by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,arago ,,et ,,sa ,,vie ,,sci5tifique ,,p> ,j4 ,,b]tr& ,,membre ,,de ,l',,in/itut ,,p>is ,j4 ,,hetzel1 ,,editeur #ah1 ,,rue ,,jacob #ahfe 99 99 99 99 99 ,m4 ,,isaac ,p,,reire ,tmoignage de gratitude p\r l'hommage p> lui r5du la ,sci5ce4 ,son ami dv\1 ,j4 ,,b]tr&4 99 99 99 99 99 ,les cimes leves de la sci5ce sont inaccessibles au gr& nombre1 mais elles ne sont pas t\j\rs ent\res de nuages1 et les savants les plus illu/res1 p>v5us au t]me de leur gloire1 peuv5t sans s'abaiss] se montr] la f\le et s'en faire ent5dre4 ,t\s ne l'ont pas t5t4 ,soit dda91 soit impuissance1 on a vu de gr&s gnies1 satisfaits d'un petit nombre de disciples1 laiss] au temps le so9 de faire fructifi] leur oeuvre et de la rp&re4 ,d'autres1 au contraire1 non mo9s gr&s et en mme temps plus huma9s1 n'oubli5t jamais que la vrit e/ un bi5 commun1 et dgageant p\r *acun ce qu'il en peut recevoir avec pr(it1 ils acquir5t1 en exposant leurs propres travaux1 l'autorit ncessaire p\r rp&re ceux des autres et p\r les jug]4 ,leur gr&e voix1 religieusem5t c\te1 meut alors p> son loqu5ce et p> le pre/ige d'un nom aim t\t ensemble1 et d'une gloire accepte de t\s4 ,tel tait ,franois ,arago4 ,n ,e/agel1 le #bf fvri] #aghf1 il apprit lire l'cole primaire de son village4 ,cette premire ducation1 complte p> quelques leons de musique1 ne rvla ni la =ce ni la prcocit de son esprit4 ,arago n'tait pas cep5dant un enfant ord9aire4 ,en #agic1 la ha9e de l'trang] le r5dait dj patriote2 l'invasion de sa prov9ce p> les ,espagnols avait fait natre en lui une vive irritation4 ,un j\r1 aprs une bataille p]due ,peire/ortes1 c9q fuy>ds espagnols trav]sai5t son village4 ,le jeune ,franois1 qui les vit arriv]1 c\rut bi5 vite s'arm] d'une lance oublie *ez lui p> un soldat1 et1 s'embusquant au co9 d'une rue1 frappa de la po9te le conducteur du peloton3 c'e/ la seule fois que la colre d',arago se soit ar*>ne sur un ennemi va9cu2 il tait alors g de sept ans4 ,le pre d',arago1 nomm trsori] de la monnaie1 alla rsid] ,p]pignan1 et le jeune ,franois dev9t lve ext]ne du collge de cette ville4 ,il tait =t assidu aux jeux des enfants de son ge1 et ses tudes en s\ffrai5t un peu4 ,la lecture des classiques franais1 qui eut t\j\rs p\r lui un irrsi/ible attrait1 ne lui causait pas de mo9dres di/ractions4 ,peu capable d'ailleurs de discipl9e1 il ngligeait dcidm5t les ?mes et les v]sions1 lorsqu'il apprit p> has>d qu'un jeune homme /udieux p\vait1 sans aucune recomm&ation1 entr] l'cole polyte*nique et y gagn] rapidem5t l'paulette4 ,se procurant aussitt le programme de l'exam51 il comm5a se prp>] seul4 ,excit bi5 plus qu'effray p> la difficult d'une telle t*e1 son esprit actif et dsireux de savoir se plongea dans les tudes sci5tifiques avec autant de plaisir que d'application et de succs4 ,ds qu'il eut atte9t l'ge rglem5taire de seize ans1 ,arago p>tit sans cra9te p\r conc\rir ,montpelli]2 mais l'exam9ateur1 tomb malade ,t\l\se1 ret\rna ,p>is sans a*ev] sa t\rne4 ,le jeune c&idat dut att5dre l'anne suivante1 et fut reu le premi]4 ,la sci5ce lui fit bi5 vite oubli] le dsir de dev5ir (fici]4 ,conseill p> ,poisson1 et affectueusem5t accueilli p> ,laplace1 il quitta l'cole avant la f9 de la seconde anne p\r dev5ir secrtaire du bureau des longitudes4 ,biot en tait membre4 ,reconnaissant la porte d'esprit et la puissance d'inv5tion de son jeune collgue1 il s'empressa de s'adjo9dre1 dans les re*]*es sur la puissance rfractive des gaz1 un collaborateur de si gr&e esprance4 ,bi5tt aprs1 et suivant le conseil de ,laplace1 il lui proposa de cont9u] en commun les travaux godsiques de ,m*a9 en ,espagne1 et de repr5dre l'entreprise int]rompue de la dt]m9ation exacte du mtre en compltant le rseau de triangles qui devait s]vir la mesure du degr t]re/re4 ,l'influ5ce de ,laplace c>ta t\tes les difficults4 ,les deux jeunes savants p>tir5t munis d'un sauf-conduit anglais p\r leurs oprations nautiques1 et accompagns d'un savant espagnol1 ,m4 ,rodrigus1 que le g\v]nem5t de ,*>les ,,iv associait leur entreprise4 ,les difficults tai5t gr&es2 leur prdcesseur1 ,m*a91 tait mort la pe9e en dsesprant du succs4 ,ils ne se proposai5t ri5 mo9s1 en effet1 que de prolong] la mridi5ne jusqu' l'le d',ivia1 qu'il fallait ratta*] au cont95t p> un triangle dont les cts dpass]ai5t qu>ante lieues3 ri5 de p>eil n'avait encore t t5t4 ,arago1 ,biot et ,rodrigus se p>tagr5t le travail4 ,l'a/ronome espagnol1 in/all sur un pic ds]t et aride1 fut *>g d'entret5ir t\tes les nuits plusieurs lampes t\j\rs allumes1 p5dant qu' qu>ante lieues de l1 ,biot et ,arago1 vivant rudem5t s\s une t5te dresse au des]tio de las ,palmas1 piai5t le brillant fanal p\r en dt]m9] la direction4 ,la c\rbure de la t]re1 dont ils avai5t calcul l'influ5ce1 ne devait pas tre un ob/acle2 mais la vue p\vait-elle s't5dre une telle di/ance8 ,la sci5ce et l'habilet n'y p\vai5t ri51 et c'tait p> consqu5t le po9t le plus inc]ta9 de leur t*e4 ,leur pati5ce p]svrante r5\vela soixante nuits de suite des essais sans rsultats2 l'entreprise semblait impossible2 avant d'y r5onc] cep5dant1 aprs deux mois de veilles et d'inquitudes1 ils fir5t une d]nire et heureuse t5tative4 ,p> une belle soire de dcembre1 l'abs5ce de la lune promettant une nuit pr(ondm5t obscure1 ils prom5r5t l5tem5t leur lunette le long de l'horizon de la m]1 jusqu' ce qu'elle r5contrt les montagnes d',ivia1 et *oisissant la plus haute1 la plus dc\v]te1 celle dont l'aspect et la =me rappelai5t davantage la /ation adopte p> ,rodrigus1 ils dirigr5t v]s elle la lunette en la ma9t5ant immobile jusqu'au mom5t o la nuit fut dev5ue t\t fait sombre2 ils reg>dr5t alors et ap]ur5t un po9t lum9eux que son immobilit seule di/+uait des toiles de sixime gr&eur4 ,la voie tait dsormais assure2 et quoiqu'il re/t encore bi5 des ob/acles vit]1 la c]titude du succs leur donna c\rage et pati5ce4 ,biot ret\rna bi5tt ,p>is rapport] les premi]s rsultats et les calcul]1 t&is que l'infatigable et ard5t ,arago re/ait ,=m5t]a1 lieu de leur d]nire /ation1 p\r recueillir les d]ni]s *iffres et recomm5c] les mesures inc]ta9es2 mais1 au milieu de ces pnibles travaux1 il dirigeait plus haut ses p5ses et mditait dj des oeuvres plus orig9ales1 s9on plus importantes et plus gr&es4 ,ne p\vant obs]v] que la nuit1 c'e/ p> l'tude des ?ories les plus difficiles qu'il se dlassait p5dant les longues heures du j\r4 ,l',optique de ,newton composait t\te sa biblio?que2 il la relisait sans cesse et1 n\rrissant son esprit p> la mditation longue et cont9ue de cette belle srie d'expri5ces1 se prp>ait excellemm5t les pr5dre p\r modles2 mais il dta*ait assez compltem5t les faits de t\te int]prtation prconue p\r p\voir1 peu de temps aprs1 adopt] la doctr9e contraire celle de ,newton sans avoir ri5 dsappr5dre4 ,les correspondances tai5t alors l5tes et difficiles4 ,arago1 t\t enti] ses travaux1 ne recevait que de bi5 r>es n\velles de sa famille et1 ne sa*ant ri5 de la situation politique1 connaissait pe9e les entreprises dont l',europe tait d*ire4 ,cep5dant l',espagne1 envahie p> nos tr\pes1 se s\levait t\t entire contre