1 le nombre1 la v>it1 l'emb>ras1 l'importance des affaires1 la facilit des a*ats1 la l5teur des *anges1 dem&5t une mesure commune4 ,p\r port] p>t\t sa puissance1 ou la df5dre p>t\t1 il faut avoir ce quoi les hommes ont atta* p>t\t la puissance4 ,,*apitre ,,viii ,explication d'un p>adoxe des anci5s1 p> rapport aux moeurs4 ,polybe1 le judicieux ,polybe1 n\s dit,m#fc que la musique tait ncessaire p\r ad\cir les moeurs des ,arcades1 qui habitai5t un pays o l'air e/ tri/e et froid2 que ceux de ,cynte1 qui ngligr5t la musique1 surpassr5t en cruaut t\s les ,grecs et qu'il n'y a po9t de ville o l'on ait vu tant de crimes4 ,platon,m#fd ne cra9t pas de dire que l'on ne peut faire de *angem5t dans la musique1 qui n'en soit un dans la con/itution de l'tat4 ,ari/ote1 qui semble n'avoir fait sa ,politique que p\r oppos] ses s5tim5ts ceux de ,platon1 e/ p\rtant d'accord avec lui t\*ant la puissance de la musique sur les moeurs,m#fe4 ,?ophra/e1 ,plut>que,m#ff1 ,/rabon,m#fg1 t\s les anci5s ont p5s de mme4 ,ce n'e/ po9t une op9ion jete sans rflexion2 c'e/ un des pr9cipes de leur politique,m#fh4 ,c'e/ a9si qu'ils donnai5t des lois1 c'e/ a9si qu'ils v\lai5t qu'on g\v]nt les cits4 ,m#fc ,hi/41 lib4 ,,iv1 cap4 ,,xx et ,,xxi4 ,m#fd ,de ,repub41 lib4 ,,iv4 ,m#fe ,liv4 ,,viii1 *4 ,v4 ,m#ff ,vie de ,plopidas4 ,m#fg ,liv4 ,i]4 ,m#fh ,platon1 liv4 ,,iv des ,lois1 dit que les prfectures de la musique et de la gymna/ique sont les plus importants emplois de la cit2 et1 dans sa ,rpublique1 liv4 ,,iii3 ,damon v\s dira1 dit-il1 quels sont les sons capables de faire natre la bassesse de l'me1 l'insol5ce et les v]tus contraires4 ,je crois que je p\rrais expliqu] ceci4 ,il faut se mettre dans l'esprit que dans les villes grecques1 surt\t celles qui avai5t p\r pr9cipal objet la gu]re1 t\s les travaux et t\tes les pr(essions qui p\vai5t conduire gagn] de l'arg5t tai5t reg>ds comme indignes d'un homme libre4 ,la plup>t des arts1 dit ,xnophon,m#fi1 corromp5t le corps de ceux qui les ex]c5t2 ils oblig5t de s'asseoir l'ombre ou prs du feu3 on n'a de temps ni p\r ses amis ni p\r la rpublique4 ,ce ne fut que dans la corruption de quelques dmocraties que les artisans p>v9r5t tre citoy5s4 ,c'e/ ce qu',ari/ote,m#gj n\s appr5d2 et il s\ti5t qu'une bonne rpublique ne leur donn]a jamais le droit de cit,m#ga4 ,m#fi ,liv4 ,v1 ,dits mmorables4--,voyez les conomiques de ,xnophon1 *4 ,,iv1 #b et #c4 7,p47 ,m#gj ,politiq41 liv4 ,,iii1 *4 ,,iv4 ,m#ga ,diophante1 dit ,ari/ote1 ,politiq41 *4 ,,vii1 tablit autrefois ,a?nes que les artisans s]ai5t esclaves du public4 ,l'agriculture tait encore une pr(ession s]vile1 et ord9airem5t c'tait quelque peuple va9cu qui l'ex]ait3 les ,ilotes1 *ez les ,lacdmoni5s2 les ,prici5s,m#gb1 *ez les ,crtois2 les ,pne/es,m#gc1 *ez les ,!ssali5s2 d'autres,m#gd peuples esclaves1 dans d'autres rpubliques4 ,m#gb ,grec3 ,p]ioikoi1 c'e/--dire hommes affects la maison4 ,c'tai5t nos g5s de ma9morte3 atta*s la glbe1 exclus de la milice et des assembles1 et1 du re/e1 j\issant de t\s leurs autres droits civils4 ,m#gc ,ce mot vi5t de ,grec3 p5omai1 tre dans l'indig5ce1 dans la pe9e4 ,leur condition tait la mme que celle des ,prici5s4 ,m#gd ,aussi ,platon et ,ari/ote veul5t-ils que les esclaves cultiv5t les t]res4 ,lois1 liv4 ,,vii2 ,politiq41 liv4 ,,vii1 *ap4 ,x4 ,il e/ vrai que l'agriculture n'tait pas p>t\t ex]ce p> des esclaves3 au contraire1 comme dit ,ari/ote1 les meilleures rpubliques tai5t celles o les citoy5s s'y atta*ai5t4 ,mais cela n'arriva que p> la corruption des anci5s g\v]nem5ts1 dev5us dmocratiques2 c>1 dans les premi]s temps1 les villes de ,grce vivai5t dans l'ari/ocratie4 ,enf9 t\t bas comm]ce,m#ge tait infme *ez les ,grecs4 ,il aurait fallu qu'un citoy5 et r5du des s]vices un esclave1 un locataire1 un trang]3 cette ide *oquait l'esprit de la lib]t grecque2 aussi ,platon,m#gf veut-il1 dans ses ,lois1 qu'on punisse un citoy5 qui f]ait le comm]ce,c#ga4 ,m#ge ,cauponatio4 ,m#gf ,liv4 ,,ii4 ,on tait donc =t emb>rass dans les rpubliques grecques4 ,on ne v\lait pas que les citoy5s travaillass5t au comm]ce1 l'agriculture ni aux arts2 on ne v\lait pas non plus qu'ils fuss5t oisifs,m#gg4 ,ils tr\vai5t une occupation dans les ex]cices qui dp5dai5t de la gymna/ique1 et dans ceux qui avai5t du rapport la gu]re,m#gh4 ,l'in/itution ne leur en donnait po9t d'autres4 ,il faut donc reg>d] les ,grecs comme une socit d'a?ltes et de combattants4 ,or1 ces ex]cices1 si propres faire des g5s durs et sauvages,m#gi1 avai5t beso9 d'tre temprs p> d'autres qui puss5t ad\cir les moeurs4 ,la musique1 qui ti5t l'esprit p> les organes du corps1 tait trs propre cela4 ,c'e/ un milieu entre les ex]cices du corps qui r5d5t les hommes durs1 et les sci5ces de spculation qui les r5d5t sauvages4 ,on ne peut pas dire que la musique inspirt la v]tu2 cela s]ait inconcevable2 mais elle emp*ait l'effet de la frocit de l'in/itution1 et faisait que l'me avait dans l'ducation une "p qu'elle n'y aurait pas eue4 ,m#gg ,,ari/ote1 ,politiq41 liv4 ,x4 ,m#gh ,,ari/ote1 ,politiq41 liv4 ,,viii1 *4 ,,iii4 ,m#gi ,ari/ote dit que les enfants des ,lacdmoni5s1 qui comm5ai5t ces ex]cices ds l'ge le plus t5dre1 en contractai5t trop de frocit4 7,politiq41 liv4 ,,viii1 *ap4 ,,iv47 ,je suppose qu'il y ait p>mi n\s une socit de g5s si passionns p\r la *asse qu'ils s'en occupass5t uniquem5t2 il e/ sr qu'ils en contract]ai5t une c]ta9e rudesse4 ,si ces mmes g5s v5ai5t pr5dre encore du gt p\r la musique1 on tr\v]ait bi5tt de la diffr5ce dans leurs manires et dans leurs moeurs4 ,enf9 les ex]cices des ,grecs n'excitai5t en eux qu'un g5re de passion3 la rudesse1 la colre1 la cruaut4 ,la musique les excite t\tes1 et peut faire s5tir l'me la d\ceur1 la piti1 la t5dresse1 le d\x plaisir4 ,nos auteurs de morale1 qui1 p>mi n\s1 proscriv5t si =t les ?tres1 n\s font assez s5tir le p\voir que la musique a sur nos mes4 ,si la socit dont j'ai p>l on ne donnait que des tamb\rs et des airs de trompette1 n'e/-il pas vrai que l'on p>vi5drait mo9s son b que si l'on donnait une musique t5dre8 ,les anci5s avai5t donc raison lorsque1 dans c]ta9es circon/ances1 ils prfrai5t p\r les moeurs un mode un autre,c#gb4 ,,livre ,,c9qui,,me ,,les ,,lois ,,que ,,le ,l,,gislateur ,,donne ,,doiv5t ,,tre ,,relatives ,,au ,,pr9cipe ,,du ,,g\v]nem5t4 ,,*apitre ,,premi] ,ide de ce livre4 ,n\s v5ons de voir que les lois de l'ducation doiv5t tre relatives au pr9cipe de *aque g\v]nem5t4 ,celles que le lgislateur donne t\te la socit sont de mme4 ,ce rapport des lois avec ce pr9cipe t5d t\s les ressorts du g\v]nem5t1 et ce pr9cipe en reoit son t\r une n\velle =ce4 ,c'e/ a9si que1 dans les m\vem5ts physiques1 l'action e/ suivie d'une raction,c#gc4 ,n\s allons exam9] ce rapport dans *aque g\v]nem5t2 et n\s comm5c]ons p> l'tat rpublica91 qui a la v]tu p\r pr9cipe4 ,,*apitre ,,ii ,ce que c'e/ que la v]tu dans l'tat politique4 ,la v]tu dans une rpublique,c#gd e/ une *ose trs simple3 c'e/ l'am\r de la rpublique1 c'e/ un s5tim5t1 et non une suite de connaissances2 le d]ni] homme de l'tat peut avoir ce s5tim5t1 comme le premi]4 ,qu& le peuple a une fois de bonnes maximes1 il s'y ti5t plus longtemps que ce que l'on appelle les honntes g5s4 ,il e/ r>e que la corruption comm5ce p> lui4 ,s\v5t il a tir de la mdiocrit de ses lumires un atta*em5t plus =t p\r ce qui e/ tabli4 ,l'am\r de la patrie conduit la bont des moeurs1 et la bont des moeurs mne l'am\r de la patrie4 ,mo9s n\s p\vons satisfaire nos passions p>ticulires,c#ge1 plus n\s n\s livrons aux gnrales4 ,p\rquoi les mo9es aim5t-ils tant leur ordre8 c'e/ ju/em5t p> l'endroit qui fait qu'il leur e/ insupportable4 ,leur rgle les prive de t\tes les *oses sur lesquelles les passions ord9aires s'appui5t3 re/e donc cette passion p\r la rgle mme qui les afflige4 ,plus elle e/ au/re1 c'e/--dire plus elle retran*e de leurs p5*ants1 plus elle donne de =ce ceux qu'elle leur laisse4 ,,*apitre ,,iii ,ce que c'e/ que l'am\r de la rpublique dans la dmocratie4 ,l'am\r de la rpublique1 dans une dmocratie1 e/ celui de la dmocratie3 l'am\r de la dmocratie e/ celui de l'galit4 ,l'am\r de la dmocratie e/ encore l'am\r de la frugalit4 ,*acun1 devant y avoir le mme bonheur et les mmes avantages1 y doit gt] les mmes plaisirs et =m] les mmes esprances1 *ose qu'on ne peut att5dre que de la frugalit gnrale4 ,l'am\r de l'galit1 dans une dmocratie1 borne l'ambition au seul dsir1 au seul bonheur de r5dre sa patrie de plus gr&s s]vices que les autres citoy5s4 ,ils ne peuv5t pas lui r5dre t\s des s]vices gaux2 mais ils doiv5t t\s galem5t lui en r5dre4 ,en naissant1 on contracte env]s elle une dette imm5se1 dont on ne peut jamais s'acquitt]4 ,a9si les di/9ctions y naiss5t du pr9cipe de l'galit1 lors mme qu'elle p>at te p> des s]vices heureux1 ou p> des tal5ts suprieurs4 ,l'am\r de la frugalit,c#gf borne le dsir d'avoir l'att5tion que dem&e le ncessaire p\r sa famille1 et mme le sup]flu p\r sa patrie4 ,les ri*esses donn5t une puissance dont un citoy5 ne peut pas us] p\r lui1 c> il ne s]ait pas gal4 ,elles procur5t des dlices dont il ne doit pas j\ir non plus1 p>ce qu'elles *oqu]ai5t l'galit t\t de mme4 ,aussi les bonnes dmocraties1 en tablissant la frugalit dome/ique1 ont-elles ouv]t la porte aux dp5ses publiques1 comme on fit ,a?nes et ,rome4 ,p\r lors1 la magnific5ce et la pr(usion naissai5t du fond de la frugalit mme2 et1 comme la religion dem&e qu'on ait les ma9s pures p\r faire des (fr&es aux dieux1 les lois v\lai5t des moeurs frugales p\r que l'on pt donn] sa patrie4 ,le bon s5s et le bonheur des p>ticuli]s consi/5t beauc\p dans la mdiocrit de leurs tal5ts et de leurs =tunes4 ,une rpublique o les lois auront =m beauc\p de g5s mdiocres,c#gg1 compose de g5s sages1 se g\v]n]a sagem5t2 compose de g5s heureux1 elle s]a trs heureuse4 ,,*apitre ,,iv ,comm5t on inspire l'am\r de l'galit et de la frugalit4 ,l'am\r de l'galit et celui de la frugalit sont extrmem5t excits p> l'galit et la frugalit mmes1 qu& on vit dans une socit o les lois ont tabli l'une et l'autre,c#gh4 ,dans les mon>*ies et les tats despotiques1 p]sonne n'aspire l'galit2 cela ne vi5t pas mme dans l'ide2 *acun y t5d la supriorit4 ,les g5s des conditions les plus basses ne dsir5t d'en sortir que p\r tre les matres des autres4 ,il en e/ de mme de la frugalit3 p\r l'aim]1 il faut en j\ir4 ,ce ne s]ont po9t ceux qui sont corrompus p> les dlices qui aim]ont la vie frugale2 et1 si cela avait t naturel et ord9aire1 ,alcibiade n'aurait pas fait l'admiration de l'univ]s,m#hj4 ,ce ne s]ont pas non plus ceux qui envi5t ou qui admir5t le luxe des autres qui aim]ont la frugalit3 des g5s qui n'ont devant les yeux que des hommes ri*es1 ou des hommes misrables comme eux1 dte/5t leur misre sans aim] ou connatre ce qui fait le t]me de la misre4 ,m#hj ,je ne prt5ds po9t faire des critiques grammaticales un homme de gnie2 mais j'aurais s\hait qu'un criva9 si spirituel et si mle se ft s]vi d'une autre expression que celle de j\ir de la frugalit4 ,j'aurais dsir bi5 davantage qu'il n'et po9t dit qu',alcibiade fut admir de l'univ]s1 p\r s'tre con=m dans ,lacdmone la sobrit des ,sp>tiates4 ,il ne faut po9t1 mon avis1 prodigu] a9si les applaudissem5ts de l'univ]s4 ,alcibiade tait un simple citoy51 ri*e1 ambitieux1 va91 dbau*1 insol5t1 d'un c>actre v]satile4 ,je ne vois ri5 d'admirable faire quelque temps mauvais *re avec les ,lacdmoni5s1 lorsqu'il e/ condamn dans ,a?nes p> un peuple plus va91 plus insol5t et plus lg] que lui1 sottem5t sup]/itieux1 jal\x1 incon/ant1 passant *aque j\r de la tmrit la con/]nation1 digne enf9 de l'opprobre dans lequel il cr\pit l*em5t depuis tant de sicle4 ,je vois dans ,alcibiade un brave t\rdi qui ne mrite c]ta9em5t pas l'admiration de l'univ]s1 p\r avoir corrompu la femme d',agis1 son hte et son protecteur2 p\r s'tre fait *ass] de ,sp>te2 p\r s'tre rduit m5di] un n\vel asile *ez un satrape de ,p]se1 et p\r y prir entre les bras d'une c\rtisane4 ,plut>que et ,montesquieu ne m'en impos5t po9t3 j'admire trop ,caton et ,m>c-,aurle p\r admir] ,alcibiade4 7,note de ,,volt47 ,c'e/ donc une maxime trs vraie que1 p\r que l'on aime l'galit et la frugalit dans une rpublique1 il faut que les lois les y ai5t tablies4 ,,*apitre ,v ,comm5t les lois tabliss5t l'galit dans la dmocratie4 ,quelques lgislateurs anci5s1 comme ,lycurgue,c#gi et ,romulus1 p>tagr5t galem5t les t]res4 ,cela ne p\vait avoir lieu que dans la fondation d'une rpublique n\velle1 ou bi5 lorsque l'anci5ne tait si corrompue1 et les esprits dans une telle disposition1 que les pauvres se croyai5t obligs de *]*]1 et les ri*es obligs de s\ffrir un p>eil remde4 ,si1 lorsque le lgislateur fait un p>eil p>tage1 il ne donne pas des lois p\r le ma9t5ir1 il ne fait qu'une con/itution passagre3 l'9galit entr]a p> le ct que les lois n'auront pas df5du1 et la rpublique s]a p]due4 ,il faut donc que l'on rgle,c#hj1 dans cet objet1 les dots des femmes1 les donations1 les successions1 les te/am5ts1 enf9 t\tes les manires de contract]4 ,c>1 s'il tait p]mis de donn] son bi5 qui on v\drait1 et comme on v\drait1 *aque volont p>ticulire tr\bl]ait la disposition de la loi fondam5tale4 ,solon1 qui p]mettait ,a?nes de laiss] son bi5 qui on v\lait p> te/am5t1 p\rvu qu'on n'et po9t d'enfants,m#ha1 contr$isait les lois anci5nes1 qui ordonnai5t que les bi5s re/ass5t dans la famille du te/ateur,m#hb4 ,il contr$isait les si5nes propres2 c>1 en supprimant les dettes1 il avait *]* l'galit4 ,m#ha ,,plut41 ,vie de ,solon4 ,m#hb ,ibid4 ,c'tait une bonne loi,c#ha p\r la dmocratie que celle qui df5dait d'avoir deux hrdits,m#hc4 ,elle pr5ait son orig9e du p>tage gal des t]res et des portions donnes *aque citoy54 ,la loi n'avait pas v\lu qu'un seul homme et plusieurs portions4 ,m#hc ,philolas de ,cor9! tablit ,a?nes 7lisez ,?bes7 que le nombre de portions de t]re et celui des hrdits s]ait t\j\rs le mme4 7,,ari/41 ,politiq41 liv4 ,,ii1 *4 ,,vii47 ,la loi qui ordonnait que le plus pro*e p>5t p\st l'hritire naissait d'une s\rce p>eille4 ,elle e/ donne *ez les ,juifs aprs un p>eil p>tage4 ,platon,m#hd1 qui fonde ses lois sur ce p>tage1 la donne de mme2 et c'tait une loi a?ni5ne4 ,m#hd ,rpubl41 liv4 ,,viii4 ,il y avait ,a?nes une loi dont je ne sa*e pas que p]sonne ait connu l'esprit4 ,il tait p]mis d'p\s] sa soeur consangu9e1 et non pas sa soeur utr9e,m#he4 ,cet usage tirait son orig9e des rpubliques1 dont l'esprit tait de ne pas mettre sur la mme tte deux portions de fonds de t]re1 et p> consqu5t deux hrdits4 ,qu& un homme p\sait sa soeur du ct du pre1 il ne p\vait avoir qu'une hrdit1 qui tait celle de son pre2 mais qu& il p\sait sa soeur utr9e1 il p\vait arriv] que le pre de cette soeur1 n'ayant pas d'enfants mles1 lui laisst sa succession1 et que p> consqu5t son frre1 qui l'avait p\se1 en et deux4 ,m#he ,,corn,,lius ,,nepos1 ,pr(4--,cet usage tait des premi]s temps4 ,aussi ,abraham dit-il de ,s>a3 ,elle e/ ma soeur1 fille de mon pre1 et non de ma mre4 ,les mmes raisons avai5t fait tablir une mme loi *ez diffr5ts peuples4 ,qu'on ne m'objecte pas ce que dit ,philon,m#hf1 que1 quoique ,a?nes on p\st sa soeur consangu9e1 et non pas sa soeur utr9e1 on p\vait ,lacdmone p\s] sa soeur utr9e1 et non pas sa soeur consangu9e4 ,c> je tr\ve dans ,/rabon,m#hg que1 qu& ,lacdmone une soeur p\sait son frre1 elle avait1 p\r dot1 la moiti de la portion du frre4 ,il e/ clair que cette seconde loi tait faite p\r prv5ir les mauvaises suites de la premire4 ,p\r emp*] que le bi5 de la famille de la soeur ne passt dans celle du frre1 on donnait en dot la soeur la moiti du bi5 de son frre4 ,m#hf ,de specialibus legibus qu p]t95t ad prcepta ,decalogi4 ,m#hg ,liv4 ,x4 ,snque,m#hh1 p>lant de ,silanus1 qui avait p\s sa soeur,c#hb1 dit qu' ,a?nes la p]mission tait re/re9te1 et qu'elle tait gnrale ,alex&rie4 ,dans le g\v]nem5t d'un seul1 il n'tait gure "q de ma9t5ir le p>tage des bi5s4 ,m#hh ,a!nis dimidium licet1 ,alex&ri totum4 7,s,n,,que1 de ,morte ,claudii47 ,p\r ma9t5ir ce p>tage des t]res dans la dmocratie1 c'tait une bonne loi que celle qui v\lait qu'un pre qui avait plusieurs enfants en *oist un p\r succd] sa portion,m#hi1 et donnt les autres en adoption quelqu'un qui n'et po9t d'enfants1 af9 que le nombre des citoy5s pt t\j\rs se ma9t5ir gal celui des p>tages4 ,m#hi ,platon fait une p>eille loi1 liv4 ,,xi des ,lois4 ,phalz de ,*alcdo9e,m#ij avait imag9 une faon de r5dre gales les =tunes dans une rpublique o elles ne l'tai5t pas,c#hc4 ,il v\lait que les ri*es donnass5t des dots aux pauvres1 et n'en reuss5t pas2 et que les pauvres reuss5t de l'arg5t p\r les filles1 et n'en donnass5t pas4 ,mais je ne sa*e po9t qu'aucune rpublique se soit accommode d'un rglem5t p>eil4 ,il met les citoy5s s\s des conditions dont les diffr5ces sont si frappantes1 qu'ils harai5t cette galit mme que l'on *]*]ait introduire4 ,il e/ bon quelquefois que les lois ne p>aiss5t pas all] si directem5t au b qu'elles se propos5t4 ,m#ij ,,ari/ote1 ,politique1 liv4 ,,ii1 *4 ,,vii4 ,quoique dans la dmocratie l'galit relle soit l'me de l'tat1 cep5dant elle e/ si difficile tablir1 qu'une exactitude extrme cet g>d ne convi5drait pas t\j\rs4 ,il suffit que l'on tablisse un c5s,m#ia1 qui rduise ou fixe les diffr5ces un c]ta9 po9t2 aprs quoi1 c'e/ des lois p>ticulires galis]1 p\r a9si dire1 les 9galits1 p> les *>ges qu'elles impos5t aux ri*es1 et le s\lagem5t qu'elles accord5t aux pauvres4 ,il n'y a que les ri*esses mdiocres qui puiss5t donn] ou s\ffrir ces sortes de comp5sations2 c>1 p\r les =tunes immodres1 t\t ce qu'on ne leur accorde pas de puissance et d'honneur1 elles le reg>d5t comme une injure4 ,m#ia ,solon fit quatre classes3 la premire1 de ceux qui avai5t c9q c5ts m9es de rev5u1 tant en gra9s qu'en fruits liquides2 la seconde1 de ceux qui en avai5t trois c5ts et p\vai5t entret5ir un *eval2 la troisime1 de ceux qui n'en avai5t que deux c5ts2 la quatrime1 de t\s ceux qui vivai5t de leurs bras4 7,,plut41 ,vie de ,solon47 ,t\te 9galit dans la dmocratie,c#hd doit tre tire de la nature de la dmocratie et du pr9cipe mme de l'galit4 ,p> exemple1 on y peut cra9dre que des g5s qui aurai5t beso9 d'un travail cont9uel p\r vivre ne fuss5t trop appauvris p> une magi/rature1 ou qu'ils n'en ngligeass5t les fonctions2 que des artisans ne s'enorgueilliss5t2 que des affran*is trop nombreux ne dev9ss5t plus puissants que les anci5s citoy5s4 ,dans ces cas1 l'galit entre les citoy5s,m#ib peut tre te dans la dmocratie p\r l'utilit de la dmocratie4 ,mais ce n'e/ qu'une galit app>5te que l'on te3 c> un homme ru9 p> une magi/rature s]ait dans une pire condition que les autres citoy5s2 et ce mme homme1 qui s]ait oblig d'en nglig] les fonctions1 mettrait les autres citoy5s dans une condition pire que la si5ne2 et a9si du re/e4 ,m#ib ,solon exclut des *>ges t\s ceux du quatrime c5s4 ,,*apitre ,,vi ,comm5t les lois doiv5t entret5ir la frugalit dans la dmocratie4 ,il ne suffit pas1 dans une bonne dmocratie1 que les portions de t]re soi5t gales2 il faut qu'elles soi5t petites,c#he1 comme *ez les ,roma9s4 ,a ,dieu ne plaise1 disait ,curius ses soldats,m#ic1 qu'un citoy5 e/ime peu de t]re ce qui e/ suffisant p\r n\rrir un homme6 ,m#ic ,ils dem&ai5t une plus gr&e portion de la t]re conquise4 7,,plut41 ,o,euvres morales4 ,dits notables des anci5s rois et capita9es47 ,comme l'galit des =tunes entreti5t la frugalit1 la frugalit entreti5t l'galit des =tunes4 ,ces *oses1 quoique diffr5tes1 sont telles qu'elles ne peuv5t subsi/] l'une sans l'autre2 *acune d'elles e/ la cause et l'effet3 si l'une se retire de la dmocratie1 l'autre la suit t\j\rs4 ,il e/ vrai que1 lorsque la dmocratie e/ fonde sur le comm]ce,c#hf1 il peut =t bi5 arriv] que des p>ticuli]s y ai5t de gr&es ri*esses1 et que les moeurs n'y soi5t pas corrompues4 ,c'e/ que l'esprit de comm]ce entrane avec soi celui de frugalit1 d'conomie1 de modration1 de travail1 de sagesse1 de tranquillit1 d'ordre et de rgle4 ,a9si1 t&is que cet esprit subsi/e1 les ri*esses qu'il produit n'ont aucun mauvais effet4 ,le mal arrive lorsque l'excs des ri*esses dtruit cet esprit de comm]ce2 on voit t\t c\p natre les dsordres de l'9galit1 qui ne s'tai5t pas encore fait s5tir4 ,p\r ma9t5ir l'esprit de comm]ce1 il faut que les pr9cipaux citoy5s le fass5t eux-mmes,c#hg2 que cet esprit rgne seul1 et ne soit po9t creus p> un autre2 que t\tes les lois le favoris5t2 que ces mmes lois1 p> leurs dispositions1 divisant les =tunes mesure que le comm]ce les grossit,c#hh1 mett5t *aque citoy5 pauvre dans une gr&e aisance p\r p\voir travaill] comme les autres1 et *aque citoy5 ri*e dans une telle mdiocrit qu'il ait beso9 de son travail p\r cons]v] ou p\r acqurir4 ,c'e/ une trs bonne loi,c#hi dans une rpublique comm]ante que celle qui donne t\s les enfants une portion gale dans la succession de ses pres4 ,il se tr\ve p> l que1 quelque =tune que le pre ait faite1 ses enfants1 t\j\rs mo9s ri*es que lui1 sont ports fuir le luxe et travaill] comme lui4 ,je ne p>le que des rpubliques comm]antes2 c>1 p\r celles qui ne le sont pas1 le lgislateur a bi5 d'autres rglem5ts faire,m#id4 ,m#id ,on y doit born] beauc\p les dots des femmes4 ,il y avait dans la ,grce deux sortes de rpubliques3 les unes tai5t militaires1 comme ,lacdmone2 d'autres tai5t comm]antes1 comme ,a?nes4 ,dans les unes1 on v\lait que les citoy5s fuss5t oisifs2 dans les autres on *]*ait donn] de l'am\r p\r le travail4 ,solon fit un crime de l'oisivet1 et v\lut que *aque citoy5 r5dt compte de la manire dont il gagnait sa vie4 ,en effet1 dans une bonne dmocratie1 o l'on ne doit dp5s] que p\r le ncessaire1 *acun doit l'avoir,c#ij1 c> de qui le recevrait-on8 ,,*apitre ,,vii ,autres moy5s de favoris] le pr9cipe de la dmocratie4 ,on ne peut pas tablir un p>tage gal des t]res,c#ia dans t\tes les dmocraties4 ,il y a des circon/ances o un tel arrangem5t s]ait impraticable1 dang]eux1 et *oqu]ait mme la con/itution4 ,on n'e/ pas t\j\rs oblig de pr5dre les voies extrmes4 ,si l'on voit dans une dmocratie que ce p>tage1 qui doit ma9t5ir les moeurs1 n'y convi5ne pas1 il faut avoir rec\rs d'autres moy5s4 ,si l'on tablit un corps fixe qui soit p> lui-mme la rgle des moeurs1 un snat o l'ge1 la v]tu1 la gravit1 les s]vices donn5t entre2 les snateurs1 exposs la vue du peuple comme les simulacres des dieux,c#ib1 inspir]ont des s5tim5ts qui s]ont ports dans le se9 de t\tes les familles4 ,il faut surt\t que ce snat s'atta*e aux in/itutions anci5nes,c#ic1 et fasse en sorte que le peuple et les magi/rats ne s'en dp>t5t jamais4 ,il y a beauc\p gagn]1 en fait de moeurs1 g>d] les c\tumes anci5nes4 ,comme les peuples corrompus font r>em5t de gr&es *oses2 qu'ils n'ont gure tabli de socits1 fond de villes1 donn de lois2 et qu'au contraire ceux qui avai5t des moeurs simples et au/res ont fait la plup>t des tablissem5ts2 rappel] les hommes aux maximes anci5nes1 c'e/ ord9airem5t les ram5] la v]tu4 ,de plus1 s'il y a eu quelque rvolution1 et que l'on ait donn l'tat une =me n\velle1 cela n'a gure pu se faire qu'avec des pe9es et des travaux inf9is1 et r>em5t avec l'oisivet et des moeurs corrompues4 ,ceux mmes qui ont fait la rvolution ont v\lu la faire gt]2 et ils n'ont gure pu y russir que p> de bonnes lois4 ,les in/itutions anci5nes sont donc ord9airem5t des corrections2 et les n\velles1 des abus4 ,dans le c\rs d'un long g\v]nem5t1 on va au mal p> une p5te ins5sible1 et on ne remonte au bi5 que p> un ef=t4 ,on a d\t si les membres du snat dont n\s p>lons doiv5t tre vie ou *oisis p\r un temps4 ,sans d\te qu'ils doiv5t tre *oisis p\r la vie1 comme cela se pratiquait ,rome,m#ie1 ,lacdmone,m#if1 et ,a?nes mme4 ,c> il ne faut pas confondre ce qu'on appelait le snat ,a?nes1 qui tait un corps qui *angeait t\s les trois mois1 avec l'aropage1 dont les membres tai5t tablis p\r la vie comme des modles p]ptuels4 ,m#ie ,les magi/rats y tai5t annuels1 et les snateurs p\r la vie4 ,m#if ,lycurgue1 dit ,xnophon 7de ,republ4 ,lac$471 v\lut qu'on lt les snateurs p>mi les vieill>ds1 p\r qu'ils ne se ngligeass5t pas1 mme la f9 de la vie3 et1 en les tablissant juges du c\rage des jeunes g5s1 il a r5du la vieillesse de ceux-l plus honorable que la =ce de ceux-ci4 ,maxime gnrale3 dans un snat fait p\r tre la rgle1 et1 p\r a9si dire1 le dpt des moeurs1 les snateurs doiv5t tre lus p\r la vie,c#id2 dans un snat fait p\r prp>] les affaires1 les snateurs peuv5t *ang]4 ,l'esprit1 dit ,ari/ote1 vieillit comme le corps4 ,cette rflexion n'e/ bonne qu' l'g>d d'un magi/rat unique1 et ne peut tre applique une assemble de snateurs4 ,outre l'aropage1 il y avait ,a?nes des g>di5s des moeurs et des g>di5s des lois,m#ig4 ,a ,lacdmone1 t\s les vieill>ds tai5t c5seurs4 ,a ,rome1 deux magi/rats p>ticuli]s avai5t la c5sure4 ,comme le snat veille sur le peuple1 il faut que des c5seurs ai5t les yeux sur le peuple et sur le snat4 ,il faut qu'ils rtabliss5t dans la rpublique t\t ce qui a t corrompu2 qu'ils not5t la tideur1 jug5t les nglig5ces1 et corrig5t les fautes1 comme les lois puniss5t les crimes4 ,m#ig ,l'aropage lui-mme tait s\mis la c5sure4 ,la loi roma9e qui v\lait que l'accusation de l'adultre ft publique tait admirable p\r ma9t5ir la puret des moeurs3 elle intimidait les femmes2 elle intimidait aussi ceux qui devai5t veill] sur elles4 ,ri5 ne ma9ti5t plus les moeurs qu'une extrme subord9ation des jeunes g5s env]s les vieill>ds4 ,les uns et les autres s]ont cont5us1 ceux-l p> le respect qu'ils auront p\r les vieill>ds1 et ceux-ci p> le respect qu'ils auront p\r eux-mmes4 ,ri5 ne donne plus de =ce aux lois que la subord9ation extrme des citoy5s aux magi/rats4 ,la gr&e diffr5ce que ,lycurgue a mise entre ,lacdmone,c#ie et les autres cits1 dit ,xnophon,m#ih1 consi/e en ce qu'il a surt\t fait que les citoy5s obiss5t aux lois3 ils c\r5t lorsque le magi/rat les appelle4 ,mais ,a?nes un homme ri*e s]ait au dsespoir que l'on crt qu'il dp5dt du magi/rat4 ,m#ih ,rpublique de ,lacdmone4 ,l'autorit pat]nelle e/ encore bi5 utile p\r ma9t5ir les moeurs4 ,n\s avons dj dit que dans une rpublique il n'y a pas une =ce si rprimante que dans les autres g\v]nem5ts4 ,il faut donc que les lois *]*5t y suppler3 elles le font p> l'autorit pat]nelle4 ,a ,rome1 les pres avai5t droit de vie et de mort,c#if sur leurs enfants,m#ii4 ,a ,lacdmone1 *aque pre avait droit de corrig] l'enfant d'un autre4 ,m#ii ,on peut voir dans l'hi/oire roma9e avec quel avantage p\r la rpublique on se s]vit de cette puissance4 ,je ne p>l]ai que du temps de la plus gr&e corruption4 ,aulus ,fulvius s'tait mis en *em9 p\r all] tr\v] ,catil9a2 son pre le rappela1 et le fit m\rir4 7,,sallu/e1 de ,bello ,catil47 ,plusieurs autres citoy5s fir5t de mme4 7,,dion41 liv4 ,,xxxvii47 ,la puissance pat]nelle se p]dit ,rome avec la rpublique4 ,dans les mon>*ies1 o l'on n'a que faire de moeurs si pures1 on veut que *acun vive s\s la puissance des magi/rats4 ,les lois de ,rome1 qui avai5t acc\tum les jeunes g5s la dp5dance1 tablir5t une longue m9orit4 ,peut-tre avons-n\s eu tort de pr5dre cet usage3 dans une mon>*ie on n'a pas beso9 de tant de contra9te4 ,cette mme subord9ation dans la rpublique y p\rrait dem&] que le pre re/t p5dant sa vie le matre des bi5s de ses enfants1 comme il fut rgl ,rome4 ,mais cela n'e/ pas l'esprit de la mon>*ie,c#ig4 ,,*apitre ,,viii ,comm5t les lois doiv5t se rapport] au pr9cipe du g\v]nem5t dans l'ari/ocratie4 ,si dans l'ari/ocratie le peuple e/ v]tueux1 on y j\ira peu prs du bonheur du g\v]nem5t populaire1 et l'tat devi5dra puissant4 ,mais1 comme il e/ r>e que l o les =tunes des hommes sont si 9gales il y ait beauc\p de v]tu1 il faut que les lois t5d5t donn]1 autant qu'elles peuv5t1 un esprit de modration1 et *]*5t rtablir cette galit que la con/itution de l'tat te ncessairem5t4 ,l'esprit de modration e/ ce qu'on appelle la v]tu dans l'ari/ocratie,c#ih3 il y ti5t la place de l'esprit d'galit dans l'tat populaire4 ,si le fa/e et la spl5deur qui environn5t les rois font une p>tie de leur puissance1 la mode/ie et la simplicit des manires font la =ce des nobles ari/ocratiques,m#ajj4 ,qu& ils n'affect5t aucune di/9ction1 qu& ils se confond5t avec le peuple1 qu& ils sont vtus comme lui1 qu& ils lui font p>tag] t\s leurs plaisirs1 il oublie sa faiblesse,c#ii4 ,m#ajj ,de nos j\rs1 les ,vniti5s1 qui1 bi5 des g>ds1 se sont conduits trs sagem5t1 dcidr5t1 sur une dispute entre un noble vniti5 et un g5tilhomme de t]re f]me p\r une prsance dans une glise1 que1 hors de ,v5ise1 un noble vniti5 n'avait po9t de prm95ce sur un autre citoy54 ,*aque g\v]nem5t a sa nature et son pr9cipe4 ,il ne faut donc pas que l'ari/ocratie pr5ne la nature et le pr9cipe de la mon>*ie1 ce qui arriv]ait si les nobles avai5t quelques prrogatives p]sonnelles et p>ticulires1 di/9ctes de celles de leur corps4 ,les privilges doiv5t tre p\r le snat1 et le simple respect p\r les snateurs4 ,il y a deux s\rces pr9cipales de dsordres dans les tats ari/ocratiques3 l'9galit extrme entre ceux qui g\v]n5t et ceux qui sont g\v]ns2 et la mme 9galit entre les diffr5ts membres du corps qui g\v]ne4 ,de ces deux 9galits rsult5t des ha9es et des jal\sies que les lois doiv5t prv5ir ou arrt]4 ,la premire 9galit se tr\ve pr9cipalem5t lorsque les privilges des pr9cipaux ne sont honorables que p>ce qu'ils sont honteux au peuple4 ,telle fut ,rome la loi qui df5dait aux patrici5s de s'unir p> m>iage aux plbi5s,m#aja3 ce qui n'avait d'autre effet que de r5dre1 d'un ct1 les patrici5s plus sup]bes1 et1 de l'autre1 plus odieux4 ,il faut voir les avantages qu'en tirr5t les tribuns dans leurs h>angues4 ,m#aja ,elle fut mise p> les dcemvirs dans les deux d]nires tables4 ,voyez ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,x4 ,cette 9galit se tr\v]a encore1 si la condition des citoy5s e/ diffr5te p> rapport aux subsides2 ce qui arrive de quatre manires3 lorsque les nobles se donn5t le privilge de n'en po9t pay]2 lorsqu'ils font des fraudes p\r s'en exempt],m#ajb1 lorsqu'ils les appell5t eux1 s\s prtexte de rtributions ou d'appo9tem5ts p\r les emplois qu'ils ex]c5t2 enf9 qu& ils r5d5t le peuple tributaire1 et se p>tag5t les impts qu'ils lv5t sur eux4 ,ce d]ni] cas e/ r>e2 une ari/ocratie1 en cas p>eil1 e/ le plus dur de t\s les g\v]nem5ts4 ,m#ajb ,comme dans quelques ari/ocraties de nos j\rs4 ,ri5 n'affaiblit tant l'tat4 ,p5dant que ,rome incl9a v]s l'ari/ocratie1 elle vita trs bi5 ces inconvni5ts4 ,les magi/rats ne tirai5t jamais d'appo9tem5ts de leur magi/rature4 ,les pr9cipaux de la rpublique fur5t taxs comme les autres2 ils le fur5t mme plus1 et quelquefois ils le fur5t seuls4 ,enf91 bi5 lo9 de se p>tag] les rev5us de l'tat1 t\t ce qu'ils pur5t tir] du trsor public1 t\t ce que la =tune leur envoya de ri*esses1 ils le di/ribur5t au peuple p\r se faire p>donn] leurs honneurs,m#ajc4 ,m#ajc ,voyez1 dans ,/rabon1 liv4 ,,xiv1 comm5t les ,rhodi5s se conduisir5t cet g>d4 ,c'e/ une maxime fondam5tale1 qu'autant que les di/ributions faites au peuple ont de p]nicieux effets dans la dmocratie1 autant en ont-elles de bons dans le g\v]nem5t ari/ocratique4 ,les premires font p]dre l'esprit de citoy51 les autres y ramn5t4 ,si l'on ne di/ribue po9t les rev5us au peuple1 il faut lui faire voir qu'ils sont bi5 adm9i/rs3 les lui montr]1 c'e/ en quelque manire l'en faire j\ir4 ,cette *ane d'or que l'on t5dait ,v5ise1 les ri*esses que l'on portait ,rome dans les triomphes1 les trsors que l'on g>dait dans le temple de ,saturne1 tai5t vritablem5t les ri*esses du peuple4 ,il e/ surt\t ess5tiel1 dans l'ari/ocratie1 que les nobles ne lv5t pas les tributs4 ,le premi] ordre de l'tat ne s'en mlait po9t ,rome3 on en *>gea le second2 et cela mme eut dans la suite de gr&s inconvni5ts4 ,dans une ari/ocratie o les nobles lv]ai5t les tributs1 t\s les p>ticuli]s s]ai5t la discrtion des g5s d'affaires3 il n'y aurait po9t de tribunal suprieur qui les corriget4 ,ceux d'entre eux prposs p\r t] les abus aim]ai5t mieux j\ir des abus4 ,les nobles s]ai5t comme les pr9ces des tats despotiques qui confisqu5t les bi5s de qui il leur plat4 ,bi5tt les pr(its qu'on y f]ait s]ai5t reg>ds comme un patrimo9e que l'av>ice t5drait sa fantaisie4 ,on f]ait tomb] les f]mes2 on rduirait ri5 les rev5us publics4 ,c'e/ p> l que quelques tats1 sans avoir reu d'*ecs qu'on puisse rem>qu]1 tomb5t dans une faiblesse dont les vois9s sont surpris1 et qui tonne les citoy5s mmes4 ,il faut que les lois leur df5d5t aussi le comm]ce3 des m>*&s si accrdits f]ai5t t\tes sortes de monopoles4 ,le comm]ce e/ la pr(ession des g5s gaux2 et1 p>mi les tats despotiques1 les plus misrables sont ceux o le pr9ce e/ m>*&4 ,les lois de ,v5ise,m#ajd df5d5t aux nobles le comm]ce1 qui p\rrait leur donn]1 mme innocemm5t1 des ri*esses exorbitantes4 ,m#ajd ,,amelot ,,de ,,la ,,h\ssaye1 du ,g\v]nem5t de ,v5ise1 p>tie ,,iii4--,la loi ,claudia df5dait aux snateurs d'avoir en m] aucun vaisseau qui tnt plus de qu>ante muids4 7,,tite-,,live1 liv4 ,,xxi47 ,les lois doiv5t employ] les moy5s les plus efficaces p\r que les nobles r5d5t ju/ice au peuple4 ,si elles n'ont po9t tabli un tribun1 il faut qu'elles soi5t un tribun elles-mmes,c#ajj4 ,t\te sorte d'asile contre l'excution des lois p]d l'ari/ocratie2 et la tyrannie en e/ t\t prs4 ,elles doiv5t mortifi]1 dans t\s les temps1 l'orgueil de la dom9ation4 ,il faut qu'il y ait1 p\r un temps ou p\r t\j\rs1 un magi/rat qui fasse trembl] les nobles1 comme les phores ,lacdmone1 et les inquisiteurs d'tat ,v5ise2 magi/ratures qui ne sont s\mises aucunes =malits4 ,ce g\v]nem5t a beso9 de ressorts bi5 viol5ts,c#aja4 ,une b\*e de pi]re,m#aje s'ouvre t\t dlateur ,v5ise3 v\s diriez que c'e/ celle de la tyrannie4 ,m#aje ,les dlateurs y jett5t leurs billets4 ,ces magi/ratures tyranniques1 dans l'ari/ocratie1 ont du rapport la c5sure de la dmocratie,c#ajb1 qui1 p> sa nature1 n'e/ pas mo9s indp5dante4 ,en effet1 les c5seurs ne doiv5t po9t tre re*]*s sur les *oses qu'ils ont faites p5dant leur c5sure3 il faut leur donn] de la confiance1 jamais du dc\ragem5t4 ,les ,roma9s tai5t admirables3 on p\vait faire r5dre t\s les magi/rats,m#ajf raison de leur conduite1 except aux c5seurs,m#ajg4 ,m#ajf ,voyez ,tite-,live1 liv4 ,,xlix4 ,un c5seur ne p\vait pas mme tre tr\bl p> un c5seur3 *acun faisait sa note1 sans pr5dre l'avis de son collgue2 et qu& on fit autrem5t1 la c5sure fut1 p\r a9si dire1 r5v]se4 ,m#ajg ,a ,a?nes1 les logi/es1 qui faisai5t r5dre compte t\s les magi/rats1 ne r5dai5t po9t compte eux-mmes4 ,deux *oses sont p]nicieuses dans l'ari/ocratie3 la pauvret extrme des nobles1 et leurs ri*esses exorbitantes4 ,p\r prv5ir leur pauvret il faut surt\t les oblig] de bonne heure pay] leurs dettes4 ,p\r modr] leurs ri*esses1 il faut des dispositions sages et ins5sibles2 non pas des confiscations1 des lois agraires1 des abolitions de dettes1 qui font des maux inf9is4 ,les lois doiv5t t] le droit d'anesse,c#ajc entre les nobles,m#ajh1 af9 que1 p> le p>tage cont9uel des successions1 les =tunes se remett5t t\j\rs dans l'galit4 ,m#ajh ,cela e/ a9si tabli ,v5ise4 7,,amelot ,,de ,,la ,,h\ssaye1 p4 #cj et #ca47 ,il ne faut po9t de sub/itutions1 de retraits lignag]s1 de majorats1 d'adoptions4 ,t\s les moy5s inv5ts p\r p]ptu] la gr&eur des familles dans les tats mon>*iques ne saurai5t tre d'usage dans l'ari/ocratie,m#aji4 ,m#aji ,il semble que l'objet de quelques ari/ocraties soit mo9s de ma9t5ir l'tat que ce qu'elles appell5t leur noblesse4 ,qu& les lois ont galis les familles1 il leur re/e ma9t5ir l'union entre elles4 ,les diffr5ds des nobles doiv5t tre promptem5t dcids3 sans cela1 les conte/ations entre les p]sonnes devi5n5t conte/ations entre les familles4 ,des arbitres peuv5t t]m9] les procs1 ou les emp*] de natre4 ,enf9 il ne faut po9t,c#ajd que les lois favoris5t les di/9ctions que la vanit met entre les familles1 s\s prtexte qu'elles sont plus nobles ou plus anci5nes3 cela doit tre mis au rang des petitesses des p>ticuli]s4 ,on n'a qu' jet] les yeux sur ,lacdmone1 on v]ra comm5t les phores sur5t mortifi] les faiblesses des rois1 celles des gr&s et celles du peuple4 ,,*apitre ,,ix ,comm5t les lois sont relatives leur pr9cipe dans la mon>*ie4 ,l'honneur tant le pr9cipe de ce g\v]nem5t1 les lois doiv5t s'y rapport]4 ,il faut qu'elles y travaill5t s\t5ir cette noblesse1 dont l'honneur e/ p\r a9si dire l'enfant et le pre4 ,il faut qu'elles la r5d5t hrditaire2 non pas p\r tre le t]me entre le p\voir du pr9ce et la faiblesse du peuple1 mais le li5 de t\s les deux4 ,les sub/itutions,c#aje1 qui cons]v5t les bi5s dans les familles1 s]ont trs utiles dans ce g\v]nem5t1 quoiqu'elles ne convi5n5t pas dans les autres4 ,le retrait lignag],c#ajf r5dra aux familles nobles les t]res que la prodigalit d'un p>5t aura alines4 ,les t]res nobles auront des privilges1 comme les p]sonnes4 ,on ne peut pas sp>] la dignit du mon>que de celle du royaume2 on ne peut gure sp>] non plus la dignit du noble de celle de son fief4 ,t\tes ces prrogatives s]ont p>ticulires la noblesse1 et ne pass]ont po9t au peuple1 si l'on ne veut *oqu] le pr9cipe du g\v]nem5t1 si l'on ne veut dim9u] la =ce de la noblesse et celle du peuple4 ,les sub/itutions gn5t le comm]ce2 le retrait lignag] fait une inf9it de procs ncessaires2 et t\s les fonds du royaume v5dus sont au mo9s1 en quelque faon1 sans matre p5dant un an4 ,des prrogatives atta*es des fiefs donn5t un p\voir trs *>ge ceux qui les s\ffr5t4 ,ce sont des inconvni5ts p>ticuli]s de la noblesse1 qui disp>aiss5t devant l'utilit gnrale qu'elle procure4 ,mais1 qu& on les communique au peuple1 on *oque inutilem5t t\s les pr9cipes4 ,on peut1 dans les mon>*ies1 p]mettre de laiss] la plus gr&e p>tie de ses bi5s un seul de ses enfants3 cette p]mission n'e/ mme bonne que l4 ,il faut que les lois favoris5t t\t le comm]ce,m#aaj que la con/itution de ce g\v]nem5t peut donn]1 af9 que les sujets puiss5t1 sans prir1 satisfaire aux beso9s t\j\rs r5aissants du pr9ce et de sa c\r4 ,m#aaj ,elle ne le p]met qu'au peuple4 ,voyez la loi troisime1 au code de ,comm4 de ,m]catoribus1 qui e/ ple9e de bon s5s4 ,il faut qu'elles mett5t un c]ta9 ordre dans la manire de lev] les tributs1 af9 qu'elle ne soit pas plus pesante que les *>ges mmes4 ,la pesanteur des *>ges produit d'abord le travail2 le travail1 l'accablem5t2 l'accablem5t1 l'esprit de p>esse4 ,,*apitre ,x ,de la promptitude de l'excution dans la mon>*ie4 ,le g\v]nem5t mon>*ique a un gr& avantage sur le rpublica93 les affaires tant m5es p> un seul1 il y a plus de promptitude dans l'excution4 ,mais comme cette promptitude p\rrait dgnr] en rapidit1 les lois y mettront une c]ta9e l5teur4 ,elles ne doiv5t pas seulem5t favoris] la nature de *aque con/itution1 mais encore remdi] aux abus qui p\rrai5t rsult] de cette mme nature4 ,le c>d9al de ,ri*elieu,m#aaa veut que l'on vite dans les mon>*ies les p9es des compagnies1 qui =m5t des difficults sur t\t4 ,qu& cet homme n'aurait pas eu le despotisme dans le coeur1 il l'aurait eu dans la tte,c#ajg4 ,m#aaa ,te/am5t politique4 ,les corps qui ont le dpt des lois,c#ajh n'obiss5t jamais mieux que qu& ils vont pas t>difs1 et qu'ils apport5t dans les affaires du pr9ce cette rflexion qu'on ne peut gure att5dre du dfaut de lumires de la c\r sur les lois de l'tat1 ni de la prcipitation de ses conseils,m#aab4 ,m#aab ,b>b>is cunctatio s]vilis2 /atim exequi regium videtur4 7,,tacite1 ,annal41 liv4 ,v1 #cb47 ,p\r les b>b>es1 la temporisation e/ quelque *ose de s]vile3 obir vite leur p>at royal4 ,que s]ait dev5ue la plus belle mon>*ie du monde1 si les magi/rats1 p> leurs l5teurs1 p> leurs pla9tes1 p> leurs prires1 n'avai5t arrt le c\rs des v]tus mmes de ces rois1 lorsque ces mon>ques1 ne consultant que leur gr&e me1 aurai5t v\lu rcomp5s] sans mesure des s]vices r5dus avec un c\rage et une fidlit aussi sans mesure8 ,,*apitre ,,xi ,de l'excell5ce du g\v]nem5t mon>*ique4 ,le g\v]nem5t mon>*ique a un gr& avantage sur le despotique4 ,comme il e/ de sa nature qu'il y ait s\s le pr9ce plusieurs ordres qui ti5n5t la con/itution1 l'tat e/ plus fixe1 la con/itution plus 9branlable1 la p]sonne de ceux qui g\v]n5t plus assure4 ,cicron,m#aac croit que l'tablissem5t des tribuns de ,rome fut le salut de la rpublique4 ,en effet1 dit-il1 la =ce du peuple qui n'a po9t de *ef e/ plus t]rible4 ,un *ef s5t que l'affaire r\le sur lui1 il y p5se2 mais le peuple1 dans son imptuosit1 ne connat po9t le pril o il se jette4 ,on peut appliqu] cette rflexion un tat despotique1 qui e/ un peuple sans tribuns2 et une mon>*ie1 o le peuple a en quelque faon des tribuns4 ,m#aac ,livre ,,iii des ,lois4 ,en effet1 on voit p>t\t que dans les m\vem5ts du g\v]nem5t despotique le peuple1 m5 p> lui-mme1 porte t\j\rs les *oses aussi lo9 qu'elles peuv5t all]2 t\s les dsordres qu'il commet sont extrmes2 au lieu que dans les mon>*ies les *oses sont trs r>em5t portes l'excs4 ,les *efs craign5t p\r eux-mmes2 ils ont peur d'tre ab&onns2 les puissances int]mdiaires dp5dantes,m#aad ne veul5t pas que le peuple pr5ne trop le dessus4 ,il e/ r>e que les ordres de l'tat soi5t entirem5t corrompus4 ,le pr9ce ti5t ses ordres2 et les sditieux1 qui n'ont ni la volont ni l'esprance de r5v]s] l'tat1 ne peuv5t ni ne veul5t r5v]s] le pr9ce4 ,m#aad ,voyez ci-dessus la premire note du liv4 ,,ii1 *ap4 ,,iv4 ,dans ces circon/ances1 les g5s qui ont de la sagesse et de l'autorit s'entremett5t2 on pr5d des tempram5ts1 on s'arrange1 on se corrige1 les lois repr5n5t leur vigueur et se font c\t]4 ,aussi t\tes nos hi/oires sont-elles ple9es de gu]res civiles sans rvolutions2 celles des tats despotiques sont ple9es de rvolutions sans gu]res civiles4 ,ceux qui ont crit l'hi/oire des gu]res civiles de quelques tats1 ceux mmes qui les ont fom5tes1 pr\v5t assez combi5 l'autorit que les pr9ces laiss5t de c]ta9s ordres p\r leur s]vice leur doit tre peu suspecte1 puisque1 dans l'g>em5t mme1 ils ne s\pirai5t qu'aprs les lois et leur devoir1 et ret>dai5t la f\gue et l'imptuosit des factieux plus qu'ils ne p\vai5t la s]vir,m#aae4 ,m#aae ,mmoires du c>d9al de ,retz1 et autres hi/oires4 ,le c>d9al de ,ri*elieu1 p5sant peut-tre qu'il avait trop avili les ordres de l'tat1 a rec\rs1 p\r le s\t5ir1 aux v]tus du pr9ce et de ses m9i/res,m#aaf2 et il exige d'eux tant de *oses1 qu'en vrit il n'y a qu'un ange qui puisse avoir tant d'att5tion1 tant de lumires1 tant de f]met1 tant de connaissance2 et on peut pe9e se flatt] que d'ici la dissolution des mon>*ies il puisse y avoir un pr9ce et des m9i/res p>eils4 ,m#aaf ,te/am5t politique4 ,comme les peuples qui viv5t s\s une bonne police sont plus heureux que ceux qui1 sans rgle et sans *efs1 err5t dans les =ts2 aussi les mon>ques qui viv5t s\s les lois fondam5tales de leur tat sont-ils plus heureux que les pr9ces despotiques qui n'ont ri5 qui puisse rgl] le coeur de leurs peuples1 ni le leur4 ,,*apitre ,,xii ,cont9uation du mme sujet4 ,qu'on n'aille po9t *]*] de la magnanimit dans les tats despotiques2 le pr9ce n'y donn]ait po9t une gr&eur qu'il n'a pas lui-mme2 *ez lui1 il n'y a pas de gloire,c#aji4 ,c'e/ dans les mon>*ies que l'on v]ra aut\r du pr9ce les sujets recevoir ses rayons2 c'e/ l que *acun1 t5ant1 p\r a9si dire1 un plus gr& espace1 peut ex]c] ces v]tus qui donn5t l'me1 non pas de l'indp5dance1 mais de la gr&eur4 ,,*apitre ,,xiii ,ide du despotisme4 ,qu& les sauvages de la ,l\isiane veul5t avoir du fruit1 ils c\p5t l'arbre au pi$1 et cueill5t le fruit,m#aag4 ,voil le g\v]nem5t despotique,c#aaj4 ,m#aag ,lettres difiantes1 recueil ,,ii1 p4 #cae4 ,,*apitre ,,xiv ,comm5t les lois sont relatives au pr9cipe du g\v]nem5t despotique4 ,le g\v]nem5t despotique a p\r pr9cipe la cra9te3 mais1 des peuples timides1 ignorants1 abattus1 il ne faut pas beauc\p de lois4 ,t\t y doit r\l] sur deux ou trois ides3 il n'en faut donc pas de n\velles4 ,qu& v\s in/ruisez une bte1 v\s v\s donnez bi5 de g>de de lui faire *ang] de matre1 de leons et d'allure2 v\s frappez son c]veau p> deux ou trois m\vem5ts1 et pas davantage4 ,lorsque le pr9ce e/ enf]m1 il ne peut sortir du sj\r de la volupt sans dsol] t\s ceux qui l'y reti5n5t4 ,ils ne peuv5t s\ffrir que sa p]sonne et son p\voir pass5t en d'autres ma9s4 ,il fait donc r>em5t la gu]re en p]sonne1 et il n'ose gure la faire p> ses lieut5ants4 ,un pr9ce p>eil1 acc\tum1 dans son palais1 ne tr\v] aucune rsi/ance1 s'indigne de celle qu'on lui fait les armes la ma93 il e/ donc ord9airem5t conduit p> la colre ou p> la v5geance4 ,d'ailleurs1 il ne peut avoir d'ide de la vraie gloire4 ,les gu]res doiv5t donc s'y faire dans t\te leur fureur naturelle1 et le droit des g5s y avoir mo9s d't5due qu'ailleurs4 ,un tel pr9ce a tant de dfauts qu'il faudrait cra9dre d'expos] au gr& j\r sa /upidit naturelle4 ,il e/ ca*1 et l'on ignore l'tat o il se tr\ve4 ,p> bonheur1 les hommes sont tels dans ce pays1 qu'ils n'ont beso9 que d'un nom qui les g\v]ne4 ,*>les ,,xii tant ,b5d]1 tr\vant quelque rsi/ance dans le snat de ,sude1 crivit qu'il leur env]rait une de ses bottes p\r comm&]4 ,cette botte aurait comm& comme un roi despotique4 ,si le pr9ce e/ prisonni]1 il e/ c5s tre mort2 et un autre monte sur le trne4 ,les traits que fait le prisonni] sont nuls2 son successeur ne les ratifi]ait pas4 ,en effet1 comme il e/ les lois1 l'tat et le pr9ce1 et que1 sitt qu'il n'e/ plus le pr9ce1 il n'e/ ri51 s'il n'tait pas c5s mort1 l'tat s]ait dtruit4 ,une des *oses qui dt]m9a le plus les ,turcs faire leur paix sp>e avec ,pi]re ,i]1 fut que les ,moscovites dir5t au vizir qu'en ,sude on avait mis un autre roi sur le trne4 ,la cons]vation de l'tat n'e/ que la cons]vation du pr9ce1 ou plutt du palais o il e/ enf]m4 ,t\t ce qui ne m5ace pas directem5t ce palais ou la ville capitale1 ne fait po9t d'impression sur des esprits ignorants1 orgueilleux et prv5us2 et1 quant l'en*anem5t des vnem5ts1 ils ne peuv5t le suivre1 le prvoir1 y p5s] mme4 ,la politique1 ses ressorts et ses lois y doiv5t tre trs borns1 et le g\v]nem5t politique y e/ aussi simple que le g\v]nem5t civil,m#aah4 ,m#aah ,selon ,m4 ,*>d91 il n'y a po9t de conseil d'tat en ,p]se4 ,t\t se rduit concili] le g\v]nem5t politique et civil avec le g\v]nem5t dome/ique1 les (fici]s de l'tat avec ceux du srail4 ,un p>eil tat s]a dans la meilleure situation lorsqu'il p\rra se reg>d] comme seul dans le monde2 qu'il s]a environn de ds]ts1 et sp> de peuples qu'il appell]a b>b>es4 ,ne p\vant compt] sur la milice1 il s]a bon qu'il dtruise une p>tie de lui-mme4 ,comme le pr9cipe du g\v]nem5t despotique e/ la cra9te1 le b en e/ la tranquillit2 mais ce n'e/ po9t une paix1 c'e/ le sil5ce de ces villes que l'ennemi e/ prs d'occup]4 ,la =ce n'tant pas dans l'tat1 mais dans l'arme qui l'a fond1 il faudrait1 p\r df5dre l'tat1 cons]v] cette arme3 mais elle e/ =midable au pr9ce4 ,comm5t donc concili] la sret de l'tat avec la sret de la p]sonne8 ,voyez1 je v\s prie1 avec quelle indu/rie le g\v]nem5t moscovite *]*e sortir du despotisme1 qui lui e/ plus pesant qu'aux peuples mmes4 ,on a cass les gr&s corps de tr\pes,c#aaa1 on a dim9u les pe9es des crimes1 on a tabli des tribunaux1 on a comm5c connatre les lois1 on a in/ruit les peuples4 ,mais il y a des causes p>ticulires qui le ramn]ont peut-tre au malheur qu'il v\lait fuir4 ,dans ces tats1 la religion a plus d'influ5ce que dans aucun autre2 elle e/ une cra9te aj\te la cra9te4 ,dans les empires mahomtans1 c'e/ de la religion que les peuples tir5t en p>tie le respect tonnant qu'ils ont p\r leur pr9ce4 ,c'e/ la religion,c#aab qui corrige un peu la con/itution turque4 ,les sujets qui ne sont pas atta*s la gloire et la gr&eur de l'tat p> honneur1 le sont p> la =ce et p> le pr9cipe de la religion4 ,de t\s les g\v]nem5ts despotiques1 il n'y en a po9t qui s'accable plus lui-mme que celui o le pr9ce se dcl>e propritaire de t\s les fonds de t]re1 et l'hriti] de t\s ses sujets3 il en rsulte t\j\rs l'ab&on de la culture des t]res2 et si d'ailleurs le pr9ce e/ m>*&1 t\te espce d'indu/rie e/ ru9e,c#aac4 ,dans ces tats1 on ne rp>e1 on n'amliore ri5,m#aai3 on ne btit des maisons que p\r la vie2 on ne fait po9t de fosss1 on ne plante po9t d'arbres2 on tire t\t de la nature1 on ne lui r5d ri52 t\t e/ en fri*e1 t\t e/ ds]t4 ,m#aai ,voyez ,ricaut1 tat de l',empire ,ottoman1 p4 #aif4 ,p5sez-v\s que des lois qui t5t la proprit des fonds de t]re et la succession des bi5s1 dim9u]ont l'av>ice et la cupidit des gr&s8 ,non3 elles irrit]ont cette cupidit et cette av>ice4 ,on s]a port faire mille vexations1 p>ce qu'on ne croira avoir en propre que l'or ou l'arg5t que l'on p\rra vol] ou ca*]4 ,p\r que t\t ne soit pas p]du1 il e/ bon que l'avidit du pr9ce soit modre p> quelque c\tume4 ,a9si1 en ,turquie1 le pr9ce se cont5te ord9airem5t de pr5dre trois p\r c5t sur les successions,m#abj des g5s du peuple4 ,mais1 comme le ,gr&-,seigneur donne la plup>t des t]res sa milice1 et en dispose sa fantaisie2 comme il se saisit de t\tes les successions des (fici]s de l'empire2 comme1 lorsqu'un homme meurt sans enfants mles1 le ,gr&-,seigneur a la proprit1 et que les filles n'ont que l'usufruit1 il arrive que la plup>t des bi5s de l'tat sont possds d'une manire prcaire4 ,m#abj ,voyez1 sur les successions des ,turcs1 ,lacdmone anci5ne et mod]ne4 ,voyez aussi ,ricaut1 de l',empire ,ottoman4 ,p> la loi de ,bantam,m#aba1 le roi pr5d la succession1 mme la femme1 les enfants et la maison4 ,on e/ oblig1 p\r lud] la plus cruelle disposition de cette loi1 de m>i] les enfants huit1 neuf ou dix ans1 et quelquefois plus jeunes1 af9 qu'ils ne se tr\v5t pas faire une malheureuse p>tie de la succession du pre4 ,m#aba ,recueil des ,voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 tome #a;er4--,la loi de ,pgu e/ mo9s cruelle3 si l'on a des enfants1 le roi ne succde qu'aux deux ti]s4 7,ibid41 t4 ,,iii1 p4 #a47 ,dans les tats o il n'y a po9t de lois fondam5tales1 la succession l'empire ne saurait tre fixe4 ,la c\ronne y e/ lective p> le pr9ce1 dans sa famille ou hors de sa famille4 ,en va9 s]ait-il tabli que l'an succd]ait2 le pr9ce en p\rrait t\j\rs *oisir un autre4 ,le successeur e/ dcl> p> le pr9ce lui-mme1 ou p> ses m9i/res1 ou p> une gu]re civile4 ,a9si cet tat a une raison de dissolution de plus qu'une mon>*ie4 ,*aque pr9ce de la famille royale ayant une gale capacit p\r tre lu1 il arrive que celui qui monte sur le trne fait d'abord trangl] ses frres,c#aad1 comme en ,turquie2 ou les fait aveugl]1 comme en ,p]se2 ou les r5d f\s1 comme *ez le ,mogol2 ou1 si l'on ne pr5d po9t ces prcautions1 comme ,m>oc1 *aque vacance du trne e/ suivie d'une affreuse gu]re civile4 ,p> les con/itutions de ,moscovie,m#abb1 le cz> peut *oisir qui il veut p\r son successeur,c#aae1 soit dans sa famille soit hors de sa famille4 ,un tel tablissem5t de succession cause mille rvolutions1 et r5d le trne aussi *ancelant que la succession e/ arbitraire4 ,l'ordre de succession tant une des *oses qu'il importe le plus au peuple de savoir1 le meilleur e/ celui qui frappe le plus les yeux1 comme la naissance et un c]ta9 ordre de naissance4 ,une telle disposition arrte les brigues1 t\ffe l'ambition2 on ne captive plus l'esprit d'un pr9ce faible1 et l'on ne fait po9t p>l] les m\rants4 ,m#abb ,voyez les diffr5tes con/itutions1 surt\t celle de #agbb4 ,lorsque la succession e/ tablie p> une loi fondam5tale1 un seul pr9ce e/ le successeur1 et ses frres n'ont aucun droit rel ou app>5t de lui disput] la c\ronne4 ,on ne peut prsum] ni faire valoir une volont p>ticulire du pre4 ,il n'e/ donc pas plus "q d'arrt] ou de faire m\rir le frre du roi que quelque autre sujet que ce soit4 ,mais dans les tats despotiques1 o les frres du pr9ce sont galem5t ses esclaves et ses rivaux1 la prud5ce veut que l'on s'assure de leurs p]sonnes1 surt\t dans les pays mahomtans1 o la religion reg>de la victoire ou le succs comme un jugem5t de ,dieu2 de sorte que p]sonne n'y e/ s\v]a9 de droit1 mais seulem5t de fait4 ,l'ambition e/ bi5 plus irrite dans des tats o des pr9ces du sang voi5t que1 s'ils ne mont5t pas sur le trne1 ils s]ont enf]ms ou mis mort1 que p>mi n\s1 o les pr9ces du sang j\iss5t d'une condition qui1 si elle n'e/ pas si satisfaisante p\r l'ambition1 l'e/ peut-tre plus p\r les dsirs modrs4 ,les pr9ces des tats despotiques ont t\j\rs abus du m>iage4 ,ils pr5n5t ord9airem5t plusieurs femmes1 surt\t dans la p>tie du monde o le despotisme e/ p\r a9si dire naturalis1 qui e/ l',asie4 ,ils en ont tant d'enfants1 qu'ils ne peuv5t gure avoir d'affection p\r eux1 ni ceux-ci p\r leurs frres4 ,la famille rgnante ressemble l'tat3 elle e/ trop faible1 et son *ef e/ trop =t2 elle p>at t5due1 et elle se rduit ri54 ,artax]xs,m#abc fit m\rir t\s ses enfants p\r avoir conjur contre lui4 ,il n'e/ pas vraisemblable que c9quante enfants conspir5t contre leur pre2 et encore mo9s qu'ils conspir5t p>ce qu'il n'a pas v\lu cd] sa concub9e son fils an4 ,il e/ plus simple de croire qu'il y a l quelque intrigue de ces srails d',ori5t1 de ces lieux o l'artifice1 la m*ancet1 la ruse1 rgn5t dans le sil5ce et se c\vr5t d'une paisse nuit2 o un vieux pr9ce1 dev5u t\s les j\rs plus imbcile1 e/ le premi] prisonni] du palais4 ,m#abc ,voyez ,ju/94 ,aprs t\t ce que n\s v5ons de dire1 il sembl]ait que la nature huma9e se s\lv]ait sans cesse contre le g\v]nem5t despotique2 mais1 malgr l'am\r des hommes p\r la lib]t1 malgr leur ha9e contre la viol5ce1 la plup>t des peuples y sont s\mis,c#aaf3 cela e/ ais compr5dre4 ,p\r =m] un g\v]nem5t modr1 il faut comb9] les puissances1 les rgl]1 les tempr]1 les faire agir2 donn]1 p\r a9si dire1 un le/ l'une p\r la mettre en tat de rsi/] une autre3 c'e/ un *ef-d'oeuvre de lgislation que le has>d fait r>em5t1 et que r>em5t on laisse faire la prud5ce4 ,un g\v]nem5t despotique1 au contraire1 saute1 p\r a9si dire1 aux yeux2 il e/ uni=me p>t\t3 comme il ne faut que des passions p\r l'tablir1 t\t le monde e/ bon p\r cela4 ,,*apitre ,,xv ,cont9uation du mme sujet,c#aag4 ,dans les climats *auds1 o rgne ord9airem5t le despotisme1 les passions se font plus tt s5tir1 et elles sont aussi plus tt amorties,m#abd2 l'esprit y e/ plus avanc2 les prils de la dissipation des bi5s y sont mo9s gr&s2 il y a mo9s de facilit de se di/+u]1 mo9s de comm]ce entre les jeunes g5s r5f]ms dans la maison3 on s'y m>ie de meilleure heure3 on y peut donc tre majeur plus tt que dans nos climats d',europe4 ,en ,turquie1 la majorit comm5ce qu9ze ans,m#abe4 ,m#abd ,voyez le livre des ,lois dans leur rapport avec la nature du climat4 ,m#abe ,,la ,,guilleti,,re1 ,lacdmone anci5ne et n\velle1 p4 #dfc4 ,la cession de bi5s,c#aah n'y peut avoir lieu4 ,dans un g\v]nem5t o p]sonne n'a de =tune assure1 on prte plus la p]sonne qu'aux bi5s4 ,elle entre naturellem5t dans les g\v]nem5ts modrs,m#abf et surt\t dans les rpubliques1 cause de la plus gr&e confiance que l'on doit avoir dans la probit des citoy5s1 et de la d\ceur que doit inspir] une =me de g\v]nem5t que *acun semble s'tre donne lui-mme4 ,m#abf ,il en e/ de mme des at]moiem5ts dans les banqu]\tes de bonne foi4 ,si dans la rpublique roma9e les lgislateurs avai5t tabli la cession des bi5s,m#abg1 on ne s]ait pas tomb dans tant de sditions et de discordes civiles1 et on n'aurait po9t essuy les dang]s des maux ni les prils des remdes4 ,m#abg ,elle ne fut tablie que p> la loi ,julia1 de ,cessione bonorum4 ,on vitait la prison1 et la cession ignom9ieuse des bi5s4 ,la pauvret et l'inc]titude des =tunes1 dans les tats despotiques1 y naturalis5t l'usure1 *acun augm5tant le prix de son arg5t proportion du pril qu'il y a le prt]4 ,la misre vi5t donc de t\tes p>ts dans ces pays malheureux2 t\t y e/ t1 jusqu' la ress\rce des emprunts4 ,il arrive de l qu'un m>*& n'y saurait faire un gr& comm]ce2 il vit au j\r la j\rne3 s'il se *>geait de beauc\p de m>*&ises1 il p]drait plus p> les intrts qu'il donn]ait p\r les pay]1 qu'il ne gagn]ait sur les m>*&ises4 ,aussi les lois sur le comm]ce n'y ont-elles gure de lieu2 elles se rduis5t la simple police4 ,le g\v]nem5t ne saurait tre inju/e sans avoir des ma9s qui ex]c5t ces inju/ices3 or1 il e/ impossible que ces ma9s ne s'emploi5t p\r elles-mmes4 ,le pculat e/ donc naturel dans les tats despotiques,c#aai4 ,ce crime y tant le crime ord9aire1 les confiscations y sont utiles4 ,p> l on console le peuple2 l'arg5t qu'on en tire e/ un tribut considrable1 que le pr9ce lv]ait difficilem5t sur des sujets abms3 il n'y a mme1 dans ces pays1 aucune famille qu'on veuille cons]v]4 ,dans les tats modrs1 c'e/ t\t autre *ose4 ,les confiscations,c#abj r5drai5t la proprit des bi5s inc]ta9e2 elles dp\ill]ai5t des enfants innoc5ts2 elles dtruirai5t une famille1 lorsqu'il ne s'agirait que de punir un c\pable4 ,dans les rpubliques1 elles f]ai5t le mal d't] l'galit qui en fait l'me1 en privant un citoy5 de son ncessaire physique,m#abh4 ,m#abh ,il me semble qu'on aimait trop les confiscations dans la rpublique d',a?nes4 ,une loi roma9e,m#abi veut qu'on ne confisque que dans le cas du crime de lse-maje/ au premi] *ef4 ,il s]ait s\v5t trs sage de suivre l'esprit de cette loi1 et de born] les confiscations de c]ta9s crimes4 ,dans les pays o une c\tume locale a dispos des propres1 ,bod9,m#acj dit trs bi5 qu'il ne faudrait confisqu] que les acquts,c#aba4 ,m#abi ,au!nt4 ,bona damnatorum4 ,cod4 de ,bon4 ,proscript4 seu ,damn4 ,m#acj ,liv4 ,v1 *ap4 ,,iii4 ,,*apitre ,,xvi ,de la communication du p\voir4 ,dans le g\v]nem5t despotique1 le p\voir passe t\t enti] dans les ma9s de celui qui on le confie4 ,le vizir e/ le despote lui-mme,c#abb1 et *aque (fici] p>ticuli] e/ le vizir4 ,dans le g\v]nem5t mon>*ique1 le p\voir s'applique mo9s immdiatem5t2 le mon>que1 en le donnant1 le tempre,m#aca4 ,il fait une telle di/ribution de son autorit1 qu'il n'en donne jamais une p>tie qu'il n'en reti5ne une plus gr&e4 ,m#aca ,ut esse ,phoebi dulcius lum5 solet jamjam cad5tis444 ,la lumire du soleil c\*ant p>at plus d\ce4 ,a9si1 dans les tats mon>*iques1 les g\v]neurs p>ticuli]s des villes ne relv5t pas tellem5t du g\v]neur de la prov9ce1 qu'ils ne relv5t du pr9ce encore davantage2 et les (fici]s p>ticuli]s des corps militaires ne dp5d5t pas tellem5t du gnral1 qu'ils ne dp5d5t du pr9ce encore plus4 ,dans la plup>t des tats mon>*iques1 on a sagem5t tabli que ceux qui ont un comm&em5t un peu t5du ne soi5t atta*s aucun corps de milice2 de sorte que1 n'ayant de comm&em5t que p> une volont p>ticulire du pr9ce1 p\vant tre employs et ne l'tre pas1 ils sont en quelque faon dehors4 ,ceci e/ incompatible avec le g\v]nem5t despotique4 ,c>1 si ceux qui n'ont pas un emploi actuel avai5t nanmo9s des prrogatives et des titres1 il y aurait dans l'tat des hommes gr&s p> eux-mmes2 ce qui *oqu]ait la nature de ce g\v]nem5t4 ,que si le g\v]neur d'une ville tait indp5dant du pa*a1 il faudrait t\s les j\rs des tempram5ts p\r les accommod]3 *ose absurde dans un g\v]nem5t despotique4 ,et1 de plus1 le g\v]neur p>ticuli] p\vant ne pas obir1 comm5t l'autre p\rrait-il rpondre de sa prov9ce sur sa tte8 ,dans ce g\v]nem5t l'autorit ne peut tre balance2 celle du mo9dre magi/rat ne l'e/ pas plus que celle du despote4 ,dans les pays modrs1 la loi e/ p>t\t sage1 elle e/ p>t\t connue1 et les plus petits magi/rats peuv5t la suivre4 ,mais dans le despotisme1 o la loi n'e/ que la volont du pr9ce1 qu& le pr9ce s]ait sage1 comm5t un magi/rat p\rrait-il suivre une volont qu'il ne connat pas8 ,il faut qu'il suive la si5ne4 ,il y a plus2 c'e/ que la loi n'tant que ce que le pr9ce veut1 et le pr9ce ne p\vant v\loir que ce qu'il connat1 il faut bi5 qu'il y ait une inf9it de g5s qui veuill5t p\r lui et comme lui4 ,,*apitre ,,xvii ,des prs5ts4 ,enf91 la loi tant la volont mom5tane du pr9ce1 il e/ ncessaire que ceux qui veul5t p\r lui veuill5t subitem5t comme lui4 ,c'e/ un usage1 dans les pays despotiques1 que l'on n'aborde qui que ce soit au-dessus de soi sans lui faire un prs5t,m#acb1 pas mme les rois4 ,l'emp]eur du ,mogol,m#acc ne reoit po9t les requtes de ses sujets qu'il n'en ait reu quelque *ose4 ,ces pr9ces vont jusqu' corrompre leurs propres grces4 ,m#acb ,en ,p]se1 dit ,*>d91 on ne dem&e ri5 qu'un prs5t la ma94 ,les plus pauvres et les plus misrables ne p>aiss5t devant les gr&s1 et devant p]sonne qui ils dem&5t quelque grce1 qu'en leur (frant quelque *ose2 et t\t e/ reu1 mme *ez les premi]s seigneurs du pays1 du fruit1 des p\lets1 un agneau4 ,*acun donne ce qui e/ le plus s\s sa ma9 et de sa pr(ession2 et ceux qui n'ont po9t de pr(ession donn5t de l'arg5t4 ,c'e/ un honneur que de recevoir ces sortes de prs5ts4 ,on les fait en public1 et mme on pr5d le temps qu'il y a le plus de compagnie4 ,cette c\tume e/ univ]sellem5t pratique dans t\t l',ori5t1 et c'e/ peut-tre une des plus anci5nes du monde4 7,description de la ,p]se1 *4 ,,xi47--,je crois que cette c\tume tait tablie *ez les rgules ,lomb>ds1 ,o/rogo?s1 ,wisigo?s1 ,b\rguignons1 ,francs4 ,mais comm5t faisai5t les pauvres qui dem&ai5t ju/ice8 ,les rois de ,pologne ont cont9u jusqu' nos j\rs recevoir des prs5ts4 ,jo9ville convi5t que sa9t ,l\is en recevait quelquefois4 ,il lui dit un j\r1 avec sa navet ord9aire1 au sortir d'une audi5ce p>ticulire que le roi avait accorde l'abb de ,cluny3 ,n'e/-il pas vrai1 sire1 que les deux beaux *evaux que ce mo9e v\s a donns ont un peu prolong la conv]sation8 7,note de ,,volt47 ,m#acc ,recueil des voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 t4 ,i1 p4 #hj4 ,cela doit tre a9si dans un g\v]nem5t o p]sonne n'e/ citoy52 dans un g\v]nem5t o l'on e/ ple9 de l'ide que le suprieur ne doit ri5 l'infrieur2 dans un g\v]nem5t o les hommes ne se croi5t lis que p> les *tim5ts que les uns ex]c5t sur les autres2 dans un g\v]nem5t o il y a peu d'affaires1 et o il e/ r>e que l'on ait beso9 de se prs5t] devant un gr&1 de lui faire des dem&es1 et encore mo9s des pla9tes4 ,dans une rpublique1 les prs5ts sont une *ose odieuse1 p>ce que la v]tu n'en a pas beso94 ,dans une mon>*ie1 l'honneur e/ un motif plus =t que les prs5ts4 ,mais1 dans l'tat despotique1 o il n'y a ni honneur ni v]tu1 on ne peut tre dt]m9 agir que p> l'esprance des commodits de la vie4 ,c'e/ dans les ides de la rpublique1 que ,platon,m#acd v\lait que ceux qui reoiv5t des prs5ts p\r faire leur devoir fuss5t punis de mort4 ,il n'en faut pr5dre1 disait-il1 ni p\r les *oses bonnes1 ni p\r les mauvaises4 ,m#acd ,liv4 ,,xii des ,lois4 ,c'tait une mauvaise loi que cette loi roma9e,m#ace qui p]mettait aux magi/rats de pr5dre de petits prs5ts,m#acf1 p\rvu qu'ils ne passass5t pas c5t cus dans t\te l'anne4 ,ceux qui on ne donne ri5 ne dsir5t ri52 ceux qui on donne un peu dsir5t bi5tt un peu plus1 et ensuite beauc\p4 ,d'ailleurs1 il e/ plus ais de conva9cre celui qui1 ne devant ri5 pr5dre1 pr5d quelque *ose1 que celui qui pr5d plus lorsqu'il devrait pr5dre mo9s1 et qui tr\ve t\j\rs p\r cela des prtextes1 des excuses1 des causes et des raisons plausibles4 ,m#ace ,leg4 ,,vi4 #b1 ,dig4 ad leg4 ,jul4 repet4 ,m#acf ,munuscula4 ,,*apitre ,,xviii ,des rcomp5ses que le s\v]a9 donne4 ,dans les g\v]nem5ts despotiques1 o1 comme n\s avons dit1 on n'e/ dt]m9 agir que p> l'esprance des commodits de la vie1 le pr9ce ne rcomp5s]ait que p> des di/9ctions1 si les di/9ctions que l'honneur tablit n'tai5t jo9tes un luxe qui donne ncessairem5t des beso9s3 le pr9ce y rcomp5se donc p> des honneurs qui mn5t la =tune4 ,mais1 dans une rpublique1 o la v]tu rgne1 motif qui se suffit lui-mme et qui exclut t\s les autres1 l'tat ne rcomp5se que p> des tmoignages de cette v]tu,c#abc4 ,c'e/ une rgle gnrale1 que les gr&es rcomp5ses1 dans une mon>*ie et dans une rpublique1 sont un signe de leur dcad5ce1 p>ce qu'elles pr\v5t que leurs pr9cipes sont corrompus2 que1 d'un ct1 l'ide de l'honneur n'y a plus tant de =ce2 que1 de l'autre1 la qualit de citoy5 s'e/ affaiblie4 ,les plus mauvais emp]eurs roma9s ont t ceux qui ont le plus donn1 p> exemple1 ,caligula1 ,claude1 ,nron1 ,o?on1 ,vitellius1 ,commode1 ,hliogabale et ,c>acalla4 ,les meilleurs1 comme ,augu/e1 ,vespasi51 ,anton9 ,pie1 ,m>c-,aurle et ,p]t9ax1 ont t conomes4 ,s\s les bons emp]eurs1 l'tat repr5ait ses pr9cipes3 le trsor de l'honneur supplait aux autres trsors4 ,,*apitre ,,xix ,n\velles consqu5ces des pr9cipes des trois g\v]nem5ts4 ,je ne puis me rs\dre f9ir ce livre sans faire encore quelques applications de mes trois pr9cipes4 ,,premi,,re ,,"q4--,les lois doiv5t-elles =c] un citoy5 accept] les emplois publics8 ,je dis qu'elles le doiv5t dans le g\v]nem5t rpublica9,c#abd1 et non pas dans le mon>*ique4 ,dans le premi]1 les magi/ratures sont des tmoignages de v]tu1 des dpts que la patrie confie un citoy51 qui ne doit vivre1 agir et p5s] que p\r elle3 il ne peut donc pas les refus],m#acg4 ,dans le second1 les magi/ratures sont des tmoignages d'honneur3 or1 telle e/ la biz>r]ie de l'honneur1 qu'il se plat n'en accept] aucun que qu& il veut1 et de la manire qu'il veut4 ,m#acg ,platon1 dans sa ,rpublique1 liv4 ,,viii1 met ces refus au nombre des m>ques de la corruption de la rpublique4 ,dans ses ,lois1 liv4 ,,vi1 il veut qu'on les punisse p> une am5de4 ,a ,v5ise1 on les punit p> l'exil4 ,le feu roi de ,s>daigne,m#ach punissait ceux qui refusai5t les dignits et les emplois de son tat4 ,il suivait1 sans le savoir1 des ides rpublica9es4 ,sa manire de g\v]n]1 d'ailleurs1 pr\ve assez que ce n'tait pas l son int5tion4 ,m#ach ,victor-,amde4 ,,seconde ,,"q4--,e/-ce une bonne maxime1 qu'un citoy5 puisse tre oblig d'accept]1 dans l'arme1 une place infrieure,c#abe celle qu'il a occupe8 ,on voyait s\v5t1 *ez les ,roma9s1 le capita9e s]vir1 l'anne d'aprs1 s\s son lieut5ant,m#aci4 ,c'e/ que1 dans les rpubliques1 la v]tu dem&e qu'on fasse l'tat un sacrifice cont9uel de soi-mme et de ses rpugnances4 ,mais1 dans les mon>*ies1 l'honneur1 vrai ou faux1 ne peut s\ffrir ce qu'il appelle se dgrad]4 ,m#aci ,quelques c5turions ayant appel au peuple1 p\r dem&] l'emploi qu'ils avai5t eu3 ,il e/ ju/e1 mes compagnons1 dit un c5turion1 que v\s reg>diez comme honorables t\s les po/es o v\s df5drez la rpublique4 7,,tite-,,live1 liv4 ,,xlii47--,ce qui se fit ,rome lors de la gu]re de ,p]se1 ce qui s'e/ fait ,gnes dans la d]nire rvolution1 se s]ait fait en p>eil cas dans les mon>*ies4 ,n\s p\rrions en rapport] une multitude d'exemples pris *ez n\s-mmes1 non p>mi de simples (fici]s1 mais p>mi les plus gr&s gnraux4 7,d74 ,dans les g\v]nem5ts despotiques1 o l'on abuse galem5t de l'honneur1 des po/es et des rangs1 on fait indiffremm5t d'un pr9ce un g\jat1 et d'un g\jat un pr9ce4 ,,troisi,,me ,,"q4--,mettra-t-on sur une mme tte les emplois civils et militaires,c#abf8 ,il faut les unir dans la rpublique1 et les sp>] dans la mon>*ie4 ,dans les rpubliques1 il s]ait bi5 dang]eux de faire de la pr(ession des armes un tat p>ticuli]1 di/+u de celui qui a les fonctions civiles2 et dans les mon>*ies1 il n'y aurait pas mo9s de pril donn] les deux fonctions la mme p]sonne4 ,on ne pr5d les armes1 dans la rpublique1 qu'en qualit de df5seur des lois et de la patrie3 c'e/ p>ce que l'on e/ citoy5 qu'on se fait1 p\r un temps1 soldat4 ,s'il y avait deux tats di/+us1 on f]ait s5tir celui qui1 s\s les armes1 se croit citoy51 qu'il n'e/ que soldat4 ,dans les mon>*ies1 les g5s de gu]re n'ont p\r objet que la gloire1 ou du mo9s l'honneur ou la =tune4 ,on doit bi5 se g>d] de donn] les emplois civils des hommes p>eils3 il faut1 au contraire1 qu'ils soi5t cont5us p> les magi/rats civils1 et que les mmes g5s n'ai5t pas en mme temps la confiance du peuple et la =ce p\r en abus],m#adj4 ,m#adj ,ne imp]ium ad optimos nobilium transf]retur1 s5atum militia vetuit ,galli5us2 etiam adire ex]citum4 7,,aurelius ,,victor1 de ,viris illu/ribus47 ,de peur que l'empire ne tombt entre les ma9s des pr9cipaux des nobles1 l'emp]eur ,galli5 int]dit au ,snat le s]vice militaire1 et mme l'accs des armes4 ,voyez1 dans une nation o la rpublique se ca*e s\s la =me de la mon>*ie1 combi5 l'on cra9t un tat p>ticuli] de g5s de gu]re,c#abg1 et comm5t le gu]ri] re/e t\j\rs citoy51 ou mme magi/rat1 af9 que ces qualits soi5t un gage p\r la patrie1 et qu'on ne l'oublie jamais4 ,cette division de magi/ratures en civiles et militaires1 faite p> les ,roma9s aprs la p]te de la ,rpublique1 ne fut pas une *ose arbitraire2 elle fut une suite du *angem5t de la con/itution de ,rome3 elle tait de la nature du g\v]nem5t mon>*ique2 et ce qui ne fut que comm5c s\s ,augu/e,m#ada1 les emp]eurs suivants,m#adb fur5t obligs de l'a*ev]1 p\r tempr] le g\v]nem5t militaire4 ,m#ada ,augu/e ta aux snateurs1 proconsuls et g\v]neurs le droit de port] les armes4 7,,dion41 liv4 ,,liii47--,augu/e n'ta ce droit qu'aux snateurs dev5us proconsuls2 c> les proprteurs1 lieut5ants de l'emp]eur1 tai5t g\v]neurs des prov9ces dans lesquelles ils tai5t envoys1 et y avai5t le comm&em5t des armes4 7,,cr,v47 ,m#adb ,con/ant94 ,voyez ,zosime1 liv4 ,,ii4 ,a9si ,procope1 concurr5t de ,val5s l'empire1 n'y ent5dait ri51 lorsque1 donnant ,hormisdas1 pr9ce du sang royal de ,p]se1 la dignit de proconsul,m#adc1 il r5dit cette magi/rature le comm&em5t des armes qu'elle avait autrefois2 mo9s qu'il n'et des raisons p>ticulires4 ,un homme qui aspire la s\v]a9et *]*e mo9s ce qui e/ utile l'tat que ce qui l'e/ sa cause4 ,m#adc ,,ammi5 ,,m>cell91 liv4 ,,xxvi4 ,et civilia m vet]um et bella recturo4 ,,quatri,,me ,,"q4--,convi5t-il que les *>ges soi5t vnales8 ,elles ne doiv5t pas l'tre dans les tats despotiques1 o il faut que les sujets soi5t placs ou dplacs dans un in/ant p> le pr9ce4 ,cette vnalit e/ bonne dans les tats mon>*iques1 p>ce qu'elle fait faire1 comme un mti] de famille,c#abh1 ce qu'on ne v\drait pas entrepr5dre p\r la v]tu2 qu'elle de/9e *acun son devoir1 et r5d les ordres de l'tat plus p]man5ts4 ,suidas,m#add dit trs bi5 qu',ana/ase avait fait de l'empire une espce d'ari/ocratie1 en v5dant t\tes les magi/ratures4 ,m#add ,fragm5ts tirs des ,ambassades de ,con/ant9 ,porphyrognte4 ,platon,m#ade ne peut s\ffrir cette vnalit4 ,c'e/1 dit-il1 comme si1 dans un navire1 on faisait quelqu'un pilote ou matelot p\r son arg5t4 ,s]ait-il possible que la rgle ft mauvaise dans quelque autre emploi que ce ft de la vie1 et bonne seulem5t p\r conduire une rpublique8 ,mais ,platon p>le d'une rpublique fonde sur la v]tu1 et n\s p>lons d'une mon>*ie4 ,or1 dans une mon>*ie o1 qu& les *>ges ne se v5drai5t pas p> un rglem5t public1 l'indig5ce et l'avidit des c\rtisans les v5drai5t t\t de mme1 le has>d donn]a de meilleurs sujets que le *oix du pr9ce4 ,enf91 la manire de s'avanc] p> les ri*esses inspire et entreti5t l'indu/rie,m#adf3 *ose dont cette espce de g\v]nem5t a gr& beso94 ,m#ade ,rpublique1 liv4 ,,viii4 ,m#adf ,p>esse de l',espagne3 on y donne t\s les emplois4 ,,c9qui,,me ,,"q4--,dans quel g\v]nem5t faut-il des c5seurs8 ,il en faut dans une rpublique,c#abi1 o le pr9cipe du g\v]nem5t e/ la v]tu4 ,ce ne sont pas seulem5t les crimes qui dtruis5t la v]tu1 mais encore les nglig5ces1 les fautes1 une c]ta9e tideur dans l'am\r de la patrie1 des exemples dang]eux1 des sem5ces de corruption2 ce qui ne *oque po9t les lois1 mais les lude2 ce qui ne les dtruit pas1 mais les affaiblit3 t\t cela doit tre corrig p> les c5seurs4 ,on e/ tonn de la punition de cet aropagite qui avait tu un mo9eau qui1 p\rsuivi p> un p]vi]1 s'tait rfugi dans son se94 ,on e/ surpris,c#acj que l'aropage ait fait m\rir un enfant qui avait crev les yeux son oiseau4 ,qu'on fasse att5tion qu'il ne s'agit po9t l d'une condamnation p\r crime1 mais d'un jugem5t de moeurs dans une rpublique fonde sur les moeurs4 ,dans les mon>*ies1 il ne faut po9t de c5seurs3 elles sont fondes sur l'honneur2 et la nature de l'honneur e/ d'avoir p\r c5seur t\t l'univ]s4 ,t\t homme qui y manque e/ s\mis aux repro*es de ceux mmes qui n'en ont pas4 ,l1 les c5seurs s]ai5t gts p> ceux mmes qu'ils devrai5t corrig]4 ,ils ne s]ai5t pas bons contre la corruption d'une mon>*ie2 mais la corruption d'une mon>*ie s]ait trop =te contre eux4 ,on s5t bi5 qu'il ne faut po9t de c5seurs contre les g\v]nem5ts despotiques4 ,l'exemple de la ,*9e semble drog] cette rgle2 mais n\s v]rons dans la suite de cet ouvrage les raisons s+ulires de cet tablissem5t4 ,,app5dice#ij ,,livre ,,sixi,,me ,,cons,,qu5ces ,,des ,,pr9cipes ,,des ,,g\v]nem5ts1 ,,p> ,,rapport ,a ,,la ,,simplicit ,,des ,,lois ,,civiles ,,et ,,crim9elles1 ,,la ,,=me ,,des ,,jugem5ts ,,et ,l',,tablissem5t ,,des ,,pe9es4 ,,*apitre ,,premi] ,de la simplicit des lois civiles dans les div]s g\v]nem5ts4 ,le g\v]nem5t mon>*ique ne comporte pas des lois aussi simples que le despotique4 ,il y faut des tribunaux4 ,ces tribunaux donn5t des dcisions4 ,elles doiv5t tre cons]ves1 elles doiv5t tre apprises1 p\r que l'on y juge auj\rd'hui comme l'on y jugea hi]1 et que la proprit et la vie des citoy5s y soi5t assures et fixes comme la con/itution mme de l'tat4 #ij ,n\s donnons en ,app5dice les livres de l',esprit des ,lois1 qui1 sans tre indiqus au programme1 complt5t la ?orie des g\v]nem5ts 7,,vi1 ,,vii1 ,,viii1 ,,xi7 et ceux qui ont eu le plus d'influ5ce sur les ides r=matrices du ,x,v,i,i,ie sicle4 7,note de l'diteur47 ,dans une mon>*ie1 l'adm9i/ration d'une ju/ice qui ne dcide pas seulem5t de la vie et des bi5s1 mais aussi de l'honneur1 dem&e des re*]*es scrupuleuses4 ,la dlicatesse du juge augm5te mesure qu'il a un plus gr& dpt1 et qu'il prononce sur de plus gr&s intrts4 ,il ne faut donc pas tre tonn de tr\v] dans les lois de ces tats tant de rgles1 de re/rictions1 d'ext5sions1 qui multipli5t les cas p>ticuli]s1 et sembl5t faire un art de la raison mme4 ,la diffr5ce de rang1 d'orig9e1 de condition1 qui e/ tablie dans le g\v]nem5t mon>*ique1 entrane s\v5t des di/9ctions dans la nature des bi5s2 et des lois relatives la con/itution de cet tat peuv5t augm5t] le nombre de ces di/9ctions4 ,a9si1 p>mi n\s1 les bi5s sont propres1 acquts1 ou conquts2 dotaux1 p>aph]naux2 pat]nels et mat]nels2 meubles de plusieurs espces2 libres1 sub/itus2 du lignage1 ou non2 nobles en franc-alleu1 ou roturi]s2 r5tes foncires ou con/itues prix d'arg5t4 ,*aque sorte de bi5s e/ s\mise des rgles p>ticulires3 il faut les suivre p\r en dispos]3 ce qui te encore de la simplicit4 ,dans nos g\v]nem5ts1 les fiefs sont dev5us hrditaires4 ,il a fallu que la noblesse et un c]ta9 bi51 c'e/--dire que le fief et une c]ta9e consi/ance1 af9 que le propritaire du fief ft en tat de s]vir le pr9ce4 ,cela a d produire bi5 des v>its3 p> exemple1 il y a des pays o l'on n'a pu p>tag] les fiefs entre les frres2 dans d'autres1 les cadets ont pu avoir leur subsi/ance avec plus d't5due4 ,le mon>que1 qui connat *acune de ses prov9ces1 peut tablir div]ses lois1 ou s\ffrir diffr5tes c\tumes4 ,mais le despote ne connat ri51 et ne peut avoir d'att5tion sur ri52 il lui faut une allure gnrale2 il g\v]ne p> une volont rigide qui e/ p>t\t la mme2 t\t s'aplanit s\s ses pi$s4 ,a mesure que les jugem5ts des tribunaux se multipli5t dans les mon>*ies1 la jurisprud5ce se *>ge de dcisions qui quelquefois se contr$is5t1 ou p>ce que les juges qui se succd5t p5s5t diffremm5t1 ou p>ce que les mmes affaires sont tantt bi51 tantt mal df5dues1 ou enf9 p> une inf9it d'abus qui se gliss5t dans t\t ce qui passe p> la ma9 des hommes4 ,c'e/ un mal ncessaire que le lgislateur corrige de temps en temps1 comme contraire mme l'esprit des g\v]nem5ts modrs4 ,c>1 qu& on e/ oblig de rec\rir aux tribunaux1 il faut que cela vi5ne de la nature de la con/itution1 et non pas des contradictions et de l'inc]titude des lois4 ,dans les g\v]nem5ts o il y a ncessairem5t des di/9ctions dans les p]sonnes1 il faut qu'il y ait des privilges4 ,cela dim9ue encore la simplicit1 et fait mille exceptions4 ,un des privilges le mo9s *>ge la socit1 et surt\t celui qui le donne1 c'e/ de plaid] devant un tribunal plutt que devant un autre4 ,voil de n\velles affaires1 c'e/--dire celles o il s'agit de savoir devant quel tribunal il faut plaid]4 ,les peuples des tats despotiques sont dans un cas bi5 diffr5t4 ,je ne sais sur quoi1 dans ces pays1 le lgislateur p\rrait /atu]1 ou le magi/rat jug]4 ,il suit de ce que les t]res app>ti5n5t au pr9ce1 qu'il n'y a presque po9t de lois civiles sur la proprit des t]res4 ,il suit du droit que le s\v]a9 a de succd]1 qu'il n'y en a pas non plus sur les successions4 ,le ngoce exclusif qu'il fait dans quelques pays r5d inutiles t\tes sortes de lois sur le comm]ce4 ,les m>iages que l'on y contracte avec des filles esclaves font qu'il n'y a gure de lois civiles sur les dots et sur les avantages des femmes4 ,il rsulte encore de cette prodigieuse multitude d'esclaves qu'il n'y a presque po9t de g5s qui ai5t une volont propre1 et qui p> consqu5t doiv5t rpondre de leur conduite devant un juge4 ,la plup>t des actions morales1 qui ne sont que les volonts du pre1 du m>i1 du matre1 se rgl5t p> eux1 et non p> les magi/rats4 ,j'oubliais de dire que ce que n\s appelons l'honneur tant pe9e connu dans ces tats1 t\tes les affaires qui reg>d5t cet honneur1 qui e/ un si gr& *apitre p>mi n\s1 n'y ont po9t de lieu4 ,le despotisme se suffit lui-mme3 t\t e/ vide aut\r de lui4 ,aussi lorsque les voyageurs n\s dcriv5t les pays o il rgne1 r>em5t n\s p>l5t-ils des lois civiles#ia4 #ia ,au ,mazulipatan1 on n'a pu dc\vrir qu'il y et de loi crite4 ,voyez le ,recueil des ,voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 tome ,,iv1 p>tie premire1 page #cia4 ,les ,indi5s ne se rgl5t1 dans les jugem5ts1 que sur de c]ta9es c\tumes4 ,le ,v$am et autres livres p>eils ne conti5n5t po9t de lois civiles1 mais des prceptes religieux4 ,voyez ,lettres difiantes1 quatorzime recueil4 ,t\tes les occasions de dispute et de procs y sont donc tes4 ,c'e/ ce qui fait en p>tie qu'on y maltraite si =t les plaideurs3 l'inju/ice de leur dem&e p>at dc\v]t1 n'tant pas ca*e1 pallie ou protge p> une inf9it de lois4 ,,*apitre ,,ii ,de la simplicit des lois crim9elles dans les div]s g\v]nem5ts4 ,on ent5d dire sans cesse qu'il faudrait que la ju/ice ft r5due p>t\t comme en ,turquie4 ,il n'y aura donc que les plus ignorants de t\s les peuples qui auront vu clair dans la *ose du monde qu'il importe le plus aux hommes de savoir8 ,si v\s exam9ez les =malits de la ju/ice p> rapport la pe9e qu'a un citoy5 se faire r5dre son bi51 ou obt5ir satisfaction de quelque outrage1 v\s en tr\v]ez sans d\te trop4 ,si v\s les reg>dez dans le rapport qu'elles ont avec la lib]t et la sret des citoy5s1 v\s en tr\v]ez s\v5t trop peu2 et v\s v]rez que les pe9es1 les dp5ses1 les longueurs1 les dang]s mme de la ju/ice1 sont le prix que *aque citoy5 donne p\r sa lib]t4 ,en ,turquie1 o l'on fait trs peu d'att5tion la =tune1 la vie1 l'honneur des sujets1 on t]m9e promptem5t1 d'une faon ou d'une autre1 t\tes les disputes4 ,la manire de les f9ir e/ indiffr5te1 p\rvu qu'on f9isse4 ,le pa*a1 d'abord clairci1 fait di/ribu]1 sa fantaisie1 des c\ps de bton sur la plante des pi$s des plaideurs1 et les r5voie *ez eux#ib4 #ib ,qu& les lois sont trs simples1 il n'y a gure de procs o l'une des deux p>ties ne soit videmm5t un fripon1 p>ce que les discussions r\l5t sur des faits1 et non sur le droit4 ,voil p\rquoi on fait1 dans l',ori5t1 un si gr& usage des tmo9s dans les affaires civiles1 et qu'on di/ribue quelquefois des c\ps de bton aux plaideurs et aux tmo9s qui en ont impos la ju/ice4 7,note de ,,volt47 ,et il s]ait bi5 dang]eux que l'on y et les passions des plaideurs3 elles suppos5t un dsir ard5t de se faire r5dre ju/ice1 une ha9e1 une action dans l'esprit1 une con/ance p\rsuivre4 ,t\t cela doit tre vit dans un g\v]nem5t o il ne faut avoir d'autre s5tim5t que la cra9te1 et o t\t mne t\t c\p1 et sans qu'on le puisse prvoir1 des rvolutions4 ,*acun doit connatre qu'il ne faut po9t que le magi/rat ent5de p>l] de lui1 et qu'il ne ti5t sa sret que de son anantissem5t4 ,mais1 dans les tats modrs1 o la tte du mo9dre citoy5 e/ considrable1 on ne lui te son honneur et ses bi5s qu'aprs un long exam52 on ne le prive de la vie que lorsque la patrie elle-mme l'attaque2 et elle ne l'attaque qu'en lui laissant t\s les moy5s possibles de la df5dre4 ,aussi1 lorsqu'un homme se r5d plus absolu#ic1 songe-t-il d'abord simplifi] les lois4 ,on comm5ce dans cet tat tre plus frapp des inconvni5ts p>ticuli]s que de la lib]t des sujets1 dont on ne se s\cie po9t du t\t4 #ic ,cs>1 ,cromwell1 et tant d'autres4 ,on voit que dans les rpubliques il faut p\r le mo9s autant de =malits que dans les mon>*ies4 ,dans l'un et dans l'autre g\v]nem5t1 elles augm5t5t en raison du cas que l'on y fait de l'honneur1 de la =tune1 de la vie1 de la lib]t des citoy5s4 ,les hommes sont t\s gaux dans le g\v]nem5t rpublica92 ils sont gaux dans le g\v]nem5t despotique3 dans le premi]1 c'e/ p>ce qu'ils sont t\t2 dans le second1 c'e/ p>ce qu'ils ne sont ri54 ,,*apitre ,,iii ,dans quels g\v]nem5ts et dans quels cas on doit jug] selon un texte prcis de la loi4 ,plus le g\v]nem5t appro*e de la rpublique1 plus la manire de jug] devi5t fixe2 et c'tait un vice de la rpublique de ,lacdmone que les phores jugeass5t arbitrairem5t1 sans qu'il y et des lois p\r les dirig]4 ,a ,rome1 les premi]s consuls jugr5t comme les phores3 on en s5tit les inconvni5ts1 et l'on fit des lois prcises4 ,dans les tats despotiques1 il n'y a po9t de lois3 le juge e/ lui-mme sa rgle4 ,dans les tats mon>*iques1 il y a une loi2 et l o elle e/ prcise1 le juge la suit2 l o elle ne l'e/ pas1 il en *]*e l'esprit4 ,dans le g\v]nem5t rpublica91 il e/ de la nature de la con/itution que les juges suiv5t la lettre de la loi#id4 ,il n'y a po9t de citoy5 contre qui on puisse int]prt] une loi1 qu& il s'agit de ses bi5s1 de son honneur ou de sa vie4 #id ,ri5 n'e/ plus dang]eux que l'axiome commun3 ,il faut consult] l'esprit de la loi4 ,adopt] cet axiome1 c'e/ rompre t\tes les digues et ab&onn] les lois au torr5t des op9ions4 ,*aque homme a sa manire de voir3 l'esprit d'une loi s]ait donc le rsultat de la logique bonne ou mauvaise d'un juge1 d'une dige/ion aise ou pnible1 de la faiblesse de l'accus1 de la viol5ce des passions du magi/rat1 de ses relations avec l'(f5s2 enf91 de t\tes les petites causes qui *ang5t les app>5ces et dnatur5t les objets dans l'esprit incon/ant de l'homme8 ,a9si1 n\s v]rions l'esprit d'un citoy5 *ang] de face en passant un autre tribunal1 et la vie du malheureux s]ait la m]ci d'un faux raisonnem5t ou de la mauvaise humeur de son juge4 ,n\s v]rions les mmes dlits punis diffremm5t en diffr5ts temps1 p> le mme tribunal1 p>ce qu'au lieu d'c\t] la voix con/ante et inv>iable des lois1 il se livr]ait l'in/abilit trompeuse des int]prtations arbitraires4 7,,becc>ia1 *4 ,,iv47 ,a ,rome1 les juges prononai5t seulem5t que l'accus tait c\pable d'un c]ta9 crime2 et la pe9e se tr\vait dans la loi1 comme on le voit dans div]ses lois qui fur5t faites4 ,en ,anglet]re1 les jurs dcid5t si le fait qui a t port devant eux e/ pr\v ou non2 et1 s'il e/ pr\v1 le juge prononce la pe9e que la loi inflige p\r ce fait3 et1 p\r cela1 il ne lui faut que des yeux4 ,,*apitre ,,iv ,de la manire de =m] les jugem5ts4 ,de l suiv5t les diffr5tes manires de =m] les jugem5ts4 ,dans les mon>*ies1 les juges pr5n5t la manire des arbitres3 ils dlibr5t ensemble1 ils se communiqu5t leurs p5ses1 ils se concili5t2 on modifie son avis p\r le r5dre con=me celui d'un autre2 les avis les mo9s nombreux sont rappels aux deux plus gr&s4 ,cela n'e/ po9t de la nature de la rpublique4 ,a ,rome1 et dans les villes grecques1 les juges ne se communiquai5t po9t3 *acun donnait son avis d'une de ces trois manires3 j'abs\s1 je condamne1 il ne me p>at pas#ie3 c'e/ que le peuple jugeait ou tait c5s jug]4 ,mais le peuple n'e/ pas jurisconsulte2 t\tes ces modifications et tempram5ts des arbitres ne sont pas p\r lui2 il faut lui prs5t] un seul objet1 un fait1 et un seul fait2 et qu'il n'ait qu' voir s'il doit condamn]1 abs\dre1 ou remettre le jugem5t4 #ie ,non liquet4 ,la cause n'e/ pas claire4 ,les ,roma9s1 l'exemple des ,grecs1 introduisir5t des =mules d'actions#if1 et tablir5t la ncessit de dirig] *aque affaire p> l'action qui lui tait propre4 ,cela tait ncessaire dans leur manire de jug]3 il fallait fix] l'tat de la "q1 p\r que le peuple l'et t\j\rs devant les yeux4 ,autrem5t1 dans le c\rs d'une gr&e affaire1 cet tat de la "q *ang]ait cont9uellem5t1 et on ne le reconnatrait plus4 #if ,quas actiones ne populus1 pr\t vellet1 in/itu]et1 c]tas solemnesque esse volu]unt4 7,leg4 ,,ii1 #f1 ,dig41 de ,orig4 ,jur47 ,ils in/itur5t des =mes fixes et sol5nelles d'actions1 af9 que le peuple ne pt pas les tablir sa fantaisie4 ,de l il suivait que les juges1 *ez les ,roma9s1 n'accordai5t que la dem&e prcise1 sans ri5 augm5t]1 dim9u]1 ni modifi]4 ,mais les prteurs imag9r5t d'autres =mules d'actions qu'on appela de bonne foi#ig1 o la manire de prononc] tait plus dans la disposition du juge4 ,ceci tait plus con=me l'esprit de la mon>*ie4 ,aussi les jurisconsultes franais dis5t-ils3 ,en ,france#ih t\tes les actions sont de bonne foi4 #ig ,dans lesquelles on mettait ces mots3 ,ex bona fide4 #ih ,on y condamne aux dp5s celui-l mme qui on dem&e plus qu'il ne doit1 s'il n'a (f]t et consign ce qu'il doit4 ,,*apitre ,v ,dans quels g\v]nem5ts le s\v]a9 peut tre juge4 ,ma*iavel#ii attribue la p]te de la lib]t de ,flor5ce ce que le peuple ne jugeait pas en corps1 comme ,rome1 des crimes de lse-maje/ commis contre lui4 ,il y avait p\r cela huit juges tablis4 ,mais1 dit ,ma*iavel1 peu sont corrompus p> peu4 ,j'adopt]ais bi5 la maxime de ce gr& homme2 mais comme dans ces cas l'intrt politique =ce p\r a9si dire l'intrt civil 7c> c'e/ t\j\rs un inconvni5t que le peuple juge lui-mme ses (f5ses71 il faut1 p\r y remdi]1 que les lois p\rvoi5t1 autant qu'il e/ en elles1 la sret des p>ticuli]s4 #ii ,disc\rs sur la premire dcade de ,tite-,live1 liv4 ,i1 *4 ,,vii4 ,dans cette ide1 les lgislateurs de ,rome fir5t deux *oses3 ils p]mir5t aux accuss de s'exil]#ajj avant le jugem5t#aja2 et ils v\lur5t que les bi5s des condamns fuss5t consacrs1 p\r que le peuple n'en et pas la confiscation4 ,on v]ra dans le livre ,,xi les autres limitations que l'on mit la puissance que le peuple avait de jug]4 #ajj ,cela e/ bi5 expliqu dans l'oraison de ,cicron pro ,cc9a1 la f94 #aja ,c'tait une loi d',a?nes1 comme il p>at p> ,dmo/hne4 ,socrate refusa de s'en s]vir4 ,solon sut bi5 prv5ir l'abus que le peuple p\rrait faire de sa puissance dans le jugem5t des crimes3 il v\lut que l'aropage revt l'affaire2 que1 s'il croyait l'accus inju/em5t abs\s#ajb1 il l'accust de n\veau devant le peuple3 que1 s'il le croyait inju/em5t condamn#ajc1 il arrtt l'excution1 et lui ft rejug] l'affaire3 loi admirable1 qui s\mettait le peuple la c5sure de la magi/rature qu'il respectait le plus1 et la si5ne mme6 #ajb ,d,,mo/h,,ne1 sur la ,c\ronne1 p4 #did1 dition de ,franc=t1 de l'an #afjd4 #ajc ,voyez ,philo/rate1 ,vies des ,sophi/es1 liv4 ,i]2 ,vies d's*9e4 ,il s]a bon de mettre quelque l5teur dans des affaires p>eilles1 surt\t du mom5t que l'accus s]a prisonni]1 af9 que le peuple puisse se calm] et jug] de sang-froid4 ,dans les tats despotiques1 le pr9ce peut jug] lui-mme4 ,il ne le peut dans les mon>*ies3 la con/itution s]ait dtruite1 les p\voirs int]mdiaires dp5dants1 anantis2 on v]rait cess] t\tes les =malits des jugem5ts2 la cra9te s'emp>]ait de t\s les esprits2 on v]rait la pleur sur t\s les visages2 plus de confiance1 plus d'honneur1 plus d'am\r1 plus de sret1 plus de mon>*ie4 ,voici d'autres rflexions4 ,dans les tats mon>*iques1 le pr9ce e/ la p>tie qui p\rsuit les accuss1 et les fait punir ou abs\dre3 s'il jugeait lui-mme1 il s]ait le juge et la p>tie4 ,dans ces mmes tats1 le pr9ce a s\v5t les confiscations3 s'il jugeait les crimes1 il s]ait encore le juge et la p>tie4 ,de plus1 il p]drait le plus bel attribut de sa s\v]a9et1 qui e/ celui de faire grce#ajd3 il s]ait ins5s qu'il ft et dft ses jugem5ts2 il ne v\drait pas tre en contradiction avec lui-mme4 ,outre que cela confondrait t\tes les ides1 on ne saurait si un homme s]ait abs\s ou s'il recevrait sa grce4 #ajd ,platon ne p5se pas que les rois1 qui sont1 dit-il1 prtres1 puiss5t assi/] au jugem5t o l'on condamne la mort1 l'exil1 la prison4 ,lorsque ,l\is ,,xiii v\lut tre juge dans le procs du duc de la ,valette#aje1 et qu'il appela p\r cela dans son cab9et quelques (fici]s du p>lem5t et quelques conseill]s d'tat1 le roi les ayant =cs d'op9] sur le dcret de prise de corps1 le prsid5t de ,bellivre dit3 ,qu'il voyait dans cette affaire une *ose trange1 un pr9ce op9] au procs d'un de ses sujets2 que les rois ne s'tai5t rs]v que les grces1 et qu'ils r5voyai5t les condamnations v]s leurs (fici]s4 ,et ,votre ,maje/ v\drait bi5 voir sur la sellette un homme devant elle1 qui1 p> son jugem5t1 irait dans une heure la mort6 ,que la face du pr9ce1 qui porte les grces1 ne peut s\t5ir cela2 que sa vue seule levait les int]dits des glises2 qu'on ne devait sortir que cont5t devant le pr9ce4 ,lorsqu'on jugea le fond1 le mme prsid5t dit1 dans son avis3 ,cela e/ un jugem5t sans exemple1 voire contre t\s les exemples du pass jusqu' huy1 qu'un roi de ,france ait condamn en qualit de juge1 p> son avis1 un g5tilhomme mort#ajf4 #aje ,voyez la relation du procs fait ,m4 le duc de la ,valette4 ,elle e/ imprime dans les mmoires de ,montrsor1 t4 ,,ii1 p4 #fb4 #ajf ,cela fut *ang dans la suite4 ,voyez la relation1 t4 ,,ii1 p4 #bcf4--;,c'tait orig9airem5t un droit de la pairie1 qu'un pair accus crim9ellem5t ft jug p> le roi1 son pr9cipal pair4 ,franois ,,ii avait op9 dans le procs contre le pr9ce de ,cond1 oncle d',h5ri ,,iv4 ,*>les ,,vii avait donn sa voix dans le procs du duc d',al5on2 et le p>lem5t mme l'avait assur que c'tait son devoir d'tre la tte des juges4 ,auj\rd'hui1 la prs5ce du roi au jugem5t d'un pair1 p\r le condamn]1 p>atrait un acte de tyrannie4 7,note de ,,volt47 ,les jugem5ts r5dus p> le pr9ce s]ai5t une s\rce int>issable d'inju/ices et d'abus2 les c\rtisans extorqu]ai5t1 p> leur importunit1 ses jugem5ts4 ,quelques emp]eurs roma9s eur5t la fureur de jug]3 nuls rgnes n'tonnr5t plus l'univ]s p> leurs inju/ices4 ,claude1 dit ,tacite#ajg1 ayant attir lui le jugem5t des affaires et les fonctions des magi/rats1 donna occasion t\tes sortes de rap9es4 #ajg ,annal41 liv4 ,,xi4 ,aussi ,nron1 p>v5ant l'empire aprs ,claude1 v\lant se concili] les esprits1 dcl>a-t-il3 ,qu'il se g>d]ait bi5 d'tre le juge de t\tes les affaires1 p\r que les accusateurs et les accuss1 dans les murs d'un palais1 ne fuss5t pas exposs l'inique p\voir de quelques affran*is#ajh4 #ajh ,annal41 liv4 ,,xiii4 ,s\s le rgne d',arcadius1 dit ,zosime#aji1 la nation des calomniateurs se rp&it1 ent\ra la c\r et l'infecta4 ,lorsqu'un homme tait mort1 on supposait qu'il n'avait po9t laiss d'enfants#aaj2 on donnait ses bi5s p> un rescrit4 ,c>1 comme le pr9ce tait trangem5t /upide1 et l'impratrice entrepr5ante l'excs1 elle s]vait l'insatiable av>ice de ses dome/iques et de ses confid5tes2 de sorte que1 p\r les g5s modrs1 il n'y avait ri5 de plus dsirable que la mort4 #aji ,hi/41 liv4 ,v4 #aaj ,mme dsordre s\s ,?odose le ,jeune4 ,il y avait autrefois1 dit ,procope#aaa1 =t peu de g5s la c\r1 mais1 s\s ,ju/9i51 comme les juges n'avai5t plus la lib]t de r5dre ju/ice1 leurs tribunaux tai5t ds]ts1 t&is que le palais du pr9ce ret5tissait des clameurs des p>ties qui sollicitai5t leurs affaires4 ,t\t le monde sait comm5t on y v5dait les jugem5ts1 et mme les lois4 #aaa ,hi/oire secrte4 ,les lois sont les yeux du pr9ce1 il voit p> elles ce qu'il ne p\rrait pas voir sans elles4 ,veut-il faire la fonction des tribunaux1 il travaille non pas p\r lui1 mais p\r ses sducteurs contre lui4 ,,*apitre ,,vi ,que1 dans la mon>*ie1 les m9i/res ne doiv5t pas jug]4 ,c'e/ encore un gr& inconvni5t dans la mon>*ie que les m9i/res du pr9ce jug5t eux-mmes les affaires cont5tieuses4 ,n\s voyons encore auj\rd'hui des tats o il y a des juges sans nombre p\r dcid] les affaires fiscales1 et o les m9i/res1 qui le croirait6 veul5t encore les jug]4 ,les rflexions vi5n5t en f\le3 je ne f]ai que celle-ci4 ,il y a1 p> la nature des *oses1 une espce de contradiction entre le conseil du mon>que et ses tribunaux4 ,le conseil des rois doit tre compos de peu de p]sonnes2 les tribunaux de judicature en dem&5t beauc\p4 ,la raison en e/ que1 dans le premi]1 on doit pr5dre les affaires avec une c]ta9e passion1 et les suivre de mme2 ce qu'on ne peut gure espr] que de quatre ou c9q hommes qui en font leur affaire4 ,il faut1 au contraire1 des tribunaux de judicature de sang-froid1 et qui t\tes les affaires soi5t en quelque faon indiffr5tes4 ,,*apitre ,,vii ,du magi/rat unique4 ,un tel magi/rat ne peut avoir lieu que dans le g\v]nem5t despotique4 ,on voit dans l'hi/oire roma9e quel po9t un juge unique peut abus] de son p\voir4 ,comm5t ,appius1 sur son tribunal1 n'aurait-il pas mpris les lois1 puisqu'il viola mme celle qu'il avait faite#aab8 ,tite-,live n\s appr5d l'inique di/9ction du dcemvir4 ,il avait apo/ un homme qui rclamait devant lui ,virg9ie comme son esclave3 les p>5ts de ,virg9ie lui dem&r5t qu'en v]tu de sa loi on la leur remt jusqu'au jugem5t df9itif4 ,il dcl>a que sa loi n'avait t faite qu'en faveur du pre1 et que1 ,virg9ius tant abs5t1 elle ne p\vait avoir d'application#aac4 #aab ,voyez la loi ,,ii1 #bd1 ff41 de ,orig4 ,jur4 #aac ,quod pat] puell abesset1 locum injuri esse ratus4 7,,tite-,,live1 liv4 ,,iii47 ,,*apitre ,,viii ,des accusations dans les div]s g\v]nem5ts4 ,a ,rome#aad1 il tait p]mis un citoy5 d'en accus] un autre4 ,cela tait tabli selon l'esprit de la rpublique1 o *aque citoy5 doit avoir p\r le bi5 public un zle sans bornes1 o *aque citoy5 e/ c5s t5ir t\s les droits de la patrie dans ses ma9s4 ,on suivit s\s les emp]eurs les maximes de la rpublique2 et d'abord on vit p>atre un g5re d'hommes fune/es1 une tr\pe de dlateurs4 ,quiconque avait bi5 des vices et bi5 des tal5ts1 une me bi5 basse et un esprit ambitieux1 *]*ait un crim9el1 dont la condamnation pt plaire au pr9ce3 c'tait la voie p\r all] aux honneurs et la =tune#aae1 *oses que n\s ne voyons po9t p>mi n\s4 #aad ,et dans bi5 d'autres cits4 #aae ,voyez dans ,tacite les rcomp5ses accordes ces dlateurs4 ,n\s avons auj\rd'hui une loi admirable3 c'e/ celle qui veut que le pr9ce1 tabli p\r faire excut] les lois1 prpose un (fici] dans *aque tribunal p\r p\rsuivre en son nom t\s les crimes2 de sorte que la fonction des dlateurs e/ inconnue p>mi n\s1 et1 si ce v5geur public tait s\ponn d'abus] de son m9i/re1 on l'oblig]ait de nomm] son dnonciateur4 ,dans les lois de ,platon#aaf1 ceux qui nglig5t d'av]tir les magi/rats1 ou de leur donn] du sec\rs1 doiv5t tre punis4 ,cela ne convi5drait po9t auj\rd'hui4 ,la p>tie publique veille p\r les citoy5s2 elle agit1 et ils sont tranquilles4 #aaf ,liv4 ,,ix4 ,,*apitre ,,ix ,de la svrit des pe9es dans les div]s g\v]nem5ts4 ,la svrit des pe9es convi5t mieux au g\v]nem5t despotique1 dont le pr9cipe e/ la t]reur1 qu' la mon>*ie et la rpublique1 qui ont p\r ressort l'honneur et la v]tu4 ,dans les tats modrs1 l'am\r de la patrie1 la honte et la cra9te du blme1 sont des motifs rprimants1 qui peuv5t arrt] bi5 des crimes4 ,la plus gr&e pe9e d'une mauvaise action s]a d'en tre conva9cu4 ,les lois civiles y corrig]ont donc plus aism5t et n'auront pas beso9 de tant de =ce4 ,dans ces tats1 un bon lgislateur s'atta*]a mo9s punir les crimes qu' les prv5ir2 il s'appliqu]a plus donn] des moeurs qu' inflig] des supplices4 ,c'e/ une rem>que p]ptuelle des auteurs *9ois#aag1 que plus dans leur empire on voyait augm5t] les supplices1 plus la rvolution tait pro*a9e4 ,c'e/ qu'on augm5tait les supplices mesure qu'on manquait de moeurs4 #aag ,je f]ai voir dans la suite que la ,*9e1 cet g>d1 e/ dans le cas d'une rpublique ou d'une mon>*ie4 ,il s]ait ais de pr\v] que1 dans t\s ou presque t\s les tats d',europe1 les pe9es ont dim9u ou augm5t mesure qu'on s'e/ plus appro* ou plus loign de la lib]t4 ,dans les pays despotiques1 on e/ si malheureux que l'on y cra9t plus la mort qu'on ne regrette la vie3 les supplices y doiv5t donc tre plus rig\reux4 ,dans les tats modrs1 on cra9t plus de p]dre la vie qu'on ne r$\te la mort en elle-mme2 les supplices qui t5t simplem5t la vie y sont donc suffisants4 ,les hommes extrmem5t heureux et les hommes extrmem5t malheureux sont galem5t ports la duret3 tmo9 les mo9es et les conqurants4 ,il n'y a que la mdiocrit et le mlange de la bonne et de la mauvaise =tune qui donn5t de la d\ceur et de la piti4 ,ce que l'on voit dans les hommes en p>ticuli] se tr\ve dans les div]ses nations4 ,*ez les peuples sauvages1 qui mn5t une vie trs dure1 et *ez les peuples des g\v]nem5ts despotiques1 o il n'y a qu'un homme exorbitamm5t favoris de la =tune1 t&is que t\t le re/e en e/ outrag1 on e/ galem5t cruel4 ,la d\ceur rgne dans les g\v]nem5ts modrs4 ,lorsque n\s lisons dans les hi/oires les exemples de la ju/ice atroce des sultans1 n\s s5tons avec une espce de d\leur les maux de la nature huma9e4 ,dans les g\v]nem5ts modrs1 t\t1 p\r un bon lgislateur1 peut s]vir =m] des pe9es4 ,n'e/-il pas bi5 extraord9aire qu' ,sp>te une des pr9cipales ft de ne p\voir prt] sa femme un autre1 ni recevoir celle d'un autre2 de n'tre jamais dans sa maison qu'avec des vi]ges8 ,en un mot1 t\t ce que la loi appelle une pe9e e/ effectivem5t une pe9e4 ,,*apitre ,x ,des anci5nes lois franaises4 ,c'e/ bi5 dans les anci5nes lois franaises que l'on tr\ve l'esprit de la mon>*ie4 ,dans les cas o il s'agit de pe9es pcuniaires1 les non-nobles sont mo9s punis que les nobles#aah4 ,c'e/ t\t le contraire dans les crimes#aai2 le noble p]d l'honneur et rponse en c\r1 p5dant que le vila91 qui n'a po9t d'honneur1 e/ puni en son corps4 #aah ,si1 comme p\r bris] un arrt1 les non-nobles doiv5t une am5de de qu>ante s\s1 et les nobles de soixante livres4 7,somme rurale1 liv4 ,,ii1 p4 #aih1 dit4 go?4 de l'an #aeab2 et ,,beaumanoir1 *4 ,,lxi1 p4 #cji47 #aai ,voyez le conseil de ,pi]re ,desfonta9es1 *4 ,,xiii1 surt\t l'article #bb4 ,,*apitre ,,xi ,que lorsqu'un peuple e/ v]tueux1 il faut peu de pe9es4 ,le peuple roma9 avait de la probit4 ,cette probit eut tant de =ce1 que s\v5t le lgislateur n'eut beso9 que de lui montr] le bi5 p\r le lui faire suivre4 ,il semblait qu'au lieu d'ordonnances il suffisait de lui donn] des conseils4 ,les pe9es des lois royales et celles des lois des ,d\ze ,tables fur5t presque t\tes tes dans la rpublique1 soit p> une suite de la loi ,valri5ne#abj1 soit p> une consqu5ce de la loi ,porcie#aba4 ,on ne rem>qua pas que la rpublique en ft mal rgle1 et il n'en rsulta aucune lsion de police4 #abj ,elle fut faite p> ,val]ius ,publicola1 bi5tt aprs l'expulsion des rois2 elle fut r5\vele deux fois1 t\j\rs p> des magi/rats de la mme famille1 comme le dit ,tite-,live1 liv4 ,x4--,il n'tait pas "q de lui donn] plus de =ce1 mais d'en p]fectionn] les dispositions4 ,dilig5tius sanctam1 dit ,tite-,live4 7,ibid47 #aba ,elle fut faite en #ded de la fondation de ,rome4 ,cette loi ,valri5ne1 qui df5dait aux magi/rats t\te voie de fait contre un citoy5 qui avait appel au peuple1 n'infligeait celui qui y contrevi5drait que la pe9e d'tre rput m*ant#abb4 #abb ,nihil ultra quum improbe factum adjecit4 ,elle n'infligeait aucune pe9e1 si ce n'e/ de dcl>] l'action contraire l'honneur4 7,,tite-,,live47 ,,*apitre ,,xii ,de la puissance des pe9es4 ,l'expri5ce a fait rem>qu] que1 dans les pays o les pe9es sont d\ces1 l'esprit du citoy5 en e/ frapp1 comme il l'e/ ailleurs p> les gr&es4 ,quelque inconvni5t se fait-il s5tir dans un tat1 un g\v]nem5t viol5t veut s\da9 le corrig]2 et au lieu de song] faire excut] les anci5nes lois1 on tablit une pe9e cruelle qui arrte le mal sur-le-*amp4 ,mais on use le ressort du g\v]nem5t2 l'imag9ation se fait cette gr&e pe9e1 comme elle s'tait faite la mo9dre1 et comme on dim9ue la cra9te p\r celle-ci1 l'on e/ bi5tt =c d'tablir l'autre dans t\s les cas4 ,les vols sur les gr&s *em9s tai5t communs dans quelques tats2 on v\lut les arrt]3 on inv5ta le supplice de la r\e1 qui les susp5dit p5dant quelque temps4 ,depuis ce temps on a vol comme aup>avant sur les gr&s *em9s4 ,de nos j\rs la ds]tion fut trs frqu5te3 on tablit la pe9e de mort contre les ds]teurs1 et la ds]tion n'e/ pas dim9ue4 ,la raison en e/ bi5 naturelle3 un soldat1 acc\tum t\s les j\rs expos] sa vie1 en mprise ou se flatte d'en mpris] le dang]4 ,il e/ t\s les j\rs acc\tum cra9dre la honte3 il fallait donc laiss] une pe9e#abc qui faisait port] une fltrissure p5dant la vie4 ,on a prt5du augm5t] la pe9e1 et on l'a rellem5t dim9ue4 #abc ,on f5dait le nez1 on c\pait les oreilles4 ,il ne faut po9t m5] les hommes p> les voies extrmes1 on doit tre mnag] des moy5s que la nature n\s donne p\r les conduire4 ,qu'on exam9e la cause de t\s les rel*em5ts1 on v]ra qu'elle vi5t de l'impunit des crimes1 et non pas de la modration des pe9es4 ,suivons la nature1 qui a donn aux hommes la honte comme leur flau2 et que la plus gr&e p>tie de la pe9e soit l'infamie de la s\ffrir4 ,que1 s'il se tr\ve des pays o la honte ne soit pas une suite du supplice1 cela vi5t de la tyrannie1 qui a inflig les mmes pe9es aux sclrats et aux g5s de bi54 ,et si