nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,s\v5irs ,,de ,,madame ,,l\ise-,,lisabe? ,,vig,e-,,lebrun1 ,,de ,l',,acad,,mie ,,royale ,,de ,,p>is1 ,,de ,,r\51 ,,de ,,sa9t-,,luc ,,de ,,rome ,,et ,d',,arcadie1 ,,de ,,p>me ,,et ,,de ,,bologne1 ,,de ,,sa9t-,p,,t]sb\rg1 ,,de ,,b]l91 ,,de ,,g5,,ve ,,et ,,avignon4 ,en crivant mes ,s\v5irs1 je me rappell]ai le temps pass1 qui d\bl]a p\r a9si dire mon exi/5ce4 ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,,tome ,,troisi,,me ,,p>is1 ,,librairie ,,de ,h4 ,,f\rni]1 ,,rue ,,de ,,se9e1 #ad ,,bis4 #ahce4 ,illu/ration4 ,,*apitre ,,premi]4 ,paul ,i]4--,son c>actre4--,inc5die ,p]gola4--,frogres4 ,m4 d',auti*amp1 ,k\tais(f1 madame ,*evali]4 ,paul tait n le #a;er octobre #aged1 et monta sur le trne le #ab octobre #agif4 ,ce que j'ai dj racont des funrailles de ,ca!r9e pr\ve assez que le n\vel emp]eur ne p>tageait po9t les regrets de la nation1 et de plus1 on sait qu'il dcora du cordon de ,sa9t-,&r ,nicolas ,z\b(f1 qui lui apporta la n\velle de la mort de sa mre4 ,paul avait beauc\p d'esprit1 d'in/ruction et d'activit2 mais la biz>r]ie de son c>actre allait jusqu' la folie4 ,*ez ce malheureux pr9ce des m\vem5s de bont d'ame succdai5t s\v5t des m\vem5s de frocit1 et sa bi5veillance ou sa colre1 sa faveur ou son ress5tim5t n'tai5t jamais que l'effet d'un caprice4 ,son premi] so91 ds qu'il fut mont sur le trne1 fut d'exil] ,platon ,z\b(f en ,sibrie1 en lui confisquant la plus gr&e p>tie de sa =tune4 ,=t peu de temps aprs1 il le rappela1 lui r5dit t\s ses bi5s1 et t\te la c\r le vit un j\r prs5t] cet ex-favori aux ambassadeurs de ,gorgie avec la plus gr&e bi5veillance1 et le combl] de bonts4 ,un soir1 je me tr\vai un bal qui se donnait la c\r4 ,t\t le monde1 l'exception de l'emp]eur1 tait masqu1 et les hommes et les femmes en dom9os noirs4 ,il se fit un encombrem5t une porte qui donnait d'un salon dans un autre2 un jeune homme press de pass]1 c\doya =tem5t une femme1 qui se mit p\ss] des cris4 ,paul se ret\rnant aussitt v]s un de ses aides-de-camp3 ,allez1 dit-il1 conduire ce monsieur la =t]esse1 et v\s revi5drez m'assur] qu'il y e/ bi5 enf]m4 ,l'aide-de-camp ne t>da pas rev5ir dire qu'il avait excut cet ordre4 ,mais1 aj\ta-t-il1 ,votre ,maje/ saura que ce jeune homme a la vue excessivem5t basse3 en voici la preuve2 et il montra les lunettes du prisonni]1 qu'il avait apportes4 ,paul1 aprs avoir essay les lunettes1 p\r se conva9cre de la vrit du fait1 dit vivem5t3 ,c\rez vite le *]*]1 et m5ez-le *ez ses p>5s2 je ne me c\*]ai pas que v\s ne soyez v5u me dire qu'il e/ ret\rn *ez lui4 ,la plus lgre infraction aux ordres de ,paul tait punie de l'exil en ,sibrie1 ou p\r le mo9s de la prison1 en sorte que1 ne p\vant prvoir o v\s conduirait la folie jo9te l'arbitraire1 on vivait dans des transes p]ptuelles4 ,on en v9t bi5tt ne plus os] recevoir du monde *ez soi2 si l'on recevait quelques amis1 on avait gr& so9 de f]m] les volets1 et p\r les j\rs de bal1 il tait conv5u que l'on r5v]rait les voitures4 ,t\t le monde tait surveill p\r ses p>oles et p\r ses actions1 au po9t que j'ent5dais dire qu'il n'exi/ait pas une socit qui n'et son espion4 ,on s'ab/5ait le plus s\v5t de p>l] de l'emp]eur1 mais je me s\vi5s qu'un j\r1 tant arrive dans un trs petit comit1 une dame qui ne me connaissait pas et qui v5ait de s'enh>dir sur ce sujet1 s'arrta t\t c\rt en me voyant entr]4 ,la comtesse ,gol[9 fut oblige de lui dire1 p\r qu'elle cont9ut sa conv]sation3 ,v\s p\vez p>l] sans cra9te1 c'e/ madame ,lebrun4 ,t\t cela p>aissait bi5 dur1 aprs avoir vcu s\s ,ca!r9e1 qui laissait j\ir *acun de la plus entire lib]t1 sans jamais1 il e/ vrai1 en prononc] le mot4 ,il s]ait trop long de racont] sur combi5 de *oses futiles ,paul ex]ait sa tyrannie4 ,il avait ordonn1 p> exemple1 que t\t le monde salut son *teau1 mme lorsqu'il en tait abs5t4 ,il avait df5du de port] des *apeaux ronds1 qu'il reg>dait comme un sign de jacob9isme4 ,des hommes de police avec leur canne faisai5t saut] t]re t\s ceux qu'ils r5contrai5t1 au gr& dpit des p]sonnes que leur ignorance exposait se faire dcoiff] a9si4 ,en revan*e1 t\t le monde tait contra9t de port] de la p\dre4 ,dans le temps que p>ut cette ordonnance1 je faisais le portrait du jeune pr9ce ,b>iat9ski1 et comme je l'avais pri de ne pas me v5ir p\dr1 il y avait cons5ti4 ,je le vis arriv] un j\r1 ple comme la mort4 ,qu'avez-v\s donc8 lui dis-je4--,je vi5s de r5contr] l'emp]eur en v5ant *ez v\s1 me rpondit-il encore t\t tremblant2 je n'ai eu que le temps de me jet] s\s une porte co*re1 mais j'ai une peur affreuse qu'il ne m'ait ap]u4 ,cette t]reur du pr9ce ,b>iat9ski n'avait ri5 de surpr5ant2 elle atteignait les p]sonnes de t\tes les classes2 c> aucun habitant de ,pt]sb\rg n'tait sr le mat9 de c\*] le soir dans son lit4 ,p\r mon compte1 je puis dire avoir pr\v1 s\s le rgne de ,paul1 la plus effroyable peur que j'aie ress5tie de mes j\rs4 ,j'tais alle ,p]gola#a1 o je v\lais pass] la j\rne1 et j'avais avec moi ,m4 de ,rivire1 mon co*]1 et ,pi]re1 mon bon dome/ique russe4 ,t&is que ,m4 de ,rivire se prom5ait1 avec son fusil1 p\r tu] des oiseaux ou des lap9s 7auxquels p> p>5?se il ne faisait jamais gr& mal71 je re/ais sur les bords du lac1 qu&1 t\t c\p1 je vis le feu que l'on avait allum p\r faire cuire notre dn]1 se communiqu] aux sap9s1 et se propag] avec une gr&e rapidit4 ,les sap9s se t\*ai5t1 ,p]gola n'e/ pas lo9 de ,pt]sb\rg6444 ,je me mis p\ss] des cris horribles1 en rappelant ,m4 de ,rivire1 et1 la frayeur aidant1 t\s quatre runis1 n\s p>vnmes t\ff] l'inc5die1 non sans n\s brl] cruellem5t les ma9s2 mais n\s p5sions l'emp]eur1 la ,sibrie1 et l'on peut jug] que cela n\s donnait du c\rage6 ,je ne saurais m'expliqu] la t]reur que m'inspirait ,paul1 qu'en me rappelant combi5 cette t]reur tait gnrale2 c> je dois av\] qu'il ne s'e/ jamais montr p\r moi que bi5veillant et poli4 ,lorsque je le vis p\r la premire fois ,pt]sb\rg1 il se s\v9t de la manire la plus aimable que je lui avais t prs5te ,p>is1 lorsqu'il y v9t s\s le nom de comte du ,nord4 ,j'tais bi5 jeune alors1 et tant d'annes s'tai5t passes depuis1 que je l'avais oubli2 mais les pr9ces en gnral sont d\s de la mmoire des p]sonnes et des noms2 c'e/ p\r eux une grce d'tat4 ,p>mi tant d'ordonnances biz>res qui ont signal son rgne1 une1 laquelle il tait =t pnible de se s\mettre1 obligeait les femmes comme les hommes desc5dre de voiture sur le passage de l'emp]eur4 ,or1 il faut aj\t] qu'il tait trs frqu5t que l'on r5contrt ,paul dans les rues de ,pt]sb\rg1 att5du qu'il les p>c\rait sans cesse1 quelquefois *eval1 avec =t peu de suite1 et s\v5t en traneau sans tre escort et sans aucun signe qui pt le faire reconnatre4 ,il ne fallait pas mo9s se s\mettre l'ordre1 s\s pe9e de c\rir les plus gr&s risques1 et l'on convi5dra qu'il tait cruel p> le froid le plus rig\reux de se mettre t\t c\p les pi$s dans la neige4 ,un j\r que je me tr\vai sur sa r\te1 mon co*] ne l'ayant pas vu v5ir de lo91 je n'eus que le temps de cri]3 ,arrtez6 c'e/ l'emp]eur6 mais comme1 on m'ouvrait la portire et que j'allais desc5dre1 lui-mme sortit de son traneau et se prcipita p\r m'en emp*]1 disant de l'air le plus gracieux que son ordre ne reg>dait pas les trangres1 et surt\t madame ,lebrun4 ,ce qui peut expliqu] comm5t les meilleurs caprices de ,paul ne rassurai5t po9t p\r l'av5ir1 c'e/ qu'aucun homme n'tait plus incon/ant dans ses gts et dans ses affections4 ,au comm5cem5t de son rgne1 p> exemple1 il avait ,bonap>te en horreur2 plus t>d1 il l'avait pris en si gr&e t5dresse1 que le portrait du hros franais tait dans son sanctuaire et qu'il le montrait t\t le monde4 ,sa disgrce ou sa faveur n'(frait ri5 de durable2 le comte ,/rogon(f e/1 je crois1 la seule p]sonne qu'il n'ait po9t cess d'aim] et d'e/im]4 ,on ne lui connaissait po9t de favoris p>mi les seigneurs de la c\r2 mais il se plaisait beauc\p avec un acteur franais nomm ,frogres1 qui n'tait po9t sans tal5s1 et qui avait de l'esprit4 ,frogres entrait t\te heure1 dans le cab9et de l'emp]eur1 sans tre annonc2 on les voyait s\v5t se prom5] t\s deux1 dans les j>d9s1 bras dessus bras dess\s1 causant de littrature franaise1 que ,paul aimait beauc\p1 pr9cipalem5t notre ?tre4 ,cet acteur tait s\v5t admis aux petites runions de la c\r1 et comme il portait un haut degr le tal5t de my/ificateur1 il se p]mettait avec les plus gr&s seigneurs des my/ifications qui amusai5t beauc\p l'emp]eur1 mais qui1 vraisemblablem5t1 amusai5t =t peu ceux qui s'en tr\vai5t l'objet4 ,les gr&s-ducs eux-mmes n'tai5t pas l'abri des mauvaises plaisant]ies de ,frogres2 aussi1 aprs la mort de ,paul1 n'avait-il plus os rep>atre au palais4 ,l'emp]eur ,alex&re1 se prom5ant seul un j\r dans les rues de ,mosc\1 le r5contre et l'appelle4 ,p\rquoi donc n'tes-v\s pas v5u me voir1 ,frogres8 lui dit-il1 d'un air affable4--,sire1 rpondit ,frogres dlivr de ses cra9tes1 je ne savais pas l'adresse de ,votre ,maje/4 ,l'emp]eur rit beauc\p de cette b\ffonn]ie1 et fit pay] avec munific5ce l'acteur franais un re/e d'appo9tem5s que le pauvre homme jusqu'alors n'avait pas os dem&]4 ,aprs avoir vcu long-temps prs de ,paul1 il tait naturel en effet que ,frogres r$\tt le ress5tim5t d'un s\v]a92 c> ,paul tait v9dicatif au po9t que l'on attribuait la plus gr&e p>tie de ses torts sa ha9e p\r la noblesse russe1 dont il avait eu se pla9dre du vivant de ,ca!r9e4 ,il confondait dans cette ha9e les innoc5s avec les c\pables1 dte/ait t\s les gr&s seigneurs1 et se plaisait humili] ceux qu'il n'exilait pas4 ,il montrait au contraire une gr&e bi5veillance p\r les trang]s1 et surt\t p\r les ,franais1 et je dois dire ici qu'on l'a t\j\rs vu accueillir et trait] avec bont t\s les voyageurs et les migrs qui v5ai5t de ,france4 ,beauc\p de ces d]ni]s ont reu de lui de gnreux sec\rs4 ,je cit]ai entre autres le comte d',auti*amp qui1 se tr\vant ,pt]sb\rg sans aucunes ress\rces1 avait imag9 de faire des sabots la/iques t\t--fait jolis4 ,j'en a*etai une paire que je fis voir le soir mme *ez la pr9cesse ,dolgor\ki plusieurs femmes de la c\r4 ,ils fur5t tr\vs *>mans1 et cela1 jo9t l'intrt qu'inspirait l'migr1 en fit comm&] aussitt un gr& nombre de paires4 ,les petits sabots ne t>dr5t pas arriv] s\s les yeux de l'emp]eur1 qui1 ds qu'il apprit le nom de l'ouvri]1 le fit v5ir et lui donna une trs belle place4 ,p> malheur1 c'tait une place de confiance2 les ,russes s'en tr\vr5t tellem5t (f5ss1 que ,paul ne put y laiss] long-temps le comte d',auti*amp2 mais il l'en ddommagea de manire le mettre l'abri du beso94 ,plusieurs faits de ce g5re1 que j'appr5ais frquemm5t1 me r5dai5t1 je l'av\e1 plus indulg5te p\r l'emp]eur que ne p\vai5t l'tre les ,russes1 dont le repos tait sans cesse tr\bl p> les biz>res caprices d'un f\ t\t-puissant4 ,il s]ait difficile surt\t de donn] une ide des cra9tes1 du mcont5tem5t et des murmures secrets de cette c\r1 que j'avais vue nagure si calme et si joyeuse4 ,on peut dire avec vrit que tant qu'a rgn ,paul1 la t]reur tait l'ordre du j\r4 ,comme on ne saurait t\rm5t] ses semblables sans tre t\rm5t soi-mme1 ,paul tait bi5 lo9 de vivre heureux4 ,il avait p\r ide fixe qu'il m\rrait assass91 soit p> le f]1 soit p> le poison1 et ce fait1 qui e/ c]ta91 pr\ve encore combi5 il rgnait d'incohr5ce dans t\te la conduite de ce malheureux pr9ce4 ,t&is qu'on le voyait p>c\rir seul les rues de ,pt]sb\rg1 t\te heure de j\r et de nuit1 il pr5ait la prcaution de faire mettre un pot-au-feu dans sa *ambre1 et le re/e de sa cuis9e se faisait dans le plus secret intrieur de son app>tem5t4 ,le t\t tait surveill p> son fidle ,k\tais(f1 un valet de *ambre de confiance qui l'avait suivi ,p>is et ne quittait po9t sa p]sonne4 ,ce ,k\tais(f avait p\r l'emp]eur un dv\em5t sans borne1 que ri5 ne put jamais altr]1 pas mme la jal\sie2 c> ,paul lui j\a le mauvais t\r de lui enlev] sa matresse1 la plus jolie actrice du ?tre de ,pt]sb\rg4 ,cette femme se nommait madame ,*evali]4 ,elle j\ait avec beauc\p de succs dans les opras comiques4 ,sa figure et sa voix tai5t *>mantes1 et elle *antait avec inf9im5t de grce et d'expression4 ,k\tais(f l'aimait passionnm5t1 lorsque l'emp]eur en dev9t am\reux2 ce qui mit le pauvre homme dans un tel dsespoir1 qu'il en p]dit presque la raison1 et son s]vice en s\ffrit1 a9si qu'on le v]ra plus t>d1 dans une t]rible circon/ance4 ,paul tait excessivem5t laid4 ,un nez cam>d et une =t gr&e b\*e1 g>nie de d5ts trs longues1 le faisai5t ressembl] une tte de mort4 ,ses yeux tai5t plus qu'anims1 quoique s\v5t son reg>d et de la d\ceur4 ,il n'tait ni gras ni maigre1 ni gr& ni petit2 et bi5 que t\te sa p]sonne ne manqut po9t d'une sorte d'lgance1 il faut av\] que son visage prtait inf9im5t la c>icature4 ,aussi1 quelque ft le dang] qu'(frait un p>eil passe-temps1 il s'en fit un assez gr& nombre4 ,une entre autres le reprs5tait t5ant un papi] dans *acune de ses ma9s4 ,sur l'un on lisait3 ordre2 sur l'autre3 contre-ordre1 et sur son front3 dsordre4 ,ri5 qu'en p>lant de cette c>icature1 j'pr\ve encore un petit frmissem5t2 c> on s5t bi5 qu'il y allait de la vie1 non seulem5t p\r celui qui l'avait faite1 mais aussi p\r t\s ceux qui se l'tai5t procure4 ,t\t ce qu'on vi5t de lire n'emp*ait po9t que ,pt]sb\rg ne ft alors p\r un arti/e un sj\r aussi utile qu'agrable4 ,l'emp]eur ,paul aimait et protgeait les arts4 ,gr& amateur de la littrature franaise1 il attirait et ret5ait p> ses gnrosits les acteurs auxquels il devait le plaisir de voir reprs5t] nos *efs-d'oeuvre1 et l'on ne p\vait possd] un tal5t en musique ou en pe9ture sans tre assur de sa bi5veillance4 ,doy51 l'ami de mon pre1 et le pe9tre d'hi/oire dont j'ai dj p>l plusieurs fois1 se vit di/+u p> ,paul comme il l'avait t p> ,ca!r9e4 ,quoique =t g alors1 ,doy5 avait cons]v une manire de vivre si simple et si frugale1 qu'il n'avait accept qu'une p>tie des (fres gnreuses de l'impratrice2 l'emp]eur lui cont9ua les mmes bonts et lui comm&a un plafond p\r le n\veau palais de ,sa9t-,mi*el qui n'tait pas encore meubl4 ,le salon1 dans lequel ,doy5 travaillait1 tait =t prs de l',ermitage2 ,paul et t\te la c\r le trav]sait p\r all] la messe1 et il tait =t r>e qu'en rev5ant l'emp]eur ne s'arrtt pas caus] plus ou mo9s de temps avec le pe9tre1 d'une manire t\t--fait aimable4 ,ceci me rappelle qu'un j\r un des seigneurs qui le suivait s'appro*a de ,doy5 et lui dit3 ,me p]mettez-v\s1 ,monsieur1 de v\s faire une lgre obs]vation3 v\s peignez les ,heures qui dans5t aut\r du *> du ,soleil2 j'en vois une l1 plus loigne1 qui e/ plus petite que les autres2 cep5dant les heures sont t\tes gales4--,monsieur1 lui rpondit ,doy5 avec un gr& sang-froid1 v\s avez p>faitem5t raison1 mais celle dont v\s me p>lez n'e/ qu'une demi-heure4 ,l'obs]vateur fit un signe d'approbation1 et s'loigna trs cont5t de lui-mme4 ,je ne dois pas oubli] de dire que l'emp]eur ayant v\lu pay] le prix du plafond avant qu'il ft t]m91 remit ,doy5 un billet de banque d'une somme considrable que je ne me rappelle plus2 mais ce billet tait envelopp d'un papi] sur lequel ,paul avait crit de sa ma93 ,voici p\r a*et] des c\leurs2 quant l'huile1 il en re/e encore beauc\p dans la lampe4 ,si l'anci5 ami de mon pre tait satisfait de son sort ,pt]sb\rg1 je n'tais pas mo9s cont5te du mi54 ,je travaillais sans rel*e depuis le mat9 jusqu'au soir4 ,le diman*e seulem5t1 je p]dais deux heures qu'il me fallait accord] aux p]sonnes qui dsirai5t visit] mon ateli]1 au nombre desquelles se tr\vr5t plusieurs fois les gr&s-ducs et les gr&es-du*esses4 ,outre les tableaux dont j'ai dj p>l1 et les portraits qui se succdai5t sans cesse1 j'avais fait v5ir de ,p>is mon gr& portrait de la re9e ,m>ie-,anto9ette 7celui dans lequel je l'ai pe9te en robe de vel\rs bleu71 et l'intrt gnral qu'il excitait1 me procurait une d\ce j\issance4 ,le pr9ce de ,cond1 alors ,pt]sb\rg1 tant v5u le voir1 ne pronona pas une p>ole1 il fondit en l>mes4 ,s\s le rapport des agrm5s de la socit1 ,pt]sb\rg ne laissait ri5 dsir]4 ,on aurait pu d'ailleurs se croire ,p>is1 tant il se tr\vait de ,franais dans les runions4 ,c'e/ l que je revis le duc de ,ri*elieu et le comte de ,lang]on2 la vrit ils ne sj\rnai5t pas1 le premi] tant g\v]neur d',odessa1 et le second t\j\rs sur les *em9s p\r des inspections militaires2 mais il n'en tait pas de mme d'une f\le d'autres compatriotes4 ,p> exemple1 je liai connaissance avec l'aimable et bi5 bonne comtesse ,ducre/ de ,vill5euve4 ,outre que cette jeune femme tait trs jolie et trs bi5 faite1 on rem>quait en elle un *>me qui t5ait son extrme bont4 ,je la voyais =t s\v5t ,pt]sb\rg aussi bi5 qu' ,mosc\1 ce qui me rappelle qu'un j\r1 allant dn] *ez elle1 il m'arriva un accid5t1 qui n'e/ pas r>e en ,russie1 mais qui m'effraya extrmem5t4 ,m4 ,ducre/ tait v5u me *]*] en traneau2 il faisait tellem5t froid1 que j'eus le front t\t--fait gel4 ,je m'criais dans ma t]reur3 ,je ne p\rrai plus p5s]6 je ne p\rrai plus pe9dre6 ,m4 ,ducre/ se hta de me faire entr] dans une b\tique o l'on me frotta le front avec de la neige1 et ce remde1 que t\s les ,russes emploi5t en p>eil cas1 fit cess] aussitt la cause de mon dsespoir4 ,mes amis franais ne me faisai5t pas nglig] les habitans du pays qui me recevai5t si bi51 et *aque j\r augm5tait le c]cle de mes relations avec les familles russes4 ,outre tant de p]sonnes dont j'ai dj p>l1 je voyais s\v5t ,m4 ,dimid(f1 le plus ri*e p>ticuli] de la ,russie4 ,son pre lui avait laiss en hritage des m9es de f] et de m]cure si productives1 que les imm5ses f\rnitures qu'il faisait au g\v]nem5t accroissai5t sans cesse sa =tune4 ,son norme ri*esse fut cause qu'on lui donna en m>iage une demoiselle ,/rogon(f1 issue d'une des plus nobles et des plus anci5nes familles de la ,russie4 ,leur union fut =t d\ce4 ,quoique sa femme et du *>me et de la grce dans t\te sa p]sonne1 il n'en fut1 je crois1 jamais am\reux1 mais elle n'en vcut pas mo9s trs heureuse avec lui4 ,ils n'ont laiss que deux fils1 dont l'un vit le plus s\v5t ,p>is1 et1 comme son pre1 e/ gr& amateur de pe9ture4 ,,*apitre ,,ii4 ,portrait de l'impratrice ,m>ie4--,les gr&s-ducs4--,le gr& ar*im&rite4--,fte ,pt]h(f4--,le roi de ,pologne4--,sa mort4--,joseph ,poniat[ski4 ,l'emp]eur m'avait comm& de faire le portrait de l'impratrice sa femme1 que je reprs5tai en pi$1 portant un co/ume de c\r et une c\ronne de diamans sur la tte4 ,je n'aime po9t pe9dre des diamans1 le p9ceau ne saurait en r5dre l'clat4 ,t\tefois1 en faisant p\r fond un gr& rideau de vel\rs cramoisi1 qui me donnait un ton vig\reux dont j'avais beso9 p\r faire ressortir la c\ronne1 je p>v9s la faire brill] autant que possible4 ,lorsque je fis v5ir ce tableau *ez moi p\r t]m9] les accessoires1 on v\lut me prt] avec l'habit de c\r t\s les diamans qui l'ornai5t2 mais il y en avait p\r une somme si considrable1 que je refusai cette m>que de confiance1 qui m'aurait fait vivre dans l'inquitude2 je prfrai les pe9dre au palais1 o je fis report] mon tableau4 ,l'impratrice ,m>ie tait une =t belle femme2 et son embonpo9t lui cons]vait de la fra*eur4 ,elle avait une taille leve1 ple9e de noblesse1 et de sup]bes *eveux blonds4 ,je me s\vi5s de l'avoir vue dans un gr& bal1 ses beaux *eveux b\cls retombant de *aque ct sur ses paules1 et le dessus de la tte c\ronn de diamans4 ,cette gr&e et belle p]sonne s'levait maje/ueusem5t prs de ,paul qui lui donnait le bras1 ce qui =mait un contra/e frappant4 ,le plus beau c>actre se joignait tant de beaut3 l'impratrice ,m>ie tait vraim5t la femme de l'vangile1 et ses v]tus tai5t si bi5 connues1 qu'elle (fre peut-tre le seul exemple d'une femme que la calomnie n'osa jamais attaqu]4 ,j'av\e que j'tais fire de me tr\v] honore de ses bonts1 et que j'atta*ais un gr& prix la bi5veillance qu'elle me tmoignait en t\te occasion4 ,nos sances avai5t lieu aussitt aprs le dn] de la c\r1 en sorte que l'emp]eur et ses deux fils1 ,alex&re et ,con/ant91 y assi/ai5t habituellem5t4 ,ceci ne me causait aucune gne1 att5du que l'emp]eur1 le seul qui aurait pu m'intimid]1 tait =t aimable p\r moi4 ,un j\r que l'on v9t s]vir le caf comme j'tais dj mon *evalet1 il m'en apporta lui-mme une tasse1 puis il att5dit que je l'eusse bue p\r la repr5dre et la report]4 ,il e/ vrai qu'une autre fois il me r5dit tmo9 d'une scne assez burlesque4 ,je faisais plac] un p>av5t d]rire l'impratrice1 p\r me donn] un fond tranquille4 ,dans un mom5t de repos1 ,paul se mit faire mille gambades1 absolum5t comme un s+e2 grattant le p>av5t et faisant m9e de l'escalad]4 ,ce jeu dura long-temps4 ,alex&re et ,con/ant9 me p>aissai5t s\ffrir de voir leur pre faire des t\rs aussi grotesques1 devant une trangre1 et moi-mme j'tais mal l'aise p\r lui4 ,p5dant l'une des sances1 l'impratrice fit v5ir ses deux plus jeunes fils1 le gr&-duc ,nicolas et le gr&-duc ,mi*el4 ,je n'ai jamais vu un plus bel enfant que le gr&-duc ,nicolas#b4 ,je p\rrais encore1 je crois1 le pe9dre de mmoire auj\rd'hui1 tant j'admirai ce *>mant visage qui avait t\s les c>actres de la beaut grecque4 ,je cons]ve de mme le s\v5ir d'un type de beaut1 dans un t\t autre g5re1 puisqu'il s'agit d'un vieill>d4 ,quoique l'emp]eur soit en ,russie le *ef suprme de la religion aussi bi5 que celui de l'adm9i/ration et de l'arme1 le p\voir religieux e/ ex]c s\s lui p> le premi] pope1 que l'on appelle le gr& ar*im&rite1 et qui e/ peu prs p\r les ,russes ce que le pape e/ p\r n\s4 ,depuis que j'habitais ,pt]sb\rg1 j'avais s\v5t ent5du p>l] du mrite et des v]tus de celui qui remplissait alors cette fonction1 et un j\r1 plusieurs p]sonnes de ma connaissance1 qui allai5t le voir1 m'ayant propos de me m5] avec elles1 j'acceptai l'(fre avec empressem5t4 ,de ma vie je ne me suis tr\ve en prs5ce d'un homme dont l'aspect m'ait autant impos4 ,sa taille tait gr&e et maje/ueuse2 son beau visage1 dont t\s les traits avai5t une rgul>it p>faite1 (frait la fois une expression de d\ceur et de dignit qu'on ne saurait pe9dre1 et une longue b>be blan*e1 qui tombait plus bas que la poitr9e1 aj\tait encore au c>actre vnrable de cette sup]be tte4 ,son co/ume tait simple et noble4 ,il portait une longue robe blan*e1 c\pe du haut en bas sur le devant p> une l>ge b&e d't(fe noire1 sur laquelle ressortait admirablem5t la blan*eur de sa b>be1 et sa dm>*e1 ses ge/es1 son reg>d1 enf9 t\t en lui imprimait le respect ds le premi] abord4 ,le gr& ar*im&rite en effet tait un homme suprieur4 ,il avait beauc\p d'esprit1 une prodigieuse in/ruction2 il p>lait plusieurs langues1 et en outre1 ses v]tus et sa bont le faisai5t *rir de t\s ceux qui l'appro*ai5t4 ,la gravit de son tat ne l'avait jamais emp* de se montr] aimable et gracieux avec le gr& monde4 ,un j\r1 une des pr9cesses ,galitz91 qui tait =t belle1 l'ayant ap]u dans un j>d91 c\rut se jet] g5\x devant lui4 ,le vieill>d aussitt cueillit une rose avec laquelle il lui donna sa bndiction4 ,un de mes regrets1 en quittant ,pt]sb\rg1 tait celui de n'avoir po9t fait le portrait de l'ar*im&rite2 c> je ne crois pas qu'un pe9tre puisse r5contr] un plus beau modle4 l'poque dont je vi5s de p>l]1 je vis clbr] ,pt]h(f la fte de l'impratrice ,m>ie1 avec une gr&e magnific5ce4 ,il e/ vrai de dire que le lieu y prtait beauc\p4 ,ce p>c imm5se1 ces belles eaux1 ces sup]bes alles1 dont une1 entre autres1 borde d'arbres normes1 encadre la m] c\v]te de vaisseaux2 t\tes ces gr&es beauts naturelles dont l'art a si admirablem5t bi5 tir p>ti1 font de ,pt]h(f un sj\r qui ti5t de la ferie4 ,il faisait le plus beau temps du monde1 et lorsque j'arrivai v]s midi1 je tr\vai le p>c rempli d'une f\le imm5se4 ,les hommes et les femmes tai5t co/ums comme p\r un bal de c>naval2 mais p]sonne n'avait de masque1 l'exception de l'emp]eur1 qui tait en dom9o rose4 ,la c\r se di/+uait p> la ri*esse et la div]sit de ses co/umes4 ,*acun ayant lutt de magnific5ce aussi bi5 que d'orig9alit1 je n'ai jamais vu runis tant de manteaux brods d'or1 tant de diamans et tant de plumes4 ,de di/ance en di/ance1 des musici5s que l'on ne voyait po9t1 *>mai5t l'oreille p> les sons de cette ravissante musique de cors1 que l'on n'ent5d qu'en ,russie4 ,t\tes les eaux j\ai5t1 les eaux de ,pt]h(f sont magnifiques2 je me s\vi5s pr9cipalem5t d'une nappe d'eau prodigieuse1 qui s'lance d'un norme ro*] dans un canal1 de telle sorte qu'elle =me une l>ge vote s\s laquelle on passait sans tre m\ill4 ,lorsque le soir on illum9a le *teau1 le p>c et les vaisseaux1 on n'oublia po9t ce ro*]1 et c'e/ alors que l'effet dev9t vraim5t magique2 c> il tait impossible d'ap]cevoir les lampions dont la lumire brillantait sur cette imm5se vote d'eau limpide qui retombait avec un bruit effrayant dans le canal4 ,le s\v5ir de cette j\rne m'e/ t\j\rs re/1 comme celui de la plus belle fte que puisse donn] un s\v]a94 ,ce d]ni] mot me conduit p>l] d'un homme que j'ai vu frquemm5t1 p\r lequel j'avais beauc\p d'amiti1 et qui1 aprs avoir port la c\ronne1 vivait alors ,pt]sb\rg en simple p>ticuli]4 ,c'e/ ,/anislas-,augu/e ,poniat[ski1 roi de ,pologne4 ,dans ma premire jeunesse j'avais ent5du p>l] de ce pr9ce1 qui n'tait pas encore mont sur le trne1 p> plusieurs p]sonnes qui le voyai5t *ez madame ,ge(fr9 o il allait s\v5t dn]4 ,t\s ceux qui s'tai5t tr\vs avec lui cette poque1 faisai5t l'loge de son amabilit et de sa beaut4 ,p\r son bonheur ou p\r son malheur 7il e/ difficile d'en dcid]71 il fit un voyage ,pt]sb\rg1 durant lequel ,ca!r9e s'prit du beau ,polonais1 au po9t que1 lorsqu'elle fut en possession du trne1 elle l'aida de t\t son p\voir p\r le faire roi de ,pologne1 et ,poniat[ski fut c\ronn le #g septembre #agfd4 ,il faut croire que l'am\r *ez une s\v]a9e cde aism5t l'ambition1 puisque l'on a vu cette mme ,ca!r9e dtruire bi5tt son ouvrage1 et r5v]s] le mon>que qu'elle avait si vivem5t protg4 ,la p]te de la ,pologne une fois dcide1 ,repl9 et ,/akelb]g1 ambassadeurs russes1 rgnr5t de fait sur ce malheureux royaume1 jusqu'au j\r o il cessa d'exi/]4 ,leur c\r tait plus nombreuse que celle du pr9ce qu'ils ne craignai5t pas d'insult] sans cesse1 et qui ne cons]vait que le titre de roi4 ,poniat[ski tait aimable et bon1 =t brave1 mais peut-tre manquait-il de l'n]gie ncessaire p\r cont5ir l'esprit de rbellion qui rgnait dans ses tats4 ,il fit t\t p\r se r5dre agrable la noblesse et au peuple1 il y p>v9t mme en p>tie2 t\tefois il exi/ait tant d'lm5s de dsordre l'intrieur1 jo9ts au plan =m p> les trois gr&es puissances environnantes p\r s'emp>] de la ,pologne1 que son triomphe et t un miracle4 ,aussi le vit-on succomb] et se retir] ,grodno1 o il vivait d'une p5sion que lui faisai5t la ,russie1 la ,prusse et l',autri*e1 qui v5ai5t de se p>tag] son royaume4 ,l'emp]eur ,paul1 aprs la mort de ,ca!r9e1 invita ,/anislas ,poniat[ski v5ir ,pt]sb\rg p\r assi/] son c\ronnem5t4 ,p5dant t\te la crmonie1 qui fut trs longue1 on laissa l'ex-roi deb\t1 ce qui1 vu son ge avanc1 fit pe9e t\tes les p]sonnes qui tai5t prs5tes4 ,paul1 la vrit1 se montra plus aimable avec lui en l'engageant re/] ,pt]sb\rg1 o il le logea dans le palais de m>bre que l'on voit sur le beau quai de la ,nva4 ,ce qui produisait un s+uli] rappro*em5t1 c'e/ que ce palais se tr\ve situ presque en face de la =t]esse o ,ca!r9e e/ ent]re4 ,le roi de ,pologne1 au re/e1 tait =t conv5ablem5t log4 ,il s'tait fait une socit agrable1 compose en gr&e p>tie de ,franais1 auxquels il joignait quelques autres trang]s qu'il avait di/+us4 ,il eut l'extrme bont de me re*]*]1 de m'invit] ses runions intimes1 et il m'appelait sa bonne amie1 comme faisait ,vi5ne le pr9ce ,kaunitz4 ,ri5 ne me t\*ait autant que de l'ent5dre me rpt] s\v5t qu'il aurait t heureux que j'eusse t ,v>sovie lorsqu'il tait encore roi2 je savais en effet qu' cette poque1 quelqu'un lui disant que j'irais en ,pologne1 il rpondit qu'il me trait]ait avec la plus gr&e di/9ction2 mais t\t ret\r sur le pass me semblait devoir tre pnible p\r lui4 ,/anislas ,poniat[ski tait gr&4 ,son beau visage exprimait la d\ceur et la bi5veillance4 ,le son de sa voix tait pntrant1 et sa m>*e avait inf9im5t de dignit sans aucune affectation4 ,il causait avec un *>me t\t p>ticuli]1 possdant un haut degr l'am\r et la connaissance des lettres4 ,il aimait les arts avec tant de passion1 qu' ,v>sovie1 lorsqu'il tait roi1 il allait sans cesse visit] les arti/es suprieurs4 ,sa bont tait vraim5t sans p>eille4 ,je me s\vi5s d'en avoir reu moi-mme une preuve qui me r5d un peu honteuse qu& j'y p5se4 ,il m'arrive1 lorsque je suis pe9dre1 de ne plus voir dans le monde que mon modle1 ce qui m'a r5due plus d'une fois t\t--fait grossire p\r ceux qui vi5n5t me tr\bl] qu& je travaille4 ,un mat9 que j'tais occupe f9ir un portrait1 le roi de ,pologne v9t p\r me voir4 ,ayant ent5du le bruit de plusieurs *evaux ma porte1 je me d\tais bi5 que c'tait lui qui me r5dait une visite2 mais j'tais tellem5t absorbe dans mon ouvrage1 que je pris de l'humeur1 et tel po9t1 qu' l'in/ant o il entr'ouvrait ma porte1 je lui criai3 ,je n'y suis pas4 ,le roi1 sans ri5 dire1 remit son manteau et p>tit4 ,qu& j'eus quitt ma palette1 et que je me rappelai de sang-froid ce que je v5ais de faire1 je me le repro*ai si vivem5t1 que le soir mme j'allai *ez le roi de ,pologne lui port] mes excuses1 et *]*] mon p>don4 ,comme v\s m'avez reu ce mat96 me dit-il ds qu'il m'ap]ut4 ,puis il aj\ta de suite3 ,je compr5ds p>faitem5t que lorsqu'on drange un arti/e bi5 occup1 on lui cause de l'impati5ce2 aussi croyez bi5 que je ne v\s en veux po9t du t\t4 ,et il me =a re/] s\p]1 o il ne fut plus "q de mes torts4 ,je manquais r>em5t les petits s\p]s du roi de ,pologne4 ,"l ,)wor?1 ambassadeur d',anglet]re en ,russie1 et le m>quis de ,rivire y tai5t aussi trs fidles4 ,n\s prfrions t\s trois ces runions intimes aux gr&es cohues2 c>1 aprs le s\p]1 il s'tablissait con/amm5t une caus]ie *>mante1 que le roi surt\t savait anim] p> une f\le d'anecdotes ple9es d'intrt4 ,un soir que je m'tais r5due l'invitation habituelle1 je fus frappe du s+uli] *angem5t que j'obs]vai dans le reg>d de notre *] pr9ce2 son oeil gau*e surt\t me p>ut si t]ne que j'en fus effraye4 ,en sortant1 je dis sur l'escali] "l ,)wor? et au m>quis de ,rivire qui me donnait le bras3 ,savez-v\s que le roi m'inquite beauc\p8--,p\rquoi cela8 me rpondit-on1 il p>aissait tre m]veille2 il vi5t de caus] comme l'ord9aire4--,j'ai le malheur d'tre bonne physionomi/e#c1 repris-je1 j'ai rem>qu dans ses yeux un tr\ble extraord9aire4 ,le roi m\rra bi5tt4 ,hlas6 j'avais trop bi5 dev92 c> le l5dema9 il fut frapp d'une attaque d'apoplexie1 et peu de j\rs aprs on l'ent]ra dans la citadelle1 prs de ,ca!r9e4 ,je ne pus appr5dre cette mort sans pr\v] un *agr9 bi5 rel1 que p>tagr5t t\s ceux qui avai5t connu le roi de ,pologne4 ,/anislas ,poniat[ski ne s'tait jamais m>i2 il avait une nice et deux neveux4 ,l'an de ces d]ni]s1 le pr9ce ,joseph ,poniat[ski1 e/ bi5 connu p> ses tal5s et p> l'extrme brav\re qui l'ont fait surnomm] le ,bay>d polonais4 l'poque o je l'ai connu ,pt]sb\rg1 il p\vait avoir v+t-c9q v+t-sept ans4 ,quoique son front ft dj dg>ni de *eveux1 son visage tait rem>quablem5t beau4 ,t\s ses traits1 d'une rgul>it admirable1 exprimai5t la d\ceur et la noblesse d'ame4 ,il v5ait de dploy] une si prodigieuse valeur1 de si gr&es connaissances militaires dans les d]nires gu]res contre les ,turcs1 que la voix publique le proclamait dj gr& capita9e1 et je m'tonnais en le voyant qu'on pt avoir acquis si jeune une si haute rputation4 ,*acun enviait ,pt]sb\rg la joie de le recevoir et de le ft]4 ,dans un gr& s\p] qu'on lui donna1 auquel je fus invite1 t\tes les femmes le pressant de faire faire son portrait p> moi1 il rpondit avec une mode/ie qui a t\j\rs t dans son c>actre3 ,il faut que je gagne plusieurs batailles avant de me faire pe9dre p> madame ,lebrun4 ,lorsque1 plus t>d1 j'ai revu ,joseph ,poniat[ski ,p>is1 je ne p\vais d'abord le reconnatre1 tant il tait *ang4 ,il portait en outre une vila9e p]ruque qui a*evait de le r5dre mconnaissable4 ,t\tefois sa r5omme s'tait accrue au po9t1 qu'il p\vait se consol] d'avoir p]du sa beaut4 ,il se prp>ait alors p>tir p\r faire la gu]re d',allemagne s\s ,napolon1 dont1 en sa qualit de ,polonais1 il tait dev5u l'alli fidle4 ,on sait assez quelle valeur il dploya dans les campagnes de #ahab et #ahac1 et quel vnem5t fune/e v9t mettre un t]me cette noble c>rire#d4 ,le frre de ,joseph ,poniat[ski ne lui ressemblait en aucune manire2 il tait gr&1 sec et froid4 ,je l'ai trs peu vu ,pt]sb\rg1 je me s\vi5s p\rtant qu'il v9t un mat9 *ez moi voir le portrait de la comtesse ,/rogon(f1 et qu'il ne s'occupa que du cadre4 ,il avait p\rtant de gr&es prt5tions se connatre en pe9ture1 et se laissait guid] dans ses jugem5s p> un arti/e qui dess9ait trs bi51 mais qui se di/+uait surt\t en imitant les croquis de ,raphal1 ce qui lui donnait un s\v]a9 mpris p\r l'cole franaise4 ,la nice du roi de ,pologne1 madame ,mni*eck1 m'a con/amm5t tmoign de l'obligeance1 et je l'ai revue ,p>is avec un gr& plaisir4 ,elle me fit faire ,pt]sb\rg le portrait de sa fille#e1 alors trs enfant1 que je peignis j\ant avec son *i51 et celui de son oncle1 le roi de ,pologne1 co/um la ,h5ri ,,iv4 ,le premi] que j'avais fait de cet aimable pr9ce1 je l'ai g>d p\r moi4 ,,*apitre ,,iii4 ,ma rception l',acadmie de ,pt]sb\rg4--,ma fille1 ,*agr9s que me causa son m>iage4--,la comtesse ,cz]ni*eff4--,je p>s p\r ,mosc\4 ,un des s\v5irs les plus d\x que j'aie rapports de mes voyages e/ celui de ma rception comme membre de l',acadmie de ,pt]sb\rg4 ,je fus prv5ue du j\r fix p\r me recevoir#f p> le comte de ,/rogon(f1 alors directeur des beaux-arts4 ,je m'tais fait faire l'uni=me de l',acadmie3 un habit d'amazone1 petite ve/e violette1 jupe jaune1 *apeau et plumes noirs4 une heure j'arrivai dans un salon qui prcdait une gr&e gal]ie1 au fond de laquelle j'ap]u de lo9 le comte ,/rogon(f1 tabli une table4 ,on v9t m'invit] me r5dre prs de lui4 ,p\r ce faire1 il me fallait trav]s] cette longue gal]ie o l'on avait dress de *aque ct des grad9s1 qui tai5t t\t c\v]ts de spectateurs2 mais comme heureusem5t je reconnaissais dans cette f\le beauc\p d'amis et de connaissances1 j'arrivai jusqu'au b\t de la salle sans pr\v] une trop gr&e motion4 ,le comte m'adressa un petit disc\rs trs flatteur1 puis me donna1 de la "p de l'emp]eur1 le diplme qui me nommait membre de l',acadmie4 ,t\t le monde alors applaudit d'une telle =ce que j'en fus t\*e jusqu'aux l>mes1 et je n'oubli]ai jamais ce d\x mom5t4 ,le soir je revis plusieurs p]sonnes qui avai5t assi/ la sance4 ,on me p>la de mon c\rage trav]s] cette gal]ie remplie de monde4 ,il faut croire1 rpondis-je sans fe9te1 que j'avais dev9 dans t\s les reg>ds la bi5veillance qu'on allait me tmoign]4 ,je fis aussitt mon portrait p\r l',acadmie de ,pt]sb\rg2 je m'y reprs5tai peignant1 et ma palette la ma94 ,en m'arrtant sur ces agrables s\v5irs de ma vie1 j'essaie de recul] l'in/ant o je dois enf9 p>l] des *agr9s1 des t\rm5s cruels qui sont v5us tr\bl] le repos et le bonheur dont je j\issais ,pt]sb\rg1 mais enf9 il me faut entr] dans ces tri/es dtails4 ,ma fille avait atte9t l'ge de dix-sept ans4 ,elle tait *>mante s\s t\s les rapports4 ,ses gr&s yeux bleus o se peignait tant d'esprit1 son nez retr\ss1 sa jolie b\*e1 de trs belles d5ts1 une fra*eur clatante1 t\t =mait un des plus jolis visages qu'on puisse voir4 ,sa taille n'tait pas trs leve1 mais svelte1 sans tre dp\rvue d'embonpo9t4 ,une grce naturelle rgnait dans t\te sa p]sonne1 quoiqu'il y et dans ses manires autant de vivacit que dans son esprit4 ,sa mmoire tait prodigieuse2 t\t ce qu'elle avait appris dans ses div]ses leons ou p> ses lectures lui re/ait prs5t4 ,elle avait une voix *>mante et *antait l'itali5 m]veille2 c> ,naples et ,pt]sb\rg1 je lui avais donn les meilleurs matres de musique1 a9si que des matres d'anglais et d'allem&4 ,de plus elle s'accompagnait sur le piano et sur la guit>e2 mais ce qui me *>mait p>-dessus t\t1 c'tai5t ses heureuses dispositions p\r la pe9ture1 en sorte que je ne saurais dire quel po9t j'tais heureuse et fire de t\s les avantages qu'elle runissait4 ,je voyais dans ma fille le bonheur de ma vie1 la joie qui re/ait ma vieillesse2 il n'tait donc pas surpr5ant qu'elle et pris un extrme asc5dant sur moi1 et qu& mes amis me disai5t3 ,v\s aimez si follem5t votre fille que c'e/ v\s qui lui obissez1 je rpondais3 ,ne voyez-v\s pas qu'elle e/ aime de t\t le monde8 ,en effet1 les p]sonnes les plus di/+ues de ,pt]sb\rg l'apprciai5t et la re*]*ai5t2 on ne m'engageait po9t sans elle1 et je j\issais des succs qu'elle obt5ait dans la socit1 bi5 plus que je n'avais jamais j\i des mi5s4 ,comme il tait trs r>e que je pusse quitt] mon ateli] le mat91 j'avais cons5ti quelquefois confi] ma fille la comtesse ,cz]ni*eff1 p\r lui faire faire des p>ties de traneau qui l'amusai5t beauc\p1 et la comtesse l'emm5ait aussi pass] des soires *ez elle o je n'allais pas t\j\rs4 ,l se tr\vait un nomm ,nigris1 le secrtaire du comte ,cz]ni*eff4 ,ce ,m4 ,nigris tait assez bi5 de visage et de taille2 il p\vait avoir tr5te ans4 ,quant ses tal5s1 il dess9ait un peu et son criture tait =t belle4 ,ses d\ces manires1 son reg>d mlancolique1 et mme sa pleur un peu jaune1 lui donnai5t un air intressant et romanesque qui sduisit ma fille1 au po9t qu'elle en dev9t prise4 ,aussitt la famille ,cz]ni*eff s'arrange1 intrigue p\r faire de lui mon g5dre4 ,in/ruite de ce qui se passait1 mon *agr9 fut gr&1 comme on peut le croire2 cep5dant1 t\te d\l\reuse que m'tait l'ide de donn] ma fille1 mon unique enfant1 un homme sans tal5t1 sans =tune1 sans nom1 je pris des in=mations sur ce qu'tait ce ,m4 ,nigris4 ,les uns me disai5t du bi5 de lui1 mais d'autres m'en disai5t du mal1 en sorte que les j\rs se passai5t sans que je pusse me dcid] pr5dre aucun engagem5t4 ,je m'ef=ais en va9 de faire compr5dre ma fille combi51 s\s t\s les rapports1 ce m>iage tait lo9 de p\voir la r5dre heureuse2 sa tte tait trop exalte p\r qu'elle v\lt s'en rapport] ma t5dresse et mon expri5ce4 ,d'un autre ct1 les p]sonnes qui avai5t rsolu d'obt5ir mon cons5tem5t employai5t t\s les moy5s p\r me l'arra*]4 ,on v5ait me dire que ,m4 ,nigris enlv]ait ma fille et qu'ils se m>i]ai5t sur les gr&s *em9s4 ,je croyais peu cet enlvem5t et ce m>iage cl&e/91 c> ,m4 ,nigris n'avait po9t d'arg5t#g1 et la famille qui le protgeait n'en avait pas trop p\r elle-mme4 ,on me m5aait de l'emp]eur1 et je rpondais3 ,je lui dirai que les mres ont des droits plus vrais et plus anci5s que ceux de t\s les emp]eurs du monde4 ,une *ose inconcevable1 c'e/ que la cabale monte contre moi esprait tellem5t me faire cd] la p]scution1 que l'on me p>lait dj de la dot4 ,comme on me croyait =t ri*e1 je me rappelle que l'ambassadeur de ,naples v9t me voir1 et me dem&a p\r ce m>iage une somme qui dpassait de beauc\p ce que je possdais3 c> on sait que j'avais quitt la ,france avec quatre-v+ts l\is dans ma po*e1 et qu'une p>tie des conomies que j'avais faites depuis ce temps v5ait de m'tre enleve sur la banque de ,v5ise4 ,j'aurais pu long-temps support] les mauvais et sots propos que la cabale se p]mettait sur moi et qui me rev5ai5t de t\tes p>ts3 une d\leur bi5 plus vive tait de voir ma fille s'loign] de moi et me retir] t\te sa confiance4 ,sa vieille g\v]nante1 qui avait dj eu le gr& tort de lui laiss] lire des romans mon insu1 s'tait totalem5t emp>e de son esprit1 et l'aigrissait contre moi au po9t que t\t mon am\r de mre se tr\vait impuissant p\r combattre cette fune/e influ5ce4 ,enf9 ma fille1 que je voyais maigrir et *ang]1 tomba t\t--fait malade4 ,alors il fallut bi5 cd]1 et j'crivis ,m4 ,lebrun p\r qu'il envoyt son cons5tem5t4 ,m4 ,lebrun1 dans ses lettres1 v5ait de me p>l] du dsir qu'il avait de m>i] notre fille ,gur91 dont les succs en pe9ture faisai5t alors un bruit qui tait arriv jusqu' moi4 ,ce projet1 qui me s\riait si =t1 ne p\vait plus s'excut]4 ,j'en in/ruisis ,m4 ,lebrun en lui faisant s5tir que1 n'ayant que cette *re enfant1 n\s devions t\t sacrifi] son bonheur4 ,ma lettre p>tie1 j'eus la j\issance de voir ma fille se rtablir2 mais hlas6 cette j\issance fut la seule qu'elle me donna4 ,la rponse de son pre ayant beauc\p t>d1 att5du la di/ance1 on lui p]suada que je n'avais crit ,m4 ,lebrun que p\r l'emp*] de cons5tir ce qu'elle appelait son bonheur4 ,ce s\pon me blessa cruellem5t2 nanmo9s je rcrivis plusieurs fois1 et1 aprs lui avoir fait lire mes lettres1 je les lui donnai p\r qu'elle les mt elle-mme la po/e4 ,une si gr&e condesc5dance de ma "p ne p>v9t pas la dtromp]2 fidle la mfiance qu'on ne cessait de lui inspir] contre moi1 elle me dit un j\r3 ,je porte tes lettres1 mais je suis sre que tu en cris d'autres en s5s contraire4 ,je re/ai /upfaite et le coeur navr1 lorsqu' l'in/ant mme le c\rri] arriva1 apportant la lettre de ,m4 ,lebrun qui donnait son cons5tem5t4 ,sans tre taxe d'exig5ce1 une mre p\vait alors compt] sur quelques excuses1 ou sur quelques rem]ciem5s2 mais1 p\r que l'on juge quel po9t ces m*ans m'avai5t alin le coeur de ma fille1 je dirai que la cruelle enfant ne me tmoigna po9t la plus lgre satisfaction de ce que j'avais fait p\r elle en lui sacrifiant et t\s mes dsirs et t\tes mes rpugnances4 ,le m>iage n'en fut pas mo9s clbr peu de j\rs aprs4 ,je donnai ma fille un =t beau tr\sseau1 des bij\x1 entre autres un bracelet ent\r de =t beaux diamans1 sur lequel tait le portrait de son pre1 et je plaai sa dot 7le produit des portraits que j'avais faits ,pt]sb\rg7 *ez le banqui] ,livio4 ,le l5dema9 j'allai voir ma fille4 ,je la tr\vai calme et sans exaltation sur son bonheur4 ,puis1 qu9ze j\rs aprs1 me tr\vant *ez elle1 je lui dis3 ,tu es bi5 heureuse j'espre1 ma9t5ant que tu l'z p\s8 ,m4 ,nigris1 qui causait avec quelqu'un1 n\s t\rnait le dos1 et comme il tait =t enrhum1 il avait sur ses paules une gr&e h\ppel&e4 ,elle me rpondit3 ,je t'av\e que cette robe f\rre me ds5*ante2 comm5t veux-tu que l'on soit prise d'une t\rnure p>eille8 ,a9si qu9ze j\rs avai5t suffi p\r que l'am\r s'envolt#h4 ,quant moi1 t\t le *>me de ma vie me semblait dtruit sans ret\r4 ,je ne retr\vais plus le mme plaisir aim] ma fille1 et p\rtant ,dieu sait combi5 je l'aimais encore malgr t\s ses torts4 ,les mres seules me compr5dront bi54 ,peu de temps aprs son m>iage1 elle prit la petite vrole4 ,quoique je n'eusse jamais eu cette t]rible maladie1 p]sonne ne put m'emp*] de c\rir *ez elle4 ,je la tr\vai le visage tellem5t enfl que j'en fus saisie d'effroi2 mais je n'eus peur que p\r elle1 et tant que dura le mal1 je ne p5sai pas un seul in/ant moi-mme4 ,enf9 je fus assez heureuse p\r qu'elle se rtablt sans re/] m>que le mo9s du monde4 ,je rsolus1 alors de p>tir p\r ,mosc\4 ,j'avais beso9 de m\vem5t1 j'avais beso9 de quitt] ,pt]sb\rg o je v5ais de s\ffrir au po9t que ma sant en tait altre4 ,ce n'e/ pas que1 le m>iage fait1 les indignes propos auxquels cette affaire avait donn lieu euss5t laiss des traces4 ,bi5 lo9 de l2 les g5s qui avai5t le plus outrag mon c>actre se rep5tai5t de leur inju/ice1 et je ti5s jo9dre ici une lettre du comte ,cz]ni*eff1 comme une preuve des outrages auxquels1 p\r mon malheur1 j'avais t trop s5sible4 ,j'ai t\j\rs cons]v cette lettre1 et je la donne ici4 ,il n'y a po9t de fautes que le rep5tir n'efface6 et il n'y a pas de c\pable qui ne puisse fl*ir votre indulg5ce6 voil ce qui me ramne v\s4 ,oui1 madame1 je l'av\e1 emport p> ma vivacit je v\s ai accuse de mille torts1 j'ai os mme v\s les repro*] avec assez d'am]tume2 mais votre conduite actuelle si digne d'admiration1 votre t5dresse p\r ,brunette si faite p\r s]vir d'exemple t\tes les mres1 me font r\gir moi-mme sur les s\pons honteux que j'ai os =m] contre v\s4 ,je m'av\e c\pable vos yeux6 je rclame votre p>don1 j'ose espr] que v\s ne me refus]ez pas de v5ir me l'affirm] un de ces soirs *ez moi2 ma femme att5d ce mom5t avec bi5 de l'impati5ce4 ,cont9uez1 madame1 faire le bonheur de votre aimable enfant et de mon ami ,nigris1 t\s deux en sont dignes1 t\s deux v\s le pay]ont au c5tuple1 et s'ils tai5t jamais assez +rats p\r oubli] ce qu'ils v\s doiv5t1 l'e/ime et le respect du public1 p\r ce que v\s faites p\r eux1 v\s en v5g]ont suffisamm5t4 ,oubliez mes torts1 de grce1 et v5ez vite m'en donn] l'assurance4 ,am5ez avec v\s ,m4 de ,rivire1 je lui dois galem5t une rp>ation1 et j'aime pay] mes dettes4 ,je v\s att5ds avec autant d'impati5ce de rp>] mes torts1 que de dsir de v\s conva9cre de t\te mon e/ime4 ,c4 ,g4 ,,cz]ni*eff4 ,t\tes ces rp>ations arrivai5t trop t>d4 ,les c\ps avai5t port2 je ne p\vais p]dre le s\v5ir des mois qui v5ai5t de s'c\l]2 enf9 je me s5tais malheureuse4 ,cep5dant je r5f]mais ma pe9e4 ,je ne me plaignais de p]sonne2 je g>dais surt\t le sil5ce1 mme avec mes plus *]s amis1 sur ma fille et sur celui qu'elle m'avait donn p\r fils1 au po9t de me taire avec mon frre1 qui j'crivais s\v5t depuis qu'il m'avait appris un n\veau malheur2 c> ce temps de ma vie tait v\ aux l>mes1 et n\s avions p]du notre mre4 ,tant de *agr9s la fois f9ir5t p> altr] ma sant4 ,p\r la rtablir j'esprais beauc\p du *angem5t de lieu et de la di/raction1 en sorte que je me htai de f9ir le gr& portrait en pi$ que je faisais alors de l'impratrice ,m>ie1 a9si que plusieurs de ses bu/es1 et je p>tis p\r ,mosc\ le #ae octobre de l'anne #ahjj4 ,,*apitre ,,iv4 ,mauvaise r\te4--,mosc\4--,la comtesse ,/rogon(f4--,la pr9cesse ,tufak94--,la m>*ale ,soltik(f4--,le pr9ce ,alex&re ,k\rak94--,visite une ,anglaise4--,le pr9ce ,bezborodko4--,le comte ,b\t\rl94--,je ret\rne ,pt]sb\rg4 ,il e/1 je crois1 difficile d'pr\v] une aussi horrible fatigue que celle qui m'att5dait sur la r\te de ,pt]sb\rg ,mosc\4 ,les *em9s que je comptais tr\v] gels1 comme on me l'avait fait espr]1 ne l'tai5t po9t encore4 ,ces *em9s sont atroces1 et les rond9s1 qui les r5d5t pe9e praticables dans les gr&s froids1 n'tant plus fixs p> la glace1 ballott5t sans cesse s\s les r\es et produis5t le mme effet que les grosses vagues de la m]4 ,ma voiture1 moiti emb\*e1 n\s faisait ress5tir de si t]ribles cahots1 que je croyais r5dre l'ame *aque in/ant4 ,p\r donn] quelque rel*e ce supplice1 j'arrtai moiti *em91 et je desc5dis l'aub]ge de ,novogorod 7la seule que l'on tr\ve sur la r\te71 dans laquelle on m'avait dit que je s]ais bi5 n\rrie et bi5 loge4 ,ayant le plus gr& beso9 de me repos]1 m\rant de faim et de fatigue1 je dem&ai une *ambre4 pe9e y tais-je in/alle1 que je s5tis je ne sais quelle odeur mphytique qui me t\rnait le coeur4 ,le matre de l'aub]ge1 que je priai de me faire *ang] d'app>tem5t1 n'en ayant po9t d'autre me donn]1 je me rsigne2 mais bi5tt1 croyant rem>qu] que cette odeur intolrable m'arrive p> une porte vitre qui se tr\vait dans la *ambre1 j'appelle un g>on1 et je l'int]roge sur cette porte4 ,ah6 me rpond-il tranquillem5t1 c'e/ que d]rire cette porte il y a un homme mort depuis hi]2 c'e/ sans d\te cela que madame s5t4 ,je ne dem&e pas d'autres dtails2 je me lve1 je fais mettre des *evaux ma voiture1 et je p>s1 n'emportant qu'un morceau de pa9 p\r cont9u] ma r\te jusqu' ,mosc\4 ,je n'avais fait que la moiti du *em91 dont la seconde p>tie tait encore plus fatigante que la premire4 ,ce n'e/ pas qu'il s'y tr\ve de hautes montagnes1 mais la r\te se compose de montes et de desc5tes cont9uelles1 ce que j'appelle des t\rm5s4 ,p\r comble d'ennui1 je ne p\vais me di/raire p> la vue du pays que je trav]sais2 c>1 de t\s les cts1 un pais br\ill>d voilait la nature1 ce qui m'attri/e t\j\rs4 ,si l'on jo9t ces tribulations la dite laquelle je me vis condamne qu& j'eus dvor mon morceau de pa91 on concevra que je dus tr\v] le *em9 bi5 long4 ,enf9 j'arrivai dans cette imm5se capitale de la ,russie4 ,je crus entr] dans ,ispahan dont j'avais vu plusieurs dess9s#i1 tant l'aspect de ,mosc\ diffre de t\t ce qui exi/e en ,europe4 ,aussi n'essai]ai-je po9t de dcrire l'effet que produis5t ces milli]s de dmes dors1 surmonts d'normes croix d'or1 ces l>ges rues1 ces sup]bes palais1 situs p\r la plup>t de telles di/ances les uns des autres que des villages les sp>5t2 c>1 p\r pr5dre une ide de ,mosc\1 il faut le voir4 ,je me fis desc5dre au palais que ,m4 ,dimid(f avait eu la bont de me prt]4 ,ce palais tait imm5se1 prcd d'une gr&e c\r qu'ent\rai5t des grilles trs leves4 ,p]sonne ne l'habitant1 je me promettais une tranquillit p>faite4 ,on s5t qu'aprs t\tes mes fatigues et ma dite =ce1 mon premi] beso91 ds que j'eus satisfait mon apptit1 fut celui de dormir2 mais hlas6 voil que v]s c9q heures du mat91 je suis rveille en sursaut p> un bruit inf]nal4 ,une norme tr\pe de ces musici5s russes qui ne donn5t *acun qu'une note de cor1 v5ait de s'tablir dans le salon vois9 de ma *ambre p\r rpt]4 ,ce salon tait =t gr&1 et peut-tre tait-il le seul qui convnt ce g5re de rptition4 ,j'eus gr& so9 de dem&] au conci]ge si p>eille musique avait lieu t\s les j\rs2 et sur sa rponse1 que1 le palais n'tant pas habit1 on avait consacr la plus gr&e pice cet usage1 je rsolus de ne ri5 *ang] aux habitudes d'une maison qui n'tait po9t la mi5ne1 et de *]*] un autre logem5t4 ,dans mes premires c\rses j'allai voir la comtesse ,/rogon(f1 femme de mon vieux et bon ami4 ,je la tr\vai hisse sur une ma*9e trs leve1 qui faisait cont9uellem5t la bascule4 ,je ne concevais pas comm5t elle p\vait support] ce m\vem5t p]ptuel2 mais elle en avait beso9 p\r sa sant2 c> elle tait dans l'impossibilit de m>*] et d'agir1 ce qui ne l'emp*ait pas d'tre aimable4 ,je lui p>lai de l'emb>ras o j'tais de tr\v] un logem5t4 ,elle me dit aussitt qu'elle avait une jolie maison qui n'tait po9t habite1 et me pria de l'accept]2 mais comme elle ne v\lait pas ent5dre p>l] du prix de la location1 je refusai positivem5t4 ,voyant qu'elle me pressait en va91 elle fit v5ir sa fille1 qui tait =t jolie1 et me dem&a le portrait de cette jeune p]sonne1 p\r prix du loy]1 ce que j'acceptai avec plaisir4 ,j'allai donc1 quelques j\rs aprs1 m'tablir dans cette maison o j'esprais tr\v] du calme1 puisque je devais y log] seule4 ,ds que je fus in/alle dans ma n\velle habitation1 je visitai la ville1 autant que me p]mettait de le faire la rigueur de la saison2 c> durant les c9q mois que j'ai passs ,mosc\1 la neige n'a po9t fondu1 ce qui m'a prive du plaisir de p>c\rir les environs que l'on dit admirables4 ,mosc\ a p\r le mo9s dix lieues de t\r4 ,la ,moskwa trav]se la ville1 et deux autres petites rivires l'arros5t4 ,c'e/ un c\p d'oeil vraim5t surpr5ant que cette multitude de palais1 de monum5s publics d'une trs belle ar*itecture1 de c\v5s1 d'glises#aj1 entremls de sites agre/es et de villages4 ,ce mlange de magnific5ce et de simplicit *amptre produit je ne sais quel effet fanta/ique qui doit plaire au voyageur1 t\j\rs avide d'orig9alit4 ,la ville r5f]me1 dit-on1 quatre c5t v+t mille habitans1 et le comm]ce qu'on y fait doit tre bi5 considrable1 puisqu'un seul qu>ti]1 dont j'ai oubli le nom1 conti5t six mille b\tiques4 ,c'e/ dans le qu>ti] appel ,kreml9 que se tr\ve la =t]esse de ce nom1 l'anci5 palais des cz>s4 ,cette =t]esse e/ aussi vieille que la ville1 qu'on prt5d avoir t btie v]s le milieu du d\zime sicle4 ,elle e/ place sur une hauteur au bas de laquelle c\le la ,moskwa2 mais son /yle n'a ri5 de rem>quable que son anci5net4 ,t\t prs de ce monum5t dont les murs sont flanqus de t\rs1 on me fit voir une clo*e d'une dim5sion colossale1 moiti rec\v]te de t]re1 qu'on me dit n'avoir jamais pu enlev] p\r la plac] dans le palais ou dans l'glise#aa4 ,les cimetires de ,mosc\ sont imm5ses1 et1 suivant l'usage rp&u dans t\te la ,russie1 plusieurs fois dans l'anne1 mais pr9cipalem5t le j\r qui rpond *ez les ,russes notre j\r des ,morts1 le peuple s'y porte en f\le4 ,hommes et femmes se mett5t g5\x devant les tombes de leur famille1 et l1 ils p\ss5t des cris lam5tables qu'on peut ent5dre de trs lo94 ,un usage t\t aussi gnral ,mosc\ comme ,pt]sb\rg e/ celui des ba9s de vapeur4 ,il en exi/e p\r les femmes et p\r les hommes2 seulem5t ces d]ni]s1 qu& ils ont pris leurs ba9s1 dont ils sort5t r\ges comme de l'c>late1 vont t\t nus se r\l] dans la neige1 p> le froid le plus excessif4 ,on attribue cette c\tume la vigueur et la bonne sant des ,russes4 ,il e/ bi5 c]ta9 qu'ils ne connaiss5t ni les maladies de poitr9e ni les rhumatismes4 ,une prom5ade =t agrable ,mosc\ e/ le m>*1 que l'on tr\ve t\j\rs approvisionn des fruits les plus beaux et les plus r>es4 ,il e/ plac au milieu d'un j>d94 ,une trs gr&e alle le trav]se1 ce qui r5d cet endroit *>mant4 ,aussi e/-il reu que les plus gr&es dames aill5t elles-mmes y faire leurs a*ats4 ,elles s'y r5d5t l't en voiture quatre *evaux1 et l'hiv] en traneau4 ,j'avais rem>qu qu' ,pt]sb\rg la haute socit ne =mait1 p\r a9si dire1 qu'une famille1 t\s les nobles tant c\s9s les uns des autres2 ,mosc\1 o la population e/ beauc\p plus considrable1 la noblesse beauc\p plus nombreuse1 la socit devi5t presque un public4 ,p> exemple1 il peut t5ir six mille p]sonnes dans la salle de bal o se runiss5t les premires familles4 ,cette salle e/ ent\re d'une gal]ie en colonnade1 leve de quelques m>*es1 o peuv5t se prom5] les p]sonnes qui ne dans5t pas1 et prcde de plusieurs gr&s salons1 dans lesquels on s\pe et l'on fait les p>ties de jeu4 ,je suis alle l'un de ces bals1 et je fus surprise du gr& nombre de jolies p]sonnes que j'y tr\vai runies4 ,j'en puis dire autant d'un trs beau bal o m'invita la m>*ale ,soltik(f4 ,les jeunes femmes tai5t presque t\tes d'une beaut rem>quable4 ,elles avai5t imit le co/ume antique dont j'avais donn l'ide la gr&e-du*esse lisabe? p\r le bal de l'impratrice ,ca!r9e2 elles portai5t des tuniques en ca*emire bordes de franges d'or2 de sup]bes diamans atta*ai5t leurs man*es c\rtes et retr\sses1 et leurs coiffures la grecque tai5t ornes p\r la plup>t de b&elettes c\v]tes de brillans4 ,ri5 ne p\vait tre aussi lgant et aussi ri*e que ces co/umes2 ils embellissai5t encore cette f\le de jolies femmes1 plus *>mantes les unes que les autres4 ,une de celles que je rem>quai pr9cipalem5t tait une jeune p]sonne que le pr9ce ,tufak9 p\sa peu de temps aprs4 ,son visage1 dont les traits tai5t f9s et rguli]s1 avait une expression extrmem5t mlancolique4 ,lorsqu'elle fut m>ie1 je comm5ai son portrait2 mais je ne pus f9ir ,mosc\ que la tte1 en sorte que j'emportai le tableau p\r le t]m9] ,pt]sb\rg o je ne t>dai pas appr5dre la mort de cette jolie p]sonne4 ,elle avait pe9e dix-sept ans4 ,je l'ai pe9te en ,iris1 ent\re d'une *>pe ondoyante et assise sur des nuages#ab4 ,la m>*ale ,soltik(f t5ait une des meilleures maisons de ,mosc\4 ,j'avais t lui faire une visite mon arrive2 elle et son m>i1 qui tait alors g\v]neur de cette ville1 me reur5t avec inf9im5t de bont4 ,elle me dem&a de faire le portrait du m>*al1 et le portrait de sa fille1 qui avait p\s le comte ,grgoire ,orl(f1 fils du comte ,vladimir4 ,je faisais aussi celui de la fille de la comtesse ,/rogon(f1 de faon qu'au b\t de dix ou d\ze j\rs1 j'avais comm5c six portraits1 sans compt] celui de la bonne et *>mante madame ,ducre/ de ,vill5euve1 que je retr\vais ,mosc\ avec bi5 de la joie1 et qui tait si jolie que je v\lais la pe9dre4 ,un accid5t qui p5sa me cot] la vie v9t me priv] de mon ateli]1 et ret>d] la t]m9aison de t\s ces ouvrages4 ,je j\issais d'une tranquillit p>faite dans la maison que m'avait prte la comtesse ,/rogon(f2 mais comme cette maison n'avait pas t habite depuis sept ans1 il y faisait un froid cruel4 ,j'y remdiais autant qu'il tait possible en faisant *auff] l'excs t\s les poles4 ,cette prcaution n'emp*ait po9t que la nuit je ne fusse =ce de laiss] du feu dans ma *ambre c\*]1 et j'tais tellem5t gele dans mon lit1 les rideaux h]mtiquem5t f]ms1 sans p>l] d'une petite lampe allume prs de moi p\r ad\cir l'air1 que je m'ent\rais totalem5t la tte dans mon oreill] que j'atta*ais avec un ruban1 au risque d'tre t\ffe4 ,une nuit que j'tais p>v5ue dormir1 je fus rveille p> une fume qui m'asphyxiait4 ,je n'ai que le temps de sonn] ma femme de *ambre1 qui me s\ti5t que c'e/ une ide et qu'elle a te9t le feu p>t\t4 ,ouvrez la porte de la gal]ie1 lui dis-je2 pe9e m'a-t-elle obi1 que sa *&elle e/ te9te1 et ma *ambre1 t\t l'app>tem5t1 remplis d'une fume paisse et puante4 ,n\s n'emes ri5 de plus press que de cass] t\tes les vitres1 mais ignorant d'o v5ait cette p\vantable fume1 on peut jug] de mon inquitude4 ,enf91 je fis v5ir un des hommes qui *auffai5t les poles1 et il m'apprit que son cam>ade avait oubli d'ouvrir le c\v]cle qui f]me les tuyaux1 et qui e/1 je crois1 plac sur les toits4 ,dlivre de la cra9te d'avoir mis le feu la maison de la comtesse ,/rogon(f1 je visitai mon app>tem5t1 t\te transie que j'tais4 ,prs du salon o je donnais mes sances1 tait un gr& pole avec deux b\*es de *aleur1 devant lequel j'avais pos le portrait du m>*al ,soltik(f1 p\r le faire s*]4 ,je tr\vai ce portrait moiti grill1 et calc9 au po9t que j'ai t oblige de le recomm5c]4 ,mais ce qui causa mon plus gr& t\rm5t dans cette nuit de tribulations1 fut l'impossibilit o j'tais de faire enlev] l'in/ant une collection de tableaux de plusieurs gr&s matres que mon m>i m'avait envoye1 et que j'avais expose dans une salle vois9e de ma *ambre2 c> il tait facile de prvoir que ces tableaux1 qui ne m'app>t5ai5t pas1 s\ffrirai5t beauc\p4 ,il tait c9q heures du mat94 ,la fume se dissipait pe9e1 et depuis que n\s avions cass les vitres1 la place n'tait plus t5able4 ,cep5dant que faire8 o all]8 ,je me dcidai envoy] *ez l'excell5te madame ,ducre/ de ,vill5euve2 elle acc\rut aussitt et m'emm5a *ez elle1 o je re/ai qu9ze j\rs p5dant lesquels cette *>mante femme me prodigua des so9s dont je ne p]drai jamais le s\v5ir4 ,lorsque je songeai ret\rn] *ez moi1 j'allai d'abord avec ,m4 ,ducre/ reconnatre les lieux4 ,quoique les vitres n'euss5t po9t t remises1 t\te la maison cons]vait encore une si =te odeur de feu et de fume1 qu'il tait impossible de p5s] l'habit] si tt4 ,j'en tais extrmem5t contr>ie1 lorsque le comte ,orl(f#ac1 avec cette obligeance qui vraim5t e/ naturelle aux ,russes1 v9t m'(frir de me prt] une maison lui qui se tr\vait libre4 ,j'acceptai l'(fre1 et j'allai m'tablir dans ce n\veau logis1 o1 p> p>5?se1 il pleuvait tellem5t1 que la m>*ale ,soltik(f1 qui v9t m'y voir1 dsirant re/] quelques in/ans dans la salle o mes tableaux tai5t exposs1 me dem&a un p>apluie4 ,malgr ce dsagrm5t d'un n\veau g5re1 je suis re/e dans cette maison jusqu' mon d"p4 ,les seigneurs russes dploi5t t\t autant de luxe ,mosc\ qu' ,pt]sb\rg4 ,cette ville imm5se r5f]me une multitude de palais magnifiques1 meubls avec la plus gr&e re*]*e4 ,un des plus somptueux tait celui du pr9ce ,alex&re ,k\rak9#ad1 que j'avais connu ,pt]sb\rg1 o j'avais fait deux fois son portrait4 ,lorsqu'il apprit que j'tais ,mosc\1 il v9t me voir et v\lut me donn] dn] avec mes amis1 la comtesse ,ducre/ de ,vill5euve et son m>i4 ,n\s arrivmes dans un va/e palais1 orn l'extrieur avec une magnific5ce royale4 ,t\s les salons qu'il n\s fallut trav]s]1 avant d'arriv] au d]ni]1 tai5t meubls plus ri*em5t les uns que les autres1 et dans la plup>t on rem>quait1 soit en pi$1 soit en bu/e1 le portrait du matre de la maison4 ,avant de n\s conduire table1 le pr9ce ,k\rak9 n\s fit voir sa *ambre c\*]1 qui surpassait t\t le re/e en lgance4 ,le lit1 lev sur des grad9s rec\v]ts de sup]bes tapis1 tait ent\r de colonnes ri*em5t drapes4 ,deux /atues et deux vases de fleurs tai5t placs aux quatre co9s de l'e/rade1 et des meubles d'un gt exquis1 de magnifiques divans1 r5dai5t cette *ambre digne d'tre habite p> ,vnus4 ,p\r pass] dans la salle mang]1 n\s trav]smes de l>ges corridors o de *aque ct une quantit d'esclaves en gr&e livre tai5t rangs1 des flambeaux la ma91 ce qui me fit l'effet d'une crmonie sol5nelle2 et tant que n\s fmes table1 des musici5s invisibles1 qu'on avait placs au-dessus de nos ttes1 n\s rcrr5t p> cette dlicieuse musique de cors1 dont j'ai dj p>l plusieurs fois4 ,la gr&e =tune du pr9ce ,k\rak9 lui p]mettait de t5ir *ez lui l'tat d'un s\v]a92 j'ai mme ent5du dire qu'il avait un srail dans son palais1 et qu'il n'tait pas le seul ,mosc\ qui dployt ce luxe ori5tal4 ,quoi qu'il en soit1 le pr9ce ,alex&re ,k\rak9 tait un excell5t homme1 d'une politesse obligeante avec ses gaux1 et sans aucune morgue avec ses infrieurs4 ,je dnai aussi *ez un pr9ce ,galitz9#ae1 que ses manires affables et polies faisai5t gnralem5t re*]*]3 quoiqu'il ft trop g p\r se mettre table avec ses convives1 qui tai5t au nombre de qu>ante p]sonnes1 le dn]1 exquis et extrmem5t abondant1 n'en dura pas mo9s plus de trois heures1 ce qui me fatigua cruellem5t1 d'autant plus que j'tais place en face d'normes f5tres dont le j\r m'aveuglait4 ,ce fe/9 me p>ut insupportable2 en comp5sation1 j'avais eu le plaisir1 avant de me mettre table1 de p>c\rir une trs belle gal]ie qui cont5ait de bons tableaux de gr&s matres1 mlangs1 il e/ vrai1 de tableaux assez mdiocres4 ,le pr9ce ,galitz91 que l'ge et la s\ffrance ret5ai5t dans son fauteuil1 avait *>g son neveu de m'en faire les honneurs4 ,ce jeune homme1 qui ne se connaissait pas en pe9ture1 se bornait m'expliqu] de son mieux les sujets1 et j'eus pe9e m'emp*] de rire qu&1 devant un tableau qui reprs5tait ,psy*1 ne p\vant prononc] ce nom1 il me dit3 ,celui-ci e/ ,fi*4 ,ce long repas *ez le pr9ce ,galitz9 m'en rappelle un autre qui1 je crois1 n'a jamais f9i4 ,je m'tais engage dn] *ez un banqui] de ,mosc\1 gros1 gras et imm5sm5t ri*e4 ,n\s tions dix-huit p]sonnes table2 mais de ma vie je n'ai vu une runion de figures aussi laides et surt\t aussi insignifiantes1 de vritables figures d'hommes arg5t2 qu& je les eus t\s reg>ds une fois1 je n'osai plus lev] les yeux1 dans la cra9te de r5contr] encore un de ces visages2 aucune conv]sation ne s'tablissait2 on aurait pu les pr5dre p\r des mannequ9s1 s'ils n'avai5t mang comme des ogres4 ,quatre heures se passr5t a9si2 mon ennui tait p>v5u un po9t que je me s5tais prte me tr\v] mal2 enf91 je pris mon p>ti1 et prtextant une indisposition1 je les laissai table o peut-tre ils sont encore4 ,ce j\r tait un j\r mal5contreux2 c> il m'arriva le soir mme un accid5t assez risible quoiqu'il ne m'amust po9t du t\t4 ,je ne sais p\r quel motif je me tr\vais oblige de faire visite une ,anglaise2 une femme de ma connaissance m'y conduisit1 et m'y laissa p\r quelque temps1 aprs avoir promis de v5ir me repr5dre2 le malheur v\lait que cette ,anglaise n'ent5dt pas un mot de franais1 et moi pas un mot d'anglais1 en sorte que l'on peut jug] de son emb>ras et du mi54 ,je la vois encore devant une petite table1 entre deux b\gies qui clairai5t son visage ple comme la mort4 ,elle croyait devoir p> politesse cont9u] me p>l] dans sa langue que je ne p\vais compr5dre1 et rciproquem5t je lui adressais quelques mots franais qu'elle ne compr5ait pas davantage4 ,n\s re/mes a9si plus d'une heure ensemble1 laquelle heure me p>ut un sicle1 et je crois que cette pauvre ,anglaise ne la tr\va pas mo9s longue4 l'poque o je me tr\vais ,mosc\1 le plus ri*e habitant de cette ville1 et peut-tre de t\te la ,russie1 tait le pr9ce ,bezborodko2 il p\vait1 dit-on1 lev] sur ses t]res une arme de tr5te mille hommes1 tant il possdait de paysans qui sont t\s1 comme on ne l'ignore pas1 atta*s en ,russie au t]ritoire4 ,ses div]ses habitations r5f]mai5t un gr& nombre d'esclaves1 qu'il traitait avec la plus gr&e bont1 et auxquels il avait fait appr5dre des mti]s de diffr5s g5res4 ,lorsque j'allai le voir1 il me montra des salons encombrs de meubles a*ets ,p>is1 qui sortai5t des ateli]s du clbre bni/e ,dagure2 la plup>t de ces meubles avai5t t imits p> ses esclaves1 et il tait impossible de di/+u] la copie place prs de l'orig9al4 ,ceci me conduit dire que le peuple russe e/ d'une intellig5ce extraord9aire2 il compr5d t\t1 et semble d\ du tal5t d'excution4 ,aussi le pr9ce de ,ligne crivait-il3 ,je vois des ,russes qui l'on dit3 soyez matelots1 *asseurs1 musici5s1 +nieurs1 pe9tres1 comdi5s1 et qui devi5n5t t\t cela selon la volont de leur matre2 j'en vois qui *ant5t et dans5t dans la tran*e1 plongs dans la neige et dans la b\e1 au milieu des c\ps de fusil1 des c\ps de canon2 et t\s sont adroits1 att5tifs1 obissans et respectueux4 ,le pr9ce ,bezborodko tait un homme d'une haute capacit2 il a t employ s\s les rgnes de ,ca!r9e et de ,paul1 d'abord comme secrtaire du cab9et1 puis1 en #aghj1 comme secrtaire d'tat au dp>tem5t des affaires extrieures4 ,dans le dsir d'vit] les sollicitations sans nombre qu'on lui adressait1 il s'tait r5du peu abordable2 les femmes le p\rsuivai5t quelquefois jusque dans sa voiture2 il rpondait alors leurs dem&es3 ,je l'oubli]ai1 et s'il s'agissait d'une ptition3 ,je la p]drai4 ,son plus gr& tal5t tait une connaissance savante et appr(ondie de la langue russe2 il possdait en outre une mmoire prodigieuse et une facilit de rdaction surpr5ante4 ,un trait de lui bi5 connu en donne la preuve2 il reut un j\r de l'impratrice ,ca!r9e l'ordre de rdig] un projet d'ukase que ses nombreuses affaires lui fir5t oubli]2 la premire fois qu'il ret\rna *ez l'impratrice1 celle-ci1 aprs avoir confr avec lui sur plusieurs po9ts d'adm9i/ration1 lui dem&a son ukase4 ,bezborodko ne se dconc]te pas le mo9s du monde2 il tire un papi] du portefeuille1 et improvise d'un b\t l'autre1 sans hsit] une seconde1 t\t le projet de loi2 ,ca!r9e fut tellem5t satisfaite de cette rdaction1 qu'elle prit le papi] p\r y jet] les yeux2 on juge de sa surprise la vue d'un papi] t\t blanc6 ,bezborodko allait se confondre en excuses2 elle lui imposa sil5ce p> des complim5s1 et le nomma le l5dema9 son conseill] priv4 ,un autre ,russe1 dont la mmoire tait aussi surpr5ante que celle du pr9ce ,bezborodko1 tait le comte ,b\t\rl9 que j'ai beauc\p vu ,mosc\1 o1 p> p>5?se1 n\s tions logs si lo9 l'un de l'autre1 que p\r all] s\p] *ez la comtesse ,b\t\rl9 je faisais deux lieues dans ma soire4 ,le comte ,b\t\rl91 p> son savoir et ses connaissances1 e/ un des hommes les plus di/+us que j'aie connus2 il p>le t\tes les langues avec une facilit prodigieuse1 et son in/ruction en t\t g5re prte un *>me inf9i sa conv]sation2 mais sa supriorit sur les autres ne l'emp*ait pas d'tre extrmem5t simple1 et de recevoir ses amis avec autant de bonhomie que de grce4 ,il possdait ,mosc\ une biblio?que imm5se1 compose des livres les plus r>es et les plus prcieux dans les diffr5tes langues2 sa mmoire tait telle1 que lorsqu'il rapportait un trait hi/orique ou une anecdote quelconque1 il p\vait dire l'in/ant dans quelle salle et sur quel rayon de sa biblio?que se tr\vait le livre qu'il v5ait de cit]2 j'en tais tonne au d]ni] po9t1 et cep5dant une *ose p\r le mo9s aussi surpr5ante tait de l'ent5dre p>i] de t\tes les villes de l',europe et de ce qu'elles r5f]m5t de rem>quable1 comme s'il les et habites longtemps1 t&is qu'il n'avait jamais quitt la ,russie3 p\r mon compte1 je sais bi5 qu'il me p>lait de ,p>is1 de ses monum5s1 de t\t ce qu'on y tr\ve de curieux1 avec de si gr&s dtails1 que je m'criais3 ,il e/ impossible que v\s n'ayez pas t ,p>is6 ,les dem&es de portraits qui m'tai5t faites1 la socit agrable que je m'tais =me ,mosc\1 aurai5t d me ret5ir plus longtemps dans cette ville o je n'ai pass que c9q mois1 dont six sema9es dans ma *ambre2 mais j'tais tri/e1 s\ffrante1 je s5tais le beso9 de repos1 et surt\t de respir] un air plus d\x4 ,j'avais donc pris la rsolution de ret\rn] ,pt]sb\rg p\r voir ma fille1 aprs quoi je devais quitt] la ,russie4 ,j'en fus emp*e p5dant quelques j\rs p> un r$\blem5t de mes indispositions habituelles1 et je retr\ve une lettre que j'crivais alors mon g5dre1 qui peut donn] une ide de mon tat d'esprit cette tri/e poque de ma vie4 ,je v\s rem]cie1 mon *] ami1 de votre gr&e lettre2 jamais je ne me pla9drai lorsque v\s conv]s]ez long-temps avec moi2 t\t ce qui v\s intresse m'intresse aussi3 le li5 qui n\s unit e/ trop prs de mon coeur p\r que ri5 de ce qui v\s t\*e me soit trang]1 et sans gsme je ne saurais y re/] indiffr5te2 ceux qui ne m'ont po9t r5du ju/ice v\s ont beauc\p trop loign de moi1 c> je veux croire qu'il n'y a pas de votre faute ni de celle de ma fille2 on l'avait bi5 trompe6 j'en ai cruellem5t s\ff]t1 et malgr le temps et mes ef=ts1 la plaie e/ encore si vive1 que1 livre moi-mme1 mes ides sur le bonheur que peut espr] une mre qui n'a jamais ri5 eu se repro*] m'afflig5t plus qu'elles ne me consol5t4 ,les circon/ances m'oblig5t depuis long-temps un travail assidu et pnible1 il s'ensuit que ma sant comm5ce m'effray]1 non p\r ma vie1 je n'ai nul dsir de la voir se prolong] et je n'ai po9t v>i sur ce que je v\s ai dit s\v5t cet g>d2 mais j'pr\ve une faiblesse qui me diss\t2 je devi5s si tri/e que le plus gr& misan?rope me p>atrait trop gai2 le monde me fatigue1 la solitude me tue1 et je ne vois aucune position qui puisse me conv5ir2 je n'ai d'esprance que dans le repos1 le soleil1 un beau climat1 et je compte avant peu les all] *]*]4 ,si je dev5ais plus s\ffrante1 je v\s le f]ais savoir1 af9 que v\s v9ssiez me pr5dre ici2 c> p\r ri5 au monde je ne v\drais m\rir ,mosc\4 ,peu de j\rs aprs1 me tr\vant beauc\p mieux1 j'annonai mon d"p et je fis mes adieux4 ,t\t fut mis en oeuvre p\r me ret5ir2 on m'(frait de me pay] mes portraits plus *] qu' ,pt]sb\rg1 de me laiss] t\t le temps de les t]m9] sans fatigue p\r moi2 je me s\vi5s que la veille encore du j\r o je p>tis1 comme je me tr\vais au rez-de-*ausse de la maison1 occupe de mes paquets1 je vis entr]1 sans qu'on l'et annonc1 un homme d'une gr&eur prodigieuse1 vtu d'un manteau blanc1 qui me fit une frayeur horrible4 ,on voyait sans cesse pass] ,mosc\ des p]sonnes que ,paul envoyait en ,sibrie1 et quoiqu'il n'et encore exil que deux ,franais1 t\s deux auteurs d'infames libelles contre la ,russie1 je n'hsitai pas pr5dre cet inconnu p\r un missaire de ,paul2 je ne respirai que lorsque je l'ent5dis me suppli] de ne po9t quitt] ,mosc\1 et me dem&] un gr& tableau de t\te sa famille2 sur mon refus1 que je r5dis le plus obligeant qu'il me fut possible1 le bon monsieur me pria in/amm5t de v\loir bi5 au mo9s donn] mon portrait la ville2 j'av\e que cette d]nire dem&e me t\*a au po9t que j'ai t\j\rs regrett que mes occupations et ma sant m'ai5t emp*e depuis d'y satisfaire4 ,plusieurs p]sonnes que je ne d\te pas avoir t ds lors dans la confid5ce de la rvolution qui se prp>ait1 me pressr5t beauc\p de ret>d] mon d"p de quelques j\rs1 m'assurant qu'elles p>tirai5t p\r ,pt]sb\rg avec moi2 mais dans l'ignorance totale o j'tais du complot1 je m'ob/9ai me mettre en r\te1 en quoi j'eus gr& tort2 c>1 en att5dant un peu1 j'aurais vit les fatigues qu'il me fallut pr\v] sur ces abom9ables *em9s que le dgel r5dait de n\veau impraticables4 ,,*apitre ,v4 ,mort de ,paul4--,joie des ,russes4--,dtails de l'assass9at4--,l'emp]eur ,alex&re4--,je fais son portrait et celui de l'impratrice lizabe?4--,je quitte la ,russie4 ,c'e/ le #ab m>s #ahja1 moiti *em9 de ,mosc\ ,pt]sb\rg1 que j'appris la mort de ,paul4 ,je tr\vai devant la maison de po/e une quantit de c\rri]s qui allai5t annonc] cette n\velle dans les diffr5tes villes de l'empire1 et comme ils pr5ai5t t\s les *evaux il me fut impossible d'en avoir2 je fus oblige de re/] dans ma voiture que l'on avait place sur un ct de la r\te au bord d'une rivire2 il s\fflait un v5t si froid que j'tais gele2 il ne m'en fallut pas mo9s pass] t\te la nuit a9si2 enf9 je p>v9s me procur] des *evaux de l\age1 et je n'arrivai ,pt]sb\rg qu' huit ou neuf heures du mat94 ,je tr\vai cette ville dans le dlire de la joie2 on *antait1 on dansait1 on s'embrassait dans les rues2 plusieurs p]sonnes de ma connaissance acc\rur5t ma voiture1 elles me s]rai5t les ma9s en s'criant3 ,quelle dlivrance6 ,on me dit que la veille au soir1 les maisons avai5t t illum9es4 ,enf91 la mort de ce malheureux pr9ce excitait l'allgresse publique4 ,t\tes les p>ticul>its du t]rible vnem5t n'tai5t ignores de p]sonne1 et je puis affirm] que les rcits qui m'en fur5t faits le j\r mme de mon arrive tai5t t\s uni=mes4 ,palh51 un des conjurs1 ne ngligeait ri5 p\r effray] ,paul d'un complot =m1 disait-il1 p> l'impratrice et ses enfans1 p\r s'emp>] du trne2 la mfiance habituelle de ,paul ne le portait que trop prt] l'oreille ces fausses confid5ces1 et elles l'irritr5t au po9t qu'il f9it p> ordonn] au p]fide conseill] de conduire sa femme et les gr&s-ducs la =t]esse2 ,palh5 refusa d'obir sans un ordre sign de l'emp]eur2 ,paul signa2 muni de ce papi]1 ,palh5 le porte aussitt ,alex&re4 ,v\s voyez1 lui dit-il1 que votre pre e/ f\1 et que v\s tes t\s p]dus si n\s ne le prv5ons en le faisant enf]m] lui-mme4 ,alex&re1 qui voyait sa lib]t et celle des si5s m5ace1 ne donna p\rtant p> son sil5ce qu'un cons5tem5t tacite ce projet1 qui devait se born] mettre un ins5s hors d'tat de nuire2 mais ,palh5 et ses complices crur5t devoir all] plus lo94 ,c9q conjurs se *>gr5t de commettre l'att5tat1 et l'un d'eux tait ,platon ,z\b(f1 l'anci5 favori de ,ca!r9e1 que ,paul avait combl de faveurs aprs l'avoir rappel de l'exil4 ,t\s les c9q se r5dir5t dans la *ambre c\*] de ,paul1 qui tait au lit2 les deux g>des placs la porte en df5dir5t l'entre avec c\rage1 au po9t que l'un d'eux fut tu#af2 mais ils rsi/r5t inutilem5t4 la vue de ces furieux qui se prcipitai5t sur lui1 ,paul se leva2 comme il tait trs vig\reux1 il lutta long-temps contre ses assass9s1 qui p>v9r5t enf9 l'trangl] dans son fauteuil4 ,l'in=tun s'criait3 ,v\s aussi1 ,z\b(f6 v\s1 que je croyais mon ami6 en disant ces mots1 il expira4 ,il semble que le sort se soit plu runir t\tes les circon/ances qui p\vai5t favoris] ce complot4 ,on avait fait v5ir un rgim5t p\r ent\r] le palais1 et bi5 lo9 que l'on et mis le colonel dans la confid5ce des conjurs1 ce militaire tait p]suad qu'il s'agissait de dj\] une t5tative qui devait avoir lieu contre la vie de l'emp]eur2 une p>tie de cette tr\pe alla p> le j>d9 se plac] s\s les f5tres de ,paul1 que1 p\r son malheur1 la m>*e des soldats ne rveilla pas1 non plus que le bruit d'une multitude de corbeaux qui dormai5t habituellem5t sur les toits1 et qui se mir5t croass]4 ,s'il en et t autrem5t1 le malheureux pr9ce aurait eu le temps de gagn] un escali] drob1 vois9 de sa *ambre1 p> lequel il p\vait desc5dre *ez une madame ,n>i*k91 qui tait son amie1 et en qui il avait t\te confiance2 une fois l1 ri5 ne lui tait plus facile que de se sauv] au moy5 d'un petit bateau t\j\rs plac sur le canal qui borde le palais de ,sa9t-,mi*el2 de plus1 la mfiance qu'il avait de sa femme lui faisait f]m] d\ble t\r une des deux portes qui sp>ai5t seules son app>tem5t de celui de l'impratrice2 lorsqu'il v\lut y c\rir p\r *app] la mort1 il tait trop t>d3 les assass9s avai5t pris so9 de retir] la clef2 enf91 ,k\tais(f1 son fidle valet de *ambre1 reut le j\r mme du crime une lettre qui l'in/ruisait de t\t le complot2 mais cet homme1 qui son am\r p\r madame ,*evali] et sa jal\sie de l'emp]eur faisai5t p]dre la tte1 ngligeait la plus gr&e p>tie de son s]vice et ne dca*etait plus les lettres2 il laissa sur sa table celle dont il s'agit1 et1 qu& il l'ouvrit le l5dema91 le malheureux tomba dans un tel dsespoir1 qu'il p5sa m\rir2 il en fut de mme du colonel qui avait conduit son rgim5t aut\r du palais2 ce jeune homme1 nomm ,talais91 in/ruit du crime qui v5ait de se commettre1 ress5tit un tel *agr9 d'avoir t tromp a9si1 qu'il r5tra *ez lui saisi d'une fivre ard5te et fut bi5tt t\te extrmit2 je crois mme qu'il a peu survcu son remords1 t\t innoc5t qu'il tait3 mais ce dont je suis sre1 c'e/ que p5dant sa maladie l'emp]eur ,alex&re allait le voir t\s les j\rs et fit df5dre un ex]cice feu qui avait lieu trop prs du malade4 ,quoique les div]s ob/acles dont je vi5s de p>l] euss5t pu s'oppos] l'excution du crime1 il faut croire que les auteurs du complot ne d\tai5t po9t de la russite2 c> t\t ,pt]sb\rg a su que le soir de l'vnem5t1 un des conjurs1 beau jeune homme1 nomm ,s444ky1 tira sa montre m9uit1 au milieu d'une socit assez nombreuse1 en disant3 ,t\t doit tre f9i ma9t5ant4 ,paul tait mort en effet1 son corps fut embaum aussitt1 et on l'exposa p5dant six sema9es sur un lit de p>ade1 le visage dc\v]t et aussi peu dcompos que possible1 att5du qu'on lui avait mis du r\ge4 ,l'impratrice ,m>ie1 sa veuve1 allait t\s les j\rs pri] g5\x devant ce lit funbre2 elle y am5ait ses deux plus jeunes fils1 ,nicolas et ,mi*el1 si enfans alors1 que le premi] lui dit une fois3 ,p\rquoi donc papa dort-il t\j\rs8 ,la ruse qui fut employe p\r faire cons5tir ,alex&re la d*ance de son pre 7c> il n'aborda jamais d'autre ide71 e/ un fait positif que je ti5s du comte ,/rogon(f1 un des hommes les plus honntes1 les plus sages que j'aie connu1 et l'homme le plus au fait de ce qui se passait la c\r de ,russie2 il d\tait d'autant mo9s de la facilit avec laquelle on avait d am5] ,paul sign] l'ordre d'emprisonn] l'impratrice et ses enfans1 qu'il connaissait les affreux s\pons dont l'esprit de ce pauvre pr9ce tait t\rm5t4 ,la veille mme de l'assass9at1 il y avait le soir la c\r un gr& conc]t1 t\te la famille impriale s'y tr\vait runie3 dans un mom5t o l'emp]eur causait "p avec le comte ,/rogon(f1 il lui dit3 ,v\s me croyez sans d\te le plus heureux des hommes1 mon ami8 j'habite enf9 ce palais de ,sa9t-,mi*el que je me suis plu faire btir1 faire orn] avec magnific5ce et selon mon gt2 j'y rassemble p\r la premire fois t\te ma famille2 ma femme e/ belle encore1 mon fils an e/ beau aussi1 mes filles sont *>mantes2 les voil t\s en face de moi1 eh bi51 qu& je les reg>de1 je vois en eux t\s mes assass9s4 ,le comte ,/rogon(f s'cria en reculant d'horreur3 ,on v\s trompe1 sire6 c'e/ une atroce calomnie6 ,paul fixa sur lui des yeux hag>ds1 puis1 lui s]rant la ma91 il reprit3 ,ce que je vi5s de v\s dire e/ la vrit4 ,l'in=tun tait p\rsuivi p> l'ide de sa mort4 ,le comte ,/rogon(f me racontait aussi que la veille du j\r dont je vi5s de p>l]1 ,paul lui avait dit le mat91 en se reg>dant dans la glace et rem>quant que sa b\*e tait de trav]s3 ,qu& c'e/ a9si1 mon *] comte1 il faut faire ses paquets4 ,j'ai la f]me p]suasion qu',alex&re ignorait que l'on dt att5t] la vie de son pre2 t\s les faits que je connus alors ne me le pr\v]ai5t pas1 qu'une preuve qui repose sur la connaissance que n\s avons du naturel de ce pr9ce m'en donn]ait l'assurance4 ,alex&re tait d'un c>actre noble et gnreux2 non seulem5t il a t\j\rs eu de la pit1 mais il avait de la fran*ise1 au po9t que1 mme en politique1 on ne l'a jamais vu employ] l'a/uce et la fausset2 eh bi51 en appr5ant que ,paul n'tait plus1 son dsespoir fut tel qu'aucun de ceux qui l'appro*ai5t ne put d\t] qu'il re/ait innoc5t du meurtre2 le plus f\rbe des hommes n'aurait po9t tr\v les l>mes qu'on lui vit rp&re4 ,dans les premi]s mom5s de sa d\leur1 il ne v\lait po9t rgn]2 et j'ai su d'une manire c]ta9e que sa femme lisabe? v9t se jet] ses g5\x p\r le suppli] de pr5dre les rnes du g\v]nem5t2 il se r5dit alors *ez l'impratrice sa mre1 qui1 du plus lo9 qu'elle l'ap]ut1 s'cria3 ,retirez-v\s6 retirez-v\s6 je v\s vois t\t c\v]t du sang de votre pre6 ,alex&re leva v]s le ciel ses yeux baigns de l>mes1 et dit1 avec cet acc5t qui "p de l'ame3 ,je pr5ds ,dieu tmo91 ma mre1 que je n'ai po9t ordonn cet p\vantable crime4 ,un si gr& c>actre de vrit tait empre9t sur ce peu de mots1 que l'impratrice cons5tit l'c\t]2 et lorsqu'elle apprit comm5t les conjurs avai5t tromp son fils sur le rsultat de leur entreprise1 elle se jeta ses pi$s1 en disant3 ,je salue donc mon emp]eur4 ,alex&re la releva1 s'ag5\illa son t\r devant elle1 la s]ra dans ses bras1 et la combla de m>ques de respect et de t5dresse4 ,cette t5dresse ne s'e/ jamais dm5tie4 ,l'emp]eur ,alex&re1 tant qu'il a vcu1 n'a ri5 su refus] sa mre2 et il avait p\r elle un si gr& respect1 qu'il v\lut lui cons]v] t\s les honneurs de sa c\r3 elle m>*ait con/amm5t devant l'impratrice lisabe?4 ,la mort de ,paul ne donna lieu aucune de ces ractions qui suiv5t trop s\v5t la mort d'un s\v]a94 ,t\s ceux qui avai5t j\i de la faveur de ce pr9ce cons]vr5t les avantages qu'ils devai5t sa protection2 ,k\tais(f1 son valet de *ambre1 ce b>bi] qu'il avait si =t enri*i1 qu'il avait dcor des premi]s ordres de la ,russie1 re/a tranquille possesseur des bi5faits de son matre2 madame ,*evali]1 cette jolie actrice qui avait j\ le rle de favorite1 put re/] au ?tre de ,pt]sb\rg2 la vrit1 comme elle avait reu de ,paul un magnifique diamant de la c\ronne1 ce qui tait su de t\t le *teau1 quelques g5s de la c\r1 qui craignai5t sans d\te qu'elle ne quittt la ville en appr5ant la mort de l'emp]eur1 se r5dir5t *ez elle dans la nuit mme2 madame ,*evali] tait c\*e et endormie1 on l'veilla1 et sa frayeur fut gr&e lorsqu'elle ap]ut p>eille heure plusieurs p]sonnes dans sa *ambre2 ces messieurs la rassurr5t1 mais ils ne la quittr5t pas qu'elle n'et r5du le diamant1 qui tait d'un prix norme4 ,s'il ne fut ri5 *ang la position des amis de ,paul1 il en fut autrem5t de celle de ses victimes2 les exils rev9r5t et r5trr5t dans leurs bi5s2 ju/ice fut r5due t\s ceux qui avai5t t immols des caprices sans nombre1 enf9 un sicle d'or comm5a p\r la ,russie4 ,on n'en p\vait d\t] voir l'am\r1 le respect1 l'en?\siasme des ,russes p\r leur n\vel emp]eur4 ,cet en?\siasme allait au po9t que le plus gr& bonheur p\r t\s tait d'avoir vu1 d'avoir r5contr ,alex&re2 s'il allait se prom5] le soir au j>d9 d't1 s'il trav]sait les rues de ,pt]sb\rg1 la f\le l'ent\rait en le bnissant1 et lui1 le plus affable des pr9ces1 rpondait avec une grace p>faite t\s les hommages qu'il recevait4 ,je n'ai pu all] ,mosc\ lors de son c\ronnem5t2 mais plusieurs p]sonnes qui tai5t prs5tes cette crmonie m'ont dit que ri5 ne p\vait tre plus t\*ant et plus beau2 les transports de la joie publique clatai5t de t\tes p>ts dans la ville et dans l'glise2 qu& ,alex&re posa une c\ronne de diamans sur la tte de l'impratrice lisabe?1 clatante de beaut1 t\s deux =mai5t un gr\pe si admirable que l'en?