l'trang]1 et le s5tim5t populaire s'exaltait *aque j\r davantage contre t\t ce qui portait le nom de ,franais4 ,l'ho/ilit secrte qui1 s\s une app>5te c\rtoisie1 avait accueilli jusque-l ses paisibles travaux1 se *angeait en une ha9e pr(onde et de plus en plus m5aante4 ,t\rm5t1 mais non abattu p> t\s ces tr\bles1 ,arago cont9ua son travail sans se dt\rn] ni se ral5tir2 recomm5ant mme avec une gr&e lib]t d'esprit les obs]vations qui lui semblai5t d\teuses1 et pr5ant diligemm5t ses d]nires mesures1 il ne songea gagn] ,b>celone1 alors occupe p> les ,franais1 qu'aprs les avoir portes leur d]nire p]fection4 ,mais ses dm>*es tai5t surveilles4 ,p\r se drob] aux insultes1 peut-tre mme p\r sauv] sa vie1 il dut dem&] un refuge dans la prison de l'le4 ,des apprh5sions cruelles et des inquitudes bi5 fondes le p\rsuivir5t jusque dans cet asile4 ,la rage capricieuse de la populace se ranimait *aque in/ant et1 semblable un feu mal te9t1 p\vait s'enflamm] d'un mom5t l'autre et se port] aux d]ni]s excs4 ,les j\rnaux de la prov9ce annonai5t avec une b>b>e indiffr5ce la mort de trois c5ts ,franais1 immols sur la place publique de ,val5ce et livrs comme p> spectacle la pique des toradors4 ,peu de j\rs aprs1 ,arago p\vait lire la fausse n\velle de son propre supplice1 et les d]nires p>oles de l'a/ronome ,arago1 p5du comme espion de la ,france4 ,encore que le directeur de la prison ft incapable de livr] un innoc5t la populace furieuse de l'le1 il tait ds>m et sans =ce p\r la rprim]1 et la vie du prisonni] volontaire tait en gr& pril4 ,une telle situation ne p\vait se prolong]4 ,arago1 aimant mieux tre noy que p5du1 se confia quelques hommes dv\s qui1 sur une b>que demi ponte1 le conduisir5t ,alg]1 d'o il put1 quelques mois aprs1 s'emb>qu] p\r la ,france2 mais1 dans ces tri/es temps1 la m] n'tait sre p\r p]sonne3 le navire fut r5contr p> des corsaires espagnols et jug de bonne prise4 ,arago1 conduit sur la cte d',espagne1 se g>da bi5 d'av\] sa qualit de ,franais4 ,aprs avoir brav p> son sil5ce et my/ifi p> ses rponses drisoires les ridicules reprs5tants de l'autorit espagnole1 il fut s\mis aux plus mauvais traitem5ts4 ,un j\r1 des soldats arms se prs5tr5t devant le m\l9 o il tait enf]m avec ses compagnons d'in=tune4 ,t\te rsi/ance tait impossible4 ,les prisonni]s dem&r5t ce qu'on v\lait faire d'eux4 --,v\s ne le v]rez que trop tt1 rpliqua l'(fici] espagnol4 ,en analysant les s5sations pr\ves en prs5ce d'une mort qui semblait si c]ta9e et si pro*e1 je suis arriv1 dit ,arago1 me p]suad] qu'un homme qu'on conduit la mort n'e/ pas aussi malheureux qu'on l'imag9e4 ,ce qui l'm\vait le plus pr(ondm5t tait la vue des ,pyrnes1 dont il ap]cevait di/9ctem5t les pics1 et qu' ce mom5t suprme sa mre de l'autre ct de la *ane1 p\vait reg>d] paisiblem5t4 ,le btim5t captur portait heureusem5t deux lions envoys p> le dey d',alg] l'emp]eur des ,franais4 ,l'un d'eux avait pri1 et ,arago tr\va moy5 d'en in=m] le dey qui1 transport de fureur1 m5aa l',espagne de la gu]re4 ,l',espagne avait alors trop d'emb>ras p\r ne pas en vit] de n\veaux2 ordre fut donn de rel*] le btim5t et les passag]s4 ,arago tait libre enf9 et ses malheurs semblai5t t]m9s4 ,on fit voile v]s ,m>seille1 mais les v5ts contraires le rep\ssr5t au mom5t o il ap]cevait la ,france p\r le jet] le #e dcembre #ahjh1 sur la cte de ,b\gie4 ,malgr de nombreuses difficults et en bravant de gr&s dang]s1 il se r5dit p> t]re ,alg]1 o il arriva le #be dcembre #ahjh2 il ne put s'emb>qu] que six mois aprs1 le #ba ju9 #ahji1 et db>qua enf9 ,m>seille le #a;er juillet4 ,le bureau des longitudes et l',acadmie des sci5ces apprir5t avec une gr&e joie son ret\r1 que l'on n'esprait plus4 ,qui p\rrait dire les transports de sa mre8 ,arago1 dans un j\r de dnm5t et d'extrme beso91 s'tait tr\v =c de v5dre sa montre2 son pre1 peu de temps aprs1 l'avait vue entre les ma9s d'un (fici] espagnol prisonni] qui1 l'ayant a*ete d'un m>*&1 ne put donn] aucun r5seignem5t2 sa t5dresse p]due ne donna plus de bornes ses cra9tes2 et madame ,arago1 dans son inconsolable d\leur1 avait fait dire bi5 des messes p\r celui qu'elle n'esprait plus revoir2 elle en fit dire de n\velles p\r clbr] son ret\r4 ,arago1 comme on le p5se1 se r5dit t\t d'abord ,p]pignan1 mais il avait hte aussi de revoir ,p>is2 et aprs quelques j\rs donns sa famille1 il rev9t dpos] au bureau des longitudes et l',acadmie des sci5ces les obs]vations heureusem5t cons]ves au milieu des prils et des tribulations de sa longue campagne4 ,le succs d'une oeuvre si difficile1 a*et avec une si longue pati5ce p> tant de fatigues et de dang]s1 donna au nom d',arago une ju/e et prcoce clbrit2 la sci5ce avait contract env]s lui une dette qu'elle ne t>da pas acquitt]4 ,peu de mois aprs son ret\r1 l'ge de v+t-trois ans1 ,arago fut nomm membre de l',acadmie des sci5ces4 ,le clbre gomtre ,poisson1 alors g de v+t-huit ans et dj pr(esseur l'cole polyte*nique1 n'obt9t que quatre voix4 ,arago ju/ifiait surt\t1 il faut l'av\]1 cette flatteuse prfr5ce et cet honneur si prcoce p> la haute op9ion qu'il avait su inspir] de la =ce de son esprit2 il fut nomm p\r les travaux qu'on att5dait de lui1 plus encore que p\r ceux qu'il avait accomplis4 ,laplace v\lait faire aj\rn] l'lection en rs]vant la place vacante p\r /imul] l'ardeur des jeunes g5s4 ,une plaisant]ie du mdec9 ,hall triompha de son opposition4 ,v\s me rappelez1 lui dit-il1 un co*] qui atta*ait une botte de fo9 l'extrmit du timon de sa voiture2 les pauvres *evaux s'puisai5t en va9s ef=ts p\r atte9dre cette proie qui fuyait t\j\rs1 et c'tait p\r eux un trs-mauvais rgime4 ,la comp>aison p>ut ju/e et ,laplace1 se r5dant enf91 vota p\r ,arago1 qui1 sur c9quante-deux votant obt9t qu>ante-sept suffrages4 ,le jeune acadmici5 ne t>da pas ju/ifi] cette rcomp5se inespre p> de n\veaux et excell5ts travaux4 ,quoique membre du bureau des longitudes et de la section d'a/ronomie1 ses premires re*]*es sembl5t =t loignes de l'tude des a/res2 elles sont relatives l'optique1 et la "p qu'il a prise aux imm5ses progrs apports p> notre sicle cette bran*e de la sci5ce e/ un des titres les plus clatants et les mo9s conte/s d',arago4 ,comm5t se =me un rayon de lumire8 ,quelle en e/ la nature et la composition8 ,p> quel mcanisme met-il un po9t lum9eux en communication avec notre oeil8 ,ne sont-ce pas l des que/ions primordiales et irrductibles auxquelles on doit ram5] les autres sans espr] de les claircir elles-mmes1 et qui1 dpassant les bornes de l'esprit huma91 sembl5t avoir le malheureux privilge d'tre t]nelles4 ,deux ?ories bi5 diffr5tes1 recomm&es p> les gr&s noms de ,newton et de ,huygh5s1 p>tageai5t cep5dant1 au comm5cem5t de ce sicle1 les physici5s et les gomtres4 ,les corps lum9eux1 suivant ,newton1 envoi5t incessamm5t dans t\tes les directions1 et avec une vitesse imm5se1 des p>ticules qui1 en pntrant dans l'oeil1 produis5t le phnomne de la vision4 ,suivant ,huygh5s1 au contraire1 aucun corps n'e/ lum9eux p> lui-mme2 il e/ fait tel p> les vibrations de ses molcules1 et ne p]d en brillant aucune p>tie de sa sub/ance2 le m\vem5t des p>ticules branles se communique