nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,s\v5irs ,,de ,,madame ,,l\ise-,,lisabe? ,,vig,e-,,lebrun1 ,,de ,l',,acad,,mie ,,royale ,,de ,,p>is1 ,,de ,,r\51 ,,de ,,sa9t-,,luc ,,de ,,rome ,,et ,d',,arcadie1 ,,de ,,p>me ,,et ,,de ,,bologne1 ,,de ,,sa9t-,p,,t]sb\rg1 ,,de ,,b]l91 ,,de ,,g5,,ve ,,et ,,avignon4 ,en crivant mes ,s\v5irs1 je me rappell]ai le temps pass1 qui d\bl]a p\r a9si dire mon exi/5ce4 ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,,tome ,,premi] ,,p>is1 ,,librairie ,,de ,h4 ,,f\rni]1 ,,rue ,,de ,,se9e1 #ad ,,bis4 #ahce4 ,illu/ration4 ,,lettres ,,la ,,pr9cesse ,,k\rak94 ,,lettre ,i4 ,mon enfance4--,mes p>5s4--,je suis mise au c\v5t4--,ma passion p\r la pe9ture4--,socit de mon pre4--,doy54 ,po9s9et4--,davesne4--,ma sortie du c\v5t4--,mon frre4 ,ma bi5 bonne amie1 v\s me dem&ez avec tant d'in/ances de v\s crire mes s\v5irs1 que je me dcide v\s satisfaire4 ,que de s5sations je vais pr\v] en me rappelant et les vnem5s div]s dont j'ai t tmo96 et des amis1 qui n'exi/5t plus que dans ma p5se6 ,t\tefois1 la *ose me s]a facile1 c> mon coeur a de la mmoire1 et dans mes heures de solitude1 ces amis si *]s m'ent\r5t encore1 tant mon imag9ation me les ralise4 ,je jo9drai d'ailleurs mon rcit les notes que j'ai prises diffr5tes poques de ma vie1 sur une f\le de p]sonnes dont j'ai fait le portrait1 et qui1 p\r la plup>t1 tai5t de ma socit2#a grce ce sec\rs1 les plus d\x mom5s de mon exi/5ce v\s s]ont connus aussi bi5 qu'ils me le sont moi-mme4 ,je v\s p>l]ai d'abord1 *re amie1 de mes premires annes1 p>ce qu'elles ont t le prsage de t\te ma vie1 puisque mon am\r p\r la pe9ture s'e/ manife/ ds1 mon enfance4 ,on me mit au c\v5t l'ge de six ans2 j'y suis re/e jusqu' onze4 ,dans cet int]valle1 je crayonnais sans cesse et p>t\t2 mes cahi]s d'criture1 et mme ceux de mes cam>ades1 tai5t remplis la m>ge de petites ttes de face1 ou de pr(il2 sur les murs du dortoir1 je traais avec du *>bon des figures et des paysages1 aussi v\s devez p5s] que j'tais s\v5t en pnit5ce4 ,puis1 dans les mom5s de rcration1 je dess9ais sur le sable t\t ce qui me passait p> la tte4 ,je me s\vi5s qu' l'ge de sept ou huit ans1 je dess9ai la lampe un homme b>be1 que j'ai t\j\rs g>d4 ,je le fis voir mon pre qui s'cria transport de joie3 ,tu s]as pe9tre1 mon enfant1 ou jamais il n'en s]a4 ,je v\s fais ce rcit p\r v\s pr\v] quel po9t la passion de la pe9ture tait inne en moi4 ,cette passion ne s'e/ jamais affaiblie2 je crois mme qu'elle n'a fait que s'accrotre avec le temps2 c>1 encore auj\rd'hui1 j'en pr\ve t\t le *>me1 qui ne f9ira j'espre qu'avec ma vie4 ,c'e/ au re/e cette div9e passion que je dois1 non-seulem5t ma =tune1 mais aussi mon bonheur1 puisque dans ma jeunesse comme prs5t1 elle a tabli des rapports entre moi et t\t ce qu'il y avait de plus aimable1 de plus di/+u dans l',europe1 en hommes et en femmes4 ,le s\v5ir de tant de p]sonnes rem>quables que j'ai connues prte s\v5t p\r moi du *>me la solitude4 ,je vis encore alors avec ceux qui ne sont plus1 et je dois rem]ci] la ,provid5ce qui m'a laiss ce reflet d'un bonheur pass4 ,j'avais au c\v5t une sant trs faible1 en sorte que mon pre et ma mre v5ai5t s\v5t me *]*] p\r pass] quelques j\rs avec eux1 ce qui me *>mait s\s t\s les rapports4 ,mon pre1 nomm ,vige1 peignait =t bi5 au pa/el2 il y a mme des portraits de lui qui s]ai5t dignes du fameux ,lat\r4 ,il a fait aussi des tableaux l'huile1 dans le g5re de ,wateau4 ,celui que v\s avez vu *ez moi e/ d'une *>mante c\leur1 et fait avec esprit4 ,mais1 p\r en rev5ir aux j\issances que j'avais dans la maison mat]nelle1 je v\s dirai que mon pre me donnait la p]mission de pe9dre quelques ttes au pa/el1 et qu'il me laissait aussi b>b\ill] t\te la j\rne avec ses crayons4 ,il avait tellem5t l'am\r de son art que cette passion lui donnait de frqu5tes di/ractions4 ,je me rappelle qu'un j\r1 tant t\t habill p\r all] dn] en ville1 il sort2 mais en p5sant au tableau qu'il avait comm5c1 il ret\rne *ez lui1 dans l'ide d'y ret\*]4 ,il te sa p]ruque1 met son bonnet de nuit1 et ressort1 a9si coiff1 vtu d'un habit br&eb\rgs dors1 l'pe au ct1 etc4 ,sans un vois91 qui l'av]tit de sa di/raction1 il c\rait la ville dans ce co/ume4 ,mon pre avait inf9im5t d'esprit4 ,sa gaiet si naturelle1 se communiquait t\t le monde1 et bi5 s\v5t on v5ait se faire pe9dre p> lui p\r j\ir de son aimable conv]sation2 peut-tre connaissez-v\s dj l'anecdote suivante3 faisant un j\r le portrait d'une assez jolie femme1 il s'ap]ut que1 lorsqu'il travaillait la b\*e1 cette femme grimaait sans cesse p\r la r5dre plus petite4 ,impati5t de ce mange1 mon pre lui dit avec un gr& sang-froid3--,ne v\s t\rm5tez pas a9si1 madame1 p\r peu que v\s le dsiriez1 je ne v\s en f]ai pas du t\t4 ,ma mre tait trs belle 7on peut en jug] p> le portrait au pa/el que mon pre a fait d'elle1 et p> celui que j'ai fait l'huile beauc\p plus t>d7#b4 ,sa sagesse tait au/re4 ,mon pre l'adorait comme une div9it2 mais les grisettes lui t\rnai5t la tte4 ,le premi] j\r de l'an tait p\r lui un j\r de fte3 il c\rait pi$ t\t ,p>is1 sans faire une seule visite1 uniquem5t p\r embrass] t\tes les jeunes fillettes qu'il r5contrait1 s\s le prtexte de leur s\hait] une bonne anne4 ,ma mre tait trs pieuse4 ,je l'tais aussi de coeur4 ,n\s ent5dions t\j\rs la gr&'messe2 n\s allions aux (fices div9s4 ,dans le c>me surt\t n\s n'en manquions aucun1 pas mme les prires du soir4 ,de t\t temps j'ai aim les *ants religieux1 et les sons de l'orgue me faisai5t alors une telle impression que je pleurais sans p\voir m'en emp*]4 ,depuis1 ces sons m'ont t\j\rs rappel la p]te que j'ai faite de mon pre4 cette poque1 mon pre runissait les soirs plusieurs arti/es et quelques g5s de lettres4 ,je plac]ai en tte ,doy51 pe9tre d'hi/oire1 l'ami intime de mon pre1 et mon premi] ami4 ,doy5 tait le meilleur homme du monde1 ple9 d'esprit et de sagacit2 ses ap]u sur les *oses et sur les p]sonnes ont t\j\rs t d'une ju/esse extrme2 et de plus1 il p>lait avec tant de *aleur de la pe9ture1 qu'il me faisait battre le coeur2 ,po9s9et1 qui avait aussi beauc\p d'esprit et de gat4 ,peut-tre avez v\s ent5du p>l] de sa prodigieuse crdulit4 ,elle l'exposait sans cesse aux my/ifications les plus tranges4 ,un j\r1 p> exemple1 on russit lui p]suad] qu'il exi/ait une *>ge d'cran du roi1 et voil qu'on le place devant le feu le plus ard5t1 de manire lui grill] les mollets4 ,p\r peu qu'il v\lt s'loign]3 ,ne b\gez pas1 disait-on1 il faut v\s habitu] la gr&e *aleur1 autrem5t v\s n'aurez pas la *>ge4 ,il s'en fallait de beauc\p1 cep5dant1 que ,po9s9et ft un sot4 ,plusieurs de ses ouvrages sont encore applaudis auj\rd'hui1 et il e/ le seul homme de lettres qui ait obt5u le mme soir trois succs dramatiques4 ,ernel9de1 au gr& ,opra1 le ,c]cle aux ,franais1 et tom ,jones l',opra-,comique3 quelqu'un dit alors1 en p>lant du ,c]cle1 o la socit de cette poque e/ si bi5 pe9te1 que ,po9s9et avait c\t aux portes4 ,la f9 de ,po9s9et e/ des plus tragiques4 ,on lui mit en tte le gt des voyages2 il comm5a p> l',espagne1 et prit en trav]sant le ,guadalquivir4 ,je dois cit] aussi un nomm ,davesne1 pe9tre et pote1 assez mdiocre dans ces deux arts1 mais que sa conv]sation1 =t spirituelle1 avait fait admettre aux s\p]s de mon pre4 ,je puis v\s donn] un *antillon des v]s de ce ,davesne2 c>1 je ne sais comm5t1 je n'ai jamais oubli ceux-ci1 qui1 je crois n'ont po9t t imprims4 ,plus n'e/ le temps1 o de mes seuls c\plets ,ma ,lise aimait se voir clbre4 ,plus n'e/ le temps o1 de mes seuls b\quets ,je la voyais t\j\rs p>e4 ,les v]s que l'am\r me dictait ,ne rptai5t que le nom de ,lisette1 ,et ,lisette les c\tait4 ,plus d'un bais] payait ma *ansonnette4 ,au mme prix qui n'et t pote6 ,enf91 quoique je fusse pe9e sortie de l'enfance alors1 je me rappelle p>faitem5t la gaiet de ces s\p]s de mon pre4 ,on me faisait quitt] la table avant le dess]t2 mais de ma *ambre j'ent5dais des rires1 des joies1 des *ansons1 auxquels je ne compr5ais ri51 vrai dire1 et qui p\rtant n'en r5dai5t pas mo9s mes1 j\rs de cong dlicieux4 onze ans je sortis t\t--fait du c\v5t1 aprs avoir fait ma premire communion1 et ,davesne1 qui peignait l'huile1 me fit dem&] *ez lui1 p\r m'appr5dre *>g] une palette2 sa femme v5ait me *]*]4 ,ils tai5t si pauvres1 qu'ils me faisai5t pe9e et piti4 ,un j\r1 comme je dsirais f9ir une tte que j'avais comm5ce1 ils me ret9r5t dn] *ez eux2 ce dn] se composait d'une s\pe et de pommes cuites4 ,t\s deux1 je crois1 ne se re/aurai5t qu'en v5ant s\p] *ez mon pre4 ,j'pr\vais un gr& bonheur de ne plus quitt] mes p>5s4 ,mon frre1 plus jeune que moi de trois ans1 tait beau comme un ange2 il avait une intellig5ce =t au-dessus de son ge1 et se di/+uait dans ses tudes1 au po9t qu'il rapportait t\j\rs de son collge les tmoignages les plus flatteurs4 ,j'tais bi5 lo9 d'avoir sa vivacit1 son esprit1 et surt\t son joli visage2 c> cette poque de ma vie1 j'tais laide4 ,j'avais un front norme1 les yeux trs enfoncs2 mon nez tait le seul joli trait de mon visage ple et amaigri4 ,en outre1 j'avais gr&i si rapidem5t qu'il m'tait impossible de me t5ir droite1 je pliais comme un roseau4 ,t\tes ces imp]fections dsolai5t ma mre2 j'ai cru m'ap]cevoir qu'elle avait un faible p\r mon frre2 c> elle le gtait1 et lui p>donnait aism5t ses torts de jeunesse1 t&is qu'elle tait =t svre p\r moi4 ,en revan*e1 mon pre me comblait de bonts et d'indulg5ce4 ,sa t5dresse le r5dait de plus en plus *] mon coeur3 aussi cet excell5t pre m'e/-il t\j\rs prs5t1 et je ne p5se pas avoir oubli un seul mot qu'il ait dit devant moi4 ,combi5 de fois1 surt\t1 me suis-je rappel1 en #aghi1 le trait suivant comme une sorte de prophtie3 un j\r que mon pre sortait d'un dn] de philosophes1 o se tr\vai5t ,did]ot1 ,helvtius et d',alemb]t1 il p>aissait si tri/e1 que ma mre lui dem&a ce qu'il avait3 ,t\t ce que je vi5s d'ent5dre1 ma *re amie1 rpondit-il1 me fait croire que bi5tt le monde s]a s5s dessus dess\s4 ,je f9is cette longue lettre1 ma bi5 bonne amie1 en v\s embrassant de t\te mon ame4 ,,lettre ,,ii4 ,mort de mon pre4--,notre d\leur4--,je travaille dans l'ateli] de ,bri>d4--,joseph ,v]net2 conseils qu'il me donne4--,l'abb ,arnault4--,je visite des gal]ies de tableaux4--,ma mre se rem>ie4--,mon beau-pre4--,je fais des portraits4 ,le comte ,orl(f4--,le comte ,s*\val(f4--,visite de madame ,ge(fr94--,la du*esse de ,*>tres4--,le ,palais-,royal4--,mademoiselle ,du?4--,mademoiselle ,boquet4 ,jusqu'ici1 ma *re amie1 je ne v\s ai p>l que de mes joies1 il me faut ma9t5ant v\s p>l] de la premire affliction qui m'ait t au coeur1 de la premire d\leur que j'aie ress5tie4 ,je v5ais de pass] une anne de bonheur dans la maison pat]nelle1 qu& mon pre tomba malade4 ,il avait aval une arte1 qui s'tait fixe dans son e/omac1 et qui p\r en tre extirpe1 ncessita plusieurs incisions4 ,les oprations fur5t faites p> le plus habile *irurgi5 que l'on connt alors1 le frre ,come1 en qui n\s avions t\te confiance1 et qui avait l'air d'un vrai sa9t4 ,il soigna mon pre avec le plus gr& zle2 t\tefois1 malgr ses affectueuses assiduits1 les plaies s'env5imr5t1 et aprs deux mois de s\ffrances1 l'tat de mon pre ne laissa aucun espoir de gurison4 ,ma mre pleurait j\r et nuit1 et je n'essai]ai pas de v\s pe9dre ma dsolation3 j'allais p]dre le meilleur des pres1 mon appui1 mon guide1 celui dont l'indulg5ce enc\rageait mes premi]s essais6 ,lorsqu'il se s5tit prs de ses d]ni]s mom5s1 mon pre dsira revoir mon frre et moi4 ,n\s n\s appro*mes t\s deux de son lit1 en sanglottant4 ,son visage tait cruellem5t altr2 ses yeux1 sa physionomie1 si anims1 n'avai5t plus aucuns m\vem5s2 c> la pleur et le froid de la mort l'avai5t dj saisi4 ,n\s prmes sa ma9 glace1 et n\s la c\vrmes de bais]s en l'arrosant de l>mes4 ,il fit un ef=t1 se s\leva p\r n\s donn] sa bndiction3 ,soyez heureux1 mes enfans1 dit-il4 ,une heure aprs1 notre excell5t pre n'exi/ait plus6 ,je re/ai tellem5t abattue p> ma d\leur1 que je fus long-temps sans repr5dre mes crayons4 ,doy5 v5ait quelquefois n\s revoir1 et comme il avait t le meilleur ami de mon pre1 ses visites tai5t p\r n\s une gr&e consolation4 ,ce fut lui qui m'engagea repr5dre mon occupation *rie1 dans laquelle1 en effet1 je tr\vai la seule di/raction qui pt ad\cir mes regrets et m'arra*] mes tri/es p5ses4 ,c'e/ cette poque que je comm5ai pe9dre d'aprs nature4 ,je fis successivem5t plusieurs portraits au pa/el et l'huile4 ,je dess9ais aussi d'aprs nature et d'aprs la bosse1 le plus s\v5t la lampe1 avec mademoiselle ,boquet que je connus alors4 ,je me r5dais les soirs *ez elle1 rue ,sa9t-,d5is1 vis--vis celle de la ,tru&]ie1 o son pre t5ait un magas9 de curiosits4 ,la c\rse tait assez longue2 c> n\s logions rue de ,clry1 vis--vis l'htel de ,lub]t3 aussi ma mre me faisait-elle t\j\rs accompagn]4 ,dans ce mme temps1 n\s allions trs s\v5t1 mademoiselle ,boquet et moi1 dess9] *ez ,bri>d le pe9tre1 qui n\s prtait ses dess9s et des bu/es antiques4 ,bri>d peignait mdiocrem5t1 quoiqu'il ait fait quelques plafonds assez rem>quables p> leur composition1 mais il tait =t bon dess9ateur2 c'e/ p\rquoi plusieurs jeunes p]sonnes v5ai5t pr5dre des leons *ez lui4 ,il logeait au ,l\vre1 et p\r y dess9] plus long-temps1 n\s apportions *acune notre petit dn]1 dans un pani] que n\s portait la bonne4 ,je me rappelle encore que n\s n\s rgalions1 en a*etant au conci]ge d'une des portes du ,l\vre des morceaux de boeuf la mode si excell5s1 que je n'ai jamais ri5 mang d'aussi bon4 ,mademoiselle ,boquet avait alors qu9ze ans1 et j'en avais quatorze4 ,n\s rivalisions de beaut 7c> j'ai oubli de v\s dire1 *re amie1 qu'il s'tait fait en moi une mtamorphose et que j'tais dev5ue jolie74 ,ses dispositions p\r la pe9ture tai5t rem>quables1 et mes progrs tai5t si rapides1 que l'on comm5ait p>l] de moi dans le monde1 ce qui me valut la satisfaction de connatre ,joseph ,v]net4 ,ce clbre arti/e m'enc\ragea et me donna les meilleurs conseils4--,mon enfant1 me disait-il1 ne suivez aucun sy/me d'cole4 ,consultez seulem5t les oeuvres des gr&s matres de l',italie1 a9si que celles des matres flam&s2 mais surt\t faites le plus que v\s p\rrez d'aprs nature3 la nature e/ le premi] de t\s les matres4 ,si v\s l'tudiez avec so91 cela v\s emp*]a de pr5dre aucune manire4 ,j'ai con/amm5t suivi ses avis2 c> je n'ai jamais eu de matre proprem5t dit4 ,quant ,joseph ,v]net1 il a bi5 pr\v l'excell5ce de sa m?ode p> ses oeuvres1 qui ont t et s]ont t\j\rs si ju/em5t admires4 ,je fis aussi connaissance alors avec l'abb ,arnault1 de l',acadmie franaise4 ,c'tait un homme ple9 d'imag9ation1 passionn de la haute littrature et des arts1 dont la conv]sation m'enri*issait d'ides1 si l'on peut s'exprim] a9si4 ,il p>lait pe9ture et musique avec le plus vif en?\siasme4 ,l'abb ,arnault tait un ard5t p>tisan de ,gluck1 et plus t>d1 il am5a *ez moi ce gr& musici52 c> j'aimais aussi la musique passionnm5t4 ,ma mre dev5ait coquette de ma figure1 de ma taille 7c> j'avais repris de l'embonpo9t1 ce qui m'avait enf9 donn la fra*eur de la jeunesse74 ,elle me m5ait aux ,tuil]ies les diman*es2 elle tait encore =t belle elle-mme1 et tant d'annes se sont passes depuis lors1 que je puis v\s dire auj\rd'hui qu'on n\s suivait de telle manire1 que j'en tais beauc\p plus emb>rasse que flatte4 ,ma mre me voyait t\j\rs si affecte de la p]te cruelle que j'avais faite1 qu'elle n'imag9a ri5 de mieux p\r m'en di/raire que de me m5] voir des tableaux4 ,elle me conduisait au palais du ,luxemb\rg1 dont la gal]ie tait orne alors des *efs-d'oeuvre de ,rub5s1 et beauc\p de salles remplies de tableaux des plus gr&s matres#c4 ,ces tableaux ont t transports depuis au ,musum1 et ceux de ,rub5s p]d5t n'tre plus vus dans la place o ils ont t faits3 des tableaux bi5 ou mal clairs sont comme des pices bi5 ou mal j\es4 ,n\s allions aussi voir de ri*es collections *ez des p>ticuli]s4 ,r5don de ,boisset possdait une gal]ie de tableaux flam&s et franais4 ,le duc de ,prasl9 et le m>quis de ,lvis avai5t de ri*es collections des gr&s matres de t\tes les coles4 ,m4 ,h>5s de ,presle en avait une trs ri*e en tableaux de matres itali5s2 mais aucune ne p\vait se comp>] celle du ,palais-,royal1 qui avait t faite p> le rg5t1 et dans laquelle se tr\vai5t tant de *efs-d'oeuvre des gr&s matres de l',italie4 ,elle a t v5due dans la rvolution4 ,un ,anglais1 ,"l ,/af=d1 en a a*et la plus gr&e p>tie4 ,ds que j'entrais dans une de ces ri*es gal]ies1 on p\vait exactem5t me comp>] l'abeille1 tant j'y rcoltais de connaissances et de s\v5irs utiles mon art t\t en m'enivrant de j\issances dans la contemplation des gr&s matres4 ,en outre1 p\r me =tifi]1 je copiais quelques tableaux de ,rub5s1 quelques ttes de ,rembrant1 de ,w&ik1 et plusieurs ttes de jeunes filles de ,greuze1 p>ce que ces d]nires m'expliquai5t =tem5t les semi-tons qui se tr\v5t dans les c>nations dlicates2 ,w&ik les explique aussi1 mais plus f9em5t4 ,je dois ce travail l'tude si importante de la dgradation des lumires sur les p>ties saillantes d'une tte1 dgradation que j'ai tant admire dans les ttes de ,raphal1 qui runiss5t1 il e/ vrai1 t\tes les p]fections4 ,aussi e/-ce ,rome seulem5t1 et s\s le beau ciel de l',italie1 qu'on peut t\t--fait jug] ,raphal4 ,lorsque plus t>d j'ai pu voir ceux de ses *efs-d'oeuvre qui n'ont po9t quitt leur patrie1 j'ai tr\v ,raphal au-dessus de son imm5se r5omme4 ,mon pre n'avait po9t laiss de =tune2 la vrit1 je gagnais dj beauc\p d'arg5t1 ayant beauc\p de portraits faire2 mais cela ne p\vait suffire aux dp5ses de la maison1 vu qu'en outre j'avais pay] la p5sion de mon frre1 ses habits1 ses livres1 etc4 ,ma mre se vit donc oblige de se rem>i]2 elle p\sa un ri*e joailli]1 que jamais n\s n'avions s\ponn d'av>ice1 et qui p\rtant1 sitt aprs son m>iage1 se montra tellem5t av>e qu'il n\s refusait jusqu'au ncessaire1 quoique j'eusse la bonhomie de lui donn] t\t ce que je gagnais4 ,joseph ,v]net en tait furieux2 il me conseillait sans cesse de pay] une p5sion1 et de g>d] l'excdant p\r moi2 mais je n'en fis ri52 je craignais trop qu'avec un p>eil h>pagon ma mre n'en s\ffrt4 ,je dte/ais cet homme1 d'autant plus qu'il s'tait emp> de la g>de-robe de mon pre1 dont il portait les habits1 t\t comme ils tai5t1 sans qu'il les et fait remettre sa taille4 ,v\s p\vez compr5dre aism5t1 *re amie1 quelle tri/e impression j'en recevais6 ,j'avais1 comme je v\s l'ai dit1 beauc\p de portraits faire1 et dj ma jeune rputation m'attirait la visite d'un gr& nombre d'trang]s4 ,plusieurs gr&s p]sonnages russes v9r5t me voir1 entre autres le fameux comte ,orl(f1 l'un des assass9s de ,pi]re ,,iii4 ,c'tait un homme colossal1 et je me rappelle qu'il portait au doigt un diamant rem>quable p> son norme grosseur4 ,je fis presque aussitt le portrait du comte ,s*\val(f1 gr& *ambellan4 ,celui-ci alors tait g1 je crois1 de soixante ans1 et avait t l'amant d'lisabe? ,,ii4 ,il joignait une politesse bi5veillante un ton p>fait1 et comme il tait de plus excell5t homme1 la meilleure compagnie le re*]*ait4 ,j'eus dans le mme temps la visite de madame ,ge(fr91 cette femme que son salon a r5due clbre4 ,madame ,ge(fr9 runissait *ez elle t\t ce qu'on connaissait d'hommes di/+us dans la littrature et dans les arts1 les trang]s de m>que1 et les plus gr&s seigneurs de la c\r4 ,sans naissance1 sans tal5s1 sans mme avoir une =tune considrable1 elle s'tait cr a9si ,p>is une exi/5ce unique dans son g5re1 et qu'aucune femme ne p\rrait plus s'y faire auj\rd'hui4 ,ayant ent5du p>l] de moi1 elle v9t me voir un mat91 et me dit les *oses les plus flatteuses sur ma p]sonne et sur mon tal5t4 ,quoiqu'elle ne ft pas alors trs ge1 je lui aurais donn c5t ans2 c>1 non-seulem5t elle se t5ait un peu c\rbe1 mais son co/ume la vieillissait beauc\p4 ,elle tait vtue d'une robe gris de f]1 et portait sur sa tte un bonnet gr& papillon1 rec\v]t d'une coiffe noire1 n\e s\s le m5ton4 p>eil ge ma9t5ant1 les femmes1 au contraire1 russiss5t se rajeunir p> le so9 qu'elles apport5t leur toilette4 ,aussitt aprs le m>iage de ma mre1 n\s avions t log] *ez mon beau-pre1 rue ,sa9t-,honor1 vis--vis la t]rasse du ,palais-,royal1 sur laquelle donnai5t mes f5tres4 ,je voyais s\v5t la du*esse de ,*>tres se prom5] dans le j>d9 avec ses dames1 et je rem>quai bi5tt qu'elle me reg>dait avec intrt et bont4 ,je v5ais de f9ir le portrait de ma mre1 qui faisait gr& bruit alors4 ,la du*esse me fit dem&] p\r all] la pe9dre *ez elle4 ,elle communiqua t\t ce qui l'ent\rait son extrme bi5veillance p\r mon jeune tal5t1 en sorte que je ne t>dai pas recevoir la visite de la gr&e et belle comtesse de ,brionne et de sa fille1 la pr9cesse de ,lorra9e1 qui tait extrmem5t jolie1 puis successivem5t celle de t\tes les gr&es dames de la c\r et du faub\rg ,sa9t-,g]ma94 ,puisque j'ai pris le p>ti1 *re amie1 de v\s av\] que j'tais t\j\rs rem>que aux prom5ades1 aux spectacles1 jusque l que l'on faisait f\le aut\r de moi1 v\s dev9ez sans pe9e que plusieurs amateurs de ma figure me faisai5t pe9dre la leur1 dans l'espoir de p>v5ir me plaire2 mais j'tais si occupe de mon art1 qu'il n'y avait pas moy5 de m'en di/raire4 ,puis aussi1 les pr9cipes de morale et de religion que ma mre m'avait communiqus1 me protgeai5t =tem5t contre les sductions dont j'tais ent\re4 ,mon bonheur v\lait que je ne connusse pas encore un seul roman4 ,le premi] que j'aie lu 7c'tait ,cl>isse ,h>love1 qui m'a prodigieusem5t intresse71 je ne l'ai lu qu'aprs mon m>iage2 jusque l1 je ne lisais que des livres sa9ts1 la morale des ,sa9ts-,pres entre autres1 dont je ne me lassais pas1 c> t\t e/ l1 et quelques livres de classe de mon frre4 ,p\r en rev5ir ces messieurs1 ds que je m'ap]cevais qu'ils v\lai5t me faire des yeux t5dres#d1 je les peignais reg>ds p]dus1 ce qui s'oppose ce que l'on reg>de le pe9tre4 ,alors au mo9dre m\vem5t que faisait leur prunelle de mon ct1 je leur disais3 j'en suis aux yeux2 cela les contr>iait un peu1 comme v\s p\vez croire1 et ma mre1 qui ne me quittait pas1 et que j'avais mise dans ma confid5ce1 riait t\t bas4 ,les j\rs de ftes et les diman*es1 aprs avoir ent5du la gr&'messe1 ma mre et mon beau-pre me m5ai5t prom5] au ,palais-,royal4 cette poque1 le j>d9 tait inf9im5t plus va/e et plus beau qu'il ne l'e/ ma9t5ant1 t\ff et rtrci p> les maisons qui l'environn5t de t\tes p>ts4 ,il y avait gau*e une trs l>ge et trs longue alle1 c\v]te d'arbres normes1 qui =mai5t une vote impntrable au soleil4 ,l se runissait la bonne compagnie1 en =t gr&e p>ure4 ,quant la mauvaise1 elle se rfugiait plus lo91 s\s les qu9conces4 ,l',opra tait alors t\t ct 7il t5ait au ,palais74 ,dans les j\rs d't1 ce spectacle f9issait huit heures et demie1 et t\tes les p]sonnes lgantes sortai5t mme avant la f91 p\r se prom5] dans le j>d94 ,il tait de mode alors que les femmes portass5t de =t gros b\quets1 ce qui jo9t aux p\dres odorifrantes dont *acun p>fumait ses *eveux1 embaumait vritablem5t l'air que l'on respirait4 ,plus t>d1 mais p\rtant avant la rvolution1 j'ai vu ces soires se prolong] jusqu' deux heures du mat92 on y faisait de la musique au clair de lune1 en ple9 air4 ,des arti/es1 des amateurs1 entre autres ,g>at et ,asev$o1 y *antai5t4 ,on y j\ait de la h>pe et de la guit>e2 le fameux ,sa9t-,georges j\ait s\v5t du violon3 la f\le s'y portait4 ,c'e/ l que j'ai vu p\r la premire fois l'lgante et jolie mademoiselle ,du?1 qui se prom5ait avec d'autres filles entret5ues3 c> jamais alors aucun homme ne se montrait avec ces demoiselles2 s'ils les rejoignai5t au spectacle1 c'tait t\j\rs en loges grilles4 ,les ,anglais sont mo9s dlicats sur ce po9t4 ,cette mme demoiselle ,du? tait s\v5t accompagne p> un ,anglais1 si fidle1 que dix-huit ans aprs1 je les ai revus ensemble au spectacle ,londres4 ,le frre de l',anglais tait avec eux1 et l'on me dit qu'ils faisai5t t\s trois mnage ensemble4 ,v\s ne sauriez avoir une ide1 *re amie1 de ce qu'tai5t les femmes entret5ues l'poque dont je v\s p>le4 ,mademoiselle ,du?1 p> exemple1 a mang des millions2 ma9t5ant l'tat de c\rtisane e/ un tat p]du2 p]sonne ne se ru9e plus p\r une fille4 ,ce d]ni] mot m'en rappelle un de la du*esse de ,*>tres1 dont j'aime la navet4 ,je v\s ai dj p>l de cette pr9cesse1 digne fille du v]tueux et bi5faisant duc de ,p5?ivre4 ,quelque temps aprs son m>iage1 comme elle tait la f5tre1 un de ses g5til%ommes1 voyant pass] quelques-unes de ces demoiselles1 dit3 ,voil des filles4 ,comm5t p\vez-v\s savoir qu'elles ne sont pas m>ies8 dem&a la du*esse dans sa c&ide ignorance4 ,n\s ne p\vions pass] dans cette gr&e alle du ,palais-,royal1 mademoiselle ,boquet et moi1 sans fix] vivem5t l'att5tion4 ,t\tes deux alors tions ges de seize dix-sept ans1 et mademoiselle ,boquet tait =t belle4 dix-neuf ans elle eut la petite vrole1 ce qui intressa si gnralem5t1 que de t\tes les classes de la socit une f\le de g5s s'empressai5t de v5ir s'in=m] de ses n\velles1 et que l'on voyait sans cesse une gr&e quantit de voitures sa porte4 cette poque rellem5t1 la beaut tait une illu/ration4 ,mademoiselle ,boquet avait un tal5t rem>quable p\r la pe9ture1 mais elle l'ab&onna presque entirem5t aprs avoir p\s ,m4 ,filleul1 poque laquelle la re9e la nomma conci]ge du *teau de la ,muette4 ,que ne puis-je v\s p>l] de cette aimable femme1 sans me rappel] sa f9 tragique8 ,hlas6 je me s\vi5s qu'au mom5t o j'allais quitt] la ,france1 p\r fuir les horreurs que je prvoyais1 madame ,filleul me dit3 ,v\s avez tort de p>tir3 moi1 je re/e2 c> je crois au bonheur que doit n\s procur] la rvolution4 ,et cette rvolution l'a conduite sur l'*afaud6 ,elle n'avait po9t quitt le *teau de la ,muette qu& arriva ce temps si ju/em5t nomm le temps de la t]reur4 ,madame ,*algr91 fille de ,joseph ,v]net1 et l'amie intime de madame ,filleul1 v9t clbr] dans ce *teau le m>iage de sa fille1 sans aucun clat1 comme v\s imag9ez bi54 ,cep5dant ds le l5dema91 les rvolutionnaires n'en v9r5t pas mo9s arrt] madame ,filleul et madame ,*algr91 qui1 disait-on1 avai5t brl les b\gies de la nation1 et t\tes deux fur5t guillot9es peu de j\rs aprs4 ,je f9is ici cette tri/e lettre4 ,,lettre ,,iii4 ,mes prom5ades4--,le ,colyse1 le ,wauxhall d't4--,m>ly1 ,sceaux4--,ma socit ,p>is4--,le ,mo9e le sculpteur4--,g]bi]4--,la pr9cesse de ,rohan-,ro*e=t4--,la comtesse de ,brionne4--,le c>d9al de ,rohan4--,m4 de ,rhullires4--,le duc de ,lauzun4--,je fais hommage l',acadmie franaise des portraits du c>d9al de ,fleury et de ,la ,bruyre4--,lettre de d',alemb]t et sa visite cette occasion4 ,je repr5drai1 *re amie1 le c\rs de mes prom5ades dans ce que je puis appel] l'anci5 ,p>is1 tant1 depuis ma jeunesse1 cette ville a subi de mtamorphoses s\s t\s les rapports4 ,une des plus frqu5tes tait la prom5ade des b\lev>ds du ,temple4 ,t\s les j\rs1 mais le jeudi pr9cipalem5t1 des c5ta9es de voitures allai5t1 v5ai5t1 ou /ationnai5t contre les alles o sont encore ma9t5ant les cafs et les p>ades4 ,les jeunes g5s *eval c>acolai5t aut\r d'elles1 comme ,long*amp2 c> ,long*amp exi/ait dj#e4 ,les alles1 ou bas-cts1 tai5t ple9es d'une f\le imm5se de prom5eurs1 j\issant du plaisir d'admir] ou de critiqu] t\tes ces belle dames1 trs p>es1 qui passai5t dans leurs brillans quipages4 ,un des cts du b\lev>d 7celui o se tr\ve ma9t5ant le caf ,turc7 (frait un spectacle qui bi5 s\v5t m'a donn le f\ rire4 ,c'tait une longue range de vieilles femmes du ,m>ais1 assises gravem5t sur des *aises1 et les j\es tellem5t c\v]tes de r\ge qu'elles ressemblai5t t\t--fait des p\pes4 ,comme cette poque les femmes d'un rang lev p\vai5t seules port] du r\ge1 ces dames croyai5t devoir j\ir du privilge dans t\te sa latitude4 ,un de nos amis1 qui les connaissait p\r la plup>t1 n\s dit qu'elles n'avai5t d'autre occupation que celle de j\] au loto du mat9 au soir1 et qu'un j\r qu'il rev5ait de ,v]sailles1 quelques-unes d'elles lui dem&ant des n\velles1 il rpondit qu'il v5ait d'appr5dre que ,m4 de ,la ,pr\se devait p>tir p\r all] faire le t\r du monde3 ,en vrit1 s'cria la matresse de la maison1 il faut que cet homme-l soit bi5 dsoeuvr6 ,plus t>d1 long-temps aprs mon m>iage1 j'ai vu sur ce mme b\lev>d div]s petits spectacles4 ,le seul o j'aie t s\v5t1 et qui m'amusait beauc\p1 tait celui des ,fantocc9i de ,c>lo ,prico4 ,ces m>ionnettes tai5t si bi5 faites1 et leurs m\vem5s si naturels qu'elles faisai5t p>fois illusion4 ,ma fille1 qui avait au plus six ans et que j'y m5ais avec moi1 ne d\tait pas d'abord que ces p]sonnages ne fuss5t vivans4 ,qu& je lui eus dit le contraire1 je me rappelle que je la m5ai peu de j\rs aprs la ,comdie ,franaise1 o ma loge tait assez loigne du ?tre3 et ceux-l1 maman1 me dit-elle1 sont-ils vivans8 ,le ,colyse tait encore un lieu de runion =t la mode2 on l'avait tabli dans un des gr&s c>rs des ,*amps-lyses1 en btissant une imm5se rotonde4 ,au milieu se tr\vait un lac1 rempli d'une eau limpide1 sur lequel se faisai5t des j\tes de bateli]s4 ,on se prom5ait t\t aut\r dans de l>ges alles sables1 et g>nies de siges4 ,qu& la nuit v5ait1 t\t le monde quittait le j>d9 p\r se runir dans un salon imm5se o l'on ent5dait t\s les soirs une excell5te musique gr& or*e/re4 ,mademoiselle ,lemaure1 trs clbre alors1 y a *ant plusieurs fois1 a9si que beauc\p d'autres fameuses cantatrices4 ,le l>ge p]ron qui conduisait cette salle du conc]t tait le r5dez-v\s de t\s les jeunes lgans de ,p>is1 qui1 placs s\s les portiques illum9s1 ne laissai5t po9t pass] une femme sans lanc] une pigramme4 ,un soir1 comme j'en desc5dais les degrs avec ma mre1 le duc de ,*>tres 7depuis ,philippe galit7 se t5ait l1 donnant le bras au m>quis de ,g5lis1 son compagnon d'orgies1 et les pauvres malheureuses qui se prs5tai5t leurs yeux n'*appai5t po9t aux s>casmes les plus infmes4--,ah6 p\r celle-ci1 dit le duc trs haut en me dsignant1 il n'y a ri5 dire4 ,ce mot1 que beauc\p de p]sonnes ent5dai5t a9si que moi1 me causa une si gr&e satisfaction1 que je me le rappelle encore auj\rd'hui avec un c]ta9 plaisir4 peu prs dans le mme temps1 il exi/ait sur le b\lev>d du ,temple ce qu'on appelait le ,wauxhall d't1 dont le j>d9 n'tait autre *ose qu'un l>ge espace de/9 la prom5ade et aut\r duquel s'levai5t des grad9s c\v]ts1 o s'asseyait la bonne compagnie4 ,on s'y runissait de j\r en t1 et la soire f9issait p> un trs beau feu d'artifice4 ,t\s ces lieux tai5t bi5 plus la mode alors1 que ne l'e/ ma9t5ant ,tivoli4 ,il e/ mme assez tonnant que les ,p>isi5s1 qui n'ont p\r t\tes prom5ades que les ,tuil]ies et le ,luxemb\rg1 ai5t r5onc ces tablissem5s1 moiti citad9s1 moiti *amptres1 o l'on allait respir] le soir en pr5ant des glaces4 ,mon vila9 beau-pre1 ennuy sans d\te des hommages publics que l'on r5dait la beaut de ma mre1 et j'os]ai dire aussi la mi5ne1 n\s int]dit les prom5ades1 et n\s dit un j\r qu'il allait l\] une campagne4 ,a ces mots le coeur me battit de joie2 c> j'aimais la campagne passionnm5t4 ,j'avais d'autant plus le dsir d'y sj\rn] que j'en pr\vais un beso9 rel1 att5du que je c\*ais alors au pi$ du lit de ma mre1 dans un co9 enfonc1 o le j\r n'arrivait jamais4 ,aussi le mat91 quelque temps qu'il ft1 mon premi] so9 tait d'ouvrir la f5tre p\r respir]1 tant j'avais soif d'air4 ,mon beau-pre l\a donc une petite bicoque ,*aillot1 et n\s allions y c\*] le sam$i p\r rev5ir ,p>is le lundi mat94 ,dieu6 quelle campagne6 imag9ez-v\s1 ma *re1 un trs petit j>d9 de cur2 po9t d'arbres1 po9t d'autre abri contre le soleil qu'un petit b]ceau o mon beau-pre avait plant des h>icots et des capuc9es qui ne p\ssai5t pas4 ,encore n'avions-n\s que le qu>t de ce *>mant j>d92 il tait sp> en quatre p> de petits btons1 et les trois autres p>ties tai5t l\es des g>ons de b\tique1 qui1 t\s les diman*es1 v5ai5t s'amus] tir] des c\ps de fusil sur les oiseaux4 ,ce bruit p]ptuel me mettait dans un tat de dsespoir1 outre que j'avais une peur affreuse d'tre tue p> ces maladroits1 tant ils visai5t de trav]s4 ,je ne compr5ais pas qu'on pt appel] la campagne1 ce lieu si bte1 si anti-pittoresque1 o je m'ennuyais au po9t que je bille de s\v5ir en v\s crivant ceci4 ,enf9 mon bon ange am5a mon sec\rs une amie de ma mre1 madame ,suzanne1 qui v9t dn] un j\r ,*aillot avec son m>i4 ,t\s deux eur5t piti de moi1 de mon ennui1 et me m5r5t quelquefois faire des c\rses *>mantes4 ,malheureusem5t on ne p\vait pas compt] sur ,m4 ,suzanne t\s les diman*es1 c> il avait une s+ulire maladie3 de deux j\rs l'un1 il s'enf]mait dans sa *ambre1 sans voir p]sonne1 pas mme sa femme2 ne v\lant ni p>l]1 ni mang]4 ,le l5dema91 il e/ vrai1 il repr5ait t\te sa gaiet et ses manires habituelles2 mais v\s s5tez que p\r faire une p>tie avec lui1 il fallait se t5ir au c\rant de l'int]mitt5ce4 ,n\s allmes d'abord ,m>ly-le-,roi1 et l1 p\r la premire fois1 je pris l'ide d'un sj\r en*anteur4 ,de *aque ct du *teau1 qui tait sup]be1 s'levai5t six pavillons1 qui se communiquai5t p> des b]ceaux de jasm9 et de *vrefeuille4 ,des eaux magnifiques1 qui tombai5t en cascades du haut d'une montagne situe d]rire le *teau1 f\rnissai5t un imm5se canal1 sur lequel se prom5ai5t des cignes4 ,ces beaux arbres1 ces salles de v]dure1 ces bass9s1 ces jets d'eau1 dont un s'levait une hauteur si prodigieuse qu'on le p]dait de vue2 t\t tait gr&1 t\t tait royal1 t\t y p>lait de ,l\is ,,xiv4 ,l'aspect de ce sj\r ravissant me fit alors tant d'impression1 qu'aprs mon m>iage1 je suis ret\rne s\v5t ,m>ly4 ,un mat9 j'y ai r5contr la re9e1 qui se prom5ait dans le p>c avec plusieurs dames de sa c\r4 ,t\tes tai5t en robes blan*es1 et si jeunes1 si jolies1 qu'elles me fir5t l'effet d'une app>ition4 ,j'tais avec ma mre1 et je m'loignais1 qu& la re9e eut la bont de m'arrt]1 m'engageant cont9u] ma prom5ade p>t\t o il me plairait4 ,hlas6 qu& je suis rev5ue en ,france1 en #ahjb1 j'ai c\ru revoir mon noble et riant ,m>ly4 ,le palais1 les arbres1 les cascades1 les bass9s1 t\t avait disp>u2 je n'ai plus tr\v qu'une seule pi]re1 qui semble m>qu] le milieu du salon4 ,m4 et madame ,suzanne me m5r5t voir aussi le *teau et le p>c de ,sceaux4 ,une p>tie de ce p>c 7celle qui avois9ait le *teau7 tait dess9e rgulirem5t en gazons1 en p>t]res1 remplis de mille fleurs1 comme le j>d9 des ,tuil]ies1 l'autre n'(frait aucune symtrie2 mais un magnifique canal et les plus beaux arbres que j'aie vus de ma vie la r5dai5t de beauc\p prfrable selon moi4 ,une *ose qui pr\vait la bont du matre de ce magnifique sj\r1 c'e/ que le p>c de ,sceaux tait une prom5ade publique2 l'excell5t duc de ,p5?ivre avait t\j\rs v\lu que t\t le monde y entrt1 et les diman*es pr9cipalem5t ce p>c tait trs frqu5t4 ,je tr\vais bi5 cruel de quitt] ces magnifiques j>d9s p\r r5tr] dans le tri/e ,*aillot4 ,enf91 l'hiv] n\s fixa t\t--fait ,p>is1 o je passais de la manire la plus agrable le temps que me laissait le travail4 ,ds l'ge de qu9ze ans1 j'avais t rp&ue dans la haute socit2 je connaissais nos premi]s arti/es1 en sorte que je recevais des invitations de t\tes p>ts4 ,je me s\vi5s =t bi5 que j'ai dn en ville p\r la premire fois *ez le sculpteur ,le ,mo9e1 alors en gr&e rputation4 ,le ,mo9e tait d'une simplicit extrme2 mais il avait le bon gt de rassembl] *ez lui une f\le d'hommes clbres et di/+us2 ses deux filles faisai5t p>faitem5t les honneurs de sa maison4 ,je vis l le fameux ,le ,ka91 qui me fit peur1 tant il avait l'air sombre et f>\*e2 ses normes s\rcils aj\tai5t encore l'expression si peu gracieuse de son visage4 ,il ne p>lait po9t1 mais il mangeait normm5t4 ct de lui1 t\t en face de moi1 se tr\vait la plus jolie femme de ,p>is1 madame de ,bonneuil1 7mre de madame ,regnault ,sa9t-,jean d',angely7 qui alors tait fra*e comme une rose4 ,sa beaut si d\ce avait tant de *>me que je ne p\vais en dt\rn] mes yeux1 d'autant plus qu'on l'avait aussi place prs de son m>i1 qui tait laid comme un s+e1 et que les figures de ,le ,ka9 et de ,m4 de ,bonneuil =mai5t un d\ble rep\ssoir1 dont bi5 c]ta9em5t elle n'avait pas beso94 ,c'e/ *ez ,le ,mo9e que j'ai connu ,g]bi]1 le clbre avocat2 sa fille1 madame de ,roissy1 tait =t belle1 et c'e/ une des premires femmes dont j'aie fait le portrait4 ,n\s avions s\v5t ces dn]s1 ,grtry1 ,lat\r1 fameux pe9tre au pa/el2 on riait1 on s'amusait4 ,l'usage cette poque tait de *ant] au dess]t3 madame de ,bonneuil1 qui avait une voix *>mante1 *antait avec son m>i des duos de ,grtry1 puis v5ait le t\r de t\tes les jeunes demoiselles1 dont cette mode1 il faut l'av\]1 faisait le supplice2 c> on les voyait plir1 trembl]1 au po9t de *ant] s\v5t faux4 ,malgr ces petites dissonnances1 le dn] f9issait gaiem5t1 et l'on se quittait t\j\rs regret1 bi5 lo9 de dem&] sa voiture en se levant de table1 a9si que l'on fait auj\rd'hui4 ,je ne puis cep5dant p>l] des dn]s actuels que p> ou-dire1 att5du que1 peu de temps aprs celui dont je v\s p>le1 j'ai cess p\r t\j\rs de dn] en ville4 ,les heures de j\r m'tai5t rellem5t trop prcieuses p\r les donn] la socit1 et un bi5 petit vnem5t qui m'arriva v9t me dcid] t\t c\p ne plus sortir que le soir4 ,j'avais accept dn] *ez la pr9cesse de ,rohan ,ro*e=t4 ,t\te habille et prte mont] en voiture1 l'ide me pr5d d'all] revoir un portrait que j'avais comm5c le mat94 ,j'tais vtue d'une robe de sat9 blanc1 que je mettais p\r la premire fois2 je m'assi$s1 sur une *aise1 qui se