,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,le ,chevalier ,deliber4 ,illustration ,cy commence le chevalier deliber compregnant la mort du duc de borgoigne qui trespassa devant nansy en lorraine4 ,ainsi que a l'arriere saison ,tant de mes jours que de l'annee ,je partis hors de ma maison ,par une soubdaine achoison ,seul a par moy plain de pensee ,qui m'acompaigna la journee ,et me vint en remembrance ,le premier temps de mon enfance ,celle qui moult estoit m'amye ,print ung propos de verit ,et me dit celuy qui s'oublye ,fuit honneur cy l'ame nuye ,je le tiens pour desherit ,soit d'avoir ou de la sant ,du despoir de grace divine ,que chacun n'est pas d'avoir digne ,tu vois pour la saison passee ,arbres terre tout herbage ,l'un tout vert l'autre sans ramee ,fleur odeur toute est cassee ,plus n'est fueille ne fruit n'ombrage ,tout tend a froideur a neige ,tout est nect sans nulle vigueur ,et n'est plus seye ne chaleur ,ainsi est de toy clerement ,qui le prin temps de ton enfance ,as despendu entierement ,et jeunesse pareillement ,mis tes euvres en deffaillance ,et si n'a pas telle esperance ,que ont les arbres pour reverdir ,car jamais ne peux revenir ,dois je oublyer ou que soye ,ce traict qui tant point mort ,que fist ayme de montgesoye ,plus riche que d'or ne de soye ,au merveilleux pas de la mort ,savoir fault qui est le plus fort ,de toy_/ accidant ou debile ,chacun d'eulx en a tu mille ,ces deux chevaliers trescrueux ,en la grant forest attroppos ,tiennent le pas trop perilleux ,treshorrible tresmerveilleux ,sans avoir jour ne nuyt repos ,et continuant leur propos ,de tant combatre de ferir ,qu'ilz feront tout homme mourir ,messire accidant le terrible ,fournit les jeunes les fors ,et debile le treshorrible ,met a fin par coups invisibles ,ceulx dont la vigueur en est hors ,ilz font du cueur tous effors ,leurs meurtres sont si a doubter ,que nul ne les peut eschapper ,scez tu pas bien que le herault ,t'a piea nonc leurs chapitres ,tu scez que poyse que vault ,accidant t'a livr l'assault ,tu as ouy de ses epistres ,il est temps que tu te chapitres ,car tu as touch a l'emprise ,depuis ta primiere chemise ,es tu plus fort que n'est sanson ,ou a craindre que herculs ,plus saige que n'est salomon ,plus beau que le grant absalon ,plus subtil que dyomeds ,n'as tu paour quant tu penses des ,que ceulx n'ont peu les coups rabatre ,de ceulx qui te convient combatre ,plus vis plus le temps approche ,qui te convient en champ entrer ,tu sens desja ung fert qui losche ,maladie sonne la closche ,en lieu de trompette sonner ,qui te semond de toy armer ,et de deffendre ta querelle ,contre la bataille mortelle ,ainsi pensif si m'en hortoit ,de ce que me fut necessaire ,dont la merciay bien estroit ,et luy dis puis qu'il fault qu'i soit ,je feray ce que je dois faire ,lors je prins mon harnois de guerre ,et comme ung chevalier vaillant ,m'armay montay tout errant ,mon cheval s'appelloit vouloir ,et mon harnois je fis tremper ,d'eaue qu'on appelle pouoir ,mon escu fut de bon espoir ,au moins pour longuement durer ,mon glaive fut de avanturer ,fait par ung merveilleux ouvraige ,et mon espee de couraige ,ainsi j'entreprins la conqueste ,de mes adversaires doubtez ,et me mis tout seulet en queste ,en suyvant la matiere honneste ,des bons chevaliers trespassez ,et chevauchay deux jours passez ,avant que trouvasse advanture ,digne de mettre en escripture ,il n'est besoing que je racompte ,mes sejours mes reposees ,mais raison est que je vous compte ,les adventures de ce compte ,telles que je les ay trouvees ,droit a la fin des deux journees ,je m'esbatoye en ung plaine ,qu'on nommoit plaisance mondaine ,je prins en ce lieu tel plaisir ,et m'a greoit tant la contree ,que je n'en pouoye partir ,mais ains que peusse despartir ,j'ay adventure rencontree ,qui venoit du long d'une pree ,qui m'escria de me garder ,et qui me convenoit jouster ,illustration ,je luy respondis amy cher ,du moins a ma premiere jouste ,dictes moy se estes chevalier ,vostre nom de quel quartier ,vous estes dit or escoute ,a qui qu'il poise ne qui couste ,j'ay nom hutin qui tout brise ,le propre filz de gourmandise ,comme dis si n'estes vous pas ,debile ou messire accidant ,qui tiennent d'attroppos le pas ,quant je vous vis venir le pas ,je le cuiday appartement ,il dit que non certainement ,mais qu'il estoit de leur mesgnie ,premier percecuteur de vie ,lors baissa sa lance ferree ,d'un fert qu'on nomme peu de sens ,et fiert en ma targe doree ,tel cop de telle boutee ,que encore certes m'en sens ,et moy acoup a luy j'entens ,couchay ma lance cy a point ,que nulz de nous ne faillit point ,la furent noz lances brisees ,mais nous gardasmes les arsons ,et mismes les mains aux espees ,toutes de folies trampeez ,et donnasmes grans horions ,la frappasmes sur chapperons ,d'estoc de traver de taille ,comme chevaliers en bataille ,mais hutin faisoit vaillamment ,et me livroit forte bataille ,de cops d'estocz d'eschauffemens ,courir sallir refroidissemens ,par son espee qui bien taille ,et me fut advenu sans faille ,quant la vint une damoiselle ,la journee m'estoit mortelle ,la damoiselle qui survint ,ce fut reliques de jeunesse ,qui resceut des cops plus de vingt ,sur ung grant tergon qu'elle tint ,par sa bont gentillesse ,tant exploicta que fut maistresse au tournay que je vous veulx dire ,ou je congnuz avoir du pire ,jeunesse pour nous despartir ,dit sire hutin souffrez tant ,adventurer me fait venir ,ce chevalier errant querir ,pour veoir du monde plaisant ,hutin respond je suis content ,plus loing portera son escu ,plus tost se trouvera vaincu ,mais pour memoire de sa paine ,je luy donne de ma livree ,une barrette de mygraine ,car de telle vertu est plaine ,qu'elle sera ronouvellee ,chacune lune de l'annee ,ce present hutin me laissa ,et picque cheval s'en va ,ainsi je portay cest assault ,par ce qu'il me fit demourer ,de jeunesse qui beaucop vault ,mais je la perdis en sursault ,dont je me trouvay desol ,si me partis tout asseull ,et prins une petite voye ,sans savoir en quel lieu j'aloye ,quant hutin se fut desparty ,et jeunesse s'en fut allee ,je me trouvay en tel party ,qu'a peine pouoye partir ,du champ ne de celle valee ,ne say ou jeunesse est allee ,mais je me trouvay le matin ,en ung couvent d'un jacopin ,je cheminay le plain chemin ,ayant pensee et souvenir ,qu'il me fist d'armes pelerin ,sans vouloir partir au butin ,des peines qu'i me fault souffir ,et droit au point du jour faillir ,j'aperceuz de loing ung hermite ,a l'huys de sa maison petite ,illustration ,si me tiray droit celle part ,et luy dis se dieu vous dont joye ,pource qu'il est meshuy bien tard ,me ferez vous de voz biens part ,ainsi que pour vous je feroye ,il me dit que bien venu soye ,et traicta moy mon cheval ,comme ung amy especial ,luy mesmes cy me desarma ,et me logea en son hostel ,et d'un grant mantel m'affeubla ,que pourveance luy donna ,qui fut de soye riche bel ,oncques mais je n'euz hoste tel ,car chere me fist de hait ,que je fuz logi a souhait ,sy fit a toute diligence ,de l'eaue necte apporter ,par ung jeune filz d'apparence ,que on appelloit bonne enfance ,ainsi le ouys je nommer ,puis me voult mon hoste mener ,en une petite chappelle ,moult devote plaisant belle ,la je fis ma devocion ,devant l'autel qui fut par ,d'un drap de satisfaction ,armoy de contriction ,penitence l'avoit ouvr ,l'ermite ma cecy monstr ,par ung gracieulx exemplaire ,car sans ce je ne puis bien faire ,il me pria que j'abregeasse ,mais oraysons pour celle foys ,puis me mena en une place ,ou il luy pleut que je soupasse ,avecques luy comme courtois ,il y avoit du lard des poys ,et d'autres biens cy largement ,que je devoye estre content ,souvent mes yeulx en regettoye ,vers mon hoste pour veoir la geste ,et certes plus le regardoye ,tant plus voulentiers le veoye ,car son maintien estoit honneste ,blanche fut sa barbe sa teste ,homme de bel grant corsaige ,et ressembloit bien estre saige ,je ne me peuz oncques tenir ,que son nom ne luy demandasse ,luy priant par son bon plaisir ,mais qu'il n'en eust point desplaisir ,que son nom de luy emportasse ,il le m'accorda de sa grace ,disant je vous congnois assez ,et veulx bien que me congnoissez ,j'ay travaill moult longuement ,chevalier errant par le monde ,et suis nomm entendement ,mon nom est congneu plainement ,des meilleurs de la table ronde ,mais veant que ce n'est que une unde ,de mer de la vie incertaine ,j'ay fait de ce lieu mon demaine ,mon pain est moulu de sobresse ,mon vin tramp de bonne vie ,mon repas se fait en liesse ,suffisance est ma maistresse ,j'ay repos sans melencolie ,ceans ne peut entrer envie ,et s'appelle ceste maison ,la demourance de raison ,droit cy veulx je vivre morir ,droit cy veulx je mes jours passer ,querir dieu le monde fuyr ,servir l'ame le corps suyr ,qui m'a fait trop plaisir aymer ,riens ne m'est que pech amer ,sy prie la vierge d'excellence ,qu'elle me donne pascience ,la chevalerie ne desprise ,ton nom ton cas ton emprinse ,riens ne voult que l'on se desguise ,je voy say tout que je y vise ,j'ay par memoire lotz en marche ,ou que l'on tire ne ou que l'on marche ,ou fortune douleur raige ,ont entreprins de faire raige ,or t'ay de ton nom devis ce que en veult maintenant dire ,et say que tu as propos ,com hardy vaillant os ,de livrer ton corps a martire ,devant ceulx que nulz de nature ,ne peult en nulz aages passez ,mais ont tous murtris cassez ,accidant est tousjours surbout ,tout prest a cheval arm ,pour tuer affoler tout ,et debile tient l'autre bout ,cruel sans mercy ne piti ,mais pour ung qui aura pass ,la ou debile prent sa rente ,accidant en a tu trente ,je t'ay declair ton affaire ,ton nom ton vouloir ton cas ,riens ny vault fouyr ne retraire ,il te fault ton emprinse faire ,va te presenter a ce pas ,assez d'honneur tu conquerras ,et feras oultrageusement ,se tu vainq messire accidant ,et affin que soyes plus digne ,de soustenir ceste adventure ,toy donner ung dun je m'encline ,d'un glaive frere de regime ,en lieu de la lance rompue ,de ce pousse fier frappe rue ,car par ce tu rebouteras ,accidant la ou tu vouldras ,pource dois a ton reveillier ,toy signer de la bonne main ,priant a dieu vouloir veiller ,a ton bon ange travailler ,pour toy en ce voyage humain ,dont je prie le roy souverain ,et luy rens grace de bon cueur ,des biens dont il nous est donneur ,ainsi nous levasmes de table ,aprs graces a grant loysir ,et trouvay mon hoste notable ,a son propos tant agreable ,que g'y prenoye grant plaisir ,il me dit vous yrs dormir ,et demain je vous monstreray ,toutes les reliques que j'ay ,lors me mena pour moy loger ,en ung lieu par a propos ,sy gentement que a souhayter ,il me fil couvrir coucher ,sur ung materat de repos ,oncques mais si bon logis n'os ,ne lieu de plus plaisant sesjour ,sy m'en dormis jusques au jour ,grant heure fut quant m'esveillay ,et ouys sonner la clochette ,pour quoy a haste me levay ,me vestis mes mains lavay ,honteux par negligence faicte ,la messe trouvay toute preste ,q'un cordelier de l'observance ,chanta qu'on nomme obedience ,l'aube dont il eut revesture ,estoit de bonne voulent ,l'amyt fut tissu par mesure ,le saint fut de chastet pure ,l'estolle fut de charit ,le manipule de loyault ,et le chasuble par maistrie ,fut pourtraict de preudommie ,l'autel fut de bonne vraye foy ,et le calice de creance ,les chauetes de bonne foy ,et la lumiere quant a soy ,fut de grace signifiance ,le benoistier fut attrempance ,la cloche fut entendement ,toute de bon enhortement ,toutes les nappes des autelz ,se monstroient par grant richesse ,oncques n'en avoys veuz de telz ,de verit sont ouvragez ,le messel estoit de prouesse ,oncquesmais ne vis tel noblesse ,ne lieu ou dieu fust mieulx servy ,je le louay quant je le vy ,la paix fut faicte d'union ,les chandeliers tous de concorde ,le marbre de perfection ,aussi de bonne intention ,les verrieres quant le recorde ,si furent de misericorde ,par tout tresrichement paree ,la saincte chappelle sacree ,apres la messe celebree ,mon hoste qui eut ador ,devotement la matinee ,me donna la bonne journee ,et me enquist doulx priv ,comme j'auoye repos ,je luy dis bien me louoye ,du logis que par luy j'avoye ,lors me dit il fault que je tienne ,promesse d'ouvrir mon tresor ,il m'est force que je tienne ,et que des pieces me souvienne ,qui ne sont ne d'argent ne d'or ,l'huys ouvryt qui fut de remort ,la clef fut desir de savoir ,et la sarrure d'un miroir ,ce lieu fut ung cloistre longuet ,par d'estranges pourtraictures ,or pensez se je fis bon guet ,pour savoir de ce lieu que c'est ,et mieulx congnoistre les figures ,entendement fist ces droictures ,et me dist entens et appliques ,et tu congnoistras mes reliques ,comment l'hermite entendement monstre ses reliques a l'acteur4 ,et luy devise des oeuvres de messire accidant de son pouoir4 ,illustration ,voyez sy le soc d'une charue ,dont accidant abel occist ,par cayn tout de sa main nue ,et par une envie advenue ,celluy premier la terre ouvrit ,dont il fist mal si meffist ,car il meurdrit chacun le juge ,l'un des bons avant le deluge ,ce pillier d'extre grosseur ,est celluy que sanson ploya ,dont il abatist par virgueur ,le grant palays sa haulteur ,pour sa femme qu'on maria ,il s'occist et moult en tua ,ce fut accidant le terrible prouv au teste de la bible ,voyez cy chemise enfumee ,dont dyamus si n'en peult mais ,cuydant aymer estre aymee ,occist brusla en la pree ,le preux vaillant hercules ,accidant fist ses entremetz ,lyre le pourrez en mains lieux ,en la nativit des dieux ,en cest estuy trouverez mys ,les greffez de quoy fut tu ,cesar par espers amys ,qui l'ont en leur senat occis3 ,par marveilleuse cruault ,accidant a ce coup heurt ,ces choses si nous sont certaines ,selon les hystoires rommaines ,ceste bouette te veulx monstrer ,sans y advenir ou toucher ,antipater la fist ouvrer ,a tenir poisons porter ,pour alixandre despeschier ,accidant ouvra du mestier ,et fut mort et empoisonn ,du monde le plus ronomm ,ce grant fust affin qu'on le voye ,c'est la lance dont archills ,tua le preux hector de troye ,le plus a craindre dont on oye ,le plus vaillant qui fut jamais ,telz sont d'accidant les droitz metz ,de ce fait plaine mencion ,de troye la destruction ,de cest arc traict bien aguz ,fut occis mys a la mort ,achilles par ung grant mesuz ,au devot temple de venus ,par paris qui fist cest effort ,accidant y besongna fort ,et fist finer par sa rudesse ,le plus vaillant qui fust de grece ,celle espee qui la fait giste ,c'est celle dont mourut pompee ,par le desloyal roy d'egypte ,qui l'occist en lieu de merite ,et luy a la teste couppee ,accidant fut a celle armee ,qui desfist le pillier l'homme ,soustenant du pillier de romme ,voyez la l'aneau envenim ,ou print hanibal de cartaige ,le fort venim dessaisonn ,dont mesmes c'est emprisonn ,avant qu'il eust tiers ne quart aage ,accidant mesla ce bruvaige ,dont mourut l'un des vaillans princes ,qui oncques gouvernast provinces ,voyes aprs le glaive tresfort ,dont le roy marc de cornouaille ,navra lachement a la mort ,tristan dont il eut villain tort ,et fut deshonneste bataille ,accidant ne fist pas la faille ,d'occire l'ystoire le fonde ,l'un des bons chevalliers du monde ,de cest espieu trenchant bon ,fist occire comme traistresse ,jadis le roy agamenon ,la femme du mauvais renon ,de son paillart par subtillesse ,ce roy conduisoit hors de grece ,et sa femme traistreusement ,le fist mourir par accident ,de ce branc desir inhumain ,occist mordrech remply de mal ,le roy artus son souverain ,et aussy messire gauvain ,nompas comme ung hardy vassal ,mais par ung aguet desloyal ,dont accident fut conducteur ,sur deux princes de grant valeur ,de badelere la bont ,fut ja oloferne le grant ,par judich a la mort bout ,dont elle sauva la cit ,et de l'arme du tyrant ,accident heurta bien avant ,quant par la main d'une pucelle ,mist amours en euvre mortelle ,de ce clou de ce martel ,occist jabel la femme honneste zizaran le tyrant cruel ,ce coup fut divin moult bel ,quant ce clou luy mist en la teste ,le peuple de dieu en fist feste ,accident faisoit telz deluges ,prouvez par livre des juges ,de ces deux glaves par excs ,ce sont deux freres entre occis ,pour ce que ja ethiocls ,ne voulut rendre a polmics ,le regne qui luy eut promys ,accident s'est au debat mys ,les escriptures en sont plaines ,es fais de thebes d'athenes ,de cest aultre espieu remondin ,tua son bon oncle fremont ,cuidant ferir par le serin ,ung sanglier qui livroit hutin ,en l'esps du boys parfont ,cest accident regreta moult ,lyre le peulx je le t'assigne ,en l'advenement melusine ,ce sanglier mist a la mort seure ,le bel adous en sa jeunesse ,qui de chasser print si grant cure ,qu'il mist son corps a l'adventure ,contre le conseil de la deesse ,la fist accident grant rudesse ,car il deffit les amourettes ,des dames selon les poetes ,de celle grant dague affilee ,navra jacob par embas ,amazin en une accollee ,dont il a la vie finee ,ce fust bien le baiser judas ,la fist ung ort et villain cas ,accident faisoit telz desroys ,comme on lyt au livre des roys ,ce cailleau celle fronde a latz ,sont ceulx dont david par couraige ,occist le geant goleas ,qui de mal faire ne fut las ,ne a luy ne a son lignaige ,accident acheva ce gaige ,qui se fiert par divers moyens ,sur catholicques payens ,de ce chevestre fut pendu ,aman tant riche tant puissant ,pour ce qu'il avoit pretendu ,a faire destruit perdu ,le peuple juif paravant ,dont hester qui vertu eut tant ,le fist d'accidant estrangler ,et mardocheus honnorer ,je n'eu pas vesit le quart ,de celluy qui fist a noter ,que l'on nous dist qu'il estoit tart ,si feismes de ce lieu depart ,et me voult mon hoste emmener ,entendement me fist muser ,es reliques qu'il me monstra ,ou ung tresmerveilleux monstre a ,ainsi nous partismes tous deux ,hors du cloistre de souvenance ,ou je prins plaisir douloureus ,ung appre soulas angoisseux ,et ung delit en desplaisance ,c'est ung doubter en asseurance ,c'est une seurt incertaine ,dont je ne fuz pas sans grant peine ,touteffois moult marry je fuz ,et beaucoup je le regretoye ,que je ne veiz tout le surplus ,et oultre je m'esbahys plus ,de ce que riens veu je n'avoye ,en ce cloistre dont je venoye ,des fais de debile le fier ,ce cas me faisoit merveillier ,mais entendement me saoulla ,me disant si a moy reviens ,le surplus te demonstrera ,et de debile on te dira ,dont il fiert ne de quelz engins ,ses bastons ne sont terriens ,mais fait de foiblesse massue ,dont mesmes le porteur se tue ,ainsy ce propos nous laissasmes ,sy prins mes armes m'armay ,des biens de leans desjunasmes ,dismes a dieu nous embrassasmes ,sa grant bont luy merciay ,promettre me fist fait l'ay ,que par la refferoy passaige ,se je reschappe du voyage ,lors j'ay ma lance demandee ,aprs que je fus a cheval ,que le preudomme m'eut donnee ,de regime bien ordonn ,contre la force de tout mal ,sy prins mon chemin par ung val ,qui se tiroit en une lande ,qui me sembloit estre bien grande ,ceste lande que j'ay nommee ,rappelloit en vulgal le temps ,combien qu'elle fust grande lee ,si est elle tantost passee ,quant plaisir y est sur les rens ,on y court comme font les vens ,la j'aperceu pour abregier ,que temps se passe de legier ,mon cheval qu'on nomme vouloir ,tiroit en ce lieu tant au frain ,que je n'euz de tenir pouoir ,que subit ne fusse pour voir ,droit au milieu de beau plain ,la subit je voys tout plain ,ung chevallier qui m'attendoit ,et que combatre me failloit ,il estoit armer de travail ,et son cheval s'appelloit peine ,son escu paroit au ciel ,paint de veiller de sommeil ,si caduc qu'on le veit a peine ,sa cotte fut de souffrir peine ,et sembloit a le voir sans faille ,qu'il venist d'une grant bataille ,j'eusse voulentiers regard ,la contance de partie ,mais possible ne m'a est ,semblant que fusse destinee ,d'esprouver sa chevallerie ,je couchay il ne faillyt mye ,et telz heurtasme noz escuz ,que tous deux fusmes abatuz ,et luy qui fut bon chevallier ,saillyt sus sans faire demeure ,si feiz je de l'autre quartier ,il empoigne son branc d'assier ,pour moy fierement courrir seure ,ma lance que je congneuz seure ,de regime qu'on me fist prendre ,mis en mes mains pour me deffendre ,aprs son escu prent joint ,pour moy assommer confondre ,je le reboute par tel point ,deux ou trois foys sy bien appoint ,qu'il trouva bien a qui respondre ,vaillamment me savoit respondre ,et de ma part me defendoye ,le mieulx que faire lo pouoye ,mais il me rassailloit tousjours ,et me donnoit de son espee ,qui fut faicte de trop de jours ,de si grans coups de si lours ,que j'en eu la teste estonnee ,ma lance si fut trononnee ,par la force de moy deffendre ,et convint mon espee prendre ,tant fut cest assault combatu ,que nul de nous n'eust la pel seine ,froissasmes haubert escu ,se l'un fiert l'autre l'a randu ,chascun a vaincre met sa peine ,dont pour reprendre nostre halaine ,nous retirasmes d'un accord ,et le vouloit bien le plus fort ,quant j'euz mon halaine reprinse ,je regarday mon adversaire ,que je crains beaucoup le prise ,sy me mys ung peu en devise ,disant vassal de