v\s en voyez d'autres o les hommes ne sont ret5us que p> des supplices cruels1 comptez encore que cela vi5t en gr&e p>tie de la viol5ce du g\v]nem5t1 qui a employ ces supplices p\r des fautes lgres4 ,s\v5t un lgislateur qui veut corrig] un mal ne songe qu' cette correction1 ses yeux sont ouv]ts sur cet objet1 et f]ms sur les inconvni5ts4 ,lorsque le mal e/ une fois corrig1 on ne voit plus que la duret du lgislateur2 mais il re/e un vice dans l'tat1 que cette duret a produit3 les esprits sont corrompus1 ils se sont acc\tums au despotisme4 ,lys&re#abd ayant remport la victoire sur les ,a?ni5s1 on jugea les prisonni]s2 on accusa les ,a?ni5s d'avoir prcipit t\s les captifs de deux galres1 et rsolu en ple9e assemble de c\p] le po+ aux prisonni]s qu'ils f]ai5t4 ,ils fur5t t\s gorgs1 except ,adymante1 qui s'tait oppos ce dcret4 ,lys&re repro*a ,philocls1 avant de le faire m\rir1 qu'il avait dprav les esprits et fait des leons de cruaut t\te la ,grce4 #abd ,x,,nophon4 ,hi/41 liv4 ,,ii4 ,les ,argi5s1 dit ,plut>que#abe1 ayant fait m\rir qu9ze c5ts de leurs citoy5s1 les ,a?ni5s fir5t apport] les sacrifices d'expiation af9 qu'il plt aux dieux de dt\rn] du coeur des ,a?ni5s une si cruelle p5se4 #abe ,o,euvres morales1 ,de ceux qui mani5t les affaires d'tat4 ,il y a deux g5res de corruption2 l'un1 lorsque le peuple n'obs]ve po9t les lois2 l'autre1 lorsqu'il e/ corrompu p> les lois3 mal incurable1 p>ce qu'il e/ dans le remde mme4 ,,*apitre ,,xiii ,impuissance des lois japonaises4 ,les pe9es outres peuv5t corrompre le despotisme mme4 ,jetons les yeux sur le ,japon4 ,on y punit de mort presque t\s les crimes#abf1 p>ce que la dsobissance un si gr& emp]eur que celui du ,japon e/ un crime norme4 ,il n'e/ pas "q de corrig] le c\pable1 mais de v5g] le pr9ce4 ,ces ides sont tires de la s]vitude1 et vi5n5t surt\t de ce que l'emp]eur tant propritaire de t\s les bi5s1 presque t\s les crimes se font directem5t contre ses intrts4 #abf ,voyez ,kempf]4 ,on punit de mort les m5songes qui se font devant les magi/rats#abg3 *ose contraire la df5se naturelle4 #abg ,recueil des voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 t4 ,,iii1 "p4 ,,ii1 p4 #dbh4 ,ce qui n'a po9t l'app>5ce d'un crime e/ l svrem5t puni3 p> exemple1 un homme qui has>de de l'arg5t au jeu e/ puni de mort4 ,il e/ vrai que le c>actre tonnant de ce peuple op9itre1 capricieux1 dt]m91 biz>re1 et qui brave t\s les prils et t\s les malheurs1 semble1 la premire vue1 abs\dre ses lgislateurs de l'atrocit de leurs lois4 ,mais des g5s qui naturellem5t mpris5t la mort1 et qui s'ouvr5t le v5tre p\r la mo9dre fantaisie1 sont-ils corrigs ou arrts p> la vue cont9uelle des supplices1 et ne s'y famili>is5t-ils pas8 ,les relations n\s dis5t1 au sujet de l'ducation des ,japonais1 qu'il faut trait] les enfants avec d\ceur1 p>ce qu'ils s'ob/95t contre les pe9es2 que les esclaves ne doiv5t po9t tre trop rudem5t traits1 p>ce qu'ils se mett5t d'abord en df5se4 ,p> l'esprit qui doit rgn] dans le g\v]nem5t dome/ique1 n'aurait-on pas pu jug] de celui qu'on devait port] dans le g\v]nem5t politique et civil8 ,un lgislateur sage aurait *]* ram5] les esprits p> un ju/e tempram5t des pe9es et des rcomp5ses2 p> des maximes de philosophie1 de morale et de religion1 assorties ces c>actres2 p> la ju/e application des rgles de l'honneur3 p> le supplice de la honte2 p> la j\issance d'un bonheur con/ant et d'une d\ce tranquillit2 et s'il avait cra9t que les esprits1 acc\tums n'tre arrts que p> une pe9e cruelle1 ne puss5t plus l'tre p> une plus d\ce1 il aurait agi#abh d'une manire s\rde et ins5sible3 il aurait1 dans les cas p>ticuli]s les plus graciables1 modr la pe9e du crime1 jusqu' ce qu'il et pu p>v5ir la modifi] dans t\s les cas4 #abh ,rem>quez bi5 ceci comme une maxime de pratique dans les cas o les esprits ont t gts p> des pe9es trop rig\reuses4 ,mais le despotisme ne connat po9t ces ressorts2 il ne mne pas p> ces voies4 ,il peut abus] de lui2 mais c'e/ t\t ce qu'il peut faire4 ,au ,japon1 il a fait un ef=t3 il e/ dev5u plus cruel que lui-mme4 ,des mes p>t\t eff>\*es et r5dues plus atroces n'ont pu tre conduites que p> une atrocit plus gr&e4 ,voil l'orig9e1 voil l'esprit des lois du ,japon4 ,mais elles ont eu plus de fureur que de =ce4 ,elles ont russi dtruire le *ri/ianisme2 mais des ef=ts si in\s sont une preuve de leur impuissance4 ,elles ont v\lu tablir une bonne police1 et leur faiblesse a p>u encore mieux4 ,il faut lire la relation de l'entrevue de l'emp]eur et du deyro ,maco#abi4 ,le nombre de ceux qui y fur5t t\ffs ou tus p> des g>nem5ts fut incroyable3 on enleva les jeunes filles et les g>ons2 on les retr\vait t\s les j\rs exposs dans des lieux publics1 des heures indues1 t\t nus1 c\sus dans des sacs de toile1 af9 qu'ils ne connuss5t pas les lieux p> o ils avai5t pass2 on vola t\t ce qu'on v\lut2 on f5dit le v5tre des *evaux p\r faire tomb] ceux qui les montai5t2 on r5v]sa des voitures p\r dp\ill] les dames4 ,les ,holl&ais1 qui l'on dit qu'ils ne p\vai5t pass] la nuit sur des *afauds sans tre assass9s1 en desc5dir5t1 etc4 #abi ,recueil des voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 t4 ,v1 p4 #b4 ,je pass]ai vite sur un autre trait4 ,l'emp]eur1 adonn ses plaisirs1 ne se m>iait po9t3 il c\rait risque de m\rir sans successeur4 ,le deyro lui envoya deux filles trs belles3 il en p\sa une p> respect1 mais il n'eut aucun comm]ce avec elle4 ,sa n\rrice fit *]*] les plus belles femmes de l'empire3 t\t tait inutile4 ,la fille d'un armuri] tonna son gt#acj3 il se dt]m9a1 il en eut un fils4 ,les dames de la c\r1 indignes de ce qu'il leur avait prfr une p]sonne d'une si basse naissance1 t\ffr5t l'enfant4 ,ce crime fut ca* l'emp]eur3 il aurait v]s un torr5t de sang4 ,l'atrocit des lois en emp*e donc l'excution4 ,lorsque la pe9e e/ sans mesure1 on e/ s\v5t oblig de lui prfr] l'impunit4 #acj ,recueil des voyages1 etc41 t4 ,v1 p4 #b4 ,,*apitre ,,xiv#aca ,de l'esprit du snat de ,rome4 ,s\s le consulat d',acilius ,glabrio et de ,pison1 on fit la loi ,acilia#acb p\r arrt] les brigues4 ,dion#acc dit que le snat engagea les consuls la propos]1 p>ce que le tribun ,c4 ,cornelius avait rsolu de faire tablir des pe9es t]ribles contre ce crime1 quoi le peuple tait =t port4 ,le snat p5sait que des pe9es immodres jett]ai5t bi5 la t]reur dans les esprits1 mais qu'elles aurai5t cet effet1 qu'on ne tr\v]ait plus p]sonne p\r accus] ni p\r condamn]2 au lieu qu'en proposant des pe9es modiques1 on aurait des juges et des accusateurs4 #aca ,t\t ce *apitre e/ traduit de ,dion4 7,note de l'diteur47 #acb ,les c\pables tai5t condamns une am5de2 ils ne p\vai5t plus tre admis dans l'ordre des snateurs et nomms aucune magi/rature4 7,,dion1 liv4 ,,xxxvi47 #acc ,ibid4 ,,*apitre ,,xv ,des lois des ,roma9s l'g>d des pe9es4 ,je me tr\ve =t dans mes maximes lorsque j'ai p\r moi les ,roma9s1 et je crois que les pe9es ti5n5t la nature du g\v]nem5t1 lorsque je vois ce gr& peuple *ang] cet g>d de lois civiles mesure qu'il *angeait de lois politiques4 ,les lois royales1 faites p\r un peuple compos de fugitifs1 d'esclaves et de brig&s1 fur5t trs svres4 ,l'esprit de la rpublique aurait dem& que les dcemvirs n'euss5t pas mis ces lois dans leurs ,d\ze ,tables1 mais des g5s qui aspirai5t la tyrannie n'avai5t g>de de suivre l'esprit de la rpublique4 ,tite-,live#acd dit1 sur le supplice de ,metius ,suffetius1 dictateur d',albe1 qui fut condamn p> ,tullus ,ho/ilius tre tir p> deux *>iots1 que ce fut le premi] et le d]ni] supplice o l'on tmoigna avoir p]du la mmoire de l'humanit4 ,il se trompe3 la loi des ,d\ze ,tables e/ ple9e de dispositions trs cruelles#ace4 #acd ,liv4 ,i]4 #ace ,on y tr\ve le supplice du feu1 des pe9es presque t\j\rs capitales1 le vol puni de mort1 etc4 ,celle qui dc\vre le mieux le desse9 des dcemvirs e/ la pe9e capitale prononce contre les auteurs des libelles et les potes4 ,cela n'e/ gure du gnie de la rpublique1 o le peuple aime voir les gr&s humilis4 ,mais des g5s qui v\lai5t r5v]s] la lib]t craignai5t des crits qui p\vai5t rappel] l'esprit de la lib]t#acf4 #acf ,sylla1 anim du mme esprit que les dcemvirs1 augm5ta comme eux les pe9es contre les criva9s satiriques4 ,aprs l'expulsion des dcemvirs1 presque t\tes les lois qui avai5t fix les pe9es fur5t tes4 ,on ne les abrogea pas expressm5t2 mais la loi ,porcia ayant df5du de mettre mort un citoy5 roma91 elles n'eur5t plus d'application4 ,voil le temps auquel on peut rappel] ce que ,tite-,live#acg dit des ,roma9s1 que jamais peuple n'a plus aim la modration des pe9es4 #acg ,liv4 ,i]4 ,que si l'on aj\te la d\ceur des pe9es le droit qu'avait un accus de se retir] avant le jugem5t1 on v]ra bi5 que les ,roma9s avai5t suivi cet esprit que j'ai dit tre naturel la rpublique4 ,sylla1 qui confondit la tyrannie1 l'an>*ie et la lib]t1 fit les lois ,cornli5nes4 ,il sembla ne faire des rglem5ts que p\r tablir des crimes4 ,a9si1 qualifiant une inf9it d'actions du nom de meurtre1 il tr\va p>t\t des meurtri]s2 et1 p> une pratique qui ne fut que trop suivie1 il t5dit des piges1 sema des p9es1 ouvrit des abmes sur le *em9 de t\s les citoy5s4 ,presque t\tes les lois de ,sylla ne portai5t que l'int]diction de l'eau et du feu4 ,cs> y aj\ta la confiscation des bi5s#ach1 p>ce que les ri*es g>dant dans l'exil leur patrimo9e1 ils tai5t plus h>dis commettre des crimes4 #ach ,po5as fac9orum auxit1 cum locupletes eo facilius scel]e se oblig>5t1 quod integris patrimoniis exul>5t4 7,,su,,tone1 9 ,julio ,cs>e47 ,il augm5ta la pe9e des crimes2 les ri*es en effet s'engageant facilem5t dans le crime1 sa*ant qu'ils cons]vai5t intact leur patrimo9e en allant en exil4 ,les emp]eurs ayant tabli un g\v]nem5t militaire1 ils s5tir5t bi5tt qu'il n'tait pas mo9s t]rible contre eux que contre les sujets2 ils *]*r5t le tempr]3 ils crur5t avoir beso9 des dignits1 et du respect qu'on avait p\r elles4 ,on s'appro*a un peu de la mon>*ie1 et l'on divisa les pe9es en trois classes#aci3 celles qui reg>dai5t les premires p]sonnes de l'tat#adj1 et qui tai5t assez d\ces2 celles qu'on infligeait aux p]sonnes d'un rang infrieur#ada1 et qui tai5t plus svres2 enf9 celles qui ne conc]nai5t que les conditions basses#adb1 et qui fur5t les plus rig\reuses4 ,le froce et ins5s ,maxim9 irrita1 p\r a9si dire1 le g\v]nem5t militaire1 qu'il aurait fallu ad\cir4 ,le snat appr5ait1 dit ,capitol9#adc1 que les uns avai5t t mis en croix1 les autres exposs aux btes1 ou enf]ms dans des peaux de btes1 rcemm5t tues1 sans aucun g>d p\r les dignits4 ,il semblait v\loir ex]c] la discipl9e militaire1 sur le modle de laquelle il prt5dait rgl] les affaires civiles4 #aci ,voyez la loi #c1 ,legis1 ad leg4 ,cornel4 de ,sic>iis2 et un trs gr& nombre d'autres1 au ,dige/e et au ,code4 #adj ,sublimiores4 #ada ,m$ios4 #adb ,infimos4 ,leg4 #c1 ,legis1 ad leg4 ,cornel4 de ,sic>iis4 #adc ,,jul4 ,,cap41 ,maxim9i duo4 7,m47 ,on tr\v]a dans les ,considrations sur la ,gr&eur des ,roma9s et leur ,dcad5ce#add comm5t ,con/ant9 *angea le despotisme militaire en un despotisme militaire et civil1 et s'appro*a de la mon>*ie4 ,on y peut suivre les div]ses rvolutions de cet tat1 et voir comm5t on y passa de la rigueur l'indol5ce1 et de l'indol5ce l'impunit4 #add ,*4 ,,xvii4 ,,*apitre ,,xvi ,de la ju/e proportion des pe9es avec le crime4 ,il e/ ess5tiel que les pe9es ai5t de l'h>monie entre elles1 p>ce qu'il e/ ess5tiel que l'on vite plutt un gr& crime qu'un mo9dre2 ce qui attaque plus la socit que ce qui la *oque mo9s4 ,un impo/eur#ade1 qui se disait ,con/ant9 ,ducas1 suscita un gr& s\lvem5t ,con/ant9ople4 ,il fut pris1 et condamn au f\et2 mais ayant accus des p]sonnes considrables1 il fut condamn1 comme calomniateur1 tre brl4 ,il e/ s+uli] qu'on et a9si proportionn les pe9es entre le crime de lse-maje/ et celui de calomnie4 ,cela fait s\v5ir d'un mot de ,*>les ,,ii1 roi d',anglet]re4 ,il vit1 en passant1 un homme au pilori4 ,p\rquoi l'a-t-on mis l8 dit-il4--,sire1 lui dit-on1 c'e/ p>ce qu'il a fait des libelles contre vos m9i/res4--,le gr& sot6 dit le roi3 que ne les crivait-il contre moi1 on ne lui aurait ri5 fait4 #ade ,hi/oire de ,nicphore1 patri>*e de ,con/ant9ople4 ,soixante-dix p]sonnes conspirr5t contre l'emp]eur ,basile#adf3 il les fit fu/ig]1 on leur brla les *eveux et le poil4 ,un c]f l'ayant pris avec son bois p> la ce9ture1 quelqu'un de sa suite tira son pe1 c\pa sa ce9ture et le dlivra3 il lui fit tran*] la tte1 p>ce qu'il avait1 disait-il1 tir l'pe contre lui4 ,qui p\rrait p5s] que s\s le mme pr9ce on et r5du ces deux jugem5ts6 #adf ,hi/oire de ,nicphore4 ,c'e/ un gr& mal p>mi n\s de faire subir la mme pe9e celui qui vole sur un gr& *em9 et celui qui vole et assass9e4 ,il e/ visible que1 p\r la sret publique1 il faudrait mettre quelque diffr5ce dans la pe9e4 ,a la ,*9e1 les voleurs cruels sont c\ps en morceaux#adg2 les autres1 non3 cette diffr5ce fait que l'on y vole1 mais que l'on n'y assass9e pas4 ,en ,moscovie#adh1 o la pe9e des voleurs et celle des assass9s sont les mmes1 on assass9e t\j\rs4 ,les morts1 y dit-on1 ne racont5t ri54 #adg ,le ,p4 ,,duhalde1 t4 ,i1 p4 #f4 #adh tat prs5t de la gr&e ,russie1 p> ,,p]ry4 ,qu& il n'y a po9t de diffr5ce dans la pe9e1 il faut en mettre dans l'esprance de la grce4 ,en ,anglet]re1 on n'assass9e po9t1 p>ce que les voleurs peuv5t espr] d'tre transports dans les colonies2 non pas les assass9s4 ,c'e/ un gr& ressort des g\v]nem5ts modrs que les lettres de grces4 ,ce p\voir que le pr9ce a de p>donn]1 excut avec sagesse1 peut avoir d'admirables effets4 ,le pr9cipe du g\v]nem5t despotique1 qui ne p>donne pas1 et qui on ne p>donne jamais1 le prive de ces avantages#adi4 #adi ,une telle dcision1 et celles qui sont dans ce gt1 r5d5t1 mon avis1 l',esprit des ,lois bi5 prcieux4 ,voil ce que n'ont ni ,grotius ni ,puff5dorf1 ni t\tes les compilations sur le droit des g5s4 ,la mon>*ie comm5ait tre un p\voir trs mitig1 trs re/re9t en ,anglet]re1 qu& on =a le malheureux ,*>les ,i] ne po9t accord] la grce de son favori1 le comte ,/raf=d4 ,h5ri ,,iv1 en ,france1 roi pe9e aff]mi1 p\vait donn] des lettres de grce au m>*al de ,biron2 et peut-tre cet acte de clm5ce1 qui a manqu ce gr& homme1 et ad\ci enf9 l'esprit de la ,ligue1 et arrt la ma9 de ,ravaillac4 ,le faible ,l\is ,,xiii devait faire grce de ,?\ et ,m>illac4 7,note de ,,volt47 ,,*apitre ,,xvii ,de la torture ou "q contre les crim9els4 ,p>ce que les hommes sont m*ants1 la loi e/ oblige de les suppos] meilleurs qu'ils ne sont4 ,a9si la dposition de deux tmo9s suffit dans la punition de t\s les crimes4 ,la loi les croit1 comme s'ils p>lai5t p> la b\*e de la vrit4 ,l'on juge aussi que t\t enfant conu p5dant le m>iage e/ lgitime3 la loi a confiance en la mre1 comme si elle tait la pudicit mme4 ,mais la "q contre les crim9els n'e/ pas dans un cas =c comme ceux-ci4 ,n\s voyons auj\rd'hui une nation#aej trs bi5 police la rejet] sans inconvni5ts4 ,elle n'e/ donc pas ncessaire p> sa nature#aea4 #aej ,la nation anglaise4 #aea ,les citoy5s d',a?nes ne p\vai5t tre mis la "q 7,,lysias1 ,orat4 9 ,argorat471 except dans le crime de lse-maje/4 ,on donnait la "q tr5te j\rs aprs la condamnation4 7,,curius ,,=tunatus1 ,rhetor4 s*ol41 lib4 ,,ii47 ,il n'y avait pas de "q prp>atoire4 ,quant aux ,roma9s1 la loi #c et #d ad leg4 ,juliam maje/4 fait voir que la naissance1 la dignit1 la pr(ession de la milice g>antissai5t de la "q1 si ce n'e/ dans le cas de crime de lse-maje/4 ,voyez les sages re/rictions que les lois des ,wisigo?s mettai5t cette pratique4 ,tant d'habiles g5s et tant de beaux gnies ont crit contre cette pratique1 que je n'ose p>l] aprs eux4 ,j'allais dire qu'elle p\rrait conv5ir dans les g\v]nem5ts despotiques1 o t\t ce qui inspire la cra9te entre plus dans les ressorts du g\v]nem5t2 j'allais dire que les esclaves1 *ez les ,grecs et les ,roma9s444 ,mais j'ent5ds la voix de la nature qui crie contre moi4 ,,*apitre ,,xviii ,des pe9es pcuniaires et des pe9es corporelles4 ,nos pres les ,g]ma9s n'admettai5t gure que des pe9es pcuniaires4 ,ces hommes gu]ri]s et libres e/imai5t que leur sang ne devait tre v]s que les armes la ma94 ,les ,japonais#aeb1 au contraire1 rejett5t ces sortes de pe9es1 s\s prtexte que les g5s ri*es lud]ai5t la punition4 ,mais les g5s ri*es ne craign5t-ils pas de p]dre leurs bi5s8 ,les pe9es pcuniaires ne peuv5t-elles pas se proportionn] aux =tunes8 et enf91 ne peut-on pas jo9dre l'infamie ces pe9es8 #aeb ,voyez ,kempf]4 ,un bon lgislateur pr5d un ju/e milieu3 il n'ordonne pas t\j\rs des pe9es pcuniaires2 il n'inflige pas t\j\rs des pe9es corporelles4 ,,*apitre ,,xix ,de la loi du talion4 ,les tats despotiques1 qui aim5t les lois simples1 us5t beauc\p de la loi du talion#aec2 les tats modrs la reoiv5t quelquefois3 mais il y a cette diffr5ce1 que les premi]s la font ex]c] rig\reusem5t1 et que les autres lui donn5t presque t\j\rs des tempram5ts4 #aec ,elle e/ tablie dans l',alcoran4 ,voyez le *apitre de la ,va*e4 ,la loi des ,d\ze ,tables en admettait deux3 elle ne condamnait au talion que lorsqu'on n'avait pu apais] celui qui se plaignait#aed4 ,on p\vait1 aprs la condamnation1 pay] les dommages et intrts#aee1 et la pe9e corporelle se conv]tissait en pe9e pcuniaire#aef4 #aed ,si membrum rupit1 ni cum eo pacit1 talio e/o4 7,,aulu-,,gelle1 liv4 ,,xx1 *4 ,i]47 #aee ,,aulu-,,gelle1 liv4 ,,xx1 *4 ,i]4 #aef ,voyez aussi la loi des ,wisigo?s1 liv4 ,,vi1 t4 ,,iv1 #c et #e4 ,,*apitre ,,xx ,de la punition des pres p\r leurs enfants4 ,on punit la ,*9e les pres p\r les fautes de leurs enfants4 ,c'tait l'usage du ,pr\#aeg4 ,ceci e/ encore tir des ides despotiques4 #aeg ,voyez ,g>cilasso1 ,hi/oire des gu]res civiles des ,espagnols4 ,on a beau dire qu'on punit la ,*9e les pres p\r n'avoir pas fait usage de ce p\voir pat]nel que la nature a tabli1 et que les lois mmes y ont augm5t1 cela suppose t\j\rs qu'il n'y a po9t d'honneur *ez les ,*9ois4 ,p>mi n\s1 les pres dont les enfants sont condamns au supplice1 et les enfants#aeh dont les pres ont subi le mme sort1 sont aussi punis p> la honte qu'ils le s]ai5t la ,*9e p> la p]te de la vie4 #aeh ,au lieu de les punir1 disait ,platon1 il faut les l\] de ne pas ressembl] leur pre4 7,liv4 ,,ix des ,lois47 ,,*apitre ,,xxi ,de la clm5ce du pr9ce4 ,la clm5ce e/ la qualit di/9ctive des mon>ques4 ,dans la rpublique1 o l'on a p\r pr9cipe la v]tu1 elle e/ mo9s ncessaire4 ,dans l'tat despotique1 o rgne la cra9te1 elle e/ mo9s en usage1 p>ce qu'il faut cont5ir les gr&s de l'tat p> des exemples de svrit4 ,dans les mon>*ies o l'on e/ g\v]n p> l'honneur1 qui s\v5t exige ce que la loi df5d1 elle e/ plus ncessaire4 ,la disgrce y e/ un quival5t la pe9e2 les =malits mmes des jugem5ts y sont des punitions4 ,c'e/ l que la honte vi5t de t\s cts p\r =m] des g5res p>ticuli]s de pe9es4 ,les gr&s y sont si =t punis p> la disgrce1 p> la p]te s\v5t imag9aire de leur =tune1 de leur crdit1 de leurs habitudes1 de leurs plaisirs1 que la rigueur leur g>d e/ inutile3 elle ne peut s]vir qu' t] aux sujets l'am\r qu'ils ont p\r la p]sonne du pr9ce1 et le respect qu'ils doiv5t avoir p\r les places4 ,comme l'in/abilit des gr&s e/ de la nature du g\v]nem5t despotique1 leur sret entre dans la nature de la mon>*ie4 ,les mon>ques ont tant gagn] p> la clm5ce1 elle e/ suivie de tant d'am\r1 ils en tir5t tant de gloire1 que c'e/ presque t\j\rs un bonheur p\r eux d'avoir l'occasion de l'ex]c]2 et on le peut presque t\j\rs dans nos contres4 ,on leur disput]a peut-tre quelque bran*e de l'autorit1 presque jamais l'autorit entire2 et si quelquefois ils combatt5t p\r la c\ronne1 ils ne combatt5t po9t p\r la vie4 ,mais1 dirait-on1 qu& faut-il punir8 qu& faut-il p>donn]8 ,c'e/ une *ose qui se fait mieux s5tir qu'elle ne peut se prescrire4 ,qu& la clm5ce a des dang]s1 ces dang]s sont trs visibles4 ,on la di/+ue aism5t de cette faiblesse qui mne le pr9ce au mpris et l'impuissance mme de punir4 ,l'emp]eur ,maurice#aei prit la rsolution de ne v]s] jamais le sang de ses sujets4 ,ana/ase#afj ne punissait po9t les crimes4 ,isaac l',ange jura que1 de son rgne1 il ne f]ait m\rir p]sonne4 ,les emp]eurs grecs avai5t oubli que ce n'tait pas en va9 qu'ils portai5t l'pe4 #aei ,,vagre1 ,hi/oire4 #afj ,,suidas1 et fragm5ts de ,,con/ant4 ,,porphyrog4 ,,livre ,,septi,,me ,,cons,,qu5ces ,,des ,,diff,,r5ts ,,pr9cipes ,,des ,,trois ,,g\v]nem5ts1 ,,p> ,,rapport ,,aux ,,lois ,,somptuaires1 ,,au ,,luxe ,,et ,a ,,la ,,condition ,,des ,,femmes4 ,,*apitre ,,premi] ,du luxe4 ,le luxe e/ t\j\rs en proportion avec l'9galit des =tunes4 ,si dans un tat les ri*esses sont galem5t p>tages1 il n'y aura po9t de luxe3 c> il n'e/ fond que sur les commodits qu'on se donne p> le travail des autres4 ,p\r que les ri*esses re/5t galem5t p>tages1 il faut que la loi ne donne *acun que le ncessaire physique4 ,si l'on a au del1 les uns dp5s]ont1 les autres acqu]ront1 et l'9galit s'tablira4 ,supposant le ncessaire physique gal une somme donne1 le luxe de ceux qui n'auront que le ncessaire s]a gal zro2 celui qui aura le d\ble aura un luxe gal un2 celui qui aura le d\ble du bi5 de ce d]ni] aura un luxe gal trois2 qu& on aura encore le d\ble1 on aura un luxe gal sept3 de sorte que le bi5 du p>ticuli] qui suit1 tant t\j\rs suppos d\ble de celui du prcd5t1 le luxe crotra du d\ble plus une unit1 dans cette progression #j1 #a1 #c1 #g1 #ae1 #ca1 #fc1 #abg4 ,dans la rpublique de ,platon#afa le luxe aurait pu se calcul] au ju/e4 ,il y avait quatre sortes de c5s tablis4 ,le premi] tait prcism5t le t]me o f9issait la pauvret2 le second tait d\ble2 le troisime1 triple2 le quatrime1 quadruple du premi]4 ,dans le premi] c5s1 le luxe tait gal zro2 il tait gal un dans le second2 deux dans le troisime2 trois dans le quatrime2 et il suivait a9si la proportion ari?mtique4 #afa ,le premi] c5s tait le sort hrditaire en t]re2 et ,platon ne v\lait pas qu'on pt avoir en autres effets plus du triple du sort hrditaire4 7,voyez ses ,lois1 liv4 ,v47 ,en considrant le luxe des div]s peuples les uns l'g>d des autres1 il e/ dans *aque tat en raison compose de l'9galit des =tunes qui e/ entre les citoy5s1 et de l'9galit des ri*esses des div]s tats4 ,en ,pologne1 p> exemple1 les =tunes sont d'une 9galit extrme2 mais la pauvret du total emp*e qu'il n'y ait autant de luxe que dans un tat plus ri*e4 ,le luxe e/ encore en proportion avec la gr&eur des villes1 et surt\t de la capitale2 en sorte qu'il e/ en raison compose des ri*esses de l'tat1 de l'9galit des =tunes des p>ticuli]s et du nombre d'hommes qu'on assemble dans de c]ta9s lieux4 ,plus il y a d'hommes ensemble1 plus ils sont va9s1 et s5t5t natre entre eux l'envie de se signal] p> de petites *oses#afb4 ,s'ils sont en si gr& nombre que la plup>t soi5t inconnus les uns aux autres1 l'envie de se di/+u] r$\ble1 p>ce qu'il y a plus d'esprance de russir4 ,le luxe donne cette esprance1 *acun pr5d les m>ques de la condition qui prcde la si5ne4 ,mais1 =ce de v\loir se di/+u]1 t\t devi5t gal1 et on ne se di/+ue plus3 comme t\t le monde veut se faire reg>d]1 on ne rem>que p]sonne4 #afb ,dans une gr&e ville1 dit l'auteur de la fable des ,abeilles1 t4 ,i]1 p4 #acc1 on s'habille au-dessus de sa qualit p\r tre e/im plus qu'on n'e/ p> la multitude4 ,c'e/ un plaisir p\r un esprit faible1 presque aussi gr& que celui de l'accomplissem5t de ses dsirs4 ,il rsulte de t\t cela une incommodit gnrale4 ,ceux qui excell5t dans une pr(ession mett5t leur art le prix qu'ils veul5t2 les plus petits tal5ts suiv5t cet exemple2 il n'y a plus d'h>monie entre les beso9s et les moy5s4 ,lorsque je suis =c de plaid]1 il e/ ncessaire que je puisse pay] un avocat2 lorsque je suis malade1 il faut que je puisse avoir un mdec94 ,quelques g5s ont p5s qu'en assemblant tant de peuple dans une capitale on dim9ue le comm]ce1 p>ce que les hommes ne sont plus une c]ta9e di/ance les uns des autres4 ,je ne le crois pas3 on a plus de dsirs1 plus de beso9s1 plus de fantaisies1 qu& on e/ ensemble4 ,,*apitre ,,ii ,des lois somptuaires dans la dmocratie4 ,je vi5s de dire que dans les rpubliques1 o les ri*esses sont galem5t p>tages1 il ne peut po9t y avoir de luxe2 et1 comme on a vu au livre c9quime#afc que cette galit de di/ribution faisait l'excell5ce d'une rpublique1 il suit que1 mo9s il y a de luxe dans une rpublique1 plus elle e/ p>faite4 ,il n'y en avait po9t *ez les premi]s ,roma9s1 il n'y en avait po9t *ez les ,lacdmoni5s2 et dans les rpubliques o l'galit n'e/ pas t\t fait p]due1 l'esprit de comm]ce1 de travail et de v]tu fait que *acun y peut et que *acun y veut vivre de son propre bi51 et que p> consqu5t il y a peu de luxe4 #afc ,*ap4 ,,iii et ,,iv4 ,les lois du n\veau p>tage des *amps1 dem& avec tant d'in/ance dans quelques rpubliques1 tai5t salutaires p> leur nature4 ,elles ne sont dang]euses que comme action subite4 ,en tant t\t c\p les ri*esses aux uns1 et augm5tant de mme celles des autres1 elles font dans *aque famille une rvolution1 et en doiv5t produire une gnrale dans l'tat4 ,a mesure que le luxe s'tablit dans une rpublique1 l'esprit se t\rne v]s l'intrt p>ticuli]4 ,a des g5s qui il ne faut ri5 que le ncessaire1 il ne re/e ri5 dsir] que la gloire de la patrie et la si5ne propre4 ,mais une me corrompue p> le luxe a bi5 d'autres dsirs3 bi5tt elle devi5t ennemie des lois qui la gn5t4 ,le luxe que la g>nison de ,rhge comm5a connatre fit qu'elle en gorgea les habitants#afd4 #afd ,les habitants de la ville de ,reggio1 situe la po9te de l',italie la plus vois9e de la ,sicile1 voyant d'un ct ,pyrrhus1 qui se r5dait p> m] ,t>5te2 de l'autre1 les ,c>?ag9ois qui infe/ai5t t\tes les ctes de la m] ,ioni5ne1 et craignant d'tre envahis p> les ,grecs ou les ,c>?ag9ois1 eur5t rec\rs la rpublique roma9e3 celle-ci1 quoique m5ace p> un gr& nombre d'ennemis1 ne crut pas devoir refus] du sec\rs une ville qui p\vait lui tre utile4 ,on leva donc1 p> l'ordre du snat1 une lgion dans la ,campanie1 pays b>b>e1 et l'on en donna le comm&em5t ,dcius ,jubellius1 qui1 voyant l'opul5ce de ,reggio1 rsolut d'en gorg] les habitants et de pill] leurs ri*esses3 ce qu'il excuta la f9 d'un repas auquel il les avait invits4 7,note de ,,dup947 ,sitt que les ,roma9s fur5t corrompus1 leurs dsirs dev9r5t imm5ses4 ,on en peut jug] p> le prix qu'ils mir5t aux *oses4 ,une cru*e de v9 de ,fal]ne#afe se v5dait c5t d5i]s roma9s2 un b>il de *air sale du ,pont en cotait quatre c5ts2 un bon cuis9i]1 quatre tal5ts2 les jeunes g>ons n'avai5t po9t de prix4 ,qu&1 p> une imptuosit#aff gnrale1 t\t le monde se portait la volupt1 que dev5ait la v]tu8 #afe ,fragm5t du livre ,,xxxvi de ,diodore1 rapport p> ,con/4 ,porph41 ,extrait des v]tus et des vices4 #aff ,cum maximus omnium impetus ad luxuriam esset4 7,ibid47 ,l'imptuosit de t\s les entranait au luxe4 ,,*apitre ,,iii ,des lois somptuaires dans l'ari/ocratie4 ,l'ari/ocratie mal con/itue a ce malheur que les nobles y ont les ri*esses1 et que cep5dant ils ne doiv5t pas dp5s]2 le luxe1 contraire l'esprit de modration1 en doit tre banni4 ,il n'y a donc que des g5s trs pauvres qui ne peuv5t pas recevoir1 et des g5s trs ri*es qui ne peuv5t pas dp5s]4 ,a ,v5ise1 les lois =c5t les nobles la mode/ie4 ,ils se sont tellem5t acc\tums l'p>gne1 qu'il n'y a que les c\rtisanes qui puiss5t leur faire donn] de l'arg5t4 ,on se s]t de cette voie p\r entret5ir l'indu/rie3 les femmes les plus mprisables y dp5s5t sans dang]1 p5dant que leurs tributaires y mn5t la vie du monde la plus obscure4 ,les bonnes rpubliques grecques avai5t cet g>d des in/itutions admirables4 ,les ri*es employai5t leur arg5t en ftes1 en *oeurs de musique1 en *>iots1 en *evaux p\r la c\rse1 en magi/ratures onreuses4 ,les ri*esses y tai5t aussi *>ge que la pauvret4 ,,*apitre ,,iv ,des lois somptuaires dans les mon>*ies4 ,les ,suions#afg1 nation g]manique1 r5d5t honneur aux ri*esses1 dit ,tacite#afh3 ce qui fait qu'ils viv5t s\s le g\v]nem5t d'un seul4 ,cela signifie bi5 que le luxe e/ s+ulirem5t propre aux mon>*ies1 et qu'il n'y faut po9t de lois somptuaires4 #afg ,les ,suions occupai5t cette p>tie de l',europe que n\s connaissons auj\rd'hui s\s le nom de ,sude4 7,note de ,,volt47 #afh ,de ,moribus ,g]manorum4 ,comme1 p> la con/itution des mon>*ies1 les ri*esses se sont 9galem5t p>tages1 il faut bi5 qu'il y ait du luxe4 ,si les ri*es n'y dp5s5t pas beauc\p1 les pauvres m\rront de faim4 ,il faut mme que les ri*es y dp5s5t proportion de l'9galit des =tunes2 et que1 comme n\s avons dit1 le luxe y augm5te dans cette proportion4 ,les ri*esses p>ticulires n'ont augm5t que p>ce qu'elles ont t une p>tie des citoy5s le ncessaire physique3 il faut donc qu'il leur soit r5du4 ,a9si1 p\r que l'tat mon>*ique se s\ti5ne1 le luxe doit all] en croissant1 du lab\reur l'artisan1 au ngociant1 aux nobles1 aux magi/rats1 aux gr&s seigneurs1 aux traitants pr9cipaux1 aux pr9ces2 sans quoi t\t s]ait p]du4 ,dans le snat de ,rome1 compos de graves magi/rats1 de jurisconsultes et d'hommes ple9s de l'ide des premi]s temps1 on proposa1 s\s ,augu/e1 la correction des moeurs et du luxe des femmes4 ,il e/ curieux de voir dans ,dion#afi avec quel art il luda les dem&es importunes de ces snateurs4 ,c'e/ qu'il fondait une mon>*ie1 et dissolvait une rpublique4 #afi ,,dion ,,cassius1 liv4 ,,liv4 ,s\s ,tibre1 les diles proposr5t1 dans le snat1 le rtablissem5t des anci5nes lois somptuaires#agj4 ,ce pr9ce1 qui avait des lumires1 s'y opposa4 ,l'tat ne p\rrait subsi/]1 disait-il1 dans la situation o sont les *oses4 ,comm5t ,rome p\rrait-elle vivre8 comm5t p\rrai5t vivre les prov9ces8 ,n\s avions de la frugalit lorsque n\s tions citoy5s d'une seule ville3 auj\rd'hui n\s consommons les ri*esses de t\t l'univ]s2 on fait travaill] p\r n\s les matres et les esclaves4 ,il voyait bi5 qu'il ne fallait plus de lois somptuaires4 #agj ,,tacite1 ,annal41 liv4 ,,iii4 ,lorsque1 s\s le mme emp]eur1 on proposa au snat de df5dre aux g\v]neurs de m5] leurs femmes dans les prov9ces1 cause des drglem5ts qu'elles y apportai5t1 cela fut rejet4 ,on dit que les exemples de la duret des anci5s avai5t t *angs en une faon de vivre plus agrable#aga4 ,on s5tit qu'il fallait d'autres moeurs4 #aga ,multa duritiei vet]um melius et ltius mutata4 7,,tacite1 ,ann41 liv4 ,,iii47 ,le luxe e/ donc ncessaire dans les tats mon>*iques1 il l'e/ encore dans les tats despotiques4 ,dans les premi]s1 c'e/ un usage que l'on fait de ce qu'on possde de lib]t2 dans les autres1 c'e/ un abus qu'on fait des avantages de sa s]vitude1 lorsqu'un esclave1 *oisi p> son matre p\r tyrannis] ses autres esclaves1 inc]ta9 p\r le l5dema9 de la =tune de *aque j\r1 n'a d'autre flicit que celle d'ass\vir l'orgueil1 les dsirs et les volupts de *aque j\r4 ,t\t ceci mne une rflexion3 les rpubliques f9iss5t p> le luxe2 les mon>*ies1 p> la pauvret#agb4 #agb ,opul5tia p>itura mox ege/atem4 7,,florus1 liv4 ,,iii47 ,l'opul5ce1 qui doit eng5dr] bi5tt la pauvret4 ,,*apitre ,v ,dans quels cas les lois somptuaires sont utiles dans une mon>*ie4 ,ce fut dans l'esprit de la rpublique1 ou dans quelques cas p>ticuli]s1 qu'au milieu du treizime sicle on fit en ,aragon des lois somptuaires4 ,jacques ,i] ordonna que le roi ni aucun de ses sujets ne p\rrai5t mang] plus de deux sortes de vi&es *aque repas1 et que *acune ne s]ait prp>e que d'une seule manire1 mo9s que ce ne ft du gibi] qu'on et tu soi-mme#agc4 #agc ,con/itution de ,jacques ,i]1 l'an #abcd1 art4 #f1 dans ,m>ca1 ,hisp41 p4 #adci4 ,on fait aussi de nos j\rs en ,sude des lois somptuaires2 mais elles ont un objet diffr5t de celles d',aragon4 ,un tat peut faire des lois somptuaires dans l'objet d'une frugalit absolue3 c'e/ l'esprit des lois somptuaires des rpubliques2 et la nature de la *ose fait voir que ce fut l'objet de celles d',aragon4 ,les lois somptuaires peuv5t avoir aussi p\r objet une frugalit relative3 lorsqu'un tat1 s5tant que des m>*&ises trangres d'un trop haut prix dem&]ai5t une telle exportation des si5nes1 qu'il se priv]ait plus de ses beso9s p> celle-ci qu'il n'en satisf]ait p> celles-l1 en df5d absolum5t l'entre2 et c'e/ l'esprit des lois que l'on a faites de nos j\rs en ,sude#agd4 ,ce sont les seules lois somptuaires qui convi5n5t aux mon>*ies4 #agd ,on y a df5du les v9s exquis1 et autres m>*&ises prcieuses4 ,en gnral1 plus un tat e/ pauvre1 plus il e/ ru9 p> son luxe relatif2 et plus p> consqu5t il lui faut des lois somptuaires relatives4 ,plus un tat e/ ri*e1 plus son luxe relatif l'enri*it2 et il faut bi5 se g>d] d'y faire des lois somptuaires relatives4 ,n\s expliqu]ons mieux ceci dans le livre sur le comm]ce#age4 ,il n'e/ ici "q que du luxe absolu4 #age ,voyez liv4 ,,xx4 ,,*apitre ,,vi ,du luxe la ,*9e4 ,des raisons p>ticulires dem&5t des lois somptuaires dans quelques tats4 ,le peuple1 p> la =ce du climat1 peut dev5ir si nombreux1 et d'un autre ct les moy5s de le faire subsi/] peuv5t tre si inc]ta9s1 qu'il e/ bon de l'appliqu] t\t enti] la culture des t]res4 ,dans ces tats le luxe e/ dang]eux1 et les lois somptuaires y doiv5t tre rig\reuses4 ,a9si1 p\r savoir s'il faut enc\rag] le luxe ou le proscrire1 on doit d'abord jet] les yeux sur le rapport qu'il y a entre le nombre du peuple et la facilit de le faire vivre4 ,en ,anglet]re le sol produit beauc\p plus de gra9 qu'il ne faut p\r n\rrir ceux qui cultiv5t les t]res et ceux qui procur5t les vtem5ts3 il peut donc y avoir des arts frivoles1 et p> consqu5t du luxe4 ,en ,france il crot assez de bl p\r la n\rriture des lab\reurs et de ceux qui sont employs aux manufactures3 de plus1 le comm]ce avec les trang]s peut r5dre p\r des *oses frivoles tant de *oses ncessaires1 qu'on n'y doit gure cra9dre le luxe4 ,a la ,*9e1 au contraire1 les femmes sont si fcondes1 et l'espce huma9e s'y multiplie un tel po9t1 que les t]res1 quelque cultives qu'elles soi5t1 suffis5t pe9e p\r la n\rriture des habitants4 ,le luxe y e/ donc p]nicieux1 et l'esprit de travail et d'conomie y e/ aussi requis que dans quelques rpubliques que ce soit#agf4 ,il faut qu'on s'atta*e aux arts ncessaires1 et qu'on fuie ceux de la volupt4 #agf ,le luxe a t\j\rs t arrt4 ,voil l'esprit des belles ordonnances des emp]eurs *9ois3 ,nos anci5s1 dit un emp]eur de la famille des ,tang#agg1 t5ai5t p\r maxime que s'il y avait un homme qui ne lab\rt po9t1 une femme qui ne s'occupt po9t fil]1 quelqu'un s\ffrait le froid ou la faim dans l'empire444 ,et1 sur ce pr9cipe1 il fit dtruire une inf9it de mona/res de bonzes4 #agg ,dans une ordonnance rapporte p> le ,p4 ,duhalde1 t4 ,,ii1 p4 #dig4 ,le troisime emp]eur de la v+t et unime dyna/ie#agh1 qui on apporta des pi]res prcieuses tr\ves dans une m9e1 la fit f]m]1 ne v\lant pas fatigu] son peuple travaill] p\r une *ose qui ne p\vait ni le n\rrir ni le vtir4 #agh ,hi/oire de la ,*9e1 v+t et unime dyna/ie1 dans l'ouvrage du ,p4 ,duhalde1 t4 ,i4 ,notre luxe e/ si gr&1 dit ,kiayv5ti#agi1 que le peuple orne de brod]ies les s\li]s des jeunes g>ons et des filles qu'il e/ oblig de v5dre4 ,tant d'hommes tant occups faire des habits p\r un seul3 le moy5 qu'il n'y ait bi5 des g5s qui manqu5t d'habits8 ,il y a dix hommes qui mang5t le rev5u des t]res1 contre un lab\reur3 le moy5 qu'il n'y ait bi5 des g5s qui manqu5t d'alim5ts8 #agi ,dans un disc\rs rapport p> le ,p4 ,duhalde1 t4 ,,ii1 p4 #dah4 ,,*apitre ,,vii ,fatale consqu5ce du luxe la ,*9e4 ,on voit1 dans l'hi/oire de la ,*9e1 qu'elle a eu v+t-deux dyna/ies qui se sont succd2 c'e/--dire qu'elle a pr\v v+t-deux rvolutions gnrales1 sans compt] une inf9it de p>ticulires4 ,les trois premires dyna/ies durr5t assez longtemps1 p>ce qu'elles fur5t sagem5t g\v]nes1 et que l'empire tait mo9s t5du qu'il ne le fut depuis4 ,mais on peut dire1 en gnral1 que t\tes ces dyna/ies comm5cr5t assez bi54 ,la v]tu1 l'att5tion1 la vigilance1 sont ncessaires la ,*9e3 elles y tai5t dans le comm5cem5t des dyna/ies1 et elles manquai5t la f94 ,en effet1 il tait naturel que des emp]eurs n\rris dans les fatigues de la gu]re1 qui p>v5ai5t faire desc5dre du trne une famille noye dans les dlices1 cons]vass5t la v]tu qu'ils avai5t pr\ve si utile1 et craigniss5t les volupts qu'ils avai5t vues si fune/es4 ,mais1 aprs ces trois ou quatre premi]s pr9ces1 la corruption1 le luxe1 l'oisivet1 les dlices1 s'emp>5t des successeurs2 ils s'enf]m5t dans le palais2 leur esprit s'affaiblit1 leur vie s'acc\rcit1 la famille dcl9e2 les gr&s s'lv5t1 les eunuques s'accrdit5t1 on ne met sur le trne que des enfants2 le palais devi5t ennemi de l'empire2 un peuple oisif1 qui l'habite1 ru9e celui qui travaille2 l'emp]eur e/ tu ou dtruit p> un usurpateur1 qui fonde une famille1 dont le troisime ou quatrime successeur va dans le mme palais se r5f]m] encore4 ,,*apitre ,,viii ,de la cont95ce publique4 ,il y a tant d'imp]fections atta*es la p]te de la v]tu dans les femmes1 t\te leur me en e/ si =t dgrade1 ce po9t pr9cipal t en fait tomb] tant d'autres1 que l'on peut reg>d] dans un tat populaire l'incont95ce publique comme le d]ni] des malheurs1 et la c]titude d'un *angem5t dans la con/itution4 ,aussi les bons lgislateurs y ont-ils exig des femmes une c]ta9e gravit de moeurs4 ,ils ont proscrit de leurs rpubliques non seulem5t le vice1 mais l'app>5ce mme du vice4 ,ils ont banni jusqu' ce comm]ce de galant]ie qui produit l'oisivet1 qui fait que les femmes corromp5t avant mme d'tre corrompues1 qui donne un prix t\s les ri5s1 et rabaisse ce qui e/ important1 et qui fait que l'on ne se conduit plus que sur les maximes du ridicule1 que les femmes ent5d5t si bi5 tablir4 ,,*apitre ,,ix ,de la condition des femmes dans les div]s g\v]nem5ts4 ,les femmes ont peu de ret5ue dans les mon>*ies1 p>ce que la di/9ction des rangs les appelant la c\r1 elles y vont pr5dre cet esprit de lib]t qui e/ peu prs le seul qu'on y tolre4 ,*acun se s]t de leurs agrm5ts et de leurs passions p\r avanc] sa =tune2 et comme leur faiblesse ne leur p]met pas l'orgueil1 mais la vanit1 le luxe y rgne t\j\rs avec elles4 ,dans les tats despotiques1 les femmes n'introduis5t po9t le luxe1 mais elles sont elles-mmes un objet de luxe4 ,elles doiv5t tre extrmem5t esclaves4 ,*acun suit l'esprit du g\v]nem5t1 et porte *ez soi ce qu'il voit tabli ailleurs4 ,comme les lois y sont svres et excutes sur-le-*amp1 on a peur que la lib]t des femmes n'y fasse des affaires4 ,leurs br\ill]ies1 leurs indiscrtions1 leurs rpugnances1 leurs p5*ants1 leurs jal\sies1 leurs piques1 cet art qu'ont les petites mes d'intress] les gr&es1 n'y saurai5t tre sans consqu5ce4 ,de plus1 comme dans ces tats les pr9ces se j\5t de la nature huma9e1 ils ont plusieurs femmes2 et mille considrations les oblig5t de les r5f]m]4 ,dans les rpubliques1 les femmes sont libres p> les lois1 et captives p> les moeurs2 le luxe en e/ banni1 et avec lui la corruption et les vices4 ,dans les villes grecques1 o l'on ne vivait pas s\s cette religion qui tablit que1 *ez les hommes mmes1 la puret des moeurs e/ une p>tie de la v]tu2 dans les villes grecques1 o un vice aveugle rgnait d'une manire effrne1 o l'am\r n'avait qu'une =me que l'on n'ose dire1 t&is que la seule amiti s'tait retire dans le m>iage#ahj1 la v]tu1 la simplicit1 la *a/et des femmes1 y tai5t telles qu'on n'a gure jamais vu de peuple qui ait eu cet g>d une meilleure police#aha4 #ahj ,quant au vrai am\r1 dit ,plut>que1 les femmes n'y ont aucune "p4 7,o,euvres morales1 ,trait de l'am\r1 p4 #fjj47 ,il p>lait comme son sicle4 ,voyez ,xnophon1 au dialogue intitul ,hiron4 #aha ,a ,a?nes1 il y avait un magi/rat p>ticuli] qui veillait sur la conduite des femmes4 ,,*apitre ,x ,du tribunal dome/ique *ez les ,roma9s4 ,les ,roma9s n'avai5t pas1 comme les ,grecs1 des magi/rats p>ticuli]s qui euss5t inspection sur la conduite des femmes4 ,les c5seurs n'avai5t l'oeil sur elles que comme sur le re/e de la rpublique4 ,l'in/itution du tribunal dome/ique#ahb suppla la magi/rature tablie *ez les ,grecs#ahc4 #ahb ,romulus in/itua ce tribunal1 comme il p>at p> ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,ii1 p4 #if4 #ahc ,voyez1 dans ,tite-,live1 liv4 ,,xxxix1 l'usage que l'on fit de ce tribunal1 lors de la conjuration des bac*anales3 on appela conjuration contre la rpublique1 des assembles o l'on corrompait les moeurs des femmes et des jeunes g5s4 ,le m>i assemblait les p>5ts de la femme et la jugeait devant eux#ahd4 ,ce tribunal ma9t5ait les moeurs dans la rpublique4 ,mais ces mmes moeurs ma9t5ai5t ce tribunal4 ,il devait jug]1 non seulem5t de la violation des lois1 mais aussi de la violation des moeurs4 ,or1 p\r jug] de la violation des moeurs1 il faut en avoir4 #ahd ,il p>at1 p> ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,ii1 que p> l'in/itution de ,romulus1 le m>i1 dans les cas ord9aires1 jugeait seul devant les p>5ts de la femme2 et que1 dans les gr&s crimes1 il la jugeait avec c9q d'entre eux4 ,aussi ,ulpi51 au titre ,,vi1 #i1 #ab et #ac1 di/+ue-t-il1 dans les jugem5ts des moeurs1 celles qu'il appelle graves1 d'avec celles qui l'tai5t mo9s3 ,mores graviores1 mores leviores4 ,les pe9es de ce tribunal devai5t tre arbitraires1 et l'tai5t en effet3 c> t\t ce qui reg>de les moeurs1 t\t ce qui reg>de les rgles de la mode/ie1 ne peut gure tre compris s\s un code de lois4 ,il e/ ais de rgl] p> des lois ce qu'on doit aux autres2 il e/ difficile d'y compr5dre t\t ce qu'on se doit soi-mme4 ,le tribunal dome/ique reg>dait la conduite gnrale des femmes4 ,mais il y avait un crime qui1 outre l'animadv]sion de ce tribunal1 tait encore s\mis une accusation publique3 c'tait l'adultre2 soit que1 dans une rpublique1 une si gr&e violation des moeurs intresst le g\v]nem5t2 soit que le drglem5t de la femme pt faire s\ponn] celui du m>i2 soit enf9 que l'on craignt que les honntes g5s mmes n'aimass5t mieux ca*] ce crime que le punir1 l'ignor] que le v5g]4 ,,*apitre ,,xi ,comm5t les in/itutions *angr5t ,rome avec le g\v]nem5t4 ,comme le tribunal dome/ique supposait des moeurs1 l'accusation publique en supposait aussi2 et cela fit que ces deux *oses tombr5t avec les moeurs1 et f9ir5t avec la rpublique#ahe4 #ahe ,judicio de moribus 7quod antea quidem 9 antiquis legibus positum erat1 non autem frequ5tabatur7 p5itus abolito4 ,le jugem5t sur les moeurs1 tabli dans les lois anci5nes1 mais depuis longtemps tomb en dsutude1 fut df9itivem5t aboli4 7,leg4 ,,xi1 #b1 cod41 de repud47 ,l'tablissem5t des que/ions p]ptuelles1 c'e/--dire du p>tage de la juridiction entre les prteurs1 et la c\tume qui s'introduisit de plus en plus que ces prteurs jugeass5t eux-mmes#ahf t\tes les affaires1 affaiblir5t l'usage du tribunal dome/ique2 ce qui p>at p> la surprise des hi/ori5s1 qui reg>d5t comme des faits s+uli]s et comme un r5\vellem5t de la pratique anci5ne les jugem5ts que ,tibre fit r5dre p> ce tribunal4 #ahf ,judicia extraord9>ia4 ,l'tablissem5t de la mon>*ie et le *angem5t des moeurs fir5t encore cess] l'accusation publique4 ,on p\vait cra9dre qu'un malhonnte homme1 piqu des mpris d'une femme1 indign de ses refus1 outr de sa v]tu mme1 ne =mt le desse9 de la p]dre4 ,la loi ,julia ordonna qu'on ne p\rrait accus] une femme d'adultre qu'aprs avoir accus son m>i de favoris] ses drglem5ts3 ce qui re/reignit beauc\p cette accusation1 et l'anantit p\r a9si dire#ahg4 #ahg ,con/ant9 l'ta entirem5t4 ,c'e/ une *ose indigne1 disait-il1 que des m>iages tranquilles soi5t tr\bls p> l'audace des trang]s4 ,sixte-,qu9t sembla v\loir r5\vel] l'accusation publique#ahh4 ,mais il ne faut qu'un peu de rflexion p\r voir que cette loi1 dans une mon>*ie telle que la si5ne1 tait encore plus dplace que dans t\te autre4 #ahh ,sixte-,qu9t ordonna qu'un m>i qui n'irait po9t se pla9dre lui des dbau*es de sa femme s]ait puni de mort4 ,voyez ,leti4 ,,*apitre ,,xii ,de la tutelle des femmes *ez les ,roma9s4 ,les in/itutions des ,roma9s mettai5t les femmes dans une p]ptuelle tutelle1 mo9s qu'elles ne fuss5t s\s l'autorit d'un m>i#ahi4 ,cette tutelle tait donne au plus pro*e des p>5ts1 p> mles2 et il p>at1 p> une expression vulgaire#aij1 qu'elles tai5t trs gnes4 ,cela tait bon p\r la rpublique1 et n'tait po9t ncessaire dans la mon>*ie#aia4 #ahi ,nisi conv5iss5t 9 manum viri4 #aij ,ne sis mihi patruus oro4 ,ne sois pas un oncle p\r moi1 je t'en conjure4 #aia ,la loi ,papi5ne ordonna s\s ,augu/e que les femmes qui aurai5t eu trois enfants s]ai5t hors de cette tutelle4 ,il p>at1 p> les div]s codes des lois des b>b>es1 que les femmes *ez les premi]s ,g]ma9s tai5t aussi dans une p]ptuelle tutelle#aib4 ,cet usage passa dans les mon>*ies qu'ils fondr5t3 mais il ne subsi/a pas4 #aib ,cette tutelle s'appelait *ez les ,g]ma9s munde burdium4 ,,*apitre ,,xiii ,des pe9es tablies p> les emp]eurs contre les dbau*es des femmes4 ,la loi ,julia tablit une pe9e contre l'adultre4 ,mais1 bi5 lo9 que cette loi et celles que l'on fit depuis l-dessus fuss5t une m>que de la bont des moeurs1 elles fur5t au contraire une m>que de leur dpravation4 ,t\t le sy/me politique l'g>d des femmes *angea dans la mon>*ie4 ,il ne fut plus "q d'tablir *ez elles la puret des moeurs1 mais de punir leurs crimes4 ,on ne faisait de n\velles lois1 p\r punir ces crimes1 que p>ce qu'on ne punissait plus les violations qui n'tai5t po9t ces crimes4 ,l'affreux dbordem5t des moeurs obligeait bi5 les emp]eurs de faire des lois p\r arrt]1 un c]ta9 po9t1 l'impudicit2 mais leur int5tion ne fut pas de corrig] les moeurs en gnral4 ,des faits positifs1 rapports p> les hi/ori5s1 pr\v5t plus cela que t\tes ces lois ne saurai5t pr\v] le contraire4 ,on peut voir dans ,dion la conduite d',augu/e cet g>d1 et comm5t il luda1 et dans sa prture1 et dans sa c5sure1 les dem&es qui lui fur5t faites#aic4 #aic ,comme on lui eut am5 un jeune homme qui avait p\s une femme avec laquelle il avait eu aup>avant un mauvais comm]ce1 il hsita longtemps1 n'osant ni appr\v] ni punir ces *oses4 ,enf91 repr5ant ses esprits3 ,les sditions ont t cause de gr&s maux1 dit-il2 oublions-les4 7,,dion1 liv4 ,,liv47 ,les snateurs lui ayant dem& des rglem5ts sur les moeurs des femmes1 il luda cette dem&e1 en leur disant qu'ils corrigeass5t leurs femmes1 comme il corrigeait la si5ne4 ,sur quoi ils le prir5t de leur dire comm5t il en usait avec sa femme3 "q1 ce me semble1 =t indiscrte4 ,on tr\ve bi5 dans les hi/ori5s des jugem5ts rigides r5dus s\s ,augu/e et s\s ,tibre contre l'impudicit de quelques dames roma9es2 mais1 en n\s faisant connatre l'esprit de ces rgnes1 ils n\s font connatre l'esprit de ces jugem5ts4 ,augu/e et ,tibre songr5t pr9cipalem5t punir les dbau*es de leurs p>5tes4 ,ils ne punissai5t po9t les drglem5ts des moeurs1 mais un c]ta9 crime d'impit ou de lse-maje/#aid qu'ils avai5t inv5t1 utile p\r le respect1 utile p\r leur v5geance4 ,de l vi5t que les auteurs roma9s s'lv5t si =t contre cette tyrannie4 #aid ,culpam int] viros ac fem9as vulgatam gravi nom9e loes>um religionum1 ac violat maje/atis appell&o1 clem5tiam majorum suasque ipse leges egr$iebatur4 7,,tacite1 ,ann41 liv4 ,,iii47 ,en appelant ces drglem5ts du nom r$\table de sacrilges et de crime de lse-maje/1 il *appait la clm5ce de ses anctres et celle de ses propres lois4 ,la pe9e de la loi ,julia tait lgre#aie4 ,les emp]eurs v\lur5t que dans les jugem5ts on augm5tt la pe9e de la loi qu'ils avai5t faite4 ,cela fut le sujet des invectives des hi/ori5s4 ,ils n'exam9ai5t pas si les femmes mritai5t d'tre punies1 mais si l'on avait viol la loi p\r les punir4 #aie ,cette loi e/ rapporte au ,dige/e2 mais on n'y a pas mis la pe9e4 ,on juge qu'elle n'tait que de la relgation1 puisque celle de l'ince/e n'tait que de la dportation4 7,leg4 ,si quis viduam1 ff41 de que/47 ,une des pr9cipales tyrannies de ,tibre#aif fut l'abus qu'il fit des anci5nes lois4 ,qu& il v\lut punir quelque dame roma9e au del de la pe9e porte p> la loi ,julia1 il rtablit contre elle le tribunal dome/ique#aig4 #aif ,proprium id ,tib]io fuit1 scel]a nup] rep]ta priscis v]bis obteg]e4 7,,tacite1 ,annal41 liv4 ,,iv47 ,ce fut le propre de ,tibre de c\vrir de noms anci5s des =faits n\veaux4 #aig ,adult]ii graviorem po5am deprecatus1 ut1 exemplo majorum1 prop9quis suis ultra duc5tesimum lapidem remov]etur1 suasit4 ,adult]o ,manlio ,italia atque ,africa int]dictum e/4 7,,tacite1 ,annal41 liv4 ,,ii47 ,ayant dem& une pe9e plus grave p\r l'adultre1 il obt9t que p\r ses pro*es le c\pable ft relgu au del de la deux-c5time pi]re4 ,l'adultre ,manlius fut exil de l',italie et de l',afrique4 ,ces dispositions l'g>d des femmes ne reg>dai5t que les familles des snateurs1 et non pas celles du peuple4 ,on v\lait des prtextes aux accusations contre les gr&s1 et les dportem5ts des femmes en p\vai5t f\rnir sans nombre4 ,enf9 ce que j'ai dit1 que la bont des moeurs n'e/ pas le pr9cipe du g\v]nem5t d'un seul1 ne se vrifia jamais mieux que s\s ces premi]s emp]eurs2 et si l'on en d\tait1 on n'aurait qu' lire ,tacite1 ,sutone1 ,juvnal et ,m>tial4 ,,*apitre ,,xiv ,lois somptuaires *ez les ,roma9s4 ,n\s avons p>l de l'incont95ce publique1 p>ce qu'elle e/ jo9te avec le luxe1 qu'elle en e/ t\j\rs suivie1 et qu'elle le suit t\j\rs4 ,si v\s laissez en lib]t les m\vem5ts du coeur1 comm5t p\rrez-v\s gn] les faiblesses de l'esprit8 ,a ,rome1 outre les in/itutions gnrales1 les c5seurs fir5t faire1 p> les magi/rats1 plusieurs lois p>ticulires p\r ma9t5ir les femmes dans la frugalit4 ,les lois ,fanni5ne1 ,lic9i5ne#aih et ,oppi5ne eur5t cet objet4 ,il faut voir dans ,tite-,live#aii comm5t le snat fut agit lorsqu'elles dem&r5t la rvocation de la loi ,oppi5ne4 ,valre ,maxime met l'poque du luxe *ez les ,roma9s l'abrogation de cette loi4 #aih ,les lois ,fannia et ,lic9ia ne reg>dai5t po9t spcialem5t les femmes2 elles rglai5t et modrai5t la dp5se de la table4 7,,cr,v47 #aii ,dcade ,,iv1 liv4 ,,iv4 ,,*apitre ,,xv ,des dots et des avantages nuptiaux dans les div]ses con/itutions4 ,les dots doiv5t tre considrables dans les mon>*ies1 af9 que les m>is puiss5t s\t5ir leur rang et le luxe tabli4 ,elles doiv5t tre mdiocres dans les rpubliques1 o le luxe ne doit pas rgn]#bjj4 ,elles doiv5t tre peu prs nulles dans les tats despotiques1 o les femmes sont en quelque faon esclaves4 #bjj ,m>seille fut la plus sage des rpubliques de son temps3 les dots ne p\vai5t pass] c5t cus en arg5t1 et c9q en habits1 dit ,/rabon1 livre ,,iv4 ,la communaut des bi5s1 introduite p> les lois franaises entre le m>i et la femme1 e/ trs conv5able dans le g\v]nem5t mon>*ique1 p>ce qu'elle intresse les femmes aux affaires dome/iques1 et les rappelle1 comme malgr elles1 au so9 de leur maison4 ,elle l'e/ mo9s dans la rpublique1 o les femmes ont plus de v]tu4 ,elle s]ait absurde dans les tats despotiques1 o presque t\j\rs les femmes sont elles-mmes une p>tie de la proprit du matre4 ,comme les femmes1 p> leur tat1 sont assez portes au m>iage1 les ga9s que la loi leur donne sur les bi5s de leur m>i sont inutiles4 ,mais ils s]ai5t trs p]nicieux dans une rpublique1 p>ce que leurs ri*esses p>ticulires produis5t le luxe4 ,dans les tats despotiques1 les ga9s de noces doiv5t tre leur subsi/ance1 et ri5 de plus4 ,,*apitre ,,xvi ,belle c\tume des ,samnites4 ,les ,samnites avai5t une c\tume qui1 dans une petite rpublique1 et surt\t dans la situation o tait la leur1 devait produire d'admirables effets4 ,on assemblait t\s les jeunes g5s1 et on les jugeait3 celui qui tait dcl> le meilleur de t\s pr5ait p\r sa femme la fille qu'il v\lait2 celui qui avait les suffrages aprs lui *oisissait encore2 et a9si de suite#bja4 ,il tait admirable de ne reg>d] entre les bi5s des g>ons que les belles qualits1 et les s]vices r5dus la patrie4 ,celui qui tait le plus ri*e de ces sortes de bi5s *oisissait une fille dans t\te la nation4 ,l'am\r1 la beaut1 la *a/et1 la v]tu1 la naissance1 les ri*esses mme1 t\t cela tait1 p\r a9si dire1 la dot de la v]tu4 ,il s]ait difficile d'imag9] une rcomp5se plus noble1 plus gr&e1 mo9s *>ge un petit tat1 plus capable d'agir sur l'un et l'autre sexe4 #bja ,fragm4 de ,nicolas de ,damas1 tir de ,/obe1 dans le recueil de ,con/4 ,porphyr4 ,les ,samnites desc5dai5t des ,lacdmoni5s2 et ,platon1 dont les in/itutions ne sont que la p]fection des lois de ,lycurgue1 donna peu prs une p>eille loi#bjb4 #bjb ,il leur p]met mme de se voir plus frquemm5t4 7,,plato1 de ,republica1 lib4 ,v47 ,,*apitre ,,xvii ,de l'adm9i/ration des femmes4 ,il e/ contre la raison et contre la nature que les femmes soi5t matresses dans la maison1 comme cela tait tabli *ez les gypti5s2 mais il ne l'e/ pas qu'elles g\v]n5t un empire4 ,dans le premi] cas1 l'tat de faiblesse o elles sont ne leur p]met pas la prm95ce2 dans le second1 leur faiblesse mme leur donne plus de d\ceur et de modration3 ce qui peut faire un bon g\v]nem5t plutt que les v]tus dures et froces4 ,dans les ,indes1 on se tr\ve trs bi5 du g\v]nem5t des femmes2 et il e/ tabli que1 si les mles ne vi5n5t pas d'une mre du mme sang1 les filles qui ont une mre du sang royal succd5t#bjc4 ,on leur donne un c]ta9 nombre de p]sonnes p\r les aid] port] le poids du g\v]nem5t4 ,selon ,m4 ,smi?