incessamm5t un fluide la/ique et subtil dont les agitations n\s apport5t la lumire1 comme celles de l'air n\s transmett5t le son4 ,les phnomnes de la rflexion et de la rfraction s'expliqu5t galem5t bi5 dans les deux ?ories1 sans1 p> consqu5t1 donn] prise aucune conclusion prcise1 et les dtails les plus m9utieux sont1 comme l'a s\v5t rpt ,arago1 la seule et vritable pi]re de t\*e p\r dgag] une ?orie exacte et df9itive des vagues et d\teuses conjectures qui lui donn5t naissance4 ,le raisonnem5t doit reproduire en quelque sorte la nature en montrant1 dans la div]sit inf9ie des effets1 les consqu5ces d'un pr9cipe unique1 et sans s'arrt] une ressemblance bau*e1 gal]1 surpass] mme la prcision des expri5ces les plus dlicates4 ,aucune preuve n'e/ inutile1 aucune ne doit tre nglige1 et le mo9dre dsaccord qui vi5t diss\dre l'h>monie peut1 p> une seule contradiction1 branl] et ru9] l'difice4 ,le succs des expri5ces les plus v>ies1 successivem5t et compltem5t prvues p> la ?orie1 e/ la seule m>que de la vrit et le fondem5t de la c]titude4 ,le nom d',arago e/ glorieusem5t ml l'hi/oire des travaux qui1 depuis le comm5cem5t du sicle1 ont donn la ?orie des ondulations cette d]nire et haute p]fection2 et son +nieuse curiosit1 en rvlant t\t d'abord des phnomnes brillants et inatt5dus1 devait f\rnir l'occasion de quelques-unes des dmon/rations les plus dcisives4 ,il n'e/ pas ncessaire d'tre physici5 p\r di/+u] trois *oses dans un rayon de lumire3 la c\leur1 l'int5sit et la direction dans laquelle il se propage4 ,deux rayons p\r lesquels ces trois lm5ts sont les mmes sont id5tiques p\r nos yeux4 ,mais1 quoique la vue soit le plus clair et le plus di/9ct de nos s5s1 les vritables yeux du sage sont1 comme dit l'cclsia/e1 dans sa tte1 et les physici5s1 en y reg>dant de plus prs1 sont p>v5us tablir1 suivant les cas1 entre ces rayons de mme app>5ce1 des diffr5ces ess5tielles4 ,supposons1 p> exemple1 que deux rayons se dirig5t p>alllem5t de haut en bas1 suivant deux directions v]ticales2 il peut se faire qu'un mme miroir1 leur tant prs5t t\s deux1 rfl*isse le premi] en teignant le second2 qu'un mme cri/al p>faitem5t transp>5t laisse pass] l'un et arrte l'autre t\t c\p1 en dev5ant p\r lui compltem5t opaque4 ,le mme cri/al et le mme miroir1 prs5ts autrem5t1 donn]ai5t des effets inv]ses et te9drai5t le premi] rayon en laissant subsi/] le second2 on peut voir1 en effet1 un mme rayon tombant sur un mme miroir1 avec lequel il fait con/amm5t le mme angle1 tre rfl*i ou te9t suivant que le plan dans lequel il devrait se rfl*ir e/ situ de telle ou telle manire4 ,le rayon v]tical dont n\s p>lons p\rra1 p> exemple1 se rfl*ir v]s l'e/ et s]a brusquem5t te9t ds qu'on *]*]a le r5voy] v]s le nord4 ,il n'a pas la mme manire d'tre p> rapport t\s les plans que l'on peut conduire p> sa direction2 il e/ pol>is suivant l'un d'entre eux1 qui e/ celui dans lequel il ne peut pas se rfl*ir1 et il se di/+ue a9si p> un c>actre propre et s+uli] de t\s ceux qui1 suivant les mmes directions1 s]ai5t pol>iss dans un autre plan ou ne le s]ai5t pas du t\t4 ,c'e/ ,malus qu'e/ due cette gr&e dc\v]te1 ap]ue dj cep5dant en p>tie p> ,huygh5s4 ,arago en avait t extrmem5t frapp1 et1 famili>is comme il l'tait avec les rsultats de l',optique de ,newton1 il fut naturellem5t conduit se dem&] quelle modification devait y apport] l'int]v5tion d'une considration si n\velle4 ,il tudia dans un premi] mmoire la coloration produite dans les lames m9ces ou aut\r du po9t de contact de deux v]res lgrem5t c\rbs1 en portant surt\t son att5tion sur la pol>isation des rayons dont on n'avait jusque-l exam9 que la c\leur4 ,arago fait connatre dans ses mmoires un gr& nombre de faits curieux et habilem5t *oisis2 mais n'en ap]cevant pas la vritable explication1 le jeune acadmici5 a la prud5ce et l'excell5t esprit de n'en propos] aucune4 la mme poque1 sur des que/ions t\tes semblables1 son confrre ,biot se montra mo9s rs]v et n'eut pas s'en applaudir4 ,le travail d',arago e/ d'ailleurs complet et df9itif sur les po9ts qu'il a abords1 et les faits les plus propres claircir le gr& problme y sont *oisis avec un tact bi5 rem>quable et exposs avec une r>e prcision4 ,le mmoire sur la pol>isation colore1 prs5t l',acadmie le #aa aot #ahaa1 conti5t des expri5ces non mo9s prcieuses p\r la ?orie qu'elles sont s+ulires et brillantes4 ,la di/9ction entre les rayons pol>iss et ceux qui ne le sont pas semblait la seule qu'il y et faire entre deux rayons de lumire blan*e4 ,arago1 dans ce n\veau mmoire1 obti5t1 p> des expri5ces simples et faciles rpt]1 des rayons dont les proprits int]mdiaires les di/+u5t et les rappro*5t la fois des uns et des autres4 ,un rayon de lumire1 pralablem5t pol>is p> l'une des m?odes antrieurem5t connues1 e/ reu sur une plaque de cri/al de ro*e taille1 cela e/ ess5tiel1 p]p5diculairem5t l'axe du cri/al4 ,en sortant de cette lame1 il ne possde plus les proprits de la lumire pol>ise1 et quelle que soit la position d'un cri/al de spa? d',isl&e qu'on lui prs5te1 il donne t\j\rs lieu deux rayons rfracts4 ,il se di/+ue cep5dant d'une manire bi5 rem>quable de la lumire ord9aire1 c> les deux images1 au lieu d'tre blan*es1 sont colores des plus vives c\leurs1 qui v>i5t avec la position du cri/al4 ,si l'une des images e/ r\ge1 l'autre e/ v]te1 et1 qu& on t\rne le prisme1 on voit les deux te9tes *ang] graduellem5t en re/ant t\j\rs complm5taires1 jusqu' ce que1 la premire dev5ant son t\r du plus beau v]t1 l'autre soit en mme temps du r\ge le plus franc4 ,les rayons pol>iss1 aprs avoir trav]s une plaque de cri/al de ro*e1 prs5t5t une autre proprit bi5 rem>quable3 en se rfl*issant s\s un angle conv5able sur un miroir de v]re1 ils acquir5t de brillantes c\leurs1 qui1 v>iables avec la position du miroir1 se succd5t dans le mme ordre que celles du spectre4 ,cette belle et brillante expri5ce ouvrait un *amp n\veau aux travaux des physici5s1 et des proprits semblables celles du cri/al de ro*e1 obt5ues sur d'autres cri/aux1 sur des liquides et mme sur des gaz1 ont conduit la ?orie si importante et si ri*e en applications de la rotation des plans de pol>isation4 ,arago lui-mme en fit t\t d'abord une belle application en con/ruisant l'+nieux in/rum5t nomm pol>iscope1 au moy5 duquel on peut con/at] dans un faisceau de lumire les mo9dres traces de pol>isation p>tielle4 ,l'int]position d'une plaque de cri/al de ro*e sur le trajet d'un rayon ord9aire ne produit1 en effet1 aucun phnomne de coloration1 et lorsque1 dans l'in/rum5t1 un rayon blanc f\rnit une image colore1 c'e/ un indice c]ta9 de pol>isation totale ou p>tielle4 ,l'utilit d'un tel c>actre e/ considrable1 et ,arago lui-mme en a fait ou indiqu de nombreuses et importantes applications1 p>mi lesquelles ses +nieuses considrations sur la nature du soleil doiv5t tre cites au premi] rang4 ,arago reconnut d'abord que la lumire qui mane s\s un angle suffisamm5t petit de la surface d'un corps solide ou d'un liquide inc&esc5t (fre des traces vid5tes de pol>isation et se dcompose dans le pol>iscope en deux faisceaux colors4 ,la lumire mise p> une sub/ance gazeuse enflamme e/ t\j\rs1 au contraire1 l'tat naturel4 ,or1 en obs]vant le soleil une poque quelconque de l'anne1 on n'ap]oit aucune coloration au pol>iscope1 et p> consqu5t ,arago reg>de la preuve comme c]ta9e1 et elle a t gnralem5t admise2 la sub/ance enflamme qui dess9e le cont\r du soleil e/ gazeuse2 la surface t\t entire l'e/ donc aussi1 puisque *acun de ses po9ts1 p> le fait de la rotation1 vi5t successivem5t se plac] sur les bords4 ,ces travaux attirr5t vivem5t l'att5tion des physici5s et placr5t le jeune ,arago au nombre des membres m95ts de l',acadmie4 ,accessible et communicatif comme il le fut t\j\rs1 il dev9t bi5 vite le conseil et le guide de t\s les jeunes physici5s4 ,un tel rle conv5ait sa gnreuse nature4 ,t\te ide gr&e et ju/e excitait ses applaudissem5ts1 et1 sans rs]ve comme sans arrire-p5se1 il s'y associait de t\t coeur4 ,l'illu/re ,fresnel1 alors +nieur des ponts et *ausses ,r5nes1 et compltem5t inconnu dans la sci5ce1 v9t aprs bi5 d'autres lui confi] les projets et le rsultat de ses rflexions solitaires1 en s'enqurant de l'orig9e et des progrs rc5ts de la ?orie des ondulations1 dont son esprit sagace press5tait le pro*a9 triomphe4 ,arago comprit immdiatem5t l't5due et la porte de ses conceptions et l'importance des premires vues qui devai5t tre le po9t de d"p de tant de travaux immortels4 ,il dev9t bi5tt le confid5t et l'ami de ,fresnel1 et lui signalant seulem5t les belles diss]tations de ,?omas ,"y sur le mme sujet1 l'enc\ragea de t\tes ses =ces suivre ses propres ides4 ,fresnel1 dans sa brillante et c\rte c>rire1 dpassa bi5 vite t\s ses mules4 ,admirateur passionn des travaux de son ami1 ,arago r$\bla p\r lui de dv\em5t et de bont4 ,aprs avoir assi/ en quelque sorte la conception de ses mmoires1 il fut *>g p> l',acadmie de les exam9]2 non cont5t de r5dre tmoignage leur exactitude1 il en proclama avec bonheur t\te l'importance4 ,il osa mme combattre l'opposition de ,laplace1 et sans se laiss] branl] p> l'autorit d'un si gr& nom1 oppos] sa prfr5ce bi5 connue p\r le sy/me de l'mission1 des raisonnem5ts dcisifs et sans rplique4 ,le rapport d',arago1 modle de m?ode et de cl>t1 ram5a les plus rcalcitrants4 ,fresnel obt9t le gr& prix de ma?matiques1 et sa ?orie1 t5ue dsormais p\r exacte et df9itive1 lui valut les applaudissem5ts de t\s les physici5s-gomtres4 ,la voix d',arago savait se faire ent5dre au del du monde acadmique2 la rputation de ,fresnel fut bi5tt1 grce lui1 gale son mrite1 et l'adm9i/ration des ponts et *ausses se hta d'appel] ,p>is un homme qui devait tre une des gloires de notre poque4 ,bi5tt aprs les portes de l',acadmie s'ouvrir5t p\r lui l'ge de tr5te-c9q ans1 et il fut nomm1 le #ab mai #ahbc1 l'unanimit des suffrages4 ,l'explication des premires et belles expri5ces d',arago tait la fois une consqu5ce des travaux de ,fresnel et l'un des fondem5ts de son difice2 les deux amis1 sur un tel sujet1 ne p\vai5t manqu] de mettre leurs ides en commun4 ,on doit leur collaboration une des expri5ces qui jett5t le plus de j\r sur le mcanisme des ondulations lum9euses4 ,?omas ,"y a fait connatre et expliqu le premi] le phnomne si trange des int]fr5ces de deux rayons prov5ant d'une mme s\rce2 lorsqu'ils se r5contr5t aprs avoir suivi des *em9s diffr5ts1 ils peuv5t1 suivant la diffr5ce de longueur des *em9s qu'ils ont p>c\rus1 s'aj\t] en accroissant mutuellem5t leur clat ou s'te9dre au contraire l'un p> l'autre en faisant natre l'obscurit au se9 mme de la lumire4 ,les conclusions de cette expri5ce1 trs-nette et trs-facile rpt]1 ne laiss5t subsi/] aucun d\te4 ,arago et ,fresnel ayant eu l'ide de pol>is] les deux rayons dans des plans diffr5ts1 ils reconnur5t non sans tonnem5t que1 quelle que soit la diffr5ce de m>*e1 la de/ruction annonce et montre p> ,?omas ,"y cesse alors compltem5t4 ,les m\vem5ts de l'!r ne p\vant plus1 dans ce cas1 se dtruire mme p>tiellem5t1 il faut en conclure1 suivant ,fresnel1 qu'ils n'ont pas lieu dans la mme direction2 l'illu/re physici5 osa mme affirm] que les vibrations qui produis5t la lumire se font p]p5diculairem5t au rayon et dans le plan mme de pol>isation4 ,arago n'admit pas immdiatem5t l'vid5ce d'une telle preuve1 mais la belle expri5ce lui app>ti5t1 et c'e/ assez p\r que son nom1 atta* celui de ,fresnel1 p>tage jamais sa gloire4 ,la pile de ,volta1 dc\v]te au comm5cem5t de ce sicle1 avait excit la vive et lgitime admiration de t\s les hommes de sci5ce4 ,mais1 aprs les beaux travaux de ,davy1 de ,gay-,lussac et de ,?n>d1 elle semblait appele p]fectionn] la *imie plus encore que la physique4 ,une heureuse obs]vation v9t ram5] l'esprit des physici5s v]s ces gr&s et my/rieux phnomnes4 ,o]/$ montra1 en #ahbj1 qu'un c\rant lectrique attire ou rep\sse une aiguille aimante avec une n]gie dont les lois =t complexes p>ur5t d'abord enveloppes de difficults impntrables4 ,leur re*]*e tait un beau problme qui s'imposait aux physici5s2 beauc\p se mir5t l'oeuvre1 ,ampre seul atteignit le b4 ,aprs s'tre plac cot d',o]/$ p> la dc\v]te d'un fait n\veau et important1 celui de l'action mutuelle des c\rants1 son r>e et admirable gnie1 s\t5u et guid p> une sci5ce pr(onde1 sut en faire une oeuvre d'une t\t autre excell5ce et remont] jusqu'au pr9cipe en assignant la loi lm5taire de ces actions complexes1 p\r r$esc5dre ensuite aux consqu5ces les plus m9utieuses et les plus prcises4 ,la ?orie des aimants se tr\va ratta*e elle-mme celle des c\rants p> des vues si plausibles et si belles que1 sans tre susceptibles de preuves rig\reuses et prcises1 elles entran5t1 malgr leur h>diesse1 une irrsi/ible conviction4 ,le mmoire d',ampre e/ l'une des plus admirables productions de la sci5ce mod]ne1 et le fondem5t de l'difice le plus va/e et le plus a*ev peut-tre que la philosophie naturelle ait produit depuis ,newton4 ,t\te oeuvre gr&e et belle avait p\r ,arago un *>me irrsi/ible1 et aucun s5tim5t d'envie n'effleura jamais sa gr&e me2 il leva la voix sans hsit] p\r signal] et vant] cette n\velle s\rce de dc\v]tes et de travaux1 et t\j\rs prt s]vir la sci5ce1 prta la ma9 ,ampre comme il l'avait fait ,fresnel1 en se montrant cette fois encore ami dv\1 admirateur judicieux et s9cre1 +nieux et utile collaborateur4 ,sa r>e habilet d'exprim5tateur1 la sagacit +nieuse de son esprit et la vivacit de son imag9ation fur5t mises sans rs]ve et sans arrire-p5se au s]vice de la ?orie n\velle4 ,c'e/ ,arago que l'on doit l'aimantation p> les c\rants1 orig9e premire de la tlgraphie lectrique1 et la dc\v]te si curieuse et si inatt5due du magntisme en m\vem5t4 ,ces deux belles dc\v]tes sont dues lui seul1 sans qu',ampre y ait rclam aucune "p4 ,le f]1 le nickel et le cobalt sont les seuls mtaux qui agiss5t s5siblem5t sur l'aiguille aimante4 ,t\t autre mtal1 le cuivre1 p> exemple1 ne la dvie pas d'une manire s5sible4 ,les con/ructeurs de b\ssoles croyai5t donc1 avec gr&e app>5ce de raison1 p\voir =m] avec du cuivre la bote d'un tel in/rum5t4 ,cep5dant une b\ssole bote de cuivre1 livre ,arago p> un habile con/ructeur1 ne rpondait pas ses esprances4 ,malgr la p]fection de sa monture1 elle se montrait extrmem5t peu mobile1 sans que les yeux