\siasme tait son comble4 ,au milieu de l'ivresse gnrale1 j'eus moi-mme la joie de r5contr] l'emp]eur sur un des quais de la ,nva1 peu de j\rs aprs mon arrive3 il tait *eval2 quoique la loi de ,paul fut abroge1 comme on l'imag9e1 j'avais fait arrt] ma voiture p\r avoir le plaisir de reg>d] pass] ,alex&re2 il v9t aussitt moi1 et me dem&a comm5t j'avais tr\v ,mosc\1 et si je n'avais pas s\ff]t des *em9s2 je lui rpondis que je regrettais de n'avoir pu re/] assez long-temps dans cette sup]be ville p\r en connatre t\tes les beauts2 quant aux *em9s1 j'av\ai qu'ils tai5t horribles2 il en conv9t1 disant qu'il comptait les faire rp>]2 puis1 aprs m'avoir adress mille *oses flatteuses1 il me quitta4 ,le surl5dema91 le comte ,/rogon(f v9t *ez moi de la "p de l'emp]eur1 qui me comm&ait de faire son portrait en bu/e et son portrait *eval4 pe9e cette n\velle se fut-elle rp&ue1 qu'une f\le de p]sonnes de la c\r acc\rur5t *ez moi p\r me dem&] des copies1 soit *eval1 soit en bu/e1 peu importait1 p\rvu qu'on et le portrait d',alex&re4 ,dans t\t autre temps de ma vie cette circon/ance m'(frait un moy5 de faire ma =tune2 mais hlas6 mes s\ffrances physiques1 sans p>l] de s\ffrances morales dont j'tais encore t\rm5te1 ne me p]mir5t pas d'en pr(it]2 le tri/e tat de ma sant s'aggravait t\s les j\rs4 ,me s5tant hors d'tat de comm5c] le portrait en pi$1 je pris le p>ti de faire au pa/el le bu/e de l'emp]eur et celui de l'impratrice2 ils devai5t me s]vir plus t>d faire les portraits en gr&1 soit ,dresde1 soit ,b]l9#ag1 si je me voyais =ce de quitt] ,pt]sb\rg2 bi5tt en effet mes maux dev9r5t intolrables2 le mdec9 que je consultai m'assura que j'avais des ob/ructions1 et m'ordonna d'all] pr5dre les eaux de ,c>lsbad4 ,au mom5t de quitt] ,pt]sb\rg1 o p5dant des annes j'avais vcu si heureuse1 je ne puis exprim] la pe9e que je ress5tais2 on doit p5s] aussi que ce n'tait pas sans une vive d\leur que je me sp>ais de ma fille1 t\t am] qu'il m'tait de la voir s'loign] de moi1 de la voir entirem5t g\v]ne p> une cot]ie la tte de laquelle agissait cette vila9e g\v]nante que j'aime accus] de t\s les torts4 ,peu de j\rs avant mon d"p1 mon g5dre me dit qu'il ne concevait pas comm5t je p\vais quitt] ,pt]sb\rg au mom5t le plus favorable p\r ma =tune4 ,conv5ez1 lui rpondis-je1 qu'il faut que mon coeur soit bi5 malade8 il v\s e/ facile d'en dev9] la cause4 ,d'autres sp>ations me semblai5t bi5 pnibles aussi2 les pr9cesses ,k\rak9 et ,dolgor\ki1 cet excell5t comte ,/rogon(f qui m'avait donn tant de preuves d'atta*em5t1 voil ce que je regrettais bi5 plus que la =tune laquelle je r5onais4 ,je me s\vi5s que ce *] comte1 ds qu'il apprit que j'allais p>tir1 v9t me voir2 son *agr9 tait si gr& qu'il m>*ait en long et en l>ge dans mon ateli] o j'tais pe9dre1 se p>lant lui-mme1 disant3 ,non1 non1 elle ne p>tira pas1 cela e/ impossible4 ,ma fille qui tait prs5te1 crut qu'il dev5ait f\4 ,je ne p\vais rpondre tant de m>ques d'amiti que l'on v\lait bi5 me donn]1 qu'en promettant de rev5ir ,pt]sb\rg1 et telle tait alors ma f]me int5tion4 ,ds que je fus dcide p>tir1 je dem&ai une audi5ce l'impratrice1 qui me l'accorda aussitt1 et je me r5dis *ez elle o je tr\vai l'emp]eur2 je tmoignai ,leurs ,maje/s1 mes regrets les plus vifs et les plus s9cres en leur disant que ma sant m'obligeait all] pr5dre les eaux de ,c>lsbad1 qui m'tai5t ordonnes2 p\r les ob/ructions2 sur quoi l'emp]eur me rpondit avec bont3 ,ne p>tez pas1 v\s iriez trop lo9 *]*] le remde2 je v\s donn]ai le *eval de l'impratrice1 et qu& v\s1 l'aurez mont quelque temps v\s1 s]ez gurie4 ,je rem]ciai c5t fois l'emp]eur de cette (fre1 mais j'av\ai que je ne savais pas mont] *eval4 ,eh bi51 reprit-il1 je v\s donn]ai un cuy] qui v\s2 conduira4 ,il1 m'e/ impossible de dire combi5 j'tais t\*e d'une bi5veillance si gr&e1 et qu& je pris cong de ,leurs ,maje/s1 je ne tr\vais1 po9t de t]mes1 assez1 =ts p\r en exprim] ma reconnaissance4 ,quelques j\rs aprs cette1 conv]sation1 je r5contrai l'impratrice la prom5ade du j>d9 d't2 j'tais avec ma fille et ,m4 de ,rivire2 ,sa ,maje/ v9t moi et me dit3 ,ne p>tez pas1 je v\s en prie1 madame ,lebrun2 re/ez ici1 soignez votre sant2 votre d"p me fait de la pe9e4 ,je l'assurai que mon dsir et ma volont tai5t de rev5ir ,pt]sb\rg p\r avoir le bonheur de la revoir4 ,dieu sait que je disais vrai2 je n'en ai pas mo9s t t\rm5te s\v5t p> la cra9te que le refus de re/] en ,russie n'ait eu l'app>5ce de l'+ratitude1 et que l'emp]eur et l'impratrice ne me l'ai5t pas t\t--fait p>donn4 ,ni ces s\v]a9s1 ni t\tes les p]sonnes qui m'ont m>qu un intrt si flatteur p5dant mon sj\r comme mon d"p1 n'ont jamais su avec quel *agr9 je m'loignais de ,pt]sb\rg4 ,lorsque je passai les frontires de la ,russie1 je fondais en l>mes2 je v\lais ret\rn] sur mes pas1 je me jurais de v5ir retr\v] ceux qui m'avai5t comble si longtemps de m>ques de bi5veillance et d'amiti1 dont le s\v5ir e/ dans mon coeur2 et il faut croire la de/9e1 puisque je n'ai po9t revu le pays que je reg>dais1 que je reg>de encore comme une seconde patrie4 ,,*apitre ,,vi4 ,n>va4--,sa cat>acte4--,b]l94--,la d\ane4--,m4 ,ranspa*4--,la re9e de ,prusse4--,sa famille4--,l'le des ,paons4--,le gnral ,b\rnonville4 ,je p>tais de ,pt]sb\rg tri/e1 malade1 et seule dans ma voiture1 n'ayant pu g>d] ma femme de *ambre1 qui tait ,russe1 m>ie et =t avance dans sa grossesse4 ,j'emm5ais seulem5t un trs vieux homme qui dsirait all] en ,prusse1 qui j'avais donn p> piti la place d'un dome/ique1 ce dont je me suis bi5 rep5tie1 c> cet homme s'enivrait *aque po/e au po9t qu'on tait oblig de le report] sur le sige4 ,m4 de ,rivire1 qui m'accompagnait dans sa cal*e1 ne me fut pas d'un gr& sec\rs1 surt\t qu& n\s emes pass la frontire russe et que n\s tr\vmes les sables2 c> les po/illons1 dont il ne savait pas se faire obir1 l'emportai5t sans cesse p> les *em9s de trav]se t&is que je suivais la gr&e r\te4 ,je fis ma premire /ation ,n>va1 petite ville bi5 =tifie1 mais laide et mal pave4 ,le *em9 qui y conduit e/ ravissant1 bord de maisons *>mantes1 de j>d9s anglais1 et dans le lo9ta9 on ap]oit la m] c\v]te de vaisseaux1 ce qui r5d cette r\te t\t--fait pittoresque4 ,les femmes1 ,n>va1 port5t le co/ume des femmes de l'antiquit4 ,elles sont belles1 c> en gnral le peuple de la ,livonie e/ sup]be2 presque t\tes les ttes de vieill>ds me rappelai5t les ttes de ,*ri/ de ,raphael1 et les jeunes g5s1 dont les *eveux plats tomb5t sur les paules1 sembl5t avoir s]vi de modle ce gr& matre4 ,le l5dema9 de mon arrive1 j'allai voir1 quelque di/ance de la ville1 une magnifique cat>acte4 ,une norme quantit d'eau1 dont on n'ap]oit pas la s\rce1 =me un torr5t si =t et si rapide1 qu'il s'lve dans son c\rs sur des ro*]s normes1 dont il se prcipite avec fracas p\r surmont] d'autres ro*]s2 cette multitude de cascades qui se succd5t1 s'lanc5t et s'engl\tiss5t avec fureur1 produit un bruit p\vantable4 ,comme j'tais occupe retrac] cette belle horreur1 plusieurs habitans de ,n>va1 qui me reg>dai5t dess9]1 me racontr5t un vnem5t affreux dont ils avai5t t tmo9s4 ,les eaux de ces cat>actes1 tant augm5tes p> de gr&es pluies1 avai5t entran1 avec une p>tie des t]ra9s qui les bord5t1 une maison o logeait une famille entire4 ,on ent5dait les cris de dtresse de ces malheureux1 on voyait leur affreux dsespoir sans p\voir leur port] aucun sec\rs1 puisqu'il tait impossible aux bateaux de trav]s] le torr5t4 ,enf9 ce spectacle affreux et d*irant fut suivi bi5tt d'un spectacle plus horrible1 lorsque la maison et la malheureuse famille1 entrans dans le g\ffre1 disp>ur5t aux yeux de ceux qui me p>lai5t de ce dsa/re et qui en tai5t encore mus4 ,j'arrivai ,riga2 cette ville1 comme ,n>va1 n'e/ ni jolie ni bi5 pave1 mais elle e/ trs comm]ante1 a9si qu'on le sait1 et le port e/ trs beau4 ,la plup>t des hommes y sont habills la turque1 la polonaise1 etc41 et t\tes les femmes qui ne sont pas de la classe du peuple mett5t1 p\r sortir1 un voile de gaze noir sur leur tte4 ,je n'eus gure le temps de faire d'autres obs]vations1 c> je me htai d'arriv] ,mittau1 o j'esprais tr\v] encore la famille royale2 mais j'eus le *agr9 de v5ir trop t>d et de ne pas l'y r5contr]1 en sorte que je re/ai =t peu dans cette ville1 o je n'tais alle que p\r voir nos pr9ces4 ,l'tat de notre esprit et de notre sant influe si =t sur les objets qui n\s environn5t1 que je me rappelai plus d'une fois alors avec quelle gaiet j'avais fait1 en allant ,pt]sb\rg1 le *em9 que je v5ais de p>c\rir si tri/em5t4 ,je me s\v5ais surt\t que la vue de la ,c\rl&e m'avait ravie4 ,ces magnifiques =ts de vieux *nes1 d'normes sap9s ou d'aulni]s1 dont les troncs blan*tres se dta*5t si bi5 sur leur feuillage qui ressemble celui du saule pleureur2 ces beaux lacs1 ces *>mantes coll9es1 ces jolis vallons1 mon imag9ation calme et heureuse animait t\t cela p> mille ides riantes ou potiques4 ,dans les bois1 je voyais ,diane suivie de son cortge1 dans les prairies1 des danses de b]g]s et de b]gres1 telles que j'en avais vu ,rome sur les bas-reliefs antiques2 enf9 je *>mais ma r\te4 ,mais au ret\r plus de figures fanta/iques1 plus de danses joyeuses4 ,ma tri/esse et mes s\ffrances avai5t dpeupl ce beau pays1 que je reg>dais pe9e4 ,et p\rtant ce qui me re/ait faire de *em9 jusqu' ,b]l9 tait de beauc\p le plus pnible1 puisqu'il me fallait arriv] ,memel et ,ko5igsb]g4 ,en p>tant de ,pt]sb\rg1 j'avais bi5 pris la po/e1 mais n\s avions r5contr ,riga la gr&e-du*esse de ,bade1 qui allait voir l'impratrice sa fille1 et qui ne laissait plus de *evaux sur notre r\te4 ,je fus oblige d'en pr5dre des voitur9s1 qui1 au lieu de me m5] c\*] aux maisons de po/e1 me desc5dai5t dans des espces de cabanes o l'on ne tr\vait po9t de lits et ri5 mang]1 en sorte que le plus s\v5t je passais la nuit dans ma voiture4 ,quant aux repas1 la s\pe que l'on me donnait tait faite sans vi&e1 avec du mauvais beurre et des c>ottes2 si je faisais tu] un p\let1 il tait si maigre et si dur que ,m4 de ,rivire et moi n\s ne p\vions p>v5ir le c\p]2 encore avions-n\s pe9e le temps de faire ce mauvais dn]1 tant les voitur9s tai5t presss de rep>tir4 ,en r\te1 n\s tions tellem5t dans le sable1 que la voiture allait au petit pas4 ,il faisait une *aleur horrible2 j'tais oblige1 p\r respir]1 de laiss] t\tes mes glaces ouv]tes1 et les deux po/illons fumai5t con/amm5t2 cette vila9e odeur de pipe me t\rnait le coeur au po9t que je prfrais presque t\j\rs all] pi$1 quoique j'eusse du sable jusqu' la *eville4 ,heureusem5t on ne r5contre jamais de voleurs sur ces *em9s4 ,j'ap]cevais bi5 de lo9 quelques l\ps sur les hauteurs1 mais app>emm5t ils avai5t peur de n\s1 c> ils s'enfuyai5t t\j\rs notre appro*e1 de mme que les pauvres c]fs1 effrays p> la cal*e de ,m4 de ,rivire1 que je voyais s\v5t trav]s] la r\te4 ,dans l'tat de maladie o j'tais1 une manire de vivre aussi fatigante devait m'tre fatale2 peu de j\rs suffir5t en effet p\r me jet] dans un accablem5t que t\t mon c\rage et mon vif dsir de ne po9t m'arrt] en r\te p\vait pe9e surmont]4 ,je dev9s si faible et si s\ffrante1 qu'il fallait me tran] dans ma voiture1 o je re/ais comme sans m\vem5t1 prive mme de la facult de p5s]4 ,je n'avais d'autre s5sation que celle d'une d\leur aigu dans le ct droit1 que me causait un rhumatisme et que *aque sec\sse r$\blait4 ,cette d\leur tait si intolrable1 qu'un j\r1 les voitur9s s'tant enfoncs dans un *em9 que l'on rp>ait et qui tait rempli de pi]res1 je p]dis entirem5t connaissance dans ma voiture4 ,une p>tie de mon supplice f9it ,ko5igsb]g2 l je repris la po/e jusqu' ,b]l91 o j'arrivai v]s la f9 de juillet #ahja1 dix heures du soir2 mais1 en dpit du beso9 que j'avais de repos1 il me re/ait pr\v] les t\rm5s de la d\ane4 ,on me fit pass] s\s une gr&e vote trs sombre1 o j'att5dis au mo9s deux gr&es heures2 ensuite les d\ani]s v\lai5t g>d] ma voiture p\r la visit] la nuit1 ce qui m'obligeait me r5dre pi$ jusqu' l'aub]ge1 et il pleuvait v]se4 ,je me dbattais en franais1 ces hommes me ripo/ai5t en allem&2 il y avait de quoi p]dre l'esprit4 ,on ne v\lait seulem5t pas me p]mettre de retir] mon bonnet de nuit et de petites fioles qui cont5ai5t des antispasmodiques1 dont c]tes j'avais gr& beso9 aprs de p>eilles scnes2 c>1 =ce de cri] avec ces b>b>es1 j'tais enr\e au po9t que je ne p\vais plus p>l]4 ,enf9 j'obt9s que l'on me laisst quitt] la d\ane dans ma voiture1 et je me r5dis l'aub]ge de la ,ville de ,p>is avec un d\ani]2 vrai dmon1 qui de plus tait ivre-mort4 ,il dfaisait mes paquets1 mes va*es1 mettant t\t s5s dessus dess\s1 et s'emp>a d'une pice de m\ssel9e des ,indes brode1 qui m'avait t donne p> madame ,dub>ry lorsque je quittai ,p>is4 ,comme je ne v\lais pas que l'on dr\lt ma ,sibylle ni les tudes que j'avais faites de l'emp]eur et de l'impratrice de ,russie1 ma voiture fut ca*ete1 et je pus enf9 me mettre au lit1 mais non sans un tremblem5t affreux qui ne me p]mit pas de dormir un seul in/ant4 ,le l5dema9 mat9 de bonne heure1 j'envoyai *]*] ,m4 ,ranspa*1 mon banqui]1 qui arrangea t\s mes dmls avec la d\ane2 il me fit r5dre ma pice de m\ssel9e1 laquelle je t5ais beauc\p1 sans que j'eusse ri5 pay]1 et les *efs des d\ani]s p\ssr5t la politesse jusqu' v5ir *ez moi me faire des excuses de ce qui s'tait pass4 ,m4 ,ranspa*1 qui me guidait p\r mes affaires pcuniaires1 tait un =t aimable homme dont je n'ai jamais eu qu' me l\]4 ,j'allai dn] *ez lui quelques j\rs aprs1 et je tr\vai l plusieurs de ses compatriotes qui joignai5t beauc\p d'in/ruction le mrite de n'avoir aucune pdant]ie1 et dont la conv]sation m'intressa beauc\p4 ,trois j\rs me suffir5t p\r me remettre de mes fatigues1 et je me s5tais beauc\p mieux1 qu& la re9e de ,prusse1 qui n'tait po9t alors ,b]l91 eut la bont de me faire dire de v5ir la tr\v] ,potsdam4 ,je p>tis2 mais ici ma plume e/ impuissante p\r pe9dre l'impression que j'pr\vai la premire fois que je vis cette pr9cesse4 ,le *>me de son cle/e visage1 qui exprimait la bi5veillance1 la bont1 et dont les traits tai5t si rguli]s et si f9s2 la beaut de sa taille1 de son c\1 de ses bras1 l'bl\issante fra*eur de son te9t1 t\t enf9 surpassait en elle ce qu'on peut imag9] de plus ravissant4 ,elle tait en gr& deuil1 coiffe avec une c\ronne d'pis de jais noir1 ce qui1 lo9 de lui nuire1 r5dait sa blan*eur clatante4 ,enf91 il faut avoir vu la re9e de ,prusse p\r compr5dre comm5t1 son premi] aspect1 je re/ai d'abord comme *>me4 ,elle me fixa le j\r de la premire sance4 ,je ne puis1 dit-elle1 v\s la donn] avant midi2 c> le roi1 qui passe la revue t\s les mat9s dix heures1 e/ bi5 aise que j'y assi/e4 ,elle dsirait que j'eusse un logem5t dans le *teau1 mais1 sa*ant qu'il aurait fallu p\r cela drang] l'une de ses dames1 je rem]ciai1 et j'allai me log] aussitt dans un htel g>ni1 vois9 du palais1 dans lequel j'tais =t mal s\s t\s les rapports4 ,mon sj\r ,potsdam n'en fut pas mo9s une vritable j\issance p\r moi2 c> plus je voyais cette *>mante re9e1 plus j'tais s5sible au bonheur de l'appro*]4 ,elle p>ut dsir] voir les tudes que j'avais faites d'aprs l'emp]eur ,alex&re et l'impratrice lisabe?2 je m'empressai de les lui port]1 a9si que mon tableau de la ,sibylle1 que je fis remettre sur *ssis4 ,je ne saurais dire avec quelle grce elle savait me tmoign] qu'elle en tait satisfaite2 elle tait si aimable et si bonne1 que l'atta*em5t qu'elle inspirait t5ait t\t--fait de la t5dresse4 ,je me plais rappel] tant de m>ques de cette gracieuse bi5veillance dont elle me comblait jusque dans les mo9dres *oses3 p> exemple1 j'avais l'habitude de pr5dre du caf t\s les mat9s1 et dans mon htel g>ni l'on m'en donnait qui tait t\j\rs dte/able2 je ne sais comm5t il se fit que je le dis la re9e1 qui1 le l5dema91 m'en envoya d'excell5t4 ,un autre j\r1 comme je lui faisais complim5t de ses bracelets1 qui tai5t dans le g5re antique1 elle les dta*e aussitt et les met mes bras2 ce don me t\*a plus peut-tre que celui d'une =tune1 et ces bracelets-l ont t\j\rs depuis voyag avec moi4 ,elle eut aussi la bont de me faire donn] une loge au spectacle t\t prs des places qu'elle occupait habituellem5t2 de cette petite di/ance je me plaisais p>-dessus t\t la reg>d]3 son *>mant visage avait seize ans4 ,p5dant une de nos sances la re9e fit v5ir ses enfans1 qu' ma gr&e surprise je tr\vai laids2 en me les montrant1 elle me dit3 ,ils ne sont pas beaux4 ,j'av\e que je n'eus pas assez de front p\r la dm5tir2 je me cont5tai de rpondre qu'ils avai5t beauc\p de physionomie#ah4 ,je p>lais s\v5t la re9e de mon am\r p\r la campagne et p\r les beaux sites2 elle dsira que j'allasse voir son le des ,paons4 ,une de ses voitures m'y conduisit4 ,on arrive ce lieu *>mant p> une paisse =t de sap9s que l'on trav]se1 puis on desc5d un *em9 rapide qui v\s mne un lac sur lequel e/ situe l'le des ,paons et son petit *teau4 ,le temps tait tri/e1 il pleuvait mme1 et ce sj\r ne m'en p>ut pas mo9s lysen4 ,outre les deux tudes au pa/el que me faisait faire ,s4 ,m41 je fis de la mme manire celles de la famille du pr9ce ,f]d9&#ai4 ,une des jeunes pr9cesses1 la pr9cesse ,l\ise1 qui avait p\s le pr9ce ,radzivill1 tait jolie et trs aimable2 j'ai eu p5dant quelque temps avec elle une correspondance qui me *>mait2 c> je la compte au nombre des p]sonnes qu'il e/ impossible d'oubli]4 ,son m>i1 le pr9ce ,radzivill1 tait =t bon musici54 ,je me rappelle qu'un j\r il me causa une surprise qui t5ait uniquem5t la diffr5ce des usages de tel ou tel pays3 p5dant mon sj\r ,b]l91 on me m5a un gr& conc]t public1 et je fus tonne au d]ni] po9t1 en entrant dans la salle1 de voir le pr9ce ,radzivill qui j\ait de la h>pe4 ,jamais *ose semblable ne p\rrait avoir lieu *ez n\s1 qu'un amateur1 surt\t un pr9ce1 se mt j\] devant une autre socit que la si5ne1 et une socit payante3 il faut croire qu'en ,prusse cela semblait t\t naturel4 ,c'e/ ,b]l9 que je fis connaissance avec la b>onne de ,krudn]1 si connue p> son esprit et son exaltation de tte4 ,sa rputation comme auteur tait dj faite2 mais elle n'avait pas encore acquis le c>actre d'aptre religieux qui l'a r5due si clbre dans le ,nord2 elle et son m>i ont t trs obligeans p\r moi4 ,j'en puis dire autant de madame de ,s\za1 ambassadrice de ,portugal1 dont je fis alors le portrait4 ,il m'arrivait d'ailleurs1 comme t\s ceux qui c\r5t le monde1 de retr\v] plusieurs g5s de connaissance3 je revoyais entre autres avec gr& plaisir le comte et la comtesse ,gol[k91 que j'avais connus ,pt]sb\rg4 ,je vis arriv] ,b]l9 la *>mante actrice1 madame ,*evali]2 elle tait =t ri*e2 aussi ai-je su depuis qu'aprs avoir divorc1 elle avait p\s un jeune homme atta* la lgation franaise4 mon arrive ,b]l91 j'avais t faire une visite l'ambassadeur de ,france1 le gnral ,b\rnonville1 c> j'abordais enf9 l'ide de ret\rn] ,p>is4 ,mes amis1 mon frre surt\t1 m'en sollicitai5t vivem5t4 ,il leur avait t facile de me faire ray] de la li/e des migrs1 et j'tais rtablie dans ma qualit de ,franaise1 qu'en dpit de t\t je n'avais pas p]due dans mon coeur4 ,le gnral ,b\rnonville tait un brave et bon militaire que l'on e/imait beauc\p ,b]l94 ,il me reut m]veille1 et m'engagea de la manire la plus flatteuse ret\rn] dans ma patrie1 m'assurant que l'ordre et la paix y tai5t compltem5t rtablis4 ,quoique le gnral ,b\rnonville ft le premi] ambassadeur de la rpublique que j'allais tr\v]1 j'en avais dj vu d'autres4 ,v]s la f9 de mon sj\r ,pt]sb\rg1 le gnral ,duroc et ,m4 de ,*teaugiron tai5t arrivs la c\r d',alex&re1 envoys p> ,bonap>te1 et je me rappelle que1 me tr\vant cette poque *ez l'impratrice ,elisabe?1 je l'ent5dis dire l'emp]eur3 ,qu& donc recevrons-n\s les citoy5s8 ,m4 de ,*teaugiron v9t me faire une visite4 ,je le reu de mon mieux2 mais je ne saurais dire l'effet que me fit cette coc>de tricolore4 ,quelques j\rs aprs ils dnr5t t\s deux *ez la pr9cesse ,galitz9 ,beauris4 ,je me tr\vai place table prs du gnral ,duroc1 qu'on m'avait dit tre l'intime de ,bonap>te2 il ne me dit pas un seul mot1 et j'en fis de mme avec lui4 ,le dn] dont je p>le donna lieu une *ose assez plaisante4 ,le cuis9i] de la pr9cesse1 dans l'ignorance totale o il tait de la rvolution franaise1 prit naturellem5t ces messieurs p\r les ambassadeurs du roi de ,france4 ,v\lant leur faire honneur1 aprs avoir long-temps rv1 il se s\v9t que les fleurs-de-lis tai5t les armes de ,france1 et il se hta de mettre les truffes1 les filets1 les pts en fleurs-de-lis4 ,cette surprise con/]na si =t les convives1 que la pr9cesse1 dans la cra9te sans d\te qu'on ne l'accust d'une aussi mauvaise plaisant]ie1 fit mont] le *ef de cuis9e et l'int]rogea sur cette pluie de fleurs-de-lis4 ,le brave homme rpondit d'un air satisfait3 ,j'ai v\lu faire voir ,son ,excell5ce que je sais ce qu'il convi5t de faire dans les gr&es occasions4 ,une femme de mes amies1 =t spirituelle1 me dit alors t\t bas3 ,plt ,dieu que les cuis9i]s et les m>mitons n'en euss5t jamais su davantage6 ,peu de j\rs avant mon d"p de ,b]l91 le directeur-gnral de l',acadmie de pe9ture v9t avec une grce inf9ie m'apport] lui-mme le diplme de ma rception cette ,acadmie4 ,tant de m>ques de bi5veillance dont on me comblait la c\r de ,prusse m'aurait bi5 c]ta9em5t ret5ue plus long-temps1 si mon plan n'avait pas t alors t\t--fait arrt4 ,dcide p>tir1 je pris cong de cette *>mante re9e si jeune6 si belle6 si aimable6 ,j'ignorais1 hlas6 que bi5 peu d'annes aprs j'aurais la d\leur d'appr5dre sa mort4 ,j'ignorais quel infame calomnie se jo9drait aux rev]s de la gu]re p\r la conduire au tombeau la fleur de son ge6 ,jamais je n'ai pu lire alors les bullet9s de l'arme de ,bonap>te1 sans ress5tir une indignation qu'il m'e/ impossible d'exprim]4 ,je me s\vi5s qu' cette poque1 me tr\vant l',opra de ,p>is1 dans la loge de la comtesse ,potocka1 il y v9t un ,polonais qui arrivait de l'arme franaise4 7,c]tes un ,polonais n'tait pas suspect qu& il df5dait une puissance du ,nord74 ,je lui p>lai des indignes m5songes qu'on se p]mettait sur la liaison de la re9e de ,prusse avec l'emp]eur ,alex&re4 ,ce jeune homme rpondit3 ,ri5 n'e/ plus faux1 on crit t\t cela p\r gay] les bullet9s4 ,et cep5dant l'aimable crature que l'on pr5ait p\r victime lisait ces horreurs1 et le *agr9 qu'elle en ress5tait1 jo9t tant d'autres *agr9s1 htait peut-tre sa mort6 ,,*apitre ,,vii4 ,je quitte ,b]l94--,dresde4--,lettre mon frre4--,franc=t4--,la famille ,div(f4--,je r5tre en ,france4 ,je p5sai p]dre1 en quittant ,b]l91 t\t ce que je possdais1 et voici comm5t4 ,j'avais comm& mes *evaux p\r c9q heures du mat94 ,mon dome/ique vraisemblablem5t tait all faire ses adieux quelques g5s de sa connaissance1 il n'arrivait pas1 et l'on sait qu'en ,prusse les *evaux n'att5d5t jamais4 ,je m'tais leve encore t\te eng\rdie p> le sommeil1 et le g>on de l'aub]ge1 ne voyant po9t mon dome/ique1 s'tait emp> de mon ncessaire p\r le desc5dre a9si que t\s mes autres effets4 ,ce ncessaire1 qui r5f]mait mes diamans1 mon or1 t\te ma =tune enf91 tait t\j\rs plac s\s mes pi$s qu& je voyageais4 ,p> le plus gr& des bonheurs1 ds que je fus dans la voiture1 je m'ap]u1 quoique moiti endormie1 que mes pi$s n'tai5t pas s\t5us comme d'ord9aire4 ,les *evaux p>tai5t2 je criai que l'on arrtt1 et je dem&ai mon ncessaire au g>on1 ayant gr& so9 de p>l] assez haut p\r rveill] la matresse de la maison4 ,ceci me russit1 c>1 aprs quelques rponses vasives de cet homme1 le ncessaire fut rapport4 ,on v5ait de le tr\v] dans une curie au fond de la c\r1 t\t rec\v]t de fo94 ,cet accid5t avait donn le temps mon dome/ique d'arriv]1 et je p>tis1 =t heureuse1 comme on p5se bi51 d'avoir rec\vr mon ncessaire4 ,je rapporte cette av5ture1 p>ce qu'elle peut s]vir de leon aux voyageurs4 ,en quittant ,b]l91 j'allais ,dresde o je devais m'arrt] p\r faire plusieurs copies du portrait de l'emp]eur ,alex&re1 que j'avais promises4 ,je comptais ensuite p\rsuivre ma r\te v]s la ,france sans sj\rn] long-temps nulle "p4 ,ce n'tait p\rtant qu'avec une sorte de t]reur que je p5sais revoir ,p>is4 ,la lettre suivante1 que j'crivais de ,dresde mon frre1 peut donn] une ide de ce qui se passait en moi3 ,dresde1 ce #ah septembre #ahja4 ,il y a des sicles1 mon bon ami1 que je veux t'crire2 mais j'ai t\j\rs t en camp volant1 dmnageant sans cesse1 sans tr\v] un bon co9 o je puisse m'tablir p\r pe9dre4 ,enf9 me voil peu prs bi51 et je comm5ce dema9 les copies du portrait de l'emp]eur ,alex&re4 ,j'ai reu de toi une petite lettre p> le bon pre ,rivire2 l'impati5ce que tu z de me revoir ne surpasse c]ta9em5t pas la mi5ne2 mais1 mon bon ami1 je ne puis te ca*] ce qui se passe dans ma pauvre tte et dans mon coeur l'ide de mon ret\r ,p>is4 ,en me rappro*ant de la ,france1 le s\v5ir des horreurs qui s'y sont passes se retrace moi si vivem5t que je cra9s de revoir les lieux qui ont t tmo9s de ces scnes affreuses4 ,mon imag9ation replac]a t\t4 ,je v\drais tre aveugle ou avoir bu du fleuve d'oubli p\r vivre sur cette t]re ensanglante6 ,il me semble enf9 que je m>*e v]s un tombeau1 et je ne suis pas matresse de mes ides noires ce sujet4 ,d'un autre ct1 qu& je songe que j'aurai la j\issance de t'embrass]1 de revoir les amis qui me re/5t1 d'admir] encore tant de *efs-d'oeuvre des arts et d'objets intressans1 je me s5s agite dans un s5s contraire et je n'hsite plus1 je me dis que j'irai4 ,oui1 mon ami1 j'irai p\r v\s retr\v] t\s2 mais1 hlas6 je ne retr\v]ai pas notre pauvre mre6 ,cette pe9e e/ la plus s5sible4 ,tu me conduiras sur sa tombe444 ,mon ,dieu6 que d'ides tri/es6 ,depuis que j'ai quitt la ,russie1 on me dem&e ,vi5ne1 ,brunswick1 ,muni* et ,londres1 sans p>l] de ,pt]sb\rg o l'on me rappelle avec in/ance1 et que j'avais tant espr revoir6 ,p>t\t j'ai reu l'accueil le plus d\x et le plus flatteur2 p>t\t j'ai retr\v une patrie1 avec la diffr5ce t\tefois que la calomnie ne m'y d*irait pas comme en ,france4 ,tu sais ce que cette vipre m'a fait s\ffrir8 ,t\s mes p]scuteurs sont encore l2 si j'allais retomb] s\s leurs griffes env5imes6444 ,je te m&]ai au ju/e le j\r de mon d"p et mon it9raire2 mais sitt cette lettre reue1 rponds po/e p\r po/e t\tes mes t]reurs4 ,dis-moi surt\t si j'aurai la facilit d'all] et de v5ir2 c> aprs avoir pass l'hiv] avec v\s1 il me faudra encore faire un petit voyage4 ,je ne cra9s pas les c\rses1 elles me font du bi54 ,le sj\r des villes me tue et les gr&s *em9s me guriss5t3 la r\te et quelques ba9s ont suffi p\r rtablir t\t--fait ma sant4 ,j'ai lu avec le plus gr& plaisir tes d]ni]s ouvrages2 tes conv5tions sont *>mantes1 et je t'assure que tu es apprci ,pt]sb\rg et p>t\t comme ,p>is2 j'en j\issais vritablem5t4 ,je retr\ve ici la belle et aimable pr9cesse ,dolgor\ki4 ,m4 ,dimid(f y e/ aussi1 et il s'ennuie beauc\p4 ,il me disait ces j\rs-ci3 ,quelle tri/e ville que ,dresde6 j'ai beau faire1 je ne puis tr\v] le moy5 d'y dp5s] mille cus p> j\r4 ,c'e/ le bon ,m4 ,laya qui te porte cette lettre4 ,je l'ai connu ici1 et il m'a plu t\t de suite4 ,c'e/ un homme de lettres di/+u1 le meilleur enfant du monde4 ,le sa*ant ton ami1 j'tais dj prv5ue en sa faveur2 mais il n'a fait que gagn] plus ample connaissance4 ,voil un homme aussi e/imable p\r sa faon de p5s] que p> son c\rage4 ,je n'en dirai pas autant de notre ,p9d>e4 ,sa conduite avec le roi et la re9e dont il avait reu tant de bi5faits e/ atroce4 ,je ne le rev]rai jamais#bj4 ,je dsire beauc\p au contraire connatre p>ticulirem5t ce ,m4 ,leg\v dont tu me p>les4 ,ses ouvrages me le font aim]1 et tu me le prs5t]as t\t de suite mon arrive4 ,adieu4 ,je t'embrasse1 a9si que ,suzette1 de t\t mon coeur1 sans oubli] la petite#ba1 que je v\drais avoir moi4 ,ne m'oublie pas auprs de la bonne madame de ,v]dun4 ,comme je s]ai aise de la revoir1 a9si que le bon ,rob]t1 ,mnageot1 la famille ,brongni>t1 etc4 ,voil mes sujets de consolation1 ils me sont bi5 ncessaires4 ,adieu4 ,une fois ma rsolution prise de ret\rn] en ,france avant l'hiv]1 je pressai mon travail1 en sorte que je pus all] pass] quelques j\rs dans la famille ,rivire1 qui habitait ,brunswick4 ,je vis *ez eux le duc de ,brunswick1 qui v\lait me connatre2 je lui fus prs5te1 et il me tmoigna le dsir que je fisse son portrait4 ,comme le temps ne me le p]mettait plus1 je le refusai avec regret1 att5du que ce pr9ce avait une =t belle tte4 ,aprs avoir sj\rn c9q ou six j\rs *ez les p>5s de ,m4 de ,rivire1 je rep>tis seule1 mon compagnon de voyage re/ant1 dans sa famille4 ,je passai ,weim>1 mais je n'y re/ai qu'une nuit1 et la j\rne qui la prcda fut une j\rne de tribulations4 ,j'tais p>tie comptant arriv] ,weim> v]s les midi1 en sorte que je n'avais pris aucunes prcautions p\r mon dn]4 ,le malheur v\lut que l'on me donnt un po/illon qui ne connaissait pas le *em91 et qui1 au lieu de pr5dre la bonne r\te1 n\s g>a dans des t]res grasses o n\s passmes la j\rne entire4 ,la nuit v5ue1 j'tais t\t--fait m\rante de fatigue et de faim4 ,les *evaux1 re9ts1 ne v\lai5t plus tran] la voiture1 qui tait =t l\rde1 et1 p\r comble d'emb>ras1 mon dome/ique avait au doigt un pan>is qui le mettait hors d'tat de n\s aid]4 ,je me s\vi5s que1 p\r tromp] mon impati5ce1 et surt\t mon apptit1 je pris de cette t]re maudite avec laquelle j'essayai de model] une tte1 et1 sans y voir1 je p>v9s faire quelque *ose qui ressemblait assez un visage4 ,n\s ne sortmes que =t t>d de cette tri/e position2 c> je n'arrivai ,weim> qu' m9uit1 si faible1 et si t\rdie p> cette longue c\rse1 que t\t le long de la r\te1 la nuit tant trs noire1 j'avais donn au page des b>rires deux ducats au lieu de deux gruts#bb4 ,je ne m'ap]u de mon erreur qu' la porte de l'aub]ge1 en payant la d]nire po/e1 et je r5voyai *]*] mes deux d]ni]s ducats1 qui me fur5t r5dus4 ,j'tais en r\te depuis onze heures du mat9 sans avoir ri5 pris1 encore me fallut-il att5dre long-temps la porte de l'aub]ge que l'on vnt m'ouvrir1 c> on se c\*e de bonne heure ,weim>1 et p]sonne n'tait sur pi$4 ,lorsque enf9 je me retr\vai dans une *ambre1 et que je me reg>dai dans la glace1 je me fis peur1 tant l'ennui1 la fatigue et la faim m'avai5t mise dans un tat pitoyable4 ,on m'avait donn1 la c\r de ,prusse1 des lettres p\r la c\r de ,weim>2 mais j'tais si fatigue1 si s\ffrante1 et si mal dans cette aub]ge1 que je p>tis le l5dema9 de bonne heure4 ,go?a1 o j'allai ensuite1 je tr\vai le b>on de ,grimm1 que j'avais beauc\p connu ,p>is2 il fut p\r moi d'une gr&e obligeance1 en s'occupant de mes intrts d'arg5t sur le *ange du pays1 et de t\t ce qui m'tait ncessaire p\r mon voyage1 et je ne m'arrtai plus qu' ,franc=t4 ,je desc5dis dans cette ville un trs bel htel g>ni1 qui portait le nom d'htel de ,france ou de ,p>is1 je ne sais plus lequel des deux4 ,j'avais laiss ,b]l9 mon vieux ivrogne1 qui m'avait tant t\rm5te1 et qu& je sortis de voiture1 un jeune ,allem&1 trs bi5 mis1 qui se tr\vait s\s la porte de l'htel1 m'(frit de me mont] mon ncessaire4 ,il le porta sur la table de la premire *ambre que je devais occup]1 puis1 comme naturellem5t je l'avais suivi1 il v\lut me bais] la ma91 ce que je refusai le plus polim5t du monde1 t\t en le rem]ciant de sa politesse4 ,il ret\rna aussitt s\s la porte co*re1 et je f]mai la mi5ne en entrant dans ma *ambre2 c>1 je ne sais p\rquoi1 la figure de ce jeune homme me dplaisait et m'inspirait de la mfiance4 ,quelques mom5s aprs1 j'ent5dis une voiture s'arrt] devant l'htel4 ,je me mets la f5tre qui donnait sur la rue1 et je vois desc5dre la bonne madame ,div(f1 son m>i et son fils1 que j'avais beauc\p connus ,pt]sb\rg4 ,je fus d\blem5t satisfaite de cette r5contre1 ayant un peu peur malgr moi de mon inconnu4 ,je c\rus embrass] cette excell5te famille1 et voil le jeune ,allem& qui arrive leur voiture p\r aid] les dome/iques port] les paquets dans leurs *ambres4 ,tant d'empressem5t me p>ut bi5 suspect2 mais madame ,div(f1 reconnaissante de cette obligeance1 invita le jeune homme s\p] avec n\s4 table1 il n\s raconta ses malheurs1 au sujet d'un m>iage d'am\r qu'il avait manqu4 ,c'tait un vrai roman1 et j'tais si =tem5t p]suade qu'il l'inv5tait1 qu'il ne me t\*a pas le mo9s du monde1 quoique la bonne madame ,div(f en et les l>mes aux yeux4 ,le l5dema9 encore1 elle invita le conteur djeun]1 ce que je n'appr\vai pas du t\t4 ,n\s fmes obligs de re/] six j\rs ,franc=t1 p5dant lesquels je m'ennuyai beauc\p#bc2 mais le bruit cotait que ,bonap>te avait t assass91 ce qui aurait *ang t\s nos plans4 ,enf9 lorsque n\s fmes prts p>tir et que l'on fit les paquets1 il manquait plusieurs c\v]ts d'arg5t madame ,div(f4 ,je ne d\tai pas une m9ute qu'ils n'euss5t t pris p> le jeune ,allem&1 et t\t aussitt aprs mon arrive ,p>is1 en effet1 je lus dans la gazette que ce jeune homme v5ait d'tre arrt p\r vol4 ,je n'essai]ai po9t de pe9dre ce qui se passa en moi lorsque je t\*ai cette t]re de ,france que j'avais quitte depuis d\ze ans2 la d\leur1 l'effroi1 la joie qui m'agitai5t t\r t\r 7c> il y avait de t\t cela dans les mille s5sations qui me b\lev]sai5t l'ame74 ,je pleurais les amis que j'avais p]dus sur l'*afaud2 mais j'allais revoir ceux qui me re/ai5t encore4 ,cette ,france dans laquelle je r5trais avait t le ?tre de crimes atroces2 mais cette ,france tait ma patrie6 ,,*apitre ,,viii4 ,j'arrive ,p>is4--,conc]t de la rue de ,clry4--,bal *ez madame ,regnault de ,sa9t-,jean-d',angely4--,madame ,bonap>te4--,vi54--,gr>d4--,madame ,rcami]4--,madame ,talli54--,ducis4--,mes soires4--,je p>s p\r ,londres4 mon arrive ,p>is dans notre maison de la rue du ,gros-,*5et1 ,m4 ,lebrun1 mon frre1 ma belle-soeur et sa fille1 v9r5t me recevoir ma desc5te de voiture1 pleurant t\s de joie de me revoir1 et j'tais moi-mme bi5 att5drie4 ,je tr\vai l'escali] rempli de fleurs1 et mon app>tem5t p>faitem5t arrang4 ,la t5ture et les rideaux de ma *ambre c\*] tai5t en casimir v]t1 les rideaux bords d'une brod]ie en soie flote c\leur d'or2 ,m4 ,lebrun avait fait surmont] le lit d'une c\ronne d'toiles d'or2 t\s les meubles tai5t commodes et de bon gt1 enf9 je me tr\vais =t bi5 in/alle4 ,quoique ,m4 ,lebrun m'ait c]tes fait pay] t\t cela bi5 *]1 je n'en fus pas mo9s s5sible aux so9s qu'il avait pris p\r me r5dre mon habitation agrable4 ,la maison de la rue du ,gros-,*5et tait sp>e p> un j>d9 d'une maison qui donnait sur la rue de ,clry1 et qui app>t5ait aussi ,m4 ,lebrun4 ,il y avait dans cette d]nire une salle imm5se#bd1 o se donnai5t de trs beaux conc]ts4 ,on m'y conduisit le soir mme de mon arrive1 et ds que je fus entre1 t\t le monde se t\rna v]s moi1 les spectateurs en battant des ma9s1 et les musici5s en frappant de leur ar*et sur leur violon4 ,je fus tellem5t s5sible un accueil si flatteur1 que je fondis en l>mes4 ,je me s\vi5s que madame ,talli5 tait ce conc]t1 clatante de beaut4 ,la premire visite que je reu le l5dema9 mon lev]1 fut celle de ,greuze1 que je ne tr\vai pas *ang4 ,on et dit qu'il ne s'tait po9t dcoiff3 ses b\cles de *eveux flottai5t encore de *aque ct de sa tte comme mon d"p4 ,je fus t\*e de son empressem5t1 et bi5 cont5te de le revoir4 ,aprs ,greuze arriva ma bonne amie1 madame de ,bonneuil1 aussi jolie que p> le pass2 c> la cons]vation de cette *>mante femme a t5u du prodige4 ,elle me dit que sa fille1 madame ,regnault de ,sa9t-,jean-d',angely1 donnait un bal le l5dema91 et qu'il fallait absolum5t que j'y v9sse4 ,mais1 lui dis-je1 je n'ai po9t de robe p>e4 ,alors je lui montrai cette fameuse pice de m\ssel9e des ,indes brode1 qui avait fait tant de *em9 avec moi1 et qui1 comme on sait1 avait c\ru de si gr&s risques depuis que madame ,dub>ry me l'avait donne4 ,madame de ,bonneuil la tr\va =t belle1 et l'envoya madame ,g]ma91 la clbre c\turire1 qui me fit t\t de suite une robe la mode1 qu'elle m'apporta le soir mme4 ,j'allai donc au bal de madame ,regnault1 et je tr\vai l les plus belles femmes de l'poque1 en tte desquelles il faut plac] madame ,regnault elle-mme1 puis madame ,visconti1 si rem>quable p> la beaut de sa taille et de son visage4 ,t&is que je me plaisais fix] mes reg>ds sur t\tes ces *>mantes p]sonnes1 une femme qui tait assise devant moi se ret\rna2 elle tait si admirable1 que je ne pus m'emp*] de lui dire3 ,ah6 ,madame1 comme v\s tes belle6 ,cette femme tait madame ,j\b]to1 alors sans =tune1 et qui depuis a p\s ,luci5 ,bonap>te4 ,je vis aussi ce bal beauc\p des gnraux franais2 on me montra ,macdonald1 ,m>mont et plusieurs autres2 enf9 c'tait un monde t\t n\veau p\r moi4 ,peu de j\rs aprs mon arrive1 madame ,bonap>te v9t me voir un mat92 elle me rappela les bals o n\s n\s tions tr\ves ensemble avant la rvolution1 ce que j'avais t\t--fait oubli2 mais j'en fus d'autant plus s5sible son s\v5ir4 ,elle fut trs aimable1 et m'invita all] djeun] *ez le premi] consul4 ,t\tefois1 comme je n'y mis pas un gr& empressem5t1 le j\r de ce djeun] ne fut jamais fix4 ,je ne t>dai pas recevoir la visite de mon ami ,rob]t1 des ,brongni>t1 et celle de ,mnageot1 qui avait t directeur de ,rome4 ,ce d]ni] me p>la1 la premire fois qu'il v9t me voir2 de la rvolte des jeunes g5s qui lui avait fait quitt] ,rome2 il me conta aussi qu' son ret\r il avait vu ,bonap>te ,lodi aprs la gr&e victoire que v5ait d'y remport] ce gnral4 ,bonap>te1 en lui montrant le *amp de bataille encore t\t c\v]t de morts1 lui dit avec un gr& sang-froid3 ,ce s]ait un beau tableau faire4 ,mnageot avait t indign de ce mot4 ,c'tait1 aj\ta-t-il1 un spectacle affreux1 d*irant2 il y avait plusieurs *i5s qui pleurai5t auprs du cadavre de leur matre3 ces pauvres *i5s me p>ur5t bi5 plus huma9s que ,bonap>te6 ,j'tais bi5 vivem5t t\*e de la joie que me tmoignai5t les amis et les connaissances qui *aque j\r acc\rai5t *ez moi4 la vrit1 le plaisir que j'pr\vais les revoir t\s tait cruellem5t tr\bl p> le *agr9 d'appr5dre beauc\p de morts que j'ignorais2 c> il ne me v5ait pas une p]sonne qui n'et p]du ou sa mre1 ou son m>i1 ou p\r le mo9s quelque p>5t4 ,il me fallut subir une autre pe9e plus s5sible que les autres3 la bi5sance m'obligeait faire une visite mon vila9 beau-pre2 il habitait ,neuilly une petite maison qui avait t a*ete p> mon pre1 et o j'tais alle bi5 s\v5t dans ma premire jeunesse4 ,t\t dans ce lieu me rappela ma pauvre mre1 le temps heureux que j'avais pass prs d'elle2 j'y retr\vai son pani] ouvrage tel encore qu'elle l'avait laiss2 enf9 cette visite fut p\r moi cruellem5t tri/e1 d'autant plus que je n'tais dj que trop dispose aux l>mes4 ,en allant ,neuilly je v5ais p\r la premire fois de pass] sur la place ,l\is ,,xv1 o je croyais voir encore le sang de tant de nobles victimes6 mon frre1 qui tait avec moi1 se repro*a beauc\p de n'avoir pas fait pr5dre un autre *em91 c> ce que je s\ffris alors ne saurait se dcrire2 mme encore auj\rd'hui il m'e/ impossible de pass] sur cette place sans me rappel] les horreurs dont elle a t le ?tre1 et je ne puis me r5dre matresse de mon imag9ation4 ,on peut bi5 p5s] avec quel empressem5t je me r5dis au muse du ,l\vre1 qui possdait alors tant de *efs-d'oeuvre2 la premire fois j'y allai seule1 p\r j\ir de cette vue sans di/raction3 je p>c\rus d'abord la gal]ie de tableaux1 ensuite celle des /atues2 et lorsque1 enf91 aprs tre re/e plusieurs heures sur mes jambes1 je p5se ret\rn] *ez moi p\r dn] quatre heures et demie1 les g>di5s1 ignorant que je n'tais po9t sortie1 avai5t f]m t\tes les portes2 je c\rs droite1 gau*e2 je crie2 il m'e/ impossible de me faire ent5dre et de me faire ouvrir2 je m\rais de faim et de froid1 c> n\s tions au mois de fvri]2 je ne p\vais frapp] aux f5tres1 elles tai5t beauc\p trop leves3 a9si je me tr\vais en prison au milieu de ces belles /atues que je n'tais plus du t\t en disposition d'admir]2 elles me p>aissai5t des fantmes2 et l'ide qu'il me faudrait pass] la j\rne et la nuit avec elles1 la frayeur et le dsespoir s'emp>ai5t de moi2 enf91 aprs avoir fait mille dt\rs1 j'ap]u une petite porte contre laquelle je frappai si =t que l'on v9t m'ouvrir2 je sortis prcipitamm5t1 ravie de repr5dre ma lib]t et de p\voir all] dn]1 c> j'avais gr& beso9 de mang]4 ,peu de j\rs aprs mon arrive1 je reu de la ,comdie ,franaise la lettre suivante3 ,madame1 ,la ,comdie ,franaise me fait l'honneur de me *>g] de v\s adress] la copie d'un arrt qu'elle vi5t de pr5dre p\r rtablir votre nom sur la li/e des entres son ?tre2 elle v\s prie d'agrer cet hommage comme une m>que de son admiration p\r vos r>es tal5s1 et de la haute e/ime que v\s lui inspirez tant de titres4 ,j'ai l'honneur1 etc4 ,,maigne91 ,secrtaire4 ,la ,comdie ,franaise ne se borna pas me donn] cette m>que flatteuse de son s\v5ir3 ,mol et ,fleury allr5t tr\v] mon frre p\r lui dire que les premi]s acteurs dsirai5t v5ir j\] une comdie *ez moi1 et ,ve/ris le pre le prv9t aussi que l',opra dans]ait un ballet aprs la pice4 ,t\t cela1 selon leur plan1 devait avoir lieu dans ma gal]ie4 ,quoique s5sible autant qu'on peut l'imag9] ces tmoignages de bi5veillance p\r moi1 ne dsirant pas tre place en vid5ce1 je refusai des hommages si flatteurs2 t\tefois1 j'en ai cons]v un s\v5ir d'autant plus reconnaissant qu'il semblait que ,p>is v\lt me consol]1 mon ret\r1 de tant d'odieuses calomnies qui avai5t prcd mon d"p4 ,la premire fois que j'allai au spectacle1 l'aspect de la salle me p>ut extrmem5t tri/e2 habitue comme je l'tais voir autrefois en ,france1 et depuis dans l'trang]1 t\t le monde p\dr1 ces ttes noires et ces hommes vtus d'habits noirs =mai5t un sombre c\p d'oeil4 ,on aurait cru que le public tait rassembl p\r suivre un convoi4 ,en gnral l'aspect de ,p>is me p>aissait mo9s gai2 les rues me semblai5t si troites que j'tais t5te de croire qu'on y avait bti d\ble rang de maisons4 ,ceci t5ait sans d\te au s\v5ir rc5t des rues de ,pt]sb\rg et de ,b]l91 qui sont p\r la plup>t extrmem5t spacieuses4 ,mais ce qui me dplaisait bi5 davantage1 c'tait de voir encore crit sur les murs3 lib]t1 frat]nit ou la mort4 ,ces mots consacrs p> la t]reur faisai5t natre de bi5 tri/es ides sur le pass et ne v\s laissai5t pas sans cra9te sur l'av5ir4 ,on me m5a voir une gr&e p>ade du premi] consul sur la place du ,l\vre4 ,j'tais place une f5tre du ,muse1 et je me s\vi5s que je ne v\lais pas reconnatre p\r ,bonap>te le petit homme si m9ce que l'on me montrait2 le duc de ,crillon1 qui tait ct de moi1 avait t\te la pe9e du monde me le p]suad]4 ,il m'arrivait ici comme p\r l'impratrice ,ca!r9e1 de m'tre pe9t en imag9ation cet homme si clbre s\s la figure d'un homme colossal4 ,peu de j\rs aprs mon arrive1 les frres de ,bonap>te v9r5t voir mes ouvrages2 ils fur5t trs aimables p\r moi et me dir5t les *oses les plus flatteuses2 ,luci5 surt\t reg>da avec une att5tion t\te p>ticulire ma ,sibylle dont il fit mille loges4 ,mes premires visites fur5t p\r mes bonnes et anci5nes amies1 la m>quise de ,grosli] et madame de ,v]dun1 que j'tais si heureuse de retr\v]2 p\r la comtesse d',&elau1 trs aimable femme1 qui avait inf9im5t de grce dans l'esprit3 je vis en mme temps *ez elle ses deux filles1 madame de ,rosambo#be et madame d',orgl&e1 qui tai5t dignes de leur mre p> leur esprit et p> leur beaut4 ,j'allai voir aussi la comtesse de ,sgur4 ,je la tr\vai seule et =t tri/e2 son m>i n'avait pas encore de place1 et t\s deux vivai5t trs gns4 ,plus t>d1 mon ret\r de ,londres1 lorsque ,bonap>te fut emp]eur1 il nomma le comte de ,sgur matre des crmonies#bf1 ce qui leur donna beauc\p d'aisance4 ,je me rappelle qu' cette poque1 ayant t la voir un soir v]s les huit heures1 et la tr\vant t\te seule1 elle me dit3 ,v\s ne croiriez pas que j'ai eu v+t p]sonnes dn]8 ils sont t\s p>tis aprs le caf4 ,j'en fus en effet assez surprise2 c> avant la rvolution1 la plup>t des g5s que l'on avait dn] re/ai5t avec v\s jusqu'au soir1 ce que je tr\vais beauc\p plus sociable que la m?ode actuelle4 ,dans le mme temps1 madame de ,sgur m'invita une gr&e soire de musique1 o elle avait rassembl t\tes les puissances du j\r4 ,j'eus lieu d'y rem>qu] une autre innovation qui ne me sembla pas plus heureuse4 ,je fus tonne1 en entrant1 de voir t\s les hommes d'un ct et t\tes les femmes de l'autre2 on et dit des ennemis en prs5ce4 ,pas un homme ne v5ait de notre ct1 l'exception du matre de la maison1 le comte de ,sgur1 que son anci5ne c\tume de galant]ie engageait v5ir adress] aux dames quelques mots flatteurs4 ,on annona madame de ,canisy1 trs belle femme1 faite comme un modle4 ,n\s p]dmes alors notre unique *evali]2 le comte alla se pro/]n] devant cette beaut1 qui1 dans ce mom5t1 me dit-on1 l'emp]eur r5dait des so9s1 et ne la quitta plus de la soire4 ,je me tr\vais assise ct de madame de ,bassano que l'on m'avait =t vante1 et que je dsirais voir4 ,elle p>ut faire beauc\p d'att5tion au *iffre en diamans qui m'avait t donn p> la re9e de ,naples lorsque j'avais pris cong de cette pr9cesse1 lequel tait en effet trs beau4 ,du re/e1 me considrant l sans d\te comme une intruse1 puisque je n'tais ni femme de m9i/re1 ni de la c\r1 elle ne me dit pas une p>ole1 ce qui ne m'emp*a po9t de la reg>d] s\v5t et de la tr\v] =t jolie4 ,le premi] arti/e auquel je fis visite fut ,m4 ,vi51 qui avait t anci5nem5t nomm premi] pe9tre du roi1 et que ,bonap>te v5ait de faire snateur4 ,je fus inf9im5t flatte de l'aimable accueil qu'il v\lut bi5 me faire1 et de l'extrme bont qu'il me tmoigna4 ,il avait alors quatre v+t-deux ans1 et p\rtant il me montra deux esquisses composes dans le g5re des bac*anales antiques1 qu'il v5ait de pe9dre4 ,elles tai5t *>mantes4 ,j'en fus surprise et *>me au po9t qu'il y a tr5te-c9q ans que je les ai vues1 et que je me les rappelle p>faitem5t4 ,on peut reg>d] ,m4 ,vi5 comme le *ef d'une re/auration de l'cole franaise4 ,c'e/ lui qui1 le premi]1 r5dit du /yle et de l'exactitude aux co/umes grecs et roma9s4 ,david et ses lves1 ,gr>d1 ,gros1 ,girodet1 s\s ce rapport1 sont c]ta9em5t r5omms avec raison4 ,mais il e/ ju/e de dire que ,m4 ,vi5 avait donn l'exemple de ce p]fectionnem5t dans ses sujets hi/oriques4 ,aprs cette visite1 j'allai *ez ,m4 ,gr>d1 dj si clbre p> ses tableaux de ,blisaire et de ,psy*4 ,j'avais le plus gr& dsir de connatre ce gr& arti/e que l'on disait se di/+u] p> son esprit autant que p> son r>e tal5t4 ,je le tr\vai en t\t digne de sa r5omme1 et je l'ai t\j\rs compt depuis au nombre des p]sonnes dont j'aime me rappro*]4 ,il v5ait alors de t]m9] le beau portrait de madame ,bonap>te t5due sur un canap1 qui devait aj\t] encore sa rputation dans ce g5re4 ,le portrait de madame ,bonap>te me donna le dsir de voir aussi celui que ,gr>d avait fait de madame ,rcami]2 alors j'allai *ez cette belle p]sonne1 *>me d'une circon/ance qui me procurait le plaisir de la voir et de faire connaissance avec elle4 ,trs peu de j\rs aprs1 elle m'invita un gr& bal1 o je me r5dis avec la pr9cesse ,dolgor\ki1 que j'avais la joie de possd] ,p>is4 ,ce bal tait *>mant1 beauc\p de monde sans confusion1 un gr& nombre de jolies femmes1 un =t bel htel1 ri5 n'y manquait4 ,comme la paix d',ami5s v5ait de se faire1 on retr\vait dans cette runion je ne sais quel air de t5ue et de magnific5ce que la jeune gnration n'avait pu connatre jusqu'alors4 ,c'tait p\r la premire fois que les hommes et les femmes de v+t ans voyai5t ,p>is des livres dans les anti*ambres1 dans les salons des ambassadeurs2 des trang]s de m>que1 ri*em5t vtus1 t\s dcors d'ordres brillans3 et1 quoi qu'on puisse dire1 ce luxe convi5t mieux p\r un bal que les c>magnoles et les pantalons4 ,une femme rivalisait alors ,p>is avec madame ,rcami] s\s le rapport de la beaut4 ,c'tait madame ,talli54 ,rob]t1 qui la connaissait beauc\p1 me m5a *ez elle2 et j'av\e que je *]*ai va9em5t un dfaut dans l'ensemble de cette *>mante p]sonne4 ,elle tait la fois belle et jolie2 c> la rgul>it de ses traits ne lui enlevait po9t ce qu'on appelle la physionomie4 ,son s\rire1 son reg>d1 avai5t quelque *ose de ravissant1 et sa taille1 ses bras1 ses paules1 tai5t admirables4 ,madame ,talli5 joignait sa beaut un coeur excell5t2 on sait que dans la rvolution une f\le de victimes1 dv\es la mort1 avai5t d leur salut l'empire qu'elle ex]ait sur ,talli51 les in=tuns la nommai5t alors notre dame de bon sec\rs4 ,elle me reut avec une grce p>faite4 ,plus t>d1 lorsqu'elle eut p\s le pr9ce de ,*imay1 elle habitait au b\t de la rue de ,babylone un trs bel htel o son m>i et elle s'amusai5t j\] la comdie4 ,t\s deux la j\ai5t =t bi52 elle m'invita l'un de ces spectacles et v9t plusieurs fois mes soires4 ,je ne t>dai pas =m] ,p>is quelques n\velles liaisons1 dont le temps a fait des amitis4 ,j'avais le bonheur d'tre =t pro*e vois9e de la m>quise d',hautp\lt1 que son c>actre1 sa bont1 son esprit1 me fir5t aim] promptem5t1 et qui e/ re/e une de mes meilleures amies4 ,je fis aussi connaissance1 dans ce temps1 avec madame de ,bawr1 qui v5ait d'p\s] un (fici] russe1 fils du clbre gnral de ce nom4 ,elle tait =t jeune alors1 et ne s'tait pas encore di/+ue dans les lettres comme elle l'a fait depuis1 qu& elle eut p]du et son m>i et sa =tune2 mais alors comme auj\rd'hui1 elle joignait son esprit et ses tal5s cette mode/ie si vraie1 si relle1 et surt\t cette bont d'ame qui me la font *rir4 ,j'eus de mme le bonheur1 cette poque1 de connatre ,ducis dont le beau c>actre galait le r>e tal5t4 ,le naturel1 l'extrme simplicit de t\tes ses manires contra/ai5t si bi5 avec la brillante imag9ation dont le ciel l'avait d\1 que je n'ai jamais vu d'homme plus atta*ant que cet excell5t ,ducis4 ,ses amis n'avai5t d'autre regret que celui de ne p\voir le fix] ,p>is2 mais il n'aimait po9t la ville1 et p\r que t\t ft semblable dans sa faon d'tre1 il fallait des b]g]s1 des prairies1 l'auteur d',o$ipe et d',otello4 ,la vie solitaire qu'il se plaisait m5] fut p\r moi la cause d'une surprise1 ou plutt d'une peur que je n'ai jamais oublie4 mon ret\r de ,londres1 j'allai le voir ,v]sailles o j'avais appris qu'il s'tait retir4 ,c'tait le soir2 arrive sa porte1 je frappe1 et madame ,peyre1 la veuve de l'ar*itecte1 que je croyais morte depuis long-temps1 vi5t m'ouvrir1 t5ant une *&elle la ma94 ,je fis un cri d'effroi2 je la reg>dais d'un air eff>1 sans p\voir repr5dre mes esprits1 t&is qu'elle me racontait comm5t1 depuis peu1 elle avait p\s ,ducis4 ,je f9is p\rtant p> compr5dre et p> me rassur]4 ,elle me conduisit prs de son m>i que je tr\vai seul dans une petite *ambre au d]ni] tage de la maison1 ent\r de livres et de manuscrits4 ,ri5 de cette habitation ne me p>ut ni bi5 *amptre1 ni bi5 agrable2 mais l'imag9ation de ,ducis faisait de ce gr5i]1 qu'il appelait son belvd]1 un lieu de dlices4 ,je retr\vais avec gr& plaisir madame ,campan4 ,elle j\ait alors un assez gr& rle dans la famille qui devait bi5tt dev5ir famille rgnante4 ,elle m'invita dn] un j\r ,sa9t-,g]ma9 o elle avait tabli son p5sionnat4 ,je me tr\vai table avec madame ,murat1 soeur de ,napolon2 mais n\s tions places de manire que je ne pus voir que son pr(il1 att5du qu'elle ne t\rna pas la tte de mon ct4 ,je jugeai p\rtant sur ce seul ap]u qu'elle tait jolie4 ,le soir les jeunes p5sionnaires n\s donnr5t une reprs5tation d',e/h] o mademoiselle ,augu1 qui p\sa depuis le m>*al ,ney1 j\a =t bi5 le premi] rle4 ,bonap>te assi/ait ce spectacle4 ,il tait assis sur la premire banquette2 je me mis sur la seconde1 dans un co91 mais trs peu de di/ance de lui1 af9 de p\voir l'exam9] mon aise4 ,quoique je fusse place dans l'obscurit1 madame ,campan v9t me dire dans l'entr'acte qu'il m'avait dev9e4 ,j'avais rem>qu avec plaisir dans la *ambre de madame ,campan un bu/e de ,m>ie-,anto9ette4 ,je lui savais gr de ce s\v5ir1 et elle me dit que ,bonap>te l'appr\vait1 ce que je tr\vai bi5 de la "p de celui-ci4 ,il e/ vrai de dire qu' cette poque il semblait ne devoir ri5 r$\t] ni du pass ni de l'av5ir4 ,ses victoires excitai5t l'en?\siasme des ,franais1 et mme celui des trang]s4 ,il avait surt\t beauc\p d'admirateurs p>mi les ,anglais1 et je me s\vi5s qu'un j\r que j'allai dn] *ez la du*esse de ,gordon1 elle me montra le portrait de ,bonap>te en me disant3 ,voil mon zro4 ,comme elle p>lait =t mal le franais1 je compris ce qu'elle v\lait dire1 et n\s rmes beauc\p t\tes deux qu& je lui expliquai ce que c'tait qu'un zro4 ,le gr& nombre d'trang]s de ma connaissance qui se tr\vai5t alors ,p>is1 et le dsir de me di/raire d'une mlancolie que je ne p\vais p>v5ir va9cre1 m'engagr5t donn] des soires4 ,la pr9cesse ,dolgor\ki dsirait vivem5t connatre l'abb ,delille que j'invitai v5ir s\p] *ez moi avec beauc\p d'autres p]sonnes qui tai5t dignes de l'ent5dre4 ,quoique ce *>mant pote ft dev5u aveugle1 il n'en avait pas mo9s cons]v l'aimable gaiet de son c>actre4 ,il n\s rcita ses beaux v]s dont n\s fmes t\s en*ants4 ,aprs ce s\p]1 j'en donnai plusieurs autres4 ,je runis l'un d'eux t\s les pr9cipaux arti/es de cette poque1 et n\s s\pmes gaiem5t1 comme avant la rvolution4 ,au dess]t1 *acun fut contra9t de *ant] une *anson4 ,gr>d *oisit l'air de ,m>lbor\g2 mais1 vrai dire1 son *ant n'tait po9t aussi p>fait que sa pe9ture1 c> il avait la voix fausse2 et n\s en rmes beauc\p4 ,une autre fois j'arrangeai un s\p]1 o se tr\vai5t t\s les gr&s p]sonnages de ce temps1 et les ambassadeurs au nombre desquels tait ,m4 de ,mett]ni*4 ,puis je donnai un bal o dansr5t madame ,hamel91 ,m4 de ,trnis et plusieurs autres danseurs r5omms2 c> alors la mode tait v5ue de dans] dans la socit aussi bi5 que l'on danse l',opra4 ,madame ,hamel9 tait reg>de comme la meilleure danseuse des salons de ,p>is4 ,il e/ c]ta9 qu'elle avait une grce et une lgret admirables4 ,je me rappelle qu' ce bal madame ,dimid(f dansa ce qu'on appelait la valse russe d'une manire si ravissante1 que l'on montait sur les banquettes p\r la voir4 ,comme j'avais dans la maison de la rue du ,gros-,*5et une =t belle gal]ie1 j'imag9ai de faire dress] un ?tre p\r qu'on y j\t la comdie4 ,t\t ce qu'il y avait alors de p]sonnes m>quantes tai5t au nombre des spectateurs4 ,le spectacle se composait d'une comdie de mon frre1 intitule l',entrevue1 et de ,crisp9 rival de son matre4 ,mon frre1 ma belle-soeur1 ,m4 de ,rivire et madame de ,bawr1 qui fut *>mante dans la s\brette1 j\r5t la premire pice4 ,crisp9 rival de son matre1 7quoiqu'il n\s manqut le comte de ,lang]on si plaisant dans ,labran*e71 fit le plus gr& plaisir1 au po9t que ,mol1 ,fleury et mademoiselle ,contat1 qui tai5t prs5s1 fur5t t\t--fait surpris de la manire dont on j\a les deux pices4 ,je m'empressais p> ces runions de r5dre aux ,russes et aux ,allem&s qui se tr\vai5t ,p>is quelques-uns des plaisirs qu'ils m'avai5t procurs dans leur pays4 ,avec tant de grces et de bi5veillance1 je passais ma vie avec eux4 ,je voyais surt\t presque t\s les j\rs la pr9cesse ,dolgor\ki1 qui avait t si p>faite p\r moi ,pt]sb\rg4 ,le sj\r de ,p>is lui plaisait assez1 et elle tait p>v5ue promptem5t se =m] une socit des plus aimables g5s de nos salons4 ,ceci me rappelle que je retr\vai *ez elle un soir le vicomte de ,sgur que j'avais beauc\p vu avant la rvolution4 ,il tait alors jeune1 lgant1 faisant mille conqutes p> le *>me de sa physionomie4 ,je le revoyais *ez la pr9cesse la figure te9te1 ride1 coiff d'une p]ruque b\cles1 symtrique de *aque ct1 qui laissait le front sans *eveux4 ,d\ze annes de plus et cette p]ruque le vieillissai5t tellem5t que je ne le reconnus qu' sa voix4 ,hlas6 me dis-je t\t bas1 ce que c'e/ que de n\s6 ,la pr9cesse ,dolgor\ki v9t me voir le j\r qu'elle avait t prs5te ,bonap>te4 ,je lui dem&ai comm5t elle avait tr\v la c\r du premi] consul3 ,ce n'e/ po9t une c\r1 me rpondit-elle1 mais une puissance4 ,la *ose en effet dut lui p>atre a9si1 tant acc\tume la c\r de ,pt]sb\rg qui e/ si nombreuse et si brillante1 t&is qu'elle tr\va aux ,tuil]ies =t peu de femmes1 mais un nombre prodigieux de militaires de t\s grades4 ,au milieu des di/ractions que m'(frait le sj\r de ,p>is1 je n'en tais pas mo9s p\rsuivie p> une f\le d'ides noires1 qui v5ai5t m'accabl] mme au se9 des plaisirs4 ,je f9is p> pr\v] un beso9 ard5t de vivre seule1 en sorte que j'allai m'tablir ,meudon1 dans un endroit qu'on appelait la ,capuc9ire et qui avait t habit p> des religieux4 ,la petite maison que je l\ai1 btie p\r s]vir de retraite l'un des suprieurs1 avait t\t--fait l'air d'une ,?bade4 ,elle tait place au milieu des bois1 et son aspect agre/e et solitaire aurait pu me faire croire que j'tais mille lieues de ,p>is4 ,cela me conv5ait m]veille2 c> ma mlancolie tait si gr&e1 que je ne p\vais voir p]sonne2 lorsque j'ent5dais une voiture1 je m'enfuyais dans les bois de ,meudon4 ,la premire visite que je reu l1 ce fut celle de la du*esse de ,fleury et de mesdames de ,belleg>de qui habitai5t ensemble une maison dans les environs4 ,elles m'invitr5t v5ir les voir1 et t\tes trois tai5t si aimables1 que ce vois9age me *>ma au po9t de me rconcili] avec l'humanit et de dissip] ma mlancolie4 ,t\tefois1 lorsque l'automne v9t1 je ret\rnai ,p>is o je retr\vai t\tes mes ides tri/es4 ,p\r mettre f9 un tat d'esprit aussi pnible1 je me dcidai faire un voyage4 ,plusieurs fois1 p5dant que j'tais ,rome1 on avait mis dans les j\rnaux que j'tais ,londres1 p\r faire croire que j'avais suivi ,m4 de ,calonne2 mais le fait e/ que je n'avais jamais vu cette ville1 et je rsolus de m'y r5dre4 ,,*apitre ,,ix4 ,londres4--,les r\ts4--,we/4--,reynolds4--,madame ,siddons4--,madame ,bill+ton4--,madame ,grass9i4--,la du*esse de ,devon%ire4--,sir ,francis ,burdett4 ,je p>tis p\r ,londres le #ae avril #ahjb4 ,je ne savais pas un mot d'anglais4 la vrit j'emm5ais avec moi une femme de *ambre anglaise2 mais cette fille m'avait dj assez mal s]vie jusqu'alors1 et je fus oblige de la r5voy] =t peu de temps aprs mon arrive ,londres1 vu qu'elle ne faisait autre *ose t\te la j\rne que mang] des t>t9es de beurre4 ,heureusem5t j'emm5ais aussi avec moi une p]sonne *>mante1 qui la mauvaise =tune r5dait prcieux l'asile qu'elle avait tr\v *ez moi1 o elle vivait sur le pi$ d'amie4 ,c'tait ma bonne ,adlade1 dont les so9s et les conseils m'ont t\j\rs t si utiles4 ,en db>quant ,d\vres1 je fus d'abord un peu effraye la vue de t\te une population assemble sur le rivage2 mais on me rassura en me disant que cette f\le tait compose simplem5t de curieux1 qui1 selon la c\tume1 v5ai5t voir db>qu] les voyageurs4 ,le soleil comm5ait se c\*]4 ,je pris aussitt une *aise attele de trois *evaux1 et je p>tis sans ret>d2 c> je n'tais pas sans inquitude1 att5du que l'on m'avait assure que je p\rrais bi5 r5contr] des voleurs sur la r\te4 ,j'avais pris la prcaution de plac] mes diamans dans mes bas1 et je m'en sus bon gr1 lorsque j'ap]u de lo9 deux hommes *eval qui acc\rai5t v]s moi au galop4 ,ce qui mit le comble ma frayeur fut de les voir se sp>] af9 de p\voir1 comme je l'imag9ais1 se plac] aux deux portires de ma voiture4 ,j'av\e que je fus saisie d'un affreux tremblem5t2 mais j'en fus quitte p\r la peur4 ,arrive ,londres1 je desc5dis l'htel ,brunet1 dans ,leice/]-,squ>e4 ,j'tais extrmem5t fatigue et j'avais un gr& beso9 de sommeil2 t\tefois il me fut impossible de dormir2 tant que la nuit dura1 j'ent5dis p>l] et m>*] gr&s pas sur ma tte4 ,la cause de ce bruit1 qui tait insupportable1 me fut explique le l5dema93 je r5contrai dans l'escali] ,m4 de ,p>ceval ,gr&-,maison1 que j'avais beauc\p connu ,p>is1 et que j'tais *>me de voir4 ,lorsqu'il m'eut dit qu'il logeait au-dessus de moi1 je le priai de ne plus se prom5] t\te la nuit1 et de ne pas *oisir cette heure p\r rcit] ses v]s1 att5du qu'il avait la voix si =te et si sonore qu'elle arrivait jusqu' ma *ambre4 ,il me le promit1 et depuis ce j\r me laissa repos] tranquillem5t4 ,comme mon int5tion n'tait pas de re/] dans l'htel que j'habitais1 je pr(itai de l'obligeance d'un de mes compatriotes1 nomm ,*>milly1 qui v9t me voir1 mais que je ne connaissais pas1 p\r all] *]*] un logem5t4 ,j'en pris un dans ,beck-,/reet1 et ceci me rappelle qu' mon arrive ,londres1 l'ignorance o j'tais de la langue anglaise me fit tomb] dans une mprise assez plaisante4 ,acc\tume que j'tais lire rue de ,ri*elieu1 rue de ,clry1 etc41 le mot /reet#bg1 crit le d]ni]1 me semblait le nom de la rue1 et je disais mon dome/ique3 ,en voici une qui ne f9it pas4 ,ce logem5t que je v5ais de pr5dre dans ,beck-,/reet1 prs5tait tant d'inconvni5s p\r moi1 qu'il me fut impossible d'y re/] long-temps4 ,d'abord1 sur le d]rire de la maison1 je t\*ais au logis de la g>de royale1 et t\s les mat9s1 de trois quatre heures1 j'ent5dais sonn] une trompette si =te et si fausse qu'elle aurait pu s]vir p\r le jugem5t d]ni]4 ce bruit se joignait celui des *evaux de cette g>de1 dont les curies se tr\vai5t s\s mes f5tres1 et qui m'emp*ait de dormir t\te la nuit4 ,le j\r1 j'avais le bruit des enfans d'une vois9e que j'ent5dais cont9uellem5t mont] ou desc5dre les escali]s4 ,ces enfans tai5t =t nombreux1 au po9t que leur mre1 ayant appris que l'on v5ait voir mes tableaux1 arriva un j\r *ez moi avec t\te sa famille1 et me fit l'effet de madame ,gigogne4 ,j'aurais pu1 il e/ vrai1 me rfugi] dans une *ambre situe beauc\p plus heureusem5t2 mais j'avais trop de rpugnance l'habit]1 sa*ant qu'il v5ait d'y m\rir une dame2 les armes de la dfunte tai5t encore au-dessus de la porte de la rue2 mais je ne connaissais pas cet usage1 autrem5t je n'aurais jamais l\ cette maison4 ,je quittai donc ,beck-,/reet4 ,j'allai m'tablir dans un bel htel ,portmann-,squ>e4 ,cette place trs gr&e me faisait espr] de la tranquillit4 ,avant de l\]1 j'avais reg>d les d]rires de la maison1 qui me promettai5t le plus gr& calme4 ,je c\*ais de ce ct p\r tre plus tranquille4 ,mais voil que le l5dema91 la po9te du j\r1 j'ent5ds des cris qui me p]ai5t les oreilles4 ,je me lve1 j'avance la tte la f5tre1 et j'ap]ois celle qui m'tait la plus vois9e1 un oiseau norme comme jamais on n'en a vu4 ,il tait atta* sur un gr& bton4 ,son reg>d tait furieux1 son bec et sa queue d'une longueur mon/rueuse2 enf9 je puis affirm]1 sans aucune exagration1 qu'un gros aigle prs de lui aurait eu l'air d'un petit s]94 ,d'aprs ce qu'on me dit1 il p>at que cette horrible bte v5ait des gr&es ,indes4 ,mais quel que ft le lieu de son orig9e1 je n'en crivis pas mo9s sa matresse de v\loir bi5 le faire mettre du ct de la rue4 ,cette dame me rpondit qu'il avait d'abord t plac a9si1 mais que la police l'avait fait t] p>ce qu'il effrayait les passans4 ,ne p\vant me db>rass] de l'oiseau1 j'aurais peut-tre endur ce t\rm5t2 mais l'htel avait t habit avant moi p> des ambassadeurs indi5s1 et l'on v9t me dire que ces diplomates avai5t fait ent]r] deux de leurs esclaves dans ma cave o ils tai5t encore4 ,c'tait trop la fois de ces cadavres et de l'oiseau2 je quittai ,portmann-,squ>e1 et j'allai m'tablir ,madox-,/reet1 dans un logem5t o l'humidit tait affreuse1 ce qui ne m'emp*a pas d'y re/]1 tant j'tais lasse de dmnagem5s4 ,si gr&e et si belle que soit la ville de ,londres1 elle (fre mo9s de pture la curiosit d'un arti/e que ,p>is et les villes d',italie4 ,ce n'e/ pas qu'on ne tr\ve en ,anglet]re un gr& nombre d'objets d'arts prcieux1 mais la plup>t sont possds p> de ri*es p>ticuli]s qui en font l'ornem5t de leur *teau la campagne et en prov9ce4 l'poque dont je p>le1 ,londres ne possdait po9t de muse de pe9ture4 ,celui qui exi/e ma9t5ant tant le fruit de legs et de prs5s faits la nation depuis peu d'annes4 dfaut de tableaux j'allai voir des monum5s4 ,je ret\rnai plusieurs fois l'abbaye de ,we/m9/]1 o les tombeaux des rois et des re9es sont sup]bes4 ,comme ils app>ti5n5t t\s les sicles1 ils (fr5t un gr& intrt aux arti/es et aux amateurs4 ,j'admirai1 entre autres1 celui de ,m>ie-,/u>t1 dans lequel les re/es de cette malheureuse re9e fur5t dposs p> son fils1 ,jacques ,i]4 ,je m'arrtai s\v5t et long-temps dans la p>tie de l'glise consacre la spulture des gr&s potes1 ,milton1 ,%akspe>e1 ,pope1 ,*att]ton4 ,on sait que ce d]ni]1 m\rant de misre1 s'empoisonna1 et je p5sais que l'arg5t employ lui r5dre cet honneur po/hume aurait suffi1 de son vivant1 p\r lui procur] une d\ce exi/5ce4 ,l'glise de ,sa9t-,paul e/ aussi =t belle4 ,c'e/ une imitation de la c\pole de ,sa9t-,pi]re de ,rome4 ,je vis1 la ,t\r de ,londres1 une collection trs curieuse d'armures de diffr5s sicles4 ,il s'y tr\ve aussi une suite de figures de rois *eval1 p>mi lesquels on rem>que ,elisabe?1 monte sur son c\rsi]1 et prte pass] la revue de ses tr\pes4 ,le muse de ,londres possde une collection de m9raux1 d'oiseaux1 d'armes et d'u/5siles de sauvages de la m] du ,sud1 que l'on doit au clbre capita9e ,cook4 ,les rues de ,londres sont belles et propres4 ,de l>ges trottoirs les r5d5t trs commodes p\r les pitons1 aussi e/-on surpris de s'y tr\v] p>fois tmo9 de scnes que la civilisation sembl]ait devoir proscrire3 il n'e/ pas r>e d'y voir des boxeurs se battre et se bless] jusqu'au sang4 ,lo9 que cette vue p>aisse rpugn] ceux qui les ent\r5t1 on leur donne un v]re de g5ivre p\r les /imul]4 ,c'e/ vraim5t un spectacle affreux3 on se croirait un temps de b>b>ie et d'ext]m9ation4 ,les diman*es ,londres sont aussi tri/es que le climat4 ,aucune b\tique n'e/ ouv]te1 po9t de spectacles1 de bals1 de conc]ts4 ,un sil5ce gnral rgne p>t\t2 et comme ce j\r-l1 nul ne peut travaill]1 pas mme faire de la musique1 sans c\rir le risque de voir ses vitres casses p> le peuple1 on n'a d'autre ress\rce1 p\r pass] son temps1 que les prom5ades1 qui sont alors trs frqu5tes4 ,les gr&s plaisirs de la ville sont des rassemblem5s de bonne compagnie que l'on appelle des r\ts4 ,deux ou trois c5ts p]sonnes se promn5t dans les salons en long et en l>ge1 les femmes se donnant le bras entre elles2 c> les hommes se ti5n5t presque t\j\rs "p4 ,dans cette f\le on e/ press1 heurt cont9uellem5t1 au po9t que cela devi5t une gr&e fatigue1 et p\rtant ri5 p\r s'asseoir4 l'un de ces r\ts1 o je me tr\vais1 un ,anglais que j'avais connu en ,italie m'ap]ut2 il v9t moi1 et me dit1 au milieu du pr(ond sil5ce qui rgne t\j\rs dans ces assembles3 ,n'e/-ce pas que ces runions sont amusantes8--,v\s v\s amusez comme n\s n\s ennui]ions1 lui rpondis-je4 ,je ne voyais pas1 en effet1 quel plaisir on p\vait tr\v] s't\ff] a9si dans une f\le qui e/ telle qu'on ne peut appro*] la matresse de la maison4 ,les prom5ades ,londres ne sont pas plus gaies1 les femmes se promn5t ensemble d'un ct1 t\tes vtues de blanc2 leur sil5ce1 leur calme p>fait1 f]ait croire que ce sont des ombres qui m>*5t2 les hommes se ti5n5t1 sp>s d'elles et g>d5t le mme srieux4 ,j'ai quelquefois r5contr des tte--tte 7la femme donnant le bras l'homme72 qu& il m'arrivait de m>*] quelque temps prs de ces deux p]sonnes1 je m'amusais voir si elles se dirai5t un mot3 je n'en ai jamais vues rompre le sil5ce4 ,le premi] arti/e qui j'allai faire visite ,londres fut ,m4 ,we/1 pe9tre d'hi/oire trs r5omm2 je vis *ez lui plusieurs ouvrages qu'il n'avait pas encore t]m9s1 mais dont la composition me p>ut =t belle4 ,j'allai de mme *ez les pr9cipaux arti/es1 et je fus extrmem5t surprise de voir *ez t\s1 dans une gr&e salle1 une quantit de portraits dont la tte seule tait f9ie4 ,je leur dem&ai p\rquoi ils mettai5t a9si ces portraits en exhibition avant qu'ils fuss5t t]m9s2 t\s me rpondir5t que les p]sonnes qui avai5t pos se cont5tai5t d'tre vues et nommes2 que d'ailleurs1 l'bau*e faite1 on payait d'avance la moiti du prix1 en sorte que le pe9tre tait satisfait4 ,je vis ,londres beauc\p de tableaux du fameux ,reynolds2 ils sont d'une excell5te c\leur qui rappelle celle du ,titi51 mais en gnral peu f9is1 l'exception des ttes2 j'admirai de lui cep5dant un ,samuel enfant1 qui m'a *>me s\s le rapport du f9i comme s\s le rapport de la c\leur4 ,reynolds tait aussi mode/e qu'habile3 qu& mon portrait de ,m4 de ,calonne arriva la d\ane1 en ayant t prv5u1 il alla le voir1 et voici ce que j'ai su p> des p]sonnes qui l'ont ent5du4 ,lorsque la caisse fut ouv]te1 il reg>da long-temps le tableau et en fit l'loge1 sur quoi un gobe-m\*e qui rptait les sots propos de la calomnie1 se mit dire3 ,ce portrait doit tre beau1 c> il a t pay madame ,lebrun quatre-v+t mille francs4--,eh bi51 rpondit ,reynolds1 on m'en donn]ait c5t mille1 que je ne p\rrais le faire aussi bi54 ,le climat de ,londres le dsesprait1 tant il e/ dfavorable p\r s*] la pe9ture1 et il avait imag9 de ml] de la cire ses c\leurs1 ce qui les t]nissait2 effectivem5t l'humidit tait telle ,londres que1 p\r faire s*] les portraits que j'y faisais1 je pr5ais le p>ti de laiss] con/amm5t du feu dans mon ateli] jusqu'au mom5t de me c\*]2 je plaais mes tableaux c]ta9e di/ance de la *em9e1 et trs s\v5t je quittais les r\ts1 af9 d'all] voir s'il fallait les rappro*] ou les loign] du feu4 ,cette sujtion tait indisp5sable4 ,je suis alle ,londres dans l'ateli] d'un fameux sculpteur2 son nom ne me revi5t plus1 quoique je me rappelle =t bi5 avoir vu *ez lui un gr\pe1 de gr&eur naturelle1 trs intressant3 il reprs5tait une femme m\rante dans son lit1 sitt aprs tre acc\*e2 elle t5ait une de ses ma9s pose sur son enfant qui tait prs d'elle1 t&is qu'au pi$ de son lit1 place entre les rideaux1 la ,religion lui montrait le ciel4 ,ce gr\pe tait =t beau et rempli d'intrt4 ,lorsque en ,anglet]re on va *ez un pe9tre voir ses tableaux1 il e/ d'usage que l'on paie une c]ta9e somme avant d'entr] dans l'ateli]1 et d'ord9aire c'e/ le pe9tre qui t\*e en df9itive l'arg5t que les trang]s donn5t ses dome/iques2 quoique je fusse in/ruite de cette c\tume1 je ne v\lus pas y p>ticip]3 mon dome/ique seul en pr(ita2 ce g>on me confiait ses conomies1 et je f9is p> avoir lui dans mon secrtaire soixante gu9es qu'il avait reues des p]sonnes qui sont v5ues voir mes tableaux2 le clbre ,fox entre autres y v9t plusieurs fois et paya *aque fois le prix d'usage2 j'eus beauc\p de regret de ne m'tre jamais tr\ve *ez moi p\r le recevoir1 c> j'avais le plus gr& dsir de voir ce gr& politique4 ,je fus plus heureuse avec madame ,siddons dont je ne p]dis po9t la visite2 j'avais vu cette clbre actrice p\r la premire fois dans le ,j\eur1 et je pus lui exprim] avec quel bonheur je l'avais applaudie4 ,je ne crois pas qu'il soit possible de possd]1 p\r le ?tre1 plus de tal5t que n'en avait madame ,siddons2 t\s les ,anglais tai5t d'accord p\r l\] le naturel et la p]fection de sa manire de dire2 le son de sa voix tait en*anteur2 celui de mademoiselle ,m>s me l'a seul rappel1 et 7ce qui con/itue1 selon moi1 la gr&e comdi5ne7 son sil5ce mme tait admirable d'expression4 ,heureusem5t ce ne fut pas le j\r o je reu madame ,siddons qu'il m'arriva d'avoir une de ces di/ractions auxquelles je suis assez sujette et qui peuv5t prt] rire2 voici le fait3 je ne recevais que le diman*e mat9 les p]sonnes qui dsirai5t voir mes tableaux2 les autres j\rs j'tais con/amm5t pe9dre dans mon ateli]1 en toilette =t peu soigne2 mais deux dames anglaises1 qui p>tai5t dans la sema9e1 m'ayant beauc\p presse de les recevoir avant leur d"p1 je leur fixai le jeudi2 ce j\r arriv1 en les att5dant1 je me mis pe9dre2 ma bonne ,adlade1 qui me connaissait bi51 sa*ant que j'att5dais des femmes dont la toilette tait =t re*]*e1 entre1 et me dit qu'il ne fallait po9t qu'on me tr\vt dans ma robe de pe9ture1 ta*e p> les c\leurs1 et mon bonnet de nuit sur la tte4 ,j'en conv9s4 ,en consqu5ce1 je mis s\s mon s>rau une *>mante robe blan*e1 et ma bonne ,adlade fit apport] prs de moi ma jolie p]ruque coiffe l'antique comme on les portait alors1 me recomm&ant bi51 sitt que j'ent5drais frapp] la porte de la rue1 d't] mon bonnet1 mon s>rau1 et de mettre ma p]ruque4 ,t\te occupe de mon travail je n'ent5ds po9t frapp]2 mais j'ent5ds ces dames qui montai5t l'escali]2 vite je pr5ds ma p]ruque1 je m'en coiffe p> dessus mon bonnet de nuit2 et j'oublie t\t--fait d't] ma robe de pe9ture4 ,je vis bi5 que ces ,anglaises me reg>dai5t d'une manire trange1 sans que je pusse imag9] p\rquoi2 enf91 aprs leur d"p1 ,adlade rev9t1 et me voyant a9si1 me dit d'un ton grondeur3 ,voyez1 reg>dez-v\s dans la glace2 je m'ap]u alors que la d5telle de mon bonnet passait s\s ma p]ruque1 et que j'avais g>d ma bl\se2 ,adlade tait furieuse et elle avait raison1 c> ces dames ont d me pr5dre p\r une folle1 au po9t que je ne s]ais pas f*e que cet article leur tombt s\s les yeux4 ,quoique mon app>tem5t dans ,madox-,/reet et l'inconvni5t d'tre humide1 il tait beau et trs conv5able p\r recevoir1 en sorte que j'y donnai plusieurs gr&es soires1 une entre autres =t brillante1 o les deux premires cantatrices de l',opra de ,londres1 madame ,bill+ton et la belle madame ,grass9i1 *antr5t ensemble deux duos avec une r>e p]fection2 ,viotti j\a du violon1 et son tal5t si noble et si beau ravit t\t le monde2 aussi le pr9ce de ,galles#bh qui assi/ait ce conc]t me dit-il gracieusem5t3 ,je voltige dans t\tes les soires1 mais ici1 je re/e4 ,je prs5tai madame ,grass9i t\tes les gr&es dames que j'avais invites2 c> on la re*]*ait beauc\p ,londres1 ce qui tait bi5 naturel1 att5du qu'elle joignait sa beaut et son tal5t si rem>quables une extrme amabilit2 sa voix tait une de ces voix basses1 appeles contralto1 qui sont =t r>es et =t e/imes en ,italie1 t&is que madame ,bill+ton avait un soprano2 mais t\tes deux se plaisai5t quelquefois empit] sur le doma9e de sa rivale1 ce qui1 selon moi1 n'tait avantageux ni l'une ni l'autre4 ,je me s\vi5s qu'un j\r j'tais la reprs5tation d'un opra dans lequel madame ,grass9i et madame ,bill+ton *antai5t ensemble1 et la premire v5ait de donn] quelques notes =t leves1 lorsque le directeur v9t dans ma loge et me dit d'un air furieux3 ,v\s voyez ce qui vi5t d'arriv]2 eh bi56 qu& je vais le mat9 *ez ces dames1 je tr\ve madame ,bill+ton qui rpte ses rles dans le bas1 et madame ,grass9i dans le haut2 voil ce qui me dsespre4 ,les conc]ts tai5t =t la mode ,londres1 et je les prfrais de beauc\p aux simples r\ts1 quoique ceux-ci (fr5t une trangre1 qu& elle e/ bi5 accueillie des ,anglaises1 ce qui p> bonheur m'arrivait1 l'occasion de connatre t\te la haute socit4 ,les invitations ne se font po9t p> lettre comme en ,france2 on envoie simplem5t une c>te sur laquelle on crit3 ,je s]ai *ez moi tel j\r4 ,lady ,h]t=d1 qui tait une trs belle femme1 donnait de sup]bes r\ts4 ,j'y r5contrai s\v5t lady ,monck1 =t jolie femme1 a9si que ses deux filles1 "l ,bor+ton1 aimant extrmem5t les arts1 et dont la conv]sation me plaisait beauc\p1 et une f\le d'autres p]sonnes qui me composr5t bi5tt une socit1 quoi qu'on en dise de la ret5ue anglaise4 ,la femme de ,londres la plus la mode cette poque tait la du*esse de ,devon%ire4 ,j'avais s\v5t ent5du p>l] de sa beaut et de son c>actre influ5t en politique1 et lorsque j'allai lui faire visite1 elle me reut de la manire la plus aimable4 ,elle p\vait alors avoir qu>ante-c9q ans4 ,ses traits tai5t =t rguli]s2 mais je ne fus pas frappe de sa beaut4 ,elle avait le te9t trop anim1 et son malheur v\lait qu'elle et un oeil dont elle ne voyait plus4 ,comme cette poque on portait les *eveux sur le front1 elle ca*ait cet oeil s\s une masse de b\cles1 ce qui ne p>v5ait po9t dissimul] une dfectuosit aussi grave4 ,la du*esse de ,devon%ire tait assez gr&e1 d'un embonpo9t qui1 l'ge qu'elle avait1 russit =t bi51 et ses manires faciles tai5t extrmem5t gracieuses4 ,je suis ret\rne *ez elle un gr& r\t p\r un conc]t public4 ,il faut savoir que les gr&es dames anglaises prt5t p>fois leurs salons p\r des runions de ce g5re1 se rs]vant une ou deux pices1 af9 de p\voir invit] les p]sonnes de leur connaissance4 ,je fus de ce nombre1 et dans un mom5t o je me tr\vais assise ct de la du*esse1 elle me fit rem>qu] un homme plac =t lo9 de n\s1 mais en face1 et me dit3 ,n'e/-ce pas1 qu'il a l'air rem>quablem5t spirituel et di/+u8 ,il e/ vrai que des traits prononcs et un gr& front dg>ni de *eveux lui donnai5t beauc\p de physionomie4 ,c'tait sir ,francis ,burdett dont elle protgeait l'lection et qui fut en effet nomm dput4 ,je n'ai pas oubli la frayeur que me causa son triomphe1 lorsque1 me tr\vant dans la rue1 je vis pass] en fiacre une gr&e quantit d'hommes du peuple1 les uns dans la voiture1 les autres sur l'impriale1 et t\s criant tue-tte3 ,sir ,francis ,burdett6 sir ,francis ,burdett6 ,la plup>t de ces g5s tai5t ivres-morts2 ils jetai5t des pi]res dans les vitres4 ,une jeune femme1 qui tait grosse1 en fut tellem5t effraye qu'elle acc\*a de peur1 et l'on m'a mme dit qu'elle en tait morte4 ,quant moi1 ignorant le motif d'un p>eil vac>me1 j'tais saisie de t]reur1 croyant qu'une rvolution comm5ait en ,anglet]re4 ,je r5trai vite *ez moi t\te tremblante1 et je fus trs heureuse que le pr9ce ,b>iat9ski1 qui habitait ,londres depuis long-temps1 se d\tant de ma frayeur1 vnt p\r me rassur]4 ,il me dit que les *oses se passai5t a9si qu& il s'agissait d'une lection importante1 et que ce tra9 s]ait f9i le l5dema94 ,le l5dema9 en effet le calme tait rtabli4 ,la du*esse de ,devon%ire avait de mme appuy de t\t son crdit l'lection de ,fox au p>lem5t1 et elle avait russi le faire nomm] dput dans un temps o cela p>aissait trs difficile4 ,ne me mlant jamais de politique1 je ne concevais pas trop comm5t cette gr&e dame1 qui me semblait tre la tte du p>ti populaire1 tait de la socit du pr9ce de ,galles4 ,le fait e/ qu'ils tai5t =t lis1 au po9t qu'elle se p]mettait de lui faire des leons4 ,me tr\vant un soir avec t\s les deux1 dans un r\t1 je repro*ai au pr9ce de ,galles de m'avoir fait att5dre inutilem5t p\r une sance2 la du*esse p>ut trs cont5te de ma fran*ise1 disant3 ,v\s avez raison1 les pr9ces ne doiv5t jamais manqu] leur p>ole4 ,j'appris en ,france1 en #ahjh1 la mort de la du*esse de ,devon%ire1 qui a laiss trois enfans3 un fils1 le duc de ,devon%ire actuel2 et deux filles1 dont l'une a p\s "l ,granville qui e/ ma9t5ant ambassadeur d',anglet]re en ,france1 et l'autre1 "l ,morpot4 ,,*apitre ,x4 ,le pr9ce de ,galles4--,je fais son portrait4--,madame ,fitz-,h]b]t4--,ma lettre un pe9tre anglais4--,m4 le comte d',artois4--,la comtesse de ,pola/ron4--,le duc de ,b]ri4 ,peu de temps aprs mon arrive ,londres1 le trait d',ami5s avait t rompu1 et t\s les ,franais qui ne rsidai5t po9t en ,anglet]re depuis plus d'une anne1 fur5t obligs de p>tir aussitt4 ,le pr9ce de ,galles1 auquel je fus prs5te1 m'assura que je ne devais pas tre comprise dans cet arrt1 qu'il s'y opposait1 et qu'il allait dem&] t\t de suite au roi son pre une p]mission p\r moi4 ,cette p]mission me fut accorde avec t\s les dtails ncessaires1 m5tionnant que je p\vais voyag] dans t\t l'intrieur du royaume1 sj\rn] o bon me sembl]ait1 et que de plus je devais tre protge dans les ports de m] o il me plairait de m'arrt]1 faveur que les ,franais tablis en ,anglet]re depuis nombre d'annes avai5t pe9e obt5ir cette poque4 ,le pr9ce de ,galles mit le comble son obligeance en m'apportant ce papi] lui-mme4 ,le pr9ce de ,galles p\vait alors avoir qu>ante ans1 mais il p>aissait plus g1 att5du qu'il avait dj pris trop d'embonpo9t4 ,gr& et bi5 fait1 il avait un beau visage2 t\s ses traits tai5t nobles et rguli]s4 ,il portait une p]ruque arrange avec beauc\p d'art1 dont les *eveux tai5t sp>s sur le devant1 comme le sont ceux de l',apollon1 ce qui lui allait m]veille4 ,il se montrait trs habile dans t\s les ex]cices du corps1 et p>lait le franais trs bi51 avec la plus gr&e facilit4 ,il tait d'une lgance re*]*e1 d'une magnific5ce qui allait jusqu' la prodigalit2 c> il eut un mom5t1 dit-on1 p\r trois c5t mille l\is de dettes1 que son pre et le p>lem5t f9ir5t p> pay]4 ,comme il fut long-temps un des plus beaux hommes des trois royaumes1 il se vit l'idole des femmes4 ,sa premire matresse fut mi/riss ,rob5son2 puis1 quelque temps aprs1 il eut un engagem5t plus srieux avec mi/riss ,fitz-,h]b]t1 veuve1 plus ge que lui1 mais d'une extrme beaut4 ,son am\r fut si viol5t alors1 qu'on craignit un mom5t qu'il ne v\lt se m>i] avec cette femme1 issue d'une des premires familles ca?oliques d',irl&e4 ,son incon/ance naturelle le sauva de ce dang]1 et depuis1 un gr& nombre de femmes succdr5t mi/riss ,fitz-,h]b]t4 ,ce fut peu avant mon d"p que je fis le portrait du pr9ce de ,galles4 ,je le peignis presque en pi$1 et en uni=me4 ,plusieurs pe9tres anglais tai5t furieux contre moi1 qu& ils sur5t que j'avais comm5c ce portrait1 et que le pr9ce me donnait t\t le temps ncessaire p\r le t]m9]2 c>1 depuis long-temps1 ils att5dai5t inutilem5t cette faveur4 ,je sus que la re9e-mre disait que son fils me faisait la c\r1 et qu'il v5ait s\v5t djeun] *ez moi4 ,elle rptait un m5songe2 c> jamais le pr9ce de ,galles n'e/ v5u *ez moi le mat9 que p\r ses sances4 ,ds que ce portrait fut t]m91 le pr9ce le donna son anci5ne amie1 madame ,fitz-,h]b]t4 ,celle-ci le fit plac] dans un cadre r\lant1 comme sont les gr&s miroirs de toilette1 af9 de p\voir le transport] dans t\tes les *ambres qu'elle occupait1 ce que je tr\vai trs +nieux4 ,l'humeur des pe9tres anglais contre moi ne se borna pas des propos4 ,un ,m4 ,m9999991 pe9tre de portrait1 fit p>atre un ouvrage dans lequel il dnigrait avec a*>nem5t la pe9ture franaise en gnral1 et la mi5ne en p>ticuli]4 ,on m'en traduisit diffr5tes p>ties1 qui1 mon petit am\r-propre "p1 me p>ur5t si inju/es et si ridicules1 que je ne pus m'emp*] de pr5dre la df5se des pe9tres clbres dont j'tais la compatriote1 et j'crivis ce ,m4 ,m999999 la lettre suivante3 ,monsieur1 ,j'appr5ds que dans votre ouvrage sur la pe9ture1 v\s p>lez de l'cole franaise4 ,comme1 d'aprs ce qui m'e/ rapport de vos obs]vations1 je prsume que v\s n'avez aucune ide de cette cole1 je crois devoir v\s donn] quelques r5seignem5s qui peuv5t v\s tre utiles4 ,je p5se d'abord que v\s n'attaquez pas les gr&s pe9tres qui ont vcu s\s le rgne de ,l\is ,,xiv1 tel que ,lebrun1 ,le ,sueur1 ,savonet1 etc42 et p\r le portrait1 ,rigaut1 ,mign>d et ,l>gillire4 ,p\r ce qui conc]ne notre temps1 v\s auriez le plus gr& tort si v\s jugiez l'cole franaise sur ce qu'elle tait il y a tr5te ans4 ,depuis cette poque1 elle a fait d'imm5ses progrs dans un g5re t\t contraire celui qui l'a fait dgnr]4 ,ce n'e/ pas cep5dant que l'homme qui la p]dit alors ne ft po9t d\ d'un trs gr& tal5t4 ,b\*] tait n colori/e1 il avait du gt dans ses compositions1 de la grce dans le *oix de ses figures2 mais t\t c\p1 ne travaillant plus que p\r les b\doirs1 son coloris dev9t fade1 sa grce de la manire1 et l'impulsion une fois donne1 t\s les arti/es v\lur5t l'imit]4 ,on exagra ses dfauts1 a9si qu'il arrive t\j\rs2 on fit de pire en pire1 et l'art semblait te9t sans ret\r4 ,alors il v9t un homme habile1 nomm ,vi51 qui p>ut avec un /yle simple et svre4 ,il fut admir des vrais connaisseurs1 et remonta notre cole4 ,depuis1 elle a produit ,david1 le jeune pe9tre ,dr\ai1 mort ,rome l'ge de v+t-c9q ans1 alors qu'il allait peut-tre n\s sembl] l'ombre de ,raphal1 ,gr>d1 ,gros1 ,girodet1 ,gur91 et tant d'autres que je p\rrais cit]4 ,il n'e/ pas surpr5ant qu'aprs avoir critiqu les ouvrages de ,david qu'videmm5t v\s ne connaissez po9t1 v\s me fassiez l'honneur de critiqu] les mi5s1 que v\s ne connaissez pas davantage4 ,ne sa*ant pas l'anglais1 je n'avais pu lire ce que v\s avez crit sur ma pe9ture1 et lorsqu'on m'apprit1 sans me donn] de dtails1 que v\s m'aviez =t maltraite1 je rpondis que v\s auriez beau dnigr] mes tableaux1 t\t le mal que v\s p\rriez en dire s]ait infrieur celui que j'en p5se4 ,je ne crois pas qu'aucun arti/e se flatte d'avoir atte9t la p]fection2 et bi5 lo9 d'avoir cette prsomption1 p\r mon compte1 il ne m'e/ jamais arriv d'tre t\t--fait cont5te d'un ouvrage de moi4 ,nanmo9s1 mieux in/ruite auj\rd'hui1 et sa*ant que votre critique porte pr9cipalem5t sur un po9t qui me semble important1 je crois devoir la rep\ss] dans l'intrt de l'art4 ,la pati5ce1 seul mrite dont v\s me croyez capable1 n'e/ malheureusem5t pas une v]tu de mon c>actre4 ,seulem5t1 il e/ vrai de dire que je quitte difficilem5t mes ouvrages4 ,je ne les crois jamais assez f9is1 et1 dans la cra9te de les laiss] trop imp>faits1 ma nature me comm&e long-temps d'y rfl*ir1 et d'y ret\*] encore4 ,il p>at que mes d5telles v\s ont *oqu1 quoique je n'en fasse plus depuis qu9ze ans4 ,je prfre inf9im5t les %alls1 dont v\s f]iez bi5 de v\s s]vir aussi1 ,monsieur4 ,croyez-moi1 les %alls sont une bonne =tune p\r les pe9tres1 et si v\s