#bjd1 on se tr\ve aussi trs bi5 du g\v]nem5t des femmes en ,afrique4 ,si l'on aj\te cela l'exemple de la ,moscovie et de l',anglet]re1 on v]ra qu'elles russiss5t galem5t1 et dans le g\v]nem5t modr1 et dans le g\v]nem5t despotique4 #bjc ,lettres difiantes1 quatorzime recueil4 #bjd ,voyage de ,gu9e1 seconde p>tie1 p4 #afe de la traduction1 sur le royaume d',angona1 sur la cte d',or4 ,,livre ,,huiti,,me ,,de ,,la ,,corruption ,,des ,,pr9cipes ,,des ,,trois ,,g\v]nem5ts4 ,,*apitre ,,premi] ,ide gnrale de ce livre4 ,la corruption de *aque g\v]nem5t comm5ce presque t\j\rs p> celle des pr9cipes4 ,,*apitre ,,ii ,de la corruption du pr9cipe de la dmocratie4 ,le pr9cipe de la dmocratie se corrompt1 non seulem5t lorsqu'on p]d l'esprit d'galit1 mais encore qu& on pr5d l'esprit d'galit extrme1 et que *acun veut tre gal ceux qu'il *oisit p\r lui comm&]4 ,p\r lors le peuple1 ne p\vant s\ffrir le p\voir mme qu'il confie1 veut t\t faire p> lui-mme1 dlibr] p\r le snat1 excut] p\r les magi/rats et dp\ill] t\s les juges4 ,il ne peut plus y avoir de v]tu dans la rpublique4 ,le peuple veut faire les fonctions des magi/rats3 on ne les respecte donc plus4 ,les dlibrations du snat n'ont plus de poids3 on n'a donc plus d'g>ds p\r les snateurs1 et p> consqu5t p\r les vieill>ds4 ,que si l'on n'a pas du respect p\r les vieill>ds1 on n'en aura pas non plus p\r les pres3 les m>is ne mrit5t pas plus de dfr5ce1 ni les matres pas plus de s\mission4 ,t\t le monde p>vi5dra aim] ce lib]t9age3 la gne du comm&em5t fatigu]a1 comme celle de l'obissance4 ,les femmes1 les enfants1 les esclaves1 n'auront de s\mission p\r p]sonne4 ,il n'y aura plus de moeurs1 plus d'am\r de l'ordre1 enf9 plus de v]tu4 ,on voit dans le ,banquet de ,xnophon une pe9ture bi5 nave d'une rpublique o le peuple a abus de l'galit4 ,*aque convive donne son t\r la raison p\rquoi il e/ cont5t de lui4 ,je suis cont5t de moi1 dit ,*>mids1 cause de ma pauvret4 ,qu& j'tais ri*e1 j'tais oblig de faire ma c\r aux calomniateurs1 sa*ant bi5 que j'tais plus en tat de recevoir du mal d'eux que de leur en faire2 la rpublique me dem&ait t\j\rs quelque n\velle somme2 je ne p\vais m'abs5t]4 ,depuis que je suis pauvre1 j'ai acquis de l'autorit2 p]sonne ne me m5ace1 je m5ace les autres2 je puis m'en all] ou re/]4 ,dj les ri*es se lv5t de leurs places1 et me cd5t le pas4 ,je suis un roi1 j'tais un esclave2 je payais un tribut la rpublique1 auj\rd'hui elle me n\rrit2 je ne cra9s plus de p]dre1 j'espre d'acqurir4 ,le peuple tombe dans ce malheur lorsque ceux qui il se confie1 v\lant ca*] leur propre corruption1 *]*5t le corrompre4 ,p\r qu'il ne voie pas leur ambition1 ils ne lui p>l5t que de sa gr&eur2 p\r qu'il n'ap]oive pas leur av>ice1 ils flatt5t sans cesse la si5ne4 ,la corruption augm5t]a p>mi les corrupteurs1 et elle augm5t]a p>mi ceux qui sont dj corrompus4 ,le peuple se di/ribu]a t\s les d5i]s publics2 et1 comme il aura jo9t sa p>esse la ge/ion des affaires1 il v\dra jo9dre sa pauvret les amusem5ts du luxe4 ,mais1 avec sa p>esse et son luxe1 il n'y aura que le trsor public qui puisse tre un objet p\r lui4 ,il ne faudra pas s'tonn] si l'on voit les suffrages se donn] p\r de l'arg5t4 ,on ne peut donn] beauc\p au peuple sans retir] encore plus de lui2 mais1 p\r retir] de lui1 il faut r5v]s] l'tat4 ,plus il p>atra tir] d'avantage de sa lib]t1 plus il s'appro*]a du mom5t o il doit la p]dre4 ,il se =me de petits tyrans qui ont t\s les vices d'un seul4 ,bi5tt ce qui re/e de lib]t devi5t insupportable3 un seul tyran s'lve2 et le peuple p]d t\t1 jusqu'aux avantages de sa corruption4 ,la dmocratie a donc deux excs vit]3 l'esprit d'9galit1 qui la mne l'ari/ocratie ou au g\v]nem5t d'un seul2 et l'esprit d'galit extrme1 qui la conduit au despotisme d'un seul1 comme le despotisme d'un seul f9it p> la conqute4 ,il e/ vrai que ceux qui corrompir5t les rpubliques grecques ne dev9r5t pas t\j\rs tyrans4 ,c'e/ qu'ils s'tai5t plus atta*s l'loqu5ce qu' l'art militaire2 outre qu'il y avait dans le coeur de t\s les ,grecs une ha9e implacable contre ceux qui r5v]sai5t le g\v]nem5t rpublica93 ce qui fait que l'an>*ie dgnra en anantissem5t1 au lieu de se *ang] en tyrannie4 ,mais ,syracuse1 qui se tr\va place au milieu d'un gr& nombre de petites olig>*ies *anges en tyrannie#bje2 ,syracuse1 qui avait un snat#bjf dont il n'e/ presque jamais fait m5tion dans l'hi/oire1 essuya des malheurs que la corruption ord9aire ne donne pas4 ,cette ville1 t\j\rs dans la lic5ce#bjg ou dans l'oppression1 galem5t travaille p> sa lib]t et p> sa s]vitude1 recevant t\j\rs l'une et l'autre comme une tempte1 et1 malgr sa puissance au dehors1 t\j\rs dt]m9e une rvolution p> la plus petite =ce trangre1 avait dans son se9 un peuple imm5se1 qui n'eut jamais que cette cruelle alt]native de se donn] un tyran ou de l'tre lui-mme4 #bje ,voyez ,plut>que1 dans les ,vies de ,timolon et de ,dion4 #bjf ,c'e/ celui des six c5ts dont p>le ,diodore4 #bjg ,ayant *ass les tyrans1 ils fir5t citoy5s des trang]s et des soldats m]c5aires2 ce qui causa des gu]res civiles4 7,,ari/ote1 ,polit41 liv4 ,v1 *ap4 ,,iii47 ,le peuple ayant t cause de la victoire sur les ,a?ni5s1 la rpublique fut *ange4 7,ibid41 *ap4 ,,iv47 ,la passion de deux magi/rats1 dont l'un enleva l'autre un jeune g>on1 et celui-ci lui dbau*a sa femme1 fit *ang] la =me de cette rpublique4 7,ibid41 liv4 ,v1 *ap4 ,,iv47 ,,*apitre ,,iii ,de l'esprit d'galit extrme4 ,autant que le ciel e/ loign de la t]re1 autant le vritable esprit d'galit l'e/-il de l'esprit d'galit extrme4 ,le premi] ne consi/e po9t faire en sorte que t\t le monde comm&e ou que p]sonne ne soit comm&1 mais obir et comm&] ses gaux4 ,il ne *]*e pas n'avoir po9t de matres1 mais n'avoir que ses gaux p\r matres4 ,dans l'tat de nature1 les hommes naiss5t bi5 dans l'galit2 mais ils n'y saurai5t re/]4 ,la socit la leur fait p]dre1 et ils ne r$evi5n5t gaux que p> les lois4 ,telle e/ la diffr5ce entre la dmocratie rgle et celle qui ne l'e/ pas1 que dans la premire on n'e/ gal que comme citoy51 et que dans l'autre on e/ encore gal comme magi/rat1 comme snateur1 comme juge1 comme pre1 comme m>i1 comme matre4 ,la place naturelle de la v]tu e/ auprs de la lib]t2 mais elle ne se tr\ve pas plus auprs de la lib]t extrme qu'auprs de la s]vitude4 ,,*apitre ,,iv ,cause p>ticulire de la corruption du peuple4 ,les gr&s succs1 surt\t ceux auxquels le peuple contribue beauc\p1 lui donn5t un tel orgueil qu'il n'e/ plus possible de le conduire4 ,jal\x des magi/rats1 il le devi5t de la magi/rature2 ennemi de ceux qui g\v]n5t1 il l'e/ bi5tt de la con/itution4 ,c'e/ a9si que la victoire de ,salam9e sur les ,p]ses corrompit la rpublique d',a?nes#bjh2 c'e/ a9si que la dfaite des ,a?ni5s p]dit la rpublique de ,syracuse#bji4 #bjh ,,ari/ote1 ,polit41 liv4 ,v1 *4 ,,iv4 #bji ,ibid4 ,celle de ,m>seille n'pr\va jamais ces gr&s passages de l'abaissem5t la gr&eur3 aussi se g\v]na-t-elle t\j\rs avec sagesse2 aussi cons]va-t-elle ses pr9cipes4 ,,*apitre ,v ,de la corruption du pr9cipe de l'ari/ocratie4 ,l'ari/ocratie se corrompt lorsque le p\voir des nobles devi5t arbitraire3 il ne peut y avoir de v]tu dans ceux qui g\v]n5t ni dans ceux qui sont g\v]ns4 ,qu& les familles rgnantes obs]v5t les lois1 c'e/ une mon>*ie qui a plusieurs mon>ques1 et qui e/ trs bonne p> sa nature2 presque t\s ces mon>ques sont lis p> les lois4 ,mais qu& elles ne les obs]v5t pas1 c'e/ un tat despotique qui a plusieurs despotes4 ,dans ce cas1 la rpublique ne subsi/e qu' l'g>d des nobles1 et entre eux seulem5t4 ,elle e/ dans le corps qui g\v]ne1 et l'tat despotique e/ dans le corps qui e/ g\v]n3 ce qui fait les deux corps du monde les plus dsunis4 ,l'extrme corruption e/ lorsque les nobles devi5n5t hrditaires#baj2 ils ne peuv5t plus gure avoir de modration4 ,s'ils sont en petit nombre1 leur p\voir e/ plus gr&1 mais leur sret dim9ue2 s'ils sont en plus gr& nombre1 leur p\voir e/ mo9dre1 et leur sret plus gr&e3 en sorte que le p\voir va croissant1 et la sret dim9uant1 jusqu'au despote1 sur la tte duquel e/ l'excs du p\voir et du dang]4 #baj ,l'ari/ocratie se *ange en olig>*ie4 ,le gr& nombre des nobles dans l'ari/ocratie hrditaire r5dra donc le g\v]nem5t mo9s viol5t2 mais comme il y aura peu de v]tu1 on tomb]a dans un esprit de non*alance1 de p>esse1 d'ab&on1 qui f]a que l'tat n'aura plus de =ce ni de ressort#baa4 #baa ,v5ise e/ une des rpubliques qui a le mieux corrig1 p> ses lois1 les inconvni5ts de l'ari/ocratie hrditaire4 ,une ari/ocratie peut ma9t5ir la =ce de son pr9cipe1 si les lois sont telles qu'elles fass5t plus s5tir aux nobles les prils et les fatigues du comm&em5t que ses dlices1 et si l'tat e/ dans une telle situation qu'il ait quelque *ose r$\t]1 et que la sret vi5ne du d$ans1 et l'inc]titude du dehors4 ,comme une c]ta9e confiance fait la gloire et la sret d'une mon>*ie1 il faut au contraire qu'une rpublique r$\te quelque *ose#bab4 ,la cra9te des ,p]ses ma9t9t les lois *ez les ,grecs4 ,c>?age et ,rome s'intimidr5t l'une l'autre1 et s'aff]mir5t4 ,*ose s+ulire6 plus ces tats ont de sret1 plus1 comme des eaux trop tranquilles1 ils sont sujets se corrompre4 #bab ,ju/9 attribue la mort d'pam9ondas l'ext9ction de la v]tu ,a?nes4 ,n'ayant plus d'mulation1 ils dp5sr5t leurs rev5us en ftes3 ,frequ5tius co5am quam ca/ra vis5tes1 frqu5tant les fe/9s plus que les camps4 ,p\r lors les ,macdoni5s sortir5t de l'obscurit4 7,liv4 ,,vi47 ,,*apitre ,,vi ,de la corruption du pr9cipe de la mon>*ie4 ,comme les dmocraties se p]d5t lorsque le peuple dp\ille le snat1 les magi/rats et les juges de leurs fonctions1 les mon>*ies se corromp5t lorsqu'on te peu peu les prrogatives des corps ou les privilges des villes4 ,dans le premi] cas1 on va au despotisme de t\s2 dans l'autre1 au despotisme d'un seul4 ,ce qui p]dit les dyna/ies de ,ts9 et de ,si1 dit un auteur *9ois1 c'e/ qu'au lieu de se born]1 comme les anci5s1 une inspection gnrale1 seule digne du s\v]a91 les pr9ces v\lur5t g\v]n] t\t immdiatem5t p> eux-mmes#bac4 ,l'auteur *9ois n\s donne ici la cause de la corruption de presque t\tes les mon>*ies4 #bac ,compilation d'ouvrages faits s\s les ,m+1 rapports p> le ,p4 ,duhalde4 ,la mon>*ie se p]d lorsqu'un pr9ce croit qu'il montre plus sa puissance en *angeant l'ordre des *oses qu'en le suivant2 lorsqu'il te les fonctions naturelles des uns p\r les donn] arbitrairem5t d'autres2 et lorsqu'il e/ plus am\reux de ses fantaisies que de ses volonts4 ,la mon>*ie se p]d lorsque le pr9ce1 rapportant t\t uniquem5t lui1 appelle l'tat sa capitale1 la capitale sa c\r1 et la c\r sa seule p]sonne4 ,enf9 elle se p]d lorsqu'un pr9ce mconnat son autorit1 sa situation1 l'am\r de ses peuples1 et lorsqu'il ne s5t pas bi5 qu'un mon>que doit se jug] en sret1 comme un despote doit se croire en pril4 ,,*apitre ,,vii ,cont9uation du mme sujet4 ,le pr9cipe de la mon>*ie se corrompt lorsque les premires dignits sont les m>ques de la premire s]vitude2 lorsqu'on te aux gr&s le respect des peuples1 et qu'on les r5d de vils in/rum5ts du p\voir arbitraire4 ,il se corrompt encore plus lorsque l'honneur a t mis en contradiction avec les honneurs1 et que l'on peut tre la fois c\v]t d'infamie#bad et de dignits4 #bad ,s\s le rgne de ,tibre1 on leva des /atues et l'on donna les ornem5ts triomphaux aux dlateurs3 ce qui avilit tellem5t ces honneurs1 que ceux qui les avai5t mrits les ddaignr5t4 7,fragm4 de ,dion1 liv4 ,,lviii1 tir de l',extrait des v]tus et des vices de ,con/4 ,porphyrog47 ,voyez1 dans ,tacite1 comm5t ,nron1 sur la dc\v]te et la punition d'une prt5due conjuration1 donna ,ptronius ,turpilianus1 ,n]va1 ,tigell9us1 les ornem5ts triomphaux4 7,ann41 liv4 ,,xv47 ,voyez aussi comm5t les gnraux ddaignr5t de faire la gu]re1 p>ce qu'ils en mprisai5t les honneurs4 ,p]vulgatis triumphi insignibus4 ,les insignes du triomphe tai5t dev5us vulgaires4 7,,tacite1 ,ann41 liv4 ,,xiii47 ,il se corrompt lorsque le pr9ce *ange sa ju/ice en svrit2 lorsqu'il met1 comme les emp]eurs roma9s1 une tte de ,mduse sur sa poitr9e#bae2 lorsqu'il pr5d cet air m5aant et t]rible que ,commode faisait donn] ses /atues#baf4 #bae ,dans cet tat1 le pr9ce savait bi5 quel tait le pr9cipe de son g\v]nem5t4 #baf ,h,,rodi54 ,le pr9cipe de la mon>*ie se corrompt lorsque des mes s+ulirem5t l*es tir5t vanit de la gr&eur que p\rrait avoir leur s]vitude1 et qu'elles croi5t que ce qui fait que l'on doit t\t au pr9ce fait que l'on ne doit ri5 sa patrie4 ,mais1 s'il e/ vrai 7ce que l'on a vu dans t\s les temps7 qu' mesure que le p\voir du mon>que devi5t imm5se sa sret dim9ue1 corrompre ce p\voir jusqu' le faire *ang] de nature1 n'e/-ce pas un crime de lse-maje/ contre lui8 ,,*apitre ,,viii ,dang] de la corruption du pr9cipe du g\v]nem5t mon>*ique4 ,l'inconvni5t n'e/ pas lorsque l'tat passe d'un g\v]nem5t modr un g\v]nem5t modr1 comme de la rpublique la mon>*ie1 ou de la mon>*ie la rpublique2 mais qu& il tombe et se prcipite du g\v]nem5t modr au despotisme4 ,la plup>t des peuples d',europe sont encore g\v]ns p> les moeurs4 ,mais si p> un long abus du p\voir1 si1 p> une gr&e conqute1 le despotisme s'tablissait un c]ta9 po9t1 il n'y aurait pas de moeurs ni de climat qui t9ss5t2 et1 dans cette belle p>tie du monde1 la nature huma9e s\ffrirait1 au mo9s p\r un temps1 les insultes qu'on lui fait dans les trois autres4 ,,*apitre ,,ix ,combi5 la noblesse e/ porte df5dre le trne4 ,la noblesse anglaise s'ensevelit avec ,*>les ,i] s\s les dbris du trne2 et1 avant cela1 lorsque ,philippe ,,ii fit ent5dre aux oreilles des ,franais le mot de lib]t1 la c\ronne fut t\j\rs s\t5ue p> cette noblesse qui ti5t honneur d'obir un roi1 mais qui reg>de comme la s\v]a9e infamie de p>tag] la puissance avec le peuple4 ,on a vu la maison d',autri*e travaill] sans rel*e opprim] la noblesse hongroise4 ,elle ignorait de quel prix elle lui s]ait quelque j\r4 ,elle *]*ait *ez ces peuples de l'arg5t qui n'y tait pas2 elle ne voyait pas des hommes qui y tai5t4 ,lorsque tant de pr9ces p>tageai5t entre eux ses tats1 t\tes les pices de sa mon>*ie1 immobiles et sans action1 tombai5t1 p\r a9si dire1 les unes sur les autres2 il n'y avait de vie que dans cette noblesse qui s'indigna1 oublia t\t p\r combattre1 et crut qu'il tait de sa gloire de prir et de p>donn]4 ,,*apitre ,x ,de la corruption du pr9cipe du g\v]nem5t despotique4 ,le pr9cipe du g\v]nem5t despotique se corrompt sans cesse1 p>ce qu'il e/ corrompu p> sa nature4 ,les autres g\v]nem5ts priss5t1 p>ce que des accid5ts p>ticuli]s en viol5t le pr9cipe3 celui-ci prit p> son vice intrieur1 lorsque quelques causes accid5telles n'emp*5t po9t son pr9cipe de se corrompre4 ,il ne se ma9ti5t donc que qu& des circon/ances1 tires du climat1 de la religion1 de la situation ou du gnie du peuple1 le =c5t suivre quelque ordre1 et s\ffrir quelque rgle4 ,ces *oses =c5t sa nature sans la *ang]3 sa frocit re/e2 elle e/ p\r quelque temps apprivoise4 ,,*apitre ,,xi ,effets naturels de la bont et de la corruption des pr9cipes4 ,lorsque les pr9cipes du g\v]nem5t sont une fois corrompus1 les meilleures lois devi5n5t mauvaises et se t\rn5t contre l'tat2 lorsque les pr9cipes en sont sa9s1 les mauvaises ont l'effet des bonnes3 la =ce du pr9cipe entrane t\t4 ,les ,crtois1 p\r t5ir les premi]s magi/rats dans la dp5dance des lois1 employai5t un moy5 bi5 s+uli]3 c'tait celui de l'insurrection4 ,une p>tie des citoy5s se s\levait#bag1 mettait en fuite les magi/rats1 et les obligeait de r5tr] dans la condition prive4 ,cela tait c5s fait en consqu5ce de la loi4 ,une in/itution p>eille1 qui tablissait la sdition p\r emp*] l'abus du p\voir1 semblait devoir r5v]s] quelque rpublique que ce ft4 ,elle ne dtruisit pas celle de ,crte2 voici p\rquoi#bah3 ,lorsque les anci5s v\lai5t p>l] d'un peuple qui avait le plus gr& am\r p\r la patrie1 ils citai5t les ,crtois4 ,la patrie1 disait ,platon#bai1 nom si t5dre aux ,crtois6 ,ils l'appelai5t d'un nom qui exprime l'am\r d'une mre p\r ses enfants#bbj4 ,or l'am\r de la patrie corrige t\t4 #bag ,,ari/ote1 ,polit41 liv4 ,,ii1 *4 ,x4 #bah ,on se runissait t\j\rs d'abord contre les ennemis du dehors1 ce qui s'appelait syncrtisme4 7,,plut>que1 ,o,euvres morales1 p4 #hh47 #bai ,rpublique1 liv4 ,,ix4 #bbj ,,plut>que1 ,o,euvres morales1 au trait3 ,si l'homme d'ge doit se ml] des affaires publiques4 ,les lois de ,pologne ont aussi leur insurrection4 ,mais les inconvni5ts qui en rsult5t font bi5 voir que le seul peuple de ,crte tait en tat d'employ] avec succs un p>eil remde4 ,les ex]cices de la gymna/ique tablis *ez les ,grecs ne dp5dir5t pas mo9s de la bont du pr9cipe du g\v]nem5t4 ,ce fur5t les ,lacdmoni5s et les ,crtois1 dit ,platon#bba1 qui ouvrir5t ces acadmies fameuses qui leur fir5t t5ir dans le monde un rang si di/+u4 ,la pudeur s'al>ma d'abord2 mais elle cda l'utilit publique4 ,du temps de ,platon1 ces in/itutions tai5t admirables2 elles se rapportai5t un gr& objet1 qui tait l'art militaire#bbb4 ,mais lorsque les ,grecs n'eur5t plus de v]tu1 elles dtruisir5t l'art militaire mme3 on ne desc5dit plus sur l'arne p\r se =m]1 mais p\r se corrompre4 #bba ,rpublique1 liv4 ,v4 7,m47 #bbb ,la gymna/ique se divisait en deux p>ties1 la danse et la lutte4 ,on voyait1 en ,crte1 les danses armes des ,curtes2 ,lacdmone1 celles de ,ca/or et de ,pollux2 ,a?nes1 les danses armes de ,pallas1 trs propres p\r ceux qui ne sont pas encore en ge d'all] la gu]re4 ,la lutte e/ l'image de la gu]re1 dit ,platon1 des ,lois1 liv4 ,,vii4 ,il l\e l'antiquit de n'avoir tabli que deux danses1 la pacifique et la pyrrhique4 ,voyez comm5t cette d]nire danse s'appliquait l'art militaire4 7,,platon1 ibid47 ,plut>que n\s dit#bbc que de son temps les ,roma9s p5sai5t que ces jeux avai5t t la pr9cipale cause de la s]vitude o tai5t tombs les ,grecs4 ,c'tait1 au contraire1 la s]vitude des ,grecs qui avait corrompu ces ex]cices4 ,du temps de ,plut>que#bbd1 les p>cs o l'on combattait nu et les jeux de la lutte r5dai5t les jeunes g5s l*es1 les portai5t un am\r infme1 et n'en faisai5t que des balad9s2 mais du temps d'pam9ondas l'ex]cice de la lutte faisait gagn] aux ,?ba9s la bataille de ,leuctres#bbe4 #bbc 4444444444 ,aut libid9os ,l$z ,lac$monis pale/ras4 7,,m>tial1 lib4 ,,iv1 epig4 #ee47 #bbd ,o,euvres morales1 au trait ,des dem&es des *oses roma9es4 #bbe ,,plut>que1 ,o,euvres morales1 ,propos de table1 liv4 ,,ii4 ,il y a peu de lois qui ne soi5t bonnes lorsque l'tat n'a po9t p]du ses pr9cipes2 et1 comme disait picure en p>lant des ri*esses3 ,ce n'e/ po9t la liqueur qui e/ corrompue1 c'e/ le vase4 ,,*apitre ,,xii ,cont9uation sur le mme sujet4 ,on pr5ait ,rome les juges dans l'ordre des snateurs4 ,les ,gracques transportr5t cette prrogative aux *evali]s4 ,drusus la donna aux snateurs et aux *evali]s2 ,sylla aux snateurs seuls2 ,cotta1 aux snateurs1 aux *evali]s et aux trsori]s de l'p>gne4 ,cs> exclut ces d]ni]s4 ,anto9e fit des dcuries de snateurs1 de *evali]s et de c5turions4 ,qu& une rpublique e/ corrompue1 on ne peut remdi] aucun des maux qui naiss5t qu'en tant la corruption1 et en rappelant les pr9cipes3 t\te autre correction e/1 ou inutile1 ou un n\veau mal4 ,p5dant que ,rome cons]va ses pr9cipes1 les jugem5ts pur5t tre sans abus entre les ma9s des snateurs2 mais qu& elle fut corrompue1 quelque corps que ce ft qu'on transportt les jugem5ts1 aux snateurs1 aux *evali]s1 aux trsori]s de l'p>gne1 deux de ces corps1 t\s les trois ensemble1 quelque autre corps que ce ft1 on tait t\j\rs mal4 ,les *evali]s n'avai5t pas plus de v]tu que les snateurs1 les trsori]s de l'p>gne pas plus que les *evali]s1 et ceux-ci aussi peu que les c5turions4 ,lorsque le peuple de ,rome eut obt5u qu'il aurait "p aux magi/ratures patrici5nes1 il tait naturel de p5s] que ses flatteurs allai5t tre les arbitres du g\v]nem5t4 ,non3 l'on vit ce peuple qui r5dait les magi/ratures communes aux plbi5s lire t\j\rs des patrici5s4 ,p>ce qu'il tait v]tueux1 il tait magnanime2 p>ce qu'il tait libre1 il ddaignait le p\voir4 ,mais lorsqu'il eut p]du ses pr9cipes1 plus il eut de p\voir1 mo9s il eut de mnagem5ts2 jusqu' ce qu'enf91 dev5u son propre tyran et son propre esclave1 il p]dit la =ce de la lib]t1 p\r tomb] dans la faiblesse de la lic5ce4 ,,*apitre ,,xiii ,effet du s]m5t *ez un peuple v]tueux4 ,il n'y a po9t eu de peuple1 dit ,tite-,live#bbf1 o la dissolution se soit plus t>d introduite que *ez les ,roma9s1 et o la modration et la pauvret ai5t t plus longtemps honores4 #bbf ,liv4 ,i]4 ,le s]m5t eut tant de =ce *ez ce peuple que ri5 ne l'atta*a plus aux lois4 ,il fit bi5 des fois p\r l'obs]v] ce qu'il n'aurait jamais fait p\r la gloire ni p\r la patrie4 ,qu9tius ,c9c9natus1 consul1 ayant v\lu lev] une arme dans la ville contre les ques et les ,volsques1 les tribuns s'y opposr5t1 ,eh bi51 dit-il1 que t\s ceux qui ont fait s]m5t au consul de l'anne prcd5te m>*5t s\s mes enseignes#bbg4 ,en va9 les tribuns s'crir5t-ils qu'on n'tait plus li p> ce s]m5t2 que1 qu& on l'avait fait1 ,qu9tius tait un homme priv1 le peuple fut plus religieux que ceux qui se mlai5t de le conduire2 il n'c\ta ni les di/9ctions ni les int]prtations des tribuns4 #bbg ,,tite-,,live1 liv4 ,,iii4 ,lorsque le mme peuple v\lut se retir] sur le ,mont-,sacr1 il se s5tit ret5ir p> le s]m5t qu'il avait fait aux consuls de les suivre la gu]re#bbh4 ,il =ma le desse9 de les tu]3 on lui fit ent5dre que le s]m5t n'en subsi/]ait pas mo9s4 ,on peut jug] de l'ide qu'il avait de la violation du s]m5t1 p> le crime qu'il v\lait commettre4 #bbh ,idem1 l4 ,,ii4 ,aprs la bataille de ,cannes1 le peuple1 effray#bbi1 v\lut se retir] en ,sicile2 ,scipion lui fit jur] qu'il re/]ait ,rome3 la cra9te de viol] leur s]m5t surmonta t\te autre cra9te4 ,rome tait un vaisseau t5u p> deux ancres dans la tempte3 la religion et les moeurs4 #bbi ,,tite-,,live1 liv4 ,,xxii1 *4 ,,liii4 ,,*apitre ,,xiv ,comm5t le plus petit *angem5t dans la con/itution entrane la ru9e des pr9cipes4 ,ari/ote#bcj n\s p>le de la rpublique de ,c>?age comme d'une rpublique trs bi5 rgle4 ,polybe#bca n\s dit qu' la seconde gu]re punique#bcb il y avait ,c>?age cet inconvni5t1 que le snat avait p]du presque t\te son autorit4 ,tite-,live#bcc n\s appr5d que lorsqu',annibal ret\rna ,c>?age1 il tr\va que les magi/rats et les pr9cipaux citoy5s dt\rnai5t leur pr(it les rev5us publics et abusai5t de leur p\voir4 ,la v]tu des magi/rats tomba donc avec l'autorit du snat2 t\t c\la du mme pr9cipe4 #bcj ,de la ,rpubl41 liv4 ,,ii1 *4 ,,ii4 #bca ,hi/41 liv4 ,,vi4 #bcb ,environ c5t ans aprs4 #bcc ,liv4 ,,xxxiii1 *4 ,,xlvi4 ,on connat les prodiges de la c5sure *ez les ,roma9s4 ,il y eut un temps o elle dev9t pesante2 mais on la s\t9t1 p>ce qu'il y avait plus de luxe que de corruption4 ,claudius l'affaiblit2 et1 p> cet affaiblissem5t1 la corruption dev9t encore plus gr&e que le luxe2 et la c5sure#bcd s'abolit1 p\r a9si dire1 d'elle-mme4 ,tr\ble1 dem&e1 reprise1 quitte1 elle fut entirem5t int]rompue jusqu'au temps o elle dev9t inutile1 je veux dire les rgnes d',augu/e et de ,claude4 #bcd ,voyez ,dion1 liv4 ,,xxxviii2 la ,vie de ,cicron dans ,plut>que2 ,cicron ,atticus1 liv4 ,,iv1 lettres #aj et #ae2 ,asconius1 sur ,cicron1 de ,div9atione4 ,,*apitre ,,xv ,moy5s trs efficaces p\r la cons]vation des trois pr9cipes4 ,je ne p\rrai me faire ent5dre que lorsqu'on aura lu les quatre *apitres suivants4 ,,*apitre ,,xvi ,proprits di/9ctives de la rpublique4 ,il e/ de la nature d'une rpublique qu'elle n'ait qu'un petit t]ritoire2 sans cela elle ne peut gure subsi/]4 ,dans une gr&e rpublique1 il y a de gr&es =tunes1 et p> consqu5t peu de modration dans les esprits3 il y a de trop gr&s dpts mettre entre les ma9s d'un citoy52 les intrts se p>ticul>is5t2 un homme s5t d'abord qu'il peut tre heureux1 gr&1 glorieux1 sans sa patrie2 et bi5tt1 qu'il peut tre seul gr& sur les ru9es de sa patrie4 ,dans une gr&e rpublique1 le bi5 commun e/ sacrifi mille considrations3 il e/ subordonn des exceptions2 il dp5d des accid5ts4 ,dans une petite1 le bi5 public e/ mieux s5ti1 mieux connu1 plus prs de *aque citoy52 les abus y sont mo9s t5dus1 et p> consqu5t mo9s protgs4 ,ce qui fit subsi/] si longtemps ,lacdmone1 c'e/ qu'aprs t\tes ses gu]res elle re/a t\j\rs avec son t]ritoire4 ,le seul b de ,lacdmone tait la lib]t2 le seul avantage de sa lib]t1 c'tait la gloire4 ,ce fut l'esprit des rpubliques grecques de se cont5t] de leurs t]res comme de leurs lois4 ,a?nes prit de l'ambition1 et en donna ,lacdmone2 mais ce fut plutt p\r comm&] des peuples libres que p\r g\v]n] des esclaves2 plutt p\r tre la tte de l'union que p\r la rompre4 ,t\t fut p]du lorsqu'une mon>*ie s'leva3 g\v]nem5t dont l'esprit e/ plus t\rn v]s l'agr&issem5t4 ,sans des circon/ances p>ticulires#bce1 il e/ difficile que t\t autre g\v]nem5t que le rpublica9 puisse subsi/] dans une seule ville4 ,un pr9ce d'un si petit tat *]*]ait naturellem5t opprim]1 p>ce qu'il aurait une gr&e puissance1 et peu de moy5s p\r en j\ir ou p\r la faire respect]3 il f\l]ait donc beauc\p ses peuples4 ,d'un autre ct1 un tel pr9ce s]ait aism5t opprim p> une =ce trangre1 ou mme p> une =ce dome/ique3 le peuple p\rrait t\s les in/ants s'assembl] et se runir contre lui4 ,or1 qu& un pr9ce d'une ville e/ *ass de sa ville1 le procs e/ f9i3 s'il a plusieurs villes1 le procs n'e/ que comm5c4 #bce ,comme qu& un petit s\v]a9 se ma9ti5t entre deux gr&s tats p> leur jal\sie mutuelle2 mais il n'exi/e que prcairem5t4 ,,*apitre ,,xvii ,proprits di/9ctives de la mon>*ie4 ,un tat mon>*ique doit tre d'une gr&eur mdiocre4 ,s'il tait petit1 il se =m]ait en rpublique2 s'il tait =t t5du1 les pr9cipaux de l'tat1 gr&s p> eux-mmes1 n'tant po9t s\s les yeux du pr9ce1 ayant leur c\r hors de sa c\r1 assurs d'ailleurs contre les excutions promptes p> les lois et p> les moeurs1 p\rrai5t cess] d'obir2 ils ne cra9drai5t pas une punition trop l5te et trop loigne4 ,aussi ,*>lemagne eut-il pe9e fond son empire qu'il fallut le divis]3 soit que les g\v]neurs des prov9ces n'obiss5t pas1 soit que1 p\r les faire mieux obir1 il ft ncessaire de p>tag] l'empire en plusieurs royaumes4 ,aprs la mort d',alex&re1 son empire fut p>tag4 ,comm5t ces gr&s de ,grce et de ,macdo9e1 libres1 ou du mo9s *efs des conqurants rp&us dans cette va/e conqute1 aurai5t-ils pu obir8 ,aprs la mort d',attila1 son empire fut diss\s3 tant de rois1 qui n'tai5t plus cont5us1 ne p\vai5t po9t repr5dre des *anes4 ,le prompt tablissem5t du p\voir sans bornes e/ le remde qui1 dans ces cas1 peut prv5ir la dissolution3 n\veau malheur aprs celui de l'agr&issem5t4 ,les fleuves c\r5t se ml] dans la m]3 les mon>*ies vont se p]dre dans le despotisme4 ,,*apitre ,,xviii ,que la mon>*ie d',espagne tait dans un cas p>ticuli]4 ,qu'on ne cite po9t l'exemple de l',espagne3 elle pr\ve plutt ce que je dis4 ,p\r g>d] l',amrique1 elle fit ce que le despotisme mme ne fait pas3 elle en dtruisit les habitants4 ,il fallut1 p\r cons]v] sa colonie1 qu'elle la tnt dans la dp5dance de sa subsi/ance mme4 ,elle essaya le despotisme dans les ,pays-,bas2 et sitt qu'elle l'eut ab&onn1 ses emb>ras augm5tr5t4 ,d'un ct1 les ,wallons ne v\lai5t pas tre g\v]ns p> les ,espagnols2 et de l'autre1 les soldats espagnols ne v\lai5t pas obir aux (fici]s wallons#bcf4 #bcf ,voyez l',hi/oire des ,prov9ces-,unies1 p> ,m4 le ,cl]c4 ,elle ne se ma9t9t dans l',italie qu' =ce de l'enri*ir et de se ru9]2 c> ceux qui aurai5t v\lu se dfaire du roi d',espagne n'tai5t pas1 p\r cela1 d'humeur r5onc] son arg5t4 ,,*apitre ,,xix ,proprits di/9ctives du g\v]nem5t despotique4 ,un gr& empire suppose une autorit despotique dans celui qui g\v]ne4 ,il faut que la promptitude des rsolutions supple la di/ance des lieux o elles sont envoyes2 que la cra9te emp*e la nglig5ce du g\v]neur ou du magi/rat loign2 que la loi soit dans une seule tte2 et qu'elle *ange sans cesse1 comme les accid5ts1 qui se multipli5t t\j\rs dans l'tat proportion de sa gr&eur4 ,,*apitre ,,xx ,consqu5ce des *apitres prcd5ts4 ,que si la proprit naturelle des petits tats e/ d'tre g\v]ns en rpublique1 celle des mdiocres d'tre s\mis un mon>que1 celle des gr&s empires d'tre dom9s p> un despote1 il suit que1 p\r cons]v] les pr9cipes du g\v]nem5t tabli1 il faut ma9t5ir l'tat dans la gr&eur qu'il avait dj2 et que cet tat *ang]a d'esprit mesure qu'on rtrcira ou qu'on t5dra ses limites4 ,,*apitre ,,xxi ,de l'empire de la ,*9e4 ,avant de f9ir ce livre1 je rpondrai une objection qu'on peut faire sur t\t ce que j'ai dit jusqu'ici4 ,nos missionnaires n\s p>l5t du va/e empire de la ,*9e comme d'un g\v]nem5t admirable qui mle ensemble1 dans son pr9cipe1 la cra9te1 l'honneur et la v]tu4 ,j'ai donc pos une di/9ction va9e lorsque j'ai tabli les pr9cipes des trois g\v]nem5ts4 ,j'ignore ce que c'e/ que cet honneur dont on p>le *ez des peuples qui on ne fait ri5 faire qu' c\ps de bton#bcg4 #bcg ,c'e/ le bton qui g\v]ne la ,*9e1 dit le ,p4 ,duhalde4 ,de plus1 il s'en faut beauc\p que nos comm]ants n\s donn5t l'ide de cette v]tu dont n\s p>l5t nos missionnaires3 on peut les consult] sur les brig&ages des m&>9s#bch4 ,je pr5ds encore tmo9 le gr& homme milord ,anson4 #bch ,voyez entre autres la ,relation de ,lange4 ,d'ailleurs1 les lettres du ,p4 ,p>5n9 sur le procs que l'emp]eur fit faire des pr9ces du sang nophytes#bci1 qui lui avai5t dplu1 n\s font voir un plan de tyrannie con/amm5t suivi1 et des injures faites la nature huma9e1 avec rgle1 c'e/--dire de sang-froid4 #bci ,de la famille de ,s\rniama1 ,lettres difiantes1 recueil ,,xviii4--,n\s ne p\vons connatre la ,*9e que p> les pices au!ntiques f\rnies sur les lieux1 rassembles p> ,duhalde1 et qui ne sont po9t contr$ites4 ,les crits moraux de ,confucius1 publis six c5ts ans avant notre re1 lorsque presque t\te notre ,europe vivait de gl&s dans ses =ts2 les ordonnances de tant d'emp]eurs1 qui sont des exhortations la v]tu2 des pices de ?tre mme qui l'enseign5t1 et dont les hros se dv\5t la mort p\r sauv] la vie un orphel91 tant de *efs-d'oeuvre de morale3 t\t cela n'a po9t t fait c\ps de bton4 ,l'auteur s'imag9e ou veut faire croire qu'il n'y a dans la ,*9e qu'un despote et c5t c9quante millions d'esclaves qu'on g\v]ne comme des animaux de basse-c\r4 ,il oublie ce gr& nombre de tribunaux subordonns les uns aux autres2 il oublie que qu& l'emp]eur ,cam-hi v\lut faire obt5ir aux jsuites la p]mission d'enseign] le *ri/ianisme1 il adressa lui-mme leur requte un tribunal4 ,je crois bi5 qu'il y a dans un pays si s+uli] des prjugs ridicules1 des jal\sies de c\rtisans1 des jal\sies de corps1 des jal\sies de m>*&s1 des jal\sies d'auteurs1 des cabales1 des friponn]ies1 des m*ancets de t\te espce1 comme ailleurs2 mais n\s ne p\vons en connatre les dtails4 ,il e/ croire que les lois des ,*9ois sont assez bonnes1 puisqu'elles ont t t\j\rs adoptes p> leurs va9queurs1 et qu'elles ont dur si longtemps4 ,si ,montesquieu veut n\s p]suad] que les mon>*ies de l',europe1 tablies p> des ,go?s1 des ,gpides et des ,ala9s1 sont fondes sur l'honneur1 p\rquoi veut-il t] l'honneur la ,*9e8 7,note de ,,volt47 ,n\s avons encore les lettres de ,m4 de ,mairan et du mme ,p4 ,p>5n91 sur le g\v]nem5t de la ,*9e4 ,aprs des que/ions et des rponses trs s5ses1 le m]veilleux s'e/ van\i4 ,ne p\rrait-il pas se faire que les missionnaires aurai5t t tromps p> une app>5ce d'ordre2 qu'ils aurai5t t frapps de cet ex]cice cont9uel de la volont d'un seul1 p> lequel ils sont g\v]ns eux-mmes1 et qu'ils aim5t tant tr\v] dans les c\rs des rois des ,indes2 p>ce que1 n'y allant que p\r y faire de gr&s *angem5ts1 il leur e/ plus ais de conva9cre les pr9ces qu'ils peuv5t t\t faire que de p]suad] aux peuples qu'ils peuv5t t\t s\ffrir#bdj8 #bdj ,voyez dans le ,p4 ,duhalde comm5t les missionnaires se s]vir5t de l'autorit de ,cam-hi p\r faire taire les m&>9s1 qui disai5t t\j\rs que1 p> les lois du pays1 un culte trang] ne p\vait tre tabli dans l'empire4 ,enf9 il y a s\v5t quelque *ose de vrai dans les erreurs mmes4 ,des circon/ances p>ticulires1 et peut-tre uniques1 peuv5t faire que le g\v]nem5t de la ,*9e ne soit pas aussi corrompu qu'il devrait l'tre4 ,des causes1 tires la plup>t du physique du climat1 ont pu =c] les causes morales dans ce pays1 et faire des espces de prodiges4 ,le climat de la ,*9e e/ tel1 qu'il favorise prodigieusem5t la propagation de l'espce huma9e4 ,les femmes y sont d'une fcondit si gr&e que l'on ne voit ri5 de p>eil sur la t]re4 ,la tyrannie la plus cruelle n'y arrte po9t le progrs de la propagation#bda4 ,le pr9ce n'y peut pas dire1 comme ,ph>aon3 ,opprimons-les avec sagesse4 ,il s]ait plutt rduit =m] le s\hait de ,nron1 que le g5re huma9 n'et qu'une tte4 ,malgr la tyrannie1 la ,*9e1 p> la =ce du climat1 se peupl]a t\j\rs1 et triomph]a de la tyrannie4 #bda ,voyez ci-dess\s1 liv4 ,,xxiii4 *ap4 ,,xiv4 ,la ,*9e1 comme t\s les pays o crot le riz1 e/ sujette des fam9es frqu5tes4 ,lorsque le peuple meurt de faim1 il se disp]se p\r *]*] de quoi vivre4 ,il se =me de t\tes p>ts des b&es de trois1 quatre ou c9q voleurs3 la plup>t sont d'abord ext]m9es2 d'autres se grossiss5t1 et sont ext]m9es encore4 ,mais dans un si gr& nombre de prov9ces1 et si loignes1 il peut arriv] que quelque tr\pe fasse =tune4 ,elle se ma9ti5t1 se =tifie1 se =me en corps d'arme1 va droit la capitale1 et le *ef monte sur le trne4 ,telle e/ la nature de la *ose1 que le mauvais g\v]nem5t y e/ d'abord puni4 ,le dsordre y nat s\da91 p>ce que ce peuple prodigieux y manque de subsi/ance4 ,ce qui fait que dans d'autres pays on revi5t si difficilem5t des abus1 c'e/ qu'ils n'y ont pas des effets s5sibles3 le pr9ce n'y e/ pas av]ti d'une manire prompte et clatante1 comme il l'e/ la ,*9e4 ,il ne s5tira po9t1 comme nos pr9ces1 que1 s'il g\v]ne mal1 il s]a mo9s heureux dans l'autre vie1 mo9s puissant et mo9s ri*e dans celle-ci3 il saura que si son g\v]nem5t n'e/ pas bon1 il p]dra l'empire et la vie4 ,comme1 malgr les expositions d'enfants1 le peuple augm5te t\j\rs la ,*9e#bdb1 il faut un travail infatigable p\r faire produire aux t]res de quoi le n\rrir3 cela dem&e une gr&e att5tion de la "p du g\v]nem5t4 ,il e/ t\s les in/ants intress ce que t\t le monde puisse travaill] sans cra9te d'tre fru/r de ses pe9es4 ,ce doit mo9s tre un g\v]nem5t civil qu'un g\v]nem5t dome/ique4 #bdb ,voyez le ,mmoire d'un ,tsongt\1 p\r qu'on dfri*e4 7,lettres difiantes1 v+t et unime recueil47 ,voil ce qui a produit les rglem5ts dont on p>le tant4 ,on a v\lu faire rgn] les lois avec le despotisme2 mais ce qui e/ jo9t avec le despotisme n'a plus de =ce4 ,en va9 ce despotisme1 press p> ses malheurs1 a-t-il v\lu s'en*an]3 il s'arme de ses *anes1 et devi5t plus t]rible encore4 ,la ,*9e e/ donc un tat despotique dont le pr9cipe e/ la cra9te4 ,peut-tre que dans les premires dyna/ies l'empire n'tant pas si t5du1 le g\v]nem5t dcl9ait un peu de cet esprit4 ,mais auj\rd'hui cela n'e/ pas4 ,,livre ,,onzi,,me ,,des ,,lois ,,qui ,,=m5t ,,la ,,lib]t ,,politique1 ,,dans ,,son ,,rapport ,,avec ,,la ,,con/itution#bdc4 ,,*apitre ,,premi] ,ide gnrale4 ,je di/+ue les lois qui =m5t la lib]t politique1 dans son rapport avec la con/itution1 d'avec celles qui la =m5t dans son rapport avec le citoy54 ,les premires s]ont le sujet de ce livre-ci2 je trait]ai des secondes dans le livre suivant4 #bdc ,les trois livres prcd5ts 7,,vi1 ,,vii1 ,,viii7 complt5t1 avec les c9q prcd5ts la ?orie des trois g\v]nem5ts4 ,celui-ci1 qui p>at avoir t crit une autre poque et qui conti5t une t\t autre ?orie1 e/ trop clbre p\r que n\s ne le donnions pas ici4 ,voir notre ,introduction4 7,note de l'diteur47 ,,*apitre ,,ii ,div]ses significations donnes au mot de lib]t4 ,il n'y a po9t de mot qui ait reu plus de diffr5tes significations1 et qui ait frapp les esprits de tant de manires1 que celui de lib]t4 ,les uns l'ont pris p\r la facilit de dpos] celui qui ils avai5t donn un p\voir tyrannique2 les autres1 p\r la facult d'lire celui qui ils devai5t obir2 d'autres1 p\r le droit d'tre arms1 et de p\voir ex]c] la viol5ce2 ceux-ci1 p\r le privilge de n'tre g\v]ns que p> un homme de leur nation1 ou p> leurs propres lois#bdd4 ,c]ta9 peuple a longtemps pris la lib]t p\r l'usage de port] une longue b>be#bde4 ,ceux-ci ont atta* ce nom une =me de g\v]nem5t1 et en ont exclu les autres4 ,ceux qui avai5t gt du g\v]nem5t rpublica9 l'ont mise dans ce g\v]nem5t2 ceux qui avai5t j\i du g\v]nem5t mon>*ique l'ont place dans la mon>*ie#bdf4 ,enf9 *acun a appel lib]t le g\v]nem5t qui tait con=me ses c\tumes ou ses incl9ations2 et comme1 dans une rpublique1 on n'a pas t\j\rs devant les yeux1 et d'une manire si prs5te1 les in/rum5ts des maux dont on se pla9t1 et que mme les lois p>aiss5t y p>l] plus et les excuteurs de la loi y p>l] mo9s1 on la place ord9airem5t dans les rpubliques1 et on l'a exclue des mon>*ies4 ,enf91 comme dans les dmocraties le peuple p>at peu prs faire ce qu'il veut1 on a mis la lib]t dans ces sortes de g\v]nem5ts1 et on a confondu le p\voir du peuple avec la lib]t du peuple4 #bdd ,j'ai1 dit ,cicron1 copi l'dit de ,scevola1 qui p]met aux ,grecs de t]m9] entre eux leurs diffr5ds1 selon leurs lois2 ce qui fait qu'ils se reg>d5t comme des peuples libres4 #bde ,les ,moscovites ne p\vai5t s\ffrir que le cz> ,pi]re la leur ft c\p]4 #bdf ,les ,cappadoci5s refusr5t l'tat rpublica91 que leur (frir5t les ,roma9s4 ,,*apitre ,,iii ,ce que c'e/ que la lib]t4 ,il e/ vrai que dans les dmocraties le peuple p>at faire ce qu'il veut2 mais la lib]t politique ne consi/e po9t faire ce que l'on veut4 ,dans un tat1 c'e/--dire dans une socit o il y a des lois1 la lib]t ne peut consi/] qu' p\voir faire ce que l'on doit v\loir1 et n'tre po9t contra9t de faire ce que l'on ne doit pas v\loir4 ,il faut se mettre dans l'esprit ce que c'e/ que l'indp5dance1 et ce que c'e/ que la lib]t4 ,la lib]t e/ le droit de faire t\t ce que les lois p]mett5t#bdg2 et si un citoy5 p\vait faire ce qu'elles df5d5t1 il n'aurait plus de lib]t1 p>ce que les autres aurai5t t\t de mme ce p\voir4 #bdg ,omnes legum s]vi sumus ut lib]i esse possimus4 7,,cic]o1 pro ,clu5tio1 #ec47 ,n\s sommes t\s esclaves des lois p\r p\voir tre libres4 ,,*apitre ,,iv ,cont9uation du mme sujet4 ,la dmocratie et l'ari/ocratie ne sont po9t des tats libres p> leur nature4 ,la lib]t politique ne se tr\ve que dans les g\v]nem5ts modrs4 ,mais elle n'e/ pas t\j\rs dans les tats modrs3 elle n'y e/ que lorsqu'on n'abuse pas du p\voir2 mais c'e/ une expri5ce t]nelle1 que t\t homme qui a du p\voir e/ port en abus]2 il va jusqu' ce qu'il tr\ve des limites4 ,qui le dirait6 la v]tu mme a beso9 de limites4 ,p\r qu'on ne puisse abus] du p\voir1 il faut que1 p> la disposition des *oses1 le p\voir arrte le p\voir4 ,une con/itution peut tre telle que p]sonne ne s]a contra9t de faire les *oses auxquelles la loi ne l'oblige pas1 et ne po9t faire celles que la loi lui p]met4 ,,*apitre ,v ,de l'objet des tats div]s4 ,quoique t\s les tats ai5t en gnral un mme objet1 qui e/ de se ma9t5ir1 *aque tat en a p\rtant un qui lui e/ p>ticuli]4 ,l'agr&issem5t tait l'objet de ,rome2 la gu]re1 celui de ,lacdmone2 la religion1 celui des lois judaques2 le comm]ce1 celui de ,m>seille2 la tranquillit publique1 celui de la ,*9e#bdh2 la navigation1 celui des lois des ,rhodi5s2 la lib]t naturelle1 l'objet de la police des sauvages2 en gnral1 les dlices du pr9ce1 celui des tats despotiques2 sa gloire et celle de l'tat1 celui des mon>*ies2 l'indp5dance de *aque p>ticuli] e/ l'objet des lois de ,pologne1 et ce qui en rsulte1 l'oppression de t\s#bdi4 #bdh ,objet naturel d'un tat qui n'a po9t d'ennemis au dehors1 ou qui croit les avoir arrts p> des b>rires4 #bdi ,inconvni5t du ,lib]um veto4 ,il y a aussi une nation dans le monde qui a p\r objet direct de sa con/itution la lib]t politique4 ,n\s allons exam9] les pr9cipes sur lesquels elle la fonde4 ,s'ils sont t\s bons1 la lib]t y p>atra comme dans un miroir4 ,p\r dc\vrir la lib]t politique dans la con/itution1 il ne faut pas tant de pe9e4 ,si on peut la voir o elle e/1 si on l'a tr\ve1 p\rquoi la *]*]8 ,,*apitre ,,vi#bej ,de la con/itution d',anglet]re4 ,il y a dans *aque tat trois sortes de p\voirs3 la puissance lgislative1 la puissance excutrice des *oses qui dp5d5t du droit des g5s1 et la puissance excutrice de celles qui dp5d5t du droit civil4 #bej ,la plup>t des pr9cipes que ,montesquieu pose dans ce *apitre sont tirs du ,trait du ,g\v]nem5t civil1 de ,locke1 *4 ,,xii4 7,p47 ,p> la premire1 le pr9ce ou le magi/rat fait des lois p\r un temps ou p\r t\j\rs1 et corrige ou abroge celles qui sont faites4 ,p> la seconde1 il fait la paix ou la gu]re1 envoie ou reoit des ambassades1 tablit la sret1 prvi5t les invasions4 ,p> la troisime1 il punit les crimes ou juge les diffr5ds des p>ticuli]s4 ,on appell]a cette d]nire la puissance de jug]2 et l'autre1 simplem5t la puissance excutrice de l'tat4 ,la lib]t politique1 dans un citoy51 e/ cette tranquillit d'esprit qui provi5t de l'op9ion que *acun a de sa sret2 et1 p\r qu'on ait cette lib]t1 il faut que le g\v]nem5t soit tel qu'un citoy5 ne puisse pas cra9dre un autre citoy54 ,lorsque dans la mme p]sonne ou dans le mme corps de magi/rature la puissance lgislative e/ runie la puissance excutrice1 il n'y a po9t de lib]t1 p>ce qu'on peut cra9dre que le mme mon>que ou le mme snat ne fasse des lois tyranniques p\r les excut] tyranniquem5t4 ,il n'y a po9t encore de lib]t si la puissance de jug] n'e/ pas sp>e de la puissance lgislative et de l'excutrice4 ,si elle tait jo9te la puissance lgislative1 le p\voir sur la vie et la lib]t des citoy5s s]ait arbitraire2 c> le juge s]ait lgislateur4 ,si elle tait jo9te la puissance excutrice1 le juge p\rrait avoir la =ce d'un oppresseur4 ,t\t s]ait p]du si le mme homme1 ou le mme corps des pr9cipaux1 ou des nobles1 ou du peuple1 ex]ait ces trois p\voirs3 celui de faire des lois1 celui d'excut] les rsolutions publiques1 et celui de jug] les crimes ou les diffr5ds des p>ticuli]s4 ,dans la plup>t des royaumes d',europe1 le g\v]nem5t e/ modr1 p>ce que le pr9ce1 qui a les deux premi]s p\voirs1 laisse ses sujets l'ex]cice du troisime4 ,*ez les ,turcs1 o ces trois p\voirs sont runis sur la tte du sultan1 il rgne un affreux despotisme4 ,dans les rpubliques d',italie1 o ces trois p\voirs sont runis1 la lib]t se tr\ve mo9s que dans nos mon>*ies4 ,aussi le g\v]nem5t a-t-il beso91 p\r se ma9t5ir1 de moy5s aussi viol5ts que le g\v]nem5t des ,turcs3 tmo9 les inquisiteurs d'tat#bea1 et le tronc o t\t dlateur peut1 t\s les mom5ts1 jet] avec un billet son accusation4 #bea ,a ,v5ise4 ,voyez quelle peut tre la situation d'un citoy5 dans ces rpubliques1 ,le mme corps de magi/rature a1 comme excuteur des lois1 t\te la puissance qu'il s'e/ donne comme lgislateur4 ,il peut ravag] l'tat p> ses volonts gnrales2 et1 comme il a encore la puissance de jug]1 il peut dtruire *aque citoy5 p> ses volonts p>ticulires4 ,t\te la puissance y e/ une2 et1 quoiqu'il n'y ait po9t de pompe extrieure qui dc\vre un pr9ce despotique1 on le s5t *aque in/ant4 ,aussi les pr9ces qui ont v\lu se r5dre despotiques ont-ils t\j\rs comm5c p> runir en leur p]sonne t\tes les magi/ratures2 et plusieurs rois d',europe1 t\tes les gr&es *>ges de leur tat4 ,je crois bi5 que la pure ari/ocratie hrditaire des rpubliques d',italie ne rpond pas prcism5t au despotisme de l',asie4 ,la multitude des magi/rats ad\cit quelquefois la magi/rature2 t\s les nobles ne conc\r5t pas t\j\rs aux mmes desse9s3 on y =me div]s tribunaux qui se tempr5t4 ,a9si1 ,v5ise1 le gr& conseil a la lgislation2 le pregadi1 l'excution2 les qu>anties1 le p\voir de jug]4 ,mais le mal e/ que ces tribunaux diffr5ts sont =ms p> des magi/rats du mme corps2 ce qui ne fait gure qu'une mme puissance4 ,la puissance de jug] ne doit pas tre donne un snat p]man5t1 mais ex]ce p> des p]sonnes tires du corps du peuple#beb1 dans c]ta9s temps de l'anne1 de la manire prescrite p> la loi1 p\r =m] un tribunal qui ne dure qu'autant que la ncessit le requi]t4 #beb ,comme ,a?nes4 ,de cette faon1 la puissance de jug]1 si t]rible p>mi les hommes1 n'tant atta*e ni un c]ta9 tat1 ni une c]ta9e pr(ession1 devi5t1 p\r a9si dire1 invisible et nulle4 ,on n'a po9t cont9uellem5t des juges devant les yeux2 et l'on cra9t la magi/rature1 et non pas les magi/rats4 ,il faut mme que dans les gr&es accusations le crim9el1 concurremm5t avec la loi1 se *oisisse des juges2 ou1 du mo9s1 qu'il en puisse rcus] un si gr& nombre que ceux qui re/5t soi5t c5ss tre de son *oix4 ,les deux autres p\voirs p\rrai5t plutt tre donns des magi/rats ou des corps p]man5ts1 p>ce qu'ils ne s'ex]c5t sur aucun p>ticuli]1 n'tant1 l'un1 que la volont gnrale de l'tat1 et l'autre1 que l'excution de cette volont gnrale4 ,mais1 si les tribunaux ne doiv5t pas tre fixes1 les jugem5ts doiv5t l'tre un tel po9t qu'ils ne soi5t jamais qu'un texte prcis de la loi4 ,s'ils tai5t une op9ion p>ticulire du juge1 on vivrait dans la socit sans savoir prcism5t les engagem5ts que l'on y contracte4 ,il faut mme que les juges soi5t de la condition de l'accus1 ou ses pairs1 p\r qu'il ne puisse pas se mettre dans l'esprit qu'il soit tomb entre les ma9s de g5s ports lui faire viol5ce4 ,si la puissance lgislative laisse l'excutrice le droit d'emprisonn] des citoy5s qui peuv5t donn] caution de leur conduite1 il n'y a plus de lib]t1 mo9s qu'ils ne soi5t arrts p\r rpondre sans dlai une accusation que la loi a r5due capitale2 auquel cas ils sont rellem5t libres1 puisqu'ils ne sont s\mis qu' la puissance de la loi4 ,mais si la puissance lgislative se croyait en dang] p> quelque conjuration secrte contre l'tat1 ou quelque intellig5ce avec les ennemis du dehors1 elle p\rrait1 p\r un temps c\rt et limit1 p]mettre la puissance excutrice de faire arrt] les citoy5s suspects1 qui ne p]drai5t leur lib]t p\r un temps que p\r la cons]v] p\r t\j\rs4 ,et c'e/ le seul moy5 con=me la raison de suppler la tyrannique magi/rature des phores1 et aux inquisiteurs d'tat de ,v5ise1 qui sont aussi despotiques4 ,comme dans un tat libre t\t homme qui e/ c5s avoir une me libre doit tre g\v]n p> lui-mme1 il faudrait que le peuple en corps et la puissance lgislative2 mais comme cela e/ impossible dans les gr&s tats1 et e/ sujet beauc\p d'inconvni5ts dans les petits1 il faut que le peuple fasse p> ses reprs5tants t\t ce qu'il ne peut faire p> lui-mme4 ,l'on connat beauc\p mieux les beso9s de sa ville que ceux des autres villes1 et on juge mieux de la capacit de ses vois9s que de celle de ses autres compatriotes4 ,il ne faut donc pas que les membres du corps lgislatif soi5t tirs en gnral du corps de la nation1 mais il convi5t que dans *aque lieu pr9cipal les habitants se *oisiss5t un reprs5tant#bec4 #bec ,ari/ote dit dans sa ,politique1 liv4 ,,iii1 *4 ,,vii3 ,il e/ ncessaire d'avoir des connaissances p\r faire un bon *oix4 ,v\lez-v\s lire un pilote ou un gomtre1 il faut que les lecteurs soi5t des pilotes ou des gomtres4 ,des ignorants peuv5t se ml] de donn] leur avis dans les sci5ces et les div]ses oprations de la vie2 mais jug5t-ils aussi sa9em5t que les g5s de l'art8 ,a9si la multitude ne devrait ni vot] dans les lections1 ni jug] la responsabilit des magi/rats4 ,le gr& avantage des reprs5tants1 c'e/ qu'ils sont capables de discut] les affaires4 ,le peuple n'y e/ po9t du t\t propre3 ce qui =me un des gr&s inconvni5ts de la dmocratie4 ,il n'e/ pas ncessaire que les reprs5tants1 qui ont reu de ceux qui les ont *oisis une in/ruction gnrale1 en reoiv5t une p>ticulire sur *aque affaire1 comme cela se pratique dans les dites d',allemagne4 ,il e/ vrai que de cette manire la p>ole des dputs s]ait plus l'expression de la voix de la nation2 mais cela jett]ait dans des longueurs inf9ies1 r5drait *aque dput le matre de t\s les autres2 et1 dans les occasions les plus pressantes1 t\te la =ce de la nation p\rrait tre arrte p> un caprice4 ,qu& les dputs1 dit trs bi5 ,m4 ,sidney1 reprs5t5t un corps de peuple comme en ,holl&e1 ils doiv5t r5dre compte ceux qui les ont commis3 c'e/ autre *ose lorsqu'ils sont dputs p> des b\rgs1 comme en ,anglet]re4 ,t\s les citoy5s1 dans les div]s di/ricts1 doiv5t avoir droit de donn] leur voix p\r *oisir le reprs5tant1 