grant affaire ,je vous prie que vueills tant faire ,pour moy de vostre nom me dire ,et je vous emprie beau sire ,sy me dist d'asseuree voix ,doulcement de bon visaige ,noble suis yssu des roys ,avant perceval le galloys ,congneu par mon grant vasselage ,sachez que nomm suis aage ,de renconter prest commun ,au milieu du tamps de chacun ,nul ne peult le temps trespasser ,qu'il ne passe par mes destroitz ,tel ne scet l'aage nommer ,qu'il ne me vouldroit pas trouver4 ,mais il abuse ses explois ,par moy fault passer une foys ,tel est le chemin des euurex ,ou mourir jeune douleureux ,et puis que tu es en mes mains ,savoir te fault que je say faire ,prisonnier te rendras du moins ,je te deffye ne te crains ,deffens toy il t'est necessaire ,il saulx avant sans moy retraire ,et recommena nostre estour ,le plus felon de tout le jour ,cy se combat l'acteur a l'encontre de aage ,et quant l'acteur se rendit prisonnier4 ,illustration ,mainteffois le glayve qu'il eut ,me porta ce jour mains contraire ,et puis regime rompu fut ,qui mortellement me deceut ,et me greva en cest affaire ,car pour moy oultrer deffaire ,espour dont fut fait mon escu ,me fut lors des poings abatu ,quant aage me eut desarm ,de mon bon escu d'esperance ,il s'est du tout abandonn ,pour ce qu'il me sentoit foul ,et affoibly en ma puissance ,et ne voys autre recouvrance ,pour eschapper de ce dangier ,que de me rendre prisonnier ,lors me rendiz rescoux ou non ,a aage par son grant vouloir ,et luy promys foy prison ,asseurant de payer ranon ,de son desir a mon pouoir ,doulcement me voult recevoir ,en prenant mon gantellet dextre ,comme mon vaincueur mon maistre ,puis me dist qu'il me traicteroit ,en prison moult courtoisement ,mais tenir foy me convenoit ,et faire ce qu'il me diroit ,sur peine de parjurement ,en commandant estroictement ,plusieurs choses dont il me charge ,qui ne m'est pas petite charge ,premier en la terre amoureuse ,ne te mesle point somme toute ,la est plaisance doloreuse ,doulce savveur trop venimeuse ,et n'a pas sens qui n'y fait doubte ,on m'y hait je n'y ayme goute ,aage n'est plus en amour chier ,pour ce te deffens ce quartier ,et puis au val de mariage ,ne vueille point que tu traverse ,c'est ung tresperilleux passaige ,mal y sont venus gens de aage ,c'est terre pour toy trop diverse aussy ne veult que tu converse ,plus es dances ny es carolles ,dont tient oysance les escolles ,aussy je te deffens les cours ,des princes et des grant seigneurs ,la sont perilz mains faulx tours ,jeunes gens ilz quierent le cours ,pour querir proffitz honneurs ,mais il en revient plusieurs ,par la sente de mal vueillance ,povres d'amys de chevance ,en la forest de temps perdu ,ne va plus mettre tes desduys ,tu as trop longuement vescu ,pour plus chasser a l'espardu ,en partes de jour de nuyt ,le lieu me desplaist je y nuys a mettre a proffit ton temps veille ,en ce point aage te conseille ,joustes_/ tournoys_/ jeu de traveil ,te sont d'eux mesmes deffendus ,tous les matins a ton resveil ,penses fais ton appareil affin que soient combatus ,ceulx qui tant d'autre ont vaincus ,ton corps pour avanturer en ce lieu ,et garde l'ame pour ton dieu ,or t'ay ordonn les limites ,que je ne veulx point que tu passes ,a me croire beacoup proffites ,du rebours tu te desherites ,et pers de vertu la grace ,si dis ne doubte que je face ,riens contre ce que j'ay jur ,mais tiendray foy verit ,puis me dit qui m'eslargissoit ,affin de tenir ma promesse ,et me conseilla et vouloit ,que je prinse ma voye droite ,parmy le desert de vieillesse ,c'est le chemin la seure adresse ,selon la raison de nature ,pour attandre mon adventure ,chevaulx armes me rendit ,de sa liberalle franchise ,et en prenant congi me dit ,je te donne pour ton proffit ,ce gorgerin fait de tel guise ,qui est mesl de barbe grise ,faicte de nature si franche ,que plus vivras plus sera blanche ,doncques aage me donna ,le present de barbe meslee ,je partis il demoura ,a garder ce don charge a ,c'est le temps en celle contree ,ainsi j'ay la face tournee ,vers viellesse qu'on veult fuyr ,et si la devroit on querir ,ainsi la montaigne montay ,que l'on peult le my temps comprendre ,mais certes la je desvallay ,beacoup plus tost que je ne l'ay ,plus poise monter que descendre ,et me fallut tirer tendre ,contre vieillesse le desert ,que chacun destruit desert ,mais je n'euz gaires chemin ,que droit a ung chemin croys ,me suis ainsi que oubli ,hors de la voye destourn ,que aage m'avoit enseign ,le santier que l'on nomme abus ,si prins comme mal conseill ,ou plusieurs se tiennent abus ,le chemin me sembla tout vert ,et si estoit saison faillie ,le pays bel descouvert ,fueilles fleurs tout y appert ,abus est restaurant de vie ,la je rentray en fantasie ,des haulx plaisirs de mon jouvent ,et oubliay le demourant ,lors me ressaillit souvenance ,de tout mon jeune temps perdu ,vieiliesse fut en oubliance ,prison serment obligence ,plus n'en fut en riens souvenu ,il fut tout nouvel revenu ,du temps certes que je cuidoye ,avoir ce que je souhaitoye ,armes_/ armures_/ chiens_/ oyseaulx ,tout fut submis a mon plaisir ,la fis en espaigne chasteaulx ,et de chardons souvent chappeaulx ,tout conquis sans riens retenir ,abus me faisoit reverdir ,et croire de moy l'impossible ,par sa devoyance nuysible ,je ne tins puis bride ne frain ,mon cheval s'en alloit sa voye ,plus ne vis montaigne ne plain ,je fut du cuyder si tresplain ,que je ne me recongnoissoye ,ou je alloye je ne savoye ,abus me macha celle oublye ,ainsi chemine qui s'oublye ,tant ay chemin arr ,par la sente peu de prouffit ,sans congnoistre que j'ay arr ,que subit me suis embarr ,ou plus bel lieu qu'oncques dieu fit ,la ung palais eut fait fit ,le plus bel qu'on pourroit choisir ,et sembloit lieu pour non morir ,les carneaux estoint d'or fin ,flambans contre le soleil ,les murs sont d'argent metallin ,les fenestres de cristallin ,et le comble dont m'esmerveil ,fut couvert d'un ambre vermeil ,qui rendoit clart lueur ,si grant qu'on ne soit la valeur ,les fenestres furent parees ,de dames et damoyselles ,si tresrichement aornees ,qu'oncquesmais ne furent trouvees ,en banquet ne festes plus belles ,et pour entretenir icelles ,mains gorgias bien en point ,en ce lieu ne failloient point ,trompettes menestriers sonnoient ,sy hault que tout redondissoit ,l'un chantoit les autres dansoient ,en plusieurs lieux se deduisoient chascun du mieulx qui peut faisoit abus en ce lieu me tenoit ,qui me sembloit se estre pouoye ,que bonne adventure y auroye ,si m'adressay vers le portier ,que l'on nommoit abusion ,et luy diz tresdoulx amy chier ,de palays si grant si chier ,qui n'a point de comparaison ,vueillez moy nommer la maison ,si me respondit a motz cours ,que c'estoit le palays d'amours ,comment l'acteur c'est forvoy et est venu devant le palays d'amours_/ ou desir vouloit qu'il entrast4 ,mais souvenir l'en destourna4 ,et de ses adventures4 ,illustration ,lors me retire ung peu arriere ,car d'amour je fus rebout ,mais desir vint a la barriere ,qui me faisoit perdre maniere ,et moy d'aller moult fort tempt ,souvenir si m'a deschanter ,qui m'escria que je faisoye ,et si parjurer me vouloye ,et me bouta devant mes yeulx ,le mirouer des choses passees ,ou je veiz aage le vieulx ,qui me poursuyvoit en tous lieux ,par la foy que luy eu juree ,et si veiz toute figuree ,ma barbe paincte de meslure ,qui m'esbahyt a desmesure ,desir si me print par la bride ,me voult en amours remettre ,mais souvenir si me dist ridez ,fuiz ce lieu vieillart plain de ridez ,il te fault une aultre commettre ,jamais n'estudie tel lettre ,cul con te fault renoncier ,car plus ne vaulx pour le mestier ,quant j'euz bien pens a mon cas ,combien que me temptast desir ,pour le mieux je ne le creu pas ,mais luy dis tu m'excuseras ,et me feras ung grant plaisir ,si l'on me vouloit poursuyvir ,pour estre d'amours retenu ,si diz que tu ne m'as pas veu ,et combien que desir mist peine ,de me rebouter en la nasse ,d'amours souvenir bien a peine ,me revint en voye plus saine ,en m'eslongnant de celle place ,abuz je laissay sa trasse ,et prins la sante bon advis ,qui tost m'a en mon chemin mis ,si diz a dieu amours celle ,a qui mon service donnay ,qui vouldra que je la decelle ,des belles du monde est la belle ,tant de vertuz ailleurs veu n'ay ,elle valoit je l'aymay ,dieu scet a quelle fin tendoye ,le celler point ne le pourroye ,en ce point je tournay le dos ,a amours a sa sequelle ,rentrant a mon premier propos ,pour ce qu'en tout tenir luy volz ,ma foy sonner ma sequelle ,et fut mon aventure telle ,qu'en viellesse je me trouvay ,trop plus tost que je ne cuiday ,le chemin y estoit tremblant ,et plain de parfondes ruelles ,l'eau fut bruyneuse suyvant ,rendant flair infect puant ,la ne croist fruit que de misere ,la terre ne prouffitte guere ,les rentes par toutes valeur ,ne se payent que de langueurs ,les arbres y sont tous steriles ,et ne portent ne fleurs ne fruyt ,les fueilles sont seiches viles ,les arbres y sont inutiles ,en ce que medicine instrir ,brief c'est ung pays si destruyt ,qu'il n'est vivre qu'on y congnoisse ,fors seullement poires d'angoisse ,la sont fontaines d'amertumes ,et ruisseaulx courans de souffrettes ,la ne rend point clart la lune ,le soleil n'y luyst ne alume ,la sont les tenebres apertes ,regretz de biens dures pertes ,sont les piteux plains les chants ,qu'on y oyt par bois et par champs ,vieillesse est travaillant demaine ,plus y siet on_/ mains on repose ,en vieillesse n'a heure saine ,maladie l'a en son regne ,sant en est du tout forclose ,lyesse la ne vient ne ose ,par la dure melancolie ,qui regne sur celle partie ,pres de la en voye petite ,si est une isle d'enfermet ,que l'en dit le lieu decrepite ,c'est une demeure mauldicte ,plaine de grant adversit ,je n'y ay pas encor est ,mais bien pres me voy de sentir ,l'air du lieu qui me fait fermir ,on ne va pas en decrepite ,faire seulement demurance ,car elle vient si habite ,dont le corps jusques en est quitte ,de l'ame qui vit en souffrance ,vieillesse revient en enfance ,par la douleur de ce martir ,qu'on ne peult nombrer ne escripre ,j'entens bien que moult est a craindre ,de decrepite la demure ,mais qu'il peult a ce attaindre ,le grant purgatoire ce est maindre ,se paciance la demeure ,je prie a dieu ains que je meure ,que la je face penitance ,qui me soit a l'ame allegance ,quand je me veiz en celle nasse ,de vieillesse la ou j'estoye ,je ne choisy trou ne place ,pour m'eslongner de celle trace ,s'en decrepite je n'entroy ,en ce point je m'entretenoye ,le moins mal qui me fut