ex]cs et pntrants d',arago y puss5t dc\vrir le mo9dre dfaut4 ,il entreprit m?odiquem5t une srie d'preuves1 et comme beauc\p d'autres obs]vateurs att5tifs1 il tr\va bi5tt ce qu'il ne *]*ait pas4 ,une importante dc\v]te rcomp5sa son active et pati5te curiosit4 ,l'aiguille1 qui dans la bote de cuivre semblait ne se m\voir qu'avec difficult1 r$ev5ait dlicate et s5sible lorsque1 sans *ang] la monture1 on la plaait sur une table de bois1 et r$ev5ait de n\veau p>esseuse en r5trant dans son enveloppe de cuivre4 ,il faut donc bi5 croire que le cuivre agit sur l'aiguille aimante en m\vem5t4 ,arago n'hsita pas l'admettre et en conclure qu'un disque de cuivre en m\vem5t doit1 p> une consqu5ce ncessaire1 agir sur l'aiguille en repos4 ,cette ass]tion s+ulire et h>die1 aussitt confirme p> l'expri5ce1 crait une n\velle bran*e de la physique1 et la rvlation de ce n\veau et gr& secret de la nature posait le fondem5t des beaux travaux de ,f>aday sur l'induction4 ,p5dant que ces belles dc\v]tes1 admires de l',europe savante1 en faisai5t ju/em5t att5dre de plus gr&es encore1 le brillant acadmici51 l'exprim5tateur fcond et +nieux1 laissait p>atre un n\veau tal5t qui1 *ez lui1 n'tonna p]sonne4 ,arago tait un incomp>able pr(esseur1 et les succs clatants de son enseignem5t en fir5t bi5tt1 aux yeux des g5s du monde1 le reprs5tant vritable et comme le gr& prtre de la sci5ce4 l'cole polyte*nique1 ,arago avait pr(ess t\r t\r la gomtrie1 la ?orie des ma*9es1 l'a/ronomie et la physique1 en s'a/reignant sans s*]esse et sans va9e subtilit1 la savante et solide rigueur que le jeune auditoire peut support] et qu'il att5d de ses matres4 ,le c\rs d'a/ronomie pr(ess l',obs]vatoire au nom du bureau des longitudes1 dem&ait des qualits bi5 diffr5tes4 ,au lieu d'appr(ondir1 il fallait effleur]4 ,l'entre tait libre2 et si le public1 quoi qu'en ait dit ,voltaire1 mrite t\j\rs d'tre in/ruit1 il r5d s\v5t la t*e difficile ceux qui os5t l'entrepr5dre3 les auditeurs1 p\r la plup>t incapables d'une tude l5te et pr(onde1 v\lai5t sans fatigue et sans ennui occup] leurs loisirs p5dant une heure ou deux4 ,il fallait leur mesur] en quelque sorte la vrit1 sans exig] d'eux un temps qu'ils ne p\vai5t donn] et une pati5ce qui leur et bi5 vite *app4 ,l'esprit flexible d',arago1 galem5t capable de desc5dre et de s'lev]1 savait clair] les auditeurs les mo9s prp>s sans cess] de satisfaire les plus doctes4 ,c'e/ en se faisant t\j\rs compr5dre qu'il se faisait t\j\rs admir]1 et son enseignem5t1 net et lum9eux sans tre dogmatique1 en habituant les g5s du monde aux gr&es ides sci5tifiques1 a puissamm5t contribu leur imprim] le gt des vrits ab/raites et srieuses4 ,sa p>ole pntrante et anime1 tr\vait p\r les prs5t] des traits si naturels et si vifs1 les montrait s\s un j\r si lum9eux1 proposait si nettem5t et si di/9ctem5t les po9ts ess5tiels et fondam5taux1 qu'on les voyait en quelque sorte sa voix dev5ir intelligibles et s5sibles t\s2 vitant avec so9 les locutions trop te*niques qui aurai5t pu caus] quelque emb>ras1 il se g>dait surt\t de faire natre les difficults p> un trop gr& so9 de les prv5ir2 montrant cep5dant1 avec autant de fran*ise que de nettet1 le po9t dlicat et le noeud de la "q1 il savait excit] la curiosit de ses auditeurs p> la v]ve de son langage et l'n]gie croissante de ses expressions4 ,sa p>ole1 dont il aurait cra9t d'affaiblir la vigueur p> une trop scrupuleuse correction1 s'lanait1 irrgulire p>fois1 mais t\j\rs ri*e1 facile et imptueuse1 et1 comme irrite p> un ob/acle1 affirmait les gr&es vrits de la sci5ce avec tant de =ce1 les en*anait avec tant d'ordre2 r$\blant incessam5t ses ef=ts1 joignait avec tant de prcision et d'abondance les affirmations les plus pressantes aux images les plus vives et aux comp>aisons les plus p]suasives2 montrait une motion si visible et si vraie2 rassemblait tant de lumire aut\r des rgions pr(ondes et inaccessibles1 que l'auditoire bl\i1 tonn1 entran1 captiv1 et enlev lui-mme p> une sorte de viol5ce1 croyait1 p\r quelques in/ants au mo9s1 en avoir acquis l'intellig5ce et la claire vue4 ,l'impression tait produite sur t\s1 aussi durable que =te4 ,cette exposition1 sup]ficielle en app>5ce1 jetait de pr(ondes rac9es1 et ceux qui p\vai5t all] plus avant y puisai5t la fois la confiance et l'ardeur4 ,les prcieuses notices dont ,arago a enri*i l',annuaire du bureau des longitudes atteignai5t le mme b et faisai5t la sci5ce facile et agrable t\s en la laissant exacte et pr(onde4 ,arago y rvle un mrite t\t n\veau3 au gr& physici51 au pr(esseur m95t1 vi5t se jo9dre un hi/ori5 sci5tifique du premi] ordre4 ,il n'e/ pas croyable avec quelle pati5ce il re*]*e les docum5ts les plus ca*s1 avec quelle bonne foi et quelle loyaut sagace il les apprcie et sait dbr\ill] les que/ions les plus enveloppes4 ,lorsque ses conclusions sont arrtes1 sa conviction pr(onde ju/ifie sur les que/ions controv]ses la vigueur de sa polmique4 99 99 99 99 99 ,de #ahab #ahde1 ,arago a compos plus de v+t notices1 de/9es1 la plup>t1 l',annuaire du bureau des longitudes3 la ?orie et l'hi/oire des ma*9es vapeur1 la ?orie du tonn]re1 la con/itution physique du soleil1 la sc9tillation des toiles1 les puits artsi5s1 ont t t\r t\r le sujet de ses re*]*es appr(ondies et de ses lum9euses explications4 ,dans ces crits1 qui s]ont immortels1 le seul b d',arago e/ d'in/ruire4 ,ce ne sont pas des mmoires qu'il compose1 et peu lui importe d'expos] ses propres dc\v]tes4 ,ne *]*ant que la vrit1 il la recueille p>t\t o il la tr\ve2 il se l'assimile p\r l'lucid]1 en la db>rassant de t\t *afaudage te*nique1 et l'expose aux yeux de t\s en l'clairant des lumires de son esprit4 ,mais sans *]*] l'orig9alit1 bi5 s\v5t encore ,arago la r5contre1 et des ap]u +nieux et n\veaux se prs5t5t comme d'eux-mmes s\s la plume4 ,il e/ inutile de cit] ces crits1 dignes de dev5ir classiques3 t\t le monde les a lus ou doit les lire1 et je n'aurais pas la h>diesse d'en esquiss] ici l'analyse4 ,lorsqu'en #ahbi la mort de ,f\ri] laissa vacante la place de secrtaire p]ptuel p\r les sci5ces ma?matiques1 l',acadmie des sci5ces1 d'accord avec l'op9ion publique1 pressa ,arago de l'accept]4 ,il runissait en effet la facile et vive intellig5ce des travaux les plus div]s1 au jugem5t prompt et assur si ncessaire dans un tel emploi4 ,lui seul hsita quelque temps1 mais tr5te-neuf suffrages obt5us sur qu>ante-quatre votants le rassurr5t et va9quir5t sa rsi/ance4 ,arago quitta aussitt la place de pr(esseur l'cole polyte*nique4 ,ni les in/ances flatteuses du m9i/re de la gu]re1 ni celles des membres les plus m95ts de l',acadmie n'branlr5t sa rsolution4 ,p5dant v+t-deux ans1 et malgr d'autres fonctions srieusem5t et activem5t remplies1 l',acadmie a tr\v en ,arago un lucide et infatigable int]prte1 en mme temps qu'un guide sr et ds9tress dans les voies les plus hautes et les plus droites4 ,le succs de son enseignem5t public r5aissait *aque sema9e dans la lecture et le dnombrem5t exact des travaux adresss l',acadmie4 ,t\t tait exam91 analys1 discut avec autant de sci5ce et de srieuse att5tion que de vivacit et d'clat4 ,dans l'abondance