except ceux qui sont dans un tel tat de bassesse qu'ils sont rputs n'avoir po9t de volont propre4 ,il y avait un gr& vice dans la plup>t des anci5nes rpubliques3 c'e/ que le peuple avait droit d'y pr5dre des rsolutions actives1 et qui dem&5t quelque excution2 *ose dont il e/ entirem5t incapable4 ,il ne doit entr] dans le g\v]nem5t que p\r *oisir ses reprs5tants2 ce qui e/ trs sa porte4 ,c>1 s'il y a peu de g5s qui connaiss5t le degr prcis de la capacit des hommes1 *acun e/ p\rtant capable de savoir en gnral si celui qu'il *oisit e/ plus clair que la plup>t des autres4 ,le corps reprs5tant ne doit pas tre *oisi non plus p\r pr5dre quelque rsolution active1 *ose qu'il ne f]ait pas bi51 mais p\r faire des lois1 ou p\r voir si l'on a bi5 excut celles qu'il a faites1 *ose qu'il peut trs bi5 faire1 et qu'il n'y a mme que lui qui puisse bi5 faire4 ,il y a t\j\rs dans un tat des g5s di/+us p> la naissance1 les ri*esses ou les honneurs2 mais s'ils tai5t confondus p>mi le peuple1 et s'ils n'y avai5t qu'une voix comme les autres1 la lib]t commune s]ait leur esclavage1 et ils n'aurai5t aucun intrt la df5dre1 p>ce que la plup>t des rsolutions s]ai5t contre eux4 ,la "p qu'ils ont la lgislation doit donc tre proportionne aux autres avantages qu'ils ont dans l'tat3 ce qui arriv]a s'ils =m5t un corps qui ait droit d'arrt] les entreprises du peuple1 comme le peuple a droit d'arrt] les leurs4 ,a9si la puissance lgislative s]a confie1 et au corps des nobles1 et au corps qui s]a *oisi p\r reprs5t] le peuple1 qui auront *acun leurs assembles et leurs dlibrations "p et des vues et des intrts sp>s4 ,des trois puissances dont n\s avons p>l1 celle de jug] e/ en quelque faon nulle4 ,il n'en re/e que deux2 et1 comme elles ont beso9 d'une puissance rglante p\r les tempr]1 la p>tie du corps lgislatif qui e/ compose de nobles e/ trs propre produire cet effet4 ,le corps des nobles doit tre hrditaire4 ,il l'e/ premirem5t p> sa nature2 et d'ailleurs il faut qu'il ait un trs gr& intrt cons]v] ses prrogatives1 odieuses p> elles-mmes1 et qui1 dans un tat libre1 doiv5t t\j\rs tre en dang]4 ,mais1 comme une puissance hrditaire p\rrait tre induite suivre ses intrts p>ticuli]s et oubli] ceux du peuple1 il faut que dans les *oses o l'on a un s\v]a9 intrt la corrompre1 comme dans les lois qui conc]n5t la leve de l'arg5t1 elle n'ait de "p la lgislation que p> sa facult d'emp*]1 et non p> sa facult de /atu]4 ,j'appelle facult de /atu] le droit d'ordonn] p> soi-mme1 ou de corrig] ce qui a t ordonn p> un autre4 ,j'appelle facult d'emp*] le droit de r5dre nulle une rsolution prise p> quelque autre3 ce qui tait la puissance des tribuns de ,rome4 ,et quoique celui qui a la facult d'emp*] puisse avoir aussi le droit d'appr\v]1 p\r lors cette approbation n'e/ autre *ose qu'une dcl>ation qu'il ne fait po9t d'usage de sa facult d'emp*]1 et drive de cette facult4 ,la puissance excutrice doit tre entre les ma9s d'un mon>que1 p>ce que cette p>tie du g\v]nem5t1 qui a presque t\j\rs beso9 d'une action mom5tane1 e/ mieux adm9i/re p> un que p> plusieurs2 au lieu que ce qui dp5d de la puissance lgislative e/ s\v5t mieux ordonn p> plusieurs que p> un seul4 ,que s'il n'y avait po9t de mon>que1 et que la puissance excutrice ft confie un c]ta9 nombre de p]sonnes tires du corps lgislatif1 il n'y aurait plus de lib]t1 p>ce que les deux puissances s]ai5t unies2 les mmes p]sonnes ayant quelquefois et p\vant t\j\rs avoir "p l'une et l'autre4 ,si le corps lgislatif tait un temps considrable sans tre assembl1 il n'y aurait plus de lib]t4 ,c> il arriv]ait de deux *oses l'une3 ou qu'il n'y aurait plus de rsolution lgislative1 et l'tat tomb]ait dans l'an>*ie2 ou que ces rsolutions s]ai5t prises p> la puissance excutrice1 et elle devi5drait absolue4 ,il s]ait inutile que le corps lgislatif ft t\j\rs assembl4 ,cela s]ait incommode p\r les reprs5tants1 et d'ailleurs occup]ait trop la puissance excutrice1 qui ne p5s]ait po9t excut]1 mais df5dre ses prrogatives et le droit qu'elle a d'excut]4 ,de plus1 si le corps lgislatif tait cont9uellem5t assembl1 il p\rrait arriv] que l'on ne f]ait que suppler de n\veaux dputs la place de ceux qui m\rrai5t2 et dans ce cas1 si le corps tait une fois corrompu1 le mal s]ait sans remde4 ,lorsque div]s corps lgislatifs se succd5t les uns aux autres1 le peuple1 qui a mauvaise op9ion du corps lgislatif actuel1 porte avec raison ses esprances sur celui qui vi5dra aprs2 mais1 si c'tait t\j\rs le mme corps1 le peuple1 le voyant une fois corrompu1 n'espr]ait plus ri5 de ses lois3 il devi5drait furieux1 ou tomb]ait dans l'indol5ce4 ,le corps lgislatif ne doit po9t s'assembl] lui-mme3 c> un corps n'e/ c5s avoir de volont que lorsqu'il e/ assembl2 et1 s'il ne s'assemblait pas unanimem5t1 on ne saurait dire quelle p>tie s]ait vritablem5t le corps lgislatif2 celle qui s]ait assemble1 ou celle qui ne le s]ait pas4 ,que s'il avait droit de se prorog] lui-mme1 il p\rrait arriv] qu'il ne se prorog]ait jamais2 ce qui s]ait dang]eux dans le cas o il v\drait att5t] contre la puissance excutrice4 ,d'ailleurs1 il y a des temps plus conv5ables les uns que les autres p\r l'assemble du corps lgislatif3 il faut donc que ce soit la puissance excutrice qui rgle le temps de la t5ue et de la dure de ces assembles1 p> rapport aux circon/ances qu'elle connat4 ,si la puissance excutrice n'a pas le droit d'arrt] les entreprises du corps lgislatif1 celui-ci s]a despotique2 c>1 comme il p\rra se donn] t\t le p\voir qu'il peut imag9]1 il anantira t\tes les autres puissances4 ,mais il ne faut pas que la puissance lgislative ait rciproquem5t la facult d'arrt] la puissance excutrice2 c> l'excution ayant ses limites p> sa nature1 il e/ inutile de la born]2 outre que la puissance excutrice s'ex]ce t\j\rs sur des *oses mom5tanes4 ,et la puissance des tribuns de ,rome tait vicieuse1 en ce qu'elle arrtait non seulem5t la lgislation1 mais mme l'excution3 ce qui causait de gr&s maux4 ,mais si1 dans un tat libre1 la puissance lgislative ne doit pas avoir le droit d'arrt] la puissance excutrice1 elle a droit1 et doit avoir la facult d'exam9] de quelle manire les lois qu'elle a faites ont t excutes2 et c'e/ l'avantage qu'a ce g\v]nem5t sur celui de ,crte et de ,lacdmone1 o les cosmes#bed et les phores#bee ne r5dai5t po9t compte de leur adm9i/ration4 #bed ,voyez la ,rpublique d',ari/ote1 liv4 ,,ii1 *4 ,x4 #bee ,ibid41 *4 ,,ix4 ,mais1 quel que soit cet exam51 le corps lgislatif ne doit po9t avoir le p\voir de jug] la p]sonne1 et p> consqu5t la conduite de celui qui excute4 ,sa p]sonne doit tre sacre1 p>ce qu'tant ncessaire l'tat p\r que le corps lgislatif n'y devi5ne pas tyrannique1 ds le mom5t qu'il s]ait accus ou jug1 il n'y aurait plus de lib]t4 ,dans ces cas l'tat ne s]ait po9t une mon>*ie1 mais une rpublique non libre4 ,mais comme celui qui excute ne peut ri5 excut] mal sans avoir des conseill]s m*ants et qui hass5t les lois comme m9i/res1 quoiqu'elles les favoris5t comme hommes1 ceux-ci peuv5t tre re*]*s et punis4 ,et c'e/ l'avantage de ce g\v]nem5t sur celui de ,gnide1 o la loi ne p]mettant po9t d'appel] en jugem5t les amymones#bef1 mme aprs leur adm9i/ration#beg1 le peuple ne p\vait jamais se faire r5dre raison des inju/ices qu'on lui avait faites4 #bef ,c'tai5t des magi/rats que le peuple lisait t\s les ans4 ,voyez ti5ne de ,byzance4--,plut>que 7,dem&e des *oses grecques1 #c7 donne ces magi/rats1 non pas le nom d'amymones1 mais celui d'amnmones4 ,le premi] de ces mots signifie sans repro*es1 le second sans mmoire1 p>ce qu'ils ne r5dai5t pas compte de leur adm9i/ration4 ,plut>que aj\te qu'ils tai5t au nombre de soixante1 et qu'ils tai5t nomms1 non t\s les ans1 mais vie4 #beg ,on p\vait accus] les magi/rats roma9s aprs leur magi/rature4 ,voyez dans ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,ix1 l'affaire du tribun ,g5utius4 ,quoique en gnral la puissance de jug] ne doive tre unie aucune p>tie de la lgislative1 cela e/ sujet trois exceptions fondes sur l'intrt p>ticuli] de celui qui doit tre jug4 ,les gr&s sont t\j\rs exposs l'envie2 et1 s'ils tai5t jugs p> le peuple1 ils p\rrai5t tre en dang]1 et ne j\irai5t pas du privilge qu'a le mo9dre des citoy5s dans un tat libre1 d'tre jug p> ses pairs4 ,il faut donc que les nobles soi5t appels1 non pas devant les tribunaux ord9aires de la nation1 mais devant cette p>tie du corps lgislatif qui e/ compose de nobles4 ,il p\rrait arriv] que la loi1 qui e/ en mme temps clairvoyante et aveugle1 s]ait1 en de c]ta9s cas1 trop rig\reuse4 ,mais les juges de la nation ne sont1 comme n\s avons dit1 que la b\*e qui prononce les p>oles de la loi1 des tres inanims qui n'en peuv5t modr] ni la =ce ni la rigueur4 ,c'e/ donc la p>tie du corps lgislatif que n\s v5ons de dire tre1 dans une autre occasion1 un tribunal ncessaire1 qui l'e/ encore dans celle-ci2 c'e/ son autorit suprme modr] la loi en faveur de la loi mme1 en prononant mo9s rig\reusem5t qu'elle4 ,il p\rrait encore arriv] que quelque citoy51 dans les affaires publiques1 viol]ait les droits du peuple1 et f]ait des crimes que les magi/rats tablis ne saurai5t ou ne v\drai5t pas punir4 ,mais1 en gnral1 la puissance lgislative ne peut pas jug]2 et elle le peut encore mo9s dans ce cas p>ticuli]1 o elle reprs5te la p>tie intresse1 qui e/ le peuple4 ,elle ne peut donc tre qu'accusatrice4 ,mais devant qui accus]a-t-elle8 ,ira-t-elle s'abaiss] devant les tribunaux de la loi1 qui lui sont infrieurs1 et d'ailleurs composs de g5s qui1 tant peuple comme elle1 s]ai5t entrans p> l'autorit d'un si gr& accusateur8 ,non3 il faut1 p\r cons]v] la dignit du peuple et la sret du p>ticuli]1 que la p>tie lgislative du peuple accuse devant la p>tie lgislative des nobles1 laquelle n'a ni les mmes intrts qu'elle ni les mmes passions4 ,c'e/ l'avantage qu'a ce g\v]nem5t sur la plup>t des rpubliques anci5nes1 o il y avait cet abus1 que le peuple tait en mme temps juge et accusateur4 ,la puissance excutrice1 comme n\s avons dit1 doit pr5dre "p la lgislation p> sa facult d'emp*]2 sans quoi1 elle s]a bi5tt dp\ille de ses prrogatives4 ,mais si la puissance lgislative pr5d "p l'excution1 la puissance excutrice s]a galem5t p]due4 ,si le mon>que pr5ait "p la lgislation p> la facult de /atu]1 il n'y aurait plus de lib]t4 ,mais comme il faut p\rtant qu'il ait "p la lgislation p\r se df5dre1 il faut qu'il y pr5ne "p p> la facult d'emp*]4 ,ce qui fut cause que le g\v]nem5t *angea ,rome1 c'e/ que le snat1 qui avait une p>tie de la puissance excutrice1 et les magi/rats qui avai5t l'autre1 n'avai5t pas1 comme le peuple1 la facult d'emp*]4 ,voici donc la con/itution fondam5tale du g\v]nem5t dont n\s p>lons4 ,le corps lgislatif y tant compos de deux p>ties1 l'une en*an]a l'autre p> sa facult mutuelle d'emp*]4 ,t\tes les deux s]ont lies p> la puissance excutrice1 qui le s]a elle-mme p> la lgislative4 ,ces trois puissances devrai5t =m] un repos ou une inaction4 ,mais1 comme p> le m\vem5t ncessaire des *oses elles sont contra9tes d'all]1 elles s]ont =ces d'all] de conc]t4 ,la puissance excutrice ne faisant p>tie de la lgislative que p> sa facult d'emp*]1 elle ne saurait entr] dans le dbat des affaires4 ,il n'e/ pas mme ncessaire qu'elle propose1 p>ce que1 p\vant t\j\rs dsappr\v] les rsolutions1 elle peut rejet] les dcisions des propositions qu'elle aurait v\lu qu'on n'et pas faites4 ,dans quelques rpubliques anci5nes1 o le peuple en corps avait le dbat des affaires1 il tait naturel que la puissance excutrice les propost et les dbattt avec lui2 sans quoi1 il y aurait eu1 dans les rsolutions1 une confusion trange4 ,si la puissance excutrice /atue sur la leve des d5i]s publics autrem5t que p> son cons5tem5t1 il n'y aura plus de lib]t1 p>ce qu'elle devi5dra lgislative dans le po9t le plus important de la lgislation4 ,si la puissance lgislative /atue1 non pas d'anne en anne1 mais p\r t\j\rs1 sur la leve des d5i]s publics1 elle c\rt risque de p]dre sa lib]t1 p>ce que la puissance excutrice ne dp5dra plus d'elle1 et qu& on ti5t un p>eil droit p\r t\j\rs1 il e/ assez indiffr5t qu'on le ti5ne de soi ou d'un autre4 ,il en e/ de mme si elle /atue1 non pas d'anne en anne1 mais p\r t\j\rs1 sur les =ces de t]re et de m] qu'elle doit confi] la puissance excutrice4 ,p\r que celui qui excute ne puisse pas opprim]1 il faut que les armes qu'on lui confie soi5t peuple1 et ai5t le mme esprit que le peuple1 comme cela fut ,rome jusqu'au temps de ,m>ius4 ,et1 p\r que cela soit a9si1 il n'y a que deux moy5s3 ou que ceux que l'on emploie dans l'arme ai5t assez de bi5 p\r rpondre de leur conduite aux autres citoy5s1 et qu'ils ne soi5t enrls que p\r un an1 comme il se pratiquait ,rome2 ou1 si on a un corps de tr\pes p]man5t1 et o les soldats soi5t une des plus viles p>ties de la nation1 il faut que la puissance lgislative puisse le cass] sitt qu'elle le dsire2 que les soldats habit5t avec les citoy5s1 et qu'il n'y ait ni camp sp>1 ni cas]nes1 ni places de gu]re4 ,l'arme tant une fois tablie1 elle ne doit po9t dp5dre immdiatem5t du corps lgislatif1 mais de la puissance excutrice2 et cela p> la nature de la *ose1 son fait consi/ant plus en action qu'en dlibration4 ,il e/ dans la manire de p5s] des hommes que l'on fasse plus de cas du c\rage que de la timidit1 de l'activit que de la prud5ce1 de la =ce que des conseils4 ,l'arme mpris]a t\j\rs un snat1 et respect]a ses (fici]s4 ,elle ne f]a po9t cas des ordres qui lui s]ont envoys de la "p d'un corps compos de g5s qu'elle croira timides1 et indignes p> l de lui comm&]4 ,a9si1 sitt que l'arme dp5dra uniquem5t du corps lgislatif1 le g\v]nem5t devi5dra militaire4 ,et si le contraire e/ jamais arriv1 c'e/ l'effet de quelques circon/ances extraord9aires2 c'e/ que l'arme y e/ t\j\rs sp>e2 c'e/ qu'elle e/ compose de plusieurs corps qui dp5d5t *acun de leur prov9ce p>ticulire2 c'e/ que les villes capitales sont des places excell5tes1 qui se df5d5t p> leur situation seule1 o il n'y a po9t de tr\pes4 ,la ,holl&e e/ encore plus en sret que ,v5ise3 elle subm]g]ait les tr\pes rvoltes1 elle les f]ait m\rir de faim4 ,elles ne sont po9t dans les villes qui p\rrai5t leur donn] la subsi/ance2 cette subsi/ance e/ donc prcaire4 ,que si1 dans le cas o l'arme e/ g\v]ne p> le corps lgislatif1 des circon/ances p>ticulires emp*5t le g\v]nem5t de dev5ir militaire1 on tomb]a dans d'autres inconvni5ts3 de deux *oses l'une3 ou il faudra que l'arme dtruise le g\v]nem5t1 ou que le g\v]nem5t affaiblisse l'arme4 ,et cet affaiblissem5t aura une cause bi5 fatale3 il natra de la faiblesse mme du g\v]nem5t4 ,si l'on veut lire l'admirable ouvrage de ,tacite sur les moeurs des ,g]ma9s#beh1 on v]ra que c'e/ d'eux que les ,anglais ont tir l'ide de leur g\v]nem5t politique4 ,ce beau sy/me a t tr\v dans les bois4 #beh ,de m9oribus rebus pr9cipes consultant1 de majoribus omnes3 ita tam5 ut ea quoque quorum p5es plebem arbitrium e/1 apud pr9cipes p]tract5tur4 ,les gr&s trait5t des mo9dres affaires2 les plus gr&es sont du ressort de t\s1 de telle faon cep5dant que mme celles qui s'lv5t du peuple soi5t aussi traites p> les gr&s4--,e/-il possible qu'en effet la *ambre des pairs1 celle des communes1 la c\r d'quit1 la c\r de l'amiraut1 vi5n5t de la ,=t-,noire8 ,j'aim]ais autant dire que les s]mons de ,tillotson et de ,smalridge fur5t autrefois composs p> les sorcires tudesques1 qui jugeai5t des succs de la gu]re p> la manire dont c\lait le sang des prisonni]s qu'elles immolai5t4 ,les manufactures de drap d',anglet]re n'ont-elles pas t tr\ves aussi dans les bois o les ,g]ma9s aimai5t mieux vivre de rap9es que de travaill]1 comme le dit ,tacite8 ,p\rquoi n'avoir pas tr\v plutt la dite de ,ratisbonne que le p>lem5t d',anglet]re dans les =ts d',allemagne8 ,ratisbonne doit avoir pr(it plutt que ,londres d'un sy/me tr\v en ,g]manie4 7,note de ,,volt47 ,comme t\tes les *oses huma9es ont une f91 l'tat dont n\s p>lons p]dra sa lib]t1 il prira4 ,rome1 ,lacdmone et ,c>?age ont bi5 pri4 ,il prira lorsque la puissance lgislative s]a plus corrompue que l'excutrice4 ,ce n'e/ po9t moi exam9] si les ,anglais j\iss5t actuellem5t de cette lib]t1 ou non4 ,il me suffit de dire qu'elle e/ tablie p> leurs lois1 et je n'en *]*e pas davantage4 ,je ne prt5ds po9t p> l raval] les autres g\v]nem5ts1 ni dire que cette lib]t politique extrme doive mortifi] ceux qui n'en ont qu'une modre4 ,comm5t dirais-je cela1 moi qui crois que l'excs mme de la raison n'e/ pas t\j\rs dsirable1 et que les hommes s'accommod5t presque t\j\rs mieux des milieux que des extrmits8 ,h>r+ton1 dans son ,oceana1 a aussi exam9 quel tait le plus haut po9t de lib]t o la con/itution d'un tat peut tre porte4 ,mais on peut dire de lui qu'il n'a *]* cette lib]t qu'aprs l'avoir mconnue et qu'il a bti ,*alcdo9e ayant le rivage de ,byzance devant les yeux4 ,,*apitre ,,vii ,des mon>*ies que n\s connaissons4 ,les mon>*ies que n\s connaissons n'ont pas1 comme celle dont n\s v5ons de p>l]1 la lib]t p\r leur objet direct2 elles ne t5d5t qu' la gloire des citoy5s1 de l'tat et du pr9ce4 ,mais de cette gloire il rsulte un esprit de lib]t qui1 dans ces tats1 peut faire d'aussi gr&es *oses1 et peut-tre contribu] autant au bonheur que la lib]t mme4 ,les trois p\voirs n'y sont po9t di/ribus et fondus sur le modle de la con/itution dont n\s avons p>l4 ,ils ont *acun une di/ribution p>ticulire1 selon laquelle ils appro*5t plus ou mo9s de la lib]t politique2 et s'ils n'en appro*ai5t pas1 la mon>*ie dgnr]ait en despotisme4 ,,*apitre ,,viii ,p\rquoi les anci5s n'avai5t pas une ide bi5 claire de la mon>*ie4 ,les anci5s ne connaissai5t po9t le g\v]nem5t fond sur un corps de noblesse1 et encore mo9s le g\v]nem5t fond sur un corps lgislatif =m p> les reprs5tants d'une nation4 ,les rpubliques de ,grce et d',italie tai5t des villes qui avai5t *acune leur g\v]nem5t1 et qui assemblai5t leurs citoy5s dans leurs murailles4 ,avant que les ,roma9s euss5t engl\ti t\tes les rpubliques1 il n'y avait presque po9t de roi nulle "p1 en ,italie1 ,gaule1 ,espagne1 ,allemagne#bei3 t\t cela tait de petits peuples ou de petites rpubliques2 l',afrique mme tait s\mise une gr&e2 l',asie ,m9eure tait occupe p> les colonies grecques4 ,il n'y avait donc po9t d'exemple de dputs de villes1 ni d'assembles d'tat3 il fallait all] jusqu'en ,p]se p\r tr\v] le g\v]nem5t d'un seul4 #bei ,mais la mme poque il y avait des rois en ,macdo9e1 en ,syrie1 en gypte1 etc4 7,note de ,,cr,,vi]47 ,il e/ vrai qu'il y avait des rpubliques fdratives2 plusieurs villes envoyai5t des dputs une assemble4 ,mais je dis qu'il n'y avait po9t de mon>*ie sur ce modle-l4 ,voici comm5t se =ma le premi] plan des mon>*ies que n\s connaissons4 ,les nations g]maniques qui conquir5t l'empire roma9 tai5t1 comme l'on sait1 trs libres4 ,on n'a qu' voir l-dessus ,tacite1 ,sur les ,moeurs des ,g]ma9s4 ,les conqurants se rp&ir5t dans le pays2 ils habitai5t les campagnes1 et peu les villes4 ,qu& ils tai5t en ,g]manie1 t\te la nation p\vait s'assembl]4 ,lorsqu'ils fur5t disp]ss dans la conqute1 ils ne le pur5t plus4 ,il fallait p\rtant que la nation dlibrt sur ses affaires1 comme elle avait fait avant la conqute3 elle le fit p> des reprs5tants4 ,voil l'orig9e du g\v]nem5t go?ique p>mi n\s4 ,il fut d'abord ml de l'ari/ocratie et de la mon>*ie4 ,il avait cet inconvni5t que le bas peuple y tait esclave3 c'tait un bon g\v]nem5t qui avait en soi la capacit de dev5ir meilleur4 ,la c\tume v9t d'accord] des lettres d'affran*issem5t2 et bi5tt la lib]t civile du peuple1 les prrogatives de la noblesse et du cl]g1 la puissance des rois1 se tr\vr5t dans un tel conc]t que je ne crois pas qu'il y ait eu sur la t]re de g\v]nem5t si bi5 tempr que le fut celui de *aque p>tie de l',europe dans le temps qu'il y subsi/a4 ,et il e/ admirable que la corruption du g\v]nem5t d'un peuple conqurant ait =m la meilleure espce de g\v]nem5t que les hommes ai5t pu imag9]4 ,,*apitre ,,ix ,manire de p5s] d',ari/ote4 ,l'emb>ras d',ari/ote p>at visiblem5t qu& il traite de la mon>*ie#bfj4 ,il en tablit c9q espces3 il ne les di/+ue pas p> la =me de la con/itution1 mais p> des *oses d'accid5t1 comme les v]tus ou les vices du pr9ce2 ou p> des *oses trangres1 comme l'usurpation de la tyrannie1 ou la succession de la tyrannie4 #bfj ,politique1 liv4 ,,iii1 *ap1 ,,xiv4 ,ari/ote met au rang des mon>*ies et l'empire des ,p]ses et le royaume de ,lacdmone4 ,mais qui ne voit que l'un tait un tat despotique1 et l'autre une rpublique#bfa8 #bfa ,qui ne voit au contraire que ,lacdmone eut un seul roi p5dant quatre c5ts ans1 ensuite deux rois jusqu' l'ext9ction de la race des ,hraclides1 ce qui fait une priode d'environ mille annes8 ,on sait bi5 que nul roi n'tait despotique de droit1 pas mme en ,p]se3 mais t\t pr9ce dissimul1 h>di1 et qui a de l'arg5t1 devi5t despotique en peu de temps1 en ,p]se et ,lacdmone2 et voil p\rquoi ,ari/ote di/+ua des rpubliques t\t tat qui a des *efs p]ptuels et hrditaires4 7,note de ,,volt47 ,les anci5s1 qui ne connaissai5t pas la di/ribution des trois p\voirs dans le g\v]nem5t d'un seul1 ne p\vai5t se faire une ide ju/e de la mon>*ie4 ,,*apitre ,x ,manire de p5s] des autres politiques4 ,p\r tempr] le g\v]nem5t d'un seul1 ,arribas#bfb1 roi d'pire1 n'imag9a qu'une rpublique4 ,les ,molosses1 ne sa*ant comm5t born] le mme p\voir1 fir5t deux rois3 p> l on affaiblissait l'tat plus que le comm&em5t2 on v\lait des rivaux1 et on avait des ennemis4 #bfb ,voyez ,ju/91 liv4 ,,xvii4 ,deux rois n'tai5t tolrables qu' ,lacdmone3 ils n'y =mai5t pas la con/itution#bfc1 mais ils tai5t une p>tie de la con/itution4 #bfc ,,ari/ote1 ,politique1 liv4 ,v1 *ap4 ,,ix4 ,,*apitre ,,xi ,des rois des temps hroques *ez les ,grecs4 ,*ez les ,grecs1 dans les temps hroques1 il s'tablit une espce de mon>*ie qui ne subsi/a pas#bfd4 ,ceux qui avai5t inv5t des arts1 fait la gu]re p\r le peuple1 assembl des hommes disp]ss1 ou qui leur avai5t donn des t]res1 obt5ai5t le royaume p\r eux et le transmettai5t leurs enfants4 ,ils tai5t rois1 prtres et juges4 ,c'e/ une des c9q espces de mon>*ies dont n\s p>le ,ari/ote#bfe2 et c'e/ la seule qui puisse rveill] l'ide de la con/itution mon>*ique4 ,mais le plan de cette con/itution e/ oppos celui de nos mon>*ies d'auj\rd'hui4 #bfd ,,ari/ote1 ,politique1 liv4 ,,iii1 *ap4 ,,xiv4 #bfe ,ibid4 ,les trois p\voirs y tai5t di/ribus de manire que le peuple y avait la puissance lgislative#bff2 et le roi la puissance excutrice1 avec la puissance de jug]2 au lieu que1 dans les mon>*ies que n\s connaissons1 le pr9ce a la puissance excutrice et la lgislative1 ou du mo9s une p>tie de la lgislative2 mais il ne juge pas4 #bff ,voyez ce que dit ,plut>que1 ,vie de ,?se4 ,voyez aussi ,?ucydide1 liv4 ,i]4 ,dans le g\v]nem5t des rois des temps hroques les trois p\voirs tai5t mal di/ribus4 ,ces mon>*ies ne p\vai5t subsi/]2 c>1 ds que le peuple avait la lgislation1 il p\vait1 au mo9dre caprice1 anantir la royaut1 comme il fit p>t\t4 ,*ez un peuple libre1 et qui avait le p\voir lgislatif2 *ez un peuple r5f]m dans une ville1 o t\t ce qu'il y a d'odieux devi5t plus odieux encore1 le *ef-d'oeuvre de la lgislation e/ de savoir bi5 plac] la puissance de jug]4 ,mais elle ne le p\vait tre plus mal que dans les ma9s de celui qui avait dj la puissance excutrice4 ,ds ce mom5t le mon>que dev5ait t]rible4 ,mais en mme temps1 comme il n'avait pas la lgislation1 il ne p\vait pas se df5dre contre la lgislation2 il avait trop de p\voir1 et il n'en avait pas assez4 ,on n'avait pas encore dc\v]t que la vraie fonction du pr9ce tait d'tablir des juges1 et non pas de jug] lui-mme4 ,la politique contraire r5dit le g\v]nem5t d'un seul insupportable4 ,t\s ces rois fur5t *asss4 ,les ,grecs n'imag9r5t po9t la vraie di/ribution des trois p\voirs dans le g\v]nem5t d'un seul2 ils ne l'imag9r5t que dans le g\v]nem5t de plusieurs1 et ils appelr5t cette sorte de con/itution1 police#bfg4 #bfg ,voyez ,ari/ote1 ,politique1 liv4 ,,iv1 *4 ,,viii4 ,,*apitre ,,xii ,du g\v]nem5t des rois de ,rome1 et comm5t les p\voirs y fur5t di/ribus4 ,le g\v]nem5t des rois de ,rome avait quelque rapport celui des rois des temps hroques *ez les ,grecs4 ,il tomba1 comme les autres1 p> son vice gnral1 quoique en lui-mme et dans sa nature p>ticulire il ft trs bon4 ,p\r faire connatre ce g\v]nem5t1 je di/+u]ai celui des c9q premi]s rois1 celui de ,s]vius ,tullius1 et celui de ,t>qu94 ,la c\ronne tait lective1 et s\s les c9q premi]s rois1 le snat eut la plus gr&e "p l'lection4 ,aprs la mort du roi1 le snat exam9ait si l'on g>d]ait la =me du g\v]nem5t qui tait tablie4 ,s'il jugeait propos de la g>d]1 il nommait un magi/rat#bfh1 tir de son corps1 qui lisait un roi3 le snat devait appr\v] l'lection2 le peuple1 la confirm]2 les auspices1 la g>antir4 ,si une de ces trois conditions manquait1 il fallait faire une autre lection4 #bfh ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,ii1 p4 #abj2 et liv4 ,,iv1 p4 #bdb et #bdc4 ,la con/itution tait mon>*ique1 ari/ocratique et populaire2 et telle fut l'h>monie du p\voir qu'on ne vit ni jal\sie ni dispute dans les premi]s rgnes4 ,le roi comm&ait les armes1 et avait l'int5dance des sacrifices2 il avait la puissance de jug] les affaires civiles#bfi et crim9elles#bgj2 il convoquait le snat2 il assemblait le peuple2 il lui portait de c]ta9es affaires1 et rglait les autres avec le snat#bga4 #bfi ,voyez le disc\rs de ,tanaquil1 dans ,tite-,live1 liv4 ,i]1 et le rglem5t de ,s]vius ,tullius1 dans ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,iv1 p4 #bbi4 #bgj ,voyez ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,ii1 p4 #aah2 et liv4 ,,iii1 p4 #aga4 #bga ,ce fut p> un snatus-consulte que ,tullus ,ho/ilius envoya dtruire ,albe4 7,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,iii1 p4 #afg et #agb47 ,le snat avait une gr&e autorit4 ,les rois pr5ai5t s\v5t des snateurs p\r jug] avec eux2 ils ne portai5t po9t d'affaires au peuple qu'elles n'euss5t t dlibres#bgb dans le snat4 #bgb ,ibid41 liv4 ,,iv1 p4 #bgf4 ,le peuple avait le droit d'lire#bgc les magi/rats1 de cons5tir aux n\velles lois1 et1 lorsque le roi le p]mettait1 celui de dcl>] la gu]re et de faire la paix4 ,il n'avait po9t la puissance de jug]4 ,qu& ,tullus ,ho/ilius r5voya le jugem5t d',horace au peuple1 il eut des raisons p>ticulires1 que l'on tr\ve dans ,d5ys d',halic>nasse#bgd4 #bgc ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,ii4 ,il fallait p\rtant qu'il ne nommt pas t\tes les *>ges1 puisque ,val]ius ,publicola fit la fameuse loi qui df5dait t\t citoy5 d'ex]c] aucun emploi1 s'il ne l'avait obt5u p> le suffrage du peuple4 #bgd ,liv4 ,,iii1 p4 #aei4 ,la con/itution *angea s\s ,s]vius ,tullius#bge4 ,le snat n'eut po9t de "p son lection3 il se fit proclam] p> le peuple4 ,il se dp\illa des jugem5ts#bgf civils1 et ne se rs]va que les crim9els2 il porta directem5t au peuple t\tes les affaires3 il le s\lagea des taxes1 et en mit t\t le f>deau sur les patrici5s4 ,a9si mesure qu'il affaiblissait la puissance royale et l'autorit du snat1 il augm5tait le p\voir du peuple#bgg4 #bge ,liv4 ,,iv4 #bgf ,il se priva de la moiti de la puissance royale1 dit ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,iv4 p4 #bbi4 #bgg ,on croyait que1 s'il n'avait pas t prv5u p> ,t>qu91 il aurait tabli le g\v]nem5t populaire4 7,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,iv4 p4 #bdc47 ,t>qu9 ne se fit lire ni p> le snat ni p> le peuple4 ,il reg>da ,s]vius ,tullius comme un usurpateur1 et prit la c\ronne comme un droit hrditaire2 il ext]m9a la plup>t des snateurs2 il ne consulta plus ceux qui re/ai5t1 et ne les appela pas mme ses jugem5ts#bgh4 ,sa puissance augm5ta2 mais ce qu'il y avait d'odieux dans cette puissance dev9t plus odieux encore3 il usurpa le p\voir du peuple2 il fit des lois sans lui2 il en fit mme contre lui#bgi4 ,il aurait runi les trois p\voirs dans sa p]sonne2 mais le peuple se s\v9t un mom5t qu'il tait lgislateur1 et ,t>qu9 ne fut plus4 #bgh ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,iv4 #bgi ,ibid4 ,,*apitre ,,xiii ,rflexions gnrales sur l'tat de ,rome aprs l'expulsion des rois4 ,on ne peut jamais quitt] les ,roma9s2 c'e/ a9si qu'encore auj\rd'hui1 dans leur capitale1 on laisse les n\veaux palais p\r all] *]*] des ru9es2 c'e/ a9si que l'oeil qui s'e/ repos sur l'mail des prairies aime voir les ro*]s et les montagnes4 ,les familles patrici5nes avai5t eu1 de t\t temps1 de gr&es prrogatives4 ,ces di/9ctions1 gr&es s\s les rois1 dev9r5t bi5 plus importantes aprs leur expulsion4 ,cela causa la jal\sie des plbi5s1 qui v\lur5t les abaiss]4 ,les conte/ations frappai5t sur la con/itution sans affaiblir le g\v]nem5t3 c>1 p\rvu que les magi/ratures cons]vass5t leur autorit1 il tait assez indiffr5t de quelle famille tai5t les magi/rats4 ,une mon>*ie lective1 comme tait ,rome1 suppose ncessairem5t un corps ari/ocratique puissant qui la s\ti5ne2 sans quoi elle se *ange d'abord en tyrannie ou en tat populaire3 mais un tat populaire n'a pas beso9 de cette di/9ction des familles p\r se ma9t5ir4 ,c'e/ ce qui fit que les patrici5s1 qui tai5t des p>ties ncessaires de la con/itution du temps des rois1 en dev9r5t une p>tie sup]flue du temps des consuls3 le peuple put les abaiss] sans se dtruire lui-mme1 et *ang] la con/itution sans la corrompre4 ,qu& ,s]vius ,tullius eut avili les patrici5s1 ,rome dut tomb] des ma9s des rois dans celles du peuple4 ,mais le peuple1 en abaissant les patrici5s1 ne dut po9t cra9dre de retomb] dans celles des rois4 ,un tat peut *ang] de deux manires1 ou p>ce que la con/itution se corrige1 ou p>ce qu'elle se corrompt4 ,s'il a cons]v ses pr9cipes1 et que la con/itution *ange1 c'e/ qu'elle se corrige2 s'il a p]du ses pr9cipes1 qu& la con/itution vi5t *ang]1 c'e/ qu'elle se corrompt4 ,rome1 aprs l'expulsion des rois1 devait tre une dmocratie4 ,le peuple avait dj la puissance lgislative3 c'tait son suffrage unanime qui avait *ass les rois2 et1 s'il ne p]si/ait pas dans cette volont1 les ,t>qu9s p\vai5t t\s les in/ants rev5ir4 ,prt5dre qu'il et v\lu les *ass] p\r tomb] dans l'esclavage de quelques familles1 cela n'tait pas raisonnable4 ,la situation des *oses dem&ait donc que ,rome ft une dmocratie2 et cep5dant elle ne l'tait pas4 ,il fallut tempr] le p\voir des pr9cipaux1 et que les lois incl9ass5t v]s la dmocratie4 ,s\v5t les tats fleuriss5t plus dans le passage ins5sible d'une con/itution une autre1 qu'ils ne le faisai5t dans l'une ou l'autre de ces con/itutions4 ,c'e/ p\r lors que t\s les ressorts du g\v]nem5t sont t5dus2 que t\s les citoy5s ont des prt5tions2 qu'on s'attaque ou qu'on se c>esse1 et qu'il y a une noble mulation entre ceux qui df5d5t la con/itution qui dcl9e1 et ceux qui mett5t en avant celle qui prvaut4 ,,*apitre ,,xiv ,comm5t la di/ribution des trois p\voirs comm5a *ang] aprs l'expulsion des rois4 ,quatre *oses *oquai5t pr9cipalem5t la lib]t de ,rome4 ,les patrici5s obt5ai5t seuls t\s les emplois sacrs1 politiques1 civils et militaires2 on avait atta* au consulat un p\voir exorbitant2 on faisait des outrages au peuple2 enf9 on ne lui laissait presque aucune influ5ce dans les suffrages4 ,ce fur5t ces quatre abus que le peuple corrigea4 #a ,il fit tablir qu'il y aurait des magi/ratures o les plbi5s p\rrai5t prt5dre2 et il obt9t peu peu qu'il aurait "p t\tes1 except celle d'entre-roi4 #b ,on dcomposa le consulat1 et on en =ma plusieurs magi/ratures4 ,on cra des prteurs#bhj qui on donna la puissance de jug] les affaires prives2 on nomma des que/eurs#bha p\r faire jug] les crimes publics2 on tablit des diles qui on donna la police2 on fit des trsori]s#bhb qui eur5t l'adm9i/ration des d5i]s publics2 enf91 p> la cration des c5seurs on ta aux consuls cette p>tie de la puissance lgislative qui rgle les moeurs des citoy5s et la police mom5tane des div]s corps de l'tat4 ,les pr9cipales prrogatives qui leur re/r5t fur5t de prsid] aux gr&s#bhc tats du peuple1 d'assembl] le snat1 et de comm&] les armes4 #bhj ,,tite-,,live1 dcade premire1 liv4 ,,vi4 #bha ,qu/ores p>ricidii4 7,,pomponius1 #b1 leg4 #bc1 ff41 de ,orig4 jur47 #bhb ,,plut>que1 ,vie de ,publicola4 #bhc ,comitiis c5turiatis4 #c ,les lois sacres tablir5t des tribuns qui p\vai5t t\s les in/ants arrt] les entreprises des patrici5s1 et n'emp*ai5t pas seulem5t les injures p>ticulires1 mais encore les gnrales4 #d ,enf9 les plbi5s augm5tr5t leur influ5ce dans les dcisions publiques4 ,le peuple roma9 tait divis de trois manires3 p> c5turies1 p> curies et p> tribus2 et qu& il donnait son suffrage1 il tait assembl et =m d'une de ces trois manires4 ,dans la premire1 les patrici5s1 les pr9cipaux1 les g5s ri*es1 le snat1 ce qui tait peu prs la mme *ose1 avai5t presque t\te l'autorit2 dans la seconde1 ils en avai5t mo9s2 dans la troisime1 encore mo9s4 ,la division p> c5turies tait plutt une division de c5s et de moy5s qu'une division de p]sonnes4 ,t\t le peuple tait p>tag en c5t quatre-v+t-treize c5turies#bhd1 qui avai5t *acune une voix4 ,les patrici5s et les pr9cipaux =mai5t les quatre-v+t-dix-huit premires c5turies2 le re/e des citoy5s tait rp&u dans les quatre-v+t-qu9ze autres4 ,les patrici5s tai5t donc1 dans cette division1 les matres des suffrages4 #bhd ,voyez l-dessus ,tite-,live1 liv4 ,i2 et ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,iv et ,,vii4 ,dans la division p> curies#bhe1 les patrici5s n'avai5t pas les mmes avantages3 ils en avai5t p\rtant4 ,il fallait consult] les auspices1 dont les patrici5s tai5t les matres2 on n'y p\vait faire de proposition au peuple qui n'et t aup>avant porte au snat et appr\ve p> un snatus-consulte4 ,mais dans la division p> tribus il n'tait "q ni d'auspices1 ni de snatus-consulte1 et les patrici5s n'y tai5t pas admis4 #bhe ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,ix1 p4 #eih4 ,or1 le peuple *]*a t\j\rs faire p> curies les assembles qu'on avait c\tume de faire p> c5turies1 et faire p> tribus les assembles qui se faisai5t p> curies3 ce qui fit pass] les affaires des ma9s des patrici5s dans celles des plbi5s4 ,a9si1 qu& les plbi5s eur5t obt5u le droit de jug] les patrici5s1 ce qui comm5a lors de l'affaire de ,coriolan#bhf1 les plbi5s v\lur5t les jug] assembls p> tribus#bhg1 et non p> c5turies2 et lorsqu'on tablit en faveur du peuple les n\velles magi/ratures#bhh de tribuns et d'diles1 le peuple obt9t qu'il s'assembl]ait p> curies p\r les nomm]2 et qu& sa puissance fut aff]mie1 il obt9t#bhi qu'ils s]ai5t nomms dans une assemble p> tribus4 #bhf ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,vii4 #bhg ,contre l'anci5 usage1 comme on le voit dans ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,v1 p4 #cbj4 #bhh ,liv4 ,,vi1 p4 #daj et #daa4 #bhi ,liv4 ,,ix1 p4 #fje4 ,,*apitre ,,xv ,comm5t1 dans l'tat florissant de la rpublique1 ,rome p]dit t\t c\p sa lib]t4 ,dans le feu des disputes entre les patrici5s et les plbi5s1 ceux-ci dem&r5t que l'on donnt des lois fixes1 af9 que les jugem5ts ne fuss5t plus l'effet d'une volont capricieuse ou d'un p\voir arbitraire4 ,aprs bi5 des rsi/ances1 le snat y acquiesa4 ,p\r compos] ces lois1 on nomma des dcemvirs4 ,on crut qu'on devait leur accord] un gr& p\voir1 p>ce qu'ils avai5t donn] des lois des p>tis qui tai5t presque incompatibles4 ,on susp5dit la nom9ation de t\s les magi/rats2 et1 dans les comices1 ils fur5t lus seuls adm9i/rateurs de la rpublique4 ,ils se tr\vr5t revtus de la puissance consulaire et de la puissance tribuniti5ne4 ,l'une leur donnait le droit d'assembl] le snat2 l'autre celui d'assembl] le peuple3 mais ils ne convoqur5t ni le snat ni le peuple4 ,dix hommes dans la rpublique eur5t seuls t\te la puissance lgislative1 t\te la puissance excutrice1 t\te la puissance des jugem5ts4 ,rome se vit s\mise une tyrannie aussi cruelle que celle de ,t>qu94 ,qu& ,t>qu9 ex]ait ses vexations1 ,rome tait indigne du p\voir qu'il avait usurp2 qu& les dcemvirs ex]cr5t les leurs1 elle fut tonne du p\voir qu'elle avait donn4 ,mais quel tait ce sy/me de tyrannie1 produit p> des g5s qui n'avai5t obt5u le p\voir politique et militaire que p> la connaissance des affaires civiles1 et qui1 dans les circon/ances de ces temps-l1 avai5t beso9 au d$ans de la l*et des citoy5s p\r qu'ils se laissass5t g\v]n]1 et de leur c\rage au dehors p\r les df5dre8 ,le spectacle de la mort de ,virg9ie1 immole p> son pre la pudeur et la lib]t1 fit van\ir la puissance des dcemvirs4 ,*acun se tr\va libre1 p>ce que *acun fut (f5s2 t\t le monde dev9t citoy51 p>ce que t\t le monde se tr\va pre4 ,le snat et le peuple r5trr5t dans une lib]t qui avait t confie des tyrans ridicules4 ,le peuple roma91 plus qu'un autre1 s'm\vait p> les spectacles3 celui du corps sanglant de ,lucrce fit f9ir la royaut2 le dbiteur qui p>ut sur la place c\v]t de plaies fit *ang] la =me de la rpublique2 la vue de ,virg9ie fit *ass] les dcemvirs4 ,p\r faire condamn] ,manlius1 il fallut t] au peuple la vue du ,capitole2 la robe sanglante de ,cs> remit ,rome dans la s]vitude4 ,,*apitre ,,xvi ,de la puissance lgislative dans la rpublique roma9e4 ,on n'avait po9t de droits se disput] s\s les dcemvirs2 mais1 qu& la lib]t rev9t1 on vit les jal\sies r5atre3 tant qu'il re/a quelques privilges aux patrici5s1 les plbi5s les leur tr5t4 ,il y aurait eu peu de mal si les plbi5s s'tai5t cont5ts de priv] les patrici5s de leurs prrogatives1 et s'ils ne les avai5t pas (f5ss dans leur qualit mme de citoy54 ,lorsque le peuple tait assembl p> curies ou p> c5turies1 il tait compos de snateurs1 de patrici5s et de plbi5s4 ,dans les disputes1 les plbi5s gagnr5t ce po9t#bij que seuls1 sans les patrici5s et sans le snat1 ils p\rrai5t faire des lois qu'on appela plbiscites2 et les comices o on les fit s'appelr5t comices p> tribus4 ,a9si il y eut des cas o les patrici5s#bia n'eur5t po9t de "p la puissance lgislative1 et#bib o ils fur5t s\mis la puissance lgislative d'un autre corps de l'tat3 ce fut un dlire de la lib]t4 ,le peuple1 p\r tablir la dmocratie1 *oqua les pr9cipes mmes de la dmocratie4 ,il semblait qu'une puissance aussi exorbitante aurait d anantir l'autorit du snat2 mais ,rome avait des in/itutions admirables4 ,elle en avait deux surt\t3 p> l'une1 la puissance lgislative du peuple tait rgle2 p> l'autre1 elle tait borne4 #bij ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,xi1 p4 #dbe4 #bia ,p> les lois sacres1 les plbi5s pur5t faire des plbiscites1 seuls1 et sans que les patrici5s fuss5t admis dans leur assemble4 7,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,vi1 p4 #daj2 et liv4 ,,vii1 p4 #dcj47 #bib ,p> la loi faite aprs l'expulsion des dcemvirs1 les patrici5s fur5t s\mis aux plbiscites1 quoiqu'ils n'euss5t pu y donn] leur voix4 7,,tite-,,live1 liv4 ,,iii2 et ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,xi1 p4 #gbe47 ,et cette loi fut confirme p> celle de ,publius ,philo1 dictateur1 l'an de ,rome #daf4 7,,tite-,,live1 liv4 ,,viii47 ,les c5seurs1 et avant eux les consuls#bic1 =mai5t et crai5t1 p\r a9si dire1 t\s les c9q ans1 le corps du peuple2 ils ex]ai5t la lgislation sur le corps mme qui avait la puissance lgislative4 ,tib]ius ,grac*us1 c5seur1 dit ,cicron1 transfra les affran*is dans les tribus de la ville1 non p> la =ce de son loqu5ce1 mais p> une p>ole et p> un ge/e2 et1 s'il ne l'et pas fait1 cette rpublique1 qu'auj\rd'hui n\s s\t5ons pe9e1 n\s ne l'aurions plus4 #bic ,l'an #cab de ,rome1 les consuls faisai5t encore le c5s1 comme il p>at p> ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,,xi4 ,d'un ct1 le snat avait le p\voir d't]1 p\r a9si dire1 la rpublique des ma9s du peuple1 p> la cration d'un dictateur1 devant lequel le s\v]a9 baissait la tte1 et les lois les plus populaires re/ai5t dans le sil5ce#bid4 #bid ,comme celles qui p]mettai5t d'appel] au peuple des ordonnances de t\s les magi/rats4 ,,*apitre ,,xvii ,de la puissance excutrice dans la mme rpublique4 ,si le peuple fut jal\x de sa puissance lgislative1 il le fut mo9s de sa puissance excutrice4 ,il la laissa presque t\t entire au snat et aux consuls1 et il ne se rs]va gure que le droit d'lire les magi/rats1 et de confirm] les actes du snat et des gnraux4 ,rome1 dont la passion tait de comm&]1 dont l'ambition tait de t\t s\mettre1 qui avait t\j\rs usurp1 qui usurpait encore1 avait cont9uellem5t de gr&es affaires2 ses ennemis conjurai5t contre elle1 ou elle conjurait contre ses ennemis4 ,oblige de se conduire d'un ct avec un c\rage hroque1 et de l'autre avec une sagesse consomme1 l'tat des *oses dem&ait que le snat et la direction des affaires4 ,le peuple disputait au snat t\tes les bran*es de la puissance lgislative1 p>ce qu'il tait jal\x de sa lib]t2 il ne lui disputait po9t les bran*es de la puissance excutrice1 p>ce qu'il tait jal\x de sa gloire4 ,la "p que le snat pr5ait la puissance excutrice tait si gr&e1 que ,polybe#bie dit que les trang]s p5sai5t t\s que ,rome tait une ari/ocratie4 ,le snat disposait des d5i]s publics et donnait les rev5us f]me2 il tait l'arbitre des affaires des allis2 il dcidait de la gu]re et de la paix1 et dirigeait cet g>d les consuls2 il fixait le nombre des tr\pes roma9es et des tr\pes allies1 di/ribuait les prov9ces et les armes aux consuls ou aux prteurs2 et1 l'an du comm&em5t expir1 il p\vait leur donn] un successeur2 il dc]nait les triomphes2 il recevait des ambassades1 et en envoyait2 il nommait les rois1 les rcomp5sait1 les punissait1 les jugeait1 leur donnait ou leur faisait p]dre le titre d'allis du peuple roma94 #bie ,liv4 ,,vi4 ,les consuls faisai5t la leve des tr\pes qu'ils devai5t m5] la gu]re2 ils comm&ai5t les armes de t]re ou de m]1 disposai5t des allis2 ils avai5t dans les prov9ces t\te la puissance de la rpublique2 ils donnai5t la paix aux peuples va9cus1 leur en imposai5t les conditions1 ou les r5voyai5t au snat4 ,dans les premi]s temps1 lorsque le peuple pr5ait quelque "p aux affaires de la gu]re et de la paix1 il ex]ait plutt sa puissance lgislative que sa puissance excutrice2 il ne faisait gure que confirm] ce que les rois1 et aprs eux les consuls ou le snat1 avai5t fait4 ,bi5 lo9 que le peuple ft l'arbitre de la gu]re1 n\s voyons que les consuls ou le snat la faisai5t s\v5t malgr l'opposition de ses tribuns4 ,mais1 dans l'ivresse des prosprits1 il augm5ta sa puissance excutrice4 ,a9si il cra lui-mme#bif les tribuns des lgions1 que les gnraux avai5t nomms jusqu'alors2 et1 quelque temps avant la premire gu]re punique1 il rgla qu'il aurait seul le droit de dcl>] la gu]re#big4 #bif ,l'an de ,rome #ddd4 7,,tite-,,live1 premire dcade1 liv4 ,,ix47 ,la gu]re contre ,p]se p>aissant prilleuse1 un snatus-consulte ordonna que cette loi s]ait susp5due1 et le peuple y cons5tit4 7,,tite-,,live1 c9quime dcade1 liv4 ,,xlii47 #big ,il l'arra*a du snat1 dit ,fre9%emius4--,deuxime dcade1 liv4 ,,vi4 ,,*apitre ,,xviii ,de la puissance de jug] dans le g\v]nem5t de ,rome4 ,la puissance de jug] fut donne au peuple1 au snat1 aux magi/rats1 de c]ta9s juges4 ,il faut voir comm5t elle fut di/ribue4 ,je comm5ce p> les affaires civiles4 ,les consuls#bih jugr5t aprs les rois comme les prteurs jugr5t aprs les consuls4 ,s]vius ,tullius s'tait dp\ill du jugem5t des affaires civiles1 les consuls ne les jugr5t pas non plus1 si ce n'e/ dans des cas trs r>es#bii1 que l'on appela p\r cette raison extraord9aires#cjj4 ,ils se cont5tr5t de nomm] les juges1 et de =m] les tribunaux qui devai5t jug]4 ,il p>at1 p> le disc\rs d',appius ,claudius dans ,d5ys d',halic>nasse#cja1 que1 ds l'an de ,rome #bei1 ceci tait reg>d comme une c\tume tablie *ez les ,roma9s2 et ce n'e/ pas la faire remont] bi5 haut que de la rapport] ,s]vius ,tullius4 #bih ,on ne peut d\t] que les consuls1 avant la cration des prteurs1 n'euss5t eu les jugem5ts civils4 ,voyez ,tite-,live1 premire dcade1 liv4 ,,ii1 p4 #ai2 ,d5ys d',halic>nasse1 liv4 ,x1 p4 #fbg1 et mme livre1 p4 #fde4 #bii ,s\v5t les tribuns jugr5t seuls2 ri5 ne les r5dit plus odieux4 7,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,xi1 p4 #gji47 #cjj ,judicia extraord9>ia4 ,voyez les ,in/itutes1 liv4 ,,iv4 #cja ,liv4 ,,xi1 p4 #cfj4 ,*aque anne le prteur =mait une li/e#cjb ou tableau de ceux qu'il *oisissait p\r faire la fonction de juges p5dant l'anne de sa magi/rature4 ,on en pr5ait le nombre suffisant p\r *aque affaire4 ,cela se pratique peu prs de mme en ,anglet]re4 ,et ce qui tait trs favorable la lib]t#cjc1 c'e/ que le prteur pr5ait les juges du cons5tem5t#cjd des p>ties4 ,le gr& nombre des rcusations que l'on peut faire auj\rd'hui en ,anglet]re revi5t peu prs cet usage4 #cjb ,album judicium4 #cjc ,nos anctres n'ont pas v\lu1 dit ,cicron1 pro ,clu5tio1 qu'un homme dont les p>ties ne s]ai5t pas conv5ues pt tre juge1 non seulem5t de la rputation d'un citoy51 mais mme de la mo9dre affaire pcuniaire4 #cjd ,voyez dans les fragm5ts de la loi ,s]vili5ne1 de la ,cornli5ne1 et autres1 de quelle manire ces lois donnai5t des juges dans les crimes qu'elles se proposai5t de punir4 ,s\v5t ils tai5t pris p> le *oix1 quelquefois p> le sort1 et enf9 p> le sort ml avec le *oix4 ,ces juges ne dcidai5t que des que/ions de fait#cje3 p> exemple1 si une somme avait t paye on non1 si une action avait t commise ou non4 ,mais1 p\r les que/ions de droit#cjf1 comme elles dem&ai5t une c]ta9e capacit1 elles tai5t portes au tribunal des c5tumvirs#cjg4 #cje ,s,n,,que1 de ,b5ef41 liv4 ,,iii1 *4 ,,vii1 9 f9e4 #cjf ,voyez ,qu9tili51 liv4 ,,iv1 p4 #ed1 9-folio1 dition de ,p>is1 #aeda4 #cjg ,leg4 #b1 #bd1 ff41 de ,orig4 jur4 ,des magi/rats appels dcemvirs prsidai5t au jugem5t1 le t\t s\s la direction d'un prteur4 ,les rois se rs]vr5t le jugem5t des affaires crim9elles1 et les consuls leur succdr5t en cela4 ,ce fut en consqu5ce de cette autorit que le consul ,brutus fit m\rir ses enfants et t\s ceux qui avai5t conjur p\r les ,t>qu9s4 ,ce p\voir tait exorbitant4 ,les consuls ayant dj la puissance militaire1 ils en portai5t l'ex]cice mme dans les affaires de la ville2 et leurs procds1 dp\ills des =mes de la ju/ice1 tai5t des actions viol5tes plutt que des jugem5ts4 ,cela fit faire la loi ,valri5ne1 qui p]mit d'appel] au peuple de t\tes les ordonnances des consuls qui mettrai5t en pril la vie d'un citoy54 ,les consuls ne pur5t plus prononc] une pe9e capitale contre un citoy5 roma9 que p> la volont du peuple#cjh4 #cjh ,quoniam de capite civis ,romani injussu populi ,romani non erat p]missum consulibus jus dic]e4 ,lorsqu'il s'agissait de la pe9e capitale1 il n'tait pas p]mis aux consuls de faire ju/ice sans le cons5tem5t du peuple roma94 ,voyez ,pomponius1 leg4 #b1 #f1 ff41 de ,orig4 jur4 ,on voit1 dans la premire conjuration p\r le ret\r des ,t>qu9s1 que le consul ,brutus juge les c\pables2 dans la seconde1 on assemble le snat et les comices p\r jug]#cji4 #cji ,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,v1 p4 #cbb4 ,les lois qu'on appela sacres donnr5t aux plbi5s des tribuns qui =mr5t un corps qui eut d'abord des prt5tions imm5ses4 ,on ne sait quelle fut plus gr&e1 ou dans les plbi5s la l*e h>diesse de dem&]1 ou dans le snat la condesc5dance et la facilit d'accord]4 ,la loi ,valri5ne avait p]mis les appels au peuple1 c'e/--dire au peuple compos de snateurs1 de patrici5s et de plbi5s4 ,les plbi5s tablir5t que ce s]ait devant eux que les appellations s]ai5t portes4 ,bi5tt on mit en "q si les plbi5s p\rrai5t jug] un patrici53 cela fut le sujet d'une dispute que l'affaire de ,coriolan fit natre1 et qui f9it avec cette affaire4 ,coriolan1 accus p> les tribuns devant le peuple1 s\t5ait1 contre l'esprit de la ,valri5ne1 qu'tant patrici5 il ne p\vait tre jug que p> les consuls2 les plbi5s1 contre l'esprit de la mme loi1 prt5dir5t qu'il ne devait tre jug que p> eux seuls2 et ils le jugr5t4 ,la loi des ,d\ze ,tables modifia ceci4 ,elle ordonna qu'on ne p\rrait dcid] de la vie d'un citoy5 que dans les gr&s tats du peuple#caj4 ,a9si1 le corps des plbi5s1 ou1 ce qui e/ la mme *ose1 les comices p> tribus1 ne jugr5t plus que les crimes dont la pe9e n'tait qu'une am5de pcuniaire4 ,il fallait une loi p\r inflig] une pe9e capitale2 p\r condamn] une pe9e pcuniaire1 il ne fallait qu'un plbiscite4 #caj ,les comices p> c5turies4 ,aussi ,manlius ,capitol9us fut-il jug dans ces comices4 7,,tite-,,live1 dcade premire1 liv4 ,,vi47 ,cette disposition de la loi des ,d\ze ,tables fut trs sage4 ,elle =ma une conciliation admirable entre le corps des plbi5s et le snat4 ,c>1 comme la compt5ce des uns et des autres dp5dit de la gr&eur de la pe9e et de la nature du crime1 il fallut qu'ils se conc]tass5t ensemble4 ,la loi ,valri5ne ta t\t ce qui re/ait ,rome du g\v]nem5t qui avait du rapport celui des rois grecs des temps hroques4 ,les consuls se tr\vr5t sans p\voir p\r la punition des crimes4 ,quoique t\s les crimes soi5t publics1 il faut p\rtant di/+u] ceux qui intress5t plus les citoy5s entre eux1 de ceux qui intress5t plus l'tat dans le rapport qu'il a avec un citoy54 ,les premi]s sont appels privs2 les seconds sont les crimes publics4 ,le peuple jugea lui-mme les crimes publics2 et1 l'g>d des privs1 il nomma p\r *aque crime1 p> une commission p>ticulire1 un que/eur p\r en faire la p\rsuite4 ,c'tait s\v5t un des magi/rats1 quelquefois un homme priv1 que le peuple *oisissait4 ,on l'appelait que/eur du p>ricide4 ,il en e/ fait m5tion dans la loi des ,d\ze ,tables#caa4 #caa ,dit ,pomponius1 dans la loi #b1 au ,dige/e1 de ,orig4 jur4 ,le que/eur nommait ce qu'on appelait le juge de la "q1 qui tirait au sort les juges1 =mait le tribunal1 et prsidait s\s lui au jugem5t#cab4 #cab ,voyez un fragm5t d',ulpi51 qui en rapporte un autre de la loi ,cornli5ne3 on le tr\ve dans la ,collation des lois ,mosaques et ,roma9es1 tit4 ,i1 de ,sic>iis et homicidiis4 ,il e/ bon de faire rem>qu] ici la "p que pr5ait le snat dans la nom9ation du que/eur1 af9 que l'on voie comm5t les puissances tai5t cet g>d balances4 ,quelquefois le snat faisait lire un dictateur p\r faire la fonction du que/eur#cac2 quelquefois il ordonnait que le peuple s]ait convoqu p> un tribun1 p\r qu'il nommt un que/eur#cad3 enf9 le peuple nommait quelquefois un magi/rat p\r faire son rapport au snat sur un c]ta9 crime1 et lui dem&] qu'il donnt un que/eur1 comme on voit dans le jugem5t de ,lucius ,scipion#cae dans ,tite-,live#caf4 #cac ,cela avait surt\t lieu dans les crimes commis en ,italie1 o le snat avait une pr9cipale inspection4 ,voyez ,tite-,live1 premire dcade1 liv4 ,,ix1 sur les conjurations de ,cap\e4 #cad ,cela fut a9si dans la p\rsuite de la mort