possible ,en vieillesse tres terrible ,la congneuz des gens une mer ,faire diverses mommeries ,l'un veult ses ans dissimuler ,par soy de mistions laver ,et raire ses barbes fleuries ,autres faisoient par tromperies ,taindre leurs cheveulx parrucques ,par aage blanches caduques ,mais vieillesse ne peult mentir ,ne mesconter a son pouoir ,nature ne peult reverdir ,tel meshain ne se peult guerir ,la ne vault charme ne savoir ,et si n'est riens plus lait a veoir ,que l'yssue de telz mysteres ,a remplir tous les cymiteres ,or nous tairons de ce propos ,c'est langaige melancolique ,je ne trouve sentiers ne trotz ,a mon yssir car je ne potz ,la me faillyt ma rethorique ,je leuz en la leons antique ,vieillesse m'a print a souffrir ,douleur qui ne pourroit guerir ,si fais comme l'oysel qui chante ,enclos en sa petite caige ,combien que le cueur se lamente ,pour la prison qui le tourmente ,dont il quiert yssue passaige ,toutesfois il se ressouaige ,et chante par le souvenir ,qu'il a de son pass plaisir ,aussy je me resjouyssoye ,en ma vieillesse ou je me vey ,et en mes faitz passez pensoye ,l'un me fist dueil l'autre joye ,le temps ne fut pas tout uny ,a corps recreu cueur failly ,je visite celle contree ,ou j'ay grant merveille trouvee ,car en telle place sterile ,j'ay trouv ung quartier de terre ,le plus riche le plus fertile ,le meillieur le plus utile ,qui soit d'icy en angleterre ,plus plaisant lieu nul n'eust sceu querre ,la eut ung manoir en closture ,qu'on appelloit bonne aventure ,et peut a plusieurs gens sembler ,qu'en vieillesse n'a point de joye ,si a je le veulx bien monstrer ,mais il fault en l'estude entrer ,et apprendre par toute voye ,comme se mourir ne devoye ,et telle vie maintenir ,que l'en veult selon dieu mourir ,telle est la leon de sagesse ,tel est l'effect des vertueux ,ce sont les moyens que viellesse ,demande pour puor lyesse ,ce sert aux jeunes aux vieulx ,rien n'est tant melancolieux ,que faiz de pech de blasme ,a cil qu'il approuche la lame ,les murs de ce manoir petit ,dont moult m'agreoit l'apparence ,furent massonnes par delit ,et qui moult ce lieu embellit ,le portal fut plain de plaisance ,les fossez pour plus d'asseurance ,furent taillez parfondement ,de la main de bon pancement ,le comble fut d'estudier ,le fenestraige d'acquerir ,et le pont fut de labourer ,la porte fut de souvenir ,au dessus pour mieulx resplandir ,et grans banieres de plaisir ,qui faisoient a chacun entendre ,que ce lieu fut fait pour aprandre ,oyseuse si en fut bannye ,labeur si ce nommoit portier ,la ne peut entrer villennye ,mais on y veult bien jalousie ,pour mieulx le temps emploier ,le passe temps pour abreger ,de ce lieu se le veulx savoir ,n'est que d'aprendre savoir ,se euz desir de la entrer ,et de congnoistre le demeure ,il ne le fault pas demander ,je laissay cheval pasturer ,et vins au portier sans demeure ,disant amy en la bonne heure ,donnez moy ceans entree ,pour congnoistre ceste contree ,le portier me fut ung peu rude ,et me dit ays pascience ,ce n'est pas icy une begude ,c'est le lieu qui s'appelle estude ,le droit ennemy d'ignorance ,sy est le tresor de science ,c'est la richesse de la terre ,autre avoir ne deveroit on querre ,ce lieu garde une princesse ,la plus belle que on peut veoir ,dieu la fit par telle noblesse ,que jamais ne perdra jeunesse ,sans amaindrir ne main ne soir ,mouvoir ne peut ne n'a point hoir ,son nom est a chacun notoire ,et appelle on franche memoire ,c'est tout le plaisir soulas ,qu'en vieillesse trouver se peut ,d'elle on ne peut estre las ,qui ne la quiert il en dit las ,et m'esmerveille se on la veult ,celle la vouldra qu'elle ne veult ,memoire c'est par adventure ,l'un des secretz de creature ,vray est que nature le coffre ,donne ou memoire se trouve ,par l'ame qui vie acoffre ,par porcion se encoffre ,pour quoy memoire naist euvre ,c'est doncques l'ame qui requeuvre ,qui dit fy ou nature cesse doncques dieu a fait ma maistresse ,puisque ma maistresse est faicte ,de dieu le maistre des ouvraiges ,sy digne chose cy parfaicte ,doit estre acquise atraie ,et honoree par les saiges ,et doit toucher en ces langaiges ,homme qu'en vieillesse se treuve ,quant de memoire y la requevre ,et quoy qu'elle se tient muree ,c'est moy labeur qui l'ay trouvee ,par l'estude que j'ay hantee ,j'en ay les clefz je l'ay gardee ,nul sans vertu ne la verra ,qui memoire veoir vouldra ,apprendre fault retenir ,et ruminer le souvenir ,mais affin que tu te conforte ,en la viellesse ou je te voy ,qui est demeure dure forte ,ouvrir je te veulx ceste porte ,va a ma dame je l'ottroy ,labeur qui a piti de moy ,m'a mis en ce noble chastel ,qui valloit ung riche chastel ,fresche memoire promptement ,m'a bont doulceur monstree ,car elle me vint au devant ,et me receut benignement ,par bonne faon asseuree ,elle c'estoit ce jour paree ,d'un drap figur a penser ,moult merveilleux a regarder ,je vis au drap qui fut bien beau ,entrelass d'or de soye ,du vieulx testament nouveau ,et sur son chef eut ung chappeau ,qui me plaisoit quant le veoye ,une odeur que je sentoye ,qu'il appelloit ramentevoir ,la se tient l'oyr savoir ,je luy priay par courtoysie ,veoir ces livres de valeur ,mais pourtant ne le fist il mye ,et me dit que qui estudie ,leans il soit duyt asseur ,d'apprendre sa leon par cueur ,car memoire n'a autre livre ,que tel qui souvent luy livre ,peu proffite l'estudier ,a ceulx qui en vieillesse sont ,mais se doyvent enseigner ,penser et rememorer ,ce qu'ilz ont aprins veu ont ,ces choses au cueur joye font ,pource dis moy qu'il te plaira ,et memoire te servira ,quant j'ouyz la dame parler ,si doulcement par tel guise ,je me prins a reconforter ,disant je vous dois honnorer ,quant par vous puis avoir aprise ,pour parvenir a mon emprise ,savoir ne veulx aultre science ,car ou le grief gist le cueur pense ,je cours je vois je m'achemine ,contre la forest d'atropos ,ce souvenir me print myne ,car il me fault ains que je fine ,combatre pour abregier motz ,contre deux chevaliers de l'ostz ,l'un d'eulx est messire accident ,l'autre debile le tirant ,je demanday si par hystoires ,par legendes ou par croniques ,par escriptures ou memoires ,ou par souvenirs transitoires ,par subtilit ou practiques ,est il rien mys en faitz antiques ,des deux chevalliers si dessus ,s'ilz ont jamais est vaincus ,doncques nul ny prent avantaige ,tant fust il de grant renommee ,j'ay en moy desir couraige ,que je feray mon personnaige ,si bien a icelle meslee ,que j'auray part a la journee ,et que l'honneur m'en demourra ,ou la charonne y demourra ,quant fresche memoire entendit ,a quel fin tendre je vouloye ,moult doulcement me respondit ,j'ay ouy ce que tu m'as dit ,ou voulentiers conseil donroye ,de parler je t'abuseroye ,mais a l'oeul je te monstreray ,ce que j'entens que j'en say ,cy monstre fresche memoire a l'acteur les sepultures des anciens trespassez4 ,et par les escriptures voit ceulx qui ont est desconfitz par debile ou par accident4 ,et commence la tierce partie de ce livre4 ,illustration ,lors ouvre ung huys va devant ,et nous mist en une champaigne ,qui fut a sa maison tenant ,le plus plain pays le plus grant ,qui soit de paris en espaigne ,la n'avoit roche ne montaigne ,chascun y peult choisir a l'ueil ,du toutes pars a son vueil ,ce plain qui fut chose infinie ,estoit par de sepultures ,chascune faicte en tablie ,diversement par mestrie ,tant d'ymages que d'escriptures ,pour congnoistre les creatures ,qu'accident avoit desconfiz ,et par debile les occiz ,lors me dist voy quelz drapperies ,et note le pas de atropos ,cy sont les charongnes pourries ,des grans honnorez en leurs vies ,consumez par chair par os ,savoir le nombre je ne potz ,par art par sens ou retentive ,car c'est chose trop excessive ,au cimetere de memoire ,trouveras ne l'oublie mie ,enfouyz par le territoire ,ceulx dont la bible fait hystoire ,exceptez enoc helye ,qui de la puissance infinie ,et pour fournir ce qu'il doit estre ,sont mys en paradis terrestre ,les gens de quoy escript omere ,sont posez en ce cymitere ,tous ceulx dont recite valere ,et de qui tulles rend mistere ,et dont oroze fait matere ,tous sont pourriz les corps en biere ,tous en la terre transgloutiz ,et prins comme a elle lotiz ,accident fiert debile assomme ,atropos leur livre la place ,ilz n'espargnent femme ne homme ,tous mettent affin c'est la somme ,la mort tousjours prent enlace ,et qui par nature se passe ,et luy dessire son habit ,dont elle a douleur despit ,ceulx qui firent ja les grans faitz ,en babilonne la cit ,les clercs d'athenes tant parfaitz ,les troyans dont on fait les laitz ,et dont on a tant recit ,chascun d'eulx a la mort cit ,et les amazones armees ,sont toutes a la mort livrrees ,et tout l'ancien testament ,peulx cy savoir voy cy le livre ,mais pour goutter plus fermement ,veez cy ou ceulx du temps present ,sont mys pour les premiers ensuyvre ,lys retiens si te mire ,cy sont ceulx que mort oppressa ,depuis l'an trentecinq en a ,lors me mist ainsi qu'a costiere ,et veiz bien par les sepulcres ,qui furent de neufve matiere ,d'aultre faon d'aultre mistere ,les armoyries les figures ,par les habitz escriptures ,que les mors ou je me trouvoye ,furent du temps que je vivoye ,la eut epitaphes sans nombre ,dont oncques n'en congneuz les corps ,si m'en tais pour fuyr encombre ,puis l'ame assista fist umbre ,et me monstra de plusieurs mors ,les tumbes dont j'ay par recors ,fresche memoire plus que assez ,de ceulx de mon temps mors trespassez ,ainsi entray en celle forge ,dont atropos menoit l'ouvraige ,la veiz ung seigneur de saint george ,que debile print par la gorge ,et vinquit par son vaisselage ,il fut tenu grant saige ,entre tous ceulx de son quartier ,mais il est mort pour abregier ,je mys l'ueil sur ung empereur ,filz de puissant roy de bahaigne ,sigismond prince de valeur ,hardy vaillant deffenseur ,du grant empire d'alemaigne ,debile qui maint en meshaine ,la mort a batu mat ,maulgr empere royault ,la je veiz de ligny le conte ,que de luxembourg se nommoit ,des vaillans fut dont on racompte ,d'accident oncques ne tint compte ,et tousjours a luy combatoit ,mais debile qui l'ettendoit ,au pas pour en prendre vengence ,l'occist a petite deffence ,la gisoit ung portinglois ,duc de conymbre filz de roy ,de grans vertuz en tous endroitz ,prince vaillant saige courtoys ,plus renomm de luy ne voy ,mais au milieu de son arroy ,accident par mortelle envie ,l'occist luy osta la vie ,tout subit si gettay mon oeil ,sur ung cercueil de pierre dure ,ou gisoit mort loys du bueil ,qui bien valoit qu'on en fist dueil ,et