en aviez fait usage1 v\s auriez acquis le bon gt des drap]ies que v\s ne possdez pas assez4 ,quant ces t(fes1 ces c\ss9s p>lans1 ces vel\rs qui se voi5t dans ma b\tique1 mon avis e/ que l'on doit soign] t\s ces accessoires autant que la *ose e/ possible1 sans nuire aux ttes4 ,sur ce po9t1 j'ai p\r autorit ,raphal1 qui n'a jamais ri5 nglig dans ce g5re1 qui v\lait que t\t ft expliqu1 r5du 7t]mes de l'art71 jusqu'aux fleurettes des gazons4 ,je puis v\s donn] encore p\r exemple la sculpture antique1 o l'on ne tr\ve pas le mo9dre accessoire nglig3 les drap]ies %alls qui c>ess5t si bi5 le nu1 et dont les seuls fragm5s dta*s se v5d5t encore auj\rd'hui aux vrais amateurs1 les ornem5s des cuirasses1 les brodequ9s1 t\t cela e/ d'un f9i p>fait4 ,ma9t5ant1 ,monsieur1 p]mettez-moi de v\s dire que le mot b\tique1 dont v\s v\s s]vez en p>lant de mon ateli]1 e/ peu digne du langage d'un arti/e4 ,je fais voir mes tableaux sans que l'on soit oblig de pay] ma porte4 ,j'ai mme1 p\r me s\/raire cet usage1 donn un j\r p> sema9e o je reois les p]sonnes connues1 et celles qu'il leur plat de me prs5t]2 je puis donc v\s faire obs]v] que le mot b\tique e/ impropre et que la svrit ne disp5se jamais un homme de politesse4 ,j'ai l'honneur d'tre1 etc4 ,cette lettre1 que je lus quelques amis1 ne re/a pas un my/re p\r la socit de ,londres1 et les rieurs ne fur5t pas p\r ,m4 ,m9999991 qui1 rancune "p1 ne savait pas faire une drap]ie4 ,je retr\vais en ,anglet]re une gr&e quantit de mes compatriotes1 que je connaissais depuis long-temps4 ,le comte de ,mn>d1 le b>on de ,roll1 le duc de ,srant1 le duc de ,rivire1 et une f\le d'autres migrs franais1 que j'invitais mes soires4 ,j'eus le bonheur aussi de r5contr] ,m4 le comte d',artois4 ,je me tr\vais avec lui dans une runion *ez lady ,p>ceval1 qui recevait beauc\p d'migrs4 ,il avait pris de l'embonpo9t1 et me p>ut vraim5t trs beau4 ,peu de temps aprs1 il me fit l'honneur de v5ir voir mon ateli]2 j'tais dehors1 et ne rev9s qu'au mom5t o il sortait de *ez moi2 mais il eut la bont de r5tr] p\r me faire complim5t du portrait du pr9ce de ,galles dont il p>aissait =t satisfait4 ,m4 le comte d',artois n'allait po9t dans le monde4 ,n'ayant qu'un rev5u trs modique1 il faisait des conomies qu'il employait sec\rir les ,franais les plus malheureux1 et la bont de son coeur le portait sacrifi] t\s les plaisirs sa bi5faisance4 ,j'en acquis moi-mme la preuve p> un fait que j'aime rapport]4 ,une jeune p]sonne =t intressante1 nomme mademoiselle ,mrel1 qui j\ait p>faitem5t bi5 de la h>pe1 tait v5ue ,londres dans l'espoir d'y vivre de son tal5t4 ,elle annona un conc]t4 ,je m'empressai de pr5dre des billets et d'en plac] autant qu'il m'tait possible de le faire2 mais1 en dpit de t\s mes ef=ts1 il se tr\va si peu de monde dans la salle qu'on y gelait1 au po9t que je fus oblige de sortir avant la f9 du conc]t4 ,je racontai la *ose au comte de ,vaudreuil1 et je ne sais p> quel has>d il en p>la le j\r mme son pr9ce4 ,e/-elle ,franaise8 dem&a ,m4 le comte d',artois4 ,sur la rponse affirmative il *>gea aussitt ,m4 de ,vaudreuil de faire p>v5ir dix gu9es la jeune arti/e4 ,m4 le comte d',artois ne quittait pas son anci5ne amie1 la comtesse de ,pola/ron1 qui tait t\j\rs s\ffrante et ne p\vait sortir4 ,la sollicitude du pr9ce p\r elle allait au po9t qu'il dev9ait ce dont elle avait beso9 dans t\s les mom5s1 et lui t5ait lieu de g>de assidue4 ,outre ses d\leurs physiques1 madame de ,pola/ron avait eu le malheur de p]dre son fils unique1 jeune homme trs intressant1 qui m\rut de la fivre jaune ,gibralt>4 ,elle m\rut enf9 elle-mme1 et ,m4 le comte d',artois en re/a inconsolable4 ,le fils de ce pr9ce1 ,m4 le duc de ,b]ri1 v5ait me voir s\v5t le mat94 ,il arrivait quelquefois1 portant s\s son bras de petits tableaux1 qu'il v5ait d'a*et] trs bas prix4 ,ce qui pr\ve combi5 il se connaissait en pe9ture1 c'e/ que ces petits tableaux tai5t de sup]bes ,w\w]mans2 mais il fallait un tact trs f9 p\r apprci] leur mrite s\s la salet qui les c\vrait4 ,j'ai revu depuis ces tableaux *ez lui1 au palais de l'lyse ,b\rbon4 ,le duc de ,b]ri avait aussi la passion de la musique4 ,son esprit tait ju/e et ple9 de f9esse1 son c>actre =t vif1 mais son coeur excell5t2 je p\rrai cit] plus t>d quelques traits1 entre mille1 de sa bont env]s ses infrieurs1 bont qui l'a t\j\rs fait *rir de t\s ceux qui l'ent\rai5t4 ,j'tais au spectacle ,londres1 qu& on apprit l'assass9at du duc d',enghi54 pe9e cette n\velle se fut-elle rp&ue dans la salle1 que t\tes les femmes qui remplissai5t les loges1 t\rnr5t le dos au ?tre1 et la pice n'aurait pas f9i1 si quelques in/ans aprs on n'tait po9t v5u dire que la n\velle tait fausse4 ,*acun alors reprit sa place1 et le spectacle se t]m9a2 mais la sortie1 t\t1 hlas6 n\s fut confirm4 ,n\s apprmes mme plusieurs dtails de ce crime atroce1 qui laiss]a t\j\rs une horrible ta*e de sang sur la vie de ,bonap>te#bi4 ,le l5dema91 n\s allmes la messe funbre qui fut clbre p\r cette noble victime4 ,t\s les ,franais1 nos pr9ces compris1 et un gr& nombre de dames anglaises1 y assi/r5t4 ,l'abb de ,b\vant pronona un s]mon extrmem5t t\*ant sur le sort de l'in=tun duc d',enghi54 ,ce s]mon f9issait p> une invocation au ,t\t-,puissant p\r qu'une mme de/9e n'att5dt pas nos *]s pr9ces4 ,hlas6 ce voeu n'a po9t t exauc1 puisque n\s avons vu le duc de ,b]ri tomb] s\s le poign>d d'un infame assass94 ,je fus quelque temps aprs la mort du duc d',enghi5 sans revoir son malheureux pre1 le duc de ,b\rbon1 et qu&1 au b\t d'un mois environ1 il v9t *ez moi1 le *agr9 l'avait tellem5t *ang qu'il me fit un mal affreux4 ,il entra sans me p>l]1 s'assit1 et mettant ses deux ma9s sur son visage1 qui tait inond de l>mes3 ,non1 je ne m'en consol]ai jamais6 me dit-il4 ,il me s]ait impossible de r5dre la pe9e que ce peu de mots me fit pr\v]4 ,,*apitre ,,xi4 ,la famille ,*9n]y4--,viotti4--,w9dsor4--,hamptonc\r t4--,h]s*ell4--,ba9s4--,la du*esse ,dorset4--,madame de ,vaudreuil4--,m4 le duc d',orlans4--,m4 le duc de ,montp5si]4--,la m>grave d',anspa*4--,/[e4--,w>wick4 ,quoique le bon accueil qu'on v\lait bi5 me faire m'ait engage re/] prs de trois ans ,londres1 qu& je ne comptais d'abord y pass] que trois mois1 le climat de cette ville me semblait =t tri/e4 ,il tait mme contraire ma sant1 et je saisissais t\tes les occasions d'all] respir] dans les belles campagnes de l',anglet]re1 o du mo9s je voyais le soleil4 ,trs peu de temps aprs mon arrive je dbutai p> all] pass] qu9ze j\rs *ez madame ,*9n]y ,gillwell1 o se tr\vait le clbre ,viotti4 ,la maison tait de la plus gr&e lgance1 et l'on m'y fit une rception *>mante4 ,lorsque j'arrivai1 je vis la porte d'entre orne de guirl&es de fleurs entrelaces dans les colonnes4 ,sur l'escali]1 qui tait g>ni de mme1 de petits ,am\rs en m>bre1 placs de di/ance en di/ance1 portai5t des vases remplis de roses2 enf9 c'tait une ferie pr9tanire4 ,sitt que je fus entre dans le salon1 deux petits anges1 le fils et la fille de madame ,*9n]y1 me *antr5t un morceau de musique *>mant1 que cet aimable ,viotti avait compos p\r moi4 ,je fus vraim5t t\*e de cet accueil affectueux2 aussi les qu9ze j\rs que j'ai passs ,gillwell ont-ils t p\r moi des j\rs de joie et de bonheur4 ,madame de ,*9n]y tait une trs belle femme1 dont l'esprit avait beauc\p de f9esse et de *>me4 ,sa fille1 ge alors de quatorze ans1 tait surpr5ante p> son tal5t sur le piano1 en sorte que t\s les soirs cette jeune p]sonne1 ,viotti1 et madame ,*9n]y1 qui tait trs bonne musici5ne1 n\s donnai5t des conc]ts *>mans4 ,je me s\vi5s que le fils de madame ,*9n]y1 quoiqu'il ne ft encore qu'un enfant1 avait une vritable passion p\r l'tude4 ,on ne p\vait lui faire quitt] ses livres4 ,qu&1 aux heures de rcration1 je lui disais3 ,allez donc j\] avec votre soeur4--,je j\e1 rpondait-il1 et il cont9uait sa lecture4 ,aussi1 l'ge de dix-huit ans1 ce jeune homme avait-il dj acquis tant de considration qu' la re/auration il fut *>g de revoir t\s les comptes des dp5ses occasiones p> le sj\r de l'arme anglaise en ,france4 ,je ne t>dai pas visit] les environs de ,londres1 et ces c\rses employr5t t\t le temps que je p\vais donn] mes plaisirs4 ,w9dsor1 o le roi faisait sa rsid5ce1 je n'admirai que le p>c1 qui e/ =t beau4 ,le roi se plaisait s\v5t se prom5] avec ses deux filles sur une magnifique t]rasse d'o l'on dc\vre une vue sup]be et trs t5due4 ,hamptanc\rt e/ un autre *teau royal o j'ai vu des vitraux sup]bes2 ils sont extrmem5t anci5s1 et me p>ur5t suprieurs t\s ceux que j'avais vus jusqu'alors4 ,j'y tr\vai aussi de =t beaux tableaux1 et de gr&s c>tons1 dess9s p> ,raphal1 que je ne p\vais trop admir]2 ces c>tons tai5t poss p> t]re1 en sorte que je me t9s g5\x devant eux si long-temps que le g>di5 s'en montrait surpris4 ,on me fit voir aussi1 dans les gal]ies1 des armures qui remont5t aux temps les plus reculs1 puis1 dans les j>d9s1 de magnifiques rosi]s jaunes1 enf9 une vigne norme1 enf]me dans une s]re1 et qui1 je ne sais quelle anne1 a produit qu9ze c5ts livres de rais94 ,j'allai avec le pr9ce ,b>iat9ski et plusieurs autres ,russes faire une visite au docteur ,h]s*ell4 ,ce clbre a/ronome vivait =t retir quelque di/ance de ,londres4 ,sa soeur1 qui ne le quittait jamais1 l'aidait dans ses re*]*es a/ronomiques1 et t\s deux tai5t dignes l'un de l'autre1 autant p> leur savoir que p> leur noble simplicit4 ,n\s tr\vmes prs de l'escali] un tlescope d'une si gr&e dim5sion que l'on p\vait se prom5] dans l'intrieur4 ,le docteur n\s reut avec la cordialit la plus obligeante2 il eut la complaisance de n\s faire voir le soleil dans un v]re brun1 en n\s faisant rem>qu] les deux ta*es qu'on y dc\vre1 dont l'une e/ assez t5due2 puis1 le soir1 il n\s montra la plante qu'il a dc\v]te et qui porte son nom2 n\s vmes aussi *ez lui une gr&e c>te de la lune1 trs dtaille1 o sont reprs5ts des montagnes1 des rav9s1 des rivires1 qui r5d5t cette plante semblable au globe que n\s habitons2 enf91 t\t le temps de notre visite se passa sans un mom5t d'ennui1 et mes compagnons russes1 ,adlade et moi1 n\s fmes *>ms de l'avoir faite4 ,on ne saurait p>l] des environs de ,londres sans se rappel] plusieurs beaux lieux o les ,anglais vont pr5dre les ba9s4 ,mat-,lock1 p> exemple1 (fre t\t--fait l'aspect d'un paysage suisse4 ,la prom5ade e/ borde d'un ct p> des ro*]s du plus bel effet1 c\v]ts d'arbu/es colors2 de l'autre1 des prairies magnifiques3 cette vgtation de l',anglet]re1 qui e/ vraim5t admirable1 t\t prs5te un c\p d'oeil ravissant aux amateurs d'une belle nature4 ,je me s\vi5s d'avoir suivi les bords d'un ruisseau si joli1 si limpide1 que je ne p\vais le quitt]4 ,tumbridge-,well1 o l'on pr5d aussi des ba9s1 e/ de mme un endroit =t pittoresque4 ,il e/ vrai que si l'on se dlecte le mat9 en p>c\rant ses beaux environs1 le soir on s'ennuie beauc\p dans les assembles qui sont trs nombreuses2 on se runissait p\r les repas1 et aprs le s\p]1 comme aprs le dn]1 t\t le monde se levait p\r *ant] le ,god save ! ,k+1 prire p\r le roi1 qui me t\*ait jusqu'aux l>mes p> le tri/e rappro*em5t qu'elle me faisait faire entre l',anglet]re et la ,france4 ,brigton tait plus r5omm p\r ses eaux que ,tumbridge-,well et ,mat-,lock4 ,brigton1 o le pr9ce de ,galles avait alors fix sa rsid5ce1 e/ une assez jolie ville situe en face de ,dieppe1 de laquelle on peut voir les ctes de ,france4 l'poque o je m'y tr\vai1 on craignait en ,anglet]re une desc5te des ,franais2 les gnraux ne cessai5t de pass] en revue la g>de nationale1 qui tait cont9uellem5t en m\vem5t1 battait le tamb\r1 et faisait un bruit d'enf]4 ,j'ai fait ,brigton des prom5ades dlicieuses sur les bords de la m]2 j'y fus tmo9 un j\r d'un effet trs extraord9aire2 ce j\r-l1 le br\ill>d tait si pais que les vaisseaux loigns de la cte n\s p>aissai5t susp5dus en l'air4 ,je v\lus aussi visit] la ville de ,ba?2 on me l'avait vante comme celle de l',anglet]re o l'on s'amuse le plus1 et je retr\ve une lettre que j'crivis mon frre mon ret\r de cette c\rse4 ,londres1 ce #ab fvri] #ahjc4 ,il y a quelques sema9es1 mon bi5 bon ami1 que je dois te rpondre2 ne m'en veux po9t1 je t'en prie1 c> je ne puis te dire combi5 j'cris peu1 tant les j\rs sont c\rts2 les soires1 en revan*e1 sont bi5 d'une longueur assommante1 et si d'crire aux b\gies me fatiguait mo9s les yeux1 je t'aurais envoy des volumes4 ,je vois que tu es inquiet de la manire dont je supporte les br\ill>ds et l'odeur du *>bon de t]re2 quant ce d]ni] j'y suis t\t--fait acc\tume1 au po9t que je ne le s5s plus2 je prfre mme prs5t ce feu au ntre2 p\r ce qui e/ de l'air pais et l\rd qui m'enveloppe1 je ne p\rrai jamais m'y faire2 d'abord on n'y voit pas1 et tu ne saurais imag9] combi5 cette te9te sombre1 noire1 ob/rue les ides2 ce crpe sale me t]nit l'imag9ation1 et je tr\ve bi5 naturel que le sple5 soit n ici4 ,on m'assure p\rtant que cette anne e/ r>e1 qu'elle e/ une des plus claires1 des plus belles que l'on ait vues depuis long-temps1 ce qui me fait jug] de ce qu'tai5t les autres6 la vrit1 l'air e/ bi5 plus pur dans les campagnes situes c9q ou six milles de ,londres2 c'e/ un t\t autre climat1 que je vais *]*] le plus s\v5t possible4 ,je revi5s de ,ba?1 o je t'ai s\v5t dsir2 c'e/ une sup]be ville1 dont l'aspect e/ noble et pittoresque2 en arrivant un mille en de de ses murs1 on ap]oit1 des deux cts de la r\te1 des montagnes trs leves2 gau*e s't5d ,ba?1 et l'on voit se dta*] sur le ciel de gr&es lignes de maisons1 des palais1 des cirques gr&ioses1 t\s btis sur le plus haut des monts4 ,le c\p d'oeil e/ vraim5t magique1 ?tral2 je croyais rv]1 et j'ai p5s ,mnageot2 il aurait beauc\p j\i de ce spectacle2 c>1 bi5 que l'ar*itecture de ces monum5s ne soit pas de bon gt1 de lo91 l'effet e/ imm5se4 ,le seul inconvni5t que prs5te une ville btie de cette manire1 c'e/ qu'on n'y peut faire un pas sans mont] ou desc5dre2 mais il faut bi5 pay] un peu le plaisir des yeux4 ,dans le bas de la ville1 les places1 les rues sont du plus gr& g5re1 et de *aque co9 de ces rues on dc\vre des sites sup]bes2 enf91 p\r te r5dre la s5sation que la vue de ,ba? m'a fait pr\v]1 je te dirai que je croyais tre dans une ville des anci5s ,roma9s2 c'e/ bi5 c]ta9em5t la plus belle du royaume1 je l'aime d'autant plus que c'e/ une cit btie la campagne2 aussi l'air qu'on y respire e/-il p>fum4 ,ba? e/ *aque anne le r5dez-v\s des coryphes fa%ionables1 ou1 si tu le prfres en bon franais1 des lgans des deux sexes4 ,on y pr5d des ba9s *auds naturels1 mais surt\t on y donne des bals1 des conc]ts et des r\ts1 dont la plup>t ont lieu dans les salles publiques2 on se runit l c9q ou six c5ts p]sonnes1 et d'ord9aire on s'y t\ffe1 ou bi5 la salle e/ presque ds]te2 il n'exi/e pas dans le gr& monde d'int]mdiaire1 en cela comme en beauc\p d'autres *oses4 ,dans un de ces conc]ts1 j'ai ent5du madame ,krumoltz1 qui j\a de la h>pe p>faitem5t2 quoiqu'elle soit petite et qu'elle ait l'air =t dlicat1 son jeu a t\t autant de =ce que d'expression2 aprs le conc]t on s\pa dans une trs gr&e salle mang] dont les longues tables1 assez troites1 ressemblai5t celles d'un rfectoire2 j'tais avec madame de ,beaurepaire1 et n\s prmes place ct de trs vieilles et trs laides ,anglaises2 je prsumai avec raison qu'elles tai5t du nombre de celles qui ne quitt5t po9t leur prov9ce o elles cons]v5t la morgue go?ique2 c> les gr&es dames de ,londres et les ,anglaises qui ont voyag sont aimables et polies1 t&is que nos vois9es1 ds que n\s fmes assises1 n\s t\rnr5t le dos avec un c]ta9 air de mpris4 ,n\s tions rsignes support] le dda9 de ces vieilles femmes1 qu& un ,anglais de leur connaissance s'appro*a d'elles1 et leur dit quelques mots l'oreille qui les engagr5t aussitt se ret\rn] et n\s tmoign] plus d'amnit4 ,je suis re/e trois sema9es ,ba?4 ,on m'avait tant assur que je m'y amus]ais inf9im5t1 que je m'att5dais retr\v] l les dlices de ,cap\e4 ,il s'en e/ bi5 fallu vraim5t3 ces dlices se sont rduites au plaisir que j'avais de pass] ma mat9e grimp] sur les montagnes1 encore n'en ai-je j\i que bi5 r>em5t1 att5du qu'il n'a presque pas cess de pleuvoir4 ,du re/e1 je me croyais en automne plutt qu'en hiv]2 po9t de neige1 po9t de froid1 beauc\p d'arbres v]ts1 ce qui prolonge la belle saison1 et n\s donne la d\ce illusion du beau temps4 cris-moi bi5tt1 et ne compte pas avec moi2 adieu1 mon *] ami4 ,peu de temps avant d'all] ,ba?1 j'avais t pass] quelques j\rs au *teau de ,kn[les1 qui1 aprs avoir app>t5u autrefois la re9e lisabe?1 app>ti5t auj\rd'hui la du*esse ,dorset4 ,c'e/ devant la porte d'entre de ce *teau que j'ai vu deux gros ormes qu'on m'a dit avoir plus de mille ans1 et qui p\rtant v]doyai5t encore1 surt\t v]s leur sommet4 ,le p>c1 dont l'extrmit t\*e une =t1 e/ extrmem5t pittoresque4 ,le *teau r5f]me de =t beaux tableaux2 les meubles sont encore les mmes qu'au temps d'lisabe?4 ,dans la *ambre c\*] de la du*esse1 les rideaux du lit sont t\t p>sems d'toiles d'or et d'arg5t1 et la toilette e/ d'arg5t massif4 ,la du*esse ,dorset1 qui tait =t ri*e1 avait p\s le *evali] de ,wil=t1 que j'avais connu ambassadeur d',anglet]re ,pt]sb\rg4 ,celui-ci ne possdait aucune =tune2 mais il tait =t bel homme1 il avait surt\t l'air noble et di/+u4 ,la premire fois que n\s n\s runmes t\s p\r dn]1 la du*esse me dit3 ,v\s allez bi5 v\s ennuy]2 c> n\s ne p>lons pas table4 ,je la rassurai sur ce po9t en lui disant que telle tait aussi mon habitude1 ayant presque t\j\rs mang seule depuis bi5 des annes4 ,il faut croire qu'elle t5ait prodigieusem5t cet usage2 c>1 au dess]t1 son fils1 g de onze ou d\ze ans1 v9t prs d'elle1 et pe9e lui adressa-t-elle quelques mots3 enf91 elle le congdia sans lui donn] aucune m>que de t5dresse4 ,je ne pus alors m'emp*] de song] ce qu'on rapporte des ,anglaises2 qu'en gnral1 leurs enfans dev5us gr&s1 elles s'en occup5t =t peu1 ce qui a fait dire qu'elles n'aim5t que leurs petits4 ,j'avais revu ,londres l'aimable comte de ,vaudreuil4 ,je le tr\vais bi5 *ang1 bi5 maigri2 t\t ce qu'il avait s\ff]t p\r la ,france l'avait accabl4 ,il s'tait m>i en ,anglet]re sa nice1 que j'allai voir ,tutlam o elle s'tait tablie4 ,madame la comtesse de ,vaudreuil tait jeune et jolie4 ,elle avait de =t beaux yeux bleus1 un visage *>mant et de la plus gr&e fra*eur4 ,elle m'engagea v5ir pass] quelques j\rs ,tutlam1 ce que j'acceptai1 et p5dant le temps que je fus *ez elle1 je fis le portrait de ses deux fils4 ,m4 le duc d',orlans et ses deux frres habitai5t =t prs de l4 ,le comte de ,vaudreuil me m5a faire une visite au duc d',orlans qu'il avait p>ticulirem5t di/+u4 ,n\s tr\vmes ce pr9ce1 qui faisait ses dlices de l'tude1 assis une longue table c\v]te de gros livres dont un tait ouv]t devant lui4 ,p5dant notre visite1 il me fit rem>qu] un tableau de paysage fait p> son frre1 le duc de ,montp5si]1 avec lequel je fis aussi connaissance p5dant mon sj\r *ez madame de ,vaudreuil4 ,quant au plus jeune de ces pr9ces1 le duc de ,beaujolais1 je n'ai fait que le r5contr] dans une prom5ade2 il m'a p>u assez bi5 de visage1 et d'une gr&e vivacit4 ,le duc de ,montp5si] v5ait quelquefois me pr5dre1 et n\s allions dess9] ensemble4 ,il me conduisit sur la t]rasse de ,ri*emond d'o la vue e/ sup]be3 de cette hauteur1 on dom9e une gr&e p>tie du c\rs de la rivire4 ,n\s p>c\rmes aussi la belle prairie o se tr\ve encore le tronc c\p de l'arbre s\s lequel s'asseyait ,milton4 ,c'e/ l1 m'a-t-on dit1 qu'il composait son pome du ,p>adis p]du4 ,j'aurais bi5 v\lu que l'on et cons]v cet arbre1 seul tmo9 de si gr&es p5ses2 mais il ne re/e que la place4 ,en t\t1 les environs de ,tutlam tai5t =t intressans1 le duc de ,montp5si] les connaissait m]veille et je me flicitais qu'il ft dev5u mon cic]one1 d'autant plus que ce jeune pr9ce tait extrmem5t aimable et bon4 ,je m'tais engage faire le portrait de la m>grave d',anspa*1 qui v9t me pri] de pass] quelques j\rs *ez elle1 la campagne1 o je lui ti5drais ma promesse4 ,comme on m'avait dit que la m>grave tait une femme trs biz>re1 qui ne me laiss]ait pas tranquille un mom5t1 qui me f]ait rveill] t\s les mat9s c9q heures1 et mille autres *oses aussi insupportables1 je n'acceptai son invitation qu'aprs avoir fait avec elle mes conditions4 ,je dem&ai d'abord une *ambre o je n'ent5disse aucun bruit1 dsirant dormir assez t>d4 ,ensuite je la prv9s que si n\s faisions ensemble quelques c\rses1 je ne p>tais jamais en voiture1 et qu'en outre j'aim]ais me prom5] seule4 ,l'excell5te femme cons5tit t\t et me t9t religieusem5t sa p>ole1 au po9t que si1 p> has>d1 je la r5contrais dans son p>c o elle tait s\v5t lab\r]1 a9si qu'aurait fait un homme de pe9e1 elle feignait de ne po9t me voir1 et me laissait pass] sans me dire une seule p>ole4 ,soit que l'on et calomni la m>grave d',anspa*1 soit qu'elle et la bont de se contra9dre p\r moi1 je me tr\vai si bi5 p5dant mon sj\r *ez elle1 que lorsqu'elle m'invita v5ir la voir dans une autre campagne qui lui app>t5ait aussi1 et qui se nommait ,b5heim1 je n'hsitai pas m'y r5dre4 ,l le p>c et le *teau tai5t beauc\p plus beaux qu' ,armesmott1 et j'y passai le temps d'une manire =t agrable4 ,des soires *>mantes1 spectacles1 musique1 ri5 n'y manquait1 si bi5 qu'ayant promis d'y re/] huit j\rs1 j'y passai trois sema9es4 ,je fis aussi avec la m>grave plusieurs c\rses en ple9e m]4 ,n\s allmes une fois db>qu] l'le de ,:igt1 qui e/ leve sur un ro*] et rappelle la ,suisse4 ,cette le e/ r5omme p\r les moeurs d\ces et paisibles de ses habitans4 ,ils viv5t t\s l1 m'a-t-on dit1 comme une seule famille1 j\issant d'une paix et d'un bonheur p>faits4 ,il se peut que depuis1 un gr& nombre de rgim5s ayant frqu5t cette le1 elle ne soit plus la mme s\s le rapport dont je p>le2 mais il e/ de fait qu' l'poque o je l'ai visite1 t\s ceux qui l'habitai5t tai5t bi5 vtus1 avai5t l'air affable et bon1 et ne p>aissai5t pas atte9ts p> la contagion des gr&es villes4 ,outre l'amnit que je rem>quai dans la population1 le paysage tait si ravissant1 que j'aurais v\lu pass] ma vie dans ce beau lieu3 l'le de ,:igt et l'le d',is*ia1 prs de ,naples1 ont pu seules me faire pr\v] ce dsir4 ,ces prom5ades sur l',ocan me plaisai5t beauc\p1 et n\s les r5\velmes assez s\v5t4 ,la m>grave1 un j\r1 fit arrt] son btim5t en ple9e m] et dem&a des hutres2 mais elles tai5t tellem5t sales qu'il me fut impossible d'en mang]4 ,il faut sans d\te1 p\r que les hutres devi5n5t bonnes1 qu'elles ne soi5t pas aussi n\vellem5t p*es4 ,ce que l'on peut faire de mieux l'poque o ,londres e/ ds]te1 c'e/ de c\rir les campagnes1 qui sont vraim5t sup]bes4 ,en sorte que j'acceptais avec beauc\p de reconnaissance les invitations qui m'tai5t faites4 ,et je pr5ais mon p>ti sur la monotonie de cette vie anglaise1 qui ne p\vait tre de mon gt aprs avoir habit si long-temps ,p>is et ,pt]sb\rg4 ,je passai quelque temps ,/[e1 *ez la m>quise de ,buck+ham4 ,le *teau tait magnifique et rempli de tableaux des plus gr&s matres4 ,je me s\vi5s surt\t d'un gr& portrait de ,van-,dyck o je vois encore une ma9 tellem5t belle et tellem5t en relief1 qu'elle faisait illusion4 ,le p>c de ,/[e1 orn d'un temple1 de monum5s1 de fabriques de t\te espce1 e/ de la plus gr&e beaut4 ,le m>quis et la m>quise de ,buck+ham recevai5t les ,franais avec inf9im5t de grce et de bont4 ,t\s deux ont beauc\p sec\ru les migrs di/+us2 j'en ai t in/ruite p> le duc de ,srant1 qui a sj\rn long-temps *ez eux1 et qui tait pntr de reconnaissance p\r ce noble c\ple#cj4 ,j'allai aussi la campagne de "l ,moiras4 ,quoique j'aie oubli le nom de ce *teau1 je me s\vi5s qu'on y e/ tabli trs con=tablem5t1 et surt\t qu'il y rgne la propret la plus re*]*e4 ,la soeur de "l ,moiras1 lady ,*>lotte1 qui e/ bonne et aimable1 en faisait les honneurs avec inf9im5t de grce2 il tait bi5 malheureux que l'ennui ft l6 ,au dn]1 les femmes sort5t de table avant le dess]t2 les hommes re/5t p\r boire et p\r p>l] politique4 ,il e/ p\rtant vrai de dire que dans aucune des runions o je me suis tr\ve les hommes ne s'enivrai5t2 ce qui me p]suade que si cet usage exi/ait en ,anglet]re1 comme on le rpte s\v5t1 il n'y exi/e plus dans la bonne compagnie4 ,je dirai aussi que j'ai dn plusieurs fois *ez "l ,moiras avec le duc de ,b]ri qui rev5ait de la *asse1 et que ce pr9ce ne buvait jamais que de l'eau1 bi5 lo9 de boire trop de v91 comme on l'a prt5du plus t>d4 ,aprs le dn]1 on se runissait dans une belle gal]ie1 o les femmes sont "p1 occupes brod]1 faire de la tapiss]ie1 sans dire un seul mot4 ,de leur ct1 les hommes pr5n5t des livres et g>d5t le mme sil5ce4 ,je dem&ai un soir la soeur de "l ,moiras1 p> un beau clair de lune1 si l'on ne p\vait pas all] se prom5] dans le p>c4 ,elle me rpondit que les volets tai5t f]ms et qu'on ne les r\vrait po9t p> prud5ce1 la gal]ie de tableaux se tr\vant au rez-de-*ausse4 ,comme la biblio?que1 qui tait magnifique1 r5f]mait aussi des recueils de gravures1 ma seule ress\rce alors tait de m'emp>] de ces recueils et de les p>c\rir1 en m'ab/5ant1 l'exemple gnral1 de prononc] une p>ole4 ,au milieu d'un c]cle aussi taciturne1 me croyant seule un j\r1 il m'arriva de faire une exclamation la vue d'une gravure *>mante1 ce qui surprit au d]ni] po9t t\s les assi/ans4 ,il e/ p\rtant de fait que l'abs5ce totale de conv]sation ne ti5t pas en ,anglet]re l'impossibilit de caus] avec agrm5t2 je connais beauc\p d',anglais qui sont =t spirituels2 j'aj\t]ai mme que je n'en ai pas r5contr un seul qui ft un sot4 ,la saison tait trop avance p5dant mon sj\r *ez "l ,moiras p\r que je pusse faire de longues c\rses pi$4 ,lady ,*>lotte me proposa de v5ir prom5] avec elle en voiture2 mais elle se s]vait d'une espce de c>iole dure comme une *>rette1 dans laquelle je ne pus re/] long-temps4 ,les ,anglaises en outre se sont habitues brav] leur climat4 ,j'en r5contrais s\v5t p> des pluies battantes1 dans des cal*es ouv]tes et sans p>apluie4 ,elles se cont5t5t alors de s'ent\r] de leur manteau1 ce qui ne s]ait pas sans inconvni5t p\r une trangre peu faite ce rgime aquatique4 ,j'avais un gr& dsir de voir le *teau de ,w>wick que l'on m'avait beauc\p vant4 ,je m'y r5dis1 esprant p\voir le visit] incognito p\r vit] t\te gne rciproque4 ,mais "l ,w>wick1 ne v\lant recevoir que des trang]s connus1 fit dem&] mon nom1 que je ne ca*ai po9t4 ,alors il v9t au devant de moi1 me fit lui-mme les honneurs de son *teau1 et me reut en t\t avec la plus obligeante di/9ction4 ,w>wick e/ un *teau go?ique comme celui de la du*esse ,dorset2 mais son aspect e/ bi5 plus pittoresque et bi5 plus romantique4 ,en trav]sant sa gr&e c\r ent\re de ro*]s1 je replaais dans ce beau manoir des nobles dames1 des *evali]s avec leurs bannires2 j'aurais dsir l'habit] moi-mme1 t&is que le *teau de la du*esse1 quoique plus gr&1 e/ si tri/e1 qu'on se f]ait consci5ce d'y plac] quelqu'un4 ,aprs m'avoir prs5te sa femme1 qui m'(frit djeun]1 et m'engagea v5ir pass] quelques j\rs avec eux1 "l ,w>wick me fit trav]s] son p>c dans sa voiture2 ensuite il me fit voir lui-mme avec dtail l'intrieur du *teau1 qui e/ rempli d'antiquits1 de tableaux1 d'armures et d'objets prcieux de t\s les g5res4 ,il me montra entre autres dans sa s]re *aude une norme c\pe antique de la plus gr&e beaut4 ,cette c\pe e/ en =me de jatte2 je prsume qu'elle tait place *ez les ,grecs dans un temple de ,bac*us2 c> les ornem5s se compos5t de grappes de rais9 et de feuilles de vigne entrelaces4 ,il me fit voir aussi sur son clavec9 les deux petits dess9s de moi dont je p>le dans mon second volume et que j'avais faits au *>bon sur les dessus de portes de "l ,hamilton4 ,il me dit les avoir a*ets =t *] de ce "l1 qui p\rtant je ne les avais pas v5dus4 ,l'entre du *teau de ,w>wick e/ taille dans les ro*]s sur lesquels il e/ bti4 ,le gr& *em9 passe dans le p>c1 ce qui anime cette magnifique habitation1 dont le propritaire me p>ut un excell5t homme1 qui j\issait bi5 de t\t ce qu'il possdait4 ,je visitai aussi ,bl5heim1 dit ,m>lbor\g1 o je vis de sup]bes tableaux et un trs beau p>c4 ,s\v5t1 en rev5ant de ces diffr5tes c\rses1 je m'arrtais sur des hauteurs quatre ou c9q milles de ,londres1 esprant j\ir de l'aspect de cette ville imm5se2 mais le br\ill>d qui la c\vrait tait t\j\rs d'une telle paisseur1 que je n'ai jamais pu ap]cevoir que la po9te de ses clo*]s4 ,,*apitre ,,xii4 ,je quitte l',anglet]re4--,rott]dam4--,anv]s4--,m4 d',hd\ville4--,j'arrive ,p>is4--,madame ,catalani4--,mademoiselle ,du*esnois4--,madame ,murat4--,je fais son portrait4--,je p>s p\r la ,suisse4--,lettres la comtesse ,v9c5t ,polocka4 ,quoique je fusse arrive en ,anglet]re dans l'int5tion d'y pass] quatre ou c9q mois1 j'y re/ais depuis prs de trois ans2 j'tais ret5ue1 non seulem5t p> mes intrts de =tune comme pe9tre1 mais encore p> la bi5veillance qu'on me tmoignait4 ,j'ai s\v5t ent5du dire que les ,anglais tai5t peu hospitali]s2 je suis bi5 lo9 de p>tag] cette op9ion1 et je cons]ve une vive reconnaissance de l'accueil qui m'a t fait ,londres4 ,outre que je recevais1 p\r all] dans le monde1 plus d'invitations qu'il ne m'tait possible d'en accept]1 j'avais russi 7ce qu'on dit tre plus difficile7 me =m] une socit selon mon gt p\r l'intimit1 en me liant avec lady ,b5tick et sa soeur1 les demoiselles ,vill]s1 madame ,&]son1 et "l ,trimle/[n qui1 trs amateur des arts1 cultive la pe9ture et la littrature avec gt1 et qui1 ma9t5ant ,p>is1 me cons]ve sa bonne amiti4 ,je ne me s]ais donc pas dcide ret\rn] si tt en ,france1 si je n'avais appris que ma fille tait arrive ,p>is2 je dsirais bi5 vivem5t la revoir1 d'autant plus que l'on m'crivait en secret que son pre lui faisait =m] diffr5tes liaisons qui me semblai5t peu conv5ables p\r une jeune femme1 en sorte que je rsolus mon d"p4 ,il fallait vraim5t que je fusse entrane p> un intrt de coeur p\r rsi/] aux regrets que v\lai5t bi5 me tmoign] mes amis et mes simples connaissances4 ,comme cette poque1 ,bonap>te1 qui s'tait fait emp]eur1 ne laissait po9t sortir de ,france les ,anglais qui s'y tr\vai5t la rupture du trait d',ami5s#ca1 lady ,h]ne1 connue p> son gt p\r les arts1 disait qu'il fallait me ret5ir en otage4 ,aucun des motifs qui devai5t m'engag] re/] ne fut oubli p> les aimables g5s que j'allais quitt]1 et j'tais trop s5sible ces bi5veillans ef=ts p\r ne pas y cd] en t\te autre circon/ance4 ,comme j'allais mont] dans ma *aise de po/e p\r me r5dre l'aub]ge situe prs de l'endroit o je devais m'emb>qu]1 je vis arriv] la *>mante madame ,grass9i2 je crus qu'elle v5ait simplem5t me faire ses adieux1 mais elle me dcl>a qu'elle v\lait me conduire l'aub]ge1 et me fit mont] dans sa voiture1 que je tr\vai encombre d'oreill]s et de paquets4 ,p\rquoi donc t\t cela8 lui dem&ai-je4--,v\s ne savez donc pas1 me dit-elle1 que v\s allez dans la plus dte/able aub]ge du monde8 v\s p\vez y re/] huit j\rs et plus si le v5t n'e/ pas favorable1 et mon int5tion e/ d'y re/] avec v\s4 ,je ne saurais dire quel po9t je fus t\*e de cette m>que d'intrt4 ,cette belle femme quittait les plaisirs de ,londres1 ses amis1 sans p>l] de la f\le d'adorateurs t\j\rs atta*s ses pas2 ce trait me p>ut bi5 aimable1 aussi ne l'ai-je jamais oubli4 ,je m'emb>quai p\r ,rott]dam1 o n\s arrivmes le mat9 c9q heures2 mais je re/ai dans le vaisseau1 p> ordre1 a9si que plusieurs autres p]sonnes1 et n\s ne pmes db>qu] qu' deux heures4 ,ds que je fus t]re1 j'allai *ez ,m4 de ,beauh>nais1 beau-frre de ,josph9e et alors prfet de ,rott]dam2 comme j'arrivais de ,londres1 il me consigna p\r huit ou dix j\rs dans la ville1 qu'il me laissait p\r prom5ade1 ce qui me contr>ia =t2 de plus1 je ne t>dai pas tre m&e *ez le gnral ,oud9ot1 et j'av\e que je ne fis pas cette visite sans avoir un peu peur2 mais le gnral me reut si bi5 que mes cra9tes se dissipr5t aussitt1 et je me rsignai att5dre que ma lib]t me ft r5due4 ,l'ambassadeur d',espagne1 que j'avais connu ,pt]sb\rg1 et qui rsidait ,la ,haye1 ayant appris mon av5ture1 eut piti de moi2 il v9t me *]*] plusieurs fois dans sa voiture p\r me faire faire des c\rses ,la ,haye1 di/raction qui m'tait =t agrable4 ,enf91 au b\t de dix j\rs j'obt9s mon passeport et je fus libre4 ,je p>tis p\r ,anv]s o le prfet1 ,m4 ,hd\ville1 me combla de so9s et de prv5ances2 il me conduisit dans la ville p\r me faire voir t\t ce qu'elle r5f]mait de rem>quable4 ,ne sa*ant comm5t reconnatre l'obligeance que madame ,hd\ville et lui me tmoignai5t1 je m'empressai d'all]1 sur leur dem&e1 voir un jeune pe9tre =t malade1 qui les intressait beauc\p1 et qui avait1 disai5t-ils1 le plus vif dsir de me connatre2 ,m4 ,hd\ville m'y conduisit1 et son aimable femme v\lait me p]suad] que ma visite avait fait tant de plaisir cet arti/e que la fivre avait cess aussitt2 quoi qu'il en soit de cette cure dont on me faisait honneur1 je ne pus savoir si elle fut complte1 c> je repris le l5dema9 ma r\te p\r ,p>is4 ,ce fut une gr&e joie p\r moi que celle de revoir mes amis1 et ma fille surt\t2 son m>i1 qu'elle avait accompagn en ,france1 tait *>g p> le pr9ce ,n>i%k9 de la mission p>ticulire d'engag] des arti/es p\r ,pt]sb\rg2 il rep>tit quelques mois aprs1 mais seul1 c> l'am\r avait fui depuis long-temps1 et ma fille re/a1 ma gr&e satisfaction4 ,p\r son malheur et p\r le mi51 ma pauvre enfant avait une tte extrmem5t vive2 de plus1 je n'tais po9t p>v5ue lui donn] le dgt que je ress5tais p\r la mauvaise compagnie4 ,aj\tez cela1 soit qu'il y et de ma faute ou non1 que si son empire sur mon esprit tait gr&1 je n'en possdais aucun sur le si51 et l'on concevra que p>fois elle ait pu me faire v]s] quelques l>mes amres4 ,mais enf9 c'tait ma fille2 sa beaut1 ses tal5s1 son esprit1 la r5dai5t aussi sduisante qu'on peut l'tre1 et quoique j'eusse alors le *agr9 de ne p\voir la dcid] v5ir log] avec moi1 att5du qu'elle s'enttait voir plusieurs p]sonnes que je ne devais pas recevoir1 je la voyais t\s les j\rs1 ce qui m'tait une gr&e joie4 ,la premire p]sonne avec laquelle je fis connaissance mon ret\r de ,londres1 fut madame ,catalani1 dont les tal5s faisai5t alors les dlices de ,p>is4 ,cette gr&e cantatrice tait jeune et belle4 ,sa voix1 une des plus tonnantes que l'on puisse ent5dre1 joignait une t5due prodigieuse une lgret qui t5ait du miracle4 ,elle n'avait po9t l'expression qui *>mait dans madame ,grass9i2 elle ravissait la manire du rossignol4 ,je fis le portrait de cette *>mante femme1 v\lant le g>d] *ez moi1 o il fait encore p5dant celui de madame ,grass9i4 ,je m'empressai de repr5dre mes soires de musique1 o madame ,catalani eut la complaisance de v5ir *ant]1 la gr&e satisfaction de t\te ma socit4 ,n\s faisions surt\t de la musique vocale2 c> je n'avais plus ,viotti1 et ce ne fut que plus t>d que le dlicieux violon de ,lafond v9t n\s consol] de son abs5ce4 ,je me s\vi5s qu' cette poque1 o n\s ent5dions les plus jeunes et les plus habiles *anteurs de l',europe1 madame ,dugazon1 se tr\vant un soir *ez moi1 n\s *anta la romance de ,n9a de ,daleyrac avec une telle expression qu'elle n\s att5drit jusqu'aux l>mes4 ,comme on ne peut pas t\j\rs arrang] de la musique1 je fis un soir de ces tableaux vivans qui avai5t eu tant de succs ,pt]sb\rg2 et en pr5ant so9 de ne plac] d]rire la gaze que de beaux hommes et de jolies femmes1 n\s en composmes de *>mans4 ,un autre j\r1 j'imag9ai de trac] sur un p>av5t plusieurs coiffures de p]sonnages hi/oriques1 dess\s lesquelles je fis des tr\s o p\vait pass] un visage4 ,les conv]sations qui s'tablissai5t avec ceux qui allai5t y plac] leurs ttes1 n\s amusr5t beauc\p1 et ,rob]t1 qui pr5ait "p t\tes les gaiets comme un coli]1 alla pos] la si5ne s\s la coiffure de ,n9on1 ce qui n\s fit rire comme des f\s4 ,t\s ces dtails p>atront bi5 purils auj\rd'hui que les soires se pass5t p>l] politique ou j\]2 mais plusieurs d'entre n\s n'avai5t pas encore p]du l'habitude de s'amus]1 et le fait e/ que n\s n\s amusions beauc\p2 aprs t\t1 ces plaisirs valai5t bi5 les c>tes des salons de ,p>is et les t\ffans r\ts des salons de ,londres4 ,p\r une p]sonne qui dsirait faire pass] agrablem5t le temps ses amis1 il m'arriva ce que je puis appel] une bonne =tune4 ,mon frre donnait alors des leons de dclamation mademoiselle ,du*esnois4 ,il me l'am5a et lui fit rcit] dans mon salon quelques fragm5s de rles4 ,n\s fmes t\s *>ms d'un tal5t si suprieur1 et n\s ne p\vions concevoir qu'on ne v\lt pas l'engag] la ,comdie-,franaise4 ,le fait e/ qu'il s'en fallait de beauc\p que mademoiselle ,du*esnois ft jolie2 mais je ne d\tais pas que le public en l'c\tant n'oublit sa laideur4 ,comme j'avais alors =t peu de crdit p> moi-mme1 j'allai tr\v] madame de ,montesson1 qui tait en faveur la c\r de ,bonap>te4 ,je lui vantai si bi5 ma jeune actrice1 qu'elle v\lut la faire ent5dre *ez elle1 dans une gr&e soire4 ,t\t le monde ayant t en*ant1 ,m4 de ,val5ce se *>gea aussitt de faire les dm>*es ncessaires p\r obt5ir un ordre de db1 et notre protge fut enf9 admise4 ,on se s\vi5t encore sans d\te de l'imm5se succs qu'elle obt9t ds le premi] j\r dans le rle de ,phdre4 ,ce succs fut tel qu'il lui p]mit de lutt] sans aucun dsavantage contre la plus belle crature que l'on ait jamais vue sur la scne1 mademoiselle ,georges1 qui dbutait prcism5t en mme temps qu'elle et dans le mme emploi4 ,le j\r du db de mademoiselle ,du*esnois1 je lui donnai mes conseils de pe9tre p\r son co/ume et p\r sa coiffure2 c> c'tait surt\t le visage qu'il s'agissait de sauv]4 ,je ne saurais dire quel po9t je j\issais des transports du public p5dant et aprs la tragdie4 ,j'tais vraim5t heureuse d'avoir contribu la =tune de cette jeune fille1 qui n'avait d'autre moy5 d'exi/5ce que son tal5t1 et qui tait de plus une excell5te p]sonne4 ,elle m'a t\j\rs tmoign la plus gr&e reconnaissance de l'appui dont mon frre et moi lui avions t1 et m'a montr jusqu' sa mort un t5dre atta*em5t4 ,quant sa complaisance1 je puis dire qu'elle avait mis son tal5t ma disposition2 non seulem5t elle disait dans mon salon une scne de ses rles t\tes les fois que je l'en priais1 mais elle a j\ *ez moi plusieurs prov]bes1 entre autres1 la ,cuis9e dans le salon1 o n\s la vmes remplac] la dignit de ,clytemne/re p> une rondeur et une vrit qui n\s *>mr5t4 ,une des premires p]sonnes que j'avais revues mon ret\r de ,londres avait t madame de ,sgur1 et j'allais s\v5t *ez elle4 ,un j\r1 son m>i me fit ent5dre que mon voyage en ,anglet]re avait dplu l'emp]eur1 qui lui avait dit s*em5t3 ,madame ,lebrun e/ alle voir ses amis4 ,il faut croire que cette rancune de ,bonap>te contre moi n'tait pas bi5 =te1 c> trs peu de j\rs aprs avoir p>l a9si1 il m'envoya ,m4 ,d5on me comm&] de sa "p le portrait de sa soeur1 madame ,murat4 ,je ne crus pas devoir refus]1 quoique ce portrait ne me ft pay que dix-huit c5ts francs1 c'e/--dire mo9s de la moiti de ce que je pr5ais habituellem5t p\r ceux de cette gr&eur4 ,cette somme dev9t d'autant plus modique1 que1 p\r me satisfaire dans la composition du tableau1 je peignis ct de madame ,murat sa petite fille qui tait =t jolie1 et cela sans augm5t] le prix4 ,il me s]ait impossible de dcrire t\tes les contr>its1 t\s les t\rm5s qu'il me fallut endur] p5dant que je faisais ce portrait4 ,d'abord1 la premire sance1 je vis arriv] madame ,murat avec deux femmes de *ambre qui devai5t la coiff] p5dant que je la pe9drais4 ,t\tefois1 sur mon obs]vation qu'il me s]ait impossible a9si de p\voir saisir des traits1 elle cons5tit r5voy] les deux femmes4 ,ensuite1 elle manquait sans cesse aux r5dez-v\s qu'elle me donnait1 de faon que1 dans mon dsir de t]m9]1 elle m'a fait pass] presque t\t l't ,p>is1 att5dant le plus s\v5t en va91 ce qui m'impati5tait un po9t que je ne saurais dire4 ,de plus1 l'int]valle entre les sances tait si long1 qu'il lui arrivait de *ang] de coiffure4 ,dans les premi]s j\rs1 p> exemple1 elle portait des b\cles de *eveux p5dantes sur ses j\es1 et je les fis comme je les voyais2 mais quelque temps aprs1 cette coiffure ayant pass de mode1 elle rev9t coiffe t\t autrem5t1 en sorte que je fus oblige de gratt] les *eveux que j'avais pe9ts sur le visage1 de mme qu'il me fallut effac] des p]les qui =mai5t un b&eau1 p\r les remplac] p> des cames4 ,il en arrivait autant p\r les robes4 ,celle que j'avais faite d'abord tait assez ouv]te1 comme on les portait alors1 et g>nie d'une l>ge brod]ie2 cette mode ayant *ang1 =ce fut de rappro*] la robe et de recomm5c] les brod]ies1 qui se tr\vai5t beauc\p trop loignes4 ,enf9 t\s les ennuis que madame ,murat me faisait pr\v] f9ir5t p> me donn] tant d'humeur1 qu'un j\r1 comme elle se tr\vait dans mon ateli]1 je dis ,m4 ,d5on1 assez haut p\r qu'elle pt l'ent5dre3 ,j'ai pe9t de vritables pr9cesses qui ne m'ont jamais t\rm5te et ne m'ont jamais fait att5dre4 ,le fait e/ que celle-ci ignorait p>faitem5t que l'exactitude e/ la politesse des rois1 comme le disait si bi5 ,l\is ,,xviii1 qui1 la vrit1 n'tait pas un p>v5u4 ,dlivre du tracas que m'avait donn ce portrait de madame ,murat1 je repris le tra9 de vie paisible dont j'avais la d\ce habitude2 mais mon gt p\r les voyages n'tait po9t encore satisfait3 je n'avais po9t vu la ,suisse1 et je brlais du dsir d'all] contempl] cette belle nature4 ,je rsolus donc de quitt] encore une fois ,p>is1 et je p>tis en #ahjh1 p\r all] c\rir les montagnes4 ,comme j'adressai dans le temps la relation exacte de ce voyage la comtesse ,v9c5t ,potocka1 je me borne plac] ici les lettres que je lui crivais1 dont j'ai g>d les d\bles4 ,,voyage ,,en ,,suisse ,,en #ahjh ,,et #ahji4 ,,lettre ,ire#cb4 ,de ,ble ,bi5ne2 de ,bi5ne l'le ,sa9t-,pi]re4 ,puisque v\s le v\lez1 ,madame1 je vais caus] avec v\s de mes c\rses pittoresques en ,suisse o bi5 s\v5t je v\s ai prom5e en ide2 mes rcits et mes descriptions s]ont simples comme la nature2 je n'ose pas v\s g>antir leur intrt2 mais j'ose v\s g>antir leur vrit4 ,c'e/ p> ,ble que j'ai fait mon entre en ,suisse2 je ne m'arrt]ai pas v\s dcrire cette ville1 p>ce qu'elle e/ beauc\p trop connue2 je me born]ai v\s dire qu'en arrivant ,ble1 je me fis annonc] *ez ,m4 ,e?