de ,po/humius1 l'an #cdj de ,rome4 ,voyez ,tite-,live4 #cae ,ce jugem5t fut r5du l'an de ,rome #efg4 #caf ,liv4 ,,viii4 ,l'an de ,rome #fjd1 quelques-unes de ces commissions fur5t r5dues p]man5tes#cag4 ,on divisa peu peu t\tes les matires crim9elles en div]ses p>ties1 qu'on appela des que/ions p]ptuelles4 ,on cra div]s prteurs et on attribua *acun d'eux quelqu'une de ces que/ions4 ,on leur donna p\r un an la puissance de jug] les crimes qui en dp5dai5t2 et ensuite ils allai5t g\v]n] leur prov9ce4 #cag ,,cic,,ron1 9 ,bruto4 ,a ,c>?age1 le snat des c5t tait compos de juges qui tai5t p\r la vie#cah4 ,mais ,rome les prteurs tai5t annuels2 et les juges n'tai5t pas mme p\r un an1 puisqu'on les pr5ait p\r *aque affaire4 ,on a vu dans le *apitre ,,vi de ce livre combi51 dans de c]ta9s g\v]nem5ts1 cette disposition tait favorable la lib]t4 #cah ,cela se pr\ve p> ,tite-,live1 liv4 ,,xxxiii1 qui dit qu',annibal r5dit leur magi/rature annuelle4 ,les juges fur5t pris dans l'ordre des snateurs1 jusqu'au temps des ,gracques4 ,tib]ius ,grac*us fit ordonn] qu'on les pr5drait dans celui des *evali]s3 *angem5t si considrable que le tribun se vanta d'avoir1 p> une seule rogation1 c\p les n]fs de l'ordre des snateurs4 ,il faut rem>qu] que les trois p\voirs peuv5t tre bi5 di/ribus p> rapport la lib]t de la con/itution1 quoiqu'ils ne le soi5t pas si bi5 dans le rapport avec la lib]t du citoy54 ,a ,rome1 le peuple ayant la plus gr&e p>tie de la puissance lgislative1 une p>tie de la puissance excutrice et une p>tie de la puissance de jug]1 c'tait un gr& p\voir qu'il fallait balanc] p> un autre4 ,le snat avait bi5 une p>tie de la puissance excutrice2 il avait quelque bran*e de la puissance lgislative#cai2 mais cela ne suffisait pas p\r contre-balanc] le peuple4 ,il fallait qu'il et "p la puissance de jug]2 et il y avait "p lorsque les juges tai5t *oisis p>mi les snateurs4 ,qu& les ,gracques privr5t les snateurs de la puissance de jug]#cbj1 le snat ne put plus rsi/] au peuple4 ,ils *oqur5t donc la lib]t de la con/itution1 p\r favoris] la lib]t du citoy53 mais celle-ci se p]dit avec celle-l4 #cai ,les snatus-consultes avai5t =ce p5dant un an1 quoiqu'ils ne fuss5t pas confirms p> le peuple4 7,,d5ys ,d',,halic>nasse1 liv4 ,,ix1 p4 #eie2 et liv4 ,,xi1 p4 #fce47 #cbj ,en l'an #fcj4 ,il en rsulta des maux inf9is4 ,on *angea la con/itution dans un temps o1 dans le feu des discordes civiles1 il y avait pe9e une con/itution4 ,les *evali]s ne fur5t plus cet ordre moy5 qui unissait le peuple au snat1 et la *ane de la con/itution fut rompue4 ,il y avait mme des raisons p>ticulires qui devai5t emp*] de transport] les jugem5ts aux *evali]s4 ,la con/itution de ,rome tait fonde sur ce pr9cipe1 que ceux-l devai5t tre soldats qui avai5t assez de bi5 p\r rpondre de leur conduite la rpublique4 ,les *evali]s1 comme les plus ri*es1 =mai5t la caval]ie des lgions4 ,lorsque leur dignit fut augm5te1 ils ne v\lur5t plus s]vir dans cette milice2 il fallut lev] une autre caval]ie3 ,m>ius prit t\te sorte de g5s dans les lgions1 et la rpublique fut p]due#cba4 #cba ,capite c5sos pl]osque4 ,la plup>t condamns mort4 7,,sallu/e1 ,gu]re de ,jugur?a47 ,de plus1 les *evali]s tai5t les traitants de la rpublique2 ils tai5t avides1 ils semai5t les malheurs dans les malheurs1 et faisai5t natre les beso9s publics des beso9s publics4 ,bi5 lo9 de donn] de telles g5s la puissance de jug]1 il aurait fallu qu'ils euss5t t sans cesse s\s les yeux des juges4 ,il faut dire cela la l\ange des anci5nes lois franaises3 elles ont /ipul avec les g5s d'affaires avec la mfiance que l'on g>de des ennemis4 ,lorsqu' ,rome les jugem5ts fur5t transports aux traitants1 il n'y eut plus de v]tu1 plus de police1 plus de lois1 plus de magi/rature1 plus de magi/rats4 ,on tr\ve une pe9ture bi5 nave de ceci dans quelques fragm5ts de ,diodore de ,sicile et de ,dion4 ,mutius ,scevola1 dit ,diodore#cbb1 v\lut rappel] les anci5nes moeurs1 et vivre de son bi5 propre avec frugalit et intgrit4 ,c> ses prdcesseurs ayant fait une socit avec les traitants qui avai5t p\r lors les jugem5ts ,rome1 ils avai5t rempli la prov9ce de t\tes sortes de crimes4 ,mais ,scevola fit ju/ice des publica9s1 et fit m5] en prison ceux qui y tranai5t les autres4 #cbb ,fragm5t de cet auteur1 liv4 ,,xxxvi1 dans le recueil de ,con/ant9 ,porphyrognte1 des ,v]tus et des ,vices4 ,dion n\s dit#cbc que ,publius ,rutilius1 son lieut5ant1 qui n'tait pas mo9s odieux aux *evali]s1 fut accus1 son ret\r1 d'avoir reu des prs5ts1 et fut condamn une am5de4 ,il fit sur-le-*amp cession de bi5s4 ,son innoc5ce p>ut en ce que l'on lui tr\va beauc\p mo9s de bi5 qu'on ne l'accusait d'en avoir vol1 et il montrait les titres de sa proprit4 ,il ne v\lut plus re/] dans la ville avec de telles g5s4 #cbc ,fragm5t de son ,hi/oire1 tir de l',extrait des ,v]tus et des ,vices4 ,les ,itali5s1 dit encore ,diodore#cbd1 a*etai5t en ,sicile des tr\pes d'esclaves p\r lab\r] leurs *amps et avoir so9 de leurs tr\peaux2 ils leur refusai5t la n\rriture4 ,ces malheureux tai5t obligs d'all] vol] sur les gr&s *em9s1 arms de lances et de massues1 c\v]ts de peaux de btes1 de gr&s *i5s aut\r d'eux4 ,t\te la prov9ce fut dva/e1 et les g5s du pays ne p\vai5t dire avoir en propre que ce qui tait dans l'ence9te des villes4 ,il n'y avait ni proconsul ni prteur qui pt ou v\lt s'oppos] ce dsordre1 et qui ost punir ces esclaves1 p>ce qu'ils app>t5ai5t aux *evali]s1 qui avai5t ,rome les jugem5ts#cbe4 ,ce fut p\rtant une des causes de la gu]re des esclaves4 ,je ne dirai qu'un mot3 une pr(ession qui n'a ni ne peut avoir d'objet que le ga92 une pr(ession qui dem&ait t\j\rs1 et qui on ne dem&ait ri52 une pr(ession s\rde et inexorable1 qui appauvrissait les ri*esses et la misre mme1 ne devait po9t avoir ,rome les jugem5ts4 #cbd ,fragm4 du liv4 ,,xxxiv1 dans l',extrait des ,v]tus et des ,vices4 #cbe ,p5es quos cum judicia erant1 atque ex eque/ro ord9e sol]5t sortito judices eligi 9 causa prtorum et proconsulum1 quibus po/ adm9i/ratam prov9ciam1 dies dicta erat4 ,les *evali]s tai5t *>gs des jugem5ts1 et c'tait dans leur ordre que l'on tirait au sort les juges1 dans les affaires des prteurs et des proconsuls1 qui avai5t r5dre leurs comptes au sortir de l'adm9i/ration d'une prov9ce4 ,,*apitre ,,xix ,du g\v]nem5t des prov9ces roma9es4 ,c'e/ a9si que les trois p\voirs fur5t di/ribus dans la ville2 mais il s'en faut bi5 qu'ils le fuss5t de mme dans les prov9ces4 ,la lib]t tait dans le c5tre1 et la tyrannie aux extrmits4 ,p5dant que ,rome ne dom9a que dans l',italie1 les peuples fur5t g\v]ns comme des confdrs3 on suivait les lois de *aque rpublique4 ,mais lorsqu'elle conquit plus lo91 que le snat n'eut pas immdiatem5t l'oeil sur les prov9ces1 que les magi/rats qui tai5t ,rome ne pur5t plus g\v]n] l'empire1 il fallut envoy] des prteurs et des proconsuls4 ,p\r lors1 cette h>monie des trois p\voirs ne fut plus4 ,ceux qu'on envoyait avai5t une puissance qui runissait celle de t\tes les magi/rature roma9es2 que dis-je8 celle mme du snat1 celle mme du peuple#cbf4 ,c'tai5t des magi/rats despotiques1 qui conv5ai5t beauc\p l'loignem5t des lieux o ils tai5t envoys4 ,ils ex]ai5t les trois p\voirs2 ils tai5t1 si j'ose me s]vir de ce t]me1 les pa*as de la rpublique4 #cbf ,ils faisai5t leurs dits en entrant dans les prov9ces4 ,n\s avons dit ailleurs#cbg que les mmes citoy5s1 dans la rpublique1 avai5t1 p> la nature des *oses1 les emplois civils et militaires4 ,cela fait qu'une rpublique qui conqui]t ne peut gure communiqu] son g\v]nem5t1 et rgir l'tat conquis selon la =me de sa con/itution4 ,en effet1 le magi/rat qu'elle envoie p\r g\v]n]1 ayant la puissance excutrice civile et militaire1 il faut bi5 qu'il ait aussi la puissance lgislative2 c> qui e/-ce qui f]ait des lois sans lui8 ,il faut aussi qu'il ait la puissance de jug]2 c> qui e/-ce qui jug]ait indp5damm5t de lui8 ,il faut donc que le g\v]neur qu'elle envoie ait les trois p\voirs1 comme cela fut dans les prov9ces roma9es4 #cbg ,liv4 ,v1 *4 ,,xix4 ,voyez aussi les liv4 ,,ii1 ,,iii1 ,,iv et ,v4 ,une mon>*ie peut plus aism5t communiqu] son g\v]nem5t1 p>ce que les (fici]s qu'elle envoie ont1 les uns la puissance excutrice civile1 et les autres la puissance excutrice militaire3 ce qui n'entrane pas aprs soi le despotisme4 ,c'tait un privilge d'une gr&e consqu5ce p\r un citoy5 roma91 de ne p\voir tre jug que p> le peuple4 ,sans cela1 il aurait t s\mis dans les prov9ces au p\voir arbitraire d'un proconsul ou d'un proprteur4 ,la ville ne s5tait po9t la tyrannie1 qui ne s'ex]ait que sur les nations assujetties4 ,a9si1 dans le monde roma91 comme ,lacdmone1 ceux qui tai5t libres tai5t extrmem5t libres1 et ceux qui tai5t esclaves tai5t extrmem5t esclaves4 ,p5dant que les citoy5s payai5t des tributs1 ils tai5t levs avec une quit trs gr&e4 ,on suivait l'tablissem5t de ,s]vius ,tullius1 qui avait di/ribu t\s les citoy5s en six classes1 selon l'ordre de leurs ri*esses1 et fix la "p de l'impt proportion de celle que *acun avait dans le g\v]nem5t4 ,il arrivait de l qu'on s\ffrait la gr&eur du tribut cause de la gr&eur du crdit2 et que l'on se consolait de la petitesse du crdit p> la petitesse du tribut4 ,il y avait encore une *ose admirable3 c'e/ que la division de ,s]vius ,tullius p> classes tant p\r a9si dire le pr9cipe fondam5tal de la con/itution1 il arrivait que l'quit1 dans la leve des tributs1 t5ait au pr9cipe fondam5tal du g\v]nem5t1 et ne p\vait tre te qu'avec lui4 ,mais1 p5dant que la ville payait les tributs sans pe9e1 ou n'en payait po9t du t\t#cbh1 les prov9ces tai5t dsoles p> les *evali]s1 qui tai5t les traitants de la rpublique4 ,n\s avons p>l de leurs vexations1 et t\te l'hi/oire en e/ ple9e4 #cbh ,aprs la conqute de la ,macdo9e1 les tributs cessr5t ,rome4 ,t\te l',asie m'att5d comme son librateur1 disait ,mi?ridate#cbi1 tant ont excit de ha9e contre les ,roma9s les rap9es des proconsuls#ccj1 les exactions des g5s d'affaires1 et les calomnies des jugem5ts#cca4 #cbi ,h>angue tire de ,trogue-,pompe1 rapporte p> ,ju/91 liv4 ,,xxxviii4 #ccj ,voyez les ,oraisons contre ,v]rs4 #cca ,on sait que ce fut le tribunal de ,v>us qui fit rvolt] les ,g]ma9s4 ,voil ce qui fit que la =ce des prov9ces n'aj\ta ri5 la =ce de la rpublique1 et ne fit au contraire que l'affaiblir4 ,voil ce qui fit que les prov9ces reg>dr5t la p]te de la lib]t de ,rome comme l'poque de l'tablissem5t de la leur4 ,,*apitre ,,xx ,f9 de ce livre4 ,je v\drais re*]*]1 dans t\s les g\v]nem5ts modrs que n\s connaissons1 quelle e/ la di/ribution des trois p\voirs1 et calcul] p> l les degrs de lib]t dont *acun d'eux peut j\ir4 ,mais il ne faut pas t\j\rs tellem5t puis] un sujet qu'on ne laisse ri5 faire au lecteur4 ,il ne s'agit pas de faire lire1 mais de faire p5s]4 ,,livre ,,qu9zi,,me ,,comm5t ,,les ,,lois ,,de ,l',,esclavage ,,civil ,,ont ,,du ,,rapport ,,avec ,,la ,,nature ,,du ,,climat4 ,,*apitre ,,premi] ,de l'esclavage civil4 ,l'esclavage proprem5t dit e/ l'tablissem5t d'un droit qui r5d un homme tellem5t propre un autre homme1 qu'il e/ le matre absolu de sa vie et de ses bi5s4 ,il n'e/ pas bon p> sa nature2 il n'e/ utile ni au matre ni l'esclave3 celui-ci1 p>ce qu'il ne peut ri5 faire p> v]tu2 celui-l1 p>ce qu'il contracte avec ses esclaves t\tes sortes de mauvaises habitudes1 qu'il s'acc\tume ins5siblem5t manqu] t\tes les v]tus morales1 qu'il devi5t fi]1 prompt1 dur1 colre1 voluptueux1 cruel4 ,dans les pays despotiques1 o l'on e/ dj s\s l'esclavage politique1 l'esclavage civil e/ plus tolrable qu'ailleurs4 ,*acun y doit tre assez cont5t d'y avoir sa subsi/ance et la vie4 ,a9si la condition de l'esclave n'y e/ gure plus *>ge que la condition du sujet4 ,mais1 dans le g\v]nem5t mon>*ique1 o il e/ s\v]a9em5t important de ne po9t abattre ou avilir la nature huma9e1 il ne faut po9t d'esclaves4 ,dans la dmocratie1 o t\t le monde e/ gal1 et dans l'ari/ocratie1 o les lois doiv5t faire leurs ef=ts p\r que t\t le monde soit aussi gal que la nature du g\v]nem5t peut le p]mettre1 des esclaves sont contre l'esprit de la con/itution3 ils ne s]v5t qu' donn] aux citoy5s une puissance et un luxe qu'ils ne doiv5t po9t avoir4 ,,*apitre ,,ii ,orig9e du droit de l'esclavage1 *ez les jurisconsultes roma9s#ccb4 ,on ne croirait jamais que c'et t la piti qui et tabli l'esclavage1 et que1 p\r cela1 elle s'y ft prise de trois manires#ccc4 #ccb ,sur la "q de l'esclavage1 voir l'admirable *apitre de ,j4-,j4 ,r\sseau dans le ,contrat social 7l4 ,i1 *4 ,,iv74 ,r5onc] sa lib]t1 dit-il1 c'e/ r5onc] sa qualit d'homme1 aux droits de l'humanit1 mme ses devoirs4 ,il n'y a nul ddommagem5t possible qui r5once t\t4 7,note de l'diteur47 #ccc ,in/it4 de ,ju/9i51 liv4 ,i]4 ,le droit des g5s a v\lu que les prisonni]s fuss5t esclaves1 p\r qu'on ne les tut pas4 ,le droit civil des ,roma9s p]mit des dbiteurs1 que leurs cranci]s p\vai5t maltrait]1 de se v5dre eux-mmes2 et le droit naturel a v\lu que des enfants qu'un pre esclave ne p\vait plus n\rrir fuss5t dans l'esclavage comme leur pre#ccd4 #ccd ,grotius a dit3 ,dans l'tat de la nature1 nul n'e/ esclave2 et c'e/ en ce s5s que les jurisconsultes s\ti5n5t que la s]vitude e/ contraire la nature4 ,mais que la s]vitude ait pu tir] son orig9e d'une conv5tion ou d'un dlit1 c'e/ ce qui ne rpugne po9t la ju/ice naturelle4 7,de ,jure ,pacis et ,belli1 t4 ,,ii1 p4 #ajd et seq47 ,ces raisons des jurisconsultes ne sont po9t s5ses4 #a ,il e/ faux qu'il soit p]mis de tu] dans la gu]re1 autrem5t que dans le cas de ncessit2 mais ds qu'un homme en a fait un autre esclave1 on ne peut pas dire qu'il ait t dans la ncessit de le tu]1 puisqu'il ne l'a pas fait4 ,t\t le droit que la gu]re peut donn] sur les captifs e/ de s'assur] tellem5t de leur p]sonne1 qu'ils ne puiss5t plus nuire#cce4 ,les homicides faits de sang-froid p> les soldats1 et aprs la *aleur de l'action1 sont rejets de t\tes les nations#ccf du monde4 #cce ,ce prt5du droit de tu] les va9cus ne rsulte en aucune manire de l'tat de gu]re444 ce droit qu'il n'a pas1 ne peut fond] celui de les ass]vir4 7,cont4 social1 l4 ,i1 *4 ,,iv47 7,note de l'diteur47 #ccf ,si l'on ne veut cit] celles qui mang5t leurs prisonni]s4 #b ,il n'e/ pas vrai qu'un homme libre puisse se v5dre4 ,la v5te suppose un prix2 l'esclave se v5dant1 t\s ses bi5s entr]ai5t dans la proprit du matre3 le matre ne donn]ait donc ri51 et l'esclave ne recevrait ri54 ,il aurait un pcule1 dira-t-on2 mais le pcule e/ accessoire la p]sonne4 ,s'il n'e/ pas p]mis de se tu]1 p>ce qu'on se drobe sa patrie1 il n'e/ pas plus p]mis de se v5dre4 ,la lib]t de *aque citoy5 e/ une p>tie de la lib]t publique4 ,cette qualit1 dans l'tat populaire1 e/ mme une p>tie de la s\v]a9et4 ,v5dre sa qualit de citoy5 e/ un#ccg acte d'une telle extravagance1 qu'on ne peut pas la suppos] dans un homme4 ,si la lib]t a un prix p\r celui qui l'a*te1 elle e/ sans prix p\r celui qui la v5d4 ,la loi civile1 qui a p]mis aux hommes le p>tage des bi5s1 n'a pu mettre au nombre des bi5s une p>tie des hommes qui devai5t faire ce p>tage4 ,la loi civile1 qui re/itue sur les contrats qui conti5n5t quelque lsion1 ne peut s'emp*] de re/itu] contre un accord qui conti5t la lsion la plus norme de t\tes4 #ccg ,je p>le de l'esclavage pris la rigueur1 tel qu'il tait *ez les ,roma9s1 et qu'il e/ tabli dans nos colonies4 ,la troisime manire1 c'e/ la naissance4 ,celle-ci tombe avec les deux autres4 ,c>1 si un homme n'a pu se v5dre1 encore mo9s a-t-il pu v5dre son fils qui n'tait pas n2 si un prisonni] de gu]re ne peut tre rduit en s]vitude1 encore mo9s ses enfants4 ,ce qui fait que la mort d'un crim9el e/ une *ose licite1 c'e/ que la loi qui le punit a t faite en sa faveur4 ,un meurtri]1 p> exemple1 a j\i de la loi qui le condamne2 elle lui a cons]v la vie t\s les in/ants3 il ne peut donc pas rclam] contre elle4 ,il n'en e/ pas de mme de l'esclave2 la loi de l'esclavage n'a jamais pu lui tre utile2 elle e/1 dans t\s les cas1 contre lui1 sans jamais tre p\r lui3 ce qui e/ contraire au pr9cipe fondam5tal de t\tes les socits4 ,on dira qu'elle a pu lui tre utile1 p>ce que le matre lui a donn la n\rriture4 ,il faudrait donc rduire l'esclavage aux p]sonnes incapables de gagn] leur vie4 ,mais on ne veut pas de ces esclaves-l4 ,quant aux enfants1 la nature1 qui a donn du lait aux mres1 a p\rvu leur n\rriture2 et le re/e de leur enfance e/ si prs de l'ge o e/ en eux la plus gr&e capacit de se r5dre utiles1 qu'on ne p\rrait pas dire que celui qui les n\rrirait1 p\r tre leur matre1 donnt ri54 ,l'esclavage e/ d'ailleurs aussi oppos au droit civil qu'au droit naturel4 ,quelle loi civile p\rrait emp*] un esclave de fuir1 lui qui n'e/ po9t dans la socit1 et que p> consqu5t aucunes lois civiles ne conc]n5t8 ,il ne peut tre ret5u que p> une loi de famille1 c'e/--dire p> la loi du matre4 ,,*apitre ,,iii ,autre orig9e du droit de l'esclavage4 ,j'aim]ais autant dire que le droit de l'esclavage vi5t du mpris qu'une nation conoit p\r une autre1 fond sur la diffr5ce des c\tumes4 ,lops de ,gom>a#cch dit que les ,espagnols tr\vr5t1 prs de ,sa9te-,m>!1 des pani]s o les habitants avai5t des d5res3 c'tai5t des cancres1 des limaons1 des cigales1 des saut]elles4 ,les va9queurs en fir5t un crime aux va9cus4 ,l'auteur av\e que c'e/ l-dessus qu'on fonda le droit qui r5dait les ,amrica9s esclaves des ,espagnols1 outre qu'ils fumai5t du tabac1 et qu'ils ne se faisai5t pas la b>be l'espagnole4 #cch ,biblio?4 ,angl41 t4 ,,xiii1 deuxime p>tie1 art4 #c4 ,les connaissances r5d5t les hommes d\x2 la raison porte l'humanit3 il n'y a que les prjugs qui y fass5t r5onc]4 ,,*apitre ,,iv ,autre orig9e du droit de l'esclavage4 ,j'aim]ais autant dire que la religion donne ceux qui la pr(ess5t un droit de rduire en s]vitude ceux qui ne la pr(ess5t pas1 p\r travaill] plus aism5t sa propagation4 ,ce fut cette manire de p5s] qui enc\ragea les de/ructeurs de l',amrique dans leurs crimes#cci4 #cci ,voyez l',hi/oire de la ,conqute du ,mexique1 p> ,solis1 et celle du ,pr\1 p> ,g>cilasso de la ,vega4 ,c'e/ sur cette ide qu'ils fondr5t le droit de r5dre tant de peuples esclaves2 c> ces brig&s1 qui v\lai5t absolum5t tre brig&s et *rti5s1 tai5t trs dvots4 ,l\is ,,xiii#cdj se fit une pe9e extrme de la loi qui r5dait esclaves les ngres de ses colonies2 mais qu& on lui eut bi5 mis dans l'esprit que c'tait la voie la plus sre p\r les conv]tir1 il y cons5tit#cda4 #cdj ,le ,p4 ,labat1 ,n\veau ,voyage aux les de l',amrique1 t4 ,,iv1 p4 #aad1 an #agbb1 9-#ab4 #cda ,la premire concession p\r la traite des ngres e/ du #ad novembre #afgc4 ,l\is ,,xiii tait mort en #afdc4 ,cela ressemble au refus de ,franois ,i] d'c\t] ,*ri/ophe ,colomb1 qui avait dc\v]t les les ,antilles avant que ,franois ,i] naqut4 7,note de ,,volt47 ,,*apitre ,v ,de l'esclavage des ngres4 ,si j'avais s\t5ir le droit que n\s avons eu de r5dre les ngres esclaves1 voici ce que je dirais3 ,les peuples d',europe ayant ext]m9 ceux de l',amrique1 ils ont d mettre en esclavage ceux de l',afrique1 p\r s'en s]vir dfri*] tant de t]res4 ,le sucre s]ait trop *]1 si l'on ne faisait travaill] la plante qui le produit p> des esclaves4 ,ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pi$s jusqu' la tte2 et ils ont le nez si cras qu'il e/ presque impossible de les pla9dre4 ,on ne peut se mettre dans l'esprit que ,dieu1 qui e/ un tre trs sage1 ait mis une me1 surt\t une me bonne1 dans un corps t\t noir4 ,il e/ si naturel de p5s] que c'e/ la c\leur qui con/itue l'ess5ce de l'humanit1 que les peuples d',asie1 qui font des eunuques1 priv5t t\j\rs les noirs du rapport qu'ils ont avec n\s d'une faon plus m>que4 ,on peut jug] de la c\leur de la peau p> celle des *eveux1 qui1 *ez les gypti5s1 les meilleurs philosophes du monde1 tait d'une si gr&e consqu5ce1 qu'ils faisai5t m\rir t\s les hommes r\x qui leur tombai5t entre les ma9s4 ,une preuve que les ngres n'ont pas le s5s commun1 c'e/ qu'ils font plus de cas d'un colli] de v]re que de l'or1 qui1 *ez des nations polices1 e/ d'une si gr&e consqu5ce4 ,il e/ impossible que n\s supposions que ces g5s-l soi5t des hommes1 p>ce que1 si n\s les supposions des hommes1 on comm5c]ait croire que n\s ne sommes pas n\s-mmes *rti5s4 ,de petits esprits exagr5t trop l'inju/ice que l'on fait aux ,africa9s3 c>1 si elle tait telle qu'ils le dis5t1 ne s]ait-il pas v5u dans la tte des pr9ces d',europe1 qui font entre eux tant de conv5tions inutiles1 d'en faire une gnrale en faveur de la misricorde et de la piti8 ,,livre ,,dix-,,neuvi,,me ,,des ,,lois ,,dans ,,le ,,rapport ,,qu',,elles ,,ont ,,avec ,,les ,,pr9cipes ,,qui ,,=m5t ,l',,esprit ,g,n,,ral1 ,,les ,,moeurs ,,et ,,les ,,mani,,res ,d',,une ,,nation#cdb4 ,,*apitre ,,premi] ,du sujet de ce livre4 ,cette matire e/ d'une gr&e t5due4 ,dans cette f\le d'ides qui se prs5te mon esprit1 je s]ai plus att5tif l'ordre des *oses qu'aux *oses mmes4 ,il faut que j'c>te droite et gau*e1 que je p]ce1 et que je me fasse j\r4 #cdb ,n\s aj\tons ce livre aux prcd5ts1 comme un de ceux qui ont le plus d'intrt au po9t de vue littraire4 7,note de l'diteur4 ,p4 ,j47 ,,*apitre ,,ii ,combi51 p\r les meilleures lois1 il e/ ncessaire que les esprits soi5t prp>s4 ,ri5 ne p>ut plus insupportable aux ,g]ma9s#cdc que le tribunal de ,v>us4 ,celui que ,ju/9i5 rigea#cdd *ez les ,lazi5s p\r faire le procs au meurtri] de leur roi leur p>ut une *ose horrible et b>b>e4 ,mi?ridate#cde1 h>anguant contre les ,roma9s1 leur repro*e surt\t les =malits#cdf de leur ju/ice4 ,les ,p>!s ne pur5t support] ce roi qui1 ayant t lev ,rome1 se r5dit affable#cdg et accessible t\t le monde4 ,la lib]t mme a p>u insupportable des peuples qui n'tai5t pas acc\tums en j\ir4 ,c'e/ a9si qu'un air pur e/ quelquefois nuisible ceux qui ont vcu dans des pays m>cageux4 #cdc ,ils c\pai5t la langue aux avocats1 et disai5t3 ,vipre1 cesse de siffl]4 7,,tacite47--,ce n'e/ pas ,tacite1 mais ,florus qui rapporte cette c\tume4 7,lib4 ,,iv4 *4 ,,xii47 7,note de ,,cr,v47 #cdd ,,aga?ias1 liv4 ,,iv4 #cde ,,ju/91 liv4 ,,xxxviii4 #cdf ,calumnias litium4 7,ibid47 #cdg ,prompti aditus1 nova comitas1 ignot ,p>?is virtutes1 nova vitia4 ,d'un abord facile et d'une politesse n\velle p\r eux3 les ,p>!s ne voyai5t pas l des v]tus1 mais des vices4 7,,tacite47 ,un ,vniti51 nomm ,balbi1 tant au ,pgu#cdh1 fut introduit *ez le roi4 ,qu& celui-ci apprit qu'il n'y avait po9t de roi ,v5ise1 il fit un si gr& clat de rire qu'une t\x le prit1 et qu'il eut beauc\p de pe9e p>l] ses c\rtisans4 ,quel e/ le lgislateur qui p\rrait propos] le g\v]nem5t populaire des peuples p>eils8 #cdh ,il en a fait la description en #aeif4 7,recueil des voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 t4 ,,iii1 "p4 #a1 p4 #cc47 ,,*apitre ,,iii ,de la tyrannie4 ,il y a deux sortes de tyrannie3 une relle1 qui consi/e dans la viol5ce du g\v]nem5t2 et une d'op9ion1 qui se fait s5tir lorsque ceux qui g\v]n5t tabliss5t des *oses qui *oqu5t la manire de p5s] d'une nation4 ,dion dit qu',augu/e v\lut se faire appel] ,romulus2 mais qu'ayant appris que le peuple craignait qu'il ne v\lt se faire roi1 il *angea de desse94 ,les premi]s ,roma9s ne v\lai5t po9t de roi1 p>ce qu'ils n'en p\vai5t s\ffrir la puissance2 les ,roma9s d'alors ne v\lai5t po9t de roi1 p\r n'en po9t s\ffrir les manires4 ,c>1 quoique ,cs>1 les triumvirs1 ,augu/e1 fuss5t de vritables rois1 ils avai5t g>d t\t l'extrieur de l'galit1 et leur vie prive cont5ait une espce d'opposition avec le fa/e des rois d'alors2 et1 qu& ils ne v\lai5t po9t de roi1 cela signifiait qu'ils v\lai5t g>d] leurs manires et ne pas pr5dre celles des peuples d',afrique et d',ori5t4 ,dion#cdi n\s dit que le peuple roma9 tait indign contre ,augu/e1 cause de c]ta9es lois trop dures qu'il avait faites1 mais que1 sitt qu'il eut fait rev5ir le comdi5 ,pylade1 que les factions avai5t *ass de la ville1 le mcont5tem5t cessa4 ,un peuple p>eil s5tait plus vivem5t la tyrannie lorsqu'on *assait un balad9 que lorsqu'on lui tait t\tes ses lois4 #cdi ,liv4 ,,liv1 p4 #ecb4 ,,*apitre ,,iv ,ce que c'e/ que l'esprit gnral4 ,plusieurs *oses g\v]n5t les hommes3 le climat1 la religion1 les lois1 les maximes du g\v]nem5t1 les exemples des *oses passes1 les moeurs1 les manires2 d'o il se =me un esprit gnral qui en rsulte4 ,a mesure que1 dans *aque nation1 une de ces causes agit avec plus de =ce1 les autres lui cd5t d'autant4 ,la nature et le climat dom95t presque seuls sur les sauvages#cej2 les manires g\v]n5t les ,*9ois2 les lois tyrannis5t le ,japon2 les moeurs donnai5t autrefois le ton dans ,lacdmone2 les maximes du g\v]nem5t et les moeurs anci5nes le donnai5t dans ,rome4 #cej ,quoique les lois agiss5t sur les moeurs1 elles en dp5d5t4 ,a9si1 ,montesquieu corrige t\j\rs p> quelque vrit n\velle une premire p5se qui ne p>aissait excessive que p>ce qu'on la voyait seule4 ,la nature et le climat dom95t presque exclusivem5t les sauvages1 les peuples civiliss obiss5t aux influ5ces morales4 ,la plus inv9cible de t\tes1 c'e/ l'esprit gnral d'une nation2 il n'e/ au p\voir de p]sonne de le *ang]2 il agit sur ceux qui v\drai5t le mconnatre2 il fait les lois ou les r5d inutiles2 les lois ne peuv5t l'attaqu]1 p>ce que ce sont deux puissances d'une nature div]se2 il *appe ou rsi/e t\t le re/e4 7,m4 ,,villema91 loge de ,montesquieu47 ,,*apitre ,v ,combi5 il faut tre att5tif ne po9t *ang] l'esprit gnral d'une nation4 ,s'il y avait dans le monde une nation qui et une humeur sociable1 une ouv]ture de coeur1 une joie dans la vie1 un gt1 une facilit communiqu] ses p5ses2 qui ft vive1 agrable1 enj\e1 quelquefois imprud5te1 s\v5t indiscrte1 et qui et avec cela du c\rage1 de la gnrosit1 de la fran*ise1 un c]ta9 po9t d'honneur1 il ne faudrait po9t *]*] gn] p> des lois ses manires1 p\r ne po9t gn] ses v]tus4 ,si en gnral le c>actre e/ bon1 qu'importe de quelques dfauts qui s'y tr\v5t8 ,on y p\rrait cont5ir les femmes1 faire des lois p\r corrig] leurs moeurs et born] leur luxe3 mais qui sait si on n'y p]drait pas un c]ta9 gt qui s]ait la s\rce des ri*esses de la nation et une politesse qui attire *ez elle les trang]s8 ,c'e/ au lgislateur suivre l'esprit de la nation lorsqu'il n'e/ pas contraire aux pr9cipes du g\v]nem5t2 c> n\s ne faisons ri5 de mieux que ce que n\s faisons librem5t1 et en suivant notre gnie naturel4 ,qu'on donne un esprit de pdant]ie une nation naturellem5t gaie1 l'tat n'y gagn]a ri5 ni p\r le d$ans ni p\r le dehors4 ,laissez-lui faire les *oses frivoles srieusem5t1 et gaiem5t les *oses srieuses4 ,,*apitre ,,vi ,qu'il ne faut pas t\t corrig]4 ,qu'on n\s laisse comme n\s sommes1 disait un g5tilhomme d'une nation qui ressemble beauc\p celle dont n\s v5ons de donn] une ide4 ,la nature rp>e t\t4 ,elle n\s a donn une vivacit capable d'(f5s]1 et propre n\s faire manqu] t\s les g>ds2 cette mme vivacit e/ corrige p> la politesse qu'elle n\s procure1 en n\s inspirant du gt p\r le monde1 et surt\t p\r le comm]ce des femmes4 ,qu'on n\s laisse tels que n\s sommes4 ,nos qualits indiscrtes jo9tes notre peu de malice font que les lois qui gn]ai5t l'humeur sociable p>mi n\s ne s]ai5t po9t conv5ables4 ,,*apitre ,,vii ,des ,a?ni5s et des ,lacdmoni5s4 ,les ,a?ni5s1 cont9uait ce g5tilhomme1 tai5t un peuple qui avait quelque rapport avec le ntre4 ,il mettait de la gaiet dans les affaires2 un trait de raill]ie lui plaisait sur la tribune comme sur le ?tre4 ,cette vivacit qu'il mettait dans les conseils1 il la portait dans l'excution4 ,le c>actre des ,lacdmoni5s tait grave1 srieux1 sec1 taciturne4 ,on n'aurait pas plus tir p>ti d'un ,a?ni5 en l'ennuyant que d'un ,lacdmoni5 en le div]tissant4 ,,*apitre ,,viii ,effets de l'humeur sociable4 ,plus les peuples se communiqu5t1 plus ils *ang5t aism5t de manires1 p>ce que *acun e/ plus un spectacle p\r un autre2 on voit mieux les s+ul>its des individus4 ,le climat1 qui fait qu'une nation aime se communiqu]1 fait aussi qu'elle aime *ang]2 et ce qui fait qu'une nation aime *ang] fait aussi qu'elle se =me le gt4 ,la socit des femmes gte les moeurs et =me le gt3 l'envie de plaire plus que les autres tablit les p>ures1 et l'envie de plaire plus que soi-mme tablit les modes4 ,les modes sont un objet important3 =ce de se r5dre l'esprit frivole1 on augm5te sans cesse les bran*es de son comm]ce#cea4 #cea ,voyez la fable des ,abeilles4 ,,*apitre ,,ix ,de la vanit et de l'orgueil des nations4 ,la vanit e/ un aussi bon ressort p\r un g\v]nem5t que l'orgueil en e/ un dang]eux4 ,il n'y a p\r cela qu' se reprs5t] d'un ct les bi5s sans nombre qui rsult5t de la vanit3 de l le luxe1 l'indu/rie1 les arts1 les modes1 la politesse1 le gt2 et d'un autre ct les maux inf9is qui naiss5t de l'orgueil de c]ta9es nations3 la p>esse1 la pauvret1 l'ab&on de t\t1 la de/ruction des nations que le has>d a fait tomb] entre leurs ma9s1 et de la leur mme4 ,la p>esse#ceb e/ l'effet de l'orgueil2 le travail e/ une suite de la vanit3 l'orgueil d'un ,espagnol le port]a ne pas travaill]2 la vanit d'un ,franais le port]a savoir travaill] mieux que les autres4 #ceb ,les peuples qui suiv5t le kan de ,malacamb]1 ceux de ,c>nataca et de ,corom&el sont des peuples orgueilleux et p>esseux2 ils consomm5t peu1 p>ce qu'ils sont misrables3 au lieu que les ,mogols et les peuples de l',indo/an s'occup5t et j\iss5t des commodits de la vie1 comme les ,europens4 7,recueil des voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 t4 ,i1 p4 #ed47 ,t\te nation p>esseuse e/ grave2 c> ceux qui ne travaill5t pas se reg>d5t comme s\v]a9s de ceux qui travaill5t4 ,exam9ez t\tes les nations1 et v\s v]rez que dans la plup>t la gravit1 l'orgueil et la p>esse m>*5t du mme pas4 ,les peuples d',a*im#cec sont fi]s et p>esseux2 ceux qui n'ont po9t d'esclaves en l\5t un1 ne ft-ce que p\r faire c5t pas1 et port] deux p9tes de riz3 ils se croirai5t d%onors s'ils les portai5t eux-mmes4 #cec ,voyez ,dampi]1 t4 ,,iii4 ,il y a plusieurs endroits de la t]re o l'on se laisse crotre les ongles p\r m>qu] que l'on ne travaille po9t4 ,les femmes des ,indes#ced croi5t qu'il e/ honteux p\r elles d'appr5dre lire3 c'e/ l'affaire1 dis5t-elles1 des esclaves qui *ant5t des cantiques dans les pagodes4 ,dans une ca/e1 elles ne fil5t po9t2 dans une autre1 elles ne font que des pani]s et des nattes1 elles ne doiv5t pas mme pil] le riz2 dans d'autres1 il ne faut pas qu'elles aill5t qurir de l'eau4 ,l'orgueil y a tabli ses rgles1 et il les fait suivre4 ,il n'e/ pas ncessaire de dire que les qualits morales ont des effets diffr5ts selon qu'elles sont unies d'autres3 a9si l'orgueil1 jo9t une va/e ambition1 la gr&eur des ides1 etc41 produisit *ez les ,roma9s les effets que l'on sait4 #ced ,lettres difiantes1 d\zime recueil1 p4 #hj4 ,,*apitre ,x ,du c>actre des ,espagnols et de celui des ,*9ois4 ,les div]s c>actres des nations sont mls de v]tus et de vices1 de bonnes et de mauvaises qualits4 ,les heureux mlanges sont ceux dont il rsulte de gr&s bi5s2 et s\v5t on ne les s\ponn]ait pas3 il y en a dont il rsulte de gr&s maux1 et qu'on ne s\ponn]ait pas non plus4 ,la bonne foi des ,espagnols a t fameuse dans t\s les temps4 ,ju/9#cee n\s p>le de leur fidlit g>d] les dpts2 ils ont s\v5t s\ff]t la mort p\r les t5ir secrets4 ,cette fidlit qu'ils avai5t autrefois1 ils l'ont encore auj\rd'hui4 ,t\tes les nations qui comm]c5t ,cadix confi5t leur =tune aux ,espagnols2 elles ne s'en sont jamais rep5ties4 ,mais cette qualit admirable1 jo9te leur p>esse1 =me un mlange dont il rsulte des effets qui leur sont p]nicieux3 les peuples de l',europe font1 s\s leurs yeux1 t\t le comm]ce de leur mon>*ie4 #cee ,liv4 ,,xvii4 ,le c>actre des ,*9ois =me un autre mlange1 qui e/ en contra/e avec le c>actre des ,espagnols4 ,leur vie prcaire#cef fait qu'ils ont une activit prodigieuse1 et un dsir si excessif du ga91 qu'aucune nation comm]ante ne peut se fi] eux#ceg4 ,cette infidlit reconnue leur a cons]v le comm]ce du ,japon2 aucun ngociant d',europe n'a os entrepr5dre de le faire s\s leur nom1 quelque facilit qu'il y et eu l'entrepr5dre p> leurs prov9ces m>itimes du nord4 #cef ,p> la nature du climat et du t]ra94 #ceg ,le ,p4 ,duhalde1 t4 ,,ii4 ,,*apitre ,,xi ,rflexion4 ,je n'ai po9t dit ceci p\r dim9u] ri5 de la di/ance inf9ie qu'il y a entre les vices et les v]tus3 ,dieu ne plaise6 ,j'ai seulem5t v\lu faire compr5dre que t\s les vices politiques ne sont pas des vices moraux1 et que t\s les vices moraux ne sont pas des vices politiques2 et c'e/ ce que ne doiv5t po9t ignor] ceux qui font des lois qui *oqu5t l'esprit gnral4 ,,*apitre ,,xii ,des manires et des moeurs dans l'tat despotique4 ,c'e/ une maxime capitale qu'il ne faut jamais *ang] les moeurs et les manires dans l'tat despotique3 ri5 ne s]ait plus promptem5t suivi d'une rvolution4 ,c'e/ que dans ces tats il n'y a po9t de lois1 p\r a9si dire2 il n'y a que des moeurs et des manires2 et si v\s r5v]sez cela1 v\s r5v]sez t\t4 ,les lois sont tablies1 les moeurs sont inspires2 celles-ci ti5n5t plus l'esprit gnral1 celles-l ti5n5t plus une in/itution p>ticulire3 or il e/ aussi dang]eux1 et plus1 de r5v]s] l'esprit gnral que de *ang] une in/itution p>ticulire4 ,on se communique mo9s dans les pays o *acun1 et comme suprieur1 et comme infrieur1 ex]ce et s\ffre un p\voir arbitraire1 que dans ceux o la lib]t rgne dans t\tes les conditions4 ,on y *ange donc mo9s de manires et de moeurs2 les manires plus fixes appro*5t plus des lois3 a9si il faut qu'un pr9ce ou un lgislateur y *oque mo9s les moeurs et les manires que dans aucun pays du monde4 ,les femmes y sont ord9airem5t r5f]mes1 et n'ont po9t de ton donn]4 ,dans les autres pays o elles viv5t avec les hommes1 l'envie qu'elles ont de plaire1 et le dsir que l'on a de leur plaire aussi1 font que l'on *ange cont9uellem5t de manires4 ,les deux sexes se gt5t1 ils p]d5t l'un et l'autre leur qualit di/9ctive et ess5tielle2 il se met un arbitraire dans ce qui tait absolu1 et les manires *ang5t t\s les j\rs4 ,,*apitre ,,xiii ,des manires *ez les ,*9ois4 ,mais c'e/ la ,*9e que les manires sont inde/ructibles4 ,outre que les femmes y sont absolum5t sp>es des hommes1 on enseigne dans les coles les manires comme les moeurs4 ,on connat un lettr#ceh la faon aise dont il fait la rvr5ce4 ,ces *oses1 une fois donnes en prceptes1 et p> de graves docteurs1 s'y fix5t comme des pr9cipes de morale1 et ne *ang5t plus4 #ceh ,dit le ,p4 ,duhalde4 ,,*apitre ,,xiv ,quels sont les moy5s naturels de *ang] les moeurs et les manires d'une nation4 ,n\s avons dit que les lois tai5t des in/itutions p>ticulires et prcises du lgislateur1 les moeurs et les manires des in/itutions de la nation en gnral4 ,de l il suit que1 lorsque l'on veut *ang] les moeurs et les manires1 il ne faut pas les *ang] p> les lois3 cela p>atrait trop tyrannique1 il vaut mieux les *ang] p> d'autres moeurs et d'autres manires4 ,a9si1 lorsqu'un pr9ce veut faire de gr&s *angem5ts dans sa nation1 il faut qu'il r=me p> les lois ce qui e/ tabli p> les lois1 et qu'il *ange p> les manires ce qui e/ tabli p> les manires2 et c'e/ une trs mauvaise politique de *ang] p> les lois ce qui doit tre *ang p> les manires4 ,la loi qui obligeait les ,moscovites se faire c\p] la b>be et les habits1 et la viol5ce de ,pi]re ,i]1 qui faisait taill] jusqu'aux g5\x les longues robes de ceux qui entrai5t dans les villes1 tai5t tyranniques4 ,il y a des moy5s p\r emp*] les crimes3 ce sont les pe9es2 il y en a p\r faire *ang] les manires3 ce sont les exemples4 ,la facilit et la promptitude avec laquelle cette nation s'e/ police a bi5 montr que ce pr9ce avait trop mauvaise op9ion d'elle1 et que ces peuples n'tai5t pas des btes1 comme il le disait4 ,les moy5s viol5ts qu'il employa tai5t inutiles1 il s]ait arriv t\t de mme son b p> la d\ceur4 ,il pr\va lui-mme la facilit de ces *angem5ts4 ,les femmes tai5t r5f]mes1 et en quelque faon esclaves2 il les appela la c\r1 il les fit habill] l'allem&e1 il leur envoyait des t(fes4 ,ce sexe gta d'abord une faon de vivre qui flattait si =t son gt1 sa vanit et ses passions1 et la fit gt] aux hommes4 ,ce qui r5dit le *angem5t plus ais1 c'e/ que les moeurs d'alors tai5t trangres au climat1 et y avai5t t apportes p> le mlange des nations et p> les conqutes4 ,pi]re ,i]1 donnant les moeurs et les manires de l',europe une nation d',europe1 tr\va des facilits qu'il n'att5dait pas lui-mme4 ,l'empire du climat e/ le premi] de t\s les empires4 ,il n'avait donc pas beso9 de lois p\r *ang] les moeurs et les manires de sa nation3 il lui et suffi d'inspir] d'autres moeurs et d'autres manires4 ,en gnral1 les peuples sont trs atta*s leurs c\tumes2 les leur t] violemm5t1 c'e/ les r5dre malheureux3 il ne faut donc pas les *ang]1 mais les engag] les *ang] eux-mmes4 ,t\te pe9e qui ne drive pas de la ncessit e/ tyrannique4 ,la loi n'e/ pas un pur acte de puissance2 les *oses indiffr5tes p> leur nature ne sont pas de son ressort4 ,,*apitre ,,xv ,influ5ce du g\v]nem5t dome/ique sur la politique4 ,ce *angem5t des moeurs des femmes influ]a sans d\te beauc\p dans le g\v]nem5t de ,moscovie4 ,t\t e/ extrmem5t li3 le despotisme du pr9ce s'unit naturellem5t avec la s]vitude des femmes2 la lib]t des femmes1 avec l'esprit de la mon>*ie4 ,,*apitre ,,xvi ,comm5t quelques lgislateurs ont confondu les pr9cipes qui g\v]n5t les hommes4 ,les moeurs et les manires sont des usages que les lois n'ont po9t tablis1 ou n'ont pas pu1 ou n'ont pas v\lu tablir4 ,il y a cette diffr5ce entre les lois et les moeurs1 que les lois rgl5t plus les actions du citoy51 et que les moeurs rgl5t plus les actions de l'homme4 ,il y a cette diffr5ce entre les moeurs et les manires1 que les premires reg>d5t plus la conduite intrieure1 les autres l'extrieure4 ,quelquefois1 dans un tat1 ces *oses se confond5t#cei4 ,lycurgue fit un mme code p\r les lois1 les moeurs et les manires2 et les lgislateurs de la ,*9e en fir5t de mme4 #cei ,mose fit un mme code p\r les lois et la religion4 ,les premi]s ,roma9s confondir5t les c\tumes anci5nes avec les lois4 ,il ne faut pas tre tonn si les lgislateurs de ,lacdmone et de ,*9e confondir5t les lois1 les moeurs et les manires3 c'e/ que les moeurs reprs5t5t les lois1 et les manires reprs5t5t les moeurs4 ,les lgislateurs de la ,*9e avai5t p\r pr9cipal objet de faire vivre leur peuple tranquille4 ,ils v\lur5t que les hommes se respectass5t beauc\p2 que *acun s5tt t\s les in/ants qu'il devait beauc\p aux autres2 qu'il n'y avait po9t de citoy5 qui ne dp5dt1 quelque g>d1 d'un autre citoy54 ,ils donnr5t donc aux rgles de la civilit la plus gr&e t5due4 ,a9si1 *ez les peuples *9ois1 on vit les g5s#cfj de village obs]v] entre eux des crmonies comme les g5s d'une condition releve2 moy5 trs propre inspir] la d\ceur1 ma9t5ir p>mi le peuple la paix et le bon ordre1 et t] t\s les vices qui vi5n5t d'un esprit dur4 ,en effet1 s'affran*ir des rgles de la civilit1 n'e/-ce pas *]*] le moy5 de mettre ses dfauts plus l'aise8 #cfj ,voyez le ,p4 ,duhalde4 ,la civilit vaut mieux1 cet g>d1 que la politesse4 ,la politesse flatte les vices des autres1 et la civilit n\s emp*e de mettre les ntres au j\r3 c'e/ une b>rire que les hommes mett5t entre eux p\r s'emp*] de se corrompre4 ,lycurgue1 dont les in/itutions tai5t dures1 n'eut po9t la civilit p\r objet1 lorsqu'il =ma les manires2 il eut en vue cet esprit belliqueux qu'il v\lait donn] son peuple4 ,des g5s t\j\rs corrigeant ou t\j\rs corrigs1 qui in/ruisai5t t\j\rs et tai5t t\j\rs in/ruits1 galem5t simples et rigides1 ex]ai5t plutt entre eux des v]tus qu'ils n'avai5t des g>ds4 ,,*apitre ,,xvii ,proprit p>ticulire au g\v]nem5t de la ,*9e4 ,les lgislateurs de la ,*9e fir5t plus#cfa3 ils confondir5t la religion1 les moeurs et les manires2 t\t cela fut la morale1 t\t cela fut la v]tu4 ,les prceptes qui reg>dai5t ces quatre po9ts fur5t ce que l'on appela les rites4 ,ce fut dans l'obs]vation exacte de ces rites que le g\v]nem5t *9ois triompha4 ,on passa t\te sa jeunesse les appr5dre1 t\te sa vie les pratiqu]4 ,les lettrs les enseignr5t1 les magi/rats les pr*r5t4 ,et1 comme ils enveloppai5t t\tes les petites actions de la vie1 lorsqu'on tr\va moy5 de les faire obs]v] exactem5t1 la ,*9e fut bi5 g\v]ne4 #cfa ,voyez les livres classiques dont le ,p4 ,duhalde n\s a donn de si beaux morceaux4 ,deux *oses ont pu aism5t grav] les rites dans le coeur et l'esprit des ,*9ois3 l'une1 leur manire d'crire extrmem5t compose1 qui a fait que1 p5dant une trs gr&e p>tie de la vie1 l'esprit a t uniquem5t#cfb occup de ces rites1 p>ce qu'il a fallu appr5dre lire dans les livres et p\r les livres qui les cont5ai5t2 l'autre1 que les prceptes des rites n'ayant ri5 de spirituel1 mais simplem5t des rgles d'une pratique commune1 il e/ plus ais d'en conva9cre et d'en frapp] les esprits que d'une *ose intellectuelle4 #cfb ,c'e/ ce qui a tabli l'mulation1 la fuite de l'oisivet1 et l'e/ime p\r le savoir4 ,les pr9ces qui1 au lieu de g\v]n] p> les rites1 g\v]nr5t p> la =ce des supplices1 v\lur5t faire faire aux supplices ce qui n'e/ pas dans leur p\voir1 qui e/ de donn] des moeurs4 ,les supplices retran*]ont bi5 de la socit un citoy5 qui1 ayant p]du ses moeurs1 viole les lois2 mais1 si t\t le monde a p]du ses moeurs1 les rtabliront-ils8 ,les supplices arrt]ont bi5 plusieurs consqu5ces du mal gnral1 mais ils ne corrig]ont pas ce mal4 ,aussi1 qu& on ab&onna les pr9cipes du g\v]nem5t *9ois1 qu& la morale y fut p]due1 l'tat tomba-t-il dans l'an>*ie1 et on vit des rvolutions4 ,,*apitre ,,xviii ,consqu5ce du *apitre prcd5t4 ,il rsulte de l que la ,*9e ne p]d po9t ses lois p> la conqute4 ,les manires1 les moeurs1 les lois1 la religion1 y tant la mme *ose1 on ne peut *ang] t\t cela la fois4 ,et1 comme il faut que le va9queur ou le va9cu *ange1 il a t\j\rs fallu la ,*9e que ce ft le va9queur3 c> ses moeurs n'tant po9t ses manires2 ses manires1 ses lois2 ses lois1 sa religion1 il a t plus ais qu'il se plit peu peu au peuple va9cu que le peuple va9cu lui4 ,il suit encore de l une *ose bi5 tri/e3 c'e/ qu'il n'e/ presque pas possible que le *ri/ianisme s'tablisse jamais la ,*9e#cfc4 ,les voeux de virg9it1 les assembles des femmes dans les glises1 leur communication ncessaire avec les m9i/res de la religion1 leur p>ticipation aux sacrem5ts1 la confession auriculaire1 l'extrme-onction1 le m>iage d'une seule femme3 t\t cela r5v]se les moeurs et les manires du pays1 et frappe encore du mme c\p sur la religion et sur les lois4 #cfc ,voyez les raisons donnes p> les magi/rats *9ois dans les dcrets p> lesquels ils proscriv5t la religion *rti5ne4 7,lettres difiantes1 dix-septime recueil47 ,la religion *rti5ne1 p> l'tablissem5t de la *>it1 p> un culte public1 p> la p>ticipation aux mmes sacrem5ts1 semble dem&] que t\t s'unisse3 les rites des ,*9ois sembl5t ordonn] que t\t se sp>e4 ,et1 comme on a vu que cette sp>ation#cfd ti5t en gnral l'esprit du despotisme1 on tr\v]a dans ceci une des raisons qui font que le g\v]nem5t mon>*ique et t\t g\v]nem5t modr s'alli5t mieux#cfe avec la religion *rti5ne4 #cfd ,voyez le liv4 ,,iv1 *ap4 ,,iii2 et le liv4 ,,xix1 *ap4 ,,xii4 #cfe ,voyez ci-dess\s le liv4 ,,xxiv1 *ap4 ,,iii4 ,,*apitre ,,xix ,comm5t s'e/ faite cette union de la religion1 des lois1 des moeurs et des manires *ez les ,*9ois4 ,les lgislateurs de la ,*9e eur5t p\r pr9cipal objet du g\v]nem5t la tranquillit de l'empire4 ,la subord9ation leur p>ut le moy5 le plus propre la ma9t5ir4 ,dans cette ide1 ils crur5t devoir inspir] le respect p\r les pres2 et ils rassemblr5t t\tes leurs =ces p\r cela3 ils tablir5t une inf9it de rites et de crmonies p\r les honor] p5dant leur vie et aprs leur mort4 ,il tait impossible de tant honor] les pres morts sans tre port les honor] vivants4 ,les crmonies p\r les pres morts avai5t plus de rapport la religion3 celles p\r les pres vivants avai5t plus de rapport aux lois1 aux moeurs et aux manires2 mais ce n'tai5t que les p>ties d'un mme code1 et ce code tait trs t5du4 ,le respect p\r les pres tait ncessairem5t li avec t\t ce qui reprs5tait les pres1 les vieill>ds1 les matres1 les magi/rats1 l'emp]eur4 ,ce respect p\r les pres supposait un ret\r d'am\r p\r les enfants2 et p> consqu5t1 le mme ret\r des vieill>ds aux jeunes g5s1 des magi/rats ceux qui leur tai5t s\mis1 de l'emp]eur ses sujets4 ,t\t cela =mait les rites1 et ces rites l'esprit gnral de la nation4 ,on va s5tir le rapport que peuv5t avoir avec la con/itution fondam5tale de la ,*9e les *oses qui p>aiss5t les plus indiffr5tes4 ,cet empire e/ =m sur l'ide du g\v]nem5t d'une famille4 ,si v\s dim9uez l'autorit pat]nelle1 ou mme si v\s retran*ez les crmonies qui exprim5t le respect que l'on a p\r elle1 v\s affaiblissez le respect p\r les magi/rats1 qu'on reg>de comme des pres2 les magi/rats n'auront plus le mme so9 p\r les peuples1 qu'ils doiv5t considr] comme des enfants2 ce rapport d'am\r qui e/ entre le pr9ce et les sujets se p]dra aussi peu peu4 ,retran*ez une de ces pratiques1 et v\s branlez l'tat4 ,il e/ =t indiffr5t en soi que t\s les mat9s une belle-fille se lve p\r all] r5dre tels et tels devoirs sa belle-mre2 mais1 si l'on fait att5tion que ces pratiques extrieures rappell5t sans cesse un s5tim5t qu'il e/ ncessaire d'imprim] dans t\s les coeurs1 et qui va de t\s les coeurs =m] l'esprit qui g\v]ne l'empire1 l'on v]ra qu'il e/ ncessaire qu'une telle ou une telle action p>ticulire se fasse4 ,,*apitre ,,xx ,explication d'un p>adoxe sur les ,*9ois4 ,ce qu'il y a de s+uli]1 c'e/ que les ,*9ois1 dont la vie e/ entirem5t dirige p> les rites1 sont nanmo9s le peuple le plus f\rbe de la t]re4 ,cela p>at surt\t dans le comm]ce1 qui n'a jamais pu leur inspir] la bonne foi qui lui e/ naturelle4 ,celui qui a*te doit port]#cff sa propre balance3 *aque m>*& en ayant trois1 une =te p\r a*et]1 une lgre p\r v5dre1 et une ju/e p\r ceux qui sont sur leurs g>des4 ,je crois p\voir expliqu] cette contradiction4 #cff ,j\rnal de ,lange en #agba et #agbb2 t4 ,,viii1 des ,voyages du ,nord1 p4 #cfc4 ,les lgislateurs de la ,*9e ont eu deux objets3 ils ont v\lu que le peuple ft s\mis et tranquille1 et qu'il ft laborieux et indu/rieux4 ,p> la nature du climat et du t]ra91 il a une vie prcaire2 on n'y e/ assur de sa vie qu' =ce d'indu/rie et de travail4 ,qu& t\t le monde obx1 et que t\t le monde travaille1 l'tat e/ dans une heureuse situation4 ,c'e/ la ncessit1 et peut-tre la nature du climat1 qui ont donn t\s les ,*9ois une avidit inconcevable p\r le ga92 et les lois n'ont pas song l'arrt]4 ,t\t a t df5du1 qu& il a t "q d'acqurir p> viol5ce2 t\t a t p]mis qu& il s'e/ agi d'obt5ir p> artifice ou p> indu/rie4 ,ne comp>ons donc pas la morale des ,*9ois avec celle de l',europe4 ,*acun1 la ,*9e1 a d tre att5tif ce qui lui tait utile2 si le fripon a veill ses intrts1 celui qui e/ dupe devait p5s] aux si5s4 ,a ,lacdmone1 il tait p]mis de vol]2 la ,*9e1 il e/ p]mis de tromp]4 ,,*apitre ,,xxi ,comm5t les lois doiv5t tre relatives aux moeurs et aux manires4 ,il n'y a que des in/itutions s+ulires qui confond5t a9si des *oses naturellem5t sp>es1 les lois1 les moeurs et les manires3 mais1 quoiqu'elles soi5t sp>es1 elles ne laiss5t pas d'avoir entre elles de gr&s rapports4 ,on dem&a ,solon si les lois qu'il avait donnes aux ,a?ni5s tai5t les meilleures4 ,je leur ai donn1 rpondit-il1 les meilleures de celles qu'ils p\vai5t s\ffrir#cfg4 ,belle p>ole1 qui devrait tre ent5due de t\s les lgislateurs4 ,qu& la sagesse div9e dit au peuple juif3 ,je v\s ai donn des prceptes qui ne sont pas bons1 cela signifie qu'ils n'avai5t qu'une bont relative2 ce qui e/ l'ponge de t\tes les difficults que l'on peut faire sur les lois de ,mose4 #cfg ,,plut>que1 ,vie de ,solon1 #i4 ,,*apitre ,,xxii ,cont9uation du mme sujet4 ,qu& un peuple a de bonnes moeurs1 les lois devi5n5t simples4 ,platon#cfh dit que ,rhadaman!1 qui g\v]nait un peuple extrmem5t religieux1 expdiait t\s les procs avec clrit1 dfrant seulem5t le s]m5t sur *aque *ef4 ,mais1 dit le mme ,platon#cfi1 qu& un peuple n'e/ pas religieux1 on ne peut faire usage du s]m5t que dans les occasions o celui qui jure e/ sans intrt comme un juge et des tmo9s4 #cfh ,lois1 liv4 ,,xii4 #cfi ,ibid4 ,,*apitre ,,xxiii ,comm5t les lois suiv5t les moeurs4 ,dans le temps que les moeurs des ,roma9s tai5t pures1 il n'y avait po9t de loi p>ticulire contre le pculat4 ,qu& ce crime comm5a p>atre1 il fut tr\v si infme que d'tre condamn re/itu] ce qu'on avait pris#cgj fut reg>d comme une gr&e pe9e1 tmo9 le jugem5t de ,l4 ,scipion#cga4 #cgj ,9 simplum4 #cga ,,tite-,,live1 liv4 ,,xxxviii4 ,,*apitre ,,xxiv ,cont9uation du mme sujet4 ,les lois qui donn5t la tutelle la mre ont plus d'att5tion la cons]vation de la p]sonne du pupille2 celles qui la donn5t au plus pro*e hriti] ont plus d'att5tion la cons]vation des bi5s4 ,*ez les peuples dont les moeurs sont corrompues1 il vaut mieux donn] la tutelle la mre4 ,*ez ceux o les lois doiv5t avoir de la confiance dans les moeurs des citoy5s1 on donne la tutelle l'hriti] des bi5s1 ou la mre1 et quelquefois t\s les deux4 ,si l'on rfl*it sur les lois roma9es1 on tr\v]a que leur esprit e/ con=me ce que je dis4 ,dans le temps o l'on fit la loi des ,d\ze ,tables1 les moeurs ,rome tai5t admirables4 ,on dfra la tutelle au plus pro*e p>5t du pupille1 p5sant que celui-l devait avoir la *>ge de la tutelle1 qui p\vait avoir la *>ge de la succession4 ,on ne crut po9t la vie du pupille en dang]1 quoiqu'elle ft mise entre les ma9s de celui qui sa mort devait tre utile4 ,mais lorsque les moeurs *angr5t ,rome1 on vit les lgislateurs *ang] aussi de faon de p5s]4 ,si1 dans la sub/itution pupillaire1 dis5t ,cau#cgb et ,ju/9i5#cgc1 le te/ateur cra9t que le sub/itu ne dresse des emb*es au pupille1 il peut laiss] dc\v]t la sub/itution vulgaire#cgd1 et mettre la pupillaire dans une p>tie du te/am5t qu'on ne p\rra ouvrir qu'aprs un c]ta9 temps4 ,voil des cra9tes et des prcautions inconnues aux premi]s ,roma9s4 #cgb ,in/it41 liv4 ,,ii1 t4 ,,vi1 #b2 la ,compilation d',ozel1 ,leyde1 #afeh4 #cgc ,in/it41 liv4 ,,ii1 de ,pupil4 sub/it41 #c4 #cgd ,la sub/itution vulgaire e/3 ,si un tel ne pr5d pas l'hrdit1 je lui sub/itue1 etc4 ,la pupillaire e/3 ,si un tel meurt avant sa pub]t1 je lui sub/itue1 etc4 ,,*apitre ,,xxv ,cont9uation du mme sujet4 ,la loi roma9e donnait la lib]t de se faire des dons avant le m>iage2 aprs le m>iage1 elle ne le p]mettait plus4 ,cela tait fond sur les moeurs des ,roma9s1 qui n'tai5t ports au m>iage que p> la frugalit1 la simplicit et la mode/ie1 mais qui p\vai5t se laiss] sduire p> les so9s dome/iques1 les complaisances et le bonheur de t\te