qu'il fust plainst oultre mesure ,accident par malle aventure ,faisant armes le fist mourir ,ou plus bel de son adventure ,deux papes dessoubz ung tombel ,je veiz la felix eugene ,ceulx firent ung cisme nouvel ,chascun pour faire son plus bel ,voult estre pape avoir regne ,l'eglise en douleur peine ,mais debile les mist en terre ,et fist la fin de telle guerre ,la veiz deux anglois capitaines ,estre pourriz consumez ,en france ont eu bruyt grant regnes ,en guerre firent de grans peine ,et furent doubtez aymez ,thaleboth scalles oultrez ,furent par accident tous deux ,et furent ilz cent foys plus preux ,la fut que je regretay fort ,par ces epitaphes escriptz ,mis gilles de bretaigne mort ,par accident qui luy fist tort ,et pres de luy haultement veiz ,par debile mort occis ,le duc arthus plain de vaillance ,qui fut connestable de france ,la fut ung jacques de bourbon ,roy de naples moult a priser ,le monde ne luy sembla bon ,si voua la religion ,et fut observant cordelier ,mais debile pour le monstrer ,pour par royalle dignit ,ne l'a de la mort respit ,soubz une tombe de laton ,trouvay ensevelliz deux corps ,dont fut honneste l'edicion ,cevely furent hyre pothon ,des bons guerroyers du temps lors ,des mains de debile sont mors ,maulgr leur bonne renommee ,qui leur est aumoins demouree ,ung sepulchre assez noble riche ,je trouvay sur ung allemant ,ce fut le duc aubert d'ostriche ,celluy ne fut aver ne chiche ,mais prince treslarge vaillant ,accident luy vint au devant ,qui l'occist par son vaisselage ,se que l'en tint a grant dommaige ,en ce lieu cy ne failloit mye ,d'estre bien meng de vermine ,le roy lancelot de hongrie ,l'un des grans de la germanie ,d'estre ung empereur bon digne ,accident le print en haine ,et l'occist par piteux exploitz ,au grant diffame des pergois ,j'aperceuz ung chevallier bon ,qui ja fut oultr par debile ,c'est le seigneur de varembon ,et pres ung homme de renom ,qu'accident meurdrist entre mille ,ce fut le seigneur d'esmavile ,devot vertueux vaillant ,son nom fut jacques de chaillant ,la gisoit soubz sepulchre hault ,ung chevallier mort en ce plain ,natif du pais de henault ,dont le los retint qui moult vault ,c'est messire jacques de lalain ,vingt deux fois tout de sa main ,arme ains trente ans acompliz ,et l'a accident a mort mys ,accident qui de vaincre soigne ,avoit fait pourrir en ce pr ,ung que je dois mettre en besoigne ,cornille bastart de bourgoigne ,chevallier preux asseur ,a son escu qui fut barr ,parmy lyons fleurs de lys ,congneuz le chevallier de pris ,boexe seigneur de la varenne ,grant seneschal de normendie ,gisoit mort en celle garenne ,plat ou sablon en l'arenne ,comme la commune mesgnie ,la fut sa vaillance affoiblie ,son sans son plaisant parler ,car accident le fist finer ,je congneuz deux ducz de millan ,l'un fut philippes maria ,mort infect a son grant dam ,l'escripvain n'y eut pas mys l'an ,et pres couchoit reposa ,celluy duc qui millan gaigna ,le duc franusque duc d'escosse ,debile les occist par force ,la veiz thibault de neuf chastel ,ja de bourgoigne mareschal ,son nom tiltre furent bel ,piea n'eurent bourgoignons tel ,car il estoit hardy vassal ,chevallier fut preux loyal ,debile en fist la place nette ,par la mort qui emporte sa debte ,de faulbourg le conte la gut ,et trois freres de tholongon ,chascun d'eulx homme vaillant fut ,mais debile si les deceut ,et les desconfist sans ranon ,ceruant le chevallier de non ,en sens proesse acomply ,gisoit la mort ensevely ,je rencontray en mon chemin ,ung cercueil de grant artifice ,ou fut le chancellier ,rolin ,son tiltre qui fut en latin ,le monstroit parfait en justice ,sumptueulx fut en edifice ,hospitaulx moustiers fonda ,et puis par debile fina ,ung grant prince devenu riens ,la gisant si non cendres pouldres ,c'est le duc charles d'orliens ,ou tant eut de bont de biens ,qu'on ne le peut nombrer ne souldre ,et aprs que dieu vueille absouldre ,fut de dunoys le bon seigneur ,des deux fut debile occiseur ,croy conte de poursuan ,mort ou les aultres ne trouvay ,du bon duc fut du chamblan ,son frere l'alloit poursuyvant ,jehan jadis conte de chauvay ,vertueux furent je le say ,et chevaliers renommez ,mais debile les a tuez ,ung corps qui fut grant de haultesse ,je congneuz la soudainement ,le roy ,alphons plain de proesse ,de grant estat de largesse ,et vault le ramantement ,maulgr son ost sa grant gent ,debile prinst sur luy sa reste ,ou plus fort de sa grant conqueste ,je trouvay sautez charny ,et mains de l'ordre de thoison ,habourdin la vire crequi ,molembaix bruneau aussi ,de la lain messire symon ,roys ducz contes a foison ,tous mors sont en champ en ville ,par accident ou par debile ,la furent en la terre mys ,deux hommes de grant apparence ,l'ung fut cosme de menicis ,et jaques cueur ceulx ont acquis ,et mys ensemble grant finance ,mais n'y vault ne or ne chevance ,debile qui tout vainc tue ,les assomma de sa massue ,je mys l'ueul sur deux connestables ,sainct pol alvre de la lune ,puissans furent redoubtables ,chevalleureux honnorables ,chascun eut part de sa fortune ,accident leur monstra rancune ,et les fit mourir et finer ,au plus hault point de leur regner ,valerain seigneur de morueil ,gisoit par les lames piteuses ,mort estandu en son cercueil ,et auprs que oublier je ne vueil ,touchoit le seigneur de saveuses ,pour leurs oeuvres chevalleureuses ,debile le tresgrant ouvrier ,ne les voulut de mort espargnier ,varonic qui tant eut de puissance ,ja congneuz a la rouge croix ,se feiz je le duc de clarence ,accident les mist en oultrance ,et occist deux nobles anglois ,plus bas gisoit ung escossois ,contre de glatz en pourriture ,despeschi par telle adventure ,vergy couches brederodes ,veiz gisans dessoubz les sentiers ,la congneuz a l'abit modes ,des grans du prince de rodes ,mains bons vaillans chevaliers ,de caleraues de templiers ,mont trouvay mors par accident ,et par debile qui tout fent ,la gent des marches de turquie ,ung bon chevallier de grant fait ,c'est le blanc de la volaquie ,sur les turcs fist mainte saillye ,moult de proesses y a fait ,debile l'a du tout desfait ,et abatu sans relever ,celluy qu'on doit bien honnorer ,charles duc de bourbon je veiz ,par debile mort mat ,et pres de luy deux de ses filz ,furent d'accident mors pris ,dont dommaige fut piti ,l'un fut de beau ,jeu herit ,l'autre jacques qui fut puisn ,chevallier de moult grant beault ,la veiz le prince d'antioche ,qui eut des chippres l'eritiere ,contre accident il ne tint coche ,mais l'enfouyt tout d'une approche ,au milieu de telle maniere ,debile par aultre maniere ,eut la mort de mortelle prince ,loys qui fut d'orenge prince ,la gisoit mort sur ung pesac ,ung grant prince ou j'allay le cours ,si fut le conte d'armegnac ,grant mal me fist a l'estomac ,et me fist rendre plains plours ,aussi le bon duc de nemours ,trouvay par accident fin ,et en ce cymitere enterr ,la fut de sicile le roy ,d'onneur le droit fruyt vray arbre ,debile l'occist par derroy ,et si veiz mort en ce terroy ,gisans soubz ung tumbeau de marbre ,deux de ses filz ducz de calabre ,moult vertueux renommez ,par accident mors tuez ,la gisoit ung roy d'angleterre ,henry qui fut plain de simplesse ,son escript monstroit a l'enquerre ,qu'il ne fut pas homme de guerre ,ne prince de grant hardiesse ,il fut de tresroyal haultesse ,mais accident qui tout desrune ,luy donna trop malle fortune ,je trouvay soubz grant apparence ,gisant mort la noble personne ,de charles le grant roy de france ,septiesme du nom d'excellence ,qui moult esleva sa couronne ,sa fin fut vertueuse bonne ,debile en fut le droit meurdrier ,comme d'un simple chevallier ,le duc de guyenne choisy ,gisant tout mort en my la voye ,par accident qui l'eut saisy ,et de telle mort ou quasi ,son nepveu le duc de savoye ,le duc jehan que je regrettoye ,de cleves veiz la mort gesir ,que debile avoit fait finer ,tout hors du terroyr crestien ,veiz qui tous aultres passa ,en tous triumphes sans moyen ,c'est ce turc puissant payen ,qui douze regnes subjuga ,et deux empires conquesta ,grant fut ce mahommet banny ,mais debille l'a esbahy ,se mathussalle devoye ,qui vesquist plus de neuf cens ans ,et plus que tousjours j'escripvoye ,les mors qu'en ce lieu je trouvoye ,si me seroit petit le temps ,si prendront en gr les lisans ,chascun en peult assez penser ,et n'est besoing de leur nommer ,la veiz gesir dessoubz les lames ,par nombre non a estimer ,en derrieres roynes dames ,duchesses contesses femmes ,tant qu'on ne les savoit nombrer ,je me passe de les nommer ,mais beault haulteur ne vertu ,ne a contre la mort rien valu ,les evesques bonnommeaulx ,les papes simples convers ,les mendians les cardinaulx ,patriarches peres chaulx ,tous sont la gisant a l'enveres ,la mort les fait menger aux vers ,et sont leurs os sy tressemblables ,qu'ilz ne sont point recongnoissables ,les empereurs les coquins ,les mecaniques les roys ,contes ducs gallopins ,les bedeaulx les eschevins ,povres riches faulz adroitz ,la mort a tout prins a la roys ,et n'en lerra par ses cautelles ,ung seul pour dire les nouvelles ,les converses les prieuses ,les abbesses les novisses ,damoiselles devocieuses ,mondaines religieuses ,possessans sans benefices ,la mort en a fait sacrifices ,toutes a prins toutes prendra ,tout est pourry tout pourrira ,et me dist pour tout reconfort ,fresche memoire pour conclurre ,tu voys les euvres de la mort ,riens ny vault puissance ne fort ,il te fault a cella reduire ,le meilleur ou l'en te peult duyre ,c'est de memoire despescher ,du scinderesse de pech ,c'est qu'elle dist c'estoit raison ,combien que ce fut fort a faire ,si rentrasmes en sa maison ,ou il eut des biens a foison ,pour nous desjuner refaire ,la dame qui fut de bonnaire ,m'a sceust si bien arraisonner ,qui valloit mieulx que le disner ,les choses qu'elle me monstra ,me firent penser a loisir ,tout conclud ce mont s'en alla ,ma dame quant est a cella ,plus ne fault mon penser couvrir ,adviengne qui peult advenir ,l'adventure veult approuver ,qu'onques homs ne peult eschever ,lors me dist je le t'otroye ,et si te menray celle voye ,si demanda son palefroy ,je le meneray elle moy ,heureux fuz quant tel guyde avoye ,plustost que dire ne savoye ,tous d'eulx nous trouvasmes sans faille ,ou devoit estre la bataille ,a l'approucher j'ouyz l'effroy ,grant tourbe de gens murmure ,coups ferir comme a ung tournay ,voulentiers fusse retournay ,pour eviter telle adventure ,ung perron devant la closture ,trouvay a grans lettres dorees ,ou j'ay telz parolles trouvees ,cy fine le chemin mondain ,cy fine la