+]1 banqui]1 qu'il se r5dit t\t de suite mon htel1 et qu'il me donna un dn] o il avait invit beauc\p de monde4 ,je pris le *em9 de l'v* de ,ble p\r all] ,bi5ne2 c'e/ ,m4 ,e?+] qui me conseilla de suivre cette r\te4 ,il avait gr&em5t raison1 c> cette r\te e/ sans contr$it la plus pittoresque1 la plus v>ie1 la plus gr&iose4 ,on y voit des scnes de paysage qui surpass5t en beaut t\t ce qu'on peut voir dans l'intrieur de la ,suisse2 j'tais sans cesse en admiration4 ,sur ce *em9 se tr\ve ,pi]re-,p]tuis1 arcade de ro*] =me p> la nature elle-mme1 qui prs5te elle seule un paysage et qui encadre une vue dlicieuse4 ,aimable comtesse1 si v\s avez peur des prcipices1 je ne v\s engage pas suivre la r\te de l'v* de ,ble2 v\s p\rriez bi5 n'y pr\v] d'autre s5sation que le mal de la peur2 les prcipices sont p]te de vue1 sans p>apets ni b>rires2 on les tr\ve la droite du *em92 d'normes ro*]s pic bord5t le ct gau*e4 ,il s'en e/ peu fallu que je ne sois tombe dans ces abmes4 ,le *eval qui m5ait ma voiture1 allait de droite gau*e au bord des prcipices4 ,le *em9 e/ troit4 ,t\t c\p mon *eval se cabre2 le sang lui sort des n>9es et jaillit sur les vitres de ma voiture3 le co*] desc5d p\r arrt] le *eval1 qui bondissait t\j\rs4 ,j'av\e que j'tais =tem5t effraye2 je dissimulais ma peur p\r ne pas augm5t] celle de ma *re compagne ,adlade2 le ciel eut enf9 piti de n\s4 ,au mom5t mme o n\s tions sur le po9t d'tre emportes dans les prcipices1 un homme 7le seul que n\s ayons r5contr sur cette r\te7 vi5t n\s1 ouvre la portire et n\s fait desc5dre2 puis aussitt il se runit au co*] p\r ret5ir le *eval et lui rel*] le h>nais2 le col de la pauvre bte tait trop s]r1 et le sang lui avait port la tte4 ,n\s tions c]ta9em5t p]dues sans ce bon paysan2 j'ai v\lu le rcomp5s]1 mais il m'a refuse en disant3 ,je suis heureux de m'tre tr\v l4 ,que ,dieu le bnisse p\r prix du s]vice qu'il n\s a r5du6 ,n\s cont9umes notre r\te presque t\j\rs pi$1 p\r ne pas n\s expos] de n\veaux prils1 et n\s arrivmes ,bi5ne4 ,je ne suis re/e qu'un j\r ,bi5ne p\r me repos]1 et je m'ab/i5drai de v\s en p>l]4 ,il me t>dait de voir l'le de ,sa9t-,pi]re1 dev5ue fameuse p> le sj\r de l'auteur de la ,n\velle ,hlose4 ,je trav]sai donc le lac1 et je t\*ai ce co9 de t]re qui n'a po9t l'imposant c>actre des paysages suisses1 mais qui (fre l'oeil de paisibles *amps o le bonheur semble n\s att5dre4 ,malgr son peu d't5due1 on tr\ve dans l'le de ,sa9t-,pi]re t\tes sortes de productions1 des vignes1 du bl1 des fruits2 la nature y e/ vivace1 et la vgtation y brille du plus ri*e clat4 ,on monte sur une hauteur p> un joli *em9 ombrag1 qui conduit un bois de haute futaie2 on s'enfonce avec dlices dans l'ombre et la v]dure de ce gr& bois2 aucun bruit ne tr\ble le prom5eur solitaire qui vi5t y rv]2 le sil5ce de ce *>mant asile n'e/ int]rompu que p> les mlodies du rossignol et les *ants d'autres oiseaux4 ,j'ai vu dans ce lieu pa/oral et t\t--fait lysen une gr&e salle o *aque diman*e les villageois du vois9age se runiss5t p\r dans]4 ,v\s auriez t heureuse1 aimable comtesse1 de v\s asseoir sur un banc plac l'extrmit du bois sur la hauteur2 on y j\it de l'air de plus pur et de la vue du lac2 on y e/ seul sans tre isol1 c> les bords du lac sont peupls de mille habitations bties au pi$ des montagnes1 et ces montagnes sont cultives soigneusem5t4 ,aprs les diffr5s spectacles de la nature1 la seule curiosit1 la seule *ose intressante de l'le de ,sa9t-,pi]re1 c'e/ la maison qu'habita ,r\sseau2 elle e/ situe au milieu de l'le1 et1 v\s le dirai-je1 ,madame1 ce n'e/ plus qu'un cab>et6444 ,l'immortelle r5omme de l'criva9 g5evois n'a pu sauv] sa demeure de cette pr(anation4 ,quelques d\ces que fuss5t p\r moi les prom5ades et les rv]ies dans l'le de ,sa9t-,pi]re1 il a fallu m'arra*] ces lieux2 je suis ret\rne ,bi5ne1 et de ,bi5ne je suis v5ue ,b]ne4 ,le *em9 qui mne ,b]ne passe trav]s les sites les plus v>is4 ,en appro*ant de la ville1 on dc\vre sur le plateau d'une montagne quatre lacs1 et bi5tt ensuite la *ane des glaci]s et t\s les monts environnans2 le spectacle de ces gr&es *anes montagneuses frappe vivem5t l'imag9ation4 ,le l5dema9 de mon arrive ,b]ne1 je suis alle *ez madame de ,vatteville dont le m>i tait l5damman1 et *ez le gnral ,vial1 notre ambassadeur2 j'ai reu d'eux le plus aimable accueil4 ,j'ai fait avec le gnral ,vial des c\rses *>mantes aux environs de ,b]ne2 l',arno ent\re la ville2 il anime et embellit t\t1 et *aque pas conduit des sites qu'il faut admir]4 ,b]ne a une ca?drale et deux hospices qui mrit5t d'tre visits p> les voyageurs4 ,la ville e/ btie sur la hauteur2 on tr\v]ait difficilem5t un po9t de vue aussi beau que celui qu'on dc\vre de la plate-=me de ,b]ne4 ,,lettre ,,ii4 ,la valle de ,laut]brunn1 la *ute du ,s*auba*1 les glaci]s de ,gr9delwald2 ,s*aff\se4 ,aimable comtesse1 je cont9u]ai v\s faire voyag] avec moi dans cette contre tant aime des arti/es1 des potes et des esprits rveurs2 les spectacles1 les tableaux qui vont pass] s\s vos yeux sont de la plus gr&e sublimit4 ,dans les c\rses dont il va tre "q1 j'avais une compagne de plus1 la belle et gracieuse madame de ,brac dont j'ai fait la connaissance ,b]ne2 son m>i occupait le po/e de *>g d'affaires de la ,holl&e en ,suisse2 madame de ,brac tait grosse de sept mois4 ,elle avait un fils g de dix ans1 d'une rem>quable intellig5ce4 ,le jeune de ,brac tait con/amm5t me reg>d] pe9dre2 il me disait3 ,madame1 vos paysages sont vivans1 p]mettez-moi d'en copi]4 ,un j\r je lui en donnai un1 il me rapporta la copie que je pris p\r mon orig9al4 ,en quittant ,b]ne1 je suis v5ue ,?\n1 et de ,?\n je me suis dirige v]s le fameux glaci]2 avant d'arriv] ce glaci]1 il faut trav]s] la gr&e valle de ,laut]brunn qui prs5te l'aspect le plus sauvage2 la valle de ,laut]brunn e/ si pre et sombre1 que je ne p\vais pas me rs\dre la croire habite4 ,elle e/ enf]me de t\s cts p> des montagnes si leves que le soleil ne peut l'clair] entirem5t qu' son midi2 aussi les mat9es y sont tnbreuses1 et sitt que le soleil desc5d l'horizon1 la nuit y revi5t4 ,la valle de ,laut]brunn e/ donc les trois qu>ts du temps le doma9e des noires ombres4 ,d'aprs cela1 jugez quelle *>mante surprise dut tre p\r n\s la r5contre de plusieurs jeunes filles jolies comme des anges2 leur te9t tait rose et blanc2 un air de c&eur nave aj\tait encore leur beaut4 ,elles n\s apportr5t de trs belles et d'excell5tes c]ises4 ,dans un lieu aussi tri/e1 aussi sauvage1 ne p\rrions-n\s pas croire que ces jeunes b]gres1 a9si que leurs fruits1 n\s tai5t desc5dus du ciel8 ,cette scne t\te fanta/ique tait p\r moi comme une scne des ,mille et une ,nuits4 ,de grosses pi]res encombr5t les *em9s de la valle2 notre voiture tait horriblem5t cahote1 et je tremblais que madame de ,brac ne ft une fausse c\*e4 ,n\s avons r5contr de gros torr5s sales et trs rapides dont mon teignoir aurait eu gr&'peur1 s'il avait t l4 ,celui que j'appelle ici du nom d'teignoir1 p>ce qu'il ref\lait en moi t\tes les p5ses d'art et de posie1 e/ un c]ta9 ,m4 ,d444 qui probablem5t v\s e/ inconnu1 aimable comtesse4 ,quel vila9 pays que la ,suisse6 me disait ce ,m4 ,d4442 les montagnes et les torr5s me font m\rir de peur2 je n'aime de la ,suisse que les prairies4 ,il ne faut pas que j'oublie de v\s p>l] de la cascade du ,s*auba* devant laquelle n\s n\s sommes arrtes en *em94 ,cette cascade tombe d'une hauteur de huit c5ts pi$s2 aussi le bas de sa *ute se trans=me en t\rbillons de fume2 cette imm5se nappe d'eau qui r\le et se prcipite avec fracas v\s bl\it1 v\s t\rdit1 v\s fait p]dre la tte4 ,en face de la cascade se tr\v5t quelques habitations4 ,de l on voit cette sup]be montagne de neige appele ,iung-,frau1 o l'homme n'a jamais pu mont]4 ,arrives au b\t de la valle de ,laut]brunn1 n\s tr\vmes une gr&e quantit de *alets ent\rs d'arbres fruiti]s4 ,n\s c\*mes l'aub]ge du ,cur1 en face des glaci]s de ,gr9delwald1 trs beaux et trs imposans p> leur masse norme4 ,n\s sommes ret\rns ,b]ne1 en passant p> ,bri5tz1 et de ,b]ne n\s sommes v5us ,s*aff\se4 ,aprs avoir dn ,s*aff\se1 je reu la visite du b\rgme/re qui j'avais t recomm&e2 il me proposa de me conduire la *ute du ,rh92 j'acceptai son (fre obligeante4 ,le b\rgme/re me m5a dans un trs petit bateau1 et je ne p\vais me df5dre d'un peu de frayeur en voyant quantit de ro*]s placs et l sur notre passage4 ,enf9 n\s voil au bas de cette *ute d'eau dont la maje/ueuse beaut inspire une sorte de t]reur4 ,je suis monte aussitt dans le petit pavillon qu'branle cont9uellem5t la viol5ce de la cascade4 ,ce pavillon e/ le po9t d'o on peut j\ir de la manire la plus complte de l'effet de ces va/es masses d'eau2 l'arc-en-ciel s'y voit con/amm5t4 ,j'ai visit galem5t le dessus de la *ute qui e/ sup]be4 ,j'ai pe9t ces deux vues4 ,des coteaux c\v]ts de vignes ent\r5t la *ute du ,rh91 et je dem&ai au b\rgme/re de m'envoy] du v9 de sa vigne2 il me rpondit avec un peu d'emb>ras que le port cot]ait plus que le v9 ne vaudrait2 je l'assurai que j'en avais bu et qu'il tait excell5t3 ,monsieur a bi5 raison1 me dit alors ,adlade2 le v9 que v\s avez bu l'aub]ge e/ de la cte du ,rh94 ,je reconnus ma mprise2 j'avais confondu la cte et la *ute1 et j'en fus honteuse4 ,si je me mettais sur le *apitre des mprises1 j'en aurais plus d'une v\s racont]4 mon ret\r de ,suisse1 j'eus une di/raction de ce g5re que je ne me p>donne pas4 ,j'arrive *ez madame de ,belleg>de1 leur *teau de ,m>*e en ,savoie2 aprs un d\x repos1 je vais avec ces dames ,*ambry *ez ,m4 de ,boigne qui n\s mne aussitt sa *>mante maison de campagne prs de la ville2 tant monte sur une t]rasse qui dom9e ,*ambry3 ,cette vue e/ ravissante1 m'criai-je1 on dc\vre si bi5 le village6 ,m4 de ,boigne#cc en fut *oqu1 et ce n'tait pas sans raison4 ,,lettre ,,iii4 ,zuri*2 ,ehrlebacz1 l'le d',h\fnau1 ,rap]*eld1 la valle de ,gl>is4 ,en voyageant en ,suisse1 on passe d'en*antem5t en en*antem5t2 qu& on sait bi5 voir1 on n'y connat po9t la monotonie2 *aque pas la scne v>ie2 d'un site *>mant v\s passez un site svre3 c'e/ ce que j'pr\vai en allant ,zuri*4 ,aprs avoir visit les curiosits de la ville et les environs1 j'allai m'in/all] dans une jolie maison de campagne ,ehrlebacz1 au bord du lac2 cette maison app>t5ait au gnral b>on de ,salis2 lui-mme habitait t\t prs de l avec sa femme1 sa fille et sa belle-fille1 et ce vois9age ne faisait qu'augm5t] le *>me de mon sj\r4 ,je fus reue p> le gnral et p> les si5s comme si j'eusse t de la famille4 ,je ne puis oubli] les d\ces heures que j'ai passes dans leur socit4 ,le bon gnral avait quatre-v+t-un ans2 malgr son ge et ses infirmits1 il tait t\j\rs gai1 spirituel2 il me racontait mille piquantes anecdotes2 l'ge du gnral1 la ma9 peut bi5 tre p>esseuse1 et cep5dant le vieux et excell5t b>on crivait s\v5t ses amis4 ,j'avais r5contr aussi le gnral b>on de ,salis dans mon voyage ,naples1 et je l'avais tr\v aimable et bon1 comme je l'ai dit ailleurs4 ,du re/e1 il n'tait po9t p\r moi une connaissance n\velle2 avant que l'ouragan rvolutionnaire et t\t disp]s1 j'avais connu et reu *ez moi ,p>is le bon gnral2 t\s les g5s de bi5 l'e/imai5t et l'aimai5t4 ,les deux cts du lac sont p>sems de villages pittoresques et d'lgantes maisons de campagne1 la vgtation y e/ ri*e et v>ie2 une =t de sap9s c\vre les riantes habitations4 ,les sites sont tellem5t *amptres1 surt\t la droite du lac du ct du mont ,albis1 qu'on se rappelle involontairem5t les pe9tures de ,gessn]2 en effet1 c'e/ l qu'tait sa demeure1 et c'e/ l qu'il a crit d'aprs nature4 ,une de nos j\issances tait d'ent5dre t\s les diman*es mat91 huit heures prcises1 les clo*es de diffr5s villages des bords du lac1 qui t\tes sonn5t la mme heure2 leurs sons diffr5s se confond5t1 se p]d5t ensemble selon leur di/ance3 c'e/ un mlange qui1 sans tre calcul1 produit une h>monie lo9ta9e dlicieuse4 ,avant de quitt] ,ehrlebacz1 je dsirais beauc\p faire une excursion1 et je priai le gnral de p]mettre que sa belle-fille vnt m'accompagn]2 j'obt9s cette p]mission2 cette dame1 qui n'avait gure plus de v+t ans1 en fut aussi cont5te que moi4 ,ds le l5dema9 n\s n\s emb>qumes sur le lac de ,zuri*4 ,n\s n\s arrtmes la petite le d',h\fnau1 qui n'a p\r habitans qu'une vieille femme et une jeune fille dont la n\rriture se compose t\t simplem5t de lait et de lgumes4 ,une petite glise1 bi5 anci5ne1 ent\re d'un cimetire1 se tr\ve au milieu de l'le4 ,la jeune fille n\s montra un caveau ouv]t1 rempli de ttes de morts d'une grosseur prodigieuse3 je ne p\vais en croire mes yeux4 ,depuis qu& ces ttes sont-elles entasses l8 dem&ai-je la jeune fille4--,ces ttes de morts1 me rpondit-elle1 sont si anci5nes qu'on ne peut savoir l'poque o elles ont t mises l4 ,n\s quittmes cette le et reprmes notre b>que p\r all] c\*] ,rap]*eld2 le soleil n'clairait plus que les sommets des montagnes de ,gl>is2 ces sommets tai5t c\leur de feu2 les autres montagnes plus prs de n\s1 plus basses1 tai5t dans l'ombre2 cet effet mlancolique me *>ma tellem5t1 que vite je pris mes pa/els p\r le pe9dre4 ,arrives l'aub]ge de ,rap]*eld1 n\s tions presses de n\s c\*]1 p>ce que n\s v\lions p>tir le l5dema9 de trs bon mat9 p\r une d]nire excursion4 ,il m'a t impossible de dormir1 p>ce qu'en face de n\s des *ants pla9tifs se faisai5t ent5dre4 ,qui *ante a9si8 m'criai-je4--,ce sont des b]g]s1 me rpondit-on1 qui s\pir5t leurs am\rs p\r des jeunes filles loges l *ez leurs p>5s4 ,on aj\ta que c'tait l'usage dans la contre1 et que s\v5t les p>5s ouvr5t leur porte au jeune b]g] qui ils veul5t donn] leur fille2 en ce cas1 les am\reux ont la p]mission de re/] la nuit prs du lit de celle qu'ils doiv5t p\s]2 on m'a bi5 assur que jamais ils n'abusai5t de cette p]mission4 ,ce co9 de la ,suisse e/ assez peu frqu5t2 les habitans peuv5t avoir cons]v l'innoc5ce primitive4 ,le l5dema9 n\s p>tons p\r all] sur le lac de ,wal5/ad2 g>dez-v\s bi51 ,madame1 de v\s emb>qu] jamais sur ce lac2 il n'a pas le *>me des autres lacs de la ,suisse1 et ne prs5te que des prils2 d'normes montagnes l'ent\r5t et le ress]r5t4 gau*e1 en entrant1 se tr\ve un petit village avec son clo*]1 c'e/ le seul endroit o l'on puisse db>qu]4 ,n\s allions t\j\rs en avant1 lorsqu'un gr& v5t s'lve1 et t\t c\p de gros nuages noirs s'amoncell5t sur les monts et sur nos ttes2 j'admirais cet effet t]rible2 mais ma jeune compagne m\rait de peur1 d'autant que le bateli] n\s dit qu'il fallait vite ret\rn]2 plus lo9 n\s n'aurions pu db>qu]4 ,d'aprs l'avis du bateli]1 et aussi vu la frayeur de ma compagne1 n\s rebr\ssmes *em94 ,il tait temps1 c> la tempte ne t>da pas grond]1 et un peu plus t>d n\s aurions t en pril4 ,n\s ret\rnmes ,rap]*eld4 ,n\s avions eu le projet de visit] la valle de ,gl>is1 et plusieurs amis du gnral de ,salis n\s att5dai5t p\r n\s accompagn]4 ,cette valle n'a de rem>quable qu'une cascade2 elle e/ encaisse p> de gr&es ro*es1 de sorte qu' l'heure de midi on y t\ffe de *aleur4 ,ma pauvre tte brlait s\s mon *apeau1 et je ne p\vais plus y t5ir2 ayant ap]u en *em9 des plantes l>ges feuilles1 j'en ramassai p\r en c\vrir ma tte2 je les r5\velais sans cesse1 et c'e/ a9si que je p>v5ais me rafra*ir4 ,n\s tions t\s accabls p> la *aleur1 lorsque enf9 n\s dc\vrmes un *alet au b\t de la valle2 n\s y entrmes p\r n\s repos]1 et n\s y bmes du lait avec dlices4 ,la femme qui n\s avait donn cette hospitalit si gnreuse ne v\lut po9t recevoir d'arg5t2 nos compagnons n\s fir5t ent5dre qu'elle accept]ait plus volonti]s des rubans2 aussitt n\s dta*mes nos ce9tures1 et cette femme fut p>faitem5t satisfaite4 ,en trav]sant la valle de ,gl>is1 j'ap]u un village plac t\t--fait au-dess\s d'une montagne qui m5aait de cr\l]2 plusieurs grosses pi]res avai5t dj r\l jusques auprs des habitations2 je dis plusieurs des bonnes g5s du village3 ,je cra9s bi5 que cette montagne ne tombe un j\r sur v\s4--,que v\lez-v\s8 me rpondir5t ces bonnes g5s1 n\s sommes ns l1 n\s y m\rrons4 ,tri/es et naves p>oles qui peign5t t\te la simplicit de ces lieux4 ,on montre au b\t de cette valle1 droite et gau*e1 les deux *em9s que l'arme franaise et l'anne russe ont suivis dans le temps des gu]res de la rvolution4 ,,lettre ,,iv4 ,soleure2 la montagne de ,wuns*e/e92 c\*] et lev] du soleil sur les montagnes4 ,je n'ai ri5 v\s dire de ,soleure1 ,madame1 c> je m'occupe peu de l'tude des villes2 mais c'e/ la nature que je donne t\te mon att5tion1 t\tes mes p5ses4 ,en me prom5ant dans ,soleure1 je dc\vris1 sur un des plus hauts sommets de la ligne du ,jura1 un petit *alet t\t seul1 bi5 petit2 c'tait un po9t2 je dem&e qui loge l1 si haut1 t\t seul2 on me rpond qu'on peut y arriv] trs facilem5t2 j'avais pe9e le croire1 c> la montagne e/ pic2 cep5dant1 aprs des in=mations plus prcises1 on me conseille d'y mont] p\r voir le c\*] et le lev] du soleil2 le matre de l'aub]ge o j'tais me dcide enf91 en me disant qu'on y va p> une gr&e r\te sup]be1 que ma cal*e et quatre *evaux m'y mn]ont dans la p]fection4 ,me voil dcide4 ,il faisait le plus beau temps du monde2 pas un nuage4 ,je vais assez bi5 en voiture p5dant trois qu>ts d'heure2 mais ensuite cette soi-disant gr&e r\te n'tait plus qu'une sorte de *aos2 c'tai5t de grosses pi]res les unes sur les autres1 po9tues1 bossues2 une monte pic sans g>de-f\4 ,v\s jugez bi51 ,madame1 que je pris le p>ti d'all] pi$4 ,mon guide ne rev5ait pas de mon c\rage2 il fut gr&em5t tonn de ma m>*e1 qui a dur depuis quatre heures jusqu' huit et demie2 je suis monte pic l'espace de trois lieues et demie2 aux deux premires heures de la m>*e1 la *aleur tait affreuse2 les ardeurs du soleil une fois passes1 plus je montais1 plus je me s5tais =te2 dire vrai1 le spectacle dont je j\issais me *>mait au po9t de me faire oubli] la fatigue4 ,j'ai vu c9q ou six va/es =ts les unes sur les autres s'abaiss] s\s mes yeux2 le canton de ,soleure ne me p>aissait plus qu'une pla9e1 la ville et les villages1 de petits po9ts2 la belle ligne de glaci]s qui bordait l'horizon se colorait de plus en plus des feux du soleil c\*ant2 les autres montagnes tai5t c\leurs d'iris2 des lignes d'or avec des arcs-en-ciel s't5dai5t sur ma montagne gau*e2 le soleil se c\*ait d]rire le sommet2 des monts violets-r\getres se p]dai5t ins5siblem5t dans le lo9ta9 jusqu'au lac de ,bi5ne et l'extrmit de celui de ,neu*tel1 si di/ans l'un de l'autre1 qu'ils ne se dta*ai5t que p> deux lignes dores et ent\res de vapeurs transp>5tes4 ,je dom9ais encore des cavits pr(ondes1 des montagnes de la plus belle vgtation2 mes pi$s app>aissai5t des vallons sauvages ent\rs de noirs sap9s4 mesure que le soleil baissait1 je voyais les nuances s'effac]2 les diffr5s sites pr5ai5t un c>actre svre1 tant p> leurs =mes que p> le long sil5ce qui e/ si bi5 en h>monie avec la *ute du j\r4 ,je puis v\s dire1 ,madame1 que j'ai j\i de t\te mon ame de ce spectacle si sol5nel et si mlancolique4 ,la lune s'e/ leve radieuse2 je me tr\vais ct du *alet o je devais c\*]2 c'tait l ce petit po9t que j'avais ap]u de la ville de ,soleure4 ,les p>oles me manqu5t p\r dire quelle fut ma batitude2 l'air le plus pur1 l'odeur aromatique des gazons que je f\lais1 me donnai5t un vritable bonheur2 si j'avais eu l quelques amis1 je crois que je ne s]ais jamais desc5due4 ,les va*es re/5t sur ces hauteurs p5dant t\t l't2 l'h]be odorante devi5t leur n\rriture1 et leur lait en e/ t\t p>fum4 ,le lait fit seul les frais de mon s\p]1 c> le p\let qu'on m'avait donn au *alet tait dur et sec4 ,je devais me lev] avant trois heures p\r all] encore une lieue plus lo9 sur la cime d'une montagne d'o je devais voir le lev] du soleil4 ,je ne pus dormir cause des puces1 et j'att5dis impatiemm5t l'heure du d"p sur une *aise4 ,me voil en *em9 avec mon ,adlade et mon guide p\r assi/] au spectacle du lev] du soleil1 mille fois plus radieux sur les montagnes que dans les pla9es4 ,arrive sur la cime du mont1 je vois le disque dor du soleil levant1 si brillant que mes yeux ne peuv5t en s\t5ir l'clat2 le ciel tait aussi pur que la veille2 la nature n'tait pas encore claire2 un br\ill>d blan*tre c\vrait la valle entire2 c'tait un nant de fume4 ,peu peu la ligne du glaci]1 qui avait t blanc-bleutre1 se colore sur les sommets2 elle pr5d des te9tes roses1 dores2 plus l5tem5t les autres montagnes se v]diss5t1 la pla9e se dc\vre1 les po9tes des clo*]s reluis5t2 enf9 les villes1 les villages1 les =ts1 les prairies r5aiss5t2 cela ressemblait une cration4 ,le sil5ce de ma montagne n'tait int]rompu que p> le joli bruit des clo*ettes des tr\peaux paissant et l aut\r du *alet4 ,il y avait avec n\s un gros *i5 que j'ai t\t de suite aim2 imag9ez-v\s qu'il reg>dait le soleil levant1 immobile sur ses pi$s1 et qu'il pleurait en face de ce radieux spectacle4 ,ce *i5 tait vraim5t un bon compagnon1 et je l'ai quitt avec regret4 huit heures et demie1 je suis ret\rne pi$1 desc5dant presque au galop ce mauvais *em92 ma voiture suivait2 le bruit qu'elle faisait sur les pi]res du *em9 m'impati5tait2 ce bruit m'emp*ait de p5s] et de j\ir de mes impressions4 ,aussi ai-je pris le p>ti d'envoy] la voiture en avant p\r ne plus l'ent5dre2 une heure aprs midi j'tais de ret\r ,soleure4 ,cette c\rse la montagne de ,wuns*e/e9 re/]a t\j\rs dans ma mmoire3 que n'tiez-v\s avec moi1 aimable comtesse6 c'e/ t\j\rs mon refra94 ,,lettre ,v4 ,vevay et ses environs4 ,ne v\s e/-il pas arriv1 ,madame1 de rv] des lieux o v\s v\driez vivre et m\rir8 ,moi c'e/ dans un endroit comme ,vevay que j'aim]ais pass] ma vie avec quelques amis2 ,vevay1 c'e/ le site de mes rves1 c'e/ mon lieu de prdilection2 mais on ne s'arrte pas t\j\rs l o on v\drait s'arrt]1 et le de/9 ne n\s p]met gure d'tre heureux4 ,le climat de ,vevay e/ le meilleur climat de la ,suisse2 j'avais pris l une demeure sur les bords du lac de ,g5ve qu'on voit dans sa plus gr&e l>geur2 droite et en face1 le lac e/ encadr p> les hautes montagnes de ,meill]ie jusqu' l'entre du ,valais1 d'o sort le ,rhne qui se prcipite dans le lac4 ,les montagnes qu'on voit en face et gau*e produis5t un effet sup]be au soleil c\*ant2 la vgtation dont elles sont ornes1 v>ie leurs tons l'inf9i4 ,c'e/ l qu'on dc\vre sur la hauteur la d5t de ,jam&4 ,les environs de ,vevay (fr5t de ravissantes prom5ades4 ,en suivant la gau*e du lac1 on arrive au *teau de ,*illon p> des coteaux boiss entrec\ps de villages4 ,au bas1 prs du *em91 un ruisseau limpide s'*appe avec rapidit1 et v\s *>me p> son murmure2 droite1 des arbres de haute futaie bord5t le lac qu'on dc\vre trav]s les bran*es4 ,la dlicieuse prom5ade au *teau de ,*illon rappelle la ,n\velle ,hlose4 ,je suis alle ,cl>5ce au lev] du soleil2 appuye sur les ru9es du *alet de ,jean-,jacques1 j'ai pe9t l'ensemble de ces lieux si ple9s de romanesques s\v5irs4 ,ce n'e/ pas l que se sont bornes nos prom5ades aut\r de ,vevay2 n\s allmes1 moiti pi$1 moiti en *>--bancs1 sur la montagne pi]reuse de ,blonay4 ,accabls de fatigue et de *aleur1 n\s avions fait halte p\r pr5dre un peu de repos1 lorsque ,,mm4 de ,blonay v9r5t n\s tmoign] le dsir de n\s recevoir dans leur *teau2 j'acceptai avec plaisir4 ,on dc\vre du *teau de ,blonay une vue admirable2 on y dom9e le lac et les montagnes environnantes4 ,de belles p*es n\s fur5t apportes2 j'av\e qu'en ce mom5t de lassitude et de soif1 ces p*es tai5t p\r n\s comme la manne dans le ds]t4 ,n\s desc5dmes la montagne de ,blonay p> le plus beau temps du monde2 la lune se levait radieuse4 ,arrive mon htel de ,vevay1 je dis l'aub]gi/e que je dsirais faire une c\rse sur le lac1 et lui dem&ai des rameurs2 l'aub]gi/e me rpondit qu'il me conduirait lui-mme dans son bateau4 ,il avait l'air si bon homme que j'acceptai sa proposition1 condition t\tefois qu'il ne prononc]ait pas un seul mot p5dant le trajet1 v\lant comme t\j\rs admir] en sil5ce les effets de la belle nature4 ,mon ,adlade tant trop fatigue p\r me suivre1 je p>tis seule avec le gros aub]gi/e2 ce n'tait pas ,sa9t-,preux1 je n'tais pas ,julie1 et n'en fus pas mo9s heureuse4 ,ma b>que se tr\vait seule sur le lac2 le va/e sil5ce qui s't5dait aut\r de moi n'tait tr\bl que p> le lg] bruit des rames4 ,je j\issais compltem5t de cette belle lune si brillante2 quelques nuages arg5ts la suivai5t sur un ciel d'azur4 ,le lac tait si calme1 si transp>5t1 que la lune et ces beaux nuages s'y refltai5t comme dans un miroir4 ,en v\s crivant1 trs aimable comtesse1 je me crois encore dans mon bateau sur ce magnifique lac dont v\s auriez j\i comme moi4 ,je p\rrais v\s p>l] encore des sal9es de ,beg1 de la belle cascade de ,pisse-,va*e ,sion 7 laquelle je prfre p\rtant celle du ,rei*5back71 de ,sa9t-,m>t91 de ,sa9t-,maurice dont le pont et les anci5nes =tifications =m5t un intressant tableau4 ,on tr\ve au bas de ces montagnes une population hideuse2 hommes et femmes ont t\s des gtres et p>aiss5t idiots2 j'tais tri/e de voir cette vila9e humanit4 ,je v\lais p\ss] ma c\rse au-del des sal9es de ,beg1 mais j'ai t arrte p> la suffocante *aleur des montagnes qui t\t--c\p se rappro*5t et devi5n5t comme des gorges pr(ondes4 ,je suis ret\rne p> le *em9 qui conduit aux ro*]s de ,meill]ie4 ,aprs quelque temps de m>*e1 un orage surv9t2 je m'arrtai et me tr\vai en face de ,vevay4 ,le ciel tait noir2 on ne dc\vrait ni les montagnes ni l'entre du ,valais2 mais de l je vis un effet radieux1 un sup]be arc-en-ciel qui se c\rbait ju/em5t sur ,vevay2 la ville en tait si bi5 claire que je p\vais aism5t di/+u] le clo*] et les maisons3 ce qui m'a rappel ,jean-,jacques lorgnant de cet endroit l'habitation d',hlose#cd4 ,,lettre ,,vi4 ,coppet2 madame de ,/al4 ,j'ai pass une sema9e ,coppet *ez madame de ,/al2 je v5ais de lire son d]ni] roman1 ,cor9ne ou l',italie2 sa physionomie si anime et si ple9e de gnie me donna l'ide de la reprs5t] en ,cor9ne1 assise1 la lyre en ma91 sur un ro*]2 je la peignis s\s le co/ume antique#ce4 ,madame de ,/al n'e/ pas jolie1 mais l'animation de son visage peut lui t5ir lieu de beaut4 ,p\r s\t5ir l'expression que je v\lais donn] sa figure1 je la priais de me rcit] des v]s de tragdie 7que je n'c\tais gure71 occupe que j'tais la pe9dre avec un air inspir4 ,lorsqu'elle avait t]m9 ses tirades1 je lui disais3 ,rcitez encore2 elle me rpondait3 ,mais v\s ne m'c\tez pas4 ,compr5ant enf9 mon int5tion1 elle cont9uait dclam] des morceaux de ,corneille ou de ,rac9e4 ,je me propose d'emport] le portrait ,p>is p\r lui mettre la d]nire ma9#cf4 ,je tr\vai ,coppet plusieurs p]sonnes tablies2 la bi5 jolie madame ,rcami]1 le comte de ,sabran et un jeune ,anglais2 puis je vis arriv] ,b5jam9 ,con/ant1 et le pr9ce ,augu/e-,f]d9& de ,prusse4 ,la socit se r5\velait sans cesse2 on v5ait visit] l'illu/re exile1 celle que l'emp]eur p\rsuivait de ses rancunes4 ,les deux fils de madame de ,/al se tr\vai5t alors ,coppet2 ils avai5t p\r g\v]neur le littrateur allem& ,s*legel2 sa fille1 trs jeune encore1 tait =t jolie2 elle avait un gt passionn p\r l'tude4 ,madame de ,/al recevait avec grce et sans affectation2 elle laissait sa socit libre t\te la mat9e4 ,on ne se runissait que le soir2 c'e/ aprs dn] seulem5t qu'on p\vait caus] avec elle4 ,on la voyait alors m>*ant dans son salon1 t5ant en ma9 une petite bran*e de v]dure2 qu& elle p>lait1 elle agitait ce rameau1 et sa p>ole avait une *aleur qui n'app>t5ait qu' elle seule2 impossible de l'int]rompre3 dans ces in/ans elle me faisait l'effet d'une improvisatrice4 ,p5dant mon sj\r ,coppet1 j'y ai vu j\] ,smiramis2 madame de ,/al remplissait le rle d',azma2 elle a eu de beaux mom5s dans ce rle1 mais son jeu tait 9gal4 ,madame ,rcami] m\rait de peur dans son rle de ,smiramis2 ,m4 de ,sabran n'tait pas trop rassur dans son rle d',arsace4 ,j'ai t\j\rs rem>qu qu'il n'y a que les comdies et les prov]bes qui se j\5t bi5 en socit1 mais jamais la tragdie4 ,de ,g5ve je suis alle ,f]ney voir la maison de ,voltaire4 ,je l'ai tr\ve bi5 petite et d'une telle salet que je crois qu'elle n'a pas t nettoye depuis que ce gr& homme l'a quitte4 ,la *ambre c\*] e/ re/e meuble4 ,on y voit le portrait de ,le ,ka91 droite prs de son lit4 ,en face prs de la f5tre1 ceux de madame ,du*atelet1 de l'abb ,delille et de quelques autres4 ,en sortant de son petit salon1 on tr\ve une t]rasse d'o l'oeil dc\vre les montagnes du ,jura4 ,son j>d9 tait en fri*e3 ce manque de so9 p\r l'habitation de ,voltaire m'a vraim5t attri/e#cg4 ,j'avais t tri/e aussi en voyant l'le ,sa9t-,pi]re la maison de ,r\sseau *ange en un mauvais cab>et#ch4 ,,lettre ,,vii4 ,g5ve et ,*am\ni4 ,je ne v\s dirai pas gr&'*ose de ,g5ve dont il exi/e assez de descriptions2 v\s savez d'ailleurs que je ne suis pas v5ue en ,suisse p\r voir des villes4 ,il faut p\rtant que je v\s dise que ,g5ve1 t\te rpublique qu'elle e/1 ne connat po9t l'galit2 le qu>ti] d'en haut ne frqu5te po9t le qu>ti] d'en bas1 et jamais un m>iage ne se fait de bas en haut4 ,p5dant mon c\rt sj\r ,g5ve1 on m'a fait mont] sur une t]rasse qui dom9e une prom5ade1 o les ,g5evois se sont battus outrance p\r emp*] l'rection de la /atue de ,jean-,jacques2 ce gr& criva9 e/ gnralem5t dte/ ,g5ve4 ,avant de quitt] cette ville1 j'ai reu un honneur que v\s me p]mettrez de ne pas oubli]2 on a daign me donn] le brevet de membre de l',acadmie de ,g5ve4 ,je v\s ai p>l d'une famille holl&aise avec laquelle j'avais fait connaissance ,b]ne1 ,m4 et madame de ,brac et leur fils2 n\s "pmes t\s ensemble p\r ,*am\ni4 ,aprs avoir pass ,sa9t-,m>t9 et ,bonneville1 n\s arrivmes ,salange1 p> un *em9 bord droite p> de gr&s et sup]bes ro*]s dont le soleil clairait les tons ri*es et v>is4 ,n\s montmes t\t en haut p\r j\ir de la magnifique vue du dme du ,mont-,blanc1 de l'aiguille du ,gt4 ,le soleil c\*ant rp&ait des te9tes dores sur les hauteurs de cette masse norme2 les rgions infrieures de la *ane tai5t c\leur d'iris et d'opale2 cette p>tie des glaci]s n'avait p\r t\te lumire que le reflet du ciel4 ,enf9 cette masse gr&iose tait int]cepte gau*e p> de hautes montagnes de sap9s t\t--fait dans l'ombre2 en bas1 les pla9es l'tai5t aussi1 ce qui faisait un contra/e et un rep\ssoir dont l'effet du ,mont-,blanc n'avait pas beso93 mais ce contra/e a*evait le tableau4 ,je v\lus pe9dre ce reflet2 je saisis mes pa/els2 mais hlas6 impossible2 il n'y avait ni palette ni c\leurs qui puss5t r5dre ces tons radieux444 ,n\s montmes ,salange4 ,aprs notre djeun]1 n\s "pmes aussitt p\r la valle de ,*am\ni1 qui ne ressemble en ri5 t\t ce que j'ai p>c\ru4 ,de *aque ct ce sont de hautes montagnes de noirs sap9s2 droite en entrant1 ces tri/es =ts sont entrec\pes d'normes glaci]s4 ,on ap]oit au-dessus le ,mont-,blanc1 son dme et l'aiguille du ,gt et d'autres glaci]s4 ,la s\rce de l',aveyron sort d'un ton sale d'une gr&e vote de glace3 en t\t1 ce lieu sauvage tonne1 mais ne *>me pas4 ,aprs notre djeun]1 comme il faisait un trs beau temps1 n\s fmes la p>tie d'all] voir la m] de glace4 ,il faut v\s dire qu'il y avait quantit de voyageurs qui s'y r5dai5t en mme temps2 mais moi1 p\r vit] cette f\le qui p>lait1 qui criait1 je les laissai all] un peu en avant4 ,enf9 je p>s seule avec mon guide1 p\r vit] le tra91 les p>lages sans f9 de t\te cette b&e4 ,je vais donc p\r mont] la m] de glace4 ,aprs une demi-heure de m>*e1 je t\rnais un s5ti] trs troit sur la hauteur d'un norme prcipice1 sans aucune b>rire4 ,arrive l1 j'ent5ds ,m4 de ,brac qui me crie3 ,au nom du ciel1 madame ,lebrun1 ne montez pas1 je v\s prie4 ,lui1 sa femme1 son fils1 cont9u5t leur m>*e4 ,je desc5ds donc t\t de suite avec mon guide3 il me mne au glaci] de ,bosson1 le plus beau de la valle3 j'en fus en*ante3 ces nombreuses votes de glaces sont normes de prs2 elles sont d'un ton transp>5t bleutre4 ,je m'tablis p\r pe9dre ce glaci] en face1 appuyant mon portefeuille sur le dos de mon compagnon2 je m\rais de soif4 ,mon guide avait un peu de v91 il m'en donna1 et p\r le rafra*ir il prit un petit morceau de glace4 ,aprs m'tre repose en peignant1 je desc5ds au-dess\s de ce glaci]2 mon guide m'y *]*e des fraises et m'en apporte quelques-unes qui tai5t excell5tes4 ,en me prom5ant1 je m'arrtai encore p\r pe9dre un po9t de ces montagnes bordes p> un torr5t2 voyant une masse d'arbres sup]bes dans la prairie1 je v\lus aussi la fix] t\t de suite3 c'e/1 je crois1 l'endroit le mo9s sauvage de la valle4 ,aprs cette prom5ade1 je rev9s mon aub]ge4 ,t\s les voyageurs tai5t de ret\r de la m] de glace4 ,ne voyant pas la famille de ,brac1 j'en dem&ai des n\velles2 on me rpondit3 ,hlas6 le m>i de cette dame s'e/ tr\v si mal p> la frayeur que lui a cause ce *em9 prilleux1 qu'il a p]du connaissance4 ,on vi5t de lui port] un matelas dans une petite cahute t\t en haut de la montagne2 sa femme se dsespre a9si que son fils4--,me voil bi5 inquite de lui1 de sa femme trs avance dans sa grossesse4 ,je re/e devant l'aub]ge1 att5dant avec anxit leur ret\r4 ,enf9 aprs plus d'une heure 7 la *ute du j\r71 je vois arriv] ,m4 de ,brac c\* sur un branc>d1 le visage moiti c\v]t1 sa femme fondant en l>mes1 son fils p\ssant des cris d*irans3 nombre de paysans ent\rai5t et suivai5t ce tri/e cortge1 qui me fit l'effet d'un ent]rem5t4 ,je ne puis exprim] la pe9e que j'pr\vais4 ,je fis port] ,m4 de ,brac m\rant prs de la *ambre que j'habitais1 ne p\vant quitt] sa femme si intressante1 et si ju/em5t effraye4 ,je pleurais avec elle1 avec son fils4 ,t\te la nuit1 ne p\vant dormir1 n\s c\tions sans cesse la porte du malade2 mais hlas6 n\s n'ent5dions que des gmissem5s4 ,n\s en tions si oppresses que n\s n\s mmes la f5tre p\r respir]4 ,t\te la nuit n\s ent5dmes tomb] successivem5t des avalan*es4 ,ce bruit s9i/re ressemble d'horribles c\ps de tonn]re4 ,n\s att5dions avec anxit le mat9 p\r savoir des n\velles de ,m4 de ,brac2 mais hlas6 po9t de mieux4 ,il avait encore la mme immobilit4 ,ce ne fut que le troisime j\r qu'il comm5a ouvrir les yeux1 et successivem5t1 mais l5tem5t1 son tat s'amliora4 ,sans cette cata/rophe1 je s]ais re/e peu de temps ,*am\ni2 mais j'y passai huit j\rs de plus1 ne v\lant pas quitt] cette malheureuse famille1 sans tre assure du rtablissem5t de ,m4 de ,brac4 ,on m'a dit que ce qu'il avait pr\v tait une catalepsie4 ,enf9 j'arrangeai mon d"p4 ,les onze j\rs passs ,*am\ni m'avai5t p>u un sicle4 ,je croyais p\voir p>tir1 lorsqu'on v9t me dire que les *em9s tai5t impraticables p> la quantit d'avalan*es tombes3 c'tait celles que j'avais ent5dues t\tes les nuits et qui tai5t fondues2 la r\te en avait t inonde4 ,n'tant plus utile nos compagnons de voyage1 j'tais au dsespoir de re/] dans ce tri/e ,*am\ni qui ne devrait tre habit que p> les *vres et les *amois4 ,les prairies elles-mmes ont leur tri/esse2 les s\cis sont les seules fleurs qu'on y tr\ve2 voil les b\quets que v\s (fr5t les jeunes b]gres4 ,p\r ri5 au monde je ne ret\rn]ais ,*am\ni4 ,aimable comtesse1 cette c\rse e/ la seule o je ne v\s ai po9t regrette#ci4 ,,lettre ,,viii#dj4 ,neu*tel2 ,luc]ne1 *ute du ,goldau4 ,l'an d]ni]1 mes c\rses en ,suisse m'avai5t procur trop de j\issances1 ,madame1 p\r que je n'eusse pas le dsir et le beso9 de revoir cette intressante rgion2 je suis donc rev5ue dans cette contre de moeurs naves et de beaux paysages4 ,l'anne d]nire1 j'avais fait mon entre en ,suisse p> ,ble2 cette fois-ci1 c'e/ p> ,neu*tel4 ,la ville de ,neu*tel e/ btie en amphi?tre2 le lac1 dont la longueur e/ de sept lieues et la l>geur de trois lieues1 porte un c>actre de gr&e maje/2 l'eau e/ vive et transp>5te4 ,c'e/ un peu avant le c\*] du soleil et hors de la ville1 sur la hauteur1 que j'ai le mieux j\i de la vue du lac4 ,j'avais en face les montagnes de la ,savoie et les glaci]s2 la gr&e ligne des ,alpes1 l'extrmit du lac1 se colorait d'un ton r\getre2 gau*e1 plus prs1 s'levai5t les montagnes de ,m\ti]s-,trav]s qui se dta*ai5t en violet bleutre sur le ciel dor p> le soleil c\*ant4 ,neu*tel1 qui se tr\vait en avant1 =mait un rep\ssoir vig\reux et pittoresque4 ,je suis alle de ,neu*tel ,luc]ne4 ,je v\s recomm&e bi51 ,madame1 qu& v\s irez de ces cts1 de gravir l',albis4 ,de l on dc\vre une des plus belles vues de la ,suisse3 dans le lo9ta91 droite1 on voit plusieurs lacs ent\rs de hautes montagnes qui1 aux premi]s rayons du soleil 7mom5t o j'ai j\i de cette vue71 sont enveloppes d'une lgre vapeur bleutre1 d'un effet magique4 ,c'e/ comme un beau rve ari54 ,je suis alle p> cette montagne ,luc]ne4 ,le canton de ,luc]ne e/ le plus pittoresque et le plus sauvage de la ,suisse3 prs de la ville1 en bas et sur les hauteurs1 p>t\t le pe9tre a de quoi s'enri*ir l'imag9ation p> les beaux contra/es des po9ts de vue4 ,en s'arrtant sur le pont1 l'aspect du lac e/ effrayant p> la svrit des montagnes qui l'ent\r5t et dont il e/ entrec\p3 la premire1 droite1 e/ le ,mont-,pilate1 dont on n'a jamais pu gravir le sommet /rile3 il e/ si lev qu'il e/ presque t\j\rs ent\r de gros nuages3 plus bas sont d'autres monts t\t cultivs et du plus beau v]t2 plus bas1 des maisons de campagne bord5t le lac4 gau*e e/ le ,rigi qui1 comme le ,pilate1 dom9e aussi les autres monts qui l'environn5t2 mais les voyageurs y peuv5t mont] p\r j\ir de la vue la plus imm5se de la ,suisse#da4 ,ce qui aj\te l'au/rit du lac e/ la c\leur de ses eaux1 plus v]te et plus fonce que celle des autres eaux4 ,il e/ s\v5t furieux2 je l'ai trav]s avec beauc\p de vagues1 et aussi beauc\p de peur1 d'autant que je ne voyais d'autre b>que que la mi5ne4 ,je savais que dans le mauvais temps on ne peut abord]2 v]s le milieu du trajet que j'avais faire1 j'ap]u1 droite1 la t\r et le clo*] de ,/anz/rade qui se dta*ait en demi-te9te d\ce sur ces coteaux de la plus belle vgtation4 ,le soleil r5dait ces c\leurs radieuses4 ,les montagnes qui surmontai5t ces coteaux avai5t aussi un ton f9 et dlicat qu'elles empruntai5t de la vapeur du lac1 et qui en ad\cissait les effets4 ,la montagne gau*e1 dont la te9te tait en ombre vig\reuse1 faisait un contra/e frappant4 ,je me suis fait db>qu] ,/anz p\r p>c\rir cette *>mante valle1 la plus belle de la ,suisse3 on y voit les plus beaux noy]s1 des prairies du plus beau v]t1 des coll9es boises1 des montagnes cultives et c\v]tes de *alets sur leurs hauteurs2 et plus bas1 de jolies maisons de campagne4 ,en montant sur les coll9es qui l'ent\r5t1 on j\it du c\p d'oeil le plus ravissant3 et la vue des villages p>s et l1 dont les toits1 r\ge fonc1 se dta*5t si bi5 au milieu des diffr5tes v]dures1 r5d ce c\p d'oeil pittoresque et riant t\t la fois4 ,le mont ,pilate et le ,rigi dom95t aussi cette dlicieuse valle4 ,aprs m'y tre beauc\p prom5e1 je me suis remb>que1 et suis desc5due ,br[n1 autre valle *>mante4 ,les v]g]s1 les prairies y bord5t une petite rivire1 la plus claire et la plus limpide que j'aie jamais vue4 ,ce sont des lames de cri/al1 des diamans qui c\r5t avec rapidit4 ,aprs plus d'une heure de m>*e1 je suis arrive au b\rg de ,s*witz2 c'e/ l que j'ai vu les plus jolies maisons4 ,elles sont situes sur une hauteur ent\re d'un vallon f]tile4 ,l'aub]ge o je logeais se tr\ve en face de l'glise1 qui e/ assez leve3 j'avais p\r po9t de vue le cimetire1 rempli de croix *>ges d'ornem5s noirs et dors3 immdiatem5t au-dess\s se tr\ve un abri o les g5s du pays vi5n5t dans] ou j\] diffr5s jeux3 ces morts au-dessus des vivans me donnai5t rv]2 v\s en auriez fait autant4 ,je suis alle de ,luc]ne ,zug2 le *em9 e/ bord de coll9es trs habites4 ,c'tait le temps de la moisson3 n\s r5contrmes quantit de moissonneurs et de moissonneuses rangs aut\r de leurs *>s de transport2 ils les avai5t orns de bran*es et de fleurs2 ils *antai5t et dansai5t en rj\issance de leur bonne rcolte4 ,j'ai trav]s le lac de ,zug1 qui e/ *>mant2 ses bords sont ent\rs de jolis coteaux c\v]ts de maisons2 on y voit les hautes montagnes de ,s*witz4 ,arrives l'aub]ge du ,zug1 la matresse1 qui sait trs bi5 le franais1 n\s p>la de la *ute de ,goldau2 elle y avait p]du une tante1 et avait failli y p]dre ses deux filles1 qui devai5t ce mme j\r la v5ir voir4 ,elle n\s raconta la cata/rophe4 ,onze voyageurs qu'elle avait eus *ez elle s'emb>qur5t p\r ,goldau4 ,quatre d'entre eux v\lur5t entr] dans l'glise d',art2 les autres compagnons cont9ur5t leur r\te disant3 ,n\s ne v\lons pas p]dre de temps p\r arriv] ,goldau2 ,sortis de l'glise1 les quatre voyageurs vir5t l'horrible spectacle de la *ute de la montagne dont les pi]res ent\res de sables1 d'arbres1 n'avai5t fait aucun bruit4 ,cette *ute v5ait d'ensevelir leurs amis dont deux tai5t avec leurs femmes et d'autres p>5s4 ,une jeune p]sonne promise un jeune homme1 avait t aussi engl\tie4 ,les quatre voyageurs *apps ce cruel malheur1 rev9r5t l'aub]ge les yeux g>s et pleurant *audes l>mes4 ,la matresse de l'aub]ge leur dem&a p\rquoi ils tai5t si tt de ret\r8 ,hlas6 dir5t-ils1 v\s voyez le re/e de notre compagnie4 ,l'un de ces voyageurs a p]du entirem5t la tte4 ,on fit des f\illes1 on n'a pu y retr\v] qu'une mre et son enfant3 on les a ent]res aux deux croix noires2 comme p> miracle1 on a aussi dc\v]t un enfant t\t vivant dans son b]ceau4 ,les habitans des environs de ,goldau ont t pr(ondm5t mus de ce dsa/re2 p>mi eux1 il y en avait qui se croyai5t la f9 du monde4 ,je quittai regret de belles valles1 p\r all]1 peu de di/ance de l1 voir cette fameuse *ute de la montagne de ,goldau4 ,imag9ez-v\s1 ,madame1 que cette montagne a engl\ti l'espace de sept lieues de circonfr5ce2 avant ce dsa/re1 ce pays (frait la plus dlicieuse valle p>seme de diffr5s villages1 ent\re de la plus fra*e vgtation1 habite p> les meilleures g5s du monde3 prs5t1 ce ne sont que ro*]s et pi]res normes accumules les unes sur les autres2 des torr5s de sable entrec\ps de m>es d'une eau v]te et /agnante4 ,des =ts entires ont t entranes dans cette horrible *ute4 ,au mom5t o j'ai v\lu m'tablir p\r pe9dre ce dsa/re1 j'ent5dis une dtonation telle que je crus que c'tait une n\velle *ute de la montagne4 ,j'tais seule dans mon *>--bancs2 je ne puis r5dre ma frayeur4 ,on v9t heureusem5t me dire qu'on y faisait saut] des ro*]s p\r ouvrir un *em92 mais les travailleurs cessr5t p\r me laiss] pe9dre4 ,on voit sur le lac de ,lov]s1 qui e/ dans le vois9age1 des dbris de maisons p>s et l1 a9si que des pi]res normes1 dbris de l'b\lem5t4 ,dans le lac de ,lov]s1 on ap]oit encore les dbris de la maison de l'ermite1 qui tait btie sur une petite le au milieu du lac4 ,je suis monte trav]s des ro*]s p\r visit] en dtails le ?tre de la cata/rophe2 je n'ai plus vu de v]dure1 plus d'habitations2 cela ressemblait la f9 du monde6 ,au milieu de ce *aos1 je ne puis v\s exprim] mon effroi et la pe9e que j'pr\vais en p5sant aux malheureux engl\tis s\s mes pas2 j'errai long-temps dans ce lieu funbre qui remplissait mon ame de tri/esse4 ,je m'arrtais *aque in/ant4 ,t\t c\p j'ap]ois deux petites croix noires t\t prs l'une de l'autre3 c'tai5t les deux fosses de la mre et de l'enfant qui avai5t t tr\vs dans les sables p> les ouvri]s employs pratiqu] un petit *em9 p\r les *>--bancs4 ,ces deux croix noires =m5t le seul monum5t de ce va/e cimetire1 et c'e/ pe9e si on le dc\vre dans cette imm5sit4 ,j'ai pe9t d'aprs nature ce tri/e lieu4 ,de l1 je suis alle m'emb>qu] ,art3 ensuite j'ai mont ,kusma* p\r voir la *apelle de ,guillaume ,tell1 rige l'endroit o il a tu ,gessl]4 ,cet endroit me p>ut *>mant2 c'tait v]s le soir3 j'ent5dais dans un vallon *ant] un b]g] et sa b]gre4 ,le b]g] tait ca* dans un bois sur la hauteur1 la b]gre tait dans le vallon appuye sur une fonta9e 7c> c'e/ a9si qu'ils se p>l5t d'am\r74 ,ils se rpondai5t comme p> *o3 si tt qu'ils n\s ont ap]u1 ils ont cess leurs *ants4 ,cette correspondance d'am\r qui se faisait p> mlodie1 (frait une gracieuse scne pa/orale3 c'tait une glogue en action4 ,,lettre ,,ix4 ,und]se2 la fte des b]g]s4 ,voil bi5 des lettres que je v\s ai crites1 ,madame2 je v\s ai associe t\tes mes impressions1 t\tes mes p5ses de voyage1 et v\s savez ma9t5ant quelle e/ ma manire de voir la ,suisse2 mais je ne v\s ai pas encore dit ma manire d'tre en voiture4 ,lorsque je suis en r\te trav]s ces belles rgions de la ,suisse1 je ne p>le pas1 je ne dis pas un mot dans ma cal*e4 ,je suis a9si muette mme avec mon ,adlade qui p\rtant me compr5d si bi52 bi5 s\v5t je fais arrt] ma voiture p\r pe9dre les sites qui me plais5t1 et alors je me borne dire3 ,adlade1 faites-moi donn] mes pa/els4 ,en voyageant j'ai un si gr& beso9 de me croire seule1 que je me suis fait arrang] dans ma voiture un rideau qui m'isole entirem5t3 p>t\t et t\j\rs mes contemplations sont sil5cieuses4 ,cette lettre s]a la d]nire o je v\s p>l]ai de la ,suisse2 je t]m9]ai mes rcits p> celui de la fte des ,b]g]s1 qui se clbre ,und]se2 fte sol5nelle et t\*ante laquelle je suis bi5 aise d'avoir assi/4 ,me tr\vant ,luc]ne une seconde fois1 je ret\rnai ,b]ne p\r gagn] ,?