une vie4 ,la loi des ,wisigo?s#cge v\lait que l'p\x ne pt donn] celle qu'il devait p\s] au del du dixime de ses bi5s1 et qu'il ne pt ri5 donn] la premire anne de son m>iage4 ,cela v5ait encore des moeurs du pays3 les lgislateurs v\lai5t arrt] cette jactance espagnole1 uniquem5t porte faire des libralits excessives dans une action d'clat4 #cge ,liv4 ,,iii1 t4 ,i1 #e4 ,les ,roma9s1 p> leurs lois1 arrtr5t quelques inconvni5ts de l'empire du monde le plus durable1 qui e/ celui de la v]tu2 les ,espagnols1 p> les leurs1 v\lai5t emp*] les mauvais effets de la tyrannie du monde la plus fragile1 qui e/ celle de la beaut4 ,,*apitre ,,xxvi ,cont9uation du mme sujet4 ,la loi de ,?odose et de ,val5t9i5#cgf tira les causes de rpudiation des anci5nes moeurs#cgg et des manires des ,roma9s4 ,elle mit au nombre de ses causes l'action d'un m>i#cgh qui *ti]ait sa femme d'une manire indigne d'une p]sonne +nue4 ,cette cause fut omise dans les lois suivantes#cgi3 c'e/ que les moeurs avai5t *ang cet g>d2 les usages d',ori5t avai5t pris la place de ceux d',europe4 ,le premi] eunuque de l'impratrice femme de ,ju/9i5 ,,ii la m5aa1 dit l'hi/oire1 de ce *tim5t dont on punit les enfants dans les coles4 ,il n'y a que des moeurs tablies ou des moeurs qui *]*5t s'tablir qui puiss5t faire imag9] une p>eille *ose4 #cgf ,leg4 #h4 ,cod41 de ,repudiis4 #cgg ,et de la loi des ,d\ze ,tables4 ,voyez ,cicron1 seconde ,philippique4 #cgh ,si v]b]ibus1 qu +5uis ali5a sunt1 affici5tem probav]it1 si elle pr\vait qu'il l'a frappe de c\ps indignes d'une p]sonne libre4 #cgi ,dans la novelle #aag1 *ap4 ,,xiv4 ,n\s avons vu comm5t les lois suiv5t les moeurs2 voyons prs5t comm5t les moeurs suiv5t les lois4 ,,*apitre ,,xxvii ,comm5t les lois peuv5t contribu] =m] les moeurs1 les manires et le c>actre d'une nation4 ,les c\tumes d'un peuple esclave sont une p>tie de sa s]vitude2 celles d'un peuple libre sont une p>tie de sa lib]t4 ,j'ai p>l1 au livre ,,xi#chj1 d'un peuple libre2 j'ai donn les pr9cipes de sa con/itution3 voyons les effets qui ont d suivre1 le c>actre qui a pu s'en =m] et les manires qui en rsult5t4 #chj ,*ap4 ,,vi4 ,je ne dis po9t que le climat n'ait produit1 en gr&e p>tie1 les lois1 les manires dans cette nation2 mais je dis que les moeurs et les manires de cette nation devrai5t avoir un gr& rapport ses lois4 ,comme il y aurait dans cet tat deux p\voirs visibles1 la puissance lgislative et l'excutrice1 et que t\t citoy5 y aurait sa volont propre1 et f]ait valoir son gr son indp5dance1 la plup>t des g5s aurai5t plus d'affection p\r une de ces puissances que p\r l'autre3 le gr& nombre n'ayant pas ord9airem5t assez d'quit ni de s5s p\r les affectionn] galem5t t\tes les deux4 ,et1 comme la puissance excutrice1 disposant de t\s les emplois1 p\rrait donn] de gr&es esprances et jamais de cra9tes1 t\s ceux qui obti5drai5t d'elle s]ai5t ports se t\rn] de son ct1 et elle p\rrait tre attaque p> t\s ceux qui n'en espr]ai5t ri54 ,t\tes les passions y tant libres1 la ha9e1 l'envie1 la jal\sie1 l'ardeur de s'enri*ir et de se di/+u]1 p>atrai5t dans t\te leur t5due3 et si cela tait autrem5t1 l'tat s]ait comme un homme abattu p> la maladie1 qui n'a po9t de passions1 p>ce qu'il n'a po9t de =ce4 ,la ha9e qui s]ait entre les deux p>tis dur]ait1 p>ce qu'elle s]ait t\j\rs impuissante4 ,ces p>tis tant composs d'hommes libres1 si l'un pr5ait trop le dessus1 l'effet de la lib]t f]ait que celui-ci s]ait abaiss1 t&is que les citoy5s1 comme les ma9s qui sec\r5t le corps1 vi5drai5t relev] l'autre4 ,comme *aque p>ticuli]1 t\j\rs indp5dant1 suivrait beauc\p ses caprices et ses fantaisies1 on *ang]ait s\v5t de p>ti2 on en ab&onn]ait un1 o l'on laiss]ait t\s ses amis1 p\r se li] un autre1 dans lequel on tr\v]ait t\s ses ennemis2 et s\v5t1 dans cette nation1 on p\rrait oubli] les lois de l'amiti et celles de la ha9e4 ,le mon>que s]ait dans le cas des p>ticuli]s2 et1 contre les maximes ord9aires de la prud5ce1 il s]ait s\v5t oblig de donn] sa confiance ceux qui l'aurai5t le plus *oqu1 et de disgraci] ceux qui l'aurai5t le mieux s]vi1 faisant p> ncessit ce que les autres pr9ces font p> *oix4 ,on cra9t de voir *app] un bi5 que l'on s5t1 que l'on ne connat gure1 et qu'on peut n\s dguis]2 et la cra9te grossit t\j\rs les objets4 ,le peuple s]ait inquiet sur sa situation1 et croirait tre en dang] dans les mom5ts mme les plus srs4 ,d'autant mieux que ceux qui s'oppos]ai5t le plus vivem5t la puissance excutrice1 ne p\vant av\] les motifs intresss de leur opposition1 ils augm5t]ai5t les t]reurs du peuple1 qui ne saurait jamais au ju/e s'il s]ait en dang] ou non4 ,mais cela mme contribu]ait lui faire vit] les vrais prils o il p\rrait dans la suite tre expos4 ,mais le corps lgislatif ayant la confiance du peuple1 et tant plus clair que lui1 il p\rrait le faire rev5ir des mauvaises impressions qu'on lui aurait donnes et calm] ses m\vem5ts4 ,c'e/ le gr& avantage qu'aurait ce g\v]nem5t sur les dmocraties anci5nes1 dans lesquelles le peuple avait une puissance immdiate2 c> lorsque les orateurs l'agitai5t1 ces agitations avai5t t\j\rs leur effet4 ,a9si qu& les t]reurs imprimes n'aurai5t po9t d'objet c]ta91 elles ne produirai5t que de va9es clameurs et des injures1 et elles aurai5t mme ce bon effet qu'elles t5drai5t t\s les ressorts du g\v]nem5t1 et r5drai5t t\s les citoy5s att5tifs4 ,mais1 si elles naissai5t l'occasion du r5v]sem5t des lois fondam5tales1 elles s]ai5t s\rdes1 fune/es1 atroces1 et produirai5t des cata/rophes4 ,bi5tt on v]rait un calme affreux1 p5dant lequel t\t se runirait contre la puissance violatrice des lois4 ,si1 dans le cas o les inquitudes n'ont pas d'objet c]ta91 quelque puissance trangre m5aait l'tat1 et le mettait en dang] de sa =tune et de sa gloire1 p\r lors1 les petits intrts cdant aux plus gr&s1 t\t se runirait en faveur de la puissance excutrice4 ,que si les disputes tai5t =mes l'occasion de la violation des lois fondam5tales1 et qu'une puissance trangre p>t1 il y aurait une rvolution qui ne *ang]ait pas la =me du g\v]nem5t ni sa con/itution3 c> les rvolutions que =me la lib]t ne sont qu'une confirmation de la lib]t4 ,une nation libre peut avoir un librateur2 une nation subjugue ne peut avoir qu'un autre oppresseur4 ,c> t\t homme qui a assez de =ce p\r *ass] celui qui e/ dj le matre absolu dans un tat1 en a assez p\r le dev5ir lui-mme4 ,comme1 p\r j\ir de la lib]t1 il faut que *acun puisse dire qu'il p5se1 et que1 p\r la cons]v]1 il faut encore que *acun puisse dire ce qu'il p5se1 un citoy51 dans cet tat1 dirait et crirait t\t ce que les lois ne lui ont pas df5du expressm5t de dire ou d'crire4 ,cette nation1 t\j\rs *auffe1 p\rrait plus aism5t tre conduite p> ses passions que p> la raison1 qui ne produit jamais de gr&s effets sur l'esprit des hommes2 et il s]ait assez facile ceux qui la g\v]n]ai5t de lui faire faire des entreprises contre ses vritables intrts4 ,cette nation aim]ait prodigieusem5t sa lib]t1 p>ce que cette lib]t s]ait vraie2 et il p\rrait arriv] que1 p\r la df5dre1 elle sacrifi]ait son bi51 son aisance1 ses intrts2 qu'elle se *>g]ait des impts les plus durs1 et tels que le pr9ce le plus absolu n'os]ait les faire support] ses sujets4 ,mais1 comme elle aurait une connaissance c]ta9e de la ncessit de s'y s\mettre1 qu'elle pay]ait dans l'esprance bi5 fonde de ne pay] plus1 les *>ges y s]ai5t plus pesantes que le s5tim5t de ces *>ges3 au lieu qu'il y a des tats o le s5tim5t e/ inf9im5t au-dessus du mal4 ,elle aurait un crdit sr1 p>ce qu'elle emprunt]ait elle-mme1 et se pay]ait elle-mme4 ,il p\rrait arriv] qu'elle entrepr5drait au-dessus de ses =ces naturelles1 et f]ait valoir contre ses ennemis d'imm5ses ri*esses de fiction1 que la confiance et la nature de son g\v]nem5t r5drai5t relles4 ,p\r cons]v] sa lib]t1 elle emprunt]ait de ses sujets1 et ses sujets1 qui v]rai5t que son crdit s]ait p]du si elle tait conquise1 aurai5t un n\veau motif de faire des ef=ts p\r df5dre sa lib]t4 ,si cette nation habitait une le1 elle ne s]ait pas conqurante1 p>ce que des conqutes sp>es l'affaiblirai5t4 ,si le t]ra9 de cette le tait bon1 elle le s]ait encore mo9s1 p>ce qu'elle n'aurait pas beso9 de la gu]re p\r s'enri*ir4 ,et1 comme aucun citoy5 ne dp5drait d'un autre citoy51 *acun f]ait plus de cas de sa lib]t que de la gloire de quelques citoy5s ou d'un seul4 ,l on reg>d]ait les hommes de gu]re comme des g5s d'un mti] qui peut tre utile et s\v5t dang]eux1 comme des g5s dont les s]vices sont laborieux p\r la nation mme2 et les qualits civiles y s]ai5t plus considres4 ,cette nation1 que la paix et la lib]t r5drai5t aise1 affran*ie des prjugs de/ructeurs1 s]ait porte dev5ir comm]ante4 ,si elle avait quelqu'une de ces m>*&ises primitives qui s]v5t faire de ces *oses auxquelles la ma9 de l'ouvri] donne un gr& prix1 elle p\rrait faire des tablissem5ts propres se procur] la j\issance de ce don du ciel dans t\te son t5due4 ,si cette nation tait situe v]s le nord1 et qu'elle et un gr& nombre de d5res sup]flues1 comme elle manqu]ait aussi d'un gr& nombre de m>*&ises que son climat lui refus]ait1 elle f]ait un comm]ce ncessaire1 mais gr&1 avec les peuples du midi2 et1 *oisissant les tats qu'elle favoris]ait d'un comm]ce avantageux1 elle f]ait des traits rciproquem5t utiles avec la nation qu'elle aurait *oisie4 ,dans un tat o d'un ct l'opul5ce s]ait extrme1 et de l'autre les impts excessifs1 on ne p\rrait gure vivre sans indu/rie avec une =tune borne4 ,bi5 des g5s1 s\s prtexte de voyage ou de sant1 s'exil]ai5t de *ez eux1 et irai5t *]*] l'abondance dans les pays de la s]vitude mme4 ,une nation comm]ante a un nombre prodigieux de petits intrts p>ticuli]s2 elle peut donc *oqu] et tre *oque d'une inf9it de manires4 ,celle-ci devi5drait s\v]a9em5t jal\se2 et elle s'afflig]ait plus de la prosprit des autres qu'elle ne j\irait de la si5ne4 ,et ses lois1 d'ailleurs d\ces et faciles1 p\rrai5t tre si rigides l'g>d du comm]ce et de la navigation qu'on f]ait *ez elle1 qu'elle sembl]ait ne ngoci] qu'avec des ennemis4 ,si cette nation envoyait au lo9 des colonies1 elle le f]ait plus p\r t5dre son doma9e que sa dom9ation4 ,comme on aime tablir ailleurs ce qu'on tr\ve tabli *ez soi1 elle donn]ait aux peuples de ses colonies la =me de son g\v]nem5t propre2 et ce g\v]nem5t portant avec lui la prosprit1 on v]rait se =m] de gr&s peuples dans les =ts mmes qu'elle env]rait habit]4 ,il p\rrait tre qu'elle aurait autrefois subjugu une nation vois9e1 qui1 p> sa situation1 la bont de ses ports1 la nature de ses ri*esses1 lui donn]ait de la jal\sie2 a9si1 quoiqu'elle lui et donn ses propres lois1 elle la ti5drait dans une gr&e dp5dance2 de faon que les citoy5s y s]ai5t libres1 et que l'tat lui-mme s]ait esclave4 ,l'tat conquis aurait un trs bon g\v]nem5t civil1 mais il s]ait accabl p> le droit des g5s2 et on lui impos]ait des lois de nation nation1 qui s]ai5t telles que sa prosprit ne s]ait que prcaire et seulem5t en dpt p\r un matre4 ,la nation dom9ante habitant une gr&e le1 et tant en possession d'un gr& comm]ce1 aurait t\tes sortes de facilits p\r avoir des =ces de m]2 et comme la cons]vation de sa lib]t dem&]ait qu'elle n'et ni places1 ni =t]esses1 ni armes de t]re1 elle aurait beso9 d'une arme de m] qui la g>antt des invasions2 et sa m>9e s]ait suprieure celle de t\tes les autres puissances1 qui1 ayant beso9 d'employ] leurs f9ances p\r la gu]re de t]re1 n'en aurai5t plus assez p\r la gu]re de m]4 ,l'empire de la m] a t\j\rs donn aux peuples qui l'ont possd une fi]t naturelle1 p>ce que1 se s5tant capables d'insult] p>t\t1 ils croi5t que leur p\voir n'a pas plus de bornes que l',ocan4 ,cette nation p\rrait avoir une gr&e influ5ce dans les affaires de ses vois9s4 ,c>1 comme elle n'emploi]ait pas sa puissance conqurir1 on re*]*]ait plus son amiti1 et l'on cra9drait plus sa ha9e que l'incon/ance de son g\v]nem5t et son agitation intrieure ne sembl]ai5t le p]mettre4 ,a9si1 ce s]ait le de/9 de la puissance excutrice d'tre presque t\j\rs inquite au d$ans1 et respecte au dehors4 ,s'il arrivait que cette nation devnt en quelques occasions le c5tre des ngociations de l',europe1 elle y port]ait un peu plus de probit et de bonne foi que les autres1 p>ce que ses m9i/res tant s\v5t obligs de ju/ifi] leur conduite devant un conseil populaire1 leurs ngociations ne p\rrai5t tre secrtes1 et ils s]ai5t =cs d'tre1 cet g>d1 un peu plus honntes g5s4 ,de plus1 comme ils s]ai5t en quelque faon g>ants des vnem5ts qu'une conduite dt\rne p\rrait faire natre1 le plus sr p\r eux s]ait de pr5dre le plus droit *em94 ,si les nobles avai5t eu dans de c]ta9s temps un p\voir immodr dans la nation1 et que le mon>que et tr\v le moy5 de les abaiss] en levant le peuple1 le po9t de l'extrme s]vitude aurait t entre le mom5t de l'abaissem5t des gr&s et celui o le peuple aurait comm5c s5tir son p\voir4 ,il p\rrait tre que cette nation ayant t autrefois s\mise un p\voir arbitraire1 en aurait en plusieurs occasions cons]v le /yle3 de manire que1 sur le fond d'un g\v]nem5t libre1 on v]rait s\v5t la =me d'un g\v]nem5t absolu4 ,a l'g>d de la religion1 comme dans cet tat *aque citoy5 aurait sa volont propre1 et s]ait p> consqu5t conduit p> ses propres lumires1 ou ses fantaisies1 il arriv]ait1 ou que *acun aurait beauc\p d'indiffr5ce p\r t\tes sortes de religions1 de quelque espce qu'elles fuss5t1 moy5nant quoi t\t le monde s]ait port embrass] la religion dom9ante2 ou que l'on s]ait zl p\r la religion en gnral1 moy5nant quoi les sectes se multipli]ai5t4 ,il ne s]ait pas impossible qu'il y et dans cette nation des g5s qui n'aurai5t po9t de religion1 et qui ne v\drai5t pas cep5dant s\ffrir qu'on les obliget *ang] celle qu'ils aurai5t1 s'ils en avai5t une3 c> ils s5tirai5t d'abord que la vie et les bi5s ne sont pas plus eux que leur manire de p5s]2 et que qui peut ravir l'un peut encore mieux t] l'autre4 ,si1 p>mi les diffr5tes religions1 il y en avait une l'tablissem5t de laquelle on et t5t de p>v5ir p> la voie de l'esclavage1 elle y s]ait odieuse1 p>ce que1 comme n\s jugeons des *oses p> les liaisons et les accessoires que n\s y mettons1 celle-ci ne se prs5t]ait jamais l'esprit avec l'ide de lib]t4 ,les lois contre ceux qui pr(ess]ai5t cette religion ne s]ai5t po9t sangu9aires3 c> la lib]t n'imag9e po9t ces sortes de pe9es2 mais elles s]ai5t si rprimantes1 qu'elles f]ai5t t\t le mal qui peut se faire de sang-froid4 ,il p\rrait arriv] de mille manires que le cl]g aurait si peu de crdit que les autres citoy5s en aurai5t davantage4 ,a9si1 au lieu de se sp>]1 il aim]ait mieux support] les mmes *>ges que les laques1 et ne faire cet g>d qu'un mme corps2 mais1 comme il *]*]ait t\j\rs s'attir] le respect du peuple1 il se di/+u]ait p> une vie plus retire1 une conduite plus rs]ve et des moeurs plus pures4 ,ce cl]g ne p\vant pas protg] la religion1 ni tre protg p> elle1 sans =ce p\r contra9dre1 *]*]ait p]suad]3 on v]rait sortir de sa plume de trs bons ouvrages1 p\r pr\v] la rvlation et la provid5ce du gr& tre4 ,il p\rrait arriv] qu'on lud]ait ses assembles1 et qu'on ne v\drait pas lui p]mettre de corrig] ses abus mmes2 et que1 p> un dlire de la lib]t1 on aim]ait mieux laiss] sa r=me imp>faite que de s\ffrir qu'il ft r=mateur4 ,les dignits1 faisant p>tie de la con/itution fondam5tale1 s]ai5t plus fixes qu'ailleurs2 mais1 d'un autre ct1 les gr&s1 dans ce pays de lib]t1 s'appro*]ai5t plus du peuple3 les rangs s]ai5t donc plus sp>s1 et les p]sonnes plus confondues4 ,ceux qui g\v]n5t ayant une puissance qui se remonte1 p\r a9si dire1 et se refait t\s les j\rs1 aurai5t plus d'g>d p\r ceux qui leur sont utiles que p\r ceux qui les div]tiss5t2 a9si1 on y v]rait peu de c\rtisans1 de flatteurs1 de complaisants1 enf9 de t\tes ces sortes de g5s qui font pay] aux gr&s le vide mme de leur esprit4 ,on n'y e/im]ait gure les hommes p> des tal5ts ou des attributs frivoles1 mais p> des qualits relles2 et de ce g5re il n'y en a que deux3 les ri*esses et le mrite p]sonnel4 ,il y aurait un luxe solide1 fond1 non pas sur le raff9em5t de la vanit1 mais sur celui des beso9s rels2 et l'on ne *]*]ait gure dans les *oses que les plaisirs que la nature y a mis4 ,on y j\irait d'un gr& sup]flu1 et cep5dant les *oses frivoles y s]ai5t proscrites3 a9si1 plusieurs ayant plus de bi5 que d'occasions de dp5se1 l'emploi]ai5t d'une manire biz>re2 et dans cette nation il y aurait plus d'esprit que de gt4 ,comme on s]ait t\j\rs occup de ses intrts1 on n'aurait po9t cette politesse qui e/ fonde sur l'oisivet2 et rellem5t on n'en aurait pas le temps4 ,l'poque de la politesse des ,roma9s e/ la mme que celle de l'tablissem5t du p\voir arbitraire4 ,le g\v]nem5t absolu produit l'oisivet1 et l'oisivet fait natre la politesse4 ,plus y a de g5s dans une nation qui ont beso9 d'avoir des mnagem5ts entre eux et de ne pas dplaire1 plus il y a de politesse4 ,mais c'e/ plus la politesse des moeurs que celle des manires qui doit n\s di/+u] des peuples b>b>es4 ,dans une nation o t\t homme1 sa manire1 pr5drait "p l'adm9i/ration de l'tat1 les femmes ne devrai5t gure vivre avec les hommes4 ,elles s]ai5t donc mode/es1 c'e/--dire timides2 cette timidit f]ait leur v]tu3 t&is que les hommes1 sans galant]ie1 se jett]ai5t dans une dbau*e qui leur laiss]ait t\te leur lib]t et leur loisir4 ,les lois n'y tant pas faites p\r un p>ticuli] plus que p\r un autre1 *acun se reg>d]ait comme mon>que2 et les hommes1 dans cette nation1 s]ai5t plutt des confdrs que des concitoy5s4 ,si le climat avait donn bi5 des g5s un esprit inquiet et des vues t5dues1 dans un pays o la con/itution donn]ait t\t le monde une "p au g\v]nem5t et des intrts politiques1 on p>l]ait beauc\p de politique2 on v]rait des g5s qui pass]ai5t leur vie calcul] des vnem5ts qui1 vu la nature des *oses et le caprice de la =tune1 c'e/--dire des hommes1 ne sont gure s\mis au calcul4 ,dans une nation libre1 il e/ trs s\v5t indiffr5t que les p>ticuli]s raisonn5t bi5 ou mal2 il suffit qu'ils raisonn5t3 de l sort la lib]t1 qui g>antit des effets de ces mmes raisonnem5ts4 ,de mme1 dans un g\v]nem5t despotique1 il e/ galem5t p]nicieux qu'on raisonne bi5 ou mal2 il suffit qu'on raisonne p\r que le pr9cipe du g\v]nem5t soit *oqu4 ,bi5 des g5s qui ne se s\ci]ai5t de plaire p]sonne s'ab&onn]ai5t leur humeur4 ,la plup>t1 avec de l'esprit1 s]ai5t t\rm5ts p> leur esprit mme3 dans le dda9 ou le dgt de t\tes *oses1 ils s]ai5t malheureux avec tant de sujets de ne l'tre pas4 ,aucun citoy5 ne craignant aucun citoy51 cette nation s]ait fire2 c> la fi]t des rois n'e/ fonde que sur leur indp5dance4 ,les nations libres sont sup]bes1 les autres peuv5t plus aism5t tre va9es4 ,mais ces hommes si fi]s1 vivant beauc\p avec eux-mmes1 se tr\v]ai5t s\v5t au milieu de g5s inconnus2 ils s]ai5t timides1 et l'on v]rait en eux1 la plup>t du temps1 un mlange biz>re de mauvaise honte et de fi]t4 ,le c>actre de la nation p>atrait surt\t dans leurs ouvrages d'esprit1 dans lesquels on v]rait des g5s recueillis1 et qui aurai5t p5s t\t seuls4 ,la socit n\s appr5d s5tir les ridicules2 la retraite n\s r5d plus propres s5tir les vices4 ,les crits satiriques s]ai5t sanglants2 et l'on v]rait bi5 des ,juvnal *ez eux1 avant d'avoir tr\v un ,horace4 ,dans les mon>*ies extrmem5t absolues1 les hi/ori5s trahiss5t la vrit1 p>ce qu'ils n'ont pas la lib]t de la dire2 dans les tats extrmem5t libres1 ils trahiss5t la vrit cause de leur lib]t mme1 qui produisant t\j\rs des divisions1 *acun devi5t aussi esclave des prjugs de sa faction qu'il le s]ait d'un despote4 ,leurs potes aurai5t plus s\v5t cette rudesse orig9ale de l'inv5tion qu'une c]ta9e dlicatesse que donne le gt2 on y tr\v]ait quelque *ose qui appro*]ait plus de la =ce de ,mi*el-,ange que de la grce de ,raphal4 ,,extraits ,,du ,,livre ,,xxv ,,*apitre ,,ix ,de la tolrance en fait de religion4 ,n\s sommes ici politiques1 et non pas ?ologi5s2 et1 p\r les ?ologi5s mmes1 il y a bi5 de la diffr5ce entre tolr] une religion et l'appr\v]4 ,lorsque les lois d'un tat ont cru devoir s\ffrir plusieurs religions1 il faut qu'elles les oblig5t aussi se tolr] entre elles4 ,c'e/ un pr9cipe1 que t\te religion qui e/ rprime devi5t elle-mme rprimante2 c> sitt que1 p> quelque has>d1 elle peut sortir de l'oppression1 elle attaque la religion qui l'a rprime1 non pas comme une religion1 mais comme une tyrannie4 ,il e/ donc utile que les lois exig5t de ces div]ses religions1 non seulem5t qu'elles ne tr\bl5t pas l'tat1 mais aussi qu'elles ne se tr\bl5t pas entre elles4 ,un citoy5 ne satisfait po9t aux lois en se cont5tant de ne pas agit] le corps de l'tat3 il faut encore qu'il ne tr\ble pas quelque citoy5 que ce soit4 ,,*apitre ,x ,cont9uation du mme sujet4 ,comme il n'y a gure que les religions intolrantes qui ai5t un gr& zle p\r s'tablir ailleurs1 p>ce qu'une religion qui peut tolr] les autres ne songe gure sa propagation1 ce s]a une trs bonne loi civile1 lorsque l'tat e/ satisfait de la religion dj tablie1 de ne po9t s\ffrir l'tablissem5t d'une autre#cha4 #cha ,je ne p>le po9t1 dans t\t ce *apitre1 de la religion *rti5ne1 p>ce que1 comme j'ai dit ailleurs1 la religion *rti5ne e/ le premi] bi54 ,voyez la f9 du *apitre ,i du livre prcd5t1 et la ,df5se de l',esprit des ,lois1 seconde p>tie4 ,voici donc le pr9cipe fondam5tal des lois politiques en fait de religion4 ,qu& on e/ matre de recevoir dans un tat une n\velle religion1 ou de ne la pas recevoir1 il ne faut pas l'y tablir2 qu& elle y e/ tablie1 il faut la tolr]4 ,,*apitre ,,xi ,du *angem5t de religion4 ,un pr9ce qui entrepr5d dans son tat de dtruire ou de *ang] la religion dom9ante s'expose beauc\p4 ,si son g\v]nem5t e/ despotique1 il c\rt plus de risque de voir une rvolution que p> quelque tyrannie que ce soit1 qui n'e/ jamais1 dans ces sortes d'tats1 une *ose n\velle4 ,la rvolution vi5t de ce qu'un tat ne *ange pas de religion1 de moeurs et de manires dans un in/ant1 et aussi vite que le pr9ce publie l'ordonnance qui tablit une religion n\velle4 ,de plus1 la religion anci5ne e/ lie avec la con/itution de l'tat1 et la n\velle n'y ti5t po9t3 celle-l s'accorde avec le climat1 et s\v5t la n\velle s'y refuse4 ,il y a plus3 les citoy5s se dgt5t de leurs lois2 ils pr5n5t du mpris p\r le g\v]nem5t dj tabli2 on sub/itue des s\pons contre les deux religions une f]me croyance p\r une2 en un mot1 on donne l'tat1 au mo9s p\r quelque temps1 et de mauvais citoy5s et de mauvais fidles4 ,,*apitre ,,xii ,des lois pnales4 ,il faut vit] les lois pnales en fait de religion4 ,elles imprim5t de la cra9te1 il e/ vrai2 mais1 comme la religion a ses lois pnales aussi qui inspir5t de la cra9te1 l'une e/ efface p> l'autre4 ,entre ces deux cra9tes diffr5tes1 les mes devi5n5t atroces4 ,la religion a de si gr&es m5aces1 elle a de si gr&es promesses1 que1 lorsqu'elles sont prs5tes notre esprit1 quelque *ose que le magi/rat puisse faire p\r n\s contra9dre la quitt]1 il semble qu'on ne n\s laisse ri5 qu& on n\s l'te1 et qu'on ne n\s te ri5 lorsqu'on n\s la laisse4 ,ce n'e/ donc pas en remplissant l'me de ce gr& objet1 en l'appro*ant du mom5t o il lui doit tre d'une plus gr&e importance1 que l'on p>vi5t l'en dta*]3 il e/ plus sr d'attaqu] une religion p> la faveur1 p> les commodits de la vie1 p> l'esprance de la =tune2 non pas p> ce qui av]tit1 mais p> ce que l'on oublie2 non pas p> ce qui indigne1 mais p> ce qui jette dans la tideur1 lorsque d'autres passions agiss5t sur nos mes1 et que celles que la religion inspire sont dans le sil5ce4 ,rgle gnrale3 en fait de *angem5t de religion1 les invitations sont plus =tes que les pe9es4 ,le c>actre de l'esprit huma9 a p>u dans l'ordre mme des pe9es qu'on a employes4 ,que l'on se rappelle les p]scutions du ,japon#chb2 on se rvolta plus contre les supplices cruels que contre les pe9es longues1 qui lass5t plus qu'elles n'eff>\*5t1 qui sont plus difficiles surmont]1 p>ce qu'elles p>aiss5t mo9s difficiles4 #chb ,voyez le ,recueil des ,voyages qui ont s]vi l'tablissem5t de la ,compagnie des ,indes1 t4 ,v1 "p4 ,i1 p4 #aib4 ,en un mot1 l'hi/oire n\s appr5d assez que les lois pnales n'ont jamais eu d'effet que comme de/ruction4 ,,*apitre ,,xiii ,trs humble remontrance aux inquisiteurs d',espagne et de ,portugal4 ,une juive de dix-huit ans1 brle ,lisbonne au d]ni] auto-da-f1 donna occasion ce petit ouvrage2 et je crois que c'e/ le plus inutile qui ait jamais t crit4 ,qu& il s'agit de pr\v] des *oses si claires1 on e/ sr de ne pas conva9cre4 ,l'auteur dcl>e que quoiqu'il soit juif1 il respecte la religion *rti5ne1 et qu'il l'aime assez p\r t] aux pr9ces qui ne s]ont pas *rti5s un prtexte plausible p\r la p]scut]4 ,v\s v\s plaignez1 dit-il aux inquisiteurs1 de ce que l'emp]eur du ,japon fait brl] petit feu t\s les *rti5s qui sont dans ses tats2 mais il v\s rpondra3 ,n\s v\s traitons1 v\s qui ne croyez pas comme n\s1 comme v\s traitez v\s-mmes ceux qui ne croi5t pas comme v\s2 v\s ne p\vez v\s pla9dre que de votre faiblesse1 qui v\s emp*e de n\s ext]m9]1 et qui fait que n\s v\s ext]m9ons4 ,mais il faut av\] que v\s tes bi5 plus cruels que cet emp]eur4 ,v\s n\s faites m\rir1 n\s qui ne croyons que ce que v\s croyez1 p>ce que n\s ne croyons pas t\t ce que v\s croyez4 ,n\s suivons une religion que v\s savez v\s-mmes avoir t autrefois *rie de ,dieu2 n\s p5sons que ,dieu l'aime encore1 et v\s p5sez qu'il ne l'aime plus3 et1 p>ce que v\s jugez a9si1 v\s faites pass] p> le f] et p> le feu ceux qui sont dans cette erreur si p>donnable1 de croire que ,dieu aime encore ce qu'il a aim#chc4 #chc ,c'e/ la s\rce de l'aveuglem5t des juifs de ne pas s5tir que l'conomie de l'vangile e/ dans l'ordre des desse9s de ,dieu1 et qu'a9si elle e/ une suite de son immutabilit mme4 ,si v\s tes cruels notre g>d1 v\s l'tes bi5 plus l'g>d de nos enfants2 v\s les faites brl]1 p>ce qu'ils suiv5t les inspirations que leur ont donnes ceux que la loi naturelle et les lois de t\s les peuples leur appr5n5t respect] comme des dieux4 ,v\s v\s privez de l'avantage que v\s a donn sur les mahomtans la manire dont leur religion s'e/ tablie4 ,qu& ils se vant5t du nombre de leurs fidles1 v\s leur dites que la =ce les leur a acquis1 et qu'ils ont t5du leur religion p> le f]3 p\rquoi donc tablissez-v\s la vtre p> le feu8 ,qu& v\s v\lez n\s faire v5ir v\s1 n\s v\s objectons une s\rce dont v\s v\s faites gloire de desc5dre4 ,v\s n\s rpondez que votre religion e/ n\velle1 mais qu'elle e/ div9e2 et v\s le pr\vez p>ce qu'elle s'e/ accrue p> la p]scution des paens et p> le sang de vos m>tyrs2 mais auj\rd'hui v\s pr5ez le rle des ,dioclti5s1 et v\s n\s faites pr5dre le vtre4 ,n\s v\s conjurons1 non pas p> le ,dieu puissant que n\s s]vons v\s et n\s1 mais p> le ,*ri/ que v\s n\s dites avoir pris la condition huma9e p\r v\s propos] des exemples que v\s puissiez suivre2 n\s v\s conjurons d'agir avec n\s comme il agirait lui-mme s'il tait encore sur la t]re4 ,v\s v\lez que n\s soyons *rti5s1 et v\s ne v\lez pas l'tre4 ,mais1 si v\s ne v\lez pas tre *rti5s1 soyez au mo9s des hommes3 traitez-n\s comme v\s f]iez si1 n'ayant que ces faibles lueurs de ju/ice que la nature donne1 v\s n'aviez po9t une religion p\r v\s conduire et une rvlation p\r v\s clair]4 ,si le ,ciel v\s a assez aims p\r v\s faire voir la vrit1 il v\s a fait une gr&e grce3 mais e/-ce aux enfants qui ont eu l'hritage de leur pre de har ceux qui ne l'ont pas eu8 ,que si v\s avez cette vrit1 ne n\s la ca*ez pas p> la manire dont v\s n\s la proposez4 ,le c>actre de la vrit1 c'e/ son triomphe sur les coeurs et les esprits1 et non pas cette impuissance que v\s av\ez1 lorsque v\s v\lez la faire recevoir p> des supplices4 ,si v\s tes raisonnables1 v\s ne devez pas n\s faire m\rir1 p>ce que n\s ne v\lons pas v\s tromp]4 ,si votre ,*ri/ e/ le ,fils de ,dieu1 n\s esprons qu'il n\s rcomp5s]a de n'avoir pas v\lu pr(an] ses my/res2 et n\s croyons que le ,dieu que n\s s]vons v\s et n\s ne n\s punira pas de ce que n\s avons s\ff]t la mort p\r une religion qu'il n\s a autrefois donne1 p>ce que n\s croyons qu'il n\s l'a encore donne4 ,v\s vivez dans un sicle o la lumire naturelle e/ plus vive qu'elle n'a jamais t1 o la philosophie a clair les esprits1 o la morale de votre ,evangile a t plus connue1 o les droits respectifs des hommes les uns sur les autres1 l'empire qu'une consci5ce a sur une autre consci5ce1 sont mieux tablis4 ,si donc v\s ne rev5ez pas de vos anci5s prjugs1 qui1 si v\s n'y pr5ez g>de1 sont vos passions1 il faut av\] que v\s tes incorrigibles1 incapables de t\te lumire et de t\te in/ruction2 et une nation e/ bi5 malheureuse1 qui donne de l'autorit des hommes tels que v\s4 ,v\lez-v\s que n\s v\s disions navem5t notre p5se8 ,v\s n\s reg>dez plutt comme vos ennemis que comme les ennemis de votre religion3 c> si v\s aimiez votre religion1 v\s ne la laiss]iez pas corrompre p> une ignorance grossire4 ,il faut que n\s v\s av]tissions d'une *ose2 c'e/ que1 si quelqu'un dans la po/rit ose jamais dire que dans le sicle o n\s vivons les peuples d',europe tai5t polics1 on v\s cit]a p\r pr\v] qu'ils tai5t b>b>es2 et l'ide que l'on aura de v\s s]a telle qu'elle fltrira votre sicle et port]a la ha9e sur t\s vos contempora9s4 ,,notes ,,explicatives ,note ,c#a3 7p4 #ie74 ,p> leurs fantaisies4 ,c'e/ l l'ide matresse de l',esprit des lois4 ,ce ne sont pas les caprices des lgislateurs ni les fantaisies des peuples qui ont fait ici ou l des lois diffr5tes4 ,ce sont des causes gnrales qui ont li c]ta9es lois c]ta9es conditions politiques ou sociales4 ,la pr9cipale de ces causes1 suivant ,montesquieu1 c'e/ la =me des g\v]nem5ts2 mais ce n'e/ pas la seule4 ,note ,c#b3 7p4 #if74 ,on ne tr\v]a pas ces traits saillants4 ,montesquieu se fait tort lui-mme2 ou plutt p> une mode/ie calcule1 il va au-devant d'une objection qu'on p\rra lui faire4 ,c> ce qu'on lui a prcism5t repro*1 c'e/ qu'il a dans son livre trop de traits saillants et effet4 ,la m>quise du ,deff& disait de ce livre3 ,c'e/ de l'esprit sur les lois4 ,note ,c#c3 7p4 #ig74 ,ludibria v5tis1 le j\et des v5ts4 ,note ,c#d3 7p4 #ig74 ,bis patri cecid]e manus3 ,deux fois mes ma9s pat]nelles tombr5t4 ,note ,c#e3 7p4 #ajj74 ,p> cela seul qu'une *ose exi/e1 elle a des proprits1 c'e/--dire une nature3 les autres *oses qui l'environn5t ont aussi des proprits et une nature4 ,lorsque ces *oses se r5contr5t1 il rsulte de leurs proprits rciproques c]ta9s rapports ncessaires1 t\j\rs les mmes3 c'e/ ce que ,montesquieu appelle des lois4 ,a9si les a/res ayant une c]ta9e masse et tant une c]ta9e di/ance1 c'e/ une loi qu'ils s'attir5t en raison directe de leurs masses1 et en raison inv]se du c>r des di/ances4 ,de/utt de ,tracy1 dans son ,comm5taire de l',esprit des lois1 dit3 ,des lois ne sont pas des rapports2 et des rapports ne sont pas des lois4 ,helvtius disait aussi que les lois ne sont pas des rapports1 mais les rsultats des rapports4 ,voyez plus haut dans notre ,introduction 7p4 #ab7 la rponse ces objections4 ,note ,c#f3 7p4 #ajj74 ,quelle plus gr&e absurdit444 etc4 ,montesquieu cite ce passage en rponse aux attaques de c]ta9es feuilles jansni/es qui l'accusai5t de sp9ozisme1 c'e/--dire de fatalisme1 p\r avoir dit que les lois sont des rapports ncessaires 7,voir la ,df5se de l',esprit des lois74 ,bossuet a dit dans le mme s5s que ,montesquieu3 ,on ne saurait compr5dre dans ce t\t qui n'ent5d pas1 cette p>tie qui ent5d1 l'intellig5ce ne p\vant natre d'une *ose brute et ins5se4 7,connaissance de ,dieu et de soi-mme1 *4 ,,iv47 ,note ,c#g3 7p4 #aja74 444 p>ce qu'elles ont des rapports avec sa sagesse et avec sa puissance4 ,on voit que p> rapports ncessaires ,montesquieu n'ent5d pas p>l] des lois inhr5tes la matire1 mais des lois in/itues p> ,dieu1 et qui sont ncessaires p>ce qu'il les a tablies4 ,plus lo91 il ne p>le plus que des lois inv>iables et de rapports con/amm5t tablis4 ,a l'orig9e1 ces lois ont t l'oeuvre de sa sagesse1 et d'une volont libre3 mais nos yeux et p> rapport n\s1 elles sont ncessaires4 ,il e/ ncessaire1 p> exemple1 qu'une pi]re ab&onne elle-mme tombe la surface de la t]re4 ,note ,c#h3 7p4 #aja74 ,p\r que le monde subsi/e1 il faut qu'il y ait des lois1 c'e/--dire des rapports fixes entre les p>ties2 le ,crateur qui a tabli ces lois ne peut g\v]n] sans elles3 ce n'e/ pas l'arbitraire2 mais ce n'e/ pas davantage la fatalit des a?es2 c'e/ ce que ,leibnitz appelait la ncessit de conv5ance1 la ncessit morale1 ce sont des lois d'ordre1 d'h>monie1 non de ncessit aveugle4 ,note ,c#i3 7p4 #aja74 ,*aque div]sit e/ une uni=mit2 *aque *angem5t e/ con/ance1 c'e/--dire3 quoique dans *aque cas p>ticuli]1 la masse et la vitesse puiss5t tre diffr5tes1 c'e/ cep5dant t\j\rs la mme loi qui s'accomplit3 les lois du m\vem5t sont univ]selles et inv>iables4 ,dans un s5s plus prcis encore1 on peut dire que1 quels que soi5t les *angem5ts1 il y a une quantit con/ante1 t\j\rs la mme3 c'e/ ce que les ,c>tsi5s appelai5t quantit de m\vem5t et ,leibnitz la quantit de =ce vive1 et enf9 de nos j\rs la quantit d'n]gie4 ,note ,c#aj3 7p4 #aja74 ,voltaire critiquant ce passage dit dans son ,comm5taire de l',esprit des lois3 ,je ne re*]*]ai pas si ,dieu a ses lois444 ni s'il y avait des rapports de ju/ice avant qu'il exi/t des hommes3 ce qui e/ l'anci5ne qu]elle des raux et des nom9aux4 ,c'e/ en effet cette qu]elle2 mais cela mme pr\ve que cette qu]elle n'tait pas frivole4 ,il s'agit de savoir s'il y a une ju/ice t]nelle et absolue1 ou si elle n'e/ que le rsultat des circon/ances4 ,note ,c#aa3 7p4 #ajb74 ,ce n'e/ pas seulem5t p>ce que les tres intellig5ts sont borns1 qu'ils ne suiv5t pas con/amm5t leurs lois3 c'e/ encore p>ce qu'ils ont la lib]t4 ,les *oses matrielles sont aussi bornes1 et cep5dant elles suiv5t s]vilem5t les lois qui leur sont imposes4 ,c'e/ p\rquoi ,montesquieu aj\te1 que d'un autre ct les tres intellig5ts agiss5t p> eux-mmes1 c'e/--dire qu'ils sont libres3 et c'e/ l en effet la vraie raison de leurs g>em5ts2 et en mme temps il e/ aussi vrai de dire que s'ils n'tai5t pas borns p> leur nature1 leur lib]t ne s'g>]ait pas4 ,les deux raisons sont donc ncessaires la fois p\r expliqu] les g>em5ts des cratures2 et c'e/ ce que dit ,montesquieu4 ,note ,c#ab3 7p4 #ajb74 ,on ne sait si les btes sont g\v]nes p> les lois gnrales du m\vem5t ou p> une motion p>ticulire4 ,cette proposition e/ obscure p>ce qu'elle e/ exprime d'une manire trop concise4 ,elle signifie3 on ne sait pas si les animaux sont des automates1 comme le p5sait ,desc>tes2 ou s'ils sont d\s de m\vem5ts spontans4 ,dans le premi] cas1 en effet1 les automates sont rgis uniquem5t p> les lois de la mcanique1 c'e/--dire p> les lois gnrales du m\vem5t2 dans le second cas1 ils ont un pr9cipe intrieur du m\vem5t4 ,note ,c#ac3 7p4 #ajb74 ,les btes ont des lois naturelles4442 elles n'ont pas de lois positives4 ,les animaux ont des lois naturelles4 ,il ne faut pas confondre ces lois naturelles qui sont t\tes physiques1 et qui ne sont que les lois de l'organisation et de l'in/9ct1 avec ce qu'on appelle en morale la loi naturelle1 qui e/ la loi de ju/ice inne *ez t\s les hommes4 ,les lois positives sont des lois crites1 nes de la volont et de la conv5tion des hommes4 ,les animaux n'ont pas de telles lois p>ce qu'ils n'ont ni la lib]t ni la p>ole4 ,comm5t p\rrai5t-ils s'ent5dre les uns avec les autres1 et fix] les rsultats de leurs conv5tions1 sans avoir de signes8 ,note ,c#ad3 7p4 #ajc74 ,avant t\tes ces lois sont celles de la nature4 ,c'e/ ici surt\t qu'il faut di/+u] les lois de la nature1 comme l'ent5d ,montesquieu1 de la loi naturelle1 telle que ,cicron la dcrit dans un clbre passage1 et que ,voltaire la *ante dans le pome qui porte ce titre4 ,montesquieu ne p>le ici que des lois d'in/9ct qui rsult5t de l'organisation mme de l'homme1 et non de la loi morale1 c'e/--dire d'une loi de raison qui comm&e la volont1 sans la contra9dre1 p> le pr9cipe du devoir4 ,montesquieu se place ici au po9t de vue de ce qu'on appelait au ,x,v,i,i,ie sicle l'tat de nature1 c'e/--dire l'tat primitif de l'homme avant l'tablissem5t des socits4 ,ce sont surt\t les philosophes ,hobbes et ,r\sseau qui ont insi/ sur ce po9t de vue4 ,montesquieu reconnat quatre lois naturelles1 qu'il expose sans beauc\p d'ordre3 #a la loi qui porte v]s le ,crateur2 #b la loi qui porte v]s le sexe2 #c le beso9 de se n\rrir2 #d le beso9 de socit4 ,note ,c#ae3 7p4 #ajd74 ,hobbes1 philosophe anglais du ,x,v,i,ie sicle1 auteur du ,levia?an1 ouvrage s+uli] o s\s ce nom qui dsigne dans l'criture sa9te une bte mon/rueuse1 il dsigne lui-mme le corps politique1 l'tat ou le pr9ce1 auquel il donne t\s les p\voirs et p> consqu5t le p\voir absolu en politique et en religion4 7,voir sur la politique de ,hobbes notre ,hi/oire de la sci5ce politique1 t4 ,,ii1 liv4 ,,iv1 *4 ,i74 ,note ,c#af3 7p4 #ajd74 ,hobbes dem&e444 ,hobbes avait dit que l'tat naturel de l'homme e/ la gu]re et que la loi primitive a t la gu]re de t\s contre t\s1 et p\r le pr\v]1 il disait que les hommes vont arms4 ,montesquieu1 comme on le voit1 s\ti5t le contraire4 ,il e/ c]ta9 que mme *ez les animaux il y a quelquefois des gu]res de tr\pe tr\pe1 de tribu tribu 7p> exemple1 *ez les f\rmis72 mais en gnral1 la gu]re n'a lieu qu'entre espces diffr5tes4 ,on ne voit pas que les *evaux1 les lphants1 qui viv5t en tr\pe1 connaiss5t la gu]re2 cela donn]ait p5s] qu'en effet dans l'homme la gu]re n'a pas t t\t fait primitive2 elle peut reprs5t] un tat ultrieur4 ,j4-,j4 ,r\sseau croit aussi comme ,montesquieu que le premi] s5tim5t des hommes n'a pas t la gu]re1 mais la piti4 7,disc\rs sur l'9galit47 ,note ,c#ag3 7p4 #aje74 ,grav9a1 jurisconsulte itali5 7#affd-agah74 ,note ,c#ah3 7p4 #aje74 ,cette doctr9e qui fonde le p\voir politique sur le p\voir pat]nel a t s\v5t s\t5ue4 ,mais elle a tr\v surt\t son ?orici5 en ,anglet]re1 au ,x,v,i,ie sicle1 dans le *evali] ,film]1 auteur du ,patri>ca 7,londres1 #afhj74 ,d'aprs cet auteur1 le p\voir politique aurait son orig9e dans ,adam4 ,le premi] homme a t le premi] s\v]a94 ,le p\voir a d se transmettre ensuite de gnration en gnration et s'e/ p>tag entre les diffr5ts rois de la t]re1 qui doiv5t tre considrs comme les successeurs d',adam et d've4 ,cette doctr9e a t rfute p> ,sidney 7,alg]non7 dans ses ,disc\rs sur le g\v]nem5t1 et p> ,locke1 dans son ,essai sur le g\v]nem5t civil4 ,j4-,j4 ,r\sseau y fait allusion dans le ,contrat social 7l4 ,i1 *4 ,,ii73 ,je n'ai ri5 dit du roi ,adam ni de l'emp]eur ,no4 ,j'espre qu'on me saura gr de cette modration4 ,c> desc5dant directem5t de l'un de ces pr9ces et peut-tre de la bran*e ane1 que sais-je si p> la vrification des titres je ne me tr\v]ais pas le lgitime roi du g5re huma98 ,note ,c#ai3 7p4 #ajf74 ,le g\v]nem5t le plus con=me la nature e/ celui qui se rapporte le mieux la disposition du peuple p\r lequel il e/ tabli4 ,on ne saurait trop mdit] cet axiome de la sci5ce politique1 savoir qu'il n'y a pas un type de g\v]nem5t absolu1 mais des =mes de g\v]nem5t relatives l'tat social du peuple auquel elles s'appliqu5t4 ,mais cet axiome s'applique aussi bi5 la mon>*ie qu' la rpublique2 et lorsqu'un peuple a mis la dmocratie dans ses lois1 il e/ dans la nature des *oses qu'il la mette aussi dans son g\v]nem5t4 ,au re/e1 ,j4-,j4 ,r\sseau adopte les mmes pr9cipes que ,montesquieu3 ,qu& on dem&e quel e/ le meilleur g\v]nem5t1 on fait une "q insoluble comme indt]m9e2 ou1 si l'on veut1 elle a autant de solutions possibles qu'il y a de comb9aisons possibles dans les positions absolues et relatives des peuples4 7,contrat social1 l4 ,,ii1 c4 ,,ix47 ,note ,c#bj3 7p4 #ajf74 ,la loi en gnral e/ la raison huma9e444 ,en effet les lois ont p\r objet de sub/itu] le rgne de la raison au rgne de la =ce brutale4 ,elles *]*5t prvoir d'avance t\s les cas de conflit qui peuv5t se prs5t] entre les hommes1 et les rgl] con=mm5t la ju/ice et l'intrt de t\s4 ,t\tes les lois p>ticulires doiv5t donc tre les consqu5ces de ce pr9cipe gnral1 que c'e/ la paix et non la gu]re qui doit rgn] entre les hommes4 ,note ,c#ba3 7p4 #ajg74 ,on voit ce que ,montesquieu ent5d p> l'esprit des lois4 ,c'e/ l'tude des lois dans leurs rapports avec t\tes les circon/ances qui les modifi5t4 ,telles sont1 p> exemple3 le g\v]nem5t1 le climat1 le g5re de vie 7lab\reurs1 *asseurs ou pa/eurs72 la lib]t politique1 la religion1 le comm]ce1 les manires1 etc4 ,montesquieu a surt\t considr la nature et le pr9cipe des g\v]nem5ts3 ,c'e/ de l1 dit-il1 que l'on v]ra c\l] les lois comme de leur s\rce4 ,mais peut-tre tr\v]a-t-on qu'il a ici int]v]ti les t]mes et que le g\v]nem5t e/ au mo9s autant la consqu5ce des lois civiles que le pr9cipe4 ,c'e/ l'tat social du peuple1 sa situation physique1 gographique1 ses moeurs1 sa religion qui sont la cause de ses lois2 et la rsultante de t\tes ces circon/ances e/ la =me du g\v]nem5t4 ,montesquieu n'en doit pas mo9s tre considr1 selon ,aug4 ,comte 7,c\rs de philosophie positive1 t4 ,,iv1 #dg;e leon7 comme le vrai fondateur de la philosophie sociale p\r avoir dit que les phnomnes politiques sont aussi bi5 s\mis des lois naturelles que les autres phnomnes quelconques4 ,note ,c#bb3 7p4 #ajg74 ,il y a trois espces de g\v]nem5t444 ,on a vu plus haut1 dans notre ,introduction 7p4 #ba71 la critique de cette op9ion4 ,la ?orie d',ari/ote sur ce po9t1 qui e/ la ?orie classique1 n\s p>at plus logique que celle de ,montesquieu4 ,elle consi/e divis] d'abord les g\v]nem5ts d'aprs le nombre des g\v]nants2 de l1 trois espces fondam5tales1 et ensuite ces espces en deux1 selon que l'on considre la =me rgulire ou la =ce abusive de *acune d'elles4 ,puisque le g\v]nem5t e/ l'autorit suprme des tats1 et que cette autorit suprme doit tre entre les ma9s d'un seul ou de plusieurs1 ou de la multitude1 il s'ensuit que lorsqu'un seul1 plusieurs1 ou la multitude us5t de l'autorit en vue de l'intrt gnral1 la con/itution e/ bonne2 et que si l'on g\v]ne dans l'intrt exclusif des g\v]nants1 la con/itution e/ vicie4 ,on donne le nom de royaut au g\v]nem5t d'un seul1 d'ari/ocratie celui de plusieurs1 de rpublique celui de t\s1 qu& ces g\v]nem5ts ont p\r b le bi5 gnral4 ,qu& les =mes en sont vicies1 ces trois g\v]nem5ts devi5n5t la tyrannie1 l'olig>*ie et la dmagogie 7,,iii1 ,v74 ,note ,c#bc3 7p4 #ajh74 ,voil ce que j'appelle la nature de *aque g\v]nem5t4 ,montesquieu di/+ue deux *oses dans les g\v]nem5ts3 leur nature et leur pr9cipe4 ,il donne plus lo9 l'explication de cette di/9ction3 ,il y a cette diffr5ce entre la nature du g\v]nem5t et son pr9cipe1 que sa nature e/ ce qui le fait tre et son pr9cipe ce qui le fait agir4 ,l'une e/ sa /ructure p>ticulire2 et l'autre les passions huma9es qui le font m\voir 7,,iii1 c4 ,i74 ,montesquieu aj\te en note3 ,cette di/9ction e/ trs importante1 et j'en tir]ai bi5 des consqu5ces2 elle e/ la clef d'une inf9it de lois4 ,voir dans notre ,introduction 7p4 #bd7 le dveloppem5t de cette di/9ction4 ,note ,c#bd3 7p4 #ajh74 ,j4-,j4 ,r\sseau dit galem5t dans le ,contrat social 7,,iii1 ,,iii73 ,le s\v]a9 peut en premi] lieu s\mettre le dpt du g\v]nem5t t\t le peuple ou la gr&e p>tie du peuple1 en sorte qu'il y ait plus de citoy5s magi/rats que de citoy5s simples p>ticuli]s4 ,on donn]a cette =me de g\v]nem5t le nom de dmocratie4 ,note ,c#be3 7p4 #ajh74 ,j4-,j4 ,r\sseau dit galem5t que dans la dmocratie les citoy5s sont s\v]a9s d'un ct et sujets de l'autre4 7,contrat social1 ,,iii1 ,i74 ,note ,c#bf3 7p4 #ajh74 ,la volont du s\v]a9 e/ le s\v]a9 lui-mme4 ,j4-,j4 ,r\sseau a dvelopp cette ide dans le ,contrat social4 ,p\r lui la s\v]a9et e/ dans la volont gnrale4 ,note ,c#bg3 7p4 #aji74 ,le peuple e/ admirable4 ,c'tait aussi l'op9ion de ,ma*iavel3 ,que l'on comp>e1 dit-il1 un pr9ce et un peuple dans le *oix des magi/rats4 ,c'e/ une *ose sur laquelle le peuple ne se trompe jamais2 ou s'il se trompe1 c'e/ bi5 mo9s s\v5t que ne f]ait un petit nombre d'hommes ou un seul4 ,l'exemple de ,rome e/ admirable4 ,p5dant plusieurs c5ta9es d'annes1 il n'y eut peut-tre pas quatre *oix dont on eut se rep5tir4 ,ma*iavel prvoit l'objection que l'on peut tir] de l'exemple des rpubliques an>*iques et corrompues2 mais il dit avec raison qu'il faut comp>] les rpubliques corrompues aux pr9ces corrompus1 et les pr9ces sages aux rpubliques sages4 ,dans ces limites v\s v]rez t\j\rs mo9s d'erreurs dans le peuple que dans le pr9ce4 7,disc\rs sur ,tite-,live1 ,i1 *4 ,,lviii47 ,note ,c#bh3 7p4 #aaj74 ,s]vius ,tullius suivit1 dans la composition de ces classes1 l'esprit de l'ari/ocratie4 ,on s'occupe beauc\p de ,s]vius ,tullius au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,j4-,j4 ,r\sseau lui consacre un *apitre dans le ,contrat social1 et il emprunte cette obs]vation ,montesquieu3 ,des #aic c5turies1 dit-il1 qui =mai5t les six classes de t\t le peuple roma91 la premire classe en compr5ait quatre-v+t-dix-huit3 la voix ne se comptant que p> c5turies1 cette seule premire classe l'emportait en nombre de voix sur t\tes les autres4 7,,iv1 ,,iv74 ,sur les r=mes de ,s]vius ,tullius1 voir l',hi/oire roma9e de ,momms5 et celle de ,duruy4 ,note ,c#bi3 7p4 #aaa74 ,le suffrage p> le sort e/ de la nature de la dmocratie4 ,il n'e/ nullem5t vrai que le suffrage p> le sort soit de la nature de la dmocratie4 ,la dmocratie doit tre claire et non aveugle4 ,le *oix du peuple a p\r objet de faire arriv] les hommes de tal5t1 et non d'tablir au has>d une galit brutale4 ,dj1 dans l'antiquit1 le *oix p> le sort tait l'objet de la critique des esprits clairs3 ,quelle folie1 disait ,socrate1 qu'une fve dcide du *oix des *efs de la rpublique1 t&is qu'on ne tire au sort ni un ar*itecte1 ni un j\eur de flte4 7,xnophon1 ,mmorables1 ,i1 ,,ii74 ,platon critique galem5t le *oix p> le sort dans le ,dialogue des ,lois 7l4 ,,vi74--,voir les ,re*]*es sur le tirage au sort1 p> ,fu/el de ,c\langes 7,n\velle revue hi/orique des droits1 #ahgj74 ,note ,c#cj3 7p4 #aab74 ,les suffrages doiv5t tre publics4 ,c'e/ encore une erreur de ,montesquieu1 de croire que le suffrage public e/ de l'ess5ce de la dmocratie4 ,au contraire1 dans les temps mod]nes1 plus les in/itutions sont dev5ues dmocratiques1 plus le suffrage secret a pris de prpondrance4 ,si t\s les hommes tai5t des hros1 sans d\te il s]ait rationnel qu'ils dcl>ass5t hautem5t leurs *oix2 mais comme dans le fait le plus gr& nombre e/ dans la dp5dance du plus petit nombre1 la publicit dtruirait t\te lib]t des suffrages4 ,au mo9s en e/-il a9si p\r les votes dans les lections4 ,quant aux votes des reprs5tants dans le ,p>lem5t1 il n'en e/ pas de mme4 ,p> cela seul qu'ils sont des reprs5tants1 il importe1 sauf exception1 que leurs rsolutions soi5t connues de ceux qui les nomm5t4 ,aussi le vote secret a-t-il trs r>em5t lieu dans nos assembles lgislatives4 ,note ,c#ca3 7p4 #aab74 ,c'e/ une loi fondam5tale de la dmocratie que le peuple seul fasse des lois4 ,c'e/ encore l une op9ion trs conte/able4 ,montesquieu n'a p>l de la dmocratie qu'au po9t de vue des rpubliques de l'antiquit1 primitivem5t ress]res dans une seule ville1 et qui1 en s't5dant1 ne faisai5t que des sujets1 sans augm5t] le nombre des s\v]a9s4 ,or1 le rgime de la dmocratie anci5ne tait celui du g\v]nem5t direct1 c'e/--dire du g\v]nem5t immdiat du peuple1 qui tait *>g en corps de la puissance lgislative1 et mme s\v5t1 au mo9s en p>tie1 de la puissance excutive et judiciaire4 ,montesquieu ne connat pas le rgime reprs5tatif qui s'applique auj\rd'hui dans la dmocratie aussi bi5 que dans la mon>*ie4 ,il e/ mme probable que lorsque ,montesquieu a crit ses premi]s livres1 il ne connaissait pas encore le g\v]nem5t anglais1 p> consqu5t1 ni le pr9cipe de la reprs5tation1 ni celui de la sp>ation des p\voirs4 ,enf91 qu& il connut la ?orie des deux *ambres1 il crut que cette ?orie n'tait applicable qu'au g\v]nem5t mixte compos de mon>*ie d'ari/ocratie et de dmocratie1 comme tait alors le g\v]nem5t anglais4 ,depuis1 on a reconnu que le p>tage du p\voir lgislatif en deux assembles n'avait ri5 de contraire au pr9cipe de la dmocratie1 et p> consqu5t qu'il n'e/ pas ju/e que le peuple seul fasse des lois1 si ce n'e/ en tant que s\v]a92 mais il peut transmettre son p\voir lgislatif la fois la ,*ambre populaire et au ,snat1 comme cela a lieu dans la ,con/itution de #ahge4 ,note ,c#cb3 7p4 #aac74 ,ce s]a une *ose heureuse dans l'ari/ocratie si p> quelque voie indirecte1 on fait sortir le peuple de son anantissem5t4 ,c'e/ une vue trs ju/e de ,montesquieu1 que1 quelle que soit la =me du g\v]nem5t1 il faut essay] de faire une "p l'lm5t social qui e/ plus ou mo9s exclu p> cette =me4 ,c'e/ a9si que la royaut1 en ,france1 faisait une "p si l>ge au ti]s tat dans la di/ribution des hautes fonctions que ,sa9t-,simon a pu dire de ,l\is ,,xiv1 que son rgne avait t un rgne de vile b\rgeoisie4 ,c'e/ a9si que l'ari/ocratie anglaise a t\j\rs t l>gem5t ouv]te aux membres de la b\rgeoisie4 ,ari/ote disait dans le mme s5s3 ,bi5 des in/itutions en app>5ce dmocratiques sont prcism5t celles qui ru95t la dmocratie2 bi5 des in/itutions en app>5ce olig>*iques dtruis5t l'olig>*ie4 ,dans les dmocraties1 les dmagogues1 p> leurs attaques cont9uelles contre les ri*es1 divis5t t\j\rs la cit en deux camps1 t&is qu'ils devrai5t ne p>atre proccups que de l'intrt des ri*es2 de mme dans les olig>*ies1 le g\v]nem5t ne devrait p>atre avoir en vue que l'intrt du peuple4 7,politique1 l4 ,,viii1 c4 ,,vii47 ,note ,c#cc3 7p4 #aad74 ,telle tait ,rome avec ses dictateurs4 ,j4-,j4 ,r\sseau p5se galem5t que la dictature e/ quelquefois ncessaire dans un pays libre4 ,l'inflexibilit des lois1 dit-il1 qui les emp*e de se pli] aux vnem5ts peut1 en c]ta9s cas1 les r5dre p]nicieuses et caus] p> elles la p]te de l'tat dans une crise4 ,l'ordre et la l5teur des =mes dem&5t un espace de temps que les circon/ances refus5t quelquefois4 ,il peut se prs5t] mille cas auxquels le lgislateur n'a po9t p\rvu4 7,contrat social1 ,,iv1 ,,vi74 ,il ne faut po9t abus] de ces pr9cipes2 mais il e/ c]ta9 qu'il y a des cas extrmes o la conc5tration du p\voir e/ ncessaire2 mais dans ce cas1 comme dit ,montesquieu1 il faut comp5s] la gr&eur de la puissance p> la brivet de la dure4 ,dans nos con/itutions mod]nes1 on ne prvoit pas la ncessit d'une dictature3 ce s]ait en quelque sorte l'enc\rag] et la provoqu] d'avance4 ,c'e/ t\j\rs s\s le c\p des circon/ances que le p\voir lgal se rs]ve de dcrt] telle ou telle susp5sion des =malits lgales4 ,note ,c#cd3 7p4 #aae74 ,plus une ari/ocratie appro*]a de la dmocratie1 plus elle s]a p>faite4 ,c'e/ ce qui a fait la gr&eur de l'ari/ocratie