et la div]sit de ces pices1 sa p]spicacit savait disc]n] les faits inutiles et les rflexions vagues et sup]ficielles1 en s'atta*ant avec une prompte sagacit cons]v] les rsultats1 les docum5ts et les phrases mme dignes d'intress] l',acadmie4 ,son intellig5ce1 t\j\rs prte et capable d'clair] p> elle-mme1 savait galem5t rfl*ir une lumire emprunte et se montr] l'occasion des mo9dres travaux4 ,ju/e et bi5veillant p\r t\s1 sans p>tialit et sans acception de p]sonne1 sa p>ole h>die et colore peignait gr&s traits les ides d'autrui1 et dans le dtail des occasions les plus communes1 on retr\vait l'esprit subtil et p]ant1 le coeur libral et gnreux qui avait su apprci] si vite et exalt] si haut les travaux1 les dc\v]tes et les brillantes conceptions de ,fresnel et d',ampre4 ,ap]cevant s\v5t bi5 des ta*es1 sans y arrt] son att5tion1 il aimait dc\vrir les mrites envelopps et ca*s s\s une rdaction incomplte ou maladroite1 p\r leur prt]1 avec sa vive intellig5ce des que/ions les plus obscures1 la lumire1 l'autorit et la =ce de sa p>ole4 ,ses comptes r5dus1 considrs comme de vritables jugem5ts1 tai5t une prcieuse rcomp5se p\r les savants srieux qu'il savait anim] et s\t5ir1 mme en les r$ressant1 sans les dc\rag] jamais4 ,ami dv\ et protecteur libral du plus gr& nombre1 adv]saire loyal de quelques-uns1 il ne f]mait les yeux aucune lumire2 reg>dant *aque belle dc\v]te avec une gale complaisance1 t\te ide brillante et n\velle dev5ait1 quel qu'en ft l'auteur1 l'objet de son tude et de son admiration2 oubliant t\t alors et docile aux seules impressions de la vrit1 son motion lui inspirait des acc5ts que la complaisance ne saurait imit] et dont les inimitis les plus ard5tes n'arrtr5t jamais l'explosion4 ,arago1 dans ces circon/ances1 avait d'autant plus de mrite que1 p> nature trs-s5sible aux critiques1 il s\ffrait avec impati5ce les mo9dres attaques et savait r5dre sa colre r$\table ceux qui osai5t l'excit]4 ,lorsque1 mu p> une ins9uation blessante ou p> une contradiction importune1 il t\rnait son att5tion contre un adv]saire1 s'il le tr\vait sans compt5ce ou sans autorit1 il ne craignait ni de le dire ni de le pr\v]1 dans les t]mes les plus =ts et les plus catgoriques4 ,une consci5ce sci5tifique devait tre bi5 irrprh5sible p\r affront] sans imprud5ce son reg>d sr et pntrant et son habilet faire t\*] du doigt les erreurs1 en les montrant d'autant mo9s excusables qu'il les r5dait plus vid5tes4 ,plus d'un sont re/s /igmatiss devant l'op9ion p> le t\r n]gique de ses jugem5ts1 svres1 piquants1 am]s1 disc\rtois mme1 qu& la colre s'en mle1 et p\rtant sans appel4 ,la plus cruelle et la mieux russie de ces reprsailles auxquelles ,arago se laissait p>fois emport]1 e/ la lettre adresse ,m4 de ,humboldt sur un savant dont les attaques l'avai5t heurt1 et qui1 aprs avoir bi5 mrit de la sci5ce p> de longs et pati5ts travaux1 avait os abord]1 dans un trait d'a/ronomie et de mcanique cle/e1 des que/ions difficiles et v>ies sans les avoir peut-tre suffisamm5t appr(ondies4 ,l'impitoyable ,arago1 svre jusqu' la m9utie1 saisit cet avantage en signalant et dmontrant *aque erreur avec une v]ve crasante et une irrfutable prcision4 ,en p>c\rant1 dit-il1 le premi] *apitre du ,prcis d',a/ronomie de ,m4 ,x4441 je faisais une corne *aque feuillet o je voyais plusieurs grosses erreurs4 ,ne voil-t-il pas que t\s les feuillets sans exception ont deux cornes1 une p\r le v]so1 l'autre p\r le recto4 ,il faut donc que je m'arrte1 sauf repr5dre cet 9puisable sujet si les circon/ances l'exig5t4 ,et dans un autre passage1 p> une saillie non mo9s injurieuse que spirituelle1 aprs avoir relev une erreur grave que1 dit-il1 nos lves des coles primaires ne commettrai5t plus auj\rd'hui1 il aj\te malicieusem5t en note3 ,la ville de ,p>is vi5t de fond] une excell5te cole suprieure dirige p> ,m4 ,g\baux3 on y e/ reu t\t ge4 ,*aque lundi1 ,arago se r5dait l',in/itut plusieurs heures avant la sance p\r ent5dre1 sur les po9ts re/s obscurs1 les auteurs des mmoires qu'il devait analys]4 ,presque t\s pr(itai5t avec empressem5t du libre accs qu'il leur accordait4 ,il les recevait avec une aimable et familire simplicit4 ,ri5 de plus prv5ant que ses manires1 de plus affable que son accueil4 ,sans roideur et sans gravit inutile1 il savait c\t] avant de rpondre1 s'accommodant t\s les esprits et p>lant *acun son langage4 ,il disait sans hsit] sa premire et presque t\j\rs droite impression1 en s'appuyant sur de solides et judicieuses rem>ques4 ,t\j\rs prt trait] fond les que/ions les plus dlicates1 il satisfaisait dans le mom5t mme t\tes les difficults1 et sans *]*] tal] sa sci5ce ou mettre les g5s l'troit en les rangeant s\s sa dp5dance1 il laissait *acun m>*] dans sa voie1 en dirigeant p> quelques avis succ9cts1 mais trs-importants1 les pas inc]ta9s ou inexprim5ts4 ,l',acadmie1 qu'il animait p> son influ5ce1 ne se lassait pas de l'ent5dre4 ,lorsque1 aprs ses brillantes expositions de *aque sema9e1 il cons5tait se *>g] d'un rapport crit et (ficiel1 c'tait la fois un honneur p\r le savant qui en tait l'objet et une joie p\r l',acadmie4 ,nos comptes r5dus conti5n5t de lui des rapports qui sont des *efs-d'oeuvre et des modles4 ,les que/ions sur lesquelles il aimait s't5dre tai5t surt\t celles qui t\*5t la mtorologie et la physique du globe4 ,les in/ructions rdiges p> lui p\r les voyageurs et les rapports sur le rsultat de leurs missions =m5t un des volumes les plus intressants de ses oeuvres4 ,la prface place en tte de ses travaux div]s montre assez bi51 avec ses qualits et ses dfauts1 le ton qui lui tait trs-habituel1 et le g5re des t\rs +nieux qu'il a s\v5t employs4 ,j'ai lu quelque "p que c]ta9 p]sonnage se lam5tait un j\r devant d',alemb]t de ce que l',encyclopdie avait acquis une si va/e t5due4 ,v\s auriez t bi5 plus pla9dre1 rep>tit le philosophe1 si n\s avions rdig une ,encyclopdie ngative 7une ,encyclopdie cont5ant la simple indication des *oses que n\s ignorons72 dans ce cas1 c5t volumes 9-folio n'aurai5t c]ta9em5t pas suffi4 ,la rponse1 je l'av\]ai1 m'avait p>u jusqu'ici plus piquante que ju/e4 ,les progrs des connaissances huma9es n\s montr5t1 *aque j\r1 il e/ vrai1 combi5 nos prdcesseurs tai5t ignorants1 combi5 notre t\r n\s le p>atrons ceux qui doiv5t n\s remplac]2 mais la plup>t des gr&es dc\v]tes arriv5t spontanm5t1 sans qu'il ait t donn p]sonne de les prvoir1 de les s\ponn]4 ,a9si1 p\r cit] seulem5t trois ou quatre exemples1 l',encyclopdie ngative de d',alemb]t n'aurait pas mme r5f]m l'allusion la plus loigne cette bran*e de la physique mod]ne dj si importante1 si dveloppe1 si fconde1 qui e/ connue auj\rd'hui s\s le nom de galvanisme ou plus conv5ablem5t encore s\s celui d'lectricit voltaque4 ,a9si ce monde de phnomnes1 auxquels la pol>isation de la lumire donne naissance1 qu& on l'envisage dans ses rapports avec la rflexion1 avec la rfraction ord9aire et avec l'action des lames cri/allises1 n'y s]ait pas seulem5t indiqu2 a9si cette ?orie des int]fr5ces lum9euses1 o l'tranget des rsultats le dispute leur v>it inf9ie1 n'y aurait pas occup une seule ligne1 etc4 ,av\ons-le cep5dant2 ct