tr\vait en face de mon *evalet1 sans m'ap]cevoir que ma palette tait pose dessus2 v\s jugiez que je mis ma robe dans un tel tat que je fus oblige de re/] *ez moi1 et ds lors je pris la rsolution de ne plus accept] que des s\p]s4 ,ceux de la pr9cesse de ,rohan ,ro*e=t tai5t *>mans4 ,le fond de la socit se composait de la belle comtesse de ,brionne et de sa fille la pr9cesse de ,lorra9e1 du duc de ,*oiseul1 du c>d9al de ,rohan1 de ,m4 de ,rulhires1 l'auteur des ,disputes2 mais le plus aimable de t\s les convives tait sans contr$it le duc de ,lauzun2 on n'a jamais eu autant d'esprit et de gaiet1 il n\s *>mait t\s4 ,s\v5t la soire se passait faire de la musique1 et quelquefois je *antais en m'accompagnant sur la guit>e4 ,on s\pait dix heures et demie2 jamais plus de dix ou d\ze table4 ,c'tait qui s]ait le plus aimable et le plus spirituel4 ,j'c\tais seulem5t1 comme v\s p\vez croire1 et quoique trop jeune p\r apprci] entirem5t le *>me de cette conv]sation1 elle me dgtait de beauc\p d'autres4 ,je v\s ai dit s\v5t1 *re amie1 que ma vie de jeune fille n'avait ressembl aucune autre4 ,non-seulem5t mon tal5t1 t\t faible que je le tr\vais1 qu& je p5sais aux gr&s matres1 me faisait accueillir et re*]*] dans t\s les salons2 mais je recevais p>fois des preuves d'une bi5veillance p\r a9si dire publique1 dont j'pr\vais beauc\p de joie2 je v\s l'av\e fran*em5t4 ,p> exemple1 j'avais fait1 d'aprs les gravures du temps1 les portraits du c>d9al de ,fleury et de ,la ,bruyre4 ,j'en fis hommage l',acadmie franaise1 qui1 p> l'organe de d',alemb]t1 son secrtaire p]ptuel1 m'adressa la lettre que je copie ici1 et que je cons]ve prcieusem5t3 ,,mademoiselle1 ,l',acadmie franaise a reu avec t\te la reconnaissance possible la lettre *>mante que v\s lui avez crite1 et les beaux portraits de ,fleury et de ,la ,bruyre que v\s avez bi5 v\lu lui envoy] p\r tre placs dans sa salle d'assemble1 o elle dsirait depuis longtemps de les voir4 ,ces deux portraits1 en lui retraant deux hommes dont le nom lui e/ *]1 lui rappell]ont sans cesse1 ,mademoiselle1 le s\v5ir de t\t ce qu'elle v\s doit et qu'elle e/ trs flatte de v\s devoir2 ils s]ont de plus ses yeux un monum5t durable de vos r>es tal5s1 qui lui tai5t connus p> la voix publique1 et qui sont encore relevs en v\s p> l'esprit1 p> les grces et p> le plus aimable mode/ie4 ,la compagnie1 dsirant de rpondre un procd aussi honnte que le vtre1 de la manire qui peut v\s tre la plus agrable1 v\s prie1 ,mademoiselle1 de v\loir bi5 accept] vos entres t\tes ses assembles publiques4 ,c'e/ ce qu'elle a arrt dans son assemble d'hi] p> une dlibration unanime qui a t sur-le-*amp insre dans ses regi/res et dont elle m'a *>g de v\s donn] avis en y joignant t\s ses rem]ciem5s4 ,cette commission me flatte d'autant plus qu'elle me procure l'occasion de v\s assur]1 ,mademoiselle1 de l'e/ime di/+ue dont je suis pntr depuis long-temps p\r vos tal5s et p\r votre p]sonne1 et que je p>tage avec t\s les g5s de gt1 et avec t\s les g5s honntes4 ,j'ai l'honneur d'tre avec respect1 mademoiselle1 votre trs humble et trs obissant s]viteur1 ,d',,alemb]t1 ,secrtaire p]ptuel de l',acadmie franaise4 ,p>is1 #aj aot #agge4 ,l'hommage de ces deux portraits l',acadmie me procura bi5tt l'honneur de la visite de d',alemb]t1 petit homme sec et froid1 mais d'une politesse exquise4 ,il re/a long-temps et p>c\rut mon ateli]1 en me disant mille *oses flatteuses4 ,je n'ai jamais oubli qu'il v5ait de sortir1 qu& une gr&e dame1 qui s'tait tr\ve l1 me dem&a si j'avais fait d'aprs nature ces portraits de ,la ,bruyre et de ,fleury dont on v5ait de p>l]8--,je suis un peu trop jeune p\r cela1 rpondis-je sans p\voir m'emp*] de rire1 mais =t cont5te p\r la pauvre dame que l'acadmici5 ft p>ti4 ,adieu1 *re amie4 ,,lettre ,,iv4 ,mon m>iage4--,je pr5ds des lves2 madame ,b5oi/4--,je r5once cette cole4--,mes portraits2 comm5t je les co/ume4--,sance de l',acadmie franaise4--,ma fille4--,la du*esse de ,maz>94--,les ambassadeurs de ,tipoo-,sab4--,tableaux que je fais d'aprs eux4--,dn] qu'ils me donn5t4 ,mon beau-pre s'tant retir du comm]ce1 n\s allmes log] l'htel ,lub]t1 rue de ,clry4 ,m4 ,lebrun v5ait d'a*et] cette maison2 il l'habitait1 et ds que n\s fmes tablis1 j'allai voir les magnifiques tableaux de t\tes les coles1 dont son app>tem5t tait rempli4 ,j'tais en*ante d'un vois9age qui me mettait mme de consult] les *efs-d'oeuvre des matres4 ,m4 ,lebrun me tmoignait une extrme obligeance en me prtant1 p\r les copi]1 des tableaux d'une beaut admirable et d'un gr& prix4 ,je lui devais a9si les plus =tes leons que je pusse pr5dre1 lorsque au b\t de six mois il me dem&a en m>iage4 ,j'tais lo9 de v\loir l'p\s]1 quoiqu'il ft trs bi5 fait et qu'il et une figure agrable4 ,j'avais alors v+t ans2 je vivais sans inquitude sur mon av5ir1 puisque je gagnais beauc\p d'arg5t1 en sorte que je ne s5tais aucun dsir de me m>i]4 ,mais ma mre1 qui croyait ,m4 ,lebrun =t ri*e1 ne cessait de m'engag] avec in/ances ne po9t refus] un p>ti aussi avantageux1 et je me dcidai enf9 ce m>iage1 p\sse surt\t p> l'envie de me s\/raire au t\rm5t de vivre avec mon beau-pre1 dont la mauvaise humeur augm5tait *aque j\r depuis qu'il tait oisif4 ,je me s5tais si peu entrane1 t\tefois1 faire le sacrifice de ma lib]t1 qu'en allant l'glise1 je me disais encore3 ,dirai-je oui8 dirai-je non8 ,hlas6 j'ai dit oui1 et j'ai *ang mes pe9es contre d'autres pe9es4 ,ce n'e/ pas que ,m4 ,lebrun ft un m*ant homme3 son c>actre (frait un mlange de d\ceur et de vivacit2 il tait d'une gr&e obligeance p\r t\t le monde1 en un mot assez aimable2 mais sa passion effrne p\r les femmes de mauvaises moeurs1 jo9te la passion du jeu1 ont caus la ru9e de sa =tune et la mi5ne1 dont il disposait entirem5t2 au po9t qu'en #aghi1 lorsque je quittai la ,france1 je ne possdais pas v+t francs de rev5u1 aprs avoir gagn1 p\r ma "p1 plus d'un million4 ,il avait t\t mang4 ,mon m>iage fut t5u quelque temps secret3 ,m4 ,lebrun1 ayant d p\s] la fille d'un ,holl&ais avec lequel il faisait un gr& comm]ce en tableaux1 me pria de ne po9t le dcl>] avant qu'il et t]m9 ses affaires4 ,j'y cons5tis d'autant plus volonti]s1 que je ne quittais pas sans un gr& regret mon nom de fille1 s\s lequel j'tais dj trs connue2 mais ce my/re1 qui dura peu1 n'en eut pas mo9s un rsultat assez effray5t p\r mon av5ir4 ,plusieurs p]sonnes1 qui croyai5t simplem5t que j'allais p\s] ,m4 ,lebrun1 v5ai5t me tr\v] p\r me dt\rn] de faire une p>eille sottise4 ,tantt c'tait ,aub]1 joailli] de la c\ronne1 qui me disait avec amiti3 ,v\s f]iez mieux de v\s atta*] une pi]re au c\ et de v\s jet] dans la rivire que d'p\s] ,lebrun4 ,tantt c'tait la du*esse d',aremb]g1 accompagne de madame de ,canillac1 de madame de ,sonza 7alors ambassadrice de ,protugal71 t\tes trois si jeunes et si jolies1 qui m'apportai5t leurs conseils t>difs qu& j'tais m>ie depuis qu9ze j\rs4--,au nom du ciel1 me disait la du*esse1 n'p\sez pas ,m4 ,lebrun1 v\s s]iez trop malheureuse4 ,puis elle me contait une f\le de *oses que j'avais le bonheur de ne pas croire entirem5t1 quoiqu'elles se soi5t trop confirmes depuis2 mais ma mre1 qui se tr\vait l1 avait pe9e ret5ir ses l>mes4 ,enf9 la dcl>ation de mon m>iage v9t mettre un t]me ces tri/es av]tissem5s1 qui grce ma *re pe9ture1 avai5t peu altr ma gaiet habituelle4 ,je ne p\vais suffire aux portraits qui m'tai5t dem&s de t\tes p>ts1 et quoique ,m4 ,lebrun prt ds lors l'habitude de s'emp>] des paiem5s1 il n'en imag9a pas mo9s1 p\r augm5t] notre rev5u1 de me faire avoir des lves4 ,je cons5tis ce qu'il dsirait1 sans pr5dre le temps d'y rfl*ir1 et bi5tt il me v9t plusieurs demoiselles auxquelles je montrais faire des yeux1 des nez1 des ovales1 qu'il fallait ret\*] sans cesse1 ce qui me dt\rnait de mon travail et m'ennuyait =tem5t4 ,p>mi mes lves se tr\vait mademoiselle ,emilie ,r\x de ,la ,ville1 qui depuis a p\s ,m4 ,b5oi/1 directeur des droits runis1 et p\r laquelle ,dem\/i]s a crit les ,lettres sur la ,my?ologie4 ,elle peignait au pa/el des ttes o s'annonait dj le tal5t qui lui a donn une ju/e clbrit4 ,mademoiselle ,emilie tait la plus jeune de mes lves1 p\r la plup>t plus ges que moi1 ce qui nuisait prodigieusem5t au respect que doit imprim] un *ef d'cole4 ,j'avais tabli l'ateli] de ces demoiselles dans un anci5 gr5i] f\rrage1 dont le plafond laissait dc\v]t de =t grosses p\tres4 ,un mat91 je monte et je tr\ve mes lves1 qui v5ai5t d'atta*] une corde l'une de ces p\tres1 et qui se balanai5t qui mieux mieux4 ,je pr5ds mon air srieux1 je gronde1 je fais un disc\rs sup]be sur la p]te du temps2 puis voil que je veux essay] la balanoire1 et que je m'en amuse plus que t\tes les autres4 ,v\s jugez qu'avec de p>eilles manires il m'tait difficile de leur impos] beauc\p1 et cet inconvni5t1 jo9t l'ennui de rev5ir l'a b c de mon art en corrigeant des tudes1 me fit r5onc] bi5 vite t5ir cette cole4 ,l'obligation de laiss] mon *] ateli] p5dant quelques heures avait encore aj\t1 je crois1 mon am\r p\r le travail2 je ne quittais plus mes p9ceaux qu' la nuit t\t--fait close1 et le nombre de portraits que j'ai faits cette poque e/ vraim5t prodigieux4 ,comme j'avais horreur du co/ume que les femmes portai5t alors1 je faisais t\s mes ef=ts p\r le r5dre un peu plus pittoresque1 et j'tais ravie1 qu& j'obt5ais la confiance de mes modles1 de p\voir drap] ma fantaisie4 ,on ne portait po9t encore de s*als2 mais je disposais de l>ges *>pes1 lgrem5t entrelaces aut\r du corps et sur les bras1 avec lesquelles je t*ais d'imit] le beau /yle des drap]ies de ,raphal et du ,dom9ica91 a9si que v\s avez pu le voir en ,russie dans plusieurs de mes portraits1 notamm5t dans celui de ma fille j\ant de la guit>e4 ,en outre1 je ne p\vais s\ffrir la p\dre4 ,j'obt9s de la belle du*esse de ,grammont-,cadr\sse qu'elle n'en mettrait pas p\r se faire pe9dre2 ses *eveux tai5t d'un noir d'bne2 je les sp>ai sur le front1 arrangs en b\cles irrgulires4 ,aprs ma sance1 qui f9issait l'heure du dn]1 la du*esse ne drangeait ri5 sa coiffure et allait a9si au spectacle2 une aussi jolie femme devait donn] le ton3 cette mode prit d\cem5t1 puis dev9t enf9 gnrale4 ,ceci me rappelle qu'en #aghf1 peignant la re9e1 je la suppliai de ne po9t mettre de p\dre et de p>tag] ses *eveux sur son front4--,je s]ai la d]nire suivre cette mode1 dit la re9e en riant1 je ne veux pas qu'on dise que je l'ai imag9e p\r ca*] mon gr& front4 ,je t*ais autant qu'il m'tait possible de donn] aux femmes que je peignais l'attitude et l'expression de leur physionomie2 celles qui n'avai5t pas de physionomie 7on en voit71 je les peignais rveuses et non*alamm5t appuyes4 ,enf91 il faut croire qu'elles tai5t cont5tes2 c> je ne p\vais suffire aux dem&es2 on avait de la pe9e se faire plac] sur ma li/e2 en un mot j'tais la mode2 il semblait que t\t se runt p\r m'y mettre4 ,v\s en jug]ez p> la scne suivante1 qui m'a t\j\rs laiss un s\v5ir si flatteur3 ,quelque temps aprs mon m>iage1 j'assi/ais une sance de l',acadmie franaise2 ,la ,h>pe y lut son disc\rs sur les tal5s des femmes4 ,qu& il en v9t ces v]s o l'loge e/ si =t exagr1 et que j'ent5dais p\r la premire fois3 ,lebrun1 de la beaut le pe9tre et le modle1 ,mod]ne ,rosalba1 mais plus brillante qu'elle1 ,jo9t la voix de ,fav>t au s\ris de ,vnus1 etc4 l'auteur de ,w>wick me reg>da3 aussitt t\t le public 7sans en except] la du*esse de ,*>tres et le roi de ,sude qui assi/ai5t la sance7 se lve1 se ret\rne v]s moi1 en m'applaudissant avec de tels transports que je fus prte me tr\v] mal de confusion4 ,ces j\issances d'am\r-propre1 dont je v\s p>le1 *re amie1 p>ce que v\s avez exig que je v\s dise t\t1 sont bi5 lo9 de p\voir se comp>] la j\issance que j'pr\vai lorsque au b\t de deux annes de m>iage je dev9s grosse4 ,mais ici v\s allez voir combi5 cet extrme am\r de mon art me r5dait imprvoyante sur les petits dtails de la vie2 c> t\te heureuse que je me s5tais1 l'ide de dev5ir mre1 les neuf mois de ma grossesse s'tai5t passs sans que j'eusse song le mo9s du monde prp>] ri5 de ce qu'il faut p\r une acc\*e4 ,le j\r de la naissance de ma fille1 je n'ai po9t quitt mon ateli]1 et je travaillais ma ,vnus qui lie les ailes de l',am\r1 dans les int]valles que me laissai5t les d\leurs4 ,madame de ,v]dun1 ma plus anci5ne amie1 v9t me voir le mat94 ,elle press5tit que j'acc\*]ais dans la j\rne1 et comme elle me connaissait1 elle me dem&a si j'tais p\rvue de t\t ce qui me s]ait ncessaire2 quoi je rpondis d'un air tonn que je ne savais pas ce qui m'tait ncessaire4--,v\s voil bi51 reprit-elle1 v\s tes un vrai g>on4 ,je v\s av]tis1 moi1 que v\s acc\*]ez ce soir4--,non6 non6 dis-je1 j'ai dema9 sance1 je ne veux pas acc\*] auj\rd'hui4 ,sans me rpondre1 madame de ,v]dun me quitta un in/ant p\r envoy] *]*] l'acc\*eur1 qui arriva presque aussitt4 ,je le r5voyai1 mais il re/a ca* *ez moi jusqu'au soir1 et dix heures ma fille v9t au monde4 ,je n'essai]ai pas de dcrire la joie qui me transporta qu& j'ent5dis cri] mon enfant4 ,cette joie1 t\tes les mres la connaiss5t2 elle e/ d'autant plus vive qu'elle se jo9t au repos qui succde des d\leurs atroces1 et selon moi1 ,m4 ,dubuc l'exprimait1 p>faitem5t en disant3 ,le bonheur c'e/ l'intrt dans le calme4 ,p5dant ma grossesse j'avais pe9t la du*esse de ,maz>91 qui n'tait plus jeune1 mais qui tait encore belle2 ma fille avait ses yeux et lui ressemblait prodigieusem5t4 ,cette du*esse de ,maz>9 e/ celle qu'on disait avoir t d\e sa naissance p> trois fes3 la fe ,ri*esse1 la fe ,beaut1 et la fe ,guignon4 ,il e/ c]ta9 que la pauvre femme ne p\vait ri5 entrepr5dre1 pas mme de donn] une fte1 sans qu'un accid5t quelconque ne vnt se jet] la trav]se4 ,on a s\v5t cont plusieurs accid5s de sa vie dans ce g5re2 en voici un mo9s connu3 ,un soir qu'elle donnait s\p] soixante p]sonnes1 elle imag9e de faire plac] au milieu de la table un norme pt1 dans lequel se tr\vai5t enf]ms une c5ta9e de petits oiseaux vivans4 ,sur un signe de la du*esse1 on ouvre le pt1 et voil cette volatile eff>\*e qui vole sur les visages1 qui se ni*e dans les *eveux des femmes1 t\tes trs p>es et coiffes avec so94 ,v\s imag9ez l'humeur1 les cris8 ,on ne p\vait se db>rass] de ces malheureux oiseaux2 enf9 on fut oblig de se lev] de table1 en maudissant une si sotte inv5tion4 ,la du*esse de ,maz>9 tait dev5ue =t grosse2 on mettait un temps inf9i la cors]4 ,une visit lui v9t un j\r t&is qu'on la laait1 et une de ses femmes c\rut la porte1 en disant3 n'entrez pas avant que n\s ayons arrang les *airs4 ,je me rappelle que cet excs d'embonpo9t excitait l'admiration des ambassadeurs turcs4 ,comme on leur dem&ait l',opra quelle femme leur plaisait davantage de t\tes celles qui remplissai5t les loges1 ils rpondir5t sans hsit] que la du*esse de ,maz>9 tait la plus belle1 p>ce qu'elle tait la plus grosse4 ,puisque je v\s p>le d'ambassadeurs1 je ne veux pas oubli] de v\s dire comm5t j'ai pe9t dans ma vie deux diplomates1 qui p\r tre cuivrs1 n'en avai5t pas mo9s des ttes sup]bes4 ,en #aghh1 des ambassadeurs fur5t envoys ,p>is p> l'emp]eur ,tipoo-,sab4 ,je vis ces ,indi5s l',opra1 et ils me p>ur5t si extraord9airem5t pittoresques que je v\lus faire leurs portraits4 ,ayant communiqu mon dsir leur int]prte1 je sus qu'ils ne cons5tirai5t jamais se laiss] pe9dre si la dem&e ne v5ait pas du roi1 et j'obt9s cette faveur de ,sa ,maje/4 ,je me r5dis l'htel qu'ils habitai5t 7c> ils v\lai5t tre pe9ts *ez eux71 avec de gr&es toiles et des c\leurs4 ,qu& j'arrivai dans leur salon1 un d'eux apporta de l'eau de rose et m'en jeta sur les ma9s2 puis le plus gr&1 qui s'appelait ,davi* ,khan1 me donna sance4 ,je le fis en pi$1 t5ant son poign>d4 ,les drap]ies1 les ma9s1 t\t fut fait d'aprs lui1 tant il se t5ait avec complaisance4 ,je laissais s*] le tableau dans un autre salon4 ,je comm5ai ensuite le portrait du vieux ambassadeur1 que je reprs5tai assis avec son fils prs de lui4 ,le pre surt\t avait une tte sup]be4 ,t\s deux tai5t vtus de robes de m\ssel9e blan*e1 p>seme de fleurs d'or2 et ces robes1 espces de tuniques avec de l>ges man*es plisses en trav]s1 tai5t ret5ues p> de ri*es ce9tures4 ,je f9is alors entirem5t le tableau1 l'exception du fond et du bas des robes4 ,madame de ,bonneuil qui j'avais p>l de mes sances dsirait beauc\p voir ces ambassadeurs4 ,ils n\s invitr5t t\tes deux dn]1 et n\s acceptmes p> pure curiosit4 ,en entrant dans la salle mang] n\s fmes un peu surprises de tr\v] le dn] s]vi p> t]re1 ce qui n\s obligea n\s t5ir comme eux presque c\*es aut\r de la table4 ,ils n\s s]vir5t avec leurs ma9s ce qu'ils pr5ai5t dans les plats1 dont l'un cont5ait une fricasse de pi$s de m\ton la sauce blan*e1 trs pice1 et l'autre1 je ne sais quel ragot4 ,v\s devez p5s] que n\s fmes un tri/e repas3 il n\s rpugnait trop de les voir employ] leurs ma9s bronzes en guise de cuillres4 ,ces ambassadeurs avai5t am5 avec eux un jeune homme1 qui p>lait un peu le franais4 ,madame de ,bonneuil1 p5dant les sances1 lui appr5ait *ant] ,annette l'ge de qu9ze ans4 ,lorsque n\s allmes faire nos adieux1 ce jeune homme n\s dit sa *anson1 et n\s tmoigna le regret de n\s quitt] en disant3 ,ah6 comme mon coeur pleure6 ,ce que je tr\vai =t ori5tal et =t bi5 dit4 ,lorsque le portrait de ,davi* ,khan fut sec1 je l'envoyai *]*]2 mais il l'avait ca* d]rire son lit et ne v\lait po9t le r5dre1 prt5dant qu'il fallait une ame ce portrait4 ,ce refus donna lieu de =t jolis v]s qui me fur5t adresss et que je copie ici4 ,,madame ,,lebrun1 ,au sujet du portrait de ,davi* ,khan1 et du prjug des ,ori5taux contre la pe9ture4 ,ce n'e/ po9t aux climats o rgn5t les sultans ,que le m>bre s'anime et la toile respire4 ,les prjugs de leurs imans ,du dieu des arts ont r5v]s l'empire4 ,ils ont rv qu',allah1 jal\x de nos tal5s1 ,doit1 en jugeant les mondes et les ges1 ,donn] une ame ces images ,qui sauv5t la beaut du ravage des temps4 ,sublime ,allah6 tu ris de cette erreur impie6 ,tu convi5dras1 voyant cette copie1 ,o l'art de la nature a surpris les secrets1 ,que1 comme toi1 le gnie a ses flammes2 ,et que ,lebrun1 en peignant des portraits1 ,sait aussi leur donn] une ame4 ,je ne pus avoir mon tableau qu'en employant la sup]*]ie2 et lorsque l'ambassadeur ne le retr\va plus1 il s'en prit son valet de *ambre qu'il v\lait tu]4 ,l'int]prte eut t\tes les pe9es du monde lui faire compr5dre qu'on ne tuait pas les valets de *ambre ,p>is1 et fut oblig de lui dire que le roi de ,france avait fait dem&] le portrait4 ,ces deux tableaux ont t exposs au salon1 en #aghi4 ,aprs la mort de ,m4 ,lebrun1 qui s'tait emp> de t\s mes ouvrages1 ils ont t v5dus1 et j'ignore qui les possde auj\rd'hui4 ,adieu1 *re et aimable amie4 ,,lettre ,v4 ,la ,re9e4--,mes sances ,v]sailles4--,portraits que je fais d'elle diffr5tes poques4--,sa ,bont4--,l\is ,,xvi4--,d]ni] bal de la ,c\r ,v]sailles4--,madame lisabe?4 ,monsieur1 frre du roi4--,la pr9cesse ,lamballe4 ,c'e/ en l'anne #aggi1 ma *re amie1 que j'ai fait p\r la premire fois le portrait de la re9e1 alors dans t\t l'clat de sa jeunesse et de sa beaut4 ,m>ie-,anto9ette tait gr&e1 admirablem5t bi5 faite1 assez grasse sans l'tre trop4 ,ses bras tai5t sup]bes1 ses ma9s petites1 p>faites de =me1 et ses pi$s *>mans4 ,elle tait la femme de ,france qui m>*ait le mieux2 portant la tte =t leve1 avec une maje/ qui faisait reconnatre la s\v]a9e au milieu de t\te sa c\r1 sans p\rtant que cette maje/ nuist en ri5 t\t ce que son aspect avait de d\x et de bi5veillant4 ,enf91 il e/ trs difficile de donn] qui n'a pas vu la re9e1 une ide de tant de grces et de tant de noblesse runies4 ,ses traits n'tai5t po9t rguli]s1 elle t5ait de sa famille cet ovale long et troit p>ticuli] la nation autri*i5ne4 ,elle n'avait po9t de gr&s yeux2 leur c\leur tait presque bleue2 son reg>d tait spirituel et d\x1 son nez f9 et joli1 sa b\*e pas trop grange1 quoique les lvres fuss5t un peu =tes4 ,mais ce qu'il y avait de plus rem>quable dans son visage1 c'tait l'clat de son te9t4 ,je n'en ai jamais vu d'aussi brillant1 et brillant e/ le mot2 c> sa peau tait si transp>5te qu'elle ne pr5ait po9t d'ombre4 ,aussi ne p\vais-je en r5dre l'effet mon gr3 les c\leurs me manquai5t p\r pe9dre cette fra*eur1 ces tons si f9s qui n'app>t5ai5t qu' cette *>mante figure et que je n'ai retr\vs *ez aucune autre femme4 la premire sance1 l'air imposant de la re9e m'intimida d'abord prodigieusem5t2 mais ,s4 ,m4 me p>la avec tant de bont que sa grce si bi5veillante dissipa bi5tt cette impression4 ,c'e/ alors que je fis le portrait qui la reprs5te avec un gr& pani]1 vtue d'une robe de sat9 et t5ant une rose la ma94 ,ce portrait tait de/9 son frre1 l'emp]eur ,joseph ,,ii1 et la re9e m'en ordonna deux copies3 l'une p\r l'impratrice de ,russie1 l'autre p\r ses app>temem5s de ,v]sailles ou de ,fonta9ebleau4 ,j'ai fait successivem5t div]ses poques plusieurs autres portraits de la re9e#f4 ,dans l'un1 je ne l'ai pe9te que jusqu'aux g5\x1 avec une robe nac>al et place devant une table1 sur laquelle elle arrange des fleurs dans un vase4 ,on peut croire que je prfrais beauc\p la pe9dre sans gr&e toilette et surt\t sans gr& pani]4 ,ces portraits tai5t donns ses amis1 quelques-uns des ambassadeurs4 ,un entre autres la reprs5te coiffe d'un *apeau de paille et habille d'une robe de m\ssel9e blan*e dont les man*es sont plisses en trav]s1 mais assez aju/es3 qu& celui-ci fut expos au salon1 les m*ans ne manqur5t pas de dire que la re9e s'tait fait pe9dre en *emise2 c> n\s tions en #aghf1 et dj la calomnie comm5ait s'ex]c] sur elle4 ,ce portrait t\tefois n'en eut pas mo9s un gr& succs4 ,v]s la f9 de l'exposition on fit une petite pice au ,vaudeville1 qui1 je crois1 avait p\r titre3 la ,runion des ,arts4 ,brongni>t1 l'ar*itecte1 et sa femme1 que l'auteur avait mis dans sa confid5ce1 fir5t l\] une loge aux premires et v9r5t me *]*] le j\r de la premire reprs5tation p\r me conduire au spectacle4 ,comme je ne p\vais nullem5t me d\t] de la surprise qu'on me mnageait1 v\s p\vez jug] de mon motion lorsque la pe9ture arriva1 et que je vis l'actrice me copi] d'une manire surpr5ante1 peignant le portrait de la re9e4 ,au mme in/ant1 t\t ce qui tait au p>t]re et dans les loges se ret\rna v]s moi en applaudissant t\t rompre1 et je ne crois pas que l'on puisse tre la fois aussi t\*e1 aussi reconnaissante que je le fus ce soir-l4 ,la timidit que m'avait inspire le premi] aspect de la re9e avait entirem5t cd cette gracieuse bont qu'elle me tmoignait t\j\rs4 ,ds que ,s4 ,m4 eut ent5du dire que j'avais une jolie voix1 elle me donnait peu de sances sans me faire *ant] avec elle plusieurs duos de ,grtry1 c> elle aimait inf9im5t la musique1 quoique sa voix ne ft pas d'une gr&e ju/esse4 ,quant son entreti51 il me s]ait difficile d'en pe9dre t\te la grce1 t\te la bi5veillance2 je ne crois pas que la re9e ,m>ie-,anto9ette ait jamais manqu l'occasion de dire une *ose agrable ceux qui avai5t l'honneur de l'appro*]1 et la bont qu'elle m'a t\j\rs tmoigne e/ un de mes plus d\x s\v5irs4 ,un j\r il m'arriva de manqu] au r5dez-v\s qu'elle m'avait donn p\r une sance2 p>ce que tant alors trs avance dans ma seconde grossesse1 je m'tais s5tie t\t c\p =t s\ffrante4 ,je me htai le l5dema9 de me r5dre ,v]sailles p\r m'excus]4 ,la re9e ne m'att5dait pas1 elle avait fait attel] sa cal*e p\r all] se prom5]1 et cette cal*e fut la premire *ose que j'ap]u en entrant dans la c\r du *teau4 ,t\tefois je ne montai p> mo9s p>l] aux g>ons de la *ambre4 ,l'un d'eux1 ,m4 ,campan#g1 me reut d'un air sec et froid1 et me dit d'un ton colre1 avec sa voix de /5tor3--,c'tait hi]1 madame1 que ,sa ,maje/ v\s att5dait1 et bi5 srem5t elle va se prom5]1 et bi5 srem5t elle ne v\s donn]a pas sance4 ,sur ma rponse1 que je v5ais simplem5t pr5dre les ordres de ,sa ,maje/ p\r un autre j\r1 il va tr\v] la re9e1 qui me fait entr] aussitt dans son cab9et4 ,sa ,maje/ f9issait sa toilette2 elle t5ait un livre la ma9 p\r faire rpt] une leon sa fille1 la jeune ,madame4 ,le coeur me battait2 c> j'avais d'autant plus peur que j'avais tort4 ,la re9e se t\rna v]s moi et me dit avec d\ceur3--,je v\s ai att5due hi] t\te la mat9e1 que v\s e/-il donc arriv8--,hlas6 madame1 rpondis-je1 j'tais si s\ffrante que je n'ai pu me r5dre aux ordres de ,votre ,maje/4 ,je vi5s auj\rd'hui p\r les recevoir1 et je rep>s l'in/ant4--,non6 non6 ne p>tez pas1 reprit la re9e2 je ne veux pas que v\s ayez fait cette c\rse inutilem5t4 ,elle dcomm&a sa cal*e et me donna sance4 ,je me rappelle que dans l'empressem5t o j'tais de rpondre cette bont1 je saisis ma bote c\leurs avec tant de vivacit qu'elle se r5v]sa2 mes brosses1 mes p9ceaux tombr5t sur le p>quet2 je me baissais p\r rp>] ma maladresse4--,laissez1 laissez1 dit la re9e1 v\s tes trop avance dans votre grossesse p\r v\s baiss]2 et1 quoi que je pusse dire1 elle releva t\t elle-mme4 ,lors du d]ni] voyage qui s'e/ fait ,fonta9ebleau1 o la c\r suivant l'usage devait tre en gr&e reprs5tation1 je m'y r5dis p\r j\ir de ce spectacle4 ,j'y vis la re9e dans la plus gr&e p>ure1 c\v]te de diamans1 et1 comme un magnifique soleil l'clairait1 elle me p>ut vraim5t bl\issante4 ,sa tte leve sur son beau col grec1 lui donnait1 en m>*ant1 un air si imposant1 si maje/ueux1 que l'on croyait voir une desse au milieu de ses nymphes4 ,p5dant la premire sance que j'eus de ,s4 ,m4 au ret\r de ce voyage1 je me p]mis de p>l] de l'impression que j'avais reue1 et de dire la re9e combi5 l'lvation de sa tte aj\tait la noblesse de son aspect4 ,elle me rpondit d'un ton de plaisant]ie3 ,si je n'tais pas re9e1 on dirait que j'ai l'air insol5t2 n'e/-il pas vrai8 ,la re9e ne ngligeait ri5 p\r faire acqurir ses enfans ces manires gracieuses et affables qui la r5dai5t si *re ceux qui l'ent\rai5t4 ,je l'ai vue faisant dn] ,madame1 alors ge de six ans1 avec une petite paysanne dont elle pr5ait so91 v\loir que cette petite ft s]vie la premire1 en disant sa fille3 ,v\s devez lui faire les honneurs4 ,la d]nire sance que j'eus de ,s4 ,m4 me fut donne ,trianon1 o je fis sa tte p\r le gr& tableau dans lequel je l'ai pe9te avec ses enfans4 ,je me s\vi5s que le b>on de ,breteuil1 alors m9i/re1 tait prs5t1 et que tant que dura la sance1 il ne cessa de mdire de t\tes les femmes de la c\r4 ,il fallait qu'il me crt s\rde ou bi5 bonne p]sonne1 p\r ne pas cra9dre que je pusse rapport] aux intresses quelques-uns de ses m*ans propos4 ,le fait e/ que jamais il ne m'e/ arriv d'en rpt] un seul1 quoique je n'en aie oubli aucun4 ,aprs avoir fait la tte de la re9e1 a9si que les tudes sp>es du premi] dauph91 de ,madame ,royale et du duc de ,norm&ie1 je m'occupai aussitt de mon tableau auquel j'atta*ais une gr&e importance1 et je le t]m9ai p\r le salon de #aghh4 ,la bordure ayant t porte seule1 suffit p\r excit] mille mauvais propos3 voil le dficit1 disait-on2 et beauc\p d'autres *oses qui m'tai5t rapportes et me faisai5t prvoir les plus amres critiques4 ,enf9 j'envoyai mon tableau2 mais je n'eus pas le c\rage de le suivre p\r savoir aussitt quel s]ait son sort1 tant je craignais qu'il ne ft mal reu du public2 ma peur tait si =te que j'en avais la fivre4 ,j'allai me r5f]m] dans ma *ambre1 et j'tais l1 priant ,dieu p\r le succs de ma famille royale1 qu& mon frre et une f\le d'amis v9r5t me dire que j'obt5ais le suffrage gnral4 ,aprs le salon1 le roi ayant fait apport] ce tableau ,v]sailles1 ce fut ,m4 d',angevilli]s1 alors m9i/re des arts et directeur des btim5s royaux qui me prs5ta ,sa ,maje/4 ,l\is ,,xvi eut la bont de caus] longtemps avec moi1 de me dire qu'il tait =t cont5t2 puis il aj\ta1 en reg>dant encore mon ouvrage3 ,je ne me connais pas en pe9ture2 mais v\s me la faites aim]4 ,mon tableau fut plac dans une des salles du *teau de ,v]sailles1 et la re9e passait devant en allant et en rev5ant de la messe4 la mort de monsieur le dauph9 7au comm5cem5t de #aghi71 cette vue ranimait si vivem5t le s\v5ir de la p]te cruelle qu'elle v5ait de faire1 qu'elle ne p\vait plus trav]s] cette salle sans v]s] des l>mes2 elle dit ,m4 d',angevilli]s de faire enlev] ce tableau2 mais avec sa grce habituelle1 elle eut so9 de m'en in/ruire aussitt1 en me faisant savoir le motif de ce dplacem5t4 ,c'e/ la s5sibilit de la re9e que j'ai d la cons]vation de mon tableau2 c> les poiss>des et les b&its qui v9r5t peu de temps aprs *]*] ,leurs ,maje/s ,v]sailles1 l'aurai5t infailliblem5t lacr1 a9si qu'ils fir5t du lit de la re9e1 qui a t p]c de "p en "p6 ,je n'ai jamais eu la j\issance de revoir ,m>ie-,anto9ette depuis le d]ni] bal de la c\r ,v]sailles2 ce bal se donnait dans la salle de spectacle1 et la loge o je me tr\vais place tait assez prs de la re9e p\r que je pusse ent5dre ce qu'elle disait4 ,je la voyais =t agite1 invitant dans] les jeunes g5s de la c\r1 tels que ,m4 de ,lame?#h et d'autres1 qui t\s la refusai5t2 si bi5 que la plup>t des contr$anses ne pur5t s'arrang]4 ,la conduite de ces messieurs tait d'une inconv5ance qui me frappa2 je ne sais p\rquoi leur refus me semblait une sorte de rvolte1 prludant des rvoltes plus graves4 ,la rvolution appro*ait3 elle clata l'anne suivante4 l'exception de ,m4 le comte d',artois dont je n'ai pas fait le portrait1 j'ai pe9t successivem5t t\te la famille royale2 les enfants de ,france2 ,monsieur1 frre du roi 7depuis ,l\is ,,xviii72 ,madame1 madame la comtesse d',artois et madame lisabe?4 ,les traits de cette d]nire n'tai5t po9t rguli]s2 mais son visage exprimait la plus d\ce bi5veillance et sa gr&e fra*eur tait rem>quable2 en t\t elle avait le *>me d'une jolie b]gre4 ,v\s n'ignorez pas1 *re amie1 que madame lisabe? tait un ange de bont4 ,combi5 de fois ai-je t tmo9 du bi5 qu'elle faisait aux malheureux4 ,son coeur r5f]mait t\tes les v]tus2 indulg5te1 mode/e1 s5sible1 dv\e2 la rvolution l'a conduite dploy] un c\rage hroque2 on a vu cette d\ce pr9cesse1 m>*] au-devant des cannibales qui v5ai5t p\r assass9] la re9e1 en disant3 ,ils me pr5dront p\r elle6 ,le portrait que j'ai fait de ,monsieur1 m'a donn l'occasion de connatre un pr9ce dont on p\vait sans flatt]ie vant] et l'esprit et l'in/ruction2 il tait impossible de ne pas se plaire l'entreti5 de ,l\is ,,xviii1 qui causait sur t\tes *oses avec autant de gt que de savoir4 ,quelquefois1 p\r v>i] sans d\te1 il me *antait1 p5dant nos sances1 des *ansons qui n'tai5t pas indc5tes1 mais si communes1 que je ne p\vais compr5dre p> quel *em9 de p>eilles sottises arrivai5t jusqu' la c\r4 ,il avait la voix la plus fausse du monde4--,comm5t tr\vez-v\s que je *ante1 ,madame ,lebrun8 me dit-il un j\r--,comme un pr9ce1 ,monseigneur1 rpondis-je4 ,le m>quis de ,montesqui\1 gr& cuy] de ,monsieur1 m'envoyait une =t belle voiture huit *evaux p\r me conduire ,v]sailles et me ram5] avec ma mre1 que j'avais prie de m'accompagn]4 ,t\t le long de la r\te on se mettait aux f5tres p\r me voir pass]1 *acun m'tait son *apeau2 je riais de ces hommages r5dus aux huit *evaux et au piqueur qui c\rait devant2 c> rev5ue ,p>is1 je montais en fiacre1 et p]sonne ne me reg>dait plus4 ,monsieur tait ds lors ce qu'on appelle un libral 7dans le s5s modr du mot1 v\s s5tez bi572 lui et ses c\rtisans =mai5t la c\r un p>ti trs di/9ct de celui du roi4 ,aussi ne fus-je po9t surprise de voir p5dant la rvolution1 le m>quis de ,montesqui\ nomm gnral en *ef de l'arme rpublica9e en ,savoie4 ,je n'eus alors qu' me rappel] les disc\rs tranges que je lui avais ent5du t5ir devant moi1 sans p>l] des propos qu'il se p]mettait si ouv]tem5t contre la re9e et t\s ceux qu'elle aimait2 quant ,monsieur lui-mme1 les j\rnaux n\s le montr5t se r5dant l',assemble nationale1 p\r y dire qu'il ne v5ait po9t sig] comme pr9ce1 mais comme citoy54 ,je n'en crois pas mo9s qu'une p>eille dcl>ation ne suffisait pas p\r sauv] sa tte1 et qu'il a =t bi5 fait un peu plus t>d de quitt] la ,france4 la mme poque j'ai fait aussi le portrait de la pr9cesse ,lamballe4 ,sans tre jolie elle p>aissait l'tre quelque di/ance2 elle avait de petits traits1 un te9t bl\issant de fra*eur1 de sup]bes *eveux blonds1 et beauc\p d'lgance dans t\te sa p]sonne4 ,l'horrible f9 de cette malheureuse pr9cesse e/ assez connue1 de mme que le dv\em5t dont elle a pri victime2 c> en #agic elle tait ,tur91 l'abri de t\t pril1 lorsqu'elle r5tra en ,france ds qu'elle sut la re9e en dang]4 ,me voil bi5 lo91 *re amie1 de l'anne #agii2 mais j'ai prfr v\s p>l] dans une mme lettre des rapports que j'ai eus comme arti/e avec t\s ces gr&s p]sonnages1 dont il n'exi/e plus auj\rd'hui que le comte d',artois 7,*>les ,x71 et la fille in=tune de ,m>ie-,anto9ette4 ,mille t5dres amitis4 ,,lettre ,,vi4 ,voyage en ,fl&re4--,bruxelles4--,le pr9ce de ,ligne4--,le tableau de l',htel-de-,ville d',am/]dam p> ,wanols4--,ma rception l',acadmie royale de pe9ture4--,mon logem5t4--,ma socit4--,mes conc]ts4--,g>at4--,asev$o4--,madame ,todi4--,viotti4--,mae/r9o4--,lepr9ce ,h5ry de ,prusse4--,sal5t94--,hulm&el4--,cram]4-- ,madame de ,montg]on4--,mes s\p]s4--,je j\e la comdie en socit4--,nos acteurs4 ,en #aghb ,m4 ,lebrun me m5a en ,fl&re o des affaires l'appelai5t4 ,on faisait alors ,bruxelles une v5te de la sup]be collection de tableaux du pr9ce ,*>les1 et n\s allmes voir l'exposition4 ,je tr\vai l plusieurs dames de la c\r qui m'accueillir5t avec une extrme bont1 entre autres1 la pr9cesse d',aremb]g que j'avais beauc\p vue ,p>is2 mais la r5contre dont je me flicitai le plus fut celle du pr9ce de ,ligne1 que je ne connaissais po9t encore1 et qui1 s\s le rapport d'esprit et d'amabilit1 a laiss une rputation p\r a9si dire hi/orique4 ,il n\s engagea v5ir voir sa gal]ie1 o j'admirai plusieurs *efs-d'oeuvre1 pr9cipalem5t des portraits de ,w&ik et des ttes de ,rub5s1 c> il possdait peu de tableaux itali5s4 ,il v\lut aussi n\s recevoir dans sa sup]be habitation de ,bel-,oeil4 ,je me s\vi5s qu'il n\s fit mont] dans un belvdre1 bti sur le sommet d'une montagne qui dom9ait t\tes ses t]res et t\s le pays d'al5t\r4 ,l'air p>fait qu'on y respirait1 jo9t cette belle vue1 avait quelque *ose d'en*anteur2 mais ce qui effaait t\t dans ce beau lieu1 c'tait l'accueil d'un matre de maison qui p\r la grce de son esprit et de ses manires n'a jamais eu de p>eil4 ,la ville de ,bruxelles cette poque me p>ut ri*e et anime4 ,dans la haute socit1 p> exemple1 on s'occupait tellem5t de plaisirs1 que plusieurs amis du pr9ce de ,ligne p>tai5t quelquefois de ,bruxelles aprs leur djeun]1 arrivai5t l',opra de ,p>is t\t ju/e l'heure de voir lev] la toile1 et1 le spectacle f9i1 ret\rnai5t aussitt ,bruxelles1 c\rant t\te la nuit3 voil ce qui s'appelle aim] l'opra4 ,n\s quittmes ,bruxelles p\r all] en ,holl&e et dans le ,nor?oll&e4 ,la vue de ,s>dam et de ,m>s me plut extrmem5t3 ces deux petites villes sont si propres1 si bi5 t5ues1 que l'on envie le sort des habitans4 ,les rues tant =t troites et bordes de canaux1 on n'y va po9t en voiture1 mais *eval1 et l'on se s]t de petites b>ques p\r le transport des m>*&ises4 ,les maisons1 qui sont trs basses1 ont deux portes3 celle de la naissance1 puis celle de la mort1 p> laquelle on ne passe que dans un c]cueil4 ,les toits de ces maisons sont aussi brillans que s'ils tai5t d'aci]1 et t\t e/ si m]veilleusem5t soign1 que je me rappelle avoir vu en dehors de la b\tique d'un m>*al f]rant une espce de lant]ne dore et polie comme p\r un b\doir4 ,les femmes du peuple1 dans cette p>tie de la ,holl&e1 m'ont sembl =t belles1 mais si sauvages1 que la vue d'un trang] les faisait fuir aussitt4 ,elles tai5t a9si alors2 je suppose cep5dant que le sj\r des ,franais dans leur pays a pu les apprivois]4 ,n\s f9mes p> visit] ,am/]dam1 et l je vis l'htel de ville le sup]be tableau de ,wanols qui reprs5te les b\rgueme/res assembls4 ,je ne crois pas qu'il exi/e en pe9ture ri5 de plus beau1 ri5 de plus vrai3 c'e/ la nature mme4 ,les b\rgueme/res sont vtus de noir2 les ttes1 les ma9s1 les drap]ies1 t\t e/ d'une beaut inimitable3 ces hommes viv5t1 on se croit avec eux4 ,je suis p]suade que c'e/ le tableau de ce g5re le plus p>fait2 je ne p\vais le quitt]1 et l'impression qu'il m'a faite me le r5d encore prs5t4 ,n\s revnmes en ,fl&re revoir les *efs-d'oeuvre de ,rub5s4 ,ils tai5t bi5 mieux placs alors qu'ils ne l'ont t depuis au muse de ,p>is2 t\s produisai5t un effet admirable dans ces glises flam&es4 ,d'autres *efs-d'oeuvre du mme matre ornai5t les gal]ies d'amateurs3 ,anv]s1 je tr\vai *ez un p>ticuli] le fameux *apeau de paille qui vi5t d'tre v5du d]nirem5t un ,anglais p\r une somme considrable4 ,cet admirable tableau reprs5te une des femmes de ,rub5s2 son gr& effet rside dans les deux diffr5tes lumires que donn5t le simple j\r et la lueur du soleil#i1 et peut-tre faut-il tre pe9tre p\r jug] t\t le mrite d'excution qu'a dploy l ,rub5s4 ,ce tableau me ravit et m'inspira au po9t que je fis mon portrait ,bruxelles en *]*ant le mme effet4 ,je me peignis portant sur la tte un *apeau de paille1 une plume et une guirl&e de fleurs des *amps1 et t5ant ma palette la ma94 ,qu& le portrait fut expos au salon1 j'ose v\s dire qu'il aj\ta beauc\p ma rputation4 ,le clbre ,mull] l'a grav2 mais v\s devez s5tir que les ombres noires de la gravure enlv5t t\t l'effet d'un p>eil tableau4 ,peu de temps aprs mon ret\r de ,fl&re1 en #aghc1 le