\n1 et arriv] ,und]se quelques j\rs avant la fte des ,b]g]s4 ,le *em9 de ,b]ne ,?\n e/ le plus dlicieux du monde avec ses po9ts de vue v>is et ses nombreuses habitations4 ,la ville de ,?\n1 dom9e p> un vieux *teau crnel1 (fre un aspect trs pittoresque4 ,la v>it des sites donne un gr& *>me au passage du lac2 p>mi les sites du lac1 il en e/ de gracieux et d'imposans1 de gais et de sauvages2 ils sont c\v]ts de villages et de *teaux4 ,c'e/ a9si que je suis arrive ,und]se1 prs d',und]la*4 ,je savais que ,m4 ,konig m'avait prp> un logem5t1 et je me suis r5due *ez lui4 ,j'ai tr\v effectivem5t une *ambre *>mante1 un lit t\t neuf avec des rideaux v]ts4 ,il y avait1 dans la maison de ,m4 ,konig1 table d'hte p\r t\s les trang]s de di/9ction qui v5ai5t la fte des ,b]g]s4 ,avant d'all] plus lo91 j'ai hte de dire que ,m4 et madame ,konig n'ont pas v\lu accept] une maille p\r les qu9ze j\rs que j'ai passs dans leur maison3 ,n\s avons t si heureux de v\s recevoir6 me disai5t-ils#db4 ,m4 ,konig dess9ait le paysage2 ses co/umes de ,suisses reoiv5t un d\ble intrt de la manire dont il les a gr\ps1 ce qui les r5d suprieurs ceux que d'autres ont faits avant lui4 ,j'ai p>c\ru avec ,m4 ,konig les environs d',und]se1 qu'il dess9ait avec facilit et tal5t4 ,une vgtation gr&e et v>ie c>actrise le canton d',und]se2 on ne voit nulle "p d'aussi beaux arbres1 des prairies d'un plus beau v]t1 des maisons de paysans aussi pittoresques4 ,le ,iung-,frau1 une des plus hautes montagnes de neige1 surmonte d'imm5ses montagnes de sap9s1 dont la sombre v]dure =me avec la neige un contra/e frappant4 ,gantz1 ce sont d'pres ro*]s d'une belle c\leur1 et la vue du pont d',und]se e/ des plus pittoresques4 ,des deux cts sont de longues et l>ges cluses qui c\l5t en s5s div]s1 ce qui fait un c\p d'oeil magique4 ,le bruit de ces diffr5tes cascades1 la limpidit de ces eaux bordes l'extrmit p> des les *>mantes1 (fre un spectacle qui rappelle l'imag9ation les j>d9s d',armide4 ,la veille de la fte1 au soir1 la pluie1 qui n\s contr>iait depuis quelque temps1 cessa4 ,n\s tions t\s au *teau du bailli2 la c\r tait remplie de monde1 t\s les b]g]s et les b]gres y tai5t rassembls3 neuf heures le bailli donne le signal1 et l'in/ant1 sur la montagne vis--vis du *teau1 "p un feu d'artifice qui claire au mme mom5t t\s ces gr\pes2 b]g]s et b]gres *ant5t aussitt en *oeur une musique pa/orale et h>monieuse4 ,de t\s cts aussi s'allum5t les feux que l'on avait prp>s sur les hautes montagnes qui ent\r5t ce riant vallon2 les cors des ,alpes se rpond5t4 ,le premi] mom5t fut si att5drissant1 si sol5nel1 que les l>mes m'en v9r5t aux yeux4 ,je ne fus pas la seule qui pr\vai cette motion3 elle n\s v5ait de l'ensemble du pays et des habitans4 ,en ret\rnant ma maison1 je j\is encore des effets de ces feux1 qui p>aissai5t tre de petits volcans de di/ance en di/ance2 la fume aj\tait encore l'effet2 en recevant la lumire1 elle agr&issait les masses r\getres1 au milieu de la nuit noire qu'il faisait4 ,j'ai regrett qu'il n'y et pas de lune1 elle aurait aj\t au *>me de ce tableau#dc4 ,le l5dema9 le temps1 qui n\s avait inquits la veille au soir1 s'claircit neuf heures4 ,t\t le monde "p de t\s les cts p\r se r5dre au lieu de la fte3 j'arrive dix heures et demie1 et ds l'entre je suis ravie du plus *>mant c\p d'oeil possible3 imag9ez-v\s un amphi?tre de v]dure c\ronn p> une haute montagne de la plus belle vgtation2 plus bas1 gau*e1 des grad9s de v]dure ombrags et entrec\ps d'arbres clairs et lg]s2 mi-cte1 un peu sur la hauteur1 s'lve une ru9e nomme d',unspunn51 re/e d'un vieux *teau1 ent\re de li]res1 qui se dta*ait en demi-te9te sur une norme montagne de sap9s entrec\pe de *amps cultivs4 ,lorsque j'arrivai1 ces lieux tai5t remplis de monde1 le soleil radieux clairait des gr\pes de paysans de div]ses cantons1 assis sur la hauteur2 au milieu des diffr5tes c\leurs de tant de co/umes on ne p\vait di/+u] aucun p]sonnage2 cette di/ance cette multitude faisait l'effet d'un sup]be *amp de re9es-m>gu]ites2 puis d'autres gr\pes s'avanai5t plus haut v]s la t\r#dd2 plus haut1 plusieurs aussi s'tai5t runis et =mai5t1 dans la prairie1 le c]cle de/9 aux ex]cices1 ce qui v>iait encore le po9t de vue4 ,enf91 c'tait un c\p d'oeil en*anteur3 le plus beau temps embellissait la fte4 ,aprs en avoir j\i1 je vais m'asseoir sur les bancs disposs p\r les trang]s1 en face du c]cle o devai5t avoir lieu les jeux des lutteurs et des lanceurs de pi]res1 =m p> les b]g]s et b]gres4 ,je me tr\vai ju/em5t et heureusem5t ct de madame de ,/al4 ,peu d'in/ans aprs1 n\s ent5dmes une musique religieuse *ante p>faitem5t p> de jeunes b]gres1 puis aussi le ranz des va*es4 ,les b]gres tai5t prcdes p> le bailli et p> les magi/rats4 ,puis v5ai5t des paysans de div]s cantons1 t\s vtus de diffr5s co/umes2 des hommes *eveux blancs portai5t les bannires et les halleb>des de *aque valle4 ,ils tai5t vtus comme on l'tait1 il y a c9q sicles1 lors de la conjuration de ,rutti4 ,ces vieux temps tai5t reprs5ts p> ces vnrables vieill>ds4 ,enf9 madame de ,/al et moi1 n\s fmes si mues1 si att5dries de cette procession sol5nelle1 de cette musique *amptre1 que n\s n\s s]rmes la ma9 sans p\voir n\s dire un seul mot2 mais nos yeux se remplir5t de d\ces l>mes4 ,je n'oubli]ai jamais ce mom5t de s5sibilit rciproque4 ,aprs cette procession1 les jeux comm5cr5t4 ,d\ze montagn>ds et ceux de la valle lancr5t d'normes pi]res1 du poids de quatre-v+ts livres1 de dessus leurs paules avec une =ce incroyable4 ,le jeu des lutteurs comm5a ensuite4 ,ils montrr5t t\s une agilit et une =ce tonnante4 ,lorsque les ex]cices de la fte fur5t t]m9s1 le bailli di/ribua les prix aux va9queurs4 ,des hymnes fur5t encore *ants la prosprit du pays2 puis le ranz des va*es se fit ent5dre4 ,aprs cette crmonie1 t\t le monde se disp]sa1 et p>t\t des gr\pes *antai5t1 dansai5t1 valsai5t et mangeai5t4 ,on avait dress plusieurs t5tes avec des tables2 plusieurs trang]s s'y tablir5t p\r dn]4 ,les paysans faisai5t leur cuis9e en ple9 air4 ,c'tait le c\p d'oeil le plus v>i1 le plus vivant que j'aie jamais vu4 ,cette fte m'a donn l'ide de la vie1 comme la *ute de ,goldau m'avait donn l'ide de la mort4 ,jamais je ne v\s ai tant regrette1 ,madame2 c> v\s saurez que cette fte n'a lieu que t\s les c5t ans2 c'tait le c9quime jubil national#de4 ,,*apitre ,,xiii4 ,l\veci5nes4--,madame ,hocqu>t4--,le #ba m>s #ahad4--,les trang]s4--,le pavillon de ,l\veci5nes4--,l\is ,,xviii4--,le #bj m>s #ahae4--,la famille de ,l\is ,,xviii4 mon ret\r de ,suisse1 ne dsirant pas habit] ,p>is l't1 j'a*etai1 ,l\veci5nes1 la maison de campagne que j'ai encore4 ,je fus sduite p> cette vue1 si t5due que l'oeil peut y suivre p5dant long-temps le c\rs de la ,se9e2 p> ces magnifiques bois de ,m>ly1 p> ces v]g]s dlicieux1 si bi5 cultivs que l'on se croit dans la t]re promise2 enf91 p> t\t ce qui fait de ,l\veci5nes un des plus *>mans environs de ,p>is4 ,une j\issance de plus p\r moi dans mon tablissem5t *amptre1 tait d'avoir p\r vois9es madame ,p\rat et sa fille1 la comtesse ,hocqu>t3 madame ,hocqu>t e/ une de ces femmes di/+ues avec lesquelles on aim]ait pass] sa vie4 ,son esprit1 sa gaiet naturelle1 me l'avait t\j\rs fait re*]*]1 et c'tait une bonne =tune que de log] prs d'elle4 ,p>mi plusieurs tal5s qu'elle possdait1 elle en avait un si rem>quable p\r j\] la comdie1 que1 dans c]ta9s rles1 on p\vait la comp>]1 sans aucune flatt]ie1 mademoiselle ,contat4 ,il en rsultait qu'il y avait assez s\v5t spectacle au *teau1 et la f\le v5ait de ,p>is p\r applaudir madame ,hocqu>t4 ,en allant ,l\veci5nes1 je m'tais empresse d'all] visit] le pavillon que j'avais vu au mois de septembre #aghi dans t\te sa beaut4 ,il tait entirem5t dmeubl1 et t\t ce qui l'ornait du temps de madame ,dub>ry avait disp>u4 ,non-seulem5t les /atues1 les bu/es tai5t enlevs1 mais aussi les bronzes des *em9es1 les s]rures travailles comme de l'orfvr]ie2 enf91 la rvolution avait pass l comme p>t\t4 ,t\tefois1 il re/ait encore les quatre murs1 t&is qu' ,m>ly1 ,sceaux1 ,belle-,vue1 et tant d'autres endroits1 il ne re/e que la place4 ,p5dant les premires annes qui suivir5t mes voyages en ,suisse1 ayant enf9 pris le gt du repos1 jo9t celui que j'avais t\j\rs eu p\r la campagne1 je p>tais p\r ,l\veci5nes avant les premires feuilles1 en sorte que j'y tais t\t tablie lorsque les allis s'avancr5t sur ,p>is4 ,*acun sait que les tr\pes trangres ont beauc\p plus maltrait les villages que les villes2 aussi n'oubli]ai-je jamais ma nuit du #ca m>s #ahad4 ,ignorant que le dang] ft si pro*a91 je n'avais pas encore mdit ma fuite2 il tait onze heures du soir1 et je v5ais de me mettre au lit1 lorsque ,joseph1 mon dome/ique1 qui tait ,suisse1 et qui p>lait allem&1 entra dans ma *ambre1 p5sant bi5 que j'aurais beso9 d'tre protge4 ,le village v5ait d'tre envahi p> les ,anglais et les ,prussi5s1 qui mettai5t t\tes nos maisons au pillage1 et ,joseph tait suivi de trois soldats figures atroces1 qui1 le sabre la ma91 s'appro*r5t de mon lit4 ,joseph s'gosillait leur dire en allem& que j'tais ,suisse et malade2 mais sans lui rpondre1 ils comm5cr5t p> pr5dre ma tabatire d'or qui tait sur ma table de nuit4 ,puis ils ttr5t si je n'avais po9t d'arg5t s\s ma c\v]ture1 dont l'un se mit tranquillem5t c\p] un morceau avec son sabre4 ,un d'eux1 qui p>aissait ,franais1 ou du mo9s qui p>lait p>faitem5t notre langue1 leur dit bi53 ,r5dez-lui sa bote2 mais1 lo9 d'obir cette invitation1 ils allr5t mon secrtaire1 s'emp>r5t de t\t ce qui s'y tr\vait1 et mes armoires fur5t pilles#df4 ,enf91 aprs m'avoir fait pass] quatre heures dans la t]reur la plus affreuse1 ces t]ribles g5s quittr5t ma maison1 o je ne v\lus pas re/] davantage4 ,mon dsir aurait t de gagn] ,sa9t-,g]ma91 mais la r\te tait trop peu sre4 ,j'allai me rfugi] *ez une excell5te femme1 qui logeait au-dessus de la ma*9e de ,m>ly1 prs du pavillon de madame ,dub>ry4 ,d'autres femmes1 effrayes comme moi1 avai5t dj *oisi cet asile4 ,n\s dnions t\tes ensemble1 et n\s c\*ions six dans une mme *ambre1 o il me fut impossible de dormir1 les nuits se passant en al]tes cont9uelles1 outre que j'pr\vais les plus vives inquitudes p\r mon pauvre dome/ique qui je devais la vie4 ,cet honnte g>on avait v\lu re/] dans ma maison1 af9 de t5ir tte aux soldats1 et de rpondre leur exig5ce1 ce qui me faisait trembl] p\r lui1 c> le village tait de fait livr au pillage4 ,les paysans biv\aquai5t dans les vignes1 et c\*ai5t sur la paille en ple9 air1 aprs avoir t dp\ills de t\t ce qu'ils possdai5t4 ,plusieurs d'entre eux v5ai5t n\s tr\v]1 se lam5t] sur leurs malheurs1 et ces tri/es rcits1 qu'accompagnait le bruit s9i/re de la ma*9e1 n\s tai5t faits dans le magnifique j>d9 de madame ,dub>ry1 prs du ,temple de l',am\r ent\r de fleurs1 p> le plus beau temps du monde6 ,j'tais tellem5t effraye de t\t ce qu'on v5ait n\s racont]1 a9si que des canonnades ou fusillades que n\s ent5dions sans cesse1 qu'un soir j'essayai de desc5dre dans un s\t]ra9 o je v\lais re/]2 mais je me fis mal la jambe et fus oblige de remont]4 ,la d]nire affaire eut lieu ,roquanc\rt2 on se battit aussi prs du *teau de madame ,hocqu>t1 =t vois9 de l'endroit o j'tais4 ,n\s smes que1 le combat f9i1 les ,prussi5s avai5t saccag de fond en comble la maison d'une dame trs bonap>ti/e1 qui1 p5dant qu'on se battait1 criait de sa t]rasse aux ,franais3 ,tuez-moi t\s ces g5s-l6 ,les va9queurs1 qui l'avai5t ent5due1 entrr5t dans son *teau dont ils cassr5t t\tes les glaces et t\s les meubles1 t&is qu'en *emise1 sans s\li]s1 elle s'enfuyait jusqu' ,v]sailles1 o elle p\vait tr\v] un asile4 ,quoique n\s fussions assez mal in=mes des n\velles de ,p>is1 il tait facile de voir que les b\rgeois de ,l\veci5nes1 qui se runissai5t t\s les soirs dans le lieu que n\s habitions1 esprai5t le ret\r des ,b\rbons autant qu'ils le dsirai5t4 ,enf9 le maire1 dont la conduite avait t aussi honorable qu'n]gique1 se montra dans le village1 ent\r de t\s les braves g5s du pays1 et revtu d'une *>pe blan*e4 ,le l5dema9 n\s tions t\s rassembls dans le j>d91 lorsqu'on n\s dit que ,m4 ,daguet#dg1 un des plus honntes habitans de ,l\veci5nes1 tait l1 et qu'il annonait l'arrive de ,m4 le comte d',artois4 ,cette n\velle me donna tant de joie1 qu'oubliant que j'tais dans un j>d91 je m'criai3 ,faites entr] ,m4 ,daguet6 faites entr] ,m4 ,daguet6 ce qui fit rire mes compagnons d'in=tune4 ,je p>tis aussitt p\r ,p>is1 laissant1 mon gr& regret1 le bon ,joseph ,l\veci5nes p\r g>d] ma maison4 ,j'ai cons]v les lettres que je recevais alors de ce fidle s]viteur1 qui gmissait de voir mon j>d9 ravag1 ma cave mise sec1 ma belle c\r dtruite1 et mes app>tem5s saccags4 ,je les supplie1 m'crit-il1 d'tre mo9s m*ans1 de se cont5t] de ce que je leur donne4 ,ils me rpond5t3 ,les ,franais ont fait encore bi5 pis *ez n\s4 ,en cela les ,prussi5s avai5t raison2 mon pauvre ,joseph et moi1 n\s tions victimes du mauvais exemple4 ,c'e/ le #ab avril #ahad que j'eus la j\issance de voir entr] ,m4 le comte d',artois dans ,p>is4 ,il m'e/ impossible de dcrire les d\ces s5sations que ce j\r me fit pr\v]2 je v]sais des l>mes de joie1 de bonheur4 ,on sait assez avec quel en?\siasme la gr&e majorit des ,p>isi5s reut nos pr9ces4 ,comme on dem&ait ,m4 le comte d',artois des n\velles du roi1 qu'il prcdait1 il rpondit3 ,il a t\j\rs mal aux jambes1 mais sa tte e/ excell5te1 n\s m>*]ons p\r lui1 il p5s]a p\r n\s2 l'expri5ce a pr\v t\te la ju/esse de ce mot1 c> l'esprit1 et surt\t la raison de ,l\is ,,xviii1 tai5t bi5 ncessaires p\r aff]mir la re/auration l'poque o le p>ti bonap>ti/e tait encore aussi nombreux4 ,enf9 lui-mme entra dans ,p>is1 apportant le p>don et l'oubli p\r t\s2 j'allai le voir pass] sur le quai des ,orfvres2 il tait dans une cal*e1 assis ct de madame la du*esse d',ang\lme2 la ,*>te qu'il v5ait de faire proclam] ayant t reue avec des acclamations de joie1 l'ivresse de la f\le tait gr&e et gnrale2 t\tes les f5tres tai5t pavoises sur son passage2 les cris de vive le roi6 s'levai5t jusqu'au ciel1 p\sss avec tant d'lan et de si bon coeur1 que j'en tais att5drie un po9t que je ne puis dire4 ,on lisait t\r t\r sur la figure de la du*esse d',ang\lme1 et la satisfaction que lui causait un p>eil accueil1 et la pnible expression des s\v5irs qui devai5t l'assig]2 son s\rire tait d\x mais tri/e2 effet bi5 naturel1 c> elle suivait le *em9 que sa mre avait suivi nagure en allant l'*afaud1 et elle le savait2 t\tefois les acclamations qu'excitai5t la vue du roi et la si5ne devai5t consol] ce coeur afflig4 ,ces acclamations les suivir5t jusqu'aux ,tuil]ies1 o la f\le qui remplissait le j>d9 fit clat] les mmes transports2 on *antait1 on dansait devant le *teau2 le roi alors p>ut une f5tre1 envoyant mille bais]s au peuple1 ce qui porta l'ivresse son comble4 ,le soir il y eut gr& c]cle aux ,tuil]ies2 une imm5se quantit de femmes s'y tr\vr5t2 le roi p>la t\tes avec une grce p>faite1 et rappela mme plusieurs d'entre elles div]ses anecdotes flatteuses sur leur famille4 ,comme j'avais un extrme dsir de revoir de prs ,l\is ,,xviii1 j'allai me ml] la f\le qui se pressait le diman*e dans la gal]ie p\r le voir pass] qu& il allait la messe2 j'tais place avec t\t le monde en face des f5tres1 en sorte que le roi p\vait n\s di/+u] p>faitem5t3 ds qu'il m'ap]ut il v9t moi1 me donna la ma9 de l'air le plus aimable1 et me dit mille *oses flatteuses sur la joie qu'il avait me retr\v]3 comme il re/a quelques in/ans a9si1 me t5ant t\j\rs la ma91 et qu'il ne s'appro*a d'aucune autre femme1 ceux qui n\s reg>dai5t me prir5t sans d\te p\r une trs gr&e dame1 c>1 ds que le roi fut pass1 un jeune (fici]1 qui me voyait seule1 v9t m'(frir son bras et ne v\lut jamais me quitt] qu'il ne m'et accompagne jusqu' ma voiture4 ,la plup>t des p]sonnes qui rev5ai5t avec nos pr9ces tai5t ou mes amis ou mes connaissances4 ,il tait bi5 d\x1 aprs tant d'annes d'exil1 de se tr\v] runis de n\veau dans sa patrie2 mais hlas6 ce bonheur ne dura que peu de mois1 et t&is que n\s n\s rj\issions de notre sort1 ,bonap>te db>quait ,cannes6 ,j'ai pu1 comme t\t le monde1 comp>] l'accueil qu'il reut de la capitale celui que nagure on avait fait au roi4 ,ce fut le #ai m>s m9uit que ,l\is ,,xviii et t\te la famille royale quittr5t ,p>is4 ,napolon r5tra le #bj2 mais quoiqu'il ft ram5 p> l'arme1 s\t5u p> les baonnettes1 les ,p>isi5s n'en tai5t pas mo9s dans un tat de /upeur4 ,*acun savait trop bi5 qu'il rapportait la ,france la gu]re et la ru9e2 aussi les cris de vive l'emp]eur6 tai5t-ils =t r>es4 ,soit has>d1 soit calcul1 il n'entra po9t de j\r2 ce fut neuf heures du soir qu'il reprit possession des ,tuil]ies1 ent\r de militaires exalts et de t\te une population morne et tri/e4 ,les c\rs remplies de tr\pes donnai5t au palais de nos pr9ces l'aspect d'un *teau pris d'assaut4 ,le roi cep5dant s'tait retir ,g&1 et je me s\vi5s que des g5s du peuple *antai5t t\t haut dans les rues de ,p>is3 ,r5dez-n\s notre paire de gants1 r5dez-n\s notre paire2 je n'ai pas oubli non plus le mot d'une b\quetire1 qui1 p\r n'tre pas un propos de salon1 n'en e/ que plus c>actris3 je passais sur le b\lev>d de la ,madele9e1 et j'ent5dis une femme qui v5dait des b\quets1 dire une autre3 ,eh bi58 il n'y a plus ri5 faire sur tes lis et je v5ds t\j\rs mes violettes4--,c'e/ vrai1 rpond l'autre1 tes violettes1 il e/ bi5 ais de faire dessus1 mais sur les lis je t'en dfie4 ,sans insult] la mmoire d'un gr& capita9e et aux braves gnraux et soldats qui l'ont aid remport] de si belles victoires1 on peut se dem&] o ces victoires n\s ont conduits1 et s'il n\s re/e un p\ce de cette t]re qui n\s avait cot tant de sang4 ,p\r mon compte1 j'av\e que les bullet9s de la campagne de ,russie me navrai5t et me rvoltai5t2 dans un des d]ni]s1 aprs avoir p>l de milli]s de soldats franais que n\s avions p]dus1 on f9issait a9si3 l'emp]eur ne s'e/ jamais si bi5 port4 ,n\s lisions ce bullet9 *ez mesdames de ,belleg>de1 il n\s indigna tellem5t que n\s le jetmes au feu4 ,ce qui peut atte/] combi5 le peuple tait las de ces gu]res t]nelles1 c'e/ le peu d'en?\siasme qu'il montra p5dant les ,c5t ,j\rs4 ,plus d'une fois alors1 j'ai vu ,bonap>te p>atre sa f5tre1 et se retir] aussitt1 trs en colre sans d\te1 c> les acclamations se bornai5t aux cris d'une c5ta9e de petits gam9s que l'on payait1 je crois1 p> drision1 p\r leur faire dire3 vive l'emp]eur6 ,que l'on comp>e cette indiffr5ce de la population la joie que fit clat] le ret\r du roi1 qui r5tra dans ,p>is le #h juillet #ahae2 cette joie tait presque gnrale1 c>1 aprs tant de malheurs qu'un autre que lui v5ait de caus]1 ,l\is ,,xviii rapportait la paix4 ,ds lors on put jug] combi5 ce pr9ce joignait de sagesse et d'habilet aux qualits brillantes de son esprit4 ,les circon/ances tai5t difficiles1 et l'on n'en vit pas mo9s la ,france et son roi sortir dignem5t de l'abme o ,bonap>te les avait plongs4 ,l\is ,,xviii tait bi5 rellem5t le mon>que qui conv5ait l'poque2 beauc\p de c\rage et de sang-froid il unissait de l'lvation d'ame et une gr&e f9esse d'esprit2 t\tes ses manires tai5t royales2 il donnait facilem5t et avec munific5ce2 il se plaisait protg] les arts1 et les lettres1 qu'il cultivait lui-mme2 ses traits n'tai5t po9t dp\rvus de beaut1 et leur expression avait tant de noblesse que1 t\t infirme qu'il tait1 son premi] abord imprimait un respect involontaire4 ,son dlassem5t favori tait de caus] littrature avec quelques g5s d'esprit2 dans sa jeunesse il avait fait de =t jolis v]s1 et son /yle tait celui d'un homme de lettres spirituel2 comme il savait p>faitem5t le lat91 il aimait s'entret5ir dans cette langue avec nos plus savans lat9i/es2 sa mmoire tait prodigieuse1 il p\vait t\j\rs cit] les endroits les plus rem>quables d'un livre qu'il avait lu rapidem5t1 d'une pice qu'il avait vue une fois4 ,ducis ayant quitt sa retraite p\r all] lui prs5t] ses hommages#dh1 le roi le reconnut1 le reut m]veille1 et lui rcita les plus beaux v]s de son ,o$ipe1 dont le vieux pote se s\v5ait pe9e4 ,l\is ,,xviii aimait beauc\p la ,comdie ,franaise2 il allait s\v5t ce ?tre1 et il apprciait surt\t le tal5t de ,talma2 lorsqu'il arrivait que ce gr& acteur1 se tr\vant sema9i]1 portait les flambeaux p\r le conduire sa loge1 le roi s'arrtait t\j\rs long-temps caus] avec lui1 et ces conv]sations avai5t lieu en anglais que t\s les deux p>lai5t aussi bi5 que leur langue4 ,on m'a rapport que ,talma disait3 ,je prfre la grce de ,l\is ,,xviii la p5sion de ,bonap>te4 ,cette grce en effet e/ le plus gr& *>me des pr9ces1 elle d\ble le prix du mo9dre don4 ,s\s ce rapport1 ,m4 le comte d',artois ne le cdait en ri5 son frre4 ,on n'a po9t oubli cette f\le de mots heureux1 m>qus au co9 de la bont1 qui lui gagnai5t les coeurs4 ,lorsqu'aprs la mort de ,l\is ,,xviii il fut dev5u roi1 je me tr\vais au ,l\vre le j\r o il di/ribuait les mdailles aux pe9tres et aux sculpteurs4 ,avant de les donn]1 il dit de l'air le plus gracieux3 ,ce ne sont pas des enc\ragem5s1 mais des rcomp5ses4 ,t\s les arti/es fur5t t\*s de ce qu'il y avait de f9 et de flatteur dans ces p>oles4 ,il m'ap]ut dans la f\le1 v9t moi1 et me tmoigna si vivem5t la joie qu'il avait me revoir1 me retr\v] bi5 portante1 que j'eus pe9e ret5ir des l>mes de reconnaissance2 c> p]sonne ne savait mieux que lui tr\v] le mot qui v\s allait au coeur4 ,si ,m4 le duc de ,b]ri n'avait peut-tre pas t\te la grce de son pre1 il en avait l'esprit1 et surt\t l'esprit d'-propos si utile aux pr9ces4 ,j'en *oisis un exemple entre mille4 ,la premire fois qu'il passa des tr\pes en revue1 il ent5dit p>tir des rangs quelques cris de3 vive l',emp]eur6--,v\s avez raison1 mes amis1 dit-il aussitt1 il faut que t\t le monde vive4 ,alors ces mmes soldats crir5t3 ,vive le duc de ,b]ri6 ,la bont de son coeur tait si gr&e que non seulem5t il s'intressait t\t ce qui t\*ait ses amis1 mais qu'il se conduisait avec les g5s de sa maison comme aurait pu le faire un pre de famille4 ,il tait ador de t\s ses dome/iques et se s]vait de cette influ5ce p\r les enc\rag] dans la bonne conduite1 et les engag] plac] les conomies qu'ils p\vai5t faire4 ,un j\r1 comme il allait mont] en voiture1 un petit g>on de cuis9e c\rt v]s lui1 disant3 ,mon pr9ce1 j'ai conomis qu9ze francs cette anne1--,eh bi51 mon enfant1 cela t'en fait tr5te1 rpondit le duc de ,b]ri1 qui lui d\bla la somme4 ,lui-mme mettait beauc\p d'ordre dans son rev5u2 ses plus =tes dp5ses tai5t occasiones p> le gt qu'il avait p\r les arts1 gt que p>tageait son aimable femme4 ,la du*esse de ,b]ri aimait enc\rag] les jeunes arti/es2 elle a*etait leurs tableaux et leur en comm&ait =t s\v5t4 ,la gnrosit avec laquelle elle payait ne la disp5sait jamais de mettre une grce p>faite dans t\s ses rapports avec les hommes de tal5t4 ,je n'os]ais p>l] de madame la du*esse d',ang\lme4 ,que dirais-je qui ne soit au-dess\s du vrai8 ,les v]tus de cette pr9cesse sont connues du monde enti]1 et je cra9drais d'affaiblir ce qu'en dira l'hi/oire4 ,on sait de mme que le sort l'unissait un pr9ce dont l'ame pure tait digne de l'apprci]4 ,telle tait la famille que n\s ram5ait la re/auration4 ,c'e/ aux hommes politiques qu'il app>ti5t d'expliqu] comm5t tant de v]tus et de bont n'ont pas suffi p\r lui cons]v] le trne2 mon coeur reconnaissant ne doit que le regrett]4 ,,*apitre ,,xiv4 ,le gr& portrait de la re9e4--,m4 ,briffaut4--,m4 ,aim-,m>t94--,dsaugi]s4--,gros4--,je fais le portrait de la du*esse de ,b]ri4 ,s\s ,bonap>te on avait relgu dans un co9 du *teau de ,v]sailles le gr& portrait que j'avais fait de la re9e ent\re de ses enfans4 ,je p>tis un mat9 de ,p>is p\r le voir4 ,arrive la grille des ,pr9ces1 un cu/ode me conduisit la salle qui le r5f]mait1 dont l'entre tait int]dite au public1 et le g>di5 qui n\s ouvrit la porte1 me reconnaissant p\r m'avoir vue ,rome1 s'cria3 ,ah6 que je suis heureux de recevoir ici madame ,lebrun6 ,cet homme s'empressa de ret\rn] mon tableau1 dont les figurs tai5t places contre le mur1 att5du que ,bonap>te1 appr5ant que beauc\p de p]sonnes v5ai5t le voir1 avait ordonn qu'on l'enlevt4 ,l'ordre1 comme on le voit1 tait bi5 mal excut1 puisque l'on cont9uait le montr]1 au po9t que le cu/ode1 qu& je v\lus lui donn] quelque *ose1 me refusa avec ob/9ation1 disant que je lui faisais gagn] assez d'arg5t4 la re/auration ce tableau fut expos de n\veau au salon4 ,il reprs5te ,m>ie-,anto9ette ayant prs d'elle le premi] dauph91 ,madame1 et t5ant sur ses g5\x le jeune duc de ,norm&ie4 ,je g>dais *ez moi un autre tableau reprs5tant la re9e1 que j'avais fait s\s le rgne de ,bonap>te4 ,m>ie-,anto9ette y tait pe9te montant au ciel2 gau*e1 sur des nuages1 on voit ,l\is ,,xvi et deux anges1 allusion aux deux enfans qu'il avait p]dus4 ,j'envoyai ce tableau madame la vicomtesse de ,*ateaubri&1 p\r tre mis dans l'tablissem5t de ,sa9te-,?rse1 qu'elle a fond4 ,madame de ,*ateaubri& le plaa dans la salle qui prcde l'glise1 et voici la lettre qu'elle m'crivit ce sujet3 ,m]cr$i1 ,madame1 je s]ai vos ordres1 et bi5 t\*e du pieux pl]9age que v\s v\lez bi5 entrepr5dre4 ,madame la comtesse de ,*oiseul a t cont5te de la place que n\s de/9ons votre admirable rve4 ,p\r moi je la v\drais meilleure2 mais c'e/ du mo9s ce que n\s avons de mieux dans le pauvre tablissem5t qui v\s devra un *ef-d'oeuvre4 ,agrez1 je v\s en supplie1 ,madame1 l'expression de t\s les s5tim5s de reconnaissance dont je me tr\ve heureuse de p\voir v\s rxr] l'assurance4 ,la vicomtesse ,,de ,,*ateaubri&4 ,ce lundi #bj mai4 ,depuis que la paix de mon pays semblait assure1 je ne songeais plus le quitt]1 et je p>tageais mon temps entre ,p>is et la campagne2 c> mon gt p\r ma jolie maison de ,l\veci5nes ne s'tait pas affaibli2 j'y passais huit mois de l'anne4 ,l1 ma vie s'c\lait le plus d\cem5t du monde4 ,je peignais1 je m'occupais de mon j>d91 je faisais de longues prom5ades solitaires1 et les diman*es je recevais mes amis4 ,j'aimais tant ,l\veci5nes1 que v\lant y laiss] un s\v5ir de moi1 je peignis1 p\r son glise1 une sa9te ,g5evive4 ,madame de ,g5lis1 qui sut que je m'occupais de cet ouvrage1 eut l'amabilit de m'envoy] les v]s suivans3 ,,sa9te ,,g5evi,,ve4 ,pri] ,dieu1 g>d] ses tr\peaux1 ,fil]1 rv]1 contempl] la nature1 ,se repos] sur la v]dure ,avec sa croix et ses fuseaux2 ,tels fur5t ses plaisirs1 tels fur5t ses travaux4 ,innoc5te et sa9te b]gre1 l'abri des m*ans que ton sort fut heureux6 ,combi5 doit t'envi] son heure d]nire ,le monda9 et l'ambitieux6 ,j'ai p>l de ses moeurs1 j'ai p>l de sa vie1 ,mais p\r la pe9dre il fallait vos c\leurs4 ,et de vos p9ceaux en*anteurs ,la d\ce et brillante magie4 ,je n'ai pu seulem5t qu'bau*] le portrait ,dont votre art et votre gnie ,(friront un tableau p>fait4 ,si je donnais des tableaux on m'en donnait aussi1 et de la manire la plus aimable4 ,j'avais s\v5t tmoign le dsir que mes amis s'emp>ass5t des panneaux de mon salon ,l\veci5nes p\r m'y laiss] un s\v5ir4 ,p> un beau j\r d't1 quatre heures du mat91 ,m4 de ,crespy-le-,pr9ce1 le b>on de ,fei/hamel1 ,m4 de ,rivire et ma nice ,eugnie ,lebrun1 se mir5t sil5cieusem5t l'ouvrage2 dix heures1 *acun eut rempli son encadrem5t4 ,on peut jug] de ma surprise lorsqu'tant desc5due p\r djeun]1 j'entre dans mon salon et le tr\ve orn de ces *>mantes pe9tures et de fleurs1 c> c'tait le j\r de ma fte4 ,les l>mes me gagnr5t1 ce fut le seul rem]ciem5t que reur5t mes amis4 ,p>is1 je n'avais po9t r5onc mes soires du sam$i4 ,la mort m'avait enlev mon *] abb ,delille1 et plusieurs autres g5s de lettres qui long-temps en avai5t fait le *>me4 ,mais j'avais =m de n\velles liaisons1 dont quelques-unes m'tai5t dev5ues bi5 *res4 ,je p>l]ai d'abord de ,m4 ,briffaut1 que madame de ,bawr avait prs5t *ez moi2 ,m4 ,briffaut1 auj\rd'hui acadmici51 tait l'auteur d'une tragdie j\e la ,comdie ,franaise avec le plus gr& succs 7,n9us ,,ii71 et d'une f\le de v]s *>mans2 il e/ c]ta9 que son tal5t seul m'aurait engage le re*]*]1 mais je ne pus le voir s\v5t sans m'atta*] rellem5t lui3 outre qu'il e/ impossible de r5contr] un homme dont le comm]ce soit plus d\x et plus sr1 il possde une qualit malheureusem5t =t r>e p>mi les g5s de lettres2 il e/ exempt d'envie1 c'e/ dans t\te la fran*ise de son ame qu'il se rj\it d'un succs en littrature1 obt5u p> un autre que lui1 et jamais il ne critique amrem5t l'ouvrage qui r5f]me quelques beauts4 ,le /yle pi/olaire de ,m4 ,briffaut e/ t\t--fait rem>quable s\s les rapports de grce et d'esprit4 ,lorsque j'habitais ma campagne et qu'il ne p\vait v5ir me voir1 il m'crivait2 je puis dire que ses lettres me ddommageai5t presque de son abs5ce2 amiti "p1 il en e/ plusieurs qui peuv5t tre comp>es celles de madame de ,sevign2 aussi les ai-je t\tes g>des soigneusem5t4 ,je voyais de mme =t s\v5t ,m4 ,desprs et ,m4 ,aim ,m>t94 ,m4 ,desprs1 un des hommes les plus spirituels que j'aie connus1 fut rapidem5t enlev la socit1 qui regrett]a t\j\rs ses tal5s1 son honorable c>actre et sa conv]sation si brillante4 ,m4 ,aim ,m>t91 j'espre1 s]a cons]v long-temps l'affection de ses amis1 et l'e/ime du public qui lui doit plusieurs ouvrages crits du meilleur /yle1 et ple9s d'une morale attrayante4 ,on m'avait am5 aussi ,m4 ,dsaugi]s4 ,son esprit1 sa joyeuse figure suffisai5t p\r gay] un repas4 ,j'eus le plaisir de lui donn] quelquefois dn]1 et je me s\vi5s que cette pauvre pr9cesse ,k\rak9 s'invitait t\j\rs ces j\rs-l1 disant que ,m4 ,dsaugi]s faisait ses dlices2 au dess]t1 il ne n\s refusait jamais quelques unes de ses *>mantes *ansons4 ,on sait qu'il en e/ un gr& nombre que ri5 n'gale p\r la v]ve et la fran*e gaiet2 le comte de ,=b91 qui les connaissait t\tes1 avait so9 de lui dem&] les meilleures1 et notre indiscrtion ne p>v5ait pas lass] sa complaisance4 ,les *ansons de ,dsaugi]s1 c'tait lui-mme3 ce pote joyeux (frait le type p>fait de ce qu'on appelle un bon vivant3 il aimait le plaisir1 la table et le bon v91 quoiqu'il ne lui arrivt jamais de s'enivr]4 ,on peut rem>qu] p>fois au milieu d'un de ses c\plets les plus gais1 c]ta9 v]s dont le s5tim5t v\s m\ille les yeux2 cela ti5t ce que ,dsaugi]s tait un excell5t homme2 heureux de vivre et de *ant]1 il n'a jamais connu ni l'envie1 ni la mdisance2 il n'ambitionnait pas plus les places qu'il n'ambitionnait la =tune1 et sans tre ri*e il faisait du bi5 sa famille1 plus pauvre que lui4 ,une p]sonne avec laquelle je m'tais intimem5t lie tait le clbre pe9tre que notre art vi5t de p]dre rcemm5t4 ,j'avais connu ,gros qu'il avait pe9e sept ans2 cette poque je fis son portrait1 et j'eus lieu de reconnatre dans ses yeux enfant9s son am\r p\r la pe9ture1 et mme son av5ir comme gr& colori/e4 mon ret\r en ,france1 cep5dant1 je n'en fus pas mo9s tonne de retr\v] l'enfant homme de gnie et *ef d'cole4 ,de ce mom5t comm5a entre n\s une liaison que le temps n'a fait qu'accrotre2 c> je tr\vais dans ,gros un noble et s9cre ami4 ,son c>actre franc et orig9al apportait un gr& *>me dans nos relations2 att5du qu'on p\vait compt] sur la s9crit de ses loges comme sur l'utilit de sa critique4 ,je reconnaissais l'amiti qu'il me tmoignait1 en pr5ant la "p la plus vive t\s ses succs4 ,aussi fus-je bi5 heureuse de celui qu'il obt9t p\r son admirable pe9ture de la c\pole de ,sa9te-,g5evive4 ,*acun sait que ce bel ouvrage excita l'en?\siasme du public et l'approbation du roi1 qui nomma le gr& pe9tre b>on4 ,gros tait re/ l'homme de la nature4 ,susceptible d'pr\v] les s5sations les plus vives1 il se passionnait galem5t p\r une bonne action ou p\r un bel ouvrage4 ,il se plaisait peu dans le gr& monde2 r>em5t il rompait le sil5ce au milieu d'un c]cle nombreux2 mais il c\tait att5tivem5t1 et rpondait p> un seul mot t\j\rs plac trs propos4 ,p\r apprci] ,gros1 il fallait le voir dans l'intimit4 ,l son coeur se montrait dc\v]t1 et ce coeur tait noble et bon2 une c]ta9e rudesse de ton1 qu'on lui a quelquefois repro*e1 disp>aissait entirem5t4 ,sa conv]sation tait d'autant plus piquante qu'il ne s'exprimait pas comme les autres hommes2 il tr\vait t\j\rs des images ple9es d'orig9alit et de =ce p\r r5dre sa p5se1 et l'on peut dire de lui qu'il peignait en p>lant4 ,la mort de ,gros m'a fait pr\v] une vive affliction4 ,peu de j\rs avant de n\s quitt] sans ret\r1 il tait v5u dn] *ez moi1 et je rem>quai avec pe9e qu'il pr5ait coeur quelques critiques inconv5antes qu'il aurait d mpris]4 ,comme arti/e1 comme amie1 je regrett]ai t\j\rs ce gr& pe9tre1 et le tri/e s\v5ir de sa mort viol5te r5d mes regrets plus am]s4 ,je me suis laisse entran] bi5 au-del de l'poque de ma vie o j'avais conduit mes lecteurs4 ,j'y revi5s4 ,en #ahai ,m4 le duc de ,b]ri m>qua le dsir de m'a*et] ma ,sibylle#di qu'il avait vue ,londres1 dans mon ateli]1 et quoique ce tableau ft peut-tre celui de mes ouvrages auquel je t5ais le plus1 je m'empressai de le satisfaire4 ,plusieurs annes aprs1 je fis le portrait de madame la du*esse de ,b]ri1 qui me donnait ses sances aux ,tuil]ies1 avec une exactitude bi5 aimable1 outre qu'il e/ impossible de se montr] plus gracieuse qu'elle ne l'tait avec moi4 ,je n'oubli]ai jamais qu'un j\r1 p5dant que je la peignais1 elle me dit3 ,att5dez-moi un in/ant4 ,et1 se levant1 elle alla dans sa biblio?que *]*] un livre o se tr\vait un article ma l\ange1 qu'elle eut la bont de me lire d'un b\t l'autre4 ,p5dant une de nos sances1 ,m4 le duc de ,bordeaux v9t apport] sa mre son cahi] d'tude sur lequel le matre avait crit2 trs cont5t4 ,la du*esse lui donna deux l\is4 ,alors le jeune pr9ce1 qui p\vait avoir six ans1 se mit saut] de joie1 en s'criant3 ,voil p\r mes pauvres6 et d'abord ma vieille6 ,qu& il fut sorti1 madame la du*esse de ,b]ri me dit qu'il s'agissait d'une pauvre femme que son fils r5contrait s\v5t sur son *em91 et qu'il affectionnait p>ticulirem5t4 ,il tait d\x de voir cet enfant ressembl] p> sa bont une mre dont le coeur tait t\j\rs ouv]t aux pla9tes des malheureux4 ,lorsque la du*esse me donnait sance1 j'tais =t impati5te du gr& nombre de p]sonnes qui v5ai5t faire des visites4 ,elle s'en ap]ut1 et fut assez bonne p\r me dire3 ,p\rquoi ne m'avez-v\s pas dem& d'all] pos] *ez v\s8 ,ce qu'elle fit p\r les deux d]nires sances4 ,j'av\e que je ne p\vais me tr\v] l'objet d'une aussi d\ce bi5veillance1 sans comp>] les heures que je consacrais cette aimable pr9cesse aux tri/es heures que m'avait fait pass] madame ,murat4 ,j'ai fait deux portraits de madame la du*esse de ,b]ri4 ,dans l'un1 elle e/ habille d'une robe de vel\rs r\ge1 et dans l'autre1 d'une robe de vel\rs bleu4 ,j'ignore ce que sont dev5us ces portraits4 ,,*apitre ,,xv4 ,p]tes cruelles que je fais dans ma famille4--,voyage ,bordeaux4--,mrville4--,le mona/re de ,m>m\ti]4--,ret\r ,p>is4--,mes nices4 ,il faut enf9 p>l] des tri/es annes de ma vie o dans un c\rt espace de temps j'ai vu disp>atre de ce monde les tres qui m'tai5t le plus *]4 ,je p]dis ,m4 ,lebrun le premi]2 depuis bi5 long-temps1 il e/ vrai1 je n'avais plus aucune espce de relations avec lui1 mais je n'en fus pas mo9s d\l\reusem5t affecte de sa mort3 on ne peut sans regrets se voir sp>e p\r t\j\rs de celui auquel n\s atta*ait un li5 aussi intime que celui du m>iage4 ,t\tefois ce *agr9 n'appro*a pas de la d\leur cruelle que me fit pr\v] la mort de ma fille4 ,je m'tais hte de c\rir *ez elle1 ds que j'avais appris qu'elle tait s\ffrante2 mais la maladie m>*a rapidem5t1 et je ne saurais exprim] ce que je ress5tis lorsque je p]dis t\te esprance de la sauv]3 lorsque j'allai la voir1 p\r le d]ni] j\r1 hlas6 et que mes yeux se fixr5t sur ce joli visage totalem5t dcompos1 je me tr\vai mal2 madame de ,noisville1 mon anci5ne amie1 qui m'avait accompagne1 p>v9t m'arra*] de ce lit de d\leur2 elle me s\t9t1 c> mes jambes ne me portai5t plus1 et me ram5a *ez moi4 ,le l5dema91 je n'avais plus d'enfant6 ,madame de ,v]dun v9t me l'annonc] en s'ef=ant va9em5t d'apais] mon dsespoir2 c> les torts de la pauvre petite tai5t effacs1 je la revoyais1 je la revois encore aux j\rs de son enfance444 ,hlas6 elle tait si jeune6 ne devait-elle pas me survivre8 ,c'e/ en #ahah que je p]dis ma fille2 en #ahbj je p]dis mon frre4 ,tant de *agr9s qui se succdai5t me livrr5t une si gr&e tri/esse que mes amis1 affligs de mes pe9es1 me conseillr5t d'essay] de la di/raction et de faire un voyage4 ,je me dt]m9ai p>tir p\r ,bordeaux4 ,je ne connaissais po9t cette ville1 et la r\te qu'il fallait suivre p\r m'y r5dre devait occup] agrablem5t mes yeux4 ,comme je pris le *em9 d',orlans1 j'allai visit] ,mrville qui app>ti5t ,m4 de ,laborde4 ,le pre de celui-ci1 dont la =tune tait imm5se1 a dp5s des millions p\r embellir ce sj\r vraim5t en*anteur4 ,nulle "p on ne peut voir des sites plus v>is1 de plus beaux arbres1 une vgtation plus abondante1 et nulle "p l'art n'e/ v5u aj\t] aux beauts de la nature avec un gt mieux ent5du4 ,les fabriques multiplies sont semes sur le t]ra9 sans aucune confusion4 ,les ro*]s1 qui sont imm5ses et qui ont d cot] des trsors1 les cascades1 les temples1 les pavillons1 t\t e/ sa place et conc\rt au *>me du c\p d'oeil4 ,sur un des po9ts les plus levs du p>c e/ une colonne dont la hauteur gale celle de la place ,v5dme4 ,du sommet de cette colonne la vue s't5d sur l'ensemble du p>c et sur une campagne magnifique dont l'horizon e/ v+t lieues de v\s4 ,un des temples1 appel le temple de la ,sibylle1 e/ la copie exacte de celui de ,tivoli1 mais re/aur dans son enti] avec un so9 et un gt p>faits4 ,d'un autre ct1 appuy l'un des bras de la rivire1 e/ un m\l9 et plusieurs petites habitations qui rappell5t les jolies maisons suisses4 ,prs du *teau on voit un pont lev sur des ro*]s1 que le temps et la nature ont pris so9 d'embellir en le c\ronnant de lianes qui tomb5t en guirl&es dans l'eau b\illonnante4 ,enf9 il s]ait trop long d'numr] t\t ce qui fait du p>c de ,mrville un lieu de dlices1 qui surpasse selon moi t\t ce qu'on peut voir en ,anglet]re