anglaise1 qui1 en s'l>gissant sans cesse dans le s5s populaire1 a su cons]v] la confiance et le respect du peuple4 ,note ,c#ce3 7p4 #aaf74 ,les p\voirs int]mdiaires con/itu5t la nature du g\v]nem5t mon>*ique4 ,c'e/ l une des gr&es vues de ,montesquieu4 ,l o la royaut ne s'associe pas c]ta9s p\voirs dt]m9s1 qui conc\r5t avec elle au g\v]nem5t1 elle dgnre en despotisme4 ,ces p\voirs int]mdiaires tai5t p> exemple dans l'anci5ne mon>*ie les ,p>lem5ts1 la ,noblesse et le ,cl]g1 les ,corps des villes2 ces p\voirs tai5t subordonns au p\voir royal1 mais s]vai5t dans une c]ta9e mesure le cont5ir4 ,a mesure que la royaut a abaiss ces p\voirs1 elle e/ dev5ue un g\v]nem5t arbitraire qui s'affaiblissait lui-mme en affaiblissant ses auxiliaires naturels4 ,il n'y eut plus alors qu' *oisir entre l'tat despotique et l'tat populaire2 et l'tat despotique tant dev5u impossible p> l'impuissance mme du p\voir1 c'e/ a9si que la socit franaise a pass de la mon>*ie la dmocratie4 ,on voit que la ,rvolution franaise n'a t que la consqu5ce logique de cette rvolution cont9ue que les rois ont opre en ,france du ,x,ve au ,x,v,i,i,ie sicle1 en dtruisant t\s les p\voirs int]mdiaires4 ,note ,c#cf3 7p4 #aaf74 ,po9t de mon>que1 po9t de noblesse2 ,po9t de noblesse1 po9t de mon>que4 ,a propos de cette maxime de la mon>*ie1 ,voltaire1 dans son ,comm5taire1 fait la rem>que suivante3 ,cette maxime fait s\v5ir de l'in=tun ,*>les ,i] qui disait3 po9t d'vques1 po9t de mon>que4 ,notre gr& ,h5ri ,,iv aurait pu dire la faction des ,seize3 ,po9t de noblesse1 po9t de mon>que4 ,puis il aj\te3 ,j'aurais dsir que l'auteur n\s et appris clairem5t p\rquoi la noblesse e/ l'ess5ce du g\v]nem5t mon>*ique4 ,mais ,montesquieu ne dit pas qu'elle e/ l'ess5ce de ce g\v]nem5t1 mais seulem5t qu'elle entre dans cette ess5ce1 et il n\s semble qu'il l'explique1 en disant que sans noblesse il y a despotisme et non mon>*ie4 ,la noblesse e/ un de ces canaux moy5s p> o c\le la puissance4 ,sans ce sec\rs1 et d'autres encore 7cl]g1 villes1 p>lem5ts71 il n'y a plus que la volont mom5tane et capricieuse d'un seul4 ,note ,c#cg3 7p4 #aaf74 ,abolissez dans une mon>*ie les prrogatives des seigneurs1 du cl]g et des villes1 v\s aurez ou un tat despotique1 ou bi5 un tat populaire4 ,cette maxime e/ ju/ifie p> l'hi/oire de la mon>*ie franaise4 ,la royaut ayant successivem5t dtruit le p\voir fodal des gr&s seigneurs1 les lib]ts des communes et l'autorit du ,p>lem5t1 e/ dev5ue mon>*ie absolue1 et elle-mme1 succombant son t\r p> ses excs1 n'a laiss de place qu' l'tat populaire4 ,note ,c#ch3 7p4 #aag74 ,comme la m]444 ,a l'occasion de cette phrase1 ,voltaire n\s dit3 ,voil donc1 potiquem5t p>lant1 l',ocan qui e/ mon>que ou despote4 ,ce n'e/ pas l le /yle d'un lgislateur4 ,mais assurm5t ce n'e/ ni de l'h]be ni du gravi] qui cause le reflux de la m]1 c'e/ la loi de la gravitation2 et je ne sais si la comp>aison des l>mes du peuple avec du gravi] e/ bi5 ju/e4 ,note ,c#ci3 7p4 #aag74 ,les ,anglais ont t t\tes les puissances int]mdiaires444 ,voltaire fait encore ici obs]v] avec raison que la p5se n'e/ pas ju/e3 ,les ,anglais1 dit-il1 ont r5du plus lgal le p\voir des seigneurs spirituels et temporels et augm5t celui des communes4 ,ce n'tait pas l dtruire les p\voirs int]mdiaires4 ,ce n'e/ pas a9si que ,montesquieu lui-mme juge la ,con/itution anglaise au l4 ,,xi de l',esprit des lois4 ,c'e/ p\rquoi je conjecture qu'il ne connaissait pas encore bi5 cette ,con/itution lorsqu'il a crit ces premi]s livres4 ,note ,c#dj3 7p4 #aag74 ,il faut encore un dpt de lois4 ,ce corps politique qui devait tre le dpt des lois1 qui annonce les lois qu& elles sont faites et les rappelle qu& on les oublie1 n'e/ autre que le ,p>lem5t4 ,on voit que ,montesquieu tait p>tisan des doctr9es p>lem5taires qui avai5t essay de s'tablir l'poque de la ,fronde4 ,ma*iavel dj1 aux ,x,ve et ,x,v,ie sicles1 avait montr le c>actre orig9al du g\v]nem5t franais qui tait alors une mon>*ie tempre p> les ,p>lem5ts3 ,la ,france1 disait-il1 ti5t le premi] rang p>mi les pays bi5 g\v]ns4 ,une des in/itutions qu'on y rem>que e/1 sans contr$it1 celle du ,p>lem5t dont l'objet e/ de veill] la sret du g\v]nem5t et la lib]t du sujet4 ,les auteurs de cette in/itution1 connaissant d'un ct l'insol5ce et l'ambition des nobles1 de l'autre les excs du peuple1 ont *]* cont5ir les uns et les autres4 7,le ,pr9ce1 *4 ,,xix47 ,note ,c#da3 7p4 #aah74 ,voltaire repro*e encore ,montesquieu d'avoir tabli trop de diffr5ce entre la mon>*ie et le despotisme3 ,ce sont1 dit-il1 deux frres qui ont tant de ressemblance qu'on les pr5d s\v5t l'un p\r l'autre4 ,av\ons que ce fur5t de t\t temps deux gros *ats qui les rats essayr5t de p5dre une sonnette au c\4 ,il e/ c]ta9 que le despotisme n'e/ pas une =me de g\v]nem5t1 mais un abus de g\v]nem5t4 ,a ce titre1 il e/ l'abus de t\tes les =mes en gnral2 c> il peut y avoir une tyrannie dmocratique et une tyrannie ari/ocratique1 comme un despotisme mon>*ique4 ,ce que ,montesquieu appelle le despotisme1 c'e/ la =me des mon>*ies d',ori5t2 mais il y a peut-tre plutt l une diffr5ce de civilisation qu'une diffr5ce ess5tielle4 ,note ,c#db3 7p4 #aai74 ,sur la di/9ction de la nature et du pr9cipe du g\v]nem5t1 voir notre ,introduction 7p4 #ae74 ,note ,c#dc3 7p4 #abj74 ,il ne faut pas beauc\p de probit4 ,cette maxime e/ exprime s\s une =me qui p>at un peu pigrammatique2 et cep5dant elle e/ fonde4 ,il e/ vid5t que dans un pays libre1 o le peuple fait la loi1 o il e/ la s\rce de t\tes les magi/ratures1 il e/ mo9s cont5u que s\s le g\v]nem5t d'un seul4 ,il faut donc qu'il fasse de lui-mme ce qu'il f]ait p> cra9te ou p> obissance dans le g\v]nem5t mon>*ique2 en un mot1 il faut qu'il remplace l'autorit des lois p> celle de la v]tu4 ,c'e/ ce qui fait que le g\v]nem5t rpublica9 e/ le plus difficile de t\s faire russir1 mais aussi le plus noble de t\s qu& il russit4 ,note ,c#dd3 7p4 #abj74 ,sur ce pr9cipe que la v]tu e/ le pr9cipe des dmocraties1 voir notre ,introduction 7p4 #bi74 ,cette doctr9e e/ aussi celle d',ari/ote2 mais il l'applique l'tat en gnral3 ,une consqu5ce1 c'e/ que l'tat le plus p>fait e/ en mme temps heureux et prospre4 ,or il e/ impossible d'tre heureux qu& on ne fait pas le bi51 et le bi5 n'e/ jamais possible ni p\r un homme ni p\r un tat sans la v]tu et la raison444 ,concluons que la vie p>faite et p\r l'individu et p\r l'tat en gnral e/ celle qui jo9t la v]tu assez de bi5s extrieurs p\r p\voir faire ce que la v]tu comm&e444 ,si on e/ime l'individu surt\t p\r la v]tu1 on reg>d]a l'tat le plus v]tueux comme le plus heureux444 ,il faut donc que le meilleur g\v]nem5t soit celui dont la con/itution e/ telle que *aque citoy5 puisse tre v]tueux et vivre heureux4 ,note ,c#de3 7p4 #aba74 ,les politiques grecs ne reconnaissai5t d'autre =ce que celle de la v]tu4 ,ceux d'auj\rd'hui ne n\s p>l5t que de manufactures1 de ri*esses4 ,platon1 dans le ,gorgias1 fait le mme repro*e aux politiques de son temps3 ,ils ont agr&i l'tat1 dit-il1 mais ils ne s'ap]oiv5t pas que cet agr&issem5t e/ une enflure1 une tumeur ple9e de corruption2 et c'e/ l t\t ce qu'ont fait les anci5s politiques p\r avoir rempli la rpublique de ports1 d'ars5aux1 de murailles1 de tributs et d'autres bagatelles1 sans y jo9dre la temprance et la ju/ice4 7,gorgias74 ,note ,c#df3 7p4 #abb74 ,voir galem5t dans ,platon la vive pe9ture des excs des g\v]nem5ts dmocratiques4 ,il comp>e aussi les dmagogues des esclaves *apps3 ,lorsqu'un tat dmocratique dvor de la soif de la lib]t tr\ve sa tte de mauvais *ansons1 qui lui v]s5t la lib]t t\te pure outre mesure et jusqu' l'enivr]1 alors si ceux qui g\v]n5t ne sont pas t\t fait complaisants et ne donn5t pas au peuple de la lib]t tant qu'il en veut1 celui-ci les accuse et les *tie comme des tratres et des p>tisans de l'olig>*ie444 ,le pre s'acc\tume trait] son enfant comme son gal1 le cra9dre mme444 ,le matre cra9t et mnage ses disciples2 ceux-ci se moqu5t de leur matre444 ,en gu]re1 les jeunes g5s veul5t all] de pair avec les vieill>ds4 ,les vieill>ds de leur ct desc5d5t aux manires des jeunes g5s1 et affect5t le ton lg] et bad9444 ,les esclaves ne sont pas mo9s libres que ceux qui les ont a*ets444 ,il n'e/ pas jusqu'aux animaux qui ne soi5t l plus libres que p>t\t ailleurs444 ,les *evaux et les nes eux-mmes1 acc\tums une allure fire et libre1 s'en vont heurt] ceux qu'ils r5contr5t1 si on ne leur cde le passage4 ,note ,c#dg3 7p4 #abc74 ,la modration e/ donc l'me de ces g\v]nem5ts4 ,le pr9cipe de la modration e/ vague et assez faiblem5t *oisi p\r c>actris] l'ari/ocratie4 ,d'une "p la modration convi5t t\s les g\v]nem5ts4 ,suivant ,platon il ne faut dans un tat quelconque ni trop de p\voir1 ni trop de lib]t3 ,si au lieu de donn] une *ose ce qui lui suffit1 on va beauc\p au del1 p> exemple si on donne un vaisseau de trop gr&es voiles1 au corps trop de n\rriture1 l'me trop d'autorit1 t\t se p]d3 le corps devi5t malade p> excs d'embonpo9t2 l'me tombe dans l'inju/ice1 fille de la lic5ce4 ,que veux-je dire p> l8 ,qu'il n'e/ pas d'me huma9e qui soit capable de s\t5ir le poids du s\v]a9 p\voir4 ,platon rapporte galem5t ce prov]be que1 s\v5t la moiti e/ plus que le t\t4 ,et cela e/ vrai de la lib]t comme du despotisme4 ,la modration e/ donc1 comme on le voit1 de l'ess5ce de t\t g\v]nem5t raisonnable4 ,il n'a ri5 qui c>actrise expressm5t le g\v]nem5t ari/ocratique4 ,note ,c#dh3 7p4 #abe74 ,l'ambition dans l'oisivet444 ,voltaire relve ce qu'il y a d'excessif dans le ton satirique de ce *apitre3 ,c'e/ une *ose assez s+ulire que ces anci5s lieux communs contre les pr9ces et leurs c\rtisans soi5t t\j\rs reu d'eux avec complaisance comme les petits *i5s qui japp5t et qui amus5t444 ,il en e/ de ces dclamations comme de la satire des femmes de ,boileau2 elle n'emp*ait pas qu'il n'y et des femmes trs honntes et trs respectables4 ,voltaire a raison sans d\te de critiqu] le ton de la satire dans un ouvrage sci5tifique2 mais lui-mme p>le ici un peu lgrem5t4 ,t\s les publici/es ont reconnu que les nobles s'affaibliss5t lorsqu'ils devi5n5t c\rtisans1 et lorsqu'ils sont obligs de sacrifi] leurs privilges la faveur du pr9ce2 seulem5t ,montesquieu1 en exagrant ici la corruption des c\rs1 se r5d trs difficile lui-mme de pr\v] plus t>d que le pr9cipe de la mon>*ie1 c'e/ l'honneur4 7,*ap4 ,,vii47 ,note ,c#di3 7p4 #abe74 ,le c>d9al de ,ri*elieu dans son ,te/am5t politique444 ,le ,te/am5t politique de ,ri*elieu a p>u en #affh4 ,voltaire en a conte/ l'au!nticit2 mais p]sonne ne d\te auj\rd'hui que1 sauf la "q de rdaction1 ,ri*elieu n'en soit le vritable auteur4 ,note ,c#ej3 7p4 #abe74 ,montesquieu cite ici infidlem5t le ,te/am5t du c>d9al ,ri*elieu4 ,voltaire1 qui ne croit pas 7quoique tort7 l'au!nticit du te/am5t1 re/itue le texte a9si qu'il suit3 ,il faut qu'un magi/rat ait l'me d'une trempe bi5 =te1 si elle ne se laisse quelquefois amollir p> la considration de ses intrts4 ,note ,c#ea3 7p4 #abe74 ,sur le pr9cipe de l'honneur1 voir notre ,introduction1 p4 #ca4 ,note ,c#eb3 7p4 #abf74 ,la nature de l'honneur e/ de dem&] des prfr5ces et des di/9ctions4 ,voltaire dem&e avec raison s'il n'en e/ pas de mme dans le g\v]nem5t rpublica93 ,les ha*es1 les faisceaux1 le triomphe valai5t bi5 des rubans de t\tes c\leurs4 ,cep5dant1 t\tes *oses gales d'ailleurs1 il y a plus de di/9ctions honorifiques dans les mon>*ies que dans les dmocraties4 ,il y en a encore beauc\p dans notre rpublique2 mais cela ti5t ce qu'elle e/ sortie de la mon>*ie4 ,il n'y en a pas1 ou trs peu1 dans la rpublique des tats-,unis4 ,note ,c#ec3 7p4 #abh74 ,voltaire relve encore ici l'inexactitude de la citation2 ,ricaut dit seulem5t3 ,il y a mme de ces g5s-l qui s\ti5n5t que le gr& seigneur peut se disp5s] de promesses qu'il a faites avec s]m5t1 qu& p\r les accomplir il faut donn] des bornes son autorit4 ,ricaut1 dit ,voltaire1 ne p>le ici que d'une secte morale rel*e4 ,on dit que n\s en avons eu *ez n\s de p>eilles 7allusion la morale des ,jsuites74 ,voltaire aj\te que cette prt5due dcision des cadis1 que ,montesquieu donne comme une preuve du despotisme des sultans1 s]ait plutt au contraire une preuve qu'il e/ s\mis aux lois1 puisqu'il s]ait oblig de consult] des docteurs p\r se mettre au-dessus des lois4 ,n\s sommes vois9s des ,turcs et n\s ne les connaissons pas4 ,note ,c#ed3 7p4 #abi1 d]nire ligne74 ,t\te la diffr5ce e/ que444 ,il e/ donc vrai que la diffr5ce de la mon>*ie et du despotisme n'e/ pas une diffr5ce d'ess5ce1 mais une diffr5ce de degr4 ,il ne fallait donc pas en faire un pr9cipe de classification4 ,il en e/ de mme du re/e entre la dmocratie et la dmagogie4 ,montesquieu n'a p\rtant pas tr\v l le pr9cipe de deux g\v]nem5ts diffr5ts3 seulem5t l'un e/ la corruption de l'autre4 ,on s'expliqu]a beauc\p mieux que ,montesquieu ait v\lu faire du despotisme un g\v]nem5t "p1 si l'on rfl*it que ce qu'il avait surt\t dans l'esprit1 c'tait de combattre les t5dances qui entranai5t en ,france la mon>*ie v]s le despotisme4 ,il fallait donc mettre en relief l'ide du despotisme1 et combattre s\s son nom les excs de la mon>*ie et en mme temps se prcautionn] contre les risques de sa critique1 en ayant bi5 so9 de sp>] la mon>*ie du despotisme4 ,note ,c#ee3 7p4 #acj74 ,sans quoi le g\v]nem5t s]ait imp>fait4 ,montesquieu n'a donc pas v\lu prt5dre qu'en fait il y a t\j\rs eu de la v]tu dans les rpubliques et de l'honneur dans la mon>*ie2 mais que ce sont l les pr9cipes p> lesquels ces g\v]nem5ts se cons]v5t1 et sans lesquels ils se p]d5t4 ,note ,c#ef3 7p4 #acj74 ,les lois de l'ducation s]ont donc diffr5tes444 ,voltaire dit ce propos3 ,j'ai vu des enfants de valets de *ambre qui on disait3 ,m4 le m>quis song]a plaire au roi2 j'ai ou dire qu' ,v5ise les g\v]nantes recomm&5t aux petits g>ons de bi5 aim] la rpublique2 et que dans les srails du ,m>oc et d',alg]1 on crie3 ,pr5ez g>de au gr& eunuque noir4 ,note ,c#eg3 7p4 #acj74 ,dans les rpubliques la v]tu4 ,compr5ons t\j\rs bi5 qu'il s'agit de la v]tu politique 7voir l',av]tissem5t1 p4 #ii71 c'e/--dire l'am\r de la lib]t1 le respect des lois et des magi/rats1 le s5tim5t de l'galit3 pr9cipes en effet sans lesquels le g\v]nem5t rpublica9 tombe en p\ssire4 ,il va sans dire que cette v]tu politique ne peut all] non plus sans la v]tu prive2 et quoique celle-ci soit obligatoire s\s t\s les g\v]nem5ts1 elle l'e/ plus encore dans le g\v]nem5t rpublica91 p>ce que les citoy5s y sont mo9s cont5us p> les lois2 et en outre1 p>ce que la rpublique tant le plus noble des g\v]nem5ts lorsqu'elle e/ pure1 il e/ du devoir des citoy5s de ne pas l'altr] et la corrompre p> les dsordres que l'on repro*e prcism5t aux autres g\v]nem5ts4 ,note ,c#eh3 7p4 #aca74 ,c'e/ lorsqu'on entre dans le monde que l'ducation comm5ce4 ,en effet1 dans l'anci5 rgime1 l'ducation1 t\te scola/ique1 n'avait presque aucun rapport avec le monde dans lequel les jeunes g5s allai5t entr]2 auj\rd'hui on s'ef=ce davantage de mettre l'ducation en h>monie avec l'tat social dans lequel n\s sommes4 ,note ,c#ei3 7p4 #aca74 ,non comme bonnes1 mais comme belles4 ,voil en effet le vrai pr9cipe de l'honneur1 et non pas1 comme il le dit plus haut1 le prjug de *aque p]sonne et de *aque condition4 ,seulem5t il e/ vrai de dire que dans *aque condition1 et selon la situation des p]sonnes1 il y a c]ta9es actions qui p>aiss5t p>ticulirem5t belles et honorables4 ,note ,c#fj3 7p4 #acb74 ,dans les mon>*ies444 ,t\t ce portrait de la c\r e/ *>mant1 ple9 de grce et d'esprit1 et peut tre comp> aux meilleurs *apitres de ,la ,bruyre4 ,seulem5t1 n'e/-ce pas l un de ces passages qui ju/ifi5t plus ou mo9s le mot attribu ,mme ,du ,deffant1 sur le livre de ,montesquieu3 ,ce n'e/ pas l',esprit des lois1 c'e/ de l'esprit sur les lois4 ,note ,c#fa3 7p4 #acd74 ,ari/ote ne dit pas prcism5t que l'esclave n'a pas de v]tu4 ,mais il pose l'alt]native suivante qui tait le problme mme de l'esclavage3 ,des deux cts1 dit-il1 il y a sujet de d\te2 si l'on suppose ces v]tus aux esclaves1 o s]a leur diffr5ce avec les hommes libres8 ,si on les leur refuse1 la *ose ne s]a pas mo9s absurde2 c> ils sont hommes et ont leur "p de raison4 ,p\r rs\dre la difficult1 ,ari/ote aj\te3 ,le matre e/ l'orig9e de la v]tu de son esclave4 7,politique1 l4 ,i]47 ,note ,c#fb3 7p4 #ace74 ,nos petites mes4 ,t\j\rs le ton de la satire4 ,il ne faut pas s'exagr] l'hrosme de l'antiquit vu di/ance4 ,en fait1 l'hi/oire de ,france peut cit] des exemples semblables2 et les ,du ,guescl91 les ,bay>d1 les ,jeanne d',arc1 les ,l',hpital1 les ,cat9at1 les d',assas1 les ,lat\r-d',auv]gne val5t bi51 aprs t\t1 les ,lonidas et les ,?mi/ocle4 ,note ,c#fc3 7p4 #ace74 ,c'e/ dans le g\v]nem5t rpublica9444 ,aussi voit-on que dans les rpubliques1 les tats-,unis1 la ,suisse1 les intrts de l'ducation sont placs au premi] rang4 ,c'e/ en v]tu de la mme loi que la ,france1 depuis qu'elle e/ en rpublique1 a donn le pas sur t\s les autres problmes politiques aux que/ions d'ducation4 ,le m9i/re de l'in/ruction publique e/ dev5u l'un des premi]s m9i/res1 et a mme j\i du privilge de f\rnir un prsid5t du conseil3 ce qui n'tait jamais arriv aup>avant4 ,note ,c#fd3 7p4 #acf74 ,les ,sv>ambes444 ,c'e/ le nom d'un peuple imag9aire dans une espce de roman politique a9si intitul1 et dont l'auteur e/ ,vairasse d',alais4 7,voir t4 ,v des ,voyages extraord9aires47 ,note ,c#fe3 7p4 #acg74 ,a propos du l>c9 p]mis et presque recomm& ,lacdmone1 ,roll9 fait des obs]vations trs judicieuses3 ,plut>que1 qui rapporte cette c\tume1 dans la ,vie de ,lycurgue1 dans les ,moeurs des ,lacdmoni5s1 et en plusieurs autres endroits1 n'y donne jamais le mo9dre signe d'improbation2 et je ne me s\vi5s pas qu'aucun des anci5s en ait fait un crime aux ,lacdmoni5s et ,lycurgue4 ,d'o peut donc tre v5u le jugem5t peu favorable des mod]nes1 si ce n'e/ qu'ils ne pr5n5t pas la pe9e d'en pes] les circon/ances et d'en pntr] les motifs8 #a les jeunes g5s ne faisai5t ces l>c9s que dans un temps m>qu1 p> ordre de leur comm&ant et en v]tu de la loi2 ils ne volai5t jamais que des lgumes et des vivres1 comme supplm5t au peu de n\rriture qu'on leur donnait exprs en petite quantit2 #b le lgislateur avait p\r b de r5dre les possesseurs plus vigilants s]r] et g>d] leurs bi5s2 d'inspir] aux jeunes g5s t\s de/9s la gu]re plus de h>diesse et plus d'adresse1 et surt\t de leur appr5dre vivre de peu1 p\rvoir eux-mmes leur subsi/ance4 7,roll91 ,trait des tudes1 t4 ,,iii1 #b;e p>tie47 ,note ,c#ff3 7p4 #acg74 ,sur les in/itutions de ,lycurgue1 voir l',hi/oire de la ,grce1 de ,grote 7#b;e p>tie1 *4 ,,vi74 ,ri5 de plus obscur que les r5seignem5ts que n\s avons sur ,lycurgue4 ,les plus anci5s 7ce sont ceux d',hrodote7 sont encore po/rieurs de quatre sicles l'poque de ,lycurgue4 ,note ,c#fg3 7p4 #acg74 ,g4 ,p5n1 fondateur de la premire colonie amrica9e1 appele de son nom ,p5sylvanie4 ,ce rappro*em5t de ,p5n avec ,lycurgue e/ t\t fait arbitraire1 et ,voltaire a gr&e raison de dire3 ,je ne sais ri5 de plus contraire ,lycurgue qu'un lgislateur et un peuple qui ont t\te gu]re en horreur4 ,p5n et ses compagnons tai5t en effet ,quak]s1 c'e/--dire app>t5ai5t une secte qui le s]vice militaire e/ int]dit4 ,on ne peut gure mo9s ressembl] aux ,sp>tiates4 ,note ,c#fh3 7p4 #acg74 444 la ,socit1 c'e/--dire la socit des ,jsuites4 ,le ,p>aguay1 en effet1 a t g\v]n p5dant plus d'un sicle p> les ,jsuites qui y avai5t introduit une sorte de mon>*ie pat]nelle1 avec la communaut des bi5s4 ,ce rgime dans un peuple d'enfants avait eu1 p>at-il1 de trs bons rsultats4 ,il faut savoir gr aux ,jsuites1 comme le fait ,montesquieu1 d'avoir apport la *>it et l'humanit dans le g\v]nem5t des ,indi5s si atrocem5t opprims p> les ,espagnols4 ,mais il ne faut pas conclure de ce g\v]nem5t d'enfants que la communaut soit un rgime praticable et s\haitable dans un pays civilis4 ,note ,c#fi3 7p4 #aci74 ,ces sortes d'in/itutions peuv5t conv5ir dans les rpubliques4 ,on s'tonne que ,montesquieu p>le srieusem5t1 comme d'une *ose possible dans les temps mod]nes1 de la communaut des bi5s1 de la proscription de l'arg5t1 de la sp>ation d'un peuple avec les trang]s1 enf9 des monopoles du comm]ce entre les ma9s du magi/rat4 ,ce sont l des in/itutions et des lois qui1 en supposant mme qu'elles ai5t exi/ rellem5t telles qu'on les rapporte1 n'ont pu s'appliqu] qu' un tat rudim5taire de la socit4 ,elles sont d'ailleurs contraires t\te lib]t et t\t dveloppem5t de la civilisation4 ,note ,c#gj3 7p4 #aci74 ,mais dans les gr&es socits444 ,montesquieu1 aprs avoir appr\v les in/itutions dont il vi5t de p>l]1 fait ici de sages rs]ves2 mais c'e/ tort qu'il attribue la corruption l'ab&on de tels usages1 et qu'il voit dans ces usages une consqu5ce de la v]tu dans les rpubliques4 ,ce sont ces fausses ides qui1 dans la ,rvolution franaise1 ont inspir les doctr9es jacob9es1 c'e/--dire la prt5tion d'impos] p> la t]reur la v]tu et l'galit4 ,note ,c#ga3 7p4 #ada74 ,on tait donc =t emb>rass dans les rpubliques grecques4 ,montesquieu explique +nieusem5t le rle de la musique dans les rpubliques grecques4 ,au re/e ,platon donne une explication assez analogue4 ,l'ducation1 suivant lui1 compr5d deux p>ties4 ,on considre tort suivant lui la musique comme devant =m] l'me1 et la gymna/ique le corps4 ,la seule *ose importante e/ l'me4 ,la gymna/ique avait l'me p\r objet1 de mme que la musique2 mais elles la =m5t diffremm5t4 ,elles lui procur5t ces qualits contraires dont l'homme d'tat doit compos] un solide et moelleux tissu4 ,a9si que le f] s'ad\cit au feu1 le dur c\rage se plat et s'ass\plit p> l'effet de la posie1 des beaux airs1 des h>monies et des proportions4 ,la gymna/ique1 au contraire1 lui donne le s5tim5t de ses =ces1 le c\rage et l'n]gie4 7,platon1 ,rpublique1 l4 ,,iv47 ,note ,c#gb3 7p4 #adb74 ,un mode un autre444 ,voir dans ,platon l'analyse qu'il fait des diffr5ts modes musicaux4--,quelles sont les h>monies pla9tives8 ,dis-le moi1 c> tu es musici54--,c'e/ la lydi5ne mixte et l'orgue4--,et quelles sont les h>monies molles et usites dans les fe/9s8--,l'ioni5ne et la lydi5ne1 qu'on appelle h>monies l*es4--,peuv5t-elles tre de quelque utilit la gu]re8--,d'aucune2 a9si il p\rrait bi5 ne re/] que les h>monies phrygi5ne et dori5ne444 ,ces deux modes d'h>monie1 l'un n]gique1 l'autre d'un m\vem5t tranquille1 qui imit]ont les acc5ts de l'homme c\rageux et sage1 malheureux ou heureux1 voil ce qu'il faut n\s laiss]4 7,platon1 ,rpubl41 l4 ,,iii47 ,note ,c#gc3 7p4 #adc74 ,d'une raction4 ,montesquieu veut dire que le pr9cipe du g\v]nem5t ex]ce une action sur les lois du lgislateur1 et que ces lois leur t\r ex]c5t leur action sur le pr9cipe du g\v]nem5t4 ,il y a donc1 comme en mcanique1 action et raction4 ,note ,c#gd3 7p4 #adc74 ,la v]tu dans une rpublique444 ,n\s avons dit dj plusieurs fois quel s5s ,montesquieu atta*e au mot v]tu2 ce n'e/ pas la v]tu prive1 mais la v]tu publique3 ce n'e/ pas seulem5t l'am\r de la patrie2 c'e/ l'am\r de l'tat1 et de la =me du g\v]nem5t1 p> consqu5t l'am\r de la rpublique dans une rpublique4 ,seulem5t on peut se dem&] s'il n'en e/ pas de mme dans une mon>*ie1 et si un royaume o les sujets n'aim]ai5t pas la royaut p\rrait subsi/]4 ,en ,france1 s\s l'anci5 rgime1 les sujets aimai5t le roi2 et il a fallu une suite de fautes in\es p\r drac9] ce s5tim5t4 ,note ,c#ge3 7p4 #adc74 ,mo9s n\s p\vons satisfaire nos passions p>ticulires4 ,montesquieu se reprs5te t\j\rs la rpublique s\s la =me des in/itutions antiques3 lois somptuaires1 c5sure des moeurs1 frugalit impose p> la loi1 en un mot quelque *ose de semblable un c\v5t4 ,aussi dit-il3 ,p\rquoi les mo9es aim5t-ils leur ordre8 ,mais il n'en e/ pas a9si dans les rpubliques mod]nes1 dont le pr9cipe e/ la lib]t4 ,la lib]t1 bi5 lo9 de s'oppos] la satisfaction des passions1 semble au contraire la favoris]4 ,mais le pr9cipe de ,montesquieu n'en e/ que plus vid5t et plus obligatoire2 en effet1 si cette lib]t de l'individu n'e/ pas cont5ue et comp5se p> l'am\r de la patrie et des lois1 p> le respect du droit1 p> le s5tim5t de la ju/ice1 la rpublique ne peut que tomb] dans la corruption1 et devi5t une proie la tyrannie4 ,note ,c#gf3 7p4 #add74 ,l'am\r de la frugalit444 ,on voit que ,montesquieu associe t\j\rs l'ide de frugalit celle de rpublique ou du mo9s de dmocratie4 ,il n'admet que le ncessaire p\r *aque citoy51 et le sup]flu p\r l'tat2 autrem5t les ri*esses donn5t une puissance dont un citoy5 ne peut pas us] p\r lui2 elles procur5t des dlices dont il ne doit pas j\ir4 ,c'e/ une gr&e erreur de ,montesquieu de ne pas compr5dre l'galit civile et politique sans l'galit des =tunes3 c'e/ l le pr9cipe fune/e du socialisme mod]ne4 ,note ,c#gg3 7p4 #add74 ,de g5s mdiocres4 ,c'e/ encore une erreur de ,montesquieu de croire que la dmocratie ne doit aspir] qu' la mdiocrit des tal5ts et des =tunes4 ,ce s]ait un pauvre g\v]nem5t que celui qui ne p\rrait vivre que p> la mdiocrit des tal5ts4 ,quant celle des =tunes1 elle ne p\rrait tre obt5ue que p> des mesures arbitraires qui aurai5t p\r rsultat non pas une aisance mdiocre1 commune t\s1 mais une misre gnrale4 ,note ,c#gh3 7p4 #ade74 ,les lois ont tabli l'une et l'autre4 ,on voit encore que p\r ,montesquieu les lois doiv5t tablir la frugalit3 t\j\rs mme erreur4 ,de quel droit l'tat impos]ait-il *acun la mesure de ses j\issances1 en tant qu'elles ne nuis5t pas autrui8 ,montesquieu1 comme les lgislateurs antiques1 ignore entirem5t le droit de l'individu4 ,ce s]ait d'ailleurs1 dans nos socits mod]nes1 r5dre la dmocratie impossible que de l'associ] la proscription du luxe et des j\issances dlicates de la vie4 ,l'exemple de la ,suisse et des tats-,unis pr\ve bi5 que la dmocratie peut trs bi5 coexi/] avec l'9galit des =tunes4 ,note ,c#gi3 7p4 #adf74 ,p>tagr5t les t]res comme ,lycurgue4 ,c'e/ une gr&e erreur hi/orique1 d'aprs les re*]*es savantes de ,m4 ,fu/el de ,c\langes1 de croire que ,lycurgue a tabli le p>tage des t]res4 7,voir ,fu/el1 ,de la communaut ,sp>te1 ,comptes r5dus de l',acadmie des sci5ces morales1 #ahhj47 ,note ,c#hj3 7p4 #adf74 ,il faut donc que l'on rgle444 ,malgr t\te notre admiration p\r ,montesquieu1 n\s devons cep5dant faire rem>qu] combi5 t\t cela e/ erron et dang]eux4 ,a9si t\t s]ait rgl p> la loi 7bi5 ent5du dans un s5s re/rictif et prohibitif73 les dots1 les donations1 les te/am5ts et t\tes les manires de contract]2 ri5 de plus contraire au droit de proprit1 la lib]t du travail et des *anges1 enf9 t\s les pr9cipes de l'conomie politique4 ,disons1 p\r expliqu] l'erreur de ,montesquieu1 qu'il a crit ces pages avant que les gr&s conomi/es ,ad4 ,smi? et ,turgot euss5t tabli les vrais pr9cipes4 ,note ,c#ha3 7p4 #adf74 ,c'tait donc une bonne loi4 ,n\s ne re*]*]ons pas1 au po9t de vue hi/orique1 si t\tes ces lois que ,montesquieu appr\ve tai5t bonnes1 eu g>d aux in/itutions des rpubliques anci5nes4 ,n\s n\s cont5t]ons de dire que de telles lois ou des lois semblables ne sont nullem5t ncessaires dans t\tes les dmocraties2 et qu'en gnral elles sont contraires l'esprit de la dmocratie mod]ne4 ,note ,c#hb3 7p4 #adg74 ,silanus qui avait p\s sa soeur4 ,le fait e/ =t d\teux2 ,montesquieu exagre ici beauc\p la porte d'un texte de ,s5que4 ,note ,c#hc3 7p4 #adh74 ,phalz de ,*alcdo9e444 ,ari/ote dans sa ,politique1 l4 ,,ii1 *4 ,,iv1 expose et rfute le sy/me de ,phalz4 ,les bases de l'tat1 selon celui-ci1 tai5t l'galit des bi5s et l'galit d'ducation4 ,il ne suffit pas1 dit ,ari/ote1 de r5dre les =tunes gales2 il faut leur donn] de ju/es proportions3 le po9t important c'e/ de nivel] les passions bi5 plutt que les proprits444 ,et cette ducation1 que s]a-t-elle8 ,ce n'e/ ri5 que de l'avoir faite la mme p\r t\s444 ,les rvolutions naiss5t aussi bi5 de l'9galit des hommes que de l'9galit des =tunes444 ,c'e/ le sup]flu et non le ncessaire qui fait commettre les gr&s crimes4 ,on n'usurpe pas la tyrannie p\r se g>antir de l'intemprie de l'air444 ,phalz ne dit mot ni de l'organisation militaire1 ni des f9ances publiques444 ,il a tort aussi d'appel] galit de =tune1 l'gale rp>tition des t]res3 c> la =tune compr5d encore les esclaves1 les tr\peaux1 l'arg5t et t\tes les proprits que l'on appelle mobilires4 ,note ,c#hd3 7p4 #adi74 ,t\te 9galit dans la dmocratie doit tre tire de la nature de la dmocratie4 ,ri5 de plus vrai que ce pr9cipe2 il pr\ve que l'9galit n'e/ nullem5t contraire en elle-mme au pr9cipe de la dmocratie4 ,ce que la dmocratie condamne et exclut1 c'e/ l'9galit de privilge fonde p> la loi2 p> exemple1 si la loi exempte des impts c]ta9es classes de citoy5s p\r les faire port] sur les autres1 ou si elle int]dit aux uns les emplois et les grades qu'elle rs]ve aux autres4 ,mais l'9galit rsultant du libre emploi des facults individuelles1 l'9galit de mrite1 l'9galit de fonctions1 l'9galit mme des proprits rsultant du droit gal de *acun d'us] de son indu/rie sont des 9galits qui n'ont ri5 de contraire l'galit2 et c'e/ le mrite de la dmocratie de sub/itu] les 9galits naturelles aux 9galits artificielles4 ,note ,c#he3 7p4 #adi74 ,il faut qu'elles soi5t petites4 ,c'e/ t\j\rs la mme erreur4 ,la loi n'a pas faire que les p>ts soi5t petites3 elle n'a qu' assur] la lib]t de la proprit et des *anges4 ,sans d\te p> l mme1 la proprit t5d se divis] et se rduire de petites portions2 mais ce n'e/ que la consqu5ce de la lib]t4 ,en outre1 dans la dmocratie mod]ne on arrive au mme rsultat p> une autre voie3 c'e/ l'galit des p>tages dans les successions3 mais cette galit n'e/ encore que la suppression d'une 9galit artificielle1 celle du droit d'anesse4 ,c'e/ la suppression d'un privilge1 et non la violation d'un droit ou d'une lib]t4 ,note ,c#hf3 7p4 #adi74 444 lorsque la dmocratie e/ fonde sur le comm]ce4 ,montesquieu s'ap]oit t\t c\p d'une grave objection son sy/me4 ,comm5t1 dans un g\v]nem5t fond sur le comm]ce1 peut-on tablir ce rgime galitaire et frugalitaire dont il fait la base des rpubliques8 ,il rpond en disant que l'esprit de comm]ce entrane avec lui l'esprit d'conomie et de travail1 et que dans ce cas les ri*esses n'ont aucun mauvais effet4 ,mais c'e/ p> l qu'il fallait comm5c]4 ,sans d\te l'excs des exclusions et de l'9galit peut am5] la corruption et dtruire l'galit mme4 ,mais ces dsordres ne peuv5t tre combattus que p> l'ducation et p> la v]tu des citoy5s1 et non p> des lois re/rictives du travail et de la proprit4 ,note ,c#hg3 7p4 #aej74 ,le fass5t eux-mmes4 ,c'e/--dire qu'il faut dtruire les monopoles1 et surt\t les monopoles p> l'tat4 ,d'ailleurs p\rquoi dire3 les pr9cipaux citoy5s8 ,p\rquoi pas t\s1 ou du mo9s ceux qui le peuv5t8 ,note ,c#hh3 7p4 #aej74 ,divisant les =tunes mesure que le comm]ce les grossit4 ,trs bi5 s'il s'agit de la division qui rsulte de l'abolition des privilges et des monopoles2 mais non d'une division qui revi5drait un p>tage galitaire de =tunes4 ,note ,c#hi3 7p4 #aej74 ,c'e/ une trs bonne loi444 ,cette loi du p>tage gal des enfants dans la succession des p>5ts e/ dev5ue la loi fondam5tale de notre droit civil1 et e/ en effet la base d'une dmocratie4 ,cep5dant notre sy/me laisse encore s\s le nom de quotit disponible une "p libre au pre de famille4 ,on rem>que que plus les rpubliques sont dmocratiques1 plus cette "p e/ petite4 ,dans notre code1 cette "p e/ gale une "p d'enfant4 ,note ,c#ij3 7p4 #aej74 ,*acun doit l'avoir4 ,ce pr9cipe e/ dang]eux3 c> si l'tat impose *aque citoy5 l'obligation d'avoir le ncessaire1 il s'engage p> l mme lui f\rnir les moy5s de l'acqurir1 ce qui conduit t\t droit ce qu'on appelle le droit au travail1 pr9cipe qui f]ait de l'tat le p\rvoyeur univ]sel4 ,note ,c#ia3 7p4 #aej74 ,on ne peut pas t\j\rs tablir un p>tage gal4 ,montesquieu reconnat ici lui-mme que dans la dmocratie l'galit de p>tage n'e/ pas t\j\rs ncessaire ni possible3 en quoi il a raison2 mais il a tort de dire que le p>tage doit avoir alors des quival5ts4 ,les in/itutions dont il va p>l] peuv5t tre bonnes1 mais elles sont alors bonnes en elles-mmes et non comme quival5ts d'un p>tage illgitime4 ,note ,c#ib3 7p4 #aea74 ,le simulacre des dieux4 ,il e/ difficile d'admettre que les snateurs doiv5t tre les simulacres des dieux2 et il e/ d\teux qu'il en ait jamais t a9si4 ,en t\t cas1 ce s]ait un pr9cipe qui s]ait beauc\p plus propre une ari/ocratie qu' une dmocratie4 ,note ,c#ic3 7p4 #aea74 ,les in/itutions anci5nes4 ,il faut t5ir gr& compte des c\tumes anci5nes4 ,les socits viv5t de traditions4 ,les gnrations doiv5t tre s\des ensemble p> des moeurs p]si/antes et des in/itutions durables4 ,t\t cela e/ vrai2 mais il ne faut pas oubli] cep5dant que l'humanit e/ une espce mobile et *angeante1 que c'e/ l mme ce qui la di/+ue des autres espces animales4 ,elle e/ p]fectible1 et la p]fectibilit implique le *angem5t4 ,il y a donc une ju/e mesure t5ir entre la p]si/ance absolue aux anci5s usages et une dmangeaison d'innov]1 comme dit ,bossuet1 qui ne laisse ri5 mrir et fructifi]4 ,c'e/ au ,snat dans les rpubliques1 tr\v] cette mesure2 mais il faut p\r cela qu'il ne soit pas tellem5t atta* aux in/itutions anci5nes qu'il s'oppose absolum5t t\t *angem5t4 ,il e/ l'organe du progrs prvoyant et sage1 et non de l'immobilit absolue4 ,note ,c#id3 7p4 #aeb74 ,ils doiv5t tre *oisis p\r la vie4 ,on peut d\t] qu'un snat vie soit de l'ess5ce d'une dmocratie4 ,n\s avons eu p5dant quelques annes un qu>t du snat inamovible2 peut-tre tait-ce une bonne in/itution1 et aurait-on d la g>d]3 c'tait le ma9ti5 de la tradition2 mais p]sonne n'a jamais dem& que le snat t\t enti] ft inamovible2 et ce s]ait l une in/itution beauc\p plus ari/ocratique que dmocratique4 ,il e/ vrai que ,montesquieu p>le d'un snat fait p\r tre la rgle des moeurs1 et dont les membres doiv5t tre des modles p]ptuels1 conception qui p\vait avoir sa raison d'tre dans les tats antiques1 petites rpubliques qui n'tai5t qu'une ext5sion de la famille1 mais qui n'ont plus gure d'applications4 ,les snats de nos j\rs sont faits p\r prp>] les affaires4 ,note ,c#ie3 7p4 #aeb74 ,lacdmone4 ,montesquieu oublie qu'il s'agit ici des lois de la dmocratie3 or ,lacdmone tait plutt une ari/ocratie4 ,l'opposition que ,xnophon tablit ici entre ,lacdmone et ,a?nes e/ prcism5t l'opposition de l'ari/ocratie la dmocratie4 ,note ,c#if3 7p4 #aec74 ,droit de vie et de mort sur leurs enfants4 ,il e/ trange que ,montesquieu appr\ve un droit aussi exorbitant4 ,il se place trop au po9t de vue politique1 et pas assez au po9t de vue du droit naturel4 ,note ,c#ig3 7p4 #aec74 ,mais cela n'e/ pas de l'esprit de la mon>*ie4 ,on peut dire que ce n'e/ pas davantage de l'esprit d'une dmocratie claire4 ,on peut sans d\te dem&] que la majorit civile ne soit pas fixe trop tt2 mais il faut qu' un mom5t le citoy5 puisse arriv] l'mancipation et avoir la libre disposition de ses bi5s4 ,montesquieu n'oublie qu'une *ose dans son plan de la dmocratie3 c'e/ la lib]t4 ,note ,c#ih3 7p4 #aed74 ,l'esprit de modration e/ ce qu'on appelle la v]tu dans l'ari/ocratie4 ,l'esprit de modration e/ de t\s les g\v]nem5ts3 il e/ mme peut-tre plus ncessaire au g\v]nem5t dmocratique qu' t\t autre4 ,note ,c#ii3 7p4 #aed74 ,il oublie sa faiblesse4 ,un meilleur moy5 encore1 c'e/ celui qu'emploie l'ari/ocratie anglaise3 c'e/ d'ouvrir ses rangs aux citoy5s di/+us et d'avoir autant de considration p\r les n\veaux nobles qui se sont levs p> leur mrite que p\r ceux qui doiv5t leur noblesse leur naissance4 ,note ,c#ajj3 7p4 #aef74 ,il faut qu'elles soi5t un tribun elles-mmes4 ,cette p5se e/ trs belle et peut s'appliqu] dans t\s les g\v]nem5ts4 ,elle signifie que les lois doiv5t g>antir les droits des citoy5s1 sans avoir beso9 d'une in/itution spciale comme celle du tribunat4 ,note ,c#aja3 7p4 #aef74 ,ce g\v]nem5t a beso9 de ressorts viol5ts4 ,il e/ d\teux qu'une ari/ocratie raisonnable ait beso9 de ressorts aussi viol5ts que la dlation1 ou que le g\v]nem5t des inquisiteurs de ,v5ise4 ,les phores ,sp>te tai5t t\t autre *ose1 et ressemblai5t plutt des tribuns qu' des inquisiteurs4 ,note ,c#ajb3 7p4 #aeg74 ,il e/ encore bi5 difficile d'admettre cette assimilation des inquisiteurs d'tat de ,v5ise avec les c5seurs roma9s4 ,a ,v5ise1 l'inquisition tait secrte2 ,rome1 la c5sure tait publique4 ,d'ailleurs1 l'inquisition de ,v5ise tait beauc\p plus politique que morale4 ,note ,c#ajc3 7p4 #aeh74 ,il semble que le droit d'anesse soit au contraire ess5tiel aux ari/ocraties4 ,on le voit p> l'exemple de l',anglet]re4 ,il e/ vrai que l',anglet]re e/ une mon>*ie4 ,note ,c#ajd3 7p4 #aeh74 ,enf9 il ne faut po9t444 ,le pr9cipe gnral dvelopp p> ,montesquieu1 dans ce *apitre1 c'e/ que dans l'ari/ocratie le pr9cipe d'galit doit s'appliqu] aux nobles pris ensemble1 comme dans la dmocratie il s'applique t\s4 ,n\s ne savons si1 dans la pratique1 il en a t\j\rs t a9si4 ,a ,v5ise1 il y avait trois in/itutions3 la base1 le gr& conseil1 qui tait la base dmocratique de la con/itution1 et qui se composait de l'assemble gnrale des nobles2 au c5tre1 le snat1 compos de #cjj membres2 au sommet1 le conseil des ,dix2 or ces deux d]ni]s corps avai5t f9i p> annihil] le gr& conseil4 ,note ,c#aje3 ,sub/itutions 7p4 #aeh74 ,on appelle a9si1 en jurisprud5ce1 la disposition p> laquelle on appelle successivem5t deux ou plusieurs hriti]s1 p\r que celui qu'on a in/itu le premi] ne puisse pas alin] les bi5s sujets la sub/itution4 ,note ,c#ajf3 ,retrait lignag] 7p4 #aeh74 ,on appelle retrait1 en jurisprud5ce1 l'acte de retir]1 ou de repr5dre un hritage qui avait t v5du1 en en re/ituant1 bi5 ent5du1 le prix4 ,il e/ lignag]1 c'e/--dire que ce doma9e app>ti5t au lignage ou la famille qui use de ce droit4 ,note ,c#ajg3 7p4 #aei74 ,il l'aurait eu dans la tte4 ,cette op9ion de ,montesquieu sur le c>d9al de ,ri*elieu tait celle des p>lem5taires1 c'e/--dire des p>tisans des p>lem5ts1 qui euss5t v\lu limit] et tempr] le p\voir mon>*ique p> les prrogatives des corps judiciaires4 ,ce fut l'op9ion de la ,fronde1 que le c>d9al de ,retz exprime en t]mes aussi =ts que ,montesquieu3 ,il a =m1 dit-il1 en p>lant de ,ri*elieu1 dans la plus lgitime des mon>*ies1 la plus sc&aleuse et la plus dang]euse tyrannie qui ait jamais ass]vi un tat4 ,note ,c#ajh3 7p4 #aei74 ,les corps qui ont le dpt des lois444 ,il e/ vid5t1 p> ce passage et p> le suivant1 que ,montesquieu n'admettait d'autres limites au p\voir absolu des rois que celle des p>lem5ts4 ,il e/ rem>qu] que1 pas une seule fois1 il ne fait allusion aux tats gnraux qui euss5t t la vraie reprs5tation de la nation1 s'ils n'tai5t pas tombs en dsutude p> l'oubli commun de la royaut et des p>lem5ts4 ,note ,c#aji3 7p4 #afb74 ,pas de gloire4 ,ce *apitre e/ c\rt1 dit ,voltaire1 e/-il plus vrai8 ,on ne peut1 ce me semble1 refus] la magnanimit un gu]ri] ju/e1 gnreux1 clm5t1 libral4 ,je sais trois gr&s vizirs ,kiup]li qui ont eu ces qualits4 ,si celui qui prit ,c&ie assige p5dant des annes1 n'a pas encore la clbrit des hros du sige de ,troie1 il avait plus de v]tu et s]a plus e/im des vrais connaisseurs qu'un ,diomde et qu'un ,ulysse4 ,le gr& vizir ,ibrahim qui1 dans la d]nire rvolution1 s'e/ sacrifi p\r cons]v] l'empire son matre ,a*met ,,iii1 et qui a att5du g5\x la mort p5dant six heures avait1 c]tes1 de la magnanimit4 ,note ,c#aaj3 7p4 #afb74 ,voil le g\v]nem5t despotique4 ,cette brivet de *apitre e/1 il faut le dire1 une petite affectation de ,montesquieu1 p\r faire valoir le trait qu'il dco*e contre le despotisme4 ,voltaire dit que ce trait e/ un prov]be espagnol3 lagu] sans abattre4 ,cep5dant il signale encore une autre s\rce2 c'e/ un passage tir des ,lettres difiantes1 dans lequel un jsuite nomm ,m>e/ dit en p>lant des naturels de la ,l\isiane3 ,nos sauvages ne sont pas acc\tums cueillir les fruits aux arbres4 ,ils croi5t faire mieux d'abattre l'arbre mme4 ,voltaire met en d\te l'exactitude des faits3 ,il n'y a1 dit-il1 sauvage si sauvage qui ne s'ap]oive qu'un pommi] c\p ne porte plus de pommes4 ,mais le jsuite ,m>e/ a cru dire un bon mot4 ,note ,c#aaa3 7p4 #afd74 ,on a cass les gr&s corps de tr\pes4 ,dans les g\v]nem5ts despotiques1 le s\v]a9 e/ la m]ci de ses soldats4 ,aussi a-t-on vu plusieurs fois le p\voir essay] de s'affran*ir p> la de/ruction et le massacre mme des corps privilgis1 dev5us les vritables matres de l'tat4 ,c'e/ a9si que ,pi]re le ,gr&1 en ,russie1 a dtruit la milice des ,/rlitz2 le sultan ,mahm\d1 en ,turquie1 le corps des janissaires1 et en gypte1 le vice-roi ,mhmet-,ali1 le corps des ,mamel\cks4 ,note ,c#aab3 7p4 #afd74 ,c'e/ de la religion4 ,ri5 de plus vrai4 ,la plus gr&e =ce du sultan de ,con/ant9ople e/ d'tre le *ef de la religion1 le reprs5tant de ,mahomet p\r t\s les ,musulmans4 ,montesquieu1 p\r re/] fidle son pr9cipe1 dit que c'e/ une cra9te aj\te de la cra9te4 ,mais il aj\te que la religion corrige un peu la con/itution turque4 ,c'e/1 en effet1 une limite au p\voir du pr9ce1 et p> consqu5t ce g\v]nem5t ne repose pas exclusivem5t sur la cra9te4 ,*>d91 dans son ,voyage en ,p]se 7*4 ,,xi71 dit que l'autorit du gr& seigneur1 en ,turquie1 e/ bi5 mo9s absolue que celle du roi de ,p]se3 ,l'emp]eur des ,turcs1 dit-il1 ne fait m\rir aucune p]sonne considrable sans consult] le muphti ou gr& pontife de la religion4 ,celui des ,p]sans1 au contraire1 bi5 lo9 de consult] p]sonne1 ne se donne pas seulem5t le loisir de p5s]1 la plup>t du temps1 aux ordres de mort qu'il prononce4 ,note ,c#aac3 7p4 #afd74 ,montesquieu fait t\*] du doigt la /rilit du communisme4 ,l o le pr9ce e/ le seul propritaire1 il n'y a plus ni indu/rie ni agriculture1 et le rsultat s]ait le mme si1 au lieu du pr9ce1 c'tait le peuple t\t enti] qui ft propritaire4 ,*acun1 tant n\rri p> l'tat1 nglig]ait t\t travail1 mo9s d'y tre =c2 or1 le travail =c1 c'e/ l'esclavage4 ,le communisme ne peut donc repos] que sur l'esclavage4 ,il e/ vid5t que dans ce rgime1 comme dans celui dont p>le ,montesquieu1 on ne rp>]ait ri52 on ne btirait que p\r la vie4 ,la civilisation ret\rn]ait l'enfance4 ,note ,c#aad3 7p4 #aff74 trangl] ses frres4 ,ri5 de plus frqu5t que ces meurtres de famille1 et le s\v]a9 lui-mme n'e/ pas l'abri4 ,aussi1 a-t-on dit que la mon>*ie asiatique tait le p\voir absolu tempr p> l'assass9at4 ,en ,p]se1 dit ,*>d91 on fait arra*] les yeux t\s ceux qui vi5n5t du sang royal1 ou on les laisse m\rir qu& ils naiss5t1 en ne les allaitant pas4 ,note ,c#aae3 7p4 #aff74 ,*oisir son successeur4 ,c'e/ le comble du despotisme qu& le pr9ce peut *oisir lui-mme son successeur4 ,l'hrdit e/ une limite1 un fre94 ,p> l'adoption1 au contraire1 le despote rgne encore aprs sa mort4 ,note ,c#aaf3 7p4 #afg74 ,la plup>t des peuples y sont s\mis4 ,c'e/ beauc\p dire4 ,l',europe entire1 mo9s la ,russie1 t\te l',amrique1 l',au/ralie1 viv5t s\s l'empire de g\v]nem5ts temprs4 ,l',asie et l',afrique seules app>ti5n5t au despotisme4 ,ce qui e/ vrai1 c'e/ que les g\v]nem5ts libres ou seulem5t modrs sont trs difficiles fond] et ma9t5ir1 et que les peuples n'en sont pas t\j\rs capables4 ,note ,c#aag3 7p4 #afh74 ,cont9uation du mme sujet4 ,n\s avons expliqu1 dans notre ,introduction1 p\rquoi ,montesquieu s't5d avec tant de complaisance sur le despotisme4 ,c'e/ qu'il tait p]suad que la mon>*ie franaise1 p> la suppression des p\voirs int]mdiaires1 des p>lem5ts1 des communes1 des tats gnraux 7dont cep5dant il ne p>le jamais71 s'a*em9ait v]s le despotisme4 ,c'tait un p\vantail qu'il prs5tait la ,france1 p\r lui donn] le dsir d'un g\v]nem5t libre4 ,note ,c#aah3 7p4 #afh74 ,la cession de bi5s4 ,on appelle cession de bi5s la pratique en v]tu de laquelle le dbiteur se libre env]s le cranci]1 p> l'ab&on total de ce qu'il possde4 ,c'e/ une sorte de quittance4 ,note ,c#aai3 7p4 #afi74 ,le pculat e/ naturel dans les tats despotiques4 ,le pculat n'e/ autre *ose que la concussion3 c'e/ l'adm9i/rateur qui se paye lui-mme sur les fonds des adm9i/rs4 ,il e/ trange d'ent5dre dire qu'un tel vice puisse tre naturel dans un g\v]nem5t quelconque4 ,on voit que ,montesquieu se place uniquem5t au po9t de vue des faits1 sans croire ncessaire d'y ml] ni approbation ni blme4 ,mais on peut dire que cette sorte d'excuse implicite du pculat e/ au fond un blme du g\v]nem5t despotique4 ,un tel g\v]nem5t reposant sur la spoliation e/ p> l mme condamn4 ,note ,c#abj3 7p4 #afi74 ,les confiscations444 ,c'e/ l'honneur de la socit mod]ne d'avoir aboli le pr9cipe de la confiscation4 ,note ,c#aba3 7p4 #afi74 ,les acquts4 ,bi5s acquis p5dant le m>iage1 au pr(it de la communaut1 en opposition aux propres1 qui sont les bi5s p>ticuli]s de *aque p\x4 ,note ,c#abb3 7p4 #afi74 ,le vizir e/ le despote lui-mme4 ,c'e/ ce qui e/ arriv1 mme en ,france1 lorsque ,ri*elieu et ,maz>9 se sont tr\vs inve/is p> la confiance de la royaut de la puissance s\v]a9e4 ,aussi tait-ce avec raison qu' la mort de ,maz>91 ,l\is ,,xiv v\lut dcl>] qu'il ne pr5drait pas de premi] m9i/re1 et qu'il ent5dait g\v]n] p> lui-mme4 ,c'tait rev5ir l'esprit de la mon>*ie4 ,note ,c#abc3 7p4 #agb74 ,des tmoignages de cette v]tu4 ,a9si les di/9ctions purem5t honorifiques1 qui ne sont pas accompagnes d'arg5t et qui ne conduis5t pas la =tune1 n'ont donc ri5 de contraire la nature des rpubliques4 ,seulem5t1 ce que ,montesquieu dit de la gr&eur des rcomp5ses1 peut se dire de leur nombre4 ,ce s]ait un signe de corruption1 si ces tmoignages d'honneur s'avilissai5t p> leur ext5sion abusive4 ,aussi a-t-on bi5 fait de limit] p>mi n\s le nombre des dcorations honorifiques4 ,note ,c#abd3 7p4 #agc74 ,dans le g\v]nem5t rpublica94 ,cette rponse me p>at conte/able4 ,un citoy5 qui remplit de =ce une fonction1 ne peut pas bi5 la remplir4 ,ce qui e/ vrai1 c'e/ que lorsqu'un citoy5 e/ indiqu p\r un emploi 7et il ne s'agit que des plus hauts71 il se fait aut\r de lui une telle pression qu'il e/ difficile qu'il rsi/e4 ,s'il le fait1 c'e/ qu'il s5t son impuissance1 et c'e/ lui qui e/ le meilleur juge4 ,il faut aussi compt] sur l'ambition qui e/ en gnral t\j\rs prte4 ,note ,c#abe3 7p4 #agd74 ,une place infrieure celle qu'il a occupe4 ,il e/ r>e qu'on ait employ] un citoy5 dans un rang infrieur4 ,en pr9cipe1 cela n'e/ pas ju/e3 en fait1 si cela e/ utile1 c'e/ un sacrifice qu'il faut laiss] au libre arbitre de *acun3 la v]tu =ce n'e/ plus la v]tu4 ,note ,c#abf3 7p4 #agd74 ,les emplois civils et militaires4 ,il faut les unir dans les rpubliques4 ,ri5 de plus inexact2 la sp>ation du civil et du militaire e/1 au contraire1 de l'ess5ce des dmocraties4 ,le dang] de faire un tat p>ticuli] dont p>le ,montesquieu e/ bi5 mo9s gr& que celui de mettre l'adm9i/ration civile entre les ma9s de la =ce arme4 ,un tel rgime conduirait ou bi5 au g\v]nem5t militaire1 de/ructif de t\te lib]t1 ou bi5 une absorption du militaire p> le civil1 de/ruction de t\te arme4 ,sans d\te1 c'e/ en tant que citoy5 qu'on e/ soldat2 mais en tant que soldat1 on ne doit qu'obir et non comm&]4 ,note ,c#abg3 7p4 #age74 ,un tat p>ticuli] des g5s de gu]re4 ,en effet1 en ,anglet]re 7et c'e/ cet tat que ,montesquieu fait allusion71 la cra9te des armes p]man5tes e/ traditionnelle2 et ce s5tim5t a depuis pass en ,amrique2 mais cela ti5t la situation p>ticulire de ces deux tats1 l',anglet]re et les tats-,unis tant suffisamm5t protgs p> la m]1 p\r n'avoir pas beso9 de soldats4 ,mais en ,europe1 o les nations doiv5t se protg] elles-mmes1 une arme e/ ncessaire1 et si cette arme se confondait avec le g\v]nem5t1 elle s]ait t\t1 et il n'y aurait plus de lib]t4 ,la sp>ation du civil et du militaire e/ donc obligatoire l o une arme p]man5te e/ de t\te ncessit4 ,note ,c#abh3 7p4 #age74 ,mti] de famille4 ,voltaire prote/e ici avec *aleur contre cette expression3 ,la fonction div]se de r5dre la ju/ice1 de dispos] de la =tune et de la vie des hommes1 un mti] de famille6 ,de quelles raisons l'auteur s\ti5t-il une ?se si indigne de lui8444 ,une mon>*ie1 selon ,montesquieu1 n'e/ donc fonde que sur des vices8 ,mais p\rquoi la ,france e/-elle la seule mon>*ie de l'univ]s qui soit s\ille de cet opprobre de la vnalit8444 ,il et mieux valu1 dit un sage jurisconsulte1 v5dre les trsors de t\s les c\v5ts que de v5dre la ju/ice444 ,v5dre publiquem5t la ju/ice et faire jur] ce juge qu'il ne l'a po9t a*ete1 c'e/ une sottise sacrilge4 ,la vnalit des *>ges judiciaires qui avait t introduite p\r procur] de l'arg5t l'tat1 a t abolie p> la ,rvolution4 ,il ne faut pas confondre les *>ges judiciaires avec les (fices m9i/riels 7notaires1 av\s1 greffi]s1 etc471 o la vnalit1 abolie galem5t p> la ,rvolution1 a t rtablie implicitem5t en #ahaf1 p> une loi f9ancire4 ,note ,c#abi3 7p4 #agf74 ,il faut des c5seurs dans une rpublique4 ,montesquieu e/ t\j\rs plac au po9t de vue des rpubliques anci5nes1 qui n'tai5t au fond que des g\v]nem5ts de famille4 ,l'tat tait le reprs5tant et l'hriti] du pre de famille1 et avait hrit d'une p>tie de l'autorit pat]nelle4 ,mais dans nos socits mod]nes1 rpubliques ou mon>*ies1 on ne support]ait pas l'in/itution de la c5sure4 ,ce n'e/ pas dire que les lois ne doiv5t pas faire ce que faisai5t les c5seurs ,rome1 c'e/--dire df5dre les moeurs contre la corruption1 qui se glisse s\s le nom de lib]t4 ,l'impudicit publique e/ la honte des g\v]nem5ts libres4 ,dans des tats mod]nes1 c'e/ la presse qui fait la c5sure des moeurs4 ,seulem5t elle aurait bi5 s\v5t beso9 elle-mme de c5seurs4 ,note ,c#acj3 7p4 #agf74 ,on n'e/ surpris444 ,voltaire rpond encore ici ,montesquieu1 avec la vivacit de son bon s5s et de son coeur3 ,non1 je ne suis pas surpris de ces deux jugem5ts atroces2 c> je n'en crois ri5444 ,je ne crois pas que les ,a?ni5s ai5t eu l'absurdit aussi ridicule que b>b>e de tu] des hommes et des enfants p\r des mo9eaux4 ,c'e/ un jugem5t de moeurs1 dit ,montesquieu4 ,quelles moeurs6 ,quoi donc6 ,n'y a-t-il pas une duret de moeurs plus horrible tu] votre compatriote qu' tordre le c\ un mo9eau8--,l'obs]vation de ,voltaire e/ ju/e s'il s'agit de condamn] mort p\r un mo9eau3 c'e/ une pe9e disproportionne au dlit4 ,mais il n'en e/ pas mo9s vrai que l'tat a le droit de punir la cruaut env]s les animaux1 qui devi5t s\v5t la cruaut env]s les hommes4 ,c'e/ ce qu'a fait p>mi n\s avec beauc\p de raison la loi ,grammont1 qui punit les mauvais traitem5ts env]s les animaux4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,introduction ,,de ,l',,diteur #a ,,loge ,,de ,,montesquieu1 ,,p> ,d',,alemb]t #fg ,l',,esprit ,,des ,,lois ,,pr,,face #ie ,,av]tissem5t #ii ,livre ,i #ajj -- ,,ii #ajg -- ,,iii #aai -- ,,iv #acj -- ,v #adb ,,app5dice ,,extraits ,,de ,,montesquieu #agi ,,notes ,,explicatives #cjj #ahga-ib--;,,corbeil4 ,imprim]ie ,,cr,t4