portrait dont je v\s p>le et plusieurs autres ouvrages dcidr5t ,joseph ,v]net me propos] comme membre de l',acadmie royale de pe9ture4 ,m4 ,pi]re1 alors premi] pe9tre du roi1 s'y opposait =tem5t1 ne v\lant pas1 disait-il1 que l'on ret des femmes1 et p\rtant madame ,valley]-,co/]1 qui peignait p>faitem5t les fleurs1 tait dj reue2 je crois mme que madame ,vi5 l'tait aussi4 ,quoi qu'il en soit1 ,m4 ,pi]re 7pe9tre =t mdiocre1 c> il ne voyait dans la pe9ture que le maniem5t de la brosse7 avait de l'esprit2 de plus1 il tait ri*e1 ce qui lui donnait les moy5s de recevoir avec fa/e les arti/es1 qui dans ce temps tai5t mo9s =tuns qu'ils ne le sont auj\rd'hui4 ,son opposition aurait donc pu me dev5ir fatale1 si dans ce temps-l t\s les vrais amateurs n'avai5t pas t associs l',acadmie de pe9ture2 ils =mai5t une cabale p\r moi contre celle de ,m4 ,pi]re1 et c'e/ alors qu'on fit ce c\plet4 ,,madame ,,lebrun4 ,sur l'air3 ,j>d9i] ne vois-tu pas4 ,au salon ton art va9queur ,devrait tre en lumire#aj4 ,p\r le ravir cet honneur1 ,lise1 il faut avoir le coeur ,de ,pi]re1 de ,pi]re1 de ,pi]re4 ,enf9 je fus reue2 et je donnai p\r tableau de rception la ,paix qui ramne l',abondance#aa4 ,m4 ,pi]re alors fit c\rir le bruit que c'tait p> ordre de la c\r qu'on me recevait4 ,je p5se bi5 en effet que le roi et la re9e tai5t assez bons p\r dsir] me voir entr] l',acadmie2 mais voil t\t4 ,je cont9uais pe9dre avec fureur1 j'avais s\v5t trois sances dans la mme j\rne1 et celles de l'aprs-dn]1 qui me fatiguai5t l'excs1 am5r5t un dlabrem5t d'e/omac tel1 que je ne digrais plus ri51 en sorte que je maigrissais faire peur4 ,mes amis me fir5t ordonn] alors p> le mdec9 de dormir t\s les j\rs aprs mon dn]4 ,d'abord j'eus quelque pe9e pr5dre cette habitude2 mais on m'enf]mait dans ma *ambre1 les rideaux f]ms1 et peu peu le sommeil arriva4 ,je suis p]suade que je dois la vie cette ordonnance4 ,v\s savez1 *re amie1 combi5 je ti5s ce que j'appelle mon calme8 ,c'e/ qu'un travail =c1 jo9t la fatigue de mes longs voyages1 me l'a r5du t\t--fait ncessaire2 sans ce c\rt et lg] repos1 dont j'ai cons]v l'habitude1 je n'exi/]ais plus4 ,t\t ce que je puis repro*] cette sie/e oblige1 c'e/ de m'avoir prive sans ret\r du plaisir d'all] dn] en ville2 et comme je consacrais la mat9e entire la pe9ture1 il ne m'a jamais t p]mis de voir mes amis que le soir4 ,il e/ vrai qu'alors1 aucune des j\issances qu'(fre le monde ne m'tait refuse1 c> je passais mes soires dans la socit la plus aimable et la plus brillante4 ,aprs mon m>iage1 je logeais encore rue de ,clry1 o ,m4 ,lebrun avait un gr& app>tem5t1 =t ri*em5t meubl1 dans lequel il plaait ses tableaux de t\s les gr&s matres4 ,quant moi1 je m'tais rduite occup] une petite anti*ambre1 et une *ambre c\*] qui me s]vait de salon4 ,cette *ambre tait t5due de papi]1 p>eil la toile de ,j\i des rideaux de mon lit4 ,les meubles en tai5t =t simples1 trop simples peut-tre1 ce qui n'a pas emp* ,m4 de ,*ampc5etz 7vu que sa belle-mre tait jal\se de moi71 d'crire que madame ,lebrun avait des lambris dors1 qu'elle allumait son feu avec des billets de caisse1 et quelle ne brlait que du bois d'alos2 mais je t>de autant que possible1 *re amie1 v\s p>l] des mille calomnies dont j'ai t victime2 n\s y vi5drons4 ,ce qui les explique1 ces calomnies1 c'e/ que dans le mode/e app>tem5t dont je v\s p>le1 je recevais *aque soir la ville et la c\r4 ,gr&es dames1 gr&s seigneurs1 hommes m>quans dans les lettres et dans les arts1 t\t arrivait dans cette *ambre2 c'tait qui s]ait de mes soires o s\v5t la f\le tait telle que1 faute de sige1 les m>*aux de ,france s'asseyai5t p> t]re1 et je me rappelle que le m>*al de ,noailles1 trs gros et trs g1 avait la plus gr&e pe9e se relev]4 ,j'tais bi5 lo9 de me flatt]1 comme v\s p\vez croire1 que t\s v9ss5t p\r moi3 a9si qu'il arrive dans les maisons ouv]tes1 les uns v5ai5t p\r tr\v] les autres1 et le plus gr& nombre p\r ent5dre la meilleure musique qui se ft alors ,p>is4 ,les compositeurs clbres1 ,grtry1 ,sac*9i1 ,m>t9i1 faisai5t s\v5t ent5dre *ez moi les morceaux de leurs opras avant la premire reprs5tation4 ,nos *anteurs habituels tai5t ,g>at1 ,asev$o1 ,ri*]1 madame ,todi1 ma belle-soeur1 qui avait une trs belle voix1 et p\vait t\t accompagn] livre ouv]t1 ce qui n\s tait =t utile4 ,moi-mme je *antais quelquefois1 sans m?ode la vrit1 c> je n'avais jamais eu le temps de pr5dre des leons1 mais ma voix tait assez agrable2 cet aimable ,grtry disait que j'avais des sons arg5ts4 ,au re/e1 il fallait mettre "p t\tes prt5tions p\r *ant] avec ceux que je vi5s de nomm]2 c> ,g>at surt\t peut tre cit comme le tal5t le plus extraord9aire qu'on ait jamais ent5du4 ,non seulem5t il n'exi/ait pas de difficults p\r ce gosi] si flexible2 mais s\s le rapport de l'expression1 il n'avait po9t de rival1 aussi p]sonne1 je crois1 n'a *ant ,gluck aussi bi5 que lui4 ,quant madame ,todi1 elle runissait une voix sup]be t\tes les qualits d'une gr&e cantatrice1 et elle *antait le b\ffon et le srieux avec la mme p]fection4 ,p\r la musique in/rum5tale1 j'avais comme violoni/e ,viotti1 dont le jeu1 ple9 de grce1 de =ce et d'expression1 tait si ravissant6 ,j>novick1 ,mae/r9o1 le pr9ce ,h5ri de ,prusse1 excell5t amateur1 qui de plus m'am5ait son premi] violon4 ,sal5t9 j\ait du hautbois1 ,hulm&el et ,cram] du piano1 madame de ,montg]on v9t aussi une fois1 peu de temps aprs son m>iage4 ,quoiqu'elle ft trs jeune alors1 elle n'en tonna pas mo9s t\te ma socit1 qui vraim5t tait =t difficile1 p> son admirable excution et surt\t p> son expression2 elle faisait p>l] les t\*es4 ,depuis1 et dj place au premi] rang comme piani/e1 v\s savez combi5 madame de ,montg]on s'e/ di/+ue comme compositeur4 l'poque o je donnais mes conc]ts1 on avait le gt et le temps de s'amus]2 et mme1 quelques annes plus tt1 l'am\r de la musique tait si gnral1 qu'il avait lev des qu]elles srieuses entre ce qu'on appelait les glucki/es et les picc9i/es4 ,t\s les amateurs s'tai5t sp>s en deux p>tis a*>ns l'un contre l'autre4 ,le *amp de bataille ord9aire tait le j>d9 du ,palais-,royal4 ,l1 les p>tisans de ,gluck et les p>tisans de ,picc9i disputai5t avec une telle viol5ce qu'il s'en e/ suivi plus d'un duel4 ,on se qu]ellait bi5 aussi dans plusieurs salons p\r ces deux gr&s matres4 ,m>montel et l'abb ,arnault se tr\vai5t en opposition2 c> ,m>montel tait picc9i/e1 et l'abb glucki/e =c54 ,t\s deux se lanai5t des pigrammes1 des c\plets4 ,l'abb ,arnault1 p> exemple1 fit les v]s suivans3 ,ce ,m>montel1 si l5t1 si l\rd1 ,qui ne p>le pas1 mais qui beugle1 ,juge la pe9ture en aveugle1 ,et la musique comme un s\rd4 ,m>montel rpondit p> ce c\plet3 ,l'abb ,fatras1 ,de ,c>p5tras1 ,dem&e un bnfice4 ,il l'obti5dra1 ,c> l',opra ,lui ti5t lieu de l'(fice4 ,conv5ez1 ma *re1 que c'tait un heureux temps que le temps o les sujets de tr\ble n'tai5t pas plus graves1 et ne p\vai5t natre qu'entre g5s clairs2 mais je revi5s mes conc]ts4 ,les femmes qui s'y tr\vai5t habituellem5t tai5t la m>quise de ,grosli]1 ,mme de ,v]dun1 la m>quise de ,sabran qui depuis a p\s le *evali] de ,b\ffl]s1 madame le ,g\teux du ,molay1 t\tes quatre mes meilleures amies1 la comtesse de ,sgur1 la m>quise de ,r\g1 madame de ,peze1 son amie1 que j'ai pe9te avec elle dans le mme tableau1 une f\le d'autres dames franaises1 que1 vu la petitesse du local1 je ne p\vais recevoir que plus r>em5t1 et les trangres les plus di/+ues4 ,quant aux hommes1 il s]ait trop long de v\s les nomm]1 att5du que je crois avoir vu *ez moi t\t ce que ,p>is r5f]mait de g5s tal5t et de g5s d'esprit4 ,je *oisissais dans cette f\le les plus aimables p\r les invit] mes s\p]s1 que l'abb ,delille1 ,lebrun le pote1 le *evali] de ,b\ffl]s1 le vicomte de ,sgur et d'autres1 r5dai5t les plus amusans de ,p>is4 ,on ne saurait jug] ce qu'tait la socit en ,france1 qu& on n'a pas vu le temps o1 t\tes les affaires du j\r t]m9es1 d\ze ou qu9ze p]sonnes aimables se runissai5t *ez une matresse de maison1 p\r y f9ir leur soire4 ,l'aisance1 la d\ce gaiet1 qui rgnai5t ces lg]s repas du soir1 leur donnai5t un *>me que les dn]s n'auront jamais4 ,une sorte de confiance et d'intimit rgnait entre les convives2 et comme les g5s de bon ton peuv5t t\j\rs bannir la gne sans inconvni5t1 c'tait dans les s\p]s que la bonne socit de ,p>is se montrait suprieure celle de t\te l',europe4 ,*ez moi1 p> exemple1 on se runissait v]s neuf heures4 ,jamais on ne p>lait politique2 mais on causait de littrature1 on racontait l'anecdote du j\r4 ,quelquefois n\s n\s amusions j\] des *>ades en action1 et quelquefois aussi l'abb ,delille ou ,lebrun 7,p9d>e7 n\s lisai5t quelques-uns de leurs v]s4 dix heures1 on se mettait table2 mon s\p] tait des plus simples4 ,il se composait t\j\rs d'une volaille1 d'un poisson1 d'un plat de lgumes et d'une salade2 en sorte que si je me laissais entran] ret5ir quelques visites1 il n'y avait rellem5t plus de quoi mang] p\r t\t le monde2 mais peu importait1 on tait gai1 on tait aimable1 les heures passai5t comme des m9utes1 et v]s m9uit *acun se retirait4 ,non seulem5t j'avais des s\p]s *ez moi1 mais je s\pais frquemm5t en ville2 c> je ne p\vais dispos] de mon temps que le soir4 ,il m'tait d\x alors de me repos] de mon travail p> quelque di/raction agrable4 ,tantt c'tait un bal1 bal o l'on n't\ffait po9t comme auj\rd'hui4 ,huit p]sonnes seulem5t =mai5t la contr$anse1 et les femmes qui ne dansai5t pas p\vai5t au mo9s voir dans]2 c> les hommes se t5ai5t deb\t d]rire elles4 ,n'ayant jamais aim la danse1 je prfrais de beauc\p les maisons o l'on faisait de la musique4 ,j'allais s\v5t pass] la soire *ez ,m4 de ,rivire#ab1 o n\s j\ions la comdie et l'opra comique4 ,sa fille1 ma belle-soeur1 *antait m]veille1 et p\vait pass] p\r une excell5te actrice4 ,le fils an de ,m4 de ,rivire tait *>mant dans les rles comiques1 et l'on m'avait donn l'emploi des s\brettes dans l'opra et dans la comdie4 ,madame la ,ruette1 retire du ?tre depuis plusieurs annes1 ne ddaignait po9t notre tr\pe4 ,elle a j\ avec n\s dans div]s opras1 et sa voix tait encore fra*e et =t belle4 ,mon frre ,vige j\ait les premi]s rles avec un vritable succs2 enf91 t\s nos acteurs tai5t excell5s1 except ,talma4 ,v\s riez sans d\te8 ,le fait e/ que ,talma1 qui j\ait les am\reux avec n\s1 tait gau*e1 emb>rass1 et que p]sonne alors n'aurait pu prvoir qu'il devi5drait un acteur inimitable4 ,ma surprise a t gr&e1 je l'av\e1 qu& j'ai vu notre jeune premi] surpass] ,l>ive et remplac] le ,ka94 ,mais le temps qu'il a fallu p\r opr] cette mtamorphose et t\tes celles du mme g5re1 me pr\ve qu'un tal5t dramatique e/ de t\s les tal5s celui qui s'acqui]t le plus t>d4 ,rem>quez bi5 qu'on ne connat pas un seul gr& acteur qui l'ait t dans sa jeunesse4 ,cette lettre e/ norme4 ,je n'ai plus d'espace p\r v\s p>l] d'un c]ta9 s\p] grec1 dont le bruit1 grce aux sots propos du monde1 s'e/ rp&u jusqu' ,pt]sb\rg1 et je f9is en v\s embrassant4 ,,lettre ,,vii4 ,s\p] grec4--,propos auxquels il donne lieu4--,ce qu'il m'a cot4--,mnageot4--,m4 de ,calonne4--,mot de mademoiselle ,arn\lt4--,calomnies4--,madame de ,s9999994--,sa p]fidie4 ,voici1 ma *re amie1 le rcit exact du s\p] le plus brillant que j'aie donn1 l'poque o l'on p>lait sans cesse de mon luxe et de ma magnific5ce4 ,un soir1 que j'avais invit d\ze ou qu9ze p]sonnes v5ir ent5dre une lecture du pote ,lebrun1 mon frre me lut p5dant mon calme quelques pages des ,voyages d',ana*>sis4 ,qu& il arriva l'endroit o en dcrivant un dn] grec1 on explique la manire de faire plusieurs sauces3--,il faudrait1 me dit-il1 faire gt] cela ce soir4 ,je fis aussitt mont] ma cuis9ire1 je la mis bi5 au fait2 et n\s convnmes qu'elle f]ait une c]ta9e sauce p\r la p\l>de1 et une autre p\r l'anguille4 ,comme j'att5dais de =t jolies femmes1 j'imag9ai de n\s co/um] t\s la grecque1 af9 de faire une surprise ,m4 de ,vaudreuil et ,m4 ,b\t91 que je savais ne devoir arriv] qu' dix heures4 ,mon ateli]1 ple9 de t\t ce qui me s]vait drap] mes modles1 devait me f\rnir assez de vtem5s1 et le comte de ,p>ois1 qui logeait dans ma maison1 rue de ,clry1 avait une sup]be collection de vases trusques4 ,il v9t prcism5t *ez moi ce j\r-l1 v]s quatre heures4 ,je lui fis "p de mon projet1 en sorte qu'il m'apporta une quantit de c\pes1 de vases1 p>mi lesquels je *oisis4 ,je nettoyai t\s ces objets moi-mme1 et je les plaai sur une table de bois d'acaj\1 dresse sans nappe4 ,cela fait1 je plaai d]rire les *aises un imm5se p>av5t1 que j'eus so9 de dissimul] en le c\vrant d'une drap]ie1 atta*e de di/ance di/ance1 comme on en voit dans les tableaux du ,p\ss94 ,une lampe susp5due donnait une =te lumire sur la table2 enf9 t\t tait prp>1 jusqu' mes co/umes1 lorsque la fille de ,joseph ,v]net1 la *>mante madame ,*algr91 arriva la premire4 ,aussitt je la coiffe1 je l'habille4 ,puis v9t madame de ,bonneuil1 si rem>quable p> sa beaut2 madame ,vige1 ma belle-soeur1 qui1 sans tre aussi jolie1 avait les plus beaux yeux du monde1 et les voil t\tes trois mtamorphoses en vritables ,a?ni5nes4 ,lebrun 7,p9d>e7 entre2 on lui te sa p\dre1 on dfait ses b\cles de ct1 et je lui aju/e sur la tte une c\ronne de lauri]1 avec laquelle je v5ais de pe9dre le jeune pr9ce ,h5ry ,lubomirski en ,am\r de la ,gloire4 ,le comte de ,p>ois avait ju/em5t un gr& manteau p\rpre1 qui me s]vit drap] mon pote1 dont je fis en un cl9 d'oeil ,p9d>e1 ,anacron4 ,puis v9t le m>quis de ,cubires4 ,t&is que l'on va *]*] *ez lui une guit>e qu'il avait fait mont] en lyre dore1 je le co/ume2 je co/ume aussi ,m4 de ,rivire 7frre de ma belle-soeur71 ,gu+u5 et ,*audet1 le fameux sculpteur4 ,l'heure avanait2 j'avais peu de temps p\r p5s] moi2 mais comme je portais t\j\rs des robes blan*es en =me de tunique 7ce qu'on appelle prs5t des bl\ses71 il me suffit de mettre un voile et une c\ronne de fleurs sur ma tte4 ,je soignai pr9cipalem5t ma fille1 *>mante enfant1 et mademoiselle de ,bonneuil#ac1 qui tait belle comme un ange4 ,t\tes deux tai5t ravissantes voir1 portant un vase antique trs lg]1 et s'apprtant n\s s]vir boire4 neuf heures et demie les prp>atifs tai5t t]m9s1 et ds que n\s fmes t\s placs1 l'effet de cette table tait si neuf1 si pittoresque1 que n\s n\s levions *acun notre t\r1 p\r all] reg>d] ceux qui re/ai5t assis4 dix heures n\s ent5dmes entr] la voiture du comte de ,vaudreuil et de ,b\t91 et qu& ces deux messieurs arrivr5t devant la porte de la salle mang]1 dont j'avais fait ouvrir les deux battans1 ils n\s tr\vr5t *antant le *oeur de ,gluck3 le dieu de ,paphos et de ,gnide1 que ,m4 de ,cubires accompagnait avec sa lyre4 ,de mes j\rs je n'ai vu deux figures aussi tonnes1 aussi /upfaites que celles de ,m4 de ,vaudreuil et de son compagnon4 ,ils tai5t surpris et *>ms1 au po9t qu'ils re/r5t un temps inf9i deb\t1 avant de se dcid] pr5dre les places que n\s avions g>des p\r eux4 ,outre les deux plats dont je v\s ai dj p>l1 n\s avions p\r s\p] un gteau fait avec du miel et du rais9 de ,cor9!1 et deux plats de lgumes4 la vrit1 n\s bmes ce soir-l une b\teille de vieux v9 de ,*ypre dont on m'avait fait prs5t2 voil t\t l'excs4 ,n\s n'en re/mes pas mo9s trs long-temps table1 o ,lebrun n\s rcita plusieurs odes d',anacron qu'il avait traduites1 et je ne crois pas avoir jamais pass une soire aussi amusante4 ,m4 ,b\t9 et ,m4 de ,vaudreuil en tai5t tellem5t en?\siasms qu'ils en p>lr5t le l5dema9 t\tes leurs connaissances4 ,quelques femmes de la c\r me dem&ai5t une seconde reprs5tation de cette plaisant]ie4 ,je refusai p\r diffr5tes raisons1 et plusieurs d'entre elles fur5t blesses de mon refus4 ,bi5tt le bruit se rp&it dans le monde que ce s\p] m'avait cot v+t mille francs4 ,le roi en p>la avec humeur au m>quis de ,cubires1 qui =t heureusem5t avait t un de nos convives1 et qui conva9quit ,sa ,maje/ de la sottise d'un p>eil propos4 ,nanmo9s1 ce que l'on t5ait ,v]sailles au prix mode/e de v+t mille francs1 fut port ,rome qu>ante mille1 ,vi5ne1 la b>onne de ,/rogon(f m'apprit que j'avais dp5s soixante mille francs p\r mon s\p] grec4 ,v\s savez qu' ,pt]sb\rg la somme e/ enf9 re/e fixe quatre-v+t mille1 et la vrit e/ que ce s\p] m'a cot qu9ze francs4 ,ce qu'il y a de plus tri/e dans t\t cela1 c'e/ que ces indignes m5songes tai5t colports dans l',europe p> mes propres compatriotes1 et la ridicule calomnie dont je v\s p>le n'e/ pas la seule dont on ait *]* t\rm5t] ma vie2 tmo9 ces v]s que ,lebrun-,p9d>e m'adressa en #aghi1 et que peut-tre v\s ne connaissez pas4 ,,madame ,,lebrun4 ,*re ,lebrun1 la gloire a ses orages2 ,l'envie e/ l qui guette le tal5t2 ,t\t ce qui plat1 t\t mrite excell5t1 ,doit de ce mon/re essuy] les outrages4 ,qui mieux que toi les mrita jamais8 ,un p9ceau mle anime tes portraits4 ,non1 tu n'es plus femme que l'on r5omme3 ,l',envie e/ ju/e1 et ses cris ob/9s ,et ses s]p5s contre toi d*ans ,mieux que nos voix te dcl>5t gr& homme4 ,mettant "p l'exagration avec laquelle le pote p>le de mon tal5t1 il re/e malheureusem5t trop vrai1 que ds mon db dans le monde1 je me suis vue en butte la sottise et la m*ancet4 ,d'abord mes ouvrages n'tai5t po9t de moi2 ,m4 ,mnageot peignait mes tableaux et jusqu' mes portraits1 quoique tant de p]sonnes qui je donnais sance puss5t naturellem5t port] tmoignage du contraire2 ce bruit absurde ne s'en propagea pas mo9s jusqu' l'poque o je fus reue de l',acadmie royale de pe9ture4 ,comme alors j'exposai au salon o l'auteur du ,mlagre exposait aussi1 il fallut bi5 reconnatre la vrit2 c> ,mnageot1 dont au re/e j'apprciais inf9im5t le tal5t et mme les conseils1 avait une manire de pe9dre entirem5t oppose la mi5ne#ad4 ,quoique je fusse1 je crois1 l'tre le plus in(f5sif qui ait jamais exi/1 j'avais des ennemis2 non seulem5t quelques femmes m'en v\lai5t de n'tre pas aussi laides qu'elles1 mais plusieurs pe9tres ne me p>donnai5t pas d'avoir la vogue1 et de faire pay] mes tableaux plus *] que les leurs2 il en rsultait contre moi mille propos de t\te nature1 dont un surt\t m'affligea pr(ondm5t4 ,peu de temps avant la rvolution1 je fis le portrait de ,m4 de ,calonne1 et je l'exposai au salon2 j'avais pe9t ce m9i/re assis1 jusqu' mi-jambe2 ce qui fit dire mademoiselle ,arn\lt en le reg>dant3 ,madame ,lebrun lui a c\p les jambes1 af9 qu'il re/e en place4 ,malheureusem5t ce propos spirituel ne fut pas le seul auquel mon tableau donna lieu2 je me vis en butte en cette occasion des calomnies du g5re le plus odieux2 d'abord on fit c\rir mille contes absurdes sur le paiem5t du portrait2 les uns prt5dai5t que le contrleur-gnral m'avait donn un gr& nombre de ces bonbons qu'on appelle papillottes1 envelopps dans des billets de caisse2 d'autres1 que j'avais reu1 dans un pt1 une somme assez =te p\r ru9] le trsor2 enf91 mille v]sions plus ridicules les unes que les autres4 ,le fait e/ que ,m4 de ,calonne m'avait envoy quatre mille francs en billets1 dans une bote qui a t e/ime v+t l\is4 ,quelques-unes des p]sonnes qui se tr\vai5t *ez moi qu& je reu la bote exi/5t encore et peuv5t le c]tifi]4 ,on fut mme tonn de la modicit de cette somme2 c>1 peu de temps aup>avant1 ,m4 de ,beaujon1 que je v5ais de pe9dre de mme gr&eur1 m'avait envoy huit mille francs1 sans qu'on s'avist de tr\v] ce prix trop norme4 ,t\tefois1 le canevas f\rni1 les m*ans s'en emp>r5t p\r le brod]4 ,j'tais h>cele de libelles1 qui t\s m'accusai5t de vivre en liaison intime avec ,m4 de ,calonne4 ,un nomm ,gorsas1 que je n'ai jamais vu ni connu1 et que l'on m'a dit tre un jacob9 =c51 vomissait des horreurs contre moi4 ,le malheur v\lut que ,m4 ,lebrun1 qui1 contre mon gr1 faisait btir une maison rue du ,gros-,*5et1 donnt p> l prtexte la calomnie4 ,c]ta9em5t lui et moi n\s avions gagn assez d'arg5t p\r n\s p]mettre une p>eille dp5se2 cep5dant c]ta9es g5s s\t5ai5t que ,m4 de ,calonne payait cette maison#ae4--,v\s voyez1 disais-je sans cesse ,m4 ,lebrun1 quels infmes propos l'on ti5t6--,laissez-les dire1 me rpondait-il dans une sa9te colre2 qu& v\s s]ez morte1 je f]ai lev] dans mon j>d9 une pyramide qui ira jusqu'au ciel1 et je f]ai grav] dessus la li/e de vos portraits2 on saura bi5 alors quoi s'en t5ir sur votre =tune4 ,mais j'av\e que l'espoir d'un p>eil honneur me consolait peu de mon *agr9 prs5t2 ce *agr9 tait d'autant plus vif1 que p]sonne1 mo9s que moi1 n'avait cra9t de p\voir dev5ir l'objet d'une p5se avilissante4 ,j'avais sur l'arg5t une telle ins\ciance1 que je n'en connaissais presque pas la valeur3 la comtesse de la ,gui*e qui vit encore1 peut affirm] qu'tant v5ue *ez moi p\r me dem&] de faire son portrait1 et me disant qu'elle ne p\vait y mettre que mille cus1 je rpondis que ,m4 ,lebrun ne v\lait po9t que j'en fisse mo9s de c5t l\is4 ,ce dfaut de calcul m'a t =t dsavantageux p5dant mon d]ni] voyage ,londres2 j'oubliais con/amm5t que les gu9es valai5t plus d'un l\is1 et p\r mes portraits1 entre autre p\r celui de madame ,cann+ 7en #ahjc71 je faisais mon compte comme si j'tais ,p>is4 ,t\s ceux qui m'ent\rai5t1 de plus1 sav5t que ,m4 ,lebrun s'emp>ait en totalit de l'arg5t que je gagnais1 me disant qu'il le f]ait valoir dans son comm]ce2 je ne g>dais s\v5t que six francs dans ma po*e4 ,lorsque en #aghh je fis le portrait du beau pr9ce ,lubomirski1 alors adolesc5t#af1 sa tante1 la pr9cesse ,lubomirska1 m'envoya d\ze mille francs1 sur lesquels je priai ,m4 ,lebrun de me laiss] deux l\is2 mais il me refusa1 prt5dant avoir beso9 de la somme entire p\r sold] t\t de suite un billet4 ,il tait plus habituel au re/e1 que ,m4 ,lebrun t\*t lui-mme1 et trs-s\v5t il ngligeait de me dire que l'on m'avait paye4 ,une seule fois dans ma vie1 au mois de septembre #aghi1 j'ai reu le prix d'un portrait2 c'tait celui du ,bailly de ,crussol1 qui m'envoya c5t l\is4 ,heureusem5t mon m>i tait abs5t1 en sorte que je pus g>d] cette somme1 qui1 peu de j\rs aprs 7le #e octobre71 me s]vit p\r all] ,rome4 ,mon indiffr5ce p\r la =tune t5ait sans d\te alors au peu de beso9 que j'avais d'tre ri*e4 ,ce qui r5dait ma maison agrable n'exigeant aucun luxe1 j'ai t\j\rs vcu =t mode/em5t4 ,je dp5sais extrmem5t peu p\r ma toilette3 on me repro*ait mme trop de nglig5ce1 c> je ne portais que des robes blan*es1 de m\ssel9e ou de l9on1 et je n'ai jamais fait faire de robes p>es que p\r mes sances ,v]sailles4 ,ma coiffure ne me cotait ri51 j'arrangeais mes *eveux moi-mme1 et le plus s\v5t je tortillais sur ma tte un fi*u de m\ssel9e1 a9si qu'on peut le voir dans mes portraits1 ,flor5ce1 ,pt]sb\rg et ,p>is1 *ez ,m4 de ,laborde4 ,dans t\s mes portraits enf91 je me suis pe9te a9si1 except dans celui qui e/ au m9i/re de l'intrieur1 o je suis co/ume la grecque4 ,c]tes1 ce n'tait pas une telle femme que p\vait sduire le titre de receveur-gnral des f9ances1 et1 s\s t\t autre rapport1 ,m4 de ,calonne m'a t\j\rs sembl peu sduisant2 c> il portait une p]ruque fiscale4 ,une p]ruque6 jugez comme1 avec mon am\r du pittoresque1 j'aurais pu m'acc\tum] une p]ruque6 je les ai t\j\rs eues en horreur1 au po9t de refus] un ri*e m>iage1 p>ce que le prt5dant portait p]ruque2 et je ne peignais qu' regret les hommes coiffs a9si4 ,ce qu'il y a d'ailleurs de surpr5ant dans cette affaire1 c'e/ que ri5 n'avait pu prt] une ombre de vraisemblance la calomnie2 je connaissais pe9e ,m4 de ,calonne4 ,une seule fois dans ma vie j'avais t *ez lui au m9i/re des f9ances2 il donnait une gr&e soire au pr9ce ,h5ri de ,prusse1 et ce pr9ce v5ant habituellem5t *ez moi1 il avait jug conv5able de m'invit]2 enf9 je me s\vi5s d'avoir ht son portrait au po9t de ne pas faire les ma9s d'aprs lui1 quoique j'eusse l'habitude de les faire t\j\rs d'aprs mes modles4 ,je n'aurais donc jamais imag9 de quelle s\rce p\vai5t natre ces propos dsolans1 sans la dc\v]te que je fis plus t>d d'une p]fidie digne de l'enf]4 ,m4 de ,calonne allait trs s\v5t rue du ,gros-,*5et 7o je ne logeais pas encore cette poque71 *ez madame de ,s9999991 femme de ,d9999991 surnomm le r\4 ,madame de ,s999999 avait un *>mant et d\x visage1 quoiqu'on pt rem>qu] quelque *ose de faux dans son reg>d1 et ,m4 de ,calonne en tait trs am\reux4 ,dans le temps dont je v\s p>le1 elle m'avait prie de faire son portrait1 et1 comme un j\r elle pr5ait sance1 elle me dem&a avec son air de d\ceur habituel si je v\lais lui prt] ma voiture le soir1 p\r all] au spectacle2 j'y cons5tis1 et mon co*] alla la pr5dre *ez elle4 ,le l5dema9 mat9 je dem&ai mes *evaux p\r onze heures2 mais onze heures1 co*]1 voiture1 ri5 n'tait r5tr4 ,je dp*e aussitt quelqu'un *ez madame de ,s9999992 madame de ,s999999 n'tait po9t de ret\r2 elle avait pass la nuit l'htel des ,f9ances6 ,jugez de ma colre1 qu& je l'appris quelques j\rs aprs p> mon co*]1 auquel un bon p\r-boire ne f]ma pas la b\*e1 et qui conta le fait plusieurs p]sonnes de la maison4 ,en p5sant que si les g5s de l'htel des f9ances1 ou d'autres1 avai5t dem& cet homme le nom de ses matres1 cet homme avait d rpondre naturellem5t qu'il app>t5ait madame ,lebrun1 j'tais t\t--fait hors de moi4 ,il e/ inutile d'aj\t] que je n'ai jamais revu madame de ,s9999991 qui1 m'a-t-on dit1 vit ,t\l\se1 et s'e/ jete dans la plus au/re dvotion4 ,que ,dieu lui p>donne6 ,a-t-elle v\lu sauv] sa rputation aux dp5s de la mi5ne8 ,me hassait-elle8 ,je ne sais2 mais elle m'a fait bi5 du mal2 c> les longs dtails dans lesquels je vi5s d'entr]1 *re amie1 v\s pr\v5t assez combi5 j'ai s\ff]t d'une calomnie qui s'appliquait si mal et mon c>actre et la conduite de t\te une vie1 que j'ose dire avoir t honorable4 ,voil vraim5t une tri/e lettre1 faite p\r dgt] de la clbrit1 surt\t lorsqu'on a le malheur d'tre femme4 ,quelqu'un me disait un j\r3 ,qu& je v\s reg>de et que je songe votre r5omme1 il me semble voir des rayons aut\r de votre tte4--,ah6 rpondis-je1 en s\pirant1 il y a bi5 quelques petits s]p5s dans ces rayons-l4 ,en effet1 a-t-on jamais vu une gr&e rputation1 dans quelque g5re que ce soit1 ne pas attir] l'envie8 ,il e/ vrai qu'elle attire aussi prs de v\s vos contempora9s les plus di/+us1 et cet ent\rage console de beauc\p de *oses4 ,qu& je songe tant de g5s aimables et bons1 dont j'ai d l'amiti mon tal5t1 je me flicite d'avoir fait connatre mon nom2 et p\r t\t dire en un mot1 *re amie1 qu& je p5se v\s1 j'oublie les m*ans4 ,adieu4 ,,lettre ,,viii4 ,le ,ka94--,briz>d4--,mademoiselle ,dumesnil4--,monvel4--,mademoiselle ,rauc\r4--,mademoiselle ,sa9val4--,madame ,ve/ris4--,l>ive4--,mademoiselle ,clairon4--,talma4--,prville4--,dugazon4 --,mademoiselle ,doligny4--,mademoiselle ,contat4--,mol4--,fleury4--,mademoiselle ,m>s4--,mademoiselle ,arn\lt4--,madame ,sa9t-,hub]ti4--,les deux ,ve/ris4--,mademoiselle ,pl94--,mademoiselle ,all>d4--,mademoiselle ,guim>d4--,c>l94--,cailleau4--,l>uette4- -,madame ,dugazon4 ,un de mes plus d\x dlassem5s tait d'all] au spectacle1 et je puis v\s dire qu'il brillait sur la scne des acteurs si admirables1 que beauc\p d'entre eux n'ont jamais t remplacs4 ,je me s\vi5s p>faitem5t d'avoir vu j\] le clbre ,le ,ka93 quoique je fusse trop jeune alors p\r apprci] son gr& tal5t1 les applaudissem5s1 les transports unanimes qu'il excitait me pr\vai5t assez combi5 ce tragdi5 tait suprieur4 ,la laideur de ,le ,ka91 t\te prodigieuse qu'elle ft1 disp>aissait dans c]ta9s rles4 ,le co/ume de *evali]1 p> exemple1 ad\cissait l'expression svre et rep\ssante d'une figure dont t\s les traits tai5t irrguli]s1 en sorte qu'on p\vait le reg>d] qu& il j\ait ,tancrde2 mais dans le rle d',orosmane o je l'ai vu une fois1 j'tais place =t prs de la scne1 et le turban le r5dait si hideux1 bi5 que j'admirasse sa noble et belle manire1 qu'il me faisait peur4 l'poque o ,le ,ka9 j\ait les premi]s rles1 et mme assez long-temps aprs1 j'ai vu ,briz>d a9si que mademoiselle ,dumesnil4 ,briz>d remplissait les rles de pres2 la nature semblait l'avoir cr p\r cet emploi3 ses *eveux blancs1 sa taille imposante1 son sup]be organe lui donnait le c>actre le plus noble1 le plus respectable qu'on puisse imag9]4 ,il excellait surt\t dans le ,roi ,le> et dans l',o$ipe de ,ducis4 ,v\s auriez rellem5t cru voir ces deux vieux pr9ces si malheureux et si t\*ans1 tant il y avait de gr&iose dans l'aspect de celui qui les reprs5tait4 ,mademoiselle ,dumesnil1 quoique petite et =t laide1 excitait des transports dans les gr&s rles tragiques4 ,son tal5t tait =t 9gal3 elle tombait p>fois dans la trivialit1 mais elle avait des mom5s sublimes4 ,en gnral1 elle exprimait mieux la fureur que la t5dresse1 si ce n'e/ la t5dresse mat]nelle1 c> un de ses plus beaux rles tait ,mrope4 ,il arrivait quelquefois mademoiselle ,dumesnil de j\] une p>tie de la pice sans produire aucun effet2 puis1 t\t c\p1 elle s'animait2 son ge/e1 son organe1 son reg>d1 t\t dev5ait si m9emm5t tragique qu'elle enlevait les suffrages de t\te la salle4 ,on m'a assur qu'avant de p>atre en scne elle buvait une b\teille de v9 et qu'elle s'en faisait t5ir une autre en rs]ve dans la c\lisse4 ,un des acteurs les plus rem>quables du ,?tre ,franais dans la tragdie et la haute comdie1 tait ,monvel4 ,quelques dsavantages physiques et la faiblesse de son organe l'ont emp* de se plac] au premi] rang1 mais son ame1 sa *aleur1 et surt\t l'extrme ju/esse de sa diction1 ne laissai5t ri5 dsir]4 mon ret\r en ,france il avait quitt les rles de jeunes premi]s p\r ceux des pres nobles4 ,je lui ai vu j\] alors ,augu/e de ,c9na et l',abb de l'pe d'une manire admirable2 dans ce d]ni] rle il tait si p>fait de naturel1 qu'un j\r1 au mom5t o en quittant la scne il saluait les p]sonnages de la pice1 je me levai et je lui r5dis son salut4 ,les p]sonnes qui tai5t avec moi dans la loge s'en amusr5t beauc\p4 ,le db le plus brillant que je me rappelle avoir vu e/ celui de mademoiselle ,rauc\r dans le rle de ,didon4 ,elle avait t\t au plus dix-huit ou v+t ans4 ,la beaut de son visage1 sa taille1 son organe1 sa diction1 t\t en elle promettait une actrice p>faite2 elle joignait tant d'avantages un air de dc5ce rem>quable1 et une rputation de sagesse au/re1 qui la fir5t re*]*] alors p> nos plus gr&es dames2 on lui donnait des bij\x1 ses habits de ?tre1 et de l'arg5t p\r elle et p\r son pre qui ne la quittait jamais4 ,plus t>d1 elle a bi5 *ang de manire d'tre3 on prt5d que l'heureux mortel1 qui le premi] triompha de tant de v]tus1 fut le m>quis de ,bivres1 et que lorsqu'elle le quitta p\r un autre amant1 il s'cria3 ,ah6 l'+rate ma r5te6 ,si mademoiselle ,rauc\r n'e/ po9t re/e sage1 elle e/ re/e gr&e tragdi5ne2 mais sa voix e/ dev5ue tellem5t rauque et dure1 que si l'on f]mait les yeux on croyait ent5dre un homme4 ,elle n'a quitt qu' sa mort le ?tre1 o elle a f9i p> j\] les rles de mres et de re9es avec inf9im5t de succs4 ,j'ai vu j\] aussi mesdemoiselles ,sa9val et madame ,ve/ris1 soeur de ,dugazon4 ,les deux premires pleurai5t un peu trop con/amm5t2 mais elles me semblai5t1 surt\t la cadette1 plus tragdi5ne que madame ,ve/ris1 qui1 t\te belle qu'elle tait1 n'a jamais obt5u de gr& succs1 si ce n'e/ dans le rle de ,gabrielle de ,v]gy o l'effet qu'elle produisait au d]ni] acte1 tait d*irant2 il faut dire aussi que cette scne e/ horrible4 ,l>ive1 qui p\r son malheur succdait ,le ,ka91 dont on n'avait po9t encore p]du le s\v5ir1 avait plus de tal5t que les vieux amateurs ne v\lai5t lui en reconnatre2 la comp>aison seule lui faisait tort1 c> il ne manquait ni de noblesse ni d'n]gie4 ,son visage tait beau2 il tait gr&1 bi5 fait1 mais jamais d'aplomb sur ses jambes1 ce qui faisait dire qu'il m>*ait ct de lui4 ,l>ive avait trs bon ton et causait avec esprit1 mme de *oses qui n'avai5t po9t rapport son art1 en sorte qu'il voyait la bonne compagnie4 ,mon frre me le prs5ta1 et comme je le savais li intimem5t avec mademoiselle ,clairon1 je lui tmoignai une fois le dsir de r5contr] cette gr&e tragdi5ne que je n'avais jamais vue j\]4 ,il m'engagea aussitt dn] *ez lui p\r me faire tr\v] avec elle1 ce que j'acceptai4 ,deux j\rs aprs1 je me r5dis la maison qu'il avait fait con/ruire et qu'il habitait dans le ,gros-,caill\4 ,cette maison tait *>mante1 arrange avec un gt p>fait1 outre qu'un =t beau j>d9 y faisait j\ir dans ,p>is du *>me de la campagne4 ,l>ive me prom5a dans ses b]ceaux1 s\s ses vignes grimpantes la manire antique1 comme on en voit encore aux environs de ,naples2 et comme n\s v5ions de r5tr] dans le salon p\r dn]1 on annona mademoiselle ,clairon4 ,je me l'tais figure trs gr&e2 elle tait au contraire =t petite et =t maigre4 ,elle t5ait sa tte extrmem5t leve1 ce qui lui donnait de la dignit4 ,du re/e1 je n'ai jamais ent5du p>l] avec autant d'emphase2 c> elle cons]vait t\j\rs le ton tragique et les airs d'une pr9cesse2 mais elle me p>ut in/ruite et spirituelle4 ,j'tais table ct d'elle1 et je j\is beauc\p de sa conv]sation4 ,l>ive lui tmoignait un respect pr(ond2 les g>ds qu'il avait p\r elle annonai5t la fois de l'admiration et de la reconnaissance2 c'tait s\s ces deux rapports en effet que sans cesse il p>lait d'elle4 ,lorsque je suis r5tre en ,france1 j'ai t *>me de revoir ,l>ive que j'ai r5contr s\v5t p9ay *ez la m>quise de ,grosli]4 ,n'tant plus au ?tre alors1 il habitait une *>mante campagne1 situe prs de l1 et madame de ,grosli] tait en*ante de ce vois9age4 ,il n\s faisait des lectures ravissantes2 la manire dont il disait les v]s acqurait un n\veau prix de la beaut de son organe4 ,talma1 notre d]ni] gr& acteur tragique1 a1 selon moi1 surpass t\s les autres4 ,il y avait du gnie dans son jeu4 ,on peut dire de plus qu'il a rvolutionn l'art3 d'abord en faisant disp>atre la dclamation amp\le et manire1 p> sa diction naturelle et vraie1 ensuite1 en =ant l'innovation dans les co/umes1 att5du qu'il s'habillait en grec et en roma9 p\r j\] ,a*ille et ,brutus1 ce dont je lui sus un gr inf9i4 ,talma avait une des plus belles ttes1 un des visages les plus mobiles qu'on pt voir2 et1 si lo9 qu'allt la *aleur de son jeu1 il re/ait t\j\rs noble1 ce qui me semble une premire qualit dans l'acteur tragique4 ,son organe tait quelquefois un peu s\rd2 il conv5ait mieux aux rles furieux ou pr(onds qu'il ne conv5ait aux rles brillans3 aussi tait-il pr9cipalem5t admirable dans ceux d',ore/e et de ,manlius2 mais dans t\s1 il avait plusieurs mom5s sublimes4 ,le d]ni] qu'il ait compos n'a po9t t j\ depuis lui4 ,p]sonne n'os]ait1 je crois2 c> ,talma s'y tait montr suprieur lui-mme3 ce n'tait plus un acteur1 c'tait bi5 ,*>les ,,vi1 un malheureux roi1 un malheureux f\1 dans t\te son effrayante vrit4 ,hlas6 la mort a suivi de prs le triomphe2 et ce que t\t ,p>is applaudissait avec de si gr&s transports1 c'tait le *ant du cygne4 ,talma tait un homme excell5t1 et le plus facile vivre qu'on puisse r5contr]4 ,il faisait habituellem5t peu de frais dans la socit2 il fallait1 p\r l'anim]1 qu'un mot de la conv]sation remut un intrt de son coeur ou de son esprit2 alors il tait =t intressant ent5dre1 pr9cipalem5t qu& il p>lait de son art4 ,la comdie a peut-tre encore t plus ri*e en tal5s que la tragdie4 ,j'ai eu s\v5t le bonheur de voir j\] ,prville4 ,voil l'acteur p>fait1 inimitable6 ,son jeu1 ple9 d'esprit1 de naturel1 de gaiet1 tait aussi le plus v>i4 ,j\ait-il t\r t\r ,crisp91 ,sosie1 ,fig>o1 v\s ne reconnaissiez pas le mme homme1 tant les nuances de son comique tai5t 9puisables3 aussi n'a-t-on po9t remplac ,prville4 ,il tait si p>faitem5t vrai p> nature1 que t\s ceux qui depuis ont v\lu l'imit] ne sont p>v5us qu' n\s montr] sa *>ge4 ,je n'en excepte po9t ,dugazon1 qui c]tes avait un gr& tal5t2 mais qui1 dans le rle de ,fig>o du ,b>bi] de ,sville1 p> exemple1 n'a jamais appro* de son modle4 ,j'ai plusieurs fois dn avec ,prville2 il tait r>e de r5contr] un aussi aimable convive2 sa gaiet si spirituelle n\s *>mait t\s4 ,il racontait m]veille une f\le d'anecdotes extrmem5t piquantes1 et l'on re*]*ait avec empressem5t les occasions de se tr\v] avec lui4 ,dugazon1 son successeur dans les rles comiques1 et t un excell5t comdi51 si l'envie de faire rire le public ne l'et pas entran s\v5t jusqu' la f>ce4 ,il j\ait admirablem5t bi5 c]ta9s rles de valet2 il avait du mordant1 un masque p>fait1 et peut-tre aurait-il gal ,prville s'il avait ddaign la *>ge4 ,mais ce qui peut faire croire que sa nature le portait ce misrable g5re1 c'e/ que la nuance qui exi/ait la scne entre lui et son devanci] se montrait aussi dans les salons o ,prville tait un homme aimable1 et ,dugazon un f>ceur de beauc\p d'esprit4 ,on ne le recevait donc quelquefois que p\r amus] les convives2 c> il tait =t amusant1 surt\t aprs dn]4 ,dugazon a t atroce p5dant la rvolution2 il fut un de ceux qui allr5t *]*] le roi ,v>5nes1 et un tmo9 oculaire m'a dit l'avoir vu la portire de la voiture1 le fusil sur l'paule4 ,notez que cet homme avait t combl des bi5faits de la c\r1 pr9cipalem5t p> ,m4 le comte d',artois4 ,je me s\vi5s d'avoir vu mademoiselle ,doligny dans les rles de jeunes premires1 qu'elle j\ait avec une r>e p]fection4 ,elle avait la fois tant de vrit1 d'esprit et de dc5ce1 que son gr& tal5t faisait t\t--fait oubli] sa laideur4 ,j'ai vu aussi dbut] mademoiselle ,contat4 ,elle tait extrmem5t jolie et bi5 faite1 mais si mauvaise dans les premi]s temps1 que p]sonne ne p\vait prvoir qu'elle devi5drait une aussi excell5te arti/e4 ,sa *>mante figure ne suffisait pas t\j\rs p\r la mettre l'abri des sifflets1 lorsque ,beaum>*ais lui confia le rle de ,suzanne dans le ,m>iage de ,fig>o4 p>tir de ce mom5t1 elle m>*a de succs en succs3 d'abord dans l'emploi des gr&es coquettes1 puis enf9 dans des rles plus conv5ables son ge1 et surt\t sa taille qui1 p> malheur1 avait pris trop d'embonpo9t4 ,mademoiselle ,contat avait p\s ,m4 de ,p>ny1 neveu du clbre pote de ce nom2 mais son m>iage ne fut dcl> qu' l'poque o elle quitta le ?tre2 elle a cons]v jusqu' sa mort un visage *>mant2 je n'ai jamais vu de s\rire plus en*anteur2 comme elle avait inf9im5t d'esprit1 sa conv]sation tait t\t--fait piquante1 et je la tr\vais si aimable que je l'invitais s\v5t v5ir *ez moi4 ,mademoiselle ,contat tait admirablem5t bi5 seconde dans t\s ses rles p> ,mol1 qui j\ait presque t\j\rs avec elle4 ,mol1 sans avoir jamais gal ,prville1 tait p\rtant un gr& acteur2 il avait de la grce et de la dignit2 il t5ait la scne comme on dit1 outre que j'ai peu vu de tal5t aussi v>i1 et surt\t aussi brillant qu'tait le si54 ,je l'ai reu *ez moi plusieurs fois2 quoique son jeu ft trs-spirituel1 ,mol n'avait ri5 de rem>quable dans un salon s\s le rapport de l'amabilit1 si ce n'e/ un excell5t ton4 ,fleury1 qui aprs l'avoir d\bl lui a succd dans les gr&s rles1 e/ le d]ni] qui n\s ait cons]v les traditions de la haute comdie4 ,il avait mo9s de v]ve et mo9s d'lvation que ,mol2 mais p]sonne n'a j\ comme lui les jeunes gr&s seigneurs4 ,comme il avait beauc\p d'esprit et de =t bonnes manires1 il voyait s\v5t de prs la haute socit1 et il en avait si bi5 saisi les usages1 les agrm5s et les trav]s1 qu'il n\s (frait encore1 il y a peu d'annes1 une copie p>faite de modles qui avai5t disp>u4 l'poque o t\s les gr&s acteurs dont je v\s p>le comm5ai5t vieillir1 il s'levait prs d'eux un jeune tal5t1 qui fait auj\rd'hui l'ornem5t de la scne franaise3 mademoiselle ,m>s j\ait alors avec une p]fection inimitable les rles d'+nues2 elle excellait dans celui de ,victor9e du ,philosophe sans le savoir1 et dans v+t autres p\r lesquels on ne l'a jamais remplace2 c> il e/ impossible d'tre aussi vraie1 aussi t\*ante3 c'tait la nature dans t\t son *>me4 ,qu& v\s avez vu mademoiselle ,m>s1 ma *re amie1 elle avait dj pris l'emploi de mademoiselle ,contat1 qu'elle seule p\vait faire oubli]4 ,v\s v\s s\v5ez bi5 c]ta9em5t de sa jolie figure1 de sa *>mante taille1 et de sa voix1 la voix des anges8 heureusem5t ce visage1 cette taille1 cet organe en*anteur1 se cons]v5t si p>faitem5t1 que mademoiselle ,m>s n'a po9t d'ge1 n'en aura je crois jamais2 et *aque soir le public p> ses transports lui pr\ve qu'il e/ de mon avis4 ,je me rappelle avoir vu j\] deux fois mademoiselle ,arn\lt au gr& ,opra1 dans ,ca/or et ,pollux4 ,j'tais peu capable alors de jug] son tal5t d'actrice2 je me s\vi5s cep5dant qu'elle me p>ut avoir de la grce et de l'expression4 ,quant son tal5t comme cantatrice1 la musique de ce temps-l m'ennuyait si horriblem5t que j'c\tais trop mal p\r en p\voir p>l]4 ,mademoiselle ,arn\lt n'tait po9t jolie2 sa b\*e dp>ait son visage1 ses yeux seulem5t lui donnai5t une physionomie o se peignait l'esprit rem>quable qui l'a r5due clbre4 ,on a rpt et imprim un nombre inf9i de ses bons mots1 en voici un que je ne crois pas connu1 et que je tr\ve =t comique3 elle assi/ait au m>iage de sa fille1 avec la mre1 la tante1 et plusieurs autres honntes femmes p>5tes de son g5dre2 p5dant la crmonie nuptiale1 mademoiselle ,arn\lt se ret\rne et leur dit3 ,c'e/ plaisant6 je suis la seule demoiselle qui se tr\ve ici4 ,une femme dont le tal5t suprieur n\s a ravis long-temps a succd mademoiselle ,arn\lt4 ,c'tait madame ,sa9t-,hub]ti1 qu'il faut avoir ent5due p\r savoir jusqu'o peut all] l'effet de la tragdie lyrique4 ,madame ,sa9t-,hub]ti non seulem5t avait une voix sup]be2 mais elle tait encore gr&e actrice1 le bonheur a v\lu qu'elle et *ant] les opras de ,picc9i1 de ,sac*9i1 de ,gluck1 et cette musique si belle1 si expressive1 conv5ait p>faitem5t son tal5t ple9 d'expression1 de vrit et de gr&iose4 ,il e/ impossible d'tre plus t\*ante qu'elle ne l'tait dans les rles d',alce/e1 de ,didon1 etc42 t\j\rs vraie1 t\j\rs noble1 ses acc5s arra*ai5t les l>mes de t\te la salle1 et je me s\vi5s encore de c]ta9s mots1 de c]ta9es notes auxquelles il tait impossible de rsi/]4 ,madame ,sa9t-,hub]ti n'tait po9t jolie1 mais son visage tait ravissant de physionomie et d'expression4 ,le comte d',entragues1 trs bel homme1 et trs di/+u p> son esprit1 en dev9t tellem5t am\reux qu'il l'p\sa4 ,la rvolution ayant clat1 il se rfugia ,londres avec elle4 ,c'e/ l1 qu'un soir1 comme ils montai5t ensemble en voiture1 ils fur5t assass9s t\s les deux1 sans qu'on ait jamais pu dc\vrir1 ni les assass9s1 ni les motifs d'une p>eille horreur4 ,s\s le rapport du *ant1 t\t l',opra se composait p\r moi de madame ,sa9t-,hub]ti2 je ne v\s dirai donc ri5 de ceux qui *antai5t avec elle1 c> je les c\tais pe9e2 j'aimais mieux rs]v] une p>tie de mon att5tion p\r les ballets1 o se montrai5t alors plusieurs tal5s rem>quables4 ,g>del et ,ve/ris pre t5ai5t le premi] rang4 ,je les ai vus s\v5t dans] ensemble1 notamm5t dans une *aconne de je ne sais quel opra de ,grtry1 *aconne qui je crois a fait c\rir t\t ,p>is3 c'tait un pas de deux dans lequel les deux coryphes p\rsuivai5t mademoiselle ,guim>d1 =t petite et =t maigre2 ce qui fit dire qu'ils avai5t l'air de deux gr&s *i5s qui se disputai5t un os4 ,g>del m'a t\j\rs sembl =t infrieur ,ve/ris pre1 qui tait gr&1 trs bel homme1 et p>fait dans la danse noble et grave4 ,je ne saurais v\s dire avec quelle grce il tait et remettait son *apeau1 au salut qui prcdait le m5uet2 aussi t\tes les jeunes femmes de la c\r1 avant leur prs5tation1 pr5ai5t-elles quelques leons de lui p\r faire les trois rvr5ces4 ,ve/ris pre a succd ,ve/ris fils1 le danseur le plus surpr5ant qu'on puisse voir1 tant il avait la fois de grce et de lgret4 ,quoique nos danseurs actuels n'p>gn5t po9t les pir\ettes1 p]sonne bi5 c]ta9em5t n'en f]a jamais autant qu'il en a fait1 puis t\t c\p1 il s'levait au ciel d'une manire si prodigieuse1 qu'on lui croyait des ailes2 ce qui faisait dire au pre ,ve/ris3 ,si mon fils t\*e la t]re1 c'e/ p> procd p\r ses cam>ades4 ,mademoiselle ,pl9 et mademoiselle ,all>d tai5t deux danseuses du g5re qu'on appelle grotesque en ,italie4 ,elles faisai5t des t\rs de =ce1 des pir\ettes sans f9 et sans *>me2 mais t\tes deux1 bi5 qu'elles fuss5t trs grasses1 tai5t vraim5t surpr5antes p> leur agilit2 mademoiselle ,all>d surt\t4 ,mademoiselle ,guim>d avait t\t un autre g5re de tal5t2 sa danse n'tait qu'une esquisse2 elle ne faisait que de petits pas1 mais avec des m\vem5s si gracieux1 que le public la prfrait t\te autre danseuse2 elle tait petite1 m9ce1 trs bi5 faite2 et quoique laide1 elle avait des traits si f9s1 qu' l'ge de qu>ante-c9q ans elle semblait1 sur la scne1 n'en avoir pas plus de qu9ze4 l'in/>1 et mme en rival heureux du gr& ,opra1 j'ai vu s'lev] l',opra ,comique1 qui pr5ait la place de ce qu'on nommait la ,comdie ,itali5ne4 ,j'aurais pe9e v\s dire quelque *ose de cette ,comdie ,itali5ne1 si je ne me rappelais que j'y suis alle voir j\] ,c>l91 dont t\te jeune que j'tais1 le s\v5ir m'e/ re/4 ,c>l9 j\ait l'arlequ9 dans des pices canevas1 espces de prov]bes1 qui ncessit5t des acteurs spirituels4 ,ses saillies tai5t 9puisables1 le naturel et la gat de son jeu1 faisai5t de lui un acteur t\t--fait "p4 ,quoique =t gros1 il avait dans les m\vem5s une le/esse surpr5ante2 on m'a dit qu'il tudiait ses ge/es si moelleux et si gracieux1 en reg>dant j\] de jeunes *ats1 dont il e/ trs vrai qu'il avait la s\plesse4 ,lui seul suffisait p\r attir] le public1 p\r remplir la salle et *>m] les spectateurs2 qu& il a disp>u la ,comdie ,itali5ne a f9i4 ,la tr\pe lyrique qui l'a remplace1 possdait plus d'un tal5t rem>quable et *antait les opras de ,duni1 de ,philidor1 de ,grtry1 etc4 ,un des acteurs les plus aims du public tait ,cailleau2 il a quitt le ?tre lorsque j'tais encore =t jeune2 je l'ai p\rtant vu j\] deux fois dans ,annette et ,lub94 ,sa belle physionomie1 si gaie1 si anime1 et sa sup]be voix1 s]ai5t re/es dans ma mmoire1 lors mme que je n'aurais pas eu plus t>d le plaisir de j\] la comdie avec lui en socit4 ,au mom5t de ses plus gr&s succs1 il lui arriva sur la scne un lg] accid5t du gosi]1 auquel sont exposs t\s les *anteurs2 une hue tant alors p>tie de la salle1 ,cailleau s'en tr\va tellem5t (f5s1 qu'il quitta le ?tre le soir mme1 et depuis1 les plus vives in/ances ne pur5t le faire cons5tir rep>atre devant le public4 ,outre son gr& tal5t1 ,cailleau avait beauc\p d'esprit2 il tait *>mant en socit o sa gaiet si fran*e am5ait la joie2 il racontait m]veille1 et *ez le comte de ,vaudreuil1 ,g5nevilli]s1 il r5dait les c]cles et les repas t\t--fait amusans1 tantt p> une anecdote piquante1 tantt en n\s *antant1 avec sa belle voix1 les romances et les *ansons qui se faisai5t alors4 ,comme il tait gr& *asseur1 on le mettait de t\tes les p>ties de *asse4 ,le comte de ,vaudreuil1 p\r lequel il avait t si aimable1 lui fit donn] p> monseigneur le comte d',artois un petit ca/el1 nomm le ,belloi1 qui se tr\ve au b\t de la t]rasse de ,sa9t-,g]ma91 et qui avait un =t joli j>d94 ,cailleau vivait l le plus heureux des hommes avec sa femme et son enfant4 ,j'ai t pass] quelques j\rs *ez lui1 et1 dans son bonheur1 il me rappelait exactem5t ce ,lub91 dont je lui avais vu si bi5 j\] le rle4 ,m4 le comte d',artois1 en lui faisant don du petit ca/el1 l'avait nomm capita9e des *asses de t\t l'arrondissem5t4 ,il en portait l'uni=me1 et c'e/ avec cet habit que je l'ai pe9t1 t5ant son fusil sur l'paule4 ,sa belle et riante physionomie m'inspirait au po9t que j'ai fait ce portrait en une sance#ag4 ,lorsque la rvolution arriva1 ,cailleau fut trs suspect1 comme ayant reu des bi5faits d'un pr9ce4 ,on m'a dit1 mais je ne veux pas le croire1 qu'il s'tait montr +rat1 et qu'il avait j\ le rle de jacob94 ,si la *ose e/ vraie1 je suis p]suade que la peur et sa femme lui avai5t t\rn la tte4 ,j'ai des raisons p\r croire que sa femme tait =t rvolutionnaire3 en #agia1 je reu ,rome o j'tais alors1 une lettre dans laquelle elle m'engageait r5tr] en ,france1 me disant que n\s s]ions t\s gaux1 et qu'enf9 ce s]ait l'ge d'or4 ,heureusem5t je ne la crus pas2 c> on sait quel ge d'or a suivi6 ,peu de temps aprs avoir reu cette lettre1 j'appris que madame ,cailleau s'tait jete p> la f5tre de dsespoir4 ,l>uette et sa femme sont re/s au ?tre plus t>d que ,cailleau#ah4 ,t\s deux tai5t excell5s dans leur g5re4 ,mais madame ,l>uette surt\t j\ait avec un *>me1 une f9esse1 *antait avec un gt et une expression indicible4 ,elle avait plus de c9quante ans qu'elle n'en p>aissait pas avoir seize1 tant sa taille tait jeune et ses traits dlicats4 ,non-seulem5t elle n'tait pas ridicule dans les rles nafs1 mais elle tait *>mante2 et jamais peut-tre les transports et les regrets du public n'ont t aussi lo9 que le j\r o quittant enf9 le ?tre1 elle j\a p\r la d]nire fois dans ,isabelle et ,g]trude1 et dans je ne sais quel autre opra1 les deux plus jeunes rles du rp]toire4 ,quoique je l'aie trs peu vue j\]1 je me la rappelle p>faitem5t4 ,j'arrive enf9 celle dont j'ai pu suivre t\te la c>rire dramatique1 au tal5t le plus p>fait que l',opra ,comique ait possd1 madame ,dugazon4 ,jamais on n'a port sur la scne autant de vrit4 ,madame ,dugazon avait un de ces tal5s de nature qui sembl5t ne ri5 devoir l'tude4 ,on n'ap]cevait plus l'actrice2 c'tait ,babet1 c'tait la comtesse d',alb]t ou ,nicolette4 ,noble1 nave1 gracieuse1 piquante1 elle avait v+t physionomies1 de mme qu'elle faisait t\j\rs ent5dre l'acc5t propre au p]sonnage1 et son *ant n'annonait aucune autre prt5tion4 ,elle avait mme la voix assez faible1 mais cette voix suffisait au rire1 aux l>mes1 t\tes les situations1 t\s les rles4 ,grtry et ,daleyrac1 qui ont travaill p\r elle1 en tai5t f\s1 et j'en tais folle4 ,ce d]ni] mot me rappelle un rle1 dans lequel on a t\j\rs va9em5t essay de la copi]4 ,jamais on n'a pu n\s r5dre ,n9a4 ,n9a t\t la fois si dc5te et si passionne6 et si malheureuse1 si t\*ante1 que son aspect seul faisait fondre en l>mes les spectateurs4 ,je crois avoir vu ,n9a v+t fois au mo9s1 et *aque fois mon att5drissem5t a t le mme4 ,j'tais trop en?\sia/e de madame ,dugazon p\r ne pas l'engag] s\v5t v5ir s\p] *ez moi4 ,n\s rem>quions que si elle v5ait de j\] ,n9a1 elle cons]vait encore les yeux un peu hag>ds1 en un mot qu'elle re/ait ,n9a t\te la soire4 ,c'tait bi5 c]ta9em5t cette facult de se pntr] aussi pr(ondm5t de son rle qu'elle devait l'tonnante p]fection de son tal5t4 ,madame ,dugazon tait royali/e de coeur et d'ame4 ,elle en donna la preuve au public une poque =t avance de la rvolution1 un soir1 qu'elle j\ait la s\brette des vnem5s imprvus4 ,la re9e assi/ait ce spectacle1 et dans un duo que le valet comm5ce en disant3 j'aime mon matre t5drem5t1 madame ,dugazon1 qui devait rpondre3 ,ah6 comme j'aime ma matresse1 se t\rna v]s la loge de ,sa ,maje/1 la ma9 sur son coeur1 et *anta sa rplique d'une voix mue1 en s'incl9ant devant la re9e4 ,on m'a dit qu'un peu plus t>d1 le public1 et quel public6 v\lut tir] v5geance de ce noble m\vem5t en s'ob/9ant lui faire *ant] je ne sais quelle horreur1 qu'on *antait alors t\s les soirs sur la scne4 ,madame ,dugazon ne cda po9t3 elle quitta le ?tre4 ,la longueur dmesure de cette lettre v\s pr\ve1 *re amie1 que j'ai beauc\p aim moi-mme j\] la comdie2 c> je ne v\s ai po9t p>gn les dtails4 ,adieu4 ,,lettre ,,ix4 ,*antilly4--,le ,ra9cy4--,madame de ,montesson4--,la vieille pr9cesse de ,conti4--,g5nevilli]s4--,nos spectacles4--,le ,m>iage de ,fig>o4--,beaum>*ais4--,m4 et madame de ,villette4--,m\l9-,joli4--,watelet4--,m4 de ,morfonta9e4--,le m>quis de ,montesqui\4--,mon horoscope4 ,il m'tait impossible1 mon gr& regret1 de re/] long-temps la campagne2 mais je ne me refusais pas le plaisir d'y pass] s\v5t plusieurs j\rs de suite1 et j'tais invite dans les plus beaux lieux vois9s de ,p>is4 ,j'ai pu voir1 p> exemple1 les ftes magnifiques de ,*antilly1 que le pr9ce de ,cond 7celui que v\s avez vu rev5ir en ,france avec ,l\is ,,xviii7 savait si bi5 ordonn]1 et dont il faisait si bi5 les honneurs4 ,v\s connaissez le sup]be *teau de ,*antilly4 ,son imm5se gal]ie tait g>nie alors d'armures franaises de diffr5s sicles1 dont quelques-unes p> leur l\rdeur et leur dim5sion semblai5t avoir t faites p\r des gants2 ce qui1 je tr\ve1 ornait m]veille l'habitation d'un desc5dant du gr& ,cond4 ,on voyait au b\t de cette gal]ie le masque de ,h5ri ,,iv1 m\l sur lui1 sitt aprs sa mort1 et auquel tai5t encore atta*s quelques poils des s\rcils du bon roi4 ,je ne sais ce qu'e/ dev5u ce masque1 que l'on a beauc\p reproduit en pltre2 quant aux armures1 elles ont t pilles p5dant la rvolution1 et plusieurs sont ma9t5ant rassembles dans un muse4 ,ce *teau avait je ne sais quoi de gr&iose1 qui le r5dait digne de ses matres4 ,la salle mang] tait d'une beaut rem>quable3 entre des colonnes de m>bre se tr\vai5t places de l>ges c\pes1 en m>bre aussi1 qui recevai5t des cascades d'eau limpide et sans cesse r5\vele4 ,cette salle semblait tre en ple9 air1 son effet tait magique4 ,le p>c dans son imm5se t5due donnait l'ide d'une ferie avec ses lacs1 ses rivires bordes de mille fleurs4 ,ce hameau *>mant1 dont les *aumires l'intrieur brillai5t de la plus gr&e magnific5ce1 t\t enf9 faisait de ,*antilly un sj\r admirable2 aussi les trang]s s'y r5dai5t-ils en f\le1 l'poque dont je v\s p>le1 cette heureuse poque o le matre de ce beau lieu y vivait1 ador de t\s les habitans1 qu'il comblait de ses bi5faits et qui l'ont si vivem5t regrett4 ,en #aghb j'ai sj\rn quelque temps au ,ra9cy4 ,le duc d',orlans1 pre de ,philippe-galit1 qui l'habitait alors1 m'y fit v5ir p\r y faire son portrait et celui de madame de ,montesson4 l'exception du plaisir que je pris voir de gr&es p>ties de *asse1 je m'ennuyai passablem5t au ,ra9cy2 mes sances f9ies1 je n'avais de socit qui me ft agrable que celle de madame ,b]?olet1 =t aimable femme1 qui j\ait =t bi5 de la h>pe4 ,sa9t-,georges1 le multre1 si =t et si adroit1 tait du nombre des *asseurs4 ,j'ai compris l comm5t il e/ des hommes1 et surt\t des pr9ces1 qui devi5n5t passionns de la *asse2 cet ex]cice1 qu& beauc\p de monde s'y tr\ve runi1 donne vraim5t un gr& spectacle4 ,ce m\vem5t gnral1 jo9t aux sons des cors1 a bi5 quelque *ose de belliqueux4 propos de ce voyage1 je ne puis me rappel] auj\rd'hui sans rire une p>ticul>it1 qui dans le temps me sc&alisa beauc\p4 ,p5dant que madame de ,montesson me donnait sance1 la vieille pr9cesse de ,conti v9t un j\r lui faire une visite1 et cette pr9cesse en me p>lant m'appela t\j\rs mademoiselle4 ,il e/ vrai que jadis t\tes les gr&es dames en agissai5t a9si avec leurs infrieures4 ,mais cette morgue de la c\r avait f9i1 avec ,l\is ,,xv4 ,j'tais alors sur le po9t d'acc\*] de mon premi] enfant1 ce qui r5dait la *ose t\t--fait trange4 ,si mon voyage au ,ra9cy me p>ut peu rj\issant1 il n'en tait pas de mme de ceux que je faisais ,g5nevilli]s1 qui app>t5ait alors ,m4 le comte de ,vaudreuil1 un des hommes les plus aimables que l'on pt voir4 ,g5nevilli]s n'tait nullem5t pittoresque2 le comte de ,vaudreuil avait a*et cette proprit en gr&e p>tie p\r monseigneur le comte d',artois1 p>ce qu'elle r5f]mait de beaux cantons de *asse1 et l'avait embellie autant qu'il tait possible4 ,la maison tait meuble dans le meilleur gt1 quoique sans magnific5ce2 il s'y tr\vait une salle de comdie1 petite1 mais *>mante1 dans laquelle ma belle-soeur1 mon frre1 ,m4 de ,rivire1 et moi n\s avons j\ plusieurs opras-comiques1 avec madame ,dugazon1 ,g>at1 ,cailleau et ,l>uette4 ,ces deux d]ni]s1 qui tai5t alors retirs du ?tre1 j\ai5t admirablem5t1 et avec un tel naturel1 qu'un j\r1 comme ils rptai5t ensemble la scne des deux pres dans ,rose et ,colas1 je crus qu'ils causai5t entre eux1 et je leur dis3 ,allons1 il faut comm5c] la rptition4 ,on m'avait donn le rle de ,rose2 ,g>at j\ait assez gau*em5t celui de ,colas2 mais il *antait si bi56 il tait surt\t dlicieux de l'ent5dre dans la ,colonie1 dont la musique e/ ravissante mon gt4 ,il avait pris le rle de ,sa9t-,albe2 moi celui de ,m>9e2 et ma belle-soeur celui de la comtesse1 qu'elle j\ait comme un ange4 ,elle et ,m4 de ,rivire tai5t vraim5t des acteurs4 ,ils aurai5t pu brill] mme au ?tre4 ,m4 le comte d',artois et sa socit v5ai5t nos spectacles4 ,j'av\e que t\t ce beau monde me donnait la peur au po9t que la premire fois qu'ils y v9r5t1 sans que j'en fusse prv5ue1 je ne v\lais plus j\]2 la cra9te de dsoblig] les amis qui j\ai5t avec moi me dcida seule entr] en scne3 aussi ,m4 le comte d',artois1 avec sa grce ord9aire1 v9t-il entre les deux pices n\s enc\rag] p> t\s les complim5s imag9ables4 ,le d]ni] spectacle qui fut donn dans la salle de ,g5nevilli]s fut une reprs5tation du ,m>iage de ,fig>o p> les acteurs de la ,comdie ,franaise4 ,je me rappelle que mademoiselle ,sa9val j\ait la comtesse1 mademoiselle ,olivi] le page2 et que mademoiselle ,contat tait *>mante dans le rle de ,suzanne4 ,il fallait nanmo9s que ,beaum>*ais et cruellem5t h>cel ,m4 de ,vaudreuil p\r p>v5ir faire j\] sur ce ?tre une pice aussi inconv5ante s\s t\s les rapports4 ,dialogue1 c\plets1 t\t tait dirig contre la c\r1 dont une gr&e p>tie se tr\vait l1 sans p>l] de la prs5ce de notre excell5t pr9ce4 ,*acun s\ffrait de ce manque de mesure2 mais ,beaum>*ais n'en tait pas mo9s ivre de bonheur3 il c\rait de t\s cts1 comme un homme hors de lui-mme2 et comme on se plaignait de la *aleur1 il ne donna pas le temps d'ouvrir les f5tres1 et cassa t\s les c>reaux avec sa canne1 ce qui fit dire aprs la pice1 qu'il avait d\blem5t cass les vitres4 ,le comte de ,vaudreuil dut se rep5tir d\blem5t aussi d'avoir accord sa protection l'auteur du ,m>iage de ,fig>o4 ,peu de temps aprs cette reprs5tation1 ,beaum>*ais lui fait dem&] un r5dez-v\s qu'il obti5t aussitt1 et il arrive ,v]sailles de si bonne heure1 que le comte v5ait pe9e de se lev]4 ,il p>le alors d'un projet de f9ance qu'il vi5t d'imag9] et qui devait lui rapport] des trsors3 puis il f9it p> propos] ,m4 de ,vaudreuil une somme considrable s'il veut se *>g] de faire russir l'affaire4 ,le comte l'c\te avec le plus gr& calme1 et qu& ,beaum>*ais a t\t dit3--,monsieur de ,beaum>*ais1 lui rpondit-il1 v\s ne p\viez v5ir dans un mom5t plus favorable2 c> j'ai pass une bonne nuit1 j'ai bi5 digr1 jamais je ne me suis mieux port qu'auj\rd'hui2 si v\s m'aviez fait hi] une p>eille proposition1 je v\s aurais fait jet] p> la f5tre4 ,une des belles campagnes que j'aie vues tait ,villette4 ,la m>quise de ,villette 7,belle et ,bonne71 m'ayant engage v5ir l'y voir1 j'y suis alle pass] quelques j\rs1 et je retr\ve dans mes papi]s de =t jolis v]s que ,m4 de ,villette fit p\r mon arrive4 ,je les copie ici1 en v\s priant t\tefois de ne pas oubli] que c'e/ un pote qui p>le3 ,j'avais lu dans les vieux auteurs ,que les dieux autrefois visitai5t les pa/eurs1 ,et qu'ils v5ai5t *>m] leur belle solitude3 ,j'aimais me b]c] de ces d\ces erreurs4 ,embellir ces =ts dev9t ma seule tude1 ,j'y crai des j>d9s1 je les semai de fleurs2 ,mais des dieux va9em5t j'att5dais la prs5ce4 sublime ,lebrun6 ,v\s1 l'orgueil de la ,france1 ,dont l'esprit crateur1 dont l'immortel crayon ,de plaire et d'tonn] a la d\ble puissance1 ,et fait natre l'am\r p> l'admiration1 ,la ,gloire qui v\s accompagne ,agr&it ce petit *teau2 ,elle ranime la campagne2 ,v\s n\s r5dez le j\r plus beau1 ,et v\s ralisez mes *teaux en ,espagne4 ,n\s tr\vmes une fois dans ce beau p>c un homme qui peignait des b>rires4 ,ce b>b\illeur tait si expditif que ,m4 de ,villette lui en fit complim5t4--,moi6 rpondit-il1 je me fais =t d'effac] en un j\r t\t ce que ,rub5s a pe9t dans sa vie4 ,madame de ,villette recevait avec grce1 et faisait m]veille les honneurs de sa maison4 ,ce qui doit complt] son loge vos yeux1 c'e/ qu'elle tait extrmem5t bi5faisante2 j'ai vu dans son p>c une lvation circulaire et naturelle1 o l'on m'a dit qu'elle rassemblait les jeunes filles du village1 p\r les in/ruire comme aurait pu le faire un matre d'cole4 ,ah6 que j'aurais aim1 *re amie1 me prom5] avec v\s dans les bois de ,m\l9-,joli6 ,voil un de ces lieux qu'on n'oublie pas3 si beau6 si v>i6 pittoresque1 lysi51 sauvage1 ravissant enf94 ,reprs5tez-v\s une gr&e le1 c\v]te de bois1 de j>d9s1 de v]g]s1 que la ,se9e c\pait p> le milieu4 ,on passait d'un bord l'autre sur un pont de bateaux1 g>ni des deux cts p> des caisses remplies de fleurs1 que l'on r5\velait *aque saison1 et des bancs1 placs de di/ance en di/ance1 v\s p]mettai5t de j\ir long-temps d'un air p>fum1 et de po9ts de vues admirables2 de lo91 ce pont qui se rptait dans l'eau produisait un effet *>mant4 ,des arbres de haute futaie1 d'un ton trs vig\reux1 bordai5t la rivire droite2 gau*e1 la rive tait c\v]te d'normes peupli]s et de gr&s saules pleureurs1 dont les bran*es d\ce v]dure tombai5t en b]ceau2 un de ces saules entre autres1 =mait une norme vote1 s\s laquelle on se reposait1 on rvait avec dlices#ai4 ,je ne puis v\s dire combi5 je me s5tais heureuse dans ce beau lieu1 auquel1 mon gr1 je n'ai ri5 vu de comp>able4 ,cet lyse app>t5ait un homme de ma connaissance1 ,m4 ,watelet1 gr& amateur des arts1 et auteur d'un pome sur la pe9ture4 ,m4 ,watelet tait un homme di/+u1 d'un c>actre d\x et liant1 qui s'tait fait beauc\p d'amis4 ,dans son le en*ante1 je le tr\vais en h>monie avec t\t ce qui l'ent\rait2 il y recevait avec grce et simplicit une socit peu nombreuse1 mais p>faitem5t bi5 *oisie4 ,une amie laquelle il tait atta* depuis tr5te ans1 tait tablie *ez lui3 le temps avait sanctifi p\r a9si dire leur liaison1 au po9t qu'on les recevait ensemble dans la meilleure compagnie1 a9si que le m>i de la dame1 qui1 *ose assez biz>re1 ne la quittait jamais4 ,plus t>d1 en #aghh1 ,m\l9-,joli fut a*et p> un nomm ,m4 ,gaudran1 ri*e comm]ant1 qui m'invita avec ma famille v5ir y pass] un mois4 ,ce n\veau propritaire n'ent5dait ri5 au pittoresque2 je vis avec pe9e qu'il avait dj gt quelques p>ties de cet lyse2 heureusem5t les plus gr&es beauts tai5t re/es intactes4 ,rob]t1 le pe9tre de paysage1 et moi1 n\s retr\vmes t\t l'en*antem5t que ce lieu n\s avait dj fait pr\v]4 ,c'e/ p5dant ce voyage que je fis un de mes meilleurs portraits1 celui de ,rob]t1 la palette la ma94 ,lebrun ,p9d>e composa son ,exegi monum5tum1 ce morceau si ple9 d'un orgueil que ju/ifie sa beaut4 ,mon frre aussi fit de trs jolis v]s4 ,ces bois n\s inspirai5t t\s4 ,monsieur de ,calonne1 qui m'a donn tant de *oses1 comme v\s savez1 m'avait1 disait-on1 donn aussi ,m\l9-,joli4 ,ah6 si j'avais eu ,m\l9-,joli1 je ne l'aurais1 je crois1 jamais quitt4 ,mon bi5 gr& regret1 au contraire1 e/ de ne l'avoir pas a*et lorsqu' ma r5tre en ,france je l'ai tr\v en v5te2 mais un ret>d qui surv9t dans l'envoi des fonds que j'att5dais de ,russie m'en ta les moy5s4 ,m\l9-,joli fut v5du alors quatre-v+t mille francs un *audronni]1 qui1 en faisant c\p] t\s les beaux arbres1 a retr\v p\r le mo9s1 le prix de son acquisition2 et ma9t5ant1 qu& mes s\v5irs me report5t dans ce dlicieux sj\r1 il s'ensuit la tri/e p5se de sa de/ruction totale4 ,quelque temps avant la rvolution1 j'allai ,morfonta9e1 et de l n\s fmes une c\rse ,erm5onville1 o je vis le tombeau de ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,la clbrit de ce beau p>c d',erm5onville en gtait la prom5ade p\r moi2 on y tr\ve des inscriptions *aque pas1 cela tyrannise la p5se4 ,morfonta9e1 j'ai t\j\rs prfr cette p>tie pittoresque du p>c qui n'e/ po9t arrange l'anglaise1 et o se tr\ve ma9t5ant un gr& lac2 de l'avis de t\s les arti/es1 au re/e1 elle ti5t un premi] rang dans son g5re4 l'poque dont je v\s p>le1 ,m4 de ,morfonta9e l'avait embellie1 en y creusant des canaux1 sur lesquels n\s n\s prom5ions en bateau4 ,le lac1 qui n'avait pas alors une aussi gr&e t5due1 tait entrec\p d'les *>mantes3 prs5t1 on n'y voit plus qu'une seule petite le1 qui me fait absolum5t l'effet d'un petit pte1 au milieu de cette imm5se masse d'eau4 ,m4 de ,morfonta9e recevait avec tant de bi5veillance et de simplicit1 que *acun *ez lui se croyait *ez soi4 ,le comte de ,vaudreuil1 ,lebrun le pote1 le *evali] de ,coigny1 si aimable et si gai1 ,brongni>t1 ,rob]t1 ,rivire et mon frre1 faisai5t t\tes les nuits des *>ades1 et se rveillai5t mutuellem5t p\r se les dire2 cette folle gaiet pr\ve assez de quelle lib]t l'on j\issait dans ce beau lieu4 la vrit1 l'ordre en tait banni aussi bi5 que la gne4 ,heureusem5t1 n\s tions entre intimes et en petit nombre2 c> je n'ai jamais vu *teau aussi mal t5u4 ,m4 de ,morfonta9e1 en t\tes *oses1 p\ssait le dc\su un degr inimag9able1 et v\s jugez que sa maison devait se ress5tir de cette manire d'tre4 cette poque1 ,m4 le ,pelleti] de ,morfonta9e tait prvt des m>*&s2 il a fait con/ruire1 je ne sais quel pont de ,p>is4 ,je me s\vi5s qu'il portait con/amm5t dans sa po*e un petit calp91 sur lequel il crivait sans cesse ce qu'il ent5dait dire de rem>quable dans la socit4 ,j'ai s\v5t essay de lire p>-dessus son paule2 mais1 quoique ses lettres fuss5t trs grosses1 il m'a t\j\rs t impossible de d*iffr] un seul mot1 tant son criture tait in=me2 je dfie bi5 ses hriti]s de tir] jamais p>ti des s\v5irs qu'il doit avoir laisss4 ,qu& on quittait ,morfonta9e p\r all] ,maup]tuis1 on ne p\vait s'ab/5ir de comp>] la t5ue de ces deux belles maisons2 c> la diffr5ce tait frappante4 ,p>t\t ,maup]tuis rgnai5t l'ordre et la magnific5ce4 ,m4 de ,montesqui\ t5ait l vritablem5t l'tat d'un gr& seigneur4 ,comme il tait cuy] de ,monsieur 7depuis ,l\is ,,xviii71 il lui tait facile de mettre nos ordres1 *evaux1 cal*es et voitures de t\te espce4 ,les repas tai5t spl5dides1 le *teau assez va/e p\r cont5ir habituellem5t tr5te ou qu>ante matres1 t\s bi5 logs1 p>faitem5t soigns2 et cette nombreuse socit se r5\velait sans cesse4 ,la mre et la femme de ,m4 de ,montesqui\ avai5t p\r moi mille bonts4 ,sa belle-fille1 qui depuis a t g\v]nante du fils de ,napolon1 tait d\ce1 naturelle1 trs aimable4 ,quant lui1 je l'avais vu s\v5t ,p>is1 et il m'avait t\j\rs sembl =t spirituel1 mais sec et frondeur2 ,maup]tuis1 il tait d\x1 affable1 en un mot ce n'tait plus le mme homme4 ,qu& p> has>d n\s n\s tr\vions en petit nombre1 il n\s faisait le soir des lectures1 et s'en acquittait m]veille4 ,c'e/ ,maup]tuis1 tant grosse et s\ffrante1 que j'ai fait son portrait1 dont je n'ai jamais t satisfaite4 ,je me s\vi5s qu'un soir1 en petit comit1 le m>quis de ,montesqui\ tira l'horoscope de *acun de n\s4 ,il me prdit que je vivrais long-temps1 et que je s]ais une aimable vieille1 p>ce que je n'tais pas coquette4 ,ma9t5ant que j'ai vcu long-temps1 suis-je une aimable vieille8 ,j'en d\te2 mais au mo9s je suis une vieille aimante1 c> je v\s aime t5drem5t4 ,adieu4 ,,lettre ,x4 ,le duc de ,niv]nais4--,le m>*al de ,noailles4--,son mot ,l\is ,,xv4--,madame ,dub>ry4--,l\veci5ne4--,le duc de ,brissac4--,sa mort4--,celle de madame ,dub>ry4--,portraits que j'ai faits ,l\veci5nes4 ,j'ai t dn] plusieurs fois ,sa9t-,ou51 *ez le duc de ,niv]nais1 qui avait l une =t belle habitation1 et qui runissait *ez lui la plus aimable socit qu'on puisse voir4 ,le duc de ,niv]nais1 que l'on a t\j\rs cit p\r la grce et la f9esse de son esprit1 avait des manires nobles et d\ces sans aucune afft]ie4 ,il se di/+uait surt\t p> son extrme galant]ie avec les femmes de t\t ge4 ,s\s ces rapports1 je p\rrais en p>l] comme d'un modle dont je n'aurais po9t tr\v de copie si je n'avais pas connu le comte de ,vaudreuil1 qui1 beauc\p plus jeune que ,m4 de ,niv]nais1 joignait une galant]ie re*]*e une politesse d'autant plus flatteuse qu'elle p>tait du coeur4 ,au re/e1 il e/ dev5u =t difficile auj\rd'hui de donn] une ide de l'urbanit1 de la gracieuse aisance1 en un mot des manires aimables qui faisai5t1 il y a qu>ante ans1 le *>me de la socit ,p>is4 ,cette galant]ie dont je v\s p>le1 p> exemple1 a totalem5t disp>u4 ,les femmes rgnai5t alors1 la rvolution les a dtrnes4 ,le duc de ,niv]nais tait petit1 =t maigre4 ,quoique trs g1 qu& je l'ai connu1 il tait encore ple9 de vivacit4 ,il aimait passionnm5t la posie1 et faisait des v]s *>mans4 ,je suis alle s\v5t aussi dn] *ez le m>*al de ,noailles1 dans son beau *teau situ l'entre de ,sa9t-,g]ma94 ,il y avait alors un =t gr& p>c1 admirablem5t soign4 ,le m>*al tait trs aimable3 son esprit1 sa gaiet animai5t t\s ses convives1 qu'il *oisissait p>mi les clbrits littraires et les g5s les plus di/+us de la ville et de la c\r4 ,le m>*al de ,noailles avait un esprit orig9al et surt\t piquant4 ,il tait r>e qu'il pt rsi/] au dsir de lanc] un trait mal92 c'e/ lui qui rpondit ,l\is ,,xv1 mangeant la *asse des olives qu'il tr\vait mauvaises3 ,c'e/ sans d\te le fond du b>il1 sire4 ,ce mot reporte mon s\v5ir sur une femme dont je ne v\s ai pas encore p>l1 quoique je l'aie vue de =t prs2 une femme qui1 sortie des d]ni]s rangs de la socit1 a pass p> les palais d'un roi p\r all] l'*afaud1 et qui sa tri/e f9 fait p>donn] le sc&aleux clat de sa vie4 ,c'e/ en #aghf que j'allai1 p\r la premire fois1 ,l\veci5nes1 o j'avais promis de pe9dre madame ,dub>ry1 et j'tais extrmem5t curieuse de voir cette favorite1 dont j'avais si s\v5t ent5du p>l]4 ,madame ,dub>ry p\vait avoir alors qu>ante-c9q ans environ4 ,elle tait gr&e sans l'tre trop2 elle avait de l'embonpo9t2 la gorge un peu =te1 mais =t belle2 son visage tait encore *>mant1 ses traits rguli]s et gracieux2 ses *eveux tai5t c5drs et b\cls comme ceux d'un enfant2 son te9t seulem5t comm5ait se gt]4 ,elle me reut avec beauc\p de grces1 et me p>ut avoir =t bon ton2 mais je lui tr\vai plus de naturel dans l'esprit que dans les manires3 outre que son reg>d tait celui d'une coquette1 c> ses yeux allongs n'tai5t jamais entirem5t ouv]ts1 sa prononciation avait quelque *ose d'enfant9 qui ne seyait plus son ge4 ,elle m'tablit dans un corps de logis1 situ d]rire la ma*9e de ,m>ly1 dont le bruit lam5table m'ennuyait =t4 ,dess\s mon app>tem5t1 se tr\vait une gal]ie =t peu soigne1 dans laquelle tai5t placs1 sans ordre1 des bu/es1 des vases1 des colonnes1 des m>bres les plus r>es et une quantit d'autres objets prcieux2 en sorte qu'on aurait pu se croire *ez la matresse de plusieurs s\v]a9s1 qui t\s l'avai5t enri*ie de leurs dons4 ,ces re/es de magnific5ce contra/ai5t avec la simplicit qu'avait adopte la matresse de la maison1 et dans sa toilette1 et dans sa faon de vivre4 ,l't comme l'hiv]1 madame ,dub>ry ne portait plus que des robes-peignoirs de p]cale ou de m\ssel9e blan*e1 et t\s les j\rs1 quelque temps qu'il ft1 elle se prom5ait dans son p>c ou dehors1 sans qu'il en rsultt aucun inconvni5t p\r elle1 tant le sj\r de la campagne avait r5du sa sant robu/e4 ,elle n'avait cons]v aucune relation avec la nombreuse c\r qui p5dant longtemps l'avait ent\re4 ,l'ambassadrice de ,portugal1 la belle madame de ,s\sa1 et la m>quise de ,brunoy tai5t1 je crois1 les deux seules femmes qu'elle vt alors1 et durant mes sj\rs *ez elle1 que j'ai faits trois poques diffr5tes1 j'ai pu m'assur] que les visites ne tr\blai5t po9t sa solitude#bj4 ,je ne sais p\rquoi cep5dant les ambassadeurs de ,tipoo-,sab se crur5t obligs d'all] visit] l'anci5ne matresse de ,l\is ,,xv4 ,non-seulem5t ils v9r5t ,l\veci5nes1 mais ils apportr5t des prs5s madame ,dub>ry2 entre autres1 des pices de m\ssel9e1 trs ri*em5t brodes en or4 ,elle m'en donna une sup]be1 fleurs l>ges et dta*es1 dont les c\leurs et l'or sont p>faitem5t nuancs4 ,les soirs1 n\s tions le plus s\v5t seules1 au co9 du feu1 madame ,dub>ry et moi4 ,elle me p>lait quelquefois de ,l\is ,,xv et de sa c\r1 t\j\rs avec le plus gr& respect p\r l'un et les plus gr&s mnagem5s p\r l'autre4 ,mais elle vitait t\s dtails2 il tait mme vid5t qu'elle prfrait s'ab/5ir de ce sujet d'entreti51 en sorte qu'habituellem5t sa conv]sation tait assez nulle4 ,au re/e1 elle se montrait aussi bonne femme p> ses p>oles que p> ses actions1 et elle faisait beauc\p de bi5 ,l\veci5nes1 o t\s les pauvres tai5t sec\rus p> elle4 ,n\s allions s\v5t ensemble visit] quelque malheureux1 et je me rappelle encore la sa9te colre o je la vis1 un j\r1 *ez une pauvre acc\*e qui manquait de t\t4--,comm5t6 disait madame ,dub>ry1 v\s n'avez eu ni l+e1 ni v91 ni b\illon8--,hlas6 ri51 madame4 ,aussitt n\s r5trons au *teau2 madame ,dub>ry fait v5ir sa femme de *>ge et d'autres dome/iques qui n'avai5t po9t excut ses ordres4 ,je ne puis v\s dire dans quelle fureur elle se mit contre eux1 t\t en faisant faire devant elle un paquet de l+e qu'elle leur fit port] l'in/ant mme1 avec du b\illon et du v9 de ,bordeaux4 ,t\s les j\rs1 aprs dn]1 n\s allions pr5dre le caf dans ce pavillon1 si r5omm p\r le gt et la ri*esse de ses ornem5s4 ,la premire fois que madame ,dub>ry me le fit voir1 elle me dit3 ,c'e/ dans cette salle que ,l\is ,,xv me faisait l'honneur de v5ir dn]4 ,il y avait au-dessus une tribune p\r les musici5s qui *antai5t p5dant le repas4 ,le salon tait ravissant3 outre qu'on y j\it de la plus belle vue du monde1 les *em9es1 les portes1 t\t tait du travail le plus prcieux2 les s]rures mme p\vai5t tre admires comme des *efs-d'oeuvre d'orfvr]ie1 et les meubles tai5t d'une ri*esse1 d'une lgance au-dessus de t\te description4 ,ce n'tait plus ,l\is ,,xv alors qui s't5dait sur ces magnifiques canaps1 c'tait le duc de ,brissac1 et n\s l'y laissions s\v5t1 p>ce qu'il aimait faire sa sie/e4 ,le duc de ,brissac vivait comme tabli ,l\veci5nes2 mais ri51 dans ses manires et dans celles de madame ,dub>ry1 ne p\vait laiss] s\ponn] qu'il ft plus que l'ami de la matresse du *teau4 ,t\tefois il tait ais de voir qu'un t5dre atta*em5t unissait ces deux p]sonnes1 et peut-tre cet atta*em5t leur a-t-il cot la vie4 ,lorsqu'avant l'poque de la t]reur1 madame ,dub>ry passa en ,anglet]re p\r retr\v] ses diamans vols1 qu'en effet elle y retr\va1 les ,anglais l'avai5t trs bi5 reue4 ,ils fir5t t\t p\r l'emp*] de ret\rn] en ,france1 au po9t qu'au mom5t de son d"p1 des amis dtelr5t ses *evaux de po/e4 ,le seul dsir de rejo9dre le duc de ,brissac1 qu'elle avait laiss ca* dans son *teau de ,l\veci5nes1 la fit rsi/] aux in/ances de ceux qui v\lai5t la ret5ir ,londres1 o la v5te de ses diamans p\vait la faire vivre dans l'aisance4 ,elle p>tit p\r son malheur1 et v9t retr\v] le duc de ,brissac ,l\veci5nes4 ,=t peu de temps aprs1 le duc fut arrt s\s ses yeux et conduit en prison ,orlans4 ,c'e/ l qu'on v9t le *]*]1 lui et trois autres1 p\r les transport]1 disait-on1 ,v]sailles4 ,t\s les quatre fur5t mis dans un tomb]eau1 et pe9e moiti *em91 t\s les quatre fur5t indignem5t massacrs6 ,on porta la tte sanglante du duc de ,brissac madame ,dub>ry1 et v\s imag9ez ce que l'in=tune dut s\ffrir cette horrible vue6 elle ne t>da pas elle-mme subir le sort rs]v alors t\s ceux qui possdai5t quelque =tune1 comme ceux qui portai5t un gr& nom2 elle fut trahie et dnonce p> un petit ngre1 nomm ,zamore1 dont il e/ "q dans t\s les mmoires du temps1 p\r avoir t combl de ses bi5faits et des bi5faits de ,l\is ,,xv4 ,arrte1 mise en prison1 madame ,dub>ry fut juge et condamne mort p> le tribunal rvolutionnaire