dans ce g5re4 ,ce p>c a t compos en gr&e p>tie p> ,rob]t1 le pe9tre en paysage2 aussi p\rrait-il f\rnir les modles des plus dlicieux tableaux4 ,le *teau1 flanqu de quatre t\relles go?iques1 qui lui donn5t l'aspect d'un manoir seigneurial1 e/ meubl avec une ri*e lgance4 ,la salle mang] et le bill>d sont surt\t admirablem5t dcors1 et le sup]be pla9-pi$ de ce rez-de-*ausse o les m>bres1 les bronzes1 les bois prcieux1 les /atues1 les tableaux1 sont prodigus1 fait de cette demeure une habitation royale4 ,j'arrivai ,orlans1 o j'allai voir t\t ce que cette ville (fre de curieux2 la ca?drale1 entre autres *oses1 qui se dta*ait en vigueur noirtre sur le ciel le plus pur2 c> depuis mon d"p j'avais t\j\rs eu le plus beau temps du monde2 aussi1 *em9 faisant1 je c\rais aux ru9es de ces anci5s *teaux dont il ne re/e que quelques t\rs et des vieux murs orns de li]re4 ,p\r un pe9tre1 la r\te que je suivais e/ trs intressante2 on y tr\ve *aque pas de noble dbris1 qui font natre p>fois de tri/es rflexions1 qu& on reconnat que les gu]res et les rvolutions dtruis5t plus en un sicle que le temps ne p\rrait le faire en des milli]s d'annes4 ,ds que je fus arrive ,blois1 j'allai visit] le *teau de ,*ambord1 cette ferie si romanesque1 que l'on ne peut ri5 voir qui agisse autant sur l'imag9ation4 ,on s'arrte long-temps devant ces vieilles portes en bois o sont sculpts des salam&res et les *iffres de ,franois ,i]2 on se raconte l'hi/oire de ce roi galant et mille autres hi/oires mo9s anci5nes et mo9s romantiques4 ,j'aurais v\lu p\voir emport] ces portes p\r les faire encadr]4 ,j'aurais bi5 v\lu aussi dess9] l'intrieur de cette t\r o sont sculptes trois c>iatides1 dont deux reprs5t5t ,diane de ,poiti]s1 et celle du milieu ,franois ,i]2 mais il faisait une telle *aleur jo9te un v5t si viol5t1 qu'tant en nage je ne pus tr\v] un co9 propre m'abrit]4 ,ma9t5ant1 hlas6 ole seul habite ces t\rs1 ces t]rasses1 et p\rtant je ne p\vais quitt] une demeure qui e/ unique dans son g5re4 ,en p>tant de ,blois1 je ctoyai les bords de la ,loire1 qui1 comme on sait1 sont *>mans2 mais qu& on a voyag en ,suisse1 cette vue ne v\s fait pas autant d'impression4 ,j'allai ,*antel\p4 ,ce *teau e/ sup]be et g>de encore les re/es de la magnific5ce du duc de ,*oiseul4 ,le p>c devait tre magnifique2 prs d'un gr& lac se tr\ve une haute pagode que le duc avait fait con/ruire en mmoire des amis qui l'tai5t v5us voir dans son exil4 ,comme t\s les noms qu'on y avait inscrits tai5t des noms de nobles1 la rvolution avec son gr& h\ssoir les a effacs1 bi5 qu'ils fuss5t gravs sur le m>bre4 ,les app>tem5s du *teau sont di/ribus d'une manire commode et gr&iose2 ceux du rez-de-*ausse ont t si bi5 dors qu'ils sont plus frais que ceux que l'on fait de nos j\rs4 ,ce *teau1 de *aque ct1 e/ orn de trs belles colonnades4 ,l'air de ce beau sj\r e/ tellem5t bi5faisant que l'on s'y s5t t\t autre qu'ailleurs4 dire vrai1 je suis d\e sur ce po9t d'un in/9ct peu commun2 je gte l'air1 comme les g\rmets sav\r5t la bonne *re1 et je crois que ma sant ti5t ma susceptibilit p\r n'en respir] que de pur1 autant que la *ose m'e/ possible4 ,l'in/9ct dont je vi5s de p>l] ne m'a po9t p]mis de sj\rn] long-temps ,t\rs4 ,cette ville e/ trs belle2 mais une odeur de latr9es v\s p\rsuit dans t\tes les rues4 ,mon aub]ge1 qui p\rtant tait la meilleure1 m'infectait en dpit des h]bes odorantes1 des v9aigres dont j'ai so9 de me munir en voyage1 au po9t que je n'y pus re/] que deux j\rs4 ,heureusem5t1 comme1 sitt arrive dans un lieu1 je ne re/e jamais en place1 j'eus le temps d'all] voir la ca?drale1 l'acadmie1 plusieurs *teaux ru9s2 puis je trav]sai la ,loire en bateau p\r all] pleur] sur les dbris du vieux mona/re de ,m>m\ti]4 ,je fus conduite ces belles ru9es p> le directeur de l'acadmie de ,t\rs4 ,sitt aprs mon arrive j'avais t lui faire une visite2 il me prs5ta t\s ses jeunes lves2 de plus il eut la complaisance de me s]vir de cic]one1 ce qui me fut d'un gr& sec\rs1 att5du qu'il habitait la ville depuis tr5te-c9q ans1 et connaissait m]veille t\s les environs4 ,on f]ait des tableaux ravissans de ce qui re/e encore des ru9es de ,m>m\ti]4 ,j'aurais v\lu me multipli] p\r fix] sur le papi] ce qu'on abattait en ma prs5ce avec tant de b>b>ie et de sang-froid6 ,une b&e inf]nale de *audronni]s dtruisait t\tes ces belles *oses4 ,il s'tait prs5t une compagnie de ngocians holl&ais qui v\lai5t a*et] ce mona/re p\r en faire une manufacture2 ils en (frai5t #cjj1jjj francs1 on les refusa1 et plus t>d1 les vila9s *audronni]s l'ont eu p\r #bj1jjj1 la condition que ce sup]be difice s]ait abattu6 ,les ,v&ales ne f]ai5t pas pis6 ,et bi51 p>t\t sur ma r\te j'appr5ais des traits de ce g5re4 ,s\s le portail de la seconde entre du mona/re de ,m>m\ti] je dess9ai une t\r2 c'e/ au-dess\s de cette t\r que sont inhums les ,sept ,dormans1 dans une *apelle prs de la gr&e glise de l'abbaye1 o leurs tombes sont tailles sp>m5t dans le roc4 ,on ti5t p> tradition dans ,m>m\ti] que les ,sept ,dormans tai5t sept disciples de sa9t ,m>t91 qui1 ayant r5onc au monde en mme temps1 et vcu dans une gr&e sa9tet s\s sa conduite1 m\rur5t dans le mona/re sans tre atte9ts d'aucune maladie1 et t\s sept le mme j\r4 ,leur mort1 dit-on1 fut si d\ce et *angea si peu leurs visages qu'on p\vait croire qu'il dormai5t1 d'o leur e/ re/ le nom des ,sept ,dormans4 ,on les honore ,m>m\ti] comme sa9ts et l'on y *me publiquem5t leur fte4 ,p\r arriv] ,bordeaux je trav]sai ,poiti]s et ,ang\lme4 ,ces deux villes sont pittoresquem5t places sur le haut d'une coll9e4 ,de la premire on ctoie des ro*]s1 des maisons bties en amphi?tre4 ,la seconde1 plus leve encore1 a des environs dlicieux2 et je ne dois pas oubli] de dire que depuis ,p>is jusqu' l'appro*e de ,bordeaux1 le *em9 ressemble une alle de j>d92 il e/ f]r1 battu de manire que l'on n'pr\ve aucune fatigue4 ,ma voiture1 qui tait trs d\ce1 compltait la d\ceur de ma r\te4 ,je me figurais p>c\rir un gr& p>c o je peignais des yeux2 aussi ne p\vais-je t5ir dans les aub]ges4 ,je me c\*ais huit heures du soir et j'tais t\t veille quatre heures et demie du mat91 att5dant le j\r avec une impati5ce extrme p\r me remettre en r\te3 ,adlade prt5dait que j'tais comme un enfant qui veut t\j\rs all] dada4 ,arrive ,bordeaux1 je me logeai dans la plus belle aub]ge1 dans l'htel ,fumel1 qui avant la rvolution app>t5ait au m>quis de ce nom4 ,cet htel e/ admirablem5t situ t\t en face du port1 qui peut cont5ir des milli]s de vaisseaux2 l'autre rive qu'on a p\r po9t de vue e/ t]m9e p> un coteau bi5 v]t1 que c\vr5t et l quelques maisons1 et p\r second plan une longue montagne sur laquelle on ap]oit des *teaux4 ,je ne saurais exprim] mon extase1 mon ravissem5t la vue du magnifique tableau qui s'(frit mes yeux lorsque j'ouvris ma f5tre2 je croyais faire un beau rve4 ,tant de vaisseaux en rade1 mille b>ques et bateaux qui vont et vi5n5t dans t\s les s5s1 t&is que les navires re/5t immobiles2 le sil5ce qui rgne sur cette imm5se masse d'eau1 t\t conc\rt v\s donn] l'ide d'une ferie4 ,quoique je sois re/e prs d'une sema9e ,bordeaux et que nuit et j\r j'aie j\i de ce c\p d'oeil1 je n'ai pu m'en lass]1 surt\t au clair de lune2 on voit alors sur les coteaux quelques petites lumires dans les maisons et le t\t devi5t magique4 ,le plaisir que je gtais de ma f5tre valait seul la pe9e de faire le voyage1 et je ne me rep5tais po9t d'tre v5ue ,bordeaux4 ,il e/ bi5 vrai que si je puis p>l] des beauts de cette ville1 je ne saurais ri5 dire de ceux qui l'habit5t2 c>1 l'exception du prfet1 ,m4 le comte de ,t\rnon1 qui dess9ait1 et qui fut trs bi5 p\r moi1 je n'eus de rapports avec p]sonne4 ,la plup>t du temps mme1 tant loge trs haut1 les hommes ne me semblai5t que des petits po9ts noirs qui allai5t et v5ai5t s\s mes yeux4 ,je ne r5onai pas t\tefois mon habitude de c\rir la ville et les environs2 j'allai voir le cimetire1 dont la rgul>it t\t--fait spulcrale me plut inf9im5t4 ,j'aime que les cimetires soi5t rguli]s1 au po9t que1 celui du ,pre-,la-,*aise except1 je prfre celui-ci t\t ce que j'ai vu dans ce tri/e g5re4 ,c'e/ un gr& t]ra9 c>r1 bord t\t aut\r p> une alle de platanes4 ,les tombes de pi]re blan*e travaille avec so9 sont t\tes de =me antique et places rgulirem5t entre les arbres1 o des cyprs1 des fleurs et une grille noire1 les ent\r5t4 ,dans une des alles sont des pyramides d'un aspect sombre et gr&iose1 qui r5f]m5t une *ambre o le c]cueil e/ plac4 ,au milieu du t]ra9 e/ la fosse commune seme de simples croix noires4 ,l'uni=mit qui rgne dans ce lieu prs5te un c\p d'oeil qui satisfait les reg>ds et l'esprit2 on se croit dans les ,*amps-lisi5s1 et je ne suis sortie qu' regret de ce d]ni] asile de l'homme4 ,je v\lus voir le temple des juifs1 bti sur le modle du temple de ,salomon4 ,c'e/ un monum5t trs intressant1 et si my/rieux qu'il invite la prire4 ,je c\rus aussi visit] les dbris du cirque de ,galli51 ces dbris sont si imposans6 ,il ne re/e plus que quelques murailles1 nanmo9s1 on peut admir] encore des fragm5s d'antiquits roma9es1 tels que la porte basse1 et un amphi?tre de deux c5ts sept pi$s de long sur c5t qu>ante de l>ge4 ,la salle de spectacle1 qui e/ sup]be1 et beauc\p d'autres monum5s font de ,bordeaux une des plus belles1 s9on la plus belle ville de la ,france1 aprs la capitale4 ,je me sus =t bon gr d'avoir entrepris cette longue c\rse1 d'autant plus que1 grce mon am\r p\r les ru9es1 je rapportais un portefeuille ple9 de dess9s faits en r\te4 ,si j'ap]cevais sur mon *em9 une vieille t\r1 aussitt arrive mon aub]ge1 je c\rais1 je grimpais p\r la voir de prs4 ,s\v5t1 qu& je me mettais dess9]1 quelques habitans de l'endroit v5ai5t m'ent\r]4 ,un j\r que je me lam5tais avec ces bonnes g5s sur tant de de/ructions1 un d'eux me dit3 ,je vois bi5 que madame la comtesse avait aussi des *teaux p> ici4--,non1 rpondis-je1 mes *teaux1 moi1 sont en ,espagne4 ,le titre de comtesse dont je me voyais gratifie ne me surpr5ait nullem5t1 j'tais acc\tume me voir traite en gr&e dame2 dans t\tes les aub]ges o je m'arrtais on me prodiguait les titres4 ,mais comme je devais cet honneur ma voiture qui tait fa%ionable1 je n'en dev5ais pas plus fire1 j'en payais seulem5t davantage4 ,ma sant s'tait un peu remise1 et je rev9s ,p>is l'esprit beauc\p mo9s noir4 ,ce petit voyage e/ le d]ni] que j'aie entrepris depuis lors jusqu' ce j\r4 ,je repris mes habitudes et mon travail1 qui1 de t\tes les di/ractions1 a t\j\rs t p\r moi la plus d\ce4 ,quoique j'eusse eu le malheur de p]dre tant d'tres qui m'avai5t t *]s1 je ne re/ais po9t isole4 ,j'ai dj p>l de madame de ,rivire1 ma nice1 qui p> sa t5dresse et ses so9s fait le *>me de ma vie2 je dois aussi p>l] de mon autre nice1 ,eugnie ,lebrun1 ma9t5ant madame ,tripi]-le-,franc4 ,ses tudes m'emp*r5t d'abord de la voir aussi s\v5t que je l'aurais v\lu2 c>1 ds sa premire jeunesse1 elle promettait dj1 p> son c>actre1 son esprit et ses gr&es dispositions p\r la pe9ture1 d'aj\t] mon bonheur4 ,je me plaisais la guid]1 lui prodigu] mes conseils1 et la suivre dans ses progrs4 ,j'en suis bi5 rcomp5se auj\rd'hui qu'elle a ralis t\tes mes esprances1 p> son aimable c>actre et p> un tal5t trs rem>quable en pe9ture4 ,elle a suivi la mme r\te que moi en adoptant le g5re du portrait1 dans lequel elle obti5t un succs mrit p> une belle c\leur1 une gr&e vrit1 et surt\t p> une ressemblance p>faite4 ,jeune encore1 elle ne peut qu'aj\t] une rputation qu'osait pe9e entrevoir sa timidit et sa mode/ie4 ,madame ,lefranc et madame de ,rivire sont dev5ues mes enfans4 ,elles me font retr\v] t\s les s5tim5s d'une mre1 et leur t5dre dv\em5t rp& un gr& *>me sur mon exi/5ce4 ,c'e/ prs de ces deux tres *ris et des amis qui me sont re/s que j'espre t]m9] d\cem5t une vie errante1 mais calme2 laborieuse1 mais honorable4 ,,li/e ,,de ,,mes ,,portraits ,,faits ,p,,t]sb\rg4 #a ,madame ,dimid(f1 ne ,/rogon(f4 #a ,la pr9cesse ,m5zic(f jusqu' mi-jambe1 t5ant son enfant4 #a ,la comtesse ,potocka1 en pi$1 c\*e sur un trs gr& divan1 t5ant une colombe sur son se92 cette comtesse e/ une des plus jolies femmes que j'aie pe9tes4 #a ,la jeune comtesse ,s*\val(f en bu/e4 #b ,les deux jeunes gr&es-du*esses ,hlne et ,alex&r9e1 t\tes deux trs belles4 ,je les ai pe9tes ensemble t5ant le mdaillon de l'impratrice ,ca!r9e qu'elles reg>dai5t4 #e ,la gr&e du*esse lizabe? en pi$1 arrangeant des fleurs dans une corbeille4 ,deux copies mi-corps avec les ma9s4 ,plus deux gr&s bu/es avec une ma94 #b ,la gr&e-du*esse ,anne4 ,deux portraits mi-corps4 #b ,la comtesse de ,scawronski4 ,deux bu/es4 ,la mme que j'avais pe9te ,naples jusqu' mi-corps4 #b ,la comtesse de ,/rogon(f t5ant son enfant4 ,son m>i en p5dant mi-jambes4 #a ,la comtesse ,sammacl(f avec ses deux enfans prs d'elle4 #a ,la comtesse ,aprax9e4 ,gr& bu/e4 #b ,la pr9cesse ,is\p(f1 mi-jambe4 ,plus son fils4 #a ,la comtesse de ,wor&s(f4 ,bu/e4 #a ,la comtesse ,gol[91 avec une ma94 #a ,la comtesse ,tol/oy1 mi-jambes1 appuye sur un ro*] prs d'une cascade4 #b ,la pr9cesse ,alexis ,k\rak91 et le pr9ce son m>i4 #b ,le roi de ,pologne4 ,deux gr&s bu/es3 l'un en co/ume d',h5ri ,,iv1 et l'autre avec un manteau de vel\rs1 que j'ai g>d4 #a ,la petite-nice du roi de ,pologne1 j\ant avec un petit *i54 #a ,la pr9cesse ,mi*el ,galitz94 ,gr& bu/e4 #b ,la comtesse ,dietrict51 et le comte son m>i4 #a ,la pr9cesse ,bauris ,galitz9 presque en pi$1 mi-jambes4 #a ,milord ,talbot4 ,bu/e4 #a ,la pr9cesse ,sapia pass les g5\x1 dansant avec un tamb\r de basque4 #a ,la fille de la pr9cesse ,is\p(f4 #a ,madame ,k\t\s(f4 ,bu/e4 #a ,le b>on de ,/rogon(f4 #a ,mademoiselle ,kasisky1 soeur de la pr9cesse ,belloseski4 #a ,la pr9cesse ,alex&re ,galitz94 #a ,madame ,kalit*eff4 #a ,le comte ,potocki4 #a ,le comte ,litta4 #a ,la pr9cesse ,viam9ski4 #a ,le jeune pr9ce ,b>iat9ski4 ,gr& bu/e4 #a ,le pr9ce ,alex&re ,k\rak91 deux bu/es4 #a ,mon portrait jusques aux g5\x1 en noir1 t5ant ma palette4 ,p\r l',acadmie de ,sa9t-,pt]sb\rg4 -- #dg 99 99 99 99 99 ,,b]l94 #b ,pa/els d'aprs la re9e4 #a ,l'ambassadrice de ,portugal4 #a ,une autre dame dont j'ai oubli le nom4 -- #d 99 99 99 99 99 ,,dresde4 #c ,bu/es du portrait de l'emp]eur ,alex&re1 #a ,la fille de la comtesse ,potocka4 #a ,une ,allem&e4 -- #e 99 99 99 99 99 ,,portraits ,,faits ,,londres4 #a ,la demoiselle ,dorset4 #a ,madame ,*9n]y4 #b ,ses enfans4 #a ,mademoiselle ,dillon4 #a ,madame ,villi]s4 #a ,la m>grave d',anspa*4 #a ,madame ,b]+4 #a ,le pr9ce de ,galles4 #a ,madame de ,pola/ron4 #a ,la comtesse ,dri$re/e94 #a ,le jeune ,pola/ron enfant4 #a ,"l ,byron4 #a ,le pr9ce ,b>iat9ski4 #a ,une ,amrica9e trs jolie4 #a ,m4 ,kepell1 fils de la m>grave d',anspa*4 #c ,portraits de moi4 #b ,madame ,grass9i1 deux portraits en sultane1 l'un en gr&1 et l'autre en petit id41 plus un bu/e4 #a ,portrait d'une ,irl&aise4 #a ,lady ,georg9e1 fille de lady ,gordon4 #a ,le pr9ce ,biron de ,c\rl&e1 en *asseur4 ,plusieurs pe9ts de vue au bord de la m]2 po9ts au pa/el2 puis aussi quelques paysages4 -- #bd 99 99 99 99 99 ,,portraits ,,depuis ,,mon ,,ret\r ,,p>is4 #a ,le portrait de la re9e de ,prusse1 pe9t d'aprs l'tude que j'avais faite d'aprs ,sa ,maje/1 ,b]l94 ,gr& bu/e4 #a ,le pr9ce ,f]d9& de ,prusse4 #a ,le pr9ce ,augu/e-,f]d9&1 leur fils4 #a ,la pr9cesse ,l\ise1 sa soeur1 pr9cesse de ,radzivill4 #a ,la pr9cesse ,tufak91 dont j'avais fait la tte seulem5t ,mosc\4 #a ,madame ,catalani avec les ma9s1 *antant deb\t prs du piano4 #a ,madame ,murat en pi$1 ayant sa fille prs d'elle4 #d ,portraits de moi p\r mes amies4 #c ,trois portraits de madame ,grass9i2 un pass les g5\x1 le d]ni] avec une ma94 #a ,m4 ,ragani1 m>i de madame ,grass9i4 ,gr& bu/e4 #a ,la vicomtesse de ,vaudreuil1 nice de ,m4 le comte de ,vaudreuil4 #a ,le comte de ,vaudreuil4 ,deux bu/es4 #a ,deux portraits de la du*esse de ,gui*e1 fille de madame de ,polignac4 #a ,la jeune pr9cesse ,potemski1 mi-jambes4 #a ,madame ,con/ans4 ,bu/e4 #a ,la comtesse d',&lau1 avec les ma9s4 #b ,la comtesse de ,rosambeau et la comtesse d',orgl&e1 filles de la comtesse d',&lau1 t\tes deux avec les ma9s4 #b ,,mm4 d',&lau1 leurs deux frres4 #a ,viotti1 clbre violon4 #a ,la m>quise de ,grosli]1 peignant des fleurs4 #a ,le bailli de ,crussol4 ,gr& bu/e4 #a ,mademoiselle de ,grnonville4 ,bu/e4 #a ,madame ,david(f1 avec la ma94 #a ,p\r le roi ,*>les ,x1 le m>quis de ,rivire4 ,bu/e4 #a ,le comte de ,cotlosquet4 ,bu/e4 #a ,madame de ,pront1 nice de ,m4 de ,cotlosquet4 #b ,s4 ,a4 ,r4 la du*esse de ,b]ri1 avec les ma9s4 #a ,mademoiselle de ,sass5ay4 ,bu/e4 #a ,m4 ,ra\l-,ro*ette4 ,bu/e4 #a ,m4 ,sapey4 ,bu/e4 #a ,madame ,lafont4 #a ,mademoiselle de ,rivire4 #a ,alfr$ de ,rivire1 idem4 #a ,le b>on de ,fei/hamel avec les ma9s1 peignant4 #a ,le b>on de ,crespy-le-,pr9ce dess9ant4 #a ,madame ,ditte4 #a ,madame de ,rivire ma nice1 avec les deux ma9s4 #a ,mon portrait de pr(il1 p\r la ville de ,pt]sb\rg2 on devait1 sur la mme mdaille1 grav] mon portrait1 et celui d',anglica ,k(fmann4 ,,de ,,s\v5ir3 #a ,madame de ,suffre94 #a ,l'abb ,delille4 #a ,la comtesse de ,las ,cazes4 #a ,le comte de ,*atellux4 -- #ej #acj total gnral4 99 99 99 99 99 ,,tableaux4 #a ,l'apo?ose de la re9e4 #a ,la naufrage4 #a ,la cat>acte de ,n>va4 #a ,amphion j\ant de la lyre avec trois ,naades4 #a ,un vieill>d et son petit-fils2 inc5die1 effet4 #a ,prs de c5t paysages suisses au pa/el1 faits dans mes deux voyages4 ,total gnral des portraits1 #ffb4 #ae tableaux1 et prs de #bjj paysages tant en ,suisse qu'en ,anglet]re4 ,,f9 ,,du ,,troisi,,me ,,et ,,d]ni] ,,volume4 ,,note4 ,j'ai dsir plac] la f9 de ce volume les conseils que j'ai crits p\r ma nice1 madame ,lefranc1 qui peuv5t tre utiles aux femmes qui se de/95t pe9dre le portrait4 ,,sur ,,la ,,pe9ture ,,du ,,portrait4 ,conc]nant ce qu'on doit obs]v] avant de comm5c] le portrait4--,il faut t\j\rs tre prt une demi-heure avant que le modle n'arrive1 af9 de se recueillir3 c'e/ une *ose ncessaire p\r plusieurs raisons4 #a ,il ne faut passe faire att5dre2 #b il faut que la palette soit prp>e1 et faire en sorte de ne pas tre tracasse p> du monde et des dtails d'affaire4 ,rgle ncessaire4--,il faut plac] son modle assis1 plus haut que soi2 que les femmes le soi5t commodm5t2 qu'elles ai5t de quoi s'appuy]1 et un tab\ret s\s les pi$s4 ,il faut1 le plus possible1 s'loign] de son modle1 c'e/ le vrai moy5 de bi5 saisir le ju/e ensemble des traits et l'aplomb des signes1 tant p\r la t\rnure du corps que p\r ses habitudes qu'il e/ ncessaire d'obs]v]1 mme p\r la ressemblance totale2 ne reconnat-on pas les p]sonnes p> d]rire1 mme sans ap]cevoir leur visage8 ,p\r faire le portrait d'un homme 7surt\t s'il e/ jeune71 il faut le faire t5ir un in/ant deb\t avant de comm5c]1 p\r trac] les signes gnraux et extrieurs plus ju/es4 ,si on traait le p]sonnage assis1 le corps n'aurait pas d'lgance1 et la tte p>atrait trop rappro*e des paules4 ,p\r les hommes surt\t cette obs]vation e/ ncessaire1 les voyant plus s\v5t deb\t qu'assis4 ,il faut ne pas plac] la tte trop haute dans la toile1 cela gr&it trop le modle1 et trop bas cela le rapetisse3 on doit plac] la figure de manire qu'il y ait plus d'espace du ct o e/ t\rn le corps4 ,il faut avoir d]rire soi une glace1 place de manire ap]cevoir son modle et son portrait1 p\r p\voir le consult] trs s\v5t1 c'e/ le meilleur guide1 il explique nettem5t les dfauts4 ,avant de comm5c] causez avec votre modle2 essayez plusieurs attitudes1 et *oisissez non-seulem5t la plus agrable1 mais celle qui convi5t son ge et son c>actre2 ce qui peut aj\t] la ressemblance1 de mme p\r sa tte3 placez la de face ou de trois-qu>ts1 cela aj\te plus ou mo9s la vrit des traits1 surt\t p\r le public2 le miroir peut aussi dcid] ce sujet4 ,il faut t*] de faire la tte 7le masque surt\t7 dans trois ou quatre sances d'une heure et demie *aque1 deux au plus2 c> le modle s'ennuie1 s'impati5te 7ce qu'il faut vit]71 son visage *ange visiblem5t1 c'e/ p\rquoi il faut le faire repos]1 et le di/raire le plus possible4 ,t\t cela e/ d'expri5ce avec les femmes2 il faut les flatt]1 leur dire qu'elles sont belles1 qu'elles ont le te9t frais1 etc41 etc4 ,cela les met en belle humeur1 et les fait t5ir avec plus de plaisir4 ,le contraire les *ang]ait visiblem5t4 ,il faut aussi leur dire qu'elles pos5t m]veille2 elles se tr\v5t engages p> l se bi5 t5ir4 ,il faut bi5 leur recomm&] de ne po9t am5] de socits4 ,t\tes veul5t donn] leur avis1 et font t\t gt]4 ,quant aux arti/es et aux g5s de gt1 on peut les consult]4 ,ne v\s rebutez pas si quelques p]sonnes ne tr\v5t aucune ressemblance vos portraits2 il y a tant de g5s qui ne sav5t po9t voir4 ,tant que v\s travaillez la tte d'une femme1 si elle e/ vtue de blanc1 mettez sur elle une drap]ie de c\leur abs5te 7gris ou v]dtre71 af9 de ne pas di/raire les rayons visuels1 et qu'ils puiss5t se repos] seulem5t sur la tte du modle2 si cep5dant v\s la peignez en blanc1 laissez-en un peu p\r la tte1 qui doit en tre reflte4 ,que le fond d]rire le modle soit en gnral d'un ton d\x et uni1 ni trop clair1 ni trop fonc2 si c'e/ un fond de ciel1 c'e/ autre *ose2 mettez du bleutre d]rire la tte4 ,p\r pe9dre la tte au pa/el ou l'huile1 il faut tablir les masses de vigueur1 les demi-te9tes1 ensuite les clairs4 ,il faut empt] les lumires1 et les r5dre t\j\rs dores2 entre les lumires et les demi-te9tes2 il y a un ton mixte qu'il ne faut pas omettre1 il p>ticipe du violtre1 du v]dtre1 du bleutre4 ,voyez ,van ,dyck4 ,les demi-te9tes doiv5t tre de ton rompu1 et mo9s emptes que les lumires2 que sa lumire indique =tem5t ses os et ses p>ties musculeuses qui cd5t aux premires4 ,immdiatem5t aprs cette premire lumire se tr\ve le ton de *air dcid selon le te9t de la p]sonne1 il se p]d avec les tons mixtes et fugaces des demi-te9tes4 ,les ombres doiv5t tre rig\reuses et transp>5tes la fois1 c'e/--dire po9t emptes1 mais d'un ton mr1 accompagn de t\*es f]mes et sangu9es dans les cavits1 telles que l'orbite de l'oeil1 l'enfoncem5t des n>9es1 et dans les p>ties ombres et int]nes de l'oreille1 etc4 ,les c\leurs des j\es1 si elles sont naturelles1 doiv5t t5ir de la p*e dans la p>tie fuyante1 et de la rose dore dans la saillante1 et se p]dre ins5siblem5t1 avec les lumires occasiones p> la saillie des os 7elles sont d'un ton dor72 o les lumires doiv5t t\j\rs tre1 et se dgrad] ins5siblem5t1 c'e/ l'os du front1 celui de la j\e aut\r du nez1 au haut de la lvre suprieure1 dans le co9 de l'infrieure1 et sur le haut du m5ton4 ,il faut obs]v] que la lumire doit dim9u] mesure1 et que la p>tie la plus saillante1 et la plus claire p> consqu5t1 doit t\j\rs tre la lum9euse4 ,les lumires sc9tillantes1 f9es et gnrales d'une tte sont dans la prunelle1 ou dans le blanc de l'oeil1 selon la position de l'oeil et de la tte 7ces deux-ci cd5t aux autres de beauc\p1 et sont d'un ton mo9s dor71 au milieu de la paupire suprieure1 au milieu de la paupire infrieure1 ou du mo9s sur une p>tie1 c'e/ selon comme la tte e/ claire2 ensuite sur le milieu du nez1 sur le c>tilage1 sur la lvre infrieure3 plus le nez de la p]sonne e/ f91 plus la lumire doit tre f9e4 ,il ne faut jamais empt] les prunelles1 p\r qu'elles soi5t vraies et transp>5tes2 il faut1 le plus possible1 les bi5 dtaill]1 pr5dre g>de de leur faire un reg>d quivoque1 surt\t les faire rondes4 ,il faut obs]v] que quelques p]sonnes les ont plus petites ou plus gr&es1 mais t\j\rs p>faitem5t rondes2 le haut du c]cle de la prunelle e/ t\j\rs int]cept p> la paupire suprieure2 l'oeil en colre1 la prunelle se voit entirem5t4 ,qu& l'oeil s\rit1 la prunelle e/ int]cepte p> la paupire infrieure qui la rec\vre4 ,le blanc de l'oeil doit tre d'un ton vi]ge et pur dans l'ombre1 et la demi-te9te1 quoique p]dant son vrai ton 7de mme que t\s les objets71 ne doit jamais tre grise ni d'un ton sale4 ,il doit reflt] quelquefois la lumire du nez1 et p>ticip] un peu de l'orifice4 ,les cils dans la p>tie ombre se dta*5t en clair1 c'e/ p\rquoi il faut pe9dre ces tons avec de l'outre-m] dans la p>tie claire en ombre4 ,l'orbite de l'oeil e/ bi5 obs]v]1 il e/ plus ou mo9s vig\reux ou clair1 selon sa =me4 ,il e/ compos d'ombres1 de clairs1 de demi-te9tes et de reflets du nez4 ,le s\rcil doit tre prp> d'un ton *aud1 et l'on doit s5tir la *air dess\s les petites *appes des poils1 qui doiv5t tre faits f9em5t et avec lgret4 ,le battu1 l'en*ssem5t de l'oeil e/ t\j\rs d'un ton f9 7plus ou mo9s1 selon la dlicatesse et la blan*eur de la peau71 bleutre1 violtre4 ,il faut bi5 pr5dre g>de de trop p\ss] ces tons1 cela r5drait l'oeil pleureur4 ,c'e/ p\rquoi il faut quelquefois les rompre p> des dors1 mais avec mnagem5t4 ,il faut bi5 obs]v] la p>tie du front2 elle e/ ncessaire la ressemblance1 et donne en p>tie le c>actre de la physionomie4 ,les fronts dont l'os a une saillie c>re1 tels que ,raphal1 ,rub5s et ,van ,dyck 7comme on peut le voir dans leurs portraits71 la lumire s'indique =tem5t sur leurs saillies4 ,la premire e/ en haut du front1 peu de di/ance aprs les *eveux4 ,elle s'int]rompt un peu et vi5t s'asseoir prs du s\rcil1 ce qui fait cd] le ton de la tempe1 o se dcrit s\v5t la ve9e bleue1 surt\t aux peaux dlicates2 aprs cette lumire e/ un ton de *air enti]1 qui se dgrade v]s le milieu1 la lumire se rappelle faiblem5t sur cette mme =me d'os du petit ct1 d'une demi-te9te1 et se m>ie d\cem5t p> des demi-te9tes1 qui vont gagn] l'ombre qui dess9e encore cette mme =me de l'os frontal4 ,aprs cette ombre il exi/e un reflet plus ou mo9s dor1 selon la c\leur des *eveux3 dess\s le s\rcil1 le ton se prp>e un peu plus *aud1 les poils du s\rcil multiplis1 font le mme effet que des b\cles de *eveux qui retomb]ai5t sur un front clair4 ,l'ombre en e/ *aude4 7,voyez les ttes de ,greuze1 obs]vez bi5 l'habitude des *eveux du modle que v\s peignez1 cela aj\te la ressemblance et la vrit47 ,il faut bi5 obs]v] les passages qui se v]ront des *eveux avec la *air1 af9 de les r5dre aussi vrais que possible2 qu'il n'y ait jamais de duret1 et que les *eveux se ml5t bi5 avec la *air1 tant p> le cont\r que p> la c\leur2 af9 que cela n'ait po9t l'air p]ruque1 ce qui arriv]ait immanquablem5t sans ce que je vi5s d'expliqu]4 ,les *eveux doiv5t se dess9] p> masse et trs peu l'emport]2 le mieux s]ait de les faire p> glacis1 la toile produisant s\v5t des transp>5s dans l'ombre et dans le ton enti]4 ,les clairs des *eveux ne s'tabliss5t que sur les p>ties saillantes de la tte2 les b\cles des *eveux reoiv5t la lumire au milieu et sont lgrem5t int]ceptes p> quelques lg]s *apps de *eveux qui vi5n5t en t] l'uni=mit4 ,il faut t\j\rs que les bords des *eveux 7comme mtal7 p>ticip5t du ton du fond1 ce qui aide faire t\rn] les p>ties fuyantes de la tte4 ,l'oreille e/ trs ncessaire bi5 tudi] et bi5 mettre sa place1 att5du qu'elle atta*e le col la tte2 il faut le plus possible la faire d'une belle =me2 tudiez l'antique ou la belle nature4 ,on peut obs]v]1 p> exemple1 que gnralem5t la nation allem&e et surt\t autri*i5ne les ont atta*es plus haut qu'elles ne devrai5t l'tre dans la proportion exacte1 de mme que l'emman*em5t de leur col e/ diffr5t de celui des autres4 ,il e/ l>ge1 gros1 et pr5d trs haut d]rire l'oreille2 cette nation a le ma/ode trs =t4 ,si l'on pe9t donc une ,allem&e1 on doit cons]v] ce trait c>actri/ique de leur nation1 qui se tr\ve aussi dans l'ossem5t l>ge de leur front et dans leurs j\es assez ord9airem5t plates et troites4 ,il faut le plus possible faire en enti] l'oreille1 et bi5 tudi] 7quitte mettre p>-dessus des *eveux7 ses c>tilages4 ,ce qui dt]m9e ses =mes doit tre d'une c\leur *aude et transp>5te1 except le tr\ du milieu qui e/ t\j\rs vig\reux4 ,son ton de *air1 mme dans la lumire1 doit cd] en gnral la lumire de la j\e1 qui e/ plus saillante4 ,l'ombre porte de l'oreille sur le col doit tre trs *aude1 le j\r passant au trav]s2 la m*oire doit se dcrire d'un ton color f9 et p> de lgres demi-te9tes p\r obt5ir la saillie qu'elle doit avoir sur le col2 si c'e/ une tte de femme1 les re/es du bas de sa m*oire se dcriv5t p> des tons plus *auds qu' un homme1 cause des tons de la b>be1 qui abas\rdit les tons naturellem5t *auds de la *air4 ,le ton du col e/ en gnral d'un ton trs f91 et cde beauc\p au ton sangu9 du visage4 ,il e/ ess5tiel de bi5 obs]v] l'aplomb des clavicules 7relativem5t la position de la tte7 et leur lumire2 la poitr9e se colore t\j\rs un peu plus prs v]s le milieu de l'atta*e des clavicules2 en gnral les p>ties osseuses1 telles que le c\de1 la rotule1 le talon1 l'extrmit du doigt1 ces p>ties1 dis-je1 doiv5t t\j\rs tre les plus =tes en c\leur4 ,si l'on doit pe9dre une gorge1 clairez-la de faon qu'elle reoive bi5 la lumire2 les plus belles gorges sont celles dont la lumire n'e/ po9t int]cepte1 jusqu'au b\ton qui se colore peu peu jusqu' l'extrmit2 les demi-te9tes qui font t\rn] le se9 doiv5t tre du ton le plus f9 et le plus frais2 l'ombre qui drive de la saillie de la gorge doit tre *aude et transp>5te4 ,il y a la mme dgradation de lumire sur t\s le corps que celle ci-dessus explique p\r la tte2 si la figure e/ assise1 la lumire alors se rappell]a trs vivem5t sur les cuisses et dgrad]a jusqu'au talon4 ,,notes #a3 ,p]gola1 dont j'ai dj p>l1 app>t5ait madame ,s\wal(f1 femme de l'auteur de l'ptre ,n9on4 ,sa fille a p\s te comte ,di$e/e91 ,autri*i51 et frre de la belle madame ,k9ski4 #b3 ,l'emp]eur actuel4 #c3 ,il e/ =t r>e que je me trompe l'expression du reg>d4 ,la d]nire fois que je vis la du*esse de ,maz>91 qui se portait m]veille et *ez laquelle p]sonne n'obs]vait aucun *angem5t1 je dis mon m>i3 ,la du*esse ne vivra pas dans un mois2 ce qui arriva comme je l'avais prdit4 #d3 ,poniat[ski1 que ,napolon v5ait de nomm] m>*al de ,france1 quoiqu'il ne v\lt d'autre titre que celui de *ef des ,polonais1 v5ait de protg] la retraite de l'arme franaise1 n'ayant avec lui que #gfj hommes2 bless grivem5t1 il arriva sur les bords de l',el/]1 dont p> un fune/e mal5t5du les ,franais avai5t c\p le pont2 il s'arrte1 et l'ennemi lui criant de se r5dre1 il se jette dans le fleuve et disp>at4 #e3 ,celle qui e/ dev5ue depuis la pr9cesse ,radzivill4 #f3 ,c'tait le #af ju9 #ahjj4 #g3 ,il en avait si peu que le j\r de son m>iage il fut oblig de me dem&] quelques ducats p\r donn] l'glise4 #h3 ,je dois dire cep5dant que ,m4 ,nigris ayant le c>actre d\x et l'esprit ins9uant1 ils ont vcu =t bi5 ensemble p5dant quelques annes4 #i3 ,ces dess9s avai5t t faits en ,turquie1 pr9cipalem5t ,con/ant9ople4 #aj3 ,les glises sont en si gr& nombre qu'un dicton du peuple e/3 ,mosc\ avec sa qu>ante qu>anta9e d'glises4 #aa3 ,cette clo*e n'a t dgage de la t]re qui la c\vrait qu'en cette anne #ahcf4 #ab3 ,ce portrait e/ *ez le pr9ce ,tufak91 son m>i1 qui l'a apport avec lui lorsqu'il v9t en ,france4 #ac3 ,le comte ,grgoire ,orl(f1 g5dre de la m>*ale ,soltik(f1 tait un trs aimable jeune homme4 ,je l'ai revu depuis avec bi5 du plaisir lorsqu'il e/ veau ,p>is p\r consult] sur la maladie de sa femme4 #ad3 ,ce pr9ce ,alex&re1 qui e/ re/ long-temps ,p>is comme ambassadeur russe prs de ,napolon1 tait beau frre de la bonne et aimable pr9cesse ,k\rak91 qui sont adresses les premires lettres de mes s\v5irs4 #ae3 ,je ne saurais dire combi5 il y avait ,mosc\1 l'poque o je m'y tr\vais1 de pr9ces1 et surt\t de pr9cesses ,galitz94 ,plusieurs de ces d]nires n'tai5t po9t m>ies4 #af3 ,l'impratrice ,m>ie a pris l'autre son s]vice4 #ag3 ,j'ai fait ,dresde plusieurs gr&s bu/es d',alex&re d'aprs ces pa/els1 mais ,m4 de ,krudn] les ayant ports p> m] trop frais encore1 ils ont s\ff]t du voyage4 #ah3 ,ces enfans1 depuis1 ont beauc\p *ang leur avantage4 ,celle qui e/ ma9t5ant impratrice de ,russie a =t embelli4 #ai3 ,je devais plus t>d copi] t\s ces pa/els l'huile1 ce que j'ai fait aussitt mon arrive ,p>is4 #bj3 ,j'ai t5u p>ole1 quoique ,lebrun le pote m'ait fait pri] s\v5t de le recevoir4 #ba3 ,cette petite dont je p>lais l e/ auj\rd'hui madame de ,rivire1 ma nice1 qui m'e/ si t5drem5t atta*e1 et que j'aime comme ma fille4 #bb3 ,le ducat vaut d\ze francs1 le grutz deux sols4 #bc3 ,p\r pass] le temps p5dant ces six j\rs je raccommodai mes vieilles *emises1 et ,dieu sait comme cela tait c\su6 aussi1 mon arrive ,p>is1 je pris une femme de *ambre qui1 voyant mon raccommodage1 me dit3 ,on voit bi5 que madame vi5t d'un pays b>b>e1 c> ceci e/ c\su la diable4 ,je me mis rire et lui rpondis que c'tait mon ouvrage4 ,la pauvre fille t\t emb>rasse aurait bi5 v\lu repr5dre ses p>oles2 mais je la rassurai en lui av\ant que je n'avais jamais su c\dre4 #bd3 ,dans la rvolution1 t\tes les glises tant f]mes1 ,m4 ,lebrun prta cette salle p\r y dire la messe4 #be3 ,la comtesse de ,rosambo e/ morte peu de temps aprs la ,re/auration4 ,cette femme si p>faite s\s t\s les rapports e/ vivem5t regrette de t\te sa famille et de ceux qui ont eu le bonheur de la connatre4 #bf3 ,le frre de celui-ci1 le vicomte de ,sgur1 mettait alors assez plaisamm5t sur ses c>tes3 ,sgur sans crmonies4 #bg3 ,on sait que /reet veut dire rue4 #bh3 ,depuis ,georges ,,iv4 #bi3 ,je puis tmoign] de l'effet que produisit cet assass9at sur t\s les ,anglais2 l'horreur qu'il inspira fut gnrale4 #cj3 ,j'ai appris en ,france1 mon gr& regret1 que les dignes matres de ,/[e tai5t morts1 et que depuis le *teau avait brl a9si que t\s les *efs-d'oeuvre qu'il r5f]mait4 ,on m'a dit que1 lors de cet vnem5t1 ,/[e app>t5ait ,m4 ,hope1 banqui]4 #ca3 ,on m'a assure qu'un ,anglais1 ne voyant po9t de t]me sa dt5tion dans la ville de ,v]dun1 avait pris le p>ti d'y faire btir une maison4 #cb3 ,ces lettres sont adresses madame la comtesse ,v9c5t ,potocka1 ne ,massalska2 elle avait p\s en premires noces le pr9ce ,*>les de ,ligne1 qui fut tu dans les gu]res de la rvolution2 le pr9ce ,*>les tait un brave et excell5t jeune homme dont la mort a t beauc\p pleure4 #cc3 ,m4 de ,boigne1 mort depuis quelques annes1 tait n ,*ambry2 il a eu le bon esprit d'employ] une gr&e p>tie de sa =tune faire btir dans sa ville natale des hpitaux et des monum5s utiles ses compatriotes4 #cd3 ,j'ai pe9t ces effets d'aprs nature4 #ce3 ,ce portrait e/ ,g5ve *ez madame ,neck]1 tante de madame de ,/al4 #cf3 ,dans le c\rant de l'anne #ahjh et de l'anne #ahji1 madame de ,/al crivit trois petites lettres qui se rapport5t ce portrait1 et qu'on n\s saura gr de donn] ici2 la premire1 date de ,coppet1 le #af septembre #ahjh1 e/ adresse madame ,lebrun3 ,je s]ais vraim5t honteuse1 ,madame1 d'tre re/e si long-temps sans v\s rpondre1 si je n'avais pas t si s\ffrante depuis quelque temps1 que t\t m'tait difficile4 ,je m'en remets v\s p\r l'exposition au salon1 et je me flatte que votre tal5t f]a p>donn] ce qui manque l'orig9al4 ,quant la gravure1 je m'en *>ge ici2 ce s]ait trop ret>d] le mom5t o je possd]ai le portrait1 et d'ailleurs t\s nos arrangem5s sont faits cet g>d ,g5ve4 ,je vais ,vi5ne pass] l'hiv]2 si je p\vais v\s y tre utile1 donnez-moi vos commissions2 je les f]ai trs exactem5t2 il e/ bi5 ju/e que je v\s r5de un peu dans le rel de la vie ce que v\s avez fait p\r moi dans l'idal4 ,daignez me rappel] au s\v5ir de madame ,nigris1 et cons]vez-moi t\j\rs1 je v\s prie1 quelque bi5veillance4 ,la seconde lettre1 date de ,g5ve1 le #i janvi] #ahji1 e/ adresse madame ,nigris1 la fille de madame ,lebrun3 ,j'ai r5onc1 ,madame1 la gravure du portrait de madame votre mre2 c'e/ trop *] p\r une fantaisie1 et je vi5s d'pr\v] un procs considrable qui m'oblige des mnagem5s de =tune2 mais aurez-v\s la bont de me dire qu& le portrait de ,cor9ne me s]a remis p> madame ,lebrun8 ,mon int5tion tait de lui envoy] mille cus en le recevant1 mais n'ayant pas de ses n\velles1 je ne sais pas du t\t ce que je dois faire4 ,soyez assez bonne p\r v\s en ml]1 et me ngoci]1 cet g>d1 ce que je dsire4 ,une ngociation qui me s]ait bi5 d\ce aussi1 c'e/ celle qui v\s amn]ait en ,suisse cet t4 ,prosp] dit qu'il y vi5dra4 ,m4 de ,malete/e ne se laiss]ait-il pas sduire p> cette runion de t\s ses amis8 c> j'ose me mettre du nombre2 en le voyant une fois1 il m'a sembl que je r5contrais une anci5ne connaissance4 ,v\s avez eu la bont d'crire mon homme d'affaires1 et je lui vole le plaisir de v\s rpondre4 ,agrez1 ,madame1 mes complim5s empresss4 ,la troisime lettre1 date de ,coppet1 le #ad juillet #ahji1 e/ adresse madame ,lebrun3 ,j'ai enf9 reu votre magnifique tableau1 ,madame1 et1 sans p5s] mon portrait1 j'ai admir votre ouvrage4 ,il y a l t\t votre tal5t1 et je v\drais bi5 que le mi5 pt tre enc\rag p> votre exemple2 mais j'ai peur qu'il ne soit plus que dans les yeux que v\s m'avez donns4 ,me p]mettez-v\s de v\s envoy] ce m&at payable le #a;er de septembre8 ,agrez1 ,madame1 l'assurance des s5tim5s que je v\s ai v\s4 ,n\s avons s\s les yeux une lettre de madame ,lebrun sa fille1 madame ,nigris1 date de ,coppet1 le #ab septembre2 on tr\ve dans cette lettre t\t ce que l'am\r mat]nel a de plus t5dre2 n\s n\s cont5t]ons d'en extraire ce qui se rapporte au voyage en ,suisse de madame ,lebrun3 ,les spectacles de la nature consol5t ou di/rai5t de bi5 des pe9es2 je vi5s de l'pr\v] plus =tem5t que jamais4 ,tu ne peux avoir l'ide des j\issances que j'ai ress5ties dans nos c\rses en ,suisse2 tu ne peux te figur] t\s ces tableaux1 t\s ces po9ts de vue1 t\s ces sites si v>is1 si pittoresques4 ,que de *oses j'aurai te dire mon ret\r6 ,il me semble avoir vcu dix ans depuis deux mois et demi2 ce n'e/ pas que le temps m'ait p>u long1 mais t\tes mes heures ont t si intressantes et si remplies que j'en ai p\r a9si dire fix ou n les int]valles4 la suite de cette lettre de madame ,lebrun1 n\s tr\vons un po/-scriptum de madame de ,/al la mme adresse3 ,madame votre mre1 ,madame1 a fait de moi ,cor9ne dans un portrait vraim5t plus potique que mon ouvrage4 ,je v\s prie1 ,madame1 de tr\v] bon que je v\s rem]cie de l'intrt que madame votre mre m'a tmoign2 c'e/ v\s qu'elle aime rapport] ses succs4 ,si je n'tais pas exile1 ,madame1 je p>l]ais de mon dsir de v\s connatre2 nos amis communs me l'ont inspir4 ,dites1 je v\s prie1 ,m4 de ,malete/e que je vais p>l] de lui et de v\s avec ,prosp]1 et que je me flatte t\j\rs qu'il p5se moi1 bi5 qu'il ne me l'crive jamais4 ,adieu1 ,madame1 je v\s vois d'ici2 votre portrait p> madame votre mre et p> ses amis me p]suade que n\s n\s connaissons dj4 ,c'e/ ,p>is que le portrait de madame de ,/al fut a*ev2 madame ,beau=t d',hautp\lt1 ayant vu ce bel ouvrage1 improvisa les v]s suivans3 ,je la vois1 je l'ent5ds2 tes p9ceaux crateurs ,donn5t l'ame et la vie et l'esprit aux c\leurs2 ,voil ses yeux brillans d'ard5tes t9celles1 ,ces sons mlodieux1 ces cordes immortelles1 ,qui de ses *ants div9s accompagn5t les v]s1 ,et la toile anime en p>fume les airs4 ,je ne sais qui des deux remporte la victoire3 ,l'une guide la ma91 l'autre fixe la gloire1 ,et la mme c\ronne enlace en ce tableau ,le front inspirateur et l'immortel p9ceau4 ,/al (frait ,lebrun un tal5t digne d'elle2 ,lebrun mritait seule un si p>fait modle2 ,l'univ]s tonn de cet ensemble heureux ,sans *oix tombe en sil5ce au pi$ de t\tes deux4 7,note de l'diteur47 #cg3 ,depuis ce temps1 la maison de ,voltaire a t a*ete p> une p]sonne qui en a fait btir une plus gr&e2 mais le n\veau propritaire a cons]v et soign celle du philosophe1 qu'il laisse voir aux trang]s4 #ch3 ,dans mon sj\r en ,anglet]re je vis aussi un manque de respect p\r ,milton4 ,ri*emont1 au milieu d'une prairie1 se tr\vait un arbre o l'auteur du ,p>adis ,p]du allait s'asseoir p\r crire2 eh bi56 cet arbre a t c\p4 #ci3 ,dans le sj\r prolong que j'ai fait ,*am\ni1 j'ai pe9t t\te la ligne des montagnes entrec\pes de glaci]s2 j'ai pe9t aussi t\te la valle4 #dj3 ,cette lettre et les suivantes sur la ,suisse app>ti5n5t au second voyage que j'ai fait en #ahji4 #da3 ,la lettre de ,m4 ,ra\l ,ro*ette1 sur sa c\rse au ,rigi1 e/ si p>faite p> sa description1 que l'on y voyage avec lui4 #db3 ,le seul tmoignage de reconnaissance que j'aie pu faire accept] ,m4 et madame ,konig1 c'e/ mon portrait l'huile que je leur ai envoy de ,p>is4 ,m4 ,konig e/ v5u ,p>is montr] des tableaux de lui en transp>5s2 je les ai eus *ez moi1 et t\t le monde en tait en*ant4 #dc3 ,j'ai rfl*i que les effets de la lune aurai5t dtruit celui des feux qui ressortissait avec vigueur sur le haut des montagnes o ils tai5t placs4 #dd3 ,cette t\r e/ la ru9e du *teau d',unspunn51 que possdait ,b]?old1 fondateur de ,b]ne4 ,c'e/ en mmoire de lui que se donne cette fte patriotique4 #de3 ,aprs la fte1 madame de ,/al alla se prom5] avec le duc de ,montmor5cy2 moi1 je m'tablis sur la prairie p\r pe9dre le site et les masses de gr\pes4 ,le comte de ,grammont t5ait ma bote au pa/el4 ,l'aspect de cette fte e/ pe9t l'huile2 ,m4 le pr9ce de ,talleyr& possde ce tableau4 ,dans le rcit de mes deux voyages en ,suisse1 je n'ai pu indiqu] d'une manire complte les paysages que j'ai dess9s d'aprs nature2 j'ai fait environ deux c5ts paysages au pa/el4 #df3 ,je n'en fus pas quitte p\r cette fois4 ,au ret\r des trang]s en #ahae1 il rev9t des ,anglais ,l\veci5nes2 ils me prir5t1 entre autres *oses1 un sup]be c(fre de lacque1 que j'ai beauc\p regrett1 p>ce qu'il m'avait t donn ,pt]sb\rg p> mon anci5 ami le comte ,/rogon(f4 #dg3 ,c'e/ ,m4 ,daguet que le ,roi *>gea de di/ribu] ses bi5faits aux pauvres4 #dh3 ,ducis1 avant la rvolution1 avait occup un emploi dans la maison de ,monsieur4 #di3 ,la ,sibylle n'a po9t t v5due ,rosny avec les autres tableaux de la du*esse de ,b]ri1 p>ce que1 faisant p>tie de l'hritage du duc1 elle app>ti5t son fils4