des gr&es et r>es dc\v]tes qui1 de temps autre1 vi5n5t t\t c\p1 ou du mo9s sans prp>ation visible1 r5\vel] c]ta9es faces des sci5ces1 il y a des que/ions importantes1 bi5 df9ies1 bi5 c>actrises et qu'on peut avec confiance recomm&] aux obs]vateurs4 ,la rputation et la popul>it de l'loqu5t secrtaire s'accrur5t encore p> la lecture sol5nelle des biographies auxquelles il refusa t\j\rs le nom d'loges1 qui rpugnait sa droiture4 ,lo9 de se faire le pangyri/e aveugle des hommes m95ts dont il avait racont] l'hi/oire1 ,arago ne s'a/reignait qu' dire s9crem5t la vrit sans exagration et sans dguisem5t4 ,la mesure des l\anges qu'il accorde e/ celle de son admiration1 et t\s ses jugem5ts sans exception sont =tem5t et consci5cieusem5t motivs4 ,la premire de ces notices fut consacre son illu/re collaborateur et ami bi5 regrett ,fresnel4 ,l'illu/re physici51 dans sa c\rte c>rire1 n'avait vcu que p\r la sci5ce1 et sa biographie e/ une des plus svres et la plus sci5tifique sans contr$it qu',arago ait prononce4 ,jamais que/ions plus hautes et plus dlicates n'ont t prs5tes plus di/9ctem5t et traites d'une manire plus savante et plus claire4 ,l'intellig5ce de raisonnem5ts si n\veaux et si subtils1 qui semble impossible des esprits non prp>s1 devi5t simple et facile1 au contraire1 la lecture de ces pages brillantes et solides4 ,l'motion tait plus pr(onde et l'effet produit bi5 plus gr& encore1 lorsqu' l'intrt sci5tifique1 rehauss p> l'lvation des p5ses et des s5tim5ts1 ,arago aj\tait le *>me d'une admirable et m\vante diction4 ,il avait t\s les tal5ts et les qualits extrieures d'un gr& orateur4 ,sa mle physionomie1 sa m9e releve1 son air d'autorit1 ses yeux alti]s1 sa tte admirablem5t belle et brillante d'intellig5ce exprimai5t1 avec une gale n]gie1 l'am\r du beau et du bi51 l'indignation contre le mal et la maje/ intrieure d'une irrpro*able consci5ce4 ,sa voix tait vibrante1 son ge/e1 spontan et imprieux1 comm&ait l'att5tion et accroissait encore la cl>t de sa p>ole1 qui1 simple et leve t\r t\r1 re/ait t\j\rs lum9euse et colore4 ,arago1 ds la premire preuve se plaa p>mi les plus gr&s matres du g5re2 il obt9t en mme temps un succs d'une autre nature1 qu'il n'avait pas *]* cette fois et qu'il n'att5dait pas4 ,la sance avait lieu le #bf juillet #ahcj4 ,arago v5ait de lire dans le ,moniteur les ordonnances qui fir5t clat] la rvolution2 il comprit l'in/ant les consqu5ces d'un tel acte1 et1 les considrant comme un malheur national1 il avait rsolu de ne pr5dre aucune "p la sol5nit p\r laquelle le public tait convoqu1 il se proposait d'annonc] sa rsolution dans ces lignes1 qu'il communiqua quelques confrres3 ,si v\s avez lu le ,moniteur1 vos p5ses doiv5t sans d\te tre empre9tes d'une pr(onde tri/esse1 et v\s ne devez pas tre tonns que moi-mme je n'aie pas assez de tranquillit d'esprit p\r v\loir pr5dre "p cette crmonie4 ,mais des difficults s'levr5t de t\tes p>ts2 la suite d'un tel clat1 l',in/itut1 lui disait-on1 p\vait tre supprim2 avait-il le droit de provoqu] une telle cata/rophe8 ,il cda aux in/ances de ses confrres1 mais sans cons5tir supprim] une ligne de l'loge qui1 la veille1 avait p>u irrpro*able et qui1 dans t\te autre circon/ance1 devait l'tre aux yeux des plus intolrants4 ,fresnel1 disait-il en racontant la jeunesse de son ami1 s'associa vivem5t aux esprances que le ret\r des ,b\rbons faisait natre en #ahad4 ,la *>te excute sans arrire-p5se lui p>aissait r5f]m] t\s les g]mes d'une sage lib]t4 ,et plus lo91 l'occasion d'une place refuse ,fresnel1 qui s'tait montr trop indp5dant dans ses op9ions3 ,lorsqu'un m9i/re se croit1 disait-il1 oblig dem&] un exam9ateur en matire de sci5ces1 non des preuves d'incorruptibilit et de savoir1 mais l'assurance que1 s'il dev5ait dput1 il n'irait pas s'asseoir ct de ,camille ,jordan1 un bon citoy5 p\vait cra9dre que notre av5ir ne ft pas exempt d'orages4 ,l'int5tion et la porte des frntiques applaudissem5ts qui accueillir5t ces passages ne p\vai5t *app] p]sonne4 ,dieu veuille1 dit le duc de ,raguse au jeune secrtaire p]ptuel1 que je n'aie pas dema9 all] *]*] de vos n\velles ,v9c5nes6 ,m>mont1 le l5dema91 avait bi5 autre *ose faire1 et1 trois j\rs aprs1 la rvolution appelait au p\voir des amis intimes et dv\s d',arago4 ,il tait connu et aim du n\veau roi4 ,p\r obt5ir les plus hautes faveurs et s'lev] aux premi]s honneurs1 il lui et suffi de ne pas s'y refus]2 mais ,arago ne dsirait que la pure gloire de savant4 ,le titre d'acadmici5 avait t sa seule ambition2 il aurait aim n'en pas accept] d'autres4 ,dsireux cep5dant d'tre utile1 il sollicita et obt9t bi5 aism5t les fonctions gratuites de dput des ,pyrnes-,ori5tales et de conseill] municipal de la ville de ,p>is4 ,je n'ai pas racont] le rle important qu'il a j\ dans cette n\velle c>rire4 ,l'esprit d',arago tait de ceux qui peuv5t brill] dans les assembles les plus div]ses4 ,il retr\va plus d'une fois la tribune les applaudissem5ts *aleureux qui suivai5t p>t\t sa voix4 ,son opposition1 s\v5t trs-vive1 fut t\j\rs loyale1 et ses adv]saires1 en r$\tant l'clat de sa p>ole et l'autorit de son nom1 ont t\j\rs honor en lui le ds9tressem5t le plus absolu et la plus incorruptible droiture4 99 99 99 99 99 ,en entrant dans ce n\veau monde1 ,arago reg>da d'abord en obs]vateur curieux ce m\vem5t1 cet empressem5t1 cet orgueil1 ces vanits1 ces bassesses et ces passions qui1 gr&issant sans cesse1 font t\t oubli]1 jusqu'au bi5 public qui les a fait natre4 99 99 99 99 99 ,le rle de spectateur ne p\vait conv5ir longtemps sa nature ard5te4 ,arago se mla activem5t de t\tes les affaires publiques2 ce breuvage *>m qui enivre les plus sobres lui dev9t bi5tt ncessaire1 et1 malgr bi5 des dgts1 il n'y v\lut plus r5onc]4 ,la faveur populaire fut p\r lui sans incon/ance2 mais1 en cdant ces sductions et en se laissant conduire cet attrait1 il ne p]mettait pas son esprit de s'y atta*] t\t enti]4 ,il savait au beso9 s'en dpr5dre et s'lev] au-dessus de ces intrts passag]s1 en prodiguant de t\s cts son travail sans en tre jamais accabl4 ,les brillantes qualits de son esprit ne donnai5t l'exclusion aucun g5re de mrite4 ,libre des empressem5ts et des songes inquiets de l'ambition1 quel que ft le tumulte et l'emb>ras des affaires1 ses devoirs de dput ne lui fir5t jamais nglig] ceux de secrtaire p]ptuel4 ,son activit suffisait t\t1 et la multiplicit des travaux obligatoires ne p\vait mme te9dre le feu naturel de son esprit inv5tif4 ,il tr\vait moy5 de mnag] le temps ncessaire p\r suivre d'importantes expri5ces4 ,la puissance d'inv5teur tait re/e *ez lui abondante et =te comme aux j\rs de sa jeunesse4 ,son esprit actif et fcond =mait d'admirables projets d'expri5ce2 de gr&es dc\v]tes tai5t entrevues p\r tre non pas ab&onnes1 mais diffres4 ,n'ayant jamais connu ni la fatigue ni l'insuccs1 il croyait la ralisation pro*a9e de ces travaux et se plaisait la prp>]1 jusqu'au j\r o ses =ces abattues lui fir5t compr5dre qu'il n'en p\rrait plus support] la fatigue1 et que l'tat de sa vue1 en y apportant un d]ni] et irrmdiable emp*em5t1 ne p]mettait plus au savant d'oubli] dans le travail les *agr9s et