la f9 de #agic4 ,elle e/ la seule femme1 p>mi tant de femmes que ces j\rs affreux ont vues prir1 qui ne put s\t5ir l'aspect de l'*afaud2 elle cria1 elle implora sa grce de la f\le atroce qui l'environnait1 et cette f\le s'mut au po9t que le b\rreau se hta de t]m9] le supplice4 ,ceci m'a t\j\rs p]suad que1 si les victimes de ce temps d'excrable mmoire n'avai5t pas eu le noble orgueil de m\rir avec c\rage1 la t]reur aurait cess beauc\p plus tt4 ,les hommes dont l'intellig5ce n'e/ po9t dveloppe ont trop peu d'imag9ation p\r qu'une s\ffrance intrieure les t\*e1 et l'on excite bi5 plus aism5t la piti du peuple que son admiration4 ,j'ai fait trois portraits de madame ,dub>ry4 ,dans le premi] je l'ai pe9te en bu/e1 petit trois-qu>ts1 en peignoir1 avec un *apeau de paille2 dans le second1 elle e/ vtue en sat9 blanc2 d'une ma9 elle ti5t une c\ronne1 et l'un de ses bras e/ appuy sur un pide/al4 ,j'ai fait ce tableau avec le plus gr& so92 il tait1 a9si que le premi]1 de/9 au duc de ,brissac1 et je l'ai revu d]nirem5t4 ,le vieux gnral qui il app>ti5t a sans d\te fait b>b\ill] la tte1 c> ce n'e/ po9t celle que j'ai faite2 celle-ci a du r\ge jusqu'aux yeux1 et madame ,dub>ry n'en mettait jamais4 ,je r5ie donc cette tte qui n'e/ po9t de moi2 t\t le re/e du tableau e/ intact et bi5 cons]v4 ,il vi5t d'tre v5du la mort de ce gnral4 ,le troisime portrait que j'ai fait de madame ,dub>ry1 e/ *ez moi4 ,je l'ai comm5c v]s le milieu de septembre #aghi4 ,de ,l\veci5nes1 n\s ent5dions des canonnades l'inf9i1 et je me rappelle que la pauvre femme me disait3 ,si ,l\is ,,xv vivait1 srem5t t\t cela n'aurait pas t a9si4 ,j'avais pe9t la tte et trac la taille et les bras1 lorsque je fus oblige de faire une c\rse ,p>is2 j'esprais p\voir ret\rn] ,l\veci5nes p\r f9ir mon ouvrage2 mais on v5ait d'assass9] ,b]?i] et ,f\lon4 ,mon effroi tait port au comble1 et je ne songeais plus qu' quitt] la ,france2 je laissai donc ce tableau moiti t]m94 ,je ne sais pas p> quel has>d ,m4 le comte ,l\is de ,n>bonne s'en tr\va possesseur p5dant mon abs5ce2 mon ret\r en ,france1 il me l'a r5du1 et je vi5s de le t]m9]4 ,le tri/e cont5u de cette lettre1 m'av]tit que je suis arrive l'poque de mon exi/5ce dont je v\drais p\voir p]dre la mmoire1 dont je rep\ss]ais les s\v5irs1 a9si que je le fais bi5 s\v5t1 si je ne v\s avais promis le rcit s9cre et complet de ma vie4 ,il ne s'agira plus ma9t5ant de joies1 de s\p]s grecs1 de comdies1 mais de j\rs d'angoisses et d'effroi2 et je remets v\s en p>l] dans mes premires lettres4 ,adieu1 *re4 ,,lettre ,,xi4 ,roma9ville4--,le m>*al de ,sgur4--,la ,malmaison4--,madame le ,c\teux-du-,moley4--,l'abb ,sieyes4--,madame ,augui]4--,mot de la re9e4--,madame ,campan4--,sa lettre4--,madame ,r\sseau4--,le premi] dauph94 ,je ne puis song] aux d]nires campagnes que j'ai visites1 sans qu'il se mle au s\v5ir de quelques d\x mom5s plus d'un s\v5ir pnible3 en #aghh1 p> exemple1 je p>tis avec ,rob]t1 p\r all] pass] quelques j\rs ,roma9ville1 *ez le m>*al de ,sgur2 en r\te1 n\s rem>qumes que les paysans ne n\s tai5t plus leurs *apeaux2 ils n\s reg>dai5t au contraire avec insol5ce1 et quelques-uns mme n\s m5aai5t avec leurs btons4 ,arrivs ,roma9ville1 n\s fmes tmo9s du plus t]rible orage que l'on puisse voir4 ,le ciel avait pris un ton jauntre1 te9t de gris fonc1 et qu& ces nuages effrayans s'entr'ouvrir5t1 il en sortit des milli]s d'clairs1 accompagns d'un tonn]re affreux1 et de grlons si normes qu'ils ravagr5t un espace de qu>ante lieues des environs de ,p>is4 ,tant que dura l'orage1 je me rappelle que madame de ,sgur et moi1 ples et tremblantes1 n\s n\s reg>dions en frissonnant2 il n\s semblait voir dans ce j\r s9i/re le prsage des malheurs1 que1 sans tre a/rologue1 on p\vait prdire alors4 ,le soir et le l5dema91 n\s allmes t\s avec le m>*al contempl] les tri/es effets de l'orage4 ,le bl1 les vignes1 les arbres fruiti]s1 t\t tait dtruit4 ,les paysans pleurai5t et s'arra*ai5t les *eveux4 ,*acun s'empressa de v5ir au sec\rs de ces in=tuns2 les gros propritaires donnr5t beauc\p d'arg5t2 un homme =t ri*e di/ribua aussitt p\r son compte qu>ante mille francs aux malheureux qui l'ent\rai5t4 la honte de l'humanit1 ce mme homme1 l'anne suivante1 fut massacr un des premi]s p> les cannibales rvolutionnaires4 ,dans cet t de #aghh1 j'allai pass] qu9ze j\rs la ,malmaison1 qui app>t5ait alors madame la comtesse du ,moley4 ,madame du ,moley tait une jolie femme trs la mode4 ,son esprit n'lectrisait pas2 mais elle compr5ait celui des autres avec intellig5ce4 ,le comte ,oliv>s tait alors tabli *ez elle1 et elle avait eu p\r lui la galant]ie de faire plac] l'entre d'un *em9 situ dans le haut du p>c1 une inscription portant3 ,si]ra ,mor5a4 ,oliv>s n'tait po9t ce qu'on appelle aimable4 ,ce que j'ai rem>qu en lui de plus saillant tait sa malpropret2 ses po*es1 ple9es de tabac d',espagne1 lui s]vai5t de tabatire4 ,le duc de ,crillon et le *] abb ,delille v5ai5t =t s\v5t la ,malmaison o je me tr\vais heureuse de les r5contr]4 ,madame du ,moley aimait beauc\p se prom5] t\te seule1 et j'tais p>faitem5t de son gt2 en sorte qu'il tait conv5u que l'on ti5drait une bran*e de v]dure la ma91 si l'on ne dsirait pas se *]*] ou s'abord]4 ,je ne m>*ais jamais sans ma bran*e2 mais si j'ap]cevais l'abb ,delille1 je la jetais bi5 vite4 ,en ju9 #aghi1 j'allai dn] la ,malmaison2 j'y tr\vai l'abb ,sieyes et plusieurs autres amateurs de la rvolution4 ,m4 du ,moley hurlait contre les nobles2 *acun criait1 prorait sur t\tes *oses propres opr] un b\lev]sem5t gnral2 on et dit un vrai club1 et ces conv]sations m'effrayai5t horriblem5t4 ,aprs dn]1 l'abb ,sieyes dit je ne sais plus quelle p]sonne3 ,en vrit1 je crois que n\s irons trop lo94--,ils iront si lo9 qu'ils se p]dront en *em91 dis-je madame du ,moley1 qui avait ent5du l'abb comme moi1 et qui s'attri/ait aussi de tant de prsages fune/es4 ,dans le mme temps peu prs1 j'allai pass] quelques j\rs ,m>ly1 *ez madame ,augui]1 soeur de madame ,campan1 et atta*e elle-mme au s]vice de la re9e4 ,elle avait prs de la ma*9e un *teau et un =t beau p>c4 ,un j\r qu'elle et moi tions une f5tre qui avait vue sur la c\r1 laquelle c\r donnait sur le gr& *em91 n\s vmes entr] un homme ivre1 qui tomba p> t]re4 ,madame ,augui]1 avec sa bont ord9aire1 appela le valet de *ambre de son m>i1 lui dit de sec\rir ce malheureux1 de le conduire la cuis9e et d'en avoir bi5 so94 ,peu de mom5s aprs1 le valet de *ambre rev9t4--,en vrit1 dit-il1 madame e/ trop bonne2 c'e/ un misrable que cet homme6 voici les papi]s qui vi5n5t de tomb] de sa po*e4 ,et il n\s remit plusieurs cahi]s1 dont l'un comm5ait a9si3 bas la famille royale6 bas les nobles6 bas les prtres6 puis suivai5t les litanies rvolutionnaires et mille prdictions atroces1 crites en t]mes qui faisai5t dress] les *eveux4 ,madame ,augui] fit v5ir la m>*ausse1 qui tait alors confie la g>de des villages4 ,quatre de ces militaires arriv5t2 on leur enjo9t d'emm5] cet homme et de pr5dre des in=mations sur son compte2 ils l'emmn5t2 mais le valet de *ambre les ayant suivis de lo9 sans qu'ils s'en ap]uss5t1 les vit1 ds qu'ils eur5t t\rn le *em91 pr5dre leur prisonni] bras dessus bras dess\s1 et saut]1 *ant] avec lui1 de l'air du meilleur accord4 ,je ne puis v\s dire quel po9t ceci n\s effraya4 ,qu'allions-n\s dev5ir1 mon ,dieu6 si la =ce publique faisait cause commune avec les c\pables8 ,j'avais conseill madame ,augui] de montr] ces cahi]s la re9e1 et quelques j\rs aprs1 se tr\vant de s]vice1 elle les fit lire ,s4 ,m41 qui les lui r5dit en disant3 ,ce sont des *oses impossibles2 je ne croirai jamais qu'ils mdit5t de p>eilles atrocits4 ,hlas6 les vnem5s n'ont que trop tt dissip ce noble d\te1 et sans p>l] de l'augu/e victime qui ne v\lait po9t croire tant d'horreurs1 la pauvre madame ,augui] elle-mme tait de/9e pay] son dv\em5t de sa vie4 ,ce dv\em5t ne s'e/ jamais dm5ti2 dans les cruels mom5s de la rvolution1 sa*ant que la re9e tait sans arg5t1 elle s'empressa de lui prt] v+t-c9q l\is4 ,les rvolutionnaires le sur5t1 et v9r5t aussitt au *teau des ,tuil]ies p\r la conduire en prison1 ou p\r mieux dire la guillot9e4 ,en les voyant arriv]1 l'air furieux1 la m5ace la b\*e1 madame ,augui] prfra une mort prompte l'angoisse de tomb] entre leurs ma9s4 ,elle se jeta p> la f5tre et se tua4 ,j'ai peu connu de femmes aussi belles et aussi aimables que madame ,augui]4 ,elle tait gr&e et bi5 faite2 son visage tait d'une fra*eur rem>quable1 son te9t blanc et rose1 et ses jolis yeux exprimai5t sa d\ceur et sa bont4 ,elle a laiss deux filles1 que j'ai connues ds leur enfance ,m>ly4 ,l'une a p\s le m>*al ,ney2 la seconde a t m>ie ,m4 ,debroc4 ,cette d]nire a pri bi5 jeune encore1 et bi5 malheureusem5t4 ,comme elle voyageait avec madame ,l\is ,bonap>te1 son intime amie1 elle v\lut1 dans une incursion ,anc5is1 trav]s] sur une plan*e un pr(ond prcipice2 la plan*e manqua s\s ses pi$s1 et l'in=tune tomba morte dans l'abme6 ,madame ,augui] avait deux soeurs3 l'une tait madame ,campan si connue1 et comme la premire femme de *ambre de la re9e1 et comme l'habile directrice de cette maison d'ducation1 ,sa9t-,g]ma91 dans laquelle t\tes les notabilits de l'empire faisai5t lev] leurs filles4 ,j'avais connu madame ,campan ,v]sailles1 l'poque o elle j\issait de t\te la faveur et de t\te la confiance de la re9e4 ,je ne d\tais nullem5t qu'elle n'et cons]v son augu/e matresse le dv\em5t et la reconnaissance dus tant de bonts1 lorsque1 p5dant mon sj\r ,pt]sb\rg1 v\s p\vez v\s rappel] qu'un soir je l'ent5dis accus] d'avoir ab&onn et trahi la re9e4 ,ne p\vant voir dans ce propos que la plus infme calomnie1 je pris avec *aleur la df5se de ma compatriote1 et je m'criai plusieurs fois3 ,c'e/ impossible6 ,deux ans plus t>d1 rev5ue en ,france1 je reu1 peu de j\rs aprs mon arrive1 la lettre suivante1 que m'crivit madame ,campan1 et que je copie ici1 af9 de v\s faire connatre une ju/ification qui me semble port] t\s les c>actres de la fran*ise4 ,sa9t-,g]ma91 ce #bg janvi]1 vieux /yle4 ,v\s avez dit bi5 lo9 de moi1 aimable dame3 ,c'e/ impossible6 ,le vritable esprit1 la bont1 la s5sibilit ont dirig votre op9ion2 et ces qualits r>es1 si r>es de nos j\rs1 se sont1 p\r mon bonheur1 tr\ves *ez v\s runies des tal5s encore plus r>es4 ,v\s ent5dez mon impossible autant que je suis pntre de ce qu'il a t prononc p> v\s4 ,en effet1 comm5t croire que jamais j'aie pu sp>] un mom5t mes s5tim5s1 mes op9ions1 mon dv\em5t1 de t\t ce que je devais l'tre trop in=tun qui1 t\s les j\rs1 faisait mon bonheur et celui des mi5s1 et dont la cons]vation dans des droits qui tai5t attaqus p> une faction p]fide et sangu9aire assurait le bonheur de t\s et le mi5 p>ticulirem5t8 ,j'ai eu1 au contraire1 l'avantage de lui donn] des preuves non quivoques d'une reconnaissance telle qu'elle avait droit d'att5dre4 ,ma pauvre soeur ,augui] et moi1 quoique je ne fusse pas de s]vice1 avons affront la mort1 p\r ne la po9t quitt]1 dans la nuit jamais mmorable et horrible du #aj aot4 ,sorties de ce massacre1 ca*es et m\rantes d'effroi dans des maisons de ,p>is1 n\s avons ranim nos =ces p\r p>v5ir jusqu'aux ,feuillans1 et la s]vir encore dans sa premire dt5tion l',assemble4 ,ption seul n\s a sp>es d'elle1 lorsque n\s v\lmes la suivre au ,temple4--,avec des faits aussi vrais et si naturels1 que je suis lo9 d'en tir] vanit1 comm5t1 direz-v\s1 peut-on avoir t aussi trangem5t calomnie8 ,ne fallait-il pas me faire pay] *rem5t une faveur m>que et s\t5ue p5dant tant d'annes4 ,p>donne-t-on la faveur dans une c\r1 mme qu& elle tombe sur une p]sonne de la classe de la dome/icit8 ,on v\lait me p]dre dans l'esprit de la re9e1 voil t\t4 ,on n'y russit pas1 et l'on saura quelque j\r jusqu' quel degr elle m'a cons]v sa bi5veillance et sa confiance dans les *oses les plus importantes4 ,je dois cep5dant aj\t]1 p\r ne ri5 dguis] de ce qui a pu port] mconnatre mes vritables s5tim5s1 que jamais je n'avais pu am5] mon esprit concevoir le plan de l'migration2 que je le reg>dais comme fune/e aux migrans1 mais bi5 plus encore1 dans mes ides cette poque1 au salut de ,l\is ,,xvi4 ,habitant les ,tuil]ies1 j'tais sans cesse frappe de cette rflexion1 qu'il n'y avait qu'un qu>t de lieue de ce palais aux faub\rgs insurgs1 et c5t lieues de ,cobl5tz ou des armes protectrices4 ,le s5tim5t et l'esprit des femmes sont bav>ds2 je disais trop et trop s\v5t mon op9ion sur cette mesure qui1 dans ce temps1 tait l'espoir de t\s4 ,un s5tim5t bi5 diffr5t de l'am\r ins5s et crim9el d'une rvolution affreuse dictait mes cra9tes4 ,le temps ne les a que trop ju/ifies2 et les innombrables victimes de ce projet ne devrai5t plus me les imput] crime4 ,mais enf91 j'exi/e prs5t s\s une =me n\velle2 j'y suis livre en enti]1 et avec la paix d'un coeur qui n'a pas le plus lg] repro*e se faire4 ,depuis long-temps je dsire v\s faire voir l'ensemble de mon plan d'ducation1 v\s recevoir1 v\s ft] en amie s9cre et prcieuse4 ,pr5ez un j\r avec l'intressante et in=tune ,r\sseau1 et ce s]a p\r moi un j\r de fte4 ,croyez ma t5dresse1 mon e/ime1 ma reconnaissance1 enf9 t\s les s5tim5s que je v\s ai v\s4 ,,g5et ,,campan4 ,madame ,augui]1 outre madame ,campan1 avait une autre soeur1 nomme madame ,r\sseau1 =t aimable femme1 que la re9e avait atta*e au s]vice du premi] dauph91 et qui m'a s\v5t donn l'hospitalit1 lorsque j'avais des sances la c\r#ba4 ,elle tait dev5ue si *re au jeune pr9ce qu'elle soignait1 que l'aimable enfant lui disait1 deux j\rs avant de m\rir3 ,je t'aime tant1 ,r\sseau1 que je t'aim]ai encore aprs ma mort4 ,le m>i de madame ,r\sseau tait matre d'armes des enfans de ,france4 ,aussi1 comme atta* d\ble titre la famille royale1 ne put-il *app] la mort3 il fut pris et guillot94 ,on m'a dit que1 son jugem5t r5du1 un juge avait eu l'atrocit de lui cri]3 ,p>e celle-ci1 ,r\sseau6 ,en v\s entret5ant de ces horreurs1 j'anticipe sur le temps dont il me re/e v\s p>l] jusqu'au j\r o j'ai quitt la ,france4 ,je repr5drai dans une premire lettre le rcit des tri/es vnem5s qui m'ont oblige fuir mon pays p\r all] *]*] dans des pays trang]s1 non-seulem5t ma sret1 mais cette bi5veillance dont v\s-mme m'avez comble1 durant mon sj\r en ,russie1 et dont je g>de une si d\ce mmoire4 ,adieu1 *re amie4 ,,lettre ,,xii4 #aghi4--,t]reur dont je suis frappe4--,je me rfugie *ez ,brongni>t4--,,mm4 de ,sombreuil4--,pamla4--,le #e octobre4--,on va *]*] la famille royale ,v]sailles4--,je quitte ,p>is4--,mes compagnons dans la dilig5ce4--,je passe les monts4 ,l'affreuse anne de #aghi tait comm5ce1 et la t]reur s'emp>ait dj de t\s les esprits sages4 ,je me rappelle p>faitem5t qu'un soir o j'avais runi du monde *ez moi p\r un conc]t1 la plus gr&e p>tie des p]sonnes qui m'arrivai5t1 entrai5t avec l'air con/]n2 elles avai5t t le mat9 la prom5ade de ,long*amp2 la populace1 rassemble la b>rire de l'toile1 avait injuri de la faon la plus effrayante les g5s qui passai5t en voiture2 des misrables montai5t sur les m>*e-pi$s en criant3 ,l'anne pro*a9e1 v\s s]ez d]rire vos c>rosses1 c'e/ n\s qui s]ons d$ans6 et mille autres propos plus infmes encore4 ,ces rcits1 comme v\s p\vez croire1 attri/r5t beauc\p ma soire2 je me s\vi5s d'avoir rem>qu que la p]sonne la mo9s effraye tait madame de ,villette1 la belle et bonne de ,voltaire4 ,quant moi1 j'avais peu beso9 d'appr5dre de n\veaux dtails p\r entrevoir les horreurs qui se prp>ai5t4 ,je savais1 n'en p\voir d\t]1 que ma maison1 rue du ,gros-,*5et1 o je v5ais de m'tablir depuis trois mois seulem5t1 tait m>que p> les malfaiteurs4 ,on jetait du s\fre dans mes caves p> les s\piraux4 ,si j'tais ma f5tre1 de grossi]s sans-culottes me m5aai5t du po+2 mille bruits s9i/res m'arrivai5t de t\s les cts2 enf91 je ne vivais plus que dans un tat d'anxit et de *agr9 pr(ond4 ,ma sant s'altrait s5siblem5t1 et deux de mes bons amis1 ,brongni>t1 l'ar*itecte1 et sa femme1 tant v5us me voir1 me tr\vr5t si maigre et si *ange1 qu'ils me conjurr5t de v5ir pass] quelques j\rs *ez eux1 ce que j'acceptai avec reconnaissance4 ,brongni>t avait son logem5t aux ,invalides2 je fus conduite *ez lui p> un mdec9 atta* au ,palais-,royal1 et dont les g5s portai5t la livre d',orlans1 la seule qui ft alors respecte4 ,on me donna le meilleur lit4 ,comme je ne p\vais pas mang]1 on me n\rrissait avec d'excell5t v9 de ,bordeaux et du b\illon1 et madame ,brongni>t ne me quittait pas4 ,tant de so9s aurai5t d me calm]1 outre que mes amis voyai5t beauc\p mo9s en noir que moi2 mais il tait impossible de me rassur] contre les maux que je prvoyais4-- quoi bon vivre8 quoi bon se soign]8 disais-je s\v5t mes bons amis2 c> l'effroi que m'inspirait l'av5ir me faisait pr5dre la vie en dgt2 et p\rtant il faut le dire1 si lo9 que pt all] mon imag9ation1 je ne dev9ais qu'une p>tie des crimes qui se sont commis plus t>d4 ,je me rappelle avoir s\p *ez ,brongni>t avec l'excell5t ,m4 de ,sombreuil1 alors g\v]neur des ,invalides4 ,il n\s dit savoir qu'on devait v5ir s'emp>] des armes qu'il t5ait en dpt4--,mais1 aj\ta-t-il1 je les ai si bi5 ca*es que je dfie bi5 qu'ils les tr\v5t4 ,ce brave homme ne songeait pas qu'on ne p\vait alors compt] que sur soi-mme4 ,comme les armes ne t>dr5t pas tre enleves1 il faut croire qu'il fut trahi p> les g5s de l'htel qu'il avait employs4 ,m4 de ,sombreuil1 aussi recomm&able p> ses v]tus prives que p> ses tal5s militaires1 s'e/ tr\v au nombre des prisonni]s que l'on devait immol] dans les prisons le #b septembre4 ,les assass9s accordr5t sa vie aux l>mes1 aux supplications de son hroque fille2 mais1 atroces jusque dans le p>don1 ils =cr5t mademoiselle de ,sombreuil boire un v]re du sang qui c\lait flots devant la prison6 et p5dant =t long-temps1 la vue de t\t ce qui portait la c\leur r\ge causait d'horribles vomissem5s cette jeune in=tune4 ,plus t>d 7en #agid71 ,m4 de ,sombreuil fut envoy l'*afaud p> le tribunal rvolutionnaire4 ,ces deux vnem5s ont inspir au pote ,leg\v le plus beau de ses v]s3 ,des b\rreaux l'ont abs\s1 des juges l'ont frapp4 ,m4 de ,sombreuil avait laiss un fils1 trs di/+u p> son c>actre et p> sa brav\re4 ,il comm&ait un des rgim5s v5us d',anglet]re ,quib]on v]s la f9 de #agie4 ,la ,conv5tion nationale ayant viol la capitulation s\scrite p> le gnral ,ho*e1 ,m4 de ,sombreuil reut la mort comme un brave2 il ne v\lut pas qu'on lui b&t les yeux1 et comm&a lui-mme le feu4 ,talli51 au mom5t de l'excution1 lui dit3--,monsieur1 v\s tes d'une famille bi5 malheureuse4--,j'tais v5u la v5g]1 rpondit ,m4 de ,sombreuil1 mais je ne puis que l'imit]4 ,madame ,brongni>t me m5ait prom5] d]rire les ,invalides2 il y avait t\t prs de l quelques maisons de paysans4 ,comme n\s tions assises contre une de ces masures1 n\s ent5dmes caus] entre eux deux hommes qui ne p\vai5t n\s voir4--,veux-tu gagn] dix francs1 disait l'un1 vi5s avec n\s faire le tra94 ,il ne s'agit que de cri]3 bas celui-ci6 bas celui-l6 et surt\t de cri] bi5 =t contre ,cayonne4--,dix francs sont bons gagn]1 rpondait l'autre2 mais n'aurons n\s pas des talo*es8--,allons donc6 reprit le premi]1 c'e/ n\s qui les donnons les talo*es4 ,v\s jugez de l'effet que faisai5t sur moi de p>eils dialogues6 ,le l5dema9 du j\r dont je v\s p>le1 n\s passions devant la grille des ,invalides o se tr\vait une f\le imm5se1 compose de ce vila9 monde qui se prom5ait habituellem5t s\s les gal]ies du ,palais-,royal2 t\s g5s sans aveu et sans habits1 qui n'tai5t ni ouvri]s1 ni paysans1 auxquels on ne p\vait suppos] un tat1 s9on celui de b&it1 tant leurs figures tai5t effrayantes4 ,madame ,brongni>t1 plus c\rageuse que moi1 s'ef=ait de me rassur]2 mais j'avais une telle peur1 que je repr5ais le *em9 de la maison1 qu& n\s vmes arriv] de lo9 une jeune p]sonne *eval1 qui portait un habit d'amazone et un *apeau ombrag de plumes noires4 l'in/ant1 l'horrible b&e =me la haie de deux cts p\r laiss] pass] au milieu d'elle la jeune p]sonne1 que suivai5t deux piqueurs la livre d',orlans4 ,je reconnus aussitt cette belle ,pamla#bb que madame de ,g5lis avait am5e *ez moi4 ,elle tait alors dans t\te sa fra*eur et vraim5t ravissante2 aussi ent5dions-n\s t\te la horde cri]3 ,voil1 voil celle qu'il n\s faudrait p\r re9e6 ,pamla allait et rev5ait sans cesse au milieu de cette dgtante populace1 ce qui me donna bi5 tri/em5t p5s]4 ,peu aprs je ret\rnai *ez moi1 mais je ne p\vais y vivre4 ,la socit me semblait tre en dissolution complte1 et les honntes g5s sans aucun appui2 c> la g>de nationale tait si s+ulirem5t compose qu'elle (frait un mlange aussi biz>re qu'il tait effrayant4 ,aussi la peur agissait-elle sur t\t le monde2 les femmes grosses que je voyais pass] me faisai5t pe9e2 la plup>t avai5t la jaunisse de frayeur4 ,j'ai rem>qu au re/e1 que la gnration ne p5dant la rvolution1 e/ en gnral beauc\p mo9s robu/e que la prcd5te3 que d'enfans en effet1 cette tri/e poque1 ont d natre faibles et s\ffrans4 ,m4 de ,rivire1 *>g d'affaires de la ,saxe1 dont la fille avait p\s mon frre1 v9t m'(frir de me donn] l'hospitalit1 et je passai *ez lui deux sema9es au mo9s4 ,c'e/ l que je vis port] le bu/e du duc d',orlans et celui de ,m4 ,neck] qu'une nombreuse populace suivait1 en proclamant gr&s cris que l'un s]ait leur roi et l'autre leur protecteur6 ,le soir ces honntes g5s rev9r5t1 ils mir5t le feu la b>rire qui se tr\vait au b\t de notre rue 7la rue ,*ausse-d',ant971 puis ils dpavr5t1 ils tablir5t des b>ricades1 en criant3 ,voil les ennemis qui arriv5t4 ,les ennemis n'arrivai5t po9t2 hlas6 ils tai5t dans ,p>is4 ,quoique je fusse traite *ez ,m4 de ,rivire comme un de ses enfans1 et que je pusse me croire en sret *ez lui puisqu'il tait m9i/re trang]1 mon p>ti tait pris de quitt] la ,france4 ,depuis plusieurs annes1 j'avais le dsir d'all] ,rome4 ,le gr& nombre de portraits que je m'tais engage faire m'avait seul emp* jusqu'alors d'excut] mon projet2 mais1 si l'in/ant de p>tir devait jamais arriv] p\r moi1 c]tes1 il tait v5u1 je ne p\vais plus pe9dre3 mon imag9ation attri/e1 fltrie p> tant d'horreurs1 cessait de s'ex]c] sur mon art2 d'ailleurs1 des libelles affreux pleuvai5t sur mes amis1 sur mes connaissances1 sur moi-mme1 hlas6 et quoique1 grce au ciel1 je n'eusse jamais fait de mal p]sonne1 je p5sais un peu comme celui qui disait3 ,on m'accuse d'avoir pris les t\rs de ,notre-,dame2 elles sont encore en place2 mais je m'en vais1 c> il e/ clair que l'on m'en veut4 ,je laissais plusieurs portraits comm5cs1 entre autres celui de mademoiselle ,contat2 je refusai aussi dans ce mom5t de pe9dre mademoiselle de ,la ,borde 7depuis du*esse de ,noailles71 que son pre m'am5a3 elle avait pe9e seize ans et elle tait *>mante2 mais il ne s'agissait plus de succs1 de =tune2 il s'agissait seulem5t de sauv] sa tte4 ,en consqu5ce1 je fis *>g] ma voiture1 et j'avais mon passeport p\r p>tir le l5dema9 avec ma fille et sa g\v]nante1 lorsque je vis entr] dans mon salon une f\le norme de g>des nationaux avec leurs fusils4 ,la plup>t d'entre eux tai5t ivres1 mal vtus1 et portai5t des figures effroyables4 ,quelques-uns s'appro*r5t de moi1 et me dir5t dans les t]mes les plus grossi]s que je ne p>tirais po9t1 qu'il fallait re/]4 ,je rpondis que1 *acun tant appel alors j\ir de sa lib]t1 je v\lais en pr(it] p\r mon compte4 pe9e m'c\tai5t-ils1 rptant t\j\rs3 ,v\s ne p>tirez pas1 citoy5ne1 v\s ne p>tirez pas4 ,enf9 ils s'en allr5t1 je re/ai plonge dans une anxit cruelle1 qu& j'en vis r5tr] deux1 qui ne m'effrayr5t pas1 quoiqu'ils fuss5t de la b&e1 tant je reconnus vite qu'ils ne me v\lai5t po9t de mal4--,madame1 me dit l'un1 n\s sommes vos vois9s2 n\s v5ons v\s donn] le conseil de p>tir1 et de p>tir le plus tt possible4 ,v\s ne p\rriez pas vivre ici1 v\s tes si *ange que v\s n\s faites de la pe9e#bc4 ,mais n'allez pas dans votre voiture2 p>tez p> la dilig5ce1 c'e/ bi5 plus sr4 ,je les rem]ciai de t\t mon coeur1 et je suivis leurs bons avis4 ,j'envoyai donc ret5ir trois places1 v\lant t\j\rs emm5] ma fille1 qui avait alors c9q ou six ans2 mais je ne pus les avoir que qu9ze j\rs plus t>d1 t\t ce qui migrait p>tant comme moi p> la dilig5ce4 ,enf91 ce j\r si att5du fut le #e octobre1 le j\r mme o le roi et la re9e fur5t am5s de ,v]sailles ,p>is au milieu des piques6 ,mon frre fut tmo9 de l'arrive de ,leurs ,maje/s l',htel-de-,ville2 il ent5dit le disc\rs de ,m4 ,bailly1 et comme il savait que je devais p>tir dans la nuit1 il rev9t *ez moi v]s dix heures du soir4--,jamais1 me dit-il1 la re9e n'a t plus re9e qu'auj\rd'hui1 lorsqu'elle e/ entre d'un air si calme et si noble au milieu de ces n]gumnes4 ,puis il me rapporta cette belle rponse qu'elle avait faite ,m4 ,bailly3 ,j'ai t\t vu1 t\t su1 et j'ai t\t oubli4 ,les vnem5s de cette j\rne m'accablai5t d'inquitude sur le sort de ,leurs ,maje/s et sur celui des honntes g5s1 en sorte qu' m9uit1 on me trana la dilig5ce dans un tat qui ne peut se dcrire4 ,je r$\tais extrmem5t le faub\rg ,sa9t-,anto9e1 que j'allais trav]s] p\r gagn] la b>rire du ,trne4 ,mon frre1 le bon ,rob]t1 et mon m>i m'accompagnr5t jusqu' cette b>rire1 sans quitt] un in/ant la portire de la dilig5ce4 ,ce faub\rg1 dont n\s avions une si gr&e peur1 tait d'une tranquillit p>faite2 t\s ses habitans1 ouvri]s et autres1 avai5t t ,v]sailles *]*] la famille royale1 et la fatigue du voyage les t5ait t\s endormis4 ,j'avais en face de moi1 dans la dilig5ce1 un homme extrmem5t sale1 et puant comme la pe/e1 qui me dit =t simplem5t avoir vol des montres et plusieurs effets4 ,heureusem5t il ne voyait ri5 sur moi qui pt le t5t]2 c> je n'emportais que trs peu de l+e et quatre-v+ts l\is p\r mon voyage4 ,j'avais laiss ,p>is mes effets1 mes bij\x1 et le fruit de mon travail tait re/ dans les ma9s de mon m>i qui dp5sa t\t#bd1 a9si que je v\s l'ai dj dit4 ,le voleur ne se cont5tait pas de n\s racont] ses hauts faits1 il p>lait sans cesse de mettre la lant]ne telles ou telles g5s1 nommant a9si une f\le de p]sonnes de ma connaissance4 ,ma fille tr\vait cet homme bi5 m*ant2 il lui faisait peur1 ce qui me donna le c\rage de dire3 ,je v\s en prie1 monsieur1 ne p>lez pas de meurtre devant cette enfant4 ,il se tut1 et f9it p> j\] la bataille avec la petite4 ,il se tr\vait en outre1 sur la banquette o j'tais assise1 un =c5 jacob9 de ,gr5oble1 g de #ej ans environ1 laid1 au te9t bilieux1 qui1 *aque fois que n\s arrtions dans une aub]ge p\r dn] ou p\r s\p]1 se mettait pror] dans son s5s de la plus t]rible faon4 ,dans t\tes les villes1 une f\le de g5s arrtai5t la dilig5ce p\r appr5dre des n\velles de ,p>is4 ,notre jacob9 s'criait alors3 ,soyez tranquilles1 mes enfans2 n\s t5ons ,p>is le b\lang] et la b\langre4 ,on leur f]a une con/itution2 ils s]ont =cs de l'accept]1 et t\t s]a f9i4 ,les gobe-m\*es1 dont on montait a9si les ttes1 croyai5t cet homme comme un oracle4 ,t\t cela me faisait *em9] bi5 tri/em5t4 ,je ne craignais plus p\r moi-mme2 mais je craignais p\r t\s1 p\r ma mre1 mon frre1 mes amis4 ,je tremblais aussi sur le sort de ,leurs ,maje/s2 c> t\t le long de la r\te1 presque jusqu' ,lyon1 des hommes *eval s'appro*ai5t de la dilig5ce1 p\r n\s dire que le roi et la re9e tai5t massacrs1 que ,p>is tait en feu4 ,ma pauvre petite fille dev5ait t\te tremblante2 elle croyait voir son pre et notre maison brls1 et qu& mes ef=ts p>v5ai5t la rassur]1 arrivait bi5tt un autre homme *eval qui n\s rptait ces horreurs4 ,enf91 j'entrai dans ,lyon2 je me fis conduire *ez ,m4 ,artaut1 ngociant1 que j'avais quelquefois reu *ez moi1 ,p>is1 a9si que sa femme4 ,je les connaissais peu t\s deux2 mais ils m'avai5t inspir de la confiance1 vu que nos op9ions tai5t entirem5t les mmes sur t\t ce qui se passait alors4 ,mon premi] so9 fut de leur dem&] s'il tait vrai que le roi et la re9e euss5t t massacrs1 et1 grce au ciel1 p\r cette fois on me rassura6 ,monsieur et madame ,artaut eur5t d'abord quelque pe9e me reconnatre1 non-seulem5t p>ce que j'tais *ange un po9t inimag9able1 mais aussi p>ce que je portais le co/ume d'une ouvrire mal habille1 avec un gros fi*u me tombant sur les yeux4 ,j'avais eu lieu dans la r\te de m'applaudir d'avoir pris cette prcaution3 je v5ais d'expos] au salon le portrait qui me reprs5te avec ma fille dans mes bras#be4 ,le jacob9 de ,gr5oble p>la de l'exposition1 et fit mme l'loge de ce portrait4 ,je tremblais qu'il ne me reconnt2 j'employai t\te mon adresse lui ca*] mon visage3 grce ce so9 et mon co/ume1 j'en fus quitte p\r la peur4 ,je passai trois j\rs ,lyon dans la famille ,artaut4 ,j'avais gr& beso9 de ce repos2 mais l'exception de mes htes1 je ne vis p]sonne de la ville1 dsirant cons]v] le plus /rict incognito4 ,m4 ,artaut arrta p\r moi un voituri]1 auquel il dit que j'tais sa p>5te4 ,il me recomm&a =tem5t ce brave homme1 qui eut en effet p\r moi et p\r ma fille t\s les so9s imag9ables4 ,je ne puis v\s dire ce que j'pr\vai en passant le pont ,beauvois94 ,l seulem5t je comm5ai respir]1 j'tais hors de ,france1 de cette ,france qui p\rtant tait ma patrie1 et que je me repro*ais de quitt] avec joie4 ,l'aspect des monts p>v9t me di/raire de t\tes mes p5ses1 je n'avais jamais vu de hautes montagnes2 celles de la ,savoie me p>ur5t t\*] au ciel avec lequel un pais br\ill>d les confondait4 ,mon premi] s5tim5t fut celui de la peur1 mais je m'acc\tumai ins5siblem5t ce spectacle1 et je f9is p> admir]4 ,le paysage du *em9 des *elles me ravit2 je crus voir la ,gal]ie des ,titans1 et je l'ai t\j\rs appel a9si depuis4 ,v\lant j\ir plus compltem5t de t\tes ces beauts1 je desc5dis de voiture2 mais moiti du *em9 peu prs je fus saisie d'une gr&e t]reur2 c> on exploitait au moy5 de la p\dre une p>tie de ro*]s2 il en rsultait l'effet d'un milli]s de c\ps de canon1 et ce bruit1 se rptant de ro*e en ro*e1 tait inf]nal4 ,je montai le mont ,cnis1 comme plusieurs trang]s le montai5t aussi2 un po/illon s'appro*a de moi3--,madame devrait pr5dre un mulet1 me dit-il1 c> mont] pi$1 c'e/ trop fatigant p\r une dame comme elle4 ,je lui rpondis que j'tais une ouvrire1 bi5 acc\tume m>*]4--,ah6 reprit-il en riant1 madame n'e/ pas une ouvrire1 on sait qui elle e/4--,eh bi51 qui suis-je donc8 dem&ai-je4--,v\s tes madame ,lebrun1 qui pe9t dans la p]fection1 et n\s sommes t\s trs cont5s de v\s savoir lo9 des m*ans4 ,je n'ai jamais pu dev9] comm5t cet homme avait pu savoir mon nom2 mais cela m'a pr\v combi5 les jacob9s avai5t d'missaires4 ,heureusem5t je ne les craignais plus2 j'tais hors de leur excrable puissance4 dfaut de patrie1 j'allais habit] des lieux o fleurissai5t les arts1 o rgnait l'urbanit2 j'allais visit] ,rome1 ,naples1 ,b]l91 ,vi5ne1 ,pt]sb\rg1 et surt\t1 ce que j'ignorais alors1 *re amie1 surt\t1 j'allais v\s tr\v]1 v\s connatre et v\s aim]4 ,,notes ,,et ,,portraits4 ,l',,abb ,,delille4 ,jacques ,delille n'a t t\te sa vie qu'un enfant1 le plus aimable1 le meilleur1 et le plus spirituel enfant qu'on puisse voir4 ,on l'appelait *ose lgre1 et j'ai t\j\rs t frappe de la ju/esse de ce mot2 c> nul homme plus que lui n'effleurait la vie1 sans s'atta*] =tem5t quoi que ce soit au monde4 ,j\issant de l'heure prs5te sans song] l'heure qui devait suivre1 il tait r>e qu'il fixt son esprit sur une p5se pr(onde4 ,ri5 n'tait plus facile qui v\lait pr5dre de l'empire sur lui que de le conduire et de l'entran]3 son m>iage en e/ une bi5 =te preuve4 ,avec qui n'avait-il pas gmi de la *ane qu'il portait1 alors qu'il tait encore temps de la rompre6 ,enf91 un ami le dcide repr5dre sa lib]t1 et lui (fre un asile4 ,delille accepte2 ravi1 t\t--fait rsolu1 il dem&e seulem5t une heure p\r all] se munir de quelques effets4 ,le soir1 cet ami ne le voyant po9t rep>atre1 va le *]*]4--,eh bi58--,eh bi56 rpond ,delille1 je l'p\se1 mon ami2 j'espre que tu v\dras bi5 me s]vir de tmo94 ,le comte de ,*oiseul-,g\ffi]1 avec qui il tait intimem5t li1 et qui p>tait p\r la ,grce1 lui avait p>l plusieurs fois du dsir qu'il avait de l'emm5] avec lui2 cep5dant ri5 n'tait conv5u1 ri5 n'tait arrt entre eux p\r ce voyage4 ,le j\r du d"p1 le comte va *ez l'abb et lui dit3 ,je p>s l'in/ant1 v5ez avec moi1 la voiture e/ prte4 ,et l'abb monte1 sans avoir fait aucuns prp>atifs1 auxquels la vrit ,m4 de ,*oiseul avait p\rvu4 ,arriv ,m>seille1 ,delille se promne sur le rivage1 reg>de la m]3 une pr(onde mlancolie s'emp>e de lui4 ,je ne p\rrai jamais1 se dit-il1 mettre cette imm5sit entre mes amis et moi2 non1 je n'irai pas plus lo94 ,alors il quitte furtivem5t ,m4 de ,*oiseul1 et va se ca*] dans un petit cab>et1 un vritable b\*on1 o il se croit intr\vable2 mais1 =ce de re*]*es1 ,m4 de ,*oiseul le dc\vre1 le ramne et l'emb>que avec lui4 loign de ses amis1 il ne les oublia jamais1 et leur donnait s\v5t de ses n\velles4 ,il m'crivit plusieurs fois d',a?nes2 dans une de ses lettres1 il me disait avoir inscrit mon nom sur le temple de ,m9]ve2 ce que m'tant rappel ,naples1 je lui crivis1 mon t\r1 qu'avec beauc\p plus de raison j'avais crit le si5 sur le tombeau de ,virgile4 ,je regrett]ai t\j\rs la p]te que j'ai faite et des lettres de l'abb ,delille1 et de celles que ,m4 de ,vaudreuil m'adressait p5dant le voyage qu'il fit en ,espagne avec le comte d',artois1 qui tai5t ple9es de dtails intressans sur ce pays4 ,je confiai le t\t mon frre en quittant la ,france1 et dans le temps des visites domiciliaires1 mon frre jugea prud5t de brl] ces correspondances4 ,l'abb ,delille a pass sa vie dans la haute socit1 dont il faisait le plus brillant ornem5t4 ,non-seulem5t il disait ses v]s d'une manire ravissante2 mais son esprit si f91 sa gaiet si naturelle donnai5t sa conv]sation un *>me indicible4 ,p]sonne ne contait comme lui2 il faisait les dlices de t\s les c]cles p> mille rcits1 p> mille anecdotes1 sans jamais y ml] le fiel ou la satire2 aussi peut-on dire que t\t le monde l'aimait1 comme on peut dire aussi qu'il aimait t\t le monde4 ,ce d]ni] mrite 7si c'en e/ un7 t5ait en lui1 je p5se1 cette faiblesse de c>actre dont j'ai dj p>l4 ,il ne savait pas plus har que rsi/]1 et dans l'ord9aire de la vie1 sa facilit tait vraim5t r>e4 ,v\s avait-il promis de v5ir dn] *ez v\s2 au mom5t de p>tir p\r s'y r5dre1 s'il arrivait une p]sonne qui vnt le *]*]1 elle v\s l'enlevait1 et v\s l'att5diez en va94 ,je me s\vi5s qu'un j\r1 comme n\s lui repro*ions d'avoir a9si manqu de p>ole1 il n\s pr\va qu'il avait rponse t\t3 ,je me p]suade1 dit-il1 que celui qui vi5t me *]*] e/ plus press que celui qui m'att5d4 ,il avait des traits de bonhomie qui rappelai5t beauc\p ,la ,fonta9e4 ,un soir qu'il v5ait de s\p] *ez moi1 je lui dis3--,l'abb1 il e/ bi5 t>d2 v\s demeurez si lo91 que je m'inquiette de v\s voir ret\rn] cette heure-ci1 m5ant votre cabriolet4--,j'ai t\j\rs la prcaution de port] un bonnet de nuit dans ma po*e1 rpondit-il4 ,je lui proposai alors de lui faire tablir un lit dans mon salon4--,non1 non1 dit-il1 j'ai dans votre rue un ami *ez lequel je vais c\*] trs s\v5t2 cela ne le gne en ri51 et je puis m'y r5dre t\te heure4 ,ce qu'il fit aussitt4 ,nul tre ne j\issait autant de la vie1 n'en effleurait davantage t\s les *>mes3 t\j\rs prt rire1 s'amus]1 ,delille avait une sorte de bonheur qui ressemblait au bonheur d'un enfant4 ,ce mme homme p\rtant a dploy la plus gr&e n]gie tant qu'a dur la rvolution4 ,t\t le monde sait avec quel glorieux c\rage il rep\ssa ,*aumette1 procureur de la commune1 qui lui comm&ait en #agic une ode la desse de la raison4 ,delille ne p\vait ignor] que son refus tait son arrt de mort1 et c'e/ alors qu'il fit ce beau di?yrambe sur l'immortalit de l'ame2 il le lut ,*aumette1 et qu& il en fut ces v]s3 ,oui1 v\s qui de l',olympe usurpant le tonn]re1 ,des t]nelles lois r5v]sez les autels2 ,l*es oppresseurs de la t]re1 ,tremblez1 v\s tes immortels6 il s'arrta1 reg>da le tribun1 et rpta d'une voix =te et assure3 v\s aussi1 tremblez1 v\s tes immortel4 ,*aumette1 quoique =t int]dit1 murmura quelques m5aces3--,je suis t\t prt1 rpondit ,delille1 je vi5s de v\s lire mon te/am5t4 ,p\r cette fois le c\rage de l'honnte homme eut un heureux succs1 c> ,*aumette le quitta p\r all] dire ses amis qu'il n'tait pas encore temps de faire m\rir ,delille1 que depuis il ne cessa de protg]4 ,le pote n'en crut pas mo9s qu'il tait prud5t d'migr]2 il passa en ,anglet]re1 o il se vit accueilli et re*]* p> t\t ce qu'on y tr\vait de p]sonnes di/+ues et recomm&ables4 ,sa muse g>da t\j\rs son feu sacr p\r ses rois lgitimes4 ,s\s le rgne de l'usurpateur qui faisait trembl] le monde enti]1 il fit p>atre son pome de la ,piti1 et r5tr en ,france1 il eut le c\rage1 plus r>e peut-tre1 de rsi/] aux fe9tes c>esses d'un p\voir absolu4 ,il ne craignit pas de s'expos] la disgrce p\r cons]v] sa propre e/ime1 l'e/ime de ses amis et l'admiration gnrale1 dont il a j\i jusqu' son d]ni] j\r4 ,,le ,,comte ,,de ,,vaudreuil4 ,n dans un rang lev1 le comte de ,vaudreuil devait encore plus la nature qu' la =tune1 quoique celle-ci l'et combl de t\s ses dons4 ,aux avantages que donne une haute position dans le monde il joignait t\tes les qualits1 t\tes les grces qui r5d5t un homme aimable2 il tait gr&1 bi5 fait1 son ma9ti5 avait une noblesse et une lgance rem>quables2 son reg>d tait d\x et f91 sa physionomie extrmem5t mobile comme ses ides1 et son s\rire obligeant prv5ait p\r lui au premi] abord4 ,le comte de ,vaudreuil