sante de vie ,cy se fiert le plus inhumain ,dont atropos juge soudain4 ,a le pouoir seigneurie ,nul n'y entre qui ne desvie ,deux champions a si tresfors ,qu'ilz ont tous les ansestres mors ,accident combat le premier ,peu en attainct qui luy eschappe ,s'il fault_/ lors vient le grant murdrier ,debile prince d'encombrier ,qui tost occist tost attrappe ,riens ne vault cuyrasse ne chappe ,veez cy la mortelle adventure ,ou prent fin toute creature ,au perron ne feis demeuree ,ains tiray vers les lices closes ,pour ce que je y veiz assemblee ,regardans debat ou meslee ,ou aulcunes estranges choses ,la ne fuz minutes ne poses ,que je veiz en son eschauffault ,atropos seoir au plus hault ,atropos d'un habit divers ,fut par d'estrange maniere ,bend de couleurs en travers ,dentell de terre de vers ,et seant en pompeuse chayere ,contenance monstroit tresfiere ,tenant ung dar de deffiance ,contre tel qui guiere ny pense ,cy devise de la bataille faicte entre debile le duc philippe de bourgoigne4 ,et commence la quatriesme partie de ce livre4 ,illustration ,son mareschal fut cruault ,qui me tint des lices l'ordonnance ,son herault estoit voulent ,portant ung baston tout drapp ,de couleurs de mescongnoissance ,son cheval estoit de doubtance ,portant le sceau d'une soucye ,en telz armes nul ne s'y fie ,les lices furent de douleurs ,des mains de tristesse charpentees ,le pavillon fut de clameurs ,les bannieres furent de pleurs ,au coust l'appellant plantees ,et les gardes de deux entrees ,furent je ne l'oubliay mye ,fielle despit villainie ,le pavillon du deffendeur ,estoit tresrichement bord ,de toute bont doulceur ,les bannieres furent d'honneur ,qui moult bien paroyent en ceste ,le herault eut nom bien aym ,qui portoit blason de proesse ,couronne d'entiere noblesse ,voulent en place sault ,et fist crier parmy la lice ,que nulz par signes bas ne hault ,n'avantaigeast en cest assault ,sur peine que l'on le punisse ,puis affin que l'on se fournisse ,il cria laissez les aller ,chascun pense de se monstrer ,lors saillit de son pavillon ,debile portant deux gisarmes ,l'une fut persecution ,et l'autre consummation ,pour le dernier coup fait d'armes ,de sable sur sa cotte d'armes ,qui fut pourtraict figur ,ung homme mort descharn ,et pour fournir ceste besoigne ,le deffendant sault d'aultre part ,vestu de armes de bourgoigne ,honneur le conduist enseigne ,et ne le laisse tost ne tart ,ce fut celluy ou dieu a part ,philippe duc qu'on ayma tant ,le plus grant des ducz vaillant ,il tenoit en sa dextre main ,une lance de bon advis ,en l'autre je veiz tout aplain ,ung tergon tout par plain ,de loz de pouoir d'amis ,et pour le tout estre au vray mys ,sa hache fut de fermet ,contre l'assault d'adversit ,debile sembloit moult a craindre ,et branloit ung dard de grevance ,monstrant qu'il ne se veult pas faindre ,et s'il peult sa partie attaindre ,il est mort ou mys en oultrance ,le bon duc demenoit sa lance ,et sembloit bien ung chevalier ,qui ne daigneroit desmarchier ,ainsy marcherent fermement ,l'un sur l'autre les dessusditz ,debile tout premierement ,gettant son dard griefvement ,et cuida avoir tout conquis ,mais le duc qui estoit apris ,comme ung asseur champion ,receut le coup a son tergon ,de ce coup le duc se deffit ,monstrant chevalleureux devoir ,son gect met avant partist ,si bien que peu qu'il ne deffist ,debile qui monstroit pouoir ,lors chascun se fist bien valoir ,chascun vouloit estre vaincueur ,de la bataille de l'honneur ,le duc print son bec de faulcon ,qui fut de fermet clou ,et debile le tresfelon ,frappa de persecution ,grans coups tous plains d'enfermet ,chascun eut fiere voulent ,l'un fiert l'autre rabat maille ,en celle cruelle bataille ,memoire monstroit esperance ,que le duc vaincroit la journee ,pour sa tresapre resistance ,dont plusieurs foys fist apparence ,contre accident en la meslee ,mais debile par destinee ,doubtoit pource qu'il fiert blesse ,des coups qui viennent de foiblesse ,pour savoir d'armes le mestier ,s'apprendre on peult a ceste escolle ,si l'assaillant est dur fier ,le deffendeur est a priser ,se l'un meshaigne l'autre affolle ,hardiment parmy le champ volle ,pour rebaudir les champions ,qui vault d'or trente millions ,tant ont feru tant maill ,chascun d'eux sans faire reprinse ,que le plus sain fut meshaign ,foull_/ grev_/ travaill ,et affoibly en mainte guyse ,mais debile monstra maistrise ,car d'un coup soudain d'un quaterre ,mist mort le noble duc par terre ,aussy fut le noble duc abatu ,dont atropos la forcennee ,pour ce noble prince vaincu ,ne tint non plus que d'un festu ,et ne luy fut q'une rosee ,monstrant qu'elle est acoustumee ,et prent son singulier plaisir ,a veoir gens finer mourir ,lors heraulx comme bien apris ,prindrent ung drap texu de gloire ,et l'ont sur le noble corps mys ,et port en terre assiz ,au saint lieu de digne memoire ,ou l'on le trouvera encore ,tant que le monde definera ,ne jamais n'en departira4 ,comment le duc charles de bourgoigne combatit messire accident4 ,illustration ,a peine fut lev le corps ,ou du moins au sepuschre mys ,que j'ouys le bruyt par dehors ,de deux ostz trespuissans fors ,chascun par de ses amys ,accident le premier je veiz ,qui sur le ranc se vint esbatre ,mont arm pour combatre ,cheval bride d'arrogance ,son harnois tremp de courroux ,maleur avoit ferr sa lance ,l'espee fut d'oultre cuidance ,dont moins fut batu escoux ,et pour donner les rudes coups ,a son aron pent une masse ,de fortune qui tout amasse ,d'aultre part sault ung bourgoignon ,charles qui fut prince doubt ,et ressembloit bien compaignon ,qui vouloit avoir sa raison ,au plus pres de sa voulent ,son cheval s'appelloit fiert ,et fut arm entierement ,d'un harnois fait par hardement ,sa lance fut de haulte emprinse ,grant cueur luy donna son espee ,le forgeur s'appelloit maistrise ,sa dague se nommoit franchise ,pour estre vaincueur de l'armee ,quant j'euz sa faon regardee ,vice je n'y peuz parcevoir ,fors seullement de trop vouloir ,la n'eut tente ne pavillon ,ou ses armes furent pendues ,ce fut en l'ombre d'un buisson ,sans bruit ne fut pas ne sans son ,l'assembler de ses deux venues ,les lances qui furent agues ,coucherent tous deux d'un desir ,pour trop mieulx attindre ferir ,accident hurta par despit ,sur le duc a toute puissance ,trois fois son cheval abatit ,dont pourtant ne fut desconfit ,mais eut cueur de sa recouvrance ,ainsi passa le cours de lances ,qui ne fut pas a l'avantaige ,de ce duc ne de son bernaige ,les espees furent saisies ,pour mieulx assommer ce debat ,la monstra chascun ses envyes ,le jeu ne touchoit que leurs vies ,en telz perilz est qui combat ,ayde estremye ne rabat ,ne peult a ce besoing servir ,en fin fault ou vaincre ou mourrir ,le duc qui fut vaillant fier ,mist son corps a toute deffense ,mais accident pour le dernier ,empoigna son baston murdrier ,c'est la masse de mal vueillance ,que fortune par excellence ,luy donna pour ceulx desmonter ,qui se veullent hault eslever ,le duc accident rebouta ,jusques fortune vint en place ,dont accident tel coup donna ,que mort a terre tresbucha ,le duc a qui dieu pardon face ,de ce maleur je me soulasse ,qu'il mourut pour non faire faille ,dedans le champ de la bataille ,se la guerre fust a louer ,par ung honnorable exercite ,gensdarmes bien devez plorer ,plaindre gemir lamenter ,le duc charles dont je m'aquitte ,et m'est confort que je recite ,que mon maistre ne fust vaincu ,par nul homme qui l'ait valu ,mais fortune tient en ses mains ,par la tresdivine puissance ,tous les affaires des humains ,tant des mauvais comme des sains ,a son plaisir on fiert lance ,car du ciel ne de l'influance ,de quoy parle aristobolez ,nous n'en savons que par les faitz ,quant on a des bien a plant ,et que le tout vient a plaisir ,on se dit de bonne heure n ,et que l'homme est bien destin ,car il a tout a son desir ,mais s'il est povre au definer ,ou diffam aucunement ,on en juge tout aultrement ,dont qui veult son mal destourner ,selon la divine doctrine ,il nous fault noz cueurs retourner ,vers celluy qui tout fait tourner ,qui la lune croist decline ,c'est cil comme dit le proline ,qui au secret de ses ydees ,se joue de noz destinees ,ainsy eut accident victoire ,sur ce prince fier puissant ,il vivra en noble memoire ,et sera nomm en hystoire ,le duc charles le tresvaillant ,de luy nous cesserons a tant ,et reviendrons par pons pas ,a ce qui advint en ce pas ,accident se voulut arrester ,pour attaindre nouvelle proye ,et se fist de nouvel armer ,d'un harnoys fait de deseper ,affin que de loing on le voye ,aprs se tint en my la voye ,a tout ung glayve de mesure ,que l'on nommoit malaventure ,ung poingnart met a son cost ,fait de soudaine maladie ,mains en a occis tu ,et pour avoir le champ oultr ,et plus tost vaincre sa partie ,de secrete melancolie ,avoit une dague affillee ,qui mainte personne a tuee ,la estoient menestrelz clerons ,harpes tabourins vielles ,orgues manicordions ,faisans aubades grans sons ,tout triumphoit au som d'icelles ,chascun couroit a ces nouvelles ,chascun demandoit que c'estoit ,car la matiere le valloit ,la veiz venir une lictiere ,de deux licornes soustenue ,dont l'une fut bont entiere ,et l'autre fut doulce maniere ,la plus qui fut oncques congneue ,toute d'or se monstroit a veue ,la lictiere le parement ,qui cousta merveilleusement ,les deux licornes par le frain ,quattre grans princes demonstroient ,fleur de jours fut le premerain ,au bon renom qui n'est pas vain ,ces deux la premiere memoire ,les aultres deux qui suyvoient ,l'un fut noble cueur sans envie ,et desdain contre villainie ,apres suyvoit grant baronnie ,de dames a grant quantit ,chascun triumphoit a l'envie ,moult fut belle la compaignie ,et de richesse de beault ,or est temps d'avoir racont ,de la lictiere le droit veoir ,qui vault bien le rementevoir ,comment accident combatit la duchesse d'ostriche_/ et elle vaincue l'acteur se voulut presenter pour faire son devoir ,et comment atropos l'envoya contremander par respit son herault ,illustration ,la seoit en magnificence ,une princesse toute armee ,qui venoit pour prendre vengence ,du grief de la desplaisance ,que ce pas luy avoit donn ,celle sembloit panthasillee ,qui vint la mort de hector vengier ,mais elle le compara chier ,son harnoys fut fat de plaisir ,et luy donna bonne pensee ,son bassinet pour garentir ,tout ce qui pouvoit survenir ,a l'assault de celle meslee ,elle eut une trenchant espee ,nommee desir de bien faire ,pour mieulx grever son adversaire ,ung gavelot eut pour getter ,qui se nommoit plaisant racueil ,et le tergon pour soy garder ,s'appelloit loyaument aymer ,sans changer ne de cueur ne dueil ,et puis que oublier je ne vueil ,sa cotte d'armes j'apperceuz ,plaine de cent mille vertus ,la dame de son bon gr sault ,preste d'accident rencontrer ,et fist publier au plus hault ,par loyault son bon herault ,veez cy qui se vient presenter ,au jour qu'on luy fist assigner ,c'est d'ostriche la vraye duchesse ,qui veult tenir foy promesse ,quant accident veit sa partie ,en telle beault valeur ,s'il eut peur je n'en doubte mye ,doubtant son emprinse faillye ,et qu'il n'en saillist a honneur ,je veit grant pouoir hault cueur ,en vingtz quattre ans seullement ,cela l'esbahit durement ,mais forcen son conseillier ,luy dist te fauldra le couraige ,jeune arbre peult on bien ployer ,jeunesse se peult esmayer ,par fermet par usaige ,et si trouveras par usaige ,que qui l'assault de maladie ,morte est tost qui n'y remedie ,accident honteux sault avant ,comme cil que despit argue ,la dame luy vint au devant ,lors la navra soudainement ,d'un gect de fievres continue ,de coup l'avons nous perdue ,helas de bourgoigne marie ,qui laissa mainte ame marrie ,accident cruel felon ,par ce meurdre desordonn a robb le palladion ,le fort la benediction ,soubz qui la bourgoigne a regn ,ce nom est failly fin ,au trespas de la bonne dame ,je prie a dieu qu'il en ait l'ame ,c'estoit pour nous le troyllus ,dont troye fut reconfortee ,qui les troyans a soustenuz ,en couraige en grans vertus ,plus hector en longue duree ,car celle nous fust demouree ,en nous estoit de soustenir ,ce qui nous pouoit advenir ,o vous qui ce livre lisez ,pensez bien a ceste adventure ,en ce beau mirouer vous mirez ,car ce trespas vous passerez ,beault deviendra pourriture ,la mort guerroye de nature ,a charger mener affin ,son ennemy son affin ,et peult chascun lisant entendre ,que ce m'est desplaisance dure ,de veoir mors en terre estendre ,iceulx trois a qui je dois rendre ,amour foy hommaige droicture ,car soubz eulx j'ay prins nourriture ,ilz m'ont nourry eslev ,qui ne doit pas estre oubli ,quant je veiz la bataille oultr ,de ceulx a qui subget je fuz ,j'ay toute crainte despitee ,sy ay ma visiere baissee ,com cil qui ne veult vivre plus ,sans craindre qui me coure sus ,a chascun en donnay le chois ,qu'a tous deux a une foys ,fresche memoire me disoit ,qu'a dieu je me recommandasse ,chascun ne fait pas ce qu'il doit ,car qui sent le cueur en destroit ,la reigle de raison tout passe ,sy me mys en renc en place ,pour l'assault d'accident souffrir ,ou debile s'il veult venir ,mais il vint ung herault petit ,qui portoit ung blason d'attente ,son nom fut en arme respit ,doulcement me parla dist ,amys donns a moy entente ,atropos qui droit cy regente ,vous mende que vous departez ,jusques a ce que mand soyez ,respit qui n'est pas des plus grans ,me fist departir retraire ,car atropos en celluy temps ,avoit assez de combatans ,et me fault sa voulent faire ,fresche memoire de bonnaire ,que tant je trouve amoureuse ,se monstra de ce mot joyeuse ,comment freche memoire ramaine l'acteur en sa maison luy devise en chemin de ses nouvelles4 ,illustration ,et conclud qu'il me meneroit ,au lieu ou trouv je l'avoye ,et qu'entendement m'aideroit ,qui moult bien me conseilleroit ,pour les armes que aprins avoye ,ainsy nous maismes a la voye ,pour aller en sa demourance ,par le doulx chemin d'allegance ,memoire qui me veit muser ,m'entretint de beaulx ditz comptes ,moult bien luy seoit le parler ,le chemin me fist oublier ,et me dist entre ses racomptes ,je say roys ducz barons contes ,sepulturez nouvellement ,depuis nostre departement ,loys filz du duc de bourbon ,evesque du liege tant digne ,conte du loz duc de buillon ,du royal sang prince tant bon ,qui de parens eut une mine ,accident qui la vie mine ,l'a n'a gueres mort tu ,au fort de sa meilleur cit ,le conte de chunay tant saige ,tant plaisant tant estim ,tant agreable personnaige ,tant de vertuz eut en partaige ,que de chascun fut desir ,accident l'a mort mat ,d'une fievre soudainement ,avant qu'on sceust savoir comment ,de luxembourg le conte pierre ,qui six foys conte se nommoit ,accident luy a fait la guerre ,et alla debile requerre ,car jeune matiere vouloit ,ces deux l'ont mys en tel destroit ,par maladie decrepite ,qu'ilz en ont fait le monde quitte ,edouart le bel roy angloys ,chevallereux renomm ,qui fut estim des francoys ,en crainte tint les escossois ,en son royaulme redoubt ,accident l'a a mort bout ,subit d'une fievre soudaine ,comme du traict d'une dardaine ,phebus jeune roy de navarre ,qui chascun si fort estimoit ,accident qui trop voult conquerre ,a rompu comme ung petit voyrre ,sa vie qui tant florissoit ,l'un deffait l'autre deoit ,et a le dard si tres a dextre ,que nul n'en sceut oncques seur estre ,michiel de berghuez tant vaillant ,en jeunes jours plain de prudence ,de cent ans ne cent devant ,tel chevallier n'eut en brebant ,pour garde vertu vaillance ,accident a rompu sa chance ,l'an de sa vie vingt six ,en combatant pour son pays ,ainsy memoire m'entretient ,de motz saiges a plant ,et me fist comptes plus de vingt ,qui valoient qui bien en souvint ,et que chascun soit bien not ,subit trouvasmes son host ,ou nous fusmes bien recueilliz ,logez a souhait serviz ,memoire promptement manda ,le bon hermite souverain ,entendement qui ne tarda ,mais fist ce qu'elle commanda ,et vint comme prompt soudain ,avant le jour le lendemain ,c'est cil ou l'en peult conseil prendre ,de tout ce que l'en veult comprendre ,dont me fut donn par conseil ,entendement que moult j'aymay ,jamais je ne veiz son pareil ,pour donner de confort resveil ,plus prudent nulle part ne say ,et au grant affaire que j'ay ,je croy que dieu si le m'envoye ,pour le reconfort de ma joye ,comment entendement enseigne l'acteur a se conduire en fait d'armes ,et comment il se doit armer parer ,et commence la cinquiesme derniere partie de ce livre4 ,illustration ,la s'assist sur une chayere ,le preudhomme devant mon lyt ,son parler sa belle maniere ,je l'eu tant agreable chiere ,que je n'euz oncque tel delit ,entendement commence lyt ,leon ou l'en peult moult apprendre ,qui le veult ouyr et entendre ,amys qui veult en lice entrer ,qui est bataille perilleuse ,tout premier il doit bien penser ,s'il a corps pour le fait porter ,contre sa partie hayneuse ,c'est une esprouve tresdoubteuse ,tempter dieu_/ est deffendu ,par le saint canon de vertu ,bien est vray qui est assailly ,et de son droit fort oppress ,l'on tiendroit celluy pour failly ,lasche recreu deffailly ,si le gaige n'estoit lev ,s'aultrement il n'estoit prouv ,sur ce moult belle usance tint ,le saige roy charles le quint ,mais ton fait c'est ung aultre chose ,c'est une batalle commune ,a la fois fait en lice close ,ou selon qu'atropos propose ,en plain champ sans closture aucune ,soit en plain jour ou a la lune ,riens n'y vault respit ny attente ,payer fault a la mort sa rente ,puis que c'est ung faire le fault ,et que le jour brief tu attens ,pour doubte qu'il ny ait deffault ,preparer armer te fault ,sans prendre jour ne nuyt ne temps ,d'estre bien arm tu pretens ,il te fault avoir repentir ,l'armurier de divin desir ,pieces si souldees te fera ,de tel art de tel trempeur ,que vice n'y attachera ,ne jamais pech n'y prendra ,pour faire sur ton corps greveure ,ung harnois te fault de mesure ,fait d'assier de ferme propos ,d'aymer dieu pour vivre a repos ,de force pren tes brasselletz ,que l'on dit magnanimit ,et pour estre pompt en telz faitz ,avoir te convient gantelz ,de charitable voulent ,d'un bassinet soyez arm ,fait des mains de dame attrempance ,qui vault plus que l'homme ne pense ,cuissotz braconnier de malla ,te fault de chastet parfaicte ,et affin que l'homme mieulx vaille ,avoir te fault n'y fay faille ,grenes de tresbon labeur faite ,et pour faire chemin traicte ,solerez te fault une paire ,de diligence de bien faire ,tu te doibs couvrir parer ,de tes armes escartellees ,qui vallent qu'on les doit porter ,celles sont a les blasonner ,de foy de bonnes pensees ,et si doivent estre drappees ,pour monstrer seigneurie acquise ,du saint baptesme de l'eglise ,or es tu arm par ,comme a champion apartient ,mais pour plus estre redoubt ,il te fault estre embastonn ,ainsi te fault le convient ,il ne pert pas temps qui retient ,les bastons te pense bailler ,dont tu as le plus grant mestier ,entendre te fault savoir ,que qui combat de bon couraige ,il a facult pouoir ,d'estre a pi ou cheval avoir ,chascun selon son avantaige ,mais pour commun droit usaige ,combatre a pi est plus honneste ,que soy fier en une beste ,et si peult telz bastons porter ,chascun comme il a de plaisir ,gysarmes ou marteaulx de fer ,haches lances pour bouter ,ou de guet lancer ou ferir ,ainsi te peult a choiz garnir ,si prens bastons de tel valeur ,que mieulx en vaille ton honneur ,celle franchise signifie ,et se doit en ce point noter ,que dieu par bont infinie ,nous a donn avec la vie ,le franc arbitre de regner ,et pouons venir aller ,par la voye de sauvement ,ou le sentier de dampnement ,quant a ce que conseil je donne ,en cheval ne prendre asseurance ,il s'entend que nulle personne ,soit d'aulcun bien fait ou aulmosne ,ne doyt prendre en aultruy fiance ,chascun pour soy si songe panse ,esperant que les heritiers ,l'oublieront assez voulentiers ,tu peulx demander advou ,pour tenir pour toy lieu place ,c'est le saint baptesme vou ,qui ne soit pas desavou ,pour quelque chose que l'en face ,c'est cil qui esbahit la face ,de l'ennemy entierement ,en faisant vivre seurement ,et puis pour tes armes fournir ,tu prendras lances pour getter ,ferrees de devot desir ,le fust sera de souvenir ,de la mort que dieu veult porter ,et si fais une dague ouvrer ,tel qu'el morde bien picque ,de la saincte foy catholique ,or as la lance en la main dextre ,pour injure a l'ennemy faire ,targer te fault en la senestre ,pour plus seur de ta personne estre ,qui sera de bon exemplaire ,et fault est necessaire ,l'espee trenchant de justice ,celle te sera moult propice ,or n'a plus qu'attendre a targer ,au temps pour faire les apprestes ,repentir sera l'armeurier ,fais luy diligemment forgier ,tes pieces pour estre plus prestes ,n'espargne avoir contant ne debtes ,prens en soing ce n'est pour moy ,car nul ne combatra pour toy ,en ce point me sollicitoit ,entendement par la raison ,et mes apprestres conseilloit ,comme celluy qui moult doubtoit ,de perdre le temps saison ,et me dist par comparaison ,le surplus a le double entendre ,car il fault s'armer deffendre ,je luy demanday plus avant ,or sont mes pieces ordonnees ,mon harnois mon parement ,tout se fait ordonnement ,mes besongnes sont preparees ,a quoy convient temps journees ,car tout n'est forg a ung jour ,que dois je plus faire en ce jour ,entendement me respondit ,amys tu fais demande bonne ,ce n'est pas tout que de l'abit ,il fault labourer a prouffit ,pour la sant de ta personne ,si te conseille le t'ordonne ,que tu rendes travail peine ,d'estre legier en alaine ,tu te dois le matin lever ,et estouper nez bouche ,courir montaiges ramper ,pour menger beaucoup jusner ,peu dormir sur luy fut couche ,estre chaste ce point te touche ,fouyr venimeuse pensee ,et avoir la langue attrempee ,et dois ung haubergon d'assier ,pesant trente livres porter ,tes soles de plomb renforcer ,affin que soyes plus legier ,au harnois que tu doibs armer ,et dois ung gros baston plomber ,pesant maniere tenir ,pour plus delivre devenir ,souvent tu te dois esprouver ,a gens fors subtilz puissans ,pour soustenir rebouter ,tout ce qui te pourroit grever ,et pourvoir aux accidens ,telz assaiz sont asseuremens ,contre le froit qui pourroit poindre ,quant on doit son ennemy joingdre ,telles doctrines aprises ,ne sont pas sans raison fondees ,mais sont par experimens prises ,et par necessit requises ,pour les doubtes estre portees ,et sont figures figurees ,a entendre legierement ,pour prendre bon gouvernement ,estouper la bouche le nez ,s'entent que l'en ne doit sentir ,ou goutter nulles vanitez ,mais fouyr les mondanitez ,qui veult a victoire venir ,et le pesant haubert vestir ,nous donne la signifiance ,de porter faiz de penitence ,et devons courre au confesseur ,par trescontrite voulent ,pour nous mondifier le cueur ,de tout pech de tout erreur ,et que riens ne soit oubli ,et ce qui sera ordonn ,pour la penitence estre faicte ,soit brief par bon espoir parfaicte ,les assaulx les appertises ,qui se font pour toy adresser ,ce sont les devotes aprises ,qui sont pour batailles requises ,contre le souldaier d'enfer ,doncques dois tu continuer ,a macter la chair perilleuse ,par mener voye vertueuse ,tu ne doibs sans bon conseil estre ,c'est adire clercz docteurs ,qui sont fondez comme on doit estre ,en foy en la saincte lettre ,venans des saintz des acteurs ,telz sont les saiges confesseurs ,la peult on apprendre science ,pour deffendre la conscience ,se tu peulx ma leon comprendre ,mettre en euvre l'executer ,tu digne pour l'art apprendre ,pour la grant cit de dieu prendre ,et pour les sains cieulx escheller ,pour lucifer vaincre mater ,en gaignant s'ainsy te conduys ,le hault siege de paradis ,sire diz je moult grant confort ,me donnez qui bien m'agree ,mais maintenant vient le plus fort ,et qui moult me point me mort ,en souvenance redoubtee ,quant j'auray fait au champ entree ,comme me dois je gouverner ,le point vault bien le demander ,ta question est bien causee ,et demande par ton advis ,car sur toy seul tumbe l'armee ,tu n'auras nulz a ta souldee ,qui pour toy voulsist estre mys ,la faillent parens amys ,confort tu n'auras en tes faiz ,fors seullement de tes biens faiz ,avoir te fault ung pavillon ,qui soit mys en veable lieu ,ung escu par devocion ,ou soit la presentacion ,de la vierge mere de dieu ,ainsy te monstreras en lieu ,comme champion de haulteur ,qui combat pour le createur ,et pour entrer en telz destroiz ,il te fault une bannerolle ,qui sera faicte de la croix ,pour te servir deux fois ou trois ,contre charme sort ou parolle ,aprens retiens mon escolle ,et je t'asseure par moy croire ,d'avoir ta part de la victoire ,foy moy a te faire adresse ,requerras pour te conseiller ,nous deux te tiendrons en proesse ,en ferme cueur en haultesse ,sur tous nous te pouons aider ,ung siege pour te soulagier ,et reposer t'est necessaire ,qui soit par de satisfaire ,et present en faisant serment ,sur le messel sur le livre ,jure que volentierement ,tu as prins le baptisement ,pour chrestien mourir vivre ,et que ton corps presante livre ,pour soustenir ceste droicture ,contre l'ennemy de nature ,car ta partie jurera ,et vouldra soustenir en somme ,qu'adam que premier dieu fourma ,a la mort tous nous obligea ,par la morsure de la pomme ,et que le filz de dieu comme homme ,mesmes en paya le peage ,pour racheter l'humain lignaige ,tu orras crier deffendre par les quatre coings du champs clos ,que nulz sur paine de mesprendre ,sur doubte de la vie de offendre ,a la voulent de atropos ,par signes parolles ou motz ,ne donnent part ne avantaige ,a ceulx qui combatent ce gaige ,puis qu'il fault que sur ce responde ,les apostres n'ont ilz presch ,par les quatre pars de ce monde ,que nul ne s'attende ou se fonde ,d'estre franchement despech ,par aultruy main de son pech ,et que chascun pour son plus beau ,prendra le faitz de son fardeau ,garde toy bien je le vueil ,quant pour combatre marcheras ,que tu n'ayes soleil a l'ueil ,de tresgrant destourbier dueil ,par ce faire te garderas ,c'est adire que ne mettras ,le soleil de divine essence ,contre toy pour luy faire offence ,le juge tu honnoreras ,en obeissant entierement ,ce dieu a qui tu te rendras ,et ses commandemens tiendras ,en croyant en luy fermement ,la est le seur affermement ,celluy te tiendra en seurt ,en contre toute adversit ,et se tu te trouves surprins ,ou en effroy comme il peult estre ,pour avoir mieulx ton sang reprins ,pense que dernierement veiz ,ton dieu entre les mains du prestre ,c'est le createur c'est le maistre ,c'est cil ou on doit retourner ,pour tout le saint sens asseurer ,mais que jesucrist on n'oublie ,l'on ne pourroit estre vaincu ,car l'escripture certifie ,loyal perpetuel de vie ,se l'on a loyaulment vescu ,ce mot note bien_/ l'entens tu ,il n'est pas mort qui vit regne ,la ou est le glorieulx regne ,au partir marche doulcement ,monstrant voulent asseuree ,mais aborde robustement ,deffens fort assaulx vivement ,ne pers nulz coups a la volee ,et si l'ame est trop grevee ,ne t'en esbahis ne soucye ,car tu n'as pas saine partie ,il s'entend que d'umble cremeur ,les sains sacremens recevras ,lors seras de tout point asseur ,d'estre le champion vaicteur ,de l'ennemy que tu verras ,pour luy tu ne te changeras ,mais demourras sans faire change ,obeissant a ton bon ange ,et se tes bastons peulx tenir ,sans estre brisez ne rompus ,je t'asseure de parvenir ,au bien parfait de ton desir ,c'est d'avoir l'honneur de lassus ,retiens je n'en parleray plus ,par me croire tu es sauv ,ou par contraire condampn ,ainsy entendement faisoit ,grant devoir de moy bien apprendre ,mais savoir ung point me failloit ,qui le fait de mon cas touchoit ,c'est de savoir de comprendre ,le temps qu'atropos vouldra prendre ,ou le jour limite sera ,que combatre me conviendra ,lors me dist que des messaigiers ,de par debile me viendront ,pas a pas en plusieurs quartiers ,mais accident a les legiers ,qui peult estre me sur prendront ,dont mes apostres se perdront ,me conseillant que je labeure ,d'estre tousjours prest a toute heure ,premier seront les annunceurs ,les yeulx qui besicles demandent ,ce sont des dames espoventeurs ,car nature n'est plus des leurs ,par ce qu'en delinant se rendent ,et bien folz ceulx qui n'entendent ,que le corps fera brief deffault ,puis que la lumiere luy fault ,puis quant les oreilles desirent ,le coton estre estouppees ,sans oyr ainsi qu'ilz oyrent ,selon que ses deux sens empirent ,ce sont semonces apportees ,ainsy sont trompetes sonnees ,a mettre selles sans sejour ,pour aller comparer au jour ,les mains la teste trembler ,sentiras ce sont seurs messaiges ,qu'il ne te fault plus retarder ,et ne le peulx contremander ,ne replicquer a telz langaiges ,qui penseroit a telz ouvraige ,l'on mettroit en dieu sa fiance ,et tout le monde en oublience ,les jambes que soustenu t'ont ,le chair si tendrement nourrie ,en leur puissance deffauldront ,et ung baston demanderont ,pour les soustenir en partie ,ce messagier nous brait crye ,pensez de l'ame par remors ,sans trop obeir a vostre corps ,telz messagiers telz heraulx ,sons annonceurs de la journee ,avecques moult d'aultres assaulx ,des maladies des maulx ,dont mainte personne est grevee ,ainsi a sa raison finee ,et me laissa soudainement ,le bon hermite entendement ,quant j'euz entendement perdu ,ou tant de bon conseil trouvay ,je me trouvay tout esperdu ,et ce qu'il me fut advenu ,tout a par moy je recorday ,diligemment je me levay ,pour mettre sus par escriptures ,le droit vray de mes adventures ,dont de la matiere presente ,j'ay fait par couplet ce traict ,lequel j'envoye le presente ,a ung chascun de bonne entente ,non pas pour estre bien dict ,mais par charitable amicti ,pour faire don departie ,de tresor de mon armoyrie ,en la marche de ma pensee ,et au pays d'avise toy ,est ceste queste commencee ,dieu doint qu'elle soit achevee ,au prouffit de tous de moy ,ce livre je nomme de son ,pour estre de tiltre par ,le chevallier deliber ,ce traict fut parfait l'an mil ,quatre cens quatre vingz trois ,environ sur la fin d'avril ,que l'iver est en son exil ,et que l'est fait ses exploitz ,au bien soit prins en tous estas ,de ceulx a qui il est offert ,par celluy qui tant a souffert ,cy finist le livre intitul le chevallier deliber4 ,imprim a ,paris par ,jehan ,treperel demourant a la grant rue sainct jaques auprs sainct yves a l'enseigne sainct ,laurent4 ,l'an ,mil cinq cens4 ,le xix jour de ,septembre4 ,illustration ,marque d'imprimeur3 ,j4 ,t4 ,,otroye ,,nous ,,charit ,,et ,,concorde ,,en ,,provocant ,,ta ,,grant ,,misericorde ---------------------- ,,notes ,,du ,,transcripteur ,l'orthographe et la ponctuation sont conformes l'original 7exemplaire ,y #ddah ,a de la ,,bnf74 ,cependant pour faciliter la lecture on a introduit les accents et apostrophes1 rsolu les abrviations par signes conventionnels 7par exemple ,cme ,comme71 et distingu u_/v et i_/j selon l'usage4 ,on a signal entre quelques fragments manquants tirs de l'dition de ,schiedam3 ,ainsi nous levasmes de table 7un vers manquant7 ,que aage m'avoit enseign 7un vers manquant7 ,mis gilles de bretaigne mort 7l'original a bretaphes escriptz1 doublon partiel du vers prcdent7 ,qu'ilz en ont fait le monde quitte 7un mot manquant7 ,on a galement effectu les corrections suivantes3 ,chvalier ,chevalier 7,chevalier errant par le monde7 tyrat tyrant 7zizaran le tyrant cruel7 ,ee ,et 7,et furent doubtez aymez7 avec aver 7,celluy ne fut aver ne chiche7 hiens biens 7,ou il eut des biens a foison7 jour joue 7,se joue de noz destinees7 ainsi que #ae cas de lettres l'envers ou d'interversion entre n et u 7pnissance puissance1 4447 non signals individuellement4