les dceptions de l'homme politique4 ,la conduite d',arago fut alors1 comme dans t\tes les circon/ances de sa vie1 aussi simple que droite et gnreuse4 ,v]s le milieu de #ahch1 l'occasion d'une c&idature1 en faisant valoir avec son ardeur habituelle les titres m95ts de l'illu/re physici5 anglais ,:eat/one1 il avait insi/ sur l'orig9alit et l'importance de l'+nieux app>eil au moy5 duquel1 l'aide d'un miroir t\rnant1 on peut dt]m9] la vitesse de l'lectricit4 ,le miroir de ,m4 ,:eat/one faisait huit c5ts t\rs p> seconde2 en lui faisant rfl*ir trois t9celles excites en trois po9ts diffr5ts d'un long circuit repli sur lui-mme1 leurs images dans ce miroir devai5t =m] la mme figure que leurs positions vritables1 ou une figure t\te diffr5te1 suivant que leur mission simultane les fait rfl*ir un mme in/ant sur une seule et mme position du miroir1 ou des int]valles1 si petits qu'ils soi5t1 p\r lesquels le miroir1 dans sa rapide rotation1 a d pr5dre des positions diffr5tes4 ,l'expri5ce e/ dispose de telle sorte que1 dans le cas d'une propagation inf9im5t rapide1 les trois images doiv5t =m]1 comme les t9celles elles-mmes1 une ligne droite v]ticale1 dont la dviation et la d=mation sont lies la vitesse de propagation et doiv5t s]vir l'apprci]4 ,arago1 vivem5t frapp p> cette m?ode +nieuse1 en avait prvu1 avec sa pntration habituelle1 les gr&es et importantes applications4 ,peu de sema9es aprs1 et comme p\r ju/ifi] les l\anges accordes au n\veau pr9cipe1 ,arago dmontrait l',acadmie la possibilit de l'utilis] p> une expri5ce d'optique dcisive dans la lutte entre la ?orie de l'mission et celle des ondulations4 ,dans l'une en effet1 celle de l'mission1 l'explication du phnomne de la rfraction exige que la lumire se meuve plus rapidem5t dans le milieu le plus rfr+5t1 et le rapport des vitesses e/ celui des indices de rfraction2 le contraire e/ ncessaire dans la ?orie des ondulations1 et le rapport doit tre r5v]s1 en sorte que1 si la premire ?orie e/ exacte1 la vitesse de la lumire dans l'air e/ les trois qu>ts de la vitesse dans l'eau1 et la ?orie des ondulations exige au contraire qu'elle en soit les quatre ti]s4 ,un rayon de lumire e/-il acclr ou ret>d1 qu& il trav]se1 en mo9s d'un dix-millionime de seconde1 une colonne d'eau de quelques mtres de longueur8 ,ne semble-t-il pas que la solution directe d'une telle "q surpasse les =ces huma9es1 et qu'il faudrait1 p\r la rs\dre nettem5t1 port] l'habilet jusqu'au miracle4 ,tel e/ cep5dant le projet qu',arago eut la h>diesse de concevoir4 ,supposons1 dit-il1 qu'une ligne v]ticale lum9euse brille in/antanm5t et envoie des rayons un miroir t\rnant4 ,si l'expri5ce e/ dispose de telle sorte que les rayons issus de la p>tie suprieure de la ligne *em95t librem5t trav]s l'air1 t&is que ceux de la p>tie infrieure ont trav]s] une colonne d'eau de v+t-huit mtres de longueur1 selon que l'une ou l'autre ?orie e/ exacte1 ceux-ci s]ont acclrs ou ret>ds et vi5dront frapp] le miroir un qu>ante-millionime de seconde environ avant ou aprs les autres4 ,mais la dviation de celui-ci1 gale dans ce temps une demi-m9ute de degr1 dplace alors leur image en produisant une d=mation dont le s5s indiqu]a1 p> un signe clair et visible1 si le passage des rayons trav]s le liquide les ret>de ou les acclre4 ,l'ide tait aussi +nieuse que neuve1 aussi simple que h>die1 mais les difficults de ralisation p\vai5t sembl] insurmontables4 ,m4 ,brguet1 ami d',arago et son confrre au bureau des longitudes1 avait pris beauc\p de pe9e et dploy une gr&e habilet p\r con/ruire un miroir t\rnant qui faisait rgulirem5t les mille t\rs p> seconde qu',arago avait dsirs4 ,l'app>eil tait mont1 on avait t5t l'expri5ce1 mais les obs]vateurs n'avai5t ri5 vu4 ,le trait lum9eux1 dont l'image1 divise en deux p>ties1 devait s]vir t\t dcid]1 ne devait1 dans la m?ode d',arago1 dur] qu'un in/ant inapprciable1 et une t9celle lectrique excite entre deux conducteurs tait *>ge de le produire4 ,c'e/ sur le has>d qu'il comptait p\r am5]1 en ce mom5t mme1 le miroir dans la position propre r5voy] le rayon v]s la lunette braque p\r le recevoir4 ,mais1 lo9 de di/+u] les deux p>ties de l'image1 on ne p>v5ait pas mme les entrevoir2 la probabilit d'un tel conc\rs tait trop petite2 bi5 des j\rnes d'essais infructueux n'am5ai5t que des mcomptes4 ,les amis qui aidai5t ,arago se dc\rageai5t peu peu4 ,seul il ne p]dait pas l'espoir2 mais l'tat de sa vue et de sa sant ne lui p]mettait plus de se livr] un travail assidu1 ni de dirig] celui des autres4 ,l'in/rum5t re/ait ab&onn1 et malgr la nettet des explications1 beauc\p de physici5s ne reg>dai5t plus le projet que comme une +nieuse et brillante *imre4 ,d'autres1 plus confiants et plus p]spicaces1 n\rrissai5t la f]me esprance de l'accomplir1 en hsitant t\tefois suivre une ide dont l'auteur n'avait pas dit son d]ni] mot4 ,t\j\rs libral et heureux d'excit] les dc\v]tes d'autrui1 ,arago1 in/ruit de ces projets1 v9t l',acadmie1 avec cet esprit d'abngation qu'il porta dans t\te sa c>rire1 les enc\rag] publiquem5t en leur donnant son ple9 ass5tim5t4 ,je ne peux1 disait-il1 dans l'tat actuel de ma vue1 qu'accompagn] de mes voeux les exprim5tateurs qui veul5t suivre mes ides4 ,dans la sance suivante1 l'expri5ce tait faite4 ,m4 ,f\cault avait c>t t\tes les difficults et surmont t\s les emp*em5ts4 ,une disposition +nieuse et trs-simple lui p]mettait de sub/itu] la lumire in/antane1 dem&e p> ,arago1 une s\rce cont9ue de lumire1 et de r5voy] les images dans une direction fixe1 indp5dante de la position du miroir t\rnant4 ,l'expri5ce1 excute avec une admirable p]fection1 faisait natre la dviation dans le s5s si audacieusem5t prvu1 et p\vait la montr] t\s les yeux4 ,la colonne d'eau int]pose ret>de donc la m>*e du rayon qui la trav]se4 ,les prvisions de l'illu/re physici5 tai5t ple9em5t confirmes1 et le sy/me des ondulations recevait1 aprs tant d'autres preuves ?oriques1 une confirmation dcisive et presque directe4 ,la joie pure et sans arrire-p5se que causa ,arago le succs de cette gr&e expri5ce fut une des d]nires qui lui ai5t t accordes4 ,sa sant tait pr(ondm5t altre1 et l'affaiblissem5t cont9uel de sa vue le m5aait d'une ccit complte4 ,ses jambes p\vai5t pe9e le s\t5ir4 ,lorsque les mdec9s l'envoyr5t *]*] dans le repos et dans l'influ5ce de l'air natal un s\lagem5t des maux p\r lesquels ils n'esprai5t pas de gurison1 ,arago1 en cdant leurs in/ances1 ne se faisait aucune illusion4 ,il se laissa tran] dans ces belles contres avec une c\rageuse rsignation4 ,mais1 s5tant bi5tt aprs ses =ces dfaillir de plus en plus1 il v\lut rev5ir ,p>is1 revoir encore l',acadmie des sci5ces1 et lui faire lui-mme ses adieux4 ,le #bb aot #ahec1 il remplit p\r la d]nire fois les fonctions de secrtaire2 le #b octobre suivant1 en se runissant1 l',acadmie apprit qu'il avait succomb le mat9 mme4 ,ce j\r-l elle ne t9t pas sance4 ,on se sp>a en sil5ce et spontanm5t1 sans qu'aucune proposition et t faite ou accepte4 ,la p]te qui affligeait la ,france entire tait p\r l',acadmie un vritable deuil de famille4 ,,p>is4--,j4 ,,claye1 ,,imprimeur1 ,,rue ,,sa9t-,,b5oit1 #g4