avait beauc\p d'esprit1 mais on tait t5t de croire qu'il n'ouvrait la b\*e que p\r faire valoir le vtre1 tant il v\s c\tait d'une manire aimable et gracieuse2 soit que la conv]sation ft srieuse ou plaisante1 il en savait pr5dre t\s les tons1 t\tes les nuances1 c> il avait autant d'in/ruction que de gaiet2 il contait admirablem5t1 et je connais des v]s de lui que les g5s les plus difficiles cit]ai5t avec loge2 mais ces v]s n'ont t lus que p> ses amis2 il dsirait d'autant mo9s les rp&re1 qu'il s'e/ p]mis d'employ] dans quelques-uns l'esprit et la =me de l'pigramme2 il fallait la vrit1 p\r qu'il agt a9si1 qu'une mauvaise action et rvolt son ame noble et pure1 et l'on peut dire que s'il montrait peu de piti p\r t\t ce qui tait mal1 il s'exaltait vivem5t p\r t\t ce qui tait bi54 ,p]sonne ne s]vait aussi *audem5t ceux qui possdai5t son e/ime2 si l'on attaquait ses amis1 il les df5dait avec tant d'n]gie que les g5s froids l'accusai5t d'exagration4--,v\s devez me jug] a9si1 rpondit-il une fois un g/e de notre connaissance2 c> je pr5ds t\t ce qui e/ bon1 et v\s ne pr5ez ri54 ,la socit qu'il re*]*ait de prfr5ce tait celle des arti/es et des g5s de lettres les plus di/+us2 il y comptait des amis1 qu'il a t\j\rs cons]vs1 mme p>mi ceux dont les op9ions politiques n'tai5t po9t les si5nes4 ,il aimait t\s les arts avec passion1 et ses connaissances en pe9ture tai5t trs rem>quables4 ,comme sa =tune lui p]mettait de satisfaire des gts =t disp5dieux1 il avait une gal]ie de tableaux des plus gr&s matres de div]ses coles#bf2 son salon tait enri*i de meubles prcieux et d'ornem5s du meilleur gt4 ,il donnait frquemm5t des ftes magnifiques et qui t5ai5t de la ferie1 au po9t qu'on l'appelait l'en*anteur2 mais sa plus gr&e j\issance p\rtant tait de s\lag] les malheureux2 aussi1 combi5 a-t-il fait d'+rats6 ,la seule contradiction que l'on pt rem>qu] dans cet esprit si sa9 et si droit1 c'e/ que ,m4 de ,vaudreuil se plaignait trs s\v5t de vivre la c\r1 qu& il tait clair p\r t\s ses amis qu'il n'aurait pu vivre ailleurs4 ,en y rfl*issant nanmo9s1 je me suis expliqu cette biz>r]ie4 ,la belle trempe de son ame faisait de lui un enfant de la nature1 qu'il aimait1 et dont il j\issait trop peu2 son rang l'loignait trop s\v5t d'un monde dans lequel la solidit de son esprit1 son gt p\r les arts l'entranai5t sans cesse2 puis d'un autre ct il lui plaisait sans d\te d'occup] la c\r une place si di/+ue1 qu'il devait son mrite p]sonnel1 son c>actre franc et loyal4 ,d'ailleurs il adorait son pr9ce1 monseigneur le comte d',artois1 qu'il n'a jamais flatt et qu'il n'a jamais quitt dans ses malheurs4 ,il e/ r>e qu'une p>eille amiti s'tablisse entre deux hommes dont l'un e/ n si prs d'un trne2 c> cette amiti tait rciproque4 ,en #ahad il arriva que ,m4 de ,vaudreuil eut une discussion avec monseigneur le comte d',artois1 et ce sujet il lui crivit une longue lettre dans laquelle il lui disait qu'il lui semblait cruel d'tre a9si en contradiction aprs tr5te ans d'amiti4 ,le pr9ce lui rpondit en deux lignes3 ,tais-toi1 vieux f\1 tu z p]du la mmoire1 c> il y a qu>ante ans que je suis ton meilleur ami4 ,p5dant l'migration1 et dans un ge avanc1 il se m>ia en ,anglet]re avec une de ses c\s9es1 trs jeune et trs jolie2 il en eut deux fils1 et fut aussi bon m>i que bon pre4 ,de longs malheurs1 la p]te entire de sa =tune que la re/auration ne lui a po9t fait rec\vr]1 ne sont jamais p>v5us l'abattre2 il a cons]v le mme coeur et le mme esprit jusqu' son d]ni] mom5t4 la re/auration1 il avait t nomm g\v]neur du ,l\vre1 aussi peut-on rem>qu] qu'il a t]m9 ses j\rs prs de l'ence9te o sont r5f]ms les *efs-d'oeuvre que p5dant sa vie il avait tant admirs4 ,son ame t5dre pr\vant le beso9 d'lev] ses affections plus haut que cette t]re1 il tait dev5u trs pieux1 mais sans aucune bigot]ie4 ,ces s5tim5s ont ad\ci sa f91 et il e/ mort1 ent\r de ses amis1 dans les bras de son pr9ce *ri1 qui ne l'a po9t quitt4 ,les v]s suivans1 adresss ,m4 de ,vaudreuil p> le pote ,lebrun1 ju/ifi5t t\t ce que je vi5s de dire4 ,m4 ,,le ,,comte ,,de ,,vaudreuil4 ,une grce1 une muse1 en effet m'a remis ,les jolis v]s dicts p> le ,dieu du ,p>nasse ,au plus cle/e des amis1 ,mcne--,vaudreuil1 qui *ante comme ,horace4 ,eh quoi6 l'ennui des c\rs n'a donc ri5 qui v\s glace8 ,quoi6 votre lu? brillant n'e/ jamais dt5du8 ,v\s puisez dans votre ame un art div9 de plaire1 ,et v\s joignez t\j\rs le bi5-dire au bi5-faire4 ,horace avec plaisir *ez v\s s'tait p]du2 ,v\s en avez si bi5 l'esprit et le langage1 ,que p> un *>mant bad9age ,v\s me l'avez deux fois r5du4 ,,la ,,comtesse ,,de ,,sabran1 ,,depuis1 ,,m>quise ,,de ,,b\ffl]s4 ,j'avais fait connaissance avec elle quelques annes avant la rvolution4 ,elle tait alors =t jolie1 ses yeux bleus exprimai5t sa f9esse et sa bont4 ,elle aimait les arts et les lettres1 faisait de trs jolis v]s1 racontait m]veille1 et t\t cela sans montr] la mo9dre prt5tion quoi que ce soit4 ,son esprit naf et gai avait une simplicit t\te gracieuse qui la faisait aim] et re*]*] gnralem5t1 sans qu'elle se prvalt en ri5 de ses nombreux succs dans le monde4 ,quant aux qualits de son coeur1 il suffira de dire qu'une t5dresse extrme p\r son fils n'emp*ait po9t qu'elle n'et beauc\p d'amis1 auxquels elle e/ t\j\rs re/e fidle et dv\e4 ,madame de ,sabran tait une des femmes que je voyais le plus s\v5t1 que j'allais *]*] et que je recevais *ez moi avec le plus de plaisir4 ,prs d'elle1 on n'a jamais connu l'ennui2 aussi fus-je *>me dans l'migration de la retr\v] en ,prusse4 ,elle tait alors tablie ,ra9sb]g1 *ez le pr9ce ,h5ri1 de mme que le *evali] de ,b\ffl]s1 qu'elle a depuis p\s4 ,r5tre en ,france et dans les d]ni]s temps de sa vie1 elle dev9t aveugle4 ,son fils alors ne la quitta plus2 son bras1 p\r a9si dire tait atta* au bras de sa mre1 et vraim5t on p\vait envi] le sort de ,m4 de ,sabran2 c>1 malgr ses s\ffrances et son ge1 madame de ,b\ffl]s t\j\rs bonne1 t\j\rs aimable1 cons]vait ce *>me qui plat et qui attire t\t le monde4 ,je me rappelle que sur la f9 de sa vie1 ,=l5se1 fameux oculi/e1 v5ant de lui faire l'opration de la cat>acte1 elle tait oblige de se t5ir dans la plus gr&e obscurit4 ,un soir1 j'allais la voir1 je la tr\ve seule1 sans lumire1 je croyais n'y re/] qu'un mom5t2 mais le *>me t\j\rs r5aissant de cette conv]sation si piquante1 si ple9e d'anecdotes que p]sonne ne savait cont] a9si1 me ret9t plus de trois heures auprs d'elle4 ,je p5sais en l'c\tant1 que ne voyant ri51 ne recevant aucune di/raction des objets extrieurs1 elle lisait en elle-mme1 si je puis m'exprim] a9si1 et cette sorte de lant]ne magique de *oses et d'ides1 qu'elle me retraait avec tant de grce1 me ret5ait l4 ,je ne la quittai qu' regret1 c> jamais je ne l'avais tr\ve plus aimable4 ,madame de ,b\ffl]s n'a laiss que deux enfans1 son fils1 ,m4 le comte de ,sabran1 bi5 connu aussi non-seulem5t p> son esprit ple9 de f9esse1 mais encore p> des fables *>mantes qu'il rcite dans la p]fection1 et madame de ,cu/9e1 que j'ai connue dans sa jeunesse et qui ressemblait alors au pr9temps4 ,elle tait passionne p\r la pe9ture1 et copiait p>faitem5t les gr&s matres1 dont elle imitait le coloris et la vigueur1 au po9t1 qu'en entrant un j\r dans son cab9et1 je pris sa copie p\r l'orig9al4 ,elle ne ca*a po9t t\t le plaisir que lui causait mon erreur2 c> elle tait aussi naturelle qu'elle tait aimable et belle4 ,,lebrun ,,le ,,po,,te4 ,je ne crois pas avoir eu p\r aucun auteur vivant autant d'admiration que j'en avais p\r ,lebrun1 qui s'tait lui-mme surnomm ,p9d>e4 ,le c>actre gr&iose de ses posies excitait tellem5t mon en?\siasme que j'avais pris p\r le pote une vritable amiti4 ,t\t prodigieux qu'tait l'orgueil de cet homme1 je le tr\vais si naturel qu'il ne me v5ait po9t en tte que le ridicule dt jamais s'y atta*]4 ,a9si1 le j\r o ,lebrun t]m9a son ode exegi monum5tum et qu'il n\s la fit ent5dre il put arriv] ces v]s3 ,comme un cdre aux va/es ombrages1 ,mon nom1 croissant avec les ges1 ,rgne sur la po/rit4 ,sicles1 v\s tes ma conqute2 ,et la palme qui ce9t ma tte ,rayonne d'immortalit4 sans que p]sonne de n\s y tr\vt ri5 dire1 s9on3 c'e/ sup]be6 c'e/ vrai6 ,lebrun v5ait trs s\v5t *ez moi2 je n'arrangeais pas la plus petite runion que je ne l'invitasse un des premi]s1 et mon admiration p\r son tal5t me le faisait aim] au po9t1 que je ne p\vais s\ffrir que l'on dt du mal de lui4 ,un j\r1 j'avais quelques p]sonnes dn]2 j'ent5dis attaqu] sa moralit de la faon la plus grave4 ,on disait1 entre autres *oses1 qu'il avait v5du sa femme au pr9ce de ,conti4 ,on s5t bi5 que je n'en v\lus ri5 croire2 j'tais furieuse3--,ne m'a-t-on pas aussi calomnie8 disais-je dans ma colre4 ,voyez t\tes les absurdits que l'on dbite sur moi au sujet de ,m4 de ,calonne8 ,ce que v\s dites n'e/ pas plus vrai1 j'en suis c]ta9e4 ,enf9 voyant que je ne p>v5ais pas dissuad] les accusateurs1 je pris le p>ti de quitt] la table p\r all] pleur] dans ma *ambre c\*]4 ,doy5 arrive1 il me tr\ve en l>mes4--,eh qu'avez-v\s donc1 mon enfant8 dit-il4--,je n'ai pu t5ir avec ces messieurs1 rpondis-je1 ils calomni5t ,lebrun d'une manire horrible4 ,et je lui racontai ce qui s'tait dit4 ,doy5 s\rit4--,je ne prt5ds pas1 reprit-il1 que t\t ceci soit vrai2 mais v\s tes trop jeune1 ma *re amie1 p\r savoir que la plup>t des beaux esprits ont t\t la maison de campagne1 et ri5 la maison de ville1 autrem5t dit1 t\t dans la tte et ri5 dans le coeur4 ,plus t>d1 je me suis rappel bi5 des fois ce mot de ,doy54 ,lorsque j'ai connu ,lebrun1 il tait =t pauvre1 et t\j\rs vtu comme un misrable4 ,m4 de ,vaudreuil1 qui n'avait pas t>d s'enflamm] avec raison p\r son beau tal5t1 lui envoya1 sans se faire connatre1 un gr& c(fre1 rempli de l+e et d'habits4 ,je ne sais si le pote e/ p>v5u dev9] l'auteur de ce don anonyme2 mais la rvolution v5ue1 il e/ de fait qu'il n'a jamais vocifr contre ,m4 de ,vaudreuil autant qu'il vocifrait contre beauc\p d'autres4 la vrit1 ,m4 de ,vaudreuil ne ngligeait aucune occasion de le faire connatre et de rp&re sa rputation4 ,lebrun n'avait encore ri5 imprim1 que le comte1 ravi de l'ode sur les ,c\rtisans1 p>la de cette ode la re9e1 qui lui m>qua quelque dsir de la connatre4 ,m4 de ,vaudreuil s'empressa de l'apport] et de la lire ,sa ,maje/4 ,qu& il eut f9i3 ,savez-v\s1 lui dit la re9e1 qu'il n\s te notre enveloppe8 ,m4 de ,vaudreuil me rapporta cette rflexion si ju/e3 elle me frappa beauc\p plus qu'elle ne l'avait frapp lui-mme2 c> il ne v\lait voir dans t\t cela que de la philosophie potise1 t&is que ,lebrun et ses p>eils pr*ai5t p\r l'av5ir4 ,la preuve en e/ que1 p5dant la rvolution1 ce ,p9d>e dev9t atroce4 ,ses /rophes sur la mort du roi et de la re9e sont inf]nales4 ,p\r la honte de sa mmoire1 je v\drais qu'elles fuss5t imprimes en face du quatra9 compos p> lui1 le j\r o le roi lui fit une p5sion1 et qui f9it a9si3 ,l>mes que n'avait pu m'arra*] le malheur1 ,c\lez p\r la reconnaissance4 ,bi5 lo9 de l1 l'aimable et bon ,m4 ,desprs a supprim1 dans le n\veau recueil des posies de ,lebrun1 t\tes les horreurs1 esprant sans d\te les faire oubli] jamais4 ,p\r moi1 j'aime mieux que ju/ice soit faite1 et cela quel que soit le tal5t de l'homme4 ma r5tre en ,france1 ,lebrun vivait encore2 mais ni lui ni moi n'avons jamais dsir n\s revoir4 ,,*amp=t4 ,de t\s les g5s de lettres qui v5ai5t *ez moi1 il en tait un que j'ai t\j\rs dte/1 comme p> inspiration de l'av5ir3 c'tait ,*amp=t4 ,je le recevais p\rtant trs s\v5t1 p> complaisance p\r quelques-uns de mes amis1 notamm5t p\r ,m4 de ,vaudreuil dont il avait gagn le coeur1 d'autant plus qu'il tait malheureux4 ,sa conv]sation tait =t spirituelle1 mais cre1 ple9e de fiel et sans aucun *>me p\r moi1 qui1 du re/e1 son cynisme et sa salet dplaisai5t s\v]a9em5t4 ,son vritable nom tait ,nicolas2 il le *angea sur le conseil de ,m4 de ,vaudreuil1 qui dsirait le p\ss] dans le monde1 et mme la c\r s'il tait possible4 ,m4 de ,vaudreuil l'avait p>faitem5t log *ez lui1 et vivant presque t\j\rs ,v]sailles1 en son abs5ce1 il faisait s]vir une table p\r ,*amp=t et ceux qu'il plaisait ,*amp=t d'invit]4 ,enf91 il traitait cet homme comme un frre2 et cet homme1 qu& ses amis les rvolutionnaires lui repro*ai5t plus t>d d'avoir vcu dans la maison d'un ci-devant noble1 rpondait l*em5t3 ,que v\lez-v\s8 j'tais ,platon la c\r du tyran ,d5is4 ,je v\s dem&e quel tyran c'tait que ,m4 de ,vaudreuil6 mais aussi quel ,platon tait-ce que ,*amp=t6 ,des liaisons intimes avec ,mirabeau1 et p>-dessus t\t1 l'envie des gr&s1 qui1 de t\t temps1 avait rong son ame1 n'avait pas t>d faire de ,*amp=t un p>tisan n]gumne de la rvolution4 ,oubliant1 ou plutt se rappelant1 qu'il avait t secrtaire des comm&em5s de ,m4 le pr9ce de ,cond et de madame lisabe?1 qui t\s deux l'avai5t combl de bi5faits1 on sait qu'il se montra un des plus ard5s ennemis du trne et de la noblesse4 ,en dpit du prov]be1 qui prt5d que les l\ps ne se mang5t po9t entre eux1 ,*amp=t fut mis en prison p> les hommes qu'avai5t si bi5 s]vis sa voix et sa plume2 et comme on v5ait l'arrt] une seconde fois1 aprs qu'il en fut sorti1 il se c\pa la gorge avec son rasoir4 ,,la ,,m>quise ,,de ,,grolli]4 ,madame de ,grolli]1 quoiqu'elle re*]*t peu le monde1 tait connue de t\te la haute socit1 dont elle faisait le *>me et l'ornem5t p> son esprit suprieur4 ,l'ducation qu'elle avait reue tait =t au-dessus de celle que reoiv5t habituellem5t les femmes3 elle savait le grec1 le lat91 et connaissait p>faitem5t les matres classiques2 mais dans un salon1 elle ne montrait jamais que son esprit et ca*ait son savoir4 ,une p]sonne mdiocre peut se prvaloir avec orgueil de quelque lgre in/ruction2 madame de ,grolli]1 t\j\rs simple1 t\j\rs naturelle1 n'annonait aucune prt5tion et n'avait aucune pdant]ie4 ,dans les premi]s temps de mon m>iage1 j'allais =t r>em5t dans le monde1 je prfrais aux nombreuses runions les trs petits comits de la m>quise de ,grolli]2 il m'arrivait mme s\v5t1 ce que j'aimais beauc\p mieux1 de pass] ma soire entire seule avec elle4 ,sa conv]sation1 t\j\rs anime1 tait ri*e d'ides1 ple9e de traits1 et p\rtant on ne p\rrait cit] p>mi tant de bons mots qui lui *appai5t sans cesse1 un seul mot qui ft enta* de mdisance2 ceci e/ d'autant plus rem>quable1 que cette femme si suprieure devait son tact1 l'extrme f9esse de son esprit1 une p>faite connaissance des hommes1 et qu'elle tait un peu misan?rope2 plus d'une fois ses disc\rs m'en f\rnissai5t la preuve2 p> exemple1 elle avait un *i5 qui1 lorsqu'elle fut dev5ue s\rde et aveugle1 faisait le bonheur de t\s ses in/ans2 j'en avais un aussi que j'aimais beauc\p4 ,un j\r que n\s n\s entret5ions ensemble de l'atta*em5t et de la fidlit de nos deux petites btes3--,je v\drais1 dis-je1 que les *i5s puss5t p>l]1 ils n\s dirai5t de si jolies *oses6--,s'ils p>lai5t1 ma *re1 rpondit-elle1 ils ent5drai5t1 et s]ai5t bi5tt corrompus4 ,madame de ,grolli] peignait les fleurs avec une gr&e supriorit4 ,bi5 lo9 que son tal5t ft ce qu'on appelle un tal5t d'amateur1 beauc\p de ses tableaux p\rrai5t tre placs cot de ceux de ,wanspeudev1 dont elle tait l'lve2 elle p>lait pe9ture m]veille1 comme elle p>lait de t\t1 au re/e1 c> je ne suis jamais sortie du salon de madame de ,grolli]1 sans avoir appris quelque *ose d'intressant ou d'in/ructif2 aussi je ne la quittais qu'avec regret1 et j'avais tellem5t l'habitude d'all] *ez elle1 que mon co*] m'y m5ait sans que je lui dise ri51 ce qu'elle m'a bi5 s\v5t rappel d'un air t\t aimable4 ,comme il faut des ombres aux tableaux1 quelques p]sonnes ont repro* madame de ,grolli] de l'exagration dans ses s5tim5s et dans ses op9ions4 ,il e/ bi5 c]ta9 que sur t\te espce de *oses1 elle avait un peu d'exaltation dans l'esprit2 mais il en rsultait tant de gnrosit de coeur1 tant de noblesse d'me1 qu'elle a d cette faon d'tre des amis vritables et dv\s1 qui lui sont re/s fidles jusqu' son d]ni] j\r4 ,p]sonne d'ailleurs1 n'avait autant que madame de ,grolli]1 ce *>me dans les manires1 ce ton p>fait1 que l'on ne connat plus auj\rd'hui et qui semble avoir f9i avec elle2 c> hlas6 elle a f9i1 et cette p5se e/ une des bi5 tri/es p5ses de ma vie2 elle a f9i1 j\issant encore des hautes facults de son esprit4 ,j'ai su que peu d'in/ans avant d'expir]1 elle se s\leva sur son sant1 et les yeux levs au ciel1 ses *eveux blancs p>s1 elle adressa ,dieu une prire qui fit fondre en l>mes et saisit d'admiration t\s ceux qui l'c\tai5t4 ,elle pria p\r elle1 p\r son pays1 p\r cette re/auration qu'elle croyait devoir assur] le bonheur des ,franais4 ,elle p>la long-temps comme ,homre1 comme ,bossuet1 et r5dit le d]ni] s\pir4 ,,madame ,,de ,,g5lis4 ,j'ai connu madame de ,g5lis avant la rvolution4 ,elle v9t me voir1 me prs5ta aux jeunes pr9ces d',orlans1 dont elle faisait l'ducation1 puis1 peu de temps aprs1 elle m'am5a ,pamla1 qui me p>ut aussi jolie qu'on peut l'tre4 ,madame de ,g5lis tait coquette p\r cette jeune p]sonne1 dont elle *]*ait faire valoir les *>mes4 ,je me rappelle qu'elle lui faisait pr5dre diffr5tes attitudes1 lev] les yeux au ciel1 donn] son beau visage div]ses expressions1 et quoique t\t cela ft =t agrable voir1 il me p>ut qu'une aussi pr(onde tude de coquett]ie p\rrait pr(it] beauc\p trop l'colire4 ,la conv]sation de madame de ,g5lis m'a t\j\rs sembl prfrable ses ouvrages1 quoiqu'elle en ait fait de *>mans1 notamm5t ,mademoiselle de ,cl]mont1 que je reg>de comme son *ef-d'oeuvre4 ,mais lorsqu'elle causait1 son langage avait un c]ta9 ab&on1 et sur plusieurs po9ts une c]ta9e fran*ise1 qui manqu5t ses crits4 ,elle racontait d'une manire ravissante1 et p\vait racont] beauc\p2 c> nul1 je crois1 n'avait vu1 soit la c\r1 soit la ville1 plus de p]sonnes et plus de *oses qu'elle n'en avait vues4 ,ses mo9dres disc\rs avai5t un *>me dont il e/ difficile de donn] l'ide4 ,ses expressions avai5t tant de grce1 le *oix de t\s ses mots tait de si bon gt1 qu'on aurait v\lu p\voir crire ce qu'elle disait4 ,au ret\r de mes voyages1 elle v9t un mat9 *ez moi1 et comme elle m'avait annonc sa visite1 j'en av]tis plusieurs p]sonnes de ma connaissance1 dont quelques-unes n'aimai5t po9t madame de ,g5lis4 pe9e eut-elle caus1 p5dant une demi-heure1 qu'amis1 ennemis1 t\t tait ravi1 et comme en*ant p> cette conv]sation si brillante4 ,madame de ,g5lis n'a jamais d tre prcism5t jolie2 elle tait assez gr&e et trs bi5 faite2 elle avait beauc\p de physionomie1 le reg>d et le s\rire trs f94 ,je p5se que sa figure aurait pris difficilem5t l'expression de la bont2 mais elle pr5ait t\te autre expression avec une mobilit prodigieuse4 ,,madame ,,de ,,v]dun4 ,sans tre clbre comme la femme dont je vi5s de p>l]1 madame de ,v]dun peut tre cite p\r son esprit si f9 et si naturel la fois4 ,la bont1 la gaiet de son c>actre la faisai5t re*]*] gnralem5t1 et je puis reg>d] comme un bonheur de ma vie1 qu'elle ait t ma premire et qu'elle soit encore ma meilleure amie4 ,son m>i tait f]mi]-gnral3 c'tait un homme froid en app>5ce1 mais ple9 d'esprit et de bont1 et qui ne p\vait voir des malheureux sans se press] de les sec\rir4 ,il tait propritaire du *teau de ,colombes1 prs ,p>is4 ,ce *teau avait anci5nem5t t habit p> la re9e ,h5riette d',anglet]re2 les murs des salons et des gal]ies tai5t presque t\s pe9ts p> ,simon ,v\et2 mais l'humidit avait t]ni ces pe9tures rem>quables1 et ,m4 de ,v]dun1 trs amateur et connaisseur1 ayant entrepris de les faire rp>]1 y russit p>faitem5t4 ,je suis alle =t s\v5t habit] ce *teau plusieurs j\rs de suite4 ,m4 et madame de ,v]dun y runissai5t la socit la plus aimable1 compose d'arti/es1 de g5s de lettres et d'hommes spirituels4 ,c>montel1 ami intime des matres de la maison1 n\s tait d'une ress\rce extrme2 il n\s faisait j\] ses ,prov]bes4 ,d'ailleurs la conv]sation habituelle ne p]mettait pas que l'ennui n\s gagnt1 tant elle tait vive et anime4 ,il s]ait inutile auj\rd'hui de *]*] retr\v] les j\issances qui prov5ai5t alors du *>me de la conv]sation4 ,l'abb ,delille m'crivait ,rome3 ,la politique a t\t p]du2 on ne cause plus ,p>is4 mon ret\r en ,france1 en effet1 je ne me suis que trop assure de cette vrit4 ,entrez dans quelque salon que ce soit1 v\s tr\v]ez les femmes billant en c]cle1 et les hommes1 dans un co9 du salon1 se disputant sur telle et telle loi2 mais n\s avons vu f9ir1 comme tant d'autres *oses1 ce qu'on appelait la conv]sation1 c'e/--dire un des plus gr&s *>mes de la socit franaise4 ,la rvolution v9t mettre f9 t\s les plaisirs de ,colombes4 ,comme on savait ,m4 de ,v]dun =t ri*e1 on ne t>da pas le mettre en prison1 et l'on peut jug] du dsespoir de sa femme qui l'adorait4 ,il faut dire l'honneur de l'humanit1 qu'aussitt que la n\velle de sa dt5tion fut arrive ,colombes1 les paysans s'assemblr5t et v9r5t t\s ,p>is rclam] en pleurant leur bi5faiteur4 ,cette dm>*e emp*a les autorits d'os] le mettre mort2 nanmo9s il re/ait t\j\rs prisonni]1 qu& ces braves g5s rev9r5t une seconde fois1 et r5\velr5t leur dem&e avec tant d'in/ance1 qu'ils obt9r5t enf9 sa lib]t4 ,madame de ,v]dun1 en appr5ant cette n\velle1 pr\va une si gr&e joie1 qu'elle en p]dit la tte1 au po9t qu'elle envoya *]*] deux fiacres p\r all] pr5dre son m>i dans la prison1 p5sant arriv] plus vite a9si4 ,,rob]t4 ,rob]t1 pe9tre en paysage1 excellait surt\t reprs5t] des ru9es2 ses tableaux dans ce g5re1 peuv5t tre placs ct de ceux de ,jean-,paul ,paun9i4 ,il tait de mode1 et trs magnifique1 de faire pe9dre son salon p> ,rob]t2 aussi le nombre des tableaux qu'il a laisss e/-il vraim5t prodigieux4 ,il s'en faut bi51 la vrit1 que t\s soi5t de la mme beaut2 ,rob]t avait cette extrme facilit qu'on peut appel] heureuse1 qu'on peut appel] fatale3 il peignait un tableau aussi vite qu'il crivait une lettre2 mais qu& il v\lait captiv] cette facilit1 ses ouvrages dit5t s\v5t p>faits4 ,on en connat de lui qui font trs bi5 p5dant ceux de ,v]net4 ,de t\s les arti/es que j'ai connus1 ,rob]t tait le plus rp&u dans le monde1 que du re/e il aimait beauc\p4 ,amateur de t\s les plaisirs1 sans en except] celui de la table1 il tait re*]* gnralem5t1 et je ne crois pas qu'il dnt *ez lui trois fois dans l'anne4 ,spectacles1 bals1 repas1 conc]ts1 p>ties de campagne1 ri5 n'tait refus p> lui2 c> t\t le temps qu'il n'employait po9t au travail1 il le passait s'amus]4 ,il avait de l'esprit naturel1 beauc\p d'in/ruction1 sans aucune pdant]ie1 et l'int>issable gaiet de son c>actre le r5dait l'homme le plus aimable qu'on pt voir en socit4 ,de t\t temps ,rob]t avait t r5omm p\r son adresse t\s les ex]cices du corps1 et dans un ge =t avanc il cons]vait encore les gts de sa jeunesse4 soixante ans passs1 quoiqu'il ft dev5u =t gros1 il tait re/ si le/e qu'il c\rait mieux que p]sonne dans une p>tie de b>res1 j\ait la paume1 au ballon et n\s rj\issait p> des t\rs d'coli] qui n\s faisai5t rire aux l>mes4 ,un j\r1 p> exemple1 ,colombes1 il traa sur le p>quet du salon une longue raie avec du blanc d',espagne2 puis1 co/um en saltimbanque1 un balanci] dans les ma9s1 il se mit m>*] gravem5t1 c\rir sur cette ligne1 imitant si bi5 les attitudes et les ge/es d'un homme qui danse sur la corde1 que l'illusion tait p>faite1 et qu'on n'a ri5 vu d'aussi drle4 tant lve l'acadmie de ,rome1 ,rob]t avait au plus v+t ans1 lorsqu'il p>ia six cahi]s de papi] gris avec ses cam>ades1 qu'il mont]ait t\t seul au plus haut du ,colyse4 ,l't\rdi1 bi5 qu'en risquant mille fois sa vie1 p>v9t en effet jusqu'au fate2 mais lorsqu'il lui fallut desc5dre1 n'ayant plus les saillies de pi]res qui l'avai5t aid mont]1 on fut oblig de lui jet] p> une des f5tres une corde qu'il saisit1 laquelle il s'atta*a1 et1 lanc dans l'espace1 il eut le bonheur qu'on russt le faire r5tr] dans l'intrieur du monum5t4 ,le seul rcit de ce t\r de =ce fait dress] les *eveux4 ,rob]t e/ le seul homme qui ait jamais os le t5t]1 et cela p\r six cahi]s de papi] gris6 ,c'e/ encore ,rob]t qui s'e/ p]du ,rome dans les catacombes1 et que l'abb ,delille a *ant dans son pome de l',imag9ation4 ,madame de ,grolli]1 qui1 comme n\s1 connaissait p> ,rob]t l'av5ture des catacombes1 aprs avoir ent5du les v]s de l'abb ,delille1 disait3--,l'abb ,delille m'a fait plus de plaisir1 mais ,rob]t plus de peur4 ,le bonheur dont fut accompagne t\te la vie de ,rob]t semble avoir prsid aussi sa mort4 ,le bon1 le joyeux arti/e n'a po9t prvu sa f91 n'a po9t endur les angoisses de l'agonie2 il tait =t bi5 portant1 et t\t habill p\r all] dn] en ville2 madame ,rob]t1 qui v5ait elle-mme de t]m9] sa toilette1 passa dans l'ateli] de son m>i p\r l'av]tir qu'elle tait prte1 et le tr\va mort1 frapp d'un c\p d'apoplexie f\droyante4 ,,la ,,du*esse ,,de ,,polignac4 ,il n'e/ po9t de calomnie1 po9t d'horreurs que l'envie et la ha9e n'ai5t inv5tes contre la du*esse de ,polignac2 tant de libelles ont t crits p\r la p]dre1 que1 jo9ts aux vocifrations des rvolutionnaires1 ils ont d laiss] dans l'esprit de quelques g5s crdules1 l'ide que l'amie de ,m>ie-,anto9ette tait un mon/re4 ,ce mon/re1 je l'ai connu3 c'tait la plus belle1 la plus d\ce1 la plus aimable femme qu'on pt voir4 ,quelques annes avant la rvolution1 la du*esse de ,polignac v9t *ez moi1 et j'ai fait plusieurs fois son portrait de mme que celui de sa fille1 la du*esse de ,gui*e#bg4 ,madame de ,polignac avait l'air si jeune qu'on p\vait la croire soeur de sa fille1 et t\tes deux tai5t les plus jolies femmes de la c\r4 ,madame de ,gui*e aurait p>faitem5t s]vi de modle p\r reprs5t] une des ,grces2 quant sa mre1 je n'essai]ai pas de dpe9dre sa figure2 cette figure tait cle/e4 ,la du*esse de ,polignac joignait sa beaut vraim5t ravissante1 une d\ceur d'ange1 l'esprit la fois le plus attrayant et le plus solide4 ,t\s ceux qui l'ont connue intimem5t peuv5t dire que l'on s'expliquait bi5 vite comm5t la re9e l'avait *oisie p\r amie1 c> elle tait vritablem5t l'amie de la re9e2 elle dut ce titre celui de g\v]nante des enfans de ,france3 aussitt1 la rage de t\tes celles qui dsirai5t cette place ne lui laissa plus de repos2 mille calomnies atroces fur5t lances sur elle4 ,il m'e/ arriv s\v5t d'ent5dre disc\rir les p]sonnes de la c\r qui lui tai5t opposes1 et j'av\e que je m'indignais d'une m*ancet si noire et si p]svrante4 ,ce qu'aucun c\rtisan ne p\vait croire1 quoique ce ft l'exacte vrit1 c'e/ que madame de ,polignac n'avait po9t envi la place qu'elle occupait3 il se peut que sa famille se rj\it de l'y voir leve2 mais elle-mme n'avait cd qu' son respect p\r le dsir de la re9e et aux in/ances rxres du roi2 ce qu'elle ambitionnait avant t\t1 c'tait sa lib]t1 au po9t que la vie de la c\r ne lui conv5ait nullem5t2 indol5te1 p>esseuse1 le repos aurait fait ses dlices1 et les devoirs de sa place lui semblai5t le plus l\rd f>deau4 ,un j\r que je faisais son pr(il ,v]sailles1 il ne se passait pas c9q m9utes sans que notre porte s'ouvrt2 on v5ait lui dem&] ses ordres1 et mille *oses qu'il fallait p\r les enfans4--,eh6 bi51 me dit-elle enf9 d'un air1 accabl1 t\s les mat9s ce sont les mmes dem&es1 je n'ai pas un in/ant moi jusqu' l'heure du dn]1 et le soir d'autres fatigues m'att5d5t4 ,au *teau de la ,muette1 dans lequel elle passa la belle saison1 elle j\issait d'un peu plus de lib]t4 ,les enfans de ,france s'y plaisai5t extrmem5t1 et elle y donnait de petits bals sans prt5tion o l'on s'amusait beauc\p4 ,c'e/ l qu'elle e/ acc\*e du comte ,mel*ior de ,polignac1 en mme temps que sa fille acc\*ait du duc de ,gui*e actuel4 ,peu de temps avant la rvolution1 elle supplia le roi d'accept] sa dmission qu'il ne v\lut pas recevoir2 t\tefois1 sa sant l'obligeant se soign]1 elle obt9t d'all] pr5dre des ba9s r5omms en ,anglet]re1 et elle p>tit1 dans la f]me int5tion de quitt] sa place son ret\r2 mais j'ai su positivem5t que le roi1 effray du *agr9 qu'allait pr\v] la re9e1 se mit ses g5\x p\r obt5ir qu'elle re/t g\v]nante des enfans de ,france4 ,on s5t bi5 qu'une faveur aussi clatante1 aussi s\t5ue1 excitait la fureur des envieux4 ,un r$\blem5t de ha9e s'leva contre la favorite2 il s]vit m]veilleusem5t la rvolution qui s'avanait1 et qui v9t bi5tt frapp] et les ,polignac et leurs ennemis4 ,,le ,,pr9ce ,,de ,,ligne ,c'e/ ,bruxelles que j'ai fait connaissance avec le pr9ce de ,ligne2 mais lorsqu'il v9t en ,france1 peu d'annes avant la rvolution1 n\s n\s revmes t\s deux avec tant de plaisir1 qu'il passait un gr& nombre de ses soires *ez moi4 ,lorsque lui1 l'abb ,delille1 le m>quis de ,*a/ellux1 le comte de ,vaudreuil1 le vicomte de ,sgur1 et quelques autres encore de ce temps-l1 se tr\vai5t runis aut\r de mon feu1 il s'tablissait une caus]ie si anime1 si intressante1 que n\s ne n\s sp>ions jamais qu'avec pe9e4 ,madame de ,/al a dit du pr9ce de ,ligne3 ,il e/ peut-tre le seul trang] qui dans le g5re franais soit dev5u modle1 au lieu d'tre imitateur6 ,et dans un autre endroit3 ,les hommes1 les *oses et les vnem5s ont pass devant le pr9ce de ,ligne2 il les a jugs sans v\loir leur impos] le despotisme d'un sy/me1 il sut mettre t\t du naturel6 ,ce naturel1 dont madame de ,/al tait si bon juge1 c> elle en avait beauc\p elle-mme1 tait un des premi]s *>mes de l'esprit du pr9ce de ,ligne4 ,cette brillante imag9ation1 ces ap]u si f9s1 si ju/es sur t\tes *oses1 ces bons mots1 qui p>tai5t sans cesse p\r c\rir aussitt l',europe1 ri5 n'avait pu donn] au pr9ce de ,ligne la mo9dre prt5tion se faire c\t]2 ses disc\rs et ses manires cons]vai5t tant de simplicit1 qu'un sot aurait pu le croire un homme ord9aire4 ,le pr9ce de ,ligne tait gr&1 il avait une extrme noblesse dans le ma9ti51 sans aucune roideur1 sans aucune afft]ie2 t\t le *>me de son esprit se peignait si bi5 sur sa figure1 que j'ai peu connu d'hommes dont le premi] aspect ft aussi sduisant1 et la bont de son coeur ne t>dait pas v\s atta*] lui p\r t\j\rs2 il tait la fois brave et savant militaire4 ,dans t\s les pays de l',europe1 ses pr(ondes connaissances sur l'art de la gu]re ont t apprcies1 et l'am\r de la gloire l'a t\j\rs dom92 en revan*e1 il p\ssait l'excs son indiffr5ce p\r sa =tune2 non-seulem5t son extrme gnrosit l'a de t\t temps entran dans des dp5ses normes1 sans qu'il cons5tt jamais compt]2 mais qu& je le retr\vai ,vi5ne1 en #agib1 il entra un soir *ez madame de ,rombe*1 p\r n\s appr5dre que les ,franais v5ai5t de s'emp>] de t\s les bi5s qu'il possdait en ,fl&re 7en ,belgique71 et il n\s p>ut trs peu affect de cette n\velle3 ,je n'ai plus que deux l\is1 aj\ta-t-il d'un air dgag3 qui donc pai]a mes dettes8 ,une p]te bi5 autrem5t d\l\reuse p\r lui1 la seule qui l'ait pr(ondm5t afflig1 a t celle de son fils ,*>les2 ce jeune homme1 ple9 de valeur1 e/ mort glorieusem5t au combat de ,b\x1 en ,*ampagne2 le c\p qui le frappa1 frappa de mme le pr9ce de ,ligne1 qui en p]dit jamais sa gaiet et t\t le plaisir qu'il pr5ait vivre4 ,t\t le monde connat les ,mmoires et les ,lettres du pr9ce de ,ligne1 dont le /yle1 ce /yle p>l1 comme dit madame de ,/al1 (fre un *>me t\t p>ticuli]4 ,p>mi les lettres1 celles que je prfre sont celles qu'il adressait la m>quise de ,coigny p5dant son voyage en ,crime avec l'impratrice ,ca!r9e1 voyage dont il n\s a fait si s\v5t des rcits2 elles le font revivre p\r moi1 surt\t celle qu'il crivit de ,p>!nizza3 cette lettre e/ remplie d'ides la fois si spirituelles et si philosophiques1 elle pe9t si bi5 l'esprit et l'ame du pr9ce de ,ligne1 qu'elle me fait l'effet d'un prisme moral4 ,j'ai relu cette lettre dix fois1 et j'espre bi5 la relire encore4 ,,la ,,comtesse ,d',,h\tetot4 ,j'ai connu la comtesse d',h\tetot long-temps avant la rvolution2 elle s'ent\rait alors de t\t ce qu'il y avait ,p>is d'hommes d'esprit et d'arti/es clbres4 ,comme j'avais un gr& dsir de la voir1 madame de ,v]dun1 mon amie1 qui la connaissait intimem5t1 me conduisit ,sannois1 o madame d',h\tetot avait une maison1 et me fit invit] pass] la j\rne4 ,je savais qu'elle n'tait po9t jolie1 mais d'aprs la passion qu'elle avait inspire ,j4-,j4 ,r\sseau1 je p5sai au mo9s lui tr\v] un visage agrable2 je fus donc bi5 dsappo9te en la voyant si laide1 qu'aussitt son roman s'effaa de mon imag9ation2 elle l\*ait d'une telle manire1 qu'il tait impossible lorsqu'elle v\s p>lait de dev9] si c'tait v\s que s'adressai5t ses p>oles2 dn]1 je croyais t\j\rs qu'elle (frait une autre p]sonne ce qu'elle m'(frait1 tant son reg>d tait quivoque2 il faut dire t\tefois que son aimable esprit p\vait faire oubli] sa laideur4 ,madame d',h\tetot tait bonne1 indulg5te1 *rie avec raison de t\s ceux qui la connaissai5t1 et comme je l'ai t\j\rs tr\ve digne d'inspir] les s5tim5s les plus t5dres1 j'ai f9i p> croire aprs t\t1 qu'elle a pu inspir] l'am\r4 ,,le ,,m>,,*al ,,de ,,biron1 ,,le ,,m>,,*al ,,de ,,brissac4 ,la figure1 la taille1 la cont5ance de ces deux vieux s\ti5s de la mon>*ie franaise1 sont si bi5 re/es dans ma mmoire1 qu'auj\rd'hui je p\rrais les pe9dre t\s deux de s\v5ir4 ,ayant ent5du p>l] du sup]be j>d9 de l'htel de ,biron1 que l'on disait rempli des fleurs les plus r>es1 je fis dem&] au m>*al la p]mission de m'y prom5]3 il me l'accorda1 et je me r5dis un mat9 *ez lui avec mon frre4 ,malgr son gr& ge 7il avait1 je crois1 quatre-v+t-quatre ans7 et ses infirmits1 le m>*al de ,biron1 m>*ant avec pe9e1 v9t au-devant de moi3 il desc5dit son l>ge p]ron p\r me donn] la ma9 qu& je sortis de ma voiture1 puis s'excusa beauc\p de ne p\voir me faire les honneurs de son j>d94 ,ma prom5ade f9ie1 je rev9s au salon1 o le m>*al me ret9t longtemps2 il causait avec grce et facilit1 p>lant du temps pass de manire m'intress] beauc\p4 ,qu& je ret\rnai ma voiture1 il v\lut absolum5t me donn] la ma9 jusqu'au bas de son p]ron1 et le corps droit1 la tte nue1 il att5dit p\r r5tr] dans la maison qu'il m'et vue p>tir2 cette galant]ie dans un homme plus qu'octognaire me p>ut *>mante4 ,le m>*al de ,biron e/ mort en #aghhbh2 il n'eut pas la d\leur d'tre tmo9 de la dfection des g>des franaises3 il avait tabli dans ce corps une discipl9e extrmem5t svre1 que le duc du ,*telet1 qui lui succda1 v5ait de rel*] beauc\p trop qu& la rvolution arriva4 ,p\r le m>*al de ,brissac1 je ne l'ai vu qu'aux ,tuil]ies1 o il se prom5ait trs s\v5t3 il p>aissait bi5 g1 mais il se t5ait =t droit1 et m>*ait encore comme un jeune homme2 son co/ume le faisait rem>qu]2 c> il portait t\j\rs ses *eveux natts1 qui =mai5t deux queues tombant d]rire la tte1 l'habit long1 trs ample1 avec une ce9ture au bas de la taille1 et des bas co9s brods en or r\ls sur ses g5\x2 une toilette aussi antique ne lui donnait ri5 de grotesque1 il avait l'air extrmem5t noble1 et l'on croyait voir un c\rtisan sortant des salons de ,l\is ,,xiv4 ,,monsieur ,,de ,,talleyr&4 ,*amp=t m'am5a un mat9 ,m4 de ,talleyr&1 alors l'abb de ,prigord2 son visage tait gracieux1 ses j\es trs rondes1 et1 quoiqu'il fut boteux1 il n'en tait pas mo9s =t lgant et cit comme un homme bonnes =tunes2 il ne me dit que quelques mots sur mes tableaux2 j'eus des raisons de croire alors qu'il v\lait savoir si j'avais autant de luxe et de magnific5ce qu'on le disait1 et que ,*amp=t l'am5ait p\r le conva9cre du contraire4 ,ma *ambre c\*]1 la seule pice o je pusse recevoir1 tait meuble avec une simplicit extrme1 et ,m4 de ,talleyr& peut se le rappel] auj\rd'hui aussi bi5 que beauc\p d'autres p]sonnes4 ,jamais1 je crois1 ,m4 de ,talleyr& n'e/ rev5u *ez moi2 mais je l'ai revu quelque temps ,g5nevilli]s1 o il e/ v5u dn] *ez le comte de ,vaudreuil1 et plus t>d aussi1 qu& je suis r5tre en ,france2 alors il tait m>i avec madame ,grant1 trs jolie femme dont j'avais fait le portrait avant la rvolution2 c'e/ d'elle qu'on raconte une av5ture assez plaisante3 ,m4 de ,talleyr&1 donnant dn] ,d5on1 qui v5ait d'accompagn] ,bonap>te en gypte1 engagea sa femme lire quelques pages de l'hi/oire du clbre voyageur auquel il dsirait qu'elle pt adress] un mot aimable2 il aj\ta qu'elle tr\v]ait le volume sur son bureau2 madame de ,talleyr& obx1 mais elle se trompe1 et lit une assez gr&e p>tie des av5tures de ,rob9son-,cruso2 table1 la voil qui pr5d l'air le plus gracieux et dit ,d5on3 ,ah6 monsieur1 avec quel plaisir je vi5s de lire votre voyage6 qu'il e/ intressant1 surt\t qu& v\s r5contrez ce pauvre ,v5dr$i6 ,dieu sait ces mots quelle figure1 a d faire ,d5on1 et surt\t ,m4 de ,talleyr&8 ,ce petit fait a c\ru l',europe1 et peut-tre n'e/-il pas vrai2 mais ce qui l'e/ inconte/ablem5t1 c'e/ que madame de ,talleyr& avait =t peu d'esprit2 s\s ce rapport1 la vrit1 son m>i p\vait pay] p\r deux4 ,,le ,,docteur ,,frankl94 ,je vis p\r la premire fois le docteur ,frankl9 lorsque je faisais le portrait de ,monsieur1 depuis ,l\is ,,xviii2 il v5ait avec les autres ambassadeurs faire sa visite de c\r2 je fus frappe de son extrme simplicit3 il tait vtu d'un habit gris t\t uni1 ses *eveux plats1 sans p\dre1 tombai5t sur ses paules1 et si ce n'et t son noble visage1 je l'aurais pris p\r un gros f]mi]1 tant il faisait contra/e avec les autres diplomates1 qui t\s tai5t p\drs1 en gr&e t5ue1 et *am>rs d'or et de cordons4 ,nul homme ,p>is n'tait plus la mode1 plus re*]* que le docteur ,frankl92 la f\le c\rait aprs lui dans les prom5ades et les lieux publics2 les *apeaux1 les cannes1 les tabatires1 t\t tait la ,frankl91 et l'on reg>dait comme une bonne =tune d'tre invit un dn] o se tr\vait ce clbre p]sonnage4 ,je puis dire t\tefois qu'il ne suffisait pas de se r5contr] avec lui1 ft-ce mme trs frquemm5t1 p\r satisfaire la curiosit qu'il excitait2 je l'ai beauc\p vu *ez madame ,brion1 qui habitait con/amm5t ,passy2 ,frankl9 passait l t\tes ses soires2 madame ,brion et ses deux filles faisai5t de la musique1 qu'il semblait c\t] avec plaisir1 mais dans les int]valles des morceaux1 je ne lui ai jamais ent5du dire un seul mot1 et j'tais t5te de croire que le docteur tait v\ au sil5ce4 ,,le ,,pr9ce ,,de ,,nassau4 ,je n'tais pas encore m>ie qu& le pr9ce de ,nassau1 qui tait jeune alors1 me fut prs5t p> l'abb ,gir\x3 il me dem&a son portrait1 que je fis en pi$1 d'une trs petite dim5sion et l'huile4 ,le pr9ce de ,nassau1 surnomm l'invulnrable p> le pr9ce de ,ligne1 tait dj connu p> des actions d'clat tellem5t hroques1 qu'on p\rrait les croire fabuleuses2 sa vie entire (fre une suite d'av5tures1 t\tes plus surpr5antes les unes que les autres3 il avait peu prs v+t ans lorsqu'il suivit ,b\ga9ville dans le voyage aut\r du monde1 et s'enfona dans les ds]ts1 o l'intrpidit qu'il dploya lui valut le surnom de dompteur de mon/res2 depuis1 va9queur1 sur m]1 va9queur sur t]re1 il s'e/1 je crois1 battu contre t\tes les nations du globe2 t\j\rs gu]royant1 t\j\rs en activit1 il a c\ru le monde d'une extrmit l'autre2 aussi disait-on qu'il fallait lui adress] ses lettres sur les gr&s *em9s4 ,ri5 dans la figure et dans t\t l'aspect du pr9ce de ,nassau n'annonait le hros d'une hi/oire av5tureuse3 il tait gr&1 bi5 fait1 avait des traits rguli]s avec une gr&e fra*eur de c>nation2 mais l'extrme d\ceur et le calme habituel de sa physionomie ne laissai5t prsum] ni tant de hauts faits1 ni cette valeur intrpide qui le signalait entre t\s2 ,vi5ne1 o je l'ai retr\v p5dant l'migration1 j'avais m5 ma fille1 ge de neuf ans alors1 *ez ,casanova1 qui dans plusieurs tableaux avait reprs5t le pr9ce de ,nassau t]rassant des tigres1 des lions1 etc42 peu de temps aprs1 n\s n\s tr\vions un soir *ez la pr9cesse de ,lorra9e1 on annona le pr9ce de ,nassau2 ma fille1 qui s'att5dait contempl] un homme froce1 me dit t\t bas3--,comm5t6 e/-ce l celui dont j'ai tant ent5du p>l]8 il a l'air d\x et timide comme une demoiselle qui sort du c\v5t4 ,,monsieur ,,de ,,la ,,fayette4 ,peu avant la rvolution1 je reu la visite de ,m4 de ,la ,fayette2 il v9t *ez moi uniquem5t p\r voir le portrait que je faisais alors de la jolie madame de ,simiane1 laquelle1 dit-on1 il r5dait des so9s2 depuis je ne l'ai pas mme r5contr1 et bi5 c]ta9em5t n\s aurions eu de la pe9e n\s reconnatre1 c> j'tais jeune lors de cette visite1 et il l'tait aussi1 quoique ce ft aprs son voyage en ,amrique4 ,sa figure me p>ut agrable2 son ton1 ses manires1 avai5t beauc\p de noblesse1 et n'annonai5t pas le mo9s du monde des gts rvolutionnaires4 ,,madame ,,de ,,la ,,reyni,,re4 ,aprs mon m>iage1 je suis alle s\p] *ez madame de ,la ,reynire1 et pass] quelques soires dans le bel htel que son m>i avait fait btir rue des ,*amps-lyses1 o se runissait la meilleure compagnie de ,p>is4 ,madame de ,la ,reynire tait ne ,j>5te4 ,sa famille1 noble1 mais trs pauvre1 lui avait fait p\s] ,m4 de ,la ,reynire1 un de nos plus ri*es f9anci]s1 et t\t en elle annonait la contr>it qu'elle pr\vait port] un nom b\rgeois4 ,elle avait t belle1 trs gr&e et trs maigre4 ,son air noble et fi]1 tait rem>quable4 ,elle s'tait r5due la matresse s\v]a9e de la maison1 dans laquelle elle recevait t\j\rs avec la plus gr&e dignit1 af9 qu'on ne p]dt pas le s\v5ir de sa naissance4 ,comme on dem&ait un j\r ,doy5 le pe9tre1 qui v5ait de dn] *ez elle1 ce qu'il p5sait de madame de ,la ,reynire3 ,elle reoit =t bi51 rpondit-il1 mais je la crois attaque de noblesse4 ,son m>i tait un bon homme dans t\te l't5due du t]me1 facile vivre1 ne disant jamais de mal de p]sonne2 nanmo9s on le t\rnait en ridicule1 ou plutt on s'amusait de lui p\r la prt5tion qu'il avait de savoir pe9dre et de savoir *ant]2 ces deux prt5dus tal5s occupai5t t\tes ses j\rnes1 l'un le mat9 et l'autre le soir2 il avait une peur horrible du tonn]re1 au po9t d'avoir fait arrang] dans ses caves une *ambre tapisse d'un d\ble taffetas1 dans laquelle je suis desc5due p> curiosit4 ,ds qu'un orage comm5ait1 il se rfugiait s\s cette vote1 o l'un de ses g5s battait de t\tes ses =ces sur un gros tamb\r1 tant que grondait la f\dre2 nulle puissance huma9e n'aurait pu le faire sortir de l avant que le ciel n'et repris sa srnit4 ,comme il s\t5ait cep5dant qu'il n'avait po9t peur du tonn]re2 qu'il ne se rfugiait dans cette cave que p\r vit] la vive impression que l'orage faisait sur ses n]fs1 on eut la malice d'enlev] cette excuse au pauvre homme3 un j\r il tait all faire sa p>tie la ,muette *ez la du*esse de ,polignac1 qui habitait ce *teau en t2 on dressa la table de jeu prs d'une f5tre ouvrant sur le p>c1 au bas de laquelle le comte de ,vaudreuil avait fait plac] deux fuses4 ,m4 de ,la ,reynire tait j\] tranquillem5t1 c> le temps tait =t calme1 qu& t\t c\p on mit le feu l'artifice1 dont il eut une telle frayeur1 qu'en s'criant3 le tonn]re6 le tonn]re6 il se tr\va presque mal4 ,on p>v9t bi5tt le rassur] en lui expliquant la *ose2 t\tefois il n'en fut pas mo9s pr\v que le tonn]re n'agissait po9t sur ses n]fs1 mais qu'il en avait peur4 ,la socit de madame de ,la ,reynire se composait des p]sonnes les plus di/+ues de la c\r et de la ville2 elle attirait aussi *ez elle les hommes clbres dans les arts et dans la littrature4 ,l'abb ,b>?lemi1 auteur d',ana*>sis1 y passait sa vie2 le comte d',adhm>1 si spirituel et si aimable1 y v5ait presque t\s les soirs1 a9si que le comte de ,vaudreuil1 et le b>on de ,bes5val1 colonel-gnral des ,suisses4 ,les gr&es soires de madame de ,la ,reynire rassemblai5t habituellem5t les plus *>mantes femmes de la c\r2 c'e/ l que j'ai fait connaissance avec la comtesse de ,sgur1 qui tait alors aussi jolie que bonne et aimable4 ,sa d\ceur1 son affabilit1 la faisai5t aim] ds le premi] abord2 elle ne quittait pas son beau-pre1 le m>*al de ,sgur1 vieux et infirme1 qui tr\vait en elle une vritable ,antigone4 ,son m>i1 connu p> son esprit et son tal5t littraire1 tait1 cette poque1 ambassadeur en ,russie4 ,p\r qu'il ne manqut ri5 au *>me des soires de madame de ,la ,reynire1 on y faisait trs s\v5t de la musique dans la gal]ie1 et c'tait ,sac*9i1 ,picc9i1 ,g>at1 ,ri*]1 et autres clbres arti/es1 qui l'excutai5t4 ,enf9 il s]ait difficile ma9t5ant de faire compr5dre avec quel dlice on se rassemblait dans ce bel htel1 quelle amnit1 quelles bonnes manires rgnai5t dans ces salons remplis de p]sonnes *>mes de se tr\v] ensemble4 ,au re/e1 l'poque dont je p>le1 il exi/ait plusieurs maisons de ce g5re2 et je cit]ai surt\t celles des m>*ales de ,b\ffl]s et de ,luxemb\rg4 ,quoique l'on soit =c d'av\] que ces deux gr&es dames ne passai5t po9t p\r les femmes les plus morales de leur temps1 les jeunes femmes se r5dai5t *ez elles avec empressem5t2 c'e/ l1 me disai5t-elles1 que n\s pr5ons les meilleures leons du ton de la bonne compagnie1 et que n\s recevons les meilleurs conseils4 ,la m>quise de ,b\ffl]s1 belle-fille de la m>*ale et mre de ce *evali] de ,b\ffl]s si connu p> son esprit1 e/ l'auteur d'une *>mante *anson1 espce de code social1 que je copie ici1 p>ce qu'elle e/ peu connue3 ,sur l'air3 ,s5tir avec ardeur flamme discrte4 ,il faut dire en deux mots ce que l'on veut dire1 ,les longs propos sont sots4 ,il faut savoir lire ,avant que d'crire1 ,et puis dire en deux mots ce que l'on veut dire4 ,les longs propos sont sots4 ,il ne faut pas t\j\rs p>l]1 ,cit]1 ,dat]1 ,mais c\t]2 ,il faut savoir tran*] l'emploi1 ,du moi1 ,du moi1 ,voici p\rquoi3 ,il e/ tyrannique1 ,trop acadmique2 ,l'ennui1 l'ennui ,m>*e avec lui4 ,je me conduis t\j\rs a9si ,ici2 ,aussi ,j'ai russi4 ,p\r en rev5ir madame de ,la ,reynire1 dev5ue veuve1 il lui re/ait un fils1 bi5 loign de p>tag] la fi]t nobiliaire de sa mre1 et qui1 s\s ce rapport1 a d la dsespr] plus d'une fois4 ,d'abord il s'ob/9ait se faire appel] ,grimod de ,la ,reynire 7le vritable nom de ,m4 de ,la ,reynire tait ,grimod71 et le plus s\v5t ,grimod t\t c\rt4 ,ensuite1 il avait pris en t5dresse sa p>5t du ct pat]nel1 et sans cesse1 aux gr&s dn]s de sa mre1 il p>lait devant t\te la c\r de son oncle l'pici]1 de son c\s9 le p>fumeur1 ce qui mettait la pauvre femme au supplice4 ,ce ,grimod de ,la ,reynire avait beauc\p d'esprit1 quoiqu'il se plt se montr] orig9al en t\te espce de *oses4 ,jamais1 p> exemple1 il ne posait son *apeau sur sa tte2 mais comme il avait prodigieusem5t de *eveux1 son valet de *ambre en con/ruisait un t\pet d'une hauteur dmesure4 ,un j\r qu'il se tr\vait l'amphi?tre de l',opra1 o l'on reprs5tait un n\veau ballet1 un homme de petite taille1 plac d]rire lui1 maudissait t\t haut ce mur de n\velle espce qui lui ca*ait totalem5t le ?tre2 las de ne ri5 voir1 le petit homme comm5a p> introduire un de ses doigts dans le t\pet1 puis deux1 et f9it p> =m] une sorte de lorgnette1 laquelle il appliqua son oeil4 ,p5dant t\t ce mange1 ,m4 de ,la ,reynire ne b\gea pas1 ne dit mot2 mais1 le spectacle f9i1 il se lve1 arrte d'une ma9 le monsieur qui s'apprtait sortir1 et de l'autre tirant un petit peigne de sa po*e3--,monsieur1 dit-il avec un gr& sang-froid1 je v\s ai laiss faire t\t ce qu'il v\s a plu de mon t\pet p\r v\s aid] voir le ballet votre aise2 mais je vais s\p] en ville1 v\s s5tez qu'il ne m'e/ pas possible de me prs5t] dans l'tat o v\s avez mis ma coiffure1 et v\s allez avoir la bont de la raccommod]1 ou n\s n\s c\p]ons dema9 la gorge ensemble4--,monsieur1 rpondit l'inconnu en riant1 ,dieu ne plaise que je me batte avec un homme aussi complaisant que v\s l'avez t p\r moi2 je vais faire de mon mieux3 et pr5ant le petit peigne1 il rappro*a les *eveux tant bi5 que mal1 aprs quoi t\s deux se sp>r5t les meilleurs amis du monde4 ,,david4 ,je re*]*ais avec empressem5t la socit de t\s les arti/es r5omms1 et pr9cipalem5t celle des arti/es qui se di/+uai5t dans mon art4 ,david v5ait donc assez frquemm5t *ez moi1 qu& t\t c\p il n'y p>ut plus4 ,l'ayant r5contr dans le monde1 je crus devoir lui adress] quelques repro*es aimables ce sujet4--,je n'aime pas1 me dit-il1 me tr\v] avec des dome/iques de condition4--,comm5t8 rpondis-je3 avez-v\s pu rem>qu] que je traite les p]sonnes de la c\r mieux que d'autres p]sonnes8 ne me voyez-v\s pas accueillir t\t le monde avec les mmes g>ds8 ,et comme il insi/ait d'un air humori/e3--,ah6 dis-je en riant1 je crois que v\s avez de l'orgueil1 que v\s s\ffrez de n'tre pas duc ou m>quis4 ,p\r moi1 qui les titres sont p>faitem5t indiffr5s1 je reois avec plaisir t\s les g5s aimables4 ,depuis lors ,david n'e/ po9t rev5u *ez moi4 ,il fit mme rejaillir sur ma p]sonne la ha9e qu'il portait quelques-uns de mes amis4 ,la preuve en e/ que1 plus t>d1 il se procura je ne sais quel gros livre crit contre ,m4 de ,calonne1 et dans lequel on n'avait pas manqu d'inscrire t\tes les infmes calomnies dont j'avais t l'objet4 ,ce livre re/ait con/amm5t dans son ateli] sur un tab\ret1 t\j\rs ouv]t1 prcism5t la page o il tait "q de moi4 ,une p>eille m*ancet tait si noire et si purile la fois1 que je n'y aurais po9t aj\t croyance1 si je n'en eusse t in/ruite p> ,m4 de ,fitzjames1 le comte ,l\is de ,n>bonne1 et d'autres g5s de ma connaissance qui t\s avai5t rem>qu le fait1 et mme plusieurs reprises4 ,il faut dire t\tefois que ,david aimait tellem5t son art1 qu'aucune ha9e ne l'emp*ait de r5dre ju/ice au tal5t qu'on p\vait avoir4 ,aprs que j'eus quitt la ,france1 j'envoyai ,p>is le portrait de ,pasiello1 que je v5ais de faire ,naples4 ,on le plaa au salon en p5dant d'un portrait pe9t p> ,david1 mais dont sans d\te il tait peu satisfait4 ,s'tant appro* de mon tableau1 il le reg>da long-temps1 puis se ret\rnant v]s quelques-uns de ses lves et d'autres p]sonnes qui l'environnai5t3--,on croirait1 dit-il1 mon portrait fait p> une femme et le ,pasiello p> un homme4 ,c'e/ de ,m4 ,lebrun1 qui tait tmo91 que je ti5s ces p>oles1 et de plus j'ai la c]titude qu'en t\te occasion ,david ne me refusait po9t ses loges4 ,il e/ bi5 vraisemblable que des l\anges aussi flatteuses sur mon tal5t m'aurai5t fait oubli] tt ou t>d les attaques de ,david contre ma p]sonne2 mais ce que je n'ai jamais pu lui p>donn]1 c'e/ l'atroce conduite qu'il a t5ue p5dant la t]reur2 ce sont les p]scutions ex]ces l*em5t p> lui contre un gr& nombre d'arti/es1 entre autres contre ,rob]t le paysagi/e qu'il fit arrt] et trait] dans la prison avec une svrit qui allait jusqu' la b>b>ie4 ,il m'aurait t impossible de me retr\v] avec un p>eil homme4 ,lorsque je fus r5tre en ,france1 un de nos plus clbres pe9tres tant v5u *ez moi1 me dit dans la conv]sation que ,david avait un vif dsir de me revoir4 ,je ne rpondis pas1 et comme le pe9tre dont je p>le a prodigieusem5t d'esprit1 il comprit que mon sil5ce n'tait po9t celui auquel on peut appliqu] le prov]be3 qui ne dit ri5 cons5t4 ,m4 ,,de ,,beaujon4 ,m4 de ,beaujon m'ayant fait dem&] de faire son portrait1 qu'il de/9ait l'hpital fond p> lui dans le faub\rg du ,r\le1 et qui porte encore son nom1 je me r5dis dans le magnifique htel qu'on appelle auj\rd'hui l'lyse-,b\rbon1 att5du que l'in=tun millionnaire tait hors d'tat de v5ir *ez moi4 ,je le tr\vai seul1 assis sur un gr& fauteuil r\lettes1 dans une salle mang]2 il avait les ma9s et les jambes tellem5t enfles qu'il ne p\vait se s]vir ni des unes ni des autres2 son dn] se bornait un tri/e plat d'p9>ds2 mais plus lo91 en face de lui1 tait dresse une table de tr5te qu>ante c\v]ts o se faisait1 disait-on1 une *re exquise1 et qu'on allait s]vir p\r quelques femmes1 amies intimes de ,m4 de ,beaujon1 et les p]sonnes qu'il leur plaisait d'invit]2 ces dames1 t\tes =t bi5 nes et de trs bonne compagnie1 tai5t appeles dans le monde les b]ceuses de ,m4 de ,beaujon4 ,elles donnai5t des ordres *ez lui1 disposai5t entirem5t de son htel1 de ses *evaux1 et payai5t ces avantages avec quelques in/ans de conv]sation qu'elles accordai5t au pauvre impot5t1 ennuy de vivre seul4 ,m4 de ,beaujon v\lut me ret5ir dn]1 ce que je refusai1 ne dnant jamais hors de *ez moi2 mais n\s convnmes du prix et de la pose de son portrait2 il dsirait tre pe9t assis devant un bureau1 jusqu' mi-jambes1 avec les deux ma9s1 et je ne t>dai pas comm5c] et f9ir cet ouvrage4 ,qu& je pus me pass] du modle1 j'emportai le portrait *ez moi p\r t]m9] quelques dtails1 et j'imag9ai de plac] sur le bureau le plan de l'hospice4 ,m4 de ,beaujon en ayant t in/ruit m'envoya aussitt son valet de *ambre p\r me pri] in/amm5t d'effac] ce plan1 et p\r me remettre tr5te l\is en ddommagem5t du temps que j'y emploi]ais2 j'avais pe9e trac l'esquisse1 en sorte que je refusai naturellem5t les tr5te l\is2 mais le valet de *ambre rev9t encore le l5dema91 insi/ant de la "p de son matre1 au po9t que1 p\r le =c] remport] cet arg5t1 je fus oblige d'effac] le plan devant lui1 af9 de lui pr\v] que cela ne me faisait pas p]dre c9q m9utes4 ,p5dant que je faisais le portrait de ,m4 de ,beaujon1 je v\lus visit] son bel htel1 que j'avais t\j\rs ent5du cit] p\r sa magnific5ce3 aucun p>ticuli]1 en effet1 n'tait log avec autant de luxe2 t\t tait d'une gr&e ri*esse et d'un gt exquis4 ,un premi] salon r5f]mait des tableaux effet1 dont aucun n'tait =t rem>quable1 tant il e/ ais de tromp] les amateurs1 quelque prix qu'ils puiss5t mettre leurs acquisitions4 ,le second tait un salon de musique3 gr&s et petits pianos1 in/rum5s de t\te espce1 ri5 n'y manquait2 d'autres pices1 a9si que les b\doirs et les cab9ets1 tai5t meubles avec la plus gr&e lgance4 ,la salle de ba9 surt\t tait *>mante2 un lit1 une baignoire tai5t draps1 comme les murailles1 en belle m\ssel9e petits b\quets1 d\ble de rose2 je n'ai jamais ri5 vu d'aussi joli2 on aurait aim se baign] l4 ,les app>tem5s du premi] tage tai5t meubls avec autant de so94 ,dans une *ambre entre autres1 qui tait orne de colonnes1 on avait plac au milieu une norme corbeille dore et ent\re de fleurs1 qui r5f]mait un lit1 lit dans lequel p]sonne n'avait jamais c\*4 ,t\te cette faade de l'htel donnait sur le j>d9 que1 vu son t5due1 on p\vait appel] le p>c1 qu'un habile ar*itecte avait dess91 et qu'embellissait une norme quantit de fleurs et d'arbres v]ts4 ,il me fut impossible de p>c\rir cette dlicieuse habitation sans donn] un s\pir de piti son ri*e propritaire1 et sans me rappel] une anecdote que l'on m'avait conte peu de j\rs avant4 ,un ,anglais1 jal\x de voir t\t ce que l'on citait comme curieux ,p>is1 fit dem&] ,m4 de ,beaujon la p]mission de visit] ce bel htel4 ,arriv dans la salle mang]1 il y tr\va la gr&e table dresse1 a9si que je l'avais tr\ve moi-mme1 et se ret\rnant v]s le dome/ique qui le conduisait3--,votre matre1 dit-il1 doit faire une bi5 excell5te *re8--,hlas6 monsieur1 rpondit le cic]one1 mon matre ne se met jamais table1 on lui s]t seulem5t un plat de lgumes4 ,l',anglais passant alors dans le premi] salon3--,voil du mo9s ce qui doit rj\ir ses yeux1 reprit-il en montrant les tableaux4--,hlas6 monsieur1 mon matre e/ presque aveugle4--,ah6 dit l',anglais en entrant dans le second salon1 il s'en ddommage1 j'espre1 en c\tant de la bonne musique4--,hlas6 monsieur1 mon matre n'a jamais ent5du celle qu'on fait ici1 il se c\*e de trop bonne heure1 dans l'espoir de dormir quelques in/ans4 ,l',anglais reg>dant alors le magnifique j>d9 qui se dployait s\s ses f5tres3--,mais enf91 votre matre peut j\ir du plaisir de la prom5ade4--,hlas6 monsieur1 il ne m>*e plus4 ,dans ce mom5t arrivai5t les p]sonnes invites dn]1 p>mi lesquelles se tr\vai5t de =t jolies femmes4 ,l',anglais repr5d3--,enf9 voil plus d'une beaut1 qui peuv5t lui faire pass] des mom5s trs agrables8 ,le dome/ique ne rpondit ces mots que p> deux hlas6 au lieu d'un1 et n'aj\ta ri5 de plus4 ,m4 de ,beaujon tait trs petit et trs gros1 sans aucune physionomie2 ,m4 de ,calonne1 que j'ai pe9t en mme temps1 (frait son p>fait contra/e1 et les deux portraits se tr\vant exposs *ez moi1 l'abb ,arnault qui les vit ct l'un de l'autre1 s'cria3 ,voil prcism5t l'esprit et la matire4 ,m4 de ,beaujon avait t le banqui] de la c\r s\s ,l\is ,,xv1 et ses oprations f9ancires fur5t t\j\rs si habiles qu'avant sa vieillesse il possdait dj des millions4 ,il faut dire sa l\ange qu'il dp5sait en bonnes oeuvres une gr&e p>tie de son imm5se =tune2 jamais un malheureux ne s'e/ adress va9em5t lui1 et l'hpital du faub\rg du ,r\le recomm&e encore auj\rd'hui son nom comme celui d'un bi5faiteur de l'humanit4 ,m4 ,,b\t94 ,un autre f9anci] imm5sm5t ri*e et t\t aussi bi5faisant que ,m4 de ,beaujon tait ,m4 ,b\t9 p\r qui j'avais beauc\p d'amiti4 ,m4 ,b\t9 n'tait plus jeune qu& je fis connaissance avec lui2 il tait petit et boiteux1 gai1 spirituel1 et d'un c>actre si affable1 si bon1 que l'on s'atta*ait vritablem5t lui ds qu'on le voyait un peu intimem5t4 ,comme il possdait une trs gr&e =tune1 il recevait s\v5t et avec une extrme noblesse ses nombreux amis1 sans que cela portt en ri5 prjudice aux sec\rs qu'il accordait tant de pauvres dont il tait l'appui4 ,m4 ,b\t9 faisait les honneurs de *ez lui avec une grce p>faite3 j'ai pu en jug] s\v5t2 c> il avait arrang p\r moi1 disait-il1 un dn] du jeudi1 o se tr\vai5t t\s mes intimes3 ,brongni>t1 ,rob]t et sa femme1 ,lebrun le pote1 l'abb ,delille1 le comte de ,vaudreuil1 qui ne manquait jamais cette runion qu& il se tr\vait ,p>is le jeudi1 etc41 etc4 ,n\s tions au plus d\ze p]sonnes table1 et ces dn]s tai5t si amusans qu'ils me faisai5t fauss] une fois p> sema9e la p>ole que je m'tais donne de ne jamais dn] hors de *ez moi4 ,ils avai5t lieu dans cette *>mante maison de ,m4 ,b\t91 place sur la hauteur du magnifique j>d9 qu'il avait nomm ,tivoli3 cette poque la rue de ,cli*y n'tait po9t encore btie1 et qu& on se tr\vait l1 au milieu d'arbres sup]bes qui =mai5t de belles et gr&es alles1 on p\vait se croire t\t fait la campagne1 je puis mme dire que cette belle habitation me semblait un peu trop isole2 j'aurais eu peur d'y all] le soir et je conseillais s\v5t ,m4 ,b\t9 de ne jamais rev5ir seul4 ,lorsque j'eus quitt la ,france1 mon frre m'crivit que ,m4 ,b\t9 avait cont9u ses dn]s du jeudi en s\v5ir de moi2 que l'on y buvait ma sant1 a9si qu' celle de ,m4 de ,vaudreuil1 qui avait migr alors4 ,p\r son malheur ,m4 ,b\t9 p5sa comme ,m4 de ,laborde1 qui me disait dans une lettre que je reu de lui ,rome3 ,je re/e en ,france2 je suis tranquille4 ,comme je n'ai jamais fait de mal p]sonne4446 ,hlas6 lui aussi1 ce bon et aimable ,m4 ,b\t9 n'avait jamais fait de mal p]sonne3 t\s deux n'en sont pas mo9s tombs s\s la ha*e rvolutionnaire2 c> t\s deux tai5t ri*es1 et l'on v\lait leurs bi5s4 ,je ne puis exprim] la d\leur que me fit pr\v] cette n\velle2 ,m4 ,b\t9 tait un de ces hommes que je regrett]ai t\te ma vie4 ,le g\v]nem5t s'emp>a de t\t ce qu'il possdait4 ,son beau p>c fut totalem5t dtruit1 l'exception d'une petite p>tie dont on fit une prom5ade la mode s\s le nom de ,tivoli1 et dans laquelle se donn5t1 dit-on1 de =t belles ftes que je n'ai jamais vues2 c> on p5se bi5 qu' mon ret\r en ,france je n'ai pas eu le c\rage de ret\rn] dans ce tri/e lieu4 ,m4 ,,de ,,sa9te-,,james4 ,m4 de ,sa9te-,james tait f]mi]-gnral1 puissamm5t ri*e1 et vraim5t f9anci] dans t\te l't5due du t]me4 ,c'tait un homme de moy5ne gr&eur1 gros et gras1 au visage trs color de cette fra*eur qu'on peut avoir c9quante ans passs qu& on se porte bi5 et qu'on e/ heureux4 ,m4 de ,sa9te-,james t5ait un tat de maison de la plus gr&e opul5ce2 il habitait un des beaux htels de la place ,v5dme1 et donnait l de trs gr&s et bons dn]s1 o il runissait tr5te ou qu>ante p]sonnes p\r le mo9s4 ,n'ayant pu refus] d'y all] une fois1 je regrettai beauc\p de n'tre ni g\rm&e ni fri&e2 c> s\s ces deux rapports j'aurais t compltem5t satisfaite1 t&is que cette socit si nombreuse ne me sembla pas1 beauc\p prs1 aussi aimable que celle qu'on tr\vait *ez ce bon ,m4 ,b\t94 ,m4 de ,sa9te-,james recevait son monde avec plus de bonhomie que de grces4 ,aprs le dn] on passait dans un sup]be salon1 entirem5t g>ni de glaces2 mais t\t cela ne faisait po9t que tant de p]sonnes runies1 qui ne se connaissai5t pas1 puss5t caus] ensemble avec cette espce de confiance et d'intimit qui fait le *>me des conv]sations4 ,plus t>d1 lorsque ,m4 de ,sa9te-,james eut arrang sa maison et son magnifique j>d9 de ,neuilly1 ce qu'on a t\j\rs appel la folie ,sa9te-,james1 il m'engagea v5ir y dn] avec quelques-uns de mes amis4 ,cette j\rne fut agrable1 il n\s prom5a dans ce beau p>c1 qui v5ait de cot] des trsors4 ,entre autres folles dp5ses1 on avait con/ruit un ro*] factice1 dont les normes pi]res1 apportes de =t lo9 sans d\te1 et bi5 gr&s frais1 avai5t l'air de n'tre que susp5dues4 ,j'av\e que je le trav]sai trs rapidem5t1 tant ces votes imm5ses me p>aissai5t peu solides4 ,c'e/ dans cette sup]be habitation que ,m4 de ,sa9te-,james se plaisait donn] de vritables ftes4 ,je m'y r5dis un j\r p\r y voir j\] la comdie4 ,tant de p]sonnes tai5t invites et p>c\rai5t le j>d9 avant et aprs le spectacle1 qu'on se croyait dans une prom5ade publique4 ,il faut croire que la rvolution n'e/ po9t arrive temps p\r punir ,m4 de ,sa9te-,james d'avoir tal tant de magnific5ce1 c> je n'ai jamais ent5du dire1 ni dans l'trang]1 ni depuis mon ret\r en ,france1 qu'il ait t guillot94 ,une mort naturelle l'aura s\/rait au sort affreux de ,m4 de ,laborde et de ,m4 ,b\t94 ,,la ,,comtesse ,d',,angevilli]s4 ,madame d',angevilli]s tait ce qu'on appelle un bel esprit4 ,elle en avait dj la rputation lorsqu'elle tait madame ,m>*ais4 ,t\s les hommes de lettres1 et mme les savans1 composai5t alors sa socit4 ,le comte d',angevilli]s1 qu'elle recevait s\v5t1 en dev9t am\reux et l'p\sa4 ,elle avait un tel asc5dant sur lui qu'il ne p>lait po9t en sa prs5ce1 quoiqu'il et de l'esprit1 du gt et des connaissances qu'on p\vait apprci] aism5t p>t\t o n'tait pas sa femme4 ,il me s]ait impossible de dire si madame d',angevilli]s tait laide ou jolie2 je l'ai cep5dant vue nombre de fois1 et j'ai s\v5t t place table ct d'elle4 ,mais elle avait t\j\rs la figure ca*e s\s un voile1 qu'elle n'tait pas mme p\r dn]4 ,ce voile c\vrait1 a9si que son visage1 un norme b\quet de bran*es d'arbres v]ts1 qu'elle portait con/amm5t son ct4 ,je ne concevais pas comm5t elle p\vait s'enf]m] a9si avec ce b\quet sans pr5dre mal la tte3 mais plus t>d1 qu& je suis entre dans sa *ambre c\*]1 j'ai t encore plus surprise de voir cette *ambre g>nie de grad9s t\j\rs c\v]ts d'arbres v]ts de t\te espce1 que l'on n'tait pas mme la nuit4 ,madame d',angevilli]s tait aussi polie qu'on p\vait l'tre1 mais si trangem5t complim5teuse1 qu'on lui en v\lait quelquefois de r5dre la politesse ridicule4 ,un j\r que ,m4 d',angevilli]s avait engag dn] plusieurs arti/es de l',acadmie de pe9ture1 ,ve/i] y v9t4 ,ve/i] tait =t bon pe9tre de portraits et v5ait d'expos] au salon un tableau de famille trs bi5 compos et trs h>monieux qu'on avait beauc\p rem>qu4 ,mais il p\vait avoir au mo9s c9quante ans1 il tait maigre1 ple et prodigieusem5t laid4 ,madame d',angevilli]s1 qui dsirait lui adress] quelques mots flatteurs1 lui dit t\t haut3--,en vrit1 ,monsieur1 je v\s tr\ve embelli4 ,le pauvre ,ve/i] dev9t r\ge comme un coq1 il reg>dait droite et gau*e p\r voir si ces p>oles ne s'adressai5t pas quelque autre qu' lui1 en sorte que le f\ rire me prit4 ,c'e/ *ez madame d',angevilli]s que j'ai dn p\r la premire fois avec le m>quis de ,bivre1 qui e/ dev5u clbre comme faiseur de calemb\rgs4 ,j'eus du malheur1 c> le j\r dont je p>le il n'en fit aucun2 mais on m'en apprit un =t joli qu'il avait adress la re9e4 ,sa ,maje/ lui dem&ant un calemb\rg1 ,m4 de ,bivre1 s'tant incl91 s'ap]ut que la re9e avait des s\li]s v]ts3--,les dsirs de ,votre ,maje/ sont des ordres1 dit-il aussitt1 l'univ]s e/ ses pi$s4 ,,g+u54 ,g+u5 m'avait t prs5t p> ,lebrun le pote comme son ami intime1 en sorte qu'il v5ait quelquefois mes soires1 quoiqu'il ne me plt s\s aucuns rapports4 ,je lui tr\vais un esprit sec1 sans *>me et sans gaiet2 il n'tait pas en h>monie avec ma socit1 et ses oeuvres m'tai5t t\t aussi antipa?iques que sa conv]sation4 ,en #aghi1 il n\s lut une ode qu'il v5ait de faire p\r ,m4 ,neck]4 ,cette ode p\vait pass] p\r le programme de #agic1 il y p>lait de victimes1 et s\t5ait qu'on ne p\vait rgnr] la ,france sans rp&re du sang4 ,des op9ions aussi atroces me faisai5t frissonn]4 ,le comte de ,vaudreuil1 qui tait prs5t1 ne dit ri51 mais n\s n\s reg>dmes1 et je vis bi5 qu'a9si que moi il dev9ait l'homme4 ,g+u5 ne quittait gure son ami ,lebrun ,p9d>e4 ,sitt aprs la mort de celui-ci1 il alla tr\v] madame ,lebrun 7qui p> p>5?se avait t cuis9ire71 et lui dem&a les manuscrits de ,lebrun1 dont il dsirait se faire diteur4 ,madame ,lebrun les lui remit t\s4 ,en les feuilletant p\r les mettre en ordre1 ,g+u5 fut un peu saisi de tr\v] plus de c5t pigrammes faites contre lui-mme2 quelques-unes tai5t atroces4 ,on conoit que l'diteur les mit t\tes de ct2 mais je l'ai t\j\rs s\ponn de s'tre v5g en faisant imprim] trop de *oses faibles et inutiles dans les oeuvres de ,lebrun1 ce qui nuit beauc\p un recueil qui p\vait tre excell5t4 ,t\t le monde sait que1 la rvolution v5ue1 ,g+u5 s'y jeta corps p]du1 et qu'il tmoignait hautem5t son regret de n'avoir pas t mme de vot] la mort de ,l\is ,,xvi4 ,,vig,e4 ,mon frre tait un de ces hommes faits p\r se voir trs re*]*s dans la socit4 ,il avait un excell5t ton1 ayant frqu5t =t jeune la bonne compagnie1 de l'esprit1 de l'in/ruction2 il faisait de trs jolis v]s avec une extrme facilit1 et j\ait la comdie mieux que beauc\p d'acteurs4 ,il contribuait inf9im5t au *>me et la gaiet de t\tes nos runions2 peut-tre mme l'empressem5t que mettait le monde le re*]*] a-t-il nui sa c>rire littraire1 c> n\s lui pr5ions beauc\p de temps4 ,il lui en re/a assez nanmo9s p\r se di/+u] comme homme de lettres4 ,outre le c\rs de littrature qu'il fit l',a?ne avec un gr& succs1 quoiqu'il succdt au c\rs que v5ait d'y faire ,la ,h>pe1 ,vige a laiss un volume de posies lgres et plusieurs comdies crites en v]s1 dont deux1 les ,aveux difficiles et l',entrevue sont re/es =t long-temps au rp]toire du ,?tre-,franais4 ,je suis mme surprise qu'on ne les donne plus1 surt\t l',entrevue1 *>mante petite pice1 que mademoiselle ,contat et ,mol j\ai5t admirablem5t4 ,mon frre1 jeune encore1 p\sa la fille ane de ,m4 de ,rivire1 *>g d'affaires de ,saxe3 c'tait une femme *>mante1 ple9e de v]tus et de tal5s1 si excell5te musici5ne1 et d\e d'une si belle voix1 qu'elle a *ant *ez moi avec madame ,todi1 sans que la comp>aison lui ft dfavorable4 ,mon frre et mademoiselle de ,rivire n'ont laiss de leur m>iage qu'un seul enfant1 ma nice1 ma bi5-aime nice1 celle qui m'a r5du une fille depuis1 hlas6 que j'ai p]du la mi5ne4 ,,le ,,m>quis ,,de ,,rivi,,re4 ,jamais je ne p5se ce brave sans song] aux anci5s preux2 t\t en lui tait *eval]esque2 il a c5t fois affront la mort1 et la mort la plus horrible1 avec un c\rage1 un sang-froid1 une p]svrance inimag9able1 p\r s]vir le pr9ce auquel il avait consacr sa vie2 et ce dv\em5t si complet1 si con/ant1 ne pr5ait sa s\rce dans aucune ambition1 mais dans l'amiti la plus vive1 dans une amiti bi5 r>e mme entre p>ticuli]s4 ,cette affection du m>quis de ,rivire p\r ,m4 le comte d',artois dom9ait en lui t\t autre s5tim5t2 elle a pu le conduire l'exil1 la pauvret1 dans les ca*ots1 sans qu'il crt lui faire trop de sacrifices4 ,je n'ai plus ri51 me disait-il un j\r ,londres2 mais1 aj\ta-t-il en mettant la ma9 sur son coeur1 o tait t\j\rs plac le portrait de son pr9ce *ri1 la d]nire g\tte du sang qui c\le l e/ p\r lui4 ,peut-tre le sort m'a-t-il prs]v si s\v5t p>ce que je dois lui tre utile4 ,je s]ais bi5 heureux alors d'avoir *app tant de fois la mort4 ,c'e/ p> suite d'un dsir si l\able qu'on a t\j\rs vu ,m4 de ,rivire se *>g] des missions les plus importantes et s\v5t les plus dang]euses4 ,le repos lui tait dev5u trang]1 ne lui semblait plus ncessaire2 il p>tait p\r ,vi5ne1 p\r ,b]l91 p\r ,pt]sb\rg1 etc41 portant aux rois qui re/ai5t encore sur leurs trnes les dem&es d'un roi tomb du si54 ,il c\rait j\r et nuit sans s'arrt]1 quelquefois sans pr5dre de n\rriture1 et remplissait sa mission avec tant de noblesse et d'habilet1 qu'il emportait l'e/ime et la considration de t\s les s\v]a9s et de t\s les diplomates de l',europe4 ,ces voyages rpts d'une manire vraim5t fabuleuse n'avai5t ri5 de dang]eux1 "p l'extrme fatigue qu'ils lui causai5t2 mais combi5 de fois ne s'e/-il pas introduit en ,france1 sur cette t]re qu'il ne p\vait t\*] qu'au risque de sa tte8 ,dans les nombreuses c\rses qu'il faisait ,p>is p5dant le temps de la t]reur1 combi5 de fois son zle1 son activit1 lui ont-ils fait affront] la mort8 ,dieu semblait le protg]4 ,un j\r1 sur le po9t de db>qu] en ,bretagne1 il tr\ve la cte g>nie de soldats2 l'in/ant il saute du canot dans la m]1 plonge1 et re/e s\s l'eau jusqu'au mom5t o1 la cte dev5ue libre1 il lui e/ possible de gagn] la t]re4 ,il entrait ,p>is et il en sortait tantt dguis en m>*& d'allumettes1 tantt s\s t\t autre dguisem5t du mme g5re4 ,il s'y t5ait ca* le j\r *ez un brave homme qui l'avait s]vi autrefois et lui tait entirem5t dv\2 il ne p\vait agir que la nuit en s'exposant encore aux plus gr&s prils2 fallait-il rep>tir1 il ne p>v5ait s\v5t se s\/raire aux p\rsuites qu'il excitait qu'en sautant des rav9s pr(onds1 en trav]sant rapidem5t des rivires la nage2 s\ffrant la faim1 la soif1 ne p\vant pr5dre aucun repos4 ,c'e/ a9si qu'il p>v9t t\j\rs s'*app] jusqu' la tri/e affaire de ,georges4 ,je me s\vi5s que1 peu de temps avant cette fatale entreprise1 je me tr\vais ,londres avec lui dans une maison o se tr\vait aussi ,pi*egru4 ,m4 de ,rivire1 qui prt5dait que j'tais excell5te physionomi/e1 s'appro*a de moi et me montrant le gnral franais3 ,obs]vez cet homme1 me dit-il1 croyez-v\s qu'on puisse s'y fi]1 qu'il ne trahira pas8 ,on p5se bi5 que j'ignorais compltem5t de quelle affaire il s'agissait2 mais je reg>dai ,pi*egru et je rpondis sans hsit]3--,on peut s'y fi]2 la fran*ise me p>at sig] sur ce front-l4 ,pi*egru ne trahit po9t en effet1 on sait trop qu'il e/ mort la premire victime de cette malheureuse t5tative4 ,le sort de ,m4 de ,rivire ne fut pas aussi affreux1 quoique sa prison ait t bi5 longue et bi5 cruelle2 c> il m'a racont mon ret\r en ,france que le premi] ca*ot o il fut mis tait ple9 d'une eau /agnante qui lui v5ait jusqu' la *eville4 ,si l'on jo9t cette situation l'ide que cette prison ne s'ouvrirait peut-tre jamais p\r lui1 et la d\leur de vivre lo9 de son pr9ce bi5-aim1 lo9 de t\s ses amis1 on juge de ce qu'il a d s\ffrir4 ,c'e/ cette poque de malheur que ,m4 de ,rivire dev9t dvot1 et qu'il puisa dans la religion la =ce qui lui tait ncessaire p\r support] tant de pe9es et tant de privations4 ,aprs tre re/ plusieurs annes en prison1 il en sortit enf9 sur sa p>ole d'honneur de ne po9t quitt] la ,france2 c> ,bonap>te lui-mme savait ce qu'tait la p>ole d'honneur de ,m4 de ,rivire1 qui la respecta scrupuleusem5t en effet1 jusqu'au j\r o il eut l'ineffable joie de voir rev5ir les ,b\rbons4 ,on sait que le roi le fit duc1 qu'il fut envoy ,con/ant9ople comme ambassadeur dans des circon/ances difficiles1 et qu'enf9 ,*>les ,x l'avait *oisi p\r g\v]neur du duc de ,bordeaux1 qu& une mort prmature v9t l'enlev] son jeune lve1 son pr9ce *ri1 et l'on peut dire la ,france4 ,ayant appris quel po9t ,*>les ,x ress5tait d\l\reusem5t la p]te d'un tel ami1 comme j'avais dj fait de s\v5ir le portrait de plusieurs p]sonnes1 j'essayai de faire a9si celui de ,m4 de ,rivire2 j'eus le bonheur de russir4 ,je portai aussitt le portrait au roi1 qui le reut avec une extrme s5sibilit1 et qui s'cria les l>mes aux yeux3--,ah6 madame ,lebrun1 combi5 je v\s suis oblig de votre heureuse et t\*ante ide6 ,j'tais plus que paye p> ces p>oles2 mais je n'en reu pas mo9s le l5dema9 de ,sa ,maje/ un sup]be ncessaire en v]meil1 que je g>d]ai t\te ma vie4 ,le duc de ,rivire tait d'une taille moy5ne1 ni beau ni laid2 on ne p\vait rem>qu] dans sa figure qu'une extrme f9esse de reg>d1 qui1 jo9te une expression de fran*ise et de bont1 annonait t\t le c>actre de l'homme4 ,tel que je le dpe9s1 cep5dant1 ,m4 de ,rivire a t\j\rs fait les conqutes les plus brillantes4 ,il ne les devait po9t ses avantages extrieurs1 mais bi5 aux qualits de son ame1 auxquelles il devait aussi tant d'amis1 qui lui sont re/s atta*s jusqu' sa mort et ne p]dront jamais son s\v5ir4 ,p>mi plusieurs beauts di/+ues qui ont eu de l'am\r p\r lui1 la d]nire surt\t tait bi5 c]ta9em5t la plus jolie femme de la c\r2 elle l'a aim tant qu'elle a vcu1 et ,m4 de ,rivire lui cons]vait un s\v5ir t\*ant4 ,il portait habituellem5t sur son coeur1 ct du portrait de ,m4 le comte d',artois1 un portrait d'elle qu'il me montra ,londres4 ,il ne commettait en cela aucune indiscrtion1 sa liaison avec cette *>mante p]sonne ayant t connue de t\t le monde4 ,de ret\r en ,france1 il se m>ia avec une femme qui l'adorait1 et dont il a fait con/amm5t le bonheur4 ,il en a eu plusieurs enfans4 ,m4 de ,rivire1 outre son noble et beau c>actre1 avait beauc\p d'esprit4 ,on p\rrait imprim] plusieurs de ses lettres comme modle de /yle1 et dans la conv]sation le mot d'-propos ne lui manquait jamais4 ,un j\r1 p> exemple1 djeunant ,pt]sb\rg *ez ,suv>[1 qui avait p\r lui de l'e/ime et de l'affection1 ce gnral dit aux (fici]s russes1 en le dsignant3 ,allons1 messieurs1 buvons au plus brave6-- votre sant1 monsieur le m>*al1 rpondit aussitt ,m4 de ,rivire4 ,s\s le titre de ,mmoires1 ,m4 le *evali] de ,*azet a crit la vie du duc de ,rivire4 ,t\s les docum5s ncessaires lui avai5t t f\rnis p\r qu'on ne pt conte/] la vracit de cet ouvrage1 qui se lit avec un vif intrt et qui fait honneur au coeur comme au tal5t littraire de l'auteur4 ,m4 ,,de ,,buffon4 ,je suis alle1 en #aghe1 avec mon frre et ,m4 le comte de ,vaudreuil1 dn] *ez cet homme si clbre comme savant et comme criva94 ,buffon tait dj =t vieux1 puisqu'il e/ mort trois ans aprs1 g de quatre-v+t-un ans4 ,je fus d'abord frappe de la svrit de sa physionomie2 mais ds qu'il se fut mis caus] avec n\s1 n\s crmes voir s'opr] une mtamorphose2 c> son visage s'anima au po9t qu'on p\vait dire de lui avec t\te vrit que le gnie t9celait dans ses yeux4 ,n\s le quittmes p\r all] table2 lui re/a dans son salon1 ne mangeant plus alors que des lgumes4 ,son fils et sa jolie belle-fille fir5t les honneurs du dn]1 aprs lequel n\s ret\rnmes au salon p\r y pr5dre le caf4 ,une conv]sation s'tant tablie1 ,m4 de ,buffon en fit presque t\s les frais1 et p>ut se plaire la prolong]2 il n\s rcita de mmoire plusieurs fragm5s de ses ouvrages1 qui n\s *>mr5t d\blem5t p> la *aleur et l'expression qu'y prtait l'acc5t du gnie4 ,n\s le quittmes assez t>d1 avec un gr& regret1 et j'tais tellem5t en?\siasme de lui1 que j'enviais beauc\p le sort de son fils et de sa belle-fille1 qui p\vai5t t\s les j\rs le voir et l'ent5dre4 ,m4 ,,le ,,pelleti] ,,de ,,morfonta9e4 ,m4 ,le ,pelleti] de ,morfonta9e1 qui a t longtemps prvt des m>*&s s\s ,l\is ,,xvi1 avait de l'esprit1 de l'in/ruction1 de la bonhomie1 un ton p>fait1 et p\rtant je n'ai connu p]sonne plus *>g que lui de ridicule4 ,il tait assez gr&1 trs maigre4 c9quante-c9q ans au mo9s qu'il avait qu& je l'ai connu1 son visage tait ple et fan1 il mettait p\r s'anim] le te9t une =te c\*e de r\ge sur ses j\es et jusque sur son nez4 ,la *ose tait vid5te au po9t qu'il en conv5ait en n\s disant qu'il f]ait peur s'il ne portait po9t de r\ge4 ,cette figure dj assez comique tait ent\re d'une coiffure tellem5t trange1 qu'en la voyant p\r la premire fois j'clatai de rire4 ,c'tait une imm5se p]ruque fiscale dont le t\pet s'levait en po9te comme un pa9 de sucre1 accompagn de longues b\cles qui tombait sur les paules2 le t\t p\dr blanc4 ,ce n'e/ pas t\t2 ,m4 ,le ,pelleti] avait de fatales infirmits qu'il ne devait pas son ge avanc1 mais une malheureuse nature3 il tait oblig de t5ir sans cesse dans sa b\*e des pa/illes odorantes et de se g>d] de p>l] aux g5s de prs4 ,il pr5ait plusieurs ba9s de pi$s dans le j\r1 il en pr5ait mme la nuit et portait con/amm5t deux paires de s\li]s d\bles semelles4 ,tant de prcautions n'emp*ai5t po9t qu'il ne ft impossible de t5ir prs de lui dans une voiture f]me2 j'en ai fait une fois la tri/e expri5ce1 a9si que ma belle-soeur1 en rev5ant de ,morfonta9e4 ,eh bi56 tel que le voil1 ,m4 ,le ,pelleti] avait les plus gr&es prt5tions auprs des femmes1 et se croyait l'homme du monde le plus dang]eux p\r elles4 ,il p>lait sans cesse de ses am\rs1 de ses succs1 de ses conqutes1 ce qui prtait beauc\p rire4 ,le *evali] de ,coigny m'a racont qu'tant all un mat9 voir ,m4 ,le ,pelleti]1 il le tr\va t5du sur une *aise longue1 prs d'une table c\v]te de fioles1 de mdicam5s1 de sa*ets1 etc41 et si ple1 c> il n'avait pas encore mis son r\ge1 qu'en entrant dans sa *ambre1 ,m4 de ,coigny le crut m\rant4--,ah6 mon *] *evali]1 dit-il aussitt1 que je suis ravi de v\s voir6 ,v\s allez me donn] vos bons avis sur une *ose qui m'occupe beauc\p4 ,il faut que v\s sa*iez que je vi5s de rompre t\tes mes liaisons2 je suis libre1 absolum5t libre1 et v\s qui connaissez les plus jolies femmes de la c\r1 v\s allez me dire laquelle v\s me conseillez d'adress] mes so9s4 ,le *evali] de ,coigny tait peut-tre de notre socit celui qui s'amusait le plus des ridicules de ,m4 ,le ,pelleti]2 on juge s'il saisit l'occasion4 ,il se mit pass] en revue avec lui les femmes les plus rem>quables p> leur beaut2 mais t\tes ,m4 ,le ,pelleti] tr\vait quelque dfaut qui le rep\ssait4 ,cette scne dura long-temps3--,ma foi1 mon *]1 dit enf9 le *evali] en clatant de rire1 puisque v\s tes si difficile1 je v\s conseille d'imit] le beau ,n>cisse et de dev5ir am\reux de v\s-mme4 ,c'e/ s\s la prvt de ,m4 ,le ,pelleti] de ,morfonta9e que le pont de la place ,l\is ,,xv fut bti1 et cette occasion1 le roi lui donna le cordon bleu1 que l'on p\vait obt5ir p> *>ge1 lorsqu'on ne faisait po9t p>tie de la haute noblesse4 ,ce cordon bleu lui t\rna tellem5t la tte qu'il le portait t\j\rs2 je s]ais t5te de croire qu'il le mettait ds le mat9 sur sa robe de *ambre4 ,un j\r je l'ap]u grimpant sur les ro*]s qui bord5t le lac de ,morfonta9e1 et co/um selon son ord9aire comme s'il allait p>tir p\r ,v]sailles4 ,je lui criai d'en bas1 o je me prom5ais1 plonge dans mes rv]ies *amptres1 que son cordon bleu tait t\t--fait ridicule au milieu de cette belle nature4 ,il ne m'en v\lut pas un in/ant de lui avoir a9si fait s5tir son trav]s2 c> aprs t\t il faut dire que ce pauvre ,m4 ,le ,pelleti] tait le meilleur homme du monde4 ,,voltaire4 ,j'tais la ,comdie-,franaise le j\r que ,voltaire v9t y voir reprs5t] sa tragdie d',irne4 ,de ma vie je n'ai assi/ un p>eil triomphe4 ,qu& le gr& homme entra dans sa loge1 les cris1 les applaudissem5s fur5t tels que je crus que la salle allait s'effondr]4 ,il en fut de mme au mom5t o on lui plaa la c\ronne sur la tte1 et le clbre vieill>d tait si maigre1 si *tif1 que d'aussi vives motions me faisai5t trembl] p\r lui4 ,quant la pice1 on n'en c\ta pas un mot1 et cep5dant ,voltaire put quitt] la salle p]suad qu',irne tait son meilleur ouvrage4 ,j'avais une extrme envie d'all] le voir l'htel de ,m4 de ,villette *ez qui il logeait2 mais ayant ent5du dire que t\t flatt qu'il tait des visites sans nombre qui lui tai5t faites1 il en pr\vait une gr&e fatigue1 je r5onai mon projet4 ,je puis donc dire n'avoir t *ez lui qu'en pe9ture1 et voici comm5t4 ,hall1 le plus habile pe9tre en m9iature de cette poque1 v5ait de f9ir mon portrait4 ,ce portrait tait extrmem5t ressemblant1 et ,hall tant all voir ,voltaire1 le lui montra4 ,le clbre vieill>d1 aprs l'avoir reg>d long-temps1 le baisa plusieurs reprises4 ,j'av\e que je fus trs flatte d'avoir reu une p>eille faveur1 et que je sus =t bon gr ,hall d'tre v5u me l'affirm]4 ,,le ,,pr9ce ,,h5ri ,,de ,,prusse4 ,lorsque la comtesse de ,sabran me prs5ta *ez elle au frre du gr& ,frdric1 je voyais ce pr9ce p\r la premire fois1 et je ne saurais dire combi5 je le tr\vai laid4 ,il p\vait avoir peu prs c9quante-c9q ans cette poque1 le roi de ,prusse tant de beauc\p son an4 ,il tait petit1 m9ce1 et sa taille1 quoiqu'il se tnt =t droit1 n'avait aucune noblesse4 ,il avait cons]v un acc5t allem& trs m>qu1 et grasseyait excessivem5t4 ,quant la laideur de son visage1 elle tait au premi] abord t\t--fait rep\ssante4 ,cep5dant avec deux gros yeux dont l'un reg>dait droite et l'autre gau*e1 son reg>d n'en avait pas mo9s je ne sais quelle d\ceur1 qu'on rem>quait aussi dans le son de sa voix1 et lorsqu'on l'c\tait1 ses p>oles tant t\j\rs d'une obligeance extrme3 on s'acc\tumait le voir4 ,sa valeur gu]rire e/ assez connue p\r qu'il soit inutile d'en p>l]2 on sait qu'il aimait la gloire en digne frre de ,frdric2 mais ce qu'il faut dire1 c'e/ qu'il tait aussi s5sible un trait d'humanit qu' un trait d'hrosme3 il tait bon et faisait un trs gr& cas de la bont dans les autres4 ,il avait p\r les arts1 et surt\t p\r la musique1 une vritable passion1 au po9t qu'il voyageait avec son premi] violon af9 de p\voir cultiv] son tal5t en r\te4 ,ce tal5t tait assez mdiocre1 mais le pr9ce ,h5ri ne laissait *app] aucune occasion de l'ex]c]4 ,p5dant t\t le sj\r qu'il a fait ,p>is1 il v5ait con/amm5t mes soires musicales1 ne r$\tait po9t la prs5ce des premi]s virtuoses1 et je ne l'ai jamais vu refus] de faire sa p>tie dans un quatuor ct de ,viottis qui j\ait le premi] violon4 ,,le ,,comte ,d',,alb>et4 ,un autre amateur =c5 de musique1 qui vivait ,p>is la mme poque1 tait le comte d',alb>et4 ,non-seulem5t il s'empressait d'all] t\s les conc]ts2 mais1 quoique sa =tune ne ft pas trs considrable1 il avait une musique lui1 comme en ont les s\v]a9s4 ,il logeait et n\rrissait dans sa maison huit ou dix musici5s auxquels il payait des appo9tem5s1 leur p]mettant en outre de pr5dre des coli]s dehors aux heures qu'il leur laissait libres4 ,ces arti/es1 comme on doit l'imag9]1 tai5t t\s du second ordre4 ,la *anteuse1 p> exemple1 qui ne *antait que des airs itali5s1 avait une assez belle voix1 mais ne p\vait pass] p\r une prima dona1 et je me s\vi5s qu'il m'avait donn p\r matre de *ant un homme dont le savoir tait mdiocre4 ,il en tait de mme de ses in/rum5ti/es1 pris isolm5t1 sans en except] son premi] violon2 et cep5dant1 t\s ces g5s-l avai5t une telle habitude de m>*] ensemble1 et faisai5t un si gr& nombre de rptions1 qu'on n'ent5dait nulle "p de la musique aussi bi5 excute que *ez le comte d',alb>et4 ,aussi t\s les amateurs se r5dai5t-ils avec empressem5t ses conc]ts4 ,ils avai5t lieu le diman*e mat93 j'y suis alle plusieurs fois1 et j'en suis t\j\rs sortie *>me4 ,,le ,,comte ,d',,esp9*al4 ,voici un homme dont les affaires1 les plaisirs1 en un mot t\te l'exi/5ce1 se bornai5t savoir1 j\r p> j\r1 t\t ce qui se passait dans ,p>is4 ,le comte d',esp9*al tait t\j\rs in/ruit le premi] d'un m>iage1 d'une intrigue am\reuse1 d'une mort1 de la rception ou du refus d'une pice de ?tre1 etc42 au po9t que si l'on avait beso9 d'un r5seignem5t quelconque sur qui ou sur quoi que ce ft au monde1 on se disait aussitt3 ,il faut le dem&] d',esp9*al4 ,on imag9e bi5 que1 p\r tre aussi p>faitem5t au fait1 il fallait qu'il connt une prodigieuse quantit de g5s2 aussi ne p\vait-il m>*] dans la rue sans salu] quelqu'un *aque pas1 et cela depuis le gr& seigneur jusqu'au g>on de ?tre1 depuis la du*esse jusqu' la grisette et la fille entret5ue4 ,en outre1 le comte d',esp9*al allait p>t\t4 ,on tait c]ta91 ne ft-ce que p\r un mom5t1 de le voir dans les prom5ades1 aux c\rses de *evaux1 au salon1 le soir deux ou trois spectacles4 ,je n'ai vraim5t jamais su quel temps il pr5ait p\r se repos] et mme p\r dormir2 c> il passait presque t\tes ses nuits dans les bals4 l',opra a9si qu' la ,comdie-,franaise1 il savait au ju/e qui app>t5ai5t t\tes les loges1 dont la plup>t1 il e/ vrai1 tai5t l\es l'anne cette poque4 ,on le voyait se les faire ouvrir l'une aprs l'autre p\r re/] c9q m9utes dans *acune2 c> trop d'affaires l'appelai5t de t\s cts p\r qu'il ft des visites longues4 ,il n'y mettait que le temps d'appr5dre quelques n\velles de plus4 ,heureusem5t le comte d',esp9*al n'tait po9t m*ant1 autrem5t il aurait pu br\ill] bi5 des mnages1 caus] bi5 des ruptures de liaisons d'am\r ou d'amiti1 enf9 nuire beauc\p de g5s4 ,il n'tait pas mme trs bav>d et savait se taire avec les p]sonnes intresses dans les my/res sans nombre qu'il p>v5ait dc\vrir4 ,il suffisait sa satisfaction p]sonnelle d'tre p>faitem5t au c\rant de t\t ce qui se passait ,p>is et ,v]sailles2 mais p\r p>v5ir ce b il ne ngligeait aucun so91 et bi5 c]ta9em5t il tait plus au fait de mille *oses que ne l'tait le lieut5ant de police4 ,une p>eille manie e/ si biz>re1 qu'af9 de faire croire sa ralit1 je vais racont] un trait qui1 dans le temps1 a t connu de t\t ,p>is4 ,un j\r1 ou plutt une nuit1 le comte d',esp9*al se tr\vait au bal de l',opra4 ,ce bal n'tait po9t alors ce qu'il e/ dev5u ma9t5ant2 la bonne compagnie le frqu5tait1 et les plus honntes femmes de la c\r et de la ville ne se refusai5t pas le plaisir d'y all]1 masques jusqu'aux d5ts1 comme on disait2 mais p\r ,m4 d',esp9*al il n'exi/ait po9t de masque2 du premi] c\p d'oeil il reconnaissait son monde3 aussi t\s les dom9os le fuyai5t-ils comme la pe/e4 ,il se prom5ait dans la salle qu& il rem>qua un homme qu'il ne connaissait pas1 et qui c\rait de cts et d'autres1 ple1 eff>1 s'appro*ant de t\tes les femmes en dom9os bleus1 puis s'loignant aussitt d'un air dsespr4 ,le comte n'hsite pas l'abord]1 et lui dit avec intrt3--,v\s me p>aissez en pe9e1 monsieur4 ,si je p\vais v\s tre bon quelque *ose1 j'en s]ais *>m4--,ah6 monsieur1 rpond l'inconnu1 je suis le plus malheureux des hommes4 ,imag9ez que ce mat9 je suis arriv d',orlans avec ma femme1 qui m'a t\rm5t p\r la m5] au bal de l',opra4 ,dans cette f\le1 je vi5s de la p]dre1 et la pauvre petite ne sait pas le nom de l'htel1 pas mme le nom de la rue o n\s sommes desc5dus4--,calmez-v\s1 calmez-v\s1 dit le comte d',esp9*al1 je vais v\s conduire prs d'elle4 ,madame votre femme e/ assise dans le foy] la seconde f5tre4 ,c'tait la dame en effet4 ,le m>i1 transport de joie1 se confond en rem]ciem5s3--,mais comm5t se fait-il1 monsieur1 que v\s ayez dev98444--,ri5 n'e/ plus simple1 rpond le comte d',esp9*al3 madame tant la seule femme du bal que je ne connaisse pas1 j'avais dj bi5 p5s qu'elle devait tre arrive de prov9ce trs n\vellem5t4 ,qu& je suis rev5ue ,p>is1 s\s le consulat1 j'ai revu le comte d',esp9*al3--,eh bi56 lui dis-je1 v\s devez tre furieusem5t dsori5t2 v\s ne connaissez plus p]sonne dans les loges de l',opra et de la ,comdie4 ,p\r t\te rponse1 il leva les yeux au ciel4 ,il e/ mort peu de temps aprs1 d'ennui sans d\te2 c> il n'tait pas extrmem5t vieux4 ,on assure qu'avant de m\rir il brla une norme quantit de notes qu'il avait l'habitude d'crire *aque soir4 ,j'avais en effet ent5du p>l] de ces notes p> plusieurs p]sonnes que peut-tre elles effrayai5t4 ,il e/ c]ta9 qu'elles aurai5t pu f\rnir la matire d'un ouvrage trs piquant1 mais bi5 c]ta9em5t trs sc&aleux4 ,,la ,,comtesse ,,de ,,flahaut4 ,p>mi les femmes les plus di/+ues que j'ai connues avant la rvolution1 je ne dois pas oubli] l'auteur d',adle de ,snanges1 d',eugne de ,ro!s91 et de plusieurs autres ouvrages *>mans1 que t\t le monde a lus p\r le mo9s une fois4 ,madame de ,flahaut1 auj\rd'hui madame de ,s\za1 n'crivait po9t encore qu& j'ai fait connaissance avec elle4 ,son fils1 qui e/ ma9t5ant pair de ,france1 tait alors un enfant de trois ou quatre ans4 ,elle-mme tait =t jeune4 ,elle avait une jolie taille1 un visage *>mant1 les yeux les plus spirituels du monde1 et tant d'amabilit qu'un de mes plaisirs tait d'all] pass] la soire *ez elle1 o le plus s\v5t je la tr\vais seule4 mon ret\r en ,france j'avais un gr& dsir de revoir madame de ,flahaut4 ,une multitude d'affaires1 d'occupations div]ses1 m'en ont emp*e p5dant si long-temps1 que je n'ai plus os me prs5t] *ez elle4 ,si le has>d fait qu'elle lise ces lignes1 elle saura du mo9s que je suis lo9 de l'avoir oublie4 ,,mademoiselle ,,qu9ault4 ,madame de ,v]dun1 une de mes meilleures amies1 me fit faire connaissance avec mademoiselle ,qu9ault1 qui1 aprs avoir t clbre comme gr&e actrice dans la tragdie et dans la comdie1 l'tait encore comme une des femmes les plus spirituelles et les plus in/ruites de son temps2 elle avait quitt le ?tre en #agda4 ,amie intime de ,m4 d',arg5son et de d',alemb]t1 son salon tait dev5u le r5dez-v\s de t\t ce que ,p>is avait de di/+u en g5s de lettres et en g5s du monde1 et l'on re*]*ait avec empressem5t le plaisir de pass] quelques mom5s avec elle4 l'poque o je l'ai connue1 mademoiselle ,qu9ault1 malgr son gr& ge1 cons]vait tant d'esprit et tant de gaiet1 qu'en l'c\tant on la voyait jeune4 ,sa mmoire tait prodigieuse1 et c]tes elle avait eu le temps de l'orn]2 c> elle avait alors quatre-v+t-c9q ans4 ,entre mille anecdotes que lui f\rnissai5t sans cesse ses s\v5irs1 elle n\s raconta qu'tant alle un j\r voir ,voltaire1 avec qui elle tait =t lie1 elle tr\va le gr& homme au lit4 ,il lui p>la d'une tragdie de lui p\r laquelle il dsirait que ,le ,ka9 mt une *>pe2 mais une *>pe place de c]ta9e faon1 et dans la *aleur de la description1 voil ,voltaire qui jette ses c\v]tures1 relve sa *emise p\r en =m] une *>pe1 laissant totalem5t dc\v]t son corps dcrpit aux yeux de mademoiselle ,qu9ault1 =t emb>rasse de sa p]sonne4 ,mademoiselle ,qu9ault n'e/ morte qu'en #aghc1 plus que nonagnaire4 ,madame de ,v]dun1 qui tait alle *ez elle un mat91 fut surprise de la tr\v] p>e1 c\v]te de rubans c\leur de rose1 mais dans son lit4--,comm5t1 dit madame de ,v]dun1 je ne v\s ai jamais vue si coquette8--,je me suis p>e a9si1 rpondit mademoiselle ,qu9ault1 p>ce que je dois m\rir auj\rd'hui4 ,le soir mme1 en effet1 elle avait cess de vivre4 ,,le ,,comte ,,de ,,riv>ol4 ,mon frre me prs5ta un mat9 le comte de ,riv>ol1 que son esprit faisait extrmem5t re*]*] dans les plus brillantes socits de ,p>is1 mme avant qu'il et ri5 crit4 ,comme je ne l'att5dais po9t1 j'tais dans mon ateli]1 et je mettais ce que n\s appelons l'h>monie plusieurs tableaux que je v5ais de t]m9]4 ,on sait que ce d]ni] travail ne p]met aucune di/raction1 en sorte qu'en dpit du dsir que j'avais t\j\rs eu d'ent5dre caus] ,m4 de ,riv>ol1 je j\is =t peu du *>me de sa conv]sation1 tant j'tais proccupe3 il p>lait en outre avec une telle volubilit que j'en tais comme t\rdie4 ,je rem>quai cep5dant qu'il avait une belle figure et une taille extrmem5t lgante2 il n'en dut pas mo9s me tr\v] si maussade que je ne l'ai plus revu *ez moi4 ,il se peut la vrit qu'un autre motif l'ait emp* d'y rev5ir4 ,il passait sa vie avec le m>quis de ,*ampc5etz1 qui s'e/ t\j\rs montr =t m*ant p\r moi4 ,le m>quis de ,*ampc5etz1 sans avoir ni t\t le tal5t1 ni la =ce de tte de l'auteur du disc\rs sur l'univ]salit de la langue franaise1 avait beauc\p d'esprit1 qu'il employait habituellem5t d*ir] le pro*a94 ,il avait1 comme ,m4 de ,bivre1 le gt des calemb\rgs2 et il en faisait sans cesse1 en sorte que ,riv>ol l'appelait l'pigramme de la langue franaise4 ,c'e/ le m>quis de ,*ampc5etz1 qui1 condamn mort p> le tribunal rvolutionnaire1 dem&a gaiem5t ses juges s'il lui tait p]mis de *]*] un remplaant p\r la g>de nationale4 ,,paul ,,jones4 ,j'ai s\v5t s\p *ez madame ,?ilori1 soeur de madame de ,bonneuil1 avec ce clbre m>91 qui a r5du tant de s]vices la cause amrica9e et fait tant de mal aux ,anglais4 ,sa rputation l'avait prcd ,p>is1 o l'on savait dans combi5 de combats1 avec sa petite escadre1 il avait triomph des =ces dix fois suprieures de l',anglet]re4 ,nanmo9s1 je n'ai jamais r5contr d'homme aussi mode/e3 il tait impossible de le faire jamais p>l] de ses hauts faits2 mais sur t\t autre sujet1 il causait volonti]s avec inf9im5t d'esprit et de naturel4 ,paul ,jones tait cossais de naissance4 ,je crois qu'il aurait beauc\p dsir dev5ir amiral dans la m>9e franaise2 j'ai mme ent5du dire que1 lorsqu'il rev9t ,p>is une seconde fois1 il en fit la dem&e ,l\is ,,xvi1 qui le refusa4 ,quoi qu'il en soit1 il alla d'abord en ,russie1 o le comte de ,sgur le prs5ta l'impratrice ,ca!r9e ,,ii1 qui l'accueillit avec la plus gr&e di/9ction et le fit dn] avec elle4 ,il quitta ,pt]sb\rg p\r all] jo9dre ,suv>[ et le pr9ce de ,nassau1 avec lesquels il se di/+ua de n\veau dans la gu]re contre les ,turcs4 ,de ret\r ,p>is1 il y e/ mort p5dant la rvolution1 mais avant la t]reur4 ,,mesm]4 ,comme j'ent5dais p>l] sans cesse de ce fameux *>latan1 j'eus la curiosit d'assi/] une fois ce qu'il appelait ses sances1 af9 de jug] p> moi-mme cette jongl]ie4 ,en entrant dans la premire salle o se t5ai5t les p>tisans du magntisme animal1 je tr\vai beauc\p de monde rang aut\r d'un gr& baquet bi5 g\dronn3 hommes et femmes1 p\r la plup>t1 se t5ai5t p> la ma91 =mant la *ane4 ,mon dsir fut d'abord de faire p>tie de ce c]cle2 mais je crus m'ap]cevoir que l'homme qui allait dev5ir mon vois9 avait la gale2 on s5t si je me htai de retir] ma ma9 et de pass] dans une autre pice4 ,p5dant le trajet1 plusieurs affids de ,mesm] dirigeai5t v]s moi de t\tes p>ts de petites baguettes de f] dont ils tai5t munis1 ce qui m'impati5tait prodigieusem5t4 ,aprs avoir visit les diffr5tes salles1 qui t\tes tai5t remplies comme la premire de malades et de curieux1 j'allais m'en all]1 lorsque je vis sortir d'une *ambre vois9e une jeune et gr&e demoiselle1 assez jolie1 que ,mesm] t5ait p> la ma94 ,elle tait t\t *evele1 et j\ait le dlire1 ayant gr& so9 p\rtant de t5ir ses yeux f]ms4 ,t\t le monde aussitt ent\ra les deux p]sonnages4--,elle e/ inspire1 dit ,mesm]1 et elle dev9e t\t1 quoique p>faitem5t endormie4 ,alors1 il la fit asseoir1 s'assit devant elle et lui pr5ant les deux ma9s1 il lui dem&a quelle heure il tait8 ,je rem>quai =t bi5 que le patron t5ait ses pi$s poss sur les pi$s de la prt5due sibylle1 ce qui r5dait facile d'indiqu] l'heure1 et mme les m9utes2 aussi la demoiselle rpondit-elle avec tant d'exactitude1 qu'elle se tr\va d'accord avec t\tes les montres des assi/ans4 ,j'av\e que je sortis indigne qu'une p>eille *>latan]ie pt russir *ez n\s4 ,ce ,mesm] a gagn des monceaux d'or2 outre ses sances1 qui1 t\j\rs =t suivies1 lui ont rapport imm5sm5t1 ses nombreuses dupes fir5t en sa faveur une s\scription qui s'leva1 m'a-t-on dit1 prs de c9q c5t mille francs4 ,mesm]1 cep5dant fut bi5tt contra9t d'all] j\ir dans quelque lieu ignor de la =tune qu'il v5ait d'amass] ,p>is3 le bruit s'tant gnralem5t rp&u qu'il se passait ses sances beauc\p de *oses indc5tes1 les doctr9es de ce jongleur fur5t s\mises l'exam5 de l',acadmie des ,sci5ces et de la ,socit royale de ,mdec9e1 et le jugem5t de ses deux corps savans sur le magntisme animal fut tel1 qu'il obligea ,mesm] quitt] la ,france4 ,auj\rd'hui que les baquets et les petites baguettes de f] ont disp>u1 n\s voyons encore des p]sonnes p]suades que telle ou telle femme qui s\v5t ne sait pas lire1 endormie p> un magntiseur1 non-seulem5t peut v\s dire l'heure qu'il e/1 mais encore dev9] votre maladie et v\s indiqu] le meilleur traitem5t suivre4 ,gr& bi5 fasse ces sibylles somnambules ceux qui les consult5t2 p\r mon compte1 si j'tais malade1 j'aim]ais mieux appel] un habile mdec9 veill4 ,,mm4 ,,*>les ,,et ,,rob]t4 ,j'ai vu mont] en ballon les deux premi]s hommes qui ont eu le c\rage de s'lev] dans l'air avec une si frle ma*9e1 dont l'inv5tion v5ait d'tre faite trs rcemm5t p> ,montgolfi]4 ,ces deux hommes tai5t ,*>les et ,rob]t4 ,ils avai5t pos leur ballon sur le gr& bass9 des ,tuil]ies1 et le j\r fix p\r l'asc5sion1 une f\le telle que je n'en ai jamais vu de p>eille remplissait le j>d94 ,qu& on eut c\p les cordes et que le ballon s'leva maje/ueusem5t une si gr&e hauteur que n\s le p]dmes de vue1 l'admiration1 la peur p\r les deux braves que portait la petite nacelle fir5t p\ss] un cri gnral4 ,beauc\p de p]sonnes1 et j'av\e que j'tais du nombre1 avai5t les l>mes aux yeux4 ,heureusem5t on apprit peu d'heures aprs que ,*>les et ,rob]t tai5t desc5dus sans aucun accid5t quelques lieues de ,p>is1 dans un village1 o l'arrive de ces tres ari5s dut faire une bi5 vive s5sation4 ,m4 ,*>les tait membre de l',acadmie des ,sci5ces et l'un de nos savans les plus di/+us4 ,c'tait de plus un excell5t homme1 aimant la musique avec passion4 ,il faisait *aque anne dans son magnifique cab9et de physique des c\rs extrmem5t suivis1 non-seulem5t p> les p]sonnes occupes de sci5ces1 mais aussi p> les g5s du monde4 ,,li/e ,,des ,,tableaux ,,et ,,des ,,portraits ,,que ,j',,avais ,,faits ,,avant ,,de ,,quitt] ,,la ,,france ,,en #aghi4 99 99 99 99 99 ,de #agfh #aggb4 #a ,ma mre en sultane1 gr& pa/el4 #a ,ma mre1 vue p> le dos4 #b ,mon frre en coli]4 ,un l'huile1 l'autre au pa/el4 #a ,m4 ,le ,svre1 en bonnet de nuit et en robe de *ambre4 #c ,monsieur1 madame et mademoiselle ,b&elaire4 #a ,m4 ,v&]gu/4 #a ,mademoiselle ,pigale1 m>*&e de modes de la re9e4 #a ,son commis4 #a ,ma mre en pelisse blan*e4 l'huile4 #a ,madame ,raff5eau4 #a ,la b>onne d',e/hal4 #b ,ses deux enfans4 #a ,madame ,daguesseau avec son *i54 #a ,madame ,suzanne4 #a ,madame la comtesse de la ,vieuville4 #a ,m4 ,m\sat4 #a ,mademoiselle ,lesp>e4 #b ,madame de ,fossy et son fils4 #b ,le vicomte et la vicomtesse de la ,bla*e4 #a ,mademoiselle ,dorion4 #a ,mademoiselle ,m\sat4 #a ,m4 ,tran*>t4 #a ,m4 le m>quis de ,*oiseul4 #a ,le comte de ,zanic\rt4 #a ,m4 ,b&elaire en bu/e1 au pa/el4 -- #ca ,un gr& nombre de ttes d'tudes et de copies d'aprs ,raphal1 ,v&yck1 ,rembr&t1 etc4 99 99 99 99 99 #aggc4 #b ,m4 et madame de ,roisy4 #a ,m4 de la ,fonta9e4 #a ,m4 le comte ,dub>ry4 #e ,m4 le comte de ,ge(fr4 #a ,m4 le m>*al comte de ,/a9ville4 #c ,madame de ,bonneuil4 #a ,madame de ,sa9t-,pays4 #a ,madame ,p>is4 #a ,m4 ,p]r94 #a ,copie du m>quis de ,vrac4 #a ,une ,amrica9e4 #a ,madame ,?ilori1 bu/e4 #a ,copie de la mme4 #a ,madame ,tt>e4 #a ,copie de l'vque de ,beauvais4 #a ,m4 de ,vismes4 #a ,m4 ,p]non4 #a ,mademoiselle ,dupetitoire4 #a ,mademoiselle ,baillot4 -- #bg 99 99 99 99 99 #aggd #a ,l'abb ,gir\x4 #a ,le petit ,roissy4 #a ,copie du *anceli]4 #a ,copie de ,m4 de la ,m>*e4 #a ,madame ,dam]val4 #a ,le comte de ,brie4 #a ,madame ,ma+at4 #a ,madame la b>onne de ,l&e4 #a ,madame ,le ,norm&4 #a ,madame de la ,grange4 #a ,m4 ,mraut4 #a ,le vicomte de ,boisjel94 #a ,m4 de ,sa9t-,malo4 #a ,m4 ,desm>ets4 #a ,madame la comtesse d',h>c\rt4 #b ,mesdemoiselles ,sa9t-,brie et de ,s5ce4 #a ,madame la comtesse de ,gontault4 #a ,mademoiselle ,rob94 #a ,m4 de ,borelly4 #a ,m4 de ,momanville4 #b ,mesdemoiselles ,rossignol1 ,amrica9es4 #a ,madame de ,belg>de4 -- #bd 99 99 99 99 99 #agge4 #a ,madame de ,monville avec son enfant4 #a ,madame ,d5is4 #a ,m4 le comte de ,s*\val(f4 #a ,m4 le comte de ,langeas4 #a ,madame ,mong4 #a ,madame ,tab>i4 #a ,madame de ,f\g]ait4 #a ,madame de ,jumilhac4 #a ,la m>quise de ,ron*]ol4 #a ,le pr9ce de ,ro*e=t4 #a ,m4 de ,livoy4 #a ,madame de ,ronsy4 #a ,m4 de ,monville4 #a ,mademoiselle de ,coss4 #a ,madame ,auge>d4 #a ,copie de madame ,dam]oal4 #a ,madame ,deplan4 #a ,m4 ,caze4 #a ,m4 ,goban4 #a ,mademoiselle de ,rubec4 #a ,le *evali] de ,ron*]ol4 #a ,le pr9ce de ,rohan pre4 #a ,le pr9ce ,jules de ,rohan4 #a ,mademoiselle de ,ro*e=t4 #a ,m4 ,ducluzel4 #b ,le comte et la comtesse de ,colog&4 #a ,mademoiselle ,julie1 qui a p\s ,talma4 #a ,madame ,c\rville4 #a ,madame la m>quise de ,grac4 #a ,madame de la ,borde4 #a ,mademoiselle de ,givris4 #a ,mademoiselle de ,ganiselot4 #a ,m4 de ,veselay4 -- #cd 99 99 99 99 99 #aggf4 ,depuis mon m>iage4 #a ,la pr9cesse de ,craon4 #a ,le m>quis de ,*\>t4 #a ,le pr9ce de ,montb>rey4 #a ,m4 ,gros1 pe9tre1 enfant4 #a ,madame ,grant1 depuis pr9cesse de ,talleyr&4 #a ,le comte des ,deux-,ponts4 #a ,madame de ,montb>rey4 #a ,un banqui]4 #b ,m4 et madame ,t\lli]4 #a ,la pr9cesse d',aremb]g4 #a ,m4 de ,sa9t-,d5is4 #ab ,monsieur1 frre du roi4 #b ,m4 et madame de ,valesque4 #a ,le petit ,vaubal4 #a ,madame de ,lamoignon4 #d ,m4 de ,savalette4 #a ,le pr9ce de ,nassau4 #a ,madame de ,br5te4 #a ,milady ,b]kley4 #a ,madame ,saulot4 #a ,la comtesse ,potoska4 #b ,madame de ,v]dun4 #a ,madame de ,montmor94 #a ,sa fille4 -- #da 99 99 99 99 99 #aggg4 #a ,le m>quis de ,crevecoeur4 #a ,le b>on de ,vombal4 #a ,madame ,pr94 #a ,m4 ,oglovi4 #a ,m4 ,sa9t-,hub]t4 #a ,madame de ,nol/e94 #a ,madame de ,beaugo94 #b ,mademoiselle ,d>tois4 #a ,madame ,le ,norm&4 #a ,m4 de ,f9nel4 #a ,m4 de ,lange4 #a ,madame de ,montlegits4 #a ,madame de la ,f>gue4 -- #ad 99 99 99 99 99 #aggh4 #a ,madame la du*esse de ,*>tres4 #a ,madame de ,teuilly4 #a ,m4 de ,sa9t-,prie/1 ambassadeur4 #b ,m4 et madame ,dailly4 #b ,m4 et madame ,domnival4 #a ,madame ,monge4 #a ,madame ,degraudot4 #a ,m4 le m>quis de ,coss4 #a ,le m>quis d',armaill4 #a ,le duc de ,coss4 #a ,mademoiselle de ,ponse4 #a ,monsieur1 frre du roi1 p\r ,m4 de ,lvis4 #a ,madame la m>quise de ,montemey4 #a ,madame de ,foissy4 #b ,les enfans de ,brongni>t4 #a ,m4 de ,raunomanoski4 #a ,madame de ,rassy4 #a ,madame la prsid5te de ,bec de ,livre4 #a ,copie d'un portrait de la re9e4 #b ,madame1 femme de ,monsieur1 frre du roi4 #a ,copie d'un portrait de madame ,dub>ry4 #a ,mademoiselle ,lamoignon4 #a ,ma tte4 #a ,copie d'un portrait de la re9e p\r ,m4 ,boquet4 #a ,madame ,filori]4 -- #bi 99 99 99 99 99 #aggi4 #a ,le m>quis de ,vrague4 #a ,madame la comtesse de ,virieux4 #a ,la prsid5te ,ri*>d4 #a ,madame de ,mong4 #a ,gr& portrait de la re9e p\r l'impratrice de ,russie4 #b ,bu/es de la re9e4 #b ,copies des mmes4 #a ,madame de ,savigny4 #b ,la mme et son fils4 #b ,m4 et madame de ,la/ic4 #a ,une femme en lvite p\r ,m4 de ,coss4 #a ,madame ,dicbrie4 #b ,copies des bu/es de la re9e4 #b ,madame ,duclusel4 #a ,madame de ,v]dun4 #a ,le comte de ,dors5 fils4 #b ,m4 et madame de ,montesqui\4 #a ,portrait de la re9e p\r ,m4 de ,s>t9es4 #a ,madame de ,pal]me4 #a ,petit ,amrica94 #a ,mademoiselle de la ,f]t4 #a ,tte p5*e p\r ,m4 de ,coss4 #a ,monseigneur le duc d',orlans4 #a4 ,madame la m>quise de ,montellon4 #b ,copies du duc d',orlans4 #b ,copies du gr& portrait de la re9e1 p\r ,m4 et madame de ,v]g5nes4 #a ,madame de ,vannes4 #a ,madame la comtesse de ,t\rnon4 #a ,le pr9ce de ,montb>rey4 -- #ch 99 99 99 99 99 #aghj4 #a ,madame ,less\t4 #a ,gr& tableau de la re9e4 #a ,idem4 #d ,madame de ,v]dun1 sa mre1 sa belle-soeur et son m>i4 #a ,madame la b>onne de ,montesqui\4 #a ,madame de ,montaudr>i4 #a ,madame ,f\lqui]4 #b ,madame ,g5ty4 #a ,la du*esse de ,maz>94 -- #ac 99 99 99 99 99 #agha4 #a ,tte d'une jeune fille1 respirant l'odeur d'une rose4 #a ,madame ,"y4 #a ,m4 le comte de ,coss4 #a ,madame la pr9cesse de ,cr\y4 #a ,madame de ,sa9t-,alban4 #a ,m4 de ,l&ry4 #b ,portraits de moi4 #a ,tte d'tude p\r ,m4 le ,pelleti] de ,morfonta9e4 #a ,tte d'tude p\r ,m4 ,pr\lt4 #c ,ttes d'tude p\r ,m4 de ,coss4 #a ,monsieur1 frre du roi4 #a ,copie du mme4 #a ,madame la du*esse de ,*aulnes4 #a ,mademoiselle ,dumoley4 #a ,la comtesse ,dub>ry4 #a ,esquisse de mon tableau de ,junon4 #a ,tte d'tude de ma ,vnus4 #a ,madame d',h>velay4 #b ,mademoiselle de la ,borde4 #a ,mademoiselle ,dev>on4 #a ,madame de ,moreton4 #a ,madame de la ,porte4 #a ,m4 ,dumoley fils4 #c ,la pr9cesse de ,lamballe4 #a ,copie de ,m4 de ,moreton4 -- #ca 99 99 99 99 99 #aghb4 #a ,madame1 soeur du roi4 #a ,copie de la mme4 #a ,madame la du*esse de ,polignac4 #a ,copie de la mme4 #a ,le b>on de ,montesqui\4 #a ,madame de ,v]dun4 #a ,madame de ,*at5ay4 #c ,le pr9ce ,h5ry de ,prusse4 -- #aj 99 99 99 99 99 #aghc4 #a ,madame la m>quise de la ,gui*e4 #a ,madame ,grant4 #a ,la l&grave de ,salm4 #a ,madame la m>*ale de ,mailly4 #b ,madame la comtesse d',artois4 #b ,madame la comtesse de ,simiane4 #b ,madame la du*esse de ,gui*e4 #a ,la re9e avec un *apeau4 #b ,la re9e en gr& habit4 #b ,madame ,elisabe?4 #a ,copie de la mme4 #a ,mademoiselle ,lavigne4 #c ,copies de la re9e avec un *apeau4 #d ,la re9e en robe de vel\rs4 #d ,copies du mme4 #a ,monsieur le dauph94 #a ,madame1 fille du roi4 -- #cj 99 99 99 99 99 #aghd4 #a ,m4 le comte de ,vaudreuil4 #e ,copies du mme4 #a ,la comtesse de ,grammont-,cadr\sse4 #a ,madame la comtesse de ,s]re4 #a ,m4 de ,beauj\4 -- #i 99 99 99 99 99 #aghe4 #a ,m4 de ,beaujon4 #a ,la pr9cesse de ,c>ignan4 #a ,madame ,fodi4 #a ,m4 de ,calonne4 #a ,madame la comtesse de ,sgur4 #a ,copie de la mme4 #a ,m4 le comte de ,sgur4 #a ,copie du mme4 #a ,madame la b>onne de ,crussol4 #a ,m4 de ,sa9t-,h]m9e4 #a ,grtry4 #a ,madame la comtesse de ,cl]mont-,tonn]re4 #a ,madame la comtesse de ,virieux4 #a ,la vicomtesse de ,vaudreuil4 #b ,copies de la re9e en gr& habit4 #a ,madame ,vige4 #a ,copie de ,m4 de ,calonne4 #a ,m4 de ,beaujon p\r son hospice4 -- #ai 99 99 99 99 99 #aghf4 #a ,la petite ,f\quet4 #a ,madame de ,tott4 #a ,le petit d',espagnac4 #a ,la petite de la ,bri*e4 #a ,madame de ,puysgur4 #a ,madame ,raymond4 #a ,madame ,daudelot4 #a ,madame ,dav>ay4 #a ,madame la comtesse de ,sabran4 #a ,mon portrait avec ma fille4 -- #aj 99 99 99 99 99 #aghg4 #a ,ma fille lisant la ,bible4 #a ,madame de ,r\g et ses deux fils4 #a ,madame ,dugazon1 dans ,n9a4 #a ,cailleau1 en *asseur4 #b ,ses deux enfans4 #b ,ma fille1 de pr(il et de face dans un miroir4 #a ,madame de la ,grange4 #a ,gr& tableau de la re9e et de ses enfans4 #a ,mon portrait4 #b ,madame la comtesse de ,bon4 #a ,m4 ,le ,jeune4 #c ,monsieur le dauph91 ,madame1 et ,m4 le duc de ,norm&ie1 p\r madame de ,polignac4 #a ,la tante de madam de ,v]dun4 #a ,la du*esse de ,gui*e1 t5ant une guirl&e de fleurs4 #a ,la mme1 au pa/el4 #b ,la du*esse de ,polignac1 avec un *apeau de paille4 #a ,la mme t5ant un papi] de musique et *antant prs d'un piano4 #a ,madame de ,*at5ay la mre4 #a ,madame ,dub>ry en pi$4 #a ,la mme en peignoir4 #a ,madame de ,polignac4 -- #bg 99 99 99 99 99 #aghh4 #a ,le duc de ,polignac4 #a ,son pre4 #a ,rob]t1 le pe9tre1 p\r moi4 #a ,madame ,dumoley4 #a ,madame de la ,bri*e4 #a ,madame la comtesse de ,beaumont4 #a ,le petit b>on d',esc>s4 #a ,le petit pr9ce ,lubomirsky4 #a ,le mme en am\r de la gloire4 #a ,le petit ,brongni>t4 #a ,la m>quise de ,grolli]4 #a ,le ,bailly de ,crussol4 #a ,madame de la ,gui*e en laitire4 #a ,m4 d',angevilli]s4 -- #ad 99 99 99 99 99 #aghi4 #a ,m4 de ,*atelux1 fait de s\v5ir4 #a ,m4 le duc de ,norm&ie en pi$4 #a ,madame ,pregaux4 #a ,madame de ,sgur1 pr(il4 #a ,gr& portrait de la re9e p\r le b>on de ,breteuil4 #a ,la du*esse de la ,ro*ef\cauld4 #a ,petit am\r p\r ,m4 le ,pelleti] de ,morfonta9e4 #a ,madame la du*esse d',orlans4 #a ,mon portrait avec ma fille p\r ,m4 d',angevilli]s4 #a ,madame de ,grolli]4 #a ,le ,bailly de ,crussol4 #a ,madame d',aumont4 #b ,madame de ,polignac4 #b ,madame de ,gui*e1 pa/el4 #a ,madame de ,pi5ne4 #a ,madame de la ,*tre4 #a ,madame de ,fresne-,daguesseau4 #a ,le m>*al de ,sgur4 #a ,madame1 et monsieur le dauph94 #a ,rob]t1 pe9tre de paysage4 #a ,petit ovale de ma fille4 #a ,madame ,*algr94 #a ,mon portrait au pa/el4 #a ,le portrait de ,joseph ,v]net1 qui e/ au ,muse4 #a ,le pr9ce de ,nassau en pi$4 #a ,mon portrait t5ant ma fille dans mes bras4 #a ,madame ,raymond t5ant son enfant4 #b ,madame de ,simiane4 #b ,madame ,r\sseau4 #a ,madame ,duv]nais4 #a ,madame de ,sa9t-,alban4 #a ,madame ,savigni4 #a ,mademoiselle ,dorion4 -- #cg #ddd total gnral4 99 99 99 99 99 ,,tableaux ,d',,hi/oire4 ,la ,posie1 la ,pe9ture et la ,musique4 ,une scne espagnole4 ,l',am\r endormi s\s un bosquet de roses1 avec deux nymphes qui le reg>d5t4 ,une jeune fille effraye d'tre surprise en *emise et se ca*ant la gorge4 ,une jeune fille qui crit et que l'on surpr5d4 ,l',innoc5ce qui se rfugie dans les bras de la ,ju/ice4 ,une ,vnus1 liant les ailes de l',am\r4 ,junon dem&ant ,vnus sa ce9ture4 ,une bac*ante avec la peau de tigre4 ,la ,paix qui ramne l',abondance4 ,,notes #a3 ,n\s avons plac t\tes les notes et portraits la f9 de ce volume4 7,note de l'diteur47 #b3 ,ce portrait e/ un bu/e ovale que je fis d'aprs elle3 j'avais alors qu9ze ans et demi4 #c3 prs5t on y voit des tableaux des pe9tres mod]nes franais4 ,je suis la seule qui n'en ait pas dans cette collection4 #d3 cette poque1 le m>quis de ,*oiseul tait du nombre1 ce qui m'indignait1 c> il v5ait d'p\s] la plus jolie p]sonne du monde4 ,elle s'appelait mademoiselle ,rabi2 c'tait une ,amrica9e1 ge de seize ans4 ,je ne crois pas qu'on ait jamais ri5 vu de plus p>fait4 #e3 ,il tait mme =t brillant4 ,les filles entret5ues dp5sai5t des trsors p\r y clips] t\t le monde1 et l'on cite une demoiselle ,r5>d que l'on y vit p>atre un j\r dans une voiture trane p> quatre *evaux dont les h>nais tai5t c\v]ts de pi]res fausses1 imitant le diamant s'y mpr5dre4 #f3 ,je ne sais p\r lequel ,la ,h>pe fit les v]s suivans3 ,quatra9 p\r le portrait de la re9e4 ,le ciel mit dans ses traits cet clat qu'on admire2 ,france1 il la c\ronna p\r la flicit3 ,un sceptre e/ inutile avec tant de beaut2 ,mais tant de v]tus il fallait un empire4 #g3 ,ce ,m4 ,campan p>lait t\j\rs de la re9e4 ,un j\r qu'il dnait *ez moi1 ma fille1 qui avait alors sept ans1 me dit t\t bas3 ,maman1 ce ,monsieur1 e/-ce le roi8 #h3 ,cette famille avait t comble des bonts de la re9e4 #i3 ,les clairs sont au soleil2 ce qu'il me faut appel] les ombres1 faute d'un autre mot1 e/ le j\r4 7,note de l',auteur47 #aj3 ,les seuls membres de l',acadmie royale de pe9ture avai5t le droit1 cette poque1 d'expos] au salon4 7,note de l'diteur47 #aa3 ,ce tableau e/ au m9i/re de l'intrieur4 ,on aurait bi5 d me le r5dre1 puisque je ne suis plus de l',acadmie4 7,note de l',auteur47 #ab3 ,m4 de ,rivire tait *>g d'affaires de la c\r de ,saxe4 ,c'tait un homme di/+u p> son esprit et ses qualits morales4 7,note de l'auteur47 #ac3 ,auj\rd'hui madame ,regnault d',angly4 #ad3 ,les tableaux de ,mnageot sont p>faitem5t bi5 composs et d'un bon /yle hi/orique4 ,ce pe9tre excellait dans la manire de drap]4 ,son ,lon>d de ,v9ci m\rant dans les bras de ,franois ,i] e/ trs rem>quable1 mais ne vaut pas le ,mlagre que l'on g>de aux ,gobel9s depuis nombre d'annes p\r l'excut] en tapiss]ie4 ,m4 ,mnageot tait un trs bel homme1 p>faitem5t aimable1 spirituel et trs gai3 aussi le re*]*ait-on dans la meilleure socit4 #ae3 ,il l'aurait paye bi5 t>d2 c> elle ne l'a t t\t--fait qu' mon ret\r de ,russie en #ahja4 ,m4 ,lebrun m'avait laiss ce so91 mon gr& dsappo9tem5t4 #af3 ,je l'ai reprs5t en ,am\r de la ,gloire1 ag5\ill devant un lauri] et tressant une c\ronne4 ,ce tableau e/ t\j\rs re/ dans la famille2 le roi de ,pologne m'a dit ,pt]sb\rg que jamais on n'avait v\lu cons5tir le lui cd] p\r aucun prix4 #ag3 ,ce portrait a t a*et la v5te de ,m4 ,lebrun p> ,m4 le comte d',h>c\r4 7,note de l',auteur47 #ah3 ,l>uette n'a quitt qu'en #agii4 7,note de l'diteur47 #ai3 ,le pr9ce de ,ligne p>le1 dans ses ,mmoires1 de ce sup]be saule4 #bj3 ,j'y voyais s\v5t ,m4 de ,monville2 aimable et trs lgant1 il n\s m5a sa campagne1 appele le ,ds]t1 dont la maison tait une t\r seulem5t4 #ba3 ,madame ,r\sseau a laiss un fils1 connu s\s le nom d',amde de ,beauplan1 qui e/ trs bon musici54 ,il compose des romances *>mantes1 et les *ante m]veille4 7,note de l',auteur47 #bb3 ,elle a p\s depuis "l ,fitz-,g]ald1 dont elle e/ veuve ma9t5ant1 c> elle vit encore1 mais bi5 *ange4 7,note de l',auteur47 #bc3 ,la veille de mon d"p1 j'allai *ez ma mre1 qui ne me reconnut qu' mon son de voix4 ,il n'y avait pas trois sema9es que n\s n\s tions vues4 #bd3 ,j'ai vcu dans l'trang] des portraits que je faisais4 ,bi5 lo9 que ,m4 ,lebrun m'ait jamais fait pass] de l'arg5t1 il m'crivait des lettres si lam5tables sur sa dtresse1 que je lui envoyai une fois mille cus et une autre fois c5t l\is1 de mme que plus t>d j'envoyai la mme somme ma mre4 #be3 ,j'avais fait ce portrait p\r ,m4 d',angevilli]s4 ,il a t s\/rait son propritaire lors de l'migration1 et port depuis au m9i/re de l'intrieur4 #bf3 ,la plus gr&e p>tie de ces tableaux sont ma9t5ant au ,muse4 7,note de l',auteur47 #bg3 ,la plup>t de ces portraits1 notamm5t celui que j'ai fait au pa/el de la du*esse de ,gui*e1 sont *ez madame la comtesse de ,vaudreuil4 #bh3 ,il n'e/ mort qu' quatre-v+t-six ans4 7,note de l'diteur47